VICTOR MASSO!\', place de rÉcoIe-dclflcMlceino , I.
RÈGNE ANIMAL
P4R J. ACHlllE COMTE,
PKOFESSUni d'hisTOIKE SAIURELLE A L'ACADÉMIE DE PARIS,
CIIFF ni- BUREAU DES ioMPaCNIES SAVANTES ET DES AFFAIRES MÉDICALES AU MINISTERE
DE L'iRSTRUCTIOX PUBLIQUE.
Ouvrage adopté par le conseil royal de l'instruction pudlique, ix)ut
l'enseignement de l'Histoire naturelle dans les établissements de l'Université.
La grande et utile publication des Tableaux Méthodiques duReqne
Animal vient de se terminer par la livraisori des Races Humain£.s.
Tous les hommes qui s'occupent de Zoologie devront se féliciter de
qu'il existe enfin un ouvrage complet , où les personne^ qui dési-
■.ent étudier cette science pourront trouver des notions générales
sur la structure et la classification des animaux. Cet ouvrage ne
devait pas se borner à la dénomination des espèces et du genre au-
quel elles appartiennent , mais il fallait encore qu'il contînt , sous
une forme claire etméthodique, l'exposé des différences ou des al'fini c-^s
organiques qui les ont fait séparer ou réunir dans des groupes divers,
importait aussi qu'un pareil travail fût assez développé pour cor*
prendre tous les détails de la Zoologie , et cependant assez resseri'ç^
pour n'excéder ni le temps ni les ressources dont disposent les gens
d'étude.
M. Achille Comte , en concevant son ouvrage des Tableaux Mé-
thodiques du RÈGNE ANIMAL , n'a méconuu ni len difficultés , ni les con-
ditions de son entreprise; on peut affirmer ou'il a surmonté les unes
et renripli les autres.
Cette publication Zoologique a été commencée il y a dix ans . c'est
le RKGNE ANIMAL de notrc grand Cuvier que M. Achille Comte a dé-
veloppé en belles et grandes planches : chacune d'elle.^ nonne nu
texte clair et précis qui résume, en phrases caractéristiques, les
principes de la classification des divers Ordres du Règne Animal, et
montre en regard , dans près de cinquante figures , les variétés d'es-
pèces des Sous-Genres et àes, Familles. L'auteur a eu soin de taire .<«-
présenter, à la marge des divers groupes, les caractères d'organisa-
tion qui les ont motivés.
A l'aide d'un pareil guide , ]sl Zoologie est devenue une des études
les plus faciles et les plus attachantes.
Au début de cette publication, en 1832, M. Geoffroy F\int-Hi-
LAiRE disait dans un rapport à Y Académie des sciences :
» Nous pensons que M. Achille Comte ne s'est point méj ns dans
" la confiance qu'il témoigne que, par sa nouvelle et ingénieus;
" manière d'exposer les propositions générales de l'histoire naturelle.
•• il facilite l'étude de cette science aux intelligences qui s'y appli-
" quent. Or, c'est vraiment avoir rendu un service essentiel, qu'*
•• d'avoir ainsi travaillé , par une extension des moyens d'étude , à
» populariser la science destinée à devenir, un jour, le fondemen:
" de l'éducation publique Les Tableaux Méthodiques de M. «e
" Professeur Achille Comte répondent parfaitement au but que s"esl
•• proposé leur auteur ; car ils sont effectivement pour l'étude un se-
•' cours habilement ménagé et utile. ••
Ce suffrage élevé a été sanctionné , depuis dix ans , par le succès le
plus populaire; et plus de SOIX. 4 iVTE-DiX lflL.IiE TABI^EAUX,
déjà vendus, témoignent de Icnipressement du public pour une mé-
thode d'enseignement si nouvelle et si précieuse.
La possibilité d'acheter séparément tel ou tel Ordre du Règnf
Animal et d'avoir , pour un prix modéré , la description , l'image et la
distribution Zoologique de tous les animaux appartenant à un Typi:
ou à une Classe , est un avantage qui n'avait été offert , jusqu'à ce
jour, par aucune publication d'Histoire Naturelle.
Non-seulement ces Tableaux sont utiles et intéressants pour les
élèves dont ils facilitent les études en leur enseignant , sans fatigue .
les classifications , ils sont précieux encore pour les personnes qui st^
livrent, par état ou par goiit , à des travaux de Zoologie, et qui se
trouvent éloignées des grands étalilissenients ou des cabinets d'His-
toire Naturelle.
CIRCULAIRE MINISTERIELLE.
Paris, le 27 aoûl 183-2.
Monsieur le Recteur,
Le Conseil royal, dans sa séance du 10 août courant, a pris, au sujet
d'un ouvrage publié par M. Achille Comte, sous le titre de Tableaux du
IVk'.NE Anlmal, une délibération à laquelle j'ai donné mon approbation.
Cette délibération est ainsi conçue :
« Le Conseil , vu le rapport qui lui a été présenté sur les Tableaux du
• liÈGNE ANiiMAL, par M. Achille Conite, décide qu'il y a lieu de recom-
<> mander spécialement cet ouvrage pour servir à l'étude et à l'enseigne-
» nient de l'Histoire Naturelle dans les établissements de l'Université. »
.le vous prir- ce donner communication de la présente lettre à MM. les
proviseurs et les principaux df collèges, et de leur recommander l'intro-
duction des Tableaux de M. Achille Comte dans les établissements conliés
h leurs soins.
Recevez, Monsieur le Recteur, l'assurance de ma considération disiin'^uée.
Pour le Ministre de ('Instruction publique et des Cultes.
Le Conseiller Vice-Président: TILï-KMALX.
Conditions de vente»
91 Tableaux, in-plano, grand colombier, comprenant environ
cinq mille ûgures (lôfr. "Tic.
Demi-reliure, en 2 tomes, avec dos en veau 18 »
Cha(|ue tableau se vend séparément 1 2."
Chaque Tableau comprend lliistoire d'un des 78 ordres du Règne Animal, it
présente près de 50 figures d'animaux distribués el décrits d'après cet ouvrage.
Les Animaux de chacune des diverses classes du Règne Animal sont distribués,
décrits et dessinés en quelques tableaux qui peuvent être reliés ddi«.s des Atl.is
séparés , ainsi qu'il suit :
, Races humaines et MamniifLiv5. . . . >i
ire DIVISION-. Oiseaux «
Ifrii'brés, Z3lalfltiaux. ' Reptiles et Poissons iti
2e DIVISIO.V. I Mollusques 1»
5» DlVISlOIV. j crustacés, Annélides, el Araclinhks. . lî
Articulés, 37 tabkaKX. ) Insectes '^i
4» DIVISION. 1 l'.ayonnés 8
l.p Titre cl le Tableau général d'Inlroiluction pourront être placés en tétc tlï
tlia(}ue Allas, si cet Atlas est pris sé|Kiréniciil.
Xoia. — On recevrait en Atlas cartonné chacune de c<-$ divisions , ou même ch.'.f uîifi dc«
<.ius divisions, en ajoutant lo centiint-saii prix de dinrnn des inhlcriiix qui la coîîti-.isci!:.
ORDRE
M.'iVAvr I.KOUEL DOIVENT ÊTRE CLASSÉS LES 9i LIVRAISONS DES
lABLEAUX MÉTHODIQUES
RÈGNE ANIMAL.
Sujet'». N"» de la livr
l.i; lilre.
I Tableau diiilroductioii. 1
o; l liâtes liumaincs. 89
^ I Quadrumanes. 6
^ ; Carnassiers. — Marsupiaux. 7
s *•. Carnivores. 9
^ j Rongeurs. 2
!^ I lidentés. — Celacés. 5
I l'acliyderines. A
\ KuminanU. 3
Rapaces. 11
=^ l l'assereaux. (3 lai)Ieau\.; 18, 20 et 25
S 1 Grimpeurs. 12
^ \ Gallinacés. 8
■^ JÉchassiers. (2 tahl.: Iftellô
\ Palmipèdes. 10
■" 1 Chéloniens.
— Batraciens.
13
-:^ ' Sauriens.
13
S" j Ophidiens.
21
I Acanllioptèrygiens. (8 labl.) 53 , 49,
l 47, 55, 50, tiO, 62 , 61
' Malacopt. Abdom. (2 tabl.; 22 et 24
IMal. Subr. et Apodes. 19
Lophobr. et Plectognathes. 23
Sturion. Sélaciens et Cyclostomcs. 1 7
Céphalopodes et Ptéropodes. ^6
/ Fulmonés. 31
l Xudib. Inférob. Tectib. Hétérobran-
. \ chcs. 27
• Peclinibranches. (2 tabl.) 36 et 29
I i'ubulib. Scutib. Cyclobranches. 46
I Acéphales Testacés" ^3 tabl.)39, 40 et 43
' Acéphales sans coquilles. 28
• Bracliiopode» et Cirrhopodes. 32
sujeu.
iTubicoles.
Dorsibranches.
Abranches.
N°«dela iivr.
42
34
30
/ Décapodes. (3 labl.) 41, 52 et :>(■.
l Stomapodes et Amphipodc*. 37
' Lœmodipodes et Isopod' . 48
I Branchiopodes. 51
( Pœcilopodes. 57
Pulmonaires.
Traciiéenne-
45
Tableau général d'tnlomologie. 81
Myriapodes et Thysanoures. 44
Parasites el Suceurs. 38
Coléo|)tères. Pcntamères. (4 tabl.)
74, 75, 78 et 80
1(1. Héléromères. (3 tabl.)
84, 85 et 88
1(1. Télramères el Tri-
méres. (4 labl.) 83, 86, 82 et 87
Orlhoptères. 04
Hémiptères. (2 tableaux.) 67 et 6S
^évroplères. 66
Hunénoptères. (3 labl.) 73, 71 el 65
Lépidopicres. — Rhipii)lères. (2 t.)
72 et 79
Uiplères. 2 labl.) 76 et 77
lùhinodermes. Pédicellés. 35
Echin. Apodes. — Acalèph. Hydro-
statiques. — Infusoires. 90
Intestinaux. Cavilaires. 7ti
Intestinaux, l'arenchymaleux. 54
Acalèplies simples. 59
Polypes. Charnus. — Gélatineux. 69
l'ulypes à Polypiers. (2 labl.) 58 et 63
Tableau il ii'.lroduclion du règne
végétal. 1
ANATOMIE
COMPARÉE.
m
TOME VIII.
PAnw. — iMPniMEniK de dourgoone et martisït,
rue Jacob, 3o.
r
LEÇONS
D'ANATOMIE COMPARÉE
TOME HUITIÈME,
CONTENANT
LES ORGANES DE LA GÉ\ÉR\TI()\ ET DES SÉCRÉTIONS,
AVEC
UNE LEÇON complé:mextaire des organes
DE IlELATIO?iS ; .
PAR
GEORGES CUVIER
'•\ ET
G. - Ii/l>U V JE R»f OT ,
Profpsspiir nn Collège de France.
SECONDE ÉDITrON, CORUTCxÉE ET AUGMENTÉE.
Çrtriô
FORTIN, MASSON ET O' ,
LIBRilP.ES DES SOCIÉTÉS SAVAINTES PRÈS LE MIMSTÈRE DE LI>STBlCTION PLBLIQLE,
PLACE DE l'ÉCOLE-DE-MÉDEGIXE ;
MEME MAISON, CHEZ L. MlCIiELSEN, A LEIPZIG.
