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Full text of "Le Chien du Capitaine ; La Fee"

. X. L£' CHIEN DU CAPiTAIl 

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Digitized by the Internet Archive 

in 2009 with funding from 

Ontario Council of University Libraries 



http://www.archive.org/details/lechienducapitaineOOenau 



tAf.v'. "^ % ,A^^ - -- 







OCTAVE FEUfLLET 



LE CHIEN DU CAPITAINE 

BY 

LOUIS ^NAULT 

LA FEE 

(THE COMEDY) 

BY 

octavp: feuillet 

TOGETHER WITH 

FERRIER'S LP: CODICILLE 

AND 

LABICHE'S LE MAJOR CRAVACHON 

EDITED WITH NOTES, EXERCISES AND VOCABULAR}' 

HV 

F. H. 8VKES, M.A., Ph.D. 

AND 

p:. j. mcintyre, b.a. 



TORONTO 

THE COPP, CLARK COMPANY, LIMITED 

J897. 



Entered according: to Act of the Parliament of Canada, in the year one thousand 
eight hundred and ninety-seven, by The Copp, Clark Company, Limited, Toronto, 
Ontario, in the Office of the Minister of Agriculture. 



NOTICE BIOGRAPHIQUR 

fiNAULT (Louis), litterateur frangais, n^ k Isigny (Calvados) en 
1822 [ou 1824], fit son droit a Paris et fut reQU avocat. A la suite 
des ^v^nements de juin 18 18, ses relations avec le parti l^gitimiste 
lui attirerent une courte detention, puis il quitta la France et alia 
visiter I'Angleterre, I'Ecosse, les lies Hebrides et I'Allemagne. 
Revenu k Paris en 1851, il s'occupa de litterature, puis reprit ses 
voyages, visita les Lieux Saints, explora I'Orient en 1853, fut 
charg^ I'ann^e suivante d'une mission du gouvernement dans le 
Nord et parcourut les bords de la Baltique, le Danemark, la Sufede 
et la Norv^ge. M. Enault fut attach^ au Constitutionel, puis au 
journal beige le Nord, pour la critique litt^raire ; il a aussi dcrit 
dans la Reime contemporaine, le Pays, V Athenczum, V Illustration, le 
Figaro, la Correspondance litteraire, la Remie frangaise, etc., soit 
sous son nom, soit sous le pseudonyme de Louis de Vernon. M. 
L. Enault a ^t^ d^cor^ de la Legion d'honneur le 13 aoiit 1861. 

On cite de lui ... . un certain nombre de volumes de voyages, de 
critique litteraire, d'art ou d'histoire, tels que ; Promenade en Bdgi- 
que, 1852 ; La Terre sainte, 1854 ; Constantinople et la Turquie, 
1855 ; la Nurvige, 1867 ; de la Litterature des Indoxhs ; la Me'di- 
terran^e, 1862 ; VAmdrique centrale et meridionale, 1866 ; Paris 

hrCiU, 1871 ; Londres, 1876 ; U Salon de 1853, de 1881, de 189S, 

etc. 

Les autres publications de M. Louis Enault sont parbiculiferement 
des romans, dont la sc^ne est dans les lieux qu'il a visit^s. Nous 
citerons : Christine, 1857 ; la Vierye du Liban et AJba, 1859 ; 
Nadeje, 1859 ; V Amour en voyage et Hermine, 1860 ; Un Amour 
en Laponie, 1861 ; Pele-mele, 1862 ; Stella, 1863 ; En province et 
Olga, 1864; Irhie, Un Mariage interrompu. Deux villes mortes, 1865; 
Un Drame intime, 1866 ; le Roman d'une veuve, 1867 ; les Fcrles 
noires, 1872 ; le Bapteme du sang, 1875 ; la Circassienne, 1878 ; le 
Chien du Capitaine, 1879; V Amour et la guerre, 1882; le GJidtiment 
et Valneige, 1887 ; le Chateau des anges, 1889 ; Tragiques amours, 
1891, etc. L'auteur a aussi donn4 des traductions de I'Onde Tom, 
1852 ; de WertJier, 1855, etc. 

^-Extrait de Vapereau, Diet, des Contemporains, 6d. 1893, 



LE CHIEN DU CAPITAINE 



BY 

LOUIS ENAULT 




LE CHIEN DU CAPITAINE. 



"OA done est Z4rot demanda Jean Pigault k sa ft name, 
lorsqu'il eut fini de manger sa soupe ; je suis si accoutume k le 
voir ici quand nous dinons, que son absence me fait un vide. 

— Je I'ai enferni^," r^pondit, un peu sfechement peut-etre, 
celle k qui cette question ^tait adress^e et qui n'^tait autre que 6 
Mme Pigauit elle-meme, en son nom de jeune fille Mile Lise 
Lehalleux, n^e d'un pfere cultivateur dans les environs de la 
jolie petite ville d'Honfleur, et mariee depuis environ six mois 
k un ancien capitaine au long cours, Jean Pigault, qui jouissait 
d'une honnete aisance, honorablement gagnee par son travail lo 
BUT terre et sur mer. 

" Eh 1 pourquoi I'as-tu enferm^ ? continua le mari. 

— Parce que je le trouve insupportable pendant les repas ! 
c'est bien assez de I'avoir dans les jambes le reste de la journde. 
Arrangez-vous tous deux pour nous donner au moins cette 16 
heurede tranquillite." 

Mme Pigault parlait encore, quand Victoire, campagnarde 
haute en couleur et bien embouch^e, bonne a tout faire du petit 
manage, entra dans la salle a manger, a seule fin de remplacer 
le potage par une matelote normande. 20 

Au moment ou elle ouvrit la porte, et il fallait qu'elle fut 
assez grande pour livrer passage k son importante personne, un 



6 LB CHIEN DU CAPITAINK. 

chien de taille moyenne, mais singuli^rement vigoureax, se 
prdcipita dans la salle comme un ouragan, fit trois fois le tour 
de la piece en courant comrae un fou, ^railla de ses griffes 
d'acier la couche de cire rouge soigneusement dtendue sur des 

ftcarreaux de pierre dure, frottes et reluisants, renversa une 
chaise, mit la patte dans une assiette oubliee par terre, et attira 
sur sa tete les imprecations et les'cbl^res d'un ^norme perroquet 
rouge, jaune et vert, gravement perch^ sur le bord de sa 
mangeoire. 

10 Les yeux de Mme Pigault eurent un Eclair bleu qui les fit 
briller comme deux pointes d'acier. Z^ro rencontra sans doute 
ce regard, car il s'arreta au milieu de ses gambades, calm^ 
comme par enchantement, et alia s'abriter derriere la chaise 
de son maitre, craintif, rase centre terre, se faisant petit, 

16 tremblant qu'on ne le renvoyat a son chenil. 

" Tu ne me debarrasseras done jamais de ce sot animal ? 

demanda Lise a son mari, de sa voix de tete la plus provocante. 

— II m'aime tant I repondit Jean Pigault, avec beaucoup de 

douceur, que je te serai vraiment oblig^ de bien vouloir me le 

20 laisser. 

— fl n'a pas afikire a un ingrat ! r^pliqua I'irascible creature, 
et s'il te fallait choisir entre lui et moi, je sais bien lequel de 
nous deux tu sacrifierais ! 

— -II ne m'en a jamais tant dit centre tei ! fit Jean Pigault, 
86 avec une naivete qui n'^tait peut-etre pas exempte d'un peu de 

malice. Mais, grace a Dieu, je sais bien que tu ne te crois pas 
tei-meme. Tu me cennais ; tu sais que j'ai une profende 
affection pour tei ... . trep grande peut-Stre, et tuabuses de 
ma faiblesse. 
30 — En attendant, dit Mme Pigault, voil^ cette horrible bSte 
installee dans la salle k manger ; c'est, je le sais, ce que vous 
vouliez teus deux !" 

Jean Pigault se leva, et, sans r^pondre k sa femjne, il appela 
Zt^ro k voix basse. 



LB OHIBN Dtr OAPITAIMB. 7 

Le chien comprit que, cette fois, toute resistance ^tait 
inutile : il se leva et quitta sa place, — sa bonne place derri^re 
son mattre, ou il ^tait si bien, — et il le suivit. 

" Viens, mon pauvre vieux, dit Jean Pigault, en le flattant 
de la main et de la voix, quand ils f urent soitis tous deux de la » 
salle a manger ; tu sais bien que nous ne faisons plus ici ce que 
nous voulons ! Ce n'est pas comme autrefois, quand j'dtais 
gargon !" 

II enferma le chien dans une sorte de buanderie, attenant k 
la maison, et dont il ^tait certain que personne n'irait ouvrir lo 
la porte pendant le diner ; puis il rentra dans la salle, la tete 
basse, visiblement attrist^, et, sans rien dire, il alia reprendre 
sa place. 

Cependant la figure de Lise n'avait point I'aspect irrit^ que 
son mari avait paru craindre ; elle semblait, au contraire, u 
adoucie par son triomphe, ce qui ne prouvait point une 
mauvaise nature. Mme Pigault, en ennemie g^n^reuse, 
avait d^sarm^ aprfes la victoire. II ne fut pas malais^ de 
s'apercevoir que le mari fut heureux de ces dispositions 
nouvelles et plus cldmentes. II se dit, sans doute, qu'aprfesao 
tout, il serait bien insens^ de laisser un chien troubler la paix 
de son manage, et il regarda sa femme avec des yeux qui ne 
deraandaient qn'k signer un traits de paix. 

Mme Pigault ^tait vive, mais elle n'etait pas mdchante ; 
fille d'honnetes gens, honnete elle-meme, elle aimait son mari : 26 
c'est le grand point, sans doute ; mais si elle I'aimait beaucoup, 
elle ne I'aimait pas toujours bien. II y avait, en e£Fet, dans 
son affection, un peu de \4ghret4, assez de caprice, et beaucoup 
de tyrannie. Bonne au fond, et avec des qualites plus solides 
qu'on n'eut peut-etre 6t6 tent^ de le croire au premier abord : 30 
telle qu'elle dtait, son mari I'adorait. 

Jean Pigault formait avec Lise Lehalleux le contraste le 
plus f rappant : c'est peut-etre pour cela qu'ils s'^taient plu. 
Jean ^tait le type du loup de mer : large d'^paules et de poitrine, 



8 LE CHI EN DU CAPITAINE. 

le front bronz<^ par tous les soleils, I'ceil bien ouvert, glauque 
comme les vagues qu'il avait si souvent regardees, les pommettes 
saillantes, la bouche large, mais avec une expression de franchise 
qui, tout de suite, vous prenait le coeur ; la parole sonore at le 
6rire dclatant. Sur terre, il dcartait un peu les jambes en 
marchant, comme lorsqu'il voulait prendre ses aplombs sur le 
pont tremblant de son navire ; mais il pouvait porter un sac 
de bl^ de sa cave k son grenier sans que ^es neins fl^chissent. 
Pas un fil d'argent dans sa chevelure ^paisse et rude comme 

10 la crini^re d'un lion ; pas un poil grisonnant dans sa barbe 
taill^e en dventail, a I'amdricaine. II avait navigu^ assez 
heureusement, et, k quarante-cinq ans, il s'etait retir^ des 
ajSaires avec assez de bien pour vivre tranquille. II rencontra 
Lise, la trouva de son gout k premiere vue, la demanda le 

16 lendemain, et, un mois apres, vent arriere, toutes voiles dehors, 
il se langait, le cap vers I'inconnu, sur cet oc^an de la vie conju- 
gale, qui ne cache peut-§tre pas moins d'ecueils que I'autre. 
Ce fut, a tout prendre, un menage heureux. 
Z^ro, le chien du capitaine, avait 6t6 j usque-la le seul point 

20 noir visible a leur horizon : mais ne suffit-il pas d'un grain 
pour contenir une tempete 1 — c'est du moins ce qu'assurent les 
marins. 

Lise pr^tendait que Z^ro lui faisait du tort dans I'affection 
de son mari. A force de le r^p^ter, elle avait fini par le croire 

26 et par prendre en grippe ce malheureux chien, qui n'en pouvait 
mais, qui n'avait a se reprocher aucun tort envers elle, et qui, 
ne se sentant point aime, - -les betes ne setrompent jamais comme 
les hommes a ces choses-lk — avait sagement pris le parti de ne 
plus s'occuper de sa maitresse. II n'en ^tait pas arriv^ li du 

go premier coup. Tout au contraire, dans les premiers temps, ii 
avait essay^ de la d^sarmer par ses regards soumis, et par mille 
marques de deference et de respect. II lui avait prodigu^ lea 
attentions et les ^gards, k son arriv^e dans la maison, ou il 
4ta.it pourtant instaUe avant elle. Mais il avait bientdt 



LE CHIEN DU CAPITAINE. 9 

compris qu'il ne parviendrait jamais k conqu^rir les bonnes 
graces de cette personne difficile, et comme il avait sa dignity 
de chien, il se retira sous sa tente, je veux dire dans sa niche, 
et prit le parti de ne pas plus tenir compte du d^dain de 
Madame que si elle n'avait jamais exists ; de fait, elle 6 
n'exista plus pour lui. "^ 

Cette mdsintelligence entre deux creatures qui lui ^taient 
chores, bien qu'a des titres diifdrents, n'avait pu ^chapper k 
Jean Pigault. Le brave capitaine en avait ^prouvd une 
contrariety vive, car il aurait voulu voir la bpnne harmonieio 
r^gner toujours entre ceux qui vivaient aupres de lui, princi- 
palement entre sa femme et son chien. Ce n'dtait pas du c6t^ 
du chien qu'^tait venue la resistance ; Pigault le savait bien, 
et comme c'^tait une excellente nature, il avait essayd de 
r^parer les torts de Lise, en aimant Z^ro davantage. Cette i6 
visible recrudescence de tendresse, qui pa'rtait d'un bon coeur, 
mais qu'il eut fallu cacher, n'dtait pas faite pour ramener Lise 
k des sentiments meilleurs. Contre toute vraisemblance, et 
contre toute raison, elle pr^tendait que la part d'affection que 
Ton donnait au pauvre animal ^tait prise sur la sienne, et son so 
antipathic contre lui s'en accrut encore. 

Z^ro, cause involontaire de cette regrettable mesintelligence 
ne semblait point au premier abord m^riter la faveur de I'un 
des dpoux, ni justifier la crainte de I'autre. Comme beaucoup 
d'hommes de notre connaissance, il manquait absolument de as 
prestige. La nature lui avait refus^ les qualitds exte'rieures. 
II n'avait pas de brillant. H avait re9u en partage un grand 
coeur .... mais ce cceur ^tait mal log^ . . . . il n'avait mgme 
pas le type bien caractdrisd d'une race : un peu long, bas sur 
jambes, la t^te ^norme, avec une moustache heriss^e et une so 
sorte de toupet qui lui retombait sur les yeux, il avait du moins 
one physionomie originale, qui I'empgchait de ressembler L 
personne. Son poil n'^tait pas moins in^U que son sang. D 
iibait poivre et sel, comme la barbe d'un homme de cinquant»- 



10 LE CHIEN DU CAPITAINB. ^/ 

cinq ans ; tantdt lisse et tantot frisd, ras sur lea reins et lea 
cuisses, avec una sorte de palatine plantde dans le cou et 
retombant sur les dpaules, qui lui donnait je ne sais quel 
aspect Idonin. Tout cela formait un ensemble probablement 

6 dtrange, mais qui n'avait rien de flatteur. II ne serait venu 
a personne I'idee qu'un pareil chien put etre compagnon pr^fdr4 
d'une jolie femme, et Ton comprenait bien qu'il efit ddplu k 
Mme Pigault. 

Et pourtant, si on I'avait bien connu ! Jamais chez aucun 

logtre les d^fauts visibles n'avaient ^te rachet^s par un tel 
ensemble de qualit^s internes, les plus pr^cieuses et les plus 
rares. L'intelligence p^tillait dans ses yeux pleins de malice 
et de ruse; il avait de I'esprit a en revendre k dix chiens ; 
quant k son coeur, M. de Buffon, en manchettes de dentelle, en 

16 aurait fait I'^loge en pleine Academic. L'affection qu'il portait 
k son maitre avait tous les caract^res d'un attacheraent 
passionn^. Le capitaine Pigault ne I'avait ni achet^, ni 
regu, ni 6lev4, ni trouv^. La fa9on dont il ^tait tomb^ entr© 
ses mains avait, au contraire, un certain c6t6 romanesque. 

20 Quelque temps avant son mariage, auquel, du reste, il no 
pensait pas encore, le capitaine se promenait un soir sur la 
jet^e de Honfleur, pour surveiller de loin I'entr^e et la sortie 
des navires. Ces passe-temps sont chers aux marins retires, k 
qui la terre ferme donne la nostalgic de la mer, quitt^e toujours 

28trop t6t. 

Son attention fut attirde tout a coup par les cris et les rires 
bruyants d'une douzaine de polissoiis, qui jetaient des pierres 
dans le fleuve, et qui poussaient des exclamations joyeuses 
quand leurs coups avaient port^. 

80 Pigault savait que cet kge est sans piti^, comme a dit le 
po^te : il soupgonna quelque forfait et .s'approcha de la berge 
poui voir quelle ^tait la victime de ces jeux cruels. 

Bientot, k quelque distance de la rive, il aper9ut un pauvre 
•hien luttant aveo peine centre le courant, tr^fort en cet endroit^ 



LE CHIEN DU CAPITAINB. 11 

n anrait, cependant, fini par aborder, car il nageait bien et 
vigoureusement ; mais, chaque fois qu'il ^tait sur le point de 
prendre terre, il se voyait impit^aDlpment repoussd par les cris, 
les menaces et les coups de ses fi^roces ennemis. II ^tait 
Evident que ces jeunes dr6les voulaient se donner le barbare s 
plaisir d'assister k la noyade de la pauvre bete. 

lis ne paraissaient pas devoir' attendre cette joie bien long- 
temps, car I'animal, vaincu par la fatigue, d^couragd peut-etre 
paroles indignes proc^d^s auxquels il ^tait en butte, s'epuisait 
en fst^riles efforts, et le moment n'^tait pas loin ou il allait 16 
succomber. 
rt Une gdn^reuse colfere et une douce compassion remplirent 
I'&me du capitaine. 

'''- " Tas de gamins ! s'^cria-t-il, si vous ne tournez immediate- 
mentles talons, je vous jette a I'eau a la place de ce malheureux u 
chien, dont vous ne valez pas les quatre fers ! " 

Ungeste ^nergique ^tant venu appuyer cette parole, la troupe 
barbare se dispersa, sans demander son reste, comme une bande 
de moineaux effarouch^s. ■( 

Le chien vit bien qu'on lui laissait J[e champ libre, et il eom- so 
prit que ce nouveau venu ^tait poiir lui un sauveur. Ce secours 
moral lui rendit des forces : il nagea avec une ardeur nouvelle, 
et, malgr^ le courant, il rt^ussit a gagner le bord. 
, Ce fut k ce moment qu'il donna au capitaine la premiere 
'^'^^■^reuve d'une intelligence dont cetui-ci devait etre si souventjj 
" frapp^ par la suite. II avait sans doute entendu dire dans le 
monde que rien n'^tait plus desagrdable que le voisinage d'un 
chien inoiiill^ qui se secoue. Aiissi, au lieu d'aller tout de 
suite offrir ses remerciements k son sauveur, il commen9a par 
aller faire un bout de toilette a quelque distance, et Dieu sait so 
H*il en avait besoin I Ce fut seitlement alors que, timidement, 
comme quelqu'un qui a eu des malheiirs, et que sa mauvaise 
fortune condamne k se d^fier des autres, et plus encore de lui- 
radme, il revint k pas lents vers le marin. 



IS LB GHIEM DU OAPITAINB. 

Comme s'il n'eiit pas 6s6 davantage, il s'arrgta oiscrfetement 
k que ques pas du capitaine, battant la terre da sa C[tr4ae , 
longue et fournie, et fixaut sur lui un regard vif et brillant. 
qui exprimait tous ses . sentiments avec plus d'^loquence que 
i^ri'auraient pu le faire les discdurs lea plus pompeux Merits en 
style fleuri. 

Pigault comprit ce muet langage, et il en fut aussi touchy 
que des demonstrations les plus bruyantes,— peut-6tre mSme 
davantage. Aussi, d'une voix caressante, et avec cette bonne,, 
10 pHysionomie k. I'expression ,de Igiquelle un chien ne se trompe 
jamais, faisant de la 'main un appef sur sk cuisse : 

" Aliens ! viens ici, mon pauvre vieux, lui dit-il, que nous 
fassions un peu connaissance, toi et moi ! " / Z' 

Le chien comprit, car il se rapprocha encore ; mais pas k pas, 
16 peu k peu, avec une crainte visible, et ii s'arreta de nOUteau 4 
quel que distance, regardant toujours I'homme avec ses grands 
yeux fixes, qui demandaient grace et pitid. 

** Que le pauvre diable a du souflfrir pour montrer tant de 
peur k quelqu'un qui ne lui veut pas de mal 1 se dit le brave 
80 Jean Pigault, dont r§,me ^tait vraiment compatissante et 
bonne. A-t-il le flanc creux ! Je crois qu'il y a longtemps 
qu'il n'a mang^. Allons ! viens, bonbomme ! ajouta-i>il avec 
son large rire, je veux faire un heureux aujourd'huL Je vais 
t'offrir k souper ! .... as-tu d^jeun^, seulementT" _ 
at Le capitaine etait homme d'action, et^ne payait de mots ni 
les autres ni lui-mdme. II alia droit au chien, et, bien qu'il 
Kit encore ruisselant d'eau et souilld de vase, il le caressa 
doucement, en lui adressant de bonnes paroles que celui-ci 
paraissait comprelidre. 
ao " Tu n'es pas beau ! lui disait-il ; mais tn n'aa pas I'air 
m^chant non plus ! II y aura peut-§tre moyen de nous entendre, 
toi et moi . . . . tu remplaceras mon pauvre Black, dont la 
niche est encore vide .... Allons 1 viens maintenant I il est 
sept heures : nous trouverons la nappe mise, et la soupe snr 



LK CHIEN DU OAPITAINE. 13 

la tabla Mais Jeanneton ne veut pas qu'on la fasse attend re, 
je t'en prdviens !" 

Le chien resta quelques instants immobile k la meme place, 
comme s'll eiit rdfl^chi et deliber^ en lui-meme. Mais bientot, 
jugeant sans doute sa dette suffisamment pay^e, il parut 5 
prendre un grand parti, fit demi-tour k gauche, et retournant 
vers la berge, il fixa obstindment ses yeux vers le large, du c6t^ 
•^ ^e I'ouest, 0X1 I'on vojait disparaitre, et, pour ainsi parler, 
s'^vanouir la silhouette palissante d'un navire de fort tonnage, 
qui, ses toiles dehors, cinglait vers la haute mer. lo 

" Ingrat! murmura Jean Pigault! je voulais ton bonheur . . . 
mais si tu crois que je vais le faire de force .... non, par 
exemple! tu n'es pas assez beau pour que je te loge, te nourisse, 
te blanchisse, — tu en as bien besoin, — et t'entretienne lualgrd 
toi ! . . . . Bonsoir la compagnie ! tu me dois un beau cierge I va is 
le brfiler, si tu veux, k Notre-Dame-de-Grace. Tu ne m'y 
trouveras point !" 

Et se mettant k chantonner, d'une jolie voix de baryton, 
juste et bien timbrde, une romance jadis chfere aux marins de 
toutes nos cCtes : so 

....Adieu, mon bean navire, 
Aux grands mats pavois^s, 
Je te quitte, et puis dire : 
Mes beaux jours sout passes ! 

le capitaine enfonga ses deux mains jusqu'aux coudes dans les 86 
poches profondes d'un pantalon de gros drap bleu, large comme 
les braies des Gaulois nos pferes, tourna les talons, haussa les 
^paules, et reprit le cbemin de sa maison. 



V, 



j^t/eVtf 






14 LK CHIBN DU CAPITAIKE. 



II. 



" Bonsoir, capitaine ! Vous causiezdoiri; avec Z^ro; qu'est-ce 
que vous pouviez bien lui dire ? il ne parle que hoUandais ! 
demanda a Jean Pigault le vieux quartier-maitre, Michel Yver, 
charg^ de I'entretien du petit phare qui guide les pilotes, k 

sl'entr^e d'un port toujours difficile. 

— Ah ! dit le capitaine, le particulier s'appelle Z^rol je suis 
bien aise de le savoir, et je trouve que c'est tout juste ce qu'il 
vaut. Je ne lui fais pas compliment de sa politesse ! Je le^ . 
tire des mains d'une bande de vauriens qui allaient le no;fer, 

iBJe I'invite a souper, et il ne me fait pas I'honneur d'accepter 

.... II ne me r^pond meme pas! . . . . aiouta le capitaine en riant. 

— Ah ! pour ce qui est de cela, j'av6ue qu'il est dans son tort, 

et que je n'aurais pas fait comme lui ! dit Michel Yver ; maia 

que voulez- vous ? c'est fid^e en diable ; 5a ne connait que son 

16 mattre ! 

— Et ce maitre,^ quel est-il 1 

'^'' — Un pas grand'chose! un certain Norkind Van der Tromp, 
mattre timonier k bord de la ReineSophie, gros lougre hollan- 
dais qui est venu prendre ici' un chargement de pommes qu'on 

20 lui a envoy^es du pays de Caux. Entre nous, ce Norkind est 
un rien du tout .... pas sot, mais toujours gris, a terre du moins ; 
je ne sais pas comment il se comporte k la mer ! II passe pour 
donner k son chien plus de coups de baton que de morceaux 
de Sucre .... Mais, que voulez-vousi le pauvre imbecile I'aime 

25 tout de meme ! Faut le voir emboiter le pas derrifere I'autre : il 
marche dans ses semelles ! II ne paye pas de mine, si vous 
voulez ; mais jamais une bete n'a eu plus d'esprit ! II a plus de 
tours qu'un sorcier dans son sac. II fait tout ce qu'on lui com- 
mande, et meme davantage .... II ne lui manque que la parole, 



LE OHIEN DU OAPITAINB. 15 

et encore elte ne lui manque gufere. H est s<ir et certain qu'il 
comprend le hollandais, et le flamand aussi ! car il ne se trom- 
pait jamais quand cet escogriffe de Norkind lui commiandait 
quelque chose. II est bien connu sur le port, allez ! Mais il a 

encore plus de cceur que d'esprit II ne connait au monde que ft f^ 

son maitre! .^. . . et il se jetterait aufeu . . . . et a I'eau pour lui 

-^-On n'eh fait plus sur ce gabarit ! dit Jean Pigault avec , I 
unv gros rire, et je connais bien des gens qui ne le valent pas ! 

— -^e le broi^ parbleu bien ! Mais regardez done, capitaine ! 
qu'est-ce qu'il peut avoir k courir ainsi comme un affole sur la lo 
berge?" 

Jean Pigault se retourna, et il apergut Z^ro qui allait et 
p-enait le long du fleuve, s'arretant de temps k autre, pour -C 

regarder du c6t^ de la mer, en'^biissant des hurlements deses- 
pdres, puis recommen9ant sa course insens^e, et s'arretant de 15 
nouveau, comme s'il n'eut pu prendre, une fois pour toutes, une 
resolution definitive .... 

Enfin, apr^s deux ou trois minutes de deliberation avec lui- ,aJt^i^A^ 
meme, Z^ro d^cida sans doute quelque chose, car il prit son ' [/ 

elan, et, d'un bond vigoureux, se pr^cipita dans la Seine, etao 
nagea resolument vers le large. 

^'" Je t'en souhaite ! dit I'invalide avec un geste insouciant ; 
si tu crois qu'avec tes pattes tu yas rejoindre la Reine-Sophie, 
qui miarche vent arrifere, qui file ses douze noeuds du train dont 
elle va, et qui a deux lieues d'avance sur toi . . . . tu te trompes, 25 1 
mon vieux ! Tu vas boire un coup avant cinq minutes d'ici, 
ou je t'attache le reste de tes jours avec des saucisses ! Mais 
voyez done, capitaine, le courant I'entraine du c6te du Havre : 
quand il voudrait revenir, il ne pourrait d^ji, plus ! . . . . C'est 
comme §a que les deux frferes Langlois se sont noy^s le 10 duso 
mois passe .... N'importe ! c'est tout de meme mal k Norkind 
de n'avoir pas voulu I'emmener . . . . et c'est bien b§te au toutou ^•^"^^ 
de risquer sa peau pour un ivrogne qui ne le merite guere. . . . 
Ah ! tenez, le voilk qui coule ! . . . . Non ! il nage encore .... Quels 



4 



^ 



16 LB CHIEN DU OAPTTAnnL 

coups de reins ! . . . . Ah ! o'est fini I yoiI& qu'il tourbillonne 

Non ! il reparait ! a-t-il la vie dure ! Vrai, tout de m^me, ga 
me fait encore quelque chose, et je donnerais bien quatre sous de 
ma poche pour pouvoir jeter une corde k cette pauvre bete .... 

* n est si malin, ce Z^ro, qu'il en happerait le bout et reviendrait 
k terre certainement ! 

— Tonnerre de Brest! je ne veux pas qu'il meure, ce satan^ 
chien ! . . . . dit le capitaine avec un juron ^nergique, que le 
bon Dieu lui pardonnera, parce qu'il ^chappait k I'indignation 

10 d'un cceur chaud et gdn^reux. J'ai sauv6 des hommes qui ne 
lui allaient pas k la cheville . . . . je le sauverai aussi, nom 
d'une pipe ! ou nous boirons le dernier coup ensemble .... 4 
votre sant^, Michel Yver!" 

Plus prompt que la parole, avec une agility que I'on ne se 

15 serait peut-dtre pas attendu k rencontrer chez un homme de 
son S,ge et de sa carrure, Jean Pigault sauta dans une barque, 
et maniant I'ajviron avec la vigueur et I'habilet^ d'un rameur 
sans pareil, il gagna de vitesse sur le chien en ddtresse, le 
d^passa de cinq ou six brasses, revint sur lui en se laissant 

20 porter par le courant, et, au moment oia Z^ro allait disparaltre 
pour la troisi^me, et probablement pour la derni^re fois, il le 
saisit par la peau du cou, I'enleva k la force du poignet, et le 
jeta au fond de la barque, ou le malheureux chien resta un 
moment immobile, couchd sur le flanc, et rendant par la 

26 bouche et les narines les torrents d'eau qu'il avait avails. ' 

Get exploit une fois acco^j)li, et plus vite que nous ne 

I'avons racont^, le capitaine fit ais^ment virer sa Mg^re em- 

barcation, et aborda, en quelques coups de rames. Yver, qui 

I'attendait, se chargea d'amarrer la barque, et Jean Pigault, 

80 compatissant jusqu'au bout, souleva le chien encore tout 

^tourdi, et le deposa doucement, av^c toutes, sortes de, pr^ 

cautions, sur la rive t^inme u eut fait d*un tioy^ sauv^ par lui. 

Zero avait du temperament, «t une certaine ^nergie de 

caract^re. Aussitdt qu'il se vit de houveau sur la terre ferme, 



LK CHIEN DU OAPITAINB. 17 

il se sentit un autre homme, — c'est un autre chien que je ^ 
voTjlais dire. II se fit en lui oomme une revolution soudaine, 
■^'cbiaplfete et inattendue. La conduite de son maitre se pr^senta 
k son esprit sous son veritable jour; il comprit qu'un particulier 
qui I'avait abandonn^ volontairement ne valait vraiment pas 8 
qu'il s'exposat une troisifeme fois k la mort pour lui ... . d'autant 
plus que ce sacrifice serait completement inutile, car il yoyait 
bien maintenant qu'il ne parviendrait jamais a rejoindre la ^ , 

Reine-Sophie, alors qu'elle courait vent arriere. II s'assit done // 

sur son sdant, m^lancolique et reveur, dans I'attitude qu'un lO 
peintre pourrait donner iuun chien philosophe, qui connait trop 
les hommes pour attendre rien d'eux, et qui a ddji trop d'ex- 
p^rience pour espdrer quoi que ce soit de la vie et de la 
de^tinde. II devait sans doute beaucoup de reconnaissance 
au gen^reux inconnu qui venait de le sauver avec tant de 16 
d^vouement ; mais celui-1^ meme croyait sans doute avoir d^ja 
fait assez pour lui, et il devait etre rdsolu maintenant k 
I'abandonner a son malheureux sort. II n'allait done plus etre 
qu'un chien errant sur la terre etrangfere, un vagabond | en 
rupture de ban, sans papiers, sans asile et sans pain, n'ayant2o 
plus ni feu ni lieu, avec la perspective de coucher et de souper 
k cette auberge de la Belle-Etoile qui n'est guere meilleure pour 
I'espfece canine que pour I'espece humaine. Ces r^exions pd- 
nibles mais justes lui mettaient n^cessairement du vague dans 
I'ame, et ses impressions d^courag^es se peignaient avec une 26 
^nergie singulifere dans sa contenance douloureuse et sur sa 
physionomie expressive. II avait surtout une i&qorv d'allonger 
la Ifevre inf^rieure qui ne permettait pas de douter de Tamer 
d^couragement dont son cceur de chien devait etre en ce 
moment rempli. \ m 

Jean Pigault le regardait avec une attention et un int^r^t 
dont lui-mSme s'^tonnait, mais dont il n'eut pu se d^fendre. On 
eiit dit qu'il devinait tout ce qui se passait dans Tame de Zero, et 
qu'il se rendait compte de ses plus intimes pens^es. 



18 ' LE CHIBN DU OAPITAINB. 

*' Voici, se dit-il en manifere de reflexion, un aaimal qui n'est 

pas le chien de tout le monde. Oela serait drole s'il pouvait 

icrire, ou seulement raponter tout ce qu'il pease .... Mais voili 

sept heures et demie qui sonnent k Notre-Dame : il va me faire 

6 manger ma soupe froide . . . . et Jeanneton va bien me recevoir I 

/iJi/u.j'^'-'-'"'. , . .pourtant je ne puis pas le laisser la, ce pau;i^re diable, qui 

me fait I'effet de n'avoir plus que moi au monde !" 

'^1 '"'^ En achevant ces mots, le capitaine se tourna vers le chien, 

toujours immobile a la meme place, toujours plough dans sea 

10 reflexions, et s'adressant k lui, comme s'il eut ^t^ capable de le 

comprendre : 

" Allons ! mon gar9on, lui dit-il, tu dois bien voir que tout 
est fini avec I'autre. Wy pense done plus, et suis-moi !" 

Et, comme s'il eut voulu appuyer cette injonction par une 
15 demonstration plus efficace, Jean Pigault passa son mouchoir 
dans le collier de Z^ro, qui, cette fois, se laissa emmener sans 
resistance. 

La Cote de Grace, au pied de laquelle Honfleur est bati, est 
certainement un des sites les plus charmants de ces beaux 
2orivages de Normandie, qui, k chaque detour des routes 
capricieuses, nous montrent des paysages faits k souhait 
pour le plaisir des yeux. NuUe part horizon plus large ne 
s'oifre k nous sous des aspects plus grandioses ; nulle part la 
vegetation n'etale avec plus d'orgueil et de splendeur les 
86 magnificences de sa s^ve plantureuse, 

Ne tout pr^s de la k Villerville, d'une race de marins, Jean 
Pigault, dans ses voyages lointains, avait toujours emporte au 
fond de I'ame I'image de ce coin de terre ou s'etait passee son 
enfance. Nulle part il n'avait rien vu qui effagat chez lui ce 
so radieux souvenir. Tout lui avait paru moins beau que ce pli 
du rivage ou il avait ouvert pour la premiere fois les yeux k la 
lumifere. Aussi s'etait-il toujours dit que, plus tard, si, a force 
de travail et d'economie, il parvenait k cette precieuse aisance 
que I'on appelait autrefois la m4diocrit4 dorde, et qui est le but 



LB CHIBN OU CAPITAINB. 19 

si legitime de tous ceux dont la vie est un long effort et un - 
rude labeur, ce serait \k qu'il viendrait abriter ses derniers 
automnes. -il^ 

II avait eu le bonheur si rare de voir son voeu s'accomplir. 
A mi-chemin de cette mont^e un peu apre, qui commence aux 6 
derniferes maisons d'Honfleur, et qui aboutit au plateau meme 
ou s'^leve cette chapelle de la Vierge, but sacr^ de tant de 
pfelerinages, et toute remplie des offrandes des matelots recon- 
naissants, sauv^s du naufrage par celle qu'ils implorent comma 
rifctoile de la Mer, — "Ave, maris stella" comme chante le pieux 10 
cantique — il avait eu la bonne fortune de trouver une maison 
que Ton pouvait regarder comme la demeure id^ale d'un sage 
et d'un marin. Elle ^tait petite, mais commode. La cour 
d'un cotd, le jardin de I'autre ; ici la campagne souriante, et, 
plus loin, la Seine, large comme un beau lac, avec le Havre et is 
les coteaux d'Ingouville et de Sainte-Adresse, comme fond de 
tableau, et sur la gauche, immense et infinie, toujours nouvelle, 
et toujours la meme, la vaste mer ! la mer sans laquelle ne peut 
plus vivre celui qui a pass^ sa main d'enfant dans la crinifere 
^parpill^e de la vague, et qui, plus tard, homme fait, dans In » 
plenitude de sa force, s'est senti, pendant de longues annees, 
berc^ dans le calme, ou ballott^ dans la temp§te, sur le sein 
"^^ large et puissant de rOc^an ! 

Jean Pigault en ^tait encore h la lune de miel de sa vie de 
propri^taire et de rentier. II dtait depuis six mois seulement26 
dans la Villa des Roches-Blanches (ainsi s'appelait sa maison- 
nette), ^cussonnant ses rosiers, cueillant ses f raises, arrosant ses 
laitues, et lisant le Messager du Havre ; servi, choy^ et dorlote 
par son unique servant©, Jeanneton, dont le plus grand m^rite 
^tait de savoir faire la matelote normande et d'avoir pour so 
son maitre un profond attachement. 

♦* Ah ! monsieur, comme vous rentrez tard ! dit la brave fille, 
en ouvrant la porta au capitaine ; huit heures moins dix ! . . . . 



20 LB CHIEN DU CAPITAINE. 

J'ai ^t^ obligee de remettre la soupe sur le feu, une soupe k la 
crfeme! si elle est tournde, 9a seravotre fauteet pas la mienne .... 
— C'est entendu, dit Jean Pigault ; s'il y a des avaries, je 
les prends pour mon compte ! mais servez vite .... J'ai couru 
des bordees, et, tel que me voili, je lueurs de faim ! . . . . 

— Eh ! bon Dieu ! contiuua Jeanneton, en se penchant de 
c6te, qu'est-ce que vous trainez done comme cela demure 
vous 1. . . . 

— C'est un ami que j'ai invito k souper ! dit le capitaine avec 
un rire que Ton entendit dans toute la maison ; mais pare k 
virer ! car vous me faites rester la sur le seuU de la porte, et 
j'ai vent arrifere que j'eu grelotte." 

Jeanneton s'effaca, et le capitaine entra, suivi de Z^ro. 

"Eh ben! vrai ! il n'est pas beau, votre invito! dit la bonne, 

16 qui avait son franc parler avec tout le monde et avec son maitre. 

— C'est possible ! mais vous verrez qu'il est bon ! En tout 

cas, pour sa bienvenue, vous allez lui faire une bonne pat^e. 

'' — M'est avis qu'il en a besoin !" dit Jeanneton en regardant 

le chien, piteux, mouill^, crotte, efflanqu^. 

20 Mais comme, au fond, ce n'etait pas une raauvaise creature, 

la souffrance eveiffail toujours la compassion chez elle : son 

premier mouvement la portait au secbu'rs de toutes les misferes 

comme de toutes le& douleurs. Elle pr^para done un confor- 

' table et cbpifettx repas pour le nouveau venu. ; 

26 Zero soupa ce soir-la comme il n'avait pas soupd depuis 

longtemps. La maison lui parut bonne, et ce fut seulement 

. pour la forme qu'on lui passa une chaine au cou, en le con- 

duisant a sa niche. II n'avait pas envie d'abandonner de sitdt 

ce toit hospitaller. 

80 Que se passa-t-il alors dans eette tSte de chien, a laquelle ne 

'^manquaient certes ni la lumi^re de I'intelligence, ni la cha- 

leur du sentiment 1 C'est, en v^rit^, ce que personne n'aurait 

pu dire avec une certitude absolue, car Zero, discret par nature, 



LB CHIBN DU OAPITAIMB. 21 

et plus r^serv^ encore depuis qu'il avait eu des malheurs, ne 
fit de confidences k personne. H est cependant permis de 
croire qu'il finit par se dire qu'entre un maitre qui I'avait 
abandonn^ et un autre qui I'avait sauv^, qui le soignait, qui le 
nourrissait, qui le caressait et qui I'aimait, son choix ne pouvait « 
pas etre douteux. II reporta done sur le capitaine toute 
I'affection qu'il avait eue jadis pour le matelot, et ce n'est pas 
peu dire ! Ce fut une vie toute nouvelle qui commenga pour 
lui. n 86 donna entiferement Ji Jean Pigault, comme serviteur 
et comme ami. Tous les moyens lui furent bons pourw 
t^moigner sa tendresse et son ddvouement au proprietaire 
de la Villa des Eoches- Blanches, qui ^tait aussi le sien. 
II vivait avec lui, ne le quittant pas d'une aeconde, les yeux 

''^^'dans ses yeux, dpiant ses pens^es, et s'effbrQant de deviner ses 
d^sirs pour les satisfaire. II I'accompagnait dans toutes ses 16 
promenades, le suivait partout, et dormait sur un tapis au pied 
de son lit. II n'y avait pas dans toute I'Europe un homme 
mieux garde que notre capitaine. Saint Roch et son chien si 
c^lfebres dans la l^gende dor^e, ne formferent point une paire 
d'amis plus inseparables. » 

Mais Zdro ne bornait pas \k ses attentions et ses sbins : 
il ne n^gligeait rien pour faire preuve de sa bonne volont^ et 
de son vif d^sir de se rendre utile et agrdable. II rapportait 
au logis les mouchoirs de poche que I'insouciaht capitaine 
semait un peu k droite et k gauche, dans la cour et dans le 25 
jardin ; il veillait a ce que la porte ext^rieure fut toujours 
fermde, et il ddployait une veritable habiletd dans la faqon 
ingenieuse dont il sotilevait la clanche pour la laisser retomber 
ensuite dans la gS,chette ; ii apprenait la politesse aux petits 
drdles qui se' pe'ririett'aient de parler k son maitre sans se 30 

fl^ ddcouvrir devant lui. II leur mettait r^solument une patte 
sur chaque ^paule, et avec douceur, mais avec fermet^, leur 
donnait une le9on de savoir-vivre en cueillant delicatement 
une caiquette obstin^ sur nne tSte mal apprise. 



98 LB CHI EN DU OAPITAINB. 

Ce n'^taient point 1^ du reste, ses seules attentions. H 
avait remarqu^ I'empressement avec lequel le capitaine lisait, 
chaque matin, le Messager du Havre, qui le mettait au courant 
de toutes les affaires maritimes de I'Europe et de I'Am^rique. 
6 Eh bien ! pour lui donner quelques minutes plus tot la joie de 
cette lecture favorite, Z^ro allait attendre le facteur au bas 
de la Cote de Grace, recevait de ses mains le pr^cieux journal, 
et le rapportait au logis, en arpentant la route aussi vite que ses 
jambes pouvaient le porter. ; ,..,^^a^^ 

10 Jean Pigault, qui n'avait jamais 4,ti tant gate, trouvait 
qu'il ^tait bon d'etre aime ainsi, meme par un chien, et, tr^s 
reconnaissant et tri^s touche des preuves sans fin de cette 
affection sans bornes, il aimait lui-meme chaque jour davantage 
ce serviteur, ce compagnon, cet ami ! 
16 Ce fut pour Zero une pdriode d'existence vraiment iddale. 
II n'avait jamais d^sird, jamais reve un bonheur plus complet 
que celui-la. Mais h^las ! un proverbe cruel I'a dit : 

" Ce qui est beau est de courte durde !" 

Ceci est vrai, parait-il, pour les chiens comme pour les 
80 hommes. 

Le capitaine se maria et, n^cessairement, Z^ro n'occupa plus 
la premiere place dans la Villa des Roches-Blanches, ni dans 
le cceur de son maitre. 



LK OHIBH DU OAPITAIVB. 3S 



III. 

La nonvelle maride aimait les chats et n'aiinait pas les 
chiens! 

Si du moins le chien du capitaine eiit eu paur \m I'dl^gance 
ou la beauts, il aurait peut-etre conquis, sinon merits, ses 
faveurs. Mais il n'en dtait point ainsi. Le inalheureux Z6i'o s 
n'avait pour lui ni la forme ni la couleur. H n'avait que ses 
qualit^s Lntimes, que Ton ne voyait point tout d'abord : son 
cceur chaud et loyal, et son intelligence souple et d^liee. Ce 
n'^tait pas assez pour faire la conquete de sa nbuvelle mait|resse. yy 
Le pauvre chien avait trop de" sagacity pour ne pas se'rendreio 
un compte exact de la situation. 

Zdro n'^tait pas un chien couchant : il tenait le milieu entre 
un caniche plein de dignity et un barbet tr^s susceptible 
Quand une fois il fut bien certain de n'etre point appr^ci^ k sa 
juste valeur par la nouvelle Mme Pigault, pour laquelleis 
cependant il n'eut pas demand^ mieux que de faire des frais, 
car il ^tait naturellement galant, il se fit un point d'honneur 
de ne pas s'imposer; il attendit qu'il plut k cette belle 
addaigneuse de revenir k des sentiments meilleurs et plus 
justes. so 

On conviendra qu'il eAt 6t6 difficile k un chien de tenir une 
conduite plus irr^prochable, et je crois que bien des gens ayant 
re9U une Education plus brillante que Z4ro ne se seraient 
point tir^s plus "habilement d'une position si delicate. Get 
^tonnant personnage donna meme une preuve de tact plus 25 
aurprenante encore. Tout en conservant pour son maitre la 
mSme afiection, et il sentait bien que cette affection ne finirait 
qu'avec sa vie, il liait beaucoup plus de reserve et de discretion 
dans I'expression de sa tendresse. II s'^tait montr^ jusqu'ici 



24 LB OHIEN DU CAPITAIKB. 

V /■ ^' ,' f. / i-' 

expansff k I'excfes, comme on I'est naturellement dans le tdte-4 

tgte avec un etre aim^, quand on n'a rien k craindre de per- 

Sonne. Tous les pr^textes lui paraissaient alors bons pour 

t^moigner ses vrais sentiments k celui qui en ^tait I'objeb. 

6 Mais k present, comme s'il eut compris qu'il y avait la quelqu'un 

qui avait le Af^it d'etre jaloux, 11 si^t se contraijidre et mettre 

'^^"■"^^ '^ urie feburdiiie a son coeur. II est vrai que, lorsqu'il avait le 

bonheur de se retrouver seul avec son maitre, il prenait sa 

revanche de la longue contrainte qu'il s'^tait imposde, et qu'il 

10 retrouvait bien vite la f ougue, les ardeurs et les transports 

d'autrefois. 

Ces ddlicatesses n'^chappaient point k celui qui en ^tait 

I'objet : il en devinait tout le mdrite, et il en ^tait profond^ment 

touche. II caressait alors le pauvre animal avec une tendresse 

15 qui donnait a celui-ci du bonheur pour le reste de la journ^e. 

" Yraiment, se disait-il alors, si ma femme aimait mon chien, 

tous les capitaines en retraite envieraient mon sort, et moi, ne 

demandant plus rien au Ciel, je vivrais entre ces deux etres 

sans plus me soucier du reste du monde que de la coque d'un 

zovieux bateau!" 

Mais Lise n'aimait pas Z^ro : c'dtait un fait sur lequel il 
n'^tait pas permis de se faire la moindre illusion, et Thomme 
ne s'y trompait pas plus que la bete. 

L'impartialit^ nous oblige de reconnaitre que Z^ro ne faisait 

26 rien pour rameher a lui son ennemie. Si, dans les premiers 

temps du s^jour de Mme Pigault a la Villa des Boches-Blayiches, 

il s'etait moiitre dispose a faire toutes les concessions imagi- 

nables pour vivre en bonne intelligence avec pile, quand il vit 

ses avances repouss^es, il prit le parti de la traiter comme une 

80 dtrangere, et il ne parut meme plus s'apercevoir de sa presence. 

A ce moment difficile de son existence, Z^ro, qui dtait un 

peu port^ sur sa bouche, — chacun a ses ddfauts, et celui-ci dtait 

peut-etre pardonnable chez un chien qui se voyait tout k coup k 

une bonne table apr^ avoir longtemps jeun^, — Z^ro, disons-noua, 



LB CHIKN DU CAPITAINE. 25 

eut le malheur d'fitre expos^ k une tentation, et d'y succomber. 
Cette faute devait Stre pour lui la source de bien cruelles 
infortunes. 

Mme Pigault, un peu friande, avait I'habitude de dejeuner 
d'une couple d'ceufs frais, que deux poules de Crfevecoeur lui » 
pondaient chaque matin avec cette exactitude qui est la poli- 
tesse des poules. ^ 

Or il arriva qu'un jour Jeanneton, distraite ou maladroite, 
laissa tomber un de ces ceufs sans pareils en traversant la cour. 
Inutile de dire que sa coque fragile se brisa aisdment sur le lo 
pav6. Ce ne fut pas un oeuf perdu pour tout le monde, car 
Z^ro, qui flanait dans les environs, flaira une bonne aubaine, et, 
en deux coups de langue, vous lapa promptement, sans mouil- 
lettes, et le jaune et le blanc. Le festin de Mme Pigault lut 
r^duit de cinquante pour cent ; Jeanneton confessa sa faute. is 
P^ch^avoud, pdchd pardonn^ : on n'en parla plus. Lisa ^tait 
bonne princesse. Mais le r^gal s'dtait trouv^ du goAt'de notre 
h^ros. Le lendemain, il n'eut pas demande mieux que de se 
inettre en appdtit avec cefin mbrceau : I'ceuf freis lui agr^ait 
beaucoup plus que le verre d'absinthe ou de vermouth, cher 20 
aux estomacs paresseux. II vint done faire le quart, k I'heure 
precise ou, la veille, Jeanneton avait laisse choir la moitid du 
dejeuner de sa maitresse. II comptait sans doute que le meme 
accident lui vaudrait le m§me bonheur. Mais tous les jours 
ne sont pas jours de f§te. Jeanneton, ce matin-la, ne fit pomt 25 
d'omelette dans la cour, et Z^ro e;i fut pour ses frais de "con- 
y^^^ voitise. II n'osa point r^clamer. Jeanneton eut ^t^ capable 
de lui rire au nez. 

Mais, comme il ^tait profonddment observateur, ainsi, du 
reste, que dpit l^etre tout chien qui veut faire son chemin dans 30 
le monde, il ^pia fort attentivement les allies et venues de la 
bonne, et il ne tarda point a s'apercevoir que, chaque fois 
qu'elle rapportait les ceufs a la maison, elle sortait d'un certain 
cellier oi les poules, qu'on laissait toujours en liberty, avaient 



26 LB OHIBN DU OAPITAINB. 

I'habitude de pondre dans de petites hottes gamies de foin, an 
milieu des barriques et des tonneaux. Profitant d'un moment 
oh on ne le regardait pas, noire brigand en herbe y antra, 
soumoisement, aprfes elle, mais trop tard ! la cueillette ^tait, 

6 d^ja faite ; il trouva les hids chauds, mais vides ! 

II en fut fort disappoints sans doute, mais pas dScourag^ le 
moins du monde. Quoiqu'il n'eut pas fait sa philosophie, 11 
n'en avait peas moins un veritable talent d'argumentation, et il 
savait tirer des prdraisses les consequences qu'elles contiennent. 

10 II se dit que, puisqu'il ne trouvait plus d'cBuf s au cellier quand 
Jeanneton y allait avant lui, ce serait elle, au contraire, qui 
n'en trouverait point s'il y allait avant elle. 

Quand un chien est aussi fort en logique, on pent dire qu'il 
est dSja sur la ]perit6 du crime ; le moindre choc peut I'y faire 

15 rouler. 

Bien qu'il eut navigue assez longtemps, Z6ro ne savait pas 
voir I'heure au soleil, et, ne pouvant se procurer un chrono- , 
mfetre chez I'horloger de la marine, il dSdaignait les simples 
montres. Mais il avait des moyens h lui de se rendre compte 

20 du temps ; moyens sftrs qui lui permettaient de n'dtre jamais 
en retard. Aussi, le lendemain, devan9a-t-il de cmq bonnes 
minutes la visite de Jeanneton au cellier. Ce fut lui, ce jour- 
1^, qui arriva bon premier. II n'eut pas de peine k trouver Je 
nid, ou, pour mieux dire, les nids, car il y en avait deux, qui 

25 n'etaient autre chose, nous I'avons ddja dit, que deux petities 
hottes d'osier, tapissdes d'un foin muelleux st doux, sur lequel 
chaque matin nos cocottes Staient assez k I'aise pour dSposer, 
iiprfes une attente plus ou moins longue, le dejeuner de leur 
inaitresse. 

y) Zero touchait done le but ! mais, k ce moment, il lui arriva 
ce qui arrive souvent, dit-on, au malheureux qui va commettre 
son premier crime. II eut, par avance, le remords du mal qu'il 
allait faire. Sa conscience lui cria, comme jadis celle de C^sar, 



LB OHIEN I)U CAPITAINB. 87 

an moment oill le fiitur maitre de Rome allait franchir le 
Rubicon : 

" Un pas de plus serait un crime ! _— — 

L'id^e du ch&t,iment, sous la forme d'un fouet redoutable, 

au bout d'un bras terrible, se pr^senta avec tan^ de force k son 5 

esprit qu'il en fut vivement impressionne. ' Je ne" sais queli bruit 

suspect, venu du dehors, fut aussi pour lui comme un second 

avertissement qu'il ne put rn^priser tout k fait. 11 alia done 

jusqu'i la porte du cellier, et, de la, ses yeux perganta fouil- 

Iferent les environs. H^las ! il n'avait d^j^ plus son beau regard lO 

d'honnSte chien, franc e,t Icyal, sur indice d'une conscience 

. tranquille. II y avait, au .jontraire, dans sa prunelle troublde, 

'**''^ j<5 ne sais quot de^ furtif e^ dlnquiet, qu'un physioncxraiste aurait 

, trouv^ de bien mauvais augure pour I'avenir de s& vertu. La 

y<^ chose n'^talt, en elfet, que trop certaine r'- dii moment ou il ^5 

tournerait au mal sa rare intelligence, Z^ro deviendrait 

promptement un profond sc^lerat : un chien oomme lui, s'il 

faisait jamais le premier pas dans la voie du crime, irait ndces- 

sairement iusqu'au bout. „ ;, 

Notre voleur, car ii I'dtait d6jk d'intention, ne decouvrit rien20 
de suspect autour de lui : la porte de la cuisine etait ferm^e, 
ainsi que la barrifere du jardin. La cour ^tait de'serte. Jamais 
I'heure n'avait 6t4, plus propicd rii I'occasion plus favorable pour . 
commettre impuu^merit un attentat contre le bien d'autrui. II 
y a dans la vie des instants ou toiit sejnble conspirer pour 25 
4touffer au fond de nos ames ce qui peut nous pester encore de 
sens moral. Les hommes savent cela pr'esque aussi bien que 
les chiens. 

Z^ro se pr^cipita dans le cellier avec la violence dii malfai- 
teur qui sent que I'heure des hesitations est passee, et qu'il lui 30 
faut maintenant agir, s'il veut assouvir sa passion. -r* . 

.1.,-., ^ 'V'-9/^^ 

Tout conoourait, du reste, pour le j)erdr'e, en excitant encqi'e 
sa convoitise. 



S8 U OHIEN DU OAPITAIinE. 

' Les deux oeafs ^taient \k, chaciin dans sa hotte, blancs panni 
le foin verdatre, si frais qu'ils en dtaient chauds ! Z6to lea 
'**^'' '' flaira un instant, comme si, k travers leur coque dcla^tante et 
^■^^ mince, il les eut dijk savour^s. II semblait r^fl^chir encore ; 
• mais, tout h coup, un voile passa sur ses yeux, et la lumiere 
qui ^clairait peut-6tre encore quelque l-eco'ih de sa conscience 
^' s'dteignit tout h fait. II perdit la notion du bien et du mal .... 
et, qui saitl peut-etre aussi la responsabilit^ de ses actes, 
aurait dit son d^fenseur en cour d'assises. II saisit un dea 
10 cEuf s, le fit disparaitre sans peine dans sa large gueule, et, brisant 
la coque d'un seul coup de dent, le goba avec la sensuality d'ua 
gourmet auquel il n'est pas besom d'apprendre ce qui est bon. 
Nous devons toutefois reconnaitre que le remords suivit Is 
crime de bien pr^. II lui resta des fragments de la coquille 
16 dans les dents. Comme notre premier pe^e, Adam, aprea 
la pomme fatale, il e6t voulu pouvoir se cacner. Mais, au 
milieu meme de ses iniquit^s, il eut un bon mouvement dont ' 
il serait injuste de ne lui point tenir compte. H se dit, sans 
doute, que le crime a ses degrds, ainsi que la vertu, et que ce 
80 n'^tait pas une raison, parce que Ton avait commis une premiere 
faute. pour aller jusqu'au bout sur la route du mal. Peut-^tre 
aussi pensa-t-il que c'^tait assez d'avoir privd sa maitresse de la 
moitid de son dejeuner, et qu'il n'dtait que juste de lui laisser 
I'autre. Son premier ceuf aval6, Z^ro jeta au second un regard 
ttoxi la convbitise se m§lait au regret, mais, se rappelant k 
propos la maxime du sage : " Qui aime le pdril pdrira !" il 
s'^oigna rapidement du nid tentateur, et il alia faire un tour 
sur le port, histoire de prendre I'air, et de dig^rer son forfait 
^ Jeanneton, cependant, venait de rentrer du march^ avec sa 
80 provision de la joum^e. Elle consulta le coucou de la salle k 
manger. H marquait huit heures moins un quart. La 
cuisinifere n'avait done plus que quinze minutes pour mettre son 
couvert et preparer le dejeuner de sa maitresse. Exacte comme 
le chronom^tre dont le capitaine ^6 i^i*vcdt jadi^ ^ son bbrd. 



U OHISN DU OAPITAIKB. 29 

Madame rotdait faire son premier repas k huit heures precises, 
et si les OBufs n'dtaiezxt pas sur la table k ce moment-1^, son 
humeur s'en ressentait le reate de la journ^e. ' Elle avait 
I'app^tit ifltransigeant et ne pardonnait pas uri retard de dix 
secondes : elle rdglait son estomac sur sonboucGu. EUe ^tait * 
d'ailleurs trfes frugale r une tasse de lait, avec ces deux ceufs, et 
le fruit de la saison, la cdiiduisaient jusqu'au diner, qui avait 
lieu k une heure, comme dans beaucoup de bonnes families de 
la bourgeoisie normande, encore fidfeles aux usages de nos 
p^res. w 

Jeanneton courut done au cellier pour y prendre les ceufs 
attendus. Inutile de dire qu'elle n'en trouva qu'un seul. Sa 
surprise fut g^nde, car on ^tait dans la saison ou les poules 
pondent, et Blanchette et Noiraude, g^n^reuseraent nourries, 
n'avaient pas I'habitude de faillir k leur devoir. line catas- 16 
trophe sbudaine bouleversant la nature ; un tremblement de 
teire transportant la C6te de Grace de I'autre c6t^ de la Seine, 
plantant la Villa des Roches-Blanches sur les falaises de Sainte- 
Adresse, et mettant Honfleur k c6t6 d'Harfleur, ne I'auraient 
pas trouble© da vantage. Elle n'en voulait pas croire ses yeux ; 20 
elle tS-ta le nid de Blanchette et le trouva bien r^ellement vide. 
Elle souleva et fouiUa le foin odorant. Pas plus .I'lcuf que sur 
la main ! 

"Voil4 qui est clr61e, pensa-t-elle, et c*est vraiment 4 n'y 
rien comprendre I c'est, depuis trois raois, la premiere fois que 26 
pareille chose arrive .... Blanchette se porte bien pourtant, et 
ce matin, quand je suis all^e prendre du charbon, je I'ai vue 
sur son nid .... S'il ne faut plus croire aux poules k present, k 

qui croira-t-on \. . . . Mais ce n'est pas tout cela qu'est-ce que 

Madame va diret EUe n'^tait d^jk pas si contente avant-so 
hier!" 

Naturellement, Madame fut encore moins contente ce jour- 
14. Elle tenait k ses habitudes, et raffolait dffes ceufs frais. 
Cette fois, Jeaoueton n'en fut pas quitte pour une excuse ''^aa' " 



30 LB CHIBN DU CAPITAIKK. 



I'air, et ce fut, an contraire, un interrogatoire en forme qu'il 
lui fallufSiilDir. '; Interrogatoire bien inutile assur^ment, car, 
ne sachant rien, la pauvre fiUe ne pouvait rien dire. Elle 
dtait all^e au cellier a I'heure accoutum^e ; seulement, au lieu 

» d'y trouver deux oeufs comma h, I'ordinaire, «Lle n'en avait trouv^ 
qu'un sevd . . . . il ne fallait pas lui en demander davantage. 

" Voila, dit Lise, quelque chose d'assez Strange, et A quoi 
certes, je ne me serais pas attendue .... Des poules ai bien 
nourries ! en pleine saison, c'^'est 4 ue plus" feroai% k rien I ...i 

10 Mais voyons, toi, monsieur Pigault ! au lieu de rester la bouche 
close pendant que je m'ext^nue k parler, il me semble que tu 
pourrais bien dire quelque chose. 

— Je crois que ce me serait assez difficile, car tu ne m'en 
laisses gufere le temps, ma chfere mignonne . tit le 3apitaine 

U avec sa bonhomie paisible. 

— Enfin, je n'ai qu'un oeuf aujourd'hui, qu'est-ce que tu penses 
de cela % 

— Je pense que les poules se derangent ! " fit Pigault toujoars 
placidf-. et serein. 

w Lise, quH cette r^ponse ne satisfaisait point, regarda sonmari 
k deux fois pour savoir s'il parlait sincferement, ou s'il se 
moquait d'elle. Mais, dans les grands moments, le capitaine 
avait un masque aussi imjjen^trable que celui dn Sphinx. 
Mme Pigault en fut i-^duite aux conjectures. Elle se montra, 

26 du reste, d'assez m^chante humeur jusqu'au soir. On devait 
s'y attendre un peu. 
A.i\SLf -^ "Cela s'en ira en dormant !" se dit le bon Pigault, k qui la vie 
avait fini par donner une bonne dose de philosophie pratique. 



U OHIBN DU CAPITAINB. SI 



IV. 

Cependant Jeanneton, peu ourieuse de s'exposer k une 
nouvelle scfene, qui serait peut-etre plus dangereuse que la 
premiere, eut soin le lendemain d'aller de meilleure heure au 
cellier; elle voulait prendre ses poules au nid. EUe arriva 
trop tard encore, et un visiteui' plus matiual avait d^n'i fait la s 
cueillett6. ■ Ce n'^tait pas seulement un oeuf qui manquait k 
I'appel ; cette fois; ils ^taient partis tous les deux ! D^cid^ment 
Z^ro s'^tait affermi dans le crime, et In sce'ldrat avalait main- 
tenant l'iniquit(^ comma I'eau . . . .et les ceufs aussi. 

" Quel malheur ! se dit Jeanneton ; deux iours de suite ! lO 
Madame va faire une vie ! Hier ce n'etait qu'un rfiia^e, 
aujourd'hui ce sera une tempete. Je vais lacher ae me iriettre' ^ 
k I'abri !" 

Elle appela Z^ro. j^ tpjA^-'^i 

Celui-ci dtait all^ k sa niche, ou il dige'rait tranquillement 16 
son crime dans la paresse d'un demi-sommeil plein de charme. 
II revait que le oapitaine avait maintenant cent poules, et 
qu'elles pondaient pour lui toute la journ^e. 

La voix de Jeanneton le troubla bien un peu. II dtait 
comma tous ceux dont la conscience n'estpas nette: il craienaitM 
de se voir demander des explications. I! fit pourtant' boiine 
conteuance, et se pr^senta le front calme devant la cuisinifere, 
qu'il preuait pour un juge d'instruction. II est vrai que. sans 
en avoir I'air, il I'observait de loin, tout en se rendant a ses 
ordres. II fut bientdt rassur^. Un seul regard lui donna la 26 
certitude que la brave Normande ne se doutait de rien. 

" Tout va bien I pensa le monstre : elle n'a pas le moindre 
soup^n." 



^ic^ 



S3 LE OHIKN DU GAPITAIHl. 

H la regardait d^ji avec plus d'assurance, tout en eherchant 
k deviner ce qu'elle pouvait bien lui vouloir si matin. 

" Attends, mon bonhoinme, dit-elle, en passant doucement. 
la main sur la tete f risde de Z4to, tu vaa me faire une course !" " 
ft Z4to, depuis quelque temps, ^tait le commissionnaire, je dirais 
volontiers le factotum, des Roches-Blanches. On I'envoyait 
chercher les provisions chez les fournisseurs, et jusqu'ici il les 
avait tou jours rapportdes intactes k la maison, avec la plus 
louable fid^lit^. 
10 Jeanneton prit done un morceau de papier, et, avec rortho- 
graphe spdciale k I'institution dont elle faisalt' partie, elle 
^crivit en caracteres irreguliers, mais tr^s lisibles, ces quelques 
mots que Z^ro, avec son intelligence accoutumde, devait porter 
k leur adresse, pour lui ^pargner une descente en viUe : 
1* " Deu zeus fraix, si vou plats /" 

Jeanneton attacha le billet sur une serviette, mit la serviette 

dans un petit panier d'osier, dont Ta^nse ^tait gamie d'un 

morceau d'^toffe, ajouta trois ddcimes, envelopp^s dans un 

morceau de journal, et mettant ensuite I'anse du panier entre 

to les dents du chien : 

" Chez r^picier !" lui dit-elle, en pronongant ces deux mots 
trfes lentement et tr^s distinctement. 

L'l^picier, le d^bitant de tabac et le facteur de la poste aux 

lettres ^taient trois personnages bien connu& de Z^ro, qui 

26 entretenait avec eux de bonnes et constantes relations. Sa 

rare perspicacity Tempechait de se tromper d'adresse, et il 

n'allait jamais chez I'un quand on I'envoyait chez I'autre. 

II partit sur-le-champ, bien d^cid^ k ne pas flaner en route ; 
heureux peut-etre, au fond de I'ame, de pouvoir effacer par un 
30 service rendu la nouveUe faute dont il venait encore de charger 
sa conscience, et son estomac. 

L'^picier, accoutumd k voir venir chez lui ce singulier commis. 
gionnaire, qui ne marchandait jamais, le pria poliment d'entrer, 
acheva de servir deux autres clients, arriv^ avant lui, car il £aut 



LX OBIEN DU CAPITAINB. 33 

que chacun passe k son tour, regarda ensuite le papier, prit 
les trente centimes, choisit deux ceafs dans une caisse, les mira 
aa jour, pour que Z4ro fut bieu certain qu'on le servait en 
conscience, les pla9a d^licatemeut sur un petit lit de varech, les 
recouvrit de la serviette, puis, entrain^ sans doute par la force » 
de rhabi^iude: 

" Et avec cela f dit-il k ce chaland d'une nouvelle espfece. 

Z^ro, qui i^tait de bonne maison, trouva la question sotte et 
d^placde ; il savait ce dont il avait besoin, le demandait du 
premier coup, et ne teuait point qu'on I'excitat a la d^pense. lO 
Cependant, oomme il n'aimait point k etre d^sagr^able aux gens, 
il garda cette rdtiexion pour lui, tourna les talons comme un 
serviteur consciencieux (I'espfece en est rare !), qui n'aime pas k 
perdre son temps quand il est attendu par ses maitres, et 
remonta la C6te de Grace d'un pas assez rapide, sans couriri* 
toutefois, car il savait mieux que personne que les oeufs sont 
casueis .... 

Charger de porter des oeufs un chien qui les aimait tant, 
c'^tait donner la brebis k garder au loup. Bien que le billet 
par lequel Jeanneton faisait sa commande fut restd tout ouvert, 20 
Z^ro, qui ^tait la discretion meme, ne s'dtait pas permis de le 
lire : il ne savait done point ce qu'il allait chercljer. Maia jl ujaJU 
quand il vit ce que Ton mettait dans sou panier, I'eati lui vint 
k la bouche, et toutes sortes de mauvaises pensdes se pr^sentferent 
&. son esprit. Les d^sirs coupables prirent une intensity pI\X3 25 
grande k mesure qu'il raontait la cote, et la tentatiou emprunta 

pour le perdre les insinuations les plus corrup trices Le demon 

de la gourmandise lui soufflait tout l)as que peut-etre Jeanneton 
ne savait pas le compte de ses ceufs, et qu'elle devrait se trouver 
bien contente s'il lui en rapportait un sur les deux.. ..Etso 
I'occasion ^tait si tentaute, et le p^ch^ si facile ! . . . . N'etaient-ils 
point la, k port^e de sa dent, ues oeufs fascinateurs 1 II n'avait 
vrairaent qu'k se, baisser pour en prendre ! — II resista cependant, 
comme s'il eut compris qu'un d^pot confie est chose sacrde poor 



34 LE OHIEN DU CAPITAINBL 

les ehiens honnetes. Cette victoire remport^e sur lui-meme 

prouvera peut-etre qu'il n'dtait pas encore tombd au dernier 

degr^ de la perversity : elle faisait esp^rer que la vertu trou- 

verait encore en lui quelques ressources. 

i Jeanneton lui ^pargna, du reste, I'angoiase des derniferea 

A luttes ; car, un peu inquifete de ne pas le voir apiver, et d^ji 

'^'^^' [iiaionn^e par Fheure, elle ne craignit point d'aller 4 sa rencontre 

sur la route. 

En soulevant d^licatement la serviette, et en apnrcevant 
10 les deux oeufs, que le chien apportait intacts comme on les lui 
avait donnes, la bonne ouisiniere fut ravie. 

" Sauvee !" s'^cria-t-elle. Si elle avait eu un peu plus de 

litt^rature, elle eut ajoutd, comme dans les drames k la mode : 

" Merci, mon Dieu ! ! ! "^ , ■ n 

„ 18 La brave crdature SB 'faisait illusion, et elteiv ^tait pas' saiivde 

%a^'<l^ctA. '- ^g^jj^ q^g Qgia, ! Mme Pigault, qui avait le gout fin, n'eut pas 

plutdt tremp^ la premiere mouillette dans le premier CBuf, 

qu'elle s'^cria : 

" Ces oeufs-1^ ne sont pas les oeufs de mes poules ! 
ao — Pas possible ! dit le capitaine, avec un dtonnement sincere. 
— Ce n'est peut-etre pas possible, mais c'est vrai ! 
— H faut avouer, dit Jean Pigault, que tu as le gout singu- 
liferement ddlicat. 

— Est-ce que, par hasard, tu t'en plaindraisi demanda 
26 Madame, en prenant una voix de t^te qui n'annon9ait jamais 
rien de bon. 

— Tu sais, ma chfere enfant, qu'avec toi je ne me plains 
jamais de rien. J'admirais la d^licatesse de ton palais, qui te 
permet de reconnaitre si un reuf a dt^ pondu par telle poule ou 
80 par telle autre. Voilk tout ! 

— Et cela t'^tonnait sans doute ? 

— Etonner n'est pas le mot dont je m'^tais servi, dit Pigault. 
d^cidd a marcher de plus en plus rdsolument dans cette voie dea 
concessions, qui, dit-on, a souvent perdu lea gouvemements. 



LB CHIEN DU CAPITAINB. 35 

mais qui, souvent aussi, a sauv6 la paix des manages ; c'est 
celui d 'admiration qui s'^tait prdsent^ tout d'abord a mon 
esprit." 

Lise, en entendant ces mots, releva vivement la t§te, et j&xa 
sur son mari le regard clair et per9ant de ses jolis yeux bleus^ 5 
On evlt dit qu'elle n'^tait pas bien certaine qu'il fut s^rieux en 
s'exprimant ainsi, et qu'elle voulait s'assurer de la sinc^rit^ 
de ses paroles. . 

Mais son examen, attentif jusqu'k la s^v^ritd, ne lui fit 
d^couvrir aucune expression suspecte sur ce visage loyal et 10 
franc. Aussi ce fut d'une voix promptement radoucie qu'elle 
reprit : " C'est ^gal ! cela ne se passera pas ainsi en conversa- 
tion ; je veux en avoir le cceur net, et savoir au juste I'histoire 
de ces ceufs !" 

!« capitjaine eut de f acheux pressentiments, et il eut bien is 
voidu pouvoir changer un peu le cours des idees de sa moiti^ ; 
mais il savait k quel point Lise dtait obstinde et tenace. II ne se 
permit done point de hasarder la moindre objection. II fallait 
laisser passer la justice de Mme Pigault, comme on laissait 
passer jadis la justice du roi. 20 

Lise agita d'une main fi^vreuse la sonnette qui se trouvait a 
sa port^, et Jeanneton parut aussit6t sur le seuil de la salle a 
manger. 

La violence du coup qui I'appelait ne lui permit point de 
douter qu'il ne s'agit d'une chose grave, et nous devons rendre 25 
cette justice k sa perspicacity, qu'elle devina tout de suite que 
I'on allait traiter k fond la delicate question de? ceufs. Cepen- 
dant, comme elle aimait mieux " voir venir " que de se compro- 
mettre par quelque parole imprudente, elle attendit, non sans 
un peu d'dmotion, les questions que sa maitresse voudrait bien so 
lui- adresser. 

Elle ne les attendit pas longtemps. 

L'imp^tueuse jeune femme ^tait, en effet, assez mal habile k se 



36 LB CHIEN DU CAPITAIHB. 

contenir, et elle voulait obtenir tout de saite les satisfactions 
qu'elle se croyait en droit d'exiger. 

" D'oii viennent ces oeufs !" demanda-t-elle k la cuisinifere, 
en essay ant de la percer k jour avec I'acier de ses yeux bleus. 
6 Jeanneton dtait une honnSte Normande qui ne mentait 
jamais, quand le mensonge 6tait inutile ou impossible. 

" lis viennent de chez I'^picier, madame, r^pondit-elle aveo 
beaucoup de sang-froid. • 

— Eh ! depuis quand, s'il vous plait, va-t-on acheter mes oeufs 
10 chez r^picier 1 

— Madame, depuis qu'il n'y en a plus che*, vous ! 

— Ah ! il n'y a plus d'oeufs cbez moi ? fit Lise en 
s'animant : je voudrais bien alors savoir un peu ce que font 
mes poules .... 
16 — II faudrait le leur demander, car ce n'est pas moi qui 
pourrai le diie, k Madame. Tout ce que je sais, c'est qu'elles ne 
font pas d'oeufs ! 

— Ah ! tenez ! je suis la femme la plus mal servie de tout 
Honfleur ! dit Lise, en froissant violemment Tune contre I'autre 
20 ses deux petites mains blanches. 

— Si Madame croit cela, lit Jeanneton, en faisant le geste 
de d^nouer les cordons de son tablier, elie n'a plus qu'a nous 
dormer nos huit jours a set! poules et k moi !" 

Cette r^ponse impertinente ^tant le dernier terme de I'audace 
25 que la cuisini^re pouvait se permettre sans etre imm^diatement 
chassee, Jeanneton crut prudent de sortir ; ce qu'elle fit sans 
demander son reste. 

Lise ^tait tellement bouleversde, si hors d'elle-mgme, que son 
mari craignit un moment qu'elle n'eut une attaque de nerfs. 
30 Mais il la connaissait assez pour savoir que ce qu'il y avait de 
mieux a faire en pareil oas, c'^tait de I'abandonner a elle-meme, 
sans essayer de la consoler ni de la calmer. Elle ressemblait 
un peu k ces chevaux emportds, auxquels il faut bien se garder 



LB CHIBN DD CAPITAINB. 37 

de faire sentir le mors, parce qu'ils prennent alors un point 
d'appui sur la main, et la resistance qu'on leur oppose ne fait 
que les exciter davantage. 

Au bout de quelques minutes, Mme Pigault se leva de table, 
repoussa sa chaise, jeta sa serviette dans un coin, et sortit de la » 
salle k manger, ou elle laissait son mari constern^, en disant : 
" Je ne me laisserai pas tromper comme cela ! Je veux voir 
clair dans mes affaires, et savoir un peu ce qui se trame contra 
moi dans raa propre raaison !" 

D^cid^e k faire une euquete, a laquelle un juge d'instruction W 
aurait du rendre des points, la femme du capitaine pratiqua 
d'abord une descente de lieux. C'est le d^but oblig^ de toute 
bonne procedure criminelle Elle se dirigea tout d'abord vers 
Je cellier, ou, depuis un temps immemorial, les poules avaient 
rhabitude de pondre. iB 

Elles etaient la toutes les deux : I'une grimpde sur un 
tonneau, et faisant entendre ce petit gloussement satisfait qui 
indique chez les femelles des gallinac^s qu'elles viennent de 
s'acquitter d'une eimuyeuse corvee ; I'autre, au contraire, 
perch^e sur une poutre transversale, au-dessous des chevrons 20 
du toit — elle n'aurait pu monter plus haut. — Celle-ci avait 
I'oeil hagard, le bout de la crete rouge comme du sang, les 
plumes ebouriffees et froiss^es, enfin un je ne sais quoi de 
trouble dans toute sa personne, comme si elle eut 6t4 I'objet 
de quelque tentative criminelle. Bien qu'elles fussent depuis 28 
longtemps accoutumdes a leur maitresse, et familiferes avec elle 
jusqu'i, lui manger dans la main les miettes de son pain, 
Blanchette et Noiraude, en la voyant, pousserent des cris 
effarouches ; puis elles essayferent de prendre ce vol lourd et 
embarrass^ qui ne conduit jamais les poules ni bien loin ni bien so 
haut. 

" Voil^ qui est vraiment singulier ! se dit Mme Pigault, en 
paraissaiAt reflechir profondement. Voyons maintenant les 
nidsr 



38 LE CHIKN DU CAPITAINK. 

EUe se dirigea aussitdt vers les deux hottea. lA encore elle 
trouva des traces de ddsordre. On. salt quelle est la nettet^ 
habituelle du nid ou la pondeuse a laiss^ son ceuf : tout est 
lisse, ^gal et comme passe au rouleau. Ce jour-lk, au contraire, 

6 la paille paraissait soulev^e, fouill^e, tourmentde. 

" Tout cela n'est point naturel ! pensa Mme Pigault. Je 
suis bien certaine k present que mes poules ont pondu, et que 
Ton a pris mes oeufs. II y a un coupable tout prfes d'ici. 
Quel est-il 1 C'est a moi de le tiouver, de le surprendre. . . .et 

10 de le punir ! " 

Comme tous les etres essentiellement nerveux, Lise ^tait 
entifereriient, absoluiiKTit sous I'empire de I'id^e prdsente, 
dominee par elle d'une fa9on exclusive. Quand elle voulait 
une chose, elle la voulait si fortement qu'il fallait bien que cette 

16 chose-la finit par arriver. Elle eut pourtant le courage de ne 
point ouvrir la bouche dn toute la journee pour dire un seul mot 
de ce qui faisait I'objet de son unique preoccupation. Elle 
m^dita longuement ses plans, et finit par s'arreter a ia r^olution 
qui lui semblait le plus propre a la conduire au rdsuitat desire. 

20 II n'y avait absol ument rien a f aire pour le moment. C'^tait 
le matin seulement que les poules jjondaient ; c'^tait le matin 
aussi que le voieur enlevait les oeufs : c'dtait done le matin 
qu'il fallait t^uvrir I'ceil . . .et agir. 

Mme Pigault avait habituellement le sommeil Idger. Son 

25oreille inquiete, toujours aux ecoutes, saisissait les moindres 
bruits qui troublaient le silence de la maison. Un tr^sor n'eut 
pas trouv^ de gardienne plus vigilante. Mais cette nuit-la elle 
dormit moins encore. Elle se leva des I'aube, s'habilla prompte- 
merit, silencieusement, pour ne pas reveiller le capitaine, plong^ 

80 dans un sommeil de plomb, et sortit de la chambre, apr^s lui 
avoir jet^ un regard indefinissable — le regard de la femme qui 
ne dort pas assez au mari qui dort trop ! 

Elle descendit, et fit le tour de son rez-de-chauss^e avec assez 
de crS.nerie et de resolution, et, ne trouvant rien de suspect 



LB OHIEN DU OAPITAINB. 39 

dans les appartements, continna son inspection dans la oour et 
dans le jardin. Toutes les portes dtaient herm«5tiquement 
closes. Nulle part, rien qui r^v^lat I'escalade ou reffraction; 
elle examina avec non moins d'attention les allies, sabl^es d'une 
sorte de tangue, grise et pale, que I'on retirait de Fembouchure 6 
de la riviere, et sur laquelle I'empreinte des pas se gravait pro- 
fonddment. Ni la rour ni les allies ne lui uffraient aucuii 
indice accusant les ennemis du dehors. 11 n'y avait plus moyei^ 
d'en douter .... elle ^tait \dctime d'un vol domestique . . . Le 
coupable, en pareil cas, serait plus facile k trouvei', puisqu'on lo 
I'avait sous la main, et qu'il ne s'^chapperait pas. II f aut bieii 
I'avouer: la pensde de Jeanne ton se pr^senta uu moment a 
I'esprit soup9onneux de Lise ; mais elle ne voulut pas s'y 
arr^ter. Jeanneton ^tait honnete, incapable d'une action 
mauvaise . . . . et, d'ailleurs, n'avait-elle point les clefs de tout 1 16 
Ne pouvait-elle point prendre ce qu'elle voulait dans la maison 1 
N'^tait-elle pas nourrie comme les maitres eux-memes 1 

"Que je suis sotte ! se dit Mme Pigault avec un mouvement 
d'^paules, c'est bien certainement quelque rat qui est mon voleur! 
J'acheterai un pi^ge, et tout sera dit ! II v a maintenant des 20 
chiens qui prennent admirablement les rats; mais le notre est 
un faineant, un propre h rien, dont il ne faut attendre aucun 
bon office ! Ce n'est pas lui qui viendra k mon aide dans cette 
circonstance." 

Tout en faisant sa ronde matinale, Lise avait pass^ devant 25 
la loge de Zdro. Celui-ci I'avait bien vue ; mais, reconnaissant 
en elle la maitresse du logis, libre d'aller et de venir chez elle 
comme bon lui semblait, il avait consid^r^ toute demonstration 
hostile comme une inconvenance et une grossierete qu'il ne 
pouvait point se permettre. Si Madame avait profess^ d'autres 30 
sentiments pour lui, il n'aurait pas manqud d'aller a sa rencontre, 
car on ne Tenchainait jamais, et de lui t^moigner une surprise 
joyeuse, en la voyant si matinale ; mais Zero n'appartenait 
point k la race des vils flatteurs, et il n'^tait pas chien a faire 



40 LB CHIEN DU CAPITAIHR. 

deux fois de« avanoes a qui le m^ritait si pen. Anssi referma- 
t-il bientot son ceil intelligent et malicieux, et, apr^s avoir 
^tird ses membres et bailie largement, il se retouma sur sa paUle 
fraiche, en se disant, avec una volupt^ de paresseux, qu'il avait 
6 encore le temps de faire un somme. 

Lise, cependant, dtait allde s'asseoir dans sa salle k manger, 
pifece un peu froide, d'une propretd s^v^re, ou elle se tenait 
plutot que dans son salon, parce qu'elle pouvait de 14 surveiller 
plus aisement sa maison. Elle prit son ouvrage, car elle con- 

10 naissait le prix du temps et ne perdait jamais une minute, et 
elle tira consciencieusement son aiguille, en attendant les 
^v^nements. 

Jeanneton descendit k six heures et demie, ne parut peine 
trop dtonnde de voir Madame d^ja debout, — Jeanneton ne 

ifi s'^tonnait de rien, — lui demanda ses ordres, prit son panier, et 
s'en alia en ville, car c't^tait le jour du march^. Lise continua 
une tapisserie de P^n^lope, commenc^e le lendemain de son 
mariage, destin^e au meuble de son salon, mais qui devait bien 
lui demander une dizaine d'ann^es, tant elle ^tait considerable, 

20 difficile et compliqude. Cependant, tout en travaillant con- 
sciencieusement, elle jetait bien sou vent les yeux dans la cour, 
et surveillait surtout la porte du cellier, th^&tre suppose du 
drame qui I'int^ressait si fort, toute prete k se pr^cipiter au 
secours de Blanchette ou de Noiraude, d^s qu'eUes pousseraient 

2fi le premier cri d'alarme. 

Un peu avant sept heures, son attention fut attirde par un 
l^ger bruit qui se fit dans la cour. Elle regarda, et vit Z4ro, 
cet abominable Z^ro, son ennemi intime, qui sortait furtive- 
ment de sa loge, et qui se dirigeait avec precaution vers le 

80 cellier. 

Un soupQon terrible tra versa son esprit, avec une prompti- 
tude d'^clair, et se formula tout aussitot en ces mots accusa- 
teurs, qui s'^chappferent de ses levres serr^es : 

" Ah ! le miserable .... c'dtait done lui 1 Je vais le 

86 prendre en flagrant d^lit, et lui dire son fait !" 



LB OHIEN m OAPXTAISa 41 



Imp^tuense par caractfere, impatiente par nature, et mal- 
habile k se contenir, Lise se leva, ou plutot bondit de sa chaise, 
et voulut s'^lancer sur les traces du chien. Pourtant une 
reflexion I'arreta. Si elle arrivait trop vite, elle empecherait 
Z^ro de foumir lui-meme la preuve de son criine. II fallait « 
ltd laisser le temps de montrer jusqu'i quel point il ^tait 
sc^ldrat, et, en le prenant la patte dans le sac, le mettre dans 
I'impossibilit^ de plaider "non coupable!" 

Mme Pigault resta done quelques minutes encore dans la 
salle, puis, retenant son souffle, et marchant sur la pointe du lo 
pied, elle alia doucement jusqu'i la porte du cellier. Mais ce 
Cartouche et ce Mandrin de la race canine, Zdro, qui avait 
v^ritablement plus de malice qu'une personne raisonnable, 
avait eu la precaution de la refermer, pour vaquer plus tran- 
quillement 4 ses affaires. IB 

Malheureusement pour lui, il n'avait pu boucher les fentes 
de la porte, ddji vieille, et qui avait jou^ sous I'effbrt des ans. 
Ce fut Ik ce qui le perdit. 

Lise regarda par la plus large de ces fentes, et le spectacle 
le plus Strange frappa ses yeux indignds. 2^ 

Z^ro, le criminel Z^ro, ras^ centre terre, le ventre k plat, les 
jambes de derri^re ramassdes sous lui, sa longue queue fr^tillant 
de plaisir et battant le sol, maintenait immobile entre ses 
pattes de devant I'infortun^e Blanchette. 

Lise se retint k quatre pour ne pas ouvrir brusquement la 25 
porte. Elle voulait se pr^cipiter sur le coupable, le saisir en 
plein crime, la chose ^tait bien facile, et lui infliger imm^diate- 
ment le ch&timent dii k ses forfaits. Mais une curiosity plus 
forte encore que la colore la retint un moment sur le seuiL 



42 LE CHIEN DU GAPITAIirK. 

Elle ne'eut pas longtemps a attendre. 

Le coupable Z^ro guettait I'oeuf ; il I'aida mSme k venir au 

monde et se donna la joie, bien gagn^e, de I'avaler tout chaud, 

Un coup de dent brisa la coque, qui fut engloutie k son tour 

5 comme un corps de d^lit compromettant. 

Mme Pigault ^tait furieuse, et vraiment elle avait quelques 
raisons de I'etre. Mais nous devons avouer, cependant, que sa 
colore n'allait point sans un certain melange de plaisir. Elle 
s'indignait, sans doute, a la pens^e que, ce matin encore, elle 

lon'aurait pas d'ceufs frais k son dejeuner. Mais, du moment oil 
il y avait un coupable, elle ^tait charmde de pouvoir se dire que 
ce coupable ^tait le chien maudit, qu'elle avait toujours abhorrd, 
alors meme qu'elle ne savait pas encore k quel point il m^ritait 
de r^tre. Sa Laine, k present, se colorait ainsi d'un pr^texte 

16 de justice. 

Elle e\it bien voulu, avant toute esp^ce de jugement, 
administrer au d^linquant une punition sommaire et pr^alable, 
quitte k s'expliquer aprfes. Mais Z^ro, qui ^tait physionomiste, 
lut sans doute cette intention charitable dans les yeux de sa 

20 maitresse, car, en I'apercevant, il ^piouva une envie d^mesur^e 
de gagner le large. II fila, comme une balle, par la porte que 
sa maitresse. venait d'entr'ouvrir, et, trouvant la cour ferm^e, 
entra dans la cuisine, et, de \k, sauta dans la rue par la fendtre, 
au grand ^bahissement de Jeanneton, rentrant tout juste de 

25 son march^, et qui ne lui connaissait point ces habitudes de 
chien mal elev^. Une fois dehors, il d^fila sans attendre aucune 
explication, et arpenta la C6te de Grace, aussi vite que ses 
jambes pouvaient aller. 

Depuis qu'il s'^tait retir^ des affaires et de la vie active, un 

30 peu pr^matur^ment peut-gtre, et en se condamnant, trop jeune, 
k une oisivetd pour laquelle il n'^tait pas fait, le capitaine, qui 
trouvait le temps long, rognait sa journ^e par les deux bouts, 
la commen^ant le plus tard et la finissant le plus t6t possible. 



LB OHIEN DU OAPITAINB. 43 

n avait d'ailleurs la conscience tranquille et I'estomac excellent, 
ce qui lui assurait un sommeil facile. II en profitait: le lit est 
la grande ressource des gens inoccup^s. 

Lise, qui avait toutes les qualit^s de la femme d'int^rieur, 
lui en laissait prendre k son aise, et veillait k ce que la maison » 
fut en ordre avant qu'il ne parut a Thorizon. Mais, ce jour-14, 
elle avait trop de choses a lui dire pour lui permettre de faire 
ainsi la grasse matinee. II fallait qu'elle donnat un libre cours 
k la colore excitde en elle par la d^couverte du crime de Z^ro ; 
il faUait aussi qu'elle soulage&t le d^pit que lui avait caus^ sa lo 
faute impunie. 

EUe entra comme un ouragan, poussa la porte avec une 
certaine violence, et culbuta un fauteuil et deux chaises qui se 
trouvaient sur son chemin. Le dormeur fut reveille en sursaut. 
II ne fit qu'entr'ouvrir un ceil ; mais ce fut assez pour qu'il M 
apergut sa femme, et qu'^ I'expression de sa physionomie il 
devinat tout de suite qu'il y avait de I'orage dans I'air. II fit 
comme Z6ro ; il feignit de n'avoir rien vu, referma la paupifere 
et parut continuer son somme. Mais Lise ne fut pas dupe de 
ce petit manage. Elle avait surpris le tressaillement des 20 
muscles sur le visage de son mari; elle avait vu lalueur humide 
du regard dans sa prunelle. Cen ^tait assez pour que la ruse 
ffit ^vent^e, et par consequent inutile. 

"Ha peur, pensa-t-elle ; il fera tout ce que je voudrai ! " 

Elle s'approcha du lit, et, sans lui dormer le temps de sea 
reprendre, posant sur I'^paule du capitaine sa petite main fine 
et nerveuse : 

" Allons ! r^veille-toi tout k fait, lui dit-elle ; c'est assez 
dormir comme cela. Tu as bient6t fait le tour du cadran .... 
TS-che de m'^couter un peu : j'ai des choses graves k te dire. so 

— Et tu ne pouvais pas remettre cela jusqu'a huit heurea ? 

-Non 1" 



44 LB CHIE9 DU GAPITAINB. 

Jean Piganlt vit bien qu'il ne lui serait pas facile d'dviter la 
sc^ne inattendue que sa femme venait lui faire, k un moment 
oil la fuite ^tait absolument impossible. 

II se souleva un peu, mit son coude sur roreiller, sa t6te dans 
6 sa main, et d'un air r^signd : 

"Eh bien! parle, dit-il, je t'dcoute 1 

— J'ai vu le voleur de mes oeufs. 

— Ah bah! tu en es sftre? Eh bien! il fallait le faire 
arreter ! 
10 — Ce u'est pas I'envie qui m'a manqu^ .... mais il a pris la 
fuite .... 

— Tu le connais t 

— Je ne connais que lui I 

Alors pr^viens le maire et les deux adjoints, le garde 

15 champStre et la gendarmerie ! Veux-tu que je mande la chose 
au procureur de la R^publique, qui reside k Pont-l'Eveque t 

Nous n'avons pas besoin de tant de monde que cela, fit 

Idse qui regardait fixement son mari, ne sachant trop s'il ^tait 
s^rieux, ou s'il n'entendait point se rire d'elle, ce qui lui arrivait 
20 quelquef ois . . . . Si tu le veux bien, tu suffiras k toi seul k me 
faire rendre justice. 

Certes que je le veux 1 Mais dis-moi comment ! D'abord, 

le nom du coupable 1 

I^ coupable est ton chien, r^pondit Mme Pigault avec one 

t6 assurance qui ne permettait pas de douter. 

—Z^rol 

— Lui-m6mel 

Zdro voleur 1 Eh bien ! non, voil^ ce que je ne puis pat 

croire. C'est impossible . . . . tu auras mal vu . . . . tu te seras 

sotromp^e! Qu'est-ce qu'il en pourrait done bien faire, de tes 

oeufs ! Est-ce que, par hasard, il eapfere les vendre au march^t 

— ^Non; mais il les mange. 



LE CHIEM DU OAPITAINK. 4fi 

— H les mange ! r^p^ta Pigault, comme un ^cho ; et k quelle 
sauce, je te prie? En omelettes, farcis, brouill^s, au jus, aux 
pointes d'asperges 1 " 

L'oeil de Lise s'anima : un petit f r^missement fit trembler ses 
Ifevres. ' 

"Je t'avertis, monsieur Pigault, que ces plaisanteries me 
semblent d^placdes et de mauvais gout, dit-elle de cette voix 
grele que Jean n'aimait pas. Quand je prends si k cceur les 
int^rets de la maison, je m^rite de trouver chez toi autre chose 
que de la raillerie ou de I'indiiTerence." lo 

Pigault aimait trop sa femme pour vouloir la facher sdrieuse- 
ment. II ne jugea done pas k propos de continuer plus long- 
temps cette petite guerre, dont il savait bien qu'i] payeraitles 
frais, lors de la signature du traits. II fit done une retraite 
prudente, et ce f ut d'un ton trfes grave qu'il r^pondit : 16 

"Ainsi tu es bien sure que c'est ce miserable Z6to qui 
avalait tes ceufs, et qui dejeunait k ta place 1 

— Puisque je te dis que je I'ai vu !" fit Lise, qui raconta par 
le menu la petite scfene k laquelle, un moment auparavant, elle 
avait assists, protdg^e par la porte du cellier qui lui permettait 20 
de tout voir sans attirer I'attention du coupable. 

Nous devons dire qu'au grand ^tonnement de sa femme, le 
capitaine ne t^moigna, en entendant son rdcit, ni colore ni 
indignation. On eut dit plut6t qu'il admirait I'exploit 
Burprenant accompli par son chien, 26 

" Je savais bien, dit-il, que ce coquin de Zdro avait beaucoup 
d'esprit, mais je n'aurais jamais cru qu'il en eut tant que cela !" 

Cet ^oge du criminel dans la bouche de celui auquel Lise 
venait de d^noncer ses attentats, en criant vengeance, eut pour 
efiFet imm^diat de jeter la jeune femme dans une veritable so 
exasperation. La patience n'^tait pas sa quality dominante, 
et elle ^puisait assez promptement la dose, d'ailleurs trfes 
mod^r^e^ que le ciel lui avait d^partie de cette pr^ieuse vertn. 



46 LE CHIEN DU CAPITAINB. 

En pareil cas, son unique ressource, c'^tait de faire une 
scfene k son mari. 

" Viaiment, dit-elle, je crois que tu saisis avec empressement 
toutes les occasions que tu peux trouver de m'etre d^sagrdable! 
6 — Chfere amie .... comment peux-tu supposer 1 

— S'il en dtait auti'ement, tu ne t'obstinerais pas, malgr^ 
mes prieies, a garder pr^s de toi, chez nous, entre nous .... 

— II n'y a rien, il n'y aura jamais rien entre nous, ma 
chfere Lise, sache-le bien ! dit le capitaine avec un peu 
10 d'eraotion. 

— Oui, a garder entre nous, reprit la jeune femme avec 
plus de force, un miserable chien, laid, presque difforme .... 
sans race .... 

— Dame ! cela, vois-tu, ce n'est pas sa faute . . . . ce serait 
16 k ses parents .... 

— Un chien qui n'a que des ddfauts. . . , 

— Oh ! pardon ! cherie, ici je t'arrete ; car ce pauvre Z4ro 
possede au moins une quality .... 

— Laquelle 1 
so — La plus grande de toutes k mes yeux I 

— Lui ! 

— Oui, lui ! il m'aime ! 

— Tous les chiens aiment leurs maitres i 

— Tu crois *? 
25 — T'en suis sure ! Tu en aurais un autre que ce serait la 
merae chose ! Qui sait? peut-etre t'aimerait-il encore davant- 
age! et il serait jeune, beau, docile. . . .et tl ne mangerait pas 
mes ceufs 1 . . . . " 

Quand Lise etait une fois lanc^e, il devenait difficile de 
sol'arreter. Le capitaine le savait bien; aussi prenait-il le parti 
le plus sage, qui dtait de la laisser aller jusqu'au bout. Ainsi 
fit-il ce jour-la. 

La jeune femme profita de la licence qu'on lui donnait, pour 
prononcer contre Z^ro \in veritable rdquisitoire, dans lequel se 



LE GHIEN DU GAPITAINX. 47 

trouvferent exposes tous les torts et tous les crimes de son 
ennemi. Elle ne parla pas seulement du rnal qu'il avait fait, 
mais de celui qu'il ferait encore, maintenant qu'il ^tait lanc^ 
dans la voie du crime, ou les chiens voat parfois aussi loin que 
les hommes. Elle savait bien, pour son compte, que si on ne • 
la d^barrassait pas d'un pareil voisinage, elle n'aurait plu» un 
seul moment de repos. 

Et tout cela fut dit comme les femmes savent dire, tour a 
tour avec emportement et avec douceur, avec des colferes 
insensdes et des calineries irr^sistibles, et d'uiie voix qui preuait lo 
tous les tons, et qui mariait habilement le reproche k la pri^re. 

Nous devons rendre cette justice au capitaine que, mdme 
devant cette attaque v^hdmente, il r^sista longtemps sans lacher 
pied, continuant a defendre courageusement son ami. Mais 
il le d^fendait de plus en plus mollement, un pi'u k la t'a^on is 
de ces avocats, nomm^s d'oflBce, qui savent que leur client sat 
coupable, qui n'espferent plus d'acquittement, et qui s'estime- 
raient heureux d'obtenir des circonstances att^nuantes. 

Lise ^tait trop fine pour n-^ pas s'apercevoir qu'elle gaguait 
peu k peu du terrain, et elle avait trop de tact pour tie pas?o 
v^ouloir profiter de ces premiers advantages, Elle fit donner 
ses reserves. 

'* Ah ! s'dcria-t-elle, en essuyant une larme qui vint k propos 
mouiller ses yeux, Je vois bien que tu n'as plus d'afiection pour 
moi!. . . . Qui saif? peut-Stre n'en as-tu jamais eu. . . . 25 
Suis-je assez humili^e ! . . . . suis-je assez malheureuse ! tu me 
pr^fferes un chien . . . . tu me sacrities a un caniche .... qui 
n'est qu'un barbet ! moi, moi ta femme . . . . et nous ne 
sommes pas marids depuis six mois ! 

— Ah ! Lise, si tu peux dire ! so 

— Tenez ! je le hais votre chien, je le hais ! je I'ex^cre ! et 
vous me forcez k le garder, k le voir tous les jours. . . .a vivre 
avec lui ! et si I'un de nous deux devait quitter la maison, et 
odder la place k I'autre . . . . ce qui arrivera peut-Stre un jour 



48 UC OHIBN DU OAf ITAIKB. 

....ah! je le vols bien. . . .ce sera moi qu'on renverral* 
s'dcria la jeune femme avec une explosion passionnde. 

Ici, Lise s'arreta comme si elle eut ^t^ suffoqu^e par 
Wmotion, et qu'il lui eut 6t6 impossible d'en dire davantage. 
6 Mme Pigault pleurait bien. 

Sa douleur, qui venait surtout de ses nerfs surexcit^, n'^tait 

pas assez grande pour la ddfigurer .... C'^tait 1^ le point 

essentiel, et I'on avait envie de recueillir, comme des perles 

fines, les pleurs coulant sur ses joues, qui avaient la couleur 

10 des roses blanches. 

Con\me tous les hommes d'action qui ont d^pensd beaucoup 

de leur ^nergie avec les hommes, et contre eux, le capitaine 

n'en avait plus beaucoup k son service dans ses petites luttes 

intimes avec sa femme. II se souleva k demi de son lit, et 

ifi bien doucement : 

" Tu sais bien, Lisette, que tu feras toujours tout ce que tu 
voudras de ton pauvre Jean Pigault." 



lA oaisa DO cAPixAU(& 40 



VI. 

On ddjeuna gaiement aux Roches-Blanches ce jour-li, bien 
qu'un peu plus tard qu'^ I'ordinaire, et Ton ne parla point de 
Z6ro. Les deux epoux semblaient etre en parf aite intelligence. 
Madame ne se plaignit point des ceufs, bien qu'ils vinssent 
encore de chez I'^picier. Tl est vrai que Monsieur redoublait 6 
de gr&ce et d'amabilit^ pour lui faire oublier ce petit d^sagr^ 
ment " qui ne se renouvellerait plus " — il lu: en donnait sa 
parole. 

Cependant, chaque fois que Ton ouvrait la porte de la salle 
k manger, le capitaine jetait un coup d'oeil furtif dans laio 
cuisine, comme s'il se fut attendu k voir paraitre son chien. 
Mais cette attente fut tromp^e: il n'aper9ut de Zdro ni la 
queue ni les oreilles. II est vrai que le pauvre diable n'entrait 
plus gufere dans cette pi^ce dont les rebuffades de Lise I'avaient 
exile peu h, peu ; mais on pouvait ^tre sur qu'au moment du 16 
dejeuner il n'dtait jamais bien loin. II avait meme choisi, avec 
le discernement qu'il mettait b. toutes choses, une place dans 
la cuisine, d'ou il pouvait apercevoir son maitre. 

Pour qui connaissait le cceur des chiens en general, et celui 
de Z^ro en parti culier, il ^tait bien certain que I'intelligent 20 
animal, ^clair^ par le regard indignd que lui avait jetd sa 
maitresse au moment ou il perp^trait son attentat, commencait 
k se rendre compte de I'^normit^ de sa faute, et qu'il jugeait 
k propos de laisser aux autres le temps de I'oublier. Ce r^volt^ 
n'osait pas encore demander I'amnistie. 26 

Pigault ne s'en disait point aussi long. Seulement, comme son 
chien n'avait pas I'habitude de s'absenter aux heures de repas, 
qui lui valaient toujours quelque bonne aubaine, il se demandait 



so LE CHIEN DU OAPITAISTB. 

ou il pouvait bien 6tre maintenant. Mais, comme il ss sentalt 
observe de tres pr^s, il se le demandait tout bas, tout bas. 

A la fin du dejeuner, Lise s'approcha de son mari, et comme 
elle savait qu'il faut battre le fer pendant qu'il est cbaud : 
6 " N'est-ce pas que tu vas t'occuper de ce mauvais chien t lui 
demanda-t-elle, en lui pingant delicatement le bout de I'oreille, 
petite marque de faveur h laquelle le loup de mar, que Ton 
n'avait pas trop gat^ jusque-l;\, ne se montrait jamais insensible. 
— Puisque c'est promis ! dit-il avec une nuance d'embarras. 

10 — Oh ! oui, et bien promis encore ! rdpliqua la jeune femme, 
en le regardant dans les yeux. Je sais bien qu'il m'en veut 
maintenant, et je n'aurais plus une minute de tranquillity s'il 
restait ici. 

— Tu le calomnies, dit Pigault avec un Mger mouvement 

isd'^paules. Je puis t'assurer que le pauvre animal est bien 
incapable de faire du mal a personne . . . . a toi moins encore ; 
pour peu que tu t'en fusses donn^ la peine, ajouta-t-il avec une 
nuance de mdlancolie, tu I'aurais reduit aussi ais^ment que 
moi . . . . " 

20 Lise ne releva point cette derniere assertion, et. ne voulant 
ni I'admettre ni la combattre, elle fit comme si elle ne I'avait 
pas entendue. 

Jean Pigault comprit bien qu'il ne lui restait plus qu'4 
s'exdcuter. II prit son chapeau. et sann trop savoir ce qu'il 

26 allait faire, enfoncant ses fortes mains dans les poches profondes 
de sa veste ronde en drap pilote, laissant derrifere lui cette 
pittoresque Cote de Grace, avec sa magnifique avenue de 
grands ormeaux, de hetres et de platanes, ii descendit 
rapidement vers le port : habitude de marin I Dans lea 

30 moments embarrassanta, c'^tait toujourd !a qu'il allait chercher 
ses inspirations. 

11 n'avait point encore fait cent pas sous ces grands arbres 
aux rameaux sdculaires, quand Z^ro. qui se livrait en ce moment 
au plaisir de la maraude dans les contre-all<^es, I'ayant reconnu, 



LE CHIEN DU OAPITAUAE. 51 

vint k lui, et se prdcipita dans ses jambes avec une telle 
impetuosity, qu'il faillit le renvereer .... Mais il s'arreta tout 
k coup au milieu de ses expansions par trop turbulentes, et jeta 
un regard en arrifere pour s'assurer qu'il n'^tait pas suivi. 
Puis, quand il fut certain qu'ils ^taient bien seuls, il se livra de 6 
nouveau aux folles ardeurs de sa tendresse, enlagant, pour ainsi 
parler, le capitaine dans les bonds joyeux qu'il ddcrivait autour 
de lui, lui sautant presque jusqu'au visage, ou lui l^chant 
doucement les mains. 

" Le moment est bien choisi, pauvre b§te ! dit Jean Pigault lo 
en lui posant sur la tete une main caressante. Jouis de ton 
reste, malheureux, car nous allons etre longtemps sans nous 
re voir." 

On eut dit vraiment que le chien comprit ce qu'on lui disait, 
car sa physionomie — et vraiment, il en avait une, — changea i* 
tout k coup d'expression : on eut dit un autre chien. II regarda 
son maitre avec une certaine hesitation, comme s'il se fut 
demand e s'il devait le suivre. 

"Allons! viens, puisque te voilk I lui dit le capitaine: mais 
je te previens que tu aurais mieux fait de ne pas me rencontrer 20 
ce matin." 

Le chien baissa le nez et emboita le pas derrifere son maitre. 
II se doutait de quelque chose .... 

Nous avons dit que Pigault descendait vers le port. Z4ro 
avait vdcu assez longtemps dans ces parages, avec Norkind 26 
Van der Tn^mp, a bord de la Reine- Sophie., et il n'y avait pas 
ete fort heureux. Oette partie de la ville ne lui rappelait done 
que de penibles souvenirs, et il n'y ^tait jamais reveuu. 1] 
regarda les bateaux d'un ceil defiant. 11 n'avait pas eu le mal 
de mer ; mais il s'en fallait que ses traversdes eussent ^t^ so 
exemptes d'ennuis. II se trouvait a I'etrnit dans ces maisons 
flottantes ; roidinairc des matelots lui paraissait insuliisaut, et 
il regrettait de u'y pouvoir ajouter les supplements (jue, sur in 



09 Ut CBIEN DU CAPITAIHB. 

terre ferme, d'une mani^re ou d'une autre, son industrie 
parvenait tou jours k lui procurer. 

Cependant le capitaine marchait vite, comme un hommo 
eharg^ d'une ennuyeuse besogne, et qui veut s'en tirer le plus 

6 t6t possible. 

De temps en temps il se retournait pour voir si son chien le 
suivait toujours, precaution qui, dans toute autre circonstance, 
lui aurait paru fort inutile, car Z^ro n'^tait pas capable de le 
perdre en chemin. Mais, comme s'il eut eu le remords de 

10 ce qu'il allait faire, et qu'il eut rougi de lui donner en ce 

moment des preuves d'affection qui n'eussent 4iA qu'une sorte 

d'hypocrisie, il n'eut point avec lui I'abandon et la familiarity 

qui faisaient le charme de leurs r-^.lations dans I'intimit^. 

Z^ro lui en voulut un peu de cette reserve, dont les vraia 

16 motifs lui ^chappaient. 11 lui semblait que, du moment oh. 
personne ne le genait, son maitre aurait pu revenir k leurs 
habitudes d'autrefois, et se montrer un peu plus expansif. 
Mais, en chien bien appris qu'il etait, il garda cette reflexion 
pour lui, et continua de suivie le capitaine en observant ses 

20 distances. 

Celui-ci, laissant k sa droite le bassin ou les navires viennent 
se mettre k quai pour prendre ou deposer leur chargement, se 
dirigea vers I'avant-port ou se trouvaient trois ou quatre 
bateaux en partance. Parmi ces derniers, il y en avait un, 

25 encore tout pres du bord, mais auquel s'amarrait d^j^ le 
remorqueur qui devait le mettre au large. 

Ce fut vers celui-1^ que Jean Pigault tourna ses pas tout 
d'abord. II n'avait pas eu besoin, pour le reconnaitre, de lire 
son nom "La Jeune-Alix," dcrit en grandes lettres rouges sur 

80 une bande blanche, k I'arrifere. Sa forme gdndrale, la planta- 
tion de ses mats, la disposition de ses agrfes, dont aucun detail 
n'^chappait k I'ceil exercd du marin, le lui auraient fait 
distinguer entre mille. 



LB OHIBH DU CAPITAINB. 5d 

H enjamba lestement la muraille du bateau qui ne s'dlevait 
pas k un mfetre au-dessus du quai, puis il se retouma vers son 
chien. Dans toute autre circonstance un obstacle aussi insig- 
nifiant n'aurait pas arrets bien longtemps Z^ro : il I'eut 
franchi d'un bond joyeux, et fut arrivd avant son maitre ; mais 6 
ce jour-l&, il manquait ddcid^ment d'entrain. II n'avait pas 
os^ s'enfuir, bien qu'il en eiit fortement envie ; mais, craignant 
quelque f&cheuse aventure, et ne voulant pas qu'on put lui 
demander un jour " ce qu'il ^tait all^ faire dans cette galore," 
il s'^tait assis tranquillement sur son s^ant, dans une attitude 10 
assez m^lancolique, et il regardait vaguement autour de lui, 
attendant de nouveaux ordres. II semblait croire que son 
maitre ^tait en visite, et qu'il n'avait pas besoin d'entrer, 
puisqu'on ne Ten priait point. 

Le capitaine connaissait trop bien son chien pour ne pasU 
douter de ce qui se passait en lui. II comprit done ses pre- 
occupations, ses soucis et ses craintes. II ne put pas douter 
que le condamnd ne devinat parfaitement de quoi il retournait 
pour lui, et cette seule idde lui fit gros cceur. 

" S'il n'ob^issftit qu'k son instinct, se dit-il, comme il aurait to 
vite fait de retourner k la maison. II ne reste ici que pour 
m'etre fidfele jusqu'au bout — jusqu'i la mort peut-^tre ! " 

Cependant il n'dtait pas venu si loin pour reculer au dernier 
moment. D'ailleurs sa parole ^tait donn^e! ce qu'il ne ferait 
pas aujourd'hui, il faudrait le faire demain. . . .autant en finir» 
tout de suite. 

" Ici, Z6ro ! " fit-il de sa voix de commandement. 

Le chien prit son dlan, sauta lestement par-dessus le bord, 
et vint tomber aux pieds de son maitre. 

"Couche! " dit Jean Pigault, qui ne voulut ni le regarder — so 
il n'en avait pas le courage — ni le caresser, car une caresse, en 
un pareil moment, lui eut sembl6 odieuse comme une trahison. 

De son c6t4, le chien fixait sur lui son grand ceil cslair, doaz 
et profond, qui semblait dire : 



.^4 LE CHI EN DU CAPITAINE. 

" Tu m'as appeld, me voici ; maintenant que faut-il faire t 

— Couche ! " r^pdta Jean Pigault pour la seconde fois, eu 
faisant de la main un geste qui ordonnait le repos absolu et 
I'immobilite parfaite. 
6 Zdro tourna deux fois sur lui-m§me, comme s'il eut voulu 
choisir sa place ; puis il se coucha en rond, ferma un oeil, ouvrit 
I'autre et attendit. 

" J'aime mieux cela ! se dit Pigault. J'aurais redout^ une 
schne de sentiment; les scenes sont inutiles. . . .et puis 9a fait 
10 du mal !...." 

Le capitaine de la Jeune-Alix 4tedt debout sur sa passerelle, 
surveillant les derniers apprets de son appareillage, car on allait 
partir. Comme Jean Pigault, Tautin etait de la race des 
loups de mer. Dans leur jeunesse, ils avaient navigud 
15 ensemble ; mais Tautin avait fait sa pelote moins vite que 
Pigault, et celui-la devait travailler encore, quand deja I'autre 
avait le droit de se reposer. lis n'en ^taient pas moins rest^s 
d'excellents amis, se revoyant tou jours avec plaisir. 

" Bonjour, vieux ! dit Tautin, en tendant la main k Pigault. 
20 Quel bon vent t'amene 1 

— Un service que je viens te demander. 

— Merci ! c'est fait ! mais parle vite ! tu \ ois que nous 
n'allons pas coucher ici ! 

— Je viens te demander un passage. 
26 — Pour toi 1 

— Non, pour un ami. 

— Tu sais oil nous allons ! 

— Au S^n^gal, m'a-t-on ilit? 

— Juste ! c'est \h que veut se rendre ton monsieur t 
gQ — Oui. . . .c'est-adire non ! 

— Oui, non ! lequel des deux 1 

— Eh bien ! il ne tient pas pr^cis^raent k faire un aussi long 
voyage .... mais il f aut qu'il le fasse ! 



LB CHIKN DU OAPITAUTB. 65 

— Ah ! je comprends ! c'est un indiscipline k qui I'on manage 
un tour du monde . . . . de correction. 

— Non ! reprit vivement Jean Pigault, c'est au contr^'.ire un 
tiis bon enfant. Mais il est la cause de grandes divisions dans 
la famille. 6 

— Entre le pfere et la mhre t 

— Pas precis^ment, mais entre le marl et la femme, et on le 
sacrifie pour avoir la paix ! 

— Pauvre diable ! 

— H est k plaindre, en effet, et je te demanderai tes bont^s lo 
pour lui. 

— II les aura, cela va sans dire ! Mais je te prdviens que nous 
ne sommes pas trop bien outill^s du c6t^ de la cambuse ; je ne 
in'attendais pas k I'honneur d'avoir des pt^ssagers, et notre 
ordinaire n'est pas riche . . . . tu connais 9a, toi 1 u 

— Ceci n'est qu'u'n detail auquel je ne m'arrdte pas. Le 
particulier auquel je m'int^resse n'est pas difficile ! 

— Qa, se trouve bien ! mais va le chercher ! il est dans les 
environs, j 'imagine 1 nous d^marrons dans cinq minutes. Ce 
port est difficile en diable ! tu le sais mieux que personne. Si 20 
je ne profite pas du jusant pour sortir, il faudra que je me 
fasse trainer jusqu'en pleine mer. Cours done et reviens vite! 

— C'est inutile ! le passager est ddjk k ton bord. 

— Tiens ! je n'ai vu entrer que toi ! 

— Et mon chien ! fit Pigault en riant. ss 

— Quelles bourdes me contes-tu 1^ f 

— Pas la moindre bourde ! c'est le voyageur que je t'amfene ! 
ficoute-moi ! 

— Je ne fais que cela !" 

En termes ^loquents, parce qu'il ^tait sous I'empire d'une so 
Amotion r^elle, Pigault raconta I'histoire de son chien, . . .et 
celle de sa femme. Elles dtaient si ^troitement m^l^es I'une k 
I'autre, qu'il ^tait vraiment impossible de les s^parer. II dit 
comment il avait sauv^ Z^ro, et comment il I'avait aim^. H 



56 LB CHIEN DU OAPITAINB. 

peignit toute la tendresse de son chien pour lui, et ne cachA 
point I'antipathie de sa femme pour son chien. La vie k trois 
devenait insupportable ; 11 fallait done que I'infortund Z6to 
quittat la maison. 

6 " C'est toujours comme cela ! dit Tautin, avec un gros rire, 
qui dlargit la patte d'oie autour de ses yeux ; c'est toujours 
comme cela, quand, k nos iges, on Spouse des jeunesses. H 
vaut encore mit^ux blanchir ensemble ; ce n'est peut-^tre pas 
aussi amusant, mais c'est plus sur. 

10 — Cela se peut bien ! r^pliqua Pigault avec un peu de bniB> 
querie ; mais ce qui est fait est fait, et il n'y a plus a y revenir. 
H faut done que le chien s'en aille ! Mais, vois-tu, c'est plus 
fort que moi ! en me s^parant de lui, je ne cesse pas de I'aimer. 
C'est bon, c'est affectueux, c'est intelligent, cet animal-Ik ! 9a 

1 em'est un crfeve-coeur de le voir, et j'aurais encore plus de chag- 
rin si je le savais malheureux. Je viens te I'offrir ! en veux-tu? 
c'est un cadeau que je fais. II t'aimera, et te servira comme 
tu ne I'as jamais ^t^. . . .par un chien. 

Tope-lk ! dit Tautin, c'est affaire faite. Je I'emm^ne. Nous 

20 allons voir le Sdndgal ensemble. La trotte est bonne, et nous 
aurons le temps de nous accoutumer I'un k I'autre. En reve- 
nant je renvenai a Grandcamp, ou je ne tarderai pas a m'en 
aller planter mes choux. Ma femme aime les chiens : comme 
ca se trouve, dis done ! et si le tien lui temoigne un peu 

26 d'amiti^, il ne sera pas trop k plaindre chez nous. Tout cela 
est bien entendu ! Maintenant, file ton cS,ble ! car si tu restes 
ici cinq minutes de plus, au lieu d'un passager, j'en emm^ne 
deux. 

Je suis parti ! mais encore un mot. Je vais le faire des- 

30 cendre k fond de cale. Enferme-le, et ne le laisse remonter 
sur le pont que quand on ne verra plus la terre ; autrement il 
sauterait par-dessus le bord, et il n'y aurait rien de fait ! 
gois tranquille ! je ne le lacherai que de I'autre cdt4 du 



UC OHIEM DU CAPITAINE. 67 

Pinistfere .... Mais, va-t'en, tonnerre de Brest ! le flot baisse 
d'un mfetre par minute; tu vas me faire manquer ma mar^e." 

Pigault descendit lentement de la passerelle et s'approcha de 
son chien. " Ici, Z^ro ! " 

Z6ro crut qu'on allait repartir. II se leva comme si un £ 
ressort I'eut poussd, et, au risque de tout culbuter autour de 
lui, mais pourtant sans culbuter rien, il se mit k bondir k 
droite et k gauche, en avant, en arrifere. Pigault calma toute 
cette fougue avec un mot et un geste de commandement, et le 
chien revint auprfes de lui, calme, docile, soumis. On eut dit ic 
qu'il voulait se faire regretter! 

A ce moment, le mari de Lise, que les* circonstances con- 
traignaient k se conduire en homme politique, et k ne pas dire 
toute sa pens^e, tira son mouchoir de sa poche. le tortilla serr^, 
en fit une pelote, et, aprfes I'avoir montr^ a Zero, le jeta k fond i6 
de cale en lui disant : " Apporte ! " 

Z^ro n'avait pas I'habitude de cdder sa part de ces jeux-li. 
H se prdcipita k la suite du mouchoir, sauta sur une pile de 
sacs, rebondit sur des barils de salaisons, et glissa le bout de 
son museau entre deux pots de beurre ou le mouchoir avait 20 
TOV1I6. 

Mais, pendant qu'il mettait tant d'ardeur k prouver son 
intelligente ob^issance et sa bonne volont^ joyeuse, sur un 
signe de Pigault, un matelot poussa la planche qui fermait 
I'^coutille, et Z^ro se trouva prisonnier, non point sur parole, 25 
mais derrifere une bonne et solide cl6ture. II ne comprit pas 
tout d'abord ; mais, se voyant enferm^, il poussa deux ou trois 
aboiements sonores, comme pour demander qu'on lui ouvrit. 
Puis, comme on ne lui ouvrit point, il se jeta avec une sorte de 
rage contre I'obstacle qu'on venait de lui opposer, s'efibr^-ant de le 
repousser ou de le briser. Helas ! tout f ut inutile. Le navire ^'^ 
^tait solide dans ses details comme dans son ensemble. Rien 
ne c^da. Z^ro comprit qu'il dtait perdu, et sa douleur s'exhala 
dans uu hurlement lamentable. Ce grand cri, ou Ton etit cm 



58 LB OHIEN DU CAPITAINB. 

reconnaltre qaelque chose qui ressemblait k I'accent de la voix 
humaine, frappa I'oreille de Pigault, au moment ou, apres avoir 
fait au capitaine de la Jeune-Alix un dernier signe d'adieu, il 
s'^langait sur le quai. II lui retentit dans Tame, comme le 

5 gemissement supreme d'un ami I'appelant k son secours. 

Instinctivement, sans trop se rendre compte de ce qu'il 
faisait, Pigault s'arrSta. On eut dit que ses pieds le clouaient 
au sol. II dtait Evident qu'il h^sitait encore; mais il se fit 
honte k lui-m§me de cette faiblesse, et, d'un pas ferme, sans 

10 retourner la tete, il reprit le chemin de la C6te de Grace pour 
regagner au plus vite les Roches-Blanches ou on I'attendait. 
A peu pres k moitie chemin du port et de sa maison se trouvait 
une petite ^claircie, habilement m^nag^e entre les arbres, afin 
de permettre au promeneur de jouir un moment d'une dchapp^e 

16 de vue sur la mer. 

Pigault s'^tait arrlt^ \k bien souvent; il s'y arreta une foia 
encore et regarda. 

La Jeune-Alix abandonn^e par son remorqueur, mais en- 
traln^e par le jusant, ses voiles gonfl^es par un vent favorable, 

20 et le cap tournd vers le grand large, devait en ce moment filer 
ses dix lieues k I'heure. 

" X. present tout est fini, se dit le capitaine : Lisa va 6tre 
contente, c'est toujours cela! Mais moi, je ne le suis pas! 
Pauvre b^te ! Quel cri, quand elle a senti que je quittais le 

25 bord .... Ah ! ce cri-1^, il me semble que je I'entendrai long- 
temps. .. .Mille tonnerres : je ne suis done plus homme k 
present. . . . Voilk que j'ai la larme k I'oeil. . . .Est-ce qu'on 
pleure pour un chien 1 " 

Pip-ault tira sa montre et regarda I'heure. II ^tait midi 

30 cinquante. On dinait chez lui k une heure ; il se secoua, passa 
sa manche sur ses yeux, — le pauvre Z^ro ne lui avait pas 
rapport^ son mouchoir, et pour cause, — et il reprit, en h&tant 
le pas, le chemin de la ViUa des Roches- Blanches. 



LE CHIEN DU CAPITAINB. 69 



VII. 

Pigault trouva, en rentrant, le couvert mis, la soupe tremp^e 
et sa femme qui I'attendait, tout en travaillant dans la salle a 
manger. 

Son premier regard fut pour le coucou, qui marquait une 
heure et une minute. 5 

*' Je crois qu'il avance ! dit-il, comme s'il se fut senti en 
faute, et qu'il eut voulu se defend re, alors meme qu'on ne 
I'attaquait pas. 

— Je ne crois pas, rdpondit Mme Pigault, non sans quelque 
vivacitd; il va comme I'dglise, qui va elle-meme comme I'hdtel 10 
de ville, lequel va comme le soleil : il est re'gle par un horloger 
du Havre ! 

— Le soleil ? 

— Eh non ! le coucou ! Mais tu n'es pas en retard. J'ai 
failli attendre, mais je n'ai pas attendu ; c'est le principal. 15 
Seulement, ajouta-t-elle, en fixant sur le visage de son mari 
son ceil pale, singulierement scrutateur, je voudrais bien savoir 
ou tu as passe ta jour nee. 

— Tu devrais dire : ta matinee ! 

— Soit ! je ne chicane pas sur les mots ! Tu es parti apr^s 20 
le ddjeuner. . . .et, depuis lors, on n'a plus entendu parler de toi. 

— Vrai, je suis reste dehors aussi longtemps que cela 1 

— Voila une reponse qui prouve que le temps ne te parait 
pas trop long loin de moi . . . Mais cela ne me dit pas ce que 
tu as fait. ... 25 

— Ce que j'ai fait 1 

— Oui! 

