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Full text of "Le Cabinet historique: revue mensuelle contenant, avec un texte et des ..."

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LE 



CA.BINET HISTORIQUE 



La table géoérale des noms de lieux et de personnes des six premières 
années du Cabinet Historique paroîtra à la fin du VI« vol., an. 1860 



Paris. — Imprimerie de A. Wittershiem, 8, rae Montmorency. 



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LËfMT 




REVUE MENSUELLE 

CoDtenanti avec un texte et des pièces inédites, intéressantes ou pea connues 
LB CATALOGUE GIÉN^BAL DES MANUSGRTrS 

QOB RBRFBRUEHT LB8 BIBLIOTHÈQUES POBUQDES DE PARIS BT DBS DtfPARTBUEKTS 

TOUCHANT L'HISTOIEI DE L*ÀlfCIIlfRI rKlRCI 

IT Dl SIS DITIRSIS LOCALniS 

ATIC LB8 INDICATIOMS Dl SOUECIS, IT DIS MOTICIS 8UB Llj BIBLIOTBkQniS 

IT LIS AECHIVIS DÏPAaTIHIRTALIS. 

SOUS LA DIRECTION DE LOUIS PARIS 

Ancien bibliothécaire de Reima, cheTalierde la Légion j'Iiennenr. 



TOME CINQUIÈME. 

PMMliRB PARTIE. — DOCIWVIITS. 



PARIS 

AU BUREAU DU CABINET HISTORIQUE 

> RUE DE SAVOIE, 30. 

1859 




REVUE MENSUELLE. 



I. MEMOIRE DE M. DE CAMPREDON SUR LES 

NÉGOCIATIONS DU NORD. 

Nous ne pouvons guère mieux ouvrir la cinquième année du Cabi- 
net historique que par la reproduction du mémoire dont on va lire 
les premiers feuillets. Ce manuscrit, que nous devons à Tobligeante 
communication de M. Frantîn aîné, de Dijon, touche aux intérêts 
de \a politique européenne, et principalement des États du Nord, au 
commencement du xyiii^ siècle. La Suède, le Danemarck, la Polo- 
gne et la Russie y sont particulièrement en jeu, et le règne 
aventureux du héros dont Voltaire a donné l'histoire, en est comme 
le principal épisode. —La lettre d'envoi qui suit, de notre honorable 
correspondant, est au surplus la meilleure* introduction que nous 
puissions mettre en tête de ce curieux document. 



A M. LE DIRECTEUR DU CABINET HISTORIQUE. 

D^on, novembre 1S58. 
Monsieur, 

Le mémoire que j'ai Thonneur de vous transmettre est de M. de 
Campredon, ministre de Louis XIY près des cours du Nord, lors des 
fameuses conférences qui précédèrent le dernier traité par lequel la 

Paris. ~ Typ. Wittersheira. — 5e année. Doc. 1 



2 LE CAllRfiT fillStORIQUE. 

paix fut rendue à la Frgnce» et qui sont ta matière principale des 
Mémoires dé M< de Toroy. Ce mémoire pourroit même sertir de 
commentaire |i œut de torcy. Je le tiens de féu M. Borne^ notaire 
à Dijon, qui en éloit devenu possesseur, dans îa succession de deux 
demoiselles de firetaigne dont il géroit les affaires. Voici le peu 
que i*ai pu»^ recueillir de lui. — Ce récit étoit accompagné de quel- 
ques autres pièces qui avoient rapport à la Turquie, où M. de Cam- 
predonfut ambassadeur, apparemment après la paix. M. Borne, en 
me remettant le Mémoire sur les cours du Nord, me dit qu'il avoît 
confié les pièces qui concernoient la Turquie à M. fiertin lui-même> 
directeur-propriétaire du Journal des Débats, — Je ne sache pas 
que MM. des Débats aient fait emploi des pièces que M. Borne 
leur avoit remises. Dans ce cas, il seroit bien à propos de les réunir 
à celle que je vous transmets, et de les publier sous le titre de 
Mémoires ou négociations de M. de Campredon, C'est à vous sans 
doute que cette publication appartiendroit. 

Quant an nrtfinoire que je vous adresse, et qui ne paroit pas 
achevé, vous y trouverez des notions curieuses sur les cours du 
Nord, sur l'état de la Suède après la mort du conquérant suédois, 
qui, comme beaucoup d'autres conquérants, n'a laissé que des ruines 
à son pays; et encore surlesdiffieitUés^ et pour parler vulgairement, 
sur les*coBleuvres que les négociateurs de Louis XIV eurent à digé- 
rer, avant d'arriver à un accord un peu plus humain. Une chose res- 
sort encore de ces mémoires, c'est d'une part, que Louis XIV, si 
malheureux dans le choix de ses généraux^ en cette tiiste guerre de 
la succession, fut mieux aervi jiuqu'à la fin par ses négociateurs ; et 
d'autre part que des esprits moyens, mais estimables, sages, judi- 
deux, comme l'ont été M. de Campredon, à peu près ignoré ai^jour- 
d'hui, et M. de Torcy, valent souvent mieux que les grands talents 
pour la réussite et conclusion des affaires. 

11 me semble en effet, que M. de Campredon n'a pas laissé un 
grand souvenir de lui parmi les négociateurs françois de ce siècle, 
et pourtant, je le répète, il se montre ici , comme M. de Torcy, 
homme sage, judicieux et patient, ainsi qu'il le falloit dans ces tris- 
tes conjonctures. Je me rappelle seulement que Duclos , dans ses 
Mémoires, a donné quelques renseignements sur sa personne.— Quant 
aux demoiselles de Bretaigne, chez qui se sont trouvés ces papiers si 
longtemps oubliés, j'ignore à quel titre elles les possédoient. Étoient- 
elles alliées à la famille Campredon qui, je crois, étoit étrangère à 
notre province? Je ne sais. Les Bretaigne appartenoient au parle- 
ment de Bourgogne. Un conseiller de Bretaigne est, au xti» siècle, 



HEMOIBE DE M. DE CAMPREDON. 3 

YvM des commentateurs de la coutume de Bourgogne. Une grand'- 
mère de Bossnet étoit une Bretaîgne, et j'ai tu, dans ma jeunesse, un 
comte de Bretaigne, le frère de ces yieilles et nobles demoiselles. 
Cette famille tenoit donc encore un certain rang chez nous, bien 
qu'elle fût dans une médiocre position de fortune. 

Voilà, monsieur, les foibles notions que je puis vous donner sur 
notre manoscrît. Il est de la main d'on secrétaire, mais vous remar- 
querez des corrections marginales qui ne peuvent appartenir qu'à 
la plume de l'auteur. Vous en verrez quelques-unes parmi ces 
dernières, où l'auteur éclaircit son texte : celles-là doivent être 
conservées et intercalées; et d'autres où il l'affaiblit, particulière- 
ment an sujet du prince de Hesse-Cassel, successeur de Charles X)I. 
Je crois, en ce dernier cas, qu'il faut rétablir le texte primitif. C'est 
la pensée première de l'auteur ; et le correctif qu'il y a mis, par 

ménagement ou circonspection, n'est plus de saison. 
Je remets ces indications à votre discrétion, et* suis heureux, 

monsieur, de saisir cette occasion de me rappeler à votre souvenir, 

et de vous exprimer les sentiments de parfaite estime avec lesquels 

j'ai Flioiineur d'être votre, etc. 

FiunTiK. 



lIElOmE DE M. DE GAKPREDON Stll tËÉ irEGOOATlOnfS Dtf NORD« 

Je puis dire avoir esté élevé dans le maniement des affaires 
étrangères; je suis entré dans cette carrière à l'âge de vingt 
ans, ayant servy de secrétaire d'ambassade^ depuis 1693, en 
Danemark et en Hollande, auprès de M. de Bonrepos. 

Pendant un voyage qu'il fit à la cour, en 1698, il me laissa 
à La Baye, chargé des affaires du Roy, conjointement avec 
H. le marquis de Bonac, son neveu. Ce dernier fut envoyé à 
Wolfenbulei pour maintenir le duc Antoine Ulrick dans le party 
opposant au neuvième électorat, au moyen des subsides de la 
France. Ils dévoient estre employés à lever quelques régiments 
pour la défense des États de Brunswick contre le duc de Han- 



4 / LE GABIJNET HISTORIQUE. 

nower, armé et soutenu par la cour de Vienne. M. Dusson, 
lieutenant général, passa à Wolfenbutel pour avoir le comman- 
dement de ces. troupes. Elles furent bientôt dissipées par les 
menaces de TEmpereur et de la ligue formée en sa faveur, pour 
s*opposer aux desseins du feu Roy, qui venoit d'accepter le tes- 
tament du roy d'Espagne, appelant M. le duc d'Anjou à la mo- 
narchie universelle Ae. ses États. 

Charles XII estoit encore alors sous la tutelle de la Reine 
douairière Léonor, de la maison d'Holstein, sa grand'mère. 
Cette princesse estoit à la teste de la cour : ses sentiments et 
ses vœux tendoient tous, à la vérité, à secourir la maison où elle 
avoit pris naissance ; mais ils ne déterminoient pas un roy mi- 
neur et un royaume afifoibli par la famine affreuse qui duroit 
encore. La situation délicate des affaires générales de TEurope, 
un soupçon fondé en expérience du peu de fidélité des czars 
de Moscovie à observer leurs traités, estoient des considéra- 
tions dont l'importance, jointe à la lenteur naturelle des Sué- 
dois, retardoient ses résolutions. Ces dilatations avoient réduit le 
duc de Holstein aux dernières extrémités. Il n'estoit pas en estât 
de faire 'teste aux Danois. Leurs troupes, déjà maîtresses des 
trois forts qu'il ayoît fait construire contre les pactes de famille, 
menaçoient tout le duché d'une invasion générale. Il n'y avoit 
plus de ressources qu*en un prompt et puissant secours du 
côté de la Suède. 11 prit le parti de s'y rendre, et il arriva à 
Stockholm au commencement de l'année 1699. Il reconnut 
bientôt par luy mesme que le point capital estoit de mettre 
fin à la régence. Il y réussit, et le premier acte de la souveraine 
autorité de Charles XII fut une intimation au roi de Danemark 
de retirer les troupes de devant les forts du duc de Holstein. 
L'on estoit si assuré de son refus, qu'à peine en eut-on reçu la 
nouvelle, que la guerre luy fut déclarée. De concert avec l'An- 
gleterre, la Hollande, et les électeurs du cercle de la Basse-Saxe, 
leurs alliés et cogarauts du traité d'Altenau, du 6 may 1689, 



MÉMOIftK DE M. DE CAMPREDON. 5 

concin enlre Christian V, roi de Danemark, et le duc de llols- 
tein, père de celay-cy; mais un motif plus puissant que cette 
garantie fit agir les puissances. 

Elles estoient sur le point de faire la guerre à la France, à 
l'occasion de la succession d*Espagne ; elles vouloient, à quel* 
que prix que ce fût, terminer dans peu ce différend, dont elles 
craignoient avec raison que la durée n'épuisât les forces de plu- 
sieurs de leurs associés d'Allemagne. Elles en avoient un besoin 
indispensable, surtout la république de Hollande, qui, comme 
on le sait assez, ne peut soutenir aucun engagement, par la 
voye des armes de terre» qu'avec les troupes auxiliaires qu'elle 
achète des rois du Nord ou des princes de l'empire. 

Charles XII fit équiper une flotte qui fut parfaitement bien 
servie. Il fit une descente en Zélande au commencement de l'aii- 
Dée 1700. Elle estoit* appuyée des escadres d'Angleterre et de 
Hollande, tandis que l'Empereur, l'électeur de Brandebourg et 
les princes de la maison de Brunswick, par les raisons que je 
vfsùs d'expliquer, mirent leurs troupes en mouvement pour 
conudndre le rçy de Danemark à rendre justice au duc de 
ffo/stein. L'effet suivit de près la menace. Les Danois se sou- 
mirent, c'est tout ce qu'on demandoit d'eux. Par le traité de 
Travendale, le duc de Holstein obtint ce qu'il désiroit, c'est-à- 
dire une satisfaction pour les frais de la guerre, mais à con- 
dition que les forts construits contre la teneur des pactes de 
famille ne seroient point rétablis, et pour dédommager le roi 
de Danemark de sa levée de boucliers, les alliés prirent à leur 
service 12,000 hommes de ses troupes. 

L'exécution de ce traité fut aussy prompte qu'exacte. 11 estoit 
important aux ennemis de la France de renvoyer le roy de 
Suède au delà du Sund. Il se rendit à Stockholm au mois d'oc- 
tobre de la roesme année 1700 et passa d'abord en Ingrie, à la 
teste de 8,000 hommes qu'on avoit rassemblés avec beaucoup 
de peine. Il s'agissoit de s'opposer en mesme temps au czar 



6 LE CABINET qiSTORIQUS. 

de Moscovie et au roy Auguste qui, Tu» et l'autre, après avoir 
assuré Charles XII, par leurs ministres, de la continuation de 
leur amitié dans le temps qu*il s'embarquoit pour passer en 
Zélaode, luy déclarèrent I9 guerre avant la fin de cette expé- 
dition, sur des prétextes si légers qu'on voyoit bien que leur 
conduite n'avoit d'autre fondement que lespérance de faire 
des conquestes faciles sur un royaur^e gouverpé, comme ils 
disoient, par un enfant, et affligé par une famine presque gé- 
nérale. Le czar avoit assiégé Narva^ capitale de Tlogric, avec 
une armée de 80,000 bQffimes, et le roi Auguste l'importante 
place de Higa* capitale de la liivonie. Charles XII attaqua le 
premier dans ses retraaçbemeots, au mois de novembre 1700. 
Il deOt les Moscovites, donna la liberté ^ iioe infinité de pri- 
sonniers, gardant seulement les officiers et délivra Narva. 

De là, il passa en Livoqie, chassa les Sa^i^ns de devuipt Rig^ 
et les poursuivit en Courlande, 

Telle estoit la scituation des affaires, en Suède, lorsque H. le 
comte de Cruiscard, qui estoit alors amba^aadepr de Frapce au- 
près de Chartes XII, ayant déplu à ce prince, fut rappelé. 
M. de Bonac fut nommé pour le remplacer eq qualité d'envoyé 
extraordinaire. Il Favoit joint avant son départ de Wolfem- 
butel; il eut son audience dans la tente de Charles XII, au 
milieu des neiges, tandis que le duc de Holstein, le comte Piper 
et les autres généraux estoient logés dans de bons châteaux. 
La réception de Tenvoyé, dont je fus témoin, n'eut rien de re- 
marquable, que beaucoup de hauteur de la part du roy de 
Suède. Un des officiers dit mesme, assez haut pour que je l'en- 
tendisse, que ce drôle d'homme, désignant Tenvoyé, préten- 
doit en imposer par ses beaux discours. Nous allâmes diner 
chez le comte Piper, premier ministre; il fit entendre à M. de 
Bonac que le roy de Suède n'estoit pas en scituation de souffrir 
des ministres étrangers à sa suite, et que, devant décamper 
dans peu avec son armée, il le prioit de se rendre à Riga, ville 



idHOIlB DB M. M GANPBEPOn. 7 

npiufo 4é la LifooM, où Mlaiaol deux da TEmpereur ei de 
HoUande. 

J'aTilis fait oonoiManoa avec M. da Coderhielm, aecréUire 
oonfident do comte Piper, et avec phisieun ofBcien suédois, 
qui avoient serry en Franoe. Le conte Dnkert, aide de oamp 
ëtt Roy, estoit de ce ftombre. M. de Booae le sçiToit bien au- 
près de son maltire, et propre à luy parler des propositions dont 
il estoit chargé. U comptoit aussy de tron?er de bonucv dispo* 
sitîons dans le duc de Holstein, beau-frère de Charles XU, qui 
sToit on traité secret avec la France. Ce dernier s'eicusa sur 
la conjoncture. IL de Bonac partit pour Riga; le rpy de Suéde 
partit, de son costé, presque seul, trafsrsa la Litliuanie et 
poussa jttsqn'à Varsorie, où Ton prétend qu'il eut une confé* 
rence aecrète avec le cardinal Radiowieski, primat de Pologne, 
chef dn party opposé au roy Auguste, et aetueUement en traitté 
arec ks Suédois pour reipolsion de oe prince. Ces bits, leur 
progrès et leur eiécution, fruit du succès des armes suédoises 
oMtKle roy Auguste et contre les MoscoWtes, sont assez con* 
awparkirdations publiques. Ainsyje n'en gressiray point 
eesméoioires. Par ordre de M. le marquis de Torcy, alors mi- 
AistrB des affaires étrangères, M. de Bonac me laissa en Cour» 
lande, pour veiller aux mouvements de Tannée suédoise, et 
pour rendre compte de oe que j'apprendrois du sort de Char- 
les XII, dont on n'avoit point de nouvelles depuis un mois. Il 
revint enfin vers la fin de février 1700, après avoir couru plu- 
sieurs fois risque d'estre enlevé, ou assassiné par les partis 
ennemis. Et à combien d'autres dangers ne s*e8toit-il pas exposé 
de gayeté de cœur, en traversant des étangs à la nage^ pou^ 
abréger le chemin qui oonduisoit au quartier de M, Stuvert, 
directeur général des fortifications. Les Courlandois avoient 
coupé les dignes de ces étangs, et tendu à trarers de celuy où 
il paseoit le plus souvent un filet sous Teau. Il y périssoit, si 
l'aide de camp qui le suivoit ne s'en fut aperçu* J'ai vu ce 



/ 
> 



8 LE CABINET HISTORIQUE. 

prince se livrer à vingt aventures de cette espèce, pour mar- 
quer son mépris des périls, tomber dans Teau en plein hyver, 
et rester toute la journée sans changer d^hahit ; en sorle que 
toutte r Europe estoit attentive à la destinée d*un guerrier qui 
ménageoit aussy peu sa personne pendant le repos de son ar- 
mée, que lorsqu'il la faisoit agir. — Il estoit de la dernière im- 
portance, au service du Roy^ d'avoir quelqu'un à sa suite, à 
portée de Tinforraer des événements : c*est à quoi la cour m*a- 
voit destiné. 

Peu de jours après le retour de Charles XII, il se mit en 
marche avec Tavant-garde de son armée. J'appris que son dessein 
estoit de traverser la Lithuaniepar le chemin qu'il avoit reconnu; 
que son traitté avec le primat estoit conclu, et que sa résolution 
estoit prise de détrhônerle roy Auguste. J'en informai en droi- 
ture la cour, en mesme temps que M. de Bonac, et que je tâche- 
rois de suivre l'armée, ainsy qu'il m'estoit ordonné; mais le 
comte Piper me dit que le Roy, son maître, ayant envoyé à Riga 
tout ce qui avoit l'air de ministre de quelque puissance étran- 
gère, luy avoit ordonné de me traitter de mesme, et que d'ail- 
leurs pendant une marche tumultueuse et rapide, dans une 
saison encore très-rude, il ne se présenteroit aucune occasion 
de parler d'affaires. 

Huit jours après mon arrivée à Riga, M. de Bonac receut 
ordre de me renvoyer à la suite de l'armée suédoise, de tout ten- 
ter pour joindre au moins le duc de Holstein, et le solliciter à 
tenir la promesse qu'il avoit donnée d'employer tout son crédit 
auprès du roy de Suède pour qu'il se déclarât médiateur entre 
la France et ses ennemis , off'rant à ce prince l'arbitrage des 
conditions de la paix. Je partis le 8 mars, à cheval, avec deux 
domestiques. M. de Bonac envoyoit un fort beau cheval au comte 
Dukert, il me chargea d'une lettre pour cet officier et d'une 
autre pour le duc de Holstein. Je traversay la Dune sur la glace, 
sans accident ; mais en Courlande, passant la rivière de Win- 



MEMOIRE DE M. DE CAMPREDON. 9 

dau, la glace se rompit , et Ton eut beaucoup de peine à sauver 
un de mes domestiques, qui s*estoit enfonce dans Feau arec le 
cheval de main qu'il conduisoit Cet incident m'obligea de sé- 
journer de Wittau; j'y derois d'ailleurs attendre une escorte que 
le colonel Cuoving , commandant pour le roy de Suède, luy en* 
Yoyoit avec des lettres. 

Je n'eus aucune fâcheuse rencontre les trois premiers jours 
de mon voyage; nous trouvions, d'espace en espace, des régi- 
ments suédois qui alloient joindre l'armée; le quatrième jour, à 
la nuit, par une grosse pluye qui avoit fait déborder touttes les 
rivières et empoi^té les ponts, nous arrivâmes au bord de celle 
de Niémen en Lithuanie ; j'envoyay chercher un guide pour la 
passer à la nage; les paysans s'estoient sauvés d'un petit village 
où nous estions: L'on se saisit enfin d'un qui, par argent ou par 
menaces, se mit à l'eau avec un mauvais bidet blanc; il me ser- 
voii de boussole^et je le suivois le premier pour encourager mon 
escorte, composée de six cuirassiers à cheval et d'un brigadier. 
Je ne fus pas à cinquante pas du bord , que j'aperçus mon 
guide et son cheval culbulter et se noyer. La rivière estoit ra« 
pide, je gagnay cependant l'autre bord, et de là j'exhortay mes 
gens à me joindre ; ils le firent sans accident. La pluye conti* 
nuoit à verse, et rendoit l'obscurité de la nuit afTreuse, hors du 
chemin, et sans sçavoir de quel costé tourner, je dis à l'officier 
d'envoyer de ses cavaliers à la découverte ; l'un d'eux aperçut de 
la lumière, nous nous y rendismes : c'estoit une mauvaise chau- 
mière couverte de paille ; nous n'y trouvasmes qu'une vieille 
fenmie avec un petit enfant ; sa chambre estoit échauffée par un 
bon poêle, nous y fismes sécher nos habits; mais à peine nous 
estions-nous endormis sur la paille, qu'un cavalier qui faisoit 
sentinelle, vint nous dire avec précipitation de sortir au plus 
vite, la vieille nous voyant endormis, s'estoit évadée par la 
fenestre avec son enfant et avoit mis le feu à la chaumière. 

Nous nous remismes en marche à la pointe du jour, mais 



iO LE CABINET HISTORIQUE. 

Quelque diliigence que j« pu»se faire, saos trouver le plus sou** 
Tent ni gîte , ni noarriture pour les cbeyaux. Je ne pus joindre 
le roy de Suède que le 13 avril, à la petite ville de I^eeneo, si- 
tuée au bord du NiénNBD) où eo prince avoit fait caraper son 
armée pour assister à Ten^rrem^nt de trois cents de ses soldats 
tués, il y avoit trois semaines, par un party d'Oginsky. 

(La suite au prochain numéro.) 



II. —ARMORIAL DE FRANCE 

D£ U FIN OU XIV* SlfiGl«S. 
{Oommvniqnépçtr M. Doini^AïuBft,} 



tJn armoriai donnant 1,264 grands noms de la France, et cela 
ponr la fin du xir^ siècle, comme nous espéroas le prouver tont à 
rheurf) nous a paru digne de voir le Jour dans le Cabimt historié' 
q^0, et de prendre place parpsi \^ foule de documents utiles que ren- 
ferme déjà ce recueil. Nous commencerons par dire un mot de cet 
armoriai. 

Tout le monde sait qu'il y a deui espèces d'armorfaux. Les uns 
qui se contentent de donner les noms aecompagoéi seulement de 
la lecture des blasons, les autres, tels par exemple que le bel armp- 
rial de Berry ou celui d'Auvergne, qui y ajoutent les blasons eux- 
mêmes, soit peints, soit dessinés au trait, et avec ou sans lectures. 
C'est à la première des deux catégories qu'appartient le document 
que nous publions, C'est un petit manuscrit original, sur vélin, 
de 61 feuillets, le dernier resté en blanc et les autres paginés de 
1 h 130. Il a souffert en quelqiies endroits où il a été retouché par 
une main moderne et habile. Il est du format de nos in<douze ordi- 
naires, et porte au dos de sa reliure, qui est en maroquin rouge, ces 
mots : jérmorial 4e France. Manmcrit de Van 1406. Il appartient 
à la Bibliothèque Impériale» oiî il est consfrvé sods le a? 254^ du 



ABMORUL DIE FRANCE. il 

fonds Supplément Français, Quant à récriture, elle p^^ut s'attri- 
buer, soit à la fia du xiy« siècle, soit au commencement du xy«, et 
n'apporte par conséquent rien qui puisse contredire la date de 1406 
donnée au dos. Examinons pourtant si c'est bien là la yéritable. Nous 
observerons d'abord que le manuscrit ne porte aucun titre. Il com- 
mence, an baut du premier feuillet, par le simple mot : France^ 
puis, Tient immédiatement Tarmorial, dont les premiers articles 
annoncent clairement qu'il s'agit de Charles YI, puisque le nom dn 
Roi y est suivi de celui du Dauphin, son fils, des ducs d* Anjou, de 
Berri et de Bourgogne, ses oncles, du duc d*Orléans, son frère, etc. 
La preuve que c'est bien de Louis d'Orléans dont il est question à 
rartide duc d'Orléans, c'est qu'il n'y est pas parlé du comte de Ver- 
tus ni du comte d'Angoulême, ses enfants, comme c'eût été le cas 
si l'article eût regardé Charles d'Orléans, leur aîné. Si donc, comme 
il n'y a pas lieu d'en douter, l'armoriai est bien du temps de Char- 
les VI, si le duc d'Orléans dont il y est question est bien Louis d'Or- 
léans, mort en 1407, le Dauphin ne peut être que Louis, duc de 
Guienne, né en 1396. C'est donc entre ces deux années qu'il faut 
placer la date de notre manuscrit, et c'est ce qu'avoit fait le posses- 
seur, en la mettant à l'anoée 1406. Toutefois, nous croyons pouvoir 
la faire remonter plus haut, et nous ne craindrons pas d'avancer que 
notre armoriai est nécessairement de l'année 1396 ou de la suivante. 
£n effet, on y voit figurer le comte d'Eu, et un peu plus bas, Charles 
d'Artois. Or, Charles d'Artois a élé comte d'Eu à la mort de son 
père, Philippe d'Artois, en 1397, et comme il i^'est pas qualifié ainsi 
dans notre armoriai, il s'ensuit nécessairement que c'est de son père 
Philippe d'Artois qu'il s'agit k l'article du comte d'Eu, Donc, notre 
armoriai a été composé entre la naissance du Dauphin, duc de Guienne, 
en 1396, et la mort de Philippe d'Artois, comte d'Eu, en 1397. La 
question importaate df ta date de notre document ainsi vidée, pas- 
sons à son contena. 

Notre armoriai est divisé par provinces, et dans chaque province 
fl y a une subdivision des bannerets et des simples chevaliers. Les 
prorinces sont: France, Normandie, Champenois et Bourguignons, 
Bretagne et le Maine, Anjou et Touraine, Vermandois et Beaiivaisis, 
Ponthien, Artisiens et Corbéiens, Flandres et Hainaut, et enfin, un 
dernier article pour les souverains étrangers. Il est à remarquer que 
notre manuscrit ne se sert pas toujours des termes du blason, et c'est 
là une preuve que cette langue n'étoit pas encore définitivement for- 
mée à la fin du xit* siècle. En sorte qu'on trouve ici, par exemple^ 
le terme de noir mis pour sable, wrt pour sinople, etc. D'autres y 



12 LE CABINET HISTORIQUE. 

sont singulièrement défigurés, comme hougonné pour componné, 
fesse et fessié pour fasce et fascé, quevrons pour chevrons, gué- 
ronné pour gironné, gastelets pour chastelets, coudches pour cot- 
lices, ot7(e pour orle, etc., etc. Pourquoi ne pas le dire tout de 
suite, le manuscrit fourmille de fautes. Au reste, il semble que ce 
soit une règle sans exception pour tous les armoriaux, surtout quand 
ils remontent un peu haut, comme c'est le cas pour le nôtre, que 
nous regardons même comme l'un des plus anciens. Quoi qu'il en 
soit, comme après tout on peut, avec un peu d'habitude et de soin, 
redresser en bien des points les textes de ce genre, comme surtout, 
tout imparfaits qu'ils soient, ils fournissent souvent d'utiles rensei- 
gnements et des moyens de vérifier les faits, qu'on cliercheroit vai- 
nement ailleurs, nous croyons que,^ loin de les rejeter, il est bon de 
les rechercher et de les reproduire, ne fût-ce que comme pierres 
d'attente. Sans doute, il seroit préférable de n'offrir au public que 
des textes suffisamment éclaircis, mais, après tout, ne vaut-il pas 
mieux encore lui donner des matériaux bruts que de ne lui rien 
donner du tout? C'est cette considération qui nous a déterminés 
dans cette publication. 

Cet armoriai de Charles VI se retrouve en entier dans un autre ma- 
nuscrit delà Bibliothèque Impériale, portant le n« 9816-3. C'est un 
petit in-fol. pap. de 39 feuillets, d'une écriture du xvi® siècle, et 
qui a passé pour être un armoriai de la première croisade. Voici ce 
qui a donné lieu à l'erreur. On lit sur un premier feuillet, qui ne 
fait pas partie du corps de l'ouvrage, ces mots: <c Noms et surnoms ; 
avec les armoiries; des nobles qui se croisèrent pour aller oultre- 
mer, contre les Sarrazins; l'an 1096. » Et au-dessous : « Ce que des- 
sus estoit écrit sur un vieil parchemin dont ce livre éloit couvert. » 
Puis, enfin, la note suivante: « Ces noms et surnoms, tirez d'un ar- 
moriai ancien de l'église cathédrale de Bayeux, qui paroit avoir esté 
fait depuis 1330 jusqu'environ l'an 1370, se trouvent encore dans 
l'ancien Hérault Breton de la même bibl. Colb., n» 3263; à la tête de 
l'Hist. générale de Normandie de Gabriel du Moulin, in-fol., impri- 
mée en 1631; et quant à ce qui concerne la maison de Chalillon, au 
commencement de l'Hist. généalog. de cette maison, par du Chesne, 
en 1621. » Signé G. M. Or, tout ceci n'a aucun rapport avec le ma* 
nuscrit, dont voici, an reste, pour qu'on en puisse mieux juger, le 
litre exact et tout au long. 

« Cy est Textraict du livre de Navarre, maistre hérault du très- 
noble très-crestien et très- puissant roy de France, contenant le 
blazon et deviz des armes de tous les roys chrétiens, princes et sei- 



ARMORIAL DE FRANCE. . 13 

gnenrs du saag de France, et autres tiarons, baneroys, bacheliers et 
chevalUers du pais de France, Normandye, Champaigne, Bnurgon- 
gne, Bretaigne, Le Maine, Anjou, Tourayne, Vermandoys, Beau- 
Toisin, Pontif, Artois, Corboyais, Poitou, Berry, Breban, Flandres, 
HénaoU et Angleterre. Lequel présent extraict a esté faict sur nng 
gros lÎTre en parchemin d'ancienne escriplure, cousu entre deux aez, 
intitulé en son commencement: Cy commence les anciennes his- 
toires d'oltremer. Appartenant et estant en la saisine et possession 
des semeurs deRubery, surnommés de Stimey. £t aussy semblable 
llyre en langage picart chés nng nommé Jehan de la Rue, bourgeoys 
de Baienlx, de Fart et mestier de painlre et vitrier. Aultre en la 
main du sieur de Benville, et aultre entre les mains de Culdec le 
Gaypaye, paintre et ymagier demourant à Caen. » 

Ce manuscrit est, comme on Ta déjà dit, le même armoriai que le 
nôtre. On y dislingue facilement deux mains. L'une, pour les six pre- 
miers feuillets, est lourde et épaisse ; l'antre, pour le reste, est de cette 
carsive hardie mais pleme de caprices qui distingue le milieu du 
xTi^ siècle, n a été connu de Bernard de M ontfaucon, qui même en 
donne an fragment assez étendu dans sa Bibliotheca hihliothecarum 
manuseriptùTum, tom. 2, pag. 878. D. D. 



FRANGE. 

i . LE ROY DE FRANCE. — D'azur, à fleurs de lis d'or. 

2. MONSEIGNEUR LE DAUFiN (i). — Escartellé de France et du Dau- 
finez, et sont les armes du Daufines, d'or à un dauûn d'asur. 

3. MONSEIGNEUR d' ANJOU (2).— Lcs armcs de France, à une bor- 
deure de gueules. 

4. MONSEIGNEUR DE BERRT (3). — Los amies de France, à une 
bordeure de gueules engreslée. 



(I) Louis de France, duc de Guienne, mort en 1415. — (2) Louis II, 
mort en 1417. — (3) Jean, duc de Berri, mort en 1416. 



H LE CAttNET HISTORIQUE. 

5. MONSEIGNEUR DE BODRGoiNE (1). — Lcs armcs de France, à une 
bordeure bougonnée (componnée) d'argent et de gueules, 
escartellées contre les armes de Bouryoine qui sont d*or et 
d'asur, de VI pièces à lîné bordfeùre de gueules. 

6. MONSEIGNEUR d'ohrléâns (S). — Lcs ariiies de France, à uiî 
lambel bougonnez d'argent et de gueules. 

7. LE ntc DE BORBON (5).«-^ Lcs armes de France, à un baston 
de gueules. 

8. LE COMTE d'alsnçon (4). — Lcs armcs de France, à une 
bordeure de gueules besantée d'argent. 

9. LE COMTE DU PERCfiÈ.-^Semblablement , à un cbastellet d'or 
en la cornière de Tescu. 

10. LE COMTE d'estampes.—Lcs armes de France, à un bastODL 
bougonnez d'ermines et de gueules. 

It. LE COMTE t>'EU (5) — Lcs arflie» de France, à un lambel 
de gueules chastellé d'or. 

12. LE COMTE DE LA MARCHÉ. — Lcs armcs dc France, à un bas- 
ton de gueules, à trois lioncbeaux d'argent sur le baston. 

13. MONSEIGNEUR DE PREAULx. — Semblablemeut. 

14. MONSEIGNEUR CHARLES d' ARTOIS. — Lcs armcs dc Frauce, 
à un baston de gueules, cbastelé d'or, à im escuçon de 
Costentin noble. 



Autres banèrez du patê de France. 

15. LE CONTE DE tanquebyille(6). — Escartellé de Meleun et de 
Tanquerville. C'est les ermines (7] de Heuleun, d'asur^ à un 
chief d'or, à VI gestelez d'or ou pié. El les armes de Tan- 



(1) Jean sans Peur, mort en 1419.— (2) Louis, duc d'Orléans, mort en 
1407. — (3) Louis AI, mort en 1410. — (4) Pierre Ji, mort en 1404. — 
(6) Philippe d'Artois, mort en 1397.— (6) TancarYxlle.— (7) Lis. : Armes. 



kSÉOnWL DE FRANGE. 45 

qaertille, de goeules, à un escuçon d*argeBt, à une orleile 
d'ermines d'or. 

16. L.E GONtB i^E MONTFORT (1).— De gueules, à un lion d'ar- 
gent rampant, à la qaeue ièurcbié. 

il, LE coiîTE DE DREus (2). — Eschlqueté d'or et d'asur, à 
une bordeure de gueules. 

i8. LE coNtE DE TENoosME. — D'argent, à un chief de gueules, 
à un lion d'azur rampant. 

19. LE CONTE DE DAïfMARTiN.—Pessië d'argent et d'asuf de VI 
pièces, à une bordeure de gueules. 

20. LE SIRE DE MONMORENGHT,-*Dor, à une croîx de gueulos, à 
XVI esglètes d'asur. 

31. LE diRE DE BEAtSAtLT. — SemMablement, à I quartier 

d^ argent, à une molète noire enquartelée. 
22. LE SIRE DE BEU. — Eschiqueté d'or et d'azur, à une bor- 
deure de gueules engreslee. 
%. Moifs. MAHiEu DE TRIE. — Scmblablement^ à une bordeure 

i'asur. 

U. 1H9S. PATROiLLART DE TRIE. -— D'or, la bande des armes 

Ammartin. 
25. LE VIDAMES DE CHARTRES. — D'or, à dous fesses noires, à 

un crie de mesletes noires. 
M. LE sfRE DE i^HiÈRES. -^ D'dT j i uu lion noir rampant, à la 

quene fourehiée. 

27. LE s<Rfi DE GtAREincHiËRES (S). ^ De gueules, à trois que- 
vrons (cbevrons) d'or. 

28. LE SIRE DE GousY (4). -^ D'argèut, à une bande engreslée 
de gueules. 

29. LE SIRE DE MARLT. — D'or, à uHê croix de gueule», à quatre 
esglètes d'asur. 



(1) Montrort-^l'Aniaury (SeiDe-et-Oise, arr^de Rafflboailtet).-(2) Dreui. 
— (3) Garencières. — (4) Coucy. 



16 LE CABINET HISTORIQUE. 

50. MONSEIGNEUR GUY DE BEAUMONT. — Semblabiemeiit, à un 

lambel d'azur. 
31. LE SIRE d'ivery (1). — D'oF, à IIII qucvroDs de gueules. 

52. MONSEIGNEUR ROBERT DE HELÇUM (2). — D'aZUr, à UD cllîef 

d'or, à YI gastelez d'or en pié, à un escuçon de Tainquer- 
ville ou chief. 

53. MONSEIGNEUR JEHAN DE MELEUM. — Seoiblablement, à un 
lioncheau de gueules ou chief. 

34. LE siRE DE LA ROCHE-GUYON. — Â Y coutichcs d'azuT, à Une 
bordeure de gueules. 

35. LE SIRE DE BouviLLE. — D'argcut, à une fesse de gueules, à 
trois aigneaulx d'or sur la fesse. 

36. LE vicoNTE DE coRBiEUL (5). — D'argcut, à un griffon de 
gueules rampant. 

57. LE siRE d'aunel (4). — D'or à Y coutiches de gueules. 

58. le sire de reinville (5). — D'argent, à un fer de moulin 
de gueules. 

59. LE sire de l'isle-adam (6). — De gueules à une fesse 
d'argent à YI merles d'argent, trois dessurs et trois desoubz. 

40. MONSEIGNEUR ROBERT DE LORIS (7), — D'OT, à UUC fCSSC 

d'azur, à trois esgles de gueules. 

41. MONSEIGNEUR EGRET DE BESu (8).— De Sable, à uu chicf d'or 
à YU merletes de l'un à l'autre, à une bordeure de gueules. 

42. LE SIRE DE RONY (9). — D'or, à II fesses de gueules. 

45. M. AMAUR1 DE MEULBNT (10 . — De noir, à un lion d'argent 
rampant, à la queue fourchiée. 

44. MONSEIGNEUR LOUIS DE BEAUMONT (11). — - Guéronué d'ar- 
gent et de gueules, de YIII pièces. 

45. MONSEIGNEUR PIERRE DE BEAUMONT. — Semblablemeut. 

(1) Ivry. — (2) Melun. — (3) Corbeil. — (4) Aunay, ou Âûneau, ou Au- 
neuil. — (5) A deux lieues de Beauvais.— (6) Arrondissement de Pontoise. 
— (7) Lorris, en Câlinais. — (8) Le Besu, en Manlois. — (9) Rosny, en 
Manlois. —(10) Meulan (Seine-et-Oise). —(11) Beaumont-sur-Oise. 



ABHORIili DB FRANCE 17 

46. MONSEIGNEUR POUQUES DE MARCILLT (i). — D*Or, à qUevrÔD 

de sable. 



Bachelers. 



47. MONSEIGNEUR MAHIEU DE MONMORENCHT. — D'or, à Une Croix 

de gueules, à XVI ègles d*asur, à un lambel d'argent. 

48. MONSEIGNEUR JEHAN DE MONMORENCHT. — Semblablement, à 
un quartier d'argent. 

49. MEssiRE ERART DE MONMORENCHT. — Seuibiablement^ à un 
quartier d'argent, à une molète noire enquartellée. 

50. MESSIRE BiLEYAULT DE TRIE. — D'or, à uue baude des armes 
de Dammartin. 

51. M. LOUIS DE TRIE. — D'or à une bende d'asur, à trois 
angneaulx d'argent sur la bende. 

52; M. LOHiER DE TRIE. — Semblablement, à une molète de 

gueules en la cornière de l'escu. 
^. LÂisNÊ DE cHAHBRi (2). — De gueules, à trois coquilles d'or. 

54. vEssiRE PIERRES DE CHAMBRi. — ^Par Semblable, à une molète 
tf'asur. 

55. MONSEIGNEUR GRIS MOUTON DE GHAMBRi. — Par Semblable, 
à un lambel d^azur. 

56. LABASSE DE GHAMBRi. — Scmblablemeut, à un lambel bou- 
gonné d'argent et d'asur. 

57. M. JEHAN DE cHAMBRi. — Semblablement, à un baslon d'asur. 

58. M. TRiTAiN D£ CHAMBRi. — Semblablement, à un baston 
bougonné d'argent et d'asur. 

59. M. PIERRES DE viLLiERS. — D'or, à uu chlef d'azur, à une 
mancbe d'ermines. 

60. M. PHILIPPE DE VILLIERS. — Semblablement, à I lambel 
de gueules. 

(1) En Malcien (Seine-el-Wfarne).— (2) Chambly (Oise). 
ti» année. — Doc. j 



18 LB CABINET mSTOmOUE. 

61. Ué Atmf i>& viLUËBS. — Semblablement» à uo esouçoti 

A*Auneel. 

62. M. JEHAN DE GUARG1NCHI&RB8 (1).— De gUeuleS (Stc). II OU 111 

quevrons d'or, à une molète d'argent. 
65. M. JEHAN DBGUAREiNGHiÈRES (stc). — Semblablemeot, à un 
lambel d*asur. 

64. M. GUT DE GUAREINGHIBRESy dit le BAT0U8 (oU BANOUS). — 

De gueules, à trois queyrons d'argent. 

65. M. SON FILS. — Semblablement, à un lambel d'asur. 

66. M. ROBERT DE vibULPONT. — D'argent, à VI angneaulx de 
gueules. 

67. M. ROBINET DE TiEULPONT. — Semblablement, à un lambel 
d'asur. 

68. M. JEHAN LESTENDART.-— D'argent, à un lion noir rampant 
à la queue fourchiée. 

69. M. PIERRE DEMESELEN (2}k — D'argent, à uu liou de gueulos 
rampant à la queue fourchiée. 

70. M. JEHAN DE MONTEGNT. (3). — D'or, à un esGUçou de gueules. 

71. M. HUE DE MONTEGNT— Semblablement, à un orle de co- 
quilles d'asur. 

72. LE SIRE DE YiNAY. — D'argent, à un lion vert rampant. 

73. M. LEGiER d'orgest. — Acbîqueté d'argent et de noir. 

74. M. JEHAN d'orges¥.— Semblablement, à un escuçon de Ru 
chebourg. * 

75. M. JEHAN DE MENou. -^ De gueulos, à I bende d'or. 

76. M. HERviEu LETOR. — D'argent, à II fesses noires. 

77. M. RiGHART DE COURT TREMBLAT, •**« Fossy (fdscé) d'or et de 
vert de VI pièces. 

78. M. HUE DE TiLLiERs. — D'or, à uue bende d'asuri à un lambel 
de gueules. 

7^. M. AMAURi DE viLLiERS. — Semblablement. 

(1) Garendères.-* (2) MessaJan, près PoBloUe.-- (3) MonUgny. 



ARMORUL DE FBArrCB. 19 

80. LE 8IBE DE MiTBT. ~* D*argent, à une bende de gueules, à 
une orlle de molètes de gueules et un escuçon de Dammarlin, 

81 . M. GUILLAUME cREspiN. — ^Fessié (fascé) de VI pièces d'argent 
et de gueules, fîzellé de Tun en Tautre. 

82. LE SIRE DE VAUSEGNT. -*- D*argent, à une croii noire^ à 
une orlle de merlètes noires. 

83. MESSiRE ROBERT DE VAUSEGNT. — Somblablement , a une 
coquille d'or sur la croiz. 

84. LE SIRE DE LiSARGHES (t). — D'argent, à un lion de gueules 
rampant, à un escarlibuche (escarboucle) d'or. 

85. M. GUT LE BouTEiLLiER. — Escartellé d'or et de gueules. 

86. mT pierre hangiervillier (2). — D'ai^ent, à une fesse de 
gueules. 

87. H. PB1LIPPE d'ai^giervillier. — D'op, à m angneaulx 
noirs. 

88. M. GUILLAUME DU GHASTELLiER. — D'or, à uno croii noire 
patëe et eslaisië. 

^. 1. GUILLAUME poucANE.— D'argent, à une quinte feulle noire. 
90. ï. GUILLAUME MAUvoisiN. — D'or, à II fessos de gueules, à 

me molète noire. 
9i, M. JEHAN MAUTOism. ^ Semblablement, à un baâton d'or. 
92. LE SIRE DE SAINT- ANDRiEu. — Semblableuient, à un lambel 

d'asur. 
9S. M. HAGtENY DE BOUviLLE. — D'argent, à une fesse de gueules, 
à trois angneaulx d'or sur la fesse, à un lambel d'asur. 

94. M. CHARLES DE BOUYiLLE. — Semblablemeut, à un baston 
d*asur. . 

95. M. PBiuppE DE GuiEcouRT. — Do gucules, à VI aîgueletes 
(aigletles d'argent). 

96. M. JEHAN US ?ENBUft,<— D'argent, à une croiz de gueules, 
à un lion noir rampant. 

(1) Luzarches (Seine-et-Oise). — (2) Ângeryilliers (Seine-et-Oû»). 



20 LE CABINET HISTORIQUE. 

97. M. BRONAULT DE SAiNT-CLER. — Semblablement , à un lambel 
de gueules. 

98. LE SIRE DE cHANEviÈREs. — Noir, à I sautcur (sautoir) d'ar- 
gent, à IIII fleurs de lis d'or. 

99. M. REGNAULT DE GuoiLLES. — D*or, à tToîs tourteaulx noirs. 

100. M. THiBAUD DE FLouRi (1). — D'asui*, à uu sauteur d'ar- 
gent à un verres (vairs) d'argent. 

loi. LE SIRE DE NEUVILLE (2). — D'or, à I cliief noir. 

102. M. ADAM LE BRUN. — Semblable, à I lambel d'argent. 

103. H. VAURU DE VOIR (3). — D'asur, à llll poings d'or (4). 

104. M. JEHAN PLAiNviLLiER. — D*asur, à II fossos d'or. 

105. M. JEHAN d'aindbsel. — D or, à un lion de gueules rampant, 
à un baston d'ermines. 

106. M. sELVESTRE d'aindesel (5). — Semblablement, le baston 
engreslé.. 

107. M. TERCHELET DE LiEUENCouRT (6). — D'or, à IIl Icvriers 
noirs passans coUereiz ongles et demi coverz d'argent, à une 
bordeure de gueules. 

108. M. JEHAN DE DREUEs (7). — Escarteleî (écartelé) d'argent et 
de noir. 

109. M. GAUVAiN DE DREUES. — Eschiqueté d'or et d'azur, à un 
baston de gueules. 

IIU. M. LOUIS DE MAREGNY (8). — D'asur, à II fesses d'argent. 

111. LE SIRE DE PERCY. — De guoules, à I chief d'argent. 

112. M. JEHAN MOLEHiER. — De gueules^ à une fesse d^argent, à 
VI coquilles d'argent. 

113. M. MARTIN DES ESSARS '9) . — De gucules, à m croissans d'or. 



(1) Fleury.— (2) Neuville, en Mantois. — (3) De Voir, lis.: De Ver. 
Il y en a deux en Seine- et- Oise, un en Oise et un en Seine-et-Marne, — 
(4) Lises : De quatre points d'or équipolés à cinq d'azur. ~ (5) An- 
drezelles (Seine-et-Marne). — (6) Liancourt (Oise). — (7) Dreux. - 
(8) Marigny. Il y en a un en Brie et un autre en Valois. — (9) Les 
Essarls. Il y en a deux en Seine-et-Oise, l'un près de Versailles, l'autre 
près de Magny. 



ARMORUL DIS FBANCB. 21 

114. M. PÉPIN DE CESSABS (1).— Semblable, à I lambel d'argent. 

115. M. JEHAN DE GESSARS. ^ D'asuF, à Une bande couticbié, 
d'ai^ent et de gueules. 

116. M. ADAM BOCEL.— Paillez d'argent et d'asur de VI pièces, à 
une fesse de gueules. 

117. M. HÉBON DE MAiL.--De gueules, à I fer de moulin d*argent . 

118. M. PEBCHBVAL DE GUABENES. — D'or, à deux haches d*asur 
renversées Tune contre Faulre. 

119. M. MADPAs DE MABOLLEs (2j. — Baudeî (baudé) d'argent 
et de gueules de VI pièces. 

120. M. JEHAN vEBTSELLES (3). — D'asur, à un chief d'or, à VI 
tourteaulxoupié, à une meslète (merlette) de gueules ou chief. 

121. M. YVON GHOLET.— Bendé d'argent et de noir de VI pièces. 

122. LE jiBE DE BANTELBu (4).— D'or, à I fessc de gueules, à VI 
meslètes de gueules. 

123. LE siBE d'anest. ^* Beudë d*or et de noir de VI pièces, à 
I quartier de gueules, à I lioncheau d'or rampant en quartier 
à la queue forchiée. 

\^. LE SIRE DE yentoillet.— Losenger d'argent et de gueules 
à im chief d'or. 

125. M. JEHAN DE FOBEST. — De gueules, à une orlle de raer- 
Jètes d'argent. 

126. M. LANCELOT DE SAiNT-MAltc (5).— Dc gueulcs, à Une bende 
d'argent engreslée 

127. M. FLORiNiET DE CELLY (6). — De gucules, à uue orlle de 
merlètes d'argent, à un escuçon de Saint-Marc. 

128. M. piEBBEs DE GBiEYEcuEUB (7). — D'argent, à un sauteur 
noir. 



(1) Pépin de Cessars, lis.: des Ëssarts, comme plus haut.— (2) En Hu* 
repoix (arrondissement de Corbeil). •— (3) Peut-être Jean de Versailles. 
— (4) Banlelu (en Vexin).— (5) Saint-Mars, près Versailles.— (6) Cély- 
en-Bière (arrondissement de Melun). •— (7) Crêvecœur (arrondissement 
de Coulommiers). 



22 LB CABINET HISTORIQUE. 

129. M. JEHAN DE GRiÈTEGOEim. — Semblablement, à un lion- 
cheau d'or sur le premier bras du sautour (sautoir). 

130. M. JEHAN DE SAINT -LUTS. — D'ermins à trois queues de 
gueules (4). 

131. M. JEHAN DE MARcoviLLE (2). — De gucules, à trois que- 
vrons d'ermine. 

132. M. JEHAN BONEL. — Dc gucules, frecté d'or. 

133. M. JEHAN FAUCONNIER. — D'argent, à VI losenges de 
gueules voidiés (vidéeà). 

134. M. JEHAN DE LA FAUCONNIERE. — • PcSSCZ (faSCé) d*ar- 

gent et de vert de VI pièces. 

135. M. REGNAULT LE BAvous; — * Semblable oiont, à une bor- 
deure de gueules. 

136. M. ROBERT BAILLEDART. — De gUCUlCS, à UflC fCSSC d'or, 

à VI meslètes d'or. 

137. M. JEHAN DE LIS! (3).— D'argCHt, à une fesse de gueules, 
à VI meslètes de gueules. 

138. M. PHILIPPE DAiNGAT (4). — De gucules , à I chief 
d'or. 

13^. LE GUALOis DAINGAT. — Semblablement, à un eseuçon de 
Monlmorenchy. 

140. M. PARCHEVAULx DE POMMEURE (5). — Dc Holr, à VII fleurs 
de lis d'or, à I lion d'argent rampant. Et les portent tous 
ceulx d*Atheinmllier, à diférences. 

141. LE ôiRE DE LiNÈREs (6). — Dc gucules. à uuc fcsse d'ar- 
gent, à VI tourteaulx d'or. 



(t) Bien que le terme de queue s'applique, en blason, à la fourrure 
d'hermine, ce ne peut êlre le cas ici, car il y auroit couleur sur cou- 
leur, ce qui n'a jamais lieu. Il faut donc lire : D'hermine à trois que- 
vrons ou chevrons de gueules. — (2) Marcou ville (arrondissement de 
Pou toise). — (3) Lisy-sur-Ourcq (arrondissement de Meaux). — (5) Peut- 
êlre pour Dangu? (arrondissement de Poissy). — (4) Pommeure, H y 
un Pommereux eu Vexiu et un Pommeuse en Brie. — (6) Lig;nières (Seine- 
et-Oise). 



h'ÉêtiME SAiirrHTOLPica. 23 

142. M. ROBERT DB TARENNES. — Fesses d'emime et de gaeules 

de VI pièces. 
145- M, nupiPï PE CHAifTEiiERLR. — D'azuF, à I bende d'argent 

à III coquiUeg de gueules sur la bende. 
444. M. JEHAN DU FAT BB voifTGHETRBL (4).<^ De Doir, à I chîef 

d'or, à I demi-lion d'argent ou cbief. 
145. M. oisAUx DU FAT«— D*argent, à un croissant de gueules, à 

une orUe de merlèt^a de gueules. 

(Sera çonKim^») 



III. L EGLISE SAINT-SULPICE. 

L'ancieDne église ^iutônlpice, dont Ve:Ki»tence remoutoit au 
Tiii« siècle, étoit, au dire 4e la Martinière, un bâtiment si serré, 
qu'il pouYoil à peine contenir la douzième partie des paroissiens. 
Cest vers le milieu du xtiii« siècle qu'on entreprit le vaste édifice 
qui se voit aujourd'hui et dont on a fait une des plus remarquables 
églises ^nnues, mais avec de grands défauts, de l'aveu des plus vul- 
çires çonnoisseurs. Ce fut Gammart, architecte aujourd'hui fort 
GobUè, qui en proposa le dessin, et Gaston d'Orléans, frère de 
X^OKlIH, en posa la première pierre, en 1646. Exécutée sur un 
pkn insuffisant, cette église fut bientôt jugée trop petite. Levau, 
premier arcbitecte dq roy, donna np nouveau plan , dont l'exécu- 
tion fut commencée en 1655, Après la mort de Levau, Daniel Git- 
tard continua les travaux. Ils cessèrent en 1676 et ne furent repris 
qn'en 1718, sons la direction de Gilles Marie Oppenor, directeur 
général des bâtiments et jardins du duo d'Orléans, alors régent. 
Servaadoni, dont cette église a illustré le nom, n'en a pourtant 
desiné que le portail (1733 à 1745), encore son plan a-t-if été sin- 
gulièrement modifié par rarchitecte Cbalgrin> qui en a recommencé 
la construction en 1777. La dédicace s'en fit seulement en 1745, 
lorsque l'intérieur fut totalement terminé. 

La pièce suivante qui, quoique sans date, semble des premières 
années du xviii» siècle, est une protestation des habitants du quar- 
tier contre la continuation des dispendieux travaux qu'entrainoit 

(1) Bn Vcxin. 



24 LE CABINET HISTORIQUE. 

cette laborieuse construction. Dulaure, dans la première édition de 
la Nouvelle description des curiosités de Paris, fait allusion à 
quelques-uns des abus contre lesquels s'élèvent les signataires de 
celle supplique. « Nous éviterons à nos lecteurs, dil-il, le récit des 
» projets mal conçus, à demi exécutés, des querelles des uns, de la 
» friponnerie de quelques autres et des bienfaits de plusieurs. » — 
Nous ne pousserons pas non plus nos investigations sur ce point, 
fécond à ce qu'il paroît en scandaleux trafics. L'histoire en peut 
être recueillie quelque part aux archives de l'Empire. Nous laissons 
aux curieux le soin de l'y aller exhumer. Voici la pétition des habi- 
tants en révolte contre MM. les marguilliers: 



AD ROY, 

Sire, les propriétaires des maisons du quartier de Saint- 
Germain-des-Prez de vostre ville de Paris, de la paroisse da^ 
Saiut-Sulpice, remonstrent très-humblement à Vostre Majesté 
que les marguilliers de ladite église qui ont esté en charge de- 
puis Tannée 1640 jusques en 1676, excitez par les sieurs curé 
et ecclésiastiques, ont pris résolution, en des assemblées secrètes 
et irrégulières, de faire bastir une nouvelle église sur un dessem 
qui peut monter en despence à plus de trois millions de livres, 
et cela sans aucune nécessité, l'ancienne église estant bonne et 
en entier, — et sans avoir le premier sol pour commencer cette 
prodigieuse entreprise. — Cette résolution les a portez à emprun- 
ter autant d'argent qu'ils ont trouvé de simples personnes capa- 
bles de prester leurs bieftis, sans demander une hypothecque suf- 
fisante et certaine. Sur ce fondement, ils ont emprunté jusques 
à la somme de cinq cens cinquante mil livres de principal, dont ils 
ont constitué vingt-sept mil six cens livres de rente sur l'œuvre 
et fabrique de ladite église ; et pendant le cours desdites années 
et desdits emprunts, il a esté fait plusieurs legs considérables 
montans à plus de six cens mil livres; en sorte que ce sont plus 
de onze cens cinquante mil livres de consommez ! Sçavoir s'ils 
ont esté employez utilement ou non, ce n'est pas aux supplions 



l'ÉGUSE SAil<iT*S1ILPlG£. 25 

à entrer en cette discution : les délibérations et les comptes en 
doivent rendre raison à ceux qui sont proposez à cet effect par 
Vostre Majesté. Les supplians n'ont antre interrest que de lui 
faire conuoistre que lesdits roarguilliers n'ont pas raison de s'a- 
dresser à eux pour adviser aux moyens de satisfaire lesdits pré- 
tendus créanciers, et de continuer lesdits bâtiments, ainsi que les 
sieurs curé et marguilliers ont mis en fait par leur requeste pré- 
sentée à Yostre parlement de Paris, sur laquelle est intervenu ar- 
restle cinquième janvier 1678. Contre lequel les supplians s'étant 
pourveus par opposition, lesdits curé et marguilliers ont tenu 
une assemblée le cinquième avril suivant, en laquelle il fut ar- 
resté que Ton feroit des questes pour recevoir les chantez et 
aumosnes vollontaires des parroissiens sur ce sujet. A quoi les 
supplians croyoient que les désirs desdits curé et marguilliers 
se fussent terminez. Mais ils sont advertis qu'ils se sont de 
nouveau pourveus par- devant Vostre Majesté par requeste, sur 
laquelle il a esté rendu arrest en votre conseil, le onzième 
' Bovembre 1679, qui nomme des commissaires pour exami- 
m cette affaire, entre les marguilliers de l'œuvre et fabrique 
dudii Saint-Sulpice et les créanciers d'icelle ; à quoy les sup- 
phns n'ont aucun interrest de s'opposer, mais bien à la pro- 
position qu'ils ont appris que lesdits curé et marguilliers vou- 
ioient insinuer dans l'esprit de Vostre Majesté de leur permettre 
de faire faire une imposition sur les maisons de ladite paroisse^ 
qooy qu'ils scachent qu'elles sont plus chargées qu'aucunes au- 
tres maisons des austres cartiers de vostredite ville de Paris, 
tant par les taxes faites sur lesdites maisons de ladite paroisse 
Saint-Suipice, non-seulement pour les pauvres, boues et lan- 
ternes, mais aussy sur ce qu'elles sont chargées de fournir les 
ustancilles nécessaires à la compagnie des mousquetaires à 
cheval de Vostre Majesté et du logement du régiment de ses 
gardes ; et d'ailleurs qu'une grande partie desdites maisons est 
sujette à la taxe du huictiesme denier, pour l'aliénation des biens 



26 LB CABINET HISTORIQUE. 

d'église. Ce qui seroit un dernier accablement aux supplians 
propriétaires desdites maisons, si ladite proposition de cette 
nouvelle imposition estait receue, et qu'ils espèrent que 
Vostre Majesté, toute bonne et juste qu'elle est, ne souffrira 
pas ; et qu'il ne se passera rien sur ce sujet que les supplians ne 
soient deiiement appelez et ouys ; cependant ils continueront 
leurs vcmx et prières pour la santé et prospérité de Vostre Ma- 
jesté. 

Signé : Tambonneau, Lemyrrhe, Domenchin, Lepplluau, de 
Montholon, G* de la Porte, Lafleré, révérend Du Tronchay de 
Vayres, Benoist, Maînneville, Jarquier de Selt, Loisel, Marie 
Frissaut, Marie de la Croix, Benoist, de Tellier, Therbault, 
Gonfais» De Fourmont (Joubert), F. -Simon Péliseier, procureur 
du novitiat des Jacobins, F. Athanase Trlbou, Pierre Davoust, 
prieur des Augustins du fauxbourg Saint-Germain. 

{BU Mant., vol. 72.) 



BIBLIOGRAPHIE. 

■ISTOIIiS s'iBlilZàPITH VB V4l4«l^, RSlIfB n'$$PAKT|E, 1 $45* 1668, 
Par le marquis du Prat. Paris , Techener, 1859. 1 v. in-8. 

Yoici an livre comme nous aimons à en rencontrer, mais comme 
nous en fournit peu la presse contemporaine : une étude historique, 
faite avçc amour e\ p^^ion, conscience et talent : la vU d'EUzabeth 
de ralois, par M. le marquis du Prat. Méconnue des historiens qui 
ont trouvé deux fois tout juste Toccasion de la nommer, Elizabelh 
n'avoit eu Jusqu'à ce Jour d'autre biographe que Braniôme, dont les 
récits, empreints de rexagéralion gasconne, laissent habiluellement 
toute sorte d'incertitude dans l'esprit. Âjouton$-y cependant le 
roman de Saint-Héal, le Dom Carlos de Schiller, le Philippe II 
d'Alfierî, puis quelques lettres d'elle, éparses dans les grands recueils, 
et nous aurons à peu près tout ee qui compose la bibliographie im- 



MBUOGRAPmK. 37 

primée de cette princesse. La fille d'Henri II, après avoir tani prêté 
à la fiction, avoit pourtant une place légitime à reTendiqaer dans 
l'histoire. C'est ce qu'a parfaitement compris et démontré M. le 
marquis du Prat. Son livre, plein de documents originaux et ignorés 
jusqnlci, fait justice des données romanesques, aveuglément accep- 
tées sur Elisabeth et don Carlos. Si ce dernier, pauvre et lamentable 
princet complètement dépoétisé par ces irrécusables documents, perd 
jusqu'à Fauréole de martyr que lui avoit attribuée la tradition, Ëliza- 
betfa du moins gagne assurément à être mieux connue. Ce n'est 
plus à la vérité cette héroïne de roman, victime d'une politique im- 
pitoyid>ley et livrée contre les penchants de son eœaranx tyran- 
niques passions d'un vieillard ombrageux et féroce : M, du Prat fait 
justice de ces exagérations, en raeonlant simplement ,et sans parti 
pris, les faits tels qu'ils se produisent dans les irrécusables docu* 
ments qu'il a pu consulter. 

n est bien vrai qu'avant d'être l'épouse du père, Elizabeth avoit 

été la promise du fils. Mais hâlon^^-nous de dire que si don Carlos, à 

la simple vue du portrait de cette gracieuse et charmante princesse, 

avoit pn s'éprendre et devenir amoureux, rien n'avoit dû faire naître 

à son égard un pareil sentiment dans le cœur d*Elizabeth. La seule 

diose qui pdt militer en sa faveur, étoit sa conformité d'âge avec la 

fflc de Henri II, puis peut-être le souvenir des pourparlers dont il 

mWété quelque temps l'objet. Du reste, chétif, blême et conlre- 

ùâlj d'un caractère violent, d'une intelligence étroite et de mœurs 

déjà dissolues, don Carlos n'avoit à obtenir de sa jeune belle-mère 

qoe rinlérêt et la pitié. Et ce sont en vérité les seuls sentiments 

qu'il ait inspirés. D'ailleurs Philippe II, à l'époque de son mariage, 

n'éloil pas le vieillard morose et farouche qu'ont dit les poètes et les 

romanciers. Agé tout au plus de trente-deux ans, il se trouvoit , à 

répoque de son mariage, dans la plénitude de sa force et de sa beauté 

virile, « de fort bonne grâce, beau et agréable, blond et qui s'habil* 

»loit bien, » au dire de Brantôme. 

C'est l'histoire des huit années de mariage de la reine Elisabeth 
de France, que nous a donnée M. le marquis du Pfat. li suit son hé- 
roine avec amour dans toutes le» phases de son existence un peu 
monotone, à la cour si hautaine et si cérémonieuse du roi catholique. 
Toutefois, elle n'y est pas si exclusivement recluse qu'on pourroit 
croire. L'église, le spectacle et les pèlerinages, font avec le récit 
de ses maladies, de ses grossesses et les nombreux témoignages 
d'amour que lui donne son époux, l'ensemble des principales 



â8 LE GiBlNET USTORIQUE. 

matières dont se compose ce volume. H faut le dire aussi, la 
jeune reine intervient souvent dans la politique : elle est le canal par 
lequel le roi Philippe II et la reine-mère, Catherine deMédicis, com- 
muniquent le plus étroitement. Mais ces communications sont sou> 
vent peu aimables : des intérêts contraires les rendent pénibles : 
Elizabeth a bien du mal à les maintenir harmonieuses et cordiales. 
La reine-mère, tout en demandant parfois des conseils, sait très-bien 
se soustraire à ceux qui excèdent le but qu'elle se propose. Elle 
porte haut l'honneur de la France, et ses luttes contre l'influence 
que veut prendre Philippe II dans les affaires de son fils sont encore, 
dans le livre de M. du Prat, un démenti donné aux traditions reçues 
de la servilité de cette reine aux exigences du roi catholique. 

£n résumé, Elizabeth et Catherine, sa mère, gagnent assurément à 
la publication de M. le marquis du Prat. Nous laisserons au lecteur 
le plaisir de voir par lui-même comment se présente dans ce livre 
ia terrible catastrophe qui mit fin à la déplorable existence de don 
Carlos et qui fut, à quelques mois de là, suivie de la mort de lavera- 
tueuse et regrettable Elisabeth. Dans l'appréciation de ces faits si 
graves, M. le marquis du Prat s'en tient aux lumières que lui four- 
nissent les sûrs documents qu'il exploite. L'imagination y perd 
sans doute quelque peu, mais l'histoire et l'humanité y regagnent 
tout le terrain qu'avoient usurpé sur elles le roman et la fiction 
servis par les passions haineuses des partis. — Nous pouvons assu- 
rer que l'ouvrage bien fait, bien écrit, sera lu et recherché par tous 
ceux qui aiment, dans un récit historique, la vérité, la science et la 
bonne foi. 

— De Lyon a Setssel. Guide historique et pittoresque du 
voyageur en chemins de fer, Paris^ Dumoulin^ in-8". 

Ce livre sort des presses de Louis Perrin : c'est déjà le re- 
commander. Typographiquenient parlant, c'est tout simple- 
ment un beau volume, qu'ornent une excellente carte de l'Ain 
et plusieurs vues finement exécutées d'après Chastillon : voilà 
pour la forme. Quant au texte, l'auteur s' étant modestement 
soustrait à la publicité, nous ne trahirons point son incognito ; 
tout au plus soulèverons-nous un coin du voile ep disant que 
certain chapitre le signale assez clairement comme le fortuné 
propriétaire d'un des châteaux les plus historiques de la contrée. 
Nous ajouterons encore, en manière d'indiscrétion, qu'il y 



BIBLIOGRAPHIE. 29 

exerce une noble et chevaleresque hospitalité qu'accompa- 
gnent le goût des arts et des lettres et celte exquise urbanité 
qui ne se rencontre plus qu'aux bons lieux et chez les gens de 
bonne maison. Ceci dit, quelques mots de l'œuvre. — Dans un 
livre de ce genre, destiné à devenir le vade-mecum des touristes, 
la relation, pour être intéressante et éviter la monotonie du 
genre, doit marier avec mesure et choix les souvenirs histori- 
ques aux descriptions pittoresques. L'auteur l'a compris et s'est 
acquitté en maître de cette tâche assez peu facile. Contraire- 
ment aux traditions des faiseurs de Guides^ il anime ses ta- 
bleaux de conversations familières et piquantes qui forcent l'at- 
tention et la sympathie du lecteur. Ce n'est pas qu'il soit d'un 
oplimisDfie exagéré! Ses louanges ne sont point banales, et le 
Irait acéré de sa critique ou de sa bonhomie narquoise est de 
nature à troubler le sommeil de plus d'un administrateur. 
Du reste , la gaieté, Tentrain du récit n'excluent dans ce vo- 
lume ni la justesse des aperçus, ni l'érudition patiente et de 
bon aloi; et malgré l'allure quelque peu familière du récit, nous 
poQvons adresser nos félicitations à l'auteur, qui, si nous som- 
vies bien informé, ne bornera point sa course à ce coup d'essai : 
wil tient, nous dit-on, en préparation, pour une prochaine 
piiMicité, un livre d'une tout autre portée et d'un haut intérêt 
jWQr l'histoire des contrées qu'il vient de décrire. 

Nous allions oublier un point important et que tout voyageur 
chrétien doit noter sur ses tablettes : c'est que le Guide histo- 
rique et pittoresque que nous venons d'annoncer se vend au 
profit des pauvres de Seyssel, et cette destination, que nous 
révèle la couverture, n'est pas la plus mauvaise page du livre. 

— Les Némania : Vies de saint Syméon et de saint Sabba^ 
légendes slaves du moyen âge, 1169-1237. Traduction du paléo- 
slave en françois avec texte en regard, par A. Chodzko. Chez 
l'auteur, rue de VOuest^ 72 —L'importance des langues slaves 
û'a guère été signalée que de notre temps : ce n'est que de nos 
jourâ que des chaires destinées à faire connoitre leur littéra- 
ture ont été créées dans quelques États d'Europe, et la chaire 
du collège de France, anjourd*hûi si bien occupée par le savant 



30 LE GAfttlIET msTOKlQUË. 

traducteur du livre que nous annonçons, ne date que du règne 
du roi Louis-Philippe. On ignoroit généralement parmi nous 
que les Monuments littéraires de la langue slave remontassent 
à une époque plus reculée que ceux de nos langues d'origine 
latine. La légende de saint Syméon et de saint Sabba n'est 
pas précisément de cette époque primitive. Nous en avions 
déjà signalé à la bibliothèque impériale (f. slave, 10, anc. 
5537), le texte même qu'avoit publié M. Schararik dans ses Mo- 
nammis de Vûnciênne litiérature dê$ Slaves du Sud. — Nous 
renvoyons, pour l'appréciation de ce curieux morceau, à l'a- 
nalyse qu'en a donnée notre honorable et savant correspondant, 
le révérend père Marliktof , dans son livre les Manuscrits slaves 
de la Bibliothèque impériale. Nous dirons seulement, d'après 
lui, que, chef d'une dynastie célèbre et placé au rang des saints, 
Siméon Némania apparott dans l'histoire de la Serbie entouré 
d'une double auréole, et que son nom vit encore dans le sou- 
venir du peuple qui vénère en lui son fondateur et son patron. 
Aussi plus d'un écrivain s'est-il exercé à retracer sa vie ver- 
tueuse. Ses deux fils, Sabba et Etienne, furent les premiers à 
payer à sa mémoire ce tribut de leur piétié filiale. Ils posèrent, 
pour ainsi dire, la première pierre du monument littéraire que 
d'autres, après eux, ont continué. — Quant à la vie de saint 
Sabba, composée vers 1264, par son disciple Dométian, M. A. 
Chodzko nous apprend qu'elle fut éditéeà Vienne, en 1794, par 
l'évêque ortodoxe Givkovich, qui l'abrégea et l'épura ; ce qui 
veut dire, en d'autres termes, qu'il en a supprimé les passages 
qui pouvoient constater l'action que l'Église latine exerçoit alors 
dans les pays professant aujourd'huilerileslavo-grec.— Comme 
style^ la biographie de saint Sabba par Dométian est contem- 
poraine de celle que nous venons de désigner dans le recueil de 
M. Schafarik, et, par conséquent, elle compte au nombre des 
chefs-d*œuvré de l'âge d'or de la littérature sacrée chez les 
Slaves méridionaux. Elle appartient à ce que les slavistes ap- 
pellent la catégorie de la rédaction serbe. Ce n'est pas précisé- 
ment la langue des premières versions des Écritures saintes, 
mais elle sert de chaînon pour les rattacher aux dialectes mo- 
dernes, et en même temps faciUte Tétude des unes et des autres. 



BIBUOGRAPHIB. 31 

n appart«M>it à M. Chodzko, à qui la liUértture et rhistoire 
de Pologne sont déjà si redefables et que tant de travaux 
d'érudition ont déjà recommandé, de naturaliser parmi nous ce 
curieux monument de la langue paléo-slave. 

— Le Château de Chamhord, par L. de La Saussàte, mem- 
bre de rinstilut. 8® édition, revue, corrigée et augmentée de 
pièces justificatives. PariRy Dum<mlin In 8^ vu.^ 157 p., pap. de 
Hollande. — Voici une nouvelle édition d'un petit livre qui dés 
longtemps a fait son cliemin, et que connoissent tous ceux qui 
s'intéressent aux monuments de notre ancienne France. Leur 
nombre va s'accroissant tous les jours, et, à défaut d'autres 
preuves, les huit éditions de l'ouvrage de M« de la Saussaye 
seroient là pour le démontrer. La dernière^ celle dont nous 
parions, est augmentée de pièces justificatives qui lui donnent 
une valeur nouvelle, en même temps qu'elles impriment à ce 
livre un cachet d'érudition et de consciencieuses recherches 
qui suffit pour le distinguer de la foule des descriptions et notices 
du même genre. On doit savoir gré à un membre à» l'Institut^ 
«un grave recteur d'Académie, d'avoir bien voulu, en compo- 
sât ce livre, nous épargner l'ennui de recourir aux volumi- 
neuses compilations déjà publiées sur le même sujet. M. de la 
&ussaye a su ne dire ni plus ni moins que ce qui peut intéresser , 
et le dire bien et avec une simplicité de bon goût assee rare 
en notre temps. Il fait passer sous nos yeux tous les souvenirs 
historiques et littéraires qui se rattachent à ce gracieux château 
de Chambordv 11 nous montre les figures les plus remarquables 
qui ont monté ce charmant escalier, animé c>es poétiques lam- 
bris : François l«' et Diane de Poitiers, Louis XJV et Molière , 
le maréchal de Saxe et le roi Stanislas. Il nous fait lire sur les 
murailles le nom de madame la duchesse de Berri, gravé de sa 
main, et le fameux distique du roi chevalier. Puis il raconte le 
sort du château lui-même : il restitue à un François, à un JBlai< 
sois, l'honneur d'avoir'construit cette merveille attribuée, on 
ne sait pourquoi, au Primatice; il suit les destinées de l'édifice 
à travers les âges, il dit comment, à plusieurs reprises, le van- 
dalisme le menaça de ses coups et comment il y laissa l'em- 



52 ^ LE CABII^ET HISTORIQUE. 

preinte de ses serres. Enfin, il rend compte de ce qu'est devenu, 
entre les mains du prince qui le possède, le don de la France, 
où déjà s*est dépensé bien au delà du prix d'achat. Le livre de 
M. de la Saussaye sera recherché de tous ceux qui visiteront 
Chambord, ou qui voudront s'en faire une idée. — Quant à 
Texécution matérielle, il sort des presses de Louis Perrin. 

— V Annuaire de la noblesse, de M. Borel d'Hacterive, an- 
née 1859, qui vient de paroître, fait partie d'une publication 
sur laquelle nous comptons prochainement revenir, et que, du 
reste, beaucoup de nos lecteurs connoissent déjà. La loi du 
28 mai dernier, sur les noms et les titres, donne à ce recueil 
plus d'actualité que jamais : nous signalerons dans ce volume, 
outre les matières ordinaires, un curieux article sur la noblesse 
de France aux assemblées électorales de 1789; ce chapitre est 
extrait d'un livre dont la publication seroit certainement d'un 
grand intérêt : un armoriai de l'échevinage de Paris, resté jus- 
qu'ici inédit et que l'éditeur a fait précéder d'une savante dis- 
sertation sur le prétendu anoblissement des bourgeois de 
Paris; enfin, avec la revue complète de la jurisprudence et de 
la législation actuelle en matière de noms et de titres^ la liste 
des titres et dotations conférés par l'empereur Napoléon P' de 
1808 à 1814. — Les planches coloriées qui accompagnent le texte 
ont un cachet héraldique très-distingué. Nous pouvons assurer 
que nous ne donnons ici qu'un foible aperçu de l'intérêt que 
présente ce nouvel annuaire, en tout digne de ceux qui l'ont 
précédé et qui assure à l'auteur le succès et le renom qui s'at- 
tachent aux publications sur la noblesse, quand surtout elles 
sont faites avec cette érudition classique du genre que savent 
apprécier les connoisseurs et qui distingue tous les livres de 
M. Borel d'Hauterive. 




REVUE MENSUELLE. 



CORRESPONDANCE DU CABINET HISTORIQUE. 



Evreux, ce 29 février 1859. 



Monsieur, 

Toici quelques nouvelles paléographiques qui peuvent inté- 
resser le Cabinet historique. Dans le courant de Tannée qui 
vient de s'écouler, un bouquiniste de Lisieux a mis pendant 
plusieurs mois en étalage trois énormes boîtes de parchemins 
formant les archives féodales de la baronnie d'Orbec. 11 y en 
avoit environ vingt livres pesant; le total se composoit de 6^0 
à 650 pièces. 

Vous comprendrez l'intérêt que pouvoient présenter ces do- 
cuments, lorsque vous saurez qu'il s'agit de pièces ayant rap- 
port à la ville d'Orbec, ancien chef-lieu d'un bailliage royal et 
Tune des plus jolies petites villes de Normandie, 

La majeure partie de ces parchemins datoit seulement des 

xvn® et xvîii' siècles; l'autre partie se subdivise ainsi : 1 pièce 

du xni^ siècle, 4 du xiv«, 66 des xv« et xvi® siècles. La pièce du 

XIII® siècle concerne un seigneur du fief de Querville, paroisse 

Paris. — Typ, Wittersheim. — 8e année. Doc. 3 



54 LE gjlbinibt historique. 

de Prestreville, près de Lfsieux: elle est de 1282, écrite en 
langue vulgaire, mais incomplète. Il, y a peu d'actes en latin ; 
ils émanant de la chancellerie des évoques de Lisieux. Ce sont 
des collations de bénéfices ou des procès-verbaux d'installation 
de curés, intéressant principalement la paroisse de Tordouet 
(de Torto-Duetu). Cependant la seigneurie de Tordouet ne 
faisoit point partie de la baronnie d'Orbec, et ne fut acquise 
qu'au xviie siècle par la, famille des Chaumont-Guitry,^ alors 
seigneurs d'Orbec. 

Mais, demanderez-vous, comment ces précieuses membranes 
sont-elles ainsi arrivées aux mains d'un marchand de bric-à- 
brac, et que sont-elles devenues? 

Quant à leur provenance, elle est ignorée : on sait le mys- 
tère dont s'entourent d'ordinaire sur ce point les marchands. 
On avoit pu supposer d'abord que la mairie d'Orbec avoit fait 
vendre ces pièces précieuses pour l'histoire de cette ville. Mais 
tout considéré, cette supposition est inadmissible. 11 paroîtroit 
au contraire que ces archives auroient été reléguées depuis 
longtemps dans quelque bâtiment rural de Tune des fermes ap- 
partenant aux héritiers des barons d'Orbec, et que les gens de 
M. de Cbaumont-Quitry, pour débarrasser l'espace qu'elles oc- 
cupoient, les auront livrées tout récemment aux marchands de 
parchemin. En effet, ces pièces étoient en partie pourries : 
toutes avoient séjourné de longues années dans un endroit 
humide, car en les feuilletant on trouvoit d«s détritus de titres 
en papier primitivement mêlés aux dépouilles plus coriaces des 
moutons, mais qui n'avoient pu résister comme ces dernières 
k un abandon prolongé. 

Maintenant, voici ce que sont devenues ces pièces. Plu- 
sieurs amateurs de curiosités ont d'abord choisi chez le mar- 
chand les plus anciennes ou les mieux conservées. Un collec- 
tionneur de Lisieux, M. A. Pannier, en a pour sa part sauvé une 
vingtaine. Puis est venu un paléographe intrépide, M. Charles 



GORRBSPONBANCE. 35 

Vasseur, mon parent, qui en a acheté une cinquantaine, et qui 
a analysé ce que le surplus contenoit encore d'intéressant. Le 
reste, qui fût devenu encombrant pour une collection d'ama*» 
teur, eût cependant été encore digne d'être recueilli aux ar- 
chives du Calvados ou à celles de TEure. On espéroit leur voir 
prendre le chemin de Tun de ces dépôts publics, lorsqu'un 
marchand de Paris, courant la province, a acheté en bloc tout 
ce qui n'avoit point encore troqvé d'amateur. Tout fait croire 
que les mieux conservés de ces parchemins sont deitinéi à 
être blanchis, et que les fragments plus petits ou plus avariëSi 
ont été réduits en colle. 

Sur ces 600 ou 650 pièces, il y en a donc eu seulement une 
centaine de sauvées, et M. Charles Vasseur, qui a compulsé avec 
soin tous ces documents, me signale les particularités suivantes 2 
Deux copies faites au xvi« siècle d'actes latins du xiu*', rela- 
teot la fiefferme faite par les rois Louis IX et Philippe le 
Hardy des revenus de la vicomte d'Orbec, fiefferme qui paroll 
avoir servi de commencement à la baronnie d'Orbec. Voici un 
^age de la charte de Philippe le Hardi : 

f Cum autem charissima domina et mater nostra Margarita 
fiei gracia Francorum regina nos requisierit praedicto Stephano 
(Etienne de Bienfaite) nunc milite ut nos quasdam additionnes 
ceu declarationes in predictis literis faciamus nos ad eius re- 
quisitionem in eisdem literis additiones facimus qu» sequun<« 
tur videlic«t postilla verba superius in literis predictis contenta, 
videlicet piscarias Carrucarum apud Orbec, addimus decla* 
rando et in baronia d'Orbec, Item post illa verba in eadem linea 
posita videlicet Releueia (Releveia, reliefs), rusticorum loco 
illorum verborum quae ibidem subsequuntur immédiate vide- 
licet et simplicem jusliiiam eorumdem de speciali gracia et 
ex concessione nostra addimus hsec verba videlicet et noatram 
simplicem justiciam rusticorum habitantium in baronia Aurù' 
heei^ etc. » 



36 LE CABINET HISTOBIQUE. 

Tous les aveux sont à peu près calqués Tun sur l'autre ; les 
redevances imposées comme additions sont toutes de même 
nature, et aucune n'offre de caractère singulier: ce sont des 
journées de fennage aux prés du seigneur (encore aujourd'hui 
la vallée d'Orbec est réputée pour ses foins et le système d'irri- 
gation de ses prairies), des corvées de bestes, service de pre- 
vosté, regard de mariages, reliefz, treizièmes et aides coustu- 
miers, rentes en argent et en chapons. 

Les intitulés de ces aveux fournissent la série de tous les 
barons d'Orbec. L'un d'eux est un personnage dont le souvenir 
n'est pas perdu dans le Calvados, C'est « Messire Loys d*Orbec, 
chevalier, seigneur et baron dudit lieu d'Orbec et de Bienfaite ; 
la Halleboudière, Beauvoir el Vatteviile-en-Caux» conseillers et 
chambellans du roy nostre sire, et son capitaine et bailly 
d'Ëvreulx. » Calviniste enragé, ce fameux bailli d'Ëvreux ra- 
vagea la cathédrale de Lisieux, à la tête des huguenots, en com- 
pagnie de s(m voisin et digne ami, le maréchal de Fervaques, 
Guillaume de Hautemer. 

Quant aux vassaux qui figurent dans ces aveux, plusieurs 
d'entre eux portent des noms connus : il y a parmi eux un 
nombre infini de conseillers du bailliage, de procureurs du roy, 
et autres nobles de robe, d'avocats, de procureurs et de tabel- 
lions, parmi lesquels on retrouve la souche de beaucoup de 
familles annoblies dont les descendants habitent encore les 
manoirs des environs. Orbec étoit remplie de gens de loi et la 
ville appartenoit presque tout entière au seigneur. Avec ces 
aveux, ai tous avoient été conservés, on eût pu faire l'histoire 
de toutes les propriétés de la ville, hôtel par hôtel, maison par 
maison, rue par rue. 

Je dois vous signaler des reçus de la chambre des comptes, 
portant procès-verbal de prestation de foi et hommage, avec le 
dénombrement des fiefs composant la baronnie d'Orbec, et un 
fragment d'arrêt rendu en 1544 entre Loys d'Orbec et Jean 



CORRESPONDANCE. 37 

Dandel, sieur du Parc (fief à Saint-Germain-de-la-Campagne, 
département de l'Eure), où Ton trouve que Guy d'Orbec, 
s'étant distingué à la journée de Fomoué « audict Guy avoict 
esté donné, de la main dudict roy Charles, Tordre de cheuallerie ; 
aussy que pour considération des bons et agréables services 
que ledict Guy auoict faictz audict roy Charles en ses guerres et 

autrement auoict ledict roy Charles donné audict Guy 

d'Orbecla somme de onze .cens livres tournois. » 

Je termine ici cette analyse, pour vous donner quelques nou- 
yelles des archives de l'Eure. On commence à les classer dans 
le nouveau bâtiment dont la construction a été commencée il y 
a deux ans. Cet édifice, qui a la forme d'un T, se compose 
d'une nef principale sans planchers, mais divisée sur sa hau- 
teur par deux étages de galeries supportées par des coionnettes 
en fonte. Cette nef, qui ofi're en petit, par sa disposition inté- 
rieure, quelque analogie avec le Palais de Tlndustrie, est con- 
sacrée au logement des paperasses bureaucratiques modernes, 
(pdéjà en prennent possession. Quant aux archives histo- 
ngoes, elles seront conservées dans deux salles^ placées au pre* 
inier et au second étage, dans le pavillon qui fait en quelque 
sorte le manche duT, et qui sert de péristyle. Cet édifice, bâti 
en briques et pierres et entièrement isolé, a été élevé sur les 
plans de M. Bourguignon, architecte du département, et coûte 
105,000 mille francs. Les archéologues auroient désiré que les 
salles inférieures de ce bâtiment, qui sont voûtées, eussent été 
disposées pour servir de musée épigraphique; mais cette idée, 
vigoureusement soutenue par M. de Caumont, a été repoussée. 
£n conséquence, les inscriptions resteront dehors, et les salles 
en question serviront tout simplement de bûchers et de caves. 

Afin de meubler ce nouveau local, l'archiviste de l'Eure a fait 
transférer à Évreux les archives conservées à Vernon, dans la 
tour dite des Archives, et a enlevé également à la ville de Gi- 



38 LE CABINET HISTORIQUE. 

sors les anciennes minutes du bailliage, l'nn des sept grands 
baillages de Normandie. Ces archives judiciaires et féodales 
étoient conservées dans la célèbre tour du Prisonnier, et la 
ville de Gisors avoit fait tout récemment les frais de les faire 
classer par M. Lebrun d'Orgival, ancien élève de TÉcole des 
Chartes. En attendant la terminaison du nouveau bâtiment» 
ces deux importants dépôts de Vernon et de Gisors sont en- 
tassés dans trente-quatre caisses amoncelées dans les caves de 
la préfecture. 

Pour compléter cette centralisation à Bvreux de toutes les 
anciennes archives du département) Tarchiviste a fait apporter 
aussi au chef-lieu les archives récemment découvertes au 
greffe de Bernay, par M. Léon Métayer (1). Cet enlèveuient ne 
s'est pas fait sans quelque résistance de la part du tribunal de 
Bernay et de la municipalité de cette ville. M. Métayer, qui 
avoit eu la chance de retrouver ces archives, longtemps cher- 
chées en vain, auroit désiré qu'elles restassent quelques mois 
de plus à Bernay, afin de pouvoir achever un travail de dé- 
pouillement par lui commencé, et d'avoir la primeur de leur 
exploration, faveur bien légitime, ce semble, puisque c'est à lui 
seul que l'on en doit la découverte, mais qu'il n*a pu obtenir. 
Ces documents attendent également, dans les caisses où ils sont 
entassés, le jour on ils seront ofiiciellement inventoriés et mis 
à la disposition des explorateurs. 

Veuillez agréer, monsieur, la nouvelle expression de mon 
sincère dévouement. 

Raymond Bordeaux. 

(1) Voir le Cabinet historique du mois de juin dernier. 



MEMOIRE DE M. DE GAMPREDON. 39 



V. — MEMOIRE DE M. DE GAMPREDON SUR LES 

NÉGOCIATIONS DU NORD. 

(Suite.) 

Je m'artdressay d*abord à M. Dukert pour avoir un logement; 
il me donna la moitié de son lict, c'est-à-dire de la paille qui 
luy en servoit; il témoigna désirer rendre quelque service au 
Roy, mais il m'en expliqua l'impossibilité, fondée sur Féloigne- 
ment où estoit le roy de Suède d'écouter aucune proposition 
avant Texécution du projet qu'il avoit en teste de détrhôner le 
roy Auguste ; que ce dessein Toccupoit uniquement, qu'il n'osoit 
mesme luy parler du sujet de ma mission, et que ce seroit beau- 
coup si, avant mon départ et celuy de l'armée, je pottvois par* 
tenir à parler au duc de Holstein et au comte Piper. Je pressay 
fort M. Dukert de me procurer Tun et l'autre, l'assurant qu'il 

tf^ avoit rien que d'agréable pour eux et de glorieux pour S. M. 

suédoise dans ce que j'avois à leur communiquer, et que le Roy, 
dont il témoignoil affectionner le service, luy tiendroit compte 
de celuy qu'il rendroit en cette occasion. Ses réponses me firent 
juger qu'il n'y estoit guères propre. Je vis le lendemain le comte 
Piper, par le moyen du secrétaire Cederhielm, à qui je fis pré- 
sent d'une tabatière d'or. Je sçavois à quoy m'en tenir sur cet 
article avec luy, depuis que je l'avois tasté en Cmrlande. Le 
comte Piper me reçut assez froidement, et sans répondre en 
détail à ce que je luy exposay de ma commission , ny à la lettre 
de M. de Bonac ; il me dit que le Roy, son maistre, n'estoit ny 
en scituation ny en volonté de souffrir aucun négociateur à sa 
suite, moins encore d'écouter des propositions ; qu'il sçauroit 
aprofondir ce que je luy avois insinué des engagements pré- 
tendus des alliés avec le roy Auguste, ajoutant, avec un sourire 



40 LE CABINET HISTORIQUE. 

sardonique, que ce prince n'en prendroit aucun contraire au 
plan de neutralité qu'il s'estoit formé ; que je devois donc m'en 
retourner à Riga, parce que Tarméedécamperoit dans deux jours. 

Je n'eus pas une réponse plus satisfaisante du duc de Hols- 
tein. Je fus introduit chez luy la nuit, avec un grand mistère ; il 
me dit que son engagement envers la France ne Tobligeoit qu'à 
de bons offices auprès du' Roy, son beau-frère^ qu'il n'en négli- 
geroit pas l'occasion, qu'elle ne s'estoit pas encore présentée, 
et ne se présenteroit tout au plus tost qu'à Varsovie ; que j'as- 
surasse la cour, et M. de Bonac en particulier, de toute sa bonne 
volonté, qu'il me conseiUoit de m'en retourner, et qu'on ignorât 
que je luy eusse parlé, pour ne point le rendre suspect, dit-il, et 
inutile dans la suite aui intérêts de la France. Il me fut aisé de 
comprendre qucces réponses du duc n'estoient que des défaites 
captieuses, et que l'argent qu'on luy donnoit n'estoit pas mieu^ 
employé que beaucoup d'autre qu'on répandoit dans le même 
goust. M. Dukert, qui me parut agir plus rondement, mais peu 
propre à entamer et à suivre une négociation, me confirma dans 
cette pensée, dont je rendis compte à M. le marquis de Torcy, 
dès que je fus en lieu propre à pouvoir le faire par la poste. 

Le mesme jour que le roy de Suède fit enterrer ses soldats, je 
le vis dans la place,prèsde sa maison, se divertir à voir battre les 
officiers à coups de boules de neige, tandis que, de l'autre costé 
de la rivière, les Polonois tiroient assez fréquemment des coups 
de fusil à. tous ceux qui s'en aprochoient. Cette témérité fut 
grièvement punie. M. Dukert me dit, le lendemain, que les ordres 
estoient donnés pour la marche, et que vraisemblablement on 
me le notifieroit de la part du comte Piper; en effet, dès le 
mesme soir, le secrétaire Cederhielm vint m'avertir de partir 
le jour suivant dès le grand matin. Je demanday une escorte, 
ayant à traverser un pays remply des partis d'Oginski et de vo- 
leurs. 11 répondit que le roy de Suède n'ayant point de dépèches 
à envoyer à Riga, on ne me donneroit point d*escorte, mais que 



MÉMOIRE DE M. DE GAMPREDON. 41 

je rencontrerois sur ma route des régiments suédois qui venoient 
joindre Farmée, m'assurant, au surplus, que le roy de Suède et 
son ministre n'en agiroient pas autrement à l'égard des ennemis 
de la France. 

3e n'estois pas à mille pas de la ville, que j'apperçus une 
grande fumée; chaque soldat avoii eu ordre de mettre le feu 
dans son quartier en le quittant; les maisons n'estant que de 
bois forent bientost consumées, à l'exception de Féglise qu'on 
ayoit épargnée. 

Avant d'arriver à Riga, je courus risque trois fois de perdre 
la vie ; la première, par une avanture assez plaisante arrivée le 
soir dans un gros village de Lituanie; Thôte qu'on m'indiqua 
refusa du foin pour mes chevaux, argent, menaces^ tout fut inu- 
tile; les autres habitants fermèrent leurs portes; il m'estoit im- 
possible de pousser plus loin, mes chevaux estant rendus faute 
de nouriture. J'avois un interprète qui, par ses clameurs, avoit 
atroupé beaucoup de monde prés de l'écurie dont j'occupois la 
porte, mes pistolets sous le bras; ma surprise augmenta, lors- 
que mon interprète vint me dire à l'oreille que nous aurions du 
foin, si je voulois luy permettre de battre Thôtesse. Je crus d'a- 
krd qu'il s'entendoit avec tous ces Lituaniens ses compatriotes 
pour me faire assassiner, mais m'ayant ajouté que sa proposi- 
tion venoit de l'hôte mesme, sa femme estant un démon qu'il 
n'osoit battre et qui ne pouvoit estre réduite que par les coups, 
je le laissay faire; la femme fut châtiée, nous eûmes du foin, je 
fus bien logé, bonne chère à souper; le lendemain il ne vouloit 
pas prendre d'argent, et je partis aussy content de l'avanture, 
que le mary de la docilité où Ton avoit réduit sa femme. 

A deux journées de là, je fus poursuivy par nn paHy polonois 

au sortir d'un bois, mes chevaux se trouvèrent plus vigoureux 

que les leurs, et j'en fus qi|itte pour essuyer quelques coups de 

fusil sans accident. 

Je courus un plus grand risque au passage de la Dune qui 



42 LE CABIKET HISTORIQUE. 

baigne les murailles de Riga ; cette rivière a prés d'une demy 
lieue de large, c'estoit le 24 avril, on Tavoit jusqu'alors tra- 
versée sur la glace, mais les pluyes l'ayant rompue, les glaçons 
qui flottoient sur Teau n'estoient retenus que par une espèce de 
digue à l'embouchure de la rivière dans la mer, prés du fort de 
Dunamunde, où les glaces tenoient encore ferme ; mon zèle pour 
le service du Roy me fit tout tenter ; je pris deux hommes qui 
m'attachèrent des cordes sous les bras; ces cordes tenoient à de 
grandes perches dont celuy qui marchoit devant moy tenoit 
l'une, celuy qui me suivoit, l'autre; avec ce secours, sautant de 
glaçon en glaçon, je gagnay l'autre bord un quart d'heure avant 
que la rivière s'ouvrit avec un fracas épouvantable , et la perle 
de plusieurs personnes qui avoient tenté le passage quelques 
moments après moy; mes chevaux ne purent estre transportés 
que la semaine suivante, en batteau. 

Je commençois à peine à me remettre de tant de fatigues, que 
M. le marquis de Torcy m'ordonna de passer à Stockolm où le 
service du Roy demandoit qu'il y eût une personne de sa part 
en état de rendre un compte exact des démarches de la régence 
que le roy de Suéde y avoit établie, sous l'autorité de la Reine, 
sa grande mère, qui devoit en apparence présider au Sénat; le 
roy de Suéde y renvoyoit touttes les affaires relatives aux autres 
puissances qui demandoient des discutions, ou de l'examen, se 
reservant d'en décider sur les avis de ce conseil, seulement pour 
la forme, car il ne les suivoit presque jamais. 

Je m'embarquay le 27 avril au fort de Dunamunde, et j'ar- 
rivay à Stockholm le premier jour de may 1701 : mon premier 
soin fut de faire des connoissances, et d'apprendre la langue du 
pays; l'allemand, que je sçavois aussy bien que le hollandois, 
me donnèrent des facilités ; ces deux langues qui ont quelque 
rapport à la suédoise, étant assez communes à Stockholm. 

11 y a beaucoup de catohques de différentes nations, ils y sont 
moins tolérés que les calvinistes ; ces derniers sont admis aux 



MÉMOIRE DE M. DE GAMPRBDON. 43 

temples luthériens , mais les catoliques y sont privés de toutte 
consolation spirituelle lorsqu'il n'y a point de ministre , qui 
tienne chapelle; il ne m-estoit pas ce permis, faute de caractère ; 
je le representay à M. le marquis de Torcy, ce ministre qui m'a 
toujours honoré de sa bienveillance, eut la bonté de me ré- 
pondre que la difficulté de me donner le caractère de résident, 
ne rouloit que sur le style des lettres de créance, à cause de 
l'absence du royde Suéde, mais que le Roy, dont la pieté s'es- 
tendoit dans les lieux les plus éloignés, feroit lever cette difti - 
culte; en effet, peu de semaines après, je receus mes lettres de 
créance, et dés ce jour là TAngleterre et la Hollande tinrent 
aussy des résidants à Stockholm ; j'y estois le seul catholique, 
je fis venir un aumônier sçachant le françois et l'allemand , ma 
chapelle devint bieniost une église ouverte à tous les étrangers ; 
les vœux et les prières estoient également sincères, sans dis- 
tinction des nations, pour la conservation du Roy, et quoyque 
les tems fussent extrêmement difficiles, et qu'on ne payât point 
les apointements des ministres, S. M. eut l'attention de faire 
pourvoir exactement à l'entretien de ma chapelle et aux au- 
mônes qui se distribuoient aux pauvres , dont la peste qui sur»- 
Tint en 1710 augmenta considérablement la misère et le 
nombre. 

Quoy qu'il ne se décidât rien à Stockolm qu'après avoir receu 
les ordres du roy de Suéde, ainsy que je viens de l'expliquer, ce 
prince y renvoyoit les négociations étrangères et qui n'avoient 
pas un rapport direct à son projet de Pologne ; touttes les puis- 
sances liguées contre la France s'y opposoient secrètement a 
cause des liaisons qu'elles avoient avec le roy Auguste^ dont la 
guerre où iï estoit engagé les privoient d'un bon nombre de 
troupes saxones qui auroient passé à leur service. Je trouvay le 
moyen de découvrir une bonne partie de leurs démarches et de 
voir presque touttes les lettres que les ministres du roy de 
Suéde dans les cours étrangères ecrivoient au sénat, de mesme 



44 LE CABINET HISTORIQUE. 

que les ordres qu'on leur donnoit; j*eus par le mesme canal et 
avec une dépense très modique pour le Roy^ les minutes de pres- 
que toutes les lettres du fameux chancelier Axel Oxênstiern, 
contemporain du cardinal de Richelieu, écrites de sa main, et 
M. le marquis de Torcy me fit l'honneur de me marquer que ce 
manuscrit tiendroit une palace distinguée dans la biblioteque du 
Roy ; J'envoyay aussy les copies de tous les traittés secrets de la 
Suéde avec les autres puissances, ce qui rendit mon employ in* 
teressant, et fournit aux ministres de S. M. des lumières 
propres à prévenir de fausses démarches dans 4es conjonctures 
les plus critiques où la France se fût peut estre jamais trouvée, 
parla suite fatale du mauvais succès de ses armes, dont ses en- 
nemis proûtoient avec une insolence bien mortifiante pour les 
sujets de S. M., jusques dans les cours neutres où ils les insul- 
toient par des discours qui ne trouvoient que trop de croyance 
chez la pluspart des Suédois, partisans des alliés, et qui enor- 
gueillis d'ailleurs des victoires de leur Roy, me reprochoient 
assez souvent qu'elles n'estoient point le fruit des subsides de la 
France et que M. le comte de Guiscard avoit esté mauvais pro- 
phète lors de la marche de ce prince au secours de Narva. Cet 
ambassadeur avoit en effet non-seulement desaprouvé cette en- 
treprise, mais de plus dit ironiquement qu'il luy seroit aussy 
difficile de passer le Sund sur le dos d*un harang, qu'au roy de 
Suéde, avec 8,000 hommes, de chasser de devant Narva les 
Moscovites qui en faisoient le siège avec une armée de 80^000 sol- 
dats. — Il y réussit cependant ainsy qu'on l'a remarqué : et i nformé 
des discours du comte de Guiscard, il ne voulut plus le voir. 

De pareilles préventions n'estoient certainement pas favo- 
rables à un nouveau ministre de France ; une grande attention 
de ma part, un flegme proportioné au génie de la nation , une 
étude suivie du caractère des régents et beaucoup de docilité me 
rendirent insensiblement supportable; je voulois de la confiance, 
j'y réussis enfin; l'on me reconnut veridique, zélé pour le reta- 



MÉMOIRE DE M. DE CAMPRBDO?!. 45 

blissement de la bonne intelligence entre les deux couronnes 
dont je mettois souTent en perspective les arantages et la gloire 
qni en estoit revenue à la Suéde, et quoy qu*il ne fût pas au 
pouvoir de la régence d*y travailler efOcacement dans un tems 
où cette alliance auroit esté si utile au service du Roy« j*eu8 au 
moins la satisfaction de coonottre que quatre des principaux sé- 
nateurs y estoient très disposés, et que bien loin de donner la 
mesme croyance aux nouvelles exagérées que les ministres des 
alliés debitoient chaque ordinaire, ils saisissoient les occasions 
raisonables d'en caractériser la fausseté. 

Cestoit à la vérité une faible ressource contre Tobstination 
du roy de Suéde à refuser tous les engagements qui luy estoient 
proposés et de nostre part et de celle des alliés, jusqu'à ce qu'il 
eût terminé son entreprise de Pologne par l'expulsion du roy 
Auguste, et pour l'élection d'un nouveau roy; les batailles de 
Clissow et de Flawstat luy en frayèrent le cliemin, il poursuivit 
sw ennemy jusques dans ses Etats héréditaires, s'empara de 
l^esdea, la capitale, força le roy Auguste à rendre les ambas- 
saAenn suédois, occupés à une nouvelle élection à Varsovie où 
il les àYoit enlevés, à signer le traitté d'Alt-Ranstadt, à recôn- 
oo/tre Slanislas Lecssinsky pour légitime roy de Pologne et à 
livrer Patkul, livonien, qu'il fit ecarteler vif pour crime de félo- 
nie et de leze majesté, quoyque revêtu du caractère d'ambassa- 
deardnCzar. 

Toattes les démarches du roy de Suéde et de ses ministres 
estoient la suite de Forgueil de ses prospérités. Toutes les na^ 
tions qui commerçoient dans le Nord , et surtout avec la Mos- 
covie, souffroient avec une extresme impatience les pertes que 
la sévérité des ordonnances du roy de Suéde sur cet article leur 
cauboient journellement ; les Suédois arrêtoient et confisquoient 
sans distinction tous les vaisseaux qu'ils rencontroient allants, 
ou soupçonnés d'aller de ce costé-là, et l'on avoit assujety les 
capitaines ou maîtres des navires marchands à de si amples et 



46 LE CABINET HISTORIQUE. 

si rudes conditions, qu'aucun ne pouvoit éluder le cas de la 
confiscation, tandis que ces mesmes Suédois se recrioient à ou- 
trance contre les règlements établis en France pour la naviga- 
tion des bâtiments neutres. C'estoit principalement à Stockholm 
oii toutles ces plaintes estoient portées. Je sçavois à n'en pou- 
voir douter que presqu'aucun Suédois ne naviguoit pour son 
propre compte ; mais pour celuy des Anglois et des HoUandois, 
qui ayant de longue main des établissements, des comptoirs et 
des facteurs de leur nation à Stockholm et dans les autres villes 
maritimes de Suéde y faisoient presque tout le commerce de fer, 
de cuivre, de godron, et de bois de sapin, sous le nom des Sué- 
dois, qui le leur prestoient pour une légère part ou rétribution 
qu'ils tiroient de cette fraude. Elle estoit raesrae autorisée par 
le sieur Olof Hanson, beaupere du comte Piper, marchand 
riche, et par quelques sénateurs qui, outre Tinterest qu'ils 
avoient dans ce commerce, vendoient cher leur protection, d*où 
il arrivoit ordinairement que les sollicitations du ministre 
suédois en France estoient bien plus vives et mieux apuyées 
pour les vaisseaux pris dont la cargaison appartenoit aux enne- 
mis, que pour ceux qui appartenoient aux Suédois ; ces derniers 
subissoient presque tous la loy de la confiscation, tandis que les 
autres estoient déclarés libres ; les souffrants n'epargnoient à 
cet égard ny nostre ministère, ny celuy de Stockholm, et 
celuy-cy, pour paHer le juste motif de ces plaintes, ne cessoit 
de m'exagérer la dureté et le peu d'égard qu'on avoit en France 
pour les sujets de leur Roy dans le mesme tems que S. M. leur 
faisoit donner à tous moments la main-levée des bâtiments re- 
clamés par l'envoyé de Suéde, et dont on m'envoyoit de tems 
en tems des hstes pour prouver le peu de fondement de ces 
plaintes, et que cette nation estoit traittée plus favorablement 
qu'aucune autre neutre. 

Mais nonobstant des vérités si palpables, on exécutoit tou- 
jours avec la dernière rigueur les ordres du roy de Suéde; une 



MÉMOIRE DE M. DB CAMPREDON. 47 

escadre de ses vaisseaux, qui croisoit sur les parages de Revel, 
prit 5 vaisseaux françois que la Compagnie des Indes envoyoit 
à S. Petersbourg, avec de très riches cargaisons, pour y tenter 
rétablissement de la traitte des mats, bois de construction, go- 
dron, chanvre et cuirs de Russie dont ce pays abonde ; ces trois 
vaisseaux furent conduits à Stockholm, le plus grand estoit 
percé poor 70 pièces de canon, il portoit 50,000 piastres en 
espèces et pour plus de 100,000 livres d'autres marchandises. 
Tous les mouvements que je me donnay pour en obtenirla main- 
levée furent inutiles, on temoignoit de la bonne volonté, mais 
on se retra nchoit toujours sur la sévérité des ordres du roy de 
Suéde, qui interdisoit tout commerce avec la Moscovie. Comme 
\^. sçavois d'avance que l'avidité d'un si riche butin fermeroit 
toultes les voyes d'accomodement, je me retranchay à deman- 
ierla liberté des pacotilles, et à la faveur de la nuit. Ton aporta 
dans ma maison, qui estoit proche du port, l'argent comptant, 
plusieurs barils de cochenille et une grande quantité de vin, 
avec les pavillons des trois vaisseaux qui furent confisqués peu 
àe\ours après; on mit les équipages à terre, sans vouloir leur 
doflfler aucune subsistance, et comme l'hyver aprochoit, du 
consentement, et à la prière des capitaines; je fis racheter un de 
ces bâtiments a très bon marché, pour transporter ces équi- 
pages en France; les piastres et la cochenille qu'on ne jugea 
pas à propos d'y embarquer, parce que les Suédois n'auroient 
pas manqué de s'en saisir, et j'en estois averty, furent employés 
à acheter du cuivre sous le nom d'un banquier qui l'envoya à 
Saint-Malo, avec un des capitaines françois que j'avois gardé à 
Stockholm pour avoir soin de cette négociation ; elle réussit au 
moyen de mes amis, et diminua autant qu'il estoit possible la 
perte des propriétaires. 

{La suite prochainement,) 



48 LE CABINET HlSTORIQtJE. 



VI. — ARMORIAL DE FRANCE- 

DE LA FIN DU XlV* SIECLE. 

( Communiqué par M. Doubt-Daacq. ) 
(Suite.) 

MORMENDIE. 

146. LE CONTE d'eu. — D'azuF, à un lion d'or rampante billeté 
d'or. 

147. LE CONTE DE HARECOURT (2) . — De gueules, à deus fesses d'or. 

148. MONSEIGNEUR LOTS DE HARECOURT. — Semblablenient, à un 
escuçon de Partenoy. 

149. MONSEIGNEUR JACQUES DE HARECOURT. — Semblablement, à 
un escuçon à*Aunuiile. 

150. M. GUILLAUME DE HARECOURT. — Semblablement, à un bas- 
ton d'azur. 

151. LE SIRE DE BiCQUEBEc (5).— D'or, à uu liou vert rampant 
ongle et couronné d'argent. 

152. LE SIRE DE FAUGUERNON (4). — Semblablement, à un bas- 
ton de gueules. 

153. LE SIRE d'estouteville (5). — Bureley d'argent et de 
gueules, à I lion noir rampant. 

154. LE SIRE DE grartille (6). — De gueules, à III frémalx d'or. 

155. LE SIRE DE PLANEZ. — Semblablement, à un lambel d'azur, 

156. LE SIRE DE hambie(7). — D'oT à dous fesses d'azur, à une 
oille de merlètesde gueules. 



(1) En Vexin. — (2) Harcourt (Eure). — (3) Briquebec (Manche). - 
(4) Calyados (Lisieux). — (5) Etouteville (Seine-Inférieure, Yvetot). — 
(6) GraviUe (Seine-Inférieure, Harfleur).- (7) Manche (Coulances). 



ARMORUL DE FRANCE. 49 

157. LE SIRE DE LA PERTE. — D*or, à un aigle de gueules à pié 
et à bec d'azur, escarlaté contre, de noir à un lion d*argent 
rampant à la queue fourchiée. 

158. LE SIRE DEPRÉADLi. — Dcgueules, à un aigle d'or. 

159. LE SIRE DE BLENYiLLE. — D'azur, à uue croiz d'argent à 
croizètes d'or recroizetées. 

160. LE SIRE DE FERiÈREs. — De gueules,à I escuçon d'ermine, 
à une oille de fers à cheval d*or. 

161. LE SIRE DE TiBouviLLE (i). — D'cmiine, à I Tesse d'argent. 
/62. LE SIRE DE GOCLONCHEs. — Fcsscz d*argent et d'azur de 

VI pièces. 

163. LE SIRE DE BEAUMESNiL. ^ Dc gueulcs, à dcus fcsses d'her- 
mine. 

164. LE SIRE DE TiLLiG. — - D'or, à uuc tleur de lys de gueules. 

165. LE SIRE DU MOLAT. — De gueulcs, à VI roses d'argent. 

166. M. JEHAN PAYNEL DE MARCQ. — D'or à II lious passans de 
gueules. 

167. M. OLIVIER PAYNEL DE MoiENi. •— Semblablement, à un lam- 
bel d'azur. 

IR. LE siBE DE LA ROCHE TAissoN. — Fcsscz d'ermines et de 
paellé de VI pièces. 

169. LE SIBE DE SERNON. — D'or, à uu chicf de gueules, à un 
lionclieau d'or passant ou chief. 

170. LE SIRE d'erneval. — Pallcy d'or et d'azur de VI pièces, 
à un chief de gueules. 

171. le sire de basqueyille (2). — D'or, à III marteaulx de 
gueules. 

172. le sire de rouveray (3). — Bureley d'or et d'azur, à un 
lioQ de gueules rampant. 

173. LE SIRE DE GLÈRE (4). — D'ai^cut» à unc fesse de paelle. 

(1) ThibouviUe (Eure, Brionne). — (2) Bacqueville. — (3) Rouvray. — 
(4) Clères, à quatre lieues M* de Rouen. 

K« année. ~ Doc. 4 



60 LB CAJUHET HIBVOIU«nB. 

174. M^ QdUBBAUi Db MàLEliÀiif9. ^ Dé gueiiles^ à trots makk 
d'or. 

175. LE SIRE BE sàinte-beyb (1)« "^ O^êSLVLT^ à tTois aiijpioaux 
d'argMit. 

176. bB siRB DB raomriLLE (2),. — D'aEur^ à aa efaief i'ot^ â 
un lion rampant de gueules. 

177. iiB siBB LB NAiÊsT (3)i ^Fessez d'or et dtt gusales dd VI 
pièces, à fleurs de lis de l'un en Taulre. 

178k LE siRB DE MORTEHefti — FesseK d'or et de t«rt do VI 

pièces, à fleursHle lis de Tun en l'autroi 
179. LE SIRE DU HELLE. — De guculcs, à trols raies d'ârgetit. 
160. Mv octLLÀOitE DO MERLE. ^ SeoiblabletneDti à une molèté 

noire. 

181. LB SIRB DE tkvxt ïutctiÈ. «^ D'or, bîiteté de gueules. 

182. LB SIRE DE BAiLfeUL. ^ De gUculed^ à un ferd« mottUh 
d'argenti à cMitetes d'tii*gent^ au pîé long « 

183. LE SIRE DE SAQumviLLE (4). — D'oruiine, à un bigle de 
gueules à pié et bec d'atur. 

184. LE SIRE DE TEiNviLLE. — D*argent, à II bandes du gueUlts , 
à VII coquillètes de gueules. 

185. LB SIRE DE HOUDETOT (5). — D'or, à Vi pour^eaUli Hoirs. 

186. LB SIRE DB toi^ffEBi] (6). -^ D'aigeot, à 1 bende d'azUr. 

187. LE SIRE DE MARBEUF. — SemblaMomoBt, l'escu biUeté de 
gueules. 

188. LE SIRE DE TORiGNT (7). — D'argent^ à I croissant de 
gueules^ à un latnbel d'asur» à «ne molette noire^ 

189. LE SIRE DE BEusEviLLE (8). — D'argout, à une fesse noire, 
à III quintes feulles noires. 



(1) Sainte-Beuve-aux-Champs (Seine-Inférieure).— (2) Près Pontoise.— 
(3) Maizy ou Maisy (Calvados). — (4) Saqueinville (Eure). — (5) (Seine- 
Inféricurc). — (6) (Manche). — (t) Thorigny (Maache). Ea mat^. d'une 
main moderne, Mauny. ~ (8) BeuMnUe. Il y en a sept en Mormaiidie. 



âBHORUIi DB FIUJNGE4 6t 

iWi tm nBK Di iiOVTiflAt(4)i -^ D'arg^at^ à trois quorroâd 
d*azur. 

101. Le sijRB 0B BEAUFou» (9)» ** D'argent, i on lion rampant 
de gaeules biUeté, de gueules. 

192. LE 8IBB Ht ftoutOT, EN GAUti — D*azurf à un lion d*or 
rampant, à molettes d'or semées. 

193< LB siBB Dfe HONtBGNT (3)t <— Gontîebîé d*or et de gueuleâ^ 
à un quartier de gueules, à une oille de ooqailles d'tfrgent en- 
tour le qnartien 

IM. LB 8IBB o'AimODF (4). — D'argent » à une fesse de gueUld^ 
à troU eglètes de gueules à pié et bec d'aïur* 



Bachelerè, 

195. LE SIRE DE GREULT (5). >- D'argent, à III lionchèAux de 
^«tdes rttinpatiât 
^%> LE SIRE DE couRSEULLE (6). — Eschîquelé d'or et de 



^^. H. RicHART DE GREULT. — D'argent, à ni lioneheàux de 

gnetiléâ rSimpan^, à ntl lambel d'azur. 
198. M. FOULQUES PAiNEL. — D'or, à II fesses d'azur, à une 

oille de merlètès de gueules, à un escuçdti dfe Chantelm qui 

est losengié d'or et de noir. 
1^. te. RAOUL l^AmËt. -^ SembtebieMeftt, à une bordeure ié 



'00. M. inftnotE iPAinBL. — Semblablem^t^ à une bordeurô 

ffargetit. 



(1) Un dans le Calvados, et un dans TËure. — (2) Beaufour (Calvados). 
•-(3) MoBUgny (Manche).-- (4) Aunou(Ornc). — (5J Creuilly (Calva- 
N. - (6) Courseule^ur-Mer (Calvados). 



52 LE CABINET HISTORIQUE* 

201. M. FOUQUET PAiNEL. — SeiublablemeQt, à un quartier de 

BriquebeCs 

202. M. GUILLAUME PAINEL DE BRiCQUEVILLE. — D'or, à 2 {sic) 

lions de gueules passans, à un baston d'azur. 

203. M. GUILLAUME PAiNEL d'agnou, — Semblabloment, à un 
lambel d'azur. 

204. M. FOUQUET PAiNEL d'aigneaulx. — D'or, à dous fesses de 
vert, à VII merlètes de gueules. 

205. LE SIRE DE couRCY (1). — D'azur, fretté d'or. 

206. LE BAUDÀiN DE LA. HEUSE. — D'oF, à tfois heuses noir 
escartelées contre les armes d'Emeval, qui sont paallées d'or 
et d'azur de VI pièces, à I chief de gueules, à III molètes 
d'argent ou chief. 

207. M. GUILLAUME DE YiLLERs DU HOMMET (2). — Fcssé d'argent 
et d'azur de VI pièces, à trois molètes noires ou chief. 

208. LE smE DE YILLERS. — Semblablemeut» à un escuçon 
' Du Merle, 

209. M. oLiYiER DE YiLLiERS. — Scmblablement, à une meslète 
de gueules ou chief. 

210. M. JEHAN DE YiLUERs. — Semblablemcnt , à un escuçon 
de Hambie. 

211. M. SAUYAiGE DE YILLIERS. — SemblablemeDt, à un lambel 
de gueuUes. 

212. M. JEHAN DE YILLIERS. — - Semblablemeut, à 1 eglet de 
gueules ou chief. 

213. M. GUILLAUME DE YiERYiLLE. — - Semblablcment , à une 
bende de gueules. 

214. M. COLAS ç'estoutevillb (5). — Burelei d'aigent et de 
gueules, à I lion noir rampant, à une corelle d or sur l'espaule 
du lion. 



(1) Un dans le Calvados, et un dans la Manche.— (2) Le Hommet (Man- 
che). — (3) Étoute ville (Seine-Inférieure). 



àbmobul de fbance. 53 

215. M. ROBERT d'estodteyille.— De RamineTy à un baston d'or. 

216. M. j'dHAN d'estouteville DE TERST. -— Sémblablement, 
à une coleur d'or enlour le coul du lion. 

217. M. LOIS d'estouteyille dd boghbt. — Sémblablement, 
à I fleur de lis d'or sur Tespaule du lion. 

218. M. ESTOUT de groichet. — Sémblablement, à III coques 
noires. 

219. LE BARRES DU HETRAT. — A II bars noirs estans, 

220. M. COLAS DE CREQDBBEUF (1). — Sémblablement, à une 
quinte fieulle noire. 

221. M. RBGNAULT DE BBAQUEMONT (2). Noir, à quoTTon d*argent« 

222. M. BRAG DE BBAQUEMONT , SOU fiU, — Sémblablement, à 
un braquet noir sur le quevron. 

225. M. LioNMEL DE BBAQUEMONT. — Sémblablement, à un Ïam- 
be! de gueules. 

M. LE siBE DE HELLBiNTiLLiEB. — D'argent, i uno fesse de 
gueules, à trois esglez d'azur. 

%. I. GLAMDRi DE HELLETiLLiER. -— Sémblablement, à un es- 
ochon de Guarenchières. 

^ M. SON FiLZ. — Sémblablement. 

37. HENRI LE GONTÈRE, dit LALEMANT. ^ Porto cheTTonné d'or 
etde sable de VI pièces, à un quartier de gueules, un lion d'ar- 
gent rampant ongle et couronné d'or sur le quartier , et sur 
l'espaole du lion une molète d'azur. 

^* M. AGARiz DU HOMMBT. — Fosscz d'or et de gueules de 
VI pièces, acartelez de l'un en l'autre. 

^d. LE siRE DE BLABi, SON FILZ (3). — Sémblablement, à I 
lambel d'argent. 



(1) Criquebceuf. Il y en a trois en Normandie (Calvados, Eure et Seiae- 
uïKrieore). — (2) Arrondissement de Dieppe. — (3) Blaru?(arr. dcMan- 
^)' En fiurligne Jaquet. Au bas de la page addition moderne. Le sire 
de Btary, ^ d'hermine à un aigle de gueuUe à pié et bec d'azur. 



54 LE OABINET HISTORIQinS. 

2S0« LB 8IRB DE MORFARYiLLE. — De guoules, à UDS boiide d'or 

à croizetes d'or recroizetées. 
251. M. GUILLAUME DU BRUGOURT (1).»-Fes8ë6 d'or et de gueules 

de VI pièces, à fleurs de lis de Tun en Tautre, à I baston 

d*azur. 

232. M. GUILLAUME DE MANNEYILLE (2). -*-« De gUeuloS, à UU 

aigle d'argent, à II lestes à pié et à teste d'or. 

233. M. JBBAN DE HOTOT. -*- D'argent, à une fesse d'azur, à IIII 
aigles d'azur (oorre^Um), de sable. 

234. LE SIRE DE BEAUMONT LE RiGHART (3). «^ Semblablemeat, à 
on lambel de gueules. 

235. M. GUILLAUME LE Bifiuov. «-«-De gueules, à une bende d'ar* 
gent, à croizetes d'or. 

236. M. GIRARD DE TOURSBBU. — r D'argeut, k une bende d'azur» 
à une molète de gueules, à un escuçon d'AuvUlier^ qui est 
d'or, à un sauteur 4e gueules, à quatre égles d« gueules. 

237. M. ROBERT DE TouRNEBu. — : D'argent, à une bende d'azur, 
à WÈ «BCMifiNi de paraulx (foretl, e'est-àtdire d'argent), 

238. M. JEHAN DE TOURNEBU DE M0LESH8 (s»c) .i^-^-Semblâble, à u&e 
molète de gueules. 

289. M. eevuLAcm dé tourmemi. ^^ Semblable, le bi btletté de 
gueules. 

240. M. PIERRES DE TOURNEBU M MARBiu. ^ Semblable, à I fl)p- 
lèted'orsurla bende. 

241 . M. 9A9JP1II DE vouRMEBU. < — Semblable, à un eseuçon de 
Bailleul qui est parti d'argent et de gueulfa. 

242. m: omiLAUMB de rouvrou (4). ««» D'emine, à quent>n de 
gueules, à III rais d'azur sur le queyron. 

243. M. GUILLAUME DE BR1QUEVILLE, SIRE DE LAUNAT, — Pallé d'or 

et de gueules de YI pièces. 



CI) (Galrados). — (^ Il y en a aeaf ea Narmandie. — ^) Beaamoat* 
sur-Dive. — (4) (Caltados). 



.4iiioiiiAi« D« viums. S5 

344, m, waupMH w hi pm« va i^àubop* ^ D'or» à im stu^ 

teur d*azur* 
346. K. JEHAN PE Là HAli DB MQNB|iiY« t<»^ SambliMeBMPt» à un 

lambel de gueules. 
3tô, M, imkn 9E u HAm QE QAiBinfffiLiJi, -^ SouUablâineiit» 

à Vègles d'argent sur le sauteur. 
247* M. GmLLAunB Di hk HAIE» Mil fils. rr- gemblâblement, à un 

lambel de gueules. 
94S. n , jEHAïf m LA OAIE, son frère. ^ Semblable, à I qvarliw 

de VamilU quî sent de gueules aroulé d'argent» à neaclour 

d'argent. 

249. M. JJSEAU DE LA HAIE HUE. -«- D'argent» à troia eaeuçons de 
gueules. 

250. M. HUE DE LA HAIE DE VILLE 1AOOO0. ^*« De gUeoleS, à 

m fsouçma d'argent grenetés d'on 

251. M. JEHAN DE LA HAIE d'aigneavlx* -««• Siinblableineot» à 
un quartier de C^uhmmf 

352. M. JEHAN tesson DE HENEYiLLS. -^ Feaaéi d'onnine et de 

laaiUé de YI pièces^ 
SS3. M. RAOUL TEsaoN* mr Semblable» i I baston de gueules. 
354. M. jeban vEsaim ns L'£»iiiBf . «r-r Semblable» à I lam«« 

bel de giiaulea. 
255» H. GAUVAiN de toulevast. -—D'argent» à V loaengea de 

gnentes, à un lapibel d'azur. 

256. M. GciLLAmiB fSARBoimBL DE BBB^Am. -^ D'aïUT» à nn chief 
de gueules» à lU taurteauU d'argent. 

257. M. BicHARD GARBONNEL. — SemUablement» à I queTBOU d'or. 
2&8. M. BOB GARBûNNEL Df CABEGm. -rf^ Semblable» à m tour« 

teaulx d'hermines. 

259. M. JEHAN CARBONNEL DE HEU6UEYILLE (1). — D'aZUr , à I 

chieuf de gueules» à trois raiz d'argent, 
(t) Heogaeville (Manche). 



56 LE CABINET HISTORIQUE. 

260. LE SIRE GHiFREYAST (1). — Bendé d*argént et de noir de 
VF pièces. 

261. M. ROBERT D'oGTEnLLE (2). — D*argeDt, à III esgles de 
gueules. 

262. M. HENRT DE TROUSSE AU VILLE (3). — De iioir, à I fer de 
molin d'or. 

263. M. LE GALois DE TRocssEAuviLLE, SOU filz. — Semblable, 
à un lambel de gueules. 

264. M. THOMAS DE LA LizEBNE (4). — D'azur, à I fer de moulin 
à*or, à cinq coquilles de gueules sur le fer de moulin. 

265. M. GUILLAUME ROUSSEL. — D*argent, à I chieuf de gueules, 
à I fer de molin d'or en chief. 

266. M. GUILLAUME DE BRULLT.— D'azuF, à I chief de gueules (sic) 
rampant oinglé et couronné d'or. 

267. M. ROBERT DE piRou(5). — De vert^ à une b^de d'argent, 
. à deux coutichez d'argent. 

268. M. GUILLAUME DE PIROU DE MONT-PUHCHOIH. -^ Semblablc- 

ment, à 1 lambel de gueules. 

269. M. RAOUL DE BRULi. — D*argent, à 1 chief d'azur, à I 
lion de gueules rampant onglé et couronné d'or. 

270. M. GUILLAUME AS ESPAULLES. — De gueules, à une fleur 
de lys d'or, un quartier de Mousiiers qui sont d'argent, à une 
bende d'azur frectée d'or. 

271 . M. JEHAN DE TILLE DE GRENETOT. — D'or, à unc fleur do lis 
de gueules, à 1 lambel d'azur besanté d'argent. 

272. M. FERRANT DE TlLLl DE BOUisSET OU BONISSET. — Sembla- 

blement. 

273. M. JEHAN DE TiLLi DE CHAMBRAT (6). ~- Seiublablement» le 
label tout plain. 



(1) (Manche). — (2) Deux dans la Manche, un dans la Seine-Inférieure. 
— (3) (C;alyado8).(4)LaLiwerne(Manche).-(5) (Manche). -(6) (3win- 
))ray (Eure). 



ABMOBUL DE FRANCE. 57 

574. M. JSHANBE SAiifT-GERMAiN. — Semblablement, à I baston 
d'azur. 

575. M. RAOUL DE BEAGHAKP (1). — D'azuF^ à II jumelles d'or, à 
I lionceau d'or passant en chief . 

St76. PHILIPPE DE SAINT-DENIS. — De gueuies, à II jumelés, à I 
b'on d'or passant en cbieuf . 

277. M. HENRv DE SAINT-DENIS, SOD filz. — SemblableDient, à I 
lambel d'azur. 

278. M. JEHAN M1TRDUC DE POTEREL. — Semblable, à I bâton 
d'azur. 

279. M. RAOUL d'argoges (2). — Escartelé d'or et d'azur, à 
III fieules de gueules. 

280. M. GUILLAUME d'agoges filz. -« Semblable, à I label dan ? 
d'argent. 

381. M. JEHAN DE OHAXPAINE. — D'azur, à III maius d'or. 
S82. M. JEHAN DE LA CHAMPAINE, SOU filz. — Semblable, à I 
lambel de gueules. 

%3. H. GUILLAUME DE MONTENAT. — D'or, à II fCSSCS d'aZUr, 

t une oille de coquilles de gueules. 
Si M. JEHAN DES MousTiERS (3). — D'argent, à ime bende 

d'azur frecté d'or. 
S85. M. JEHAN DES MOUSTIERS d'asie. — Semblablcmeut, à I 

lionceau de gueules en la penne de l'escu. 

286. M* RAOUL DES MOUSTIERS DE LA ROQUELLE. — Semblable- 
ment, à une moleste de gueuies. 

287. M. GILBERT DES MOUSTIERS DE BELLETAL. — Semblablc- 

ment, à une ègle de gueules. 

288. M. PIERRE DES MOUSTIERS, dit VALiQUET. •— Semblable- 
ment, à une molette de gueules. 

289 M. ROBERT DE GREMONviLLE (4). — Semblablemcnt, à I 
lambel de gueules. 

(1) Beancbamp (Manche).— (2) Argouges (Manche). — (3) (Calrados). 
— (4) (Seine-Inférieure). 



s» LE cAfiiïfST piafOM^m 

390. n . vfcouk9 DE oK^oNTiLLE, ^ SfHublibleiiieiiU à I bmbel 

de gueules (sic). 
30}, M. 90091X1 B'ARfiBMBS. «- D'aBOT* à III férmaux d'or 

greneté d'or. 
998, M. Bo^ERT d'arobnoes. -^ De gueules, à une fleur de lis 

d'argent. 
395. M. jBHAïf DD BOIS, mr D'or, à UB èglo rmt à pié %i 

à bec de gueules. 

394. M. GCiLLAUMC DE PBRGHiK (1). «m* De noif, à I ohief d*or 
endenté de l'un en l'autre. 

395. M. BRART DR PRRC». ■— Si(n)blcd»leiiiont , à I bâton do 
gueules. 

396. M. ouiLLAPiiB DE TOiLLiE. «rr- SomUablemRiil , à III en* 
gnelez de gueules. 

297. M. GuuxADME DE MBAUTiz (2). wm^Bt gueulâs, à m loBenges 
d'or vieudéea. 

298. M. JEHAN DE MBAUTiz. — Sombl., à I laïubel d'asup* 

299. M. DRinr de meautiz. — gemblablement oomoie lei des« 
susdiz, à I bâton de gueulM. 

300. M. ROBERT n oàRE ou TEfLB. «rt D^ârgoBt frotté d'azup, 
à un quartier de gueules. 

301. M. oDiixAtME DE MARI, ^ D'apgoiit, à I chief do gueules, à 
Iir roses d*or ou ehief. 

303. M. GUILLAUME DU RURET. -n D'argent, à III tourieaulx noirs. 

303. M. MiGOLLE DU BURET. -m Seoiblablement, à I lambel de 
giieutea. 

304. M. JEHAN DE LA GARBONiERE. w^ 8oii|blableineiit» à I lambel 
i$ gueules {sic). 

305. JEHAN DE BouTEMONT. — Do Adir, à HI toupteaulx d'aifent. 
;0Ç. H, RRi«R? »s 0UTHERQER9* -m D'argent, h II boudez do 

gueules, à VU coquilles de gueules, à I lambel vart. 

(1) Percy? (Mandie et GalTados). - (2) Méaat|| (MMdi^). 



AMfOmiAL DE FBAKGB. S9 

307. M. (nniMinoB scetain ob sAiirr^PâER. •• De gaeides, h 
une bende de vert, à VI coquilles d'or. 

308. M. ftADTAiN SERYABi; ^r^ Semblablement^ à II lioneeauli 
d'or. 

309. M. ROBERT d'oist (1). •— D'azuT, à VI lozenges d*or 
yieudées. 

3iO. M. ROLLAND DE TERDUN. — > D'or frOCtë, dO DOlr. 

511. M. GUILLAUME DE LEMomoNE. — Semblablemeot, à I quar- 
tier noir. 

312. M. RiCHART LEMoiNNE. — Semblablemeot, à un eseuçon 
d'azur et six ongles d'argent sur Tescuçon, 

313. M. GuiLLEBERT DE CAMBRAT. — D'azur, à III Uonceaulx 
d'or rampans. 

314. M. JEHAN DE CAMBRAT DE Y AULX (2). — Sembl.,àl lambel 
de gueules. 

315. M. ROBERT DE LA FOSSE. — De noir, 2^ bende d'ermines 
endentée, à 111 meslons ? d'ermine, à une bordeure de gueules 
besanté d'er. 

516. M. JEHAN DU Bois-TvoN. — Pallay d'argent et d'azur de VI 
pièces, à une bende de gueules. 

317. M. GUILLAUME BACoiN (3). — Dc guoules, à VI Tosos d'ar- 
gent, à un bastpn d'argent. 

318. M. JEHAN BACOIN. — Do laïudeles ou laindeles, à une 
bordeure d'argent. 

319. M, GUILLAUME DP ROCHEFORT DE DOT, — SembJ^blemept, 
à un Jdmbel d'azur, 

3^0. if . JEHAN DE B0C9IFQRT. ^ 6einblableBi6iit, k une otoîm. 
d'azur, à V molettes d*orsuFla croix. 

321. M. GUILLAUME MATiEu. — D'azur, grencté d'or, à un quar- 
tier d'erraine, à trois escuçons de gueules en quartier, à un 
baston d'azur sur le quartier. 

(1) Daste^ conr.— (2) Brtaulœ, corr. — (8) Or peut lire Bacom. 



60 LE CABINET HISTORIQUE. 

522. M. RAOUL FAOULT. — D'azuF, à trois fauk d^argent enman- 
chiez d'or. 

323. M. ROBERT TESART. — D'oF , à une fesse d'azur, à une 
rose de gueules en chief. 

324. M. EiNGUERBAisT DE VAUCHEULES (1). — D'argent, à un 
chief de gueules, le iîhief bilecté d'or. 

325. M. JEHAN DE siLLT (2). — D'eroiine, à une fesse de gueules 
danchié, à trais [sic) tourteaulx de gueules. 

326. M. RAODL PATRi. — Dc guoules, à trais raiz d'argent gre- 
nelés d'or. 

327. M. ROBERT PATRi. — Semblablemeut, à I lambel d'azur. 

328. M. RAOUL PATRT. — Semblablemeut, à I escuçon de Bon^ 
neboes. 

529. M. ROBERT DE VASi (3). — D'argent, a III tourteaux noirs. 
330. M. PHILIPPE DE vsAY DE BouQUETOT (4)« — Semblabloment, 

à un lambei de gueules. 
351. M. GUT DE YASST.— Semblablement, à I baston de gueules. 

fSera continué.) 



VI. -— CLAUDE DE 8AUMÂISB. 

La Bourgogne compte un grand nombre d'érudits, et, parmi 
ceux-ci, le nom de Saumaise n'est point un des moindres. Boîleau 
Ta frappé d'un vers qui est resté gravé dans la mémoire de tous les 
collégiens (5), bien qu'il donne peu la mesure du genre de mérite du 
savant bourguignon. Saumaise (Claude) étoit de Saumur en Ânxois, 
d'une extraction ancienne et noble, et d'une branche qiû a été fé- 



(1) Vaucelles (Calvados), ou Vauchel (Seine-Inférieure). — (2) Silli en 
Gouffern? (Orne). — (3) Vassy (Calvados). —. (4j Bouqaetot (Eure). 

(5) Déjà vous croyez, dans vos rimes obscures, 
Aux Saumaises futurs préparer des tortures. 



CLAUDE SAUMAI8E. 61 

coBde ea gens de lettres. Lié arec toas les sayants en os da temps, 
Sanmaise est on exemple de la haute estime dont joaissoit réradition 
an xTii^ siècle. La Hollande, rAUemagne, la Suède, le Danemarck 
et l'Angleterre dispntèrent à la France Thonneur de le posséder, et 
Saomaise répondit aux ayances qu'il recevoit de tontes parts et ne 
tint rignear qu'à son propre pays, où les offres du prince de Condé^ 
dn cardinal Richelieu, de Mazarin et du roi Louis XllI lui-même, ne 
purent le retenir. Il est vrai que Saumaise s'étoit fait calviniste, et 
qu'à ce titre il vouloit se résenrer une liberté de pensée et d'exprès* 
sions dont il n'eût pu user aussi largement à Paris. Après avoir étudié 
sous Casaubon, Griiter et Denis Godefroy, qui devinrent ses amis, 
Saïunaise occupoit à Leyden la chaire de Scaliger, et c'est de là qu'il 
inonda la France et l'Europe de ses dissertations et de celte polé- 
mique passionnée qui lui attira tant d'adversaires excités par la 
bizarrerie de sa critique et de son esprit présomptueux. Après être 
demeuré quelque temps à la cour de Christine de Suède, qui ne pou- 
Yoit manquer de rechercher un caractère aussi original, Saumaise se 
rendit aux instances du roi de Danemark et revint en Hollande, et 
rnoomt à Spa le 6 septembre 1653.— Saumaise avoit véritablement 
l'esprit encyclopédique. Les langues anciennes de l'Orient hii étoient 
fianilières. Son commentaire sur Solin ou sur Thistoire naturelle de 
Pline contient le résumé des connoissances et des erreurs de son 
Vemps. Parmi cette foule de productions dont le seul catalogue for- 
nooit un volume, nous citerons seulement de lui Deprimatu Papœ, 
énoncé au parlement; une histoire d'Auguste : Exerdtationes PU- 
nianœ in SolintMi polyhistoria, et un commentaire sur le de Pallio 
delertullien. Nous devons àPhilibert Delamare une vie très-ample, 
restée inédite, de Cl. Saumaise, puis le recueil de lettres autographes 
qui formoient le portefeuille de Saumaise au moment de sa mort^ 
C'est de ce précieux recueil (f. Delam., vol. 8593. Msc.) que nous 
avons pris an hasard les pièces qui suivent. 

Voici tout d'abord deux petites lettres: la première, de la célèbre 
Anne-Marie de Schurman, l'une des grandes merveilles du xvii<» siè- 
cle; la seconde, de J.-G. de Schurman, l'un des frères de cette éton- 
nante fille : « Lorsque ses frères étoient interrogés sur les leçons 
qu'ils avoient apprises, elle leur suggéroit souvent ce qu'il Moit 
répondre, quoiqu'elle n'eût jamais fait qu'écouter, comme en pas- 
sant, ce qu'on leur avoit donné à apprendre. » — Mademoiselle de 
Schurman, à l'érudition et à la science proprement dite, joignoit le 
goût des arts et des belles-lettres, et réussissoit en tout avec un égal 



Qi LE GâBUOR mSffORlQUE. 

sneoèsi « Ette s'instriikit dans là musique vocftle et instramenUde^ 
ànm li f^inturë^ la icttlptnré^ la gretufe, et y réasait parfaitement «. 
Son écritiUre en toutes sortes de làtigués étoit initnitable^ dit un de 
aes biographes, et il y a de^ curieux ({Ui en tonstirvent dans leur 
eabinet) par rareté. » Ces derniers mots peuvent sertir de point d^ 
départ à l'histoire de Vautographomanki Nous detûns ajouter tou^- 
tefois que l'original de la lettre qui suit^ écrit d'une mbin fërtiie t)t 
facile^ et de oe style qui dénote la précieuse, n'a pourtant riea 
d'ettraordinairean point de irue calligrâphiqae. 



1. HAbËltOtSÉLLË DE SCHtRMAN i II. tt SÀtJMÂl^É. 

Monaiour* 
h ne prends ieô eicuàes dont vous âbcotupagnëi vèé l'ëtôm- 
mandations que pour un effectde vostre courtoisie» et ce seroit 
ignorait le rang que voua tenei au tnonde et le droit de nos-» 
ire àtnitié de les requérir en considération de vostre devoir^ 
Que s*il y a de là faute, c*est que vous croyei de l'avoir fait. 
Quant à moy, je désirerois estre aussy digne de la bonne opi- 
nion que vos amis ont de mon méritOf que vous êtes prompt 
à leur en donner rimpression* Or^ e'est l'avantage de ceux 
qui possèdent la faveur des honitrtès Illustres, qu'ils en em- 
pruntent du lustre comme par quelque réflexion i et si je piiis 
estre, en eifect, tout ce que je devrois estre, je demeureray 
tousjours celle qui est Téritabitmeftt» nionsi^Ur^ vôtre très 
humble et très obligée servante, . . 

Â. M. DE Sghubmàn. 

À tllrecht, ee u« de juillet 1648. 

Et aU ào$ i A Monsieur de SautHàisè, chevalier éteonèéillel^ 
au saint consistoire du roy de f^rancci à Leyden. 



a« 11. DE 8GBVRIUH àXJ mAiIE. 

Monsieur, 

J'ai Ye^M là letlTô <}u'il vous a plu m'adreâsei* pàf la mata 
de cet homme grec qui, par les témoignages qu^on luy donne 
et priocipalémeiii à votre recominaiidACioQ^ a obtotiii une aaiet 
grantfé iièéraUlé de MM. leé Esuu d« tiotre province et 
du magistrat de ttotre ville, jusqueâ & la somnrke delSOltvres, 
comme vous verrez à son retour. M. Vœtius et un de nos 
ministres Heycoopi (sic) ont recommandé fort amplement à 
MM. nos Estats, ce que je n'ay voulu omettre pour vous as- 
seurer que ledict professeur a esté fort porté à ceste affaire et 
pour l'amour de votre recommandation et pour celuy de la 
canse mesme. J'espère que j'auray ceste année encore l'hon- 
nenr de voue aller voir en passant par Leyden, el s'il plaifit à 
Mstr« Dieu, en peu de temps. Cependant, je vous prie de 

croire que je suis et seray parfaitement, monsieur» votre trée 

kuible et très obéissant serviteuri 

I. G. DB SCBDRMÂII. 

Monsieur, ma sœur m'a prie de vous faire ses très humbles 
recommandations et à madame de Saumaise, laquelle trou- 
vera icy mes très humbles batee-maius, s'il vous plaist. 

D'Utr0oiit« ceii* d'aeuit 1648. 

Et au dos : Monsieur de Saumaise, chevalier et conseiller 
au saint consistoire du roy de France, à Leyden. — OpL 
Princenhoff. 



64 LE CABIMET HISTORIQUE. 



3. GUILLAUME BOSWEL AU MÊME. 

Le prince de Galles Charles II, âgé de dix-huit ans, étoit à La Haye 
lors de la catastrophe qui mit fin aux jours de son père. On voit, par 
la lettre suivante» que Saumaise eut mission officielle de notifier auK 
puissances les circonstances de la mort de Charles l^' et de l'avéne- 
ment de Charles II. Saumaise répondit à la confiance du prétendant 
en publiant Defendo regia pro Carolo I, ad sereniss. magnœBri- 
tanniœ regem Carolum II, felicem natu majorem^ imprimé simul> 
tanément sur plusieurs points, et que Saumaise traduisit lui-même 
sous le titre A' Apologie royale pour Charles /««•, roi d'Angle- 
terre f eto.y in-4. Paris, 1650. 



Monsieur, 

Le roy mon maistre faisant grand estât de vos vertus, et 
l'affection que vous portés à l'honneur du roy son père, de 
très heureuse mémoire et au bien de ses royaulmes, m*a 
donné commandement exprès de vous prier de sa part de vou- 
loir prendre la peine, et mettre la main à la plume pour dé- 
duire, en forme de manifeste, ce qui sera à propos de faire 
connoistre à tous les roys et princes et estais de la chrétien- 
neté, touchant la mort du feu roy et ravancement de Sa Ma- 
jesté d*a présent aux couronnes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Ir- 
lande : en quoy vous ferez un très grand plaisir à Sa Majesté 
quitaschera de le reconnoistre aux occasions. Permettés-moy, 
monsieur, d'adjouster mes propres souhaits et désirs d'une 
chose si sortable à la conjoncture présente des affaires où 
Ton se trouve, ayant eu l'honneur de vostre amitié par tant 
d'années. Et si vous me croyés capable de pouvoir aulcuiie- 
ment contribuer à Tadvancement d'un si bon œuvre et vostre 
contentement, je vous supplie de me commander et tenir 



GLàiniB . SAUHAISB; 65 

pour asseuré qoejeseray à jamais, inon8iear,Y08(re très hum- 
ble et très obligé serviteur, 

GUUXAUME BOSWEL 

A la Haye, ce mars 1649. 

Et au dos : A Monsieur ie Saumaise, conseiller du roy» 
dans ses conseils, à Leyde. 



4. JOSIAS DE SAUMAISE AC MEME. 

Cette lettre est de l'un des fils de Sanmaise, Josias, sieur du Plessîs/ 
qui étoit le troisième, et qui suivit en Pologne Chaiies-Gu$laTe,'rol 
de Suède, et y fut tué en 1665. 



Monsieur mon très cher père, 

Il y aura quelque chose de funeste dans toutes les lettres de 

cette ordinaire, puisqu'elles parleront sans doute de la mon du 

prince, qui remplit toutes nos provinces de deuil et de des- 

' i^sir (1). Ses ennemis mesme, à qui le bruit de ces nouvelles 

esil parvenu, ne se peuvent empescher de le plaindre, lorsqu'ils 

considèrent les tristes accidents de sa déplorable fin. Il est 

mort, dis-je, mais c'est par le peu de soin qu'on a eu de sa 

personne, et je crois fermement que Tignorance ou la malice 

des médecins l'a envoyé en l'autre monde, car il a esté traité 

d'une sorte toute contraire à ceux qui ont les petites véroles. 

La soignée, les laremens, le changement de linge cinq ou 

six fois par jour, la quantité de limonade et d'autres sortes de' 

(1) Le prince dont U est question eàt Guillaume de Nassau, prince d'O-' 
nage, gouTerneur de la République de HoUjinde depuis 1648. € Comme. 
ses vertus étoient aussi universellement reconnues que son ambition, sa 
mort occasionna beaucoup de joie dans certaines provinces, et dans d'au-' 
très des regrets universels. » Il revénoit des États de Gueldre, au mois 
d'octobre, lorsqu'U ilit atteint de la petite vérole, dont il mourut le 9 no- 
vembre, âgé seulement de vingt-quatre ans. 