18/16.
*/%.
AVERTISSEMENT.
Je termine, avec ce volume, la tâche longue
et difficile de mettre au courant de la science
actuelle, après quarante années de progrès,
la seconde livraison ou les trois derniers tomes
de l'ouvrage auquel on accorde généralement
le mérite d'avoir constitué, comme science,
l'anatomie comparée (i).
Ce travail sera probablement, encore quel-
que temps, très ingrat pour la juste apprécia-
tion des services que celui qui l'a entrepris a
pu rendre à la science. 11 a dû cependant y
consommer une grande partie des derniers
elTorts de sa vie , afin de l'exécuter conscien-
cieusement et comme il le devait^ pour ré-
pondre, à la fois^ à ce que M. Cuvier, qui le lui
avait demandé, attendait de lui, au dévoue-
ment sans bornes qu'il conserve à sa mémoire,
et aux besoins actuels de la science.
Cette science n'a cessé d'avancer de i8o5
à 1845. M. Cuvier, qui a marqué et commencé,
(i) La première livraison, composée de deux volumes rédigés par
M. Duméril, avait paru en 1800.
VI AVEBTISSEMEINT.
dès l'ouverture de son premier cours , au
Jardin des Plantes, il y a précisément un
demi-siècle, l'époque physiologique de l'ana-
tomie comparée, a continué de marcher à sa
tête jusqu'à l'année malheureuse de iSZa. , et
de lui imprimer, du moins dans quelques
une» de ses parties, la puissante impulsion
de son incessante activité-
Je ne puis entrer ici dans les détails des
chaiigements, des perfectionnements que ces
progrès ont rendus nécessaires, et que j'ai pris
sur moi d'introduire dans cette nouvelle édi
tion; changements qui lui donnent une tout
autre physionomie, et pour le fond et pour
la forme.
Je ne reviendrai pas sur la part que j'avais
eue à la première édition, et sur laquelle je
me suis expliqué, avec sincérité, dans plusieurs
occasions soîeiinelles (2) ; ni sur l'espoir que
j'avais, en acceptant la proposition de M- Gu-
vier (5) d'entreprendre ce grand travail de
(1) Ce discouis d'ouverture est imprimé dans \e Migazin encyclopé-
dique Je .Milliu, etc., t. V, p. i.jS et suiv., l'an iv (lygS). (2) Voir ma
Notice adressée à l'Académie des sciences en juillet 1 832, et celle de i844î
p. 11-17, '^^ '^ premier fascicule de mes Leçons au Collège de France,
l'aiis, i83g, surtout le post-scriptuiu de la p. io4 et suiv. (3) Voir
la note qu'il m'a adressée à Strasbourg déjà le 5 novembre 1827, et dont
j ai isi'it fane un fac-similé , qui doit être joiut aux exemplaires de cette
seconde édition.
AV£r.TlhSKME!NT. Vil
révision et de reionte , de îe l'aire avec lui (j\
s'était résc;vé les deux premiers volumes de
la première édition), à côté de lui, et avec
tous les secours si précieux que sa position lui
donnait, et qui m'aurait permis démultiplier,
sans perle de temps, comme pour la première
édition, les observations les plus nombreuses
et les plus nouvelles.
Mais ii sera facile de comprendre les droits
que me donnait ma première coopération, et
lei^ devoirs que m'imposait la promesse que
j'avais faite à \J. (^uvier; devoirs que je n'ai
pu remplir qu'avec beaucoup de lenteur, par
suite de la fatalité qui m'a éloigné de cette
position si favorable, dont je viens de parler.
En résumé , la première édition des Leçons
présentait , avec le premier ensemble de con-
naissances précises, suffisamment développées,
sur l'organisation des animaux; un certain
nombre de notions encore en germe, ou peu dé-
veloppées, qui devaient mûrir plus tard avec les
progrès de la science , et dont le public savant
avait le droit de chercher le tableau dans l'édi-
tion actuelle.
Aussi a-î-elle pris des proportions telles, que
les trois volumes de mon ancienne rédaction
ne font pas le tiers du texte des six volumes (i)
(i) Ces volumes font 3892 pages, cotnpienaiit chacune plus de texte
VlU AVERTISSEMENT.
correspond aril.s que j'ai publiés pour cette nou-
velle éditioD ; lesquels traitent de même essen-
tiellement des organes de nutrition et de gé-
nération chargés d'entretenir la vie indivi-
duelle et la vie de l'espèce.
L'ancien texte a été conservé scrupuleu-
sement et distingué du nouveau texte par les
crochets [ ] qui séparent celui-ci; il ne faut
pas le perdre de vue; en se rappelant encore
que toutes les notes^ à deux exceptions près ,
sont nouvelles.
Ce tome VHP et dernier (le VP volume de
niarédaction) , dont le titre explique suffisam-
ment le contenu , renferme près de 5oo pages
d'augmentations. Elles ont été employées, en
grande partie, à donner aux trois embranche-
ments inférieurs du Règne animal, pour la f'es-
criplion de leurs organes de la génération , le
même développement proportionnel qu'à
l'embranchement des vertébrés.
M. Guvier avait décrit ces organes dans
56 pages seulement de notre première édition ;
il y en a 289 d'employées, sur le même sujet,
dans l'édition actuelle; non compris ce que
j'ai écrit dans la xxxviii^ leçon, des organes
(|ue celles île la première édition; (îç sorte que les ïSgS pages de celle-ci,
n'en font que I225 de la nouvelle.
AVERTISSEMENT. H^
d'incubation extérieure, appartenant aux ani-
maux de ces trois embranchements.
Les quatre types du Kègne animal ont ac-
quis, dans cette édition, d'importants complé-
ments , suite des observations microscopiques
sur la structure intime des organes prépara-
teurs des ovules et du sperme et sur leurs
produits, particulièrement sur le développe-
ment des ovules et des spermatozoïdes.
11 était intéressant de montrer que ce double
développement suit les mêmes lois et les mêmes
phases , dans tous les animaux où il a été ob-
servé.
La dénomination de spermatozoïdes, que
j'ai proposée le premier, paraît devoir être gé-
néralement adoptée. Je dois en être flatté,
parce qu'elle indique une heureuse révolution
dans les idées , que j'ai provoquées de toutes
mes forces dans mes enseignements et dans
mes écrits; en combattant l'opinion qui les en-
visaf^eait comme des animalcules parasites de
la semence , comme le produit d'une généra-
tion dite hétérogénie ; et en cherchant à dé-
montrer, au contraire , que ce sont des ma-
chines animées, chargées de porter à l'ovule
l'élément complémentaire du germe.
J'ai ajouté à l'article qui traite des sécré-
tions en général, la doctrine de l'endosmose,
X AVF.RTISSF.MENT,
qui a répandu un si grand jour sur rc sujet,
depuis que l'esprit investigateur de M. Dutro-
chet a nommé et distingué ce phénomène, et
qu'il en a montré toute l'importance par ses
expériences aussi ingénieuses que variées.
Gettf^ leçon sur les sécrétions comprend en-
core de notables perfectionnements sur les
glandes de la sueur chez l'iioa-ime et les ani-
maux domestiques; sur le byssus des mollus-
ques acéphales; sur la structure intime des or-
ganes électriques , etc.
Enfin la xl' et dernière leçon , complémen-
taire des orgdnes de relatiojis, traite , dans une
première section, de la vessie natatoire, et
dans une seconde des organes de la voix et des
bruits. Ce rapprochement, qui peut paraître
singulier, a besoin d'être justifié.
Le classement des organes, adopté dans
tout l'ouvrage d'après leurs fonctions , ne per-
mettait plus de placer la vessie natatoire dans
les sécrétions , puisqu'elle ne sécrète pas in-
contestablement, dans tous les cas, l'air qu'elle
renferme, et que sa fonction la plus générale
est d'aider à la station du poisson, à telle ou
telle profondeur des eaux qu'il habite.
Mais les belles découvertes de M. E.-H.
Weber, que j'ai vérifiées , en y ajoutant quel-
ques détails, étendues encore à d'autres pois-
sons par les observations de M. Cuvier, on
AVF.nTISSEMF.NT. XI
montré que, dans beaucoup de cas, la vessie
natatoire peut être encore un orcjane acces-
soire de l'audition.
Elle n'a même plus que cette dernière fonc-
tion dans les Loches , où elle est devenue une
sorte de caisse du tympan.
Cette double considération m'a déterminé à
placer son histoire dans une leçon complémen-
taire, avec les organes de la voix et des bruits;
dont les rapports avec l'audition , non plus
comme auxiliaires, mais comme produisant
les impressions de ce sens, pour les relations
des animaux entre eux, sont incontestables.
vS'ai introduit dans l'exposition successive
des faits anatomiques , d'après l'ordre de la
méthode naturelle , ini ceitain nombre de
changements notables, qui feront connaître
quelques modifications que j'ai cru devoir faire
aux classifications adoptées dans le Règne
animal. La méthode naturelle n'est qu'un
principe ,dont les applications doivent varier,
en premier lieu, avec les progrès dans la con-
naissance de l'organisation , qui nous font
avancer, pour ainsi dire chaque jour, dans la
connaissance de l'ensemble des rapports que
les animaux ont entre eux.
Ces progrès réels sont dus à un grand
nombre d'anatomistes, devenus célèbres par
XIT AVERTISSEMENT.
d'importantes découvertes. Je me suis fait un
devoir de les citer, dans Je double but de la
reconnaissance qui leur est due , et d'indiquer
au lecteur les sources où il pourra puiser des
détails plus étendus que ne le comporte un ou-
vrage qui embrasse le tableau général de la
science.
Puisse ce tableau , le seul complet qui existe
dans notre langue, ne pas être trop au-des-
sous de ce qu'il aurait été avec laide et sous
les auspices de son premier et principal
auteur!
En le traçant sans son secours, je l'ai fait
comme si j'avais eu la pensée , incessamment
présente_, que mon illustre ami n'était pas
absent pour toujours ; et qu'à son retour, j'au-
rais à lui rendre compte de la parole que je lui
avais donnée , et de la manière dont j'avais
répondu à sa confiance illimitée.
Paris, le l^' décembre ISZiS.
G.-L. DUVERNOY.
LEÇONS
D ANATOMIE COMPARÉE.
TRENTE-DEUXIEME LEÇON.
PREMIÈRE PARTIE.
DE LA GÉNÉRATION, EN GÉNÉRAL, ET DE SES
DIFFÉRENTS MODES DANS TOUT LE RÈGNE ANIMAL,
ET CHEZ LES ANIMAUX VERTÉRRÉS,
KN PARTlCULIliR.
• Les quatrième, cinquième, sixième et septième vo-
lumes de cet ouvrage nous ont fait connaître tous les
moyens que la nature emploie pour maintenir indivi-
duellement chaque animal dans l'état convenable,
pendant le temps assigné pour la durée de sa vie.
Nous y avons vu comment il prend ses aliments au-
dehors; comsnent il les prépare pour en extraire son
fluide nourricier; comment ce fluide nourricier est
transporté dans toutes les parties qu'il doit nourrir, et
comment, avant d'intercaler ses molécules aux leurs,
il est soumis àl'action nécessaire de l'élément ambiant,
seule capable de lui donner sa perfection dciinitive.
