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Full text of "Le Centre de l'amour : decouvert soubs divers emblesmes galans et facetieux"

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LIBRARY OF THE 

UNIVERSITY OF ILUNOIS 

AT URBANA-CHAMPAIGN 

096.1 

C333 

1680 




•\ 



Digitized by the Internet Archive 

in 2010 witii funding from 

University of Illinois Urbana-Champaign 



http://www.archive.org/details/lecentredelamourOOrol 




a 



A93 
Mo 



PREFACE. 



.■UUL' IcXW-- 




Cit^SSSa::^^ 



•^ 'On ne prétend pas donner icy des leçons d'amour, cette 
pafïïon cfl: fi naturelle , elle exerce nn empire fi général fur 
tous les cœurs , que fi les Jeunes-gens en rclîentent les t^ttSt 
Ceux qui font plus avancez en âge ne font point exempts de 
Tes atteintes. Le feu qui dévore le premier âge éclatte ti op 
pour en demander des preuves j Les enlèvements & mille 
femblables excès nous rendent fenfibles les flammes qui brûlent le fécond; 
& quand les Hiftoircs ne nous convaincroient pas que cette paillon raflcm- 
ble tout ce qu'il y a de chaleur dans le fang des vieillards pour les rendre par- 
tifans de l'Amour , les unions & les alliances journallieres que font ces fortes 
de gens ne nous le pcrfuadcnt-ils pas fortement. 

Sur les flm jeunes cœurs cemme fur les plus vieux 
L'Amour exerce Jon Empire, 
Tout brûle au monde , tout foupire , 
L'Amour porte par tout fes feux : 
La jeunejje h fes coups fuccombe 
Et les plus proches de la tombe 
Sous la. neige des cheveux grit 
En reffentent leurs cœurs épris. 



* 



La 



La vie d'un Particulier dont la compleftion fut toute amourcufe j a four- 
Jii le defîcin de ce Livre : Il a éprouvé les effets de l'amour en tant de ma- 
nicresj qu'on a pu à peine fuffire à la peindre. 

Il n'eß rien que l'Amour n'imagine é" n invente 
Pour déclarer le feu qui le tourmente , 
De mille biais il tourne fon dtfcours ; 
L'Amour d'accord avec que l'Eloquence 
Far le même dans fon filence 
"Et fe fait entendre des fourds. 

On y lira comment toutes les occupations & les divcttifTemeus diffcrens 
luy ont fait naiftre de quoy nourir & rallumer fa paflion. 

Une ame d'Amour enflammée 

S'occupe de Clorii aimée y 

Toujours la voit devant fes yeux j 
// neß rien fur U Terre ^ il ti'eß rien dans les Cieux 

^ui fon image ne luy trace , 

Il prend de tout occafmt 

£>uoyqu^il fe figure ou qu'il fajjè 

D'entretenir fa pajjton. 
• Pour ne pas ennuyer , l'on s'efl: cru obligé de faire parler tantoft l'Amant, 
tantoft Celle qui fait lobjet de fon amour. 

Car 



Car l'autre Sexe à l'Jmouy tributaire 
'S<(epouro!tpM long-temps feiatre y 
& tantoft le Sujet y efl traitté comme détaché. 

Les Titres n'en font point embarafîèz ni enveloppez demyfl:eres,pournc 
pas fatiguer lelprit pandant que les yeux font occupez à contempler le Ta- 
bleau. 

Un Ammt applique' fur une vive image 

7^' h.îit rien tant que le partage : 
Vembarafp le pottyant chagriner., 
il eß jiißc qu'on le foulage 
Sans luy laijfer à deviner. • 

Les Vers, le Sens & le Sujet y font également libresj moins pour épargner 
lePoëte que pour divertir le Le£teur. 

Les plus délicieux ragoûts 
Dont une fois notre appétit s'eguife^ 
Si l'adrejfe ne les déguife 
T^ous donnent fouyent du dégoûts : 
Le changement réveille ■, pique ^ anime ^ 
Mêmes chardons dégoûtent le Baudet ; 
Ce qu'Un Latin par ces trois mots exprime 
Natura diverfo gaudct. 

Si 



Si les matières en font grafles» elles font écrites & touchées d'une ma- 
nière fi équivoque & fi délicate qu'elles peuventfaireledelice des oreilles 
chartes & le plaifir de celles qui aiment les doubles fens. 
,§u/ind un Auteur roule fur l'équivoque 
Unfujet gras no. rien qui choque ^ 
Si le tour en eß fin , bien-pris & délicat , 
Sans decoui-rir le pot aux rofcs 
// fournit à l'e[prit des chofes 
Dont L'Autheur aurait fait etat. 
L'on n'y blefle ni les mœurs ni la Rcligion,&: fi l'on fcmble y toucher faty- 
riquement quelque point qui les y mefle -, Ce n'ell: pas qu'on ait eu deflein 
de les niépnfer ou de les rendre odieux, mais pour faire voir l'étendue & 
la force de l'Amour qui fc gliffe par tout Se fait fervir les chofes les plus fam- 
tes de prétexte à fa paflion; ce qui fit dire avec larmes autre fois à un fameux 
Ferfonnage : Que l'on commettoit l'Adultère jufqu 'aux pieds des Autels. 

L'Amour eß un Lutin qui par tout s'ivfmue 
Sa paßion à tous connue 
Fait fendre le' Devoir au croc , 
La Guimpe , la Mître , le Froc 
Ont de la peine à s'en dcffendre 
Et dans le Siede d'aujourd'huy 
Il fait fi bien les cœurs firprer.dre 
^^on ne fcauroit yivre fans luy. 

La 



La galanterie cft tellement à la mode Se au goût du Siècle d'aujourd'huy 
qu'un Auteur qui ne veut pomt cftre l'eu, n'a qu'à parler fcrieulement. 

yîfi temps ou nom 'vivons un Auteur ferieux 

Au libraire eß une hypoteque 

Et garde la Bibliothèque, 

Un Burlesque fe répend mieux : 
Jamais chez, l' épicier vtt'on d'Auteur Comique? 

Scaron eß leu de bout en bout^ 

Boisleau Je promené par tout 
Pandant qu'un Auguftin pourit dans la boutique. 

Les figures y font exprés habillées à l'antique , pour faire voir que ce n'cfl: 
pas d'aujourd'huy qu'on fçj^ait ce que c'eftque l'Amour. 

Depuis celuy d' Aélam jufqu au Siècle ou nous fomnies 

L'Amour a. régné fur les hommes^ 
'l^ous l'éprouvoiu , nos Peres l'ont fenti : 
Ce qu'on fait aujourd'hui , les Anciens l' ont fç eu faire ^ 

Et qui y eut dire le contraire , 

le foutiens qu'il en a. menti. 

Un Gentilhomme Allemand a fait des vers foubs chaque figure,pour faire 
connoître que ce petit Dieu regne aufli bien en Allemagne qu'en France. 

Venus 



Venus ayec le Vieu qui toujours l'accompagne 

A fts Autels en Allemagne. 
Si Cupidon dans la France eji putjßnt ; 
En ce Pais , ß des feux il allume , 

L'on fairoit un jufle volume 

De ceux que l'Allemand rejfent. 

Comme les Vers en eftoient fort courts , on a creu les devoir faire graver 
au defîbubs de la figure , afin que cela ne di\xrcic point le Lecteur François 
auquel on a tâché de plaire le plusj la Langue & la Nation eftantlaplus 
galante. 

Comme en France l'Amour tout autrement s'explique. 
Tout autrement il s'y pratique. 

Il y a aufliplufieurs figures avec le Latin à côté de l'Allemand pour con- 
tenter quelque Eftranger qui ignoreroitles deux autres langues. 

L'ordre que l'on a obfervé dans la fuitte des Pièces n'a pas efté tout-à-faic 
indift'erent. Des plaifirs communs & convenables à laJeunelTè l'on pafle à 
ceux qui font de l'âge plus avancé; L'on vtraitte quelques fujets qui fem- 
blent hors d'œuvre pour divcriifier lafatisfactionduLecleur, ainli qu'on 
en peut juger par la fuite de la Table. Tout ce qui reftc à faire icy c'eft de 
renvoyer le Lecteur à la Stance pénultième pour en confirmer la vérité. 11 
voira qu'on fe peut ellendre à l'infini, quand on commence à parler d'a- 
mour, & ju géra cnfuite fi l'on n'a pas dùfcrcpofcr aladcrnicre. 



Table des Emblefmes. 



1 Les Ages. 

2 Lu Paume. 

3 LaPa/Je. 

4 La belle humeur. 

5 Les Slmlles. 

6 LeTricfrac. 

7 LeJeudufoL 

8 Le Ballon. 

<j Tirer AU blanc. 

10 Courir la Bague. 

1 1 l'Oïfcau. ' 

12 La Dame. 

Il le Jeu du Galet, . 
1 4 Les Masques. 
I 5" £f/ Patins. 
i6 le J^fenagement . 
\j Le h-ne-fcay-quoy. 
jS La Saifon. 
xg La Préférence. 
2o LaMufette. 



2 1 Prédi£îion certaine. 

2 2 LeChajfettr. 

2^ La Force l'emporte, 

24 charmes naijjans. 

2 5 Eßrefecret. 

2 6 DöWAT jFyff/j ûf^'i' ténèbres. 

27 Belle reßlution. 

2 S Conditions de change. 
29 Devoir acqutte'. 

^o En cachette. 

3 [ Apprendre fo7î meßier. 
3 a l Eloquence naturelle. 

33 Beß es affamées. 

34 Toujours parjure. 
3 5 Do«a: Trépas. 
3<> Les Flatei^rs. 
37 chère entière. 

3 8 Inclinations différentes. 

39 La Rufe. 

40 Crainte de Scandule. 



41 Z,<z 



Table des Emblefraes, 



41 Lfiplm à craindre. 

42 Les Rivaux. 

4,3 yJßignatton amoureufe. 
4.^ Folter rotde. 

4 ) /(? Bon- homme. 