— Tiens ! laissons cela ! J'aime autant ne pas en parLr ; je 
voudrais pouvoir I'oublier moi-meme. 



60 LB OHIEN DU OAPITAIWB. 

— All ! ta as fait des choses dont ta n'oses pas parler, des 

choses qu tu voudrais oublier ! dit la jeune femme, dont I'ceil 
bleu s'alluma, en laissant voir comme de petites paillettes d'or 
qui rayaient le saphir pale de sa prunelle. Prends garde, 

5 Jean!" 

Pigault sourit de cette menace qui ne lui faisait pas peur, et 
se sentit int^rieurement flatty. L'homme est si vain, qu'il 
cherche partout ce qui peut caresser son amour-propre, et il est 
si habile, qu'il finit tou jours par le trouver. 

10 " J'ai embarqu^ Zero, dit-il d'un ton bref. La maison est 

maintenant d^barrass^e de ton ennemi, et tu auras demain des 

oeufs frais k ton dejeuner. . . .si les poules v^eulent bienpondre. 

Tu vois que le proc^ du criminel n'a pas dur^ trop longtemps." 

Trfes charmee de la victoire qu'elle venait de remporter, Mme 

15 Pigault fit des frais d'amabilitd. Pigault, de son cotd, ne laissa 
point que d'y mettre du sien, et U s'efiForga de maintenir la con- 
versation k une certaine hauteur. Mais nous devons avouer 
qu'il n'y r^ussit gufere ; il dcoutait sa femme, et c'etait son 
chien qu'il entendait. Le cri de Zdro, au moment oil il avait 

20 quitt^ le bord de la Jeune- Alix, lui retentissait encore dans la 
poitrine. 

Tout semblait, du reste, se conjurer pour lui rappeler I'exil^. 

Chaque fois que Ton ouvrait la porte de la cuisine, et qu'il 

apercevait, sur le tapis que I'on n'avait pas encore eulev^, la 

25 place inoccupee, il ^prouvait quelque chose comme un vague 
malaise. Le nom du pauvre animal ne fut pas prononc^ une 
seule fois par lui ; mais, s'il n'en parlait point, il y pensait. 
- Lise, qui, au fond, et ses emportements mis k part, n'^tait pas 
une mauvaise femme, et qui d'aUleurs avait une sincere affection 

30 pour son mari, ne put fermer les yeux sur son chagrin ; elle 
commenga par s'en irriter, lui reprochant tout bas de tant 
s'attacher h une bSte quand il avait une femme; mais, quand eUe 
vit que cette tristesse augmentait, sans que pour cela soQ 



LB OHIEN DU OAPITAIM& 61 

hnmeur s'alt^rftt, ou qu'il cesa&t d'avoir pour elle les mfimes 
provenances d^icates et les memes attentions gracieuses, elle 
Oprouva quelque chose qui pouvait ressembler k un remords. 

Elle se reprochait d'avoir privO cet homme excellent d'un 
compagnon auquel il avait tant de raisons d'etre attach^. 6 

Le capitaine ne tarda point k ressentir le contre-coup de ce 
qni se passait en elle, et, en voyant sa femme d'humeur plus 
^gale et plus douce, il y eut des moments ou, nous sommes bien 
obligO de I'avouer, il oublia complfetement son chien ! 

Mais, souvent aussi, ce souvenir lui revenait tout h. coup, lo 
avec une vivacity singuUfere. II se demandait alors ou dtait ce 
pauvre Zdro ; ce qu'il dtait devenu ; comment on le traitait ; 
s'il 4t8.it bien malheureux ; et (lecteur, vous ne rirez pas si 
vons avez Tin chien !) s'il pensait encore a lui. II avait beau 
vouloir cacher cette preoccupation k Mme Pigrult, il y avait des is 
moments oii, malgrO ses efforts, elle per9ait et se faisait jour 
BUT son visage. 

Dans la crainte de rouvrir cette blessure profonde et qm 
Baignait toujours, Lise ne parlait jamais de Zdro ; mais, chose 
Strange ! elle en Otait arrivde k y penser presque autant que 20 
son mari. 

** J'irai k Cherbourg dans six mois, se disait le capitaine, 
pour arreter mon rcglement de compte avec les Sorel ; je 
prendrai terre k Isigny, et je tirerai une bordee jusqu'i 
Orandcamp. .. .pour le re voir." 25 

Pour peu que I'ami Tautin se fut piquO d'exactitude, Pigault 
6tait certain de recevoir bientot la lettre si impatiemment 
attendue, qu'il lui avait promise. 

Un beau jour, elle vint, en effet, par le courrier du matin, 
que I'on distribuait sur la C6te de GrS,ce k peu pr^s a I'heure so 
du premier repas. H n'eut pas besoin de regarder I'adresse k 
deux fois pour reconnaitre la bonne grosse dcriture du capitaine 
Tautin. Le timbre de Saint-Louis disait que les passagers 
araient attaint leur destination. II la mit dans sa poche, pour 



62 LB OHIEN DU CAPITAINB. 

la lire tranquillement un peu plus tard, quand il serait sAr que 
personne ne viendrait rinterrompre ou le troubler. Lise 
n'avait pas aper9u le facteur. 

Le capitaine resta encore quelques minutes a causer 
5 indiffi^remment de choses et d'autres avec sa femine, puis il 
alluma sa pipe, et il alia fumer au grand air, ce qui lui arrivait 
du reste assez souvent api-es ses repas. 

Quand il eut parcouru k peu pres la moitid de la C6te de 
Grace, il entra sous le convert de la haute futaie, en se 
10 dirigeant du c6te de la mer. II gagna le banc rustique, fait 
d'un quartier de roche, convert de mousse, ou il ^tait deja venu 
s'asseoir pour suivre des yeux la Jeime-Alix, le jour ou elle 
avait emport^ Zero. 

Certain maintenant d'etre tranquille et sans tdmoins, il 
15 ouvrit sa lettre avcc une hate fi^vreuse. 

Tautin, qui n'^tait pas un phra^ieur, lui ^crivait : 

" Mon bon vieux, 
" Je mets la main k la plume pour te coucher ces quelques 
mots par ^crit, ainsi que tu me I'as demands ; tu peux m'en 
20 sa voir gi'^, je t'assure, car les lettres ne sont pas mon fait 
Excepte k ma bourgeoise, et encore pas bien souvent, je n'^cris 
guere que sur mon livre de bord. Mais ce qui est dit est dit ; 
j'ai promis et je tiens ! 

" II faut primo que tu saches que, tant que nous avons ^t^ 

26 dans la Manche, et qu'il a senti la terre normande, le malheu- 

reux Z^ro n'a fait que pleurer, crier, geindre et se lamenter, que 

9a fendait le coeur de tons mes matelots, qui ne I'ont pourtant 

. pas tendre. Esp(^rant que 9a le ferait taire, je lui ai envoy^ 

sa ration a la meme heure qu'aux hommes ; mais il n'a voulu 

80 ni boire ni manger. Le soir venu, il s'est fait un peu d'accalmie 

dans cette tempete, probablement parce que, apres avoir donn^ 

tant de voix, il ne lui en restait plus dans la gorge. Quand 

j'ai vu que la musique cessait, je suis descendu, k seule fin 

de lui parler de toi; je suis bien certain qu'il m'a compris, car, 



LE CHIEN DU CAPITAINB. 63 

en entendant prononcer ton nom, il a toum^ de Poeil et 
frdtill^ de la queue, ce qui, chez le chien, est toujours signe 
de quel que chose. 

" En remontant, j'ai laiss^ I'^cou tills ouverte, pour lui donner 
de I'air. II a boudi comme un diable en caoutchouc, m'dchap- 6 
pant des mains, et me filant entre le jambes, si vite que je ne 
m'en suis apergu qu'aprfes ! II a fait deux ou trois fois le tour 
du pont, comme s'il avait eu le feu quelque part. J'ai eu peur 
un moment qu'il ne piquat une tete par-dessus le bord, tant il 
^tait affol^. Ne te trouvant pas, — il dtait bien Evident que lo 
c'^tait toi qu'il cheichait, — il s'est mis a aller et venir comme 
un fou, se jetant dans les jambes d'un cliacun. Enfin, il s'est 
trouvd accul^ dans un coin ; on en a profits pour passer une 
corde dans I'anneau de son collier, et je I'ai confix a un mousse, 
avec defense de le lacher une seconde. Le gamin avait beau 16 
faire, s'arc-bouter sur ses reins, se pencher en arriere, se retenir 
aux mats, il en avait toujours plein la main, tant 1 'autre tirait 
sur la corde. 

" J'ai dit qu'on le laiss§.t faire un peu, pour voir. 

" A ce moment-la nous allions vent arriere, filant nos douze2o 
noeuds, le cap au grand large. Mais le gredin n'a pas pei'du 
le nord; il a pique, raide comme une balle du cot^ du gouver- 
nail, s'est levd tout debout, a pos^ ses pattes sur le bordage, si 
fermes qu'on aurait dit qu'elles y ^taient riv^es, le nez droit sur 
la c6te normande, qu'on ne voyait pourtant plus, et reniflant 25 
I'air qui venait de chez toi. Bientdt la lame a grossi, et nous 
avons commence a embarquer des paquets de nT^r. L'eau lui 
sautait chaque fois k la figure et le trempait comme une soupe. 
On le rappelait; impossible de lui faire rien entendre. II 
trouvait sans doute que c'^tait Ik sa place, car on avait beau le so 
tirer en arriere, il y retournait toujours en poussant de temps 
k autre de petits jappements plaintifs. 

"Quand nous nous sommes trouvds dans le golfe de Gascowne, 
<A iiotre coquille de noix sautait sur le dos de ces grandes 



64 LB CHEDOr DU OAPITAIKS. 

vagues qni viennent tout expr^s d'Amdrique sans se d^ranger de 
leur ligne, pour mieux nous secouer le temperament, il a com- 
mence k comprendre qu'il perdait son temps, et que tu n'allaia 
pas te mettre k marcher sur les eaux pour venir le trouver, 

6 Nous avions d'ailleurs tant de fois vir^ de bord sous le vent, 
que j'ai dans Tid^e qu'il lui aurait ^t^ difl&cile, si malin qu'il 
Boit, de trouver Honfleur sur la carte. II a done quitt^ son 
poste, et il est alie se coucher au pied du grand m4t, ton 
mouchoir dans les dents, pour avoir encore quelque chose de 

10 toi, voire meme qu'il a f ailli d^vorer un mousse qui voulait le 
lui prendre. lA, il s'est tenu tranquille, et n'a plus rien dit k 
personne. 

" Mes hommes, qui ne sont pas des brutes, se sont laiss^ 
empoigner par la douleur de ce pauvre animal ; ils en ont eu 

16 comme une piti^, et se sont mis k le gS,ter k qui mieux mieux. 
S'il les avait dcoutes, il serait mort d'indigestion au bout de huit 
jours : mais on aurait dit vraiment qu'il ne voulait mourir que 
de chagrin. H faut que les animaux aient aussi parfois leurs 
id^es ! Au lieu de s'emporter sur la nourriture, comme 

20 1'auraient fait bien des gens, ton chien n'en prenait que juste ce 
qui lid fallait poiir se soutenir. II voyait bien que tout le 
monde voulait etre bon avec lui ; mais, sans faire pour cela 
le dedaigneiix, il avait tou jours I'air de quelqu'un k qui c'est 
bien ^gal. On le caressait : il se laissait faire ; mais lui-meme 

26 ne rendait la politesse k personne, et, au lieu que cela lui fit du 
tort, on lui en savait plut6t gr^. On aurait 4t4 fach^ qu'il ne 
itt pas comme cela ! Les matelots disaient entre eux que, 
pour toutes les choses du bon coeur, ce chien-li en remontrerait 
k bien des chrdtiens baptises. On se souviendra longtemps de 

wlui k bord de la Jeune-Alix. 

"Nous sommes arrives k Saint-Louis sans avaries, tout 
r^qnipage en bonne sant^. Z^ro s'^tait beaucoup ennuy^ 
pendant la traversde, dans ces demiers temps : il avait beaucoup 
dormi et souvent abov^ en dormant, oe qui me ferait oroire 



Ut CHfBN DU OAPITAINB. 65 

qu'il a beaucoup r§v^. E a paru heureux de se revoir sur le 
plancher dea vaches, qui est aussi celui des chiens. II a fait 
trois ou quatre bonds sur la terre solide, comme pour en 
prendre possession , puis il s'est mis k courir en jappant et en 
flairant le sol comme pour y chercher ta trace. Je ne te dis 5 
pas 9a pour te faire de la })eine, mon vieux copain, mais unique- 
ment parce que c'est la vraie v^rite: tu avals Ik un chien qui 
t'aimait bien ! 

" Mais 9a ne devait pas s'arr^ter \k ! Cet effrontd a fait en 
plein port une chose que les chiens font bien rarement, et qui 10 
prouve qu'il a un fier toupet. II est entr^ dans plus de dix 
bateaiLX, sautant par-dessus le bord quand ils ^taient k quai, et, 
au besoin, se risquant sur les passerelles comme un vrai mousse, 
quand il fallait enjamber pour aUer de I'un a I'autre. Je crois 
qu'on n'a\ ait encore jamais vu cela. II te cherchait partout, 15 
furetant dans tous les coins. Quand il etait bien certain que 
tu n'^tais nulle part, il regagnait le pont de la Jeune-Alix pour 
recevoir sa \)citiQ et se reposer un peu. Aprfes quoi, il recom- 
men9ait ses courses comme un vrai d^rat^. 

" Tu sais qu'une fois k terre les matelots ont la langue bien 20 
pendue. Les miens, sous ce rapport, ne cedent leur part k 
personne. En quelques jours, I'histoire de Zero a fait le tour 
du port; elle a meme gagn^ la ville. Ton chien est maintenant 
connu k Saint-Louis comme le loup blanc. J'ajoute qu'il est 
consid^r6, recherchd, aim^ partout, Un capitaine anglais m'en 26 
a offert une somme ; il la doublera si je veux, car il s'allume 
sur la bete. II dit que si le chien est jamais k lui, il en fera 
son ami intime, et que, lorsqu'il mourra, il lui ^l^vera un 
tombeau, avec une inscription en lettres d'or, en anglais et en 
fran9ais. so 

" — En hoUandais aussi, mylord, que je lui ai dit, si vous 
voulez §tre sur qu'U comprenne ! Le hollandais, c'est sa langue 
matemelle et il n'en a jamais bien parl^ d'autre. 



66 LE CHESN DU CAPITAINE. 

" Tout cela me fait craindre un malheur. Les matelota, sans 

leur faire de tort, sont un peu chapardeurs, comme les soldata 

Parmi ces hommes de toutes les nations il peut bien s'en 

rencontrer quelques-uns qui ne demanderaient pas mieux que 

6 de s'approprier le bien d'autrui. 

" J'ai pare la chose de mon mieux, en faisant quitter le port k 
Z6to. Je I'ai eminent dans I'int^rieur de la ville, k I'hotel des 
Devx-Poles, oil je logo quelquefois, et que tu connais parbleu 
bien ! car nous y avons fait ensemble plus d'un bon diner. Le 

10 chien du patron ^tait mort : un grand danois, mouchetd de noir 
et de blanc, qui courait si bien devant sa voiture ! Z^ro a 
h^ritd de sa niche. Je Fenchaine quand je sors. Lorsque je 
suis seul k Thotel, il reste dans ma chambre, oia il se plait 
mieux. Mais il est si malin que, si je tarde trop, il parvient 

16 toujours a se d^barrasser ou de la chaine ou du collier. II fait 
tout ce qu'il veut de ses pattes ; un singe n'est pas plus adroit 
de ses mains. Nous sommes deja bons amis, parce qu'il a du 
coeur, et qu'il sent que je I'aime bien. Mais tu n'as rien k 
craindre! je vois d^ja que ce ne sera jamais la m^me chose 

20 qu'avec toi. II y a des moments ou il me regarde comme s'il 

voulait me demander de tes nouvelles. N'en ayant pas, 11 

m'est bien impossible de lui en donner. Je me contente done 

de lui parler de toi, et je vois que 9a lui fait toujours plaisir. 

"J'ai livr^ mon chargement sans perte ni ddchet; mais, 

2.S comme je ne tiens pas a revenir sur le lest, je m'occupe d'un 
petit fret que Ton me fait esperer, et que je tacherai d'avoir 
aux meilleures conditions possibles. 11 s'agit de bois de couleur 
pour Caen et pour Cherbourg. Cela m'irait assez, k cause du 
voisinage de la maison, que, dans ce cas, je ne quitterai plus, 

so car j'ai de vieilles douleurs qui commencent h, m'avertir que 
I'heure de la retraite va bientot sonner pour moi. 8i les 
choses tournent comme je le souhaite, je serai k Grandcamp 
dans deux mois. Tu pourras y venir voir ton chien et ton ami. 

" Jacques Tautin, 

jj ** Capitaine au long coura" 



■vJK CHIEN DD OAPITAINE. 67 

"P.S. — Vingt mille sabords! cette lettre ^tait ^crite depuis 
deux jours, prete h partir par le courrier de ce soir. Je rentre; 
je vais k la niche pour voir Z6ro, car je suis plus bete que lui, 
et j'ai fini par ne plus pouvoir m'en passer ! Plus de chien! ni 
vu. ni connu ! Je m'inforrae. Les gens de I'hdtel ne peuvent 6 
rien me dire. C'est toujours comme cela ! Je ne sais que faire ! 
Je me donne au diable, qui ne veut pas de moi. Je cours au 
bateau : Z^ro n'y est pas, et il n'y est pas venu ! Mais le 
mousse, qui a plus de malice qu'il n'est gros, pretend qu'il I'a 
vu passer se dirigeant vers I'avant-port. Je veux en avoir le lo 
ccEur net, et je m'y rends pour me renseigner. 

" J'ai \k quelques amis, un entre autres, Auzoufe (du Havre), 
surveillant du grand bassin, qui est venu plusieurs fois a, bord 
de la Jeune-Alix, et qui connait Z^ro. Je I'interroge ; il est 
bien persuade qu'il a vu, en effet, passer ton chien, mon chien, 16 
notre chien ! suivant un matelot appartenant a I'^quipage des 
Deux-Amis, un sloop de Dieppe, capitaine Franqueville, qui a 
fait I'an pass6 trois voyages k Honfleur, et qui ^tait depuis 
deux jours en partance pour Marseille. 

" II parait que Zero n'avait Fair ni contraint ni forc^, le 20 
gueux I bien loin de lk\ il marchait sur les talons du matelot, 
comme s'il avait suivi son maitre. 

" Cela m'a donn^ un coup ! 

" Si c'^tait, en effet, le Hollandais, son ancien patron, Z^ro 
aerait perdu pour nous ! me suis-je dit ; mais rien n'est plus 26 
facile k savoir. Je vais aller trouver Franqueville et lui 
demander des renseignements. Entre capitaines, on se rend 
bien ces services-la. 

" Mais quand le malheur nous entreprend, il ne fait pas les 
choses k moiti^ ! Le sloop avait deja lev^ lancre ; il ^taitso 
parti depuis une heure, faisant, comme on I'avait dit, voile 
pour Marseille, avec escale k Cadix et k Gibraltar. . . .Tout 
oela m'a chiffonne, je ne m'en cache pas j je commen^ais k 



68 LE CHIEN CU CAPITAINK. 

aimer le poil de la bSte, et je sens que ce pauvre Z4to va me 
faire faute. Quant k toi, t'en voil^ d^barrass^ . . . . si je ne me 
trompe, c'est k cela que tu tenais le plus ! Excuse-moi si je 
n'ai pas fait mieux, et sois bien certain que j'ai fait du moins 
6 ce que j'ai pu. 

«* Saint-Louis du S^n^gal, 12 mai 1878." 



LE OHIKM DU OAPITAIVK. 69 



VUL 



Le capitaine Pigault, qui avait d^vor^ cette lettre en iin clin 
d'oeil, en reprit ensuite la lecture, lentement, phrase par phrase, 
ligne par ligne, et presque mot par mot ! puis il la laissa tout 
ouverte sur ses genoux, hocha la tdte k deux ou trois reprises, 
et dit a demi-voix : ^ 

" Du moment ou je I'avais envoy ^ de la maison, cela devait 
finir ainsi ! " 

A ce moment un l^ger bruit de feuilles froiss^es et de 
branches dcart^es derriere lui, et des pas qui se rapprochaient, 
lui firent toumer la tete. II se trouva face k face avec sa w 
femme. 

" Toi ici ! dit-il doucement. 

— De qui est cette lettre? demanda la jolie creature, dent 
les sourcila se froncerent subitem^nt. 

— Elle est de Z^ro ! dit Jean Pigault, tout k sa pens^e. is 

— Ah ! Z^ro dcrit done, k present 1 rdpondit Lise avec un 
mouvement d'epaules. 

— Je voulais dire du capitaine Tautin, k qui je I'avais 
doun^ .... 

— Et qui t'envoie de ses nouvelles t » 

— Prdcis^ment ! Mais toi-meme, par quel hasard es-tu ici ? 

— C'est bien simple, dit Lise, qui tout a coup dtait redevenue 
fort douce, et qui venait de s'asseoir sur le banc rustique, d 
c6t^ de son mari. Tu es sorti ce matin iin peu plus tot que 
d'habitude, a ce qu'il m'a sembld ; je t'ai vu marcher vite;2B 
tu avals I'air pr^occupd ; j'ai cru qu'il j avait quelque malheur 
■oans I'air, et je t'ai suivi. . . . 

— Pas tant de malheur que cela ! fit Pigault avec s^cheresse ; 
Tautin a perdu Zero, voUk tout !" 



70 LE CHIEN DU CAPITAINE. 

Lise aurait pu rdpondi'e k son mari que, du moment oi il ne 
I'avait plus, peu lui importait que son chien fut k celui-ci ou a 
celui-la ; mais elle n'osa point, tant il paraissait contrari^. 
EUe prit done, sans rien rdpliquer, la lettre que Pigault lui 

5 tendait, et elle la lut tout bas. 

" C'est bien malheureux ! dit-elle, en la lui rendant, avec 
une certaine ^mo1?ion. , Qui aurait pu pr^voir cela 1 

— On ne prevoit jamais!" dit Jean Pigault, sans la regarder. 
Trois ou quatre mois se passerent, et I'automne jaunit de 

lOnouveau les feuilles des hdtres, des platanes et des ormeaux 
qui decorent les belles pentes de la Cote de Grace, sans qu'aucun 
incident vint egayer ou attrister la vie un peu monotone, mais 
calme, et, k tout prendre, assez heu reuse des deux ^poux. 
Pas une seule fois le nom de Z^ro n'avait 6t6 prononcd par 

16 i'un ou par I'autre. Si le capitaine gardait du passd un souvenir 
p^nible, il avait du moins la discretion de n'en jamais rien laisser 
voir. Quant k la jeune femme, comme si elle eut eu k coeur de 
lui faire oublier les ennuis dont elle avait 6t6 la cause, et qu'elle 
n'avait pas pr^vus si grands, elle se montrait avec le capitaine 

20 pleine de gentillesse et de grace. II y avait la un changement, 
je dirais volontiers une conversion morale, qu'il eut dtd injuste 
de m^connaitre. II suffisait qu'elle put croire qu'une chose 
^tait agrdable a son mari pour qu'elle s'empress&t de la faire. 
Pigault avait perdu un chien, mais il avait trouv^ une femme. 

25Peut-etre, parmi nos lecteurs, s'en rencontrera-t-il qui ne le 
plaindront jias. Lui-meme ne se plaignait point. 

Seulement il se demandait parfois ce que Zero ^tait devenu; 
et, dans ces moments-la, une ombre assombrissait son front. 
Mais il essayait de chasser loin de lui cette pens^e importune, 

so et se reprochait a lui-meme ce qu'il appelait une faiblesse indigne 
d'un homme. Lise devinait alors ce qui se passait en lui, et 
elle restait triste jusqu'i la fin de la journde. 

Cependant elle s'occupait de sa maison comme la meilleure 
des m^nag^res, et Ton pouvait dire qu'il n'y avait pas dans tout 



LE CHI EN DU CAPITAINE. 71 

Honfleur un interieur mieux tenu que le sien. Sans avoir une 
grande fortune, a force d'ordre et d'^conomie, ])ar un judicieux 
emploi de ses ressources modestes, elle arrivait k le faire mieux 
vivre que la plupart des riches bourgeois de la ville. II ne faut 
pas croire que tous les hommes soient indifft^ronts k ces merites- » 
Ik chez mesdames leurs epouses. Mais que de peines la brave 
petite femme se donnait pour obtenir ces resultats ! Les jours 
de march^, par exemple, elle se levait avec I'aurore, et suivie 
de Jeaimeton, qui portait le panier, elle achetait de premiere 
main ce que les paysannes apportaient de meilleur au chef -lieu lo 
de canton. 

Un certain samedi, qu'elles revenaient ainsi toutes deux, 
avec une foule de bonnes choses, charm^es de faire des g&teries 
au capitaine, qui dormait encore, Lise, qui marchait la premiere, 
aper^ut devant sa porte couch^e en travers, une forme Strange, u 
dont tout d'abord, et k premifere vue, elle ne distingua point la 
natura On eut dit d'une masse sombre, comme d'un tas de 
polls noirs et gris, qui ne remuait pas. 

Elle recula, avec un sentiment de crainte plus instinctif que 
justifi^, — car cette chose sans nom semblait inojffensive, — etao 
elle appela sa bonne. 

" Jeanneton, Jeanneton ! qu'est-ce que cela pent bien gtre ? 
regardez done ! " 

Jeanneton, fille des champs, robuste et bardie, passa devant 
sa maltresse, qui venait de faire deux pas de retraite, et toucha 26 
du pied I'objet inconnu. On entendit un murmure plaintif, 
comme un gdmissement. Puis lentement, pdniblement, la 
chose se souleva, accentua ses lignes, et les deux femmes virent 
devant elles un chien. 

" Dieu ! madame, mais c'est Z4to ! " s'dcria Jeanneton, qui, so 
dans son saisissement, failiit laisser tomber le panier aux pro- 
visions. 

Zdro, car en effet c'dtait bien lui, Z^ro, en entendant pro- 
nuncer son nom, remua doucement la queue, comme pour faire 



72 LE OHIEN DU OAPITAINB. 

voir qu'il avait corapris ce que Jeanneton venait de dire. 

Mais, en reconnaissant Mrae Pigault, le pauvre animal se 

ressouvint, h^las ! que la maitresse de la maison ne I'aimait 

pas, et timide comme les malheureux, portant bas I'oreille, sans 
5 se plaindre, mais en lui jetant un regard navr^ qui semblait 

demander grS,ce, il se traina lentement, pdniblement de I'autre 

c6t^ de la route, et se coucha au bord du foss^, les yeux fixds 

sur ce logis dans lequel peut-gtre il ne rentrerait jamais, mais 

au seuil duquel il ^tait I'evenu mourir. 
10 " All ! madame, dit Jeanneton, dont le coeur dtait compatis- 

sant et I'Sme tendre sous sa rude enveloppe, voyez comme il 

est maigre ! ses os crfevent sa peau ! 

— Oui, dit Lise, on voit qu'il a souffert." Puis elle ajouta : 

" Je n'aurais pas cm que cela put me fairs autant de peine ! " 
16 Le regard de I'infortund, si craintif et si douloureux, plus 

Eloquent qu'aucune parole humaine, entrait comme un aiguillon 

dans le cceur de la jeune femme, ou il enfou9ait la pointe du 

remords. 

" Faut-il que j'aie 6t6 mauvaise, pensa-t-elle, pour qu'il ait si 
20 peur de moi ! " 
Elle I'appela. 
Zdro se soideva comme pour aller k elle ; mais, comme s'il 

n'avait pas cru que ce fut vrai, il se recoucha k la mSme place. 

La jeune femme comprit ce qui se passait en lui. 
26 " Allons ! dit-elle d'une voix affectueuse et bonne, je vais k 

toi, puisque tu ne veux pas venir k moi ! " 

Elle traversa rapidement la route. Zdro se rasa centre terre, 

craintif. Mais elle, pour le rassurer, prit dans ses deux petites 

mains cette grosse tete, qm n'^tait pas devenue plus belle en 
so voyageant, mais qui ^tait toujours rest^e si intelligente, et elle 

la flatta, la caressa, en donnant les plus doux noms k celui qui 

n'avait jamais reqn d'elle que de dures rebuffades, et qui n'avait 

connu quo ses dddains. 



LJB OHIEN DU OAPITAINB. 73 

Le ohangement ^tait si grand que, tout d'abord, Z6to, rendu 
defiant par I'exp^rience am^re de la vie, n'y voulut pas croire. 
II regarda son ancienne maitresae k deux fois, comme pour 
s'assurer qu'elle ne le trompait pas. 

Peu k peu cependant il se laissa convaincre, et, tout recon- 5 
naissant, il lui lecha les mains, et la regarda avec des yeux qui 
la remerciaient et qui lui disaient dairement : 

" C'est bien vrai, n'est-ce pas ? Tu ne voudrais pas tromper 
un pauvre chien qui ne t'a jamais fait de mal?" 

Jeanneton cependant veiiait d'ouvrir la porte de la cuisine, lO 
et Z^ro se sentait de furieuses envies d'entrer. Mais il h^sitait 
encore, et, toujours immobile a la meme place, il regardait 
I'intdrieur brillant de cette maison ou il avait jadis ^t^ si 
heureux, et dont on I'avait si cruellement chass^. 

" AUons ! viens ! " lui dit Mme Pigault, qui devinait toute sa u 
pens^e, et qui voulait se faire pardonner ses torts. 

Elle entra : il la suivit. 

Mais il ^tait tellcment ^puis^ par la fatigue et le besoin, 
qu'i peine arriv^ dans la cuisine, il se coucha sur la premiere 
dalle, comme s'il n'avait pas eu la force d'aller plus loin ni de 20 
se tenir debout. 

" II meurt de faim ! " dit la compatissante Jeanneton. 

Lise prit la tourte, et, elle-meme, coupa une tranche de pain, 
^paisse et large, et la divisa en tr^s petits morceaux qu'elle lui 
donna I'un apr^s 1 'autre .... L'aiFam^ n'en faisait qu'une 26 
bouch^e. lis disparaissaient comme si on les eut jet^s dans un 
gouffre. II aurait d^vor^ la miche tout entifere, et Lise ^tait 
si contente du plaisir qu'elle lui faisait, qu'il n'aurait pas fallu 
la prier beaucoup pour qu'elle la lui donnat. 

" C'est assez, madame ! dit la prudente cuisinifere. II ne so 
faut pas qu'il mange trop, apr^s un si long jeune. Ce serait 
capable de lui donner une indigestion . . . . Je lui feral one 
bonne soupe tantSt." 

Cependant Z^, le cri de I'estomac apais^, se souvint qu'il 



74 LB CHIBN DU OAPITAIim. 

avait un coeur. II promena autour de lui des yeux qui 

cherchaient partout, et ce qu'ils cherchaient, on le savait bien ! 
II alia flairer les habits du capitaine que Jeanneton, la veille 
au soir, avait deposes sur une chaise tout prks de la cheminde, 
6 et son odorat si fin ne le trompa point sur leur provenance. 
Certain desormais de la presence de son maitre, il regarda 
tour k tour Lise et I'escalier qui conduisait a la chambre de 
Jean Pigault, comme s'il avait voulu lui demander la permission 
de monter. 
10 " Ah ! madame, fit Jeanneton, en joignant les mains, que 
Monsieur va done Stre content, lui qui avait tant de chagrin ! 
— Oui ! bien content ! et je ne veux pas retarder son 
bonheur. . . .la joie ne fait pas toujours peur ! Allez ouvrir 
doucement la porte de la chambre ; c'est Z^ro qui va le 
wr^veiller." 

Zdro avait ^cout^ tout ce dialogue avec une telle attention 

que Ton eut dit vraiment qu'il en comprenait le sens. II monta 

lentement derri^re la bonne ; mais k peine eut-elle ouvert la 

porte, qu'il se jeta dans ses jupons, au risque de s'y empetrer 

20 et de la culbuter, et il se precipita dans la chambre. 

II vit son maitre, bondit vers le lit, et tomba comme une 
masse sur la poitrine du dormeur. Jamais, on peut le dire, 
homme ne fut r^veill^ plus brusquement. 

Le <;apitaine poussa un leger cri, avant m§me d'ouvrir les 
25 yeux, et le chien, qui craiguait sans doute de lui avoir fait du 
mal, redescendit du lit aussi vite qu'il y ^tait montd. Jean 
Pigault, cependant, completement reveille, regarda autour de 
lui, et voyaut dans sa cluimbre celui qu'il croyait k I'autre bout 
du monde, il se deraanda s'il ne dormait point encore. Mais Z^ro, 
sosautant pour la sectmde fois sur son lit, put le convaincre, par 
la r^alit^ de son poids, de la vdrite de sa presence. La folle 
ardeur de sa joie acheva victorieusement la demonstration. 
Quel autre que ce pauvre Zero I'aurait done tant aim^ et se 



LE CHI EN DU CAPITAINE. 75 

serait Uvr^ k de tels transports en le revoyant? On ne 
rencontre pas deux chiens comme celui-la dans sa vie. 

Le capitaine enfon9a ses deux mains dans la crinifere 
emm§lde de Z^ro, qui, depuis quelques jours, avait assez 
visiblement n^glig^ les soins de sa toilette, et le regardant 6 
fixement dans les yeux : 

" Oui, c'est bien toi, lui dit-il enfin, tu n'es pas plus beau 
qu'autrefois, mais tu as toujours Fair aussi bon. . . .Ah ! d'ou 
viens-tu, comme cela '? " 

Z6ro eut bien voulu r^pondre a toutes ces questions, mais lo 
Jean Pigault les lui faisait en frangais, et le chien de Norkind 
Van der Tromp ne parlait aucune autre langue que le bas- 
allemand : c'est ainsi qu'a Berlin on appelle le hollandais. II 
dut done se contenter de le'cher les mains de son maitre et de 
le regarder avec toute la tendresse qu'il est permis k un chien 15 
d'exprimer par signes. 

Mme Pigault eut la d^licatesse de ae pas monter tout 
d'abord. EUe ne voulait point troubler par une presence 
importune le plaisir que les deux amis ^prouvaient k se retrouver 
ensemble. Mais, au bout d'un moment, craignant qu'une plus 20 
longue abstention ti'eut quelque chose d'affecte, elle entra, 
souriante et gaie, et d'une gaiete tres sincere, en femme 
heureuse du bonheur de son mari. 

Le capitaine, en I'apercevant, ramarqua pour la premiere 
fois que Z^ro ^tait mont^ sur le lit et qu'il n'avait pas pris un 25 
bain de pieds ce matin-la. Aussi, pour ^viter un urage qui 
pouvait assombrir si tristement les premieres heures du re tour 
et du revoir : 

" Vevix-tu bien descendre, malheureux ! dit-il, en prenant le 
chien par la peau du ecu ; tu ne vois done pas que nous avons 30 
les draps blancs d'hier ? 

- Laisse-le, va ! dit Lise, involontairement attendrie ; vous 
gtes si contents tous deux que cela vaut bien un blanchissage." 

Ces paroles contrastaient si fort avec la premiere laaniere 



76 LE OHIBN DU OAPITADTB. 

de sa femme, que le capitaine, enchants, mais non moins Burpria, 
la regarda k deux fois. pour s'assurer qu'elle ^tait sincere. 

Lise comprit ce regard, at rdpondaSit k ce que son man 
pensait, mais ne disait pas : 
6 "C'est moi qui I'ai retrouv^ et- qui te I'ai envoyd ! fit-elle ; ne 
t'occupe done pas de ces mis^res-li . . . . Je ne veux pas qu'ellea 
troul)lent notre bonheur k tous trois ! 

— A tous trois ! dis-tu vrai 1 demanda le capitaine, qui n'en 
pouvait croire ses oreilles. 
10 — Oui, k tous trois ! r^pdta Mme Pigault avec une certaine 
fermet^. J'ai ^t^ bien dure parfois pour ce pauvre chien, 
ajouta-t-elle, en passant sa jolie main blanche et fino sur la tete 
de Z^ro, qui ne s'^tait jamais vu k pareille f^te. . . .Mais, que 
veux-tu, mon ami 1 ce n'est pas ma faute ! je trouvais que tu 
1* t'en occupais trop ! 

— Chfere enfant ! certainement que j'aime bien cette pauvre 
bite ! mais cette afifection peut-elle se comparer k celle que 
j'ai pour toi ! " 

Les jolies joues de marbre blanc de Mme Pigault prirent 
» une teinte ros6e, et ses yeux bleus se relevferent sur son mari, 
puis se baisserent de nouveau. 

"S'il faut tout dire, continua Lise, autrefois je ne le 
trouvais pas beau ; h present, il me semble superb ! 

— Ce qui prouve que I'amour est aveugle ! fit le capitaine en 
tf riant de son large rire, car le pauvre diable est plus laid que 
jamais ! 

— Enfin s'il me paralt beau, k moi, tu n'y peux rien, 

j 'imagine ! Je ne suis pas une mauvaise, va ! poursuivit la 

jeune femme, et tu sais que j'ai de I'affection pour toi, mon 

w cher Jean 1 . . . . Aussi, quand j'ai 4t6 bien certaine que tu ne me 

pr^f^rais pas ce pauvre toutou. . . . 

— Encore, lisette ! 

— Et que tu avais bien voulu le renvoyer k cause de moi, 
mrai 1 cela m'a chang^ tout k fait les id^ I Jo m'en nda 



LB CHIEN DU CAPITAUiE. 77 

Tonlu de I'avoir fait chasser de la maison pour une couple 
d'oeuf 8 . . . . d'autant plus que ceux de I'dpicier ne sont pas si 
mauvais que cela ! . . . . Puis, quand j'ai ^t^ t^moin de la peine 
que te faisait son absence, quand j'ai vu avec quelle douceur tu 
pK>rtais ton chagrin, ^vitant meme de me le faire voir, j'ai eu s 
de vdritables remords .... Vrai ! si j'avais su ou le trouver, 
je serais all^e le chercher moi-meme, et je te I'aurais ramen^ 
par I'oreiDe .... Et, main tenant qu'il nous est rendu, tu peux 
6tre bien certain que je ne lui ferai plus jamais de mis^res .... 
Je veux qu'il m'aime aussi, moi ! Crois-tu qu'il voudra bien ? lo 

— II t'adorera! garde-toi d'en douter ! fit Pigault en riant; je 
snis sfir, k present, que c'est moi qui vais etre jaloux ! 

— Alors, nous allons mener une bonne petite vie tous 
ensemble ! " dit Lise en frappant joyeusement ses deux mains 
mignonnes I'une contre I'autre ! 16 

EUe avait dit vrai. Rien ne gS.ta plus les joies innocentes, 
rien ne troubla d^sormais la paix heureuse de ce trio d'amis. 
Z6to, qui n'avait p&ti que pendant quelques jours, reprit bien 
vite son embrnpoint respectable, et par son affection, sa 
gentillesse et son intelligence, il fit le bonheur des deux dpoux, 20 
qu'il aima k peu prfes ^galement. II afiectait meme parfois une 
certaine pr^fdrence pour Madame; mais on a tout lieu de 
croire que ce n'^tait Ik qu'une simple galanterie, car il glissait 
parfois du c6t^ du marl on regard tr^s fin, qui lui disait 
dairement : 26 

" N'en crois rien I tn sais qu'au fond c'est toujours toi que 
j*aime le mieux ; mais il faut flatter un peu les femmes!" 

Jean Pigault trouvait que son cbien avait raison, et n'avait 
garde de se plaindre. 



76 LK OHIEN DD CAPITAIHB. 

de sa femme, que le capitaine, enchants, mais non moms rorpris, 
la regarda k deux fois. pour s'assurer qu'elle ^tait sincere. 

Lise comprit ce regard, et r^pondaJit k ce que son mari 
pensait, mais ne disait pas : 
6 "C'est moi qui I'ai retrouv^ et qui te I'ai envoy^ ! fit-elle ; ne 
t'occiipe done pas de ces mis^res-li . . . . Je ne veux pas qu'elles 
troul)lent notre bonheur k tous trois ! 

— A tous trois ! dis-tu vrai 1 demanda le capitaine, qui n'en 
pouvait croire ses oreilles. 
M — Oui, k tous trois ! r^pdta Mme Pigault avec une certaine 
fermet^. J'ai ^t^ bien dure parfois pour ce pauvre chien, 
ajouta-t-elle, en passant sa jolie main blanche et fino sur la t^te 
de Z^ro, qui ne s'^tait jamais vu k pareille fete. . . .Mais, que 
veux-tu, mon ami 1 ce n'est pas ma faute ! je trouvais que tu 
U t'en occupais trop ! 

— Ch^re enfant ! certainement que j'aime bien cette pauvre 
b§te ! mais cette affection peut-elle se comparer k celle que 
j'ai pour toi ! " 

Les jolies joues de marbre blanc de Mme Pigault prirent 
» une teinte ros^e, et ses yeux bleus se relev^rent sur son mari, 
puis se baisserent de nouveau. 

"S'il faut tout dire, continua Lise, autrefois je ne le 
trouvais pas beau ; h, present, il me semble superb ! 

— Ce qui pronve que I'amour est aveugle ! fit le capitaine en 
15 riant de son large rire, car le pauvre diable est plus laid que 
jamais ! 

— Enfin s'il me paratt beau, k moi, tu n'y peux rien, 

j 'imagine ! Je ne suis pas une mauvaise, va ! poursuivit la 

jeune femme, et tu sais que j'ai de I'affection pour toi, mon 

10 cher Jean ! . . . . Aussi, quand j'ai ^t^ bien certaine que tu ne me 

pr^f ^rais pas ce pauvre teuton .... 

— Encore, Lisette ! 

Et que tu avais bien voula le renvoyer k cause do moi, 

mi 1 cela m'a change tont k fait les id^ !. . . . Je m'en ■us 



LB CHI£N DU CAPITAIVX. 77 

roulu de I'avoir fait chasser de la maison pour une couple 
d'ceufs. . . .d'autant plus que ceux de I'^picier ne sont pas si 
mauvais que cela !. . . .Puis, quand j'ai 6t4 t^moin de la peine 
que te faisait son absence, quand j'ai vu avec quelle douceur tu 
portais ton chagrin, ^vitant meme de me le faire voir, j'ai eu s 
de vdritables remords . . . . Vrai ! si j'avais su oil le trouver, 
je serais all^e le chercher moi-meme, et je te I'aurais ramen^ 
par I'oreille .... Et, maintenant qu'il nous est rendu, tu peux 
6tre bien certain que je ne lui ferai plus jamais de misferes .... 
Je veux qu'il m'aime aussi, moi ! Crois-tu qu'il voudra bien t lo 

— II t'adorera! garde-toi d'en douter ! fit Pigault en riant; je 
8uis sfir, k present, que c'est moi qui vais etre jaloux ! 

— Alors, nous allons mener une bonne petite vie tous 
ensemble ! " dit Lise en frappant joyeusement ses deux mains 
mignonnes I'une contre I'autre ! u 

Elle avait dit vrai. Rien ne gS,ta plus les joies innocentes, 
rien ne troubla ddsormais la paix heureuse de ce trio d'amis. 
Z4to, qui n'avait pS,ti que pendant quelques jours, reprit bien 
vite son emb^ npoint respectable, et par son affection, sa 
gentillesse et son intelligence, il fit le bonheur des deux ^poux, 20 
qu'il aima k peu prfes ^galement. II afiectait meme parfois une 
certaine pr^f Irenes pour Madame; mais on a tout Ueu de 
croire que ce n'^tait \k qu'une simple galanterie, car il glissait 
parfois du c6t^ du marl nn regard tr^s fin, qui lui disait 
clairement : ss 

♦* N'en crois rien I tu sals qu'au fond c'est toujours toi que 
j'aime le mieux ; mais il faut flatter un peu les femmes!" 

Jean Pigault trouvait que son chien avait raison, et n'avait 
garde de se plaindre. 



78 LB CHIEN DU CAPITAINE. 



IX. 

Cependant le retour du chien perdu dans la Villa des Roches- 
Blanches prit bientot les proportions d'un ^vdnement, non 
seulement a Honfleur, mais dans les environs. Le bruit en fut 
r^pandu avec zele par Jeanneton, qui ne semblait pas avoir 
6 moins d'affection que ses maitres pour I'intelligent animal qui 
faisait si bien ses commissions. 

L'honnete cuisiniere, qui n'^tait que de seconde force en 
geographic, tlisait partout qu'il ^tait revenu du S^ndgal a la 
nage. " La preuve, ajoutait-elle, qu'il dtait encore tout mouill^ 
lequand nous I'avons trouvd a laporte, Madame et moi !" 

Je dois ajouter que oette version ne fut pas admise par les 
matelots, qui, vu la distance et la difficult^ de se procurer des 
vivres en route, n'ont jamais cru h, la possibility d'un tel 
exploit. 
16 On n'en mit pas moins d'empressement a venir voir le hdros 
d'une si etrange aventure. Pendant plus de huit Jours, la 
villa ne desemplit pas de visiteurs. On se doute bien que les 
questions ne tarissaient point. On demandit le comment et le 
pourquoi de la chose. D'ou venait-il ? Qui I'avait ramend 1 
so ]^tait-il bien possible qu'il eut retrouvd sa route tout seul 1 
Pigault r^pondait invariablement : 

"Ne me demandez rien, car je ne sais rien I 11 ^tait parti; 
11 est revenu, et nous en sommes charmes : voila tout ce que je 
puis vous dire. Comment oela s'est-il fait 1 Vous seriez bien 
26 aimable de me I'appendre, .... car je n'y ai rien compris moi- 
meme, et j'aurais grand besoin que Ton prit la peine de me 
dormer quelques explications." 

Ces explications, le maitre de Zero les obuint quand ddjk il 
ne les espdrait plus. 



LB CHIEN DU CAPITAINE. 79 

Un jour qu'il se promenait sur le quai avec son chien fidfele, 
qui maintenant ne le quittait pas plus que son ombre, il se 
croisa, pres du petit phare, avec Pierre Paris, capitaine de 
V Utile, une jolie go^lette qui avait pour port d'attache le petit 
bassin d'Isigny, sur la riviere d'Aure, k Test de la baie des I 
Veys. 

Zero alia droit k lui, et, sans I'accabler de demonstrations 
exag^r^es, il lui fit du moins quelques politesses k sa faQon. 

Les deux hommes de mer n'dtaient pas Strangers I'un a 
I'autre, et ils avaient plus d'une fois pris ensemble, dans de lo 
bons endroits, Je caf^, le gloria, la rincette et le pousse-caf e. 

Ils s'abord^rent. 

" Vous connaissez done mon chien .... 1 fit Pigault k Paris, 
aprfes lui avoir donn^ la main. 

— Un peu ! . . , . c'est-a-dire que je le connais sans le is 
oonnaitre .... Mais je ne savais pas qu'il fut k vous, sans quoi 
Je vous I'auraia renvoyd moi-meme. 

— Merci ! mais vous voyez que c'^tait inutile ; il est bien 
revenu tout seul I fit Jean Pigault en riant, et de loin encore ! 
je vous en doixne mon billet. Mais faites-moi Tamitid de me 20 
dire ou vous I'avez rencontr^ .... 

— C'est une bien d*-6le d'histoire ! Imaginez-vous qu'il y a 
environ six semaines j'^tais a Marseille, oil je venais de d^poser 
un chargement de beurre, a la marque de Michel Levigoureux, 
quand je rencontre, sur le quai de la Joliette, le second du 25 
sloop les Deux- Amis, qui arrivait du S^n^gal. Votre chien le 
suivait. II avait la tete basse et Fair melancolique d'un 
monsieur (lui ne s'amuse pas. Nous allPimes, le second et moi 
prendre un mel^-cassis au caf^ de I'Orient. Le chien vint avec 
nous, bien entendu. Arriv^ 1^, il s'assit sur son derriere en 30 
nous regardant d'un air qui semblait dire : 

" Ah 9k ! vous autres, est-ce que, par hasard, vous en arez 
pour longtemps 1 Moi, je voudrais bien m'en aller." 



80 LK CHIEN DV OAPITAINB. 

** n me parut si drSle avec sa mine renf rogn^e, que je lui 
domiai un morceau de sucre. Alors, doucement, il vint poser 
sa tete sur mon genou. II me sembla que c'^tait une manifere 
comma une autre de me dire : Merci / . . . . 
6 " — Cast k vous, ce chien-li ? qua je damandai au second. 
" — C'est k moi et pas k moi ! qu'il me r^pond. H apparti- 
ent k tout le monde et k personne .... 
" — Comment celat 

" — La chose est bien simple ! Le jour m6me oill noua 

lopartions du Sdndgal, il avait suivi, sans qu'on ait trop su 

pourquoi, un matelot de Honfleur, qui ^tait timonier en second 

k bord das Deux- Amis. Les Deux- Amis, c'est mon bateau. 

Le timonier, qui aimait las bdtes, demanda k I'emmener, ce 

qu'on ne lui refusa pas. Mais le pauvre diable est mort en 

16 route, par le travers da Gibraltar. Alors le chian sans maitre 

est devenu comma qui dirait le chian de I'^quipage ; il est aim^ 

de tout le monde, parce qu'il a bon caractere. Quant k lui, on 

voit bien qu'il n'a guere de preferences : il va comme ga se 

trouve, tant6t avec Fun, tantdt avec I'autre, le nez au vent, 

so I'oraille aux ^coutas, I'oeil au guat. II est certam qu'il charche 

quelqu'un, mais que ce quelqu'un-14 il ne le trouve pas. Je 

n'ai jamais vu un chien ddvisager comme cela les nouveaux 

venus. Mais assaz caus^, capitaine ! nous partons demain pour 

Oran; je n'ai pas une minute k perdre. . . .Enchant^ de vous 

26 avoir revu." 

"La second des Deux-Amis s'en alia. Le chien le suivit, ou 

du moins il en eut I'air ; mais il etait ais^ de voir qu'il n'y 

mettait pas beaucoup da zele. Une heure apr^s je rentre k 

mon bord. Je me retoume. Qu'est-ce que je vois 1 le barbet 

80 sur mes talons I 

"Voili, me dis-je, un chien qui aime mieux aller en 
Normandie qu'en Afrique ! 

" Cela me paraissait si drole de lui voir demander ainsi son 
DMsage, tantdt sur un bateau, tantdt sur un autre, que, ma 



LB CHIKir DU OAPITAmi. 81 

foi ! je voulus le lui donner sur 1' UtiU, comme il I'avait eu snr 
les Deuco-A7ni$....a'il promettait de n'Stre pas trop difficile 
pour la nourritnre. 

" La chose parut lui convenir, car il ne qmtta plus men 
bord. 6 

" Quatre jours apr^s, je partais pour Caen avec un charge- 
ment d'huiles. J'^tais fier de mon nouvel ami. J'en aurais 
assez volontiers fait parade sur le port ; mais, le lendemain de 
notre arriv^e, il ddsertait sans tambour ni trompette, et moi, 
ne sachant ce qu'il ^tait devenu, je ne lui ai pas accord^ plus lo 
de regret qu'il n'en mdritait. . . .Cependant, comme il m'a fait 
tout k I'heure I'amiti^ de me reconnaitre, je ne lui garde pas 
rancune, et je vais lui donner de bon coeur une poign^e de 
main." 

Tout en parlant ainsi, le capitaine PSris tendit k Z6ro sa u 
large paume, dans laquelle celui-ci mit gravemcnt sa patte. 

"A pr^ent je comprends tout, dit Pigault; j'avais donn^ 
cette pauvre bete au capitaine Tautin. 

— De la Jeune-Alix. 

— Pr^cis^ment ! Tautin I'a emmen^ au Sdn^gal. L4 il a fait so 
la rencontre d'un matelot de Honfleur, qu'il a reconnu, et par 
lequel il a sans doute esp^rd se faire un jour rapatrier. . . . 
Aprfes la mort de ce matelot, il a cherche fortune ailleurs, et le 
hasard I'a bien servi puisqu'il vous a rencontr^ ! 

— Et si, au lieu de s'adresser k moi, il se fut butt^ & un as 
autre capitaine partant pour la Chine?. .. .C'^tait possible, 
aprfes tout ! 

— Tout est possible ! Dans ce cas-li il aurait fait le tour du 
monde, d'une faQon ou d'une autre .... Mais je suis convaincu, 
mon cher capitaine, qu'il aurait plut6t navigu^ dix ans que deso 
renoncer k retrouver son maitre .... 

— Eh bien ! vrai ! vous savez vous faire aimer des chiens, 
vous ! dit le maitre de V Utile. . . .Mais de Caen ici, comment 
est-il yenn t 



82 LB CHIEN DD CAPITAIWE. 

— Je vous avoiie que je ne le lui ai pas demand^ .... mais je le 
devine ! II est all^ deux fois a Caen, et il est revenu k 
Honfleur avec moi. II aura reconnu la ville, et, avec son 
merveilleux instinct, retrouv^ son chemin tout seul .... II n'y 
6 a gufere, apres tout, qu'une vingtaine de lieues entre ces deux 
localit^s ; pour un gaillard comma lui, c'^tait assur^ment peu 
de chose, presque un jeu, une veritable promenade, et il a fait 
bien plus fort que cela dans sa vie. . . .Seulement, comme vous 
ne lui aviez sans doute pas donnd d'argent pour ses frais de 
10 route, il a ^te mal reru dans les auberges, et, en arrivant ici, 
il ^tait k moiti^ mort de faim: mais vous voyez qu'il s'est assez 
bien remplum^ ! 

— lime parait mieux aimer votre cuisine que celle de VUtile, 
et je doute qu'il me demande k rembarquer de sit6t. 
16 — Je crois, en effet, dit Jean Pigault en prenant cong^ du 
capitaine Paris, que lui et moi nous voici a terre pour le 
restant de nos jours ! " 

Ainsi finit I'histoire v^ridique et merveilleuse du Chien du 

Capitaine. Un jour viendra peut-§tre ou elle passera h I'^tat 

20 de legends, agr^niente^e de quelques details nouveaux, mais qui 

auront le tort d'etre moins vrais que ceux que nous venons de 

raconter. 

Z^ro vit toujours, et nous avons I'honneur de le compter 
parmi nos amis. Les baigneurs de Trouville, de ViUers et 
26 d'Houlgate, en excursion sur la C6te de Grace, ont certainement 
vu, I'an passd, dans la cour presque toujours ouverte de la 
Villa des Roches-Blanches, un joli b^bd de deux ans, blond, 
blanc, rose : c'est I'h^ritier de Jean Pigault. II est encore 
tout petit ; mais il pasbe d4]k une partie de son temps k tirer 
80 la queue et les oreilles dun chien, mi-parti de caniche et de 
barbet : c'est Z^ro, un peu plus gros, un peu plus gras, un peu 
plus gris qu'autrefois, mais toujours aussi bon. II adore le fils 
de son maitre, et se laisse taquiner, torturer, tourmenter par 
lui, avec une patience inalterable Parfois le jeuue M 



LK CHIEN DU CAPITAINK. 83 

Pigault, cavalier inexpdriment^, mais intr^pide, sent le besoin 
de faire une promenade sur son chien. II enfourche bravement 
Z^ro, qui se laisse faire avec bont^; le jeinie brave enfonce ses 
mains potel^es dans la toison frisde, ou elles disparaissent tout 
enti^res, ou bien encore, s'il a peur de tomber, il serre dans ses 6 
deux petits bras le cou du bon chien, qui secoue paisibleraent 
la tSte, quand il sent que b^b^ va I'^touffer. On commence 
alors une interminable chevauch^e autour de la cour. 
Blanchette et Noiraude, qui vivent toujours, et qui pondent 
plus que jamais — on a placd leurs hottes k deux metres du sol, lo 
pour ^viter a Z^ro de trop dangereuses tentations, — ont soin 
de ne pas se trouver sur le passage de leur ancien ennemi, et 
elles s'enfuient, trainant I'aile, tiraut la patte, et poussant, a 
sa vue, de petits cris efFarouch^s, com me font sou vent les 
poules quand elles ont peur. Mais Z^ro, qui les couvre de son 15 
d^dain, ne les regarde meme pas. 

Par une des fenetres du premier ^tage, Lise se penche pour 
suivre les ^bats de monsieur son fils, et elle sourit au capitaine, 
assis sous une tonnelle de clematites et de jasmins, et qui n'est 
pas assez complfetement absorb^ par le Mouvement du port, sa 20 
feuille pr^fer^e, ou le Messager du Havre, pour ne pas jeter de 
temps en temps un coup d'oeil attendri sur les deux etres qu'il 
aime le plus au monde, — apr^ sa femme, — son fils et son 
chien. 



LA FEE 

PAR 

OCTAVE FEUILLET 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. 

Fbd/llet (Octave), litterateur frangais, membre de I'Institut, 
est n6 A Saint-L6 (Manclie) le 11 aout 1812. Fils du secretaire 
general de la prefecture, 11 fut envoys de bonne heure k Paris, 
oil il fit au college Louis- le-Grand de brillantes etudes. II 
debuta dans des lettres en collaborant, sous le nom de Ddsir4 
Hazard, avec MM. P. Bocaye et Albert Aubert, k un reman, 
le Grand Vieillard, qui parut dans le National (1845). II 
ne cessa de donner depuis, dans les jouruaux et les revues des 
ronians et des nouvelles, et, sur divers theatres, des scenes, des 
proverbes, des vaudevilles et des comedies qui out re<ju, en 
general, du public, et surtout du public feminin, un tr^s favor- 
able accueil. M. Oct. Feuillet a ete eiu membre de I'Acaderaie 
fran§aise, le 3 avril 1862, en remplacement de M. Scribe, 
tl a ete promu officier de la Legion d'lionneur, le 14 aout 
1863. 

II faut citer parmi les compositions de M. Octave Feuillet, 
quelques scenes de fantaisie dans le Diablo a Paris (1846) ; 
Sous le marronnier des Tuileries, Sous les tiUeuls de la place 
Royale, etc.; le conte de Folichinelle ; Onesta, dans la. Revue 
nouvelle ; une suite de nouvelles et de romans dans la Revue 
des Deux Mamies; Alix Ugende (1 8i8) ; Redemption (1849); 
leroman de Bellah (1850) ; la Fartie de dames, la Clef d^or, 
UErmitage et le village, scenes de la vie provinciale (1850-1852) ; 
VUme, poesie (1852) ; le cheveu hlanc, nuances de la vie mon- 
daine (1853) ; la Petite Comtesse (1856) ; le Roman d'un jeune 
/lomme pauvre (1858), qui eut une grande vogue et qui fut 
traduit dans plusieurs langues; Histoire de Sybille (1862), 
reman religieux et mondain, qui ne fut pas moins k la mode et 
auquel George Sand repondit par celui de Mile, la QuintinSe ; 
Monsieur de G amors (1867) roman d'line donnee assez 



NOTICB BIOGRAPHIQUK. 

3cabreu8e et qui occasionna de grandes rumeurs par les afl- 
lusions dont il parut rerapli ; Julia d'> Trico&ur (1872) ; un 
manage dans le monde (1875) ; Us Amours de Philippe (1877); 
le Journal d'une fenime (1878), etc. 

M. Oct. Feuillefc a donn^ au theatre : la Nuit terrible, sa 
premiere pi^ce, joixde au Palais-Royal ; le Bourgeois de Rams, 
cora^die en un acte, jou^e k I'OJeou en 1846 ; la Crise, com^die 
en quatre parties, publi^e, en octobre 1848, dans la Revue 
des Deux Mondes, et jou^e au Gymnase seulement en 1854> 
avec le Pour et le Gontre, public aussi d^s 1849 ; P6ril en la 
demeure ; le Village ; la Fie, le Cheveu blano comedies en un 
acte, au Vaudeville (1856) ; Dahlia ; le Roman dun jeune 
homme pauvre ; la Tentation ; la Redemption ; Montjoye ; La 
Belle an hois dormant ; le Cos de conscience ; Julie ; VAcro- 
hate ; le Sphinx, etc. — G. Vapereau : " Dictionnaire des Con- 
temporains." 

Depuis 1877, ce d^licat romancier a continue, avec le mdiue 
succfes qu'autrefois, en ddpit des tendances de la nouvelle ^cole 
natui-aliste, ses Etudes de mceurs mondaiues. II a public ; le 
Journal d'une femme (1878) ; Portraits de la Marquise (1882) / 
la Veuve ; le Voyageur (1884)/ laMorte (1S86) ; et fait repr^ 
senter, un roman parisien (1882) ; Chamillac (1886). — P. La- 
rousse : "Dictionnaire du XI X^ Siecle." 

M. Octave Feuillet est un esprit d^licat, fin, aimable, dont 

I'observation est plus ingenieuse que profonde ; il saisit les 

nuances les plus subtiles ; mais il ne peint pas la passion, 

et il ne cherche pas k rendre les grands niouvements de VSune 

humaine. Ses compositions out le don de plaire, d'^mouvoir, 

mais elles ne laissent qu'une impression fugitive ; ses person- 

nages manquent d'originalitd, comme les conceptions qui les 

animent. lis ne sent pas frapp^s dans ce moule souverain 

dont les empreintes demeurent inefia^ables ; ce sent des 

ombres ^l^gantes et gracieuses, vivant dans I'atmosphfere rar^- 

&6e des Champs- Ely s^es antiques. Chez lui dominent le joli, 

w 



NOTICE BIOGRAPHIQUE. 

ia distinction, le gotlt (uon pas le grand, mais celui dont se con- 
tentent les salons) I'habilet^, le soin du detail, la toilette du 
style (avec des negligences cherch^es, des graces affect^es et du 
jargon par-ci par-li,), toutes les qualit^s de I'ordre secondaire. 
L'invention, la puissance, le grand souffle, les ^lans vigoureux, 
ne les demandez pas plus k lui qu'i la g^n^ration dont il 
reprdsente le temperament litteraire. — M. G. Vattier. 



LA FEE. 

o 

PERSONNAGES. 

LE COMTE HENRI DE COMMINGES, trente- 
deux ans 

LE VICOMTE HECTOR DE MAUL^ON, trente 
ans 

MADEMOISELLE AURORE DE KERDIC, 
soixante ans ; cheveiix gris ; un miage de poudre ; 
toilette de son fige, uiais tr6s soignee 

FRANQOIS, son domestique, oetog^naire ; appar- 
ences de la decrepitude ; cheveux et sourcils 
blancs ; il est en culotte et en bas noirs ; sooliers 
k boncles 

YVONNET, domestique dn vicomte ; livr^e 



La scdne bo passe de nos Jours, en Bretagne, sur la Usidre a« la 
forSt de Brocelyande. 

(Cette forSt est c^l^bre dans les vieilles l^gendes bretonnes ; on y montre 
encore la foutaine de I'euchanteur Merlin.) 




LA FEE. 

Chez msdemoiselle de Kerdic. 

Un petit salon de campagne. D^cor tr^s peu profond. Au fond, porte k deux battants 
De ohaque c6t6 de cette porte, une fen Hre garnie de petits et grands rideaux. A 
droite et k gauche, une porte en pan coup6. Au premier plan a druite, une 
chemin^e ; sur la cheminee, pendule, vases nistiques garnis de bruyere ; k droite de 
la pendule, un pied de lampe carcel ; A, gauche, une lampe carcel iillum^e sur son 
pied et avec un abat-jour. Au premier plan a g^auche, un piano ; dessus, une lampe 
carcel allumte, avec un abat-jour ; a cdt6, une letite corbeille k tapisserie avec laine 
et ouvrage commence, une etoile a devider la laine. A c6te du piano, un porte- 
musique. Au fond, k gauche de la porte k deux battants et k hauteur du soubas- 
sement de la fenetre un buffet; dessus, des couverts, une cuiller a potage, des 
couteaux, une pile d'assiettes, une bouteille de vin et une carafe, deux verres k pied. 
A droite de la porte a deux battants, une petite table k manger garnie de sa nappe, 
dessus, deux assiettes plates et deux k potage, deux petits pains et trois serviettes. 
A droite de cette table, un siege, chaise ou x. A droite et a gauche de la porte k 
deux battants, une chaise; devant le piano, un tabouret touruant; a c6t6, un 
fauteuil. Prfes de la cheminee, une chaiiffeuse ; devant, un petit coussin de pied. 
Sur un petit meuble de tantaisie, entre le piano et la porte laterale, k gauche, papier, 
plumes et enore. 

SCENE PREMIERE. 



LE COMTE, FRANgOIS. 

(IjC Jour baisse. Au lever du rideau, Francois semble sortir de la porte laterale de 
gauche, il va k la cheminee. — Le conite de Comminges entre, par le fond ; il entre 
brusquement ; il est tres pMe ; il promene rapidement ses regards autour du salon. 
Apercevant Frangois.) 

LE COMTE*. 

Ah ! voici en fin un visage ! (Il regarde Frangois qui, k demi courbe 

Itconsidfere de son c6t6 d'un oeil curieiix : le comte, pendant toute cette scfene et 

pendant la moiti^ de la scfene suivante, conserve un front soucieux et impassible, ne 

Bouriant jamais.— A part.) Siugulier petit vieillaj'd. (Haut.) Pai'don, 

* Le comte, Frangois. 



04 LA fAk. 

Monsieur, pnis-je Tons demander si vous dtes le propridtaire 
de cette maisomiette 1 

FBANQOIS, grondant: una Toix lente et oass^e. 

Hon ! maisonnette ! — Une habitation entre cour et jardin, 

6avec d^paissance pour deux vaches, boulangerie, colombier, 

garennes et autres d^pendances seigneuriales. Maisonnette 1 — 

Eb ! Seigneur ! Monsieur habite le palais des Tuileries, appa- 

remment f 

LE COMTR. 

10 Je n'ai pas pr^tendu vous ofienser, Monsieur: dies- vous le 
propri^taire de ce petit ch&teau 1 

FBANgois. 

Propri^taire 1 . . . . Non, Monsieur, je ne suis pas propridtaire ; 

je suis domestique . . . . Je suis domestique, pour vous servir ; — 

16 c'est-k-dire pourvu que cela ne me ggne pas trop, car je suis 

d'un 4ge k ne me gener pour personne. Monsieur, hormis pour 

ma maitresse. 

LE OOMTE. 

C'est trop juste, mon ami. Et votre maitresse est probable- 
soment la dame voilde qui vient d'entrer dans cette maison. 
J'aurais d^sir^ lui pi-^senter mes excuses ; je crains de I'avoir 
effray^e. Le hasard me I'a fait rencontrer, k la nuit tombante, 
dans la forSt voisine, — la for§t de Brocelyande, je crois, — pr^s 
de cette fameuse fontaine des F^es . . . . de Merlin . . . . je ne sals 
26 comment on I'appelle .... 

FBANgOIS, se diridant 

La fontaine de Merlin . . . . de I'encbanteur Merlin .... Mau- 
vais endroit pour les rencontres, jeune homme .... Eh 1 eh I 
(n lit en vieillatd.) 
80 LE OOMTE, & part 

Singulier vieillard ! (Haut) La supposant dgar^e j'ai voulu 
lui offrir mes services .... 

FBANgOIS. 

Ak 1 ah 1 jeoaa homme 1 £h 1 Seigneur 1 



LA fAb. 96 

LE OOMTB. 

Bile a en peur, je suppose, et ce malentendu nous a con- 
duits jusqu'ici, elle se sauvant, moi la poursuivant. . . .Pensez- 
vous qu'elle consente k recevoir mes explications 1 

FRANCOIS, trfea gracieiu:- ' 

Je le pense, jeune homme. Je lu'en flatte. Eh ! eh ! 

(n rit en le regardant d'nii air ({'intelligence et se dirige i droite vers la porte 

Utirala*.) 

LE OOMTB, & part 

Ce vieillard se moque-l^il de moi'? Voyons done. (Haut)w 
Dites-moi, mon ami, comment s'appelle votre mattresse 1 

FEANgois. 
Elle a'appelle mademoiselle Aurora de Kerdic, bien qu'on la 
nomme le ])lus souvent dans le pays la F^ de Brocelyande. 

LE CX>MTS. 15 

La f(fe ! . . . . (X part.) Voili qui est bizarre .... (Haut.) La 
f^. . . .dis-tu 1 £t elle est jolie, j'imagine, en cett^ quality ? 

FRANgOIS. 

Ok I oharmante, Monsieur, du moins k mes yeux. 

LE COMTE. to 

Elle est jeune, n'est-oe pas 1 

FBAirgoia. 
Oui, Monsieur, elle eat jeune, du moins relativement. 

LB COMTE. 

Relativement ... 4 quoi 1 le 

FEANgois. 

Relativement k moL 

LE COMTE. 

Mais tu as an moins cent ans, toi t 

FEANgois. JO 

Soijouite-dix-neuf seulement, Monsieur, vienne la Noel. 

LB COMTE. 

Ei la maltresae se trouve avoir k ce compte t. . . . 



96 LA f4e. 

FRANCOIS, gracieusement. 
('inquante-neuf ans. Monsieur, viennent les roses. 

LE OOMTE, vivement, mais aveo gravity. 

II est inutile de la d^ranger, mon ami. Toutes reflexions 
efaites, elle n'a ddj^ que trop souffert de mon importunity 

(A part, descendant un peu la scene.) Est-Ce Une mystification ] — est-ce 

un median t caprice du hasard qui m'a conduit en presence de 
ce vieillard idiot et d'une vieille fille de province, k demi 
foUe probablement t. . . . Peu m'importe 1 . . . . Je ne me don- 
lOnerai pas I'ennui de ji^n^trer ce mystfere. ... Ce qu'il y a de 
certain, c'est que je ne porterai pas plus loin le fardeau d'une 
existence odieuse .... Elle ne tenait plus depuis trois mois 
qn'k un fil . . . . — La curiosity .... Le voili rompu .... tout 

est dit, (X FranQois, lui donnant de l"argent.) Mon bonhomme, prends 

ifccecij prends, — et adieu, (ii fait un pas et se retourne.) Dis-moi * .... 
(A. part.) Oui, rid^e me plait .... (Haut.) Gette fontaine de 
Merlin est-elle profonde, que I'on sache 1 

FRANCOIS, le regardant en dessous. 

Assez pour qu'un chien s'y noie. 
IB LE COMTE, flxant snr lul un regard attentif . 

Que veux-tu dire 1 

FRANQOIS, son accent de vieillard se marque d'une nuance de (ermet^ dana oette fin 

de Bc6ne. 

Qu'un Chretien qui se noie ne vaut pas mieux qu'un chien. 

25 LB OOMTE, violemment. 

Comment sais-tu que je veux me noyer] Tu es apost^. . . . tu es 
- pay^ i)our me dire cela ! . . . . 

FRANCOIS. 

Vou8 vous parlez tout haut k vous-mfime : il ne fant pas dtre 

30 8orcier pour deviner vos projets. . . . Eh 1 Seigneur ! on a Men 

raison de le dire : Chaque temps a ses moauns .... Ia grandp^r* 

* La oomte, Frangois. 



LA F^B. 97 

et le p6re de Monsieur se sont fait tuer sur quelque champ de 
bataille, — pour leur pays, — et Monsieur va se noyer dans une 
mare, — pour son plaisir .... YoUk ce qu'ils appellent le pro- 
gr^s .... eh 1 eh I 

LE OOMTE, menaQant f 

Miserable vieillard ! 

FRANgOIS. 

Eh ! oui, sans doute, je suis un miserable vieillard. . . .un 
miserable vieillard qui a eu dans sa longue carrifere plus d'une 
belle occasion de maudire I'existence et de jeter sa d^froque sur lo 
la route ; — mais qui n'en a jamais eu la pensee, Monsieur, parce 
que, s'il a manqu^ de pain quelquelbis, 11 n'a jamais manqu^ 
de coeur. 

LE COMTE. 

Dr61e I . . . . Qui es tu 1 Qui t'a payd, encore une fois, pour me i6 
parler ainsi 1. . . . Mais tu n'es qu'un agent subalterne dans Tin- 
trigue qui m'enveloppe. . ce n'est pas k toi que je m'en pren- 
drai. . . .j'irai jusqu'aux machinateurs de cette outrageante co- 
mddie. . . .ils sauront qu'il en pent couter cher de i-ire k mes 
d^pens .... Ou est ta maitresse *1. . . . Maintenant, je veux la M 
voir .... 

FRANgOIS. 
La void, jeune homnie. (La porta latdrale de gauohe s'ouvre : made- 
oiMlIe de Eerdic parait.) 

• Fransois, le comte. 



dS Lkwin. 



SC^NE IL 

Les MftMES, MADEMOISELLE DE KERDIO, B-arrttant, i peine entrte. * 
(Mademoiselle de Kerdic et Francois, par les signes d'intelligenoe qu'Ua tehan^nt dun 
le oours de la pi^ce, laissent entrevoir au public le secret de la oomidis quite Jouen^ 
6 Tis-^-vis de M. de Commingea.) 

LE OOMTB, d'on ton brusque. 
Ah ! c'est bien ! Madame, ou Mademoiselle. ... (II Wt vtolein- 
raent deux pas vers elle, et s'arrSte tout k coup comme frappi de la distinotioa ct (U 
la di^it^ que r^velent les traits et la tenue de la vieille dame ; U tlnoline.) 

10 MADEMOISELLE D£ KEBDia 

Que veut Monsieur, Francois 1 

FRANgois. 

Mademoiselle, il veut se noyer. 

MADEMOISELLE DE KERDIO, d'un ton nature! et digoe. 
M Qu'est-ce que c'est done 1 (Le comte les regarde tour k tour aveo ua 
melange d'embarras et de surprise soupQonneuse.) Monsieur, une fois rentr6© 
chez nioi, j'esp^rais dtre k I'abri d'une persecution .... vraiment 
inexplicable. J'ai beau rappeler mes souvenirs, je ne vous 
connais pas .... Que me voulez-vous ? 

10 LE COMTE. 

Mademoiselle, je ne puis concevoir. . . ,il est impossible. . . . 
(n 1» regarde encore.) 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Votre ext^rieur, Monsieur, semble annoncer un homme doni 
95 1'esprit est sain, et cependant .... 

LE OOMTE, tr6s polLt 

Ma conduite est aussi folle qu'inconvenante, n'est-il pas rrai f 
Mais veuillez me croire sur parole. Mademoiselle, les circoustanoea 
* Mademoiselle de Kerdic, Francois, le oomt*. 
t kUdemolaeUe de Kerdio, le oomte, FraneoiiL 



hk riK. 99 

tfingulitees dont je snis ]e joaet justifient oe qui voas f>aralt 
Stre le plus inexcusable dans mes proc^d^s. — II m'a suffi, au 
reste, de vous voir en face un seul instant, pour 6tre assui'd 
qu'une personne comme vous n'a jamais trempd dans une intri- 
gue — et pour regretter anifeieraent Tindiscr^tion obstinde — dont B 
je me suis rendu coupable envers vous. 

MADEMOISELLE DE KEBDIO, souriant %6rement. 

Je crois, en effet, qu'il vous a suffi de me voir en face, pour 
^prouver un sincfere regret de votre poursuite : bien des ferames, 
m§me de mon S-ge, Monsieur, vous pardonneraient plus dificile- lo 
ment peut-etre votre contrition d'k present — que votre offense 
de tout k I'heure .... Quant k moi, Dieu merci, je vous par- 
donne de grand coeur I'une et I'autre. . . . 

LE COMTE. 

Mademoiselle, vous me faites s^iieusement injure, si vous 15 
croyez avoir ^t^ en butte k la galanterie banale d'un fat, . . . Je 
suis, comme j'ai eu I'lionneur de vous le dire, le jouet de circon- 
stances vraiment extraordinaires au dernier point, et . . . . 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

II suffit, Monsieur : chacun a ses affaires. — Mais enfin, quel 20 
qu'en soit le motif, vous avez fait une course forc^e: voulez-vous 
vous I'eposer un peu 1 

LE OOMTE. 

Oh 1 je me garderai bien de vous g^ner davantago. 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 26 

Vous ne me ggnez pas . . . . au contraire ; on aime k voir de 
pr^s, quand on est rassur^, les objets de son effroi, et j'avoue 
que vous m'avez fait grand'peur dans ce bois ; restez done. . . .k 
moins que les rdles ne soient changes, que ce ne soit moi 
main tenant qui vous .... ao 

LE COMTE, av«o un geste poll. 

Permettez-moi du moins de me presenter k vous plus r^oxi- 
li^rement : je me nonime le comte Henii de Comminges. 



100 LA f]£b. 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Asseyez-vous done, monsieur de Comminges*. (Elle M montr* 

un fauteuil prfes de la chemin^e, et s'asseoit de son cdt6. — FranQois, depuia I'entrte 

de sa maltresse, suit la conversation avec un int^ret soiiriant; il conserve en 

6 g:en6ral cette attitude et cette physionomie pendant toute la pi6ce ; seulement, 

chaque foia que ses services sent reclames, il sort de son extase et devient sombre.) 

Mais nous n'avons plus dt; feu . . . Fran9ois. ... on ghile ici, mon 
ami, tu entends 1 

FRANgOIS, soucieux. 
10 On ghle .... on g^le .... (Il s'approche de la chemin^e, et se courbe p6- 

nibiement pour attiser le feu.) Qu'est-ce que vous direz douc quand 
vous auiez raon age 1 Eh ! Seigneur, si vous ^tiez forc^e d'allu- 
mer le feu pour les autres, vous ne gfeleriez pas tant.t 

MADEMOISELLE DE KERDIC, avec douceur. 

15 A-Uons, tais-toi. (Au comte.) Vous n'etes pas de ce pays, 
Monsieur 1 

LE COMTK 

Non, Mademoiselle : j'habite Paris. Je n'^tais mSme jamais 
venu en Bretagne. 

20 FRANQOIS, agenouille devant le feu. 

Du bois vert, avec 9a ... . Je vous I'avais bien dit qu'il ne se- 
rait jamais sec pour I'hivei-, votre bois. . . .raais, quand on est le 
maltre, on a toujours raison, — et puis, apres 9a, on g^le. . . .eh ! 
Seigneur, voilk ! 

25 MADEMOISELLE DE KERDIO, tranquillement 

Vous Jevenez terrible, Fiangois ! — Je vous demande pardon 
pour lui, monsieur de Comminges, c'est un vieux serviteur, 
(1 Fransois.) Voyons. 6te-toi de la ... . Je vais vous faire bon 
feu . . . . un pen de patience. (Eiie se ifeve.) 

oQ LE COMTE, se levant sans se d^rider encore. 

Souffrez que je vous ^pargne ce soin, Mademoiselle. 

• FranQois, le comte, mademoiselle de Kerdio. 
i Le comte, mademoiselle de Kerdic, Frangois. 



LA ¥±K. 101 

HABEMOISKLLE DE KEBDIC. 

Nun, vraiment. . . . Vous n'gtes pas habitu^ k ces details de 
manage. . . . 

LB OOMTE. 

Je vous en prie. . . .k la guerre comma k la guerre. ... t 
(II 86 met it, i^noux gravement et aocomtnode le feu *.) 

MADEMOISELLE DE KEBDIO, assise. 

Ainsi, Monsieur, vous n'^tiez jamais venu dans notre pays ? 
Puisque vous aviez le d^sir de visiter la Bretagne, permettez- 
moi de vous dire que vous avez mal choisi votre saison ; lo 
la Bretagne, en plein hiver, ofFre de faibles agr^ments aux 
touristes. 

LE COMTE, toujoun agrenouill& 

Mon Dieu 1 Mademoiselle, je ne suis pas un touriste ; je n'ai 
pas choisi ma saison, et je n'^prouvais aucun d^sir de visiter la 15 
Bretagne .... Vous avez des souffletsi — fort bien. . . . pardon. . . . 
- Non .... des circonstances myst^rieuses, et qui ne sent pas 
sans une nuance de ridicule, m'ont soules d^termin^ k ce 
voyage auquel j'^tais d'autant plus loin de penser, que j'en 
m^ditais un beaucoup plus s^rieux. . .et plus lointain. 20 

MADEMOISELLE DE EERDIO, simplement. 

Dans le Nouveau Monde 1 

LE COMTE, ligirement, en ee rasseyant. 
Oui, dans un monde tout k fait nouveau. . . . (Changeant de ton.) 
Mais je suis honteux de vous entretenir si longtemps de 2» 
ce qui me concerne. . . .Vous habitez, Mademoiselle, un pays 
d'un aspect po^tique .... J'ai eu I'honneur de vous rencontrer, si 
je ne me trompe, dans un lieu que d'antiques Idgendes ont 
rendu populaire .... Cette forSt de Brocelyande .... cette fon- 
taine de Merlin ont joud autrefois im grand rdle dans votre jl» 
mythologie nationale 1 

* Francois, mademoiselle de Kerdic, le comt«i 



102 LA ria. 

MADEMOISEIiLB DB KBBDIO, souriante at doaoameat Iranlqa*: e'Mk wn 

accent ordinaire. 

En effet, Monsieur : cela nous compose m^me un voisinage 
assez incommode. Nous ne pouvons nous attarder dans les en- 
6 virons, mon vieux Fran9ois et moi, sans nous exposer k d'4- 
tranges mortifications. . . .La superstition locale, aid^e du cr^ 
puscule, nous prfite une teinte merveilleuse, qui en g^n^ral fait 
fuir les passants .... II est vrai (saiuant) qu'elle les attire quel- 
quefois, ce qui foime une agrdable compensation. 

10 LE COMTE, la regardant fixement. 

Vous connaissez mou aventnre, Mademoiselle I 

MADEMOISELLE DE KERUIC. 

Je ne connais pas votre aventnre, Monsieur, et j'ajoute que 
je n'dprouvo ]);is un d^sir Lies particulier de la connaitre. 

15 Mais il est Evident, quelqiie peine que j'aie k concilier cette 
id^e avec la parfaite raison dont vous me semblez dou6, il est 
Evident que vous avez cru suivre en ma personne je ne sais 
quelle apparition surnaturelle .... une f^e sans doute .... H^las ! 
Monsieur, pourquoi n'^tait-ce qu'uue illusion ! Vous ne le d^- 

20 plorez })as plus amferement que moi .... Les f^es rajeunissaient. 

LE COMTE, souriant. 

Mon Dieu, Mademoiselle, je ne suis ni d'un caract^re ni 
dans une situation i d^biter des fadeurs ; vous pouvez done 
me croire sincere, lorsque je vous declare que plus je vous vols 
26 et plus je vous entends .... 

FRANQOIS, 8'avansant. 

L'lxeure du diner de Mademoiselle esc sonn^. 

MADEMOISELLE DE KERDIO, se levant. 

Ail ! Fran9ois, ce n'est pas bien. Vous §tes indiscret envers 
80 monsieur le comte, et cruel envers moi .... A mon age, un com- 
pliment perdu ne se retrouve pas. . . . 



LA F^E. I OS 

LE COMTE, qui s'eit lev*. 

Mille pardons, Mademoiselle .... Je me retire .... (EUnt) 
mais vous n'y perdrez lien. . . . Je voulais dire, Mademoiselle, 
que vous me forcez de reconiuiitre une v^rit^ dont j'avais dout^ 
jusqu'ioi. . . .c'est qu'il y a pour certaines femmes une jeunesse s 
^ternelle, qui se nomme la grice .... (il l» saiua.) 

MADEMOISELLE DE KERDIC, riant. 

Avea-vous faim, monsieur le comte 1 

LE COMTE. 

Moi, Mademoiselle t H^las ! je n'ai jamais faim. lo 

MADEMOISELLE DB KERDIO. 

Tant mieux. Je n'h^site plus k vous proposer de partager un 
diner d'ermite. Mets deux converts, Frangois. 

FRANQOIS, une serviette sur le bras, a d^ji pos6 une nappe sur la table qu'il a 
apport6e pres du feu. II parait satisfait de ce qu'il entend ; (out en essuyant 16 
lentement une assiette, il s'est lais9^ glLjser sur un si^ge, et suit 1* conversation, en 
applaudissant de la tete. 

LE COMTE*. 

Je ne sais v^ritablenient, Mademoiselle, comment vous re- 
mercier d'un accueil si obligeant et si peu m^rit^. lg 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Ne m'en remerciez done pas, d'autant plus qu'il entre, je 
vous I'avoiie, un grain de cui'iosit^ dans ma politesse. . . .Eb 
bien, Francois, est-oe que tu dors, mon ami ? t 

FRAKQOIS, M live d'un air soucieux ; ra prendre, en fondant, da* aaiiettM et dn Sfi 
verres dans le buffet. 

Eh ! Seigneur. . . . il est triste, k mon §,ge, de ne pouvoir gou- 

ter une minute de repos .... (Le comte depose dana un coin son chapeau, 
•a oanne et son paletot, comme un homme qui s'installe.... Frangois, appuy^ des 

deux mains Bur la ubie, poursuit: ) II faut convenir que les riches sent 
heureux ! . . . . ^ 

* MadsmolMlle de Kerdic, le oomte, Frangois. 
t La oomta, mademoisella de Kerdio, Francois assia dans le grand faiitaufl. 



104 LA fiSe. 

MADEMOISELLE DB KERinO. 

Que veux-tu dire, voyons 1 Explique-toi. 

FRANgOIS. 

Mademoiselle oublie que je ne suis pas comma elle au prin- 
6 temps de la vie ; il ne faut pas exiger d'un octog^iiaire la force 
d'un portefaix et la vivacity d'un page. 

MADEMOISELLE DE KERDIC. 

Tu as raison, va. Laisse-moi finir ta besogne ici, et va-t'en 
voir si tout est prSt en has. Va doucement surtout. 

10 FEANgOIS. 

Oui, Mademoiselle. .Soy ez tranquil le. (Pr^ de sortir, ii «e retoumo 
et ftjouu:) Soyez sages, jeunes gens ! (ii sort.) 



Uk. rix 106 



SCENE III. 
MADEMOISELLE DE KERDIC, LE COMTE. iis rient tous deux. 

MADEMOISELLE DE KERDIO*. 

Je suis une heureuse vieille, comme vous voyez, monsieur de 
Comminges ; j'ai toujours sous les yeux un mii oir qui s'obstine 6 
k me rendre mes quinze ans .... Mais, voyons, quitte k chequer 
la d^licatesse de vos moeurs, il faut, si nous voulons diner, que 
j'ach^ve de mettre ce couvert moi-meme .... (EU« va au buffet.) 

LE COMTE t. 

Mademoiselle, daignez au moins agr^r mes services. lo 

MADEMOISELLE DE KERDIO, gaiement. 

VolontierS .... Eh bien, portez 9a. (Elle lui donne des assietteg, des 
tfriitaux, eto.) 

LE COMTE, allant et venant du buffet 4 la table. Gaiement. 

Mais, pour Dieu 1 h quoi vous sert ce vieux domestique-14 I 16 

MADEMOISELLE DE EERDIO. 

Vous voyez bien qu'il ne me sert pas. 

LE COMTE, mSme ]eu. 

Sans doute. Mais alors pourquoi le g;irdez-yous 1 Car enfin, 
11 tient autant de place qu'un bon. 20 

MADEMOISELLE DE KERDIC 

Et m^me davantage, je vous assure. — Mais je le garde, 
Monsieur, d'abord parce que, s'il me sert mal, il a bien servi 
mon p^re, et ensuite, afin de tenir en haleine chez moi certaines 
vertus chr^tiennes dispos^es a sommeiller, comme la patience et 25 
I'humilit^ 1 

* Le oomte, mademoiselle de Eerdio. 

t Mademoiselle de Kerdic, le ootute. 



106 LA f4b. 

LE OOMTB. 

Oh I je n'ai plus rien k dire. 

MADSaiOISELLK DE KEBDia 

Je le crois. (EUe examine le ooavert.) Couiment ! mus votis avei 
5 fait tout 9a trfes bien. — Je vous remercie. (Le comte p!aoe dee d^es 
des deux cAt^ de la table ; Fr&n^is rentra portaat mir on plateau le potage et Ic 
pftt^ chauds.) 



LA wis. 107 



sofeNE rv. 

Les MftMBs, FRANCOIS, 
n fait l« nrrioe pendant t« diner, sortant par intervallea, changeant les asriettes, ato. 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Tenez, asseyez-vous 14. Vous avez bien gagn^ votre diner. { 
(Elle sert le potagre.) 

LE COMTE, s'asseyant. 

Eh bien ! Mademoiselle, je vous proteste que je me sens une 
pointe d'app^tit, ce qui ne m'^tait pas arriv^ depuis un temps 
immemorial. tc 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Vous n'aviez peut-Stre jamais autant travaill^ 1 (Ell« I* sert. 
Petit«8 ote^moniea de tabl& ) 

LR OOMTE, dont la gaiety persiste. 

Vous avez prononc^ tout k I'heuie le mot de curiosity, Ma- is 

demoiselle ; excusez la mienne. (Francois enifeve le potage.) C'est 

un miracle surprenant que de trouver en cette Th^baide 

sauvage une personne qui semble si bien faite pour appr^cier 

tOUS les cb amies de la vie civil is^e, (Frangois enlfeve les assiettes.) 
et pour y ajouter. . . . (Mademoiselle de Kerdic s'incline.) VouS ne vivez 20 

pas toujoui-s dans cette solitude 1 

MADEMOISELLE DE KERDIO, aerrant U p&t& 

Monsieur, je n'occupe cette maison que depuis quelques mois, 
depuis la perte d'une personne bien ch^ie. Mais en y venant, 
je n'ai fait que changer de retraite . . . .j'ai presque toujouis v^cu 25 
loin du monde .... Un peu de pat^ chaud, monsieur de Com- 

minges 1 (Elle lui pr^sente I'assieUe.) 

LA COMTK. 
Fort pen, je vous prie. (Frangois sert la b^oassin* et enl^e le p&t6. L« 
oootte TMM i boire.) W 



108 LA F^B. 

MADEMOISELLE DE KERDia 

Mais VOU8 parliez de miracle, monsieur le comte. . . .11 n'en 
est pas de plus inoui que de rencontrer . . . . un mardi, jour 
d'ltaliens. . . .dans les neiges de ce desert breton. . . .un jeune 
shomme qui semble si bien fait pour gouter les plus exquis 
raffinements de I'existence parisienne (Saiuant) et pour les 
relever encore de sa pei-sonne. (Eiie bolt.) 

LE COMTE, aprte s'etre inclin6, aveo an gonpir. 

Mon Dieu ! Mademoiselle, je sens que je vous dois mon 
10 histoire... .c'est la seule explication honorable que je vous puisse 
donner de ma conduite . . . . et cependant il m'en coute de chas- 
ser si vite le sourire que je sentais sur mes l^vres pour la pre- 
miere fois, depuis des nnn^es .... (n la regrarde.) Je ne sais par 
quelle singuli^re puissance vous I'y aviez rappel^. — Pour vous 
16 dire tout en un mot, je suis un homme malheureux. Mademoi- 
selle. 

MADEMOISELLE DE KERDIC, aveo un ton de compassion ISgerement ironique. 

Vraiment 1 — Un peu de b^cassine, monsieur le comte .... 
(insistant piaintivement.) La b^cassine est un oiseau triste 1 . . . , 
20 (EUle presente I'assiette.) 

LE COMTE, aoceptant. 

Pas plus que moi, je vous le garantis. — Oui, je suis mal- 
heureux, et voici pourquoi : — Lanc6 fort jeune dans le tour- 
billon de la vie parisienne. ... (il hteite.) Mademoiselle, vos 
25 oreilles sont peut-^tre mal habitudes k de si fri voles rdcits 1 

MADEMOISELLE DE KEKDIO. 

Oh ! je suis d'un age a tout entendre .... Au reste je puis, je 
croix, d^s le d^bat, pr^sumer la nature de vos confidences, et 
vous en dpargner les chapitres les plus dpineux . . . . Apr^ avoir 
8opoursuivi de salon en salon, — peut-etre de boudoir en boudoir, 
— et qui sait meme 1 de coulisse en coulisse .... tous les enchan- 
tements que pent concevoir en ce monde un homme jeune, riche 
et d'assez bonne mine, vous vous etes lassd d'une existence, — si 



LA riK. 109 

bien remplie cependant, — et vous allea vous faire trappiste 
. . . estrce cela 1 (Eiie bolt.) 

LE OOMTE, 6konn6. 

C'est de la divination .... Oui, Mademoiselle, c'est fort k peu 
pr^ cela, — sauf le ddiioument I car ma lassitude et mon dugout 6 
en sent venns k ce point, que la porte d'un cloitre ne me sem- 
blerait pas, entre la vie et moi, une barrifere suffisante. 

MADEMOISELLE DE KERDIO, simplement. 

All ! c'est d'un bon suicide, en ce cas, qu'il s'agit 1 . . . . Encore 
cet aileron, monsieur de Comminges ? lo 

LE COMTE. 

Je suis confus. Mademoiselle. . .je mange comma un canni- 
bale...Oui, Mademoiselle, j'ai I'intention de quitter la vie; je 
n'en fais ni parade ni m jstfeie .... Dfes longtemps je penchais 
vers cette extr^mit^, lorsqu'il y a dix-luut mois un remords is 
poignant est venu doubler mon fardeau, et pr^cipiter sans 
doute ma r&olution. 

MADEMOISELLE DE KERDia 

Un remords. Monsieur 1 

LE OOMTE. 20 

Un remords, qui du moins dchappera k votre aimable 
ironie.... (n cesse de manger.) Tandis que je menais k Paris 
I'espfece d'existence .... que vous veiiez d'esquisser .... ma 
mfere, — une femme qui eut ^t^ digne d'etre connue de vous. 
Mademoiselle, — ma mfere habitait, au fond de I'Auvergne, 25 
notre vieux ch&teau de famille .... Je I'aimais, bien que 
j'aie I'amertume de penser qu'elle en a pu douter.... Oui, 
malgr^ les apparences — et au milieu des dissipations sans trSve 
qui d^voraient ma vie, — je I'aimais d'une pieuse tendresse . . . 
Vainement, pendant dix ans, je la suppliai de venir demeurer so 
pr^ de moi .... 

MADEMOISELLIk DE KERDia 

£t que n'alliez-vous la rejoindre 1 



110 LA riK. 

LB COMTK. 

Vous I'avouerai-je t. . . . Je ne trouvai pas dans mon I&che coeui 
la force de rompre le lien des habitudes parisiennes, qui m'en. 
chalnait do toutes parts .... Ma mere, k plusieura reprises, dai- 

6gna traverser la France pour embrasser son enfant ingrat. . . . 
Mais, dans ces derni^res ann^es, la vieillesse et la maladie Ini 
avaient interdit cette consolation, . . .elle m'appelait pr^ d'elle 
avec instance .... Certainement je serais parti .... Mais ma pau- 
vre mhve, en m'attirant J'une main, me repoussait de I'autre 

10 sans s'en douter. . . . Elle d^sirait me marier prfes d'elle, & je ne 
sais quelle provinciale .... Ses lettres ^taient pleines de ce pro- 
jet, qui m© consternait profond^ment .... 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Cela 86 oon5oit. 

LE COMTE. 

u Ma m^re me paraissait si follement Uprise de son choiz et 
de sa chimfere, que je n'osais lui envoyer un refus positif . . . . 
Le lui porter moi-mSme, ne la revoir que pour an^antir du 
premier mot ses plus chferes espdrances, je pouvais encore 
moins m'y decider.... J'h^sitai done de jour en jour.... 

20 (Sa voix B'aitfere.) J'hdsitai trop longtemps . . . . Je la perdis*. 
(U se live en se mordant lea Ifevres, et fait quelques pas dans la chambre. Aprfes un 
silence.) Excusez-moi. (D'un ton indifferent.) Vous comprenez bien, 
Mademoiselle, que de telles circonstances n'^taient point de 
nature 4 me rdcoucilier avec la vie .... 

86 MADEMOISELLE DE KERDIO, se levant 

Je VOUS demande pardon, je le comprends mal . . . .je ne sachc 
pas que, pour avoir manqu^ k un devoir, on soit dispense de 
tons les autres .... (Souriant) Mais ... enfin ? 

LE OOMTE. 

80 Enfin . . .mon d^couragement s'accrut. Je me trouvai comme 
scelld dans un ennui de plomb, n'ayant plus un d^sir, une 
esp^rance, un sourire, et voyant passer les plus vives seductions 
* Le oomte, mademoiselle de Eerdio, Frangoia. 



LA rte 111 

de ma jennesse avec une glaciale insouciance. Ma sant^ mSme 
n'alt^ra; je ne connus plus ni I'appdtit, ni le sommeil . . .. Je craig 
nais que la folie ne fut au bout de cette mort ^veill^e .... Bref, 
aprfes quelques luttes int^rieures, je pris le parti, — ddsormais 
immuable, — de briser ma coupe vide, et de mourir tout k fait, s 

(Fraogois nntre apportant le caf6.) 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Assur^ment, vous en etes le maitre .... Maig tout cela ne me 
dit pas en vertu de quelle fantaisie vous avez choisi la Bietagne 
pour theatre de cet ^v^nement tragique 1 lo 

LE COMTK 

Permettez, j'y arrive .... La fantaisie n'y fut pour rien. 

(FranQois a pos^ sur la table un plateau et des tasses ; il sort ensuite.) 
MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Yoos prenez du caf^, u'est-ce pas 1 U 

LB C0MTE». 

Volon tiers. Mademoiselle .... II y a aujourd*hui trois mois et 
un jour, Mademoiselle, j'avais r^uni quelques camarades dans 
un petit salon de restaurant. C'dtait un diner d'adieu. Je ne 
le leur cachai pas. On essaya de combattre mon dessein par 20 
divers arguments plus on moins sji^cieux. . . . Maia je vais vous 
initier, Mademoiselle, k des propos de jeunes gens. 

MADEMOISELLE DE KERDia 

Allez. . . .allez. 

LB COMTE. Da se rasseoient tt 

Quoi 1 me dit-on, tu veux mourir ! Ta main, ta Ifevre, ton 
eoeur, sont-ils done fldtris par la vieillesse ! N'y a-t-il plus de 
fleurs. . . .n'y a-t-il plus de femraes sur la terret — Non, il n'y 
en a plus pour moi, rdpondis-je . . . . Je ne vois plus, et ne con- 
foia plus m^me, sons le soleil, une fleur qui puisse attirer ma M 
main....un amour qui puisse tenter mon cceur. Fleurs et 
femmea n'ont plus pour moi qu'un seul et m&me parfum devena 

'Mademoiselle da Kwdio, le cootte, FiMyuli. 



lis LA r6x. 

banal et fastidieux k force d'uniformit^ . . . .Toutesme paraissent 
se ressembler entre elles au point que je les confonds d^sormais 
dans une commune indiff<^ience .... Bref . . . .il n'y a plus a mea 
yeux qu'une femme sur la terre. . .et je ne I'aime pas 1 

5 MADEMOISELLE DE KEBDIO. 

Fort gracieux pour nous, tout cela. . . . 

LE COMTE. 

Je n'avais pas I'honneur devous connaitre, remavquez bien .... 
Enfin, ajoutai-je, j'en suis \k, mes amis : il est done clair que je 
10 lie peux plus vivre. 

MADEMOISELLE DE KERDIC, vereant le caf6. 

G'^tait clair, en effet, attendu que la vie n'a d' autre fin, ^vi- 
demment, que de cueillir les fleurs et d'aimer les dames. . . . Uu 
peu de Sucre, monsieur de Comminges 'J, . . .et au bout de cela, 
16 vous ne vous tuates point, d^cid^ment. (Elie boit.) 

LE COMTE, se rteriant vivement, avec beauconp de sdrieux. 

Pardon I. .. .c'est-i-dire je demeurai indbranlable dans ma 
resolution, et je I'aurais exdcut^e d^ le lendemain, si cette 
soiree n'eut eu des suites tout k fait impr^vues .... en boit) 

aO UADEMOISELLE DE KEKDIC. 

Ahl 

LE COMTK. 

Dans cette supreme expansion des adieux, j'avais os^ confier 
k mes amis une bizarre pens^e qui tourmentait parfois mon 

25 esprit, et qui toucbait k la d^raence. . . . Je songeais souvent en 

effet que j'aurais voulu vivre au temps de ces beureuses su- 

' perstitions qui permettaient aux hommes I'espoir d'un amour 

sumatureL . . .au temps des dieuxet des nymphes. . . .des gdniea 

et des fees....(n g'exaite.) Je sentais qu'alors je me seraia 

80 rattach^ k I'existence par I'ardente ambition d'une de ces reo- 
contres myst^rieuses .... d'une de ces liaisons encbant^es qui 
charmferent tour k tour les jeunes bergers de la fable et lea 
jeunes chasseurs des Wgendes .... Oui .... une i6e seole e6t ^t^ 



LA F^ lis 

capable encore de me faire esp^rer, aimer et vivre I (s« torant 
oomme inspird.) Je sentais que mon cceur, assouvi d'amours ter- 
restres, pouvait se ranimer et palpiter encore sous un de ces 
regards ^tranges, et plus qu'humains, au froissement de ces 
robes de vapeur, au contact de ces mains immortelles ! » 

MADEMOISELLE DE KEBDia 

Mais c'est de la folie ! 

L£ GOMTE, (roidement, m rasscyuit 
Je vous I'ai dit — Le lendemain, dans la matinee, comme 
j'achevais d'^crire mes demi^res dispositions, un inconnu re- lo 
mettait chez moi ce billet parfum^. (Il tire de son aein un billet qu'U 
donne k mademoiselle de Eerdic. — Francois est rentr6 en seine, et ^ooute.) 
MADEMOISELLE DE KERDIC. 

Voyons done (EUe lit.) *' Mortel, tu te crois un fou parmi 
les sages, et tu es un sage parmi les foua Entre la terre et le it 
ciel, il est une region interm^diaire peupl^e d'etres sujj^rieurs 
k I'homme, inf^rieurs k la divinity. Je suis un de ces 6tres. Je 
suis une fi^e. Tes secrets hommages m'ont touch^e. Mon destin 
m'appeUe loin d'ici. Mais de ce jour en trois mois, k la nais- 
sance dn cr^puscule, trouve-toi seal, si tu en as le courage, dans 20 
la vieille foret armoricaine de Brocelyande, pr^s de la fontaine 

de Merlin. J'y serai." (En achevant cette lecture, mademoiselle de Kerdio 
•ourit. Francois (ait entendre un rlcanement singulier. Le comte les regarde. 
Mademoiselle de Kerdic reprend :) Mais c'dtait Une mystitication mani- 
festo 1 (Fransois se retire. lis se Invent et vieiment au milieu.) 25 
LE COMTE. 

Je n'en doutai pas plus que vous. Mademoiselle, et cepen- 
dant. • . .telle fut la curieuse faiblesse de mon esprit que j'at- 

tendis, et que me voici. (Il reprend sa lettre.) 

MADEMOISELLE DE KEEDia ^ 

Et 6tes-vouB venu seul k ce rendez-vous redoutable t 

LE COMTE. 

Cf^tait mon dessein. Mais un de mes amis, seul confident de 
oe myiit^re, le vicomte Hector de Ma\il^n, mauvaiae tete et 



114 LA ris. 

brave cceur, a voulu m'accompagner jusqu'^ la lisi^re dn bois. 
II a d'ailleurs k son service un gargon nd dans ce pays, qui 
devait nous tenir lieu de guide et d'interprfete, at qui n'a fait 
que nous impatienter par sa poltronnerie supei-stitieuse. Je les 
B ai laiss^ dans ma voiture. Mais d^termin^ comme je I'^tais k 
ne sortir en aucun cas de cette forSt, j'ai fait promettre au 
viconite de quitter la place aprki une heure d'attente. Je sup- 
pose done qu'U est ddji loin et maintenant, Mademoiselle, 

me pardonnerez-vous I'importunit^ ridicule dont je vous ai 
lorendue victimet 

MADEMOISELLE DE KEBDIO. 

Ainsi, j'avais devin^ I , . . . vous m'avez prise pour une f(5e. ... 

mais apr^ tout, pourquoi pas? L'histoire nous dit que les 

fiea 86 plaisaient k revgtir, dans leurs rencontres amoureuses, 

w un ftge et un costume peu avantageux .... vous devez me remer- 

oier de vous avoir du moins ^pargn^ les haillons. . . . 

LE COMTB. 

Vous allez rire, Mademoiselle .... mais en v^rit^, depuis que 
je suis chez vous, votre personne, votre langage, si parfaitement 
M inattendus au fond des bois, certains details singulifers de votre 
int^rieur, et enfin je ne sais quel prestige inexplicable dont je 
me sens comme envelopp^ en votre presence, tout cela m'a fait 
me demander vingt fois si je n'^tais pas dans le domaine de la 
Wgende, ou du moins de la visioiL 

gg MADEMOISELLE DE KERDIO, aveo on aonrire icpdroqin. 

Yndmentl (Fnmsois entn.) 



hA ri^ 110 



BCkKR V. 

Les m4mes, FRANgOIS. 

(On commence a entendre tomber la pluie.) 

FRANgOIS*. 

On vient en toute h&te chercher Mademoiselle de la part du e 
pauvre Kado, ce vieux bficheron que Mademoiselle est all^e 
visiter ce matin .... D est bien mal, Mademoiselle. 

MADEMOISELLE DB KERDIO.t 

Comment, bien mal ] 

FBAN901S. 10 

II est repris du tremblement, et la tfite n'y est plus, k ce que 

dit sa petite Marie. 

MADEMOISELLE DB KERDIO. 

Oh ! c'est un acc^s que j'attendais : je vais couper oela. 

LB OOMTE. 15 

Comment I vous dtes done mddecin, Mademoiselle t 

MADEMOISELLE DB KERDIO. 

Est-ce que les fdes n'ont pas 6t6 de tout temps vers^es dans 

la connaissance des simples 1 — Ecoute, Frangois, je vais te 

donner txne potion, avec des instroictionB par ^crit . . . . tu vas y go 

aller. 

FEANgois. 

Eh 1 Seigneur, Mademoiselle veut done qu'on m'enterre 

demaini Je ne ferais pas quinze pas dehors sans gtre assomm^ 

par la grele ou emport^ par I'ouragan .... Ecoutez done le va- 25 

canne. . . .de la neige, du vent et du tonnerre tout k la fois. . . . 

c'est comme qui dirait un bouleversenient de la nature. 

* Mademoiselle de Kerdic, le comte, Frangois. 
t Le comte, mademoisslle de Kerdic, Francois. 



\ 



li« LA rfE. 

HADKHOISELLK DB KERDIO, qui «rt aU6« i U (cndtn. 

II est certain que le temps ne paralt pas beau .... Tu as vai- 

3on, mon ami . . . . il ne faut pas que tu sortes .... A ton ftge, 

ce ne serait pas prudent . . . .(Elle rtfl^chit.) J'y enverrais bien la 

i vieille Marthe, mais elle est trop b^te. . . Je vais j aller, moi, 

tout bonnement. . . . Voiis voudrez bien m'excuser, mon.sieui- de 

Comminges, n'est-ce pas 1 (Elle prend dans un tiroir de sa chiffonniere une 
flole etun papier.) 

LE ooarfE. 
10 Mais, Mademoiselle, ne puis-je vous rendre ce petit service 1 

MADEMOISELLE DE KEKDIC. 
Vous 1 oh I grand Dieu ! (FranQota sort par la porte laMrale de drdte.) 
LE COMTE. 

Je vous jure que vous m'en rendrez un veritable a nioi- 
16 m§me, en me fournissant une occasion de vous ^tre agr^able .... 
car je succombe sous le poids de ma reconnaissance .... Voyons, 
est-il done si difficile d'administrer cette potion ? 

MADEMOISELLE DE KERDia 

Vous y tenez, s^rieusement ? 

28 LEOOMTE. 

Je vous I'atteste. 

MADEMOISELLE DE KEBDIO, aprfes un peu dTi^sitation. 

Eh bien ! soit. Rien n'est plus facile. Voici la potion 
(Elle lul donne la fioie et le papier.) et voici la manifere de s'en servii'. 

25 Malhe'ireusement aucun de ces pauvres gens ne sait lire 
Vous leur expliquerez ce qu'il j Si k faire. Francois va vous 
conduire jusqu'i la petite porte de mon jardin ; (On entend i* 
tonnerra.) VOUS trouverez \k un sentier qui vous m^nera directe- 
ment k la cliaumiere du malade : c'est un biicheron nommd 

80 Kado ; il n'y a pas de f^e sans bficheron, vous savez I . . . . 
Frangois .... Eh bien ! oii est-il 1 

FRAN(J0IS, rentrant avec une lanteme allum^e et un grand manteao. 

Tenez, Monsieur. . . .prenez 9a, — ou jamais vous ne vous en 
tirerez vivant .... 



LA F^E. 117 

LE OOMTE.* 

Merci bien, mon bonhonime. (Il prend la lanterne et se couvre du g^nd 
manteau.— A part, se voyant dans la glace.) Me Voil4 bien ^quip^....je 

ressemble k Diogfene .... AUons, partons ! 

MADEMOISELLE DE KERDia , 

Vous reviendrez 1 

FRANCOIS, t 

Parbleu ! ne faut-il pas qu'il rapporte notre raanteau et notie 
lanterne ? 

LE COMTE. j( 

Oui, certainment. . . .je reviendrai vous faire mes adieux. 

(n sort avec Frangois par la petite porte de droite.) 

* Le comte, Frangois, mademoiselle de Kerdlo. 
t Le oomte, mademoiselle de Kerdio, Frangoit^ 



116 LA V±K. 



SC:feNE VL 

MADEMOISELLE DE KERDIC, wule un Instan* ;- puis HECTOR 
DE MAUL6OX, YVONNET, FRANgOIS. 

MADEMOISELLE DE KERDIO, pensiTe. 

6 II faudrait 6tre, je le crains, plus qu'une f^. ..il faudrait 
6tre un ange mfime du Seigneur pour retirer un homme d'un 

81 profond abime .... (On entend des coups riolents frapp^s du dehors oontre 
la port* de la tnaison.) Quel est ce bruit 1 (Les coups se rdpfetent.) C'est k 

ina porte 1 Qui jjeut venir k cette heure 1 (Eiie court vers la gnndt 

10 port« du fond qu'ellc entr'ouvra, at pr€t« I'oreille : on entend det bruits de volx.) 
Le vicomte de MauWon ! . . . . Ah ! cet ami dont il me par- 
lait . . . . Faites monter, Marthe. (Elle prend vite un onrrage de tapisserie 
•t s'asseoit. Entre Her tor, suivi d'Yvonnet. Hector est en costume de ohasse et 
port« deux pistolets pa.<^3^s dans sa ceinture ; Tvonnet se tient un peu en arriira et 

15 paralt iutimidd ; tous deux promfenent uu regard curieux autour du salon : made- 
moiselle de Kerdic, qui s'est lev6e pour rendre k Hector son salut, se rassied et con- 
tinue de travailler a sa tapisserie, tout en ]>urlant.) 

HECTOR.* 

Madame, je suis un peu confus de forcer votre porte ; mais 
»un devoir imp^rieux m'y a contraint. — Madame, je mo 
nomme .... 

MADEMOISELLE DE KERDia 

Le vicomte Hector de Maul^on, je pense 1 

TTONNET, qui se trouble de plus en plus, le tirant par la manohe. 
26 Elle salt votre nom, Monsieur 1 

HEOTOB. 

Oui, Madame, je me nomme Hector, et j'ai le malhear, je 
vous en demande pardon, de rappeler, par les cQt^ les plus 
flGU^eux de Bon caract^re, mon illustre et boaillant homonyms 

''Mademoiselle de Kerdio, Hector, TtoiumI. 



LA Fis. 119 

MADEMOISELLE DE KERDIO, grravemant 

Le fils de Priam 1 — Jeune homme un peu emport^ mais au 
fond excellent. 

HECTOR. 

Vons I'avez peut-6ti-e connu, Madame 1 5 

MADEMOISELLE DB KERDIQ 

Peufc^tre. 

HEOTOR. 

En ce cas, Madame, il y a fort k parier que vous n'ignorez 
pas le genre d'int^rSt qui m'am^ne ici 1 lo 

MADEMOISELLE DE KERDia 

Fort possible, en effet. 

HEOTOR. 

Quoi qu'il en soit, je vais vous le dire. 

YVONNET, i demi-Toiz. U 

Cest bien inutile, allez, Monsieur. 

HEOTOR. 

V«ux-tu te taire, toi ? 

YVONNET. 

Vous n'en serez pas le bon marchand. Monsieur, croyez-moi. 20 
Je suis Bas-Breton de naissance, et je suis ferr^ k glace sur ces 
histoires-lii. . . . Monsieur, je vous en prie, Ik, raisonnons un peu 
ensemble .... Je ne manque pas d'insiiuction, Monsieur, tel que 
vous me voyez, et si ce n'est la lecture et I'dcriture k quoi je 
n'ai jamais pu mordre .... u 

HEOTOR. 

Animal ! 

TVONNEX. 

S^fieusement, Monsieur, en conscience, j'ai remarqu^ une 
chose tris importante. (n le tire un peu i I'^cart.) Monsieur, il y a 8C 
deux egp^oes de ph^nom^nes dans la nature, ceux qui sont 
naturels — et ceux qui ne sont pas naturels. (impatience d'Heotor.) 
Eh bien, Monsieur, tout ce que nous voyons ce soir n'est pas 
naturel. Cette sombre fordt, cette tempete effroyable, cette 



120 LA F^E. 

maison Isolde, — cette dame majestueuse qui fait tranquil 1ft- 
ment de la tapisserie, — tenez, regardez comme ses yeux bril- 
lent, Monsieur ... A son kge, est-ce nature], je vous le de- 
mande 1. . . .d'oil je conclus. . . . 

B HECTOR. 

Si tu ajoutes un mot, je te vais jeter par la fenfitre, et ce 
sera un pli^aomene naturel, celui-li. — Veuillez m'excuser, 
Madame : je reprends : Un ami k moi, le meilleur de mes amis. 

MADEMOISELLE DE KERDia 

10 Monsieur Henri de Comminges 1 

HECTOR." 
Oui, Madame. (Sur ces entrefaites, Frangois est rentrS sans bruitpar U petite 
porte de droite et est venu se placer discritement ;'i c6te d'Yvonnet.) 

YVONNET, I'apercevant. 

16 Monsieur. . . . Monsieur. . . .regardez celui-li. . . .si ce n'est 
pas le vieux Merlin en personne, que je meure ! . . . . Croyez-moi, 
Monsieur, je suis Bas-Breton de naissance, je vous en donne 
ma parole d'honneur. . . . Remarquez, Monsieur, qu'il a toutes 
ses dents. ... A son age §a n'est pas. . . . 

80 HECTOR. 

Morbleu ! dr61e, te tairas-tu 1 Va-t'en, si tu as peur ! 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Rassurez-vous, men ami : ne voyez-vous pas que votre maitre 
porte tout un arsenal k sa ceintuie ] . . . . Et ik ce pi-opos, mon- 
25 sieur de Maul(^on, — daignez excuser une provinciale peu au fait 
■du bel usage ; — mais est-ce 1^ le costume adopts raaintenant k 
Paris pour emporter d'assaut les boudoirs et les cceurs ?. . . . C'est 
commode. . .cela simplifie les proc^d^s. . . . 

PRANQOIS, de sa voix d6or6pite. 
80 Eh ! eb ! c'est cavalier ! (Il remonte un peu le theatre. Hector les re- 
g^arde aveo surprise.) 

• Mademoiselle de Kerdio, Hector, Tronnet, Fransoia. 



I.A F^. 121 

TVONNET. 

lis se moquent des amies k feu, Monsieur. . . . Je les connais, 
vous dis-je. . . .je suis n^, moi, dans le pays des sorciers et des 

FBANQOIS, an fond, d'une voU m&Ie, en pliant une serviette. S 

Vous y Stes. 

HEOTOR, se retouraant vivement. 
Qui a pni'l^ ] (Mademoiselle de Kerdlo travaille tranquillement.) 

YVONNET. 

Monsieur, allons-nous-en, — ou ma tete va en craquer. lo 

HEOTOR, 9'tehauflant 

Stupide poltron ! — Je ne serai point dupe, Madame, de 
pu^riles jongleries. Je ne partirai pas sans avoir revu sain et 
sauf un ami qui m'est cher. . . .je sais qu'il est entr^ dans cette 
inaison il y a plus d'une heure .... u 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Et vous a-t-il cbarg^ de I'y venir rdclamer 1 S'il a trouv^ ici 
le personnage myst^iieux qu'il esp^rait rencontrer, pensez-vous 
qu'il vous sache gr^ de le troubler dans sa bonne fortune 1 

HEOTOR. 80 

Le personnage mystdrieux ? . . . . Eh ! Madame, je ne crois ni 
aux f^es, ni aux esprits, ni aux tables tournantes, je vous en 
avertis : il n'y a pas de f^e ici, il y a une intrigue — dangereuse 
peut-6tre — et dont j'aurai le secret. 

MADEMOISELLE DE KERDia 26 

Vous ne croyez pas aux fdes, monsieur de Maul^on 1. . . . Si 
Dependant, je vous donnais la preuve irrecusable que vous 6tes 
en presence d'un de ces dtres supdrieurs k I'humanit^, que 
diriez-vous] 

TVONNET. 80 

L&, Monsieur 1 me croirez-vous, maintenant 1 Elle ravoue . . . 
o'en est one 1 



122 I<A F^. 

HECTTOR, 1« repouwant. 

Je dirais, Madame, je dirais .... Eh ! c'eat impossible I 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

A. deux pas d'ici, je vous donne cette preuve. Je I'dpargne 
6 4 ce gar9on qui n'y r^sisterait pas. (Eiie prend un flambeau.) Suivez- 
moi, si vous I'osez. 

YVONNET, s'attaohant & ion maltre. 

N'y allez pas, Monsieur ! sur votre vie en ce monde et sur 
votre salut en I'autre, n'y allez pas ! 

lA HECTOR, aprfes un peu d'hdsitatlon, repoussant violemment Tvonnet. 

Je vous suis 1 (Mademoiselle de Eerdio sort par la port* lat^nle de gmnohe, 
HMtor la tttli.) 



LA fAb. 123 



SCilNE VTI. 

FRANgOIS, YVONNET*. 

TVONNET. 

Saints du del ! — H me laisse seul avec Merlin I (n reg»rde Fran- 
gola du coin de I'obU.) G 

FBANgOIS. 

Ell ! eh i jeune homme ! 

YVONNET, gracieiisement. 

Monsieur. . . . Monseigneur. . . . ^^ P*"^-) II va me changer 
en quelque espfece de bgte. , lo 

FRANgOIS. 
Approche. (Yvonnet e'approche i regret: Francois le regarde en tonrlant; D 
rit niaisement de son oAM, ponr lui oomplaire. Le vieillard lui donne una Ugire tape 
■orU Joue.) 

TVONNET, portant la main a sa Joaek y^ 

Bon I me voili ensorcei^ de cette joue-Ii ) 

FEANQOIS. 

Comment t'appelles-ttt t 

YVONNEX. 

Yvonnet, Monseigneur. U 

FRANgoia 
Eh bien ! mon petit Tvonnet .... 

YVONNET, fort troublA. 

n salt mon nom !. . . . Us savent tout, ces Stres-I^ 1 

FRANgoia ^ 

Veux-tu me faire un plaisir 1 

YVONNET. 

Oertainement, Monseigneur. (X part) H va me demander 
quelque chose d'horrible. Mon ame va y passer. 
• Yvonnet, Frangoie. 



1S4 LA r^ 

VBAKQOIS, montrant U table oouverte des d6brls da dixMr. 
Prends cette table, et porte-la de I'autre c6t^. 

YVONNET*. 

Oui, Monseigneur. (X part) C'est une table magique .... Gaie I 

6 (II prend la table avec inquietude ; Frangois ouvre les deux battants de la porte du 
fond ; Tvonnet depose la table au dehors et revient.) 

FEANgOia 

Et main tenant, Yvonnet. ... 

YVONNET. 

10 Monseigneur? (X part) Aie ! voili le paquet ! 

FRANCO IS, lui montrant une nhaise. 
Assieds-toi li, et repose-toi. (Yvonnet ob^it aveo anxi^t*. Frangois le 
regarde grravement. Yvonnet est fascin*. Silence. Tableau.— Puis, la porte laterale 
s'ouvre : Hector paralt, preoedant, le flambeau a la main, et avec I'air du plus profond 
16 raspeot, mademoiselle Aurore de Kerdic.) 

*FranQoia, Yvonnet. 



FJ&B. 126 



SC^NE VIII. 
Lb3 Pr*cbdent8, mademoiselle DE KERDIC, HECTOR. 

YVONNET, Be levant*. 

Ah ! le voilh. mat^, I'homme terrible ! (S'approchant du vicomto. 
Eh bien ! Monsieur, vous en tenez cette fois .... quand je vous 6 
le disais . . . . je suis Bas-Breton .... et si vous saviez comme Mer- 
lin m'a traits. ... Ah ! Monsieur !. . . .quel indigne vieillard 1 

HECTOR, sechement 
Tais-toi. (n prend «on manteau dans un coin, et avangant gravement rwt 
mademoiselle de Kerdic, il lui fait un profond salut ; puis il accomplit aveo la m6me 10 
grravit6 la mfime cei6monie vis-i-vis de Frangois: Yvonnet le suit pas 4 pas, imitant 
apr^ lui chacun de ses mouvements ; apris quoi, tous deux sortent par le fond, 
Yvonnet trottinant derrifere son maltre, et se retournant pour saluer encore. — ^Made- 
moiselle de Kerdic et Frangois se regardent en riant.) 

* Frangoii, mademoiselle de Kerdic, Hector, Yvonnet. 



126 hk TiK. 



SCilNE IX. 

MADEMOISELLE DE KERDIO, FRANgOIS, ptiia LE OOMTE. 

MADEMOISELLE DE KEfiDIO, qui est pr^s da la petite porte da dnrfta, 

prataat I'oreille. 

> Cest lui ! . . . .11 ^tait temps. (Le comte, ■» Untarne A U main at oouvert 
dn mantean toat moviI116 par la neiga antra i droita.) Ah 1 mon Dieu ! 

comme vous voil^ fait 1 Yous avez Tair d'uue cascade ! (EUa I'aida 
4 M dibarraasar.) Chauffez-VOUS vite ! 

LE COMTE.* 

Vt Ouf I j'en ai besoin. (n s'adosse k la ohemin^a.) Je vous dirai, 
Mademoiselle, que j'ai laiss^ notre malade en train de s'endor- 
mir tr^ gentiment. 

MADEMOISELLE DE KERDIO. t 

Ah 1 tant mieux ! merci bien. — II y a en voua de bons restes, 
16 allons .... 

FRANQOIS. n jetta du bois au feu, at ea diriga yara la porte, emportant la 
lantema at la manteau : pr^s de sortir, il sa retoume. 

Eh 1 eh ! soyez sages, jeunes gens, (n aort.) 

* Mademoiselle de Kerdic, Frangois, la oomta. 
t Madamoiaalla da Kardio, la oomta, Frangoia. 



LA rim. 127 



LE OOMTE, MADEMOISELLE DE KERDia 

LB OOMTE*. 

Tons dtes gard^e \k par un vrai dragon, Mademoiaelle. 

MADEMOISELLE DE KERDIO, riant. 

Son service, k ce titre, comme k tous les autres, n'est paa fa- 
tigant. Les tr^sors de mon k^e se gardent tout seuls. 

LE OOMTE. 

Cela prouTe que les gens de gotlt sont rares en ce pays. 

MADEMOISELLE DE EEBDIO. 10 

N'allez-vous pas essayer de me faii-e croire, par hasard, qu'on 
poarrait dtre amoureux de moi t 

LE COMTE. 

Ma foi I . . . . Vous devez avoir 4ti bien jolie 1 

MADEMOISELLE DE EERDIO, prenant sa taplsseri*. U 

Oui. . . .du temps que la reine Berthe filait. . . . Yous ne 
VOUS asseyei pas t (EU« I'asseoit.) 

LE OOMTB. 

Non. — (D Mopira) n est r^ellement impossible que j 'abuse 

plus longtemps de VOtre hospitality .... (Il pass« la main but son front 80 
qui ■'•at aMombri, et qtiitte la oheminie.) Allons ! 

MADKMOISELLE DB KBBDIO, qui guit d'un regard plein d'anfoisM tooa les mouve- 
ments du oomte. 

Et. . . .«& allez-YOBs 1. . . . 

LB OOMTBb U 

J«. . . .je ne sals trop. . . .mais ne craignez pas qne j 'attache 
an pays que vous habitez quelque souvenir affligeant. . . .ne le 
oraignei paa. ... 

• MadamoisaUe de Kwdio, I* e«Bt». 



128 i,^ ris. 

MADEMOISELLE DE KEBDIO, * d'one y<Ax baasa 

MercL 

LE COMxjfi. n va prendre son cbapeau et sa oanne ; oomme il passe pr&s da piano, V- 
dit en affectant I'insouciance. 

6 Est ce que vous touchez du piano 1 

MADEMOISELLE DB EERDia 

Unpeu. 

LE OOMTE, s'lnollnantt 
On n'est point [tarfait. (Il prend son paletot snr one ohaiae. pals sf 

10 rapprochant de mademoiselle de Eerdic qui s'est lev6e et qui le regarde aveo ouriosit^, 

U lui baise la main.) Mademoiselle, soyez beureuse : personne ne le 
m^rite mieux que vous. (Apr^s une pause d'un silence p^nible.) M'est-il 
permis de vous charger d'une mission ] 

MADEMOISELLE DE KEBDIO. 