5« année. «- Doc t» 



60 LE GunifBT HisfromouE. 

boiisOBd rafiï«iebii8afQtes< ont esié â*astés paiiygàns mA^nvra 
pour le faire succomber dans le priDleiBiis de i^n aage &i 
dans une maladte où laf tiégligence et Texçès sont si périlleux . 
Entre tous ceux qui regrettent sa perte^ il n'y en a point qui 
laf prennent tant à cœur queMSt. Schomberg, )Bu5t, Béverîvert et 
Somiselsdyck : les deux premiers à cause de leur ^rtune perdue, 
et les deux autres pour Fautorité qttf leur sera ravie. li y aura 
bien des brigues et de la contestation au choix d'un nouveau 
général. Je ne croîs pourtant pas qu'on fera quelque chose de- 
Ya^'>4tte^ la priiMsesâe rd^ale soit «eecmobée^ lie sieair Brun, 
ambâfssadeàp ^^Espafgnte, estant SBff le point de son départ , allai 
voir cette princesse pour lui faire sèJè adieui et la cônsoféf de 
sa perte : et rencontrant la princesse de Portugal dans l'anti- 
chambre, luy adressa son co^apUment, eU^ moitié de $i| haran- 
gue, croyant que ce fut elle iqu'il cerchoit, — C'est une grande 
incongruité à un l^omme. d'esprit de, prendre une fiemmé de 
cinquante apsjpiour une de dix-huît, et de croire qu'une prin- 
cesse désespérée, qui esloit sur son lit, luy âeroit venue au 
dçvanît. — Le marquis de Villeneuve vient d'arriver d'Ëscosse 
avec des lettres du roy pour la reine. H noù^ asneure que les 
affaires sont changées en ce pays-là, et que le roy a un phis 
puissant party que jamais* Mais au reste qu'il a esté trahy de 
ceux en qui il se fioit le plus. Car Sa Majete ayant appris qu'on 
dressoit une armée e<i sa faveur et qui ûe demandoit rien quc^ 
sa présence pour bien faire, il se résolut d'y aller pour la 
commander en personne, ets'estant esquivé par une fene^tre 
pour gaigner quelques chevaux qui l'atlendoyent hors de sa 
CQ^r, après avoir faU quelque^ lieues de cbe.minvii fut rattrapé 
auprès d'unet vlU^ qu'on^appelle Dondié^ et aifisi, «nie rameaa 
plus par persuasion que par violeflce. On cotrrofnnera Sa 
Mîâesté ie9 d(e ce moigt.sans rçmi^e, Le roy a sceu depuis 
que son deaàein ancoil esté étante par te.duji^de BouQhiDgam, 
à qui seul ill'avoit commuifHiuél Yoreyla déoli^tliOfl des bems 



* CLAOIB 8AU1IAI8B. 67 

Escossois que }'ay traduite de Tanglois pour vous renvoyer. , 
On tient pour très certain que cette armée est à présent d'envi- 
ron 30 mille hommes. Vostre apologie royale parle- maintenant 
bon anglois (1). Je viens de recevoir une lettre de U« Morus dans 
laquelle il y en a aussy une poqr vous. Je ne orois pas que vous y 
trouviez des nouvelles puisqu'elle est vieille de trois mois, es- 
crite deux jours avant votre départ de Leiden. Le messager ne 
m'ayant pas trouvé la première fois la remporta en Zélande 
où il la garda jusqu'à cette beure.-— Je suis toujours au delà de 
rexfNressioD, monsieur mon très cher père, vostre très humhle 
et très obéissant^ très affectionné flls et serviteur^ 

J, DB SàUlfAISE, 

De la Haye, ce 1«' de novembre 1650. 

Kt au dos : Monsieur de Saumaise^ conseiller du, roy très- 
ehrestien,en ses conseils d'Estat et privés, seigneur de Saint- 
Loup, à Stokholm. 

5. CHANUT, AlilBASSADEUR A LUBEGK, A M. DE SAUMAISE. 

Chânut (Pierre), d'abord trésorier de France à Rîom, d'où II 
tmi son origine, conseiller d'État, puis ambassadeur de France 
aoprès de la reine Christine, fut successivement chargé de missions 
importantes à Lnbeck et en Hollande. Vers 1655, le roi le rappela 
au conseil. Il mourut en juillet 1662, âgé de soixante^deux ans. On 
a de lui des mémoires curieux donnés après sa mort et tirés de ses 
dépêches par Linages de Vauciennes. — La Bibliothèque impériale 
possède plusieurs exemplaires de ses négociations; nous citerons 
notamment le recueil en 7 v»l. du fonds Harlay, n» 255. 



A Lubeck, le ^1 febvrier 1653. 
Monféîeur, 

Vous ne me pouviez donner une meilleure preuve de vostre 

santé que la lettre que vous m'avez faict Thonneur de m*escrire 

(1 ) On voit qu'il s'agit ici de la traduction, en anglois, du manifesté dont 
nous avons parlé plus baut. 



68 LE CABINET HISTORIQUE. 

du 2« de ce mois. Je vous en remercie de tout mon cœur, et Je 
vous confirme encore Tesperance que i*ay conçue que nous pour- 
rons faire le voyage de France de compagnie. Je crains seule- 
ment que nostred. assemblée se rompe dans fort peu de temps et 
que la rigueur de la saison ne vous puisse permectre de vous 
mettre en chemin sitost. Apres avoir manqué ié rendre un ser- 
vice d'importance à deux couronnes estrangéres, je reparerois 
ma honte au relour, servant d'escorte à un trésor que je recon- 
duîrois en nostre patrie. Je ne puis, monsieur, combattre les 
raisons que vous avez d'aller revoir nostre France, resjouirvos 
amis et régler vos affaires domestiques, où il est impossible 
qu'une si longue absence n'ait apporté quelque confusion. Je 
sens cette mesme incommodité et que des gens qui certainement 
me doivent, non-seulement ne me payent pas, mais me font dire 
que venants à compter, je seray leur redevable. Quant à vostre 
retour en Suède, vous en jugez si sagement que je n'a y pas une 
parole à répliquer ; tous vos sentiments sont justes. Mais vous 
y avez une créature (1) qui aura soin de cultiver pour vous cette 
affection extraordinaire de la reine de Suède dont j'ay veu de si 
bonnes marques dans les lettres que Sa Majesté vous a escrites. 
L'on me mande que M. Bourdelot est fort estimé à Stockolm et 
que la pluspart de la cour s'attachentàluy. Luy-mesme m'a escrit 
se plaignant de la jalousie et des cabales de quelques François, 
qu'il s'estonnoit de leur aveuglement de ceux qui n'avoient pu 
se rendre sages par la destruction des premiers qui s'estoient 
déclarez ses ennemis. Vous sçavez, monsieur, que c'est le péché 
de nostre nation, nojus nous destruisons les uns les autres, et 
nous aimons mieux voir le crédit au pouvoir de tout autre que 
d'un homme de nostre nation. Je n'ay pu approuver la haine 
qu'on lui a portée, si toutes fois il est bien vray qu'il y ait eu 

(1) L'abbé Bourdelot, qui avoit à Saumaise robligation d'être devenu 
rindispensable de la petite reine Christine. (Voy. ce que nous en avons 
dit t. IV, p. 107 et 108.) 



CLAUDE SAUMAISE. €9 

des ligues contre luy. Il faut laissera un chacnn son mérite et 
sa faveur et se garder de se rendre le juge des inclinations des 
rojs. M. Bourdelot ni*a faict Taniitié de m*escrire quatre ou 
cinq fois, et je ne juge pas sans raison, que me faisant cet hon- 
neur, pour si peu d'habitude que j'avois prise avec luy en son 
passage par Hambourg, il est sans doubte infiniment recognois- 
sant du bien que vous luy avez procuré, et que plus vous vous 
éloignerez de la Suède , plus il s'efforcera de vous rendre des 
ofûces véritables auprès de la Reine. Un gentilhomme allemand, 
appelé M. de Frisensdorff, qui a esté résident pour la Suède en 
Portugal, m*a escrit merveilles des divertissements de littérature 
dont celte cour est remplie. Il y a nombre de personnes sça* 
vantes en divers genres, de sorte que si vous y estiez mainte- 
nant, vostre empire seroit fort estendu, au lieu que de nostre 
temps, après la Reine, il n'y avoit personne qui peust dignement 
recognoistre ce que vous estes au-dessus des plus habiles en 
chaque profession. Je ne passe pas outre à vostre esgard, car je 
sois convenu désormais de ne louer aucun homme vivant en par- 
^tà luy-mesme. Je reviens aux docteurs de Stockolm, et con- 
àdérant le cours du siècle, je pourrois doubter si Thumeur ré- 
jHibliquaine les auroit point corrompus jusques à ne vouloir 
point souffrir de juge souverain en leurs mercuriales, où M. de 
Bourdelot me mande qu'il est souvent battu et réduit à se re- 
trancher dans Taphorisme. J'ay envoyé par le dernier ordinaire 
Qo esquadron de versifications de M. Hugens de Tulikom, qu'il 
m'avoit en quelque sorte prié de faire passer jusques à la reine 
<le Suède. La principale des pièces est françoise à la louange de 
niademoiselle de la Rarre. Je m'asseure qu'elle entretiendra une 
séance de la mercuriale et qu'il s'y dira maintes bonnes choses 
à la louange de l'autheur. J'attends présentement des lettres de 
Suède, s'il m'en vient quelque gazette qui mérite d'aller jusques 
à vous , je la joindray à cette lettre, dans laquelle vous pouvez 
remarquer une je ne sçay quelle contrainte qui ne se trouve 



70 LE GÂfiINBT HtSTORIOUE. 

point dans les entretiens libres, tels que nous les aurons quel- 
que jour s*il plaist à Dieu. Je suis, monsieur, vostre très-humble 
et très-obéissant serviteur, Chanu^. 

Et au dos : Monsieur, Monsieur de Saumaise , conseiller du 
Roy en ses conseils d*Estat, à Leyden. 



S. l'abbé boubdëlot au même. 

Nous prions itérativement le lecteur de se reporter à ce que nous 
avons dit de ce personnage (Cabinet historiqttet 4^ année, t. iv, 
p. 107.) 



A Stockolm, ce 24 may 1652. 
Monsieur, 

Je n*ay point receu de vos lettres cet ordinaire, ce qui me fait 
craindre que vous ne soyez malade. L'on vous escrit sans doute 
que la Reyne a failly à se noyer eu allant visiter son armée na- 
valle entre trois et quatre du matin ; elle alloit vérifier le raport 
qui luy en avolt esté faict en son conseil. M. tiemin qui la con- 
duisoit, marcha sur une planche mal soutenue, tomba et fit 
tomber la Reyne dans un endroit où il y avoit 100 brasses d'eau . 
Sans Stimberg qui apercent sa robe non encore enfoncée et qui 
Tempogna pour la tirerdehors avec Talde du vakmestre et d*un 
valet de pied, elle estoit morte ; elle avoit desjà avalé une pinte 
d'eau. M. Flemin en est malade à la mort. Sa Majesté n'a pas 
laissé d'aller par la ville pour se faire veoir tout hier à cause que 
le bruit avoit couru qu'elle estoit morte. C*est une héroïne in- 
comparable donnant ordre à tout elle-mesme. Elle a fait faire 
la reveue de toutes ses milices, montant à soixante mille bons 
hommes effectifs. Elle parle d'aller à la teste d'une armée. Pour 
moi, je me résoudray à un besoin d'y aller avec elle, je comba- 
tray en caresse et vous en littière. 



CUINNi ^UmÂWÊL Ti 

Je vous eavoye robservation de Téclipse faite à Upsal. J'ay 
receu touttes celles de Paris, j'attends celle de Copenbaguen. 
Si] en 9 esté fait en Hollande, oJl)to^*jnpy de me les .(n4nder. 

Sur ce que la Reyne a sceu que M. Vossius est party avec 
H. Bochard et qu'il ne pourra pas recevoir la lettre qu'elle luy 
a escritte en choiera de pe qu*^ vq^s 4 tra^icté indi^Qemen^ et 
irrespeictueusiement, elle Ipy a envoyé Nils au-devant ^vçc uj^ft, 
lettre conteqapt ses inte^^s^ops qui sont qu'il ae paçse pas plu9 
oultre et qu'il ne rentrera point à spn service qu^ ce ne soit 
avec vostre prière pour luy. Compie cela veul^ du tempç » je ne 
me presseray pas de vous demander popiment vpus vous y pom- 
porterez. Peut-estre ne sere;5-vous pas en peine de prendre avis 
là-dessus. Il ne. viendra pas recourir à yous et tascbera.de s'en. 
passer. Nous verrons se^ résolutioi[is et les vostr^; Cependant 
M. Naudé vient absolu bibliotbéquaire. M. de laPerer^ n'est pas ' 
satisfait là-bas, «t croy q^'il vieipdra.. Il n*1 9 plu« que vous à^. 
Tenir, n*y manquez pas, vous iie^sç^uries plus rian aouhaiter do 
Saîlajesté. 

U s'est passé qudque peti| différant oipitre M^ de Marsaidt ot 

l de Lager. La Reyi^o qui la soiu 4 aprauv4 le procédé dâ M* do 
Mar8ault;}e sonbai^rpisii l'autre pljus de Hfat^icité» Jfeiserviray 
«ae trèsrgfaodeépistÉd V ^* 4e g^unn^ise; pari» fvevmr^of^ 
dinaire. Je vous prie cependant li;y fiiir^mes très-bufliblea 
iuiise-mains ; c'est vostre très-bumble et très-obéyssant servi- 
teur. . ' BôeftDÉLdt. 

A Monsieur, Monsieur de Saumaise, conseiller d\i Roy en ses 
conseils d'Ëstat, demeurant à Leyden. 



H LE CIdlHfET HI8T0BIQUE. 



VIII. — LES GÉNÉALOGIES DU SIEUR GUILLARD. 
{Suite. Voy. t. ly, p. 111, 185, 210 et 245.) 

Cinq-Mars, fils puisné du mareschal d'Effiat, succéda à la 
ctiarge de grand escuyer au duc de Bellegarde ; il eut toute la 
confiance dû cardinal de Richelieu pour gouverner l'esprit du 
feu Roy; mais soit que le cardinal exigeast avec trop d'autorité 
la dépendance de Cinq-Mars, ou que Cinq-Mars voulust secouer 
le joug tyrannique du cardinal, ils se brouillèrent si fort qu'il 
fallut en venir à une déclaration publique, et Cinq-Mars ne se 
tenant pas encore assez appuyé de la faveur du Roy, voulut 
s*unir avec feu Monsieur, qui mirent quelques seigneurs consi- 
dérables dans leur party, et firent un traité avec l'Espagne. Mais 
la partie se trouva mal faite, et au lieu d'âssàssitier le cardinal, 
comme un hdnime de sa cour lûy avoit conseillé, il arriva que 
toute leur entreprise manqua ; que Monsieur fut esloigné de la 
cour, et' que Fon donna Contre luy des déclarations honteuses 
et fascbeuses, que le duc de Souillon en perdit sa place de 
Sedan ; que Fontrailles se sauva en Angleterre, dont il ne revint 
qu -après la mort du Roy, et que Cinq-Mars eut la teste tranchée 
avec le* pauvre M. de Thou. 

Mazarin vient de Mazarino, ville de Sicile, dans le val, de 
Noto, et non pas de Mazara, capitale d'une vallée qui en porte 
le nom dans la mesme isie de Sicile. L'ayeul du cardinal estoit iin 
Calabrois, qui pour ses crimes fut obligé de se retirer en Sicile, 
à Mazarino, où il se maria et eut dom Pietro, père du cardinal. 
Ce dom Pietro fut valet, à Rome, d'un moine appelle Buffalini, 
qui estoit tuteur de ses neveux, et avoit beaucoup de bien. 
Pietro espousa la bastarde, dont il eut deux fils et trois filles ; 
l'aisnée des trois filles espousa un Luigi. 



LBS GÉKBAfiOeilS BC SIBITR GDILLARD. 73 

Potier. — La maison Potier^ divisée en Novion et GasTres, 
rient d'un pelletier de Paris, comme dit la chanson : 

Las, ma mère, les Potiers 
Ne furent point gentilshomes. 
Las, ma mère, les Potiers 
r^e (tirent que pelletiers. 

Sully, — favori de Henry, fut cocu de ses deux femmes. 

Pelletier.— La maison du contrôleur générA Pelletier vient 
d'un avocat du Mans qui estoit aussy procureur. 

EspBRNOif. — Le premier due d^Espernon avoit pour ayeul 
oubisayeul un juif qui estoit propriétaire d*un moulin proche 
(l'Agcn. Ce moulin estoit appelé Nogarel. Ce juif se fit chrestien 
et fit estudier son fils, qui fut juge*mage de Toulouse, et fut 
pèred*un fils qui a aussy esté dans quelque magistrature de la 
mesme ville de Toulouse. Ce dernier eut deux fils, LavaUite et 
^mnl qui fut ensuite Egpernon. 

Cet Espemon espousa Théritière de Caudale, de la maison de 
fou, qui avoit une aisnée, à qui de droit eust appartenu la 
succession. Le duc^ pour se moquer d'elle, Tappélloit souvent 
insdame de Scandale, au lieu de Caudale, et elle le nommoit 
^'à'Esparnous. L'on fait plusieurs comptes de ce duc qui avoit 
esté un des mignons du roy Henry III, receut un jour une res- 
ponse fort fascheusie du duc de Damville, admirai de France, 
qui estoii bossu. Espenion le raillant au sujet de sa bosse, en la 
présence du roy Henry IV,: Damville respondit à Espemon, que 
s'il eust eu au t..... une bosse pareille à la sienne, il ne seroit 
pas si grand seigneur. 

Sous le règne du roy Henry HI. un prédicateur nommé Pon- 
^^ prescha un jour, dans l'église de Saint-Behoist, contre les 
Daignons et favoris de ce roy et particulièrement contre d'Es- 
pemon qu'il désignoit assez sans le nommer, et il faiàoit un peu 



74 LB GimunST HlfitORVUtlBt. 

rire daàfi ses sermons. Le duo r^moiitraflt un jour Ponaêt^ fcy 
dit : « Monsieur ie prescheur^ qêl dit que vous faites bien fire ied 
gens dans vos sermons. » Poncet luy respondit : « Je n'en puis 
jamais faire rire tant eï> tpute ma viç, que you^ en faites pleurer 
en un jour. » 

En passant, je diray icy que parmy les galands de la prin- 
cesse d*Orange d'aujourd'huy se trouvent Tévesque de Londres, 
et que celuy qui est le plus favorisé est le comte de Manchester, 
jieune homm^^e yingt-quatre anis, fftrJtJt)iei^ fait et qui ^ f^it ii^y* 
à Paris, ses exercifi^^. ; f ; ; . : 

: .esAUTBu efft vue t^mïïl^e is$ùe d'un gnnliep de Vendosm^, ^ui 
viût s'estàbUri Angers. Un fiU dp ce gantier fut advboat et eut 
plusieurs enfants, dont Tun fut lieutenant de k prévodté de la 
ville. Le fils de ce lieutenant fut conseiller au grand ctH[iseil et 
fut père d'un autre conseiller du grand conseil et graâd rélér^t 
dairé de la chancellerie, il eut cinq. enfants^ trois fils et deui 
filles. Les trois fils furent Beautru, NogeAt et Le Perches. Une 
des deux filles fut inariëè à DaroiÛs, duquel mariage est sorti 
DaroiiJLs d'4 présent, voleur de la Bretagne* L'autre fille lut ma-^ 
riée au frère de Pereflxe, aroheYesquedeP^ris. Beaiktru espouea 
une Bigot, fille d!uû fermier appelé sieur des Gastines, qui estent 
fermier de plusieurs fêcmes auprès de Bàum et de MouiitreulK 
le*Bellay« Serrant, cy-devant diantelier dé Monsieur, est soi^ti 
de ce niariage, qui a esté eslevë jusqu'à Tâge de di^'^huit ans 
sans que Beautru Feust voulu reoonnottre» et il Intenta mesme 
action d'adultère contre sa femme par devant le juge de la pré-^ 
vosté d'Angers, qui n'est juge que des roturierSi Le mesme 
Beautru, père de Serrant^ y trouva celuy qui le faisoit c*.. et 
l'ayant fait prendre par ses gens et mener dans sd i^hambre, il Hiy 

cacheta avec de la cire d'Espagne 

Toute la cour sçait que <^e Beautru estoit un diseUr de bons 
mots et qu'il railloit loitt le monde ^ ce qui luy attira soutint 



LES GÉNliAIiOOIBS DU MÊBBtL aOlLLARD. 7S 

force bastonnades. Uo jour, il eut quantité de coups de bastons 
dans la rue Saint-Honoré, proche la barrière des Sergens-Saint- 
Honoré , où les batteurs, après l'iToir bien bastonné, jetèrent 
leurs bastons et s'enfuirent. La reyne Marie de Médicis qui sceut 
cette bataille, voulut l*en consoler, mais il luy respondit que le 
champ de bataille et les armes de ses ennemis luy estoient de- 
meurez. 

L'homme d'affaires de Beaatni, par pitié, ont soin de Féduca- 
tioQ de Serrant qui ressembloit comme deux gouttes d'eau au 
galant de $a mère. Beautru ne voulut jamais le reconnoitre que 
quand il sceut qu'il juroit Dieu mieux que luy. 

Serrant fut marié i une fille 46 La Basinière, trésorier de 
l'Ëspargne, qui l'a toujours hay, n'en eut que deux filles, dont 
Vune espousa Vaubrun^ son oncle à la mode de Bretagne, d'où 
est sorti l'abbé de Cormery d^aujourd'hyy, qui est boiteux et ap- 
pelé Vabbé de Vaubruu, et deui; fille^^ dont Tune e$l seconde 
femme du duc d'Ëstriées d'à présent, et l'autre fut enlevée d'un 
^asière de cette ville de Paris» l'année passée 1688, par un 

Mtm6, avec l'assistance des gardes du duc de Gesvres. L'autre. 
ffle de Serrant est mariée à Colbert Maulevriêr qui en a plu- 
sieurs enfants, et entre autres une fille mariée à un petit-fils du 
Jeffunt mareschal de Grapcey, Serrant fit le mariage de sa fille 
aisnée avec Vaubrun , par un principe de conscience et de res- 
titutioQy pour laissa sQp bien à la liaison Be^utfu qui ej^ estoit 
héritière, parce qu'il estoit fils du galand de sa mèrcp 
, Serrantf avant que d'estre marié, fut intendant de justice ^n 
Touraine, avec le nommé la Hère; il avoit esté aussy conseiller 
semestre du parlement de Rouen. L'on fit en ce temps-là le 
rondeau suivant sur ce personnage et sur la Hère : 

Serrant, enfant issu du vice, 
Mais advoué par le caprice» 
D'un père plus ... que fou : 
Masarin le homflie Beautrou, 



76 LE GASQ!fET HISTORIQUE. 

Et les Aflgeyins leur supplice; 
L'un, fin et homme d'artifice, 
L'autre d'orgueil et d'avarice 
Estoient tous deux jusqu'à un sou 
Serrant, etc. 

Ils avoient l'humeur fort propice, 
Mais se seroit un sacrifice 
Dont tout le monde riroil prou, 
S'il leur Toyoit la corde au cou 
Et l'exécuteur de justice 
Serrant, etc. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Correspondance entre Boileau-Despréaux et Brossette, 
publiée sur les manuscrits origiruiux, par Auguste Laverdet, 
iDlroductioD par Jules Janin. Paris , Techener, mdccglyiu. — 
1 vol. gr. in-8'' de xxxu-605, avec nombreux fac-similé. 

S*il y a un livre qui doive intéresser le public, de nos jours si 
curieux de tout ce qui est détail biographique, si avide de soule- 
ver le voile qui couvre la vie des hommes des temps passés, cest 
assurément la publication de M. Laverdet. De ces lettres et des 
pièces qui les accompagnent est né tout le commentaire de 
Brossette sur Boileau. De là nous viennent toutes les notions 
que nous possédons sur le grand critique. Mais ce qui a dû 
disparoitre dans un commentaire, c'est la vie qui les anime, 
c'est cette fleur du moment qui donne aux lettres et aux mé- 
moires une saveur si piquante, même pour les estomacs les 
plus blasés. Boileau s'y montre bien tel qu'il étoit ; c'est un 
homme d'honneur, une âme belle et sereine, mais froide et 
calme, et qui n'est susceptible de s'échauffer que pour défendre 
les bons ouvrages et entre autres les siens, ou attaquer les 
mauvais auteurs. Ce qu'on admire en lisant sa correspondance, 
c'est sa confiance en lui-même, la sûreté de ses jugements, 
parfois, souvent même trop sévères, mais toujours conséquents 
à ses principes. Comme Brossette n'étoit pour lui qu'un ami 



BIBLtOORAPnB, 77 

parement littéraire, on ne trouve pas dans ses lettres des 
détails très-circonstanciés sar sa vie intérieure; on le voit 
cependant, surtout dans les dernières, accablé de maladies et 
d'infirmités, montrer le courage le* plus calme et la plus grande 
égalité d*âme : sa mort fut comme sa vie, digne, pure et tran- 
quille, mais avec une certaine maussaderie qui fait qu'on Tes- 
time plutôt qu'on ne l'aime. M. Laverdet a donné une fort belle 
édition des deux volumes d'autographes réunis par Brossette ; 
le premier contient la correspondance de Boileau et Brossette , 
et le second les lettres de Boîleau à Maucroix, à Racine et à 
quelques autres. Parmi ces lettres, beaucoup voient le jour 
pour la première fois. — Outre ces deux volumes, le livre de 
M. Laverdet contient des espèces de mémoires que faisoit Bros- 
sette, où il écrivoit jour par jour, quand il étoit à Paris, ce que 
Boileau lui disoit au sujet de ses œuvres, et qui sont pleins de 
choses intéressantes et peu connues. — L'éditeur a textuellement 
reproduit le manuscrit original, et peut-être auroit-il mieux 
îait, pour les lettres de Boileau ad diversony d'adopter Tordre 
chronologique. On regrette aussi qu'il n*y ait pas de temps à 
attire, au bas des pages, quelques éclaircissements dont le lec- 
^auroit besoin; la seule note que M. Janin ait cru devoir 
joindre aux lettres de Brossette est à projms d'une citation 
t^Iorace. Le spirituel feuilletoniste a mis en tète du volume 
Me de ces brillantes préfaces dont il a seul le secret et qui ont 
Commandé tant de livres au choix du public. — C'est Techener 
qai vend ce beau volume, une des plus belles et des plus utiles 
publications de notre époque. 

—Là chasse royale, composée par le roy Charles IX et dédiée 
«* roy très'chresiien de France et de Navarre Louis XIIIj très- 
^iHe mx curieux et amateurs de chasse. — Nouvelle édition^ 
Recédée d'une introduction, par Henri Chevredl. — Paris, 
Attftry, MDcccLViii. 

Dans les dernières années de sa courte et malheureuse vie, 
Charles IX s'occupa à tracer les préceptes de l'art de la chasse, 
seul divertissement qui pût lui faire oublier les soucis du 
gouTemement, les ennuis dé la cour et ses propres chagrine. 



7S LET GAWiBT BUTOMQUB. 

Le sieur :NeufiilIe de ViUero;, son secrétaire, écrivit sous 
sa dictée les premiers chapitres du livre qui devoit résumer 
toute la sdenoe de la vénerie. La fin déplorable que ron con- 
noît interrompit l'œuvre cotumencéei et ce ne fut que cin- 
quante ans plus tard que Villeroy se décida à publier le livre 
de son maître. Il le dédia au roi Louis XIII, aussi triste et aussi 
grand amateur de chasae que Tavoit ^té Charles IX, Cette édi- 
tion unique étoit devenue fort rare, et M. Chevreul a été bien 
inspiré en en donnant une réimpression aussi exacte qu'élé- 
gante. Elle est précédée d'une introduction fort intéressante, où 
Fauteur examine Charks IX comme écrivain» et donne les quel- 
ques vers qui nous sont restés de lui , avec diverses, pièces de 
poètes contemporains qui célèbrent ses exploits cynégétiques. 
Ce petit livre, imprimé chez Aubry et orné d'une charmante 
petite gravure r^q^roduite d'après l'édition de 1625, et d'un très- 
joli portrait, se recommande non^seulement « aux curieux et 
amateurs de chasse^ » mais surtout aux curieux et amateurs de 
beaux livres et de vieux langage, qui le Joindrtmt dans leur bi- 
bliothèque aux autres volumes d^à publiés avte le même goût, 
par le iïïême libraire. 

— Procès du très-mesghant et détestable parricide Fr. 
Ravaillag, natif lO'ÀKGOuL^iiE» pv^bUé pour la première foJ$, 
sur des manmcrits du lemps^ par P.,. D.,. — Paris, A, Aubry, 

MPGCCLVUI. 

Le procès de Ravaillac» recueilli par le Mercure français 
en 1611, avoit en outre été déjà publié dans les Mémoires de , 
Condé. Le nouvel éditeur ayant trouvé dans des manuscrits du 
tenrpd qudques variantes assesi importantes, a jugé utile de les 
mettre au jour. On ne peut que lui en savoir gré. Ce dont il 
faut aussi le remercier, c'est de nous, avoir donné une liste» 
sinon complète* du moins fbnt considérable des « principaux 
ouvrages, pamphlets et opuscules publiés en 1610 et années 
suivantes, à Toccasion de la mort de Henri IV. » Cette liste 
» sonHtoaite » ne comprend pas ipoins de quarante pages et 
sera fort utile à ceux qui essaieront désormais de résoudre 
l'étrange énigme posée à l'histoire par l'assafisinat de Henri IV: 



7» 

le moi M est penUètre trep ndfpk pour fn'on jwtO» le 
tnmver de fîtét. 

*-^ DiGnmWAiHE tmiTEUSKt des* cofNTiniPoiiAmfl , é^lMont 
umiës les pèrê(mnê9nùtëbtêi de ta France et âespûys étrangère, 
aeee léure H&m, prêit&ms, eurtume et pseudonymes, le lieu et 
laâeUe de leur naiêsùnce,,. leurs aeten publies, leurs osuneé^ 
iMtru éorite et èe$ itêêieaHans hibliographitjiues qui s'y rapportent, 
ke iraéi^ earêtetérisHquês de leur talent, ele,^ ete, ùuiermje 
rédigé et ceffHinueHement tenu âjeur aveo le eane^hrs d^éerivabis 
et de savants de tous lès pays, par 0. Vaperbau. Paris^ L. Ha^ 
ekeUe, 1*67^ gf. în-8° à 3 co! , it-i80î p. 

NotB souftffes UB peu Kanteux d'adnoncer si terd ttn Uvre 
que ttytft le ÈDonde connoîl afiijourd'hnf , grâce aux réclames, 
snix éloges et dut critiques dotit il a été Tobjet dans la presse. 
Nous dirons des nombreux articles qu*i! renferme : 

Sunf mala^ stmt boria^ sunt et mediocria plura. 

Le moyen, en effet, qu'un recueil qui contient olus de huit 
mille biographies, soit parfait de tout point? On ne peut 
nier toutefois^malgré les récriminations dont il a été fob-' 
ytt, que bon nombre de ces notices n*annoncent une série 
fMudes réelles et patientes, et né soient, à elles seules comme 
k résumé des travaux intellectuels de notre époque. La forme 
biographique par ordre alphabétique a ses écueils ; elle dis- 
perse les matières, confona les genres, et subit l'inconvénient 
du morcellement. C'est la politique, la religion , les arts, Fin- 
dustrie, la littérature, entassées pèle-mèle et sans autre raison 

Sue la nécessité de Talphabet. Mais ce système a son bon côte, 
simplifie le travail et facilite les recherches. Malgré Fimper- 
fection du livre, les erreurs signalées, les omissions nombreuses, 
tout le monde voudra avoir sous la main cet immense répertoire 
des principales notabilités contemporaines. Les délaissés auront 
leur tour dans une prochaine édition. — Si nous osions hasarder 
un conseil à M. Yapereau, à qui sans doute les conseils n'ont 
pas ÉQanqué, nous lui dirions que pour tout ce qui concerne 
les gens de lettres, il pourroit s'aider de la France littéraire, 
de M. Quérard, continuée par MM. Bourquelol et Louandre. 
La connoissance de la bibliographie contemporaine est la base 
d'un travail comme le sien^ et Ton sait que c'est un des mérites 
de l'importante publication que nous lui rappelons. 



8ff LE gâbimet historique. 

— Histoire BE Ghateau-Portien« — La {>ràte TllIé de Gfaâ- 
teau-Portieû, Fune des plus renommées seigneuries des Arr 
dennes, vient d'avoir son historien dans M. Lépine, membre 
correspondant de T Académie de Reims. — Par le traité d'échange 
de Tan l'i65, Raoul de Châtel-en-Portien transporta à Thibault, 
roi de Navarre et comte de Champagne, tout le droit qu'il avoit 
au château, tîontre certains revenus à prendre sur la ville de 
Fimes. Quelque temps après la réunion du comté de Champagne 
à la couronne, parle mariage de Jeanne de Navarre avec Phi ^ 
lippe le Bel, le Châtel-en-Portien ftit érigé en comté en faveur de 
Gauthier de Chastillon, connétable de France, qui avoit la terre 
de Châtillon-sur-lMarne. Le comté de Portien demeura à la mai- 
son de Chastillon jusqu'en 1395, que Jean de Chastillon, l'un de 
ses successeurs, le vendit à Louis de France, duc d'Orléans, qui 
lelaissapartestament à Charles, duc d''Orléans,3on fils aîné, qui, 
après la Bataille d'Azincourt, où il fut fait prisonnier, le reven- 
dit, en 1459, à Antoine de Crouy, sieur de Renty. Philippe de 
Crouy succéda à Antoine et mourut en 1511. L'un de ses des- 
cendants, Antoine de Crouy, épousa Catherine de Clèves, fille 
de François de Clèves, duc de Nevers, et, en faveur de cette 
alliance, Charles IX érigea ChâteaurPortien en principauté, 
laquelle ne tarda point à passer à la maison de Gonzague en 
1608, d'où elle est sortie en 1668 pour passer au duc de Mazarin. 
—M. Lépine, qui s'occupe spécialement de Tbistoiredes seigneu- 
ries et châteaux forts des Ardennes, s'est étayé, dans ses re- 
cherches sur le Portien, du manuscrit depuis longtemps connu 
dans le pays, de feu M. Taté, ancien greffier de la mairie de 
Château-Portien, ei des recherches du laborieux abbé de Signy, 
dont quelques fragments ont été recueillis dans les Ardennes. 
M. Lépine, qui a tiré tout le parti possible des documents qu'il 
avoit à sa disposition, eût trouvé de plus abondants secours s'il 
eût été à même de consulter ceux des manuscrits de de Camps, 
que Ton conserve à la Bibliothèque impériale, et les autres ins- 
truments que nous avons nous-même renseignés au t. 1" du 
Cabinet historique. Quoi qu'il en soit, le petit livre de M. Lépine 
sera le bien venu de ceux qui recueillent les monographies de 
ce genre ; il le sera surtout des curieux de la contrée. Nous 
regrettons seulement la détestable impression et le papier quel- 
que peu sordide qui déparent cette publication. Ce n'est pas 
là ce qui mettra en grand renom l'imprimerie de Vouziers, et 
nous souhaitons à l'histoire de Rocroy une meilleure fortune,, 
typographiquement parlant. 



p 


PI 


i 






REVUE MENSUELLE. 



IX. MEMOIRE DE M. DE GAMPREDON SUR LES 

NÉGOCIATIONS DU NORD. 



{SuUe), 



hn'entreray point dans le détail d'un grand nombre d'autres 
^ires particulières concernant la marine du roy, la naviga- 
ta et le commerce de ses sujets, dont J'estois chargé spécia- 
lement et qui estoient d'une assez grande étendue, à l'occasion 
^wmats, bois de sapin et godron qu'ils tiroient de Gottem- 
J^ourg et de Stockholm ; il n'y àvoit point de consul de la na- 
tion, et j'avois de fréquentes discutions à essuyer pour faire 
rendre justice à nos négociants, ou prévenir autant qu'il esloit 
possible le dommage que la cupidité des amirautés suédoises 
s'efforçoit de leur causer par toute sorte de chicanes, dont les 
connoissances que j'avois acquises, m'aidèrent à aprofondir les 
ressorts secrets. 

Je diray seulement que les Anglois et les HoUandois en res- 
senloient encore plus vivement que nous les effets par la quan- 
tité de vaisseaux qu'on leur confisquoit tous les jours ; ils 

Paris. - Typ. Wittersheim. — he année. Doc. 6 



82 LE CABINET HISTORIQUE. 

avoient d'anciens établissements en Livonie, en Ingrîe, en 
FinUnde et en Moscovie; G*estoit une des meilleures branches 
de leur commerce du Nord; les parti culieri, que coà pertes 
regardoient de plus près, en faisoient grand bruit, mais les mi- 
nistres craignant d'irriter un conquérant à portée de donner 
la loy dans l'Empire et de déranger leurs projets contre la France, 
différèrent à un autre temps de joindre les menaces aux plaintes, 
ces puissances se bornant alors, c'est-à-dire après la conclu- 
sion du traitté d'AU-Ranstad, d'envoyer des ministres à Char- 
les XII. 

Il avoit eu quelques démêlés personels avec l'Empereur pour 
une insulte faite par son chambellan à l'envoyé de Suède, rési- 
dant à Vienne ; les protestants de Silésie et plusieurs autres 
de l'Empire saisirent aussy cette occasion pour avoir recours à 
la protection de S. M. suédoise, sur leur» griefs de religion, 
quelques-uns mesme croyant de se l'acquérir en flattant son 
ambition, insinuèrent au comte Piper, premier ministre, de 
mettre la couronne impériale sur une teste de leur religion, en 
la personne du roy son maitre. 

L'Angleterre luy envoya milord Marleboroug, avec ordre de 
n'épargner ny argent ny persuasion pour éloigner ce prince de 
l'Empire; l'Angleterre, chef dominant de la ligue, craignoit 
que ce prince n'écoutât enfin sa véritable gloire» en se déclarant 
médiateur de la paix générale : le baron Spaare, Suédois^ offi- 
cier général au service du roy, estoit passé en Saxe dans ce 
dessein ; il avoit des amis dans le ministère et dans le militaire; 
il estoit éloquent et persuasif; le czar mesme offroit la carte 
blanche pour la paix, sous la médiation de la France, ne se ré- 
servant, dans toutes les restitutions qu'il vouloit faire, que 
Pélersbourg qu'il vouloit conserver. ' 

J'étois informé à Stockholm de toutes ces circonstances : j'en 
rendois exactement compte à la cour : j'ajoutois les réflections de 
mes amis, qui connoissant le génie de leur roy, le caractère des 



MEMOIBE DE M. DB CAMPHEDON. 83 

oikiers qu'il écoutoit le plus, et qui ne pouvoient s'avancer 
que par la continuation de la guerre, et du butin dont la na- 
tioa est naturellement avide, m'assuroient que toutes les dé- 
marches tendantes à la paix avec le czar, ou à la générale, qui 
mettroient les amis secrets de ce dernier en état de le secourir, 
seroient entièrement inutiles; la manie du détbronemeut qu'on 
représentoit à Charles XII comme le comble de la gloire, s'es- 
toit si fort emparée de son esprit que rien au monde ne seroit 
capable de le détourner du dessein qu'il avoit formé de traiter 
!e czar comme il venoit de traiter le roy Auguste. 

En effet, Charles XII, au mépris de sa véritable gloire, des 
intérêts de sa couronne, et des avantages de la dernière impor- 
tance qu'il auroit pu se procurer, en suivant le parly que la 
bonne politique, ta saine raison, l'augmentation de ses États 
aoroient dû luy faire prendre, ne suivit que Temportement de 
son inclination pour la guerre, sans autre objet réel, que le 
phisir de la continuer; il s'accomoda avec l'empereur; les 
^^ses sommes d'argent que milord Harleboroug répandit à 
qwlques ministres et parmy les olliciers, rendirent sa négo- 
ciitlon efficace ; et dès que la saison le permit, l'armée suédoise 
se mit en marche, au mois de may 1708, chargée des contri- 
l)Dtions énormes qu'elle avoit exigées de la Saxe (elles se men- 
aient à seize millions d'écus), et qui devinrent la proye des 
Hoscovites à la bataille de Pultawa , dont la perte ruina entiè- 
femeot l'armée suédoise et obligea le roy de Suède à se réfugier 
cbez les Turcs, près de Bender, où il établit un camp des offi- 
m% qui lavoient suivi, et de ceux qui l'avoient joint dans la 
snite au nombre de trois mille tant Suédois que Valaques ; il 
fut enfla forcé de se rendre prisonnier, après s'estre deffendu 
en désespéré, de chambre en chambre, dans la maison qu'on 
^uy avoit bâtie à Warnitza, et où les Janissaires avoient mis le 
^K aiasy que tout le monde Ta sçû. 
Cette étrange extrémité ne le rendit ny moins obstiné, ny 



84 LE CABINET HISTORIQUE. 

plus traittable. Conduit prisonaier à Andrinople, au mois 
d'avril 1713, le grand visir, qui s'y trouvoit alors, luy fit faire 
des offres avantageuses de la part du grand seigneur ; qu'il es- 
toit nécessaire qu'ils eussent ensemble une cooférence dans la- 
quelle ils pourroient convenir des moyens de retourner avec 
décence dans ses États. Charles Xll la refusa sur la difficulté 
du cérémonial, prétendant recevoir le grand visir au lit, où il 
resta une année entière, plustost que d'altérer en rien le céré- 
monial auquel il s'estoit fixé. Tant de hauteur, jointe au souvenir 
de la déposition du précédent visir, indisposa entièrement 
celuy-cy; il fit conduire le roy de Suède à Demirtocca (Démir- 
tash), où il resta jusqu'au 1" octobre, presque toujours au lit, 
ou feignant d'y eslre, par les raisons qu'on vient d'expliquer, 
en attendant le succès des sollicitations et des intrigues de 
MM. Poniatowsky et Grothusen, ses ministres à Constantinople, 

Le grand visir les rendit inutiles ; mais nul événement ne fit 
impression sur Charles XII; il s'amusoit à faire des règlements 
d'exercices et de discipline pour ses troupes, pour l'adminis- 
tration de l'intérieur de son royaume, et des différents tribu- 
naux qu'on nomme en ce pays la collégeie, aussy tranquillement 
que s'il avoit esté paisible à Stockholm. 

Le roy Stanislas, chassé de Pologne, qui étoit party pour 
l'aller trouver à Warnitza et luy faire connoitre la nécessité de 
venir au secours de ses États attaqués de tous costés, et à la 
veille de succomber sous les efforts et le nombre de ses enne- 
mis, fut arrêté à lassy, capitale de la Moldavie. Charles XII 
ne fut pas plus sensible à ces représentations qu'aux prières 
de la reine, sa grande mère, des princesses, ses sœurs, du 
Sénats qui luy avoienl dépêché plusieurs personnes dans la 
mesme vue, avec un plan circonstancié de l'extrémité où tout 
estoit réduit en Suède, sans argent, sans troupes, sans alliés, 
sans chefs d'autorité pour sa défense, en un mot sans aucune 
ressource^ sa longue absence les ayant touttes épuisées: Le 



MÉMOIRE DE M. DE CAMPREDON. 85 

baron Lieven, maréchal de camp, le dernier qui luy fut envoyé 
à Demirtocca, homme facétieux, mais qui sçavoit avec esprit 
dire les choses les plus hardies en plaisantant, ajouta qu'il 
estoit à craindre que les peuples ruinés, presque sans hommes 
pour cultiver leurs terres, et pour marier leurs filles, déses- 
pérés de se voir exposer à la tiranie des Moscovites, ne se por- 
tassent enfin à d'étranges extrémités, peut-estre à demander 
un autre maître pour les deffendre. Ce dernier trait n'esloit 
pas sans fondement ; la duchesse de Hoistein, femme ambi- 
tieuse et intriguante, que le duc, son mari, avoit flattée de 
Tespérance du thrône, le luy avoit montré en perspective par 
toutte sa conduite, soupçonnée avec fondement du dessein de 
faire périr Charles XII dans les exercices violents et périlleux 
où il avoit entraîné ce jeune prince^ sous le prétexte des diver- 
tissements occasionnés par son mariage; la conjoncture ré* 
Taillant cette idée, la duchesse de Hoistein, veuve et maîtresse 
de ses actions, s'estoit ménagé un party, et il estoit soutenu 
]^r les promesses de l'Angleterre, qui vouloit, à quelque prix, 
que ce fust, vaincre les obstacles que la fermeté du roy de Suède 
apportoit à ses desseins et à son commerce; ces promesses^ 
dis-je, que ce prince n'ignoroit peut-être pas, avoient engagé 
la duchesse de Hoistein à prester Toreille à la négociation d'une 
élection en sa faveur, et ce nom seul d'élection flattoit extrê- 
mement la pluspart des grands et du peuple ; mais la mort de 
cette princesse, arrivée peu de temps après, fit évanouir ce 
projet, et Charles XII répondit à M. Lieven, sur le meàme ton 
d'ironie, que si la reine, les princesses, ses sœurs et le Sénat 
estoient fatigués du soin des affaires de son royaume, il envoye- 
roit une de ses bottes à Stockholm pour le? gouverner. 

L'oflTre du roy de France de l'y faire transporter par quatre 
vaisseaux de guerre que S. M. avoit à Constantinople, ne fut 
pas plus efficace; ce prince, obstiné à vouloir revenir à la teste 
d'une armée turque, méprisa tout, sans réfléchir qu'après ce 



86 LE CABINET HISTORIQUE. 

qui s*estoit passé à la bataille de Pultawa il n'ayolirien à espérer 
de la Porte, qui put répondre à ses idées, aussy fut-il obligé 
de partir avec deux de ses officiers de Derairtocca et déguisé, 
pour n'estre point reconnu dans les États de Tempereur, qu*il 
traversa avec tant de dilligence, qu'un de ses officiers resta en 
cbemin. Il arriva à Strahalzaud le 22 novembre 1714, au grand ' 
étonnement du comte Dukert, gouverneur, qui ne le reconnut 
qu'après avoir quitté la perruque qui servoit à son déguise- 
ment. Cette place, la dernière qui restoit à la Suède, en Pomé- 
ranie, estoit assiégée par les troupes des roys de Danemarck 
et de Prusse ; elles s'emparèrent de Tisle de Rugen le 17 no- 
vembre 1715, malgré la résistance extrême des Suédois, et les 
actions de courage les plus inouïes de la part de leur roy : & la 
dernière il reçut une balle de fusil dans la poitrine, ce qui ne 
l'empêcha pas de rester à cheval jusqu'au soir qu'il fit sa re- 
traitte dans Strhalzund; heureusement c'étoit une balle morte 
qui s'étojt arrêtée sur une coste; il l'avoit arrachée luy-mesnie, 
et ce ne fut qu'après que son chirurçien eust sondé assez long- 
temps la playe qu'il tira en badinant la balle de sa poche, et 
luy dit qu'il ne l'avoit pas cherchée où elle estoit. 

Enfin la place estant réduite à Textrémité, Charles XII s'em- 
barqua le 20 décembre 1715, sur un mauvais batteau, et a 
travers les glaces gagna la Sclione, où il fixa son séjour à 
Louden jusqu'en Tannée 1718, qui luy fut si fatale. Quelque 
temps avant le départ du roy de Suède, M. le comte de Croissy, 
ambassadeur du roy, s'estoit retiré à Hambourg, n'ayant pu le 
disposer à aucun accommodement, ny ses ennemis à des con- 
ditions modérées, leur venant d'une médiation qui leur estoit 
d'autant plus suspecte, qu'ils ne pouvoient ignorer que l'in- 
térêt de la France ne pouvoit compatir avec le dépouillement 
total des possessions de la couronne de Suède en Allemagne 
qu'ils avoient résolu. D'ailleurs, le comte Weling et le baron 
Goêrts traversoient sous main les négociations de M. de Croissy 



MÉMOIRE DE M. DE CAMPREDON. 87 

par des vues particulières , quoyqu^antagonistes sur tout le 
reste, et se disputant la confiance du roy de Suède : en quoy le 
comte Weling fit l'épreuve de ce qu'il avoit dit de Goêrts, que 
s'il avoit deux hommes comme luy, i! se feroit fort de tromper 
tous les princes de l'Europe. Ce dernier 1 emporta, et par son 
ascendant sur 1 esprit de son nouveau maître, il sçut si adroite- 
ment flatter sa passion pour la guerre par les projets que le 
public a sçû, et rendre le Sénat avec tous les autres ministres 
suspects,qu'il le conduisit enfin à sa perte : après avoir plongé son 
royaume dans la plus affreuse mirère, il en fut la juste victime^ 
et mourut sur un échafault, protestant qu'il n'avoit rien fait 
que par les ordres exprès du roy de Suède : et ça esté la seule 
raison que ses partisans ont pu alléguer pour sa justification. 
Lorsque M. le duc d'Orléans, régent, fut informé de l'ar- 
rivée du roy de Suède dans ses États, il luy envoya M. le 
comte de la Marck en qualité d'ambassadeur extraordinaire^, 
comme il est homme de guerre et qu'il possède tous les autres 
talents désirables dans un habile ministre, aucun n'estoit plus 
propre que luy à faire entrer ce prince dans les vues de M. le 
régent. Les générales avoient pour objet de faciliter un accom- 
modement qui, remplissant les désirs du roy d'Angleterre, 
conservât à la couronne de Suède quelque considération en 
Allemagne pour servir au moins de motif plausible au renou- 
vellement d'alliance avec cette couronne, et celte alliance 
devoit eslre cimentée par le mariage de madame la princesse 
Aglaé d'Orléans, sœur du régent, et depuis duchesse de Mo- 
dène. — L'arrivée de cet ambassadeur rendoit ma présence en 
Suède peu nécessaire, ma santé s'estoll fort dérangée par un 
séjour de dix-neuf ans dans ce rude climat et la mort de mon 
père m'appelloit nécessairement en France; j'en demanday 
et obtins la permission, après avoir donné à M. le comte de la 
Marck les éclaircissements qu'il désiroit, — et j'arrivay à Paris 
au mois de novembre 1717. 



58 LE GABINET HISTORIQUE. 

L'année suivante, Charles XII entreprit la conquête de la 
Norwège, tandis que le baron de Goërts nëgocioit en Angleterre, 
avec ceux qu'on y nomme jacobites, le rétablissement du pré- 
tendant sur le throne. Cet habile, mais trop entreprenant mi- 
nistre, qui s'estoit totalement emparé de Tesprit du roy de 
Suède, en luy inspirant autant de méfiance que de mépris 
pour tous ses sujets^ et principalement pour le Sénat, avoit en 
mesme temps étably des conférences dans Tisle d*Aland« où 
sous le prétexte d'une paix particulière avec la Moscovie, le 
baron de Goërts traittoit directement avec le czar Pierre I", 
ulcéré contre les Anglois, une alliance offensive et défensive, 
dans les vues de Charles XII, qui ne voulant point admettre le 
terme de cession, y faisoit substituer celui de partage de con- 
venance de quelques provinces suédoises à la bienséance 
du c2ar : et pour le reste, il ne $*agissoit pas moins, que 
d'allumer la guerre en Angleterre par des secours d'hommes 
et de vaisseaux que les deux alliés envoyeroient aux jacobites; 
de reconquérir les duchés de Brème et de Verden avec la Po- 
méranie, pour estre rendus à la Suède, de s'emparer de Lu- 
beck et de Danzick, celle-cy pour le czar, et la première pour 
la Suède; l'Espagne devoit entrer dans cette alliance, le fils 
du comte Weling estoit passé à Madrid pour y déterminer 
S. M. C, par Tintérest du commerce de la mer Baltique; on la 
sçavoit d'ailleurs bien disposée pour le retour du prétendant 
au throne de ses ancêtres, et dans tout cela le grand objet se- 
cret du baron Goërts estoit de procurer au duc de Holstein, 
son maître, la succession à la couronne de Russie, par son 
mariage avec la princesse Anne, fille ainée du czar, que M. Ba- 
sevitz négocioit actuellement à Pétersbourg, faisant entendre 
que sa mission, concertée avec la cour de Vienne, n'avoit pour 
but que d'empêcher le sacrifice du duché de Sleswick, que l'An- 
gleterre destipçit au rôy de Danemark. 



ABMORIAL DB FBAlfCB. 



X. — ARMORIAL DE FRANCE 

DE LÀ FIN DU XIV* SIECLE. 

(Communiqué par M. Dour-Darcq. ) 
{Suite. Voy. t t, p. 10 et ftS.) 

332. M. ROBEKT DE SAiNAT OU «ARNAT. — Semblablement, à une 
bordeure de gueules. 

333. M. MICHEL DE TiLAiNEZ. — GeroDiié d'argent et de noir de 
VI pièces. 

334. M. JEHAN DE LA FERKiERE. — D*or, à YI fers à cheval 
d'azur. 

355. M. JEHAN MALER6E DE SAiNT-YiNGUEiN. — D'ermlne, à VI 
roses de gueules. 

336. M. RICHART ,MALERBE DE LA MEAUFE (1). — D'or, à II jtt- 

melles de gueules et deux lionceaulx de gueules en chief 
passans Tun contre l'autre. 

337. M. PIERRE DE LA MEAUFE. — De Ycrt, à III fleurs de lis d'or. 

338. M. JEHAN DE PONTAUDEMER. — De gucules^à uu pont d'ar- 
gent, à un lionceau d'or passant en chief. 

339. M. JEHAN DB FONTAiNEz DE bagquetot. — De gueules, à 
trois tourteaux d'argent. 

540. M. GUILLAUME DE FONTAINES. — Semblablement, à I quar- 
tier de vair. 

34!. M. RAOUL DE GUiBERYiLLE (2). — D'or (do) sic, à un fanon 
vert. 

(1) La Meauffe (Manche). — (2) Arrondissement de Dieppe. 



90 LE GJUnHET HUTORIQtnS. 

342. M. JEHAN DE MARLOT. — De gueules, à trois marlos d'ar- 
gent. 

345. H. GUILLAUME DE MAiLOT. — Semblablement, à I lambel 
d'azur. 

344. M. JEHAN DE BiAUFAiGTE (1). — De vert, à un ègle d'or. 

345. H. JEHAN DE GOURTONNE (t2).^ D'argent, à III trèfles d'or. 

346. M. ROBERT DE FRAiDEL. — Do gueules, à III coquiUes 
d'argent. 

347. H. GUILLAUME Dfi GAMJViLLB, (3). — Ue gueules, à un chief 
d'ermine. 

348. M. GUT DE GAUviLLE. — Semblablement, à une molete 
d'azur en chief. 

349. M. JEHAN DE TROUS AUYiLLE. — De Hoir, à UH fer de moulin 
d'or, à une molecte de gueules. 

350. M. GUILLAUME d'orbec (4^ — D'or, à un lion de gueules 
rampant. 

351. M. JEHAN d'obbeg. — Semblablement, à uu lambel d'azur. 

352. M. JEHAN DE LA HAIE. — De gueules, à m lozanges d'or 
bordes. 

353. M. GASSE DE viLUERS (5). — De gueules, à un lion d'ar- 
gent billeté de argent. 

354. M. piERRET D^AMFREYiLLE (6). — D'argent, à un ègle noir 
à pié et à bec de gueules. 

355. M. JEHAN MARTEL. — De guculcs, à trois marteaulx d'argent. 

356. M. JEHAN MARTEL d'angierville (7). — D'argent, à trois 
marteaulx de gueules. 

357. M. JEHAN d'yvetot (8). — D'azur, à une bende d'or à III 
cotices d'or, p. 38. 



(1) On a corrigé, Bienraite. — Beaufay (Orne). -- (2) Courlonne la 
Meudrac (Calvados).— (3) Un dans l'Orne, un autre dans VEure.— (4; Cal- 
vados.— (5) Eure.— (6) 11 y en a sept en Normandie. — (7) Angerville. 
Il y en a quatre en îilormaulie. «^ (8) Seine-Inférieure. 



ÀBlUttlÀL DB VâàlfCB* 91 

558. M. JBHAii Bfi BomiEfibSG (1). — D'azuT, à m fremattx d*or. 
359. M. JEHAN DB REDX (2).*- De gueules, a une reue d'argent. 
560. M. GUATE DU PLE6SBIS. — Pfttté d*argeiit et d'azur à ub 

chief de gueules. 
361. M. JEHAN BU PLBs^is DB LA POTBRiB* — Semblablement, 

à 1 lionceau d*or passant en chief. 
562. M. GUiFFROT DU PLEssBis BE DAMC6UI. —Semblablement, 

à un lambel d'or. 

363. M. GUILLAUME DE M0NTA6U (3). ^ D'argcDt, à II bendes 
noires, à YII coquilles de noir. 

364. M. ROBERT DE LA ROCHELLE (4). — De gucules, à II beodcs 
d'argent, à VU coquilles d'argent. 

365. M. ROBERT DU COUR. — D'azur, à II bendes d'argent, à 
VII coquilles de argent. 

366. M. FRALiN DE HuçoM . — D'szur, à VI annelets de gueules. 

367. M. BOMAULT DU HuçoM. — Semblablement, à I lambel 
de gueules. 

368. M. GUT DB HUÇOM. — Semblablement, à I quartier de 
gueules. 

%9. M. HENRY DE HUçoN. — Semblablement, à un quartier de 
Baselles. 

370. M. PIERRE DE RUAULT. — Paasclé d'or et d'azur de sieux 
pièces. 

371. M. JEHAN DB CRANES. -— D'azur, à m quintes fieules d'or. 

572. M. TESTART DE CRANES. — Semblablement. à I lambel de 
gueules. 

573. M. GuiLLEBERT MALEHAiNs. — D'or, b trois maîns de gueules . 

374. M. FRALIN MALEMAiNs. —Semblablement, à I lambel d'azur. 

375. M. GUILLAUME ayenel DES BRAS. — De guoules, à trois 
aigles d'argent. 



(1) Gàlradt». ^ (2) GalvadM. — <3) MoBtaiga {Maoche). — (I) La Ro- 
chelle (Manche). 



92 LE GAfillfBT HISTORIQUE. 

376. M. FRAL1N AVENEL. — SembldblemeDt, à I lambel de gueules. 

377. M. BOBERT RENIEES. — D'argent, à VI lozanges de gueules. 

378. M. BOBEBT DE MAN6NEVILLE (1). — D'oF, à Iliou de gueules 
rampant, ongle et couronné d'azur. 

379. M. ROGiER LE HASNiER. — - D'or, à I quoTroD noir, à une 
bordeure de gueules. 

380. M. GiBAT DESQUAY. — D'argent, à I quevron noir. 

381. H. NICOLE LE BAIS. — D'argent, aune croix, de gueules 
et cinq fermaux d'or sur la croix. 

382. M. RiGHART DE GONDET (2). — D'azur, à uue fleur de lis 
de argent. 

383. M. JEHAN DE FONTAiNEz. — D'or, à uuc bcude d*azur, à 
un lambel de gueules. 

384. M. MICHEL DE FONTAiNEz DE PRETESTOT. — Semblablcment, 
à un lionceau de gueules. 

385. M. GUILLAUME DE FONTAINEZ DU BOSC DE MAON. SciD- 

blablement, le lambel besant [sic] d'argent. 

386. M. EiNGUERRANT DE MARREGNT (3). — D'argent, à II guales 
d'or, à un quartier d'ermine. 

387. M. RiGHABT BAGHOM. — Fcssés d'argout et d'azur de VI 
pièces à un quartier de gueules. 

388. M. JEHAN DE RUPALAT. — D'azur, à I chief de gueules, à 
III lozanges d'argent. 

389. M. GUILLAUME DE LA MARE. — D'argeut, à une croix de 
gueules, à une molecte noire. 

390. M. GUILLAUME DE LisLE.— D'argent, à I lion noir rampant. 

391. M. PHILIPEP SUHART DE SAINT-LAMBERT. — D'or, à UDC 

croix de gueules pleines. 

392. M. PHILIPPE SUHART DE MONEFREVILLE. — Dc gUeulCS, à 

une croix d'argent fleurée. 



(1) Magneville (Mandie). — (2) Condé-sur-Laison et Gondé-sur-Noireau 
(Calyados). — (3) Marigny (Manche). 



AKMOBUL DB PKAKCB. 93 

393. ». RAOUL D'AUiQDBTOfiLLB (I). — De Doif, à UD lioo d'tr- 
gent rampant et couronné d*or. 

594. ». HBB8BT DE TiBux. — Bufellé d*argenl et d*axur à nn 
ègle de gueules. 

595. ». Tiio»A8 DB TiBOX. — SemUablement, à I Itmbel d*or. 

596. ». E!fGiiBRRAi«T DB CAMPT DU LORCT. — D*argent, à un roy 
de gueules. 

597. ». JEHAN DB PRBAUx. — D'argent, à un chief noir, à un 
lion de gueules rampant. 

598. M. JEHAN DBSOLB DB QUAERANTBLLT. — » D'aXUr, à II fOSSéS 

d*or, à une oille de mosUettes d*or. 

599. H. GUILLAUME DB souLLBGNT (2j. — Parti d'afgeut et de 
gueules à II rais d'argent de Tun en l'autre. 

400. M. HENRI DB 8AINT-GLBR (3). — D'argout, à 111 liouceaux 
de gueules rampans, à I lambel d'azur. 

401. M. GUILLAUME DB CREU1LLI8 DE SALTT-QUBNTIN. — Sem« 

bbbkment, à un baston d'aiur. 
4Ca. V. GUILLAUME PBRAT. — D'or, frecti d'azur à I chief de 

gueidn. 
403. M. jocoLLB cAMPioN. — D'or, à un lion d'azur rampant, à 

on larabel de gueules. 

404. V. GUILLAUME pB SAINT-HILAIRE (4). — De gUOUles, à II 

molettes d'or. 

405. M. ROBERT DE TOURNAT. — D'ermiuo ctdo gueuloseudentes 
l'un en l'autre. 

406. ». JEHAN DE GAROuiGES (5). ^ Do gueulos, à flours de lis 
dagent 

407. H. GUT DE GALiGNT (6). — De noir, à III eglectes d'or. 



(1) Oa AaquetoiiTiUe el OctonTille. 11 y a deux Octeville dans la 
Manche.— (2) Soligny la Trappe (Orne). — (3) Sainl-Clair (IVIanche). — 
(4) Saint-HiUâredeUarcourt (Manche).— (5) Carouges (Orne).— (6) Ca- 
ligny (Orne). 



94 LE GAfillOST HISTORIQOB. 

408. M. JEHAN DE LONGT. — D'azur, à une quinte, feuille 
d'argent. 

409. M. RiGBARD DE chaumout (1). — D'argoit, à «ne fesse de 
gueules, à trois egletes de gueules. 

410. n. GUILLAUME pouaif DE GARTELûu (2). — De gmoles» à un 
¥ol d'argent. 

411. M. RicHART DE BRioNE (3). — Dc gueules, à II fesses, à 
trois tourteaux d'or. 

412. M. GORDELiER DD MESNiL. — D'argent, à II jumelles de 
gueules, à un chief de gueules, à un lionceau d'or passant 
en chief. 

415. M. TAUPiN DU HESfUL. — Semblablement 

414. M. GUILLAUME DU couDRAT. — D'atgeut, 8» Uonceau noir 
passant. 

415. M. GUILLAUME SEMELLT. — De gucules/ à I escuçoH d'ar- 
gent, à une otUe de frémaux d'or. 

416. M.^EHAN DE SEMELLT.— SembUblttuent, à I lanibel d'azur. 

417. M. ROBERT DE câASTELu. — Lozangé d'or et de noir. 

418. M. FouQUES DE GHASTELOu. — Semblablement , à un es- 
cuçon i'Aubegny. 

419. M. GUILLAUME DE THiBoviLLE (4).-^ D'ermioe, à une fesse 
de gueules, à I lambel d'azur, 

420. M. ROBERT DE TfliBoviLLE. — Sembableuient, à I escuçon 
de Créquie. 

421. M. MANDiENT DE TiBoviLLE. — Semblablement. 

422. M. MICHEL d'atreville. -^Semblablement, à 1 baston d'azur. 

423. M. JEUAM DE gasteville. — D'azur, à II jumelles d'ar- 
g^ent, à I lionceau d'argent passant. 

424. M. GuiART DE SAiNT-MARGOuF (5). — D'ermiue, à II fesses 
de gueules frectées d'or. 



(i) Orne. -^ (2) Eo Calvados, Eure et Manche. — (3) Eure. —(4) llii- 
bouviUe (Eure). — (5) Manche. 



LES GÉNS&JUOCOES DU SIBDR GCILLARD. 95 



XI. LES GÉNÉALOGIES DU SIEUR GUILLARD. 

{Suite. Voy. l. iv, p. 111, 185, 210, 245; t. y»r. 7^) 



NoGENT. — Le prefmier comté de Nagent , frère ptiîsné de 
Betmàru et onde de Serrant, espousa la sœur de Coulon, con- 
seiller au parlement. Il estoit le fou et bouffon de la cour. Il fit 
sa fortune parle moyen d'un gros chien que le feu Roy aimoit, 
à qui ce prince jettoit toujours de bons morceaux de sa table. 
Un jour, cet animal étant dégouslé,ou ayant trop mangé, ne vou 
lui point d'une perdrix que le roy luy avoit jette dans la gueule. 
Louis, croyant que sort chien estoit malade, en avoit beaucoup 
decliagrin; Nogent, qui s'en apperceut, demanda le chien au 
Roy pour trois ou qualre^ours, ce qui luy ayant esté accordé, 
il fit jeusner le chien pendant ce témps-Ià, après quoy il le ra- 
mena au Roy et luy fit manger, en présence de ce prince, un 
gros morceau de pain de son que le chien avala bien viste avec 
beaucoup d'appétit, dont le Roy fut fort aise et fort estonné, et 
depuis il fit des grâces à Nogent. 

La mort de Nogent est plaisante. Angéli, qui estoit un fou 
amené icyde Flandre, par feu M. le Prince, se faisoit camarade 
de Nogent, jusqu'à luy dire souvent : « Couvre-toy, Nogent, point 
de cérémonies eDtre noua autres de meame mestier^ » Un jour, 
Ao^éli ay»Bt e$té fouetté par un nommé Rochefort qui le fouët^ 
toit ordinairement, par ordre de M. le Prince, qjoand il Favoit 
mérité, ayant, rencontré Nogent le jour qu'il avoit eu le feoêt, k j 
demanda s'il n'avolt auasy son Rocfaefort. Cette demande frappa 
tellement l'esprit de Nogent qu'il en mourut de rage. 

Nogent a eu trois fOs et une lille. Les trms fils furent : le 
dernier comte de Nogent, noyé au passage de Tolhuys, ea 



96 LE CABINET HISTORIQUE. 

1672 ; Vaubrun, tué au combat de , en 1676, et le chevalier 

de Nogent d'aujourd'huy, qui est Tespëe de chevet du marquis 
de Louvoy. La fille est la marquise de Rambures, qui aime fort 
la galanterie, et elle ne manque pas d'amans, quoyqu'elle soit 
fort laide. Entre ses tenans est ou estoit le prince de Courtenay. 
Le dernier Nogent, en sa première campagne, disoit qu'il en 
sçavoit autant que M. de Turenne , parce qu'il n'y avoit pour 
bien faire la guerre qu'à marcher et à camper* 

On dit que les Beautrus peuvent avoir 32 quartiers de roture. 

! 

FoucQUET est une famille d'Angers, issue d'un drapier-chaus- I 
setier. Leur maison est encore dans la mesme ville d'Angers, I 
faisant le coin dans la rue Saint-Land. Le devant de la maison ' 
n'est que de columbage; ce qui remplit les vuides des bois contient 
en bosse des escureuils (que l'on appelle Foucquets en armoi- 
ries), rampant contre des arbres. Le fils ou petit-fils de ce 
chaussetier fut conseiller au parlement de Bretagne, dont le 
fils et le petit-fils furent conseillers au parlement de Paris, et 
le dernier a esté père du feu surintendant. 

Froulay est une petite noblesse du Maine, qui a paru depuis 
l'année 1592. Les alliances de cette maison sont basses. La 
première de quelque considération où ils sont entrez, est celle 
de Sourdis. Une Thomasse de la Perrière leur a apporté la 
terre de Tessé. 

Saiist-Géran. — Le marescha) de Saint-Géran, du noni de 
la Guiche, estant en son lit de mort, fit son testament, dans le- 
quel il ordonna plusieurs restitutions. Une infinité de gens à 
qui il avoit osté le bien, ayant appris la bonne disposition du 
mareschal, vinrent le trouver pour avoir aussy leur part en ces 
restitutions. Mais Saint-Géran, voyant que pour restituer à 
tant de personnes, son bien n'y pourroit suffire, deschira son 
testament, et mourut sans avoir restitué à qui que ce soit. 



LES GÉNÉALOGIES DD SIEUR GUILLARD. 97 

Harlay veut passer pour noblesse d'espée, qui n'est que 
de robe. Harlay-Sancy, ambassadeur de France à Constanti- 
nople, depuis évesque de Saint-Malo, fut accusé d'être maho- 
métan. 

Persan-Vauoetard vient d'un valet de chambre du roy. Son 
frère avoit espousé la demoiselle Boiste, grande p 

Vérag, lieutenant du roy en Poitou, fait cordon bleu à la 
dernière promotion de cette année 1689, est d^une noblesse de 
la cloche. 

ViGNEROT est une race de fermier. 

RiEux. — Les Rieux de Bretagne sont plus fous que co- 
quins. 

GoETLOGon. — La maison de Coêtlogon vient d'un greffier du 
pariement de Rennes depuis l'establissement de ce parlement. 

Pelvé est une famille de Normandie qui a esté anoblie. Les 
seigneurs de Jouy^ de Rebais^ de Bours et de Flex en sont 
sortis. 

Ëlizabeth de Vienne, mère du mareschal de Luxembourg^ 
n'est (ou n'estoit pas, si elle est morte) damoiselle. 

Bdssy-Rabutin. — La noblesse de Bussy-lfabutin n'est pas 
trop bonne. La Rivièrej son gendre, a espousé sa lille malgré 
iuy. Dans l'action que Bussy intenta pour faire casser ce ma- 
riage, il proposa pour moyen de cassation la basse naissance de 
La Rivière, dont le père avoit esté anobli. Celuy-cy fit voir que 
son beau-père n'estoit pas d'une plus illustre extraction. Ce 
Bussy qui fait tant parler de Iuy, à cause de son beau livre de 
satyres, ne passe pas pour un grand soldat. Feu M. de Turenne 
se deffloit de sa bravoure dans les occasions, ce qu'il marqua 
particulièrement dans la bataille des Dunes, de 1658, où ce 
général donna toute la cavalerie de l'armée à commander au 

»• année. - Doc. i 



98 LK GAUtnST BISTORIQUB. 

iitarquiô de Créquy« depuis mareschai de Fraace, au grand dé- 
plaisir et defthonneur de Basay, qui naturellement la devoil 
commander à cause de la charge de maietre de camp généra) 
de la cavalerie légère de France, dont il estoit revestu. 

tlouxEL DE Médavt-Grancey. — Là Aiaison Rouiel dé Mé- 
davy-Graacey, tient d*uti boucher. George ftouxel, boucher, 
vendant delà viande sUr Testau, il y a pas plus de cent vingt 
ans, est tige de cette famille. 

Fervaques. — Le mareschal de Fervaques fit sa fortune pour 
avoir esté m du roy Henry IV. 

MoNtBERON d'aujourd^huy n'est pas de la véritable tnalâon 
de Montberon en Ângoumois : il est de Provins. Son grand-père 

paternel estoit avocat^ dont le père estoit petit notaire. 

■• 

Rouhault-Gamaghes est issu d'un paysan qui vivoit il y a 
plus de trois cents ans. 

RouvERON DE Saint-Sihon cst uuc petite noblesse. La dame 
de Saint-Simon est de piètre mine et de pauvre esprit. — Le 
mareschal de Bassompierre Tappeloit petit punais. Une tante 
paternelle de ce duc avoit espousé un sergent de village, près de 
âenlis, et une autre avoit espouisé un greffier aussy de village. 

La Rochbghouahd, bonne maison» sortie des vicomtes de Li- 
mogesi et non pas desy comtes, comme elle le prétend. 

La Rocuefougault. — La branche aisnée de La Rochefou- 
cault vient d'un maistre d'hostel de là véritable maison des 
comtes de La Rochefoucault, appelée Gorge- Vertc. Les autres 
branches sont bonnes. Il y en a quelques-uns qui sont fort 
pauvres ^t misérables, et domestiques en des maisons. 

Lavai Bota^DAUPHin vient aussy d'un maistre d'hostel. 



LES 6ÉI1SAI.06IIS DU tlEDB GOILLABD. 99 

TitAiSNBL. -^ Les marquis de Traisael viennent d*un greffier 
de Fhestei de riUe de Troyes. Jean Jovenal des Vnmt fut son 
fils qui fut premièrement greffier de l'bostei de ville de Paris* 
Ces messieurs sont fondus dans la maison de HarMle^ mar- 
«Ittis dePaloiteau^ 

GniMENÉ. — ta feue princesse de Guiméné a eu par deux 
fois le tabouret, et on luy a osté par deux fois. Il y a deux bran- 
ches de Rohan qui sont misérables, qui n*ont pas 600 flr. de 
rentes. Le defifunt prince de Guiméné voulut obliger une de ces 
branches de quitter le nom de Rohan ; un de ceux-là lui dit un 
jour, qn'il luy donnast la moitié de son bien, et qu'il seroit 
aussy honnesCe homme que luy. 

PoMPiiMWB. -^ La maison de Pompadour vient d'un boucher. 

Clérambault. — Le marquis de Clérambaut, cy-devant pre- 
mier eseuyer de Madame, porte le surnom de Gilier : e'ett une 
noblesse de la cloche de Poitiers. Il est le brochet de sa &» 
mille. Les Clérambault sont les seigneurs de Figarreau^ de 
Marmande 

S^uvEBCEDF vient d'un boucher de Limosin, Ils portoient le 
titre de sieur de Pout^Breton; mais depuis que l'on eut fait des 
Tsaux*de-TiUe sur le nom de Pont-Breton, Sauvebœuf quitta le 
titre de sieur de PoQt*-Breton. 

FoûBiLLËS. — Les FouriBes sont de Nivernois. La mar- 
quise de Sourdis entendant que l'on donnoit la qualité de mar- 
quis à Fourilles, capitaine aux gardes, dit qu'elle ne croyoit pas 
que l'on eut érigé la compagnie d^nn régiment des gardes en 
marquisat. 

ËmAT. -^ Le père et le grand-pire du mareschald'Effiat fu- 
rent soldats du temps de la ligue. Le maresdial estant jeune fut 
fut prisonnier 4e goenre en une rencontre, ^ pour Caire voir 



100 LE CABINET HISTORIQUE. 

que c*étoit peu de chose, celuy qui le tenoit prisonnier le joua 
pour un roussin et gagna. Le mareschal eut une fille qu'il a voit 
mariée avec un gentilhomme d*Auvergne, qu'il fit desmarier, 
malgré elle , d'avec ce gentilhomme pour la marier avec 
le sieur de là Meilleraye ^ depuis mareschal de France et 
duc et pair ; de ce mariage est venu le duc de Mazarin 
d'aujourd'hui. Le mareschal d'Effîat, dans plusieurs conver- 
sations qu'il avoit souvent avec le docteur Mulot, confesseur 
du cardinal de Richelieu, le traitoit toujours de M. de Mulot; le 
docteur, ennuyé du de^ lui respondit ensuite par M. Fiat et ad- 
jousta : Morbleu, je raccourciray le nom de ceux qui alongeront 
le mien. 

Ce Mulot estoit un original qui en toutes rencontres avoit 
de grandes querelles avec le cardinal, qui n'en faisoit que rire. 
Un jour cette Eminence luy tira , ou mesme arracha quel- 
ques poils du bras ou du poignet du docteur qui se mit à crier : 
Oh ! le meschant^homme ! Le cardinal répliqua : « Acte ! il 
révèle ma confession. » 

Richelieu. — A propos, du cardinal de Richelieu, il faut icy 
remarquer que Duchesne se trompe en mettant deux François 
de Richelieu. L'un, 1" du nom et l'autre 2® du nom, dont le pre- 
mier, à ce qu il dit, espousa une Laval, et l'autre une Roche- 
chouarL -^ La vérité est qu'il n*y a qu'un François de Richelieu 
qui fut marié deux fois, l"" avec une Laval, 2*" avec une Roche- 
chouart. — Nota. La terre de Richelieu n'est dans cette maison 
que depuis l'année 1500. Elle estoit possédée par la maison de 
Clérambault, dont estoit le mareschal de ce nom. Cette race de 
Richelieu portoit le nom de Plessis avant que d'avoir acquis la 
terre de Richelieu, et elle n'a commencé de paroistre que de- 
puis le commencement du siècle passé. Le cardinal de Biche- 
lieu n'a jamais voulu faire de bien à la branche aisnée du 
Plessis qui est en Berry, de peur de marquer qu'il en venoit. 



FRâlfÇO» PREUBR. iOI 

QoiTLrs, mary de la fille de Villeite, n'est pas de Qaayltîs, mi- 
gnon de Henry III. Il vteiU d*un marchand de bœufs qui fut 
assez hardy pour enlever la sœur du Quaylus de Henry III, de- 
venue amoureuse de luy. Ce Quaylus de Henry III intenta ac- 
tion de rapt contre le boucher, qui, pendant leprocez,se sauva 
dans les Pyrénées. Cependant le Quaylus de Henry III estant 
mort sans enfants, sa femme devint héritière de sa maison, et 
rappela le boucher son mary, et en a eu des enfants quiont'pris 
le nom de Quaylus^ dont le gendre de Villette est i;orty. 



XII. DOGUMEirrS POUR SERVIR A L OISTOIRB DES ARTS, 

DES LETTRES ET DE l'iNDOSTRIE. 

RÈGUB de FRANÇOIS I*^ 

On n'a jamais songé, que nous sachions, à recueillir d'une ma- 
nière suivie les monuments écrits de la protection et de l'appui que 
nos rois donnèrent au développement des arts et des lettres. Bien 
plus, des écrivains ont pris le triste soin de rechercher et de signaler 
tons les actes qui ponvoient entacher leur nom et faire maudire on 
mépriser leur mémoire ; déposséder le pays de ses grands honunes 
et de ses glorieux souvenirs, telle est la tâche patriotique que, de nos 
jours, de célèbres écrivains, réputés très-pbilosophes, se sont libéra- 
lement imposée. Nous n'hésitons pas à dire que ce n'est point ainsi 
que nous comprenons l'amour de notre pays. Sanschercher à glori- 
fier nos princes dans toutes les phases de leur règne, dont trop sou- 
vent l'éclat a été terni par des passions humaines et des fautes qu'on 
ne sauroit pallier, nous aimons mieux, pour notre part, nous atta- 
cher à recueiHir et à mettre au jour les faits à l'honneur de leur 
nom, les témoignages de leurs vertus, les monuments de leur gloire. 
11 nous semble que plus Tauréole dont nous entourons leur nom est 
éclatante,' plus sa splendeur rejaillit sur tout ce qui les entoure et 
contribue à l'illustration de la commune patrie. — Dans la passion 
haineuse qu'on a, dans ces derniers temps, affectée contre le chef de 
la bii^che des Valois, on a été jusqu'à lui dénier le titre d'ami et 



402 LE CABINET HISTOBIQUE. 

de protecteur des lettres que lai avaient conféré ses ooQteinponitas. 
Pour contre-poids, nous nous proposons de recueillir les docuai^nts 
qui peuvent servir à prouver l'injusUce de ces dénégations et à con- 
firmer les jugements de l'impartiale histoire . 



1. OFFICIERS DOMBSTIQITES DE LA MAISON hC ROI FRANÇOIS V. 

On sait que cette qualification de domestiques, valets de garde robe« 
étoit tout simplement, pour un grand nombre de titulaires, un moyen de 
participer aux largesses du roy.— Les États de maison de ces pauvres Va- 
lois sont couverts de noms d'artistes, de poëtes et de Uttérateurs qui ▼!- 
voient des bienrails de ces princes si vilipendés par les gens de lettres de 
notre époque. 

An 1516. 

Entre autres nous remarquons les noms ci-après : 

Médecins. 2«. Loys Bargensis viiic 

Parmi les valets de Garderobe: 

Jehan PerreLdti Paris, peintre u"- 

Nicolas Belin de Modéne, peintre. • , . * . ix^^- 

Barthélémy Guety, dit Guyot, peintre ix»» 

Jehan Marrot ul*^ 

Jannet Clouet, peintre . , . ix»- 

Huber Spalter, joueur de luth« ..,«., ix^- 

Jacques Berthet, qui fait les fusées. . • • . . wv^^- 

An 1517. 
Parmi les mlets de Garderobe» outre h$ précédents : 
Jehan Bourdicbon, peintre. 

Autres pensions qui sont au roi avant son av^îement : 
Andrée Linache, nourrisse du roi. , ... • ne. 
Louyse Fourmine, aussy nourrice du roy. ... ii<>* 



Margnerite Texiere, nourrice de M"'* la duchesse. , vP- 

Robinet Testard, enlumineur* .•••,. c. 

Richard Salomon, orfèvre « ti^- 

Libraire, Zeh. de Sanzay, not« et secret du roy» ^ • n^- 

An 1518. 
Parmi ceux de la Chapelle : 

Fraoçoi3desMouUn8|mattredeflcbole. . . « • luic- 

Guillaume Crétin, . . . , un«- 

Raguier, evesque de Troyes vi«- 

Jehan Gobelin. , ». vi«- 

An 1519. 

De la Chapelle : 

Jacques Terrail, frère de Bayart. 

(F. Gûign., 2890.) 



2. GAIGES d'âDAM LàlGRE, AUMONIER DE LA ROTHB ET GARMt DE 
LA LIBRAIRIE DU ROI AU CHATEAU DE BLOIS. 

Je, Adam Laigre, aumosnier de la royne et garde de la U- 
brayrie du roi, nostre seigneur, estant en son chasteau de Bloîs, 
— confesse avoir eu et receu de maistre Jacques Yvart, recep- 
veur ordinaire du domaine de la conté dudit Bloys^ la some 
de quinze livres tournois k moy ordonnez pour la garde de ladite 
librayrie, pour le mois de avril, mai et juing dernier passez,' de 
laquelle somme de iv liv. ts. me tiens pour content et bien paie. 
et en quitte lesdits sieurs recepveur et tous autres. Tesmoing 
mon seing manuel cy mis, le mardi quatorzième jour de juillet 
l'an mil cinq cens et dix-sept. 

Adam Laigrb. 
(Mm 4u Mm, F. 146,) 



104 LE CABiP«ET HISTORIQUE* 

3. JEAN DE LA ROCHE, IMPRIMEUR A ORLEANS, IMPRIME POUR 
ARNOLD RUSÉ, COMMISSAIRE AU FAIT DE LA CROISADE, AU DIO- 
CESE d'prléâns. 

En la présence de Viatre Blanchart, notaire juré du roy no- 
tre syre au chastellet d*0rléans, Jehan de la Roche, imprimeur 
d*Orléairs, a confessé avoir receu de maistre Guillaume Brachet, 
receveur d'Orléans, absent, h somme de six livres tournois, qui 
ordonnéa esté par raaistreAnthoiueDem(e5,subdélégué par mes- 
sire Arnol Ruzé, commissaire au faict delà Croisade au diocèse 
d*Orléans, et nous prcvost d'Orléans, contrerdlleur, estre paiée 
et baillée audit de la Roche^ pour avoir imprimé et fait trois 
rames de confessionnaux audit diocèse. De laquelle somme le- 
dit de la Roche s*est tenu a contant et en acquitté et quitte 
ledit Brachet, receveur dessus dit et tous autres. Ce fut faict 
es présences de Jehan Senin et Pierre Joignes, tesmoings, le 
dix-huitième jour de janvier mil cinq cens dix-sept. 

' Blanchard. 
. du Louvre, F. 145.) 



4. gratification de cent ECUS d'or a CLEMENT MAROT, 1532. 

François, par la grâce de Dieu, roy de France, à notre amé 
et féal conseiller, trésorier et receveur général de nos finances 
extraordinaires et parties casuelles, maistre Jehan Laguette, 
saint et dilection. Nous voulons et vous mandons que des pre- 
miers et plus cleres des deniers provenus ou qui proviendroient 
desdites parties casuelles> vente^ composition des offices et au- 
tres deniers extraordinnaires', vous paiez, baillez et délivrez 
comptant à notre cher et bien amé varlet lie chambre ordi- 
naire Clément Marot, la somme de cent écus d'or soleil, auquel 
en faveur et considération des bons et agréables services qu'il 



FBANÇOIS PREMIER. 105 

noDS a parcidevant faiz et fait encore ordinairement par chacun 

jour en son estât et office et aultrement, Nous en avons fait et 

faisons don par ces prés^tes : et ce oultrepar dessus iesaultres 

dons gaiges et bienffaits qu'il a parcy devant euz de nous et 

pourra encore avoir cy après, pour auUre et semblable cause ; et 

par rapportant aux présentes signées de notre main avec qnict- 

tance et recognoissancedudit Marot^ sur cesouffisantesseulie- 

ment, Nous voulions ladite somme de cent écusd*or soleil estre 

passée et allouée es comptes et rabatue de notre recepte géné- 

ralle, par nos amez et feaulx les gens de nos comptes auxquels 

nous mandons ainsi le faire sans aulcune difficulté, car telle 

est notre plaisir, nonobstant que la partye ne soyt couchée en 

Testât général de nos finances et quelconques aultres 

restrojonctions, mandement et deffense à ce contraires. Donné 

à Rouen, le xnp jour de l'an de grâce mil cinq cens trente et 

ung, et de notre règne le dix-huitième. 

François. 
Par le roy^ Breton, 

{mhl. du Louvre, F. 145.) 



5. QUITTANCE DE CLEMENT MAROT. 

En la présence de moy, notaire et secrétaire du roy notre 
seig% Clément Marot, varlet de chambre ordinaire du roy, a cob- 
fessé avoir eu et receu comptant de maistre Jehan de la Guette, 
conseiller dudit sieur trésorier et receveur général de ses 
finances extraordinaires et parties casuelles, la somme de cent 
écus d'or soleil, auquel ledit sieur en a fait don, en faveur et 
considération des bons et agréables services qu'il luy a parcide- 
vant faits et fait encore ordinairement par chacun jour en son 
estât et office et aultrement : de laquelle somme de cent écus d'or 
soleil ledit Marot se tient pour contant et bien paie, et en a 



i06 LE iMvmt «isTomouB, 

quJQté et quiète ledit inai«tr« Jehan LtguettQ, tré$omr et reee- 
veur général susdit et tous autres : te«moing mon seing ma- 
nuel cy mis & sa requeste le wii' jour de mars Tan mil cinq 

oens trente-§t*ung> 

De la Chesnatb, 
{Bibl du louvrey F. 145.) 



6, LS AOY FRANÇOIS I®' A IfONSICUR LB CBANGfiLlER. 
En faveur du lapidaire Tarcon. 

Monsieur le chancelier, je veiilx et entends que vous ayest à 

depescher Tacquit de Pompée Tarcon* mon lapidairei touchant 

Toffice d'huissier de la court do Parlement de Tboulouse dont 

je luy ay cypardevant faict don, en récompense des bagues 

qu'il m'a pieça fournies et mises en mes mains, et icelluy expi^ 

dié, le faire paier incontinent, car je veuk que ainsi se face. 

En quoy faisant vous me ferez plaisir, priant Keu, monsieur le 

chancelier, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde. Escript 

à Valence, le xi® jour d'aoust mil vc xxxvi. 

François. 

Au dos: Le roi ; — de Pompée Tai*coni lapidaire. 



Pièce jointe. 

Trois grands camayols garnis d'or, , , 
Ung cbapeUet de grenatte garny d'or. , 
Ung diapré gravé dessus une chasse d'or. 
Ung van des prame d'esmeraulde, . , 
Unegrant perle garnie en façon d'ung van 
Ung manche d'assier grave à la tuscyenne 
Un Cousteau le manche ouvré d'or. . 
Ung tableau de marbre, la Conversacion de saincl 
Pol gravé, . . * 



If. 

XXXV. 



flAlffOli FRVMIEl. 107 

Un portraict du roy en ung camayol uût daoi uog 

anneau d'or . , , . sx. 

Deux petites figures, aussi uog anneau. ... xx« 
Plus quicte ledict Pompée ses gaiges de Tannée pasaée et la 
présenta qui finira en décembre prochain Tenant. 

i4' I., /. W.) 

7. ÏM HOT FRANÇOIS 1" AU GHAIfCELLlEa DU BOURO* 

A propos An différend de ses deux médecins Jelian de Nismts et 
Claude Burgensis. 

Monsieur le chancellier, vous sçavez le procès et différend 

qui est entre maistre Jehan de Nismes, mon premier cirurgien 

et rallet de chambre ordinaire^ et maistre Claude Bourgeois, 

aossy mon cirurgien, duquel je vous ay commis et attribué la 

cognoissance. Et pour ce que je désire qu'il soit vuydé en la 

meilleure et plus briefve expédition que faire se pourra, afin de 

relever ledit de Nismes de la peine et sollicitude en laquelle il 

est à roccasion dudict procès. A ces te eause, je vous prye, monsieur 

le chancellier, donner ordre de le faire vuyder et expédier le plus 

tôt qu'il vous sera possible et vous me ferez service en ce faisant. 

Priant Dieu, monsieur le chancellier, qui vous ayt en sa garde. 

Escript au camp, près Hesdin, le xxx« jour de mars mil v^ xxxvi. 

Françoys, 
Et plui bas : BocnETCL. 

Au dos : A Monsieur le chancellier. Le roy : pour raison du 
différend d'entre Messieurs Burgensis et de Nismes. 

(/a., J. 956.) 

S. LB BOT FRANÇOIS l"" AU GHANGELLnSR DU BOURG. 

Au sujet des travaux de Fontaineblan. 

Monsieur le chancellier, je vous prie et ordonne que incon- 
tinent la présente receue, vous faictes fournir aux trésorier et 



i08 • LE CABINET HISTORIQUE. 

commis au payement de mondit bastiment de Fontainebleau 
présent porteur, la somme de deux mil livres tournois^ en at- 
tendant que l'on puisse recouvrer deniers du greffe d'Orléans, 
que j'ay ordonnez et assignez pour le faict dudit.bastiment, le- 
quel je veulx estre continué en la meilleure dilligence que faire 
se pourra. Et lesdits deniers dudit greffe receus, on se rem- 
boursera de ladite somme de deux mil livres que vous baillerez 
présentement, ainsi que je vous escript cy-dessus; mays je 
vous prye encore une fois n'y voulloir faire faulte, et vous me 
ferez service très^igréable. Priant Dieu^ monsieur le chancellier, 
qu'il vous ayt en sa saincte garde. Escript à Âblon, le xi' jour 
de juillet, mil v^ xxxvii. François. 

Au dos: A Monsieur le chancelier, trésorier du roy : pour le 

faict du bastiment de Fontainebleau. 

(J6., J. 966.) 

9. LE ROY FRANÇOIS I*' AU CHANGELLIER DU BOURG. 

Touchant roffice d'assesseur à Chinon. 

Monsieur le chancellier, la présente sera pour vous advertir 
que je ne veulx ne entends que vous scelliez ne expédiiez les 
lettres d'office d'accesseur au siège de Chinon, nouvelle- 
ment créé et Crigé, sinon au nom de tel personnage suffisant 
qui, par Burgensis, mon conseiller et premier médecin, vous 
sera nommé et présenté, et en fournissant la somme à quoi le- 
dit orfice a esté taxé en mon conseil. Par quoy vous suyvrez en 
cela mon vouloir et intention. Priant Dieu, monsieur le chan- 
cellier, qu'il vous ait en^a garde. Escript à Meudon, le xxiu® 
jour de juillet mil vxx^ xvii. Françoys. 

Et plus bas: Breton. 
' Au dos : A Monsieur le chancellier. Lettres du roy, pour le 

faict de l'office de accesseur à Chinon. 

(Ib., J. 966.) 



frauçois premier. 109. 

10. le rot françois i*' au ghangellier* 
Largesse aux pauvres de Paris. 

Monsieur le chancelliery j'ai commandé à Villeroy, porteur de 

ceste, s'en aller à Paris pour distribuer aux pauvres, ainsy que je 

lui ay ordonné, la somme de douze cent lirres tournois, laquelle 

je vous prie lui faire incontinent bailler et délivrer ou à celluy 

qu'il TOUS nommera. Et après l'on en fera dépescber l'acquit 

tel qu'il sera nécessaire. Et en ce faisant vous me ferez plaisir. 

Priant Dieu, monsieur le chancellier, qu'il vous ayt en sa saincte 

garde. Escript à Meudon le xxiiu' jour de juillet mil y^ xxxii. 

Françoys. 
Et plus bas: Bretofc. 

Au dos: A Monsieur le chancellier. Lettres du roy pour les 
ui cent livres pour distribuer aux pauvres. 

24 juUlet 1537, 

(i&.,/.966.) 

11. LE ROY FRANÇOIS 1" AU GHAIVGELLIER DO BOURG. 

11 loi mande qu'il ait à faire payer à Em. Ricio la somme de 300 ëcus 
poor fouroilure de bagues... en déduction de 1,927 écus. Pour le surplus 
de laquelle somme, il aura à le pourvoir du premier office vacant de no- 
taire OU secrétaire boursier ou à gages. 

Meudon, 27 Juillet 1537. 

Monsieur le chancellier, je veulx et vous ordonne quepromp- 
tement vous faictes fournir, bailler et délivrer comptant, soit 
sur mes Gnances ordinaires ou extraordinaires ainsy que advi- 
serez pour le myeulx, à Emanuel Riccio, porteur de cestes, la 
somme de trcys cens escus sol' en ensuivant la promesse que 
je luy ay faite, sur et en réduction de la somme de dix-neuf 
cent vingt-sept escuz sol. A quoy j*ay moy-mesme accordé le 
prix et marché avec luy pour certaines bagues que j'ay prinses 



110 LE GJLBIHBT HISTOHIQCE. 

de luy ; et^ quant au payement du reste de ladicte somme xix c. 
xxvii escuz. je luy ay pour ce accordé et octroyé le' second of- 
fice de l'un de mes notaires et secrétaires soit boursier ou gai- 
ger qui par cy-après viendrat à vacquer. Le premier desquels 
eschéant vaccant a jà par moy esté promis à autre personBdige 
comme vous scavcz. Toutes foys si ledict office second vaccant 
est boursier, ledict Riccio sera tenu me rendre et restituer la- 
dicte somme de m cens escuz, pour le suplément de là valleur 
d'icelluy office, ainsy que le tout pourrez reoir par les lettres 
de certif&câtion que je luy en ay signées de ma main, selon 
lesquelles vous trous conduirez, et ne fauldrez de lui faire 
prompte délivrance d'icelle somme, sans le remectre à aucune 
longueur^ et sans ce qu'il ayt plus occasion de retourner devers 
moy pour cest efTect, et au surplus, ladicte vaccation advenue 
dudict office de secrétaire, vous aurez Tœil à ce que, par inad- 
vertance, importunité ou autrement, autre personnaige que 
celluy que ledict Riccio nommera et en disposera n'en soit pour- 
veu, car je veulx et entens que ainsy ce fasse. Priant Dieu, 
monseigneur le chancellier, qu'il vous ayt en sa saincte et 
digne garde. 
Escript à Meudon, le xxvrn* jour de juillet mil v^ xxxvu. 

(Signé) FtiANÇOTS. 
{Contr&^iigné) Breton. 

Avec l'adresse suivante au dos : A Monsieur le cbancellier. 
Lettres pour le faict de Emilio Ferretti, signées de la propre 
main. 

(Ift., /. 9660 

ÎÎ2. LE ROI FRANÇOIS 1*' At CttANCEUlÊR DU BOURG. 

Pour le faict de maistre Jeban Millet, son médeciii. 

Mon sieur le chancellier, maistre Guillaume Millet, mon con- 
seilla? ei méd^n ordiâaire, a faiet entendre qu'il y a un sien 



parait qui Itiy a eseript pater et fournir ce qae le quart denier 
delârésignaUon dé l'ofôœ dVsleu de Meaul, que faict maistre 
Philippe Bataille an proufiiot de maistre Robert Bataille, 
poarra monter. Et pour ce qu'il m'a remonstré que de présent, 
il n'a argent pour y satisfaire ; me supplie touloir faire des* 
daire ledict quart sur ce quiluy est et pourra cy après estre dett 
de ses gaiges et estât qu'il a en ma maison^ ce que je luy ay 
aceordé. Je vous prie, monsieur le chancellier, que, en faisant 
prendre par le trésorier et receveur général de mes parties ca- 
sndles, promesse et seureté dudict Millet, de luy paier des pre- 
miers deniers qu'il recouvre de son dict estât, tant du passé que 
de l'advenir, ce aquoy se pourra monter ledict quart dudict of- 
fice. Vous lui faictes ou à celluy qu'il envoyera par delà deli- 
vrenles livres dudict offlce d'esleu sans y faire aucune difficulté. 
Priant Dieu, monsieur le chancellier, qu'il voosayt en sa garde. 
Ëscriptà Sillant, le XYinejour d'octobre mdgxxxvii. 

• Françots. 

Et plus ba9 : Boghctel. 

Au dos : A Monsieur le chancellier* 

(Id., /. 965.) 

13. ORDRE DU ROI FRANÇOIS I*' À MAISTRE JEHAN YTON, COMMIS 
AU FAIT DE l'artillerie. 

Qu'il ait à payer 500 tiire^ tournoift à Aidfé Bornéa et Héury Gymbre, 
pour la fouroititre de qôiuie mille boutoti^ 

De par le Roy, 
Trésorier maistre Jehan Vyon, commis au payement des frai< 
extraordinaires de nostre artillerye, nous avons esté advertii 
de la diligence faiote par André Borna et Henry Gymbre, au pa- 
rachèvement des quinae mil boulleta qu'ils doyvent et sont 
tenuz de nous iîHUiùr en aostr« munition & Lyon, dos calibras 



112 LE CABINET HISTORIQUE. 

à double canon serpentin, grande couleuvrine et couleuvrine 

bastarde. Parquoy nous voulons et vous ordonnons leur bailler 

et fournir présentement comptant, des deniers que vous avez 

en voz mains pour cest effect, la somme de cihq cens livres 

tournois par manière d*advance, sur ce qu*il leur est et 

pourra estre deu de reste, à cause de la fourniture desdicts 

boulletz. De laquelle somme vous prendrez récépissé deulx, 

promectans nous en tenir compte après iceulx boulletz fourniz 

en nostre dicte munition à Lyon, es mains du trésorier garde 

de nostre arlillerye et munitions. Il vous en fera expedyer ac- 

quict ou de ce qui sera trouvé leur en estre deu de reste, parle 

traicté et marché sur ce faict. En vous mandant à ce ne faicte 

faulte, car tel est nostre plaisir. Donné au camp, près Hesdin, 

le XII® jour d'avril mdcxxxvu. 

{Signé) François. 
{Contre'Signè) Breton. 

{Avec une inscription sur le dos de la lettre) : Rescriptions du 

Ray adressans à Vyon. 

(là,, J. 966.) 



14. GAIGES DE CLAUDE GHAPPUTS, LIBRAIRE. 

6 janvier 1543. 

En la présence de moy notayre et secretayre du Roy, 

maislre sieur Jeban Estienne, marchant de Targenterye de la 
Reyne, ayant procuration de maistre Claude Chappuys, libraire 
dudict sieur, sur ce suffisamment fondée en datte du vingt- 
"huictiesme jour de mars mil cinq cent quarante-troys, après 
Pasques dernier, passé par devant Jehan Langloys, tabellion 
royal au bailliage et chastellenye de Moret, a confessé avoir eu 
et reçu comptant de maistre Jacques Bouchetel, trésorier et 
payeur de la maison dudict seigneur, la somme de deux cens 
quarante livres tournois, à cause de son estât de librayre, du- 



FRANÇOIS PREMIER. llS 

rant rannée commençant le premier jour de janvier mil cinq 
quarante-deux et finye le dernier jour de décembre mil cins 
cent quarante-trois dernier, de laquelle] somme de ii^ xl livres 
tournois ledict Ëstienne, comme procureur susdict, s*est tenu 
et tient pour comptant et bien payé, et en a quicté et quitte 
le dict maistre Jacques Bouchetel, trésorier susdict et tous 
anltres. Tesmoing mon seing manuel cy mis à sa requeste, le 
vi« jour de janvier^ Tan mil cinq cens quarante-trois. 

BURGENSIS. 
{BibldttLow}.,fo\.US.) 



14. SAUF-CONDCTT ET SEURETE DES MARCHANDS ET SUBJECTS 
DU ROT D'ANGLETERRE, POUR LEUR TRAFIGQ EN FRANGE. 

De par le Roy, 
A nos amez et féaulx, desirans les marchans et subjects de 
Dostre très-cher et tres-amé frère, cousin et bon allyé le Roi 
d'Angleterre, estre favorablement traistez en leurs affaires, fré* 
quenter et marchander eu toute seureté en nosroyaulme, pays, 
terres et seigneuries^ nous leur avons octroyé combien que be^ 
seing ne feust, veu Tamytié et alliance qui est entre nous, nos 
lettres de seureté et sauf-conduyt telles que verrez par le double 
d'iccUes qui est cy cledans encloz en en suivant le contenu, es- 
quelles voulions et vous mandons bien expressément que, in- 
continent^ vous faictes publier tant en nostre ville de Rouen, 
qae ports et havres de nostre pays de Normandye, ledict sauf- 
conduyt et seureté en mains, et qu'il n'en puisse prétendre 
cause d'ignorance, car tel est nostre plaisir. Donné à Saint- 
Thierry, près Reims, le xxm* jour de septembre. 

François. 
Et plus bas : Robertet. 

(On a coupé la signature.) Au dos : A nos amez et feaùlx les 
' gens tenant notre court de Parlement à Rouen, 

Une. f. fr , fol. 69.) 
Ke Année.— Doc. S 



114 LE GABINBT HISTOBIQUE. 

I M i i iii .i i.n,,"' tu , M'r, . ' ff 111 ui--î..{. ■ ' MiM"'".' "'.niliv ûf.f» 

XIII. — LETTRES DE HAniGNT. ' 

(Suite). 

Voir t. i«r, p. 106, 194, 239; t. ii, p. 68; t. m, p. 268; U it, p. 351. 
(Supp. fr., 3000/10, p. 137.) 

29. - Le 27 de not>emhre 10». 
Je vous dis et vous répète, mon cher boa et très-flèvreux 
ami, pour réponse à la vostre du 17 de ce mois, que lorsque je 
vous ay parlé de la charge d'intendant des finances, ce n'a pas 
esté à dessein de vous fascher et de vous déplaire, et que je ne 
pensé pas mesme que M. le Prince ait eu cette pensée; que je 
croy tout ce que voulés, et que vous n'avez plus qu'à persuader 
la mesme chose au public et à ceux qui ont eu quelque connois- 
sance particulière de ce qui s'est passé dans les négociationn qui 
tint si heureusement réussi et si secrettement que l'on n'en a 
«ceu que ce que l'on a voulu. Pour moy qui vous aime et qui vous 
«stime« et qui vous soubaitte tout ce que vous pouvez désirer, 
je suis bien fasché de ce que l'on vous a fermé la porte à la 
charge de controlleur-général, par un contrat de mariage que 
M. le Camus a faict de sa fille avec M. de Ménevillette, et je 
voudrois pour vostre satisfaction que l'on vous permit de traiter 
avecM. de Vieville, car enûn vous vous en acquitteriez très-bien , 
je ne pense pas qu'il y ait plus de peine qu'à faire ce que vous 
faites présentement. Â ce que je veoy, l'Armagnac sera trailté à 
son tour comme l'Mbret, et vous aurez vos coudées franches, 
Quoy ! il se mesle un peu de religion dans l'armée ? cela ne vaut 
pas la peine d'en parler. Il n'est rien si facile que d'apaiser tout 
cela. Aujourd'huy à la mercuriale, on a parlé du rétablissement 
des conseillers proscrits ; M. le Prince, président, se servant de 
ses termes ordinaires a dit que les moments publics de cette 
affaire ii*ék>ient point encore arrivés ; qu'il en avoit parlé, mais 



UBTTRBS DE MAR16ÎIT. 115 

qu'il n'avoit ptt rien encore obtenir ; et comme on l'a vould 
presser^ il s'est levé. Je ne doute point que le cardinal Mazarin 
n'ait changé de nom et qu'il ne aoit le moment public que l'on 
attend ; car on veut qu'on luy ait obligation de toutes les grâces; 
on pourra demander quelques assemblées de chambres; mais 
quâud elles ne seroient pas éludées, je ne pense pas qu'elles pro* 
duiseot de grands effets, mais seulement qu'il en arrivera ce qui 
est arrivé trente ans durant au duc de Neubourg qui alloit de- 
mander son duché de Juliers, à Bruxelles. On le regaloit, on luy 
donnoit audience tous les jours, six semaines durant, il ne disoit 
autre chose, sinon : Venyo por mi ducado de Juliers, et on luy 
répondoit : Luego sennor, Luego ; il s'ennuyoit, il s'en retonrnoit 
elle temps se passoit > On parle« depuis la prise de Bar qui fut 
prise en cinq heures, de celle de Saint*Dizier et de quelque 
combat qui a été, à ce que l'on dit, avantageux à M. le Prince, 
(pioy que Fauge (?) y ait été tué. Mais je ne vous donne pas cette 
nouTelle pour constante, et puis il y a apparence que M. le 
Prince vous advcrtira de tout. Continuez moy l'honneur dt 
rotre amitié que Je chéris infiniment : croyez-^moy toujours tout 
à TOUS. Assurez nos amis et nos amies de mes très-bumblêi 
services et faites vite la paix, car tout le monde la désire et 
s'ennuye fort de la gueiTc. Pour le Mazarin on est fort revenu 
et il n'y a plus de duppes sur ce 8ujet*là. 



30. - le 5 de janvier 1653. 
Depuis le 9 du mois passé, je n'ai point eu de vos nouvelles. 
Vous scavés bien si vous m'avés écrit, en ce cas vous pouvés en 
dire un mot à vos correspondans. Je vous ay mandé les beaux 
prqjets du Sincère, et comment il avoit employé des espions 
pour donner advis de ma retraitte, et que si je n'eusse eu de 
bous amis» je serois présentement de la conftairie de la Bas* 



116 LE CABINET HISTORIQUE. 

tille. Je vous ay mandé ce qu'il avoit fait dire à Rome par Mon- 
treuil, de la part de M. le prince de Conti ; c'est à tous de veotr 
avec S. A. s'il est juste que ceux qui sont icy ses agens servent 
aux passions de son ministre, au préjudice de M. le Prince et 
selon que je verray que les choses continueront et que tous les 
verrez, je vous demande à vous mesme ce que je doys faire. 
Lorsque j'ai conté toutes ces choses à 00 il en a été si foi't picqué 
que la seule considération de M. le Prince l'a retenu, lorsqu'il 
me vouloit conseiller de prendre un parti qui eut fait veoir que 
les gents qui valent quelque chose ne doivent pas être poussés. 
Je vous prie de me faire reponce sur cet article. Je vous ay prié 
de sçavoir ce qu'estoit devenu l'obligation et la procuration de 
M. Cochet que vous aviez mise entre les mains de M. de Ta- 
ranque. Je vous recommande ces papiers, car ils sont de con- 
séquence, et je vous en seray infiniment obligé. 

Enfin, Bar que M. le Prince avoit prise en quatre heures a 
soutenu un fort long siège ; les assiégés se sont defiendus deux 
jours à coups de pierre, et ils ne se sont rendus qu'à la né- 
cessité. On tient Rethel assiégé. Vous ne doutez pas que Per- 
sanus de Monronnie ne fasse bien son devoir. On dit que Fuen- 
saldagne fait advancer des trouppes pour jpindre M. le Prince. 
M. de la Vieville mourut jeudy dernier ; on n'est pas en pdne 
de trouver des gents quiyueillent sa place. Il y a quatre ca- 
bales : la Palatine, Servien, Zongo et Bourdeaux, la demandent 
pour services ; mais pensés- vous qu'un homme qui n'a qu'un 
œil puisse bien faire ses affaires dans cet employ-là ? Il est vray 
que s'il n'a qu'un œil il a deux mains, et c'est un monocule am- 
bidextre. M. de Senectere s'est déclaré pour la surintendance, 
et a écrit pour cela au cardinal et au mareschal sqn fils. M. de 
Villeroy y a des prétentions et M. Le Tellier est de son costé. 
On dit que ce pourra estre pour M. Fabert, à qui l'on donnera 
cette charge et le baston de mareschal, moyennant Sedan, il y ^ 
apparence que le service du Roy. . . {arraché) acquérir et celui de 



LETTRES SB MAE16NT. 1J7 

S. E. dont les interests so.. . (arraché) sibles. Les amis du cardi- 
nal de Retz attendent des nouvelles de Rome, sur lesquelles ils 
prendront leurs mesures. Quand vous voudrez faire rendre vos 
lettres seurement, dites à votre correspondant qu'il les porte 
dans la rue 12/16/21/6/25/8/24/18/2.6. chez M. 5/8/13/15/24/ 
li/Z. M. P. vis-à-vis de M./82/5/26/8/53/17/ et là demander 
§ Z 62/24/17/16. 62/4/19/8. 18. et vous mettrez Tenveloppe sous 
le nom de M. G Y. 82. Z f. 2. p. m. e. 15.8.2.24. Je prendray 
le seing de les envoyer quérir chez luy, car il ne sçait pas 
mesme ma demeure, et c'est lui qui auroit esté avec la marque 
que je vous mis dans ma dernière lettre. Vous sçavez que l'on 
ne peut prendre trop de précautions. Je vous prie de dire à 14 
que je me plains un peu de. sa paresse, mais que je ne laisse pas 
d'estre son serviteur et à Filemon. Je suis tout à vous. 



31. — /> 22 de janvier 1653. 
A la lin je receus avant-hier seulement trois de vos pacquets 
(ia2, du 6 et du 8 de ce mois. Si vous m'en avez adressé 
d'autres depuis celui du 9 de décembre, ils sont perdus. C^luy 
qui m'a envoyé vos lettres est timide, et, dans une saison telle 
qa estcelle-cy, il craint l'embarras. C'est pourquoy je pense qu'il 
raut mieux, pour luy faire plaisir, que vous repreniez votre an- 
tienne voye, comme je vous ay mandé, et que vous recomman- 
diez que l'on ait un peu plus de diligence. M. le Prince vous a 
de grandes obligations et vous n'avez pas peu d'affaires. Je vous 
a?oue que connoissant les gents à qui vous avez à faire, j'ad- 
mire votre conduitte. Il y a longtemps que d'autres personnes 
auroient succombé. J'en scay qui ont eschauffé les affaires pour 
faire les leurs particulières, qui ont eu de grandes prétentions, 
qui véritablement ne pensoient pas que les choses dussent du- 
^r si longtemps. Si ces personnes-là etoient seui^nent à votre 



118 LE GABlTfBT HISTORTQÛH. 

place^ elles aûroient le sang bien échauffé, et je suis assinré 
qu*el)es ne se tireroient pas des embarras dont vous sortes si 
facilement. Celuy du Cordelier est délicat, et je ne doute point 
que Ton ne se serve de toutes sortes de moïens et d^artiûces 
pour semer la division dans votre party. Prenés garde que la 
tolérance ne produise les mêmes effets à Bourdeaux qu*à Paris, et ^ 
que pour n'en pas faire assez, on ne s*i trouve en état de n*i pou* 
voir rien faire du tout. La clémence et la douceur sont nécessairet» 
dans les gouvernements réglés et ordinaires ; dans les partis, 
j'estime que Ton ne périt jamais que pour n'en pas faire assez. 
Je vous écrivis dimanche dernier sous le couvert d'un ? qui 
promit de faire en sorte que ma lettre vous soit rendue en main 
pi'opre ; la suscription de la lettre n'est pas de ina main; accu- 
sez en la réception, s'il vous plait. Je vous mandois la négociation 
que Ton vouloil faire avec les Portugais, qu'un nommé Le Dec 
devoit aller proposer au roy de Portugal de la part du Roy de 
ne point entrer dans un traiclé de paix sans l'y faire compren- 
dre, pourveu qu'il voulut prester deux cent mille escus, faire 
diversion du costé de l'Andalousie, H faire une armée navale 
pour assiéger Bourdeaux. Je sçay la chose très seurement. Ce 
n'est pas que je la croye facile, car depuis que les Portugais sont 
en guerre, nous ne les avons veu gueres se mettre en cam- 
pagne que pour aller prendre des vaches du costé de Badajos; 
ils sont pauvres, et je ne pense pas qu'outre les vaisseaux dont 
ils ont besoin pour leurs Indes, ils en ayent assez pour se mettre 
en mer et faire une armge i cela ne le peut sans beaucoup de 
dépenses et sans hommes. Cependant vous pouvez profiter de 
l'avis. On tient pour certain que M. de Manioan, las des fourbes 
de la Cour, a tourné contre elle et s'est déclaré dans La Fere, et 
que M. de Chaunes est sur le point d'en faire autant. Jugez de 
quelle conséquence seroit cette déclaration I 11 est asseuré que 
M. le Prince a battu Tarmée mazarine près de Ghateau-Porcien, 
qu'il en a poussé une bonne partie jusques prè9 de Rheims, et 



LBraUM DE MABIGlfT. Ii9 

qu'il a fiiit force prisonniers; le cardinal ne se presse point de 
retourner; le Parlement devoit donner arrest fort rigoureux 
ooutre les assemblées des rentiers qui chagrinent la Cour. Quané 
j'dy le Parlement, c*est-k-dire les trois chambres, et peut estre 
qae cela produira plus de bruit. On parle de raccommoder Taffaire 
des eon^eillers proscrits de la seconde des Enquestes. J*ai veu 
00, il escrit fort exactement à 36, bien qu'il y ayt longtemps 
qa'il n*en ait eu de nouvelles. Je tous avois prié de prendre la 
peine de sçavoir si S. À. de Conti a fait écrire à Montreull, à 
Rome, pour y solliciter contre moy, ainsy que mon banquier mê 
h mandé par des lettres du 25 de novembre passé. Si cet ordre 
est vray, il y a conseil à prendre ; s*il est faux, il me semble 
qu'il ne devroit pas souifirir que Ton abusât de sou nom. Je vous 
supplie de me faire réponse sur cet article, et sur celuy de l'obli- 
gation que je vous ay envoyée, et que vous avés donnée à 
M, de Tarangues, puisqu'il est dehors. Je pense qu'il faudroit la 
retirer et la procuration. C'est une affaire d'un de mes amis, 
dans laquelle je m'intéresse plus que dans la mienne propre. 
Au nom de Dieu, mandés-moy des nouvelles, et croyez que toute 
m vie je serai très inviolablement tout à vous. Priez 14 et Phi- 
lémon de me faire sçavoir de leurs nouvelles. 



3X— I>f février \es^. 
Je ne sçay si vous m'écrives ou si vous ne m'écrivez pas ; 
mais je ne reçoy aucune de vos lettres. Je vous écris fort 
ponctuellement, et je suis en peine de sçavoir si mes paquets 
vous sont fidellement rendus. Je vous ay mandé que celuy par 
qui j'avois receu vos dernières lettres estoit bien aise d'estre 
délivré de cette adresse^ et que j'estimois qu'il falioit prendre 
votre ancienne route. Je n'ay aucune réponse, Acousez-moy 
i*il voua plaifit la réception de tous mes pacquets. Je receus 



iâO LH CADINET HISTORIQUE. 

hier une lettre de 36 fort obligeante; il veut que je lui écrive 
souvent. M. le Prince est très-mecontent de Dubuisson qui etoit 
dans Château-Porcien, il dit que s'il eût capitulé un jour plus 
lard, il eut engagé au combat les trouppes mazarines. On dit 
qu'elles ont repris Vervins que S. A. avoit pris ; il y avoit fait 
prendre beaucoup de commodités pour ses trouppes, et y avoit 
laissé si petite garnison qu'il n'i a pas apparence qu'il songeât 
trop à le conserver. Les rentiers font un bruit de diable, le 
Parlement crie de son costé : aujourd'huy le Roy a dit aux 
députés des uns et de l'autre qui avoient été mandés au Louvre, 
qu'il leur defendoit de s'assembler sur peine de la vie. Jugez si 
cela aigrira les esprits. Le ministère est violent; on fait le procès 
à dame Anne ; on luy a demandé dans son interrogatoire si 
elle n'avoit pas suivi M. le Prince et parlé mal du Roy et de la 
Reine; elle a repondu qu'elle voudroit bien encore estre avec 
M. le Prince, qu*elle seroit en liberté, que jamais elle n'avoit 
parlé mal ni du Roy ni de la Reine; au contraire, qu'elle avoit 
toujours crié : Vive le Roy et Sucre du Mazarin. On luy a de 
nouveau redemandé si elle n'avoit dit que cela? Ouy, a-t-elle 
dit : J'ay crié : Foutre du Mazarin, écrives greffier, car je le 
diray jusqu'à la mort. Quand on la sert en prison (ce service est 
réduit au pain et à l'eau), elle fait faire l'essay^ de peur, dit-elle, 
qu'on ne l'empoisonne. Mandés-moy des nouvelles des papiers 
de mon amye, je vous en prie et croyez que je suis tout à vous. 



33. - Ze 2 de février 1653. 

Je vous ay déjà écrit aujourd'huy par la voye de M. de Rreq. 
pour veoir si mes lettres vous seront plus fidellement rendues. 
Vous devez en recevoir deux fois la semaine. Mandés-moy par 
quelle voie et sous quelle adresse il faut que je vous écrive. Je 
me sei's de celle-ci à tout hazard, car je la croiy bonne. On me 



LETTRES DE KàRlGEfT. ^ 121 

vient de rendre votre paquet du 23 du mois passé, dans leq jel 
ii y aToit d*aatres lettres dattées du 13» du 16, du 12 et du 22 . 
Je ne sçay pas comment elles se sont toutes attendues pour mar- 
cher en compagnie : je n*ay rien à adjouter aux nouvelles que 
je vous ai mandées, sinon que l'on attend demain ou après le 
cardinal, que la reine envoyé toute la cour au-devant, gen- 
darmes, chevau-légers, et gardes. H. de Guise est monté ce 
matin à cheval pour aller faire sa cour à ce ministre. Frizon, 
chez qui il loge, dit qu*il avoue que M. le Prince Ta fait sortir 
de prison, mais que, pour cela, il ne s'est engagé à rien. Tout 
ie monde trouve son procédé fort étrange. On croit que les 
grâces se distribueront à l'arrivée du grand Pan^ et que les 
rentiers s'en sentiront. Les bourgeois de Calais sollicitent afin 
qu'on leur donne des soldats et de quoy les entretenir pour 
maintenir leur place, qu'ils ne croyent pas en seureté : on les 
remet à l'arrivée du dieu tutélaire de l' Esta t. J'ai veu 00, il est 
fort obligé à 100, à ce qu'il m'adict, et. ce n'est pas d'aujour- 
d'huy. Il est bien aise de sçavoir que rien ne s'est fait que par 
l'ordre de 38 ; cela est fort généreux et digne de luy ; mais il ne 
faut pas pourtant qu'il se flatte de croire que l'on fasse grand 
cas de ses ordres en ce pals-là, car on y a fort peu de considé- 
ration pour sa personne, et celuy mesme à qui il a fait parler 
s'en est mocqué, et 00 a de bons arrests et croit ses affaires aussi 
seures qu elles peuvent l'estre humainement. Néantmoins, pour 
vous complaire seulement, il fera, à ce qu'il m'a dit, ce que 
vous lui demandés. Je vous envoie une lettre pour S. A. de 
Gonti. Je ne sçay si le P. Talon luy en a rendu une que je luy 
escrivis sur sa maladie. Si je n'ay point de réponse, je ne pren- 
dray plus la liberté de lui écrire. Je ne sçay qui avoit mis la 
suscription de vos lettres, mais elle n'étoil pas honneste pour 
mon ami, ni seure; car il y avoit deux noms et il n'en falloit 
qu'an. Mettes sur la première enveloppe : à M. Cochet, con- 
seiller et secrétaire de S. A. de Mantoue, rue Froumenteaui près 



139 LE CABINET mSTOElQim. 

le Palais-Royal, chez H. de Belinzani ; et sur la seconde en- 
veloppe : à M. de Saint-Jean. Et j*auray soing d'envoyer retirer 
mes paquets, car M. Cochet mesme ne sçait pas on je campe. 

Ployez vos lettres de cette façon, car quand elles sont si pe- 
tites, on a curiosité de les ouvrir. Vous prendrës soing, s'il vous 
plait, de faire cacheter ma lettre pour S. A. de Conti« 



34. -- le 5 4e févHer 1053. 
A la fin nous rétablissons si bien nostre commerce que nous 
n'aurons plus sujet de crier les uns contre les autres, et je vay 
vous dire d'où vient que je n'ay pas receu ponctuellement vos let- 
tres. Vous aviés coutume de les envoyer vers la Croix-du-Tirolr 
dans la rue de T Arbre-Sec ; j'avois soing de les envoier retirer; 
vous leur avés fait prendre le chemift de la rue des Mauvais- 
Garçons. Je ne songeois point du tout à cette route. Celuy à qui 
vous les adressiez, bien qu'il soit de mes amis, ne sçait en quel 
lieu du monde je suis; il avoit cependant envoie vos pacquets 
chez un de mes amis, où il croioit que l'on pourroit sçavoir de 
mes nouvelles. Ces pacquets ont battu la campagne, enfin ils sont 
retournés à la ville, et je receus hier deux de vos lettres, l'une 
du 25 et l'autre du 26 décembre; toutes deux pleines de conti* 
nuation d'amitié dont je vous suis très-obligé. Si l'on n'eust pas 
eu tant d'amitié et de croyance pour Barbeziers, on n'auroit 
pas fait d'injustices à ceux qui ont la conscience fort nette et 
que Ton aoffencés par des soupçons sans fondement, à la susoi* 
tation de toute la cabale de ce galand homme et de son collègue 
dont on connoissoit déjà le mérite ; mais la malice et la flatterie 
l'ont emporté sur la véritable passion que les autres avoient 
pour le service des personnes dont ils ont après esté si bien re* 
compensés. On veut estre flatté : Téim*adulimaiufnipiaoi,ûi*' 
soit un homme de* cet humeur. Le temps fait justice à tout le 



LVmtES DE MARIGNT. 199 

monde. Vous ne Aérés pas douter que 00 ne flst adroitement ce 
qu'il pouvoit pour ramener son antien amy à 56, et celui-ci n*en 
estoit pas fasché, et je tous puis assurer que les choses commen- 
çoient de bien aller. 100 n' estoit pas inconnu à 52, et je puis 
vous dire qu'il a de l'estime pour lui : toute la difficulté qui me 
paroissoit etoit à Tégard de 49 et de 38, qu*il considère comme 
ses vrais ennemis et des serpents à comparaison de 56. Son 
avanture n*a point donné de joie à 36, je le sçay et je l'ai vu 
par ce qu*il a mandé et prescrit sur ce sujet à 00 pour le faire 
adroittement connestre. J*ai fait ce que vous avés désiré et vous 
ay envoie par le courrier de dimanche dernier une lettre toute 
ouverte. Si vous la trouvés à vostre fantaisie, vous la porterés 
au Cabinet, sinon à votre guarde robe. J*ai receu votre lettre du 
27 du mois passé, pleine comme les autres de témoignages d'à* 
mitié. J'en suis si persuadé que je voudrois de bon cœur pou- 
voir vous en témoigner la reconnoissance selon toute retendue 
de mes désirs. Une fois pour toutes, croyez que vous n*aurés 
jamais d'ami plus seur et plus fidelle ni de serviteur plus pas- 
sionné que moy. J'admire votre conduilte et je loue hautement 
votre vigueur. Il en faut, mon cher monsieur, en de pareilles 
occasions et les affaires de semblables natures ne périssent que 
par la faute de résolution. C'est une maxime auprès dès minis-* 
très que « In magnis qui délibérant deseiverunt, » d*où vient 
fue les demi-résolutions ne sont pas moins criminelles, auprès 
de ces messieurs, que les dernières que l'on peut prendre, et la 
modération ne conduit qu'à des précipices assurés et inévitables 
à tous ceux qui croient que l'on a moins de souvenir pour les 
médiocres oppositions que pour les plus grandes. Le ministère 
n'oublie que les services qu'on lui rend ; mais il a fort bonne 
mémoire de toutes les traverses qu'il rencontre, de sorte que 
ceux qui s'embarquent sur la mer des partis ne peuvent prendre 
un port assuré que par la ruine entière de ceux qui leur en em- 
peschoient l'entrée. Quarante années de troubles, consécutives^ 



124 LE GABtNBT HISTORIQUE. 

nous ont appris cette vérité.— Le cardinal Mazarin arriva lundi 
dernier; le Roy alla au-devant de luy et Tembrassa fort étroit- 
tement à son abord ; le Cardinal, qui a rapporlé des moustaches 
qui lui montent jusques aux oreilles, gratîeuza touts ceux qui 
etoient venus à sa rencontre ; il fut traitté au Louvre par le ma- 
reschal de Villeroy qui donna à soupper au Roy, au Cardinal et 
aux principaux de sa suite dont le maréchal de Thurennes étoit 
le chef. On fit de grands feux de joye au Louvre où ses armes 
étoient à costé de celles du Roy ; on entendit un bruit de pétards 
et de pets de fusées durant une heure. Je ne sçay si c*est à cause 
que S. E. aime fort les eus de chapon et autres, qu'on voulut 
la régaler de cette sorte d*harmonie. Les prétendants aux grâces 
militaires, ecclésiastiques, à celles de la robe et celles des fi- 
nances font leur cour et donnent leur encens à pleines mains. 
Le seigneur est ûer ; il croit avoir fait la plus belle can^pagne que 
Ton ait jamais peu faire et avoir effacé le lustre de M. le Prince, 
il le Ta tasté en gros, dit-il, s*il le pouvait taster en détail, il loui 
feroit bien veoir dou pais. Cependant les rentiers crient tou- 
jours, et lundi dernier le premier président se trouva fort embar- 
rassé parmi la foule dont il fut pressé et poussé, et un de son es- 
corte qui voulut mettre la main à Tespée malmené et roué de 
coups. Hier matin, il entra au Palais accompagné de deux cents 
soldats des gardes ; il fut suivi par des femmes de rentiers; un 
rentier nommé Boucher se trouva parmi elles qui fut arresté et 
mis à la Conciergerie. Tout cela ne fait qu'enfoncer plus avant 
le poignard que le peuple a dans le sein ; et si Dieu n'y met la 
main on verra des desordres estranges dont la nécessité, la rage 
et le desespoir seront causes. Point d'argent, point de rentes, 
point de paix ; violence, manquement de paroUe, fierté, oppres- 
sion des gents de bien, incertitude de Tadvenir, voilà où Ton 
en est. 

On a fait sortir le rentier que Ton avoit arresté, pour éviter 
le scandale.^ On a mis an Ghastellet un jeune homme qui avoit 






RÉACTION THERMIDORIENNE. I'i5 

soing de faire tenir à M. De la Rocliefoucaàlt les paquets qu'on 
luy adressoit. 



REACTION THERMIDORIENNE. 

Désarmement des terroristes, à Rheims. 

On donne le nom de Réaction thermidorienne tm% quatorze moi s 
qoi séparent le 9 thermidor de ravénement du Directoire. Ce fut, 
comme on le sait, pour quelques-uns des plus exaltés révoluticn- 
Baires, une époque d'expiation; non pas que la Convention eût à cet 
égard aucun parti pris: il eût fallu qu'elle s'exécutât elle-même sur 
nne trop grande échelle. Elle crut plus sage de louvoyer entre le ter- 
rorisme et le modérantisme. Aux journées de prairial, elle écrasoit 
les jacobins avec le secours des réactionnaires ; aux journées de 
Tendémiaire, elle écrasoit les royalistes avec le secours des terroris- 
tes. En province, si l'anarchie n'eût point été dans le gouvernement, 
les choses eussent marché d'un autre pas. Là, tous les peureux de la 
Terreur s'étoient repris de courage et de résolution. Honteux de 
s'êlre si longtemps courbés sous le joug de l'ignoble sans-culottisme, 
ils eussent bien volontiers pris leur revanche. Serviles, incapables et 
sans énergie, la plupart, tout en se frappant la poitrine,, avoient 
prêté leur concours aux excès des meneurs. Il faut savoir hurler avec 
les loups. — Mais, aussitôt les loups muselés, nos courageux ci- 
toyens eussent volontiers pris la fourche et le bâton. C'est riiistoire 
de toutes les réactions. — Voici une pièce importante pour l'his- 
toire de la ville de Reims, après la chute de Robespierre ; c'est une 
sorte d'acte d'accusation dressé, sous le couvert de V Opinion publi- 
ât par cette foule d'honnêtes gens qui, durant l'orage, baissent le 
dos et suivent le flot sans la moindre velléité de résistance, mais 
4<ii) la tourmente passée, se redressent, prennent du cœur et se met- 
tent à charger les vaincus. — Cette pièce, dont l'original est aux 
archives de Reims, est depuis longtemps en copie dans nos cartons, 
avec une inGnité d'autres de la même époque. La crainte de réveiller 
quelque fâcheux souvenir, de froisser quelques personnes honorables 
alliées ou descendantes des noms cités dans ces documents, nous ont 



126 LE CABINET HISTORIQUE. 

retenu de les livrer à la publicité. Mais il nous semble qu'à soixante 
ou soixante-dix ans de distance, il est bien permis de parler de 
ceux qui n'ont pas craint d'entrer dans la vie politique et de prendre 
part aux erreurs et aux crimes de leur temps. Les grands hommes 
n'échappent point aux appréciations rigoureuses de l'histoire; 
pourquoi donc faudroil-il garder un silence éternel sur les faits et 
gestes de ces ridicules bourgeois qui, sans Taleur aucune, se sont 
jetés en aveugles dans le mouvement politique? Oublie-t-on que, s'ils 
ne sont pas devenus les tyrans constitués de leur pays, c'est que les 
circonstances ont cessé de leur être favorables, et que les moyens, 
et non pas la volonté, leur ont fait défaut? N'avons-nous pas vu 
en ces derniers temps, sinon les mêmes crimes, du moins les mêmes 
fautes, les mêmes faiblesses? — Nous n'avons aujourd'hui aucun 
intérêt à parler de nos héros de 1848, — leur cendre n'est point re* 
froidie. Mais, en 1949, la curiosité pourra semblerlégitime, et il nous 
paroit certain que le Calfinet historique, s'il existe encore (ce dont 
il est permis de douter], pourra en entretenir ses lecteurs, sans 
crainte de léTeiller des haines ou d'attrister les cœurs sensibles. 



Motifs du désarmement opéré par le Conseil général de la commune 
de Reims, le 80 germinal de l'an m, en vertu du décret de la 
Convention nationale du 21, de l'arrêté du représentant du peuple 
Albert, et de celui du district de Reims , du 29 du même mois. 
Lesquels motifs ont été rédigés en exécution de la loi du 21 flo* 
réal présent mois, sur les indications données par l'administra- 
tion du district de ReimSj-et celles recueillies par le Conseil géné- 
ral de la dite commune, et ce d'après l'opinion publique, pour 
copie en être envoyée à Tadminislration de celle du district, et 
une autre remise aux individus désarmés, à leur première de- 
mande. , 



Section du Contrai Social* 

1. Bacdart (Etienne). — L'opinion publique reproche à Etienne 
Baudart d'avoir sans cesse déclamé contre les autorités consti- 
tuées, elle le regarde comme un terroriste acharné, et elle le 
soupçonne d'avoir agi arbitrairement et avec dureté comme 



BÉàC:n<Mf THBRlQBORniWB. 1S7 

membre de comité réîolutionaaire. U est d'ailleurs notoire 
qa'îl est souvent pris de vin. 

2. GiRousT (Louis;. —L'opinion publique reproche à Louis 
Giroust d'avoir cherché à dissoudre les assemblées sectionnai- 
res de cette commune, d'avoir engagé la Société populaire à 
prendre un arrêté tendant à faire meltre en arrestation la plu- 
part des présidents et secrétaires desdites assemblées , ainsy 
que cela venoit de se pratiquer àTroyes, où les sectionnaires, 
suivant lui, dévoient bientôt passer à la guillotine; d'avoir an- 
Boncé différentes fois à la tribune que les Sociétés populaires 
reprësentoient le peuple. — L'opinion publique le regarde comme 
un homme immoral, qui s'est laissé entrahier dans le Terro- 
risme ; enfin, elle l'accuse d'avoir abusé de ses moyens ora* 
toires pour calomnier et compromettre ensemble les différentes 
autorités, et d'avoir cherché à leur faire perdre la confiance du 
peuple. 

3. ViTRY (tonnelier). — L'opinion publique regarde Vitry, 
tonnelier rue Montoison, comme le chef de presque tous les 
rassemblements et insurrections qui ont eu lieu dans cette 
commune. 

Section du Temple. 

4. Leblond-Chapelet. — L'opinion publique regarde Leblond- 
Chapelet comme un des meneurs en titre de la Société popu- 
laire, ayant cherché à propager le système de sang et de ter- 
reur, dénonciateur impitoyable , appelant sans cesse la hache 
du peuple sur les autorités constituées, dont il dénigroit toutes 
les opérations. 

5. Fressangourt-Willet (Mathieu). -»** L'opinion publique 
reproche à Mathieu Fressancourt-Willet d'avoir prêché cons- 
tamment le système de terreur, dont il passe dans cette corn* 



128 LE CABINET HISTORIQUE. 

mune pour le plus zélé partisan , d'avoir dénoncé et calomnié 
les membres les plus purs des autorités constituées, d'avoir 
toujours fait Téloge de Robespierre, et notamment dans les 
premiers jours de Thermidor, ayant dit à cette époque à la tri- 
bune de la Société : que celui qui n'étoit pas Robespierre n'étoit 
pas patriote; enfin, d'avoir cherché tous les moyens possibles 
pour influencer les représentants du peuple en mission, qui, 
d'après ses avis et conseils, ont destitué d'honnêtes citoyens qui 
n'auroient jamais dû l'être. 

6. Lefrançois (Nicolas). — L'opinion publique reproche à 
Nicolas Lefrançois d'avoir contribué à la pénurie des subsis- 
tances, en annonçant faussement, en public, au représentant 
du peuple Rhul que la commune de Reims en étoit pourvue pour 
plusieurs mois; elle le regarde comme un homme farouche, 
immoral et terroriste, qui traitoit les prisonniers avec dureté, 
et qui disséminoit des bruits défavorables aux autorités consti- 
tuées qu'il contrarioit sans cesse à la tribune de la Société 
populaire. 

Section de la Réunion, 

7. BEZANçon-GuiLLAUME. — L'opiniou publique regarde Bezan- 
çon-Guillaume comme un des principaux auteurs des troubles 
excités la nuit de l'installation du cy-devantévêque de la Marne, 
ayant été chez Manrous, où beaucoup de désordres se sont 
commis. Elle lui reproche d'être monté le 5 septembre 179 '2 sur 
un des bureaux de la municipalité; au lieu de chercher à apai- 
ser la fureur du peuple, il a contribué à l'animer en lui annon- 
çant que le jour des vengeances étoit arrivé, qu'il venoit de 
Paris, <c où l'on tiroit sur les aristocrates comme sur les hèvres, 
qu'il falloit en faire autant à Reims, qu'en révolution il falloit 
des victimes, qu'on n'étoit pas au bout et qu'avec un peu de pa- 
tience on en verroit bien d'autres.» L'opinion publique l'accuse 



Rl^ACTION THERMIDORIENTfE. 129 

d'ayoir semé la terreur dans les visites domiciliaires qu'il a 
faites, de s'être comporté avec inhumanité à la maison de dé- 
témption dite le Séminaire^ en pluviôse l'an II et d'avoir fait 
déshabiller avec indécence plusieurs femmes et entre autres une 
religieuse; enfin elle le soupçonne, comme administrateur, 
d'avoir fait tourner à son profit différentes réquisitions. 

8. DucHESNE-SiMon. — L'opinion puhlique reproche à Ducbesne- 
Simon d'être un intrigant : d'avoir déclamé constamment après 
les autorités constituées jusqu'au moment où il a été élevé à 
une place lucrative par un représentant du peuple, influencé 
par ses amis et partisans, après en avoir refusé une qui ne rap- 
porloit rien : d'avoir été un des meneurs delà Société populaire, 
d'avoir cherché par ses discours à égarer le peuple contre le& 
autorités constituées, d'avoir traité de Modérés et même d'Aris- 
tocrates ceux qui avoient de la fortune : de s'être servi de son 
influence dans la Société populaire pour maltraiter ceux qui y 
avoient été admis contre son gré : enfin d'avoir propagé le sys- 
tème de la Terreur en exerçant cependant un acte du plus vio- 
lent despotisme par Fenvoy, à plusieurs nouveaux reçus dans la 
société, d'une lettre ainsy conçue : « Tu t'abstienderas de voter. 
Signé, Duchesne-Simon, président. » 

9.VALLERY (Jean-Baptiste). —L'opinion publique regarde Jean- 
Baptiste Vailery comme un Terroriste exaspéré; elle lui reproche 
d'avoir coopéré avec d'autres individus, pensant comme lui, aux 
indécences commises lors de la visite faite dans la maison de dé- 
temption dite le Séminaire, où les femmes ont été déshabillées; 
elle le regarde comme ayant cherché à établir le système de la 
Terreur même au sein des comités révolutionnaires dont ilétoit 
membre, d'y avoir provoqué les dénonciations les plus odieuses: 
enfin, elle l'accuse d'avoir soutenu et applaudi les meneurs en 
chef de la Société populaire. 

10. Brigot. — L'opinion .publique regarde Brigot comme un 
K« année. — Doc. 9 



130 Lfi CABINBT HISTOBIQÏÏBi 

homme égaré et sans oaraclère; elle lui reproche de 8* être montré 
Aristoorâte au commenoesnent de la révolution, d airoir servi la 
lliciion des Terroristes en faisant beaucoup de motions incen- 
diaires à la Société populaire. 

II.Vaschelot.— L'opinion publique regarde Vaschelot comme 
un homme égaré, et lui reproche d'avoir tenu des propos in- 
considérés, propres à répandre la Terreur^ et d'avoir servi les 
meneurs du comité révolutionnaire dont il étoit membre, plutôt 
par ignorance que par méchanceté* 

12. MoNS fils. — L'opinion publique regarde Mons fils comme 
un homme égaré, elle lui reproche de s'être conduit avec du- 
reté dans les visites domiciliaires qu'il a faites, soit comme 
envoyé et délégué par le district, soit en sa qualité de membre 
de l'armée révolutionnaire, et d'avoir servi les meneurs de la 
Société en approuvant et applaudissant à leurs motions. 

13 Noël.— L'opinion publique regarde Noël comme un dçs 
meneurs de la Société pop.al^ire et un or^tegr insidieux : elle 
lui reproche d'avoir cherché à captiver le peuple pour l'égarer 
sur différents membres des autorités constituées, qu'il a pour- 
suivis avec acharnement ; de s'être emporté plusieurs fois avec 
colère contre ceux qui n'approuvoient pas ses principes et ses 
notions, de les avoir traités publiquement d'Aristocrates et de 
Modérés, et d'avoir par là établi le système de terreur mêfiïe 
au sein de la Société. 

Section de Mar$, 

14. LtscLERc. — ^L'opinion publique désigne Leclerc comme un 
espion des hommes de sang ; elle lui reproche d'avoir été poi^ 
leur d^'une liste de proscription, d'avoir participé aul horreurs 
dfu mois de septembre f Ï92, d'avoir été titie des premières causer 
de la mort du Directeur des postes, d'avoir dit, en montrant soh 
dàbre ensangUnté : « C'est m^i qu'on traite les arisloctfatèBl » 



RÉi^TIOfl TKRIIIBURIENNE. 131 

15. HAftAR».-^I/opinH)ii publique regarde Hasard coame un 
agent des boniBiesdesang; elle lui reproche dayoir eici(é au 
massacre, d'a¥oir désigné des vielimes, et d*avoir repassé sa 
hache pour couper des têtes; elleTaccuse d*avoir protégé le 
Terrorisme en soutenant avec chaleur toutes les motions faites à 
la Société. 

16. Chbétibn< — L'opinion publique désigne Chrétien comme 
ayant pris part aux massacres du mois de septembre 1792, s'é- 
tant promené avec son sabre ensanglanté; elle Faccuse d'avoir 
tramé une insurrection, qui heureusement a été déjouée, d'avoir 
abusé de sa place de caporal pour faire sans ordre une visite 
domiciliaire et enlever des armes. 

17. Sorlet-Fère. — L'opinion publique désigne Sorlet-Fère 
comme le partisan le plus zélé du Terrorisme ; elle lui reproche 
d'avoir mis tous ses soins à circonvenir, à leur arrivée, les repré- 
sentants du peuple, en mission dans le département de la Marne 
et dans celui des Ardennes, etd*être parvenu à les influencer; 
elle Taccuse d'avoir forcé ses collègues, membres du comité ré- 
volutionnaire de la section, à donner extension à la loi du 
17 septembre en faisant des arrestations arbitraires, d'avoir 
constamment prêché à la tribune de la Société les erreurs et le 
vandalisme , d'avoir eu de fréquentes relations avec les 
intrigants du département des Ardennes, tels que Crespin, 
Durége, Vassan, Crin, Mogue et Varoquier; enfin, elle le re- 
garde comme un homme égaré par sa mauvaise tête, suscep- 
tible des premières impressions, fussent-elles dangereuses. 

iSi SoRLET. — L'opinion publique soupçonne Sorlet, ex-agent 
national du district de Reims, d'avoir fait lever les serrures 
d'un comité révolutionnaire dont il avoit été membre. Un hui- 
lai» de correspondance de la Convention et la voix publique 
Taccusent d'avoir été un des fléaux du département des Ar- 
dennes, et d'y avoir été étroitement lié avec les Yassan» Mogue, 



132 LE CABINET HISTORIQUE. 

Crin, Durége et Varoquier. Elle lui reproche aussi, à Reims, 
ses grandes liaisons avec les propagateurs du Terrorisme, ce 
qui fait présumer qu'il en étoit également le partisan . 

19. Janvier. — L'opinion publique reproche à Janvier, membre 
du comité révolutionnaire de sa section, d'y avoir prêché la 
Terreur, d'y avoir provoqué des arrestations arbitraires, et de 
s*ètre comporté avec dureté dans des opérations qui lui avoient 
été confiées; enfin, de ce que ses collègues ont même été obli- 
gés de le remplacer. 

20. Dumoulin (Pierre). — ^L'opinion publique accuse Pierre Du- 
moulin, lors des massacres du mois de septembre 1792, d'avoir 
demandé la mort de deux citoyens, et ce par un motif de ven- 
geance. 

21. Martin (le jeune].— L'opinion publique reproche à Martin 
le jeune, lors des massacres du mois de septembre 1792, d'avoir, 
dans la prison où il étoit de garde, tenu les propos les plus 
sanguinaires à un citoyen qui a été massacré quelque temps 
après. 

22. DucHATEAU (veuve).— L'opinion publique regarde la veuve 
Duchâteau comme ayant participé avec son mari aux massacres 
du mois de septembre 1792. 

Section des Amis de la Patrie. 

23. Dardare (père).— L'opinion publique reproche à Dardare 
père, d'avoir montré dans les journées de septembre 1792, 
beaucoup de désir de voir périr Guérin, directeur des postes, 
en proférant mille invectives contre lui et en ajoutant qu'il 
falloit au peuple des victimes ; elle l'accuse, en outre, comme 
membre du comité révolutionnaire de la section, d'avoir pro- 
pagé la Terreur, provoqué des arrestations arbitraires et abusé 
de sa place pour se faire délivrer des marchandises. 



RÉACTION THERMIDORIENNE. ISS 

24. Dabbabe (fils).—* L'opinion publique reproche à Dardare 
fils d'avoir, dans les journées de septembre 1792, trempé ses 
mains dans le sang de ses concitoyens ; d'avoir porté une tète 
qu'il a fait baiser à un citoyen; d'avoir traîné dans ]a boue des 
membres de cadavre; d'avoir montré à un autre citoyen et à 
son épouse son sabre et son poignet ensanglantés, en leur di- 
sant : «Voici comme nous arrangeons les aristocrates ! » propos 
qu'il a répété à plusieurs personnes et notamment à un ci- 
toyen de garde au poste de la maison commune. 

25. Deheppe.— L'opinion publique reproche à Deheppe d'a- 
voir pris part aux massacres du mois de septembre 1792 ; d'avoir 
fait parade aux yeux de sa compagnie, de laquelle il a été chassjé 
sur- le-champ, d'un doigt encore sanglant d'une malheureuse 
victime, et d'avoir voulu faire traîner le cadavre d'une victime 
devant la porte du plus proche parent de cette infortunée. 

26. Gauthier. — L'opinion publique reproche à Gauthier, 
ex-membre du comité révolutionnaire de sa section, ex-juge de 
paix, d* avoir abusé de sa première place en provoquant des 
arrestations arbitraires; de s'être comporté dans la seconde 
avec beaucoup de dureté et d'indécence. Elle le regarde comme 
an homme immoral qui se laissoit souvent prendre de vin. 

27. Chaperon-Meusnier. — L'opinion publique reproche à 
Chaperon-Meusnier, ex-membre du comité révolutionnaire de 
la section, d'avoir employé la calomnie et la mauvaise foi pour 
justifier des arrestations; d'avoir rédigé des procès-verbaux 
d'une façon maligne et contraire à la vérité ; d'avoir par là 
trompé ses collègues, de s'être réjoui des détenus dont il cher- 
choit à appesantir le sort et entraver la sortie. 

28. Lbliévre. — L'opinion publique reproche à Lelièvre, 
ex-membre du comité révolutionnaire de la section, d'avoir mis. 
du plaisir dans les incarcérations qu'il provoquoit, et d'avoir 
cherché à entraver la sortie des détenus; d'avoir appuyé dans 



134 UB CABIinST BI6TORtQ0S. 

ia Société populaire, toutes les motions qui teadoieat à établir 
le système de la Terreur; elle le regarde comme un homme 
égaré par sa mauvaise tête. 

29 BoizoT (l'aîné). — Uopinion publique fait le même re- 
proche à Boizot l'aîné, ex- membre du comité révolutionnaire 
de sa section. 

Section des Droits de V Homme. 

SO.Lebœuf. — L'opinion publique regarde Lebœuf, es-membre 
du conseil général de la commune, comme un homme égaré, 
ayant servi les Terroristes en appuyant leurs motions; elle lui 
reproche d'avoir exercé les fonctions de magistrat du peuple, 
pour lesquelles il auroit dû sentir qu'il n'étoit nullement propre, 
puisqu'il ne savoit ni lire ni écrire. 

Section de la Montagne, 

31. GÉNiN. -r L'opinion publique regarde Génin, tisseur, 
comme un homme égaré : elle lui reproche d'avoir professé et 
propagé le système de la Terreur, et d'avoir servi le Vanda- 
lisme en coopérant à la destruction de plusieurs chefs-d'œuvre 
qui existoient dans la commune de Reims. 

32. Lambert. — li'opinion publique fait les paêmes observa- 
tions sur le compte de Lambert. 

33. Talabot. — L'opinion publique fait les mêmes observa- 
tions sur celui de Talabot. 

34. GÉRo?<]SE. — L'opinion publique a la même façon de , 
penser sur le compte de Géronne père. 

35. Pillère-Beuqe. — L'opinion publique fait la même ob- 
servation sur le compte de Pillère-Beuge. 

36 .Tristan (dit Scœvola). — L'opinion publique reproche à 



BÉAfif lOlf TfllRIOMWlBIflIB. ii85 

Tristan (dit Seœ? oh] d'avoir coo(»éré i la dealrueliw des nio- 
omnents qui exisloient dans la d*dev4nt église de Saint-Remy; 
d'BToif prêché ranarcbie et la loi agraicp ; de s'être permis, #pi 
qualité d'officier municipal, arbitrairement et sans mission, 
des TÎsites domiciliaires, surtout dans les hospices, où il a prê- 
ché Finsurrection et rinsubordliiation; d'avoir molesté les dé- 
tenus, et sous prétexte de surveiller réexécution de la loi du 
maximum, de s'être fait délivrer du vin, de Teau-de-vié et du 
bois. 

37. LiENABD (Calus-Craccus). L'opinion publique fait les 
mêmes observations sur le compte de Liénard, dit Calus-Grac- 
cus, ex^-officier municipal. 