46 chacun fon femhUble. 

47 l'Argent ne fait f as tout. 

48 Moyens de fouiagement. 

49 £f//f comparai fon. 

5 o l'Antheur univerfcl. 
51 Se prendre au filet. 

3 2 l'Homme riche. 

5 3 l Infidélité 'vangée. 

f^, Reculer pour mieux fauter. 

$i La nouvelle Mode. 

^6 l'Amour aveugle. 

5-7 l'Infime: 

58 Ffiforts inutils. 

5-9 Sans façon. 

6q charmant objet. m 



61 Maxime generale. 

62 D'accord. 

63 Bajfe de Viole. 
6+ Ennemis du repos. 
65" chemin de l'Hcfiital. 
66 Mort prompte. 

6j Vtcîoire affurée. 

6 8 l'Apparence eß trompeufe. 
6ç Le Tronc. 

jo Serment conditionne'. 

7 1 /;//?f refifemblance. 

72 Pauyre rencontre. 

73 l'Heure du Berger. 
74. Bonne Leçon. 

75- l' Infaciablc 

7 6 -^f^ Moynes ont le nez par tout. 

77 Le ion Précepte ur . 

78 Le'l^i'iciat. 

79 Précaution necefiaire. 
So J^es Enfans fans fouet. 

81 Zw 



Table des Emblcfmes. 



8 1 Les Altérez,. 

82 Le Rat de Cave. 

83 flmpuilfant h regret, 
84, LaCo)ifc[ùon. 

8 5 L/î Retrâiite. 

S 6 Devine qui peut. 



87 châtiment mérite'. 

8 8 Entre amis , Tout doit eftre commHn . 

85) charité Monachale. 

90 Lebon Âpoîiquaire. 

9 1 Source d'Eloquence. 
pz Le Cocu. 



F I N. 



z« 



Ci ) 



Les Acres , 



EN vain l'un & l'autre s'excite 
De ces deux jeunes inncccns , 
Leurs plaifirs ne font que naiflans : 
Dans une force fi petite 
Tous leurs efforts font impuiflans. 
Entre fes jambes l'un anime ce quil a, 
L'autre voudroit e'tcndrc fa raquette, 
Cette vigueur n'eft: pas de la jaquette» 
Cet âge en doit demeurer là. 

k'un Squelette vives copies 
Nez à diftijlerdes roupies > 
Qui fans forces avez du cœur , 
En vain vous vous prêtez aux pots, plats & 
fourures 
Pour triompher de la froideur ; 
Vivez fans mouvement desfous vos cou- 
vertures , 
Vôtre hiver a trop de rigueur 
Pour vous laifler delà vigueur. 



d; 



§. 



QUand je vois les embrafHimens 
D'une belle & tendrcjcuneflê , 
Je ne fçaurois , je le confcilc , 
Dire affez en faveur de l'âge des Amans. 
Ce font fruits meurs qui demandent la bou- 
che ; 
Dans cet exemple que voicy (che 
Ils font fi meurs que fi peu qu'on les tou- 
L'on les verra tomber icy. 

jiutre. 

DE tout ce que le Peintre à mes yeux 
reprefente 
Si j'en voulois un fcul corps deffiner , 
Selon que je le puis le mieux imaginer , 
Ses pieds feroicnt légers &: fa tête pefantc 
Et juftement dans le milieu 
Toute la forc-e auroit fon lieu. 



C 1 ) 




lien breßin iu(Un i|t Juwtffn/ ^n anlxr iu\t \(( in i>a- Jiîitt / 

/« vr^ihus vrima esljed vûrraJ?cu»Ja'\h!uvtaf In medie, «r ei'uUs' icnii^ lerlU erii. 



I 



CO 

L faut pour un beau coup que la raquette bande , 
Pour s'y bien préparer il faut que Ton s'étende 

£t placer la balle on fcait où , 
A la Grille, aux Filets, & quelquefois au Trou. 

A ce jeu le corps fe déchaîne 

Et redevient plus vigoureux. 

Mais comme la place en efl: large , 

Il s'y faut trouver au moins deux. 







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QuanJa Ptlàei Sjtkizrtrf/ecluntur cnvartx nr/us. "^e efi\chii}U( ^en'%a(icnÇ(%i(l^ / 
Corjms rrii Imus. riecitiS eril Inius. 'V^r|n(c^ \(^ VMX ^f r^.frrtgm tmi OM^ 



( 3 ) 

A Quoy bon balancer, pourquoy brûler d'envie 
Er coniumer fi fortement la vie ? 
Que l'étude des veux & les difcours des mains 
Sont lents & vains ! • 
Le retardement me chagrine 
Je pofte mes boules fi droit 
Que l'on peut juger à ma mine 
Que je ne fiiis pas mal a-droit 
M'y prenant de fi belle grâce 
Quand il faut poufier dans la pafl^. 



C3) 




StV.Uceiliumj-UxAiirMcrîarjeaUlle r^^^ ^|i'L^l>4"Ä? fr^-m/ 
Oßlis.m circutit millrrrfrnia aUlum ., '^àmd t'cjj 0«^/ ö<v tV^ ^mcin / 



• C4) 

TT E murmure d'une fontaine 

°^^Qui dit dans fon gazouillement 
A ma Cloris que je fuis fon amant -, 

A ma main une tafle pleine. 

Des airs chantez divinement. 
Un jardin & les fleurs dont la terre eft couverte 

Où je donne la cotte verte 
A l'ombre d'une treille ou fous un cabinet 

Me rend l'efprit fi joyeux & fi net 

Qu'en la page cy-deflbus mife ^ 

Je vay dire quelque fotife. 



(4) 




L crh ckc'jjf lum Ci'nna UifHS.fans. iorhs amim, ^ rtUKn ßvcnC^fcCüv Ott ttimu im ^OXtCX/ 
>U luvencm Irißem , necfimtrpfViruin. ^ftjjm 'mtC|)ffm'W(ÏAncc(rW mfATTm 



^ 



\ 



an 

f^ U poufferay-je & dans quel lieu , 

Dite le moy la jeune fille 
Vous qui jugez bien de la Quille? 
Je doit, je vous entcns , poufler dans le milieu. 



c o 




DuVerrermamiht^miisJilirtMeceitus-amtrnus' 'y^t{c^'f \!ÂOVC ^l^ «^/6'^ \VC\.ypyM^^- 






B 



CO 

QUand avec ma Cloris je joüc 
Je fuis volontiers des perdans 
Elle à le cornet preft & moy je mets dedans ; 

Elit cinq ou fix fois fccoue , 
Jette & retire a fby cequc je mets au jeu : 

Mais toy tu fcais vivre fi peu 
Que fans raifon le hazard te commande : 
Une femme efi: du gain friande , 
- St"tti la veux bien divertir 
Lors qu'jî-llc veutgaigner il faut ) cuatcntir 

■;.i <j tiy. 







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Htf JnfluM.Vmitem cmiirejcii al aller, '^i^m^» t>fn dnbem «/ bifTcr (tt^t . 

Cftl ccîai lucrum ntajui.' uUr» vnhà. s5«»n':jS?frcf (faJ wiV ri<( i\(\)(Y $fd(t/ 

J^ c^an >^^ irr(t«n g(n»unn<n «5 4t. 



( 7 ) 

l^/î On unique cîczir ôc ma fin principale 
Qiiand au milieu je dirige ma baie 

C't ft de porter ces foux a féconder mon feu 
Quo) que je feigne ou que je due 
Et qu'il fcmble qu'ailleurs je vifc 
La cependant Kute mon jeu. 



■■*-, 



C7) 







C8 ) 

Jj Elle pour quoy vous voyjc emuc 
Quand le Balon entre nous fe remue 
A vôtre avis pouiïay-je de travers 
Signalez ici votre addrcffc 
Qu'un tour de vôtre main rec'rtflç 
Le coup fouré que je vous (ers» 




ff, ^enT^auontnn ichiwnftiüi} (Ma^/ 
A^lr miHû jJimm :ß _H<m -t>if crrd/rrJwir: Uun^frerwlein wVtt tfjr/ mifwirwa^! 
Forfm vinjo hhi Infus Uc ijft ^lacet. Tî^rfurWJ vieieiV^ ^anr <rwc^ ^<faUn'/ 



Cs) 



i E vas fignaler mon addrcfle , 
Ma corde bande Se )e fuis en cftat , 

Desja ma flefche fe rcdrtflc. 

Elle va faire un coup d'eftat j 
On décoche où l'on veut, chacun bute a fa guifc, 

Entre le» deux, pour moy, je vi(e. 



(9 ) 




^iei recht trucf d'fjf/fnff a,ucbßwx\)nit 



Mein», }anjemaia',ama ,»inßlixaf{ißjiH» rA: "^^è^ff fch'exni xeiît'beauemïuUin: 

^».s bi'jt im (î-()niflrf?n ich !)cf(i ^rrwl ^ 

c 



Sijenis,^^nijruin Unifuijkjiifit mihi . 'yTffp nicbj/,()(»b icp noc^ anive |f'itt/ 



(lo) 



J7 Lus petit eft l'aneau plus je pique & j'avance. 

Je fuis à cette lifte adroit , 

Je vife fi roîdc & fi droit 
Que toujours au milieu je fçay placer ma bnce. 



C 10) 




Ppf: crfde mt cenfrûm anù/ft 
-Vir^tHclU > ian0am ■ 

St tanjtsjfnfirpjenf 
Mym. minus nec anjam. 



^(ivf (c^on ^uw^xAxv jc)A\.UXii{n ftiil/ 

Jyen/jci} Mt (Uli/ iftf ewev wiii/ 
infn rc c^t t^uf wic^ nici^i effen . 



C , 



C") 

V^ 'Eft affez fatiguer tes yeux j 
' Déchargé au but , couche loi feau par terre, 
Si peu que ta flèche l'enferré 
Tu feras le viâorieux. 