16 Oui : quoi ? 

LE OOMTE. t n prend une plume sur le guidon, arraohe une page de son porteten- 

ille et dcrit quelques lignes. 

J'ai 4t4 t^moin dans cette cLaumifere d'une schne dont je 

n'avais pas I'id^e. . . . Une pauvre famille. . . . des petits enfants. . . . 

20 sans pain, sans feu. . . .grelottant et pleurant autour du gi-abat 

d'un moribond. . . . — Je leur laisse ma fortune — Tenez -Veillez 

k cela. 

MADEMOISELLE DE KERDIO, ti^ant on pM vers lul, et parlant areo one dignity 
dmue et simple. 

26 Voulez-vous done que ces enfants oublient leur mfere , . . , qu'ils 
deviennent Strangers k tous les gi-ands devoirs et k toutes les 
saintes v^rit^s de la vie. . . .qu'ils finissent comme vous allea 
finir 1 . . . . Ah 1 ne touchez pas k leur misfere, Monsieur : elle 

. vaut mieux que la v6tre ! 

80 LE OOMTE, inoertala. 

Mademoiselle I . . . . 

* Le oomte, mademoiselle de Kerdl& 
t Mademoiselle de Kerdio, le oomte. 
) Le oomte, mademoiMlIe de Eerdia 



LA He 129 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Pardon. Monsieur, ei j'ai cru longtemps que j'^tais de Totre 
part I'objet d'une indiscrete raillerie .... Et maintenant en- 
core .... oui .... maintenant encore . . . . je douta .... eat-ce 
vrai .... est-ce s^rieux 1 . . . . La vie d'un homme .... I'&me d'un t 
homme .... est-elle sincferement k vos yeux chose si petite et 
gi l^g^re, qu'elle tienne tout entifere dans un boudoir . . . . et 
qu'elle n'ait hors de 14 ni joies k attendi-e ni devoirs k prati- 
quer 1 Ce mot devoir . . . . le mot meme de I'existence .... est-il 
dcrit sur una seule page de la v6tre 1 . . . . Avez-vous jamais lo 
fait k quelqu'un au monde le sacrifice d'un de vos plaisirs, 
d'un de vos goftts, d'un de vos caprices 1 Etes-vous jamais sorti 
pour personne du cercle dtroit et glac^ de votie frivole ^gois- 
mel.... Non 1 pour personnel pas mfeme pour votre pauvre 
m^re ! •• 

LE OOMTE. 

Mademoiselle ! 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Vous ne pouvez vivre .... parce qu'il n'y a plus de femme sur 
la terre que vous puissiez aimer .... Et n'y a-t-il plus, dites-moi, so 
d'infortun^s que vous puissiez secourir. . . .de larmes que vous 
puissiez s^cher, ou qui vous puissent b^nir 1. . . . Vous demandez 
k la vie des enchantements inconnus, Monsieur .... Ah 1 elle 
vous en garde plus d'un, je vous assure .... elle vous garde, vous 
le pressentez d6jk, la douce magie du devoir accompli . . . . le ae 
charme secret des services rendus, la paix profonde de Tftme 
apr^ la joum^e bien remplie . . . . et le »ommeil heureui qui suit 
le sacrifice .... Essayez de ces plaisira, et si la vie alors vous 
semble vide et sans saveur, rejetez, comme un reproche, vers le 
ciel, votre coupe bris^e . . . . je vous le permets .... Pardon en- so 
core, Monsieur. ... (Sa voix s'^ment de piufl en plus.) mais je vous 
parle, n'en doutez pas, comme vous eiit parl6 celle que vous 
regrettex, ai vous aviez pu consoler son dernier regard. . . . et rece- 
▼oir son dernier baiser i . . . , 



130 LA fAk. 

LB OOMTE, I» tMe penoh^e, d'une toIx loavile i* tnabl6e. 
Ooi.. . .je crois....il est possible que j'aie mal pris Is 
vie. . . .mais il est trop tard. . . .le mal est trop inv^t^. . .. 
meroi .... mais adieu .... 

6 MADEMOISELLE DE EERDIO, aTeo one Borte de galttb fibril*. 

Soit .... mais du moins rendez-moi encore un servioe, monsieui 
de Comminges. 

LE COMIB. 

De grand coeur, Mademoiselle. 

10 MADEMOISELDE DE KERDIO. 

Tenez-moi ma lairia. . . . voulez-vousi (Le oomte Wt on grett* poll; 

ell* lui passe son ^oheveau autour dee mains, et s'asseoit ; le comte s'asseoit k moitii 
8ur le bord d'un fauteuil ; pendant qu'elle divide sa laine, on eutend au dehora dam 
la otfnpsigne I'air d'une ballade), t 
15 LE OOMTE. 

Est-ce que c'est un air breton, ceci t 

MADEMOISELLE DE KEBDia 

Oui, c'est I'air de la ballade de Roger Beaumanoir. 

LE COMTE. 

80 C'est joli. Cela me rappelle un chant de I'Auvergne; y a^t-il 
des paroles sur cet aii- li 'i 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Oui: il est mSme question de {4ea dedans, vous qui les 
aimez. 

jj LB OOMTE. 

Vous seriez bien aimable de me les dira 

MADEMOISELLE DE KEKDIO. 

Ce serait done pour achever de vous endormir, car TOUfl 
• sommeillez k moitiA 

LE OOMTE. 

Non pas, je vous jure. . . .c'est un peu de fatigue sealement. 

^ * Mademoiselle de Kerdio, le oomte. 

tCet air doit £tre extout^ far nn hautb^ poar imiter, en Hdteliaaat, la mm 
tretonne,^* Mniota. 



u 



hL riK. ISl 

MADEMOISELLE DE K^mptq^. 
Si fait. . . .et remarquez en passant qu'une seulc soir^ conaa- 
cr^e k la complaisance et k la charity voub a ddijk rendu I'ap- 
p^tit et le sommeil, en attenf]ant mieux. . . . laissez-vous faire, 
allez. . . .cela vous ddtendra. . . .voyons. . . .je vais vous aider. 6 
(L'orchestr* pr61ude.) (Mademoiselle de Kerdio chante, »tm on accompagnement 
tr^ ditux da I'orohMtrt 1m paroles de la ballade.) 

BALLADE.* 
I. 

Dana la brume du soir 10 

Qui dort sous ce vieux chdne T 
C'est Roger Beaumanoir, 
Le jeune capitaine .... 
Pendant qu'au fond des bois 
Coureut ses chiens danois. 
(L'orohestre reprend U ritoumelle d« I'sir.) 

LE OOMTE, & demi-volx. 

Encore, je vous prie. (n s'endort peu & peu.) 

MADEMOISELLE DE KEBDia 

n. 10 

n eflfeuille, en rdvant, 
Dans la verte fontaine, 
D efiFeuUle, en revant, 
Des fleurs de marjolaine. . . , 

Pendant qu'au fond des bois IB 

Courent ses chiens danois. 
(Le oomte est endorml ; mademoiselle de Kerdio se 16ve doucement, et la regarde, 
panohia sur M ; puis elle reprend d'une voLx de plus en plus faibla f : 

IIL 

O mon jeune amoureux, M 

Des fleurs que ta main sSme, 

Dit la f6e aux yeux blens, 

Je tresse un diad^me .... 

Pendant qu'au fond des bo!* 

Courent tea chiena danois. -o 

* Toir la mnaique de la ballade 4 la fin de la piioa. 

t Le oemte. Mademoiselle de Kardio. 



132 LA FiK, 

LE OOMTE, B'dveillant comme en sursaal 

Ah ! oil suis-je doucl. ... (ii m I6ve 6tonn6.) J'ai r^vi. . . . 
c'dtait bien vous que je voyais cependant. ... (n l» regarde avea 
surprise ; mademoiselle de Eerdio semble avoir rajeuni ; sea ridea ■'efEacsnt, bm 
5 cheveux Bont presque noire.) O'ftst extraordinaire. 

MADEMOISELLE DE KERDIO, souriant. 

Qu'y a-t-il done ? 

LE COMTE. 

Vous n'avez plus vos soixante ans I 

10 MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Bah I vous me voyez k travers les derniers rayons do Yotr* 
rfive. , . . 

LE OOMTE. 

Cela Be peut. . . .cela doit ecre, . . .et cependant je jurerai& 
16 que vous Stes plus jeune de vingt ann^es. 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Eh bien I qu'y aurait-il h. cela de surprenant, monsieur de Com- 
minges 1 Les annales de la faerie ne sont-elles point remplies de 
pareilles aventures 1. . . . Je me flatte que vous avez congu pour 

20 moi un peu d'affection .... vous savez qu'il a suffi en tout temps 
de I'amour inti-^pide d'un jeune chevalier pour rompre le charme 
qui voilait la beaut^ de la f^e sous les rides de la vieille d^cr4- 
pito. . . . Vous n'en 6tes encore malheureusement qu*4 I'affeo- 
tion . . . .et c'est pourquoi je n'ai rajeuni qu'4 moiti^ .... Peut-Stre 

26 un sentiment plus vif am^nerait une metamorphose plus com- 
pl&ta 

LE OOMTE. 

Qa'k cela ne tienne . . . aussi bien cet Strange aveu brille mes 
l^vres .... Qui que vous soyez, Mademoiselle, et il y a des 
80 instants oil ma tSte s'^gare k souder ce myst^re .... qui que voub 
Boye», je n'ose dire que je vous aime. . . .c'est un mot que j'ai 
trop profand. . . .mais jamais femrae ne m'inspira rien qui ap- 
proche du respect prof end . . . . et passionn^ dont votre presence, 
dont votre langage, dont votre regard me p^nitrent. ... Je ne 



LA fAk. 133 

VOU8 aime pas. . . je suis prfes de vous adorer. . . oui. . . .pour 
cette seule soirde de simplicity, de calme, de v^iit^ que je vous ai 
due .... pour ce doux attendrissement dent vous avez refralchi 
mes yeux. . . .je voudrais vous d^vouer toute mon &me retrou- 
v^e. . . .je voudrais. . . .si ce n'^tait pas de I'^goisme encore. . . . b 
enchalner k jamais ma vie k vos cdtds. . . .non. . . .k vos pieds ! 
(D tonib« k genouz.) 

MADEMOISELLE DE EERDIO, avec Amotion et dignity. le regardAnt en faoe. 

Est-ce vrai, monsieur de Comminges 1 

LE OOMTE, a'assoyant 10 

Sur mon honneur, e'est la vdiit^, 

MADEMOISELLE DE KERDia 
Eh bien ! . . . . (Elle le regarde avec une 86r6mt6 souriante.) Eh bien L . . • 
je sens que le charme fatal est rompu au-dedans de moi. . . . 
mais j'ai oubli^ les paroles sacramentelles qui doivent rendrei* 
le miracle visible aux yeux de tons .... II faut que je con- 
suite mon grimoire. . . . (Elle lul lourit encore et disparait par la porte 
laMrato.) 



184 tAwAK. 



SC^NE XI. 

LE COMTE, seul, puis FRANgOIS. 
L£ COMTE, Btupefait. 

Quelle est cette femme? — Mon cerveau est troubM. . , , J'aJ 

5eu trop de fatigues. . . .trop d'^motions. . .je suis hallucin^. . . . 

je suis visionnaire . . . (n se i*ve et deecend.) Voyons, essayons de 

penser un peu de sang-froid. — II y a Ik quelque supercherie .... 

Mais non ! une telle femme ne pent §tre une aventurifere. . . . 

une intrigante .... cela est plus absurde k supposer que tout 

10 le reste .... Mais au fait ! il n'y a de miracle que dans ma pauvre 

t6te. ... Ce pr^tendu rajeunissement n'est qu'une illusion de 

mon demi-sommeil .... elle-m§me me le disait .... (Fran^jois rentre.) 

C'est sim])lement une bonne vieille qui, me voyant malheureux, 

a eu piti^ de moi, et qui essaye de me gu^rir en caressaut ma 

i» folie *. 

FRAMQOIS, d'une volx mftle.— II a vingt ana de moina. 
Monsieur, votre serviteur. 

LR COMTE. 

Qu*est-ce que c'est 1. . . Qu? es-tu? 

^ FRANCOIS. 

Je viens offrir mes remerciements k monsieur le comte. Je 
suis le vieux Frangois. J'^tais captif sous le mfime charme que 
ma maitresse, et j'en ai ^t^ d^livr^ en meme temps qu'elle. 
J'ai encore cinquaute ans, monsieur le comte ; mais quand vous 
25aurez ^pous^ Mademoiselle, j'esp^re bieu n'en avoir plus que 
trente. 

LE COMTE. 

Ah fal. . . .oil diable suis-je ici? (n a'approobt.) C'est bleu le 
*fkaiaGoia,l« ooiata. 



LA FiE. ISft 

mdme visage . . . Mais ceci d^passe ma cr^dulit^ . . . Voyons, mon 
ami, tu te moques de moi ; mais je te le pardonne, et je fais 
plus, je t'enrichia, si tu m'apprends sans une minute de d^lai 
le mot d'uue ^nigme, — oil mon esprit se perd, j'en couviens. 

FRANgois. 6 

Monsieur, tous Stes trop initio aux moaurs de notre race 
pour que j'aie rien k vous apprendre. Je suis un pauvre diable 
de g^nie subalteme, enchant^ jadis par le pouvoir de Merlin 
aux c6t^3 de la noble t6e, ma maitresse. Kous attendions dans 
cette forfit, depuis un si^cle entier, la venue d'un jeune gen-io 
tilhomme, assez d^licat pour pr^f^rer les sol ides qualit^s de 
r&me aux grS,ces d'une beauts p^rissable : voUi pourquoi je 
vrous ai accueilli tantdt avec une joie mal dissimul^e, pressen- 
tant en vous un libera teur ; voil& pourquoi je viens vous offrir 
I'hommage de ma reconnaissance, ayant compris tout k I'heure, 16 
au changement agr^able qui s'op^rait en ma personnel que, 
gi'&ce k vous, Monsieur, les temps ^taient accomplis. 

LE OOMTE. 

Tu n'as rien de plus k me dire 1 

FRANQOIS. to 

Rien. 

M! OOMTE. 

Eh bien ! que Merlin te vienne en aide I car, de par le cirf 1 

ma patience est a bout 1 . . . . (n Tent le saisir an collet) 

FRANCOIS, lai arrdtant It bras d'noe pulssante ^treint*. gS 

Silence ! . . . ^COUtez ! (L'orchestre Jone en sourdine I'alr de la 

ballade. La porte da tond g'oayn; une lumi^re telalante remplit le salon.— Le 
oomte ■• retouniii,) 



IW LA ViK. 



SC:fcNE XIL 

Le8 istwBS, MADEMOISELLE DE KERDIC ; eDe a vlngt ana; 

elle eat vetue de blano et porte un diad^me de fleurs sauvages ; elle a'avance lent*- 

merit, tenant k la main une bagiiette de fee. Arrivde i quelquea pas du comte, elle 

5 laisse tomber sa bagfuette * — Francois sort et rentre un inatant apr^a ne paraiaaant 

plua avoir que trente ana.) 

MADEMOISELLE DE KERDIO, du ton d'une jeune fllle. 

Monsieur de Comminges, je dois d^poser devant vous les in- 

gignes d'un pouvoir qui n'est plus ; car ce n'est plus une f4e, 

10 — hdlas ! c'est presque une suppliante qui vous parle. — Je suis, 

Monsieur, cette provinciale qu'une amiti^ trop indulgente avait 

jug^e digne de porter votre nom. 

LE OOMTE. 

Mademoiselle d'Athol ! . . . . 

IB MADEMOISELLE DE KERDIO. 

Jeanne d'Athol. . . . oui . . . .Vous me trouverez bien hardie et k 

peine excusable, Monsieur, d'avoir os6 meme avec la sanction 

et la complicity d'un fr^re .... (Elle montre Francois.) d'avoir osd 

. employer des moyens de tb^§,tre pour obtenir une conversion 

20 qui fut le voeu .... la pri^re . . . . le dernier ordre d'une mau- 

rante .... 

LB OOMTE. 

Ma m^re 1 . . . . 

MADEMOISELLE DE KERDIO. 

26 Ma t§,che serait remplie, Monsieur, si je vous avals prouv^ 
que vous vous ^tes tromp^ de chemin, qu'il est une vie plua 
digne d'un homme et de celui qui la donne, — qu'il est des 
faeries plua r^elles et plus douces que celles oil votre imagi- 
nation vous attirait.... Oui, ma t&che serait remplie.... 

ao(AvM ua accent imn et triste.) et je serais heureuse. . . .quaud mdme 

'Francois, mademoiseUe de Kerdio, le oooit«. 



LA. Flk'R. 



187 



ce moment et celle qui vous leprdpara ne devraient 6tre pour 
votre cceur qu'uii reve oubli^ demain . . . . un secret, Monsieui-, 
que je laisserais sans crainte k la garde de votre loyaut^. 
LE OOMTE, en extase. 

De grace .... que ce rhve ne finisse jamais ! (D lui prend la main et s 

■'inoline Jusqu'^ terre.) 

MADEMOISELLE DE KEKDIO, seoouant la tfite. 

N'est-ce pas k la f^e encore que cat horamage s'adresse 1 

LE COMTE. 
Non. . . .c'est k I'ange ! (Il pose son frout, comme pour cacherson ^nio 10 
tion, sur la main de la jeune fiUe.) 

MADEMOISELLE DE KERDIO, a Francois qui I'interroge du regard. 
II pleure . . . . il est SaUV^ ! (La musique joue doucement Jusqu'i^ la flu). 



FIN. 




LA FEE. 



CHANT. 



PIANO. 




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rent ses chiens da - nois. 






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— -^tJ===:*.F Trti^-^TL- ;n-|^|:::,|=-_ 






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rit. p 



NOTES. 



"NTOTES TO 
LE CIIIEN DU CAPITAINE. 



This editioB of Lt Ckien du Capituine is printed from th« Paris edition of 1879, with 
collation of the new editions (Jenldns, 1890), edited by Frederic Sumiohraat and 
(Haohette, 1892) by Henri Bu4. 

Annotated editions so far published are the editions by Suniichraat and Bud already 
noted, by Squair (Oage & Co., Toronto, 1890), and by Mclntyre (Copp, Clark Co., 
Toronto, 1890). 

References in the notes to the two texts in this volume make use of the following 
abbreviations:— Diet. Aoad., Dictionnaire de VAeaditnie frangaue, Paris, 1878 ; Litt., 
Litta"6, Dictionnaire de la langue franfaite, Paris, 1863-72 ; NED., A New English 
Dictionary, ed. Murray, Oxford, 1888—; B SO., The High School French Grammar, 
Fraaer- Squair, Toronto, 1S81 ; L Fr., Letsom t» French, Part II., Syliea, Toronto, 
ISMi 



PSige 5, Mne 1. — Oil done est Z^ro ? Done, with questions 
often, u here, indicates surprise ; cf . the English ' Where can Zero be ? ' 

Page 5, line 3. — son absence me fait un vide. ' I feel his 
•baenoe,' 'I miss him.' 

Page 6, line 6.— nom de jeune fllle. ' Maiden name.' 

Page 5, line?.— n^e d'un p5re cultivateur. 'Daughter of a 
farmer.' 

Page 5, line 8. — Honfleur. Honfleur is a town of less than 10,000 
inhabitants, sitnated on the south bank of the estuary of the Seine, facing 
Havre. The port is good, but accessible only at high water. To the 
west of the town extends the C6fce de Grace (cf. 18, 18), a hill on which 
rises, among ancient elms, the church of Notre-Dame-de-GrSce (cf. 13, 
16), built about 1660, and still sought by pilgrims, and enriched by gifts 
and offerings of thankful sailors. From the hill a beautiful view extends 
before one, embracing the sea, the distant towns of Havre, Harfleur, 
the hills of Ingouville, the Seine, etc. (see p. 19). 

143 



144 LE CHIEK DU CAPITAINB. 

Pago 8, line 9. — anoien. * Retired.' 

Page 5, line 9.— capitaine au long cours. A voyage rfe long 
cours is a long sea- voyage ; hence un capitaine au long cours is the 
master of a ship making \oyages to distant parts, a 'sea captain.' Cf. 
mattre au grand (petit) cabotage, master in the coasting marine. The 
A in the phrase introduces the adjectival modifier, H S G., § 531, 4; 
L Fr.,% 275, 4. Other instances are to be found, 20, I ; 32, 23, etc. 

Page 5, line 10. — honn^te aisance. This phrase and its equiva- 
lent /or^jinc h<mnSte=' & comfortable independence,' 'a modest compe- 
tency.' 

Page 5, line 12. — I'as-tu enferm^. Note the use of tu between 
intimate relations. Pigault later speaks to the dog Zero, "Si tu crois 
qu'avec tes pattes," 15, 2.S, using tu, as is customary, with lower animals. 
In talking with Michel Yver, the polite vous, however, is used: "Vous 
causiez done avec Z6ro," 14, 1. 

Page 5, line 14.— I'avoir dans les jambes. 'Have him at one's 

heels,' 'in one's way.' 

Page 5, line 15. — au moins = du mains (9, 31), *at least.' 

Page 5, line 18. — bonne k tout faire. 'Maid of all work;' cf. 
domestique d tout /aire. But note likewise Vest un homme d tov^ faire, 
He stops at nothing. The omission of the article is due to the appositive 
parenthetical relation of " bonne " to "Victoire." Cf. "campagnarde," 
5, 17; "habitude de marin," 50, 29; "precaution," 52, 7; "chose 
strange," 61, 19, etc.; H S G., 408, 4 ; L Fr., 57, 3. 

Page 5, line 19. — h seule fin. 'For the (sole) purpose,' 'merely.' 

Page 5, line 20. — matelote normande. The matelote is a fish 
stew — fish stewed d la matelote, in sailor fashion, with wine, onions, 
parsley, etc. 

Page 5, line 22.— assez grande. ' Pretty big.' 

Page 6, line 2. —fit — le tour — en courant. ' Ran round. ' 

Page 6, line 4.— cire rougO. A red wax used to give a polish to 

tiled floors. 

Page 6, line 6. — par teire. * On the ground.' 

Page 6, line 14.~rase COntre terre. -S'e raser, in the language of 
the chase is osed of an animal that crouches flat on the ground, so as 



H0TE8. 145 

not to be seen, eto. Hence, ' cronching flat on the giwincL' S«e also 
41, 21. 

Page 6, line 15.— tremblant qu'on ne The rerb of fearing 

requires ne ; the qxie ne may be rendered by English 'lest.' 

Page 6, line 17. — voix de tete. in imitating a woman's or child's 
voice, a man uses a 'head-tone,' known as voix de tSte, as distinguished 
from voix de poitrine, chest-tone ; here the phrase is used loosely for a 
high-pitched shrill tone, — ' shrill treble.' Cf. 34, 25. 

Page 7, line 29.— au fond. ' At bottom,' ' at heart.' Cf. 60, 28. 

Page 7, line 30.— au premier abord. This is one of numerous 
phrases d'abord, tout d'abord (23, 7), de prime abord, meaning en premier 
Sett, au premier instant, du premier coup (8, 29), 'at first,' 'at the outset. ' 
{Abord = meeting, encounter.) 

Page 8, line 4. — tout de suite. Be suites Vun apr^a V autre or 
aans interruption; hence tout de suite = 8an8 ddlai, aur-le-champ, 'at 
once.' 

Page 8, line i.— VOUS prenait le COeur. 'Won your heart.' 
The French preference for the article with parts of the body, senses, 
etc., may be noticed here and in 8, 5 ; 33, 12 ; 34, 16 ; 35, 13, etc. 

Page 8, line 6.— prendre ses aplombs. Aplomb, Kng. 'plumb,' 
' upright ' ; so perdre son aplomb, to be out of plumb, or (fig. ) to lose 
one's self-command ; prendre ses aplombs, get a firm footing. 

Page 8, line 11.— en eventail. Note this ralue of en, 'like a,' and 

cf . the Eng. ' i&n-sluiped. ' 

Page 8, line 11.— a ram^ricaine. Note this phrase abbreviated 
from d la faq(m (guise, matiierv) amdricaine, 'American style.' Of. 
"drames k la mode," 34, 1.3. 

Page 8, line 14.— de son gofit. Or d son go&t, 'to his taste.' 

Page 8, line 15.— vent arri^re. 'A leading wind, — 'with the 
wind astern.' 

Page 8, line 18. — 4 tout prendre. 'Taking everything into 
account,' ' altogether. ' 

Page 8, line 20. — grain. In sailors' language ' sqnall,' grain blanc, 
the white squall of the Tropics. The author puns on the other meaning 
of grain, grain of corn, seed, which though little can produce much. 



146 IM OHIBV DU GAPITAINB. 

Page 8, line 24.— A force de. ' By dint of Of. 18, 32. 

Page 8, line 24. — avait flni par. Finir par, lit. 'end by,' but 
usually rendered in English by 'come to,' 'end in,' 'finally,' 'in the 
end ; ' hence elU avait fini par le croire, ' she came at last to believe it. ' 
Of. 21, .3 ; 30, 28 ; 38, 15, etc., and "commen5a par," 60, 31. 

Page 8, line 25. — prendre en grippe. Orippe, fancy, mania, 
hobby, is used in this phrase = 'conceive a dislike for.' (Note avoir la 
grippe, ' to be ill with influenza. ') 

Page 8, line 25. — qui n'en pouvait znais. Mats in this one 
phrase shows its original meaning, Lat. niagis, more ; n'en pouvoir 
mais, cannot help it, not to be responsible for it. 

Page 8, line 29. — du premier coup. See note 7, 29. 

Page 9, line 2. — dignity de chien. An instance of the brief 
expressive constructions that abound in French. In English they are 
usually turned into adj. and noun, cf. "royal dignity ;" sometimes by 
" — ship ; " here perhaps best rendered 'his dignity as a dog,' 'his canine 
dignity.' 

Page 9, line 3.— il se retira sous sa tente. A jesting allusion 
at the Greek hero AchUJes, who at the beginning of the siege of Troy 
withdrew to his tent and refused to fight because his commander 
Agamemnon had insulted him by seizing his captive Hippodameia. 
■—Iliad, Bk. i. 

Page 9, line 6. — Madame. 'His mistress.' The mistress of the 
French household is always " Madame." 

Page 9, line 5. — de fait. 'In fact,' 'really.' 

Page 9, line 12.— du c6t6 du chien. 'On the dog's part (side). 
Note this use of de with c6t4 ; cf. 15, 14; 15, 28, etc. 

Page 9, line 17.— n'etait pas faite pour. 'Was not of a kind 
to,' ' was not apt to.' 

Page 9, line 20.— 6tait prise sur la sienne. -Sur is used with 
prendre, etc., giving the notion of taking away from one's share, due, 
etc. : prendre sur ses gages, take out of one's wages ; prendre aur sa 
nourriture, to take away a part of one's food. 

Page 10, line 2.— une sorte de palatine — 'A sort of 
tippet set about ' The tippet or cape, made fashionable (1676) in 



NOTKS. 147 

Franoe by the Princess Palatine, wife of the Dnke of Orleans, brother 
of Louis XIV., received from her its name (Litt.). 

Page 10, line 3. — un je ne sais quel. 'An indescribable....,' 
or, rendering the whole clause, ' making him look curiously like. . . .' 

Page 10, line 13.— il avait de I'esprit a en revendre. 

Revendre is lit. ' to sell again, ' ' to sell at second-hand ; ' hence avoir 
d'une chose d revendre, lit. ' to have of a thing (some) to sell,' in 
familiarly = ' to have enough and to spare. ' 

Page 10, line 14. — M. de Buffon. Georges Louis Leclerc, comte de 
Buffon (1707-1788), a great French naturalist, director of the Jardin du 
Roi in Paris, author of an Histoire natureUe, etc. He was admitted to 
the French Academy in 1758, when he made a famous address, Discoura 
sur le style. As a nobleman he would wear the court dress with lace 
cuffs ("en manchettes de deutelle "). 

Page 10, line 15. — en pleine Acad^mie. * Before the Academy 
in full session.' The French Academy was begun in 1628, and organized 
by Richelieu in 1635, for the purpose of regulating the language and taste 
of France It consists of forty members, chosen for literary or scholarly 
eminence, who meet weekly. 

Page 10, line 30.— cet age est sanS piti6. An allusion to the 
lines of the poet La Fontaine (1621-1695) in his fable Les deux pigeons, 
Bk. IX., ii., 54. 

"Mais un fripon d'enfant, cet ftge est sans piti6, 
Prit sa f ronde, et du coup tua plus d'4 moiti^ 
La volatile malheureuse." 

Page 10, line 31.— berg"e. Berge is the embankment; c6te (63, 25), 
the coast, shore, as seen from a ship ; bord (11, 23), edge, margin ; rive, 
the bank of a river or stream ; rivage (18, 31), the bank or shore of a 
river or sea. 

Page 11, line 16. — dont vous ne valez pas les quatre 
fers. 'I'he expression ne pas valoir les quatre fers d'un chien is pro- 
verbial, 'not to be worth a straw.' The fer is the shoe (of a horse, 
etc.), and as a dog is not shod, the expression means ' worth nothing.* 
Pigault turns the phrase ; say, 'compared with whom you are not worth 
a straw.' The whole expression is a vigorous way of saying ' you worth- 
less rascals I ' 

Page 11, line 18.— sans demander son reste. Of. 36, 26ii 



148 IiK CUIEN DU CAPITAIKE. 

Beste, remainder, rest, is need in the language of business, — II lyu .. 
pay4 son teste. He paid him oflF (paid him what was due of his wages, , 
hence partir sans demander son reste is 'to leave without saying a 
word,' or more generally, 'without replying,' 'without waiting for 
more,' 'at once.' Cf. // n'a pas attendu son reste. He did not wait for 
a reply. 

Page 11, line 30. — fair© un bout de toilette. Bout, end, is 
frequently used = a small portion, a bit ; un bout de corde, a small 
piece of string ; un bout de sermon, a bit of a sermon ; hence 'faire un 
hoxU de toilette,' ' tidy himself up a bit.' 

Page 11, line 30. — Dieu sait. The French use of Dieu, diahle, etc., 
has less force than the corresponding English words ; hence render 
'goodness knows.' 

Page 12, line 12. — Allons ! Here used as an interjection, — 'Now 
then 1 • Cf. 18, 12. 

Page 12, line 15. — d© nouveau. 'Again,' 'anew.' 

Page 12, line 21. — A-t-il le flanc creux ! One of the commonest 
of emphatic forms is this interrogative form, — ' Isn't he thin ! ' Cf. 16, 2. 

Page 12, line 23.— je veux faire un heureux aujourd'hui. 

Allusion to the saying of the Emperor Titus as recorded among others 
by Suetonius in his Duodecim Caesares, Titus, § 8 : " Once at supper, 
reflecting that he had done nothing for anyone that day, he uttered that 
memorable and rightly praised saying : ' Friends, I have lost a day ' 
(Amici, diem perdidi)." The saying was expanded by Racine (1639-1699) 
in his Bdrdnice, iv., iv. : 

"Oil sont ces heureux jours que je faisais attendret 
Quels pleura ai-je s^ches? Dans quels yeux satisfaita 
Ai-je deja goflt6 le fruit de mes bienfaits? 
L'uni^'ers a-t-il vu changer ses destinies? 
Sais-je combien le ciel m'a compt6 de journiea? 
Et de ce peu de jours, si longteraps attendus, 
Ah, malheureux 1 combien j'en ai d6j4 perdus !" 

English literature contains many allusions to the memorable exclama- 
tion ; Addison, Young, and others turned it to account. 

Page 12, line 25. — ne payait de mots. Z)c = 'with.' Je le payerai 
de man sang, I shall pay for it with my blood. Payer de parolei\ 
payer de belles paroles, payer de mots, ' to pay with fine speeches.' 

Fagre 13, line 12. — de force. 'By force,' 'forcibly.' 



NOTBS. 149 

Page 13, line 12.— par exemple. Interjection,—' I can tell you,' 
colloquially non, par exemple, ' not by a long shot.' 

Page 13, line 16— Bonsoir la COmpagTlie. ' Good night every- 
body,' 'good-bye to you.' There is a touch of a familiar sense of bon- 
soir in this, to indicate that an action is ended and has been perhaps 
vain ; cf . Tout est dit, bonsoir ; n'en parlons plus (Diet. Acad. ). 

Page 13, line 15.— un beau cierge. One of the most frequent 
offerings of Roman Catholics in gratitude for an escape from peril is a 
wax -caudle of greater or smaller size to be burnt before the shrine of 
some favoured saint. 

Page 13, line 16.— Notre-Dame-de-Gr&ce. See note 5, 8. 

Page 13, line 21.— Adieu, mou beau navire. In 1835, Hippo- 
lyte Monpou (1804-1841), already successful as a composer of songs, 
represented at the Opdra-Comique, a light opera in one act entitled les 
deux Reinea, the words of whicli were by Fr6d6ric Souli^. One of its 
airs Adieu, mon beau navire, achieved instant popularity. Massou has 
reprinted the words in his Lyre frangaise, p. 114. 

Adieu, mon beau navire, Lorsque la mer ^mue 

Aiix grands m&ts pavois^ S'^langait jusqu'aux cieux ; 

Je t« quitte et puis dire : Sous nos pieds, sur nos tites, 

Mes be&ux jours Bont passes ! Quand grondaient tner et vent, 

Entre ces deux tempetes 

Toi. qui plus fort que I'cnde, Xu passais triomphant I 
En slUonnant les flots, ^dieo, men beau, eta 

A toue les bouts du monde 

Port« noi matelots ; PIna de courses paisibles, 

Nous n'irons plus ensemble OA I'espoir rit au coeur ! 

Voir I'Aquateur en feu. Plus de combats terribles 

Mexique oi le sol tremble, Dont tu sortais vainqueur I 

Kt I'Espagne au ciel bleu 1 Et d'une main hardie 

Adieu, mon beau, eta Un autre jt mon vaissean, 

Sur la poupe ennemie, 

Qnand 6clatait la nne, Plantera ton drapeau I 
Et la foudre 4 nos yeux, Adieu, mon beau, eta 

Page 13, line 27.— les braies des Gaulois nos peres. The 

country now France was called by the Piomans Gallia, and its inhabi- 
tants, who were chiefly Celts, Galli. The dress of all the barbarians, as 
distinguished from the Romans and Greeks, who wore the toga or hima- 
tion, was in part always breeches. Strabo says specially of the Galli 
th»t " they wear breeches which they call brakas." J he Celtic word 
(Breton) bragez, French braie, Lat. braca, is preserved likewiao in Eng. 
'breeches,' Scotch 'breeks.' 



ISO LK CHIEN DU OAPITAIMK 

II. 

Page 14, Une 1.— Vous causiez done. Cf. the use of done 6, 
1 and note. Here, — * And ao you were talking. ' 

Page 14, line 1. — Qu'est-ce QUe bieu. Note the value of the 

periphrastic question and hien, — ' what in the world could you say to 
him?' 

Page 14, line 12.— pour ce qui est de cela. Lit 'for what 
concerns (is of) that,' — ' as concerns that,' ' on that point.' 

Page 14, line 12, — dans SOD. tort. ' In the MTong.' 

Page 14, line 13 — mais QUe VOUlez-VOUS? Cf. 1. 24 below. 
This phrase is idiomatic and cannot be rendered literally in English. 
Understood with the phrase is "(que voulez-vous) qu'on fasse [dise)," 
denoting that things are so, and one cannot help it. The nearest corres- 
ponding English is, ' What can one do about it ? ' ' How can one help it ? ' 

Page 14, line 14. — fidele en diable. Gf. " ce port est difBcUe en 
diable," 55, 20. "En diable" (lit. 'as the devil') is frequently used, 
as here, as an adverbial phrase, — 'extremely.' Cf. "La nuit est noiie 
en diable," — Beaumarchais, Mar. de Fig., v. iii. In English some 
speakers are addicted to a similar use of the equivalent adverb. 
Readers of Dombey and Son will remember that Major Joseph Bagstock 
was "tough, ma'am; tough is J. B., — tough and de-vilish sly!" 
Render, ' faithful as can be. ' 

Page 14, line 14. — ^a. For cela (with soft c, hence fa), ^a gives » 

little touch of familiarity or contempt not suggested by il. 

Page 14, line 16. — quel est-il? Quel here refers to the character, 
nature, etc., of the man, not like qui, to the name, position, etc. 

Page 14, line 17. — Un paS grand' chose. This phrase imitates 
the word vaurien (1. y), a g<>od-for-nought — un homme qui ne vaut rien; 
so "un pas grand'chose "= un homme qui ne vaut pas grand' chose. ' He 
doesn't amount to much.' Compare " uu rien du tout," 14, 21, 'utterly 
worthless fellow;' " un propre k rien," 39, 22, 'a good-for-nought.' 

grand'chose. With certain nouBS grand does not take the e of 
the feminine. In 0. F., adjectives derived from Lat. adjectives in — i» 
had but one form for the two genders. Thus Lat. grandis (m. and /.) 
grande (n.) became in 0. F. grand ,(m. and/.). Under the influence of 
Adjectives derived from Lat. adjectives in — us, which had two forms in 



NOTES. 



161 



O. F. {e.g., Lat. bonus, bona, bonum ga,vebon tn., bon{n)ef.), the one-form 
adjectives began to assume two forms {grand, grande). Nevertheless, 
certain well marked survivals of the single form maintained themselves, 
Karly grammarians, ignorantly thinking these were contractions, used 
an * to denote the omission, as they thought, of the e. Some of these sur- 
vivals are grand'chose, grand'cMre, grand'faim, grand'soif, grand'peur, 
grand'm^e, grand'tante, grand'messe, grand'peine, grayid'pitid, grand'rue. 

Page 14, line 20. — pays de CaUX. 'fhe elevated part of ancient 
Normandy lying along the Channel, from the Seine north to the 
Bresle. "La campagne meme est plaut^e d'arbres k fruits align^s, qui 
n'empechent pas que Ton n'y fasse d'excellentes r^coltes, tant la terra 
est fertile. Partout ce pays offre des sites agrdables et varies et de cha- 
mants paysages," — de Saint Fnrgeau. 

Page 14, line 22.— H passe pOUr=e«< rdputi, — 'He has the reputa- 
tion of. ' Cf. II passe pour I'auteur de ce roman, He is reputed to be 
the author of that novel. 

Page 14, line 25.— tout de meme. ( Tout) de mime ( =de la mime, 
semblable maniire), a common adverbial phrase, — *all the same.' 

Page 14, line 25.— Faut le VOir. Colloquially il is frequently 

omitted before /a«i. Cf. "m'estavis," 20, 18. 

Page 14, line 25. — emboiter le pas. A military phrase to denote 
marching in close files, so that the foot of the man behind follows on in 
the place the foot of the man in front leaves. Fleming in his Diet, 
renders this ' to cover the step ; ' the technical name of the step ia 
English is, however, the 'lock-step' (Wilhelm's Military Diet.) ; almost 
equivalent (of dogs) is the expression "to come to heel," in the sense of 
following hard on the steps of the dog's master. 

Page 14, line 26.— II ne paye pas de mine. " Payer de mine" 
(cf. 12, 25), denotes ' impress favourably by one's looks,' — ' He isn't 
much to look at. ' 

Page 14, line 29. — et m.em.e da vantage. Note the use of da- 
vantage rather than plus at the end of the phrase, H S O. % 497, 3 ; L 
Fr., § 261. 

Page 14, line 29.— II ne lui manque. Manquer is impersonal, — 
H me manque quelque chose, / lack something ; hence, ' He lacks. . . .* 

Page 15, line 3.— escogriffe de Norkind. Escogriffe, a land- 
shark, a shabby, ill-lookiug fellow, — 'That lout of a Norkind.' Note 



162 LE CHIEN DU CAPlTAINE. 

that the appositive noun with de omits the indefinite article. Of. L Fr., 
§ 276, 3. 

Page 15, line 4.— allez. Interjection ; cf. 12, 2 ; 18, 12 ; 75, 32 ; 76, 
28, etc. Render it in harmony with the context ; here, 'I can tell you.' 

Page 15, line 6. — se jetterait au feu. Se Jeter (.se mettrt) au feu 
pour quelqu'un is the ususl French form of the proverb corresponding 
to the English ' to go through fire and water for any one. ' 

Page 15, line 7.— On n'en fait plus sur ce gabarit. Gabarit, 
model of a ship, — 'They don't buiid that kind any more.' 

Page 15, line 9. — Je le Crois parbleu bien. Parbleu (euphem- 
ism for par Dieu) is a mild oath, but here merely an adverbial strength- 
ening of "bien," — ' Well I should think ao,' or more freely, 'You had 
better believe it.' 

Page 15, line 9.— Mais regardez done. Cf. 5, 1 ; 14, 1, and 
notes. Here with the imperative "douc"=just, pray, — 'but just 
look.' 

Page 15, line 10.— Qu'est-ce qu'il peut avoir a courir? 

" Avoir " here= ' to be the matter with,' — ' What can be the matter with 
him running ? ' 

Page 15, line 13. — de temps a autre=d« temps en temps, 'from 
time to time.' 

Page 15, line 19.— prit son 61an. Cf. 53, 28, 'made a spring.' 

Page 15, line 22. —Je t'en SOUhaite. -£^n souhaiter is used coUo- 
quially, to wish a person something you know he will not get, — ' I wish 
you may get it,' 'I wish you luck of it' (ironically). 

Page 15, line 24.— marche vent arriere. ' Is running before the 
wind.' 

Page 15, line 24. — file. ' Is spinning ofif.' The metaphor is from the 
turning of the wheel, on which the rope is wound, when the log is cast 
into the water. 

Page 16, line 24. — du train. 'At the rate.' 

Page 15, line 25. — d'avance. 'Of a start.' 

Page 15, line 26. — boire un COUp. ' Drink a draught,' 'take a 
drink,' euphemism for "drown." 

Page 15, line 27.— j 8 t'attache Is reste de tes jours aveo 



iroTKs. 16S 

des saucisses. This odd expression arises from the familiar phrase 

attacker aes chiens avec des saucissea, to throw money to the dogs, to 
spend foolishly. Pigault means therefore, that he is so sure the dog will 
be drowned that he engages to pamper him for the rest of his life if he 
escapes. 

Page 15, line 28.— le COUrant. Some editions read "ce satan^ 
courant. " 

Page 15, line 28. — le Havre. Formerly called le Havre de Or dee, 
'the harbour of Grace,' hence the use of le. It lies on the north bank, 
at the mouth of the Seine. It has a population of 116,369 (1891), and 
carries on a quarter of the commerce of France. 

Page 15, line 31. — N'importe. Of. 14, 25, note. 

Page 15, line 31.— mal a Norkind. ' Unkind ©/"Norkind.' A at 
times denotes source. 

Page 15, line 32. — toutou. Usually written tou-tou, a child's word 
for dog ; cf. 'bow-wow.' Du Maurier in Trilby {Tp. 309) defines toutou 
as " a nondescript French lapdog of no breed known to Englishmen (a 
regular little beast ! )." 

Page 15, line 34. — tenez. Cf. aller used as an interjection, 12, 2; 
15, 4, etc. — 'see now.' 

Page 15, line 34. — le voil^ QUi COUle. Note the constructions 
with void, voild. Lit. ' see him there who is sinking, ' — ' there, he's 
sinking.' Of. 16, 1 ; 82, 16. 

Page 16, line 1.— coups de reins. 'Strokes' One of many 
French phrases with coup, usually indicated in English by one word, — 
eoup-d'ceil, glance, coup de pied, kick, coup de couteau, stab, coup de 
dent, bite, coup de fusil, (gun) shot, coup de vent, squaU, etc. 

Page 16, line 1. — voil^ qu'il tourbillonne. 'There, he's going 
down in the eddy. ' 

Page 16, line 2.— a-t-il la vie dure! Cf. 12, 21, and note. 

• Doesn't his strength hold out ! ' ' Doesn't he die hard I ' 

Page 16, line 2.- -9a me fait encore quelque chose. 'That 

concerns (affects) me somewhat still,' 'I don't altogether like it.' 

Page 16, line 3.--je donnerais bien. Bien has intensive foroe,— 

* I'd willingly give.' 



164 LE CHIEN DU CAPITAINB. 

Page 16, line 7.— Tonnerre de Brest. Cf. 57, 1. The word 

"tonnerre" is used in French as in English 'thunder' is, as an exclama- 
tion. So tonnerre! milk tonnerres I (cf. 58, 26) and even tonnerre 
de Dieu! — "Tonnerre de Dieu 1 n'allons pas fumer sur le tonnean 
(cask) de poudre," — Balzac. The captain's exclamation is modelled 
on the last — the thunder of the cannon of Brest furnishing a comparison 
well known to the Norman sailors. 

Brest. A town of 75,854 inhabitants (1891), in the N. w. of France, 
important for its commerce and manufactures, but especially as a military 
port, one of the finest in Europe. 

Page 16, line 7.— qu'il meure, ce satan^ cMen. Note this 
order of pronoun, followed by the explanatory noun — an order character- 
istic of colloquial French. Cf. "le laisser la, ce pauvre diable," 18, 6; 
' ' il n'est pas beau, votre invito, " 20, 14, etc. 

Page 16, line 8.— le bon Dieu. The French, like the Germans (cf. 
der liebe Gott), are fond of using the adjective with the name of the 
Deity. In Eng. simply 'God,' or 'God Almighty.' 

Page 16, line 10.— qui ne lui allaient pas a la cheville. 

The expression II ne lui va pas a la cheville (du pied), (lit. ankle-bone) 
is proverbial to express that one man is inferior to another. Cf. ' He 
doesn't begin to compare with him,' ' He can't hold a candle to him,' 
etc. 

Page 16, line 11.— nom d'une pipe. This and the equivalent 
phrases nom d'un jietit bonhoniDie, nom d'un nom, are all slang 
euphemisms of the oath {au sacrd) nom de Dieu! "Nom d'une pipe ! si 
VOU8 m'approchez. .!" (Melesville, 18.30, in Larchey). Cf. Trilby, p. 43. 

Page 16, line 18.-11 gagna de Vitesse. 'He rapidly over- 
hauled,' ' outstripped.' 

Page 16, line 19.— se laissant porter. 'Letting himself be 
carried,' — the simple infinitive with passive force, cf. H S O., % 363; 
L Fr., § 185. Other examples are to be found, 37, 7 ; 73, 5. 

Page 16, line 22.— a la force du poignet. 'By sheer strengtih 
of arm.' 

Page 16, line 26.— plus vite que nOUS ne The negative is 

due to the affirmative comparative that precedes. U S O., § 496, 3 ; 
LFr., §264, 3, c. 

Page 16, line 32,— comme il eut fait d'un noy6. 'Aa ha 



VOTES. 166 

would have done with » drowning man.' Noyi may mean either dead 
or in danger of death from drowning — II a rappele It noyi d la vie. He 
restored the drowned man to life. 

Page 16, line33.— Z^ro avait du temperament. Not 'tem- 
perament, 'constitution' (cf. 64, 2), but rather 'character,' 'spirit.' 

Page 17, line 2. —II se fit inattendue. "H" ia here im- 
personal. Comme \mrQ = pres(iue, en quelque sorte, and may be rendered 
' something of the nature of,' 'a sort of,' or ' as it were,' — ' A revolution, 
as it were, took place within him.' 

Passe 17, line 4.— SOUS SOn Veritable jour. ' In its true light.' 

Page 17, line 9.— il s'assit donc sur son s^ant. 'He sat 

down therefore.' Cf. 5, 1 ; 14, I ; 15, 9 and notes. 

Page 17, line 13. — quoi que ce soit. Lit. 'whatever it might be,' 

— 'anything whatever.' 

Page 17, line 19. — en rupture de ban. Ban is here banishment, 
outlawry ; rampre (break) son ban, to return to a place from which one 
is banished ; rupture de ban is the action of returning while under ban. 
This phrase 'to break one's ban' has come into English, — "Arran, 
hearing alarming rumours, broke his ban at Kinniel and hurried to 
court," — Burton, va. N E D. Hence render, ' who has broken his ban.' 

Page 17, line 20. — sans papiers. The 'papiers ' here refer to the 
passport, certificate, etc., certifying the civil standing of the bearer. 

Page 17, line 21.— n'ayant plus ni feu ni lieu. J!f'avoir «» 
feu ne lieu is a very old phrase, ' to be without local habitation,' — 
'without hearth and home,' 'homeless.' 

Mais moi, grrice au destin, qui n'ai ni fen ni Hen, 
Je me loge oii je puis et oomme il platt an Dieo. 

— Boileau, Satirti vL 

Page 17, line 22.— auberge de la Belle-Btoile. Coucher (loger) 
d la belle itoile, to sleep in the open air ; hence " I'auberge de la Belle- 
^toile," ' the Starlight luu.' 

Page 17, line 24— mettaient — du vague dans I'ame. 
Vague here =" malaise indSfinissable de I'&me." Hence 'gave him a 
certain uneasiness of spirit,* 'tinged his soul with gloom.' 

Page 17, line 29.— cCBUr de chien. Cf. " dignity de ohien," 9, 2, 
•nd not*. 



166 LE CHIEN DU CAPITAINB. 

Page 17, line 32.— dont il n'eut pu se d^fendre. The verb is 

here the 2nd form of the conditional (L Fr., § 225, note 2) ; cf. " Ou edt 
dit," 17, 32; 25, 27; 45, 24, etc. 'Can,' 'must,' etc., not having any 
participle in Eng., the perfect tense is made with the infinitive ; hence, 
•which he could not have guai-ded himself from.' 

Page 18, line 1 . — en maniere de reflexion. ' In a reflecting 

way,' ' as a sort of reflection.' 

Page 18, line 4. — Notre-Dame. See note 5, 8, and 19, 7 ff. 

Page 18, line 6. — qui me fait I'efifet 'who seems to me aa if 

he....' 

Page 18, line 12.— Allons ! Cf. 12, 10 and note. 

Page 18, line 13. — I'autre. That is, his former master. 

Page 18, line 18. — C6te de Grace. See 5, 8, note. 

Page 18, line 21. — 4 SOuhait. Phrases such as this, common in 
French, are rare in English (cf. ' to order,' ' to command') ; they must 
usually be rendered by a clause ' (as (beautifully) made) as one could 
wish,' — 'ideal.' 

Page 18, line 23.— s'offre k nous. Cf. L Fr., % 157, 3. 

Page 18, line 26. — Villerville. A fishing village on the Channel, 
bailt on a cliflf, a few miles s. w. of Honfleur ; its inhabitants number 
(1891) 978. 

Page 18, line 34. — ^la m^diocrit^ dor^e. 'The golden mean.' 
From Horace, Odea, n., x., 5: 

Auream quisquis mediocritatem 
Diligit. 

Golden is the middle state ; 
Love the middle gifts of fate. 
Not the sloven squalid cot, 
Proud and envied palace not. 

—Gladstone. 

Page 19, line 2.— ses derniers automnes. 'His declining 

years.' 

Page 19, line 10. — ^Ave, maris Stella. Lat. 'Hail, star of the 
sea.' 

Page 19, line 13. — COUr. The cour is the court or area, usually 
paved with flagstones, extending from the house to the street, from 



NOTES. 167 

which it is generally separated by an iron fence. The expression 
"maison entre cour et jardin," is the common description of a house 
standing between such a court and the adjacent garden. 

Page 19, line 16. — IngOUVllle. Since 1852 a part of the town of 
Havre, but formerly a separate commune. It consists in great part of 
houses and gardens of rich merchants of Havre, who can enjoy there 
from the lofty hill slope so enchanting a view of Havre, its shipping, and 
the Seine, that one poet has exclaimed : 

" Aprfes Constantinople, il n'cst rien de plus beau !" 

Page 19, line 16.— Sainte-Adresse. A small town in the depart- 
ment of Seine-Iuferieure, near Cape La H^ve, and about three miles 
N. w. of Havre. Hills rise near by, crowned by forts for the defence 
of Havre. 

Page 19, line 19.— la criniere ^parpillde de la vague. Com- 
pare Byron's lines : 

" And I have loved thee, Ocean ! and my joy 

Of youthful sports was on thy breast to be 
Borne, like thy bubbles, onward : from a boy 

I wanton'd with thy breakers — they to me 
Were a delight ; and if the freshening sea 

Made them a terror — it was a pleasing fear, 
For I was as it were a child of thee, 

And trusted to thy billows far and near, 
And laid my hand upon thy mane — as I do here." 

— Childe Harold, iv., olxxxiv. 

Page 19, line 24.— en 6tait encore. En Stre, to be, with the idea 
of progress. Oil en sommes-nous ? How far have we got? 

Page 19, line 25.— II 6tait depuis six mois. 'He had been for 
six months.' This difference of tense in French and English is dis- 
cussed, H SO.,% 3.38, 4; i/r., § 218, note 1. Constructions with 
depuis may be noted as well in 29, 25 ; 32, 6 ; 36, 9 ; 37, 25 ; 47, 29 ; 
67, 18, etc. 

Page 19, line 32.— la brave fille. Brave, preceding filU, gargon, 
etc., 'worthy.' L Fr., § 78. 

Page 20, line 3.— C'est entendu. Or more briefly, entendu, 'of 
course. ' 

Page 20, line .3.— je les prends pour mon compte. 'You 

may charge them to me,' ' put them to my account.' 



158 LI CHIEN DU CAPITAINK. 

Page 20, line 4. — J'ai COUTU des bord^es. Bord6e, » tack o» 
board, one of the zig-zag courses of a vessel beating up against the wind ; 
eourir des borddes, take (make) some tacks, keep tacking about. ' I've 
done some beating about.' 

Page 20, line 5.— tel que me VOil^. 'Such as you see me,' but 

used like our " Be that as it may," to emphasize the statement to follow. 

Page 20, line 10. — pare d, virer. Pare from se parer, to get ready, 
to prepare for anything ; hence the nautical torn when the ship is to be 
brought about on another tack, pare d, virer I lit. 'made ready to veer or 
tack,' in Eng. ' ready about 1 ' 

Page 20, line 12.— j'ai vent arri^re que j'en grelotte. Vent 

arriire, a wind right aft or astern, a leading wind. Grdotter means *to 
shiver with cold.' ' I'm running before a wind that makes me shiver.' 
Sumichrast renders, " I am shivering with cold; " Bu6, "I am shivering 
in the wind." Yet the idea of impatience seems uppermost. 

Page 20, line 14. — ben. Norman dialect for bien. Pronounce so as 
to retain only the second part of the nasal element of bien. 

Page 20, line 15.— qui avait SOU franc parler. 'Who wa« 
wont to speak her mind.' 

Page 20, line 18. — M'est avis. The colloquial omission of U; cf. 
14, 25. 

Page 20, line 28. — de sit6t. SU6t=gi vite, but with negative verba 
de sitdt with the sense of si prochainement, ' so soon,' ' for some time to 
come,' or freely, 'in a hurry.' 

Page 20, line 30, — cette tete de chien. 'That dog's head of 
his.' Cf. 9, 2 and note. 

Page 21, line 10.— Tous les moyens lui furent bona. 'He 

used every means.' Cf. "Tous les pr6textes lui paraissaient alorsbona," 
24, 3. 

Page 21, line 18— Saint Roch et son chien — dans la 

l^gende dor^e. St. Roch (rok), one of the saints of charity, waa 
born at Montpellier, France, in 1295 ; he went to Italy during the 
plague, devoting himself to the care of the sick ; attacked at last him- 
self, he left the hospital at Piacenza for a neighbouring solitude, where he 
was discovered by a nobleman's dog, which daily bore him a loaf of 
bread ; restored to health he returned to his own country, then torn by 
oivil war, and was imprisoned as a spy until his death in 1327. La 



NOTES. 159 

l^irende dor^e refers to the most famous collection of lives of the 
saints made in Latin, under the (later) title of Legenda aurea, * Golden 
Legend,' by Jacobus de Voragiiic (1230-1298), archbishop of Genoa. 
This collection was most popular during the middle ages and is exceed- 
ingly important in the history of medieval literature of all Western 
nations. An English version was among the first books printed by 
Caxton (1483). It will be evident from the date of its author that it did 
not originally contain a life of St. Koch. But the original collection was 
added to by later writers, and in a late addition is found a life of the 
saint. Curiously enough the life of St. Roch in the later additions 
contains no mention of his dog, so that our author speaks without his 
book. The expression Saint Roch et son chien has become proverbial, 
not from the Golden Legend, but from the fact that the many pictures — 
medieval as well as modem — of the saint almost always represent him 
as accompanied by a dog. Fleming in his Dictioniiaire, li., 194, gives 
"Cest saint Roch et son chien [ils ne sortent jamais qu'ensejnble], like Toby 
and his dog ; " but should it not be rather like Punch and Toby, the 
latter being Punch's dog in the puppet show ? 

Page 21, line 34.— mal apprise. * 111 taught,' 'ill-bred,' 'unman- 
nerly,' 'rude.' 

Page 22, line 3.— le mettait au courant. 'Kept him in- 
formed.' 
Page 22, line 18. — Ce qui est beau, etc. Of. Shakespeare's lines: 
"Beauty is but a vain and doubtful good, 

A shining gloss that vadeth suddenly, 

A flower that dies when firat it 'gins to bud, 

A brittle glass that's broken presently ; 

A doubtful good, a gloss, a glass, a flower. 

Lost, vaded, broken, dead within an hour." 

— Passionate Piigrira. 

Page 22, line 21. — Le Capitaine se maria. Note the distinction 
in use of marier, se marier. Sponger. Marier is used of the minister who 
performs the ceremony, or of the father of the bride ; se marier of the 
bride or bridegroom, who ' get married ; ' Spouser of the contracting 
parties to one another — M.A Spouse Mile, B. 

III. 

Page 23, line 5.— il n'en 6tait point ainsi. En Stre is here 
used with reference to the result or outcome ; cf. II en sera de cette 
affaire ce qu'il vous plaira. The matter will turn out as you please. 
Kender, ' It was not to be so.' 



160 LR CHIEN DU CAPITAINB. 

Page 23, line 10. — se rendre un compte exact de la situa- 
tion. 'Set the situation clearly before him,' 'give himself a clear idea 
of the situation.' Cf. 17. 34 ; 23, 10 ; 49, 23, etc. 

Page 23, line 16. — faire des frais. Frais, expense, cost, with 
/ai7-e usually means ' to be at (to pay) the expense of ; ' but here faire 
des frais = faire des avances, soUiciter le premier,^' make advances.' 

Page 23, line 26. — Tout en COnservant. Tout en + gerund 
(imperf. participle) is used exactly with the force of English ' while ' + 
participle — 'while preserving'. . . . Cf. 40, 20 ; 59, 2, etc. 

Page 24, line 6.— mettre une sourdine a son ccBur. The 

sourdine is a little piece of wood or metal clasped on a trumpet or violin 
to lessen the vibrations, — a sordet, or sordine ; hence our phrase, which 
may be rendered 'to restrain the impulses of his heart.' 

Page 24, line 28.— vivre en bonne intelligence. Vivre en 
bonne {mauvaise) inteHhjence = avoir de bonnes (mauvaises) relations avec 
quelqu^un, 'to be on good (bad) terms.' 

Page 24, line 32.— port^ sur sa bouche. Porter here = avoir 
disposition, inclination ; porter sur sa bouche, Hre sur sa bouche, are 
phrases — to think much about eating, to be a gourmand, to be fond of 
dainties. 

Page 25, line 5.— poules de CrevecOBUr. Of various villages 
called Cr^vecceur, the one famous for its poultry is that in Normandy, 
department of Calvados. The Cr^vecoeur species is the most favoured 
throughout Normandy, and the best esteemed in the markets of Paris. 
It is a heavy fowl and laj's enormous eggs. 

Page 25, line 6.— cette exactitude qui est la politesse des 

poules. A humourous allusion to the maxim of Louis XVIII. (1766- 
1824) : ' ' L' exactitude est la politesse des rois. " 

Page 25, line 10.— Inutile de dire. II est., is very frequently 
omitted with this phrase. Cf. 29, 12. 

Page 25, line 13.— VOUS lapa promptement. The V0U8 is used 
only to lend personal interest to the sentence — the so-called ethical 
dative. Almost now disused in English, but once well established. So 
in Shakspere : 

"I will roar you as gently as any sucking dove." 

—Midsummer Night't Dream, L, ii., 84. 

"m do you your master what good I can," 

— Merry Wivet, L, iv., VI. 



NOTES. 161 

Page 25, line 16.— Lise ^tait bonne princesse. Bonne prin- 
iesse is sometimes used as here to denote /emme bonne et commode d 
vivre, ' Lise was gracious.' 

Page 25, line 18. — se mettre en app^tit. ' Sharpen his appetite.' 

Page 25, line 20.— le verre d'absinthe. Absinthe, a green poison- 
ous decoction of wormwood, is a favourite drink on the boulevards of 
Paris. So much is it in use as an appetizer that I'heiire de I'absinthe is 
proverbial for a time between four and five o'clock, when people drop 
into the caf^s for their 'bitters' (Rigaud, p. 3). 

Page 25, line 21.— f aire le quart. A naval term, =Stre de quart, 
to be on the watch. (The watch was formerly on duty for six hours, 
quart (quarter) de la joumde. ) 

Page 25, line 26.— en fut pour ses frais de convoitise. 

The expression en itre pour ses frais (cf. 23, 16, note) = to fail to get 
what one made efforts to obtain, to be out one's. . . . Render, 'Zero's 
cupidity (greedy desires) availed him nothing.' 

Page 25, line 28. — rir© au nez. Nez, nose, in phrases = English 
' face ' : — Nous nous trouvdmes nez a. nez ; II m'a dit cela au nez ; On m'a 
fermi la porte au nez ; On m'a ri au nez, etc. 

Page 26, line 31. — les allies et venues. The two words are 
treated as one expression ; hence the omission of the article with venues. 

Page 26, line 3.— notre brigand en herbe. ' Our budding 

(embryo) brigand.' Phrases in en herbe, in the leaf, are mostly due to 
the lines of Molifere, VAvare, ii., i., "Acheter cher, vendant k bon 
march^, et mangeant son bid en Aerftc " = consuming one's income in 
advance. Moli^re's line is directly taken from Kabelais, Gargatitua and 
Paniagruel, iii., ii. 

Page 26, line 7.— il n'eut pas fait sa philosophie. In 

university parlance /aire sa philosophie or /aire son cours de philoso- 
phie, to take the lectures in philosophy, to be a student in philosophy. 

Page 26. line 19. — des moyens a lui. The em(^hatic possessive, 
* means of his own.' 

Page 26, line 23. — bon premier. ' A good first.' 

Page 26, line 27. — COCOttes. A child's woTA=poules. 

Page 26, line 30.— Z6ro touchait donc le but. Toucher le but, 
atteindre d son lnit^=rdv>8sir, 'gain one's object,' ' obtain one's end.' 



162 LK CHIBN DU CAPITAINK. 

Page 26, line 33.— C^sar le Rubicon. 'The Rubicon,' • 

small Italian river near Rimini, was during the times of the Roman 
republic, the boundarj"^ between Italy and Cisalpine Gaul (Northern 
Italy). Julius Caesar (b. c. 100-44), while proconsul in Gaul and 
Illyricum, found the times ripe for his seizing supreme power over the 
Roman empire. Taking advantage of the excuse offered by the expulsion 
of Antony from Rome, Caesar began a civil war against his great rival, 
Pompey, by crossing the Rubicon, B. c. 49, and marching on the capital, 
an enterprise that resulted in his finally making himself perpetual 
dictator of Rome. "To cross the Rubicon" has therefore become a 
proverbial expression to denote the first decisive step in » hostile 
enterprise. 

Page 27, line 13.— je ne sais quoi de furtif. The render- 
ing of jt ne sais quoi as a phrasal adjective by ' indescribable ; ' cf. 10, 
3, note, and 37, 23 ; ' something indescribably furtive.' The use of de 
with the complement after quoi is illustrated here and in 37, 23; H SO., 
§ 478, b, etc.; L Fr., § 276, 6 ; after quelque chose, see 30, 7 ; after rien, 
see 34, 26 ; 38, 34 ; after ce que, 36, 30. 

Page 28, line 9.— son d^fenseur en cour d'assises. 'The 

counsel for the defence in the court of assize.' The cour d'asnises is com- 
posed of three magistrates and twelve jurors for the trial of crimes. 

Page 28, line 18. —ne lui point tenir compte. 'Not to 
remember in his favour.' 

Page 28, line 26.— la maxime du sage. Cf. Matth. XXVI., 52. 
From this probably arises tlie proverb as found in our text. In what is 
probably its oldest form in French it reads, Qui aime le p6rilf U eherra 
enpiril, — Menagier, 1, 9 {14th cent.). 

Page 28, line 28.— histoire de prendre I'air. The om of lutMrt 

de in the sense of ajin de, pott?-, 'in order to,' 'just to,' is recent and 
popular. Litt. in the Supplement to his Diet, gives as example, Jouons 
aux dominos, histoire de passer le temps. 

Page 28, line 32. — n'avait plus que. ' Had only left. ' 

Page 29, line 4.— I'app^tit intransigeant. The word Inlran- 
sigeant is a recent word to distinguish those "qui ne transigent pas," 
who make no concessions. So Heuri Rochefort founded his paper 
V Intransigeant (1880) to wage uncomprouiising war against the govern- 
ment. Un intransigeant \s ihvraioie ' an irreconcilable ' ; un appdtit in- 
iraiMigeatU if an nncompromisiug one, insisting on having things juat so. 



KOTBS. 163 

Page 29, line 18. — Sainte-Adresse. See 19, 16 and note. 

Page 29, line 19. — Harjfleur. On the N, bank of the Seine, three 
miles E.y.E. of Havre, a town of about twenty-five hundred inhabitants. 
Its once famous port has been eclipsed by Havre. 

Page 29, line 22. Pas plus d'oeuf que sur la main. The 
phrase pas plus que sur la main, autant que sur la main, comme sur la 
main are proverbial to indicate that a thing does not exist. Cf. : 
Pas plus de pafje que sur ma main ; voili le paquet. 

— Beaumarchais, 3Iar. de Firjaro, v., 11. 

Page 29, line 24. — Voila qui est drole. 'That's very odd.' Qui 
in a few constructions is used absolutely (without antecedent) of things : 
Voi/A qui wvs plaira, There's something will please you ; .... qui pis 
est, .... what is worse. 

Page 29, line 24.— c'est — a n'y rien comprendre. C'ett d 

comprendre, it can be understood ; c'est d n'y rien comprendre, ' there is 
no understanding it at all.' Cf. .30, 9. 

Page 29, line 25. depuis arrive. Cf. 19, 25 and note. 

Page 29, line 28.— croire aux poulos. Cf. 30, 9. Croire quel- 
qu'un, to believe a person, — that what he says is true ; croire d quelqu'un, 
to believe in a person — to have confidence in his character. A similar 
distinction exists with things, cf. "croire ses yeux," 29, 20; " croire i 
rien," 30, 9. 

Page 29, line 30. — Madame. The master and mistress are to the 
French servant always Monsieur and Madame (cf. 9, 5; 31, 11). Ad- 
dressing them, it is customary for the servant to say not vous but Mon- 
sieur or Madame with the singular verb, 3rd person (cf. 36, 16 ; 36, 21). 

Page 29, line 34.— n'en fut pas quitte. See notes 42, 17 and 
105, 6. En etre quitte, to escape, come off. Followed by jmur, it denotes 

to come off with no harm but , — II en fut quitte pour la peur. He 

got off with a good fright. 

Page 29, line 34.— une exCUSe en I'air. En I'air is a common 
phrase = sa7W fondement, sans r^aliid, — 'an idle — empty — vain excuse.' 

Page 30, line 1.— interrogatoire en forme. 'A formal ex- 

ammation,' — a legal term denoting the questions of the judge and the 
answers of the accused. 

Page 30, line 5.— comme ^ I'ordinaire. A r ordinaire 'usually' ; 
comme A I'ordinaire, ' as usual. ' 

Page 30, liM 9.— o'est k ne plus croire h. rien 1 ' Why, wa 



164 LK CHIBN DU CAPITAINE. 

can't believe in anything any more, ' ' There's no believing in anything 
now,' 'It's enough to make us clisl)elieve in everything.' Cf. 29, 24. 

Page 30, line 18. — fit Pigault. The use of /aire = dire in parenthe- 
tical phrases accompanying quotations is very frequent, but is confined 
to the expressions fait-il (elk), fis-je, fit-il (elle). Cf. 36, 21, 

Page 30, line 21. — li deux fois. A deux fois differs from deux foh 
as an adverbial phrase in suggesting difficulty, etc., 'she had to take a 
second look at her husband.' Cf. 40, 1 ; 73, 3 ; 76, 2, etc. 

Page 30, line 22. — les grands raoiQents. 'At critical times,' 
'on great occasions.' 

Page 30, line 23.— Sphinx. The Sphynx (Gk. Z^^'i-f ), of which the 
most famous representation is at Giza, Egypt, had the lion's body and 
a human face, and typiiied the sun-god or fertility. In Greek mythology 
posterior to Homer, the Sphinx became a fabulous monster, represented 
with the head and breasts of a woman, the body of a dog, the paws of a 
lion, and sometimes the wings of a bird, propounding a mysterious 
enigma and devouring a host of wretches who failed to answer it. 
Gidipus of Thebes finally solved the riddle, and the Sphynx put an end 
to her life. The use of the word as significant of an impenetrable per- 
son, or one clever at setting difficult problems, is due to this Greek 
myth. 

Page 30, line 27.— Cela s'en ira en dormant. ' She will sleep 
itoffi' 

IV, 

Page 31, line 10. — de suite = ^'mm aprha Vautre, 'in succession,' 
'running.' Cf. 8, 4, note. 

Page 31, line 11, — faire une vie. Vie here means 'scolding,' — 
faire une vie, — ' Won't the ' missis ' make a iine row.' 

Page 31, line 13. — a I'abri. ' Under shelter.' 

Page 31, line 21, -de se voir demander. The use of the simple 
infinitive (cf. to see himself asked) is commented on, H 8 O., § 363 j L 
Fr., § 248. 

Page 31, line 21. — fit bonne contenance. Faire bonm co7»- 

tenance — tdinoigner de la fermete, — 'to put a bold face to it.' 

Page 31, line 23.— juge d'instruction. The term instruction of a 
case in French law denotes the preparation of evidence preliminary to 



MOTES. 166 

the trial — the collecting of proofs, arrest and examination of persons 
accused, etc. The magistrate in charge of these preliminaries is called 
the juge d' instruction. 

Pagre 32, line 4. — fair© UUd course. 'Run an errand,' 'take 
a run. ' 

Page 32, line 11. — faisait partie. ' Formed a part,' 'belonged.' 

Page 32, line 15.— Deu zeus fraix, si vou ■^\a.is.=Deux oRufi 
fraia, s'il vous plait. 

Page 32, line 26. — se tromper d'adresse. ' Mistake the address.' 
(Of. se tromper de chemin, etc. ) 

Page 33, line 2. — les raira au jour. Jour, as frequently occurs 
(17, 4 ; 36, 4), in the sense of luniUre, — 'held them up to the light' — to 
judge of their freshness. " Pour juger qu'un oeuf e.st frais, les m^nag^res 
le pr^sentent k la lumifere d'une chandelle [or other light] : s'il est trans- 
parent et pleiu, c'est la preuve qu'il vient d'etre pondu." — Parmentier in 
Larousse, art. oeuf. 

Page 33, line 3. — en conscience. 'Conscientiously.* 

Page 33, line 7.— Bt avec cela? The customary phrase of the 
French clerk, when he has tilled one order for his customer and invites 
another. Cf. the corresponding English phrase 'Anything else?' 

Page 33, line 8.— ^tait de bonne maison. Maison is used in 
the sense of famille ; de bonne maison=appartenant d une bonne famille. 

Page 33, line 16. — toutefois. = ndanmois, cependant, 'however.' 

Page 33, line 17. — casuel. Properly 'casual, accidental, precarious,' 
but here 'fragile.' M. Littr6's remark on this last sense is worth 
noting: — "Depuis quelque temps I'usage s'est introduit de donner 4 
easuel le sens de fragile ; la porcelaine est casuelle. Mais rien, ni dans 
I'^tymologie, ni dans I'emploi ancien, ne justifie cette acceptation qui doit 
gtre 6vitde." 

Page 33, line 18. — Charger c'^tait. The repetition of the sub- 
ject infinitive by ce is to be noted. The expression is proverbial, = 
mettre au pouvoir de quelqu'un quelque chose qui court grand risque avec 
lui. 

Page 33, line 23.— I'eau lui vint k la bouche. 'His mouth 
watered.' 



166 LE CHIEN DU CAPITAINB. 

Page 33, line 30. — un Sur les deux. Sur here =parmi, 'among,' 
'out of,' 

Page 34, line 7. — talonn^e par I'heure. Talonner, to follow 

on the heels (taloJi), follow close ; hence, ' hard pressed for time.* 

Page 34, line 7.— aller a sa rencontre. 'To go to meet him.' 

Page .34, line 14. — Merci, mon Dieu ! ' Thank heaven I ' Cf. 11, 
30. One critic writing of 1830 says : — "Les melodrames de 1830 fonr- 
miUent de ' merci, mon Dieu ! ' pas une piece de cette ^poque qui n'ai< 
dchapp^e k cette contagion." Th^ophile Gautier writing of 1837 says : — 
" II n'existe plus aujourd'hui ni pieces, ne r&les ; chaque com^dien nn 
pen cdlfebre, et tous sont c^lebres, a son repertoire de mots k effet qu'il 
demandent k I'auteur ; les uns disent fort bien : ' mon Dieu ! mon 
Dieu! MON DIEXJl' D'autres sanglotent avec une grace parfaite 
cette phrase : ' Je suis malheureuse, allez ! ' " — Hist, de Vart dramalique, 
L, 47. 

Page 34, line 15. — se faisait illusion. Se faire illusion =8'abtt8er 
8oi-mime, 'to deceive oneself.' 

Page 34, line 15— elle n'^tait pas sauv^e tant que cela. 
"Cela" stands for the idea expressed by "sauv^e," — ' She was not so 
safe as she thought herself.' 

Page 34, line 16.— le gOUt fln. *A critical taste.' See H 8 O., 
§ 406, 6 ; L Fr., § 43, 3. 

Page 34, line 27. — ma chere enfant. The French and the Ger- 
mans use enfant, Kind, as a term of endearment, especially the older 
husband to the young wife. 

Page 35, line 12.— C'est ^gal. ' AU the same,' ' Well, no matter,' 
'1 don't care.' 

Page 35, line 12.— passera. ' Pass off,'—' it won't end in talk.' 

Page 35, line 13.— en avoir le coeur net. ' Clear up the whole 
matter ' (lit. ' have my heart clear of it ' ). Cf . 67, 10. 

Page 35, line 13. — au juste. =awcc precision, 'precisely.* 

Page 35, line 16. — raoxtie. =femme, Spouse, 'better half.* 

Page 35, line 19. -laisser passer la justice — du roi. Thfa 

phrase is due to the punishment meted out to rebels during the minority 
of CharlM VL (1368-1422). Unable to execute them publicly, the pro- 



voTEa 167 

▼oat of Paris had them thrown into the Seine seired in sacks on which 
was written, Laissez passer la justice du roi. The phrase has passed into 
carreut language in the sense of abstaining from interference with the 
course of justice that seeks to punish the criminal. 

Page 35, line 27. — traiter k fond. Distinguish A fond from aufond 
(25, 4, note) ; d fond=compl4tement, jusqu'au bout, — 'go to the bottom.' 

Page 35, line 28.— "voir venir." 'Watch the course of events,' 
'wait and see how things would turn out,* ' watch how the wind blows,' 
or colloquially, 'see how the cat will jump.' 

Page 35, line 30. — VOUdrait bien. 'Would be good enough,' 

'would deign.' 

Page 36, line 4.— la percer k jour. Jour here^lumiire (of. 
33, 2) ; percer A jour, 'to bore through.' 

Page 36, line 22.— d^nouer les cordons de son tablier. 

The aprons are, as a rule in France, supplied by the mistress, sa that in 
making the gesture of untying the strings, Jeanneton threatens to leave 
the service. 

Page 36, line 23. — nos huit jOurs. 'Our week's warning.' 

Page 36, line 27.— demander son reste. See 11, 18, and note. 

Page 37, line 1.— prennent un .point d'appui. ' Bear hard.' 

Page 37, line 11.— aurait du rendre des points. Bendre 
{donner, ceder) des points denotes the counting of points to the advantage 
of an opponent, supposing that he has them in his favour at the begin- 
ning of a game, for the purpose of rending the game a better match. 
That is the usual meaning. Here, however, merely, ' even an examining 
magistrate would have to score points in its favour (to its credit).' 

Page 37, line 11.— pratiqua — une descente de lieux. 

Descente de lieu is a legal term indicating the visit of the judge to the 
locality in which the crime has been committed. 

Page 37, line 12. — debut oblig^. 'Indispensable beginning,' 'the 
first step one must take. ' 

Page 37, line 23.— un je ne sais quoi de trouble. ' An air of 

indescribable disorder.' Cf. 27, 13, and note. 

Page 37, line 32. Voila qui est . ' That's something . . . . ' See 29, 24. 

Page 38, line 4.— comme pass6 au rouleaa BouUtm, 



168 LE CHI EN DU CAPITAINB. 

roller, rolling pin ; corrnne passd au rouleau, ' as if rolled out smooth.' 

Page 38, line 9. — C'est a moi de le trouver. ' It ia for me (it 
is my place) to tind him.' 

Page 38, line 13. — domin^e par elle. "Dominie" refers to Lise, 
"elle" to "I'id^e pr^sente " 

Page 3S, line 24— avait — le sommeil leger. Cf, 18, 4; 34, 

16 ; ' she was a light sleeper.' 

Page 38, line 25. — toujours aux ^COUtes. ^coute, 'place to 
hear unseen ; ' Stre aux ecmites, ' to be on the watch, on the alert. ' 

Page 38, line 28.— des I'aube. ' At dawn.' 

Page 39, line 5. — tangue. A whitish grey earth or sand cast up 
by the tide at the mouth of streams, especially on the Norman coast, 
and greatly used as a valuable fertilizer for the iields. 

Page 39, line 1 0. — puisqu' — et qu'il ne s'^chapperait pas. 
Que is here used, as is customary, in place of puisque repeated. Cf. 52, 
10. H S0.,§ 5.35, 2 ; L Fr.,§ 230. 

Page 39, line 20.— tout sera dit. ' That will settle it.' 

Page 39, line 22. — un propre a rien. Cf. 14, 17, and note. 

Page 39, line 28. — comme bon lui semblait. This order of 
words is found in various tenses of sembler : si bon lui (leur) semble, 
comme bon nous (vous) mmblera, etc. ' As she pleased. ' 

Page 40, line 4.— une volupt6 de paresseux. 'An idler's 
delight. ' 

Page 40, line 5. — un SOmme. Notice the gender as distinguished 
from une sonime, sum or burden. 

Page 40, line 11. — tira. . . -SOn aiguille. 'Kept on sewing.' 

Page 40, line 17.— tapisserie de Penelope. Penelope {pe nel'opi) 

is "represented in Greek story as the wife of Odysseus (Ulysses). At the 
end of the ten years' siege of Troy, Ulysses did not return home, and 
suitors began to beset her, saying her husband was shipwrecked. 
Virtually a prisoner in their hands, she was obliged to promise that she 
would marry one of them as soon as she had finished weaving a shroud 
for her father-in-law. But she put off the evil day, by undoing at night 
her day's work, until, after twenty years, her husband returned to 
deliver her. (Homer, Odysse?/, Bk. ii., ff.). Hence the proverbial expres- 



NOTES. 169 

•ion in French Ceet Fouvrage de PSn4lope, to denote a work that though 
ever begun is never ended. English references are to ' Penelope's w^eb.' 

Page 40, line 35. — prendre en flagrant d^lit. The Latin phrase 
flagrante delicto, Fr. en Jlayrant dSlU, lit. 'in flagrcant crime.' p]nglish 
uses to denote this, 'to be caught red-handed,' 'in the very act.' 

Page 40, line 35. — lui dire 80n fait = ^M» dire ce qiteje pense de lui, 
—/ait having here the force of conduite, — 'tell him what I think of him,' 
'give him a piece of my mind.' 

V. 
Page 41, line 7.— prenant la patte dans le sac. In the 

very act of pilfering, so ' red-handed. ' Cf . 40, 35. 

Page 41, line 7.— le mettre dans I'impossibilit^. 'Make it 
impossible for him.' 

Page 41, line 12. — Cartouch.e. Louis Dominique Cartouche (1693- 
1721), son of a wine-merchant, was naied by gipsies who had carried 
him off. He became a soldier, and on his discharge made himself head 
of a band of robbers infesting the streets of Paris. Captured at last, 
he was broken on the wheel, ending his life with great bravery. As a 
sort of Claude Duval, Cartouche enjoyed a considerable popularity, so 
that he has become the hero of several literary works. 

Page 41, line 12.— Mandrin. Louis Mandrin (1724-1755), a notori- 
ous French bandit, who after service in the army formed a troop of rob- 
bers to pillage the provinces of Savoy and Dauphiguy, and even attacked 
strong towns. Thanks to his kindness to the people, and his bravery and 
local knowledge, he was able for years to defy the royal troops. At last 
betrayed by his mistress, he was captured and broken on the wheel. 

Page 41, line 17.— J0u6 SOUS I'effort des ans. 'Warped with 
the strain of years.* 

Page 41, line 21.— le ventre k plat. 1 plat=sur la terre mime, 
mr le sol mSme ; hence ' flat on the ground. ' 

Page 41, line 25.— se re tint k quatre. A quatre (i.e., A quatre 
personnes) is used in various phrases to denote the great resistance to be 
overcome. 11 faut le tenir d quatre, There is the greatest difficulty in 
holding him. So se retenir d quatre =f aire un grand effort sur soi-mime, 
'to have all one can do to restrain oneself.' 

Page 41, line 26.— en plein crime. Cf. 40, 35 ; 41, 7. 



170 LB CHIEN DD OAPITAINK. 

Page 42, line 4. —corps de d^lit. The chief evideDce, Bach m 

the corpse of a man shot, the broken door in a burglary, is called le corpa 
du ddlit, the main proof ; hence un corps de ddlit compromettant, ' an in- 
criminating piece of evidence.' 

Page 42, line 13. — de I'Stre. Le represents here the notion of 
ahhorri(\. 11). 

Page 42, line 17.— quitte k s'expliquer apr^s. Quitte, free, 
quits, going free ; hence, ' which an explanation later would justify.' 

Page 42, line 20.— gagner le large. ' Gain the open.' 

Page 42, line 21.— venait d'entr'ouVTir. Venir de, 'to have 

just ' So in 45, 29; 60, 14; 69, 23; 72, 1. Of. venir (faire, etc.), 

to come to (do, etc. ), 44, 2. 

Page 42, line 31.— rognait sa journ^e par les deux bouts. 

' Shortened his day at the two ends,' 

Page 43, line 4. — femme d'int^rieur. 'Good house- wife.' 
Page 43, line 5.— lui en laissait prendre k son aise. En 

refers to lit (1. 2), — 'let him enjoj' it to his heart's content.' 

Page 43, line 7.— faire — la grasse matinee. Dormir {ot faire) 
la grasse malinde, 'to sleep late in the morning.' The expression arises 
from the notion that sleep helps one to grow fat. 

Page 43, line 14. — r^veill^ en sursaut. 'Awaked with a start.' 

Page 43, line 29.— Tu as bientot fait le tour du cadran. 
Lit. ' made the round of the dial,' ' you will soon have slept the clock 
around.' 

Page 44, line 13— Je ne connais que luL *I know nobody 

better.' 

Page 44, line 14.— le maire et les deux adjoints. Each 
commune in France has at its head a mayor {maire) and one or more 
deputy-mayors (adjoints). 

Page 44, line 14.— le garde champetre et la gendarmerie. 

The public peace is enforced in France ( 1 ) by the gardes champStres, or 
country-constables, one of whom at least is maintained by every com- 
mune. They look after public order in the country districts. (2) The 
gendarmes, or military police, mounted and on foot, who have a military 
organization and equipment, are the main force throughout France and 
the colonies for the maintenance of publio order and safety. 



NOTBS. 171 

Page 44, line 16. — procureur de la R^publique. When a 

jriminal case comes into court, a public prosecutor with the title o^ 
procureur de la R4publique (compare our Crown Attorney) takea charge 
of the prosecution. 

Page 44. line 16. — Pont-l'Elveque. A town of over three thou- 
sand inhabitants, twenty-eight miles B. N. B. of Caen, at the junction 
of the Touques and the Calonne. It owes its name to an ancient bridge 
that one of the first bishops of Lisieux had built across the Touques. 
It is the seat of the law-courts for the arrondissement of which Hon- 
fleur forms part. 

Page 44, line 18. — ne sachant trop. ' None too sore.' 

Page 44, line 22. — Certes que je le veUX. Que strengthens the 
expression, * I certainly do wish it. ' 

Page 44, line 29. — tu auras mal VTl . . . tromp^e. The future 
here has a euphemistic force in softening the assertion, — ' you no doubt 
got a poor view.' So "tu te sera trompee," * you are surely mistaken.' 
See ESQ., § 343, 3 ; L Fr., § 226. 

Page 44, line 30. — en. . faire, de tes oeufs. See note 16, 7. 

Page 44, line 31.— Est-ce que, par hasard, il esp6re. 'Ton 
don't think, now, he expects.' The periphrasis est-ce que adds a touch 
of surprise to the question. 

Page 45, line 2.— farcis, brouill^s, au jus, aux pointes 

d'asperges. (Eufa fards, eggs boiled hard and the place of the yelk 
filled with force-meat, or with breadcrumbs, butter, and the yelk chopped 
fine, ' stuffed eggs ; ' ceufs brouillds, ' scrambled eggs ; ' ceu/8 au jus, 
' fried eggs ' (fried in butter or gravy) ; ceufs aux pointes d^asperges, 
eggs cooked with asparagus, a favourite breakfast dish in France. 

Page 45, line 18. — par le menu. Le ■menu=le detail. Us petites 
circonstances, hence par le menu, 'in detail.' 

Page 46, line 20. — assists. Note that the primary meaning of 
assister is ' to be present at.' 

Page 45, line 26. — ce COquin de Z6ro. ' This rascally Zero.' 
Note the use of de only in appositives of this sort — 'rogue of a Zero.' 
LfV.,§276, 3. 

Page 46, line 1.— faire une sc5ne. Cf. "faire one vie," 31, 
1 1, and note. Faire wne «ete< denotes ' to attack with violent language,' 
' load with abase.' 



172 LE CHIEN DU CAPITAIITB. 

Page 46, line 13.— sans race. — 'A cur,' 'a mongreL' 

Page 46, line 14.— Dame. An abbreviation of the common Old 
French interjection Dame-Dieu, from Domine Deus, Lord God. It is 
used colloquially for emphasis ; Mais, dame, oui, Why, yes, indeed ! 
A similar usage in older English was that of " Marry" {i.e., the Virgin 
Mary), 

" Marry, will I ; kneel and repeat it." 

— Shakspere, Tempest, ilL, 2. 

Page 46, line 24.— Tu crois ? ' You think so ? ' 

Page 46, line 25.— Tu en aurais un autre que ce serait. 

This construction is equivalent to Ce serait si tu en avais un autre. 

Inverted, the conditional moods are used as in English, ' You might 
have another and it would be ' 

Page 46, line .34. — r^quisitoire. A legal term denoting the address 
made by the public prosecutor at the conclusion of the evidence, review- 
ing and developing the grounds on which the prisoner is accused. The 
meaning is extended to any series of reproaches gathered together 
against a person. 'Prosecutor's address,' or, freely, 'an indictment.' 

Page 47, line 5. — pour son conapte. ' As concerned herself,' 
'as far as she was concerned.' 

Page 47, line 16. — avocata, nomm^S d'oflQce. The prisoner, 
too poor to employ counsel, is defended by a barrister (avocat) appointed 
by the court. 

Page 47, line 21. — Elle fit donner ses reserves. * She had her 
reserves brought up.' 

Page 47, line 30. — si tu peux dire 1 Si has here interjectional 
force, ' How can you say such a thing ! ' 

Page 48, line 16.— feras . . ce que tu voudras. ' That yon 
(will) wish.' Notice the logical correctness of the French tenses. 

VI. 

Page 49, line 3.— en parfaite intelligence. ' On the best of 

terms,' ' in perfect accord.' 

Page 49, line 5. — redoublait de grace Redoubler de aoing, 

etc., to be doubly attentive, etc. The captain ' was doubly gracious and 
amiable.' 

Page Ad, line 23. — 86 rendre compte. See 23, 10, and note. 



NOTES. 173 

Page 49, line 26.— ne s'en disait aussi long. Lit., ' did not 

say all this to himself in such detail ; ' hence ' did not think of all this.' 

Page 49, line 28. — valaiexit toujours quelque bonne au- 

baino. Cf. 25, 12 ; ' always brought him some piece of luck (some 
good windfall). 

Page 50, line4.— battre le fer pendant qu'il est chaud. 
This proverb, which is found in all the Germanic and Romanic nations 
(English, "Sti'ike while the iron is hot," — Webster, Westward Hoe, 
ii., 1), is first recorded in Latin, — Ferrum, dum candei, tundendum, 
'One must strike the iron while it is white.' 

Page 50, line 11. — il m'en veut. En vouloir A quelqu'uii = avoir 
contre quelqu'un un sentiment de rancune, 'bear anyone a grudge.' Of. 
"Zero lui en voulut un peu," 62. 14. 

Page 50, line 17.- pour peu que tu t'en fusses donn^ la 
peine. Pour peu que=pour quelque petite quantity, ever so little, how- 
ever little ; — 'if you had taken ever so little trouble.' 

Page 50, line 24. — s'ex^cuter. S^ex4cuter—se rdsoudre d /aire quel- 
que chose, 'make up one's mind to do something.' Cf. II s'est bien exi- 
cuti, ' He did the thing handsomely. ' 

Page 51, line 3.— par trop turbulentes. Par (like Lat. per 
in permagmis) strengthens the modified word, —par trop = beaucoup 
trop, ' much too. " 

Page 61, line 11.— Jouis de ton reste. 'Enjoy your few re- 
maining days,' 'make the most of your time (left).' 

Page 61, line 16.- -on eut dit un autre chien. 'You would 

have thought him (said he was) another dog.' 

Page 61, line 22. — baissa le nez. ' Hung his head.' 

Page 51, line 22.— emboita le pas. See 14, 25, note. 

Page 51, line 30. — il s'en fallait que . - Lit. ' there was lacking 

that. . . . ' Render, ' His voyages had been far from . . . . ' 

Page 51, line 31. — ^ I'^troit. ' Cooped in,' 'in close quarters,' 

Page 52, line 10.— et qu'il eut rougi. Cf. 39, 11, and note. 

Page 52, line 19. —en observant ses distances. ' While keep- 
ing his distance,' i.e., at a respectful distance. 

Page 52, line 21.— bassin — quai — avant-port. A French 



174 LB CHTEN DU CAPITAIWB. 

Channel port like Honfleur presents itself to the eye somewhat in th« 

following details. Quays {quais, 52, 22) for the loading and unloading 
of vessels surround the floating docks (bassins d fiot), which permit the 
ships to remain afloat when the tide is out. Without these docks is 
the stretch of water (if the tide is in) called the avant-port, where the 
vessels wait the favourable moment to enter the bassiTis a flot or lie on 
the point of sailing {en parlance, 52, 24). At the entry of the avant- 
port run jetties (jeUes), to prevent the obstruction of the passage by 
sand, and on the jetties stand phares (14, 4) to guide the mariners at 
night. Tugs {remorqueurs, 52, 26) are employed to tow vessels from the 
bassin through the avant-port out to the offing (k large) beyond the har- 
bour (mettre au large, 52, 26), and to the open sea (la haute {pleine) tiUTf 
13, 10). 

Page 52, line 22. — se mettre a quad. * Moor alongside the quay.' 

Page 53, line 9.—" ce qu'il ^tait all6 faire dans cette 

galere." An allusion to the celebrated scene in les Fourberies (knavish 
tricks) de Scapin (ii., xi.) of Moli^re (1622-1673). Scapin tries to 
squeeze money from the miserly Geronte by fabricating the story that 
Geronte's son Leandre has been carried off in a Turkish galley, and is 
held for a ransom of five hundred crowns. The old man is torn by 
natural affection and avarice, and from time to time breaks in on his 
denunciations of the Turk with the question " Que diable allait -il faire 
dans cette galore?" wliich has become a proverbial question when a 
man has got into trouble by going where he has no business to be. 

Page 53, line 18.— de quoi il retournait pour lui. Betoumer 
is used impersonally with de quoi as in Vous ne savez pas de quoi il 
retour7ie= Yon don't know what is going on, how matters stand. Hence 
render, ' How matters went with him.' 

Page 53, line 19.— cette seule id^e lui fit groa coeur. GVws 
enfld, swollen or heavy with grief ; ' the very idea of it made his heart 
heavy,' ' filled his heart with sorrow.' 

Page 53, line 20.— comme il aurait vite fait de retoamer. 

Comme modifies vite, — ' how quickly he would get back.' 

Page 53, line 23. — venu si loin. ' Gone too far.' 

Page 53, line 25. — autant en flnir. Abbreriated for "il yaudrait 
autant en flnir," lit., it would be just as well to finish,' — ' better be done 
with it at once.' 



NOTES. 176 

Page 53, Una 30.— Oouche. ' (Lie) down 1 ' 

Page 54, line 6.— touma deux fois sur lui-m^me. ' Turned 
about twice.* 

Page 54, line 6. — il se COUCha en rond. ' He curled himself up.' 

Page 54, line 9.— 5a fait du maL Distinguish fairt mal, 'to 
hurt,' from faire du mal, ' to do harm.' 

Page 54, line 11. — passerelle. Neither Litt, nor Diet Acad, defines 
passerelle in this sense. Strictly passerelle denotes the small foot-bridge, 
especially one crossing a railway and uniting a separated estate. It de- 
notes in naval language either the gang-plank (planche) (cf. 65, 13) ; or 
(Guerin, Diet, des diet. , v. 633), the high narrow walk crossing the ship 
in front of the wheel-house, from which the officer in charge can see to 
direct the vessel, — the 'bridge.' The former, for a sailing vessel, must 
be meant here. 

Page 54, line 15.— avait fait sa pelote. Pdote, lit. 'ball ;' /aire 
sa pelote=amas8er des jyrojiis; similar slang in English is *to feather 
one's nest,' ' to make one's pile.' 

Page 54, line 19. — vleux. -'Old fellow.' 

Page 54, line 28.— Au S^n^gal. The French colony of le Sindgal 
was founded in 1364, but only developed during the present century. 
The colony proper embraces 14,700 square miles, with a population of 
174,000, of which few are European. Its exports are gum, nuts, rubber, 
skins, and woods (cf. 66, 27). 

Page 55, line L— 4 qui Ton manage un tour du monde 

de correction. ' Who is being helped to a trip round the 

world for the good of his morals.' 

Page 65, line 13.— pas bien outill^s du c6t6 de la cam- 

buse. Outiller is colloquial for foumir, garnir ; cambuse, the store- 
room from which the provisions are distributed to the sailors ; hence, 
'not well stocked in the matter of provisions,' 'our steward's-room is 
none too well stocked. ' 

Page 55, line 20.— difficile en diable. See 14, 14 and note. 

Page 55, line 29.— Je ne fais que cela. Lit. *Ido nothing but 
that,' (i.e., ecouter)-^' I am all attention.' Cf. 44, 13, note. 

Page 56, line 2.— La vie 4 trois. ' Living three together.' 

Page 56, line ft.— la patte d'oie. Lit. 'the fool of a goose,' but 



176 LE CHIEN DU CAPITAINE. 

as it leaves lines converging at a common centre, figuratively for the 
wrinkles that show themselves with age about the eyes. ' Crow's-foot ' 
signifies the same in English. 

Page 56, Une 7.— des jeunesses. Jeunesse stands here tor jeune 
fille, a meaning which, though found in Racine, is noted by du Bois and 
Travers as a feature of the Norman patois. 

Page 56, line 8.— blanchir. Here figuratively, 'grow old,' 

Page 56, line 10. — Cela se peut bien. 'That may be so, indeed,' 
'no doubt, no doubt.' The apparent reflexive form is explained by 
expansion =Ce/a se peut f aire — Cela peut se faire. That may be. 

Page 56, line 11. — il n'y a plus a y revenir. 'There's no going 
back on it.' 

Page 56, line 12. — o'est pi US fort que moi. * It gets the better 
of me.' 

Page 56, line 16. — en veux-tu ? ' Will you have him ? ' 

Page 56, line 1 9. — Tope-la. Absolute for Je tope d cela, I agree to 
that, — 'agreed,' 'done.' The Normans, like the English, shake hands 
over a bargain. 

Page 5G, line 20. — La trotte est bonne. Trotte is a familiar 
word for distance, — 'The run is a good one.' 

Page 56, line 23. — planter mes choux. A proverbial expression 
for retiring on one's savings. 

Page 56, line 23. — comme 9a SB trouve, dis done. ' Say, 
isn't that lucky ! ' 

Page 56, line 22. — Grandcamp. There are three villages of 
Grandcamp in Normandy, the one in question being the little oyster- 
fishing port on the Channel, in the department of Calvados, near Isigny 
(61, 24). 

Page 56, line 26. — file ton cable ! In nautical language filer le 
cdble^ldcher (pay out) le cdl'le peu d pen, et autant qu'il faut pour It 
mouillage (anchorage). Bairfere in Argot and Slang, remarks (sailors* 
and popular): "Filer son uoeud," or "son CEible," to go away, to run 
away, "to cut the cable and run before the wind." English sailors' 
slang is similar, 'slip your cable,' 'cut and run.' 

Page 56, line 30.—^ fond de cale. Of. 67, 15. Gale, ' hold,' d 
fond de cale, ' down in the hold.' 



NOTES. 



177 



Page 56, line 33.— du Finist^re. This is the department of 

France, not the cape of Spain. It occupies the most westernly point of 
French territory, at the junction of the Channel and the Atlantic. 

Page 57, line 1.— tonnerre de Brest. See 16, 7, note. 
Page 57, line 14.— le tortilla serr^. 'Twisted it tight.' 
Page 57, line 17.— C^der sa part. 'Give up his share,' 'draw 
back.' 

Page 57, line 33.— sa douleur s'exhala. Exhaler is used of 
vapours, like the Eng. ' exhale,' but also of grief, sighs, etc., ' His grief 
found vent,' 'vented itself.' 

Page 58, line 8— il se fit honte a lui-m§me de. . . 'He 

felt ashamed of himself for . . . . ' 

Page 68, Hne 12. — ^ moiti^ chemin. ' Half-way between.' 

Page 58, line 14.— ^chapp^e de VUe, View as seen through 
hills, trees, houses, etc., that restrict it, — 'vista.' 

Page 58, hne 20.— filer ses dix lieues. Of. 15, 24, and note. 

Page 58, line 24. — elle a senti. i^lle preserves the gender of bite. 

Page 58, line 26.~Mille tonnerres, Cf. 16, 7, and note. 

Page 58, line 27. — Voila que j'ai ... ' There ! I have ' 

Page 58, line 29. — midl cinquante. Abbreviation for midi et cin- 
quante minuter; cf. our 'twelve fifty.' Cf. "huit heures moins dix," 
19, 33. 

Page 68, line 32. — pour cause. ' For a good reason.* 

VII. 

Page 59, line 1 . — la SOUpe tremp^e. Tremper la aoupe denotes 
to pour the soup over pieces of sliced bread put in the soup-dish. 

Page 59, hne 12. — du Havre. For the town of le Havre, see 15, 
28, and note. 

Page 59, line 14.— Eh non ! ' No, indeed !' 

Page 69, line 14. — J'ai failli attendre. 'I came near having to 
wait,' 'I was all but kept waiting.' Au allusion to the alleged saying 
(Fournier doubts it) of Louis XIV. (1638-1715), who thought that 



178 LB CHIEN DU OAPITAIHB. 

people should come earlier than their due time in order to be respectfoL 
Once his carriage came up precisely on the stroke. The king with a 
tone of reproach exclaimed, "J^ai failli attendre." 

Page 59, line 15. — c'est le principal. ' That is the main point.' 
Page 59, line 20.— Soit. ' Be it so.' 

Page 59, line 28. — laissons cela. 'Let us drop that,' 'have done 

with that.' 

Page 59, line 28. — J'aime autant ne pas en parler. 'I had 

just as lief not speak about it.' 

Page 60, line 10.— d'un ton bref. 'Curtly.' 

Page 60, line 15.— fit des frais d'amabilit6. Cf. 23, 16; 
' took pains to be agreeable. ' 

Page 60, line 15.— ne laissa point que d'y mettre du sien. 

Laisser used negatively takes an infinitive with de to mean 'to do a 
thing in spite of difficulties.' Y mettre du sien is a phrase=y contrihuer 
de son argent, de sa peine, etc. Hence, ' Nevertheless did not fail to add 
his share (do his part).' 

Page 60, line 28. — mis ki part. 'Apart from her....,' 'Setting 
aside her. . ..' 

Page 61, line 1.— s'alt^rfi-t. S'alterer, alter (for the worse), im- 
pair, spoil. 

Page 61, line 14.— H avait beau vouloir. Avoir beau, to do in 

vain, — ' In vain he wished to. . . .' Cf. 63, 15 ; 63, 29, etc. 

Page 61, line 16. — se faisait jOUr. 'S'e /aire jour=8e /aire ouver- 
ture et passage, ' to break through and show itself. ' 

Page 61, line 23. — les Sorel. Proper names as such are invariable. 
HSG. % 390; L Fr. § 36, 1. 

Page 61, line 24.— je tirerai une bord^e. Bordie is a tack or 
sideward direction of the ship sailing against the wind, a board ; courir 
des bord{4es), to sail to windward by tacks ; tirer une bordde, ' to make a 
board (tack).' 

Page 61, line 22. —Cherbourg. A fortified port on the Channel, at 
the mouth of the Divette, and a commercial city of some importance ; 
inhabitants 37,013 in number. 



jroTBs. 179 

Page 61, line 23 — pour arrSter mon r^glement de compte. 

Riglemerd de compte denotes the passing of an account, as a proper one 
to settle ; 'to arrange (settle) my accounts.' 

Page 61, line 23. — je prendrai terre. Prendre terre= dibarquer, 
aborder, 'land,' 'go ashore." 

Page 61, line 24. — Isigny. Cf. "le petit bassin d'Isigny," 79, 5. 
A small port of about three thousand inhabitants, nineteen miles 
W.N.W, of Bayeux ; "it has a small but excellent port." It was at 
Isigny, in 1824, that the writer of this story was born. 

Page 61, line 25. — Grandcamp. See 56, 22, note. 

Page 61, line 26.— Potir peu que I'ami Tautin — exacti- 
tude. See 50, 17, and note. ' However little my friend Tautin had 
made a point of punctuality,' 'If . . . .had taken even the least pride in 
being punctuaL' 

Page, j6I, line 29. — le COurrier du matin. ' The morning's post* 
Cf. 67, 2. 

Page 61, line 33. — Saint-Louis. The capital and chief port of the 
French colony of Senegal. It is built on an island at the mouth of the 
Senegal River, having a population (1891) of 18,925. The full name of 
the town is "Saint-Louis du Senegal," cf. 68, 6. 

Page 62, line 5.— de choses et d'autres. Parler [caitser) de 
ehoses etd'autre8=parler de diverges choses, 'talk about one thing and 
another.' 

Page 62, line 6. — au grand aiT. 'In the open air.' 

Page 62, line 11. — quartier de roche. Quartier de pierre or de 
roche, 'large massive piece of stone or rock.' 

Page 62, line 16.— un phraseur. A popular word =/aiseMr de 
phrases, bavard, 'a babbler,' 'over talkative.' 

Page 62, line 17. — Mon bon vieux. Cf. 64, 19; ' dear old man,' 
(term of aflfection). 

Page 62, line 18.— pour te coucher — par ^crit. Coudier 
quelque chose en 6crit = mettre par dcrit, ' to set anything down in writing,' 
Cf. the English, "letters couched in such terms." 

Page 62, line 19.— tu peux m'en Savoir gr6. ' You may be 
grateful to me,' 'yon ought to thank me for it.' 



180 LE OHIEN DU CAPITAINE. 

Page 62, line 20. —ne sont pas mon fait, ' Are not in my line.' 

Page 62, line 21. — ma bourgeoise. Mon bourgeois, ma hourgeoise, 
are familiar words among the people for mon mari and ma femme. They 
correspond to 'my old man,' 'my old woman, 'the 'missis." 

Page 62, line 24. — primo. A Latin word, ablative case of primus 
with loco understood, — 'in the first (place),' naturalized in French = e» 
premier lieu, premiirement. 

Page 62, line 25. — la Manche. The English Channel, so called from 
its resemblance to la manche, the sleeve. 

Page 62, line 26. — n'a fait que. 'Did nothing but.' 

Page 62, line 30. — Le soir venu. Absolute construction, ' when 
evening had come.' 

Page 62, line 33. — ^ seule fln. See 5, 19, and note. 

Page 63, line 1. — U a tourn^ de rceU. 'He turned up his 
eyes.' The notion of instrument expressed by de here cannot well be 
rendered in English, though in some phrases we have constructions that 
exactly correspond (cf. 'to wink with the eye,' etc.). 

Page 63, line 5. — un diable en caoutchouc. ' An india-rubber 
devU.' 

Page 63, line 9. — piquat une tete. In swimming piquer une tite 
=8'4lancer dans I'eau la tite premiere, ' take a header. ' 

Page 63, line 12. — un chacun. An old-fashioned equivalent of 
chacun. 

Page 63, line 15. — avec defense de ' With orders not to ' 

Page 63, line 16.— s'arc-bouter sur ses reins. The cabin-boy 
supported himself against the strain by bending at the hips. 

Page 63, line 17.— avait toijjours plein la main. Plein is 
invariable in such constructions as this. Cf . avoir de V argent plein ses 
poches, to have one's pockets full of money. 

Page ^3, line 19.— laissat faire. 'Should let him alone,* 'leave 
him to his own devices. ' 

Page 63, line 20. —vent arriere. Cf. 15, 24, ' before the wind.' 

Page 63, line 21.— le cap au grand large. * Heading for the 
open sea.' 



NOTES. 181 

Page 63, line 22.— raide COniine une balle = ««n« hAsiter, tris 
rapidement, ' quick as a shot. ' 

Page 63, line 28.— le trempait comme une soupe. See 59, 

1, and note. This proverbial expression is exactly equivalent to 'made 
him sopping wet,' ' made him as wet as the river' (as some say). 

Page 63, line 32.— le golfe de GasCOgne. The stretch of water 
between the western coast of France and the northern coast of Spain, 
called by the French le golft de Ga.icogue, from the neighbouring province 
of old France, Gascony, and by the English the Bay of Biscay, from the 
Spanish province of Viscaya (the province of the Basques). The com- 
pression of the seas sweeping in from the Atlantic renders the waves 
unusually high, irregular, and dangerous (63, 33). 

Page 64, line 5.— vir6 de bord. Virer (of a sailing ship), 
to turn from side to side ; bord, side of vessel ; virer de bord, ' put 
about,' ' change one's course. ' 

Page 64, line 5. — SOUS le vent. 'To leeward.' The whole expres- 
sion virer de bord sous le vent, may be rendered by ' to wear ship. ' 

PagH 64, line 6. — ^j'ai dans I'id^e. Idde for esprit, iTnagination is 
rarely used except with dans, en, d, de; — J'ai dans I'idde qu'il tie viendra 
pas, ' I fancy he will not come.' 

Page 64, line 6. — si malin qu'il soit. ' However clever he be.' 

Page 64, line 10. — voire meme qu'il. Voire (Lat. verm, true) is 
U8ed = m^»ie and even joined witii it, ' Nay even.' 

Page 64, line 13.— se SOnt laisse empoigner. Evipoigner, lit. 
to seize with the fist [poign) ; in familiar language intSresser beaucoup, 
causer une fort Amotion. Hence : 'let the. . . .take hold of them,' 'they 
were seized with pity for.' 

Page 64, line 15. — a qui mieux raieux. A set phrase, ' in emula- 
tion ; ' le gater d, qui mieux mieux, ' try to see who could spoil him most,' 
'vie with one another in spoiling him.' 

Page 64, line 22.— faire le d^daigneux. 'Turn up one's 

aose,' * be over-proud,' 'supercilious.' 

Page 64, line 24.— il se laissait faire. 'He made no objections,' 
' he let them do as they wished.' 

Page 64, line 25.— rendait la politesse. 'Showed any polite 
' tuutioa in return.' 



182 LE CHIEN DU OAPITAINE. 

Page 64, line 25. — fit dil tort. ' Did him any damage.' 

Page Qi, line 26. —On aurait et^ fach6 — cela ! ' One would 
have been sorry if he were not thus.' 

Page 64, line 28. — ce chien-1^ en remontrerait. Remontrer, 
to demonstrate, point out, — 'that dog would show (teach) a thing or 
two.' 

Page 64, line 33.— dans ces demiers temps. 'Of late.' 

Page 65, line 1.— le plancher des vaches. Litt. gives an ex- 
ample of this phrase, which denotes "la terre, par opposition d reau," 
fromScarron. " Loin du benolt plancher des vaches," Fery, v. Lepavi 
des vaches is used with the same sense. 

Page 65, line 11. — il a un fier toupet. Toupet, tuft of hair, etc., 
is used as a slang word for tete (see Barrere, toupet), and also in popular 
language = 7i,arcZtes.se, verve: avoir du toupie=avoir dufeu, de lahardiesse, 
da Teffronterie (Litt.). SoRigaud {Did. des lieuxcommuns, 315): "avoir un 
fameux toupet . . .avoir beaucoup d'aplonib (assurance), beaucoup d'impu- 
dence." 

Page 65, line 19. — derate. Lit. 'one deprived of the spleen.' 
Courir comme un chien derate, comme un ddrati — courir avec une grande 
Vitesse et longtemps. There is no equivalent in English; perhaps 'like a 
crazy one,' ' like a madman,' ' like a greyhound ' would come near. Litt. 
says of the verb ddrater : extirper la rate (spleen) ; opdration qu'on prd- 
tendait propre d rendre les chiens meilleurs coureurs (ce qui n' est pas), et 
qui dtait suggSrSe par la douleur ressentie au c6t6 gauche dans une course 
tongue et rapide, douleur attribute d la rate. 

Page 65, line 20.— ont la langue bien pendue =o;i< une grande 

facility de parler, — 'have the gift of the gab,' 'have a glib tongue.' 

Page 65, line 21.— cedent leur part. See 57, 17, and note. 
Page 65, line 24. — le loup blanc. £!tre connu comme le loup grit^ 
comme le loup blanc are proverbial for etre parfaitement connu de tout le 
■ monde. A grey wolf of such a colour, or more likely an old offender of 
a wolf, grown grey in iniquity, would be notorious. 

Page 65, line 26.— il s'allume sur la bete. A slang use of 
iaUumer, to kindle, in tlie sense of ' to be interested, enthusiastic,' — 
' his interest is excited in the animal. ' 

Page 65, line 31.— mylord. Usually in French milord, a lord, a very 
rich man, — 'my lord.' 



NOTES. 183 

Page 65, line 31. — que je lui ai dit. More correctly, lui ai-je 
dit. Cf. 80, 5. 

Page QQ, line 2. — chapardeur. The verb chaparder is soldiers' 
slang for voler, to steal, to loot, ' to prig ; ' chapardeur, ' marauder,' — 
un peu chapardeur, ' somewhat given to pilfering (marauding).' 

Page 66, line 8. — parbleu bien. See 15, 9, and note. 

Page 66, line 10. — un grand danois. The chien danois is a 
hunting dog, having short hair usually of a white colour with black 
spots. The breed originated in Denmark. It corresponds closely to 
the beagle or harrier. 'A big Danish dog.' 

Page 66, line 25.— sur le lest. ' In ballast,' 'light,' (i.e., without 
cargo, having only ballast to steady the ship). 

Page 66, line 27.— H S'agit de. ' It is • question of....' 'the 
cargo in question is.' 

Page 66, line 27.— bois de COUleur=6oM de ieiniure, dye-woods. 

Page 66, line 28. — Caen. Ancient capital of Lower Normandy, on 
the Orne and the Odon ; present population (1891) 45,201; consider- 
able manufactures of leather, stufiFs, etc. 

Page 66, line 28.— Cherbourg. See 61, 22, note. 

Page 66, line 28.^Cela m'irait. ' That would suit me.' 

Page 67, line 1.— sabords. Lit. 'port-holes,' here as an inter- 
jection, — ' shiver my timbers I ' 

Page 67, line 4.— Plus de chien 1 ni vu ni connu. Lit, N© 
more dog 1 neither seen nor known ! — ' No dog left, not a sign or trace of 
one 1 * 

Page 67, line 7.— Je me donne au diable, qui ne veut pas 

de moi. Se donner au diable has several meanings in French; (1) 
prendre beaucoup de peine, ' to take a devilish lot of trouble ; ' (2) se 
ddsespirer, ' to be plunged in despair ; ' (3) as in Eng., — Je me donne au 

diable « , ' Devil take me, if ' A variation of (2) seems here the 

sense. Render, 'I invoke all the powers, but it does no good,' Sumi- 
chrast renders, " I swear away, but that does no good." 

Page 67, line 9.— plus de malice qu'il n'est gros. ' Has more 
mischief (trickery) than size.' The ne is doe to the comparison; 
Bee 16, 26, and note. 



184 LE CHIEN DU CAPITAINE. 

Page 67, line 10. — en avoir le coeur net. See 35, 13, and note. 

Page 67, line 17. — Dieppe. A pretty town on the Channel, at the 
mouth of the River Arques, having about twenty-three thousand inhab- 
itants ; noted for its fishing fleets and commerce with England. 

Page 67, line 19. — Marseille. Marseilles, the chief sea-port of 
France, and a great manufacturing centre ; 376, 143 inhabitants. 

Page 67, line 21. — marchait sur les talons. ' Keeping close to 

the heels of, ' 

Page 67, line 32. — avec escale. Escale, stay, — 'calling at.' 

Page 67, line 32. — Cadix. In the s. w. of Spain, one of the oldest 
porta of Europe, now recovering its former prosperity ; the city has a 
population of 62,530 inhabitants. 

Page 67, line 32. — Gibraltar. Gibraltar is not only a foitress but 
a beautiful port and town of 19,860 inhabitants, not including the troops 
in garrison. Ships stop here from all parts of the East and West. 

Page 68, line 1.— aimer le poil de la bete. Le poil, figura- 
tive for the animal itself, cf. 'to love the sight of the animal.' 

Page 68, line 2. — faire faute — manqucr, 'fail,' 'be missing.' 

VIII. 

Page 69, line 25.— a ce qu'il — ' As it — ' 

Page 70, line ].— aurait pu repondre. ' Could have answered;' 
notice that the absence of a past participle to ' can ' in English compels 
the use of the perfect of the iniinitive Cf. 70, 7. 

Page 70, line 17. — eut eu a COeur. Avoh- a coeur = prendre un 
vif intdret, — 'she had set her heart.' Cf. prendre a coeur, 45, 8. 

Page 70, line 19. — si grands. Ijiglish prefers a clause to the predi- 
cative adjective, — ' would be so great.' 

Page 70, line 25.— s'en rencontrera-t-il. Jl is impersonal, and 
follows the verb because of peut-itre coming first in the sentence, 
H S Q., §317, 3; L Fr., § 206, 4; 'there will (may) happen to be 
some.' 

Page 71, line 9. — de premiere main, i- e., de la main de celui 
jui a le premier recueiUi ou fabrique, ' At first hand.' 



MOTES. 186 

Page 71, line 10. — ce que de meilleur. See 27, 13, and note, 

' the best that. ' 

Page 71, line 11. — canton. The local government of France begins 
with the commune. There are in all (1891 ) 36, 144 communes, which vary 
in size and population from less than 1 ,500 inhabitants to a few that have 
over 20,000. After the commune comes the canton, which contains an 
average of 12 communes, has its chief town and its justice of the peace. 
Thus Honfleur is the chef -lieu of the canton of Honfleur, which comprises 
14 communes, having a population of less than 20,000. There are (1891) 
2,881 cantons in France. Then the arrondissements (362 in number) 
unite the cantons ; and finally a varying number of arrondissements 
constitute a ddpartement, there being 87 such. Each d^partemeut has ita 
official head, a prdfet, who represents the central government ; each 
arrondissement a sous-prSfet ; each commune its maire and adjointa (44, 
14) by local choice. 

Page 71, line 13.— f aire des gateries au capitaine. Qdterie» 
are little attentions, here of the palate, — 'to spoil the captain with good 
things. ' 

Page 71, line 17.— On eut dit d'une masse sombre. 'Yon 

would have taken it for,' 'it looked as if it was.' Litt. explains this 
curious construction dire de as follows : vous diriez (on dirait) d'un fou, 
d'un homme ivre (drunken), c'est-a-dire U se conduit, it parte comme a'il 
dtaitfou, ivre (la locution s'ezplique par tine ellipse : on dirait d'un fou, 
<^est d dire on dirait cela d'un foil, on dirait que ce qu'il dit ou fait eat 
d'un fou, et, elliptiquement : on dirait d'un fou). 

Page 71, line 22.— qu'est-ce que cela peut bien Stre? The 

periphrasis expresses here surprise, — ' whatever can that be?' 
Page 71, line 30.— Dieu mais. ' Why I gracious ! ' 

Page 72, line 4.— portant bas I'oreille. Cf. "baissalenea," 
61, 22 ; 'hanging down its ears.' 

Page 72, line 12. — cr^vent sa peau. Crever, to burst, 'to come 
through.' 

Page 72, line 19.— Paut-il que . . . For the value of the inverted 
form, cf. 12, 21, and note, — 'How ill-natured I must have been.* 

Page 73, line 23.— tourte. Properly a pie (tourte de pigeons, a 
pigeon-pie) : but in some country districts of France used as name of a 



186 LE CHIEN DU CAPITAINR. 

round loaf (pain, miche). In du Bois's Olossaire du patois normand tMs 
definition of tourte is given : "pain de six kilogrammes (about 12 lbs.), 
rond, aplati, et de pdte ferine. " 

Page 74, line 13.— la joie ne fait pas toiijours peur. An 

allusion to the proverb /a joie fait peur. 

Page 74, line 18. — a peine eut-elle. Cf. 70, 25, note. 

Page 74, line 22. — Jamais. . horame ne fut. 'Never. . . .waa 
a man.' Cf. HSG.,% 408, 5 ; L Fr., § 55, 2. 

Page 75, line 8. — tu as I'air. ' You look (seem).' Cf. 

HSO., §421, 4 c.; L Fr., §71. 

Page 75, line 13.— le bas-allemand — le hollandais. But in 
Germany the term for hollandais is niederldndisch, while bas-allemand, 
niederdeutsch. Low German, applies to all the dialects of lower Germany, 
etc. — Dutch, Frisian, P^nglish. 

Page 75, line 29.— Veux-tu bien descendre. Veux-tu bien, 
voulez-voiis bien are used as imperative forms, — ' Get down, will you.' 

Page 75, line 30.— avons les draps blancs d'hier. 'Have on 
yesterday's clean sheets.' The English speaker would probably say 
' these sheets were put on clean yesterday.' 

Page 76, line 6. — mis^res. IS^ere^bagatelles, 'trifles.' 

Page 76, line 7.— bonheur k tous trois. Cf. "la vie ^ trois," 
56, 2, and note. 

Page 76, line 13.— Mais, que veux-tu. Cf. 14, 13, and note. 

Page 76, line 16.— certainement que j'aime. Cf. "certesque 
je le veux," 44, 22, and note. 

Page 76, line 27. — tu n'y peux rien. ' You can't help it,' ' Yoq 
can't do anything in the matter.' 

Page 76, line 28.— Je ne suis pas une mauvaise, val *I 
haven't a bad heart, I can tell you. ' 

Page 76, line 31. — toutou. See 15, 32, note. 

. Page 76, line 34.— Je m'en 8uis VOulu Cf. 50, 11, and note ;— 

' I am vexed at myself for having . . . . ' 

Page 77, line 3.— que cela. 'As all that.' 

Page 77, line 9.— f erai miseres. Colloquially faire des misirea 

= causer de la peine, du tourment. ' Shall. . . .torment.' 

Page 77, line 11.— garde-toi d'en douter. Lit., Keep yourself 
from doubting it ; freely, — * and no mistake,' ' depend upon it' 



NOTES. 187 

Page 77, line 21. — on a tout lieu. Lieu=occanon, droit, — 'one 
has every right.' 

IX. 

Page 78, line 7. — de seconde force. Force is nBei=habihtS, 
talent, etc. : II est de premiere force aur le violon, ' He is a first-rate 
violinist,' hence, ' she had only a second-rate knowledge of geography.' 

Page 78, line 8. — ^ la nage. *By swimming,' or 'had swum back.' 

Page 78, line 9. — La preuve ' What proves it is.' 

Page 78, line 12. — vu la distance. ' In view of (considering) the 
distance.' Vu used prepositionally is invariable; HSO., § 368 (a); 
LFr.,%Q8. • 

Page 78, line 28.— Ces explications. ..les obtint. Note the 
necessity of repeating the object by means of the pronoun in such a 
rhetorical inversion as this. 

Page 79, line 4.— port d'attache. 'Home port,'— ' hailing 
from.' This sense of attache is not in Litt. or Diet. Acad. 

Page 79, line 5. — Isigny. See 61, 24, note. 

Page 79, line 5.— la riviere d'Aure. A little river rising in the 
department of Calvados. It passes several villages, Isigny among the 
number, which is situated where it joins the river Vire. 

Page 79, line 5.— la baie des Veys. The river Vire expands at 
the village of les Veys into a shallow bay, la baie des Veys, at the 
extreme west of the department of Calvados. The bay forms the estu- 
ary of the Douve, Vire, and Aure, and is in shape like a Vv , with the 

Vire, Isigny, and the Aure on the lower right-hand corner, and Grand- 
camp at the upper right-hand corner. 

Page 79, line 11.— gloria. Hot coffee with sugar and brandy, or, 
among sailors, tea and brandy. This is the customary end of the popu- 
lar festive meal, just as the gloria jJatti ( 'glory be to the Father ' ) 

is said at the end of the Psalms (Littr6). As a Latin word, it is 
italicized. 

Page 79, line 11.— rincette. The little glass of brandy poured into 
the coSee-cup from which the cofiFee has just been drunk {rincer, to 
rinse). 



188 LE CHIRN DU CAPITAIMB. 

Page 79, line 11. — pousse-caf6. A little glass of cognao taken after 
coffee. "Ensuite nous avous pris le caf6, le pousse-caf^, le repousse* 
caf^" (Voizo, in Larchey). 

Page 79, line 16. — sans quoi = sa»w cela, autrement, ainon, — 'other- 
wise.' 

Page 79, line 20.— je vous en donne mon billet. Billei 

usually 'ticket,' 'note,' here = parole. Cf. the slang : Je vous en (fiche) 
mon billet, 'I assure you it's a fact' (Bair6re). 

Page 79, line 22.— une bien drole d'histoire. Drdle, adj., is 
here used substantively and requires de with the following noun, cf. "ce 
coquin de Z(^ro," 45, 26, and note. 'A very odd story.' 

Page 79, line 22. — Imaginez-VOUS. ' Just think.' 

Page 79, line 24. — a la marque de. ' Marked with the name of,' 
'consigned to.' 

Page 79, line 29. — mel^-cassis. Rigaud defines this as " MSld- 
cass, eau-de-vie et cassis melSs." Gassi" itself is a liqueur made from black 
currants. As we have the expression cherry-brandy (ratafia), we might 
use Du Maurier'a translation 'black-currant brandy.' — Trilby, p. 298. 

Page 79, tine 32. — Ah 9a ! VOUS autres ! f A is an interjection, — 
'There now.' The use of autres with nous and votis is a Gallicism. It 
adds a touch of contrast. Cf. iVowa autres femmes nous agissona bien 
diffdremment, We women, we act very differently (from men). 

Page 79, line 32. — vous en avez pour longtemps. ' Are you 
going to be long about it ? ' 

Page 80, line 3.— une mani^re conune une autre. 'As 

good a way as any.' 

Page 80, line 5. — que je demandai. '"^ee 65, 31, and note. 

Page 80, line 9.— Le jOUr meme. Following the noun mime = 
' very.' H S O., §48.S, 3 ; L Fr., §78. 

Page 80, line 11. — timonier en second. ' Second helmsman.' 

Page 80, line 15.— par le travers de Gibraltar. Mre par le 
travers d'tin port, to stand athwart the port ; itre mouUM par le travera 
rfe . , to be at anchor off. . . . ; passer par le travers de, to cross 
athwart. . . . Hence ' while passing Gibraltar,' ' off Gibraltar.' 



NOTES. 