Mais cette série de décompositions et de rétablisse-
8. 1
2 XXXIl* LEÇON. INTRODUCTION.
ments amène à la longue la cessation de tout mouve-
ment dans la machine animale, la mort de l'individu.
Nous avons à examiner à présent la fonction qui en-
tretient l'espèce , en employant une portion de la vie
de chaque individu , pendant qu'elle est à son plus haut
période, à en développer d'autres qui le remplaceront
un jour.
lia génération est le plus grand mystère que nous
offre l'économie des corps vivants , et l'on peut dire
que sa nature intime est encore couverte des ténèbres
les plus absolues. Aucune observation directe ne nous
autorise à admettre la formation d'un corps vivant de
toutes pièces , c'est-à' dire pour la réunion de molé-
cules rapprochées subitement. La comparaison que
l'on a voulu faire de la génération avec la cristallisa-
tion n'est nullement fondée sur une véritable analo-
gie; les cristaux sont formés de molécules similaires
qui s'attirent indistinctement , et se collent les unes
aux autres parleurs faces, lesquelles déterminent l'or-
dre de leurs rangées. Les corps vivants se composent
d'une multitude de fibres ou de lamelles, hétérogènes
dans leur composition , diversifiées dans leur configu-
ration, et dont chacune a sa place marquée; ne pou-
vant être que dans un lieu, et entre d'autres fibres ou la-
melles déterminées. De plus , dès l'instant où les corps
vivants existent, quelque petits qu'ils soient encore, ils
ont toutes leurs parties (i) ; ce n'est point par l'addition
(i) Cette proposition est peut-être trop absolue ; il y a , dans la for-
mation de l'embryon, une apparition successive des systèmes d'organes,
des appareils et des organes , qui semble contraire à l'existence simul-
tanée de toutes les parties dont chaque organisme individuel se compose
GÉNÉRATION EN GÉNÉRAL. 3
de nouvelles couches qu'ilscroissent, mais par le déve-
loppement, tantôt uniforme, tantôt inégal, de parties
toutes préexistantes à tout accroissement sensible.
La seule circonstance commune à toute frénération,
et par conséquent la seule essentielle, c'est que chaque
corps vivant tient, dans les premiers instants où il
commence à être visible, à un corps plus grand, de
même espèce que lui, dont il fait partie , et parles
sucs duquel il se nourrit pendant un certam temps;
c'est sa séparation de ce corps plus grand qui constitue
la naissance; mais cette naissance peut être le simple
résultat de la vie du grand corps et du développement
du petit qui en est la suite , sans qu'il y ait besoin
d'aucune action particulière et occasionnelle.
Ainsi, dans son essence , la génération n'est encore,
dansceque nous en voyons, que l'apparition d'un petit
corps organisé, sur ou dans quelque partie d'un autre
corps organisé plus grand , dont il se séparera au bout
d'un certain temps , pour avoir une existence propre
et isolée.
Tous les actes ou organes qu'on voit d'ailleurs co-
opérer à la génération, dans certaines classes, ne sont
qu'accessoires à cette fonction.
La génération , ainsi réduite à sa simplicité essen-
tielle, est ce qu'on appelle génération gemmipare ou
par bourgeon; c'est ainsi qu'il vient sur les arbres des
bourgeons qui se développent en branches, et dont
on peut faire d'autres arbres par l'opération de la
bouture.
dp'finitivpment. On pourrait répondre, à la vérité, que leur première ap-
parition n'est qu'un développement Je leur f;enne , déjà existant, et ne
coïncide pas avec le premier instant de sa formation, D.
4 XXXlIe LEÇON. INTRODUCTION.
Les polypiers , les actinies [ ont entre autres cette
manière] d'engendrer. Quelques vers S^intestinaux ^
certains animalcules /lomogènes^ se multiplient en se
partageant , et rentrent dans le même ordre. Cette gé-
nération ne suppose ni sexes, ni accouplement, ni
même aucun organe particulier. H y a des êtres qui
n'eu ont point d'autre ; il y en a qui lui joignent des
modes plus compliqués.
Les autres modes de génération s'opèrent dans des
organes particuliers ; les petits ou les germes n'appa-
raissent que dans un endroit fixe du corps , et il faut le
concours de certaines opérations pour en déterminer le
développement ultérieur.
Ces opérations constituent la fécondation, et sup-
posent des organes sexuels qui, à leur tour, peuvent
être réunis dans le même individu , ou séparés dans
deux individus différents.
Le sexe fécondé ou fécondable, dans lequel le germe
se manifeste, est le sexe femelle; et le sexe fécondant,
dont le concours est nécessaire pour que le germe se
développe complètement, est le sexe mâle.
Le concours du sexe mâle se fait par une liqueur
qui se nomme fécondante ou séminale. La manière
dont elle concourt au développement du germe est
l'objet des disputes des physiologistes.
Plusieurs, ne jugeant que d'après l'homme et les
mammifères , où les germes sont imperceptibles avant
la fécondation, pensent que le germe se forme de
toutes pièces du mélange de la liqueur mâle avec celle
qu ils admettent dans la femelle; ou que les germes
préexistent dans la liqueur mâle , et que la femelle ne
fait que leur donner rhospitalité.
GÉNÉRATION EN GÉNÉRAL. 5
D'autres consultent l'analogie des autres classes d'a-
nimaux, ainsi que des plantes. Dans plusieurs de ces
classes, notamment dans les grenouilles, le germe
est clairement visible dans Tœuf de la femelle avant
toute fécondation (i); dans toutes les autres, on peut
conclure sa préexistence, de la manière dont il esl orga-
niquement uni à l'œuf, quand il commence à y devenir
visible; et l'œuf existe, comme tout le monde en con-
vient, dans la femelle avant toute fécondation, puis-
que les poules vierges en pondent : aussi ces physiolo-
gistes concluent de cette analogie que ce germe existe
d'avance dans toutes les femelles, et que la liqueur
fécondante n'est qu'un irritant qui lui donne une vie
propre, en le réveillant, en quelque sorte, de l'espèce
de léthargie dans laquelle il serait toujours resté sans
elle.
Quant à l'origine même du germe , et à la manière
dont il se place dans la femelle qui le porte; s'il s'en
forme journellement de toutes pièces, et par l'action
de la vie ; s'ils sont tous préexistants , emboîtés les uns
dans les autres, ou bien s'ils sont disséminés, et ont
besoin d'être conduits par les circonstances dans le
lieu convenable à leur développement , ce sont des
questions entièrement insolubles pour nous, dans l'état
actuel de nos connaissances; et, quoiqu'elles aient
longtemps agité les physiologistes , il semble que l'on
soit aujourd'hui convenu d'en abandonner la discus
sion.
(i) C'est une erreur de Spallanzani, qui avait confondu l'ovule avec le
germe. Celui-ci n'existe dans aucun animal vertébré, etc., sans féconda
tion préalable. ^'
6 XXXII» LEÇOi!>. INTRODUCTION.
Il y a de grandes variétés dans la cbmbiuaison des
sexes et le mode de fécondation.
Dans certaines familles, les deux sortes d'organes
sexuels sont réunis dans le même individu, et peuvent
se féconder : tels sont les plantes hermaphrodites et
monoïques, certains mollusques acéphales, [parmi les
échinodermes, les holothuries.]
Dans d'autres, chaque individu a les deux sexes,
mais il a besoin d'un individu pareil quil féconde, et
dont il soit fécondé : tels sont [plusieurs] mollusques
gastéropodes et plusieurs vers [annélides].
Dans d'autres, il y a des individus distincts, mâles et
femelles : tels sont les plantes dioiques, tous les ani-
maux vertébrés, les mollusques céphalopodes, la plu-
part des gastéropodes , plusieurs acéphales bivalves ,
une partie des vers annélides ou intestinaux (les cavi-
taires ) , les crustacés , les insectes ; c'est-à-dire , de
beaucoup la plus grande partie des animaux.
Quant à la fécondation même, elle s'opère, dans les
plante^^par une liqueur {fovilla) contenue dans de pe-
tites capsules fines comme de la poussière, \e pollen^
qui se portent sur les organes femelles, et y éclatent
pour y répandre leur liqueur [dans laquelle nagent une
infinité de granules. ]
Dans les animaux, la liqueur est toujours lancée
à nu sur ou autour des germes. Il y en a beau-
coup où elle ne se répand que sur des œufs déjà pon-
dus : tels sont les poissons osseux et ovipares, les mol-
lusques céphalopodes : les mâles et les femelles ne
paraissent pas même se connaître dans la plupart des
circonstances.
Quelquefois, comme dans les grenouilles, il faut des
GÉNÉRATION EN 6ÉNÉBAL. 7
embrassements et des caresses pour déterminer 1 e-
mission des œufs et de la semence; mais la fécondation
se fait cependant hors du corps.
Enfin, dans le plus grand nombre, le mâle introduit
la liqueur dans l'intérieur du corps de la femelle, et va
en féconder les œufs avant qu'ils soient pondus. C'est
le cas des mammifères, des oiseaux, de la plupart des
reptiles, de quelques poissons, des mollusques gasté-
ropodes dioiques ou hermaphrodites , des crustacés et
des insectes. Cette union des deux sexes est ce qu'on
nomme accouplement.
Dans toutes ces familles il peut bien y avoir émission
dœujs sans accouplement^ comme dans cellec de
l'ordre précédent; mais alors il n'y a point de dévelop-
pement ultérieur , et il serait trop tard pour les fécon-
der après qu'ils sont pondus.
Jj'effet d'un seul accouplement varie en intensité ;
dans la plupart des cas, il ne féconde qu'une seule gé-
nération et une seule partie. Quelquefois, comme dans
les oiseaux de basse-cour , il féconde plusieurs émis-
sions d'œufs , mais pour une seule génération seule-'
ment.
Dans un petit nombre de cas, un seul et même ac-
couplement féconde plusieurs générations, qui toutes
peuvent ensuite reproduire sans maie. Dans les puce-
rons, on a vu sept à huit générations s'en passer, et
dans quelques monades, jusqu'à douze ou quinze.
Le germe, une fois détaché de l'ovaire, peut avoir
des moyens d'existence plus ou moins complets.
Dans le plus grand nombre des animaux, il porte
avec lui une masse organisée, à laquelle il tient [par
des membranes en premier lieu , ensuite ] par des
8 XXXIÎ* LEÇON. INTRODUCTION.
vaisseaux , et dont Tabsorption doit suffire pour le
Hourrir et le développer jusqu'au momeut où il peut
paraître au jour : il n'a donc besoin de rien pomper
dans le corps de sa mère , et il en est séparé par des
enveloppes plus ou moins nombreuses et plus ou moins
solides ; l'ensemble du germe, de la masse qui doit le
nourrir, et de ses enveloppes, se nomme l'œuf; et les
animaux qui produisent ainsi se nomment ovipares.
Dans plusieurs d'entre eux, le germe contenu dans
l'œuf ne se développe et n'éciôt qu'après que l'œuf est
sorti du corps de la mère, ou a été pondu ; soit qu'il le
faille encore féconder , comme dans beaucoup de
poissons, ou qu'il [aille simplement y appliquer une
cbaleur étrangère, le couver, comme dans les oiseaux;
ou qu'enfin la chaleur naturelle du climat suffise,
comme dans les reptiles , les insectes etc. : ce sont
les animaux ovipares proprement dits.