(" ) 







TAmais Philis n'eut pour moy tant d'appas 
Que lors que mefurant fes pas 
d'Un air bien dégagé la mignonne en cadence 
^u fon des Lurs & des Tuorbes dancc -, 
En moy le feu commençant par un bout 
Pafîè incenfiblementpar tout, 
Ne faifant rien que je ne face 
Coule t'elle je glilTe & j'imite fà grâce , 

J'anime ainfi les Violons 
Tantoft marchant devant , tantoft à reculons , 
Mais alors qu'on marie aux doux Lu ts les Violes * 
Je fais des entrepas, je fais des cabrioles > 

Dont la viteflc divertit , 
Quand après ces ébats fouvent Philis me dit 

Ces dix languiflantes paroles 
Je n'en puis plus , mon cœur , au lit , au lit. 



r lî ^ 




Hmnulus ufjßd, Gi^altlf^ßUl. «Qfanf tc§ mit tn«nnnc5Ännfr«iuj_g. . 



Htn> 



( M-) 



L 



E paiïagc m'en fenible cftroit , 
Que d'oppofitions 8c qu'il faut cftrc aJroit, 
]e ne voy pour gagner aucun autre rcmedc 

Que de pouiïer bien roidc ; 
Les efforts en font grands, mais le coup cCi divin. 
Apres cela , joueurs , mcriray-jc du vin ? 



( 13 ) 




Enlavu-.m mfdîûjutimdif ad e>ifrwrii TJîi'tffjnfn^fftin/b/rTrugt fc^^ettW 

A«tiafilûm fumens vock-tnerdur ovans . ^\l%li^eixiyvr<Ü W(mfo\ (jltllV^g 



e 



C 14 ) 

T E doux charivari , les belles (èrcnades , 
La nuit propice à mes defirs 
Me fait goûter tant de plaifirs 
Que Je pafme au bruit des aubades, 
Courage, cnfans jouons , chantons, 
Entendez vous l'tcho de la mazure 
Point de chandelle accordons atatons , 
Je m'en vay battre la mefure. 



C 14) 




L uJere iu>de Àél^ Tarnen Je jüngere, cun^ 
Grasjâri facys , unten vita met esi . 



S^(m\)t 



la.... 

I7ni 



fem vidU 
vfrivixU , 




P Z 



y^ U'il fait ici glifîànt fur cette glace 
^^ Je n'y puis demeurer en place , 
Eh i que de cotillons vont fans deflus deflbus ! 

Ufez Fanchon de vôtre addreflc 

Ne tombez pas à la renverje 

Car je pourois tomber fur v ous. 
Je tombe , ferrez moy , je dois ma lourde chute 

A certaine petite butte 
Adonis m'a pouffé car ce folâtre amou r 
Éfl: caufe de vôtre culbute , 

Je veux Fanchon que fi l'on me l'impute 

Vous me failles tomber à vôtre tour. 



C ly ) 




HUt(ci)V(itf(i)U{niii\)rn wir vff hm >tr)lj/ 
(^rrti-tiy wir.f tiur (^< ^«viifi ï ^ 



C lO 



I E le retiens le conduis & le guide 
Selon que ma Catin m'en fait commandement 
Quelquefois je le poufle, & larrefle un moment, 
Et tout d'un coup je luy lache la bride. 



C îo) 







Äviff ^(■^Itftenfrt(n-n mit /cbonrn'Xfli^n/ 









V 



C ^7) 



o 



Uy )e le dis & le répète encore 
QLi'Appollon 8c Ceres, que Bacchus & que Flore 

Flate agréablement mes fens, 
Mais alors qu'un teint vif fe prcfènte à ma vcuc 

Mon )e-ne-fpy-quoy fe remue 
Et me fait oublier ces plaifirs prccedens. 



'ftiif.r.i' 



('7) 




BUIL» Nno Jairf:Mujm fixia vUcd . 6a(t k(i [ur mrine p ^oncfu *5tûrf . 



E 



C »8 ) 



r^ N quatre mots je vous avoue 
Qu'un pommier en Autoune &c la fille à quinze ans, 
N'ont point de defirs plus prefîana 
Que de trouver qui les fecoue. 



C 18) 




CûmfnalHre/éitvmûm.virjû^pde/cil: (z)ilbe O^fel mu^ ma.n (>recifcn/ 

primûm rmUjranal. virja aùti(ksliple ityi ■ vf5f()öne3'wnffffrn ^oi man ^ttci^Cn 



E i 



T E donne à chaque chofè rang 

" ^ La liqueur de Bacchus me rehauffe la mine 
Je n'aime pas moins la cuifine, 
L'un fait, l'autre êchaufc le fang, 
Mais les charmes d'un doux vifagc 
Ont iur moy bien plus d'avantage. 



( ip) 




Sei ^kcri et viacuil mî ■myrUaifia'Vcnui. T^iciTtlfhr rt^Cr fin -Prtttl ^tW[tfrÙnc£/ 



C ^o) 



np A mufcttc s'étend fi je la touche un peu 
Dans l'exercice elle enfle & fc redreflc 
Mais des qu elic a joué fon jeu ' 
Sa flute tonibe à la rcnverfe. 



C 20). 




Àcei-ijef timjmm seduiiiah fa^nr. c5<ifreunb cr tuaticft |îe(rtnttn^r^ 



c ^o 



T L cft foible & menu U ligne apeine bande 
Oh ! que j'aime peo ce poifTon, 

Croy moy , Lourdaut avec cet amcfon 

Ta pefchc ne fera pas grande. 



(il^ 




Nor,^m€igo ftjcej tendre kocce Iraker. \\;^Sc^ia.\ '\{t tXXiX arißcl mt / 



Le Chaffeur. 

T Icvres & Cerfs qui le voudra vous lance, 
N'attendez point chez raoy de préférence. 
Les grands coureurs je les fuirai toujours ,• 
La fille qui paffe fes jours 
En Befte domcftiquc 
Eft l'Animal après le quel je pique. 



c*o 




SeAehr Ctrvu m i Vult L evorrma tutjafr : 
Inniiaf in capesßm'thi'Viraa: la! ejl , 



3c^ w\\s an mfin^r Ärctf vdm^ . • 



F ä 



La force f emporte. 

SA qucùe efl: verte, elle eft haute en couleur, 

Mais qu'on l'ebranlc Se qu'on l'excite , 
Sa vigueur devient fi petite 
Que l'on voit tomber cette fleur. 



L 



^utrc. 

Ors qu'un Amant au-prés de fa Maitrcfle 
Se croit bien fort 5c viTOureux , 



Qu'il faic du Rodomont , qu'il fait du furieux, 
Il choit fans y penfcr à la moindre carcflc. 



(J3) 




Quisau^jjcltcrmje ^tiKmi xlt» Viren}cm. 
Flerem, ceuftof A leu Uvtf aura caiA ■ 



-^v bnrfTVch Mivh Oîu'man^t rubmm/ 
($e\n yûi^ l'tfb' wie cm (rtjotif Wumn . 

lînbnifmi't tVr blvimfti lafjtvnb t'r<M|i . 



■V 



C ^4) 
Q)armes TSlaiJfans. 

TT Es guittarres, les lu ts touchent par leur accent 
•^^ Et divertiflent mes oreilles s 

Le cheval d'un faut bondifîant 

De fàtisfaftions pareilles 

Excite & reveille mes fcns i 

Voltes, courbetesj caracoles, 

Et cent autres manières folles 

M'ont toujours mis en belle humeur : , 

Mais rien puiflàmment ne m'enchante 
Ne m'ébranle les fens , ni me touche le cœur 
Comme les Enjouements d'une beauté naiflânte. 






Ch) 




ExhUrani coriifVifcn-ii fneeftamei. -i'rtrJu rtUffi i>lf ^yvirUcute t^Uft/ 

«^rfnr^en mm ßat/ fin mtiTJîurt. 



C ^5-) 

Eßre fecret. 

QUe le plaifir eft doux d'embrafler ce qu'on aime 
Et d'en eftre embraffé de-même ! 
Ciel , vous avez trop de rigueur. 
Que pour un tendre 8c jeune cœur 
Je trouve cette loy fevcrc 
Que donne les Maris jaloux î 
Le plaifir expiré fi je Icfçay bien taire , 
De quoy tous deux vous plaignes vous ? 



C ^f ) 




Cancupifufaralusmthijitt Ci 



CûnlrartusAlia , 



■tiu 



'a^ttujar mitncr, 



'f 



■A. 



yOtn is ^oMi tiicbt ^vi voxiev wer/ 

T?ni> nwmrtnM '{c^ixiex rtn (fin t^v. 
7Î?« a a.\Kch bltVbt 4lt^«it vfr(cfetri|jrt/ 



G 



"Soux ejfets des tenehres. 

TT^Avorables erreurs aux plaifirs fi propice 

Obfcure nui£b qui permets tout , 
Vifagcs empruntez qui faite mon délice , 
Par qui de mes deflèins je viens tousjours a bout ; 
Ah ! s'il n'efl rien que vôtre ombre ne couvre 
l'Endroit le plus caché, cet ombre le découvre. 



c ^o 




Larpti tu ha^uif ulenimjitfe (olkurHis, 
^mceream maio vun fecuu mulin-nirum . 



TJÎtffiîîùmtncrf n erqek bichltiü / 
"^ rvirfxü Un^e Uhen . ^^ 



Gï 



C^7} 

'BeUe refolution. 

ly^ Anjcz, buvez, à chanter faites rage 
Vuidez bourfes oc plats & pots , 

Faites de fomptueux ecots j 
Quant à moy je feray plus fagc , 
Car fi jamais le Sort me donne ccat ecus 

j'En feray quatre cent Cocus. 




Hic comcdM. Mal uU.-V^reicf camï» caceif. T^fctff «t^^Iffr^lfTH ^^^autmf^itt . 

L^» Uw iunja i^uaniiyo: dtw en'. «^Jf^j^ ,^(5 ^i^,^,f^(n (}c6 (tn l^c^ntAt/ ■ 



C ^s) 



Conditio) IS de Chame. 