58. Bertrand (dit Brutus). — L'opinion publique fait les 
mêmes observations sur le compte de Bertrand (dit Brutus), 
ex-officier mqnjcipaK 

59. Malouchb. -^ L'opinion publique feit les mêmes obser-* 
Yations sur le compte de Malouche, ex- notable. 

40. Beugé (dit Lepelletief). — L'opinion publique reproche 
à Beugé (dit Lepelletier) d'avoir égaré le peuple et coopéré à ïa 
destruction du tombeau de saint Remy; de s'être mal comporté 
à l'égard des détenus, lorsqu'il étoit de garde auprès d'eux; 
d'avoir témoigné son désir de voir la maison de détention en* 
oombrée, pour y nietlre le feu, disant : « Nous rirons bien alors. » 
Elle le soupçonne aussi de concussion dans les campagnes, lors- 
qu'il y a été envoyé pour les subsistances; enfin elle le regarde 
comme zélé partisan de la loi agraire et de la Terreur. 

41, Bertact. -*- L'opinion publique désigne BertsFut comme 
partisan et provocateur de la loi agraire, elle le regarde comm^ 
m Terroriste acharné, appuyant à la Société pofubirc toutes 
les motions incendiaires et Us allant ensuite transmettre 
dans l'assewblé^ de ssi seQtioa, 



fi6 LE CABINET HISTORIQUB. 

4S; Lbvieux (fils).— L'opinion publique regarde LevieQ£ fils 
èomme un zélé partisan du système de la Terreur, un dénon- 
dateur à gages, motionnaire incendiaire, tant à la société que 
dans la section. 

43. Brice-Voilmy. — L'opinion publique désigne Brice- 
Voilmy comme un homme immoral, propagateur du système 
de la Terreur et chef et provocateur d'insurrection . 

44. Chigny (femme). — L'opinion publique regarde la femme 
Chigny comme l'émissaire des hommes de sang et des désorga- 
nisateurs; sa maison leur servoit de rendez-vous. L'indignation 
publique l'a forcée de quitter la commune. 

Section de la Fraternité. 

45. Couplet (dit Beaucour). — L'opinion publique désigne 
Couplet (dit Beaucour), comme Tinstigatpur des massacres de 
septembre 1792; elle lui reproche, après avoir été chercher 
Montrosier, de l'avoir empêché d'entrer à la maison com- 
mune, où il vouloit s'expUquer devant les magistrats, et de 
l'avoir fait conduire en prison; elle l'accuse d'avoir dit deux 
fois, à ceux payés sans doute, pour qu'il y eût du sang ré- 
pandu : « Vous voulez du sang, mes amis, vous en aurez; » — 
d'avoir dit aux mêmes, à la prison: « Patience, mes amis, soyez 
tranquilles, justice vous sera faite avant la fin du jour. » Elle lui 
reproche qu'étant depuis administrateur et procureur général 
du département, il a dit que les pensionnaires de la République 
étoient des monstres qu'il falloit étouffer ; que dans un voyage 
qu'il a fait à Reims, pendant qu'il habitoit Chalons, il a dit à 
la Société populaire qu'il ne reconnoissoit que six sections datis 
Reims, en cherchant par là à proscrire les deux autres aux- 
quelles il a donné des qualifications odieuses; que depuis son 
retour à Reims, en qualité déjuge, il a cherché dans la Société 



RÉACnOtf THERVIDORIENRE. 137 

populaire à 8oalever le peuple contre les autorités constituées , 
qu'il dénigroit sans cesse, annonçant publiquement que le 
peuple qui les avoit formées sauroit bien aussi les défaire et les 
remplacer; enfin qu'il a fait adopter par la Société, et sans lui 
en donner communication, un projet d^établissement d'un co- 
mité secret chargé de la surveillance de Texécution de la loi 
désastreuse du Maximum, même qui a été rejeté par la muni- 
cipalité aussitôt qu'elle en a eu connoissance. 

46. Arnodld. — L'opinion publique regarde Arnould, ren- 
tier, comme vendu au parti terroriste : son âme se dilatoit dans 
les moments de la Terreur; elle lui reproche d'avoir été un 
mandataire infidèle dans les fonctions de commissaire qu'il a 
remplies à la poste ; d'ouvrir toutes les lettres qu'il lui plaisoit, 
sans procès-verbal, d'en séquestrer et d'en emporter chez lui : 
de menacer ses collègues de les faire incarcérer lorsqu'ils lui 
faîsoient des observations sur ses actes arbitraires; elle l'accuse 
aussi d'avoir cherché à captiver les représentants du peuple en 
mission ; d'avoir abusé des pouvoirs qui lui avoient été donnés 
pourremplir une mission dans les campagnes^ pour en vexer les 
habitants, y semer la Terreur et propager le Vandalisme ; elle le 
poursuit aussi pour s'être flatté d'avoir fait arrêter plus de la 
moitié des détenus du district. 

47. BouRLAND. — Bourland, obmis sur la liste des individus 
à désarmer, l'a été le 30 germinal, sur le vœu de la réclamation 
des citoyens présents à la séance publique tenue ledit jour. Ils 
lui ont reproché sa conduite dans les journées du mois de sep- 
tembre 1792 et ses motions, qui ne respiroient que la Terreur 
et la désorganisation de Tordre social. 

Le Conseil général, qui a opéré le désarmement comme me- 
sure de sûreté générale commandée par la loi du 30 germinal, 
désire bien sincèrement que d'après l'information qui se fait 
actuellement par-devant les trois juges de paix de la commune 



488 us iSAtufiST HSTomomi. 

de Reitns« les individus qui se trouyent dénoncés et poursuivis 
par lopinion publique, en sortent victorieux ; autant la mission 
que le Conseil général de la commune a eu à remplir, lorsqu'il 
a été forcé de priver ses concitoyens de leurs armes, lui a été 
pénible^ autant celle qù*il remplira pour les leur rendre lui fera 
éprouver de satisfaction. Proclamer l'innocence, c'est le devoir 
des magistrats du peuple» et c'est là un dédommagement bien 
doux des peines sans nombre attachées à leurs fonctions^ 

Fait et rédigé par nous, membres du Conseil général de la 
commune de Reicns» soussignés, assemblés et réunis à cet efifd, 
en comité à Reims, ce 28 floréal Tan m de la République une 
et indivisible, eta Ainsi signé : 

Pinchart, maire; Legrand-David, Savoye-Belon, Bourlois- 
Rousseau, Champenois-Glicquot, G. Mennesson, Mélin-Dauphi- 
not fils; Mahui, HurâUtde Ligtiy, P. Gaudinot, J.-B. Coytièr 
Taîné; Culoteau, Benoist-Guelon, de Villefet, Hanriot-Tronson, 
Assy-Villain, Favereaux, Chardonnet, Corrigeux l'aîné; Jobçrt, 
Lallemant-Chappron, Hefent, Maillefer-Ruinard , C. Sobinet, 
Daupbinot-Lajole, Gérard-Nivard, Clicquot-Vuatelet, PerriéP- 
Blondel, Aubrié, E.'-A.-J. Baron. 



BULLETIN BIBLIOGBAPmQUB. 
SOUVENIRS DU RÈGNE d'aMÉDÉE VIII, PREMIER DUC DE SAVOIE;— 

par M. le marquis Costa de Beauregard. — Chambéry, 1859, 
i vol. in.8\ 

Les émotions de la vie politique et les grands travaux légis- 
latifs auxquels» à Turin, en ces temps d'émotions parlemen- 
taires, il a pris une si grande part, n'ont pu entièrement dis- 
traire M* le niarquis Costa de Beaure^ard des études littéraires 
qu'il a entreprises et qu'il poursuit avec une si légitime prédi- 



imjwRAraf& IW 

lection. Ces études, on le sair, se portent principalement sur 
rhistoire sincienQe 4e la Savoie, dont nul rpieux que lui necon* 
noît les sources. L^ouvrage dont nous venons de donner le titre 
est le dernier fruit des courts loisirs de M. le marquis Costa. 

On comprend que tout ce qui se rapporte à ce pays, si 
voisin et si parent du Piémont, prenne un véritable intérêt 
dans les circonstances actuelles : aucun moment ne pouvoit 
même être plus favorable à un travail du genre de celui que 
nous annonçons. Ce n'est point là pourtant un livre de 
circonstance. Des documents précieux et des plus curieux, 
trouvés par l'auteur dans les divers dépôts d'archives de 
France et de Savoie, lui ont permis de donner à ses ta- 
bleaux la vie et la vérité qui manquent à tant de trav mx histo- 
riques. M. Costa se défend lui-même d'avoir voulu faire un 
livre et il ne faut pas chercher dans ces Souvenirs une histoire 
de ce singulier personnage qui fut successivement duc, ermite 
et pape, et qui finit par renoncer à, la tiare pour aller s'ense- 
velir dans la délicieuse solitude de Ripailles. Mais ceux qui 
s'intéressent aux moeurs du xv« siècle trouveront d'abondantes 
richesses dans ce volume. Parmi les morceaux les plus curieux, 
nous signalerons le récit du procès d*Antonin de Suze, dit le 
Galois, un de ces chevaliers brigands qui profiloient des 
troubles et des guerres pour, à la tête d*une bande de routiers, 
piller et rançonner les villes et les provinces ; l'Inventaire du 
trousseau que fit Amédée VIII à sa fille Marie, fiancée au duc 
âe Milan, Philippe Visconti, fournit aussi des données inté- 
ressantes sur les costumes, les usages et la vie d'intérieur de 
la cour de Savoie. M. le marquis Costa a publié intégralement 
tous les documents dont il s'est servi, ce qui ajoute au prix 
du remarquable travail dont il les a fait précéder. La série des 
Souvenirs du règne d* Amédée VIll est imprimée à Chambéry, 
par Puthod fils, sur ce grand et beau papier verger qui rap- 
pelle les plus beaux papiers des xv® et xvi® siècles. C'est en 
résumé un beau et splendide volume et que tout bibliophile, si 
délicat et si friand qu'iji puisse être, voudra joindre aux livres 
délite qui composent sa bibliothèque. 



140 LE CABINET HISTORIQUE. 



LA TIE ET LES ŒUVRES DE JEAN-BAPTISTE PIGALLE, SCULPTEUR; 

— par P, Tarbé, — Paris, Renouard, 1 vol. in-8**, 268 p. 

Nous n'avions pas la biographie du sculpteur Pigalle, et les 
Archives de Vart français où MM. de Chennevières. Montai- 
glon et Duplessis ont réuni tant de curieux documents, ne 
contenoient encore sur notre artiste que la très-partiale et 
très-incomplète notice de YAbecedario, de P.-J. Mariette. L'a- 
bondant et spirituel auteur de tant de belles et bonnes publi- 
cations, M. Prosper Tarbé, vient de nous la donner. On trouve 
dans son livre, fait avec amour et prédilection, les qualités de 
style et d'imagination qui distinguent les notices littéraires 
mises par M. Tarbé en tête de ses Poètes champenois. On con- 
noit la manière de Fauteur, on sait qu'il i^aime à s'identifier à 
celui dont il écrit l'histoire. Ici notre savant biographe avoit 
plus d'une raison de s'intéresser à son héros. Pigalle est son 
homme, non-seulement comme artiste et comme gloire natio- 
nale, mais encore à titre d'allié, de parent, qui partant a 
double droit à ses affeclions, à ses éloges, à ses légitimes sym- 
pathies. On comprend mieux, ceci dit, l'admiration exclusive 
que professe M. Tarbé pour le caractère et le talent de l'au- 
teur du Mercure, Les lecteurs trouveront donc dans son nou- 
veau livre, outre Tesprit qu'il met à toutes choses, ce style 
imagé, poétique qui, chez lui, n'exclut ni la science ni les re- 
cherches; une polémique excellente sur les questions d'art, 
une appréciation judicieuse des œuvres du grand sculpteur, et 
mieux que cela, l'accent de l'homme honnête et convaincu, qui, 
malgré les nombreux déboires dont la carrière du littérateur 
comme celle de l'artiste est semée, n'en conserve pas moins 
une grande sérénité d'âme, une bienveillance inaltérable pour 
chacun, et Tardent désir de faire profiter le public d'une 
science qui ne s'achète qu'au prix de nombreuses veilles et de 
sacrifices de tout genre. 

— Marie-Antoinette et la Révolution françoise. Recherches 
h istoriques par le comte H. de Vieil-Castel; suivies des Instrue- 



BIBUOGRAPmS. 141 

tims inorales remises par l'impératrice Marie-Thérèse à la reine 
Marie-Antoinelte^ lors de son départ pour la France en 1770, et 
pMiées d'après le manuscrit inédit de l'empereur François^ son 
père. 1 V. ia-12 de 452 p.; prix : 4 fr. 

Marie-Antoinette! Ce nom remue lame, vibre au cœur et 
provoque les larmes ! Que n'a-t-on pas écrit déjà et que ne 
reste- t-il pas à écrire encore sur cette auguste victime de nos 
crimes révolutionnaires ! Les précurseurs des bourreaux n'ont 
pas failli à dire que V Autrichienne a voit été prédisposée par 
une mauvaise éducation à tous les désordres, à tous les atten- 
tats qui servirent de base à l'acte d^accusation signé Fouquier- 
TinvÛle. — On n'avoit pas touché, jusqu'à ce jour, dans les bio- 
graphies de la malheureuse reine, à ce point de départ d'une 
carrière un instant si brillante. Cependant un document pré- 
cieux existoit, destiné à fixer toutes les incertitudes à cet égard. 
Tout le monde sait avec quel rare bonheur et quelle finesse de 
flair et de tact M. Techener sait dépister et conquérir les raretés 
bibliographiques. « L'éditeur de ce volume, dit en parlant de luî- 
• même notre célèbre bibliopole, connoissoit depuis longtemps 
» l'existence de ce document précieux.» C'est dire que la proie ne 
pouvoit échapper au vautour. — Les Instructions de l'empereur 
François sont donc devenues la conquête de M. Techener et, 
par suite, du public, justement curieux et impatient d'en pren- 
dre connoissance. Le volume, à peine publié depuis un mois, 
est en ce moment-ci entièrement épuisé. — Nous attendrons 
donc la nouvelle et splendide édition qu'on nous promet de ces 
Instructions qui, quoique d'un style un peu tudesque, reste- 
ront un monument acquis désormais à l'histoire. — Mais nous 
n'attendrons pas plus longtemps pour dire quelques mots des 
hecherches historiques dont M. le comte de Vieil-Castel a fait 
précéder ce précieux document. 

Nous nous hâloiis de dire que le travail en question^ venant 
d'un homme comme M. de Vieil-Castel, ne pouvoit être qu'un 
nouveau panégyrique destiné à venger l'auguste victime des infâ- 
mes imputations de la haine et de l'aveugle acharnement des ré- 
volutionnaires. Malheureusement, M. de Vieil-Castel s'y prend 



t4SI LE GABOlBrr 1IIST91IQUE. 

d'une façon à produire de doiilotireuses impressions stir Fes* 
prit de la plupart de ses lecteurs. Selon lui, ce sont moins les 
niaises et atroces imputations des Terroristes q»i ont perdu la 
reine que les cabales et les intrigues de famille, la haine cal- 
culée de Monsieur, el les basses perfidies de madame Adélaïde, 
tante du roi. Nous savions bien que les essais d'outrages contre 
la jeune et charmante reine étoient partis des hauts rangs de 
la société, et qu'à l'envie excitée par tant d'éclat, de grâces, de 
beauté et de jeunesse se mêlèrent des haines politiques, des 
coteries de cour et des raffinements de calomnies que Marie- 
Antoinette eut le tort de couvrir trop obstinément de la fierté 
de ses mépris. Mais nul écrivain sérieux n'avoit rendu comp- 
tables de tant de bassesses et d'infamies la tante et le frère du 
roi ! Nous regrettons que M. de Vieil-Castel n'ait pas reculé de- 
vant cette triste lâche. Ce ne sont plus, suivant lui, ceux que 
l'implacable histoire a si justement stigmatisés qu'il faut accu- 
ser des malheurs de Mari e^ Antoinette, ce sont les courtisans 
les plus rapprochés du trône, ceux qui, au premier péril, aban- 
donnèrent par la fuite et l'émigration le roi qu'ils avoient dépo- 
pularisé, la reine qu'ils avoient avilie et déshonorée. Et parmi 
les plus coupables, il faut notamment placer Monsieur, Louis* 
Stanislas-Xavier 'depuis Louis XVllI), celui au sort duquel se 
rattacha dans l'exil l'Antigone françoise, comme on appela de- 
puis madame la duchesse d'Angouléme, cette héroïque fille de 
Marie-Antoinette; — Mesdames, tantes du roi, Tinoffensive ma- 
dame Victoire, la pieuse et dévouée madame Elisabeth, et par- 
dessus tout madame Adélaïde, contre laquelle l'auteur réunit 
une masse d'indices et de preuves puisées — exclusivement il 
est vrai, — dans les Blémoires de Bachaumont. 

Il faut avouer que voilà une singulière autorité que ce ramas 
infect d'anecdotes de ruelles, de couhsses et de bas lieu, qu'un 
homme de goût peut bien se décider à laisser dans un coin de sa 
bibliothèque, parce que en résumé, si perverses que soient les 
mœurs qu'il se donne la mission dépeindre, Tauteur est malheu- 
reusement quelquefois près de la vérité, et que d'ailleurs on 
trouve dans son livre des récits curieux de littérature et de biblio- 
graphie* — Mais à côté de ces rencontres heureuses de l'auteur» 



qoe de foits controoyéft, que de mensonges éliontës et d« diffa- 
mations avérées, clandestinement recueillies et publiées sous la 
rubrique mensongère de Tétranger ! On aura une idée de Tes- 
time et de la confiance que méritent les propos de Bachaumont 
dans ce qu'il dit de Tauteur même de ses jours. Bacbaumont 
nous raconte sans scrupule les escroqueries de son père et les 
amours de sa mère, d*abord avec un conseiller, puis avec un 
comédien italien, pendant qu'elle s'étoit retirée dans un cou- 
vent après son «veuvage. Aucun sentiment de pudeur ne Tar- 
rêle, à cet égard, et il nous dit bien franchement que ceux qui 
depuis ont voulu le flatter ou dont Tamitié les prévenoit en sa 
faveur, disoient « qu'il rcssembbit plus au conseiller qu'à son 
père. » *— Si Bachaumont parle ainsi des auteurs de ses joui^s, 
an fieut juger àt ce qu'il est Capable de raconter sur les au- 
tres et le degré d'estime que méritent ses récils. En regrettant 
dâos le livre, d ailleurs si retharquable de M. de Vieil-Gastel , 
d^ aecuiatioos si graves ât'sî inattendues^ nous sommes heu-* 
reux de voir que ces accusations reposent eiduslvement sur u» 
historien plus que suspect et dent il est permis à teut leeteur 
honnête de repousser l'insuffisant témoignage. 

— FEUX Armand, curé de Saint-Marlin-Lys ; sa vie et son 
9mre^ par M. L. Amirl,— Parw, G. Leooffu^ 185*, in-12 
de7ip. — Prix, Ifr. 

'La charité qui puise son principe dans la religion a produit 
«a tout ten^p&djss sacrifices héroïques et des dévouements sans 
bojrae. C'est elle qui a inspiré toutes ces institutions consacrées 
par le christianisme au soulagement de l'humanité, et qui a 
rendu célèbres les noms de saint Vincent-de-Paul, de Belzunce, 
de Fénélon et de tant d'autres. Mais à côté de ces grands génies 
d^ la bienfaisance, la religion chrétienne a suscité dans un rang 
ififérieur une foule d'hommes forts et dévoués qui ont contribué 
au bonheur particulier des individus par l'ascendant qu'ils ont 
pris et surtout par l'influence qu'aa nom de la charité ils 
ont exercée sur leurs contemporains. La vie du pieuK Qt nM>destiai 
curé de Saint-Martin-Lys (Aude), que nous raconte le livre de 
VL. Amiel, est un exemple de plus de ce dont est capable Tar^ 



144 LE GABmST HISTOBIQUE. 

dente passion du prochain que stimule le sentiment chrétien. 
— Peu de personnes aujourd'hui soupçonneroient dans un brave 
curé de campagne l'homme de dévouement et de génie qui le 
premier osa frayer un passage à travers les gorges inaccessibles 
de la Pierre-Lys, œuvre colossale, accomplie par les soins et 
uniques efforts de Félix Armand, avec les ressources les plus 
exiguës, une imperceptible subvention départementale et sans 
Tintervention d'aucun agent des ponts et chaussées. — C'est 
pour perpétuer un fait aussi merveilleux que, sur le vœu du con- 
seil général de TAude, un décret impérial a récemment autorisé 
la ville de Quillan à ériger une statue à la mémoire de Félix 
Armand, curé de Saint-Martin-Lys, né en 1742, mort en 1825. 
L'exécution en est confiée au ciseau de l'éminent artiste auteur 
de la Vierge colossale du Puy, M. Bonnassieux, et c'est pour 
propager la souscription au profit de laquelle se vend son livre, 
que M. Amiel a raconté cette vie pleine de faits touchants, d'hé- 
roïque dévouement, et traversée pai* tant d'émouvantes péripé- 
ties. Nous ne saurions trop louer le travail de H. Amiel^ qui 
d'ailleurs se recommande de lui-même et àlant de titres. 



Nous avons sous les yeux le cinquième vol. in-^** du Catalogue 
de la Bibliothèque impériale (section de l'histoire de France). 
11 contient 15,702 mentions, lesquelles jointes, à 72,442 men- 
tions renfermées dans les quatre premiers volumes, portent au 
chiffre de 8^,141 le nombre de numéros, de mentions, d'édi- 
tions nouvelles et de rappels. — Le volume dont il s'agit com- 
prend l'histoire religieuse de la France; huit sections sont con- 
sacrées à l'histoire ecclésiastique, aux actes du clergé, aux rap- 
ports de l'Église à l'État, à l'histoire des ordres religieux en 
France, aux cultes non catholiques. —L'énumération des ouvra- 
ges relatifs aux Jésuites ne remplit pas moins de 63 pages. Parmi 
les cultes dissidents, on remarque ce qui est relatif aux tliéophi- 
lantropes, aux néo- templiers, aux saint-simoniens et à l'œuvre 
de la régénération spirituelle révélée à Pierre- Michel Vintras. 

Le sixième volume, maintenant sous presse, contiendra l'his- 
toire constitutionnelle. 





REVUE MENSUELLE. 



XVI. MEMOIRE DE M. DE GAMPREDON SUR LES 

NÉGOCIATIONS DU NORD. 
(SuUe et /If».) 



Tout impraticable que parut l'exécution de si va&tes projets» 
ils flattoîent trop le ressentiment de Charles XII contre les 
roys d'Angleterre, de Danemarck et de Prusse pour qu'il 
ne s*y livrât pas avec empressement. Son grand courage, et 
son envie démesurée de guerroyer luy rendoient tout possible, 
et Goêrts, agissant sur ce principe, revenoit d'Alland avec le 
traitté secret conclu avec le czar, lorsqu'il apprit, par sa dé- 
tention, que S. M. suédoise avoit esté tuée au siège de Frédé- 
rickshall de la manière que tout le monde a sçû. 

Par cet événement les affaires de ce malheureux royaume 
changèrent de système, sans avoir de ressources, par la foi- 
blesse extrême où une guerre de dix-huit ans l' avoit réduit. 
Les premiers mouvements se portèrent à l'assemblée des États : 
on y déclara le royaume électif, et la princesse Ulrique, épouse 
du prince de Hesse, reine à ce titre. La vengeance eut son 
tour, et Goêrts fut décapité par sentence des États. Il s*étoit 
attiré la haine universelle; la populace, devenue furieuse par 
Paris. — Typ, Wittersbeim. — 8e année. Doc. 



10 



146 LE GAUHOT mSTORIQITE. 

une longue misère, deinandoit ce sacrifice avec menaces (peut- 
eslre T) avoiUèh excitée sous main), et à rédabier contre le 
gouvernement despotique, regardé comme la principale cause 
des maux sous le poids desquels on gémissoit. 

En effet, on estoit convaincu que Topiniatreté du roi de 
Suède dans ses principes avoit réuny tous ses voisins pour pro- 
fiter de ses dépouilla, sous le prétexte spécieux d'opposer une 
digue à son ambition, Le roi d'Angleterre, comme duc d'Ha- 
nover, convoitoit depuis longtemps les duchés de Brème et de 
Verden, dont il s'estoit emparé ; le roy de Danemarck, le duché 
de Sleswick ; celuy de Prusse, la Poméranie ; le Czar, llngrie, 
la Finlande et la Livonie : touttes ces puissances armées es- 
toient en possession de leurs lots ; elles agissoient vivement et 
de concert pour resserrer la couronne de Suède dans les an- 
ciennes bornes où Gustave Vàsa Ta? dt trouvée après rexpulsion 
de Christiern II, roy de Danemarck. 

A ces raisons particoUères d'agrandiasomoBit de la part de ces 
voisins, s'en joignoit une générale et politique : jaloux, pour ne 
pas dire ennemis naturels d6 la France, ils tendoient à luy 
rendre inutile la seule puissance du Nord^ son ancienne alliée, 
dont les armes victorieuses, appuyées des nôtres, avoient porté 
Tallarme jusques au tbrone impérial. Cette époque, quojque 
fort reculée, et qui avoit enfanté les fameux traittés de West- 
phalie, leur estoit et leur sera toujours présent»; la Suède en 
estoit un des principaux garants, et le plus effioace par la 
proximité de ses forces en Poméranie. Jamais de plus favora- 
ble conjoncture pour rendre cette garantie caduque, s'il prencât 
envie à la France de soutenir celte pragmatique sanction en 
faveur des princes de l'Empire, qui en ont reasenty de si fré- 
quentes violations, princes que nos roys ont un intérest si es- 
sentiel de gloire, et d'état de niaintenir dam les privilèges, 
immunités et régales dont ils doivent jouir en vertu de ces 
traittés confirmatifa de la bulle d'or, et qui servent en des cas 



MÉMOm M M. 0B CâMPRlDON. I4t 

ivijs^ OU apparents, de prétexte aux goerrea asaez sôuteut 
oée^saires, pour a'opposer à Fambition ai naturelle à la naiaon - 
d'Autriche. 

Telle eatoit la sttuaticm dea chose» dans le Nord au cdoi- 
mencement de Tannée 1719. La guerre que la France a Voit 
soutenue contre la pluspart des puissances de l'Europe estoit, 
à la vérité, finie par les traittés d'Utrecht, de Rastadt et de 
Bade ; il aembleit mesme que la mort du feu Roy, qui aroit 
hissé son royaume dans un épuisement général de finance, 
dût iVleUtir Tinquiétude et les mouYements de la politique des 
eàvieux de sa gloire ; cependant, la cour de Vienne n'en fit pas 
h fine; elle prétendit, et s'en expliqua asse^ publiquement 
par ses ministres ddns les autres cours, que M. lé régent devoit 
hn tenir beaucoup de compte, comme un acte de générosité 
oompatîssante^ de ce qu'elle ne proffltoit pas de nostre état 
de foiblease, et que ses alliés se contentoient de reprendre ce 
qôi Imir atoit esté enlevé par Id Suède, soutenue de nos armes 
tt de iMd subsides. 

tl est à croire que ces objets unis aux autres vues de S. A. R. 
TavOient engagé dans l'alliance intime du roy de la Grande- 
Bretagne, persuadée que marchant d'un pas égal à Texécution 
dea traités de la i|uatriêtne alliance, ce prince, satisfait pour la 
portion àes débHs de la Suède, des duchés de Brème et de 
Verden^ se p((rtéroit efficacement à diminuer les autres sacri- 
fices de cette couronne,. et à la garantir de la dangereuse inva- 
iiotl des ttniieâ du Ctat qui, piqué de la rupture des confé- 
rtmees d'Alafid par la niort du roy de Sdède, faisait actuelle-* 
ment ravager les pi^vinceë Voisines de Stockholm. 

Les Anglois, soUpçonant M. le comte dé la Mark d'estre 
entré pouf- quelque chose dans le projet de l'entreprise en 
faveur du ehevalii»' de Sàint-^Georges, ou peut-estre de ne pas 
•e preater assez docilement au plan formé par les ministres de 
8* M* B< de concert avec les roys de Danemarck et de Prusse, 



148 LE CABINET HISTOBIQUE. 

pour la paix dt Nord, firent rapeller cet ambassadeur. Oa 
nomma le comte de Senecterre pour aller en cette qualité à 
Hannower, ou le roy d'Angleterre s'estoit rendu, et S. A. R. 
jetta les yeux sur moy pour y accompagner ce ministre pour 
traiter du salut de la Suède avec milord Stanhope, confident de 
S. M. B. et relativement au succès, pour repasser en Suède 
lorsque ces deux ministres le jugeroient nécessaire. 

Avant mon départ j'avois eu plusieurs entretiens avec 
M. Tabbé Dubois, alors ministre des affaires étrangères, il 
m'avoit demandé différents mémoires sur les affaires du Nord, 
et spécialement par rapport à cette paix qui soufroit de 
grandes difficultés dans le principe, que je ne perdois jamais 
de vue, de conserver à quelque prix que ce fût à la Suède autant 
de possessions qu il seroit possible en Allemagne, sans quoy 
cette couronne» la seule sur laquelle nous pouvions compter 
dans le Mord, nous deviendroit plus à charge, qu'utile; en 
sorte qu'il n'y avoit qu'à opter, entre le party de la secourir, 
fondé sur des raisons que je déduisois avec évidence,- ou celuy 
de l'abandonner, avec les maximes établies depuis deux siècles 
dans nostre gouvernement, et dont la couronne s'estoit si 
bien trouvée. 

Ces mémoires, quoy qu'assez forts, ne déplurent pas au mi- 
nistre : mes instructions furent dressées à peu près sur ce 
canevas, mais elles me prescrivoient bien expressément de 
tout mettre en usage pour l'entière satisfaction du roy d'An- 
gleterre. Ce prince avoit un double ministère: celui de Londres 
penchoit à la conservation de la Suède : elle intéressoit essen- 
tiellement la nation angloise par le grand commerce qu'elle y 
fait de fer, de cuivre et de godron : cette mesme nation voyoit 
avec peine Tagrandissement des États héréditaires de son'roy ; 
le ministère de Hannower^ à la tête duquel se trouvoit 
M. de Brensdorf, favory chargé de l'indignation secrette des 
Anglois, pensoit et agissoit tout différemment; son grand 



MÉMOIRE DE M. OE GAMPRBDON. 149 

objet estoit d'accroître le domaine de son maître pour augmen* 
terenmesme tems son crédit. Également indisposé contre la 
France et la Suède, il traversoit toutles leurs vues sans beaucoup 
de ménagement, et s'opposoit sous main à la négociation que 
M. de Widword conduisoit à Berlin au nom du roy d'Angle- 
terre, en attendant qu'il fut assuré que le colonel Baséwits, son 
parent, qui en négocioit à Stockholm eut pour ainsy dire arra- 
ché des Suédois les cessions dont les alliés du Nord estoient 
convenus entr'eux ; par les articles préliminaires de la paix à 
conclure sous la médiation de l'Angleterre, on voulut bien y 
admettre celle du Roy en faisant envisager à Brensdorf une future 
principauté pour lui dans l'Empire, et un secours d'arçent de 
la part de la France pour la Suède, s'il restoit encore assez de 
forces à ce royaume pour en faire usage, et pour se soutenir 
josqaes à l'arrivée de l'escadre des vaisseaux anglois, destinée 
à chasser les Moscovites, qui, comme on l'a dit, infestoient les 
environs de Stockhohn. L'amiral Noris, commandant de cette 
flotte, la tenoit à l'ancre dans les passages de Carlescron, en 
attendant des nouvelles de milord Carteret. Ce ministre estoit 
arrivé à Stockolm avec le caractère d'ambassadeur plénipoten- 
tiaire d'Angleterre; il avoit ordre d'agir de concert avec 
H. de Baséwits pour obtenir des Suédois la signature des 
prétiminaires arrêtés à Berlin, en leur montrant en perspec- 
tive la flotte angloise preste à venir à leur secours avec l'ar- 
gent de la France, ou à reprendre la route de ses ports, s'ils 
faisoient trop les difficiles sur les cessions aux conditions ré- 
glées par le roy d'Angleterre. 

Telles estoient les dispositions dans lesquelles M. le régent 
estoit entré lorsque je partis pour Hannower au mois de juin 
1719. M. le comte de Senectere avoit de fréquentes conférences 
avec milord Stanhope, mais je m'apperçus bientôt, par ce que 
ce ministre anglois m'en conûoit, qu'il n'y estoit question que 
de la thèse générale de procurer la paix du Nord ; je n'y parois- 



soiâf pour rieny que comme un^ toile d'attente s'il faMroit, ou 
0oa faire le voyage de Suède, Trois eemaines s'écoulèrent dans 
cette inoertitude, mais eufin milord Staubope ayant reçu un 
Courier de Berlin, et M. de Bernsdorf un autre de Stockholm» 
}e premier m'envoya dire de Talier trouver : il me communiqua 
quelques articles des dépêches de M. de Widword portant que 
tout estoit réglé avec leroy de Prusse, et que Baséwits donnott 
}a mesme espérance du cotté des Suédois : qu*il estait néce»- 
jsaire que je me rendisse auprès de S. A* B. poui* luy en rendre 
pompte de bouche et lui faire Qonnoitre que si elle vouloit bien 
se déterminer à joindre un secours d'argent à eeluy de la fletle 
angloise, j'irois la joindre ^ mon retour avec Tordre de mettre 
incessamment h la voile, et que je trouverois à Lubeokune fré- 
gate angloise destinée à mon transport. 

Je priay milorc} Stanhope de réfléchir que je ne pouvois en- 
treprendre ce voyage sans le consentement et mesme Tordre 
de Tambassadeur du Roy, et qu'ainsy il estoit nécessaire qn'il le 
disposât à me le donner ! il aprouva ma pensée, «t dès le len- 
demain, il en parla à ce ministre, sans luy rien dire cependant 
de nostre conférence, pour ne pas Tindisposer, ni luy donner 
aucun soupçon. 

An retour de cette conférence, M. le comte de Senederre me 
dît en grand secret que le roy d'Angleterre trouvoit h propos 
que je partisse en poste pour porter à M. le régent la nouveBe 
de la résolution prise de secourir la Suède ; qull me prioit de 
me tenir prest pour le lendemain ; il employa la nuit à faire luy 
mesme sa dépêche, et milord Stanhope me remit le soir mesme 
un billet de sa main ; il y marquoit à M. Tabbé Dubois que 
son SA. R. pouvoit ajouter une entière croyanoe à ce que j'aurois 
Thonneurde luy dire de là part du roy son maître, et de la 
sienne : que du succès de mon voyage dépendoit le salut ou la 
p^te de la Suède , cette dernière paroissant prochaine par les 
avis qu'il avoit receus de Stockholm. 



MÉMOmiE DB U. DE CAMPRBDON. IM 

Arrivée Paris, j'allay chez M. Tabbé Dubois ; il me demanda 
assez brusquement ce qui me ramenoit sitost. — « Les ordres de 
M. le eointe de Seneeterre, > lui dis-je, « et voilà une de ses dépè- 
ches <jpii TOUS en aprendra le sujet. — ^E t que chan tera-t-elle ?» ré- 
pliqua ce ministre. U la jetta sur la table. ■ Nous la lirons à loisir. 
H'ave&>Tous rien autre chose à me dire ? • — Je luy remis le billet 
de miiord Stanhope, il le lut aveeun extrême plaisir ; je luy rendis 
un compte exact de toot ce qui s'estoit passé dans nos conférences 
secrette^ d'Hanower; il m'embrassa, partit sur4e^bamp pour 
eaoi informer S. A. R;, m'ordonnant de l'attendre dans sa cham- 
bre, pour dîner avec luy; nous lûmes la dépêche de H. de Se- 
nectere, elle ne epntenoit que ce que j'avois expliqué plus en 
éétail. M. Tabbë DubcMs dit que le Régent estoit très contât 
de ma relation, qu'il vouloit m'entretenir en particulier, et que 
je revinsse le lendemain pour prendre ses ordres; il loua beau- 
coup les talents, la franchise de miiord Stanhope, son attache- 
ment pour M. le Régent, et son zèle pour la France. Ce ministre 
ie témoignoit efféetÎTement : je luy ay toujours reconnu des 
principes d'honneur et de bonne foy ; il avoit la confiance du 
roy son maître , mais soit la multiplicité des affaires dont il 
estoit chargé surtout à Hanower, où il deroit estre continuelle- 
ment en garde contre les pièges que M. de Brensdorf luy ten- 
deit, soit tempérament, sa distraction estoit si grande, que 
souvent on luy parloit un quart d'heure de suite sans qu'il eût 
entendu une parole de ce qu'on luy disoit ; la politesse succé- 
doit à cette espèce d'extase, il faisoit des excuses, et l'on sortoit 
toujours satisfait de sa conversation. 

A ma seconde audience, M. l'abbé Dubois me dit que S. A. R. 
iroit coucher à Saint-Gloud exprès pour pouvoir m'entretenir 
sans témoins incomodes et suspecte, qu'il me donneroit une 
lettre que je remettrois au sieur Coche, son valet de chambre, 
afin qu'il m'introduisit chez le prince le lendemain à son lever. 
J'eus l'honneur de luy répéter en détail, que le roi d'Angle- 



152 LE GAfilNET HISTOBIQDB. 

terre avoit terminé sa négociation à Berlin, le jour mesme que 
M. de Brensdorf, surnommé le père des difficultés^ avoit cessé 
de s'y opposer ; que les choses paroissoient sur le mesme pied 
à Stockholm, que le roi de Danemarck avoit aussy accc)>lé les 
préliminaires en général, de mesme que la médiation de S. M.B. 
pour le traitté définitif à conclure avec la Suède; qu'on ne 
s'estoit point encore expliqué sur Tintervention de cdle du Roy, 
M. de Brensdorf, ni les Danois n'en ayant pas encore voulu 
entendre parler jusques alors ; mais que milord Stanhope se fai* 
soit fort pour le Roi son maître, de faire passer cet article — par 
considération pour S. Â. R., ajouta-t-il, et pour luy faire sa 
cour ; que quoy que les Moscovites fussent pour ainsy dire aux 
portes de Stockholm avec leur armée, après avoir brûlé Nord- 
koping, détruit plusieurs forges de fer, et mis le feu aux forêts 
d'où l'incendie s'estoit répandu au loin, le roy d'Angleterre 
n'estoit point déterminé à faire agir sa flotte, si le Roi n'en* 
voyoit une somme d'argent pour aider la Suède à agir de son 
costé par mer et par terre : que j'avois compris dans mes difé- 
rentes conférences avec milord Stanhope, que les Anglois n'a- 
voient pas envie de faire grand mal aux Moscovites ; que la 
Chambre basse surtout s* y opposoit de tout son pouvoir, à 
cause de son commerce : que la nation regardoit cette levée de 
boucliers commB uniquement faite pour les intérests particu- 
liers de rÉlectorat d'Hanower; que ce motif si déterminant 
dans le gouvernement d'Angleterre, pouvoit bien estre la prin- 
cipale cause de la répugnance que j'avois remarquée dans ses 
ministres à faire agir sa flotte en faveur de la Suède ; qu'ils 
seroient peut-estre ravis d'avoir un prétexte plausible d'en re- 
jetter la faute sur la France, et que tout cela bien considéré, je 
ne pensois pas qu'on pût se flatter que les Anglois prissent au- 
cun engagement offensif contre les Moscovites, quelque grande 
que put eslre l'extrémité où les Suédois seroient réduits ; que 
mon djevoir ne permettoit pas que je dissimulasse ce$ déqou- 



MBMOIRE DE V. DE GAMPREDON. 153 

T^les à & A. R.; qu'instruite d'ailleurs des anciennes et véri- 
taUes mai^mes de la couronne, les conséquences d'un abandon 
de celle de Suède n'échaperoient point à sa pénétration : maxi- 
mes devenues d'autant plus nécessaires que si la Suéde estoit 
une fois anéantie, les Anglois despotiques en Danemarck, puis- 
sants parmi les princes protestants de l'Empire, à portée par 
leurs grands établissements en Russie, et par leur argent, de se 
laeomoder avec le C2ar, la France se trouveroit dénuée de toute 
espèce d'alliance et de secours dans le Nord, le cas arrivant 
d'une guerre contre ses ennemis naturels qui y avoient de leur 
costé une abondante liberté de commerce et de navigation, dont 
la privation, quoy que bien différente de celle où nous nous 
trouverions alors a esté si préjudiciable pour le précédent règne 
parla disette de bleds, et des autres marchandises pour la ma- 
rine, qu'il faut nécessairement tirer du iNord toutes les fois que 
nous sommes en guerre avec la Hollande ; que je demandois très- 
humUemoBt pardon à S. A. R. de la liberté que j'osois pren- 
dre de luy mettre ces objets devant les yeux; que c'estoit un pur 
effet de mon zèle pour le service de TÉtat dont il conduisoit si 
glorieusement les rênes, et de mon attachement inviolable pour 
sa personne, cette réunion de devoirs ne pouvant estre incom- 
patible avec celuy de compatriote dans lequel j*étois né, et je 
Toubis mourir.-* Le reste de la conversation roula sur des parti- 
cularités moins importantes touchant le caractère des ministres 
d'Angleterre et de Hanov^er, et sur la nécessité de faire agir 
promptement la flotte, ne dût-elle que se montrer pour éloi- 
gner au moins le péril dont la Suède estoit menacée par les 
Moscovites. 

S. A. R. eut la bonté de m' écouter favorablement, et d'a- 
prouver mes réflexions : elle me fit l'honneur de me dire que 
j'étois un des premiers qui luy avoit parié vray, et me frappant 
sur l'épaule, qu'elle s'en souviendroit pour me faire du bien, 
qu'elle me renvoyeroit incessamment avec 300,000 écus de 



1S4 UB CABINBf H1S10RI^9B. 

banque pour la Suède, et que je ne manquasse pas de me 
trouver tous les jouf s au Palais-Royal, évitant de me montrer 
aux curieux; ces 900^000 écus Msei^il alors 2,250,600 Uvres 
de France. 

Deux jours après cette audience, M. le régent me fit appeller 
avec empressement ; il estoit au eenseil avec M. le Blanc et 
M. Law ; il me dît qu^il venoit de recevoir de fâcheuses nour 
velles de Suède, que les Moscovites se disposoient à faire une 
descente à Dalerh : c'est le premier port pour arriver à Stoc- 
kholm^ et qu'il paroissoit fort à craindre qu'ils ne surprissent 
cette ville avant que la flotte angloise fftt arrivée à son secours. 
L'on m'ordonna de dire mon avis sur cet événement ; je de- 
manday la carte du pays, et je fis observer que quoyque l'en- 
trée du Dalerh fut aisée par un bon vent, il estoit éloigné de 
douze lieues de Stockholm, que pour y arriver il falloit lou- 
voyer autour d'un grand nombre de rochers, ce qui ne pia»- 
voit s'exécuter qu'avec des vents différents; que sur trois de 
ces écueils, il y avoit d'assez bons châteaux garnis de canons 
et de soldats, commandés par des officiers du choix du prince 
de Hesse ; que luy-mesme estoit à la teste d'un petit corps 
d'armée capable de s'opposer à l'aproche de celle du C|zar, 
supposé qu'elle eût fait sen débarquement, et voulût tenter 
quelque entreprise, le seul party qu'elle pouvoit prendre; 
estant absurde de croire qu'elle s'engageât avec ses vaisseinx 
dans les détroits qu'on nomme les Chaires, et dont je viens de 
parler, puisqu'ils coureroient mi risque presque assuré de 
n'en jamais ressortir; que par touttes ces raisons, qui estoient 
démonstratives, il estoit moralement impossible que le des- 
sein des Moscovites fût autre que d'alarmer les peuples de la 
capitale et des environs pour voir si à la faveur des intrigues 
secrètes que le Czar y eutretenoit depuis quelques années, il 
n'arriveroit pas quelque soulèvement, mais qu'outre que le 
prince de fiesse y avoit pourveu, les tyrannies exercées contre 



MÉHOWH M K. »l CAMPBBDON. 161 

IflS habitante et les lieus où Us Moscovites aroiont fait deê* 
cents aToicnt'tiiipriiiië une si grande horreor de leur domina* 
tion dans l'esprit des bourgeois de Stockholm, qui ayoient le 
plus à perdre, que je les croroid disposés à tout sacrifier pour 
«'eo garantir, et à se bien deffendre jusqu'à l'arrlyée des se- 
fioiirs que l'Angleterre leur faisoit espérer depuie si longtemps, 
et à Foccaeioa desquels la Suède a?oit fait de si grands sacri* 
fices. A rissue de ee conseil, 6. A. R. demanda à M. Law 
quelle voye seroit la plus prompte, la plus seure, et la plus 
seerette pour faire passer 300,000 écus «^ Stockholm. Il répon- 
dit que le second de ces points ne pouYoit s enécoter par lettres 
de change avec le secret que M. le régent exigeoit ; qu'il y au-* 
reit trop A» risques à eayoyer une aussi grosse somme en louis 
d'or, mais que si on hiy permettoit de la convertir en lingots, 
il 6D assnreroit le tra^isport à 5 pour 100, parce qu'en cas de 
wl, on de perte, il seroit fadle de les recouvrer, au lieu que 
Formonoyë ne laîssoit point de traces à suivre. M. Law eut 
dene ordre de faire fondre cette somme en lingots. Comme 
j'ftQ devois être le «porteur, M. Le Blanc offrit de me donner 
nae escorte ; c^estoit un seul officier qui a^it fait le métier de 
partisan, et je me disposay à partir au moment que M. l'abbé 
Dobeis m'avertiroit d^aller recevtoir les derniers ordres de 
S. A. R. Ce fnt le 19 juillet. II me fit introduire par un degré 
dérobé. M. Tabbé Dubois entama un grand discours pour ex- 
pliquer les motifs des résolutions prises, insinuant que la con- 
noissance exacte que j'avois des afiTaires du Nord, et ce qu'il 
avoitplu à 8. A. R. de m'indiquer de ses intentions me suffl- 
soit, sans qu'il fût nécessaire de me donner des instructions 
par écrit, n'estant guêres possible de décider sur les incidents 
qui surviendroient dans le cours d'une négociation à tant de 
différentes puissances. Je répondis qu'il s'en falloit beaucoup 
que j'eusse des lumières et une capacité proportionnées au 
travail et à l'importance des négociations dont elle vouloit 



156 LE CABINET HISTORIQUE. 

bien me charger, en sorte qu'elle auroit lieu de me regarder 
comme le plus téméraire et le plus imprudent de tous les 
hommes si j'endossois une si vaste entreprise sans estre mxiny 
d'une pièce aussy essentielle que l'instruction par écrit , 
laquelle non-seulement caractérisoit le ministre, mais encore 
devoit servir de base et de garant de sa conduite. M. le régent 
dit avec assez de vivacité en regardant M. Tabbé Dubois, que 
j'avois raison; qu'on dressât ce jour même mon instruction, et 
que sans tant de verbiage de sa part, M. le comte de la Marck 
n'estant pas agréable aux Anglois, il m'avoit cboisy pour son 
homme de confiance dans le Nord, qu'il comptoit également 
sur ma fidélité et sur mon zèle, que je m'en retournasse à 
Hanower avec les lingots d'or que j'irois prendre chez M. Law, 
et que si milord Stanhoppe jugeoit qu'il y* eût du risque à les 
porter par mer, je passerois à Hambourg pour les remettre à 
M. Poussin, envoyé du Roy. Ce n'estoit assurément pas l'inten- 
tion des Anglois ; ils vouloient avoir tout le mérite de ce se- 
cours auprès des Suédois pour adoucir en quelque manière 
l'amertume de leurs sacrifices, et ils les en avoient déjà pré- 
venus avant mon arrivée à Hannower. J'y fus receu avec tous 
les applaudissements imaginables; j'en partis deux jours après, 
et je m'embarquay à Lubeck sur la frégate angloise qui m'y 
attendoit. Je trouvay la flotte angloise à la vue de l'isle d'Han- 
noé, à cinq lieues de Carlescron; elle estoit composée de 
18 vaisseaux de ligne, quelques frégates légères, 2 brûlots, et 
plusieurs bâtiments de charge ; je remis à l'amiral Noris les 
ordres du Roy, son maître, de faire voile vers Stockholm. Il 
me dit qu'il attendoit la jonction d'une escadre suédoise qui 
s'armoit à Carlescron ; il scavoit bien qu'elle ne pouvoit pas 
estre sitost preste; le motif de son retardement estoit la nou- 
velle qu'il attendoit de la signature des préliminaires, quoy- 
qu^on m'eut assuré du contraire à Hanower. 
Je rencontray en chemin le courier de milord Carteret qui 



KÛIOIRE DE W. DE GàMPRBDON. 157 

lui portoit la nouVelIe de cette signature. La flotte partit à 
son arrivée et vint à Dalerh, d'où celle du Czar s'estoit éloi* 
gnée ainsy que Je lavois préveu. 

farrivay à Stockholm le 5 septembre. Le prince de Hesse 
envoya aassytost chez moy un de ses chambellans pour s'assu- 
rer s'y i'avois aporté la somme promise et me fit dire qu'il 
seroit bien aise de me voir le plus tost qu'il seroit possible. Il 
m'estoit ordonné de bouche de ne remettre à personne mes 
lingots qu'après en avoir concerté le tems avec milord Carte- 
ret, et que je serois informé de l'arrivée de la flotte angloise. 
A la première visite que je fis à ce ministre, il exigea que je 
lui montrasse mes instructions, assurant que milord Stanhope 
lui marquoit en estre ainsy convenu avec M. l'abbé Dubois; 
je ne pou vois en douter par leur stile qui portoit de tout mettre 
en usage pour l'entière satisfaction du roy d'Angleterre ; mi- 
lord Carteret me fit une espèce de compliment sur la future 
admission de la médiation du Roy pour les traittés solemnels 
avec celle du Roy son maître, dans la seule vue dit-il de faire 
plaisir à M. le régent, et que S. A. R. m'envoyeroit les pou- 
voirs nécessaires pour assister aux conférences en qualité de 
plénipotentiaire conjointement avec luy^ milord Carteret , le 
lieu en ayant esté fixé à Stockholm malgré les oppositions du 
comte Cronhielm, chancelier, et de quelques autres du party 
allemand, m'avertissant de tenir ferme sur cet article lorsque 
je verrois ce chicaneur qui ne manquerOit pas de me parler 
du congrès indiqué à Brunswick par l'Empereur, où le comte 
Weling s'estoit déjà rendu de la part de la Suède, de mesme 
que les ministres de Danemarck, de Prusse, et du Czar. 

Milord Carteret me dit encore qu'il y avoit une forte brigue 
pour faire changer les plénipotentiaires suédois qui a voient 
signé les articles préliminaires dans la vue de traverser la 
conclusion des traités solemnels, et qu'il me prioit d'insister 
auprès de la reine et du prince de Hesse pour empêcher ce 



198 LB GAfiufBT Eonumaotmi 

àïzugementf Ce ({ue j'exéeiitey à ma preihièf 6 audiëneë tvee 
succès et à la grande aatidractioii du minifeti^e anglois gvi a'es- 
toit assuré des intentions de ces plénipotentiaires par la pro-^ 
messie d'une gratification de cent mille éeus^ 

Le prince de Hesae^ dont j'arois Thonneur d'<jstre contitt 
particulièrement, me reoeut avec des témoignages de bonté et 
de confiance trop marquées pour pouToir douter de leur sin- 
eéritéé Dès ce moment il s'ouTrit à moj de touttes ses inquié^ 
tildes, comme de ses plus secrètes pensées, persuadé que 
Sa A. H« m'ayànt renvoyé à cette cour* c' estait une preuve de 
son amitié» dont il se rendroit digne par tous les endroits qui 
dépaidrment persaanellement de luy; que je luy ferois ud sen- 
sible plaisir de les luy suggérer en m'appliquant à sauver ta 
Baufrage un royaume qui avoit toujours esté le plu» fidèle 
allié de la Franee^ Je répondis au prince que pénétré de la 
plus vive reconnoissance d'une bienvâUadce que je n'atois 
encore pu mériter que par des voeuls je travailleinis à faTermr 
les mens avec toute l'application et le zèle qu'il nie eonnmssdt 
pour son service et poui^ le salut de la Suède ^, que j'avois d^à 
remply cette partie de mon devoir auprès de S« A^ R. et qué 
le secours d'argent dont elle m'avpit chargé marquoit asseï 
emnbien Elle s'intéressoît au rétablissement d'une tranqnî' 
lité dont ce royaume estoit privé depuis si longtemsi qu'il 
seavoit combien j'avois esté sensible à ses perles^ et à la fata- 
lité des conjonctures; telles qu'on ne pottvmt raisonablemient 
se flatter dé diminuer beaucoup les sacrifice» que les aBiés du 
Nord avoient résolu d'exiger par la supériorité de leurs forces; 
que j'estois assuré que M. le régent n'y estoit entré que pouf 
l&eber de les adoucir; qu'on devoit regarder l'envcrf àe h 
flotte angloise au secours de la Suède contre les Mdseotites 
comme son ouvrage, et qu'aussitôt qu'il avoit appris que Tac- 
lion de c^te flotte dépendoit d*une smnme d'argent peur 
aider a l'armement de la suédoise, il n'avoît pas batoneë un 



MÉMOnUB m m* VB CâlIPRKDON. 189 

nma&à sur le {(atty qu'il avoit i pitAdre; q[iie)*«i ïïfw esté 
le iémoÏQf et qae Teffet dont j'étoi» porteur ea estoit une 
bonnft preuve. Les Angloi», répliqua le prince, nous avoient 
fait entendre que nous leur avions Tobligation de ce présent : 
ee n'est pas en cela seul que j'ay eu Toecasion de remarquer 
leur peu de sincérité ; ils nous ont écorehés, forcés pour ainsy 
dire à leur abandonner, et à leurs alliés, nos meilleures pro- 
Tinees au dehors, nous donnant des assurances très^fortes 
qu'ils se joindroient à nous contre les Moscovites, et cepen* 
dant dqpuis quatre jours que notre escadre a joint la leur, le 
temps 6t la saison s'écoulent en délibérations sans effet* tandis 
que lafiottedu Ccaf se retire sans aucun obstacle de nos cote», 
oà il aurolt esté aisé de la rencontrer^ et de la détruire rnesme 
diDs le port de Hevel, où die doit nécessairement entr^* 
«Vous seree donaint > ne dit^il, « appelle & un ^rand conseil 
su il doit se décider quelque chose; je compte que vous m'y so- 
«indérés avec fermelé; elle m'est devenue très-nécessaire^ me 
trouvant environné de geiia qui me regardent encore comme 
étranger, et qui, pour couvrir leurs cabales secrètes^ s étu- 
dient à vqetter sur moy les événements, peut-estre pour cacher 
les trahison» dont leurs intérêts particuliers les rendent assés 
capables, et je n'ay pas assez d'autorité pour m'y opposer tant . 
qa'elle sera partagée avec la reine mon épouse, dont je ne 
pms estre que le conseiller* Qseroit (lien à souhaiter que cette 
disposition put changer; la France, et personnellement le duc 
d'Orléans acquéreroient par ce changement un amy âdelle et 
qaipourroit dauslà suite leur devenir utiles » 

J'entendis le prince à demy mot : ^ tçavois qu'il désiroit 
ardemment de monter sur le throsne; il formoit déjà son 
{Nnty dans les États qui dévoient s'assembler vers la fin de 
raanëey et les Anglois pour le faire agir dans leurs vues luy 
aveient montré du penchant à le seconder de leur appuy auprès 
de quelques sénateurs leurs pensioUaires^ eu du moins à qui 



160 LE GABrNET SISTORIQUE. 

ils ayoient promis de l'argent pour opiner à la paix tdle que 
les alliés Tavoient projettée. Sur ces connoissances, dont le 
prince m'avoit confié quelques-unes, je luy répondis qu'il 
estoit nécessaire qu'il s'aidât de son costé du crédit qu'il avoit 
sur l'esprit de la reine pour vaincre la répugnance que cerr 
taines gens lui inspiroient à luy transmettre une autorité dont 
ils s'estoient déjà si bien trouvés par les grâces considérables 
que cette bonne reine leur avoit prodiguées : qu'il n'y pourroit 
réussir qu'en gagnant la famille des Duben, dont la sœur, 
élevée avec cette princesse, la gouvernoit despotiquement; et' 
qu'il connoissoit l'avidité de ces gens-là, élevés de la lie du 
peuple : que tandis qu'il suivroit ce plan, je jugeois nécessaire 
d'aller au plus pressé, à sçavoir l'action des escadres combi- 
nées, vu la saison déjà avancée qui obligeoit celle du Czar de 
regagner ses ports, plustost que la crainte des hostilités de la 
part des Ânglois, ainsy qu'il pourroit en juger dans le grand 
conseil où il me faisoit l'honneur de m'inviter; l'amiral Norris 
ayant déjà fait entendre qu'il avoit ordre de ramener son 
escadre en Angleterre avant l'hyver, qui souvent ferme le dé- 
troit du Sund par les glaces, au commencement d'octobre. 

Le grand conseil de guerre s'assembla au jour marqué ; la 
reine de Suède et le prince de Hesse, tout le sénat, composé 
de dix-huit sénateurs, le comte de Horn, président des États, 
M. Hopken, secrétaire d'État, milord Carteret, l'amiral Norris, 
M. Nicolas Sparre, amiral de Suède, s'y trouvèrent; j'eus ma 
place immédiatement après l'ambassadeur d'Angleterre. 

La reine expliqua en peu de mots le sujet de cette assem- 
blée : le comte de Hom, naturellement éloquent, s'étendit par 
un fort beau discours sur la triste situation du royaume, sur 
la nécessité de profiter de la bonne volonté et du«secpurs que 
S. M. Britannique luy avoit envoyé, pour chasser et affoiblir les 
forces du plus dangereux ennemy delà Suède : que l'armement 
de la flotte suédoise avoit achevé d'épuiser les finances, et 



MÉMOIRE D£ M. DB GANPBEDON. 161 

qa'il n'y avoil pas un moment à perdre si l'on vouloit profiter 
de la conjonctare de la retraite des vaisseaux du Czar en assez 
mauvais état. 

Milord Carteret répondit que s'agissant d'une expédition de 
mer, c'estoit à MU. les amiraux à dire leur sentiment. 

Celuy d'Angleterre exposa les (difficultés et le risque de 
s'engager dans le fond de la mer Baltique en une saison ora- 
geuse par les vents du Nord qui y sont ordinaires; qu'avant 
qn'on eût pu joindre la flotte moscovite, elle auroit g!^gné tour, 
au moins le port de Revel où le Czar avoit fait construire des 
forts qui le mettoient hors d'insulte, que la rade en étoit très- 
mauvaise, qu'une navigation de ce côté-là exposeroit son 
escadre à estre enfermée par les glaces, et qu'il avoit ordre sur 
toutte chose de ne point la laisser hyverner en Suède, ny dans 
aucun autre port du Nord ; il allégua pour raison les makdies 
dont les équipages estoient déjà atteints, qu'elles augmente- 
roient infailliblement pendant l'hyver, et qu'elles la mettroient 
hors d'état d'agir Tannée suivante avec plus de succès et moins 
de risques, qu'il n'y en avoit plus à craindre pour la Suède de 
la pan des Moscovites, informés que le Roy son maître s'estoit 
engagé à sa défense, que cependant comme il luy estoit prés- 
ent de faire tout ce qui seroit praticable pour le service de la 
reine de Suède et de son royaume, il entendroit volontiers et 
mesme avec confiance ce que M. l'amiral Sparre pensoit de 
l'expédition proposée, luy qui devoit avoir une connoissance 
plus exacte de la mer du Nord, comme des facilités ou d(;s 
obstacles dont il la croyoit susceptible. 

M. de Sparre répondit que depuis les conquestes du Czar, 
aucun capitaine ny autre marinier suédois n'avoient fréquenté 
les ports de Livonie, d'Estonie, ny d'ingrie, qu'ainsy il ne 
peuvoit juger de leur force, ny des difficultés qu il y auroit de 
les attaquer, que la saison lui paraisse it mesme bien avancée 
pour le tenter, et qu'il ne vouloit [>as prendre sur luy d'expo - 
be année. Doc. l* 



162 LE CABINET HISTORIQUE. 

ser les âetn escadres à se perdre, ou du moins plusieurs de 
leurs vaisseadic, s*en raportant à la décision de ses supérieurs, 
dont il exécuteroit les ordres. 

La reine de Suède, le prince et la plupart des sénateurs fu- 
rent extrêmement surpris et mécontents de ces deux aris, sans 
oser le témoigner ouvertement, pour ne pas indisposer les Ân- 
glois ; on prit le jour suivant pour délibérer sur cette matière, 
et îe prince m'ayant dit à l'oreille de le suivre dans son cabinet, 
nue dit qo*il comprenoit à merveille que les Anglois n'agiroient 
pas contre les Moscovites, et qu'il craignoit mesme qu'ils n'eus- 
sent gagné l'amiral Sparre, celuy-cy l'ayant assuré, il n'y avoit 
que deux jours, que si l'amiral Norris vouloit poursuivre les 
Moscovites dans leur retraite, on les pourroit joindre et défaire 
au moins une partie de leur flotte. Elle rentra tranquillement 
dans ses ports après avoir causé dans les provinces d'Uplande, 
d'Ostrogothie, de Sudermanie, de Gefle, à Nordkoping, et aux 
environs de Stockholm un dommage estimé 14 millions de 
livres. 

Le prince de Hesse ne pensoit pas accuser si juste ,dans l'i- 
dée qu'il s'estoit formée de la manœuvre des amiraux, j'avois 
découvert, et je luy dis que l'amiral Sparre avoit reçu un pré- 
sent des Anglois, et il me fut cerliflé à mon premier voyage à 
Pétersbourg que le Czar avoit aussy lié les mains à Tamiral 
Norris par une somme de vingt mille écus qu'il luy avoit fait 
toucher à Cherbourg; ainsy il n'est pas surprenant qu'en agis- 
sant d'ailleurs dans les vues du Parlement de Londres il évitât 
avec soin tout ce qui pouvoit occasionner un engagement de 
l'Angleterre contre les Moscovites. La chose se vérifia dans le 
conseil du lendemain, les amiraux y soutinrent leur première 
thèse; ils furent appuyés par milord Carteret; il feignit un 
grand déplaisir de c% que la lenteur des négociations de Ber- 
lin avoit relardé l'arrivée de l'escadre angloise, bien moins ce- 
pendant que la jonction de la suédoise qui ne s'estoit faite que 



MÉMOIRE DE M. DE CAMPREDON. 163 

dqmw peu de jours, et il condot par assurer que Tannée sui* 
vante rarairal Norria arri?eroit de bonne heure en Suède pour 
exécuter les deaaeina dont on conyindrqit pendant l'hyver, que 
cette saison les rendott naturellement impraticables tant de la 
part de la Suède que du Gzar. 

Je dis à flàon tour que H. le régent aprendroit avec autant de 
peine que de surprise que le secours d'argent dont il m'avoit 
chargé pour la Suède se consumât sans milité^ au préjudice 
jes assurances données, qu'on agiroit efficacement pour affai* 
blir les prétentions exhorbitantes du Gzar, qu*elles n'alloient 
pas à moins qu'à iuy assurer la Livonie, ringrie, TËstonie, 
avec la meilleure partie de la Finlande, ce qui ne pouvoit en 
lM>nne politique convenir aux présents alliés de la couronne de 
Suède, ny aux intérêts des puissances voisines qui avoient 
déjà si considérablement affoibli ; que puisqu'on conséquence 
des avis de MM. les amiraux, la reine et son conseil concluoient 
remettre la partie au printemps, il me sembloit au moins né- 
cessaire que le roy d'4ng1eterre ût notifier au Gzar ainsi qu'on 
en estoil convenu à Hannower que s'estant déclaré médiateur 
pour la paix du Nord, il soutiendroit ses offices par l'envoy 
d'une forte escadre, qui agiroit contre le party qui s'éloigne- 
roit trop de l'équité. Les Anglois^ après avoir un peu consulté 
entre eux, se riff>ndirent à cette ouverture, ils y applaudirent 
mesfne, et miloid Garteret m'en remercia au sortir du conseil, 
comme d'un expédient qui le tiroit p^rsonnelleflaent d'un assez 
grand embarras, parce qu'avant mon arrivée à Stockhlom il 
avoit donné les assurances les plus positives qu'au moment de 
la signature dee préliminaires, l'escadre angloise agiroit contre 
les Moscovites. Use peut faire, Iuy dis-je, milord» que vous l'a- 
vez pensé de mesme, car je connois vostre candeur ; mais vous 
estes membre du Parlement, et vous exécutez vos ordres en 
babilB flHnistre et comme bon compatriote ; i\ sourit en me 
serrant la main. L'amiral Norris fut chargé d'écrire au Gzar 



164 LE CABINET HISTORIQUE. 

une lettre dont les termes furent fort adoucis, l'on détacha une 
frégate angloise pour la porter au Czar qu'on croyoit encore à 
Revel ; il en estoit déjà party; le gentilhomme anglois qui estoit 
chargé de cette lettre la remit à un officier moscovite, et l'ami- 
ral Norris reprit la route d'Angleterre, après avoir reçu un 
présent de trente mille livres en cuivre, laissant un mécontente- 
ment secret de Tinutitité de son voyage. 

Les ennemis du prince de Hesse, cabalant' pour traverser 
son élection à la couronne, Taccusoient de s'entendre avec le» 
Anglois alin de s'assurer de leur appuy, et cette supposition 
qui n'estoit pas tout à fait sans fondement, répendue sourde- 
ment parmi les députés des États, luy attiroit tous les jours de 
nouveaux adversaires. J'avois un de mes intimes amis, homme 
d'une grande intelligence, adroit, insinuant et à la teste d'un 
party considérable, qui m'avertissoit de tout, aussy fut-il pro- 
prement la cheville ouvrière du succès de mon épineuse négo- 
ciation en faveur du prince de Hesse ; il falloit combattre l'opo- 
sition du président des États, d'un grand nombre de députés 
de la noblesse, du clergé et de la bourgeoisie, et de surabon- 
dant veiller continuellement à la conduite du prince mesme, 
dont l'inconstance, les irrésolutions et le peu de fermeté, j'ose 
ajouter le peu de lumières pour les affaires politiques et le 
manège des Cours, gâtoient en un instant ce qu'il avoit bien 
voulu concerter de meilleur avec moy ou avec mes amis pour 
avancer la réussite de son projet par la facilité qu'il avoit à sui- 
vre ordinairement l'avis du dernier qui luy parloit ; et ce der- 
nier luy estoit très-souvent lâché par ses ennemis pour le faire 
tomber dans quelque piège ; mais je reprendray cette matière 
pour la traitter tout de suite, je- reviens à celle des négocia- 
tions pour la paix. 

L'on vient de voir que le théâtre en avoit été fixé à Stock- 
holm; les États/ conjointement avec la Reine, avaientchoisi pour 
leurs plénipotentiaires les comtes Cronhielin, président alors de 



MÉMOIRE DE M. DE CAMPREDON. 165 

Ja Chancellerie, Du Kerl^ maréchal d'armée, Meyerfeld, lieute- 
nant-général, de la Gadnie^ président de la chambre du com- 
merce, Taubcy général d*armée, gouverneur de Stockholm, 
tous sénateurs, et M. ffopfeen, secrétaire d'État. J'avois reçeu 
les pleins pouvoirs du Roy pour exercer la fonction de média- 
teur, conjointement avec milord Carteret ; il avoit informé les 
Suédois et les ministres de Prusse que le Roy son maître Tavoit 
aossy trouvé bon. Le roi de Dannemarck, mal disposé pour 
nostre médiation, n'avoit point encore envoyé de ministre à 
Stockholm, et le colonel Baslewitz, plénipotentiaire au nom 
de rélecteur d'Hannower, voulut négocier son traitté à part 
pour éluder l'intervention de la France ; ce ne fut qu'après de 
vives instances de la part de milord Carteret, que pour la forme 
on fit mention de notre médiation lors de la signature du 
traité entre la Suède et le roy d'Angleterre, comme électeur 
d'Hanriower. 

Les conférences commencèrent à la maison de la Chancelle- 
rie, le 10 septembre 1719. J'eus toujours ma place à costé de 
l'ambassadeur d'Angleterre, vis-à-vis des plénipotentiaires 
suédois ; on fit la lecture des pleins pouvoirs suivant la cou- 
tmne, et l'on remit au lendemain à entamer les matières. 

Les Suédois commencèrent par se plaindre modestement de 
ce que les assurances données par les ambassadeurs d'Angle- 
terre de la part du Roy son maître n'avoient point eu l'eiTet 
promis d'attaquer les Moscovites^ de garantir la Suède de leurs 
funestes incursions, et de les mettre hors d'état d'exiger de 
nouveaux sacrifices de cette couronne qui en avoit fait de si 
considérables à la persuasion de S. M. Brittannique ; qu'il sem- 
bloit au contraire que l'aparition de la flotte angloise n'avoit 
servy qu'à augmenter l'arrogance de ces cruels ennemis, qu'ils 
publioient partout n'avoir pas plus à craindre de ce secours 
pour l'avenir, que pendant cette campagne que l'aproche de 
rhyver avoit seuje terminée; quç le Çoax ne refusoit poipt la 



166 LB GABINBT HISTORIQUE. 

paix à l'imitation de ses alliés, mais qu*il n'y consentiroit 
qu'aux conditions réglées entre eux et arec les mesraes avan- 
tages pour luy ; qu'il les avoit assez fait connoître, et que si la 
Suède continuoit à les refuser, il trouveroit moyen de les ob- 
tenir par la force de ses armes; les Suédois ajoutoient qu'il ne 
s'agissoit pas seulement des intérêts de la couronne de Suède, 
mais aussyde ceux des princes voisins, et essentiellement du 
commerce des Anglois auquel les Moscovites imposcroient de 
dures lois si on ne travailloit efficacement à les resserrer dans 
de justes bornes; que si par des ménagements ou des vues par- 
ticulières on en laissoit échapper l'occasion présente on ver- 
roit bientôt le Czar, dont l'ambition et la cupidité n'estoient 
que trop connues, estendre l'une et Tautredans TEmpire, après 
avoir réduit la Suède à une si grande impuissance, qu'elle h 
mit hors d'élat d'oposer une digue suffisante aux futures inva- 
sions qu'il méditoit; que par toutes ces raisons, il estoit néces- 
saire que le renouvellement du traitté de 1700 avec l'Angle- 
terre précédât, ou du moins fût signé le mesme jour que celui 
d'Hannower, parce que des stipulations de ce traitté dépen- 
doit tout l'avantage que la couronne de Suède pouvoit espérer 
des cessions promises au roy d'Angleterre comme électeur 
d'Hannower. Les plénipotentiaires suédois qui avoient une en- 
tière confiance en moy, me prièrent en particulier de faire con- 
noitre à milord Carteretlajustice de leur demande; il en convint 
et me promit de les satisfaire, mais à condition que le traitté de 
Prusse iroit d'un pas égal avec les deux autres, et qu'on jette- 
roit les fondements de la négociation avecleRoydeDanemarck, 
afin de détacher tout cl'un coup ces deux puissances de l'al- 
liance du Czar, qui n'épargnoit ny sollicitations, ny promes- 
ses pour se les conserver. 

Elles estoient fortement appuyées par le roy de Dannemarck, 
flatté de l'espérance d'augmenter ses conquêtes du costé de la 
Norvège s'il pouvoit retenir avec luy le roy de Prusse dans les 



MEMOlilK OB M. DB GAIfVRBIK)N. 167 

intérêts du Czar ; au lieu que les ministrefi aogtois et hauno» 
veriens assuroient que ce prince se voyant abandonné de tou9 
ses alliés» deyiendroit plus facile sur les conditions de son acco< 
modeHient. Milord Carteret me promit en mesme tems que la 
médiation de la France seroit stipulée d'une manière conve- 
nable, et qu'où se contenteroit d'inviter l'Empereur à entrer 
dans la médiation des mesmes traittés, si l'on portoit au con- 
grès de Brunswich ce qui pourroit regarder les affaires de l'Em- 
pire. G'estoit précisément l'exécution des ordres de M. le 
Régent; mais il y avoit une difficulté, les articles préliminaires 
et les principales conditions du traitté avec lelectcur de Han- 
nower avoient été signés dès le mois de juillet 1719, sans 
aucune mention de la France, quoyque le Roy eût réellement 
ménagé le traite de Berlin ; pour remédier à cet inconvénient 
et vaincre l'obstination de H. Bassewitz, ministre d'Hannower, 
milord Carteret me proposa de dresser un article séparé par 
lequel la convention du mois de juillet seroit confirmée et con- 
sommée. 

J'envoyay le projet de cet article à M. le Régent; il l'aprouva 
pour l'essentiel; il remarqua seulement sur la forme qu'il 
n'estoit guères possible de supposer que la médiation du Roy 
fût intervenue dans des conditions réglées sans son expresse 
intervention, et que d'ailleurs celle de TEmpereur ne luy pa- 
roisaoit pas assez ménagée dans les termes ; 

Que l'on pourroit lever la première difficulté en disant seule- 
ment que S. M. ayant préparé par ses offices les voyes à la 
paix, il auroit esté fait entre les couronnes d'Angleterre et de 
Frusse d'une part, et cale de Suéde de l'autre, des conventions 
pour régler leurs intérêts et servir de fondement aux instru- 
ments solennels» et que ces conventions, ainsy que les traittés 
en forme ménagés et conclus par les offices, et sous la média- 
tion du Roy, seroient aussy garantis par Sw H., et qu'à l'égard 
de l'article qui regardoit l'intervention de l'Empereuri on 



168 LE CABINET HISTORIQUE. 

pourroit le suprimer entièrement, ou le suposer comme s'il in- 
tervenoit dans i*acte, ou encore faire une invitation à ce prince 
en dès termes décents, ainsy que milord Carteret le proposoit; 
le second de ces deux partis avoit paru d* autant plus convena- 
ble qu'on avoit résolu de tout conclure et signer à Stockholm, 
indépendamment du congrès de Brunswick ; que je devois agir 
sur ce fondement, et mettre toute mon attention à ce que la 
couronne de Suède ne fût pas entièrement dépouillée de ses 
provinces d'Allemagne, parce que, comme je l'avois observé 
moy-mesme, l'honneur du Roy seroit trop intéressé dans un 
événement si contraire aux anciennes maximes de la cou- 
ronne, et qu'il raudroit mieux au pis aller que la Suède per- 
dît quelque chose du coslé de la Norvège. 

Tandis que d'un costé je traittois ces différentes matières 
avec milord Carteret, de /autre j'encourageois en secret les 
Suédois à tenir ferme sur Tarticle de la médiation qui leur es- 
toit si essentiel, et surceluy de Strahund, de Tisle de Rugenet 
de la ville de Wismar, qu'on leur insinuoit de céder au roy de 
Prusse pour une somme d'argent, appas contre l'avidité duquel 
j'ay souvent eu à combatre avec les Suédois, disposés pour la 
plupart à sacrifier pour de l'argent ces misérables, mais très- 
importants restes de leurs possessions en Allemagne, à l'abry 
de la promesse illusoire du roy de Prusse de se joindre à la 
Suéde contre le Czar, ce qui estoit le plus éloigné de sa pensée. 

Milord Carteret convint avec moy que la médiation du Roy 
seroit énoncée dans tous les traittés qui seconcluroient à Stock- 
holm poiir faire sa cour, disoit-il, à S. A. R. Il ne fut pas^i 
facile sur l'article de Stralsund et de Kugen, dont la cession 
estoit fortement soutenue par le ministère d'Hannower. Il se 
rendit enfin aux raisons^que je luy déduisis pour luy faire com- 
prendre que dans le temps que le Roy et M. le Régent apor- 
toient tous leurs soins à la satisfaction entière du roy d'Angle- 
terre, ce prince de son coslé et ses ministres ne dévoient en 



MÉMOmB DB M. GAlfPIŒDOM. 169 

jàumne manière exiger, de la Saède des choses qui seroient 
non-seulement contraires à Thonneur de Sa Majesté, mais en* 
core directement opposées au but qu'on se proposoit de ne pas 
laisser affaiblir la couronne de Suède au point qu'elle fût à l'a- 
venir entièrement inutile à ses alliées, et dans le danger de 
deyenir la conqueste de ses voisins , ce qui ne pouToit mesme 
convenir à l'Angleterre par rapport à son commerce dans la 
mer Baltique, et aux vues que la Cour de Vienne pourroit avoir 
au préjudice de la paix de Westphalie^ dont le roy de la Grande- 
Bretagne alloit devenir garant, conjointement avec Sa H{û<3Sté; 
car cette condition faisoit partie de l'article deuxième de la 
convention du 22 juillet 1719. 

Milord Carteret entra d'assez bonne grâce dans ces repré- 
sentations ; il me promit que dans les conférences il parleroit . 
faiblement, et seulement pour ménager M. de Bernsdorf • chef 
du ministère honnowerien, de la cession de Stralsund et de 
risie de Rugen, qu'il trouveroit mesme bon que je m'opposasse 
vivement à cette cession , mais qu'à l'égard de la ville de Wis- 
mar, il ne croyoit pas qu'on pût disposer le roy de Danne- 
marck à la paix, sans la promesse de l'abandon de cette place, 
delà cession du SIeswich, du péage du Sund, et de quelques 
terres du costé de la Norvège, sans quoy il ne seroit pas pos- 
sible d'obtenir la restitution de Stralsund, de l'isle de Rugen et 
delà forteresse de Maestrand, près de Gottembourg, dont les 
Danois s'estoient nouvellement emparés. 

Je feignis d'ignorer la fausseté de cette prétendue confidence, 
très-assuré que les Anglois procureroient eux-mesmes la resti- 
tution de Maestrand, qui importoit à leur commerce, et qu'à 
l'égard de Wismar, les Danois ne l'avoient démantelé que dans 
la persuasion qu'elle ne leur resteroit pas; mais M. de Berns- 
dorf la convoitoit comme un objet aussy convenable à la cupi- 
dité qu'à l'ambition qui le portoit à devenir prince de TEm* 
pirp. 



170 us GAfilNBT HI8T0EIQUB. 

J'esiois informé par de bons fiouterains de toutes oes menées 
secrètes ; j'en rendis compte à la Cour, mais soit qu*on les ju- 
geât peu fondées, ou qu'on eût pris des mesures avec les minis- 
tres anglois pour en empêcher Teffet, Ton m'ordonna de n'en 
rien témoigner, d'en suivre seulement les traces à tout événe- 
ment, de procurer la restitution de Straisund et de l'isle de 
Rugen, et qu'à l'égard de l'intervention du roy d'Angleterre dans 
la garantie des traittés de Westphalie, m y avoit pourvu ; que 
quoyque son Altesse Royale pût sans difficulté, et sans s'exposer 
à aucun juste reproche, engager le Roy à la garantie de tout ce 
qui seréduiroit aux stipulations des traittés de Westphalie^ elle 
avoit regardé comme une nouvelle marque de l'amitié du roy 
d'Angleterre l'attention que ce prince vouloit bien avoir de luy 
faire dire que l'article qui regardoit la religion protestante, et 
qui esloit nécessaire à d'autres égards , ne seroit pas compris 
dans le traitté en forme que le Roy devoit garantir, et qu'il en 
seroit fait un article séparé avec quelques réserves sur ce qui 
regardoit le duché de Sleswick et la ville de Wismar. Que quoy- 
que dans d'autres circonstances on pût regarder cette inter* 
vention de l'Angleterre ()omme une nouveauté qui pourroit 
avoir ses inconvénients, l'expérience avoit fait connoitre depuis 
longtemps que ce titre n'avoit pas donné à la France autant de 
part. 



XVII. DEUX LETTRES DE POTHIER. 

{Communiquées par M. le baron des Coudtèes,) 



La ville d'Orléans qui, cette année-ci, a choisi le jour où elle célé- 
broit sa délivrance et le triomphe de l'héroïne de Yaucouleurs, pour 
inaugurer la statue de Pothier, lira avec intérêt ces deux nouvelles 



DEUX LBTrBBSDB POTHUSR. 171 

lettres inédites du grand juriseonsulte (1): Tune relative à la 
question du retrait féodal, l'autre au contrat de vente, répon- 
dent à des consultations; elles sont des années 1769 et 1770, posté- 
rieures, par conséquent, à la publication de ses Traités de vente et 
des Beiraits, qui parurent en 1762, Ces deux lettres sont tirées 
da cairinel de M. le baron des Coodrées, et font partie de la liasse 
des litres de propriété du château du Chêne qu'habite notre hono- 
rable correspondant, près de Salbris (Loir-et-Cher). 



i. POTHlERy AVOCAT A ORLÉANS, A M POKUERET » EECEVEUE 
DBS TAILLES A ROMORAMIN. 

Je ne erois pas, Monsieitr, que l'opposition que le seigneur 
de fief a faite à votre décret le rende non-recevable au retrait 
féodal, s'il est dans le temps de l'exercer. Il seroit non-rece- 
TaLIe s'il avoit reçu ou même seulement composé avec vous du 
profit dû pour votre acquisition; mais l'opposition qu'il a faite 
n'est qu'un simple acte conservatoire qui ne préjudicie point à 
vos droits. 

Jai l'honneur d'estre, avec une grande considération, mon- 
sieur, votre très-humble et très- obéissant serviteur, 

POTHIER. 

Ce 12 décembre 1709. 



2. LE MEME AU MEME. 

Ce 11 mars 1770. 
J'ai eu Thonneur, monsieur, de répondre à votre première 
lettre; je vous ay dit qu'une promesse de vendre étoit obliga- 
toire, qu'il n'éloit pas nécessaire que chacune des parties en eût 
un double. Il est bien vrai qu'une vente faite par acte sous si- 

(1) Voir ceUes que nous avons d^à publiées t. iv, p. 207. 



172 LE CABINET HISTORIQUE. 

gnature privée ne seroit pas valable si Tacte n'étoit pas fait 
double : la raison de différence est un acte bilatéral ou synallag- 
matique par lequel chacune des parties s'oblige envers l'au- 
tre ; chacune des parties en doit donc avoir un double. Au 
contraire, la simple promesse de vendre est un contrat uni- 
latéral qui n'oblige que l'une des parties, sçavoir celle qui a 
fait la promesse; celle à qui la promesse est faite ne contracte 
aucune obligation, c'est pourquoi 41 n'est pas nécessaire que 
l'acte soit fait double. Celui à qui la promesse est faite peut, en 
vertu dn billet que lui a donné celui qui l'a faite, le faire 
condamner à lui passer contrat de vente. 

Je suis avec bien de la considération, monsieur, votre très- 
humble et très-obéissant serviteur, 

POTHIER. 

Vous pouvez voir la question traitée plus amplement dans 
mon Traité du contrat de vente qu'on trouve à Uomorentin. 



XVin. — DEUX LETTRES DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE. 

M. Yéméniz, le bibliophile émérite de Lyon, dont nous avons ea 
déjà l'occasion de citer le riche cabinet, veut bien se dessaisir en 
notre faveur de deux pièces inédites de la reine Marie-Antoinette. 
On nous promet de divers côtés une prochaîne édition des lettres 
de celte princesse, et nous savons que, jusqu'aux moindres billets, 
tout se recueille à cet effet. Les deux petites pièces qui suivent, et 
qu'au nom de M. Yéméniz nous offrons aux lecteurs du Cabinet his- 
torique, méritent à coup sûr de Ggurer dans l'édition projetée. La 
seconde, surtout, adressée à madame la priucesse de Lamballe, et 
relative au pauvre enfant que l'histoire nomme Louis XYIL sera Iqe 
avec intérêt et sensibilité. 



LETTRES DE MARIE-ANTOINETTE. i73 

1. LA REINE MARIE-ANTOINETTE A MESDAMES DE l'aRBATE NOBLE 
DE NEUVILLE ( BRESSE). 

Trës-chéres ettrës-aîinées, vous avez bien voulu accorderàma 
recommandation, dans votre chapitre noble, une place à la de- 
moiselle de Nivenesse, qui, par des raisons de famille, n'a pas* 
pu proffîter de cette faveur. Vous me feriez un sensible plaisir 
de l'accorder aujourd'huy à la demoiselle de Sarcefûel, à laquelle 
je prends ainsi qu'à sa famille le plus vif intérêt. Vous m'avez 
donné, à cette occasion, trop de témoignages du désir que vous 
ayez de me plaire, pour n'être pas persuadé que je vous trou- 
Terai disposées à faire cequejevousdemande pour la demoiselle 
de Sarceffiele, qui réunit à sa naissance toutes les qualités pro- 
pres à la faire agréer dans votre chapitre. 

Je verrai avec une vraie sensibilité l'accueil que vous ferez à 
ma demande, et je saisirai toujours avec empressement toutes 
les occasions de vous en marquer ma reconnoissance et de vous 
donner des témoignages de ma satisfaction, ainsi que de l'affec- 
tion que j'ai pour vous. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, très- 
chères et bien-aimées, en sa sainte garde. 

Signé: Marie-An toinette. 
Ecrit à VersaiUes, le 5 mars 1789. 

Au dos. A mes très-chères et très-amées les abbesses-chanoi- 
uesses et chapitre de l'abbaye noble de Neuville. 



2. BILLET AUTOGRAPHE, SUR PAPIER GLACÉ ENCADRÉ d'UNE 
vignette ROSE, A LA PRINCESSE DE LAMBALLE. 

Mon cher cœur, je désirerois bien de vous voir de retour, 
mon amitié ne peut s'accommoder de votre absence. Le dau- 
phin vous a demandé plusieurs fois pour planter son parterre. 



174 LB CâSENE? filSTORIQUE. 

Il dit qu'on ne pouvoit plus retarder; son caractère a beaucoup 
gagnier, et il promet de se corriger de ses petites colères ; il 
m*adore et je Taime à la folie il m'a dit dans son petit lan- 
gage, qu'il vouloit vous donner un déjeuner avec mamam-reine. 
Revenez donc au plus tôt. Je vous embrasse de toute mon âme. 

Marie- Antoinette • 

[Attache en soie rougCf cachet de cire rouge aux armes de 
France et de Navarre. — Copie exactement conforme à l'ori* 
ginal), Y. 



XIX. — l'armée FRANÇOISE EN PIEMONT (aN IX 1801.) 

Voici une lettre que nous fournit un de nos correspondants, et 
qui emprunte un assez vif intérêt aux circonstanees actuelles. Elle 
est relative à la situation de nos troupes en Piémont, après les glo- 
rieuses campagnes qui sont dans tous les souvenirs. £n 1801, l'Ita- 
lie, délivrée des Autrichiens, étoit devenue fraaçoise, au moins de 
nom, et, comme le reste des possessions nouvellement conquises, ne 
formoit plus qu'un vaste camp. Du Piémont, incorporé à la France, 
un arrêté des consuls, du 12 germinalan ÏX, avoit fait une division 
militaire de six départements. Beaupoil Saint-Aulaire, auteur de la 
lettre qu'on va lire, est, pensons-nous, le frère de celui qui, sous le 
nom de comte Saint- Aulaire, fut successivement préfet de la Meuse 
et de la Haute-Garonne, pair de France sous la Restauration et 
ambassadeur en Angleterre sous louis*Ffa!Uppe. 



BEAUPOIL SAINT- AULAIBE, CH6F P£ BElGAUfi, <;0M«UNPANT J^'ABBOSS, 
AU GÉNÉRAL RERTUIËR, MINISTRE DE LA GUERRE. 

Citoyen Ministre, 

Je Gonnois trop votre amour pour la justice pour craindre 
de vous soumettre, en faveur des troupes stationnées en Pié- 



l'aRMBB FBAKfOlSI BU PIUONT. 175 

mont, quelques observations sur votre lettre du 23 prairial der- 
Bîer. Je suis trèfr-p^suadé que, connaissant leur malheureuse 
position, vous y apporterez un prompt remède. Pour le traite* 
ment, ces troupes sont assimilées à celles de rintérieur et de la 
Cisalpine. — Mais dans le fait, leur situation est bien différente, 
puisqu'elles habitent un pays où, vu la rareté des vivres, les co- 
mestibles sont toujours, sinon de moitié, du moins d'un tiers 
plus chers qu'en France. 

La moindre pension pour les officiers est de 60 liv. de Pié- 
mont. 

En France on s^en procure une meilleure à moins de 40 liv. 

Dans aucune auberge du Piémont on ne peut avoir un dîner 
passable à moins de 4 liv., argent de Piémont. 

En France on fait partout un bon repas pour 2 liv. 10 sous 
ou 3 liv. au plus. 

Les effets d'habillement sont dans la même proportion. 

Le drap ordinaire coûte ici de 34 à 40 liv. de Piémont^ l'aune. 

En France, on en a de passable à 18 lîv«, et du beau à 24. 

Les troupes dans la Cisalpine^ sont beaucoup mieux qu'en 
Piémont. 

L'écu de 6 liv. y vaut 7 liv. 15 sous. 

En Piémont, il vaut nominalement 5 liv. 4 sous, et véritable- 
ment à peu près 4 liv. ' 

Six livres de Piémont en valent neuf de Milan, et on a dans 
cette dernière ville, pour 6 iiv. de PiéflMOt le même objet qui 
coûte à Turin 6 fr. de Piémont 

Donc, le bénéfice pour ks troupes de la Cisalpine est d'ua tiers. 

Ce qui contrûiue principalement au malaise des troupes 
françoises en Piémont, c'est l'agio qui se feit sur l'argent de 
France qu'on y regarde comme marchandise, ainsi que celui de 
Milan, de Gènes, etc. Outre la monnaie d'or et d'argent, il en 
existe une troisièoie dite monnaie basse, en pièces de 8 liv. et 
7 soas 6 deniers. Et chose étrange,cette monnaie gagne sur l'ar- 



176 LE CABINET HISTORIQUE. 

gent de France, quoiqu'avec un écu de 6 liv. et un chaudron 
on en puisse faire un boisseau. On ne donne que 22 liv. 10 sous 
de ce cuivre blanchi pour une pièce de 24 liv. de France. 

Par inclination comme par devoir, vous êtes, citoyen minis- 
tre, le père des militaires. J'ose me flatter que vous prendrez 
en considération le sort des troupes stationnées en Piémont. 
Elles sont assez malheureuses d'ailleurs d'habiter un pays où, 
malgré la douceur du gouvernement et leur bonne conduite^ la 
grande majorité des habitants les voyent de mauvais œil. 

J'ai l'honneur de vous saluer avec' autant d'attachement 
que de respect, 

Bëaupoil Saint-Aulaire. 

Alexandrie, le 8 messidor an ix de la République Françoise. 



XX. — LETTRES DE MARIGNY. 
{Suite. Yoy, t. v, p. 351.) 

Paris, 27 octobre 1652. 

Depuis la déclaration par laquelle on a proscrit les dix con« 
seillers' et touts les domestiques de MM. les princes, bien 
que je n'aye pas l'honneur d'en estre, néantmoins pour n'estre 
point obligé à plaider contre la Cour en interprétation de dé- 
claration et pour ne point attirer quelque ordre particulier, je 
me tiens alerte; je suis pourtant résolu d'estre icy le dernier de 
tous ceux qui senties plus déclarés pour son Altesse; j'attendray 
de ses ordres. Si je n'en reçoy point, j'iray chez moy planter 
des arbres, puisque ce n'est plus le tempus frondandi. — 
M. le duc de Rohan a envoyé déclarer au greffe de la Cour, par 
un procureur, qu'il entendoit jouir do l'amnistie, et qu'à cet 



LETTBE8 DE MARIGNT. 177 

effet y renoDçoit à touts traittés faits avec les princes ; M. de 
la Rochefoucaut a permission de demeurer icy à cause de son 
indisposition ; il s'est formé une taye sur son œil, et si dans 
quatre mois, lorsque la cataracte sera meure, Topération ne 
réussit, il faudra qu'il conte sur un œil ; mesdames de Mont- 
bazon et de Chastillon sont allées à leurs maisons, madame de 
Bonnelle ayant passé par Limours, a été conseillée de renvoyer 
son train à Éclimont. Quand S. A. R. partira, je pense qu'elle 
prendra la poste; madame la jeune comtesse de Fiesque a des 
gardes chez elle ; M. Valolte a dit à la Reine que la mauvaise 
couche de la comtesse Tempeschoit de pouvoir se mettre si tost 
en campagne; l'autre mareschalede camp de Mademoiselle, c'est- 
à-dire madame deFrontenaC; est avec sa générale qui est toujours 
cachée dans celle ville, quoyque la Cour fasse dire qu'elle est allée 
trouver M« le Prince ; pourM. de Guise, il est dans son hostel, 
et il a généreusement pris le parti de la Cour et de mademoi> 
selle de Pons, et a (raitté M. le Prince comme madame de Bossu, 
peut-estre parce qu'il les avoit épousés touts deux. Sa passion 
qui continue luy fait faire icy des choses très-extraordinaires, il a 
chassé madame sa mère de Thostel de Guise, et menasse de ra- 
zer sa sœur en cas qu'elle eût aucune habitude avec M. de Mon- 
thrésor; il alla à la Cour durant qu'elle étoità Saint-Germain, 
et il assista au Ut de justice que le Roy tint au Louvre lundi 
dernier, et donna joliment sa voix pour la vérification de ces 
belles déclarations de proscription des serviteurs de S. A. R. 
et de M. le Prince. Peut-estre qu'il a des raisons cachées que 
quelque jour il dira, mais au moins est-il fort malheureux, car 
les plus Mazarins de la Cour condamnent sa conduite. S. A. R. , 
quelque chose que les serviteurs de M. le Prince ayent pu 
faire, a accepté Tamnistie : on dit même qu'elle a fait un traitté 
particulier qui doit estre conclu demain ou après, car elle a de- 
mandé M. le Tellier pour le terminer avec luy, après quoi elle 
fait estât d'aller à Blois, car on dit qu'elle a promis de ne re- 
ye année. — Doc. 12 



178 LB CABINET HISTORIQUE. 

tourner à Paris que lorsque le Roy le trouveroit bon. S. A. a 
pourtant protesté à M. Viole (qui le mande ainsi) qu'elle n'a- 
bandonneroit jamais M. le Prince, le Parlement, ni Paris* et 
qu'elle n'aToit point faict de traitté particulier, mais le prési- 
dent Viole met que nos affaires sont déplorées ; de là, mon 
cher monsieur, tirez la conséquence. M. d'Orléans partira 
mercredy pour aller coucher à Chartres, et là il prendra le 
chemin deBlois. M. Croisli partira d'ici mercredy : pour moy, 
je n'en partiray pas encore si tost; cependant puisque tout le 
monde quitte, vous pouvez vous imaginer de Testât des choses. 
Si vous continués à m'écrire par la voie de votre correspondant, 
vous aurés de mes nouvelles ; il est arrivé un homme ce mati» 
qui en porte de celles de M. le Prince à M. Risle, il dit qu'il l'a 
laissé près de Rheims, Ce matin, M. Le Tellier, Servient, le 
président de Nouvion et le président de Mesmes ont eu une 
grande conférence dans une chambre des pères delà Mercy. On 
parle du rétabhssement de quelques proscrits, car on séparera 
sans doute les amis de M. le Prince qui ne seront rétablie 
qu'avec luy, ou qu'en donnant une déclaration de ne se poiiit 
mesler de ses intérests. SoUgés à vous guérir, et aie croyez 
toujours en quelque lieu «t quelque estât que je sois itout à 
vouâ. Je vous prie d'assurer M. de Marchin de mes trè^-hum- 
bles services. On dit que Ton demeuroit d'accord, dans le 
traicté secret, de tout ce qui le concernoit; j'en serQis.bien 
aise, car c'est un des hommes du monde pour qui j'ay le plus 
d'estime. Adieu^ etc. 
L'ordinaire ne m'a point apporté de vos nouvelles^ 

Au dos: A Monsieur, Monsieur Lenet, conseiller du Roy, en 
ses conseils, à Bordeaux. 

M. m NARlGNy. 
{SuppL fr., 3000*0.) 



LRTTfi£^ PB HAH^Ginr. 179 



Le 8 décembre 1652. 



Les deux nouvelles que je viens d'apprendre par votre lettre 
sont étranges, j'ai tremblé en les lisant, mais je me suis après 
resjoui du salut des personnes sur qui Ton vouloit faire de si 
noirs attentats, et de la punition des traistres. Vous n'avez pas 
peu de peine en Testât où vous êtes, et Ton ne' vous a pas peu 
d'obligations de tout ce que vous faites. On cherche icy avec 
soing les serviteurs de M. le Prince, et Ton a donné avis à qu'il 
y a voit ordre de Varrester. Il sie tiendra sur ses gardes, mais 
il ne s'abattra poiat pour ceU ; il fi*a reçu aucunes i iouvelles 
de son prince. L'on dit que le cardinal ne sera pas encore icy de 
quelque temps, c'est signe qu'il n'a pas encore battu M. le 
Prince qui marche du costé de Langres. Le Parlementa arresté 
de faire de très-humbles supplications pour le réublissament 
des exilés ; les émissaires de la Cour ne parlent que de fers, de 
feu contre les premiers qui parleront. M. de la llière sortit 
de prison avapt-bier, nou^ avons couché en même lieu ; il a 
ordre de se retirer. On dit qu^ M. Corcin|, nonce du pape, qui 
a eu ordn; de demeurer à M arseilU, venoil icy avec un bref par 
lequel Sa Sainteté rappeloit le cardinal Mazarin, sur peine 
d'estre dégradé de son cardinalat. J'ay veu une personne qui 
m'a assuré que madame de Ghastillon avoit fait son , accom- 
modemeiU avec la Gour ; madamoiselle de Roban est alUe à 
Blois, oii Monsieur est tombé dans une grande dévotion. S'il 
prend ce parti là, je tiens tes dévots ruinés, et je ne désespère 
pas de veoir pendre quelques lapucins ou millionnaires, car jce 
n'est pas véritablement sa faute^ mais il a du malheur qui Tac- 
compagne dans touts les partis qu'il prend. On tient que Ma- 
demoiselle ira à Blois. Vous ne me mandés rien de ma cassette 

qui est entre les mains de M. Duch Je vous prie de faire 

ressouvenir M. de Jaranque de Taffaire de M. Cochet et de m'en 
mander d/es npuyell^§. Je baise (es m^îns et suis très-humble 



180 LB CABINET HISTORIQUE. 

serviteur de 14, et de Filemon, et suis à vous tout de mon 

cœur. 

Au dos : M. de Marignt. 
(Suppl fr,, 3000**.) 



SX!. — LES GÉNÉALOGIES DU SIEUR GUILLARD. 

{Suiie,) 

Les quelques notices qui nous restent à donner sont écrites dans 
un style à faire reculer les candides lecteurs du Cabinet historique. 
Aussi voulions-nous arrêter ici nos extraits. Mais la curiosité de plu- 
sieurs de nos abonnés nous fait une loi d'achever cette publication. 
Nous nous résignons donc, à Taide de quelques coupures, à vider le 
sac du sieur Guillard. Quant à la réfutation des erreurs et des diffa- 
mations abondamment semées dans ses notices, un de nos plus hono- 
rables correspondants, M. le marquis * * * a bien voulu en entreprendre 
la tâche héroïque et nous demander, pour cette œuvre honnête, place 
dans nos colonnes : proposition que nous avons accueillie avec em- 
pressement et reconnoissance. Après ces dernières invectives du sieur 
Guillard, nous donnerons donc Texamen et les rectifications de M. le 
marquis ***, qui, nous n'en doutons pas, seront parfaitement reçues 
de nos lecteurs et compléteront cette curieuse publication. 



RoQUELAURE. — Les /lofuelaure viennent d'uu soldat borgne 
sans noblesse, qui fut eslevé à estre capitaine, il fut depuis 
appelé le capitaine Roquelaure. Il fit sa fortune parce qu'il fut 
m du roi Henry IV, et fut père du maréchal de ce nom. 

LuYNES. — Le capitaine Luynes, père du connestable, fut 
simple soldat. 

MoLÉ. — Les Mole viennent d'un drapier de Troyes. 

Hennequin. — Les Hennequin viennent aussy d'un drapier 



LES GÉNÉALOGIES DU SIEUR GUILLARD. 181 

de la mesme ville de Troyes. L'on dit d'eux qu'ils sont plus 
fous que coquins. 

Bàilleul. — Les Bailleul sortent d'un Bailleiil de Norman- 
die ; le père du deffunt président de Bailleul, qui a esté surin- 
tendant des finances, estoit un fort habile homoie pour remet- 
tre les membres disloquez, et l'on asseure qu'il rendit fort 
droit Charles de Bourbon, comte de Soissons,qui estoit né tout 
contrefait 11 fit cette cure lorsque ce prince estoit encore au 
maillot. Ceux qui depuis ont exercé la profession de remet- 
tre les membres disloquez ont esté appelés Bailleul, du nom 
de cet homme. 

ËSGoiTBLEAu cst uuo maisou originaire d'Auvergne, qui s'est 
establie en Poitou par différentes branches. On prétend que 
ceux de cette maison que l'on appelle marquis de Sourdis ou 
marquis à*Alluye, gouverneurs d'Orléans, se sont intrus dans 
cette maison et dans le surnom. Un seigneur de Sourdis se 
trouvant en prison pour un crime où il y alloit de sa teste, fit 
prier un valet de chambre du roy, nommé Ëscoubleau comme 
luy, de le venir trouver dans la prison, où s'estant rendu, le 
prisonnier luy représenta l'état où il estoit et il luy proposa 
de Tadvcuer pour son parent, s'il vouloit luy faire obtenir sa 
grâce et luy sauver la vie, ce qui a esté accepté par le valet de 
chambre; la grâce fut obtenue, et cependant le faux Sourdis^ 
de concert avec le prisonnier, intenta action contre luy pour 
demander partage de la terre de Sourdis; mais avant que d'ob- 
tenir la grâce, le valet de chambre fit payer au prisonnier la 
somme à quoy se pouvoit monter le partage de cette prétention 
chimérique sur la terre de Sourdis. La conformité des noms 
de baptesme se trouva favorable à leur dessein, et ainsy ces 
Ëscoubleau se sont intrus dans T ancienne maison de Sourdis. 
Jean Ëscoubleau, seigneur de Sourdis en partie^ fut fils du va- 



182 LE CABINET HISTORIQUE. 

Ifet de chambre qui commefiça d'entrer dans la maison des 
vrays Escoubleau. Ce Jean fut maislre de la garde-robe du 
roy François l®^ Son fils, François, seigneur de Sourdis, fut 
premier escuyer de la grande esciirie ; il espousa une Babou, 
qui fit beaucoup de bruit & U Cour, et dont il y eut plusieut*s 
enfans et entre autres le cardinal Sourdis, Farchevêqtie de 
Bordeaux., que lé cardinal de Richelieu fit commander les ar- 
mées liavales, et deux autres qui ont esté marquis de Sourdis 
Tiln après l'autre; et de plus trois filles, dont l'aiilée espodsà 
premièrement, un seigileUr du Puy. et eiiûn le fcomte de Tessé; 
la seconde fut mariée au comte de Tonnerre, et la troisième à 
un Hura\it, fils du chancelier de Cheverny. On tendit à la coul* 
que celte Babou, dame de Sourdis, estoit aymée de ce chance- 
lier 

La comtesse de Tonnerre, seconde fille, a toujours estéd*Utie 
grande vertu, et on là proposoit pour exemple à toute là cour. 

Le marquis ô*Alluye, aisné de dUq enfans du marquis de 
Sourdis qui ont paru (car il y etl a eu qui sont morts enfer- 
mez), espousa contre la Tolonté de soh père une fille de la 
feue reyne mère, sans vertu, sabs naissance et sans bien, qui 
pour n'avoir point de vertu devint la favorite de la comtesse de 
Soissons Mancini, qui dans toutes ses intrigues avoit besoin 
d'une telle créature, et le deffunt comte de Soissons se plai- 
gnoit à ses amis que ces b.... et ces p.... Tavoient empoisonné; 
en effet, on le trouva mort dans son carrosse. Depuis ce temps- 
là la comtesse de Soissons et la marquise d'Alluye Sfe sont brouil- 
lées, à ce que Ton dit, qUoy qu'elles dussent avoit* des liaisons 
pour les obliger de n'estre J)dS ennettiies 

A regard de Mônlluc, soh frère, la chansoil qiil à esté faite 
sur luy ftiit voir ce que Ton en doit penser, 

Montluc à la triste figure.... 
Le troisième fils du deiftiht marquis de Sourdis est celuj 



LES GÉioLaoeiRs vc sibub guillard. 18S 

que Ton appeloit cy<de?ant chevalier de Sourdis et aujourd'hui 
marquis de Sourdis. Il a pris le parti des armes et a esté assez 
sot de quitter de bons bénéfices pour espouser une dame de 
médiocre vertu dont il est maintenant veuf. £lle estoit d'Axeroc, 
maison de petite et douteuse noblesse, près d'Orléans. 

Les deux filles du deffunt marquis de Saurais^ sont toutes 
deux mortesi Tune fille et l'autre veuve du plus grand fou du 
royaume qui estoit le deffunt marquis d'Ëfflat, hippocondre 
jusqu'au point qu'il croyoit estre cordonnier. Le marquis d'EflBat 
est leur fils. 

Grahont. — Les comtes devenus ducs de Gratnmtmt sont 
d'une maison de BIgorre. Us ont souvent changé de nom, ayant 
esté tantost appelés d'Aure^ tantost de Louvignier, puis ô* Aster 
et enfin de celuy de Gramont, Tune des grandes maisons' qui 
ont miné le royaume de Navarre. La maison d'Aster est bas- 
larde de celle de Fotx. Sans remonter plus loin, Antoihe, 
comte, puis duc de Grammont, père du feu mareschal de ce 
nom, eut deux femmes. La première fut fille du mareâchal de 
Roquelaure, qui s*estant trouvée d'humeur un peu gaillarde, 
et qui faisoit Tainour avec un escuyer du comte son mari, la 
mit entre les mains de la justice de Bidache, où estant convain- 
cue d'adultère, elle fut condamnée par ce juge à avoir la teste 
tranchée, ce qui fut exécuté par ordre du comte, qui fit aupa- 
ravant poignarder le galand. D'autres disent qu'il ne fit pas tant 
de cérémonies^ et qu'il la fit précipiter du haut en bas d'un 
rocher, et ce fut la mère du deffunt mareschal de Gramont, 
Le comte se remaria ensuite à la sœur de M. de Bouteville, de 
la maison de Montmorency, dont il eut plusieurs autres en- 
fants. €e comte avoit un frère appelé Louvignier, qui estoit un 
des plus meschants peudarts qui ayent jamais paru à la cour, 
et qui fut cause de la mort de Chalais, par les faux tesmoi- 
guages qu'il apporta en justice. Ce Louvignier mourut d'une 



184 LE GÂBINËT HlSTORIQtJE. 

estrangemoit. Le mareschal duc deGramont fut une espèce de 
favori du cardinal de Richelieu, qui, le connaissant homme à 
faire tout ce qu'il lui plairoit, l'avança dans les employs, luy fit 
espouser une de ses parentes, et enfin le fit créer mareschal de 
France. Ce nouveau mareschal perdit, peu de temps après estre 
monté à cette dignité, la bataille de Honnecour, par Tordre, dit- 
on, de ce cardinal, et elle servit beaucoup à faire périr MM. de 
Cinq-Mars et de Thou. Le mareschal de Gramont a eu deux fils, 
le deffunt comle de Guiche et le duc de Gramont d a présent. Le 
comte de Guiche n'a pas mieux raison avec sa femme qu'avec 

son père 

Il estoit fort insolent et fort présomptueux. Toulongeon, frère 
consanguin du mareschal, estoit un joli homme, agréable et di* 
vertissant, mais une meschante peste. La manière dont le 
comte de Gramont d'aujourd'hui a trouvé le moyen de placer 
ses filles auprès de madame la dauphine est eslonnante, car cela 
se fit aux dèspens des nièces d« sa femme. 

Charnassé. — Girar(2. prétendu marquis ou prétendu gentil- 
homme. Cette maison est sortie d*un notaire de village, celuy 
d'aujourd'huy est au quatrième ou cinquième degré de ce no- 
taire 11 y a véritablement dans celte maison quatre ou cinq 
alliances fort nobles, qui y ont apporté beaucoup de bien, par- 
ticulièrement les deux dernières, qui jsont celles de Charnassé 
ou du Fresm. Charnassé d'aujourd'huy est petit-neveu de 
Charnassé, une des âm^s damnées du cardinal de Richelieu. Il 
fut envoyé en ambassade vers le roi de Suéde Gustave-Adolphe, 
où il fut de toutes les débauches de ce prince à boire, à jurer 
Dieu et à aller dans les bocans ; et lorsqu'il fut envoyé en la 
mesme qualité auprès du duc de Bavière, prince fort pieux et 
fort dévot, on ne le voyoit que le chapelet à la main, se con- 
fes3ant toutes les septm aines et communiant deux ou trois 
fois la septmaine; et depuis estant ambassadeur en Hollande, 



LES GÉNÉALOGIES DU SIBUR GUILLARD. 185 

chaque religion estoil persuadée qu'il estoit de son opinion» 
mais le prince d'Orange disoit qu'il n'estoit d'aucune. Sa fin 
tmnina tous ces différans, sa teste luy fut emportée d'une Yolée 
de canon au siège de Breda, en l'année 1637. — Charnassé 
d'aujourd'huy* son petit-neveu, a Tàme aussy meschante et 
est aussy grand scélérat que son grand-oncle estoit. Il a des 
faussaires pour domestiques et qui pour la pluspart ont mé- 
rité la corde. Tous les notaires d'Angers sont pleins d'actes 
frauduleux qu'il afaitfaire, ayant surpris les gens qui en usoient 
de bonne foy avec luy. Il est accusé de plusieurs assassinats et 
sa propre tante, qui Ta eslevé et qui est bien damoiselle, est 
réduite à estre servante dans un cabaret. On dit que la duchesse 
du Lude le veut entreprendre pour quantité de friponneries 
qu'il a âdtes. 

BEADMANom.— Henry de Beaumanùir, marquis de Lavardin, 
comte deBeaufort en Vallée, seigneur deMalicorne, etc., gouver- 
neur des comtés du Maine, du Perche et de Laval, mort en 1635. 
11 avoit espousé Marguerite de la Beaume, fille de Rostaing, 
comte de la Suze, et de Magdeleine des Prés, Monpezat, dont 
il eut Henri II, de Beaumanoir, Philibert Emmanuel, evesque 
du Mans, commandeur de Tordre du Saint-Esprit, mort le 
27 juillet 1671, et Magdelaine de Beaumanoir, femme de René 
de FroùUai. comte de Tessé, mort le 25 décembre 1682. 

Le marquis de Lavardin est du nom de Beaumatwir, 
bonne et illustre maison de Bretagne qui s'est transplantée 
dans le Maine, où il y en avoit une branche dont estoit 
le seigneur de Besso. Lavardin est au Maine où les sei- 
gneurs de Lavardin ont un grand establissement, et sont les 
plus considérables du pays; ils y ont toujours raison avec 
grande hauteur. Le père du marquis de Lavardin d'aujour- 
d'huy estoit ruiné s'il n'eust espousé mademoiselle de Rostain, 
qui par la mort de ses deux frères est devenue une très-puis- 



t8& Ll GIBINET BISrrOBIQUE. 

satite héritière et qui arec ses grande biens a porté dans la 
i&aison de son Mary tine maladie faschause tpA est la ladrerie^ 
suivant le proverbe qui dit k. ladre comme Roitain^ » oe qui est 
vray à cause de la inaladie appelée ladrerie et à cause de là 
sordide avarice de cette maison de Rostain. Le marquis de 
Lavardin d'à présent ressemble asseurément à son aycul ma- 
ternel, et révesque du Mahsi, son oncle, fit bien rire une 
compagnie où il se trouva disant que son neveu avoit une gale 
au visage dont il ne s*étoît pu defifaire, quelque reoepte qu'il y 
éust employé. Cet evesque du Mans n'estoit pas uti des meil- 
leurs chrestiens du royaume ni des plus persuadés de la re- 
ligion. Son prédécesseur, qui estoit àdn oncle, vivoit plutost en 
cavalier qu'en prélat. M. l'évesquë du ManiS d'àujourd'buy» 
du nom de Tressan, qui a esté premier aumosnier de Mofl« 
sieur, fit une injure qui ne se peut réparer à la mémoire de 
sdn prédécesseur, évesqtie immédiat^ disant qu'il n'estoit pas 
chrestien, qu il n'avolt creu en Dieu; qu'il n'atoit jamais eu 
rintfentionde faire aucune fonctidti) fet qu'il ti'avoit jamais voulu 
faii'e aucun prestre : ce qui mit un grand scrupule dans l'es- 
prit de tous les presires du diocèse qu'il avoit consacrez ; juique 
là qu'il y en eUt plusieurs qui voulurent se faire consacrer dé 
nouveau, et mesme des gens qu'il avoit baptisez voulurent se 
faire rebaptiser. La question fut proposée en Sorbonne et feu 
M. dé Sainte-Beuve, un des plus savantsi etsagesthéologienstdu 
teitips, fut cause qu'on ëstouffa cette question si scandaleuse, 
qui troubloit le repos et les consciences de plusieurs. M. du 
Blans d'aujourd'huy n'en a pasacqtiis une meilleure: aussi esl* 
il généralement hay de toiis les corps de son diocèse, eeclésias-* 
tiques, nobles et habitants dès villes, et est-il encore reçu 
d'une estrange manière, et il mescbntente tout le inonde; pour 
le dêffunt, il vouloit se mesler quelquefois de prescher, mais 
une fois laparble luy ayant manqué en chaire, cela fit dire as- 
sez plaisamment à madame la marquise de Sevigné, qui voyoit 



LES GÉNJÉALdëlËS DU SlEÙtl GITILLAIID. 187 

lih pdttrait de lùy très-bien fait, qn'elle croyoit le voir en 
cbaise. Un cadet de celte maison de Lavardin, connu sous le 
lîotn dé fieaumanoir(i), qui a esté lieutenant du i*oy du Maine, 
âvoft espousé une demoiselle de Poitou de la maison de Baudi- 
mant dont il avoit deux filles presque abandonnées par leur mère 
qui s'est amourachée du ûls d'un misérable chapelier. La fille 
aisnée de ceBeaum&noif et delà Beaudimant a aussy espousé un 
homme de peUi, qu'elle a mesme accusé de Tavoir voulu empoi- 
i^nnet. Je ne puis dire comment cette affaire à esté terminée. 
I/autrefllles'est faite religieuse. La vieille marquise de Lavar- 
din (1) est accusée d'estrecausedèla mort de la première femme 
de mn fils, fille du duc de LuyUes, pour l'atdir maltraitée et fort 
Bftesprisée parce qu'elle ne faisoit que des filles. Cette jeuiie 
dâtne en eut un si grand chagrin qu'elle ne releva pas de âa 
seconde couche. 

FotiBiN.— La maison Faurbin est de Provence, qui originai- 
rement n'estoit rien, et doit son eslevationà Un homme qui 
acquit la faveur du roy Louis XI par ses intrigues et ses four- 
bes, luy ayarit procuré l'acquisition de la Prdvehce. Ce roy luy 
en donna ensuite le gouvernement, et le fit si puissant, qu'il 
^embloit en estre le seigneur et le souverain. Jamais nom n'a 
mieux convenu à une famille, car c'est la race la plus fourbe 
qui aye jamais esté. Aussy dit-on, en Provence : < les fourberies 
des Fourbins. » Nous en avons des exemples en deux personnes 
qui ont paru de nos jours à la çour^ l'évesque de Beauvais 
d'à présent, et le deffunt chevalier de Fourbln. capitaine de la 
première compagnie des mousquetaires. L'évesque a fait voir 



(1) Claude de Beaumaaoir, vicomte de Lavardin, mareschal de camp et 
aipaées, conamandant général des pays du Maine, de Laval et du Perche, 
mort en 1674, à 54 ans. 

(ij Ce Perdit mademoiâelie de Kôstaing. 



188 LE CABINET HISTORIQUE. 

son habileté dans quelques ambassades où il a esté; mais s'il y 
a acquis la réputation d'un homme d'esprit, il n'y a pas acquis 
celle d'un fort homme de bien ni d'un bon ecclésiastique. Le 
deffunt pape en avoit beaucoup d'aversion, l'accusant d'estre 
cause de la guerre des Turcs contre TEmpereur, d'avoir fait 
soulever les protestans de Hongrie et principalement le The- 
keli, et l'on a mesme trouvé des lettres qui en sont des preuves 
convaincantes. La reyne de Pologne se plaint aussi de l'avoir 
brouillée à la cour de France par les faux rapports qu'il avoit 
faits. La cour de France n'en estoit pas aussy fort satisfaite, et 
sans la protection particulière qu'il y a eue, c'estoit un homme 
eschoué. C'est par une intrigue particulière qu'il a esté nommé 
au cardinalat par le roy de Pologne, mais sans succès. Jusqu'à 
présent, la conduite qu'il a tenue et qu'il tient dans son diocèse 
de Beauvais est bien esloignée de celle de son prédécesseur; il 
n'a pas pu y souffrir un fort honneste ecclésiastique qui estoit 
fort estimé par le dernier évesque ; il y a vendu offices et béné- 
fices. A l'égard du chevalier de Fourbin, c'estoit un archi-fripon, 
pillant et volant les mousquetaires par toutes les manières dont 
il se pouvoit aviser, mesme les plus basses, prenant sur le foin, 
sur l'avoine, sur les habits, sur les payements, desservant les 
mousquetaires qui ne luy plaisoient pas, trompant tout le 
monde et fourbant mesme le roy, qui n'en a esté détrompé 
qu'après sa mort. N'a-t-il pas aussy trompé l'ordre de Malte» 
trouvant moyen de faire tomber sa succession à ses parans au 
préjudice de Tordre? N*avoit-il pas trompé son premier maistre 
qui estoit le duc de Guise ? 

ViLLEROY. — La maison de Villeroy vient d'un paysan du 
costé de Mante et de Meulan, qui avoit bien et mesme un fief. 
Ce paysan fit estudier un fils qu'il avoit, qui ensuite espousa la 
fille d'un marchand de miroirs nommé Le Gendre, qui l'obligea 
^e prendre son nom. Ce fils fut père du secrétaire d'État qui fut 



LSS GENEALOGIES DU SIEUR GUILLARD. 189 

un grand cocu, comme les vers que l'on trouve dans le Catholi'- 
eon le font voir. 

Un jour, le roy Henry III le tenant par la main chanta cette 
chanson : 

Un cocu est un bel oiseau 
Qui fait son nid au renouveau. 

Villeroy ajouta le reste ; 

Il fait comme les autres , 
Un cocu mène l'autre. 
Et toujours en grand peine, 
Un cocu Vautre mène. 

n avoit tort, car la reyne estoit fort sage et le roy le punit 
d*un soufflet qui lui fit quitter la cour, et fut le principal mo- 
tif qui le fit entrer dans la Ligue. 

Le deffunt mareschal de Villeroy^ son petit-fils, fit sa fortune 
avec bien du bonheur, car il n*estoit point du tout brave. Sur 
quoy Ton fit cette chanson : 

Marquis de Villeroy j'enrage 
De te voir mareschal de camp, 
Tu tiens la pla^i^ d'un vaiUant 
Et tu n'es propre qu'au bagage, 
Car on sçait bien que ton mestier 
Ne fut jamais d'estre guerrier. 

Feu M. le Prince, dernier mort, Louis de Bourbon, deuxième 
du nom, estant au siège de Dole de Tannée 1668, dit au duc 
de Villeroy d'à présent, qui n 'estoit encore que marquis, en 
la présence du roy : « Vengeons nos pères. » Il vouloit dire 
que prenant Dole, ils vengeroient l'affront que Ton receut à la 
levée du siège de cette place en 1636 ; car ce fut Henry de Bour- 
bon, deuxième de ce nom^ prince de Condé, qui commandoit à 



t8P L£ C49INET HISTO|[lIQU& 

ce »iége, et le marquis 4e Vill^roy, deppis maresohal de France, 
y servoit en qualité de mareschal de camp ; et cp ftit le feu roi 
Louis XUI qui ordoDoa de faire ce i^i^ge. Au sujjet de la Içvée 
de ce siège de Dole Ton fit cette chanson contre le prince : 

Condê n'ajpas pris Dojç, 
Condé n*a pas pris bole, 
Mais on dit que Dole Ta pris 
A force de pistoUes. 
Gaigne petit, gaigne petit ; 
Faut-il qu'un prince 
Dans sa province 
Soit si malheureux que l'on dit. 

Le prince fut accusé d'avoir pris de l'argent des assiégés 
pour ne pas les prendre. 

Sur la prise |de Dole et de la Françjie-Copité de V^»née 1668, 
feue Madame, première femme de Moflisieur, Philippe de 
France, fît le cojiplet de chanson sur le mesme aif de : Cqndé 
n'a pas pris Dole. 

Dedans Testé la Flandre, 
Dedans l'esté la Flandre, 
ËB brver la Franehe-Com^ 
Se sont faits d'Alexandre 
Tout bien ooaiplé^ toul l»eii coqopté, 
Si Tamour mesvi^ 
D'flD soip extrêiie 
Ne h'en i»esi«, il esl indompté. 

Le rdy Louis XIV prit plusieurs honûe3 places en Flandres 
en esté 1B67 et la Franche-Comté en byver 166^ c^ qui ^ le 
sujet de la chanson. 

CoNDÉ. -^ Il n'y a personne qui a'ayt un extrême respect 

poiir toute h maison royale. On ne s'avise pas d'aller rien re- 

^ chercher qui pm$e obequer des {urifices d'uae si grande âé- 



LES 6ÉNBàL06K8 DU MEDB 6UILLARD. 191 

ration . fienv^ le Grand luy-mème fit retirer Aes greffes de Cow 
goac la perquigition qui a?oit esté faite contre, la personae é» 
Charlotte-Catlierinede la TremouiUe, accusée de deux choses v 
d'avoir enit)oisonné le prince de Condé son mari et d'aroir été 
grosse durant Tabsenoe de ce prinee. Toutes poursuites furent 
apportées au greffe de la Cour et de Tautorité du mesme roy 
tout fut retiré du greffe et entièrement supprimé. Cela n'era- 
pescba pas que les princes du Bang de la maison de Soissons 
ne formassent l^urs protestations i^éguliéreiiient tous les ans, 
ce qui a cessé par la fin de ceste branche royale. 

Pendant ce temps, il arriva que chose as$ez extraordinaire, 
que Ton peut dire ridicule : c'est que M. le Prince, ayeul de ce- 
lui d'aujourd'huy estant au Parlement par ordre du roy pour 
la vérification de quelque édict, M. le Prince interrompant 
presque toujours Messieurs qui opinoient, M. le président de 
Mesmes qui présidoit, à cause que M. le premier président 
ne voulut pas s'y trouver, le priant de vouloir laisser opi- 
ner Messieurs avec liberté, M. le Prince lui dit ; « Enfin ne 
» savez-vous pas que je suis prince de sang? — Oui, mon- 
» sieur, luy respondit M. de Mesmes : nos registres en sont 
» chargez. » — Ce qui fit taire M. le Prince, et du reste de la 
séance il n' ouvrit pas la houcbe. 

Mais puisque nous tenons le prince de Condé, achevons de 
dire ce que nousensçavons. Il entreprit, par ordre de la cour, 
le siège de Fontarabie en 1638, où il fut entièrement deffait par 
les Espagnols et la place secourue, ce qui fut le sujet d'un cou- 
plet de chanson qui finit ainsy : 



Il prendra Fontarabie, zest, 
Comme il a pris Dole . 



Son fils qui est le dernier mort fut accusé d'aimer Guitaut, 
gentUhonune bien lait... Estant à l'Académie chez Benjamin, il 



192 LE CABINET HISTORIQUE. 

voulut un jour faire une mine pour faire sauter la chambre de 
cet académiste, au sujet de feue madame; Ton sçait assez qu'elle 
estoit galante, et il y en a des livres imprimés. 

La reyne d'Angleterre, sa mère, a eu pour amant le comte de 
Saint'Albans appelé Milord Germain. Sur les galanteries de ma- 
dame on a fait cette chanson : 

La princesse d'Angleterre 

Dans Saint-Cloud s'en va chantant : 

Je ne suis pas la première 

Qui ayt eu des galants : 

A quoy yous servoit, ma mère, 

Le comte de Saint-Albans ? 

Et à vous, ma belle-mère, 

Mazarin et Boucquingam? 

Ce Boucquingam estoit venu ambassadeur d'Angleterre en 
France vers Tannée 1625, fut aymée des plus belles de la cour, 
et entre autres de la reyne Anne d'Austriche. Il fut aussy aymé 
par madame de Chevreuse, d'où Ton fit la chanson: 

La duchesse de Chevreuse 
S'est rendue amoureuse 
Du duc de Boucquingam 




REVUE MENSUELLE. 



CORRESPONDANCE DU CABINET HISTORIQUE. 



Monsieur, 



Le 27^ congrès provincial de l'Association normande s*est 
tenu cette année dans la ville de Vire, et, à ^occasion de cette 
solennité, des fêtes superbes ont été données. Parmi les choses 
intéressantes offertes en cette circonstance à la curiosité des 
étrangers, il faut compter une exposition d'objets d'art et d'an- 
tiquitéy que leurs possesseurs avoient bien voulu prêter pour 
former cette espèce de musée temporaire : des tableaux, des 
sculptures, de la céramique, des armures, des ivoires, des tis- 
sus, des curiosités diverses, toutes choses étrangères à l'objet 
de votre journal. Je veux vous signaler seulement quelques 
manuscrits et quelques pièces dont les lecteurs du Cabinet his- 
torique seront bien aises, je pense, de connoître l'existence : 

L'un de ces manuscrits est une histoire de Vabbaye d'Aul- 
nay, formant un volume in-fol, d'environ 500 feuillets en pa- 
pier, écriture du siècle dernier. 11 appartient à M. Lepeltier, 
avocat à Vire, possesseur d'une riche bibliothèque. On sait que 
Tabbaye d'Aulnay eut pour abbé commandataire, au xvir siècle, 

Paris. — Typ. Wittersheim. — Se année. Doc. 13 



194 LE CABINET HISTORIQUE. 

le célèbre évêque d'Avranches, Daniel Huet, qui y écrivit les 
Questiùnes Alneta^œ et la Censure de là Philosophie de Descartes. 

Dans une autre vitrine, j'ai remarqué, à eôté d'un lot de 
fibules et d'agrafes mérovingiennes, une empreinte d'un sceau 
gothique de la même abbaye d'Âulnay. Cette empreinte orbi- 
culaire appartient à M. Victor Châtel. 

Une partie très-intéressante de l'exposition étoit celle où 
l'on avoit. disposé, dans une même vitrine, une collection d'édi- 
tions originales et d'autographes d'auteurs virois. Il y avoit là 
des raretés introuvables, appartenant à MM. Lepeltier, Fédé- 
rique et autres amateurs de Vire. Nous signalerons notamment 
un très-bel exemplaire des poésies «satiriques de Sonnet de 
Courval, mort en 1620, les premières traductions françoises 
d'Horace et de Virgile des deux frères Lechevalier d'Aigneaux,. 
morts en 1600, d'anciennes éditions et un manuscrit d'Olivier 
Basselin et de Jean Lehoux, des autographes du poète Chene- 
doUé. — La commission archéologique, qui avoit formé cette 
exposition, avoit eu l'heureuse idée d'inscrire sur une large 
affiche imprimée les noms de tous les écrivains qui ont illustré 
l'arrondissement de Vire, et au nombre desquels on compte 
André de la Roque, l'auteur du Traité de la Noblesse et de 
YBisloire de la maison d'Harcourt 

J'ai remarqué aussi, non loin d'anciennes reliures curieuses, 
une série d'assignats locaux. Il y en a d'émis par la commune 
de Saint-Lô et par celle de Vire. Un assignat de l'armée catho- 
lique et royale, daté d'un village de la banlieue de Vire, porte 
la signature de StofOiet. 

La bibliothèque de la ville, composée d'environ huit mille 
volumes, et sur laquelle un habitant de Vire, M. F. Cazin, vient 
de publier une notice (1), ne m'a présenté qu'un seul manu- 
scrit historique intéressant. C'est une copie faite, il y a envi- 

(1) Vire, Barbot, 1859, 37 pages in-18. 



CORRESPONDANCE. 195 

ron soixante ans, d'une Histoire de Vite, par Lecoq, histoire 
dont le manascrit original existe, m'a-t-on dit, à Paris, à la 
bibliothèque de FArsenal. 

Hais le manuscrit le plus intéressant à signaler est celui qui 
a été communiqué à la séance de la Société françoise d'archéo- 
logie, par M. H. Sauvage, avocat à Mortain, auteur de plusieurs 
publications d'histoire locale. C'est un bel in-folio, en papier, 
de 394 feuillets, somptueusement relié en maroquin rouge, 
dans le style de Duseuil, avec dentelles, fermoirs, des lions 
héraldiques sur le dos et sur les coins. On lit sur les plats, dans 
un encadrement ovale, ceci : 





Le contenu du volume est indiqué par ces mots tracés sur le 
premier feuiUet de garde par une main plus moderne que celle 
qui a écrit le reste du manuscrit : 

Catalogue des titres et papiers de M.^ Louis de Gouvets, 
dievalier. 1634. » 

Le manuscrit commence ainsi : 

a Inuentaire de mes lettres et brief mémoire de Testât du 
bien et reuenu de la maison, o 

Comme l'a très-bien dit M. H. Sauvage, cette espèce de car- 
tulaire est une véritable histoire des nombreuses localités où 
la famille de Gouvets possédoit ou avoit possédé des biens. On 
y trouve en grand nombre des détails sur les fiefs, des çpmptes, 
des actes anciens, des noms d'artistes, des notes sur des évé- 
nements singuliers relatifs aux environs de Mortain et de Vire. 
Les passages suivants, pris au hasard, en feuilletant ce beau 



196 LE CABINET HISTORIQUE. 

volume, donneront une idée de son importance pour l'histoire 
du Bocage normand : 

P. 381. « A la chapelle Saint-Michel. 

» L'an 1648 fut faite céans l'image saint Michel par Philipes 
Durand, maître sculpteur de la ville de Rouen, et renenn à 
40 livres. 

» L'an 1614, le 18 d'aoust, jenuoye quérir à la chapelle de 
Sainte-Barbe, de Bordeaux (1}, l'image de ladite sainte, .qui au- 
trefois y a fait des miracles. 

» L'an 1614, je fis faire la fenestre grillée de deux barreaux 
de fer, la vitre et Fécusson par maître François des Froissis, 
vitrier, qui en eut 9 livres. » 

Enfin, Monsieur, pour terminer cet aperçu bibliogràphico- 
paléographique, j'ajouterai que l'église, autrefois collégiale et 
aujourd'hui paroissiale de Notre-Dame de Vire, a eu le bonheur 
de conserver une notable partie de ses anciennes archives. L'un 
des membres de la commission d'organisation de l'exposition 
archéologique, M. l'abbé Cantpie, m'a signalé une série de re- 
gistres de cette église, comprenant depuis le xvi' siècle jusqu'à 
la Révolution. 11 y a malheureusement quelques lacunes dans 
cette série, parce que des parties de registres, ou même des 
registres entiers, ont été détruits ou perdus au commencement 
de ce siècle-ci; mais ce qui en reste mériteroit assurément 
d'être dépouillé et analysé, car on y trouve, en bon nombre, des 
noms d'artistes, des comptes de travaux et d'autres choses cu- 
rieuses pour l'histoire du pays. 

Veuillez agréer. Monsieur, la nouvelle expression de ma haute 
considération. Raymond Bordeaux. 

Ëvreux, ce 8 août 1859. 



(1) Bordeaux» fief et seigneurie dans la banlieue de Vire, paroisse de 
Goutanoes. 



ARMOBUL DE FBANGB. 197 

XXIL— ARMORIAL DE FRANCE 

DE LA FIN DU XIV* SIECLE. 

( Communiqué par M. Doubt-Darcq. ) 
(Saite.) 

425. M. GAUVAiN DE YAUviLLE (1). — De gucules, à I pal d'ar- 
gent, à VI niesles (ou mosles) d'argent. 

426. M. GUILLAUME DE GROUGHiE. — De argent, à I lion noir 
rampant, à une bordeure de gueules. 

427. M. NicoLLE DE GROUGHIE. — * Seinblablement, la bordeure 
besanté d'or. 

428. M. THOMAS d'oureville (2). — De vert, à I lion d'or 
rampant. 

429. M. PHILIPPE DU FAT. — D'argent, à VI roses de gueules, à 
un lambel d'azur. 

430. M. ROBERT DE FONTENAT (3). — D'ermiue, à une fesse de 
gueules. 

431. M. RAOUL DE FONTENAT DE GOUPILLEGES. — Somblable- 

ment, les pour les fremaulx (sic). 

432. M. FLoiREs GROSPARMT. — Do gueules, à jumelles, à I 
lionceau d'ermine passant. / 

433. M. REGNAULT DE GARTELET. — De gUeloS [Stc), à UUO feSSO 

d'argent fisselé, à un lambel d'azur. 

434. M. THOMAS DE GLAMARGAiN. — D'argent, à un egle noir, à 
une bordeure de gueules. 



(i; Manche. — (2) Ourrille (Manche et Seine-Inférieure). — (3) Fon- 
tenay-Saint-Martin (CaWados). 



198 LE CABINET HISTORIQUE. 

435. H« righârt de sanghat. -— D'ermine, à I sauteur de 
gueules. 

436. H. NiGOLLE GROSPARNT. — A II jumelles d'ennine, à I 
lionce.u d'ermine passant à un lambel d'azur. 

437. M. THOMAS DU QUEifiN. — De gueules, à I lion d'ermine 
rampant. 

438. M. LE GiRALOis d'arst. — QueTTonné d'or et de gueules 
de VI pièces. 

439. M. JEHAN DE TENRAY. — Dc guculcs, à uu demi lion d'er- 
mine rampant. 

440. M. EUDES d'arghi. — Somblablement, à I lambel d'azur. 

441. H. JEHAN DE GUOREHiEz. — Géronné d'argent et d'azur de 
VIII pièces. ^ 

442. M. THOMAS PATNEL. — D'azur, à I chief d'or, à un lion de 
gueules rampant. 

443. M. coLLART DE BAiLLiE. — D'argent, à une quinte fieuUe 
noire. 

444. M. JEHAN PE 6A1LL0N BEUSQUILLE. •— De gUCUleS, à III 

lionceauli d'or rampans. 

445. M. JEHAN DE 6AILL0N DE GROULLAT. — Scmblablcment, à 
I lambel d'azur. 

446. M. JEHAN DE GORMiEUL. — D'or, à uue fesse de gueules, à 
III tourteaulx de gueules. 

447. M. PIERRES* DE MoiNEAULX. — D'crminc, à I escuçofi de 
gueules, à un fermaillet d'or sur Tescuçon. 

448. M. GiLLEBERT DE PRULAT. — D'argent, à III lions vers 
passans. 

449. M. ROBERT DE PRULAY DE FRESNOY. — Semblablcmeut, à 
un baston de gueules. 

450. M. JEHAN DE MATON. — Parti d'azur et de gueules, à II 
jumelles d'argent, à I lion d'argent passant ou chief. 

451. M. PIERRES DE HA.MARS OU HAviARS. — D'argent frccté de 
gueules, à un quartier de gueules. 



ABMORUL DE PIANCB. 199 

452. H. lEHAN DA180N. — SemUablement, à I lambel d*azur. 

453. H« ROBERT DE LENDOEf . — Semblablement» à I fermaillet 
d'or en quartier. 

454. H. PHILIPPE DE TRESMONS (1). — Parti d'argent et d*azur 
à une fesse de gueules denchié. 

455. M. ALAIN DE GLiNGHAMP. — D'argent^ à un Tanon de gueules. 

456. H. NiGOLLE TERTES. — SemUablement, à I baston d'azur. 

457. M. ROBERT DE FONTENAT DU HESNIL TOUFRAT. — Esquar- 

tellé d'or et de gueules eudentes. 

458. M. JEHAN D'uRvtLLE (2). — D'argent, à une fesse d'azur, 
à une bordeure de gueules, à m rozettes ou chief. 

459. M. ROBERT DE siLiNELLES. — D'or, à I ègle noir à II testez. 

460. M. RAOUL DE YAULX. — D'ermioes, à I chief de gueules 
endenté de l'un en l'autre. 

461. M. PHILIPPE DE HEVREviLLE. — D'argent, à in mains de 
gueules. 

462. M. mcoLLB BARATE. — De noir^ à TII mains d'or. 

465. M. GUT BuisGHART OU BRUSGHART. — D'argent, à une main 
de gueules, à une oille de merletez noires. 

464. M. ROBERT DE LA PLAiNQUE. — D'argent, à une main 
noire, à une oilJe de merletes noires. 

465. M. GUILLAUME GOULAFFRE. — D'argent, à III mains [sic). 

466. M. GUILLAUME DE LA RIVIERE (3). — D'argent^ à II fesses 
de gueules. 

467. M. ROBERT DE LA RIVIERE. — SemUablement, à I lambel 
d'azur. 

46S. M. JEHAN DE GiEUGouR.— * D'ermiuo, à une fesse de gueules 

danchée. 
469. M. RiGHART DOiLLTE (4). ^ D'argent, à une beude de 

gueules. 

(1} Troîs-MoDts, Barcaurt — (2) Manche et Calvados.— (3) Calvados. 
- (4) Ouilly (Calvados). 



200 LE CABINET HISTORIQUE. 

470. M. PIERRES DE SURVIE (1). — EscartcUé de burelle et de 
gueules. 

471. M. JEHAN DE BONViLLE (2). — Paaley d'argent et de gueules 
de VI pièces. 

472. M. JEHAN D*ANBSY. — D'argcut, à un lion noir rampant 
billecté de noir. 

473. M. JEHAN BAPTESTE. — D'azur, à II fesses d'argent. 

474. H. ROGiER DE CROYXILLES (3). — De Hoir, à Y croixetes 
d'or recroixetées. 

475. M. HENRY BON-ENFANT. — D'azur, à unc fesse d'argent. 

476. M. ROBERT d'o (ou de) (4).--D'ennine, à l cief de gueules 
endenté de l'un en l'autre. 

477. M. JEHAN de nocvant. — D'argcot, à I quevron d'azur. 

478. M. ROBERT DE V1EULP0NT (5) DE CHAILLOUE. — D'argent, 

à VI ennelas de gueules, à un quartier de gueules. 

479. M. JEHAN DE BARO. — De gueulcs, à un ègle d'argent, à 
pié et à bec d'or. 

480. M. ROBERT DE NEUFBOURG (6) — Coutichié d'or et d'azur. 

481. H. LORDAULT DE NEUFBOURG. — Sefflblablement à I lam- 
bel de gueules. 

482. M. ROBERT DE viLLEQuiER (7). — D'oT, à unc CToixdegueu- 
les biiettes de gueules. 

483. M. JEHAN GoiGEUL. — D'azur, à trois ganons d'argent 
passans, à une bordeure de gueules. 

484. M. BRUNET DE LocuRT, OU JAUGOURT. — D'argent à une 
croix de gueules, à IIII lionceaux d'azur rampans. 

485. M. LUCAS DE MELLEMONT. — D'or et d'argcut, à une croix 
de gueules, à V fremaulx d'argent. 



(1) Orne. — (2) Bonneyille (Calvados). — (3) CroisUle (un en Calva. 
dos, un autre dans l'Eure). — (4) S. Martin d'O. (Orne). — (5) Vieux- 
pont (Calvados et Orne). — (6) Le Neufbour^ (Eure). — (7) (Seipe- 
iDférieare). 



ARMORUL DE FRANGE. 201 

486. M. JEHAN GHAUYEL. — Dc HoiF, à III molectcs d'or. 

487. M. R06IER LAiNDiGER. -r- Fesses d* argent et de noir fiselée 
de Tun en Tautre. 

488. M. JEHAN DONNEBADLT. — De gueules, à une croix de vert. 

489. M. ROBERT DE NURSENT. — De guodes, à deux fesses d'or» 
à trois tourteaulx vers ou chief . 

490. M. GUILLAUME bailbule(I). — Party d'ermino et de gueulo^. 

491. M. SAUVAGE DE POMMEREUL (2). — De gueuIes^ à un que- 
vron d'or, à trois molettes d'or. . 

492. H. GUILLAUME DU BOSG GUILLAUME. — De gUeuIOS , à I 

lambel d'or escartellé contre de noir, à une croix à croixetes 
d'or recroixetés. 

493. M. JEHAN DE NEUVILLE (5). — Degueulos, à I chief d'er- 
mine, à III tourneaulx d'or en pié. 

494. M. RICHARD DE RoiGAULLE. — D'crmine, à III tourneaulx 
de gueules, à I quartier de gueules, à I lionceau rampant 
d'argent ou quartier. 

495. M. RAOUL DE HAREGOURT (4). — Dc gUCUleS, à II fCSSCS 

d'ermine, à un lambel d'or. 

496. M. JEHAN DE HAREGOURT DE GHARENTONNE. — Semblable- 

ment. 

497. M. JEHAN GOMMiN. — D'argent, à une croix d'azur. 

498. M. ROBERT 80RMIN. — D'argcHt, à une bende d'azur, bi- 
letté d'azur. 

499. H. RAOUL DE BiGos. — D'argent, à deux fcsses de gucules, 
à III molettes de gueule s. 

500. M. REGNAULT GHAMBELLENG. — D'argcut, à III testos de 
seinglier noires erracbées . 

501. M. ROBERT DE MONTFORT (5).— De gucules, àl sautcur d'or. 



(1) Il y a cinq BaiUenl en Normandie. — (2) Pommereuil (Eure). — 
(3) 11 y en a dix-hait en Normandie. — (4) Harcourt (Calvados). — 
(5) Montfort-sur-Rille (Eure). 



202 LE CABINET HISTORIQUE. 

502. M. MAHED DE Li POTERIE (1). De gueules, à ane croix 
d'or. 

503. M. PIERRE DE 6RENUEZ. — D'azup, à unc beiide d*or estiR- 
chelée d'or. 

504. M. JEHAN OE FRESNOT SUR FERiERES. — D*ermine, à une 
fesse de gueules, à III fers de cheval d'or sur la fesse. 

505. ». JEHAN RE 8AINT-LI6IER (2). — D'emiiie, à un sauteur 
de gueules engroslées . 

506. M. HENRT DE FERiEREs. ^— De gueulcs, à I escuçoti d'er- 
mine, à une oille de fers à cheval d'or. 

507. ii. REGïiAULT DE GARBET (3). — De guculcs, à uHC fesse 
d'argent fizellée à un lambel d'azur. 

508. A. JEHAN DE VAILE HERviLLiER. — Parti d'argent et de 
gueules endentés de l'un en l'autre. 

509. M. JEHAN REGUçoM. — Fcssés d'or et de vert de VI pièces 
à fleurs de Us de l'un en l'autre à un quevron de gueules. 

510. M. JEHAN DE MORTEMER. — Semblable à un baston de 
gueules. 

511. M. PIERRE DE GAPEixES. — De noir, àunebeude d^argêot, 
à II coutiches d'or. 

512. M. ROBERT DE BOUTEviLLE. — Dc gueulcs, à un sdutcur 
d'or k quatre égletez d'or. 

513. H. ROBERT MAjLLART. — D'azur, à ufi sautcur d'argent 
engreslé, à III mailles d'argent. 

514. M. sauvaiged'adtegivy. —D'or, à un demi lion-noir ram- 
pant. 

515. M. JEHAN d'avreghier. — D*or, à II quintez fieulez noires, 
à I lionceau noir passant ou premier quartier engreslé. 

516. M. GUILLAUME harTbl DE SAiNT-viGOUR. — D'or, à III mar- 
teaulx de gueules, à une bordeure burelée d'azur et d'agent. 



(1) Orne, Eure et Seine-Mérieure). — (2) S. Léger (Orne et Manche). 
— (3) Carbec (Galvados et Enre). 



ABHORIIL 0B FBANCB. 203 

517. V. JEHAN ifABTBL. — Semblable, à I escuçon de Hautot 
en Caux. 

518. M. JEHAN DE GRAMviLLE. — D'azuF, à UDC fesse d^argeot, 
à croizètes d*or recroizetés. 

519. H. ROBERT MALET. — De gueules, à III Tremaulx d*or, 
à I escuçon de Saint-Veneni. 

520. M. GUILLAUME MALET DE MONT AIGU. — Semblablement, à 
une bordeure burelée d'argent et d*azur. 

521. M. GUILLAUME MALET. — Semblablement, àllambelbehonué 
d'argent et d'azur. 

522. M. ROBERT MALET DE FONTAINEZ. — Do noir, à III frO- 

meaulx d'or. 

523. M. ROBEBT DE GBASMENiL. — • De gueulos, à III fremeaux 
d'argent. 

524. M. BOBEBT DE GOUBGUENYiLUEB. — PaiUey d'or et vert de 
VI pièces^ à I chief de gueules, à III frémeaulx d'argent. 

525. M. FAUVEL BEAUViLEiN. — Semblablement, à I lionceau 
d'or passent en chief. 

526. M. GUILLAUME MALEYiLLE. — D'azuF, à I chiof d'argent 
endenté de Tun en l'autre, à I lionceau de gueules passent en 
chief. 

527. M. JEHAN DE BEuzEviLLE. — D'argent> à une fesse noire, 
à trois quintez fîeules noires. 

528. M. RICHARD d'yVETOT DE TAILLANTILE. — D'aZUr, à UUe 

bende d'or, à II couticles d'or, à I lambel de gueules. 

529. M. BELENGUEL DE BELENGEZ. — D'argent à une bende d'or 
paalle. 

530. M. LABTSEGAULT DE «FRESGUERAT. — Semblablement, à 
I lambel de gueules. 

531 . M. RICHARD DE HOUDETOT (1). Semblabteinent, le lambel 
besenté d'or. 

(1) (Seioe-Inférieure). 



204 LE CABINET HISTOBIQUE. 

532. H. JEHAN DE BALANGDES DE TOURVILLE. — De gUCUleS, à 

III tourtres d'argent» à croixètes recroixées au pié long. 

533. M. HAHEU DE FEUGERAY. — D*argeDt, à une croix noire 
emgreslée. 

534. M. LE SENESCHAL D*Eu. — D'or, à uue bende noire, à 
II couticles noires. 

535. M. JEHAN LE SENESCHAL, SOU lllz. — Semblabiement , 
{sic), à I pourceau noir en la penne de i'escu. 

536. H. GUILLAUME LE SENBSGAL. — Semblablemeut, à I lam- 
bel de gueules. 

537. M. ROBERT. — De Haguefwville^ à III molettes d'argent 
sur la bende. 

538. M. PIERRES DE BAiLLEUL. — D'eruiine, à uu fer de molin 
de gueules. 

539. H. JEHAN DE PONS. — D'or, à III jumelés de gueules. 

540. M. GUILLAUME DE BURES (1). — D'or, à VI enguclcs de 
gueules, à I baston bonigoné d'argent et d'azur. 

54). M. GUILLAUME. — D'or, à III jumelés de gueules, à I lam- 
bel d'azur. • 

542. M. ADAM DE SAiNT-LAURENS. — De uoîr, à III maius d'or. 

543. M. GUILLAUME DE FESCANT (2). — Viudé d argent et de 
gueules. 

544. M. BECQUET DE FORGEZ (3). — D'azur à 

à VI gasieles d'or en pié. 

545. M. GUILLAUME DE CALLEviLLE (4). —D'argent, à III molct- 
tez de gueules. 

546. M. PHELippE DE CALLEVILLE. — Semblablemeut, à une 
bordeure de gueules. 

547. M. REGNAULD DE TOURNEViLLE (5). — D'or, à uu liou de 
gueules, rampant à un baston d'azur. 



(1) Bure (Calvados). — (2) Fécamp.. — (S) Forges (Seine-Inférienre et 
Orne). — (4) Eure et Seine-Inférieure). — (5) (Eure et Manche). 