Dans quelques uns. Tœuf, après avoir été fécondé,
et s être détaché de l'ovaire, reste dans le corps de la
mère jusqu'à ce que le petit se soit développé et éclos :
c'est ce qu'on nomme animaux faussement vivipares
ou ovo-vivipares : tels sont les vipères, plusieurs pois-
sons, etc.
Les vrais vivipares sont seulement les mammi-
fères (i); leur germe n'est pourvu d'aucune provision
alimentaire; il faut qu'il pompe tout son accroissement
(i) L'éntissole lisse de J. Muller , parmi les poissons, flont l'œuf est
pourvu d'un placenta vasculaire, qui s'attadie aux parois de la matrice
et ne diffère de celui des mammifères qu'en ce qu'il est vitellin, au lieu
d'être allantuïdien, Pst ;iussi vivipare, sous ce rapport, qu'un mammifère
monodelphe , et plus qu'un mammifère didelphe ou monolrème, dont
l'œuf ne contracte aucune adlif-r^nce avec l'utérus. D.
GÉNÉRATION EN GÉNKBAL. 9
dans les sucs de sa mère; pour cet effet, il s'attache à
la face interne de la matrice , et quelquefois , par acci-
dent, à quelque autre partie par une sorte de racine, par
une ramification infinie de vaisseaux nommée placenta.
11 n'en est donc point entièrement séparé par ses enve-
loppes, et il ne vient au jour que tout vivant et lors-
qu'il peut jouir d'une existence organiquement indé-
pendante. Il n'y a donc point d'œuf dans le sens où
nous avons pris ce mot tout-à-l'heure ; [ mais il y en a
un dans un sens plus large, ainsi que M. Cuvier lui-
même s'est efforcé de le prouver, après M. Dutrocbet,
en démontrant l'analogie de composition de l'œuf des
mammifères avec celui des oiseaux. ]
La génération se compose donc de quatre fonctions
partielles, subordonnées en importance et en géné-
ralité :
La production du germe, qui a toujours lieu;
La fécondation, qui n'a lieu que dans les générations
sexuelles;
L'accouplement, qui n'a guère lieu que dans les
générations sexuelles où la fécondation se fait dans le
corps ;
Enfin , la grossesse ou gestation, qui n'a lieu que dans
la génération vivipare.
Les organes se divisent naturellement d'après celles
de ces fonctions partielles auxquelles ils sont affectés.
La simple production de germe ou génération
gemmipare. pouvant se faire à tous les points du
corps, n'a point d'organe qui lui soit propre.
lia génération sexuelle exige un organe particulier
pour la production des germes [des ovules] , et un au-
tre pour celle de la liqueur fécondante.
10 XXXIie LEÇON. GÉNÉRATION 3ES VEBTÉBRÉS.
L'accouplement suppose des moyens d'union.
Enfin, ^a gestation a besoin d'un réceptacle con-
venable au séjour des fœtus.
Il y a donc des organrs producteurs et conservateurs,
des organes d'accouplement et des organes éducateurs.
Les deux premières classes se divisent en organes
mâles et femelles ; la troisième n'appartient qu'aux
femelles (i).
DEUXIÈME PARTIE.
DES ORGANES PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS INTÉRIEURS
CHEZ LES FEMELLES DES ANIMAUX VERTÉBRÉS.
Les organes préparateurs sont de deux sortes,
suivant qu'ils appartiennent aux mâles ou aux femelles.
Les premiers préparent la semence, ou quelque autre
humeur avec laquelle celle-ci doit être mélangée , ou
la tiennent en réserve. Les seconds servent au déve-
(i) Nous verrons que, parmi les poissons de l'ordre des lophobranches,
les syngnathes mâles sont chargés de la gestation des œufs , suivant les
observations de MM. Eckstroem, Retzius et Siebold.
Les géne'ralités que Ion vient de lire sont tout entières de la rédac-
tion de M. Cuvier. Je n'ai pas c/ru devoir y rien changer , sauf quelques
désignations devenues trop générales , par suite des découvertes de la
science, et les restrictions que j'ai dû exprimer dans les notes que j'ai
ajoutées.
Mais , comme un intervalle de près de quarante années sépare notre
première publication de la seconde, nous croyons devoir ajouter à celte
esquisse générale des fonctions de la génération des animaux, telle que
la science les concevait en i8o5, un résumé sur ces fonctions et leurs or-
ganes, tel que la science de i844 peut le présenter. On le trouvera à la
suite de notre trente -h uitièraç leçon. D.
ORGANES PRÉPARATEURS, ETC. 11
loppement et à la conservation des germes, [ ou du
moins des ovules.
Les uns et les autres peuvent être considérés comme
des organes de sécrétion des deux éléments qui doi-
vent entrer dans la composition de Tembryon, et
contribuer à son apparition.
Ceux qui appartiennent au sexe mâle sont les
glandes du sperme, de ce liquide fécondateur, dont
l'action sur les ovules, dans la génération sexuelle, est
indispensable pour que Fembryon s'y développe.
Les autres sont les organes préparateurs de ces
ovules, leurs organes de sécrétion; ce sont les glandes
ovigènes.
Les organes éducateurs des femelles des animaux
vertébrés sont les voies intérieures par lesquelles les
produits de ces glandes, les ovules ou les œufs, sont
portés au-dehors; de là le nom d'éducateurs qui leur
a été donné.
Nous aurons encore à décrire , comme organes
éducateurs extérieurs , dans notre xxxviif leçon, les
poches dans lesquelles les œufs de certains poissons
ou de certains reptiles sont placés après la ponte pour
le développement du fœtus, ou les poches de certains
mammifères marsupiaux, et les mamelles de toute la
classe. Nous étendrons même cette revue comparative
des organes extérieurs auxquels les œufs restent atta-
chés pendant le développement du fœtus, à tout le
règne animal.]
12 XXXII* lEÇON. GÉNÉRATION DES VERTEBRES.
ARTICLE I".
DES OVAIRES ET DES OVULES DANS LES MAMMIFERES.
L'existence des organes préparateurs femelles est
aussi générale que celle des organes préparateurs mâles.
Ce sont deux corps de même forme , grandeur et struc-
ture,et conséquemment symétriques, auxquels les phy-
siologistes modernes ont donné le nom d'oi^aires ^ afin
d'exprimer avec plus de justesse que leurs prédéces-
seurs, qui les appelaient testicules ( testes ), la fonction
à laquelle ils sont destinés. En effet, si leur structure,
considérée simplement dans Vhomme ou dans la plu-
part des mainniifères , pouvait laisser quelques doutes
sur leur fonction [avant les derniers progiès de la
science ] , il n'est plus possible de la méconnaître
dans les antres classes , tant cette structure s'y mon-
tre évidente. Dans toutes celles qui suivent la classe
des mammifères, l'ovaire ou les ovaires servent évi-
demment à l'accroissement et à la conservation des
germes, ou du moins des ovules qui doivent les contenir,
et qui s'y trouvent déjà tout formés avant les appro-
ches du mâle. L'analogie porte à croire que la même
chose a lieu dans les mammifères, et c'est ici peut-être
un des plus beaux résultats de l'anatomie et de la phy-
siologie comparées.
[Les progrès de l'anatomie ont même changé la con-
clusion de cette ressemblance, par analogie , en certi-
tude. Nous verrons tout-à-l'heure que l'ovaire des
mammifères est, comme celui des autres classes du
règne animal, l'organe préparateur ou sécréteur des
ovules, et dans lequel ils se développent pour l'époque
de leur fécondation.
ABT. 1. OVAIRES IJES MAMMIFÈBES. 13
Nous aurons donc à examiner dans cet article, i" les
organes préparateurs des ovules , ou les ovaires ; 2" leur
produit, ou les ovules aux différentes époques de leur
développement jusqu'à leur maturité.]
I. Des ovaires.
A. Dans l'espèce humaine.
Les ovaires sont placés de chaque côté , et à quel-
que distance de la matrice , dans l'aileron postérieur
de son ligament large. Ce prolongement du péritoine
les recouvre dans loute leur étendue, excepté du côté
inférieur, où ses lames s'écartent pour laisser aux
vaisseaux qui s'y rendent ou qui en viennent , un
passage libre. Ils tiennent encore à ce viscère par un
cordon cylindrique épais, et de nature fibreuse, qui
part de chaque côté de la matrice, en suivant le même
bord du ligament large dans lequel il est contenu, et
se joint à l'extrémilé interne de chaque ovaire.
Ils ont une seconde enveloppe qui leur est propre,
et peut être comparée à l'albuginée des testicules,
quoiqu'elle paraisse plus déliée. Leur volume est tou-
jours beaucoup plus petit que celui de ces derniers,
et varie avec l'âge. 11 est petit dans les enfants; il
grossit beaucoup à l'âge de puberté, et diminue de
nouveau chez les personnes âgées. Leur forme est
celle d un ovale , ou plutôt d'un demi-ovale , dont le
bord droit regarde en bas , et dont la partie convexe
est supérieure. Ils ont la surface fréquemment inégale,
ce qui est dû à des espèces de cicatrices qui sont plus
ou moins nombreuses, suivant les individus, et à des
corps ronds que nous décrirons tout-à-l'heure , et qui
la rendent bosselée. Les premières ne se trouvent que
14 XXXIl* LEÇON. GÉNÉRATION DE VERTÉBRÉS.
chez les femmes adultes. On eu a conclu qu'elles
étaient les traces du passage des germes, sortis hors de
lovaire dans le moment de la conception. Nous som-
mes portés à le croire, quoiqu'on objecte à cette opi-
nion que ces cicatrices se trouvent également chez les
femmes qui n'ont pas conçu. Nous (i) en avons vu
plusieurs, à la vérité, sur les ovaires d'une personne
de vingt-sept ans, dans laquelle la membrane de Thy-
men subsistait encore dans toute son intégrité ; mais
ne peut-on pas répondre, que citez les femmes^ les plai-
sirs solitaires peuvent produire quelquefois le même
effet que le coït^ la sortie des germes hors de t ovaire?
Tia même cause détermine chez l'homme l'expulsion
de la semence. Bien entendu que^ dans ce cas, ces
germes se perdent pour n'avoir pas été fécondés (2).
Pour que l'objection fût valable, il faudrait donc citer
des observations analogues chez les animaux. Nous
n'en connaissons aucune ; tou^s les fois , au contraire ,
que nous avons eu l'occasion de disséquer des femelles
vierges de mammifères, leurs ovaires ne nous ont fait
voir aucune cicatrice.
L'intérieur des ovaires renferme des vésicules dont
le nombre, la disposition et la grandeur varient beau-
coup. Quelques anatomistes prétendent en avoir
compté jusqu'à cinquante. Haller n'en a jamais vu plus
de quinze à la fois. Elles ne sont pas toutes de même
(i) M. Duvernoy. — (2) Voilà, j'espère, d'une manière bien explicite, la
ponte sans fécondation , dans l'espèce humaine, que j'avais admise et re-
connue dans ma rédaction, et admise positivement, dés i8o5, dans un
^as particulier. 11 n'y avait qu'un pa» à faire pour l'adopter généralement,
à l'époque de la maturité des ovules. D.