189 



Page 80, line 16.— comme qui dirait. Cf. La Fde, 95, 27. This 
phrase has a counterpart in Elizabethan English, though not in modem 
English. Cf.: 

"There are a sort of men whose visages 
Do cream and mantle like the standing pool. 
And do a wilful stillness entertain, 
With purpose to be dressed in an opinion 
Of wisdom, gravity, profound conceit. 
As who should say, ' I am Sir Oracle,' 
And when I ope my lips, let no dog bark." 

— Shakspere, Merchant of Venice, I., J. 

Thia colloquial comme qui dirait = en quelque sorte, une sorte de: 'the 
dog, so to speak (of the crew),' or 'in a way,' or 'a sort of.' 

Page 80, line 18. — COmme 5a se trOUVe. 'As luck has it,' 
' just as it happens. ' Cf . 56, 23, where the tone alters the meaning. 

Page 80, line 19.— le nez au vent, I'oreille aux ^coutes, 

I'oeil au guet. Cf. 8, 4 note ; 'sniffing the wind, his ears pricked up, 
his eyes on the watch.' 

Page 80, line 23. — assez cauSe ! Note the imperative force of the 
perf . part. ; cf. ' enough said ! ' 

Page 80, line 24. — Oran. A sea-port in western Algeria, capital of 
the department of Oran ; its population (1891) is 73,839 ; its trade is 
extensive. 

Page 80, line 27. — il en eut I'air. ' He seemed to.' Cf. 75, 8, and 
note. 

Page 81, line 6.— Caen, ^ee note 6C, 28. In going to Caen, Cap- 
tain Pigault (cf. 82, 2, ff ) would follow the main road south from Hon- 
fleur to Pont-1'Eveque (15 miles) then west to Caen (28 miles). 

Page 81, line 9.~sans tambour ni trompette. A common 
phrase to signify ' secretly.' (Jt. " 11 faut aller au secours de cette place 
sans tambour et sans trompette," Voltaire (in Litt. ). 

Page 81, line 12. — tout a I'heure. 'Just now.' 

Page 81, line 20.— a fait la rencontre. 'Fell in with,' 'ran 
across. ' 

Page 81, line 22.— S6 faire rapatrier. ' Be brought back to 

his native land. ' 

Page 81, line 26.-11 SB fut butt6. Butter (of horses), to stumble 



190 U OHIEN DU CAPITAIHB. 

•gainat obetacles on the road ; generally ' etomble against ; ' hencft, 
'had stumbled on,' 'ran up against.' 

Page 81, line 28. — fait le tOUT du monde. Cf. 43, 29 ; — 'gone 
round the world.' 

Page 81, line 30. — ^il aurait plutot navigu^ — que de re- 
noncer. PlutCt in a comparison with an infinitive is followed by que 
or que de. 

Page 82, line 3. — II aura reconnu. ' He no doubt recognized.' 
HSO.,% 343, 3 ; LFr.,% 226. 

Page 82, line 12. — remplum^. Se remplumer, lit. to get feathers 
again (after moulting), is used in familiar style=r€gagner son embonpoint 
{apris une. maladie), ' to thrive,' ' to get fat,' ' to fill out.* 

Page 82, line 21. — auront le tort. ' WUl have the drawback.' 

Page 82, line 24.— baigneurs de Trouville, de Villers et 

d'Houlgate. The towns mentioned are favourite fashionable resorts 
for sea-bathing. TrOUville is situated on the Channel at the mouth 
of the Touques, about ten miles s. w. of Honfleur. It has beautiful 
villas, a splendid beach ; population, 6,308. Villers lies six or seven 
miles further west on the coast ; its cliffs and villas are picturesque ; 
population, 1,342. Houlgate or Benzeval-Houlgate is about three 
miles west of ViUers, with hills and villas, and a pojjulation of 1,065 
inhabitants. A pleasing description of TrouvUle and the Calvados shore, 
which are much frequented by the English, may be read in Blackwood's, 
October, 1871. 

Page 82, line 30. — mi-parti de caniche, etc. 'Half poodle 
and. . . . ,' 'a cross between a poodle and . . . . ' 

Page 83, line 13.— trainant I'aile, tirant la patte. Imitated 
from La Fontaine's fable of the Lea deux pigeons. The pigeon that goes 
off to see the world is hardly used, and 

Trainant I'aile, et tirant le pied, 

Demi-morte, et demi-boiteuse, 

Droit au logls s'en retouma. 

—Fables, XL, a. 

Page 83, line 18. — SOUrit au Capitaine. Distinguish sourire A, 
which denotes to smile approbation from sourire de (60, 69), to make 
light of. 

Page 83, line 20.— Mouvement du port. A newspaper paying 
special attention to the arrival and departure of vessela — 'the SJupping 

NtMt*.' 



NOTES TO LA FEE. 



TUfl oomedy was published for the first time in the Revue des deux Mondes, 1854, 
vol. 6, p. 375 £f. It was first represented on the stage of the Vaudeville Theatre, Paris, 
on the 26th of August, 1856, with the cast of characters as g^iven on page 92. 

The present edition follows the text of the new edition published by Calmen Uvy, 
Paris, 1885, but careful collation of the earlier and later editions has made it possible 
to oorrect the errors and misprints of the edition of 1885. 

Page 92, line 15.— Bretagne. The most westerly of the ancient 
provinces of France. The Komans of the time of Caesar included it in 
the larger district called Armorica. When the Angles and Saxons con- 
quered England, fugitive Britons emigrated into Armorica, and especi- 
ally into the peninsular part of it, which consequently by the seventh 
century was called Bretagne, Brittany. The superstition of the Breton, 
Bays M. de Saint Martin, is not less proverbial than his ignorance ; he 
is accused of believing in fairies, dwarfs, and sorcerers. Certain it is 
that marvellous stories are told in every village. Now it is the wind, 
the dust, the smoke from the hearth, the direction of which towards 
such a point of the heavens announces a fortunate event or its contrary ; 
again it is the chariot of death in its rapid course which dries up the 
fresh verdure of the meadows ; it is a spirit hidden in the depths of the 
wood that maliciously repeats words uttered near him ; moreover there 
are springs and fountains whose beneficent waters heal chronic diseases. 

Page 92, line 16. — ^la foret de Brocelyande. Or Brocdliande. A 
vaat forest of ancient Brittany, either between the present towns of 
St. Brieuc and Quintin (on the north coast of the peninsula), or about 
Paimpont (depart. Ille-et-Vilaine), further east and inland, and cele- 
brated even in the twelfth century as the wood in which Merlin was 
brought under the spell of Vivien. 

"And touching Breton sands, they disembark'd. 
And then she followed Merlin all the way, 
Eren to the wild woods of Broceliande." 

- Tennyson, Merlin and Vioien. 

Thit forest of Paimpont has the greater reputation to-day as the scene cA. 

[191] 



193 LA F]£b. 

Merlin's enchantment. On the western border of the forest near Lam- 
brun, is the famous fountain of Baranton, a few drops from which once 
were reputed to work miracles. To-day when it roars people say a 
storm is coming, and to it, in times of drought, processions wend their 
way to ask rain from heaven. 

Page 92, line 18. — Merlin. A British prophet and magician during 
the English invasions. In Geoffrey of Monmouth he is fabled to have 
sprung from a demon and a Welsh princess, but, baptised, he turned all 
his magical gifts to good, in the service of Arthur. The poets seized on 
him and invented the story of his amour with Vivien. Overcome by 
the wiles of this enchantress, he fled with her to Brittany, to the forest 
of Broceliande, and there dwelt as a savage. 

Legends of Merlin were probably carried by fugitive Britons to 
Armorica ; yet native Breton traditions maintain that he was cradled in 
the Isle de Sein, a low sand-bar in the stormy Bale des Trespasses. 
There is even an early metrical life of the enchanter based on Armoric 
materials. 

Page 93, line 2. — Au fond. The expressions au premier plan 
(93, 4), au second plan, aufovd, indicate the relative distances of objects 
on the stage. They correspond to 'foreground,' 'middleground,' 'back- 
ground,' in English. 

Page 93, line 6. — porte en pan COUp4. The meaning olpan will 
be clear from these phrases : line tour a, six pans, a tower with six faces ; 
un pan d'hahit, the skirt of a coat ; un pan de mur, a pannel of a wall. 
The pan coup4 is defined as surface qui remplace I'angle d la rencontre de 
deux pans de mur, a ' cant ; ' hence a porte en pan coup4, ' a door placed 
cantwise', 'a corner door.' 

Page 93, line 7. — lampe CarceL The name of the French inventor 
is taken to describe his lamp. Bertrand-Ouillaume Carcel (1750-1812) 
was a poor watchmaker of Paris, who by dint of skill and patience 
accomplished his design of inventing an improved lamp. By "lampe 
carcel " is meant a lamp in which the oil is pumped up to the wick by 
clockwork. It was introduced into England about 1845, and goes under 
the name of French or mechanical lamp, or more frequently "carcel 
lamp." Cf. "In the bright white light of the carcel lamps," Miss 
Braddon, Asphodel, v. 60 (Murray's New English Dictionary). Lamps 
of this kind are pronounced, on account of their intricacy and expense, 



NOTES. 193 

objectionable for domestic purposes, but are valuable for light-houses. 

See Knight's Diet, of Mechanics, Art. "Mechanical Lamp." 

Page 93, line 16. — chaise OU X. An x or an ixe, as name of a piece 
of furniture, is a small stool, the crossed legs of which have the shape 
of the letter x. 

SCENE L 

Page 93, line 27. — le comte.* The foot-notes show the position of 
the actors relative to one another. 

Page 94, line 4. — habitation entre cour et lardin. See 
19, 13, note. 

Page 94, line 7.— palais des Tuileries. A palace with magnificent 
gardens in the middle of Paris, on the right bank of the Seine. It derives 
its name from the first location of the villa of Pierre des Essarts, near 
tile- works [tuHeries]. Catherine dei Medici chose it as the site for a palace 
begun in 1566. Successive rulers, Henry IV., Louis XIII., Louis XIV., 
Napoleon I. and Napoleon III., greatly enlarged and embellished the 
original structure, so that it is now one of the chief edifices of the 
French capital. 

Page 94, line 10— je n'ai pas pr^tendu vous offenser. 

Prdtendre + h3i,re infinitive = a y(«V I' intention, to intend. 

Page 94, line 2). — aurais desir^. This is a euphemistic Future 
Imperf. (Hondit. ). It softens politely the expression of desire. 'I 
should have wished.' Cf. 82, 3, and note. 

Page 94, line 22.— a la nuit tombante. 'At night-fall.' 

Page 95, line 3L— vienne la Noel. Noel is mascuhne, and is 
here only apparently feminine, since la Noel is only a contraction of la 
fite de Noel. The use of the subjunctive vienne may be compared with 
the word in the corresponding Pjng. colloquial phrase, ' come Christmas. ' 
In each case the subjunctive represents a dependent relation, perhaps a 
supposition or wish, — -'provided. . . .', perhaps a vague imperative. 

Page 96, Ime lO.— Ce qu'il y a de certain. See 27, 13, note. 

Page 96, line 17. — que I'on sache. This' peculiar employment of 
the subjunctive sa yoj/- in this construction should be noted. It repre- 
sents well the vague force of the mood, indicating a modification of the 
meaoiug of the verb. Ct II n'ent pas td, qu^ je sache, He is not there 



194 LA F^ 

as far at Jhtow. It is even used in indicatiTe oonstraotlons, 110, 26, 

to express modified statements. 

Page 97, line 10.— jeter sa d^froque. Ddfroqw ia connected 

with ddfroquer, to deprive a monk of his frock, but its signification is 
enlarged. It is used in two senses : ( 1 ) II donne tovie sa difroqut d ses 
domestiquea. He gives all his cast-off clothes to his servants ; (2) 7Z m'a 
laissd en mourant toule sa difroqiic. He left me when dying all his wearing* 
apparel and chattels. Render, 'put an end to it all.' 

Page 97, line 16, — avoir ^t6 en butte. ^tre en buUe=iire expoai. 

Page 97, line 17.— que je m'en prendrai. Cf. 99, 4. Se prendre 
d quelqu'un {de quelque chose) = le qtierelkr d cause de, le rendre respmi- 
sable, ltd imprder le tort, ' whom I shall hold responsible.' 

SCENE TL 
Page 98, line 9.— que r^vele les traits. Note the effect of 

this change of order by which the unqualified verb in the dependent 
sentence is placed at the beginning rather than the end of its clause, 
adding greatly to the melody and force of the sentence. 

Page 98, line 28.— veuillez me croire. The two imperative 
plurals oivouloir are voulez-vous and veuillez, with a decided difference in 
meaning. Voulez-vous vous taire, Please be quiet, Be quiet, will you (cf. 
75, 29). Veuillez le /aire, Be so kind as to do it. 

Page 98, line 28. — sur parole = 5Mr la gnrantie de ma bonne fox. 
The distinctions between parole and mot are as follows: parole=(V\ 
word, in the sense of significant discourse, — la parole de Dieu, the word 
of God ; (2) power of speech, — Dieu a donn4 la parole aux hommes, God 
gave speech to man ; (3) promise, — II a gard6 sa parole, He has kept his 
word. Mot = (\) word, independently considered, les deux mots sui- 
vants, — the two following words ; (2) notable remarks, un bon mot, witti- 
xjism ; (.3) answer to a riddle, etc. — "le mot d'une enigme," 136, 4, 

Page 99, line 6.— envers vous. Distinguish the use of vera and 
envers. Vers denotes ( 1 ) direction in space —vers la riviere, towards the 
river • (2) about — of time — vers deux heures, about two o'clock ; (3) 
(sanctioned by good authors but condemned by the Academy) ( = envers), 
with respect to. II s'est montrd perjide vers (better envers) son ami. 
Envers means aa re({ardB, towards, referring to persons. II s'est montre 



HOTES. 195 

eo*npati»satU envers let ptutvreB, he showed hinuelf oompasaionate to the 
poor. 

Page 99, line 11. — contrition d'a present. The adverbial phrase 
d prdsent, now, is here used as a noun. For this construction, of. les 
mceura d'aujourd'hui, the morals of to-day. Render, 'your contrition 
in the present moment.' 

Page 99, line 13. — de grand coeur. The idea of 'willingly,' 'with 
pleasure,' may be expressed by the following equivalent expressions, 
de grand cceur, de bon coeur, de toiti mon {ton, son, etc.,) coeur. 

Page 99, 15. — injure. Injure means (1) injury, wrong, as in Ilfaut 
pardonner les injures. We must forgive injuries ; (2) insulting remarks, 
insult, as in II vous a dit des injures. He insulted you. The latter 
meaning is the meaning of the text. 

Page 99, line 28. — grand'peur. See 14, 17 and note. 

Page 99, line 28. — a moins que .... ne SOient. A mains quCf 
'lest,' requires the subjunctive with ne without negative meaning. 
H8 0.,% 351, 3 ; L Fr., § 264, 3 b. 

Page 100, line 21. — avec 9a. *In addition,' 'into the bargain,' 

See also 33, 7, and note. 

Page 101, line 5.-4 la guerre comme k la guerre. A 

French proverb, which signifies that in certain affairs we must be pre- 
pared to accept the privations, etc., that are their inevitable accom- 
paniments. 

Page 101, line 11. — en plein hiver=aupltu/ort de Vhiver, ' in the 
depth of winter.' 

SCENE IIL 

Page 105, line 6. — quitte a ohoquer. See 42, 17, note. QuiUe 
has its primary meaning in such phases as Je I'ai pay6, me voUd quitte, I 
have paid him, now we are quits ; Hous sommes quitfes. We are quits. 
It has a secondary meaning, Vou8 4tes qvrtte de voire parole, You are 
released from your promise : II en est quitte d bon marcM, He comes ofif 
cheaply. The phrase in the text varies most from the primary meaning ; 
a similar phrase is Vous leferez, quitte d itre puni, You will do it, eve» 
if you are punished afterwards. 

Page 105, line 10. — agr^er mes services. Not 'agree,' which is 
eonvetdr de, but ' accept,' accueillir /avorabUment. So in ending a letter 



196 LA r&H. 

we commonly write Agriez Vexpression de ma sincere amitii, etc. Ab » 
neuter verb agrder = plaire : La vie est u« mets qui n'agrde que par la 
sauce, Life is a dish that only the sauce makes agreeable. 

Page 105, line 17. — il ne me sert pas. This pun on the two 
meanings of the verb — servir, to be useful, and servir, to serve— can be 
brought out by rendering "sert " in 1. 15, 'is of service,' and in L 17, 
'serves.' 

SCENE IV. 

Page 107, line 9.— une pointe d'app^tit, • A touch of appe- 
tite.' 

Page 107, line 17. — Th^baide. The ancient Thebais constituted 
much of what is now "J[)per and Middle Egypt. It was the first in- 
habited and civilized portion of I'.gypt, with its capital at Thebes. In 
the Thebais lived the first Christian hermits and anchorites. 

Page 108, line 3.— mardi, jour d'ltaliens, Italiem here 
refers to the Th^atre-Italien or The3,tre-Ventadour of Paris. Similarlj- 
we find ".4ux Italiens," as a title to Owen Meredith's poem. Cf. the 
common phrase, On a jou6 aujourd'hui Don Juan, aux Italiens, " Don 
Juan " was played to-day at the Italian Theatre. The Th^atre-Italien 
is the most fashionable opera-house in Paris, made illustrious by Rossini, 
Donizetti and Bellini, and by the singers Rubini, Mario, Tamburini, 
Lablanche, Grisi, Persiani, and Malibran. Performances are on Tues- 
day, Thursday, Saturday. 

Page 108, line 11. — il m' en CO'fi.te. En generally accompanies 
e(y(lte used impersonally. Cf . II m^en coiLte hon = Cela TrCa 6t4 tris p4nible. 

Page 109, line 1. — trappiste. The Trappist monks are a com- 
munity of the order of St. Bernard, founded in 1 140. They occupy many 
monasteries throughout Europe. One is maintained, as well, in Ken- 
tucky, and one in Quebec. Perpetual silence, abstinence from meat are 
some of the rules of the Trappists, whose austere life is proverbiaL 

Page 109, line 25. — Auvergne. Auvergne, one of the ancient 
provinces of France, forms to-day the departments of Puy-de-d6me, 
Cantal, and a part of Haute-Loire. It lies in the centre of southern 
France, and is mountainous but fertile. 

Page 109, line 3.3. — que n'alliez VOUS. Que=pourquoi, and there- 
fore the negative pa» is not expressed. H S O. % 496, 1; L Fr. § 261, 1 e. 



NOTES. 197 

Page 111, line 1 2. — n'y fu t pour rien- ' Had nothing to do with 
it.' Sie note to 116, 11. 

Page 112, line 9. — j'en suis Id,. See 19, 24, note. 'I have 
reached this point.' 

Page 112, line 18. — d^s le lendemain. Note the emphatic force 
of dis, — 'on the very next 'lay.' So d^s ce soir, this very evening. 

Pag'e 113, line 34. — mauvaise tete. A common phrase for an 
impulsive, headstrong person, Litt. defines: " personne sujette d beau- 
coup d'icarts et de travers dans sa conduits ou dans tea opinions ; et 
aussi homme qui prend facikment querelle et duel." 

SCENE V. 
Page 115, line 5.— de la part du pauvre Kado. De la part 

is used of persons from whom anything comes, or on wliose Vjehalf any- 
thing is done. Faiten-lui des felicitations de ma part, congratulate him 
for me. De quelle j^^^'i't viennent ces prdsents? From whom do these 
presents come? Render, 'on behalf of.' Cf. " J'^tais de votre part 
I'objet d'une indiscrete raillerie." 129, 2. 

Page 115, line 11. — la tete n'y est plus. The force of y itre may 
be seen from such sentences as Je rHy suis pour rien, I had nothing to do 
with the matter ; Vous n'y ites pas. You pay no attention. Render, 
' He is no longer sensible.' 

Page 115, line 14 — je Vais COUper. The accis is one of fever; 

couper la fiivre = empMier le retour des acc&s, ' to check,' etc. 

Page 115, line 27. — comnie qui dirait. See 80, 16, and note. 

Page 116, line 19.— vous y tenez. Cf. 68, 3. Tenir in this 
sense^auoir pour hut, dSsirer, and may here be rendered by 'you 
(really) mean it.' 

Page 116, line 30.— pas de f^e sans bucheron. A jest on the 
frequency with which the woodcutter appears in fairy stories. 

Page 117, line 4.— je ressemble a Diogene. Allusion to the 
well-knoM'n story of Diogenes passing through Athens, lantern in hand 
ai- high noun, looking for an honest man. See De Fivas' French Header, 
p. 19. 



19B LA wis. 

SCENE VL 
Page 118, line 29.— illustre et bouillant homonyme. 

Allusion to Hector, son of Priam, King of Troy. When that city was 
besieged by the Greeks, Hector performed prodigies of valour, holding 
off the fall of Troy for ten years, fighting with Ajax and Diomedes, 
burning the Grecian fleet, and slaying many of his enemies. When at 
last he kiUed Patroclus, Achilles was incited against him, and by the 
aid of the gods slew the brave Trojan. Strictly, however, the allusion 
is to the character of Hector as found in the dramas of the middle ages, 
where he was represented as a turbulent, insolent, blustering soldier. 
(Hence the meaning of "to hector," etc.) 

Page 119, line 16.— allez. Cf. 15, 4, note. 

Page 119, line 20. — n'en serez pas le bon marchand. The 

phrases Stre mauvais marchand, se trouver mauvais marchand, n'etre pas 
bon m,archand (d'une chose), are all used with similar meaning = se trouver 
mal (d'une chose), to have to suffer for, to get the worst of. 

Page 119, line 21. — ^je suis ferre a glace. Mreferrd or Ureferri 
d glace, is coUoq. and fig. for itre bien habile ; here, ' I am up in all. . . .* 

Page 119, line 23.— tel que VOUS me voyez. Cf. 20, 5, note. 

Page 119, line 24. — ^ quoi mordre. Mordre d, quelqiie chose= 

y prendre goUt, y /aire des jirogris, ' have a liking for,' ' to get along 
with.' 

Page 120, line 2. — tenez. The interjectional use of the verb ; cf. 
note to 15, 34. Render, 'there now.' Cf. "Tenez, veillez k cela," 
128, 21. 

Page 120, line 6.— je te vais Jeter. Or^'e vais tejeter. The posi- 
tion of te is optional. Ci. H S G., % 4A1, 1 c ; L jPr., § 158. 

Page 120, line 8. — un ami a moi. The speaker might have said 
"uu de mes amis." 

, Page 120, line 12.— sur ces entrefaites. Or dans ces entrefaUa 
= en ce moment-Id. The word is used only in these constructions. 

Page 120, line 16. — que je meure. This is a subjunctive with 
optative force — 'may I die, if it was.' To explain the construction, 
understand some such verb as je consens. 

Page 121, line 6.— Vous y etea Cf. ill, 12; 115, ll, note» 
•You've hit it' 



NOTES. 199 

Page 121, line 19. — qu'il VOU8 sache gr4. Subjunctive after 
the question in "pensez-vous." Or4 = reconnaissance, gratitude, when 
used with savoir : — savoir gr6 or aavoir bon gri=6tre natis/ait or content; 
savoir mauvais gr4=itre vial satis/ait, mdcontent. 

Page 121, line 22.— tables toumantes. This ia one of the 
favourite performances of spiritualists. People are seated round a table 
with their hands on it. It is made to move, apparently without any 
force on their part. 

SCENE VII. 

Page 123, line 29.— Mon ame va y passer. T parser is used 

with the meaning of moitrir, se perdre. Hence render, 'I shall lose my 
aoul. ' 

Page 124, line 10.— voil^ le paquet. This phrase is no doubt 
derived from the somewhat common exj^ression donner le paquet = donner 
congi (d un domestique). Yvounet, expecting to be transported into the 
next world, exclaims " voilk le paquet," almost = w»7d le dernier caiip, 
this is the finishing stroke. ' It's all up with me,' ' There's the finishing 
stroke.' 

SCENE VIII. 

Page 125, Hue 5.— VOUS en tenez. En tenir=to have received 
blows, etc., and figuratively, to have experienced something disagreeable. 

SCENE IX. 

Page 126, line 7.— comme vous voil^ fait. ' What a state 
you are in ! ' 

Page 126, line 11. — en train. The force of en train may be illus- 
trated by the following sentences : /I est en train de se perdre, He is in a 
way to ruin himself ; Nous soiames en train de jouer, We are in a mood 
for — ready to — ^play ; II a mis cette affaire en train. He has sot the matter 
going. Render, 'disposed,' 'ready.' 

Page 126, line 18.— soyez sages. Sage applied to children meana 
•good.' 

SCENE X. 
Page 127, line 16.— temps que la reine Berthe fllait. A 

proverbial expression to denote the legendary past, with manners very 
different from our own. People say also du tempt du roi Quillenwt. 



200 LA F^B. 

Berthe, snmamed au grand pied, who died in 783, was the wife of Pepin 
the Short and mother of Charlemagne. The poets have celebrated the 
life of this queen, relating how she was carried off the day of her mar- 
riage, while a serving- woman, who resembled her, was put in her place ; 
how the true queen escaped from her captors and dwelt as a servant 
spinning with her distaff in the home of a game-keeper ; how her mother 
visiting Pepin discovered the deception put upon the king, and finally 
restored Bertha to her royal spouse. 

Page 128, line 5.— touchez du piano. Toucher, with certain 
instruments played by the touch = Jo i(er de: — Ulle louche bien Porgue, 
She plays the oigan well. Toucher de is used with the same meaning ; 
— Elle louche bien du piano, She plays the piano well. 

Page 129, line 9.— le mot meme de I'existence. See note 

to 98, 29 (.3) ; ' the very key of life,' ' the answer to the riddle of life.* 

Page 130, line 18.^ -Roger Beaumanoir. There is a peculiar 
appropriateness in the name, which is that of one of the historical 
families of Brittany. I he mortuary chapel of the Beaumauoirs is in 
the Benedictine Priory of Lehon, near Diuan. 

" Beaumanoir ! 4 ce nom de glorieux prodigea 
Des sifecles iconics reveilleiit les prestiges : 
La pierre des tombeaux a paru se mouvoir 
Et des trente Bretons les clanieurs belliqueuses 
Semblent r6pondre, sous ces vofltes fameuses, 
A. ce grand nom de Beauuiauoir." 

— Avbry, 

See Brittany and its Byways, by Mrs. Bury Palliser. 

Page 130, line 31.— je VOUS jure. Jurer in conversation is scarcely 
as strong as ' swear ' ; it rather = ' assure.' 

Page 131, line 4.— laissez-VOUS faire. Se laisser followed by an 
infinitive, means to permit, etc. II se laisse tomber. He lets himself fall. 
The active infinitive in Fr. after laisser corresponds to the passive in 
Eng. Hence render, ' Let it come,' i.e., do not resist the inclination to 
sleep. 

Page 131, line 16.— chien danois. See 66, 10, note. 
Page 132, line 14.— cela se peut. See note 56, 10. 



NOTES. 201 

Page 132, line 20.— il a Suffl de ramour. ThiB de is not the 

sign of the partitive, but is the regular construction with the general 
noun, when suffire is used impersonally. Cf. II nous auffit de I'honneur, 
Honour suffices us. 

Page 132, line 28. — qu'^ cela ne tienne. Used impersonally as 
here, tenir refers to the obstacles in the way of a thing being done. 
Render, 'let that not stand in the way.' 

Page 132, line 28.-«aussi bien. Aussi bien, as a conjunctions 
da7i8 It fait, 'in fact.' 

Page 132, line 32.— jamais femme ne m'inspirera. Une ia 

omitted here, as usual, before the subject of a sentence introduced by 
jamais. Cf. 74, 22, and note. 

Page 133, line 2. — soiree. Soirie represents the evening with 
relation to what it contains — the business or pleasure that is carried on 
in it as distinguished from soir, the time itself. 

Page 133, line 15.— les paroles sacramentelles. Lea mots 

sacramentaux or le-i paroles sacramenialea, are the important words 
necessary for the conclusion of a treaty or other matter ; ' the decisive 
words.' Saeramental(e), sacramentel^le) are equivalent forma. 

SCENE XL 

Page 134, line 10. — au fait. Used in various senses, — (1) in fact, 

indeed ; (2) =tout bien consid4r4, after all ; (3) aufait, monsieur, to the 
point, sir ; (4) II est au fait de cette affaire. He knows all about that 
business. Render, 'in fact.' 

Page 134, line 11.— ce pr^tendu rajeunissement. Prdtendu 
is one of the few past participles that may stand before the noun they 
qualify. H S G., % 430, S h ; L Fr., § 79 d. 

Page 135, line 23.— de par le Ciel. De par=de la part de, on 
behalf of. It is a construction of O. Fr., in which the possessive de with 
proper nouns was usually not expressed. (Cf. H6tel-Dieu=Hotd-de- 
Dieu. ) The construction is preserved in such expressions as de par h 
rot, in the king's name. Render, 'in the name of heaven.' 

SCENE XII. 

Page 136, line 4.— baguette de f^e. The wand of the fairy or 
magician, used to trace the figures of magic. 



APPENDIX. 



EXERCISES FOR TRANSLATION INTO FRENCH, 



Much of the material for translating these sentences will be found in 
the text of Le Chien du CapUaine 

I. 

1. " When shall we dine 7 " he asked his wife. 

2. We shall miss you. 

3. The young girl's father was a farmer. 

4. She was BtUl speaking when the door opened. 

5. The door had to be rather large to let them in. 

6. The rest of the day we both had peace. 

7. He entered the dining-room solely to ask questions. 

8. The earth is not large enough for him. 

9. The dog ate the chowder. 

10. Open the door ; you have shut us in. 

n. 

1. He ran round the house. 

2. The dog put his paw on the edge of the ohair. 

3. He stopped when we met him. 

4. We are really obliged to you. 

6. He trembled lest he should be sacrifioed. 

6. Choose between him and me. 

7. Which will you have t 

8. I know it well. 

9. Do you know her ? 

10. Are you for me or against me T 

203 



204 APPENDIX. 

m. 

1. What do you want? 

2. I do not know what I want. 

3. She answered me in a whisper. 

4. The dog rose and followed his master. 

5. When I was a bachelor I did what I liked. 

6. He resumed his place without saying a word. 

7. That is the main point, of coarse. 

8. It is not difficult to notice that. 

9. He looked at his enemy with an air of triomph> 
10. Let us sign a treaty of peace. 

IV. 

1. Tyranny is never good at bottom. 

2. He was broad-shouldered. 

3. Can you carry a bag of flour T 

4. Hi9 beard was cut in the American style. 

6. At the age of sixty, he retired from business. 

6. Taking everything into account, they lived happily, 

7. A lioness has no mane. 

8. Do you find this to your taste ? 

9. The ocean of life conceals many rook*. 
10. That is what the captain told me. 

V. 

1. I think they wronged him. 

2. He reproached his friend for his diwdafa. 

3. Madam was not mistaken. 

4. The man resolved to retire. 
& I do not understand thftt. 



BXERCISES. 205 

6. I should have liked to see them. 

7. It was not from him that resistance had come. 

8. The dog escaped from his master. 

9. I do not mean that. 

10. She was very dear to them. 

VL 

1. The child's affection increased. 

2. She pretends that she gave them none. 

3. He was totally lacking in humour. 

4. One was as good as the other. 

5. He was a man of fifty-one years of age. 

6. And yet no one would liave thought him forty. 

7. His defects were redeemed by many good qualities. 

8. He resembled his brother. 

9. He did not even have a moustache. 
10. All that prevented me from going. 

VII. 

1. Buffon was a Frenchman, a distinguished member of the French 
Academy. 

2. Captain Pigault did not buy the dog. 

3. I was not thinking of that. 

4. One evening we were walking along the tow-path. 

5. We threw stones into the canal. 

6. The sports of children are sometimes cruel. 

7. He went up to the boys. 

8. The dog swam vigorously, and finally reached land. 

9. They were driven away by threats and blows. 
10. The poor beast was overcome by fatigue. 



206 APPENDIX. 

vm. 

1. The captain's soul was filled with generooa compassion. 

2. " You set of rascals," ha cried. 

3. " Are you going to drown the dog ? " 

4. The swallows became frightened and scattered. 

6. We have heard it said that he offered no thanks to his resoaee 

6. I do not know whether he has need of it. 

7. Instead of going slowly, he ran. 

8. That dog is suspicious of ns. 

9. That man can express his feelings with much eloquence. 
10. Go and offer your thanks to him. 

IX 

1. I do not understand the language of signs. 

2. The French language is very expressive and clear. 

3. You are mistaken, we have never made his acquaintance. 

4. I shall try again. 

5. What must he not have suffered. 

6. They mean us no harm. 

7. Isn't he hungry I 

8. Have yon paid the man ? 

9. Have you paid for the meat T 

10. Have you paid the num for the meat f 

X. 

1. Remain a few minntes in the same place. 

2. He resolved to ask in what direction they were going. 

3. The Gauls wore very wide breeches. 

4. Let ns take our way home again. 
fi. Do yon know the captain's song t 



KXERGUBa. S07 

ft. Ton will find It in the NoteL 

7. Learn it by heart. 

8. It is a very fine song. 

9. The captain was sorry to leave the old ship. 
10. It had carried him to the ends of the earth. 

XI. 

1. He asked the captain who it was that was speaking to him. 

2. His name is John. 

3. I do not think mnoh of his politeness. 
4 He did not even answer me. 

& As far as that goes, yon are in the wrong. 
A. The captain went there to get a cargo of coaL 

7. That poor fellow is always drunk. 

8. Does he behave as well on sea as on land T 

9. Between yon and me he is of no account whatever. 
\0. Yon ought to ec ^ him walking behind his master. 

xn. 

1. He wants only money to begin. 

2. She understands Italian, German, and Dotch. 
8. He never makes a mistake. 

4 Many people do not believe it. 

S. We noticed a man walking along the embankment. 

6i, He stopped again, as if he had changed his mind. 

7. He took a spring and plunged into the water. 

8. The ship was going before the wind, towards the open sea. 

9. If we hasten, we may catch up with them. 
IQL They have a mile the start of ns. 



20S APPENDIX. 

XIIL 

1. Even if he wanted to come back, he couldn't now 

2. On the 1st of last month we came here. 

3. It was wrong of you not to come. 

4. There he is coming. 

6. I do not want him to come. 

6. They have escaped the danger. 

7. I should not have expected it. 

8. We shall wait for you. 

9. We shall expect you. 

10. The current carried them to the bridge. 

XIV. 

1. The dog remained for a moment undecided. 

2. He seized it for the second time and took it away. 

3. The deed was done more quickly than I can teU it 

4. He remained faithful to the last. 

5. A» soon as I saw him again I knew him. 

6. His conduct was seen in its true character. 

7. His experience was completely lost. 

8. I have just seen him. 

9. Your father has just come. 

10. Where is he ? He has just gon«. 

XV. 

1 . He was a stranger without home or friends. 

2. He had a habit of stretching out his left hand. 

3. I do not doubt the difficulty of the situation. 

4. He was astonished at it. 

6. One would have thought that he ooold have defended himself. 



EXBBOISBS. f09 

6. Tell me all that he said. 

7. It would be strange if I could not leave him there. 

8. Listen 1 the seven o'clock bell is ringing. 

9. He has only as in the world. 

10. Let as address him ; he will understand as. 

XVI. 

1. Let as not think any more of it. 

2. Let as follow him ; he is our friend. 

3. That is an ideal landscape ; let as look at it; 

4. His childhood was passed in VUlerville. 
6. It was formerly called by another name. 

6. Do all those who work hard obtain wealth ? 

7. His wishes were gratified. 

8. Midway up the steep ascent rose the Ohapel of the Virgin. 

9. The houses were quite filled with sailors. 

10. Last autumn by dint of work and economy he paid for his farm. 

XVIL 

1. That is she who was saved from shipwreck, 

2. We had the good fortune to find the sailor at home. 

3. On one side was the yard, on the other the garden. 

4. How vast and beautiful is the sea ! 

5. He was a sailor for many years. 

6. What was the cotbage called? 

7. It was called the Villa of the White Rooks. 

8. He had been gathering strawberries for an boor. 

9. It is your fault, not ours. 

M). He was late in returning, and the soap was spoiled. 



210 APPENDIX. 

XVIIL 

1. Whom have yon invited to sapper Y 

2. Who is following as ? 

3. What did you hear in the honse ? 

4. It was not the captain who was invited. 

5. Yoa will see that we shall be welcome. 

6. In him, suffering always awakened oompaarion. 

7. He does not wish to go home. 

8. What is going on there T 

9. Nobody coald have done it with more intelligenea. 

10. Neither warmth of sentiment nor clearness of thought was 
wanting. 

XIX. 

1. Let as not tell onr secrets to anybody. 

2. We may believe that his choice was already made. 

3. All the affection which he had had was gone. 

4. Do not leave him for a second. 

5. May I accompany you in your walk t 

6. Saint Roch was bom at Montpelier in 1296. 

7. He fell ill of a plague that was devastating the eoantry. 

8. He would have died had-it-not-been-for {aatu) a dog that brought 

him food. 

9. Always try to make yourself useful and agreeable. 

1 0. See that the outer door is always closed. 

XX. 

1. Boys, you must take off your caps before ladies. 

2. Newspapers keep us informed every day of what is going on. 

3. The maritime affairs of Europe, and especially of England, are 

interesting and important. 

4. The dog ran as fast as his legs could carry him. 



KZBBOISES. 211 

5. H« -warn rery gratefal for the kindness of his friend. 

6. The proof of the man's innocence was complete. 

7. The letter-carrier stopped at the foot of the hilL 

8. What is good is beautiful. 

9. The truth of the proverb is recognized. 

10. He will occupy no longer the first place in his master's afifection. 

XXI. 

1. I do not like either dogs or cats. 

2. Unfortunate Zero could not win the favour of his mistress. 

3. Setters are not appreciated at their just value. 

4. They are intelligent, handsome, and affectionate. 

5. Wait till I come back. 

6. He withdrew from his difficult position with great sagacity, 

7. Many men give no proof of a liberal education. 

8. While testifying gratitude to his master, he did not show it 

to excess. 

9. She has no right to be jealous. 

1 0. You oannot escape a long constraint. 

XXII. 

1. I ask nothing more of heaven. 

2. They did nothing to bring him back to a better existence. 

3. You are mistaken, if you permit yourself to believe thai. 

4. He resolved to treat her as a stranger. 

5. He did not show himself disposed to notice it. 

6. The temptation was strong and he yielded to it. 

7. This temptation was to be for him the cause of many cruel mis- 

fortunes. 

8. Crossing the yard, she let fall one of the eggs. 



2H APPENDIX. 

9. The price of that article is reduced ten per oeni. 
10. She confeased her fault, and nothing more was aai4 of it 

XXIII. 

1. The evening before, they all were on the watch. 

2. Every day is not a holiday. 

3. They wiU not dare to protest. 

4. She was a profound observer. 

5. To make one's way in the world, one must be honest. 

6. He was not long in noticing that. 

7. The hens came out of the stable. 

8. He found the casks empty. 

9. We are disappointed, of course, but not discouraged. 
10. He has studied law and philosophy. 

XXIV. 

1. He can tell the time by the sun. 

2. What time is it by your chronometer T 

3. I can't keep track of the time without a watch. 

4. It was he who arrived first. 

5. Tou will have no trouble in finding the place. 

6. They are nothing else than plain watches. 

7. They are not chronometers. 

S. "One step more will be a crime I" his conscience cried. 

9. The whip descended with so much force that he screamed with 
pain. 

10. He went to the door of the house, hearing the noise from out- 
side. 

XXV. 

1. There was something very mysterious in his conduct. 

2. If he ever began, he would go to the end. 



EXERCISR8. 313 

3. The thief foiind no money in the kitchen. 

4. There are occasions when everything seemo to conspire against 

Ua. 

5. The hour of hesitation has passed ; we must acb. 

6. Through the slender shell he saw the light. 

7. There is no need of telling us what is good. 

8. Vice, as well as virtue, has degrees. 

9. It would not be right to deprive him of his breakfast. 
10. He who loves danger will perish. 

XXVI. 

1. I have only ten minutes to set the table. 

2. On board the boat we dined at ei^ht o'clock exactly, 

3. There is often a delay of ten minutes before the train goes. 

4. S he ran to the kitchen to get the axe. 

6. An earthquake plunged the city into confusion. 

6. That is something I can't understand. 

7. I was not well this morning. 

8. She went to get coal, but found noae. 

9. What will the master say ? 

10. We can't believe in anything now. 
XXVII. 

1. He had to nndergo a formal examination. 

2. Instead of finding two eggs as usual, she found only one. 

3. That is something rather strange. 

4. I should not have expected it. 

5. It seems to me you might have done something. 

6. What do you say about it ? 

7. You give me but little time. 

8. She was in a rather bad humour all day. 

9. She looked at him twice to see whether he was laughing at her. 



2H APPENDIX- 

XXVIII. 

1. This scene might be more dangerous than the first one. 

2. There was a storm for two days. 

3. Three times in succession she called Zero. 

4. Those whose consciences are not clear are unhappy. 

5. Without seeming to do so, he was watching her from a distance, 

6. The worthy sailor suspected nothing. 

7. What can he want of me this morning ? 

8. He went for supplies, which he brought home uutoached. 

9. Pronounce these words slowly and distinctl y. 

10. The tobacco-dealer and letter-carrier were both well known to 
Zero. 

XXIX. 

1. Gk) away immediately and do not linger on the way. 

2. I like to see a customer coming who does not beat down prices. 

3. Each one must take his turn. 

4. He selected two eggs out of a box. 

6. " Anything else ? " asked the grocer, by force of habit. 

6. Do you know what you want T 

7. He did not know what he was going for. 

8. The higher he ascended the hill, the stronger the temptation 

became. 

9. She was pressed for time and uneasy at not seeing the dog 

come. 

10. The dog brought the eggs as they had been given him. 

XXX. 

1. It is not possible perhaps, but it is t/rae. 

2. It must be confessed that you have a delicate taste. 

3. They know that we liave often complained of it. 

4. That WM not the word I used. 



EXKRCISKS. 215 

6. One ',70uld have thought that she doubted the sincnrity of his 
words, 

6. He would like to be able to change the subject. 

7. The bell is not witiiia my reach ; I cauaot ring it. 

8. She waited for the question that her mistress was going to ask. 

9. I think I have a right to demand that. 

10. Where do these eggs come from ? They come from the grocer'a 

XXXI. 

1. How long have you been buying eggs from the grocer 1! 

2. I should like to know what you have been doing? 

3. Thou canst not aay I did it. 

4. All that 1 know is that she gave me a week's notice. 

5. She thought it prudent to retire. 

6. What had better be done in such a case? 

7. Be very careful not to let the horse feel the bit. 

8. They left the dining-room after a few minutes. 

9. I want to see clearly into this matter. 
10. I do not wish to be deceived. 

XXXII. 

1. They could not get any higher. 

2. That is something really strange. 

3. In the nest likewise, she found traces of disorder. 

4. W^ho is that man ? 

5. When she wants a thing she must have it. 

6. There is absolutely nothing to do for the present. 

7. Her sleep was usually light. 

8. She would have been a vigilant treasure-keeper. 

9. He rose, dressed himself quickly, and went out. 

10. Let us walk round the house. 



216 APPENDIX. 

XXXIII. 

1 There waa no possibility of doubting it any longer. 

2. She could not stop there. 

3. " How foolish I am ! " she said to herself. 

4. This dog is useful, but ours is good for nothing. 

5. Impertinence is a kind of rudeness. 

6. He recognized in her the mistress of the house. 

7. He is not a man who can flatter. 

8. Run to their rescue as soon as they utter the first cry of alarm. 

9. She heard a slight noise that was made mi the yard. 
10. The young rascal ! I'll have it out with him. 

XXXIV. 

1. She rose from the chaii- and rushed after the dog. 

2. I should like to know how far he was guilty. 

3. He held his breath and walked on tip-toe to the far end of the 

room. 

4. Cartouche and Mandrin were well-known bandits. 

6. She needs more time to attend to her work. 
C. That was what ruined him. 

7. Look out of the window and tell me what y^u see. 

8. Shall we have long to wait ? 

9. She was very angiy, and really she had reasons for it, 
10. She would have liked to punish the rascal at once. 

XXXV. 

1 . Once outside, he rr.n as fast as his legs could carry him. 

2. The captain had retired somewhat prematurely from an active 

life. 

3. His conscience was quiet and his appetite good. 

4. Learn to be a good housekeeper. 



EXERCISES. 217 

fi. See that the house is tidied before I come down. 

6. He pretended not to have seen anything. 

7. He is afraid ; he will not do what I want. 

8. Wake up, you have slept long enough. 

9. Can't you put it ofiF till to-morrow ? 

10. Never put off till to-morrow what you can do to-day. 
XXXVI. 

1. Boil the eggs till they are hard, 

2. Remove the shells. 

3. Cut the eggs in two with a sharp knife. 

4. Separate the yolk of each from the white. 

5. Put all the yolks together. 

6. Mix them well with some minced tongue or ham and a little 

butter. 

7. Put in some parsley. 

8. Season well with pepper and salt. 

9. Fill the whites again with the minced yolks. 
10. That is what they call "stuffed eggs." 

XXXVII. 

1. He replied in a grave tone of voice. 

2. It is [yawi] better to show patience than to give way to [de 

mtUre eri] anger. 

3. Every opportunity he can tind, he testifies his astonishment. 

4. In spite of her prayers he kept the dog. 

5. What good quality does the dog possess ? 

6. No other dog could do that. 

7. The captain did not know what resolution to take. 

8. Once a man has launched into crime, he cannot stop. 

9. He has not a moment's rest. . 
10. I wish I could get rid of it. 



218 APPENDIX. 

XXXVIII. 

1. Gentleness is far stronger than reproach. 

2. We must do him the justice to say that there were extenu- 

ating circumstances. 

3. The enemy were giving way, and our soldier* were gaining 

ground. 

4. I see clearly that you prefer a dog to me. 

5. They have been married ten years. 

6. I shall be the one who will be sent away. 

7. You have come later than usual to-day. 

8. Although we often complain, he always forgets it. 

9. He glanced at the dog. 

10. The rebels finally asked pardon. 

XXXIX. 

1 . She has a habit of staying away on examination days. 

2. I wonder yet how he came to know it. 
,S. Strike the iron while it is hot. 

4. He bears us a grudge ; he will do us harm. 

5. Do you know what you are going to do ? 

6. That last assertion cannot be admitted. 

7. When they came to me they suddenly stopped. 

8. It will be a long time before we see one another again. 

9. Do you understand what I say to you ? 

10. I warn you that it would have been better not to have met me 
this morning. 

XL. 

1. The sailor's brother was sea-sick during the whole passage. 

2. Try to get out of it as soon as possible. 

3. Now and again he Kad remorse for what he had done. 



EXERCISES. 219 

4. He resented their familiarity. 

6. He soon returned to his former habits. 

6. He kept these proofs of aflfection to himself. 

7. In any other circumstance she would have been ashamed of her 

hypocrisy. 

8. Tugs are small steamboats that take vessels out to sea. 

9. The vessel came to land and discharged her cargo. 
10. There was no need of writing your name, 

XU. 

1. The captain saw the vesseL 

2. He directed his steps to it. 

3. He arrived at the vessel. 

4. The vessel was on the point of sailing. 
6. The captain sprang over the railing. 

6. The railing was only a foot above the edge of the wharf. 

7. He turned towards the dog. 

8. The dog did not follow him. 

9. He was afraid to go on board. 

10. The captain understood the fear of the dog. 

XLH. 

1. The animal obeyed his instinct. 

2. He was faithful to his master to the last. 

3. One may do to-morrow what one cannot do to-day. 

4. Courage is seldom found with treason. 

6. On his side he had not the courage to look at his master. 

6. Ton have called us ; here we are. 

7. The doctor orders absolute rest. 

5. Choose your places and wait. 



220 APPBNDII. 

9. I do not care for scenes like that. 
10. The captain's vessel was about to leave. 

XLIII. 

1. They were excellent friends and were always pleased to see one 

another again. 

2. I want to ask you a favour. 

3. Do you know where we are going ? 

4. I do not care to tell you. 

5. So great a sacrifice must not be made. 

6. When do you wish to go, sir ? 

7. He is to be pitied. 

8. I want you to be good to him. 

9. The poor fellow was sent to Senegal. 
10. He did not want to go, of course, 

XLIV. 

1 . He was not expecting them. 

2. I am interested in it. 

3. We shall stop within five minutes. 

4. The tug will have to tow the boat as far as the lighthonse. 

5. The passengers are already on board. 

6. That is always the way ; the children must in the end leave 

home. 

7. Sujh a life would be intolerable. 

8. He told them how his enemies had separated them. 

9. Go and get him if he is in the neighbourhood. 
10. This is the story I promised to tell you. 

XLV. 

1. That may be so indeed ! but what is done 1* don«, and there 
is no help for it now. 



EXKKCISES. 221 

2. If I knew him to be unfortunate, 1 should be sorry. 

3. We shall have time to become accustomed to oue another. 

4. I shall be back without delay. 

5. Say, isn't that fortunate 1 

6. If you stay here five minutes longer, you will be late. 

7. One word more ; do not let him go down into the hold. 

8. Never fear ; you will never see him again. 

9. The tide is rising ; let us go away 

10. The dog sprang overboard and swam to the shore. 

XLVI. 

1. The captain took his handkerchief out of his pocket. 

2. He made it into a ball. 

.3. He threw it down into the hold, and said to the dog, " Fetch it." 

4. The dog rushed after the liandkerchief. 

5. He found it between two pots of Ijutter. 

6. A sailor closed the hatchway and Zero was a pi isoner. 

7. The dog barked loudly three oi- four times. 

8. He sprang at the ol)stacle with a .sort of rage. 

9. He realized then tliat he was lost. 
10. He uttered a long melancholy' howL 

XLVII. 

1. That resembles something 1 heard long ago. 

2. They are calling to us to help them. 

3. At)uut half way home he hesitated and stopped. 

4. You can catch a glimpse of the sea from here. 

5. The ship was sailing towards the open sea at ten knots an lumi. 

6. "It is all over now," he said to himself. 

7. My wife will be satisfied ; that is so much. 



223 APPENDIX. 

8. It seems to me I shall never forget it. 

9. " Look, whether he has not turned his colour and has tears In 

his eyes 1 " 

10. It was half-past twelve, and dinner was to be at one. 

XLVIII. 

1. When she thought that her husband had long enough enjoyed 

his new existence, and that there was danger [A craindre] 
lest he should forget the taste of sorrow, she changed her 
tone. 

2. One day when he had not returned home exactly at the minute, 

she received him with a frown. 

3. "Dinner has been kept waiting for you [votia attend depuis] an 

hour, my dear." 

4. " I am very sorry for it, but why did you wait, my dear t " 

5. " I am really very sorry I am so late, but " (looking at his 

watch) "it is only half -past six by me [d ma montre]." 

XLLX. 

1. " It is seven by me," 

2. They presented their watches to each other. 

3. "I think your watch is too fast, my dear," said the gentleman. 

4. " I am very sure yours is too slow, my dear," said the lady. 

6. " My watch never loses a minute in the four and twenty hours," 

said he. 

6. " Nor mine a second," said she. 

7. " I have reason to believe I am right, my love," said the 

husband, mildly. 

L. 

1. ''Reason 1" exclaimed the wife, astonished, " what reason can 

you possibly have to believe you are right when I tell you 
I am certain you are wrong ? " 

2. " My only reason for doubting it is that I set my watch by the 

sun to-day." 



KXBRCISBS. 323 

3. "The san mast be wrong then," oried the lady hastily. 

4. Yon need not [t7 n^y a pas de quo%\ langb, for I know what I am 

sajring. 

5. The variation, the declination, must be allowec! for \il faut tenir 

compte de . . . . ] in computing it with [/aire la computation 
avee . . . . ] the clock. 

6. Now you know perfectly well what I mean ; though you will not 

explain it for me, because you know that I am in the right. 

7- " Well, my dear, if you know it, it is suflScient. Are the/ bring- 
ing up dinner ? " 

8. " I am sure I cannot tell whether they are, or not." 



LE CODTCILLE 

PAR 

PAUL FERRIER. 

[for rapid reading.] 



PERSONNAGES 



GASTON DE MORIERES M. Cosset. 

PONTGOUIN M. Malard. 

PITOU , , M. Pascal. 

MARIE DE ("HANTExNi^Y M"' Fromestin 

La scene se passe de nos jours, au chateau de Chantenay. 



^@ 


^^^^^^^S 




^^^^^ 



LE CODICILLE. 

Un salon. — Porte au fond. — Portes laterales. — A gauche un canap6, k droite, une 
table, avec ce qu'il faut pour 6crire. — Fauteuils, chaises, jardinieres. 

SCENE I. 

PONTGOUIN, MARIE, puis PITOU. 

Marie. Et voila, mon cher notaire, pourquoi je reste veuve. 
Parce que les hoiumes sont persoiineLs, egoistes, interess^s, et 
que le mariage n'est rien autre chose pour eux qu'une specula- 5 
tion! Parce que la beauty, I'esprit et le coeur ne tiennent pas, 
dans leur balance, centre le poids d'une dot, et qu'il n'en est 
pas un, je dis un seul, assez aimant, assez genereux, assez 
chevaleresque pour se vouloir embarrasser d'une femme sans 
fortune ! lo 

PoNTGOUiN. Une veuve du Malabar . . . pour cause de mi- 
santhropie ! . . . 

Marie. Le Malabar . . . moins le bucher ! . . . 
PoNTGOUiN. Vous etes terriblement sceptique ! . . , 
Marie. A qui la faute 1. . . A cette double experience 15 
que les hasards de ma vie m'ont permis de faire en quelques 
anndes. . . Jeune fiUe, j'avais, faute d'une dot, couru le 
risque de coiffer la terrible sainte. Veuve, et paree de la 
fortune que M. de Chantenay m'a laissde, c'est tout autre 
chose. J'avais vu la regie, je vois la preuve 1 Quelle centre- 20 

(227) 



228 LE CODICILLE. 

partie ! Cette fois les epouseurs sortent de dessous terre, et 
je ne puis faire un pas, sans me heurter contre une demande 
en manage. 

PoNTGOUiN. Qui* vous assure qu'elles soient, toutes, interes- 

6 s^es 1. . . 

Marie. Qui m'assure ? . . . une ^preuve, bizarre peut-etre, 
mais concluante, a laquelle je mets rdgulierement chacun de 
mes adorateurs. 

PoNTGOUiN. Et cette epreuve?. . . 

10 Marie. Vous n'etes pas sur les rangs, mon ami!...je 
puis done vous la dire : Ma fortune est I'ceuvre de M. de 
Chantenay : un testament me I'a donnee ; j'ai imagine un 
codicille qui me I'oterait ; et vous voyez d'ici la comedie : 
" — Vous m'aimez, monsieur, et je vous crois, et je suis certaine 

15 "que vous n'aimez que moil... — Que vous, madame ! et 
"quelle femme pourrait lutter contre tant de charmes. . .de 
"graces. . .de seductions'? — Je m'explique : ce que vous aimez 
"en moi, c'est moil — Vous ! vous seule ! Les traits de votre 
" visage, vos yeux, votre front, votre beaute ! Votre ame qui 

20 "se reflete. .. — Mei'ci ! je ne crains plus de vous faire une 
"r^v^lation qui refroidirait peut-etre une tendresse moins 
"passionnee! — Vous avez une revelation a me faire? — " Ici 
la voix de I'adorateur tremble un peu, sans que I'adoration 
soit pour rien dans le tremblement. — " Rassurez-vous, cette 

25 " revelation ne touche ni a ma foi, ni a mon honneur, ni a 
" rien de ce que vous aimez en moi. Elle n'a trait qu'a de 
" miserables details de fortune . . . — Vous me rassurez, madame, 
"et ces miserables. . .details 1" La physionomie de I'adora- 
teur se rembrunit. .. — " M. de Chantenay m'a legue toute 

30 "sa foi-tune par un testament en bonne forme. — -En bonne 
"forme!" — La serenity renait sur le front de I'adorateur. .. 
— "Mais un codicille ^tait joint au testament. — Un codicille? 
"... Qui disait?. . ." Kouveau rembrunissement. — "Dans 



LR CODICILLE. 229 

" lo cas ou madame de Chantenay contracterait uii second 
" mariage, mon testament deviendrait nul et sans effet, et I'uni- 
" versanti de mes hiens retournerait a mes neveux, mes seuls 
"heritiers naturals." La physionomie de I'adorateur n'offre 
plus que les syinptomes les plus accentues d'un parfait liebete- 6 
ment. — "Mais vous n'aimez que moi ! moi seule ! Ce que 
" vous aimez en moi, c'est moi ! . . . Les traits de mon visage ! 
" mes yeux, mon front ! . . . " Oh ! comme ils sont droles, tons ! 
protestant, balbutiant, et finalement battant en retraite, pour 
ne plus revenir jamais !. . . Oh ! la joyeuse comedie !. . .lesio 
l)onnes tetes ! . . .et les vilaines gens ! . . . Vous ne riez pas 1 

PoNTGOUlN. Je pense a un cas qui pourrait se pre'senter. 

Marie. Lequel 1 

PoNTGOuiN. 8'il se rencontrait un homine. . .un paladin. . . 
qui sortit de I'epreuve, triomphalement !. . . 15 

Marie. II ne se rencontrera pas. 

PoNTGOUiN. Mais encore ! . . . admettez I'hypothfese ! . . . 

Marie. II ne serait pas de son siecle ! et comme ce siecle a 
soixante dix-neuf ans, deja, cette circonstance gaterait bien un 
peu le parti ! 20 

PoNTGOUiN. II aurait trente ans, environ ! 

Marie. Ce serait un berger d'Arcadie ! 

PoNTGOUiN. Vous I'epouseriez 1. . . 

Marie. Vous tenez tant que cela a me marier? 

PoNTGOUlN. J'y tiens beaucoup ! 25 

Marie. Qu'est-ce que je vous ai done fait"? 

PiTOU, entrant. IVIonsieur le sous-prefet demande madame. 

PoNTGOuiN. Un de vos courtisans 1 

Marie. Oui ! depuis huit joui's il tourne autour de la de- 
claration. Parieriez-vous pour lui ? 30 



230 LE CODICILLE. 

PoNTGOUiN. Oh ! non ! 

Marie. Vous etes prudent ! . . . Mais ne vous ^loignez 
pas ! ce ne sera pas long ! 

PoNTGOUlN. Une sayn^te ! 

5 Marie. Toujours la meme, avec denouement invariable ! 

Elle so7-t. 



LE CODICILLE. 231 



SCENE TL 

PONTGOUIN, PITOU. 

PoNTGOUlN. Je ne parierais pas pour le sous-pr^fet, mais 
je parierais pour Gaston de Morieres ! . . . [Hesitant.) Je 
paraierais 1 . . . Eh ! . . .eh ! parierais-je?. . . II est grand et 5 
genereux, mon ami Gaston ! mais trente mille livres de rentes 
qui s'evanouissent a votre barbe ! ... on ne s'attend pas ... on 
re9oit ki botte a bout portant . . . I'epreuve est raide ! . . . 
{^Frappe cCune idee.) Je parierai a coup sur ! Un bon averti 
en vaut deux!... Avertissons Gaston I .. . {II ecrit.) lo 
" Courage, ami, declarez-vous ! L'histoire du codicille n'est 
"qu'une invention. II n'y a pas de codicille. Feignez d'y 
" croire, n'y croyez pas, et la victoire est a vous ! " 

PiTOU, s'approchajit. Monsieur ! . . . puisque monsieur est la, 
monsieur devrait donner un coup d'oeil aux espaliers. 15 

PoNTGOUiN. Pourquoi cela, Pitou1...je ne suis pas jar- 
dinier. 

PiTOU. C'est vrai ! mais monsieur est homme de loi, et 
monsieur verrait s'il est juste que le mur du voisin s'eboiile sur 
les fruits de madame ! 20 

PoNTGOUiN. Toujours le mur du voisin ! 

PiTOU. Monsieur connatt M. de Morieres. Monsieur pour- 
rait le decider a reparer son mur ! Moi, si madame m'en 
croyait, on lui ferait un bon proces. 

PoNTGOUiN. J'y pensais, Pitou . . . mais quand nous aurons 25 
essaye, d'abord, de la . . . conciliation . . . 



232 Lie CODICILLE. 

PiTOU. Monsieur espere concilier 1 

PoNTGOUiN. C'est dans cet espoir, tout justement, que 
j'ecris a M. de Morieres. Voulez-vous lui porter ma lettre? 

PiTOU, la prenant. ^Monsieur a mis dedans qu'il est encore 
r. tombe, cette nuit, deux moellons qui ont ^crase dix-sept 
duchesses ? 

PoNTGOUiN. Je I'ai mis. 

PiTOU. Une marmelade de dix-sept duchesses !. . .tS'il a du 
canir, le voisin, il repai'era sa luuraille, 

Jl sort. 



LE CODICILLE. 233 



SCENE III. 

PONTGOUIN, puis MARIE, puis PITOU. 

PoNTGOUlN. J'ai idee qu'il la demolira, moi, pour reunir 
les deux heritages ! . . . Ce qui fera une belle terre, d'un seul 
tenant, la plus belle du Poitou ! Et, puisqu'il aime madanie 5 
de Chantenay ... eh ! bien, ce sera lui le berger d' Arcadie 
qu'elle epousera peut-etre ! . . . C'est elle ! , . . et elle rit ! 
L'administration est evincde ! . . . 

Marie, entre en riant. E finita la commedia ! . . . 

PoNTGOUiN. Le sous-prefet 1. . . lo 

Marie. II s'est enfui . . . et court encore ! . . . Vous verrez 
qu'il va demander son changement ! 

PoNTGOUiN, voyant entrer Pitou. Pitou ! deja ! . . . (// hii 
fait signe.) Chut ! (Bas.) Vous n'avez pas lemis nia 
lettre?... is 

Pitou, has. Au contraire ! en mains propres, a M. de 
Morieres, que j'ai rencontre, qui venait. 

PoNTGOUiN, a jjart. Eh ! j'ai ecrit a temps ! . . . Laissons- 
lui le champ libre !. . . (A Pitou.) Venez, mon gar9on! 

Marie, apercevant Pitou. Vous avez des secrets avec Pitou ? 20 

PoNTGOUlN. Oui ! nous menageons un proces a votre voi- 
sin! ... (^A Pitou.) Allons voir les degats ! 

lis sortent. 



234 LE CODICILLE. 



SCENE IV. 
MARIE, puis GASTON. 

Marie. Un proces a M. de Morieres ! . . . Ce Pitou est 

feroce ! . . . le seul de mes voisins qui ne m'ait jamais fait la 

5 cour !.. .jamais ! Est-ce indifference? ou timidity 1... II 

serait plaisant qu'apres tant d'autres ! . . . apres le sous- 

prefet ! . . . 

Ulle rit. 
Gaston, ejitrant. Vous etes gaie, voisine ! 

Marie. Monsieur de Morieres ! Soyez le bienvenu ! 
10 Gaston. Vous ne riez plus 1 
Marie. Non, c'est fini. 

Gaston. Tant pis ! vous avez le rire frais et sonore ! une 
musique d'or et de cristal ! J 'adore vous entendre rire. 
Marie. C'est une question d'oreille, done 1 
15 Gaston. Vous etes mechante, d^ja ! 

Marie. ISTon, mais vous me faites des declarations de 
musicien ! 

Gaston. C'est que je n'ose pas vous en faire d'autres ! 
Marie. Oh ! mon ami, pas de banalitds ! 
20 .Gaston. Non, je sais ! vous ne les aimez pas!... Et 
cependant, vous devriez etre particulierement indulgente a. . . 
un voisin, qui vient vous dire adieu. 
Marie. Adieu *?. . . Vous partez"? 
Gaston. Ce soir. 
25 Marie. Vous allez chasser quelque part 1 

Gaston. Qui ! . . . dans les savanes de I'lnde . . . le tigre ! 



LE CODICILLE. 235 

Marie. Ce n'est pas serieux 1 

Gaston. Le tigre 1 si ! Mes projets aussi ! Je vous ai 
parle souvent de Roger de Montluel. 

Marie. Un voyageur de vos amis, qui a fait trois fois le 
tour du monde. 5 

GrASTON. II y a pris gout, et cette fois, la quatrieme, il 
m'emmene. 

Marie. Ah ! pour le coup, monsieur de Morieres, c'est bien 
fini de rire. 

Gaston. Vraiment 1 lo 

Marie. N'est-ce pas un ami que je perds ? 

Gastox. Oui . . . un ami . . . 

Marie. Vous n'avez jpas Fair convaincu 1 

Gaston. Si ! 

Marie. Voyons ! . . . Vous etes mon voisin de campagne! 15 
A la campagne, entre voisins, ou bien Ton plaide. . .et ce n'est 
pas I'occasion qui manque . . . 

Gaston. II est certain que vous avez un coquin de foss^ . . . 

Marie. Je vous conseille de vous plaindre ! Vos murs de 
cloture s'eboulent journellement sur mes espaliers. 20 

Gaston. Je laisserai I'ordre de les reparer ! . . . Vous disiez 
qu'entre voisins, ou bien Ton plaidait . . . 

Marie. ... Ce qui ne saurait etre notre cas, . . .ou Ton se 
liait d'amiti^. 

Gaston. Seulement ? 25 

Marie. Seulement ! 

Gaston. Vous ne voyez que cette alternative. 

Marie. Mettez que je n'en veux pas voir d'autre. 

Gaston. Tres bien ! Car, en fait de liens, le voisinage 
n'exclurait pas, que je sache, un attachement plus dtroit que so 
I'amiti^ . , . 



236 LE CODICILLE. 

Marie. Encore! Ah ! mon voisin, je iie vous ai jamais vu 
si desagreable que ce matin ! 

Gaston. Je n'ai pas de chance, alors ! moi qui m'etais 
promis d'etre tres agreable ! 
5 Marie. Pour me laisser des regrets plus vifs ! Vous tenez 
bien mal cet engagement. 

Gaston. Je vais m'observer. 

Marie. Vous observer?. . . Or 9a, monsieur de Morieres! 
parlons net. Depuis un an que j'habite la terre de Chante- 
10 nay . . . 

Gaston. Un an deja ! . . . 

Marie. Faites-moi grace de vos exclamations ! . . . Depuis 
un an, nous vivons, vous et moi, dans des relations de voi- 
sinage, qui ressemblent a de I'amitie. 
15 Gaston. La ressemblance est frappante. Mon chateau est 
a deux portees de fusil du votre, et vos terres s'enchevetrent 
dans les miennes ! C'est a ce voisinage, que je benis d'ailleurs, 
que je dois I'eau qui, de votre fosse, vient inonder mes caves ! 

INIarie. Et moi, les pierres de votre mur qui ecrasent mes 
20 plus beaux fruits ! Mais il ne s'agit pas de ces revers de la 
mitoyennetd . . . permettez-moi de continuer. 

Gaston. Je vous ^coute. 

Marie. En suite de je ne sais quel echange de graines. . . 
plus ou moins potageres . . . 
26 Gaston. Des graines de melon blanc ! Je ne I'oublierai de 
ma vie ! 

Marie. En suite de cet echange de graines de melon . . . 

Gaston. Blanc ! 

Marie. Blanc ! . . . Vous m'avez rendu visite ! 
30 Gaston. Je m'y vois encore ! Je vous apportais des grelSes 
de rosiers, et des roses de mes greffes . . . pour vous permettre 
de juger ! 



LE CoDICILLE. 237 

Marie. J'acceptai les roses, les greffes. . .])lus tard, une 
bourriche de gibier ... 

Gaston. Un lievre, trois faisans et sept cailles. 

Marie. Je m'en souviens. 

Gaston. Je in 'en souviendrai eternellement ! 5 

Marie. Puis d'autres graines, d'autres roses . . . d'autres 
bourriches . . . avec quantite de visites . . . 

Gaston. Cent onze. 

Marie. Cent onze ! . . . 

Gaston. J'en ai tenu note! ... (^'a parait beaucoup, en un lo 
an ! niais entre voisins ... a la campagne ! 

Marie. Bref, petit a petit, nous devinmes inseparables ! 
Je vous jugeai franc, loyal, sans arriere-pensee, et rien dans 
vos allures ou vos discours, ne m'ayant autorisee a me defier 
de la sincerite de votre amitie, je cedai ingenument a I'impul- 15 
sion de la mienne. 

Gaston. Je vous vois venir, allez ! 

Marie. N'est-ce pas 1 

Gaston. Et je pourrais achever : "Vous vous etes pre- 
" sente en ami, on vous a fait accueil en ami ; si vous sortez 20 
"de votre role?. . ." 

Marie. En ce cas, mon voisin . . . Mais vous partez . . . et 
pour les Indes ! 

Gaston. Oui ! je pars pour les Indes-!. . . et j'en suis bien 
aise, parce que les Indes, c'etait a peine assez loin a mon gre ! 25 
Parce que de rester dans mon role d'ami, il n'y fallait plus 
compter ! parce que, luttant depuis trois mois contre I'envie de 
Jeter le masqiie, temperee par la crainte de vous deplaire, 
Femotion de cet adieu pouvait seule me donner le courage de 
parler ! . . . 30 

Makie. Monsieur de Mori^res ! assez!.. . Plus un mot ! 
vous vous perdez ! . . . 



238 LE CODICILLE. 

Gaston. C'est done se perdre que de vous avouer qu'on 
vous aime 1. . . 

Marie, a j?art. Et lui aussi ! . . , 

Gaston. Oui ! . . . je vous aime ! et quoi qu'il en ad- 
5 vienne je m'applaudis d'avoir os^ vous le dire ! Mainte- 
nant, a^ous pouvez me congedier, m'interdire votre porte, 
me reticer votre amiti^ ! Je n'ajouterai que ceci : J'ai trente 
ans, une sante de fer, un nom sans tache et une grande for- 
tune. Yous etes liljre, et mon aveu n'a rien qui puisse vous 
10 offenser, s'il n'a, helas ! rien qui vous flatte ! Mais, faites-moi 
I'honneur de vous appeler madame de Morieres, et je mettrai 
ma gloire a n'attacher jamais I'ombre d'une tristesse sur ces 
traits aux(|uels sied si bien le rire dont je suis profondement 
amoureux ! 
15 Marie, a part. Allons ! . . . encore un qui va se noyer . . . 
aprcs les autres ! . . . 

Gaston. Yous n'avez rien a me dire 1 

Marie. Ne doutant pas de votre franchise, je vais vous 
repondre franchement. Yotre declaration me surprend, elle 
20 ne m'offense pas, je suis veuve, maitresse de moi. C'est a moi 
que vous aviez a me demander. Yous m'aimez, vous me le 
dites, et je ne serais pas femme si je me blessais d'un amour 
sincere sincerement exprime. 

Gaston. Yous n'etes pas choquee de la brusquerie ? . . . 

25 Marie. Nullement ! C'est votre nature, et je ne deteste 
pas les liommes de votre nature ! Par exemple, je vous 
mentirais, si je vous disais qu'il n'y a pas un peu d'amertume 
dans ma surprise ! Habituee a ne voir en vous qu'un ami, 
Faspect nouveau que vous donne votre declaration ne laisse 

30 pas de me troubler. Yous ne m'avez jamais fait la cour, et 
par suite je n'ai jamais eu a m'interroger a votre sujet ! Or, 
ce que vous me demandez est grave, et assez pour que j'aie 
besoin de quelques jours de reflexion. 



LE CODICILLE. 239 

Gaston. Ne dites pas iion. tout de suite, et je lue retire, 
moiiis malheureux deja que je n'etais venu. 

Maiue. Un moment ! . . . Si ! si ! I'epreuve du codicille ! 
Vous m'aimez, monsieur, et je vous crois . . . et je suis assuree 
que vous n'aimez que moi ! 5 

Gaston. Vous ! vous seule ! votre beaute ! votre grace ! 
votre distinction ! 

Marie, d ^9«r^. Naturellement ! {Ilaut.) Je ne crains 
plus de vous faire une revelation qui refroidirait peut-etre une 
tendresse moins passionnee. . . lo 

Gaston. Vous avez une revelation a me faire 1 

Marie, a part. La voix lui tremble ! 

Gaston, d part. Est-ce que INI. de Cliantenay aurait laisse 
un interimaire 1 

Marie. Vous paraissez trouble % 15 

Gaston. Intrigue seulement. . . Cette revelation?. . . 

Marie. Rassurez-vous ! elle ne touche ni a mon honneur, 
ni a ma dignite, ni a rien de ce que vous aimez en moi. 

Gaston. Je m'en serais porte garant, madame ! 

Marie. Elle n'a trait qu'a de miserables details de fortune. 20 
(^4 j^ci't't. ) Son front ne se rembrunit pas ! 

Gaston. Bien miserables, en effet ! . . . Laissons cela ! 
c'est affaire au tabellion, comma eussent dit nos peres ! 

Marie, apart. Ce desinteressement ? . . . 

Gaston. Vous ne me ferez pas cette injure de etoire que 26 
votre fortune ait ete du moindre effet sur mon cceur %. . . 

Marie, d part. II fait le brave ! 

Gaston. Ma parole d'honneur ! Vous n'auriez ni une 
terre, ni un diamant, ni un coupon de quoi que ce fut, je 
I'aimerais mieux ainsi ! 30 

Marie, Vraiment, vous me souhaiteriez %. . . 



240 LE CODICILLE. 

Gastox. . . . Sans le sou, Ijrutalement parlant ! 9a me 
donnerait peut-etre des chances ! 

Marie. Eh ! bien, mon ami, vous etes servi a souhait. 
Gaston. Bah ! 
5 Marie, d 2}art. II n'a pas sourcille ! 
Gaston. Votre fortune 1 

Marie. Je la tenais toute de M. de Chantenay . . , 
Gaston. La famille aura attaque le testament % 
Marie. Non pas ! . . .il est inattaqiiable. 
10 Gaston. Alors 1 

Mahie. Mais il y a un codicille! . . . 

Gaston. Je flaire le codicille ... en cas de second mari- 
age . . . 

Marie. M. de Chantenay a voulu laisser cette porte ouverte 
15 aux convoitises de ses collate raux. 

Gaston. Et qu'est-ce que 9a vous couterait de vous re- 
marier 1 

Marie. Trente mille livres de rentes environ. 

Gaston. J'en ai quarante ! . . . Je n'entends pas me targuer 

20 de la difference ! mais autant je craindrais de vous appauvrir 

par ma faute, autant je me permets d'insister pour que vous 

consentiez a un echange, qui sans vous etre onereux, assurerait 

mon bonheur ! 

Marie. Vous insistez 1 
25 Gaston. J'insiste . . . et sans scrupules desormais ! car enfin, 
■ quel que soit I'homme que vous choisirez, il y aura toujours le 
meme sacrifice a faire, et je serais fier que vous me le fissiez a 
moi, qui ai la pretention d'en valoir bien d'autres ! 

Marie. Vous, mon ami! vous etes le meilleur. . .le plus 
sogen^reux. . . 

Gaston. Assez ! ou je vais croire que vous me. dorez la 



LE CODICILLE. 241 

/lilule ! . . . Reflechissez et partez de ce principe que je vous 
aime ! Epousez-moi. Quittez Chantenay, venez a Morieres. 
Vous n'avez qu'un pas a faire, un. niisseau a passer!. . .eta 
propos de ruisseau, ce sont les heritiers de Chantenay que nous 
allons houspiller ! un bon proces pour leur entree en jouissance ! 5 
. . . Reflechissez ! le moins longuement possible . . . et quand 
vous aurez reflechi . . . soyez compatissante ! vite ! un mot a 
Morieres, oii je retourne cacher la fievre de rnon attente ! 

Marie. Eh ! mon voisin ! que vous etes presse ! . . . 

Gaston. Dame ! plus tot vous commencerez de reflechir, lo 
plus tot vous aurez termini, et. . . 

Marie. Mais vous pre.sent, je refldchis tout de meme, et, si 
vous ne craignez pas d'alimenter votre fievre, je vous ofFre a 
diner. 

Gaston. Je ferai un mauvais convive, mais bien heureux. 15 

Marie. Je vais dormer des ordres ; n'ayez crainte ! on ne 
fera pas d'extra ! Les amoureux vivent de peu . . . c'est connu. 

Gaston. ■ Ne vous moquez pas de moi ! je vous aime de 
tout mon coeur, et je ne demande qu'a le prouver ! 

Marie lui tend la main qu'il prend vivement. — 20 

Un temps, un regard. 

Marie, cl part. Eh bien ! vrai ! j'eusse ^te peinde qu'il ne 
valut pas mieux que les autres ! ! . . . 

Elle sort. 



242 LE CODICILLE. 

SCENE V. 

GASTON, seul, il soupire. 

Ah ! ma foi, oui ! je soupire ! il n'y a pas de honte a 
soupirer?. , . Je soupire, parce que j'aime, et j'aime comme. . . 
5 J'aiine comme un homme de trente ans, qui connait la vie, ses 
enchantements et ses deceptions ; et qui s'est dit tout de suite, 
rencontrant, de par le monde, une femme qui realise les plus 
jolis de ses reves : "Tiens. . . tiens ! ... Mais si je ne dd- 
" plaisais pas a madame de Chantenay, madame de Chantenay 

10 " me plairait furieusement a moi ! . . . " Pas de prologue 
romanesque ! pas de flamme soudaine ! pas de commotion ! 
non. Parlez-moi de ces amours qui se fondent sur les 
convenances ! Ceux-la sont garantis . . . bon teint. lis ne 
s'effacent pas a I'usage ! ils ne debutent pas par un feu de 

15 paille pour finir dans une pinc^e de cendres ! II y a la grada- 
tion . . . ascendante ! Madame de Chantenay m'a convenu 
d'abord, puis elle m'a enchant^, enfin, ensorcele ! . . . oh ! oui, 
ensorcele!. ..Et quand je songe que trois mois durant, j'ai 
cache mon amour sous le convert de I'amiti^ la pure amitie ! 

20 . . . Mais que j'ai done bien fait d'avoir eu du courage ! . . . 
un courage qui m'a surpris, par exemple ! . . . Je venais lui 
dire adieu, sans arriere-pensee, parole d'honneur ! J'etais ddja 
a mi-chemin des Indes, et si loin, que je ne sais plus, cela me 
revient maintenant, ou j'ai mis la lettre de Pontgouin. . . 

25 notre notaire commun ! {II la cherche.) le notaire qui redigera 
notre contrat ! . . . (Trouvant une lettre.) Non ! e'est la lettre 
de Roger ! . . . Eh ! Roger qui m'attendrait ! je I'oubliais ! . . . 
Cinq heuresl.. .juste le temps de courir chez moi — le ruis- 
seau a sauter — et d'envoyer un expres au telegraphe, pour 

30 dire a mon voyageur que je I'abandonne, retenu par quelle 

esp^rance ! 

II sort. 



LE CODICILLE. 



SCENE VI. 
MARIE, PONTGOUIN. 



243 



Marie. Non, monsieur Pontgouiii ! assez, je vous prie. 

PoNTGOUiN. Mais, madame . . . 

Marie. C'est inutile ! je ne vous reproclie rien, a vous : 5 
vous avez cru que I'amitie justifierait votre petite perfidie; 
elle I'excuse, au moins. Quant a M. de Morieres, n'essayez 
pas de le defendre ! 

PoNTGOUiN. Vous le faites plus noir qu'il n'est vraiment. 

Marie. C'est peut-etre qu'il tombe de plus haut dans mon 10 
estime. Je m'etais sottement laisse prendre a ses protestations 
chevaleresques, et je lui en veux deux fois : d'avoir jou^ les don 
Quichottes, et de les avoir joues a si bon marche ! 

PoNTGOUiN. Vous me ferez regretter amerement . . . 

Marie. Quoi done?. . .d'avoir dout^ de son desinteresse- 15 
ment, au point de le mettre en garde contre I'epreuve, ou de 
m'avoir confesse votre tentative de trahison ? Ceci, pourtant, 
vous absout de cela ! 

PoNTGOUiN. Oh ! ceci a ^t^ si involontaire ! Vous m'avez 
arrachd mes aveux avec une habilete ! . . . 20 

Marie. . . . Que le hasard a servie ; sans I'indiscretion de 
Pitou qui m'avait dit, innocemment, avoir remis, tout a I'heure, 
une lettre de vous a M. de Morieres . . . 

PoNTGOuiN. Animal de Pitou ! . . . mais n'avez-vous pas, 
vous, plaide le faux avec moi pour me faire dire le vrai? 25 

Marie. C'est de bonne guerre ! . . , 

PoNTGOUiN. Qui, dans une instruction criminelle ! contre 
un coupable endurci ! mais contre un brave homme de notaire? 



244 LE CODICILLE. 

..."La ruse etait bonne !... disiez-vous, vous aviez averti 
" voire ami ! . . . tres loyalement, il me I'a confesse ! . . . II m'a 
" montre votre lettre I . . " — Et vous riez, disant cela . . . et 
moi, j'ai donne dans le piege . . . maladroit ! . . . imbecile ! . . . 
set mes aveux faits, vous n'avez plus ri ! . . .et j'ai compris ma 
.sottise, et que j'avais perdu mon pauvre Morieres ! 

Marie. Vous m'avez sauvee : consolez-vous ! 

PoNTGOUiN. Sauvee 1 . . . 

Marie. Oui ! de la pire douleur ! la douleur de m^ses- 
10 timer I'homme que j'aurais epouse!... Le voici : veuillez 
nous laisser, monsieur Pontgouin. 

PoNTGOUiN. Quoi ? . . . vous allez lui f aire subir ? . . . 

Marie. L'interrogatoire de I'accuse ! 

Pontgouin. Ah ! s'il allait nier?. . . 

15 Marie. Croyez-vous qu'il nie jusqu'au bout? 

Pontgouin. ISTon ! mais il y a une lacune dans la magistra- 
ture ! ce sont les femmes qu'on devrait faire juges d'instruction ! 

II sort. 



LE CODICILLE. 245 



SCENE VII. 

MARIE, GASTON. 

Marie, a Gaston qui entre. C'est encore vous, mon voisin 1 
Gaston, etonne. Encore % 

Mariic. Je vous croyais parti. 5 

Gaston. J'etais alle chez moi, seulement, pour expedier un 
telegramme a Montluel. 

Marie. Votre compagnon de voyage. 

Gaston. Mon ex-compagnon ! pensez si je I'abandonne ! 

Mahie. Vous avez renonce a votre tour du monde % lo 

Gaston. Je n'ai plus de raisons d'aller si loin, n'est-ce pas % 

Makie. En etes-vous bien surl. . . 

Gaston. Vous ni'aviez donne sujet d'esp^rer. . . 

Marie. D'esperer peu de chose. 

Gaston. Qui ! 15 

Marie. Je ne m'etais guere engagee, dites?. . . 

Gaston. Non !. . .je vous avals demande de reflechir. . . 

Marie. Et j'ai reflechi. . . 

Gaston. Comme vous dites cela ! 

Marie. J'ai songe... — Me permettez-vous d'etre, franche 20 
. . . jusqu'a Texces % 

Gaston. Je vous en prie. 

Marie. J'ai songe qu'il y avait, peut-etre, un peu beaucoup 
de legeretd dans votre caractere ; une insouciance de vos 
interets, un mejjris des choses niaterielles de la vie, que je25 
serais desolee de rencontrer dans mon mari futur ! 

Gaston. Je ne comprends pas bien. 



246 LE CODICILLE. 

INIarie. a nioins que cette legerete, cette insouciance, ce 
mepris n'aient pour cause secrete quel que circonstance que je 
ne connaitrais pas 1 

Gaston. Je continue a ne pas comprendre. 

5 Marie. C'est bien clair, cependant ; et voici le dilemrae ou 
m'ont conduite mes reflexions : Ou vous etes efFroyablement 
leger, monsieur de Morieres, ou vous etes plus dissimul^ 
encore ! 

Gaston. Si ces petites querelles que vous me cherchez 
10 n'ont d'autre but que d'eprouver mon caractere, querellez, 
madame, j'aurai la douceur d'un agneau ! 

Marie. Qui, je sais, vous etes arine contre les epreuves ! 
Gaston. Je suis arme 1. . . 

Marie. Cuirasse, barde, blinde ! a preuve que vous avez 
15 accueilli la nouvelle de ina pauvrete avec une indifference . . . 

Gaston. Tres naturelle, n'est-ce pas 1 

Marie. Tres etonnante, au contraire ! . . . comme d'un fait 
sans inij^'ortance . . . ou que vous auriez prevu 1 . . . 

Gaston. Comme d'un fait sans importance, oui. 
20 Marie. Que vous ne pre voyiez pas ? 

Gaston. Non ! 

Marie. Auquel vous n'etiez nuUement prepared. . . 

Gaston. Comment I'eusse-je ete 1 

Marie. Bien innocemment ! Vous connaissez mon notaire, 
25 M. Pontgouin 1 

Gaston. Beaucoup ! il est de mes bons amis. 

Marie. Un ami tel que vous vaut une indiscretion. 

Gaston. Comment I'entendez-vous 1 

Marie. Comme ceci, que le testament de M. de Chantenay 
30 (^tant depose chez maitre Pontgouin, celui-ci, par hasard, dans 



LK CODICILLE. 247 

/a conversation, eut tres l)ien pu vous parler de ce testament, 
de ses clauses, de son codicille . . 

Gaston. Pontgouin ne m'en a jamais parl^. 

Marik. Niecrit? 

Gaston. Pas davantage ! 5 

Marie. Eh ! bien, me voila fixee, monsieur de Morieres! . . . 
Ce n'etait point legerete : c'etait dissimulation ! 

Gaston. Ah ! de grace ! . . . que signifie 1. . . ' 

Marie. Ne cherchez pas ! . . . ne feignez pas de chercher ! 
Vous m'aviez jouee ! . . . mais ce vous etait facile d'afficher des lo 
sentiments genereux, dont I'etalage ne vous coutait guere ! . . . 
II est, heureusement, une providence, et elle est apparue tout 
a point pour demasquer des fourberies indignes d'un gentil- 
homrae. 

Gaston. Juste ciel ! madame, jem'egaredansunlabyrinthei5 
d'etonnements douloureux !. . . Je vous en conjure. . .mettez, 
comme on dit, les points sur les i. 

Marie. Vous le voulez ?. . . Eh ! bien, je vous dis que je 
sais tout, entendez-vous 1 tout ! 

Gaston. C'est une superiorite de plus que vous avez sur 20 
moi, qui ne sais rien, entendez-vous 1 rien ! 

Marie. Rienl. . .Vous ne sauriez pas ce que contient une 
lettre de M. Pontgouin, que mon jardinier vous a remise tout 
a I'heure 1 

Gaston. Une lettre de Pontgouin. . .je ne lai meme pas 25 

decachetee . . . 

// la moiitre. 

Marie, chaiigeant i-'ivernent de ton. Vraiment ! 

Elle la j)TPAid et la garde dans ses mains. 

Gaston. Non ! j'ai cru qu'il s'agissait de ce mur raitoyen, 30 
vous savez 1 . . . et Pitou me I'a remise, avec un sourire 



248 LE CODICILLE. 

triomphant ! " Monsieur se lassera peut-etre d'ecraser des 
"duchesses!" disait Pitou. 

Marie. Vous n'avez pas ouvert cette lettre ! . . . 

Gaston. J'avais bien d'autres soucis dans le coeur ! . . . mais 
5 puisqu'elle a provoque vos soupgons, cette lettre . . . il est 
facile. . . 

11 va pour Vouvrir. 

' Marie. Non ! . . . ne I'ouvrez pas ! . . . je vous en prie ! 

Gaston. Pourquoi 1 . . . je suis curieux d'apprendre de quoi 
10 vous m'accusiez . . . 

Marie. C'est inutile ! je ne vous accuse plus ! . . . 

Gaston. JVIon innocence triomphe ! . . . 

Marie. Et je vous deinande, au contraire, pardon d'avoir 
pu douter un moment de votre loyaute, de la noblesse de vos 
15 sentiments . . . 

Gaston. Oui ! vous avez doutc . . . vous me devrez de fiers 
dedommagements, madame ! 

Marie. Pensez-vous que je sois en etat de vous les donner? 

Gaston. II ne s'agirait que de vouloir bien. 

20 INIarie. Nous en reparlerons ! allons, ofifrez-moi votre bras! 

Gaston. Pour diner? 

Marie. Oui ! . . . M. Pontgouin nous attend dans la salle 
a manger. 

■ Gaston. Pontgouin ? . . . II est la. 

25 Marie. Je I'ai retenu, pensant vous confondre. 

Gaston. A propos de la lettre ! . . . qu'est-ce done qu'elle 
pouvait liien contenir ? 

Marie. II vous le dira. C'est dans ses attributions !.. . 



LE CODICILLE. 249 

Gaston. AUons ! . . . C'est egal, il aurait bien du ne venir 
que demain ! 

Makie. Sa presence vous gene ? 

Gaston. Dame ! j'y perds un tete-k-t&te ! 

Marie. Nullement . . . Vous I'aurez . . . vous I'aurez ... 6 
par devant uotaiie 1 



LE MAJOR CRAVACHON 

PAR 

LABICHE, LEFRANC ET JESSE. 
[for kapiu reading.] 



LE MAJOR CRAVACHON. 

Cli^A TEURS DES ROLES. 

CRAVACHON M. Lemi6nil. 

DERVIERES M. Berger. 

ANTONIN, domestique de Cravachon . M. Dublaix. 

OLYMPE, fille de dravachon . . . M"' Scriwaneck. 
AMELIE, amie de pension d'Olympe (r6le 

travesti) M'ne Aline Duval. 

UN NOTAIRE M. Lkmeunier. 

La scene se passe a Saumur, en 1813. 



[252] 



LE MAJOR CRAVACHON. 

Le theatre represente un salon. Anieublemeiit simple, fleurets suspendus. Porte 
principale an fond. A droite, an premier, une porta et uiie table garnie. Au 
second plan, une cheminee avec glace et pendiile. A gauche deux portes, I'une 
au premier, I'autre au second plan. 

SCENE I. 

LE NOTAIRE, CRAVACHON. Toils deux sont assis au milieu 
de la scene, au lever du rideau. 

Cravachon, se levant. Ca suffit, monsieur . . . vous ii'aurez 
pas ma fille. 5 

Le Notaire, se levant. Comment ! . . . mais songez done 
que je suis . . . 

Cravachon', 6r?/s5'?*eme«<. Quoi? que voulez- vous dire 1 . . . 
Que vous etes notaire imperial, que vous etes honnete homme, 
que votre etude est payee . . . Eh bien ! ajjres % lo 

Le Notaire. II me semble que ces avantages . . . 

Cravachon. Ce ne sont pas la des avantages. . . Moi, 
monsieur, je suis le major Cravachon, je suis un honnete 
homme aussi ; j'ai vu FAllemagne, la Prusse et I'ltalie, et je 
ne m'en vante pas, moi, monsieur. . . Efc aujourd'hui, je suis 15 
commandant de la forteresse de Saumur, une prison d'Etat, 
monsieur, et je n'en suis pas plus fier pour 9a. 

Le Notaire, ax'ec cahne. J'ai suivi avec attention Ic fil de 
votre raisonnement, et je ne comprends pas. . . 

Cravachon. Ce n'est pas necessaire . . . vous n'aurez pas ma 20 
fille Olympe, c'est clair, e'est net. . . Ainsi, monsieur. . . 

Le Notaire, ceremonieusement. Monsieur, j'ai bien rhon- 
neur d'etre avec une profonde consideration . . . 

Cravachon, h reconduisant. Serviteur, monsieui-, serviteur, 
de tout mon cceur. 25 

Le notaire sort. 
[253] 



254 LE MAJOR CRAVACHON. 



SCENE II. 
OLYMPE, CRAVACHON. 

Cravachon, revenant. J'ai cru qu'il n'en finirait pas avec 
ses salamalecs. 
i Olympb, entrant. Eh bien ! papa, ce jeune homme . . . ce 
notaire . . . 

Cravachon. Je I'ai remercie poliinent. 

Olympe. Encore ! . . . vous etes trop difficile aussi. 

Cravachon. Tiens ! je donne cent mille francs ! 
10 Olympe. Songez done, mon petit papa, je me fais vieille. . 
dix-neuf ans ! . . . Et voila le sixieme qxie vous congediez . . . 
Six ! qui en epousent d'autres ! si ce n'est pas affreux ! . . . II 
n'en restera plus. 

Cravachon. Puisque je donne cent mille francs, sois done 
15 tranquil! e. Quand on a un pere qui a vu le monde, vois-tu, 
qui a detrone des rois . . . qui a mange du cheval . . . 

Olympe. Oh ! la-dessus, vous savez bien que tous les jours 
j'ecoute et j'admire. . . Mais. . .(cdlinant.) dites done, petit 
papa, si vous me les pi-esentiez, peut-etre que mes avis . . . 
20 Cravachon. Une entrevue ! . . . II ne manquerait pins que 
9a ! . . . 

Olympe. Alors, tachez qu'ils vous plaisent . . . Toutes mes 
amies de pension ont des maris. 

Cravachon. Tu appelles 9a des maris, toi 1 . . . tu t'3^ con- 
25 nais . . . ce sont des . . . (^a fait pitie ! . . . Un peu de patience, 
et nous t'en aurons iin . . . com me je I'entends. 

Olympe. Et comment I'entendez-vous ? 

Cravachon, Comment ■? ... Je voudrais, la . . . un . . . tu 



LE MAJOR CKAVACHON. 255 

comprends ! . . . Voila Ihomme qui te rendrait heureuse ! . . . et 
je le trouverai . . . 

Olympe. Sera-ce bien long ? 

Cravachon. Est-ce que je sais, moi?. . . Tiens, au fait, j'en 
attends un ce matin de Paris . . . et tu sais que Paris est le 5 
centre des lumieres. 

Olympe. Oui, et des coups d'epee. . . Vous souvenez-vous, 
il y a trois mois . . . 

Cravachon. Si je me souviens ! . . . Je crois bien, une bles- 
sure superloe'? 9a me fait encore mal !. . .mais c'est egal, quel 10 
beau coup ! . . . On a bien raison de dire : il n'y a qu'un Paris ! 

Olympe. Je suis sure que c'est encore vous qui aviez tort. 

Cravachon. Oh ! non. . .cette fois, j 'avals ete insulte ! . . . 
mais insulte !. . . All ! le digne jeune homme !. . .je ne pense 
jamais a lui sans plaisir. lo 

Olympe. Que vous avait-il fait 1 car vous ne m'avez jamais 
dit . . . 

Cravachon. Ce qu'il m'avait fait, le brigand ! Tu vas 
voir. Je sortais du theatre Feydeau . . . il faisait un brouillard 
a ne pas distinguer une vivandiere d'un tambour-major. . .ie2o 
descendais la rue Vivienne en ruminant a part moi le morceau 
d'Elleviou que je venaisd'applaudir . . . Elleviou, tu sais 1 c'est 
mon idole ! . . . quand j'entends sur le trottoir, a trois pas 
devant moi, une voix dans le brouillard, qui ecorchait le 
meme morceau. J'avais beau ralentir le pas, ou marcher plus 25 
vite, je ne pouvais pas me depetrer de ce maudit clianteur ! 
Moi, 9a commeneait a m'dchauffer les oreilles ! . . . 11 etait 
evident que le particulier y mettait de la mechancete ... II 
s'^tait dit: Voila un bourgeois qui sort de Feydeau. . . Elle- 
viou est son idole, bon ! je vais le taquiner. . . 30 

Olympe. Oh ! pouvez-vous croire ... 

Cravachon. Laisse faire, on connait son monde . . . Alors, 



256 LE MAJOR CRAVACHON. 

moi je lui crie: Hola ! he! monsieur! monsieur! chantez 
autre chose, vous m'ennuyez ... II me repond par un grand 
eclat de rire ! . . . puis il entame avec son infernal fausset . . . 
quoi 1 le morceau de Martin . . . Martin, tu sais 1 c'est mon 
sidole !. . . Mille tonnerres ! je n'y tenais plus !. . . Ah ! pour 
le coup, mon oiseau, lui criai-je en le rejoignant, nous allons 
clianger de musique ! . . . Un duel ! 9a me va, j'ai froid aux 
doigts, qu'il me repond sans ostentation . . . Voila un armu- 
rier, je vais chercher des outils. . Et il part en chantant. 

10 Malbrough s'en va-t-en guerre, 

Mironton, ton, ton . . 

Et faux ! toujours faux ! le gueux ! 

Olympe. II ne pouvait peut-etre pas chanter autrement. 

Cravachon. Ca ne me regarde pas . . J'arrete deux fiacres, 

15 chacun le notre, il revient avec des epees, nous nous enibar- 
quons, et bientot nous voila hors Paris, dans la campagne, au 
milieu dune belle route, ma foi ! luais il faisait noir . .noir ! 
. . . Mon inconnu fait en un clin dceil ranger les sapins sur 
les bas cotes, il en decroche lui-meme les lanternes, et Ixjn gre 

20 mal gre, nos cochers immobiles nous servent a la fois de cande- 
labres et de temoins . . a quarante sous I'heure . . ISTous 
croisons le fer. . . Oh ! je vis tout de suite que j'avais affaire 
a forte partie. . . (S\iniinant.) Aussi, comme nous nous 
comprenions, c'etait un plai.sir ; tous nos coups etaient mutu- 

25e]lement jjortes et jiares. . Sans presque nous voir, nous 
nous devinions dans I'obscurite et . . . 

Olympe. Et vous etes reste sur la place avec une blessure ! 
Cravachon. Oui, ce cher ami, il m'a desosse I'epaule . . . 
( Vivement. ) Mais, je ne m'en plains pas, oh ! Non ! 
30 Olympe. Vous lui devez des remerciements, peut-etre. 

CiiAVACiioN. Pour(]uoi pas 1 car tous les jours on est blesse 
, . . Qu'est-ce qui n'est pas blesse?. . . Mais pas comme qal 



LE MAJOR CHAVACHON. 257 

oh ! non. ! pas comme ca ! (TristemenL) Ah ! je ne regrette 
qu'une chose . . . 

Olympe. Quoi done ? 

Cravachon. Tu ne le croiras pas. . .je ne .sais pas encore 
comment il m'a touche . . il faisait si noir . . . je donnerais dix 5 
napoleons pour connaitre ce coup-la., .car, enfin, je ne me 
ddcouvre jamais, c'est connu. Est-ce en quarts 1 est-ce en 
tierce 1 

Olympe. La belle avance ! 

Cravachon. Tu n'es pas artiste, toi . . . Ah ! si tu I'avais lo 
vu, ce brave jeunehomme ! avec quelle modestie il s'est derobe 
a mes felicitations ... II est parti, la, tout bonnement, comme 
le premier venu. . . Je I'ai a peine vu ce gargon-la, il me 
serait impossible de le reconnaitre . . . {Regardant la pendule.) 
Oh ! deja dix heures ! et moi qui suis temoin dans une affaire !i5 

Olympe. Encore ! 

Cravachon. Oh ! presque rien . . . des commen^ants, des 
mazettes ! des pekins ! 

Olympe. C'est toujours la merae chose ; quand vous ne 
vous battez pas, vous faites battre les autres ! 20 

Cravachon. II faut bien s'occuper . . . et prouver a I'Empe- 
reur que je ne suis pas encore un invalide, bien qu'il ne me 
jugeplusbon qu'a faire un geolier. . . Oh ! je lui en veux ! . . . 
Moi, le majt)r Cravachon, moi qui I'ai aide a gagner la bataille 
de Marengo, m'employer a garder des prisonniers d'Etat, des 25 
conspirateurs ! 

Olympe. De mauvaises tetes comme vous. . .et que pour- 
tant vous traitez avec une rigueur . . 

Cravachon. Ah ! ma foi, je ne connais que ma consigne, 

c'est vrai. 30 

Olympe. Jusqu'a empecher ces pauvres detenus de com- 



258 LE MAJOR CRAVACHON. 

muniquer avec leurs femmes, leurs filles, leurs soeurs . . . Si ce 
n'est pas aifreux ! 

Cravachon. C'est I'ordre de I'Empereur. . .il ne veut pas 
que les femmes entrent ici . . . faut croire qu'il a ses raisons 
5 pour 9a . . . Pour lors, bon, tres bien, assez cavise . . . (Allant 
decrocher les Jleurets. ) Voyons, mes fleurets . . . Toi tu vas 
rentrer dans ton appartement ... Si le pretendu en question 
arrivait, je veux I'examiner le premier. . . Aliens, sois bien 
raisonnable. 
10 Air : Adieu, tdche de distraire. 

Adieu, rentre chez toi, ma chere, 
Je m'en vais au plus tot regler cette afifaire ! 

Apr^s ce rendez-vous d'honneur, 
Je ne veux m'occuper que de ton bonheur. 
15 ENSEMBLE (Ohjmpe et Cravachon). 

Cravachon. 

Adieu, etc, 

Olympe. 

Oui, je rentre chez moi, men p^re, 
20 Quant k vous, terminez vite cette affaire ; 

Apr^s ce rendez-vous d'honneur, 
II ne faut s'occuper que de mon bonheur. 



LE MAJOR CRAVACHON. 259 



SCilNE III. 

OLYMPE, seule. 

Olympe. Oui, sois bien raisonnable. . . II me dit 9a 
chaque fois. . .ou bien il s'eii va sans I'iendire. . .boutonne 
jusqu'en haut. . . Alors j'ai encore plus peur. . .et pourtant, 5 
c'est la bonte meme . . Mais il a ete toujours comme 9a. . . 
il faisait trembler ma pauvre mere. 



260 LE MAJOR CRAVACHON. 

SCENE IV. 

ANTONIN, OLYMPE. 

Antonin. Mademoiselle, c'est iin jeune homme qui de- 
mande a parler a monsieur. 
5 Olympe, a 2}art. Un jeune homme !. . .le futur, sans doute. 
Antonin. Je lui ai dit que monsieur etait sorti. 
Olympe, d part. Ah ! en voila encore un que je ne verrai 
pas... (Ilaut.) Est-ce qu'il est parti ? 
Antonin. Non, il est la. 
10 Olympe, avecjoie. Ah ! il est la. 

Antonin. Oui, il dit comme 9a, que monsieur 9a lui est 
^gal, qu'il aime mieux causer avec mademoiselle. 

Olympe. Ah ! que c'est desagreable ! . . . Ce qu'il a a me 
dire est peut-etre important . . . je ne peux pas le renvoyer. 
15 Antonin. Oh ! que 9a ne vous chagrine pas, je vais lui dire 
que vous etes sortie. 

Fausse sortie. 

Olympe, le rappelant. Antonin ! Antonin!. . . Comment! 
vous savez done mentir ? 
20 Antonin. Eh I puisque 9a vous ennuie de le voir ! 

Olympe. Certainement . . . Surtout en I'absence de mon 
pere . . . mais un mensonge . . . Ah ! Antonin . . . faites entrer 
ce jeune homme. 

Antonin, sortant. . Tout de suite, mademoiselle. 



LE MAJOR CKAVACIION. 261 



SCENE V. 

OLYMPE, puis AMELIE. 

Olympe, s\irrangeant vivement devant tine glace. II va 
venir . . . vite ! vite ! Bon! mes cheveux qui s'en vont ! Ah! 
bieii siir, il ne voudra jamais m'epouser dans cet etat-la . 5 
Le voici . . .tenons-nous droite. 

Amklie, en unijorme de lieutenant de hussards. Made- 
moiselle. . . 

Olympe, a part. Je rougis, je rougis, comment faire 1 (lis 
se saluent tons les deux.) Monsieur. . . {A j^cLvt.) Un mili-io 
taire ! . . . tenons-nous encore plus droite. 

Amelie. Excusez, mademoiselle, la liberte que j'ai prise. . . 

Olympe. II n'y a pas de mal . . . Croyez, au contraire, 
monsieur, que . . . je suis flattee . . . 

Amklie, riant aux eclats. Ah ! ah ! ah ! 15 

Olympe, a part. II rit ! 

Amelie. Ah 9a! tu ne veux done pas me reconnaitre? 

Olympe. Amelie ! . . . Ah ! quel dommage ! 

Amelie. Comment 1 

Olympe. Quel bonheur ! veux-je dire !. . . Comment, c'est20 
toi . . . tu m'as fait une peur . . Embi^asse-moi done ! . . . 

Amelie, Vemhrassant. Cette chere petite Olympe ! . . . Nous 
ne nous sommes pourtant pas revues depuis la pension. Mais 
je suis loin de t'avoir oubliee! Tiens, cette bague qui me vient 
de toi, je ne I'ai jamais quittee. -5 

Olympe. Bonne Amelie ! mais pourquoi ce deguisement? 

Amelie. Pourquoi'? oh ! c'est un grand secret. . .une bien 
grande audace . . mais tu ne me ti'aliiras pas . . . tu m'aideras 
au contraire. . . M. Cravaehon peut-il nous entendre? 



262 LE MAJOR CRAVACHON. 

Olympe, Non . . . Mais d'ou vient ce mystere? 

Amelie. Ecoute. . . Mon mari. . car je suis mariee. . . 

Olympe, a part. Encore une ! 

Amelie. Mon mari, M. Doffin, compromis dans une pr^- 

5 tendue conspiration contre I'Empereur, a ^te arrete, il y a huit 

jours, et conduit ici, dans la citadelle commandee par ton pere. 

Olympe. Eh quoi ! . . .tu as un mari sous cle ! 

Amelie. Et tu sais qu'un ordre impitoyable, mais motive par 
quelques abus, ferme depuis un certain temps I'entrde de cette 
10 forteresse, de cette prison, a toutes les femmes quelles qu'elles 
soient . . . pourtant, je ne pouvais abandonner ainsi mon mari. 

Olympe. Je crois bien ! 

Amelie. Pendant que des amis puissants sollicitent a Paris 
son ^largissement, j'ai voulu a toute force le voir, lui parler. . . 
15 Olympe. Cest si nature! ! 

Amelie. Mais comment faire ? J'esperais d'abord que le 
titre de ton ancienne amie pourrait aplanir la difficulte . . . 
mais bientot la reputation de Tinflexible commandant vint 
m'oter tout espoir . . . 
20 Olympe. Alors ? 

Amelie. Alors j'ai pris un parti extreme, violent . . . j'ai pris 
les habits de mon f rere I'officier, et sous cette enveloppe, je viens 
affronter la consigne du major et solliciter mon laisser-passer. 

Air Connu. 

25 Gagnant ensemble tous leurs grades, 

Depuis longtemps mon frfere et mon mari 
Sont bien connus pour d'anciens camarades ; 
Sans crainte done, je me pri^sente ici, 
Sous le costume et le nom d'un ami. 
30 Dans mon stratag^me j'esp^re. 

Car I'amour triomphe k moitie, 
Quand 11 a pour habit de guerre 
L'uniforme de I'amiti^. 



LE MAJOR C'KAVACHON. 263 

Olympe. Pourvu que papa Cravachon se laisse prendre k 
la ruse... Voyons, tourne-toi, que je t'examine, (Elle la 
fait tourner autour cVelle. ) la . . . marche un peu . encore . . . 
Eh bien ! ce n'est pas trop mal . . . tu peux faire illusion. 

Am^lie. Ma foi, j'ai confiance. Ton pere ne m'a jamais 5 
vue, et pour peu que je fasse honneur a mon uniforme . . . 

Olympe, confide) diellement. Entre nous, je t'avouerai que 
je n'en suis pas contente du tout de papa Cravachon . . . mais 
du tout, du tout ! 

Amj^lie. Que veux-tu dire '? lo 

Olympe. Enfin, ma chere, en me regardant, certainement 
on le voit tout de suite, je suis bien d'age. . . Eh bien, pour- 
tant, je crois qu'il ne veut pas me marier. 

Am]6lie. Quel enfantillage ! 

Olympe. Je parle tres s^rieusement ... car, enfin, je suis 15 
demandee de tous cotes ; c'est incroyable . . . chacun veut 
m'epouser. 

Am^lie, sourinnt. Ca ne m'etonne pas du tout. 

Olympe. Moi, je ne demande pas mieux...mais lui ne 
veut pas . . . Mes pretendus, on me les cache . . . ensuite, mon 20 
pere s'enferme avec eux ... la . . . {EUe montre la jjre7niere 
porte d gauche.) Je ne sais pas ce qui se dit. . .mais ce doit 
etre aliVeux ! . . . car ils partent tous, et I'on n'entend plus 
parler d'eux. 

Amelie. Au fait, c'est dtrange ! 25 

Olympe. C'est abominable ! quelquefois, j'^coute a la porte 
. . .c'est mal, mais c'est par raison. 

Amelie. Eh bien 1 

Olympe. Je n'entends rien . . . Seulement, papa fait la 
grosse voix comme un bourdon, I'amoureux disparait et je30 
continue h rester ici. 



264 LE MAJOR CRAVACHON. 

Ami^lie. Pauvre enfant ! . . . Qa ne peut pourtant pas 
durer ainsi ! 

Olympic:. Je crois bien que 9a ne peut pas durer ainsi ! . . . 
Ami^lie. II faudrait savoir . . . Mais j'y pense . . . je ne peux 
5 voir nion mari que demain. . .api'es deux lieures on n'entre 
plus . . . d'ici la, je puis m'occuper de toi, de ton bonheur . . . 
Je vais demander ta main a ton pere, 
Olympe. Toi ! . . . mais pas du tout ! 

Amielie. Eh bien ! voyons, n'as-tu pas peur que je t'^pouse? 
10 De cette fayon, j'aurai avec lui cette entrevue si mysterieuse, 
si redoutable, et . . . 

Olympe. Eh bien ! oui . . . mais comment 1 
Am^lie. Le meilleur moyen de prouver que je suis un 
homme, c'est de vouloir ^pouser une jolie personne comme toi 
15 . . . Je suis ton nouveau pretendu. 

Olympe. Toi ? Mais, prends bien garde ! 
Am^lie. ]\Ioi prendre garde!. . . [Elle s'avance menagante 
snr Olympe, qui rer.nle effrayee.) Un militaire, un officier, un 
hussard ! Maintenant, du papier, une plume . . . 
20 Elle va a la table plac^e a droite. 

Olympe. Que vas-tu faire ? 

Ameli e. Je vais ecrire a ton pere . . . J'ai mon idee . . . ce 
sera court mais nerveux ! 

Elle ecrit. 

25 Olympic. Comme nous allons nous amuser ! (EUe sonne. — 
Antonin entri'.}) Antonin, preparez tout de suite pour mon- 
sieur la chambre verte. 

Antonin. Oui, mademoiselle. 

// sort cL droite. 

30 Am^lie. Tiens, voici ma lettre^... Trois lignes d'^lo- 

* Olympe, Antonin, Am^lie. 
"^ .Amelie, Olympe. 



LE MAJOR TRAVACHON. 265 

quence. (Lisant.) "Monsieur, je suis gentil, bien t^urn^, 
"jeime et hussard ; j'aime mademoiselle votre fille, je vous 
"demande sa main. . . Causons-en ! — N.B. Je suispresse !" 

Antonin, rentrant. Mademoiselle, la cham>)re est prete. 

Olympe. C'est bien.' 5 

Amelie, d Anto7nri. Mon gar9on, tu va.s remettre cette 
lettre a M. Cravachon. 

Antonin. Qa suffit. 

Amelie. Tout de suite, entends-tu ? 

Antonin, se rangeant pour la laisser passer et salvaitt mili-w 
tairement. Oui, mon lieutenant. 

Amelie, passant. A la bonne heure ! 

Olympe, passant a son tour devant Antonin. A la bonne 
heure ! 

' Amt^lie, Antonin, Olympe. 



266 LE MAJOR CRAVACHON. 

SCENE VI. 

ANTONIN, seul. 

Antonin. Eh ben ! . . . ils entrent . . . tous les deux . . . Ne 
vous genez pas. Avec 9a qu'il a I'air mauvais sujet, le hussard 
5 . . . il vous a un petit ceil !. . . J'ai bien vu des ceils, mais 
jamais, au grand jamais... Apres 9a c'est peut-etre un 
mari . . . Imprudent ! s'il avait comme moi, reflechi sur la 
matiere . . . il se gai'derait bien . . . 

Air : Je loge au quati-ienie etaye. 
10 Tout le drame dii mariage 

Daus ma main est repr^sent^. 

II montre sa main led doigts en I'air. 
La femme, premier personnage, 

// intUque le pouce. 
15 Se place ici sur le cote, 

Avec fortune, 

// indiqiie I'index. 
Et jeunesse, 

Jl indique le mMium. 
20 Et beaute ; 

II indique Vanrndaire. 
Puis un mioche d'humeur folatre, 

II indique petit doigt. 
Mais le temps disperse tout cela ! 

2b [Parle.) A son approche la fortune s'esquive par la droite, 
[Il baisse l' index.) la beaute par la gauche, (II haissp. Vanrnd- 
aire.) et la jeunesse par le fond, [I I baisse le medium.) de fa^on 
qu'au denouement . . . 

II ne reste sur le theatre 
30 Que ces deux petits acteurs-la. 

Le pouce et le petit doigt sont levds. 



LE MAJOR CKAVACHON. 267 



SCENE VII. 
ANTONIN, DERVIERES. 

Dervieres. Hola ! he! personnel... {Apercevaiit Anto- 
7iin, brusquement.) M. Cravachon'? 

Antonin, a fart. Ah! un monsieur... {Haul.) Vous 5 
demandez % 

Dervieres. M. Cravachon. Est-ce que vous etes sourd % 

Antonin, niaisement. Oh ! que non, monsieur, je ne suis 
pas sourd. . . (S'approchant.) Par exemple, j'ai un oncle qui 
Test, sourd, mais qui Test ... lo 

DERVii:RES. M. Cravachon. 

Antonin, sans Vecouter. Comma un pot, sauf voire respect. 

Dervieres, s' emportant. Ah 9a ! veux-tu me repondre 

Antonin. II est sorti. (Beprenant.) (^"a lui est arrive 
bien drolement, allez. . . 15 

DfiRViiiREs. Mademoiselle Cravachon 1 

Antonin. Elle est occup^e . . . elle cause avec un hussard. 

Dervieres, d part. Un hussard ! 

Antonin. Oui. (Beprenant.) II ne s'attendait a rien, le 
pauvre cher homme . . . quand, tout a coup ... 20 

Dkrv ituES, le poussant violeinment. Ah 9a! vas-tu te taire, 
imbecile ! 

Antonin. Oui, monsieur. 

Dervieres. Ya-t'en ! j'attendrai. 

Antonin, s'en allant. Oui, monsieur. 25 

Dervieres, traversant le theatre de droits d. gauche. Un 
hussard !. . . (Plus haut.) Ici ! 



268 LE MAJOR CRAVACHON. 

Antonin, revenant. Voila, monsieur. 

Dervieres, traversant de gauche cL droite. iJn parent, sans 
doute ... Je suis bien bon de m'inquieter . . . 

Antonin, qui Va suivi. Voila, monsieur. 
5 Dervieres se retourne, ils se trouvent face d face. 

DERvrfeRES. Quoi % que veux-tu ? Tu ne me laissems done 
pas tranquille ? mille tonnerros ! Va-t'en ! mais va-t'en done. 

Antonin. Oui, Monsieur. 

Dervieres le pousse dehors 2^ar les epaul*is. 



LE MAJOR CRAVACHON. 269 



SCENE VIII. 
dp:rvieres, s-ui. 

DerviIires. Mille tonnerres ! . . . Allons, bon; voila que 
j'oublie dejiiines recommandations. . . On m'a pourtant assez 
sermonne, a Paris. . . Si vous voulez plaire a la jeune per- 5 
Sonne, soyez doux, calme, conciliant ; ils croient que c'est 
facile, quand on a ete toute sa vie emporte, brutal, querel- 
leur. . .vingt-cinq millions !. . . Eien ! voila que je rejure ! 
Allons, c'est dit, il faut que Ton me prenne ici pour un modele 
d'amenite . . . On dit la demoiselle jolie, ca merite bien quel- lo 
ques sacrifices . . . Quelqu'un ! . . . attention ! . . . 



270 LE MAJOR CRAVACHON, 

SCENE IX. 
DERVIERES, OLYMPE. 

Olympe, sortant de la chamhre de droite, et parlant d la can- 
tonade. Un peu de patience, done ! il va rentrer ! {A elle- 
brneme.) Est-elle pressee ! {Ajjercevant Dervilres.) Ah! un 
jeune homme ! . . . 

DKRVifcRES, s'inclinant. Mille pardons. . . C'est sans doute 
mademoiselle Olympe Cravachon que j'ai I'honneur de saluer 1 

Olympe, Jaisant la reverence. Oui, monsieur. 
10 Dervieres. Excusez ma curiosite . . . mais elle vous paraitra 
naturelle quand vous coniiaitrez les esperances que monsieur 
votre pere m'a permis de concevoir. . . 

Olympe. Comment, monsieur, vous seriez. . . 

DerviIires. Un pr^tendu. . .oui, mademoiselle. 
15 Olympk, d 2^'^'^% ci2)res V avoir regardd. Ah ! en voila 
un ! . . . un vrai ! (Meme jeii.) Eh bien ! quel mal 9a fait-il 1 

Dervieres. Mon nom ne vous est sans doute pas tout a 
fait inconnu . . . Dervieres. 

Olympe, d part. Ah! le joli nom... pour une femme ! 

20 (Haut, avec embarr as.) Monsieur, je suis tres honor^e...de 

I'honneur que. . .et je vous en. . remercie. . .(A part.) Oh ! 

non, on ne remercie pas . . . (Haut.) Mais mon pere est 

absent. . . 

DERViiiRES. Je le sais, mademoiselle, et je benis I'heureux 
25 hasard qui me permet de causer un moment avec vous. (A 
part. ) Elle n'a encore rien dit, mais elle est charmante, 

Olympe. Puisque vous voulez m'dpouser, (£tourdiment.) 
mon intention n'est certainement pas de vous ddcourager, 
monsieur, mais je dois vous prevenir que c'est tr^s difficile. 



LE MAJOR CKAVACHON. 271 

DBRViiiRES. Quand on vous a vue, mademoiselle, les obsta- 
cles ne comptent plus. (A jmrt.) Eh bien ! mais, 9a, 9a va. 

Olympe. Ah ! c'est qu'il s'agit d'abord de plaire k mon 
pere . . . et mon pere . . . il refuse tout le monde. 

DERVii:RES, d part. Comme c'est encourageant ! . . . Mais 5 
j'^tais prevenu. (Haut.) Eh bien, mademoiselle, j'ose vous 
I'avouer, ce pere inflexible m'effraierait beaucoup moins s'il 
m'etait permis d'esperer que vous ne m'etes pas tout a fait con- 
traire. 

Olympe, vivement. Moi ? par exemple ! 10 

Dervi^res. II y aurait bien encore un moyen de s'entendre 
plus vite ... Si voiis etiez assez bonne, assez contiante, pour 
me donner un petit aper9U du niari que vous avez reve . . . car 
vous avez du en rever un. (^Olympe fait un oui de tete.) Je 
m'efForcerais alors de lui ressembler. . ifi 

Olympe. Comment, monsieur, vous voulez . . . 

Dervi^res. Je con9ois votre embarras . . . Mais n'est-ce 
pas le chemin le plus court, le plus siir pour juger de la sym- 
pathie des caracteres et ne s'engager qu'avec connaissance de 
cause 1 20 

Olympe, d part. II raisonne tres bien ! 

Dervi^res. Ainsi, mademoiselle, parlez sans crainte. 

Olympe. C'est que je ne sais guere faire les portraits. . . 
Cependant puisque vous insistez . . . 

Air : de I' Ilerbagire. 25 

Je veux d'abord qu'il ait beaucoup d'esprit, 

Qu'il ait bonne tournure ; 
Je veux encore qu'il soit assez instruit 

Et d'aimable figure ; 
Je veux aussi qu'il soit d'excellent ton, 80 

Qu'il ne parle pas politique, 
Qu'il n'aime pas jouer au boston, 

Et qu'il fasse un peu de muaique. 



272 LE MAJOR CRAVACHON. 

DERVliCRES. 



Olympe. 



Vraiment, il vous faut tout cela ? 



Oui, j'ai rev6 ce mari-la. 
6 Vraiment, il me faut cela, 

Car j'ai rev^ ce mari-la. 

Dervi^res. {Parle.) Mais. . .je tacherai. .. 

Olympe. 

A la rigueur je pourraia me passer 
10 D'une haute naissance, 

Mais je voudrais qu'il sut un peu valser, 

Et qu'il ch^rit la danse ; 
Pourvu qu'il fasse enfin ma volonte, 

Qu'il soit toujours d'humeur joyeuse, 
15 Et qu'il n'aime pas trop sa liberie, 

Je sens qu'il peut me rendre heureuse. 

Dervi^res. 

Vraiment, il vous faut tout cela ? 
Olympe. 
20 (}\\\, j'ai revi5 ce mari-la. . .etc. 

Dervi^res, d ]jart. Elle est ravissante ! 

Olympe. Ah! j'oubliais une condition ... oh ! mais tres 
importante. Je ne pourrais jamais me resoudre h. epouser un 
homme emporte, querelleur, qui eiit des duels enfin ! 
25 Dervi^ires. Fi done ! (A pa7-t.) Comme 9a se trouve ! 

Olympe. Voila tout, monsieur. 

DERVifeRKS. C'est extraordinaire, tout ce que vou»s aimez, 
je I'aime, tout ce que vous detestez, je le deteste. 

Olympe, avec joie. Vraiment 1 Ah ! qu'on a bien raison 
.{0 de s'expliquer franchement ! . . . voila ce que les parents ne 
veulent pas comprendre ... si mon pere savait que je vous ai 
vu. . .que je vous ai parle. . . Ah ! mon Dieu ! je I'entends ! 
. .il ne faut pas qu'il se doute. . . (Saluant solennellement.) 
Monsieur, je vous permets d'aspirer a ma main. 
35 Elle sort par la seconde forte de yauche. 



LE MAJOR CRAVACHON. 273 



SCENE X. 

DERVIERES, 2J»i*- CRAVACHON, puis AMELIE. 

DEKVifeiiES, la regardant sortir. Et j'userai de la permis- 
sion, je vous prie de le croire. . . Quelle bonne petite nature ! 
franche, naive, aimante. . . je I'ai bien un peu trompee. . .mais, 5 
je me corrigerai . . . c'est decide, plus de querelles, plus d'affaires 
d'honneur. . . Je veux rivaliser de douceur avec le papa 
Cravachon, qui doit e.tre, d'apres les principes qu'il a donnes a 
sa fille, I'invalide le plus pacifique . . . on le dit un peu original 
. . .j'eviterai de le froisser. . . lo 

Air : de Julie. 

Ponr enj61er ce p^re de famille, 

Adoptons des niceurs de convent ; 

Je ferais des travaux d'aiguille, 

Je consens meme a jouer au volant ... 16 

Pour ta douceur, beau-p6re, on te renomme ; 

De patience, eh bien ! faisons assaut : 

Pour epouser ta fille, s'il le faut, 

J'oublierai que je suis un homme. 

{Parle.) Ah I le voici ! 20 

Cravachon, entrattt sann voir Dervieres, utie lettre d la main, 
(I part. Les poltrons ! . . .ils ont arrange I'affaire. . .et main- 
tenant lis dejeunent. . . N'ont-ils pas eu le front de m'inviter! 
... " Messieurs, je ne dejeune jamais entre mes repas." 

DERVii5RES, a part. II a I'air bon gar9on ! mais il ne me -25 
voit pas. . . (Toassarit.) Hum ! hum ! 

Cravachon, I'apei'cevant. Hein 1 

DERVii:RES, sahiant. Monsieur. . . 

Cravachon. Vous etes enrhume. 



274 LE MAJOR CRAVACHO^' 

Dervieres. Nullement. 
Cravachon. Que voulez-vous 1 

Dervieres, d part. II est brusque ! {Haul.) Monsieur, 
je m'appelle Dervieres et je pense que mon nom. . . 
5 Cravachon. Ah ! tres bien, tres bien. 

Amelie, entr'ouvrant la porte de droite. Heini quel- 
qu'un ! . . . 

Pendant toute cette scene elle econte, a moitie masquee par la 
porte. 
10 Dervieres. J'ose pretendre a I'honneur. . . 

Cravachon. Vous voulez epouser ma fille ? 

Amelik. Comment, j'ai un rival? 

Cravachon. Je suis enchante que nous soyons seuls ! . . . 
{^Avec intention.) J'ai I'habitude de causer en particulier avec 
15 les pretendus. 

Dervieres. C'est trop juste. 

Amelie, a part. Enfin je vais connaitre ce grand secret. 
Cravachon, remoyitant la scene. Vous permettez. . . {II 
ferme la porte du fond.) On ne saurait trop prendre de pre- 
20 cautions pour n'etre pas derange. 

Dervieres, d j^rt. Voila un singulier preambule. 
Cravachon, presentant un fauteuil. Asseyez-vous. {II va 
chercher un autre favteuil pour lui et voyant Dervieres encore 
debout). Asseyez-vous done. 
25 lis s'asseyent. 

Dervieres, apres un temps, a part. Soyons insinuant. 
(Ilaut.) C'est en tremblant, monsieur. . 

Cravachon. Permettez... (Iltousse.) Monsieur, je suis 
le major Cravachon, j'aibrule I'AIIemagne, la Prusse et I'ltalie, 
30 j'ai detrond des rois, monsieur, j'ai mangt^ du cheval. . . 