LES GÉNÉALOGIES DU SIEUR GUILLARD. 205 

548. M. FLORiDAS DE ORMEYiLLE. — Semblableoieiit, à une 
molecte d'argent sur le bas ton. 

549. H. PEULiER DE TOURNEYiLLE. — Semblablemeut, le bas- 
ton besant [sic) d'argent. 

550. M. GUILLAUME DE PREAULX. — Semblablemeut, à un lam- 

bel d'azur. 

<Sera continué.) 



XXIII. — EXAMEN ET RÉFUTATION DES GENEALOGIES DU 
SIEUR GUILLABD, PAR M. LE MARQUIS ***. 



Nous ayons promis aux lecteurs du Caldnet historique un exa- 
men des généalogies du sieur Guillard. Nous donnons ici le travail 
de notre savant et honorable eorrespondant^ en laissant au lecteur 
la liberté de son jugement entre l'œuvre et la réfutation. 



CoDRTENAT. — Le sieur Guillard me paroit divaguer à Tocca- 
sion de Courtenay. S'appuyant sur les généalogistes, il signale 
quatre familles de ce nom. Il auroit dû en compter quatorze 
ou quinze, puisqu'il change en familles difTérentes diverses 
branches sorties du même tronc. 

Elles descendent toutes de Pierre de France, fils de Louis le 
Gros et d'Âdélals de Savoye, qui donna le nom de Courtenay 
à sa postérité par son mariage avec Elisabeth, dame de Courte- 
nay, héritière d'une première maison de Courtenay. La qua- 
trième de ses branches, que Guillard appelle quatrième maison, 
n'est ni plus ni moins royale que les autres. L'aînée fut celle 
des empereurs de Constantinople, éteinte au commencement 
du xiT' siècle en Catherine de Courtenay. 



206 LE CABINET HISTORIQUE. 

Je n'énumérerai pas toutes ces branches, celle des seigneurs 
de Champignelles, de Bleneau, de Tanlay, etc., dont l'illustre 
fécondité donne à un grand nombre de familles françoises 
l'honneur de descendre de nos rois. 

La maison de Courtenay établie en Angleterre a son origine 
moins prouvée que les autres branches; on la croit cependant 
issue non pas des Courtenay de la maison de France, mais de 
l'ancienne maison de Courtenay, dont étoit Elisabeth, mariée à 
Pierre de France. Ils en portoient les armes. Les Courtenay 
d*outre-mer sont la quatorzième branche des Courtenay de 
France, branche finie au xn* siècle. Ils étoient comtes d'Edesse, 
seigneurs de Tîbériade, dite par corruption Tabarie. 

MM. de Courtenay ont toujours prétendu à la qualité 
de princes du sang. Â chaque renouvellement de règne ils ont 
fait à ce sujet de respectueuses protestations. Saint-Simon dit 
qoe celle qu'ils présentèrent au régent étoit parfaitement belle^ 
farte, prouvée. Et il ajoute que l'injustice constante faite à cette 
branche de la maison royale, légitimement issue du roi Louis le 
GroSf a dû surprendre Ums les temps qu'elle a duré et montrer 
en même temps la funeste merveille de cette maison^ qui d'un si 
long espace na pu produire un seul sujet dont le mérite ait forcé 
la fortune; d'autant plus que nos rois ni personne n'a jamais 
douté de la vérité de sa royale et légitime extraction. 

Lorsque le prince de Courtenay perdit sa femme, une du 
Plessis-Besançon, Louis XIV, qui n'ignoroit pas qu'il étoit bien 
réellement prince de son sang, dit encore Saint-Simon, alla le 
voir, ce qu'il ne faisoit plus pour personne depuis bien des an- 
nées. Le fils de ce prince de Courtenay épousa la fille du mar- 
quis d'Âvaugour, comte de Vertus (issue des bâtards de Bre- 
tagne). Il n'en eut point d'enfants; en lui s'éteignit son illustre 
maison. La sœur de celui-ci avoit épousé le marquis de Liste- 
nois, de la maison de Beauffremont, chevalier de la Toison-d'Or. 
Elle mourut en 1768, la dernière de sa race, et c'est pour con- 



LES GÉNÉALOGIES DU SIEUB GUILLARD. 207 

stater cette descendance et relever ses droits que M. le prince 
de Beauffremont, neveu du duc^ descendant en ligne directe de 
cette Hélène de Courtenay, se fait appeler le prince de Beauffre- 
mont-Courtenay. 

La princesse Hélène appartenoit à la grande branche de cette 
puissante et royale maison, dite la branche des seigneurs de 
Cbevillon, issue de celle de La Ferté-Louplère. 

Vbndoshe. — La belle Ç^abrielle, maîtresse de Henri IV et 
mère du duc de Vendôme, étoit fille de Antoine d'Ëstrées, 
grand-mattre de l'artillerie de France, et de Françoise 
Babou de la Bourdaisière. Celle-ci, relâchée dans ses mœurs 
comme toutes les femmes de cette famille, avoit publiquement 
pour amant le marquis d*Âlègre, gouverneur d'Issoire. Us fu- 
rent massacres ensemble dans une sédition populaire à Issoire 
même. M. d'Âlègre périt avec courage, les armes à la main. 
Mademoiselle d'Estrées fut honteusement traitée et inhumaine- 
ment poignardée. Sa mort fut accompagnée de circonstances 
dramatiques et de détails scandaleux qu*il faut lire dans les 
Annales de la ville (Tlsioire^ publiées par M. Bouillet. 

Mademoiselle d*£strées avoit pour mère une Robertet et elle 
descendoit, au cinquième degré, de Laurent Babou, ancien 
grainetier à Bourges, ce qui procura à MM. de Vendôme et à la 
maison de Savoie, issue de ces derniers, enfin à la maison de 
Bourbon, alliée aux princes de Savoie, des ascendants mater- 
nels peu semblables à leur illustre origine. 

C'est une curiosité généalogique tout aussi remarquable que 
celle de nombreux gentilshommes et de quelques familles bour- 
geoises qui, d'alliance en alliance, remontent à nos rois. 

Pbanzag. — Je ne sais rien sur cette famille ; mais si elle 
s'est éteinte en une fille mariée au comte d*Escars, faute d'une 
noble origine, c'est une noble fin. Ce n'est pas peu de chose 



208 LE CABINET HISTORIQUE, 

que d'avoir été prendre pour dernière alliance un seigneur dont 
les mères étoient mesdemoiselles de Quélen, de Rochechouart, 
de Clermont, de Lévis, de Laiiis, de Beauffremont, d'Aubusson, 
de Pompadour, de Roquefeuil, etc., et même Isabelle de Bour- 
bon-Carency. Prendre place de fille ou de mère parmi ces 
grandes dames est sinon une preuve, du moins un indice de 
noblesse. Si Talliance citée par le sieur Guillard est exacte, j'en 
félicite la maison de Pranzac, et j'y vois une réparation, une 
compensation tout au moins des reproches d*origine qui lui 
sont adressés. 

Estrades. — J'ignore si la graisse et la chandelle sont pour 
quelque chose dans l'origine de la maison d'Estrades; mais le 
registre 699 dit que François d'Estrades, vivant en 1580, fut 
anobli par le roi. C'est à lui que le P. Anselme commence la 
généalogie de la famille, rejetant par son silence même et 
comme inventions, ou tout au moins comme vérités sans dis- 
tinction, Jacques, Raymond et autres qui, selon un travail ma- 
nuscrit, feroient remonter la filiation à l'an 1429. Ce François 
fut le bisaïeul de Godefroid, comte d'Estrades, qui suppléa par 
son mérite personnel à celui qui lui manquoit, dit Guillard, du 
du côté de Torigine. Il fut chevalier des ordres du roi, vice-roy 
d'Amérique, gouverneur de Dunkerque, ambassadeur en An- 
gleterre et en Hollande, maréchal de France, etc. Sa mère étoit 
Suzanne de Secondât et son frère non pas évéque d'Agen, mais 
évêque de Condom. En 1744 la famille d'Estrades obtint les 
honneurs de la cour. 

Navailles. — Le sieur Guillard jette par mépris, ou mé- 
prise, l'obscurité là où règne la lumière. Le nom de M. de Mon- 
tauit n'a rien d'incertain. On peut avec l'histoire et sans leur 
concours connoitre qui ils sont. 

Navailles est une terre avec titre de baronnici entrée 



L9S GÉNÉALOGIES BU SIECR GUILLARO. S09 

Tan 1527 en leur maison par le mariage de Jean-Marc, baron 
de Montault, avec ^adelaine d*Âudouins, baronne de Navaiiles; 
Bénac est une autre terre, aussi bar^nnie, entrée chez les Mon- 
tault par Burse de Bénac, mère de Jean de Montault, seigneur 
de Bénac, vivant dans la première moitié du xiv* siècle. Le 
beau nom de Montault, d'origine chevaleresque, n'a donc ja- 
mais été ni obscurci ni embrouillé par ceux de Beirac et de 
Navaiiles. Il faut, pour s'y méprendre, toute la mauvaise foi 
du sieur Guillard. Philippe de Montault^ père du maréchal, 
avoit été créé d'abord duc de Lavédan, puis duc de Navaiiles. 
Philippe de Montault, son fils, duc de Navaiiles, marquis de 
Beinac, maréchal de France, etc., fit transférer les litres en 
dignités de duché-pairie sur sa terre de l^a Valette, sous le 
nom de duché-pairie de Montaut. Jamais le nom de Montault 
n'a été mis en doute par le public, ni dans Tombre, par ces 
seigneurs qui lont élevé si haut. 

S'il y a jamais eu une variation radicale dans le nom de 
cette maison, elle date du xi* siècle : Pons de Noê, vivant 
en 1075, est l'auteur en ligne masculine de la famille ; tandis 
que l'alné de ses petits-fils, Arnaud Pons, demeuroit seigneur 
de Montault, en prenoit le nom et formoit la tige de ces sei- 
gneurs , Gauthier, son deuxième fils, devenoit seigneur de 
Noê et étoit la souche des barons, puis marquis de Noê, qui 
se sont continués à travers huit siècles. C'est là ce que le sieur 
Guillard auroitdû savoir et constater pour l'honneur delà vé- 
rité et pour rhistoire du marquis de Montault. 

NEUiLLAN.^ Le sieur Guillard est à la fois ignorant des noms 
et étranger aux personnages. Son animosité contre les sei* 
gneurs de Montault tourne en calomnie à l'égard de leurs 
alliés. 

Le nom des comtes de NeuiUan et de Parabère est de Bau- 
déan : il méritoit bien d'être cité. Le Poitou se sent tellement 

5* année. - Doc. 14 



210 LE GABIMET HISTOBIQOB. 

âatté qu'elle se soit venue planter sur sou territoire qae» bien 
qu'elle n'en soit point originaire et qu^elle s'en soit éloignée» 
les auteurs généalogiques de la province tiennent à inscrire 
sou souvenir dans leurs listes. Elle n'est point issue d^un gramd 
estoc, dit Guillard... Cette illustre maison, reprend un auteur 
plus récent et mieux informé, tire son nom de la terre et 
vallée de Beaudéan dans les monts Pyrénées, et Ton tient 
aussi (ce que nous ne saurions ni nier ni affirmer) qu'elle est 
i.ssue des anciens rois de Navarre. < En tout cas je trouve sa 
filiation suivie depuis les premières années du xv* siècle, ce qui, 
sans remonter au déluge n'est pas absolument d'hier. Au besoin 
ses chevaliers des ordres, lieutenants généraux et autres, corn- 
penseroient l'absence de bien d'autres distinctions. 

La trop célèbre marquise de Parabère, maîtresse du régent, 
étoit femme de César-Âlexandre de Baudéan, marquis de Para- 
bère. Et aussi Suzanne, mariée à Philippe de Montault, duc de 
Navailles, maréchal de France, dont il a été ci-devant question, 
et aussi Angélique, sa sœur, mariée au comte deTessé, chevalier 
des ordres. 

UL viEuviLLE* — Cette maison est encore enveloppée dans 
Ts^version vouée par le sieur Guillard à tout ce qui tenoit aux 
Neuillan et par eux aux Montault. 

Marie Madeleine de la Vieuville, maîtresse du régent sous 
le nom de marquise de Parabère, étoit femme de César-Alexan- 
dre de Beaudéan, marquis de Parabère. Le marquis de la Vieu- 
ville, lieutenant général des provinces du haut et bas Poitou, 
étoit son père. Les marquis de la Vieuville, originaires de Breta- 
gne, remontent au xv® siècle; leurnom primitif étoit de Corkaên. 
Ce fut la reine Anne qui les amena en France et les introdui- 
sit à la cour de Charles VIIL Ils ne tardèrent pas à y faire 
grande figure ; deux d'entre eux furent grands fauconniers de 
France. Leurs alliances se prirent dans les maisons de Bossut, 



LÉS 6Él<nSAt00IES DU tSŒOK GCILLARD. 211 

d'O, de Damas, de Joyeuse, de BourDonville, de la Motte-Hoa- 
dancourt, etc. 

Le premier de ces seigneurs^ qai fat duc et pair de France, 
est Charles de fo Vieuville, grand fauconnier de France, lieu* 
tenant général en Champagne, etc., dignités que le sieur Guil" 
lard a bien soin (l'oinettre pour ne parler que de la charge des 
finances qui fut pour lui à la fois une source de biens et d'hoii- 
neurs par son intégrité. Si l'on vouloit le flétrir, il valoit mieux 
le prendre par son ingratitude qui lui fit poursuivre et obtenir 
la disgrâce du marquis de Puisîeux son bienfaiteur. Au reste, 
il expia ce trait par sa propre défaveur et par l'ingratitude 
du cardinal de Richelieu, qui le perdit après avoir été produit 
par lui; il éprouva la prison, l'exil, la confiscation; mais le 
cardinal de Mazarin lui rendit ses biens et ses dignités. C'est 
de ce personnage que Charles II* du nom, gouverneur du duc 
de Chartres^ ëtoit fils, et non petit-fils. 

ie ne sache pas que MM. de la Vieuviile ayant jamais pris 
le nom de Vienne. MM. de Vienne, d'une famille illustrée par de 
nombreux services militaires, de grandes alliances et unamiral 
de France, donnèrent une de leurs filles à Charles II, duc de 
la Vieuviile. Mais le «om de Vienne subsistoit encore dans une 
branche aînée et n'avoit pas besoin, pour vivre, de Tassistance 
de MM. de la Vieuviile, qui ne pensèrent point à la lui donner. 
Le seul honneur qu'ils aient prétendu tirer du nom de Vienne 
est celui bien légitime de son alliance. 

La maison de la Vieuviile alias Viefville, a fini dans le 
îvr siècle, e^ la personne de madame de la VieuvUle, saariée à 
Toussaint de Boisgelin ; pour perpétuer le nom, il étoit convenu 
qu'il seroit relevé par le fils issu de cette alliance. Il en sortit 
une fille unique, mariée au comte de la Villegontier, pair de 
France. Les desseins de Ja Pfovidence ont déconcerté les calculs 
de la pjrudence humaine. 



212 LE CABINET HISTORIQUE. 

d'argt. — Selon son usage, le sieur Guillard demeure fort 
incomplet et par conséquent devient fort énigmatique. Ce 
nom d'Arcy me livra donc aux hypothèses. Cependant Tanti- 
quîté qu'il lui accorde, le titre de marquis qu'il lui reconnoît, 
font supposer qu*il est question de MU. d& Gouy, marquis 
d'Arcy, originaires des Pay-Bas, connus dèl le xiv® siècle, 
encore existants, alliés aux Barbançon, Melun, Wigna- 
court, etc., ayant fourni des chevaliers des ordres du roi et 
des officiers généraux à nos armées. Mais j'avoue que le nom 
de Martel ne se retrouve pas dans leurs actes ; et que la Picar- 
die, la Flandre et FArtois sont dans leurs souvenirs et dans 
leurs habitudes à la place de la Normandie. 

En Normandie, je trouve une famille Martel, qui a fourni un 
porle-oriflamme de France; elle est remarquable par son anti- 
quité, étant noblement connue dès le xn® siècle. Elle a donné en 
mariage une fille au duc de la Chastre. Les gonts du sieur 
Guillard le portoient à s'attacher aux familles qui s'allient 
entre elles, comme les noms de la Vieuville, de Neuillan. de 
Navailles me l'ont déjà prouvé. Le nom de la Chastre devant 
arriver bientôt, j'incline à croire ici que peut-être au Heu de 
m'attacheraux Gouy par le nom d'Arcy, dois-je par égard pour 
la province de Normandie, me fixer au nom de Martel. Mais alors 
ici le marquisat d'Arcy n'a rien à faire. Les Martel furent issus 
de Bacqueville, de Saint-Vigor, etc. , et n'ont jamais eu plus de 
prétention à être marquis d'Arcy qu'à descendre de Charles 
Martel. Au reste, Guillard a étendu sur cette question un brouil- 
lard que je ne dissiperai pas; il ne peut cacher qu'un bel et 
lointain horizon, soit qu'il s'agisse des Gouy d'Arcy de Picar- 
die (sans Martel) ou des Martel ûe Normandie (sans d'Arcy). 

DE lâ meillebate. — Lo Dictionnaire des ennoblissements 
dit, au sujet de MM. de la Meilleraye qui sont originairement de 
la Porte : « Jacques de la Porte, apothicaire à Partenay en 



N., 



LE9 GÉlfBALOGICS DD SIEUR GUILLABD. 213 

» Poitou, fut père de Guillaume de la Porte, avocat au Parle - 
» ment, de Jean de la Porte qui vivoit en 1400, lequel fut com- 

> missaire au Cliâlelet, puis échevin, inhumé aux Innocents 
» en 1442, d'où sort Charles de la Porte, seigneur de la Meille- 

> raye, grand maître de Tarlillerie et maréchal de France, qui 
» épousa Marie Ruzé, fille du maréchal d*EfQat et de dame 
» Marie de Sourcy, en 1600, de laquelle il eut pour fils atné 
» Armand-Charles de la Porte, duc de laMeilleraye, qui épousa 

> Hortense de Mancini, nièce du cardinal Mazarin. Il fut obligé 
» de porter le nom et les armes de Mazarin.» 

Le mémoire au sujet des pairs, présenté en 1716 au duc d'Or- 
léans, est non moins cruel et plus concis, il dit : < Charles 

> de la Porte, maréchal de la Heilleraye, père du feu duc de 
» Mazarin, étoit petit-fils d'un avocat fameux en ce parlement, 

> dont le père étoit apothicaire à Partenay en Poitou. Le maré- 
» chai, fils d'une tante du cardinal de Richelieu, lui dut ensuite 
» sa fortune. » 

Quoi qu'il en soit, depuis les grandeurs de la maison fle la 
Porte, ses alliances ont été pleines d*illustration ; ses affinités 
successives et prochaines avec les cardinaux de Richelieu et de 
Mazarin amenèrent à elles les maisons de Coiffier d'Effiat, de 
Cossé^Brissac,deDurfort-Duras, de RohanSoubise; enfin, après 
s'être ainsi retrempée dans tout ce que le sang françois a de 
plus pur, Charlotte-Antoinette de la Porte-Mazarini, fille du 
dernier duc de la Meilleraye, et la dernière de son nom, a 
épousé Emmanuel-Félicité de Durfort-Duras, et sa fille, en se 
mariant au duc de Villequier, a porté dans la maison d'Aumont 
tous les grands biens dont elle étoit héritière. 

(La suite au prochain numéro,) 



SI 4 LE CABINET HISTORIQUE. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Précis historique sur la famille de Dur fort-Dur as, par M, Jean 
Favre^ avoué à Marmande. — Marmande, Avit-DuberorL 
4848, in-8% de 200 pages. 

L'histoire des grandes familles est si intimement liée à l'his- 
toire des rois et de la FraBce elle-même, que chacim des récits 
qui les concernent jette un jour nouveau sur nos annales. €e 
n'est 4I0DC pa« seulement un intérêt local ou domestique 
qu'offre le travail de M. J. Favre. La maison de {^urfort^Duras 
est; comme on sait, une des plus anciennes et des plus grandes 
de la France. On la voit mêlée à toutes nos guerres .civiles et 
étrangères; elle a fourni de redoutables champions dans les diffé- 
rents épisodes delà lutte que soutint le Languedoc ooBbre Tin- 
fluence.de la France du Nord. Elle a donné de puissants auxiliai- 
res auxcoHites de Toulouse contre Simon de Montfort, aux rois 
d'Angletenre contre Charles V et Charles VII> au roi de Navarre, 
dep^is Henri 1¥, contre le parti de la Ligue et de l'Espagne. 
Enfin^ quand la grande féodalité eut rendu son épée, la maison 
de Dunfort a continué son ancienne illuâtration dans les grandes 
charges delà couronne, et l'on pcMt dire qu'elle a constamment 
figuré dans la longue galerie de nos iKaaimes jUijâiPes^. M. Fa- 
vre a fouillé .dans les arGbiv«« de, ces f^eux barons arec bieau- 
coup d'intelligence et Ae patieoce; il mf^ a fjàitjponAoitre avec 
simplicijItéJtptM' ftÇflV'il y ?ivi)it^é.QOuvert; mais peut-être auroil- 
on droit de regretter qu'il n*ait pas toujours groupé les faits 
delà façon la plusclair.e e.t Ja plus intéressante. Le style laisse 
bien aussi quelque chose à désirer ; l'auteur semble connoftre 
mieux les archives de la maison de Duras que l'histoire géoé- 



mBUOGBAPHlB. 215 

raie de la France. Du moins a-t-il laissé échapper quelques er- 
reurs assez singulières; par exemple quand il dit que « ravëne- 
ment de Henri III au irône de France, contre les droits tégiti" 
mes de Henri de Navarre ^ irrita le cœur du jeune prince. » Il 
estdifocile.de comprendre quels droits M. Favre attribue au 
roi de Navarre sur le trône de France, au moment de la mort de 
Charles IX. Ces méprises sont heureusement rares dans Testi- 
mabte travail que nous avons sous les yeux ; au lieu de nous y 
arrêter, nous aimons mieux féliciter Testimable auteur d'aVôir 
rassemblé les principaux titres qu'avoit Tune de nos plus gran^ 
des maisons au souvenir de la France. On lira volontiers dans 
le précis historique les pages consacrées à madame la duchesse 
de Duras ; elles complètent ce que les plus grands écrivains de 
nos jours, HM. de Chateaubriant, .Villemain, etc., avoient déjà 
rappelé de cette dame illustre qui sut réunir, dans le salon dont 
elle et ses deux filles faisoient les honneurs, tous les grands 
noms politiques et littéraires de cette belle époque de la Restau- 
ration trop rapidement passée. Il seroit à désirer que l'exemple 
donné par M. Favre fût suivi, et que notre siècle, déjà riche en 
bonnes monographies littéraires, pût également se prévaloir 
de bonnes histoires des grandes familles françoises. 



Dans; le compte rendu que M. le directeur de la Bibliothèque 
impériale de Saint-Pétersbourg présente annuellement à S\ M. 
l'empereur de Russie, il est constaté que cet établissement a 
reçu l'an dernier la visite de 5,7i6 personnes, dont liTappar- 
tenant à l'état ecclésiastique, qui ont réclamé 71,879 vol. La 
Bibliothèque s*est enrichie dans le courant de l'année de 36,136 
volumes, dont 9,329 lui ont été donnés, et de 509 manuscrits 



216 LE CABINET HISTORIQUE. 

OU autographes, dont 403 lui ont également été offerts. En outre, 
divers bibliophiles lui ont appprté en argent 9,084 roubles, 
soit 36,336 francs. 

— La librairie Hachette (rue Pierre- Sarrazin, n* 14), qui 
prépare en ce moment une édition des Lettres inédites de Buf- 
fon, fait appel à Tobligeance des personnes qui possèdent quel- 
ques pages autographes de Tillustre écrivain. — Le Cabinet 
historique^ qui, dans son 1" vol., p. 189 et 216, a publié quel- 
ques lettres et billets de Bufîon, rappelle aux prochains édi* 
teurs la belle collection de H. Th. Beaune de Vitteaus, où ils 
pourront sans doute avoir accès, et qui, dans ce cas, sera d'un 
précieux secours pour Tintéressanle pubUcalion qu'ils pré- 
parent. 

— La Tête du Cardinal de Bichelieu. — On sait que le car- 
dinal de Bichelieu a été enterré dans la chapelle de la Sorbonne. 
Son tombeau s'y voit encore. Mais, dans une des plus néfastes 
journées de la Bévolution, le peuple, insurgé, fouilla ce tom- 
beau comme tant d'autres, et, après en avoir retiré le corps 
du cardinal^ sépara sa tète qu'il porla au haut d'une pique. — 
Cette tête fut recueillie par un ancien député qui l'a laissée en 
héritage à son fils, lequel y attache, à ce qail paroft, un très- 
grand prix. Jusqu'à présent, il n'a pas voulu s'en dessaisir. Il 
est question de le contraindre à restitution, attendu, dit-on, 
que les restes d'un homme illustre appartiennent à l'État. — 
Nous attendrons l'issue de ce procès qui, s'il aboutit, pourra 
donner lieu à bien d'autres du même genre. 




REVUE MENSUELLE. 



XXIY. — FBANGE ET ANGLETERRE. PROJET DE MARIAGE 

ENTRE HENRI VII (1) ET MARGUERITE DE VALOIS. 

M. CIX. — 



On sait les velléités de mariage qu'au déclin de sa vie (bien 
p'il n'eût que cinquante-trois ans) manisfesta le roy d'Angle- 
terre Henri VII. Veuf depuis 1504 d'Elisabeth, fille d'Edouard IV, 
ce Prince avoit d'abord songé à la Reine douairière de Naples, veuve 
de Ferdinand; puis ses vues s'étoient tournées sur Marguerite d'Au- 
triche, la dédaignée du petit roi Charles VIII, 

La gente damoiselle 
Qu'eut deux maris et si mourut pucelle. 

L'injure faite par la France à cette Princesse n'avoitpas dû lui ins- 
pirer beaucoup de bienveillance pour notre pays. Louis XII étoil à 
la veille de son expédition contre Venise. Il avoit à redouter les hos- 
tilités de l'Angleterre, car la ligue de Cambray , nouvellement signée, 
ne lui avoit donné que des alliés douteux. Loiiis XII crut pouvoir 
triompher du penchant de Henri VII pour Marguerite, et en même 
temps s'assurer un ami puissant en lui faisant offrir la main de la 

(1} Nous avons recueilli un assez grand nombre de pièces sur le règne de 
ce Prince et des lettres d'un haut intérêt de son fils et successeur, le terri- 
ble Henri Vlll, dont nous nous proposons de donner des extraits. 

Paris. — Typ. Wittersheim. — Be année. Doc. 15 



218 LE GABlffBt HISTORIQUE. 

belle et spiritQelle Margaerite de Valois* Les biographes de cette 
Princesse n'ont pas sb cett6 chance qn*êut la sœur do François I^' de 
devenir au début de sa yie Reine d'Angleterre. 11 est vraisemblable, 
en présence des pièces f ue nous avons retrouvées sur ce sujet, que 
le mariage se fût en brief réalisé, sans la maladie du roi Henri YII, 
qui l'enleva prématurément le 22 avril 1509. Marguerite de Valois, 
qui avoit déjà manqué la main du roi d'Espagne (depuis Empereur), 
faillit ainsi à l'Angleterre. M. Fr. Génin, qui n'a pas connu les 
projets avec Henri Vif , s'etprtme ain^i à propos des recherches dont 
elle avoit été Tobjet : • Pourvue de tant d'avantages... on conçoit 
» que Marguerite ait excité autour d'elle une admiration sincère et 
» retentissante. Sur le bruit de sa renommée, Charles-Quint^ qui 
» n'éloit alors que roi d'Espagne, envoya des ambassadeurs la deman- 
» der en mariage. On ne dit pas quel motif s'opposa à cette union, 
» qui Buroit en sur le règne de François I^c une influence incalcula- 
» ble. A dix-sept ans (1509 le 9 octobre), Marguerite fut mariée à 
7> Charles, dernier duc d'Alençon^ prince sans figure, sans esprit, 
» sans aucun mérite. » 



1. N0T6 Relative Ad mariage i^rojété enthe LE rot d^angle* 

TERRE et mademoiselle d'angoulesmë. {HiHute.) 

UrcA.imp.J«965. 110 

Sur ce que M. de Herbert en respondant au Roy touchant le 
pourparlé du mariage d'entre le roy d'Angleterre, son bon 
frère, et mademoiselle d'Angoulesme, seur de M. le duc de 
Valoys, a dit et déclairé au Roy, que ledit roy d'Angleterre, 
désirant Tamytie et affinité par mariage avecques ladite 
damoyselle, et la préférer à toute autre quelqu'ofîre qui iuy 
soient faicte, en Iuy baillant en mariage autant qui Iuy est offert 
par le roy d'Espaigne, lequel Iuy offre une sienne niepce et 
deux cens mille escUs et grant héritaige, — ledit seigneur res- 
pond qu'il en mercye très-affectueusement ledit roy d'An- 
gleterre, sou bon frère et veult bien que chacun saiche et 
entende que s'il avoit encore une fille d'eage pour Iuy, qu'il la 
Iuy bailleroit très-^volcmtiers, oomoie au prince de la chrétienté 



FRAMGË Et ANGLkTÉIliaS. 2l9 

qu'il & le plaê ettiittë et aymé, et que plus il extiiûe et âyme : 
Et que au regard de madite dàmoyâelle d*Angoulesme, il ne 
l'extime ne aymè riens moins que si elle estoit sa propre fiUé, 
et que pour ceste considération lay vouloyt bailler tel et sem- 
blable mariage qu'on a acoustumé bailler aux Filles de France 
qui est de cent mille francs : Et néantmoings, combien qu'il 
pourra sembler estrange à la pluspart des gens de son 
royaume d'eiceder ledit mariage et bailler a sa niepce plus 
grant mariage qu'on a accoustumé bailler aux filles des Roys, 
touteffoys pour la grande et singulière amour et bienvueillance 
qu'il à audit Roy son bon frère, et les grans vertuz qu'il con- 
gnoist estre en sa personne et l'espérance qu'il a qu'il traic- 
tera bien sadite niepce , et pour tousiours nourrir, entretenir 
et accroistre Tamytié qui est entr'euU sera content de bail|/sr 
en dot et mariage à sadite niepce la sommé de cent mille 
escuz d'or, qui sont huit Vingt quinee mille francs, qui est 
beaucoup plus que l'on n'a pas cy devant acoustumé de donner 
aux Filles de France, posé ores quelles aient esté à Roy ; -^ 
et ottltre de ce l'abillera et fera bien et honnorablemént 
aeoompaigner à sel . propres coûts et despens Comme si elle 
estoit sa propre fille jusques, à Galays. 

Et au regard de faire et trâicter l'aniytié des deux héritiers 
desdits Roys^ le Roy> pour le bien de toute la Chrétienté et le 
désir qu'il a que Theritier du Roy son bon frère, et le sien 
soyent aussi bons amis qu'ils sont ; Eulx deûlx désirent et enten- 
dent que en traictant ledit mariage, il soit faict selon et ainsy 
qu'il a par cy-dev&nt et encore de présent esté dit et déclaré audit 
de Herbert sur ce : que premièrement il soyt question de bailler 
mils deniers par années [arraché) . Au regard de l'autre, du voyaige 
de Turquie soyt d'y aller ou envoyer, et de toutes autres choses 
qui pourront toucher et concerner Tœuvre de Dieu et le bien 
de la Chrétienté, d'eulx et de leurs royaulmes^ en parleront 
et traict^nont par ensemble de leur prochaine yeue qui pourra 



220 LB GÀBINÉT HISTORIQUE. 

ejstre au moys de mars prochain venu, pour laquelle faire le 
Roy se pourra tirer à Boulongne, et ledit Roy son bon frère 
à Calays qui ne sont distants l'un de l'autre que de sept lieues, 
et eulx estans là, commandront du lieu où ils se trouveront et 
feront ladite veue. 



2. LA RESPONSE D* ANGLETERRE A LA PROPOSITION PRECEDENTE. 
(J. 965. 14.) 

Sur ce que M. de Herbert, ambassadeur du roy d'Angleterre, 
a dict et déclaré de la part d'icelluy sieur au Roy son bon frère, 
que sy icelluy seigneur se marie ou prent alliance par mariage, 
il désire plus soy marier à mademoyselle d'Angoulesme, tant 
pour la proximité du lignage dont cette actient au Roy, lequel 
est le prince du monde qu'il ayme le plus, comme aussy pour 
les grands biens et vertus qu'il a entendus estre en icelle damoi- 
selle, a esté advisé pour le parfaict et conclus dudit mariage, 
et aussy pour accroissance et augmentation des bonnes et vrayes 
fraternité et allience qui sont entre lesdits deux princes les 
points et articles qui s'ensuivent : 

Touchant le faict du mariage, le Roy a esté et est très Joyeulx 
de ce qu'il a entendu du vouloir du Roy son bon frère en ceste 
partie, car s'est, le personnaige du monde auquel il veultet 
désire le plus complaire, et en ce, et en toutes autres choses, et 
le mercye de louneur qu'il faict à sa niepce en ceste partie, 
laquelle il ayme et chérist comme sy elle estoit sa propre fille. 
Et tant pour ceste considération que aussy principalement pour 
l'amour et affection qu'il a audit Roy son bon frère, ce qu'il 
désire bien , que oultre Tamytié, fraternité et allience qui est 
entr'eulx, y ait aussi affinité, il sera content de donner en dot 
et mariage à sadicte niepce, combien quelle ne soit sa fille^ 
comme dict est, telle et semblable somme que ont acoustumé 



FRANGE ET ANGLETERRE. 221 

d'avoir en dot et mariage les filles des roys de France, espérant 
aussy que icelluy Roy sondit bon frère fera tel et sy bon party 
à sadite niepce tout son doubaire, estât , meubles et joyaulx 
quil appartient à une royne d'Angleterre, en ensuivant ce que 
M. de Herbert, son ambassadeur, en a dit et déclaré. 

Et pour tousiours mieulx continuer et entretenir la vraye 
bonne amytié, fraternité et allience qui est entre sondit bon 
frère et luy, desyrant pour le bien et consolation d'euk deux, 
leursdits royaulmes et pays, que semblable fraternité, amytié 
et allience soyt de leur auctorité respectivement faicte, passée 
et conclute entre M. le prince de Galles, fils dudit sieur roy 
d'Angleterre, et M. le duc de Valloys, nepveu dudit sieur, ou 
cas quil n'ayt point enffants masles : Et s*il a enlTans masles, 
que ladite fraternité et alliance soit entre luy et ledict sieur 
prince de Galles, lequel des à présent, de l'autorité, vouloir et 
consentement dudit sieur roy d'Angleterre son bon frère, sera 
avecques luy^ comme principal traictant, compris en ce présent 
traicté, fraternité et allience, et en baillera de l'autorité que 
dessus dit ses lettres deuement expédiées, et en fera le ser- 
ment solempnel. Et semblablement mondit sieur de Valloys, sy 
le Roy n'a enffant masle, de l'autorité, vouloyr et consentement 
dudit sieur, fera le semblable, et s'il advient que le Roy ait 
enffant raasle, en ce cas il sera tenu de l'auctorité dessus dit, 
de faire le pareil. 

Et est à entendre que Ton désire pour le bien de toutes les 
parties ces te fraternité et alliance estre telle que lesdits sieurs, 
tant les Roys comme MM. les Princes et dits, soyent comme 
une mesme ame en divers corps, amys d'amys et ennemys d'en- 
nemys, pour la garde, tuicion et deffense des royaumes et sei- 
gneuries qu'ils ont; et particullièrement qu'ils seront tenus 
d'aider et secourir l'un ^ l'autre loyaument et de tout leur 
povoir (arraché) de deffense, pour la conservation de leursdits 
royaumes et pays contre tous ceulx qui les envahiroient par 



312 hM CABl^KT msTOHiQue. 

voie de guerre et bostillité. Et ce nonobstant quelconqu^^ 
accord, alliance, qu ils pouroient avoir faictes ou feroi^nt cy 
après avec quelconque!} autres princes, communaulté ou sei- 
gneurie, à laquelle ils renoncent quant à ce. 

Et pour la seureté et entretenement d^sdites fraternité, 
amitié et alliance, le Hoy baillera ses lettres signées de ^a main 
et scellées de son sceau, bien et duement expédiées, Ausçy fera 
M, le duc de Yalloys , du vouloyr et auctorité dudit seigneur, 
comme dit est. Et semblablement tous lei> princes et les prin*- 
cipalles et grosses villes et citez de ce royaulme, et bailleront 
les lettres et scellez audit gieur roy d'Angleterre et prince son 
fils. Et avecques ce, seront lesdites fraternité et alliance 
publiées et enregistrées en la Court de Parlement à Paris. Et 
semblablement lettres et seuretés seront faictes et baillées de la 
part desdits sieurs roy d'Angleterre et Prince son fils. 

Item. Et outre de ce seront tenus Içsdits sieurs Royg, dedans 
troys moys après lesdites alliances faictes, supplier au siège 
apostûlicque par les ambassadeurs et procureurs estant en court 
de Rome, ensemblement de approuver ei auctorizer lesdits 
traictez et alliance, et déférer la sentence d'excommunication 
ip$o facto contre oeluy desdits prince^ qui y contreviendra, et 
de supposer les royaume et pays du contrevenant à interdit et 
cessation à eimms, jusques à cç qu'il ait le tout remis, fait et 
reparé selon et ensuivant la forme et contenu es cappUulatioQS 
desdites amytié et allyance, et ce nonobstant quelconques pri- 
villeges que lesdits sieurs et royaulmes puissent ores et pour le 
temps advenir, de non estre subgets auxdi ta censures et ini^r* 
dits : ausquels cas uzez ils renoncent et promectent de non 
eulx en aider. 

Touchant le voyage de Jérusalem, le Roy a eu à très grand 
et singulier plaisir d'avoir sur ce entendu par M. de Herbert 
le bon» saint çt louable vouloyr et propos dudit Roy son bon 
frerQi lequel eat fort très grandement a reoomander et mercier 



FBAJWGI3 m AffGLKTEjaaS. 9QS 

par le9 bons et loyauU catholicquea, Kt de sa part Ven mercye 
affectueusement» radverti99ant que, en ce, son youloyr et désir 
edt correspondant à oelluy de son bon frère, et quil a tousiours 
désiré sur toutes choses, come encore fait , de povoir avoir le 
moyen, opportunité et occasion de pouvoir, en ce, faire quelque 
service à Dieu et bien i la cbrestienté, ce qu'il a fait jusques ioy 
à son povoir et n*a pas tenu à luy qu'il ne s'y est plus grande- 
ment acquité et emploie; mais les très grans affaires et occu- 
pations qu'il a quasy continuellement eues depuis son advene* 
ment à la couronna ne luy ont pas permis de satisfaire à son 
désyr en ceste partie et icelluy acompUr. Mais il espère 
que à Faide de Dieu et de son bon frère, et aussy du roy de 
Portugal, qui fait bien à recommander» de bon vouloyr quil se 
dit et démonstre avoir en ceste chose, il y espère quils y feront 
par ensemble quelque bonne et grande chose a Tonneur et 
louange de Dieq, exaltation de la foy chrestienne, bien et repu* 
tation d'euh, soyt pour y aller en leurs personnes ou y envoler, 
selon que les affaires d'eulx ou de leurs royaulmes le permeo- 
trottt, et que par eulx sera advisé et conclud à la veue qui^se 
fera es mectes de Boulongne et de Calays, de sondit bon frère 
et de luy, au moys de mars qui vient, à l'aide de Dieu, selon 
ce que ledit sieur a plus a piain déclaré audit sieur de Herbert* 

Et en tant que touche le faict des marchands d'Angleterre, 
le Roy les a dès à présent fait despescher par ses lettres pac^ 
tentes à leur contentement , et les traictera bientost par façon 
quils auront cause d'eulx contenter et selon ce qu*il vouldroit 
que le Roy son bon frère traictast les marchands de son 
royaulme. 

Quant au recouvrement de Ayrmm de la PouUe^ le Roy envoyé 
présentement le sieur de Cbaligny, son chambellan et senechal 
de Rouergue, devers M. de Gueldres pour luy faire entendre 
que jaçcyt ce qu'il luy eust faiet savoyr par M* Jeh. Boucher, 



224 LE CABINET HISTORIQUE. 

son secrétaire, lequel ledit sieur avoit naguieres envoyé tout 
expressément par devers lesdits de Gueldres pour le recouvre- 
ment dudit de la Poulie, quil pouvoit sur ce bonnement faire 
response audit sieur, jusques au retour d'un sien secrétaire, 
lequel il disoyt avoir envoie devers le roy d'Angleterre ; que 
neantmoittgs ledit sieur a esté adverty au vray que ledit de 
Gueldres n'avoit point envoie pour ceste matière devers icelluy 
sieur le roy d'Angleterre, mais avoit envoie devers le roy d'Es- 
cosse, non pas pour ceste matière principallement , mais pour 
estre aidé et secouru de iuy. Et sur ce il appert par ia response 
que Iuy en a faicte ledit roy d'Escosse, le double de laquelle le 
sieur Theligny portera avecques Iuy, dont ledit sieur {arraché) 
merveilles, veu et considéré mesmement que ledit sieur de 
Gueldres a esté par plusieurs et souventes foys adverti, tant 
par les gens que le Roy a envoie devers Iuy que les lettres qu'il 
Iuy a escriptes pour ceste cause et aussy ce que son chevaul- 
cbeur Iuy a peu et deu signiffier par l'ordonnance desdits, que 
il n'a eu et n'a autre regart à Iuy complaire en ce, et sembla- 
blement audit roy d'Angleterre son bon frère, l'affaire duquel 
il a aultant et plus à cueur que le sien propre. Et pour ce Iuy 
dira ledit Theligny pour toute resolution de la part dudit sei- 
gneur que s'il Iuy veult jamais faire playsir , ne complaire et 

avoir aide ne secours de Iuy, et qu'il se de ses affaires, 

qu'il advise le moyen de Iuy mectre en ses mains ledit de la 
Poulie, et en ce faisant ledit seigneur l'aidera, portera, secou- 
rera et favorysera en tous ses affayres de toute sa puissance, et 
avecques ce ledit seigneur roy d'Angleterre Iuy fera délivrer 
quelque bonne raisonnable somme de deniers, telle quil sera 
advisé par le Roy, pour les frais, misés et despens quil Iuy a ci 
devant convenu faire et supporter pour la garde dudit de la 
Poulie : ne doubtant point le Roy que à sa requête, et aussy 
pour amour dudit sieur de Gueldres, ledit sieur roy d'Angle- 
terre sondit bon frère, lequel est prince de très grande vertu 



FRANCE ET ANGLETERRE. 225 

et miséricorde, ne saulve la vie audit de la Poulie, sans luy faire 
aullre depplaisir de sa personne et comme il a fait à plusieurs, 
lesquels sestoient retornez en son royaulme, qu'il luy a fait et 
deli?ré, et sans cela ne Touldroit icelluy sieur faire délivrance 
dudit de la Poulie. 



Voici un document d'un autre genre que nous fournit la même 
liasse : on y voit ce que deviennent en quelques années les plus belles 
promesses d'alliance et d'amitié entre têtes couronnées. La raison 
d'État domine tout. — Ici François l" va contracter alliance avec 
Jacques Y d'Éoosse, contre le roi d'Angleterre Henri Vllf , l'ex- 
prince de Galles. Il est juste de dire qu'entre les promesses qui pré- 
cèdent et celle qui suit, avaient eu lieu le siège de Thérouane et la 
journée des éperons. Un nouveau traité d'alliance en 1514 sembloit 
avoir rétabli la bonne harmonie entre les deux États. Mais le magna- 
nime hôte du Camp du Drap d'or étoit un ami contre lequel on avoit 
quelque droit de preudre ses sûretés. — La pièce qui suit n'est pas 
datée, mais nous la croyons de 1522. 



3. CE QUE LE ROV A DICT AU SIEUR MARCHÂL, TOUCHANT L* ALLIANCE 
ET TRAITÉ AVEC l'eSCOSSE CONTRE l'aNGLETERRE. 

(J. 965. 15.) 

Ce que m'a dit le Roy pour asseir les ambassadeurs et les 
arrester sur cela. ^ 

Premièrement, touchant les allyances, ledit sieur est contant 
de maintenant faire une allyance, en deffencion simplement, 
sans condicion aucune qui la puisse empescher. Et pour la 
deffencion d*icelle, le Roy sera tenu fournir le secours tel qu'il 
a esté promis par le feu Roy, ou l'argent d'icelle, et ce pour une 
foys(?), et quant et quant, de rompre et invahir du cousté deçà 
sur les terres dudit roy d'Angleterre avec son povoir. Et pour 



336 lA GABINIST HlgTOHIQDV. 

h roy d'Escosse, il $era tenu de rompre de delà et d'invahir les 
Angloy$ en semblable, Qt fournir de» gens pour l'argent. -^ Et 
de cç n'ont guières parié, 

Oultre veuillent et entendent que dès Teure que les Angloys 
rompront à l'un des deux, quelqu'il soit, quQ les deui^ le tie- 
gnent pour leur ennemy, et aidant Tun l'autre selon les ancien- 
nes allyances; lesquelles dès ceste heure-là de la rompture 
seront à leur vigueur et puisance , et dès à présent seront 
jurées de ceste façon en la meilleure forme que faire se pourra. 
Et dit le Roy sur ce que autrement sans contrevenir à sa 
promesse et honneur, ne le sçauroit faire, mais pour amander 
la faulte, laquelle il n*a faiote, il mect cela en avant, et atten«- 
dant la deffencion pour la seureté des deux royaumes qui 
semble estre assez ; et qu'il fera beaucoup nfieulx quant ce 
viendra et sans promectre, car il est de ceste condicion et a 
tousiours eu et a, bon et entier vouloir au Roy et au Royaume 
d'Escosse, Festimant et ayant cher comme son fils. 

Item, dit plus ledit sieur que touchant le mariaige de Tune 
de mesdames ses fîUes (1), ou de madame Renée, ou aultre qui 
pourra venir en la meilleure forme que le cas se pourra drecer, 
il est contant^ sans contrevenir à ce qu'il a faict «vecques le 
roy de Castille ... son frère. 

Item, touchant mon retour et des quarante lances, voyant 
que Ton fera pour luy soit à moy aider, ainsi ou autrement (?), 
qu'il fera de aorte que l'on sera content ; mais qu'il ne veult 
que l'on viegne envers luy en marchandant et mesmes moy 
qu'il tient son serviteur et qu'il veult bien traicter. 

Item, quant à envoyer en Angleterre pour la tresve s'en oon* 
tante pour ung an ou pour deux. Marguajl. 

(1) On sait que Jacques Y épousa Madeleine de France, fiUe deFraq- 
çois 1«>^, le 1*' Janvier lô35« 



LES GÉRIàtOGIBS DD SIKOR QUILLARB. 9SI7 

■' ■ ' — 

XXV. — EXAMEN ET RÉFUTATION DES GÉNÉALOGIES DU' 
SIEUR GUILLARDy PAR M. LE MARQUIS '^^^ 

CSW(^. Fov.t.v,p.»5.) 

La Chastre. — La maison de la Chastre est assurément, 
comme le dit Gaillard, une des bonnes du Berry. Bonne ne révèle 
pas toute la vérité, il falloit écrire grande par son origine qui 
est princière, grande par son antiquité qui date du ix* siècle, 
grande par ses bienfaits dont les abbayes de Déols, de Saint- 
Gildas, dé Chezal-Benoist, le chapitre de Saint-Sylvain se res- 
sentirent ; grande enfin par sa position à la cour, dans les 
armées, dans les conseils royaux. Ce n'est pas la tnédUance 
qui les dit issus de gens nouveaux) ^ c'est la calomnie. Ses 
alliances sont le point qu'attaque le pamphlétaire. Je ne trouve 
pas que les noms de Cugnac, de la Mothe^Houdancourt, de Ni<^ 
colay, de Urains, soient à dédaigner. 

Quant aux Robertet, il çst peu de familles distingyées en 
France qui n'en descendent. Dès la première moitié du xvr siè- 
cle, ceux de ce nom, devenus baron d'AUuye, prenoient part i 
toutes les grandes aiTaires du pays et donnoient des aïeux 
aux plu9 illustrer maisons du royaume. 

Pour ce qui est des de Thou, Blanchard donne leur généa- 
logie depuis 1556; n'eussent-ils pas cette ancienneté qui, j'en 
conviens, ne fut accompagnée de la noblesse que deux siècles 
plus tard environ, un illustra magistrat qomm^ Christophe dç 
Thou, un illustre écrivain comme Jacques-Auguste de Thou, 
une illustre victime comme François-Auguste de Thou élèvent 
la grandeur 4'une maison à Tégal des plus distinguées du 
royaume. 

Les la Gues]e demandent encore plus de réparation ; origi* 



228 • LE CABINET HISTORIQUE, 

naîres d'Auvergne, et de noblesse chevaleresque, ils comptent 
un de leurs ancêtres prisonnier avec saint Louis à Damiette ; 
. Fusage de la noblesse est de se trouver honoré de leur alliance. 
Je parlerai des d'Estampes en leur lieu. 

Quant aux branches cadettes de la Chastre, je ne sais si la 
condition d'écuyer d'écurie d'une princesse de France, ni celles 
d'échanson du Roi, de commissaires ordinaires d'artillerie, 
sont ce que Guillard entend par domesticité. En tout cas je 
vois la branche de Poiray maintenue dans sa noblesse par l'in- 
tendant de Bourges en 1669, et je ne trouve pas que les noms 
de Thianges, de Pot-de -Rhodes, de Menou, etc., auxquels je 
la sais alliée, soient indignes des plus grands noms. 

Cbévant. — N'en déplaise au sieur Guillard, la maison de 
Crevant produit sa filiation depuis Tan 1302; des titres isolés, 
mais qui se rattachent incontestablement à elle, portent la date 
des xi« et xii® siècles. Ces faits constituent une notable antiquité. 

Les Phelippeaux, secrétaires d'Etat comme les Robertet, les 
l'Aubespine, les Brulart, les Loménie, les Potier, etc., sont non 
pas des hommes d'affaires, mais de ces hommes d'Etat auxquels 
l'ordre, la majesté, la prudence^ la gravité de leur caractère 
assurent dans la reconnoissance publique une place considé- 
rable. La bravoure, l'ardeur, l'impétuosité font aux guerriers 
et aux vainqueurs un autre lot, mais non pas une plus belle 
mémoire. 

La branche aînée de MM. de Crevant étoit celle des marquis 
de Bauché, la branche cadette forma lés ducs d'Humières. Ce 
nom d'Humières, ni plus ni moins beau que celui de Crevant, 
datoit du xn" siècle, et s'étoit toujours soutenu avec éclat. 
Jacqueline d'Humières hérita d'une sœur et d'un frère morts 
sans enfants. La dernière de son nom, elle le porta avec son 
blason et sa fortune dans la maison de Crevant. Dans cette 



LES GENEALOGIES DU SIEDR GUILLARD. 

occdsion on ne sait qui des Crevant ou des d'Humières en reçut 
le plus de profit et d'honneur. 

La sœur de M . de Grevant, Madelaine de Crevant, fut ma- 
riée à Martin Fumée, fils d'Antoine Fumée, chevalier de Saint- 
Michel, ambassadeur près de Charles-Quint , sa mère étoit 
Claude de Riants. Pour justifier l'assertion de Guillard et 
trouver le médecin du Roi, il faut remonter au xv" siècle ; sous 
les rois Charles VII, Charles VIII et Louis XI, on rencontre en 
effet Adam Fumée qui fut médecin de Leurs Majestés. Guil- 
lard auroit émoussé sa langue de vipère s'il eût ajouté que ce 
même Adam Fumée avoit été Garde des sceaux de France en 
l'année 1492 et jusqu'à sa mort, arrivée en 1494. Vir eximid 
virtute et indusiriâ...^ dit de lui Scevole de Sainte-Marthe. 
Gaudeo te cancellarii loco assidere^ etjustitiœ adminisiratio - 
iiem tibi esse creditam, lui mande Robert Gagnin. De plus Adam 
Fumée étoit fils de Paul Fumée, ambassadeur vers le pape, 
gouverneur de Nantes, etc. Et sa postérité s'allia en outre trois 
fois à l'antique et noble maison de Menou. 

Ainsi se dissipent en vraie fumée les noirceurs répandues 
par le sieur Guillard sur ces anciens noms. 

Louis de Crevant, duc d'Humières, maréchal de France, etc., 
avoit épousé Louise de la Chastre. Ses deux fils moururent à la 
guerre, ses filles contractèrent des alliances avec les maisons de 
Gand, de Vassé, de Hautefort, et ce fut Anne-Louise-Julie de 
Crevant, duchesse d'Humières, qui porta dans la maison d'Au- 
mont son titre, sa fortune et son blason. 

Estampes. — Un msdréchal d^ France, trois chevaliers du 
Saint-Esprit, un archevêque de Reims, duc et pair de France, 
comblent la maison d'Estampes des illustrations que l'Église, 
la cour et l'armée peuvent distribuer. Les Beauvilliers, de Hau- 
temer, de Choiseul-Praslin, du Plessis-Châtillon, de Montmo- 
rency, etc., leur ont donné leurs filles. La branche aînée s'est 



2S0 LB GABlIfirr HISTORIQUIS. 

éteinte en la maison de Nonant branche des marquis de Pierre-* 
court. 

Le gardien des joyaux de Jean de France, duc de Berry, n'é- 
toit pas Robinet, mais Robert d'Ëstaakpesr La faveur ne fut 
point nuisible au bâton obteûu par le maréchal d'EstatnpeSf 
mais le mérite ne lui avoit pas feit défaut. Il s'étoit battu avec 
courage aux sièges de Soissons, de Saint- Jean-d'Angély» deNc- 
rac^ de Royan^ de Montauban, il avoit cOtnniàndé avec intelli- 
gence en vingt autres renoontrel • 

Un manuscrit dont je ne prétends ni aflQrmer ni infirmer 
Tautorité eite un Jehan d'Estampes» seigneur de Salbris et des 
Roches, en 1380; de lui seroient descendues toutes les branches 
dont une fleurit encore aujourd'hui^ et lui-même auroit tiré 
son origine d'un autre Jehan d'Estampes' ou des Tempg qui 
viToit, dit la chronique^ sous le roi saint Louis. Je n'affirme 
pas cette origine ni cette étymologie du nom^ mais en tous cas 
l'assertion de Guillard et sa qualification de très-bas sont une 
calomnie comme il s'en permet trop souvent» 

Beauvilliers. — La maison de BeauviUièrs^ disent le sieur 
Guillard et Tenvie qui ne font qu'un , est assé% bonne. La vérité 
répond : elle est illustre. 

MaiSi continue le pamphlétaire, elle n'a nulle antiquité. De 
plus, réplique la vérité, elle se perd dans la nuit des temps. 

* Les maisons de Beauvilliers, de Boufflers et d'Hostun» dit 
» le Mémoire au sujet des pairs « n'étoient connues il y a peu 
» de siècles qu'aux environs de leurs villages. » 

Ce concert de dent serpents ne donne' point d'autorité à leur 
déposition venimeuse. Dès le xi' siècle, MM: de Beauvilliers 
sont trouvés gentilshommes, ce qui, jusqu'à l'époque où Guillard 
écrivoit, forme une antiquité de six grands siècles. Les titres 
de ducs de Saint-Àignan et de ducs de Beauvilliers sont venus 
ajouter à l'honneur de leur origine en récompense de la r^lité 



LES GÉNÉALOGIES DU SIBUft GUlLLàRD. 281 

de leurs serticeswl>és alliances a?éc les la Fertë, les d'Esumpes, 
les d*Estoiiteville, ïëS Busson, les Clermont, la Grange, Mailly, 
la RoGbe-Ajfiaûnd) etc., ont complété Téciat d'une situation 
si brillante par ^Ifr-mëme. La dernière du nom a épousé le 
prince de Chalaii de Tlllustre maison de Talleyrand, et sa Bile 
unique est la comtesse de Choiseul. 

La première femme du duc de BeautiUiers Sàiût^Aiguan, que 
maltraite si fort le sieur Guillard, étoit mademoiselle du BuUion. 
La seconde, qu'il déuigre si calomnieusement, qu'il déclare 
laide borgiièÊse, dont il l^it sa maltresse en premier lieu, et 
dont en dernier lieu il dit qu'on ne Tosa faire paroltre dans le 
monde, étôit mademoiselle des Nos. J'ignore rinconvénient de 
ses yeui, mais je sais l'avantage de son rang. Elle étoit d'un 
vieux nom de chevalerie encore existant, originaire de Bre- 
tagne, connu dès le ^it^ siècle, allié aux Boisgelin, aux Goyon- 
Màtignôn, aux du Prat, aux Cordouan-Langeais, aux Chateau- 
briand, etc. MM. des Nos ont deux devises aussi vieilles que 
leur nom et que le lion de sable de leur blason, ce sont Marche 
drùit et Lion grimpant n'êst pa» mincu, 

La duchesse douairière de Beauvilliers, née des Nos, étoit 
posée dans le monde par sa naissance : son mariage n'y fut 
point une entrée pour elle. Elle est morte au commencement 
de ce siècle^ dans Tobscurité que la Révolution avoit rendue le 
partage de là noblesse et de la Vertu. 

D'ÂuMowr. — Cette fois le sieur Guillard dit bien et vrai sur 
lorigine et l'illustration de M. d'Âumont. Le Mémoire sur 
les pairs est seul d'un méchant avis quand il dit : * La qua^ 
> lité de sergents d'armes ou huissiers d'armes que portoient 
» les ancêtres du duc d'Aumont nous en donne une petite 
» idée et n'est pas au-dessus de la charge de conseiller. » 

Il faut laisser le reptile de Venvie cracher son venin et s'é** 
cràser dans son fiel et dans sa fange. •» Je ne vois pas que 
Talliance Amelot soit une tache pour MM. d'Aumont, comme 



232 LE CABINET HISTORIQUE. 

Guillard le leur reproche : les Amelot, qui ont donné un arche- 
vêque à la ville de Tours, datent honorablement de la magis- 
trature depuis le xvi® siècle, et bien que Jacques Amelot, père 
de madame d'Aumont, fût le surintendant général des affaires 
du connétable de Montmorency, il habitua sa postérité à 
de grandes alliances. 

L'alliance Fouquet, contractée par une fille de la maison 
d'Aumont, fut au-dessous de sa naissance, mais conforme à 
Tentrainement qui résulte de la faveur et de Topulence. 
D'ailleurs Gilles Fouquet, qu'elle épousa, étoit frère de l'ar- 
chevêque de Narbonne, du surintendant des finances, grand 
oncle de Louis Fouquet, qui devint maréchal de France et fut 
créé duc de Belle-Isle. MM. Fouquet, vers la même époque, ou 
peu après, épousoient mesdemoiselles de Lévis, de Béthune, 
de Durfort^ Mancini-Mazarini, etc. Si cette alliance étoit un 
abaissement en considérant le passé, elle étoit un relief d'exis- 
tence en s'arrêtant au temps présent. 

A ce mariage injustement reproché^ MM. d'Aumont joignent 
d'ailleurs ceux qu'ils ont contractés avec les Chalençon, Chabot, 
Maillé, Ghastillon, Mello» Durfort, et autres maisons des plus 
nobles de France. Indépendamment du titre de duc d'Aumont, 
ils portent encore celui de duc de Villequier, et celui de duc 
d'Humières est venu s'y joindre par alliance et substitution 
de la maison de Crevant. MM. d'Aumont existent encore. 

Albret. — Les d'Albret, comtes et barons de Miossans, sont 
en effet une branche bâtarde, issue de Gilles sire d'Albret. 
Etienne, son fils naturel, fut légitimé par lettres du roi 
François P' et qualifié cher et bien-amé cousin du roi. H 
épousa Françoise de Béarn, dame de Miossans, fille et héri- 
tière de Pierre, baron de Miossans, et de Catherine de Béarn 
de Gerderest. En ce temps les substitutions et extinctions 
jettent une grande incertitude sur la lignée masculine et une 
grande obscurité sur la succession directe des noms. 



LES GÉNÉALOGIES DU SIEUR GUILLARD* 233 

Jean d'Âlbret, fils d'Etienne, épousa Suzanne de Bourbon, 
fils de Pierre de Bourbon et de Marguerite d'Âlègre, dame 
de Busset. Les noms de Grossoies, de Pons, de Pardaillan, 
de Caumont, de Montaut, figurent et brillent ensuite. César- 
Phœbus d'Albret, baron de Miossans, dut à son origine non 
moins qu'à madame de Montespan son bâton de marécbaL 

Anne Ponssard, veuve de François d'Albret, se remaria au 
duc de Richelieu. Elle étoit fille de François Poussard, marquis 
du Fors, seigneur du Vigean, et d'Anne de Neufbourg. 

Le sieur Guillard patauge à plaisir au sujet de cette alliance, 
n sépare et il réunit tour à tour les Vigean et les Poussard, 
qui ne font qu'un. La terre du Vigean, érigée depuis en mar- 
quisat, étoit arrivée aux Poussard par les de Pons, aux de Pons 
par les du Fou. Les Poussard sont une ancienne famille du 
Poitou; elle y occupoit de grandes places dès le xiv<» siècle; 
ce qui détruit les épithètes que leur donne Guillard, savoir 
gens peu considérables et gentilshomes de la cloche. 

En 1378 un Poussard épouse Catherine de Vivone, son fils 
épouse une d'Archiac, son petit-fils une Parthenay, etc. Hélène 
de Culant, Isabeau de Vaux, Anne de la Gaiile, Marguerite 
d'Aubeterre, Louise de Polignac, Charlotte d'Haussonville, 
Jeanne de Saint-Gelais Lusignan, Jeanne de Gontault-Biron, 
épousèrent des seigneurs du nom et de la famille Poussard, et 
HM. d'Albret, en entrant dans la maison de ces marquis 
de Fors et du Vigean lui portoient un nouvel éclat et en rece- 
voient un réel honneur.^ 

Vardes. -^Vardes est le nom du marquisat ; 4u Bec est le 
nom de la famille. Crespin l'avoit même précédé, et toujours 
de mâle en mâle ; en remontant à 1034, je trouve de Brionne 
pour nom originaire. Dès cette époque Gilbert de Brionne étoit 
dit Crespin et baron du Bec. Guillaume, son fils,eflaça Brionne. 
Il fallut plus de générations pour oublier Crespin. Enfin on le 
8e annéev - Doc. *6 



334 us GàlOIfET BlBTOmQUB. 

tourna et Ton fut baron du Bec-Crespin, ]^ui6 le marquisat de 
Vardes aobeva de perfeotionner les formes. 

Toiit est bon dans cette maison du Bec, son origine, ses 
charges, ses allianoes av^c les Beauvilliers, les Coucyi les Gué- 
briant) Nicolay» d'Amboise^ Sancerre, d'Qarcourt^ de Mon* 
fort, etc. En 1883 elle eut un maréohal de France en la per- 
sonne de Guillaume CrespiOi seigneur du Bec-Crespin^ 

Cette famille s'est éteinte en celle de Chabot^Rohail par le 
mariage, en 1678, de Marie du Bec arec Louis de Roban* 
Chabot) duc de Rohan« 

La seule indignité que Ton puisse reprocher à ufi membre de 
cette maison ) est d'aroir épousé JaoqueUne du BuelU comtesse 
de Moreti maîtresse d'H(»iriIV^ par sucoession de Marie Babou 
de la Bourdaisière. * Pour la goûter plus à son aise, est-il 
» dit dans les Àmourê du grand Alcatèdre^ le roi la maria 
» 6 René du Bée, marquis de Vardes^ étant d'accord ayee le 
» mari qu'il la quitteroit dès le jour des noôes^ comme il le fit.» 
Cette infamie n*enlève rien à la noblesse de la maison du Bec, 
pas plus que sa noblesse n'efface cette infamie* 

Les inconstances du roi rendirent la marquise de Vardes à 
son mari ; il en eut deux fils, dans lesquels s'éteigtait là famille, 
la duchesse de Aohan ayant été le seul rejeton de l'un d*eux. 

Tallematlt des Réaui dit que ce fut de Gésy, de la maison 
de Harlay, que la Comtesse de Moret àtait épousé ; mais je 
tiens à mon choix, le trouvant autorisé par la gravité du 
P. Ansehne et de Moréri (1). 

LissDtctnÈftÊs; ^ La maison qu! la première semble a?oir 
porté té nom, qui Vh illtistfé, et peur laqtielle la lérre de Les- 



(1) M. Paalia Paris, dans ses noies sur VHistorietU de madame de 
Moret a parfaitement ëiabli le fait d'un pfemiei' tnariàge ât«c Césy de 
HaHay. X^ït JMmant, ëé. da itM, p. f M. -- 1M9 âê TaiHimir. 



LES génbaloghs pu sieur gdillard. 2S5 

diguièrss fut érigée en dUchéi est la maison de Bonne ; elle 
n'est point nouvelle^comltie le prétend Guillard. MM. de Bonne, 
noblesse dauphinoise, sont d*origine chevaleresque* Le P. An* 
selme aussi bien que Gui-Allard en donnent la Ûliation dqpuis Tan 
1350. Elle prit alliance entre autres dans les maisons d'Agoult, 
de Béredgcr, de Gastellane, etc., c'est-à-dire dans tout oe qu'il 
yayoit de plus pur^et de plus illustre comme noblesse ; les sou- 
Tenirs de souveraineté étoient entre autres bien établis et bien 
certains chea MM» de Bérenger. 

Ce fut là la première alliance de François de Bonne, duc de 
Lesdiguières, pair, maréchal et connétable de France : et si la 
cour et la ville, la capitale et la province eurent à jaser et à s'éba- 
hir des mariages des tfoit filles du connétable avec MM« de Cré- 
quy, de la maison deBlanchefort, qui devinrent ducs de Lesdi- 
guières par leurs femmes^ ce ne fut pas an point de vue de la 
disproportion des alliances, mais à celui de Tinoonvénienl des 
affinités. Madelaine de Bonne épousa Charles de Blanchefort» 
sire de Créquy, prince de Poix^ etc. Françoise de Bonne épousa 
Charles du Puy-Montbrun ; je crois plutôt qu'elle lui fut seule-^ 
ment fiancée x en tous cas ils se séparèrent d'un consentement 
commun. Elle épousa CbaflesdeCféquy^son beau-ffère, devenu 
vBof avant que le mariage ne fût consommé ; et Catherine de 
Bonne, la troisième sœor, épousa son neveu Charles de Créquy, 
duc de Lesdiguitees, fils de Charles et de Madelaine. Ce sont ces 
mariages qui faisoient dire qu'il faudroit plus qu'un pape« mais un 
ooncile, ppur accorder les dispensa nécessairda à ces seigneurs. 

Le cQànétable étoit veuf de Claudine de Bérenger, de l'une 
des plus grandes maisons de Dauphinét h seconde des quatre 
premier! barons* En secondes noces il épousa Marie Vignon, 
veuve d'Ennemond Mathel dit de Tréfort, Dauphinois ; elle en 
avoit eu Catherine MatheU quU veuve elle-même de Claude 
Dauphin» avoit. épousé en secondes noces Jacques Timoléon 
de Beaufort-Montboiseier, marquis de Canillac. Je commets 



^2lSlè LE CABINET HISTORIQUE. 

cette digression pour prouver que si cette famiUe étoit plé-' 
béienne, d'autres maisons que celle de Bonne s'étoient compro- 
mises dans sa vulgarité. 

Quoi qu'il en soit de l'aune et du comptoir, il reste assez du 
côté des mœurs pour avilir cette union, et si Ton peut discuter 
l'état de marchande de Marie Vignon, son rôle de courtisane ne 
se doit guère contester. Le P. Anselme lui-même, plus occupé 
de généalogie que de chronique, dit de cette dame qu'elle n'é- 
pousa François de Bonne de Lesdiguières qu'après lui avoir 
été longtemps attachée. Le même auteur l'appelle Marie Vignon, 
marquise de Tréfort ; mais la comparaison des sources où l'on 
peut puiser sur son compte, me détermine à l'indiquer sim- 
plement comme Marie Vignon, veuve de Mathel dit de Tréfort. 

BoNzi. — Pierre Bonzi, cardinal, mort en 1703, réunit en 
sa personne tous les honneurs possibles ; archevêque de Nar- 
bonne et de Toulouse, grand aumônier de la reine, ambassa- 
deur à Venise, en Pologne, en Espagne. Ce que Guillard dit 
de son intrigue et de son ambition ne permet pas de lui sup- 
poser autant de sainteté que d'honneurs. — Le cardinal Bonzi 
étoit fils de François, comte Bonzi, Florentin, et de Christine 
Riari. La marquise de Castries et la marquise de Caylusétoient 
ses sœurs. Jean Bonzi, cardinal, premier aumônier de la reine 
Marie de Médicis, évêque de Béziers, étoit son grand-oncle et 
l'avoit élevé. 

Cette maison^ dévouée depuis Charles VIII à l'alliance de la 
Toscane et de la France, n'avoit pas cessé de fournir des am- 
bassadeurs de la république auprès de nos rois. 

François I" avoit utilisé en Italie la bravoure et l'intelli- 
gence de cette antique maison florentine. Un de ses membres 
aVoit été envoyé par Clément VII pour la négociation du ma- 
riage de Catherine de Médicis avec le duc d'Ânjpu. Un autre 
ut chargé de conclure celui de Marie de Médicis avec Henri IV. 



LES GENRàLOeiES DU SIBOR GII1LL4RD. 257 

Deux cardinaux, nombre d'archevêques et d'évèques, beaucoup 
d'ambassadeurs sont les priodpaies ilinstrations de cette mai- 
son devenue presque françoise à force d'alliances prises dans 
sa haute noblesse et de services rendus au pays. 

UxELLES. — A l'envers de Guillard je commence par dire 
que la maison du Blé porte le surnom d'Uxelles. 

Je ne trouve nulle part, excepté dans Guillard^ que la maison 
du Blé et non de Blé ait eu la prétention de descendre des sei- 
gneurs de Missimieux. Elle se sufflt à elle-même; elle est 
bourguignonne et bien assurément des meilleures. 

Son nom primitif éloit de Laye, et sa filiation directe et 
masculine remonte au commencement du xy^ siècle : si je 
prends les degrés-par le nom au lieu de les prendre par ]esang, 
c'est-à-dire si je remonte chez les du Blé et non plus chez les 
de Laye, je trouve les premiers auteurs dès le xui^' siècle. 

A la fin du xv^ siècle, Catherine du Blé, veuve de Jean 
de Mandelot, épousa Claude de Laye, et le nom, les armes et 
la fortune de la maison du Bié furent substitués à Huguenin 
de Laye, leur petit-fils, par Huguenin du Blé, son grand-oncle, 
dans lequel s'éteignoit le nom. Cette seconde maison du Blé^ 
issue fémininement de la première, s'est éteinte elle-même 
dans la personne de Nicolas du Blé, mort en 1730. Il avuit 
été comblé de tous les honneurs militaires. En 1703 il avoit 
reçu le bâton de maréchal, ce qui donne tort une fois de plus 
aux assertions de Guillard. 

Pour continuer de le confondre, je dois diiv <|u^ la baron- 
nie, puis le marquisat d'Uxelles ou Huxelles apportèrent à 
ces seigneurs un titre et non pas un nom. Leur nom de du Blé 
prévalut toujours. Cette terre étoit entrée dans la maison 
du Blé avant 1550, par le mariage d'un Pétrarque du Blé avec 
Catherine de Villars, dame et baronne d'Huxelles. 



LB GABINET HISVORIQUB. 

Enfin, pour achever la discussion, les noms de PhéUppeaux 
et de Bailleul ne sont pas des alliance^ si mesquines que Guil- 
lard rinsinue, et quand on voit mesdemoiselles de Beauffre- 
mont, de la Grange, de Mandelot, épouser des seigneurs do Blé, 
il faut conyenir que Tépée ne dédaignoit pas leur alliance plus 
que la robe. 

Brancas — Je crois volontiers à la vertu héréditairement 
fragile de tous. les fils çt filles d'une d'Estrées et de tous les 
petits-enfants d'une Babou. J*ai lu quelque part que ni la 
sainte et sévère loi du cloître, ni la chaste liberté du mariage 
ne suffisoient pas toujours pour dompter l'humeur et conten- 
ter le tempérament des filles issues de ce double sang. Mais 
c'est là une considération qui touche seulement à la consoienee 
de ces dames et à Thonneur de ces messieurs. Quant à fhire 
peu de figure au temps on en parloit le sieur Guiilard, je ne 
sanrois en porter Tacousation, après avoir vu les BranGas,dans 
le xv^ siècle, s'allier aux Saluces, aux d'Usés, aux VilleQeuvfî, 
aux d'Agoult, ete... Je les trouve dans le xvi® s*uniss9qt aux 
d'Anoezuna, aux Grimaldi, aux Joyeuse, etc.. Je les rencontre 
dans le xvu^ aocolant leur blason à celui des Simiane, 4^s 
Lenoncourt, de la maison de Lorraine, des Castfillanne, des 
Honteil, des Gambia, etc.. Dans le xviii^ je reconnois tes 
Suarès d'Aulan, les Mérode, les Mailly, les Honestay laur don- 
nant leurs filles. 

Je les entends appeler ducs de Bnincas, dues deCérestOç ducs 
de Villarsy 4uov de Lauragais; je les sais grands d'Espagne; 
leur position sociale répond à leurs alliances, à leurs titres, et 
si quelque chose me frappe, c-est la constance de I9 grande 
figure qu'ils opposent au cours des siècles. 

Le temps cependant vient d'en avoir raison comme de toute 
chose. Les Brancas de la branche françoise ont fini, et ie comte 



LB8 GÊIliALOeaS DO 8fl0m QOlLLiJID. 

de FusheB, gendre da dernier duo de Brancae, a releté U) tilre 
et le nom de son beao-père. Si Guillard aToit véca de nos jours, 
il se seroit fait le dénonciateur de ce relief que la famille a 
combattu, mais que les tribunaux ont admis. 

Cambout.— La maison de Cambout, de laquelle sont issus les 
marquis, puis ducs de Coislin^ est ancienne et illustre : elle ne 
doit point son élévation au duc de Richelieu, puisque avant 
d'être grande en France, elle étoit grande en Bretagne, distin- 
guée à la cour de sês ducs avant de le devenir à la cour de nos 
rois. Je vois ces seigneurs dans les honneurs, dans la puissance 
et dans les charges, chevaliers de Tordre du roi, grands veneurs 
et grands-maîtres des forêts de Bretagne, alliés aux Tournemine, 
aux Quélen, aux Goyon de Matignon deux et trois cents ans 
avant que les du Plessis ne prétendissent à Thonneur de parta- 
ger leur couche. Le Mémoire au sujet des Pairs a beau dire 
comme Guillard : « On ne connoissoit point les Gambout^Coislin 
» avant leur alliance avec Françoise du Plèssis, tante du car- 
3» dinal de Richelieu, » il se trompe. Gette alliance a augmenté 
leur situation par le titre dé duc en 1665, voilà tout. 

François du Cambout, que Guillard appelle le bonhomme de 
Pani'Chasteau parce qu'il étoit seigneur de cette baronnie, étoit 
fils de Mené, chevalier de Tordre du roi, grand veneur, capitaine 
de cinquante hommes d'armes, etc. François étoit seigneur des 
mêmes lieux, décoré du même ordre, revêtu des mêmes charges 
que son père. La domesticité du maréchal de Saint-^Luc est in- 
conciliable avec de telles dignités, unie à une pareille naissance 
et à une aussi belle carrière. 

Quant à mademoiselle de Cambmit, d'une branehe cadd;t6, 
élevée près de mademoiselle d'Orléans, je me charge d'éclpirer 
Guillard» U la croit justement mariée^ elle a épousé en 1643 
H de Genouiliae da Gourdon» eomte de Vaillac, et sa sœur 
cadette qui a partagé son éducation comme son service auprès 



240 LE GABIKBT HISTORIQUE, 

de la princesse, est devenue en 1695 la yicomtesse de Montiers 
de MërainyiUe. 

Chatillon. — Une origine souveraine en date du ix* siècle, 
la possession de la chaire de Saint-Pierre sous le nom d'Ur- 
bain II» Tauréole des saints sur la tête de Charles de Chatillon, 
comte de Blois et duc de Bretagne, etc., etc., rendent à bon 
droit la maison de Chatillon l'une des plus illustres du royaume. 
Elle s'allia à des maisons qui portèrent la couronne, elle des- 
cendoit de Charlemagne dont un de ses auteurs épousa la pe- 
tite-fille. Gaucher de Chatillon porta Tépée de connétable ; au- 
cune élévation n'étoit supérieure à leur naissance ni à leur 
mérite. Cette maison n'est point demeurée rampante et sans 
éclat pendant trois ou quatre siècles. L'époque à laquelle Guillard 
fait allusion les voit mourant à Azincourt et sur tous les 
champs de bataille, s' alliant aux Gamache, aux Montboissier, 
aux Rochechouart, aux la Jaille, aux d'Âpchon, aux Yivonne. 
André de Chatillon, marquis d'Argenton, en épousant Marie- 
Marguerite de Goufûer, fille du duc de Roanais et de Claude 
de Lorraine d'Elbeuf, n'avoit aucun mépris ni reproche à sup- 
porter de la part des princes de cette maison pour ce qui est 
de l'illustration et de l'antiquité de la naissance. On croit sans 
peine à la vigueur avec laquelle il les remit à leur place ; si 
cette vigueur n'étoit pas un trait d'esprit, elle étoit du moins 
un acte d'honneur dont on doit tenir compte à sa mémoire. 

François de Chatillon, seigneur de Boisrogues, frère de ce 
marquis d'Argenton et non pas du baron, comme le dit Guil- 
lard, épousa en efiet une fille de médiocre naissance, Màde- 
laine-Françoise Honoré. Il en eut dix enfants, cinq fils et 
cinq filles ; mais Guillard ne compte point dans la tombe ni 
dans le cloître, trois fils étant morts jeunes et quatre filles étant 
devenues abbesses, il n'inscrit que deux fils et une fille. L'un 
de ces fils a continué la postérité qui s'est éteinte de nos jours 



LES GBNÉAL06IBS DU SKOR GDILLARD. 341 

en la personne de madame la duchesse d*Uzès: l'autre n*obtint 
qu'une descendance féminine. Enfin la fille qui appartint à ma- 
demoiselle d'Orléans fit pour elle-même tout ce que la princesse 
refusoit à sa fortune, elle sut, à l'honneur de son choix, épou- 
ser Joseph d'Angeaux^ marquis de Poigny, grande maison dont 
par un rapprochement heureux et singulier, M. le duc d'Uzès 
réunit le sang et le souTenir à ceux des Châtillon. 

D'EsTBÉEs. — Ce que j'ai dit des d'Estrées au chapitre de 
messieurs de Vendôme pourroit m'éyiter d'y revenir, mais j'ai 
été concis et le sujet permet d'être abondant : elle a eu un ma- 
réchal et vice-amiral de France en 1648 (Victor-Marie, duc 
d'Estrées). Il étoit de plus vice-roi d'Amérique, et avoit épousé 
une Noailles. N'en déplaise au sieur Guillard, cette maison 
avoit obtenu déjà la même dignité sous Henri IV, en la per- 
sonne de François Annibal, duc d'Estrées, nommé à l'évêché 
deNoyon en 1594; mais, en 1597, il quitta le carrière ecclé- 
siastique pour la profession des armes ; et comme pour contre- 
dire plus obstinément sa première vocation, il se maria trois 
fois : 1* à Marie de Béthune; 2* à Anne de Montmort; 5"* à 6a- 
brielle de Longueval, et de plus il se passa le caprice d'un bâ- 
tard. 

Quoi qu'en dise encore Guillard^ Antoine d'Estrées, qui 
épousa Françoise Babou de la Bourdaisière, fut grand maître de 
l'artillerie de France; on peut s'en convaincre dans le père 
Anselme. C'est cette dame qui, ayant abandonné son mari, fut 
maîtresse publique du marquis d'Aide, tandis qu'Isabelle 
Babou, marquise de Sourdià, sa sœur, étoit maîtresse avouée 
du chancelier de Chiverny. La marquise de» Cœuvres, c'est-à« 
dire Françoise Babou,femme d'Antoine d'Estrées, fut massacrée, 
comme je l'ai dit, et dépouillée par la populace ; elle fut trou- 
vée ornée, bouclée et parfumée d'une façon dont je laisse 
prendre connoissance dans les Amours du grand Alcandre. Ga- 



842 LB GABIKET HISTORIQBB. 

brielle d'Bstrées, fille de cette impure, avoit été témérairement 
épousée par Nicolas d'Amerval ; elle l'abandonna pour s'atta- 
cher au roi, et elle n'eut rien à reprocher ni à envier à sa mère. 
' Le sang des Bahoii porta son ravage dans toutes les familles 
qui osèrent s'allier à lui. 

J'en ai dit assez, je crois, sur les honneurs et les hontes des 
d'Estrées : plus seroit vrai, mais deviendroit trop. 

LfA FATB:TTP,^:^Gqillard 9 raisQu ie déclarer la maison de 
la Fayette illustre: son antiquité, up maréchal de France, 
un gr^nd maître; de rartillerie, ses alliances avec (es Ip Rpclie- 
Aymon, les Joyeuse, les Polignac, les Montmorency, les d'Alè- 
gre, les Bourbon -Buçset, ^tc, lui assignent un rang élevé parmi 
les gens de qualité. 

Motier est en efiet son nom originaire et yrai : la Fayette 
est le nom d'un fief qiii leur appartenoit dès le xiu® ^ièi^e : ils 
s'intituloient alors Motier, seigneura de la Fayette ; puis daQ^ Ip 
xv*" siècle, Motier de la Fayette; dans 1q s vii% Motier, comte 
de la Fayette, et enfin la génération suivante, Motier, mar- 
quis de la Fayette. Ces changements ont été amenés par 
Tusage, par le droit, mais jamais par une vanité dont ils igno- 
rent le sentiment, ou par une usurpation dont il^ méprirent le 
manège. 

Guillard nomme mademoiselle de TAvergne la femmo de 
François Motier de la Fayette, comte de Nades; il dit que aap 
père étoit maçon, puis gouverneur du duo de Fronsao pu de 
Brézé, que sa mère étoit fille du médecin Akakia. On a peine 
à se reconnottre dans cette confusion de noms et dans ce bou- 
leversement de situations; on a plus de peine encore h les par- 
donner à celui qui se plaît à les commettre. La comtesse de la 
Fayette étoit Marie -Madeleine Pioche de la Yergne, fille 
d'Aymar, seigneur delà Vergue, gouverneur du Bavre^e-Grâce, 



LES GBNBAL061E8 DD SIEUB 6UILLARD. 345 

maréchal des camps et anpées du Roi. Sa mère étoit Marie de 
Péna. Le maçon et TAkakia^J) disparoissent en présence de ces 
faits. D'Hozier prétend cpie son père étoit précepteuir du duc de 
Vendôme. Mais les autres positions lui demeurent acquises par 
Içs dépositÎQps du P. Anselme, de Moréri^ de la Chesn^ye-des- 
Bois, de M. Bouillet, etc. L'un de ces auteurs dit de cette dame 
« qu'elle étoit autant distinguée dans la république des lettres 
» et par sçs émis que par sa noblesse et l'estime qu'on avoit 
» pour elle à la cour de France... » Un autre, « qu'elle se dis- 
9 tingua encore plus par son esprit que par sa noblesse, etc. » 
La tendresse de madame de Sévigné, un vrai mérite littéraire, 
la culture des arts autant que celle des lettres, la protection 
qu'elle accorda aui savants, l'amitié dQ Huet, de La Fontaine, 
de SégraiSy de Ménage, feroient de cette dame une illustre de 
son temps, en la laissant upe des gloires de son nom, quand 
bjen même son origine aqroit la vulgarité que Guillard s'est 
gratuitement et injustement plu à lui attribuer. 

FouRBiN. — Je crois que Tautenr a voulu dire Forbin, et 
qu'il n'a altéré le nom que pour arriver au jeu de mots que 
Fonrbin permet de faire avec fourbe. 

Je n'entre pas dans la discussion du côté intime de cette mai- 
son ; son côté public est plein de noblesse au vu et au su de 
tout le monde. 

Dès le XIV* siècle, les seigneurs de Forbin tenaient un rang 
considérable daus la noblesse de Provence : o*eat l'époque à la- 
quelle ils s'établirent en France, et depiiis lers leurs titres ne 
rencontrent aucune lacune. Des mémoires les disent originaires 
d'Ecosse où ils auroient posséda la terre de Forbes. 



(1) Akakia, célèbre médecin de François I*', conaeiUer d'État, etc., natif 
da GhâloPMUY-Marne, e| dont les descendants occupèrent également un 
V^\^i r^pg dans la médecine et les emplois publics.— Fot'r Bayle,Moréri, etc. 
- NoU de l'édUeur, 



244 LE CABINET HISTORIQUE. 

Quoi qu'il en soit de cette origine, on voit Talliance de la 
maison d'Agout commencer, en 1325, la série de leurs nobles 
mariages. 

MM. de Forbin se divisèrent en branches nombreuses; celles 
des marquis de Janson et des marquis d'Oppède eiistent en- 
core ; elle compte aussi celle des seigneurs de Gardanne, des 
seigneurs de SoUiers, des seigneurs de Sainte-Croix, des sei- 
gneurs de La Roque. 

Les Pontevez, les Foresta, les Briançon, les Nicolay, les Au- 
bery de Vastan, les de Sade, les Mortemart, etc., leur ont 
donné leurs filles. Cette maison a réuni les distinctions mili- 
taires aux illustrations de l'Église et à celles de la sainteté, ayant 
eu des officiers généraux, gouverneurs de provinces, un car- 
dinal commandeur de l'ordre du Saint-Esprit sous Louis XIV, 
un évêque de Nancy, justement célèbre en ce siècle par son 
zèle et par sa vertu, et dans le xvu* siècle, un religieux trappiste 
mort en 1710, dans la répi^tation de la plus haute vertu et dans 
la pratiqua de la plus austère pénitence. Il avait obtenu les 
honneurs militaires avant de prétendre à ceux de la sainteté. 

EsGOUBLEAU. — D*Escoubleau étoit le nom de maison de 
Sourdis. Les d'Escoubleau de Sourdis sont éteints aujourd'hui : 
M. de Bourbevel, en épousant la dernière Sourdis, a relevé son 
nom, et s'appelle aujourd'hui le marquis de Sourdis. 

Cette maison, dont on n*a jamais mis en doute la filiation 
depuis 1224 jusqu'à nos jours, est d'origine chevaler'esque et 
du Poitou. La chronique du valet de chambre est une méchante 
invention de Guillard. Il est vrai que l'alliance avec la Babou 
mêla un sang mauvais et impur au noble sang des d'Escoa- 
bleau ; mais c'est une altération que toutes les plus illustres 
maisons supportèrent avec elle» les Beauvilliers comme les 
Clermont-Tonnerre, les du Bellay comme les la Roche-Ay- 
mond, qui tous épousèrent ou des Babou, ou des filles de 



LES GÉNÉALOGIES DU SIEUR GUILLARD. 245 

Babou. La royale maison de France elie-mème et presque 
toutes les maisons souveraines de l'Europe ont reçu ce 
mélange, et le grainetier de Bourges, Laurent Babou, retrouTO 
postérité sur chaque trône. Madame d'Ëstrées étoit Babou ; 
sa fille Gabrielle eut d!Henri IV le duc de Vendôme ; made- 
moiselle de Vendôme entra dans l'illustre maison de Savoie, et 
Ton sait les alliances de cette dernière avec la maison de 
Bourbon, la plus grande et la première des familles de Tu- 
myers. 

L'affinité des marquis d'Escoubleau de Sourdis avec les Babou 
de la Bourdaisière, devenus comtes de Rocgonne et marquis 
d'AUuye par succession des Robertet, n'est donc point une 
honte pour cette maison. 

Quant aux anecdotes réservées, il me semble, sans que j'en 
prenne la responsabilité, qu'elles peuvent être admises, sauf 
les mots biffés sur le carton, et qu'une initiale ou des points 
indiquent assez. 

Beâuhanoir. — Henri de Beaumanoir, marquis de Lavardin, 
lorsqu'il épousa mademoiselle de Mortaing, étoit veuf de Cathe- 
rine de Vaissé, fille d'Henri, seigneur de Vaissé et de Renée le 
Cornu , laquelle Renée le Cornu, mère de Nicolas le Cornu, 
é?êque de Saintes, étant veuve elle-même d'Henri de Vaissé, 
avait épousé Jean le Maire, seigneur de Millières, Rouez, la 
Goupillère, etc. 

Le prétendu misérable chapelier dont elle s'amouracha, 
étoit Charles de Laurens de Beauregard, qu'elle avoit épousé 
le 7 octobre 1678. Ce M. de Laurens, qu'elle épousa en 
secondes noces^ ne seroit-il pas d'une famille d'excellents gen- 
tilshommes encore existante, MM. de Laurens, seigneurs de la 



La fille ainée de cette dame, Marie-Claude de Beaumanoir, 
a épousé en 1680 Pierre«Emmanuel Thibauld, seigneur de la 



340 LB GABlIfBT HISTOBIQUB» 

Roche-TulloD, colonel d'un régiment de dragons, fort loid 
d'être homme de peu, et ancêtre des marquis de la Roche- 
Tmllon. Je ne sais si sa seconde ûUe fut religieuse ; en tous cas» 
elle mourut célibataire. 

Il n'y a point de maison de Alias de Nuchèses< La dame dont 
il est question étoit Marie de Neucbèzed, dame de Baudiment, 
fille aînée et héritière de Jacques de Neuchtoes^ seigneur de 
Baudiment et de Jeanne Lauray. Elle étoit sœur de Jacqueline, 
mariée à Léon de Barbançon, marquis de Sarzay^ et parente 
d'Ëléonore Angélique de Meuchèzes, fille d'Henri, baron des 
Francs et d'ÉléonoredeTurpin, qui en 1647 épousa Claude de 
Thiars, baron de Bissy, comte^ général des armées du Roi et 
chevalier de ses ordres. — Cette maison de Neuchèîe ou Nu« 
chèze est d'ancienne chevalerie, originaire du Poitou^ c'est à 
elle qu'appartenoit M* le comte de Neuchèae qui vient de 
succombei" h Solferiuo, à la tête du 8* de ligtie dont il étoit 
lieutenant-colonel. 

ViLLEROY. — C'est de ces seigneurs que dans un mémoire 
présenté à M. le duc d^Orléans, régent , et publié dans le re- 
cueil A-B-C, l'auteur dit : « Les Neuville-Villeroy sortent d'un 
» marchand de poisson, controlleur de la bouche de François I". 
» Il esf ainsi mentionné à la chambre des Comptes. Son fils, 
• greflier de l'hôtel de ville, fut prévôtrdes marchands et père 
» de Nicolas de Neuville, audiencier et secrétaire d'État. La 
9 morgue du maréchal de Villeroy a peine à s'accommoder d'une 
» si basse extraction. » Le Dictionnaire des Ennoblissements 
dit aussi: « Neuville-Villeroy, Richard Neuville, marchand 
» de poisson de mer aux halles de Paris, mourut le 14 jan- 
» vier 1401, etc.. » 

L'Histoire des Grands Officiers de la couronne ne va pas 
chercher si loin ni si bas leur origine; quelle qu*elle fût à cette 



LES GÉlfEALOailS DU SIBCR GUaLARD. 247 

époqae, elle se eônlente de l^s prendre en 1500^ de trouver un 
NîGoias secrétaire du Roi, un troisième prévôt des marchands, 
et la situation de la famille grandissant avec son mérite et ses 
servioesi Le même Nicolas, vivant sousLouis XIII, éloit ministre 
d'État; Charles, son fils, était marquis de Villeroy; Nicolas, 
qui vient ensuite, étoit maréchal et duc de Villeroy^ La fkveur 
et l'illustration ne^ les ont point abandonnés depuis, hormis 
celle de la ProvidencOf qUi a laissé leur nom s'éteindre. 

Les Léon, d'Albert d'Ailly, Cossé, Montmorency-Luxem- 
bourg, Boufflers, d'Aumont» otit trouvé leurs grandeurs suffi- 
santes pour souhaiter le nom de Villeroy à leurs filles, et nous 
laissons aui chansonniers et aux pamphlétaires la responsabi- 
lité des scandales qu'ils ont propagés et peut-être inventés. 

CfiAiufAGi. — MM. de Charnacé, et non Charnassé, ne sont ni 
prétendus marquis» ni prétendus gentilshommes : ils sont de la 
meilleure noblesse et la mieux titrée. Us sont de Girard en leur 
noDi, nobhsie îrès^aneienne originaire du Poitou^ dit M. Laisné 
dans son Diciionnaire vériéiqne. Us sont Charnacé par substi- 
tution : Anselme de Girard a voit épousé en 1600 Claude de 
Charnacé, fille aînée d'une antique maison. Ce fut leur petit- 
Qlb qui» par lettres patentes enregistrées au Parlement en 1674, 
obtint, à l'extinction des mâles, le droit de joindre le nom de 
son aïeule au sien, avec cette mention expresse : « Aucune autre 
» maison n'a le droit et ne peut prendre les noms et armes de 
> Charnacéb Us n'appartiennent qu'à celle de Girard dont il est 
» ici mention. » 

Outre les alliances justement citées dans les généalogies du 
sieur Guillard et contractées par MM. de Girard de Charnacé, 
on doit noter encore celles de Brissac, de Bouille^ deTurpin, etc. , 
qui les font descendre du meilleur sang de France. Il y a eu 
dans cette famille un lieutenant général, un chevaUer des 
ordres du Roi , un ambassadeur, etc. , et le cœur des person- 



248 LE CABINET HISTORIQUE. 

nages qui la représentent aujourd'hui et qui la représentoient 
à la fin du dernier siècle est élevé aussi haut que leur noblesse. 

Le seigneur dont le pamphlétaire fait Vâme damnée du car- 
dinal de Richelieu étoit Anselme de Girard ; ne se nommoit 
point encore de Charnacé (1), privilège qui fut réseiTé à son 
petit- fils; il avoit épousé mademoiselle de Charnacé^ sœur 
d'Hercule baron de Charnacé, chevalier de Tordre du Roi, qui 
ne laissa point de postérité d'Anne de Maillé-Brézé, son épouse. 

Le premier marquis de Charnacé n'eut point d'enfants de 
mademoiselle de Bouille. Louis XIV le protégeoit, dit le Paige 
en son Dictionnaire : sa hauteur lui aVoit créé des ennemis, 
dont Sa Majesté avoit rejeté les plaintes. Mais un jour son valet 
de chiens, Pioger, lui dit en lui présentant des chiens qu'il avoit 
merveilleusement dressés, que c'étoient ses derniers élèves. Le 
Roi, étonné de cette brusque réponse à ses encouragements et 
à ses félicitations, lui demanda la raison de sa rudesse. Pioger 
répondit que monseigneur de Charnacé ne trouvoit pas bon 
qu'il travaillât pour le Roi , et qu'il tuoit ses chiens sans misé- 
ricorde, bien que chacun d'eux portât écrit sur son collier : Je 
suis au Roi, Il ajouta qu'il craignoit que très-prochainement le 
premier coup de feu ne fût pour lui , Pioger. Le Roi se tut, 
mais il exila le marquis de Charnacé , et tout son crédit échoua 
devant cet arrêt, que rien ne fit révoquer. 

(1) Celte assertion du savant et chaleureux critique est contredite par 
les lettres signées Chaen Acé que le Cabinet historique a publiées précé- 
deouaent. Voy. t. iv, p. 228 et suiv. 



ARHORIAL DE FRANGE. 249 



XXVL— ARMORIAL DE FRANCE 

DE LA FIN DU XIV* SIECLE. 
(Suite, yoyex p. 10, 48, 89 et 197.) 

551. M. JEHAN DE LiNDEB EUF (1). — D'azur,à III marteaulx d'or.. 

552. M. JEHAN DE YiYiER. — D'azur, à uo esgle d'oF. 

553. M. PIERRES DE FONTAiNBz.— De Doif, à une bende d'argent. 

554. M. PIERRES DOUBLEL. — NoiF, à UDe bende d'or, à une 
molecte d'or. 

555. M. JEHAN LE BouTEiLLER. — D'ermine, à une fleur de lis, 
de gueules. 

556. M. GUILLAUME GALETOT. — D'or, à uu lioH de gueules 
rampant à colier d'argent. 

557. M. JEHAN DE BETENGOURT. — D'argent, à un lion noir 
rampant. 

558. M. JEHAN DE BiENYiLLE. — De gueules, à m biex d'or. 

559. M. GUILLAUME DE BRiENGHON. — Semblablement, à un bas- 
ton de gueules. • 

560. M. GOLLARD DE SANE. — Semblablement, à I escuçon de 
gueules. 

561. M. GOLARD DE HOTOT. — D'azur, à I lion d'or rampant, à 
molettes d'or semées'. 

562. M. PIERRES DE LA HEUSE. — D'or, à III heuses noires, à 
un martelet noir sur la première beuse, 

565. M. GuiLLAUMEDESAiNT-GL0u(2).— Degueules, à II quintez 
fieuUes d'or, à I lionceau d'or, passent ou premier quartier. 

(1) (Seine-Inférieure).— (2) S. Qoud (Calvados). 
Se Année.— Doc. n 



3(î0 LE PÀfilNET HISTOBIQPP. 

564. M. B1GH4RD DE cuLiE. — D'azuF, à uii cbicf d'or, à 
III merletez de gueules en cbief . 

565. JEHAN DE LANDES. — D'azuF, à III quevroQS d'oF. 

566. M. IBH4K ^4G4u$t«|.. r^ I)>rg^Rii 6 fine f^s^^tf^ pelle, à 
trois rosez de gueules. 

567. M. GUILLAUME CLAftEL. -^ D'âzut; à uûe bcndc d'or, à 

II couliches d'of^ ^ uni cbjef de gueulies. 

568. M. GUILLAUME d'auzeville. — D*argent, à I lioa de gueu- 
les rampant. 

569. M. JEHAN DE BOUissAY. — D'erfliinc, à un lion rampant 
de gueules. 

570. M. JEHAN DE SACoviLLE. — De gueulcs, à I bende d'er- 
mine. 

571. M. GUILLAUME DE MANGpEviLLE. — D'argent, à une bende 
' de gueules. 

572. M. HENRT DE siLLEs. — D'argent, à unlion noir, rampant 
à une bordeure de gueules engresiée. 

573. M. puiLLAUME DE LA BRUiÈRE, — De noîr, à une bende 
d'or. 

574. M* Nic^L^B UTAR. — Dq gueulos, à une fleup de lis d'sir* 
gent. 

575. M. JEHAN DE HOUDENT. -^ D*or, à un crequié vert. 

576. mW{ PB BB4UNAY. -^ Fossé d'or et d'ajjur ^p Y filèces. 

577. M. GOLART DE BASLT. — D*azur, à uu I cbief d'or» à un 
bMton de gji^qleç. 

578. M. JEHAN DE PELETOT. — Paalé d'oF ^t d'a2;uf de ¥( ptè- 
ce«î ^ l çhif^t dpfi}eu|#8, à une l^^^^e. d'erîpipe. 

579. M. HENRT LOUEL, tt. Dq g^ÇU^Ç», à I ffVÏ^m 4'W ^fimP?»^. 

^ gufiule^, 
581. M. JEHAN DE BRiMiEL. — D'argent, à une fesse d'azur, à 

III roses de gueules. 



ÂlBiOllUL DK rilAlIGlS. 351 

582. H. GiLLEBBRT DE GESSÀRS (i)« — De gueoles, à I quevron 
d'or, à 1 lio4eiiau d^nrgont rampant i ia queue fourchiée en 
la penne de Tescu. 

585. M. GiiiLLâtJifB i»B tRomcHETauEm (2). ^ De gueules à 
une bende d'argent, à II couticles d'argent 

584. 11. G0L4m AS cOÈftEt. -^ De gueules, à une fleur de lis 

d'argent. 
5%. M. RÔB81IT Di eouiLLARTTiLLd^ -— D'argeot, à I quevron 

de gueules, à Illcoilles noires* 

586. omLLAUMB ou FdDRivEf. «- Ondée d'or et d'azur de 
VI pièces. 

587. M. JEHAN DE HELAiNDE. — D'argent, à une bende de 
gueules, à trois marteaulx d'or sur la bende. 

588. M. GuiLLAUiiE HAIS. — D'argent, à III molettes noires. 

589. X. piEi^ass lç breton. — D'argent, à un lion noir ram- 
pant, couronné et oinglé d'or, à upe molette d'or sur l'es- 
p^ule du lion. 

590. M. JEHAN RDAULT. — Paalley d'or et d'aïur de V pièces à 
un )>a^ton de gueules < 

591. M. JEHAN DU BOES DBS PRÉAULX. — D'argent, à I chief 
noir« à un lion de gueules rampant. 

592. M. HENBT DE coui^imnis. — De gueules à un chief d'ar- 
gent. 

593. M. JEHAN LE VENEUR DE BOSGLEVRIER {sic). — De UOir, à 

I chief d^dr, à III courues de gueules enguichiez d'argent. 

594. LE SBNBUR DE CLERET (3). — Portc d'or et de vert, à 
1 lion de gueules rampant, couronné et ongle d'or en la par- 
tie de vert. 



(1) lit. des Essars. — (2) TraRçbeviUiers (Elira).- ($) Clara? (Onie> 



25i LE GIBINET HII&TORIQUE. 

CHAMPENOIS ET B0UR6UEN0NS. 

595. LE DUC DE BOURGOUfGNE. — Beudé d*or et d'azur, de quatre 
pièces, à une bordeure de gueules. 

596. LE DUC DE LORENNB. — D'or , ^uue beude de gueules, 
à III esgles d'argent sur la bende. 

597. LE DUC DE BARE. — D'dzur, à II bras d'or, à croixetez 
d'or, recroixetés d'or au pied long. 

598. LE DUC DAMDRE. — De gueulcs, à roy de souleil, d'ar- 
gent, à un quartier des armes de France, à une bende d'ar- 
gent. 

599. LE PRINCE DE TARENTE. — Los aruics de France {sic)^ à 
une bende d'argent. 

600. LE PRINCE d'aquilée. — BurcUé d'argent et d'azur, à un 
lion de gueules rampant, à I quartier des armes de Frence, 
à une bende de gueules. 

601. LE PRINCE d'orenge. — D'or, à un cor d'azur, emguen- 
chié de gueules. 

602. LE PRINCE DE piMONT (1). — Do gueulos, à uno croix d'ar- 
gent. 

605. LE COMTE DE CHAHPAIGNE (2) . -^ D'azur, à Une bende d'ar- 
gent, à II fresteaux d'or potencbiez; , 

604. LE COMTE DE SAVOIE. — Do gueulcs, à une croix d'ar- 
gent. 

605. LE COMTE DE GiENiEVRE (3). — D'or, à quatre poinges 
d'azur. 

606. LE COMTE DE TALENTiNEz (4) . — D'azur, à uu chof d'or^ 
à V lourteaulx d'argent en pié. 

(1) Piémont. — (2) Le comté de Champagne ayant été réuni à la cou- 
ronne au commencement du xit* siècle par le mariage de Jeanne deNayare 
et de Philippe IV, il semble que cette mention de notre manuscrit doîTe 
être antérieure à cette époque. — (3) Genève, — (4) Valentinois. 



ARMORIÀL DE FRANCS. 255 

607. LE COMTE d'aincun. — De gueules, à raiz de souleil d'ar- 
gent. 

608. Le GOBfTE DE CBAHBELLEIRE DE PUILLE* — De gueules, à 

un roy d'argent, flanchié d*Oremge. 

609. LE COMTE DE FORESTEz (1). — De guoules, à un daufin 
d'or. 

610. LE COMTE DARSiN d'auteriie (2). — Escarlelé d'or, à I dal- 
fin d'azar, contrefessié de vairs et de gueules. 

6H. le comte d'accerne (3). — De gueules, à une bende d'or. 

612. LE comte de jony (4). — De gueules, à un esgle d'ar- 
gent, à pié et à bec d'or. 

613. LE COMTE DE 6RANTPERT (3). — Fessés d'or et de gueules 
de V pièces. 

614. LE COMTE DE ROST (6). D'or, à 1 lion d'azur. 

615. LE COMTE DE BRiENME. — Semblablemcnt. 

616. LE COMTE DE BRAESME (7). — D'azur, à I liou d'or^ ram- 
pant, billetté d'or. 

617. LE COMTE DE MONTHELiART (8). — De guculos, à trois bar- 
beaux d'or. 

618. LE COMTE DE SALEBRUCHB (9). — De uoir, à I lion d'or 
rampant, à croizètes d'argent, recroizetés au pié long. 

619. LE COMTE DE VALDEMoifT (10), — De uoif, à 1 chicf d'ar- 
gent. 

620. — LE COMTE DE poRSiEN. — Paallé de vair et de gueules 
de VI pièces à I chief d'or, à un lionceau. 

621. LE COMTE DE sAiMSEVRiN (H). — D'argent, à une fesse de 
de gueules. 



(1) Forez. — (2) LU.: Dauphin d'Auvergne, — (3) Auxerre. — (4) Joi- 
gny. — (5) Grandpré. — (6) Roucy. — (7) Braine. — (8) Montbéliard. — 
(9)Sarrebruck. — (10) Vaudémont. <- (11) S. Sevrid, famille napolitaine* 



254 Lli CABINIT HISTOBIQUE, 

622. LB QOiiTB PB NODUiB. » EscaFtellé de gueulesi à I lion 
d'argent, rampant à la queue forchée. 

625. LE COMPTE pE siiNT-AGABSB. — D*aziir, i VI roses 4'9r* 
gent. 

624. LE COMTE DE MAiNPEL. — Bendé d'argent e\ de gueulent à 

un chief d'or, à une rose de gueules en chief. 
625» LE DALFiN DE TIENNE. — D'or, à UQ daltln d>9ur. 

626. LE MARQUIS DE MONTFEPRANT (1). — D'prgOpt, k Uû ohief 

de gueules. 

627. LE MARQUIS DE FERRARE. ^— De gueules, à un aisgle d'ar- 
gent, à pié et à bec d'or. 

628. LE MARQUIS DE SALUGE. — D'argent, à un chef d'azur. 

629. LE COMTE DEMDO. — Do gueules^ à un peiï d'or, chevroné 
d'or et de noir. 

630. LE SIRE DE MELAN (2). — D'argent, à un serpent d'azuf, à 
I satirel issant de la bouche du serpent. 

681. M. BEBNABo DEMELAN. — SemblablemeËt. 

652. LE COMTE DE VERTU. — D'argent, à un serpent d'aiur, à 

I satirel ystnt de la bouche du serpent, à un quartier de 

Savoie. 
6{0. LE SIRE DES OURSINS DE RoMME^ — Beudé d'ftfgeut et de 

gueules de VI pièces, à I chief d'on 
654. LE GEANT sENssflAL DE puiLLE. -^ D'argent» à un lion noir 

rampant. 

635. LE MiRAL DE PUILLE (3). — D'ofi à uue croi]^ noire potea- 
chiée. 

636. M. CHARLES DE DURAS DE PDiLLE. -^ Les drmes de France, 
à une bordeure bougonnée d'argent et de gueules, 

637. M. JACQUES DES VAUX. — Parti des armes de France^ à 
une bende d'argent atichée de gueules, à un ray d'argent. 

(1) Montferrat, -- 0{) Miiaiu (3) L'ainiraldAPoiiiUe. 



âMTOltlAL DB nàÊtE. 955 

688. n. ftLAÈ&ÊÉHim L'BscALt. — D'asyr, k coqQdes d'argenU 

639. M. GRALiOT MALETE8TE. — Beiidé d'argent et de flMqUeté 
d'or et de guéuleé dé TI (liéees. 

640. H. sPAiNBUF MiLEfÉstË. — Semblabletâefit. 

641. M. CHARLES DE GRiHACDE. (1}« — Fessé d'argent et de 
gueules fizeloy de l'un en l'autre. 

64S!. M. iBoiiVDoiRE. -^ D'or, à un chief d'argent , à un esglé 
noir couronné de gueules. 

643. M. SIRE DE CHASTELON (2). — Paallé de Yair et de gueules, 
à I cbief d'or, à une molette d'or ou chief. 

644. M. HUE DE GHASTELOUDE DAMPiBBRE.-^ Semblablemept, à 
II lionceaux noirs passant en cbief l'un contre l'autre. 

645. LE BOCBu DE CBASTBLLOD. — Semblablemeut, à III molettes 
noires en chief. 

646. LE YiDABME DB GHARi^oNS (3). -«*- Semblablonient, à II lion-* 
ceaux de gueules en chief passant l'un contre l'autre. 

647. M. HUE DE GHASTELLou b% PORsiEN. -*- SembUblement à 
un lionceau noir, passeot en cbief une molette d'argent sur 
l'espaule du lion. 

648. LE MARESGHAL DE GHAMPAiNE (4). — D'azur, à I Uou d'or, 
rampant biletté d'or, à I baston de gueulos. 

649. LE SIRE DE TiBEL* — De Tair. 

650. LE SIRE DE jiuRET. — D'or, à une fesse d'azur. 

651. LE SIRE DB SAiPfT-DTiEB (5). — D'or, i UD Uon d'or («w)i 
rampant à un lambel de gueules. 

652. LE SIRE DE LOPis. — De gucules, k V engueles d'or en 
sauteur. 

653. LE SIRE DE sAmr-SEROiK (6). — D'or, à un fer de moulin 
noir. 



(1) Grimaldi.— (2) Gbâtillon.— (3) Le iriaame de Cbfllons. — (4) Le ma- 
réchal de Champagne. — (5) S. Dizier. — (6} ^. SéiDin en mâdônnols. 



256 LE CABINET UISTOBIQUEJ 

654. LE SIRE D'AiffGLEURE (1). — D*or, découpé sur gueules, à 
sounetes d'argent semées. 

655. M. GAucHiERbE LOR (sic). — 4 UD liou d'argent rampant, 
à croizètes d'argent recroizetés au pié long. 

656. LE SIRE DE CHASTE AuviLLAiN. «— De gueules, à un lion 
d'or rampant, billetté d'or. 

657. LE siRE DU TiL. — D'or, à III lionceaux de gueules ram- 
pans et couronnez d'azur. 

658. LE SIRE DE RENEL. — Fcssé d'or et d'azur de VI pièces. 

659. LE SIRE DE NoiER. — D'azur, à un esgle d'or. 

660. LE SIRE DE GLELLB. — De gueulcs, à I escuçon d'argent, 
à I escharboucle d'or, flourelé. 

661. LE SIRE DES BARRES. — Lozcugcz d'or et de gueulas. 

662. LE SIRE DE MERBON. — D'or, à II fcsscs de gueules, à une 
oille de molettes de gueules. 

663. LE SIRE DU VERGIE. -^ De gueulcs , à III quintez fleulez 
d'or. 

664. M. JEHAN DE GHARLONS (2) d'aRLAÎ. — Do gUCUleS, à UUC 

baiide d'or, à une molette noire sur la bande . 

665. LE SIRE DE GRANTMONT. — Beudé d'argcut et d'azur de 
siex pièces. 

666. M. HENRY DES Bos. — De gucules, à I chief d'or. 

667. LE SIRE DE sAiNTE-CRoir. — D'argent, à une croix de 
gueules. 

668. LE SIRE d'apremont. — De gueules, à iinè croix d'argent. 

669. M. HEUGUES DE VIENNES. — De guculcs, à i esgle d'or. 

670. H. JEHAN DE VIENNE. — Semblablcmeut, à une molette 
noire sur l'esgle. 

671. LE SIRE DE ROiGEMONT (3). — D'or, à l'csglc de gueules. 

672. H. TMBERT DE ROTGEMONT (4). — Scmblablcmeut. 

(1) Anglure. — (2) Jean de Châlon. — (3-4) Rougemont. 



jUmOIkUL DB FRàlIGB. 367 

673 M. GHiFFROT DE GHABNT. — De gueules, à trois escuçons 
d'argent. 

674. LE SIEE DE LA MOTS. — D'argent , à trois escaçons de 
gueules. 

675. M. 6IRAT DE BOREON (1). — D*or, à I Uon de gueules, 
rampant à une oillè de coquilles d'azur* 

676. LE SIRE DE TiLLARS. -»- Bendé d'or et de gueules de VI 
pièces. 

677. M. BURAD DE LÀ RIVIERE. — De sable» à une bande d'ar- 
gent. 

678. LE SIRE DE BINAT. — De gueules à I chasteau d'or. 

679. LE SIRE DE BRossT. — Dc gueules à II fesses d'or. 

680. LE SIRE DE CLERMONT. — D'argent, à II clefs noires ou 
[lis en] sauteur. 

681. LE SIRE DE LA BAUNE. — D'or, à utto bonde d'azur danchié. 

682. LE SIRE DE LA TOUR. — De gucules» à une tour d'or. 

683. LE siRE DE BEAUGiE. — D'or, à I liou d'or rampant à un 
lambel de gueules. 

684. LE SIRE DE LA CHAMBRE. — Lcs armos de France, à une 
bende de gueules. 

685. LE SIRE DE TAIRAS. — Esçartellé de Tair Qt de gueules. 

686. LE SIRE DE GLATESON. — De guculcs, à UDC boude d'or, à 
une clef noire sur la bende. 

687. H. ATMON DE GENIEVRE. ^ D'or, à lUI poitts d'azur, à 
un baston de gueules. 

(1) Girard de Bourbon. 



258 



LB GABIMET Bl8TdiI«ini. 



CHRONIQUE. 

CAttNÈt tE LOBftAtoE. — Nous avôïîê itttèrfômpu lé pénible 
travail que nous avions entrepris du dlpouilleineni du Oêbihet 
(k Urraim, qui se compose de plus de QOO volufflesi ndui 
avions besoin, pour le continuer, de quelque peu d'eacotu-a- 
gement que nou9 attendions des déparlemenU intéressés i 
ce travail. Ces encouragements nous ont manqué : nulle voix 
amie ou sympathique n'est venue nous dire que nous accoin* 
plissions une tâche utile. Nous avons dû cesser ou du moins 
suspendre 6otre œuvre. Aujourd'hui 1 un de noè correspdtidantè 
du Midi a besoin, pour tiit sien travail, de quelques rénseigfté- 
ments sur les vol. 166 et 167 de la Collection de Lorraine. On 
en trotttera ratialjse à son intentloBi p< 2'i8 de ce numéro^ 



M. Raymond Bordeaux, notre spirituel et bienveillant cor- 
respondant d'Évreux, nous mande les nouvelles suivantes : 

« Entre autres choses intéressantes, vous saurez Vheureuse 
fortune qui est survenue à la ville de Rouen. M. le marquis de 
Martainville, dont la bibliothèque étoît si riche, et qui âchetoit 
contiiiuellertieht des raretés, a légué seè màhttsèrits à la fiiblte- 
thèque de Rouen , grossie déjà des bibliothèques Leber et €o- 
quebert de MoBlbret. Vous Véus rapides ssns doute que l'hivai" 
dernier la vente des livres imprimés de M. de Martatn^iUe fit 
sensation dans le monde des bibliophiles. M. de Martainville 
collectiounoit surtout les livres sur Thistoirç des provinces et 
de la noblesse, et ses manuscrits traitent pour ta plupart des 
mêmes matières. 

» M. André Pottier, le savant et obligeant conservateur de la 
Bibliothèque de Rouen, m'a communiqué la liste sommaire des 
manuscrits en question. C'est un simple inventaire avec éva- 
luations, dressé après le décès du marquis de Martainville. La ^ 
collection se compose de 370 volumes, non compris les cartons, 



QBMflllQUB. 3S9 

cartes, etc., ëvaluéf 91,418 fr. Il y a des manmoritspréoieax sur 
toutes les proYinces de France, et pour tous donner une idée 
de Tensemble, Je rais vous citer seulement quelques articles 
relatifs à la haute Normandie i 

Histoire des évèques^ fille et comté d'Éfreux, in-fol. ëtalué 
40 fr.; 

Abrégé deThisteire de la ville et eité d'Évreux, par Escalier, 
j^étre, in-fol., évalué 50 fn ; 

Vicomte de Rouen» Pont-Auderoer , Beroay et Auge , in-4® 
sur vélin, xv!*" siècle^ relié en bois, évalué 200 fr. ; 

Noms et surnoms des nobles du duché de Normandie, ma- 
nuscrit du xvi« siècle. ; 

Anoblissement de la généralité de Rouen, 1515 à 1662 ; 

Anoblissement de la haute Normandie ; 

État des lettres d'anoblissement vérifiées en la Chambre des 
comptes de Normandie, 1521-1522 à 16G1 ; 

Recherches sur la noblesse de Normandie, en 8 vol, in-4® ; 

Enfin un nombre considérable de généalogies particulières. 

» Aussitôt que la ville de Rouen sera en possession de ce pré- 
cieux legs, M. Pottier dressera un catalogue plus détaillé que 
cet inventaire : ce seroit, ce me semble, un excellent document 
à imprimer dans le Cabinet historique. » 

*^ Nous avons à annoncer une nouvelle qui contristera cer- 
tainement les artistes et les habitués de la Bibliothèque impé- 
riale : c'est que les travaux de construction en voie d'exéontion, 
pour l'achèvement de cet édifice, vont entraîner la démolition 
des trois salies qui conduisent à la galerie Masarine. -^ On sait 
que les plafonds de ces pièces, sans être, comme celui de la ga<> 
lerie, du grand peintre Romanelli, sont certainement de tèn 
temps et de ses élèves, et d*après les cartons de ce maitre. Ils 
n'ont point, pour les figures, la perfection qui distingue les 
autres, mais on y trouve cependant de grandes beautés de 
dessin, un coloris ferme et riche; Ton y estimoit surtout la 
partie des fleurs, des oiseaux et en général toute l'ornementa- 
tion/ Ces précieux restes de Tart italien au xvu' siècle, vont 
tomber sous le marteau des démolisseurs. Il seroit à souhai- 
ter qu'un crayon habile relevât ce qui subsiste encore de ces 
peintures, ne fût-ce que pour en conserver le souvenir. 



260 LE CABINET HISTORIQUE. 

— Nous empruntons à la Revue anecdotiqm le curieux ren- 
seignement qui suit, sur l'histoire des canons rayés, dont il a 
tant été question en ces derniers temps, et que Ton croyoit 
d'une invention toute moderne. On lit dans le Traité de ma- 
thématiques de Robnis, traduit en 1771 par Dupuy : 

« La nation chez qui Ton parviendra à bien comprendre la 
nature et Favantage des canons rayés, où l'on aura la facilité 
de les construire, où les armées en feront usage et sauront les • 
manier avec habileté, cette nation, dis-je, acquerra sur les autres 
une supériorité, quant à Tartillerie, égale à celle que pour- 
roient lui donner toutes les inventions faites jusqu'à présent 
pour perfectionner les armes quelconques. J'ose même dire 
que ses troupes auront par là autant d'avantages sur les autres 
qu'en avoient de leur temps les premiers inventeurs des armes 
à feu. » 

Et dans le même livre on trouve encore sur l'usage des 
armes à feu portatives le'passage qui suit : « Leutman (Jean- 
Georges], membre de l'Académie impériale des sciences de Pé- 
tersbourg, a donné dans les actes de cette Académie deux mé- 
moires datés de 1728 et 1729, le premier sur la manière de 
rayer le canon : De sulcis cochleatis ad datam distaniiam tubis 
sclopetorum recte indueendis (De la manière de bien disposer 
les raies en vis spirales dans le cylindre du canon, étant don- 
nés les intervalles qu'elles doivent avoir entre elles ); le 

second mémoire contient quelques remarques et expériences 
sur l'utilité du canon rayé : Annotationes et experientiœ quod- 
dam rariora curiosa et ad rem sclopetariam pertinentia. » 

Décidément il n'y a de neuf que ce qui a vieilli. 

— Dans sa séance du 5 de ce mois, le conseil d'administra- 
tion de la Société des Antiquaires de Normandie, séant à Caen, 
a décidé que la médaille d'or proposée par ce corps savant pour 
la meilleure carte de la Normandie à l'époque gallo-romaine, 
présentée au concours ouvert par elle en 1859, seroit décernée 
à une magnifique carte portant pour épigraphe ce vers d'Ho- 
race : 

« nie terranim mi praeter omnes 

« ÂDgalus ridet..... » 



BULLETin BIBUOGRAPEIQOE. 961 

Noas apprenons que le lauréat est M. I^roy de Cany, auteur 
de différents travaux d'histoire et d'archéologie, et notamment 
de VHistùire de Jouvenet et de l'Histoire de MonléroUier^ qui 
sont sous presse et sur le point de parottre. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

L'Enlèvemeni innocent ou la retraite clandestine de Monseigneur 
le Prince^ avec Madame la Princesse , sa femme^ hors de 
France (1309-1610). Vers itinéraires et faits en chemin par 
Claude-Enogh ViREY, secrétaire dudit seigneur.... y publié 
ff après le manuscrit de la Bibliothèque impériale^ par 
E. Halphen. — Paris, A. Aubry, 1859. 

— A nulle époque on ne s'est autant occupé, qu'à la nôtre, 
de tirer de Toubli et de mettre en relief les petits faits qui , sous 
le titre à' épisodes^ forment la partie anecdotique et intéressante 
de notre histoire. A réunir tout ce qui a déjà été publié en ce 
genre on formeroit une volumineuse bibliothèque. Dans cette bi- 
bliothèque de singularités historiques tùivexoW,, à tous les titres, 
le charmant petit volume que vient de nous donner un homme 
d'esprit et de goût, M. Eug. Halphen. \\ s*agit, dans ce vo- 
lume, du curieux épisode qui marqua les derniers jours de 
notre roi Henri IV et qui faillit entacher de ridicule une si 
grande et si noble figure. — On sait la passion dont s'étoit 
épris répoux de Marie de Médicis pour la jeune Henriette*Char- 
lotte de Montmorency, récemment mariée au premier prince 
du sang. Henri de Bourbon, prince de Condé, n'étoit pas homme 
à fermer les yeux sur le caprice amoureux du monarque. U 
a voit pris trop au sérieux son rôle de mari, et pour soustraire 
son honneur et celui de sa femme à des atteintes redoutables, il 
crut n'avoir rien de mieux à faire que de ravir sa propre femme 



fUIS m fiàBimST BISTOBIQUBfe 

et de passer arec elle k FétraDger. C'est Thistofre de cette ^ 
fuite» et de renlèvement d*tine femme par son mari que vient de 
nQU9 donner M. Eug. Halphen. 

Le Trésor des pièces rares et inédites de M. Aubry s'est heu- 
reusement augmenté dans cette plaquette d'un opuscule cu- 
rieux et inédit. Le réeit fait par P« Virey de la fuite du Prinee 
hors de France et de son séjour en Flandre, s'accorde sur les 
points importants avec celui de TËstoile, de Bentivoglio, de 
Lenet et des autres^ m^is y ajoute les détails que pouvoit seul 
connoitre le secrétaire, le commensal quotidien et le conseiller 
intime du Prince. Virey n'essaye pas de nous faire croire à 
Tamour conjugal de la Pribcesse $ il ne tiou^ cache pas les pleurs 
qu'elle versa quand elle apprit qu'on l'emtnenôit hors de 
France ; il nous montre dans ses yeux 

Des beaux yeux les plus beaux 

Prêtes à larmoyer petites gouttes d'eaux. 
Qui restreintes dedans faisoient uae brillure, 
Qui plus que diamans avoit |)elle esclature. 

Il nous dépeint la colère et le désespoir du Kpi, qu'il mépage 
assez peu en général» ainsi que 

L'insolent duc Sully, brutal en apparent, 

Mais propre au laUDtaieat de Tespargne de Franao* 

Toute son admiratioîi est réservée pour le Prince , qu'il 
suivit en Italie lorsque celui-ci laissa ta Princesse i Brutelles , 
sous la garde des archiducs. Il nous a aussi raconté ce voyage 
dans d'autres « vers itinéraires ou faicts en chemin; » 
l'intérêt du sujet prête un certain charmé à la poésie quelque 
peu rocailleuse de Vhonnéte Virey. — M. Eug. Halphen a fait 
précéder le récit de Virey d'une préface concise, bien pensée et 
bien écrite. L'éditeur a confronté soigneusement les récils des 
historiens avec celui de Virey, et nous a donné sur celui-ci les 
quelques détails qui se sont pu trouver. VEntèvement innocent 
n'est donc pas seulement un livre curieux au point de vue his- 
torique, c'est encore Un document instructif, amusant et, bi- 
bliographiquement parlant, un véritable petit bijou. 



BCXMVllf miUOftBAPHIQIIE. S6I 

Les œuvres d'André de JUvaud^au, gemtilh&mmê du But^Poiiou^ 
par M. Ch. bb Sourdbval, et tirées à tris*petit nombre. 

Les poésies de RiYd|]f]fS?u sont uo das iîvre9 le^ plus rares 
du xTi® siècle; on n'oB 69nnoU que i^vk^ exemplaires s un à la 
Bibliothèque de rArsenaU l'autre à la Bibliothèque de Nantes. 
M. de Sourdeval a jugé avec raison qu'elles méritoient d*être 
F98«li8citée9 «t M. Âubry a mis ^ p«n#ée en enécuU^n a?e<; la 
séfère coquetterie qui distipgfue soi publioalions. Nous nous 
empressons de communiquer cette bonne nouvelle aux biblio* 
philes. Après avoir fait coniioissance avec ce contemporain de 
Ronsard, ils n>n voudront pas trop à Babino(, ^utre poète 
poitevin, de lui avoir adressé Tode suivante : 

QuUe donc, Rivaudeau, les mqsesgralieuses, 
L'honneur de ta jeunesse, et pren les sérieuses « 

Sui llnclinatioû de ton eueur generetit 
JËIlti vivras h^iireu94 

Il te suflt d'avoir rendu la poésie 
Digne des gens chrestiens, au paravait haie 
Pour estm corrompue et souillée des nains 
Des sales escrivaios. 

Or, fai monter plus haut ta divine tfoqueoeei 
Et fait emeryelller quelque fqis nostre France, 
fl^is au jour oes trezors des langues et des arts 
£t ne crain point les dards 

De l^ jalouse envie 9 uae rare seienœ, 
Jelle qu'est bien la tieue, esteiot la medisauce» 
Et ne craint le sourci, ni les malignes depts 
Des Zolles mordaos* 

fct puis,quapd ta vertu cederoità Tenvie, 
Craindrois-tu d'endurer cette honte en ta vie. 
Et d'estredu haut Christ, dont tU es serviteur 
Encor imUateur? 

Or, ayant esclaircy le savoir d'Eplctete 
Par un si grand savoir, à si peu ne t'arreste, 
Et traite maintenant les utUes secrets 
De nos livres saerés. 



264 hE CABINET HISTORIQUE. 

11 faut raporter là ta plume et ta parolle, 
Car la science humaioe est réputée folle 
Devant ce grand seigneur, voir mesme Teut-oo 
Toute égale à Platon. 

Ne fraude pas TEglise, et sa douce espérance, 
Qui attend de ton mieus Ventiere jouissance. 
Donne-loy tout à elle, et de ce sainct labeur 

Âten très grand honneur. ' 

Celte pièce, <[ui n'est pas si mauvaise, se trouve dans un second 
ouvrage de Rivaudeau dont la Bibliothèque impériale possède un exem- 
plaire réputé unique; il est intitulé: La doctrine d'Epictete, stoieien, 
comme Vhomme se peut rendre vertueux et libre, heureux et sans pas- 
sions, traduite du grec en françois par André de Rivaudeau. — 
Poictiers, 1567, par Enguilbert de Marnef, in'4 de 54 pages. 

P. A. G. 

Tapisseries de Beims. — Un habile photographe, M. Cliché, 
de Reims, vient d'exécuter la reproduction en grand des tapis- 
series de Notre-Dame de Reims, qui n'avoîent pu entrer dans 
la publication de M. Ach. Jubinal, ni dans le travail du même 
genre auquel le directeur du Cabinet historique a attaché son 
nom. Cette nouvelle série, dont certaines difficultés d'exécu- 
tion avoient fait ajourner la publication, difficultés qui dévoient 
ne pas exister pour la photographie, représente les différentes 
scènes de la vie de la sainte Vierge. Elle est du commencement 
du xvi« siècle et a été offerte à l'église de Reims par Robert de 
Lenoncourt, le même prélat qui donna à Féglise de Saint-Rémi 
la belle tapisserie de dix pièces qu'sl publiée M. Jubinal. La 
tapisserie de quatorze pièces que va donner M. Cliché est de 
l'exécution la plus riche et la plus originale. On y trouve des dé- 
tails fort curieux pour l'histoire des mœurs, des costumes et 
des usages de la fin du xv® siècle. Nous tiendrons nos lecteurs 
au courant de cette belle publication. 




REVUE MENSUELLE. 



XXVII. — HENRI Vin D ANGLETERRE 



LE ROI HENRI VIII A LA DUCHESSE MARGUERITE D AUTRICHE 
DOUAIRIÈRE DE SAVOIE. 

- La passion que nos voisins les Ânglois montrent en toutes circon- 
stances contre le saint-siége, ou plutôt contre l'Italie romaine, date 
principalement, on le sait, du règne de Henry VIII. Mais il ne faut 
pas oublier qu'avant sa rupture avec la papauté, ce prince avoît pris 
la plume contre Luther et mérité du saint-siége le titre de défenseur 
àje la foi catholique, et l'on sait la honteuse occasion qui amena la 
rupture. Nous avons annoncé quelques lettres inédites de ce prince : 
les deux premières que nous donnons ici sont antérieures à son 
schisme, et de cette époque de sa vie où rien encore, si ce n'est sa 
politique cauteleuse, ne faisoit entrevoir Tabominable tyran si jus- 
tement flétri par Hallam et Lingard. Henry, à la date de ces deux 
lettres, en est encore à sa première femme. La vertueuse Catherine 
d'Aragon va le rendre père pour la seconde fois. A celte occasion, 
Henry convie Marguerite d'Autriche, celle qu'il faillit avoir pour 
belle-mère, d'être la marraine de l'enfant qui va naître. 



1, A très-hauUe et très-excellente princesse, notre très- chère 
et très-amée bonne cousine, tant et si cordialement que faire 
pouvons à vous nous recommandons. 

Et vous plaise savoir que vous réduisons à mémoire, comme 
Tannée passée après vous avoir advertie que la Reyne noslre 
bonne oompaigne avoit prins sa chambre pour son accouche- 

Paris. — Typ. Wittersheim. — 8e année. Doc. 18 



LE CAnireT BUItORIQUE. 

ment, estiez contente de faire eest honneur et plaisir tant à 
nous que à icelie nostre diie bonne compaigne . quant il pUi- 
rait à Dieu no&tra créateur luy donner et envoyer fruyt, feust 
fils ou fille, d'en estre mareigne : — et comme nous enlendoQs, 
par ce que nostre serviteur Thomas Spinolle nous a signiffié 
par ses lettres que continuez et persévérez tousjours en ce 
mesme bon vouloir et ferme propo? , et que vostre bonne volonté 
et disposition n'en est en rien amoindrie, dont ne vous saurions 
assez coi diallement ni affectueusement remercier : — Touttefois 
nous vous en mercions le plus à certes et de bien bon cœur que 
faire povons. Et s'il vous plaist de nous faire, quant le cas 
adviendra, cest honneur et plaisir d'estre notre oommore quel- 
que enfant que noslredite bonne compaigne fera à ceste fois, 
nous serons bien joyeux et très-contens de l'accepter, et nous 
et la Reyne nostreditte bonne compaigne nou3 tiendrons à 
jamais grandement tenus à vous. 

El en tant qu'elle ne sçauroit pas bonnement dire ne appoinc- 
ter à la vérité le temps que la bonne heure adviendra, pour ce 
que tout reste et gist à la voulenlé de Dieu, il vous plaira dé- 
noncer ordonner et appoincter quelque grande dame estant en 
notre courte à l'entour de notredite bonne compaigne, pour 
tenir vostre lieu et représenter votre personne et faire toutes 
les cérémoniesàce. requises, ainsi que feriez vous-mesmes si 
présente estiez en vostre propre personne. Et pourtant il vous 
plaira sur ce nous advertir et faire savoir vostre bon plaisir et 
intencion. Priant au demeurant nostre Créateur qu'il vous doint 
Irès-haulte et très-exellente Princesse, nostre très-chère et 
Irès-amée bonne cousine, le comble de vos désirs et vous en- 
tretenir de bien en mieulx en sa très-saincte et digne garde. 
Escript en nostre rnanoir de Richemont le xxnii® jour de no- 
vembre. Vostre bon et loyal cousin 

Henut. 

Et plus bas : Meautis. 



HBIIBI VIII d'aNGLETBARIS. Wl 

in dos : A trèshauHe et excellente Princesse, nostre très- 
chère et tressa mée bonne cousine la duchesse douayrière de 

Savoye. 

(F. Bal., 90377, p> n) 



2. DU MEME A LA MÊME. 

Dans la lettre qui suit, Henry YIII félicite Marguerite du succès 
des armes de l'empereur Maximilien en Ualie, par allusion à la cam- 
pagne des confédérés de Cambray contre la république de Venise. 
Mais ces premiers succès obtenus, le pape Jules 11, qui redontoit 
plus en Italie le voisinage des François que celui des Vénitiens (dont 
il aToit du reste obtenu satisfaction), s'étoit détaché de la ligue et 
venoit de traiter contre la France avec Ferdinand et son gendre 
Henry VUI. Celui-ci se rend Tinslrument de la politique de Jules 11 
et des intérêts des Vénitiens : par Marguerite d'Autriche il espère 
détacher l'Empereur du roi de France Louis XII, qui n'est pas encore 
son beau-frère.— Cette lettre est en outre remarquable par la com- 
mande de vaisselle d'argent que maître Jérosme Friscobalde, au nom 
de ce prince, a faite en Italie. On sait que c'est le bon temps de 
Benvenuto Cellinl et des grands orfèvres de la Renaissance. 

Très-hauUe et excellente Princesse, nostre très-chère et 
très-amée bonne cousine, à vous de fort bon cueur nous re- 
commandons. — Parce qu'il nous semble desjà longtemps que 
nous n'avons eu pe ouy nouvelles certaines de la bonne prospé- 
rité et santé de notre très-honoré frère et cousin l'Empereur 
vostre père, et de la bonne victoire qu'il a eue en son entre - 
prinse vers les parties dltallye, et que suymes fort désirant 
sur tous aultres Princes d'en ouyr et entendre, pour la bonne 
amour 6]; très-cordialle affection que luy portons; nous vous 
pryons très-affectueusement que de jour en aultre, ainsi que 
les nouvelles de luy vous surviendront, de nous en advertir, 
ensemble de celle de wostre cousin et beau-frère le prince d'Es- 
paigne vostre nepveu, et des vostres pareillement; à quoy 
prendrons très-grant esjouissement, plaisir et consolacion. 



268 LE CABINET HISTORIQUE. 

Et pour ce que la (ceux de) seigneurie de Venize nous ont fait 
instance et requérir par leur ambassadeur qui esticy vers nous, 
voulloir escripre en leur faveur à l'Empereur vostre dit père à 
ce qu'il veuille donner audience à leurs ambassadeurs qu'ils 
entendent et ont délibérez envoyer vers luy ; nous, pour obtem- 
pérer à leurdite requeste, luy en escripvons présentement par 
noslre serviteur et officier d'armes et porteur, auquel nous avons 
donnécharge de vous aller présenter denostre part certes, dedens 
lesquelles vous envoyons le double des lettres que sur ce escrip- 
vons à nostredit très-honouré frère et cousin TEmpereurvostre- 
dit père, à celle fin que puissiez entendre le contenu en icelles. 

Au surplus nous avons désiré et ordonné à maître Jérosme 
Friscobaldi de nous faire faire, es pais de parla, certaine quantité 
de vaisselle d'argent, pour notre propre usage ; dont,ainsi qu'en- 
tendons, y en a grant partie de faicte. Nous vous pryons, très- 
haulte et excellente Princesse, nostre très-chère et très-amée 
bonne cousine, que nous veuillez faire ce plaisir, de donner et 
faire avoir audit Jérosme, congé et licence de nous faire ap- 
porter et conduyre icelle hors des pais de par delà, quand 
elle sera parachevée, sans que pour ce luy soit donné ne à ses 
gens et serviteurs aucuns destourbiers ou empeschement, et 
vous nous ferez ung très-grand et singulier plaisir. Offrant de 
nostre part que s'il y a chose en nostre royaulme ou ailleurs 
en nostre obéissance, que vous et nostre cousin et beau-frère 
le prince d'Espaigne, estes affectez et désirans d'avoir, nous 
serons bien joyeux d'en ce vous complaire. 

D'aultre part, nous entendons que vous estes enbesoignée 
pour faire l'appoinctementpar delà, entre ledit maître Jérosme, 
et ceux qui donnoient empeschement aux alluns qui furent 
admenez de Turquye ; nous vous pryons que ceulx de par deçà, 
qui se sont entremeslez desdits alluns, puissent estre comprins 
audit appointement et avoir leur absolution aussi bien que les 
aultres, et vous povez estre certaine de pareillement nous faire 



HENRI YIII d'aNGLETERRE. 269 

en ce très-agréable plaisir. Comme scayt nostre seigneur qui, 
très-haulte et excellente Princesse, nostre très-chère et très- 
aroée bonne cousine, vous doint bonne vie et longue. Ëscript 
en notre manoir de Enfilde le ix* jour de septembre. 
Votre bon et loyal cousin, 

Henry. 
£l plus bas : Meautis. 

El au dos est écrit : A très-haulte et excellente Princesse, 

nostre très-chère et trés-amée bonne cousine la duchesse 

douayrière deSavoye. 

(F. Bai., 9037», f> 271.) 



3. LE MÊME AU ROT FRANÇOIS 1^'. 

Ce n'est pas de nos jours seulement que les revirements de la po« 
litique sont étranges et prompts. Après la bataille des Éperons et la 
ruine de Thérouenne, rien n'empêchoit Henry VIII de poursuivre 
ses entreprises contre la France. Mais la politique des puissances 
continentales s'étoit subitement modifiée. Ferdinand, satisfait de la 
possession delà Navarre, s'étoit rapproché de Louis XII; —le pape 
avoit révoqué ses excommunications, et l'empereur Maximilien trai- 
toit du m iriage de son pelit-fiis, Charles, avec Renée de France : 
Henry crut prudent d'imiter ses alliés et donna sa sœur, la belle 
Marie, âgée de seize ans, au roi Louis XII, âgé de cinquante-trois ans. 
— La lettre suivante est un peu postérieure à ces faits : cependant le 
théâtre politique a déjà plusieurs fois changé d'aspect. L'honnête 
Louis XII est mort, après trois mois d'amour, d'ivresse et de bonheur, 
et le roi de France se nomme désormais François b'. Les traités 
précédents sont d'abord maintenus, mais la France, sans le secours 
de l'Angleterre, gagne la bataille de Marignan. Le cardinal Wolsey, 
qui n'a point tiré du roi François I®*" toute l'aubaine qu'il enespéroit, 
trouble un instant l'harmonie. Toutefois, au mois de juillet 1518, 
le roi4ie France, pour rétablir l'entente cordiale, députe Neuville de 
Villeroy vers Henry VIÏI qui, de son côté, charge Wolsey lui-même 
d'une mission analogue. C'est dans cette négociation que se concerte 
le mariage de deux enfants au berceau qui ne se dévoient point con- 



270 LE CABINET HISTORIQUE. 

noitre, François, dauphin, mort en 1^35^ et Mariei plus tard épouse 
de Philippe H, et reine d'Angleterre sous le nom de Marie la Catho- 
lique. 



Très-hault et Irès-pmssani Prince, nostre très-cher et très- 
amé frère et cousin, le plus affectueusement et cordiallement 
que faire povons à vous nous recommandons. Par vostre con- 
seiller le sieur de Ville-Roy, vostre secrétaire des finances et 
audiencier de France avons receu voz lettres contenantes sur 
luy crédence, laquelle il nous a bien au long très-saigement et 
prudetttement exposée de vostre part, à quoy avons pi;ins très- 
grant joye, félicité et plaisir, congnoissant et entendant par 
icelle la cordialle amour, zèle, très-singulière affection et frater- 
nelle dilection que vous nous portez, et vous povez tenir tout 
seur et certain que vous nous trouverez continuellement et à 
jamais vosire cordial frère, cousin et bienveillant, aymant et 
désirant raccroissement de vosire honneur, estai et bonne pros- 
périté autant que faisons le noslre propre; en vous advisant au 
surplus, très-hault et très-puissant Prince, nostre très-cher et 
très-amé frère et cousin, que sur le contenu en sa charge nous 
avons eu avecques luy plusieurs bonnes et longues communiqua- 
clous et devises, et fait avoir eu plus oultre nostre très cher et 
très- féal conseiller le très-révérend père en Dieu, le cardinal 
d'York, légat du Saint-Siège appostolique , primat et nostre 
chancellier d'Angleterre; et pour ce que de la resoliicion qui a 
esté priiîse avecques luy touchant Teffect de ladicle charge, vous 
entendrez bien amplement et à plain par luy, et que ne faisons 
aucune double, il vous en fera bon et loyal rapport, nous ne 
vous en toucherons rien en cestes, fors seulement que nous vous 
pryons très à certes et de bon cueur de souvent nous advertir 
et de temps à aullre de voz bonnes nouvelles, santé, estât et 
bonne prospérité, pournoslre consolation, et nous vous ferons le 
semblable de nostre part, ainsy que sçayt nostre Créateur, auquel 



HEmU Tin D*AN0LBT9RRB. 371 

0008 sopplyoQs TOUS donner très-hault et très-puissant, nostre 

trèS'Cber et très*amé frère et cousin, bonne vie et longue, et 

TOUS entretenir de bien en mieulx en sa très^sainte et digne 

garde. Escript à nostre manoir de SoTodestot, le x* jour de 

juillet, Tan xv* xviu. 

Votre bon frère et cousin 

henrt tiii. 
Meautis. 

El ados : A très-hault et très-puissant Prince, nostre très- 
cher et très-aoïé frère et cousin le roy François de France. 



4. HENRT TUl AU ROY FRANÇOIS 1®'. 

De 1518 à 1527 de nouvelles péripéties ont brouillé puis raccom- 
modé les deux Rois; on sait notamment la joie que causa en Angle- 
terre la funeste issue de la bataille de Pavie : on y chanta le Te Deum; 
Wolsey officia en grand appareil à Saint -Paul, devant toute la cour, 
el*henry VU! se crut déjà sur le trône de France. Mais des difficul- 
tés de plus d*un genre dévoient rendre irréalisabl^une si haute préten- 
tion. — D'ailleurs, mécontent et jaloux de Charles-Quint, Henry VIII 
préféra revenir an malheureux François I^' et, moyennant des sti- 
pulations onéreuses pour la France, conclut une nouvelle alliance 
oflTensive et défensive avec le prisonnier de Madrid. C'est toujours 
Wolsey le négociateur. Nous remarquerons en passant que la lettre 
qoi accrédite l'évesqoe de Wynchester est datée du manoir de Hamp- 
loneourt, palais magnifique dont le courtisan avoit fait hommage à 
son prince quelque temps auparavant. 

Très-bault et très-puissai»t Prince, nostre très-cher et trés- 
amé frère, cousin, compère et perpétuel allyé, tant affeclueu- 
scmeut et de si très-bon cueur que faire pouvons, à vous nous 
recommandons pour la singulière et fraternelle amytié que 
vous portons, et afin que voz affaires que réputons comme les 
nostres puissent estre réduitz en bonne tranquillité au bien 
p ubhque de la cbrestienté universelle, avons donné à présent 



272 LE Cabinet historique. 

charge à Tévesquede Wynchester, nostre ambassadeur lez vous 
résident, de vous faire déclaration de nostre bon propoz et 
intention, si vous voulez, comme bien nous confions, luy adjous- 
ter ficnce, foy, comme à noz propres parolles, et monstrer 
bonne inclination à ce : nous espérons que Taffaire réuscira à 
si bon effect qui sera à vostre bon contentement et satisfaction, 
à quoy entendant de vous faire tout plaisir possible nous em- 
ployrons voulun tiers ; ce cognoist nostre Seigneur qui à vous, 
irès-hault et Irès-puissant Prince, nostre très-cher et très-amé 
frère, cousin, compère et perpétuel allyé, doint, santé et lon- 
gue vie. Escript à nostre manoir de Hamptoncourt, le x* jour 
d'octobre xv* xxxvii. 
Voire bon frère, cousin, compère et perpétuel allyé, 

HENRY VIII. 

Et au dos est écrit : A très-liault et très-puissant Prince, 
nostre très-cher et très-amé frère,, cousin, compère et perpétuel 
allyé, le Roy Irès-clirotien. 



5. LE ROT D'ANGLETERRE, HENRY VIII, A M. LE GRAND MAISTRE, 
ANNE DE MONTMORENCY. 

Le traité de Cambray de 1529, qui arrétoit les conditions défini- 
tives de réconciliation de Charles-Quint et de François l**", devoit 
resserrer les liens entre celui-ci et le roy d'Angleterre, qui voulut 
se rendre caution. Henry VIII sentoit le besoin qu'il alloil avoir du 
roi de France, près la cour de Rome, dans la question de son di- 
vorce avec Catherine d'Aragon et de son mariage avec Anne Bolcyn : 
aussi parut-il vouloir entrer dans les intérêts de François le^ Ce 
prince^ on le sait, n'étoll sorti des prisons de Madrid qu'en y lais- 
sant pour otages ses deux jeunes fils; et nous avons publié, t. 2,p.2l7. 
du Cabinet historique, une curieuse et touchante relation des trai- 
tements infligés en Espagne à ces deux jeunes victimes des désas- 
tres de Pavie. Le Roi et Henry VIH firent proposer à TEmpereur 
deux million^ d'or pour la rançon de ces deux enfants. Henry s'en- 



HENRI Ylll B*ANGLBTBRBE. 273 

gageoit personnellement à rendre à TEmpereur le joyau de la fieur 
de lys d'or, autrefois possédé par l'empereur Maximilien, et mis en 
gage par ce prince entre les mains de Henry YIlI pour prêt d'une 
somme de 50,000 écus : la somme n'avoit point été remboursée. 
François, touché de l'apparente générosité de son allié, tout en 
s'obligeant à un remboursement, chargea le connétable de Montmo- 
rency d'aller prendre livraison du joyau et de remettre à Henry VIII 
les insignes de l'ordre de Saint-Michel. 



Très-cher et très-amé bon cousin, estant toujours prestz et 
très-joyeulx de faire et monstrer toute gratuite plaisir à nostre 
très-cher et mieulx aymé frère, cousin et perpétuel allyé, le Roy 
très-chrestien. lequel entendons, par certaine capitulation du 
traicté fait, conclud et passé à Catnbray, estre tenu pour la déli- 
vrance de noz très-chers cousins le daulphin et duc d'Orléans, 
délivrer à ses propres coustages et âespcns, et mettre entre les 
mains de nostre très-cher et très-amé frère, cousin et beau- 
nepveu TEmpereur, le joyau de la fleur de liz, jadis par le feu 
empereur Maximilien engaigé pour la somme de cinquante mil 
escuz entre les mains du feu Roy, monseigneur et père, que Dieu 
absolve; ayant entendu que nostre dit très*cher frère, cousin 
et perpétuel allyé, vous a député et donné charge d*estre présent 
et conduyre ladite délivrance ; pour ce envoyons à présent par 
de là nostre très«cher et très-amé conseiller, messire François 
Brian, Tungdes gentilshommes de nostre privéechambre, en la 
compaignie du sieur de Langy, pour faire la délivrance et expé- 
dier ce que entre nous et les ambassadeurs de nostredit très- 
cher et très-amé frère, cousin et perpétuel allyé, est convenu et 
accordé, fiinsi que avons donné charge par instructions à nostre 
dit conseiller de vous communiquer plus au large. 