ABT. I. OVAIBES DES MAMMIFÈKES. 15
frrandeiir; les plus grosses sont ordinairement placées
plus près de la surface , qu'elles rendent quelquefois
très inégale. Ces vésicules contiennent une humeur
blanchâtre, rarement jaunâtre , qui se coa^i^ule facile-
ment par la chaleur, l'alcool et les acides. On les aper-
çoit déjà dans les enfants de quelques années. Rare-
ment les trouve-t-on vides. Elles se changent fréquem-
ment, chez les vieilles personnes, en tubercules durs
et comme squirrheux. Outre ces vésicules, dans les-
quelles les germes sont probablement j^en/ermés , les
ovaires ne paraissent formés que d'une substance spon-
gieuse , fibro-celluleuse , sorte de [gangue des vésicu-
les , et d'un grand, nombre de vaisseaux sanguins et
des nerfs qui leur donnent la vie.
Leurs artères et leurs veines sont parfaitement ana-
logues aux veines et aux artères des testicules chez
1 homme. Gomme dans ce dernier, les veines sperma-
tiques forment , au sortir de l'ovaire , un plexus très
compliqué; mais les artères, qui ont beaucoup moins
de chemin à parcourir pour y arriver, sont assez
flexueuses dans leur marche.
[ La gangue ( le stroma des anatomistes allemands ),
dans laquelle les vésicules de Graaff sont enfouies et
se développent, est un tissu fibro-celluleux jaunâtre,
composé de fibres arrangées par couches. Les vésicules
y sont contenues dans des cavités de même forme
et volume qu elles. Les ramuscules des vaisseaux san-
guins de l'ovaire pénètrent ce tissu , circonscrivent les
dernières cavités et se distribuent sur les parois des
vésicules.
L'ancien texte qui précède , et que j'avais rédigé
d'après ma propre manière de voir, adoptée d ailleurs
16 XXXll* LEÇON. GÉNÉUATION DES VERTÉBRÉS.
par M. Guvier (i), était bien rapproché des doctrines
actuelles de la science. Il exposait clairement la ponte
ou la sortie des {germes ou des ovules, indépendam-
ment de toute fécondation, mais seulement dans un
cas déterminé , et conduisait directement et prochai-
nement à l'idée de la ponte des ovules, par la rupture
spontanée de ces plus grosses vésicules, parvenues à la
surface de Tovaire à l'instant de leur plus grande ma-
turité. Il montrait les recherches à faire pour décou-
vrir, dans les vésicules de Graaff, remplies d'un li-
quide albumineux, ces germes ou ces ovules qui y
sont positivement indiqués.
Il est démontré, en ce moment, que les vési-
cules de Graaff, que nous avions dit renfermer les
germes ou les ovules, sont, pour les mammifères^
ce que l'ovule des oiseaux est dans son calice de l'o-
vaire : seulement , au lieu d'avoir leurs parois appliquées
de toutes parts immédiatement sur les ovules, qui sont
proportionnellement plus grands chez les oiseaux, les
parois de ces folHcules renferment un liquide albu-
mineux dans lequel est plongé un très petit ovule,
qui est loin conséquemment de remplir la cavité de
la vésicule. ]
B. Dans les autres Mammifères.
Les ovaires ont une structure parfaitement analogue
à ceux de la femme , et ne varient guère que dans leur
forme et leur volume, ainsi que dans le nombre et la
grandeur des vésicules qu'ils renferment. Leur volume
proportionnel ne nous a pas semblé plus considérable
que dans l'espèce humaine, même chez les animaux
(i) Voir page 7.
ART. I. OVAIHKS DES MAMAllt ÈRKS, 17
les plus féconds. Leur forme est souvent plus arrondie,
et leur situation plus rapprochée de la matrice ou du
sommet de ses cornes.
Le nombre des vésicules a paru généralement beau-
coup moins considérable dans les ovaires des animaux
disséqués pendant la gestation ; on y remarque à cette
époque un ou plusieurs corps jaunes, dont le nombre
égale toujours celui des fœtus, Gi qui occupent In place
des vésicules qui se sont vidées pour la conception. Ces
corps, qui ne semblent d'abord qu un ëpaississement
des pu rois des vésicules, grossissent à mesure que la
gestation avance, et prennent quelquefois le volume
d'une cerise.
[Cette dernière assertion , pour être exacte , doit être
complétée ou développée. Pour la sortie des ovules,
et après leur expulsion , la vésicule de Graaff éprouve
une sur-excitation inflanunatoire qui injecte extraordi-
nairement ses vaisseaux , la remplit d'un liquide san-
guinolent, lui donne une couleur de sang, augmente
son volume et l'épaisseur de ses parois. Ces change-
ments coïncident avec les premiers temps de la ges-
tation ; mais après être parvenue au plus haut degré de
cette sur-excitation, la vésicule de Graaff perd peu
à peu sa couleur, devient successivement orangée,
jaune clair, en même temps que son volume diminue
et finit par ne plus être qu'une légèie bosselure, avec
une cicatrice (i).
(i) M. Pouchet, professeur à Rouen, a mis en ëvideiiee tous les détails
(le ce-; cliangemer.ls dans de très belles ligures colorifes , faites par lui
d'après nature, et qui t'ont partie d'un nietiioire qu'il a adressé à l'A-
eadéuiie des sciences au mois d'aviil i844« i^ous avons été à même
d'eu apprécier tout le mérite. D.
8. 2
18 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VEBTÉBBÉS.
Nous avons démontré plusieurs fois dans nos cours
au Collège de France, sur des ovaires de chatte et de
lapine, cet état de sur-excitation des ovaires, à l'époque
du rut, et la congestion de leurs vaisseaux sanguins,
particulièrement autour des plus grosses vésicules de
Graaff.]
Dans plusieurs mammifères nous avons trouvé que
les vésicules formaient la très grande partie de l'ovaire.
Ce dernier avait, dans la civette , sa surface toute bos-
selée, et ne semblait qu'un paquet de petits corps sphé-
riques.
Celui du hérisson ressemble à une grappe.
Cela était encore plus marqué dans le sarigue , dont
l'ovaire n'était presque qu'une agglomération des vési-
cules de Graaff.
[Chez les monotrêmes ^ les ovules de différentes
grandeurs, y compris leur capsule, sont encore plus
distincts et séparés ; leur ensemble donne à l'ovaire
de ces animaux encore une plus grande ressemblance
avec celui des oiseaux.
Le développement inégal des deux ovaires, dont
le droit reste beaucoup moins développé que le gau-
che , donne à cette ressemblance un caractère plus
singulier (i).
Les proportions de la substance fibro-celluleuse ( le
stroma des physiologistes allemands ) qui entre dans
la composition des ovaires , relativement à celle des
ovules, varie singulièrement d'un mammifère à l'autre,
(i) Voir notre mémoire sur les organes de la génération de \omitho-
rhynque et de l'échidné^ imprimé parmi ceux de la Société d'histoire
natur. de Strasbourg, t, I, 1 834.
ART. 1. OVAIRKS DES MAMMIFÉRBS. 10
et donne à l'ovaire , à mesure qu'elle diminue, de plus
en plus de ressemblance avec celui des oiseaux , en dé-
gafjeant ces corps de la matière qui les enfouit, pour
ainsi dire, dans l'ovaire de la femme.
C'est cette ressemblance que nous avions indiquée
dans le texte qui précède , et qui va en augmentant
de la civette au hérisson^ et chez les didelphes; qui
devient encore plus complète chez les monotrémes ;
c'est encore la présence des corps jaunes, ou des
cicatrices chez les filles vierges , qui nous a donné
l'idée de la ponte des œufs chez les mammifères , in-
dépendamment de toute copulation , de toute fécon-
dation.
En parlant, dans notre cours de 1840, leçon du
i5 janvier, des oiseaux domestiques qui pondent leurs
œufs sans fécondation préalable , le souvenir de ces
cicatrices dans les ovaires des filles vierges , et 1 analo-
gie de composition des ovaires dans les deux classes
nous ont déterminé à professer cette doctrine, qui pa-
raît devoir être généralement adoptée, et dont plu-
sieurs physiologistes revendiquent l'idée première.
Elle était en germe , on ne peut le nier, dans notre
texte de i8o5 ; la découverte positive des ovules, dans
les follicules de Graaff , devait la faire éclore tout na-
turellement (1).
Les ovaires de beaucoup de mammifères , des carni-
(i) On la trouve dans une dissertation soutenue à Paris en 18A1 par
M. G. Billon, et dans laquelle l'auteur cite MM. Négrier et Gendrin,
comme ayant montré que chaque menstruation amène périodiquement
une vésicule deGraaff à parfaite maturité. ÏM. Pouchet l'a développée dans
su Théorie positive de la fécondation des mammifères, Paris, 1843, et
M. Bischoff l'a démontrée, qn^i843, par l'observation et i'expérienre,
b
20 XXXII' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
vorts eu particulier, y compris les phoques et ceux
des c/iaiives-souris ^ sont enveloppés dans une poche
ou une capsule formée par le ligament du péritoine
qui renferme l'oviducte, et qui se déploie autour de
l'ovaire. Cette disposition, sur laquelle nous revien-
drons en parlant de ce tube conducteur des ovules,
met en rapport plus intime son orifice avec les œufs
qui se détacLeut de l'ovaire. Nous avons constaté
l'existence de cette capsule dans le chien et le chat.
Déjà Albers ^ en 1806, l'avait indiquée dans le
phoque. Plus tard, M. Weber l'a décrite dans la loutre;
Trevirunus dans \a. fouine ; R. Wagner dans \ hermine
et même dans la chauve-souris (i).]
II. Des ovules , produit des glandes ovigènes.
[En procédant, comme nous l'avons fait constamment
dans nos comparaisons , de l'espèce humaine et des
mammifères, aux oiseaux, aux reptiles et aux poissons,
nous partions , pour la connaissance des ovules , de
l'organisation où ils étaient , à cause de leur extrême
petitesse, beaucoup plus difficiles à découvrir et con-
séquemment à décrire. Cette connaissance est cepen-
dant aussi avancée, eu ce moment, que celle des ovules
appartenant aux autres classes.
Nous aurons à les montrer se développant , et par-
venus à leur dernier degré de maturité, ainsi que leur
composition à cette époque , avant l'imprégnation.
Les vésicules de Graaff, dont se compose essentielle-
ment l'ovaire des mammifères, sont comparables, nous
(1) Voir Muller, Archives de physiot. pour 1826, p. io5; id., IV, p. 7,
VIII, p.366,etTreviranus, Zeltsclii-iftfur Physiol., t. I, i8o,et M.R.Oweri,
J^roceedings of the committe e ofzool. soc, 1. 1, Sg.
ART. I. OVULES DES MAMMIFÈRES. 21
l'avons déjà dit, aux ovules de différentes grandeurs
qui composent la grappe de l'ovaire des oiseaux. L'en-
veloppe de ces vésicules, ou la memi3raue qui con-
stitue leurs parois , répond à la capsule qui renferme
Fovule des oiseaux. C'est l'enveloppe nourricière des
ovules appartenant à l'ovaire; elle est entourée, à l'ex-
térieur, d'un réseau de vaisseaux sanguins; tandis
que sa paroi interne est toute veloutée. La capsule de
l'ovule, chez les mammifères, ne serre pas de près cet
ovule, comme chez les oiseaux; elle renferme, avec lui,
un liquide granuleux, albumineux, dont les grains ,
réunis par une viscosité, touchent de plus près la sur-
face de l'ovule.