T T'ois-tu Thirfis , mon Rat n'cft point fauvage, 

Si je le change avecque ton Pinfon 
Je veux qu'à mon defir fans aucune leçon 
Il forte Et rentre dans ma cage. 



( ^s ) 




si lictî eftifalens iam^ermularirr trijuû . ^UWO^vlWû t'cf) M't/tHfrewnblwtjn ^AufctV 
'Prû valucn murcm lu mifii virât d«liis . ' Jch ^t(» euch- mtiri pYlitn fur 5{f ÎJÎAiis 

Nmemi/ffnimin-iitultmiuvfmfhitrfiiuiimitri-rn.SAS^eViiesiMX ßAY WoU ^«(Vbeljn/ 
Uerum frinjUta i-A etmificimda Prhti . 5(^ ntU/" ?n|i()r i\\ry\. ftricfn l>;fl(in . , 



C ^9) 

Devoir acquité, 

^^ Ommc le Coq le matin & le loir , 

^-^ Comme luy Ibuvcnt à toute heure , 
Il faut qu'un bon mari s'acquitte du devoir 
Ou l'on revit , lors qu'on ctoit qu'on le meure, 

En ce métier j'en vaut bien deux , 
je goûte fréquemment ces plaifirs amoureux. 

Quelque fois de deux heures l'une , 
A minuit, le matin, à midi, fur la brune, 



( ^9 :> 




Sùccûmhit.^uôiiesfactfi'^alllftamariltJ, l^ie S^enrx vntrmAann^ 
SIrfmuj- Uxafem Comj>rim'd altp Paler: She Svau vnirm T^JÎrtM . 

Nexajrcum cMlaiwfrrol'unfyraihm naîz, 1>{t ^ovi^iv rn(r miVf» . 
Turtc niûUntf ttnïfnof (fOuJm ûphnia ittfJf- î**!/ ^'^f ifl iob ich . 



-H 



C30 

En cachette, 

T) Etïts Moineaux fans cfprit & fans fens > 
Qui vous montrez à tous paflàns 

Ne fçavcz vous pas qu'on fe cache 

AfEn que pcrfonnc ne fçachc 

Les plaifans contes de l'amour y 

Le Renard cajole à fbn tour > 
Mais dans Tobfcurite de quclqu'epais feillage : 
Cette fille fuivant l'exemple de ce fagc 

s'Approche fi fort de ce Houx 

Qu'elle fera bicn-tofl: dejfoits. 



C 39) 




Mira -viierf licet Jiknlßf fr (^rlore «vidée; pij{X brt^ titcbt cm grofï.'^'^îîuttbn-/ 
Vulveclieii iuar callmiuni JuUer caiem . ^0^1 auff bf n t>rtûm tmb fî«c()f -irunJxr - 



H i 



%, 



C3I ) 

Apprendre fon meßier. 

T A Chèvre pour jouir du fruic 

"^^ «'Etend & grimpe fur la fouche : 

Moins de babil plus de profit 

Puisque je ne fuis pas farouche j 

Tout ce niais amufement 

m'Entretient inutilement, ' 

Je n'entend rien à tout ce badinage 

Ou parlés un autre langage , 
Quand on parle trop haut cela ne me plaiil pas , 
Je vous entendröis bien f: vous parîies^//.a bj». 



31 




Cum liulùin rrhcri Vir^ûJiniMAf GtvrlU , 
El Cuver fiViiva paßiF ührih mxiùr. 



i\qfn' 



V-n!) î)t>î]ui<5^(?m,'5um.jrftflfti(J^i 
Z>a.6 (i(hec^iir)Vin anheve me^v. 



l'Eloquence naturelle. 

TA E la vie & de la fortune 

La faveur eft fi peu commune. 
Qu'il n'eft quafi point d'Orateur > 
Qui fur eux ne devint Authcur 
De quelque monftrueux volume. 
A\cc un peu d'encre à la plume , 
Je pofe en fait que le plus Ignorant 
Sur une fille difcourant, 
Sans Grec , Latin , fans vers ou profe 
Sçaura faire toute autre chofe. 



( 3» ) 




Nffn fnea vefiuniur vrecio Forhina.Saîûj 



f, ^fiîi cdxxci vtii CKWc'o bAfiw in«n bril/ 



; ?3 ) 

'Belhs ajfamks 

Q 1 le Loup eO: un gourmand aniiiial, 
Le Chien ne 1 imite pas mal , 
Mais la fille qui peut bien remuer un lit , 
n'a Pas, ma foy, moins d'appétit. 



( 33 ) 




EtLupuf.atji itms,ntcnon fnAfwi fuelUj 
T^hùm JfViritnihite iria trrie milti ■ 



ï>x< t)Abe'n ßdY ein weiien yîîûnit. 
T^ertA-nesioci) woCl evmefXen/ 



^ 



C 3^ J 

Toujours pariure. 

TAmais fille n'eut de parole. 
Ses yeux ê$ Ion cœur tient ccolc 
D'une diflîmulation 
Qui n'enfeignc que fi£lion. 
0ommc la feilie que fecouë 
L'effort d'un irapctueux venr. 
Si peu qu'avec une l'on joiie 
L^ expérimente louvent 

;H it'r, '\::;i^ ■ -.■.■s-. ,-;% ■.-..> ,.\"j 

■Que ni jurement nipromefie 
La prcferve de la renvcrfe. 



-r ) 




Uijj/renl, atUhf criiit re Jiiiif . 



'3f iCt ein éf<\ut iicifi Mulur / 
J>,mx huU ^tch Jemper .• , . 

Vev (ici} nicht ve^ivn Ue\f . 3^ 



i % 



C3f ) 

Doux trepdi. 

A Lors qu'une amoureufe flamme 
Confume vivement mon ame, 
Je me fens de vivre fi las 
Que la mort feule me foulngc 
Et de ces flammes me dégage 
Mais cette mort, Philis, ie trouve entre vos l^ras 




Ftrlaru mtrifica t^enrns- 
Mûrs limîetn niukrt dt 



yniurJUupy:^irben t»ocb noch Jii l<öt -<?rlp/t / 
^ l?nb rtlle mrt b<n ^obt ßcireft , 



C3Ö ) 

Lesßateurs. 

A U diable les flateurs, la Quciie eft: leur Sy mbole : 
Au diable leur douce parole , 
"Cependant cette Queue obtient fur tous le s cœurs 

Jufques aux dernières faveurs , 
Regardez ma Fanchon quoy qu'elle fbit cruelle 
Des qu'un flareur luy met ce Symbole à la main 
Aujourd'huy pi utôt que demain 
Elle me devient in fîdcUc. 



( ?6 ) 




V- ■ /■ rrr r- r ^; jV^^Jr'^""«»**^'" ^{^ ^^^ Mtetunft/ 

fit "vero Satané, aui vafef fiocce ([o[o. aber berffviffet fecÜ Öen ?7îann/ 

■^ 3)«T fie h 11 «mit b^^r(ff^M fann . ^g 



C 37 3 

Chère entkre. 

T)Our jouir d'un bon-hcur extreme , 

Et que ce bon-heur Toit parfait , 
Parmi les Luts je pofe en fait^ 
Sans ni'aniufcr à l'amour de foy me(mc. 
Que le brillant de cent Ducats 
Sans Fille, ne (uffiroit pas. 



(37) 




y ^. -^ ^ ^' ' ^i gilt ciàettvnï» ein ivVr ficfi 






K 



Inclinations différentes. 

QUand de douces vapeurs j'ay rempli mon cerveau 
Et que la Dcnifc que j'aime 
Sent le fien êchaufé de mcfme 
Nôtre plus grand plaifir efl l'eau. 
Entre nous peu de différence , 
Elle aime autant l'ébranlement , 
Que je fuis pour le mouvement 
De ce petit bateau , qui lentement avance. 

Sur ce point feul nous conteflons fouvent , 
Que j'aime un petit bord en forme de Coquille , 
Et Denifcun vaiilcau dont s'cbranlc la Quille 
Des que les voiles font au vent. 



C 3S ) 




^ ^ , ,'*'^i'7 ■ /' ^xtfrAW<nhmY (ufii^ ju (ein / , 

P/ata Gt/nméajunl auûf prinfâmera, "2?«^ (epicnffid/ aÙ gutUr art 

^ahùi^ memAU tein a^cit ^<(f art .^/ 



K i. 



C35>3 

La 1{ufe. 

'T^ Ous trois diverfemenc vont fondre fur la Befte 
*** C'eft pour eux une viande prcfte 

Ils en vont manger à foifon 
Le Loup de la Brebis , le Corbeau du Pigeon } 
Et ces Muguets dont la mine eft fardée 

Semblables au rufe Jafbn , 

Ne font tant la cour à Medée 

Que pour mieux prendre la Toifon. 



(39) 




Prii/jiemtJûerne^Njiinj'fiilCin-rî^'ûltimtiij' dunac tHUben ;VntiY Y<li>en / 

lit (uffiJifùm (ifià utile Lùjrux. ^ einy beij)icv (dis fo rvoii (>ei)ut / 

Ai^rvcn man wôiffcjum^c^tlfni^. 



C40) 

Crainte de f caudale. 

Ç\ Ue ce plaifir eft indifcret 

J'adraire , lourdaut, ta bêtife, 
Si tu veux couvrir le Secret 
Prend t'en plutôt à ma chemife. 



(40) 




NmGlUrefei inkßum j'iicure licei'n. ^()rtuft mk^ ^änßein bd.5 YnAYlS (ic^t / 



C4I ) 

La plti6 à craindre. 

^"^ H ? l'horrible tableau qu'une Mer agitée -, 

^""^ Oh? l'horrible portrait que la flamme 5clcs fcuxj 

Mais plus horrible que tous deux 

Celuy d'une Femme emportée, 
Que ne fait pas une Femme en couroux , 
Etqu'eft l'heureux qui defes mains échappe, 

Puisqu' en fon calme le plus doux 

La Femme ébranle , brule, frappe. 



(4.1 ) 




ReUif tnaumoHtfßau: [uni inamaxtmtldamm-rxmtmmtua.ntiiivxjlaHima.furi/ra martt. 