Derviicres, gaiment. Sans sel 1 



LE MAJOR rRAVACHON. 275 

Cravachox. II n'y en avait pas . . Enfin je suis un 
honnete homme et je donne cent mille francs a ma fille ... A 
vous, maintenant . . . Allez. 

// s^enfonce dans son/auteuil et allonge les jatnbes. 

DBRVifeRES, a part. II est dr6le, le beau-pere. (Haut.) 5 
Ma foi, monsieur, je n'ai encore brule ni I'Allemagne, ni la 
Prusse, ni I'ltalie ; et je vous avouerai que I'occasion ne ni'a 
jamais ^te presentee de consommer du quadrupede en ques- 
tion . . . mais . . . 

Cravachon. Pardon . . . dites-vous 9a pour vous moquer de 10 
moi? 

DERVii;RES. Ah ! pouvez-vous croire . . . 

Cravachon, reprenant sa jireviiere position. Allez. 

DERVifeRES. J'allais ajouter que je n'en crois pas moins 
posseder les qualites necessaires au bonheur d'ftne femme. 15 
( Une pause. — Cravachon reste dans la meme attitude. — A 
part.) Eh ! bien, il ne repond pas. {Haut.) Monsieur. . . 

Cravachon. Allez, j'ecoute. 

DERVii:RES, a part. Allons. (Haut.) Vous ne me con- 
naissez que par quelques recommandations toutes bienveil-20 
lantes, et vous desirez sans doute que j'entre dans qvxelques 
details sur ma position et sur nia fortune. . . Orphelin fort 
jeune et seul heritier d'une famille . . . 

Cravachon, immobile. La fortune ne fait pas le bonheur 
. . .passons. 25 

Dervi^res, avec Honnement. Ah ! la fortune ne fait pas . . . 
{Se ravisant.) Vous venez de dire la une bien grande verite, 
monsieur, car enfin qu'est-ce que la fortune 1 Bah ! la for- 
tune !... c'est un fait ... une ... comment dirai-je?... Ali ! 
monsieur. . .bien peu de peres comprennent cela ! tandis que 30 
. . . I'^ducation, par exemple . . . certainemeut il ne ra'appartient 
pas de vanter la mienne, mais . . . 



276 LK MAJOR CRAVAOHOK. 

Cravachon. L'^ducation ne fait pas le bonheur . .passons. 

Dervieres, etowrtf'. Ah! I'educ... [Se ravtsant.) J'allais 

le dire. . . I'Mucatioii ! qu'est-ce que 9a prouve? qu'on a ^te 

bien ^leve, pas autre chcjse. . . Ce qu'il faut pour faire le bon- 

5 hear d'une femme, c'est une ame tendre, c'est un cceur brulant, 

c'est un amour. . . 

Chavachon. Oh! I'aiuour 1 . . . Tainour ne fait pas le bon- 
heur. . .passons. 

Dervi^res. Comment !. . .I'amour Jion plus?. . . {A part.) 
10 C'est un logogriphe que ce beau-pere-la. 

A.MELiE, a part. Ah 9a I qu'est-ce qui fait done le bonheur'! 
Dervieres. Alors, monsieur, pour etre veritablement 
heureux, quelles sont, je vous prie, les qualites. . . 

Cravachon. Ah ! la-dessus, jeune homme, j'ai des idees. . . 

15 des idees a moi, et . . . (Derrierfs tend Vcrreille) et je les garde 

Mais vous ne m'avez pas encore dit un mot de votre 

existence de garcon. ,, 7^ ^ 

*= ^ 11 se I eve. 

Dervieres, a pm-t, en se levant. Aie ! (I/atit.) Je ne 
20 vous cacherai pas que, comme tous les jeunes gens, je nie suis 
un peu amus^ ! . . . 

Cravachon. Vrai ? eh bien! vous avez bien fait. . .bah! 

la jeunesse n'a qu'un temps ! Mais, il ne s'agit pas de cela. . . 

Voyons, la. . .franchement, . . .un gaillard comme vous doit 

25 avoir la tete chaude . . . vive . . . rien qu'a vos oreilles 9a se 

voit. . . 

DKHyikRES, a part. Ah bah ! 

Cravachon. Pour un mot, flamberge au vent ! 

Dervieres. Mais... {Apart.) D'ou sait-iH 
30 Cravachon. Voyons, combien avez- vous eu de duels? contez- 
moi 9a ; je suis un vieux loup, moi. 

DERVi:feRES, d part. C'est un piege. {Hunt.) Moi, mon 
sieur, je ne me suis jamais battu. 



LE MAJOR C'RAVAfHOX. 277 

Chavachox, hrusquement. Ce n'est, pas vrai. 

DERVii^RES, avec vivacite. Monsieur . . . 

Cravachon. Ah ! vous voyez bien que vous vous etes 
battu ! 

Dervieres, a part. Quelle faute ! {Haul.) J'ai bien eu 5 
quelques petites altercations. . . 

Cravachon. A la bonne heure ! 

jyEnyitB.'ES,, froidement, Mais j'ai toujours arrange I'affaire. 

Cravachon. Hein 1 

Dervieres. Le duel est un prejuge barbare!... Avez-io 
vous lu Jean-Jacques, monsieur?. . . 

Cravachon, Jierement. Je n'ai lu ni Fun ni I'autre, 
monsieur. 

Dervi^cres, avec nne feinte exaltatiott. Quel dommage ! 
vous auriez vu fle'trie, dans ces pages immortelles, cette 15 
coutume a jamais sanglante ; vous auriez vu. . . 

Cravachon. Est-ce que vous avez 4t6 cure, monsieur 1 Ah 
ca ! vous qui parlez, si on vous insultait ? 

Dervieres, apres un mouvement repriinS. Je m^priserais 
I'insulte, monsieur. 20 

Cravachon, d part. C'est ce que nous allons voir. 

DERVlfeRBS. Mais ce n'est la pour nous qu'un simple sujet 
de conversation ... et je crois que sur les points e.s.sentiels, 
nous sommes a peu pres d'accord. 

Cravachon. D'accord ! d'accord ! comme vous y allez, 25 
vous . . . mais, je ne vous connais pas. 

Dervieres. II me semble pourtant vous avoir dt)nne ties 
details assez precis . . . 

Cravachon. Et qui vous dit que je les crois, vos details 1 

Dervieres. Comment t (Se cahnant tout a coujk) Je 30 
pense pourtant que vous ne doutez pas de ma loyaute ! 



278 LE MAJOR CRAVACHON. 

Cravachon. Votre loyaut^, votre loyaut^ . . . c'est un mot 
qu'on trouve tous les jours dans la bouche des. . . 

Dervieres, vivement. Assez, monsieur. 

Cravachon, a part. Tres bien. 
6 Amblie, a ixirt. II I'insulte, a present. 

Dervieres, apart. Qu'allais-je faire ! {Haut, avec beau- 
coup de calnie.) Mais a quoi bon nous emporter. . . Je suis 
persuade, monsieur, que vous n'avez pas eu I'intention de 
m'oifenser. . . 
10 Cravachon, a part, avec un geste de didain. Incurable ! 

Dervieres. Et j'esptre que ce mariage. . . 

Cravachon. Vous ! epouser la fille du major Cravachon. . . 
j'aimerais mieux la marier. . .a un bossu. 

Amelie, d, part. Jolie conclusion ! 
15 Dervieres. Mais . . . 

Cravachon. Voulez-vous me laisser tranquille ! . . . Je ne 
vous dcoute plus. {II appielle.) Antonin ! Antonin!... {A 
part.) Maintenant, il s'agit de voir I'autre. 

Antonin, entrant. Voila ! 
20 Cravachon. Des que la personne qui t'a remis cette lettre 
sera venue, tu I'introduiras dans mon cabinet. {A Dervieres 
en lui tendant la main.) Je peux vous dire une chose. . .c'est 
que vous ne serez jamais mon geiidre. (Goguenard.) Servi- 
teur, monsieur, serviteur. {Prts de sortir.) Ah ! pouah! 
25 Jl sort par la premiere parte d gauche. 



LE MAJOR CRAVACHON. 27i) 



sci:NE XI. 

DERVlfeRES, ANTONIN, AM^ILIE. 

Dervi4;res. Je n'y comprends rien. . . Je reve sans doute. 

Antonin, d la porte de droite, appelant Amelie. He ! mon- 
sieur ! lieutenant ! 5 

Amelie, sortant. A mon tour maintenant ; s'il croit que je 
vais me laisser comme I'autre. . .ah ! mais non ! mon uniforrae 
me le defend. 

Antonin. Le major vous attend dans son cabinet. 

Amelie, traversant le theatre. C'est bien. 10 

DEiivifcRES, Vapercevant. Un officier ! D'ou sort-ill. . . 
11 passe d droite et echange un salut avec Amelie. 

AmjiILIE. Pauvre jeune homnie ! il me fait de la peine ! 
Elle eatre par hi premiere po7'te d gauche. 



280 LE MAJOR CRAVACHON. 



SCENE XII. 

ANTONIN, DERVIERES. 

DERVifeRES, d Antonin. Quel est cet officier? 
Antonin. Cet officiei" ? c'est un militaire . . . Pour vous 
5 achever I'histoire de mon oncle . . . 

DERVii;RES. Laisse la ton oucle, et dis-moi. . . 
Antonin', 'ponrsiiivant son idee. Le veterinaire a pretendu 
que c'etait le serein qui lui etait tombe. . . 
Dervi^res, a part. Maudit homme ! 
10 Antonin. Sur les oreilles. . . Faut se mefier du serein ! 
Dkrvi^res, le prenant mi collet. Mais cet officier... cet 
officier . . . dis-moi done . . . 

Antonin. Eh bien ! quoi ? un hussard qui vient pour 
^pouser mademoiselle . . . {Kejjrenant. ) Pour lors, quand mon 
15 oncle a vu . . . 

DERVii:RES. Comment. . .es-tu surl 

Antonin. Puisque monsieur le demande dans son cabinet 
. . . Pour lors . . . 

Dervi^res, se 'promenant avec agitation. Mais en ce cas, 
20 on s'est joue' de moi ! Ah ! je me vengerai, oui, je me vengerai! 
Antonin. Pour vous achevei- I'histoire de mon oncle . . . 
Demvieres. Eh bien ! que fais-tu la 1 Va-t'en done, 
imbecile ! 

Antonin. Merci, monsieur. {A jmi't.) Decidement ce 
25 n'est pas le moment de lui conter I'histoire de . . . 9a se retrou- 
vera. (Haui.) Monsieur, 9a se retrouvera. 

Dervi^ires. Eh ! va done te promener, animal ! (An- 



LE MAJOR CRAVACHON. 281 

tnnin sort.) Pendant que je m'etudiais la a flatter ce vieux 
raaniaque . . . il y avait ici un auti'e tout pret qui ^coutait sans 
(loute, et qui a ete temoin de. . .et un militaire encore ! Oh ! 
ce que j'ai ete insulte, meprise, conspu^ !. . . et je n'ai rien dit ! 
j'ai fait de la philosophie avec ce traineur de sabre, quand 5 
i'aurais du le... IVToi qui me suis battu vingt fois sans 
motifs ; il n'y a pas quinze jours encore, pour un caranibolage 
. . .on me le contestait. . .et, maintenant qu'on m'insulte. . . 
Oh ! ce n'est pas fini. . .je vais trouver le major, il est encore 
d'age k tenir une ^pee et. . .quant h sa fille, j'y renonce. . lo 
c'est dommage pourtant . . . Ah ! au diable le sentiment ! nous 
allons voir. . .je redeviens moi, je me retrouve, je me recon- 
nais . . .(|u"on me reprenne a faire le moraliste, vingt-cinq 
millions de tonnerres I Ali ! 9a fait du bien de jurer. . . 

II fraiipe da pied. 15 



282 LE MAJOR CPvAVACHON. 



SCENE XIII. 
OLYMPE, DERVIERES. 

Olympk, entrant. Ali 1 inoii Dieu ! 

Dkrvieres, a ])art. L,i petite... je crois qu'elle m'a en- 
f. teudu. 

Olympr. Eh bien ! uiousieur, c'estjoli... Qu'est-ce que 
vous faites done la 1 

DERVii;RES, eniharrasse. Moi I. . .je. . .je. . . je m'epanchaisi 

Olympe. lis sont gracieiix vos epanchemeiits . .. Avez- 
10 vous vu mon pere % 

Dervieres. Je I'ai tellement vu, que je le cherche pour me 
couper la gorge avec lui ! 

Olympe. Comment, avec mon pere ? 

Dervieres. N'essayez pas de m'arreter ... c'est impossible 
15 . . . Voyez-vous, il m'a insulte, il m'a outrage ! 

Olympe. Lui ! 

DKRViiiRES. Lui-meme ! aussi, adieu. . . J'en suis fache pour 
vous, qui etes bien bonne, bien douce, mais . . . 

Fausse sortie. 
20 OhY^lVF., pleurant. Je le vois bien...vois ne voulez plus 
niepouser. . . 

DERVii:RES, revenant. Moi !. . . c'est-a-dire . . . (^4 part.) 
Est-elle gentille, cette enfant ! {Ihiut.) Au eontraire, je 
veux bien vous epouser . . mais . . . apres. 
25 Olympe. C'est 9a, quand vous aurez tue mon pere. 

DERVii:RES. Mais non . . soyez done tranquille. . .on ne 
sait pas. . c'est peut-etre lui qui me tuera. 



LK MAJOR rriAVACHON. 283 

Olympe, pleurant. Alors, ce sera encore plus difficile. 

DERViiiRES. C'est juste. . .je ne sais plus ce que je dis. . . 
Comment faire ? 

Olympe. Moi qui vous croyais si doux. si paisible... 
Tenez, je vois bien que vous m'avez trompee . . . et que votre 5 
caractfere . . . 

Dervi^res. Justement, c'est que je n'y suis pas, dans nion 
caractere, j'en suis sorti ! . . . 

Olympe. Alors, rentrez-y, monsieur, rentrez-y. 

Dervi^res. C'est bien ce que je demande. lo 

Bncit dans fa chamhre d, droits. 

Olympe. Ciel ! j'entends la voix de mon pere. 

Dervieres. Ah ! grace au ciel ! 

Olympe. Qu'allez-vous faire 1 

Dervieres. Je vous en prie, laissez-nous. 16 

Olympe. Je vous devine. . .je reste ! 

DERViicRES. Je I'entends ! . . . je ne reponds plus de moi ! 

Olympe, ejfrayee. Vite ! cachez-vous ! 

DERViiiRES. Moi, le fuir ! 

Olympe. Ah ! je vous en suppiie. . .dans I'dtat d'exaspera- 20 
tion ou vous etes . . . 

Dervieres. Je n'ai plus rien a manager... il m 'a refuse 
votre main . . . il I'avait peut-etre accordee d'avance a cet 
officier de hussards. 

Olympe, d 'part. Amelie. [Haul.) Le hussard, male je -2:. 
n'en veux pas. 

DERVi:feRES. II serait possible I 

Olympe. A une condition . . . partez. 

Dervieres. Et vous m'aimerez ? 

Olympe. Oui, oui, depechez-voua ! »o 



284 LE MAJOR CRAVACHON. 

Dervieres. Et vous m'epouserez 1 
Olympe. Je ferai mon possible, allez, allez. 
Dervieres. Mais oiil. . .ah ! cette chambre. . . 

U se dirige cL ga^iche, deuxieme plan. 
Olympe. La mienne, non, non. 
Dervieres, allant d droite. Celle-la^ 

Olympk, a part. La chambre d'Amelie ! {Haut.) Mon- 
sieur ! 

Dervi^ires, entrant. Voyez ce que je fais pour vous ! 



LE AIAJOU CKAVACHON. 285 



SCENE XIV. 
CRAVACHON, AMELIE, OLYMPE. 

Olympe, voyant entrer Anielie a gauche. Ah ! Dieu soit 
loue ! 

Cravachon. Allons, allons, jeune homme, du calme. 5 

Amelir. Je ne veux rien entendre ! 

Cravachon. Mais. . . 

Am^lie, yra/:)/*rt?i^ du pied. Tete-bleue ! 

Cravachon. Puisque je vous dis que c'est une ruse. . . 

Am^lie. Je n'aime pas les ruses. 10 

Cravachon. Une plaisanterie. 

Amelie. J'abhorre les plaisanteries . . .vous m'avez insult^! 

Olympe, d ^;)ar^. Comment ! elle aussi ! 

Amelie. Ca ne se passera pas comme c^'a, mille ])ombes ! 

Cravachon. A la fin, voila un homme. {Ilant, avec effu-u 
sion.) Mon ami, je vous dois une reparation. . . 

Olympe, a part. Encore un duel ! 

Cravachon. Touchez la : vous etes mon gendre. 

Olympe. Hein ? 

Amelie. Vrai^. . . Eh bien, j'accepte !. . 20 

Olympe, apart. Par exemple !. . . {II a id.) Mais, papa. . . 

Cravachon. Te voila. . . Avanceici. . . {II la praid. par 
la main et he presente a Amelie avec ce're'niniiie.) Monsieur, 
voila ma fille. ..c'est jeune, c'est timide, ne faites pas atten- 
tion a elle. . . {A O'l/ni/x.) Voici I'epoux que je t'ai choisi25 
. . .il reunit toutes les qualites. . . 

Olympe. Pourtant, papa . . . 



286 LE MAJOR CRAVACHON. 

Cravachon. Pas d'observations . . .je connais monsieur, je 
I'ai ^tvidi^ je I'ai ^prouve. . . 

Olympe. Si vous vous trompez. . . 
Cravachon. Je ne me trompe jamais. 
6 Olympe, d part. La ! laissez done faire les grands parents ! 
Am^lie, cl part. J'ai une envie de rire ! . . . 

Elle remonte la scene, en se donnant un air decide. 
Cravachon, a Olympe. Regarde done quel air decide ! 
quelle tournure martiale ! . . .c'est un heros que je t'ai donne 
10 la, ma fille. . .et un jour. . .qui saif? il deviendra peut-etre 
mardchal. 

Olympe. Oui, papa. 

Cravachon. Et toi on t'appellera madame la mardchale. 
Olympe. Oui, papa. 
16 Cravachon, d Amdlie. Alors, vous avez vu le feu? 
Am^lie. Si j'ai vu le feu ! j'en ai vu plus d'un. 
Cravachon. Ah ! bah I 

Air Connu. 

AmeliE. Oui, inon vieux, 

20 Courageux, 

En tout lieu, 
J'ai vu, par mes yeux, 
Un peu tous les feux. 
De retour, 
25 En ce jour, 

Je viens jjour 
Connaitre a son tour, 
Celui de I'amour. 
J'ai vu le feu du canon, 
30 Feu de peloton, 

Feu de bataillon, 
Feu de bastion, 
Le feu du bivouac, 
Le feu du tillac. 
^ Heme celui . . . du cognac. 



LE MAJOR CKAVACHON. 287 

Si je vous disais que le gouveniement a eu trois chevaux tii^s 
sous moi, monsieur. 

Cravachon. Et si je vous disais, moi, que j'en ai maiig^, 
monsieur ! 

Amelie. De quoi, monsieur ! 6 

Cravachon. Du cheval, monsieur, et vous 1 

Am]^lie. Moi, 

Mon vieux, etc. 

Cravachon, enthousiaame. Ah ! vous serez mon gendre ! 
vous serez mon gendre ! lo 

Olympe, d part. Elle va tant faire, qu'elle va faire ren- 
voyer I'autre. 

Cravachon. Je vais ecrire au notaire. 

AmiSlie. a la bonne heure!. . .j'aime qu'on mene les choses 
rondement. is 

Cravachon. Et quant a cette permission que vous mavez 
demandt^e pour voir le capitaine Doffin, je vais vous la donner. 

II va (i la table d dro,te. 

Amelie, a part. Ah ! enfin ! 

Cravachon, ecrivant. Demain, a dix heures, les portes 20 
vous seront ouvertes. 

Amelie. Merci, major. 

Olympe, has d Amelie. Tu n'y penses pas ... II y a ici un 
autre pretendu auquel tu nuis ! 

Amelie, has. Ah ! bah ! tu Taimes 1 26 

Olympe^ has. Dame ! tu ne peux pas le remplacer. 

Amelie, d part. . A-t-elle peur ! 

Elle indique par sigiies d Olytnpe qu'elle va idcher d'arraayir 
cela. 

Cravachon, prhentant nn papier d Amelie. La voila. la so 
chose. . . (^Amelie prend le papier) et ce soir, le cuntrat, 



288 LE MAJOR CRAVACHON. 

Am^lie et Olympe, a part. Ce soir. 

Amelie. Major, je suis on. ne jjeut plus flatt^ de votre 

alliance, mais je n'ai pu encore m'expliquer avec mademoiselle, 

et j 'ignore si son cceur . . . 

5 Cravachon. Laissez done ! elle vous adorera . . . un horame 

qui a eu trois chevaux tues sous le gouvernement. {A sajille.) 

, N'est-ce pas que tu . . . 

Olympe. Mais non, papa. 

Cravachon, has, a Olympe. Yeux-tu te taire ! . . . {Haul, a 
'i-O Amelie.) Et puis, vous me plaisez, 9a suffit. . . Vous avez de 
9a. . .c'est tout dire. . . Au moins, vous, vous suurez proteger 
votre femme ; et si une figure lui dephiit dans la rue, elle n'a 
qu'un mot a dire . . . vous mettez le particulier a I'infirmerie, 
vous . . . et vous croyez que 9a ne flatte pas une demoiselle. 
15 Amelie. Cependant. . . 

Cravachon. Je vous dis que vous etes mon homme et 
qu'elle vous cherira. . . Quant a moi, je suis si heureux de 
vous avoir pour gendre, que si vous n'epousez pas ma fille, je 
me bats avec vous . . . voyez . . . 



LE MAJOR CKAVACHON. 289 



SCENE XV. 

OLYMPE, CKAVACHON, AMELIE, DERVIERES, i^wis ANTONIN. 

Dervieres, d Amelie. Et si vous I'epousez, moi, je vous 
tue ! voyez ! 

Amelie, d part. Allons, bon ! a I'autre maintenant ! s 

Ckavachon, a 'part. Le poltron ! d'ou sort-il ? 

DERVii;Riis. Decidez-vous bien vite. . .je veux en finir. 

Olympe. Uii duel ! iiiais c'est impossible. 

Cbavaciion, d Olytnpe. Le hussard va liii appliquer son 
affaire. lo 

Dervieres, d Amelie. J'attends votre reponse. 

Cravachon, d Amelie, en faisant le geste de donner un 
soujflet. Comment, vous ne repondez pas ! . . . 

Amelie. Si. . .si. . . Eh bien ! monsieur, c'est tres bien ! 
{Risolument.) Nous nous battrons ! Cinq minutes, et je suis 15 
a vous ! Major, ce jeune homme m'appartient, vous m'en 
repondez. 

Cravachon. Bravo ! 

CHCEUR. 
Air: <le la Prova. 20 

Amelie et Dervieres. 

Pour laver cet outrage, 

Je reviens 

v> a 1 'instant. 

Kevenez 

Craignez tout de ma rage, 25 

Car il nie faut du sang ! 



Cravachon. 



Coinuie il ressent I'outrage ! 

Son rival u'est pas blanc ! 

Pour apaiser sa rage, » oq 

II hii faudra du sang ! 



290 le major cravachon. 

Oltmpi. 

Pourquoi tout ce tapage ? 
On peut heureusement, 
Apaiaer tant de rage, 
5 Sans r^pandre le sang. 

A melie sort, Derineres reste un instaiit au fond, comme pour 
acGompagner Amelie de ses menaces. 

Olympe, revenant d Cravachon. Allez, papa, c'est aflFreux, 

toujours des querelles, des affaires d'honneur ; mais, cette fois 

10 ce duel ne s'accomplira pas, car, puisqu'il faut vous le dire, 

depuis ce matin vous guerroyez avec une femme, une de mes 

camarades de pension, ma meilleure amie. 

Elle sort. 



LE MAJOR CRAVACHON. 291 



SCENE XVI. 

Cravachon, d part. Une femme . . . comment . . . (Exct- 
minant Dervieres.) il se pourrait. . .au fait, cette poltronnerie 
n'etait pas naturelle, et j'aurais du me douter. . . (II s'ap- 
proche de Dervieres en riant.) Eh ! eh ! eh ! 5 

DERVii;RKS. La drdle de figure ! 

Cravachon, mignardement. Eh bien ! nous voulons nous 
battre . . . avec ces petites menottes-la ! . . . et les petits petons 
que voici? 

DERVii;RES, d 2)art. Qu'est-ce qui lui prend 1 10 

Cravachon. Ah ! vous croyez qu'on a les yeux dans sa 
gibernel {Lui frapjiant doucement sur lajoue.) petit lutin ! 

Dervieres, avec emportement. Ces plaisanteries . . . Si je 
ne respectais votre age. . . 

Cravachon, a jiart. Comment ! elle me cherche querelle, 4 15 
present? Ah 9a ! mais, ce n'est done pas. . . [Hani.) Vous 
etes done brave, vous?. . . 

DERv:i:RES. Je ne crains personne. 

Cravachon. Vous vous etes done deja battu ? 

Dervieres. Vingt fois ! 20 

Cravachon. Je n'y .suis plus . . . {Ilaut.) Ovi 9a? 

DERVii;Ri'S. Partout!. . . Derni^rement encore, a Paris, k 
onze heures du soir, entre deux fiacres. 

Cravachon, faisant un bond en arriere. Entre deux 
fiacres ! . . . vous avez dit : entre deux fiacres ! Chantez ! ou 26 
plut6t non, non, ne chantez pas ! 

Dervieres. C'est 9a ! cnuiment savez-vous? .. 



292 LE MAJOR CRAVACHON. 

Cravachox. C'etait moi, moii ami ! c'etait moi ! 

Dervi^res, d part. Liii ! . . . je suis perdu ! 

Cravachon. Enfin je vous retrouve . . . Embrassez-moi 
done . . . puisque je vous dis que c'e-tait moi ! . . . 
5 Dervikres. Vraiment ! Monsieur je suis desole ! . . . j'es- 
pere du moins que vous etes entierenient gueri 1 

Cravachox. Du tout ! 9a me fait encore mal ! et c'est ce 

qui en fait le charme . . . Une egratignure, je I'aurais oubliee 

tout de suite avec son auteur, niais a'ous, ce n'est plus 9a, 

10 aussi : 

Air : Comiaissez- vous le grand Eugene. 

Je vous aimais sans vous connaitre ! 
Enfin, Dieu merci, vous voila ! 
Vous vous etiez niontre mon maitre, 
16 Votre souvenir etait la ; 

II ^tait grave lii, 

II raontre son coeur. 
Puis la. 

II viontre son epaule. 

20 Vraiment la circonstance est dr61e, 

Quand vous m'avez portt5 ce coup vainqueur 
Vous n'en vouliez qu'a mon Epaule, 
Et vous m'avez touch^ le coeur. 

Ah 9a ! vous dinez avec nous, n'est-ce pas 1 Voyons, veux-tu 
25 prendre quelque chose ? 

Dkrvi^res. Merci, mille fois. (A part.) Quel homme 
singulier ! (Haut.) Je n'ose plus maintenant me presenter 
devant mademoiselle votre tille. 

Cravachox. Ma fille . . . mais, au contraire, plus que jamais, 
80 puisque le hussard. .. Je suis fixe sur le hussard. {Appe- 
lant.) Antonin ! 

Antonin, entrant. Monsieur. . . 
CuAVACHON. Oil est-elle ? 
Antonin. Qui 9a ? 



LK MAJOH CKAVACHON. 293 

Cravachon. Le lieutenant ! 

DERVii;RES, a j>art. Le lieutenant. 

Antonin. II moiite Tescalier. . . Je ne sais pas ce qu'il a, 
mais il est d'une joie. . . 

Cravachon, Ci part. Eh Ijien ! a la bonne heure ! nouss 
aliens rire. 



294 LE MAJOR CRAVACHON. 



SCENE XVII. 

CRAVACHON, AM6LIE,DERVIERES,j9MisOLYMPEe<ANTONIN. 

Am^lie, d Dervihres. Eh bien ! petit, sommes-nous pret? 
DERVit:RES. Je suis a vos ordres, monsieur. 
5 Cravachox, goguenard. Ah <^a ! nous allons done nous 
massacrer, nous tailler en pieces 1 
DERVii:RF.s. Les temoins ] 

Amelie. Je viens de prevenir le mien, et dans un instant. 
Ckavachov. Oh ! sans le connaitre, j'ai mieux que cela a 
lolui offrir. . .un gaillard solide qui, une fois sur le terrain. . . 
{II appelle. ) Olympe ! Olympe ! 

// monte la schie. 

Amelie, d Dervih-es. Monsieur, entre deux rivaux on se 
doit de la franchise. . .me voila pret a vous donner toute satis- 
15 faction. . . Mais avant tout, j'ai un aveu a vous faire. . . 
{A Cravachon qui s'est approche.) Pardon. . . {A Dervih-es.) 
Apprenez que depuis longtemps, (Arec fatuite.) je suis au 
mieux avec mademoiselle Olympe. . .depuis longtemps je porte 
a ce doigt le gage d'une affection. . . 
20 Dervi^res. Monsieur ! c'est une infame calomnie, et tout 
votre sang . . . 

Cravachon et Olympe, qui entre. Qu'y a-t-il done, mes- 
■ sieurs '\ 

Dervi^res. Votre temoin 1 
25 Amelie. Le capitaine Doffin. 

Cravachon. Le prisonnier ! . . .impossible ! 
Amelie. Silence dans les rangs ! . . . et lisez. 

Elle lui pre'sente un papier. 



LE MAJOR CRAVACIION. 295 

Cravachon. Que vf)is-je?... " Ordre de mettre en 
liberte le capitaine Doffin, recoruiu innocent." Le capitaine ! 

Dekvieres. C'est encore un nouveau pr^texte. . . Finis- 
sons ! 

Amelie. Je ne me bats jamais sans son consentement. 6 

Cravachon. Et pourquoi 9a ? 

Amelik. Parce que. . . 

Cravachon et DERVii!;RES. Parce que. . . 

Amiiilie. Parce que . . . c'est mon mari. 

Deuvieres. Son mari ! 10 

Cravachon. Comment, vous seriez . . . 

Olympe. Madame Amelie Doflfin, une de mes bonnes 
amies. Tu n'aurais pas devin^ celui-la, toi qui as vu le 
monde ! 

Amelie. Et mange du cheval ! 15 

Cravachon. Ah! vieux quinze-vingts . . . Si je m'appelais 
Napoleon, je donnerais des lunettes a la garde imperiale. 

Dervij^res, d Amelie. Ah ! madame, que d'excuses ! 

Cravachon. Oui ! je comprends. .vous vouliez voir votre 
mari a tout force, et. . . {A Olympe.) Elle est tres espiegle, 20 
ton amie, tres espiegle. 

Cravachon, prenant Dervieres, a part. Ah 9a ! dites-moi 
done, mon cher . . il y a une chose qui m'intrigue depuis long- 
temps . . . Quel diable de coup m'avez-vous done porte 1 

DERViiiRES, de meme. Oh ! certes, un coup bien simple ... 25 
un coup de seconde. 

Cravachon, c?e meme. Ah! que c'est bete! j'aurais dii parer 
cercle. (Aveo solennite, haut.) Ma fille, voici I'epoux que je 
vous ai choisi. 

Olympe, a part. Ah ! enfin. 30 

Cravachon, Et j'espere cette fois avoir eu la main lieureuse. 



29G LE MAJOR CRAVACHON. 

Antonin, a Dervieres. Pour vous achever Thistoire de mon 
oncle . . . vous savez bien qu'il avait perdu I'ouie. 

Dervieres, avec complaisance. Eh bien? 

Aktonin. Eh bien ! il ne I'a pas retrouvee. 
5 Chavachon, d Dervieres. Dites done, Dervieres, si vous etiez 
bien gentil, vous me feriez repeter ce coup-la, hein ? Avant la 
nuit, nous avons bien le temps de faire un petit assaut. 

Dervieres. Avec plaisir.* 

Antonin remet d Cravachon sesjleurets: celui-ci en donne un 
10 d Dervieres, et se met en garde. En ce tnotnent, Olympe, qui a 
cause has avec A melie, se retourne. 

Olympe. Mais, que faites-vous done 1 

Cravachon. N.e t'inquiete pas, nous regions les clauses du 

contrat. 
15 Air final : ties Gants jaunes. 

II faut bien que je reconnaisse, 
Avant tout, son identite. . ., 
Le coup qu'il m'a deja porte ; 
II me doit cette indemnity. 
20 Au public. 

Soyez, messieurs, de cette affaire 
Les temoins desint^resses, 
Grace a votre concoui's, j'espere, 
Que nous n'aurons pas de blesses. 



Tous. 



Gi'ace a votre concours, etc. 



Am^lie, Olympe, Cravachon, Dervieres, Antonin. 



NOTES TO LE CODICILLE. 



Page 227, line 2.— jardinieres. 'Flower-stands.' 
Page 227, line II. — Une veuve du Malabar. An allusion to 
the Hindu custom of suttee, or voluntary sacrifice of a widow on the 
pyre {barker) of her husband, which the native inhabitants of Malabar, 
as part of India, once practised. 

Page 227, line 18.— coiffer la terrible sainte. Coiffer sainte 
Catherine, to remain unmarried, — from the practice in Continental 
churches of having maidens braid the tresses of the saints' images, and 
from the fact that the saint herself was a bride only of Christ. See 
Longfellow's Evangeline, 1. 713. 

Page 228, line lO. — BMV \es VSi\lg3.= en concurrence, — 'among 
the competitors.' 

Page 229, line 10.— les bonnes tetes!-. et les vilaines 
gens. ' AVhat silly fellows ! . . . what mean creatures ! ' 

Page 229, line 14. — paladin. 'Paladin,' — one of twelve peers of 
Charlemagne, paragons of knighthood. 

Page 229, line 20. — le parti. 'Match' (in marriage). 

Page 229, line 27. — SOUS-prefet. Government official administer- 
ing the affairs of an arro7idisseme.nt or county. 

Page 230, line 4. — Une saynete. 'A farce' (in Spanish drama). 

Page 231, line 7.— a VOtre barbe. 'Under your very eyes.' 

Page 231, line 7.— on recoit la botte about portant. lat., 
' You get the thrust point blank,' — ' the full strength of the thrust.' 

Page 231, line 9. — a COUp sur. ' For certain.' 

Page 231, line 9.— Un bon averti en vaut deux. Proverb, — 
* One is twice prepared who is warned in good time,' — ' Forewarned is 
forearmed. ' 

Page 231, line 15. — espalierS- 'Espaliers,' — trees extended on 
trellises or against walls. Des arhres en espalier, wall fruit-trees. 

Page 232, line 5. — moellons. 'Rubble-stones.' 

[297] 



298 LE CODICILLE. 

Page 282, line 6.— duchesses. ' Duchess pears. ' 

Page 233, line 8. — L'administration est 6vm.c6e. 'The 

Government (official) is turned out.' 

Page 283, line 9. — B flnita la COmmedia ! Ital., 'The play is 
over.' 

Page 233, line 12. — changement. 'Exchange,' similar appoint- 
ment elsewhere. 

Page 234, line 16. — declarations de musicien. ' Professions 
of love as a musician.' 

Page 235, line 8. — pour le coup. 'For once,' — 'this time.' 

Page 235, line 29.— en fait de liens. 'In matter of— as to — ties.' 

Page 236, line 3.— chance. 'Luck.' 

Page 230, line 12. — PaiteS-moi grace de. 'Spare me.' 

Page 236, line 16. — s'ench.evetrent. 'Mix up,' 'are entangled.' 

Page 236, line 21. — mitoyennete. 'Party property.' 

Page 237, Hue 2. - bourriche. ' Basket' (for game). 

Page 237, line 26.— il n'y fallait plus compter. 'It could no 
longer be counted on — thought of. ' 

Page 238, line 26. — Par exemple. ' But indeed ! ' 

Page 238, line 29.— ne laisse pas de me troubler. ' Troubles 

me for all that — nevertheless.' 

Page 239, line 14. — interimaire. 'Someone for the interim,' 
temporary occupant of an office. 

Page 239, line 23. — c'est affaire au tabellion. Tahelllon, vil- 
lage notary, — 'That is lawyers' business.' 

Page 240, line 19. — me targuer. 'To boast.' 

Page 241, line 5.— houspiller. 'Worry.' 

Page 242, line 13. — garantis • -bon teint. 'Warranted not to 

fade.' 

Page 242, line 29. — expres. 'Messenger.' 

Page 243, line 26.— de bonne guerre. 'Fairjilay.' 

Page 243, line 27— instruction. 'Examination' (preliminary to 
trial). 

Page 244, line 13.— interrogatoire. 'Examination.' 



NOTES. 299 

Page 244, line 17.— juges d'instruction. Judges in charge of 
the examination of the accused and the witnesses preliminary to the 
real trial. 

Page 245, line 9.— pensez si je. . . 'Why of course I '. . . 

Page 245, line 23.— un peu beaucoup. ' Rather much. ' 

Page 246, line 14. Cuirass^, bard4, blinds. * With cuirass, 
bard (defensive armour of a horse), and blind (shutter of a port-hole).' 

Page 247, line 6. — me VOila fixee. £!tre Jixd=n\ivoir 2>fus 
aucuti doufe, — ' Now, I am certain,' — ' I know what to think.' 

Page 247, line IG.— mettez- • .les points SUr les i. Proverbial, 
— ' Go into the minutest details,' — ' spell it out for me.' 

Page 249, line 4. — Dame, 'Heavens!' 

Page 249, line 6. — par devant. Technical, — 'in the presence of — 
'before.' 



NOTES TO LE MAJOR CRAVACHON. 



Page 252, line 7.— role travesti. A role in which the actor is 

disguised. 

Page 252, line 10. — Saumur, Town in the department of Maine- 
et- Loire ; its chateau has become an arsenal. 

Page 253, line 10. — etude. 'Office' (of an attorney, etc.). 

Page 254, line 4.— salamalecs. ' Bowings and scrapings.' The 
word is used jestingly of Ioav Ijows. 

Page 255, line 19. — theatre Feydeau. Theatre of the Opera 
Comique, after 1797, in the rue Feydeau, Paris. 

Page 255, line 22,— EUeviou. Jeau Elleviou (1769-1842), the most 
famous singer of his day. 

Page 256, line 4.— Martin. Jean Blaise Martin (1768-1837) 
shared the glory of the Opera Comique with Elleviou. 

Page 257, line 7.— en quarte. en tierce. The fourth of the 

series of passes and parries in fencing is called quarte, 'quart,' when the 
thrust is made, with nails upwards, at the upper breast ; the third, or 
' tierce, ' is made, with knuckles up, at the same point. 

Page 257, line 18. — mazettes. 'Milksop.' 

Page 257, line 18. — p^kins. Contemptuous term, in the slang of 
Napoleon's soldiers, for a civilian. 

Page 257, line 22.^invalide. Soldier disabled from active service. 

Page 257, line 25. — Marengo. Battle won by the French in Italy 
under Bonaparte, against the Austrians, 1800. 

Page 260, line 17.— Fausse sortie. ' Goes to go out.' 

Page 271, line 32.— jouer au boston. 'Play boston' (a game 
of cards invented at Boston, played like whist, but with 'bidding for 
trump ' as in pedro). 

Page 273, line 15.— jouer au volant. 'Play at battledore and 
shuttlecock. ' 

[300] 



NOTKS. 301 

Page 276, line 10.— logOgriphe. ' Logogriph,' riddle made by- 
confused mingling of parts. 

Page 276, line 28. — flamberge au vent. Flamherge, sword, 
rapier. Mettre flamJirrge. an vent, to dr;iw sword. 

Page 277, line 11. — Jean- Jacques. Jean Jacques Rousseau 
(1712-1778), the Swiss-French philosopher, author of I^^ew Hdoine, 
Emilc, etc. 

Page 280, line 8.— serein. ' Night-dew.' 

Page 281, line 7— carambolcXge. 'Carambole' (carom), in 
billiards, — making one's own ball striku the two others with one stroke. 

Page 282, line 11.— pour me couper la gorge. 'Fight a 
duel with me.' 

Page 285, line U.—mille bombes. Familiar adjuration; pf. 
mille tonnerrts ! 

Page 292, line ll.— le grand Eugene, Prince Eugene of 
Savoie-Cariguan, the great general (1(5(53-1736). 



VOCABULARY. 



LIST OF ABBREVIATIONS REQUIRIITG 
EXPLANATION. 



adj adjective. 

adv adverb. 

Ar., Arab. . . Arabia 

A.S Anglo-Saxon. 

Celt Celtic. 

colloq colloquial. 

cond. conditional mood, 

conj conjunction. 

del. art. .... definite article. 

dem. demonstrative. 

dert derivation uncertain. 

E^. English. 

f, or fern. . . . feminine. 

fam. familiar. 

fut. future. 

OaeL Gaelia 

Ger. Gei-man. 

Gk. Greek. 

Goth. Gothia 

Heb. Hebrew. 

•h. h aspirate. 

imp imperfect. 

imper. imperative. 

ind. indicative mood. 

interj interjection. 

fntr. intransitive, 

Irr. irregular. 

It. Italian. 



L Lat^n. 

L.* Latin not classical. 

m. or masc. masculine. 

M. H. G. . .. Middle High German. 

Neth Netherlandish. 

O. F Old French. 

O. H. G Old High German. 

p., part participle. 

Pers Persian. 

plu plural. 

posa. possessive. 

prep. preposition. 

prea present tense. 

pret. def preterite definite tense. 

pron pronoun. 

Prov Provengal. 

rel. pro relative pronoun. 

Scand Scandinavian 

8. f substantive feminine. 

sing........ singular. 

B. m. substantive masculine. 

Sp Spanish. 

subj subjunctive. 

Teut. Teutonia 

tr. transitive. 

V. a. verb active. 

V. n verb neuter. 

T. r. verb reflexive. 



VOCABULARY. 



a, pres. indio. 8. sing, of avoir'; U y a, 
there is, there are ■ il y a six mois, fix 
months ago. 

it, prep. [L. ad] at, to, in, for, of, from, 
on, by, into. (For phrases with d, as in d 
fa hdte, etc. ; see h&te, etc.) 

abandon, s. m. [a+0. F. bandon, 
' liberty ' (O. H. G. ban)], freedom, neglect, 
forsaking, abandonment, desertion, desti- 
tution. 

abandonn6, e. l. adj. [past part, of 
abandonner], abandoned, forsaken, ^ven 
over ; deep, untroubled (of sleep). 

2. 8. waif, orphan, outcast, castaway. 

abandonner, v. tr. [abandon], to 
forsake, abandon, give over, desert, leave. 

abasourdlr, v. tr. [L. €tb. + F. os- 
^ourdir], to stun, bewilder. 

abat-jour, a.m. [abattre, jour\, shade 
(for a lamp), plu. des abat-jour. 

abattre, v. tr. [i+battre], to fell, cut 
down, pull down; s'abattre, to fall, tumble 
down, break down, sink down. 

abeille, s. f. [L. apicula], bee. 

abborrer, v. tr. [L. abhorrere], to ab- 
hor. 

ablme, s. m. [L.* abyssimiu—h. abys- 
(US — Ok. a^vcro'ot], abyss, unfathomable 
depth, chasm. 

aboiement, •. ta. [aboyer], bark, 
barking. 

abominable, adj. [L. abominabilis, 
ai -f omen + abilis], abominable. 

abord, s.m. [aborder—d, 6ord(Neth.;], 
arrival, landing, touching, approach, ac- 
oeos ; d'abord, first, at first, at the outset ; 
au premie tUxtrd, at first sig^ht; tout 
4'atenl, at tb* outMt, at the veiy first, 



first of all, first and foremoat [D h never 
heard.] 

abordage, s m. [abord], landing : 
boarding ; shock, blow (of vessels falling 
foul of one another). 

aborder, v. tr. and intr. [abord] to 
approach, reach land, get ashore, land; 
s'aborder, to approach, meet, greet one 
another. 

aboutir, v. intr. [d -|- bout], to end, to 
come out at. 

aboyer, v. intr. [L. ad -(- L.* baubarC], 
to bark, bay. 

abri, s.m. [Prov. aiyric], shelter, cover, 
shade, screen ; 4tre a Vabri de, to be under 
shelter from ; se tnettre a Vabri, to take 
shelter, get under cover. 

abriter, v. tr. [abri], to shelter, shield, 
protect, screen, cover ; s'abriter, to take 
refuge, to shelter one's self. 

absence, s. f. [L. absentia], absence. 

absent, e, adj. [L. absentem], absent, 
out of the way. 

s'absenter, v. ref. [absent], to get 
away, to stay away, to be absent. 

absinthe, s. f. [L. absinthium], bit- 
ters, wormwood, absinthe (an intoxicating 
drink made from wormwood). 

absolu, 9, adj. [L. absolutum], ab- 
solute, complete, peremptory. 

absolument, adv. [absolu], ab- 
solutely, completely, entirely, utterly. 

absorb^, e, adj. [p. p. of absorber], 
absorbed, engrossed, taken up with, oo- 
cupied with. [Pronounce » sharp.] 

absorber, v. a. [L. absorbere], to ab- 
sorb, consume, engross, take up, entinly 
oooupy. 



VOCABULARY. 



abstention, ■. f. [L. abstenUonem], 
abstention, abstaining, refraining, tarry- 
ing, keeping away, delay. 

absurde, adj. [L absurdus], absurd, 
nonsensical, irrational, preposterous. 

abuser, v. tr. [atnis, from Ij. abusus], 
t« abuse, miause, take advantage of, de- 
lude, impose upon, misemploy, to use 
(unfairly); abxiser de, to take advantage 
of, make use of. 

Academie, s.f [L. aeademia], French 
academy ; see note 10, 15. 

accabler, v. tr. (O P.a + eaable, L.* 
eadabulum, Gr. Kara^oA^], to overwhelm, 
crush, dishearten. 

accalmie, s. f. [calme], lull. 

accent, s. m. [L. accentus], accent, 
stress, pronunciation, emphasis, voioe, 
tone. 

accentuer, v. tr. [L.* aecentuare, 
L. ace«ntns\, to accentuate, make more 
distinct, emphasize. 

accepter, v. a. [L. acceptare], to ac- 
cept, receive, bear, take. 

acces, s. m. [L. <i,ccessus\, aexsess, en- 
trance, approach, admittance ; attack, 
fit. 

accident, s. m. [L. aeeidentem], ac- 
cident. 

accommoder, v. a. [L. aecommo- 
dare], to adapt, accommodate, mend, 
Improve, adjust, suit, fix, trim, arrange. 

accompagnement, s. m. [accom- 
pagner], accompanying, attendance, ac- 
companiment. 

accompagner, v. a. [O.F. compiling 
— L. cum, panis\, to accompany, attend, 
wait on, go with. 

accompli, e, adj. [p.p. of accomplir], 
complete, accomplished, gone by, done, 
finished, 

accomplir, v. a. [L.* accomplere^ to 
accomplish, effect, complete, finish, fulfill, 
make good, realize: s'accomplir, to be 
»ccomplished, performed, fulfilled, real- 
Ued. 



accord, a. m. [ooaonbrl t^nwuMM. 
accord, bargain, oonventiim, contract, 
settlement, consent, concurrence ; iti\ 
d' accord, to agree, to be agreed ; d^accord 
granted, done ; d'vm eommun accord, by 
common consent. [D ia never heard In 
accord.] 

accorder, v. a. [L.* aecordare, from 
L. ad, cord{em), heart], to grant, tune, 
blend, reconcile, accord, vouohaafe ; ifa6- 
eorder, v. r. to agree, tally, be in tone. 

accoster, v. a. [L.* aecottare — L. ad, 
costa], to accost, come alongside, reaoh, 
approach. 

s'accoter, v. r. [A, cote — cotir — L. 
(per)cuteTe], to lean on anything, support 
one's self, prop one's self, lean agtunst a 
wall. 

s'accouder, y.r. (d, eoude], to lean 
on one's elbow. 

accout\im6, e. adj. [p. p. of aeeou- 
turner], usual, customary, acoustomod, 
used to. 

accoutumer, v. a. [d, cottfume], to 
accustom ; g'aecoutumer, to accustom 
one's self, become accustomed. 

aucrocher. v. a. [cro;— Nath. kr^k], 
to hang up or upon, hook, grapple, catch, 
run Into, run over, knuok over ; iaeero- 
eher, to (a,tch in, hang on, lay hold of. 

accroissement, » m. [accroUre}, in. 
crease, enlargement, growth. 

accroitre, v. a. irr. [L. acere»Mre\, 
(for conjugation see eroUr»)U> Increase, 
enlarge, amplify, augment; i^aeeroUn, to 
increase, grow. 

accrut, 3 8., pret. ind. of acercitre. 

s'accroupir, v. r. [d + ermipir - 
croitye^Norse kroppr], to sit down upon 
the heels, to squat, crouch. 

accueil, s. m. [accu«illir\, reception, 
welcome. 

accueillir, v. a. irr. [L. aceolligen\ 
(conjugated like eueiUir), to reoeira, 
make welcome, entertain. 

accvild, e, [p. p. of aeeuier\ •! bay, 



VOOABULAHY. 



I. Ais haunohes (of a dog), driven into a 
oijrner. 

acculer, v.a. [d, eul], to bring to bay, 
to push. 

accumuler, v. a. [L. aecumularf], 
to heap up, accumulate. 

accusateur, trice, s. and adj. [L. 
aeeitsatorem], acouser ; accusing. 

accuaer, v. a. [L. accusare], to ac- 
cuse, impeach, complain, own to, indi- 
cate, point out. 

acheter, r.a. [L.* adcaptare—h. ad, 
ea2jtare], to buy purchase. 

acneteiir, euse, b. [acheter], pur- 
chaser, buver. 

achev4, e. adj. [p. p. of aehever], 
finished, thorouifh, cumplete. 

aehever, t. ». [d chef, in sense of 
'end 'J, to finish, close, end, conclude, 
terminate. [Written achi.v- when followed 
by e mute.] 

acier, s. ra. [L.* acierium — L. aciM, 
a point], ste^l. 

acquerir, v.a. [L. aequirere], {acqui- 
rant, acquis, facquiers,j'acquis,j'acqv.er- 
rai, que f acqui se), to acquire, purchase, 
obtain, get, achieve, attain, gain. 

acQuiescer, v. n. [L. acquiescere], to 
acquiesce, agree, assent, yiuld, comply. 
[C becomes g before a and o.] 

SiCquisltlOCu s. f. 'L. aequititionem], 

acquisition, gcttirig, acquiring attaining, 
purchase. 

acquiotement, s. m. [acquitter], ac- 
quittal, release, discbarge. 

aoqtlltter, v. a. fL. ad — L.* quietare, 
to leave], to acquit ; g'acquitter, to dis- 
charge, perform, fulfil. 

acts, s.m. [L. actus], act, action, deed. 

actif, ve, adj [L. actimis], active, 
quick, nimble, brisk, agile, stirring, ener- 
getic. 

action, s.f. (L. aetioti,em], action, act, 
agency, operation. 

adieu, 1. adv. [d + Dieu], adieu, fare- 
well, Kood-bye. 



2. s.m. parting, leave: /aire set adieuae, 
to take one's leave. 

adjoint, s. m. [adjoindre], deputy (of 
the mayor), coadjutor, assistant ; fad- 
joint du maire, the deputy mayor. 

admettre, v. a. [L. admittere] (see 
mettle), to allow of, to admit. 

administratif, V8, iidj. [L. admin- 
istrativiis], administrative. 

administrer, [L. administrare], to 
supply, administrate, rule, dispense, 
adniinister, deal. 

admirable, adj. [L. admirahilis], 
admirable. 

admirablement, adv. [admirable], 
admirably, excellently. 

admiration, s. f. [L. admiratiimern], 
admiration, wonder. 

admirer, f. a.. [L. admirare], to ad- 
min-. 

admis, e, adj. [p.p. of admettre], ad- 
mitted. 

adoption, 3. f [L. adoptionem], adop- 
tion. 

adorer, v. a. [L. adorare], to adore, 
worship, lov'i passionately. 

s'adop.ser. v. r. [dos ~L. dossum], to 
Art iir !ca-i ore's back aga-r.st a thing; 
is'adoHser centre an mvr, to lean one's 
back agiiins' a wall. 

a.doucir, v a. [a, doux], to soften, 
mitigate, soothe. 

adresse, s.f. [adrc^si'.r], dexterity, 
skill, address, craft, direc'io:, destination. 

s'adresssr, v. rcf. [a-\- dresser], to be 
directed, address one's self, apply, make 
application. 

adroit, e, adj. [a-^-droit], dexterous, 
clever, skilful, handy. 

affaire, s. f. [a+faire], thing, affair, 
matter; a voir affaire d, to have to do with. 

affaire, e, adj. [affaire], full of busi- 
ness, busy. 

affame, e, 1. adj. [/oim], fannViied, 
hungry, starving. 
2. s. a starveling. 



VOCABULARY. 



aflfecter, r. a, (L. affeetare], to affect, 
assume, pretend, appropriate, destine. 

aflfection, s.f. [L. affectionein\, affec- 
tion, love, attachment, liking. 

affectueiix, se, adt. |L. a/fctuosus], 
affectionate, warm-hearted. 

aftermir, v. a. [L. affirmare], to 
strengthen, give strength to, make firm 
or strong, fasten, confirm, establish, fix 
firmly. 

aflflrmativement, adv. [afirmatif— 
L. affirmativus], affirmatively. 

aflaigeant, e, adj. [affl.iger,—L. affii- 
gere], afBicting, distressing, grievous, 
woful, distressful. 

a£fol6, e, adj. [a, fou], crazy, mad, 
wild, out of one's wits. 

afEtanchissement, s. m. [affranchir 
— d, franc\, enfranchisement, discharge, 
delivery, deliverance. 

afln, oonj. [a-f/n], to, in order to, 
that, 80 that ; (afin is construed with de 
and an inf., or with que and a verb in the 
subjunctive). 

agac6, e, adj. [agaeer] bet on edge, 
irritated. 

agacer, v. a. [O.H.O. hazian], to in- 
cite, provoke, set on edge, irritate, [f 
before a and o.] 

&ge, •. m. [L.* cBtatietim], age, years ; 
qi^el dge as-tu ? how old are you f 

ag6, e, adj. [dge\, aged, in years, 
ei<ierly, old. 

s'Bgenouiller, v. r. [d, O.F. genouil, 
kiiea*], to kne*l down. 

agent, b- m. [L. agentem], agent, 
polii:eman ; agent de police, policeman. 

agilit6, s. t. [L. agilitatem], agility, 
liveliness, ninbleuess, quickness. 

S'agir, v. r. [L. agere], to be in ques- 
tion, to be the matter, be in dispute, be 
coneemed ; il g'wjU, the question is ; de 
qwoi iagit-ilt what is the matter? 

Siariter, V. a. [L. agitare], to agiUte, 
put in motion, shake, move, swing. 



agonie, ■. (. [Gk. ayuMa], agony, 
anguish, the point of death, the death- 
struggle. 

agoniser, v. n. [agonie], to be at the 
point of death, expire. 

s'agrandir, r. r. [d + rrandir], to b«. 
come greater, larger ; to widen, grow 
longer ; to enlarge one's estate. 

agrandissement, s. m. [agrandir], 

increase. 

agreable, adj. [agrier], agreeable, 
desirable, pleasant, pleasing. 

agreer, v. a. [a, gr^], to accept, receive 
kindly, please, suit. 

agrement, s m. [agrier], liking, 
consent, accomplishment, agreeablenese, 
charm, grai^efuluess, attraction. 

agramenter, v. tr. [agr^m^nt, 

agrier], to embellish. 

agr^s, 8. f. plur. [a+greer (Goth, ge- 
raidjan, to get ready)], rigging, tackling. 

agressif, ve, adj. [agre^seur —L, 
etgrefisoiem], agressire. 

aide, •■•. f U-.' adjuta]. aid, help, relief, 
assistacoe, suco^r, support; en aide de, 
in supptrt of. 

aider, v a. and n. [L. adjuvarx], to aid, 
help, assist. 

ale, imperative and subj. 2nd sing, of 
amir. 
ate, interj. [O.F. aie, 'help'], obi abl 

ouch t 

aient, 3rd plu. pres. subj. of awir. 

aieul, s. m. [L. aviolus — avut], grand- 
father, grandsire. (Plu. aieuU.) 

aieux, [2nd plu. of oi«ui], forefathers, 
ancestors. 

aigle, 8. m. [L. aquild\, eagle, ganiui, 

aigu, e, adj. [L. acutus], pointed, 
sharp, keen, acute, piercing [the dier 
esis in the fem. preserves gue as a distinct 
syllable ; otherwise jue would be pro 
nouiiced as in langiu,]. 

aiguille, a. L [aigu], needle. 



VOCABULARY. 



algrulllon, a.m. [ai^uillf], sting, 
goad. 

aile, 8. f. [L. ala], wing. 

aileron, s. m. [aile], email wing, little 
wing, pinion. 

aille, pres. subj. of alter. 

ailleurs, adv. [L. aliorsum], else- 
where ; d'ailleurs, besides, moreover, in 
other respects. 

aimable, adj. [L. amabiUs], kind, 
amiable, gentle. 

aime, e, adj. [p. p. of aimer], loved, 
Uked. 

aimer, v. a. [L. amare], to love, be 
fond of, be in love with, like ; s'aimer, to 
love one's self, to love one another ; aimer 
m.ieux, to prefer; faime autant rester, 
I should just as lief stay. 

aln6, e, l. adj. [O. F. aim, ' before,' 
L. ante+ni], elder, senior. 

2. 8. the eldest son or daughter, senior. 

ainsi, l. adv. [L. in, sic], thus, so, in 
that manner ; ai7isi que, in the same man- 
ner as, just like. 

2. conj., thus, therefore, so that. 

air, s. m. [L. aer], 1. air, look, appear- 
ance ; avoir Fair de, to look like, appear. 
2. tune. 

aisance, s. f. [arse], ease, freedom ; 
comforts or conveniences of life, easy 
circumstances, competency, comfort. 

aise, 8. f. [origin unknown], gladness, 
joy ; ease, comfort ; a I'aise, easily, com- 
tortably, leisurely. 

aise, adj. [aise], glad, pleased. 
aisd, adj. [ati«], easy. 
als6nient, adv. [ais^], easily, 
aisselle, s. f. [L. axilla], armpit. 
ajouter, v. a. [L. ad, juxta], to add. 
alarme a. t. [Ital. alVarme], alarm ; 
m d' alarme, outcry, warning cry. 

alarmer, v. a. [alarme], to alarm, 
■tartle ; ffalarm^er, to take alarm, be 
alarmed. 



alerte, adj. [It. alVerta], alert, vigi- 
lant, watchful, active, stirring, quick, 
sprightly, brisk, lively, agile. 

allee, s. f. [aller], goiny, alley, walk, 
avenue, passage; contrealUts, side-alleys, 
side-avenues ; les idUes et venues, the 
goings and comings. 

allegeance, s. f. [all^ger], allevia- 
tion, relief. 

alleger, v. a. [L. alleviare], to ease, 
disburden, lighten, unload ; alleviate, 
soften, relieve ; s'alWjer, to grow light. 
[AlUg- before e mute.] 

allerQand, l. adj. [L. Allemanni], 
German. 

2. s. m. German, the German language ; 
le bas-allemand. Low Gei-man. 

aller, v.n. irr. [h.* aditare or adnare], 
{allant, alU, je vais, j'allai, firai, que 
faille), to go ; s'en aller, to go away, pass 
away, set out, depart, run on, dwindle 
away, wear out, die ; aller aux provisions, 
to go for provisions ; aller en classe, to go 
to school. 

allez, 2nd plu. ind. and imperat. of 
aller, go ; (interj.) I tell you ! 

allonger, v. tr. [d, long], to stretch 
out, stretch, lengthen, protrude, put out. 
[E is preserved before u and o.] 

allons, imperative Ist plu. of aller, 
(used as an interjection), come ! well ! 

allouer, v. a. [L. * allocare], to allow, 
grant (extra pay), pass (an item in an ac- 
count). 

allumer, v.a. [L. ad, lumen], to light, 
kindle, inflame ; s'allumer, to light up, to 
becouie enthusiastic. 

allure, s. f. [O. F. aleiire, from aller], 
gait, pace, conduct, behavior, habit, way, 
manner. 

allusion, s.f. [L. allunio^iem], allusion. 

almanach, s. m. [Gk. aAmevaxa— ar. 
aZ-l-Heb. manah, 'to count'), almanac, 
calendar. [Pronounce un al-ma-na nou- 
veau ; un al-ma-na-k-int&ressant ; des tU- 
ma-na-z-anglais.] 



VOCABULARY. 



alors. adv. [a, I'ore—rheure], then ; 
alors que, when. [S is never pronounced.] 

alterer, v. a. [L. alterare], L to alter, 
chanjje, impair. 

2. to weaken. 

3. to cause thirst. 

s'alterer, to be impaired or altered, 
weaken, break clown. [Altir- before c 
mute.] 

anaabilite, s. f. [L, amabilitatem], 
amiability. 

amarre, s. f. [amarrer], a cable, line 
(for fastening boats), mooring-line. 

amarrer, v. tr. [Dtt. marren], to 
moor, fasten, tie. 

amasser, v. a. [a, masse], to heap up, 
board up, ay up, treasure up, gather up, 
accuunilate. 

amazone, s. f. [L. amazon], amazon. 

ambitieux, se, adj. [L. a7nbitiosus], 
ambitious. 

ambition, s. f. [L. ambitionem], am- 
bition. 

ambre, s. m. |Ar. anbar], amber. 

&m.e, s. f. [L. anima], soul, mind. 

amener, v. a. [d+meiier], to bring, 
lead, fetch. [Amin- before e mute.] 

amer, ere, adj. L. ainarus], bitter, 
sad, painfvil, harsh, grievous. 

amerement, adv. [amer], bitterly, 
grievously. 

americain, adj. [A7n4rique], Ameri- 
can ; d I'avUricaine (elliptical for a la 
inudi; amcrlcaiiic), American style, 

Amerique, s. f. America, 

amertume, s. f. [L. amariludo], bit- 
' terness, grief, gall. 

ami, 8. ui. [L. amiais], friend, 

amicalement, adv. [ amicale — h. ' 
amicalis], kindly, lovingly, in a frienilly 
way. 

arainci, e, adj. [amincir], thin. 

amincir, v. a. [d, mince], to make 
thinner ; s'amincir, to become thinner. 



amiti6, s.f. [L.* am.icitatem, L. amid' 
t>a], friendship, kindness; prendre en 
arnitic, to take a liking to ; faites-moi 
lamitii de me dire, be ao kind as to 
tell me. 

amnistie, s. f. [Gk. anvtiaTio.], am- 
nesty, pardon 

amour, s. m. [L. am,orem'\, love {arn- 
our was formerly of both genders; now 
masc. ; but in poetry and in colloquial 
language the plural is fem.) 

amiourette, s. f. [ammir], a love- 
affair. 

amoureusement, adv. [amoureux, 
(L. amorosus)], lovingly, longingly, wist- 
fully. 

amoTir-propre, s. m. [armur+pro- 
l>re], »elf-Iove, self-respect, dignity. 

amoureux, euse, 1. adj. [L. amor- 
M.si(.<], in love, amorous, loving. 

2. s., lover, wooer, sweetheart, 

ample, adj. [L. amplu,s\, ample, large, 
vast, spacious, wide, broad. 

ampleuT, s. f [awipfe], amplitude, 
largeness, wideness, size. 

am.usant, e, adj. [amuser], amusing, 
diverting, entertaining. 

amuser, v.a. [d+O.F. muser, 'to gaze* 
--/)i use, 'snout' — L. jnorsu*], to amuse; 
>.\unuser, to amuse one's self, have a good 
time, busy one's self. 

an, s. m. [L. annus], year. 

ancien, ne, l. adj. [L.* antianus — 
aule], ancient, old, former, retired. 

2. s. , senior, ancient, elder, forefather. 

ancre, s. f. [L. ancora], anchor. 

ancrer, v. tr. and intr. [ancre], to 
anchor. 

a.ne, 8. m. [L. asinus], an ass. 

aneantir, v. a. [d, n4ant], to annihi- 
late, put out of existence, destroy, 
prostrate. 

ange, s. m. [L, avgelus], spirit, angeL 

anglais, e, adj. [L. Angli], English; 
uii, v4?i5riat»\ an Englishman; dVa/iiglaise, 
in the English style. 



VOCABULARY. 



ang'le, a. m. [L. angulus], angle, cor- 
ner, turning. 

angoisse, s. f. [L. angtmtia], anguish, 
pain, distress, affiction, trouble, sorrow. 

animal, s. m. [L. animal], animal, 
toast. 

animer, v. tr. [L. animare], to ani- 
mate, put life into ; if animer, to grow 
animated, brightun up, get excited. 

annales, s. f. pi. [L. annates], annals. 

ann^e, s. f. [L.* annata], year. 

apotheose, s.f. [Ok. avoOiucit], apo- 
theosis, glurification. 

anniversaire, adj. and8.m. [Lk anni- 
versarius], anniversary. 

annoncer, v. a. [L. annundare], to 
announce, tell, declare, inform, proclaim, 
advertise, publish, give out. 

annuel, le, adj. [L. annualis], annual, 
yearly. 

antichambre, s. f. [L. ante+cham- 
bre], ante-chamber, hall. 

apitoiement, s. m. [apitoyer — a, 
piti£\, pity, feeling of pity. 

aplatir, v. a. [a, plat], to flatten, make 
flat ; s'aplatir, to be flattened, become 
flat. 

aplomb, 8. m. [a wall is said to be 
built d plomb when it is shown by the 
lead (plomb) or plummet to be perpendicu- 
lar], hence aplomb, plu. aplombs, means 
"perpendicularity," balance, equilibrium. 

aposter, v. a. [d+poster—poste— It. 
poeto], to secrete, place in ambush, place 
as spy. 

apparelller, v. a. [d, pareil], to 
match. 

apparemment, adv. [apparent — 
L. apparentem], apparently. 

apparence, s. f. [L. apparentia], 
appearance, sign, semblance. 

apparition, s. f. [L. apparitionem], 
apparition, appearance, appearing. 

appartement, s. m. [L.* appartia- 
mentum], apartments, lodgings ; un 



appartement d« tnit ptteet, lodgings 
containing three rooms. 

appartenir, v. n. irr. [L. ad, pertiit' 
ere], (for conjugation see tenir), to belong, 
relate, concern. 

appel, 8. m. [appeler], call, cry, appeaL 

appeler, v. a. [L. appellare], to call, 
name ; s'appeler, to be called ; comment 
vous appelez-vous? what is your name? 
\appeU- before e mute]. 

appetit, 8. m. [L. appetitxia], appetite. 

applaudir, v. n. and a. [L. applaud- 
ere], to applaud, clap, cheer, approve. 

application, s. f. [L. applicationem], 
application, employment, attention, dili- 
gence. 

appliquer, v. a. [L. applicare], to 
apply ; ^appliquer, to apply one's self to, 
set to, fall to. 

appoint, 1. 8. m. [d-\-point], balance 
due on an account. 

2. odd money in change added to notes 
or large coins to complete a payment. 

3. additional contribution. 

appointer, v. a. [appoint], to give a 
salary to. 

apporter, v. a. [L. apportare], to 
bring, bring forward, procure. 

apprecier, v. a. [L. appretiare], to 
value, rate, estimate, appreciate, esteem. 

apprendre, v. a. irr. [L. apprendere], 
(for conjugation see prendre), to learn, 
teach, tell, inform of. 

appris, e, part, [apprendre], learned, 

taught. 

apprivoiser, v. a. [d,priv4], to tame. 

approche, s.f, [approcher], approach. 

approche, e, adj. [approcher], near, 
close. 

approcher, v. a. [a, proche], to bring, 
— put — draw near. 

approprier, v. tr. [L. appropriare], 

to appropriate, 

appui, s. m. [appuyer], prop, stay, 
support, help, protection, buttress. 



VOCABULARY. 



appuyer, v. a. [L.* appodiare — L. od 
podium, ' height'], to prop up ; ^appuyer, 
to lean upon, to lie or rest on. 

ftpre, adj. [L. asper], rough, harsh, 
sharp, hard, rugged, uneven, severe, 
crabbed, peevish, violent. 

apres, l. prep, [a + pris], after ; 
d'apris, after, from, according to. 

2. adv., afterwards, after. 

3. conj. (with que, ind. mood) after, 
when. 

araign6e, s. f. [L.* araneata], spider. 

arbre, s. m. [L. arbor], tree. 

arc-bouter, v. tr. [arc (L. arcus) + 
bout (M.H.G. bozen)], to buttress, prop, 
support (c is pronounced in are, except 
in arc-bouter). 

arcbe, s. f. [L. archia, from arcus, a 
bow], arch. 

architecture, s. f. [L. architectura], 
architecture (pronounce ch as sh). 

ardent, e, adj. [L. ardentem], ardtnt, 
hot, burning, fiery, vehement, zealous, 
passionate, earnest. 

ardeur, s. f. fL. ardorem], ardor, heat, 
ardency, warmth, fervency, intensity, 
eagerness, spirit, passion. 

argent, b. m. [L. argentum], silver, 
money. 

argenterie, s. f. [argimt], plate, silver- 
plate. 

argument, s. m. [L. argumentum], 
argrument, reasoning, proof. 

argumentation, s. f. [argument], 
arguing. 

arithmetique, s. f. [L. arUhmetica], 
arithmetic. 

arme, s. f. [L arma], arm, weapon ; 
arme dfeu, firearm. 

armee, s. f. [orm*r], army. 

armer, v. a. [L. armare], to arm, fur- 
nish with arms ; s'armer, to arm — fortify 
— Beoure one's self. 

armoire, a. t. [L. armarium], closet. 

aimoricaln, b. m- [Celt, ar ' on ', mor 



' sea '], Armorican (relating to lower Brit- 
tany). 

arpenter, v. tr. [arpent, L. arepen- 
nis], arpent means a division of land, an 
acre ; hence arpenter, to measure, survey, 
walk over, run over, cover (of distances) ; 
to rush, scamper, scurry along. (See 
note, 22, 8.] 

arracher, v. a. [L. ab, radieart], to 
force from — out of — off, pull away, snatch, 
extract, wring, wrest, tear, take down, 
remove. 

arrangement, s. m. [arranger, a+ 
ranger], arrangement, disposing, settin); 
in order. 

arranger, v. tr. [d+rang], arrange, 
settle, put in order ; s'arranger, to settle 
one's self ; to manage. 

arreter, v. a. [L. ad, restare], to 
arrest, stop, make fast, detain, keep back; 
s'arreter, to stop, pause, rest, stand still. 

arriere, 1. s. m. [L. ad, retro], the 
back part ; en arriere, behind ; en arriere 
8ur, behind. 

2. adv. behind. 

arrivee, s. f. [arriver], arrivaL 

arriver, v. n. [d, rive], 1. to come to 
land, come to, arrive at, attain. 

2. to happen, come to pass, chance, 
occur ; arriver a set fins — d ton but, to 
obtain one's end. 

arrondir, v. a. [<J, rond\, to make 
round, to round, 
arrondissement, s. m. [arrondir], 

arrondissement, district. 

arroser, v. a. [L. adrorare], to water, 
irrigate, besprinkle, wet, soak, bathe. 

arsenal, s. m. [Sp. or«enai— Arab, 
ddr, ' house ', cind'at, ' trade '], arsenal. 

art, s. m. [L. artem], art. [T is never 
pronounced.] 

article, a. m. [L. articulus], article, 
matter, thing, subject, point. 

articviler, v. tr. [L. articulare], to 
articulate. 



8 



VOCABULABT. 



artiste, ■. m. f. [L. artista], artist. 

artistique, adj. [artiste], artistic (a 
word of recent introduction). 

as, 2nd sing. pres. ind. of avoir. 

asile, 8. m [L. asylu7n], refuge, shelter, 
home. 

aspect, 8. m. [L. aspecttu], aspect, 
sight, look, point of view, (pronounce 
a-ipi ; uii a-spik-ddieux ; des a-spi-z- 
odieux). 

asperge, e. t. [L. asparagus], aspar- 
agus, 

assaut, 8. tn. [assaillir — L. a^salire], 
assault, storm, onset, onslaught, attack, 
■hock. 

assembler, v. tr. [L. adsimilare], to 
collect, assemble ; t'assemhler, to gather, 
collect, assemble, meet. 

assentiment, s.ra. [assentir — tentir], 
assent. 

asseoir, v. a. irr. [L. adsidere]. {asse- 
yant, assis, fnssieds, fassis, fassi4rai. 
que fasseie), to seat, set, set in a chair ; 
^asseoir, to sit, sit down ; to be seated. 

assertion, s. f. [L. assertionem], as- 
sertion. 

s'asseyaient, 3rd plu. imp. ind. of 
i!atseoir. 

assez, adv. [L. ad, satis], enough, Buf- 
fioiently, rather, tolerably, 

assiette, s. f. [L. ad, gitut], plate, 
assis, e, past part, [asseoir], seated, 
assise, s. f. [p.p. of asseoir], course (of 
stones), layer, row ; plu. assizes. 

assistant, s. m. \assister], spectator, 
bystander, 

assister, v. n. [L. adsistere], to be at, 
be present at, attend, witness, take part in. 

s'assit, past def. of s'asseoir, 3rd siiif,'. 

assombrir, v a. [d, sombre], to dark- 
en, make gloomy ; s'assombrir, to become 
dark— tfloomy ; to darken. 

assommer, v. a. [d, summe, ' load '], 
to beat or club to death, to overpower, 
overwhelm, beat down (originally applied 



to a mul* crushed by the weight (somme 
of the pack-saddle). 

assourdir, v. tr. [sourd], to deafen, 
muffle, (kaden. 

assouvir, v. a. [L.* assopire], to glut, 
saturate, clog, surfeit ; sfassouvir, to be 
satisfied, glutted, surfeited. 

assurance, s. f. [assurer], assurance. 

assurement, adv. [asmri], assuredly, 
surely, to be sure, doubtless, certainly. 
assTorer, v. a. {A, sdr], to assure. 

atelier, s. m. [attelle — L. hastella], 
workshop, study, studio, office. 

attabler, v. tr. [a,-\-iaUe], to place at 
table ; s'attabler, to sit down at the table. 

attache, s. f. [attacker], tie, string ; 
d I'attache, tethered ; port d'uttache, 
home-port. 

attachement, s m. [attaeher], at- 
tachment, affection. 

attaeher, v. a. [d+ (acfc«r— Celt, toci, 
' nail '], to fasten, make fast, attach, fix, 
stick, join, affix, bind, tie, associate with ; 
s'attacher, to take hold, hold to, fasten 
on, cling, cleave, stick, adhere, be at- 
tached, have an affection for. 

attaque, s. f. [attaquer], attack. 

attaquer, v. tr. [Picard form of at- 

tacher], to attack. 

attarder, v. a. [d, tard], to delay. 

atteindre, v.a. and n. irr. [attii}gere\, 
conjugated like craindre), 1. to touch, 
strike, hit. 

2. to reach, attain, arrive at, come to. 

3. to overtake, catch, join. 

atteint, p. p. of atteindre. 

attenant, e, adj [L. attinentem], 
adjoining. 

attendre, v. a. and v. n. [L. attertdere], 
to wait for, stay for, look forward to, 
expect, await, attend ; wait, slay ; s'at- 
tendre (d), to rely upon, trust, expect, 
look forward to ; /aire attendre, to keep 
I waiting; en attendant, meanwhile. 



VOCABULARY. 



attendri, e, adj. [aitendrir], moved, 
affected, touched. 

attendrir, v. .%. [d, tendre], to make 
tender; s'attendrir, lo grow tender, be 
moved, pitv, relent, sof'.en. 

attendrissement, s. m. [attendrir], 
comparison, omorion, tenderness. 

attendu que, conj., since. 

attentat, s. m. [attenter, from L. 
attentare], crime, oflfence. 

attente, s. f. [attendre], expectation, 
wailing-, delay. 

attentif, ve, adj. [attention— li. at- 
tentionem], attentive, mindful, studious, 
diligent, careful. 

attention, s. f. [L. attentionem], at- 
tention, care. 

attentivement, adv. [attentif], at- 
tentively. 

attenuer, v. tr. [L. attenuare, ad-\- 
tenuis, thin], to weaken, extenuate, ex- 
cuse. 

attester, v. a. [L. attestare], to attest, 
certify, swear, affirm, declare, assume. 

attifer, v. a. [d+0. F. tifer, ' to deck ' 
— Flem. tippen 'to trim the hair'], to 
dress up. 

attirail, s. m. [a, tirer\, 1. apparatus, 
implements. 

2. gear, tackle. 

3. baggage, equipage, outfit, array [plu. 
attirails]. 

attirer, v. a. [d+tirer], to attract, 
draw, gain over. 

attiser, v.a. [h.* atticinari], to make 
up, stir up, poke (the fire). 

attitude, s. f. [L. aptitudo], attitude, 
posture. 

attrait, s. m. [attraire — L. attrahere], 
allurement, attraction, charm. 

attraper, v. a. [d, trappe], to entrap, 
ensnare, take in, catch, take, pick up. 

attrister, v. tr. [d4 triste], to make 
•ad ; attristi, grieved, downcast, sorrow- 
ful, low-spirited. 



au. contraction of d le, to the. 

aubain, s.m. [der.?'\, a foreig^ner who 
had not become naturalized. 

aubaine, s. f. [auhain], the right of 
succession to the property of an aubain ; 
a luokj' find ; unexpected good fortune ; 
pickings, piece of good luck. 

aube, s. f. [L. alba], the dawn. 

auberge, s. f. [O. H. O. hereberga, 
army-shelter], inn, tavern. 

aucun, e, adj. (L. aliquh, untM], 1, 
any. 
2. none, no one, not any, no (with ne). 

audace, s. f. [L. audacia], boldness, 
audacity, daring. 

au-dessous, adv. [d + le + dessou$ 
(des+sons, under)], below, beneath, under; 
au-dessous de, prep., under, etc. 

au-dessus, adv. [d -{- le -\- desstu 
(des + i<us, L.* susum)], above, over, over- 
head ; au-dessu»de, prep., above, over. 

auditoire, s.m. [L. auditorium], con- 
gregation, audience. 

augmentation, 8.f. [augmenter—'L, 
augmentare], augmentation, increase, en- 
largement, addition, rise. 

augmenter, v. tr. and intr. [L. 
augnientare], to increase, grow. 

augure, s. m. [L. augurium], augfury, 
sign, outlook, lookout. 

auguste, adj. [L. augustut}, Kagaei, 

sacred, venerable, 
aujourd'hui, adv. [au jour de hut 

(L. hodie)], to-day. 

aum6ne, s.f. [L. eleemosyna^, alma, 
charity ; fatre l'imm&)w, to give alms. 

auparavant, adv. [au-'tpar-\-avant\, 
before, first, heretofore. 

aupres (de), prep. [au-\-prls\, 1. near 
by, close to. 

2. with, in, in the mind or opinion of. 

auquel, pro. [d-\-lc-\-quel\, plu. aux- 
qiicls ; fem. d laquelle, plu. auxquelles, to 
whom, to which, for whom, for which, 
etc. 



10 



VOCABULARY. 



aura, Srd sing. (at. ind. of avoir. 

auraient, aurait, from avoir ; cond. 
mood. 

aurore, 8.f. [L. aurora], sunrise, day- 
break, dawn. 

aussi, 1. adv. (L. alixid sic], too, also, 
likewise. 

2. conj. therefore, but then, and so. 

aussitot, adv. \nussi+t6t], immedi- 
ately, directly, forthwith. 

autant, adv. [L. aliud tantum], as 
much, as many, as well, so much, so many, 
as far ; d'autant plus, the more so, the 
rather ; d'auta nt moiiis, so much the less ; 
d'autant que, seeing, more especiallj' as. 

autel, s. m. [L. altare], altar; un 
dessnt d'autel, an altar cloth. 

automate, s. m. (Gk. aurd^ioTos], 
automaton. 

automne, s. m. [L. atitumnis], 
autumn, harvest, [m is not pronounced.] 

autorite, s. f. [L. auctnritatem], au- 
thority, legal power, rule, sway, credit. 

autour, 1. prep, [au+tour], about, 
round, around. 

2. adv. around. 

autre, l. adj. [L. alter], other. 

2. pron., another, other ; tout autre, 
any other, any one else ; Fun Vautre, one 
another, each other ; trks pris Vun de 
Vautre, very near one another, in close 
succession ; ni I'un ni Vautre, neither ; 
vous autren, see note 79, 32. 

autrefois, adv. [autre+fois], former- 
ly, of former times, of old. 

autreraent, adv. [autre], otherwise, 
after another manner, else, or else. 

autrui, pro. [autre], others. 

aux, contraction of d lea. 

avalt, imp. ind., 3rd sing, of avoir ; il 
n'y mvait plus, there was no longer. 

avaler, v.a. [aval — d+pai], to swallow 

avance, s. f. [avaiicer], advance; 
d'avanee, in advance, beforehand, in anti- 
cipation; deujc lieue* d'avanee, two 



leagues' start; par avance, in anticipa- 
tion. 

avancer, v. a. [avancer], to advanoa, 
put forward, hold out, stretch out, set 
forward, to be ahead of time or fast; 
i'avancer, to advance, move forward, 
make up to, draw near, stand forth, 
come up. 

avant, 1. prep. [L. ai ante], before. 

2. adv. far, deep, forward, farther ; en 
avant de, before, in front of ; avant de, 
avant que, before. 

avant-hier, s. m., the day before 
yesterday. 

avant -port, b. m., outer-port, 
avantage, s. m. [avant], advantage. 

avantager, v. a. [avantage — avant], 
to give or allow an advantage, to favour. 

avantageux, se, adj. [avantage], 
advantageous, profitable, beneficial. 

avarice, s. f. [avare — L. avarus], 
avarice, greed. 

avaries, s. f. (L.* kavaria], damages 
(to a cargo). 

avec, prep. [L. ajmd hoc], with; avee 
fa, in addition, to boot ; " any thing else?" 

avenir, s. m. [L. advenire], future, 
prospects ; d Vavenir, in future. 

aventvire, s. f. [L. adventure], ad- 
venture. 

aventureux, se, adj. [aventure], ad- 
venturous, venturesome, venturous. 

aventurier, s. w. -iere, s. f. [aveiv- 
tare], adventurer, adventuress. 

avenue, s. f. [avenir], avenue. 

avertir, v. a. [L. advertere], to warn, 
caution, inform of, give notice of, ad- 
monish. 

avertissement, s. m. [avertir], warn- 
ing, caution. 

aveu, s. m. [d+vcBw], avowal, confes- 
sion, acknowledgment. 

aveugle, adj. fL. ab, ocvhis], blind, 
sightless, deluded. 



VOCABULAET. 



aveuffler, y. a. [aveu<fle], to blind, 
make blind, dazzle; ^aveuqler, to blind 
one's self, shut on's eyes, be blinded. 

aviron, s. m. [O. P. vire, L. viria, a 
oirole], oar. 

avis, 8. m. [a+vis, L. visum], opinion. 

s'aviser, v. r. [d+uiser], to think of, 
consider, take it into one's head, bethink 
one's self, conceive the thought. 

avocat, s. ra. [L. advocatus\ advocate, 
attorney, lawyer. 

avoir, v. a. [L. habere], {ayant, eu, 
faiyj'eus, j'aurai, quefaie), to have, get, 
be the matter with ; il y a, there is or are ; 
il y a un an, a year ago ; avoir affaire A, 
to have to do with ; avoir vue sur, to 
front, afford a view of ; avoir trente-cinq 
ans, to be 35 years old ; avoir pear, to 
be afraid ; avoir lieu, to take place ; on 
a beau lui parler, it is useless to speak 
to hira ; avoir chaud, to be warm ; avoir 
/aim, to be hungry ; avoir besoin de, to 
need, want. 

avouer, v. a. [d+vouer], to confess, 
avow, own, acknowledge, grant, allow ; 
g'avouer vaincu, to confess one's self 
vanquished. 

ayant, pres. part, of avoir. 

azur, a.m. [h.* lazur. Pars. Idzur], sky- 
blue, azure. 

B. 

babiller, v. n. [babil—Qer. babbeln], 
to prate, tattle, babble. 

bagrage, s.f. [O.F. bague, Bret, beach], 
baggage, luggage. 

baguette, s. f. [L. baculusl, switch, 
rod, wand. 

bah, interj., bah 1 pshaw I 

bale, s. f. [L. baia], bay. 

baigner, v. tr. and intr. [L. balneare], 
to bathe. 

bailler, v. n. [L.* badare], to yawn, 
gape. open. 

bain, a. m. [baignerl, bath ; bain de 
fitdt, foot-bath. 



baiser, l. t. a. [U boHare), to Uss. 

2. s. m. a kisa, salute. 

baisser, l. v. a. [bos], to lower, let 
down, hang down. 

2. v. n. to lower, go down, daoline, be 
on the wane, flag, droop, fall. 

balai, s. m. [Celt, bala], broom, brush, 

balancer, v.a. lbalaiu;e-~l>.*bilaneia], 
to balance, swing, wave ; se balancer, to 
swing, rock, balance one's self. 

balayer, ▼. a. [balaH, to sweep. 

balbutiement, s. m. [balbuti^r], 

stuttering, stammering. 

balbutier, v. a. and n. [L. b'llbutire], 
to lisp, stammer. [Pronounce t like *.] 

ballade, s. f. [baller—balU- O. H. O. 

balla], ballad, song. 

ballant, e, adj. [bailer], waving, 
swinging, loose, limp ; il inarch* leg bras 
biillants, he swings his arras in walking. 

balle, s. f. [0. H. G. haUa], buUet. 
ballot, 8. m. \balle\, bale, package. 

ballotter, v. tr. [ballot, h^lle], to 
shake, toss, buffet. 

balustrade, s. f. [It. balmutro\, rail- 
ing, balustrade. 

ban, s. m. [O. H. Q. barman], orig- 
inally a command imposed by a feudal 
lord; ban, injunction. 

banal, e, adj. {ban], common, com- 
mon-place, meroenary. 

banc, s. m. [0. H. G. bane], bench, 
seat, bank. 

bande, s. f. [Qer. bande], band, flock. 

bande, s.f. [O.H.G. band\, strip, band. 

bandeau, s. m. [bande], headband, 
flllet, bandage, veil. 

banlieue, a. t. \ban-\-U«ue\, suburbs. 

banniere, a. f. [L.* ftandum- -Oer. 
band], banner, flag. 

banquette, s. f. [bane], seat 

baptSme, s. m. [L. baptinna\ bap- 
tism, christening, [p is not pronoanoed. ] 



IS 



VOCABULARY. 



barbare, •dj. (L, barbanu], barbar- 
ous, crueL 

barbe, s. f. [L. barba], beard ; le 
faire la barbe, to shave. 

barbet, s. [barbe], water spaniel (so 
called from its frizzly hair). 

baril, s. m. [barre], barrel. 

barque, s. f. [L. barca], bark, boat. 

barrage, s. m. [barre], dam. 

barre, s.f. [of Celtic origin; Bret, bar, 
a branch], bar, tiller (bar or lever for 
working the helm). 

barreau, b. m. [barre], bar. 

barrer, v. tr. [barre], to stop, shut, 
bar; to cross; barri, barred, ribbed, 
crossed in parallel lines. 

barriere, s. f. [barre], rail, bar, bar- 
rier, stile. 

barrique, s.f. [barre], cask, hogs- 
head. 

baryton, a. m. [Gk. /Sapu'rovos], bari- 
tone. 

bas, 1. adj., fem. basse, [L. bassus], 
low, lower. 

2. s. m. lower part, bottom, foot, 

3. adv. down, low; en bas, below, 
down-stairs. 

4. s. ni. stocking. 
Bas-Breton, s.m., a native of lower 

Brittany. 

bas-fonds, s.m., plu., shallows, 
■hoals. 

basque, s. f. [derJ], basque, skirt. 

bassiu, [L.* baechinon, of Celtic ori- 
gin], basin, dock. 

bataille, s, f. [L.* batttialia], battle, 
fight, engagement. 

bateau, s. m. [O. F. batel, from bat, 
both a German and a Celtic word], boat, 
barge. 

ba.timent, sjn. [bdtir], building, pile, 
structure, edifice. 

bfi.tir, v.tr. [der.f], to build, construct. 

b&tisse, 8. f. [bdtir], a building. 



13 



baton, 8 m. [L.* bast«nem], stick, 

staff 

battant, s. m. [battre], 1. clapper (of 
bells). 

2. leaf, side, wing (of a table, door or 
window). 

batterie, s. f. [battre], battery ; bat- 
terie de cuisine, kitchen utensils. 

battre, v. a. [L. battuere], to beat, 
strike, thrash, whip. 

bavarder, v. n. [bave—oaom.], to 
prattle, chatter, tattle. 

beant, e, adj., pres. part, of bier or 
bayer [L. badarc], gaping. 

beat, 8, adj. [L. beatiis], plunged in 
devotion, saintly, excessively pious, trans- 
figured. 

beau, bel, belle, l. adj. [L. bellus], 
beautiful, fine, lovely, handsome, fair, 
noble. 

2. adv. avoir beau faire, to do (try) in 
vain ; avoir beau dire, to speak in vain. 

beaucoup, adv. [beau+couj)], many, 
mui;h, a great many, a great deal, deeply, 
far. [Pronounce b6-kost ; p may be heard 
before a vowel.] 

Beaumanoir, s- ra. [beau+manoir], 
Beaumanoir, an old and distinguished 
Breton family. 

beaute, s. f. [L. bellitatem], beauty, 
loveliness. 

bebe, s. m. and f. [Eng. baby], baby, 
child, infant. 

bee, s. m. [of Celtic origin], beak, bill, 
nib [Pronounce bik.] 

becassine, s. f. [bdcasse -bee], snipe. 

becquee or bequee, s. f. [bee], a 
billful; donner la heeqxiAe a, to feed (a 
nestling). 

becqueter orbeqaeter, v. a. [bee], 
to peck. [BecqiM- before e mute.] 

bee, adj. [O. F. bier or bayer], open, 
gaping. 

begaiement or beg'ayement, 8.ib. 
[biijue], stamiuering, faltering, baby talk. 



VOCABULART. 



b^erayer, T. intr. [bigue, der.f], to 
Btatnmer. 

belle, adj., fem. of beau ; s.' f., a 
beauty. 

ben, dialectic form of bien. 

b6n6diction, b. f. [L. bcnedicHonem], 
benediction, blessing. 

b6n6fl.ces, s. m. plu. [L. benefidum], 
profits. 

benir, v. a. [L. benedicere], to bless, 
consecrate. 

benit, e, [part, of b67iir], hallowed, 
consecrated, holy (used only as adj.). 

berceau, s. m. [L. berceolum], cradle, 
arbor, bower, place of one's infancy, 
homestead. 

bercer, v. tr. [(for..'], to rock. 

berceur, se, adj. [bercer], rocking, 
swinging, waving, cradling. 

b6ret, s. m. [Beam patois, L.* berre- 
turn], beretto, flat cap, cap. 

herge, a. f. [L.* berga\, steep bank of 
% river, bluff, embankment. 

berger, s. m., fem. berg6re, [L.* 
^rbicarius], shepherd. 

besogne, s. I. [doublet of besoin], 
work, business, labor. 

besoin, s. m, [origrin unknown], need, 
want, occasion, necessity. 

b§te, 1 . 8. f . [L. bestia\, beast, brute, 
tool, blockhead, stupid creature. 

2. adj. silly, nonsensical, dull, aimless, 
stupid, foolish, lifeless, inert, unprotest- 
ing. 

b§teineat, adv. [bite], like a fool, 
foolisUj, stupidly, childishly. 

bdtise, s.f. [bite], silliness, nonsense, 
tomfoolery, stupidity, a piece of folly, a 
stupid blunder. 

beurre, s. m. [L. butyrum], butter. 

beurrer, v. a. [beurre], to butter. 

bien, l. s. m. [L. bent], good, benefit, 

velfkre ; plu., goods, good things, wealth. 

S. adv. well, right, proper, straight, 



comfortable, much, truly, indeed, quits, 
very, very much, many, great many, 
readily, willingly ; bien des gens, many 
people. 

bien-aim6, e, adj. f6ien-f aimi], be- 
loved, well-beloved. 

bien-etre, s. m. [bien+etre], well- 
being, comfort. 

bien que, [bien, gue], although, 
though (with Bubj.). 

bient6t, adv. [bien+t6t], soon, shortly. 

bienvenue, s. f. [bien+venue], wel- 
come, reception. 

biere, s. f. [O. H.G. bier], beer. 

bilan, s. m. [It. bilaricid], balance- 
sheet. 

billet, s.m. [L.* billa], note, letter, bill, 
biniou, s. m. [from the Celtic], biniou, 
bag-pipes. 

bizarre, adj. [Sp. bazano], odd, fan- 
tastic, strange, whimsical. 

bizarrement, adv. [bizarre], oddly, 
curiously, fantastically, whimsically. 

blanc, he, adj. [0. H. G. hlatich], 
white. 

Blanchette, s. f., Whitie. 

blancheur, b. f. [blanc], whiteness. 

blancbir, v.a. [blanc], to whiten, make 
white, grow old ; te blanchir = blanchir 
ton Huge, wash for you. 

blanchissage, s. m. [blanchir], wash- 
ing. 

bl6, 8. m. [L. bladum], wheat, com, 
grain. 

bleme, adj. [O. Scan, bldmi, 'blue'], 
sallow, pale, pallid, wan. 

blesser, v. a. [M H. G. bUtzen], to 
wound, cut, hurt, offend. 

blesstire, s. f. [blesser], wound, sore. 

bleu, e, adj. [O. H. G. bldo], blue ; bleu 
elair, clear blue, light blue. 

blond, e, adj. [origin unknown], 
flaxen, fair, light. 



14 



VOCABULARY. 



blottir (se), r. ref. [originally applied 
(o a falcon when on its perch (blot)], to 
cronoh, huddle. 

blouse, 8. f. {O. F. bliant], smock, 
frock, blouse. 

boire, v. a. and v. n. irr. [L.* bibere], 
(buvant, bu, je bois, je bus, je boirai, que 
je boive), to drink ; boire un coup, to have 
a drink ; to drown (coUoq.). 

bois, 8. m. [L. * boscus — Ger. busch], 
wood, forest. 

bolt, 3rd singf. pres. ind. of boire. 

bolte, 8. f. [Qk. TTuf is], box. 

bol, 8. m. [Eng. bowl], bowl, basin. 

bombd, adj. [p. p. of bomber, L. bom- 
bus, Gk. /SdfijSof], swollen, full. 

bon, bonne, adj. [L. bonus], good, 
kind. 

bond, •. m. [bondir], bound, spring. 

bondlr, v. intr. [L.* bonibitare], to 
bound, leap, spring. 

bonheur, 8. m. [bon+heur — h. augu- 
riwm], happiness, prosperity, welfare, 
good-fortune, good luck. 

bonbomie, s. f. [bonhomme], good- 
nature. 

bonhomme, s. m. [bmi + homme], 
good, easy man ; kind, good-natured man; 
• my good fellow ' (plu. bonshommes). 

bonjour, s. m. [bon + jotir], good 
morning, good day. 

bonne, s. f. [bon], nurse, maid ; bonrie 
d tout /aire, general servant. 

bonnement, adv. [bon], plainly, 
simply. 

bonnet, ». m. [L.* boneta, ' a cloth '], 
eap. 

bonsolr I good evening ! 

bontd, s. f. [L. bonitatem], goodness, 
excellence, kindness, goodheartedness, 
favour ; plu., acts of kindness. 

bord, 8. m. [Neth.], board, edge, side- 
board, vessel, deck ; d bord, on board ; d 
son bord, on board bis vessel, [d is never 
beard.] 



bordage, s.m. [bord], side (of a ship). 

bordee, s. f. [bord], broadside, tacking. 

borne, s. f. [O. F. bonne— h.* boilina, 
Bret, hoden], limit, bound, boundary, 
landmark. 

bomer, v. tr. [bor7ie], confine, limit, 
end. 

bosseler, v. a. [bosne — L.* bocia — Ger. 
Batz], to dent, indent, emboss. 

botte, 8. f. [L.* botta, O.H.G. buted], 
boot. 

botte, 8. f. [O. H. G. b6zo, a fagot], 
bundle, truss, bale. 

bottine, s. f. [botte], half-boot, lady's 
boot. 

bouche, s. f. (L. bucca], mouth. 

bouohee, s. f. [bouche], mouthful. 

boucber, s. m. [bouc, goat], butcher. 

boucherie, s. f. [boucher], a butcher's 
shop. 

boucle, s. f. [L. bucula], buckle, ring, 
curl, ringlet, lock. 

boudoir, s.m. [ftowder), boudoir, lady's 
private room. 

bonder, v. n. [origin unknown], to 
pout. 

bone, 8. f. [a Celtic word], dirt, mud, 
trire. 

bouffant, e, adj. [pres. part, of 
bouffer (ovomato2Metic)], puffed, loose- 
fitting. 

bouflfl, e, adj. [boujir — onomat.], 
puffed, swollen, chubby. 

bouflfonnerie, s. f. [bouffon— It. buf- 
/one], buffoonery, drollery, jesting. 

bougeoir, s. m. [6o?/^er (because mov- 
able)], candle-stick, taper-stand. 

bouger, v.n. [It. bulieore—L. ballirc], 
to stir, bud?e, move. 

bougie, 8. f. [Bouffie, a town in Al- 
giers where wax candles used to be made], 
wax-candle, wax-light. 

bouillant, e, adj. [bouUlir—L. bul- 
lire], boiling, boiling-bot, fiery. 



U 



VOCABULARY. 



boulllotter, v.n. [bouilKr], to simmer. 

boulanger, s. m. [origin unknown], 
baker. 

boulangerie, s. f. [boulanrjer], bake- 
house, bakery. 

boule, 8. f. [L. bulla], bowl, ball. 

boulet, 8. m. [boule— h. bulla], ball, 
bullet. 

boulette, s. f. [boule], little ball, 
boulevard, s. m. [Ger. Bollwerk], 
boulevard, rampart. 

boTileversement, s. m. [boulever- 
ser], destruction, overthrow, overturning. 

bouleverser, v. a. [boule + verser, 
' turn like a ball'], to overthrow, subvert, 
upaet, unsettle. 

bouquet, s. m. [L.* boschettum], tuft, 
bouquet, clump, patch, [t is never heard.] 

bouquetiere, s. f. [bouquet], flower- 
girl, 
bourde, s.f. [derJ], a falsehood, ' yarn.' 

bourdonnement, s. m. [bourdon- 
ner], hum. 

bourdonner, v. tr. [bourdon, der. ?], 
to hum, buzz. 

bourgeois, l. s.m. boiorg-eoise, s.f. 
[L.* burgensis — L. burgus, O. H.G. liarg], 
burgess, citizen, townsman, master (used 
as equivaltnt to our slang term ' governor' 
or 'boss'; the fem. corresponds to 'missis'). 

2. adj., belonging to a citizen, citizen, 
city, burgher, citizen-like, private. 

bourgeoisie, s. f. [bourgeois], citizen- 
ship, respectable middle-class ; see 29, 9. 

bourree, s. f. [bourre, hair, stuffing], 
brushwood, sticks. 

bourrelet, s. m. [O. F. bourre], pad, 
padding, wadding. 

bourrer, v. a. [bourre— h. burro], to 
stuff, wad, till. 

boiirrique, s. f. [L. burrieu^], a she- 
ass, donkey. 

bOUlTU, e, adj. [bourre], cross, peev- 
ish, moody, ve.ted, chagrined. 



bousculade, b. t {houtevler], orowd, 

throng. 

bousctiler, r. tr. [der. f\, to Jostle, 

elbow. 

bout, 8. m. [ftoMfer— M.H.G. b6zen\, 
end, tip, bit, last ;/»!>« un bout de toilette, 
to tidy one's self. 

boutelUe, s. f. [L.* butieula], bottla 

boutique, s. f. [It. battega—h. apo- 

theca], shop. 

bouton, 8. m. [6cmt], button. 

boutonner, v. a. [bouton], to button. 

braies, s. f. plu. [L. braca, of Celtic 
origin], breeches. 

braise, s. (. [O.G. bras, fire], embers, 

coals. 

branche, s. t [L.* branea], branch, 

bough, stick. 

bras, s. m. [L. brachium], arm. 

brasse, s. f. [bras], fathom (the dis- 
tance measured by the outstretched arms). 

brave, adj. [It. bravo], brave, gallant ; 
(placed before some nouns), true, honest, 
good, kind, worthy. 

bravement, adv. [brave], bravely, 
stoutly, valiantly, manfully. 

brebis, s. f. [L.* berbicem — L. vervi- 
cem], a sheep. 

bredouiller, v. intr. [der. ?] to stam- 
mer. 

bref, 1. adj., fem. br^ve [L. brevis], 
brief, short, succint, concise. 

2. adv., in a few words, in short, to be 
brief. 

Bretagne, s. f., Brittany. 

breton, onne, adj. and s., a native 
of Brittany, Breton. 

breviaire, s. m. [L. breviarium], bre- 
viary, 
bride, s. f. [O.H.G. brittil], bridle. 

brigand, s. m. [brigade— It. brigaia], 

brii^aiid, robber, thief. 



u 



▼OCABULART. 



brlUsmt, e, td], [briller], brilliant, 
■hining, sparkling ; s. in., brillianoy, 
polish. 

briller, v. n. [L. berillus], to shine, 
glitter, sparkle, glisten, blaze, gleam, 
glare. 

brin, s. m. [a Celtic word], blade 
•prig, shoot, bit ; Win a brin, bit by bit. 

brindille, a. f. [brin], sprig, twig, 
■hoot, bit. 

briser, v. a, [O.H.Q. brestan, or Celt. 
brit], to break to pieces, burst, crack, 
shatter, shiver, crush, bruise ; «« briser, 
to break. 

Brocelyande, Broceliande, an an- 
cient forest in Brittany. 

broncher, v. n. [O. F. Oranche, 
'branch'. It. bronco, 'trunk', whence 
broncher, to strike against the trunk of a 
tree], to stumble, trip. 

bronzer, v.tr, [bronze— It. bronzo], to 
bronze. 

brouillard, s.m. [brouiller], mist, fog. 

brouiller, v. a. [6rem?, a Celtic word], 
to throw into confusion, to mix, blend, 
scramble, stir up, shake, set at variance, 
confuse. 

bruire, v. n. [L. ruf/ire], to rustle, 
rattle, hum. 

bruit, s.m. [6rwt>e], noise, bustle, din, 
sound, racket, clamor. 

brCllant, e, adj. [brMer], burning, 
scorching, hot, eager, ardent. 

brCller, v. a. and v. n. [L. per, L.* 
ustulare], to burn. 

brume, s. f. [L. bnuna], fog, haze. 

brun, e, adj. [O. H. G. brim], brown, 
dark. 

brusque, adj. [it. brusco], blunt, 
abrupt, gruff, sudden, brusk, harsh, rude, 
rough. 

brusquement.adv. [brusque], blunt- 
ly, abruptly, gruflBy, hastily. 

brutalement, adv. [6>-i.<ai], brutally, 
rougfalj. 



brutalit6, s. t. \!tynUdC\, brntiUlty, 

violence, roughness. 

brute, 8. f. [L. brutu*\, brute. 

Druyamment, adv. [brv,yant\, nois- 
ily- 

bi-uyant, e, adj. [bruire], noisy, 
bUistering, clamorous, loud. 

bruyere, s. f. [a Celtic word), heath, 
heather. 

bu, part. p. of boire. 

buanderie, s. f. [buie, lyo], wash- 
room. 

buche, s.f. [L.* bosca], stick of wood, 
log. 

bucher, v. intr. [bUche], to rough- 
hew ; to toil, work hard (collofj.). 

bQcheron, s. m. [bUche, a doublet of 
bois], woodcutter, chopper. 

buffet, s. m. [origin unknown], cup- 
board, sideboard. 

bulletin, s.m. [It. bulletina], bulletin, 
report. 

bureau, s.m. [bure—h* burra], of&oe. 

bureaucrate, s. m. [bureau, Gk. 
Kpanlv], bureaucrat, clerk in a publio 
office. 

bureaucratie, s. f. [bureaucrate], 
bureaucracy. 

bureaucratique, adj. [bureaucrate], 

bureaucratic. 

buste, s. m [It. busto], bust, head and 
shoulders. 

but, s. m. [doublet of ^bout'], mark, 
object, end, aim, purpose, design, view, 
goal, [t is pronounced.] 

buter, v. a. [a doublet of bouter], to 
stumble against. 

butte, s. f. [O. F. fern, of but], knoll, 
mound ; etre en butte a, to be exposed to. 

butter, v.tr. [butte], run against, drive 
against, to stumble on. 
buvait, imp. ind. 3rd sing, of boire. 

buvez, -nd plu. ind. and imperativa ol 

boire. 



TOCABULABT. 



C', contraction of ee. 

9a, pro. [contraction of cela], that, he, 
they (familiarly). 

ga, adv. [L. ecce hoc], here, hither. 

cabane, s. f. [L.* capanna, of Celtic 
origin], hut, cabin. 

cabaret, s. m. [der.f], tavern, public- 
house. 

cabine, s, f. [Eng. cabin], cabin. 

cabinet, a. m. [cabiiie], closet, study, 
cabinet. 

C&ble, 8. m. [L.* capulum—L. capere], 
cable ; filer son c&ble, note 56, 26. 

cachemire, s. m. [Cachemire (in 
India)], cashmere. 

cacher, v. a. [L. coactare], to hide, 
Mcrete, conceal, 
cachet, s. m. [cacher], a seal. 

cachette, s. f, [cache — cacher], hiding- 
place ; en cachette, secretly, by stealth. 

cadeau, a. m. [L. catellus, catena], a 
present. 

cadran, b. m. [L. qvtadrantem], dial- 
plate (of a clock or watch), dial. 

cadre, s. m. [L. quadrum], frame. 

caf6, 8. m. [Turkish kahveh], coffee, 
co£fee-house, caf6. 

cafeti6re, s. f . [caf^], co£fee-pot. 
cage, 8. f. [L. cavea], cage, coop, 
caisse, s. f. [L. capsa], a cask, barrel. 

CalCUl, 8. m. [L. calculus], calculation, 
dphering, computation, reckoning, count- 
ing. 

caJe, B. f. [It. cala], the hold ; d fond 
d» cole, note 66, 30. 

caleche, s. f. [Polish kolaska], calash, 
open carriage (very hght, with springs, 
four-wheeled, open in front, a hood over- 
head). 

calfater, v. tr. [It. calafatare], to calk, 
calfeutrer, v. tr. [corruption of cal- 
fater], to calk. 



callfoTirchon, s. m. lder.f], used with 
a adverbially ; astride, astraddle. 

caiin, e, adj. [origin unknown], wheed- 
ling, cajoling, tender. 

caiiner, v. a. [calin], to coax, coddle, 
cajole; se c&liner, to coddle one'i lelf, 
lean fondly on. 

caiinerie, s. f. [der.?], wheedling, 
coaxing. 

calleux, se, adj. [L. oaHostMj, hMd, 
homy, callous. 

calme, 1. s. m. [Sp. cafma— L. calara 
or L.* cauma, 'heat'], stillness, calmness, 
tranquility. 

2. adj. quiet, calm, still, quiet, free 
from motion, calm. 

calmer, v. a. [caXme], to still, quiet, 
appease, allay, pacify, calm, soothe; s« 
calmer, to become calm, quiet, to subside. 

calomnier, v.tr. [ealomnie, L. calum- 
nia], to calumniate, slander. 

calvitie, s. f. [L. calviti^], baldnesa. 
[Pronounce t aa s.] 

camarade, s. [Sp. eamarade—L. ca- 
mera], companion, comrade. 

camaraderie, s. f. Icamarade], com. 

panionship, intimacy. 

cambuse, s. t [Eng. caboose], the 
steward's room. 

camion, s. m. [der J], a dray, truck. 

campagnard, e, adj. and noun 
[campa/7ne], relating to, or from the 
country ; country-man, country-woman. 

campagrne, s.f. [L. campus], country, 
fields, countrj' (as distinguished from 
city); battre la campagne, (a) to scour 
the country, (6) to be delirious (colloq.). 

camus, e, adj. [origin unknown], flat, 
(said of the nose ; s is always silent). 

canal, s. m. [L. cariatis], canal. 

candeur, s. f. [L. candorem], openneia 
of heart, frankness, candor. 

candide, adj. [L. eantUdm], telr. 
open, frank, candid. 



VOCABULARY. 



Caniche, s. m. [U. eanis], a water- 
spaniel, poodle. 

canine, adj. [L. catiina], canine, 
canne, 8. f. [L. canna], walkinjj-stick, 
cane. 

cannibale, s. m. (a Carib word], 
man-eater, cannibal. 

canot, s.m. [cane — Ger. A-aAn], a ship's 
boat, small boat, boat. 

cantique, s. m. [L. canticvm], can- 
ticle, song. 

canton, s. m. [derJ], canton, district. 

caoutchouc, s. m. [American In- 
dian], caoutchouc, india-rubber. 

cap, s. ni. [It. capo — L. caput], cape 
headland ; head (of ship). 

capable, adj. [L.* capabilis — L, 
capare], able, fit, capable. 

capitaine, s. m. [L.* capitaneus—h. 
caput], captain. 

capitonner, v. a. [capiton — It. capi 
tone, ' silk not twisted ' ], to stuff, wad 
pad ; fauteuil capitonne, a padded arm 
chair. 

caprice, s. n. [it, capriccio — L. capra], 
caprice, whim, humour, freak, capricious 
nesB. 

capricieux, se, adj. [caprice], ca 
pricious, fantastic, whimsical. 

captif, ve, l. adj. [L. eaptivus], cap 
tive. 

'i. 8. captive. 

car, cjonj. [L. quart], for, because, as. 

caractere, s.m. [L. character], char- 
acter, characteristic. 

caracterise, e, adj. [caract&re], 
characterized, characteristic, marked. 

carafe, s. t. [it. caraffa~Ar. gerdt], 
decanter, flagon, water-bottle. 

carcel, s. m. [Carcel, the inventor], 
Carcel. 

caressant, e, adj. [pres. part, of 
caresser], caressing. 

caresse, a. t. [It. carezza—L. carui], 
caress, endearment. 



caresser, v. a. [earette], to oareM, 
fondle, stroke, fawn upon. 

cargaison, s. f. [carguer—h.* carri- 
care, of Celtic origin], cargo, freight, 
load. 

CaiTe, s. ra. [L. qtuidratus], square. 

carre, e, adj. [carrer], square. 

carreau, s. ra. [L. quadruTn], square, 
pane, lile, flag-stone. 

carrer, v. tr. [L. quadrare], to square; 
«e carrer, to strut, to spread one's sell. 

carriere, s. f. [L.* quadraria], race- 
ground, course, career. 

carriole, s. f. [It. carriuola], a small 
oaniai^e; an old cart or hand-cart (colloq.). 

carrure, s. f. [ccrrer], breadth of 
shoulders ; girth ; broad build. 

carte, s. f. [L. charta], paate-board, 
card, chart, map. 

cas, s.m. [L. casus], case, event. [Pro- 
nounce kd ; un kd-z-itrange.] 

cascade, s.f. [it. cascata — L. cadere], 
cascade, waterfall, cataract. 

caser, v.a. [case— L. casa], to plaoe, to 
find a place for, fix, settle. 

caserne, s. f. [Sp. caserna — L. qua- 
temus], barrack. 

casquette, a. t. [casque — It. casco], a 
cap. 
casser, v. a. [L. quassare], to break, 

crack. 

casserole, s. f. [casse—O.U.Q. ehezi], 

sauce-pan. 

caste, s. 1. [L. castus], caste. 

casuel, le, adj. [L. casualis], casual ; 
accidental ; subject to accident, fragile 
(coUoq.). 

catastrophe, S. f. [Gk. /coTatrrpo^r;], 
catastrophe, calamity. 

cause, s. f. [L. causa], cause, case ; d 
cause de, because of; }iotir cause, for a 
good reason, 58, 32. 

causer, v.a. [cause], tocanse, occasion, 
give. 



U 



VOCABULARY. 



causer, v. n. [L. eausare], to chat, 
talk. 

Causette, s.f. [causerl chat, chatting:. 

cavalier, l. s. m. [doublet of cheva- 
lier], knight, horseman, rider, cavalier, 
trooper. 

2. adj. (fem., -itre), free and easy, 
haughty, superciliouit, high-minded. 

cave, 8. f. [L. cavus], cellar. 

ce, demonst. pron. [L. ecce hoc], he, 
she, it, they ; &est, it is, it was. 

ce, cet, m., cette, t, ces, plu., dem. 
adj. [L. ecce hoc, ecce iste], thia, these ; 
that, those. 

ce qui, ce que, that which, what, 
which. 

ceci, dem. pro. [ce+ci], this. 

cecit6, s. f, [caecitatem], blindness. 

c6d.er, v. tr. and intr. [L. cedere], to 
yield, give wa^. 

ceindre, v.a. irr. [L. cinijere], (conju- 
gation similar to that of craindre), to en- 
close, encompass, surround, bind, fence, 
enoircle. 

celnture, s. f. [L. dnctura], sash, 
girdle, belt. 

cela, demonst. pron. [ce+la], that. 

celebre, adj. [L. celebrem], celebrated, 
famous, well-known, noted. 

c61ebrer, v.a. [L. ceiebrare], to praise, 
extol, sing, celebrate, record. [Written 
eilibr- before e mute.] 

celeste, adj [L. ccBlestu], celestial, 
heavenly. 

cells, dem. pro., fem. sing, of celui. 

cellier, s. m. [L. cellarium], strictly, 
a cellar on the ground floor ; a store- 
. room ; an outhouse, hen-house. 

celui, m.s., celle, f.s., ceux, m. plu., 
celles, f. plu., dem. prons. [L. ecce xlle, 
ecce ilia], he, him, that, slie, her ; they, 
them, those. 

cendre, s. f. [L. cinerem], ashes, em- 
ber?. 

cent, adj. [centum], hundred. 



centaine, 8.f. [cent], a hundred, about 

a hundred. 

centime, s. lu. [L. cenUsimug], cen- 
time, the hundredth part of a frano. 

cependant, adv. [ce -^^ pendant]. In 
the meantime, huwever. 

cercle, s.m. [L. drculus], circle, ring, 
orb. 

ceremonie, s. f. [L. caeremonia^ 
ceremony, courtesy. 

cerise, s. f . [L. eerasus], cherry. 

certain, e, adj. [L. certus], certain, 
sure, positive, undoubted. 

certainement, adv. [certain], cer- 
tainly, assuredly, without fail, indeed, 
surely, infallibly. 

certes, adv. [L. certe], indeed, cer- 
tainly. 

certitude, b. f. [L. certitvdo], cer- 
tainty, assurance. 

cerveau, s.m. [L- cerebellum], bntia, 

mind, intelligence. 

ces, plu. of ce, cet, cette. 

cesse, s.f. [cesser— L. cessare], ceasing, 
intermission ; saiis cesse, constantly. 

cesser, v intr. [L. cessare], ''o cease, 
stop. 

chacvm, e, pron. [chaque, un], every- 
one, each. 

chagrin, noun and adj. [der.> per- 
haps Turkish, from a kind of sackcloth^ 
grief, trouble, worry. 

ctiaine, s.f. iL. catena], chain. 

chaire, s. f. [L. cathedra], desk. 

chaise, s. f. [a doublet of chair«—'L. 
cathedra], chair, seat. 

chaland or chalant, s. m. [L.* 
chelandium — Gk. x*^''»'*""'l> * barge, 
lighter, flat-boat. 

chaland, s. m. [derJ], a customer. 

chale, s. m. [Arab, sch&l], shawl. 

chaleur, s. f. [L. calorem], heat, hot 
ness, fervency, zeal, ardour, vrarmth. 



VOCABULARY. 



chaloupe, •. f. [It $eialuppa], a long- 
boat, launch, shallop. 

chamarrer, v. tr. [Sp. ehamarra, 
lace-work], to trim with lace. 

chambre, s. f. [L. camsra], chamber, 
room, apartment. 

champ, 8. m. [L. campus], field, piece 
of ground; champ de bataille, field of 
battle ; (tre aux champs, to be in the 
country. [Pronounce chaji ; un cftan 
aride ; des chan-z-arides ; p is never 
heard.] 

champ§tre, adj. [L. campestris], 
rural, rustic ; country (as an adj.). 

chance, s. f. [L. eadentia], hazard, 
chance, luck. 

chandelle, 8.t. [L. candela], a candle. 

change, s. f. [changer], exchange, 
change. 

changement, s. m. [cha7iger], change, 
alteration, variation. 

changer, v.a. and v.n. [L* cambiare], 
to change, exchange, alter, turn ; il 
changer d'expression, his expression 
changed ; «e changer, to be changed 
converted ; to alter, to change. 

chansonnette, s. f. [chanson], ditty, 
little song. 

chant, 8. m. [L. eantus], singling, 
strain, song, air, melody. 

chanter, v.a. and v.n. [L. eantare],to 
sing, chant. 

chanteuse, s. f. [fem. of chanteur— 
L. cantatorem], singer, vocalist, chantress. 

chantonner, v. n. [cha7iter], to hum. 
chantre, s. m. [L. cantorem], singer, 
chorister, chanter. 

chaos, 8. m. [Gk. x«o?]. chaos, con- 
fusion. [Pronounce ^a-<3 ; ka-6-z-informe.] 

chapardeur, s. m. [of unknown deri- 
vation ; chat-pard. has been suggested ; 
a slang term among soldiers], plunderer, 
marauder, boodler. 

chapeau, 8.m. [chape — 'L.*capa], hat. 

Chapelle, a. f. [L.* eapeUa], chapel. 



chapitre, ■. m. (L. eapitrtlum], chap- 
ter. 

chaque, adj. [L, quisgue], each, every. 

Charbon, s. m. [L. carbonem], coal, 
charcoal. 

charge, s. f. [charger], load, freight, 
burden, charge, custody, care ; femme de 
charge, housekeeper. 

chargement, s. m. [charger], cargo, 
load, boat-load. 

charge, e, adj. [charger], loaded, 
weighted, laden. 

cliarger, v. a. [h.* earricare—h. ear- 
rus], to load, charge, burden, to weigh 
down, entrust ; se charger (de), to take 
charge of, charge one's self with. 

charitable, adj. [chariti], charitable. 

charitablement, adv. [charitable], 
charitably. 

charite, s. f. [L. caritatem], charity, 
love ; /aire la charity, to give alms. 

charmant, e, adj. [charmer], charm- 
ing, delightful, agreeable. 

charme, s. m. [L. carmen], charm, 
spell, attraction, delight. 

charmer, v. a. [charme], to charm, 
enchant, bewitch, fascinate, captivate, 
please, delight. 

charmeiir, l. s. m. fem. char- 
meuse (fig.) and charmeresse (lit.) 
[charme], charmer, enchanter. 

2. adj. charming, enchanting, bewitch- 
ing. 

charpentier, s. m. [L. carpentaritu], 
carpenter. 

charrette, •. t. [ehar, L. earrtu\, 

cart. 

charrier, v, a. [L. earricare], 1. to 
cart, bring in a cart. 
2. to drift, drag. 

Charrol, ■. m. [charroyer — ehar], 
waggon. 

chasse, s. f. [chasser], chase, hunt, 
hunting, pursuit. 



▼OCABULART. 



Chasser, v. a. [L. eaptare], to huut, lo 
chase, to pursue, driva away. 

chasseur, s. m., (em. chasseuse, 
L.* caceiator], hunter, sportsman, hunts- 
man. 

chaste, adj. [L. easttu], chaste, mod- 
est, pure, virtuous. 

chat, s. m., fern, chatte [L- eatus], 
cat. 

ch&teau, s. m. [L. castelhim], castle, 
fort, citadel, country seat, mansion. 

chatier, v. a. [L. castijare], to chas- 
tise, punish. 

ch&tiraent, s. m. [L. castigare], chas- 
tisement, punishment. 

chatouiller, v. tr. [L. cattuliare], to 
tickle. 

chaud, 1. adj., fem. chaude [L. cali- 
dus], hot, warm. 

•2. 3. m., heat, warmth ; avoir chaud, to 
be hot, warm. 

chauffer, v. tr. [L.* caleflcare — L. 
calere, to glow— /acere, to make], to 
make warm, hot ; te chauffer, to warm 
one's self. 

chauffer ette, s. f. [chatiffer], foot- 
warmer, chafing-dish. 

chauffeuse, s. f. [chauffer], a low 
chair placed near the fire. 

chaumiere, s. f. [chaume — L. cala- 
mus], thatched house, cottage, cot. 

chaussee, s. f. [L.* calciata (via), 
from calx, lime], causeway, thoroughfare, 
road, street. 

chausson, s. m. [chausser — L. cale- 
care], sock, under-stocking, light shoe, 
foot-gear. 

chef, 8. m. [L. ca}iut], chief, head. 
[/ is pronounced, except in chef-d'oeuvre.] 

cliemin, s. m. [a Celtic word], way, 
road, path, course ; chemi7i de fer, rail- 
way ; d moitii chemin, & mi-cheinin, 
half way. 

cheminee, s. f. [L. eaminata], chim- 
ney, flre-place, mantel-pieoe. 



cheminer, ▼. tr. ud Intr. [ehemin], 
to walk or plod on. 

chemise, a. f. [L.* camisia {Aroib.yl, 
shirt. 

chene, s. m. [L.* casnus], oak. 

chenil, s. m. [L.* canile], a kenneL 

cher, 1. adj., fem. chere [L. carus], 
dear, beloved ; dear, costly. 

2. adv. dear. 

chercher, v. a. [L. cireare], to seek, 
look for, search, get, endeavour, attempt, 
try ; venir chercher, to come for ; venir 
le chercher, to come for it ; envoyer U 
chercher, to send for it. 

cheri, p. p. of chMr (cher), dear, 

daVling. 

chetlf, ve, adj. [L. captivun], lean, 
thin, pitiful, piteous, puny, sorry, bad, 
mean, wretched. 

cheval, s. m. [L. caballug], horse. 

chevalet, s. m. [cheval\, easel. 

chevalier, s. m. [cheval], knight. 

chevauchee, s. f. [L.* eaballieare\, 
circuit, course. 

chevelure, s. f. [L.* eapillaturd], 
head of hair, hair. 

cheveu, s. m. [L. capillvA], hair ; ei 
cheveux, the hair (of the head). 

cheville, s. f. [L. clamcula], peg, bolt, 
plug ; la cheville da pied, the ankle-bone. 

chevron, s. m. [L.* caprionem, L. 
eapra, a goat], a rafter. 

chevrotant, e, adj. [chevroter], tre- 
mulous. 

chevTOter, v. n. [chevrot—chivre, a 
goat], to sing or speak in a tremulous 
Toice. 

Chez, prep. [L. casa], at, to, in one's 
house, at the home of ; in, with, among; 
chez soi, at home; sonchezsoi, one's home; 
rentrer chez soi, to return home ; chez 
I'dpicier, at (to) the grocer's ; de chez 
Vipicier, from the grocer's. 

chicaner, v. intr. [Ok. r^oxai'iov, a 
kind of gamel to cheat ; oaTil, qnibble. 



ts 



VOCABULARY. 



chien, •.m., tern, chlenne, [L. eanit], 
dog. 

chifFoner, t, tr. [chijfon], a rag, to 
ruffle, break up. 

chilfre, s.m. [Sp. <K/r*— Arab, fofar], 
figure, number, total amount, cipher. 

Chim6re, s.f. [Ok. xii'-<^^p<^]t chimera, 
idle fancy. [Pronounce ch as nh.] 

chimerique, adj. [chimire], ohlmeri- 
oal, visionary, fantastical. 

Chine, s. f., China. 

chiquenaude, 8.f. [origin unknown], 
fillip, slap, tap, buffet, blow. 

choc, B.m. [It eieoco], shock, collision, 
clashing together. 

chcBur, «. f. [h. chorus — Gk. x°P°^]> 
chorus, clioir, chancel ; I'enfant de choexir, 
the little chorist, singing boy. 

choir, V. intr. [L. cadere], to fall. 

choisir, v.a. [Goth. kau»i aTi— 0. 11. Q. 
ehiosan], to choose, make choice of, pitch 
upon, pick out, select. 

choix, s.ni. [choisir], choice, choosing, 
option, selection. 

chdmage, s. m. [chdmer], being out 
of work; rest from labour ; having nothing 
to do. 

chomer, v. intr. [L.* cauma, the 
heat of the day ; see calme], to quit work, 
to be out of work. 

Choquer, v. a. [choc — It. eieoco], to 
shock, strike, dash against. 

chose, 8. f. [L. causa], thing, matter, 
business, affair, deed ; grand' chose, a 
great deal, much ; autre chose, something 
else ; qiiclque chose, s. in., something. 

Chou, 8. m. [L. caulis], cabbasre. 

choyer, v. a. [origin unknown], to 
take great care of, be fond of, pamper, 
fondle, pet. 