Les vésicules deGraaff , ou les ovules avec leur cap-
sule, paraissent de très bonne heure dans l'ovaire des
mammifères. Nous avions dit, dans notre ancien texte,
qu'elles sont évidentes chez les enfants de quelques an-
nées. Tia découverte des ovules chez les adultes a con-
duit à les rechercher chez les jeunes animaux, ou même
dans l'espèce humaine. On les a trouvés existants chez
une jeune fille de quatre ans; chez une autre qui n'avait
que dix-huit mois, et même chez un enfant mort quatre
jours après la naissance ; enfin chez un fœtus de vache
à terme ( i ) .
11 était naturel d'en conclure que les ovules se pré-
parent dans l'ovaire , et se forment déjà avant la nais-
sance , chez les individus femelles.
Nous verrons bientôt que, chez les fœtus de pois-
sons, l'ovaire , à peine formé, montre des granulations
qui ne peuvent être que des ovules.
(i) M. Caru?^ j-lnnnlp<; des sciVkcp? iiriturellea, ^î'sf'ric,!. Vil, p. 3f)j, 1837.
22 XXXII" LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
Leur développement semble coïncider avec celui de
l'organe daus lequel ils apparaissent et qui les produit.
L'ovule mûr des mammifères se compose, avant
l'imprégnation, comme celui des oiseaux, d'une sphère
germinative, dans laquelle on remarque un point obscur
ou opaque, la' tache germinative, tandis que le reste de
son contenu est un liquide limpide et transparent ,
probablement albumineux. L'enveloppe membraneuse
de cette sphère intérieure est également transparente.
Cette première sphère , en procédant de l'intérieur
àl'extérieur, est enveloppée dans une autre plus grande,
renfermant un liquide granuleux : c'est la sphère vitel-
line ou nutritive. Cette sphère a de même son enve-
loppe , sa membrane vitelline. Celle-ci est épaisse,
hyaline, chez les mammifères, et se présente autour
de l'ovule, observé au microscope, sou>s l'aspect d'une
zone transpai'ente : de là le nom de zona pellucida ,
que lui ci donné M. de Baër.
L'ovule mûr est adhérent à la partie libre de la vési-
cule de Graaff; on peutl'apercevoir à travers la mem-
brane péritonéale de l'ovaire et la paroi propre de
cette vésicule.
Celle-ci est tapissée, pour ainsi dire, d'unemembrane
granuleuse, dont les granules , ou plutôt les cellules ,
plus nombreuses, plus serrées autour du point de con-
tact de l'ovule , forment le discus prodigerus de M. de
Baër. L'ovule sorti récemment de son calice serait tou-
jours avec ce disque ou cette portion de la membrane
granuleuse qui lui est adhérente ( i ).
(i) Traité du développement de l'homme et des mam.mifères ^ p. 7 ef
suiv., par F. -L.-G. Rischoff. Paris, i84.3 ; et Mémoire sur la maturation
ART. I. OYULES DES MAJMMIFÈRES. 23
L'ovule des mammifères, ayant très peu de substance
vitelline , se distingue par son extrême petitesse.
Il atteint à peine un cinquième de millimètre dans
l'espèce humaine , et n'est souvent que d'un huitième
ou d'un dixième de millimètre.
Dans la brebis et la chienne dépouillées du disque
prohgère, il n'est que de 1/6 au plusj dans la traie ^
que de 1/8 de millimètre.
La connaissance de l'ovule et de la signification exacte
des vésicules de GraaffesX. une découverte de nos jours,
quoique le célèbre physiologiste hollandais ait mis
sur la voie depuis le xvii« siècle.
Il démontra, à cette époque, la conformité de l'o-
vaire des mammifères avec celui des oiseaux ; mais il
confondit la capsule de l'ovule avec l'ovule lui-même.
Avant lui, ïovaire étaitcomparé au testicule; dénomi-
nation erronée, que Buffon avait adoptée de nouveau,
en faisant ainsi reculer la nomenclature.
Malpighi prévoit l'existence de l'ovule; il dit qu'il
apparaît dans le corps jaune et qu'il passe ensuite dans
la trompe; il affirme même l'avoir vu une fois.
Haller ne parvient à découvrir qu'une gelée dans la
trompe.
Haigton , dans un mémoire contenant le récit d'ex-
périences sur la fécondation des animaux, publié en
i^g-j dans les Transaclions philosophiques ^?i siugu-
lièrement approché du but. 11 a vu chez une lapine,
48 heures après le coït , qu'une matière demi-transpa-
rentCj ayant la consistance de la colle, était prête à
et la chute périodique de l'œuf de l'homme et des mammifères ., etc. , par
le jnéme ; Annales des sciences naturelles , 3* série, août et septembre 1 844»
24 \XXÏI« LEÇON. GÉNÉRATION DES VEBTÉBBÉS.
sortir des vésicules. Cette matière était certaiaemetjt
un ovule. Soixante heures après le coït, le fj;erme, dit
Haigton^ était sorti des vésicules : on pouvait intro-
duire une soie de cochon par l'ouverture.
Dans le précédent article, on a pu se convaincre
combien notre description des ovaires et des vésicules
de Graaff se rapprochait de l'état actuel de la science.
Il fallait cependant montrer ce germe ou cet ovule ,
que Malpi^hi disait avoir vu une fois ; que son disciple
Fnlisnieri n axait pu trouver; qaHaigto/i avait pris
pour une gelée demi-transparente. Ce sont certaine-
ment MM. Prei'ost et Dumas c^ui l'ont aperçu et décrit
les premiers, avec son disque proligère (i), sans ce-
pendant le reconnaître positivement , mais seule-
ment avec doute. C'était en 1824 que ces jeunes sa-
vants publiaient cet aperçu si intéressant. Eu 182*7,
M. de Baêr observait les ovules hors de la vésicjde de
Graaff, et leur marche le long des trompes jusque dans
la matrice. Il reconnaissait et nommait la zone transpa-
rente, le disque proligère.
11 s'agissait enfin , pour compléter la découverte de
MM. Prévost et Dumas, et de Baèr, de bien déterminer
la composition de l'ovule des mammifères et de mon-
trer que cette composition était analogue à celle de
l'ovule des oiseaux , dans lequel Purkinje avait décou-
vert la vésicule ger mi native et R. Wagner la tache
germinative.
C'est à M. Goste que la science doit d'avoir reconnu
( I ) « A la partie supérieure de l'ovule , on remarque une espèce dV-cus-
» son rotonneux. plus épais, et marqué d'un fjrand nombre de petits
» mamelons, » Annales des sciences naturelles , t. III. p. i?.5.
ART. II. ORGANES ÉDUCATEURS INTERIEURS. 25
de même dans l'œuf des mammifères, plus [)articiiliè-
remeot dans l'ovule de la brebis et du lapiii, la vésicule
germinative contenue dans le vitellus.
M. Bernhaidt, élève de M. Purkinje^ publiait, peu de
temps après l'annonce de la découverte de M. Goste ,
beaucoup d'observations sur cet ovule, dans un grand
nombre de mammifères, et donnait les mesures de ses
différentes parties (i).]
ARTICLE II.
DES ORGAXES ÉDUCATEURS INTÉRIEURS CHEZ LES MA5IMIFÈRES, OU
DU CANAL EXCRÉTEUR DES GLANDES OVIGÈNES, C'EST-A-DIRE DE
LA VOIE PAR LAQUELLE LES OMJLES SONT PORTÉS DANS l'ORGANE
d'incubation, et DESCRIPTION DE CET ORGANE.
[Les organes éducateurs dirigent vers l'ovule la se-
mence du mâle, lorsque la fécondation est intérieure;]
ils reçoivent le germe ou l'œuf qui s'est détaché
de l'ovaire, le (conservent plus ou moins longtemps,
servent d'une manière directe ou indirecte à sa crois-
sance, et le transmettent au dehors; ou bien enfin ils
fournissent une nourriture au petit sorti du sein de sa
mère, et servent même à le loger, lis sont donc inté-
rieurs ou extérieurs.
En général, les organes éducateurs intérieurs peu-
vent aussi être distingués en deux sortes : les uns sont de
simples canaux à travers lesquels le germe ou l'œuf
doit passer, soit pour être transmis au dehors (l'œuf),
soit pour arriver dans les organes de la seconde sorte.
Ceux-ci sont des espèces de poches plus ou moins di-
(i) Svm/joUe ad ovi inanimalium hi.storiani anle pra?ffnaticnem scripsit
Dr. A. r>ei nhanlt. Vraùslavice , \ 83 j.Voir encore, sur l'ovule de-; mammi-
fères, uii Liiémnitc <\f M. Kratiic (/ircliiiiffs de J. Afiillcr pour 183^, p. 26),
26 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBBÉS.
latables, sur les parois desquelles le germe s'attache,
le plus souvent, par des vaisseaux qui servent à le
nourrir, et qui le conservent ainsi jusqu'à ce qu'il ait
pris un certain degré d'accroissement.
Les premiers se rencontrent dans les quatre classes
des animaux vertébrés. Ils portent le nom de trompes
dans les mammifères , et à^oviductes dans les trois au-
tres classes. Les derniers n'existent que dans les mam-
mifères : c'est leur utérus.
[L'épithète ai éducateurs donnée aux organes qui se-
ront décrits dans cette leçon, s'y trouvera donc appliquée
dansson sens propreet dans sonsens figuré. En effet elle
servira à désigner des canaux qui conduisent directe-
ment l'œuf ou le foetus à terme hors du corps de la
mère. Elle y sera encore employée dans son sens figuré,
puisqu'elle comprendra des oiganes qui serviront au
développement du germe et à le conduire en partie
ou complètement hors de la vie fœtale.
En ayant égard aux analogies, aux ressemblances, en
général , plutôt qu'aux différences qui viennent d'être
exposées dans notre ancien texte , nous adopterons
une nomenclature qui fera mieux sentir ces rapports
importants.
Pour nous, la partie de l'oviducte où s'arrête l'œuf
des ovo- vivipares pour s'y développer, sera \oviducte
incubateur ^ parce que c'est dans cette partie que s'o-
père l'incubation. En suivant cette nomenclature chez
les mammifères, nous verrons que l'utérus est Tanalo-
gue de l'oviducte incubateur des ovo-vivipares; nous
le désignerons aussi par la même dénomination.
Le canal excréteur des glandes ovigènes, ou l'ovi-
ducte, répond au canal excréteur des glandes sperma-
gènes , ou canal déférent , dans le sexe màie.
ABT, II. OBGANES ÉDUCATEURS INTÉRIÈtJBS. 27
L'oviducte, dans les oi^ipares ^ les trompes de Fal-
lope , chez les mammifères , forment la voie par
laquelle les ovules ou les œufs , fécondés ou non fé-
condés , sont portés hors de l'ovaire. Si la fécondation
des ovules n'a pas eu lieu dans l'ovaire, elle peut s'opérer
en chemin dans leur canal excréteur; ou bien il les porte
dans les organes ou dans les lieux où cette fécondation ,
puis le développement du germe, doivent s'effectuer.