A ceste cause, très-cher et très-amé bon cousin, en vous 
remerciant des bonnes gratuités que avés auparavant monstre 
à nostredit conseiller messire François Brian, dont il nous a 
fait ample rapport, vous prions k ce qu'il vous dira par nous 



274 LE CiBIlVBT HISTORIQUE. 

donner ferme et entière crédence^ et tonchaot sa charge et ins- 
tructions luy donnw vostre bonne et favorable adresse et direc- 
tion accoutumée, ainsi que asseurément nous confions de vous, 
et nous ferez très-grand plaisir. Lequel recongnoistrons en ce 
qnê vous penserons faire gratuité et qoant Foccasion g^adon- 
nera, aidant nostre Seigneur qui vous, très-cher et très-amé 
bon cousin, doinct bonne vie et longue. 
Escript à nostre manoir de Westminster, le xxi* Jour de feb- 

vrier. Tan mil v*" xxix. 

Votre bon cousin, 

HENRT. 
TCLE. 

Et au dos : A nostre très-cher et très-amé bon Cousin le 
sieur de Montmorency, grand maistre de France. 



XXVIII. — COLLEGE DE FAANCE 

PROJET DE CONCLUSIONS POUR REGLER LA DISCIPLINE INTÉRIEURE 
DU COLLEGE ROYAL, ET POUR ENTRETENIR LA PAIX PARMI LES 
PROFESSEURS DU ROT. 

Voici un curieux règlement pour la police d'intérieur du collège 
de France. Il donne l'idée des révolutions opérées dans le mode d*ad' 
ministralion de cet utile établissement. Nous n'apprendrons rien à 
personne en disant que la fondation du Collège royal est due à 
François I®', qui s'éloit proposé de l'établir sur le terrain de l'hôtel 
de Ncsle, à l'endroit même où depuis l'on a construit le collège 
Mazartn. Les bâtiments dévoient contenir un très-grand pombre de 
maîtres, non-seulement pour les langues mais encore pour toutes 
es sciences, et six cents jeunes écoliers, dont l« cours d'études, 
sous ions tes professeurs, auroit été en tout de quatorze ans. Le 
Roi devott assigner pour Teutretien de ce collège cinquante mille écus 
de rente, somme énorme pour le temps et proportionnée à de si 
grandes charges. Il devoit construire une chapelle dont la magnifi- 



COLLé«B DE FBAZfCE. 375 

eenee eût réf»otida à celle des bâtiments et fonder quatre chanoines 
et quatre chapelains pour le service de cette chapelle. Le 19 dé- 
cembre 1529, le Roi adresse de Yillers-Colterels^ à Guillaume Prnd^ 
bomme, trésorier de Tépargne, des lettres qui contieiineiit lous les 
arrangements nécessaires pour la construction du collège des Trois 
Langues, à l'hôtel de Nesle. Mais des obstacles surgirent. •*-* Toute- 
fois, si le collège des Trois Langues ne fut point élevé à l'hôtel de 
Nesle, les professeurs furent nommés et dolés. On en nomma d'a- 
bord deux pour Thébreu et deux pour le grec, et cet établissement 
porta dès lors le nom de Collège JRoyal. — En 1534, le Roi fonda 
one chaire d'éloquence latine, puis des chaires pour les mathémati^ 
ques, pour la médecine et pour la philosophie. Les lettres de 1546 
contiennent les noms de tous les professeurs qui composoient alors 
le Collège Royal « .Au reste, ajoute Gaillard, à qui nous empruntons 
ces détails, la fondation du Collège Royal sufQroit à la gloire de ce 
prince. S'il n'a pu exécuter les vastes projets qu'il avait formés pour 
la grandeur et la perfection de cet établissement, s'il a laissé quelque 
chose à faire à ses successeurs, on peut dire qu'il leur a indiqué tout 
ce qu'ils avoient à faire. Mais ils n'ont pas tout fait, non plus que lui. » 
François 1^' n'ayant construit aucuns bâtiments pour les profes- 
seurs royaux, ceux-ci donnoient leurs leçons dans divers collèges 
de l'Université. Henry II leur assigna les collèges de Trèguier et de 
Cambrai. Henry IV, un an avant sa mort, résolut de leur faire 
construire des écoles particulières avec des appartements pour les 
loger : il nomma des commissaires pour visiter le terrain que dévoient 
occuper ces bâtiments. Louis XIII, en 1610, exécuta ce dessein et 
c'est à lui qu'on doit l'édifice qui subsiste aujourd'hui, place Cambt ai, 
sous le nom de Collège de France, restauré toutefois sous Louis XV 
en 1773. Le Voyage pittoresque de Paris par D***, publié vers cotte 
époque (6« édition, 1778), donne la description suivante, que l'on 
pourra comparer avec son état actuel. « L'édifice a été refait sur les 
plans de M. Chalgrin Son style est dorique Une porte, surmontée 
d'un fronton triangulaire et accompagnée d'une grille de chaque côté, 
en forme l'entrée. Les deux tympans de ce fronton, qu'a sculptés 
M. Duret, représentent les armes de France et la Science couronnée 
par le Génie des arîs. Entre les arcades de l'ancienne aile el le buste 
de Louis XIII qui en posa la première en 1610; entre les arcades 
de la nouvelle est placé le buste de Louis XV, tous deux de M. Du- 
ret. Au fond d'une cour oblongue se préicnte un vestibule décoré de 
pilastres doriques, qui conduit à la salle des Actes. Des colonnes ioni- 



276 LE GABlf«ET HISTORIQUE. 

ques portent une corniche architrayée ; celles du fond forment un 
encadrement où sera placée la figure pédestre du Roi, dont H. Le- 
comte est chargé. Les autres colonnes des côtés seront ornées des 
bustes de nos Rois, depuis François I^f jusqu'à Louis XV. L'exécu- 
tion en est confiée à MM. Lemoyne, Gois, Houdon, Clodion et Duret. 
Une* tribune aux harangues seroit sur un des côtés de cette salle 
qu'éclaire une lanterne décorée de pilastres composites ; elle est sou- 
tenue par une voussure ornée de caissons. Dans le plafond de cette 
salle, qui a trente-six pieds sur onze, M. Taravel a peint une allégo- 
rie ingénieuse à la gloire des princes protecteurs des sciences, des 
belles-lettres et des arts. Une femme majestueuse et couronnée 
montre d'une main la médaille de François l^^ suspendue à une py- 
ramidC; et tient de l'autre des couronnes, de lauriers et de roses, 
emblèmes de la gloire et des agréments de la littérature. A cette 
pyramide sont aussi attachées les médailles des Rois protecteurs des 
scieno^s. Sur un autre plan, l'Histoire, appuyée sur le Temps, s'ap- 
prête à transmettre à nos neveux la gloire des princes et des scien- 
ces. Sa têle, tournée derrière elle, exprime que la postérité est le but 
de ses travaux. On voit encore dans le plafond l'Eloquence qui ter- 
rasse rignorance, l'Erreur, les Préjugés, l'Envie et la Raillerie, pla- 
cés dans un lointain obscur. Vers la porte d'entrée, une figure désigne 
la bonne Renommée, la branche d'olivier et le cœur d'or sur la poi- 
trine; elle tient le médaillon du Roi que les génies de la France et 
des arts se disposent à attacher à la pyramide de l'Immortalité. — 
Les angles de la voussure offrent des vertus groupées qui caractéri- 
sent les grands hommes, savoir : la Justice et la Clémence, la Force 
et la Raison, la Tempérance et l'Égalité^ la Prudence et la Vigilance.» 



1. Pour la recherche et conservation des titres de la compagnie. 

Il sera commis et député quelqu'un d'entre nous pour ramas- 
ser et recueillir avec tout le soing et toute la diligence qu'il se 
pourra tous les papiers, titres et documents qui regarderont 
en quelque façon que ce soit les intérêts et les privilèges de la 
compagnie, comme les fondations des chaires^ les attributions 
tant anciennes que nouvelles, gages et augmentations, les lois, 
patentes et arrêts concernant divers règlements sur 1^ sujet 



GOLLÉiïE DE FRANGE. 277 

de nos fonctions et de nosdits gages, les délibérations précé- 
dentes de la compagnie qui peuvent donner éclaircissement de 
nos droits et servir à la compagnie et mesme les pièces et pro- 
ductions des procès qye la compagnie a eus. 

Pour faciliter cette recherche de nos titres, les trois anciens 
feront chascun un mémoire des papiers utiles dont ils ont 
connoissance, et des personnes entre les mains desquelles ils 
sont ou par le moyen de qui ils estimeront qu'on les pourra 
recouvrer. 

Tous ceux de la compagnie qui ont eu en maniement lesdits 
papiers et titres, ou qui en ont quelques-uns en leur pouvoir, 
les remettront de bonne foy dans le mois entre les mains de 
celuy qui sera commis et député à ceteJBTet, lequel s'en chargera 
par récépissé. 

Il sera fait un bon et fidèle inventaire de tous les actes qu'on 
aura pu recouvrer. 

Tous les actes qui pourront être utiles à la compagnie se- 
ront transcrits à la diligence de la mesrae personne dans un 
registre qui sera destiné à cela. 

Il faudra de plus avoir un autre registre pour les délibéra- 
tions courantes de la compagnie pour y insérer la réception des 
pouveaux professeurs. 

Ces registres, avec les actes et Tinventaire, seront mis dans 
une armoire commune, à deux diverses serrures, dont les 
clefs seront gardées par MM. les doyen et syndic, et ne pourra 
estre rien tiré de cette armoire que du consentement de la 
compagnie ou des deux tiers, et avec un récépissé de celuy qui 
les prendra. 

2. Pour la réception ^ le rang et les fonctions des professeurs 
en général. 

Ceux qui seront pourvus de nouveau d'une chaire de professeur 
au Collège royal seront tenus, dans un mois après leur serment 



378 LE GÂBmET HISTORIQUE. 

preste, de présenter leurs lettres de provisions à M. le doyen et 
les laisser trois jours entre ses mains, et ensuite de les montrer 
au syndic. Ils visiteront aussy tous les autres professeurs qui 
seront à Paris, et ce dans le mois de la^ présentation de leurs 
lettres faite à M. le doyen, après quoy ils se présenteront à la 
première assemblée afln de demander d'estre receus, et leurs 
lettres seront règistrées s'il n'y a point d'empêchement dans le 
registre de la compagnie. 

Le nouveau professeur sera encore oblige de faire advcrtir 
tous les professeurs dans la semaine qui précédera le jour de 
la première harangue, et ce par un billet imprimé suivant la 
coutume, avant quoy il ne pourra faire aucune fonction. 

Les professeurs qui seront receus cy-après prendront leur 
rang du jour de Tenregistrement de leurs titres dans le registre 
delà compagnie, ou, en cas de difficulté, audit enregistrement 
de la même assemblée. 

Les anciens professeurs auront le choix des heures des leçons 
suivant Tordre de chacun. 

Chaque lecture sera d'une heure par jour dans la chaire, 
après laquelle le professeur mesme plus ancien, quittera la 
place au professeur qui se présentera pour faire la sienne, et 
qui aura pris l'heure suivante; chascun en sortant donnera 
quelque temps à la conférence familière avec ses auditeurs 
pour résoudre les difficultés s'ils le désirent, et ce dans une 
chambre particulière ou autre lieu commode. 

Les professeurs des lettres humaines et de l'éloquence et les 
autres qui le pourront commodément et avantageusement sont 
exhortés à faire des harangues de temps en temps au Col- 
lège royal pour l'honneur de la compagnie, en sorte qu'il y en 
ait lous les ans une à l'ouverture des leçons autant qu'il sera 
possible; et à cet efifet les nouveaux receus prendront autant 
qu'il se pourra le temps de l'ouv^ure du semestre le plus 



COLLEGE DE FRANCE. 279 

proche de leur réception pour faire leur harangue de prise de 
possession de leur chaire. 

Ceux qui auront à faire des harangues les communiquerout 
auparavant au syndic qui, s'il luy semble que la matière lé 
requière, eu pourra parler au doyen et à un ou deux autres an- 
ciens ou professeurs de mesme science, afin que tout se face 
de concert pour Tbonneur de la compagnie. 

3. Pour les droits et les assemblées de la compagnie. 

M. le doyen, comme le chef de la compagnie, aura toutes 
les prérogatives d'honneurs qui appartiennent aux chefs des 
autres corps des gens de lettres,, et en cette qualité présidera 
à toutes les assemblées, proposera ce qu'il jugera utile au 
corps, demandera les advis et en conclura à la pluralité. 

Au commencement de chaque année scholastique , c'est-à- 
dire à l'entrée du mois de novembre, M. le doyen mettra s'il 
Iny plaist entre les mains du syndic un certificat des leçons 
faites par les professeurs durant l'année précédente, afin que 
le roole et Testât du Roy puisse estre dressé en ce qui dépend 
du corps dans la fin de l'année civile. 

À cet efîet, toutes les affiches des professeurs, soit pour ha- 
rangues, soit pour lectures, seront apportées quelques jours 
auparavant à M. le doyen, suivant Tancienne coustume, et se* 
root aussy communiquées à M. le syndic qui prendra garde 
que Ton ne traitte point de matière suspecte. 

S'il survient quelque maladie pu autre empeschemenl de 
durée à quelqu'un des professeurs pour lequel il ne puisse pas 
faire leçon, il en donnera avis à M. le doyen aiasy qu'il a été 
pratiqué cy- devant. 

Outre les assemblées extraordinaires qui seront convoquées 
par M. le doyen quand il le jugera nécessaire ou de son ordre 
par le syndic, il sera tenu, tous les ans, oinq assemblées or- 



280 LE CABINET HISTORIQUE. 

dinaîres , scavoir : le 3 novembre. Jour de Saint-Marcel, le 
5 janvier, jour de Sainte-Geneviève, le premier mercredi de 
mars, le 6 mày, jour de Saint-Jean Porte-Latine, et le premier 
mercredy de juillet, et ce à trois heures après diné. 

Dans ces assemblées ordinaires, il sera traitté des affaires 
communes qui regarderont les intérêts du corps et Texécution 
des règlements^ sans toutefois que Ton y puisse établir aucune 
nouveauté ny faire aucun règlement sur la première proposition 
qui en sera faite ; mais si on juge qu il y ait lieu à quelque éta- 
blissement utile, on en remettra la conclusion à une autre as- 
semblée ordinaire et extraordinaire, dont les billets envoyés 
deux jours devant porteront le sujet de la nouvelle délibération, 
afin qu'on ait un temps suffisant pour y penser meurement et 
que tout le monde en soit adverty. 

On ne pourra rien conclure pour lier la compagnie qu'il n'y 
ait les trois quarts des professeurs présents et que les deux 
tiers de ceux qui' assisteront à l'assemblée n'en soient d'advis. 

En l'assemblée du mois de juillet, et avant les vacances, ou en 
celle du mois de novembre, on conférera sur les affiches com- 
munes du premier semestre, pour lequel les professeurs de- 
meureront d'accord du lieu et du temps^des lectures de cha- 
cun pour éviter la concurrence et la confusion, et il en sera usé 
de mesme en l'assemblée du mois de mars, pour les affiches du 
semestre de Pâques. 

De peur que les professeurs, à cause de leurs occup^itions, 
n'oublient les jours de ces assemblées ordinaires, M. le doyen 
ou les syndics leur envoleront des billets pour les en advertir. 

En l'absence du doyen, le sous doyen fera les mesmes fonc- 
tions lorsque les affaires le requèreront. 

Jusques à ce que les différens du rang soient vuidés, on pren- 
dra séance et on opinera comme on se trouvera, sans préjudice 
des droits d'un chascun. 

Dans les assemblées on délibérera sur les propositions qui 



COLLEGE DE FRANCE. 281 

seront faites par le doyen,' ou, en «on absence, par le sous- 
doyen lorsqu'il y présidera, sans qu'il soit permis à aucun par- 
ticulier d'interrompre celuy qui aura la parole ny de parler 
d'une chose que de ce qui aura esté proposé qu'après qu on 
aura délibéré sur les propositions que M. le doyen aura faites, 
et alors si un autre fait quelque nouvelle proposition , la 
compagnie verra, avant que de passer outre, s'il y a lieu d'en 
délibérer; pourra toutefois le syndic proposer après le prési- 
dent et avant tous autres ce qu'il jugera estre utile au bien de 
la compagnie. 

L'on rédigera toutes les conclurions dans un cahier où les 
professeurs présents signeront, sans préjudice des rangs; et 
chaque conclusion ayant esté releue dans l'assemblée suivante 
sera mise dans un registre. 

Si quelqu'un de la compagnie croit qu'il soit nécessaire de 
s'assembler exlraordinairement, il en pourra communiquer 
avec M. le doyen, ou en son absence avec le sous-doyen, afin 
que l'assemblée soit convoquée et tenue par leur ordre, et en 
casque le doyen, ou en son absence le sous-doyen, ne juge pas 
que l'assemblée soit nécessaire, celuy qui la désirera^ s'il per- 
sévère dans son sentiment, pourra demander que les deux plus 
anciens et le syndic en confèrent avec ledit sieur doyen ou 
sous-doyen, et la chose sera résolue entre eux à la pluralité des 
voix. 

4. Pmr Vélectùm et les fonctions du syndic. 

On créera tous les deux ans en l'assemblée ordinaire du 
mois de janvier un syndic qui aura soin de procurer le paye- 
ment des gages et augmentations des professeurs et de faire 
imprimer les afficbes communes et vaquera généralement à la 
poursuite des affaires de la compagnie. 

Le syndic n'aura, par cette qualité, autre rang dans la com- 

5e année. — Doc» 19 



282 LE CABINET HISTORIQUE. 

pagnie que celuy de sa réception, niais en l'absence ou em* 
peschement du doyen, il portera la parole dans les compli- 
ments ou sollicitations que la compagnie fera en corps ; et en 
ces occasions il marchera à costé du doyen, ou autre ancien 
qui mènera la compagnie. 

Durant le temps du syndicat, celuy qui sera en cette charge, 
se trouvera (hors de maladie ou autre empesdiement légi- 
time) aux assemblées tant régulières et ordinaires qu'extraor- 
dinaires qui seront convoquées par M. le doyen ou de son or- 
dre par ledit syndic. 11 informera sa compagnie de Testât 
des affaires communes et rédigera les délibérations par escrit. 

Comme les affaires ne se peuvent faire sans frais et que jusques 
icy la compagnie n'a eu aucuns fonds communs que ce qu'il a 
plu au Roy luy accorder depuis quelque temps sur les inter- 
médiaires de chaires vacantes, il faut que le syndic tasche de 
faire continuer cette grâce aux occasions qui s'en présenteront 
et demandes intermédiaires qui pourront arriver, depuis le 
quartier où sera décédé le dernier possesseur, Jusques à la lin 
du quartier auquel le successeur sera venu ou se sera présenté 
pour cela à la compagnie : en cas que cela manque ou que le 
fonds ne soit pas suffisant pour la compagnie, pourroit obliger 
les nouveaux venus à faire présent de quelque somme mo- 
dérée à la Compagnie, ou bien il faudra faire une somme à 
chaque syndic qui entrera en charge par une contribution 
égale de tous les professeurs, soit d'une pistolle chascun, soit 
de ce que Ton avisera, sauf à se cottiser de nouveau â'il est be- 
soin au commencement de la seconde année du syndicat. 

Le syndic recevra ce qu'il y aura de fonds et Temployera 
aux usages de la Compagnie, et pour les dépenses extraordi- 
naires prendra l'advis de deux anciens devant lesquelz, et de- 
vant deux autres députez à la pluralité des voix, il en rendra 
compte, quinze jours avant la fin de ses deut années. 

Attendu qu'il faudra que le syndic fasse plusieurs faux frais 



COLLÉOR DE PFANGB. 383 

qui sont inévitables à quicon(|iie est employé à la poursuitte 
de quelques affaires, il pourra mettre dans son compte en des- 
pense pour ce subjet jusques à la somme de 

livres par an, sans obligation de spécifier lesdits faux frais. 

En poursuivant Texpédilion du roole, estât ou ordonnance 
des gages, le syndic s*employera autant qu'il pourra dépendre 
de luy pour faire garder à chacun son droit suivant son anti- 
quité et service et pour prévenir les brigues qui pourroient 
causer des ennuis et discordes par la distribution .desdites aug- 
mentations, si elle estoit faite autrement que la raison et l'u- 
sage ne le requièrent. Il seroit à désirer que lorsqu'il y auroit 
des augmentation? vacantes à distribuer, la compagnie, dans 
une assemblée où chascun seroit appelé, fist d'un commun ac- 
cord et de bonne foyun résultat de ce qui pourroil appar- 
t^nir légitimement à un chacun et suppliast par requêtes celuy 
dont la chose dépendroit d'y avoir égard, avec deffences aux 
particuliers de faire aucune soliiciiation contre le sentiment 
commun . 

Au bout des deux ans du syndicat, le syndic rapportera à 
rassemblée du mois de janvier, qui demeurera réglée pour 
Télection, les pièces qu'il aura entre les mains concernant les 
intérêts de la compagnie, avec Tinventaire, pour montrer qu'il 
renonce à sa charge, et la compagnie procédera à nouvelle élec- 
tion, soit d'un autre, soit de la mesroe personne. « 

Le*n«uveau syndic recevra par les mains du syndic précé- 
dent« ou autrement, les actes qui lui seront néœssairespour la 
poursuite du payement de gages et augmentations des profes- 
seurs et pour toutes autres afiaires et s'en chargera par récé- 
pissé qui éera mis dans les archives* 

{Col dei Bi. Mant., veL 7X) 



284 LE CABINET HISTORIQUE. 



XIX. — LETTRES DE HARIGNY. 

A Paris, le 7 d'aoust 1652. 

Par voslre lettre du 1«' de ce mois, j'apprens l'embarras 
dans lequel vous vous estes treuvé pour Félection de vos Jurais; 
il n'a tenu qu'à vous de m'en demander les noms, puisque la 
cérémonie estoit faicte devant que votre courrier partît ; je 
les ay sceus par S. A. et J'en feray mes compliments au 
premier Jour à M. le Jurât Légé ; vous avez maintenant une paire 
de Jurais aussi honnestes gens et aussi braves que l'on en puisse 
choisir dans toute la Gascogne. Je ne sçay si rartifice dont on 
s'est servi pour obliger et le Parlement et l'armée ne les déso- 
bligera pas tous deux — Chi ha tempo ha vila. — Je puis vous 
assurer que S. A. se loiie fort de votre conduitte et qu'hier 
il parla à son soupper Irès-avahtageusement de vous ; J'avois 
l'honneur di estre ; vous croiez bien que la balle ne tomba 
pas à terre. — S. A. avoit été au camp pour faire ren- 
dre ce qui avoit esté pris, à des marchands de Paris qui 
crioient contre la licence et le désordre des trouppes, et ils 
avoient raison, car on leur avoit volé la valeur de 50 ou 40 
mille escus. S. A. fit si bien qu'après avoir fait prendre quel- 
ques officiers et soldats allemands auxquels elle promit la 
vie en cas de restitution, ou six pieds de corde en cas de 
refus, l'on retrouva tout ce qui avoit été dérobé. Quand S. A. 
partit (lu camp la meilleure partie avoit été déjà restituée. 
Après le disner nous fismes faire un ban par le provost de l'ar- 
mée et ensuite lire à la tête des trouppes le tarif que Je vous ay 
envoie, et quand S. A. sceui cela elle s'en divertit assez 
et S. A. R. aussi. Ma foi nostre armée est petite, fort petite, 
s'il y a trois mille hommes c'est tout au plus. Je ne crois pas 



LETTRES DEMABIGNY. 285 

que l'on presse comme Ton devoit la levée des taxes. On 
Tend quelques statues du Hazarin à grand prix. Les Espagnols 
reculent plutost que d'avancer, et je pense que comme nostre 
cavalerie de Guyenne estoit montée sur barbets propres à pas- 
ser rivières, la leur est montée ou sur des tortues ou sur des 
escrevisses; il semble qu'il y ait un charme à Fismes ou quelque 
remora-Mazarin qui les arreste. Rethel est de retour d'auprès 
du duc de Lorraine qui retourne du costé de Mouzon pour faire, 
dit-on, son traité à part. La cour est tousjours à Ponthoise ; sur 
la déclaration que le Roy a envoyée au Parlement pour sa trans- 
lation on a ordonné comme en 48 qu'on la mettroit au greffe 
sans délibérer dessus, jusques à ce que le Mazarin fust hors des 
terres de l'obéissance du Roy. Âujourd'huy se devoit faire l'ou- 
verture du Parlement de Ponthoise qui est ma foy assez joli. 
Il y aura avec le premier président, le président de Novion et 
le Coyneux et onze conseillers. Le Mazarin leur a fait croire 
qu'après leur establissement il s'en iroit à Metz où il négocieroit 
la paix générale. Les affaires de la cour vont bien en Provence, 
et Thoulon s'est accommodé de sorte que ceux que l'on y a 
envoies arriveront peut-estre trop tard. Vous avez raison de 
dire que vostre chifre est fort importun et incommode prenez 
vous en à M le Vacher qui l'a fait; faites-en faire un autre. Vous 
ne me mandez que le gros des nouvelles que tout le monde 
sçait, et quand je pense quelquefois en régaler de vos amis, ils 
me disent des particularités que vous ne m'avez pas écrites et 
qui se treuvent vrayes. Je veux croire que vous n'avez pas le 
loisir, mais cette amie à qui vous en faites part ne m'en dit pas 
un pauvre mot. Je ne doute point que l'on ne caballe avec le 
thoulousain, vous devez vous tenir alerte. On a écrit icy des 
lettres dans lesquelles on veut vous entasmer par quelque 
raillerie, ce sont des préparatifs à d'autres offices ; vous con- 
noissez vos gents, prenez-y garde. Vous deviez bien nous avoir 
mandé les beaux endroits delà harangue du gros baron de Gerzé 



286 LB GABIlfET HISTORIQUE. 

qui s'eft laissé prendre à Chàteauneuf. Mandez-moi si vous 
avez receu mon pacquet du 24 du mois passé, car j'en suis fort 
eu peine, et si vous avei fait donner à M. de Balquigny oeluy 
que je luy adressois de la mesme datte. Faites bien ma cour aux 
Altesses, A las damas mil recados y a los amigos : y por ios 
denas que se voyan... 

Au dos ; M. de Marigny, le 7 aoust. 
A monsieur, monsieur Lenet, conseiller du Roy en ses con- 
seils à Bordeaux. 

{Supp. fr. 3,000», fi 49, pièce 30.) 

» A Paris, le 21 d'^oust. 

Je vous écrivis par Tordinaire dernier une lettre assez bon- 
nestement longue, et je pense qu'elle vous aura pleinement 
instruit de Testât de nos afifaires, et que vous serez de mesme 
opinion que moy touchant la paix que je tiens plus éloignée 
que jamais. Le Cardinal, qui est enfin parti avec la plus grande 
joye du monde de nous avoir bien brouillés et bien divisés, 
croit que pour terminer nos troubles on sera contraint de né- 
gocier avec lui et que ce sera un moyen de le rétablir et plus 
puissant que jamais. Car enfin le Parlement de Ponthoise, dont 
les chefs sont fort emportés, prenant la modération de celuy- 
cy pour une faiblesse, ponsse les choses à rextrémité, et a 
donné arrest par lequel il supprime toutes les charges du Par- 
lement de Paris en cas que dans huit jours il n'obéisse et ne 
vienne à Ponthoise. La cour avoit eu quelque pensée de ne 
prononcer cette suspension que contre cinq ou six des plus vi- 
goureux de cette Compagnie. Je vous laisse à juger si elle sup- 
portera patiemment cette entreprise. Cependant les plus sensés 
sont d'avis de faire un pont d*or pour le retour des 24 schis- 
matiques, et je ne sçaysi on ne proposera point de dépêchera 
la cour MM. de Beliévre et de Mesme, qui n'ont point assisté à 
aucune délibération, pour chercher quelque tempérament et 



LgTTBIS DE lURIGinr. {(87 

assurer le Roi de l'obémance de la Coinpagpie. Demain ces 
diambres seront assemblées et HM. les Princes viendront faire 
leurs déclarations qu'ils soni prêts d» poser les armes et d*en- 
Toyer supplier Sa Majesté de vouloir retourner à Paris, et de 
donner un passe-port aux troupes de Clincharop, une assurance 
contre le retour du Cardinal et une révocation des lettres de 
rétablissement du Parlement de Ponthoise. J'ai veu la déclara- 
tion, vos amis y ont travaillé, et je vous en enverray une copie. 
Leurs Allesses sout bien aises de faire conn est re qu elles n'ont 
point d'intérests parliculiers et qu'elles ne veulent point se dé- 
partir de ceux du Parlement. Cependant le marquis de Gerzé 
partit lundy pour aller à l'armée du duc de Lorraine et pour 
la solliciter d'avancer. Si le Mazarin et M. de Sai'it-Romain se 
rencontrent en mesme lieu, la comédie sera plaisante, car sans 
doute le Lorrain donnera ses audiences aux uns et aux autres 
et sa manière d'agir fera enrager et les uns et les autres. Je 
vous dis par ma dernière lettre qiie l'on m'avoit dit quelque 
chose sur le voyage de notre ami, il faut que je m'acquitte de 
ina parole. Une personne de qualité qui a peine de croire que 
le départ du Mazarin ne soit point concerté avec les Princes, 
me dit il y a trois jours que le comte de Fuensaldagne avoit 
autrefois rendu à M. de Nemours des lettres que Saint-Romain 
écrivoit au Cardinal lorsqu'il étoit en Flandres ; que Saint- 
Romain étant homme d'honneur ne pouvoit avoir ce com- 
merce que par l'ordre de Son Altesse, qu'il relournoit en lieu où 
sous prétexte de négotier avec le duc de Lorraine, il pouroît 
négotier avec le mesme Cardinal. Ce sont spéculations aux* 
quelles je n'adjoute guère de créance, et rien ne me les fera 
croire que le succès et la suitte des choses. 11 est certain que 
si le Mazarin revient (comme il reviendra) et que les Princes 
u'en disent rien, ils seront d'accord avec lui ; s'ils reprennent 
les armes , leur traitté ne sera point fait. Lundi dernier les 
Chambres s'assemblèrent pour délibérer sur une affaire de 



288 LE CABINET HISTORIQUE. 

M. de Latfemas : ce pendeur Juré étoit dépositaire du petit 
sceau^ comme un des anciens maistres des requestes; nn 
homme se disant commis de M. de Guénégaud luy vint de- 
mander de la part du Roi, et il le donna. La chose ayant été 
sceûe il fut mandé et bourré furieusement. Il y eut bien des 
voix à l'entendre, enfm il passa par un advis plus doux qui fut 
que dans trois jours il rapporteroit ledit sceau, à faute de quoi 
on délibéreroittout de nouveau, cependant que l'on se serviroit 
du sceau qui est aux requestes de Thostel. Le mesme jour 
M. de Beaufort traitta M. de Broussel, prevost des marchands, 
les nouveaux cchevins et touts les conseillers de ville. Ilnousio-* 
vila à ce festin, M. de Fontfailles de la llière et moy. Onne peut 
dans la saison traitter plus mngnifiquement. On y beut fort à 
la santé du Roy et de toute la maison royale, on y chanta, enfin 
on s*y divertit fort agréablement. Après cela j'allay venir Son 
Allesse Royale qui me fit Thonneur de me penser faire bouillir 
la cervelle au soleil, et il fallut rire sur le départ du vilain et 
et chanter, et afin que vous en ayez votre part, voici ce que je 
fis sur Tair que Ton chante en votre Guyenne; *-* Ft(/e, ta 
légèreté^ etc. 

Fronde au croc si le vilain 
S*en va tout de bon demain ; 

Mais s'il va plonger 

De peur du danger 
Et qu'il revienne sur Tonde, 
Par ma foy, sans beaucoup songer, 
Je reprendray ma fronde. 

Le soir nous souppasmes dans le cabinet de M. le Prince ; je 
le trouvay fort gai, on y rit et on y chanta. Cela me fait croire 
que ses affaires vont selon son désir. Notre ami, qui fait le Ma- 
zarin à la Charilé, ni'avoit mandé par des lettres du 15 de ce 
mois la prise de Montrond. On disoità Fhostel de Condé des 
nouvelles toutes contraires. Je luy fis hier force railleries sur 



LBTTBB8 DE MARIGNT. 

i« sujet et raille amitiés de votre part, et le soir chez son Altesse, 
après avoir veu la relation espagnole du combat naval, on parla 
fort du départ du Cardinal, et un ami se trouvant en bonne 
humeur au soupper s'écria sur le second voiage du pèlerin 
Hazarin : 

Pèlerin, beau pèlerin, 
Remettés-vous en chemin ; 

Il faut que Gaston 

Et nostre Bourbon 
Demeurent tous deux les roaistres : 
Et pour TOUS, pauvre (1) pantalon. 
Que TOUS tiriés tos guestres. 

Il faut que vouspreniés patience en lisant ces folies. 00(Mari- 
gny) a tout sujet de se louer de M. le Prince qui se loûè tout à 
fait de 100 (Lenetj. Les railleries que l'on a mandées de ce pais 
et dont 00 vous a parlé sont ridicules. Une dame de mes amies, 
qui m*a prié de ne la point nommer, m'a dit qu'elle avoit veu 
une lettre de 46 (M. de Longueville). k une dame, dans laquelle 
parlant deson intendant à Bordeaux, il disoit que le bon et agréa- 
ble entretien d'un Gascon et d'autres étoit capable de charmer 
les plus grands chagrins. Marigni dit, lorsqu'on luy fit ce beau 
récit, que de l'humeur qu'il connoissoit Lenet, il ne pensoit 
pas qu'il se mist beaucoup en peine de consoler les gens. Vos 
petits ministres ont écrit aussi quelque chose à leurs corres* 
pondants, mais je ne puis vous en rien dire, car ils se cachent 
de moy.' Je vous a y envoyé une lettre pour 38, vous me ferez 
sçavoir comment il l'aura receûe. Continuez, s'il vous plaist, à 
me rendre de bons offices auprès de madame la Princesse et de 
mon petit Prince. « A las damas de palatin, a las amgas al 
senor Baron mil y mil recadoi y porlos de mas cuemos. (?) 

(1) Ou bien foutu, il me semble qu'il est meilleur. 

{Noie de Vauleur,) 



290 LB GABIKET HISTORI<)UE. 

A 11 heures du soir. 
Sous peu TOUS entendrez dire que Monrond sera pris ou se- 
couru ; le chevalier de Barradas a apporté à la cour nouvelle de 
la capitulation. M. de Persan doit sortir tambour battant êtes- 
tre conduit luyet tous ceux qui sont dans la place où bon il leur 
semblera, avec une bonne escorte, et doivent être fourLis des 
chariots pour conduire à Château-Roux les meubles de M. le 
Prince, à la réserve de Tartillerie qui demeurera au Roy, si 
dans le premier du mois prochain la place n*est secourue. M. le 
Prince a receu un courrier pour luy apprendre cet advis ; il a 
fait partir en mesrae temps M. de Briol avec sept ou huit cens 
chevaux, composés de la brigade de Condé et des Allemands. 
L'important est de passer la rivière de Loire devant que d'es- 
tre joint par la cavalerie que l'on a détachée après luy ; il a 
quinze ou seize heures d'avance ; cette affaire est de la dernière 
importance. Ce soir, le bruit couroit chez madame la comtesse 
de Fiesque que le Mazarin étoit retourné de nouveau, que son 
escorte avoit esté battue ; si cela étoit vray il y auroit de quoy 
rire. La Cour fait des levées de tous côtés, elle est ûère. Le 
Prince Thomas, durant l'absence du Cardinal, fera la fonction 
de premier ministre; il n'en a pas la qualité, mais il est certain 
que les secrétaires d'État ont ordre d'aller chez luy pour rece- 
voir les siens. Les Princes iront demain au Parlement, à la 
Chambre des comptes, à la Cour des aides faire leur déclaration. 
11 faut se lever de bonne heure, c'est pourquoy bonsoir et bonne 
nuict. . 

Et au dos : A Monsieur, Monsieur Leoet, à Bordeaux. 

iSuppl, fr, 3.0088, ^ 146.) 



LEd GBN1UL06IB8 DU 8IBIJB GUILLÂRD. 291 



UX. — BXAMGN ET RBFUTATION DES GEIfRALOGIBS OU 
8IBUR 6UILLARD, PAR M. LB MARQUIS *"*. 

(SuiU. Voy. t. T, p. 205.) 

CoETQCEN. -- Il n'y a point eu de substitution, ou comme le 
ditGuillarJ, i'émouehemenidehmsihoïïde Coêtquen. Les mar- 
quis de Coélquen, du temps de Gaillard, descendoient bien et 
duement des vieux Coëtqnen, vivant dans le xu® siècle, aimant 
déjà leur Bretagne, et plus fiers de leur ducbé qu'ils ne le 
furent ensuite de devenir François. Ils ont un peu boudé la 
cour et ce fut Tobstacle à une plus grande élévation. Mhis leur 
antiquité est incontestable. 

Louis, marquis de Coêtquen. comte de Combourg, gouver- 
neur de Saint-Malo. avoit épousé Henriette d'Orléans, fille 
de François d'Orléans , bâtard et marquis de Rothelin. Ce 
marquis de Coêtquen étoit le vingt et unième degré de sa 
famille, à partir de Raoul, son premier auteur connu. 11 fut le 
père de celui dont parle Guillard comme d*un gourmand et d'un 
faux monnoyeur; n'ayant point reçu sa confession, je ne sais 
rien de ses pécbés. Sa femme qui le mesprisoit beaucoup, tou- 
jours au dire du même pamphlétaire, étoit Françoise Giffart 
de la Marzelière, fille aînée et principale héritière de François 
Giffart, marquis de la Marzelière, et de Françoise d'Harcourt. 
La naissance de ces Gififart étoit ni plus ni moins distinguée 
que celle des Coêtquen; le nom datoit du xi® siècle et pouvoit 
en tous points marcher de paire avec celui de Cbëtquen, mais 
non pas le premier. 

Les deux enfants de ce ménage bien assorti selon la nature, 
mais fort mal combiné comme caractère, furent Mala, marquis 



292 LE^ CABINET HISTORIQUE. 

de Coêtquen y marié à Marguerite de Rohan-Chabot , fille du 
duc de Rohan, et Henri, comte de Combourg, dont la femme 
étoit Madeleine Belin ; c'est elle que Guillard, à tort ou à rai- 
son, traite de fille de marchand : en tout cas elle n'étoitni une 
Rohan ni uneGiffart. Ses enfants furent un fils dont j'ignore la 
destinée, et une fille, Françoise-Renée de Coêtquen, mariée 
en 1685 à Henri-Charles de Mornay, marquis de Montchevreuil, 
colonel tué au siège de Manheim, en 1688. Elle demeura veuve 
sans enfants, et mourut à Paris à soixante et onze ans. 

Le tabouret étant beaucoup pour le témoignage de la faveur, 
mais rien comme signe d'antique noblessp, je ne vois pas 
pourquoi la marquise de Coêtquen se plaignoit de son nom et 
de son sort entre les princesses de Soubise et d'Espinay, ses 
sœurs. En Bretagne^ son rang avoit le respect public, et je 
préfère la considération séculaire de la province au tabouret 
chancelant et à Tencens éphémère de la cour. 

Pour le bon sens de la marquise de Coêtquen, j'aime mieux 
penser que le trouble de son intérieur venoit des amours de son 
mariavecmademoisellédeBouillé, dite mademoiselle de Créance, 
parce que son père étoit comte de Créance : au reste, elle s'en 
vengeoit en se laissant distinguer par M. de Turenne, et elle se 
dédommageoit de n'avoir pas le tabouret en ayant un honnête 
empire sur Tesprit du roi. 

Le fils du marquis de Coêtquen et de mademoiselle de Rohan 
fut lieutenant général des armées. Il épousa la fille du duc de 
Noaiiles, dont Saint-Simon cite la laideur horrible. II en eut 
un fils marié à mademoiselle de Nicolay, et ceux-ci ne lais- 
sèrent qu'une fille, mariée : l^au duc de Rochechouart, 2<* au 
comte de Brienne, de la maison de Lorraine. 

Cette illustre maison de Coêtquen avoit pour devise : Q^^ 
mon supplice est doux ! 

La Suze. -^ Le nom des comtes de la Suze, et celui des 



LES GÉNÉALOGIES DU S1BUR GUILLARD. 293 

marquis de Villaines, leurs cadets, est eo effet Champagne : ils 
sont originaires du Maine et de F Anjou, datent du \* siècle; 
il ne faut pas les confondre avec les comtes de Champagne : 
mais si ces seigneurs n'égalent pas ces princes en souvenir de 
souveraineté, ils ne leur cèdent en rien en honneur d'anti^ 
quité. 

La comtesse de la Suze, dont parle Guillard, étoit Henriette 
deColigny, fille de Gaspard, comte de Coligny, duc deChâtillon, 
pair de France, et d'Anne de Polignac. Elle avoit été mariée 
en premières noces à Thomas Hamîlton, comte de Hadington, 
Ëcossois. La seconde femme que le comte de la Suze épousa, 
en 1662, ne fut point du tout une bourgeoise de Calais, mais 
bel et bien une fille de grande maison, toute cadette que fût sa 
branche; c étoit Louise de Clermont^ cousine germaine de sa 
première femme, fille de Henri de Clermont, marquis de Galle- 
rande, et de Louise de Polignac. Louise de Polignac, marquise 
de Gallerande, étoit sœur d*Anne de Polignac, duchesse de 
Châtillon, d'où il suit que Louise de Clermont et Henriette de 
Coligny^ filles de ces deux dames, successivement épouses du 
comte de la Suze, étoient bien proches parentes entre elles. 

Quant au marquis de Villaines, cadet de la maison de Cham- 
pagne et cousin germain du comte de la Suze, dont il vient d'être 
question, il avoit épousé : 1" Louise d'Arcona, sœur de la mar- 
quise de Tilly-Blarue, et 2^ Catherine Fouquet de la Varenne. 
J'ignore si elle étoit borgnesse, défaut que Guillard aime à trou- 
ver en plusieurs des dames qu'il décrit. J'ignore aussi si elle 
étoit sans biens ; en tous cas, elle n'étoit pas absolument dé- 
pourvue de naissance : son père étoit René Fouquet , marquis 
de la Varenne, gouverneur des ville et château de la Flèche 
en Anjou» 

GoNDi. — Corbinelli a écrit en 2 volumes in-folio la généa- 
logie de cette maison. Elle est de Florence : elle a toujours 



294 LB GABINET HI8T0RIQUB. 

marqué par ses hautes dignités et par son influence dans l'his* 
toire de celle république. Bien que le Père Anselme n'en com- 
mence la filiation que dès le \iV siècle, elle remonte au xiii«, 
époque à laquelle elle se fit connottre sous le nom de Gondi. 
Jusque-là et depuis le yii* siècle, elle s'éloit appelée Philippe; 
c'est même sous ce nom, si Ton s'en rapporte à Cortinelli. que 
Charlemagne avoit fait chevalier l'un de ses auteurs. 

Elle mériloit donc bien que Catherine de Médlcis ornât sa 
cour de l'un de ses membres, d'autant plus que les Médicis et 
les Gondi étoient alliés comme il suit. Sylvestre Gondi avoit 
eu pour fils Simon Gondi, dont la fille Madeleine Gondi épousa, 
en 1455, Jean Salviati, et de là, Jacques Salviati, marié à Lucrèce 
de Médicis, sœur du pape Léon X« et grande-tante de la reine 
Catherine de Médicis. 

Les grands honneurs et le grand crédit dont les marquis de 
Gondi furent favorisés, le bâton, la pourpre romaine, etc», 
trouvent leur explication dans ces liens : leur mérite put 
aider leur élévation, mais il ne fut pas le seul à en suggérer la 
pensée. 

Les ducs de Retz, illustrés par tout ce que la puissance 
royale peut accumuler sur une maison, forment la branche 
cadette de la maison de Gondi. C'est elle qui fournit le'maré" 
chal de France, le cardinal, les généraux de galères, les chevaliers 
des ordres, un grand chambellan, etc. 

Le maréchal de Retz n*acheta point la terre de Relz, comme 
le dit Guillard* Claude^Catherine de Clermont, sa femme, avoit 
épousé en premières noces Jean, baron d'Annebaut, de Retz, etc., 
fils de Claude, seigneur d'Annebaut, maréchal de France, etc*, 
el de Françoise de Tournemine, baronne de Relz. «Fascheux, 
dit de lui Marguerile de Valois, indigne de posséder un suhject 
si divin et si parfaicl. » Ce fut à la bataille de Dreux que le 
baron d Annebaut fut luéei «qu'elle obUutla grâce et fortune 
de celle délivrance.» Claude-Catherine de Clermont, veuve 



LES GÉNSAIiOGlEà DU SIBUR GDILLàRD. 295 

sans enfants, hérita à titre de douaire de la baronnie de Retz, 
possédée par son premier mari; elle la porta à Albert de Gondi» 
pour lequel elle fut érigée en duché-pairie i*an 1581. 

La calomnie n*a jamais ménagé cet Albert de Gondi, maré- 
chal de France. Papyrîus Masso dit qu'il fut le principal favori 
de Charles IX, qu'il lui apprit à jurer le nom de Dieu, etc. 
Ce furent là de graves et de pitoyables accusations inventées 
par ses ennemis. Quant à avoir fait la banque à Lyon , on 
ne peut en disculper son père : les Médicis eux-mêmes y 
avoient pris part, et les traces subsistent encore du concours 
qu'ils lui avoient prêté. 

La branche des ducs de Retz finit en uneflUe, héritière du duché 
de Retz, mariée à Jfean-François de Bonne de Crequy, duc de 
Lesdiguières ; eile n'en eut pas d*enfants et sa fortune revint à 
Marguerite de Gondi, sa tante, mariée à Louis de Cessé, duc 
de firlssac; elle eut enfin pour héritière leur fille unique, ma- 
riée à François de Neufvllle, duc de Villeroy, pair de France. 

La branche aînée de la maison de Gondi, attirée en France 
par la protection dont ses puînés étoient comblés, y furent 
associés, grâce à sa protection, dans une mesure plus restreinte ; 
eile ne tarda pas à avoir ses chevaliers des ordres du roi, ses 
chambellans, ses introducteurs des ambassadeurs et même ses 
ambassadeurs à Madrid , à Venise et à Rome. Gela figure mal 
avec la déposition du sieur Guillard : Ces gens^là ont toujourê 
dégénéré. Tels furent les titres et missions diplomatiques de 
celui que le pamphlétaire traite de maltostier. 

Le dernier de cette branche, Jérôme de Gondi, nommé, 
comme son père et sou aïeul, baron de Codun, retourna mou- 
rir à Florence. Le titre de marauw que lui donne le folliculaire 
n'a pas de raison d'être, et celui plus abject encore dont il 
qualifie sa femme manque également de fondement : elle 
s'appeloit Hippolyte deCumont ; elle apparteooit à cette antique 
famille de Cumont, encore existante, dont le Périgord fut le 



296 LE CABINET HISTORIQUE. 

berceau, dont la Saintonge, TAdjou et le Poitou se sont par- 
tagé les rameaux, et qui, sans prétendre échapper, depuis six 
cents ans qu'elle est connue et dans tous les membres qu'elle a 
produits, aux fragilités humaines, les a du moins subies avec 
honneur et conserve le droit de repousser fièrement toute 
injure. 

AuMONT. — Si je suis le sieur Guillard dans ses bonds irré- 
guliers de famille en famille, il m'est permis de l'abandonner 
dans ses retours sur lui-même. L'article 14 a déjà discuté son 
opinion sur la maison d'Aumont : son article 24 ne fait que 
nous ramener sur le même sujet, que répéter la plaisanterie de 
Tarquin le Superbe^ ressasser le peu de cas qu'il fait des Amelol^ 
des Fouquet, etc. Je ne prendrai point fait et cause dans les 
querelles de ménage, les traitements de marâtre, les soufflets 
homicides et les paroles offensantes dont il fait collection ; ce 
sont de curieux procès . dans lesquels il faudroit la sagesse de 
Salomon pour prononcer, et c'est, soit dit au figuré, un ter- 
rible dédale dans lequel le fil d'Ariane seroit indispensable pour 
retrouver la route du vrai, souvent abandonnée. 

GoNDRiN. — r Le siugo de la fable, en prenant le nom d'un 
port pour un nom d'homme n'a pas autrement fait que Guil- 
lard. Mais magot tous les deux. 

Gondrin est le nom d'une ville à quatre lieues de Condom; 
Pardaillan est le vrai nom de la maison dont le pamphlétaire 
a voulu parler. Il s'excuse en se plaignant de tous ceux qu'elle 
a portés. Il est pourtant aisé de s'y reconnoitre, car près des 
titres de marquis de Montespan, de marquis de Gondrin, de 
ducs d'Antin, de marquis de Termes, etc., qui semblent donner 
raison à Guillard et qui ont distingué les onze ou douze bran- 
ches de ces seigneurs, ils ont porté bien eu évidence et bien 
en premier lieu le nom de Pardaillan. 



LBS 6ÉNBAL061ES DU SlgOE GDILLABD. 297 

Je ne vois nulle part que MM. de PardaiUan aient commis à 
l'égard du pays d'Armagnac, qui les réclame et qui s'en honore, 
l'injustice de cliercher et d'imaginer en Espagne leur berceau. 

Dès le XI® siècle, je trouve un PardaiUan, seigneur de Gon- 
drin, s*alliant à la maison de Lupé qui n'a rien à lui envier. 

Je rencontre ses fils prenant part, dans tous les siècles, aux 
assemblées de la noblesse et figurant aux États d'Armagnac de 
Languedoc. 

Je trouve Pons de PardaiUan passant toute sa vie, dans le 
xv« siècle, à faire la guerre aux Anglais ; Jean, son fils, ri^çoit la 
seigneurie de Busca en récompense des services qu'il a rendus 
à la guerre ; Arnaut, qui suit, commande cinq mille hommes 
envoyés par Louis XII au roi de Navarre contre les Espagnols ; 
Antoine, qui vient après, est prisonnier à la bataille de Pavie, 
assiste au siège de Naples, concourt à la conquête d'Urbin, 
commande l'armée qui, après avoir secouru Toulouse, court 
délivrer Rabasteins. Ce fut ce grand seigneur qui, en épousant 
Paule d'Espagne, dame deMontespan, fille d'Arnaud d'Espagne, 
seigneur de Montespan et de Madeleine d'Acre, introduisit 
dans sa maison cette terre et ce surnom que, deux cents ans 
plus tard, la marquise de Montespan, née de Rochechouart 
Hortemart, devoit rendre scandaleusement célèbre. 

Je pourrois poursuivre, et trouvant encore dans cette grande 
maison des prisonniers, des blessés et des morts faits sur les 
champs de bataille, je prouverois à Guillard qu'il ne s'entend 
pas plus en pne lame qu'en véritable extraction^ et lorsqu'il dit 
que jamais race ne fut plus gascone et moins brave quelle, 
jamais homme ne fut plus hâbleur et plus ijsnorant que lui. 

Guillard rend du moins justice aux grandes alliances de la 
maison; Lupé, Castillon, Lomagne, Narbonne, Rochechouart, 
Montmorency^ Noailles en sont les plus signalées. 

L'alliance avec mademoiselle de Noailles est celle qui donna 
heu au rapprochement le plus curieux. 

5e Année. ^ Doc. • ao 



298 LE CABINET HlâTORlQDB. 

Louis^ Antoine de Pardaillan, premier duc d'Antia, étoit le 
fils légitime de la trop célèbre marquise de Mouteepan, dont le 
comte de Toulouse étoit le fils adultérin, et lorsque Marie-Vic- 
toire-Sophie de Noailles, veuve du marquis de Gondrin et belle- 
fille du duc d^Antin, épousoit en deuxièmes noces le comte de 
Toulouse, elle devenoit femme de Toncle de son premier mari 
et rendoit légitimes, en changeant leur degré, des liens que le 
crime a voit formés. 

Le dernier duc d*Antin fut aussi duc d'Épernon ? cette gran- 
deur lui vint par la bizarre alliance que Roger de Pardaillan, 
son bisaïeul, avoit contractée avec Marie-ChristineZamet; elle 
étoit nièce de Tévèque de Langres, fille de Jean Zamet, baron de 
Murât, maréchal de camp. Mais Sébastien Zamet, son grand- 
père, amené de Florence par Catherine de Médicis, avoit été 
riche financier; fils d'un simple cordonnier, il étoit arrivé à la 
plus haute faveur. On disoit que Gabrielle d'Estrées étoit morte 
par reffet de ses poisons, et pour éviter au roi Henri IV une 
femm^ inacceptable et une reine fatale à la France. Quoi qu'il 
en soit, le père dç la marquise d'Antin avoit épousé Hélène de 
Nogaret, fille de Louis deNogaret, duc d'Epernon, et c'est ainsi 
que le mariage avec une Zamet apporta de beaux titres et de 
grands biens aux Pardaillan. 

Grahont. — Gramont, précédemment d'Aure, et primitive- 
ment de Coraminges, devenu Gramont en 1525 par le mariage 
de Renaud d'Aure avec Claire de Gramont, la dernière de son 
illustre race, déjà devenue d*Aure en 1150 par le mariage de 
Guy de Comminges avec Bertrande d'Aure dont il dut prendre 
le nom. 

Au reste, Gramont, d'Aure, Comminges sont trois maisons 
issues d'une même souche, c'est-à-dire des ducs de Gascogne 
et d'Aquitaine. 

L'illustre maison de Gramont, de quelque tàié qu'on la 



LES GÉNÉALOGIES DU SIBCR GUILLARD. 399 

prenne, o'a souffert d*aucune bâtardise. Sa ligne masculine est 
pore de toute tache : la barre ne ternit le blason d* aucune des 
mèreis qui lu^ ont apporté leur nom, leur fortune et leur rang. 
Rien n'est plus faux que de soutenir une autre opinion^ 

L'histojre a consacré les amours de Corisande de Gramont 
et d*Henri lY. 11 est impossible de les nier. De là la présomp- 
tion que le fils de Corisande éloit fils d'Henri IV< Le Roi voulut 
le reconnoltre. On regardoit alors celte origine comme un 
honneur^ Le 'jeune bomme^ avec un juste orgueil qui étoit celui 
de son nom bien plus que celui de son temps et de la couf , ré^- 
pondit que mieux valaiiêtrê le fils â^un gentilhomme que le bâ- 
tard d*un roi. Telle est la seule trace de bâtardise que présente 
la maison de Gramont ; mais cette bâtardise n'existe même pas* 

Louvigny et non pas Louvigniês n'a jamais été pour la mai- 
son de Gramont un changement de nom. Louvigny étoit un tief 
comme Guiche« Lesparre, Seiroéac, Aster, les Angles, etc., d'où 
Daissoient autant de titres; Bidache, enfin^ étoit une souverai- 
neté dont le chef de la famille étoit toujours prince. Les ducs 
à brevet de Louvigny^ comme cens de Lesparre , comme les 
dscs de Gulobe eux-mêmes, comme les comtes d'Aster, les 
marquis de Seiméac et de Thoulongeon, les barons des Angles 
et d'Hagetmau, n'ont jamais cessé d'être avant tout comtes de 
Gramont, et ces titres de fiefs ne peuvent leur être imputés 
comme changements de ndm. 

La maison d'Aster originaire de Sanche, vicomte d'Aster en 
845, n'est nullement bâtarde des Comminges ; elle s'est fondue 
chez les d'Aure en 1225 et lui a porté ses biens^ Le vicomte 
d'Aster passant à la noble famille dont il est ici question, a 
formé et forme encore^ non pas le nom, mais le surnom dis- 
tÎQctif d'une >rancbe cadette qui n'a jamais songé à la substi- 
tution du nom d*Aster au nom de Gramont. 

On a dit que le maréchal de Gramont avoit volontairement 
perdu la bataille d'Honnecourt. Ce fait encore mystëfieux ne 



300 I.B CABINET HISTORIQUE. 

sort pas du domaine des conjectures. Il faudroit pour le juger 
connoitre les circonstances du temps. En tous caâ le maréchal 
commandoitpour leRoi, son souverain, et il eut raison d'obéir 
si un tel ordre lui étoit donné. 

Le comte deGraiîiont, père du maréchal, fit juger, condamner 
et exécuter sa femme dans sa principauté de Bidache où il 
exerçoit les droits régaliens. II ne s'abaissa point à un crime 
furtif. La comtesse de Gramont avoit été surprise avec le frère 
naturel de son mari. Sa condamnation fut précédée* d'un procès 
régulier dont les pièces existent encore. 

Les Roquelaure ayant su le danger que couroit la comtesse 
issue de leur maison» et le procès capital que lui intentoit son 
mari, avpient conjuré le Roi d'intervenir. Il fit donner ordre 
au comte de suspendre. Celui-ci instruit de rapproche du messa- 
ger envoya à sa rencontre. On le prévint, avant qu'il eût tra- 
versé la Bidouze qui séparoit la principauté de Bidache du ter- 
ritoire françois, que s'il avançoit davantage sa présence n'au- 
roit pour résultat que de faire accélérer l'exécution. Le comte de 
Gramont fit ajouter qu'il étoit maître absolu à Bidache et qu'il 
ne relevoit de personne. Cet événement se passoit en 1610, 
après neuf ans d'une union de laquelle sont sortis les ducs de 
Gramont encore existants. Cet acte rigoureux fut si peu consi- 
déré comme un crime ou même comme une injustice, qu'en 
1618 le comte de Gramont épousa Claude de Montmorency qui 
lui donna six enfants^ entre autres le célèbre Philibert, comte 
de Gramont, marié à Elisabeth, fille du comte dUamilton. 

Cette réponse et cette réfutation suffisent aux accusations du 
sieur Guillard; pour ce qui est du scandale intime des siècles 
passés, dans lequel il se platt à pénétrer, la dignité de la mai- 
son laisse aux grandes actions et aux grands caractères de ses 
nombreux membres le soin de les démentir. 

Matic^jnok. — Deux plumes aussi venimeuses que celle de 



LES GÉNÉALOGIES 00 SIEUR 6D1LLAUD. 301 

Guillard, celle du Mémoire au sujet des Pairs et celle du Dtc- 
tmnaire des Ennoblissements^ ont écrit : « Un des valets de 
» chambre du connétable de Bourbon, lorsqu'il sortit de France, 
» étoit Goujon de Malignon, suivant les Mémoires de Bran- 
» tome ; » la seconde, « suivant les mémoires de Brantôme, 
» Goyon de Matignon estoit un des valets de chambre du 
> connétable de Bourbon. » 

Voilà la calomnie et voici la vérité : 

Le nom dé Goujon, qui est celui de MM. deTuisy, n'a jamais 
appartenu aux Goyon : on les voit appelés dans des titres pri- 
mitifs, en date du xi* siècle, Gouion et Goueon. Le nom 
de Goyon ne semble pas avoir varié depuis l'an 1209, époque à 
laquelle vivoit Etienne Goyon seigneur de la Roche-Goyon, ma- 
rié à Luce^ dame de Matignon, de laquelle sont descendus et ont 
été surnommés MM. de Goyon, qui se sont perpétués depuis elle 
jusqu'à nos jours. 

Quinze branches demeurées toujours nobles et grandes sont 
sorties de la souche mère. Deux maréchaux de France, un 
grand écuyer de France, huit chevaliers du Saint-Esprit ont 
illustré ce beau nom. 

En épousant, en 1596, Éléonor d'Orléans, fille de Léonor 
d'Orléans, duc de Longueville et d'Estouteville et de Marie de 
Bourbon duchesse d'Ëstouteville, comtesse de Saint-Paul, Charles 
sire de Matignon, comte deThorigny, prince de Mortagne, aug- 
mentoit et ne fondoit pas la grandeur de sa maison; sa mère 
étoit la comtesse de Maure, liiie de Diane d*Escar, princesse de 
Garency^ son aïeule Françoise de Daillon du Lude, etc. Par sa 
mère il n*étoit point étranger au sang des Bourbons el son 
mariage renouveloit seulement avec eux l'honneur d*une 
alliance. 

Je sais que les descendants de ce seigneur, en épousant Mes* 
demoiselles Malon de Bercy, ûlle d'un maître des requêtes, 
Bertheiot, fils d'un secrétaire du Roy, le Tellier, dérogeoient 



502 LK (UQiNET UI0TORIQUB* 

aui traditions ohevaler^sques et militaires delà famille; mai» 
alors même ils trouvoient pour mères de leurs femmes mesde- 
moiselles du Bec, de Moutmort, etc., et ils pouvoientsans abais- 
sement donner leur nom à des demoiselles qui $*bonQroien( de 
telles mères. Depuis lors des alliances avec les grandes maisons 
de Montesquieu et de la Roche-'Aymon ont fait rentrer les 
membres de cette maison dans ses antiques et aristocratiques 
habitudes. 

L'histoire, en désaixord avec la chronique, au lieu défaire 
de Jacques, sire de Matignon, un valet de chambra du conné- 
table de Bourbon, Tattribue comme pannetier au service du 
Hoi, en fait avec le seigneur d'Argouges, un dénonciateur des 
desseins et de la retraite du connétable. Elle rappelle que le 
Boi lui donna en récompense la seigneurie delà Rochetesson, 
lui confia la charge de colonel des suisses en Piémont, et dai- 
gna, iorsqii'il mourut, en 1537, faire de lui cet éloge : /]«e trépa$ 
de feu M. de Maiignon est chote qui m'a irès^forl déplu et 
déplahif étant asiuré d'avoir perdu un bon et affectionné 
serviteur. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 

Madame Swetghinb (1). Voilà Tun de ces noms qui font 
rhonneur de la bouche qui les prononce, la joie de Toreille 
qui les entend, la force et la consolation du cœur qui les in- 
voque. 

La femme éminente qui Ta si saintement illustré youloit 
qu'il s'effaçât tout entier pour ne laisser place qu'au seul nom 



(1) Madame Swetchine, sa vie et ses œuvres, publiées par le comte de Fal- 
loux de l'Académie françoise.— Vie de madame Sweichine^ par M. de Fal- 
oux, 2 vol. in*S», à Paris, chez Didier et C«. 



BULLBTIll BIBLIOGRAPHIQUE. 303 

de la verlii, Dana son humilité sincère et profonde elle diâoit : 
« Quand ne m'appellera-t-on plus que celle qui croiu celle qui 
» prie, celle qui aime ? p 

Hais le ciel en avoit autrement ordonné. L'auréole qu'il a 
presque posée sur son front faisoit un devoir à ses amis de 
ressusciter dès maintenant sa mémoire. Ceux qui refuseront de 
la prendre comme exemple Taccepteront du moins comme 
digne d'admiration, et, faute de recueillir une efficace leçon 
dans les pages de cette belle vie, ils y rencontreront un inévi- 
table charme. 

La plume la plus autorisée rend au nom de madame Swet- 
chine l'hommage que chacun auroit voulu lui porter. M. le 
comte de Falloux a mis sa religion, son amitié, son talent à dire 
ce qu'elle fut comme esprit, comme élévation, comme bienveil- 
lance, à montrer ce qu'elle est encore comme enf^eignement à 
CBUx qui veulent Tétudier, comme délicieux appui à ceux qui 
veulent se reposer sur elle. 

L'aura*t-on jamais aussi bien connue? il est permis d'en 
douter. Pour expliquer ce mystère, J'emprunte un mol seule- 
ment à l'auteur de sa vie, à l'éditeur de ses œuvres. « Il y a son 
» humilité de moins entre le monde et elle. » La vérité s'est 
chargée de déchirer le voile dans lequel sa vertu enveloppoit son 
rare mérite. 

In memorid œternd eritjustus. La sagesse divine Ta dit et l'a 
voulu. Nonobstant les précautions de la femme éminente dont 
la religion et la société portent encore le deuil, M. le comte de 
Falioux, fidèle interprète de l'oracle divin, n'a écouté que lui. 
Par une révélation nouvelle il la sauve d'un oubli auquel tout 
doit succomber : il la place au rang élevé que lui méritoient son 
caractère et sa vie. 

Je n'analyserai point ici la publication si touchante de M. de 
Falioux. Séparer les unes des autres les fleurs qu'il a réunies ce 
serait les faner en les divisant. Parler de sa patience infatigable 
dans leur assortiment serait tromper son espérance. Il veut 
que tout l'éloge seconcenlre sur l'objet de son respect : il pré- 
tend que son nom et son souvenir s'effacent devant le souvenir 
et le nom de celle qui mérite assurément le monument qu'il lui 



504 LE CABINET HISTORIQUE. 

élève, et qui peut-être un jour, si j*en crois un respect enclin à 
la dévotion, obtiendra plus et mieux que de vaines statues. 

Je ne veux point ici résumer la vie de madame Swetchine. On 
altère inrailliblement ce que Ton abrège. Il n'y a rien à extraire 
de ces lignes dans lesquelles M. de Falloux raconte son exis- 
tence. Toutseroità répéter et à retenir dans ces pensées qui 
peignent successivement sa foi si vive, son cœur si tendre, son 
intelligence si élevée, sa charité si universelle. « La véritable 
bonté, :écrivoit-elle au confident de son zèle, ue distingue pas 
» Samarie souffrante de Jérusalem. » 

A quelque occupation quelle applique sa pensée et qu'elle 
consacre ses loisirs, elle trouve et elle répand le même, charme. 
Qui mieux qu'elle sait utiliser la solitude pour lire, prier, médi- 
ter; pour choisir et citer aussi? Choisir, travail moins brillant 
sans doute que celui de concevoir, mais non moins précieux et 
non moins rare, car il résulte du goût et du discernement. 
Les exemples en sont multipliés à chaque page. Dans le doute 
elle éclaire son intelligence par les études les plus arides et les 
plus courageuses, dans l'acte de la charité elle utilise son crédit 
avec une infatigable ardeur. Dans les salons, à la cour, elle 
sait plaire au monde par les ressources de son esprit, comme 
dans son oratoire elle sait plaire au ciel par la ferveur de son 
âme et par la pureté de son cœur. Elle attire tout à elle pour 
élever tout à Dieu. £n esprit, en amabilité, en toutes choses elle 
est incomparable et mérite cet éloge que la justice et l'amitié se 

réunissent pour lui rendre « Combien est rare ce qui vous 

ressemble ! » 

Madame Sv^etchine résiste à l'infortune comme à la prospé- 
rité. Les faiblesses du découragement ne Fatteignent pas plus 
que les petitesses de la vanité. Elle suit le général Swetchine 
dans sa disgrâce plus fidèlement encore qu'elle ne l'accompa- 
gnoit dans sa faveur. Ses regrets et ses inquiétudes sont pour 
les choses du cœur, ses désirs et ses empressements sont pour 
les choses du ciel. Tout ce qui n'émeut ni sa religion ni son 
amitié passe autour d'elle se^ns obtenir une plainte. 

Seroit-ce trop écouter mon admiration, trop présumer de 
ma clairvoyance, d'augurer qu'elle prendra place un jour par sa 



BULLETIN BIBUOGRAPHIQUE. 305 

saine doctrioe et par ses douces leçons entre ces saintes illustres 
que l'Église considère comme ses pères^ d'annoncer que par 
son langage si françois, ses pensées si fines et si élevées, elle 
tiendra un rang distingué parmi ces grandes dames que l'école 
propose pour modèles. Son trône n'est»il pas là où règne la 
vertu? son siège n'est*il pas aussi partout où se rencontrent 
l'esprit et la grâce? Nommer entre autres ses traités dé la ré$u 
gntUion^ de la vieillesse, c'est indiquer à coup sur tout ce que le 
christianisme et la philosophie peuvent inspirer de plus conso- 
lant, de plus convaincant, de plus élevé. 

Après avoir vu madame Swetchine si noble et si sereine dans 
sa vie, on la retrouve encore plus grande et plus calme dans sa 
morr. Ici la parole est tout entière à l'écrivain qui dans le cours 
de ses récits s'est efforcé de disparoitre pour ne montrer que son 
héroïne. Elfe agit, il raconte^ et le journal intime de ses der- 
nières souffrances dans ce moment suprême, adressé à un noble 
ami, ne pouvoit être tracé par une plume plus expérimentée et 
plus habile. Douce expérience et facile habileté dirigées par 
l'admiration et inspirées par la vérité. 

Ces lignes ne sont point une analyse, point un éloge^ point 
un portrait. Elles sont une simple annonce. Le livre de M. le 
comte de Falloux, la Vie de madame Swetchine doivent se trou- 
ver entre les mains de quiconque a du penchant pour les choses 
du cœur, de l'attrait pour les choses de la foi, voire même un 
simple goût pour les lettres. Là où ces pages n'éveilleront point 
les sentiments les plus élevés et les plus nobles^ elles satisferont 
du moins celui de la curiosité. Après l'avoir excitée, elles seront 
sa récompense. Je ne doute pas que le nom de madame Swet- 
chine, appris d'hier seulement par qtielques-uns de ses lecteurs, 
ne devienne pour eux aussi un des charmes de leur mémoire et 
peut-être un des objets de leur tendre et pieuse dévotion* 

Marquis nu Prat. 

La Vie de saint Thomas le Martyr^ archevêque de Canterhury^ 
par Gartiier de Ponl-Sainte-Maxence, poète du XII^ siècle, 
publiée et précédée d'une introduction par C. Hippeau, pro- 
fesseur à la faculté des lettres de Caen. — Paris. Aubry, 1859. 

Garnier de Pont-Saînte-Maxence n'est pas un auteur inconnu ; 



S06 LB GàBItfET BI8T0IUQCK. 

le premier, l'abbé de la Rue lui a consacré, dans le 2' volume de 
ses Jongleurs et Trouvères, un article extrêmement faible ; plus 
tard, dans le 23' ▼olume de THistoire littéraire de la France, il 
a été Tobjet d'une dissertation savante et pleine d'intérêt, 
due à Texcellente plume de M. Victor Leclerc. Déjà en 1838 
(2' édition 1846), M. 1mm. Becker avoit publié une grande 
partie de son poème; en voici enfin une édition complète* pré* 
cédée d'une introduction sérieuse. Dans ce travail, M, flippeau 
a mis soigneusement à contribution les chroniqueurs latins de 
la Vie de saint Thomas; il a fait ressortir l'exactitude histori- 
que du trouvère picard, s'attachant surtout en ce point à com- 
pléter la notice de M. Leclerc» plus littéraire assurément que la 
sienne, mais t]ui peut-être, sous le point de vue historique, 
laissoit quelque chose encore à désirer. M. Hippeau démon- 
tre fort bien ainsi que Thomas Becker n'est aucunement le 
champion de la nationalité anglo-saxonne, comme l'avoit pensé 
l'illustre historien de la Conquête de l'Angleterre par les Nor- 
mands; il n'en fait pas non plus, comme tant d'autres écrivains 
de nos jours, un ambitieux ou un fanatique. Il le représente tel 
qu'il fut, convaincu de la grandeur des devoirs qu'il avoit à 
remplir, persuadé que c'eût été faiblesse et crime de faire re- 
culer l'Eglise d'un pas devant les empiétements successifs de 
la royauté, et déterminée mourir s'il le falloit pour ces droits et 
pour ces devoirs. Et le secret de la popularité acquise pendant si 
longtemps à ce martyr d'une cause qui sembloit après tout de* 
voir rester assez indifférente aux peuples, M. Hippeau Fa lu, 
non sans bonheur selon nous, dans quelques vers de Garnier. 
L'Église se composoit essentiellement, à cette époque, de gens 
d'assez bas parage ; le plus pauvre fils de bourgeois, le serf 
même pouvoit arriver aux plus hautes dignités sacerdotales: 
on avoit vu des planteurs de choux devenir papes. L'Église étoit 
donc le seul asile où l'on pût se soustraire au joug incontesté 
des rois et des seigneurs; sa juridiction, pour le maintien de 
laquelle saint Thomas tomba sous les coups des meurtriers, 
étoit plus douce de beaucoup que la juridiction féodale : une 
fois cette barrière enlevée, l'on seroit retombé dans la barbarie 
sanguinaire et le despotisme sans frein des temps où la voix de 



BOLtETIfl B1BLI06RAMIIQUE. 307 

rÉglise ne sw faisoit pas entendre; on eût revu les seënes abo- 
minables des siècles mérovingiens. Voilà pourquoi, pensons- 
nous avec M. Hippeau, les pèlerins se pressoient en foule autour 
du tombeau de Thomas Becker, et couvroient iKapplaiidisse- 
ments les vers que leur cbant9it Garnier de Pont«Saint«> Maxence, 
celui qui étoit le mieux informé de tous les détails de sa vie, 
car il les tenoil de sa sœur l'abbesse, et il montroit pour preuve 
de sa véracité les présents dont il avoit été comblé par elle. 

Comme nous l'avons déjà dit, M. Leclerc a apprécié aussi 
complètement que possible le mérite littéraire de la Vie de saint 
Thomas. Il ne la certainement pas exagéré en donnant à Gar- 
nier une place hors ligne parmi ses contemporains. Ceux qui 
sont habitués à lire les poésies de cen sjècles, et qui con unis- 
sent les défauts habituel» dont la plupart sont semées, la pro- 
lixité, la monotonie, la versification surchargée de chevilles et 
tourmentée, l'indécision, Fabsence d*individualité et d'originalité 
seront frappés de ta tournure hardie et mâle des strophes de 
notre poète, de la sûreté avec laquelle il manie la langue et le 
vers, de la solidité conipâcte de son tissu poétique. Çà et là 
brillent des vers vraiment admirables, des strophes où une 
forte pensée est revêtue d'une éloquente et pittoresque expres- 
sion. Citons quelques exemples. Après avoir parlé de l'abandon 
où Dieu laisse ceux qui ne veulent pas être siens, il fait cette 
comparaison : 

Quant TEgle ad ses pucins fez el ni eschapir, 
Encuntre le soleil lur Tet les oelz ovrir; 
Gel ki le rai ne poet esguarder et suffrir, 
Cel Cet del ni â val trebuchier et kaîr : 
Ri Deu ne vout amer, Deus ne rvout pas nurir. 

Plus loin, il invective en ces termes les prélats qui, par pu- 
sillanimité, ont laissé saint Thomas lutter seul pour les immu- 
nités ecclésiastiques : 

Ohi vos, las, chaitif, diles-mei, ke kreoMilz? 
Cremez-vus ke vus touge li Reii vos poestez? 



308 LB CABINET HISTORIQUE. 

Par ma fei! ne lïera, si tenir les osez. 

Vus n'estes pas evesque : le sul nun en portez ! 

Ço ke à vus apeut, un su! puint ne guardez. 



Les autres devriez mener et nuncier, 
Et TUS les rétes .tus chaoeir et trébuchier ; 
Mis le Rei dei pais rétes-Tus desveier : 
Vus ne ii devez pas tut sun voil otrier ; 
Âinz le devez sovent reprendre et cbastier. 



Puis, s'adressant au Roi : 

Reis, purpense tei meuz : ne te creire al cunseii ; 
Mut sunt faus 11 prélat que tu as pris al breil; 
Plus s)iut ruiant del ros quant il est en tueil ; 
Quant trichent lur seignur, poi te serunt feeii : 
Ne te creire à la nuit, dune tei al soleil. 

Reis, se tu es enuinz» curune d'or portaunt, 
Ne deiz estre en orguil mis ou ben relusaant ; 
A tun pople deiz estre et chés et lur chalaant ; 
Ne la portes adés, n'avoec ne Tus naisaunt. 
La gloire de cest mund n'est lungemeut duraunt. 

Lais seinte Iglise avei ; et ses dreiz et' ses tels. 
Ele est espuse Deu, ki est sire des Reis ; 
11 s'en kurucera, si de ren la destreis : 
Ben tost te suffera un an, u dous, u treis, 
U trente, u vint, u dis, semaine, u jur, a meis! 



Il y a quelque chose de tout nfioderne dans celte réflexion du 
trouvère à propos de la grande salle du château de Bourg-lès- 
Bayeux, où Heuri II proféra les fameuses paroles qui annon- 
cèrent le meurtre de l'archevêque : 

La chaumbre de Bur a esl range destinée! 
Meinte dure novele a sovent escultée : 
Renilz i Tu Harald par serement donëe ; 
L'ost d'Angleterre i fu del Bastard afiée, 
E la mort saint Thomas afiee et jurée. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. 309 

Ce qui frappe encore dans le poëme de Garnier, c*est le soin 
de ce que nous appellerions volontiers la couleur locale ; le roi 
Henri est bien tel qu'on se le représente, t^mporté, tout au pre- 
mier mouvement, accessible à toutes les influences ; le trouvère a 
même conservé son juron favori; « Par les oels Deu! » quUl lui 
-met à chaque instant dans la bouche. De même il peint bien le 
mélange d*orgueil et de piété, d'entêtement un peu étroit et de 
haute vertu, de faste et d'abnégation dont étoit formé le carac- 
tère de Thomas Becker. Les personnages accessoires sont en 
général reproduits fidèlement et sous leur physionomie distincte ; 
nous citerons Tévêque de Londres, le pape Alexandre III et le 
roi Louis le Jeune, dans la bouche duquel le poète a mis ces 
belles paroles : 

L'arcevesque Thomas, certes ben le eonui! 
Por ço est France France, par les seinz ù jo fui, 
Que cil que mester unti vengent à reftii, 
MuU seit il ben venuz ù pot aveir apui ! 
Et so jo séusse ù, j'alasse encuntre lui. 

Gomme son nom Tindique, Garnier étoit Picard; cependant 
M. Leclerc trouve ses formes plutôt normandes que picardes ; 
M. Hippeau ne voit dans ces normannismes que la trace des co- 
pistes. Pour nous, nous croyons avec le savant académicien que 
le poème de Garnier appartient au dialecte normand, et nous le 
regardons même comme un des types les plus purs et les plus 
réguliers de ce dialecte. Garnier écrivit son poème pour être lu 
ou chanté près du tombeau du martyr à ceux qui venoient le 
visiter; il nous apprend qu'il Tavoit souvent récité lui-même aux 
pèlerins; d*ailleurs ce vers : 

Mes langages est boens, car en France fui nez. 

prouve bien qu'il s'adressoit à des gens d'outre-mer, chez qui 
c*étoit un titre dont on se vantoit que d'être né au pays de la 
bonne parleure françoise. Pour parler à des Anglo-Normands, 
il est tout naturel qu'il ait emprunté leur dialecte qui devoit 



510 LR GABINBT HI9T0II1QUB. 

lui être d'autant plus familier qu'il étoit resté plusieurs années 
en Normandie et quelque temps à Ganterbury même. De pareils 
faits se rencontrent fréquemment dans 1 histoire littéraire, et 
bien des siècles avant Garnieri le dorién Hérodote écrivoit en 
ionien son immortelle histoire. 

La Vie de saint Thomas est écrite en couplets mortorimes de 
cinq vers alexandrins. L'abbé de la Rue prétend que cette forme 
est particulière à noire poète, et les critiques qui l'ont suivi ne 
r3viennent pas sur ce point. Elle se trouve cependant dans un 
poème du xi* siècle publié deux fois en Allemagne, mais peu 
connu en France^ la Vie de ^aint Alexis^ ainsi que dans la 
légende de saint Etienne. Cette coïncidence serlible indiquer 
que ce rhythme étuit consacré aux légendes de saints; mais cette 
hypothèse auroit besoin d'exemples plus nombreux. 

M. Hippeau a rendu un riôurealu sertlce à l'histoire et à la 
littérature, qui déjà lui dévoient beaucoup, par la publication 
de ce monument remarquable. En général l'exécution de ce 
beau volume ne mérite que des éloges, et nous sommes heureux 
d'apprendre qu'il ouvre la série d'une collection de poèmes 
françois que doit publier le même éditeur. Cependant il s'y est 
glissé quelques erreurs de lecture^ la plupart assez légères, et 
dont une grande partie a d'ailleurs été signalée dans l'eri^ta. 
M. Hippeau est trop sincèrement dévoué à la science pour nous 
savoir mauvais ^ré de lui signaler quelques négligences qui nous 
semblent lui être échappées: p. 5 v< 60 ; MèsDeus la ment^ il nous 
semble qu'il faut lire MèsDeus Vamenl', v. AlA^oeilliSyLoeille»; 
v. 556, sunAturnéf 1. sun atumé; v. 876^ li Reisvout k'il facenti 
. u êan8 lut ordre f u nun^ il faut évidemment lire u sauslur ordre ; 
le couplet qui renferme les vers 970-75 est répété aux vers 
1015-1020, et nous paroît devoir être supprimé la première fois ; 
V. 1159, les voutf h lesvoul; v.1760, ieimes^ 1. iermes (erimus); 
V. 1785, lest V ester ^ il faut pour le vers lel est ester; au vers 1822, 
ajoutez pour le vers Sire avant aiez^ et au v. 2506 boens avant 
areevesques; V. 1906, dune, I. dunt; V. ïSSl, rêsipondréil^h 
respondreient; v. S128, »'»/, I. eil; v. 3()16, f'o, 1. ço; w. S735, 
Sainl^Légier en Vweliné, c'est évidemment la rtième ville que 
celle dont il s'agit au f. 4155 : Qu'il nut èti Iweline, à Saint-Lé* 



BULLETIN BIBLIOGRAFfilQOB. 31 1 

gm^finé; cependant M. Hippeaii lit à ce vers : en Ykline, ce 
qui est iaintelligible. Je crois qu il faut lire aux deux passais 
Imlitie; la ville dont il s'agit est 8aiQt«Léger en Iveline, au^ 
joord'bui commune da canton de Rambouillet (Seine-et^Oise») 
L'Iveiine est une petite subdivision du Pincerais, appelée en 
latin Silva-Equalina. 

Il seroit aisé de multiplier ces mêmes critiques ; nous n'avons 
voulu indiquer que les méprises de lecture les plus évidentes, 
et qui accusent une certaine précipitation ; on pourroit aussi 
regretter d'assez nombreuses négligences de ponctuation, 
qui rendent parfois le ?ens difûcile à saisir. M» Hippeaa 
n'en a pas moins le mérite d'avoir généralement bien publié ce 
beay poëme, d'y avoir joint une bonne et intéressante intro- 
duction et d en avoir facilité la lecture par une division en 
chapitres qui permet de se retrouver dans le volume. iNous ter- 
minerons cependant ce compte rendu par l'expression d'un 
regret : les «Tra^ Xsyo/ievtc, les mots rares, les significations ex* 
ceptionneltes abondent dans la Vie de saint Thomas; plusieurs 
expressions mêmes sont fort embarrassantes, si nous ne crai-' 
gnions d'augmenter outre mesure les proportions de cet article, 
nous en donnerions de nombreux exemples ; et M. Hippeau n'a 
pas cru devoir joindre de glossaire à son livre. Encore une fois 
nous le regrettons vivement* car l'auteur du Glossaire général 
de la langue d oïl, ce Messie que M. Hippeau appelle dans sa 
préface» auroit trouvé de riches matériaux dans un bon vocabu- 
laire des mots employés par Garnier, mots qui gagnent encore 
en intérêt, si l'on se souvient qu'il écrivoit en 1174. 

Gaston Paris. 



NECROLOGIE. — M. CH. LENORMANT. 

M. Charles Lenormant, membre de l'Institut, est mort le 
22 novembre 1859, à Athènes, à l'âge de 51 ans. Nous n'appren- 
drons à personne sans doute ce triste événement, raconté et 



312 LE CABINET HISTORIQUE. 

déploré déjà par tous les organes de la science el de la presse. 
Nous voulons seulement joindre nos regrets aux regrets unani- 
mes de TEurope savante, aux regrets plus vifs encore de tous 
ceux qui Font connu. C'est un grand vide que laisse dans les 
rangs de la science ce laborieux et intelligent champion, que 
nous voyions toujours combattre le premier partout où il y avoit 
une erreur à repousser, une conquête à faire, une région nou- 
velle à découvrir. Il est tombé au champ d'honneur, faisant, 
comme il le disoit, jusqu'au bout son métier d'archéologue; il 
a succombé à une de ces fièvres terribles qui avoient déjà em- 
porté Byron et 0. Mûller, noms révérés et chéris de la (Irèce, 
auxquels elle associera désormais celui de cet autre martyr, 
mort comme eux pour l'avoir trop aimée. M. Lenormant eat la 
douleur de mourir loin des siens ; son fils seul l'avoit accompa- 
gné dans son voyage; c'est à lui qu'est échu le saint et pénible 
devoir de ramener le corps de son père à sa mère et à ses 
sœurs. Les obsèques, célébrées le mardi 6 décembre, à l'église 
Saint-Sulpice, réunissoient une foule immense et profondément 
émue de cette mort si cruellement prématurée. M. Wallon, 
président de l'Académie des Inscriptions et Belles - lettres, 
MM. Vincent, de Rosny, et, au nom de la Grèce, M. Dragonmis, 
ont prononcé des discours sur sa tombe, en présence de la 
foule de tout ce que P^ris comptoit de plus distingué dans les 
arts et dans les lettres. 



FIN DU CINQUIÈME VOLUME. 



\ 



TABLE DE MATIÈRES 



DOCUMBI1T8 IIIÉBITS 



t. ^ Mémoire At N. de Cafii^iieâëa sàr ie3 nëgodations du 

Nord, communiqué par M. Paântiii aîné, de Dijon. . t 

11. — Ârmoriftl de France de la fin du xiv* siècle, eenmuniqué 

par M. DouBT-DAâca • . . ^ 1(1 

m. - L'EgliseSaint-^ulpice.— Supplique au Roi des lubitants 

du quartier. — xviii» siècle 23 

Bibliofgrapkie. MM. le marquis du Prat : le eomte de 
Q — Chodsko. de La Saussaye. Bdrél d'Hauterive. 26 

IV. — Correspondance du Cabinet historique. — Lettre de 
M. Raymond-Bordeaux. Orbec , Vernon , Gisors , 
Bwreux 33 

▼. — Mémoire de M. de Campredon sur les négociations du 

Nord (suite). . . ^ ^ 39 

Ti. — Armoriai de France de la fin du xiy* siècle (suite). ... 48 

VII. — GLiLiJDBDB SiuuAiSB.— Lettres à luiadressées par M"« de 
Schurman, J.-G.deSchurman,6uil. Boswel, Josiasde 
Saumaise, Oianui, àinbaésfldéti^ de Fhtiée â Lubeck, et 
rabbé Bourdelot 60 



314 LE CABINET HISTORIQUE. 

Paerea. 
VIII. — Les Généalogies du sieur Guillard (suite). Cinq - Mars, 
Mazarin, Potier, Sully, Pelletier, Espcrnon, Beautru, 

Serrant 72 

Bibliographie. -— Boileau - Laverdet. H. Chevreul. — 
Procès de RaTaillac. — Dictionnaire des Contempo- 
rains. — Histoire de Château-Porcien 76 

IX. — Mémoire de M. de Campredon sur les négociations du 

Nord (suite) 81 

X. — Armoriai de France de la fin du xit« siècle (suite). ... 89 
XI. — Les Généalogies du sieur Guillard (suite) : Nogent, Fouc- 
quet, Froulay, Saint-Géran, Harlay, Persan-Vaudetard , 
Vérac, Vignerot, Rieux, Coëtlogon, Pelvé, Elisabeth . 
de Vienne, Bussy-Rabutin, Rouxel de Médavy-Gran - 
cey, Fervaques, Monlberon, RoubauUGamacbes, Rou- 
veron de Saint-Simon, La Rocliechouard, La Roche- 
foucault, Laval Bois -Dauphin, Traisnel, Guimené, 
Pompadour, ClérambauU, Sauvebœuf, Fourilles, Ëffiat, 
Richelieu, Quaylus 95 

XII — Documents pour servira l'histoire des Arts, des Lettres et 

de rindustrie.— Règne de François !«'. Pièces diverses. 1 01 

XIII.— Lettres de Marigny (suite) 114 

XIV. — Réaction thermidorienne. Désarmement des Terroristes 

de Reims 125 

Bulletin biographique. — M. le marquis de Costa. 
Prosp. Tarbé, H. de Viel-Castel, L. Amiel 138 

XV. — Mémoire de M. de Campredon sur les négociations du 

Nord (fin) 146 

XVI. — Deux lettres de Pothier, communiquées par M. le baron 

des Coudrées 170 

XVII. — Deux lettres de Marie-Antoinette, reine de France, com- 
muniquées par M. Yéméniz .172 

XVIII. — L'armée Trançoise en Piémont (an ix). Lettre deBeaupoil 

Saint-Aulaire 174 



TABLE DES MATliSRES. 315 

' Page» 

wx. — Lettres de Marigny (suite) 176 

XX. — Les Généalogies du sieur Guillard (fin). Roquelaure, 
Luynes, Mole, Hennequin, Bailleul, Escoubleau, Gra- 
moDt, Charnassé, Beaumanoir.Forbin» Villeroy,Condé. 180 

XXI . — Correspondance du Cabinet historique. Lettre de M. Ray- 

mond-Bordeaux. ~ Session du congrès de V Association 
normande à Vire. 193 

XXII. — Armoriai de France, de la fin du xiy« siècle (suite). . . 197 

XXIII. — Examen et récitation des Généalogies du sieur Guillard. 
par M. le marquis ***. — Courrenay, Vendosme, 
Pranzac, Estrades, Navailles, Neuillan, la Vieuville, 

d*Arcy, de La Meilleraye 205 

Bibliographie. Dufort-Duras, etc \ . . ff}i 

xxiy. — France et Angleterre. — Projet de mariage entre 
Henri Vil et Marguerite de Valois (1509). — Traité 
avec TEcosse contre l'Angleterre (1522) 217 

xxY. — Examen et rérutation des Généalogies du sieur Guillard, 
par M. le marquis ***. La Chaslre, Grevant, Estampes, 
Beauvilliers, d'Aumont, Albret, Vardes, Lesdiguières, 
Bonzi, Uxelles, Brancas, Cambout, Chastillon, d'Es- 
trées« La Fayelte, Fourbin, Escoubleau, Beaumanoir, 
Villeroy, Gharnacé 227 

xxYi. — Armoriai de France, delà fin du xr¥« siècle (suite). ... 249 
Chronique et Bibliographie. MM. Eugène Halphen, de 
Sourdeval, etc 258 

xxviï. — Henry VIII d'Angleterre. — Ses lettres à Marguerite 
d'Autriche, douairière de Savoie,— au Roy François !«', 
à M. le grand maître Anne de Montmorency 265 

xxYiii. — Collège de France. Projet de conclusions pour régler la 
discipline intérieure du Collège Royal et pour entre- 
tenir la paix parmi les professeurs du Roy 274 

XXIX. — Lettres de Marigny (suite) 284 



316 LE CAMNET HISTORIQUE. 

Pages. 

XXX, — Examen et réfutation des Généalogies du sieur GuiUard, 
par M. le marc(tiis de *** (suite) Coetcpien, la Suze, 
GondriD, Âamont ,Godin, Gramoiit, Matignon 291 

Bibliographie. Mûdame 8welcliiii«, sa vie, ses oeuvres 
publiées par Al. le comte de Falhm. Article de M. le 
marquis Du Prât 302 

La Tie de saint Thomas le Martyr, archevêque de Gan- 
terbury, par Garnier de Pont Sainte-Maxenee, poëte 
du xii« siècle, publiée par G. HippsAt. — Article de 
M. Gastou Paris 305 

Nécrologie. M. Ch. leNormant • 311 



Fin DE LA TABLE DES DOGIJMEnTS INÉDITS. 



LE 



CABINET HISTORIQUE 



La table générale des noms de lieux et de personnes des six premières 
années du Cabinet Historique paroitra à la fin du Vie vol., an. 1860 



Paris. — Imprimerie de A. Wittenbiem, 8, rae Monimoreooy. 



IMIT 




REVUE MENSUELLE 

Contenant, avec un texte et des pièces inédites, intéressantes ou peu connues 
LE CATALOGUE GéNÉRAL DES HANUSGRTTS 

QDB RBRFERMENT LES BIBU0THÈQUB8 PUBUQUBS DE PARIS BT DBS DiPABTBMBHTS 

TOUCHANT L*HI8T0m Dl L*ÂRCIERirE FRANCE 

ET DE SES DITERSES LOCÂLntfS 

ATBC LES INDICATIONS DE SOURCES, ET DES NOTICES SUR LES RIRLIOThIqUES 

ET LES ARCHIVES DEPARTEMENTALES* 

SOUS LA DIRECTION DE LOUIS PARIS 

Ancien bibliothécaire de Reims, chevalier de la Légion d'honneur. 



TOME CINQUIÈME. 



secoude partie. — càtaxocdb 



PARIS 

AU BUREAU DU CABINET HISTORIQUï 

BUE DB SAVOIE, 20. 



1859 



CATALOGUE GËKËRAL 

DBS 

DOCIJIIIEMTS ET IHAIVUSCRITS 

RlUtlFS 1 L'HISTOIRE DE L'ARGIENRE FRUCE 



PICARDIE. 

DEPOUILLEMENT DE LÀ COLLECTION DITE DE DOM GHENIEA. 

iSuUe.) 



En attendant que noas donnions la suite de l'excellent travail de 
M. Gust. Masson sur les manuscrits françoîs du Musée britannique, 
nous continuons en ce numéro l'inventaire des titres et documents 
relatifs à TÉcosse, qui intéressent à un égal degré la France et 
l'Angleterre. Nous reprenons pareillement nos travaux en voie 
d'exécution sur les grandes collections de dom Grenier (Picardie) 
et des Blancs-Manteaux (Bretagne). Nous poursuivrons l'analyse du 
Cabinet de Lorraine, interrompue par suite de la fermeture mo- 
mentanée, et pour cause de travaux d'intérieur, des salles de la 
Bibliothèque impériale qui le contiennent. Nous achèverons le dé- 
pouillement des layettes du Trésor des Chartes, concernant l'Ile- 
de-France, et nous entreprendrons la Touraine, la Bourgogne et la 
Normandie. Nous varierons cette nomenclature par le catalogue de 
quelques grandes collections héraldiques*. Nous continuerons à don- 
ner la table des notices généalogiques et des principaux ouvrages sur 
la noblesse et le blason que renferment les divers dépôts de Paris — 
Dans la rude et laborieuse tâche que nous avons entreprise, et que 
nous continuerons avec courage et persévérance, nous avons besoin 
d'être stimulés par l'intérêt de ceux auxquels nous nous adressons. 
5*année. — Cat. I 



2 Lf C4Bi;«Et miS'fpfllQ^E. 

Nous invoqooDS particulièrement l'appui des académies, des so- 
ciétés d'histoire et d'archéologie dont nous pouvons si utilement se- 
conder les travaux. 



4814. Tome LUI. Recueil des pièces justificatives pour Thisloire de 
la ville et pofnté de pQfbje, P^rPt ^^P^^^^r^^ f^^ ^ main, depuis 
660 jusqu'en 1761, 4^ partie. — 1. Diplôme du roi Clotaire III, 
an 660, fol. 1. — Diplôme du roi Clotaire III. An 661, fol. 4. — 
Privilège de Berlefroi, évêque d'Amiens. An 663, fol. 5. — Diplôme 
du roi Chilpéric II. An 716, fol. 7, v". — Diplôme du roi Pépin. 
An 751, fol. 9.— Diplôme dqrpiCbarlemagne. An 769, fol. 10.— 
Diplôme de Fempereur Louis le Débonnaire. An 815, fol. 11. — 
Diplôme des empereurs Louis le Débonnaire et Lothaire son fils* 
An 826, fol. 12. — Charte de l'empereur Louis le Débonnaire, tou- 
chant un échange, fol. 13. — Charte du roi Charles le Chauve, 
portant donation du pont de Dours. An 842, fol. 14.— Confirma- 
tion des privilèges de l'abbaye de Corbie, par un concile de Paris. 
An 847, fol. 15.— Confirmation du roi Charles le Chauve. An 858, 
fol. 36, Tî^.— Autrf5 du m6«i« prince. An 857, fol. 27. 
Nqu^ iinaljr^Qrons sommairement les matières multipliées de ce volume. 

2. Bulle du pape Nicolas I«'. An 863, fol. 28,— Charte de con- 
firmation de l'empereur Charles le Çb^uye. Au 963, fpl. 31. — 
Charte de cQqfirmâtioq )lu rpf C|ifir|e; le Simpl^. An 901, fol. 32, 
vo. — Bulle d^ papç Christophe. A» 904, fol. 34, v".— Lettres de 
pautier, com^^ d'Amiens, pour Warloy. An 985, fol. 86. — Pri- 
vilegium Hugonis régis pro Corbiensi monasterio. An 987.— Pri- 
vilégia ei ab antecessoribus concessa confirmât, fol. 38. — Juge- 
ment du pape Jean, pour le village de Sailiy, fol. 40. 

3. Jugement du ro^ Robert, contre ^*avojié de Corbie. An 1016, 
fol. 41. — Traité entre V^^bé Richard et WauUer d'Encre. 
An 1041-42, fol. 42.— Lettre 4' A<l?Werl, archevêque d'Hambourg, 
à Foulques I«^ abbé de Corbie, fol. 43. --Bulle du pape Léon IX. 
An lOSO, fol. 43, v».— Charte de Fabbé Foulques, pour une ferme, 
près Warloy. An 1056, fol. 44, v». — Litterœ Fulconis abbalis 
de pace inter Corbiensem ecclesiam et Watterum entrensem ejus 



CATAL. — PICARDIE. 5 

adTOcatnin. An 1055, fol. 45, ▼<>. — Ghirographum Fulconis ab- 
bâtis Widonis ambianensi episcopo nonnulla dantur. An 1064, 
fol. 47.— Gonstitatio inter Falconem abbatem et Ingeirannum de 
Bora, pro vicecomitata Gorbiensi. An 1079, fol. 48.— Gonstitutîon 
de Fabbé Evrard, touchant la monnoye de Gorbie. An 1084, 
fol. 50. — Gharte de Gui, doyen de la cathédrale d'Amiens, tou- 
chant l'église de Saint-Laurent-lez-Hilly, an 1088, fol. 50, v».— 
Gyrographum sancti Lazari Gorbeie. An 1106, fol. 52. 

4. Epistola Paschalis H papae: confirmât restitationem forifac- 
tam monasterio a Philippo, in gratiam studiorum. An 1108, fol. 53, 
V**. —Lettres d'Enguerran, évêque d'Amiens, pour le personat de 
Gerisy. 1126, fol. 54. — Lettre d'Alvisc, évêque d'Arras, pour 
Pindicl de Gorbie. 1135, fol. 66. — Lettre de Guarin, évêque 
d'Amiens, touchant les autels de Wagni et de Bonnai, etc., 1135, 
f. 55. — Gonstitutio Roberti abbatis ; attribnit obedientiae custo- 
diali ecclesiam S. Thomse de Pratis, ad perficiendam et ornandam 
ecclesiam sancti Pétri. 1136, fol. 57.— Lettre de Guarinns, évêque 
d'Amiens, pour une donation faite à Lef Ivillers. 1138, f. 60.— Lettre 
du roi Louis Vil, aux maire et jurés ^e Gorbie. 1150, f. 61. 

5. Goncession faite par Nicolas II , à FégHse de N.-D.-de- 
Gbauni. 1142, fol. 62.— Acte de foi de l'abbé Nicolas de Moreuil 
an pape. 1142, fol. 63. — Bulle du pape. 1142, fol. 63.— Lettres 
de l'abbé Nicolas, pourBelval. 1144, fol. 65. — Goncession faite 
par Fabbé Nicolas II, àFéglise deN.-D.-de-Ghauni, fol. 66.— Bulle 
du pape Luce II. 1145, fol. 67. — Lettres de Thieri, évêque d'A- 
miens, pourSt-Laurent-lez-Heilly. 1153, fol. 67.— Bulle du pape 
Eugène III, pour le prieuré de Saint-Laurent-lez-Heilly. 1148, 
fol. 70. — Jugement de Samson, archevêque de Reims , pour le 
fauxbourg de la rue des Prés. 1157, fol. 71. 

6. Lettre d'Helvide, abbesse de Ghelles, à Fabbé Jean I. et à sa 
communauté; elle leur renvoie plusieurs reliques, et leur demande 
association de prières, fol. 72. — Lettre du roi Philippe Auguste, 
en faveur de la commune. 1182, fol. 73. -Notice d'une enquête, 
touchant les limites des comtés d'Amiens, de Pontîeu, de Gorbie. 
Juin 1186, fol. 74. — Martyrologie de Nevelon, moine de Gorbie, 
fol. 76. — Gharte de Fabbé Jean, pour Warloi, fol. 77.— Gharte 



4 LE GABIISËT HISTORIQUE. 

(leVabbé Jean, pour l'agricullure de Septenville. 1160, fol. 78.— 
Règlement de l'abbé Jean I, touchant les plaids généraux. 1160, 
fol. 80. ~ Lettres de Tabbé Jean, portant érection d*un fief en 
faveur d'un certain Raoul, boulanger de Tabbaïe de Corbie. 1160, 
fol. 82. — Bref du pape Alexandre lU, pour les caritables de 
Corbie. 1 162. — Bulle du même pape. 1163, fol. 83.— Lettres 
de Thibaut, éveque d*Âmiens, touchant Rnbempré, fol. 85. — 
Notice touchant Rousières, en Santerre. 1164, fol. 86.— Traité 
entre les abbayes de Corbie el de Saint-Jean d'Amiens, au sujet 
de Betencourl'lc Noir. 1166, fol. 87. — Bulle du pape Alex, liï, 
1170, fol. 88. — Bref du même. 1171 , fol. 90. — Fondation 
de Fabbé Jean 1. 15 avril 1712, fol. 90.—Bref du pape Alexandre III 
pour confirmer cette fondation. 15 août 1172, fol. 90, ▼<>. — ^Autrfi 
huile du même pape. 1172, fol. 93.— Autres briefs du même pape. 
1172. — Dédicace de l'église de Saint-Jean-rEvangéliste. 2 juin 
1174, fol. 95.— Différend entre le comté de Pontieu et le seigneur 
de Saint- Valéry, à propos de la fortification du port de Crolois, 
par ce dernier, fol. 95. — Lettres de Didier, évêque de Morias et 
de Martin, abbé de Saint- Vast d'Arras, touchant un différend entre 
^ les abbaies de Corbie et de Clerfaï. 1174, fol 97.— Charte du roi 
Philippe II, pour la commune de Corbie. 1180, fol. 98. — Cou- 
tumes de la ville de Corbie, fol. 99 à 103. — Notice sur les an- 
ciennes immunités de Tabbaye. An 1180, fol. 103 à 105. — Lettre 
du roi Philippe II, louchant la monuoie de Corbie. 1186, fol. 106. 
— Bref du pape Urbain III. 1186, fol. 107. — Extrait de nécro- 
logie de Saint-Lanrent-les-Heilly. 1186, fol. 108.— Réécrit du pape 
Urbain III, à la communauté de Corbie, le siège vacant. 1187, 
fol. 108.— Rescrit du pape Clément IIL aux caritables de Corbie. 

1188, fol. 108, v®. — Concession faite par Nicolas, seigneur de 
Mailly, en faveur de Saint- Vast d'Arras. 1188, fol. 109. — Erec- 
tion et division des paroisses de la ville de Corbie. 1188, fol. 110 
à 113. — Bref du pape Clément III, qui confirme ce règlement. 

1189, fol. 113. — Charte de Philippe Auguste. 1190, fol. 116. — 
Lettres du même roi. 1190, fol. 116.— Lettres de Witekind, abbé 
de Corbie en Saxe, aux religieux de Corbie. 1194, fol. 117, v°.— 
Deux lettres de Philippe II, à l'abbaye de Corbie. 1193, fol. 118. 



CATAL. — PICARDIE. T» 

Bulle du pape Célestin III, en fayeurde l'abbaye de Corbie. 1194, 
fol. 119. — Autres bulles du même pape. 1197-98, fol. 122. 
— Acte capitnlaîre, le siège vacant. 1198, fol. 123. — Charte de 
Gui Candaveine, jcbâtelain de Corbie, qui confirme une donation 
faite à Lihons en Santerre. 1199^ fol. 124. — Reconnoissance de 
Baudoin, comte de Flandres et de Hainaut. 1201, fo). 125.— Lettres 
de Hugue Candaveine lY, comte de Saint-Pol| pour certains droits 
qu'il prétendoit dans la ville de Corbie. Mars 1201-1202, fol. 127. 

7. Lettres d'Engueran de Boves. — Fondation d'une cliapellenie 
dans l'église de Saint-Jean l'Évangéliste. 1203, fol. 128, t>. — 
^ Accord entre Robert de Boves, Ait le Jeune, et l'abbaye de Cor- 
bie. Mars 1202 (1203), fol. 130. — Procès-verbal du change- 
ment d'état des clianoines réguliers de Saint Lanrent-d'Heilly et 
de Saint-Nicolas-deRégny. 1205, fol. 131. — Sentence arbitrale 
qui adjuge les maisons de Saint-Laurent-d'Heilly et de Saint- 
Nîcolas-de-Regny à l'abbaye de Corbie. 1206, fol. 132. — Fon- 
dation pour les religieux deffunts, 1207. — Charte de Richard, 
évêque d'Amiens. 1208, fol. 133, v».— Lettres de Robert de Bowes. 
1210, fol. 135. — Lettres de Jean, abbé de Corbie, sur la renon- 
ciation d'Antelme de Waregnies. 1210, fol. 136. — Lettres de 
Raoul, seigneur d'Aiily. 1211, fol. 137. — R^lement touchant 
le^écanat de Vers. 1211, fol. 137. — Lettre du roi Philippe- 
Auguste au prévôt d'Amiens. 1214, fol. 138. — - Donation de 
Wantier du Hamel à l'abbaye de Corbie. 1217, fol. 139. — En- 
quête pour les droits de travers appartenant au roi et comté de 
Saint"Pol. 1217, fol. 140. — Lettres d'éreclion du fief de la Mon- 
noie au marché de Corbie 1217 (1218), fol. 141. — Bref du 
pape Honorius III. 1217. — Lettres de l'abbé Jean-de-Cornillon. 
1217, fol. 143. 

8. Sentence des commissaires apostoliques louchant Mainières. 
1219, fol. 144.— Lettre de Guillaume, archevesque de Reims. 1220, 
fol. 145.— Division de la paroisse de Cherisy et de Morcourt. 1220, 
fol. 146. --Lettre du roi Philippe, pour l'élection d'un abbé de 
Corbie. 1221, fol. 147. — Deux brefs du pape Honoré HI. 1222, 
fol. 148. — Rescrit même du même pape. 1222. — Sentence arbi- 
trale entre l'évêque et le chapitre d'Amiens, et l'abbé et les reli< 



6 LE CABINET HISTORIQUE. 

gieux de Gorbie. t223, fol. 150. — Lettres de Hugues, prévôt de 
la ville de tlorbie. 1223, fol. 151, v^. — Règlement de Tabbé 
Hugues U, pour les curés de Gorbie. 1224, fol. 152. — Echange 
de la prévôté de Gorbie, par Hugues de la Houssoye. 1224, 
fol. 153. — Jugement des commissaires roiaex touchant Fonkie- 
court. 1225, fol. 15 i. — Lettre du roi Louis VUI. 1226. —Notice 
des lots et ventes appartenant à Robert II, seigneur de Boves, 
fol. 156. — Gonfirmation d'une chapelle à Morcourt, par Flan- 
drine de Moreuil. 1227, fol. Î57. — Accord entre l'abbaye et la 
ville de Gorbie, touchant les marais. 1227, fol. 157. •— Reconnois- 
sance de Hugues, comte de^aint-PauL 1228^ fol. 159. — Recon- 
noissance de Gauthier, seigneur de HeiUy. 1229. i— Requête de 
l'abbé de Gorbie au roi. 1228, fol. 160. — Lettres de Henri, ar- 
chevêque de Reims, pour coucher à Gorbie; 1229,f. 161. — Lettres 
du roi Louis IX, touchant Ëngueran de Waregnies. 1232, f . 162. 
9. Lettres de Robert de Boves, pour Tavouerie de Bonnai. 

1247, fol. 176, v^. — Reconnoissance de GiUe de Mailli pour 
Acheu. 1248, fol. 179.^— Règlement de l'abbé Raoul pour les 
cariiables. 1248, fol. 181. — Deux brefs du pape Innocent IV. 

1248, fol. t82« — Deux brefs du pape Innocent IV. 1253, fol. 183. 
— Vente faite par Evrard de Gorbie. 1255, fol. 185. — Accord 
entre Tabbé et les bourgeois de Gorbie. 11 novembre 1255, 
fol. 185. — Lettre de Thomas de Beaumets, archevêque de Reims. 
1256, fol. 186. — Deux brefs du pape Alexandre IV. 1257, 
fol. 186, vo. — Ghastellenie de Gorbie vendue. Avril 1248, 1258, 
fol. 188, 189. — Vente de la chastellenie de Gorbie^ par Gui 
Gandaveine. 1258, fol. 191. — Lettres de Tofficial de Gorbie tou- 
chant cette vente, fol. 92. — Deux bulles du pape Alexandre IV. 
1261, fol. 193. — Sentence des enquêtes contre Jean le niche, 
bourgeois de Gqrbie. 1261, fol. 194. -- Aveu du seigneur de 
Forceville. 1262, fol. 194, y^. — Ordonnance de saint Louis, tou- 
chant les mairies des villes. 1262, fol. 195. — Bulle du pape Ur- 
bain IV. 1262, fol. 196. — Vente de ce que Enguerran de Gentele 
possédoit à Gachy et à Gentelle. 1263, fol. 196. — Extrait d'une 
enquête au sujet d'un différend entre la commune de Gorbie et le 
seigneur de Fauilioy. 1264, fol. 198. — Lettre des maire et 



CATAL. — BRETAGNE. 7 

jurés de la Tille de Corbic. 1266, fol. 200. — Fondation d'un 
anniversaire. 1267, fol. ^1, ▼<>. — Arrêt des enquêtes, 12T1, 
fol. 202, yo. — Dispense de la cour de Rome pour Tabbé Hugue, 
1271, fol. 203. — Confirmation de la commune de Corble, parle 
roi Philippe le Hardi. 12T4, fol. 204. — Charte de 1274, concer- 
nant les pririléges de la ville de Corbie, fol. 205. — Sentence ar- 
bitrale de l'ofBcial de Corbie et de frère Jean de FlissecourL 1274, 
fol. 206. — Extrait d'un arrêt du parlement contre deux bour- 
geois de Corbie. 1277, fol. 208. — Uttres d'Henri I, évê^de de 
Terouane. 1277, fol. 209. — Confirmation de Tabbé Hugues III. 
1278, fol. 210. — Bref du pape Martin IV. 1282, fol. 213. — 
Lettre it Henri, abbé de Corbie en Saxe. 1282, 213, v^. 



BRETAGNE. 

DÉPOUILLEMENT DE LA COLLECTION DES BLANCS-MANTEAUX, 
DITE DE BRETAGNE. 

{Suite). — Le t. LXXl manque au rayon. 



4Ç15. ToHE LXXIl. — 1. Délibérations de rassemblée générale du 
clergé de France, tenue ès-années 1660 et 1661. Paris, Ant.- 
Vitré. 1661. 

Imprimé in-fol. double et autres pièces également imprimées» concernant 
le jansénisme, l6â détèmp'tearè des biens ecclésiastiques, l'emprunt pour le 
clergé, 1707, l'aliénation au profit du clergé de la ferme des postes, etc. 

2. Procès-verbal de ]|f M. Ponoet, fiôucherat ^t Pnssort, conseil- 
lers du Roy, daiis la plainte portée par iA, Tarchevesque PéréGxe, 
et l'église de t'aris, contre le sieur de Vérthamon de Villemenon, 
présumé Tauteur d'un factum injurieux imprimé et distribué le 
2 décembre 1666 (4 p.], avec la réponse imprimée de M. de Yer- 
thamon. 

3. Mandemens divers de M. de Noailles, août 1708 à juin 1725. 



s LE CABINET HISTORIQUE. 

Factum pour les chapelains perpétuels de la Sainte-Chapelle du 
Palais à Paris, contre les anciens chapelains de la même église, 
depuis appelés éyéques. 

4. Supplique an Roy, signée des principaux habltans dn quar- 
tier Saint-Germain-des-Prez de la paroisse de Saint- Sulpice, contre 
les marguilliers de la paroisse, au sujet de leur projet de construire 
une nouvelle église, sur un dessin dont la dépense peut monter à 

plus 3,000,000 de livres. 

Publiée dans le présent numéro du Cabinet historique. Yoy. aux Docum. 

5. Projet de conclusions, pour régler la discipline intérieure du 
Collège Royal, et pour entretenir la paix parmy les professeurs 
du Roy. 

Pièce intéressante pour l'histoire du collège de France. 

6. Bref recueil et sommaire de ce qui s'est fait eu la ville de 
Poissy, durant l'assemblée des prélats de l'Eglise gallicane , sça- 
voir : depuis le 26^ jour du mois de juillet au 14 octobre 1561. 

7. Des actes du synode national tenu à Gergeau, le neufiesme 
jour de may et autres jours . 

8 . Du livre des consistoires assemblés à Yerteuil et Ruffec, com- 
mençant le 30 juillet 1581 et finissant le 20 février 1593. 

9. Mémoires pour monseigneur de Pamiers, concernant les de- 
mandes faites à S. M. par les habitans catholiques dudit Pamiers. 

10 Mémoires pour représenter au Roy, contre le restablisse- 
ment dans la ville de Pamiers, par les hérétiques qui en ont esté 
expulsés par le dernier édict de Nismes, en l'an 1629. 

11. Pièces concernant le traité fait sur la réduction de la ville 
de Pamiers soubz Tobéissance de Sa Majesté, Jehan Desponde, 
évesque de Meguare. 

12. Plainte du curé de Farges, portant que Clerc, ministre de 
Colonges, village situé dans le baillage de Gex, a presché dans le 
temple de ce lieu, contre les ordres du Roy et 1 arresl du conseil, 
du seiziesme janvier dernier, à l'instigation du peuple et des an- 
ciens. 16 may 1662. 

13. Plaintes diverses du curé de Collonges : information, procès. 
1662. 

14. Interrogatoire du sieur Jean Sammartln, vice-senéchal 



CATAL. — BRETAGNE. 9 

d'Âuch, détenu dans le chasteau delà Bastille, par Ricort, conseiller 
du Roy, maistre des requestes, suiyant arrest du 3 avril 1663. 

15. Extrait du procès-verbal et des ordonnances de M. Golbert 
dn Terron, et de celles de M. de Loire, son adjoinct, sur leurs en- 
treprises aux édilz de pacification dans le pays de Xaintonge. 

16. Inventaire des pièces produites par les églises P. R. de Xain- 
tonge, à regard desquelles y a en partage entre les commissaires. 

17. Extrait des partages intervenus entre M. Golbert du Terron 
et M. de Loire, touchant les affaires de ceux de la R. P. R., dans 
lepaysd'Aulnis. 

18. Réponse aux habitans de la Rochelle^ parles conseillers, 
à propos de plaintes portées par ceux de Tune et l'autre religion . 

19. Interrogatoire de Léonard d'Aignan de Castel vieil, con- 
seiller du Roy, prisonnier à la Bastille, par Pierre Poncet, con- 
seiller du Roy. Plaidoiries. Juin 1667. 

20. Défense à ceux de la R. P. R. d'exercer leur religion dans 
le pays de Xaintonge, rapport de du Terron. 27 février 1664. 

21. Recensement des familles appartenant à la R. P. R. dans 
le Béarn, le nombre des temples, ministres, etc. 22 mars 1665. 

22. Le procureur général du Roy accusant et demandeur, contre 
André de Maiendie, ministre de Sauveterre, procureur. 1665. 

23. Jugement, partage des temples de Gastelsagrat, Monljoye 
et Yillemade. 5 mars 1668. 

24. Rapport de frère Jaçainte Soucaret, religieux de Tordre de 
Saint-Dominique et recteur en théologie, dans le couvent des frères 
dudit ordre, de sa présentaille à Périgueux, âgé de trente-trois ans 
ou environ, au sujet de ceux de la R. P. R. 15 mars 1679 

4816. Tome LXXIII ^. — 1. Spécimen de pièces de monnoie de 
France, avec explication et valeur de ces pièces, fol. 1 à 12. 

2. Deux lettres deD. Retrin auR. P. Taillandier, historiogra- 
phe de Bretagne, aux Blancs-Manteaux, à Paris, fol. 13. 

3. Index chronologicus depuis Constance, en 304, jusqu'à Char- 
lemagne, en 814, foL 19 à 41. 

4. Extrait de la chronique de Robert, abbé du Mont-Michel, im- 
primée par dom Lucd'Achery, à la fin des ouvrages de Guiberl, 
abbé de Nogent, fol. 42 à 48. 



IQ LE CABINET HISTORiQUE. 

5. Extrait d*uae chronique des ducs de Normandie» commen- 
çant par KoUy et dont récriture paroit être du xiw au xit» siècle, 
fol. 48 à 52. 

6. Notes sur la rie de saint Gaingalois, abbé de Landeuenecb, 
en Bretagne, par le R. P. dom Lac d'Acheri, fol. 53-54. 

Non paa, mais par le sayant D. Claude Chantelou , de quoy Ton peut se 
fier, {^ote dii ins.). 

7. Extrait dunécrologue del'abbaye de Laudevence, f. 55 à 5Ô. 

8. Exemplar precepti Childeberti^ régis Francorum aiitiquioris, 
fol. 59 à 61. 

9. Extrait d'un livre inlilnlé Hiitoriœ Francorum scriptores 
in lucem editi , operâ Andreae Duchesne. Aniio Domini 1626, 
t. 2, p. 769 à 70. 

9' kin. Ex epiatolà Lupî^ abbatis Ferrariensis. Episiola, 84^ eirca 
850, fol. 61 à 63. 

10. Lettre patente de Ghrestien Catel, roy de Bretagne, de 
Nantes. 12 aonst 870, fol. 63. 

11. Extrait du ehartrier de Saint-Magloire de Paris, De Fun- 
dacione Ecclesiœ, fol. 65-66. 

12. Carta quà rex Roberlus dédit Ëcclesiae, yillam de valje Pe- 
troso pertineutiis et consuetudinibus cum pluribus aliis rébus, fol.67. 

13. Fondation de l'abbaye de Bernay. 1227, fol. 68. 

14. Extrait des registres de la Chambre des Comptes de Bre- 
tagne, contenant l'assise du prétendu duc Yvon, le nom des ba- 
ronnets et bacheliers de Bretagne, fol. 74 à 75. 

15. Sequitur modus sessionis praelatorum et procerum Britan- 
nide io Parlamento : observation sur cette charte, fol. 76 à 78. 

16. IHarbodi episcopi Bedon, epistola ad tlobertum. 1096. fol. 
79-80. 

17. Notice concernant la fondation du prieuré de Saint-Martin, 
de Joscelin. Ex. cartul. majoris monasterii. 1105. fol. 8i. 

18. Contrat de mariage de Ohiier le Rous, seigneur de CIîco- 
cous, 1133, avec Esther de Ver, fille de Jehan du Ver, sire de 
la Troumoillère et de Julienne Laval. (Imprimé.) fol. 82-83. 

19. Abbaye delà Vieuvirie, au diocèse 3è î)oI en 6ré(agne. — 
Caria de Veteri villa et de BigoteHâ. — Carta Guillelmi de Monte- 



GATAL. — BRETAGNE. 11 

sorel. — CoRcerdia de Bigoteriâ cam filio Alani. — De Gail- 

leifflo-Rufo. — Carta Joannis de Dolo. — Caria Gaafridi de Fil- 

F gerii». — Caria Juhelli de Meduanâ. — Caria de Bella-Insulâ. — 

Caria Guillelmi de Albeveio. — Caria Radiilphi de AJbineio de 

Lostroil.— De Travel et de Rubro-Fossato. — De paclis Zacharise. 

■— De Capellâ Nozariae. — Caria Oliverii de Quoîguea. — Caria 

de Borgolh. - De foreslagio de Borgolh. — De vineis Doit et 

de Borgolh, et de consuetudine de Harens. — De vineis Doli. — 

Carta Juhelli de Medoanâ.— De pitanciâ Alaoî vicecomitis. — De 

multis donis Jobanois de Dolo. — Carta Johannis Paganelli. — 

Extrait du carlulaire de Tabbaye de Yienville au diocèse de Dol, en 

Bretagne, communiqué par M. lé marquis de Molac. fol. 84 à 108. 

Toutes ces pièces sont certifiées conformes à l'original par Ihictiesne fils, 
conseiller an parlement, etc. 

20. Kirksledensis abbalia, in àgro Lincolnensi. tl39. fol. 108. 

21. Fondation dé Tabbaye de Luzerne, fol. 110. 

22. Confirmation faite par Endon, duc de Bretagne, à Tabb^lye 
de Sayigny de quelques terres» etc., fol. 112. 

23. Copie de quelques litres concernant Tabbaye de Saint-Ma- 
thieu, tirés de l'archevêché de Blein : le premier acte commencé à 
Fan 1157, fol. il4àll7. 

24. Ecclesia de Esseby, vulgo Ashby. Circa li60. fol. ll^. 

25. Droit de bouteillage dans le porl de Tannes, accordé aux 
religieux de Saint Martin deJosselin, par Ëudon, comte de Por- 
hoet, et Alain deRoIian, son cousin. 1164. fol. 119'. 

26. Général admortissement et confirmation des terres de 
l'abbaye de Begar, par le duc Conan, fol. 120. 

27. De révesché de Constances, accord entre Geffroy de Mont- 
fort avec les religieux de Savigny, fol. l2'l. 

28. Constitutio Britanniae super hîeredilatibus inter fratres 
discidentis. 1185. fol. 122 ^ 126. 

29. Alain de Rohan, dit le Jeune, confirme les seigneurs de Bon- 
repos dans la possession de lôiis lés bîehs qui leur avoîent été 
donnés par son père, fol. 129. 

30. Lîtteraedeanniversarîo Gaufridi comilis Britannise. 1200. 

31. Genealogia ducum Britaniaeà tempore Philippi dicti U Bel 



12 LE CABINET HISTORIQUE. 

régis Francisa, et homagia regibus Franciae ab eis facta abinde sic 
polest colligi. Circa 1200-1239. fol. 131. 

32. Hommage rendu au roi Philippe-Auguste par Arthur de 
Bretagne. 1202. fol. 132. 

33. Partage donné par Adam, vicomte de Melun, à deux de ses 
fils. 1205. fol. 134 à 136. 

34. Ampliation de Saint-Martin de Joscelin par Allain IV, vi- 
comte de Rohan. 1205. fol. 136. 

35. Attestation de Guy de Thouars, comte de Bretagne, tou- 
chant la manière dont se levoient les dixmes de ChemiUier. 
Circa 1206. fol. 137. 

36. Echange fait par de la terre de Saint-Sévère et de 

200 liv. de rente en terre, situées in Garrande, en faveur d*André 
de Vitré et de Robert, son frère, moyennant la cession qu'ils font 
de la terre de Langes. 1206. fol. 138. 

37. Accord pour Tabbaye de Begar, fait par l'évèque de Saint- 
Brieu et le comte Alain. 1208 fol. 140. 

38. Donation faite à l'abbaye de Saint-Albin par Pierre Guchon 
Borzonie. 1209. — Lettre adressée au R. P. Hyacinthe Morice des 
Blancs-Manteaux, fol. 141-142. 

39. Donation faite au prieuré de Montreuil par Amauri de 
Montfort. 1210. fol. 143. 

40. Don de Téglise de Feindraiton, fait à l'abbaye de Saint- 
George d'Angers par celle de Bonrepos. fol. 144. 

41. Hommage rendu par Pierre de Dreux, au roy Philippe Au- 
guste. 1213. fol. 145. 

42. Extrait du cbartulaire de Saint-Gilles de Pont-Audemer, 
qui est une aneienne léproserie : lequel cartulaire a esté écrit au 
commencement du xiii« siècle, jusques environ l'an 1230, fol. 146 
à 152. 

43. Donation faite au prieuré de Swaressey, par GefTroy, vie. 
de Rohan, fol. 154. 

44. Ex registro abbatise S. Mariae de Salleria, in comitatu Nor- 
folk, fol. 155. 

45. Déclaration faite devant le sénéchal de Dinan. d'une dona- 
tion de 20 mines de bled, faite au prieuré du Pont, par Robert la 
Choiie, Allain et Jean, ses cousins. 1218. fol. 156-57. 



GATAI.. — BRETAGNE. 13 

46. Vidimus de la fondation de Tabbaye de Daoulat , ordre de 
saint Augustin, par très-redouté et puissant seigneur Alain, vi- 
comte de Rohan. 1218. fol. 158. 

47. Confirmation des biens de l'abbaye de Bonrepos, faite par 
Olivier, vicomte de Rohan. 1221. fol. 162. 

48. Vente de 10 arpens de terre en Tragastel, aux moines de 
Begar. 1225. fol. 163. 

49. Confirmation des donations faittes en Angleterre , à Tabbé 
de Bonrepos. 1226. fol. 161. 

50. Pièce concernant l'abbaye de la Vieuville. 1229. fol. 166. 

51. Traitédu roi Saint-Louis avec André de Vitré . 1229. fol. 170. 
5^. Pierre Mauclers renonce à l'hommage fait à Saint-Louis et 

ledéfie. 20janv.1230. fol. 171. 

53. Echange fait entre Philippe de Montauban et les religieux 
de Saint-Meen. 1230. fol. 173. 

54. Mahaud de Montfort, autorisée de Josselin de Rohan, son 
mary, a donné à l'abbaye de Bonrepos la dixme de Quen en- 
Hubert. — Cession faite au mont Saint-iMichel, par Richard Ma- 
réchal et Gervaise de Dinan, son épouse. 1235. fol. 174. 

55. Accord entre Pierre de Chemilly et Raoul de Fougères, au 
sujet de la succession d'Eudon fils le Comte ; un autre entre Raoul 
de Fougères, Pierre de Chamillé et Olivier. 1239. fol. 175. 

56. Partage des principales terres de Porhoet, fait par le duc 
Jean le Roux, et arbitres nommés pour partager en trois lots les 
autres biens. 1241. fol. 176. 

.57. Accord entre Raoul de Fougères, Pierre de Chemilléf Olivier 
de Montauban et leurs femmes, touchant le partage des biens de 
dame Marguerite, veuve d'Eon fils le Comte, après sa mort,f. 177. 

58. Joscelin de Rohan choisit sa sépulture dans l'église abba- 
tiale de Bonrepos, et y fonde une chapelle, pour laquelle il donne 
15 quartiers de froment par an, sur les dixmesde Noyai. 1249. 

59. Don du partage de Miniac, confirmé aux religieux de Bon- 
repos, par Alain d'Avaugour. 1249. fol. 180. 

60. Accord de l'abbaye de Bonrepos avec Hamon Ruffim ; du 
vendredi avant le dimanche où l'on chante Quasimodo genitû 
1235. fol. 181. 



14 LE CABINET HISTORIQUE. 

61. Accord fait entre le roy Saint-Louis et Pierre de Dreax, 
duc de Bretagne. 1231. fol. 183. 

62. Extrait du registre des mémoriaux et dons faits parles roys 
d'Angleterre aux comtes d'Angoulesme et autres personnes.— Pé- 
tition de Radulphe de Essoduno à Hugo de Leziniaco, comte d'An- 
goulesme,au sujet des donations faites par son père. 1231. fol. 187. 

63. Pièce relative à l'abbaye de Reliée. 1235. fol. 188. 

64. Acte d'échange fait par le seigneur de Coesquen, avec les 
moines du Tronchet. 1241. fol. 192. 

65. Donation faite à Thomas de Chemillé, par Pierre de Quil- 
lione, en reconnoissance de ses services. Janv. 1246. fol. 194. 

66. Donation faite aux lépreux de Sinâ, par Henry, roy d'An- 
gleterre et comte d'Anjou, fol. 196. 

67. Don à l'abbaye de Bonrepos, de revenus sur les moulins 
de Corlé. 1250. fol. 197. 

68. Don du chevallier Robert de Bellomari à l'abbaye de Bon- 
repos. 1251. fol. 199. 

69. Enqiiesle faite par Alain, évesque de Saint-Brieu et Tho- 
mas de Chamille. au sujet des difTérens meus, entre le seigneur 
de la Cheze et le prieur de la Trinité. 1252. fol. 200. 

70. Lettres de Jean I»', encore mineur, en faveur du vicomte de 
Rohan ; ses causes sont commises à Ploermel. 1254. fol. 204. 

71. Démission de Pierre, fils de Jean, duc de Bretaigne, à son 
père, de tout ce qu'il avoit en Bretaigne, fol. 206. 

72. Accord entre Alain, vicomte de Rohan, et Olivier, sénéchal 
de fa vicomte de Rohan, pour l'alloué dudit vicomte. 1255. fol. 207. 

73. Alain, évêque de Varmes, confirme les donations faites à 
Bonrepos, par Josselin de Rohan, fol. 225. 

74. Lettres de confirmation d'un seigneur de Léon, pour Doulas. 
1282. fol. 226. 

75. Exemption de bail accordée par Allain, vicomte de Rohan, à 
Ollivierdu Houlle. Juill. 1262. fol. 229. 

76. Don du tiers de ses biens, que fait Isabeau, en faveur d' Al- 
lain, vicomte de Rohan, son mary. 1266. fol. 231. 

77. Exemption de la taille dans la ville de la Chèse, moyennant 
la somme de 60 livres monnoie de rente. Septembre 1267. fol. 232. 



GATAL. — BRETAGNE. 15 

78. AnqîTersaire pour Isabean, yîcomtesse de Rohan, dans Tab- 
baye de Beauport. 1269. fol. 233. 

79. Don que fait Âdeliçe, fille de Geoffroy de Henbout, à Tab- 
baye de Bonrepos. 1270. fol. 234. 

80. Marguerite de Lusignan, dame de Chftteaubriant et de 
Touars, 1270-^3. Extrait du testament pris sur les originaux, aux 
archives de Ghâteaubriant. 1270. fol. 235. 

81. Vente faite par Guillebert de Yillers et son épouse, de son 
manoir au monastère du Plessis-Grimault. May 1271. fol. 236. 

82. Contrat de vente faite par Eudon Picaut et Adelice, sa 
femme, çieur et dame de Tyhuery, à Alain, vicomte de Rohan. 
Septembre 1273. fol. 237. 

83. Confiscatiqn des paroisses de Melvant, de Remungol et de 
Moireiac, appartenantes à Geoffroy de Lauvaux, ajugée au vicomte 
de Rohan. 1273. fol. 238. 

84. Prisage des terres de Rolland le Jenne^ en la paroisse de 
Noyai, fait cjans la vicomte de Rohan, seloq les usages de ladite 
Ticomté! 1274. fol. 239, 

85. Vente de toutes les terres que possedoît Geoffroy de Lau- 
v^qx dans la vicomte de Rohan, faite par le duc au vicomte de 
Rol^an, pour la somme de 4,000 livres. 1274. fol. 240.* 

86. Transaction passée entreÀlain, vicomte de Rohan d'une part, 
ËudoQ Picaut, chevalier et Adelice sa femme d'autre, touchant la 
succession de dame Catherine de Rohan. 1274. fol. 241 . 

87. Contrat d'acquest fait par Alain, vicomte de Rohan, sur 
Alain le Page. 1274. fol. 242. * 

83* Donation faite par Jouhati des Forges et son épouse à Tab- 
baie de Bonrepos, fol. 243. 

89. Changement de bail en rachat, pour les gentilshommes, 
dans la seigneurie de Montauban. 1276. fol. 244. 

90. Pièce concernant la paroisse de Burcé en Normandie, si- 
tuée dans la seigneurie et vicomte de Rohan. 1276. fol. 245. 

91 . Retrait fait par Geoffroy de Rohan, clerc. Févr.1276. fol. 249. 

92. Don de \^ Ville Simon, fait par Raoul Simon et Robert 
son frère, à Geoffroy de Rohan, clerc, fils du vicomte de Rohan, en 
reconnoissanoe de ses bons services. 1280. fol. 250. 



16 LE CABINET HISTORIQUE. 

93. Don de la terre de la Villesimon, fait à Geoffroy de Roban, 
par Raoul et Robert Simon frères. Juillet 1281. fol. 251. 

94. Vente d'une tenue faite à Geoffroy de Roban, par Guillaume 
Malenfaut et Tbomasse, son épouse, fol. 254. 1/4 de rôle. 

95. Acquest d'une partie des Landes de Berien. 1281. fol. 255. 

96. Acquest de la moitié des Landes de Rusvadenec qui font 
partie de Berien. 2284. fol. 257. 

97. Estimation delà terre de Châleanneuf et de celles de Senou- 
cbes. Avril 1282. fol. 2o9. 

98. Vente de quelques terres, faite par Guillaume de Mur à Jo- 
celin de Roban. 1284. fol. 262. 

99. Accord entre Raoul de Monfort et Alain de Montauban, 
au sujet de la donation du tiers de la terre de Monfort, faite 
par Mabaut de Monfort à Josselin de la Rocbebernard, son second 
mary. 1285. fol. 263. 

100. Don de deux journaux et demy de terre, fait à Jocelin de 
Roban. Juillet 1285. fol. 264. 

101. Vidimus d'une donation et d*un écbange fait par Olivier, 
seigneur de Montauban, en faveur de Guillaume, seigneur de Lo- 
heac, du consentement des dames Louise et Ërmine, leurs épouses 
et de dfime Alietle de Montauban, sœur dudit Olivier. 1285. 

102. Donation faite à Geoffroy de Rolian, par Pierre de Jocelin 
Gilbert frères. 1285. fol. 268. 

103. Accord entre Olivier et Aliette de Montauban, touchant 
leur partage. 1286. fol. 271. 

104. Accord pour les terres de la paroisse de Saint- Sauveur, 
diocèse de Sainl-Brieu. 1286. fol. 272. 

105. Contrat de mariage d'AUain de Roban et d'Agnès d'Avau- 
gour. 1288. fol. 277. 

106. Procès d* Alain de Lauvaux, contre le vicomte de Roban, 
fol. 278. 

107. Justement rendu au parlement général, tenu à Nantes, 
Tan 1288, sur les différens meus entre le vicomte de Roban et 
Geoffroy de Henneboul. 1288. fol. 279. 

108. Acquisition faite par Geoffroy de Roban, cbanoine de 
Saint-Brieu. 1289. fol. 280. 



CATAL. TODBAINE, ANJOU, POITOU. 17 

FONDS HARLAY. 

TOURAINE, ANJOU, POITOU. 

(Suite du vol.. 101». Voyez t iv, p. 276 et suiv.) 

21. Confirmation de rarchevesque de Tours« ensemble celle de 
révesque d'Angers, da contenu en la lettre du chapitre. 1259, 
fol. 110. 

22. Lettre de Charles, roy de Sicile, etc., au hailly d'Anjou, 
par laquelle il luy mande de rendre aux habitants du monastère 
de Saint-Nicolas-d'Angers 15 livres tournoys qu'ils avoient été 
contraints de payer pour le mariage de feu sa fille B..., etc. 1272, 
fol. 113. 

23. Recognoissance de Guy de Laval, chevalier, et Anne, com- 
tesse de Laval, qu'ils sont tenus de rendre le chasteau de Laval à 
Charles, fils de roy de France, etc., toutes fois et quand il le de- 
mandera. 1256, fol. 115. 

24. Vente delà terre de Challo, en la paroisse de Montigny, à 
Charles, roi de Jérusalem, comte d'Anjou, etc., qui l'avoit retrait 
comme seigneur féodal, par Guillaume Gissart, chevalier, et Pé- 
ronnelle, sa femme. 1282, fol. 117. 

25. Yidimus de lettres concernant Tabbaye de Saint-Florent de 
Saumur; entre autres, une de Charles, fils de roy de France, 
comte de Valois, par laquelle il octroya aux religieux de ladite 
abbaye de prendre à toujours en Vallée, en Anjou, toutes maniè- 
res de bois qui est appelé bois mort. 1295, fol. 119. 

26. Les raisons et défenses de Charles, comté d'Anjou et du 
Mayne, pour l'ayde par luy demandé esdit comte pour le mariage 
d'Isabeau, sa fille aisnée. 1301, fol. 123. 

27. Accord entre Charles, comte d'Anjou et du Maine^ d'une 
part, et Guillaume de Verdaron, chevalier et autres, tant en leur 
nom que comme procureur de plusieurs appelants, d'autre, tou- 
chant le payement de l'ayde demandé esdits comtés par ledit 

5« anDée. — Gat. 2 



18 LE GABIHET fllBTORlQUB. 

comte, à cause du mariage d'Isabeau^ sa fille aisnée, confirmé par 
le roy Philippe le Bel. 1302, fol. 139. 

28. Pouvoir de Charles, epmte de Valois, à ses commissaires, 
pour les aydes ez comtez d'Anjou et du Mayne, pour establir en 
son nom personne pour proposer et défendre contre Thibaut 
Lescuyer de Sens et l'abbé et le couvent de Thiron. 1309, 
fol. 143. 

29. Bulle du pape Urbain 11, en faveur de l'abbé et couvent de 
Saint-Nicolas-d'Angers, par laquelle 11 leur donne quelques privi- 
lèges, où sont spécifiées les églises qui en dépendent, tant en 
Anjou, Poitou, que Bretagne, au Mayne et en Angleterre. 1312, 
fol. 145. 

90. Lettres de Jean, évesque de Vannes, par lesquelles il eognoit 
qu-ez choses acquises par luy eu son prédécesseur au comté d'An- 
jou pour révesché de Vannes et amorties par Charles, comte de 
Valois, ledit Charles s'est réservé toute justice ec jurisdiction à 
Vannes 1315, fol. 147. 

31. Procuration des citoyens d^ Angers à quelques-uns d'entre 
eux pour traiter avec Charles, comte d'Anjou, tant pour les quatre 
aydes par luy demandés aux citoyens d'Angers que pour les 
amendes deues pour les barons , chevaliers et nobles d'Anjou, 
1310, fol. 149. 

32. Transactions entre René, roy de Jérusalem et de Sicile, 
d'une part, et Agnès de la Tour et Anne de Beaufort, vicomte de 
Turenne, et seigneurs des baronnies de Liergues et de Limueil 
d'autre, touchant le oomté de Beaufort et ses appartenanees; 
Agnès et Anne, cèdent leurs droits audit comté audit Roy, maypn- 
nant 30,000 escns d'or. 1314, fol. 153. 

33. Accord entre le roy saint Louis d'une part, et Pevesqae 
doyen et chapitre de l'église de Chartres d'autre, touchant cer- 
tains arrangements relatifs au chasteau de Mondoubleau et appar- 
tenances. 1248, fol. 155. 

S4. Lettres de création de la mairie d'Angers, 7 septembre 1610, 
fol. 157. 

36. Don eu nom de partage à Charles, comte de Mortaing, du 
comté du Mayne, la Ferté-Bernard, Mayenne, le Juhen» le chas- 



CATÀL. <^ TOURAINE^ àMQV^ POITOU. 1§ 

teaa dtt Loir, Sablé et autres terres, soils certaîDes coQditionsi pour 
et au nom de son frère René, roj de Jérusalem et Sleile^ par' la 
reine Isabelle, sa femme : à Tarasoon^ l'an 1441^ le b avril, eon- 
fliteépar leroy Charles Yli^ aadit an^ le 7 octobre» (stc. 1441, 
f61. 185. 

36. Remarques plus considérables des proTinces de Poitou, 
Anlnis, Sâintonge et Afigoulnols, tant pouf Testât eodésiëstique 
que ponr le gouTemement. 1645, fol. 105i 

37. Lettres du roy Charles, par lesquelles il déclare qoè son 
frère Jean^ duc de Berry, loy a fait la foy et honlnlage pour le 
comté de Poiclou. 1370, fdl. 108» 

38. Obligation des maires, échevins et pairs de la ville et oom- 
moilauté de La RoeheUe^ de payer an Roy, tous les ails, deux 
matts d'ai^ent de cens ou rente annnelle et perpétuelle, en une 
tasse martdlée an foiiâ,et?erréeoo dorée aux bords, pour leur 
aveir^ le Roy» transpdrlé et baillé à héritage perpétuel, potir ac< 
croll^e et agrandir le port et faatre de ladite Villcy une plaee estant 
en iceUe Tille. 1437, fol. 200. 

89. Lettres d'Alphonse, comte de Poîctiers, par lesquelles il 
confirme le don fait par son frère le roy Louis YIII à l'église de 
Cantorbéry^ de hommage et service que lui deroit Aymery de 
Chauvray, bourgeois de La Rochelle, «et ce en l'honneur de saint 
Thomas. Juillet 1341, fol. 206. (Id.) 

40. Ordonnance faite du commandement du Roy, ptfr Jean 
d'Arrablay, cbefalier» sénéchal de Beaucaire « touchant les garni- 
sons et munitions des chasteaui et forteresses des sénéchaussées 
de Pdictou, Ssiintonge^ Gascogne^ Agenois et Périgord, ensemble 
des gages des officiels desdits lieux, l'an 1209, fol. 208. 

41. Lettre dtt roy Charles Y^ par laquelle il se réserve la cou- 
noissanea, ressert et souYcrainnelé de toutes les églises, cathédra- 
les et autres églises de fondation irojale^ ou exemptes par privi- 
lèges, et aussy la oonnoissance de tous les droits royaux et duchés 
de Bei'ry et d'Auvergne^ comté du Poictou et terre de Chisec, de 
Chivray et de Melle, tenue par son frère le duc de Btrry. 1374, 
fol. 324^ 

42. Lettres de Jean, évesque de Poictiers, par lesquelles, pour 



20 LE CABINET HISTORIQUE. 

le respect qu'il porte à Alphonse, comte de Poictieps, il Vexempte 
de luy rendre la foy et hommage pour raison des chastel et ap- 
partenances de Sivray. 1246, fol. 228. 

43. Rapport du bailly d'Auvergne, Alphonse» comte de Poic- 
tiers, touchant les usages et coustumes delà ville de .Termes. 1245, 
fol. 230. 

44. Yidimus du testament d'Alphonse, comte de Poictiers, fait 
à Armenézéque, près du port de Aiguemortes, en l'évesché de 
Nismes. 1270, fol. 232. 

45. Estât de l'entretien des garnisons de Poictou, avec le revenu 
des baillages, prevoslez et forests, des gages des officiers et des 
ausmosnes, fol. 248. 

46. Lettre de Jean, duc de Bretagne et comte de Richemont, 
par laquelle il déclare que les surprises ou usurpations faites par 
les officiers ou si^ects sur le pays de Poictou, ne sont d'aucune 
valeur, ainsque les anciennes marches et les fins du duché de Bre- 
tagne et comté de Poictou soient gardées : au chastel de l'Hermine. 
1389, fol. 252. 

47. Lettre du roy Charles Vil, par laquelle il ordonne estre 
fait et édiffié un port et havre en une prée nommée qaeue de 
vache, appartenant à l'abbé et couvent de Fondoulce, en sa juri- 
diction haute, moyenne et basse, à la charge de payer aux reli- 
gieux une rente annuelle de 15 livres tournois. 1435, fol. 254. 

48. Lettres de Savary, vicomte de Touars, Guyonnet, fils 
d'Aymery, vicomte de Touars, etc., par lesquelles ils s'accor- 
dent avec Alphonse, comte de Poictiers, touchant le droit de 
rachapt à mercy pour les fiefs du comté do Poictiers, dudit comté, 
des barons et des vavasseurs. 1269, fol. 262. 

49. Copie de l'accord de Hugues de Lezignan, comte de la 
Marche et d'Angoulesme, avec le prieur et chapitre de l'église de 
Sainte-Radegonde de Poictiers, sur le partage des bois communs 
entre eux et la juridiction, et les engaries ou exactions à prendre 
sur les habitans de Yilly : sans datte, mais environ l'an 1232, 
foL 266. 

(La suite au prochain numéro,) 



CATAL. — ECOSSE. 21 

ECOSSE. 

BOCUlIBIfTS IlfiDITS CONCERNANT l'hISTOIRE DE CE PAYS. 

(Suite, Voy. t. iv, p. 238 et 265.) 

Jîoherl III. — 1390 au 6 Avril 1406. 

4818. Ratification par Robert III, roi d'Ecosse, dn traité d'alliance 
offensive et défensive, conclu par Robert II, son père, le 28 octo- 
bre 1371, avec Charles Y, roi de France. — Donné soubz nostre 
scel en nostre chastel de Ëdynburch, le premier jour de mois de 
décembre, Tan de grâce mil trois cens quatre-vingt-dix. Scellée 
sur double queue, du gr. sceau d'Ecosse, en cire blanche. [Tré- 
$ord€$Ch.I.,en,n^ 16.) 

4819. Confirmation par Charles VI, roi de France, avec Robert III, 
roi d'Ecosse, du traité d'alliance offensive et défensive, conclu en 
1371, entre Robert JI et Charles Y, leurs prédécesseurs. Donné au 
palais de Saint-Pol, le pénultième jour de mars après Pâques, Tan 
de grâce mil trois cent quatre-vingt et onze et le onzième de notre 
règne. Scellée du gr. sceau royal de France, en cire verte, pen- 
dant sur lacs de soie, (td., 677, n^ 17.) 

4820. Copie vidimus datée du 20 juillet 1397 , n» 18. Instructions 
données par Charles à ses ambassadeurs envoyés vers Robert, roi 
d'Ecosse, de tout ce qui a été traité avec le duc de Lancastre, soi- 
disant roi d'Angleterre, des trêves qui ont été conclues avec ce 
prince et de toutes les concessions qui lui ont été faites, afin d'ob- 
tenir la restitution de la reine d'Angleterre, femme de Richard et 
fille du roi de France, signifiant ces choses pleinement à lui comme 
et à son cousin et allié, affin qu'il soit informé de la vérité, car le 
Roi a entendu que de la partie des Anglois et mesmement dudit 
duc de Lancanstre, ont été données à entendre audit roi d'Ecosse, 
plusieurs choses, en intencion de povoir faire rompre les ligues et 
amitiés qui ont été de longtemps et encore sont tenues et gardées 
fermement entre les rois de France et d'Ecosse. Et pour ce, le Roi 
lui prie et requiert qu'il ne veuille croire aucunement que le Roi 



92 LE GABUfET HISTORIQUE. 

se yeulle comment que ce soit départir desdites alliances, ne 
snr ce donner foy aux paroles désdits Anglois. Vers 1391, le 
30 mars. (lU, 645, n^ 12.) 

4821. Litterae credentialiîs Caroli YI, régis Fninoiae, pro ambaxîa- 
toribus sais ad Robertum, regem Scotiae directis. — Minute sans 
date. Traité d'alliance offensive et défensive , concla entre Char- 
les y et le roi d'Ecosse. Copie sans date. Vers 1379. (id., 645, 
no 12.) 

4822. Trêve conchie le 9 mars 1395| pour vingt'^huit ans, entre 
Charles YI, roi de France et Henri Y, roi d'Angleterre, afin de 
pouvoir travailler à rexiinotion du schismci Y^rs 1395^ le 9 mars, 
(id., 643, n» 160 

Le roi d'Ecosse est compris dans ce traité, comme allié de la Fraoce. 

4823. C'est la response faicte au eomte de Bulbland, au comte Ma- 
réchal et à messire Guillaume Lescrop , chambellan d'Ëngleterre, 
envoies au Roi de par le roi d'Angleterre son filz; laquelle réponse 
leur fut faicte, présent le Roi en son conseil , le W jour d'avril, 
l'an de grâce 1304, et seixe jours uvant Pasques. — Au tiers ar- 
ticles faisant mencion des Escos contenant ce qui s'enseut : îUm, 
comment le Roi nostre sire a envoie par ses messages, avant ses 
heures, à son père de France, comment les Eseos n'ont voulu tenir 

les trièves — Respont le Roy : que pour cette cause et pour 

autres, il a ordonné envoier ses messages devers le roi d'Escosse 
et partiront bréefment, et leur a commandé faire leur chemin par 
devers sondit fils le roy de Engleterre, afin que il leur baille, se 
il lui plèst, tous les articles en quoj lesdits Escos ont défailli ou 
défaillent en l'accomplissement du traiolié desdites trêves, et qu'ils 
en pdHent audit roy d'Escoce et y facent par devers lui tout ce 
qui y sera à faire^ et sondit fil£ le roi d'Engleterre veut envoier 
avec ses diz messages aucuns des siens ^ le Roy y prendra plaisir 
afin que ils voient la diligence que les gens du Roy y feront et 
puissent plus pleinement dire les dioses en quoy ksdiz Escos 
défaillent au fait desdioies trêves, et que la besoigne puisse prendre 
meilleure et plus seure conclusion. Yers l'an 1396, le 14 avril. 
(id., 644, nô 20.) 