Chretien, ne, a. and adj. [L. christ- 
ianus]. Christian. 

chronometre, b. m. [Gk. XP°''°'> + 
lUTfoy], chronometer. 



chuchoter, v.n. and v.a. [onomato- 
poetic], to whisper. [Pronounce eh as sh.] 

chutl intr. [onomat.], hush I st I [Pro- 
nounce ch aash.] 

del, a.m., plu. cieiix [L. ccelum], 
heavens, the sky. 

cierge, s-m. [L. cerews], candle, wax 
candle. 

Cil, 9. m. [L. eilium], eye-lash. [Pro- 
nounce the {.] 

cime, 8. f. [L.* eyma, the head of a 
cauliflower], the top, summit. 

cingler, v. tr. [L. cingulare], to sail 
(before the wind) ; to head for. 

cinq, num. adj. [L. quinque], five. 

cinquante, adj. [L. qninquaginta], 
fifty. 

cinquieme, s. m. [cinq], fifth part, 
fifth ; au cinquiime, on the fifth story. 

circonstance, s.f. [L. eircunutantia], 
circumstance, occasion. 

circonstancie, e, adj. [p. p. eircon- 
Staneier], detailed. 

circTiler, v. intr. [L. circulari\, to 

circulate. 

cire, 8. f. [L. cera], wax. 

cirer, v. a. [are — L. cera], to wax, 

black (boots). 

ciseaux, s. m. plu. [origin unknown), 

scissors (sing, means chisel). 

civiliser, v.a. [civil— li. eivilis], to 
civilize. 

clair, e, adj. [L. clarus], clear, pure. 
2. adv. clearly. 

clairement, adv. [clair], clearly. 

clameur, s. f. [L. clamorem], noise, 
clamor. 

clanche, s. f. [der.?], a latch. 

clapoter, v. intr. [clajtper, onomato- 
poetic], to splash, ripple. 

claquer, v. intr. {ow/matopoetic], t« 
smack, click, slam. 



28 



VOCABULARY. 



Clart6, 8. t. [L elaritatem], light, 
clearness, brightness. 

Classe, 8. f. [L. classis], class, school, 
lesson. 

clef, 8. f. [L. clavis], key. [/ always 
silent.] 

clematite, s. f. [Gk. icATjjoiaTis], cle- 
matis. 

clement, e, adj. [L. clementem], 
merciful. 

client, 8. m. [L. clienfem], client, 
patient, customer. 

cligner, v a. [h. clinare', to blink, 
wink ; dinner de I'oeil, to wink. 

clin, s.m. [cligner], wink, twinkling; 
trice. 

cloche, 6. f. [L.* docca, from the 
Celtic], bell. 

cloitre, a.m. [L. daustrum], cloister. 

Clore, V. a. irr. [L. daudere], (used 
only in the following forms:— Je dus, tu 
dos, il ddt; je dorai; je dnrais; dos; 
que je dose ; dos, dose), to enclose, fence, 
shut in, finish, conclude. 

clos, e, [p. p. of dore,] closed, tight, 
shut. 

cloture, 8. f. i L.* dositura ; L. dau- 
sus], fence. 

clouer, v.tr. [dou, L. davits], to nail, 
pin, fix. 

COCOtte, s.f. [o7ioiiiat.,a, child's word], 
hen, pullet. 

cceur, 8. m. [L. cor], heart; de bon 
ccBur, heartUy ; avoir le cceur net, to have 
one's mind clear. 

coflre, s. m. [L. cophinus], chest, 
trunk. 

coffrer, v. a. [cofre], to put by (in a 
trunk); to imprison (fam.). 

cogner, v. a. [coc/nie, an axe], to 
knock, hit, strike; se cogner, to hurt, 
bump, strike, one's self. 

cobue, s. I. [from interj. hue], crowd, 
mob. 



coi, coite, adj. [L. quietus], still, 

quiet. 

COifFer, v.a. [coife—L.* cuphia], to 
put on one's head, dress the hair ; to 
over-top, top, surmount. 

coiffure, s. f. [coife], head-dress. 

coin, s. m. [L. cuneus], corner, angle, 
nook. 

colere, 1. s.f. [L. cholera], passion, 
anjrer, wrath, rage, fury ; il est en colire, 
he is angry. 

2. adj.,angrj', passionate, hasty, chol- 
eric; la bouche colore, the lips compressed 
in anger. 

collection, s. f. [L. collectios], collec- 
tion, set. 

college, s.m. [L. collegium], college, 
school. 

collar, V. a. and v. n. [colle — L. colla], 
to paste, glue, stick together ; adhere. 

collet, s.m. [col — L. collum], collar. 

collier, s. m. [col, neck, L. collwn], 
collar (on dogs, etc.). 

colline, a. f. [L. collina], a hillock, 
hill, elevation. 

colombier, s. m. [L. columbarium], 
dove-cot, pigeon-house. 

colonne, s f. [L. columiia], column. 

colorer, v. a. [L. eolorare], to colour, 
to dye. 

colorie, e, adj. [colorier, doublet of 
colorer], coloured (said of paintings). 

colorier, v. a [colori—p. p. of O. F. 
colorir], to colour, put colour on, (said 
of pictures . 

combattre, v.a. and v.n. irr. [L. cum 
-I Fr. battre], (pres. ind. je combats), to 
fight, combat, dispute, contest, war 
contend, vie. 

combler, v.a. [L. cumulare], to heap, 
heap up, make up, fill up, crown, com- 
plete, overwhelm. 

comedie, s. f. fl>. ecmuedia], comedy, 
play. 

- commande, s. f. [commander], com- 
mand, order (in trade). 



U 



TOCABULABT. 



commandement;, •. m. [eomman- 

der], command, order. 

commander, v.tr. [L. commendare], 
to command, bid, order. 

comme, l. adv. [L. quomodd], as, like. 
2. conj., as, since, how, as it. 

commencemient, a.m. [comme.ncer], 
beginning. 

commencer, v. a, [L. cum initiure], 
to begin, commence, [g before a and o.] 

comment, adv. [coinme+menti, liow. 
In what manner, why, wherefore, what, 
indeed ; comment celat how is that? 

commerce, s. f. [L. comrn«rcium\, 
commerce, trade, business. 

COnam6re, s. t. [L.* com-mater, god- 
mother], godmother; gossip, gadabout, 
crony, talkative old woman. 

commettre, v. tr. [L. committre], 
commit. 

commlssaire, s. m. [commettre], 
commissary ; cominissaire de police, mag- 
istrate. 

commission, s. f. [cum,mettre], com- 
mission, errand. 

commissionnaire, b. m. {com,mii- 
sion], commissioner, agent, factor, mes- 
senger, 

commode, l. adj. [L. comm^dus], 
commodioiis, convenient, comfortable, 
agreeable, easy. 

2. B. f. bureau, chest of drawers. 

commun, e, adj. [L. communis], 
common, usual, ordinary. 

commune, 8.f. [commun], commune, 
parish. 

communion, B.f. [L. eomm,unio7iem], 
communion, sacrament. 

compagnie, s. f. [eompcigne], com- 
pany. 

compagnon, 8.m. [L.*eumpanionem, 
cutn+paTie, bread], companion. 

comparer, r. tr. [L. eomparare], to 
compare. 



compassion, s.f. [L. eompasiionem], 

compassion, pity. 

compatissant, e, adj. [compatir, 
L.* comiiatiri], compassionate. 

compatriote, 8.m. and f. (L. com- 
parita], compatriot, fellow-countrynian, 
fellow-countrywoman. 

compensation, s. f. L. compenta- 
tionein], coiuptnsation, amends, repara- 
tion, satisfaction. 

complaire, v.n. irr. [E. complacere] 
(conjugated like plaire), to honour, 
please. 

complaisance, s.f. [complaire], kind- 
ness, complaisance, complacency. 

complet, ete, adj. [L. completus\, 
complete, full, total, perfect. 

complet, s.m. [complet], complement, 
outfit. 

complicite, s.f. [complice — L. com- 
plicem], the being an accomplice, com- 
plicity. 

compliment, s. m. [O.F. complir, to 
finish], compliment, congratulations. 

compliquer, v. tr. [L. comvlicare], 

to complicate. 

comporter, v. tr. [L. comportare], to 
permit ; allow, admit of ; se comporter, to 
behave, act ; to conduct one's self. 

composer, v.a. [L. comyonere], to 
compose, form. 

comprendre, v.a. irr. !L. compre- 
henderc], (for conjugation see prendre), 
to comprehend, understand, conceive, 
include, comprise, contain. 

compris, e, past part, of cumprendre. 

comprit, 3rd sing. pret. ind. of com- 
prendre. 

compromettre, v. tr. (L. compro- 
iiiittere], to compromise. 

compte, s.m. [L. computus], account, 
reckoning, calculation, score, esteem, re- 
gard ; pour man compte, for my part ; t* 
reiidre un compte de, to realize. 



86 



VOCABULARY. 



compter, v. a. and v.n. [L. computare], 
to count, reokoii, number, calculate ; de- 
pend, rely. 

comte, s.ni. [L. comitem], count. 
COmptoir, s. m. [compter], counter, 
bar (of a tavern). 

conceder, v. a. [L. concedere], to 
grant, yield. [Written conckd — before e 
mute. ] 

concerner, v.n. [L. conceniere], to 
relate or belong to, concern, regard. 

concession, s. f. [L. concessionem], 
concession, compromise. 

concevoir, v.a. [L. concipere], to ap- 
prehend, imagine, understand, perceive, 
take, comprehend, conceive ; cela se am- 
foit, that is readily understood. 

concierge, s.m. and f. [L.* conser- 
vitui], porter, doorkeeper, janitor. 

concilier, v.a. irr. [L. coticiliare], to 
reconcile, conciliate. 

conclure, v.a. and v.n. [L. conclii- 
dere], {coneluant, conclu, je coticlus), to 
conclude, infer, think, judge. 

COncourir, v. int. irr. [L. concurrere], 
to concur, conspire. 

condamne, adj. and noun [condain- 
n«r], condemned ; prisoner, one sentenced 
for crime. 

condamner, v. tr. [L. condetnnare], 
condemn, [m is not pronounced.] 

condition, s.f. [L. conditwnem], con- 
dition. 

conduire, v. a. irr. [L. conducere], 
(conduisant, conduit, je conduis, je con- 
duisis, qiteje conduise), to conduct, lead, 
g^lide, convoy, carry, bring, take, accom- 
pany, attend. 

conduite, 8.f. [fem. of p. p. of con- 
duire], conduct, charge, behaviour, man- 
ner, deportment, guidance. 

confection, 8. f. [L. eonfectionem], 
ready-made clothing. 

confesser, v. a [L. eonfessum], to 
oonfess, acknowledge, avow. 



conflance, s. f. [eonfiant — eonfier], 
confidence, reliance, trust, dependence, 
assurance. 

confidence, s.f. [L. confidentia], con- 
fidence, secrecy, secret, disclosure, trust. 

confident, 8.m. [L. confide atein], con- 
fident, confidant. 

eonfier, v. a. [con-\-fier], to confide, 
intrust, commit to ; se eonfier, to tiiiatin, 
place reliance on. 

confiture, 8.f. [confire, L. cmifieere], 
preserves, jam. 

confondre, v.a. [L. confundere], to 
confound, confuse, blend, mix, mingle. 

confortable, adj. [Eng. corn/ortable], 
comfortable, easy, enjoyable. 

confus, e, adj. [L. confusus], mixed, 
blended, contused, ashamed. 

conge, s.m [L. commeatwi], leave, 
liberty, permission, holiday. 

congestion, s. f. [L. congestionein], 
congestion, 
congestionner, v.a. [congestion], to 

cause a congestion, congest. 

conjecture, s.f. [L. conjectura], con- 
jecture, guess. 

conjugal, e, adj. [L. conjuffolu], con- 
jugal, married. 

conjurer, v. tr. [L. eonjurare], to 

conjure, band together, swear. 

connaissance, s. f. [connaissant], 
knowledge, acquaintance, intercourse, 
learning, understanding. 

connaitre, v.a. irr. [L. eognoscere], 
(connaissant, connu, je connais, je eonnus, 
je connaitrai, que je connaisse), to know, 
be acquainted \vith. 

connu, e, [past part, of connaitre], 
knowTi, well known, familiar. 

conquerir, v. tr. irr. [L. conquir«re], 
(conjugated like acquirir), conquer, ac- 
quire, overcome. 

conquete, s.f. [conqiUrir], conquest, 

conquis, past part, of eonquirir, 
conquered. 



se 



VOCABULARY. 



consacrar, t.». [L. eonseerare], tt> 
oonseorate, devote, hallow, i>anctify, sanc- 
tion. 

conscience, s.f. [L. cnnsdentia], con- 
science, perception, consciousness. 

consciencieusement, adv. [con- 
leiencieux], conscientiously. 

consclencieux, se, adj. [conscience], 
conscientious, honest, upright, straight- 
forward. 

conseil, 8.m. (L. eonsiUum], counsel, 
ikdvice. 

conseiller, v. tr. [ccynseil], to advise, 
counsel. 

consentir, v.n. irr. [L. congentire], 
(pres. ind., J« consent), to consent, agree, 
acquiesce, assent to. 

consequence, 8.f. [L. eonseqiuntia], 
consequence, sequel. 

consequent, s. m. [cotisequenfe], con- 
sequent ; par consequent, consequently. 

conserver, v. a. [L. conservare], to 
preserve, keep, maintain. 

considerable, adj. [consicUrer], con- 
siderable, exten8i\e, on a large scale. 

considerer, v. a [L. com-iderare], to 
consider, look at, regard, esteem, respect, 
look up to. [Written dir before e mute.] 

consigner, v. tr [L. consignare], to 
deposit, assign. 

consolation, s. f. [L. eoTigolationem], 
consolation, comfort, solace. 

consoler, v. a. [L. eonsolari], to con- 
sole, solace, comfort. 

consommer, v. a. [L. consummare], 
to consummate, complete, perfect, finish, 
accomplish, consume, use. 

conspirer, y. tr. [L. eonspirare], to 
conspire. 

constamment, adv. [constant], with 
constancy, steadily, perseveringly, con- 
stantly. 

constant, e, adj. [L. constantem], 
constant, unshaken, steadfast, persever- 
ing, anTMying, steady, laating. 



constater, v. tr. fL. status], to sUta, 
assert, aflBrm, confirm. 

constemer, v. a. (L. constemere], to 
strike with consternation, astound, amaze, 
dismay, dishearten. 

constituer, v. a. [L. cmist'ituere], to 
constitute, make, place, put, raise, settle. 

COnsulter, v. a. [L. consultare], to 
consult, advise with, take advice of, 
deliberate, confer. 

contact, s. m. [L. contactus], contact, 
touching, touch. 

conte, 8. m. [conter], a tale. 

contempler, v. a. [contemplari], to 
contemplate, behold, survey, view, gaze 
on. 

contenance, s. f. [contenir], counte- 
nance. 

contenir, v. tr. irr. [L. contenire\, 
(conjugated like tenir), to contain, hold ; 
imply; restrain. 

content, e, adj. [L. contentus], con- 
tent, satisfied, pleased, in good humour. 

contenter, v. tr. [content], to satisfy. 

conter, v. tr. [doublet of cotnpter], to 
tell, relate, narrate. 

contester, v. a. [L. contestari], to 
contest, dispute, contend, debate. 

contiennent, 3rd plu. pres. ind. of 
contenir. 

continuer, v. a. and v. n. [L. continn- 
are], to continue, keep on, go on, run on, 
extend. 

contradiction, s. f. (L. eontradietion- 
em], contradiction. 

contradictoire, adj. [L. contradie- 
tortus], contradictory. 

conti'aindre, v. a. irr. [L. constring- 
ere], (conjugated like craindre), to con- 
strain, compel, force, make, drive, neces- 
sitate, impel. 

contrainte, s.f. [eontraindre], con- 
Btraiiit, compulsion. 

contraire, s. m. [L. eontrariut], con- 
trary, opposite; «« eontraire, on the 
contrary. 



tl 



VOCABULARY. 



oontrarter, t. a [L. eontrarius], to 
oontradict, gunaay, thwart, bafl3e, op 
poee. 

contrariete, s, (, [cmitraire], annoy 
' ftnoe, vexation. 

contraste, a. m. [It. contrasto — L, 
eontra+ stare], contrast. 

centre, prep. [L. contra], against, 
contrary to. 
contre-allee, 8.f. cross-lane, alley. 

contre-coup, s. m. [contre-coup], re 
action, rebound. 

contrition, s. f. [L. contritionem], 
contrition. 

controler, v. a. [co7itr6le — contre+ 
r6le], to register, put upon the rolls, to 
verify, examine, control, check, keep in 
check. 

convaincre, v. tr. irr. [L. ecnivmcere], 
(conjugated like vainere) to convince. 

convalescent, s. m. [L. convalescen- 
tem\, convalescent, a person recovering 
from illness. 

convenable, adj. [convenir^ suit- 
able, fit, proper, convenient, meet, 
seemly, becoming, befitting, expedient. 

convenir, v. n. irr. [L. convenire] 
(conjugated like venir), to agree, ailmit, 
own, acknowledge, suit, fit, match, be- 
come, be suitable, be fit, expedient, con- 
venient. 

conversation, a. f. [L. eonversa- 
tio7iem], conversation, converse, talk, 
discourse. 

conversion, s. f. [L. conversionem], 
conversion, transformation, change. 

conviction, s. f. [L. convictionem], 
conviction. 

conviendra, 3rd sing. fut. of con- 
venir. 

convoiter, v. a. [convoitise], to covet, 
hanker after, conceive a violent passion 
for. 

convoitise, s. f. fL.* cvpiditia—h. 
cupiditaul, covutousuess, desire. 



convulslf, ve, ad], [eonvultum], oos. 

vulsive, agitated. 

convulsion, b. f. [L. eonvuUtonmi], 

convulsion, fit. 

copain, s. m. [colloquial contraction 
of compaf/noii], fellow, mate. 

copie, B. f. [li. copia], copy, transcript, 
task. 

copieux, se, adj. [L. eopiotus], copi- 
ous, abundant. 

coque, s. f. [L. concha], shell (of eggs, 
fruits, pearls) ; hull (of a ship). 

coquelicot, s. m. [O. F. coquelicoq 
(coq), onom<:t02}oetic,froxn the crowing ol 
the cock], the wild poppy (which is red, 
like a cock's comb). 

coquille, s. f. [coque — L. concha], 
shell ; coquille de noix, nut-shell. 

coquin, e, 8.m.f.[d«r..'], rascal, rogue, 
scamp. 

corbeau, a. m. [L.* eonellxu—li. eor- 

vuh], crow. 

corbeille, s. (. [L. eor&tcuto], a flat 

wide basket. 

corde, s. f. [L. chorda], cord, chord, 

string, rope. 

cordon, s. m. [corde], strand, string, 
cord, door-rope. 

comemuse, s. f . [come+muse\, bajf- 

pipes. 

coroUaire, s. m. [L. corollarium, ».«., 
a little crown, a mark indicating a deduc- 
tion], a corollary. 

corps, s. m. [L. corpus], body, corp* 
de dilit, see note 42, 6. [Pronounce kor ; 
un kor animi.] 

correct, e, adj. [L. correcttu], acos- 

rate, correct. 

correction, s. f. [correct], correction. 

correspondance, s. f. [L. eorrespon- 
dere], correspondence, communication. 

corruptetir, trice, adj. and noon 
[L. corruptortm\ oorrapt, oomiptlng, 
oorruptoc 



VOCABULARY. 



corsage, a. m. [O.F. cw«, ' body ' ], 
trunk (of the body), chest, body (of a 
dress), waist. 

corvee, s.f. [L.* corvada — L. corrogata 
operd\, statute-labor, toil, drudgery, un- 
pleasant duty. 

costume, s. m. [it. costume], customs, 
manner, usages, costume, dress. 

cdte, s. f. [L. casta], rib, side, coast ; 
e6te d c6te, side by side. 

C6t6, i. m. [L.* costatuni], side, way, 
party ; d c6t€ de, by, beside, along side 
of; duc6ti de, towards, in the direction 
of, on the same side as ; de c6ti, to one 
side. 

COteau, 8. m. [c6te\, hill, hillock, slope. 

couchant, adj. [pres. p. of coucher], 
lying, couching ; chien cnuchant, a setter. 

COUChe, 8. f. [cov.cher\, bed, couch, 
layer, coating. 

cou, 8. m. [L. eollum], neck. 

COUCher, v.a. and v.n. [L. collocare], 
to put to bed, lay down ; to lie, sleep, lie 
down to rest ; se coucher, to go to bed, lie 
down : coucher en icrit, to write (62, 18). 

COUCOU, pi. 8. s. m. [L. cacuUi^], a 
cuckoo, a cuckoo-clonk, a clock. 

coude, s. m. [L. cubitus], elbow. 

coudre, v.a.irr. [L. consitere], (cousant, 
eousu, je couds, je cousis, je coudrai, que 
je couse), to sew. 

couler, v.n. and v.a. [L. colare], to 
flow, run, glide, slip, sink, fall; couler 
bos, to founder. 

couleur, s.f. [L. colorem], color. 

coulisse, s.f. [fern, of ccidis— couler], 
groove, side-scene ; behind the scenes. 

coup, s.m. [L. cnlaphus], blow, shock, 
stroke, flash ; drop, draught (of liquids), 
act ; pour le coup, nonsense ! repousser a 
coups dc pierres, to stone back ; tout a 
coup, suddenly; coup de vent, gust of 
wind ; coup d' ceil, glance ; coup d' itat, 
a bold stroke of statemanship ; coup d' 
iloquence, flash of oratory ; coup de rame, 
stroke (of an oar); du premier coup, at 



the first effort, oEf-hand ; tout fun coitp 
all at once ; coup de bdtoii, whack ; boirt 
un coup, to have a drink ; to drown, [p 
always mute.] 

coupable, l. adj. [L. culpabilit], 
culpable, guilty, in fault, sinful. 

2. s.m.f. guilty person, culprit. 

coupe, s.f. [couji], cup. 

couper, v.a. [coup], to cut, cut off. 

couple, s.f. [L.* copula], couple, 
brace ; s.m. (of persons), couple, pair. 

coupon, 8. m. [coup], remnant, cou- 
pon. 

cotor, s.f. [L.* curtis—L. cohors], court, 
yard. 

courage, s.m. [L.* coraticum] cour- 
age, spirit. 

courag'eusement, adj. [courage], 
courageously. 

courant, 1. s. m. [coiirir], current, 
course, midstream ; mettre au courant, 
to inform ; teiiir quelqii'un nu courant, 
to keep some one infonned. 

2. adj. current. 

courant, pres. p. of courir. 

courbe. e, adj. [coxtrber], bent, 
stooped, leaning. 

courber, v.a. [L. cuivare], to bend, 
warp, make crooked, curve ; se courier, 
to bend, bow, stoop, bow down. 

courir, v.n. irr. [L. currere], (courant, 
couru, je cours, je courus, je courrai, que 
je cotire), to run. 

couronner, v.a. [L. coronare], to 
crown. 

COUrrier, s. m [courir], courier, mail, 
post. 

COurroie, s. f. [L. corrvjia], a strap. 

courroucer, v. tr. [L.* corruptiare, 
L. corrutitus], to irritate, incense, pro- 
voke, make angry. 

cours, s.m. [L. curstis], course, stream, 
current, running, vent; capitnine au 
long cours, ocean captain. [Pronouno*' 
un hour ; un kou-r-Stemel.] 



89 



VOCABULARY. 



course, 8.f. [L. eursa], race, running, 
chase ; tout d'une course, at one run, 
running every step of the way. 

court, e, adj. [L. curt^is], short, 
scanty, brief, concise. 

coussin,s.ni.[L.*cMZc(twMtm],cu8hion. 
cousu, e, past. part, [coudre], sewed, 
stitched. 

couteau, s.m. [L. ctiHellus], knife. 

coucer, v.n. [L. constare], to cost, to 
be worth ; couter cher, to cost much, to 
be a lieavy expense to. 

couture, s.f. [L.* consutura], sewing, 
couture, e, adj. [L. consuere], seamed, 
furrowed, wrinkled. 

couvee, s. f. [couver], brood. 

couvent, s.m. [L. eonventus], con- 
vent, monastery, nunnery, 

couver, v. tr. [L. mbare], to brood 
over, to hatch ; to gaze fondly at. 

couvercle, s. m. [L. cooperculum], 
cover, lid, cap. 

couvert, s.m. [couvnr], table-cloth 
and covers, cover (plate, spoon, knife and 
fork), place at table ; mettre le couvert, to 
set the table. [Pronounce un cou-vir 
epais ; des cuu-vSr ipais.] 

couvert, p. p. of couvrir. 

couverture, s. f, [couvrir], cover, 
wrapper, coverlet, counterpane, bed- 
clothes, blanketing, blanket, quUt. 

couvrir, v.a. irr. [L. cooperire], (eouv- 
rant, couvert, je nouvre, je couvris, je 
couvrirai, que je couvre), to cover, en- 
velop, wrap up, muffle up. 

craignait, 3rd sing. imp. ind. of 
craindre. 

craindre, v.a. irr. [L. tremere], {craig- 
nant, craint, je crairis, je eraignis, je 
eraindrai, que je craigne), to fear, dread. 

craint, p. p. of craindre. 

cralnte, s.f. [craint, p. p. of craindre], 
fear, dread, awe, apprehension, timidity. 

craiatif, ve, adj. [craint^], timid. 



cramponner, v. lntr.[Oenn. krampe\, 

to seize, clutch, cling to, hold fast to. 

cr&ne, a. m. [cranium], l. oranium, 
skull. 

2. (colloq.), a forward, self-aaserting 
man. 

3. adj. (from 2, above), self-asserting, 
perky. 

crS,nerie,8.f.[cr(Jjie], boldness, bluster. 

craquement, s.m. [craquer], crack, 
cracking noise, creaking, creak, squeak. 

craquer, v. n. [croc — onomat], to 
creak, to creak, stamp, tramp. 

crasseux, se, adj. [L. crassus], 

dirty, filthy, nasty. 

crayeux, se, adj. [crate, chalk, L. 
creta], chalky. 

crayon, 8.m. [craie—L. creta], ohalk, 

pencil. 

creature, s. f. (L. ereatura], creature. 

credit, s.m. [L. ereditum], credit, 
trust, authority, influence; d credit, on 
credit, or trust, [t is never pronounced.] 

crediilite, s. f. [L. credulitas], credu- 
lity. 

creme, s.f. [L. eretnum], cream, 
crepe, 1. s.m. [criper — L. crispare], 
crape. 
' 2. s.f., pancake. 

crepuscule, s.m. [L. crepusculum], 
crepuscule, twilight, dawn. 

crSte, s. f. (L. crista], crest, oomb (of 
hens). 

creux, se, adj. [L. eerrosum], hollow. 

crevecoeur, s. m. [erever+ccetir, 

heart-sore, heart-break. 

Cr6ve-coeur, s. m. [Creve-eceur], a 
breed of large hens (see note 26, 6X 

crever, v.a. and v.n. [L. crepare], to 
break, split, crack, rift, tear, rend ; to 
buret, to die. [Written criv- before « 
mute.] 

cri, 8. m. [crier], cry, scream, scream- 
ing, howling, yell, clamour, whint; 



VOCABULARY. 



Ciiard, e, adj. [erier], nlamorous, 
shrill, strident. 

crier, v.n. [L. guiritare], to cry, cry 
out, shout, scream. 

crime, 8.m. [L. crimen], crime, sin, 
transgression, guilt. 

criminal, le, adj. [L. eriminalis], 
oriminal, guilty. 

crini6re, s. f. [erin, L. erinis], mane. 

crisper, v.a. [L. crispare], to shrivel, 
contract, clench ; se crisper, to shrivel, 
clench, contract. 

cristal, s.m. [L. crygtallum], crystal; 
pi. crystal ware, glassware. 

croc, s.m. [Neth. krok], hook, [c is 
silent.] 

croire, v.a. and v.n. irr. [L. credere], 
(eroyant, cru, je erois, je crus, je croirai, 
que je croie, to believe, trust, credit, 
think ; croire d, to believe in. 

croisee, s. t. [eroisS—crove], window, 
casement, sash. 

croiser, v.a. [croix — h.erux], to cross, 
lay across, or cross-vvl^e, set across ; se 
croiser avec, to meet, fall in with. 

croissant, e, adj. [crottre], growing, 
increasing. 

croitre, v. n. irr. [L. erescere], (croii- 
tant, criX, je crots, je cr-ds, que je erolsse), 
to grow, wax, grow up, grow tall, in- 
crease, lengthen, sprout, shoot. 

croix, ». t. [L. c-rucem], a cross. 

crotte, B. t [origin uncertain], dirt, 
mud. 

crott6, e, adj. [erotte], dirty, muddy. 

croyalt, imp. ind. 3rd sing, of croire, 

cm, p. p. of cr<nre. 

ClTUCiflx, 8.m. [L. crueifixus], crucifix, 
cross. 

crue, i.f. [crottre, a rising of water ; 
flood, freshet. 

cruel, le, adj. [L. erudelis], cruel, 
merciless, pitiless, ruthless, hard-hearted, 
hard, inflexible. 

cruellement, adv. [cruel], cruelly, 
barbarously, unmercifully, mercilessly, 
pitilessly, ruthlessly. 



crut, 3rd sing. pret. def. of croire. 

cueillette, s. f. [cueillir], gathering, 
crop, collection. 

cueillir, v. a. irr. [L. collegere], (cueil- 
lant, cueilli, je cueiUe, je aieillciai), to 
cull, pick, pluck, gather, take up. 

cuiller or cuillere, s. f. [L. coch- 
leare], spoon. [Pronounced always as 
cuillkre. ] 

cuilleree, s. f. [cuiller], spoonful. 

cuisine, s. f. [L. eoquina], kitchen, 
cookery ; faire la cuisine, to cook. 

cuisiner, v. intr. [cuisine], to cook. 

cuisinier, s. m., -iere, fem. [cuisine], 
cook. 

cuisse, s. f. [L. coxa], thigh, hip. 

cuivre, s. m. (L. cuprum], copper ; 
plu. coppere, brass instruments. 

culbuter, v. tr. [cul+buter], to over- 
turn, throw down, upset. 

culotte, 8. f. [cul—L. ciilus], small 
clothes, breeches, knickerbockers. 

cultivateur, trice, adj. [L.* culti- 
vare], agricultural ; engaged in farming. 

culti ver, v.a. [L. cultus], to cultivate, 
improve. 

cure, s.m. [cure, L. cura], vicar, rector, 
parish priest, cur6. 

curieux, se, adj . [L. curiosiit], curi- 
ous, inquisitive, interested, anxious. 

curiosite, s. f. [L. curiositatem], curi- 
osity. 

cuve, B. f . [L. eupa], a vat, tub. 



daigner, v. n. [L. dignari], to deign, 
condescend, vouchsafe. 

dalle, 8. f. [derJ], flagstone. 

dalld, e, p. p. of daller [dalle], to flag, 
pave, 

dame, s. t. [L. domina], lady, married 
lady. 

dame I intr. (L. domine], well 1 for 
sooth I 



VOCABULARY. 



dangereux, se, adj. [danger— L. 
dominiarium] dangerous. 

danois, e, adj. [Dane (marA:)], Danish; 
8. m., a kind of hound, with short hair, 
usually white, mottled with black ; a 
beagle, harrier. 

dans, prep. [L. de intiis], in, out of, 
from, into. 

denser, v. n. [O. H. G. danson], to 
dance. 

date, s. f. [Ij. data, plu. neut. of da- 
tus], date. 

davantage, adv. [de, avantage], more, 
longer. 

de, prep. [L. de],ot, from, by, with, to, 
in, for phrases with de, as de m^me, du 
reste, de suite, etc., see mSme, reste, 
suite, etc. 

de, 8. ra. [L. datum, ' what is thrown 
on the table '], die, thimble. 

deballage, s. m. [diballer], unpack- 
ing (said of pedlars' goods). 

deballer, v. a. [d^+balle], to unpack, 
unfold. 

debandade, s. f. [d<^bander—d^, ban- 
de], confusion ; d la debandade, in confu- 
sion, helter-skelter. 

debarbouiller, v. a. [di+barbouiller 
— barbe], to clean, make clean, wash the 
face ; se debarbouiller, to wash one's face. 

se debarasser, v. r. [dSbarras—d£, 
barre], to disentangle, extricate one's self 
from, rid one's self of, get clear. 

debarcadere, s. m. [debarquer], a. 
wharf, depot, station. 
• debarquer, v. tr. [di+barque:\, to un- 
ship, unload. 

debarras, s. m. \d^+barre], riddance. 

debarrasser, v.tr. [disbar ran], to rid, 
free, deliver. 

debattre, v.a. [dd+battreUje debats), 
to debate, discuss, argue; se debattre, to 
■trutj'^'ie. 

debauclae, 8.f. [d<i+ O.F. battcTie, 



'workshop'], debauch, wutefol excess, 
carnivaL 
debitant, B.in. [debit, L. debitum], 

dealer, seller. 

debitor, v. a. [debit, L. debitum], to 
sell, retail, utter. 

deblayer, v. tr. [L.* debladare], to 
clear away. 

debordant, e, adj. [p.p. of diborder], 
overflowing, exuberant. 

d^border, v. intr. [d^-)-6ord], to over- 
flow, run over. 

deboucher, v. intr, [d6-\-houehe\, to 
issue from, appear from, 

debout, adv. [de-^-bout], upright, on 
end, up, standing. 

debris, a.m. [d6+bris—briser\, re- 
mains, rubbish, wreck, ruins, waste. 

debut, s.m. [diJ-f ftuf], lead, first cast 
or throw, onset, debut, first appearance 
beginning. [Pronounce un di-bu ; un di- 
bii-t-heureux ; des de-bu-z-heureux.] 

decembre, s.m. [L. decembrem], de 
cember. 

dechalner, v. tr. [di-^chaine], to un 
chain, to set loose, to set free. 

dechargement, a. m. [dichargerl 
unloading. 

decharger, v. tr. [di+eharge], to un 
load. 

dechet, a. m. [ddchoir], loss, waste 
shrinkage, shortage. 

dechirement, s. m. [dichirer], tear 
ing, crash. 

dechirer, v.tr. [d^+O.H.Q. skerratil 
to tear. 

decidement, adv. [dlcidi—d6cider\ 
decidedly, positively. 

decider, v. a. [L. decidere], to decide, 
determine. 

decime, s. m. [L. decimd], a decime, 
[the 10th part of a franc (19| cents), 
hence, 'a penny']. 

decision, s. f. [L. decisionem], deci 
sion, determination. 



82 



VOCABULARY. 



declamation, s. f. [L. declama- 
tionem], declamation, elocution, declaim- 
incr. 

d6clamer, v. a. and v. n. [L. deda- 
mare], to declaim, recite. 

declarer, v. a. [L. declarare], to de- 
clare, make known, proclaim, certify. 

decoiffer, v. a. [d^-\-coiffer], to take 
off a head-dress, undress the hair ; se d6- 
eoiffer, to undo one's head-dress, take oft 
one's cap. 

decolerer, v. intr. [di + coUre], to 
lose anger, to allow one's anger to sub- 
Bide. 

decor, s. m. [d6corer—h. decorare], 
decoration. 

decoiiragement. s. m. [di, courage], 
discouragement, despondency. 

decourager, v. tr. (de-\-couraffe], to 
discourage. 

decouverte, s. f. [d£couvrir], dis- 
covery. 

decouvrir, v. tr. [d/.+couvrir], to 
discover, to find out ; to uncover, to take 
off the hat. 

decrepit, e, adj. [L. deerepitus], de- 
crepit. 

d6cr6pitude, 8.f. [d^cripit], decrepi- 
tude. 

d6crire, v. tr. irr. [L. deseribere], to 
describe. 

d6crocher, v. tr. [de+eroc], to un- 
hook ; to take down, out, off. 

decroissant, e, adj. [dicroXtre], de- 
creasing, diminishing. 

d6croItre, s. n. [d6-\-cro%tre], (conju- 
g:ated like croitre), to decrease, diminish. 

d6daigner, v. tr. (L. dis-{-dignari\, 
to disdain, despise. 

d6daigTieusement, adv. [didaig- 
neux], disdainfully, scornfully. 

dedaigneux, se, adj. [d^daigTier], 
disdainful, scornful. 

dedaln, s. m. [didaigner], disdain, 
eon tempt 



dedans, 1. m) d*+dans\, within, 

in, inside ; Id-dedam therein, in that. 
2. 8. m. the inside, interior. 

dedommager.v. tr. [dd+dommage], 
to indemnify, to make up for, to make 
good. 

d6esse, s. f. [dicu], goddess. 

ddfaillir, v. n. Idi+faillir], (conju- 
gated like j'ailHr), to grow faint and weak, 
to fall, swoon, faint away. 

defaire, v. a. [d4+faire], (conjugated 
like /aire), to undo, rip, unknit, unravel; 
se defaire, to get rid of. 

defaut, s.m. [d(i+faut], defect, ault. 

defendre, v. n. [L. defendere], to de- 
fend, forbid ; se defendre, to defend one's 
self, excuse one's self from doing a thing, 
protest, object, decline, to resist, help, re- 
frain, forbear. 

defense, V. tr. [L.* defensa], defence, 
injunction, prohibition. 

defenseur, s. m. [difense], defender. 

d6f6rence, s. f. [d^firer], deference. 

defiant, e, adj. [pres. part, of difier\, 
suspicious, mistrustfuL 

d^fler (se), v.r. drf-f/er], to mistrust, 
suspect. 

d^flgurer, v. tr. [di+Jigurer—L. 
figurare], to disfigure. 

d6flnitif, ve, adj. [L. definitimis], 
definite. 

d^fratchlr, v. a. [di+frais], to de- 
stroy or take off the brilliancy, gloss or 
freshness of a thing; se dijraichir, to 
lose brilliancy, freshness. 

defroque, s. f. W+froc, 0. H. G. 
hrock], the money and movables which a 
monk leaves at his decease ; cast-off 
clothes, old garments. 

defunt, e, adj. [L d^functus], de- 
funct, deceased. 

degourdl, e, adj. [digourdir], quick, 
sharp, acute. 

d^govirdlr, v.a. [di-\-go%urd],to quick- 



VOCABULARY. 



•n, revire, sharpen ; digourdir tei jatnbes, 
to stretch one's limbs. 

degoflt, 8, m. [de+goUt], disgust, dis- 
like, distaste. [Pronounca tU-goA ; un di- 
goU-t-affreux ; des di-:ioU-z-affreux.] 

d^gofit^, e, adj. [d^goHter], disgusted. 

deg-oflter, v. a. and v. n. [dSgoUt], to 
disgust ; to look repulsive ; se digouter, 
to take a disgust, a dislike, a distaste to ; 
to nauseate, dislike. 

degr^, 8. m. [L. de, gradus]. degree, 
step. 

d6gringoler, v. intr. [derj], to go 
down, roll down, tumble down; to go 
down hill (fig.). 

deguenille, e, adj. [di, guenille, 
'rag'], tattered, ragged. 

deguster, v. tr. [L. degiistare], to 
taste, to enjoy the taste of. 

dehors, adv. [de+hors], out, without, 
out of doors ; au dehors de, outside of ; 
outside, outspread ; en dehors de, outside 
of, beyond, [s is always silent.] 

d6ja, adj. [dis+ja — h. jam], already, 
before, yet. 

dejeuner, 1. v. n. [dd+jedner—'L. je- 
junare], to breakfast. 
2. s. m. breakfast. 

dela, prep, [de+ld], beyond, farther 
than, on the other side of : aw deld de, 
par dela, beyond, 

d^lai, s. ra. [L. dilatum], delay ; dans 
le plus bref delai, with the least possible 
delay. 

se delecter, v. r. [L. delectare], to 
take delight. 

deliberation, s, f. [dHiberer], de- 
liberation. 

deliberement, adv. [delibire—dm- 
hirer], deliberately, boldly, resolutely. 

deliberer, v.n. [L. deliberare], to de- 
liberate, 

delicat, e, adj. [L. delicatus], deli- 
cate, dainty, nice, fastidiouf. 



ddlicatement, »«1t. [dnicat\. deli- 
cately, daintily. 

delicatesse, s. (. [delicto,], delicaoy, 
tenderness; de» dilicaUsset, delicate 
touches. 

delice, s. m. sing. [L. delieium], de- 
light, deliciousness. 

d^lices, s.f. plu. [L. MicUu], delights, 

pleasures, joya. 

delicieusement, adv. [diliciexut— 
L. deliciosus], delioiously, delightfully. 

d^licieux, se, adj. [dilices, L. <Mt- 

cioe], delicious. 

delier, v. a. [di+lier], to unbind, un- 
tie, liberate, releaae; dilU, untied, sharp, 
shrewd, cunning. 

delinquent, s. m. [L. deltnquentem], 

delinquent, culprit. 

d^lirer, v. intr. [L. delirium], to be 

delirious, to rave, to wander. 

ddlit, 8. m. [L. delictum], misde- 
meanour ; en flagrant dilit, in the veiy 
act; corps de dHit, piece of direct evi- 
dence. 

dellvrer, v.a. [di-^-livrer], to deliver, 
release, set free, rid of. 

denaain, 8.m. [di-irmane], to-morrow. 

demander, v.a. [L. demandare], to 
ask, beg, request, require ; se demander, 
to wonder ; faire demander, w send for ; 
demander son reste, see note 11, 18. 

demarrer, v. tr. and intr. ldi+ 
amarrer], to unmoor; to leave the moor- 
ings ; to loose from land ; cast oft. 

demeler, v. tr. [d4+meier], to disen- 
tangle. 

demenagement, s. m. [ddirUnager, 

de+menage], moving, changing residence, 
breaking up house, taking furniture from 
one house to another. 

demence, s. f. [L. dementia], insan- 
ity, madness, lunacy. 

demesur6, e, adj. [di+meture], be- 
yond ordinary limits, excessive, Immod 
erate, enormous, huge. 



▼OCABULART. 



d6me8vtr6ment, »dv. l<Ume$urS], 

Immoderately. 

demeurant, s. m. [demeurer], re- 
mainder, residue; au demeurant, \n other 
respects, after all, besides, for the rest. 

demeurer, v.n. [L. deirwrart], tolive, 
reside, continue, remain, stay. 

demi, e, adj. [L. dimiditu\, halt ; A 
d^tni, half. 

deml-jour, b. m., twilight. 

demi-tour, •. m., half-turn. 

demi-voix, b. I., whisper. 

demission, •. f. (L. demUsionem], 
resignation. 

deraoiselle, s. t. [L. dominicella], 
young lady. 

d6mon, s. m. [L. damonem], demon. 

demonstration, s. f. [L. demonstra- 
tionem], demonstration. 

denoncer, v. tr. [L. denuntiare], de- 
nounce, [f before o and o.] 

denouer, v.tr. [di+nouer—li. nodare], 
to untie, loose. 

denr^e, 8. f. [li.* denerata — h. dena- 
rius], originally, articles worth a denier ; 
stuff, cash. 

dent, s. f . [L. dentem], tooth. 

dentel6, e, adj. [ilentelle], notched, 
jagged, denticulated, toothed, indented. 

dentelle, s. f. [L. denticuhis], lace, 
lace-work. 

ddpaissance, 8.f. [d6, paltre], pastur- 
age. 

depart, 8. m. [dipartir], departure. 

departir, v.a. and irr., to allot, divide. 

depasser, v. a. [L. dS+i>asser], to go 
beyond, exceed, surpass, to pass. 

d6patrior, v.tr. [dA+patrie], to leave 
the country, district, neighbourhood. 

d6peclie, s. f. [d^pecher], a despatch. 

d6pecher (se), v.r. [L. dis+pactare], 
to make haste. 

d6pendance, s. f. [d/pendre—h. de- 
pendere\ dependence, appendage; d4- 



pendancM teigneurialeg, manorial append- 
ages. 

depens, b. m. pi. [dipendre], expense, 
cost. 

depense, s. f. [L. depensum], expense, 
expenditure, outlay. 

depenser, v.a. ii./tense], to spend, 
expend, consume. 

d6pit, s. m. [L. despectus], spite, vexa- 
tion, exasperation ; en dipit de, in spite 
of. 

d6placer, v. tr. [di->rplace], to mis- 
place, to put out of place. 

deplaire, v. intr. [L. ditplicere], to 
displease, be disagreeable to. 

deplorer, v. a. [L. deplorare], to de- 
plore, bewail, lament. 

deployer, v.a. [de+ployer], to unfold, 
unroll, unfurl, set out, display, open, 
show, stretch, spread. 

deposer, v.a. [d^-|-pose;], tolaydown, 
lay aside, deposit. 

depot, 8. m. [L. depositum], a deposit, 
trust ; storehouse, depot. 

depuis, prep, [de+puis], since, for, 
from, after ; depuis que, conj. (with ind.), 
since. 

depute, 8. m. [d4puter—li. deptUare], 
deputy. 

deraidir, v. tr. [d4-^raidir, (rawfe)], 
to take away the stiffness of ; se deraidir, 
to lose the stiffness, to relax, to become 
pliant. 

deranger, v. r. [de+rawier], to de- 
range, di>compose, incommode, disturb; 
se diranger, to disturb one's self, to be 
unwell, unsettled, to have something 
wrong, to be out of sorts or order. 

derate, s.m. [di-\-rate the spleen], a 
racer (from an old notion that the removal 
of the spleen gave dogs increased power 
of speed). See note 65, 19. 

se derider, v. n. {di-\-rider'\, to un- 
bend one's brow, cheer up, regain cheer- 
fulness. 

derive, s. f. {dirivtr, 1m dt-^^pt!^ 



ti 



VOCABUI,AHY. 



drift, lee-way ; tfen alter d la dirivt, to 
drift away. 

dernier, 6re, adj. [L. de, retro], last, 

highest, greatest, utmost. 

derober, v. a. \de+ O. F. rober], to 
rob, steal, plunder ; to take furtively from. 

d^rouler, v. tr. [cU+rouler], to unfold, 
open out, unroll. 

derri6re, l. prep. [L. de+retro], be- 
hind. 

2. adv. behind. 

3. 8. m. the hind part ; jamhei de der- 
riire, hind legs. 

des, [contraction of de, leg], of the, 
from the. 

des or d6s, [L. de+ez], a prefix that 
signifies the action of taking away, with- 
drawing, or undoing. 

d^s, prep. [L. de+ex], from, since; 
din lors, from that time ; d&s que, when, 
as soon as, since. 

desagreable, adj. [d^s (L. dis)+at)ri- 
able], disagreeable, unpleasant. 

desagrement, s.m. [dis+agr^ment], 
disagreement, misunderstanding, un- 
pleasantness. 

d6sappolnter, v. tr. [dds+appointer, 
from poi7it], to disappoint. 

desarQonner, v. a. [d^s+arfon—L. 
arcus], to dismount, unsaddle, unhorse, 
bafBe, nonplus. 

d6sarraer, v. a. [d^s+anmr], to dis- 
arm, unarm. 

descendre, v. n. and v. a. [L. descend- 
ere], to descend, go — come — step — get 
down, alight; to take — bring — let down, 
land. 

descente, s. f. [desceTidre], a descent; 
a trip, run, walk down. 

desemplir, v. tr. [d^s+emplir (L. im- 
plere)], to become less full ; ne pas disem- 
plir, to throng. 

desert, e, adj. [L. desertus], desert, 
solitary, wild, unfrequented, abandoned, 
de8<>rted. 



d6sert, s. m. [L. desertum], desert 

solitary place, waste, wilderness. 

deserter, v. tr. [disert], to desert, 
leave, abandon. 

desesperer, v. tr. and intr. [d^4 

esp4rer], to despair, to drive to despair; 
se desesperer, to despair, to be in despair. 

desespere, e, adj. [of d^esp6-cr], des- 
perate, despairing. 

desesperement, adv. [d4se»per£\, 
despairingly, in despair. 

desespoir, s.m. [dis+espoir], despair, 
hopelessness, desperation, despondency. 

deshonneur, s. m. [des+honneurX 
dishonour, disgrace, shame, discredit. 

designer, v. a. [L. designare], to de- 
signate, point out, describe, denote, fix, 
assign. 

desir, s. m. [disirer], desire, wis>A, 
longing. 

desirer, v.a. [L. desiderare], to desire, 
wish for, long for. 

desole, e, adj. [p. p. of desoler], dis 
consolate, afflicted, in distress. 

desoler, v. tr. [L. desolari], to waste ; 
to grieve ; se desoler, to lament, to be in 
distress. 

desordre, s.m. ld<?s-\-ordre], disorder. 

desormais, adv. [dcs+or, 'hour,' + 
mais, ' more ' ], henceforth, hereafter, 
thence, thereafter. 

dessein, s. m. [a doublet of degfin], 
design, intention, intent, resolution, plan, 
scheme, purpose, view. 

desservir, v. tr. [des+servir], to re- 
move, clear. 

dessin, s. m. [dessiner], drawing:, de- 
sign, sketch, draught. 

dessiner, v. a. [a doublet of designer], 
to draw, sketch, delineate ; se dessiner, 
to be delineated, be visible, appear, as- 
sume a fonn, be formed, be outlined. 

dessous, 1. adv. [de+sous], under. 
underneath, below ; en dessous, under 
neath, downward. 



VOCABULARY. 



t. prep, under, underneath, beneath. 

3. 8. m. the lower part, the under side. 

dessus, 1. a.m. [de+sus or sur], top, 
upper part; au-dessus de, over, above, 
un dessus d'autel, an altar cloth. 

2. adv. and prep, above, on, upon, over. 

destin, s. m. [desti7ier—h. destinare], 
destiny, doom, fate, career. 

destination, s. f. f. [L. destijiatiomin], 
destination. 

destinee, s.f. [destiner], fate, destiny, 
doom, career. 

destiner, v. tr. [L. destinare], to des- 
tine, intend. 

detacher, v. tr. [d^+Bret. tach], to 
detach; se dilacher, to come — work — 
move off ; to appear, he seen. 

detail, s. m. [ditailler — d4-\-tailler], 
detail, particular, circumstance. 

detendre, v. a. [d^+tendre], to un- 
bend, slacken, relax, loosen. 

determine, e, part, [determiner— 1,. 
determinare], determined, decided, fixed, 
determinate, definite. 

detester, v. tr. [L. detestare], to 
detest. 

detour, a. m. [detourtier], turn. 

d6toumer, v.a. [d^+totcmer], to turn 
away, turn aside, turn off, lead ofif. 

detresse, s. f. [O. F. destrecer—L.* 
de—»trictiare], distress. 

dette, 8. f. [L. debitum], debt, obliga- 
tion. 

deuil, 8. m. [douloir — L. dolorem], 
mourning, grief, sorrow. 

deux, adj. [L. duo], two ; tou.s devx, 
tous les deux, both. 

devancer, v. tr. [devant], to antici- 
pate, precede, go before. 

devant, l. prep, [de, ai'ant], before, 
in front of. 

2. adv. before, ahead; pattes de devant, 
tore paws. 



devanture, a. t. [devant], front (of 
buildings). 

d6vaster, v. a. [L. devastare], to de- 
vastate, lay waste, spoil, destroy. 

developper, v. a. [origin unknown], 
to open, unwrap, unfold, develop, ex- 
pand. 

devenir, v. n. irr. [L. devenire], (con- 
jugate like venir), to become, grow. 

devenu, past i^art. of devenir. 

devider, v. a. [de, vide], to wind (into 
skeins). 

devlendra, 3rd sing. fut. of devenir. 

deviner, v.a. [devin — h. divinus], to 
divine, foretell, predict, guess. 

devint, past def. 3rd sing, of devenir. 

devisager, v. tr. [di+visage], to dia- 
figurc ; senitinize. 

devoiler, v.a. [dS+voiler], to unveil, 
discover, unravel, uncover 

devoir, l. v.a. |L. debeiv], to owe, be 
bound to, have to, ought, be to, be fated to. 

2. s.ni. duty, task, exercise. 

devorer, v.a. [L. devorare], to devour, 
eat up, destroy, consume. 

devouement, s.m. [devouer], devo- 
tion, devotedness. 

devouer, v.a. [di+vouer], to devote, 
dedicate. 

diable, s.m. [L. diabolus], devil, fellow; 
for en diable, see note 55, 20. 

diablement, adv. [diable], horribly, 
awfully. 

diademe, a.m. [L. diadema], diadem. 

dialogue, s.m. [L. dialogus], dialogue. 

dictee, s.f. [dieter— h. dictare], act of 
dictating, dictation. 

Dieu, s.f. [L. deus], God; mon Dieu I 
goodness 1 a common expression in French 
for God is le bon Dieu. 

difference, s.f. [f.. differentia], odds, 
difference, diversity, contrast. 

different, e, adj. [diffirer], different, 
dissimilar, various, divers, opposite, oo» 
trary. 



VOCABULARY. 



dlffSrer, v.n. [L. differre], to be dif- 
ferent from, differ from, [differ- betore e 
mute.] 

difficile, adj. [L. difficiUs], difficult, 
hard, critical , liard to please. 

difflcilement, adv. [dificile], with 
difficulty, with much ado, not easily. 

difflculte, s.f. L. difficuUatetn], diffl- 
oulty. 

difibrme, adj. [It. difforme—h. defor- 
mis] deformed. 

digerer, v. tr. [L. dvjerere], digest. 
[dii/^r-before e mute, except in fut. and 
cond.] 

digne, adj. [L. digmts], deserving, 
worthy, dignified. 

dignite, s.f. [L. di/jnitatem], dignity, 
atateliness. 

digue, s.f. [of Teut. origin, Neth. 
dyk], embankment, bank. 

dilater, v. tr. [L. dilatare], to dilate, 
expand, enlarge. 

diligent, e. adj. [L. diligentem], dili- 
gent, quick, assiduous. 

dimanche, s.m. [L. (dies) dommica], 
Sunday. 

diminuer, v. tr. [L. dimimtere], to 
diminish, lessen. 

diminutif, s. m. [L. dimimctious], 
diminutive, falling inflection. 

diner, l. v.n. [di, L. coenare], to dine. 

2. s.m. dinner. 

Diogene, Diogenes, the Grecian philo- 
sopher. 

dire, v.a. irr. [L. dicere], (disant, dit, 
je dis, je dirai, que je dise), to tell, say, 
state ; c'est-d-dire, that is to say ; sa dire, 
to call one's self, style one's self, say to 
one's self. 

directement, adv. [direct — L. direc- 
tus], directly, straight-forwardly. 

diriger, v. tr. [L. dirigere], to direct. 

se diriger, v.r. [L. dirigere]-, to direct 
•jne's steps, go towards, make for. 

disait, disant. See dire. 

discernment, s. m. [discemer—h. 
iiicernerel, discenunent, diaoretioB. 



discours, a.m. [L. diicursut], speech, 
discret, 6te, adj. [L. dwwettwj, di» 
creet. 
discretement, adv. [discret— h. di$- 

cretus], discreetly, cautiously, warily, 
prurtently. 

discretion, ». L [L. discretionem], 

discretion. 

discussion, s. f. [L. disexisgionem], 
discussion, debate, dispute. 

disloquer, v. tr. [L. dis+loeare], to 
dislocate, dis^place. 

disparaltre, v.n. irr. [dis+paraitre], 
(conjugated like paraltre), to vanish, dis- 
appear. 

disparu, past part, of disparaitre. 

disperser, v. tr. [L. dispersare], to 
disperse, scatter. 

dispense, s.f. [dispenser], dispensa- 
tion, indulgence, exemption. 

dispenser, v.a. [L. dispensare], to 
exempt, dispense with, dispense, render 
unnecessary. 

dispose, e, past part, [disposer], dis- 
posed, inclined, ready, prepared. 

disposer, v.a. [dis+poser], to dispose, 
order, lay out, prepare, make ready, in- 
cline. 

disposition, 8.f. [L. dispositionem], 
disposition, arrangement, provision, dis- 
posal, method. 

dissimuler, v.a. [L. dissitmilare], to 
dissemble, conceal, hide, feign, take no 
notice of. pretend not to do something. 

dissipation, s.f. [L. dissipationem], 
dissipation, wasting, waste. 

distance, s.f. [L. distantia], distance. 

distinctement, adv. [distiiict — L. 
distinctiis], .listirictly. 

distinction, s.f. [L. di»tineti(m«m], 
distiaction, .iiv'sion, difference. 

distinguer, v.a. [L. distinguere], to 
discern, distinguish, discriminate. 

distraction, s.f. [L. distractianem], 
amusement, relaxation, diversion. 



W 



VOCABULABT. 



dlstraire, v. a. Irr. fL. digtrdhere], 
(dutrayant, dutrait, js distrais [no paat 
del.],je distrairai, qtie je distraie), to 
separate, divert from, distract, divert, 
entertain, turn from, to give one some- 
thing else to think about : se dUtraire, to 
divert one's attention, divert one's seif, 
amuse one's self. 

distrait, e, adj. [distraire], absent- 
minded, absorbed, inattentive, heedless, 
wandering'. 

distribuer, v. tr. [L. distribuere\, to 
distribute. 

dit, e, p. p. of dire. 

dites, 2nd plu. pres. ind. and impera- 
tive of dire. 

divers, e, adj. [L. diversusl, diverse, 
various, different, divers, sundry. 

divin, e, adj. [L. divinus], divine, 
flod-Iike, heavenly. 

divination, s. f. [L. divinatvynem], 
divination. 

divinement, adv. [divin], divinely, 
heavenly. 

divinit6, 8.f. [L. divinitatem], divinity, 
deity. 

division, 8.f. [L. dimgionem], division. 

dix, adj. num. [L. decern], ten. 

dizaine. s.f. [dix], ten, about ten ; it 
stands related to dix as dozen and score 
in English to twelve and twenty. 

docteur, 8.m. [L. doctorem], doctor. 

dogue, s.m. [Eng. dog], mastiff, house- 
dog, bull -dog. 

doigt, s.m. [L digitus], finger. 

domaine, s. m. [L. dominium], do- 
main, estate, possession, property, region. 

domestique, s. m. [L. domesticus], 
servant, domestic. 

dominant, e, adj. [pres. p. of domi- 
ner], dominant, ruling. 

donainer, v. tr. (L. dominart], to 
dominate, rule, sway, move. 

doninaage, s. m. [L.* da/nmatcum], 
damage, injury, pity. 



don, s. m. [U donum], gift, donation, 
present, endowment. 

done, conj. [L. de unquam], therefore, 
pray, accordingly, then, consequently ; 
entrez done, pray come in. 

donner, v. a. [L. donare], to give, to 
be situated ; te donner au diable, see 
note 67, 7. 

dont, pron. (L. de unde], whose, of 
which, of whom, for whom. 

dor6, e, p. p. of darer ; gilt, golden. 

dorer, v. a. [L. deaurare], to gild, gild 
over. 

dorloter, v.tr. [(f«r.J] to nurse, coddle, 
to take care of delicately. 

domaeur, se, s. m. [dormir], sleeper. 

dormir, v. n. irr. [L. dormire], (dor- 
mant, diirmi, je dors), to sleep, be asleep. 

dortoir, s. m. [L. dormitorium], dor- 
mitory. 

dorure, s. f. {dorer], gilding, gold lace. 

dos, s.m. [L. dorsum], back, [sis silent 
except in dos a dos — do-za-dd.] 

dose, s. f. [Gk. Soio-s], dose. [« is pro- 
nounced like our z.] 

dossier, s. m. [dos], back (of a chair, 
carriage, etc. ; r is always silent). 

dot, s. f. [L. dotem], marriage portion, 
dowry, [t is always pronounced, even in 
plu. des dot'en argent.] 

double, adj. [L. duplex], double. 

doubler, v. a. [double], to double. 

doublure, s. f. [double], lining. 

douce, adj. fem. of doux. 

doucement, adv. [doux], slowly, 
gently, softly, tenderly, quietly, calmly, 
mildly, meekly, patiently. 

douceur, s. f. [L. dulcorem], sweet- 
ness, fragrance, softness, mildness, kind- 
ness, gO"d-nature, melodiousness, calm- 
ness, smoothness, peacefulness, gentle- 
ness. 

douer, v. a. {L. dotare], to endow, to 
bestow upon. 



VOCABULARY. 



douleur, S. f. [L. dolorem], pain, ache, 
Boreness, distress, grief, sorrow. 

douloureux, euse, adj. [L. doloros- 
us], pained, sorrowful, distressed, sad, 
woful. 

doute, s. m. [douter], doubt, doubt- 
fulness. 

douter, v. n. [dubitare], to doubt, 
qutstion ; se douter, to suspect, surmise, 
mistrust, fear. 

douteux, se, adj. [douter], doubtful, 
dubious, ambiguous, questionable. 

doux, ce, adj. [L. dtUcis], sweet, soft, 
smooth, gentle, mild, peaceful, calm. 

douzaine, s. f. [douze], a dozen. 

douze, adj. [L. dundecem], twelve. 

dragon, s. m. [L. dracoiiem], dragon. 

dramatique, adj. [Gk. Sp/iariKos], 
dramatic. 

draine, s. m. [L. drajna], drama. 

drap, 8. m. cloth, sheet, [p always 
silent.] 

drapeau, s.ni. [draj;ij, ensign, flag. 

se draper, v. r. [drap], to cover one's 
self, dress one's self. 

dvesser, v.a. [dret, a doublet of droit], 
to erect, straighten, raise, set up ; He dres- 
ser, to stand on end, rise. 

droit, e, 1. adj. [L. directus], straight, 
right ; d droit, right, to the right. 

2. s. m. right, equity, law, authority. 

8. adv. straight, straight on, directly. 

droite, s. f. [droit], right hand, right ; 
d droite, to the right, on the right. 

drole, 1. adj. [Eng. droZq, droll, jocose, 
ludicrous, comical, strange, odd-looking. 

2. s. m. rogue, rascal. 

drolerie, s. f . [drdle], drollery. 

di'osser, v. intr. [drosse, Sp. troza, a 
kind of rope], to drift (along the shore). 

du, art. m. [contr.action of de le], of the, 
(rom the, by the, some, any. 

dfl, due, part, [devoir], due, owed. 



dupe, s.f. [O.F. dube, origin unknown]: 

dupe, gull. 

dut, past def. 3rd sing, of devoir. 

duquel, pron. [de+lequel], of which. 

dur, e, adj. [L. durus], hard, tough, 
harsh, merciless, unkind. 

duree, s. f. [durer], duration. 

durant, prep, [durer], during. 

durer, v. n. [L. durare]. to last, wear. 

E. 

eau, 8. f. [L. aqua], water. 

ebahi, e, adj. [es, bahl], wondering, 

af,'bast.. 

ebahissemenfc, s. m. [ebahir, bah /], 
amazement, astonishment, bewilderment. 

ebat, s. m. [ebattre], sport, frolic, 
anuisement, gambol. 

s'ebattre, v. r. [es, battre], to sport, 
take one's pleasure. 

ebaucher, v. a. [es, O. F. bauche^ 
' mortar'], to make the first draught, draw 
an outline of, sketch, rough-hew, deli- 
neate. 

eblouissement, s. m. [iblouir], daz- 
zling ; brilliant display. 

ebranlement, s. m. [ibranler — es+ 
branler (Ger. Brand)], shock, concussion, 
shaking, perturbation, trouble. 

s'ebrouer, v. r. [origin unknown], to 
snort, sneeze. 

ecart, 8.m. [icarter], step aside, digres- 
sion, error; d Vieart, separate, outspread; 
d Vieart de, remote from, [t is never pro- 
nounced ; un 4-kar habile,] 

ecarte, e [^carter], wide apart, separ- 
ated. 

ecarter, v. a. [es, carte], to set aside, 
remove, dispel, widen, scatter. 

ecclesiastique, adj. and n. [L. eccle- 
riaific Its], ecclesiastic ; clergyman, priest. 

ecliange, 8.m. [es, change], exchange, 
barter. 



VOCABULAEY. 



^chang'er, ▼.*. [iehan^e], to exchange, 
interchange. 

6chapp6e, 8. f. l^chapper], a glimpse, 
k frolio ; echappde de vue, a vista, opening, 
riew. 

6chapper, v.a. and v.n. [L. excapare], 
to escape, get away, avoid. 

^chauffer, v.n. les+ chaufer], to 
grrow warm, grow angry, fly into a passion, 
chafe, fume. 

echelle, s. f. [L. scala], scale, ladder, 
ascent. 

6cheveau, 8.m. [L. scapellus], skein. 

6chouer, v. intr. [derivation uncer- 
tain], to strand ; ^ichouer, to run 
aground, to be astrand, wrecked. 

eclabousser, v.tr. [derJ], to splash, 
dash, to throw mud at. 

eclair, s. m. [Mairer], flash, flash of 
lightning. 

eclaircie, s f. [iclaireir], glade, clear- 
ing, vista, opening. 

6claircir, v. tr. y+clair], to clear up, 
to throw light upon. 

6clairer, v.a. and v.n. {et+clair], to 
light, give light to ; illuminate, sparkle, 
shine, brighten. 

§clat, s.m. [iclater\, sliver, splinter, 
brightness, radiancy, glitter, clap, crash, 
noise, lustre, richness, magnificence ; rire 
auz eclats, to burst out laughing, [t ia 
never pronounced.] 

eclatant, e, adj. [Mater], bright, 
■parkling, glittering, brilliant, radiant, 
dazzling, explosive, hearty. 

6clater, v.n. [O. H. G. akleizan], to 
split, sliver, break in pieces, burst, crack, 
olap, shine, sparkle, glitter, flash. 

6clos, e, p. p. of More [L. excludere, 
hatched. 

6cole, s. f. [L. schola], school. 

6colier, s. m. ecoliere, s.f. [icole—lj. 
schola], school-boy, school-girl, pupil, 
scholar, learner. 

economie, s.f. [L. ceeconomia], econ- 
omy, thrift, saving. 



^conomiser, v. a. [ieonomie], to 

economize, save, husband. 

ecorcher, v.a. [L.* exeortieare], to 

flay, skin, gall, fleece. 

6couler, v.a. [es, couler], to pour 
away, flow by, to run off. 

ecourter, v.a. [L. ezcurtare], to 
shorten, crop, curtail. 

ecoute, s. f. [dcouter], place for listen- 
ing unobserved ; auz icoutes, on the 
alert, listening intently. 

ecouter, v.a. [L. aiiscultare}, to listen, 
hear. 

ecoutille, 8.f. [der.?], hatchway, hatch. 

6cran, s.m. [Ger. schrayen], screen, 
hand-screen, fire-screen. 

ecraser, v.a. [O. Scand. crassa], to 
crush, bruise, overwhelm, bear down. 

s'ecrier, v.r. [es, crier], to cry out, ex- 
claim. 

ecrire, v.a. irr. [L. scribere],{ierivant, 
^crit, j'icris, j'^crivis,j'ecrirai,quef derive), 
to write, set down. 

ecrit, s.m. [Ecrire], writing, written 
agreement, meltre — coucher par icrit, to 
set in writing, [t is never pronounced; 
•un i-kri-iUgant.] 

ecrit, e, part, [icrire], writ, written. 

ecriteau, s.m. [ecrit,], a notice, sign. 

ecritoire, s.f. [scriptorium], mk-hora, 
ink-stand. 

dcriture, s.f. [L. scriptura], writing, 
hand-writing, scripture. 

ecrivit, 3rd sing, past def. of derive. 

ecrouler, v. intr. [i+crotder (L.* 
corotulare)], to fall in, to break up, to 
crumble. 

6cu, s.m. [L. scutum], shield ; crown- 
piece. 

ecueil, s. m. [L. scopi lus], rock ; pi. 
rocks, dangers. 

ecuelle, s.f. [L. scuteUa], a bowl, 
porringer. 

ecurQOire,8.f. [^cmww— O.H.O. scHm], 
skimmer. 



VOCABULARY. 



6cusson, 8. m. ycu — L. gcutum], 
escutcheon, shield, coat of arms. 

ecussonner, v. tr. [icusson, 6cu], 
to bud (artificially). 

education, s. i. [L. edtiealionem], 
education. 

effacer, v. tr. [face], to efface, remove, 
erase ; s'effacer, to disappear. 

eftarement, s.m. [effarer], bewilder- 
ment, distraction, dismay. 

effarer, v. a. [L. efferare], to frighten ; 
s'effarer, to become frightened. 

effaroucher, v. a. [es, farouche], to 
scare away, startle, terrify. 

eflfet, s.m. [L. effectum], effect, per- 
formance ; plu. goods, things ; en effet, 
in reality, indeed ; a effet, for show, for 
effect. [Hs never pronounced.] 

effeuiller, v. a. [es, feuille], to strip 
off leaves ; s'effeuiller, to lose its leaves. 

efflcace, adj. [ej/icacem, efficacious, 
effective. 

effllochement, 8.m. [effilocher], un- 
ravelling. 

efaiocher or eflBloquer, v.a. [es+ 
filoche], to ravel out, undo; iffilocM, 
ijiloqui, tattered. 

efflanquer, v. tr. [jianc], to render 
lean, thin, poor; effianquS, lean, thin, 
poor. 

effleurer, v. a. [es+Jleur], to take off 
the surface, graze, touch upon, brush, rub. 

effluve, p.m. [L. effluvium], effluvium, 
efflux, emanation, effluence. 

s'efFondrer, v.r. [es, fond], to fall in, 
give way. 

s'eiforcer, >.r. [L.* exfortiare], to 
strain, strive, make an effort, exert one's 
self, struggle, endeavour, attempt. 

effort, s.m. [effo^cer], effort, exertion, 
endeavour, force, rtrength. [t is never 
pronounced.] 

effraction, s. f. [L. effractionem], a 
breaking in, a forcible entrance. 



affrayer, r.a. [L. ei^frigidan], to 

fright, frighten, terrify. 

effroi, s.m. [efrayer], fright, terror, 
oonsternation. 

effront^, e, adj. [/ront— L. frontem], 
bold, daring, audacious. 

effroyable, adj. [effroi], frightful, 
dreadful, horrid, horrible, shocking, prodi- 
gious. 

egal, e, adj. [L. oequalis], equal, simi- 
lar, uniform, like, alike ; &eat igal, it's all 
the same. 

egalement, adv. [igal], equally, 
egard, s.ra. \<jarder], regard; d rigofd 
de, with respect to, as to. 

egarer, v. tr. [i+gartr, to put into 
dock, O. H. O. ivaron], to lead astray ; 
igari, wild, oewildered. 

s'egarer, v.r. [es-\-garer — O.H.G. war- 
on], to lose one's way, stray, err, mistake, 
go astray. 

egayer, v.a. [e, gai], to enliven, di- 
vert, ma];e cheerful, lighten ; s'egayer, 
to cheer up, brighten up. 

eglise, s. f. [L. ecclesia], church. 

egolsme, [L. ego], egotism, selfish- 
ness. 

egout, s.m. {igoutter, 4+goutte], a 

sewer, 
eh '. interj. oh 1 eh Men I well 1 
elan, s. m. [ilancer], start, spring, 

flighc, burst, outburst, impulse ; prendre 

un elan, to take a spring. 

elance, e, adj. [ilancer], tall, slim, 
slender. 

elancer, v.r. [i+lancer], to bound, 
shoot, rush, dash, spring; ^ilancer, to 
rush. 

elargir, v.a. [^, large], to stretch, 
widen, make wider, let out, enlarge, re 
lease. 

elargissement, s. m. [ilargirl, a 
widening, enlarging, opening out. 

Elegance, s.t. [L. elegantia], eleg^an*^ 



a 



▼OCABULART. 



616gtUlt, e, •A]. [L. ekganttm], ele- 
Ifant, fashionable. 

616ve, B. m. f. [Clever], pupil. 

61ever, t. &. [i+lever], to raise, lift up; 
ifilever, to rise, ascend, go up, increase. 
[iliv — before e mute.) 

elire, v. tr. [L. eligere], to elect, select, 
choose. 

elle, pars. pro. fern. [L. ilia], she, her, it. 

61oge, 8. m. [L. elof/ium], praise, 
eulogy. 

61oign6, e, adj. [p. p. of iloinner], 
distant, far off, remote. 

61oigiier, v. tr. [i-^loin], to remove ; 
t'iloigner, to go away, to move off. 

Eloquence, s. f. [L. eloquentia], elo- 
quence. 

61oquent, e, adj. [L. eloquentem], 
eloquent. 

6inacl6, e, adj. [L. emadare], ema- 
ciated. 

emballer, v. tr. \en+halle\, to pack. 

embarcation, s.f. [Sp. embarcadon], 
boat, craft. 

embarquer, v. tr. [en-\-barque\, to 
embark, to ship. 

embarras, s. m. [It. imbarrazzo], em- 
barrassment, encumbrance, impediment, 
hindrance, perplexity, intricacy ; itre 
dans Vembarras, to be in straightened 
circumstances. [Pronounce on-fra-rd; un- 
eSi-ba-ra-z-etmu-yeux.] 

erabarrasser, v. a. [embarras], to um- 
barrass, encounter, obstruct, hinder, puz- 
zle, trouble, confound. 

embauclier, v. tr. [en-^-ba^iche, a 
workshop], to engage, hire, employ. 

embaumer, v. a. and v.n. [em + haum- 
me—h. balsamum], to embalm, perfume, 
acent ; to giveout a fragrant odour, smok« 
fragrantly. 

embellissement, 8.m. [embeUir—en 
+6ei-)-ir], embellishment, improvement, 
■domment. 

einbl6matique, mIJ. emblematical. 



embolter, ▼. tr. [hoitre], to fit ; em- 
bolter le pas, to march in close file, see 
note 51, 22. 

embonpoint, B.m. [en+bon+point], 
stoutness, obesity, roundness. 

emboucher, s', v. ref. [boiuihe], to 
discharge, empty into (of a river) ; Men 
embouchi, having a ready tongrue. 

emboucbure, s. f. [embouehtr], 
mouth, outlet. 

enabrasser, ▼. a. [en, bra*], to em- 
brace, kiss. 

embrouiller, v. tr. [en,-\-brouilUr\, to 
obscure, darken, embroil, confuse. 

emerveiller, v. a. [i, merveUle], to 
astonish, amaze. 

s'enaeut, pres. ind. 3rd sing, of s'im- 
ouvoir. 

6niietter, v. a. y, miette], to crumble; 
s'imietter, to cnmible. 

emmele, e, adj. [emmtler], entan- 
gled, tangled. 

erameler, v. tr. [en+rrUler], to en- 
tangle. 

emmener, v. a. [en, metier], to carry, 
take, lead, fetch away. 

emoi, s. m. [L. ex, H.O. magan], emo- 
tion, an.\iety, flutter. 

emotion, s.f. [L. eniotion«n], emotion. 

emousser, v. a. Irnousse], to blunt, 
dull ; s'emousser, to grow r!ull, become 
bhint, become deadened. 

emouvoir, v.a.irr. [L. emovere], (con- 
jugated like 77!0'!(i!orr), to move, stir up; 
s'i'ntouvoir, to rise, be roused, be stirred 
up. 

s'emparer, v.r. [en, parer],to posseaa 
one's self of, seize, secure. 

empecber, v. a. [L.* imjiactare], tc 
oppose, prevent, hinder, obstmct, impede. 

emperler, v. a. [en, jierle], to orna- 
ment with pearls. 

empetrer, v. tr. [im+h.* paKtorium, 
a clog for holding horses when at ' pat- 
ture'], to entangle, embarrass, hamper. 



«8 



VOCABITLART. 



©mpller, v.a. to pile, stack ; s'empiler, 
to pile up, rise up in a pile. 

empire, s.m. [L. imperium], empire, 
rule, dominion. 

emplir, v. a. (L. implere], to fill ; s'ein- 
plir, to fill. 

emploi, s.m. [employer], emplo3tnent> 
use. 

employer, v.a. [L. implicare], to em- 
ploy, use, bestow, spend. 

empocher, v. tr. [poche], to pocket, 
to put into one's pociset. 

empoigner, v. a. to grasp, seize, lay 
hold of. 

empoisonner, t. tr. [en+poison—1,. 
potiunein], to poison. 

emporte, part, [emporter], hot, in a 
passion. 

emportement, s. m. [emporter], 
wrath, anger, pas.sion, rage, violence. 

emporter, v. a. [en, porter], to carry 
away, take away ; s'emporter, to fly into 
a passion, run away, get beyond control ; 
get angry, lose one's temper, plunge, rush 
for, attack vehemently. 

em.preind.re, v.a. irr. [L. imprimere\ 
(conjugation similar to that of craindre), 
to imprint, stamp, impress. 

empreinter, s.f. [empreindre — L. 
imprimere], matk, impression. 

empressement, s. m. [empresser\ 
eagerness. 

s'empresser, v. ref [en+presser], to 
go about eagerly, to bestir one's self. 

emprunt, s. m. [empnmter\, a bor- 
rowing, loan. 

emprisonner, v, a. [em, prison], to 
Imprison, confine. 

emprunter, v.a. [L. impromutuare], 
to borrow. 

6mu, e, past part. [Mnouvoir], moved, 
affected. 

en, 1. prep. [L. in], in, into ; while, 
when (with prea. part.), like, as ; of (with 



words of material); «n eaoutehoue, of 
iiidia rubber (63,6); en ChrStien, as a 
Christian. 

2. pro. [L. hide], of him, of her, of it, ol 
them ; from — by him, etc. 

encadrer, v. tr. [en + cadre— lb. 
qiiadro], to frame. 

enchainer, v.a [en, chaine], to chain, 

hind. 

enchantement, 8.m. [enchanter— h. 

incantare], enchantment, delight. 

enchanter, v. tr. [L. incantare}, to 

enchant, delight, charm. 

enchanteur, teuse, l. s. [enchan- 
ter], enchanter, enchantress. 

2. adj. enchanting, bewitching, 

enclin, e, adj. [L. inclinis], inclined, 
prone, addicted, disposed. 

encombrer, v. a. [L. in, cumultu], to 
obstruct, encumber, embarrass, load. 

encore, l. adv. [L. hanc horam], yet 
still, more, even, again, once more, 
further, moreover, besides ; encore un, 
one more. 

2. conj. even, yet; encore que, even 
though. 

encoToragement, 8.m. [encourager], 

encouragement, incentive. 

encourager, v. a. [en, courage], to 
encourage, stimulate ; s'encourager, to 
encourage one's self. 

encre, s. f. [L. encaustum], ink. 

endetter, v. a. [en, dette], to ran 
into debt, involve in debt. 

endolori, e, adj. [en, douleur], pidn- 
ful, aching. 

endormi, e, [past part, ol t'endormir], 

sleeping, asleep. 

endormir, v. a. irr. [en+dormir], 

(conjugated like dormir), to lull or rock 
to sleep, to put to sleep ; s' endormir, to 
tall asleep, go to sleep, slumber. 

endroit, s. m. [en+droitl, place, pw- 
sage, point, looalitiy. 



VOCABULARY. 



^nergle, B. f. [Gk. ivipyeia], energy. 

^nergique, adj. [i^urgie], energetic, 
vigorous. 

enfance, a. f. (L. infantia], infancy, 
childhood, childishness. 

enfant, s. m. f. [L. infantem], child, 
infant ; as a term of affection from an 
older person, ' my dear.' See 34, 27. 

enfantelet, s. m. [enfant], little child 
(referred to in Littre's dictionary as an 
obsolete diminutive of enfaiit). 

enfantillage, s. m. [enfaiu], child's 
play, childishness. 

enfantin, e, adj. [enfant], childish, 
infantile. 

enfariner, v.a. [en,fariiie], to sprinkle 
with flour ; s'enfariner, to get covered 
with flour, to powder as with flour. 

enfer; s. m. [L. iiifemum], hell. [Pro- 
nounce r.] 

enfermer, v. a. [en+fermer], to shut, 
shut in, shut up, lock up, enclose ; con- 
tain, comprehend, comprise. 

enfilade, s. f. [enjiler, Ji[], row, file, 
succession, series. 

enfin, adv. [«n-|-_/fn], finally, at last, 
after all, in short, at all events, in any 
case, well now 1 

enflamm6, e, past part, [enjiammer] ; 
on fire, aflame, ablaze, ignited. 

enfoncer, v. a. [en, fond], to sink, 
thrust, drive home, plunge, bury, stick, 
drive. 

enlourcher.v.tr. [/oKj-c/ie— L./«)c(i], 
to bestride, straddle. 

8'enfuir, v. r. irr. [en+fuir], (conju- 
gated like fuir), to run away, take flight, 
escape, make off. 

engloutir, v. a. and r. , to swallow up. 

engagement, s. m. [engager— en, 
gage], engagement, promise. 

engoiiffrer, v. a. [en, gouffre—0'k. 
ic<$Arros], to engulf ; s'etigouffrer, to rush 
into a narrow passage or blind alley (said 
of the wind). 



engourdi, e, adj. [engourdir], numb, 
benumbed, torpid, heavy, dull 

engourdir, v. a. [rn, gourdi — L.* 
giiiduii], to benumb, make torpid, make 
languid, enervate. 

engourdissement, s. m. [engour- 
die], numbness, torpor, enervation. 

enhardir, v. a. [en, hardi], to em- 
bolden ; s'enhardir, to make bold, grow 
bold. 

enigma, s. f. [L. cenigma], enigma, 
riddle. 

enivrant, e, adj. [en, ivre], intoxi- 
cating. 

enjambee, s. f. [enjamber — en, jam- 
be], stride. 

enjamber, v. tr. and intr. [jambe], to 
stride, walk over. 

enlacer, v. tr. [en-\-lacer, from L. 
laqueus], to entwiue, clasp. 

enlevement, s. m. [enlever], abduc- 
tion. 

enlever, v.a. [en+lever], to lift, raise, 
carry, carrj' off, rescue, remove, sweep 
off. 

ennemi, e, a. and adj. [L. inimictis], 
enemy, foe; hostile, unfriendly. 

ennui, s. m. [L. in odio], tediousness, 
weariness, exhaustion, dullness, bother, 
trouble. [Pronounce «n nasal.] 

ennuyer, v. a. irr. [emiut\, to tire, 
weaiy, be tiresome, be tedious, tease, 
annoy, bother ; n'ennvyer, to be tired, to 
find things dull and uninteresting. 

ennviyeux, se, adj. [ennui], trouble- 
some, annoying, tiresome. 

enorme, adj. [L. enonnis], enormous, 
huge. 

enormement, adv. [4norme], errone- 
ously, hugely. 

enormite, s. f. [L. enormitatem], 
enormity. 

enquete, s.f. [L. inquisita], in\ esUga- 
tion. 

enncbir, v. a. [en, riche], to enrich, 
make rich. 



tf 



VOCABULARY. 



enrouler, v. tr. [nmterj, to roll, fix, 
fasten, twist. 

enseignement, ■. m. [enseigner], a 
lesson. 

enseigner, v. a. [L. inHgnare], to 
teach, instruct, show, inform. 

ensemble, 1. adv. [L. in gimul], to- 
gether, conjointly, at the same time. 

2. s.m., the whole, collection, aggre- 
gation, totality. 

ensevelir, v. a. [en — L. Kpelire], to 
put in a shroud, bury. 

ensevelissement, s. m. [ensevelir], 
burying, burial. 

ensolelllement, B.m. [en, toUil], sun- 
shine, brightness. 

ensorceler, v. a. [en, sorcier], to be- 
witch. 

ensuite, adv. [en-\-tuite], afterwards, 
next, then. 

entasser, v. a. [en, tasl, to heap, pile, 
hoard, accumulate. 

entendre, v. a. [L. intendere], to hear, 
understand, mean ; entendre dire d, to 
hear (any one) say ; s' entendre, to under- 
stand one another, be familiar with, used 
to, be skilful in, be a judge of, agree with ; 
se laire entendre, to be heard ; entendre 
parler de, to hear tell of. 

entendu, e, adj. [p. p. of entendre], 
understood, skilled, knowing; bien en- 
tendu, of course. 

enterrer, v. tr. [en+terre], to bury, 
inter. 

entete, e, adj. [p. p. of ent6ter], 
stubborn, self-willed, obstinate. 

s'enteter, v. r. [en, tite], to become 
stubborn, be infatuated with, take a 
strong fancy to, determine obstinately. 

enthousiasme, s. m. [Qk. iveovna- 
«nds], enthusiasm. 

entier, ere, adj. [L. integer], entire, 
whole, complete, total. 

entierement, adv. [entierl, entirely, 

wholly. 



entortiller, r. a. [en+tortiUer\, te 
wrap, roll about, ^vind, coil, twist. 

entourer, v. a. [en, tour], to enclose, 
surround. 

entrain, 8.m. [entratner], enthusiasm, 
spirit, ardour, "go." 

entrainer, v. a. [en+trainer], to carry 
away, sweep off, hurry away, drag along, 
draw, bring, bring on. 

entre, prep. [L. inter], between, 
among, in. 

entre-balller, v. a. [entre+baVler], 
to half-open, open slightly. 

s'entre-choquer, v. r. [entre+cho- 
quer], to knock, clash, beat, dash against 
one another. 

entre -croiser (s), v. tr. [entre -f 
croiser], to cross one another. 

entree, s. f. [entrer], entry, entrance, 
entering, beginning. 

entrefaites, s. f. plu. [entre+faites], 
interval, meantime ; used only in the ex- 
pressions sur ces entrefaites, dans eet 
entrefaites, in the meantime, under these 
circumstances. 

entrepont, s. m. [entre-\-po7U], the 
space between decks; dans I'entreptmt, 
between decks. 

entrepot, s. m. [entreposer — L. p<Kt- 
sare], warehouse, emporium. 

entreprendre, v.a. irr. [entre+pren- 
dre], (conjugated like prendre) to under- 
take, attempt, take in hand, take upon 
one's self, to attack, fall foul of. 

entrepreneur, s. m. [entreprendre], 
contractor ; undertaker. 

entreprise, s. f. [entreprendre], en- 
terprise, undertaking. 

entrer, v. n. [L. intrare], to enter, 
come in, get in, step in ; entrer en manage, 
to begin house-keeping. [Conjugate with 
itre.] 

entretenir, v. a. irr. [entre +teniry, 
(conjugated like tenir), to hold, hold to- 
gether, keep up, maintain, conrerae with, 
entertain. 



M 



VOCABULARY. 



entretlen, a. m. [entretenir], keepinfr 
in repair or order ; conversation, 
entretienne, pres. subj. ol entretenir. 
entrevoir, v. a. irr. [entre + voir], 
(oonjuKated like voir), to have a glimpse 
of, peep at ; to discover a little of, have 
misgivings, foresee. 

entr'ouvTir, v.a. irr. [entre +ouvrir], 
(conjugated like couvrir), to open a little, 
to half open. 

envahir, v. tr. [L. invadere], to in- 
vade, penetrate, to go into or through. 

envelopper, v. a. [en, O. F. veloper], 
to envelop, wrap up, cover, fold up, en- 
close, 
enverrai, Ist sing. fut. of envoyer. 
enverrais, oond. Ist sing, of envoyer. 
envers, prep. [L. inversus], towards, 
to, against, 
envi, (i 1') adv. [L, invitus], in rivalry, 
envie, s. f. [L. invidia], envy, desire, 
wish ; avoir envie de, to have a mind to. 
envier, v. tr. \envie], to envy, 
environ, adv. [en + virer], in the 
neighbourhood of, about, nearly. 

environs, s. m. plu. [en, virer— h. 
viria ' ring '], environs, vicinity, neigh- 
bourhood. 

envisager, v. a. [en, visage], to look, 
Btare in the face, eye, face. 

envoi, s. m. [envoyer], sending, thing 
•ent, parcel, package, packet, envoy. 

envolement, s. m. [envoler], flight, 
flying away. 

s'envoler, v. r. [en + volar], to fly 
away, take wing, be carried off. 

envoyer, v.a. irr. [L. in, via], to send, 
forward, transmit ; envoyer chercher, to 
' send for. 

6pais, SB, adj. [L. spissus], thick. 
^pancher, v. a. [L.* expandicare], to 
pour out. 

6panouir, v. a. [L. expandere], to 
expand, smooth, brighten up; s'ipanouir, 
to bloom, expand. 



^panouissement, s. m. lipanouir\ 
blowing, expansion, unfolding, blooming 
epargne, s. m. [epargner], economy, 
saving. 

epargner, v. a. [origin unknown], to 
save, lay up, lay by, spare, economize. 

eparpiller, v.a. [h. ex, papilio], to 
scatter, strew about, spread, throw here 
and there ; iparpilU, scattered; dishevel- 
led. 
6paule, 8. f. [L. spatula], shoulder, 
epave, s. .f. [L. expavidus], waif, 
epee, s. f. [L. spathc], sword, 
epeler, v. tr. irr. [O.F. espeler, O.H.O. 
S2)eUon], to spell ypell—helore e mute.] 

eperdu, e, adj. [O. F. esperdre], dis- 
tracted, dismayed, aghast, bewildered, 
frantic. 

^perdument, adv. [iperdu], dis- 
tractedly, desperately, wildly, frantically, 
epice, 8. f. [L. sin-cies], spice. 
Spicier, s. m. [ipice], a grocer. 
epier, v. tr. [O. H. G. spehen], to spy, 
watch for. 

^pineux, euse, adj. [epine — h. 
spina], thorny, prickly ; knotty, 
^pingle, 8. f. [L. spi7iula], pin. 
epingler, v. a. [ipingle], to pin. 
epitre, s. f. (L. epistola], epistle, 
epluclier, v.a. [i,peluche — li.* pilue- 
citis], to pick, c'ean, sift. 
Sponge, 6. f. [L. spongia], sponge. 
Sponger, v. tr. iponge], to sponge, 
^poque, 8. f. [Gk. i-noxn], epoch, 
period, time, 
epousee, s. f. [epouser]. bride, wife, 
eponser, v.a. [L. spon^are], to many, 
wed. 

opousseter, v. a. [es, poufse—h. puJ- 
vis], to dust, wipe off the dust-. 

^pouvantable, adj. [ipmivanter — 
h. expaventare], frightful, dreadful, tre 
mendoua, awful. 
47 



VOCABULARY. 



^poux, s. m. (L. gponnis], husband; 
plu. nian andwife; Spouse, wife. 

s'^prendre, v. r. irr. [i-'rjrrendre], to 
become enamoured. 

^preuve, s. f. [iprouver], trial, proof, 
test, ordeal, experiment. 

epris, e, past part. [Iprendre], taken, 
smitten, captivated, taken up with, in 
love with. 

eprouver, v.a. l4+prouver], to try, 
prove, feel, experience, 
epuiser, v.a. [4-\-puiser], to exhaust, 
equipage, s.m. [I'quipei- — Goth, tskip], 
crew. 

equiper, v.a. [i, Goth., sAry;], to equip, 
fit out, stock, furnish. 

Equivoque, adj. [L. equivocus], equi- 
vocal, ainhiifuous, doubtful, uncertain. 

erailler, v. tr. [L.* exiallare], to un- 
ravel, fret, rub, wear away, scratch, 
ermite, s.m. [L. eremita], hermit. 
errer, v. intr. [L. errare], to wander, 
stray. 

as, est, pres. ind. 2nd and 3rd sing, of 
etre. 
•escabeau, s.m. [L. scabelhim], stool, 
escalade, s.f. [It. scalata], a climbing 
over or scaling: of a wall. 

eacale, s.f. [It. scala], putti!ifc' in of a 
ship at intermediate stations ; avec escale 
d, touching at. 

escalier, s.m. [L.* scalarium], stair- 
case, stairs. 

escai-polette, s.f. [It. scarpoletta], 
swing. 

escogriffe, a.m. [der.?], one who takes 
boldly without asking, a sharper, rogue, 
rascal, ' shark," ill-looking fellow. 

escorter, v.a. [escorte— It. scorta], to 
escort. 

espace, s. m. [L. spatium], space, 
room, place, volume. 

espece, a.!. [L. gpecies], species, kind, 
•ort. 



esp^rance, s.!. [itp^rer], hope, con- 
fidence, expectation. 

esperer, v.a. [L. sperare], to hope, 
expect, trust, [esp^r-before e mute.] 

espoir, 8.m. [L.* x^^ereo], hope, expect- 
ance. 

esprit, s.m. [L. spiritus], spirit, soul, 
mind, intellect, intelligence, wit. 

esqmsser, v.a. [It. schizzo], to sketch, 
outline. 

essayage, 8.m. [essat — L. exagium,], 
trying on. 

essayer, v.a. [essai — L. exagium], to 
try, try on, essay, attempt. 

essentiel. He, adj. [L. essentialis], 
essential ; essentiel, s.m., the chief thing, 
the main point. 

essentiellement, adv. [essentieT], 

essentially. 

essouffle, e, past part. [^i-\-gouffler\, 
breathless, out of breath. 

essouffler, v. tr. [soii,ffl.er\, to put 
out of breath. 

essuyer, v.a. [L. exsuccare], to wipe 
off, wipe away ; to sustain, bear, undergo, 
experience. 

est, 3rd sing. pres. ind. of Hre. 

est, s.m. [Teut.], east. 

estampe, s.f. [It. stawia], print, en- 
graviiig, cut, stamp. 

estimer, v. tr. [L. oesUmare], to esti- 
mate, esteem, respect. 

estomac, s.m. [siomachus], stom- 
ach, [c is not pronounced.] 

estropier, v. tr. [It. »troppiare\, to 
maim, cripple. 

et, conj. [L. et\ and; et.. .et, both 
. . . and. [t is never pronounced.] 

etabli, s.m. [itaUir], bench (of tailors), 

etablir, v.a. [L. stabilire\, to establish, 
set, fix, erect, set up, institute ; s' etablir, 
to settle. 

etage, 8.m. [L.» gtatieum\, story, floor, 
flight of stairs. 



VOCABULARY. 



itskit, 6talent, dtant, see conjuga- 
tion ot ttre. 

etalage, s.m [Staler], diBpIay, shop- 
window, stall. 

Staler, v.a. litul—O.K.G. stal], to ex- 
pose for sale, to put in the shop-window, 
to spread out, display, parade ; a'etaler, 
to be displayed, spread out. 

^tambot, a.m. [Stam (O. F. ettant, 
■tanding) + bord], stern-post. 

etat, 8.m. [L. statun], state, condition; 
coup d'Etat, bold stroke of state policy. 

6t6, paet part, of etre. 

6t6, B.m. [L. cestatem], summer. 

6telndre, v.a. irr. [L. exstinguere], 
(conjugated like craindre), to extinguish; 
t'Heiiidre, to be extinguished, go out, die 
away, diminish, decline. 

eteint, e, [part. Heindre], extinct, 
dead. 

6tendre, v.a. [L. extendere], to spread, 
stretch, expand, distend, lay out, lengthen, 
prolong, draw out. 

6temel, le, adj. [L. oeterva'is], eter- 
nal, everlasting. 

etemellement, adv. [itemel], eter- 
nally, forever. 

6tinceler, v.n. [Hincelle — L. sdntilla], 
to sparkle, flash, gleam, glitter. 

^tirer, v.a. [6-\-tirer], to stretch, draw 
out ; if Hirer, to stretch one's self. 

^toflte, s.f. [Ger. stoff], stuff, cloth. 

^toUe, s.f. [L. Stella^, star, star- wheel, 
reel (in spinning). 

^toller, v. tr. {etoile], to star, be- 
spangle, cause to twinkle. 

^tonnant, e, adj. [pres. part, of 
itmner], astonishing, wonderful. 
^tonn^, e, adj. \itonner], astonished. 

^tonnement, 8.m. [ Uonner], astonish- 
ment, amazement, admiration, wonder. 

^tonner, v.a. [L. ex, tonare], to aston- 
ish, amaze, startle ; s'4tonner, to be aston- 
ished, amased, startled. 



^touffer, v.a. and T.n. [Gk. ■n)4>ot], to 

suffocate, stifle, choke. 

^tourdi, e, l. adj. [^tourdir, et + h. 
torpidvs], giddy, light in the head, 
dazzled. 

2. 8., madcap, romp, rattle-head. 

etourdir, v. tr. [L. extorpidire], to 
stun, daze, make dizzy or giddy. 

etrange, adj. [L. extratieus], strange, 
odd, queer, novel, uncouth. 

etrangement, ad. [Grange], strange- 
ly, oddly, queerly. 

Stranger, s.m. and adj., ^trang^re, 
f. [L.* extranearitis], stranger, strange, 
foreign, alien. 

^trangler, v.a. and v.n. [L.* strangu- 
lare], to strangle, throttle, choke, stifle, 
suffocate. 

^trave, 8.f. [Du. steven], the stem (of a 
ship). 

etre, 1. v.n. irr. [L. esse, fui, stare], 
(Hunt, Hi, je suu, je fits, je serai, qxie je 
sols), to be ; Us dtaient, they were; etre 
en visite, 53, 13. 

2. s.m. creature, being. 

^treinte, s.f. [Mreindre—L. stringere], 
knot, clasping, pressure, embrace. 

^troit, e, adj. [L. strictus], narrow, 
tight, straight ; d I'Hroit, confined, with- 
out room enough. 

etroitement, adv. [itroit], narrowly, 
closely, intimately. 

6tude, s.f. [L. siudium], study. 

6tudier, v. a. and v. n. {itude], to 
study. 

eu, eue, past part, of avoir. 

eurent, past def. 3rd plu. of avoir. 

Europe, s f. [L. Euroj)a\, Europe. 

eut, eClt, see conjugation of avoir. 

eux, pers. pro. disjunctive [L. illog\, 
them, they. 

s'evanouir, v.r. (L. ex, vanus\, to 
faint, swoon, vanish. 

eveill^, e, adj. [iveiUer], awake, 
alive, living, brisk, sprightly. 



40 



TOOABULART. 



dTelller, r. a. [L. exvigilare,], to 
waken, rouse ; ^iveiller, to awake, wake 
up, get animated. 

6veneinent, 3.m. [It. ev&nimento], 
event, occurrence. 

eventail, s.m. [ivcnter, vent], fan. 

6vente, e, adj. [vent], fanned ; giddy, 
light-headed, rattle-brained. 

eventer, v. tr. [vent], to fan, air, 
ventilate, bring to light, divulge. 

6ventrer, v. tr. [ventre, L. ventrem], 
to disembowel ; to empty out. 

eveque, s. m. [L. episcop^isy bishop. 

s'evertuer, v.r. [vert^i], to struggle, 
strive, exert one's self. 

6viderament, adv. [ivident], evident- 
ly, manifestly, clearly, plainly, obviously. 

evident, e, adj. [L. evidentem], e\i- 
dent, manifest, plain, clear, obvious. 

eviter, v. a. [h. evitare], to shun, avoid, 
evade. 

exact, e, adj. [L. exactus], exact, ac- 
curate, correct, precise, punctual. [Pro- 
nounce i-gzakt.] 

exactement, adv. [exacte], exactly. 

exactitude, s. f. LL-* exact itudo], 
exactness, punctuality, regrularity, prompt- 
ness. 

exagerer, v a. [L. exaggerate], to ex- 
aggerate, magnify, [exagir- before e mute. ] 

s'exalter, v.r. [L. exaltare], to become 
excited. 

examen, s. m. [L. examen], examina- 
tion. 

examiner, v.a. [L. examinare], to ex- 
amine, inspect, consider, inquire into, 
survey. 

exasperation, 8.f. [L. exasperation- 
em], exasperation. 

exaucer, v. tr. [L.* exaltiare, L. 
altus], to hear, listen to, grant. 

excellent, e, adj. [L. excellentern\, 
excellent, worthy. 

exGept6, prep, [excepter—h. except^ 
ar«l, except, exoepting, but. 



excds, 1. m. [L. exestnu], 

extreme. 

exciter, v.a. [L. excitare], to excite, 
provoke, arouse, irritate, urge, stimulate, 
encourage, spur, inflame. 

exclamation,8.f. [h.exelamatio7iem\, 
exclamation, cry. 

exclamer, v.r. [U. exelatnare], to ex> 
claim, cry out. 

exclusif, ve, adj. [exclusion — L. 

exclusionem], exclusive. 

excursion, 8.L [L. excursionem], ex- 
cursion. 

excusable, adj. [exciise], exousaiMe, 
pardonable. 

excuse, 8.f. [excuser], excuse, apology, 
excuser, v.a. [L. excusare], to excuse, 
pardon, bear with, exculpate, 
execrer, v. tr. [L. execrari\, execrate 

detest. 

ex6cuter, v.a. (L.* eoMcutare], to exe 
cute, perform, accomplish, carry out 
achieve, fulfil ; ffexicuter, to comjjy, 
yield. 

execution, 8.f. [L. executionem], ex- 
ecution, accomplishment, performance, 
achievement. 

exemple, s. m. [L. exemplum], ex- 
ample, pattern, model ; par exemple, 
for instance ; indeed ! 

exempt, e, adj. [L. exempttu], ex- 
empt, devoid, free. 

exercer, v. tr. [L. eocercere], to ex- 
ercise, train, practise. 

exhaler, v.a. [L. exhalare], to send 
forth, exhale, breathe, emit, vent. 

exiger, v.a. [L. exigere], to exact, re- 
quire. 

exil, s.m. [L. exiliuml, exile, banish- 
ment. 

exild, 8.m. [exil], exile. 

exiler, v. tr. [L. exilare], to banish, 
exile. 

existence, a.t. [exister—JA. txUlere], 
existence, being. 



TOOABULABT. 



exister, r. intr. [L. exltterel, to exist. 

expansif, Ive, adj. [L.* expantimis], 
•xpansive, joyous, free, exuberant, de- 
monstrative. 

expansion, s.f. [L. expansionem], ex- 
pansion, outpouring, expression, elation, 
heightened feeling, joyousness, demon- 
stration. 

exp6rience, s. t. [L. experientia], 
experience. 

explication, 8.f. [L. explicoHoneml, 
explanation, interpretation. 

expliquer, v.a. [L. explieare], to ex- 
plain, express, declare, expound ; tfexpli- 
quer, to explain one's self, have an 
explanation, be explained. 

exploit, s. m. [L. explieitum], exploit, 
achievement, deed. 

explorer, v. tr. [L. explorare], to 
explore. 

explosion, s. f. [L. explosion^m], ex- 
plosion, outburst. 

exposer, v.a. [L. expausare], to ex- 
pose, show, exhibit, endanger, venture. 

exprds, esse, adj. [L. expressus], 
express. 

expressif, ve, adj. [L. expresdims], 
•xpressive. 

expression, s. f. [L. expresgionem], 
expression. 

exprimer, v.a. and v.n. [L. exprim- 
ere], to express, declare, recite or sing 
with expression. 

exqais, e, adj. [L. exq^lisitug], exqui- 
■ite. 

extase, 8. f. [Ok. eica-Tao-is], ecstacy, 
rapture. 

s'extasier, v.r. [extase], to be in rap- 
ture, to be enraptured, to be in an ecs- 
tacy. 

ext6nuer, v. tr. [L. extenuate], to 
extenuate ; s'exUnuer. to become weak. 

ext6iieur, l. adj. fem. [L. exteriorem], 
exterior, outward, external. 



2. s.m. exterior, outside, ontwud ap- 
pearance. 

extraordinaire, adj. [L. extraordin- 
ariuH\ extraordinary, unusual. [Pro- 
nounce ex-tra-or — .] 

extreme, adj. [L. extr emits], extreme. 

extremite, s.f. [L. extremUale7n\, ex- 
tremity, extreme, excess. 

exulter, v.n. [L. exuUare], to exnlt. 



F. 



fabrique, s.f. [L. fabriea], factory. 

face, s. f. [L. fades], front, fore part, 
face ; face d face (de), face to face ; faire 
face d, to face ; en face, opposite, across 
the way. 

fache, e, adj. [fdcher], angr}', dis- 
pleased, sorry, vexed. 

fa<;her, [Prov. fastiger — L. fastidi- 
um], to make angry, offend, vex ; to make 
sorry ; se fdcher, to be angry, ^et into a 
passion, be offended. 

f^ctieux, se, adj. [/cic/ier], trouble- 
some, annoying, vexatious, disagreeable, 
grevious. 

facile, adj. [L. facilin], easy, ready. 

facilite, s. f. [L. facilitatem], facility, 
ease, readiness. 

faciliter, v. tr. [It. facilitare], to fad^ 
litate. 

facon, s.f. [L./actto»iem], make, shape, 
fashion, way, manner, mode, sort, kind ; 
fagon de vivre, mode of life ; (plu.) cere- 
mony, ' fuss' ; faire des famous, to make 
objections. 

facteur, s. m. [L. factorem], letter- 
carrier, postman. 

factotum, s. m. [L. fae+totum], fac- 
totum ; one who does everything. 

fade, adj. [L. vaiiidug], insipid, un- 
savoury, tasteless, heavy, dull. 

fadeur, s. f. [fade], insipidity, silli- 
neas, tastelessness, silly talk. 



VOCABULARY. 



fegot, 8. m. [der.f], firewood, a stick of 
firewood ; /aire du fagot, to gather or 
mAke firewood 

faible, adj. [L. Jlebilis], weak, feeble, 
faint, helpless ; s. m. weakness, frailty. 

faiblesse, s. f. [faible], weakness, de- 
fect, foible. 

faiblir, v. n. [faible], to become weak, 
Blacken, give way. 

faillir, v. n. irr. | L. failure], (faillant, 
failli, je faux, je faillis, je faudrai), to 
err, miss, fail, be on the point of, to be 
lacking, come short. 

faim, 8. f. [L. fames\, hunger ; avoir 
faim, to be hungry, [m is never pro- 
nounced.] 

fain6ant, e, adj. and noun [fait ■\- 
niant, L.* necentem, nee+entem, pres. 
part, of sum)], an idle, lazy person, use- 
less character. 

faire, v. a. irr. [L. facere], (faisant, 
fait, je fais, je fis, je ferai, quejefasse\ 
to make, do, tell ; Hre fait pour, to be 
intended or calculated to ; se faire la 
barbe, to shave ; faire le mAnage, to do the 
housework; faire I' aumdne, to give alms, 
to give to the poor ; faire des cris. to yell, 
yelp ; faire des raisoiis a, to reason with, 
remonstrate with ; il fait froid, the 
weather is cold ; que faire ? what is to be 
done ? faire peur A. to frighten ; faire la 
charity, to give charity ; faire la cuisine, 
to cook ; il fait beau, it is fine weather ; 
faire la lecture, to read, give a reading; 
se faire tuer, to get killed ; faire le ser- 
vice, to serve as a waiter ; se faire, to be- 
come, to grow into, to get to be ; faire 
ban (imp.), to be pleasant. 

faisant, pres. p. of faire, making. 

faisons, 2nd plu. pres. ind. oi faire. 

fait, 8. m. [L. factum], fact, act, deed, 
case ; itre au fait de, to be acquainted 
with, to be aware of ; tout A fait, entirely, 
completely, quite ; si fait, yes, indeed ; 
d« fait, indeed, in truth ; par le fait, in- 
deed ; &tre son fait, to be in his line. 



fait, e, past part. [L. factm\, uuult, 
done, fit, qualified. 

faix, s. m. [L. fas<sio\, burden. 

fakir, s.m. [Arab, faqia. ' poor ']f fakir. 

falaise, s. f. [O.H.G. felisa], cliff. 

falbalas, s. m. [derJ] furbelow, 
flounce. 

fallait, imp. ind. 3rd sing, of falloir. 

falloir, V. imp. irr. [L. fallere], (faHu, 
ilfaut, il fallut, il faudra, qu'il faille), 
must, should, ought ; to be necessaiy, be 
obliged, need, want. 

fallu, past part, of falloir. 

fameux, se, adj. [L. famosus\, fa- 
mous, famed, celebrated, renowned, noto- 
rious, capital, excellent. 

familiarite, s. f. [L. familiaritatem], 
familiarity. 

familier, 6re, adj. [L. famiUarxs], 
familiar, free, intimate, unconstrained. 

famille, s. f. [L. familia], family ; en 
famille, at home. 

fane, e, adj. [faner], faded. 

faner, v.a. [L. f(Bnum],t,o spread grass, 

fade, tarnish, 

fanfaron, 1. adj. fem. fanfaronne, 
[Sp. fa7ifarron], blustering, boasting,brag- 
ging, swaggering. 

2. 8. blusterer, boaster, 8^vaggerer, brag- 
gart, bully. 

fantaisie, s. f. [It. fantatia], fancy, 
imaginative fancy, odd fancy, fantastical- 
ness. 

farcir, v. tr. [L. farcire], to stuff. 

fardeau, s. m. [origin unknown], bur- 
den, load, weight. 

farfadet, s. m. [origin unknown], elf, 
goblin, spirit. 

farouche, adj. [L. feroeem], wild, 
fierce, unsociable, shy. 

fascinateur, trice, adj. and noun 
[fasciner — L. fascinare], fascinating, 
tempting. 

fasciner, v. a. [L. faiciiuire], to fasci- 
nate. 



M 



VOCABULAKY. 



fassions, 2nd plu. pres. subj. otfaire. 

fastidieux, se, adj. [L. faatidiosus], 
irksome, tedious, wearisome. 

fat, 1. adj. [L fatuu^\, foppish. 
2. 8. fop, dandy, [t is pronounced ; fat 
has no fern, form.] 

fatal, e, adj. [L. fatalis], fatal. 

fatalement, adv. [fatal], fatally. 

fatigant, e, adj. [fatiguer], fati^ng, 
tiresome. 

fatigua, 8. f. [fitiguer], fatigue, evil, 
hardship, weariness. 

fatig'uer, v.r. [h. faUgare], to fatigue 
one's self, lire one's self. 

faubourg, s. m. [L.*/om + bunjus], 
faubourg, suburb, quarter. 

faucher v. a. [L. falcare], to reap, 
mow, cut down. 

faudra, faudrait. See falloir. 

fausser, v. a. [L. falsare], to bend, be 
warped, perverted; se fmisser, to dis- 
guise, change, alter, make false. 

faut, 3rd sing. pres. ind. of falloir. 

faute, s. f. [L.*/aHi«rt], fault, mistake, 
error, want ; faire faute, to fail ; to be 
missed. 

fauteuil, s. m. [O.H.G. /a^fsiMof), arm- 
chair. 

fauve, 1. adj. [O.H.G. falb], reddish, 
tawny. 

2. 8. m. the tairny colour. 

3. s. m. animals of such colour deer, 
roebucks, etc. 

fauvette, s. f. [faxive], warbler. 

faux, 1. adj., fern, fausse [L.fabalus], 
raise, untrue, erroneous, wrong, counter- 
feit, mock, sham. 

2. adv. false, out of tune. 

faveur, s.f. [L. favm-em], favour, boon. 
Interest. 

favorable, adj. [Ij. favorahilif], fav- 
ourable. 

£avori, te, adj. [It. /awrite], favourite. 



febrile, adj. [I.. febrilU], febrile, 
feverish. 

f^e, 8.f. [L. fata], fairy. 

feerie, 8.f. [fie], fairy -art, enchant- 
ment, fairy-tale, fairy-land. 

feignit, 3rd sing. pret. def. of feindre. 

feindre, v.a.irr. [L. fingere] (feignant, 
feint, jefeins, je feignis, je feindrai, que 
jef eigne), to feign, dissemble, pretend. 

fdlicite, s.f. [L. felicilatem], happi- 
ness, bliss. 

femelle, 8.f. [L.* femella—Ufemina], 

female. 

fdmininit^, s.f. [f^minin—h. f/imin- 
inw.?], womanishness, womanish fondness. 

femme, s.f. [L. femina], woman, wife, 
married woman ; femme de minage, 
housewife; femme de charge, house- 
keeper. 

fendre, v.r. [L. finder e\ to cleave, 
Vmrst asunder, split, gape ; se fendre, to 
burst, break. 

fenetre, s.f. [L. fenestra], window, 

casement. 

fente, s.f. [fenare], split, crack, slit, 
chink, crevice. 

fer, s.m. [L. ferrum], iron ; shoe (of 

horses), 
ferez, 2nd plu. fut. oi faire. 

ferme, l. adj. \L.firmus], firm, steady, 

fast. 

2. s.f. farm, farm-house. 

fermer, v.a. [L. firmare], to shut, 
shut up, fasten, close, close up. 

ferinete, s.f. [h. firmitatem], firmness, 
constancy, steadiness, steadfastness, sta- 
biUty. 

f^roce, atlj. [L. feroccm], fierce. 

ferrer, v.a. [L. ferrare], to bind, hoop, 
with iron ; ferrer un cheval, to shoe a 
horse ; ferri A glace, shod for ice ; well 
prepared (slang). 

ferule, s. f. [L. ferula], ferule, rod. 
festin, 3.m. [O.F./e«te], feast, banquet. 



53 



VOCABULARY. 



fftte, s.f. [L. festum], holiday, festival, 
celebration, saint's day, festivity, feast, 
merry-making ; jour de sa file, one's 
birth-day. 

feu, s.m. [L. focus], fire. 

femlle, s.f. [L. folium], leaf, sheet. 

feuilleter, v.a. {feuillct—feuille], to 
turn over (the leaves of a hook). 

f^vrier, s. m. [L. februariux], Feb- 
ruary. 

flacre, a.m. [St. Fiacre, an hotel in 
Paris, A. D. 16-tO: the first carriages for 
hire were stationed there], a hack. 

flan9ailles, s.f. pi. [fiance— Jier—\j. 
fidere], betrothuig, afhancing, engage- 
ment. 

flanc^, s.m. fem. fiancee, [ fiance], 
person affianced, betrothed. 

ficelle, s.f. [L. filum], pack-thread, 
twine, string. 

flchu, s.m. [origin unknown], necker- 
chief, fichu. 
fiddle, adj. [L. fiJclis], faithful, true. 
fld^lit^, 8.f. [L. fidelitatem], fidelity. 

fler, fl^re, adj. [L. ferus], proud, 
high-spirited, haughty, bold, gallant, 
grand ; high, fierce. 

fl^rement, adv. [fier], proudly, arro- 
gantly, haughtily. 

flert^, s.f. \h.feritatein], pride, haugh- 
tiness, arrogance, boldness. 

fl^vre, s.f. [L. febriii], fever, feverish- 
ness, restlessness, inquietude. 

fl^vreux, se, adj. [fiiwe], feverish. 

figrer, v.a. [L. figere], to congeal, freeze, 
stiffen, harden. 

figure, s.f. [L. figura], figure, form, 
shape, countenance, face. 

fij, s.m. [L. filum], thread. [Pronounce 
the I.] 

flier, v.a. and v.n. [fil], to spin ; to 
rope, file, be off, to go away in file, to pay 
out or slip (cable) ; to glide, shoot, run ; 
il fatU filer, we must be o£L 



fille, s.f. [L. /Ha], girl, daughter, maid. 
flUette, s.f. [fille], lass, young girl, 
maid, 
flls, s.m. [L. filius], son. 

filtrer, v, intr. [filtrc—L.* filtrum, 
felt], to filter, strain, penetrate through. 

fln, s.f. [L. finis], end, conclusion, ter- 
mination, issue ; d la fin, at last, at length, 
in the end ; a seule fin de, for the sole 
purpose of. 

fln, e, adj. [L. finitus], fine, thin, deli- 
cate, shrewd, sly, sharp, keen, cunning. 

flnir, v.a. and v.n. [L.finire], to finish, 
complete, end, tenninate. 

flole, s.f. [L. phiala], vial. 

flt, 3rd sing. pret. .def. of fatre 

fixe, adj. |L. fixus], fixed, settled, 
steady, certain, stationary. 

flxement, adv. [Jixe], fixedly, steadily. 

fixer, v.a. [fixe], to fix, fasten, settle, 
detemiine. 

flacon, s.m. [L.* fiasco], flagon, small 
bottle, vial. 

flageoler, v. tr. [L. flauta, through 
the Prov.], to tremble, shake (of the 
knees). 

flagran t, e, adj. [L. fiagrantem], fla- 
grant. 

flairer, v. tr. [L. Jlagrare], to scent 
out ; to sniff, smell. 

flamand, e, adj. and noun, Plemish, 
Fleming. 

flambant, e, adj. [fiamber], blazing, 
flaming, bright, brand-new ; flambant 
neuf, brand-new. 

flambeau, s. m. [flambe—h. flam- 
rnula], flambeau, taper, torch. 

flamber, v.n. [yZo7n 6e], to blaze, flame, 
be inflamed, light up. 

flanc, s.m. [h.fiaccus or O.H.G. flan- 
cha\, flank, side ; en plein flanc, full in 
the ribs. 

flaner, v. intr. [flandrer, from the 
Czech], to lounge, loiter, loaf, sauntor. 



tOCABULAEY. 



fl&nerle,8.f. [fidmr], lounj^inu, saunt- 
ering, loitering. 

fl&neur, se, adj. and noun [fidrier]. 
Idler, loafer, lounger, loiterer. 

flaque, s. f. [Flem. vlaque], puddle, 
pool. 

flatter, v.a. [O.U.Q.Jlaz, 'united'], to 
flatter, fondle, pat. 

flatteur, se, adj. and noun [JUMer], 
flattering ; flatterer. 

fl^au, s.m. [h.jlageUurn], flail, scourge. 

fl^che, 8.f. [M..li.G. flitsch], arrow. 

fl^chir, V. intr. [L. flectere], to bend, 
bow, give way, yield. 

fl^trir, v.a. [L. fiaccere], to wither, dry 
up, blight, blast, tarnish, blemish, stain, 
dishonour. 

fleur, s.f. [L. jltirem], flower, bloom, 
blossom; d, fleur dc, even with, level with. 

fleuri, e, part, [fleurir], flowery, in 
bloom, covered with flowers. 

fleurir, v.n. [L. florere], to flower, 
blow, bloom, blossom, flourish, prosper, 
fleuve, s.m. [L. fluvius], river. 

florissant, e, adj. [doublet of 'fleuris- 
taut '], prosperous, flourishing. 

flot, 8. ni. [L. fluctus], wave, flood, 
water. 
flotter, V. tr. [flot], to float, 
flotteur, s.m. [flotter], a raft, 
flottille, a.f. [flotter], fleet, flotilla. 

flut^, e, adj. [flUte—h.* flaxUa], like a 
flute ; soft and low. 

foi, s.f. [L. fidem], faith. 

foin, s.m. [L. foenum], hay. 

fois, s.f. [L. vicem], time (repetition) ; d 
la fois, all together, all at once; deux 
foit, twice. [Pronounce foi; de foi-z-d 
autre.] 

foiatre, adj. [foi], giddy, wild. 

folia, 8. f. Ifol], madness, folly, lunacy, 
frenzy ; piece of folly. 
foUe, fem. of fou. 



follement, adv. [foI\, madly, foolishly, 
extravagantly. 

fond, s.m. [L. fundus], bottom, ground, 
foundation, heart, further end ; au fond, 
in the main, at (the) bottom, at heart, 
back -ground ; faire fond, to fonn a back- 
ground. 

fondre, v. a. [L. fundere], to melt 
down, melt away, dissolve, burst, 
font, pres. ind. 3rd plu. of faire. 

fontaine, s.f. [h.* fontrma], fountain, 
spring, font. 

force, s.f. [L.* fortia], strength, might, 
force, power ; d force de, by dint of, by 
strength of. 

forcement, adv. [forci], forcibly, by 
force, compulsively, necessarily. 

forcen^, e, l. adj. [L. foris, 'out of, 
Ger. Sinn, 'mind'], furious, mad, en- 
raged. 

2. 8. madman. 

forcer, v. a. [force], to force, compel, 
constrain, break open, break through. 

forestier, 6re, adj. [O. F. forest —P. 
foret], forest ; of forests, of forestry. 

foret, 8. f. [L.* foresta], forest, forest- 
land, wood-land, [t is never pronounced.) 

forfait, 8. m. [forfaire—h. foris + 
facere], misdeed, crime. 

forme, s. f. [L. forma], form, shape, 
figure. 

formel, le, adj. [formalis], formal, 
imperative. 

former, v. a. [L. formare], to form, 
frame, fashion, make. 

formulaire, s.m. [fornmle—h. for- 
mula], formulary, books of forms. 

formuler, v. tr. [formule—h. for- 
mula], to formulate, state, draw up, set 
down. 

fort, e, 1. adj. [L. fortis], strong, 
stout, powerful, firm, loud, good. 

2. s.m. strongest part, thickest part. 

8. adv. very, very much, highly, e» 
tremely, strongly. 



VOCABULART. 



fortement, adv. [fort], strongly, 
deeplj', deep, hard, sharply, loudly. 

fortune, s. f. [L. jortuna], fortune, 
chance, risk, hazard, wealth. 

fortune, e, adj. [L. fortunatus], fortu- 
nate, lucky, happy. 

fosse, s. f. [L. /os.sa], hole, pit, grave. 

fosse, 8. m. [h.* fossatum — L. fossa], 
ditch. 

fossette, s. f. [L. fosse], little hole, 
dimple. 

fou, fol, foUe, 1. adj. [L.* follis], 
mad, foolish, wild, insane, frolicsome, 
playful, excessively fond. 

2. 8. madman, madwoman, madcap. 

fouet, s. m. [L. fagus], whip. 

fougue, s. f. [It. foga], spirit, fire, 
animation, impetuosity, ardour. 

fouiller, v. tr. [L.* fodiculare — L. 
fodicare], todig, search, rummage, rumple, 
ruffle. 

foule, s.f. [fouler— Jj.* fullare, to 'full 
cloth '], crowd, throng. 

foiirchette, s. f. [fourche—h. furca], 
fork. 

fourneau, s.m. [L. furnellus], stove. 

fourni, e, adj. [foumir], stocked, 
thick, close, bushy. 

fournir, v. a. [O.H.G. fnunjan, 'pro- 
cure'], to furnish, provide, supply, stock. 

fournisseur, s.m. [fournir], eon- 
tractor, supplier, pun'eyor, caterer, fur- 
nisher ; shopkeeper. 

fourrager, v. a. and v.n. [fourraye— 
O.F. fourre— Goth, fddr], to forage, pilfer, 
plunder ; to rummage, ruffle. 

fourr^, e, part, [fourrer], furred. 

fourre, s.m. [fourrer], thicket. 

fourrer, v. a. [O.F. fuere], to put, 
thrust, stuff, line with fur. 

foyer, s. m. [L. focus], fire-grate, 
hearth, hearthstone. 

fragile, adj. [L. fragilis], fragile, 
brittle, frail. 



fragment, s. m. [L. froffmentum], 

fragment. 

fraichetir, s.f. [frais], coolness, fresh 
ness, bloom. 

frais, Iche, adj. [A. S. fresc], cool, 
fresh, new, youthful ; de frais, afresh ; 
s. m. freshness, coolness ; au frais, in the 
cool (of the evening or morning), 

frais, s.m. pin. [L.*fredum, from the 
old German], expenses, charges ; faire des 
frais, to go to expense or trouble. [See 
note 60, 16.] 

fraise, s. f. [L. fragea], a strawberry. 

franc, s. m. [L. francus], franc (a 
French coin, the standard of value in 
France, worth about 19J cents). 

franc, he, adj. [L. francus], free, un- 
constrained, frank, downright, open, sin- 
cere. 

fran9ais, e, adj. and noun [L.* fran- 
censis], French ; un Frangais, a French- 
pian. 

franctiement, adv. [franc], frankly, 
freely, openly, plainly, sincerely, 

franchir, v. tr. [franc], to cross, pass 
over, leap over, clear, surmount, rise 
above, 

franchise, 8.1. [franc], frankness, 
candour. 

Francois, s. m. [O. F. form of Fran- 
gais], Francis. 

frapper, v. a. [Scand. hrappa], to 
strike. 

fraternel, le, adj. [L. fratemus], fra- 
ternal, brotherly. 

frayeur, s. f. [L. frigorem], fright, 
terror, dread, fear. 

fregate, s.t [it. fregata], frigate. 

fremissement, s.m. Ifrimir—L. fre- 
mere], a shudder, ;hiver, trembling, 
shaking. 

frequerument, adv. [friquent — L 
frequentem,], frequently, often. 

fr^re, s- m. [L. frater], brother. 



U 



VOCABULARY. 



fret, B. m. [O. B.O.freht], freight.. 
fresque, adj. O. H. G. frisc], frisky. 

fr^tillement, s.m. [fretil!er—L.*/re- 
tilUtre], frisking-, wriggling-. 

fr^tiller, v.tr. [L.* frictillare—h. fri- 
care], to wag, frisk, wriggle. 

friand, e, adj. [/rire—h. J'rigcre], 
dainty, fond of dainties. 

fricot, 8. m. [der.?], a stew. 

frileux, se, adj. [L.* fritjidulosus], 
chilly. 

fripon, ne, l. a<ij. [friper — O. F. 
fripe, ' rag ' ], knavish, roguish, rascally. 