2>iC3 b\e bret)' 5rcf|ten -mgiuc^ fein . * ouc| bar TOÜttcnb SyteerTînge^ewr. 



C 40" 
Les ^Vaux. 

T E faul démêlé qu'Amour allume ôc fcmc , 
"^^ Si deux Matins fe difputent quel qu'os , 

En un moment je les vois en repos } 
Mais qu'arrivera-t'il d'une femme qu'on aime 

Dans le combat d'elle & de deux Rivaux 
Plus cruels que ces animaux ? 
Que l'un (buvent les autres perce , 
Et fait que , deux des trois , tombent à la renverfe. 



C 4^ ) 




lit dûû non hmeßmhnfc m unàfdeCtàelli: 3^cß ^Uni^ (ici) Jancfctit» vm^ cin i>i\W.i 
Siccemumore iiicnonîené conveniunî . \^tvX vnb tncrgm nu'bt tt»(ri>m nn. 



L 2 



u 



(43 3 

Jßgnation Amour eu fe. * 

Ne Pucclle fans fcrupulc 
Devroitdirc d'abord je brulc 
Et chercher auffi-tôt la fin de fon tourment : 
Mais un Amant doit au contraire 

Audi long-temps ic taire 
Qu'il reçoit de contcntemcat 
A contempler tout le myftcrc. 
Les foins de recevoir font des foins fort prcflans , 
Ceux de donner attendent des fergeans , 
Qu elle afîignation eft plus vive Se plus forte 
Que celle d'un objet étendu de la forte. 



( 43 ) 




MûrJut tatettfvruril Jjynul 
.RfsverrmcùJti eß, Aitrre 



C 4+ ) 

Fort & ^ide. 

A Infi qu'aux combats amoureux, 

Voila qu'elle cft en cela ma pratique , 
Le fccrct cft de bien placer ia pique 

Pourcftre leviâorieuxi 
Il fau| forcer^ afin quelle entre , 
Et porter le coup dans le Ventre. 







abe^fiçi) tfA/llSerfätber fek/ 
■^n li^ tmb friert mchif van briti 5'(t . 



C40 

Le (Bon-homme. 

/^ Ui jure un tefte-bicu dans ce Siècle maudit, 
^^ Qui tout fon fait en débauches confomrae , 
Sans trop fe foucier de veiller à Ton lit ; 

Pour le Canoniferon dit 
Qu'il a bien mérité le tiltre de Bon-homme. 



C40 




,. . , . JTfei- jei^Hnbtcinfiuc^fn vnb feiern/ 

qutjurarelenri.caluesflnfarereferhf. :î)yer, ohtWitxU-n.'^itt a.w^itW<\K. 
NedarfB^phtJüihir.Hic yoms est. ^{n mrtf^ 0)>tv jyveiff wein (aumtrrtuy/ 

S-fxicbi ruAn/^arfn^ (infdnievlauù- 



M 



C4^) 

Chacun fon femhlabki 

JEune à la Vieille, & non pas jeune à Vieux l 
Que peut on imaginer mieux » 
Pour profcrire le Cocuage? 
Le jeune peut la vieille contenter 
Pour s'empefcher ailleurs de s'en faire conter y 
Et le Vieillard n'a pas les pièces de men^c j 
S'il ne fçauroit fournir à toutl'appointemcnt, 
Peut il de fon logis véritablement eftre 
L'unique hofte , l'unique maiilre j 
Pour moy je ferai bien ferment 
Que s'il en a laclef Ibus fâ grolle fourure 
Son voifm fort fouvcnt en ouvre la ferrure. 



C40 




FsîlonaémeîmwrtuUmfiîûciifEpUhts. , (ein fcffones weil) aUcx btt ^<l(î / 
quam mhl irmule Nvmfhannvflkfeni . ^rum^ fin J>t ficb ^U i>ir nt4n(:jè<t* gd|r 
'oJuf eriîlufenii cum/ûk alvir^tnesoh v^ucfrtwtffrinnfrmtlb vno^i'nnrrrij 
*'' ''-' ''■" '^'' '^'''" ~'"""' Q^ni mrtffrf iiic(> m\i ^um JpAr^tfv .^V 



SÔÏUI er'tllwem cumjûk iilvir^tnrsala 
^NanjaMrfJcn'wKaidrt aiefsc p-ach 



M '2 



C 47 } 

V argent ne fait poi tout. 

y "T N bon vieillard voulant un jour 
^^ En conter à cette Pucelle , 
Luy fait voir fa grandeur cequi dépendra d'elle» 
Si fçs Ducats la font répondre à fbn amour j 
Mais juftement dans ce rencontre 
Un jeune homme pour lors fe montre -, 
Elle laflc d'oiiir ce VieiIlard*radotcr 
Va ! bon-homme dit elle icconferve ta bourfe 
Pour me des-altercr c'cft une pauvre fburce 
Celuy ci mieux que toy fçaura me contenter. 



(47 ) 




ElJupmiHrrmlusfSenex uîer^ josißii , cSutl^t \)\l Ï0WMX\^ nicift att«ttl / 

Aff Juvenis nunjüamSeßnwreße sûfcf. $t^em W fie a^cfci/winhtr feiJM , 



( 4« ) 

Moyens de Soulagement, 

Ç^ Ui-je preflé d'une epineufc affaire 
^^ Dont je voudrois bien me d'efFaire , 
J'appelle à moy quelque concert Divin , 
Ou je cours la noyer dans vingt verres de vin % 
Si je me fens prefle plus fort qu'à l'ordinaire ; 
Je conte à ma Fanchon ce preffant cmbaras > 
Je luy découvre le Myftere , 
Et m'en décharge entre fes bras. 



(48) 




NvmfhaXulixii^ChelijfyHljfHlurlentpi'reirish 
Hm luritf animi tion Jtnet efieamvef. 



'Xe\mÇci}tv mexn vnî) (nuientUtia 
^ci)one Sunafraun a,rtid vni Und 

Mfen mAnû a^ebruucht turcctiXtr}f\i .,^ 



(+9) 

'Belle Comparaifon. 

P Our jouir d'un cheval & d'une jeune fille , 
Qui dans le terme échu, bondit, fautC;, pétille. 
Je donne ce Confeil exprc§ 
Qu'il faut de l'éperon les ferrer de bien près. 



C4^) 




Ac e flu f elvirßo V lents iam nùbifif annif, ^oy/ i)oybac() ciuff Ueher hoftwftM/ 
Tarijuen dtirp cafearr ùtrr^ Cuml . "Sii^ ^o^iexn roxi einO^eutfr f)rtn . 



N 



C îo) 



Tjutheur Univer/el. 



A Ffrîqiie en monftrcsfi fertile, 
Qu'avez-vous enfante d'utile ? 
Le Vin Pcre des arts & 1 inventeur des Jeux y 
tu plus fécond que vous & plus ingénieux. 
S'il fait un mal, d'un bien il le balance > 
Si l'on dit que c'eft un brouillon 
Qui trouflc &c cotte & cotillon : 
Le Billard & les dez, les cartes & la lance , 
La Paume,le Trictrac, l'Amour, le Bâtiment, 

Doivent au Vin cequ'ils ont d'ornement, 
niprcte à la mufique une clef de nature, 

Jl monte, bande , accorde l'inftrumcnt , 
Sçait faire le dcïïlis&battrela mdure, 
Il faitladccliargeaux combats, 
Melles plus rebelles en- bas , 



I Le foldat par le Vin fç ait exercer la pique» 

Le Vin f^jait bien d une figure oblique 
I Pofer au centre la compas, 

[ Et que comme fougueux l'on ne le blafme pas 
Si toujours à la Paume il bande 
Aux autres jeux il fe commande > 
Aux dez lecornetpreft il les jette dedans. 

Sur le Tridrac il fçait pouflcr les Dames , 
Aux Cartes il apprend le reverfis aux femmes , 
j LeVin par tout enfin efl l'Autheur du bon fens. 
{ Un feul defïaut en luv fe trouve , 

Défaut qui me plaill fort quoy qu'un autre 
l'improuvc 
Dans un Àrchiteâe fçavant; 
De baflir trop fur le Devant. 



C jO 




0«fl«?4W umi vint forïun\ ccif c»iui. '^^^ ^^^L , -^'^ Çgy^â ^{^l ^utlJ^fô (tin 



S" 



N î 



( 50 

Se prendre außlet. 

■ 4 E jour , aprcs deux coups d eguille, 
Devant le feu mon filet fe rabille , 
Se referre, fe fêche, & la nui£i je le tend 
Jufqu'a ce qu'un poiiTon entre, mange & s'y prend. 



( fO 




Quid r.^ja.aùUjacîûm eflÜapas cur rditrttriyiV Ai rnAciijt i^r ^M miinlTtei^kw^tmi 
Nùiltth impuni! luriük monhraficis i ^ïlii tuten ^ra.wntn Maiitin. 



Nudafeiens, 
Ouoru'm 



s,]upmis calto et cavarriiaficeol g-^^ Uf^io aiMchi bit anntie tiAchf 
/«^w u/uf fmtfpre noclu erd. -?)„4mÉ' uö mein tießlein lr4(#<n iV,< 



L'homme riche. 

Q I les baifers rcçeus & les baifers donnez 
Rendent les hommes fortunez 

Je fuis des hommes le plus riche j 
Si j'en donne à Fanchon elle en cft (i peu chiche , 
Qu'on conteroit plutôt les feuilles de ce bois 

Que combien nous baifons de fois. 



Ci*) 




Felix st diiiiuy «ùtaiHti xncmfis atnorf 
OfiùU midi» idtl, fnüliüa fijÀ iùlif^ 
'■' fe]tx,^üis enttn yiejetkûc ! jAiiub mtneha 



S, 



Dum niAnel tmflr. 



exur vtraffvutiua meo/ 



"-fr 



uiù 



^(t brt^ i)er w?§ )wcS>eii^c\t / 
'S>o fct'ri ici) (eli^ AiherMt . 