4824; Litter» quibus David de Lindesay,- eomes de Cranfurd, de 



CATAL. <-(* BC088E. 23 

r^o 8cotMe, Ludofieo' dnoi AureliDaenii homagiara ligiara et 
omnimodum fidelitaUs jarameQtuni, ad Titam saam, in omnes, 
prseter pegem Seolûe et ejusdeni primogeaitom, praeitat, mediante 
fiolutione competentis etconsoeti in Fraocia «tipandii. Datum Pa- 
risiis, die primo menftis janiiapii anno domini miliesimo quadrin- 
geotesimo primo. 8eell. d'unsreaa, pendant sur double qaeue, aux 
arffles dn sieur de Lindesay. Yers 1401 , 1*' janvier. {Oarlon des 
Rùii, K., 67.) 
4825. InMraction baillée au Mre de Henguerilie et à raaistre Jehan 
de Sains, de l'avis du Roy et de son conseil, sur le liit de Tap- 
poinclement pourparlé entre Mopsieur de Cbartres, le sire d'Au- 
goudessent et eulx d'une part, et les messages d'Angleterre, 
d'autre part, pour avoir lequel avis les dii sire de Hengueville 
et maistre Jehan estoient venus devers le Roy. Le Roi charge 
ses ambassadeurs d'insister pour que les Eoossois soient com- 
pris dans la Irève conclue avec l'Angleterre : car il est impos- 
sible que bonnement (les trêves) puissent être seurement tenues, 
ne la mer être seupe si les Escos ne y sont coqiprins mesmement 
qu'ils sont alliés au Roy et à ses prédécesseurs de longtemps et y 
peuvent et doivent être compris se il leur plest. Donné à Paris, le 
10« Jour de juillet, Tan 1403. {Tr. dti Ch. /., 645, n» 48.) 



4826. Litter» quibus Robertus, régis Seotlae filius, dus Alboniae, 
eomes de Fyfe et de Menleth, ao regni Sooti» gubernator gene- 
ralis, in domo fratrum predicatorom de Perth, una eum ambaxa- 
toribns Caroli VI, Franeomm régis constitutus, confirmât et pro- 
mitiit tenere confederationes ab antique inter reges Scotiae et 
Francis initas et conclnsas anno domini moccgvii. Secundom 
eemputationem Scotls et guberaaeionis nostre anno secundo. 
(Sigillum avttlsnm desideratur). (M, 677, vfl 19.) 

4827. Lettres de Charles VU, par lesquelles considérant que son cher 
et amé cousin Jean Stiiart, seigneur de Darnellé et de Concres- 
sault, connestable de l'armée d'Escosse, est venu dudit pays 
d'Ecosse et a amené avec lui grande compagnie de gens d'arpies 
et de trait en intention et mettant à effet les anciennes alliances 



24 LE CABINET HISTORIQUE. 

des royaumes de France et d'Ëscosse et a servi en fait encore 
chacun jour à Pencontre des Angloîs, ses anciens ennemis, et de 
plusieurs ses rebelles et désobéissants. Et voulant surtout récom- 
penser la conduite dudit Jean Stuart à la bataille de Baugé, en la- 
quelle il se minlint et gouverna comme vaillant et courageux che- 
valier il lui donne à toujours, mais perpétuellement et à ses hoirs 
maies descendants de son corps en droite ligne, la ville, terre, 
chaslel et chastellenie de d*Aubigny-sur-Nièvre. Donné à Bourges, 
le vingt-sixième jour de mars, Tan de grâce mil quatre cent 
vingt-deux, (td., 168, n^ 20,) 



4828. Lettres par lesquelles Charles VU, considérant que, comme 
notre aimé Laurent Yernon, escuyer du royaume d'Ecosse, nous 
ayt baillé et délivré en nos mains le comte de Sommercet, An- 
glois, son prisonnier de la journée de Baugé, pour en racheter et 
délivrer notre très cher et très aimé cousin le comte de Eu, te- 
nant à présent prison ès-mains de nos anciens ennemis les An- 
glois de la journée d'Azincourt, moyennant et parmi la somme 
de quarante mil escus d'or, que luy sommes tenus faire et four- 
nir par appointement sur ce fait de notre part avec luy, par 
lequel nous lui avons accordé et promis bailler à héritage per- 
pétuel, pour luy, ses successeurs héritiers ou ayans cause, le 
chastel, chastelnie et seigneurie de Moutrou-Bonin , assis en 
notre comté de Poitou, avec toutes ses appartenances et dépen- 
dances. Donné à Bourges, au mois de may, l'an de grâce mil 
quatre cent vingt-trois, de notre règne le premier. (K, 168, 
n^ 21.) 

4829. Litterœ quibus Galterus Slwart primogenitus et hères ducis 
Albaniae, Scoliae gubernatoris, sacro-sanctis tactis Evangeliis 
jurât et promitlit, se fideliter observaturum confederaciones, 
amicitias et ligas inter reges et régna, ac principes et commu- 
nitates Francise et Scotise inilas et observatas. Datum apudVillam 
de Esterlin, sexta die mensis octobris, anno domini millesimo 
quadragentesimo tertio 1423, le 6 octobre. (2V. da Ch. J., 677, 
pièce 20.) 



CATlLi -^ ÉcessE. 25 

4839. Lettres d'Ârehambanti cemte ée Douglâsi séignear de Galo- 
way, de Anaterdalle et gardien de là frontière d'Ecosse, par lés- 
qilelles il prpmet d'obseryef fidèlement les aneiens traités exis- 
tàns entré la France et l'Ecosse, et de passer en France arec son 
fils le comte de Bocqaen, connétable de France, dedans le sixlèdie 
jour du mois de décembre prochainemetit, vedant arec plasîèar§ 
seigneurs et nombre d'hommes d'armes et archer», peur sertir 
ledit roi de France à l'encontre de ses anciens entiemis d'Atigle- 
terre. Bonne en la eité de Qlascow en Ecosse^ S6' jour du mois 
d'octobre j l'an de grâce mil quatre cent tingt-trois. Scellé du 
sceau d'Arche de Dduglas^ en cire rdugc) pendant sur double 
queue, {id., 680, n» 71.) 

4631. Lettres de Charles VU, par lesquelles^ ei^nsidérant \is& haulti 
honorables et comendables^ prouffitaldes et très agréables ser- 
Tîces et plaisirs que notre très ehîer et féar cousin Johan Ste- 
wart, seigneur de Demie, connétable de Farmée de ËscoSse, 
estant en Hot^e royaume, nous a fait par longtemps à notre 
nécessité^ tant contre les Anglois^ nos anciens ennemis et adf er- 
saires, leurs adhérens et complices, nos rebelles et désobéissatis, 
comme en maintes antres manières, fait de jdur en johr iii<5es- 
saoïent, et espérons qoe^ encore face en t^oaps avenir^ actenddns 
et bien cogiioissant les très graiis charges que tnises et dépenses 
de finances et autrement il a eues portées et soutéimes pour 
notre secours et serfiees à l'ocdasioa d'tceulx : c'est à satoir en 
sa Tenue du royaume d'Ëscosse en notredit royauthe à soy met- 
tre sus et plusieurs chèyaliers et éscuyers^ et autres gens de 
guerre ^'11 a admenec et sonstennz en.aa compagnie en notre- 
dit serriee et en diverses antres manières^ aetendn mesmement 
le petit payement que pour gages estât et sonldoyement ou au- 
trement en bienfTaiz il a euz de nous, lui donnant pour lui et 
ses hoirs mâles nés de légitime mariage, le comté d'Évreui avec 
toutes ses appartenances^ l'autorisant à ajouter à ses titres celui 
de eomte d'Évreux. Donné à Montluçon, en janvier 1426. {id.^ 
ilB) n» 20.) 

4832. Acte par lequel lehan Stewart, seigneur de Demie» et eonné- 
table à l'armée d'Éeosse, s'engage potir lui et ses successeufs à 

5e année. ~ Cat. 3 



26 LE CABINET HISTORIQUE. 

remettre aa roi de France qui est ou sera, moyennant le paiement 
de cinquante mille écus d'or, le comté d'Evreux qui lui a été 
donné par les lettres qui précèdent. A Bourges, le quatorzième 
jour du mois de mars Van de grâce mil quatre cent vingt et six. 
(Jd., 216, n«20.) 
4$33. Litterse Jaco)>i !<' Scotorum régis, quibus ligas antiqdas et 
confederationes, in ter régna Scotiae et Franciae^ à tempore regnm 
Robert I«r etCarolipulchri existentes, cum Carolo VU, Francorum 
rege, rénovât et confirmât. Apud Ëdinbùrgh, quarto die mensis 
martii, anno domini supradicto et regni nostri quarto. Trace de 
sceau pendant sur double queue : celte pièce a été endommagée 
par Phumidilé. (id., 680, n» 69.) 

4834. Lilterâe auctoritatis ac mandat! specialis à Jacobo I Scotorum 
rege, Henrico episcopo Aberdonensi, patricio Ogilby, vicecomiti 
Angusiae ac magistro Edwardo de Ladwre, archidiacono Lando- 
niœ in ecclesia St-Andrae, capellano suo, de tractando matri- 
monio inter Ludovicum Dalphinum Viennensem, Caroli VU, régis 
Francorum , filium primogenitum et Margaratam ipisus filiam. 
Datum testimonio nostri magni sigîlli apud sanclum Johannem 
(17*' jour du mois de juillet), anno domini millesimo quadringen- 
tesimo vicesimo octavo et regni nostri vicesimo tercio. Scell. du 
gr. se. royal d'Ecosse en cire jaune, pendant sur double queue. 
(/d..678, n»21.) 

4835. Lilterae auctoritatis ac mandat! specialis ab eodem rege eisdem 
ambaxiatoribus ad tractandum de regimine, numéro, ordinatione, 
stipendiis ac previlegiis militum quos, una cum Margareta, fîlia 
sua, Ludovico Dalphino Yiennensi desponsata, infra regnum 
Franciae missurus erat. Datum sub testimonio nostri magni sigilli 
apud sanctum Johannem, 11^ die mensis julii anno domini mllie- 
jimo quadringentesimo octavo et regni nostri vicesimo tertio : 
vers 1428, le 17 juillet. (W., 678, n« 22.) 

4836. Litterae potestalis ac mandat! specialis ah eodem rege eisdem 
ambaxiatoribus ad renovandum et confirmandum cum Carolo VII 
Francorum rege antiquas regnorum Franciœ et Scotiae confede- 
rationes. Datum sub testimonio nostri magni sigilli apud sanctum 
Johannem, IV mensis julii anno domini millesimo quadringente- 



CATÀL. — ECOSSE. 27 

simo yieesiino oclavo et regni nostri viceslmo tertio, le 17 juillet 
J428. SccU. du gr. sceau royal d'Ecosse, en cire jaune, pendant 
sur double queue, (id., 678, 23.) 

4837. Litterae quibus Jacobus I, rex Scotiie ad requisitionem Régi- 
naldi Remensis, archiepiscopi, Johannis Stewart, comitis Ebroicen- 
sis, et magistri Alani aurigeœ Baujecensis cancellarii, Caroli VII, 
Francorum régis ambaxiatorum, promitlit quod ftdeliter manu 
tenebit et in singulis punctis obsenrabit ligas et confederaciones 
ab antiquo a regibus Scoti» et praesertim a Roberlo et David II, 
cnm regibus Francorum initas. Datum sub testimonio nostri 
magni sigilli, apud sanctnm Johannem XYII, die mensisjulii, 
anno domini millesimo quadringentesimo ricesimo octavo et 
regni nostri yicesimo tertio. Scellé do grand sceau royal d'Ecosse, 
en cire jaune pendant sur double queue, vers 1428, le 17 juillet. 

4838. Litter» quibus Jacobus I, rex Scoti», notas facit stipula- 
tiones a se initas cum Reginaldo archiepiscopo Remensi et aliis 
Caroli YII, régis Francise, ambaxiatortbus de matrimooio Mar- 
garitae filiae suae, cum Ludonco Dalphino Viennensi; et promittit 
se eam, post festum puriflcationis beats Mari» virginis proximo 
yentarum una-cum sex millibus hominum eam comitantibus in 
Franciam missnrum. Datum sub testimonio magni sigilli nostri^ 
apud Perth, vers 1428, le 19 juillet, (id. no 25.) 

4839. Litter» Caroli VU Francorum régis de matrimonio contracto 
inter Ludovicum Dalphinum Viennensem fiUum suum primogeni- 
tum et Margaritam Jacobi I, régis Scotiae ûliam, et de dotallUo 
dictaeMargariUBase constituendo. Datum in castra nostraCayno- 
nis, diepenultima mensis octobris annodomini 1428, le 30 octobre. 

4840. Litterae Caroli VII, Francorum régis quibus se promitlit, post- 
quam auxiliante Jacobo, rege Scotorum, regnum suum super An- 
gelicos, ipsorum communes adversarios in integrum recuperavit 
diclo régi in excambio comitatus Xantonensis, et castri Castellaniae 
que de Rupersarli ad Cbarenionem, ducatum Bituricensem Tel 
comitatum Ebroicensem optione sua, concessurum. Datum in Cas- 
tro nostro Caynonis, le dixième jour du mois de novembre, 
ran 1428. {Id. n» 27.) 

4841. Lettres par lesquelles Henri VI, roi d'Angleterre (occupant le 



'S8 LE GiBINET flISTOBIQUE. 

royaume de Franoe]» remet à Jehap de Calais la peine qu'il avoit 
encourue eomme eompticed'nn complot ayant peur but de livrer au 
Dauphin les portes de Paris. — Détails sur ee complot. « il sembloit 
aux oonspirateurfi que ce seroit le plus expé4ient que quatre- 
vingts ou cent Ëscossois, habillés e^me AngloiS) portant la croix 
rouge, vinssent par petits troupeaux et compagnies, le droit che- 
min de Saint-Denis en cette ville^ et en admenant de la marée ou 
du bestial, entrassent tout courtoisement en I9 porte, pois feissent 
tant qu'ils eussent la maistrisa des portiers : pt alors autre partie 
qui seroient embuschieE près dUUec viendroient à pui^sanee pour 
entrer dans cette dicte ville.» A Paris, le cinquième jour d'avril, 
l'an de grâce 1429 avant Pasque. (/fl. 174, np 353.) 

4842. Litterœ Caroli VI(, qnifous Ludovieo, pHmegenito sn^ Dal- 
phlno Viennensi, dat licentiam ooram ar^t^iseopo Toronensi» 
ejusdem diocœsano, comparendi et a dicto arphi«piseopo tmpe- 
trandi dispensationes ecelesiastieas nacessarias propier juvmiorem 
œtatem, ad éontrafaendum matrimonium cum Margarita, régis 
Seoti^ prifflogenita. Datupi Bitturis, le 139 jour de juin, aanép de 
gràe» 1486. (id,, 409, n» 57.) 

4843. Litterse Cariai Vil, Franeoram régis Reginaldo, ardiiapiseopo 
Rennensi, Franeise eancellario. Àdœ de Cameraeo, prioui presi- 
denti in parlemente Parisiens!, ^t quibudam aliis |it arcfaiepjsco- 
pom Turonensem adeant et afo eo impetrent dispensationes aeees- 
sarias ad matrimonium taeondum inter Ludovieum Dalphinum 
Viennensem primogenitum suum et Margaritam, régis Seotiae 
primogenitoffl suum prsefatus Ludovieus non fit adj^uc jure ido- 
neus propier defectum eetatis. Datum Bitturis^ 3@ ja^r de juin, 
anno domini 1436. {iâ., 409, n^ 56 ) 

4844. Litterœ quibus Piûlippus, arcfaiepiseopus TureasDûs, Ijulovi- 
cum Dalphin^in Viennensem, regi> Franeiœ primegeaitum et |far- 
garetam régis Scotiae primogenitam non obstante uHriusque ja- 
Btori œtate, aptus et idoneos ad contrahendum matrimeaiam 
déclarât. Datum Turonis sub sigillé majori nestro 13® jour du mois 
de juin. Anne domini millésime quadringentesimo trieesimo sexto, 
Scell. sur double queue, de l'archevêque de Rheims, en ôre jaune, 
(éd., 409, a9 69.) 



CÀTAL. -r. TQUIIA|N«, AH^PU, POITOU. W 

FONPS HARLAY. 

M* d^piedei letlnns d'AIplwose, eomlf^ de PQi^U^P§, m\^' 
^les ii eenfirme edles des roys Phillppe-Augosli^ et LqhU VII], 
popp les coustomiM et franebisea dp9 bsbitans de Pofetiers, 12^1 , 
fol. 272. (/^.) 

5}, Taxas pour les ?irres et toutes $0Ptes de marclisindises, et 
apsy pour ie salaire des ouvriers, faites par le séaécbal du Koy 
eu Peîetou, pour le temps que le pape sera à Poictiers, fol. 376. 

&ï. Copie des lettres d'admoplissement d'Alphonse , eoqute de 
Poictiers, par lesquelles il eoafirne aux frètes de }a miliee du 
Temple, œ qu'ils ont acquis en ses fiefs au comté de Poietou, et 
sont leurs sujets déclare^ exempts de tous droite d'pstile che- 
ftaehée, exaction, fol. 282. 

6^. Lettres pour la fondation et privilèges de Tabbaye de 
Motre-Dame-lapgrâce-de-Dieu , ordre de Cisteaox , et du droit 
d'usage dans la foresl d'Arie, de Guillaume, comte de poictiers, 
et due d'Aquitaine, de Riebard, roy d'Angleterre, duc de Nor- 
mandie et d'Aquitaine et comte d^AnJou, et d'Ëude, duc d'Aqui- 
taine et comte de Poietou, fol. 284. 

54. Copie des lettres du roy I^ilipper Auguste, par lesquelles 
il dpnne à foy et hommage lige, à Amaury, vicomte de Thooars, la 
sénéchaussée de Poietou et du daohf d'Aquitaine. 12Ô3, fol. 286. 

55. ¥idimus de lettres fiu roy Philippe-Auguste, par lesquelles 
il prend sous sa garde et protection Tabfoaye de 6aintrMaixent, 
et promet de ne Paiiéner hors la couronne. 1204, fol. 288. 

56. Lettres d^Alphonse , comte de Poictiers, ^u prieur des 
frères prescheurs, snr la forme qu'il doit tfenir pour procéder à la 
reslîtotion des vivres extorqués par les juifs en ses terres de 
Arma Sanicque, proche d'Aiguemortes, 1270, fol. 290. 

67. Copie des lettres de Richard, fils de Roy d^Angleterre, 
comte de Poieliers et duc d'Aquitaine, pj|r lesquelles il donne 
sa cuisine et le fief à icelle, appartenant à Alain, son cuisiaiec 
1277, fol. 291. , 

58. Rapport des enquesteurs commis par le eomhi de Pmctiers, 



30 LE GABmET HISTORIQUE. 

tonchant la forme de lever la taille au yieomté de Touars, et des res- 
titations par eux faites pour etau nom dndit comte. 1258, fol. 296. 

59. Testament de Raoul de Mauléon , sire de Tallemont et de 
Ghastelaiilois, par lequel il fait plusieurs legs aux abbayes de 
Tallemont, de Saint-Michel, et autres abbayes et prieurez: sont 
exécuteurs dudit testament, Hugues Daubois, oncle dndit Raoul, 
et Thibault, Ghastaîgner, chevaliers. 1250, fol. 304. 

60. Lettres d'Aimery, vicomte de Touars et seigneur de Talle- 
mont, à Alphonse, comte de Poictiers, par lesquelles il le requiert 
de vouloir confirmer la remise et délaissement qu'il a fait à ses 
sujects dudit vicomte de Thouars, et de ladite terre de Tallemont 
du rachapt de Mortemain. 1256, fol. 308. 

61. Copie de lettres du roy Saint-Louis et d'Alphonse, fils de 
roy de France, comte de Poictiers, par lesquelles ils confirment les 
privilèges et coustumes octroyez à la ville de Niort, par Henry et 
Richard, roys d'Angleterre, avec promesse de ne mettre ladite 
ville hors de leurs mains, si ce n'est du consentement des bour- 
geois, 1230, fol. 310. 

62. Lettres du roy Saint-Louis, par lesquelles il confirme les 
coustumes et privilèges des bourgeois et habitants de Niort, 1224, 
fol. 312. 

63. Lettres d'Aimery, vicomte et de Touars, de Guy son frère, 
par lesquelles ils accordent au roy Saint-Louis et à Alphonse, 
comte de Poictiers, qn1ls puissent mettre des garnisons en leurs 
chasteaux et villes fermées, tandis que la guerre durera entre le 
roy Saint-Louis et le comte de Poictiers, d'une part, et le roy 
d'Angleterre, le comte de la Marche et leurs alliez d'autre, et 

. outre leur promet de les servir contre tous, 1242, fol. 313. 

64. Lettres d'Alphonse, comte de Poictiers, par lesquelles il 
donne pouvoir aux exécuteurs de son testament de faire amender 
ses forfais et ceux de «es baillis, 1249, fol. 315. 

65. Acte passé par devant notaire sur le refus fait par les nobles 
et villes d'Agenois, de faire le serment de fidélité à Guy et Hervé de 

, Chevreuse frères et au trésorier de Saint-Hilaire de Poictiers, 
pour et }u nom d'Alphonse, comte de Poictiers, 1249, fol. 317. 

66. Sommaire du procès d'entre M. Gille de Geneste, siear 



CATAL. — TOURAINE, ANJOU, POITOU. 31 

deTabnars^ prégident au Parlement de Bordeaux et autres, contre 
René Grenier, sieur de la Pellonière et la dudiessede Bouillon, 
1626, fol. 319. 

67. Procezde la duchesse de Bouillon, contre Alesme, conseil- 
ler au parlement de Bordeaux. Juillet 1631, fol. 329. 

68. Acte de Louis, donnant à Nicolas, duc de Calabre et Anne 
de France, sa femme, la vicomte et seigneurie de Thouars. 
6 avril 1478, fol. 337. 

69. Acte de Louis, par lequel il donne la seigneurie d'Oyron 
au sieur Guill. Gouffier, chevalier, seigneur de Boissy. 4 janvier 
1475, fol. 339. 

70. Confirmation de réchange de 32 livres de rente sur le 
grand fief d'Aunis, entre le roi Philippe de Valois et Guillaume 
d'Ëspagnac. 1344, fol. 341. 

71. Acte par lequel le roy Louis XI prend possession réelle et 
actuelle de la ville dé La Rochelle comme à luy et ses prédécesseurs 
rois appartenant, avec serment qu'il preste de conserver leurs pri- 
vilèges. 24 mai 1472, fol. 345. 

72. Mémoire pour montrer que depuis la confiscation du vi- 
comte de Thouars sur Louis d'Amboize, condamné pour crime de 
lèze-majesté sous Charles VU, le 8 mai 1431, il a toujours été ré- 
puté du domaine et à l'érection du duché pairie en faveur du sieur 
de la Trimouille, en 1563. — L'arrest porte sans préjudice de la 
réunion an domaine. 11 avril 1477, fol. 349. 

73. Discours des antiquités du Limousin, où il est traité des 
gouverneurs du païs, depuis César jusqu'à Pépin, fol. 350. 

74. Description de la province et sénéchaussée de Périgord qui 
a vingt lieues de long et autant de large, deux éveschez, Péri- 
gneux et Sarlat, fol. 362. 

75. Description du comté et païs de Bigorre. 1645, fol. 364. 

86. Suite des vicomtes de Limoges, depuis que la vicomte entra 
en la maison de Bretagne, l'an 1274, fol. 368. 

77. Ce sont les demandes qui peuvent eslre faites par le procu- 
reur général du roy en son domaine ancien, et par Madame, sœur 
unique de Sa Majesté, à cause du duché de Bretaigne, fol. 440. 

78. Transaction entre Philippe, roi de France, et R..., évesque 



^ Le tiÂfiii^ET fHâtdMtQtE. 

de Linibgès,' l^èMiiVe â là JUstieë famitè et bëâsë^ et ràm et btite 
empire en là éitë Atd LiiHoges, fbh 183; 

79. Confiscation du comté de Périgord sur lëé ÂrcHaiâkux. 
Aë^iii^itiëii dbdit ëotiité pài- Jean Ûé Bi'étaigne. fôl. 48t. 

80. Périgord. — ïtôinmàgé lige dti côtiilé de Pêfigdrd àù fdy. 
Mai 1201; foi. 4&2. 

81. Art-est de là m)ùf toà^ehant 1% cotnté de Périgord. 30 lÉai 
1490, fol. 493. 

82. Arrest dti conseil shr la reqdestie dé \û Mhe de NàVàrre, 
tëUëhànt la justice et autres droits ati cotîité dé PérigorÂ: 1971, 
fol. 495. 

83. Rëtionëialidn, pstt le due de Éétrfi an t^ays de l^iiiionge 
et d'Angoulesme. 1380^ fol 499. 

84. Cession de Regnau^ de Pont, été*, au rdjr^ de leurs di^its 
stir La Martîhe et Angduleàme. 1B22^ fol. 90S. 

8d. Échange par lé rof Charles lé Bel ated Louis, ëte^^ da 
botnté de Clermoni arëe le comté de La Marche^ Issotidun ^ Saint- 
Pierre-Ie-Moustier, à la réserve de la garde dés é^liseS) cathé- 
drales de la teouvahcé du comté. 1827^ foh 506. 

86. Copie des lettres d'Alphonse) fils da roy de Frahce, eà^uelles 
est conierin laecîord Fait entré le rôt saint Lduis et ledit Alphonse, 
dHiiié partj et le cointe de La Marche, là reine sa f^nimë él leur 
fils, après la eonqueste du comté de La Marché; 1242^ fol. 510. 

87. Confirmation dés pritilégeâ et franchises de la tille de 
Xaihtes, la forme el mode tle ceux de La Rochelle/ par Éléonor, 
reine d'Angleterre. 1199^ fol. 814. 

88. Noms de^ prélats et barons qui furent adjoarnex au parle- 
ment des sénéchaux de Saintonge et d'Angoulesme^ fol. 516. 

89. Lettres d'Alphonse, fils du roy de France, par lesquelles il 
confirme les pririléges et coustumes octroyés à la Tille de Saint- 
Jean-d'Atigely^ par les rois Louis YIII et saint Louis. 1228; fol. 518. 

90. Ordonnance de Charles^ fils du roy de France, comte d'An- 
jou et de Provencei touchant les salaires des avocats en eour laye, 
et défense à eux de receroir aucun rerenu annuel pour la charge 
d'adtocat^ etc. 1260, fol. 99. 

(La suite prochainemmt) 



CkTAh. — ANJOU ET TOUBAINB. 33 



ANJOU ET TOURAINE. 

4845. Anjou et Touraihe. Recueil dit dom Housseau. 39 vol. in-f. 

c Ce recueil est un des plus importants de ce genre, tant pour le nombre des 
pièces qu'il renferme que par l'exactitude des transcriptions. Il se compose, 
comme on \ient cle le voir, de 30 volumes et contient environ 8,000 pièces, dont 
plus de S,000sont relatives à la Touraine : un grand nombre n'ont point encore 
été imprimées. C'est dans cette collection que M. Marchegay a trouvé une 
grande partie des éléments à l'aide desquels il a reconstitué le cartulaire de 
Saint-Maur-sur-Loire. Outre les copies de chartes qui forment les onze pre- 
miers volumes, on y trouve une foule de dissertations sur l'histoire littéraire 
et la géographie des deux provinces ; des notices étendues sur les hommes 
illustras qui y sont nés; des remarques diplomatiques et critiques sur les 
chart&s et les événements historiques qui s'y sont passés, enfin de nombreux 
extraits de cartulaires et d'archives seigneuriales dont la lecture nous fait vi- 
vement regretter la perte des originaux. — Dom Housseau, auteur de cette 
collection, était né au Mans et avoit fait profession à Saint-Florent de Saumur, 
le 28 avril 1743. Ses excellentes qualités de cœur et d'esprit ne tardèrent pas 
à le faire aimer de ses confrères et de tous les érudits qui le purent connoître. 
En 1700 il fut obligé d'interrompre ses recherches sur la Touraine, le Maine et 
l'ÀDjou, par ordre de ses supérieurs, pour aider dom Poirier et dom Jacques 
Précieux à continuer le recueil de dom Poirier. 11 collabora au onzième volume, 
et il mourut subitement dans la force de l'âge, le 5 octobre 1763. Sa notice man- 
que dans VHistoire littéraire des Bénédictins où il ne figure que pour mention; 
mais on voit par les archives du Cabinet des chartes qu'il fournit plusieurs 
copies au cabinet Moreau.> — M. Emile Mabille, ancien élève de l'École des 
chartes, à l'obligeante érudition duquel nous devons la note qui précède, a 
fait le dépouillement intégral des volumes de dom Housseau relatifs à la Tou- 
raine. Ce travail, demandé et couronné par la Société archéologique de Tou- 
raine, paroitra prochainement, nous l'espérons, dans les colonnes du Cabinet 
historique. 

4846. Mémoires sur la Touraine. (Arch. L seet hUt K. 948. 1299.) 

4847. Mémoire sur la généralité de Tours. (Gaign. 2766*). 

4848. Touraine. Extraits de titres et mémoires. (7(1^67$). 

4849. Registres du Parlement de Tours et de Ghalons. — De 1589 
à 1594. 1 vol. in-fo. [Bill. diiLmv. B. 1253.) 

4850. Bailliage de Touraine. 44 titres. — Pièces relatives aux Etats- 
généraux de 1788.— Assemblée nationale. (Àrch.Imp. BAI. 13). 

4851. Nobiliaire de la généralité de Tours, par Hue de Miromes- 
nil. {Ârch, Imp. sect, hist. M.) 

4852. Hommages^ aveux et déclarations concernant Tours: Am- 
boise. (Arch. L secU dom. f. 309. 328). 

5« année.— Cat. 4 • 



34 ta dAftimrr iisroRiQUBt 

4853. Transcrits d'ayeax et dénombremeQt de la Touraine. Hom- 
mages. {Ib.sect. dom P. 128< 146.) 
4S54. RoUe des fiefs de la proyince de toaraine. (9395. Cang, 26.) 

4855. Lettres de délîyrer La Rochelle ou le duc de Touraine, du 
24 oelôWc lâetf. (Mârl, p. 185, 49Î-98. F. Deeamps, i. 46). 

4856. Lettres du roi de payer cent mille écus à Calais ou à ea- 
yoyer le duc de Tonrainè en hostage. {Idi t. 46, pfii^S 531-^2 fft 
aitc.f. 8354, fol. 19. Sti.) 

4857. Académie des esprits illustres qui aspirent aux grands em- 
plois des àrines «t des lettres, par Oharntsây; 1 tbL itt-fol: itlé- 
diocre de 25^ feuilles. [Ane. fr. 7077*.) 

Béné de Menou, sieur de Charnisay en Touraincr, excellent écuyer^ auteor 
4e la Pratique du cavalier. (7077.) 

4658. PouUlé i-oyàl de rarchëVêché de Toiirs, aveë les oéizib évêcSiés 
qui en sont sUfTragans. [F. Cangé, 8316^) 

4859. Gartulaire des doyens et du ehapitré de dâint-Martiil de 
toùh, etc., écrikâu xvi^ siècle. (F. tat. 5535 A.) 

4860. Collation et taxe des bénéfices de la yille et du diocèse de 
tdurs', écrite au xi^ siècle. (Jd. 5661 .) 

4861. Catalogus archiepisooporum Turonensium quem certificat 
Cài^blus dé la Saussâiyè, doct. in ilieol. et iti utt*. jùr. decanlis ëu- 
relianensis. (Font. 32 A. fol. 158.) 

486Î. Portefeuille cotltetlàut quelques (;bpiës de btlllès et autres 
pièces eoncernant PégUse de Tours. (F. Duch, et d^Oyen. 14.) 

4863. Cartulaire du monastère de Saint- Julien de Tours. Ordre de 
B. b., copié du xtiit« siècle: (5448:) 

4864. Cartulaire du motiaslére de MartiloastierS) éeHt; do itîie siè- 
cle. (5442.) . 

4866j Cërtulatre dti monastère de Marmoustîérs dé TOurs^ oi^drë 
de Saint-Benoît, copié dit xttit^ siècle {Ane. f. Lot, 5441:) 

Leè chdrtes cohtéhués en Ce précieux cartulaire, divisé en deux Volumes, 
cohcérnëht, pour le premier Tolume il. Le Prieuré des treite yeats. 9. Sàint- 
Quentin et Chalonne. 3. Celle en Brie. 4. Provence. 5. Saint- Varades de Breta- 
gne. 6. Mâiltiilë, du Maine, i. Bossé. È. Lauvigny âu Mans. 9. te prieuré de 
Crot, au diocèse d'Evreux. 10. Yesly. il. Saint-Sauvôur des Landefa (Bretagne). 
12. Sarton. 13. Vieuvy et Daujean. 15 bis. Cretillon. 14. Soulerre. 15. Ennord. 
16. Manlené. iH. Saint-Maurice de Bheims. 16. Saint-tienis d'Amiens. 19. Saint- 
Martin de Bourges. 30. Œufs. ai. AUDytiil. 891. La fiftUé (B&s M^ind}. 23. Sûnt- 



GATAL. -^ ANJOU ET TOÙRAINE. 95 

Thibault. 14. Machecou. ». Martigoé. 96. HeauvHle. AT. Manteâ: 38. Ptisel. 29. 

Douges, en Bretagne; 30. ArceiB. 31. Lis le Triftan et Salerteoe. 3$. Puy 3e- 
liard. 33. Infldic en Bretagne. 34. Courtevron. 35. Oehard en Bretagne. 36. 
LatBballe-jugon. 37. 8ainte-€roix de Titré, en Bretagne. 3S. Saint-Pel^rlrf, en 
Bretagne. 39. Montigny. 40. Fougères, en Bretagne. 41. BasinviUe. 4i. 84lnt- 
Loup de Sablé. 43. Maintenon. 44. Gahard, en Bretagne. 45. Biencourt. 46. 
Rolrssy. 47. Ti-ioh.48. Gîiors et Telley, A9. Azeilay. î». ftenty. hl. Sàlrifc-Maid dé 
Dinan. {S; Crosaon. 53. Seroay. 94. Malestroit, Rochefort, Plomeri Tridon et 
Guer. 55. Ventelay, en Bretagne. 56. Saint-Venant de Luisne. 57. Saint-Eloi 
d'Angers. 58. Sainte-Céline. 59. Villeberfort. 60. Chastillon. 61. Villeprëllt. 68. 
Fentaioes. fa. Borigny. 61. Nostre Dame^dos^hamps. 65. Danpicrri, GhsTi^ 
gny, Saint-Martin de Brou, 66. Chaviany. 67. Beaurin. 

Deuxième vblùme du càrtulaire deMannoutiêrt. —68. Bohon. 6&. Chaîne^ 
70. Plerrefons, Neuffontaines. 71. 8aiht>-Tlgor, en Perrière. 'Ti. 9itinb'TM\^ dé 
Pilé. 73. Bertencourt. 74. Josselin. 75. > ores. 76. Saint><]élerin. 76 bU. ^Océ* 
77. Montejean. 78. Freteval. 79. Nieppe Eglise. Rocey. 80. Espernon. 81. Chas- 
teaù du Loir. ës. Vivoiii. 85. Tatan. 84; Beleâmè. 85. Salht-Marô-lez-Vendosrfie. 
86. Combourg, en Bretagne. 87. Notre-Dame-des-Marchez ou de Troto; 88. Q^in- 
quiers.89. Ramerru. 90. Mortain. 91. Lehon. 9SL Lehon. 93. Sablé. 94. Daumaireé 
95. Èoire. 96. Bbnne-Nbilvelle, 97. Chemars. 98. fchousy {Âbest). 99. Lancey. 
100. aille. iOl. Uvardin; 103. Prieuré d'Angleterre. 103. forcé. 104. Torcy. 105. 
Cbemillé. 

Troisième volume du càrtulaire de Marmoustiert. — Î06. Laval. 107. Chas- 
têaubriànt. 108. Le couvent Ghatitëdeâii. ld9. Ma&d(»séparée I^etiVille. iiO. Saint- 
Palais, en Berry. 111. Sigournay. lis. Meslan. 113. Svarades. il4* Titré. il5. 
Lisle Tristan. 116. Fougères. 117. Gahart. 118. Roche-sur-Yon 

4866. Interrogatoire de l'archidiacre dé Tours. (Cat. L., n. 14 bis.^ 
798.) 

4867. Extrait d'une lettre de S. Prévost à M. Du Plessîs Bonrré, 
conseiller du roy et trésorier de France^ eà il est parlé d'an Ap-* 
pointement conditionnel fait par les gens de roonseigneitar de 
Tonrs avec les messieurs de la Sainte-Chapelle pour le fait de la 
régale, (f. Gaign. 37.) 

4868. Chapitres des PP., carmes réformés de la pr«Tince de TeU'^ 
raine. In-fol. pap. xtii» siècle. {SuppL fr. ô090.). 

4869. Les chanoines de l'église de Saint-Martin de Tours. an roy. 
[beih. 8447. p. 62.) 

4870. Touraine. Pièces et chartes sur les àbhàyes. (Guign. 689. 640.) 

4871. Lettres patentes de François 1", portant cdinthisèioti à maî- 
tre Claudïi des R'àsses, conseillei^ au Par]«metit, pëur itiforber ad 
pays de Tourainé et terres adjacentes contre lés prédicateti^ et 
pratiquants l'hérésie et leur punition. DoUné à Jomiéges, le 
fi août 154é. (6g vol. des. Ord. de a^nç. 1»% cotéO^ foL 122.) 



36 LE CABINET HISTORIQUE. 

4872. Histoire de Tabbaye de Marmousliers avec les preuves, par 
Ed. Marlenne, religieux bénédictin de la congrégation de Saint- 
Maur. In-fol. 2 vol. Ln-fol. de texte. 2 vol. de preuves, (ilés. S, 
Germ, paq. 96. 4, n. 811.) 

4873. Confirmatiô stalutorum ministerii caligariorum et chausse- 
tcriorum villae Turonensis. Sept. 1496. [SeriU 429««., fol. 151 
àl6t.) 

4874. Confîrmatlo statutorom et quorumdam articuloram super 
ministerio capuciariorum et chapelleriorum villse Turonensis. 
Septembre 1496. [SenL 429 «^, fol. 161 .) 

4875. Confirmatiô priviligiorum miigistrorum ministerii drap- 
riae auri et sériel in villa Turonensi. May 1497. (SeriL 429««., 
fol. 274 à 298.) 

4876. Entrée du roy Henri IV dans la ville de Tours où la Chambre 
des Comptes le fut saluer en corps et luy fit les soumissions accou- 
tumées eslre faites à Vadvenement des roys à la couronne. 21 nov. 
1589. (Extrait des registres de la Chambre des Comptes.) (500. 
Co^ô. 140, fol. 186 à 189.) 

4877. Compte de l'entretien. des bois de Tours en 1645. (Stip. /". 
4889.) 

4878. Testament de Lemaigrc (Lemeingre) de Bouciquault. (Du 
Puy, 661-662.) 

4879. Autre pièce écrite en latin, relative à Boucicault de 1309 et 
1408.— Il y a une fort grande bulle de Nicolas V*» sur la demande 
que luy faisoient les héritiers du maréchal de Bouciquaut de la 
somme de 40,000 livres qu'il avoit prêtez au pape Benoit IV. En 
ce mois 1420. (/d. 661-662.) 

4880. Bourrée Jean, seigneur du Plessis, très, de Louis XL— Lettres 
de J, Bourrée ou à lui adressées, 1 v. g. in-foL, pap., écrit, de la 
fin du xve siècle. [SuppL /. 1959.) 

4881. Recueil de lettres de Loyse de Savoie, particulièrement à 
BeaunedeSamblançay. [Font 256.) 

4^82. Lettre de Marguerite d'Orléans, sœur de François I^', au 
sieur de Samblançay. (^Collection Menant 1-8., fol. 91.) (21 oc- 
. tobre 1520 ou 1621.) 
Elle rassure sur ce qu'il craignoit être tombé dans la disgrâce do la co/u- 



CATAL, — ANJOU ET TOUBAINE. 87 

tesse d* Angouléme, sa mère, ne lui conseille pas de quitter le service du roi 
pour venir se justifier, et lui promet de l'avertir s'il se passoit quelque chose 
contre ses intérêts. 

4883. Lettres de B. de Samblançay à M. de Robertet. (8488» p. 87- 
115.) 

4884. Compte rendu des deniers qu'a reçus et employés par ordre 
de Madame, mère du roi, le sieur Jac. deBeaune de Samblançay. 
(9724 et 25.) — Jugement de ses comptes de recettes et dépenses. 
iSuppl 350»».) 

4885. Procès de Jacques de B. de Samblançay. (5. f. 550 ".) 

4886. Jacques de Beaune de Samblançay. (1544-1081.) — Arrêt 
du Parlement contre lui. {S. Vict., iuppl. 1514.) 

4887. Lettres originales écrites à Breton Villandry. 1548 à 1554. 
{Gaign. 317-318.) 

4888. Discours historique sur la chfttellenie et le château de Che- 
nonceaux : précédé d'une lettre à M. et madame Dupin, seigneurs 
châtelains de Chenonceaux-sur-Cher; ~ par delà Chauvignière 
père et fils. Au château de Chenonceaux, le 1®<^ may 1740. {Jnj. et 
Tour. t. 21*., fol. 32 à 64.) 

Récemment publié par M. le prince Aug. Galitzin dans les Mémoires de la 
Société archéologique de Touraine. 

4889. Mémoire ou relation de l'arrivée de la Pucelle d'Orléans en 
la Tille de Chinon, et de quelle manière elle fit lever le siège 
d'Orléans de l'année 1428, en langage du pais avec la traduction. 
{Coll. Doat, tom. 7 à 10, n» 123.) 

4890. Extraits de divers cartulaires concernant Tabbaye de Bour- 
gneil (diocèse d'Angers (192 Gaign,) 

4891. Notes et pièces concernant Tabb. de BourgueU. (246 Id.) 

4892. Mémoire du cardinal de Richelieu, pour la décoration du châ- 
teau de Richelieu. Du 10 juin 16^. {Baluze. 323, fol. 38.) 

4893. Voyage de Paris à Ricbelien, fait en 1820 par Dufourny et 
Visconti, in-4o, autogr. de Dufourny. (2531. Suppl.) 

4894. Titres, armoiries, etc., sur Tabbaye d*Aiguevive. — Abbaye de 
Saint- Augustin (de Sainte-Geneviève), à une liene de Montri- 
chard. (245. Gaign,) 

4895. Histoire de la ville et des seigneurs d'Amboise, par nn cor. 
dellier de celte ville. (9864 6. De Mesmes.) 



4806. C)iraQi«|u66 des oomt^s d'AnjoH avec la {généalogie det seir 
gnenps d'Amboise, par Herrey de la Queue, domloicain. ÇBal, 
106.) 

4897. Chroniques des seigneurs d'Amboîse, par Bervey de la 
Queue, jacobin. (248. Miss. éir. Le» mêmes. 7369*.) 

4898. Confiscation des biens de Pierre d'Amboise, donnés à la du- 
chesse d'Orléans, ce dernier may 1465. [Ch, des c, vol. 5, 
fol. 855, v^) 

4899. Louis d*Amboise, chevalier, restitué en la jouissance de ses 
biens sur fuy auparavant confisqués par arrest. {Éarl. Ch- des ç. 
vol. 7, fol.)" 

4900. Lettres du roi Louis XI, qui accorde aux habiians d'Am- 
boise, pour bàlir une église, un droit de 5 denier^ tournois sur 
chaque minot, d^ns toute l'étendue du royaume^ et ce, pendant 
Tôspace de quatre ans. Du 7 juin l473. (649*. QaigA2.\ 

4901. Lettres patentes du roi Louis XI, qui ordonne aux ^ens des 
comptes de Paris de ne point inquiéter Jehan Rogemont, chargé 
de la recelte des cinq deniers ci-dessus, pour édifier l'église d'Am- 
boise. Du 20 niars 1478, (649 *. Gaign, 13.) 

4902. Confirmatio privillegiorum villq» de Ambesis. Juin 149S. 
.(^^17.429^ fol P67.) 

4903' Recueil de Içttref originelles .4e George, p^rdinal d'Am- 
\kçm^ lépt ^n Frçince, et de M. 4^ Cji^uniont son neven^ etc., au 
nombre de 44 lettres. (Dup, 278f.) 

4904* Qar^ng^ du isieiir 4P ^^ Renaudie, cl^ef d^ tiinaul^e d*Ani- 
boise. (8474.) 

4905. RéjpppaaUQFl flfi« e^x et forets d'Amboifte, Gn |6fl9. {S, 
^.354Q'M 

4906. Histoire loçhqise, des antiquité^ 4'4iBbQi§p, (^p^ties, 8^u- 
l^|i, Plois, Mpntfichard f t incidemment ^m preinjiarsi comtes 
d'Anjou, par François Herv^y, de la OMeue^ J£|6Dbip, angevin. 
Extrait pour la plupart du )aUn de M. ThQWfii Paccio, prieur tfe 
l'église royale et cpUegiale de Lqpheif.— Trp^vé^ à I^eche^i l'an 
1538. (9864 S f. Bal) 

4907. antiquité? d'/Vmt>Qtee« Loches, BeeuUeo et ai|tre^ yille^ pir^ 
convoisines avec l'histoire des premiers §f^B)te3 d'Afijou, par 



GATAL. **« AW^U WT fOUBRAINB. 5§ 

François H^rvé de la Qaeae, jaeol»n aagfFin. (L$ m(m$^ 10304.) 
4908. Littera DrDooQis de Melloto constalmlBrias Franci» «t Dro« 

conis filii sui * de donatione Gastri de Loches et Castelli super 

Andriam et retentione regallum abbatiarum : data annuo 1205. 

(TV. des eh,, reg.C.^ 
4^. pqnatlops, yente9 iBt autres contrats rotatifs à des bleui; 

situés à Loofies et autres lieux de Touraiofs; 47 pièces de 1316 h 

1369. (J. L sect hUt J.) 

4910. Plures litterse tangentes pedagium de Loches i datœ auno 
1328. (Tr. de» Ch, reg. C.) 

4911. Lettre de cinquante sols de rente sur le paage de la pré- 
ypsté de Loches, vendues au roy. 1330. (/d.) 

491?. Licent|a reljgjo^is qrdjnis Carlusi^ni ^is Ligpto, 4?^ P| 
possint acquip^F^ trepeqtas libra§ qum a4^oi;UsatM»p# ear||I^4^9l• 
Juin 1663. {Sèril 429 2«. fol. 67.) 

4013. Registre obitoaire de Loches. 1 toL in^fel. vol. acv et xti« 
siècles. (1368. Sup. f.) 

4914. Lettres patentes de Charles V, portant règlement pour les 
privilèges des abbés, religieux et couvent de la Trinité deBeaulieu- 
sous-Loches : données au château du Louvre près Paris, au mois 
de janvier 1367. (Ord. de Ch. VIII. cot. H. fol. 197.) 

4916. Quittance de Guillaume de la Vallière, abbé de Beâullea 
(près Lodies),au profit de Ëstienne du Cormier, paroisse de Saint- 
Laurent-de-BeauUen. 16 Janvier 1398. {Gaig. 68, fol. 99. 

^16. Garta fundationis pro prioratu de Ltgeto in foresta voeata 
Le Bpls-pgiçr. Juin 13^ (ep |a chàtellçnie de Lo(c}ies.) (SeriU A^^, 
fol 49. art 316 et 17. Beg, 92.) 



BIBLIOTHÈQUE DÇ SENS. 

Nos lecteurs, et surtout ceux du département de l'Yonne, se sou- 
viendront du débat engagé dans ce recueil entre M. Auguste Ber- 
nard et M. Philippe Salmon au siJiJet diss nianiiscrlts de la bibliothè- 
que du chapitre de SenS; 



40 LE G4BIIŒT HISTORIQUE. 

Dans une lettre du 15 juin 1856, publiée dans notre sixième li- 
vraison de la même année, M. Salmon a signalé une erreur de 
M. Bernard, qui avoit pris pour un catalogue de manuscrits enlevés 
au chapitre de Sens le commencement d'un catalogue complet des 
richesses manuscrites de cet établissement, dressé par le P. Laire. 
M. Bernard n'avoit fait connoître que les neuf premiers numéros de 
ce catalogue, les soixanle-dix-neuf autres lui avaient échappé. La 
véritable liste des manuscrits enlevés à Sens par M. Prunelle a été 
retrouvée par M. Salmon et nous l'avons publiéedans notre septième 
livraison de 1856, p. 163 ; toute équivoque a disparu. Quant au ca- 
talogue complet des manuscrits du chapitre de Sens, dont M. Salmon 
a bien voulu nous transmettre copie par sa lettre précitée, il nous 
avoit été impossible de le donner entièrement; nous sommes heu- 
reux d'y revenir aujourd'hui. Non-seulement il a le caractère d'un 
document inédit, mais nous sommes redevables à M. Salmon de 
recherches ayant pour but d'indiquer où se trouvent maintenant 
la plupart de ces manuscrits. 

Nous reprenons ce catalogue en entier, avec son titre et ses détails, 
parce qu'il a une véritable valeur bibliographique. 



Catalogue des manuscrîis de la bibliothèque du chapitre de Sens 
que le fondateur (1), par son testament^ avoit léguéepour l'usage 
de la ville de Sens^etqui étoit en possession de la fréquenter (sic). 

4917. Missa seu prosa asinaria quae in prima anni die cantabalur 
in choro ecclesiae cathedralis Senonensis. Manuscrit sur vélin du 
xiv« siècle, mais renfermé dans des couvertures d'yvoire, in-fol. 
Ce manuscrit est conservé à la bibliothèque de Sens ; c'est le fameux mis- 
sel de la fête des Fous, avec le remarquable diptyque païen du iv® siècle 
qui lui sert de reliure. 

4918. Manuale seu rituale ad usum ecclesiae Senonensis. Manuscrit 

du XI v« siècle sur vélin, complet et écrit en gros caractères; in-4 

(n. 1). 
Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. $70, 

4919. Pontificale in-4. Manuscrit sur vélin du xiy^ siècle (n. 2). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 349. 



(1) Le doyen Charles Henri Fenel, en 1725, fonda la bibliothèque publique 
du chapitre de Sens, et légua à cet établissement une partie de ses biens par 
testament reçu Legris, notaire à Sens, le 21 janvier 1727. 



CATAL. — BIBUOTHÈQUB DB SBNS. 41 

4d20. Pontificale Senonense. Manuscrit da xiii* siècle, bien con- 
serré et d'une belle écriture, în-4 (n. 3). 
Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. S49 bis. 

4921. Benedictionale episcopale, ad usum ecclesiae Senonensb. Ma- 
nuscrit du xiii<^ siècle sur vélin, très-bien conseryé, avec de très- 
belles lettres grises peintes en or et azur (n. 4). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 290. 

4922. Pontificale minus (sed ad usum cujus ecclesiae ignoro). Ma- 
nuscrit du xiT« siècle, sur vélin, en gros caractères , in-8 (n. 5). 

Existe à ^la bibliothèque de Sens sous le n. 394. 

4923. BreTiarinm ad usum ecclesiae Senonensis, in-4. Manuscrit 
sur vélin du xiii« siècle^ où se trouvent notés les versets et les ré-^ 
pons; il ne manque que quelques feuillets à la fin (n. 6). 
Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 157. 

4924. Breviarinm ad usum ecclesiae Senonensis, in-4). Manuscrit da 
xiT^ siècle, snrvélîn, bien complet; les répons et les versets y 
sont notés (n. 7). 

4925. Breviarium ad usum ecclesiae Senonensis, in-8. Manuscrit 
sur vélin du xiii« siècle, bien complet (n. 8) (1). 

Existe à la bibliothèque d'Auxerre avec cette marque : S., n. 6. 

4926. Breviarium ad usum ecclesiae Senonensis, in-4. Manuscrit sur 
vélin du xiii® siècle, avec des lettres peintes en or et azur. (n. 9). 

4927. Geremoniale quod fuit olim monasterii Saocti- Pétri vivi Seno- 
nensis, in'4. Manuscrit du xiii<^ siècle (n. 10). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 3S9. 

4928. Geremoniale Sancti-Petri vivi Senonensis, in-4. Manuscrit sar 
vélin, bien complet, écrit auxiii<» siècle (n. 11). 

Existe à la bibliothèque de Sons sous le n. 393. 

4929. Rituale quod fuit olim monasterii Sancti-Remigii Senonensis, 
isk-4^. Manuscrit du xiii« siècle, en beaux et gros caractères. Ce 
monastère est détruit depuis près de trois cents ans (n. 12). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 549 ter. 

4930. Missale ecclesiae Senonensis, petit in fol. Manuscrit sur vélin, 
du xiii« siècle, avec peintures, et le chant y est noté (n. 13). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 188. 



(1) Ici finit la copie de M. Bernard. 



4? I-i C^filWlJf ^I«fQRlQUE. 

écrit en 1671, par Jean Le Riche, copM 9Bpt à mi Sfir np ipès- 
ancien manuscrit des apidiiYes de la eathédrale (n. 14). 
Sxist9 ^ U bibliothèque de Aen« squs }e ». «gir. 
4^2. Missal^ ad usum ecclesi^ SeQonenais, gmtà in'4. I^^ai^rit 
écrit partie sar papipr et aur Téiîn. lA partie du ?élia a été éc^te 
avant l'an 1230^ mais en 1Ô76 il a été augmenté de plusieurs 
messes; il est divisé en deux parties ou volumes (n. 15). 
Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 116, at vol. 

4933. Description de Tétat des affaires d'Europe en 1667 . msc. 
in-4. sur papier. C'est un recueil de pièces dont quelques-unes sont 
intéressantes (n. 16). 

Existe h la bibliothèque de Sena sous le n. Idft. 

4934. Compendium historiarum antiquarum et geographlae^ autoris 
incerti. Msc. sur papiep^ ia-4. (17). 

4935é Anioris ignoti giossse in appcalypsum (n. 18.) 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 282. 

4936. Galfredi Çal^ioais ^pgli seri^Qn^s, Msc. sur yélifi, in-!, dH 
xii« siècle (u. 19). 

Existe à la ))il)|iothèque d'^u^erre sous le u. 34. 

4937. Dicfwnnair^ arnbfi p^ tetjn, par fiodîaFl. ^^' m p?pif^ îj|r4, 
du siècle dernier (x¥h« siècle) (n. 20)» 

Existe h la bib)iotb,è(][i^ 4'Auxprre ^au^ numéfo. 

4938. Distincliones piali^rii sepun4|]Fn PetfKfn p|etav^ea|e^l; ]^sc. 
in-4. sur vélin, du xiii® siècle (n. 21). 

Existe è la bibliotiièqHe d'Auxerre squs }e u. s. 

4939. Coesarii arelatensis opéra quondam et Bichardi a sitiicte Vie- 
tore interquœ opuscula de potestate Itgandi et solveiidi. Msc. sur 
papier, du tin* siècle, iti-4. (n« 28). 

Existe à la bibliothèque d'Àuzerre sous le n. IT. 

4940. Le roman des déduits des diiens et des oyseenx; mso. sur 
vélin, du xiv« siècle, in-4. avec peintures. L'auteur est Gaees de 
la Buyne, premier chapelain du roi Jean ; il le commença en An- 
gleterre, potir Philippe le Hardy, fils du m lean, et il le vint finir 
à Paris, après la prison dh Roi (ti. 23). 

Emporté de Sens à Auxerre par le P. Laire; enlevé officiellement, dans 
cette dernière ville, en l'an xii, par M. Prunelle; existe à la bibliothèque 
de l'école de médecine de Montpellier ^f^w le n. 94^, 



GATAL. •*«• BIBLIOTHiSQini Dfl SENS. I5 

4941. 8jnop8U chronie» saoeti Manaai alU^stodOfemis. Mso. sur 
papi9r 4q JRTf sièoU, est m abrogé 4e la (ionique {m) à% Kpliert, 
niQine op ebanoinis régulier ppémoptré d'Api^erre, uni 9 ét^ im- 
primée très-imparfaîtemeut par Caa)^sat (p. 24). 

Existe i la ]>i^)iotbèque d'Auxerre sous le n. iSSt 

4942. Poema anenymum anlhoris sectiU deoimî sextî de rébus gtdlt- 
cis sub Garolo VI et Garolo VH in tpes libpos divisum. Mso. sur 
papier in-fol., beau et bien conservé; à en juger parle style, il 
parott étire du poète Buchanan, ecossois; il semble au premier vers 
vouloir ehanler les guerres d'Ecosse (Calédoniœ) ; ec poète peut 
avoir feit cet ouvrage lorsqu'il éloit à Paris, cbez le maréclial de 
Brissac (n. 25). 

4943. l» Le pèlerinage de vie humaine (par de Guignevilie, moine 
de Ss|iptrBerpard, dfin$ l'ab))a^p de Cb^alis, près Seplis). Msc, 
iu-fol. avec peipture sur yé^p *, pç msc. a été imprimé. 

> Sept feuillets de vers latins eu rime léqnine, d'un auteur in- 
connu. 

S^ Responsio cujusdam cordigeri (con)elier) (|Mi ^biit in ffsgiope 
lartarorum ex prœposi(o papq^ e(r^gi3 ((.^dpvici) Frupcoruoiquo- 
n^qdq se |ig)>uit iq^er Tartarps fi\ i^iarq |p itiiifere (ce cqrd^Uer se 
pqipme \y^lelmu$ d«^ I^ubrpph}. 

4» Le cpnfprt de Jean de Meun (dit Cloppioel). Jean de Meun 
a acheyé le roman de la Rofte4 Je ne saehe que cet ouvrage de lui 
ait été imprimé, et il est resté inconnu, à moins que ce ne soit un 
abrégé de sa traduction de la consolation de philosophie de Boèee. 

4944. Le roman de Gérard de Roussilton (un des preux de Cbarle- 
magne et fondateur du monastère dé Vexelay, où il est entepré)» 
Use. survéUn, dusn^^ sièele, in*4. Hmanquolt quelques feultiets 
à ce manuscrit; ils ont été réparés par les soins de La Gurne de 
Salnte«Pdl1aye; les exemplaires en sont rares, mais il a été im- 
prltué (n. il). 

Existe à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier sous le 
n. ^. ç« fnao^scrit a été r^c^ipmspt pi^filié par H. Migp^r^ de Qijpn. 

4Û45. Gvonîea Viieliaceasis menasterii. -r- Histeda brevis eomitnm 
Niveme^sium. -• Historia Viidiaceasis monaslerii pF«ip^ autis- 
siodorum. Msc. sur vélin, du xiii« siècle, in-fol. Ces ttfois ouvrages 



44 L^ CABINET HISTORIQUE. 

sont attribués à Hugues de Poictlers, moine de Yézelay. Les deax 
premiers ont été publiés parle P. Labbe, dans sa Bibliotheca ma- 
nuscriptorum, et le dernier, parDachery, dans son Spicilége, et cet 
exemplaire est l'original dont il s'est servi pour le publier^ comme 
il en conste par les deux lacunes qni sont dans Timprimé, où le 
nombre des feuillets coupés est cité et qui est exactement le même 
que celui des feuillets coupés dans ce manuscrit (n. 28). 
Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous le n. 106. 

4946. L'Arbre des batailles, fait par ordre du roi Charles VIL Msc. 
sur yélin, in-fol., très-beau, arec des lettres en or et azur (Uauthear 
est Honoré Bonnor). Ce msc. a été imprimé deux fois dans le 
xv« siècle (n. 29). 

Figure sur la liste des manuscrits emportés par le P. Laire de Sens à 
Aux erre. 

4947. Venantii Fortunati carminum libri X. — Aurelii Prudehtii 
multa sed non omnia opéra.— Yirgilii bucolica, etc. Msc. sur papier 
écrit en 1472, in- fol. — J'y ai trouvé une petite pièce de Pru- 
dentius, que je ne trouve pas dans les éditions de Prudentius que 
j'ai sous la main (n. 30). 

Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous le n. TT. 

4948. Vita sancti Eligii per Audoenum. — Urbani papae decimi et 
Ivonis carnoteusis epistolae. —Opusculum de primis hœreticorum 
seclis. — Msc. sur vélin, du xiii® siècle, in-4. (n. 31). 

Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous le n. 49. 

4949. Ivonis carnoteusis epistolae.— Msc. sur vélin, in-4, da xii« on 
xiii« siècle (n. 32). 

Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous le n. 16. 

49Ô0. Hisloriae sacrae synopsis.— Summa dicendi et tacendi.— Libri 
consolationis et oonsilii. — Libellus de dilectione dei et proximi 
et alla opuscula (ces trois derniers ouvrages sont d'Albertinus 
Brixiensis , dont les œuvres ont été imprimées dans le xy« siècle 
et quelques-unes à Burgdorff en Suisse, en 1472). Msc. sur vélin, 
in-4, du xiv« siècle (n. 33). 

4951. Sermons de Maurice, évéqne de Paris (en langue françoise). 
Msc. du xiii« siècle, petit in-4 sur vélin. Il est précieux en ce 
qu'il nous transmet l'état de notre langue dans un temps de bar- 
barie (n. 34). 



GATAL. — BIBLIOTHÈQUE DE SENS. 45 

4952. Recueil dé lettres de madame de Rochefort. Msc. iQ-4 , sur 
papier (d. 35). 

4953. Recueil de nocis nouveaux à rimitalion des anciens et quel- 
ques autres opuscules de M. Taffoureau de Fontaines^ évêqne 
d'Aleth (n. 36). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le u. 156. 

4954. Conférences et catéchisme du diocèse d'Aleth^ sous M. Pavillon. 

Msc. in-4. sur papier (n. 37). 
Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 169. 

4955. Vies des saints ou mémoires tirés de divers anlheurs, pour les 
vies et histoires des saints de l'Ancien Testament, disposés aux mois 
et jours de leur mort ou translation. Le tout divisé en 12 vol. pour 
chaque mois de Tannée, par Fenel, doyen du chapitre de Sens. 
Msc. in-8, papier, 12 vol. (n. 38). 

4956. Nomenclature ou catalogue des saints, extraits de différents 
auteurs et placés méthodiquement sous les jours de chaque mois, 
in-8, 4 vol. Msc. sur papier, par Fenel, doyen de Sens. Ce réper- 
toire est utile pour ceux qui voudroienl travailler sur quelques vies 
particulières des saints (n. 39). 

4957. Sentence chrétienne pour chaque jour de l'année, placée à 
dessein de servir de réflexion journalière à un chrétien. Manus-> 
crit sur papier in-8 par Fenel, doyen de Sens (n. 40). 

4958. Recueil ecclésiastique. Comment un prêtre se doit conduire 
dans la direction des âmes, avec des conférences ou catéchismes à 
ce sujet. Manuscrit in-ï., 2 vol. sur papier (n. 41). 

4959. Lettres de plusieurs évêques de France à monseigneur Taf- 
foureau de Sens, ancien doyen du chapitre et ensuite mort évéque 
d'Aleth. Manuscrit in-4. sur papier (n. 42). 

4960. Lettres de M. Taffoureau à quelques religieuses d'Étampes. 
Manuscrit in-4. (n. 43). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 154. 

4961. Ecrits divers de M. Taffoureau et de M. Berrand. Manuscrit 
in-4. (n. 44). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 154. 

4962. Lettres de M. Taffoureau à son neveu Fenel, doyen de Sens. 
Manuscrit in-4. (n. 45). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 154. 



46 IB CABIKBT HISTORlOeS. 

4963. Lettres fle M; Taffèttt>eau à madame de Riènii Bfdliuftém 
in-4. (n. 46). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le o. 184. 

4964. Théologie t&ofalé oit cbnduite d'un honnête h^ûÉné dans 
tous les étals de la vie. Manuscrit in-4. (n. 47). 

'Existe à la bibliothèque éé Seiis dotid le ti. ^45; 4 Vol: 

496Ô. ConOuiié éptscofiaie bti que doit tenit^ un étéifûë ^etoii l'esprit 
de Dieu, lilanuscrit sur papier in-4. (ft. 4&). 

4966. Institutionesoratoria^etpraecepiarethorîca. tianuscrit in-l, 
sur papier (n. 49). 

4967. Vie privée de M. Taffoureau, sénonois, évêque d'Aleth. Ma- 
nuscrit in-4. sur papier (n. 50). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 154. 

4968. Lettres de quelques personnes d'état à M. taffoureau. Ma- 
nuscrit in-4. (n. 51). 

4969. Lettres de M. Taffoureau à quelques religieuses. Manoscrît 
in-4. (n. 52). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. l54. 

4970. Office françois de sainte Paule, veuve. Maniiserit in-4. (n. ô3]; 

4971. Lettres de MM. Berrand et Taffoureau. Manuscrit in-4. (ii.54). 

4972. Lettres de MM. Berrand et Taffoureau. Manuscrit in-4. (n. 65). 
Les manuscrits 54 et 55 (4900-4901) existent à la bibliothèque de Sens sous 

le n. 266, 4 vol. 

4973. Recueil de lettres du P. Seurin, jésuite. iîânilscHi iti-4. (n. 56). 

Existe à la bibliothètjue de Sens sous le n. 155. 

4974. L'isirt de bien penser et de bien vivre, par tàftoiiréau. Ma- 
nuscrit iri-4. (n. 57). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 161. 

4975. Rethoricae praecepta annî 1684, in-4. Manuscrit (n. 58). 

4976. Abrégé cronologique (sic) des empereurs et papes, par Fenel, 
doyen de Sens. Manuscrit in-4. (n. 59j. 

4977. Lettres de M. Taffoureau à madame Riottede Melun. Manus- 
crit in-8. (n. 60). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 170. 

4978. Recueil d'opuscules de M. Tafïouri&aui ManhsMl ih^. (n. 61). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 154. 



GATÀL. -^ MUirriifeQaB de ^ens. 4t 

4dtl. ttéiiiotm abi-égéft des gétiêraUtés dli royaume de Frattèe, l^t 
le comte âéBdillainTilliet'â. Màiinscrltin-fbl. 2 vol. (h: 62): 
Exiëte i là bibliothèque de Sens dduâ le il. 231^ 9 vol. 

49Sa. Différents mélanges et nbtes sur i^luslears objets, ^àrTalRHi- 

reau. Manuscrit in-foK, 2 vol. (n. 63); 
4081. Réciieil de hétes aVe(; ttn toliittië de tables, ^âr M; Fetiël, doyen 

de Sens. Manuscrit in-fol., deut tomeft (tl. 64): 
4982. Mémoires abirêgés cdiitenant l'histoire dd gouvértienient dès 

les c(9mmeneements dé la mduarehie, pdr BoolainirUliers. Mantis- 

crit ifl.4. 9 vol. (rt. 65). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 958. 3 vol: 

4083. Mémoires présentés au duc d'Orléa&s an eommencem^nt de là 
régfeiicé, par Bouiainrilliers. Manuscrit iii>4; fi vol. (d. 66). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. ft39, 9 vol. 

4984. Traité sut' la noblesse française, par Bôdlainvilllers. Manils- 
crîtln-4.(h.6î). 

Elistè à la bibliothèque d'Autërre sbus le n. 9S. 

49g5. Lettrés de t. GnéHri, petit cd^é déftls, diocèse de Seei, fen 
Nébmâhdië, â l'éTèïtuë de SOissdnâ (monseigneur Lattgùèt) du 
2i iiovembre 1722^ ili-4. Manuscrit (n. 68). 

Existe â là bibliothèque de Sens sous le n. 280. 

4Ô86. Elementariùm seu vocabiilarium papiae. Manilscrit sûr vélin 
diixive siècle, bien complet, in-fol. 2 vol. (n. 69). 

Étiète à la bibIiothè4uë de la Pacuitë de médecitië de Montpellier souâ le 
n. 38. 

4987. Freculfi historiae.— Monostica de imper. Romanis. — Eglogue 
de institutioneviribonl.— De Pltagoridd (de) definitionibiis— De 
actalibos animantium. — Definitiones philosophornm de rébus om- 
nibus. *->- Ëpistola Alexandri Magni ad Aristotelem de situ Indiae 
et ittnerum vastitate. — Dares Phrygius de excidio Tro^œ — For- 
tunatus de conselatione, de Uberatione animarum. — Historia 
britannica. — Manuscrit sur vélin du xiii«, ia-fol. (n: 70). 

Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous le n. 85. 

4988. Josephi hebraici antiquitatum Judaicarum libri xii ab initîo 
mundi ad tempora usque Machabseorum. Manuscrit in-fol. sur 
vélin du iive siècle (n. 71). 



48 LE CABINET HISTORIQUE. 

4989. Josephi hebraici de bellis Jadaeorum cum Romanis libn. VII. 
— Antiquitatum Judaicarum libri 18 et 19 sub Machabaeis. — Le 
Yolume se termine par un feuillet intitulé : Sermo magnnmque 
miraculum de imagine crucifixi Domini. Manuscrit in-fol. du 
XIV* siècle très-beau (n. 72). 

4990. iTonis carnotensis epistotae. Manuscrit in-fol. sur yélin dn 
xiv« siècle, bien complet (n. 73). 

4991. Martyrologium ad usum monasterii Sanctae-Columbae (extra 
muros Senonenses). — Necrologium ejusdem monasterii. Manus- 
crit sur vélin du xii^siécle, très-précieux et chargé de notes (n. 74j. 
Existe à la bibliothèque de Seas sous le n. 954. 

4992. Giariichronicon monasterii Sancti-Petri vivi Senonensis qui ad 
annum usqne lUOillud perduxit ; ad annum vero asque 1219 illud 
perduxit Galfridus a CoUone ejusdem monasterii monachus. — 
Clarius primo fuit benedictinus floriacensis et postea apud Sanctum- 
Petrum vivumfloruil, régnante Ludovico VI anno, 1108, ut ipsein 
suo cronico {sic) testatur ; Galfridus vero obiit anno 1294. Ce manus- 
crit est peut-être l'original continué par Godefroi de Gollon ; tou- 
jours est-il du même siècle que lui; in-4;très bien conservé sur vélin, 
avec une apostille du P. Mathoud qui porte qu'il est resté trente 
ans entre les mains du P. Sirmond. -— Nota que Mathoud dit 
page 7, libri devera Senonum origine, imp. 1687, qu'il a pub lié la 
chronique de Clarius en 1657 ; mais le fait est que cette chroni* 
que est imprimée dans le Spicilége de Dachery, tome 2, édition 
in-fol., p. 463, et édition in-fol., p. 463, et édition in-4., t. 2 
(n.75). 

Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous le n. liS. 

4993. Chronicon senonense incipiens ab incamatione Domini et 
perductum ad annum usqne 1295. Msc. sur vélm, du xiv^ siècle, 
bien écrit et bien conservé, in-4. (sur l'autheur, voirie n. 75 des 
msc. de Sens; Tautheurest Godefroya Collone)(n. 76). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 271. 

{La suite au prochain numéro,) 



GATAL. -^ BIBLIOTHÈQUE DB SENS. 49 

4994. Acta sanetornm Sariniani et Potentiani apostoloram ecdesi» 
SeDonensis, eorum miracula et historia translationis eorum cor- 
porom (hujns partis autor est Odorannas monachus Saneti Pétri 
mi Senonensis. On en trouve une partie d'imprimée dans le 
SecQlum Ti, aclorom saneti benedicti ordinis du P. Mabillon, 
page 254. Odoran dédie son ouvrage à Gerbert, qui était abbé de 
St-Pierre-le-Vif, depuis 1046 jusqu'à 1079. Ce même Odoran est 
aussi auteur d une croniqne {sic) imprimée dans le recueil de Du- 
cbesne].— SermoWarnerii de Cruce.— Hugonisfloriacencis mona- 
chi benediCtini ecclesiastica historia perducla ad finem regni Caroli 
Magni. —Superbe msc. in-4 sur vélin, du xrv* siècle (n. 77). 
Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous le n. 45. 

4995. Croniea fratris Martini (ordinis praedicatormn), pap» peniten- 
tiarii et capellant (ne) perductausque ad annum 1280. — Croniea, 
Bomini Nicolaipapœ tertii, Martini quart!, etHonorii tertii a quo- 
dam magistro confecta qui vidit et scripsit. (Cette partie est de 
12 feuillets seulement). Msc. sur vélin^ très-beau, du xit® siècle 
(n. 78). 

Existe à la bibliothèque de Sens sous le n. 165. 

4996. Ghronicum rerum magis noiabilium cœnobii sanctse Columbae 
ordinis saneti Benedicti senonensis ab anno ejus fundationis ad 
annnm 1648, opéra Yictoris Cotron congregationis sancli Mauri 
ordinis saneti Benedicti. Manuscrit in-fol. sur papier. Cet ou- 
vrage a été compilé sur les mémoires tirés des archives de ce mo- 
nastère et des écrivains anciens (n. 79). 

Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous le numéro 116. 

4997. Liber de redditibus anniversariorum pertinentibus ad monas- 
terium saneti Pétri vivi Senonensis. Scriptus fuit in anno Do- 
mini 1298. Manuscrit sur vélin in-4. C'est un nécrologe de saint 
Pierre le Vif; il y en a deux exemplaires sous le même nu* 
méro (n. 80). 

Existe à la bibliothèque de Sens en double exemplaire. 

4998. Ceremoniale seu rituale ad usum ecclesiae saneti Pétri vivi Se- 
nonensis. Manuscrit très-beau en gros caractères, sur véliu et du 
xive siècle, in-4 (n. 81). 

4999. Partitiones et praebendae capituli Senonensis factae anno 1510. 
Manuscrit în-fol. sur vél. (n. 82). 

5« année. — Gat. 4 



50 LB CABINIT HI8T0EIQGE. 

6000. Obituilé seu neôrologiam ao calendarium ecclesi» sanâti Sté'* 
phanî SenoneABii qaod incipit cam itacase septembrî el termiiiatur 
cnmaagusto. MaauscrUsor yéliil du xnr« siècle, in-foL (n. 83). 

MOI. Alliid calendarium ac necrologiuni ecclQsiao mucU Stepliani 
Senonensis quod laolpit eum januarîo et termiiuKur onmdecembri. 
Manuscrit in-fol. sur vélin duxnr* siècle (n. 64). 

6002. Recueil de plusieurs épitaphes curieux {sic) d'archer ôques de 
Sens, d'évêques, abbés en Normandie, en Picardie, et de plusieurs 
grands hommes. Manuscrit in-fol. sur papier écrit à Sens rers 
t630. Ou a eflkcé dans la préface le nom de l'auteur que j'ai re- 
connu être celui de Pierre Bureteau, célestin de Sens (n. 86). 

Existe à la bibliothèque d'Auxerre sous U numéro 100. 

5003. Faits et rondeaux et ballades du feu roi Francis !«' de ee 
nom, depuis le temps qu'il revint de sa prison jusqu'au dernier 
jour de mars, lorsqu'il décéda, 1647, à Rambouillet. Manuscrit tn- 
fol. proprement écrit. — On lit à la fin cette anecdote copiée par 
le S. de la B., et par lui présentée k M. Luneau de Bolsgerulaia 
(mais on n'y dit pas où existe l'original sur lequel eUe a été 
copiée) (n. 86). 

6004. 1. Instrumentam donationis sanct» Theodechildis Virginia 
fiii» Ghlodovei priml monasterio sancti Pétri vif 1. -^ 2. Passio 
sanctae Golumba» qu» est pridiè kah januarii. —3. Vita saneti 
Mauri per Faustum. «— 4. Vita sancti Oregoril papias. ^d. Ëxem- 
plar de privilegio sancti Pétri quem beatffimemafise arcbiepiseo- 
pus et beati confessons Christi Audoenus Rotcnnageniii episoopus 
neenoQ sanctus Faro Meldensid episcopus et sancitts Regluâ No- 
viomensisepiâcopuâcum ceteris eplscopi^ manu propria firmave^ 
runt.— 6. Tractatns Rabani de pasiione sancil Johannls Baptistae . 
--7. Vita sancil Ambrosil scrlpta per sanctum Paulinum —8. Vita 
sanctlMartlnieditaàSevero. --9. YiiasaneliAleïilhominisDei. 
— In hoc codice continentur insuper variae lectiones de sanctts , 
homeliaeacsermonessanctorum primltivae écclesige. — Manuscrit 
sur vélin du x^ siècle dont les parties ci-dessus rapportées sont 
bien entières, in-fot. (n. 87). 
Emporté de Sens par le P. Laire, pour la bibllothôquô de Fécole centrale 

de l'Yonne. 

(Communiqué par M. Ph. Sauioii.) 



GATAL« -^ DUBL8 BT ACCORDS. 5i 



DUELS ET ACCORDS. 

Uhistoiredii duel est encore à écrire. M. Laurentle, dans Un ar* 
tiele de V Encyclopédie du UX^iUcle, en a fait on excelletit résumé, 
anqbel il a mêlé quelques réflexions de haute moralité que nous ne 
pouiron» trop recommander au lecteur.--* Entre le duel du xvi» siè- 
cle, dit l'éminent pobliciste, et le duel du xix«, il y a toute la diffé- 
rence derexaltalionan calcul, de Tenthoustasme au scepticisme. On 
s'est tué longtemps avec frénésie; on s'est tué ensuite avec modéra- 
tion; on a fini par se tuer avec précaution, pour en venir, si c'est 
possible, â ne plus se tuer du tout. Ce n'est pas que les idées d'hon- 
neur se soient rectifiées, c'est plut6t qn'il n'y a plus d'honneur. Le 
doel était un reste de chevalerie^ il est devenu une forme convenue 
d'assassinat. » — Voici une série de récits curieux, la plupart fort 
courts, des principaux duels sous l'ancienne monarchie. Quelques- 
uns sont restés célèbres dans l'histoire. 



5005. — 1. Duel permis par Philippe de Valois entre Henri Dubois, 
chevalier, et Jean de Vervins, aussi chevalier» le 15 décembre 1343. 
(Ane. f. fr, eim\) 
2. Plusieurs descriptions de duels (en latin), (id,) 
S. Ordonnances du roi Jehan sur Tordre à observer aux dé- 
fiances et querellée entre les gentilshommes de Vermandois et de 
Beauvoisis. {(d.) 

4. Offre de Charles, duc de Normandie, depuis Charles V, de 
faire combattre l'on de ses chevaliers contre Jean de Picquigny, 
chevalier du roy de Navarre, (td.) 

5. Procès-verbal du duel entre Robert de Beaumont et Pierre 
deTournemine* 1385. (td.) 

6. Cartel de défi envoyé par Jean, duc de Bourgogne, à Charles, 
duc d'Orléans, le 13 août 1411. (td.) 

7. Manière de faire armes à outrance en champ clos. 20 sep- 
tembre 1411. (id.) 



52 LE CABINET HISTORIQUE. 

8. Les quatre cas du gage de bataille. 22 jnin 1422. (id.) 

9. Lettres des ducs de Bourgogne et de Glocestre, sur le diffé- 
rent qui esloit entre le duc de Brabant et ledict duc de Glocestre, 
avec les deflQs de part et d'autre. 1433 et 1424. {id.) 

10. Combat de Jean de Massé contre Jean de Astely, sur la place 
de Saint-Antoine, à Paris, le 29 août 1438. — Combat du mesme 
Astely contre Philippe Bayle, à Londres, 30 janvier 1442. —Duel 
trois fois renouvelle entre Antoine, bastard de Bourgogne, et le 
baron d'Escalles, frère de la reine d'Angleterre, en 1467. (Ces trois 
pièces en latin), {id.) 

11. Acte concédé à Jean de Villeneuve de sa comparution de- 
vant le chancelier et les gens du conseil du roi, en conséquence du 
champ de bataille qui lui avoit été donné par Honoré de Ferra- 
gonne, le 25 septembre 1490. (id.) 

12. Inscription aux registres du grand conseil, par Rigaut de 
Brequetot, contre le sieur de Clermont, vice-amiral de France , qu'il 
accuse d'avoir fui dans un combat naval. 12 février 1512. (id.) 

13. Querelle entre Jacques Rosny, seigneur de Munton, et Fran- 
çois de Cravant, seigneur de Bauche. 1518-1519. (id.) 

14. Cartels et deftis entre l'empereur et le roi de France, avec 
les pièces qui se rapportent à ce sujet, (id.) 

15. Cartel et réponse entre le sieur Ludovic Rongon et le comte 
de San-Secondo. 1538. (id.) 

16. Cartels, responses et procès- verbaux entre le sieur de Vassé 
et le comte Guillaume de Furstemberg. 1540. {id.) 

17. Affaire de Jarnac et de la Châtaigneraie. 1547. [id,) 

18. Affaire des sieurs de Châteauroux et Sanzay. (id.) 

19. Combat des sieurs Daguerre et de Fendilles. 1549. (id.) 

20. Extrait de la harangue du chancelier Olivier sur les duels , 
faite devant le roy Benry II. (id.) 

21. Cartel du duc de Chastellerault au chevalier de Seare, 
21 mars 1559. (id.) 

22. Lettre de Ludovic de Birague au roi, 1561, pour lui de- 
mander la permission d'accepter le cartel de Scipîon de Yincercat ,* 
son manifeste à la noblesse françoise. (id.) 



GATAL. — DUELS ET ACCORDS. 53 

23. PreoTes par le duel admises en Angleterre, en 1571, soas 
la reine Elisabeth (latine (id.) 

24. Affkire de Bussy d'Amboise contre Caylus et contre le siear 
de Barles. 1578. {id,) 

25. Querelle du Ytcomte de Turenne contre le sieur de Rozan. 
1579. (id,) 

26. Avis de Monsieur, frère du Roy, sur la querelle de MM. de 
Montpensier et de Neyers. 1580. (id.) 

27. Discours de la querelle de M. d'Epernon contre le sieur de 
Rosny. 1598. (id.) 

28. Querelle et combat contre M. de Gréquy et dom Philippe 
de Savoie. 1599. (id.) 

29. Affaire du grand chancelier de Pologne Zamosky contre 
Charles de Sudermanie, soy disant roy de Suède. 1602. latin, (id.) 

30. Différend survenu entre le comte de Soissons et le sieur de 
Rosny. 1603. (id.) 

31 . Cartel de Zamet an sieur de Balagny. (id.) 

32. Cartel du baron de Luz au chevalier de Guise. Janvier 
1613. (id.) 

33. Uttre du duc de Nevers au roy pour lui demander le combat 
contre le prince de Joinville. (id.) 

34.SATiSFÂCTioifs.— l.Du siredeMarqueil ausiredeSuilly.1319, 
2. De Just, sieur de Tournon, à Nicolas de Mouy, auquel il avoit 
dotiné un soufflet. 1408. — - 3. Entre le prince de Condé et le duc 
de Lorraine. >- 4. Entre le cardinal de Lorraine et le maréchal de 
Moutmorency. 1566. —5. Entre MM. de Bussy et de la Ferté. 
1579. —6. Du sieur de Saint Fal au sieur du Plessis-Mornay. 1597. 
— 7. Du sieur de Marcilly au président Chevalier. 1600.— 8. Entre 
le maréchal d'Ornano et le duc d'Épernon. 1600. —9. Entre le 
prince de Ginville et M. le Grand. — 10. Entre le sieur du Bou- 
chet Tambouneau et le sieur Mosnier. —11. Du comte de Nesle 
au comte de Brèves. 1613. — 12. Au marquis de CœuTres, ambas- 
sadeur à Rome. 1619 (en italien). — 13. Lettres écrites au comte 
de Coligny par la duchesse de Longueville. — 14. Satisfaction de 
madame la duchesse de Monthazon à madame la princesse. — 



54 IM CABINET HISTORIQUE. 

15. Lettre m comte de Goligny. --- 16. Lettre da roy à madame 
de Montbazon et sa réponse. 1613. {id.) 

36. Prevyes judiciaires. — 1. De l'eau bouillante sur un ser- 
viteur de l'abbaye de Saint-Florent, près Saumur, en 1666. — 
2. Sur un champion de seigneurs angevins contre Vabbesse de 
Notre-Dame d'Angers (ces deux pièces en latin). — 3. Preuves par 
le serment. 2t février 1490. 

36. Tournois. •— 1. Promesse faite par Louis^ fils de Philippe- 
Auguste, de ne «e trouTer k aucun tournoi comme 9çt^uF. 1209 
(latin). — 2. Le pas d'armes de Saudricourt. --* 3. Sommation f^ite 
AU nom du roy au prince de Condé çt autres seigneurs qpi avoient 
pris les armes pour le soulagement du peuple, de les déposer. 
(567. -r- 4, Sommation faite ^ M. de Soubise pour qu'il eût à ou- 
vrir les portes de gaint-Jeau-d'Angélyau roi. 1621, {id.) 

5006. — 1. Accord de la querelle d'entre MM. de Montespan et 
marquis de CooYres, de MM. de Termes et de Villars-Houdan, 
qui Jes vouljoieut seconder. [St-Germ. fr. 1047, fol. 114.) 

2. Accord de la querelle d'entre MM. de Montespan et de Pom- 
pignaq.— -M. 1^ copestable parlant à eulx. — M. le conestable 
parlant au sieur comte de Carmail, puis parlant aux sieurs de 
Afosac et Belestat; parlant à M. le Grand; parlant au sieur mar- 
quis de Gœuvres. — M. le conestable à toute la compagnie. 
12 mars 1602. fol. 114. (frf.) 

3. Accord de la querelle d'entre MM. de Crigny et de Chambre. 
XX mars 1602. fol. 115. (id.) 

4. Accord de la querelle d'entre le sieur baron de La Ghaslre et 
le sieur de Pierre Brune. 21 avril 1602. fol. 115, v<>. (id,) 

5. Accord de la querelle des sieurs du Puy, exempt des gardes 
du corps du roy, et cappitaine Baradat, commandant une com- 
pagnie de gens de pied. 21 avril 1602. fol. 116. (id.) 

6. Accord de la querelle d'entre MM. de La Viévllle, chevalier 
des ordres du roy, son lieutenant général en Champaigne, et de 
Fleury, grand maistre enquesteur et général réformateur des 
eaux et forestz de France, tous deux conseillers du roy en son 
conseil d'Estat et privé. 24 julng 1602, fol. 116, v«. (id.) 



CATAft. «^ DUBLS CT ACGOlDfl. M 

9. Aeeord de la qnareUe d« MM. SoboUii et de MMiteuiiii le 
fib. S juiUet 1602. fol. 116, ▼^ (M.) 

8. Accord de la querelle des lienn do Mat*- André, eappitaine 
de i^evaulx légers, et du Bellus. ti» Joillet 1603. fol. 117. (id.) 

9. Accord de la querelle d*entpe le skiir de Boisse, goavemear 
de la ville et eitadelle de Boorg et maistre de canp du régiment 
de Navarre, et le sieur Lacquisse, cappitaine des gens de pied et 
goaTeraenr de Montréal. 1» aoost 1608. fol. 119, ▼•. (M.) 

10. Accord de la querelle des sieurs du Biel et du f resnoy. 
84 Janvier 1603. fol. 119, t«. (id.) 

11. Accord de la quarelle d'entre M. de Lussan, eappUalne des 
fardes da corps du roy, et M. de Verdun, lieutenant de M. de 
Morges au fort de Bamu. zxx* avrU 1603. fol. 118. {id.) 

18. Accord da la querella de MM. de Buffet et de Fontaine-Cha- 
landreleflli.folll8. (<d.) 

13. Aocord de la querelle de MM. daU MqU« et d'HuUy.Tii^ fé- 
Yrie^l604,folU9,▼^(«.) 

14. Accord de la querelle de M. le comte de Gnsse et M. de 
gaintpGeorge. ix febvrier 1604. fol. 119, v^ (id.) 

15. Accord de la querelle de MM. de La Mfure et de La Gaange. 
ivin« fel>vrierl604. fol. 180, v«. (M.) 

16. Accord de la querelle de MM. de Bellot et de Glenesse. 
w mars 1604, fol. 181. (ië.) 

17. Aocord de la querelle de MM, S^er Qriiy et Sardine. 
xi« febyrier 1604. fol. 18t (ié.) 

18. Accord do la querelle de MM, de Cbambrei at da RiclieUeu. 
XT« arrii 1604. foL 121. (i<2.) 

1 9* Aeeord de la qq^alle d« MM. 4f Buy et, ,. „ xvfii* may 1604. 
fol. 122. (id.) 

80. Accord de la querelle des siewrs de VanssiaqiL at de lioches. 
vi«juingl604. fpl. 1?8. (W,) 

81. Acçqrd de la querelle des sienrs de lA Feniilade e^ de Yptan. 
lum^ jniug 1604. fp)* m (t4.) 

22. Accord de laqnerfUe des sieurs dç Baaqpré |( Monterrier, 
asalstéa do seconda, mi^ septmbre 1604* (qI 123, (M.) 

23. Accord de la qnareUa Al mwtrâ^^UfivtaOfmi dflt la Mm- 



56 I.B CABINET HISTORIQUE. 

pagnie da sieiir d'Escaras, et cappitaine Mesples, lieutenant de la 
compagnie du sieur de Brouville, tous deux du régiment de Pied- 
mont. Du XT« d'octobre 1604. fol. 124. (id.) 

24. Accord de la querelle de M. de Yarennes, gouverneur de 
la ville de Mascon et cy-devant lieutenant de la compagnie de gens 
' d'armes de feu M. le mareschal de Biron, et le sieur Mazassy. Du 
XYV d'octobre 1604. fol. 124. (id,) 

2ô. Accord de la querelle de MM. de la Licque et de Saint- 
Laurens. xx« décembre 1604. fol. 124. {id,) 

26. Accord de la querelle de MM. le duc de Rouannois et le sieur 
deSaint-Géran, soubz-lieutenant de la compagnie des Ordonnances 
du roy, dont a la charge Monseigneur le Dauphin. — Ce que 
respondit M. le duc de Rouannois. ii« mars 1605. fol. 125. {id,) 

27. Accord de la querelle des sieurs de Mainville, cappitaine 
d'une compagnie de gens de guerre à pied françois aux gardes 
du foy, et son gentilhomme servant, — et le sienr de Bamezel, 
Ëscossois, archer des gardes du corps. xxiiii<» mars 16D5. fol. 125. 
(id.) 

28. Accord de la querelle de MM. de Chambert et de Châsteau- 
. neuf. fol. 125, v. (id,) 

29. Accord de la querelle de MM. de Lemeil et de Plasy. 2 may 
1605. fol. 126. {id.) 

30. Accord de la querelle des sieurs des Champs et de La Ga- 
renne, hommes d*armes de la compagnie de monseigneur le co - 
nestable. 31 juillet 1695. fol. 126. {id.) 

31. Accord de la querelle des sieurs de Chaudien et d'Bsne. 
18 septembre 1605. fol. 126. [id.) 

32. Accord de la querelle du sieur d'Agre, escuyer du roy, et 
Mazassy. v« décembre 1605. fol. 126, v». {id.) 

33. Accord de la querelle des sieurs de Montenac, l'aisné, et 
du Bourdet. xiii® décembre 1605. fol. 127. (id.) 

34. Accord de la querelle des sieurs de Forilles, cappitaine 
d'une compagnie au régiment des gardes du roy, et de Montenac 
le jeune. xiii« décembre 1605. fol. 127. {id.) 

35. Accord de la querelle de MM. de Rouillac et de Tevrines le 
filz. xviii« décembre 1605. fol. 128. {id,) 



CATAL. •*- DimLS BT ACCORDS. 57 

36. Accord de la querelle des sieurs de Mailly et dn Fayet. 
xxiii« janYîer 1606. fol. 127. (id,) 

37. Aecord de la querelle d'entre messire de Balagny et le sieur 
de Portu, lieutenant de M. du Pesché au gouvernement de Guyse. 
xxYiie jauTier 1606. fol. 128. {id.) 

38. Accord de la querelle de M. le comte de Fiesqoe et de Saint- 
Phale. fol. 128. [id.) 

39. Accord de la querelle des sieurs de Seure et de Vaucusson . 
fol. 128. (id.) 

40. Accord de la querelle de messire le marquis de Ragny et de 
Nantouillet. ix febvrier 1606. fol. 129. (id). 

41. Accord de la querelle des sieurs de Gernoy et de Maniguet. 

2 mars 1066. fol. 129. (id.) 

42. Ce que monseigneur le conestable a prononcé sur Faccord 
d'entre M. de Chazeron, des Ordres du Roy, et le sieur de Gler* 
?aut. xTiii janvier 1608. fol. 130. (id.) 

43. Accord de la querelle des sieurs de Bache-Villier, de RueU 
de Maslencoin et deTarsy. xtiii janvier 1608. fol. 130. [id.) 

44. Les conesfabie et mareschaulx de France ordonnent aux 
sieurs de Glervaux, de Cbazeron et Sainl-Hilaire, de s'abstenir de 
toutes provocations, sous peine d'être considérés comme criminels 
de lèze-majesté. 8 février 1608. fol. 130. (id.) 

45. Accord de la querelle du filz de M. de Nouailles et le sieur 
delà Rochette. xiii febvrier 1608. fol. 13t. (id.) 

46. Accord de la querelle des sieurs de Coignac et de Merville. 

3 febvrier 1609. fol. 131. (id.) 

47. Ordonnance ordonnée par monseigneur le conestable et 
MM. les mareschaulx de France sur les disputes, différends et que- 
relles intervenus entre lés sieurs de Lonchamp et Vaudebert. 
xxjuilletl609. fol. 131.(id.) 

48. Ordonnance ordonnée par monseigneur le conestable et 
MM. les mareschaulx sur les différeudz et disputles arrivés entre 
les sieurs de Esne OyseuvîUe et Generville. xxiii juillet 1609. 
fol. 131, vo. (id.) 

49. Ordonnance d'accord ordonnée par monseigneur le cones- 
table et MM. les mareschaulx sur les guerres, différends et disputtes 



58 ïM ciBuiBT ntf ouQini* 

interyeDn» entre les sienrs de Gadaaconrt et de Rigny. zxini juil- 
let 1609. fol. 132. (td.) 

50. Aceord de la i|nei>elle doi tieurs de Baiiie et de LouYeaa- 
eouri, xim janvier 1608. ioU 1>2, ▼«, (id.) 

51. Accord de la querelle de MM. de Balaigny et de Portas, 
prononcé par monaeignaur le oonestable en présence de monsei- 
gneur le prince, de roesseigneurs de Bois-Dau)pliln et de Briasac, 
mareselianU de France, el antres leigneon. d mayl608. fol. 133. 
(id.) 

69. Aecord in la qnereile entre M. de l#mbert et M. de Massy. 
fol. 135. {id.) 



BLÉSOIS. 

CATALOGUE GÉNÉRAL OU INVSNTAIRB AlfALTTIQUB 

Des Manuscrits, Begistres, Volumes et PoriefkuiUes conservés 
aux archives de Loir-et-Cher, d Blois, 



La plupart des liasses et cartons qni eoinposent les archives de la 
préfecture de Loir-et-Cher proviennent des anolennea corporations 
aopprimé^ ; tQi|tflfpis pn y troiive saqvé» les rfgiatriM de raqqienne 
Cour des comptes de Blois, de« Utres nombreux des «çignenr^y des 
minutes de PQ Wrçs, des xy^ et 3t:vi« sjèçl^s, et cçrl3in^ dQcqme^ts qui 
remontent au xi» et même au x» siècle. Le classement de cet iqippr- 
tant dépôt, entrepris à diverses reprises, éloit resté inachevé. Cepen- 
dant, dès Tannée 1837^ le conseil général avoit reconnu le besoin de 
faire mettre en ordre tontes ees liasses, et étA fonds avoient été des- 
tinés au dépouillement. C'est à M. Alf. de Martoone, aneien otare de 
FÉcole des chartes, qu'étoit réservé ('donneur de la \%^\i^ d§ la 99^ 
en pfdre et du classement définitif. No^ lecteurs çqnnoU3ent déjà 
l'érudition de notre laborieux correspondanti aux soiqs duquel 1^ 
sçieppe paléographic(ue est redevable du beau Cartulaire de Blois 
que nous avons annoncé dans l'un de nos derniers numéros. Voici 
un premier travail que veut bien nous réserver M. de Martonne, et 
qni donne une Idée de la façon dont il entend le elassenent des ar- 
(Âivei qui lui sont confiées. 



04TAL. -^ BUHOIS. 



ARCBIV» CIVILES. — Première partie des Andii?ef antérieuret à 
Tau 1990, dites Anonvis ■utouftuii. 



StRIS B. (1). 
Cmur$ itJuridieiiimê, BaiWagu, JuHieit, PrMUêt (S^randi joMr#, 

5007. Baii«pa«b os Brétiaiiiiss.— Minutes du greffe; teuue des 
audiences par le lieateuaut et jug^ ordumire, ciyil et criminel 
du bailliage, terre et seigueurie de Bréviandes^ sentences, arrêts 
par défaut, demandes en requtte; adjudication d'un cheval épave. 
167 (-2. Registre. 16 feuillets papier, Tolume broché en parche- 
min, in<4. 

5008. Justice »» C^iJ*i, — Remembrance à^^ contrats, plaids et 
assises de la baronnie-prieuré de Celle; tenue des audiences du 
juge en Pabseqce du bailli; jugements, 1609-1621. Registre. 
329 feuillets papier, brochure saps couverture, in-4t 

ôOOa. ilnmcB DE CR0177Y. — Minutes du greffe de la justice du 
prieuré de Chou«y (dépendant de l'abbaye de Marmouiier-les- 
Toars); tenue des audiences; jugements contradictoires, par dé- 
faut, sur créances et baux» du lieutenant» juge ordinaire, civil et 
criminel; provisions du procureur fiscal de la seigneurie; ré- 
ception de serment, t673-1674i I\egistre, 58 feuillets papier, vo- 
lume broché en parchemin i in-4- 

5010. Justice de Chouzy. ^ Minutes du greffe de la justice du 

prieuré de Cbpuzy; tenue des audiences» seqtenees du jgge sur 
bail, contradictoires, p^r défaut, interlocutoire^t 1716, Registre. 
10 feuillets papier, volume broché en parchemin, in-4, 
SOU, BAiLiunv DB CnovY. ^ Uinutes des audiences extraordi- 
naires de la mairie; arrêts du juge, contradictoireSi etc., sur 
rapports d'experts; enquêtes; requêtes. 1685-6. Registre. 79 feuil- 
lets papier» YOlume broché en parchemiq, in-4. 



(1) U séria initiale A ne «pqtieut pas d« rs pistres- 



60 LE CABINET HISTORIQUE. 

6012. JvsTicE DE Crouy. ~ Minutes du greffe de la mairie; tenue 
des audiences; jugements contradicloires sur saisies; condamna- 
tions; enquêtes; requêtes. 1688-1692. Registre. 122 feuillets pa- 
pier, volume broché en parchemin, in-4. 

Ô013. Bailliage de La Ferte-Hubert. — Minutes du greffe de la 
justice; tenue des audiences par le lieutenant du bailli; sentences 
contradictoires; jugements; arrêts. 1598. Registre. 173 feuillets 
papier, volume broché en parchemin, in-4. 

5014. Bailliage de La Ferté-Hvbert.— Minutes du greffe delà 
justice; tenue des audiences par le lieutenant du bailli; juge- 
ments; sentences; arrêts contradictoires; enquêtes; accords; actes 
d'appel; délivrance de défaut et amendes* 1599-1601. Registre. 
237 feuillets papier, volume broché en parchemin, in-4. 

5015. Bailliage de la Ferte-Hvbert. — Minutes du greffe de la 
justice; tenue des audiences ordinaires et extraordinaires, parle 
bailli; jugements sur demandes en requêtes; arrêts contradictoires 
et par défaut; vacations; appellations. 1686-1692. Registre. 188 
feuillets papier, volume broché en parchemin, in -fol. 

5016. Bailliage de la FERTÉ-SAinT-AiGN an .—Minutes du greffe 
de la justice ; tenue des audiences ordinaires et extraordinaires; 
jugements contradictoires; enquêtes. 1683-1685. Registre. 66 feuil- 
lets papier, volume broché en parchemin, petit in-4. 

5017. Bailliage de la Ferté-Saint-Aignan.— Minutes du grefife 
de la justice; tenue des audiences ordinaires et extraordinaires; 
jugements contradictoires ; arrêts sur pièces ; vacations ; annonce 
de bail. 1692-1699. Registre. 197 feuillets papier, volume bro- 
ché en parchemin, in-fol. 

6018. Justice de la baronnie de la Ferté-Saii^t-Aignan. — 
Maîtrise des eaux et forêts; minutes du greffe; tenue des au- 
diences ordinaires et extraordinaires; ordonnances du juge; ar- 
rêts sur procès-verbaux du garde des bois; requêtes; actes du 
curage de la rivière du Gossou. 1686-1708. Registre. 184 feuil- 
lets papier, volume broché en parchemin, in-fol. 

5019. Justice de la baronnie de la Ferté-Saint-Aignan. -^ 
Maîtrise des eaux et forêts; minutes du greffe; tenue des au- 
diences; arrêts du juge sur rapports des gardes; défauts; adjn- 



GATAL. «- BLB80I8. Si 

dieatîoiis de yente et coupes de boU aax enchères ; proTisions 
da garde des bois, par Paul Uippolyte de Beauvilliers, duc de 
Saint-Âignan. 1707-1700. Registre. 250 feuillets papier, yolume 
broché en parchemin, in -fol. 

5020. Justice bu Plsssis-Dorih.— Livre des plaids de la seigneurie 
du Plessis-Dorin, tenus par le bailli , sentences ; arrêts ; jugements 
des procès : en garantie, en exécution de contrat, causes nouvelles. 
1619-1027. Registre. 195 feuillets papier, volume broché en par- 
chemin, in-4. 

5021. Justice de Lisle. — Minutes du greffe de la châtellenie 
de Lisle; actes des assises tenues par le bailli; arrêts des au- 
diences. 1698-1499. Registre. 24 feuillets papier, volume broché 
en parchemin, in-4. 

5022. Justice de Lisle. — Minutes du greffe de la châlellenie 
de Lisle ; livre des audiences ; tenue des assises par le bailli, 
juge ordinaire, civil et criminel, au palais de la châtellenie ; 
ordonnances; jugement par défaut, sur requêtes ; condamnations ; 
appointemens sur pièces. 1714-1715. Registre. 34 feuillets papier, 
volume broché en parchemin, in-4. 

5023. Bailliage de Lormoye. — Minutes des actes de la justice; 
jugemens des procès par le bailli ; amendes ; condamnatious ; 
reavois. 1533-1534. Registre. 23 feuillets papier, volume broché 
en parchemin, in-4. 

5024. Bailliage du iiARauiSATPAiRiE de Mén ars. — Jugements 
da bailli, juge civil, criminel et de police , ressortissant en la 
cour, nuement et sans moyen ; sentences d'adjudications de biens 
sur saisies et décrets. 1758-1779. Registre. 155 feuillets papier, 
volume broché en parchemin, in-4. 

5026. Justice de la Troussbrie. — Amendes et remembrances 
des plaids de la Trousserye et de la Ba^e-Roucherye ; minutes 
des audiences du bailli; jugements sur ckhibitions de contrats et 
banx et sur curatelles. 1565-1567. Registre. 20 feuillets papier, 
volume broché, à dos de parchemin, petit in-fol. 

5026. Prétoté de Suétres.— Justice de la châtellenie de Suèvres; 
inventairé^des titres de la prévôté ; analyse des chartes relatives 



AS LE QàBtNBT HISTORIQUE. 

attt droiti hofiOrifiqaes et utile» des froid églises àé SaèrVcs (1) ; 
dtt l^réYÔt et du chapitre de Mannootier , à la «énsîte des prétôts 
et du châpitre> aux mairies et jurisdlctions des prévôts éi du dia- 
pitre, four bannal, fiefs, foix , hommages, aveuX) centS) dîmes, 
domaineS) baux à fermes^ moulins, étangs, prés» terres, rentes, 
anciennes baillées, seigneurie de Suèyres, transactions et procès 
ayec les curés, portions congrues, gros, régie et sénéchal de 
Suàvres \ papier terrier des cents et mairies de la seigneurie de 
Suèyres, appartenant h l'abbaye de Marmoutier-lès-Tours* 1756. 
Registre. 258 feuillets papier, volume cartonné en parchemin 
blanc, in-fol. maximo. 

5027. Grands jours du Yenuohiois. — Sentence d'approbation du 
terrage du fief de Beauchesne , rendue par les gens tenant les 
grands jours du Vendômois, à Vendôme. 1647. Registre. 126 feuil- 
lets parchemin, en deux cahiers liés, formant une brochure in-4. 

5028. Justice de Villefranchï. — Minutes des audiences; juge- 
ment des procès; amendes; vacations; sentences de partage; 

. causes nouvelles ; baux et ventes de fruits ; provision ; présentation 
de caution ; assurément; congé. 1580-1583. Registre. 312 feuillets 
papier, volume broché en parchemin, in-4. 

ô02d. CuAMfiRE D£s coniPTÊs DE Btois. — Cartulâli*e contenant la 
transcription des chartes qUe le comte de Blôts possédolt aU trésor 
de Satnl-Sauveur de Biois, i^elativcs aux droits et prérogâltvcs de 
ce comte sur la ville, les seigneuries et églises dll comté. xtl« siècle, 
copie faite au xix: Registre. 89 feuillets papier, volume cartonné 
en parchemin écrite petit In-fôl. 

H030. CUAMBRË DES couptES ht Btois.— Livre des patentes et des 
lettres de cachet adi'essées à la chambre des comptes de Blôis, 
contenant les arrêts qui y ont été enroyés et les mémoires qui les 
concernent; actes relatifs à l'érection des archldlaeonés de Blois 
et Vendôme et partie de celui de Ghàteaudun en évêché de Blois; 
copie d'actes judiciaires. 1695-17084 Registre. 362 feuillets papier, 
volume cartonné en parchemin blanoi en bon état) de quatre écri- 
tures différentes, in-foL 

(1 ) Sainl-MartiB» Saint-Lubin et SatatrChristophe. 



QkJàU «^ BLÎSOIS. 68 

mi* QuàMÊBM DU coiiPTii 01 VkUMiti. ^ PfoM-VirM de la 
maîtrise dM eA«i et forêu da duché de Yend^inoii, fait pur le pré- 
Mdeftt de Ift diambre des comptei, Ueotenaiit général des eaux et 
forito do pays et duohé de VendômoU, eu etéeutioti de la tnmaac- 
tten entre le roi de Nararre et loi Usagers de Motheux» sur ethi- 
bitioft des titres des usagersi avec ratifioation desdrôits, enquête, 
défiuitS) réponses, saisies, défenses, oominissious, ordonnances, 
résertes pour les abUsrete», malTersations^ appoi&tement eu droit, 
alfimatioias, senteaees, permisiioa de censure eecléstastique) mé- 
moires des hameaux et maisons des usagers. lS77«td6ô. Registre. 
47 feuillets papier, Tolume broché en parchemin, petit In-fOl t 

siniE G. 

Administrations provineialeSy États provinciaux^ subdéUgations 
et élÊstiMu. 

S()32. âuBDÉLccATioN DB Blois. — Rcgistrc des audiences de la 
subdélégation de Blois; extraits des registres du conseil d'Élat ; 
commission aux contrôles des actes de Blois et de Ménars-la^Ville ; 
commission pour le messager des yilles de BloiS| Vendôme et Mon- 
toire; sentences ; jugements; arrêts; défauts donnés; procès- 
Terbal de Térification de minutes de notaires dans le bourg de 
Chitenay; adjudication des domaines du comté de Blois, à cause 
de la régie des domaines et droits domaniaux ; distribution de 
iO,000 livres de riz données par le Roi à soîxante-dix-neuf pa- 
roisses de l'élection de Blois, en faveur des pauvres, délivrées aux 
curés de ces paroisses ; construction d'un nouveau presbytère dans 
la paroisse de Candé; réparations aux presbytères de la chapelle 
Vendômoise, de Bracieux et de Monteanx. 1731-1784. 198 feuillets 
papier. Portefeuille en mauvais état, cartonné, contenant 33 ca- 
hiers enveloppés dans plusieurs chemises, dont 27 in-fol., de toute 
dimension et de toute épaisseur, et 6 in>8, également de toute di- 
mension et épaisseur, plusieurs écritures* 

5033. Election de Blois. — Procès-verbal des délibérations de 
rassemblée des élections de Blois et Romorantin; minutes origi- 



64 LE CABITIET HISTORIQUE. 

nales ; assemblée de département des élections susdites, indiquée 
par rassemblée sroTinciale de la généralité d'Orléans, tenue en 
l'hôtel de Tille de Blois, présidée par le comte Dufort; discours do 
président aux membres du clergé, de la noblesse , aux représen- 
tants des propriétaires des Tilles et Tillages ou tiers-état; fixation 
des frais de la tenue de l'assemblée; traTaux des commissions des 
bureaux ; lectures des rapports ; établissement de la masse des im- 
positions; forme et confection des rôles de la taille; frais des 
routes et des traTaux publics. 1787-1788., 47 feuillets papier, car- 
tonnage, en parchemin Tert, incomplet et déchiré, plusieurs écri- 
tures> in-fol. 

SÉRIE D. 

Instruction publique^ sciences et arts, collèges. 

Ô034. Collège de Blois. — Sous le régime des jésuites et après 
leur expulsion ; lÎTre contenant l'état des biens appartenant aux 
jésuites du collège de Blois; liTre de recette et de dépense ; livre 
du séquestre des biens des ci-dcTaut jésuites. 1762-1770. Registre. 
47 feuilles papier, écrites, le reste blanc (les deux tiers), manuscrit 
commencé des deux bouts, plusieurs écritures , bon état, Tolume 
cartonné en parchemin, pelit in-fol. 

5035. Collège de Blois. — Livre contenant l'état instructif du 
collège de Blois depuis Tétabilissement des jésuites ; histoire finan- 
cière du collège , contenant la mention des cinq fonds de revenu 
et des faveurs royales, princières et particulières faites au collège. 
Charges de la maison : rentes, services de messes, sermons, dimes, 
dîners. Bénéfices : valeur des provisions et denrées , revenus des 
gabelles , de la subvention de la ville, des pensions, rentes, con- 
trats^ maisons, fermes, étang (de Pjgelée), jardins, prieurés, vignes, 
terres; copies de quittances. 1623-1762. Registre. 79 feuilles pa- 
pier^ écrites en commençant des deux bouts, le reste blanc (trois 
quarts), plusieurs écritures, état médiocre, Tolume cartonné en 
parchemin blanc, petit in-fol. 

(La suite au prochain numéro,) 



GATAL. — BLÉSOIS. 65 

5036. CoLLécB DE Blois. — Livre des comptes ; minutes des délibé- 
rations du bureau d'administration du collège qui succéda aux 
Jésuites ; pièces concernant la réprimande contre le régent de qua- 
trième et de cinquième, le sieur de Ghalais ; sa protestation et sa 
destitution. 1763-1776. Registre. 150 feuillets papier, plusieurs 
écritures, cartonnage en parchemin blanc, petit in-fol. ; y sont 
joutes deux pièces sur feuille Tolante : une sur feuille simple, pa- 
pier mort, une sur feuille double, papier timbré. 

6037. CoLLÉQE DB Blois. — Livrc des comptes ; minutes des déli- 
bérations du bureau d'administration du collège qui succéda aux 
Jésuites. 1776-1791. Registre. 196 feuillets papier, dont 61 seu- 
lement sont écrits; le reste est blanc; cartonnage en parchemin 
blanc, marbré de gris, écrit, eu bon état, petit in-fol. 

5038. Collège de Poutletoy. — Tableau-inventaire des titres et 
papiers du collège et séminaire de l'abbaye royale de Notre- 
Dame de Pontlevoy et principalement des annexes faites par (e 
prieur Duhamel aux lieux appelés : la Testuaire ou Testuère, le 
Cousteau ou Coteau et le Portail. Baux à rente, à ferme, à moitié. 
Contrats, actes d'acquêts, de remboursement. Titres des quartiers, 
arpents, boisselées de prés, vignes, chambres, maisons, ètables, 
appartenant au collège. Récépissé du commis à la recette des 
droits d'amortissement, francs-fiefs et usages de la généralité 
d'Orléans. Livre des fermes dépendant du collège et des cheptels 
qui sont dans les lieux de ces fermes, pour les métairies de la 
Teslttère et du Portail. 1754. Registre. 83 feuillets papier, écrits 
en conunençant par les deux bouts ; le reste est blanc, un tiers ; 
cartonnage en parchemin blanc, en bon état ; une feuille volante 
imprimée y est jointe; in-fol. 

Le troisième collège, celui de Vendôme, ne possède point de registres. 

SÉRIE E. 

Seigneuries^ terres^ familles, tilres féodaux et titres de famille. 

5039. Seicptevries d'Ablaiwville, Bimas et Menainville. — 
Cueilleret des cens et rentes. Papier pour faire la recelte des 

5e année. — Cat. î> 



66 LE GiBINST HISTORIQUE. 

cens et rentes desdites seigneuries par le comte du PpntaTUse, 
comme tuteur et gardien de ses enfants, héritiers de V. de Buf- 
fers, pour commencer à la Saint-Kémy, rédigé par le notaire de 
Binas, contenant les noms, quittances et devoirs des yassau:^ sui- 
vant leur déclaration et les observatioQs du notaire rédacteur ; 
provenant de la famille de Jaucourt^ seigneurs de Binas et Cban- 
tôme. 1648-1655. Registre. 53 feuillets papier écrits, brochure 
en parchemin écrit, petit in-fol. 

5040. fknn,t^ n' Al{.ais. ■— Testament de Diane de Valois et compte 
de gestion de sa succession. Testament de Diane Louise de Valois 
ou de France, fiUe légitimée de Henri II, duobessQ d'Angoulêioe, 
douairière de Montmorency, gouYcrnante du BourJïQpnois, en 
faveur de François de Valois, comte d'AHsiis- Compte rendu des 
recettes et dépenses pendant la minorité du légataire. Détails 
des dons et legs de la testatrice à ses serviteurs et à son léga- 
taire universel. Détails de la gestion dudit testament. 1616-1622. 
«Registre. 171 feuilles papier, volume cartonné en parchemin 
blanc, noué avec des cordons de soie, contenant les signatures 
autographes du duc et de la duchesse d'Angoulême : Charles de 
Valois et X. de Montmorency, parents do légataire, de Louis de 
Valois et de Jacques de Mesmes; in-fol. 

6041. FAMILI.E DE B^AUxoprcLES. -— Terrier de la châtellenie de 
Viévy le Rahié. Reconnoissance et déclarations donuées à la sei- 
gneurie de Viévy, tant pour les héritages situés en cette parpisse 
que pour le quartage de Moisy et la Mpuée de Viévy à Briau. 
Livre des aveux et dénombrements des vassaux tenus à cens, 
rentes et terrages du seigneur de Viévy. 1634-1699. Registre. 
197 feuilles parchemin, volume cartonné en parchemin, in-4o. 

5042. FâJiii'L« w B«ÀVJ(«ii€i.ES. -^ Seigneurie et châtellenie de 
Viévy-le-Rahié. Registre terrier, livre de régie, papier de la re- 
cette de ladite terre. Notes jQt mémoires personnels, renseigne- 
ments de toute espèce ; état des terres de la ferme de la basse- 
co.ur de Viévy; arpentage, vente et défrichement des bois, 
affermage des foires de Viévy; terrage réuni; liste des prés, 
malsons louées, métairies, fermes, rentes, baux, jardins, éti- 



GATAIi. — BRETAGNE. 67 

qfiettes do trésor; mémoire hisloriqae sur ]« ùmiWe de Beaux- 
oncles, sur le collège de la Flèche, sur les grands chemins de 
Yiéyy, adressé au eouseîL Journal personnel de M. de Beauxoncles. 
iTiii« siècle. Registre/ 273 feuilles papier, cartonnage en par- 
chemin écrit, avec cordons de toile et cuir, petit in-foK 

5043. SEiGnEVRiE be BoiscARniER. — Papier c^nsier du fief de 
Boisgamier, contenant les cens dûs à messire Henry de Fors, 
seigneur de Fours, Rongemont et Boisgarnier et à Anthoinette de 
Cléry, sa mère, dame de Cléry, veuve de Georges de Fors, sei- 
gneur de Fours, Rougeroont et Boisgarnier, contenajit aussi les 
noms des censitaires, leurs possessions, terres et redevances, la 
mention des terrages et censifs. 1688. Registre. 17 feuillets écrits, 
papier, brochure en parchemin blanc, in-fol. 

5044. Seigpievrie de Boisgarnier. — Papier de recette des cens 

et rentes dûs au marquis de la Chesnaye, à cause de la seigneurie 

de Boisgarnier, contenant les noms des débiteurs des cens, rentes 

et poules, leurs possessions, les redevances du lien de la Besson- 

oerie et l'indication des années acquittées par les débiteurs.. 

XTii«-xviiie siècles. Registre. 12 feuillets papier, brochure en 

parchemin écrit, in-fol. 

(La suite prochainement.) 



BRETAGNE. 

OÉPODILLEMEirr DE LA COLLECTION DES BLANCS-MANTEAUX ^^ 
DITE DE BRETAGNE. 

(Suite. Voy. p. 79.) 

â045. ToHE LXXin B. — . 1. Mémoire sur la valeur de la terre de 
SaucieU 1300, fol. 1. 
2. Mémoire touchant une croisade, sans date ni seing : Ewir. 
de$ rejf, de la Ch. des C. de Paris : écriture du xiy« siède. 
(i(l.),fol.3. 



68 LE CABINET HISTORIQUE. 

3. Partage donoé par le Ticomle de Rohan à OliTier de Pintc- 
niac. (id.), fol. 6. 

4. Echange entre Prigent du For ou da Fou et Jean Escuez. 
(id,), fol. 8. . 

5. Lettre patente de Rolland de Gaergorlé, et Olivier le séné- 
chal. 1300, 1301, fol. 8. 

6. Extrait d*un contrat de vente passé entre OUyier de Rohan 
et dame Alix, veoTe d'Aumoin de Remangol. 1303, fol. 9. 

7. Obligation de 80 Uv. monnoie, donnée par Even fils de Goez 
à Olivier de Rohan. 1304, fol. 10. 

8. Obligation de 106 liv. 5 sols monnoie, donnée par Even fils 
d'Âloie à Olivier de Rohan. 1306, fol. 11. 

9. Assignation de douaire faite par Josselin, vicomte de Rohan, 
à dame Thomasse, sa mère, (id.), fol. 12. 

10. Ghy s'ensient la manier de gaige de bataille faire selon la 
couslume générale du royaume de France, (id.), fol. 14. 

11. Ëxtraict de neuf pièces en parchemin qui sont cotées xxix à 
l'inventaire des actes de la duché de Rohan aux archives du châ - 
teau de Blein. (id.), fol. 20. 

12. Gontract de mariage d'Olivier, vicomte de Rohan, et d'A- 
lielte de Rochefort. 1307, fol. 22. 

13. Accord entre Olivier, vicomte de Rohan, et dame Thomasse 
de la Roche, sa mère, (td.), fol. 23. 

14. Ge sont les articles esquels les bourgois de Sainl-Mallôu de 
Lille se sont mespris au préjudice de nostre seigneur le roy, car 
les évesques de Bretaigne ne leurs villes n'obeyrent onques au duc 
de Bretaigne; aincois convient obeyr à nostre seigneur le roy: et 
à ladite ville Saint-Malo obey toujours à nostre seigneur le roy. 
2 sept. 1308, fol. 25. 

15. Elite d'armes du vicomte de Rohan appelé en duel par le 
seigneur de Beaumanoir. 1309, fol. 28. 

16. Accord entre la douairière de Rohan et ses enfants, (id.), 
fol. 30. 

17. Gonfirmalio qnarumdam possessionum hic descriptarum et 
in valore xiiii c. lib. et xii d. redditus donalarum a domina 



GATAL. — BRETAGNE. 69 

Yolanda, comitissa Marchiae et Angolism», Thomae de Ferreriîs. 
(»d.).fol. 31. 

18. Vente faite par Perrot Pichard à OliTier, vicomte de Rohan, 
des terres qu'il possédoit dans la paroisse de Ploeuc. (id.)> fol. 32. 

19. Accord entre Guillaume et Jehan de Brehant. (id.), fol. 33. 

20. Accord entre le vicomte de Rohan et Pierre de Gaergorlé^ 
son beau-frère, {id.) fol. 37. 

21. Extrait d'un registre au premier feuillet duquel il y a: In 
isto primo libre intitulato per k, tractatur de pluribus factis tan- 
gentibus dominum regem (Anglise). C'est principallement touchant 
la duché de Guienne. 10 nov. 1310, fol. 38. 

22. Partage donné par le vicomte de Rohan à Eon de Rohan, 
son frère puiné. 1311, fol. 40. 

23. Requeste addressée au bailli de Caen pour contraindre 
quelques habitants de Vire à venir témoigner en la juridiction de 
Ploennel pour le vicomte de Rohan. {id,), fol. 41. 

23 bis. Débat entre Hervé, seigneur de Léon et de Noyon, 
chevalier et Aliz, la fille Alein, le fuiz Eon et autres. 1311. 

24. Partage donné par Arthur, duc de Breiaigne, à ses enfants. 
{id.), fol 43. 

25. Jean de Guei^orlé ratifie le partage donné à Jeanne de 
Rohan, sa mère. 1312, fol. 45. 

26. Brevis extractatus cujusdam informacionis reperi» in the- 
sauro litterarum régis facte anno domini millesimo ecc^^ xii<>, 
super facto gardiaram aliquarum ecclesiarum ducatûs Britaniœ : 
et non cavetur ibi per quem commissarium sed factafuit per Gau- 
fridum Pelyon, notarium publicum auctoritate imperiali, etc., etc. 
(id.), fol 45. 

27. Vente de 3 liv. 12 sols de rente sise en la ville de Tuzac, 
paroisse d'Arbon, faite par Guillaume Chaperon et Alix, sa femme, 
à Olivier, vicomte de Rohan, pour 46 liv. 14 sols. 1315, fol. 48. 

28. Accord entre Hervé de Léon et Mahaud Huon, touchant le 
moulin de Guaru, sis sur la rivière d'Élé, en Cornouaille. 1316, 
fol. 49. 

29. Vente faite à Olivier de Rohan par Guillaume Lefeuvre. 
1316, foL 50. 



70 LE GABINËt HISTOKtQÙB. 

30. Contrat de vente passé entre Olivier, vicomte de Rohàn, 
d'one part ; Mahé, Seoh et Marguerite Lefresne, d'autre part. {iâ.\ 
fol. 51. 

31. Divers acquêts faits par Olivier, vicotnte de Rolian, es 
années 1316, 1321, 1322 et 1324, sur Guillon dtt Conedon, sur 
Alain Richard, sur Thomas et Olivier le Feugère, sur Guillemette 
Chapon, sur Jocelin Gilbert, sur Jean Hazard et sur Eon Bom<>rin. 
(td.), fol. 63. 

32. Fondation des collèges de Treguier et de Léon. I3l7, 
fol. 54. 

33. Contrat de vente passé entre Olivier, vicomte de Rohan, 
d'nne part; Olivier Riaàc et Thomasse , sa femme. 1318, fol. 55. 

33 bis. Charte de 1319 en faveur de Roland de Dinant. 

34. Transactiod entre le vicomte de Rohan et Èudon, son frère 
pniné. 1319, fol. 57. 

35. Don fait au vicomte de Rohan par Jean de Kermabon. (id,) 
fol. 58. 

36. Partage donné par Geoffroy de Bréhant Pierre, son frère 
pniné. (tU), fol. Ô9. 

37. Dispense accordée par le pape Jean XXII pour le mariage 
d'Olivier, seigneur de Montauban, avec Julienne de Tournemine, 
veuve de Raoul de Montfort. 1320, fol. 63. 

38. Traité de marilage entre Alain de Rohan et Jeanne de Ros- 
trenen. (td.), fol. 64. 

39. Vente faite par Alain Chabot à Olivier de Rohan. 1321, 
fol. 64. 

39 bis. Touchant Rappel en difïhmation interjette devant le 
Roy par Guillaume, sieur de la Musse contre le duc de Bretagne. 
1322. 

40. Contrat de mariage entre Olivier, vicomte de Rohan, et 
Jeanne, fille de Hervé, seigneur de Léon. 1322, fol. 67. 

41. Contrat d^échange entre Olirier de Rohan et Guillaume 
Urvoys. 1323, fol. 68. 

42. Fondation de trois messes par semaine faite par Olivier, 
vicomte de Rohan, en Tabbaye de Bonrepos, pour 60 liv. de rente. 
(id.) 



GàTAL. — > BRETiGlIE. 71 

43. Obligation de 25 liv. motinoie, donnée à Olivier de Rohan 
par Guillaume Levaillant. 1324. fol. 70. 

44. Reconnois^ance donnée à GllTier de Robaii par Olivier Jon- 
gnené. 1325, fol. 71. 

44 bis. Fondation par Jean Le Brun, chanoine de Saint<Brieuc, 
d'one chapellenie en Téglise de N.-D. de Peupoul. 1326. 

45. Partage donné par Hervé de Léon à la vicomtesse de Roban, 
sa fille. 1327, fol. 74. 

46. Cession faite par Jean de France, des terres de Fougères et 
de Porbo'ét, à Cbarles, comte d'Alençon, son oncle. 1328, fol. 76. 

47. Comme le roy Jean renonça aux terres de Fougères et de 
Porhoët, en faveur de Charles, comte d*Alençon. (id.), fol. 77. 

48. Lettres de Philippe, roy de France, au duc de Bretagne, 
pour lui donner avis qu'il a cédé à Charles, comte d'Alençon, les 
terres de Fougères et de Porhoët. (iâ.), fol. 78. 

49. Lettre missive du roy Philippe au duc de Bretagne, par la- 
quelle il tuy donne avis qu'il a donné à Cbarles, comte d'Alençon, 
les terres de Fougères et de Porhoët. (td.), fol. 79. 

50. Don des terres de Fougères et de Porhoët fait par Philippe, 
roy de France, à Charles, comte d'Alençon, son frère puiué. (tU), 
fol. 80. 

51. ^Don de Fougères et de Porhoët à Charles de Valois, comte 
d'Alençon, par Philippe Vî, dit de Valois, son frère. 1328 ou 1329, 
fol. 81. 

52. Aveu que fait Philippe de Valois au duc de Bretagne, au 
sujet des services qu*il luy a rendus dans les guerres de Flandres, 
fol. 83. 

53. Main-levée de la saisie mise sur le prieuré de Craon, pour 
le payement des francs fiefs, attendu qull est membre de l'abbaye 
de Vendôme. 3 sept. 1329, fol. 84. 

54. Hommage rendu par Guillaume de Launai à Jean de Lannai, 
son frêrè aîné. Janvier 1331, fol. 86. 

55. Don accordé par le duc Jean à M. Geoffroy le Vayer en 
reeonnôissance de ses bons serrlces. 1333, fol. 88. 

56. Acquisition faite par Pierre Dêàtuer, tntéUr de Pierre de 
Rohan. (id.), fol. 89. 



72 LE CABINET HISTORIQUE. 

57. Echange passé entre £on Stic et Pierre de Rohan. (û{.), 
fol. 90. 

58. Quomodo dominas rex dédit et concessit comiti Flandrîae 
Nyvernensis et de Relello homagium trium milliam librarum 
terrse quas idem cornes débet assidere dominae Johannae ejus sorori 
in dicto comltatu Nyvernensi et ii m. in comitatu Retelli. Oct. 
1334, fol. 91. 

58 bis. Guillou Treslan se confesse, tenu du cens de sa terre en 
la paroisse de Saint-Travadeur. 1334 — Extrait d'un rég. du 
Parlement de Fan 1335 en faveur de la maison de Léon. 

59. Contrat d'échange passé entre Jonou deKermelin et Pierre 
Destuer, tuteur de Pierre de Rohan. 1336, fol 94. 

60. Sauvegarde accordée par le roy de France à Josselin Thi- 
baud et Geoffroy de Rohan. (id.), fol. 95. 

61. Lettres du roy Philippe, addressées au bailli de Contantin, 
pour renvoyer par devant le duc de Bretagne le procès d'Alain 
de la Hermoët avec le comte de Rohan. 23 oct. 1336, fol. 96. 

62. Lettres de diverses donations faites par Ollivier, seigneur 
de Cliçon et de Belleville, et par Johanne, dame de Belleville et de 
Cliçon, en 1336 et 1342, fol. 97. 

63. Traité de mariage entre Charles de Blois et Jeanne, com- 
tesse de Penthièvre. 1337, fol. 99. 

64. Contrat d'échange passé entre Gueguen Beaunix et Pierre 
Destuer, tuteur de Perrot de Rohan. {id.), fol. 101. 

65. Contrat de vente par lequel Pierre et Guyart de Chemillé 
vendent à M. Amaury de Cliçon 100 liv. de rente sur la chatel- 
lainie de ChemUlé, pour la somme de 1000 liv. 15 décembre 1337, 
fol. 102. 

66. Quittance donnée par Guichart de Combourg, chevalier, à 
Jehan le Gros, thrésorier du roy, pour ses gages et ceux des 
écuyers de sa monstre. 20 oct. 1338, fol. 111. 

67. Lettres de Jean, duc de Bretagne, qui établit le vicomte de 
Rohan son exécuteur testamentaire. 1340, fol. 112. 

68. Douaire donné à Julienne Tournemine, veuve du sire de 
^Montauban. (id.), fol. 113. 

69. Assiette du douaire précédent en 1340. 



GATA.L. -^ BRETAGNB. 75 

70. Requête contre le démembrement des comtés d'Anjou, Tou- 
raine et Maine. 1340 ou 1350, fol. 116. 

71. Extrait des enquestes faites par commandement du roy, 
tant en tourbe comme singulièrement de la partie de M. Jean de 
Bretagne, comte de Montfort, sur plusieurs articles et coustumes 
allégués de la partie dudit comte, au faict de la réception de la 
foy et hommage de la duché de Bretagne, vacant à présent par la 
mort de M. Jean, duc de Bretagne, nouTcllement trépassé, à la- 
quelle foy et hommage le devant dit comte, d'une part, et Charles 
de Blois, à cause de la demoiselle de Pointhievre, sa femme, d'autre 
part, ont supplié estre enquis par ledit seigneur roy, lequel examen 
a esté fait pour informer le roy, afin de recepvoir ledit comte en 
la foy et hommage de ladite duché par H. Garez, évesque de 
Laon, et par André, évesque de Noyon, pairs de France et autres. 
27aoustl341,foK117àl55. 

72. Margeliefille de Pierre fioscher, chevalier, reconnoit avoir 
pris de son frère tout l'advenant de la succession de leur père. 
1341, fol. 157. 

73. Extrait des archives du château de la Vauguyon, des titres 
de la chatellenie de Yaraigne. 1342, fol. 158. 

74. Indication des pièces relatives au jugement du roy Philippe 
de Valois contre Olivier de Cliçon. 1343, fol. 159, 163, 164. 

75. Donum certorum reddituum existentium in ballivia Can- 
dom., factum domino de Matefelon. 22 aoust 1343, fol. 160. 

76. Don de ôOO liv. de rente sur la terre de Guerrande, fait au 
vicomte de Rohan par le roy de France. 1345, fol. 165. 

77. Confiscation des terres qui avoient appartenu à Jean de 
Montfort, sous les chatellenies de Nogent-le-Kotrou et de Brou, 
avec transport d'icelles à Jeanne, reine de France. 3 mars 1345, 
fol. 166. 

78. Compromis entre Alain, vicomte de Rohan, et Olivier de 
Rohan, seigneur du Gué de Plsle. 1346, fol. 168. 

79. Lettres du roy Philippe, par lesquelles il remet à Rolland 
de Dinan, chevalier, une amande de 60 liv. à laquelle il avoit été 
condamné dans son parlement pour deffaut. (id.), fol. 169. 



74 LE CABINET HISTORIQDË. 

80. Extraits de ({Uelqaes titreâ dé Pabbaye de Saint-SâUreor de 
Redon, (id.)» ^1- 171 à 180. 

6046. toM LXXIIIG . — ï. Fondation de Notre-Dame de Fôlgtf^t. 
1350, fol. 1 

2. Quittance de 11 Uv. 5 sols t. de Jehan de la Brosse, chevalier, 
pour gaèges de son escuier, sous les ordres de M. Arnonl, sire 
d'Audenham, inaréchal de France. 15 lûars 1351, fol. 3. 

3. Sauf-conduit pour le comte de Rohan qui étoit vecn en An- 
gleterre voî^ Charles de Blois. 1354, fol. 4. 

4. Ëdit du duc Charles touchant le fait des monoyes. 1360, 
fol. 6. 

6. Suppliqtie de Louis de Pellevé, chevalier, comte de Fle»*s, 
seigneur chastelain de Condé-sur-Noiread , à nos seigneurs des 
comptes pour la conseryation de seiS droits en ladite chastellenle, 
avec Vextràit du compte du domaine de Mortaing. 2 fév« 1360, 
fol. 6. 

6. Lettre tirée en la chambre des comptes de Paris dé là part 
du dnc de Bretagne, à Geoffroy Cariniel, eti 1360 et 1361» fol. 14. 

7. Lettre du pape Innocent Vl à Charles, duc de Bretagne. 
1362, foL 15. 

À la suite utie note sur le testament de Jehan de Beaumanoir. 1363. 

8 Donations à Beauport par Charles, duc de Bretagne, vicomte 
de Limoges, et Jehanne, duchesse et. vicomtesse. 1586, fol. 17. 
{Irnp, Dom, Mor., t. l^r.) 

9. Jehan, duc de Bretagne et comte de Montfort, donne aux 
frères de Thospital , fondé par G effroy le Voier à Tredian, certaines 
rentes et revenus à Dinant. 1365, fol. 19. 

10. Entrée solennelle de M. Jehan Collaet, évesque de Tré- 
guîer. 1502,fol. 20. 

11. Entrée solennelle de M. Philippe de Coatkis, évesqUe de 
Léon. 1422. — Acte justifiant l*origine des anciens seigneurs de 
Trégoman. 1223, fol. 22. 

12. Permission accordée par le vicomte de Rohan an doc de 
Levez d'un fouage d^un écu d'or sur un chacun de ses hommes et 
vassaux. 7 mars 1366, fol. ^3. 



OAtAL. — BRETAGNE. 75 

13. CoBipalfloîre de quelques titres des arehires du due, ob- 
tenu sur la requête de Jeanne de Rohan, veuye de François, 
sire de Eieux, pour lui servir dans le procès qu'il avoit avec le 
tioomte de Roban, au sujet de la terre de GbUlae. 16 août 1459, 
fol. 24. * 

14. Partage donné par Jeanne, vicomtesse de Léon, à Marie 
de Léon, sa sœur. 1367, fol. 43. 

15. Extrait du compte rendu à la chambre des comptes de Paris, 
par Jean Lemercier, trésorier des guerres sous le roy Charles Y®, 
pour 1 année 1369, fol. 49. 

16. Pour le seigneur de Beston, pouf son droit d'usage aux 
forêts de Rennes. 3 may 1370, fol. 50. 

17. Contrat d'échange du comté de Porhoët avec la barobie de 
Tuisen en Normandie, l'an 1370, fol. 51. 

18. Partage donné par le Ticomte de Roban à Geoffroi et Jos- 
selin de Roban, ses oncles. Mai 1370, fol. 53. 

19. Accord entre Pierre de Rostrenen et Jeanne de Ros- 
trenen, sa sœur, veuve d'Alain, vicomte de Rohan. 1370, fol. 54. 

20. Monstre de messire Guillaume de Tnsré, chevalier, à San- 
mur. 1370, fol. 55. 

21. Jeanne de Rostrenen cède au duc la terre de Guémenée- 
Guingnam, pour la somme de 1,000 litres de rente viagère. 1371, 
fol. 56. 

22. Extrait du contrat de mariage entre Jehan, sire de Quintin 
et Marguerite de Rohan. 1372, fol. 57. 

23. Ratification faite par Charles, roy de France, du traité 
et accord passé entre les ducs de Berry et de Bourgogne, Ber- 
trand du GuescUn, connétabie de France, et le sire de Cliçon 
et les habitants de Poictou, Saintonge et Angoumois. 15 déc. 
1372, fol. 58. (Imp. dans VHist. de du GuescUn^ p. 437.) 

24. Ratification du testament de Jeanne de Léon, par Jean, 
vicomte de Rohan, son mari. 1373, fol. 61. 

25. Provisions de la charge de lieutenant général en Basse- 
Bretagne, pour Jean, vicomte de Rohan. 1373, fol. 62. 

26. Extrait du registre de la chambre des comptes cotté: «Liber 



76 LE CABINET HISTORIQUE. 

tertios... copia litterarum régis de expeditione regalis episco- 
palûs briocensis. » 1375, fol. 63. 

27. Mandement de Jeanne, duchesse de Bretagne, vicomtesse 
de Limoges, par lequel est fait mention de 500 liy. de rente 
à Isabeau d' Avaugour, yicomtesse de Tbouars. 1316/ fol. 65. 

28. Guy, sire de Laval et de Chasteaubriand, reconnoit la part 
d'usaiges que les hoirs de Raoul differ ont en la forêt de Vilré. 
14 avril 1377, fol. 66. 

29. Acquest des seigneuries de Guémenée-Guinguanp et de la 
Rocheperion,fait par Jean, vicomte de Rohan. 1377, fol. 68. 

30. Quittance de la somme de 3,400 liv. d'or pour Tacquest 
précédent. 1377, fol. 70. 

31. Partage donné par Charles, roy de Navarre, à Jeanne de 
Navarre, vicomtesse de Rohan, sa sœur. Octobre 1377, fol. 71. 

32. Déclaration de Charles, roy de Navarre, par laquelle il 
donne à Jeanne de Navarre, sa sœur, femme de Jean, vicomte de 
Rohan, 4,000 liv. de renie, outre les 40,000 liv. d'or qu'elle avoit 
eus en mariage. Octobre 1377, fol. 72. 

33. Acquest des chatellenies de Guémenée-Guingamp et de la 
Rocheperion, confirmé par Charles V, roy de France. Octobre 
1378, fol. 76. 

34. Quittance de Pierre de Tresnai, escuier. Mars 1378, fol. 77. 

35. Mandement du duc pour le sire de Montauban. 1379, fol. 78. 

36. Le duc Jean IV révoque toutes les grâces accordées au vi- 
comte de Rohan. 1379, fol. 79. 

37. Lettres de Jeanne, vicomtesse de Rohan, au duc d'Anjou 
et de Touraine, datées de la Chèse le 6 aoust, fol. 80. 

Au sujet de la flotte des Anglois. — Protestations de dévouement au roy. 

38. Institution du capitaine de Henebont pour Henri le Parisy; 
— avec le serment de fidéhté de Guy, vicomte du Fou, au duc de 
Bretagne. 1379, fol. 82. 

39. Promesse faite au duc par le vicomte de Rohan, les sires 
de Beaumanoir,' de Montauban, La Feillée, etc., de tenir le parti 
du duc contre le roy, en cas qu'il n'accomplisse par le traité de 
Guerrande. 11 avrU 1380, fol. 83. 



GâTâL. — BRETAGNE. 77 

40. Don de la Rochemoisan fait par le duc Jean IV à Charles de 
Rohan, seigneur de Guémenée. 14 août 1380, fol. 84. 

41. Distraction des chatellenies de Guémenée et de la Roche- 
moisan de la juridiction d'Auray et attribution d'icelles à celle de 
Henebont. 14 may 1380, fol. 86. 

42. Lettre d'émancipation pour Charles de Rohan, seigneur de 
Guémenée. 1380, fol. 87. 

43. Inslilulion de conétable en France pour Olirier de Cliçon. 
28 novembre 13S0, fol. 88. 

44. Ratification au traité de paix fait entre le roy et le duc de 
Bretagne, par plusieurs seigneurs. 1380, fol. 89. 

45. Quittance donnée par Jeanne de Rohan, comtesse de Perche, 
à Jean, yicomte de Rohan, son père, de tout ce qui pouvoit luy 
estre dû de reste sur sa dot. 22 mars 1380, fol. 95. 

46. Lettre d'abolition donnée par le duc au vicomte de Rohan 
et à ses sujets. 30 mars 1381, fol. 96. 

47. Homage fait par le duc de Bretagne au roy de France. 
27 septembre 1381, fol. 97. 

48. Permission accordée par le duc au vicomte de Rohan de 
traiter avec M. Bouchart de Yandosme de la baronie de la Roche- 
moisan. 27 novembre 1381, fol. 105. 

49. Lettre du roy de France au pape touchant le différent entre 
le duc et Jocelin de Rohan, évêque de St-Malo. 8 janvier, fol. 106 . 

50. Vente de la terre de la Rochemoisan, faite par Jean de 
Yandosme à Charles de Rohan, seigneur de Guémenée. 2 février 
1382, fol. 107. 

51. Le vicomte de Rohan déchargé de la chancellerie de Bre- 
tagne. 5 mai 1384, fol. 110. 

52. Ambassade en Angleterre pour obtenir la restitution du 
comté de Richemont. 19 mai 1384, fol. 111. 

53. Lettres d'état pour le vicomte de Rohan. 8 novembre 1384 , 
fol. 124. 

54. Lettre d'investiture de la seigneurie de Guémenée-Guin- 
gamp pour Charles de Rohan. 1381, fol. 125. 

, 55. Transumptum, seu copie sub sîgno et subscriptione mei 
notarii publici... Instrument et prisaige des comtés de Nevers 



7S LE CABINE HISTORIQUB. 

et Rekl, faiet k Pari»» en la chambre de» comptes, Tan nul trois 
cens quatre*Tingt-Qinq, 13 aTiil 138S, fol. 126. 

5Q. Partage donné par Olivier, seigneur de HontaubâOy à 
Amaury de Montauban, son cadet. JoiUet 138£î, fol. 136» 

57. Pouvoir accordé par le duc au vicomte de Hohan sur ses 
yas^aux, les impositions ordinaires, quoi qu'il Peost défendu aux 
autres seigneurs. 16 septembre 1385. fol. 137. 

58* Advis de la chambre des compter de Parjs pour lasaiette 
des 2,032 liv. 3 sols 10 d. parisis promis ap doc de Bretagne. 
1385 environ, fol. 13& 

59. Pièces concernant la fondation de la diapelle du chaateau 
de Monlseures, au diocèse du Mans. 9 novembre 1386, fol. 139. 

60. Transaction entre Olivier, sire de Monlaubau, et les exé- 
cuteurs testamentaires de dame Jeanne de la Malemains. 31 juin 
1386, fol. 143. 

61. Monstre de Prigent de Trelener, chevalier, commissaire 
de monseigneur de Bretaigne, 7 novembre 1387, fol. 147. 

62. Quittance d'Alain Malestrait, chevalier Jehan du Celier, 
Jehan Labbé^ Pierre de Beaupaanoir et autres pour leurs gages de 
la garde du chastel de Blaigny. 10 décembre 1335, fol. 148, 

63. Partage donné par Olivier, seigneur de Montauban , à 
Jeanne de Montauban, sa sœur. 20 mai 1388, fol. 149. 

64. Partage donné par Olivier de Montauban à Jeanne de 
Montauban, sa sœur, veuve de messire Jean de le Teillaye, tous 
deux enfants de feu Olivier de Montauban et de Jeanne de Male- 
mains. L'acte consenti par Mahaut d'Aubigné, femme dudit Olivier. 
29 mai 1388, fol. 150. 

65. Lettres de certain débat qui fut auttreffois entre messei- 
gneurs Olivier de Montauban et Jehan de Tilley. 28 may 1388, 
fol. 152. 

66. Copie d'un acte de notaire contenant la délivrance de cer- 
tains prisonniers du chasfeau de Chaseaulin. 1388, fol. 153. 

67. Copie d'un papier non signé délivré par feu M. de Roualle, 
le grand-père, à M. de Penuem, au dos duquel est escrit de la 
main de Kovalle : Contrat de mariage de Hervé Penanco'él et d'A- 
mice de Refuge, de Pan 1388, fol. 154. 



68. MftqdeioaBt du duc de m^ le» ^rr^ 4We Jasselin, évê- 
qne de Saint-Malo, poasédoit d^faal sa giQrt «u b^tiUnge de Pinwit. 
9pparM3$8,foll66. 

69. Serment de QdiHté au due ii^r GniHaume, seigneur de 
Moauuban. 4 mai 1388^ fol. 167. 

70. Douaire accordé psir GuiUauiiie, «ire de Moptaubau, à Ma- 
haut d'Aubigné, dame de Landac, sa mère. 1389, fol. 158. 

71. ConQrmation du droit d'usage daas la âirét de la Guerche, 
au prieuré de Saiut-Nicolas» situé près la ville de ce nom. 1389, 
fol. 160. 

72. PouTolr donné par Jean, rieaire de Rohan, à Alain, son 
fils, d'établir tels procureurs quMl jugera. 7 janvier 1300, fbl. 163. 

73. Procuration donnée par Alain de Rohan, sire de Léon, à 
Hervé et Guyoman Mansurie. 24 août 1391, fol. 164. 

74. Mémoire d'arUllerie. 1391, fol. 165. 

75. Homme vivant et mourant donné au vicomte de Léon par 
les moines de Rebec. Du lundi après Jubilate 1392^ fol. 174. 

76. Quittance de Marguerite de Rohan. 14 mars 1392, fol. 175. 

77. Fouage de 10 sols par feil, acoordé par le duc au sieur et 
dame de Monlauban. 20 septembre 1392, fol. 176. 

18. R«»>nnoii9«Bcie donnée p«r Eprès, elibé de Boureiios. 
Après Lœtare et Jérusalem. 1392, fol. 177. 

79. Lettre du due pour la paix avec Olivier de Cliçon et le 
sieur de Penlhièvre. 1394, fol. 178. {Imp. Col. 788.) 

80. TestamepI ^e JefiQi viei)ipt9 de Rol\ap 314 lévrier 1395, 
fol. 181. 

81. Testament de Jean I, vicomte de flohan. 24 février 1395, 
fol. 187. 

82. Transaction entre dame Jeanne de Navarre, vicomtesse de 
Rohan, et ses enfaqt«. 29 ptars 1395, fol 189. 

83. Accord entre Jean, duc de Bretagne, et Alain, vicomte de 
Rohan, touchant le rachat de ses terres. 11 may 1396, fol. 193. 

84. Déclaration du duc sur la précédente composition. 11 may 
1396, fol. 194. 

85. Ce sont les hommages à monseigneur de Rohan ^ lui iiEû& 



80 LE GàBIHET HISTORIQUE. 

de la Gbèse, Loiideah, Porhoiiët et Loudeaola vicomte le »»• jour 
de juillet Tan mil ccciiii» et seze, foL ld5. 

86. Donation faite aux bons homes de Fontehamps par Ooil* 
laume, seigneur de la Guierehe. 1396, fol. 211. ' 

87. Assise du douaire de Marguerite de Rohaii, fille de lehan, 
vicomte de Rohan, yeuve de Jean, sire dcQuintin. 20 novembre 

1396, fol. 212. 

88. Homme vivant et mourant donné par le 4^itre de Léon 
au vicomte de Rohan. 3 avril 1396, fol. 213. 

89. Contrat d'échange par lequel Loheac cède à GuilHrame de 
Montauban, son mar^^ les coatumes et trépas qil^elle avoit au ter- 
roir deVandelaise. 16 juillet 1397, fol. 214. 