Chez quelques espèces des classes ovipares, la voie
que suit plus généralement l'œuf, pour être porté au
dehors, devient un organe d'incubation dans lequel le
germe de cet œuf se développe.
L'œuf s'y complète d'ailleurs, dans la plupart des
cas , en y prenant un supplément d'humeurs nutritives,
et en s'enveloppant des substances plus ou moins so-
lides qui doivent former sa sphère protectrice.
Il est rare que le canal excréteur de la glande ovi-
gène soii continu avec cette glande comme celui de la
glande spermagène. Cette circonstance organique
n'existe , parmi les vertébrés , que dans la classe des
poissons.
Dans des cas plus rares, la voie de transmission des
œufs de l'ovaire hors du corps de la femelle n'appar-
tient plus à l'appareil générateur : c'est lorsque l'œuf
tombe , comme cela a lieu chez quelques poissons de
son organe piéparateur dans la cavité abdominale ,
d'où il est expulsé au dehors à travers des orifices par-
ticuliers de cette cavité.
Les organes éducateurs intérieurs se divisent , chez
tous les mammifères , d'une manière plus ou moins
tranchée, i° en conduits de transmission de la semence
vers les ovules, qui sont aussi les conduits de transmis-
28 XXXITe LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
sion des ovules, depuis les ovaires dans les cavités où
doit s'effectuer l'incubation intérieure, et 2° en ces
dernières cavités.
Nous les distinguerons donc naturellement , d'après
leur lonction et leur organisation, en oviductes pro-
pres et en oviductes incubateurs ?\
I. Des oviductes propres ou des trompes dé V utérus.
Les trompes de l'utérus, dites <:/e Falîope ., sont,
dans la /ë/??/72(?, deux conduits tortueux , dont le dia-
mètre égaie à peine celui d'une petite plume à écrire ,
et qui s'étendent de chaque côté de l'utérus jusqu'aux
ovaires, enveloppés par l'aileron antérieur du ligament
large. Leur canal s'ouvre dans l'angle supérieur de la ca-
vité de la matrice : fort étroit dans son commencement,
il s'élargit ensuite jusque près de son autre extrémi,té ,
où il perd de nouveau un peu de son diamètre. Ses
parois sont formées d'une membrane propre, cellu-
leuse ; sous laquelle rampe une couche de vaisseaux
qui, lorsquils se gonflent, produisent une certaine
érection dans la trompe , puis d'une membrane interne,
analogue aux muqueuses, et qui tapisse 1 intérieur de
la matrice. Cette membrane se prolonge hors de la
trompe , se modifie en membrane péritonéale , pour se
développer en espèce d'entonnoir et constituer en
partie une sorte de pavillon , dont les bords sont
découpés , et qui a reçu , à cause de cela , le nom de
^ corps frangé. " On y remarque des ramifications de
vaisseaux et des stries longitudinales, que plusieurs an-
thropbtomistes pensent être de nature musculaire.
Elles servent , disent-ils , à rapprocher la trompe de
l'ovaire, lorsqu'un germe doit se détacher de ce der-
nier pour passer dans la trompe.
AHT. II. ORGANES ÉDUCATEUBS INTEBIEUBS. 29
Les trompes de Fallope, [ou les oviductes propres ,
ont généralement , dans les mammifèies ^ la forme
de tubes grêles, dont le diamètre est toujours très
petit, et proportionné à la petilesse de l'ovule qu'ils
doivent transmettre à l'oviducte incubateur.] Il ne
paraît pas croître avec le volume de l'animal.
[Ces tubes ou ces trompes, situés près des ovaires,
commencent de ce côté par un orifice élargi , évasé,
qui est entouré d'un repli frangé , dont une des franges
se continue avec l'enveloppe péritonéale deTovaire.
Nous avons déjà dit, en parlant de l'ovaire, que ce-
lui des carnassiers était pour ainsi dire enfermé dans
une pocbe , qui n'est autre cbose qu'un développement
du pavillon de la trompe, produisant une liaison plus
intime entre le pavillon et la glande ovigène.]
Ces tubes conducteurs aboutissent, cbez les mammi-
fères dont la matrice est divisée en cornes , à le.xtré-
mité de celles-ci j ils sont très repliés, dans le court
intervalle qui existe entre le sommet de ces cornes et
l'ovaire. [Cette circonstance prouve, il me semble,
que ce ne sont pas de simples conduits de transmis-
sion , mais que les ovules doivent y recevoir des modi-
fications qui exigeaient qu'ils y séjournassent plus long-
temps que cela n'aurait été nécessaire pour passer de
l'ovaire à travers le court espace qui le sépare du som-
met de la corne utérine.] Les trompes ont-elles réelle-s,
merît des fibres musculaires, comme l'assurent plusieurs
anatomistes, entre auîres Haller? Il les a vues s'agiter
d'un mouvement vermiculaire lorsqii il les excitait par
des stimulants.
[On attribue plutôt, depuis la découverte des cils
30 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS,
vibradîes, leurs moyens de transmission des ovules à
Texistence de ces cils , dont leurs parois intérieures
seraientp ourvues.J
II. De la seconde partie des organes éducateurs inté-
rieurs des mammifères , oa de celle qui sert à t incuba-
tion des œufs.
[La seconde partie des oviductes, chez les mammi-
fères, l'oviducte incubateur ou l'utérus , n'est pas
toujours double , comme la première. Dans l'espèce
humaine , et chez les si/iges , ce n'est que dans le foetus
qu'on aperçoit des traces de cette duplicité par la bi-
furcation profonde que montre l'utérus à cette époque
de la vie. Mais à l'âge adulte , cette bifurcation a
disparu , et l'utérus n'offre qu'un organe unique , avec
une cavité simple dans laquelle viennent s'ouvrir les
deux oviductes propres.
C'est dans des cas extraordinaires de monstruosités
qu'il faut aller chercher ce que l'on retrouve dans le
plan normal généralement double de l'organisation des
oviductes incubateurs, continuation des oviductes con-
ducteurs; je veux parler des matrices doubles, dont
les observateurs ont constaté dans l'espèce humaine
plusieurs exemples très remarquables (i).]
A. Dajis r espèce humaine.
^ L'oviducte incubateur unique, ou l'utérus de la
femme, est entièrement situé dans la cavité du petit
bassin, entre la vessie urinaire et le rectum, de manière
(i) M. Délie Cliiaje, entre autres , dans ses Dissertationi anaiomico-pa'
tholosiche. Napoli, i834. Voir encore les Cotisidérations sur la sphère
génitale mojewne par M. J. Dumas. Montpellier, i844-
ART. II. OBGANES ÉDUCATEURS INTÉRIEURS. 31
que son fond regarde en baut et son ouverture en bas.
Le péritoine qui le recouvre le retient dans cette posi-
tion par quatre petits prolongements qui vont à ces deux
organes , sous les noms de ligaments antérieurs et pos-
térieurs. Deux autres replis de la même membrane
servent encore à cet usage ; ils partent des côtés de ce
viscère et vont se fixer sur ceux du bassin : ce sont les
ligaments larges , qui renferment dans leur épaisseur
les trompes et les ovaires , ainsi que les vaisseaux et les
nerfs de l'utérus. Enfin, il est encore assujetti par les
ligaments ronds, composés de vaisseaux sanguins et
d'un tissu cellulaire serré, qui s'attachent à la matrice
en avant et un peu au-dessous des trompes de Fallope ,
descendant jusqu'à l'anneau sus-pubien , qu'ils traver-
sent, et au-delà duquel ils se perdent. On distingue
deux parties dans ce viscère, son corps et son col. Le
dernier est embrassé par le vagin, et fait une saillie
dans sa cavité , appelée le museau- de tanche ; il est
à peu près cylindrique. Le premier , au contraire , est
de forme ovale, un peu aplati cependant d'avant en
arrière, et plus large vers son fond. Sa cavité est petite,
comparée au volume de l'utérus, et à peu près trian-
gulaire; les deux angles supérieurs conduisent dans
les trompes par une ouverture très fine , tandis que
l'angle inférieur s'ouvre dans la cavité du col, qui n'est
réellement qu'un prolongement de la première ; elle
communique dans le vagin par une fente transversale,
dont les bords sont ordinairement déchirés chez les
femmes qui ont eu des enfants. Les parois de lutérus
sont extrêmement épaisses , particulièrement dans le
corps; elles paraissent formées d'un tissu extrêmement
dense et résistant, dans lequel il existe une grande
32 XXXI 1* LEÇON. GJÎiNÉaATlON DES \ERTÉBRÉS.
proportion de fibrine, d'après les expériences chi-
miques foites par M, Schcvilgué. I^a cavité de l'utérus
est revêtue, comme celle du vagin, d'une membrane
muqueuse, extrêmement fine et adhérente. On y re-
marque , particulièrement dans la cavité du col , des
lacunes ou petits culs-de-sac qui se remplissent de
mucosités, et des rides irrégulières, qui de l'intérieur
du col semblent se ramifier sur les deux faces de la
cavité du corps.
Une petite partie des artères de l'utérus vient des
spermatiques; les autres tirent leur origine des artères
utérines, dont les ramifications sont très flexueuses.
Les veines de cet organe répondent aux artères. Ses
nerfs viennent du grand sympathique et des paires
sacrées.
B. Dans les autres nuiminijères.
L'utérus des mammifères varie à beaucoup d'é-
Tjards. En considérant d'abord sa forme et sa cavité,
nous le trouverons simple^ compliqué^ double, ou
même triple^ et quadruple , et à la fois compliqué.
11 est simple dans les singes , les cdentcs et les tai-
digrades , comme dans la femme, car nous n'adoptons
pas ici comme une division réelle la distinction que
l'on fait de la cavité du col avec celle du corps de ce
viscère. Sa forme générale est ordinairement plus
allongée dans les singes que dans la femme. Le corps
est bien arrondi, et il se distingue du col par un
étranglement pins ou moins marqué.
Dans les tardigrades et les ëdentès , il est de forme
triangulaire.
Les makis , parmi les quadrumanes ; les car/iassiers ,
ART. II. ORGANES ÉDUCATEURS INTÉRIEURS. 33
excepté les Didelphes ; la plupart des Rongeurs , les
Pachydermes, les Ruminants, les solipèdes, les Amphi-
bies et les Cétacés ont, au contraire, un utérus [plus ou
moins profondément bifurqué , et conservant, dans
une partie de son étendue , la duplicité des oviductes
propres, qui viennent s y rendre au sommet de
chacune de ses divisions.] La partie qui répond au col,
lorsque ce viscère est simple, est également sans divi-
sions dans ces cas ; mais le corps est constamment
séparé en deux cornes, dans une partie de son éten-
due , ou dans toute sa longueur. Il est peu divisé
dans les //?a/7>, et semble seulement bilobé; dans les
autres mammifères que nous venons de nommer, les
cornes sont ordinairement fort allongées, et elles excè-
dent souvent trois fois, et même plus, la longueur du
col. Ce dernier est réduit à un simple anneau dans
\ agouti, le paca et le cochon d'Inde , chez lesquels on
arrive dans l'une ou l'autre corne, immédiatement après
avoir dépassé le bourrelet qui entoure l'orifice de la
matrice. Ce bourrelet n'existe même pas dans \e Heure et
le lapin, et chaque corne forme un canal séparé qui a
dans le vagin un orifice distinct : leur matrice est donc
réellement double, \ei il y a, chez ces derniers animaux,
deux oviductes incubateurs, comme deux oviductes
conducteurs.]