Q 



C f3 ) 

L'Inßdelite Rangée. 

Lie quelqu'autrc que moy l'éclairé 
Je n'en fuis pas fort envieux : 
Si quclqu'autre Soleil luy donne dans les yeux, 
Une autre qu'elle m'a fçcu plaire : 
Si j'en conierve de l'aigreur 
C'eft pour aller décharger ma colère 
Sur le fèin de fa jeune fœur. 



Cf3) 




Vrgr- 



r esta ttii rhfxbuf.mihi Utttur aura Xx^ncn \H w<ci>\c\w / \o fan xcif 'iauÇcbw / 



-A4(j,traî ;jenuii auta tnaier rf alf/ra naiam ■ ■^i^(^^^ ij»»" ^f [on/ we^t mir )>er rvink. 

'>i?iti anWUtunr hai aucf) ein (uiiffinü 



S3 



o 



C 5+ ) 

feuler pour mieux fauter. 

TT Ous vous fatiguez trop n'entrez pas plus avant, 
Ufez de mes filets fi vôtre poiflon gliflè , 
Voici du poiflon tout devant, 
Une Barbue, une Ecrevifle, 
Qui fans l'ufage des talons 
Sçait bien marcher à reculons. 



C 54) 




At» dferßncrpf vrûbvkf ai^e fim : k ' , -' ,. ,• .. i / / 

Creiemihiinwewer auici^uir uhtA valet. * S$- 



O 2 



o 



( SI) 

La noti^eUe mode. 
N tient que la belle Lucrèce 



Apres avoir branlé la feflè 

Se mit le poignard dans le fein , 

J'approuve fi fort ce deflcin 

Que je l'eftime Prophetelîê. 

Aurions nous d'elle efté contens, 

Qu'auroit elle fait en nos temps 
Pour ne pas s'ajuftcr à la nouvelle mode , 
Aujourd'huy la pudeur eft: fi fort incommode , 
Que fille n'a jamais honneftcmenc vécu 
Qui n'ait, fur fon Devant , emprunté quelqu'ecu. 



( fO 




— Jx, '-^ 



Exulti tymitm Ctßum, vulhifimolrMf: S^oJt) band' vfuCfefÛt betnr^^/ 



S5 



/ 



L'amour A Vernie. 

/k O ^ ^^" ^c voit fottcment pris 

j/ Au lieu de la Servante approchant la Maitreffc 

^ Contre rendez-vous & promefîc 

C eft que la nuiâ tous chats font gris. 



C 50 




TKAnfoi^'bieïiacfit iß niemaiùiis^em'it/ 

/bi litlam Marrent MreJiiii.ftDiirf^rriiHfnm. SuvOV icm i)er m hebe €ei()t : 

Unb iomH ^ur frrtun vor itVÎÎÎAgà l'tn (c^laf. • 



C 57 3 

L'mßinB. 

CJ Oit les leçons de la Nature 

Le Nid que tu cherche eft plus bas 
Si peu que tu fouille à deux pas 
Jeune Novice je te jure 
Que, quelque fût que tucroii eftrc, 
Tu pouras faire un coup de Maiftrc. 



C f7) 




WereJirmtneifCmtirJrxiltü.slBffe^Viclti', ^s fuc^te feihcr'iie fi^tîÇe Çein:^ 

f^nafûmÂ/ii/ mntiUlu iifctl' avui . ■^o muft AU(if (lA(t ein oungÜnß t^un/ 

^ \ Dbs i()n gleich ffftnmtt fouir 4t^ i 



Effort î inutiles. 

A Nôtre agcqui peut s cntre-echaufFer encore, 
Nos efforts, pauvre Sot, font efforts fuperfîus. 
Et dans cette faifon , helas ? tu n'en peux plus, 
Sous toy tu ne voiras aucun poufîineclore , 
Mis-tu cent fois le cul dtffus. 



C $8) 




Pnjohleexclufutßc liiiffuUut erit . 4>mu^ fr« iVfit hn f)<w rm frau|(rin ^. 



P 2 



D 



( 59} 

Sans façon. 

E ma flamme triomphe une Nimphe facile, 
Pour un baifer qui d'abord m'en rend mille, 
Mais celle qui par intereft 
En pretieufe rediculc , 
Quand je m'approche fe recule , 
Ah ! que celle la me deplaift. 



# 



( f 5» ) 







S9 



Charmant Ohjet. 

Il Uand ma belle humeur efl: bannie , 
LaGuittarre, le Lut, la Dance & Symphonie, 
Ont des charmes pour moy prcffans , 
Mais rien ne réveille mes fcns 
Ni me ranime & contente la vciië 
Que le corps d'une Fille nue. 



C ^o) 




CâmléJukKlefJunihomjNuiapîacfi. '^î^ifU flf ffTinM (fço'nwtlb rt>o(( bmrtïbt/ 



(61 3 
Maxime generale. 



<^ 



TT E ! ne la perce plus , l'on la déjà frappée 

D'une plus courte epée, 
Au Siècle d'aujourd'huy tout n'cfl: il pas permis 

Aux bons amis. 
Si tu ne le fçais pas , fouffrc que je t'imprime 

Cette belle maxime 
Qu'auflî-tôt qu'un Mari tourne un moment le c* 

lieft Cocu. 



C ^^ ) 




Ç^fift ein tleinr fci;(ù>vn)i ayûfXr TieiU' 

P roceints nulU CoHipcienh f'tro ■ tfcvMnniCPt (et in voen CVS fichi ' 

■J?nî) wt((/ oijcè U'x^ wens l)eimUci!<j(c^üt): 



Q. 



^yaccort. 

JE vous diray cequ'il m'en iemble 
Vous aurez chacun vôtre tour 
joueur, filcnce, paix, amour, 
Ne parlez pas tous deux enfemble , 

Trêve a vos altérations 
L'un & l'autre les Dames touche 
L'un & l'autre les liâmes couche 
Ce font vos allégations. 
Mais des raifons des cette conlequence 
Méritent bien que l'on y penle 
L'un de vous a de la vigueur 
L'autre ne manque pas de cœur , 
A qui donner la préférence ; 
]c vous veux partager mon temps 
De l'heure convenons &c vous feres conrens , 
Affin que tous vos cris je diflipe &: prévienne, 
Séparez vous que chacun ait la licnne. 



C <JO 




■SiieÛxmmen/<)ocij mc(}tvéeretn/ 

N'fnhrnéconvrmunUtonci'nfmUremdenlri-: _Dt> (xC sicici) ^'(rj e\nA\\î>ev(t\yM 
Heu ûHulùmi narniH cerrta'if achOf/.' '^ViUlicioX itodi ^Ciui'ö nûfrt beSftCht' 

A(f? (Y ijoi Riffen y{aim. ^ewAf^t . 



CL? 



C ^3 ) 

(Bajp de Vtole. 

yJllJeWcs douces émotions. 
Qu'elles langueurs , qu'elle agréable flamme, 
Qu'elles charmantes pallions 
Et de quels feux brûle mon ame ! 
La Viole entre mes genoux 
Pour fi peu que la corde bande 
Je touche des branles fi doux 
Qu'il n'eft fille qui les entende 
Qui d'un tranfport ne dife incontinent 
Touchez toujours cet infirument. 



(63 ) 




ê^i i(t b CT iîunac jeuti ov(xvixA ■ 



J^^i-/ieiih7i,yu7^m..J'^f""'o^ irÄcrrei 



L 



C 64) 

Ennemis du repos . 

'Un eft troublé de l'Anatheme 
' Que fulmine un Pape irrité , 
Par les loix de Baldus le trouble eft excité , 
En d'autres la lettre , O, fait un effet de mefmc . 

Quand l'âge la met en couroux 
Quel feu n'allume pas une jeune'pucelle 
Qui laifle lire la voyelle 
Ecrite entre fes deux genoux. 



C Ö+ ) 




Chemin de lhoß>ital. 

T Ejcu, lesbafiiments, les crédits, les procez , 
Et mille (emblables excez 

Epuifent les plus riches fources j 
Si la table & l'amour fuit ces larrons de prcz 

Gare les plus fécondes bourfcs. 



(65-) 




Oiechicn/fyteiien tmt> auc^ bauen/ "^itüßq^ci^n vnb jtrtttg Pîolîih^n/ 
"^ur^ tverbin vnb Wiu frdwen . ??îad)t bâfse Xinbr (rfjir ta|c^fn 



^.r 



R 



(66) 

Mort Trompte. 

C* I la table & le vin attaque nôtre vie , 

La Pefte Se le chagrin font un fcmblablc tfFect ^ 

Mais par de doux baifers l'Ame nous cft ravie 
Si-totj qu'en un moment p c'eftfait. 



( 66 ) 







û 



»■ 



R 2 



C ^7 3 

VtHoïre affurée, 

T T N Cavalier qui pique dans la pleine 

Quelque cheval vif & fougueux ,• 
Un jeune amant auprès d'une fontaine 
Qui de tendres foupirs fatigue une inhumaine 
Les rcduifent bicn-tot tous deux* 



C67 3 




'ï^ergémvGer^ungti ntfiö^tt jc^nt/ <^cr-macpf attf <m ro(j(ctn ein junv 
^^nb gerrt auff^'Urtge rofiCém rett . C^n^ xûf ein metifetn eine çun» . 



(68) 

L'appareyice eß trompeufe. 

T 1 efl: amy certaine marchandife 
Pour qui quoyquc belle & de mife 
Je n'engagcrois point vingt ou trente Ducats ; 

Les beaux chevaux font fouvcnt des faux pas : 
Mais les femmes , helas , dont Ihumeur Se la grâce 

Le commun âes femmes fiirpofle 

Des chevaux ne différent pas. 



C ö8 ) 




i^écnc ^un^frawenSunçe^fcrtt / ^o \(xs rvariicp tw çr«|>' ^lucfc . 
• IVen fie ^ut (ein/ Ijatt (ic fdn wert. 4>rutn^ nt'mb f l'm waljrww^ûr^ar 
^ eiTiöt fie beiö c^n i^re iKudc / J>t fer .^autf |)att ^ro^Xcn i^ffa^v. 