90. Accord entre M. Ëvard de Gœsme et dame Jeanne de 
Montfort, son épouse, d'une partie, «t Jean Raguenet et dame 
Isabâu, son épouse, au sujet de la succession d'Eon de Montfort. 

1397, fol. 217. 



ECOSSE. 

DOCITlfEIlTS INÉBITS COnCERRAIfT h*niSXOlKB DE Cl FATS. 

(Suite. Voy. t. IV, p. 238, 265 ; t. v, p. 21 .) 

Jacques J». — 1424 au 20 février 1437. 

5047. Cérémonies à l'entrée et an mariage de la reine d'Escosse, 
1436. —Cérémonies à l'entrée et des noces de Marguerite d'Ecosse 
avec le dauphin, 1436. {DuPuy. 325.) 

Jacques IL - 1437 à 1460. 

•^8. Recueil de pièces originales relatives aux afTairesderEcosse, 

de 1432 à491. [F. Baluze, 9987».) 

Petit îD-fol. de 72 feuill. Précieux recueil de lettres des rois d'Ecosse. — In- 
structions et autres pièces originales relatives à l'histoire d'Ecosse. 

6049. Compte des dépenses de la cour de ]a dauphine de Viennois 



(Mai^aerité d'Ëeoissé), feoune de Loms XI, de 1443 à t445. 1 vol. 
in-fol. (fif, F., 1496.) • 
5060. Letlres par lesquelles GaittaBme de Creiditonn, ehaneeUer 
4'Ëce8se, Jean, éTéque de Donkeldem^ Nieolas de Ëtirborn, 
Ikeneié en décret, officiai de Saint- André, ambassadeurs de Jac- 
ques II, roi d'Ecosse, au nom dudit prisée renoordlent et confir- 
ment avec i'évéqne de MaiUerais, le sire de Précigny et mattre 
Goillanme Goasteot, eonseiUers de Charles VII, et délégués par 
lui, les traités d'alliance et de confédération faits entreles rois de 
Trance et d'Édosse depuis Charles le Bel et Jacques l^. Donné à 
Tours, le dernier jour de déc^mbrci l'an de grâce 1448. {Tr. des 
C^.J., 678,n«28) 

5051. Litterae Jacobi II, régis Scotiae qnibus ratum habet tracta- 
tum confederationis et amicitiae inter reges Franeiae et Scoti» à 
canceUario suo Villelmo Creiehlon , Jbhanne episcopo Donkel- 
densi et magistro Nicholao de Otterburn in décretb lieentiato, 
officialis; Andreae et canonico Glascuensi, ambaxatoribus et ora- 
toribus suis cum oratoribus Caroli VII, régis Francise apnd Ta- 
roiies, anno 1448, nlUma die deoembris initam. Apud Ëdynburgh 
▼ieesimo die mensis deoembris, anno Domini millesimo quadra- 
gentesimo quàdragesimo nono et regni nostri decimo tertio. 
(Tr, dt$Ch.,Supp.L, 4039.) 

5052. Litterœ naturalitatis concessae Roberto Betitolo de regno 
Scotiœ feutifero feutiferiae domini régis. Apud Turones, vers 
1452, le 4 mars. (^.,1681,) 

5053. Tractatus confederationis et amicitiae initns inter Christier- 
tium Daciafe, Norvegiœ, Siavorum, Gothommque regem et Caro- 
Inm Vil/ regem Francise, datum in castro nostro Haffinem regni 
nostri Dacise anno Domini millesimo quadringenteskno quinqua- 
gesîmo sexto die vigesimo menais septembris. Le roi de France 
plumet entre autres choses : Quod vices suas amicabiliter inter- 
ponet et operam dabit quod rex Scotiae plenarie proot dicto 
ehrislianissinïo regî Francorum ex litteris et documenlis desu- 
per confectis JQStum atque consonnm videbitur rationi satis- 

•feeiet r^ni'Dacie, etc., et incasu qoo rex Seotiœ dictamini régis 
Frandae hujusm<idi mimme parère vellet, ex tune proefatus Fran- 

5« année. — Gat. 6 



83 LE CàBIHET HISTOBIÛUE. 

^omm rex «hibelût se talem ia £ieto hiijBWo£, pr^ ^rte 
domîni régis Daciâe, qualem yellet sibi per prefetum rigem 
Daeie,. yïçù yepsa, in casu simili s«a fu^lièet alteri exhiberi 
jaxta coBtinenliam earimduia litterarua diolo seFcnissimo régi 
Daciae et NftFwegiâe per regea Seotia^ ei ^us «nteeessoie» auper 
▼endictone certoruœ domin|oiram videUeet \9nm lodefeqsis, elp., 
traditaram, etc. Scellée en eire r^ttge* sur Ism de soie» dn IK^ein 
de Christian, roi de Pannemark, ym liX, 30 s^pteoilMrfi, (]y. 
de$Ch,I.,4ffi, II,) 
6094. CQnfirmatio à Carolo V{I, Fi^nci>FMn} rege, enjusd^m cfh 
pella^, io mongsterio ^pqM Uuaii d^ Tt^oraeia, PictaF^npis 
diocsesis à Margareta Jacobi quondam Scotompi pegis pfioiQge- 
nitu et LudQyioi Dalphini Vienuei|.si$ ipsius filii primagepiti 
ttxore, fundatae. DatiiiQ Basiliiaci prope Cayaomfi» die vic^aima 
quarta mi^nsis norembrii, mm P&mm 14^9 l^ 24 QQvembffs. 

5ÛS5. Ëpistola^ comiUs 4e ppugl^, io^mm Oas^lip^ Legiopii et 
Portugali» régis qnil^Ms ^um o<trtiorftin fmt^ dç v^bo^ ppasper is 
régis et regni Scocias. IMmé k Sdinboiirg* le ^^'^ jp^r 04 qopîs 
de juillet, signé Vester, Came» 4e Qppglas. {femUi ?pi 4q Por- 
tugal, ngnoit de 1406 à }4ô4.)Ânnée ineertaine. {K. mU '- tO* ) 



Jacques ÏIL — 1460 à 1488. 

5066. Li|ter«i naturalitatis Visrnnni (liobertp) de regpQ Sç^y^ 

priundus, bomo ^nnoiiqiw de gftr^ corppri^ ^Q^m pegj#« Vftfîs 

1472, mars, h Tours. 
50^7. Lettres de paturalité, Cbambre (Jeban), Éoo«^îg| ^r^bpr ^ 

la garde du corps du roi, yers 1472, 1? juin, à CbipQp,(^,, 

168,3a) ' 

ôO£^8. Aigne (Tbomas), Éeossois, ^reber d^ la ^4^ di} mf^ ^ 

xiA, vers 1473, 12 inin, è CMnpp, (*, 168, p. ^. 
50$^. Nesbes (Jehan), Éo^sisois, ^rcbep de la gsirdç 4p caf|# du rpî, 

vers 1472, 13 jiiin, à Cbinqn. (^, m JP. 41 , } 



CATàL. — ECOSSE. 8S 

5060. Lettres de n^tnralîté. BroR (Gqlllaaipe], Éçossois, vers 1473, 

28 jaillet, à Compiègne. (¥. 168, P. 58.) 
5QÇ1. L|tterae D9turaimti3, Span^ (Thomas] de regno Scoti», yers 

1472, novewbrç, à An^boise. (Id., pièce p3.) 

5062. Lettres de naturaiité. Blair (Simon), Écossois, archer de la 
garde da corps du roi, vers 1474, eo février, à Paris, (/d., p. 23.) 

5063. Boutelier, Écossois, archer de la garde du corps du roi, vers 
J474, e^ février, à Paris. (Id. 169, P. 33.) 

5064. Debaye (Jehan), Écossois, garde du corps du roi, vers 1474, 
en février, ^ Paris. {Id. }69, P. 27.) 

5065. Lettres de naturaiité de Dombarre (Jehan), Écossois, archer 
de la garde du corps du roi, vers 1674> en février à Paris, (id. 
168, P. 29.) 

5066. Faudringan (Archambanlt), Écossois, archer de la garde du 
corps du roi, vers 14Î4, en février, à Paris, (t*. 169, P. 26.) 

5067. Gray (André), Écossois, archer de la garde du corps du roi, 
1474, février, à Paris, {id. 169, P. 2.) 

5068. Lelandre (Jehan), Écossois, archer de la garde da corps du 
roi, 1474, février, à Paris, {id, 169, P. 22.) 

6069. Mathelan (Maurice), Écossois, archer de la ^^rie du corps du 
roi, t^ 1474, février, ^ Paris, (W, 169, p. 31.) 

5070. I^ettre éf, m\^J^\é, ^o^fr^ (Patris), Écossois, arebçr de I9 
g^nle du corps duFpi> ver» H74, en février, Paris, {id. 169, P. 21.) 

5071. Stnch (Thomas), Éeossois, aroher de la garde do corps du roi, 
vers 1474, février, à Toulouse, (fd. 169, P. 31.) 

5092. Voust (Robin), Écossois, archer de la garde du corps du roi, 
vers 1474, en février, à Paris, (id 169. P. 19.) 

5073. Yannels (Thopnas), Écpssois, archer de la garde 4!i corps di| 
roi, 1474, ç« février, ^ Parf^. (id. Ï69.) 

5074. Wfirçap (Alei^andr^), Écossois, ar<^er de la garde du corps 
Ab m t^W» *il féwer, à Paris, (id. 169, P. 30.) 

5075. Yon (Jehan), Éenssois, archer de la garde du corps du roi, 
14f4, en février, à Paris, (id, 169, P. 18.) . 

5076. TournebuUe (Guillaume), Écossois, archer de la garde dq 
corps du roi, 1474, en, mars, à Paris, (id. 1C!9, p. 16.) 

5077. Wellys (Rober| de), écnyer de)a nation d'Ecosse, archer de 



84 LE CABINET HISTORIQUE. 

la garde du corps du roi, en 1474, eu août, à Paris, {id. 169, 

p,n,) 

5078. Treugse initœ, coram civitate Âmbianeosi in caînpis, per 
Eduardum IV, regem Angliae cum domino Ludovico X[ , rege 
Francorum, datum in campo nostro prope civitatem Âmbîanen- 
sem, vicesima nona die mensis Augusli, anno Domini quadrin- 
gentesimo septuagesimo quinto el regni nostri quinto decimo. 
Le roi d'Ecosse est compris dans ce traité comme allié du roi de 
France. Scell. du grand sceau royal d'Angleterre, pendant sur 
double queue, 1475, 29 août. {Tr. des Ch. J., 648, n* 3.) 



RECUEIL CONRAUT. 

DEPOUILLEMENT DU RECUEIL- CONRÂRT, DE LA BIBUOTHEQUE 
DE l'arsenal. 

Nous avons promis à plusieurs reprises de donner le dépouillement 
du Recueil- Conr art de la bibliothèque de l'Arsenal. On sait qu'avec 
une infinité de documents historiques snr le xvi® siècle, particulière- 
ment relatifs aux guerres de religion et à l'établissement de la Ré- 
forme, il renferme une foule de pièces curieuses pour l'histoire illté- 
raire du xvii« siècle. Conrarl, comme c'éloit assez le goût de son 
époque, rassembloit, avec une persistai^ce d'amateur, les lettresi pam- 
phlets, factums, billets, chansons et vers dont s'occupoient les petits et 
grands cercles qu'il dirigeoit, ou auxquels il étoit associé. C'est dans 
ses miscellanées que tous ceux qui étudient le xyii^ siècle vont puiser 
avec confiance; et c'est de là qu'ont été tirés les JI!f^motre< même de 
Conrart, publiés des 1824, par M. de Monmerqué, et réédités depuis 
par MM. Michaud et Poujoulat. C'est de là parelHement qu*a été 
extrait le Journal inédit d*Arnauld d'Anâilly, par M. Halphen, 
lequel n'attend, pour être livré à la publicilé, qne l'achèvement .d'une 
table alphabétique des matières et des nom» propres qui abondent 
dans ce journal. 

Le Recueil-Conrart de la bibliothèque de l'Arsenal se forme, 
croyons-nous, de 22 vol. pet. in-4o (757 H. F.) et 18 vol. in-f» 
(902 H. F.), plus de 3 autres vol. in-4« (161 B. L.). 



GATAL. — CONRART. 85 

M. Paul Lacroix, notre aimé bibliophile, aujourd'hui conservateur 
de la bibliothèque de l'Arsenal, nous transmet à l'instant même 
quelques précieux renseignements qui compléteront, mieux que 
nous ne pourrions le faire, ce qui nous restoit à dire sur cette im- 
portante collection. Voici la lettre qu'il veut bien nous éerire : 



A M. LE DIRECTEUR DU CABINET HISTORIQUE. 

Cher catalogographe, 

Vous me demandez de tous apprendre comment et à quelle épo- 
que les fameux manuscrits de Conrart sont entrés à la bibliothèque 
de r Arsenal? C'est là une question que je me suis faite plus d'une 
fois à mol-même, sans pouvoir la résoudre. Je ne me souviens pas, 
en effet, d'avoir vu ces manuscrits indiqués dans un catalogue de 
vente, et je ne les trouve pas mentionnés dans la BiUiotheca manus- 
criptorum de Montfaucon. Il me semble pourtant avoir oui dire 
que les papiers de Conrart étoient conservés à la maison professe des 
lésuites de la me Saint-Antoine. Si ce renseignement est véritable, 
ils n'en seroient donc sortis qu'en 1764, avec les papiers de Huet, 
évêqued'Avranche, lesquels furent restitués à sa famille, après Tarrêt 
du Parlement qui frappa la société de Jésus. 

Qooi qu'il en soit, je pnis certifier que ces manoscrits ont été in- 
corporés dans la bibliothèque du marquis de Paulmy vers 1770, 
comme il est aisé de le constater en examinant la place qu'ils occu- 
pent à la fin de Thistoire, dans le grand catalogue raisonné de l'illus- 
tre amateur qui a créé notre bibliothèque de l'Arsenal. Ce catalogue 
nons fournit un renseignement plus précieux encore ; c'est la liste 
de tous les manuscrits qui composoient la collection dite de Conrart, 
et qui ont été dispersés depuis dans les différentes séries du système 
bibliographique, sans conserver un indice certain de leur origine. 
Il.est même probable que quelques-uns de ces manuscrits ont été dé- 
tachés de la bibliothèque de l'Arsenal à l'époque de la révolution, 
car nous ne les reconnoissons plus parmi les autres manuscrits que 
possède notre bibliothèque. On les retrouvera peut-être, si on les 
cherche avec intelligence, en s'aidant de la liste que je copie sur le 
catalogue du marquis de Paulmy. 



LE GÀBiNË'f HlSTbBidÛB. 



« iy« SUITE. ^ Mëkmges hisifniqueé. 

677. Recueil formé par feii Mt Cdlir&rd {sie), coiitenâat un gtmà 
nombre de pièces tant historiques que littéraires de tous genres. 

24 vol in-4«, v. b. mss. 

Nota. On trouvera à la fin de chaque volume une table de ce qui 
y est contenu. Ce manuscrit et les suivants, venant de la même 
source, sont pleins de pièces rares et précieuses. Plusieurs auteurs 
ont travaillé dessu^j en ont tiré plusieurs choses qu'ils ont fait im- 
primer. Mais il y en a encore beaucoup d'intactes quijpourroient 
servir aux personnes qui voudroieiit travailler sûr notre histoire tailt 
historique que littéraire. 

678. 2« Recqeil provenant de feu M. Conrard, dans le même 
goût que le précédent, avec la table aussi à la fin de chaque vol. 
2 vol. in-4^ 

679i 3^ Recueil provenant de feu M. Gonrard. avec la table des 
pièceSi commençant par: Fonctions 4e justice et des charges eh 
Ftancei Mss. 1 vol. in-4o; V. ma note au premier de ces recueils. 

680. 4é Recueil provenàtit de feu M. Gonfafd^ aveë là iiblë dès 
pièces, commençant par: Mémoire tùnûetnatii lé BùutoHnois. M^: 
Ivcrl. in-4o. 

681. ô« Recueil provenant de feu M. Conrâfd, âvécf Id tablé àei 
pièces, commençant par : kelatioh de ce qui s'est passé à Téndté. 
Mss. 2 vol. in-4<>. 

662. 6^ Recueil provenant de feu M. Conrard, partie mss. partie 
imprimé. 

Le l«r, sans table, Comniençant paf : Très gentil traité de la suo- 
cession de la guérison de Vàpostume. 

Lé 2«, aussi ^ah^ tdble, dommt^ni par : À^éttissèntenê et âis-^ 
cours siif te procès criminel dé M. Poislë, 

Le 3^, aussi sans table, commençàht par : Recueil dés règiefneni^ 
édits, 1673. 

Le 4^, avec là table, commençant par : Èdict du hoy, etc. , ^3 pièces. 
4 vol. in-4o. 



CATAU — GONRART. 87 

6M. 1^ RMUëil prorenaitt de fed M* Conrard^ avec kl table des 
plèees tf ta fin de dia<tue Toladie. Mss. 18 vol. in-fol. 

6^4. S« Réeaéil pi^tëfitot dé fed tt. Conrafd, âtec la table des 
p\ifjés in hojnbtè dé 22, à la fin, eonitiiençant par : Prototole, etc. 
Msâ.itdl. în^fôl. 

8të. è^ ftéëaei) prôfénànt dé fed M. (jônrard, avec la table des 
pièces an nombre de 18, commençant par: Èpistre au Boy^ etc., 
tout imprimé. 1 vol. in-^^*. 

686. 10® Recueil pfôtétiânt de feu M. Conrard, avec la table à cha- 
que tumbe. Le p^eitiiek* contenant des rdationsdesambassadeurset ré- 
sidents vénitiens en Italie, le deuxième des relations et pièces italien- 
nes au nombre de 41. Mss. 2 toI. in-4o. 

687. ll^» Recueil provenant de feu M. Conrard. 22 cartons blancs, 
dont 18 in-fol. et 4 in-4o : 12 sur Thistoire de France, 1 sur Milan, 
7 sur rAliemagne, 1 sur Vehise, et 1 d'extraits historiques et bons 
mojts. 11 y a d'excellentes choses dans ce recueil. 

688. Recueîi de pièces de théologie, de droit canon, de politi- 
que, etc. Quelques-unes en vers, mais peu. — Mss. venant de M. Gon- 
rftlit/âVee' là table à la tête du vol. 1 toL iri-fol. tél. Ce reeUell 
commence par : £n quoi la piété des Eêpagnols diffère d$ celle 
des François. 

.C89. Réeoeil de t>ièees imprimées de thédlogie, jurisprudence, 
belles-lettrefc et histnre^ Paris^ 1648, etC; I>e M. Conrard. 1 vol in- 
fol. véli 

690. Recueil de pièces fugitives en prose, mss. qui a appartenu à 
M. Conrard et ensuite au cardinal Dubrâ. 1 vol. in-fol. vél. 

691. Mélange de pièces en vers et en prose sur toutes sortes de 
sujets, commençant par une chanson contre le cardinal de Richelieu, 
sur l'air du Tambour pata pata pan. V. la table qui est à la fin et 
qui contient 63 pièces. Mss. in-fol. vél. » 

Ydilà ce qui formoit la collection Cohrart, dd temps de M. de 
Padlmy. Aujourd'hui, on ne comprend dans cette cdllection que leë 
deux grands recueils en iS vol. in-fol. et en 22l voUimes in-4o. Mais 
je vous ai signalé^ en outrci deux volumes m4^ qui correspondent 



88 LE CABUtBT HISTORIQUE. 

au no 681 du catalogue préeé^ent, plo», iwXi toIbom» in-ioL et 
trois Tolumes in-4o qui proTiennent aussi de Conrard. Mais. 4|ue 
sont devenus ces 22 cartons blancs, danç lesquels on tr^pvoit d'ex- 
cellentes choses, selon M. dePaulmy? Je puis vous attester qu'ils 
n'existent plus à la bibliothèque de l'Arsenal. Je crains fort que ma- 
dame de Genlis ne les ait emportés. C'est tQUte. uae biUoice que je 
vous raconterai une autrefois. . . • 

Tout à vous, 

P* Lacroix, 

Canêtrwitêur de lahiblMMque de tArêenah 



RBPUEIL IN-FQUO. 

C'est par les 18 toL in-roU, renseignés d'autre part so» le n* 683, 
7« Recueil, que nous commençons notre dépouillement. 

5070. Tome I^". —- 1. Lettre au roy de M. le cardinal de Joieus^t 
dn4oct. 1588,p. 1(1). 
Par la lettre que j'escrivis hier à Vostre Majesté... 

2. Lettre an roy du marquis de Pisanî, du 5 cet. 4Ô8S, p. 17. 

Sire, j'ay tant falct que j'ai faict esbauober upQ 9uiURtt«*de (a^oiie^.. 

3. Autre lettre du roy à monseigneur le cardinal de Joiense» 
du 8 oct. 1688, p. 41. 

Mon cousin, par le^lettres que jevoas ai escrittes... 

4. Lettre du roy au pape, du 8 oct. 1588, p. 43. 

Très Sainct-Père, la nouvelle nous a esté très agréable... 



(1) A la suite du litre, nous donnons les premiers mots des pièces, afin 
d'aider à reconooîlre les inédites et à distinguer celles du même nom ou du 
même genre qui se trouvent dans d'autres recueils. -^ Nous n*avofl$ pas 
besoin de répéter que toutes les pièces canrart sont des copies, à t'exeep^ 
tion des œuvres mêmes de l'auteur du recueil et de quelques originaux 
que nous signalerons à Toccasion. — En tête de ce premier volume est un 
très^beau portfait de Valentlil Gonrart, gravé par Lossin d'après Lelèvre.. 



gâta;.. — coniubt. 89 

S> Lettre ait roy de M. le cardinal de Joleuse^ du 27 pc^ 1588, 
p. 47. 

: Sire, j'ai re^u ftvaDt*hier la lettre... 

6. Aa roy, de M. le marquis de Pisany, dû dernier ôct. 15^8^ 
p. 60<t . . 

Sire, da 17« de ce moys je donnay... 

7. Le roy à M. le mar({aift de Pisany, da 27 nov. 1588. p. 88. 

Monsieur le marquis, parce que vostre dernière despesche^.. 

8. Le cardinal de Joyeuse au roy, du 30 oct. 1688, p. 92. 

Sire, par la lettre qu'il plaist à V. M. de m'escripre... 

9. Le même au roy, du dernier oct. 1588, p. 97. 

Sire, depuis la lettre que j'escrivis... 

10. Instruction au sieur de Pongny, chevallier, etc., s'en allant 
en Piedmont, rers le duc de Savoie, pour luy demander la restitu- 
tion du marquisat de Saluées, du 23 oct. 1688, p. 107. 

Le roy ayant entendu... 

It. Commission au sieur de Pongny s'en allant en Piedmont, 
du 23 oct. 1588. p. 117. 

Henry, etc., à nostre amé et féal le sieur de Pongny... 

12. Le roy an duc de Savoie, du 23 oct. 1688, p. 121. 

Mon flrëre, j*ay prins assurance... 

13. Le roy^à M. le cardinal de Joieuse, du 7 nov. 1588, p. 122. 
Mon cousin, la délibération en laquelle... 

14^ Le roy à M. le marquis de Pisany, du 7 nov. 1688, p. 123. 
Monsieur le marquis» Je oroy que voua avec rocoa la dépesche... 

16. Le marquis de Pisany au roy, du 13 nov. 1688, p. 125. 
Sire, ceste cy sera pour donner compte à V. M... 

16. Le roy à monseigneur le. cardinal de Joieuse, du 5 déc. 
1688, p. 167. , . . . 

Mon cousin, à ce que j'ay veu..^ 

17. Le marquis de Pisany au roy, du 28 nov. 1588, p. 172. 
Sire, less dernières que j'ay eues de V. M... 

18. Le roy à M. le marquis de Pisany, do 20 déc. 1688, p. 185. 

Monsieur le marquis, j'ay pensé que le sieur de Gondy... 

19. M. de Pongny an roy, du 9 nov. 1588, p. 189. 

Sire, il »*est tant passé de choses... 

20. Le sieur de Pongny au roy, du 13 nov. 1588, p. 221. 

Sire, je supplie très-humblement V. M... 



90 LE CÂBJWriiT HisTbm^itE. 

21. Lé rby aii ^à^, da 18 h&t. im, ^. US: 

T. S. P.» nostre trôs-cher et très-amé oncle, le cardinal de Bourbon... 

22. Le roy à M. le marquis de I^i^il^, dtt 15 hôy. 1588, p. â46. 
Monsieur le marquis, mbh ëdiisln lij caFàihâi dé Giiise... 

23. Le roy à M. le cardinal de Joieose, du 15 no?. 15ÊS, y. 848. 

Mon cousin, le sieur de Gondy vous féi'à entendre..: 

ii. Le roy au pape, dii 18 noV. 15^8, (). i4^. 
T. S. P., nous avons entendu que le cardinal de t^èllevé... 

25. Le roy à M. le marquis de t^isany, Axx 15 nov. 1688, p. 250. 

Monsieur le marquis, aiant entendu... 

26. Extraicls de la négociaiion de inessiré beuis-âîmôn de 
MarquemoDt, archevesque de Lyoo^ puis cardinal à Rodie. Es 
années 1617, 1618 et 1619, - 1622, lé2i 1624, 162Ô et 1626, 
p. 253. 

27. Mémoires des ambassadeurs ordinaires et extraordinaires, 
nonces résidens, eu gentUshoimnes enroyez, yenus en t'rànce de 
la part du pape, de l'empereur, des roi&, princes et républiques 
estrangers, depuis le 20 février 1634 jusques au mois dé may itôO, 
p. 357, 

On y trouve ce qui est relatif aux ambassadeur» ou envoyés de TAngleterre, 
-f BRden, «= 6oUet,— Danemark. — empereur, — Gennes, — grossesse, -^ 
Hesse, — Lorraine,— Malte, — Mantoùe, — itdscovié, — Orange, — Pays-Bas, 
— Palatin, — Pape, — Parme, — Poldgiiè, — Savôye, -" àéMéey — StiÔâe? — 
Suisse, «- fè btufH, ii- télwarièj— Vèili&e, ♦^ Wflimar, — Wurtemberg. 

28. Table dé^ iiléttrdifë^ bfllll«i^ â Mj de Beriesl le 29 apyril 1689. 
— dullH kh coiiié^poùi' là Charge dû gfdnd mmwi dte cél*êmo- 
nies es années 1585, 1^3 et 1616, fol. 421. 

Du titre du grand inaistre aes béi'émoiiiéè(... 

29. Traicté de paix exhibé par M. le duc de Loti^eVilIè peur 
la France, 1647, p. 463. 

Premièrement il est convenu et accordé... 

30; M diarid Pariais deGrassis magistri ceremoniarum Leoiiis X, 
episcopi PisarensiSj p. 557. 

De processione ad Lateranum;.. 

31. Capitulatione Ira la santa de nostroS< et L. A. délia maesta 
Gaes^rea, p. 589. 

Âl nome di dio addi Y. di Giug... 1MÉ7. 



it Èstfdttô dd tiëgOliâtd di tegà et di |^6etrà i'imt^èfatore 
Carolo V, et Francesco, ^è de Fraticia coli âllré pfôposilidnl di 
tiionsignor Ar^lnghelU, tidtilio di PMô lit, tll f'Mticiâ, p. m. 

Seconda dudieii^fll. 

33. Lettre du tôt Frân^dis I^»* flti pape^ p. S21. 

*rrès S. t»., j'ay dernièrement recëù les briefs qu'il a pieu à V. iS... 

34. Lettre de M. le cardinal da Bellay à M. le président de Pro- 
Tence^ touchant la eohdâmnatien contre Fevésque dé Gosiiîe, dVèë 
la teneur de ladite seotenoe, p» 629; 

Monseigneur, je ne sCay si tous ave£ enodre entendu.:.- 

35. Vente faicte par le pape Clément Vil, oncle et tuiedr de 
Catherine de Médicis, duchesse d'Ufbain, depttid Mhé de Frâhèe, 
de èëi'taitt cUàstéâil appelé Càsale Ldngésé, éci^ éd îâ campagne 
de Rome, à Claire dé Médicis Sttossi, môyetinâtit vingt mil ducats, 
dal8 15i7,p. 637. 

36. Traicté de M. le duc d'Orléans avec le roy d'Espagne. 
Bruxelles^ 2 mai 1634, p; 643. 

. Articles accordez entre le seigneur duc d'Orléans, d'une part, et le sieur 
marquis Dayetane, d'autre, au nom de S. M. catholique... 

37. Des principaux estais et seigneurs d'Italie, p. 657. 

L'Italie est composée de plusieurs estats et seigneuries... 

38. Investiture faicte par l'empereur Maximilien I«r au roy 
Louis XII) du duché de Milan^ 15 juin 1509, p. 675. 

89; Estât par estimation des train, suitte^ livrées^ équipage et 
ameublement d'ambassadeur^ Rome el de )« despenoe qo^il eon- 
yient faire en la charge es trois années que l'ambassade a de 
èôUstUme dé durer : enséitfblé p^lqùés méMt ûM» tant pour faire 
ptépûttt sôti diet équipage êi ammeUbleméfli i}(le coneefflant son 
acllemiiiemeiit et arrivée Àûûm Rome; p. 677. 

40. Ordonnance du roy LOdis XUl sur là fortUë qilé les ambâs- 
sàdettrs sét^dht ddi'éshatànt tràltéi ^ài' ses ôfDctërs, du 4 novem- 
bre i625, p. ÏOy. 

4t. Du registre du conseil de l'an M.tn^.Ltihu— Les registres 
précédents sont perduz ou esgarez, p. 713. 
Pour ia fnatièré dés pâi*tyes plaidans è$ rëquéstes a este ordobiié... 

4^. Registres du Parleinëht dii ttiài^dy douzième joui* dé no- 



» L^ CABINET HISTOBIQUE. 

▼embre Tan mil trois cents soixante et quatre et mil trcHis eent 
quatre-vingt-neuf, p. 777, 785 et 797. 

43. Registres du conseil du Parlement, 1566, 1571, p. 821, 856, 
887, 905, 965, 1006, 1037, 1061, 1091, 1106, 1116 et 1147. 

44. Registres du Parlement, 1632 et 1637, p. 1173. 
Parlement commenceant à la Saint-Martin mil six cents trente-deux, du 

vendredy xne novembre... 
t 

6080. TohbII. — 1. Des assemblées générales, consistoires, col- 
loques, sinodes tant proyinciaux que nationaux, et cercles de 
ceux de la religion prétendue réformée, en France. (Gonr. t. IL 
fol. 6.J 
Ias assemblées de ceux de la religion, etc. 

2. Lettres patentes du roy Cbarles IX, touchant son intention 
sur l'assistance de ses officiers aux assemblées, synodes et con- 
sistoires de ceux de la religion prétendue réformée. 1561. (/d. 
fol 41.) 

Charles, etc., à nos âmes el féaux. Par nostre ordonnance, etc. 

3. Le département da royaume de France distribué selon l'or- 
dre des synodes, en huit cercles, gouvernements et provinces, et 
autant de doubles conseils sous un général, avec les ordres et rè- 
glements tant politiques et militaires, que des finances. Fait et 
arrêté en l'assemblée de ceux de la religion prétendue réformée, 
tenant à La Rochelle, le 10 may 1621. (id. fol. 44.) 

Ou plastôt restabtissemeot, etc. 

4. Cahiers répondus par le roy en favear de ceux de la religion 
prétendue réformée. (Id, fol. 47) .« 

Articles répondus, ete. 

6. Règlement général dressé par ceux de la religion prétendue 
réformée, assembles à MiUaud, Fan U72, pour l'establissement 
de leurs affaires et pour se préparer à la défence. (id. fol. 63.) 

Premièrement, que comme les Ninivites, etc. 

6. Règlement dressé à Millaud par ceux de la religion préten- 
due réformée, pour maintenir leur association nouvelle, 1573, en 

. décembre, (/d. fol. 66.) 

Premièrement, après aToir entendu, etc. 

7. Articles arrestés en l'assemblée de ceux de la religion pré- 
tendue réformée, à Millaud, en juillet 1574, par lesquels ils nom- 



GàTAL. — GONBART. 95 

ment le prince de Gondélenr général et forment un , cônsefi près 

dudit prince. {Jd. fol. 76.) 
hm Eglise? refermées Û9 Plraaoe^etc. 

8. Articles de cens de la religion prétendue réformée [assem- 
blez à Millaud, en aoua 1574, présentez au mareschal Danville 
pour Tassocier avec eox. [Id. fol. 85.) 

Les EgKses réformées de Franee, etc. 

9. Protestation de ceux de la religion assemblez à Milland, 
. l'an 1574, sar les troubles de la France. {Id. fol. 93.) 

Noos soussignez, faisant profession, etc. 

10. Procès-Terbal de l'assemblée de ceox de lardigion prétendue 
réformée, tenue à Montaubau, au mois de may 1581. (/d. fol. 97.) 

Le roy de Navarre ayani cooToqoé, etc. 

11. Union faite entre le roy de Navarre, protecteur des Eglises 
prétendues réformées, le prince de Condé et les députez de la- 
dite religion, assemblez à Montauban, le 24 may 1581. (/<{. fol. 128.) 

D'autant que nous sTons Teu, etc. 

12. Ëxtraict de la procédure faite par ces députez des Eglises ré- 
formées de ce royaume, assemblez en la Tille de Mante par le 
commandement de Sa Majesté, (/d . fol: 133.) 

le lundis ft« Jour de iio?eaiteo 1893, eie; 

13. Actes de rassemblée des Eglises réformées de ce royaume, 
tenoe en la ▼Mie de âammir sous Ifaotorité do roy, le 24« février, 
. et continuée jos(fa'au 23 mars 1605. (M; f^. 157.) 

L*aD de grâce mil cinq cents quatre-vingt quinze» etc. 

14. Procès-verbal de Rassemblée de œnx de la région pré- 
tendue réformée et le roy de Navarre présent à-Saint^Jeao^'Anf- 
gely» Tan 1582. {Id. fol. 185.) 

Les dépotez des Eglises réforméeSi été, 

15. Le roy de Navarre premier etc., désirant il y a longtemps 
pourvoir à ce qui est nécessaire et important pour le blen^tcon^ 
servation des Eglises, et le bon avis et conseil d'une assemblée 
générale d'icelles, que pour cet effet il auroit cy-devant assignée à 
diversfois et à divers lieux sans aucun effet, etc., etc.; cejour- 
d'huy xiii« de novembre 1588, a donné ouverture à ladite as- 
semblée, et icelle continuée de jour à autre chacune s*ensuit. (/d. 
fol. 197.) 

Après la prière faite, etc. 



94 LE P4B|If^T HISTO^I()lJB. 

Î6. îlè|;teii^^|it 4!i coï}s§il 4il WY 4g ï^^v^rre, premier priiiççtffl 
sang et protecteur des Eglises réfonqé^f dç c^ FoyaiMfQe ^taM? 
et nommé en l'assemblée générale 4es Egli$es et antres da son 
p^rty, tenue m^s 2^n m^Monié en )a fUU 4i9 U j^chelle, au mois 
4P RfiFeinbpe IM?. (/<|. fol. ai8.) 

Ledit conseil sera comp osé, etc. 

17. Actes de l'assemblée des Eglises réformées de ce royamoe, 
assignée à Lottdun par là permission du roi au premier jour de 
mars et ouverte le premier jour 4'apVFil 1596. (Id. fol. âêô.) 

L'an de grâce 1596, le premier jour, etc. 

18. Actes de Rassemblée généralle des Eglises reffbrmées de 
France et souveraineté de Béam, assemblez par permission du roy 
en la yille de Loudun, le 26® du mois de septembre et suîvsms de 
Tannée 1619. (Id. fol. 325,) 

Bd laquelle sont comparus les députez, etc. 

19. Continuation de la tenue de rassemblée gét)éralle 4es Eglise 
réformées, ^q., ^|| Ja séaiiçç fajjste ^ Yflïidpwe audit ^i^ 1^6. 

[I4rHim 

20. Continuation das acte^ 4e Vassçinb)é^ gé^ér^])^ des £gU§<çs 
refformées de France en la séance de Saumur. Du 5 mars audit 
m \m. ild, fol. âûl.) 

91. Continuatiûii des aetes de Fassemblée généralle des Bgltos 
réformées, etq., en la séance faiiste àChastellevaiid^uditan 1591. 
(id. fol. 530.) 
^ 82. Actes de rassemblée généralle des Eglises réformées de 
France, tenue à Sainete-Foy le seiziesme jour de décembre 1601 
et jours suivans par permission de Sa Majesté, suivant le brevet 
qui en a esté représenté en ladite assemblée dont la teneur en 
suit. (id. fol. 7Ô9). 
Aujourd'hui 9^ jour dQ juiliet, etc. 

23. Règlement pour les depputez des Eglises reformées de 
France par Sa Majesté, arresté en rassemblée généralle dé Sainctè- 
Foy, le 15 octobre 1601. (M. fol. T26.) 

Les depputez des Eglises, etc. 

24. Actes de rassemblée des Eglises reUBormées de France, 
convoquée par permission du roy à Chastelleraud lé vingt- 



sixièoMi jpiltet IW^i «^ l||«içHe ^\ ^if^ \^ (toW»4»;qfii |*en- 
soiyent. {Id, fol. 741.) 

85. Ab nom de Dîmi« Ant^n 4<l Tl^sflRWéfl g^^te df » Eslil^ 
réformées de France, tenue à &reo#t)le p^9 PfiVfflii^^^il Ai r^y, 

le jour de juUlet 1615. (/d. fol. 769.) 

Laeompagoiê ayaii^ iMatè bon, fie. 

26. Actes de ^'assesAlée giaéralle des Eglisas séformées de 
France, tenue à La Rochelle le troisiesme mars mil six cens trois. 
Du jeudi iii« mars 1603. {Id. fol 84V). 

' Bo conséquence de la résohilioD prii^, eia. 

27. Actes de l'assemblée généralle des IJgHses réfomées de 
France, transférée de la ville de Grenoble à Nismes. Du yendredy 
second jour d'qctobre mil six cens quinze. (Id. fol. 973.) 

Suivant la résolation prise, etc. 

SB. Au nom de Dieu. Actes du synode national des Eglises ré- 
jfonwép^ 4fi France, »fi^i)[|bU par permission jiu rpy ^ C|iareq|on, 
}f^ % 4éceft))re 1Ç44 ^f joj)r$sH}vans, (jd, fol.. ill5,J 

Après l'ouverture de l'assemblée, etc. 

29. Au nom de Dieu. Actes du ^yno^e patioii^l jef Eglises rg- 
iorm^^» 40 Fraiicp, goi^î^qu^ps p^ p^fpis§)0H ^d jo^ ^^ la ?ille 

de i«o«^9, i« (6i^m ^(^m\^rfi, mil s^ c#fis i^Qgimntç nfii)f f^t 
auifM jours siiMfsmt (.1^^ H* W^. ] 

Âprda rouverture de l>flf^bléf , etc. 

50^1. TpM]! m. T- \. Livre premier, fjonfiessioa ça^thQli(jue 4u sfeur 
de Sancy^ et décl^tioi^ des ca^i^çs (aQt 4'Est^( ((pe 4e religiç^n 
qui Tont meu à se remettre au giron de FÉgliçç rojaq^ine, (Çpqr. 

t. m. fol 1). 

A monseigneur le révérendissime évesqae d'Efrenx. 
Monseigneur ayant délibéré, etc. 

9f fiyiiogMBifi «i^^isiioif e f ftr ]^ m^^v^^^i ^ VH\i^ ^^ ^«s 

esleus seulement,— à Gayer qui rimpDgne, Ud^ (p), ipS.) 
3, ^m m a f 8|^ Pronrt? aç fiftapHr« «Çi»<|Bième 4^ prcijijfir 

Sire, vostre Citron qai couchoit aatrefois, etc. 



96 LE^ CàBiiosT msTëàlQ^. 

4. Sur Tapothéose du cardinal Borromée.' (idi fol. 110.) 

If'esttmez plas choses élranges. etc. 

ô. A sa révérence illustrissime Madame rérérendisâisme mère, 
soenr Gatherme deBarradat, abbesse da Pont-attx*Dames, dn sa- 
cré ordre de Cisteaax. (/d. fol. 113.) 

Cbère espouse de Jésus-Gbrist^ etc. . 

6. Fondation de l'apostolique et royalle abbaye du Pont-aux- 
Dames du sacré ordre de Cisteaux. (/d. fol. 117.) 

L'aposUUque et roialle abbaye, etc. 

7. Table des noms, surnoms et dignités du sacré collège sous 
lequel ce cérémonial a esté dressé pour l'apostolique et royalle ab- 
.bayedttPontraux7pamesdusaGrécollégedeCisteaux.(/(L f. 119.) 

^e pape i le très-saint père Urbain TllI, etc. 

8. Establissement du sacré collège apostolique du pape, légitime 
successeur de saint Pierre et vicaire de Jésus-Christ et de mes- 

. jseigneurs les cardinaux, successeurs des apôtres. (Jd. fol. 127.) 

Le respect que nous deTons, etc. 

9. Ëstablissement du collège claustral, virginal et religieux de 
l'apostolique et royalle abbaye du ï^ont-^aux-Dames du sacré or- 
dre de Gisteaux. (Id. fol. 137.) 

Notre sanTeur ^ésus^brist en qui, etc. 

10. Table des noms, surnoms, dîgnitez et offices d*obédiance 
du collège claustral de l^apostolique et royalle abbaye du Pont- 
anx-Dames du sacré ordre d^ Ci^teaux, sous lequel ce sacré ^t 
auguste cérémonial a esté reçu. (Jd. fol. 149.) 

L'abltesse, sa rérèrence iflustrissisme, etc. 

li. Des ordres des chevaliers réguliers. Premièrement^ âel-ôr-^- 
dre de Saint- Jean de Hierusalem. (Jd. fol. 38â.) 

La maUicftirease expérience/ etc. 

12. Journal de ce qui se passe au Parlement de Paris en 1649. 
(/d. fol. 397.) 

Le mercredy ejanvier, jour des Roys, etc. 

13.PleintesdelàreynemèrecontreM. lecardinal. (/d. fol.fôl.) 

Elle a dit à M. ie premier président, etc. 

14. Remarques sur les mémoires des sages et royales éconO^ 
tnies d'Ëstàt, domestiques^ politiques et mifitàiir^ de Henry le 
Grand, etc., de Màximillèn de Bethiine, duc de Sully. {li, fbl. 663. 
Sera noté que M. de Sully, etc. ' 



GATAI.. -— noAiton. 97 

PICARDIE. 

DEPOUILLEMENT DE LA COLLECTION DITE I>E DOM GRENIEA 
(Suite, Voy* p. i') 

10. Affaires entre la ville et l'abbàye de Corbie, fol. 217. — 
Yen le d'un fief par Jean de La Yigne. 1284, fol. 219. — Vente 
des marais d'Etinchen par Waulier Etinchen. 1285, fol. 220. — 
Vente de la justicerie de Corbie par Thomas de Neuville. 1287, 
fol. 222. — Etat des dettes de l'abbaye de Corbie. 1288, fol. 225. 

— Etats des droits appartenant à l'abbaye de Corbie dans la 
ville. 1306, fol. 226. — ■ Indulgences accordées par le pape Ni- 
colas IV à l'église de Corbie. 1289, fol. 232. — Lettres de société 
spirituelle entre les monastères de Corbie et de Saint- Valeri. 
1280, fol. 233. —Octroy accordé ila commune de Corbie. 1291, 
fol. 234. — Testament de Hugues de Soiecourt, et de Béatrix son 
ép ouse. Décembre 1293, fol. 236. -- Règlement de l'abbé Garnier 
pour l'hôpital. 1294, foL 238. — Ediange entre Gui de Cbàlillon, 
comte de Saint-^Panl, et l'abbaye de Corbie. Octobre 1294, fol, 239. 
•-- Eachapt du fief du valetdela cuisine. Février 1294, fol. 243. 

— Vente d'un fief sur les greniers de l'abbaye de Corbie par Jean 
duPistrin. 1295, fol. 245. — Vente d'une rente sur la cuisine de 
la même abbaye. 1295, fol. 246. — Bref du pape Boniface VIII. 
1295, fol. 247. — Préface du Cartulaire noir, par frère Jean de 
Candas. 1295, fol. 248. — Accord entre les chanoines d'Amiens 
et l'abbaye de Corbie. 1295, fol. 248. — Lettres de confirmation 
du roy Philippe-le-Bel. 1296, fol. 249. ■— Fondation d'une cha- 
pellenie par Hugues de Soiecourt. Mai 1297, fol. 257. — Fonda- 
tion d'une chapellenie par Enguerran de Boves. 1298, fol. 260.— 
Aveu et dénombrement de Jean, seigneur de PéquignL 1300, 
fol. 261. — Affaires entre la ville et l'abbaye de Corbie. Décembre 
1300, fol. 268. — Extrait d'un arrêt du Parlement de Paris. 
1300, fol. 269. 

5e année. — Gat. 7 



99 LE GASINET HIST0BIQUE. 

11. Deux lettres du roy Philippe le Bel. Juillet 1300, fol. 270. 

— Affaires de la ville et de l'abbaye de Corbie, ordonnances de 
Philippe le Bel. Janvier 13^, fol. 272. — Deux extraits du Par- 
lement de Paris. 1306-1347, fol. 274. — Lettres patentes de Phi- 
lippe le Bel sur les affaires entre la ville et l'abbaye de Corbie. 
2 juillet 1308, fol. 275. — Vidimus du même roy. 1307, fol. 279. 

— Lettres d'échange du même roy. 1308, fol. 286. Acte de mise 
de possession de la commune de Corbie par des commissaires 
roiaux. 1310, fol. 289. — Quittance de Ponce d'or. 1310, fol. 291. 

— Deux lettres de Philippe le Bel. 1312, fol. 292. — Arrêt du 
Parlement. 1312, fol. 293. — Lettres d'association des nobles du 
Gwbiois. 1er décembre 1314, fol. 294 — Lettres du roy Louis-le- 
Hutin, 16 mars 1314, fol. 296. — Traité de paix entre M. le con- 
nétable Jean de Beaumont, mareschal de France, et M. Regnault 
de Lor, seigneur de Lor, d'une part pour le roy, et les nobles 
d'Artois, et tous les autres alliez de la langue de Picardie, d'autre. 
1316, fol. 297. — Octroy accordé à la ville de Corbie par le roy 
Philippe le Long. 4 janvier 1321/2. —Sentence d'Amiens. S fé- 
vrier 1320/1. — Arrêt du Parlempnt. Fol. 303-304. — Lettres de 
Gilles de Soyecourt pour un échange. 1327, fol. 305. —Permis- 
sion à l'abbé de Corbie d'avoir un autel portatif. 1329, fol. 3p7. 

— Bref du pape Jean XXII. 1329, fol. 308. — Lettres patentes 
du roy Philippe en faveur des abbés de Corbie pour les services 
qu'ils lui ont rendus pendant la guerre. 28 mars 1329, fol. 309. 

— Bref du pape Jean XII à Hugues IV, abbé de Corbie. 1331, 
fol. 310. — Arrêt du Parlement pour les habitants de Corbie. 
25 aoust 1333, fol. 311. — Arrêt du Parlement de Paris, qui con- 
firme une sentence du bailli de Corbie. 22 mars 1334. — Lettres 
du roy Philippe de Valois. 12 juin 1340. — Lettres patentes de 
Jehan du Change, lieutenant du gouverneur du balllage d'Amiens 
•au sujet d'un débat entre les habitants et les religieux de la ville 
de Corbie. Novembre 1340, fol. 317. — Lettres du même pour le 
même objet. 18 mars 1840/1, fol. 322. — Lettres de Mathieu de 
Heilly pour une vente de terres, elc, 1341, fol. 328. — Lettres 
d'Enguerran, sire de Coucy, pour le ressort de Boves, 1343, 
fol. 333. 



GATAL. — PICABDIE. 99 

12 . Lettres patentes du roy Philippe en faveur des abbés de 
€oFbie, pouF les services qu'ils lui ont rendus pendant les guerres, 
en armes et en chevaux, etc. 23 octobre 1346, fol. 336. — Let- 
tres du roy Philippe de Valois qui exemptent de l'ancien service 
de guerre Tabbé de Corbie. 1346, fol. 337. — Quittances de Jean 
le sénéchal, prévôt de la ville de Corbie. 1347, fol. 339. — Arrêt 
du Parlement pour Corbie. 22 décembre. 1347, fol. 340. — Aveu 
et dénombrement de la seigneurie de Boves. 1348, fol. 344. — 
Lettres de rémission du roy Philippe de Valois. Mai 1348, fol. 346. 

— Lettres du roy Jean sur les plaintes de Tabbéde Corbie, contre 
le bailli d'Amiens. 1350, fol. 345. — Lettres de rémission du roy 
Jean k Robert le Bel. Octobre 1350, fol. 346. — Lettres d*Ani- 
sant d'Oisemont, bailli de Corbie, pour l'hommage de la terre de 
Varloy. 1353, fol. 347. — Lettres du roy Jean. 1356, fol. 348. 

— Lettre de Robert de Fiennes, connétable de France. 1359, 
fol. 350. — Confirmation du roi Jean des lettres de grâces ac- 
cordées par le régent aux habitants de Corbie. 1361, fol. 353. — 
Jugement des commissaires roiaux. 18 janvier 1362/3, fol. 358.— 
Lettres de Charles, régent du royaume, aux prieur et religieux 
de Corbie, pour élire un abbé. 1363, fol. 360. — Lettres de ré- 
mission du roy Charles V. 1365, fol. 361. — Confirmation de 
Rorgues de Soissons Moreuii, d'une fondation faite par un seigneur 
de Moreuii, dans l'église de Corbie. 1369, fol. 363. — Mande- 
ments du roy pour la moitié des amendes de Jouilloy, au Jouilloy, 
appartenant à Tabbaye. 1373, fol. 367. — Quittances et recon- 
noissances du roy Charles. 1390, 369. — Sentence du bailly d'A- 
miens, qui condamne le seigneur de Boves et de Laix à faire la 
foy et hommage des terres, aux abbé et religieux de Corbie, 
1396, foL370. —Lettres du roy Charles VI. 1398, fol. 373. — 
Lettres du même. 1400, fol. 375. — Procès-verbal de l'ordination 
faite dans l'église de l'abbaye de Corbie, par l'évêque de Belléem. 
1403, fol. 378. — Lettres de Philippe, duc de Bourgogne. 1403, 
fol. 381. — Sentence arbitrale au sujet d'un différend entre l'abbé 
et le prévôt de l'abbaye de Corbie. 1410, fol. 382. — Lettres 
du roy Charles VI aux religieux de Corbie. 1418, fol. 385. 

13. Promesse de l'abbé Jean, de Lyon, de faire observer par ses 



100 LE CABINET HISTORIQUE. 

snjets le traité de paix entre la France et d'Angleterre. 1421. 
fol. 386. — Lettres de Mathieu Cardon, garde du sceau de la prévôté 
de Fonilloy, pour le transport de cette prévôté dans la ville de 
Corbie. — Provision de principal du collège de Corbie. 1545, 
fol. 389. — Dessein de sœur Colete de fonder un monastère à 
Corbîe;les suites de cette entreprise. 1445, fol. 390. — Deux 
lettres de sœur Colete aux prieur et religieux de Tabbaye de Cor- 
bie. 1446, fol. 394. — Lettre de Philippe, duc de Bourgogne, aux 
mêmes religieux. 1467, fol. 396. — - Lettre d'Isabelle, duchesse de 
Bourgogne, aux mêmes. 1447, fol. 396 v». —-Lettre de la royne 
de France aux mêmes. 1447, fol. 398. — Lettre du dauphin de 
Viennois aux mêmes. 1447, fol. 399. — Saisine des terres de 
Boves et de Cais, en faveur de Ferri de Lorraine. 1458> fol. 401. 
— Lettres patentes du roy en faveur des religieux et abbé de Cor- 
bie. Privilèges à eux accordés. 1459-1466, fol. 402 à 414. — 
Provisions de greffier du comté de Gorbie. 1472. fol. 414. — 
Bref du pape Sixte IV. 1475, fol. 415. — Bref du pape Inno- 
cent VIII. 1476, fol. 417. — Confirmation du roy Louis XIL 
des privilèges de Tabbaye de Corbie. 1479, fol. 418. — Enquête 
juridique touchant la famille de Guillaume Cauvel, abbé de Cor- 
bie. 1508. fol 420. —Lettres par lesquelles François 1er affranchit 
des tailles la ville de Crobie. 1514. fol. 422. — Confirmation 
par le même roy des privilèges de l'abbaye de Corbie. 1517, 
fol. 424. — Cérémonies de Pentrée de Louis, cardinal de Bour- 
bon, abbé intrus de Corbie. Fol. 426. — Entrée et serment de 
Tabbè Philippe de la Chagoabre. Fol. 429 a. — Serment de Philippe 
de la Chambre, lors de son installation sur le siège abbatial de 
Corbie. 6 octobre 1524, fol. 427. — Provision de sergent à masse 
et de huissier-priseur. 1537, fol. 429. — Provision de sergent 
de nuit de la ville de Corbie. 1538, fol. 430. — Id. de sergent à 
verge. 1639, fol. 431'. 

14. Provisions de sergent à cheval du comté de Corbie. 1540, 
fol. 431. —Confirmation des privilèges de l'abbaye de Corbie par 
le roy Henri II. 1549, fol. 432. — Protestation des religieux de 
Corbie contre Tévêque à' Embrun qui vouloit dire le service divin 
en Tabbaye de Corbie. 11 avril 1560, fol. 434. — Lettres de la 



GATAL. — PICARDIE. 401 

royne Calhcrine. 1554, fol. 435. Lettre du roy Charles IX pour 
la ville de Corbie.'25imllet 1562, fol. 436. — Fondation de Jac- 
ques de la Gauvie dans Téglise des Caritables de Gorbie. 1566, 
fol. 43S. — Requête adressée au cardinal abbé de Gorbie pour 
diminuer le nombre des échevins, ce quifut accordé, et le nombre 
porté de douze à quatre seulement. Requêtes au sujet de la police 
de la ville. Sjuillet 1668, fol. 440. — Règlement pour les officiers 
municipaux de la ville de Gorbie. 1568, fol. 442. — Requête 
adressée au roy par les mains des échevins de Gorbie pour le 
maintien des privilèges à eux accordés par lettres patentes du 11 
juillet 1789. ISseptembre 1579, fol. 444.— Restauration du collège 
de la ville de Gorbie. 1582, fol 445. — Noms des religieux as- 
semblés pour demander la permission d*élargir et approfondir la 
riyière de Gorbie, et la faire couler plus facilement par la ville. 
1584, fol. 449. — Lettre du cardinal de Bourbon aux prévôts et 
eschevins de Gorbie, au sujet de la ligue. 1558, fol. 450. — Ser- 
ment des habitans de Gorbie de défendre la religion catholique 
contre les hérétiques. (Suivent environ cinq cents signatures et 
signes curieux.) 1588, fol. 451. •— Ligue de Picardie. Première 
pièce : Seconds articles présentés. Députés d'aucunes villes. 
Amiens, Péronne, Mont-Didier, Roy e, etc. 13 juillet 1588, fol. 458. 
— Deuxième pièce. Serment des ligueurs. — - Troisième pièce : 
Compte de frais de voyage d*un député, lettre collective des 
officiers et gentilshommes, prestation de serment. — Quatrième 
pièce; Lettre de Charles de Bourbon. 26 juin 1588. — Cinquième 
pièce : Articles de la ville de Gorbie présentés au roy par les dépu- 
tés. 5 juillet 1588, fol. 463. — Provisions du bailly de Gorbie. 
13 novembre 1595, fol. 465. — Provisions de Jeanne d'Essar- 
teaux, maltresse de THôtel-Dieu de Gorbie. 24 septembre 1596, 
fol. 466. — Lettres de Vofficial de Gorbie aux curés de Saint-Jean 
et de Saint- Albin de la même ville. 1599, fol. 467. — Rétablisse- 
ment de Toffice divin dans l'église des Caritables, parl'official de 
Gorbie. 1600, fol. 468. — Confirmation par le roy Henry IV 
des privilèges de l'abbaye de Gorbie. 1604, fol. 470. — Déclaration 
du roy Louis XIII contre les bourgeois et quelques religieux de 
l'abbaye de Gorbie. 14 novembre 1636, fol. 471. — Confirmation 



102 LE CABINET HISTORIQUE. 

des privilèges de la ville de Corbie par le roy Louis XIV. 1643, 
fol. 473. — traité entre 1 abbaye et la ville de Corbie. i680, 
fol. 476. — Lettre de Fabbé de Corbic-la-Neuve en Saxe. 1687, 
fol. 478. — Bref du pape Clément XL 1720, fol. 480. — Procès- 
verbal d'exhumation des corps de MM. de Soyeoourt. 1759. 
fol. 482. — Lettre de cachet du roi Louis XV. 1761, fol. 488. 



TOURAINE. 

ANALYSES ET ^lîMlffËl^Td TIRÉ» »tS AlBiCtitTïS 
tttniÈittALÊS DE TOURS. 

(^Communiqué par M, Vallet de f^irmlle.) (1) 

« Ces extraits ont été recuetllis par moi lors d'un toyàge en t6u- 
raine, accompli an mois de septembre 1842. J'avois ténnï tes maté- 
riaux dans un but pur et simple d'étude ou d'insti'uctioti personnelle. 
De retour à Paris, je communiquai ces notes à quelques amis^ qui 
travailloienl comme moi sur L'histoire du xv^ siècle. C'est ainsi 
que plusieurs de ces documents ont déjà paru dans divers ouvrages 
auxquels je m*estime heureux d'avoir fourni cette parcelle de colla- 
boration. 

» Je rassemble aujourd'hui ces notes, et je lés offfe air pûblîèf liour 
mon propre compte, en régfellant que ma t&oisson de 1842 n'ait pas 
été plus complète ou plus étendue. 

» Ainsi réunis, ces fragments, si je ne me trompe, gagnent par leur 
ensemble au delà de ce qu'ils peuvent avoir perdu sous le rapport de 
la nouveauté. Ces fragments offrent d'abord un intérêt propre par 
les événements hisiorîques auxquels chacun d'eux se rapporlé. On 
petit, en oulfe, y voir ifrt spécimen de rorganisafiôù d'cfoe ville im- 
portante, siluéé.ati centre du royaume, et du rôle considérable que 
ces villes jouèrent dans noire histoire an temps de Charles' VIL- Ces 
humbles pages nous présentent un reflet des sentiments qui stni- 
moient alors le pays, et de son esprit public. Rien de plus honnête, 
de plus droit et de plus pur que ces sentiments. C'est ce que l'on 
appréciera plus vivement, par l'effet du contraste, au sujet des pre- 

(1) Quoique le travail de M. Vallet de Viriville ôorte un peo du cadre du 
Cabinet historique, par l'étendue de l'analyse de chaque pièce signalée, nous 
n'avons voulu en rien retrancher, trop heureux d'une communication aussi 
savante et dont certainement nos leCteurâ tiréroitt grand profit. 



CiTAl. -^ TODIUIIVE. 103 

fliieh oil dèft plB^ ftfietens de ces eitraiu. Qnelle dtffSf edee, en effet, 
entre l'inertie, Végoïsme, rintrigne, toutes les mauvaises passions 
qui présidoient,au(our du jeune roi de Bourges, à la marche des af- 
faires publiques, et le déyouement^ la probité, la candeur même, 
on en jugera bientôt, qui respirent dans tous ces extraits î L'affran- 
chissement de la France au xy® siècle fiit, pour une grsincle psirt, 
iine œa▼^éde foi, j'entends d'honnêteté ïnorale et patriotique. C'est 
lé âénbuétâent merr «ilieux d'uri drainé c|iii mérite d'être de jour en 
jonr miêat éonno. Ces archives deTodl^s ndus montrent, par un des 
meilleurs et des plus intéressants exemples, Tun des ressorts intimes 
qui furent mis en jeu dans ce grand drame. Une publication éten- 
due de ces documents, si inconnus et si curieux, seroit digne des 
érudits tourangeaux et de notre studieuse époque (1). » V. de Y. 



50S2. — 1. Lettre du ducd'Orléan$ aux honne$ villes, au sujet 
ds sa querelle avec Jean-sans-Peur. — 1411. Juillet 18.— Les 
priifeesCbsIrles, duc d'Orléans, Philippe, eomte de Vertus, etiean, 
comte d'Angoiilême, fllsde Louis, duc d'Orléans, assassiné, s'adres- 
sent aux archevêque, gens d'église, nobles et bourgeois, manants 
et habitants de la ville de Tours, pour les exhorter à prendre leur 
défense et pour les aider à venger la mort de leur père (2). — Pièce 
séparée. 

2. Mutation du duché de Touraine, — 1422-23. Janvier 12. 
— Assemblée des états généraux à Bourges. Jean Dallée, lieute- 
nant du bailli de Touraine (3), et Guy on Farineau, advocatet con- 
seiller en court laye, s'y rendent pour la ville de Tours. Ils de- 
mandent au roi de ne faire aucune mutation de la a ducbié et 
seigneurie de Touraine, pour la mettre hors de la main du roi. » Ils 
en parlent au roi et à ses conseillers. On leur promet de leur 
donner des lettres en ce sens. Mais à deux ou trois jours de là, 
(les Subsides étant prèbablémèht tôltés), on leur dit qtie « pour le 

(1) Ces lignes écrites, j'apprends que tel est le dessein des bibliophiles 
tourangeaux. 

(3) On trouvera le contenu de cette lettre dans la chronique de Cousinot, pu- 
bliée chez Delahays, 1869, in-l6, p. i34. chap. lia. Voyez aussi ibidem, p. 408, 
note 3. 

(S) Ld bail!! étoit Guillaume <f Avaugcrar, Fun des favoris les plus privés du 
dauphin, puis roi Charles YII. 



104 LE GABmET HISTORIQUE. 

présent, il n'étoît point expédient de plos ouvrer la matière (1). » 
— Délibérations municipales, registre 2, p. 43. 

3. cA JehanGauteron^ messaigîer, la somme de 41 iiv, t. qui 
lui ont esté données par l'ordonnance des commis et députez an 
gouvernement de la ville, pour sa painne d'avoir apporté de 
Loches jusques à Tours unes lettres closes que monseigneur le 
bailli de Touraine escripvoil aux gens d'église, bourgois, ma- 
nans et habitans d'icelle ville, faisant mencion que ce n'estoit pas 
Tintention du roy nostre sire et de son conseil de bailler es mains 
de personnes estranges la duchié et seignourie de Touraine. » 
( Voyages et messageries.) 

4. Joyeux avènement de Charles Fil à Tours. — 1423. OctO' 
bre. — Le roi fait son entrée de joyeux avènement à Tours (2). 
La ville lui offre : 10 pipes de vin ; 10 muids d'avoine ; 100 mou- 
tons gras; 100 liv. de cire en 50 torches. Le tout est racheté avec 
rabais, des officiers du roi à qui le roi cède ce présent. Présent 
fait à la reine (3) : 5 pipes de vin; 5 muids d'avoine; 50 mou- 
tons, 25 torches ; racheté de même des officiers de sa maison. 
{Chapitre des dons et présents.) 

6. Mutation du duché de Touraine. — 1424. Jvril 24. — 
Ceux de Tours envoyent àa Bourges un homme de senr et secret, 
par devers M. de Maillesais (4) et le bailli de Touraine (ô), pour 
leur savoir au vray si le roy nostre dit seigneur a baillé son 
duché de Touraine au comte de Douglas » (6). 

6, Archibald de Douglas^ duc de Touraine. >- 1424. Mai 22 
à 1425. — «A Guillot Toreau, recereur, etc. Comme par l'advis et 



(1) Par lettres données à Bourges le 27 mai 1425, enregistrées à la Chambre 
des comptes le 2 juin suivant, le roi reconnolt pour titulaire du duché de Tou- 
raine, la reine son épouse, Marie d'Anjou (Chalmel, Histoire de Touraine, 1828, 
in- 80. t. II, page 186.) 

(2) Le 8 novembre 1423, Charles VII, abbé ou premier chanoine de Saint- 
Martin de Tours, est reçu comme tel et couronné roi à Saint-Martin de Tours, 
où il prête serment. Ms. de dom Housseau, t. xv, fol. 7, vo. 

(3) Duchesse de Touraine. 

(4) Guillaume de Lucé, évoque de Maillesais. 
(^ Guillaume d'Avaugour. 

(6) Les lettres patentes qui confèrent à Douglas le titre de duc de Touraine 
sont du 19 avril 1424. 



CATàL. — TOmUEIE. 105 

: appointement fait par nous et plasiears des gens d'église, boargois 
et habitans de ladite yille, en la présence de Jehan Simon, lieute- 
nant etc., aient esté commiz et ordonnés Jehan Saintîer, Fnn de 
nous, esleuz, et Jehan Garnier, sergent dn roy notre sire, pour 
aller à Bourges, devers messeignears Févesque de Maillesais et le 
bailli de Touraine, pour leur savoir si le roy nostre sire avoit et 
ait donné le duché de Touraine an comte de Douglas du pais 
d'Escosse; et, s'il estoit vray, qu'il leur pleust conseiller lesdits 
gens d'esglise , bourgois et habitans quelle voie et manière on 
avoit à tenir et qui soit à faire sur ce, pour le bien et honneur de 
celle ville de Tours et païs de Touraine. Lesquels Jehan Saintier et 
Garnier ont rapporté que iceulx seigneurs dessus nommez leur ont 
dit qu'il est vray que le roy nostre sire a donné le dit duché de 
Touraine an dit comte Douglaiz ; et que on ne s'en effraye aucu- 
nement ; et que les gens de ladite ville et païs de Touraine seront 
bien doulcement gouvernez et en paix, et que avant que le dit 
comte Douglas ait n£ aille prendre la possession dudit duché (1), 
le roy nostre sire envolera lettres aux dits gens d'église, bourgois 
et habitants et aucuns de ses officiers commis à lui laisser la dite 
possession et que monseigneur le chancelier (2) et ledit bailli de- 
dans brief temps seroient en ladite ville; lesquels leur diroient 
plus à plain ce que on avoit sur ce à faire et les causes pour les- 
quelles le roy, nostre dit seigneur, a esté meu à lui bailler ledit 
duché et aussi ont iceulx Saintier et Garnier apporté la copie de 
la lettre du don dudit duché fait par le roy nostre dit seigneur 
audit comte. Partis le 25 avril et revenus le !«<' du présent mois de 
mai. {Délibérations municipales.) 

7. Ses dettes et ses héritiers. — 1424 Août 16. — Archebald 
ouArchambaud, comte de Douglas et seigneur de Galloway, duc 
de Touraine, meurt. Ses dettes s'élèveiità4,357 liv. 14 s. 2 de- 



(1) Douglas prit possession ou fit son entrée solennelle à Tours le 7 mai 1424. 
Son présent fut de 6 pipes de vin, 6 muids d'avoine, 50 moutons, 4 bœufs gras 
et 100 livres de cire en torches. (Chalmel, t. ii, p. 188.) Yoy. ci-dessus oct. 1423. 

(3) Martin Gouges de Gharpaignes, évoque de Glermont, chancelier de 
France. 



106 LB OIBIHET HISTORKIIIE. 

nlerstodrtioh tï 14 écAs. Celles de James (1), sdif fils; à 1^6901. 
6 s. 6 d; t. et 17 écns. Le roi, par ses lettres dli 5 octobre, thème 
année, assigne aux dréanciei^ une somme égale, pour le montant 
de leurs créances j sur l'aide eetroyée au roi, parles états de Poi- 
tiers^ le 29 septembre 1423; (Pièce séparéei) 

Si — Sept. 9^. — Le roi envoie à Tours, le 9 septembre snir 
Yant, rarehetêque de Reims (2)^ ponr iriser au payement des det- 
tes qu'avait laissées le due Oti gouverneur. {Délibératùme mteni- 
dpûUei) 

9. — Sept. 20. — Mandement dés élus pour payer mille livres 
au comte de Douglas pour son joyeux avènement (3); (ÏHdi) 

10. Bùn âe la ville d la reitie Marie d'iénjou. — 1427 Janvier 8. 
r^ Don à faire à la reine. « Ont esté d'oppinion que il lui seroit 
fait don en choses qui seront advisées, et que Ton pourra sça- 
voir qui lui sont plus nécessaires. » -^ Février 6. ~ « A estéad- 
visé que la somme de cent ou six vingts livres seroient mises et 
employez en deux bacins d'argent à laver mains, de 8 ou 9 marcs 
d'argent, qui seront donnés et présentés'à la royne (4)^ ou en 
linge, pouf eé ({uè par le capitaine a esté sceu que ce sont les 
choses dont ellea plu6 grant nécessité. » {Délibéraèione tntmici- 
pahs^ registre 2.) 

11. Yolande d'Aragun, reine de Sicile. — Vers le même temps, 
la reine de Sicile avôit donné sa vaisselle et les bourgeois s'é- 
toient obligés envers elle pour l'aider à parfaire la somme de 
2^500 éetts d'or donnés à Ferrand, deSéville, pour quitter lepays. 
(Ilndi) 

12. Tours prie le roi de secourir Orléans. — 1428 Janvier 9. 
— « A Guillaume Thomas, messaigier à pié, la somme de 20 s. t. 
pour eslre aîié à pié de cette ville de Tours à Chihon, en ce pré- 



(1) Archibald et James furent tués à la bataille de Verneuil. (17 Août 1424.) 

(2) Regnauld de Chartres. 

(3) Probablement Archibald ou Archambaut lY, comte de Douglas après 
son père et éon héritier, ou se portant héritier du duché de Touraiùrè. fby. 
Chalmel, t. ii, p. m et 19^. 

(4) Les bàésiiié à laver sèrvoieAt pour la ts(ble et non pour la toiletté. Ifs àl- 
loieirt par paires.- G'étoientdes vaisseaux plats, dont l'un serroîtàvarsM' ûèna 
Vautre, et, pour cet e£fet, étoit muni d'une gargouille. 



QkTAht — TOURAIIIK. 19f 

sent mok^ porter lettres elouses à très-réyéreDd pèrtf en Diea 
menseigaeur Fareeresqae de Tours (1), estant audit lien de €hi- 
non, devers le roy nostre sire^ aûD qu'il lui pUust requérir et 
exhorter le roi, nostre dit seigneur et messeigneurs de son con- 
seil, à donner secours et aide aux genâ de la bodne cité d'Orléans 
à résister contre les Anglois, anciens ennemi» de ce royaume, qui 
tiennent le siège de?ant enlx; pour demander et ardir lequel se- 
cours et aide^ lesdites gens d'Orléans ont rescript à eestè Tille, 
Chinon, Saumur, Angiers, Poitiers^ et autres bonnes Tilles, pdur 
icduyrequériraudit roy j nostre sire, eiCi^ (Voyages pour là tille,) 

13. Sié§e d'Orléans. — La Hire, -> 1429 Jfdi. — RaTÎtaillefflent 
d'Orléans. Le comte de Vendôme est chai^ du commandement 
de cette expédition. Les munitions sont fournies par la Touraine. 
{Dépenses de la ville.) 

Mai 21. — « Comme pour aider et secourir aux gens d'église, 
bourgeois, manans et babitans en la Tille d'Orléans assiégée par les 
Anglois, anciens ennemis de ce royaulme, le roy, nostre sire, par 
ses lettres doses envolées aux gens d'église, bourgeois el babitans 
de la ville de ^ours^ au mois de novembre derrenier passé, par 
noble et puissant seigneur, monseigneur le conte de Vendosme et 
Ëstienne de VignoUes dit La Hire (2), escuier, cappitaine de gens 
d'armes et de trait, ait ordonné estre baillé audit cappitaine la 
somme de 600 liv. t.; c'est assavoir par les gens d'église, 400 liv. 
et par les bourgeois et habitants, 200 liv. ; en leur priant et re- 
quérant que de ce ne voulsissent faire aucune faute; et pour ce, 
lesdits bourgeois et babitans, en obtempérant bénignement et de 
bon vouloir à l'ordonnance du roy, nostre sire, par délibération 
par eulx falote le 9^ jour du mois de novembre, ont libéralement 
voulu et consenti ladite somme de 200 liv. t. estre baillée audit 
La Hire , cappitaine dessusdit, lors présent ; et pour ce que 

promptement on ne la povoit pas avoir ne cueillir sur un chacun 
particulier de ladite vilie, fut octroie estre preslée et baillée par 
Jehan Lemaistre Taisné, la somme de cent escus, pour bailler au 



(1) Philippe de Goôtquis. 

(2) roy. l'article xa Hire, dans U Biographie générale àé MU. Ditfot. 



108 LE CABINET HISTORIQUE. 

dit La Hire, pour la valeur desdiles 2001iv. t., en ayant senreté et 
obligation des gens de ladite ville de les lai rendre et restituer, 
afin que ledit La Hire ne demoorast pas longuement en ceste ville, 
pour attendre ladite somme de 200 liv. t. (1), plusieurs desdits 
bourgeois et habitans d'icelle ville se soient obligez à rendre et 
restituer audit* Lemaistre, ladite somme de cent escus. Lequel, 
après ce, ledit jour ait baillié ladite somme de cent escns. . . lesquels 
celui jour par messieurs les esleuz ont esté baillez audit La 
Hire, etc. (2). » {Despenses de la ville.) 

14. Sûreté de la viUe. Mandement secret du roi. — 1429. 
Mai 23. — a A Jehan Genterais, appelé Guienne, hérault du roy 
nostre sire, la somme de 20 liv. t. à lui donnée par l'ordonnance 
et appointement des gens d'esglise^ bourgois et habitans de ladite 
ville, pour ce que yer il estoit venu en ladite ville de par le roy 
nostre sire pour secrètement dire et déclarer aux gens d'icelle ville 
que devers le roy et mes seigneurs de son conseil, sont venues 
nouvelles que les Ânglois, anciens ennemis de ce roïaume, se van- 
tent de venir devant cette dite ville de Tours et icelle avoir par 
emblée et que trois Ëspaigneulx et Bisquins (3) qui sont en ladite 
ville les y dévoient faire entrer et que ce a rapporté un prisonnier 
qui est venu desdits Anglois devers le roy nostre dit seigneur, et 
que pour ce estoit venu en la dite ville pour ce signirfler, afin que 
on se donnast garde et que l'on feist bon guet et bonne garde en 
ladite ville ; et ce affermoit ledit chevaucheur estre vray en la 
présence de monseigneur l'arcevesque (4) et de plusieurs des 
gens d'église, bourgois et habitants de ladite ville. » [Voyages 
pour la ville). 

15. Processions pour le succès de la guerre.— 1429. Juin 17. 

— - « A Georget Jolis, chevaucheur de Tescurie du roy nostre sire, 

la somme de 100 liv. t. à lui donnez par Vordonnance des gens 

d*église, bourgois et habitants de ladite ville pour lettres clauses 



(1) Il y a ici dans la phrase un vice de constructioD, mais le sens est clair. 

(2) roy. ci-après 1433, mars 13. 

(3) Espagnols et Biscayens. Beaucoup d'hommes de cette nation, attirés par 
la guerre, étoient venus chercher fortune en France. 

(4) Philippe de Goêtquls, cardinal et archevêque de Tours. 



GÀTAL. -— ToniumB. 109 

(jQ'il a aiM>rtées aujourd'hui ausdits gens d'alise, bourgois et 
habiUms à eux enyoiées par le roy nostresire, par lesquelles il les 
remercioit de la bonne dilligence que faicte ils avoient de ùire 
possessions (1) et déroltes oraisons enyers notre Seigneur Jhésu 
Grist pour la prospérité de ses affaires et pour ce qu'il avoit 
ferme créance que les prières et dévottes oraisons quelesdits gens 
d'église, boui^ois et habitants et autres ses loiaux subgiez ont 
faictes et feront pour luy envers Dieu nostre créateur^ il lui a* 
moult aidé et aidera tant au fait d'Orléans, Jargueau (2), en ceste 
sepmaine prins d'assault sur les Anglois que autrement, prioittrès 
acertes que ilz veuilient persévérer en faisant noltables et conti- 
nuelles processions et dévottes oraisons envers nostre dit Créa- 
teur, pour la prospérité des dites afaires et ad ce qui lui plaise 

ieieulx conduire et adreccier et toujours estre en son aide; 

par mandement desdits esleuz, etc. » {Voyage pour la ville.) 

16. Prise de Menng-gur-Loire, — 1429. Juin 22. — A Es- 
tienne de la Fontaine, chevaucheur de Tescurie du roy nostre 
sire, la somme de 6 liv. t. à lui baillez et paiez par Fordonnance 
des gens de ladite ville envoies par le roy nostre dit seigneur, fai- 
sant mencion de la bataille dont estoit chef monseigneur le duc 
d'Alençon, monseigneur le comte de Vendosme et la Pncelle con- 
tre les Anglois, ses ennemis anciens en eulx enfuians et désem- 
parant de Mehun; et fut le 18 de ce présent mois. Desquels 
Anglois en fut que mors que prins 2500; et fut prins Tallebot (3), 
Faslol (4), Hungrefopt (5), Rameston (6), Escalles (7) et autres 
cappitaines et Anglois qui nouvellement estoient venuz au dit Me- 
hun, etc. (8). » {Voyage pour la ville.) 

17. Succès delaPucelle devant Orléans. — \42!B Juillet 3. -— 
« A Jehan Colez, clievaucheur de l'escurie du roy nostre sire, la 



(1) Processions. 

(S) Gergeau fut pris le 11. 

(3) Sir John Talbojtt l'un des principaux capitaines anglais. 

(4) Sir John Falstaf. Voy. ce nom dans la Biographie générale de MM. Didot. 

(5) Walter of Hungerford. 

(6) Thomas Ramtton. 

(7) Thomas lord ofScales. 

(S) Voy. Quicherat, Procès de la PueelUf t. y, p. 902. 



110 LB OAmiCBr HISTORIQUE. 

somipe dû ip iiv. t. qui, par ordeniiaaee des gens d'égiise, bour- 
geois eiliriiiUms de ladite FÎ^e, lai ont esté ordounez estrè bail- 
ler etprdoanfiz pour les bopnes et joyeuses nouvelles par lui ap- 
ppflées eu ceste ¥il}e, au mois de julng derrain p3S3é, de lapriiise 
faictepar la Pupelle, mous<tigueur de Eays (1) et les gens de leur 
c^mpaignie, dess bastilles que a?oient falotes les Anglois devant 
Orléans, où ils ont esté logez et tenoîent le siège, et de la b^taille 
, et dpsconfiture par ell^ faicti^ contre lesdits ànglois (2). » [Voyages 
pour la viUe.) 

18. royçige et sacre iteReim^. — 1429 Août l^f. — « A Jehan 
Qrlie, chevaucbeur de Tescurie de monseigoenr d'Orléans, la 
spmrpe de 100 s. t., à lui baillez et payez par Tordonnance des 
gens de ladite ville, pour les bonnes nouvelles qu'Ua apportées à 
ladite ville, pour la copie d'ones lettres clouses envolées par mon- 
seigneur d'Meuçou (3) à madame sa femme (4) estant à Orléans, 
desquelles lettres il a aporté la copie en ceste ville, le 20^ jour de 
jqillet derraiq passé, h madame d'Alençon l'alsnée (5) et aux 
gens He la4ite yille, faisans menclou de l'entrée et réception faicte 
par le roy, à mondit seignpur d'Al^nçon, la Pupelle ^t toute leur 
eompaignie es Y^les d'Auccerre, de Trois en Champaigne et autres 
yilles, ep allant de Gipn à Reines, pour y estre sacré et cQuroimé ; 
dont de ce, après lesdictes lettres veqes, a esté faicte gr^ut splemp- 
nité e^ ladite ville, tant es églises d'icelle comme autrement. » 

19. « AThppaas ScQt (Q), chevaiiclieur de Tescurie du roy nostre 
sfre, la somm^ de 3 Hy? l-» k lui l^ailiez et paiez par l'ordonnance 
des gens de ladite ville, pour les bonnes nouvelles par lui appor- 
tées le 27« jour de juillet terrain passé, p?tr lettres envoiées aux 
gens 4e ladite ville, ci-attachées, faisaps mençioii dq sacrement et 
couronnement fait au roy, nostre dit seigneur, en sa ville de 
Reims (7) et l'entrée de lui, monseigneur d'Alençon, la Pucelle et 

(1) Gilles de Raisou de Retz, maréchal de France. 

(2) Voy. Quicherat, Proçèf fia ia P^c^iJ^, ^tc. t- », p. 261. 
p) Je^p, clqc d'Alen^pp, né en f 407, mort en 1476. 

(4) Jeanne d'Orléans, fille du duc Charles. 

(5) Marie de Bretagne, duchesse veuve ou douairière d'Alençon, mère du duc. 

(6) Ecossois. 

(7) Le 17 juillet. 



CiVAL. ff^ lOURAINB. lit 

leur cfMapaignia; dent peiu c« a esUl faict grant joya et solei«j^* 

nité en ladite ville, . . par mandemeiil das eslaiia (1) a ( Voyages 

pour la ville.) 

20. Retour du roi en Berry ; message à la cour. — 1429 S«p- 
t$mlire 30. — <» A Henripl Ca^se, cheyaachear oi| pQmr$uivaat de 
monseignear le comte Ae Vendosme, la soaime 9e 1$ U^r. t. à |^î 
deue, pour aFoir porté lettres ayeo luf où il de?oit aler, deveps le roy 
nostre sire et moadit seigneur de Vendesme, e&tant lojii devant 
la ville de Paris à puissance de gens d'armes et de trait; en leur 
compaignle monseigneur d'Alençon, laPncelle et autres seigneurs; 
laquelle ville de P^ris estoil et est tenue et occupée par les Anglois 
et Bourgoignons, ennemis et adversaires du roy nostre sir^; et 
pour ce que en chemin il a seu que le roy nostre dit seigneur es- 
toit party çt s'en vjsnoit ^ Bourges (2), i) a pris ledit ctieipln 4e 
Bourges et laissié ledit chemin de Paris, et espreu (3) ^st allé aii 
dit lieu de Bourges et a baillé à maistre Jehan le Picart, secrétaire 
da roy nostre dit seigneur, trois vidmés (4) fais soubs les contrats 
du roy nostre dit seigneur, à Tours, etc. » (Concernant les octrois 
de la ville.) (f^oyages pour la ville.) 

21. Renvoi de Kannecly. — 1429-30. — « A Çanedy (5), 
escossois, capitaine de geps d'armes et 4e trait dudit P^^ d'ËSr 
cQm* leqiiel ayo|t est^ et séjourné euvirpf^ jÇfîste yllle 4e Tpur^, à 
bien 800 chevauU, qui gastoiept et dostruisoie&t le peuple et le 
pais; et disoit qu'il qe partirpit de longtemps, nonobstant que 
la royne (6) de Secille feust audit lieu de Tours, lui a esté payé et 
baillé la somme de 200 liv. par composition à lui faicte par ladicte 
rpyne de Secille, afftn de faire viiider*lesdites gei^s d'armes dudit 
P^ys et aler pqltre la rivi^r^ de Same ou service du roy, nostre 

(1) roy. Quicherat, Procès de la Pucelle, p. 264 et 265. 

(2) Le roi décampe de devant Paris le 12 septembre; Saint-Denis, Lagny, 
Mont^rgis. Le 96, SuUy; le 37, Ambqise. Octot^r^ i à $, selleç ^n Perry. U 0»t 
pro}}al)le que le messager ne vit pa§ \» rpi et o'e^t ^ parler qu'ai^ secrétaire. ' 
Itinéraire de Charles VU. 

(3) Exprès. 

(4) Ou vidimus, copies d'actes authentl^aes. 

(5) Sir Hugh de Kannedy ou Kennedy. Voy. ce dernier nom dans Quicherat, 
9rQoè9 dfi la PucellSf etc., et d^fts 1^ CiifOi|iqH€| d^ fiopsifjot (aux tfiblfi^J. 

(6) Yolande d'Aragon. Voy, ci-dessus, 1428. 



112 LE CABINET HISTORIQUE. 

dit seignenr; ainsi qu'il appert par lettres de ladite royne, cy ren- 
dues... » (^Despensei de la ville.) 

LJL PUCELLE MARIE HÉLIOTE POULYOIR. 

Les docnments qui suivent nous révèlent un charmant épisode, 
encore peu connu, de la vie de Jeanne Darc. Au mois d'avril 1429, 
Jeanne passa par Tours. Elle se préparoit à entrer en campagne, et 
cette campagne fut son éclatant début : la délivrance d'Orléans. A 
Tours, elle fit faire par le peintre du roi, H. Poulvoir ou Pouvoir, 
deux étendards, un grand et un petit, qui servirent depuis à Thé- 
roïne, et qui occupent une place dans son histoire. Ce peintre étoit 
déjà depuis de longues années au service de Charles. Dès 1421, il 
avoit peint les premières lances ou bannières du régent dauphin (1). 
En 1429, l'artiste avoit une fille déjà grande, nommée Héliote. Jeanne, 
apparemment vit cette jeune fille et s'y intéressa. Au mois de janvier 
1430, Héliote se maria, et Jeanne prit une part de protection et de 
bienveillance à ce mariage. La Pucelle étoit alors à la cour. Les 
déplorables politiques dont le roi étoit entouré jalousoient l'hé- 
roïne et l'enchaînoient, la réléguoient dans Tinertie et dans une 
sorte de captivité dorée. Cependant, Jeanne, même à la cour, et 
elle tenoit Tétat d'une comtesse, jouissoit d'une grande autorité, ou 
constituoit une individualité considérable* Au dehors, son crédit, sa 
renommée, son prestige, chaque jour grandissant dans l'esprit des 
populations, étoient immenses. La Pucelle écrivit aux autorités de 
Tours en faveur de la jeune mariée et les invita à allouer sur leur 
dépense une somme de cent écus, que l'on peut évaluer ou comparer 
à cinq ou six mille francs de nos jours, pour la corheiUe d'Hé- 
liote. 

Sur cet incident, le conseil de la ville se réunit et délibéra. Sa 
réponse ou conclusion, dont on trouvera les termes ci après, paroi* 
tront sans doute pleins de sagesse et de mesure. La ville, exténuée 
par les misères du temps, avoit besoin de ses faibles ressources pour 
veiller tout d'abord à sa conservation même. En conséquence, et au 
principal, l'allocation demandée ne fut point votée. Mais le corps ou 
magistrat de la ville témoigna de la haute déférence que lui inspiroit 
la recommandation de la Pucelle en faveur de sa jeune amie ou pro- 
tégée. Le conseil alloua une somme, qui fut remise à Héliote et à 

(1) Voyez Chronique de Jean Chartier, édition elzévirienne, 1858, in-l6, à la 
table, au mot Poulvoir. 



GATAL. — TOURAINE. 113 

sdn pèt^e, {KMir contribuer au repas de noces. De plus, le corps de 
villfe 6t prier solennellement, par son notaire, remplissant eA ce 
cas les fonctions de maître des cérémonies , fit prier les notables 
de Tours d'assister à la bénédiction nuptiale des époux. Le corps de 
ville , enfin, se transporta lui-même comme témoin à cette cérémo- 
nie. C'est ainsi qu'Héliote, honorée, comme on vient dé lé dire,- 
obtint, grâce â la Pucelle, du pain, du vin et un mari. 



5te3* — i. — 1429^30. Janvier 19.— « Le xixe jour de janvier Pari 
mil iiiic XXIX, au tablier de ladite ville, présent Guîon Fari- 
iiéan, juge de Touraine, se sont assemblez sire Jean Dnpuy (1), 
conseiller de la royne de Secille, les esleus de la ville, maîstrè 
Léonnart Champenoys, chanoine de l'église de Tours, commis 
par ladite église; maistres Jehan Chenier et Rigaut de Voillon, 
chanoines de l'église de Tours, pour le chapitre de Tours ; maistres 
Jehan Deslandes, chanoine de M' S' Martin, Pierre Briçonnct, 
Olivier Duboillon, Ëstienne Gemier, pour délibérer sur unes leU 
tres closes envoyées par Jehanne la Pucelle aux quatre esleus de la 
ville, et sire Jehan Dupuy, feisant mencion que on baille à Hen- 
iies Polvoir (2), paintre^ la somme de cent écus, pour vèstir sa 



(i) Personnage considérable attaché à la reine Yolande dès 1413. En 1433, il 
étoit maître et premier auditeur des comptes en Berry, Touraine et Poitou. Il 
Alt remplacé comime maître des comptes en 1436 et reçut une donation en 1438. 
(PP, Mémorial I Bourges.) La Pucèlle avoit logé chez lui à Tours en avril 1429. 
(Quichefat, Procès de ta Pucelle^ t. iit, p. 101.) 

(2) Lorsque j'ai publié, le premier, ce texte (dans la Bibliothèque de l'Ecole 
des Chartes 1843, t. ix, p. 485 et suhr.), j'avc^is lu ce nom d'après les registres de 
Tours, ici et plus bas, Heuves^ Huves Polnoir^ en faisant du premier de ce nom 
Heuves fHuvér) et du second le sobriquet de poil noir. Mais cette double con- 
jecture ou interprétation me parolt, aujourd'hui, devoir être abandonnée. On lit 
dans le Traité de la noblesse, par André de la Roque, 1710, ln-4o p. 237 : « A 
Sauves Pourvoir, paintre demeurant à Tours, pour avoir paint et baillé estoffes 
pour Ung grant estandart et ung petit pour la Pucelle, 2S liv. Extrait de la 
Chambre des comptes, communiqué par M. Vyon d'Hérouval.> Foy. Quicherat, 
Procès de la Pucelle, t. v, p. 258. Un autre document, que je citerai bientôt, le 
nomme Poulevoir. Polvoir, Poulvoir, ou Pouvoir, me semble donc être le 
vrai nom ou surnom de notre artiste. Quant à soii nom propre où prénom, je 
Crois qu'il faut voir des n là où j'ai vu et où les copistes ont pu mettre des u, 
ces deux lettres se permutant sans cesse à cause de leur ressemblance. Hannes,^ 

5e année. — Gat. » 



114 LE CABINET HISTORIQUE. 

fille, el que on la Ini garde (1). — Appointé, que sur ce on par- 
lera audit Hanes et rescripra l'en à sire Jehan de Pontchier (2), 
maistre Jehan le Picard (3), estans à Bourges (4), etc. » {Megiitre 
des délibérations.) 

2. — 1429-30. FéxiTier 7. — « Le vii« jour de fetrier (Ô) l'an 
mil iiii<: XXIX, au lieu de la Massequière , préseus Jehan Godeau, 
lieutenant, etc., et Guion Farineau, juge de Touraine, se sont 
assemblez : les eslens, maistre Pierre Léonnart, officiai de Tours, 
pour monseigneur Tarcheyesque; et maistre Jehan Chemier, cha- 
noine et archeprestre de Teglise de Tours pour ladite église; 
maistre Jehan Deslandes, dit Bonamy, pour le chapitre de mon- 
seigneur Saint-Martin, Jehan Debrion, Macé de la Bretonniëre, 
Pierre Briçonnet, Jehan Vesautier, Guillaume de Montbazon , 
Jehan Laillier, Colas de Montbazon, Jehan Herviet, Jehan Peslieu, 
Roulet Berthelot, Gillet Debrion et autres} — par lesquelx a 
esté délibéré que à la fille de Hennés Polvoir, paintre, qui de nou- 
vel (6) est mariée, pour Tonnenr de Jehanne la Pucelle, venue 



Han$it Bennes, Hent, sont les formes fraoçoises du nom anglo-écostois 
Jamee. Dès 14tl, cHames Poulevotr, paintre,» étoit au service du daupihin 
(Jean Ghartier, 1858» t. m, p. 305). Cet artiste, écossois très-probablement, se 
nommoit, si je ne me trompe, James Power, M. Fr. Michel prépare sur les 
Bcossois venus en France au moyen âge un savant ouvrage où l'on trouvera sur 
ce sujet de précieux éclaircissements. 

(1) La pourroit à la rigueur s'entendre par amitié, d'Héliote, et lui de la 
Pucelle. Mais il raut mieux, je crois, attribuer la au mot somme, et lui à Hé- 
liotte. La Pucelle recommandoit que cette somme fût gardée, c'est-à-dire mise 
à part pour Héliotte par la ville, ou que cette somme fût mise de côté, une 
fois donnée. 

(t) Famille considérable de Tours. Jean le Picard eut pour femme Catherine 
de Pontchier, morte en 1485. 

(3) Secrétaire du roi, maître des comptes, personnage influent auprès de 
Charles VU. (Foy. ci- dessus, I4S9, septembre 30). 

(4) Ces deux personnages étoient à Bourges, c'est à-dire à la cour, les char- 
gés d'affaires de la ville. La Pucelle y étoit aussi en ce moment, d'après toute 
apparence. {Yoy. Quicherat, /lin/raire de la Pucelle; Proeèsj t. v. p. 381.) Jeanne 
était alors dans toute la plénitude de sa renommée, de son autorité ou de son 
influence. 

(5) D'après nos tables de chronologie, le 7 fémer 1430 devoit être le mardi. 

(6) La cérémonie de Vanneau avoit sans doute eu lieu vers le dimanche. 
Voy. ci-après les notes. 



CATAL. — TOURAINE. 115 

ea €6 royaume devers le roy pour le fait de la guerre, disant à 
lui avoir esté envoyée de par le roy du ciel contre les Anglois 
eniieaiis de ce royaume, laquelle a esertpt à la tille que pour 
le mariage de ladite fille, ieelle ville lui paie la somme de cent 
écus ; — que de ce, riens ne lui sera paie, ne baillé, pour ce que les 
deniers de la ville convient emploier es réparacions de la ville, et 
non ailleurs; — mais pour Tamour et honneur de ladite Pucelle, 
iceulx gens d'église, bourgeois et habitans feront honneur à la 
dite fille, à sa bénédicion (1), qui sera jeudi prouchain (2), et 
d'icelle feront prier (3) aa nom de ladite ville ; et pour faire 
ladite prière aux hommes notables d*icelle ville est ordonné 
Mîcfaau Hardonin, notaire de ladite ville (4), et à ieelle fille sera 
donné du pain et du vin le jour de sadite bénédicion -, c'est assa- 
voir le pain d'un septier de froment et quatre jalaies de vin. Par 
mandement et quittance, ey rendu avec les lettres de la Pucelle. 
(Ibidmn,) 

3. — 1430 n. «. Février 19. — « A Colas de Montbason, pour 
loi et Hennés Polvmr, paintre, baillé par mandement desdits 
edenz, cf rdndn aveeipittanee sur ce, la somme de 4 liv. 10 s. t. 
qui deue leur esloit c'est assavoir andit (Màs 40 s, t. pour 4ja* 
layes de vin banc et claret donnié de par ladite ville le 9« jour de 
06 maysàHéliote dudit Hennés fille, qui icehiy jour fia esponsée 
et audit fieones. â9 s. t. pour estre convertiz en pain poiir ks 
Boees-d'ieelle JUe, pour l'honneur de Jehanne la PueeUeqmavoR 
recommandé ladite fille à- Mile ville par* se» lettres clousesi oy 
rendues. » (Dons et présens faiz de par ladite ville.) 

4. (MheriM de la AoeheUe. — 1430. Septembre 10. —« A 
frère Burget de l'ordre de S. Augustin, par mandement des esleuz, 



. (1) Ces^à-dire assisteront de leur personne à la bénédiction religieuse et 
nuptiale. 

(1) février. 

(5) Inviter, convier, inviUr de la bénédiction, comme nous disons : inviter 
d^une noce. 

(4) AiasiJes biUêtê de part on invitation» écrites n'étoient point encore en 
usage. Mais le notaire de la ville alloit convier à domicile. Il en étoit de même, 
pour les paranympk€i de l'Université et autres convocations analogues ou 
comparables. 



116 LE GA&lNÊt HISTORIQUE. 

la. somme de 10 liv. t. pour son salaire et despens d'dvoii* esté de 
; cette Tilte de Tours à Sens devers le roy nostre sire, la royne de 
■Sieile, monseigneur Tévesque de Sàys, et monseigneur Robert le 
Maçon, chevalier, seîgnenr de Trêves, conseiller du roy nostre sire 
et son secrétaire, principaux conseillers du roy nostre sire, ponr lui 
bailler lettres closes de par les gens d'église, bourgoys et habi- 
tans de cette dite ville^ faisans mencion d'aucunes parolles qu'a- 
voit dites et semées une femme de dévotion nommiée Katherine, 
qui est de la Rochelle (1), à la charge de ceste dite ville et de la 
ville d'Angers, comme plus à plain est déclaré audit mandement; 
lequel Burget rapporta à ladite ville lettres douses de par mondtt 
seigneur de Says et monseigneur de Trêves qui sur ce en avoient 
parlé au roy. » (Dépenses de la ville.) 

6. Rançon de La Mre. —1431-2. Mars 12(2).— « AËsliennre 
de Vignolles ditLaHire, escuyer dcFescuyeriedn roy nostre sire, 
cappUaine de gens d'armes et de trait, payé par mandement des 
esleuzla somme de 300 liv. t., laquelle somme par délibération et 
consentement desfoonrgois et habitansdela ville lui a esté baillée, 
par don à lui fait pour l'aider à paier sa rançon anx Bonrgoignons 
anxqndsîlaesté longuement prisonnier. » (Ihns faits etpré^ 
êsntés par ladite tfille.) 

^ Dûcwments relatifs à Bodrigo de f^iUa Ândtando\ eaipitaàne 
eépagnol (3). — 1432. Oetobre 15. -^a A Miebelet Lemarlé, che- 
vaueheur d'escoieriedu roy nostre sire, paie par mandement des- 
dits élus, donné le xy« jonr d'octobre l'an mil iriic xxxn, cy 



(i) « Lesquelles paroles estoient que en oeste dite ville avoient charpentiers 
qui-charpentoient non pas pourJogeys; et, qui ne s*en donroit garde, ladite 
ville estoiten voie de prendre briefvement ungmauvays bout; et que en icelle 
ville avoient gens qui le sçavoient bien; lesquelles lettres il a portées et pré- 
sentées, et sur ce rapporté lettres de responces des seigneurs dessus nommez, 
auxquelles ces présentes sont attachées^ et font mencion que de ce n'avoient 
aucunement oy parler, ne le roy aussi, auquel ils en ont parlé ; que le roi se fjre* 
bien es dites gens d'église, bourgeois et habitans de ladite ville. Lequel 
votage le dit frôre a fait au moys^d^aost derrain passé. » {pëiibéraHo'M muni-- 
cipalet. — Voy. Quicherat, Procès de la Pucellef t. iv, p. 473.) 

(f) Yoy. Bulletin de la Satiété de Vhiêtoire de Prance, 18S9 : La Bire (à la 
table. 

(3) Foy-sur ce personnage le mémoire de M. J. Quicherat,. dans la *»6Wo-'- 
thèque de l'Ecole des Chartes, t. vi, p. 119 et suivantes. 



GATAL. — TO|IBAI!<IE. 1 i7 

renda,atec quUtaneesur ce, la 80iiimede6Ur. t., poar sa peine, 
salaire el despens de loy et de son cheval, de 6 joors qu'il a sac- 
qué à aller, Yenir et séjourner de la Tille d'Amboise jnsqo'à La 
Haye en Touraine, oà le roy nostre sire l'a envoyé, k la reqmste 
des gens de ladite ville, devers Rodigo de. Villeendrado^ conte de 
Ribedieoen Ëspaigne, et cappitaine de très grant compaignie de 
geo» d'armes, porter lettres doses de par le roy nostre dit sei- 
gneur, par lesquelles il luy rescripvoit qu'il ne demandast aucune 
chose aux gens de ladite ville de Tours, d'un eooreier qu'il leur 
avoit demandé ou fait demander à donner, pour lui aidera re- 
monter et remettre sus de la destrousse qu'il diso(l lui avoir esté 
faicte au paift d'Anjou (1). » {CompUi de 1432.) 

7. — Octokrê 31. — « A honneste homme, maisire Jehan Fari- 
nau {même somme), pourestre allé vers le roy à Amboise, en. oc- 
tobre (2), par délibération des gens d'Orléans, le prier d'esoripre 
à Rodrigo pour lui requérir et mander de lasser en paix lesdites 
geas de Tours, pour la même cause. — A honorableë hommes 
maiatres Martin Berruer, chanoine des deux ^lisesde Tours (3), et 
Jehan Farineau, bourgoys d'icelle ville, la somme de 16Iiv. t., 
pour leurs voyagea d'eitre allés à Amboîse, par l'oréonnance des 
gens d'église, bourgoys et habitants de ladite ville, devers le roy 
nostre sire, qui estoit audit lieu d'Amboise, pour lui remonstrer 
les grants et innumérables maulx et dommages que font chacun 
jour les gens d'armes et de trait estan&de la compagnie de Rofigo 
de Villendrado, leur capiUune, qui sont logiez environ ladite ville 
de Tours , oultre la rivière de doyre et prennent gens à très 
grandes rançons et aultres maulx innumérables; lesquels ont tant 
fait que le roy nostre dit seigneur a promis! qu'il envoiroit le 
seigneur de la Borde (4) devers ledit Rodigo pour le faire deslo- 
ger... et avec ce ils ont obtenu lettres du roy nostre dit sire par les- 
quelles il est mandé aux gens de ladite ville, qu'ils ne laissent 
entrer nulles gens d'armes plus fors qu'eux en ladite viJle^ excçpté^. 



(1) roy. Quicherat, ibidem, p. 155. 

(S) Du 8 au S5 octobre 1433, Charles VU à Amboise (ItinérJ. 

(3) Saint<jacien et Notre-Dame-I a-Riche ? 

(4) Philippe de Melun, seigneur de La Borde. 



118 LE CABINET HISTORIQUE. 

ledit setgDeur et monseignear le 4tnlphiii , de. Donné le derre- 
nler jonr d'oetdbre Tân 1432 (1). » {Même regiitre.) 

8. —1432. Nùvemkre 21. —« Assemblée des eslens, de par 
«t en présence de monsdgneor le bailli (2). — Le<Mt monseigneur 
le bailli a dit qu'il a bien sceu les onltraiges et oppressions que 
pbttienrs cappîtaines eomme Rod%nefe et antres plusieurs qui ont 
esté logée environ cette Tille» depuis que de derrenier se partit de 
cette Yille de Tours, ont laits à ladite ville et au pays et desquelles 
choses il est très desplûsant et Youkntiers y ei^t donné tonte la 
meilleare provision qu'il eust pu ; mais obslant roccopalion du 
DMHiage de Mademoiselle (3)» fflle de Madame, sa feinne, avec 
Loys de BueO (4) ; mesmes aussi que monseigneur Charles d^Ân- 
jou (6) Ta ret»u pour le fait du débat de Rodigae»; il n'y a 
peu obéir et n'a peu avoir congé dudit monseigneur Charles^^ — 
en tont ee qui toudie à cest article, il a esté reraereiépar les gens 
d'alise et de la ville, de la bonne amour et affection qu'il dit aroir 
à la ville et au pays (ê). » (Fragment mutilé d*Hn registre des mi- 
mites desr déUbérattons municipales, p. 2, <pi se trouve dans 

< les comptes de 1432.) 

9. Voyages H ehevMd^éês. ~ 1437; Med 4. — a A PMtpot 
B%ot, chevaudieur de rescorie du roy nostre sire, la somme de 
10 liv. t. pour ung voiage par lui fait à cheval de ceste ville à La 
Chastre en Berry, durant le mois d^avril derrenier passé, porter 
lettres closes de la royne(7) et de Madame la dâulphine^g), en fa> 
veur des habitants de ceste ville et du pais d'environ*; rescrip- 
voient à Rodrigues, cappitasne des gens d'armes, et de trait, logez 
à grant compaignie de gens audit lieu de La Gbastre ; et lequel 



(1) Quioherat, ibid. 

(3) Baudouin de Champagne, seigneur de Thucé ou Tusse et de la Bourdai- 
sière, bailli de Touraine de 1425 à i440. 

(3) Anne de Tucé. 

(4) Fils de Jean lY de Bueil, grand maître des arbalétriers. Louis périt à 
Tours dans une joute donnée en présence du roi, vers le mois d'octobre 1446. 

(5) Comte du Maine, frère de la reine Marie d'Anjou. 

(6) Voy. Quichdrat, yolume cité, p. lS6u 
(1) Marie d'Anjou. 

'(8) Marguerite d'Ecosse. 



GATAL. — TODBAiraS. 119 

) il estoit toot notoire ea ee8t€ ville, voidoieDt venir logier 
en ce pals. ?wr lesquelles lettres la royne el Madame la daaphine 
recommandoient fort eepaïs audit Rodigoes, en M priant qu'il n'y 
▼ensîsl point loger, lui ne ses gens ; et lequel chefaucheur, i^rès 
son retour, a dit qull a esté audit lieu de La Cliàtre, on il a trouvé 
de quatre i cinq mile de gens dudit Rodigoes logez, eolx et knrs 
dievaulx. Et quant il arriva audit lieu, ledit Rodrigoes n'y estoit 
pas et il lui fut dit par son lieutenant, qu'il atendoit Teore que 
îcdoy Rodignes devoit venir à la compaignie ; et par ce ledit ehevau- 
ebeur atendil; el fut trois jours après, avant que ledit Rodigues, 
arrivast. Et sitost qu'il fut arrivé , ledit chevauclieur lui présenta 
lesdites lettres; et après ce qu'il les eut leues, dist de bouche qu'il 
obéiroit auadiles lettres, et que pour l'honneur et la révérence de 
la royne et Madame la daulpbioe et aussi en faveur de monsei- 
gneur le daulphin (1), duquel i) disoit estf e serviteur et obligé à 
lui, il ne vendroit point loger au pals de Tonraine, combien qu'il 
eust emprins de passer par cedit pais, pour aler ou voyage qu'U 
avoit entencion de faire; et non obstant a rescript à la royniB et à 
•Madame la daulphine response parles lettres closes qu'il a escrip- 
tes, duconienu en ce qu'elles lui avoieatescript. Laquelle réponse, 
ainsi que monsiettr de Maillé (2>qui dit avoir venes lesdites lettres 
nous a dit, et entre autres choses, que icelui Rodigues ne vendra 
point loger en ce paîs; on quel volage faisant, ledit chevaucheur 
a vaqué 10 jours entiers, etc.. I>onné le 4« jour demai, etc. (3). » 
{Registre dee dépenses communes,) 

10. Visites nocturnes pour la sûreté de la ville, — 1437. 
Sept&nhre 8. — « A Pierre Quetier, la somme de 67 s. 6. d. t. 
pour 18 liv. de cire en torches prinses entre le 2\^ jour de mai 
derrain passé et le jour d'ui,... lesquelles torches ont été exploi- 
tées pour aler par plusieurs nuictées sur les murs de ladite ville 
pour soy donner garde que sur lesdits murs eust bonnegardepour 
ce qu'il avoit esté rapporté et estoit tout commun en ceste dite 

(1) Louis, dauphin, ou Louis XL 

(9) Hardouin YIII^ seigneur de Maillé ou Mailly en Touraine. Il était grand 
maître de Thôtel de la reine. Voy. Jean Gbartier, in-16, t. m, p. U7, n. 4. 
(3) Quicherat, vol. cité, p. 333 et aussi p. 305. 



i20 LE CABINET HISTORIQUE. 

ville que Mathieu Go (1), anglols, s'estoit vanté qi^l preudroit 
ceste dite ville par emblée on anltrement durant ceste estéder- 
rain passée, meffliement que la royne, qui estoit et est en eesle 
dite ville et Messeigneurs les enffans du roy, commandoit que par 
chacune nuit, on feist bonne garde sur lesdiU murs, à Toccasion 
de ce que on avoit rapporté devers elle Ventreprinse dudit Mathieu 
Go ; et avec ce a foilli (fallu) aler par plusieurs fois environ par la 
nuit [ouvrir?] les aucunes des portes del^adite ville, pour mettre 
dedans la ville ou dehors icelle, des gens du roy ou de la royne; 
pour laquelle chose (iiire failloit avoir des tordies. » {Oépeme 
ctnnmunê.) 

1 1. Jeanne du Armoises oula faussePuceUe (2). — 1439. — « A 
Jehan Drouart, la somme de 60 s. t. pour ung voyage qn*ila fait 
en ee présent moys à estre alié à Orléans porter lettres clousesque 
monseigneur le bailli (3) rescripvoit an roy nostr^sire touchant le 
fait de dame Jehanne des Armoises et unes lettres que kidite dame 
Jehanne rescripvoit audîl seigneur. » {f^oyages,) 

12. Béeepiian de Charles^ ducéCOrléans. — 1441. Octokre 1. 
— « A Pierre Quetier, tant pour lui comme pour Girardin Prévôt, 
ciergiers, la somme de 11 liv. 7 s. 6 deniers tournois, pour 43iiv. 
de cire ouvrées en torches, prinses d*eulx entre le premier jour, 
de novembre derrain passé et le jour d'ui ;. .. lesquelles ont esté 
prinses pour .... . etc., et aussi pour la nuytée que monseigneur 
d'Orléans (4) arriva en ceste ville ; à rencontre duquel et jucqnes 
au bateau où il vint monseigneur le bailli et plusieurs gens no- 
tables de ladite ville allèrent et le convoyèrent avec grant quan-. 
tité de torches, jusques à son logeys, chiés Pierre Bérart (5); non 
pbstant que le lendemain il fut donné et présenté de par la ville à 
mondit seigneur d'Orléans, 25 liv. de cire en torches avec d'antres 

(0 Mathieu Gough. roy. ce nom dans mon édition de Jean Ghartier. 1858, 
inrl6, à la table. 

(3) M. Qulcherat a réuni sur ce personnage un recueil de documents qu'il a 
joints aux textes relatifs à la Pucelle. {Procès de laPueelley t. v, p. 381 et suiv.) 
Cet extrait fait partie du recueil que je viens de citer et se trouve à la p. 333- 

(3) Baudouin de Gbampagnie, seigneur de Tucé. 

(4) Charles d'Orléans, le duc poète, 

(5) Familier et officier du duc Charles. 



CATAL. — TODRAINE, i%l 

dioses non comprises en ce mandement... le premier jour d'oc- 
tobre 1441 (1). » {Dépenge» communes.) 

13. Dons à Et. ChevaUer et Mat. Beautarlet eonseiilerê du 
roy. -rr 1451 . — « A J. Sampon, marchand , la somme de 39 Ut. 
1? s. t. à lui deue pour 5 mutds et demi d'avoine que les esleqs de 
ladite ville ont prinse et achetée de Igi an prix de 12 sous toom. 
chacun septier, laquelle avoine, par le conseil et advis de plusieurs 
gens d'église, bourgois et habitans d'icelle ville, a esté présentée 
et donnée par ladite villeà maistre Ëstienne Chevalier (Sf), contre- 
rolleur de la despens^ du roy, et à maistre Mathieu Beaovarlet, 
receveur général de ce royaume, pour et afin qu'ils eussent les af- 
faires de ladite viHe pour recommandées et qu'ils feussent plus 
enclins desonstenirles doléances et nécessitez dUeelletant devers 
le roy comme envers messeigneurs de son grant conseil» » {Camp' 
tes de la ville, Hasse 336.) 

14. Mystère de la Passion, jomé à Tours. — 1455. — « Man- 
dement de 50 liv. pour aider quelques habitans à jouer une tragé- 
die, la Passion de J.-C. aux fêles de la Pentecôte. » (Inventaire 
des archives de Tours, 2* cahier, Uasse 111) (3). 



(1) Yoy. sur cet épisode Louis et Charles d'Orléatu, par M. A. Champoliionr 
Figeac. 1844, in-8<*, page 338. 

(i) Personnage cousidérable de la cour el du règne de Charles VU. roy» 
Biographie générale, publiée par MM. Didot, au mot Chevalier (Etienne). 

(3) Cette pièce n'étoit pas en place lors de ma visite aux archives. — 1446, 
mai 7. Les enfonts et Jeunes gens de Téglise de Mannoutiers demandent au 
phapitre la permission de célébrer la fête de la translation de saint Martin 
qui doit avoir lieu prochainement, 7 juillet. Ils demandent A se réunir A che- 
val et à représenter une moralité qu'ils ont étudié dans ce dessin; accordé, 
après examen de la pièce. {Cartulaire deMarmoutiere, ms. Baluze, 77, T 3K!( v<>.) 

1453, juillet27. Les mômes jeunes gens se disposent à jouer publiquement 1^ 
fnystère de saint Eutrope. (/6idem, fSCM.) 



1S2 LE CABINET HISTORIOOK. 



BRETAGNE. 

ùipomuAsmmt de la collection des blancs-manteaux, 

DITE DE BRETAGNE. 

iSn»9. Toy. page 67.) 

F&etê diveneê sur la Bretagne et sur la nudion de Rohan. 

5084. Ton LXXIIP. — 1. Extraits du tome ix de Rymer, fol. 1. 

2. Extraits des manascrits de Rymer restés dans la bibliotbè- 
ipstedocheralierCotto», fol. 11. 

3.-8 may 1400. Ordonnance de Jehan, doc de Bretagne^ qni 
institue deux foires au moMulère Satnt-Jagu (pîice douteuse), 
fol. 18. 

4« ^ lec jttilkt 1400. Quittance donnée par Jean, sîre de Rîeox, 
à Guillaume, seigneur de Monlaiîban, fol. 16. 

5. — 17 juillet 1400. Aide de 20 sols par fou, accordée à la vi- 
comtesse de Rohan, fol. 16. 

6. — 5 may 1401. Transaction entre Alain, vicomte de Rohan^ 
et le sire deMontfort, fol. 17 (titre de Bleln). 

7. — 22 septembre 1401. Testament de Jeanne dePkivarre, vir- 
comtesse de Rohan, fol. 25. 

'8. — 11 avril 1402. Quittance de Charles de Rohan, fol. 29. 

9.-27 octobre 1402. Serment de fidélité fait au duc par 
Guillaume, sire de Montauban, pour la capitainerie de Dinan,, 
fol. 30. 

10. — V^ novembre 1402. Ordre au vicomte de Rohan de re- 
connoitre le duc de Bourgogne pour régent du duché de Bre- 
tagne, fol. 31. 

11. — 1«' janvier 1403. Pension de 1,000 livres accordée à la 
vicomtesse de Rohan par la duchesse de Bretagne, sa tante, f. 32. 

12. — 24 décembre 1403. Transaction entre le comte de Peu- 
thièvre et le vicomte de Rohan, fol. 33. 



GATAL. -^ BRStA^riB. 125 

13. — 9 j«i?ier 1403. Vqite faite au Ticomte de Rohmi par 
Goillaane de Léon, seigneur de HacqneYâle, fol. 34. 

14. — 16 octobre 1404. Partage donné par Gaillamnede Mon- 
tanban àMai^erile^ damedela Hooasale, sa aœur, fol. 35. 

15. — 3 janvier 1404. Provisions de k capUaînerie de Dinan» 
ponr GoUlanme, sire de Montaubaa, foL 36. 

16. — 10 mars 1405. Traité de mariage entre Charles de Ro- 
h^n, seigneor de Gnéméne, et Catherinedu Gnesdin, fol. 37. 

17. — 25 mars 1405. Partage donné au vicomte de Rohan par 
Marguerite de Cliçon, comtesse de Penlhièvre, foi. 40. 

1& — 13 ayrii 1406. Fouage accordé au duc par le vicomte de 
Rohan sur ses vassaux, fol. 42. 

19. — 14 décembre 1406. TesUment de Margnerite de Rohan, 
deuxième femme d'Olivier de Cliçon, fol. 43. 

20. — 1406. Douaire accordé par Guillaume^ sire de Montan- 
ban, à dame Marguerite de Lohéac, son épouse, fol. 45, 

21. — 4 février 1406. Partage de la succession du connestable 
deCliçon, fol.46. 

22. — 19 avril 1407. Consentement donné par le duc au ma- 
riage de sa sœur avec le jeune vicomte de Rohan, fol. 48. 

23. — 23 avril 1407. Le vicomte de Rohan se désiste des appels 
interjettes au Parlement de Paris^ par le connestable, son b^u- 
père,foL49. 

24. — 23 avril 1407.iTraité de mariage entre Alain, vicomte de 
Rohan, et Marguerite de Bretagne, sœur du duc Jean \, fol. 50. 

25.-27 avril 1407. Lettres de Jean, duc de Bretagne, parlés- 
quelles il accorde à Alain, vicomte de Rohan, la garde des chas- 
teaux et forteresses d'Olivier de Cliçon, pendant l'année du ra- 
chat, fol. 52. 

26. — (Sans datte). Demandes faites à Marguerite de Cliçon, 
comtesse de Penthiëvre, par Alain, vicomte de Rohan et sa femme, 
au sujet des cent mille francs accordés au duc par Olivier de 
Cliçon, fol. 53. 

27. — 1^ niay 1407. Partage donné par Catherine du Goesclin, 
dame dctînéniéné, à GaUlaume, Robert et Olivier dn Gnesclin, 
ses oncles foL 55. 



i^à LE CABINET HISTORIQCE. 

88. 12 juillet 1407. — Présent bit par le roy Charles VI à 
dame Bonne Yiseoiiti, en fareur de son nuiriige a?ec le due de 
MoBtaoban, fol. 69. 

29. — 5 octobre 1407. Sentence rendue en la cour de Ploërmel ; 
les pieds généraux tenants eontre le vicomte de Roban, et en fa- 
veur de Guy de Molai, sénéchal féodé de la yicomté de Ro- 
ban, fol. 60. 

30. -— 20 janvier 1407. Testament de Jeanne de Roban, vicom- 
tesse de Thoars, fol. 64. 

31. 12 juillet 1403. — Lettres du roy Charles V, par lesquelles 
il accorde à dame Bonne de Visconti, la somme de 3,000 lîv. à 
prendre sur la recepte des aides, en faveur de son mariage avec 
le snre de Montauban, du 24 juillet 1408, fol. 66. 

32. — 8 avril 1408. Permission accordée par le due au srre de 
Guéméné, de faire garder son château par ses vassaux en temps 
de guerre, fol. 69. 

33. — Novembre 1408. Accord entre le sïre de Montauban et 
Jean de Saint-Didier, fol. 70. . . . 

34. ~- 26 may 1409. Partage des biens du connestable de 
Cliçon, fol. 71. 

35. — 22 août 1411. Contrat de mariage entre Guillaume, sire 
de Montauban, et dame Bonne de Yisconti, fol. 73. 

36. -—11 octobre 1411. Lettres de Louis> dauphin de Viennois, 
çn faveur de Guillaume de Montauban, son chambellan, fol. 76. 

37. — 7 may 1412. Arrêt du Parlement de Paris, pour Julienne 
4e Montauban, dame de Pommeret, fol. 77. 

— 12 may 1413. Impôts levés par le duc, avec le consentement 
du vicomte de Rohan, fol. 79. 

38. — 12 octobre 1413- Serment de fidélité fait au d[uc par 
Guillaiume de Montaubâm, capitaine de Dinan, fol. 80. 

39. — 12 mars 1415. Provisions de la charge de lieutenant au 
château du Louvre, pour messire Bertrand de Montauban, fol. 81. 

40. —28 février 1413. Bulle du pape Jean XXIII à Tabbbé de 
BoHr<^s, pour visiter les ^Irns fondées par les vicomtedde 
Léon et de Rohan, fol. 85. 



GAfAL. — BRÉtACNE. 195 

4r . — 7b décembre 1416. Thmsaction (Missée entre le roy de Na- 
varre et Charles de Rohan, seignear de Guéméné, fol. 87. 

42. — 11 octobre 1418. Fondation de la chapelle Sàinte-Cathe* 
Hne, en la paroisse de Locmalo, fol. 93. 

43. — 28 novembre 1418. Contrat de mariage entre Gilles* 
sire de Rais et dame Béatrix de Rohan, fol. 97. 

44. — Du dernier febvrier 1419. Mandement de la duchesse au 
Vicomte de Rohan, pour veiller à la garde de la ville de Nantes, 
fol. 98. 

45. — 5® jour de mars 1419 du mardy après que l'on chante le 
Reminiêcere. Capitulation delà ville de Goingamp, assiégée par 
Alain, vicomte de Rohan, lieutenant général en Bretagne — Char- 
les de Rohan, etc., fol. 99. 

46. — 15 mars 1420. Aveu rendu au duc par Robert de M oiftau- 
ban et Mane de Saint Dénotai, sOn épOuse, fol. 100. 

47. — 13 juillet 1420. Don de la terre de Vauruffei fait par le 
duc au sire de Guéméné, fol. 101. 

48. — 16 septembre 1420. Droit de porter le cercle ducal dans 
les assemblées, accordé par le duc auï sires de Guéméné, fol. 102. 

49. — 3 septembre 1420. Dèn de la terire de Minibria<i an sire 
de Guéméné> fol. 104. 

50. — 14 décembre 1420. Reconnoîssance du duc envers le vi- 
comte de Rohan, son lieutenant général, fol. 106. 

61. -^ 21 mars 1420. Fondation faite en l'église de Notre-Dame 
du Folgoet, par Alain, vicomte de Rohan, fol. 107. 
-^ l*'* septembre 1421. Reveoe de messirede Montauban, f. 109. 

52. — 16 juin 1424. Testament d'Alain VIII, vicomte de Ro- 
fiaii, fol,ll0. 

53. — 16 juin 1425. Prolongation pour un an de la Icfvée.des 
impôts sur les marchandises qui entd*ent ail port de LandefUeau, 
Dalouart, Camaret, etc.^ avec ordre aui officiers commis à la per- 

''eeptMin de ces droits d'en donner la moitié m ymnite de Ro- 
han, fol. 112. 

64. -^ 30 juillet 1425. Brevet de retenue et de pcinsion {konr le 
comte de Porhoét, ohambeUaD éa roy Chailes ¥il, fol. 114.^ 

65. ~ 10 septembre 1427. Ptotestation faKe par Alain de Ro- 



iâë LE CABINET HISTORIQUE. 

hajki sire de Pochoet, contre le traité du dac avec les Anglois, 
fol. 116. 

56. -^ 13 septembre 1427. Protestation du vicomte de Roban 
contre le consentement de son fils, au traité de Rennes, fol. 117. 

ô7. -~ 9 avril 1428. Testament de dame Marguerite de Breta- 
gne, comtesse de Porhoet, fol. 118. 

58. —13 février 1430. Permission accordée à Richard de Bre- 
tagne et au vicomte de Rohan, de manger du beure en ca- 
rême, fol. 119. 

59. — Dernier jour d'aoust 1432. Dispense du service militabre 
accordée au aire de Guéméné,. par le duc Jean V, fol. 120. 

60. — 25 juin 1433. Dispense accordée au comte d*Angoulême, 
pour épouser Jeanne de Roban, fol. 122. 

91. -- 22 octobre 1432. Procuration donnée par Jean, comte 
d'Angoulême^ pour traiter son mariage avec Jeanne de Ro- 
ban, fol. 121. 

62. — 18 juin 1434. Alliance entre le bastard d'Orléans et le 
. vjiecimtede Roban, fol. 123 (impfimé). 

63. — 21 may 1535. Traité de mariage entre Alain, fils aine du 
iVicomtede' Roban et Yolande de Laval, fol. 124. 

64. — 13 juillet 1436. Transaction entre Jean, sirede Montau- 
baa, et Guyon des Ferrriëres, fol. 126. 

65. — 1^' juillet 1437. Accord entre le due, le yieomte de Ro- 
ban et Béatrix de Glisson, touchant le racbat de la seigneurie de 
Porhoët, fol. 128. 

66. -T- 19 octobre 1437. Serment de fidélité fait au duc par 
Alain, Ticomte de Roban, fol. 130. 

67. — 20aoust 1438. Fondation faite en l'abbaye de Saiat-Jagu» 
par Alidn, vicomte de Roban, fol. 131 . 

68.-3 janvier 1438. Lettres patentes du duc Jean, portant 
établissement et eontinnation des officiers du seigneur pfûiee à la 
r^ de ses biens échu en radiaptt au profit dndit seigneur 
duc, fol. 132! 

69. — 4 avril 1442. Accord entre le vicomte; de. Rofaan^ 
Ëdouafd, son frère^ «t Jean de Rostrene», lèK 133; 

70. — 15 septembre 1444. Fondation de deux anniversaires 



GÂTÀL. — BRETAGNE* 127 

faite par Alain, yiconate de Roban, en l'église de Saint-Paul de 
Léon, fol. 134. 

71. — 21 novembre 1444. Mandement du duc au sire de Gné- 
méné, capitaine de Nantes, pour veiller à la seureté de cette 
place» fol. 138. 

72. — 20 septembre 1445. Permission accordée par le vicomte 
de Roban, à Jean de Pencoët, d'ériger une justice à quatre pilliers 
dans la terre de Penco'ét, fol. 139. 

73. — 15 octobre 1445. Permission accordée au vicomte deRo- 
ban de lever 5 sols par feu dans tout le ducbé, fol. 140. 

74. — 1545. Lettres du duc qui font mention du consentement 
du vicomte de Rohan, pour l'imposition d'un fouage et antres 
taxes, fol. 141. 

75. — Du 5 janvier 1448. Certificat donné par les juges de 
Plo'érmel, touchant la manière dont se délivre le vicomte de Roban 
au pieds de Ploërmel, a congé de personne et menée, fol. 142. 

76. — 31 août 1449. Contrat de mariage entre Jean, comte 
d'AngoulêmCi et dame Marguerite de Roban, fol. 144. 

77. — 1^^ septembre 1449. Exemption de service militaire pour 
quelques gentilsbommes de la vicomte de Roban, fol. 146. 

78. — 16 novembre 1450. Contrat de mariage entre Alain, vi- 
comte de Roban, et dame Marie de Lorraine, fol. 147. 

79. — 8 décembre 1454. Donation faite aux Célestins de Paris, 
par Artbur de Montanban, novice, fol. 449. 

80. — 10 février 1454. Traité de mariage entre Alain, vicomte 
Rohan, et dame Perinelle de Maille, fol. 151. 

81. -— 10 février 1454. Traité de mariage entre Marie de Bre- 
tagne et Jean de Rohan, seigneur de Léon, fol. 153. 

82. — 10 février 1464-8 mars 1461. Traité de mariage entre 
Jean, vicomte de Ri^n, et dame Marie de Breta^e^ foK 155. 

82 5m. — 2 may 1456. Permission accordée par le eaidinal d'A 
vignon, légat en France, an vicomte de Roban, d'avoir un aotel 
portatif, fol. 163. 

83.— 17 octobre 1466. Fondation des Frères mineurs obser- 
vantinsenlavilledePontivy, foU164. • 

84. — 9 novembre 1456. Donation faite par Alain, vicomte de 



128 LE CABlIlEt iffSTOiRlOtJÈ. 

Rohan, aux Frères mififeur^ de radcieti chftleau des Salles, pfès 
Pontifi.fol. 166. 

85. — 6 décetDbre i457. Provision de la liéulcnance général ef 
deBretagae ponr le Tîcom'té de Rohan. fol. 167. 

86. — 14 juin 1458. Mandemenl à Jean Uuguel et à Henri de 
Keblen d'ameuer à la cour les enfants du fen sire de Guéménéy 
^ol. 168. 

87. — 3 juillet 1458. Ordonnance du duc qui adjuge la tutelle 
des enfants du feu sire de Guéméné an sire du Pont, fol. 169. 

88. — 4 janvier 1458. Permission donnée par le duc au sire du 
Pont, de porter le cercle ducàl eii la placé du sire de Guéméné, 
mineur, fol. 170. 

89. — 31 octobre 1459. Retrait de la terre de la Béhardière, 
fait par le sire de Montauban sur Tanguy, bâtard de Bretagne, 
fol. 171. 

90. —29 novembre 1461. Donation faite à Catherine ideRo- 
ian, par Catherine d'Alençon, salante, fol. 172. 

91. — 22 février 1461. Testament d'Alain X, vicomte de Ro- 
han, fol. 174. 

92. — 20 mai 1463. Lettre du duc qui adjuge à dame Peronelié 
de Maillé la tutelle de ses enfants, fol. 175. 

93. — 18 juin 1463. Accord entre Jean de Montauban, eufateur 
du sire de Guéméné, et Pierre, seigneur du Pont, fol. 17& 

94. — Mai 1470. Extrait des informations faites sur la retraite 
du vicomte de Rohan en France, fol. 178. 

98. -* 15 janvier 1471. Motifs de la retraite du vicomte.de Ro- 
han, fol. 180. 

96. — Du 7^ des ides de juin 1472. Bulle du pape adressée à 
l'archetéque de Tours, aux évéques de Valence et de Chartres, 
ji^our obliger le duc à rendre au vicomte de Rohan son épouse, 
fol. 182. 

97.-7 septembre 1472. Lettre du roy Louis XI à M. de Bres- 
suire, mt\e retour du vicomte de Rohan en Bretagne; f^ 184 . 

98. — 11 octobre 1476. Pi*ovision d!e l'état dé maréchal de 
franco poor Pierre, seignebr de Guéméné, fol. t85. 



GATAL. — BRETAGNE. 129 

99. — 14 octobre 1477. Lettre du roi d'Ecosse au vicomte de 
Rohan, fol. 187. 

100. — 20 juillet 1479. Descbarge donnée par le sire de Gué- 
meneaux héritiers demessire Renard de Montauban, fol. 188. 

101. — l^f novembre 1479. Mandement du duc adressé aux sé- 
néchaux de Rennes, Broerretz et Ploërmel, pour informer du 
meurtre de René de Keradreuc, fol. 189. 

102. — 1480. État de la maison du vicomte de Rohan en 
1480, fol. 190. 

103. — 4 septembre 1484. Réconciliation du duc François II 
avec Jean, vicomte de Rohan, fol. 196.. 

104. — 7 septembre 1484. Lettres du duc qui annulent tout ce 
qui a été fait au préjudice du sire de Rohan pendant sa minorité 
et sa prison, fol. 198. 

105. — 4 avril 1485. Provision à Tanguy de Pontbriant pour 
la garde de Chateaubriant, fol. 200. 

106. — 8 juillet 1485. Ordre à Jean du Pontbriant de remettre 
Chftteanbriant à M« de Laval, fol. 200. 

107. — 4 avril 1562. Commission de commissaire du ban et 
arrière-ban de Tévêché de Saint-Malo, pour Julien du Breil, fol. 
200 verso, 

108. — 12 janvier 1555. Provision pour le gouvernement des 
ville et château d'Âbbeville, pour Jean du Breil,. fol. 201 veno, 

109. — 21 juillet 1587. Commission de commissaire du ban et 
arrière-ban, pour Jean du Breil, fol. 202 verso, 

110. — 27 avril 1589. Ordre et commission de monseigneur 
Henry de Bourbonj adressé ^u seigneur de Pontbriant, pour 
qu'il commande 30 arquebusiers pour la garde du château de 
Pontbriant, avec promesse de le faire payer sur T extraordinaire 
des guerres, fol. 203. 

111.— 10 février 1489 (douteux). Brevet de premier et deuxième 
président au parlement de Bourdeaux, pour Rolland du Breil, 
fol. 203 verso, 

112. — 11 octobre 1579. Lettre du seigneur de la Hunaudays, 
polir faire faire la garde aux château et ville de Dinan, fol 204. 

Cat. î> 



ISO LE CABIMBT HISTORIQUE. 

(Toutes ces pièces forment une seule liasse, d compter depuis le 
no 105.) 

113. -H 20 mai 1485. Engagement contracté par le marédial de 
Rieux, pour le mariage des deux dames de Bretagne avec les 
deux fils du vicomte de Rolian, fol. 205. 

114. — 15 juillet 1485. Don de rachapt accordé par le Ticomte 
de Rohan à Tanguy du Chalel, fol. 206. 

tl5. — 26 juillet 1485. Lettres du duc François II, qui établit 
le sire de Guéméné capitaine de 30 hommes d'armes de son 
ordonnance, fol. 207. 

116. — 22 septembre 1485. Droit accordé au fils aine et pré- 
somptif héritier de la maison de Guéménée, fol. 208, 

117. — 13 octobre 1485. Donation faite par la duchesse Isabeau 
au vicomte de Rohan, son gendre, de tous les biens meubles de la 
duchesse Marguerite, fol. 209. 

118. — 17 novembre 1485. Lettres du duc qui permet au vi- 
comte de Rohan de reprendre son instance contre le comte de 
Laval, et le relève de la prescription qui pourroit être arrivée 
pendant sa prison et son absence, fol. 210. 

119.-11 février 1485. Lettre de Louis, duc d'Orléans, au 
maréchal de Gié, fol. 213. 

120.— Lettre de Jean de Cbaalons, prince d'Orange, au roy 
CharlesVUl,foL213. 

121. — 27 septembre 1486. Le sire de Guéméné prend place 
dans le banc des barons, comme baron de Lauvaux, fol. 214. 

122. — 12 octobre 1486. Permission donnée au sire de Gué- 
méné de retirer des Chartreux les fonds de la baronnie de Lau- 
vaux, fol. 215. 

123. — 3 novembre 1486. Alliance entre le comte de Laval et 
le vicomte de Rohan, fol. 217. 

124. — 14 décembre 1486. Permission accordée au vicomte de 
Rohan de rétablir le guet dans ses châteaux de Pontivy et de 
Corlé, fol. 218. 

125. - 27 décembre 1486. Pension de 4,000 livres pour le 
vicomte de Rohan et le maréchal de Rieux, fol. 219. 

126. — 7 janvier 1486. Avis donné à M. et M«« de Bea»|jeu, sur 



CATÀi.. — BRJETàGNE. 131 

les demiBB des aieursde UrA de Roliaii et d'Avaugaar, fol. 230. 

127. — 12 juin 1487. Provision de lieutenant général au païs 
de Rennes, peur Philippe de Montauban, seigneur de Sens, fol. 221. 

128. — 5 juillet 1487. Lettres du noomte de Rohan au eomte 
de Quinlin, son frère, fol. 222. 

129. — 26 mars 1487. Aeeord entre le vicomte de Rohan et le 
due, fol. 223. 

130. 20 septembre. Lettre des habitants de Guingamp au vi- 
comte de Rohan, fol. 227. 

131. — Vers Tan 1468. Lettre apologéticpie du vicomte de 
Rohan au roy Charles YIII, fol. 228. 

132. — 12 juin 1489. Fondation de l'élise de Saint-Malo de 
Dinan, par Jean, vicomte de Rohan. fol. 230. 

133. — 20 juin 1490. Extrait des archives du couvent de 
Sainte-Croix du Verger. Institutip couventus viridarii facta fuit, 
20 mensis junii 1490. Fr. Petrus Blondel primus prier, fol. 232. 

134. —10 novembre 1490. Don de plusieurs rachats fait au 
sire de Guéméné par la duchesse Anne, fol. 233. 

135. — 18 décembre. Lettre de Pierre de Rohan, lieutenant 
général pour le Roy, en Bretagne, à monseigneur de Kaerousy, 
fol. 234. 

136. — 1®' septembre 1491. Provision de lieutenant général en 
Basse-Bretagne, pour le vicomte de Rohan, fol. 235. 

137. —27 octobre 1491. Ordonnance de Charles viii, roy de 
France, qui convoque les trois États à Vannes pour le 8 no- 
vembre, pour demander un fouaige de six livres six sols pour 
feu.— Ladite ordonnance est adressée à Farchevesque de Reims, 
au vicomte de Rohan, etc., fol. 236. 

138. — 9 aoust 1492. Contrat de mariage centre M. Louis de 
Rohan, seigneur de Guéméné, et dame Renée du Fou, fol. 243. 

139. — 10 juillet U95. Don au vicoçnte de Rolian des levées 
par lui faites pendant les troubles, fol. 245. 

140. — 10 juillet 1493. Provision de la charge de capitaine 
de 30 lances accordées par le Roy au vicomte de Rohan, fol. 247. 

141. — 8 mars 1495. Lettre du Roy portant permission au vi- 



152 LE GàBINET HISTORIQUE. 

comte de Roban de lever pendant cinq ans le droit de billot sur 
ses rassaax, fol. 248. - 

142. — Septembre 1496. Permission accordée au yicomte de 
Roban d'ajouter deux pilliers à ses fourcbes patibulaires de Roban, 
fol. 249. 

143.^ 7 avril 1498. Lettre signée du cardinal de Reims, C. de 
Rocbefort, adressée au vicomte de Roban, annonçant qu'il ait à 
prendre les mesures nécessaires pour défendre la ville et le cbft- 
teau de Dinan, fol. 250. 

144. — 9 juin 1498. Provisions de la cbarge de capitaine de la 
ville et cbâteau de Saumur, pour le sire de Roban, fol. 251. 

145. — 18 novembre 1498. Provision de la cbarge de grand 
eschanson de France, pour Charles de Roban, seigneur de Gié, 
fol. 252. 

146. — 5 mars 1499. Mémoire de Jean, vicomte de Roban, 
contre le Roy etla Reine, fol. 253. 

147. — Sur la fin du xiiie siècle. Requête des pères carmes de 
Dol, au sire de Montauban> leur fondateur, fol. 257. 

148. — 28 juillet. Lettre du duc à Geoffroy, sire de Krimel. 
149. — Quelques dates généalogiques de Trecesson, Lacboire, 

duPlessis, etc..., 1467, 1494, 1465, 1484, 1467, 1521, 1614, 
1504, foL 259. 

150. — rv« siècle. Recueil fait par maître Pbilippe' Haneton, 
premier secrétaire et audiencier du roy de Castille, etc., des 
titres, mémoires et enseignements des traités et alliances, et' 
appointements, protestations, et autres actes faits passez et advenus 
entre la roy de France, Loub XII de ce nom, présentement ré- 
gnant, d'une part, et ledit seigneur roy de Castille, archiduc 
d'Autricbe, d'autre part, depuis Tadvénement dudit seigneur roy 
de France à la couronne, fol. 260. {Tiré d'un recueil manuscrit 
qui a esté à feu M. Courant, et qui m'a esté communiqué par 
M. Rousseau, auditeur des Coïàptes, à Paris.) 



CATAL. — GONRART. 133 

RECUEIL CONRART. 

DÉPOUILLEMENT DU RECUEIL CONRART, DE LA BIBLIOTHEQUE 
DE l'arsenal. 



(Suite. r<nf' page 84.) 

5QS5. ToMB IV. — 1. Vingt-neuf lettres du cardinal de Joyeuse, am- 
bassadeur à Rome, au roy Henry III. Du 24 août au 3 novem- 
bre 1587. 

Ces lettres sont toutes imprimées dans les Mémoires en forme de preuves 
jointes à VHistoire du cardinal duc de Joyeuse d'Àubery. Paris, 1754, p. 99 
à 197. — On sait que la plupart sont l'œuvre d'Arnaud d'Ossat, depuis car- 
dinal, dont on a les Lettres et négociationSf qui toutefois ne comprennent pas 
celles-ci. 

2. Lettre de M. le garde des sceaux de Marillac à M. le cardinal 
deBeruUe. (/d.,p. 141.) 

Yostre charité me donnant permission, etc. 

3. De la Ligue, et particulièrement comme pendant icelle il 
(Marillac) a esté le premier qui a fait la proposition par laquelle 
est intervenu arrest pour avoir un roy catholique et françois, et 
empescher que la couronne fust transférée en main estrangère au 
préjudice de la loy salique. (/d.,p. 149.) 

« Il est vray que ledit sieur de Marillac, etc. » 

4. Pièces (au nombre de 39) relatives au procès criminel de 
Henri Coiffier, dit Ruzé, marquis de Cinq-Mars, et de Franc.- 
Aug. deThou, en 1642. (/d., p. 170 à 387.) 

Le procès entier avec les pièces se trouvent à la Bfbliothèque impériale, 
anc. f. fr., 9276, 7277, et dans diflférents autres recueils manuscrits. — Le 
procès, sans les pièces, imprimé à la ^uite du Journal et des Mémoires du 
cardinal de Richelieu, dans les Mémoires de Vabbé â'Artigny, t. 4, avec plu- 
sieurs pièces inédites jusques-là, et la liste générale de toutes celles qui le 
sont, concernant cette affaire. 

5. La vie de Gaspard de Saulx. (Id., p. 1 à 1076.) 

c Enfants, nepveux, cousins. J'escris par devoir de nostre père, etc., suivi 
d'une table ayant pour titre : Table des préceptes contenus en ce présent 
livre (13 pages). 

La première édition de ce livre est deParis, 1691, in-i3. 



134 LB CABINET HISTORIQUE. 

5086. Tome V. — 1. Lettre de Suîpicius à CicéroD, avec des obser- 
vations sur un passage. Epistre 5, liv. 4. 

La nouvelle que j'ay reçue de la mort de voslre fille... 

2. Defence (Quelques mots suivants coupés par la reliure.) 

Les observations. [Id., p. 5.) 

Suîpicius a répondu à vostre objection, etc. 

3. Observations sur le passage barré dans la traduction de 
Fepistre de Suîpicius à Gicéron. (Jd., p. 7.) 

J'honore et je révère le traducteur, etc. 

4. Ordre du roi Louis XIII pour faire le procès au sieur Cha- 
lays et autres. Nantes, le lO^ jour d'aousl, Fan de grâce 1626. 
(/d., p. 11.) 

5. C'est l'érection de la vicomte de Rohan en duché-pairie par 
Henry IV. Paris, en Parlement, ie7<^ jourd'aoust t603. {/rf., p. 15.) 

6. Erection de la terre de Fontenây ou Saintonge en duché- 
pairie par Louis XIII. Donné à Nantes au mois de juillet 1626« 
{Id., p. 23.) 

7. Dulot vaincu ou les bouts rimez destruits, po'éme en quatre 
chants, par Sarazin. ^. ses œuvres. {Id., p. 27.) 

8. Le Changement dcTirsis. A Damon. Élégie. (W., p. 43.) 

Damon, cher confident do mes inquiétudes... 

9. Du mage de Sidon (Godeau) à Sapho (M"® de Scudéry). De 
Vence, le 7 février 1854. (Id. p. 51.) 

Un moment avant que do recôvt>ir, etc. 

10. Réponse de Sapho au mage de Sidon. Â Paris, le 20 de 
mars 1654. (/d., p. 53.) 

Vostre dernière lettre est si galante, etc.. 

11. Est-ce amour, est-ce amitié? ballade. (W., p. 6Ô.) 

Au point du jour, dès qu'on ouvre lés yeux..., 

12. Du mage de Sidon à Sapho. A Vence, ce 28 février 1654- 

(Id., p. 59.) 
Je voy bien que vous allez devenir, etc. 

13. Réponse de Sapho au mage de Sidon. Du 20 mars 1654. 
(M., p. 61.) 

J'avois déjà répondu, etc. 

14. Du mage de Sidon à Fillustre Sapho. De Vence, le 8 avril 
1654. (Id., p. 63.) 

Une fièvre assez légère, etc. 



GATAL. — GOIfRARTi 135 

15. Da mage de Sidon à Pillastre Sapho. De Vencê> le 19 avril 
1654. (Zd., p. 64.) 

Je viens du pals d'Isabelle, etc. 

16. Réponse de Sapho à la lettre du mage de Sidon da 8 avril 
1654. A Paris, le premier may. {Id, , p. 67.) 

Jb vous écris le premier jour d'un mois, etc. 

17. Réponse de la me^e (Sapho) à la lettre da mage du ^9 avril 
1651. A Paris, le 1^ mj. [M. p. 69.) 

Gomme j'allois fermer ma lettre, etc. 

18. Du mage de Sidon à la très illustre Sapho. De Vence, le 

16 may 1654. (W., p. 71.) 

Ld mois de may est Aussi agréable, etc. 

19. De MUe Scudéry à M. Tévesque de Vence, Du 23 septem- 
bre 1654. (Id., p. 75.) 

raf tant de choses à vous dire, etc. 

20. La même au même. (Sans date.) [Id. p. 75.) 

Si le soin de vos amis estoit, etc. 

21. La même à l'illustre auteur du poëme de Saint -Paul. {Id., 
p. 75.) 

Quoy qu'il ne m'appartienne pas, etc. 

22. La même au plus grand peintre du monde. Sans date. {Id., 

p. 76.) 

Quoy qtte j'aye veu des tableaux de tous, etc. (La fin à la p. 81.) 

23. Réponse de M. Févesque de Vence à M"© de Scudéry. Du 

17 octobre 1664. (W., p. 77.) 

La Providence m'a donné un trouppeau, etc. 

24. Réponse de Tauteur du poëme de Saint-Paul à la quatrième 
Grâce. (W., p. 77.) 

Encord que je n*ayme pas trop rencens, etc. 

25. Réponse d'un apprentif en peinture à la dixiesme Muse. 

(W., p. 78.) 
Il ne suflat pas à votre altesse mosaïque, etc. 

26. Réponse de dom Luis à l'illustre Sapho. {Id., p. 79.) 

Le soufflet que la divine Palinis, etc. 

27. Réponse de Sapho au secrétaire des quatre maîstres. Du 
27 novembre 1654. (Zd., p. 79.) 

Si feu César, d'heureuse mémoire, etc. 

28. Billet au mage de Sidon travesty en dom Luys. (/d., p. 81.) 

Quoy que je prenne autant de part, etc. 



136 LE CABINET HISTORIQUE. 

29. Mémoire historique concernaat le sienr Bartet, secrétaire 
da cabinet, (/d., p. 83.) 

Un paysan de Èéarn d'un village, etc. 

30. Vers de M"e de Scudéry. (Id., p. 87.) 
Dans la campagne où le méandre... 

31 Dessin de la Mascarade. Celte mascarade est composée de 
six personnes, sans compter l'entrepreneur de la mascarade, qui 
ne danse point et distribue les livres aux dames. (Id.,p. 127.) 

32. Herminîus (Pelisson) à Sapho. Paris, ce lundy 9^ octo- 
bre 1656. (M., p. 135.) 

Accablé de soucis sans nombre, j'allois, etc. 

33. Responce de Sapho à Herminius. De Carisatis, ie 10 oc- 
tobre 1656. (M, p. 137.) 

Quand je vous fis la guerre, etc. 

34. Réplique d'Herminius à Sapho. De Paris, le 13 octobre 1656. 
(7d.,p. 137.) 

Bel esprit, ou carpe, ou merlan, ou, etc. 

35. Agelaste à Acante, en luy envoyant une demoiselle de pain 
d'épice tenant un lut, et qui avoit un gros visage rond, un nez 
plat et cassé, et un colet monté comme on les portoit il y a cent 
ans. Madrigal fait par Sapho. {là., p. 139.) 

Le peintre de Carisatis estant monté comme un Saint^George... 

36. Le sot Acante à Tingenieuse Agelaste. {Id., p. 139.) 
Pour votre galant pain d'épice... 

37. Sapho, reyne de Tendre, princesse d'Estime, dame de Re- 
connoîssance, Inclination et termes adjacents, à tous présens et à 
venir, salut. (Jd., p. 113.) 

Nostre cher et bien-aimé Trasile, etc. 

Donné à Tendre, au mois des roses, l'an de la fondation d'Amour, 6656, et 
de nostre règne le deuxième, signé sapho ; et sur le repli ; Par Sa Majesté 
Tendre Acante Herminius..., et scellées en cire rouge de trois cachets en cœur, 
sur lacs de soye feuilles mortes et bleu mourant. 

38. Gazette de Tendre (avec la clef des noms et des éclaircisse- 
ments en marge). De nouvelle amitié, (/d., p. 147.) 

11 est party d'icy, ces jours passez, etc. 

39. De M. Chevreau à M. de Scudéry. D'Upsal, le 3 may 1654. 
Sur la mort d Balzac. (Zd., p. 159.) 

Monsieur, quand vous n'auriez jamais, etc. 

40. A la mémoire de Balzac, par M. Chevreau, secrétaire 



GATAL. — CONRART. 137 

des commandemens de la reyne de Suède. Stances, (/â., p. 160.) 