2. 8., rascal, rogiie, knave. 

friser, V. tr. [der.?], to curl, frizzle. 

frisotter, v.a. [/riser], to curl, frizzle. 

frisson, v. tr. [L.* frictionem], a 
shiver, shudder. 

frissoner, v. n. [frisson], to shiver, 
shudder. 

frivole, adj. [L. frivoltis], frivolous, 
trifling. 

froid, 8. m. [L. fri/jidum], cold, cold- 
ness, chilliness, [d is never pronounced.] 

froid, e, adj. [L. friyidus], cold. 

froidement, adv. [froid], coldly. 

froissement, s.m. [froisser], bruis- 
ing, rumpling, clashing, rustling. 

froisser, v. a. [L. fricare], to bruise, 
strike, dash, clash with, rumple, crumple, 
offend, hurt. 

froncer, v.a. [h. froiitem], to contract, 
knit, wrinkle, [f before a and o.] 

front, 8. m. [L. frontem], forehead, 
brow, face, front. 

frotter, V. a. [L. frictum], to rub, rub 
down, wipe dry, polish. 

frou-frou, 8. m. [onoviatopoetic], rust- 
ling of silk, etc. 

frugal, e, adj. [L. frugalis], frugal. 

fruit, 8. m. [L. friietiis], fruit, [t is 
never pronounced.] 

fruiti6re. h. f. [fem. of fruitier], fruit- 
seller, greeu-grocer. 



fuir, V. n. irr. [L. fiigrre], (fnyant, fui, 
je fuis, je fuis, je.fvirai, que jefuie), to 
flee, take flight, run away, avoid, shun. 

fuite, 8. f. [/m)>— L. fugere], flight. 

fumer, v. n. [L. fumare], to smoke. 

fumet, 8. ni. [fiimer], flavour, [t is 
never pronounced.] 

fun^bre, adj. [L. funebris], funeral, 
niournfiil, melancholy. 

furent, 3rd plu. pret. def. of ^tre. 

furet, s. ni. [dim. of fur—L. furo], 
ferret. 

f ureter, v.n. [furet], to ferret, ferret 
out, search out. [Written furett- or furit- 
before e mute.] 

furieusement, adv. [furieux], furi- 
ously, prodigiously. 

furieux, se, adj. [li.furiosus], {urious, 
mad, enraged, raging, fierce, fury. 

furtif, ve, adj. [L. furtlvus], furtive, 
stealthy, secret, sly. 

fut, 3rd sing. pret. def. of Hre. 

fut, 3rd sing. imp. sub. of itre. 

futaie, s.f. [fM—li. fxisti!<\, forest; une 
haute futaie, a forest of tall trees. 

futur, e, adj. [L. futurus], future. 

fuyait, 3rd sing. imp. ind. of fuir. 

fuyant, pres. part, of fuir ; fleeing, 
receding, shifting. 

G. 

gabarit, s.m. [gabarre— It. gaharra, a 
lighter], at lirst a model for the construc- 
tion of a gabarre, afterwards a model 
for any kind of ship. 

gachette, s. f. [gdche—O. H. G. wa^- 
kari], the catch of a lock. 

gagner, v.a. [O.H.G. weidanjan, 'to 
pasture ' ], to gain, make, earn, get, win ; 
gagner de iritesse, to overhaul. 

gai, e, adj. [O.'B.Q. gahi], gay, merry 
lively, mirthful, cheerful. 

gaiement, adv. [gai], gaily, merrily, 
cheerfully. 



67 



VOCABULARY. 



gfalet^, 8. f. [ga'], gaiety, merriment, 
mirth, glee, cheerfulness, merriness. 

gaillard, s. m. [Sp. gaUarda- Oe\t.], 
a sprightly, lively, merry fellow ; a wag. 

gala, 8. m. [It. gala], gala, rejoicing. 

galant, e, 1. adj. [pres. part, of O. F. 
galer—O.H.G. (ieil\, honest, civil, gener- 
ous, gallant, courteous. 

2. 8. m. a gallant, spark. 

galanterie, s. f. [tjalant], politeness, 
gallantry. 

galere, s. f. [It. gahrd], galley, boat. 

gallinace, e, adj. [L. gallinaceiis], 
gallinaceans (hen family), fowls. 

galon, 8. m. [galonner, der.?], lace (ol 
gold, silver, etc.). 

gambade, a. f. [It. gambatd], skip, 
gambol. 

gamin, s. m. [origin unknown], boy, 
lad, urchin, street-boy, rascal. 

gant, s. m. [Swed. wante], glove, [t is 
never pronounced.] 

ganter, v. a. [gant], to glove ; se gan- 
ter, to put on one's gloves. 

garantir, v.a. [garant — O. H.O. waron, 
'to caution'], to guarantee, warrant, 
vouch for. 

garQOn, a. m. [origin unknown], boy, 
bachelor. 

garde, s. f. [garder], keeping, defence, 
watching, guard, custodj', charge ; pren- 
dre garde, to mind, take care ; n'avoir 
garde de, to take care not to. 

garde, s. m. [garder], a fruard, keeper, 
warden; garde champetre, a constable 
(for watching crops or property in the 
country). 

garde-manger, s. m. \garde-\-man- 
ger], buttery, larder, pantry. 

garder, v.a. [O.H.G. loarten], to keep; 
M garder, to keep, beware, take care not, 
abstain, refrain, guard. 

gardien, ne, s. m. [garde], guardian ; 
gardien de la paiz, policeman. 



gare, interj. [imperative of garer], 
clear the way, make way, take care, look 
out. 

gare, s. f. [garer], railway station, 
depot. 

garenne, s. f. [garer], warren. 

garer (se), v. ref. [O. H. Q. waron], to 
keep out of the way, get out of the way. 

garni, e, l. part, [gamir], garnished, 
furnished, trimmed. 

2. s. m. a lodging, furnished room. 

gamir, v.a. [A.S. wamian], to furnish, 
supply, provide, stock, ornament. 

gars, s. m. [der.?], boy, lad. [a is not 
pronounced.] 

Gascogne, s. f. [L. Vasconia], Gas- 
cony ; le golfe de Gascogne, the bay of 
Biscay. 

gateau, s. m. [M.H.Q. wastel], cake. 

gater, v. a. [L. vastare], to spoil. 

gaterie, s.f. [gdter], indulgence ; fair* 
des (/dteries d, procure dainties for. [See 
note 71, 13.] 

gauche, l. adj. [O.H.G. weZi, 'weak'], 
left. 

2. s. t., left hand, left hand side ; d 
gauche, on the left, to the left. 

gaz, s. m. [invented by the alchemist 
Van-Helmont], gas. 

gazouillement, a. m. [gazouiller], 
chirping, warbling. 

gazouiller, v.n. [gaser—Prov. gasar], 
to chirp, warble, prattle, twitter, lisp, 
murmur. 

geignait, imp. ind. 3rd sing, of 
geindre. 

geindre, v. n. Irr. [L. gemere], conju- 
gated similarly to craindre], to whine, 
moan. 

geler, v. n. and v. a. [L. gelare], to 

freeze [gil- before e mute.] 

gemir, v. n. [L. gemere to groan, 
moan, sigh. 

g^missement, s. m. [gimir—1^ g%- 
mere], groan, groanicj^. 



VOCABULARY. 



erendarme, •. m. {geni tCarme], man. 
at-arms, gendarme, constable, policeman, 
gruard. 

gendarmerie, s. f. \sien» d' arme], 
armed police. 

gSne, 8. f. [contraction of gehenne — 
Hebrew gi-hinnom, ' valley of Hinnora ' ], 
rack, torture, constraint, inconvenience, 
annoyance, trouble, embarrassment, pe- 
auniary difficulty. 

grSner, v.a. [gine], to impede, obstruct, 
trouble, inconvenience, incommode, be 
in the way of. 

g6neral, 8.m. [L. generalis], general. 

general, e, adj. [L. gene-ralis], general; 
en girUral, in general, generally. 

generalement, adv. [giniral], gen- 
' erally, in general. 

genereux, se, adj. {L. generosus], 
generous, noble, liberal, benevolent. 
g^nie, s.m. [L. genius], genius, spirit. 
genou, s.m. [L. genu], knee. 

genre, s.m. [L. geiirm], genus, species, 
kind, sort. 

gens, s.m. [L. gens], people, persons, 
men, attendants. 

gentil, le, adj. [L. gentilis], pretty. 

gentilhomme, s.m. [gentil-{-hmnme], 
nobleman, gentleman. [Plii. ijentilshom- 
mes.] 

gentillesse, 8.f. [gentil], gentleness. 

gentiment, adv. [gentil], prettily, 
Bweetly. 

gentleman, s.m. [Eng.], gentleman. 

g^Ographie, s.f. [L. geographia],geo- 
(fraphy. 

g^ona^trie, 8.f. [L. geometria], geo- 
metry. 

germer, v.n. [L. germinare], to shoot, 
spring up, spout, bud. 

g^sir, v.n. [L. jacere], to lie. [gisir is 
used only in the imp. giaais, etc., and the 
following : — pres. ind., il git, nous gisong, 
voua gi«ez, ils gisent ; pres. part, gi8a7U.] 



geste, 8.m. [L. gestus], geature, action, 

movement, sign. 

gesticuler, v.n. [L. gesticulari], to 
gesticulate. 

gite, s.m. [gisir], home, lodging-place, 
lodging, quarters. 

glace, s.f. [L. glades], ice, glass, look' 
ing-glass. 

glac^, e, past part, [glacer— glace], 
frozen, frosted, iced, icy, chilling, cold, 
icy cold. 

glacial, e, adj. [L. glaciali':], frozen, 
glacial, icy, frigid. 

glauque, adj. [L. glaueus], sea-green. 

glisser, v.a. and v.n. [Ger. glitschen], 
to slip, slide, glance, (iip in ; se glisser, to 
slip, slide, creep, steal in. 

globe, a.m. [L. globus], globe. 

gloria, s.m. [Gloria Patri, from the 
Liturgy], gloria, name of a drink made 
of coffee, sugar and brandy. 

glorieux, se, adj. [L. gloriotus], 
glorious, vainglorious, boastfuL 

gloriole, s.f. [L. glorioW], vain-glory, 
vanity and conceit. 

gloussement, s.m. [glousser—li.* 
gloeiore], cackling. 

gober, v. tr. [from the Celt., goh, 
the mouth], to swallow, gulp down. 

goelette, 8.f. [gneland, a guU, (from 
the Celtic)], schooner. 

goguenard, e, adj. [der.?], bantering. 

golfe, s.m. [It. golfo], gulf. 

gonfler, v.a. [L. conflare], to swell, 
puff up, inflate. 

gorge, s.f. [L. gurges], throat. 

gorger, v. tr. [gorije], to gorge, to feed 
full. 

gosier, s.m. [ori^;in unknown], throat. 
[r is never pronounced.] 

gosse, s.m. [der. ?], fellow, youngster, 
urchin, imp. 

goufltre, s.m. [It. got/o—Gk. koAitos], 
abyss, whirlpool, gulf. 



0» 



VOCABULARY. 



gfOTinnand, e, 1. adj. [ori^n uncer- 
tain], g^-eedy, gluttonous. 

2. glutton, good eater. 

gourmandise, s. f. [gourviand]. 
gluttony, greed. 

gourmet, s.m. [for groiimet, dim. of 
O.F. groume, boy], judge of wine, epicure. 

gofl.t, s.m. [L. gustus], taste, savour, 
liking, style. 

go€iter, v.a. and v.n. ['/oflt], to taste. 

goutte, s.f. [L. gutta], drop. 

gouvernail, (plu. s), s. m. [L. guber- 
naculum], helm, rudder. 

gfOTivemeinent, s.m. [gouvenier], 
government. 

gouvemer, v. tr. [ijubemare], to 
steer, govern, guide. 

grabat, s.m. [L. grabatits], pallet, cot. 
[t is never pronounced.] 

gr&ce, s.f. [L. gratia], grace, favour, 
pardon, mercy, thanks ; de grdce ! for 
mercy's sake ! pray ! I pray you 1 

gracieusement, adv. [gracieux], 
g^raciously, kindly, gracefully. 

gracieusete, s.f. [L. gratiositatem], 
gradousness, courteousness, act of cour- 
tesy. 

gracieux, se, adj. [L. gratiosus], 
graceful, pleasant, courteous, gracious, 
kind, obliging. 

grain, 8.m. [L. granum], grain; a 
sudden storm of wind and rain, a squall. 

graine, s.f. [L.* gratia], seed. 

grand, e, adj. [L. grandis], great, 
large, high, grand, main, tall, wide, full, 
rising. 

grand' chose, s.f. [rirande+chose], 
much. 

grandiose, adj. [It. grandioso], grand 
(in the fine arts). 

grandir, v.n. [L. grandire], to grow, 
g^ow up, grow tall, to increase. 

grand' peine, s.f. lgrande+ peine], 
great difHculty, much trouble. 



grand-p6re, s.m. [grand + pin] 

grandfather, grandsire. 

grand'peur, s. f. [grand(e) peur\, 
great fear, fright. 

grappe, s.f. [M. H. Q. krapfe], bunch, 
cluster, 
gras, se, adj. [L. grassiis], fat, plump. 

gratuit, e, adj. [L. gratuitus], gra- 
tuitous, free, without salary. 

grave, adj. [L. gravis], heavy, grave, 
serious, solemn, sedate. 

gravement, adv. [grave], gravely. 

graver, v.a. [Du. graven], to engrave, 
grave, impress, imprint ; «e graver, to be 
engraved, to be marked. 

graveur, s.m. [graver], engraver. 

gravir, v. tr. [L.* gradire—li. gradus], 
to ascend, climb. 

gravity, s.f. [L. gravitatem], gravity, 
seriousness, sedateness, importance. 

gravure, 8.f. [graver], engraving. 

gr6, s.m. [L. gratum], will, wish, lik- 
ing, pleasure, mind ; savoir gri, to be 
obliged to, feel grateful towards. 

gredin, s. m. [Scand. grdd—'Eng. 
greed], rascal ; a kind of dog (small, with 
long hair). 

gr§le, s.f. ^risil—gres—O.B..O:. griez], 
haU, hail-storm. 

grele, adj. [L. gracilis], slender, thin, 
shrill. 

grelotter, v. n. [grelot—0. F. grele, 
' trumpet'], to quake, shiver. 

grenier, s.m. [L. granarium], gran- 
ary, loft, garret, [r is never pronounced.] 

griflfe, s.f. [O.H.G. griff], claw. 

griffon, s.m. fem. griffonne, [L. gry- 
phus], griffon, poodle. 

griffonner, v. tr. [yriffe], O.H.G, 
grif], to scribble, scrawl. 

grille, s.f. [L.*crattc«ia], grate; barred 

gate 



VOCABULARY. 



grrlmolre, s-m. [O.F. gramaire—1,.* 
fframma], conjuring book. 

grimper,v.n.[Du.5Tt>pe7i,' to seize'], 
to climb, climb up. 

grinceraent, .m. [grincer], grating, 
rattling. 

grincer, v. tr. [O.H.G. gremizon], to 
grate. 

grincheux, se, adj. ill-tempered, 
peevish, crabbed (colloquial). 

grippe, 8.f. [gripper —Bc&ndi. grtpa], 
grip ; influenza ; ■prendre en grippe, to 
take a great dislike to. 

gris, e, adj. [O.S. gris 'gray headed'], 
gray headed, gray ; tipsy, fuddled, drunk. 

griser, v, tr. [grin], to make drunk ; se 
griser, to be intoxicated, get drunk. 

grisonner, v. tr. [grison, gris], to be- 
come grey. 

grogner, v. intr. (L. grunnire, to 
grunt], growl, mutter, Krunt, grumble, 
fret. 

grommeler, v.n. [O.H.G. grummeln], 
to grumble, mutter. 

gronder, v. a. [L. gnmdire], to chide, 
scold, reprimand, grumble. 

grondeur, se, adj. [grander], grum- 
bling, scolding. 

gros, se. adj. [L. grossus], large, big, 
great, bulky, coarse. 

gTossierte, s. f. [grassier, gros], rude- 
ness, boorishness. 

grossir, v. n. gros], to get big— large, 
grow stout, enlarge, swell out. 

grouiller, v. intr. [der.?], rook, sway, 
swing. 

groupe, s. m. [It. groppo], group. 

grue, s. f. [L. grua, grus], crane. 

guenille, s.f. [origin unknown], rag, 
tatter. 

gu6re, adv. [0. H. O. welgard], but 
little, not mucli, not very, not long, 
bardly, scarcely, very few. 



gueridon, s. m. [orisin uncertain) 
gueridon, round table, low table. 

guerir, v. a. [Goth, warjan], to heal, 
cure ; se guerir, to get well. 

guerre, s. f. [O.H.G. werra], war. 

guet, s. m. [guetter], watch, lookout. 

guetter, v. tr. [O.H.G. wahtan], to 
watch for. 

gueule, 8. f. [L. gula], mouth (of a 
beast). 

gueux, se, adj. and noun [der.?], 

beggar. 

guide, s. m. [origin uncertain], guide, 
guide book. 

guider, v. tr. [guide], to guide, 
guigner, v.tr. [der.?], to peep at, pry 
peer, watch. 



habile, adj. [L. hdbilis], able, clever, 

skilful, capable, expert. 

habilement, adv. [habile], cleverly, 
skilfully, dexterously. 

habilete, s.f. [L. kabilitatem], ability, 
cleverness, skill. 

habillement, s. m. [habiUei-], cloth- 
ing, clothes, dress. 

habilier, v.a. [habile], to dress, clothe; 
s'habiller, to dress one's self. 

habit, s. ni. [L. habitus], garment, 
dress, apparel, garb, coat, dress-coat; 
plu clothes, [t is never pronounced.] 

habitation, s. f. [L. habitationem], 
habitation, residence, abode. 

habiter, v. a. and v. n. [L. habitare], 
to inhabit, dwell in, live in, reside in. 

habitude, s. f. [L. habitudo], habit, 
custom, trick ; d'habitude, habitual, usuaL 
habltuel, le, adj. [L. habitualis], 
habitual, customary, usual. 

habituellement, adv. [habituel], 
habitually, usually, generally. 

habituers', v. r. [L. habiiuare], to 



TOCABULARY. 



Mjc.jtom or inure one'i selt; je m'y 
habituerai, I shall get used to it. 

' ha,che, 8. f . [O. H. O. hacco], axe, 
hatchet. 

'hagard, ad]. [L.» haga, a hedge; 
faucon hagard, a hedge-falcon, t. «., a 
wUd falcon], haggard, wild. 

haillon, s. m. [O.H.G. hadil], raff. 

'haine, s. f. [hair], hate, hatred. 

'hair, V. tr. irr. [O.F. hadir, Teut.], to 
hate. 

' haleine, b. f. [halener—h. anhelare], 
breath, wind. 

'haler, v. tr. [Scand. hala], to draw, 
pull, haul. 

halluciner, v. a. [L. hallttcinari], to 
delude. 

hallucination, B.f. [L. kalliusination- 
em], hallucination. 

hanter, v. a. [L. habitare], to haunt, 
frequent. 

' happer, v. a. [Du. happen, ' to bite ' ], 
to snap, snap up, catch, lay hold of. 

' hardi, e, adj. [O.F. hardir—Qer. hart- 
jan], hardy, bold, daring-, intrepid. 

'hargneux, se, adj. [O.H.G. harm- 
jan], cross, crabbed, pee^^sh, surly, crusty. 

'harmonie, s. f. [L. harmonia], har- 
mony, music ; a collection of wind instru- 
ments, a band. 

'hasard,s.m.[Arab. aludr, ' thedice'], 
chance, accident, hazard, risk. 

' hasarder, v. tr. [hasard], to hazard, 
risk, venture. 

. ' hd>te, s. f. [Ger. Hast], haste ; d la 
hdte, hastily. 

' hS.ter, V. tr. [Ger. hast], to hasten ; 
se hdter, to make haste, hurry, hurry 
one's self. 

' hausser, v. a. [L.* aitiare], to raise 
raise up, lift up ; hautser les ipaules, to 
ihrug the shoulders. 



' haut, e, L ad]. [L. «ftu«], high, tali, 
lofty, chief, loud. 

2. 8. m. height, top, upper part ; il est 
en haut, he is up stairs, above, at the top. 

'hautbois, s. m. [^a«t-f6ots1, haut- 
boy. 

'hauteur, 8.f. [haut], height, hauteur, 
haughtiness, depth (of the sea). 

' hein ! inter. [L. hevn .'], hey I is it not ? 
h6las, int. [M^-las], alas I ah I [« is 
silent.] 

herbage, s. m. [L.* herbaticum—L. 
kerba], herbage, grass, pasture, meadow. 

herbe, s. f . [L. herba], herb, grass ; 
manger son bU en herbe, to spend one's 
money before one gets it. 

'herisser, v. tr. [hirisson — lj.*ericion- 
em], to erect, bristle, stand on end. 

heritage, s. m. [hiriter — L. heredit- 
are], heritage, inheritance. 

hdriter, v. intr. [L. heriditare], tn 
inherit. 

heritier, 6re, s. m. [L. hereditanuti], 
heir, heiress. 

hermetiquement, adv. [hermM- 
que— Hermes, the god of occult sciences], 
hermetically. 

hermine, s. m. [L.* armenitis, fur 
from Arme7iia], ermine, miniver. 

h^roique, adj. [L. heroictis], heroic. 

h^ro'iquement, adv. [hero'igua], 
heroically. 

'h^ros, 8. m. [L. heros], hero. [« is 
silent.] 

hesitation, s. f. [L. hcesitationem], 
hesitation. 

h^siter, v. n. [L. hcesitare], to hesitate, 
falter, stop, waver. 

'hetre, s. m. [Low. Ger. hester], 
beech. 

heure, s. f. [L. hora], hour, o'clock, 
time, time of day; de bonne heure, be- 
times, early, soon ; tout d, I'heure, by and 



«a 



VOCABULART. 



by, preaently, not long ajfo, Just now ; d 
la bomxe heure ! well and good 1 

heureusement, adv. [henreux], hap- 
pily, fortunately, luckily, successfully. 

hevireux, se, adj. [heur—L. aurjur- 
ium], happy, blessed, blissful, lucky, 
fortunate, successful, prosperous, favour- 
able, auspicious. 

'heurter, v. a. [heiirl— origin uncer- 
tain], to run ag-ainst, knock against, strike 
against, hit against, hit, strike ; se heurter, 
to strike, hit one's self ; run foul of each 
other, come into collision. 

hi6r, adv. [L. heri], yesterday ; hier au 
soir, last night ; avant-hier, the day be- 
fore yesterday, [r is pronounced.] 

hirondelle, 8.f. [L. hinmdo], swallow. 

histoire, s. f. [L. historia], history, 
tale, story, fabrication, fiction ; histoire 
de jtrendre I'air, to take a walk in the 
open air, as it were. See note. 

historique, s. m. [L. historicus], his- 
tory, recital, narration (of facts). 

hiver, s.m. [L. hibemus], winter. \r is 
pronounced.] 

'hocher, v. a. [Flem. hotsen], to jog, 
shake, wag, toss ; hocher la tHe, to shake 
one's head. 

' Hollandais, e, adj. and s. [Hoi- 
lande], Dutch, Dutchman. 

hommage, s. m. [L.* hominaticum], 
homage, service. 

homme, s. m. [L. homo], man. 

homonyme, s. m. [Qk. 6ixatvviJ.oi], 
namesake. 

honnete, adj. [L. hoiiestus], honest, 
upright, becoming, seemly, modest, de- 
corous, worthy, respectable, decent. 

honnetir, 8.m. [L. honorem], honour. 

honorable, adj. [L. honorabilis], 
honourable, respectable, creditable, reput- 
able, proper, suitable. 

honorablement, adv. [honorable— L. 
honorabilis], honourably. 



honte, i,f. [A. 8. honda], shame. 

honteux, se, adj. [honte], ashamed, 
bashful, shy, shameful, disgraceful, di» 
creditable. 

hopital, s. m. [L.* hospitale — L. 
hospitem], hospital. 

horizon, 8. m. [Gk. opi^urt'], horizon. 

horioger, s. m. [horloge — L. horolo- 
gium], watchmaker, clockmaker. 

'hormis, prep. [hors-\-mig], except, 
excepting, but, save, saving. [Pronounce 
hor-mi : hor-mi-z-une piice.] 

horrible, adj. [L. horribilis], horrible, 
horrid, hideous, frightful, shocking,dread- 
ful, fearful, awful, terrible. 

horriblement, adv. [horrible], hor- 
ribly, horridly, shockingly, hideously, 
frightfully. 

'hors, prep. [/or«— L. foris], out, out 
of, outside of, beyond, but, except, save, 
[s is never pronounced.] 

hospitaller, 6re, [L. hospital ariut], 
hospitable. 

hospitality, b. f . [L. hospitalitatem], 
hospitality. 

hostile, adj. [L. ?iostilii], hostile, un- 
friendly. 

bote, 8. m. [L. hospitein], host, land- 
lord, guest. 

hotel, s.m. [L.* hospitide], mansion, 
residence ; hotel, inn, tavern ; hdtel de 
ville; town-haU. 

'hotte, s.f. [Swiss-Ger. hotte], ha,aket, 
creel. 

'hoToleixx, se, adj. [houle, (Gelt.), a 
billow], swelling, tumbling, swollen. 

' houppe, s.f. [L. upupa], tuft, top- 
knot, tassel. 

' hourra, interj., hurrah. 

' houspiller, v. tr. [der.?], to mob, 
worry. 

'huer, v. a. and v. n. [hue--onomato- 
poetic], to shout after, hoot at, hoot. 

huile, 8. f. [L. uleiim], oil. 



VOOABULART. 



hult, num. adj. [L. octo], eight, eighth 
(of months, etc.). [Pronounce le ui-t ; 
ui-t-hommes ; ui ehevaux; k is mute in 
dix-huit and vini/t-huit.] 

humain, e, adj. [L. humanus], hu- 
man. 

humanite, s. f. [L. humanitatern], 
humanity, human nature. 

humeur, s. f. [L. humorem], humour, 
temper, mood. 

humide, adj. [L. humidus], humid, 
watery, damp, wet, moist, liquid. 

humilier, v. a. [L. humiliare], to 
humble, humiliate, take down, bring 
down. 

luimilit^, s. t. [h. humilitatem] , hu- 
mility, humbleness, meekness. 

'liiirlement, s.m. [hurler], howl. 

' hurler, v. n. [L. ululare], to howl, 
yell. 

' hurlant, e, adj. [pres. part, of hurl- 
er], howling. 

hypocrisie, s.f. [L. hypocn'gis], hypo- 
crisy. 

hypotheque, s. f. [L. hypotheca— 
Gk. vno0rixri], mortgage. 

I. 

ici, adv. [L. ecce hie], here ; d'ici Id, 
from here to tliere, between this and 
then ; jusqu' ici, till now, up to this time, 
hitherto. 

ideal, s. m. [L. idealis], ideal. 

idealiser, v. a. [iiUal], to idealize, 
make ideal. 

idee, s. f. [L. idea — Gk. iSia], idea, no- 
tion. 

idiot, e, 1. adj. [L. idiota — Gk. 1611071)9], 
idiotic, foolish. 

2. s. idiot, fool. 

ignorer, v. a. [L. ignorare], to be 
ignorant of, not to know or recognize, be 
unacquainted with. 

il, pron. [L. ille\ he, it, there ; il y a, 
there is, there are. 

illuiniiaatioii, s. f. [L. illuminatiun- 
em], illuuinatiou. 



illusion, s.f. [L. illusionem], illusion, 
elf-deccption, delusion ; se /aire illusion, 
to deceive one's self. 

illustre, adj. [L. illut,tri>\ illustriousj 
eminent. 

ils, per. pro. masc. plu. [L. illos], they 

image, s. f. [L. irnaginem], image. 
likeness, picture, vision. 

imaginalDle, adj. [L. imaginahilis], 
imaginable. 

imaginatif, ve, adj. [L. itnaginati- 

vus], imaginative. 

imagination, s.f. [L. imagiiiationem], 
imagination. 

imaginer, v.a. [h. imaginare], to im- 
agine; s'imaginer, to fancy imagine, sur- 
mise, figure to one's self. 

s'imbiber, v. r. [L. itnbibere], to im- 
bibe, soak, drink in. 

imbecile, noun and adj. [L. imbe- 
ciUn>!], imbecile, idiot ; silly, idiotic. 

imiter, v. a. [L. imitare], to imitate, 
copy, mimic. 

immediat, e, adj. [L. iminediatus], 
immediate, instant. 

imm^diatement, adv. [immMiat— 
im-\-inHiat — L. viediatus], immediately, 
directly. 

immemorial, e, adj. [im, m^moire], 
immemorial, out of mind. 

immense, adj. [L. immcnsus], im- 
mense, vast, huge. 

immobile, adj. [L. immohilis], im 
movable, motionless, firm, fixed. 

immobiliser, v.a. [i'in+tnobiliser],io 
convert personal property into real estate ; 
to render fixed, immovable. 

immobilite, s. f. [L. immobilitatem], 
immobility, immovability. 

immod^r^, e, adj. [L. immoderatus], 
immoderate, intemperate. 

immortel, le, adj. [L. immortalis] 
immortaL 



VOCABULARY. 



Immuable, adj. [im+muable], im- 

mutahle, unalterable, unchangeable. 

impartiality, s.f. [impartial— L. im- 
partialis], impartiality. 

impassible, adj. [L. impassibHu^], 
impassive, stolid. 

irapatiemment, adv. [impatient— 
L. impatientcm], impatiently, eagerly. 

impatience, s.f. [Ij.impatientia], im- 
patience, restlessness, eagerness. 

impatient, e, adj. [L. impatientcm], 
impatient. 

impati enter, v. a. [impatient], to 
make impatient, put out of patience, 
provoke; ^impatienter, to grow im 
patient. 

impenetrable, adj. [L. impenetra- 
blis], impenetrable, inscrutable, 

imp^rieux, se, adj. [L. imperiotivs], 
imperious, haughty, supercilious, domi- 
neering, lordly. 

impertinent, e, adj. [L. impertinen- 
tem], impertinent, senseless, improper. 

inaperturbable, adj. [L. impertur- 
babilis], imperturbable, unmoved. 

imp6tueiix, se, ad}.[l,.* impetuosus], 
impetuous, wild, uncontrollable. 

impetuosity, s.f. [L.* impetuosita- 
te»n], impetuosity. 

impitoyablement, adv. [in+pitoy- 
able (pitiii)+ment], remorselessly, piti- 
lessly, cruelly. 

implorer, v. tr. [L. implorare], to 
implore, beseech. 

impoli, e, adj. [L. impoUtus], im- 
polite, unpolite, discourteous, uncivil, 
rude. 

importance, a. f. [important], im- 
portance, consequence, moment, con- 
sideration. 

important, e, adj. [importer], im- 
portant. 

importer, v. imp. [L. iinportare], to 
matter, be of consequence ; n'importe, no 
matter, never mind. 



importun, ©, adj. [L. impnrtunut], 

importunate, obtrusive. 

importunity, 8.f. [L. importunita- 

tern], importunity, presumption. 

imposer, v.a. [im+poser], to lay on, 
impose, enjoin, prescribe, lay, tax, charge, 
ini]3ute, thrust upon, force upon, place 
upon or over ; s'imposcr, to impose (a 
duty) upon one's self, to impose one's 
self upon, to intrude. 

impossibility, s.f. [L. impossibUUa- 

tern], impossibility. 

impossible, adj. [L. impossibilis], 

impossible. 

imprecation, s.f. [L. imprecationem], 

imprecation, curse. 

impression, s.f. [L. impressionem], 

inijiression. 

impressioner, v. tr. [i7npression], to 
impress, make an impression upon. 

imprevu, e, adj. lim+2}rSvu], unfore- 
seen, unexpected, unthoughtof, unlocked 
for. 

improviser, v. tr. [It. im}>rovisare — 
L. improvisus], to improvise, deliver ex- 
tempore. 

imprudent, e, adj. [L. impnutentem], 

imprudent, rash, heedless. 

impulsion, s.f. [L. impulsionem], im- 
pulsion, impulse. 

impunement, adv. [impuni], with 
impunity. 

impuni, e, adj. [L. impunittu], un- 
punished ; with impunity. 

inaccoutume, e, adj. [in+aecou- 
tiling, unaccustomed, uncustomary, un 
wonted, unusual. 

inalterable, adj. [in + alterable 
(altirer)], unalterable, fixed, unchange- 
able. 

inapaise, e, adj. [in+apais^, unap- 



inattendu, e, adj. [iri + attendu], 
unexpected, unforeseen, unhoped fcr. 



tt 



VOCABULARY. 



Inavouable, adj. [in+avouoMe], not 
to be acknowledged. 

inavou^, e, part. [in+avou4], uncon- 
fessed. 

incapable, adj. [in+capabU], incap- 
able, unable. 

incertain, e, adj. [in+ certain], un- 
certain, questionable, unsettled, unsteady, 
inconstant. 

incident, s.m. [L. incidentem], inci- 
dent, occurence. 

incliner, v.a. [L. inclinare], to incline, 
slope, stoop, bow, bend ; s'incliner, to 
incline, bow the head, bow down. 

incoherent, e, adj. [L. ineohaeren- 
tern], incoherent. 

incommode, adj. [L. inernnmodits]. 
inconvenient, importunate, troublesome. 

inconnu, e, l. adj. [in+connu], un- 
known, strange. 
2. s., stranger. 

inconscient, e, adj. [in+e<mseient\, 
unconscious, unfeeling. 

inconsciemment, adv. [inconscient], 
unconsciously. 

inconvenance, 8.f. [in-i-L. conveni- 
entia], impropriety, unseemliness, inde- 
corum. 

inconvenant, e, adj. [in-'rconven- 
ant], improper, unbecoming, unseemly. 

ind^cis, e, adj. [L. in-\-decisus\, un- 
decided, doubtful, hesitating, uncertain. 

ind^flni, e, adj. [L. indefinitus], in- 
definite, unlimited, undetermined. 

indeflnissable, adj. [in -)- definis- 
sable— li. definire], undefinable. 

indice, s.m. [L. indicium], indication, 
mark, index. 

indicible, adj. [in-i-L. dicere], inex- 
pressible, unspeakable, ineffable. 

indifferemment, adv. [indifferent], 
indifferently. 

indifference, s.f. [L. indiffemntia], 
iadifference. 



indiflrerent, e, adj. [L. indiferentem], 
indifferent, unooncerned, immaterial, un- 
sympathetic. 

indigestion, a-f. [L. indigettionem]^ 
indigestion. 

indignation, •.!. (L. indignation»m\ 
indignation. 

indigene, adj. [L, indif/nus], unworthy, 
undeserving, worthless, scandalous. 

indigne, e, adj. [past part of «•<» 
digner], indignant 

indigner (s'), v. ret. [L. {ndignari\ 
to become angry. 

indiquer, v.a. [L. indieare], to indi 
oate, show, point out. 

indiscipline, adj. [L. indisciplinatiul 
undisciplined, wayward, beyond control 

indiscret, dte, adj. [L. indiseretus], 
indiscreet, inconsiderate, unwary, inquisi- 
tive, injudicious, impertinent, rude. 

indiscretion, s.f. [L. indisoretionem], 
indiscretion, inconsiderateness, impru- 
dence, presumption. 

indispensable, adj. [in, dispenser], 

indispensible. 

indulgent, e, adj. [L. indulgentem], 
lenient, indulgent, considerate. 

Industrie, s.f. [L. industria], skill, 
ingenuity, manufactures, industry. 

inebranable, adj. [in, ibranler], im- 
movable, resolute, unmoved, unshaken, 
steady, firm. 

inelegance, s-f. [L. inelegantia], in- 
elegance. 

inexcusable, adj. [L. inexcusabilis], 
inexcusable, unjustifiable, unwarrantable. 

inexperimente, e, adj. [in+expiri- 
7ne7ifer— L. exper/wientore], inexperienced, 
unpractised, inexpert. 

inexplicable, adj. [L. inexplicabilia], 

inexplicable. 

infamie, 8.f. [L. infamia], infaoqr, 
ignominy, baseness, 

infatigable, adj. [L. infatigabilxs\ 
indefatigable, unwearied, onweary. 



TOOABULART. 



Inf^rleur, e, adj, [L. ivferiorem], In- 
lerior, subordinate, lower, nether, iinder. 

Inflni, e, adj. [L. infinitus], infinite, 
boundless, endless. 

infliger, v. tr. [L. injiigere], to inflict. 

influer, v.n. [L. injluere], to influenoe, 
Bway. 

informer (s')t ▼• rel. [L. informare], 
to enquire. 

infortune, b. (. [L. in, /ortuna], 
misfortune. 

Infortun^, e, adj. [L. infortunatus], 
unfortunate, unhappy, ill-fated, wretched, 
unlucky, luckless. 

Ing^nieux, se, adj. [L. ingeniosus], 
ingenious. 

ing^niosit^, a. t. [L. ingenwtut\, in- 
genuity. 

Ingrat, e, l. adj. [L. ingratris], un- 
thankful, ungrateful, thankless. 

2. s., an ingrate. 

inintei'rompu, e, adj. {in + inter- 
romj)M], uninterrupted. 

iniquity, s. f. [L. iniquitatem\, ini- 
quity. 

initier, v. a. [L. initiare], to initiate, 
admit. 

injonction, s. f. [L. injuv^tionem], 
injunction, command. 

injure, s.f. [L. injuria], insult, injury, 
wrong ; faire injure A quelgu'un, to wrong 
any one. 

injuste, adj. [L. injuttus], unjust. 

innocence, s. f. [L. innocentia], in- 
nocence, harmlessness, inoffensiveness, 
simplicity. 

innocent, e, adj. [L. i?Hioce?i,f «/;!], in- 
nocent, guiltless, harmless, inoffensive. 

inoccup^, e, adj. [wi-t- occwprf], un 
occupied, unemployed. 

inoffensif, ve, adj. [in+offensif- L. 
offensare], inoffensive, harmless. 

inoubliable, adj. [in, oublier], not to 
beforgottaa. 



inoul, e, adj. [in-foul — o«fr— li. aud- 
ire], unheard of. 

inquiet, 6te, adj. [L. inquietus], in- 
quiet, anxious, uneasy, restless. 

inqui^ter, v. a. [L. inquietare], to 
make uneasy, disquiet, trouble, disturb. 

inqiil^tude, s. f. [L. inquietudo], 
anxiety, uneasiness, disquietude, solici- 
tude. 

inscription, a. L [U inscriptionein], 
inscription. 

inscrire, v.a. irr. [L. inseribere], (con- 
jugated like icrire), to inscribe, enter. 

insens^, e, adj. [L. insentatun], in- 
sane, mad, senseless, unwise. 

insensible, adj. [L. insensibilis], in- 
sensible. 

inseparable, adj. [L. inseparabiiis], 
inseparable. 

insig'ne, s. m. [L. insigne], badge. 

insigniflant, e, adj. [in+signifiant— 
L. significare], insignificant, of no account. 

insinuant, e, adj. [insinuer], insinu- 
ating, 
insinuer, v. intr. [L. intinuare], to 

insinuate, hint, suggest. 

insister, v.n. [L insistere], to insist, 
persist , urge, press, lay stress. 

insouciance, s. f. [insouciant — in, 
souder], carelessness, thoughtlessness, 
heedlessness, Ustlessness. 

insouciant, e, adj. [in+soueiant — 
L. solli:itare'\, careless, unconcerned, 
thoughtless, heedless, unmindful. 

inspection, s. f. [L. inspectionem\, 
inspection. 

inspiration, s. f. [L. impirationem], 
i?ispiration, suggestion. 

inspirer, v.a. [li.inspirare], to inspire, 
breathe, suggest, prompt, instil. 

installer, v. a. [in, O.H.G. stall], to 
install, induct, settle ; s'installer, to in- 
stall one's self, place one's self, settle. 

instance, 8.1. [L. xnstantia\, entreaty, 
solicitatioB. 



VOCABULARY. 



instant, 8. m. [L. hislantem], instant, 
moment, trice. 

instinct, a. m. [L. inetinctus], in- 
stinct. 

instinctif, ve, adj. [instinct— h. in- 
ttinctits], instinctive. 

instinctivement, adv. [instinctij], 
instinctively. 

institution, s. f. [L. institutionem], 
institution, school, class. 

instruction, s. f. [L. instnictionem], 
instruction, education, information, ex- 
amination (in law) ; juge d' Instruction, 
examining judge. 

instruire, v. a. irr. [L. instruire], (in- 
struisant, instruit, j'instruis, finstruisis, 
j'instniirai, que j'instruie), to instruct, 
teach, inform, acquaint. 

insu (a !')> »• m. [in-\-su], unknown. 

insuflSsant, e,adj.[L. innufficientem], 
insufficient, inadequate, unequal. 

insuflasanunent, adv. [insuffisant], 
insufficiently. 

insupportable, adj. [in -i- support- 
able —L. support are], insupportable, un- 
bearable, intolerable. 

intact, e, adj. [L. intactus], intact, 
entire, whole, untouched. 

intarissable, adj. [in -1- tarissahle 
-tarir], inexhaustible, that never dries up 

intelligence, a. f. [L. intclUgentia], 
intellect, intelligence, understanding, 
knowledge, agreement, accord. 

intelligrent, e, adj. [L. inteUigentem\, 
intelligent, sharp. 

intensity, s. f. [intense — L. itUensiis] 
intensity. 

intention, s. f. [L. intentionem], in- 
tention, purpose, design, view. 

intercaler, v. tr. [L. intercalate], to 
interpolate, insert, foist, place between. 

interdire, v. a irr. [L. interdicere], 
(conjugates like dire except with -disez in- 
■tead of dites in 2nd plu. prea. ind. and 
mperabive), to interdict, prohibit, forbid; 



inlerdit, forbidden, du Tib-founded. Mil- 

able to reply. 

interessant, e, adj. [intiresser], in- 
teresting. 

interesser, v. a. [L. interesse], to in- 
terest, concern ; s'int4resser, to be inter- 
ested. 

interet, a. m. [L. interest], interest, 
concern, share. 

interieur, e, 1. adj. \L. interiorem] 
interior, internal, inner, inward. 

2. interior, room, home ; femme d'in. 
tirieur, a good housekeeper. 

int^rieurement, adv. 'intirieur],m- 
wardly, internally, secretly. 

interlope, noun and adj. [Eng. inter- 
loper], surreptitious. [Primarily, a vessel 
engaged in contraband trading.] 

intermediaire, 1. a. m. {intermide— 
L. intermedins], medium, intenuediat* 
agent. 

2. adj., intermediate. 

interminable, adj. [L. intermiiv- 
abilix], interminable, endless. 

interne, adj. [L. intemus], internal, 
indoor. 

s'interposer, v. r. [inter-{-poser), to 
interpose, come between. 

interprete, a. m. [L. interpretem], 
interpreter, expounder. 

interrogatoire, a. m. (legal) [L. in- 
terrogatorious], the questions of the 
judge and the answers of the accused ; 
a crosse.xamination. 

interroger, v. a. [L. interrogare], to 
interrogate, question, consult, [g retains « 
before a and o.] 

interrompre, v. tr. [L. interrump- 
ere], to interrupt; s' interrompre, inter- 
rupt one's self, break off. 

intervalle, a. m. [L. intervallum], in- 
terval. 

intervenir, v. n. irr. [L. intervenire] 
(conjugated like venir), to intervene, in- 
terfere, interpose, interrupt. 



OS 



VOCABULARY. 



Intline, adj. fL. intimus], intimate, 
inmost, close, dear, deep, secret, inherent, 
implicit, intrinsic, private, keen, bitter. 

intimider, v. a. [L. in, timidus], to 
intimidate. 

intimity, s.f. [intime], intimacy, close 
connection, privacy. 

intonation, s. f. [L. intonare], intona- 
tion, inflection of voice. 

intransigeant, e, adj. [in+transi- 
geant — L. transit/ere], (recently fonned 
after the moiiel of the Spanish los in- 
transigentes, a, name given to certain irre- 
concilable Royalists) unyielding, uncom- 
promising. 

intr^pide, adj. [L. i7itrepidw], in- 
trepid, dauntless, undaunted, fearless, 
resolute, bold. 

intrigant, e, l. adj. [intrigiier—L. 
intricare], intriguing. 

2. s., intriguer. 

intrigue, ■.!. lintrigiter], intrigue, 
difficulty. 

intriguer, v. Intr. [It. intrigo], to 
perplex, puzzle. 

inutile, adj. [L. inutilis], useless, 
fruitless, profitless, unnecessary, unavail- 
ing, vain, of no use, good for nothing. 

invalids, adj. [L. invalidus], invalid, 
infirm, disabled ; s.m. pensioner, retired 
soldier or sailor, cripple ; ffdiel des 
Invalides, Home for old soldiers. 

invariablement, adv. [invariable, 
in+variable — L. variabilis], in\ariably. 

inventor, v.a. [L. inventurn], to in- 
vent, find out, contrive, devise. 

inv^t^re, e, part. [inveUrer—L. in- 
veterate], inveterate, rooted. 

invincible, adj. [L. invindbilis], in- 
vincible, insuperable, unconquerable, in- 
surmountable. 

invisible, adj. [L. invieiMlis], invisible. 

invitation, 8.f. [L. invitationem], in- 
vitation, 
invito, s.m. (p. p. of inviter], guest. 



inviter, v. tr. [L. invitare], to invito 
involontaire, adj. [L. involontarius], 
involuntary, unconscious. 

involontairement, adv. [iiivolon- 
taire], involuntarily. 

invraisemblable, adj. [in-t-wai- 
semhlahle], unlikely, improbable. 

ira, iralt, irons. See aller. 

trait, cond. 3rd sing, of aller, 

irascible, adj. [L. irascibilis], irascible, 
hot-tempered. 

ironie, s.f. [L. ironia — Gk. eipioveia], 
irony. 

ironique, adj. [Gk. eipwvtKo's], ironic, 
ironical. 

irradier, v.n. [L. irradiare], to irradi- 
ate. 

irrecusable, adj. [L. irrecusabilii], 
unexceptionable, unobjectionable. 

irregulier, ere, adj. [r^i/ulier—h. 
regularis], irregular. 

irr^gulierement, adv. [irregulier], 
irregularly. 

irresistible, adj. [L. irresistibilis], 
irresistible. 

irreprochable, adj. [reprocher], irre- 
proachable. 

irrespectuesement, adj. [irrespec- 
tuir+respeetueux], disrespectfully. 

irreverence, s.f. [L. irreverentia], 
irreverence, disrespect. 

irriter, v. tr. [L. irritare], to irritate. 

isole, e, adj. (It. insulatun], isolated, 
lonely, detached, solitary. 

isolement, s. m [isoler], isolation, 
loneliness. 

isoler, v. tr. [It. isolare], to isolate, 
detach. 

ivoire, s.m. [L. eboreus], ivory. 

ivrogne, s. m. [ivre—L. ebriua}, a 
drunkard. 

J. 

jacasser, v.n. [jacaisc—jacquot, •» 
parrot 'J, to chatter. 



80 



VOCABULABT. 



Jadls adv. [L. jam dies], of old, in 
times of yore, formerly, once. [Pronounce 
ja-di ; ja-di-z il y avail ] 

jaloux, se, l. adj. [L. zelosus\, jea- 
lous. 

2. 8., a jealous person. 

jamais, adv. [jd— L. jam+mafa— L. 
mafjU]. never, ever. 

.jambe, 8.f. [L. gamba\, leg; d mi- 
jambes, to the knees. 

jappement, 8.m. [japper], barking 
sharply, yelping. 

japper, v.n. [onomatopoetic], to yelp, 
to bark shai-ply. 

jardin, s.m. [Ger. garten], garden. 

jardinet, 8.m. [jardia — Goth, gards], 
small garden. 

jardiniere, 8.f. 1. [jardin], garden- 
er's wife, garden-woman. 

2. flower-stand. 

jasmin, 8.m. [Sp. jasmin], jasmin. 

jaune. adj. [L. galbiaus], yellow ; 8.m. 
the yelk. 

jaunir, v. n. [jaune], to grow yellow, 
turn yellow. 

je, j', per. pro. subject of verb [L. 
ego], I. 

Jet, s.m. [Jeter], jet, ray, throw. 

jet^e, s.f. [Jeter], jetty, pier, mole. 

Jeter, v. a. [jet—h. jaotus], to throw, 
cast, fling, hurl, throw down, cast down, 
shoot, send forth, utter ; se jeter, to throw 
one's self, cast one's self, fall on. [Written 
jett- before e mute.] 

jeu, s.m. [L. jocus], play, sport, fun, 
game. 

jeune. adj. [L. juvenis], young, 
youthful. 

jeCme, s.m. [L. jejunium], fasting, 
deprivation. 

jeunesse, s.f. [jeuTie], youth, youth- 
ful days, youthfulness ; used also familiarly 
to mean a young girl, a lass. 

ioie, s.f. [L. gaudium], joy, joyfulness, 
gladness, glee, mirth. 



Joi^nant, pres. part, of joindre. 

joindre, v.a. irr. [L. jungere], (conju- 
grated like craindre), to Join, put together, 
unite, fix together, claap. 

joint, e, i>art. [joindre], joined, united, 

clasped. 

joint, 8.m. [p.p. ot joindre], Joint. 
joli, e, adj. [O. Scan, jul, 'feast'], 
pretty, pleasing, neat, genteel, fine, good. 

jonglerie, s.f. [jongleur — L. jocula- 
tor], juggling. 

joue, s.f. [L. gabata]. cheek. 

jouer, v.a. and v.n. [L. jocari], to 
play ; (of wood) to shrink and crack, to 
warp. 

jouet, s.m. [jew], plaything, toy. Jest, 
sport. 

louir, v. intr. [L. gaudere], to enjoy. 
[Requires de.] 

iouissance, s.f. [jouir — L. gaiidere], 

enjoyment, pleasure. 

jour, s.m. [L. diumus], day, light ; se 
/aire jour, to make one's way into the 
light, to understand clearly. 

journal, s.m. [L. diurtialis], Journal, 

newspaper. 

jotirnalier, 6re, 1. adj. [journal], 
daily. 

2. s.m. journeyman, day-labourer. 

journ^e, 8.f. [O.F. jnm], day (with 
respect to its duration), daj^s work, day's 
wages ; toute la jouniie, all day (long). 

joyeux, se, adj. [joi«], joyful, merry, 
cheerful, mirthfuL 

jucher, v.n. [origin uncertain], to 
roost, perch. 

judicieux, se, adj. [L. jvdidosus]. 
Judicious. 

juge, s.m. [L. judicem], judge, justice; 
juge d'instruction, examining judge. 

jugement, s.m. [juger]. Judgment^ 
opinion, view, sentence. 

luger, T.a. [L. jutUeare], to Jad|fe. 



ro 



VOCABULARY. 



Jupe, B.f. [Arab. ju&&«(], petticoat, ooat. 

skirt. 

jupon, 8.m. [jup*], petticoat. 

jurer, r.n. [L. jurare], to swear, as- 
sure. 

JTxron, s.m. [jurer], oath. 

jus, B.in. [L. jus], juice, gravy. [Pro- 
nounce jH ; un ju-z-i-paU. ] 

jusant, 8. m. [jus, an O. F. adverb 
meaning downwards — L. d^orsum], the 
ebb-tide. 

jusque, prep. [L. de usque], to, even, 
as far as, till, until, up to, to the extent 
of ; jusgu' a ce que, (with subj.) until. 

juste, adj . [L. Justus], just, right, up- 
right, righteous, correct, exactly, pre- 
cisely ; tout juste, barely ; jusque Id, 
till then, before. 

justement, adv. [jude], just, pre- 
cisely, justly, exactly. 

justesse, s. t. [juste], justness, accu- 
racy, exactness. 

justice, s.f. [L. justitia], justice, fair- 
ness, law. 

justifler, v. a. [L. justifieare], to jus- 
tify, vindicate, prove, make good. 

juvenile! *dj. [L. juvenilis], juvenile, 
youthful. 



r, U or la, before a vowel. 

la, 1. art. f. [L. ilia], the (see le). 
2. pron. her, it (see fe). 

1^, adv. [iliac], there, here, down ; Id- 
bas, down there; Id-haut, above, up there; 
Id-dedans, within; e'est Id, that is; ce 
chien-ld, that dog ; Id-bat:, jonder. 

labour, 8.m. [L. iafcorein], labour, work, 
toil. 

laborieux, adj.[L. toftociosus, labori- 
ous, diligent, hard-working, painstaking. 

lac, s. m. [L. lacus], lake. 

l&cbe, adj. [L. laxus], loose, slack, 
faint-hearted, cowardly, base. 



lAcber, v. a. [L. laxare], to slacken; 
relax, loose, make loose, loosen, let go, 
let slip. 

laid, e, adj. [O.H.G. laid], ugly. iU- 
favoured, ill-looking, plain, homely. 

laine, s. f. [L. lana], wool, worsted. 

laisser, v. a. [L. laxare], to leave, 
quit, bequeath, suffer, permit, let, allow ; 
se laisser faire, to feel at one's ease, offer 
no resistance ; laisser Id, to put by, lay 
aside. 

lait, s. m. [L. lactem], milk, [t is never 
pronounced.] 

laitue, 8. f. [L. lactuce], lettuce. 

lame, s. m. [L. lamina], plate, bladet 
wave, billow. 

lamentable, adj. [L. lameyitabilis], 
lamentable, woful, mournful, rueful. 

lamenter, v. tr. [L. lamentari], to 
lament, mourn, wail. 

lamps, S. f. [L. lampas—Gk. Aa/XTra;), 

lamp. 

lance, s. f. [L. lancea], lance, spear. 

lancer, v. tr. [lance], to lance, launch, 
send out, utter, dart, shoot, hurl, fling, 
throw, cast. 

langage, s. m. [laiujtie], language, 
tongue, speech. 

langue, a. t. [L. lint/ua], tongue, 
speech, language. 

langueur, s.f. [L. ten^oremj.languid- 
ness, languor. 

lang-uissant, e, adj. [lan;/uir — L. 

langiiere], languid, languishing, drooping. 

lanterne, s. f. [L. laiUerna], lantern. 

laper, v. tr. [Teut. (Ger. lappen)], to 
lap, gobble, gulp. 

lapln, s. m. [der.?], rabbit. 

large, adj. [f.. larijus], broad, wide, 
large, great, grand ; le large, le grand 
large, the sea, the open sea. 

largement, adv. [large], largely, 
fully, deeply, freely, abundantly, copi- 
ously. 



n 



VOCABULARlr. 



largeur, s. f. [large], breadth, width, 
wideness, broadness. 

larme, 8.f. [L. lacryma], tear, drop. 

las, se, adj. [L. lassus], tired, weary, 
fatigued. 

lasser, v. tr. [\j. lassare\, to tire, 
fatigue, make weary ; se lasser, to tire, 
grow tired, be fatigued, be wearied. 

lassitude, s. f. [L. lassitudo], lassi- 
tude, weariness. 

lateral, e, adj. [L. lateralis], lateral. 
Bide. 

laver, v. a. [L. lavare], to wash, wash 
off, cleanse, wash up. 

le, m., la, f., les, pi., def. art. 1. [L. 
ille, ilia, illoti, illas], the. 

2. per. pro. dir. obj., him, her, it, them, 

80. 

Idcher, v.a. [O.H.G. lecchon], to lick, 
lick up. [Written lech- before e mute.] 
lecon, 8. f. [L. lectionc-m], lesson. 

lecteur, s. m., fern, lecfcrice [L. 
lectore^n], reader. 

lecture, s. f. [L. leclura], reading. 

legende, s. f. [L. legenda], legend. 

leger, 6re, adj. [L.* leviarius], light, 
easy, nimble, active, unsteady, trifling, 
slight. 

l^g-^rement, adv. [Uger], lightly, 
slightly, nimbly, swiftly. 

leg^rete, s. f. [ Uger ], lightness, 
thoughtlessness. 

legitime, adj. [L. legitimus], legiti- 
mate. 

lendemain, s. m. [le+eri+de 'lain], 
morrow, next day, day after, following 
day. 

lent, e, adj. [L. lentus], slow, tardy, 
remiss. 

lentement, adv. [Z«?it], slowly, tardily. 

leonin, e, adj. [L. leoninus], leonine, 
lion-like. 

lequel, m., laquelle, t, lesquels. 



pi. m., lesquelles, pi. f. [le, etc.+quel, 
etc.], which, which one, who, whom, that, 
les, def. art. plu. [L. illos], 3rd pers. 
pro. plu. (L. illos), them. 

lest, 8. m. [Ger. lust], ballast; sur 
lest, without cargo, light. 

leste, adj. [Ger. listig], brisk, nimble, 
active, clever. 

lestement, adv. [/este], lightly, 
briskly. 
lettre, s. f. [L. Httera], a letter, 
leur, 1. per. pron. [L. iZlorum], to 
them. 
2. poss. adj., their ; le leur, theirs, 
leur, poss. adj. [L. illvrimi], their, 
lever, l. v.a. [L. levare], to lift, lift up, 
heave ; se lever, to rise, get up. (Written 
lev- before e mute]. 
2. s.m. rising, levee, surveying. 
l6vTe, s. f. [L. labrum], lip. 
liaison, s. f. [L. Ugationem], joining, 
conjunction, connection, intimacy. 

liberateur, a.m., fern, liberatrice, 
[L. Uberaturem], deliverer, liberator, res- 
cuer. 

liberation, s. f. [L. liberationem], de- 
liverance, discharge, riddance. 

liberty, s. f. [L. libertatem], liberty, 
freedom. 

libre, adj. [L. libntm], free, at liberty, 
unguarded, clear, open. 

licence, s. f. [L. licentia], license, 
liberty. 

lie, s. f. [origin uncertain], lees, dregs, 
grounds. 

lien, 8. m. [L. ligmen], band, rope, tie, 
bond. 

lieu, s.m. [L. locus], place, spot, home, 
grounds, occasion; au Ueude, instead of; 
avoir lieu, to take place ; chef-lieu, chief 
town. 

lieue, s.t. [L. leuca], league (about 3 
miles). 
Ii6vre, s.m. [L. leporem], hare. 
ligne, s.f. [L. linea], line, rank. 



72 



▼OCABUr.ART. 



limlte, 8.f, [L. Hmitem], bound, bound- 
ary, limit. 

linge, B.m. [L. Hnteum], linen, cloth, 
lion, 8.m. [L. leonem], lion, 
liqueur, a.l. [L. liquwrem], liquid, 
liquor, spirits. 

liquidation, 8.f. [L. Uquidationem], 
liquidation, settling, settlement. 

lire, v.n. irr. [L. lerjere], (Usant, lu, je 
lis,je lis, je lirai, queje Use,) to read. 

lis, pres. ind. 1st and •2nd sing., .and 
imperative 2nd sing, of lire. 

lis, a.m. [L. lilium], lily, [s is pro- 
nounced, except in fieur de lis.] 

lisant, prea. part, of lire. 

lisible, adj. [lire], legible. 

lisi^re, 8.f. [Uste—O.H.Q. list a], bor- 
der, skirt. 

lisse, adj. [O. H. O. Itse—Ger. leise], 
sleek, glossy, smooth, shining. 

lit, s.m. [L. lectus], bed, bedstead, [t is 
never pronounced.] 

litt^rature, s.f. [L. litteratura], lit- 
erature. 

livre, s.m. [L. librum], book ; livre du 
bord, log-book. 

livrde, s.f. [Hwe—Uvrer—h. liberare], 
livery. 

livrer, v. tr. [L. liberare], to deliver, 
hand over, abandon, devote, expose, offer, 
afford, present. 

local, e, adj. [L. locab's], local. 

locality, s.f. [L. localitatem], locality. 

locataire, s.m. and f. [L. locatarius], 
tenant, lodger, occupant. 

location, s.f. [L. locationem], letting, 
letting out, renting. 

loge, s.f. [U* laubia—0. H. G. laiibja, 
'hut'], lodge, house, coop, kennel, box, 
booth, cell, den. 

loger, V. tr. and intr. [loge], to lodge, 
place, locate, house ; hold, contain ; se 
loger, to lodge, to take up one's lodg- 
ing* 



logeur, 8.m. fem. logreuse [hgcil 
lodging-house keeper. 

logique, s.f. [L. logica], logic. 

log-is, s.m. [lor/er], house, dwelling 
house, dwelling, lodging-house. 

loin, adv. [L. loni/e], far, far off, a great 
way off, at a distance, remote, distant ; 
de loin, in the distance, far away. 

lointain, e, adj. [L.* longitaum]. 
remote, distant, far-off, far-reaching. 

long, e, 1. adj. [L. longtos], long. 

2. s.m. length ; tout le lovg, .all along; 
le long de, a.\on'^ ; Unit du long, from lie- 
ginning to end; tout du long de, the 
whole length of. 

longtemps, adv. [long+temps], long, 
a long while, a great while. 

loque, s.f. [O.H.G. loc], tatter, rag. 

lors, adv. [O.F. Vore—l'heure], then; 
dis lorn, from that time, at the time of ; 
lors de, at the time of. [s is never pro- 
nounced.] 

lorsque, conj. [lors + que], when, 
while. 

lot, 8.ni. [Eng. lot], lot, destiny, prizes, 
[t always silent.] 

loterie, s.f. [lot], lottery. 

louable, adj. [louer — L. laudare], 
laudable, praiseworthy. 
louer [lj. laudare], to praise. 

louer, v. tr. [L. locare], to rent, let, 
hire, 
lougre, s.m. [Eng. lugger], lugger. 

loup, s.m. [L. lupus], wolf; loup de 
mer, sailor, sea-dog. Tar, Jack Tar ; coniiu 
comme le loup blanc, a proverbial expres- 
sion meaning ' known by everybody' ; le 
loup blanc, an old wolf well known for its 
depredations. [See note, 65, 24.] 

lourd, e, adj. [Ij. luridus], heavy. 

loyal, e, adj. [L. legalis], loyal, true. 
honest. 

loyaut^, s.f. [Ij. legalitatem], loyalty 
honesty, integrity. 



78 



VOCABtJLART. 



lu, past part, of lire. 
lueur, s.f. [L.» lucorem — L. lueem], 
light, gleam, glimmer, glow. 

lui, pers. pron. [L. ilH huic], he, him, 
her, to him, to her, it ; lui-me-ine, himself, 

luire, V. intr. irr. [L. lucere], to shine. 

luisant, pres. part, of luire. 

liiiniere, s.f. L. luminaria], light 

lumineux, se, adj. [L. luminosus], 
hiniinous, bright, illuminated. 

iune, s.f. [L. luna], moon. 

lustre, s.m. [lustrer — L. lustrare], 
lustre, chandelier. 

lut, 3rd sing. pret. def. of lire. 

lutte, s.f. [L. lucta], wrestling, strug- 
gling, contest, strife. 

lutter, V. intr. [L. luctari], to struggle. 

luxe, s.m. [L. luxus], luxury. 

luxueux, se, adj. [luxe], magnificent, 
rich, sumptuous. 

M. 

M., abbreviation of Monsieur. 

m', contraction of me. 

ma, fem. of man [L. meain], ray. 

macjon, s.m. [L.* macionem], mason. 

raachinalement, adv. [machinal— 
tnachi)ie — L. machina], mechanically. 

machinateur, s. m. [L. machina- 
torem\ machinator, plotter, contriver. 

madame, s.f. [ina-^-dame], madame, 
Mrs. [Abbreviated into Mme.] 

mademoiselle, s.f. [^ina+demoinelk 
— L.* dominicella]. Miss. [Abbreviated 
into Mile.] 

magasln, s.m. [Arab, makhzen], shop, 
warehouse. 

magrique, adj. [L. magicns], magic. 

magister, s.m. [U magister], country 
schoolmaster, pedant. 

magndtique, adj. [L. magnetictu], 

magnetic. 



inagnlflcence,8.f.[l-. magnifieentid], 
magfnificence, grandeur. 

magniflque, adj. [L. mofpiificus], 

magnificent, grand. 

maigre, adj. [L. macrum], lean, thin, 

spare. 

main, 8.f. [L. mauns], hand; poignie 
de main, shake of the hand ; soug la 
main, ready at hand ; de premi&re main, 
ofif-hand, direct ; pas plus que sur lamain, 
lit. 'no more than on the hand,' i.e., not 
at all. [n is always nasal.] 

maintenant, adv. [maintenir — main 
+te7iir], now, at this time, at present, by 
this time. 

maintenir, v. tr. irr. [tnain+tenirl, 

to maintain, keep up. 

maire, s.m. [L. majorem], mayor, 
mais, conj. [L. tnagis], but, why; mais 
oui, why yes ; mais mon, why no. 

maison, s.f. [L. mansvmem], bouse, 
household, home, family. 

maisonnette, s.f. [m,aison\, small 
house, cottage. 

maitre, s.m. [L. magister], master; 
maitre-timonler, chief-helmsman. 

maitresse, 8.f. [maitre], mistress. 

majeste, s. f. [L. majestatem], ma- 
jesty. 

mal, 1. a.m. [L. mahim], evil, ill, 
harm, pain, ache, hardship, misfortune, 
ditlicuity ; vous me faites mal, you hurt 
me ; / ai mal d la tete, I have a headache. 

2. adv. [ L. male ], ill, wrong, badly, 
uncomfortably. 

malade, l. adj. [L. m,ale aptus], sick, 
ill, diseased, unwell, poorly, bad. 

2. s., sick person, invalid, patient. 

maladie, s.f. [malade], illness, sick- 
ness, malady, disease, complaint. 

maladroit, e, adj. [mal + adroit], 
awkward. 

malais^, e, adj. [mal+ais^, diflBcult. 

n a^.aise, s. m. [mal + aise], uncom« 
fortableness, uneasiness, difficulty, dis- 
quietude. 



74 



TOCABULARY. 



m&le, adj. [L. maseultu], male, manly, 
masculine. 

malentendu, 8.m. [mal+entendu], 
misunderstanding, misapprehension. 

malfaiteur, trice, 8.m. [L. malifac- 
torem], malefactor, evil-doer. 

malgr^, prep. [mal+grS], in spite of, 
notwithstanding, against the will of. 

malhabile, adj. [mal + habile], un- 
skilful, awkward. 

malheuT, s-m. [mal+heur—Jj. augu- 
riurn\, misfortune, mishap, ill-luck. 

malheureusement, adv. [malhcu- 
reux], unfortunately. 

mallieurexix, se, l. adj. [malheur], 
unfortunate, unlucky, unhappy, miser- 
able, wretched. 

2. 8., unhappy person, unfortunate. 

malhonnete, adj. [mal + honnAte], 
dishonest. 

malice, s.f. [L. malitia], malice, mali- 
ciousness, spite, ill-feeling, knaverj', trick- 
ery, mischief, harm. 

malicieux, se, [L. malitiosus], mali- 
cious, tricky, mischievous. 

malin, gne, adj. [L. malignus], sly, 
mischievous, malicious, cunning. 

malpropre, adj. [mal+propre], dirty, 
untidy. 

maman, s. f. [imomat.\, mamma. 

manant, [L. manentem, one who 
remains, is attached to the soil], country- 
man, rustic. 

manctie, l. s.m. [L. manica], handle. 

2. 8. f., sleeve, the English Channel. 

manchette, s. f. \manche], cuff. 

mander, v. tr. [L. mandare], to send, 
acquaint, refer, summon. 

manage, s.m. [It. maneggio], training 
of horses, an artifice, trick, subterfuge. 

mangeoire, s. f. [maiiger], manger, 
feeding-trough. 

manger, v. a. [L. vumducare], to eat, 
sup. 



manie, s. f. [L. mcmia], mania, folly, 
crazy notion, nonsense. 

manier, v. tr. [L. manicure], to handle, 
govern, guide, conduct. 

maniei'e, s. f. [L.* maneria], manner, 
way, sort, kind, style ; en tnaniire de, in 
a kind of ; d'%me maniire ou d'une autre, 
in some way or other. 

manifeste, adj. [L. manifestus], mani- 
fest, evident. 

manoeuvre, s. f. [L.* manuopera], 
manoeuvre, drill, working (of a ship), sail- 
ing. 

manceuvrer, v. tr. [manceuwe], to 
manoeuvre, work (a ship), steer. 

manquer, v.n. [L.* mancare — L. man- 
ciis], to miss, fail, be wanting, be deficient ; 
manquer de, to lack, 

m,ansarde, s. f. [Mansard, the inven- 
tor], garret-window, garret. 

mante, s. f. [L. mantum], mantle. 

manteau, s.m. [L. mantellum], cloak, 
mantle. 

mappenionde, s. f. [L. mappa mun- 
di], map of the world. 

maraude, s. f. [maraxtder], plunder- 
ing, pillage. 

marauder, v. tr. [maraud (der.7), a 
thief], to maraud, pilfer, plunder, loot. 

marbre, s. m. [L. marmxtrem], marble. 

marchand, s. m.. fem. -e, [L merca- 
tantem], merchant, dealer, tradesman, 
shopkeeper, storekeeper. 

marchander, v. tr. [marchaud], to 
bargain, haggle. 

marche, s. f. [marcher], walk, walk- 
ings gait, march, progress, advance. 

marche, s. m. [L. mercatus], market, 
market-place, bargain, purchase. 

marclier, v. n. [origin unknown], to 
walk, step, tread, go, travel, march. 

mardi, s. m. [L. martis dies], Tuesday 

mare, s. f. [L. mare], pool, pond, 

mar^e, s. t. [L. inure], tide. 



76 



VOCABULARY. 



marge, s. f. [L. marginem], mar^n. 
margnerite, s. f. [L. margarita], 
daisy, 

mari, s. m. [L. maritus], husband. 

mariage, s. m. [L.* maritaticum], 
marriage. 

marie, e, p. p. of marier ; la nouvelle 
inariSe, the bride. 

marier, s. m. [L. maritare], to marry 
(said of the clergyman or magistrate who 
officiates); se marier, to marry, wed, be 
married, to get married. 

marin, s. m. [L. marinus], sailor (on 
the high seas). 

marin, e, adj. [L. marinus], marine, 
sea-faring. 

raarine, s. f. [marin], navigation, sea- 
service, navy, marine. 

marinier, s. m. [marin], barge-man, 
sailor (on rivers and canals). 

maritime, adj. [L. maritimus], mari- 
time], naval. 

maiiiolaine, s. f. [L. amaracus], 
sweet marjoram. 

marmite, s. f. [der. ?], pot, saucepan. 

m.armot, s. m. [It. marmotto], a small 
kind of monkey ; brat, little boy, child. 

marmiotter, v. a. and v. n. [origin un- 
known], to mutter, mumble. 

marque, 8.f. (Ger. mark], mark, token, 
sign ; d la marque de consigned to 

marquer, v. a. [marque — Ger. mark], 
to mark, stamp, brand, trace out, note. 

marraine, s. f. [Prov. mairina — L.* 
matrina], godmother. 

marron, 8.m. [It. marroiie], chestnut. 

masque, 8.m. [It. maschera, of Arabic 
origin], mask. 

masquer, v. tr. [masque], to mask, 
cover, hide, conceal. 

massacre, s. m. [rnassacre-r — Low. 
Ger, masthen, ' strangle ' ], massacre, 
butchery, elaughter, havoo. 

masse, a. f. [L. mastal, maas. 



md,t, B. m. rOer. mast], mast ; mAt it 
fortune, jury-mast, [t is never pro- 
nounced.] 

matelas, s. m. [from Arab, al mMrah, 
through Sp. and Prov.], mattress. 

matelot, s. m. [der.?], sailor. 

matelote, s. f. [matelot], a chowder. 

mater, v. a. [mat, from the Persian 
Shah mat, ' the king is dead ' ], to check- 
mate. 

matemel, le, adj. [L.» matemalis], 
maternal, mother. 

matin, s.m. [L. matutitnum],moiDing, 
noon, forenoon ; adv., early. 

matinal, adj. [matin], early in rising ; 
morning. 

matinee, s. f. [matm], morning, fore- 
noon ; dormir la grasse matinie, to sleep 
late in the morning. 

maturite, s. f . [L. muturitatem], ma- 
turity, ripeness. 

maudire, v. a. irr. [L. muledicere], 
(see conj. in Grammar), to curse, impre- 
cate. 

maudit, e, adj. p. p. of maudire, 
[mal-\-dire], cursed, wretched, hateful. 

mauvais, e, adj. [origin unknown], 
bad, iU, evil, mischievous, wicked, old. 

maxime, s. f. [L.* maxima], maxim. 

me, m', per. pro. direct and indirect 
obj. before verbs [L. me], me. 

mechant, e, adj. [meschant, part, of 
O.F. m£cheoir, 'to have bad luck'], bad, 
old, tattered, wicked, sorry, ill-natured, 
mischievous, unkind, ill-disposed, cross, 
angry, malicious. 

m^connaitre, v. tr. irr. [m4t+eon- 
naitre], to misunderstand, misjudge, 
slight, disregard. 

medecin, s. m. [L. medicintu], physi- 
cian, doctor. 

m^dlocrit^, s. f. [L. medioeritattml, 
mediocrity, moderate means. 

m^diter, v. a. [L. 7neditar{\, to medi- 
tate, think orer, oontemplate, pUn. 



VOCABULARY. 



m^flance, •. t. [mijier], mistrust, sus- 
picion.- 

m^fler (se), v. ref. [L. minus +1,.* 
fidare], to doubt, mistrust, hold in sus- 
picion. 

meilleur, e, adj. [L. meliorem], better 
(comparative of bo7i). 

m^lancolie, s. f. [L. TMlancholia], 
melancholy. 

m^lancolique, adj. [L. melaneholi- 
cus], melancholy. 

m^lancoliquement, adv. [milan- 
coliqite], mournfully. 

melange, s. m. [mller—h.* misculare 
— L.* miscere], mixture, mingling, med- 
ley. 

m6l6- cassis, s. m. [mdi + cassis 
(der.?) ), black-currant brandy. See note 
79, 29. 

raSler, v. tr. [L.* misculare], to 
mingle, mix ; se nUler de, to meddle 
with. 

merabre, a. m. [L. membruin], mem- 
ber, limb. 

meme, l. adj. [L. metipsissimus], 
same, sell, very. 

2. adv., even, also, likewise; tout de 
mime, all the same; alors mime que, 
even when. 

menace, s. i. [L. minada], menace, 
threat. 

menacer, v. n. [rMnace], to threat, 
threaten, menace, forbode, portend. 
[Written with f before a and o.] 

manage, s. m. [L.* mansionaticum], 
housekeeping, household, family; entrer 
wn mSnage, to begin house-keeping. 

manager, v. tr. [mSiage], to take 
eare of, spare, save, provide, arrange with 
care. 

m^nag^re, s. t. [minage}, economical 
housewife ; thrifty, saving woman ; house- 
keeper, housewife, mistress. 
menagerie, s. f. \mim^t\, menagery. 



mendiant, e, s.m. and f. [mendie)\, 
beggar. 

mendier, v. intr. [L. mendicare\, to 
beg. 

mener, v. a. [L. minare], to carry, 
conduct, lead, bring, take, lead about. 
[Written min- before e mute.l 

mensonge, s. m. [mentir], lie, false- 
hood, untruth, stay, error, illusion, 
vanity. 

mensuel, le, adj. [L. mensis], month 

ly. 

mental, e, aitj. [L meniaUs], mental, 
mental ement, adv.[menfaZ— L. jnen- 
talis], mentally. 

menteur, se, adj. [wenlir], lying, 
false, deceitful, prevaricating. 

mentir, v. n. irr. [L. mentiri\, (pres. 
ind. je mens), to lie, to tell a lie— false- 
hood— untruth. 

menton, s. m. [L. mentrjneml, the 
chin. 

menu, e, adj. [L. minuHis], small, 
slender, spare, thin, inconsiderable, mi- 
nute, trifling, small; par le menu, in 
detail. 

menuisier, adj. [menuiser—\j.* min- 
ut(ire—h. minutiK], joiner. 

m^priser, v. tr. [mis+priser—h. pre- 
tiare], to despise, scorn, 
mer, s. f. [L. mare], sea. 
merci, s. m. [L. merces], thanks ! 
thank you ! Bieu merci, thank God. 
m^re,' s. f. [L. mater], mother, 
merite, s. m. [L. merit^im], merit, 
meriter, v. a. and v. n. [mirite—h. 
7neritum], to deserve, merit. 

merveille, s.f. [L. mirabilia], wonder, 
marvel. 

merveilleux, se, adj. [merveille], 
wonderful, wondrous, marvellous. 

mesintelligence, s. f. [mis-\-i7itelli- 
gence], misunderstanding. 

messager, s. m. [message, h.* mis 
saticum], messenger. 
77 



VOCABULABT. 



messe, s. f. [L. missa], mam. 

messieurs, s. m. pi. [mes+sieurs], 
gentlemen, messrs. (pi. of monsieur). 

mesare, s. f. [L. nunsura], measure, 
dimension, bound ; outre mesure, ex- 
cessively, beyond measure; d mesure que, 
as, in proportion as. 

mesurer, v. tr. [L. mensurare], to 
measure. 

metamorphose, s. f. [L. vutamoT' 
phasic], transformation. 

metier, s.m. [L. ministerium], trade, 
handicraft, business, calling, craft, pro- 
fession, employment, occupation, [r is 
• never pronounced.] 

metre, s.m. [L. metrum — Gk. jre'Tpoi/], 
metre (the unit of French measure, about 
39 inches). 

mets, 8. m. [L. missiig\, dish. [Pro- 
nounce tti^; un mi-z-exquis.] 

mettre, v. a. irr. [L. mittere], {met- 
tant, mis, ie mets, je mis, queje mette), to 
put, place, lay, use, set ; se mettre, to put 
one's self, to sit down, to begin, set about, 
to dress, to be conceited ; se mettre en 
route, set out ; mettre la nappe, to set 
the table ; mettre au courant de, to in- 
form. 

meuble, s. m. [L. mohiUs], household 
furniture, piece of furniture, utensil; (plu.) 
furniture, pieces of furniture. 

meule, s. f. [L. vietula], millstone. 

meurs, Ist and 2nd sing. pres. ind. of 
mourir. 

meurt, 3rd sing. pres. ind. of mourir. 

meurtri, e, part, [meurtrir], bruised, 
black and blue, contused. 

meurtrir, v. a. [meurtre — Goth, 
maurthr], to bruise, contuse, to make 
black and blue. 

miche, s. f. [Flem. micke], loaf (weigh- 
ing 1 er 2 pounds). 

mi [L. inedius], in compounds means 
half, partly. 

mi-chemin. See cbemin. 



mi clo3. See clos. 

mi-partL See parti. 

mldi, B. m. [li. medius+diet], noon, 
south. 

mie, 8. t. [abbreviation of amie], dear, 
sweet, love, nurse (used only with pos- 
sessive adjectives). 

miel, 8. m. [L. met], honey. 

mien, poss. pro. 'O. F. m«n, rariantoi 
mon~L. meum], mine. 

miette, s. f. [mie — L. mica], crumb, 
little bit. 

mieux, adv. [L. melius], better, rather, 
best ; je ferai de mon mieitx, I shall do 
my best, 

mignon, ne, s. [O. H. G. minnia, 
'love'], darling, fondling, favourite, little 
girl ; adj., delicate, dainty. 

migraine, s. f. [L. hemicranium], 
headache. 

milieu, s.m. [mi+lie^i], middle, midst; 
au milieu de, in the midst of. 

mllitaire, adj. and s. [L. nUlitaris], 

military ; soldier. 

mille, 8. m. and num. adj. [L. m.ille], 
thousand. 

mille, s. f. [L. milUa], mile. 

millier, 8.m. [L. milliarium,], thousand 
(collective numeral). 

mimer, v. a. [mime—h. mimus], to 
mimic. 

mince, adj. [origin unknown], thin, 
slender, puny, slight, delicate. 

mine, s. f. [It. tnina], look, aspect, 
looks, appearance, countenance. 

ministere, s. m. [L. ministerium], 
ministry, administration, department. 

minute, s. f. [L. minuta], minute. 

mioche, s. m. f. [mie, L. mica], littk 
fellow, brat, patch, chap. 

miracle, s. m. [L. miraculum], mir- 
acle, wonder ; d miracle, miraculously, 
extremely well, wondrously welL 

mirer, v. tr. [L. mirari]. to aim at, to 



78 



VOCABULARY. 



hold up to the light ; to mirror, show or 
Bee reflected as in a mirror, reflect. 

miroir, 8.m. [mirer — L. miraril, mir- 
ror, glass, looking-glass, 

mis, e, p. p. of mettre. 

miserable, adj. [L. mueraWlis], 
miserable, wretched, wicked 

misere, s. t. [L. miseria], misery, 
distress, case o( distress, wretchedness; 
poTerty (extreme); want; a mean or small 
action ; a trifle. 

mission, s. f. [L. missionem], mission. 

mit, 3rd sing. pret. def. of mettre. 

mitre, s. f. [L. mitra], mitre. 

Mile, contracted from Mademoiselle. 

Mme, contracted from Madame-. 

mobility, 8. f. [L. mobilitatem], in- 
constancy, variableness, mobility, rest- 
lessness. 

mode, B. f. [L. modus], mode, fashion, 
vogue ; d la m.ode, stylish, fashionable. 

mod^rer, v. tr. [L. moderari], to 
moderate, restrain, control, diminish ; 
modiri, moderate, limited. 

modeste, adj. [L. m^destug\, modest. 

moelleux, se, adj. [moelle, 'narrow', 
L. medulla], soft, mellow. 

moeurs, a. f. pi. [L. mores], manners, 
morals, [s is pronounced.] 

moi, pers. pron. [mihi], object after 
verbs and preps., subject in emphatic 
positions, I, me, to me. 

moindre, adj. comp. and superl. of 
petit, [L. minor], less, least. 

moineau, s.m. [moine — L.* monius — 
Ok. /iiovias], sparrow. 

moins, l. adv. [L. mimts], less ; <i 
moiTis que, imless, 

2. s.m., less, least: au moins, at least, 
at all events. 

mois, 8. m. [L. mensis], month. [Pro- 
nounce moi; un moi-z entier.] 

moisi, 8. m. \nMisir], niouldiness, 
mould. 



moislr, V. tr. [L. m.ueere], o mould. 

moiti^, s. f. [L. meiliatatem,], moiety, 
half, helpmate, better half. 

molle, adj., fern, of mau, 

mollement, adv. [mou — L. mollis] 
softly. 

moment, s. m. [L. momentum,], mo- 
ment, second; du moment que, du mumeni 
oil,, as soon as, since. 

momifler, v. a. [momie — Arab, mur- 
mia+L. faci re], to mummify, dry up ; so 
momifier, to become extremely thin. 

mon, poss. adj. [L. meum], my. 

m.onacal, e, adj. [L. monachus], 
monachal, monkish, monastic. 

monceau, s. m. [L. m,onte celluft], 
heap, pile. 

mondain, e, l. adj. [L. mundanun], 
worldly, mundane. 

2. worldling. 

monde, s.m. [L. mundus], world, uni- 
verse, men, people, company ; tout le 
monde, everybody. 

monotone, adj. [Gk. ij.ov6tovo%], 
monotonous. 

monseigneur, s.m. [mon+sei^pieur], 
my lord. 

monsieur, s. m. [m,on-\-sieur], sir, 
Mr., gentleman (plu. messieurs). [Abbre- 
viated into M., pi. MM.] 

monstre, s. m. [L. monstrum], mon- 
ster. 

monstnieux, se, adj. [L. monsiru- 
osua], monstrous, prodigious. 

montagnette, s. f. {montagne, L.* 
montanea], (coUoq.) a hill, mount, small 
mountain. 

mont^e, s. f. [monter], ascent. 

monter, v. n. and v. a. [L. montem], 
to go up, come up, get up, ascend, mount; 
put up. 

montre, s.f. {montrer], watch. 

montrer, v.a.[L. monstrare], io^o-w, 
point out, indicate ; te monstrer, to show 
one's self. 



79 



VOCABULARY. 



moquer (se), v.r. [origin unknown], 
to mock, make game of, make fun of, 

laugh at, jeet, scoff at. 

moral, e, adj. [L. moralis], moral. 

morbide, adj. [L. morbidus], morbid. 

morceau, 8.m. [L. morcelhim], piece, 
bit, morsel. 

mordiller, v. tr. [mordre], to nibble, 
bite at, nip. 

mordre, v.n. [L. rnordere], to bite, 
nibble. 

moribond, e, 1. adj. [L. moribun- 
dus], dying, in a dying state. 
2. 8. person in a dying state, a dying one. 

naorigener, v. a. [L. morir/enari], to 
school, scold, reprimand. [Written tnori- 
gen- before e mute.] 

mome, adj. [Goth, tnauman], dull, 
gloomy, mournful, dejected. 

morose, adj. [L. morosus], moroae, 
sullen, sour. 

mors, a.m. [L. morsus], bit. 

mort, s.f. [L. mortem], death. [{ is 
never pronounced.] 

mort, e, l. part. [L. mortuus], dead, 
defunct, lifeless. 

2. 8. dead person, deceased, dead body, 
corpse. 

mortal, le, adj. and s. [L. mMrtalig], 
mortal. 

mortification, s.f. [L. mortifica- 

tionem], mortification. 

mot, s.f. [L. m.uttum.], word, expres- 
sion, saying, [i is never pronounced ex- 
cept before d in mot d m/)t.] 

motif, s. m. [L.* motivtis], motive, 
cause, reason. 

motiver, v.a. [motif— h. motum], to 
allege, to assign as a motive, to be the 
cause of, cause, occasion. 

mou, raol, m., molle, f., adj. [L. 
m/>llis], soft, mellow, slack, feeble, in- 
active. 



moucher, v. tr. [L. muccare, froa 
mucm], to blow or wipe the nose. 

mouchete, e, adj. [p.p. of mmtcheter, 
(mouche—h. miisca)], speckled, spotted. 

mouchoir, s.m. [mouche], handker- 
chief. 

mouill^, e, part. [mouiller—'L. mollis], 
wet, watery. 

mouiller, v. tr. [L.» molliare, mollis}, 
to wet, moisten ; mouilU, wet, damp, 
moist, watery, Uquid. 

mouillette, s.f. [mouiller], piece of 
bread (long and thin, to dip in soft-boiled 



mouler, v.a. [moule — L. modulus], to 
cast, mould ; to print. 

mourant, e, adj. [mourir], dying, ex- 
piring, fading. 

mourir, v.n. irr. [L. morir>],(mourant, 
m/rrtje m^xirs, je mourus, je mourrai, que 
je meure), to die. 

mousse, 8.f. [O. H. G. mos], moss, 
froth, foam. 

mousse, s.m. [L. mustuf], a cabin-boy. 

moustache, s. f. [Sp. mostacho — Gk. 
/otvcTTa], moustache. 

mouvant, e, adj. [mouvoir], moving, 
anin^ated. 

mouvement, s.ra. [L, movimentum], 
movement, motion, move. 

m.oyen, s. m. [L. medianus], means, 
way, manner. 

moyen, ne, adj. [L. medinnu^], 
mean, middle, intermediate, medium. 

muet, te, adj. [L. mutm], dumb, 
mute, speechless. 

miiltipller, v. tr. [L. multiplieare], 
to multiply. 

munir, v. tr. [L. munirel, to provide, 
furnish, defend. 

mur, s.m. [L. m.urus], wall. 

mClr, e, adj. [L. maturus], ripe, ma- 
ture. 

muraille, 8.f. [mur], wall (of a city o» 
fort). 



80 



VOCABULARY. 



murmure, 8.m. [L. murmur], mur- 
mur, murmuring, whispering. 

murmurer, v.n. [L. murmurare], to 
murmur, mutter, whisper. 

muscle, s.m. [L. musculus], muscle. 

museau, s.m. [L.* musus, a muzzle], 
snout, muzzle, nose. 

musicien, s.m. [musiqu^], musician. 

musique, s. f. [L. musiea], music, 
strain of music. 

mutuel, le, adj. [L. mutuus], mu- 
tual, reciprocal. 

mutuellement, adv. [mutuel], mu- 
tually, reciprocally. 

mylord, s.m. [Eng.], my lord, sir. 

mystere, s.m. [L. hiynterium], mys- 
tery. 

myst^rieux, se, adj. [mystire], mys- 
terious. 

mystiflcation, s.f. [L. mystification- 
em], hoaxing, hoax, mystiflcation. 

msrthologie, s.f. [Gk. nv0o\oyia], 
mythology. 

N. 

nage, s. f. [najer], swimming. 

nager, v.n. [L. navigare], to swim, 
float, abound, [e is retained before a 
and 0.] 

naif, ve, adj. [L. nativus], naive, na- 
tive, artless, ingenuous, unaffected, natu- 
ral, simple, candid. 

nalssance, s.f. [L. nascentia], birth, 
nativity, descent. 

naitre, v.n. irr. [l..* nasccre], (nais- 
sunt, ne, je nais, je naquis, je na'itrai, 
que je naisse), to be born. 

nalvet^, s. f. [naif], native simpli- 
city .ingenuousness, artlessness, innocence. 

nappe, 3.f. [L. mappa], cloth, table- 
cloth, sheet ; nappe d'eau, sheet of water. 

narine, s f. [L.* mtricula], nostril. 

narquois, e, adj. [narquer -h.* nari- 
eus, ' who wrinkles the nose '], cunning, 
•Jy. 



narrer, v. tr. [L. narrare\, to narrate, 
relate, tell. 

national, e, adj. [nation], national. 

natte, s.f. [L. matta], mat, matting, 
straw-mat, plait, tress. 

nature, a. f. [L. natura], nature. 

natural, le, adj. [L. natwralis], 
natural. 

naturellement, tAr. [naturel], na- 
turally. 

naufrage, a. m. [L. naufragium], 
shipwreck. 

naviguer, v. tr. and intr. [L. navi- 
gare], navigate, saiL 

navlre, s. m. [L.* navarium, from 
navis], ship, vessel. 

navrer, v. tr. [Scand. nafar], to 
wound, break (the heart) ; navri, pitiful. 

ne, adv. [L. non], first part of negation; 

ne pas, not ;ne. . . .jamais, never, etc. 

ne, e, part, [nattre], bom. 

neanmoins, adv. [n^ans, moins], 
nevertheless, however, for aU that, yet. 

neant, s. m. [L. ne, enterti], nothing, 
nought, nothingness. 

n^cessaire, adj. [L. necessarius], 
necessary. 

necessairement, adv. [rUcessaire— 
L. necessarius], necessarily. 

n^gligemnaent, adv. [nigligent], 

negligently, carelessly. 

negligent, e, adj. [L. negligentem], 
negligent, neglectful, remiss, careless. 

negliger, v. tr. [L. negligere], to 
neglect. 

neige, s. f. [L. nivea], snow. 

nerf, s. m. [L. nerims], nerve ; avoir 
ses nerfs, to get into a passion ; une atta- 
que de ticrfs, hysterics. [/ is pronounced 
in sing., but, not in plu. ; s is not pro- 
nounced in plu.] 

nerveusement, adv. [neneux], ner- 
vously. 



VOCABULARY. 



nerveux, se, adj. [L. nervosus], ner- 
vous. 

net, te, adj. [L. nitidus], clean, neat, 
clear ; net ; plain, short, free. 

nettement, adv. [net], clearly, clean- 
ly, plainly, neatly. 

nettet^, s.t. [?iet], cleanness, neatness. 

neuf, num. adj. [L. novem], nine. [Pro- 
nounce neuf ; neu chevaux ; neu-v-atis ; 
iieuf et demt.] 

neuf, ve, adj. [L. noejt*], new, newly 
made. 

nez, 8. m. [L. n(igu,i\, nose, [zis never 
pronounced.] 

ni, conj. [L. nec\, neither, nor, or. 

niais, e, adj. [L.*ni'dacem, 'caught in 
the net' — L. nid,us\, silly, simple, simple- 
ton, ninny. 

nlaisement, adv. \niais\ sillily, fool- 
ishly. 

niche, s. i. [It. niechiaX niche, dog- 
house. 

nid, s. in. [L. nidus\, nest, [d is never 
pronounced.] 

niveau, s. m. [L. libella, from libra, a 
balance], a level. 

noble, adj. [L. nobilis], noble. 
noce.'s. f. [L. nuptiae], wedding, mar- 
riage. 
Noel, 8. m. [L. Tiatalis], Christmas. 
nceud, s. m. [L. nodus], knot. 

noient, 3rd plu. pros. ind. andsubj. of 
noyer. 

noir, e, adj. [L. niger], black, swarthy, 
cheerless. 

noix, s. f. [L. nucem], nut. 
nom, s. m. [L. noni'-n], name. 
nombre, s. m. [L. numerus], number. 

nommer, v. a. [L. nominare], to 
name, call, nominate ; se nommer, to be 
called, to state one's name. 

non, adv. [L. non], no, not ; non jihi.t, 
neither. 



nord, 8. m. [Oer. nord], north, 
nonnand, s. m. and adj. [Eng. North- 
man], Norman. 

no8, plu. of notre. 

nostalgia, S. f. [Gk. voarot, oAyo?], 
home-sickness, 
note. s. f. [L. nota], note, 
noter, v.a. [L. notare], to note, to mark, 
notion, s. f. [L. notionem], notion. 

notre, adj. pi. nos [L. noster], our ; It 
ndtre, ours. 

nouirice, s. f. [L. nutricem], nurse. 

nourrisson, s. m. [L.» nutritionmi], 
nursling, baby. 

nourrir, v. ir. [L. nvirire], to feed, 
nourish, keep, suckle. 

nouiTiture, s. f. [L. nutritura], food, 
nourishment. 

nous, pers. pro. [L. nos], we, us. 

nouveau, nouvel, m., nouvelle, 
f., adj. [L. novellus], new, recent; de 
nouveau, again. 

nouveautd, s. f. [L. novellUatem], 
newness, novelty. 

nouvelles, s. f. plu. [L.* novella], 
news. 

noyade, s. f. [noyer], drowning. 

noyer, v. a. [L. ntcare], to drown ; se 
noyer, to drovvn one's self, be drowned. 

nu, adj. [L. nudiis], naked, bare. 

nuagre, s. m. [nue- L. nubes], cloud, 
mist, darkness, gloom, sadness, shade, 
dejection. 

nuance, s. f. [nue], shade, tint, tinge. 

nuire, v. n. [L. nocere], {nuimnt, nui, 
je nuis, no past def., je nuirai, qu^ je 
nuise\ to hurt, harm, wrong. 

nuit, 8. f. [L. noctem], night, darkness. 

nul, le, adj. and pro. [L. nullus], no, 
no one, no person, nobody. 

numero, s.m. [It. numeru], number, 
nymptie, a. t. [L. nymphal "ympb. 



VOCABtTLART. 



ob^ir, V. n . [L. obedire], to obey, 
ob^issance, 8. f. [ob4ir], obedience. 

objection, s. t. [L. objectionem], ob- 
jection. 

objet, s. m. [L. objectum], object, sub- 
ject, matter ; aim, end, view. [Pronounce 
ob-ji ; un ob-j^-t-arfreable ; des ob-ji-z-ckgri- 
ables.] 

obligation, s. f. [L. obliyationem], 
obliffation, duty, task. 

oblig^, adj. [obliger], necessary, essen- 
tial, obliged, indebted. 

obligeant, e, adj. [obliger], obliging, 
kind. 

obliger, v. a. [L. obUgare], to oblige, 
bind, compel. [Retains e before a and o.] 

oblique, adj. [L. vMiquus], oblicjae, 
sidelong. 

obseder, v. tr. [L. obsidere], to beset, 
possess (of evU spirits). 

observateui', trice, noun and adj. 
[L. obsercatorern], observer, observant. 

observer, v. a. [L. observare], to ob- 
sen'e, mind, notice, watch ; /aire ob- 
terver, to call attention to, notice. [Pro- 
nounce s sharp.] 

obsession, s. t. [L. obsessi^nem], be- 
setting, obsession, being possessed. 

obstacle, s. m. [L. obstaculum], ob- 
stacle. 

obstination, s.f. [obstinationem,], ob- 
stinacy, pertinacity, stubbornness. 

obstin^, e, adj. [obstiner\, obstinate, 
self-willed, stubborn. 

obstinement, adv. [obstiiii], obstin- 
ately, stubbornly. 

s'obstiner, r. r. [L. obstinare], to be 
obstinate, be obstinately resolved, persist. 

obtenir, v. a. [L. obtinere], (conjugated 
like tenir), to obtain, procure, get. 

Qccasion, s. t. [L. occasioncm], oppor- 
tunity, ocoaaion, cause, reason. 



occasionner, t. a. [oeeatijyn], to oo 

casioii, to cause. 

occupation, s. f. [L. occiqiationem]. 
occupation, business, employment, work. 

occuper, v. tr. [L. occupare], to oc- 
cupy ; ^occuper d, to be engaged in ; ^oc- 
cuper de, to see after, attend to, be busy 
at. 

OC^an, 8. m. (L. oceamis], ocean. 

octogdnaire, ailj. and s. [L. octogen- 
arius], oetogenary, octogenarian. 

odeur, s. f. [L. odcn-em], odour, smell. 

odieux, se, adj. [L. odiosiis], odious, 
hateful, loathsome. 

odorant, e, [L. odoranttm], sweet- 
smelling, odoriferous. 

odorat, s. m. [L. odoratus], the sense 
of smell, [t is never pronounced.] 

ceil, s. f. [L. oculus], eye ; coup d'oeil, 
glance ; a vue d'oeil, visibly, perceptibly. 

ceuf, s.m. [L. ovum], egg. ]J is pro- 
nounced in sing.; in plu. /and s are both 
silent.] 

ceuvre, 8.f. [L. opera], work, piece of 
work. [oBuvre is maso. in I'oeuvre de 
Beethoven, etc.; und in le grand ceuvre, 
the philosopher's stone.] 

offense, s. f. [L. ofensa], offence, 

transgression, trespass. 

oflfenser, v. a. [L. offensare], to oflfend, 
to give offence, to hurt. 

oflfensif, ve, adj. [offenser], offensive. 

oflFensive, s. f. offensive ; prendre 
I'offensive, to take the offensive. 

office, s.m. [U officium], office, duty, 
service, worship; nomnii d' office, ap- 
pointed by the court. 

offlcier, s. m. [offiee], officer, butler, 
steward. 

oflfrantle, s.f. [L. offertnda], offering, 

present. 

oflErii', v.a. irr. pj. offerre], (conjugated 
like couvrir) to offer, to propose, to ten- 
der, to present, to yield, to bid ; s'ofrir, 
to offer, to propose one's s«I/. 



8S 



VOCABULARY. 



ole, B.f. [!..• aviea — L. avis], goose ; 
patte d'oie, crow's foot (wrinkles in the 
comer of the eye). 

oiseau, 8.m. [L.» aucelhu—h. avii], 
bird. 

oiseux, se, adj. [L. ctiosug], indolent, 
idle, irrelevant. 

Oisif, ve, adj. [O.F. mte—h. otium], 
idle, unoccupied. 

oisivet^, 8.f. [oiaif], idleness. 

ombre, 8.f. [L. umbra], shade, shadow. 

omelette, 8.f. [L. lamella, a thin 
sheet or plate], omelet. 

on, pron. [L. homo], one, they, we, you, 
people, men, somebody, it, .omeone ; on 
dit, it is said. 

ongle, s.m. [L. ungula], nail. 

ont, 3rd plu. pres. ind. of avoir. 

onze, adj. [L. undecim], eleven. 

operation, s. f. [L. operationem], 
operation, working. 

operer, v.a. [L. operari], to operate, 
to effect, to perform, to woik. [Written 
ophr- before e mute, except in fut. and 
cond.] 

opinion, s.f. [L. opinionem], opinion. 

opportunite, s. f. [L. opportunita- 
tern], opportuneness, seasonableness, ex- 
pediency, propriety. 

opposer, V. tr. [poser], to oppose, 
place opposite. 

opprimer, v. a. [L. opprimere], to 
oppress. 

or, s.m. [L. aurum], gold. 

or, conj. [L. hora], but, now. 

orage, s.m. [L. aura], storm, tempest. 

orateur, s.m. [L. oratorem], orator, 
speaker. 

orchestre, B.m. [Gk. 'opxw'-pa], or- 
chestra, band. 

ordinaire, l. adj. [L. ordinarius], 
ordinary, common, usual, customary ; 
d'<yrdinaire, usually, ordinarily. 

2. 8.m. ordinary faie, victuals. 



ordre, 8.111. [L. crdinem], order, me- 
thod. 

orgue, 8.m.; orgues, s.f. phi. [L. or- 
ganum], organ. 

orgueil, s.m. [O.n.O.urguot], pride, 

arrogance. 

orient, s.m. [L. orientem,], east, orient. 

original, adj. [L.* originaUs], origi- 
nal, odd. 

oiTQeau, s.m. [orme — 'L. ulmus], 
young elm, elm. 

orner, v.a. [L. omare], to adorn, orna- 
ment, decorate, grace, emliellish. 

orphelin, e, s. and adj. [L. orphanut 
— Gk. opi^aTOs], orphan. 

orphelinat, s.m. [ori>heli7i], orphan- 
age, orphan-asylum. 

orthographe, s. f. [Gk. 6p9os-(- 
ypd<l>eit'], orthography, spelling; mettre 
Men rurthograpVe, to write words cor- 
rectlj'. 

OS, s.m. [L. OS], a bone. [« is not pro- 
nounced.] 

oser, v.a. [fj. ausum], tu dare, to ,en- 
ture, hazard, presume. 

osier, s.m. [Gk. oi'o-o;], osier, willow. 

oter, v.a. [L. (ihstare or haustare], to 
take away, to remove, to deprive, wrest, 
deliver; s'dter, to remove, get away, take 
one's self away. 

ou, conj. [L. aut], or, either, or else. 

ou, adv. [L. ubi], where, in which. 

ouater, v.a. [< ((aft— O.F. oue, 'gooseH, 
to wad, pad. 

oublier, v.a. [L. oblitum], to forget; 
s'oublier, to forget one's self. 

ouest, s.m. [Ger. west], west. [Pro- 
nounce both s and t.] 

ouf! inter, [onomat.], oh! (indicating 
sudden pain, choking, or pressure). 

oui, adv. [hoc illud], yes. 

ouragan, 8.m. [Sp. huracan], hurrl 
cane. 



VOCABULABY. 



ours, a.m. [L. tirstis], b-^ar. [sis usually 
pronounced.) 

outiller, v. tr. [outU, a tool], to supply 
with tools, provide, furnish, equip. 

oatrag-eant, e, auj. [out rager— out- 
rage — outre], outrageous, contumelious, 
reproacliful. 

outre, prep. [L. ultra], beyond, be- 
sides, over, above. 

OUVert, e, part, [ounrir], open, opened. 

ouvrage, s.m. [oiivrer — \j. operari], 
work, piece of work, workmanship, job. 

ouVTier, s.m. [L. operarius], work- 
man, artisan, mechanic, journe^'man, 
labourer. 

ouvrir, v.a. and v.n. irr. [L. operire], 
(conjugated like couurir) to open. 



paciflque, adj. [L. padficii^], pacifio, 
peac-f ible, peaceiul. 

page, s.m. [L. pagiiia\, page. 

page, s.f. [origin unknown], page. 

paille, s.f. [L. palea], straw. 

paillette, s.f. [paille], spangle. 

pain, s.m. [L. parm\, bread, loaf. 

paJre, s.f. [pair— L. par], pair. 

paisible, adj. [paix\, peaceable, good- 
natured. 

paisiblement, adv. [paisible], peace- 
fully, peaceably, quietly. 

paix, s.f. [L. paceir], peace. 

palais, 8.m. [L. palatium], palaoe. 

palais, s.m. [L. palatum], palate. 

palatine, a fur t'ppet. [See note, 
10, 2.] 

p&le, adj. [L. pallidits], palo, wan, 
pallid, ghastly. 

paletot, s.m. [Du. palstrvk], paletot, 
great-coat, piiot-coat. 

p&lir, v.n. [L. pallere], to grow, turn, 
become pale, to fade, 

paiissaat, e, adj. [pdlir], fading, 
growirji; dim, vanishing. 



p&lot, te, adj. [pdle], palish, pallid, 
somewhat pale (colloq.). 

palpiter, v.n. [L. palpitare], to palpi- 
tate. 

pan, 8. m. [li. pannuR], flap, lappel, 
fold, piece, skirt; parte en pan coupi, 
corner door. [See note, 93, 5.] 

panade, s. f. [It. panata], sops. 

panier, s. m. [L.* panariwn—lM 
jiaiii--:], basket, creel. 

pan^alon, s.f. [U. pantalone, a buf- 
foon], trousers. « 

pantoufle, 8. f. [It. jia>ita/ala], slip- 
per. 

papa, s.m, [onomatopoetic — L. pappa], 
papa. 

papier, s.m. [L. papyrus], paper, [r is 
never pronounced.] 

papillon, s.m. [L. papilioneui], but- 
terfly. 

paquet, s. m. [L.» paccvu, of Celtic 
origin, Gaelic pac], packet, parcel, bundle, 
mail ; des paquets de mer, large, heavy 
waves shipped by a vessel during a storm ; 
quanti'ies of water. See note 124, 10. 

par (de), prep, [part], from, iu the 
name of (as in ie par le rot). 

par, prep. [L. per], by, through, in, at, 
across, according to; par-dessus, over, 
above; par-dessus le marchi, into the 
bargain, to boot. 

par-devant, prep, [par + devant], 
before. 

parachever, v. a. [pwr+achever\ to 
finish, end, complete, to bring completely 
to end. 

parade, s. f. [Sp. parada], parade, 
show, state, pageant. 

parage, 8. f. [der.?], quarter, plu., 
quarters, parts. 

paraitre, v. n. irr. [L. parire], (con- 
jugated like connattre), to appear, be seen, 
seem, look. 

parapet, 8.m. [It. parapetto], parapet, 
parbleil, a corruption o( par Dien 



86 



VOCABULABY. 



pare, B. m. [L.» pareus], park, pen, 
Bfaeep-fold. [Pronounce park, j 

parce que, conj. [par ee qite], because. 

parcourir, v. tr. [L. percurrere], to 
go over, run over, look through. 

pardon, a. m. [yardonner], pardon, 
forgiveness. 

pardonnable, adj. [pardonner], par- 
donable. 

pardonner, v. tr. [L.* perdonare], to 
pardon, forgive. 

pareil, le, 2idi.\h.* pariculus], like, 
alike, equal, similar, such ; yann pareil, 
matchless, champion. 

parent, a. m. f. [L. pamiiem], rela- 
tion, relative, kinsman, kinswoman; plu., 
parents, relatives, relations, kindred. 

parer, v. a. [L. parare], to adorn, set 
off, deck, embellish, guard, parry, ward 
off, clear (of a cable, anchor, etc.) ; pare 
d virer, a command given by the captain 
to make ready for turning the ship ; se 
parer, to adorn one's self, dress, diess 
one's self out. 

paresse, s. f. [L. pigritia], idleness, 
sloth, laziness. 

paresseux, se, rxlj. [paresse], idle, 
lazy, slothful. 

parfait, e, adj. [p.p. ot par/aue—par 
+faire], perfect, finished, complete. 

parfaitement, adv. [parfait], per- 
fectly, completely, exactly. 

parfois, adv. [par -i-fois], sometimes, 
occasionally, now and then. 

parfum, s. m. [parfumer], perfume, 
odour, scent, fragrance. 
■ parfumer, v. a. [par+fumcr], to per- 
fume, sweeten, scent. 

parier, v. a. [L. paricre], to bet, lay a 
wager. 

parisien, ne, s. and adj. [Paris], 
Parisian. 

parier, T.n. (L.^ parabolare], to speak, 
talk. 



parmi, prep. [L. per medium], among; 
amongst, amid, amidst. 

parole, s. f. [L. parabola], word, 
speech, language, saying, sentiments, 
promise, parole. 

parquet, s. m. [dim. of pare], wood 
floor, inlaid floor, flooring, [t is never 
pronounced. ] 

parrain, s.m. [h.* patrinus—K pater], 
godfather. 

part, 8. f. [L. partem], share, part, por- 
tion, division, interest; de la part de, 
from, on behalf of ; quelque part, some- 
where ; nuHe part, nowhere. [( is never 
pronounced.] 

part, 3rd sing. pres. ind. of partir. 

partage, s. m. [jMrtir], share, parti- 
tion, distribution, division, portion, lot ; 
en partage, as one's share. 

partager, v. a. [partage], to share, 
divide, parcel, portion, distribute, partake 
of. [e is retained before a and o.] 

partance, s. f. [partant], sailing, 
departure ; en partarux, about to set 
sail. 

parti, s. m. [partir], party, side; de- 
fence, part, resolution ; mi-parti, partly, 
half. 

particulier, 6re, adj. [L. partUu- 
laris], particular, peculiar, private, 
special. 

particulier, s. m. [L. partieuUirig], 
individual, fellow. 

partie, s. f. [partir], part, match ; en 
partie, partly ; /aire partie de, to be one 
of, to form a part of. 

partir, v.n. irr. [L. partiri]. (pres. ind. 
je pars) to set out, start, spring, go, go 
away, depart, Ije off ; d, partir de ce jour, 
from that day on. 

par tout, adv. [par-^tout], overj- 
where. 

parut, 3rd sing. past. def. of parattre. 

parvenir, v. n. irr. [L. parvenire], 
(conjugated like ttnir), to attain, arrive^ 
come, reach, suooeed. 



8S 



VOOABULAEt. 



pas, 1. 8. m. [li. passus], step, pace, 
footstep, stride, walk, gn'.t ; pas d pas, 
step by step ; with ne, pas forms the nega- 
tive ; gometimes ne is suppressed. 

2. adv., no, not, not any. 

passagre, s. m. [iiassei-], passage, paa- 
sing, fare, way, berth. 

passag'er, s. in. [passai/e], pa-^senger. 

passant, s. m. [passer], passenger, 
passer by. 

passe, 8. m. [paiser], pass, channel, 
passage. 

passe, s. ra. [passer], the past. 

passer, v. n. and V. a. [L.* pasaare], to 
pass, pass on, go, put on, slip ; se pa-^ser, 
to pass, pass away, happen, take place, do 
without, be represented ; se passer de, to 
do without. 

passerelle, s. f. [iiosser], footbridge, 
gangplank, ship's bridge. 

passe-temps, s. ni. [jiasser+temps], 
pastime, amusement. 

passion, s. f. [L. passionem], passion, 
love, fondness. 

passionn^, e, adj. ipassionner— pas- 
sion], passionate, impassioned, passion- 
ately, fond. 

passicnnement, adv. [passionn€], 
passionately, fondly. 

pastoral, e, adj. [L. pastoralis], 
pastoral. 

p&te, s. m. [O.F. paste— Ij. jiaHta], pie, 
pasty. 

pS.tee, s. f. [pnJe— L. pasta], a mixture 
of crumbled bread and chopped meat for 
do^s and cats ; mess, dog's meat. 

patemel, le, adj. [L. patemus], pa- 
ternal, fatherly. 

patiemment, adv. [patient], pa- 
tiently. 

patience, s.f. \L. patientia), patience, 
endurance, forbearance. 

patient, e, adj. [L. patientem], 
patient ; s. m. a sufferer. 



p&tlr, v.intr. [L.' patiri], to be In pain, 
suffer. 

pdrtissier, s. m., fem., patlssidre, 
[pott], pastiy-cook. 

patron, s. m. [L. patronut], patron, 
master, captain, skipper. 

patte, s.f. [origin unknown], paw, foot, 
claw, clutch. 

paume, s. (. [L. palma], palm (of ttao 
hand). 

paupi^re, s. f. [L. palpebra], eyelid, 
eye-lash. 

pause, s.f. [Jj. pausa], pause, stop, rest. 

pauvre, adj. [L. pauper], poor, needy, 
wretched, paltry. 

pave, s. m. [paver— L* pavare (origin 
u.iknown)], paving-stone, pavement. 

pavoise, e [p. p. of pavoiser {pavois, 
a shield — It. pavesse), originally to set up 
emljlazoned shields], to dress (a ship), to 
adorn with flags. 

payer, v. a. [L. pacare], to pay, pay 
for, pay off ; payer de mine, to have a 
good appearance, to bo showy; payer de 
motx, to put off with empty promises. 

pays, s. m. [L.* pa(jensis—li. pagua], 
country, special part of country. 

paysage, s. m. [pays], landscape. 

paysan, ne, s. and adj. [pays], 
country-man, country-woman, peasant. 

peau, s.f. [L. peUem], skin, hide. 

peche, s.m. [picker], sin, trespass. 

pecher, v. intr. [L. peccare], to sin. 

pedagogue, s. m. [L. pcedagogus], 
)'eda^^ogue, school-master. 

peigne, s.f. [L. pectinem], comb. 

peigner, v. a. [L. pectinare], to comb. 

peignit, 3rd sing, past def. of peindre, 

peignoir, s.m. [pei^fner], dressing- 
gown. 

peindre, v.a. irr. [L. pingere], (con- 
jugate like feindre) to paint,pourtray,des- 
oribe, depiot. 



§7 



▼OCABULARY. 



peine, a. f. [L. pcena], punishment, 
pain, affliction, trouble, anxiety, pains, 
distress ; d peine, hardly, scarcely. 

peiner, v. tr. [peine], to pain, vex, 
grieve. 

peint, e, part. [L. peindre], painted. 

peintre, s. m. [L. pktor], painter. 

peintixre, s.f. [L.* pinctura—h. pic- 
tura], painting, picture. 

pelerin, s.m. [L. peregrinus], pilgrim, 
traveller. 

pelerine, s.f. [pelerine], tippet. 

pelerinage, 8.m. [pHerin], pilgrim, 
dge ; aller en pUerinage, to go on a pil- 
grimage. 

pelote, s.f. [L.. pila], ball, pile ; /aire 
ta pelote, to become v:ell-off by saving. 

penaud, e, adj. [peine], abashed, 
sheepish. 

pencher, v. a. [L.* pendicare — L. 
pendere], to Incline, lean, bend, stoop ; 
xe pencher, to bend, bend over, stoop. 

pendant, prep, [pendre- h. pendere], 
during. 

pendant que, conj., whilst, while. 

pendre, v. tr. and intr. [L. pendere], 
to hang. 

pendule, s.f. [pendule, a pendulum — 
L. pendulum], time-piece, clock. 

penetrer, v. a. [L. penetrare], to 
]}enetrate, pierce, pervade. [Written 
piiMr- before e mute, except in fut. and 
cond.] 

penible, adj. [peine], painful, labouri- 
ous, troublesome, distressing, wearisome. 

peniblement, adv. [pinible], pain- 
fully, labouriously, wearily. 
- pensee, s.f. [penser], thought, ide.i, 
reflection. 

penser, v.n. [L. peiisare], to think. 

pensif, ve, adj. [penser], pensive, 
thoughtful. 

pensionnaire, s.m.f. [pe7ision — h. 
pe7isionem], boarder, pensioner. 

pente, 8.f. [ pe^idre], slope, incline, 
deolivity, descent, ascent. 



percale, s.f. [der.?], cambric, nraflUii. 
percer, v. tr. [der. ?], to pierce, pene- 
trate, break through. 

percbe, s.f. [L. pertica], rod, pole, 
perch, 
percher, v.n. [perche — L. pertica], 

to perch, roost. 

perdre, v.a. [L. perdere], to lose, be 
deprived of, waste, ruin, undo; ge perdre, 
to be lost, lose one's way, stray, disap- 
pear, die away. 

pere, s.m. [L. patrem], father, parent. 

peril, s. m. [L. periculum], peril, 
danger. 

perfection, s.f. [L. perfection ei..], 
perfection. 

perfectionner (se) v. r. [perfec- 
tion], to perfect one's self, iniiuove one's 
self, improve. 

pericliter, v.r. and v.a. [h-perieliU 
ari], to be in danger, to endanger. 

periode, s.f. [L. periodus], period (of 
time or measurement); s.m. period, pitch 
(of degree). 

perir, v. intr. [L. 2Jerire], to perish. 

perissable, adj. [p^rir—L. perire\ 
perishable. 

perle, s.f. [L.^ perula — L. pirum, a 
pear (?)], a pearl. 

permettre, v.a. irr. [L. permittere], 
(conjugated like mettre) to permit, allow, 
suffer, give, leave, let. 

permis, past part, of jjennettre. 

permission, s.f. [L. penmmonem], 
peraiission. 

perpetrer, v. tr. [L. perpetrare], to 
perpetrate. 

perpetuel, le, adj. [pcrp4tuer — lu 
perpetuare], perpetual, continual, ever- 
lasting. 

perroqnet, s. m. [It. ; nochctto], 
parrot. 

persecution, s.f. [L. persecutiunem], 
persecution. 



TOCABULARV. 



personnag"e, a.m. [j)<!r»(>n;i«], per- 
soiiaffe, person, character, part. 

personne, i. 8.f. \1j. persona], person, 
man, woman, child. 

2. pron. m., nobody, no man, none, no 
one, nobody (with ne) ; anyone, anybody 
(without nn). 

personnel, le, adj. [L. personalis], 
personal. 

personnel, s.m. [personal], equip- 
ment, coinpL'inent (in men), staff, person- 
nel, crew. 

perspective, s.f. [L.* perspectimis— 
Jj. perspectug], perspective, view, pros- 
pect, outlook, distance. 

perspicace, adj. [L. perspicacem], 
perspicacious. 

perspicacite, s.f. [perspicace], per- 
gpicacity. 

persuader, v.a. [L. persuadere], to 
persuade, convince, satisfy; se persuader, 
to persuade, convince one's self, be per- 
niaded. 

perte, 8.f. [li. perdita], loss, ruin, 
waste. 

perversity, s. f. [L. perversitatem], 
perversity, waywardness. 

peste, s.f. [L. icstis], plague, pesti- 
lence, pest, torment. 

p^tiller, V. intr. [pet — L. pedit/us], to 
crackle, sparkle. 

petit, e, 1. adj. [orig:in unknown], 
little, small. 

2. s. little child, little one. 

petrifler, v.n. [L. petra, facere], to 
petrify. 

peu, adv. [L. paucvs], little, few ; pen 
dpeii; bydegrees, little by little ; pmtrpeu 
que (with subj.), if wily. 

peupl^, e, adj. [peupler], peopled, 
stocked. 

peaple, •«. m. [L. pop-Uut], people, 
natioi>, multitude. 

peupler (ae), T.r. [peuple], to become 
peopled. 



peur, s.f. [r,. 2)avor], f«ar, fnght, dread; 
I'aire peur d quelqu'un, to frighten any- 
one. 

pent, 3rd sing. pres. ind. of pouvoir. 

peut-etre, adj. [peut+etre], perhaps. 

peux, 1st and 2nd sing. pres. ind. of 
pouvoir. 

phare, s.m. [Gk. <frapos, an island near 
Alexandria that gave its name to the 
celebrated light-house built on it], a 
light-house. 

phenomena, 8.m. [Qk. tpaivoixevov], 
phenomenon. 

philosophe, 8.m. [philosophie—Qk. 
<f>i\ocro<lj!a]. Si philosopher; adj., philoso 
phioal. 

photographie, s.f. [i>hoto-\-ypa.<j>tivl, 
photography, photograph. 

phrase, s.f. [Gk. <l>pdai.^], sentenco, 
phrase. 

phraseur, s.m. [phraser, phrase], 
phraseologist, wordy \vriter. 

physiognonaonie, 8.f. [<}>v(ri.oyva>iio- 
via], physiognomy. 

physionomie, s.f. [oontr. of physi- 
oynomonie], physiognomy, countenance, 
aspect, look, expression, face. 

physionomiste, s.m. [physionomie], 
physiognomist. 

piano or piano -forte, s.m. [It 
piano+-/oi-te], piano-forte. 

picorer, v.n. fpicor^e — Sp. picorea], 
to go marauding, plundering. 

picoter, v.a. [piquer], to prick, tingle, 
peck, irritate. 

pi6ce, s. f. [L.* petium], piece, bit, 
apartment, room. 

pied, s. m. [L. pedetn], foot ; pied de 
lainpe, lamp-stand. 

piege, s. ni. [L. pedica], snare, trap, 
pierre, s. f. [L. petra], stone. 

Pierrot, 8.m. [dim. of Pierre, 'Peter'], 
house-sparrow. 

pieux, se, adj. [L. pius], pious, godly, 
religious, holy. 



80 



VOCABULARY. 



pigeon, 8.0). [ti. piponfin], piife<in, 
dove, pigeonhole. 

pignon, s.m. [It. pionoiie -h. pinrut], 
Sralilo end. 

pile, s. f. [L. pila], pile, heap. 

piller, V. a. [L. pilare], to pillage, 
plunder, ransack. 

pilote, 8. m. [It. pilota], pilot ; dra/> 
de pilote, pilot cloth. 

pince, 8. t. [pincer], pinch ; plait (in 
dress-making) ; pliers, nippers, tongs. 

pinci^, e, adj. [pincer], affected, stiff, 
tight. 

pincer, v. a. [Neth. pitsen], to pinch, 
nip ; play (on a harp, &c.). [Written with 
p before a and o.] 

pipe, 8. f. [piper— Ij.* pipare], pipe. 

piquer, v. a. [pic, a Celtic word], to 
prick, stick, spot, patch, sting, goad, 
spur, shoot, dive, make for, head for ; 
■piquer tine tite, to dive, take a plunge or 
' header.' 

pirouetter, v. n. [piroutte — origin 
unknown], to piroutte, turn about, whirl, 
spin round. 

pis, adv. [L. pe/tis], worse, worst (com- 
parative of inal). 

pistolefc, 8. m. [Pistole, a town in 
Italy], pistol, [t is never pronounced.] 

piteux, se, adj. [L. piteosns], piteous, 
pitiable, pitiful, woful. 

piti^, 8. f. [L. pietatein], pity, com- 
passion. 

pittoresque, adj. [It pUtoresco—h. 
pictor], picturesque. 

pivoter, v. intr. [pivot— It. piva—Jj.* 
pijia], to pivot, turn, sv^fing. 

place, s. f. [L. platea], place, post, 
oflBce, room, stead, square. 

placement, s.m. [place], placing, 
investment. 

placer, v. a. [place], to place, put, 
seat, set ; se placer, to plaoe one's self, to 
obtain a situation. [Written with g before 
a and oy 



placid, e, adj. [L. plac'dvs], placid, 
quiet, tranquil, composed, unruffled. 

plafond, a.m. [2>lat, fond], ceiling, 
plaider, v. a. [plaid— h.* placitum], 
to plead (at law), to argue. 

plaie, 8. f. [fj. plaga], sore, woimd. 

plaignit, 3rd sing. pret. def. of plain' 
dre. 

plaindre, v. tr. irr. [L. plangere] 
(conjugated like craindre), to pity ; u 
plaindre, to complain. 

plaintif, ve, adj. [plaint— plaindre], 
plaintive, querulous, complaining, dole- 
ful. 

plaintivement, adv. [plaintif], 
plaintively, mournfully, dolefully. 

plaire, v.n. irr. [L. placerc], (plaisant, 
pill, je plats, je plus, je plairai, que je 
plaise) to please, be agreeable, delight ; s» 
plaire. delight in, take pleasure in, like, 
love. 

plaisanter, v. n. [ plaisant— plaire], 
to jest, joke, sport. 

plaisanterie, s. f. [plaisant]. plea- 
santry, jesting, joking, fun, amusement. 

plaisir, s. m. [O. F. inf. plaisir—L. 
p'acere], pleasure, delight, joy ; faire 
plaisir, to give pleasure. 

plait, 3rd sing. pres. ind. of plaire. 

plan, s. m. [L. plamis], plane, plan, 
scheme, ground, perspective. 

planche, s. f. [L. planca], board, 
plank. 

plancher, 8.m. [planche— L. planca], 
floor, 
planer, v. n. [L. planare], to hover, 

tower, soar. 

plantation, s. f. [L. plantationem], 

plantation, planting, setting. 

planter, v. a, and v. n. [L. plantare], 
to plant, set, fix. 

plantureux, se, adj. [O.F. plentor— 
L. penitatem], plentiful, abundant, copi- 
ous, fertile, vigorous. 



00 



VOCABULARY. 



plat, B-m. IpUet], dish, [t la never pro- 
nouncg^l.] 

plat, e, adj. [Qer. platt], flat, shallow. 

platane, a. m. [L. platanus]. plane- 
tree, sycamore, buttonwood. 

plateau, s. f. [plaf]. wooden scale, 
waiter, traj-, tea-tray; upland, table-land, 
plateau. 

plein, e, adj. [[i.plentis], full, filled; 
d pleines mains, by liandfnls. 

plenitude, a. f. [!-.• %>lenitudenem\, 
plenitude, fulness. 

pleurer, v. n. [L. plorarr], to cry, 
weep, bewail, mourn ; whine. 

pleurs, 8. m. pi. [pleurer], tears, 
weepinf,'. 

pleuvoir, v. im^ers. irr. [L. pluere\, 
{pleuvant, phi, il pleut,il plut, il ■pleuvra, 
qu' il pleuve) to rain. 

pli, s. m. [plier—L. plicare], a strip. 
fold. 

plier (se), v. r. [L. plicare], to be fold- 
ed, bent; to bow, bend, vield. 

plomb, 8. m. [L. plambun], lead. 

plonger, v. tr. and intr. | L.* pluinbi- 
core— L. plumbum], to plunge, immerse, 
dip, duck, dive. 

ployer, v. tr. [L. plicare], to bend, 
lold, bow. 

plu, past part, of plaire. 

pluie, 8. f. [L. 2'luvia], rain. 

plume, 8. f. [L. pluma], feather, pen. 

plupart, 8. f. [plus+part], most, the 
majority, the most part, the greater part. 

plus, 1. adv. [1>. plus], more, also, most, 
(urther ; de plun en plus, more and more. 