Cö5^} 



Le Tronc, 



T^ St il Denifeune perfonne 

Qui reccùille plus de threfors 
Que celle qui prête fon Corps ? 
Puisque tout le monde luy donne. 



C ^9 > 




Hurfiö/ 
VorfîetiJia/ 

Eiprixc^ . 



Ob'iu(ci;on Wncfù als^ treri>n^ 
^ inuftu boc^ lin Hvre ft^rèn . 



O- 



C70} 

Serment conditionné. 

Q Ur le bord du baffin d'une claire fontaine 

Lifette toute nuë éclatant dans la plaine 
S'écria de chagrin , Que je puiffe mourir , 
Dans un mois fi Guillot n a pitié de ma peine, 
"si je ne cherche ailleurs qui me veille couvrir» 






C/o) 




lini mcmanht wii erbarmen fî'cfj. 



yiun lebe i(h ncci} ein Jrt^f^rf <«i/ 

î>er tnir iias' wÂUiein foibeiiaun/ 
Dos (ci)rver ici; V\v btij ^Uiverixoun 



S 2 



s 



( r*0 

lufle reljemblance. 

Ur la beauté de cette Orange 
jolis la beauté de mon Ange > 

Et je me fens vivement engagé 

De la dépeindre en abrégé. 
En elle la jeuncfîè & la douceur éclate 
Elle a comme l'Orange une peau délicate j 

Comme elle ferme au maniement 

Ni trop fêche ni trop molafle , 

De l'embonpoint médiocrement , 

Elle n'a rien qui ne me latisfafle -, 

En cela convenant entre eux 
Que leurs beautcz viennent de l'Enrre-deux. 



(rO 




Qticçt grtr iu ^of^' ntf^t gar 3uf (nn . â^wn^ von laèren/ fraù^ von ^arrn . 



C70 



^awvre rencontre. 



T Ris allant au bois ramafler du branchage 
Trouve le Caleçon d'un homme de fon agc 
Au détour d un petit cotteau , 
Le prend d'abord & par tout le vifite 
Mais de dédain tout auffi-tôt le quitte . 

S'écriant , fi du nid , )'aimerois mieux l'Oyfèau. 



(70 




'\isfAn'ü etnlîiiii^b ein ifoÇicn ia^/ 

•\fche fie IS aifiv veciji t^rt fc^itun/ 
t^rt ftefuéi" «>fn tirtcunfmun. 



^kvCoiX mir v\d nuucr wevoen/ 



(n> 

L'heure du 'Berger. 

X^ Atin un jour fur la paille & le foin 
^"'^Se rouloit feule àplailir dans la grange , 
Quand gros Guillot l'appercevant de loin 

Luy dit , je vois qu'il te démange , 
Mais je n'oze répondre à ton preflànt befoin . 

Ta JeunefTe efl: trop délicate 

Et je craindrois que fous ma pâte 

Tu ne mourufle lans tefmoin j 
Catin alors reprit , contente ton envie ; 
Tu te moque Guillot & te dcffens à tort, 

Crains tu dé me donner la mort 

Par où chacun reçoit la vie. 



( 73 ) 




->ês (^ einl^eibUin av^ bfti ^axj/ ^tj in Çç^nict wie fein («ù^rytu . 
4>um.ei'pic^ 'iAs'i>ic^->&oü evfttx). ^oUicÇ oiUirx &Auc»n (ttrven^ 
i^uici^'ivrrvAf (à ftirb/flu/ ^A Anbre leuie von merhen . 



Ji 



C74} 

lÈofme Leccn. 

y^ Atîn folaftrc à l'ordinaire 

^*"'^ Voit paflêr Jean le valet de fon Pcre , 

L'appelle, luy fourit & luy dit doucement, 
Voicy de la befogne à faire 
Qu'il faut achever promptement. 

Ce bon valet court dabort à fa hache j 
Mais Catin de Tes mains l'arrache 
Luy dit helas ! Sot que fais-tu ? 
A ton âge faut-il t'apprendrc , 
Que tu n'as ici rien à fendre. 
Qu'il n'cft déjà que trop fendu. 



C 7+) 




3n,b« «?>r{f(m fc^'(o|j «nfc|(a<^bèttf<^^^^ , 

(w|' (itb<r latwfom bunuT Wr / S;>d auc(^ fàti arf ' barfft bic^ ntc 6t^ k-foÉim ' 



Ta 



( 7f y 

LUnfacïahîe. 

T T Ne fois c'efl trop peu , la féconde me flatte j ' 
^^ La troifiéme fe doit, quatre fois c'eft mon pain , 

Apres la cinquième j'ay faim, 
Je n'appréhende pas qu'une autre fois m'abbattc. 

Sept fois eft un comte imparfait, 

Guillaume hui£t fois me la fait. 

Neuf fois augmente mon délice , 
Qui ne le fait pas dix , je l'eftime un Jocrice, 

Onze fois qui ne le fait pas 

C'eft une marque qu'il eft las. 



C70 







i)tvp inak AitMci^ auWitr wii^/. 

J^Vnff mabl thut ts ■niclrt, wfht/ 
»fc^r mrtbl ("«^(It iiif-ii-fie. ' 









->8tn3(iftpfc.6<rr/ mcbf M<n m«».i «Mtt. 
"J?ii> mirr ium --tlfften rfuUif HuÇtran ^ 
4>er \ti'fj Jum ^tvflftl/n th4jil V nifir iran 



C 70 



Les Mornes ont le ne^par tout. 



"KX Oine importun , Preftre trop curieux 

Devez-vous confefTer des yeux 
Ou de l'oreille apprendre nôtre vie ? 

Cette fille de vous fuivie 
Me dit que vous voulies découvrir fon Secret > 
Hé quoy ! n e faut-il pas qu'un Moine foit difcret 
Et que fans regarder fouiller fous la chemife 
Il n'apprenne le fait que dans un coin d'Eglife. 



Juire. 

T A curiofitépoiïede bien ie% gefls i 
"'-'Mais entre les plus diligens , 
A voir ce qu'on fait dans la vie , 

Les Moines plus que tous brûlent de cette cnvic» 
Croyant qu'il eft de leur devoir 
De tout entendre & de tout voir." 
Désqu'un mari parle à fa femme 
Ils s'ingèrent dans leurs propos ^ 
Et ne font jamaiscn repos 
Qu'ils lîcconfe/rent une Dame, 

lis la (uivcnt par tout des yeux & de la main ," 
Et fans remettre aulendemain , 
1 Is font fi bien leur perlonnagc> 
Pour l'pier tous les Galans, 
Qu'entre les femmes , laplusfage 

N'a pas le cul tourné , qu'ils ont le nei dedanj," 



C 70 




Wixs tnac^ftu bft/ metn lieitrlßawrl "îTor >tr tun ixumunii Çc^<ifÇer\ xtciji / '-■ 
Q^AS 3^atf iicdl^fafCiu (o(cr Um. 3>uwilft betnTla^ br«in fttrfm (c^U^t . 



ff 



( n ) 

Le 'Bon 'Précepteur. 

T7' Colier à Paris foubs un Père Jefuite , 
J'appris de cet homme (çavant 
Ces deux belles leçons de fuitte j 
Que les Jeunes filles fouvent 

Ayant de la Sagcfle , ont la barbe devant. 



C77) 




jj'c^ Un Oïdvtffen ^'iWv/ "^nb mais auclp bas t^ ^wi/ wrtrtft. 

^^n^ tin brttjw ein Schûfarif. ^ as Uxne ^\xy\a,frAw ofjn (laar ift / 



y 



C 78 ) 

Le l^oy'tciat. 

É\ U Cloiftrc , qui ne boîra pas 

Du vin de Rhein ou vin de Grave 

Qu'il fçauroit cftre dans fa cave j 

Celuy qui tient entre fes bras 

Une Fille & jeune , & jolie 

Sans faire avec elle folie , 

Qu'un Animal fi fot à voir 
S'en aille dans le Cloiftre apprendre fon devoir. 
Il n'aura pas efté cinq ou Cx mois Novice 

Qu'il fçanra bien cet exercice, 



C70 




^tt eilt 01»^ (cheU tmb ben tvicfit if^ -A«t fuffcn. wtin tmb^^aicft ntf cm/ 
5N*fm^Jûitgfrto ^oflîîmb b«t»t( tü|l. /iï>cr foi eitOJlûnc^ inv (TCdfttr |cm . 



V 2 



^rkautton necejpm^e. 



S 



I l'on voit tant de toits fondus 
Deflbus le pied lafcif de la chaude Colombe , 

L'on voit plus de Moines tondus 

Sous qui femme & fille fuccombe> 
Croy moy , fais fricafîèr ou bien rôtir les uns , 
Quoy-que moins dangereux , quoy-que moins importuns ■ 
A ta porte au plustôc pour éviter les Cornes 

Contre Ceux-ci plante des bornes. 




Qùiaifû i!lap,/emjerfen>itre Tniht. Oj^ mi f^ttt 6<taß ()Ab(n fim ((Xvixr ' 
Chaânins tUUf. PreAj^erumi^fy*-: _ VtX ^ÜtUetfur ffafin Vnù frtUW : 

Mtm jx/e ])ra/uiijif {KÎtim Ufdva Colûtnh*^. ^ieiaüiin irfäen OM bftf^ erti^Wt'ç ' 
EifTtmH nie tuer /ollidM^ iharar . ptV ffiiffh mac^n htti ivirb Jum Ijcmrft;. 

' vs' 



Les Enfatis fans foucy. 

DAns cette plaifànte débauche 
Où des Moines à droit à gauche j 
Sans avoir pris d'autre leçon 
Que du merveilleux Jus Bachique 
Chantent tous fi bien la mufîque j 
S'entend ronfler cette Chanfon j 

Owifon. 