Muses, Balzac est mort, etc. 

4t. De M. de Moaluau le cadet à M. de Scudéry. De Lyon, le 
may 1654. (Id., p. 161.) 

Vous estes véritablement digne de toute l'estime qu'a eue pour vous M. de 
Balzac. Un sonnet sur la mort de M. de Balzac. 
L'esprit du grand Balzac a forcé sa prison... 

42. A Madame la dachesse de Longueville. Élégie. (Jd., p.l47.) 

Allez, grande princesse, allez où vous appelle... 

43. Imitation, par Tristan Lhermite, d'une ode d'Horace qui 
commence : Heu fugans posthume (M., p. 179.) 

Hélas! comme nos ans s'écoulent promptement. 

44. Sonnet, (/d., p. 183.) 

Ce portrait que j'admire et que je tiens si cher... 

45. Sonnet. (Jd., p. 185.) 

Ses regards me l'ont dit, sa bouche le confesse... 

46. Psaume 43. Deus auribus nostris, etc. {Id., p. 187.) 
Nos pères, 6 Seigneur, nostre unique espérance... 

47. Arrêt pour la noblesse des Pics de Blaye, descendant du 
comte de laMirandole. Bordeaux, 17 janvier 1635. {Id,, p. 191.) 

48. Lettre de M. de Pellisson-Fontanier à M. de Doneville, 
conseiller au parlement de Toulouse. De Castres, le 1«' may 1650. 
[Id., p. 195.) 

Monsieur, vous ne croiriez pas, etc. 

Ces lettres, qui mériteroient d'être plus connues, sont au nombre de quinze 
lettres, sept, du 1er et 16 may, 31 décembre 1650, 38 janvier, 13 mars et 
90 may 1651 ; les autres sans date. 

49. La fondation du collège Mazarini. A Paris, 1661, sixiesme 
jour de mars. {Id,, 251.) 

50. Relation de ce qui s'est fait au Parlement, le roy y séant en 
son lit de justice, le mardy 29 avril 1664. (Id,, p. 263.) 

Le roy est venu ce jour au Parlement, etc. 

51. Dialogue entre Sapho, Acante, Trasyle. {Id., p. 275.) 
Ouvrez-nous les portes du Tendre, nous, etc. 

52. Estât de tous les revenus que le roy d'Espagne tire de ses 
roianmes et seigneuries d'Espagne et des Indes, comme aussi de 
Naples, Sicile, Milan, Arragon, Valence, Catalongne, Nouarre, 
Flandre etFranche-Comlé, provenant tant des impositions, daces, 
tailles, subsides, subventions, décimes, traicte foraine, dixmesde 



138 LB CABINET HISTORIQUE. 

M mer <te Castille et gabelles qu'aatres retenus roiaux, ehacun 
d'iceux spécifié selon Tordre qu'ils sont codehés es registres de sa 
Chambre des feomplès; ensemble ce que d'iceux se Irotivc engagé 
on libre en la présente année 1610. {îd., p. 279«) 
La gabelle, ou revenu dès salines, etc. 

53. Estât de la despense que le roy fait tant pour ses roiaumes 
de Castille, Arragon, Valence, Novarre, cbasteaux et forteresses, 
place d'Affrique de la couronne de Castille, en armées de mer, 
entreteneme&t de vaisseaux de guerre, navires et galères, garni- 
sons, payement de gens de guerre tant par mer que par terre^ 
que aussi pour sa maison, celle de la reine, prince et infante, ga* 
ges d'officiers, domestiques et autres officiers de la cour. (/^., 
p. 303.) 

L'entretenement des gens de guerre, etc. 

54. Trois énigmes. (Iïf.,p. 331.) 

l'e Nous sommes deux fois plus dans le monde, etc. 
2e Bien que je sois presque aussi ancienne, etc. 
Se' Je sors d'un plus grand que moy, etc. 

$5. Lettre anonyme, (/d., p. 333.) 
Je n'avois jamais ouy dire que les directeurs fussent, etc. 

56. Derniers avis à la France par un bon chrétien et fidèle ci- 
toyen contre le cardinal de Richelieu, 1636. (/d., p. 335.) 
Le roy fait une partie de ce que je découvre, etc. 

â7. La voix du peuple au roy contre le cardinal de Richelieu. 

(Jeï.,p.347.) 

Sire, ce n'est pas aux gouverneurs de la Capelle, du Catelet et de Corbie 
qu'il se faut prendre... 

58. Apologie sur l'ambition des François, 1636. (/d.» p« 351.) 
Ça esté de tout temps, mais principalement, etc. 

59. Oratione sanciissima, fatta da un humile et affetuoso* servi- 
tore délia corona di Francia. Al per se stefso pio giusto magna- 
nlmo e christianissimo Ludovico XUI, rè di Franeia stampata in 
mouratacon licenza disnperiori. L'atino 1636. (7d.>p.366.) 
Sire, e capitato qui in Italia il manifeste, etc. 

60. Attribution aux secrétaires du roy de la qualité de eonseil- 
1er, ampliation de plusieurs privilèges, confirmation de ctux à 
enx accordez par Louis XI et la séance aax audiences du Parle- 
ment, à Molkis, jantier 1666. {Sd., p. 387.) 



CAtAL. — CONRART. 189 

61. Sar les sceaux donttéà à M. de Mafillac. (/d., p. 395.) 

Regrettes vieux ligueurs assassins que Bussy na ses jours, etc. 

62. Sur le cardinal de Richelieu. (M, p. 396.) 

Cardinal Neptune nouveau... 

63. La Béatitude du chrestien, ou le Fleo de la foy, par Groffroy 
Vallée, natif d'Orléans, fils de feu Geoffroy Vallée, et de Girarde 
le Berruyer, auxquels noms des père et mère assemblez il s'y 
troHYe: Lettre, Geru^ f^ray, FïeOj etc. {Id., p. 399.) 

Heureux qui sçait 
Au sçavoir repos, etc. 

64. Lettre à M. Ménage sur son églogue intitulée Christine. 
{Id., p. 407.) 

Monsieur, puisque vous avez fait profession toute vostre vie de censurer... 

65. Epître en vers, p. 419. 

Au marquis vaillant et courtois, 
Chef des gendarmes angoumois. 
Gouverneur de la Haute-Alsace, 
A qui le ciel fasse la grâce 
D'estre â Paris dans peu de temps, 
Et d'y voir ses désirs contens. 
Marquis, dont je souffre l'absence avecque, etc. 

66. Vers sur monsieur le cardinal de Richelieu. (M, p. 425.) 
Cardinal, un chacun s'estonnô... 

67. Sur le garde des sceaux, (/d., p. 426.) 

Quand celuy qui forma la ligne et qui, etc. 

68. Sur le sieur Deffiol. {Id.,^. 427.) 
Le grand Dieu, par Fiat, fit la machine ronde. 
L'enfer, etc. 

69. Observation sur la bulle du pape Innocent X, donnée le 
dernier may 1653, sur les matières de la grâce, (/d., p. 429.) 

J'estime qu'il y a de quoy s'esmerveiller comme... 

70. Remarques sur VAlserie de M. de Scudéry. {Id., p. 461.) 

Monsieur do Scudéry assure dans son avant-propos, etc. 

71. Description du pais du Braquesidraque, satire en prose. 
(Id., p. 601.) 

Le pays des Braquesidraques a les Cornutes à l'Orient, etc. 

72. Ëpitre en vers, ^ns titre, (id. p. 613.) 

Belle et sage Daphné, merveille de nos jours... 

73. Réponse à M. le comte de Sain t-Aignan, au nom des dames 

de Fontainebleau, (/d., p. 517.) 
Vostre relation est agréable à lire... 



140 LE CABINET HISTORIQUE. 

74. Les visions. — A monseigneur le mareschal de Grammont. 

(7f , p. 521.) 

Je lîe vous escris points non faute de mémoire... 

75. Stances chrestîennes. (Id., p. 531.) 

Que j'ay peu de repos ! que mon mal est extrême !.. 

76. Lettre sur l'établissement du protectorat, à l'avènement de 

Cromwel. Londres, 3 janvier 1654. {Id,^ p. 535.) 

L'affaire du changement arrivé en Angleterre, etc. 

77. Extrait d'une lettre de Londres du 23 février 1674. (Jd., 

p. 639.) 

Il m'est souvenu bien des fois de ce que M. d*Ablancourt vous avoit dit.., 

78. Reiglement faictk par les députés de l'assemblée de La Ro- 
chelle, 1621. (/d., p. 543.) 

Toutes les provinces seront distribuées... 

79. Coppiedutraicté de paix fait entre l'empereur Charles cin- 

quiesme de ce nom, et le roy de France Francoys, premier de ce 

nom, à Cambray, le cinquième d'apvril 1529, a esté extraict en 

que en fait. (Id., p. â55.) 
Item pour nourrir et entretenir vraye, etc. 

80. Advis donnez par écrit au roy par M. le chancelier de Bul- 
lion et Bouthiliier, surintendants des finances, de Chavigny et de 
Noyers, secrétaires d'Ëstat, savoir si Sa Majesté doit permettre le 
retour de la reyne sa mère en ce royaume. — En mars 1639. (lâ., 
p. 559.) 

La reyne-mère a fait proposer au roy, etc. 

81. Affaire Guillaume Poirier, ermite de rermitage qui est aux 
faubourgs de Vendôme, procédures faites contre le duc de Yen* 

dôme. Janvier 1641. (id., p. 579.) 

Un nommé Guillaume Poirier, etc. 

82. Commission pour instruire le procès criminel de la Mole et 
Coconas et complices, 1574, avec les deux lettres de la reyne Ca- 
therine de Médicis, touchant Cosme Kugger. Les lettres de Ldn- 
sac, etc. (/(!., p. 587.) 

83. Henry IV, à M. de Biron son lieutenant général au du- 
ché de Bourgogne, touchant le bruit qui couroit d'enfants tués 
pour en tirer le sang pour servir au traitement d*une maladie du 
prince de Condé. (/d., p. 597.) 



GATAL. — CONRART. 141 

84. Tatelle et garde de M. de Longueville, donnée par le roy à 
madame de LonguevUle sa mère. 1602. (i(2.,p. 596.) 

85. Pouvoir de lieutenant général au gouvernement de Picar- 
die pour le marquis d'Ancre. Paris, 12 février 1611. (i(î.,p. 599.) 

86. Narré succinct de l'histoire du mariage de Henry, duc de 

Guyse, avec la princesse Anne de Mantoue. (/d., p. 605.) 

Que le duc de Guyse, archevesque de Rheims, etc. 

87. Lettres par lesquelles le roy Louis XI ordonne que Marie, 
bastarde de France, sa fille naturelle, qui espousoit Aymar de Poi- 
tiers, sieur de Saint- Valier, portera les armes de France, à la dif- 
férence d'une bande d'or commençant au costé fenestre, ainsi 
que les enfants naturels ont accoustumé de faire. Meslay, 11 juil- 
let 1467. (7(ï., p. 611.) 

88. Relation contenant l'histoire du voyage deThyrcis de Paris 
en Languedoc, escrite en italien par un valet de chambre en alle- 
mand, logé à la rue Saint-Martin, à la ville de Bruxelles, dans 
la chambre M, et traduitte en françois par le sieur Girard, secré- 
taire d'Acante et confident de Trasile. Dédiée auxdits sieurs Acante 
et Trasile. Première partie contenant ce qui s'est passé de plus 
remarquable depuis Paris jusqu'à Lyons. Le dixiesme may 1654. 

{M., p. 615.) 

J'entreprends, puisque vous le voulez, etc. 

89. Lettre de Sapho à Tyris sur la relation précédente. Du 

19juinl654.(/(ï., p. 621.) 

Je n'eus pas plustost veu l'agréable, etc. 

90. Lettre à rassemblée du clergé touchant le refus de l'argent 
qu'avait demandé le roy. Les évêques d'Ëvreux, Maillezais, Ba- 
zas et les archevêques de Sens et de Thoulouse reçoivent Tordre 

de se retirer, (/d., p. 623.) 

' Monsieur, le roy ayant esté pleinement informé, etc. 

91. Pièces concernant le procès du sieur de Saint-rPreuil, ma- 
reschal de camp, gouverneur d'Arras, 1641. {Id., p. 627.) 

92. Siste papa V. In Koma, il 5 de septembre 1585. (/({., 
p. 639.) 

Havendosi il rè christianissimo fatto sapere la sua santa resolutione... 

93. Lettre du duc de Guise à M. le duc de Nevers. De Chalons, 

ce 21 mai 1585. (W., p. 641.) 

J'ay receu vostre despesche, et vous supplie me pardonner, etc. 



142 LE GiPfÇff:! HISTORIQUE. 

94. Lettre du cardinal de Bourbon à v^àam d(^ Meirers, De 
Chalons, 23 mai 1685. (id., p, 6410 

Ma nièce, j'ay eu une très-grande joye, etc. 

95. M, de Guise à M. de Neyers. [Id., p. 642.) 
Je vous diray par ce mot que nos afifaires, etc. 

96. Le duc de Guise à M. de Nevers. (Le duc de Nevers estoit 
alors à Lyon.) De Rheims, ce 30 mars 1585, à minuit. {Id,, 
p. 642.) 

Je ^iens tout à cette heure d'estre averty, etc. 

97. De Louis, cardinal de Guise, au due de Nevers. {Id.i p. 64^.) 
Je suis en extrême peine de la prise de la Rochelle, etc. 

98. Extraits. K Thmn., Ub,Sl,Hiêt., p. 14, 15. (id., p. 643.) 

S'il est licite aux sujets d'un prince chrestien, etc. 

99. Le duc de Nevers à M. de Berthomîer. D'Avignon, Yen- 

dredi soir. [Id., p. 643.) 

Monsieur Berthomier, l'assurance que J*ay sur vous pour m'estre confes- 
seur, etc. 

100. M, Berlhomier à M. le duc de Nerers. (Jd., p. 644.) 

Monseigneur, ayant veu et leû les vostres, etc. 

101. Même lettre de Berthomîer au duc de Nevers. {Id., p. 644.) 

102. Jacques de la Rue, Alias Marteïli, au duc de Nevers. De 

Chalons, ce 30 mars 1685. {Id,, p. 645). 

Monseigneur, retourné de mon voyage de Rome à Chalons... 

103. N., cardinal de Pellevi, à M. le duc de Nevers. De Rouie, 

le 13 mars ... (M,p.647.) 
Monseigneur, j'ay receu vostre lettre du 15 février, etc. 

104. Marteïli à M. le duc de Nevers. De Rome, ce 10 mars 15^5. 
(7d., p. 648.) 

Monseigneur, pour satisfaire à votre volonté, etc. 

105. Claude Mathieu, jésuite^ à M. le duc de Nevers. De Poi|t- 
à-Mousson, le 11 février 1586. {Id., 649.) 

Monseigneur, j'ay esté un peu plus long en mon voyage... 

106. Claude Mathieu, S. J., à M. le due de. Nevers. De Pout-rjl- 

Mousson, ce 11 février 1685. (id., p. 649.) 

Monseigneur, m'en allant à Rome... 

107. Le duc de Guise à Madame la duchesse de Nevers. De 
Rheims, ce 29 mai 1585. (Id. , p. 653.) 

Madame, ce porteur vous dira comme, etc. 

108. M. le duc de Guise à M. le duc de Nevers De Rheims, ce 
28 avril 15§|5. (M, p. 653.) 

Je revins hier de Verdun, lequel j'ay fort heureusement pris, etc. 



GATAL. ^ GONRàET. 14B 

109. Le dac de Nevers à If. le due de Gtiise. Ce fi mai 1585. 
(W., p. 654.) 

Je viens présentement de recevoir la vostre du 98 du passé, 0tc. 

110. La reyne mère Caterine à M. de Guise, 1Ô8S. (Id., 
p. 654.) 

Mon neveu, je loue Dieu qui a combattu pour nous, etc. 

111. Lettre d'André Rivet. A la Haye, le 21 juillet 1676. {Id., 
p. 655.) 

Monsieur, j'ay leu en votre dernière ce que vous m'écrivez de la plainte, 
et ne faict monseigneur de Balzac... 

112. Compendio délia faveUa Tqsçana. (Grammaire ilalieaae.) 
{/d., p. 663.) 

La lettere délia faveUa Toscana, etc. 

113. Lettre de M. de Marigny à monseigneur le duc d'Orléans. 
(W.,p.683.) 

N'en déplaise à la politique qui voudra persuader à V. A. R., etc. 

114. De Madame la comtesse de Maure à Madame la duchesse de 
Longueville, à Trie. De Bourbon, le .. septembre-octobre 1655. 
{Id. ,p. 697.) 

Dans la créance que j'ay>5u'on s'ennuye quelquefois à Trie, etc. 

115. De madame la comtesse de Maure à madame la marquise 
de Montauzier. De Bourbon, le 9 juin 1665. (id., p. 701.) 

Encore, ma chère sœur, que Ton ne trouve guère le temps, otc, 

116. De mademoiselle de Scudéry à madame la comtesse de 

Maure, en Iny renvoyant la copie de sa lettre à madame de Lon- 

gueville sur ce qui arriva à Bourbon à madame la comtesse de 

Saint-Geran chez madame de Turenne et mademoiselle de Bâillon. 

Du octobre 1655. (/d.,p. 705.) 
Foy de demoiselle, vostre lettre est une des plus agréables lettres, etc. 

117. A me&demoisdles de Wilse, chanoinesses de Mons et de 
Maubeuge. Prose et vers. (Id., p. 707.) 

L'espérance que vous m'avez donnée de me procurer un employ, eto, 

(18. Henry de Bourbon à la royne. De Luizi|;nan, le 11 juil- 
let 1614. (W., p. 715.) 

Madame, M. de Mayenne arrivé, il m'a fait entendre vos intentions sur les 
offenses... 

119. Lettre consolaloire à Madame la duchesse de la Trimouille, 

signée A. Rambour. De Sedan, ce 15 août 1628. (Id., p. 719.) 
Madame, puisque nous sommes en un siècle si déplorable, ete. 



144 LE CABINET HISTORIQUE. 

120. Fragment de sermon protestant. {Id., p. 731.) 

121. Testanientdu cardinal de Richelieu. Hostel de la vicomte, 

le 23« jour de may 1682. (W., p. 737.) 

Pardevant Pierre Falionis, notaire royal en la ville de Narbonne, etc. 

122. Pièce sans titre et concernant le procès . du maréchal de 

Marillac. {Id., p. 756.) 

Feu monseigneur le cardinal croyant avoir esté offensé par MM. de 
Marillac, etc. 

123. Règlements pour l'ordre et établissement des conseils du 
roy. (7(l.,p.763.) 

Le roy s' estant fait représenter les estats et règlements, etc. — Au camp 
d'Estré, devant La Rochelle, le 3« jour de janvier 1028. 

124. Donation du cardinal de Richelieu de son hôtel à Paris au 
roi Louis XllI. Fontainebleau, le V^ jour de juin 1636. (/d., 
p. 771.) 

125. Déclaration sur les articles de la grâce accordez en faveur 
des habitants de Montauban. Donné à Monceaux, au moisd'aoust 
1634. (Id., p. 775.) 

126. Protocole en formules de lettres patentes pour 1« supplé- 
ment de gaiges ; 2o hérédité d'un office de sergent ; 3<> lettres de 
maîtrise; 4® sauvegarde de-par le roy. (/d., p. 777.) 

127. Lettres patentes en exécution du traicté faict avec les pro- 
vinces unies du Pays-Bas touchant le droict d'aubeine. Thoulouse, 
octobre 1532. (/d., p. 783.) 

128. Erection de fief en faveur de Pierre de Saint-Clair, cscuyer, 
sieur de Vaux, 1633. (/d., p. 785.) 

129. En refondant. En faveur de Jean Lager, notaire de Saint- 

Laurens-du-Cros. 1634. {Id., p. 787.) 
Louys, etc., daulphin de Viennois, comte de Valentinois, etc, 

130. Déclaration de naturalité en faveur de Magdeleîne Solo- 
meau, fille de Pierre Solomeau, habitant de Vendosme, et de Marie 
Girard, de la ville de Gien. 1634. {id., p. 789.) 

131. Passeport avec clause de sauvegarde en faveur de Lam- 
bert et Jean Ghysens père et fils, bourgeois et marchands demeu- 
rant à Liège (Id., p. 791.) 

132. Dispence de mariage en faveur de Samuel de Félins, 
gneur deBautheln, et dame Gabrielle de Fleury, faisans profession 
de religion réformée, 1634. (/d., p. 793.) 



GATAL. — CONRART. 145 

133. Mémoire de la reine Margaerite {Id., p. 79?.) 

Je louerois davaDtage vôtre œuvre si elle ne me louoit tant, etc. 

134. Lettre en vers de M. le comte de Satnt-Agnan. Jux deux 

Reyne$.(Id, 1^.921.) 

Par un soleil ardent et beaucoup de poussière- 
ISS. Relation des campagnes de Monsieur le Prince. Récit de la 
bataille de Sénef. (Id., p. 935.) 

Quand M. le prince vit que les ennemis marchoyent, etc. 

136. Lit de justice de Louis XIV, en may 1643. Du lundy 
may 1643. C/(i.,p.94l.) 

Le roy Louis XIIIP du nom séant, en son lict de justice, etc. 

137. Suite de 21 lettres à M. Daillé. Copie de la main de Con- 
rart. Du 25 novembre 1629 au 24 décembre 1637. (Jd., p. 969 
à 1008.) 

1. Après avoir éprouvé par une absence de quatre mois... 

S. Dans la rencontre de plusieurs déplaisirs... 

3. Je m'assure que vous ne serez point mari... 

4. J'ai reçu deux contentements tout à la fois... 

5. Il n'y a que trois jours que j'ai eu l'honneur... 

6. Il n'y a que huit jours que je vous ai fait remerciment... 

7. Le bien que je vous ai dit de votre livnu.. 

8. Il semble que vos souhaits aient été des prophéties... 

9. J'ay différé quelque temps de répondre... 

10. Je viens d'apprendre que M. Bouguier..; 

14. Je vous demande pardon de ce que je ne vous ay pas... 
13. Ça esté véritablement par un instinct extraordinaire... 
45. L'avis qu'il vous a plu me donner... ; 

44. J'ai tousjours appréhendé que mes lettres... 

45. Puisque vous ne vous sentez point importuné... 

46. M. de Balzac, qui est maintenant icy... 

47. Il De faut point s'estonner de ce que ceux qui défendent... 

48. L'on ne scauroit estimer vos ouvrages... 

49. La part que vous avez prise à mes maux... 
90. Je me connoîs trop bien pour m'imaginer... 
31. Il y avoit déjà quelque temps que j'attendois... 

138. Lettre d'André Rivet à De Leyden, 24 juillet 1629* 

(M., p. 1013.) 

Monseigneur, je ne puis encore gémir, mais je prie... 
K« année. — Gat. lo 



446 UB CABINET HISTOBIQUB. 

139. Plan d'ane comédie. (Id., p. 1023.) 

Lizimant cavalier aime passionément Diane, villageoise... 

140. Aux aatheurs de FAcademie qui se meslent de reformer le 

langage, excepté Gomberville. Signé le très grand ennemy 

(Le reste coupé.) (/d., p. 1033.) 

Messieurs, il est très-juste de vous dédier cet ouvrage, etc. 

141. A l'Estoile. Les stances qu*il a faites pour le comte de Mo- 
ret tournées à son désavantage, les mesmes rymes gardées par- 
tout, (/d., p. 1045.) 

Poète qui d'un démon es la vive peinture..., etc. 

142. La même chose {K le n^ 322) à Boi»robert, sur la prière 
qu'il fait à la fontaine Castalie de descendre dans Limours. (Jd., 

p. 1037.) 

Petit avorton de Parnasse, 

Tu vas en des lieux trop hantez, etc. 

143. Traduction du traité de Tertullien. Du Manteau. (ïd., 
p. 1025.) 

Hommes, de tout temps les premiers de l'Afrique, etc. 

144. Traduction d'un morceau de Pétrone. (lâ.^ p. 1061.) 

Lumolpe nous accorda, et il ne lui ftit pas difficile, etc. 

145. Sujet et disposition de la ....• mère par ses actes et par 
ses scènes. 

Floridor aymoit Florinde avec passion, etc.; (/«î., p. 106»), suivi d'obser- 
vations sur la pièce précédente, qui paroitétre de Lestoile. 

146. Lettre de la royne mère au roy. A Compiegne, le dernier 
may 1631. (Jd.,p. 1073.) 

Monsieur mon fils, j'eusse différé de vous escrire, etc. 

147. Le roy à la royne mère. Fontainebleau, 20 may 1671. (ïd., 
p. 1077.) 

Madame, le désir que j'ay de vous voir en estât et en lieu... 

148. Sixième lettre de la royne mère au roy. De Compiegne 
ce 23 may 1631. (/d., p. 1079.) 

Monsieur mon fils, les suplications très-humbles que je vous ay cy-devant 
faites, etc. 

149. Lettre de M. de Balzac à... (/d., p. 1081.) 

Monsieur, je viens d'apprendre dans la QautU que tous aréâ esté blessé 
devant Mastric. 



CJlTAL. — GONRABI'. 14Î 

150. De M. le comte de Maare à M. de Miossens, sur sa promo- 
tion à la charge de maréchal de France. (/^., p. 1085.) 

Je m*as8ure que vous n'aurez pas peine à croire, etc. 

151. Lettre du roy à la royne sa mère. De Saint-Germaîn-en- 
Laye, ce 12 juin 1831. (W.. p. 1087.) 

Madame, j'ay permis à mon cousin le maréchal d*Etrôe, etc. 

152. Réponse delà royne mère au roy. Compiegne, 17 juin 1631. 

Monsieur mon fils, vos lettres du 13 de ce mois, avec la visite... 

153. Sepliesme lettre delà royne4nere au roy. De Compiegne, 
du 25 may 1631 . (Id., p. 1089.) 

Monsieur mon fils, depuid vous avoir eacrit par mon cousin le mareschal 
de Schomberg, etc. 

154. Lettre du roy à M. le mareschal d'Ëstrée. Gourance,le pre- 
mier jour de juin 1631. (id., p. 1093.) 

Mon cousin vous receuvrés cette lettre au mesme temps, etc. 

155. Lettre du roy à la royne mère» escritte de Couzance le 
premier juin 1631. (/d., p. 1094.) 

Madame, après avoir sceu par mon cousin le mareschal de Schomberg, etc. 

156. Lettre du roy à la royne mère, escritte de Versailles le 
3 juin 1631. (Zd., p. 1096.) 

Madame, je suis très-faschée des mauvais bruits, etc. 

157. Lettre de la royne mère au roy, escritte de Compiegne 
le4 juin 1631. (W., p. 1097.) 

Monsieur mon fils je n'eusse jamais creu pour les raisons... 

158. Lettre de la royne mère au roy, escritte de Compiegne 
le 12 juin 1631. (W., p. 1098.) 

Monsieur mon fils, le désir de sçavoir des nouvelles de vostre santé, etc. 

169. Lettre du roy à la royne mère, de Saint-Germain>en-Laye, 
ce 14 juin 1631. (Id., p. 1099.) 

Madame, je vous remercie du soin que vous avés de scavoir^ etc. 

160. Elégie, (id., p. 1101.) 
E»poir, crainte, désirs, qui partagez mon àme... 



148 LE CABINET HISTORIQUE. 

BLESOIS. 

CATALOGUE GENERAL OU INTENTAUEIE ANALYTIQUE 

Des Manuscrits, Registres^ Volumes et Portefeuilles conservés 
aux archives de Loir-et-Cher, à BUns, communiqué par 
M. A. DE Maetonne. 

{Suite.) 

5087. Seigneurie de £A Chaihbrerie ou Chambrie de Pray. 

— Remembrances des amendes composées, jugées et taxées, des 
ventes reliefs et autres profits et aventures de fief, des plaids et 
contrats passés à Pray devant le bailly, avec la table des noms de 
ceux qui ont acquis des terres de cette seigneurie et le détail des 
actes exhibés par les acquéreurs. 1571-1618. Registre 47 feuilles 
papier, volume broché en parchemin écrit, in-S^. 

Ô088. Seigneurie de la Chambrie de Pray. — Remembrances 
de la terre de la Ghambrerie, dépendant de l'office de chambrier 
de l'abbaye, des Marmoutier4ès-Tours, contenant les noms des 
acquéreurs des biens vendus dépendant de la seigneurie : la dési- 
gnation des propriétés en dépendant, et un mémoire de contre- 
échange entre le chambrier et un habitant du bourg. 1626. R^istre. 
26 feuilles papier gris, brochure en papier, petit in-foh 

5089. Seigneurie de Chantome. — Actes de la saisie réelle de-la 
propriété du domaine de Chantôme, fief, lieu, manoir principal et 
seigneurial, château, justice et dépendances, situés sur la paroisse 
de Saint-Maurice de Binas, à la requête du sieur Courtiou d'Ar- 
conville, écuyer, officier du duc d'Orléans, contre messire Pierre 
Antoine de Jaucourt, chevalier, marquis de Noaillac et Suzanne, 
Marie de Yivans, son épouse , actes de vente, assignation, com- 
mission, intimation, exécution, publications, adjudications, som- 
mation, commandement 'de payer, sentences de condamnation, 
requête, réplique, dénonciation de saisie, appointement de congé. 
XYiii^ siècle. Registre. 343 feuilles papier sont jointes au texte 
et cousues dans le volume, 82 feuilles, savoir : 32 parchemins, 



CATAL. — BLÉSOIS. 149 

49 papier, total général, 425 feuilles ; yolume relié en veau Tiolet 
non tané, avec denx cordons de cuir, petit in-fol. 

5090. Terre du Chateluer. — Gueilleret du 6ef du Ghâtellier, 
par ordre alphabétique, contenant les noms de tous les lieux de 
ce fief, pièces de terre, tenues, champs, vignes, bois, clos, noues, 
prés,hayes, landes, étangs, fontaines, maisons, masures, bâtiments, 
moulins, chaussées, écluses, granges, rentes, rôtis et étendars, 
liste des propriétaires chargés de cens et rentes envers le 6ef. 
Registre. 1787. 288 feuillets papier, volume relié en veau jaspé, 
in-4<>. 

5091. Famille de Chenemoireav. ^ Comptes de succession; actes 
de la succession de Pierre-Christophe Laurent, sieur de Chêne- 
Moireau, et de Marie-Anne Daigne^ son épouse; compte des dites 
successions rendu par les enfants, héritiers sous bénéfice d'inven- 
taire à leurs frères et sœurs, simples créanciers de la succession ; 
sentence du commissaire examinateur des rendant-compte, con- 
tenant la discussion des mises et dépenses et l'analyse des titres 
produits parles parties. 1750. Registre. Feuillets parchemin, cahier 
sans couverture, incomplet, in-4^. 

5092. Terre de Cormsré (baronnie). — Comptes de régie, livre 
de recette. Tableau des fermes échues et reprises, générales et 
particulières, fermes des offices, loyers des maisons et vignes, 
abonnements de dîmes de vignes, lods et ventes, quints et re- 
quints, profits, droits seigneuriaux, receltes, dîmes, cens et 
rentes, amendes, vente de vins; livre réglé par doit et avoir. 
1787. Registre. 399 feuilles papier, dont 70 écrites seulement, 
cartonnage en parchemin blanc, volume noué avec quatre cor- 
dons, in-fol. majori. 

5093. Terre de Cormeré. — Livre de recette et dépense biffé, 
notes cursives personnelles du régisseur. Registre. 1788-1791. 

" 47 feuilles papier écrites, le reste blanc, volume commencé par 
les deux bouts, petit in-fol. 

5094. Terre de Cormeré. — Liste des dîmes de Cormeré, de 
SaintpSauveur et d'Ouchamps; dîmes de vignes en réserve ; abonne- 
ments avec la liste des abonnés; état des meubles délaissés dans 



ISO LE CABINET BISTOBIQUE. 

te cUteauj prooàs-yerbal de visites des bois daQslesforêU de Blois, 
Boulogne et Ruffy; état des frais de vendange. xviu« siècle. 
Registre. 13 feuilles papier écrites, le reste blanc, cartonnage en 
papier gris, volume commencé par les deux bouts, in-fol. 
50dô. Famille de Courtartel. — Comptes de recette, reçus, 
notes personnelles de M. de Faudoas, marquis de Gourtarvel. 
1783-1791. Registre. 27 feuillets papier écrits, le reste blanc, 
brochure cartonnée en parchemin, plain-chant gothique, in-fol. 
carré, 

5096. Famille d'Espaanac. — Livre des recettes journalières ; re- 
cettes générales et particulières; des droits de foires et marchés 
et des amendes ) des rentes foncières en poules et en argent; des 
droits seigneuriaux; des abonnements de dîmes; des bois taillis 
vendus; des fermes générales et particulières et des différentes lo- 
catures; des grains et de la vente des grains; de la boucherie ; du 
pressoir bannal; des bestiaux ; du droit de bauvin et de la récolte 
en vin; notes personnelles du baron d'Espagnac. 1778-1780. Re- 
gistre. 120 feuilles papier, plus 7 feuilles volantes jointes; total, 
127 feuilles, cahier de papier sans dos ni couverture, formant bro- 
chure in-fol. 

5097. Famille d'Espaan ac. — Livre de dépenses particulières et 
du contentieux; notes cursives, la plupart biffées; état des mé- 
moires, quittances, remis au baron d'Espagnac; rapport de la dé- 
pense pour faire le compte; consommation et destination des 
grains ; renseignements personnels. 1778-1780. Registre. 140fenil- 
lets papier, plus 3 feuillets volants y joints; total, 143 feuillets, 
cahier de papier sans dos ni couverture, formant brochure in-fol. 

5098. Seigneurie de la Flotte (baronnie). — Inventaire des ti- 
tres de cette seigneurie relevant du seigneur de Monthodon; 
(tome I); titres de propriété, titres particuliers de famille et ho- 
norifiques; charges de la terre; quittances du dixième et du 
vingtième; rente pour la desserte de la chapelle du château; gages 
des officiers, rentes de bois et d'argent; droits honorifiques; cha- 
pelles du château, de Sainte-Croix, de Lavenay; patronage de 
l'église de Sougé; église, cure et fabrique de Lavenay; droits de 
banc; haute justice; me8nres;forét de Gastines; minutes du greffe; 



eATAL. — BLÉ80IS. 151 

remembrances; assises et plumitifs des plaids ; provisions d'offi- 
ciers; domaine; acquisitions par les seigneurs du lien d'héritages 
«dont les cantons sont indiqués; écluse, rivière, pêclierie. xnr« à 
xniit siècle. Registre. 194- feuilles papier écrites, le reste blanc, 
volame relié en veau jaspé, in-fol. 

5099. Seigneurie de la Flotte. — Inventaire des titres et pa- 
piers (tome II); eaux et forêts; baux de la rivière et de la pêclie- 
rîe; baux à cens et rentes ; baux généraux de la Flotte; gué du 
Moulin; arpentage, réparations et autres actes communs au do- 
maine; métairies du Moulin, de la Botterie et de FOrmeau; mou-! 
lins de la Flotte, de Launay, des Grandes-Planches; four banal; 
ancien$ comptes des fermiers et régisseurs ; aveux rendus à Mon- 
thodon; fiefs du Pelle, de la Dame-d'Asnières, de Yillehémoa et 
de Romigné; fois-hommages simples des héritages désignés et 
non désignés ; commanderie ii'Arthiiis ; censive ; acquisitions de 
particuliers pour prouver la censive; titres nouveaux de rente; 
déclarations censuelles. Regislre. xv« à xvine siècles. 264 feuilles 
papier écrites, le reste blanc, volume relié en veau jaspé, in-folio. 

5100. Sbichivbis ds m Fi^otts. — Inventaire des titres et papiers 
de» fiefs de Brébant, Broleu et Romigné, relevant de cette sei- 
gneurie; remembrances, plaids, assises, censifs, aveux et dénom- 
breweot^; foya-hommages, déclarations, sentenoe^ grosses; cata-^ 
logne analytique des titres de propriété et de tons les actes relatifs 
il ces biens seigneuriaux. Registre, xviii® siècle. 307 feuillets pa- 
pier, volume relié en veau j^pé, in-folio nu^ori. 

5101. Sn«iiEi7iin »s ia Fkottb. — Inventaire des , titres et pa- 
piers des fiefs de Mouton et les Quatre-Seigneurs, relevant de 
Saint*Calais, la Tufflère, relevant de Chàteau-du-Loir, Yauchalon, 
relevant de l'abbaye de PÉtoile; titres de propriété; féodalités 
passive et active; terres de la Durandière et de la Martinière; 
chapelle de Sainte-Catherine; rernembrançesj plaids, assises, cen<- 
sifs ; déclarations d'héritage ; acquisitions de particuliers pour 
prouver la censive; domaine. Registre, xv^ à xviii^ siècle. 
274 feuilles papier écrites, le reste blanc, volume relié en veau 
jaspé, in-folio. 



153 LE CABINET HISTORIQUE. 

5102. SsifiNEVRiE DE LA Flotte. — IiiTentaire de& titres et pa- 
piers des fiefs des Roches-de-Sougé, relevant de Saiat-€alais et de 
Villée-de-SoQgé, relevant des Roches-de-Sougé; litres de pro- 
priété; domaine; baux; féodalités active et passive; fois et hom- 
mages; aveux ; bourg et cure de Soogé ; cure et chapelle de La- 
venay; fiefs de Yillemisson, de la Rolandière, du Tuffeau, de la 
Rougeolière; acquisitions entre particuliers pour prouver la cen- 
sive, remembrances, plaids, censifs, déclarations d'héritages. Re- 

' gistre. xv® à xviii* siècle, 312 feuilles papier écrites, le reste 
blanc, volume relié en veau chiné, in-folio. 

5103. Seigneurie de la Flotte. — Inventaire des titres et pa- 
piers des fiefs des Trois-Seigneurs, relevant de Maisoncelles, de 
Girardet, Avant-le~Grolt, relevant de Maisoncelles, de Thury, re- 
levant de Ponssay; titres de propriété; aveux, fois et hommages; 
remembrances, assises, plaids, censifs; baux à cens; déclarations 
d'héritages du bourg de Ponssay et d'autres terres dépendant de 
la seigneurie; acquisitions, vente, baux à rente par des particu- 
liers, servant à prouver la censive ; féodalités active et passive ; cure 
de Ponssay; domaine: fiefs de TOrazière, de Yanlonière, de la 
Tendrière, du Clos-Girout et Goteaux, de Goustières et Ghaudières, 
des Fontaines. Registre. xiy« à xyiii« siècle. 188 feuilles écrites, 
le reste blanc, volume relié en veau chiné, in-f<^io. 

5104. Seigneurie de la Flotte. — Inventaire des titres et pa- 
piers des fiefs du Vau-de-Sougé, relevant de Ponssay et de VAra- 
ble, relevant duVau-de-Sougé ; titres de propriété ; féodalités active 
et passive; fief de là Pointe, aveux, remembrances, plaids cen- 
sifs; déclarations d'héritages fournies aux anciens et nouveaux 
seigneurs ; sentences, copies valant déclaration ; acquisitions de 
particuliers, servant à prouver la censive. Registre, xv» à xviii» siè- 
cle. 288 feuilles papier écrites, le reste blanc, volume relié en 
veau chiné, in-folio. 

5105. Famille Le Goicivbux de Bélabre (1). —Livre de recettes 



(1) Les titres des seigneuries de La Flotte et de la Roche-TurpiD nous vien- 
nent de la famille Le Coigneux de Bélabre, qui avoit acquis ces terres au 
XTiii' siècle. 



GATAL. — BLB80IS. 153 

et de dépenses tenu en partie simple; livre de compte; notes 
personnelles corsires; registre par le comte, pnis le marquis de 
Bélabre, faisant lui-même les arrêtés de compte chaque année ; 
résultat du compte dn régisseur de la terre d'Oucques, apparte- 
nant an marquis de Bélabre. Registre. 1783-1793. 160 feuilles 
papier, cartonnage en parchemin blanc, formant registre^ noué 
avec quatre cordons, in-folio. 

5106. Terres de Librtiixb et Verdes. — Compte de recette 
pour les fermes dépendantes desdites terres, contenant la table 
des domaines, maisons, moulins, basse-cour, des baux, fermes en 
poules et en argent et les noms des fermiers, notes cursiyes dn 
régisseur sur les payements faits par eux. Registre. xyiii« siècle. 
118 feuiUes papier, plus 4 feuilles volantes y jointes, total 
122 feuilles, cartonnage en parchemin blanc, formant registre, 
noué avec quatre cordons de cuir, in-folio. 

5107. Seigneurie be Lormoyè. — Livre de recette de la terre; 
papier des cens et rentes dds à la seigneurie de Lormoye ou Lor- 
moyè, reçus au temps de M. Charles de Théligny, chevalier, gen- 
tilhomme ordmaire de la maison du roi, seigneur dudit lieu ; 
comptes du fermier pendant quatre années; liste de ceux qui 
tiennent des terres dudit seigneur à foi et hommage, à cause du 
lieu seigneurial de Villenault, suivant leur adven. Registre. 1563- 
1667. 45 feuilles papier, écriture du xn® siècle, volume format 
allongé vertical, avec couverture redoublée, en parchemin écrit, 
façon d'agenda. 

5108. Sei«iveitries be Lormoye et be la Fosse.— Déclarations 
d'héritages; titres de la censive de Lormoye à Fréteval ; déclara- 
tions des héritages tenus par Laurent Venier de noble homme 
Jehan-Aulde, valet de chambre du roi, seigneur de Lormoye-la- 
Perrigue, en la ville de Fréteval et de la Fosse, en la paroisse de 
Saint-Lubin-des-Prés, à cause desdites seigneuries; liste des mai- 
sons, terres, jardins, cens et rentes afférents à ladite seigneurie, 
avec les noms des détenteurs. Registre. 1682. 26 feuilles par- 
chemin, brochure en parchemin blanc, formant registre, petit 
in-folio. 



ISl LE CiBINEÏ HlflTOAlOUE. 

5109. ScidNiiTiaBS »B LoRKOTE BT »E £A FoftSE. — Papi^T ter 
rier dn fief; terre et ieigneurie de la Fosse, situées dans la paroisse 
de Saint-Lubin*des-Prés, près Fréterai, appartenant à dame Léo- 
nore Âulde, dame des Couldreaax, la RenoaiUère, Lormoye et la 
Fosée, contenant les noms et surnoms des sujets nouveaux, te- 
nans et détenteurs de cette seigneurie, avec les héritages que cha- 
cun d'eux possède, suivant leurs présentation, affirmation et dé- 
claration baillées à ladite dame^ transcrites sur le papier^terrier, 
enfin Textrait de la sentence rendue au siège de Lormoye au pro- 
fit du procureur fiscal de ladite dame contre les détenteurs su^ts. 
Registre. 1621. 27 feuilles parchemin, 1 papier renfermant la ta- 
ble, brochure en parchemin, grand in-folio. 

5110. Seig?ieuries be Lormoye et de tx Fosse, -^ Résumé des 
quatre papiers terriers du fief de lormoye et la Fosse; déclara- 
tions des héritages et noms des détenteurs redevables envers 
noble homme Jean Aulde, seigneur de Lormoye et la Fosse; relevé 
du papier terrier de Vannée 1621, de celui de Tannée 1582, de 
celui de 1703 et 1704, et de celui de 1601 (1), renvoyant aux 
liasses et aux terriers ici analysés; mémoire et table des tenues, 
maisons, jardins, vignes, bois et buissons dépendant de la sei- 
gneurie; relevé des reconnoissances faites par les détenteursi de 
leurs devoirs envers la seigneurie, auquel est joint le relevé des 
sentences et procédures y ayant trait. Registre. xvi« à :^viii® siè- 
cle. 70 feuilles papier, avec un plan dessiné à la plume en tèt«, 
volume cartonné en parchemin écrit, petit in-quartQ. 

6111, Seiaueiirie pe Lormoyb, — Fief de la Fosse; papier terrier; 
mémoire des déclarations du fief et $eigueurie de la Fosse, conte- 
nant les noms des détenteurs et la quotité de leurs redevances, 
avec table alphabétique. Registre, xvi® à xviie siècle. 46 feuilles 
psqtier, plusieurs écritures, brochure en parchemin écrit, à la- 
quelle manque un côté de la couverture, in-quarto. 

5112. Seicneurib de Larhote. —Papier terrier; aven et dénom- 
brement; déclarations d'héritages faites par les dHQ^rents déten- 

(1) Le terrier de 1601 manque aux archives. 



UTàh. '^ BUMOIS. 185 

leun à ladUe stignaaiie; offires de foi-homouige, déclarations 
eensneUes^ hypothèques, rentes de ponlei. Registre. 1703-1704. 
32 feuilles parchemin, cahier oonsu, sans oonvertqre, rolune in- 
quarto. 

5113. Familub Marghanb. — Papier-journal; notes personnelles 
du sienr Marchand, bourgeois de Blois, contenant l'analyse des 
contrats, baux et transferts par lui passés; titres de prêts, reçus, 
noms des débiteurs; indication des propriétés et maisons du sieur 
Marchand; état de ses biens après le partage fait à ses enfants; 
notes cnrsives souvent bifllées. Registre, xtii^ et xvin^ siècles. 
70 fenilies papier écrites en commençant des denx bouts, bro- 
chure en parchemin écrit, nonée avec quatre cordons de cuir, 
petit in-folio. 

5114. Terre de Méhars. — Lirredes ventes et échanges; contrats 
réunis de toutes les acquisitions faites dans le grand parc de Mé- 
nars par messire Jacques Charron, chevalier, seigneur comte de 
Ménars, baron deConflans-Sainte-Honorine, seigneur de Neuville, 
Cours-sur-Loirc, Saint-Claude, Nozieux, Villerbon, Mulsaux, Vil- 
lesauton. Noyer, Aulnay-les-Mer, conseiller du roi en ses conseils 
et en sa cour de parlement, à Paris, surintendant de la maison de 
ià reine^ capitaine des chasses de la capitainerie de Blois. Registre. 
1671*1674. 286 feuilles parchemin, plus une pièce en papier cou- 
sue au commencement, plus 24 feoUles papier pour la table, vo- 
lume broché en parchemin écrit en dedans, in-quarto. 

5115. Seicneitrie de Mennetou-sur-Cher, Nançay^ Sigonneau^ 
Jan et Bouchard, — Grosse du procès-verbal d'adjudication aux 
enchères des terres susdites, dépendant de la succession du mar- 
quis de la Chastie, acquises, savoir : Nançay par Charlotte de 
Hardoncourt, veuvedelaChastre; Jars ctBoucard avec les dépen- 
dances, les Quartiers, RoyersetChevaise,par le duc de NavaiUes; 
Mennetou et Sigonneau par le duc de La Ferté-Sennecterre. Re- 
gistre. 1665-1666. 56 feuilles papier, cahier in-folio. 

Ô116. Sbicheurïb de MéziÈRES. — Terrier censif ; papier déclara- 
tif des héritages situés dans la censive du fief de Maizières, tenus 
à droit de cens à cher prix, en ventes et reliefs, « quand le cas y 



156 LE CABINET HISTORIQUE. 

eschet, » de noble homme Louis de Villebresme, écoyer, seigneur 
da Gnay-la-Guette, en la paroisse de Cour-Cheyemy et de Mai- 
zières, en la paroisse d'ATerdon,maitre de la chambre descomptes 
du roi à Blois; aven et dénombrement, contenant la liste et les 
devoirs des détenteurs des terres. Registre. 1519-1531. 55 feuilles 
parchemin, plus 2 feuilles en papier pour la table et une feuille 
volante y jointe, volume plié en deux verticalement, avec cou- 
verture de parchemin, incomplète, in-folio carré. 

5117. Terre de Mohti«nt. — Aven et dénombrement faits par 
Jean de Thaix, écuyer, seigneur de Fresnay, à noble homme, 
messire Jacques de Renty, dievalier, sdgnenr de Montigny, de 
Boisgaugen et de Boutigny en Gastinais, du lieu et hàberge- 
ment de Fresnay ; déclaration des héritages; noms des détenteurs, 
leurs devoirs (cens et renies); les droits seigneuriaux, liste des 
héritages mis en criées par le seigneur, faute de cens payé. Con- 
sentement du seigneur à la levé de sa main mise sur les terres 
non encore avouées; quittus du rachat dû au seigneur par les 
héritiers de Jean de Thaix; Jeanne, sa fille et Louis, son fils. 
Registre. 1489-1505. 85 feuilles papier, cahier simplement cousu, 
en mauvais état, in-8<*. 

5118. Famiile de Nantodillet.— Déclarations d'héritages être- 
connoissance de cens passés à Michel de Nantouillet, seigneur du 
Buisson, pour les terres tenues de lui, suivant les aveux faits par 
les vassaux, propriétaires des terres situées au bourg de Saint* 
Jean-Froidmentel. Description des héritages et notification des ' 
charges, cens et rentes. 1600-1601. Registre. 106 feuilles parche- 
min, gros cahier, grand in-S^'. 

5119. Seicneurie du Noyer. — Actes de vente de cette seigneurie; 
significations, intimation, commandement au défendeur, saisies 
réelles des biens à vendre, oppositions du défendeur» subhasta- 
tion, criées des biens du sfeur du Noyer, situés paroisse de Talcy 
et Yillexanton, élection de domicile du poursuivant, déclaration 
des lieux et appartenances du Noyer, apposition de brandons et 
d'affiches ; opposition du seigneur suzerain de la terre, M. de Roo- 
gemont, du seigneur de la chapelle Saint-Hesmin, créancier hy- 



GATàL. — BLÉSOIS. 157 

pothécaire, da sieur Paallet, créancier efairographaire, de la dame 
Gaillard et du sieur Doré, créanciers du sieur du Noyer; déclara- 
tion des héritages saisis. 1608-1612. Registre. 28 feuilles papier 
écrites, le reste blanc, brochure en parchemin écrit, in-fol. carré. 

5120. ScifiNECRiE d'Odghamps. — Papier terrier ; déclaration des 
bâtiments et héritages qui sont au dedans du censif de la terre et 
seigneurie d'Ouchamps; liste des maisons, closeries, métairie, 
grange, presbytère, boîtes des trépassés et de Notre-Dame de l'é- 
glise d'Ouchamps, redevables envers la seigneurie; noms des dé- 
tenteurs des biens soumis au cens; déclaration de la terre de la 
Savonnière, appartenant au sieur Mahy, qui relève en plein fief de 
la seigneurie d'Ouchamps; liste des héritages, terres, vignes, mou- 
lins, bâtiments, tous biens possédés en plein fief par les religieux 
de Pontleroy; noms des détenteurs de ces héritages situés dans la 
paroisse d'Ouchamps, et relevant du moulin de Sainte-Marie. 
1706-1741. Registre. 160 feuillets papier, 3 blancs, cahier en 
7 fascicules, cousus ensemble, brochure sans dos ni couverture, 
in-4o. 

5121. FA1IIIJ.E DE RoMÉ. — Actes du partage entre Jean-Jacques 
de Rome, chevalier, seigneur en partie de Yernouillet, Louis de 
Rome, chevalier, seigneur de Frequesne, et dame Catherine 
de Rome, son épouse, d'une part, et Louis de Rome, chevalier, 
seigneur en partie de Yernouillet; Charles de Rome, sieur de 
Bazincourt, émancipé d'âge, et Philippe deTrion, chevalier, sei- 

* gneur de Pressy, mari de Marguerite Rome, d'autre part, tous en- 
Êints et héritiers de Jean- Jacques de Rome, seigneur de Yernouil- 
let, et de Françoise Desprez, son épouse ; grosse du partage en jus- 
tice; procès* verbal; transport et ordonnance du commissaire; 
réquisitoires, assignation, remise, offres, consentement, compa- 
rution, dits et contredits des parties et de leurs procureurs ; 
réqiûsition et rapport de Tarpenteur des biens en contestation ; 
nomination, serment, visites, rapports et estimation d'experts; 
description des biens à partager. 1673-1674. Registre. 316 feuilles 
papier timbré, volume relié en parchemin blanc, in-fol. 

{La fin prochainement,) 



f 6S LE GABINBT »IST01IIQtE. 

MUSÉE BRITANNIQUE. 

SUITE DU DÉPOUILLEMENT DES MANUSCRITS RELATIFS A L*HIST0IRE 
DE FRANGE QUI SE TROUVENT AU MUSÉE BRITANNIQUE. 

5122. — Fànds additionnêts, iio» 20, 918-20. Trois volumes in-"f> 
contenant des copies de la correspondance entre Madame de Main- 
tenon et la princesse des Ursins. — Ces volumes ont été achetés 
en 1865 à la vente de lord Stuart de Rothesay. Les pièces s'éten- 
dent depuis 1705 jusqu'en 1715. 

5123. — Fonds Harhien^ n« 3502. Petit in-4o portant au dos : «Ma- 
nifeste du sieur Robert Walsh, 1647. » Sur le premier feuillet est 
écrit ce qui suit : « Wimpole, dec. 14. 1733. This ms. was sent 
me by my worthy good friend d' Zach.Grey. Oxford. » Sur le se- 
cond feuillet : « Manifeste du sieur Robert de Valois (Wal&h), 
chevalier et bar®', touchant son voyage de France en Angleterre 
et son emprisonnement à Bruxelles, 1657. » 

« La malheureuse et injuste persécution que j^èi souffl^rt par la perfidie de 
mes ennemis, qui n'ont rien oublié pour tascher d'étoufiter dans ma perte les 
moyens que j'ay de faire connoitre à tout le monde leur infamie et leur de- 
loyauté au service du Roy mon malstre et le leur, m'at [He) enfin contraint 
pour justifier mon innocence d'escrire contre ma profession ponctuellement 
toutes les circonstances qui peuvent manifester le tort qu'on me fait, et la vé- 
rité des meschanstez de mes adversaires, lesquelles je verifleray de poinct en 
poinct dans la suite de ce discours. » 

Le récit de Robert de Valois s'étend depuis le folio 2 jus- 
qu'au foUo 35 inclusivement. Le folio 36 (verso) porte ce qui 
suit : 

ic This ms. was given me by my friend, the re?. M.^dmund Wbitebead, vicar 
of Bucknal in Lincolnshire, who was chaplain to the relict of sir Joseph Wil- 
liamson, and found itamongstsome waste paper. Aster the library was removed 
to Oxfordf and is the ms. quotedby Eckard, vol. s, p. soi. Tbe word FToisA, the 
translation of Valois is vritten by M. Eckard. Bp. Moor had it in his custody 
some time, and had a transcrîpt taken. > 

Sir Robert Walsh éloît, dit Eckard (flwt. of Eng., p. 727, 

in-f<>), un Irlandais que Cromwell employa contre Charles II. Ce 

Robert Walsh (ou de Valois) paroît avoir vécu en France pendant 

quelque temps^ et aTOir été enfermé à la Bastille. 



GATAL« «^ HUIÉB BHlUrANmOUE. i59 

0134. -^ Fonài BmiHinj ii« 1064. îûrP, copies. Ce volume porte 
au dos : « Traités de paix, etc., entre le roi d'Angleterre et plu- 
sieurs pnissanoes. » Voici la liste des pièces ooneernant Thistoire 
de Finnoe : 

1. TractatusCaliside inter Henricumejus nominis octavum An- 
gliflB regem, et Carolum quintum, Roman, imperatorem contra 
Franciscum primum Gallorum regem, de data 1521. fol. 40-48. 

2. Confirmaiio tractatus Yindesorii facta super nautica confede- 
ratione int6r illustrissimes Angliae regem Henricnm ejus nominis 
octavum et Carolum quintum Roman, imperatorem contra Gallo- 
rum regem, de data 1622. fol. 48*60. 

3. Tractatus pacis et tmiciti» Inter potentissimos Angtiae et 
Francorum regesin ciTitateLondon, 5 die aprilis 1518. fol. 81-89L 

4. Confirmatio tractatus pacis et amicitiae inter Angliseet Fran- 
corum regesLondini,dte secunda mensis oetobrisl518. fol. 89-93. 

6. Gonfirmatio tractatus pro depredatloulbus coercendis inter 
ilkistriBsimos Angli» et Francorum reges, apnd London. 1518. 
fol. 93^96. 

6. Tractatus pacis inter regem Anglise Henricum octarum et 
LndoTicam matrem Francisci régis Frand ae regcntem trigeslma die 
augusti, 1626. fol. 96-100. '^* 

7. Confessio sereniss. domine matris Francorum régis facta co- 
ram ticariis generalibus in spiritualibus et temporalîbus archie- 
piscopi Lngdunensis Galliamm primati super debitis et obligatio- 
nibus ipsius et Francorum régis quibus illttslrbsimo Angllae régi 
tenebunturi prout in tractatu desnper facto, de data apud More 
30e die mensis augusti, anno Domini 1525, specificatnm plenius 
continetur. fol. 100401. 

8. Tractatus Franoorom régis de data ttnno Domini. 1525. 
fol. 101. 

9. Tractatus redproe» obligationls inter Anglis et Francorum 
riges de data auuo Domini 1526. fol 101. 

10. Tractatus perpetuae pacis initus inter Franciscum ejus no- 
minis primum et Henricum octayum Francorum et Angliae reges, 
de data 1527. fol. 101-107. 

11. Dedaratio Francisd Gallorum regiis prtmi, tam de pecunia 



160 LE CABINET HISTORIQUE. 

accepta, qaam de rébus aliis. Divioni, 29 janiiariil629. fol. 107- 
109. 

12. Tractatus pro solutione annua oertae qaantitatis salis per 
regem Gallorum Franciscain ejas nominus primum Henrico An- 
gliae régi, de data 2 decemb. 1530. fol. 109-111. 

13. Tractatus arctioris amicitiâe cum Ëgidio de la Pommeraye 
Francorum régis ambassiatore couclusus apud London, 23 junii 
annol532. fol. 111-116. 

14. Tractatus campensis super redditione villae Boloniœ Gallis 
post octo annos initus 17 julii 1546. fol. 116-122. 

15. Tractatus confirmationis pacis inter Edwardum sextum 
Angliae et Franciscum primum Franciae reges habitus Londini 
1546. fol. 123-126. 

16. Tractatus Londini habitus inter Edwardum sextum Anglùe 
et Franciscum primum Francise reges de limitibus comitatus Bo- 
loniœ, qui est interpretatio [foederis campensis 1546. fol. 126-128. 

17. Tractatus de restituenda Bolonia Gallis initns inter Henri- 
cum secundum Gallorum regem et Edwardum sextum Angto re- 
gem de data 1549. fol. 128-136. 

18. Tractatus fœderis andegavenst inter senerissimum r^em 
Angliae etchristianissimum Galliae regem super nuptiis contrahen- 
dis cum domina Elisabetha. 1551. fol. 136-142. 

19. Tractatus pacis castelli cameracensis inter potentissimam 
et serenissimam Angliae reginam et christianissimum Frand» regem 
de data 2 apriUs 1559. fol. 143-152. 

20. Ratificatio tractatus Trecensis. Tractatus pacis sive fœdas, 
Trecense. 11 aprilis anno 1564. fol. 152-162. 

21. Tractatus pacis Edimburgae habitus inter Franciscum secun- 
dum et Mariam regem et reginam Francorum et Scotorum, et Eli- 
zabetham Angliae reginam, 1560. fol. 16M70. 

22. La négociation entre les ambassadeurs de France et d'Es- 
pagne pour Vabolition des placards de trente pour cent. fol. 173- 
174. 

23. Traité entre la France et Messieurs des Estais généraux des 
ProTinces unies des Pays-Bas. fol. 174-177. 

24. Traité d 'alliance entre le roy Henry quatrième et Messieurs 



CATAL. — NOBMANOIE. 185 

dans ladite ville pendant uù an pour les aider à la fortifier, du 
29 juillet 1364, foL 30. 

19. Lettres du même pour le même objet, du 29 décembre 1369, 
fol. 30 

20. Impost de 2,801 liv. prélevé sur Caudebec. — Donné à 
Rouen, le 12 juillet 1387, fol . 31 . 

21. Nouvel octroy aux habitans'de Caudebec en vue des répa- 
rations de leur ville. Paris, le 29 décembre 1369, fol 31 bû. 

22. Lettres de Charles V, du 15 janvier 1376, qui accordent aux 
faabitans de Caudebec le droit de lever 2 deniers sur les entrées de 
leur ville, outre les droits du roy. 

23. Thibault de la Boissière, chevalier, fait bailly de Caux à la 
place de Geoffroy de Charny, chevalier, que le roy fait bailly de 
Mante.— Donné au château du Louvre, le 5^ février 1388, fol. 33. 

24. Le roy Charles VII donne deux deniers des 12 imposés sur 
. les entrées de la ville de Chauny-sur-Oyse aux maire, jurez et ha- 

bitans dudit lieu. — Donné à Paris, le 9 mai 1370, fol. 34. 

25. Commission au vicomte de Conches ou à son lieutenant pour 
l'aide à percevoir sur ladite vicomte et sur la terre de Damville 

.destinés à faire rapprochement de Chierbourg. —Donné à Saint- 
Gfermain-en-Laye, le 27 décembre 1378, fol. 35. 

26. Remise aux habitans de Clermont, en Auvergne, d'une 
somme de 400 liv. à quoi ils ont été imposés, en considération 
de l'extrême dépopulation de leur ville, causée par la mortalité 
et famine qui y a été depuis plusieurs. années.— Donné à Melun- 
sur-Eure,le 16 juillet 1437 et 1341, fol. 36. 

27. Charles VU fait don à ceux de la ville de Clugny de la 
6® partie de l'imposition des 12 den. par livre de toutes mar- 
chandises vendues en leur ville, pour aider aux fortifications de 
la place. — Donné à Paris, le 29 juin 1378, fol. 37. 

28. Lettre du roy Philippe YI en faveur des habitans de la 
ville de Condom. — Donné à Saint-Germain-en-Laye, 27 avril 
1345, fol. 38. 

29. Tassart de Monstreul, bailly d'Orbec et de Beaumonl-le- 
Roger, fait bailly du Costantin à la place de Pierre de Negron, 

K* année. — Cat. 13 



J86 LB CABINET HISTORlQUEé 

chevalier, ({ne Ift roy avoit demîii àé sa charge. •>»- Donné an 
chasteau du Louvre, le 5® jour de février 1388, fdL 39* 

30. Lettres paletites de Charles Vil » qui nomme Hardoin du Bois 
escuyer esleu pour le prélèvement des aides à Goustanoes, qui 
est là principale ville et ohief du bailliage de Gostantin . — 
Mars 1449, fol. 40. 

31. Commission au bailly de Gostantin pour faire bastir des 
prisons à Coustances. — Janvier 1375, fol. 40 bis. 

32. Quittance par Nicolas Millehani, curé de Saint-Nicolas de 
Coustances, de la solde de 100 fr. pour ses gages dudit office.— 
Du 19 octobre 1445, fol. 41. 

33. Supplique au roy des manans et habitans de la ville, chas- 
tellenie et mandement de Crocq-en-vic pais de francaleii, pour 
être affranchis de toutes tailles et aydes quelconques, en codsi- 
déralionde ce que leur ville avoit été arse el brusléè parles gens 
d'armes et routiers de ce royaume. — Janvier 1444 (2 pièces), 
fol. 42. 

34. Lettres du roy Louis Xll, qui etetnptent les habttâtis de 
La Crotte^ en Dauphiné, de la taille de 35 liv. pour trois années, 
en raison de l'extrême pauvreté du pays par suite des désastres 
des guerres précédentes. — Donûé à Blaye, le 24 août 1Ô08, 
fol. 43. 

35. Le roy Charles Y donAe aux Célestins de Dambert usage 
de bois à brusler et à basllr pour la maison qu'ils ont à Orléans. 
^ Donné fiu chasteau du bois de VinceUnesi l^dn 1377, fol. 44. 

36. Le roy Jehan veut que toutes personnes, tant d'église qae 
laïques, qui demeurent ès-terres de l'apanage du Dauphin, le 
reconuolssent et relèvent entièrement de iuy, nobobstant leurs 
privilèges et exemptions. ^ Du 23 novembre 1351| fol. 45i 

37. Deux lettres du roy Charles Vil touchant les aydes du 
Dauphiné, fol. 46. 

38. Don par le roy Charles Vil dé la somtoe de dôuite cents 
florins dolphinois à l'abbé de Saint-^Anlhoine-de^^Viennois, le sei- 
gneur de Clermont, le vicomte de Talart, le sieur de MoUttUort et 
autres. -^ Donné à Chinou, le 16 de mars 1424, foL 47 hiê, 

39. Lettres du dauphin Loys, iila du roy de Franoe^ touchant 



C!ATâL. *— DAUPHîNÉ. 187 

le d(m feit âd rieur Destissâfs, de Fontaines, de Saint^Valier de 
Clennont. -^ DeLangres, le 24 jalHet 1444, fol. 47. 

40. Subside accordé par le roy Jehan à ceui de la ville de 
Dieppe. —Donné à Paris, le 27 janvier 1^60, fol. 48. 

41. La ville de Dieppe' exempte de payer 600 liv. dlînpôt,— 
Donné à Arques, le 2« jour de Juin 1185, fol. 49. 

42. Lettrés du roy Charles Vï en faveur de ceux de Dieppe, 
qui est port de mer et en frontière des ennemis, clef et garde de 
tout le pays. -— Donné à Paris, 10 septembre 1404, fol. 49 bis. 



FONDS IIARLAY. 

DAnPflmÉ. — LYON. — AUVERGNE 

iVay. t. IV, p. 198, 21Û, 250, et t. v, p. 17 et 29.) 

5168. Tome CI'V —1. Mémoires des usurpations que les ducs de Sa- 
voye ont fait et font au Roy à cause du Dauphiné et comté de 
Yalentinois, fol. là 41. 

2. Mémoire sur la ville de Valence et sur les provinces de la 
Gaule narbonnoise, fol. 42 à 75. 

3. Contrat entre le roy de France et le Dauphin pour la dona- 
tion du Dauphiné. 1343, fol. 76 à 106. 

4. Consentement du duc d'Orléans, fils de Philippe de Valois, 
à ce que la succession au Dauphiné soit transférée de luy à 
Charles, flls du roy Jean, son frère.— Donné à l'abbaye de Mau- 
buisson-lex-Ponthoise Tan 1349, fol. 101 à 104. 

6. Sommaire histoire du marquisat de Saluées, fol. 106 à 112. 

6. Mémoire sur le marquisat de Saluées^ Confossan et marqui- 
sat de Montferrat, fol. 113 à 115. 

7. Lettres de Claude de Bellievre à M. le chancelier, touchant 
le procès de Jean-Louis marquis de Saluces et la commission du 
Roy au parlement du Dauphiné ponr instruire le procès. 1536, 
fol 116. 

Commission pour procéder contre les sabjects de Saluces, 
fol. 123, vo à 126. 



88 LE CABINET HISTORIQUE. 

8. Bresse. — Lettre à M. le chancelier et advis au Roy de 
MM. de la Beaume, Monstreuil et Godran, conseillers au parle- 
ment de Dijon, sur le sujet des investitures, sceau, justice, et nom- 
bre des notaires en Bresse, et si l'on y plaideroit en latin. 15^» 
fol. 126, vo à 132. 

9. Lettre signée Lombres^ à M. le chancelier, touchant l'abbaye 
de Chesery, dans le bailliage de Gex, contestée par le canton de 
Berne, de Lyon, 3 ayril 16. . , fol. 133 à 143. 

10. Traité entre le Roy et le dauphin Humbert, en consé- 
quence des précédents, pour la donation du Dauphiné. 1349, fol. 
146 à 259. 

10 bis. Ëxtractum memoralium camerae a libro compotorum 
domini régis Parisiensis signato ad hanc litteram D. fol. 72. — 
Nomina castrorum Dalphinalicum una cum pension, annul. Cas- 
tellanibi et aliorum officialium Dalphinalis, fol. 168. 

La pagination du ma. cesse ici et les pièces suivantes sont seulement 
numérotées. 



15. Lyonnois.— Vidimus de raccommodement fait en 1208 par 
le duc de Bourgogne, les évêques de Langres et de Tarchévêque et 
des habitants de Lyon, touchant la juridiction et pouvoir dudit 
archevêque dans la ville de Lyon et pour sa garde. — Lyon, 1297. 

16. Accommodement entre les chapitres de Saint-Jean et de 
Saint- Just et les habitants de Lyon par l'advis de Fabbé de Clugny, 
délégué du légat de l'Église de Rome et des députés du Roy, 
touchant la justice desdits chapitres dans la ville. — Lyon, 1269. 

17. Acte par lequel Tarchevêque de Lyon a prêté fidélité an 
Roy, qui prétendoit qu'il n'avoit dû administrer les biens tempo- 
rels au-delà de la Saôue qu'après avoir fait ladite fidélité. 1279. 

18. Amédée, comte de Savoye, reçoit les habitants de Lyon en 
sa protection pour trois ans. 1286. 

19. Accord et reconnoissance du syndic de Lyon qu'elle est du 
ressort du Roy. 1292. 

20. Lettre du Roi qui reçoit en sa protection les habitants de 
Lyon comme étant ses sujets et dans son royaume. Les habitants 



GATAL. — LYONNOIS. 180 

de Lyon l'acceptent et donnent an Roy en reconnoissance 105 liv. 
par anpar feu de gens riches. 1292. 

21. Monition de Tofficial de Lyon contre les habitants de Lyon 
etdoQze en particnlier qui trayailloient à mettre lesdits habîlanU 
en la garde de quelqu'un au préjudice de la jurisdiction mère et 

^mixte de l'archevêque et Église. 1292. 

22. Lettre de Tabbé d'Aisne et autres ecclésiastiques de la ville 
de Lyon au roy Philippe le Bel pour le prier de faire cesser les 
désordres et violences que Ton faisoit sous son nom contre l'ar- 
chevesque qui estoit à Rome et d'autres ecclésiastiques. 1293. 

23. Acte par lequel A. de Lèdre, juge à Lyon pour le Roy, rend 
deux mandements du sénéchal de Beaucaire, par lesquels il enjoi- 
gnolt à quelques chanoines du chapitre de Lyon de la part du 
Roy et du duc de Bourgogne qui avoit charge du Roy de garder 
le royaume de ce costé là, de recevoir les agents du Roy à Coin- 
drieu et n'eu recevoir point d'autres. 1294. 

24. Bulle par laquelle Boniface YIII exhorte Philippe le Bel 
d'envoyer vers lui ses ambassadeurs pour terminer la contestation 
pour le ressort de Lyon, etc., entre ledit Roy et les habitants de 
Lyon contre l'archevesque et chapitre. 1297. 

25. Bulle du pape Boniface YIII à l'archevesque de Narbonne 
E. d'Âutun et à l'archid. de Rouen, par laquelle pour terminer les 
difiPérents qui sont entre le Roy et l'archevesque et chapitre de 
Lyon touchant le ressort, ils lèvent la main du Roy, vendent les 
bienà saisis auxdits archevesque et chapitre, lèvent l'interdit et 
ordonnent à l'archevesque et à deux députés du chapitre de com- 
paroitre coram noMs. 1297. 

26. Bulle par laquelle Boniface VIII commet la garde de la 
ville de Lyon et le ressort des appellations de Tévêque d'Auxerre 
et au duc de Bourgogne pendant que le différend seroit indécis.iô. 

27. Traité entre le Roy et Tarchevesque de Lyon. 1307. 

28. Confirmation par le roy Philippe le Bel de l'accord fait 
avec l'archevesque, etc. 1307. 

29. Confirmation du roy Philippe le Bel des principaux articles 
de l'accommodement fait entre Sa Majesté et l'archevêque et cha- 
pitre de Lyon. 1307. 



190 LS CABINET HISTORIQUE. 

30. Protestation de quelques ecclésiastiqaes, députés de l'ar- 
chevêque de Lyon, contre certaines choses contenues dafts les 
articles d'accommodement, et en général contre toutes si elles 
ne sont approuvées par le^ainl-Siége, 1305. 

31. Remontrance faite au nom des habitants de Lyon au procu- 
reur du Roy, que Sa Majesté a de tout temps un juge et un garde 
dans la ville de Lyon, qui est franche, et demande communication 
du traité, etc. 1305 

32. Lettre par laquelle Tabbé et chapitre de Lyon, ses snffra- 
gans, les abbés de Cluny et abbés, chapitre, prieurs de la pro- 
vince, prient le pape Clément V de confirmer te traité fait entre 
Tabbé, etc., et le Roy.'^A^ofa. Puissance et qualité qu'ils donnent 
au Pape. Lyon, 1307. 

33. Lettres par lesquelles le Roy déclare qu'il ne lèvera les dé- 
cimes que sur le chapitre de Lyon en chacun an, par les mains du 
doyen et une seule décime par an, etc.., — Nota. Le nombre des 
canonicats n*estoit certain. Lyon, 1307. 

34. Lettres du Roy en explication et pour l'exécution des ar- 
ticles de l'accommodement dudit seigneur avec l'abbé et chapitre 
de Lyon. Lugdun. 1307. 

35. Lettres patentes par lesquelles Philippe le Bel confirme les 
privilèges accordés à l'église de Lyon, etc. Lyon, 1307. 

36. Lettres, novembre 1307, par lesquelles le roi Philippe dé- 
clare nulles les aliénations qui pourroient estre faites des droits 
de supériorité, ressort, garde et autres qui lui appartenoient dans 
là terre et baronnie de l'église de Lyon. 

37. Lettres du Roy confirmatives du traité fait avec l'abbé et 
chapitre de Lyon, révocant tout ce qui avoit été faitàleur préjudice 
et défendant les coniréries et assemblées et çonjuratorias, J307. 

38. Nomination par le Roy de Thibaut de Yassoltiaco, cha- 
noine, pour choisir des officiers de la cour séculière de Lyon avec 
l'abbé et suivant l'accord, etc.. Lyon, 1308. 

39. Acte par lequel le sieur de Nogaret somme Tabbé de Lyon, 
estant à Paris, de prester fidélité au Roy comme ses prédécesseurs 
et suivant le traité. — L'abbé demande d'«n délibérer dons son 



GATAL. -^ tTOHNOIS. 101 

pays. ^ ^tH. Nogar^l lay offre lettres da Roy, ato.,„ portant 
le sceau du Roy, 1309. 

40. Acte par lequel les prélats, religieux, barons et nobles de 
Lyon recognoissent qu'ils ont toujours esté soqiqîs a» Roy et ses 
prédéce^eurs pour la garde, ressort ; et sont se$ sujet3 et obligés 
de le servir à la guerre, Lyon, 13*1. 

41. Nominatioq de deux personnes pour estimer ce que |e Roy 
donnera en eschange de la justice de la ville de Lyon, etc., que 
p. deSavoyeacédéau Roy, 1312. 

42. Mémoire pour faire ladite estimation. Lyon. 

43. De trauslatione feodi de Wontagnaç per archiep. Lugdun; 
1312. 

44. Réception du serment des habitaus de Lion par le bailli 
de Mascon, elç, 1321. 

4>. Autre, etc. 1373. 

46. Acte sans date, contenant plusieurs modifications que le 
Roy veut eslre apportées à l'accommodement fait avec l'abbé et 
chapitre de Lyon 

47- Mémoire sur les droits de justice que l'abbé de Lyon et le 
comte de Forest avoient dans la ville de Lyon. 

48. Mémoire du procureur du roy de Mascon sur les droits du 
Roy dans la ville de Lyon et son territoire. 

49. Requeste au Roy, sans date, contenant plusieurs plaintes 
dç Tabbé et chapitre de Lyon contre les officiers du Roy. 

50. Requeste de Tarchevesque de Lyon, Charles d'Alençon, an 
Roy, sur les excès commis par ies officiers du Roy. 

51. Mémoire couteuaut plusieurs anciens droits du Roy à Lyon 
et plusieurs antiquités des diocèses de Lyon, etc. 

52. Yidimiis du concordat fait entre l'abbé et chapitrç de Lyon, 
révesque et chapitre d'An^hun, pour l'administralion réciproque 
desdiles ^Uses par lesdits abbés et évesques pendant la vacance 
et en cas de vacance desdites églises en qiesme temps par lesdits 
chapitres. — Vota, Disent que l'usage est ancien. 1295. 

53. Vidimus des lettres par lesquelles Philippe-Auguste vend les 
régales de l'évesque d' Authun à Tabbé de Lyon qui les devoit avoir, 
et les autres choses qui appartenoient audit évesque, durant sa va- 



i92 LE CABINET HISTORIQUE. 

cance comme PéTesque d'Authun a la garde de l'abbaye de Lyon 
yacaot. Mars 1222. 1295. 



54. AuYERCNE. — Accord entre le Roy, le Dauphin, comte de 
Clermont et son petit-fils, lesquels promettent hommage et service 
audit seigneur Roy, suivant la coustume d'Auvergne, de ne faire 
la guerre de sept ans, à peine, etc., et que si quelques-uns de 
leurs chevaliers la luy veulent faire, ils saisiront leurs fiefs. 1229. 

55. Commission aux baillis de Saint-Pierre-le-Moustier, etc., 
pour mettre le duché d'Auvergne en la main du Roy, suivant que 
ledit seigneur Pavoit ordonné par arrest de son grand conseil 
contre la duchesse de Rourbon^ fille du duc de Rerry, qui le pré- 
tendoit. Auvergne, 1416. 

56. Recognoissance des habitans de Clermont qu^ils doivent : 
exercitum et cavalcatum à Alphonse, comte de Poitiers. Au- 
vergne, 1255. 

67. Arrest du pénultième avril 1551 qui adjuge le comté de 
Clermont et baronnie de Mauzins à la Reine, nonobstant la 
longue jouissance de Févesque ou prédécesseur duquel ils ayoient 
esté donnés en garde en 1202. 

58. Mémoire pour quelques terres aliénées du comté d'Au- 
vergne et baronnie de la Tour. 

59. Arrest du Parlement par lequel les marquis de la Chambre 
et abbé de Vendosme sont intervenus sur la demande de la ba- 
ronnie de la Tour et comtés de Roulongne, d'Auvergne et Laura- 
guais. 2 mars 1564. 

60. Extrait de la généalogie de la maison de la Tour et de ses 
alliances. 

61. Mémoire pour monstrer le droit qu'avoit Mons. le comte 
d'Auvergne, depuis duc d'Angoulesme audit comté. 

62. Don des comtez de Clermont et d'Auvergne, des baronnies 
de la Tour et de la Chayre au comte d'Aiais, par le duc d'Angou- 
lesme son père. 18 juillet 1635. 

63 Arrest pour messire Jean Louis de Rochechouard, sieur de 
Cliandenier, pour la quatrième partie de la baronnie de la Tour. 
7 septembre 1617. 



GATAL. — AUTERtiNE. 195 

64. Pour M. le dnc de Nevers et Mme de Gayse, ponr la nea- 
Yième partie des comtés d'Auvergne et de Lauraguais. 7 septembre 
1618. 

65. Confirmation par Louis VllI des coustumes de Moutferrant 
à la charge de payer au Roy un marc d'or par an. Toulouse, 1225. 

66. Auvergne, droits seigneuriaux; vente de Moutferrant au 
Roy. 1292. 

67. Statuts et coustumes et privilèges donnés à la ville de Rion 
par Alphonse, comte de Poictiers. 1248. 

68. Mémoire sur les différens de préséance, etc., entre les villes 
de Rion et de Clermont, factums et arrest. Janvier 1556. 

69. Sommaire de la contestation qui doit être jugée par Sa 
Majesté entre les officiers, eschevins, etc., de Clermont, deffen- 
deurs, et ceux de Rion, demandeurs. Imprimé. 

70. Factum pour le sénéchal d'Auvergne, etc., demandeurs^ 
contre le cénéchalde Clermont, etc...,defrendeurs.8aoûtl626. Ib. 

71. Arrest du Conseil d'Ëtat sur le différent des sénéchaux, 
baillis et habitans de Riom et Clermont. 18 février 1675. 

72: Reqneste des officiers de la sénéchausée de Clermont au 
Roy sur leur différent avec les officiers de Riom. 

73. Requeste an Roy des habitans de Clermont sur le même 
sujet. 

74. Sentence donnée par Simon, cardinal de SaintCrCécile, 
entre Alphonse,, comte de Poictiers et de Toulouse et G. , évesque de 
Clermont d'autre, de ce que ledit évesque avoit interdit le pays 
d'Auvergne. 1266. 

75. Arrest du Conseil par lequel leRoy déclare, sur la requeste 
du prince et de la princesse de laRoche-sur-Yon, qu'ils n'ont rien 
aux biens possédés par Charles (jadis de Bourbon), lesquels appar- 
tiennent au Roy. Avril 1637. 

76. Transaction entre les rois François l«r et François II et 
les princes et princesses de la Roche-sur-Yon sur les biens de la 
maison de Bourbon, foy et hommage. 1530. 

77. Délaissement fait par le Roy des autres terres et seigneu- 
ries de Montpensier, Dauphiné, etc..., à feue Loyse de Bourbon 
et à Loys de Bourbon son fils. Aoust 1538. 



194 LU OAfilNCT HISTORIQUE. 

78. Transaction «ntra François II, roy de France et Louis de 
Bourbon, duc de Nontpensier, concernant sa soaireninelé de 
Dombes et baronnye de Beauyolioys. 

(«ira çaniinHé.) 



BRETAGNE. 

DÉPOUILLEMENT DE LA COLLECTION DES BLÂFfGS-MAIfTBAUX, 
DITE DE BBETAGNE. 

(5tt«i. Toy- page 122,) 

Pièces diverses sur la Bretagne et sur la maison de Rohan, 

6169. Tome LXXIIIF . ^ 1. ^ 22 afril 1525. Lieutenance de Saint- 
Malo donnée par le marquis de Coesquen, vicomte de Bougé, fol.l. 

2. -* 28 novembre 1525. Fondation en )a cbapdie de (Saint- 
Sébastien des Jacobins de Dlnan, par messire Jeban Dnbuat* 

3. — 14 may 1526. Ënqneste pour Texistence de la chambre 
des comptes de Guéménéyfol. 6. 

4. '^ 15 août 1526. Contrat de mariage entre Pierre Ërmard, 
sieur de Goetlo, et Jeanne de Rohan, fille de Jeanf sieur de Tré- 
galet, fol. 8. 

6. — 3 décembre 1526. Lettre écrite par Jacquei, vicomte de 
Rohan, an roy François I^, quelque temps après son retour de Ma- 
drid, fol. 10. 

6. - Testament de dom Thomas Deeehampe, prestre, mort 
Ie7janvlerl528, fol. il. 

7. — 7 janvier 1526. Lettre do roy François I'^ à M. le fiomtc 
de Guise, touchant la ville de Ouise, dont ledit comte n'est 
qu'usufruitier, fol 14. 

8. — Janvier tô26. Contrat d'échange passé entre le roy Fran- 
çois I«r et Charles de Rohan, seigneur de Gié,pâr lequel Sa Majesté 
donne audit seigneur, le comté d*Orbec, en Normandie; avec 
400 livres sur le grenier à ad de Bemay, pour et en échange du 
comté de Guise, fol, 16* 



QkTAU x^ VBBTAGNE. 195 

9* — 29 jiiill«l 1627. CnniteUe de LonU de Rohan, lire de 
Gaéméné, fol. 17. 

10. — 31 octobre 1527. Transaction passée entre M. Claude de 
Roban, évêqiie de Qoimper, Anne de Rohan, baronesse de Fonte- 
nay, et Marie de Rotian, dame de Guéméné, touchant le partage 
de Jaeqoes de Rohan, leur frère aîné, fol. 18. 

11. — 15 décembre 1527. Lettres de François !«% adressées à 
Charles de Rohan , seigneur de Glé, pour assembler les nobles du 
pays d*Ânjou et du Maine, pour les engager à contribuer à sa 
rançon, fol, 20. 

12. — 22 décembre 1527. — Ordonnance du Roy pour la con- 
duite des affaires temporelles de Claude , évéque de Quimper, 
fol. 22. 

13. -^ 22 mars 1528. Testament d'Anne de Rohan, comtesse de 
Porhouet et ricomlesse de Rohan, fol. 24. 

14. ^ 18 mai 1528. Contrat de mariage de Louis de Rohan, 
sieur de Guéméné, etc. , et Marguerite de Laval, fille ainéa de Guy, 
comte de Ural, fol 25. 

15. — 26 avril 1529. Procez à requeete de Pierre de Guignac 
eontre dame Jeanne de $aint*SeTrin, veuve de Charles de Rohan, 
sire de Gié, et mère et tutrice de François, afin de payement des 
arrérages d'une rente de 17 livres, fol. 26. 

16. ^ 26 octobre 1S29« Lettre du roy François !•' à madame 
de Gté, tpuebant la tutelle des enfonts de M. le vicomte de Rohan, 
fol. 27. 

17. -^ 1529. Copie de la fondation de la collégiale de Gué- 
méné, M. 28. 

18.— 25 décembre 1529. Lettre du Roy qui décerne la tutelle à 
René et Claude de Rohao à la reine de Navarre, sa sœur, fol. 39. « 

19. — 11 janvier 1S29. Quttidnee de la somme de 120 livres 
donnée par Pierre Cordelier à M. Michel de Guergorlay, chastel- 
lain de Corié, fol. 39. 

20» -^ 5 juin 1530. Ë^Ltrait du xxiii^ article du traité de Ma- 
dnd, fol 40. 

21. «- 16 juin 1530. Avis de la diambre des Comptes de Bre- 
ta gne sur les dons <aU# au prirn^ d'Orange, loi. 42. 



196 LE GABI!fET HISTORIQUE. 

22. — 29 novembre 1530. Extrait d'un bail à ferme de la princi- 
pauté de Léon, passé en 1530 par les tuteurs et curateurs de Réné^ 
vicomte de Rohan, mineur, fol. 44. 

23. •— 30 janvier 1530. Transaction entre René et Claude de 
Rohan, sous la tutelle d'honneur de Marguerite, reine de Navarre, 
d'une part, et dame Françoise de Daillon, veuve de Jacques, 
vicomte de Rohan, touchant son douaire, fol. 45. 

24. — 1er mai 1532. Enquête pour savoir la valeur de la terre 
du Gavre, en Bretagne, fol. 47. 

25. — 1532. (Imprimé sur vélin.) Indulgences plénières à 
Alain de Rosmadec. — Trèi-curieux, 

26. — 22 août 1532. Entrée de François III, duc de Bretagne, 
dauphin de France, à Rennes, fol. 49. (Imprimé.) 

27. — 12 août 1532. Couronnement du duc François III, fait en 
la ville de Rennes Tan 1532, pris dans un livre en vélin apparte- 
nant à M* François Doublart, notaire de IVennes, qui nous l'a 
preste, fol. 52. 

28. -< 8 septembre 1533. Transaction passée pour l'assiette des 
deniers dotaux de Marie de Laval, fol. 64. 

29. — 21 avril 1534. Lettre du Roy portant pouvoir de possé-^ 
der des bénéfices en Bretagne en faveur de deux étrangers, 
fol. 66. 

30. — 1534. Léon. En archez montrèrent de manière cy-après 
les desnommés cy-dessous... Paroisses en l'archidiacoibé d'Acre... 
fol. 68. 

31. ^10 août 1534. Accord entre Tristan de Rohan, sieur du 
Polledu, et Ponceaude Rohan, son frère puisné, au sujet de leur 
partage, fol. 127. 

32. — 16 août 1534. — Traicté de mariage entre René, vicomte 
de Rohan, et Isabeau de Navarre, fol. 129. 

33. — 10 janvier 1534. Droits du vicomte de Rohan sur l'ab- 
baye de Bon-Repos, fol. 130. 

31. — 21 juillet 1535. Lettre de la reyne Éléonor à Tristan de 
Carné, fol. 131. Lettre de Susanne de Bourbon au mesme, id. 

35. — 8 octobre 1535. Transaction entre René, vicomte de 
Rohan, et Marie de Rohan, dame de Guéméné, fol. 132. 



GATAL. ■— BRETAGNE. 197 

36. — 1535. État des finances de Bretagne, compte de Michel 
Cosson, fol. 135. 

37. — 23 mars 1535. Contrat de mariage entre François de 
Rohan, seigneur de Gié et du Verger, et de Catherine de Siily, 
comtesse de Rochefort, fol. 141. 

38. — 19 juillet 1536. Traicté de mariage entre François d'Or- 
léans, seigneur de Rothelin, et Jacqueline de Rohan, fol. 142. 

39. — 13 octobre 1536. Lettres du roy François Ie>^ qui commet- 
tent différents magistrats pour faire rendre compte aux receveurs 
des terres du vicomte de Rohan, bien que lesdits vicomtes fussent 
en possession d'avoir une chambre des comptes qui leur fût propre, 
fol. 144. 

40. — 20 novembre 1537. Inventaire des meubles du cabinet 
de madame de Rohan, au château de Bleing, fol. 145. 

41. -— 18 mars 1538. Transaction entre M. François de Rohan, 
seigneur de Gié, d'une part, et M. Claude de Beauvilliers, comte 
de Saint-Aignan, et dame Claude de Rohan, son épouse, fol. 146. 

42. -^ 26 juillet 1539. Édit du Roy concernant les matières at- 
tribuées au conseil de Bretagne, fol. 147. 

43. — 5 octobre 1639. Mandement du roy François pr pour la 
réparation des places fortes et l'armement des vaisseaux, fol. 149. 

44. — 5 octobre 1539. Ordonnance du roy François l^^ pour 
rendre la rivière de Vilaine naviguable, fol. 150. 

45.-22 août 1539. Procès-verbal de la réformation delà cous- 
tnme de Bretagne, fol. 151. 

46. — 18 décembre 1539. Compte second que Gilles Dauvy (?) 
commis par le Roy à recevoir et tenir les comptes des deniers 
provenans des taxes et compositions faictes par le sire de Chateau- 
briant, avec les noms des imposés aux francs-fiefs, fol. 193. 

47. — l«'mars 1540. État de la maison de Marie et de Loys de 
Rohan, mère et fils, commencé le 1^' janvier 1540, fol. 199. 

48. — 1®' mars 1540. État de la maison de Guéméné, fol. 207. 

49. — 1541. État du procès survenu entre les ducs de Nevers 
etd'Étampes, d'une part, et le comte de Laval, d'autre, touchant 
la succession d'Odet de Foix, fol. 209. 



198 LR GABIlfBT HISTORlOra. 

50. ^ 16 jnillet 1641. QaitUuioe de là èomme d6 200 livres, 
donnée par Jean du Quellenc au sire de Guéméné) fol. 211. 

61. -*- 17 juUIet 1641 « Déclaration et dénombrement du manoir 
et neigneurie de Sugnenezo, fol. 212. 

52. — 2 décembre 1541. Acte de fol et hommage an Roy de 
messire Jehan de Laval, aire de Chateaubriant* « 

63. — 1541. Extrait de hi réformation de Tabbaye de Redon, 
fol. 215. 

64. — 9 juin 1542. Testament de Marie de Rohan, dame de 
Guéméné, fol. 216. 

55. — 25 mai 1543. Artillerie de Concarneau, fol 219. 

56. — 21 août 1543. Monstre de Raoul Tizon, sieur de la ville de 
Neu, fol. 220. 

57. — 29 juin 1543. Provision de la lieutcnance générale de 
Bretagne pour le sieur de Rohan, fol. 221. 

58. — 20 août 1543. Commission donnée au sieur de Kergue- 
lenen pour visiter les vaisseaux que les mariniers de Cornouaiile 
veulent armer en course, fol. 222. 

59. — 6 juillet 1544. — Inslilutîon de la charge de capitaine 
du château du Taureau pour Jean de Kmelec, fol. 224. 

60. — Août 1544. Lettres patentes du roy François I" portant 
pouvoir aux grands jours du Parlement de Bretagne déjuger dé- 
finitivement et en dernier ressort, fol. 2^6. 

61. — 30 mars 1544. Mandement donné par Louis de Rohan, 
seigneur de Guéméné, à René de la Jailie, pour faire sa recepte, 
fol. 228. 

62. — 26 septembre 1545. Quittance de François de Ploret 
d'une somme de 100 livres du sire de Molac, fol. 229. 

63.-5 août 4546. Don par Henry, dauphin de Viennois, 
à Claude de Lorraine et à Louis de Brezé, fol. 230. 

54. a^ 17 novembre 1646. Défense d'abattre les bois de Coetô- 
neac (?) et ettralt dti compte de J. Goulart, receveur de Dinan. 

65..-- 12 septembre 1547. Provision de sénéchal de Vitré pour 
ecuyer Bertrand d'Argentré, foL 233. 

66. -^ 15 septembj^e 1647. Don de 10,960 livres accordé par le 
roy Henry II à François de Rohan, adgaèur de Gié^ fol. 234. 



GATALi •-» BBBTAOHB* 109 

67i ^ 13 juin 1647. -^ Provision de la eharge de capilaiiid de 
cinquante lances pour René, yicomle de Rohan, fol. 3854 

68. "^ 6 féTrler 1547. Pledd «t bémmageft de la eour de Gué- 
méné tenus le 6 février 1547, foL 2Èd. 

69. *- 25 avril 1S48. Imposition^ âur les paroisses de Paulx, 
Mactaecoul, la Gamafche, etc., teltéâ qu'ils ont aceoustamé de le 
faire, fol. 238. 

ÏO. — ISàepiembre 1348. Procédure sur Vusemènt des conve- 
nanliers et dôtualiliers de la vlcoffité de Rohan, fol 240. 

71. — 5 février 1548. Monstre de René, vicomte de Rohan, de 
trente-neuf hommes d'armes et de soixante archers, fol. 242. 

72.-24 avril 1549. Contractde mariage de messire François 
de Rohan, seigneur de Gié, et dame Renée de Rohan, fol. 244. 

73. — 14 juin 1549. Lettres du roy Henry 11 qui confirment 
tous les privilèges dont les papes ont joui en Bretagne et en Pro- 
vence avant et après le concordat, fol. 252. 

74. — 3 mars 1549. Partage fait entre François, Claude et René 
de Lorraine, enfants de Claude de Lorraine, duc de Guise, pair 
de France, et Anthoinette de Bourbon, son épouse, fol. 256. 

75. — 14 juin 1549. Même que le n» 73. 

76 — 29 juillet 1550. Confirmation des mêmes. 

77. — 29 juillet 1550. Lettres du roy Henry II qui confirment 
tous les privilèges accordés aux papes en Bretagne et en Provence 
avant et après le concordat, foL 268. 

78. — 27 aoust 15^0. Don d'une somme de 1,500 livres de 
rente à demoiselle Claude d'Acigné , pour tous ses droits pater- 
nels «t maternels, fol. 270. 

79. — 3 mars 1550. Contrat de mariage entre Bertrand Glé et 
Perronelledu Pan, fol. 272. 

80« -^ Dernier octobre 1551. Roole de la monstre et reveue 
de quarante hommes d'armes et cinquante-neuf archers. Capitaine 
de Rohan, fol. 275. 

81. — 29 octobre 15ô3i Mémoire sur la pragmatique sanction, 
le concordat et huit mois du Pape en Bretagne, fol. 276. 

82.-18 mar» 1560. •— Lei ducs» comtes, marquis jbiti par 



200 LE CABINET HISTORIQUE. 

Henri II, François n et Charles IX ne précéd^ontles officiers de 
la couronne, fol. 377. 

.83. — 21 octobre 1580. Uzement local et coustame particuliers 
de la yicomté de Rohan, fol. 279. 

84. — 20 novembre 1591 et 30 mars 1593. Don fait par M. le 
prince de Guéméné à Pierre de Rohan, son fils aîné, en avance- 
ment de droit successif, fol. 285. 

85. — 30 mars 1593. Cession faite par M. le prince de Gué- 
méné à Pierre de Rohan, seigneur de Montauban, son fils aine, 
de la seigneurie de la Motte-Gien, fol. 289. 

86. — ler juillet 1593. Lettres de mainlevée pour les terres du 
prince de Guéméné, fol. 291. 

87. — 17 octobre 1593. Déclaration de Pierre de Rohan, baron 
de Montauban, touchant le partage donné au marquis de Marigny, 
^n frère, fol. 292. 

88. — 23 janvier 1594. Contrat de mariage entre François 
d'Ëspinay etSilvie de Rohan, fol. 294. 

89. — Septembre 1594. Dispense accordée par le pape Clé- 
ment VIII pour le mariage d'Hercule de Rohan , duc de Hontba- 
zon, avec Madelaine de Lenoncourt, fol. 298. 

90. — 22 octobre 1594. Contrat de mariage entre M. Hercule 
de Rohan et dame Madelaine de Lenoncourt, fol. 299. 

91. — 10 décembre 1594. Partage donné par M. le prince de 
Guéméné à Alexandre de Rohan, son fils, fol. 309. 

92. — 26 mars 1596. Don fait au marquis de Marigny par le 
royHenry lV,foL3l5. 

. 93. — l®*" septembre et 10 décembre 1597. Lettres du roy 
[Henry IV à M. le maréchal de Brissac, au lieutenant de Cour- 
lay, à M. de la Motte, id,, à M. de Brissac, touchant le châteaa 
de Courlay, fol. 317. 

94. — 14 septembre 1597. Exemption de ban et d'arrière-ban 
accordée par le roy Henry IV à M. le prince de Guéméné, 
fol. 319. 

95 Fragment pour Thistoire dé la Ligue. 

5170. ToMfi LXXniG . - 1. — 5 décembre 1671. Lettre de M. de 



GATÀL. — BRETAGNE. ' 201 

CliastilloD à M. de Précrchant (1) pour le sernccdo' Roy, avec le 
roole de la compagnie da siear de PFécrehant, première compa- 
gnie entretenue en la garnison de Gaingamp, fol. 1. — 6 juil- 
let 1592. Lettre du duc de Vendosme à M. de Précrehant.-— 21 sep- 
tembre 1597. Procuration de M. le maréchal de Brissac au sei- 
gneur de Précrehant de recevoir pour lui 4,000 livres escus du 
sieur Bedeau, son fermier, des 61 par pipe de vin pourladicte an- 
née. — 17 avril 1598. Commission de M. le maréchal de Brissac 
au sieur de Précrehant pour la démolition de la tour de Cesson. — 
18 avril 1598. Autre commission de M. le maréchal de Brissac au 
sieur de Précrehant pour délivrer les munitions de guerre de la tour 
de Gesson aux commissaires d'artillerie, canonniers et autres gens 
de mestier servant en îcelle. — 30 avril 1598. Lettre du roy 
Henry IV au sieur de Précrehant pour la convocation des Etats au 
15 mai dans la ville de Bennes. — 3 may 1598. Octroy et don du 
roy Henry IV au sieur de Précreliant de tons les matériaux de la 
démolition de la tour de Gesson. — 2 juin 1598. Ordonnance de 
M. de Brissac snr le trésorier de Textraordinaire des guerres de 
150 escus ail sieur de Précrehant ponr un voyage en cour pour af- 
faires secrettes. — 30 août 1598. Requête du sieur de Précrehant 
à M. le maréchal de Brissac contre les habitants de Saint-Brieuc, 
se disant porteurs de commission de M. de Mercœur. — 14 août 
1603. Lettre du Boy au sieur de Précrehant pour la convoca- 
tion des États au 13 octobre dans la ville de Rennes. — 31 août 
1607. Autre lettre du Roy au sieur de Précrehant pour la con- 
vocation des Etats au 5 novembre dans la ville de Lantrequier. 
— 8 août 1608, 20 septembre 1608, 24 juillet 1609. Lettres rela- 
tives au même suget. — 6 juin 1610, 20 juin 1610, 10 octobre 
1610. Lettres du maréchal de Brissac au sieur de Pércrehant. — • 
26 octobre 1612. — • Roole^ie la monstre et reveûe faite en armes 
dans la petite lande lez Redon, en Bretaigne, d'une compagnie de 
100 hommes d'armes dont est chef le maréchal de Brissac, fol. 6, 
evrso. — 28 septembre 1614. Rolle de la monstre et reveiie faite 

(1) Toussaint Conen de Saint-Luc, écuyer, sieur de Précrehant, paroisse 
de Pordic, juridiction de Saint-Brieuc. 

5« année. — Cat. i4 



903 LB CtABIMBT HUTOBIQeB. 

à la TÎIU d« Mal«ilroit, chef le maréchal da Briiaao^ M. 12. — 
12 nofembre 1614. InstrocUon à M. la maréchal de firisMlc pour 
donner Tordre de BainUMlebd à M. de Précrehani^foL 14, Terso, 
~ 12 novembre 1614. Gommieiion dii Roy à M> le maréchal de 
Brissac pour donner l'ordre et le oolUer de «Saint-Michel à M. de 
Précrehimt 4-^12 norembre 1614» Lettre du Roy ad sieur de Pré- 
crehant pour lui donner adrîs qu'il lui envoyt le collier de Tordre 
de Saint-Michelé — 15 janvier 1616. Doddo collier de Tordre de 
Saint-Michel à M. de Précrehant par M. le maréchal de Brissac. 

— 22 octobre 1615. Lettre de M. le maréchal de Brissac au sieur 
de Précrehant pour l'inviter à se tenir prr sts et les sifeni pour le 
service du Roy« — 23 octobre 1615* Autre lettre de M. de Cossé 
au sieur de Précrehant» — 14 janvier 1616. Commission de M» le 
comte de Brissac au sieur de Précrehant pour faire sortir le sieur 
Yauguerio du chasteau de Gorlay^ ^ 2 mars 1616. Autre lettre de 
M. le comte de Brissac au sieur de Précrehant* qui le fait son ma- 
réchal de camp<-- 8 février 1616. Autre lettre de M« le Comté de 
Brissacau sieur de Précrehant pour envoyer sa brigade à Redon^ 

— 29 may 1617 . Autre lettre de M» le comte de Brissac au sleuT de 
Précrehant. --'23 septembre 1617. Autre lettre de M. le maréchal 
de Brissac au sieur de Précrehant pour lui dodner avis dé la con- 
vocation des £tatl dé Rennes au 20 octobre prochain. -^ 6 août 
1619< Lettre du Roy au siettr de Précrehant pour lui mahder de se 
trouver auiL Etats à Vannes, convoqués au 16 septembre pro- 
chain. — 6 septembre 1620. Autre lettre dd Roy au sieur de Pré- 
crehant pour la convocation des Etats à Satnt-Brieae^ an 16 d'oc- 
tobre prochain^ -^ 16 septembre 1620» Lettre de M« le duc de Yen- 
dosme audit sieur de Précrehant pour lui remettre la lettre da Roy 
ci-dessus» -=-15 décembre 1638. Brevet du Roy en faveur dti sieur 
de Saint^UOi qui le nomme capLiaine d'une compagnie de cent 
mousquetaires à cheval» ^ décembre 1639i Extrait des registres 
du Parlement pour la reeeption du sietu* de Précrehant dans hi 
charge de grand prévôt. ^ 11 avril 1642. Commission de Mi le 
baron de Pontchasteau, gouverneur de Brest, au sieur de Précre- 
haut, pour aller à Dinan faire conduire des troupes à Saint-Maio 
pour un embarquement. — 27 may 1648t Extrait des registres de 



€ATAL» -^ BHBTÂGKB« 208 

la CbftiBbre des eomplM d« Bretaigne, portant eofiifliiitrémétit de 
lettres-patentes du Roy pour Fapprobation dé pldsieurs gnitidea- 
tions aceordées par les Etals au sieur de Pfécrehant. — 25 Juillet 
1649. Gommissioa de Mi le due de la Meillerayé) ptir^ maréchal 
et grand maistre de rartiUerie de Fraticei lletitenant général pour 
Sa Majesté en Bretaigâe. -- 28 octobre 1649. Lettre de 6<>ndo- 
léance de M. le duc de Gcsures au sieur de Précrebant, sur la mort 
de son épouse. — 4 novembre 16&2. Commission de M. le maré- 
chal de la Mellleraye au sieur de Précrehant de se transporter à 
Brest pour y arrester les sieurs commandeur de Neudhere, du Me- 
nillet, Moynerie et duPadejeu. ^ 19 novembre 16ô3. Gratifflca- 
tion des Etats^ de 1^000 livr«s, au sreur de Précrehant. — 27 juil- 
let 1657. Lettre du Roy au sieur de Précrehant pour la convoea- 
Uon des Etats, à Nanlesi au le septembre prochain; *^ 27 juil- 
let 1667. Lettre du t\oy au sieur de Précrehant pour la convoca- 
tion des EtatSi à Vannes» au 16 septembre. -^ 28 août 1667. 
Autre lettre de M. de Coëtlogeni pour remettre celle cy^déssus 
au sieur de Pr«^crehaut. — Rolle de la compagilie de cavalleHe de 
siear de Précrehant. — 6 may 1671* Letlîe du Roy au siebr du 
Précrehant, pour la convocation deS Etats, à Vitré, au 30 juillet— 
3 juin 1671. Autre lettre de M. le dUc de Ghaulnes, pour re- 
mettre celle cy-dessus audit sieur dePréorehant, fol. 25* 

2.— 4 juin lâ89s Ordonnance de Henry lit à Pierre Ddboys 
Landry de lever une compagnie de deux cents hommes de pied, 
et de la remettre au commandement du duc d'Ëpernon, fol. 27. 

3. — 12 octobre 1600< Édit par lequel il est ordonné que les 
séances du parlement de Bretaigne seront de s\% mois Chacune. 

4. — 1»' décembre 1600. Extrait du papier et registre du greffe 
d'oflice de la juridiction de Saint'Malo, foU 31. 

6. —Mars 1601. Suppression du siège présiaiat establi ï Ûinan, 
fol. 63. 

6.-10 août 1601. Mémoires et idstrUcaoui données pàf ma- 
dame et M. le duo de Rohan son fils, à U. Du Breil, pour le 
traité de mariage dadit duc de Rohan avee la princesse de Suéde, 
fol. 64.. 

7. — 30 oetobre 1601. LeUre du roy Henry IV au tùf de Suède, 



204 LE CAfilNET HIST(HIIQI]E. 

pour demaBder en mariage la fiUe de cepnnoe pour Henry, dac 
de Rohan, fol. 65. 

8. — 27 janvier 1602. Lettre du Roy à M. de Usmont, Jean- 
Lambert, gentilhomme ordinaire de la chambre, pour l'associer 
à Tordre de Saint-Michel, fol. 66.— Instruction au marquis de 
Gcesquen pour donner le collier à M. deLesmont. {Id.) 

9.-6 mars 1602. Déclaration du Roy sur Vexplication obmise 
par les notaires de Bretaigne du droit velleyan et autenlique : 
Si quœmulier, fol. 67. 

10.— 23 mars 1602. Provisions de la charge de grand veneur 
pour le ducdeMontbazon,fol.68. 

11. — 1« avril 1602. Copie en latin de la lettre écrite par 
Charles, roy de Suède, aux ambassadeurs à lui envoyez par le roy 
de France et le seigneur duc de Rohan pour le trailté du mariage 
dudit seigneur de Rohan avec la sœur du roy de Suède, fol. 70. 

12. — 14 octobre 1602. Contract de mariage entre Jean, comte 
Palatin du Rhin, duc de Bavière et de Deux-Ponts, et Catherine 
deRohan, foL71. 

13. — 9 juillet 1603. Lettre de cachet du roy Henry IV au 
parlement de Paris pour Térection de la vicomte de Rohan en 
duché-pairie, fol. 73. {Suit Varrét). Un second arrêt de 1603. 
— Un troisième et un quatrième arrêt. 

14. •» 20 décembre 1603. Lettre de gentilhomme delà chambre 
du Roy pour le marquis de Vaucouleurs d'Espihay, fol. li. 

15. —1603. Enqueste et information civille et ordinaire faicte 
d'auctorilé de la cour et juridiction de Becherel, pour trouver et 
prouver sy estre peultlesfaicts par messîre Guillaume de Lamothe, 
suivant les faicts et articles présentement apparus pour ce faire et 
fournir à rencontre de escuyer François Lebel, sieur de la Tour, 
héritier par bénéfice d'inventaire de deiTunt Pierre Lebel, vivant 
sieur de la Tour, deffendeur, fol. 78. 

16. — 9 mars 1604. Duel de Renaud de la Mazelière avec Gabriel 
de Montgommery (extrait du procès), fol. 110. 

17. — 28 juin 1604. Estât de la despance du compte de M« Pierre 
Lecbarron, trésorier de TÉpargne des guerres en Bretaigne, en 
Vannée 1600 conclud le 28 juin 1604, fol. 111. 



GATAL. — BRETAGNE. 205 

18. —27 septembre 160I. ProYîsions de la charge de sénéchal 
d'Anjou et de la Flèche, données par le roy tienry IV à M. le 
prince deGnéméné, fol. 115. 

19. — 7 février 1605. Contrat de mariage entre Henry, duc de 
Rohan, et mademoiselle Marguerite de Béthnne, fol. 116. 

20.— 7 février 1605 (le même contrai), fol. 117. 

21. — 27 avril 1605. Le duc de Rohan fait colonel général des 
Suisses, fol. 121. 

22.-7 may 1605. Extrait des registres du parlement de Bre- 
taigne sur les lettres patentes du Roy, qui permelau sieur Gauteron, 
seigneur de Robien, de se dire et nommer du surnom de Robien, 
fol. 122. 

23. —22 mai 1605. Contrat de mariage entre Marguerite de 
Rohan et Charles d'Espinay, comte de Duretal, fol. 123. 

24.-22 mai 1605. Traitté de mariage entre le marquis d'Es- 
pinay et Marguerite de Rohau, fille du prince de Giiéméné, fol . 129. 

25. — Février 1606. Édit de suppression de Tofûce de second 
prevost des mareschaux, fol. 130. 

26.— Juin 1607. Édit d'érection d'un lieutenant du prevost des 
mareschaux au comté Nantois, fol. 132. 

27. — 30 aoust 1608. Suppression des lieutenans assesseurs 
criminels et examinateurs, fol. 134. 

28.-4 septembre 1606. Testament de Magdelaine de Rieux, 
veuve de Pierre de Rohan, comte de Montauban, fol. 135. 

29. — 30 septembre 1606. Commission donnée par le roy 
Henry IV au duc de Monlbazon pour assister aux États de Bre- 
taigne conjointement avec le maréchal de Brissac, fol. 145. 

30. — 7 novembre 1606. Arrest du parlement de Bretaigne 
contre le prieur de Locminé, fol. 146. 

31. — Novembre 1607. Lettres touchant les privilèges de mes- 
sieurs delà Cour, fol. 148. 

32.— 17 décembre 1607. Lettres du Roy en faveur de la veuve 
de René le Provost, fol. 149. 

33. — 28 octobre 1606. Procédure entre Marguerite deBcau- 
manoir contre Jean Duquellenc, sur un compte de tutelle, fol. 150. 



206 LB CABINET HISTORfOUB. 

84.- 5 mai 1608. Don de 30,000 Ut. Mt pw Sa Majesté à 
M. Iç duc de Montbazon, fol. 154. 

35. — Aoust 1608. Lettres du roy Henry IV, qui unit et Incor- 
pore Içs chastelnies de Rosniadec, Tifarleii, eto..., en marquisat 
de Rosniadec, en fafenrde Sébastien de Rosmadee, fol. 155* 

36. — 22 novembre 1608. Donation faite par Henry, duc de 
Roban, à M. delà Coudraie, sénéchal de Henebout, en reconnois- 
sance des soins qu'il se donnoit pour la composition de TbiBlOire 
de la maison de Roban, fol. 156. 

37,— 22 novembre 1608. Donation faite par Henry, duc de 
Rohan^à M. de la BoiUlaye,..., en reconnois.sance des soins qu'il 
s'étoit donné et se donnoit journellement pour la composition de 
l'histoire généalogique de la maison de Roban, fol. 157. 

38. — 19 mars 1609. Traitté de mariage entre me^sire Piwfc, 
comte de Montauban, et Antoinette de Bretagne, fol. 158. 

39.— 6 avril 1609. Confirmation des droits de M, le duc de 
Vendosme comme gouverneur de Bretagne, fol. 159. 

40. — 1609. Droits d'admirauté accordés à César de Vendosme 
par Henry IV, fol. 160. 

41. — 23 juin 1609. Lettres pour les sergens généraux et d'ar- 
mes du comté Nantois^ fol. 161. 

42. — Juillet 1609. Érection en marquisat des terres d'Acigné, 
Huguetières, etc...., sous le nom de Acigné, en faveur de Charles 
de Cossé, seigneur d' Acigné, fils du maréchal de Brissac, fol. 162. 

43. — 28 novembre 1609. Testament de messire Charles d'Ëspi- 
nay, comte de Duretal, fol. 163. 

44. --1609. Faclum de MM. de Saint-Malo contre le sieur de 
Champlain; pour le fait du trafic de Canada, fol. 165. 

45. —l*"^ janvier 1610 Remboursement des frais faits par étal 
à Nicolas Frotet, sieur de la Landelle, procureur syndic de Saint- 
Malo, fol. 169. 

46. — 18 février 1610. Suppression des lieutenants criminels en 
chef, fol. 177. 

47. — 14 mai 1610. Don fait par Alexandre de Roban, marquis 
de Marigny, à Marguerite de Rohau; sa sœur, de tous ses biens 
meubles et immeubles, fol. 178. 



OATAL. — - BRBTAttlfg. 207 

4i^-^8 jaillet 1610. Lettres do Roy an ptriemeot de Bretagne 
pour faire cesser les procédures faites contre le rieor de Beaare- 
gard, établi lieotenant de BHàiei, par M. le due de Monthazon , 
foL 179. 

49.^1«r septembre lêlO. Brevet de conseiller d'État pour le 
comte de Montbazon, fol. 181. 

30.— 31 décembre 1610. Procès entre Guy de Rieux et les 
bourgeois et habitants de Saint-Malo, fol. 182. 

51. — 1610. Assiette des États généraux et ordinaires des pais 
et daché de Bretagne, Aaaemblea en la Tilte de Rennes, fol. 184. 

52. — 2 octobre 1610. Assemblée des trois États, à Rennes, 
fol. 18$. 

63. — 32 déeewbre 1911. Assiette des États généraux, ete... , à 
Rennes, fol. 186. 

54.-6 mars 1611. Suppression du chauffecire de la chancelle- 
rie de Bretagne, fol. 187. 

55. — Mai 1616. Confirmation des privilèges des habitants de 
SainttAubin-du-Cormier, fol.|188. 

56. ^24 ayril 1611. Lettre signée Louis, adressée à M. de 
Camé...., fol. 189. 

57. -«-May 1611. Conflrmatton des privil^es du marquisat 
d'£splnay,fol. 191. 

58. — 10 juin 1611. Don de racbatà Pierre de Roban, fol. 134. 
69.— 2 Juillet t611. Deffenses aux archers de la gabeHe de 

courir en Bretagne, fol. 195. 

^._ 4 juillet 1611. Lettre du duc deVendosme, de sa main, 
an sieur du Plessisde la Rivière, fol. 196. 

61. — 1611. Mémoires et instructions pour les sieurs de la 
Laudelle et de la Villeneufve aux députez des corps et commu- 
nantez de la ville de Saint-Malo, pour aller au nom d'ieelle trou- 
ver le Roy et la Reine régente ponrles fins ci-après, fol. 197. 

62. — 23 mars 1612.— Requeste des habitants de Saint-Malo 
contre les Capucins qui vouloient s'établir et leur faire bastir up 
couvent malgré eux. fol. 199. 

63.-23 mars 1612. Copie d'opposition à Vétablissement des 
Capucins à Saint-Malo, fol 201 . 



208 LE CABINET HISTORIQUE. 

64.^— Avril 1612. CoDfirmation des pmiléges< des moanoiears 
de Brax^lles, fol. 203. 

65. — 22 août 1612. Brevet de dame ordinaire de la Reine 
accordé à Marguerite de Rohan, marquise d'Épinay, fol. 206. 

66.-7 septembre 1612. Déclaratioa en faveur des États, 
fol. 297. 



ILE DE FRANCE. 

INVENTAIRE DES TITRES ET PIÈGES DU TRESOR DES CHARTES, 
POUR SERVIR A l'HISTOIRE DE L'iLE DE FRANGE, ET DU PATS 
DE PARIS EN particulier. 

Suite du dépouiUement du Trésor des CharUs. (Voy. t. IV, p. 42.) 

5171. Paris IY. — 1. Acte des doyen et chapitre de l'Église de 
Paris, par laquelle ils recongnoissenl que le roy Philippe- 
Auguste leur ayant octroyé de bastir une maison tenant au Petit 
Pont de Paris, qu'il s'est néaatmoings retenu les revenus et jus- 
tices en ladicte maison, ainsi qu'il les avoit es aultres maisons 
tçnans audict pont. L'an 1196. Scellée. 

2. Tesmoignage rendu par Guillaume, archevesquâ de Rheims, 
Louis^ fils aisné du roy de France, Guarin, évesque de Sentis, 
Baudouin de Roye, chambrier de France, Mathieu de Montmo- 
rency, conneslable de France ; Pierre, comte de Bretaigne ; Robert, 
comte de Dreux, Gautier, comte de Blois, Jean, comte de Beau- 
mont, le comte de Grandpré, le comte de Navarre, Guillaume 
des Roches, séneschal d'Aujou, Enguerrand de Coucy, Ëstienne 
de Sancerre, Jean de Neelle, Gautier des Barres, Aubert de Han- 
gest, Guillaume de Tournelle, mareschal, Bouchard de Maillé et 
aultres : touchant les procédures contre Guillaume, évesque de 
Paris, sur le débat qui estoit entre le roy Philippe-Auguste d'une 
part, et ledit Guillaume d'aultre, à raison de quelques droicts 
que le Roy auroit au clos Brunneau, sis dans Tentour des murs 



CANTAL. — ILE DE FRANCE. 209 

de Paris. A Paris, l'an 1220, mars. Scellé des sceaux desdicts 
évesques et seigneurs. 

3. Vente de 20 sols de rente sur une maison sise à Paris, en 
la rue aux Fanconnl^Sy en la censi?e de Tyron, tenue par des 
Béguines. A Paris, l'an 1265, apvril. 

4. Accord entre le Roy d*une part et l'abbé et couvent de 
Sainct-Germain-des-Prez de Paris d'autre, touchant la justice en 
la terre de ladicte abbaye, sise dans les murs de Paris. A Paris, 
Pan 1272, febvrier. Scelié. 

Il semble que les églises de Saint-Barthélémy, Saint-Cosme, 
Saint-Damien et des Gorddiers soient en cette terre. Lesdicts 
abbé et couvent doivent avoir en ladicte terre toute justice haulte 
et basse; et le Roy le guet, la taille, exercitum cavalcatum et 
bannum. Item, talliam panis, vmi et ressortum. Et lesdicts abbé 
et couvent, viariam et justiciam viariae, et quidquid pertinet ad 
viariam, falsas mensuras et sallias domorum. 

6. Accord entre le roy Philippe III d*une part et le chapitre 
de Péglise de Saint-Merry de Paris d'autre, touchant la justice 
que le Roy disoit avoir en toute la terre de ladicte église de 
Saint-Merry, tant en la ville de Paris que proche de Paris: 
confirmé par les doyen et chapitre de l'Église de Paris, auxquels 
ladicte église de Saint-Merry est immédiatement subjecte. L'an 
1273, janvier. Scellé. 

Ledit chapitre de Saint-Merry doibt avoir en ladite terre de 
Saint-Merry, census, redditus, rentas, investituras, rougium, 
foragium sive chantelagium et omnia emolumenta quae possunt 
evenire ratione fundî terrœ, necnon justiciam totam fundi terras. 
Item, justiciam super mobilibus catellis conventionibus et con- 
tractibus quibnscnnque, etc. 

Le Roy au réciproque a la justice super îctibus ex quibus 
verisimile esset quod percussns membrum, seu vitam amitteret 
vel membri mutilationem, etc. 

Le Roy se réserve toute justice haulte et basse en la terre de 
Sainct-Merry à une demi-lieue hors de Paris. 

6. Cession et transport de 8 liv. parisis de rente en chef et 
menu cens sur plusieurs maisons et lieux à Paris, faite au Roy 



310 tK OABIIWT BISTORIOOB. 

piur l'abbé at coovenl do SunctrGermainvdes-FFW à Paris, Pan 
1276, may. Scellée. 

Le Hoy délai$04 aui^diQts abM eX eoavent quartam partem 
(g[ruagii m Den)ori>>U9 ^ûtantibiis Um tu castellanis de Castpo- 
forti quam de Parisiis. 

Plu» las quitta de» diimea qu'Us deyoieat tous les ans en 
leur maiiou da MonteeUii ao prérosj; d« Cbasteanfort. 

Plus que les habilants de Mouteclin soient quittas d'amener 
les malfaiteurs à Paris lorsqu'ils en estolent requis par le préfost 
de Cbasteaufort. 

Plus qua ce qu^ lesdicts abbé et eonveat aboient aequis à Joay 
de Bouchard de Rnguenaut, clievaUer relevant du seigneur de 
Cbevreuse, leur demeure libre, saqs estre tenus de le mettre hors 
de leurs mains. 

Plus est octroyé auxdicts abhé et couvent d'ériger des fourches 
et piloris où ils ont droict de haulte Justice, et ce peur exéonter 
leurdicte justice. 

Plus que les sergents du Roy ne puissent adjonrner es lieus où 
lesdicts abbé et couvent ont droict de justice, si ce n'est en cas 
de ressort et es cas dont la connoissance appartient au Roy. 

Est faict mention de Bertrand Ijiesselin, Guillaume le Normapt, 
Nicolas diet Meingot, Jean Marcel. 

7. Cession et transport faict au Roy par Tabbé et coqvent de 
Sainct-Germain-desrPrei de Paris de la moitié de l'émolument de 
leurs foires de Sainct-Germaln, lesquelles commencent quinze 
jours après Pasques et durent dixrhuit jours continuels. La Roy 
avoit déjà la moityé dudit émolument desdictes foires. L'an 1285, 
juin. Scellée. 

Est faict mention de Mathieu, abbé de Sainet^rDenys, et de 
Syroon» seigneur de Neelle. Lesdicts abbé et couvent avoient 
fondé deux ehapellenies de 40 liv. parisis de rente pour deux 
Clercs de l'Université de Paris, tuez par leurs gens. 

8. Vente d'une maison en la censive et seigneurie de l'église 
de Sainct-Germain-des-Prez de Paris à Jean dict Sabaot, char- 
pentier, par Jacques Boucachin de Florence, Pan 1281. 

9. Procuration deTabbé at couvant de SainV-Denia en France, 



GATAI^.'**- ILB DK FRANGE. 911 

è Rtohtrd da Pootoîse, pour traieUr en l«ar nom d'an escfaange 
à faire avec Monseigneur de Montmoreney. L'an 1293, janvier. 

10. Cession et transport de denx maisons aux faulxbourgs 
Sainet-Gennain de Paris, pour 16 sols de cens par an, à Symon 
du Mont- Notre Dame, chanoine de Paris, et à ses liéritiers, par 
l'abbé et couvent de Saînet-Germain-des-Prez. L'an 1300. Scellée. 

11. Recongnoissance des doyen et chapitre de l'Église de Paris, 
par laquelle ils confessent que le Roy leur a octroyé la cour 
dès plaids à Paris pour les tenir, le siège de Paris vacant. L'an 
1304. Scellée. 

Ce qui monstre que le Rpy a droîct de régale en TÉglise de 
Paris. 

12. Lettre des doyen et chapitre de TÉglise de Paris, par 
laquelle ils quittent le Roy de vingt livres tournois de renie à 
prendre sur son trésor, en récompense de ce que le Roy leur 
octroyé de prendre vingt livres tournois de rente sur le pressoir 
de Sainct tslienne-des-Grea, dict vulgairement le pressoir du 
Roy, avec permission de tenir iadicte rente sans la mettre hors 
leurs maius, ou en payer finance. L'an 1310, juin. Scellée. 

Est faict mention d'une chapellenye fondée par Galerand le 
Breton, échanson du Roy et concierge de sa maison. 

13. Hommage lige de Thierry, seigneur de Huguevanges, 
chevalier de la comté dp Lu^^embourg, ^u Roy, pour deux cents 
livres tournois de rente, à prendre sur le trésor du Roy, à Paris, 
par chascun an, en Tabbaye de Monlcel, prez de Poat-Saint- 
Maixance. L'an 1347, avril. Scellé, 

14. Union à la couronne de France des chasteau, ville et chas- 
tellenie de Credulio, qui est Creil, et de Testang de Gonieu^c, 
sans en pouvoir être séparés pour quelque c^use que ce soit, 
faicte par le roy Charles V. A Paris, Fan 1374, janvier. Scellée. 

Ladicte chastelleuie de Creil estoit tenue par le seigneur de 
Grancey et Béatrix de Bourbon, sa femme, tante du roy Charles Y. 

Ledict estang de Gonieux Avoit esté acheté du comte de Dam- 
marlin par le roy Charles V. 

45. Adveu de Robert de Lorri^t chevalier, seigneur d'Erme- 



212 LE CABINET mSTORIQUB. 

nonville, pour six muids de bled de rente à prendre sur un de ses 
moulins d'Ermenonville. A Paris, Van 1376, juin. Scellé. 

16. Amortissement donné par le roy Charles V aux prieur et 
couvent de Saint-Leu-de-Sirens, de Tordre de Cluny, diocèse de 
Beauvais, pour pouvoir achepter vingt-qoatre livres de terre on 
de rente hors de la ville de Paris, sans qu'ils soient tenus les 
mectre hors leurs mains ou en payer finance. Au chastel du bois de 
Vincennes. L'an 1376, may. Vidimé. 

17. Don de quelques maisons avec les appartenances hors et 
proche les murs de la cité de Senlis, au roy Charles Y, par Jean, 
cardinal du titre de Sainct-Marcel et autresfois évesque d'Amiens, 
en considération des bienfaicts par lui reçus du Roy. A Avignon, 
Fan 1376, septembre. Scellé. 

Ce cardinal dict avoir esté du conseil du Roy et manié ses 
afïlstires, et par son moyen avoir esté promeu à Télat de cardinal. 
Ces maisons avoient été acheptées d'Hencelin Chocard. 

18. Accord entre le roy Charles VI d'une part et les doyen et 
chapitre de Féglise de Nostre-Dame de Paris d'aultre, par lequel 
est convenu que les ventes saisines d'une maison en la rue Saint- 
Jacques, appellée l'hostel du Saumon, tenant d'une part aux reli- 
gieux de l'église Sainct-Mathurin de Paris et aboutissant par 
derrière à l'hostel maître Gervais Chrestien, ensemble de deux 
autres maisons proche, appartiendront par moistyé également au 
Roy et auxdicts doyen et chapitre. A Paris, l'an 1386, janvier. 
Scellé. 

19. Ratification des doyen et chapitre de l'Église de Paris, de 
l'accord que dessus. L'an 1386, febvrier. Scellée. 

20. Accord entre l'Université de Paris d'une part et le procu- 
reur du Roy au Chastelet d'auUre, sur ce que ladite Université 
prélendoit que c'étoit au recteur de ladicte Université d'avoir 
congnoissance d'un livre françois nommé Tristan de Lionois, et 
nonaudict procureur du Roy. L'an 1485, juin. Scellé. 

21. BuUe du pape Pie II, par laquelle il deffend aux recteur, 
docteurs et escoUers de l'Université de Paris de faire cesser les 
lectures, si ce .n est pour quelque gricfve offense qui leur ait 
esté faicte et que justice leur soit déniée, et encores qu'ils ayent 



GÀTAJi. — ILE DE FRANGE. 213 

prouvé ladicte offense devant l'archevesqne de Sens et Tévesque 
de Beanvaiset quelesdictsarchevesqueet évesque, ou l'un d'eulx, 
ayent jugé que ladicte cessation de lecture puisse être faicte. 

Plus que lesdicts recteur, maistres docteurs et escoliers de 
ladicte Université ne puissent deffendre de prescber aux religieux, 
pour quelque subject que ce soit. A Rome, Fan 1462, febvrier. 

Cette bulle fut obtenue sur les remonstrances du roy Louis XI, 
que le Pape appelle Très-chrestien, et dict encore grandement 
mérité du Saint Siège. 

22. Lectre du roy Louis XI en faveur des enfans de Paube du 
chœur de FÉglise de Paris, par laquelle il leur affecte à la nomi- 
nation des doyen, chapitre de ladicte Église, une des bourses de 
grammaire du collègue de Navarre, pour la tenir tant que celuy 
qui Taura estudiera en grammaire, et à son défault celuy qui 
sera nommé aprez luy par lesdicts doyen et chapitre. A Paris, 
l'an 1474, janvier. Scellée. 

Celui qui aura ladicte bourse doibt estre appelle Pescolier de 
Nostre-Dame. 

23. Confirmation de la lettre que dessus par le roy François !«', 
l'an 1514. 

24. Copie de la bulle du pape Alexandre, successeur du pape 
Innocent, à Tévesque de Paris, touchant les différens qui estoient^ 
entre l'Université de Paris et les Frères-Prescheurs régens à 
Paris en la faculté de théologie d'aultre.— Ladicte Université ne 
vouloit permettre que lesdicts Frères-Prescheurs leussent en 
ladicte Université, et nomément Thomas d*Aquino, et deffendoit 
de les ouyr ny ne les vouloit associer à elle. Le Pape prive pour 
ce faict de toutes dignitez et bénéfices Guillaume de Sainct- 
Amour, Odon de Douay, Nicolas, doyen de Bar-sur-Aube, et 
Chrestien, chanoyne de Beauvais. A Ananie, Tan ^ du pontificat 
du Pape. 

PIÈGES DIVERSES DE l'iLE DE FRANCE 

L'HosTEL ROYAL DE Sawct-Paue DANS PARIS. — !• Vente 
faicte au Roy par Symon Yerjal (ou Vénal), bourgeois de Paris, 



314 LE QàBIHET USTORIQUB. 

et sa femme, fille de feu Jean de Sainot«Marccl, bourgeois de 
Paris, d'une maisoo qui jadis fut audiet de Sainct^Marcel, sise 
hors la porte ôaincl-^Anthoide de Paris, vers les Barres, et une 
rue appelée Pul-y-Musse^ avec le colomlner, jardin, appartenances 
et dépendances) tenant d'une part k une plaee attx Plastriers, 
qui est aux religieux de Sainct^Éloy de Paris, et oe pour le prix 
de 200 liv. tournois* 1360| may. Scellée» 

2. Donation faicte par LotûS) comte d'Estampes et Jeanne d'Eu, 
sa femme, à Charles, fils aîné du Roy, de Thostel qui es appartient, 
réglise de Sainot-Pol à Paris^ appartenances et dépendances, 
tenant d'une part au cimetière de iadiote église et aux jardins 
de i'arohevesque de Sens d'aultfe : priant le Roy vouloir avoir 
agréable cette [présente donatioui Mai, 1361. Scellé de 2 sceaux. 

3* Ratification et approbation de ladicte donation^ faicle par 
le roy Jean. 1361, may« Scellée» 

3 Mê. Lettres par lesquelles l'abbé et couvent de Sainct^Màur- 
des-Fossez vendent à Charles, fil» aine du roy, duc de Normandye, 
une grande maison et un grand jardin scis en la ceneive de Sainct- 
Éloy, en la jparoisse de dainct-Pol| près le cimetière de ladicte 
église et la ruelle de Putey musse et rue du Piastre {sic) ^ et ce pour 
aggraufiir sa maison.— De plus accordent et consenient que tous 
les bois et revenus estansàTorcy (?) et relevant d'èuii qui ont esté 
donnée à ceux du Vivier pour leur fondation par lediot duo de 
Normandie soient tenus par lesdicts du Vivier comme amortis 
à perpétuité, moyennant ce lesdicts de Sainot^Maur recognoissent 
avoir eu dudict Duo 124 arpens de bois sis apud otaiormm La 
Févriére : — et un fief avec ses appartenances sis à Villiei^ prez 
Tournant) et auUres choses y spécifiéeSi 30 septembre 1362. 
SceUéeSi 

4. Quittance et déclaration desdiots de Sainct*Maur comme ils 
sont contents de la récompense à eux baillée par ledict Due 
lors Roy pour leurdicte maison. 1534. Scellée. 

ô. Lettres patentes de l'union à perpétuité au domaine de la 
couronne faicte par le roy Charles V, de son hostel de Sainct- 
Pol, sans qu'il puisse être à jamais désunii pour quelque occasion 
que ce soit. Juillet 1364. Scellées. 



GÀTAL. — ILE m PlIANCË. Sl& 

6. Bdlk du fiapê Urbain Y, donnant permisèidn ft Pafehevesque 
d« Bem de faire csoliange aree le Roy de sdn bostel archiépisco- 
pal estant à Paris, atee aaltres biens que le Roy lui teult bâiller 
pour astre de mettue nature que ledit hostet, et ce pour joindre à 
soil bostel royal da Sainct'Pol et pour faire ledict escbange com- 
met lesé?esques de Paris, de Beautais et de Chartres. Avignon, 
3 kal. (juil.)) anno 3 pontif. 8ub plumbo. Duplic. 

7. Leetre du Roy a ses trésoriers sur lé Mtt des aydés à Paris, 
à ce qu ils ayentà faire délivrer à Varcbetesque de Àens ta somme 
de ll,âO0 liv» pour le payement de rhostel de M* Jeau de Hesto- 
menil, séant prei les Béguines, pour estre dorénavant Tbostel 
des arcbevesques de Sens. 1365) aoust. Scellée^ 

A ces iecires sont attachées plusieurs quictatices de Guillaume 
da Mélun^ arohevesque de Sens, du payement desdictes sommes. 

8. Leotres patentes du Roy par lesquelles il unit à la cou- 
ronne^ en conséquence de l'union précédente cottéé il» S, la mai- 
son de rarchevesqite de Sens, qu'il a acquise de nouveau, sans 
Jamais estre désunie par quelque cause que ce soit et reult qu'elle 
soit de mesme condition que la précédente m\àn. Février 1365. 

9. Procès-verbal des trois éresques Cl -devant Commis par le 
Pape pour faire l'eschange de Thostel de Sens, par lequel ils 
apprécient ledict bostel à 300 llv. parisis de rente, et poiir ce 
acceptent des terres et rentes à la Charge qu'elle^ soient amor- 
ties» à prendre sur plusieurs villaiges y spécifiez apparténans au 
Roy, dans le diocèse de sens t à la chargé que la fnaison sise 
devant les Béguines à ParU soit da même nature que Tbostel 
eschangé, c'est-à-dire amorties. 1968i 3 s<$eauit« 

10. Lettres par lesquelles le Roy unit ft son bostel royal de 
Saint-Pol deux maisons proches d'iœluy pour Idger déUi des 
maistres de son hosteli attendu les grands abus qui se commettent 
journellement) lesdicta maistres esuni loges loing ût Tbostel 
royal. 1418^ octobroi SecUéesi 

£st faict mention da Pierre de FoUtenay, abevalier, seigneur 
de Rancé, premier maistra d'bostel; iean, seignëUr du Meàttil, 
chevalier, aussi maistre d'bostal. 

La Saii«cflt''CHAPEttE liu PAtAia b£ t'Afits. — 1. Lettres 



216 LE CABINET HISTORIQUE. 

de Baile eonnesb'ble^ mareschal et aultres officiers de l'empire de 
Consiantinople, par lesquelles ils baillent en gage la saincte Cou- 
ronne d'Épine à Nicolas Quirino^ pour certaines sommes d'argent 
qu'il leur auroit prestées. £t est faicl mention èsdîctes lettres 
d'Albertin Morocenus, de Nicolas Gornario et deJPierre Zanne. 
L'an 1238, en septembre. Scellées. 

2. Lettres des Baile connestable et autres conseillers et barons 
.de l'empire de Constantinople audict Nicolas Quirino, par les- 
quelles ils lui mandent qu'il veuille rendre ladicte Couronne à 
ceux qui lui estoient envoyez de leur part, lesquels luy dévoient 
rendre la somme pour laquelle elle estoit engagée. Â Constanti- 
nople. 1238, décembre. Scellée. 

3. Indulgences des archevesques de Bourges, Sens, Rouen, 
Tours, Tolède et Reims, et des évesques de Laon, Soissons, 
Amiens, Sentis, Langres, Chartres, Orléans, Meaux, Bayeux, Lo- 
reux et Âvranches, à ceux qui visiteront annuellement la Saincte- 
Chapelle, bastie à Paris, au PaUais du Roy, en l'honneur de la 
saincte Couronne et de la saincte Croix, et avec l'autorité et con- 
sentement du légat du Sainct-Siege, Tan 1248. Avril. 

4. Indulgences de Tevesque de Tusculane, légat du Sainct-Siege, 
à ceux qui visiteront la dicte chappelle le jour de la Dédicace 
et huit jours après. A Lyon^ le 8 des ides de novembre, le qua- 
triesme an de son pontificat. 

5. Pareilles indulgences par le pape Clément, à Perouse, le 
8 kal. novemb. 1 an. pontificatûs. 

6-7. Duplicata desdictes deux dernières bulles. 

8. Bulle du pape Nicolas Ili, déclarant que les clercs, exempts 
de ladicte chappeUe, non subjects à aultre qu'au Pape, puissent 
estre promus en la dicte chappelle en tous ordres par les évesques 
et aultres prélats ayant pouvoir de conférer les ordres. A Viterbe, 
les ides de septembre, le premier an de son pontificat, 1277. 

9. Lettres du roy Louis Hutin par laquelle il donne aux cha- 
noines de la Saincte-Chappeile, à Paris, onze cent septante-six 
Uvres de rente qu'il leur assigne sur les vicomtez de Caen et 
Bayeux, sur le baillaige de Sens, et institue un treiziesme cha- 
noine outre les huict instituez par le roy sainct Louis et les 



CATÀL. — ILE DE FRANGE. 217 

qaatre inslRaez par Philippe le Bel, son père. A Paris, 1318. 
Juin. 

10. Lettres du roy Philippe le Long à Pierre «de Gondet et 
Amaury de,Charmaye, clercs; Guillaume de Gourteheuse et 
Guillaume de Marciily, chevaliers, par lesquelles il leur mande 
qu'ils ayent à adviser où U pourroit estre assignés rentes et reve- 
nus aux chanoines de la Sainct-Chappelie au baillaige de Gaen. 
A Ghasteauneuf sur-Loire, 25 novembre 1317. 

11. Don du droict de patronage ez paroisses de Leuthère, 
de Aubigny et de Granville an diocèse de Gout^nces, par Gharles 
le Bel, aux trésorier et chanoines de la Saincte-Ghappelle, réservé 
au Roy le droit de présentation et nomination de vicaire perpé- 
tuel ez églises desdictes parroisses. A Paris, 1322. Apvril. Scellé. 

12. Don de 85 livres et 13 solds tournois de rente à prendre au 
trésor du Roy par Louis, comte deGlermont, seigneur de Bourbon- 
nois et chambrier de France, fils de Robert, comte de Glermont, 
seigneur de Bourbon, qui fut fils du roy sainct Louis, aux tré- 
sorier et chanoines de la Sainctc-Chappelle, à Paris, et le consen- 
tement de sa femme, Marie de Hainaut. A la Saincte-Ghappelle, 
le vendredy après TAscension, 1325. Scellé. 

13. Inventaire des reliques, joyaux, livres, ornements, veste- 
ments et aultres choses appartenans à Tusage de la Saincte-Ghap- 
pelle du Pallais, Tan 1336, en aoust. 

14. Autre inventaire desdictes reliques et autres choses appar- 
tenans à l'usage de ladicte Saincte-Ghappelle. 1340. Febvrier. 

15. Lectres du roy Philippe de Valois à ses gens des comptes à 
Paris, par lesquelles il leur mande oster de l'inventaire et du re< 
gistre des sainctes reliques de la chappelle du Pallais, à Paris, un 
joyau appelé le camayeu, envoyé à nostre Sainct Père le pape. 
1343, le 21 juin. Scellées. . 

16. Don de 400 livres de rente par le roy Gharles V aux tréso- 
rier et chanoines de la Saincte-Ghappelle, à Paris, à prendre ez 
prevostez de Sai net-Quentin en Yermandois et de Ribemont. 
A Paris, en octobre 1367. Scellé. 

17. Vente de 4 livres parisis de rente à prendre sur une mai- 
son, à Paris, en la rue aux Lyons, hors la porte Sainct-Denis,par 

5« année. — Gat. të 



218 m fiABINPT mSTORIQUIi, 

GaillawDtt Berard» aomusaier du R^> du nom et profilt ie^ tré- 
sorier, chanoines et collège de la Saincte-Ghappelle de Paris , 
pour la somme da 100 liwai tuurqqis. A Paris, B fâb?riep 1304. 

18. Saisine de ladicte rente au pvoffît desdiets obaaoifiea. 1394, 
2f febvrier. 

19. Trauiport de ladlote renie fkiiet par lesdiets de U| Sainqte- 
Ghappelle au Palais«Royal, à Paris, au profflt du Roy, i^ juillet 
1402. 

20. Quittance des trésorier et chanoines de la Sataote-Ohap- 
pelle au Pallais Royal, à Paris, pour la somme de t^QSO francs 
d'or receus d'eux pour et au nom du Roy. Donné en Fassenblée 
de ladicte Saincte-Ghappelle, 8 Juillet 1402, Scellée. 

21. Don de 474 livres de rente annuelle par le roy Charles VI 
aux trésorier et chanoines de la Sainete-Chappelle du Palais 
Royal. A Paris, 1402, 6 octobre. 

22. Récompense de 6<58 livres 5 solds parisis de rente annuelle 
à prendre sur les changes et forges à orfèvres estant sur le 
Grand Pont, à Paris, ordonnée par le roy Charles VI aux trésorier 
et chanoines de la Saincte-Ghappelle, à Paris, pour n^avoir lesdiets 
de la Saincte-Ghappelle jouy entièrement de la somme de 1,761 li- 
vres tournois de rente qui leur auroicnt esté données et assignées 
sur les vicomtez de Gaen et Baycnx par le roy Charles le Bel. 
A Paris, 1403. Septembre. Scellée. 

28. Deux roulleaux de minutes raturées en plusieurs endroits . 
Sans datte. 

Lb coi.£à«B DE Navarrb. -^ 1. Ëxlralct do teatameat de 
Jeanne, reyne de France et de Navarre, fsmmedtt roy Philtppale 
Bel, pap lequel elle lègue 2,000 livres de rente pour r)ngt esqp- 
liers en grammaire, trente en logique et philosopiiie et vingt en 
théologie. 

fi. Confirmation dHunertissenent pour la fondatioa que dessus 
du roy Philippe le Bel, et le consentement de son fils aiané Loqis. 
Au bois de Vincennes, 1304. Scellée. 

)l est porté ea e^tte eoniranation c^e leadiots eseoliers doivent 
estre panvres sans avj^ir autre entretien. 



i\ 



3. St»tato de i§ maûion ou «ongription im moUleH fondai en 
PUniv^miié 4fi P^rw par J^o^mn^i r«yne d^ France «l d« Navarre, 
faicls et ordonnez par Tevesque de Meau^ et l'abbé 4# SaîQCt- 
Denys, exéo«t«ursça«eUe parlw du testamenl de ladiqU Rçype, 
Et portent lesdictft fttiitHta çntre auUr«3 chose» qu'il fi^nU que 
leidieis e^oolier» soient FrangoU et natife do royaulme. A Pvis, 
131 §, 3 apvrtt. Scellé, 

4. BulU du pap^ Jean XXII, cQ^|IrroaUTe de^dict^ »tamts,aTec 
PQUvqir aux exécuteurs du te^tameiitde ladiqlQ iVeyo^d'y adjouler 
on déroger seioi» qu'ils troMTf^nt à propos, A Aviguoui le 8 ^es 
kalende^de febyrier. Vap buiqUème de son pontificat» 1316^ B^Ue 
4e plpnib. 

gt popte.ladiole buUe qut PWlippe, comte de PoiUera, et lors 
r4ge»t de$ Foyauwe^ de Franca et de Na?arra, a iomi ^n cob- 
a9i(kt<»peiit aippè» ^ Miete foitdat&on ni a4«dicU »tqt«. 



LORRAINE. 

DlYf»aBa OD CABUVET» DIT GOI.|.BaTIQJ» BK tOBBAINE. 

W7Î. Tqw CIXVI. .. I/oaiiAfiifS.M. Aw»„- S^M^-Oéelaralions 
décHU» raquêtas, aontrata d'acqqiûtiop, mandementa, échanges, 
rapports, ïPis^ivei*, iqveaUtuw, fa^^uw^, mémoire», pr^e*a*var- 
bapx, prot(fAl9iUûna acqepiePdeqtai aIT^t^, In^truotion» et autres 
pièces de procédure autre divers particuUer^i touchant les lieux 
de Sainlrey, Saixey, ^itomagna, 8alia, Salonna, SampJgny, 
^Bay* Saodajiaonrt, ^arabloi ^rcauotte, ^reck, Sarguaipine, 
Sarlouia» ^aomoray, Savopmère^, SaMU> Saulsures, Savigny 
et Sauville» eoneemaiit la vuldanga du sel dea «alioes de Sa- 
lousa et les réfections de ladite ^ali^aM^ U Uberti dti^cQmiBerce 
aiw la Lorratne en favenr das sujaU du cowté de Saiw, ai întar- 
diction du sel étranger audit lieu à peine da 9(N) franc.d'a- 
oianda«.,. La vante da Sampigny au ûeur Antoine Pari» et les 



220 LE CÂBINBT HISTOftIQ|}E. 

difficultés de la part da procureur général de Lorrsûne à ce su- 
jet.... Gonflictde jurisdiction sur la levée d'an corps mort à une 
lieue de Sarlouis, etc.; 1500-1738. 
5173. Tome CLXVII... Lorraine.... Lieux,.., Saimt.... — Copies 
de pièces et originaux qui sont des donations, reprises, factums, 
requêtes, octrois, extraits de dénombrements, érection de village, 
informations, accusations, entreprise de jurisdiction, remon- 
trances, mémoires, réponses, sentences, arrêts, procez-verbaux , 
appointements et autres actes de procédure touchant les lieux de 
Saint- Alarmont, Saint- Avold , Saint-Baulsonne , Saint-Benoist, 
Sain^t«Brisson, Saînt-Chéron, Saint-Clément, Saint-Epyre, Saint- 
François» Saint-Gergonne, Saiut-Hippolyte, Saint-Jean de Ror- 
bacb, Saint-Jnllien, Saint-Ligier (Longwy)^ Saint-Louis, Saint- 
Loup, Saint-Menge, Saint-Martin, Saint-Maurice et Saint-Médard, 
concernant les différents de M. de Yitrimont contre M. le baron 
de Schack et M. de Lombillon, touchant 

Sur le premier chef de la Visitation de la forest de Mangienne : 

Est ordonné que le maistre des foires sera ouy sur les desgats 
faictz sur prétexte du grand chemin. 

Sur le second point touchant le four de Billy, seront veues les 
cbartres des habitans de Billy pour régler les contrées et quantités 
de la forest, suffisantes et convenables pour le chauffage de leur 
four. 

Sur le troisiesme qui est de Taffouage de l'abbaye de Chastillon : 

Est ordonné que le sieur Libbé sera sommé et interpellé de faire 
paroistre de ses tiltres en vertu desquels il prétend son chauffage 
en ladite forest, pour iceulx veus reigler ledit chauffage et en cas 
de refus, luy sera faite deffense d'y coupper. 

Sur les quatriesme et cinquiesme points : 

Le maistre des forges sera poursuivy par devant le prévost à la 
poursuitte du substitut de ladite prévosté , pour les dommages et 
interests procédans du défault des estallons non délaissé en quan- 
tité ny qualité suffisantes, plus pour le dommage faict aux recreues 
par ses bœufz et pour les vingt-cinq chesnes trouvés sur les lignes. 

Sur le ftixiesme * 

On y a ponrveu par ordonnance du conseil portant, à ce qu'ont 



GATÀL. — LOBBAINB. S31 

dit messieurs les procureurs général et fiscal > man