2. 8. m., more, most. 

plusieurs, pron. and adj. plu. [L.* 
pluriores — L. plures], .several, many. 

plClt, 3rd sing. imp. subj. of plaire. 

plutot, adv. [ plus + t6t], rather, sooner, 
first, else; if you like, now. [t is never 
pronounced.] 



poche, 8.1. [A. 8. iXKJCO— Gaelic, poea, 
a 'bag'], pocket. 

poele, or poile, s. m. [L. pensile], 
stove ; 8. f. a pan, frying-pan. 

poelon, a.m. [poSle], a eauce-pan, 
frying-pan. 

poesie, s. f. [L. poesis], poetry. 

po6te, 8. m. [L. poeta], poet. 

poetique, adj. [Ij. poeticus — Gk. 
TTOirjTiKo?], poetical. 

poids, 8. m. [L. pensum], weight, 
burden. 

poignant, e, adj. [poindre — L. putt' 
gere], poignant, acute, keen. 

poignee, s. f. [poing—h. pwinus], 
handful ; iwignde de mnin, grasp or s'.iake 
of the hand. 

poigner, v. a. [poing], toaeize (vidth 
the fist). 

poignet, 8. m. [poing], wrist. 

poll, s. m. [L. pilus — Gk. Trt'Xos], hair. 

poing, s. m. [ Ij. pugnus], fist, the 
hand closed. 

point, 1. s. m. [L. punctum], point, 
dot, full stop, period, speck ; nu point 
que, to the degree that; au dernier point, 
to the highest degree; point du jour, 
sunrise, daybreak ; jmnt d'appui, sup- 
port ; rendre dcs points, to give points 
(at billiards). 

2. adv., no, not, not at all, none (more 
emphatic than pas). 

pointe, s.f. [point], point (sharp end), 
sting, tip. 

pointu, e, adj. [point], pointed, 
sharp, sharp-pointed, peaked. 

poitrine, s.f. [i..* pcctorina — ]^. pec- 
tus], breast, chest. 

poivre, s. m. [L. piperem], pepper. 

p jli, e, adj. [pollr—h. polire], polish- 
ed, polite, civil, refined, bright. 

police, s. f. [L. politia), police, 

pollment, adv. [poH], politely. 



VOCABULARY. 



pollsson, 8. m. [der.?], a mischievous 
child, little rogue. 

politesse, s. f. [It. politezza], polite 
ness, good-brieding, courtesy. 

politique, adj. [L. polUims — Gk 
■■oAiTiKos], political, politic. 

poltron, s.m. [O.H. G. bohtar, 'bed'] 
poltroon, coward. 

poltronnerie, s. f. Ipoltron], pel 
troonerj-, cowardice. 

pomme, s. f. [L. pomal apple ; pmn 
me de terre, potato. 

pommette, s. (. [pomme], knob 
cheek-bone. 

pomper, v. intr. [pompe, Ger. 2>lvm 
pen- Ij. plumhumX to pump. 

pompeux, se, adj. \pompe—h. 
pompa], pompous. 

pondeuse, s. f. [pondrc]. layer, hen 

pondre, ▼. tr. [L. ponere], to lay 
(eggs). 

pont, 8. m. [L. pontem], bridge; deck. 

populaire, adj. [L. popidaHs], popu- 
lar, vulgar. 

porcelaine, 8.f. [it. porcelana^'L. 
porca\, porcelain, china, china-ware. 

port, 8. m. [porter], port. 

portant, e, adj. [porter], bearing, 
carrying; il est bun portant, he is in 
good health, hearty. 

porte, 8. f. [\.. porta], gate, gateway, 
door-way, door ; porte d, deux battants, 
folding doors; mettre quelqu'un A la 
porte, to turn any one out of doors. 

port6, e, part, [porter], carried, di- 
rected, inclined, disposed, struck the 
mark ; (tre porti d, pour, sur, to have an 
inclination or liking for. 

portee, s.f. [porter], reach, range; d 
portie de, within reach of. 

rortefaix, s.m. [porte +/aix],i<OTter. 

portefeuille, s.m. [porU+/ueille], 
portfolio, pocket-book. 



portemanteau, s.m. [porte+man 

teau]. portmanteau. 

porte-musique, a.m. [porte +%vsi- 
qnf], a musiostand, a Canterbury. 

porter, v. a. [l,. portnre], to carry, 
wear, bear, induce, persuade, reach, take 
effect. 

portrait, s m. [portraire — L. protra- 
here], portrait, likeness, picture. [Pro- 
nounce portrl ; un por-tri excellent ; de* 
par-tri-z-excellents. ] 

poser, v.a. [L. pausare], to place, set, 
lay down, put, lay, state. 

positif, ve, adj. [L. poeUivii.<<], posi- 
tive, certain, practical 

posseder, v. a. [L. potsidere], to pes 
sess, own, have. [Written po««W- before « 
mute.] 

possibilite, s. f. [L. possibilitatetn], 
possibility. 

possible, adj. [L. possibilis], possible. 

poste, 8. f. [L. posita], post, courier, 
post-office, mail ; s. m. post, station, 
oflRee. guard-house. 

pot, s. m. [L.* potug, Celtic], pot. 

potage, s.m. [pot — h.* potxis], soup, 
porridge. 

potager, s. m. [potage], kitchen- 
garden, soup-bowl, dinner-pail. 

potele, e, adj. [pote, 'lame-handed'], 
plump, chubby. 

potion, s.f. [L. potwnem], potion, 

draug-ht. 
pouce, s.m. [L. policem], thumb. 

poudre, s. f. [L. pulverem], duat, 
powder. 

poule, s.f. [pulla\,h%n. 
poup^e, 8. f. [L. pupa], doIL 

poupin, e, 1. s. [L. pu-pa], a person 
affectedly smart in dress ; a dandy. 
2. adj., dashing, spruce, smart. 

pour, prep. [L. pro], for, on account 
of. in order, to; pour que, conj. (with 
subj.) in ord«r that, so that. 



•2 



VOCABULARY. 



pourpre, l. s.fc [L. purpara], purple. 

2. adj., purple. 

poiirquoi, adv. [jjour+quoi\, why ? 
wherefore? what. . . .for ? 

pourra, 3rd aing. fut. of poiimir. 

poiorrtr, v. intr. [L. putrere], to rot, 
become rotten, decay. 

poursuite, s.f. [pourguivre\, pursuit, 
chase, prosecution. 

poursuivre, v.a. irr. [pour-\-suxvre\. 
(conjugated like suivre), to purs'ie, hunt, 
chase, follow on, go after. 

pourtant, adv. [pour+tavU], never- 
theless, however, still, yet. 

poiirvu que, conj. [pourxm—pour- 
voir\, provided that (with subj.). 

pOUSSe-cafe, s. m. [jiousser+cafi], 
glass of brandy after coffee (coUoq.). 

poussee, s. f. [pousser], pushing, 
thrusting, push, impulse, thrust. 

pousser, v. a. [L. pnlsare\, to push, 
shove, urge, grow up ; utter. 

poussiere, s.f. [poume, — pousser], 
dust, powder. 

poutre, s.f.[L.* pulletrutn — L. pullus, 
a 'colt'], lieam. 

pouvoir, 1. v. n. irr. [L.* poterf. — L. 
ponse], (jjouvant, pu, je puis, je 2"'S, je 
pourrai, que je puisse) to be able, can, 
may. 

2. s. m., power, sway, authority. 

pratique, adj. [0.* practieus], practi- 
cal. 

pratiquer, v.a. [pratique], to prac- 
tise, exercise, make. 

pre, s. m. [L, pratum], meadow. 

prealable, adj. [pre+alkr], prelim- 
inary, previously necessary. 

preambule, s. m. [L. pream.bulii.m], 
introduction , preliminary remarks. 

precaution, s.f. [I., precautioiiem], 
precaution, caution. 

precedent, e, adj. [pretvder], prece- 
dent, preceding, foregoing^. 



preceder, v.a. [U praecedere], to pre- 
cede, lead, go before, go first. [Written 
preeM- before e mute, except in fut. and 
cond.] 

precieux, se, adj. [fj. j^retiosuH], pre- 
cious, costly, valuablo. 

precipiter, (se), v. r. [L. prceeipi- 
tare], to precipitate one's self, rush, dash, 
spring forth, dart, run, send headlong. 

precis, e, adj. [L. jjrcecisus], precise, 
distinct, exact, strict, fomial, just. 

precisement, adv. [pricis], precisely, 
exactly, just, just so. 

precoce, adj. [L. praecoeem], preco- 
cious. 

preference, a. f. [ prSf4rer], prefer- 
ence. 

pref^rer, v.a. IL. prceferre], to pre- 
fer, choose. [Written prdfir- before « 
mute, except in fut. and cond.] 

prelasser (se), v.a. [pr4lat—'L. prce- 
la/ us], to assume an air of affected 
gravity, dignity or haughtiness. 

prelude, s. m. [prihulcr- h. prce- 
ludire], prelude. 

prematur^ment, adv. [primaturi— 
L.* prceiiiatiiratics]. prematurely. 

premier, ere, adj. [L. primarius], 
first, foremost, chief, principal. 

premisses, s.f. plu. [L. proemissa], 
premises (in logic). 

prendre, v.a. irr. [L. premier e], (pre- 
nant, pris, je preiids, je pris, je prendrai, 
que je prenne), to take; s'en prendre d, to 
blame, to lay the blame on. 

prenom., s.m. [L. prmnoiinen], Christ- 
ian name, pienomen. 

preoccupation, s.f. [L. prceoccu- 
pationem], preoccupation, prepossession, 

preoccuper, v. tr. [L. preoccupare], 
to preoccupy. 

preparer, v.a. [L. prceparare], to 
prepare, fit, provide, make ready. 

pr6s, prep. [f;. pressiis], by, near, 
nigh, close to ; d pen, ,ir&s, pretty near, 
nearly ; de pris, closely. 



W 



VOCABULARY. 



presence, 8.f. [L. prcetentia], pres- 
ence, sight, view. 

present, s.m. [presenter], present, 
present time ; present, gift ; d present, at 
present. 

presenter, v.a. [L. prcesentare], to 
present, offer, hold out, introduce. 

presque, adv. [yr^-s-f-jue], almost, 
nearly, all but. 

presse, 8.f. [;)re««er], press, crowd, 
throng. 

press6, e, adj. [jyresser], in haste, in 
a hurry, urgent, eager. 

pressentiment, s. m. [presgentir], 
presentiment, misg-iving. 

pressentir, v.a. irr. [L, prmsentire], 
(conjugated like sentir) to have a pre- 
■entiment of. 

pressor, v.a. [L. pressare], to press, 
squeeze, crowd, throng, hasten, hurry, 
urge, haste, push. 

prestige, s.m. [L. pntstigium], en- 
chantment, awe, fascination, power, dig- 
nity, spell, prestige, personal magnetism. 

presumer, v.a. [L. prcesumere], to 
presume, infer, conjecture. 

pret, prete, adj. [L.* prcestus], ready, 
in readiness, prepared. 

pr6tendre, v. a. L. prmtendere], to 
pretend, lay claim to, maintain, intend. 

pretendu, e, adj. [pritendre], pre- 
tended, feigned, sham, alleged; intended. 

prSter, v. a. [L. prcestare], to lend, 
give, attribute ; priter I'oreUle, to give 
ear, listen. 

pretexte, s.m. [L. pretextus], pretext, 
pretence, excuse. 

pretre, s.m. [L. presbyter], piiest. 

preuve, s.f. [L.* p)-oba^L. probare], 
proof, evidence. 

provenance, s.f. [privenant, pri- 
venir], kind attention. 

prevenir, v. tr. [L. prcevenire], (con- 
jugated like venir) to precede, prevent, 
anticipate, hinder ; to Inform, warn. 



pr6venu, b. m. [priventr], prisonei 
(bpfore trial). 

pre voir, v.a. irr. [h. proevidere], (con- 
jugated like voir) to foresee. 

prevu, adj. [past part, of privoir], 
foreseen. 

Priam, Priam (a king of ancient Troy). 

prier, v.a. [L. pracari], to pray, en- 
treat, beseech, beg, implore, request, 
invite; je viAis en ijrie, I beg of you. 

prier e, s. f. [prier], prayer, suit, re- 
quest, entreaty. 

prime, s.f. [Eng. premium], premium, 
bounty ; the best, choicest. 

primo, adv. [L.priino], aLatin ordinal 
numeral, meaning first. 

princesse, s.f. [prince — L. princeps], 
princess. 

principal, adj. [L. principalis], prin- 
cipal, chief. 

principalement, adv. [principal], 
principally, chiefly. 

principe, s.m. [f,. principium], prin- 
ciple ; pi. principles, rudiments. 

printemps, s.m. [prime, temps], 
springtime. 

prirent, 3rd plu. pret. def. of ijrendre. 

pris, part, [prendre], taken, caught. 

prison, s.f. [L. preliensioneyn], prison, 
jail, imprisonment, confinement. 

prisonnier, s.m., iere, f. [prison'], 
prisoner, captive. 

prit, 3rd siny. pret. def. of prendre. 

privation, s.f. [L. privationem], pri- 
vation, deprivation, hardship, bereave- 
ment. 

priver, v. tr. [L. prii-are], to deprive. 

pvix, s.m. [L. pretium], prize, price, 
value. 

probable, adj. [L. probabilis], pro- 
bable, likel}'. 

probablement, adv. [probable], pro- 
bable, likely. 



»♦ 



VOCABULARY. 



procedd, s.m. [procMiir — L. proce- 
Aert], proceeding, behaviour, way of act- 
ing, process, operation, procedure, step, 
effort. 

procedure, s.f. [prodder], proceed- 
ings (in law), procedure. 

proc6s, s.m. [L. processus], trial. 

procession, s. f. [L. processionem], 
procession. 

prochain, e, adj. [ proche], near, near- 
est, next, approaching, near at hand, 
nigh, approximate, proximate, neighbour- 
ing. \proche is general, indefinite ; ji'i'o- 
ehain, imminent, intense.] 

proche, adj. [L. propius], near, next, 
near at hand, neighbouring, nigh. 

procurer, v. tr. [L. procurare], to 
procure, obtain. 

procureur, s.m. [L. procuratorem], 
agent, purveyor, solicitor, attorney. 

prodigalite, s. f. [L. prodigalitatem], 
prodigality, extravagance, act of prodi- 
gality or of extravagance. 

prodigue, adj. [L. prodigus], lavish, 
prodigal. 

profaner, v.a. [L. pro/anare], to pro- 
fane, defile, pollute. 

professer, v. tr.[ profit— h. professus], 
to profess, declare. 

professeur, s.m. [L. professorem], 
professor, teacher, lecturer. 

profession, s. t. [L. pro/essionem], 
profession, trade, callinjf, occupation, 
vocation. 

proflter, v. intr. [profit— L. pro/echis], 
to profit. 

profond, e, ad]. [L. proj'undxis], pro- 
found, deep. 

profondement, adv. [profond], pro- 
foundly, soundly. 

progres, s.m. [L. progressusl pro- 
gress, advancement, iniprovement, pro- 
ficiency ; /aire des progrts, to make pro- 
gress. 

progressif, ve, adj. [progris], pro- 
gressive. 



prole, s.f. fL. praeda], prey. 

projet, s.m. [L. projecHis], project, 
scheme, design, plan, [t is never pro- 
nounoed.] 

prolonger, v.a. [L. prolongare], tc 
prolong, lengthen, protract, lengthen 
out, draw out. [e is preserved before a 
and 0.] 

promenade, s.f. [promener], walk- 
ing, walk ; walk, promenade, drive, air- 
ing. 

promener, v.a. [por+mener]. to take 
out for a walk, to take, cast, put forth ; w 
promener, to walk, take a walk, go for a 
walk (for pleasure). [Written promin- 
before e mute. ] 

promeneur, s.m. [promener]. a walk- 
er, rider, pedestrian, saunterer. 

promettre, v. tr, irr. [h. promittere], 

to promise. 

prorais, past part, of promettre. 
promit, 3rd siiig.pret.def.of promettre. 
prompt, e, adj. [L. prompttis], prompt, 
ready, quick. 

promptement, adv. [prompte], 
promptly, readily, quickly. 

promptitude, s.f. [L.* promptitu- 
dhi-iii], promptness, speed, quickness, 
readiness. 

prononcer, v.a. [L. pronunciare], to 
pronounce, utter ; se prononcer, to pro- 
nounce one's self, declare one's self, ex- 
press one's sentiments. [Written with p 
before a aud o.] 

propice, adj. [L. propitius], propi- 
tious, favourable, genial. 

proportion, s.f. [L. proportionem], 
proportion. 

propos, 8. m. [L. proposittim], dis- 
course, talk, purpose, resolution, design ; 
anything said in conversation, word, 
sentence, speech, talk; purpose ; d propos, 
seasonably, opportunely, pertinently ; d 
propos de, with respect to, talking of. 

proposer, v. tr. [pro (L. pro)+poser], 
to propose, offer, proffer ; se proposer, to 



»& 



VOCABULAnY. 



propose one's self, be proposed, propose, 
purpose, interest. 

proposition, s.f. [L. propositionem], 
proposition, motion, proposal. 

propre, adj. [L. propritui], own, very, 
same, proper, neat, fit, clean ; propre d 
rien, good for nothing. 

proprete, s. f. [propre], neatness, 
clen'iliness. 

proprietaire, s. m. f. [L. proiyrie- 
tarius], owner, ];iopnetor, landlord. 

prosterner, v.a. [L. proster7iare], to 
prostrate ; se prosterner, to jirostrate 
one's self, fall down. 

protecteur, trice, s. and adj. [L. 
profecforem], protector, protectress, pat- 
ron, protective, protecting-, fostering. 

protection, s. f. [L. prolecUonem], 
protection. 

protege, s. m. [proti(ter\, proteg6, 
ward, a person under another's care. 

proteger, v.a. [I., protegcre]. to pro- 
tect, defend. [Written %irolig- before e 
mute, except in fut. and cond. ; e is pre- 
served before a and o.] 

protester, v.a. [L. protestari], to pro- 
test, vow. 

prouver, v.a. [L. probare], to prove, 
show. )nake g:ood. 

provenance, s.f. [provenir—h. pro- 
venire], production, source, origin. 

proverbe, s m. [L. proverbium], pro- 
verb. 

province, s.f. [L. provincia], pro- 
vince, country ; les gens de province, 
country people. 

provincial, s. adj. [L. provmcialis], 
provincial ; une provinciate, a country 
girl. 

provision, s.f. [L. provisionem], pro- 
vision, store, supply. 

provocant, e, or provoquant, e, 
mIJ. [L. provocate], provoking. 



prudent, e, adj. [L. prudentetn], 

prudent. 

prud'homme, s.ej. [prude — L. pni- 
dens+homme], a good man, a wise and 
worthy man. 

prunelle, s.f. [prune — L. prunum}, 
eyeball. 

pu, p.p. of pouvoir. 

public, que, 1. adj. [L. publicua] 
public. 

2. s.m. public. 

pueril, e, adj. [L. puerilisl, juvenile, 
boyish, puerile, childish. 

puis, adv. [L. post], then, afterwards, 
after that, ne.\t. 

puisque, conj. [puis + que], since. 
seeing, seeing that, inasmuch as. 

puissance, s.f. [puissant], power, 
dominion, sway. 

puissant, e, adj. [I^.* possentew], 
powerful, potent, mighty, strong. 

ptiisse, pres. subj. of pouvoir. 

puits, s.m. [L putexis], well, hole for 
water, pit, shaft. [Pronounce always as 
pui.] 

punir, V. tr. [L. punire], to punish, 
chastise. 

punition, s.f. [L. punitiovem]. pun- 
ishment. 

pupitre, s.m. [L. pulpitum], pulpit. 

pur, e, ai'j. [fj. purus], pure, genuine, 
mere, simple. 

put, pret. def. of pouvoir. 

Q. 

quai, s.m. [a Celtic word], quay, wharf. 

qualite, s f. [L. qualitatem], quality, 
qualification, capacity, accomplishment., 
title ; en quality de, in the capacity of, in 
the character of. 

quand, adv. [L. quando], when, when- 
ever, if, even if, though. 

quant (k), adv. [L. quantum], as to, m 
for, with regard to. 



VOCABULARY. 



quarante, num. adj. [L. quai'ra- 
ginta]. forty. 

quart, a.m. [L. qtiartm], quarter, 
watch ; fair le quart— a. naval expres- 
f.ion meaning to do sentinel duty, b: on 
g^uard, watch— the watch being a fourth 
part of the day. 

quartier, a.m. [L. quartarius], quar- 
ter, part, piece, section ; quarter (of city 
or town), district, ward, neighbourhood, 
locality; quartlei-maltre, quarter-master. 

quatre, adj. [L. quatuor], four, fourth; 
se retenir d quatre, see note 41, 25. 

que, 1. rel. pro. [L. quod], whom, 
which, that, whether, what. 

2. Lnterrog. pro., what. 

3. oonj., that, so that, whether, than, 
since, as, why ; que is used to avoid the 
repetition of other conjunctions; ne.... 
que, only. 

quel, le, adj. [L. qualis], what, what 
sort of, what a; quel que (with subj.), 
whatever. 

quelque, adj. [qael+que], souiu, any, 
a few; quelque chose, something. 

quelquefois, adv. [quelque + fois], 
sometimes. 

quelqu'un, s. m., quelqu'une, 
s.f. [qnelque+un], somebody, someone, 
anybody, anyone ; plu. quelques-uas— 
unes. 

querelle, s.f. [L. querella], quarrel. 

quereller, v.r. [querelle], to quarrel 
with, to fall out with. 

question, s.f [L. questionem], ques- 
tion; de quoi est-il question? what's the 
matter? il est question de, it is in contem- 
plation to. 

questionner, v. tr. [queition], to 
question. 

queue, 8.f. [L. cauda], tail. 

qui, rel. pron. [L. qui], who, whic'i, 
whom, that; qui que, wh -ver, whoso- 
•vac 



quinze, num. &dj. [L. quindeeim], 

fifteen. 

quitte, adj. [L. quietus], quit, quits, 
clear, free, rid, open. 

quitter, v.a. [quitte], to quit, leave, 
part with, leave ofif, lay aside, give up, 
take o(r, cease, desist. 

quoi, 1. pron. [L. quid], which, what. 

2. i'lleij. what! howl you know, you 
gee. 

quotidion, ne, adj. [L. quoti^lianus], 
daily, quotidian, diurnal. 



rabais3er, v.a. [re, baiss^r], to lower, 
abaie, diminish, lessen. 

rabattre, v.a. [re+abattre], to beat 
down ; se rabattre, to be lowered, beaten 
down. 

raccommoder, v. a. [re + aceom- 
moder], to mend, repair, piece, jalch ; «« 
raccommoder, to be reconciled, make 
friends again. 

raccord, s. m. [raceorder, re+ accord- 
er], agreement, union ; connection, patch- 
ing. 

raccrocher, v. tr. [re+accrocher], to 
hook on again ; v. ref., to cling to. 

race, s. f. [It. razza — O.H.G. reiza, a 
line], race, breed, brood. 

racLater, v. tr. [re+acheter], to buy 
back, redeem, atone for. 

raconter, v. a. [?-e-|-O.F. aconter—a+ 
conter], to relate, tell, narrate, recount. 

radieux, se, adj. [L. radiosus], radi- 
ant, beaming, delighted. 

radouber, v. tr. [re+douher (Ger.)], 
to repair, refit. 

radoucir, v. tr. [re -f adoudr], to 
soften, make milder, allay, compose, 
soothe. 

rafflnement, s. m. [raffiner], refine- 
ment, delicacy, affected nicety. 



VOCABULARY. 



raflPoler (de), V. Intr. [re+affoler], to 
dote on. 

rafralchir, r. a. [re, d frais], to cool, 
refnish, restore, invigorate, repair, re- 
cruit, renew, freshen. 

rafralchissant, e, adj. [rafraichlr], 
cooling:, refrigerative, refreshing. 

racje, s. f. [L. rabies], rage, fury, pas- 
sion. 

raide, adj. [doublet of rcide—h. rig- 
idics], stiff, tight, rigid ; steep. 

raideur, s. f. [raide], to stififen ; se 
raWir, to stiffen, become -grow— get stiff. 

rale, s.f. [L.'radm— L. raditw], stroke, 
ane, dash, strip, streak. 

raillerie, s. f. [railler—1,. rallum], 
raillery, bantering, jesting, joke, banter, 
jeer, mockery, joking. 

raison, s. f. [L. rationem], reason, 
satisfaction, proof, motive ; avoir raison, 
to be right. 

raisonnable, adj. [L. rationabiUs], 
reasonable. 

raisonnablement, adv. [raisonnab- 
le], reasonably, sensibly, agreeably to 
reason, justly, rationally, moderately, 
tolerably. 

raisonnemeut, s. m. [raison, rea- 
soning, argument. 

raisonner, v. n. [raison], to reason, 
argue, discourse, answer. 

rajeunir, \'. n. [re, d, jeune], to grow 
younir again, be restored to youth, look 
young again. 

raieunissement, s. m. [rajeunir], 
growing young again, making young 
again. 

rajuster, v. a. [re+ajuster], to re-ad- 
just, put to right, to put in order again. 

rallumer, v. a. [re+allumer], to light 
again, rekindle, kindle again, light up 
anew. 

ramage, a. m. IL. ramug], branches 



(obsolete) ; leaves, flowen, etc., worked 
on cloth ; the song of birds in the trees. 

ranaasser, v. tr. [re+amasser — d+ 
masse], to collect, gather, pick up. 

rame, s. f. [L. rama], oar, paddle. 

rameau, s. m. [L. ramc:ias—ramus\, 
bough, branch. 

ramee, s. f. [L.* ramata — L. ramus], 
boughs ; branches (with green leaves^ ; 

arbor. 

ramener, v. a. [re, amener], to bring 
again, bringback, recall, restore. [Written 
ramin- before e mute.] 

rameur, s. m. [rame — L. remus], oars- 
man, rower, sculler. 

rampe, s. f. [ramper, flight of stairs], 
stairs, slope, ascent, incline. 

ramper, v. n. [Flem. rapen, 'to 
seize '], to creep, crawl, crouch, cringe. 

ramure, s.f. [raine, 'branch '], foliage, 

tiraiiches. 

I'ancune, s. f. [L. raiicus], rancour, 
spite, grudge, ill-wiU, malice. 

ranger, v.a. [rang — O.H.G. hrirKj], to 
range, put in order, arrange. [Written 
i-ange- before a and o.] 

raiiimer^v.a. [re, animer], to restore, 
revive, animate, reanimate, stir up, en- 
liven ; se raninier, to revive, recover, 
brighten ui>. 

r&pe, e, past [rdper—O.H.Q. raspon\, 
threa<ibare, shabby. 

rapide, adj. [L. rapidus], rapid, swift, 

quick, fleet. 
rapidement, adv. [rapide], rapidly, 

swiftly, fast. 

rappel, s. m. [raiipeler], recall, drums 
beating to arms. 

rappeler, v. a. [re+appeler], to call 
again, call back, recall, call to mind : se 
rappeler, to recollect, remember, recall to 
mind. [Written rappell- before e mute.) 

rapport, s. m. [rapporterl, report, 
reepeot. 



tfS 



VOCABULARY. 



rapporter, v. a. [re + appr^f/>r], t« 
bring again, yield, bring in. 

rapprocher, v. a. [re-hapjimrhfr], to 
draw near again, approach again, draw 
togethor, bring nearer. 

rare, adj. [L. ran ..]. rare, uncommon, 
scarce, thin, scanty, unusual. 

rarement, adv. [rare], rarely, sel- 
dom. 

ras, e, adj. [L. rasus], close-shaved, 
shorn, close, bare, smooth, open, flat ; aw 
ras de, on a level with. 

rasade, s. t. [raser], a glass full to the 
brim, a ' bumper '. 

ras6, e, adj. [p. p. of raser], shaved, 
lying flat on the ground, crouching. 

raser, v. a. [ras], to shave, shave off, 
lay flat, graze, touch, skim over ; se raser, 
to shave over, be shaved ; to crouch. 

rassemblement, a. m. [rasseynbler, 
re+a'isembler], a gathering, crowd, col- 
lection. 

rasseoir (se), v.a. irr. [re, asscoir], 
(conjugated like asseoir) to sit down 
again, be seated again. 

rassurer, v.a.[re, asswrer],strerigthen, 
remove one's fears, tranquilize, reassiu-e, 
to make firm ; se rassurer, to compose 
one's self, to set one's feelings at rest. 

rat, s. m. [O.II.G. rata], rat. 

ration, s. f. [L. ralionem], allowance, 
ration. 

rattacher, v. a. [re, attacker], to tie 
again, tie up again, fasten again, connect, 
attach ; se rattacher, to be tied, fastened ; 
to fasten upon, be attached to, connected 
with. 

rattraper, v. tr. [re+attrapper]. to 
catch, catch again, overtake. 

ravager, v. a. [mvir], to ravage, lay 
waste, spoil. [Retains e before a and o.] 

ravi, e, v. tr. [ravir], delighted, en- 
raptured. 

ravlr, v. a. [L, rapere], to carry off, 
take away, oharm, delight, enrapture. 



ravlssement, 8.m. [rai>ir], transpert, 
raptures. 

raye, e, part, [rayer], striped, ruled. 

rayer, v. a. [h. radiare], to scratch, 
era.se, streak, stripe, mark. 

rayon, s. m. [rais—h. radius], ray, 
beam. 

rayonner, v. n. [rayon], to radiate, 
shine, beam, brighten up. 

re or re [L. re], prefix denoting repeti- 
tion. 

realiser, v. a. [r^. realu], to realize, 
realite, s. f. [L. realitatem], reality, 
rebondir, v. n. [re+bondir], to re- 
bound. 

rebut, 8. m. [rebuter—but], refuse, 

remnants. 

rebuffade, s. f. [It. rebuffo], repulse, 
rebuff, rebuke. 

recevoir, v.a. [L. recijyere], to receive, 
rechapper (de), v. intr. [re+ichap' 
per], to escape from, to recover. 

rechauffer, v. a. [re + ^chauffer], to 
lieat again, make warm again, reanimate, 
lekindle. 

rechercher, v. tr [re+chercher], to 
seek for, to covet ; rechercM, esteemed, 
valued, sought for. 

recit, s. m. [riciter — L. recitare], re- 
cital, relation, account, narration, state- 
ment, [t is never pronounced.] 

reclamer, v. a. [L. reclamare], to 
implore, entreat, reclaim, claim back, de- 
mand, claim. 

recoin, s. m. [re+coin], nook, corner, 
recess. 

recolte, s. f. [L. recollect a], han-est, 
crop. 

recommencer, v. a. and v. n. [re-f- 
cummencer], to recommence, begin again. 
[Written with ( before a and o.] 

recompense, s.f. [ricompenser — r«-*- 
comi.enser — L. compensare], reward, re- 
compense, compensation, indemnity. 



VOCABULARY. 



r6conciller, v. a. [L. reconeiliare], to 
reconcile, coiitiliate, make friends again. 

reconduire, v. tr. [re+conduire], to 
take back again, reconduct, to go back 
with, accompanj' back. 

reconforter, v. a. [re, conforter — con 
+fort], to cheer up, strengthen, fortify, 
comfort. 

reconnaissance, s. f. \reeonn''As- 
sant\, gratitude, thankfulness, recogni- 
tion, acknowledijment. 

reconnaitre, v.a.irr. [re+connaltre], 
(conjugated like connaitre), to recognize, 
know again, find out, acknowledge, ad- 
mit. 

recoucher (se), v. ref. [je+coitc^er], 
to lie down again. 

recreation, s.f. [ricrier — L. recrcare\, 
recreation, diversion, amusement; recess, 
intermission. 

recreer, v.a. [L. recreare], to recreate, 
divert, amuse. 

recrier (se), ^•. r. [re, Verier], to ex- 
claim, utter an exclamation, cry out, 
clamour. 

recrimination, s. f. [r6criminer—\j. 
rc-\-eriminari\, recrimination. 

recriminer, v. intr. [L. re+crimin- 
ore], to recriminate, answer one charge 
by making another ; to protest, object 
strongly. 

recrudescence, s. f. [L. recnides- 
cere], recrudescence, relapse, breaking out 
again, return, becoming raw or sore again ; 
return (of a disease). 

recueillir, v. a. irr. [L. recolligere], 
(conjugated like cueillir), to gather, get 
in, reap, collect, pick up, receive, cull. 

reculer, v. n. and v. a. [re+culer— 
L. callus], to go back, fall back, draw 
back, retreat, recoil ; to shove back, push 
baok, put off, defer, keep at a distance. 

re9ussent, Srd plu. imp. subj. of 
ree^voir. 

redescendre, v.intr. [re+descendre], 
to go down again. 



redevenir, v. n. irr. [re+devenir] 

(conjugated like vcnir), to become again, 
redingote, s f. [Eng. riding-coat\ 

frock-coat, surtout. 

redoubler, v. a [re+doubler\, to re- 
double, increase, reiterate. 

redoutable, adj. [redouter], formid- 
able, redoutable, imposing. 

redouter, v.a. [re+douter], to dread, 
fear. 

redresser, v. a. [re+dresser], to make 
straight, straighten, set up again, redress ; 
se redresser, to become straight again, 
stand erect, lift one's self up. 

reduire, v.tr. [L. reducere], to reduce, 
subdue, win over, make friends with. 

reel, le, aAj.[h.* realis — h.rem], real. 

r^ellement, adv. [riel — L. realis], 
really, in reality. 

refermer, v. a. [re+fermer], to shut 
again, close again ; se refermer, to shut 
again, close again. 

reflechir, v. n. [L. rejlectere], to re- 
flect, think, consider, ponder ; r^JUchi, 
thoughtful. 

reflection. See reflexion. 
refl^ter, v. tr. [L. re/lectere], to reflect 
(of light). 

reflexion, s.f. [L. reflexionem], reflec- 
tion, thought, consideration. 

refoiiler, v.tr. [re+fouler — Ij.* full- 
are], to drive back, repel. 

refourrer, v.a. [re+fou7rer], to thrust 
— put— stick in again (colloquial). 

refrain, s. m. [O. F. refraindre — I-, re- 
fringere\, refrain, bvirden (of a song), 
chorus. 

refroidir, v. tr. [n+froid], to cool, 
chill. 

refus, s. m. [refuser], refusal, denial. 

refuser, v.a. [L. refiUare or recrisare], 
to refuse, deny, decline ; se refuser, to 
deny one's self, avoid, withstand. 



100 



VOCABULART. 



regagrner, v. tr. [re+gagncr], to re- 
gain, win baok. 

regain, s. m. lre-\-gain], aftermath, 
after-grass, second crop ; rev ival (of youth, 
health, etc.). 

regal, s.m. [rigaler—Sp. regalar], ban- 
quet, entertainment. 

regaler, v a. [rS. gala], to regale, 
feast, entertain, treat ; se rigaler, to 
feast, entertain one another. 

regard, s. m. [ngarder], look, gaze, 
stare, glance, survey, eye. 

regarder, v. a. [re-\-garder], look at, 
behold, face, consider, regard, concern, 
view, survey ; se regardf-r, to look at one's 
self, look at each other, consider one 
another. 

regeneration, s. f. [L. regeneration- 
im], regeneration. 

regimber, v. n. [origin unknown], to 
kick, resist, rebel. 

region, s. f. [L. regionem], region. 

regie, s. f. [L. regula], rule, order. 

reglement, s.m. [rdgler], rule, ruling, 
determining ; rhglement de comptc, defin- 
ite approval by competent authority of 
expenses incurred ; settlement of claims 
or accounts. 

regler, v. a. [L. regulare], to rule, 
regulate, order, settle, determine. [Writ- 
ten r&'jl- before e mute.] 

rdgner, v. intr. [L. regnare], to reign. 

regret, s. m. [L. re, gradus], regret ; 
d regret, with regret, with reluctance, [t is 
never pronounfcd.] 

regrettable, adj. [regretter], lament- 
ed, regrettable. 
regretter, v. a. [regret], to regret. 

regulier, ere. adj. [L. regularis], 
regular, exact. 

r eg increment, adv. [rdgulisr], 
regularly. 

rein, s. m. [L. renem], kidney ; plu. 
reins, back, loins. 
relne, a. f. [L. regina], queen. 



rejeter, v a, [re+jeter], to throw again, 
drive back, throw back, cast out, throw 
away. [Written rejett- before e mute.] 

rejoindre, v. a. irr. [re+joindre], (con- 
jugated like joindre), to rejoin, join again, 
reunite, overtake ; se rejoindre, to join 
again, reunite. 

r^jouir, v. tr. [ri+jouir], to delight, 
cheer, gladden ; se rejouir, to rejoice, be 
glad. 

rel9,ch.e, s. f. [reldcher], intermission, 
cessation (from work), rest. 

rel&cher, v.tr. [L. relaxare], to slack 
en, loose, release, let go, abate, relax , 
reldcher d, to call at, stop at, pull up at. 

relatif, ve, adj. [U relatmis], reli 
tive, comparative. 

relation, s. f. [L. relationem], rel» 
tion, reference, respect, account, state- 
ment; plu., connection, intercourse. 

relativement, adv. [relatif], rela- 
tively, comparatively. 

relever, v. a. [L. relevare], to raise 
again, lift up again, restore, enhance, 
pick up, take up, restore, elevate. [Written 
rel&v- before e mute.] 

relier, v. tr. [L. religare], to bind, 
connect, unite. 

reliquat, 8.m. [L. reliquatum], bal 
ance, remainder, remains, [t is never pro- 
nounced.] 

relique, s. f. [L. reliquiae], relic. 

reluire, v. n. irr. [L. relucere], (con- 
jugated like luire), to shine, glitter. 

reluisant, adj. [pres. part, of reluire], 
shining. 

remarquer, v. a. [re+marquer], to 
mark again, note, observe, notice, remark, 
distinguish. 

rembarquer, v. tr. [re+embarquer]. 
re-embark, ship again, put on board 
again. 

rembourrer, v. tr. [bourre], to stuff 
out, to pad. 

rembourser, v. tr. [re+embotirser 
(bourse)] reimburse, refund, repay. 



VOCABULARY. 



remerclment. a- ni. [remerder], 
thanks. 

remercier, v. a. [re + mercier], to 
thank, return thanks. 

remettre, v. a. irr. [L. remittere]. 
(conjugated hke mettre), to put ag;ain, re- 
store, deliver, forward, return, put off, 
delay ; se remettre, to resume, recover, 
compose one's self. 

remeubler, v.a. [re + ineubler], to re- 
furnish. 

remonter, v. n. [re + monter], tore- 
ascend, go up again, rise, rise again. 

remontrance, s. f. [remontrer], re- 
monstrance. 

remontrer, v. intr. [re+montrcr], to 
show again, remonstrate. 

remords, s.ni. [\j. ri'.inor.ium], a feel- 
ing of remorse, remorse, compunction, [d 
and 8 are never pronounced.] 

remorqueur, s. m. [remorque—l,. 
remulcuvi], a tug, tow-boat. 

remoudre, v. tr. [re+moudre—h. 
ntolere], lo grind again. 

remplacer, v. a. [re, en, piact], to 
take the place of, act as substitute for, 
supersede, get another. 

remplir, v. a. [re, emplir], to fill 
again, fill up, stuff, supply, furnish, fulfil, 
discharge, perform, replenish. 

remplumer (se), v. ref. [plume], to 
get new feathers ; to become stout again. 

remporter, v. tr. [re+emporter], to 
carry back, take back, carry off ; to win, 
gain. 

remuer, v.a. [rc+miter—L. mutare], 
to move, stir, rouse, turn up. 

rencontre, s. f. [re, eticontre], en- 
counter, accident, chance, meeuing, oc- 
currence ; alter d sa rencontre, to go to 
meet him. 

rencontrer, v. a. [re. contre], to 
meet, meet with, (all in with, light upon, 
&nd 



rendez-vous, 8. m. [rendez+vous], 
rendezvous, meeting, appointment, place 
of meeting. 

rendormir, v. tr. [re+endormir], to 
lull to sleep again ; se rendormir, to fall 
asleep again. 

rendre, v. a. (L. reddere], to render, 
refund deliver up, return, restore, do, 
paj', give, make ; se rendre. to make one's 
self, render one's self, become, turn ; go, 
repair, proceed, resort; yield, surrender, 
give one's self up, betake one's self. 

renfrogner, or refrogner (se), v. 
ref. [O. F. frogner, Scand.], to frown, 
scowl, knit the brows. 

reng"a,ger, v. tr. [re+en;iager (e,»-f 
gage Teut.)], to re-engage. 

rengorgrer (se), v.a. [re, en, gorge], to 
carry it high, carry one's head high, 
bridle up, draw one's self up, to put the 
throat forward and the head back (so 
as to look graceful or proud) ; to lift one's 
head or draw one's self up proudly. 
[Written with ge before a and o.] 

renifler, /. intr. [re -f 0. F. nijler 
(Teut.)], to sniff. 

renomme, e, adj. p. p. of renommer. 

renoncer (a), v. n. [L. remmtiare], 
to renounce, give up, surrender, forego, 
relinquish, disclaim, waive, revoke. 

renouveau, s. m. [re -t- nouveau], 
spring-time (poetic and familiar). 

renouveler, v. a. [re, nouvel]. to re- 
new, renovate, revive, resuscitate, refresh. 
[Written renouvell- before e mute.] 

renseiprnement, s. m. [renseigner, 
re+enseig)ier], indication; (plu.) informa- 
tion, intelligence. 

renseigner, v. tr. [re+ense-'gner], to 
teach again, inform, instruct, direct. 

rente, s. f. [rendre], yearly income, 
revenue, annuity, stock, funds. 

rentier, s. m. [rente, rendre], fund- 
holder, stock -holder; gentlemaa of means 
or leisure. 



102 



VOCABULARY. 



rentrer, v. n. [re+entrer], to enter 
again, return, come in again, go in again, 
re-enter. TAlmost always conjugated 
with etre.] 

ren verse, e, part, [renverser], in- 
verted, thrown back, leaning back, re- 
clining. 

renverser, v. a. [re, envers], to re- 
verse, upset, overturn ; se renverser, to 
fall down, throw one's self back, fall back. 

renvoi, s. m. [renvoyer], return, dis- 
missal, discharge, sending-back. 

renvoyer, v. tr. [re-]- envoy er], to send 
back, return, dismiss. 

repaitre, v.n. and v. a. irr. [re+2>a'itre 
— L. pascere] {repausant, repu, je repais, 
je repus, je repaUrai, que je repaisse), to 
eat, feed. 

repandre, v. tr. [re-'ripandre], L. 
expandere], to spread, pour out, diffuse, 
scatter, expand. 

reparaltre, v. n. irr. [re+jmrattre], 
(conjugated like connaltre), to re.appear, 
to appear again, to make one's appear- 
ance. 

reparer, v. tr. [L. reparare], to repair, 
mend, restore, redeem. 

repartir, v. intr. [re-{-partir], (con- 
jugated like partir), to set out ..gain. 

repas, s.m. [re+O.F. past — L. pasties], 
meal, repast. 

repasser, v.n. and v. a. [r«-i-?>a«ser], 
to pass again, to pass back and forth. 

repeter, v.a. [L. repetere], to repeat, 
say again, tell again. [Written rdpH- before 
e mute ] 

repia.trer, v.a. [re+pldtrer—h.* plas- 
trwm], to replaster. 

repller, ▼. a. [L. replicare], to fold 
a^ain. 

r6plique, s. f. [r4i Hquer], reply, 
answer. 

repliquer, v. a. and v. n [L. repti- 
care\, to reply, answer, rejoin, return. 



repondre, v. n. [U retpvndere], to 
answer, reply, respond. 

reponse, s-f. [L. respoiumm], answer, 
reply. 

reporter, v. tr. [L. reportare\, to 
carry back, take back, transfer. 

repos, 8. m. [reposer], rest, repose, 
quiet, peace, stillness, tranquility. 

reposer, v. a. [L. repausare], to place 
again, rest ; se reiioaer, to rest one's self, 
repose, lie down. 

repousser, v. a. [re -\- pousser], tc 
repel, drive back, beat back, force back, 
thrust back, resent, rebuff, repulse, spring 
again, thrust back, spurn, reject. 

reprendre, v.a. irr. [L. re^rehenderc], 
(conjugated like prendre) to take again, 
seize, return, recover, resume, set to 
right again ; se reprendre, to correct 
one's self, take one's self up. 

representer, v.a. [L. reprcesentare], 
to represent, show, depict. 

reprise, s.f. [re uprise], taking again, 
recovery, renewal, resumption; dplusieurs 
reprises, several times. 

repriser, v.a. [re-'rpriser]. to darn. 

reprit, 3rd sing. pret. def. ot reprendre. 

reproche, s. m. [re, prope], reproach, 
expostulation. 

reprocher, v. tr. [reproche], to re- 
proach. 

reproduire, v. tr. [re-i-produire—h. 
producere], to reproduce. 

repu, e, past part, of repaitre 

republique, s. f. [formerly respubli- 
que — L. respublica], republic. 

repugnance, s.f. [L. repugnantni], 
repugnance, dislike, reluctance, unwil- 
lingness. 

requete, s.f. [L. requisita], request, 
petition, demand, application. 

requisitoire, s.m. [L. requireni], 
crown counsel's address to the court; 
indictment. 

r6serve, s-f- \risirver\ reserve ; faire 



103 



VOCABULARY, 



donner les reserves, to bring np the 
reserves. 

reserver, v.a. [L. reservare], to re- 
serve, save, set apart, lay by, hold back. 

residence, s. f. [L. residere], resi- 
dence, dwelling-place. 

r6sider, v. intr [L. residere], to reside. 

resignation, s. f. [L. resignationem], 
resignation. 

resifrner, v.a. [L. resignare], to resign, 
give up. 

resistance, s.f. [risister], resistance. 

resister, v. intr. [L. resutere], to 
resist, withstand. 

resolu, e, l. part, [rdsoudre — L. resol- 
vere], resolved on, decided, determined, 
settled. 

2. adj., resolute, bold, determined. 

resolument, adv. [reso u], resolutely, 
boldly. 

resolution, s.f. [L. resolutionem], 
resolution, decisicTi, determination. 

resoudre, v. intr. [L. resolvere], to 
solve, resolve. 

respect, s.m. [L. respectus], resjiect, 
regard, reverence deference. [Pronounce 
ris-pi ; t is always silent.] 

respectable, adj. [respect], respect- 
able. 

respecter, v.a. [respect], to respect, 
revere. 

respirer, v. n. [L. respirare], to 
breathe, respire, take breath, rest. 

resplendir, v.n. [L. resplendere], to 
shine brightly, be resplendent. 

responsabilite, s. f. [responsable], 
responsibility, liability. 

responsable, [L. responsum], respon- 
sible. 

ressemblance, s.f . [resse7nblant re- 
semblance, likeness. 

ressembler, (a), v.n. [re+semhler to 
resemble ; se ressembler, to resemble one 
auothei. 



ressentir, v. tr. [re+sentir], to feel, 
experience, have a sense of, show. 

resserrer, [re+serrer], to tighten 
compress, crowd, squeeze, contract, con 
fine. 

ressort, s. m. [ressortir — L. resortiri], 
a spring. 

ressonrce, s.(. [re+source], resource, 
expedient, shift. 

ressouvenir, s.m. [re-\-souvenir], re 
membrance, recollection. 

ressouvenir (se), v r. irr. [re-f-»0M 
ueniV], (conjugated like sortvenir), to re 
collect, remember. 

restant, s.m. [rester — L. restare], re 
niaiiider, nst. 

restaiirant, s. m. [restmirer — L. res- 
taxirare]^ eating-house, dining-rooms, 
r< staurant. 

restaurer, v. tr. [L. restaurare], to 
restore, re-cstablish, thoroughly repair. 

reste, s.m. [rester], rest, remainder, 
remnant, remains ; au reste, besides. 

rester, v.n. [L. restare] to remain, 
wait, stay, rest, be left ; il rtste, there is 
left. 

resultat, s.m. [resulter—li. resultare], 
result, [t ia never pronounced.] 

retard, s. m. [retarder], delay, slow- 
ness ; en retard, late. 

retarder, v. tr. [L. retardare]. to 
delay, defer, retard, put back. 

retenir, v.a. irr. [re+tenir], (conju- 
gated like tenir) to get again, retain, 
detain, withhold, keep back ; se retenir, 
to keep back, hold back, restrain one's 
self, forbear, stop. 

retentir, v. intr. [re+h* tinnitire], 
to sound, resound, re-echo. 

retirer, v.a [re+tirer], to draw again, 
take away, remove, retire, withdraw ; se 
retirer, to retire, withdraw, subside, 
recede, shrink, fall back. 

retomber, v.n. [re+tomber], to fall 
again ; relapse, fall down again. 



104 



VOCABULARY. 



retouche, 8.1. [ret/>ucker], retouching, 

additional touch, 
retouctier, v. n. and r. a. [re + 

toucher], to retouch, improve. 

retour, s.m. [re+tour], return, com. 
ing back, turning ; au retour. du retour, 
besides, into the bargain. 

retourner, v.n. [re+tour7ier], to re- 
turn, go again, go back ; in card-playing 
it U used impersonally with reference to 
what has turned up trump ; hence, 
generally, as in 53, 18, " de quoi re- 
toume-t-il ?" " what is going on 7' 

retraite, s.f. [retraire], retreat, re- 
tiring, retirement, refuse, hiding-place, 
withdrawal ; d la retraite, retired. 

retrouver, v.a. [re+trouver], recover, 
to find again ; se retrouver, to find one 
another again, to find one's self again. 

reunir. v.a. [r6-\-un%r], to reunite, 
join again, collect, assemble, combine, 
throw together, gather. 

reussir, v.n. (L. re, exire], to succeed, 
prosper, thrive, be successful, have suc- 
cess. 

revanche, s. f. [revancher, re+L. 
vindicare]. revenge, retaliation ; en re- 
vanche, in revenge, on the other hand. 

reve, s.m. [origin unknown], dream, 
idle fancy, vision. 

reveil. s.m. [riveiller]. awaking. 

reveiller, v.a. [re+4veiUer]. to awake, 
wake, rouse, rouse up, call up, revive ; 
se rivnller, to wake, awake, wake up, 
awaken, revive; se riveitler tout A fait, 
to waken up. 

rev6ler, v.a. [L. revelare], to reveal, 
discover, lay open, disclose, detect. [Writ- 
ten rivH- before e mute.] 

revendre, v. tr. [re+vendre], to sell 
again, retail. 

revenir, v.n. irr. [re+venir], (conju- 
gated like venir) to come again, come 
back, return, recur, recover ; ne pas en 
revenir, to get over it, give over thinking 
of it. 



revenu, a-m- [revetUr], revenue, in 
come, rent. 

rSver, v.tr. and intr. [rive], to dream, 
muse. 

reverdir, v.a. and v.n. [re+verdir— 
vert], to paint green again ; grow green 
agaui, blossom again. 

reverie, s. f. [n-we], reverie, musing, 
dream. 

revetir, v. a. irr. [revitir], (pres. ind. 
je revets), to clothe, in^■est, dress. 

reveur, euse, l. s. [rever], dreamer, 
niuser. 

2. adj., thoughtful, dreamy, penaive, 
umsing. 

revirement, s. m. [revirer — re+ 
virer], a sudden and complete change. 

revoir, v.a. irr. [r«-t-i;oi>], (conjugated 
like voir), to see again ; se revoir, to see 
one another again ; au revoir, good bye. 

revolter, v. intr. [revolte~lt. rivolta], 
to rebel, revolt. 

revolution, s. t. [L. revolutionem], 
revolution. 

revoyant, pres. part, of revoir. 

rez, prep, [doublet of ras — L. rasus], 
level with, [z is never pronounced.] 

rez-de-che.ussee, [rez+de+chaug 
sie], ground-floor. 

rlaubarbe, s. f. [L. rheu, ' root,' bar- 
barum], rhubarb. 

rlisrtlime, s. m. [L. rhythmus], 
rhythm. 

riant, e, adj. [rire], laughing, joyful, 
merry, cheerful, smiling. 

ricanement, s. m. [Wcan^r— origin 
unknown], chuckling, sneering. 

riche, adj. [Ger. reich], rich, wealthy, 
opulent, 
richesse, s. f. [riche], riches, wealth. 

ride, s. f. [rider— M. H. G. rtden, ' to 
twist'], wrinkle. 

rideau, s. m. [ride], curtain, screen. 



VOCABULARY. 



ridicule, l. n. m. [L. ridicidus], ridi- 
cule. 

2. adj., ridiciiloui. 

rien, a. m. [L. rem], nothing, nought ; 
(with 7ie), anything. 

rincette, s.f. [rincer — Scand.] (colloq.), 
a small quantity of brandy poured into a 
cup after coflfee has been drunli out of it 
(as il to rinse the cup). 

rire, l. v. n. irr. [L. ridere], (riant, ri, 
je ris. je ris, je rirai, que je rie), to laugh, 
be merry. 

2. 8. m., laugh, laughter, laughing. 

risque, [Sp. risco, 'a reef], risk, haz- 
ard. 

risquer, v. tr. [risquey to risk, hazard, 
venture. 

ritoumelle, s. f. [L. ritomdlo], ritor- 
nello, flourish. 

rivage, s.m. [L.*npaticMnt — L. ripa\, 
shore, 
rive, 8.f. [L. ripa], shore, bank, border. 

river, v. tr. [of Teut. origin, Danish 
rive, ' to flatten' ], to rivet. 

riviere, s. t. [L.* riparia], river. 

riz, s. m. [It. rwo], rice, [z is never pro- 
nounced.] 

robe, 8. f. [It. roha — O.H.G. roiCbon], 
gown, robe, dress, frock. 

robuste, adj. [L. rohustus\, robust, 
hardy, stout-hearted, sturdy. 

robustesse, s. f. [rohuste — L. robus- 
tzu], stoutness, vigour. 

roche, s. I. [L.* rupica — L. rupem], 
•ock. 

rocher, s. m. [roche\, rock (high and 
steep). 

roder, v.intr. [Prov. rodar — L. rotare], 
to rove, roam, wander, prowl. 

rogner, v. tr. [rond], to cut, pare, clip, 
round off. 

rognure, s. f. [rogner\, clipping, cut- 
ting, remnant. 
roi, s. m. [L. regeifi], king. 



roide, [old form ol raide], stiff, ri^d. 

role, s. m. [L. rotuhis], roll, list ; part, 
character. 

roinan, s. m. [L. romantis], novel, 
romance. 
roman-:;e, s. f. [roman], ballad, song. 

romanesque, adj. [roman], roman- 
tic. 

rompre, v. a. [L. rompere], to break, 
snap. 

rond, e, l. adj. [L. rotundui], round, 
even, chubby. 

2. 8. m., round, orb, ring, circle. 

ronde, s. f. [rond], round ; faire la 
ronde, to make an inspection. 

rondement, adv. [rond], roundly, 
fast, fairly, fairly and squarely. 

ronfler, v. n. [onomatopoetic], to 
snore, snort, roar, peel, hum. 

ronger, v. tr. [L. rumigare], to gnaw, 
nibble, eat away. 

roquet, s.m. [of historical origin, from 
the legend of St. Rv-ch and his dog Ro- 
quet], a pug. 

rose, 1. s. f. [L. rosa], rose. 

2. adj.,ros3', pink, rose-coloured. 

rose, e, adj. [rose] roseate, rosy. 

roser, se, v. a. [rose], to flush, blush, 
redden. 

rosier, s. m. [f,. msarium], rosebush. 

rossignol, s.m. [L. lasciniolus], night- 
ingale. 

rotisseur, s. m. [rdter — O.H.Q. rosti- 
jan], keeper of a cook-shop. 

roucoviler, v. n. [onomatopoetic], to 
coo (pigeons), warble. 

roue, s. f. [L. rota], a wheel. 

rouge, 1. adj. [L. rubeus], red. 

2. s. m.. red, rouge, redness, blush. 

rougeaud, e, adj. [rouge], ruddy, 
red -faced. 

rouge-gorge, a m. [rouge-gorge], 
robin, redbreast. 



106 



VOCABULART. 



rou^r, T. n. \rouf^c], to redden, blush, 

grow red, colour, be ashamed. 

rougissant, e, adj. [r^ugir], redden- 
ing. 

rotilement, s.m. [ronler]. roll, rolling. 

rouler, v. a. and v. n. [L.* rotulare], to 
roll, revolve, wind, to roam about ; (slang), 
to cheat, swindle ; se rouler, to roll one's 
self, tumble, wallow. 

roussotte, adj. [roux], reddish, russet. 

route, 8.f. [L. riipta, (via)], way, road, 
path. 

rouvrir, v. tr. [re+ouvrir], to open 
again. 

roux, rousse, adj. [L. rusaus], red- 
dish, red-haired, russet. 

royal, e, adj. [L. regalis], royal, regnal, 
kingly, kinglike. 

ruban, s.m. [origin unknown], ribbon. 

rude, adj. [L. rvdis], rude, rough, 
harsh, rugged, sharp, hard, severe, un- 
couth. 

jrudesse, n.t. [rude], harshness, rough- 
ness, rugf^edness, severity, austerity. 

rudoyer, v. tr. rude], to treat rudely, 
to be rough with (in words). 

rue, 8. f. [L. rtcga], street. 

imer, v. intr. [L. ruere], to hurl, throw, 
strike, deal, kick. 

ruiner, v. tr. [ruine—h, ruina], to 
ruin. 

ruisseau, s. m. [L* rivicellus —1,. 
riims], stream, creek, gutter. 

ruisselant, e, adj. [ruisseler], stream- 
ing, trickling. 

ruisseler, v.n. [O.K. ruiggel — L. rimis], 
to gush, strenm, trickle. [Written ruissell- 
before e mute.] 

ruse, s.f. [ruser — L. reeutare], artifice, 
wile, deceit, craft, ruse, conning, trick, 
stratagem. 

rus6, e, adj. \rugerl, ounning, crafty, 
tricky, sly, designing. 



rusticitd, 8. t. [L. rtutieitatetn], rosti- 

city, uncoutbnesa. 

rustique, adj. [L. rtutieus\, ruatic, 
rural, ooimtry. 

a 

sa, fem. of ton ; his, her. 

sabbat, s. m. [L. aabbatum — Heb. 
schabat]. Sabbath. 

sabler, v. tr. [table, sand — L. tabit- 
lum], to cover with sand. 

sabord, a. m. [der.?], a port-hole. 

sabot, 8. m. [origin unknown], sabot, 
wooden shoe, clog. [( is never pro- 
nounced.] 

sac, 8. m. [L. saccus], bag, sack, pouch. 

sachant, pres. part, of tavoir. 

sache, from the imperative and subj. 
of savoir, 

sacramentel, le, adj. [L. saeramen- 
turn], sacramental ; le» parole* sacramen- 
telles, words necessary in concluding a 
bargain or a treaty. 

sacr^, e, adj. [L. sacratus], saored, 
holy, consecrated. 

sacrifice, s. m. [sacrificium], saoriflce, 
offering. 

sacrifler, v. tr. [L. tacriflcare], to 
sacrifice, devote. 

sag'acite, s. f. [L. $agacitatem], 
sagacity, shrewdness. 

sage, 1. adj. [L.» tapitu], wise, dis- 
creet, sage, well-behaved, good ; ttre 
sage, to be good (referring to a child). 

2. 8. m., a wise man, sage. 

sagement, adv. [sage], wisely, pru- 
dently, discreetly, sensibly. 

sagesse, s. f. [sage], wisdom. 

saigner, v.n. [L,» tanguiriare], to 
bleed. 

saiUant, e, adj. (prea. part, of «a<air], 
projecting, prominent, high. 

saillir, r. intr. irr. [L. talire], to gush, 
pour, sport 



107 



VOCABULARY. 



sain, e, adj. [L. sanus], sound, healthy. 

saint, e, l. adj. [L. sanctus], holy, 
Bacred, godly, sainted, saintly. 

2. s , saint. 

sais, 1st and 2nd pres. ind. of .avoir. 

saisir.v.a. [L.* sacire — O.H.G. xazjan], 
to seize, catch, lay hold of, take hold of, 
grasp, 

saislssement, s. m. [saisir], start, 
shock, chill. 

saison, s. f. [L. sationem], season, 
time, moment. 

salade, s. f. [It. salata], salad. 

salaire, s. m. [L. salaritim], wages, 
pay, hire, recompense, reward. 

salaison, s. f. [L. salationcm], salt 
meat or fish. 

sale, adj. [O.H.G. salo], duty, filthy, 
squalid, foul. 

salle, 8. f. [O.H.G. sal], hall, room ; 
galle d mavger, dining-room. 

salon, s. m. [salle], drawing-room, 
saloon, parlour. 

saluer, v. a. [L. salutare], to salute, 
greet, bow to. 

salut, 8. m. [L. salutemi], safety, 
salvation, salute, bow, salutation, greet- 
ing. [( is never pronounced.] 

Samaritain, e, B. and adj., Samari- 
tan. 

samedi, s. m. [L. sabbati dies], Satur- 
day. 

sanction, s. f. [L. sanctionem], sanc- 
tion. 

sanctuaire, s. m. and adj. [L. sane- 
tuarium], sanctuary. 

sang, s. m. [L. sanguis], blood ; sang- 
froid, coolness, nerve. [Pronounce san ; 
un soTi-k illustre.] 

sanglot, 8. m. [L. singultus], sob ; 
(plu.) sobbing, sobs, [t is never pro- 
nounced.] 

sangloter, t. n. [tanglotl, to sob. 



sans, prep. [L. sine], without, but for ; 

sans que, conj., without. 

sante, s.f. [L. sanilatem], health, 
healthiness, soundness, 
saphir, s. m. [L. saphirus], sapphire, 
sapin, s. m. [L. sapinus], fir, spruce. 

satane, e, adj. [«ata?)], worthy o! 
Satan, ungodly, confounded (vulgar). 

satin, s. m. [L.* sMnus], satin. 

satisfaction, s.f. [L. satisfaetionem]; 

satisfaotion. 

satisfaire, v. intr. irr. [L. satisfacere], 
(conjugated like /aire), to satisfy, make 
content, gratify. 

satisfait, e, adj. [satisfaire], satisfied, 
contented, pleased. 

sauce, s. f. [L.* salsa], sauce. 

sancisse, s. f. [L. salsitia], sausage. 

sauf, 1. adj., fem. sauve [L. salvus], 
except, safe, unhu.t ; sairi et sauf, safe 
and sound. 

2. prep., saving, but, except. 

saura, 3rd sing. fut. ind. of savoir. 

sauter, v. n., [L. saltare], to leap, 
jump, skip, spring. 

sautiller, v. n. [sauter], to hop, skip. 

sauvage, l. adj. [L. silvaticus], sav- 
age, wild, uncivilized, barbarous. 
2. s., savage, wild man, barbarian. 

sauvagerie, s. m. [sauvage], wild- 
ness. 

sauvegarder, v. a. [sauve+garde], 
to protect, guard. 

sauver, v. a. [L. salvare], to save, 
deliver, rescue, keep ; se sauver, to 
escape, run away, make off, abscond. 

sauveur, s. f. [L. saporem], deliverer. 
Saviour. 

savait, 3rd sing. imp. ind. of savoir. 

savant, e, l. adj. [savoir], learned, 
scholarly. 

2. 8,, a scholar, scientist, learned man. 

saveur, s. t [L. taporem], savour, 
relish. 
108 



VOCABULARY. 



••avclr, T. a. irr. [L. sapere], {sachant, 
» T je sais, je sus, je saunii, que je sache), 
bvKHOW, have a knowledge of, be aware of. 

Savoir-VJVl'e, s. m., good breeding, 
g-.atle.nanlines3. 

savoir-faire, s. m., management. 

savourer, v. tr. [saveur], to sas-our, 
relish, enjoy, taate. 

scelerac, s. m. [L. sceleratus\ jrimi- 
iial, scoundttfl, rascal. 

sceller, v. tr. [L. sigillare], to seal, 
make fast, cottOrm. 

sc6ne, s. f. (L. scena], scene, stage, 
scenery. 

sceptre, s. m. [L. sceptrum], sceptre. 

scie, 8. f. [scier — L. secare\, saw. 

science, s. f. [L. scienlia], science, 
knowledge, learning. 

scierjre, s. f. [scier], sawmill. 

scrupule, s.m. [L. scrupulus], scruple. 

sorutateur, trice, adj. [L. sci-uta- 
torem], scrutinizing, searcliing. 

se, refl. pro. [L. se], himself, herself, 
itself, themselves. 

seant, s. m. [L. sedentem], (used only 
with poss. adj.) the position of a man 
sitting up in bed ; il s'assit sur son siant, 
he sat up. 

sec, seche, adj. [L. siccus], dry, lean, 
spare, barren, plain, sharp. 

sectiement, adv. [sec], dryly, curtly. 

secher, v. a. (L, siccaie], to dry, dry 
up. [Written sicli.- before e mute.] 

seclieresse, s. f. [sec\, drought, dry- 
ness. 

second, l. adj. [L. secuiidus], second. 

2. s. m., mate. 

seconde, s. f. [L. se.cAindus], second, 
moment, [e is pronounced as if g.] 

secouer, v. a. [L. succutere\, to shake, 
shake off, jolt, toss, agitate. 

secourir, v. a. irr. [L. succicrrere], 
(conjugated like cowrir), to succour, 
assist, relieve, bel)). 



secours.s.m. [secourir], hslp, succour. 
assistance, relief, aid. 

secousse, s. f. [L.* succussa\, shock, 
shake, jolt, start, jerk, concussion, blow. 

secret, l. adj., fem. secrete [L. 
secrctus], secret, private, hidden. 
2. s. m., secret, secrecy, 
secretement, adv. [secret], secretly. 

seculaire, adj. [L. scecularis, once in 
100 year.s], a hundred years old ; vener- 
able, ancient. 

securite, s. f. [L. securitatem], secur- 
ity, safety. 

seduction, s. f. [L. sedztctionem], se 
duetion, seductiveness ; plu., attraction. 

seduire, v. a. irr. [L. seducerei, (con- 
jugated like conduire), to seduce, delude, 
beguile. 

seduisant, e, adj. [sSduire], seduc- 
tive, delusive, bewitching, tempting. 

seigneur, s. m. [L. seniorcm], lord. 

seig'nourial, e, adj. [seigneur], seig- 
neurial, niaiioiial. 

sein, s. m. [L. sinus], breast, bosom. 

seine, s.f. [L. sagena], a drag-net. 

sejour, s. m. [sojourner — L.* subdi- 
urnare], abode, habitation, dwelling, 
stay. 

sel, s.m. [L. sal], salt. 

selon, prep. [L. sublongrim], accord- 
ing to. 

semaine, s.f. [L. septimaim], week. 

sembla.-lt, s. m. [sembler], appear- 
ance, semblance ; /aire semblant, to pre- 
tend, feign. 

sembler, v.n. [L. simulare], to seem, 
appear, resemble ; eomme bon lui semble, 
rs he sees fit. 

semelle, s.f. [origin unknown], sole 
(of shoes), foot (of stockings). 

semer, v a. [L. seminare], to sow, 
scatter, spread, sprinkle. [Written sim- be- 
fore e mute.] 



109 



VOCABULARY. 



sens, 8.m. [L. g&mus], sense, under- 
standing, judgment, sentiment, meaning, 
way [Pionounoe sari; un sen-z actif.] 

sensation, s.t. [L. sentationem], sen- 
sation, feeling. 

sensible, adj. [L. sensibilis], sensi- 
tive, susceptible. [In O. F. it meant also 
'intelligent'.] 

sensiblement, adv. [sensible], sensi- 
bly, plainly, manifestly. 

sensuality, 8.f. [L. se7isualitatem], 
sensuality, voluptuousness, enjoyment, 
relish. 

sentence, s.f. [L. sententia], a saying 
or expression that contains a high moral 
truth ; sentence, decision, judgment, de- 
cree. 

sentencieux, se, adj. [L. senten- 
tiosus], sententious. 

sentier, s.m. [L.* se'mitariuin\, path, 
footpath, track, [r is never pronounced.] 

sentiment, s. m. [sentir], feeling, 
sensation, sentiment, sense, sensibility, 
thought, feeling, consciousness ; avoir le 
sentiment de, to realize. 

sentimental, e, adj. [sentiment], 

sentimental. 

sentir, v.a. and v.n. irr. [L. sentire], 
{sentant, senti, je sens) to feel, be sensi- 
ble of; se sentir, to feel, be sensible of, 
be conscious of, to feel in one's self. 

separation, s.f. [separationem], sep- 
aration. 

separer, v.r. [L. separare], to sep- 
arate. 

sept, num. adj. [L. septem], seven, 
seventh, [p is not pronounced.] 

serai, 1st sing. fut. of itre. 

seraient, cond. 3rd plu. of Stre. 

serait, 3rd sing. cond. of 6tre. 

serein, e, adj. [L. serenus], serene, 
caiui, tranquil. 

sdr^nite, s.f. [L. serenitatem], seren- 
ity, serentacss, equanimity. 



sergent, B.m. [L. $ervientem], ser- 
geant. 

s6rieusement, adv. [sirieux], seri- 
ously. 

serieux, se, l. adj. [L. serius], seri- 
ous, grave, earnest, real, 

2. s.m., seriousness, earnestness. 

serrer, v,a. [L. serare], to press, 
tighten, squeeze, grasp, crowd, put closa 
together, contract; se serrer, crowd, 
pinch, 

serrure, 8.f. [serrer], lock, 
sert, 3rd sing. pres. ind. of servir. 
servante, s.f. [sermr], servant-maid, 
maid-servant. 

service, s.m. [L. servitium], service, 
duty, attendance, favour. 

serviette, s.f. iservir], napkin. 

servir, v.a. irr. [servire], (servant, 
servi, je sers) to serve, wait on, attend ; 
se servir {de), to make use of. 

serviteur, s.m., fern, servante [L. 
servitorem], servant. 

ses, adj. (plu. of son, so) his, her, its, 
one's. 

seuil, s.m. [L.* solium— h. solea}, 
threshold, groundsill, doorstep. 

seul, e, adj. [L. solus], one, alone, 
by one"s self, only, sole, no other. 

seulement, adv. [seule], only, but, 
even. 

S^ve, s.f. [L. sapa], sap. 

severe, adj. [L. severu^], severe, 
stern, harshlj', rigid, strict. 

sev^rement, adv. [s^vire], serere. 

severite, s.f. [L. severita/ein], sever- 
ity, rigidness, strictness, sternness. 

sevir, v.n. [L. scevire], to use with 
rigour, to commit cruelty, to be cruel. 

sevrer, v. tr. [L. separare], to wean, 
deprive of. 

si, 1. conj. [L. si], if, whether. 

2. adv. [L. sic], so, so much, yes ; li 
fait, yes indeed. 



110 



VOCABULARY. 



Bl6cle, B.m. [L.* $ceeulum'\, century. 

Biegre, s.m. [L. sediMn], seat. 

Bien, ne, pron. [doublet of son], his, 
her, its, one's own. 

siffler, V. intr. [L. sifilare], to whistle. 

Bifflet, s.m. [siffler], a whistle. 

siffletir, 1. s.m.; eiffleuse, s.f. [L. 
tiffier], whistler, hisser. 

2. adj., whistling. 

signature, s.f. [L. signatura], signa- 
ture, signing. 

Bigne, s.m. [L. sigiium], sign, mark, 
gesture, indication, token ; /aire signe d, 
to make a sign to, indicate. 

signer, v.a. [L. signare], to sign, sub- 
scribe. 

silence, s.m, [L. silentium], silence, 
stillness. 

silencieusement, adv. [dlencieux], 
silently. 

silencieux, se, adj. [silence], silent, 
still, taciturn, quiet, noiseless. 

silhouette, s.f. [Silhouette, the in- 
ventor's name], silhouette, outline. 

Bimple, 1. adj. [L. simplex], simple, 
single, natural, easy. 
2. s.m., simple ; herb, medicinal jjlant. 

simplement, adv. [simple], simply, 
only, solely, merely, singly, plainly. 

simplesse, B.f. [simple], simplicity, 
dmpleness. 

Btmplicitd, 8.f. [L. simplicitatem], 
rimplioity, simpleness, artlessness, plain- 
ness. 

slmplifier, v.a. [L. simplificare], to 
Amplify. 

sincere, adj. [L. sinceriis], sincere, 
true, open-hearted. 

slnc^rement, adv. [sincire], sin- 
cerely, truly. 

8inc6rit6, 8.f. [L. iinceritatem], sin- 
cerity. 

■inge, s.m. [Ik simitis], ape, monkey 



Bingulier, 6re, pj. tinfmlaris], slngtt 
lar, peculiar. 

slnistre, adj. [L. sinister], sinister, 
ominous. 

singiTlierement, adv. [singulier], 
singularly, peculiarly, in a singular man- 
ner, oddly. 

Sinon, conj. [L. si, non], otherwise, 
else, or else, except, save, if not. 

site, B. f. [It. site], situation, site, 
location. 

Bitot, adv. [si+t6t], so soon, as soon ; 
de sit6t (used only with a negative), at 
hand, so near, soon ; sit6t que, as soon ai. 

situation, s. f. [situer — L. sitiis], situ- 
ation, site. 

six, num. adj. [L. sex], si.x, sixth. 
[Pronounce si; si-z ans; le sis du m,ois.] 

sloop, 8. m. [Ens;, sloop], a sloop. 

sobre, adj. [L. sobrius], sober, spar- 
ing, temperate, abstemious. 

social, e, adj. [L. sodalis], social. 

soeur, s. f. [L. soror], sister. 

sole, 8. f. [L. seta], silk. 

soif, 8. f. [L. sitim], thirst. 

soigner, v. a. [«oin], to take care of, 
look after, attend, mind, nurse ; soignS, 
exact. 

soigneusement, adv. [soignetut— 
soin], carefully. 

BOin, s.m. [origin unknown], care, 
attendance on. 

soir, 8. m. [L. serum], evening, night ; 
le soir mime, that very night. 

soiree, b. !. [soir], evenmg, evening 
party, at home, night (considered with 
respect to its duration). 

sols, 2nd sing, imperat. and sub], o/ 
Itre. 

BOit, adv. and conJ. [Srd subj. of itre], 
be it so, well and good ; whether. (Pro- 
nounce «ot; aoU av*e Jut, soirt aveo 
noui.] 



lU 



VOCABULARY. 



soixante, num. adj. [L. sexagnita], 
sixty ; .wixante-dix-neuf, seventj'-nine. 
[Pronounce x as s sharp.] 

sol, s. in. [L. solum], soil, ground, 
earth. 

sold at, s. m. [It. soWafo], soldier, [t 
is not pronounced.] 

soleil, s. m. [L. sol], sun. 

solennellement, adv. [solennel—L. 
it<>!em7iin], solemnly, gravely. 

solide, adj. [L. soli(hi)<], solid, strong, 
firm, steadfast. 

solidement, adv. [solide], solidly, 
firmly. 

solitude, B. f. [L. solititdo], solitude, 
loneliness. 

solive, 8. r. [li.* soliva — h. subkvaie], 
joist, beam. 

solution, s. f. [L. solutionern], solu- 
tion. 

sombre, adj. [Sp. sombra], dark, 
sonihre, dull, gloomy, overcast, melan- 
choly, sad. 

sommaire, adj. and noun, [L. sum- 
nidrium], summary ; short, prompt. 

somme, s. m. [L. soinnus], a nap, 
snooze. 

somme, s. f. [L.* salma], a burden. 

somme, s. f . [L. summa], sum, amount. 

sommeil, s. m. [L. sowwiws], sleep. 

somfaeiller, v.n. [sommeil], to slum- 
ber. 

sommes, 1st plu. pres. ind. of itre. 

somptuetix, se, adj. [L. sump- 
tuosiis], suniptious, bountiful. 

son, s. m. [L. sonus], sound. 

son, fern., sa, plu., ses, poss. adj. [L. 
siinm], his, her, its, one's. 

sonder, v.a. [L. sMftrtjidare], to .sound, 
try the depth, fathom, explore, probe, 
search. 

songre, a.m. [L. soimdum], dream 
(less irrational than rive). 



song'er, v. n. [Ij. somniare], to dream, 
muse, think, mean, intend, devise. 

songeur, l. s.m., fem. songeuse, 
[S07iger], dreamer. 
2. adj., thoughtful, dreamy. 

sonner, v. intr. [L. so7iare], to sound, 
ring, strike. 

sonnerl'^, s. f. [sonner — L. sonare], 
ring of bells, bells. 

sonnet, s. m. [It. sonncto], sonnet, [t 
is never pronounced.] 

sonnette, s. f. [sonner], bell, hand- 
bell. 

sonore, adj. [L. sonorus], sonorous, 
sounding, echoing, ringing. 

sorcier, s.m. [L.* sortiaritis], sor- 
cerer, wizard, conjuror, magician, en- 
chanter. 

sorcierp, s. f. [L.* soi/artMs], witch, 
sort, s. m. [L. sortem], fate, lot, des- 
tiny, spell, charm, magic, enchantment. 

sorte, s. f. [It. Horta], sort, kind, 
species, manner, way. 

sortie, s. f. [sortir], going out, depar- 
ture, egress, leaving, outlet. 

sortir, v. n. irr. [L. surgere or sortiri], 
(sortant, sorti, je sors), to go out, go 
forth, come, come out, come forth, pro- 
ceed. 

sot, te, adj. [der.?], foolish, silly, 
senseless. 

SOttise, 8. f. [sot], folly, silliness, fool- 
ishness, senselessness. 

sou, s. m. [It. soldo — L. soldus], sou, 
cent, half-penny. 

soubassement, s.m. [sous+lt. bat- 

semento], basenient, sub-basement. 

souci, s. m. [soucier], care, trouble, 
anxiety, solicitude. 

soucier, v. tr. [L soHicitare], to cause 
anxiety ; se soucier, to care for, bo 
anxious. 

soucieux, se, adj. [soucier— 1,. soHi- 
citare], anxious, full of care, careworn, 
solicitous, worried. 



112 



VOCABULABJr. 



SOudain, e, adj. [L. subitaneits, from 
Aubire, to come stealthily], sudden. (See 
subit.] 

souflferfc, p. p. of souffrir, 

souffle, 3. m. [souffler], breath. 

souffler, v.n. [L. soufflare], to breathe, 
whisper, blow, blow out. 

soufflet, 8. m. [souffle], bellows, [t 
is never pronounced.] 

souffrance, a. t, [soufrir], suffering. 

SOUflRrir, v. a. irr. [L. sufferre], (conju- 
gated like couvrir) to suffer, endure, 
resist, permit. 

souhait, 8. ra . [souhaiter], wish ; fait 
d souhait, iilcAl. 

souhaiter, v. a. [sous+O.F. haitier — 
O.H.G. heizan, 'to call'], to wish, wish 
for, long for. 

souiller, v. tr. {souille -h. suillus, 
from sus, pig], to soil, make dirty. 

soulagement, s. m. [soulager], re- 
lief, ease, alleviation, assuagement, solace, 
help. 

soulager, v. a. (L. subleviare], to re- 
lieve, ease, allay, comfort. [Written 
soulage- before a and o.] 

soulever, v. a. [L. sublevar^], to 
raise, lift, heave up, take up, lift up, ex- 
cite [Written soulhv- before e mute.] 

Soulier, s. m. [L.* solarium], shoe, [r 
is never pronounced.] 

souligner.v.a. [sous, ligne], to under- 
line, emphasize. 

soumettre, v. intr. irr. [L. submit- 
tere], to submit. 

sourais, e, adj. [p. p. of soumettre], 
submissive, cjedient. 

soumission, s. f. [L. submnsionem], 
submission, submissiveness, subjection. 

soupgon, 8. m. [L. suspidonem], sus- 
picion. 

soup90nner, v. tr. [soupfon], to 
suspect. 

soupfonneuz, euse, adj. [soupf(m 



— L. guspidAyMm], 8nspldoas,inlBtru8tfuL 

soupe, s.f. [Teut., Gar. mppe], soup; 
containing usually slices of bread called 
des soupes; tremper eomme une soupe, to 
soak like a piece of bread in soup, {. «., 
to soak thoroughly. 

souper, 1. V. n. [soupe — Oer. suppe], 
to sup, dine, to have supper. 

2. s.m., supper, meal. 

soupir, s. m. [L. suspvrium\, sigh, 
breath, gasp. 

80upirail,8.m. [l^.* suspiraculum — L. 
suspirare], an air-hole, skylight. 

soupirer, v. n. [L. suspirare], to sigh, 
gasp. 

souple, adj. [li. supplex], supple, 
ready, inventive. 

source, 8.f. [L. twgere], spring, 
source, fountain. 

sourcil, s.m. [L. supercilium], eye- 
brow, brow. [I is never pronounced.] 

soiord, e, adj. [L. surdu^], deaf, dull, 
hollow ; sourd-muet, deaf and dumb. 

sourdement, adv. [sourd], with a 
hollow voice ; secretly, in an underhand 
jianner. 

sotirdine, 8.f. [sourd], surdine, check, 
stop, damper ; en sourdine, softly, 
quietly. 

sourire, s.m. [sourire], smile. 

soTorire, v. intr. [L. subridere], tosmile. 

sournoisement, adv. [sournois, 
der.?], slyly, suUenly, stealthily. 

sous, prep. [L. subtus], under, be- 
neath, underneath. 

soustraire, v. tr. irr. [L. subtrahere], 

to remove, preserve, subtract. 

soutenir, v. tr. irr. [L. sustinere], to 
sustain, support, keep up, bear, assist. 

soutenu, e, [p. p. of soutenir], sup- 
ported, sustained, continued, elevated. 

souvenir, 8.m. [L. subvemre], re- 
membrance, keepsake, reooUeotion, rent' 
iniscence. 



lU 



VOCABULARY. 



souvenir (se), r.r. Irr. [L. subvenire], 
(conjugated like venir) to remember, 
bear in mind. 

souvent, adv. [L. subinde], often, 
frequently. 

souvenu, p. p. of souvenir. 

special, e, adj. [L. 8pecialis], special, 
peculiar. 

8p6cieux, euse, adj. [L. speclosus), 
specious, plausible. 

spectacle, 8.m. [L. spectacvlum], 
play, theatre, spectacle, performance, 
sight. 

Sphinx, 8.m. [L. sphinx], Sphinx (a 
fabulous monster that devoured those 
who were unable to solve a riddle it pro- 
posed). [Note 30, 33.] 

splendeiiT, s.m. [L. splendorem], 
splendour, brillianoy. 

8pontan6, e, adj. [L. spontanea], 
spontaneous, voluntary. 

stagnant, e, adj. [L. stagmantem], 
stagnant. 

station, s.f. [L. stationem], standing, 
stay, station, stopping-place. 

statue, s.f. [L. statua], stavHe. 

stimuler, v.a. [L. stimulare], to stim- 
alate, excite, rouse. 

Bt6rlle, adj. [L, sterilis], sterile, bar- 
ren ; fruitless, unavailing, ineffectual, 
useless, vain. 

store, 8.m. [L. gtorea], spring-roller 
blind, blind. 

stupefaction, s. f. [L.* stupefac- 
tionem], stupefaction, bewilderment, dis- 
may. 

style, s.m. [L. stylus], style. 

stupefait, e, adj. [L. stupe/aetus], 
stupefied, astonished. 

stupide, adj. [h. stupidu^], stupid. 

SU, p.p. of lavoir. 

subalteme, l. s.m. [L. subaltemus], 
■ubaltem. 



U4 



2. adj. subordinate, inferior, subaltern, 
SUbir, v.a. [L. subire], to undergo 
submit, suffer, sustain, support, be affect- 
ed by. 

subit, e, adj. [L. mbUtu], sudden, 
unexpected, [soudain is elevated style, 
gubit is ordinary.] 

subitement, adv. [nUrit], suddenly, 

unexpectedly. 

succeder (k), v.n. [L. suceedere], to 
succeed, foUow. [Written succM- before 
« mute, except in fut. and cond.] 

SUCC^s, s.m. [L. successus], success. 

succomber, (h), v.a. fL. succum- 
here], to sink, fall, fall down, yield, suc- 
cumb, die, perish. 

Sucre, 8.m. [L. saecharwm], sugar. 

sucrer, v. tr. [svuyre], to sugar, 

sweeten. 

sud, s.m. [Ger. sOd], south. 

suer, v.n. [L. sudare], to sweat, per- 
^ire. 

suflare, v.n. irr. [L. gujicere], (suffix 
sant, suffi) to suffice, be enough, be suffi- 
cient. 

suflasamment, adv. [8u£isant,sufflr], 
sufficiently, enough. 

sufflsant, e, adj. [suffire], sufficient, 
enough ; consequential, conceited. 

suffbquer, v.n. and v.a. [L. tuffih 
care], to suffocate, choke, stifle. 

suicide, s.m. [L. sui, cedere], suioide, 
case of suicide. 

suite, s.f. [L. secta], rest, sequel, suc- 
cession, connection, consequence, result, 
coherence; de suite, one after another; 
tout de suite, immediately, at once ; d la 
suite, after. 

suivant, e, 1. adj. [tuivre], next, 
following, succeeding, sulwequent, ensu- 
ing. 

2. prep., according to. in the opinion ot 
sulvl, past part, of sui ore. 



VOCABULARt. 



Sulvre, y-A. and y.n. irr. [L. te(iui], 
{suivant, suivi, je suis, je suivis, je suiv- 
rai, que je suive) to follow, go after, go 
next. 

suiet, te, adj. [L. subjectus], subject. 

SVIjet, 8. m. [L. siibjecttis], subject, 
cause, matter, occasion, theme, argfu- 
mi'nt. [t is never pronounced.] 

summum, s.m. [L. swnrnium], the 
highest point, the greatest degree. 

superbe, adj. [L. superbus], proud, 
arrogant, haughty, superb, lofty, stately. 

supercherie, s.f. [It. soperehieria], 
deceit, fraud, trickery. 

superieur, e, s. and adj. [L. superi- 
oretri], superior, upper. 

superstitieux, euse, adj. [L. super- 
stitiusu>;\, superstitious. 

superstition, s.f. [L. superstitwi- 
em], superstition. 

supplement, s. m. [L. supplement- 
um], supplement. 

suppliant, e, adj. [pres. part, of 
supplier], supplicating, beseeching. 

supplice, s.m. [L. suppHcium], pun- 
ishment (corporal), pain. 

supplier, v.a. [L. supplicare], to be- 
seech, entreat, supplicate. 

supporter, v.a. [L. supportare], to 
support, sustain, uphold, endure, suffer, 
tolerate, bear with. 

supposer, v.a. [L* s^ibpausare], to 
suppose, grant, infer, conjecture. 

supprimer, v.a. [L. mpprimere], to 
suppress, pass over, put down, abolish. 

supreme, adj. [L. s\ipremus], su- 
preme, last. 

aur, prep. [L. super], upon, on, over. 

sur, e, adj. [L. securus], sure, certain, 
safe, secure. 

surement, adv. [sur], surely, cer- 
tainly, safely. 

surexciter, v. tr. [sur + exciter], to 
excite excessively. 

surface, s.f. [sur, face], surface. 



surgrir, T.n. [L. turgire], to rlae, •piing 

up, rise up. 

surmonter, v. a. [sur+monter], to 
surmount, overtop, rise above, conquer. 

sumaturel, le, adj. [siir+7Mturel], 
supernatural. 

surprenant, e, adj. [surprendre], 
surprising. 

surprendre, v. a. irr. [sur + prendre], 
(conjugated like prendre) to surprise, 
overtake, astor.ish, ama-ie, catch, come 
upon. 

surpris, adj. [p. p. of surprendre], 
surprised. 

surprise, s. f. [surprendre], surprise, 
amazement. 

sursaut, s. m. [sur+saut], jtart; 
s'ivHller en sursaut, to awake with a 
start, [t is never pronounced.] 

sursauter, v. n. [sursaut], to start 
suddenly. 

surtout, adv. [s^ir+tout], above all, 
especially, particularly. 

surveillance, s.f. [sur-\-veiller], sup- 
erintendence, inspection, supervision, 
guardianship, vigilance. 

surveillant, s.m. [gurveillet], super- 
intendent. 

surveiller, v. tr. [sur+veiller], to 
watch over, look after, inspect, superin- 
tend. 

survenir, v. n. irr. [sur+venir], (con- 
jugated like venir) to supervene, come 
on, happen unexpectedly, come unex- 
pectedly. 

susceptible, adj. [L.* suscei-tibilis], 
susceptible. 

suspect, e, adj. (L. sv^pectus], sus- 
pected, suspicious, doubtful, anibiguoua. 

suspendre, v. tr. [L. suspendere], to 
suspend, hang up. 

sut, sut, 3rd sing, past ind. and 3rd 
sing, past subj. of saroir. 

svelte, adj. [It. svelto- L. ex, veUere]^ 
light, .slender, slim, elegant. 



115 



VOCABULARY, 



aveltesse, b. f. [tmelte], slendemess. 

syllabe, s. t. [L. syllaba], syllable. 

symptdrae, s. m. [Gk. avAiirrw^a], 
symptom. 

T. 

ta, poss. pro. fern. [L. tuam], thy, 
your. 

tatac, 8. m. [Sp. tabaco, of Indian 
origin], tobacco, snuff ; dibitant de tabac, 
tobacconist. 

table, 8. f. [L. tabula], table, board : 
$e mettre d table, to sit down to eat. 

tableau, s. m. [table], painting, pic- 
ture. 

tabller, 8.m. [L. tabularium], apron. 
Ir is never pronounced.] 

tabouret, 8.m. [O.F. tabour, 'drum'], 
■tool, footstool, [t is never pronounced.] 

tach3r, V. tr. [L. taxare], to stain, 
spot. 

tacher, v.tr. [tdche], endeavour, strive 
try. 

tacite, adj. [L. tadtus], tacit, implied. 

tacitume, adj. [L. tacitumus], taci- 
turn, silent, moody, reserved. 

tact, s. m. [L. tactus], touch, feeling, 
tact, prudence, skill. 

taille, s. f. [tailler—L. talm], cutting ; 
out, size, shape, waist, height, stature ; 
prendre a la taille, to take by the waist. 

tailler, v. tr. [L.* taleare], to cut, 
hew, carve, trim, prune. 

tailleur, s.m. [taiUcr], tailor, cutter, 

taire, v.a. irr. [L. tacere], (taisant, tu, 
je tais, je tus, je tairai, queje taue), keep 
anything quiet, not to say, conceal ; se 
taire, to be silent. 

talent, s. m. [L. talentum], talent, 
power, ability, weight. 

talon, 8. m. [L. talus], heel, 
talonner, v. tr. [talon], to pursue 
alosely, urge, press, crowd, shove. 
tambour, 8.m. (Pers. tatnbUr], dnim. 

116 



tamiser, v.a. [tamis—Hn. tetrul f« 

eift., pass through a sieve. 

tandis (que), conj. [L. tarn dies], 
while, whilst. 

tangue. s. f. [der.?], a kind of white 
sand or marl deposited at the mouth of 
rivers and creeks in the north of France ; 
it is used as a fertilizer. 

tant, adv. [L. tantus], so much, so 
many, as much, as many, both ; tant que, 
as long as. 

tan tot, adv. [tan+t6t], a moment ago, 
just now, pre.sently, b.. and by, sometimes, 
now, soon, [t is never pronounced.] 

tapage, s.m. [taper], noise, uproar, 
row, racket. 

tape, 8. f. [taper], rap, slap, tap. 

taper, ". a. [L.G. tappe], to strike, hit, 
slap, tap, pat. 

tapis, s. m. [L. tapes], carpet, rug. 
tapis ser, v. a. [tapis], to hang with 
tapestry, deck, adorn, to carpet, line. 

tapisserie, s. f. [tapi^, tapestry, 
hangings, upholstery. 

tapoter, v. a. [taper], to pat, tap. 

taquiner, v. tr. [taquin—^^. tacano], 
to tease, torment. 

tard, adv. [L. tardus], late ; t6t wk 
tard, sooner or later. 

tarder, l. v. n. [tard], to delay, loiter, 
be long, defer, stay. 

2. V. impersonal, to long for; il me 
tarde de le faire, I long to do it. 

tarir, v. intr. [O.H.G. tharrjan], to 
drain, dry up, exhaust. 

tas, s. m. [O.H.G. tas or Gael, ta^] 
heap, pile, lot, troop, squad. [Pronounce 
td ; un td-z- inorme.] 

teinte, 8.f. [teindre—h. tingere], tinge 

tint. 

tasse, 8. f. [It. tazza—Ax. thaca], cup. 
tasser, v. tr. [tas], to heap, pile up, 
shove close. 

tater, v. tr. [O.F. tastei, L.* taxita^t 
L. taxare], to feel, taste, try, fumble. 



VOCABULABT. 



tatonner, v. intr. [tdter], to grope, 
feel in the dark. 

te, pars. pro. obj. before verbs [L. te], 
thee. 

tel, le, adj. [L, tilis], su^h, like; tel 
quel, such as it is (or was). 

tenement, adv. [tel], so, in such a 
manner, to such a decree. 

temoigner, v. a. [L.* testimoniare], 
to testify, show, to witness. 

temoin, s. m. [L. tistinonium], wit- 
ness, evidence, testimony, proof. 

temperament, s. m. [L. tempera- 
menixiiii], constitution, temper. 

tempete, 8.f. [L. temiJcdaa], tempest, 
storm. 

temple, s.m. [L. templum], temple. 

temps, s.m. [L. tempus], time, season, 
weather; quel temps fait-il? what sort of 
weather is it? 

tenace, adj. [L. tenacem], tenacious. 

tendre, adj. [L. tenerem], tender, soft, 
delicate, fond, affectionate, lovini^. 

tendre, v. a. [L. te7idere], to bend, 
stretch, spread, lay, strain, hold out. 

tendrement, adv. [tendre], tenderly, 
affectionately. 

tendresse, s. f. [tendre], tenderness, 
affection, love, fondness; plu. , tender 
caresses. 

tenez, 2nd plu. imperative of tenir; 
(interj.) hold ! here ! there ! 

tenir, v. a. and v. n. irr. [L. tenere], 
{tenant, tenu,je tiens,je trns,jetiendrai, 
que je tienne), to hold, kee]i, to hold out, 
keep, cling to, cai-e for, adhere, stick, hold 
fast ; se tenir, to remain, stand. 

tentant, e, adj. pres. part, of tenter, 
tempting, enticing. 

tentateior, trice, adj. and s. [L. 
tentatorem], tempting ; tempter. 

tentative, s. f. [L.* tentativa], an 
attempt. 

tentation, b. t [L. tentationem], 
temptation. 



tente, s.f. [L.* tenta- ■ L. tend/tre], ten*. 

tenter, v. a. [L. teatare], to attempt, 
try, tempt, entice. 

tenture, s. f. [tendre], tapestry, hang- 
ings. 

tenue, s.f. [tenir], holding, attitude, 
dress, deportment, carriage, bearing. 

terme, s. m. [L. terminus], term, 
word, bound, limit, time. 

ternir, v. «. [0. H. G. tarnjan], to 
tarnish, dull, deaden, sully, stain. 

terrain, s.m. [L. terrenum], ground, 
soil. 

terre, s.f. [L. terra], earth, land, soil, 
ground ; par terre, on the ground, on 
the floor. 

terrestre, adj. [L. terrestris], terres- 

tial, earthly. 

terrible, adj. [L. terribilis], terrible, 
dreadful, awful. 

teiTifler, v. tr. [h. terrificus], to ter- 
rify. 

tete, s.f. [L. testa], head ; mal de tete, 
mal d la tSte, head-ache ; tSte-d-tite, 
private conversation, face to face ; inter- 
view, a tete-4-tete. 

tetu, e, adj. [tete], headstrong, ob- 
stinate, stubborn. 

texte, s.m. [L. textus], text. 

the, s.m. [Chinese tcha], tea. 

theatre, s.m. [L. theatrum], theatre, 
play-house, stage. 

Thebaide, s.f. , Thebais, a desert place 
in Egypt into which Christian hermits re- 
tired ; a desert, solitude. 

theoreme, s. m. [Gk. Oeioprina], 
theorem 

theorie, s.f. [Gk. Beiapla], theory, 
speculation. 

tiede, adj. [L. tepidus], lukewarm, 
tepid, indifferent. 

tiedeur, s.f. [tiide], lukewarmness, 
coldness, indifference, warmth. 

tiendrait, 3rd sing. cond. of tenir. 



117 



VOCABULARY. 



tiens, 2nd sing. Ind. and imperative of 
tenir ; (interj.) why ! 

tient, 3rd aing. pres. ind. of tenir. 

tigrnasse, 8.f. [ttigne], (colloq.) old 
«rig ; mop of hair ; matted fleece. 

tillac, a.m. [Scand. thUia, a floor], the 
poop-deck, stem-deck. 

timbre, s.m. [L. tympanum], bell, 
voice, tone, maak, stamp, postmark. 

timbrer, v. tr. [timbre], to stamp ; 
une voix bien timbrie, a rich musical 
voice. 

tlmide, adj. [L. timidus], timid, 
timorous, shy. 

timidement, adv. [timide], timidly, 
shyly, bashfully. 

timonier, 8.m. [timmi—h. temonem, 
a carriage-pole], a shaft-horse; steers- 
man, wheelsman; timonier en second, 
second wheelsman. 

tirade, s.f. {tirer}, tirade. 

tirailler, v. a. [tirer], to pull, tug, 
uaul, twitch ; tease, bother. 

tirer, v.a. [Goth, tairan], to draw, 
pull, take, pull out, free, extract, 
tiroir, s.m. [tirer'\, drawer. 

tisonner, v. n. [tison~L. titionem], 
to stir or poke the fire. 

titre, s.m. [titulus], title, right ; d 
ce titre, in that capacity. 

toi, pron. [tibi], thee, thyself, thou ; 
you. 

toile, s.f. [L. tela, cloth, linen-cloth, 
linen, curtain, sheet. 

toilette, 8. f. [toile], toilet, dress ; 
dressing-table. 

toi-mSme, ref. pro. comp., thyself. 

toison, s.f. [L. tonsionera], fleece. 

toit, s.m. [L. tectum], roof, top. [t is 
never pronounced.] 

tol6rer, v. tr. [L. tolerare], tolerate, 
put up with, endure, bear, [toler- before 
f mule.] 



tombeau, B.m. [L. tumbellus, dim. of 
tum.ba], tomb. 

tomber, v.n. [O.H.G. tUm&n], to fall, 
fall down, tumble, drop, sink down. 

ton, ta, tea, poss. adj. [L. tuus], thy, 

your. 

ton, s.m. [L. tonus], tone, voice, ao- 
cent, manner, stiain, style, taste, 
tonique, 8.m. [ton], tonic. 

tonneau, s. m. [tuune—O.F. tonnel, 
der ?] a cask, tun, vessel. 

tonnelle, s.f. [tonn*], an arbour. 

tonnerre, s.m. [U. ton'fru], thunder; 
Toniierre de Brest ! Thunder ! (sug- 
gested by the roar of the batteries there). 

toper, V. intr. [It. toppare], to 
agree. [Originally, to make an equal stake 
at dice.] 

tordre, v.a. [L. torquere], to twist, 
wring. 

torrent, s.m. [L. torrentem,], a tor» 
rent. 

tort, s.m. [Ij. tortus], wrong. 

tortillement, s.m. [tortiller], twist- 
ing, shuffliiii^-, shifting. 

tortiller, v.a. [tortil — ^L. tortiles], to 
twist, wind up, shuffle. 

torture, s.f. [L. tortura], torture, 
pain, rack. 

torturer, v.a. [torture], to torture, 
pain, rack. 

tot, ad\'. [L. tostug], soon, shortly. 
[Pronounce td ; td-t apr^.] 

toucbant, e, adj. [loucTier], touch- 
ing, affecting, moving, pathetic. 

toucber, v.a. smdv.n.'O.H.O. zuchon, 
'to tug'], to touch, handle, feel, play; 
toucher da piano, to play the piano ; sa 
toucher, to touch one another. 

toujours, adv. [tous, jours], always, 
ever, still, anyhow, at least. 

toupet, s.m. [Low Ger. topp], a tuft 
(of hair), forelock. [See note 65, 11.] 



lU 



VOCABULARY. 



touple, 8.f lot Teut. oriRin ; Eng. 
top], top, spinning-top. 

tour, s.m. [L. tomus], turn, trick ; 
revolution, round ; chacun d son tour, 
everyone in his turn ; tour d tour by 
turns ; A tour de brat, with all one's 
might ; /aire un tour (de promenade), to 
take a walk. 

tour, s.f. [L. turreml, tower. 

toiirbillon, s.m. [L. turbo], whirl- 
wind, vortex, eddy, whirlpool. 

tourbillonner, v.n. [tourjillon], to 

eddy, whirl, wind. 

tOViriste, s.m. [Eng. tourist], tourist. 

tou.rmenter, v.a. [tourment — L. tor- 

mentum], to torment, torture, rack, 

trouble, harass, annoy, tease, worry. 

tournant, s.m. [toumer], turn, turn- 
ing, winding. 

tOTorner, v.a. [L. tornare], to turn, 
turn round, wind, revolve ; toumi, spoil- 
ed (said of milk, wine, soup, etc.). 

toumetir, s-m. [L. tornatorem], 
turner. 

tournure, s. f. [tour7i«r], figure, 
shape, turn. 

tourte, B.f. [L.* torta, ' rolled '], a flat 
loaf, scone. [See note 73, 23.] 

toTirterelle, a. t. [L. turturella], 
turtle, turtle-dove. 

tous, maao, plu. of tout. 

tout, 1. adj. ; fern, toute ; plu. m., 
tous, plu. f. toutes [L. totus], all, 
whole, each, any, every ; tout le tnonde, 
everybody ; tous les jours, every day ; 
totU en faisant, while making. 

2. adv., wholly, quite, completely, all; 
tout A I'heuve, just now. 

8. 8.in., whole, all, everythii.^'. 

toutefols, adv. [toute + fois], never- 
tl.ele83, yet. 

toutou, 8.m., dog: pn the language of 
children). 

trace, 8.f. [tracer], trace, track, foot- 
step, print, mark, impression. 

lie 



tracer, v. tr. (L.* tractiare — L. trae- 
tus, p.p. of trahere], to trace, outline, 
mark, engra\ e. 

tragique, adj. IL. trafficus], tragic, 
tragical. 

trahison, s. f. [L. traditionem^ 
treachery, treason, perfidy. 

train, 8.m. [L. trahere], pace, rate ; 
float or raft; train, suite, attendants; 
train (railway) ; en train de, busy. 

trainer, v. tr. and intr. [train], to 
drag, tow, draw, move ; drajr, remain be- 
hind. 

trait, s.m. [traire—L. trahere], arrow, 
dart, bolt, shaft; trait, trace; feature, 
lineament. [( is never pronounced.] 

traitement, 8.m. [trait], treatment, 
reception, entertainment, usage ; salary, 
pay, wages. 

traiter, v. a (L. tractare], to treat, 
use, behave towards. 

tramer, v. tr. [trame—L. trama], to 
weave, plot. 

tranche, a. f. [trancher], slice. 

trancher, v.a. [l,. truncare], to out, 

cut off. 

tranquille, adj. [L. tranquillv^], 
quiet, calm, still, tranquil, peaceful, easy, 
composed, even, unruffled. [Pronounce 
the;.] 

tranquillement, adv. [tranquille], 
tranquilly, quietly, peacefally, calmly, 
sedately. [Pronounce the I.] 

tranquillite, s.f. [L. tranquilUtatem], 
tranquillity, calmness, evenness. 

transflgrurer, v.a. [L. transfigurare], 
to transfigure. 

transformation, s.f. [L. transforma- 
tionem], transturmation. 

transformer, v.a. [L. transfor»iare], 
to transform . 

transi, e, part. [trangir—L. transire], 
chilled, benumbed. 

transport, s. m. [transporter], trans- 
port, excess, passion, rapture, ecstaqy. 



VOCABULARY. 



transporter, v. ». (L. trangportare], 
to transport, convey, transfer; enrapture. 

transversal, e, adj. [transverse— h. 
trantverna], transversal, transverse, 
cross. 

Trappiste, s. m. [la trappe], Trappist. 

traquer, v. tr. [of Teut. ori^n, Du. 
trekken], to beat (for game) ; hunt, drive 
into a pit or enclosure. 

travail, 8.m., plu. travaux, [L." 
trabaculum—h. trabs], labour, work, toil, 

travailler, v. n. and v. a. [travail], to 
labour, work, toil ; to work upon, distress. 

travers, s.m. [L. traversus], breadth ; 
de travers, crosswise, wrong ; d travers, 
through, across ; d tort et d travers, at 
random, aimlessly, [s va never pro- 
nounced.] 

travers6e, s. f. [traverser], passage, 
voyage (across the ocean). 

traverser, v. a. [travers], to cross. 
pass over, travel over, traverse. 

treillis, s. m. {L.* tralidum], trellis, 
lattice, lattice-work. 

treize, num. adj. [L. tredecim], thir- 
teen, thirteenth. 

tremblement, s. m. [trembler], 
trembling, quaking, trepidation, shaking', 
shivering; tremblement de terre, earth- 
quake. 

trembler, v. n. [L. tremidtis], to 
tremble, shake, shiver, quake. 

tremp6, e, part, [tremper], soaked, 
wet. 

tremper, v.a. [L. temperare], to dip, 
soak, steep, drench, wet. 

trente, num. adj. [L. trtginta], thirty, 
thirteenth. 

tr6pas.ser, v.n. [tripos— it. trapasso], 
to die, depart this life. 

trepig^ner, v. n. [O.F. tripen—T)M. 
trippen, ' to trip'], to stamp. 

tr^s, adv. [L. trans], very, most, very 
much. 

tr6sor, s. m. [L. thesaums], treasure. 



tressalUement, s-m. treitaiUirl, % 

start, leap. 

tressaillir, v. n. [tris+saUUr], to 
start, leap, tremble, be startled. 

tresser, v. a. [L.» tricciare], to plait, 
weave. 

treve, s. f. [Goth, triggua], truoe. 

tribulation, s. f. [L. trOmlationeml, 
tribulation, trouble, distress, trial. 

tricot, 8. m. lt7-icoter], stocking-net, 
knitting. 

tricoter, v. tr. and intr. [der.?], to 
knit. 

trimbaler, v. a. [origin unknown], 
to trail, drag about. 

trinquer. v. intr. [Ger. trinken], to 
clink glasses. 
trio, s. m. [It. trio], trio. 

triomphe, s. m. [L. triumphut], 

triumph. 

triompher, v. n. [triomplie—L. tri- 
U7nphus], to triumph. 

triste, adj. [L. triatis], sorrowful, sad, 
melancholy, homesick, gloomy. 

tristement, adv. [triite], sadly, sor- 
rowfully. 

tristesse, s. f. [triste], sadness, mel- 
ancholy, dejection, dreariness, dulness. 

trois, num. adj. [L. tres], three, third. 

troisieme, num. adj. [troisi, third. 

tromper, v a. [trompe — It. troynba], 
to deceive ; se tromper, to make a mis- 
take, be mistaken. 

trompette, s. f . [trompe], trumpet, 

tronc, s.m. [L. truncus], trunk. 

tr6ne, s. m. [L. thro7ms], throne. 

troner, v.a. and v. n. [trone], to sit o& 
a throne, be enthroned. 

trop, adv. [L.* tropptis], too much, too 
many, too. [Pronounce trd; il vatr<hp 
avant.] 

trottiner, v. n. [trot — L.* tolutart — 
L. ire tolutim], to Jog on, go on a jog- 
trot. 



VOCABULABT. 



trottolr, a. m. [trotter— h.* tolutare], 
oidewalk, footpath. 

trou, 8. m. [h.* traugum], hole. 

trouble, adj. [L. turbulus], turbid, 
oloudy, dim, thick, discoloured. 

troubler, v.a. [trouble], to trouble, 
disturb, ruffle, discompose, make thick. 

trouer, v.a. [trou], to bore, pierce, 
make a hole In, tear, rend, split, perfor- 
ate. 

troupe, •. t [L.* troppus], troop, 
crowd, flock. 

trouver, v.a. [L. turiare], to find out, 
discover, like, think ; le trouver, to find 
one's self, be, feel. 

tu, pers. pro. [L. tu], thou, you. 

tuer, v.a. [L. tuditare], to kill ; « tuer, 
to kill one's self ; M faire tuer, to get 
kUled. 

Les Tuileries, 8.f . [«m7«— L. tegula]. 
The Tuileries (a palace in Paris). 

tionique, s. I. [L. tunica], tunio. 

turbulent, e, adj. [L. txubulentus], 
turbulent, noisy, rude, boisterous. 

turent, 3rd plu. pret. def . of taire. 

turpitude, s. f. [L. turpitudinem], 
turpitude, misconduct, disgraceful con- 
duct. 

tut, 3rd sing, pret def. of taire. 

t; rannie, s. f. [fyron— L. tyranaua], 
tyranny. 

U. 

un, une, l. s-m. [L. umu}, one, unit. 

2. num. adj., one. 

8. art., a, an, any. 

4. pro., one. 

Tmiforme, s. m. [L. uniformis], uni- 
form. 

union, s. f. [L. unionem], union, oon- 
oord, agreement. 

unique, adj. [L. unicua], only, sole , 
single, unique. 

uniquement, adv. [unique], solely, 
•nly. 



unir, V. tr. [li. unire], to units, gather, 
oolleot. 
unitd, i.t. [L. unitatem], unity. 

usaere, s.m. [L.* tutaticum], custom, 
practice, use, usag-e, habit. 

user, v.s^ [L. usui], to use, ooneume, 
wear out, use up, spend, waste ; s'user, 
to wear out. 

usure, s.f. [L usura], using, wear and 
tear, wear, wearing. 

utile, adj. [L. utilis], useful. 

utiliser, v.a. [utile— L. utilis], to find 
use for, turn to account, avail one's self 
of. 

Utllltd, 8.f. [L. utUitatem], usefulness. 



va, from pres. ind. wid ImperatiTa of 
aUer. 

vacance, s.f. [vaearit-L. vacantem], 
vacancy ; (plu.) vacation, holidays. 

vacarme, 8.m. [Flem. viach 'woe to" 
+arm, ' poor '], hubbub, tumult, uproar. 

vaohe, s.f. [L. vaeca], cow. 

vaciller, v. intr, [L. vacillare], vaoil- 
late, totter, stagger. 

vagabond, e, s. and adj. [L. vaga- 
bundus], vagabond, vagrant; vagrant, 
wandering. 

vagabondage, s m. [icigabimdl, va- 
grancy, wandering, roving. 

vague, adj. [L. vagus], vague, indefi- 
nite, loose, uncertain ; s.m., vagueness. 

vague, s.f. [O. H. O. wdc], wave. 

vagu6, e, adj. [p. p. of vagxter], un- 
fixed, restless ; billowy, surging. 

vaguement, adv. [vagtu], vaguely. 

vaguette, s. t [vague], wavelet, 
rippb. 

vaillamnaent, adv. [vaUlant—va- 
loir], valiantly, stoutly, ^alorously, cour- 
ageously. 

vain, e, adj. (L- vanut], vain. 



lU 



VOCABULARY. 



valncre, v.*. Irr. [L. vincere], [vain- 
fuant, vaineu, j$ vaincs, je vaincus, je 
vainerai, que je vaingtie,] to vanquish, 
conquer, overcome, outdo, surpass, excel. 

vaineu, part, [vaincre], vanquished, 
conquered, beaten. 

vainement, adv. [vain — L. vanus], 
vainly, fruitlessly, to no purpose. 

vais, 1st pres. ind. of aller. 

vaisseau, s. m. [L.* vaseellum], a 
vessel. 

valeur, 8.f. [L.* valorem], valour. 

Vall6e, s.f. [It. vallata], valley. 

vallon, a. m. [It. valloTte], valley, 
ravine. 

valoir, v.n. irr. [L. valere], {valant, 
valUfje vaux, je valus,je vaudrai, que je 
vaille) to be worth, as good as, equal to ; 
to yield, bring. 

vapexiT, 8. f. ]L. vaporem], vapour, 
■team. 

vaquer, (i), v. intr. [L. vaeare], to 
have leisure for, to attent^ to, mind. 

varech, s-m. [A, S. vrdc—Eng. wrack], 
seaweed. 

vas, 2nd sing. ind. of alter. 

vase, B. f. [L. vasum], slime, mud, 
mire. 

vase, a.m. [L. vat], vase, vessel, urn. 

vaste, adj. [L. vastu,s], vast, great, 
■paeious. 

vaudrait, 3rd sing. cond. pres. of 
valoir. 

vaurien, 8.m. [valoir +rien], a good- 
for-nothing, scamp. 

vaut, 3rd sing. pres. ind. of valoir, 

vecu, p. p. of vivre. 

v6g6tatlOD, s. f. [L. vegetationem], 
vegetation. 

V^hdment, e, adj. [L. vehementem], 
vehement, violent, furious. 

T^CUt, 8rd sing. pre& def. of vivre. 

veUle, 8.f. [L. vigilia], w&tob, watch- 



ing; eve, Tigfl, day before, sitting up, 
night before. 

veillde, s.f. [veille], sitting up, night 
attendance. 

veiller, v.a. and v.n. [L. vigilare], t* 
watch, watch over ; sit up, wake, lie 
awake, take care, see, attend, be on the 
watch. 

velleite, s.f. [L. velle], slight detire, 
inclination. 

velours, B.m. [L.* velvetum], velvet. 

[« is never pronounced.] 

vendre, v.a. and v.n. [L. vendere], to 
sell. 

vengeance. s.f. [venger], vengeance, 
resentment, animosity, rancour, male- 
volence. 

venger, v. tr. [L. vindicare], to re- 
venge ; se venger, to take revenge. 

venir, v.n. irr. [L. venire], (conjugated 
in simple tenses like tenir ; In com- 
pound tenses takes ttre) to oome; 
venir de, to have just ; venir A, to hap- 
pen ; je viens de la voir, I have just seen 
him ; il vint a arriver, he happened to 
come; /aire venir, to send for, oall in; 
vie7is ! come along I 

vent, B. m. [L. ventvt], wind, gale, 
breeze. 

vente, s.f. [L. vendita], sale. 

ventre, s.m. [L. ventrem], belly. 

venu, p. p. of venir. 

venue, 8.f. [venir], coming, arrival 

verd&tre, adj. [L. viridvt], greenish. 

verdoyant, e, adj. [verd], verdant, 
green. 

verdure, 8.f. [verd\, verdnn, green 

fields, plants, leaves. 

verger, s. m. [L. veridarivm], or- 
chard, fruit-garden, [r is never pro- 
nounced.] 

vergogne, s. f . [L. verecwidia\, shame. 
v6rldlque, adj. [L. verediexts], vera- 
cious, genuine, authenticated, autbentio. 



122 



yOCABULARY. 



vSzitable, adj. [viriti], true, genuine, 
pure, real, veritable. 

veritablement, adv. [viritable], 
really, truly, in reality, indeed. 

verit6, s. f. [L. veritatem], truth, 
verity. 

vermouth, 8.m. [Ger. Wermuth], 
vermouth, wormwood-wine (a white wine 
in which some absinthe has been infus- 
ed) ; bitters, [th pronounced as t.] 

verni, »dj. [p. p. of vemir], varnished, 
glazed. 

vemir, t. tr. [L. vitrum], to varnish, 
glaze, 
veiralt, cond. 3rd sing, of v.jir. 
Verre, s.m. [L. vitrum], glass ; verre 
dpied, wine-glass. 
verrez, 2nd plu. fut. of voir, 
vers, s.m. [L. verms], verse, 
vers, prep. [L. versxis], towards, about. 
[g is never pronounced.] 

Versailles, Versailles (a town near 
Paris). 

verse, e, adj. [verser], skilled, con- 
versant. 

versement, 8.m. [verser], payment, 
instalment. 

verser. v.a. and v.n. [L. versare], to 
pour, pour out; verser d boire, to pour 
out the drink, 
vert, e, adj. [L. xiridis], green, fresh, 
vert, s.m. [vert], green, 
vertebral, e, adj. [vertkhre—li. ver- 
tebra], vertebral, spinal. 
vertu, B.f. [L. virtus], virtue, 
veste, s.m. [veste — L. vestis], jacket. 
V§teinent, s.m. [L. vestiinenium], 
garment ; pi., clothing, dress, wearing 
apparel. 

V§tir, v.a. irr. [L. vestire], (prea. ind. 
)e vSts) to olnthe, dress, 
vetu, p. p. of vHir, 
veof, ve, adj. [L. viduiis], lonely, 
widowed ; veuf, (s.m.) widower ; veuve, 
(•.f.) widow. 



veuillez, (Iinp«ratlT6 of vouloir) b< 

so kind as. 

veut, 3rd sing. pres. ind. vouloir. 

veux, 1st sing. prea. ind. of voiUoir. 

vlande, 8.f. [It. vivande], meat. 

vice, s.m. [L. vitium], vice, fault, 
blemish. 

vicomte, 8.m. [vice, eomte], viscount. 

vlctime, s.f. [L. victima], victim, 
sufferer. 

victoire, B.f. [L. victoria], victory. 

vide, adj. [L. viduut], empty, void, 
vacant ; (s.m.) void, vacancy. 

vider, v. tr. [vide], to empty. 

vie, s.f. [vita], lifetime, livelihood, 
living. 

vieillard, a.m. [vieil\, old man. 

vieille, l. adj., fern, of vietue, old. 

2. 8.f., old woman. 

vieillesse, s.f. [vi«7], old age. 

vieiller, v.n. and v.a. [vieil], to grow 
old ; to make old ; se vieillir, to mak« 
one's self look old. 

viendra, viendraient, viennent, 
viens, vient. See venir. 

vieux, vieil, vieille, I. adj. [L. 
vetulus], old, aged, ancient, venerable. 

2. s.m., old man ; mon vieux, old fellow. 

vif, vive [L. vivas], alive, live, living, 
quick, lively, eager, keen, nimble, brisk, 
active, quick-tempered. 

vigilant, e, adj. [vigilantein], watch- 
ful, vigilant. 

vigne, s.f. [L. vinta], vine, vineyard. 

vigoiireusement, adv. [vigoureux], 
vigorously, enero^etically. 

vigoureux, euse, aAj.[L.vigoro8us], 
vigorous, stout, hardy, energetic, forcible. 

vigueur, s.f. [L. vigorem], vigour, 
energy. 

vil, e, adj. [L. vilia], vile, odioua. 

villa, 8.f. [L. villa], villa, oountiy- 
houses 



133 



VOCABULARY. 



Village, s-m. [L.* wZZatici/ml.village. 

villageois, e, adj. [village], village, 
O0untr3'. 

ville, e.t. [L. villa], town, city. 

vin, 8.ni.[L. wnum], wine ; marchand 
de vin, saloon-keeper. 

vingt, num. adj. [L. viginti], twenty, 
score, twentieth. [Pronounce as vin; vin-t 
hommes ; vin-t et un.] 

vinrent, 8rd plu. pret. det. ot venir. 

Vint, 3rd sing. pret. def. of venir. 

vlolemment, adv.[vioJent], violently, 
severely. 

violence, 8.f. [L. violentia], violence, 
severity, force, 

violent, e, adj. [L. violentus], violent. 

vi olet, te, adj. [O. F. viole—li. viola], 
violet. 

vlolette, ».L [O.F. viole—L. viola], 
violet. 

Virer, v. intr. [L. viria, a ring], to 
turn, tuni about ; virer de bard, to put 
about, swing round. 

virent, 3rd plu. pref. def. ot voir. 

virginal, e, adj. [L. vlrginalis], vir- 
g^al, maidenly, maiden. 

visage, s.m. [O.F. vis—L. vism], face, 
visage, countenance, aspect, lock, air. 

ViS-^-viS, prep. [O.F. vis—L. vims], 
opposite, over-against, towards. 

visible, adj. [L. visibUis], visible, to 
be seen, evident, manifest. 

visiblement, adv. [h.visible], visibly, 
evidently, manifestly, plainly. 

visi6re, 8.f. [vis, from L. vistis], visor, 
peak (the part of a cap that projects over 
the forehead and eyes). 

vision, s.f. [L. visionem], vision, sight, 
fancy, phantom. 

visionnaire, 1. adj. [vision], vision- 
ary. 

2. s., a dreamer. 

vlBite, s.f. [visiter], visit 



visiter, v.a. and v.n. [L. vititare], U 

visit. 

vit, 3rd sing. pret. def. of voir. 

vite, 1. adj. [origin unknown], swift, 
quick, speedy, fleet, rapid. 

2. adv., quickly, fast, speedily, rapidly. 

Vitesse, 8.f. [vite], quickness, nimble- 
ness, speed. 

vitre, s.f. [L. vitmm], window-gln^s, 
pane. 

vivacit6, s.f. [L. vivacitatetn], viva- 
city, liveliness, sprighthness, briskness, 
brightness, ardour. 

vivant, e, adj. [vivre], living, alive. 

Vive. See vif. 

vlvement, adv.[n7l, quiokly,briskly, 
sharply, vigorously, eagerly, keenly, ac- 
tively, nimbly. 

vlvre, v.n. irr. [L. vivere], (vivant, 
vicu, je vi€, je vicut, je vivrai, que je vive), 
to live, exist. 

vivre, s.m. [vivre], food; (plu.) vio 
tuals, provisions. 

vocable, s.m. [L. vocabulum], word, 
term, name. 

vocal, e, adj. [L. vocalis], vocal. 

vociferer, v.n. [L. vociferari], to cry 
out, vociferate. 

voeu, s. m. [L. votupi], vow, wish, 
prayer. 

voici, prep, [vois ci], see here, here is, 
here are, this is, these are ; m« voici, 
here I am. 

voie, s.f. [L. via], way, road, path. 

VOil^, prep, [vois Id], see there, there 
is, there are, that is. there are ; those are; 
lo 1 behold 1 

voile, 1. s.m. [h. velum], veil, cover, 
disguise. 

2. s.f., sail. 

voiler, v.a. [L. velare], to veil, cover, 
cloak, disguise. 

voir, v.a. [L. videre] (voyant, vu, j» 
vois, je vis, je verrai, que je voie), to see, 
behold, look at. 



124 



VOCABULARY. 



voire, adv. [adoablet of 'vrai' used 
•dverbially— L. vere], formerly meant 
'truly,' but now 13 synonymous with mf- 
me 'even,' with which it ia usually oon- 
atrued. 

voisin, adj. and s. [L. vicinus], neigh- 
bouring, near, adjoining ; a neijjhbour. 

voisinage, a.m. [voinn], neighbour- 
hood, vicinity, proximity. 

volt, 8rd sing. pres. ind. of voir. 

VOiture, a.t. [U vectara], carriage, 
conveyance, vehicle. 

VOix, a. f. (L. i;oc«wi], voice ; d demi- 
voix, in a whisper ; voix de tite, falsetto ; 
a sharp, shrill tone of voice. 

vol, 1. a.m. [voler\, flying, flight. 
%. robbery, theft. 
VOlee, s.f. [It. volata], flight. 
VOler, v.a. [L. volare], to fly. 
VOler, v.a. [L.* volare], to steal, rob. 

volet, s.m. [voler], window-shutter. 
( ia never pronounced.] 

voleter, v.n. [volet], to flutter. 

voleur, a.m., fern, voleuae [voler], 
thief. 

volontaire, adj. [h. volontarius], ob- 
stinate, wilful, voluntary. 

volontairement, adv. [volontaire], 
volunt.rily. 

VOlont6, s.f. {L. voluntatem], will, 
wish, desire, willingness, determination. 

volontiei'8, adv. [L. ooluntarie], will- 
ingly, readily, [r ia never pronounced.] 

voltiger, v. tr. [It. voltejgiare], to 
vault, flutter, hover about, flit. 

volume, a.m. [L. volumen], volumo. 
VOlupt6, B.1. [L. voluptatem], plea- 
sure, delight. 
VOnti 8id pin. prea. ind. of aller. 
voter, v.n. [t»t<— L, wUum], to vote. 



votre, m. andf. adj., plo. em [L. «e«- 
truw], your; vCtre, pro., U (la) vfitre, 
plu. les vdtres, yours. 

VOUloir, v.a. irr. (L.* volere], (voulo nt, 
voulu, je veux, je voulus, je voudrai, que 
je veuille, to will, be willing, be pleased 
with, consent, want; votUoir dire, to 
mean ; que oovkz-votu dire? what do you 
mean ? eri, vouloir d, to take amiss, have 
a grudge against. 

vous, pers. pro. [L. vos], you. 
voute, s.f. [L.* voluta], vault, arch. 

voyage, s. m. [L.* maticum], voyage, 
excursion, trip, journey. 

voyager, v. intr. [vuyarje], to traveL 

voyagetir, a. m. [voyage], traveller. 

voyez, voyons, see vnir. 

vral, e, adj. [L.* veragiu], true, real, 
right, genuine, proper, very. 

vralment, adv. [vrai], truly, really, 
verily. 

vraisemblance, e. f. [vrax+$em- 
btonce], likelihood, resemblance, probaoil- 
ity. 

VU, p. p. of voir ; vu que, aeeing that, 
since. 

vue, s. t. [voir], sight, view, prospect, 
light. 



y, 1. adv. flfc »W]. there, thither, at It, 
at them, to it, eto. ; ily a, there is, tiiure 
are. 

2. pers. pro., by it, by them, for it, for 
them, in it, in them, eto. 

yeuz, plu. of ceil: eyes. 



z^le, s.m. [L. zelus], seaL 
z6ro, 8.m. [It. zero— Arable eiflrum], 
zero, naught. Aa proper name. Zero. 



126 




mmmmsmms^