M Al totes, Péages, Impots, 
Amples revenus de l'Empire , 
Si je fuivois ce que mon cœur délire 
Vous ne remphries pas, mon lit, mes plats j mes potSj 
Si pour fournir à la dépence 
Vous ne joigniez à l'Efpagne la France. 



( 89 ) 




Sctibinlufrug^toyn^ 




IUP- 



<So wer (f «.y Wlf'^V^A« 



I« 



C80 

Les Altères. 

fkff Oines gourmands comme des Loups 

Moines dont l'addrefîè hypocrite 
Fait fi bien bouillir la marmite , 
Moines qui n'eftes jamais laous : 
Si la Jufticc à vous égale 
Mange tousjours, tousjours avale 
Sans faire d'autre fondlion , 
Une fille d'humeur allée 
A bien plus d'altération 
Et comme un Pré bien fcc fouhaittc la rofec. 



( ^>-^ ) 




^as (inM xvcii hep boÇfc ^nftm . ^fur f)fr/ vnd \\< AiU IftvitvArd/t 



tt 



C 8Ö 

Le ^t de CàVe. 

I 3 E par le Roy je fais ici vifite , 

Quoy ? fans payer le droit du Vin blanc & clairet 

A la pièce d abord appliquer le foiret ! 

Moine je la faifis comme le fait mérite 

Et luy veux appliquer moy-mefme le faucet. 



C s^ ) • 




. •6attTaunc^(a|smi^'auf^mifï)ir3cc^n/'TîliimçtTwn^iît^artfen (toit 
\ i^ùftn))(Ls Sas ai(o «n|tec/mn . Q:iX«(t mir auc^ bailîn^f ft_qçi?f n 
\ S)as ^askp vor ^ifiiirn XV lii, û'beres^ojtbirje^ocm lc&n\ 



X 2 



/ C 83 ) . 

Ülmpuijfant a re^-et. 

/^Uc ne piiisje répondre à rinclination 
Que vous avez pour l'eau bénite 

Je contenterois bien vôtre dévotion 
Et vous en donncrois bien vite: 

Vôtre defîr ne peut affcz eftre loué 
Allez 5 à demain cette affaire , 
Car maintenant je ne la fçaurois faire, 

Le Goupillon eft kc , je l'ai trop fecoùé. 



(83.) . 




3^lu^H^ Xiemk 5o<r^ fur wtltni'i» ii'efém 3a^/ 

4' wtl |:Wùfîitn<()tnr4rt^u5utt. cS^tittVf «mtvfi.CmVIrt^al'in^^H^- 



^i 



. C 8+ } . 

La Qonfefßon^ 

LE chapelet en main, le cœur plein d'amertume 
Trois Nonnes à genoux ainfi que de coutume 
Le confiteor dit jufqu'à mea Culpa , 

Le point fermé dont l'une fe frappa , 
Se confefTent tous trois au bon Père Grégoire 
Et luy content tout bas chacune fon Hiltoire, 
La première d'un cœur contrit & Pénitent 
Dit que le cas qui la trouble & la gefne 
Eft d'avoir fourc dans fa gaine 
» Le couteau du frère Conftant; 

Les autres en difent autant. 
Ce mifcricordieux Père 
Jugea cette douleur amere 
Digne de l'abfohition, 
Leur dit que leur contrition 
Avoit de quoy le fatisfaire; 
Qti'ils avoicnt une chofe à faire 
De s'abftenir du bien d'autruy. 
De luy mettre en main leur étuy 
Et qu'il yremettroit le couteau d'ordinaire. 



C »4 ) 




■^rc^yiirüttn mit bm yalnnc^r/ 
'35 « cbUn in ifc«in 3ûni3|rAW (£fi> ffr . 

9|t frmhc ^Cleftcr in tf r fcf.«b . 



4W#(utl«H. 

Jum^m rnSvMtfftr fini nit «inalfji . 
Artrrt/ (u^tt (m/iémnfpmUfiUçH/ 
-\?uf^ Ô'n(i»fA burff UnaUei^ (Uc^n . 



A 



C80 

La l^etraitte. 

Uflitoft que la fœur Collette 
A mis bas & guimpe & bavette 
Et robe & fcapulaireainfî que de railbn 
Je me gliflè dans la maifon. 
Je l'entretiens jufqu'a ce que la méchc 
De ma lanterne fc deféche , 
Car alors le temps eft venu 
Qu'on s'efTaflez entretenu. 
Elle me dit j nîpn fils > décampe 
Je ne fèns plus d'huile en ta Lampe. 



C20 




Esjeruienmm Temvori, '^■n!i gtm^ 'von &er7î<nitKn Celen 

s^rt^f WrTîîonc^ wolL(>ebaciiU/ Fede , ,^u lUiüernAcjjte , 



es 



C8ö) 

f)eyme qui peut. 



S 



I ce Singe malicieux 
Cet Enfant mal inftruit , ce Preftreambitieuiç 
Suivent fans bruit ta difcipline, 
Pauvre Diable , je m'imagine 
Que fi ce Preftrc eftoit de quelcju'amour épris . 
Tu t'y verrois , par ma foy , pris. 



C 80 




Reihttferum ii^tltmjpurrttmßne verlere »atum; \S l W ^Ô\iS Ji, ttt 

'^ ^einbt vnter w 



0^ 



Y 2 



C 87 ) 

Châtiment mérité. 

CHartier, Autheur adroit du plusplaifant naufrage 
Que nous ayons veu de cet âge 
Comment a peu ton tombereau 
Culbuter ces Frocards en l'eau ? 
Ce genre d'animaux tousjours branle S>c remue 

Et ne fe foutient qu'a demi 
Outre qu'a leur afpecb ii cet eau s'cfl: émue 

Ce tourefl: un tour d'ennemi. 
Ho ! dit elle , Matoux que jamais je ne flatte 
Qui craignez tant de vous mouiller la patte 
Que vous levez encor vos mains d'averfion. 

Ou par mortification 
Ou pour figner la Paix, pauvre frère Grégoire 
C'eft aujourdhuy qu'il vous faut boire. 



(8/3 




Jjmim niefüüm Irrüß nonnf fuiMum , ^M bcift ^(<K fr bwimfn frtßt (jfttvfrrtjTl-/ 



o 



C88) 

Entre Amis , tout doit eßre commun, 

Uy , j'y confens de tout mon cœur. 
Que fans myftcre & fans icrupule 
Le Frère vifitant fa Sœur 
Entre en fa petite cellule. 



( «o 




CumCraîk e) vrxvikßio . 

EflmikieumVeniàconcesfum aceierr cellam: {bat i'tvlV. OncW [M^ew kX^WtWt i 
Eflmàt conceilum tunt veßram meiere ehllm. 'gtlb «if.nAIflutf Ju iXYlipnnen iO 

■^ j ■■' csSffcjjwinPt m \\xtY d^iif . 



// 



L 



C8^) 
Charité Monacale. 
Es maximes de Cour différent bien des nôtres , 



Là , rcgne l'inhumanité , 
Et nous par un motif de pure charité 
Nous nous portons les uns les autres. 
A nous foulager nous courons 
D'un cœur (î faintement avide 
Que nous avons befoin de bride 
Et jamais befoin d efperons. 



(8^) 




Sunf aultcorumplûrtmr ^ '^v iJAi^ccm. ^o^cvi |jTibft man 



Sunî ek aiî Satan '^eè ?^^^ < " \^o^ ^«"f f f uffrr/ cm.^ incfrttt TTUn ; 
MûniMis ecce carrare ^ ^ -i)<'rm<mcb-m<'l( rtttfb^rTîontiftirrtf 

_. Mottachumßofrri ûvtitnes ■- j ,/^rt/;f<'rt/buf^ftfn5nïiein ^chfi^t 



z 



s 



Le hon ^potiquahre. 

Ans que j'approche & que j'y touche > 
Je juge bien à cette bouche 
Que vous eftcs en bon eftat. 
Quand la playe a la lèvre faine, 
Le Chirurgien doit faire eftat 
Que la gueriibn cft prochaine. 
Courage , en moins d'une lèmainc 
Votre nul fe refermera 

;r Aprez^es'lavemens rcceus imc douzaine 

"■■■ 

Ma Syringuc vous guérira. 



Cfo3 




^ufa.r(>ifi auft/fcu^e i>cr7ytôncp 
; Unit (çlixule ßci) ^ixr nichtes/ 



Efi pjlûr ifiebonuf.ijuttijxvelua inavinaviâi; l^xCi (ch< 
Nûnerûa vrreasjonaius ni Viüetis. '^nb |a(j örrTlöJinCtt -, -, 



Z 2 



(pi ) 

Source ^Eloquence. 

'Tplmides ignorans dont le morne filencc 

Accufe par trop la froideur j 
Quoy ? ne fcavés vous pas qu'on puife l'Eloquence 
Au fein d'une beauté qu'on aime avec ardeur 

L'Amour eft un maiftre d'Ecole 
Qui fournit aux plus Sots l'efprit & la parole : 
Vit on jamais Amant un peu paflionné 
Qui demeura muet, ou fe vit eftonné! 
Enlifant ces Difcours, vous aures pu comprendre» 
Sur un Petit Sujet , combien l'on peut s'ctendrc. 



Csi ) 




Htfc redtet liimtr laiipim claußra dejeriar.^ OW Amor, offne dem bw^^ur 

Harcfaral at^ frariffarlcm ammuß vtrum . 



c^o 



Le Cocu^ 

QUel ménage confus j quel Diable tout boulvcrfe» 
Jufqu a ma Femme ici tout eft à la renverfe , 
ij'on m'appelle Cornard je le fuis en effet 

Et plus cornard que mon Cornet, 
Pefte que je fuis Sot , je m'applique , je fuc j 
Pour gaigner du Bien je me tuë 
Pouvant vivre fans ce Ibuci 
Pour qui me fatiguayje ainfi ? 
Pour cet enfant que l'on m'inpofè ? 
Au Diable le papier, ma foy 
11 eft temps que je me repofe > 
17» autre trAVAtlU four moy. 



(9*) 




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