Enfin les Animaux à bourse nous fournissent des
exemples à'nne matrice triple ou quadruple, et à la fois
compliquée.
Ils ont d'abord deux cornes de forme ovale , cour-
bées en dehors, plus ou moins allongées, que la plu-
part des zootomistes qui ont décrit avant nous cette
sorte de matrice prennent pour une dilatation des
8. 3
34 XXXIl* LEÇO«. GENEfiATlOW DES VERTÉBRÉS.
troraj3es; mais celles-ci en sont très distinctes par leurs
sinuosités et leur petit diamètre. Ces cornes^ quijor-
ment^ pour ainsi dire , chacune une matrice à part ^
comparable à celle des lièvres , s ouvrent dans une
troisième cavité par deux orifices séparés, quoique
rapprochés Tuu de l'autre , et bordés d'un pli saillant
formant une sorte de valvule [ou de museau de tanche].
Cette troisième cavité est assez compliquée : sou fond
en est la partie la plus large ; elle va en se rétrécissant
à mesure qu'elle se porte en arrière , et finit contre la
partie la plus reculée du vagin par un cul-de-sac étroit
[qui s'unit aux parois de ce canal jusque vis-à-vis 1 ori-
fice de l'urètre], mais t>ans s'y ouvrir. Chaque côté de
cette même cavité se continue par une large ouver-
ture, percée à peu de distance de celles des cornes,
en un canal étroit qui se recourbe en descendant,
forme une anse, se rapproche du cul-de-sac, et se ter-
mine [dans la vulve précisément à la même hauteur,
immédiatement après s'être réuni à sou semblable.
Nous en parlerons encore dans la leçon sur les oigaues
d'accouplement, comme d'un double vagin.] Telle est
du moins la disposition de cette troisième partie,
dans \es phalangers , les kanguroos et \qs> pkascolomes .
[Il y a cependant une cannelure médiane peu saillante,
à la paroi iuférieure de la première partie qui doit
faire encore l'office d'utérus, en retenant plus ou moins
l'œuf ou l'embryon qui la traverse. Cette cannelure
semble indiquer que, dfius leur développement, les deux
vagins étaient séparés d'abord , et que leur cloison
commune s'est détruite dans le progrès de ce déve-
loppement. On peut en conclure que cette cloison peut
subsister quelquefois, mais d'une maniera anormale,
ABT. II. OBGANES EDUCATEURS IHTÉBIEURS- 6b
comme dans \e cas décrit et figuré par M. R. Owen,
où elle était asymétrique (i). Cette cannelure est à
peine sensible dans le Kangiiroo-Téthi/s , dans lequel
la cloison manque de même.] Dans le sarigue bicolore,
la même partie est divisée en deux loges par une cloi-
son longitudinale, de sorte que chacune des deux pre-
mières matrices s'ouvre dans une de ces loges, [et que
ces dernières communiquent avec la vulve en formant,
avec l'anse correspondante, le vagin de son côté. H y a
même une séparation complète de ces deux canaux ,
dans toute leur étendue, chez le cayopollin {^didelpkis
dorsigera. L.), de manière qu'ici on ne peut mécon-
naître un double vagin,]
La verge bifurquée des sarigues et des phalangers
est bien faite pour lancer la semence dans ce double
canal ; les scissures qui se remarquent au gland de celles
du phascolome semblent encore propres à cet effet;
mais le gland est simple et sans division dans les kan~
guroos : aussi est-il remarquable que les femelles ne
portent qu'un petit à la fois.
Le museau de tanche, ou la saillie du col de la ma-
trice da4js le vagin, n'existe pas toujours, même dans
le cas de matrice simple. Il manque dans les Edentés
et les Tardigrades. Sa forme, sa grandeur, la manière
dont il est percé par l'orifice de la matrice, varient
beaucoup. Ordinairement cet orifice est une fente
transversale , située plus près de la paroi inférieure du
vagin, et au-dessus de laquelle ce dernier se continue
en un cul-de-sac. La saillie du museau est tellement
(i) Voir les Trans. philos, rie i834.
36 XXXir LEÇON. GÉJSIJRATION DK'i VEaTÉBHÉS.
effacée dans \q porc-ppii;,q\^(t Foiiverture de la matrice
y paraît percée à la paroi inférieure du vagin. Quel-
quefois elle est entourée d'un rebord qui appartient au
vaccin, et rend plus difficile Feutrée de la matrice:
c'est ce qui se voit dans \ours,\di vache ^ etc.
Il semblerait que la .y^/'^c/w/e de l'utérus dût être
constamment la même: c'est ce que l'observation ne
prouve pas. Ce n'est guère que dans les singes qu'elle
. paraît avoir des parois aussi denses que chez la femme ;
mais dans tous les autres mammifères ces parois sont
beaucoup plus minces : elles le sont dans les animaux
à bourse plus que dans aucun autre mammifère , par-
ticulièrement celles de la cavité moyenne ; celles des
cordes, ou de ce que nous appelons les deux pre-
mières matrices , sont un peu plus épaisses. Cette
épaisseur est-elle en rapport avec le volume que la
matrice doit acquérir dans l'état de gestation .-^ Ce der-
nier exemple semble l'indiquer.
D,ans les Singes , les Édentés , les Tardigrades , les
Didelphes , on ne peut y reconnaître des fibres mus-
culaires rouges, pas plus que chez la femme. Ces
fibres sont évidentes dans les matrices à cornes, ou
dans les matrices doubles , principalement dans les
grands animaux : le col a généralement une seule
couche de faisceaux plats de fibres transversales; tandis
que dans les cornes cette couche est recouverte par une
plus mince de fibres longitudinales. La plus grande
épaisseur du col est formée, dans la. vache, de fibres de
même structure que celles de la matrice de la femme,
et qui fournissent de la fibrine à l'analyse chimi-
que. Elles sont blanches , et leur tissu est dur et
résistant.
ART. II. ORGANES ÏDL'CATEURS INTÉRIEURS. 37
[Certaines matrices, celle de vaclie (i) ont offert un
tissu élastisque formant un réseau qui recouvre les
libres musculaires.]
\^intéric.iLr de la matrice est ordinairement ridé as-
sez irrégulièrement dans les matrices simples; celles
qui ont des cornes présentent généralement dans celleS'
ci des rides longitudinales; rarement ces rides sont-
elles transversales, comme dans la civette, où elles
s'engrènent , pour ainsi dire , les unes dans les au-
tres.
La situation de l'utérus est horizontale comme celle
de tout le corps. Lorsqu'il est divisé en cornes , celles-
ci ne se bornent pas à la cavité du petit bassin ; mais
elles s'avancent le long des lombes jusque derrière les
reins, où sont leurs extrémités, les ovaires et les
trompes.
Les ligaments larges sont dans ce cas également plus
étendus. Ils ont évidemment des fibres musculaires
entre leurs lames, dans les grands mammifères. Ces
fibres forment, dans la vache, différents faisceaux ,
dont un, plus fort que les autres , s'étend de l'ovaire au
col de l'utérLis, et doit les rapprocher; je ne sais à
quelle fin. Il y a de plus des fibres transversales qui
vont d'une corne à l'autre , dans leur premier tiers,
il est également très ordinaire de trouver des fibres
charnues dans les ligaments ronds.
La description que nous venons de faire convient
particulièrement à l'utérus , hors du temps de la ges-
tation ; mais à cette époque, il éprouve des change-
(i) A MM. Ereschet et Gluge,.>4)um/es des se. nutur. : 2* série, t. VIII,
p. 17"], ; .
38 XXXIl» LEÇON. GÉNÉRATION DES ^'EHTÉBRÉS.
ments plus ou moins remarquables selon les espèces
d'anmiaux.
L'utérus de la femme augmente peu à peu de volume,
change en même temps de forme, et finit par être
presque globuleux dans sa totalité. Ses parois, à ce
dernier degré de développement, se sont amincies
d'une manière très marquée, particulièrement à sou
col , qui n'a plus que l'épaisseur d'une feuille de papier
fort ; mais cet amincissement n'est pas proportionné à
l'extension : c'est que toutes les mailles de son tissu
propre se sont pénétrées de sucs abondants. Les nom-
breux vaisseaux sanguins qui le composent en partie
se sont dilatés considérablement. Ce tissu , de dense ,
résistant, pâle et obscur qu'il était, quant à sa compo-
sition , est devenu mou , spongieux , rouge et composé
de faisceaux de fibres évidents dont on peut, jusqu'à
un certain point, dé<3rire la direction. Les uns descen-
dent du fond de la matrice, soit directement, soit en se
dirigeant obliquement d'une face à l'autre; d'autres
sont transverses, d'autres se contournent dans son fond
autour des orifices des trompes , et forment deux dis-
ques qui se joignent vers le milieu de ce fond. En un
mot , elles ont toutes les directions propres à resserrer
la matrice dans tous ses points , lorsqu'elles se con-
tractent à l'époque de l'accouchement. Ces fibres,
extrêmement resserrées , confondues, et formant un
tissu très dense, hors du temps de la grossesse, sont
pâles , parce que le sang en est pour ainsi dire ex-
primé, et les met presque dans un état de paralysie.
Le sang qui afflue pendant la grossesse, soit dans leurs
mailles , soit dans celles du tissu cellulaire qui les
unit, les place dans un état plus naturel, qui leur rend
ARï. II. orctanes Éducateurs intérieurs. 39
l'exercice de leurs facultés ; il doDiie au tissu de la ma-
trice une grande sensibilité et une grande contraclilité.
Tous les vaisseaux sanguins qui composent ce tissu
augmentent beaucoup de diamètre, comme nousTavons
dit , mais particulièrement les veines. Plusieurs des
gros rameaux de celles-ci percent la membrane in-
terne de Tutérus, et présentent dans sa cavité des
ouvertures obliques. Ce sont de vrais sinus veineux
avec lesquels s aboucbent les sinus du placenta.
Dans les mammifères ^ les changements qu'éprouve
l'utérus sont d autant plus semblables à ceux qui vien-
nent d'être indiqués qu'il ressemble davantage et pour
sa forme et pour sa structure à celui de la femme.
Celui des Singes ^ par exemple, et des Edentés ne doit
pas plus en différer dans 1 "état de grossesse que dans
celui de vacuité.
Dans les matrices à cornes, les changements de forme
diffèrent suivant qu'il y a plusieurs petits dans chaque
corne, ou qu'il n'y en a qu'un tiansune corne, ou que
l'unique fœtus est contenu à la fois, comme dans la
vache, dans une des cornes ei dans le col : elles ont,
dans le premier cas, des dilatations et des étrangle-
ments alternatifs. Quant à la struclnre, au lieu de de-
venir encore plus évidemment musculeuse , les fais-
ceaux des fibres musculaires s'amincissent tellement
qu'ils deviennent au contraire moins distincts.
C'est dans les Didelphes que la matrice pleine diffère
le moins de son premier état, ce qui tient aupeu de
développement qu'y prennent les petits : aussi cet or-
gane a-t-il des parois beaucoup plus minces que dans
tous les autres mammifères. M. Home assure que les
orifices dc> deux canaux, en forme d'anse, [qui donnent
dans la vulve] se ferment après la conception, et qu'il
^0 \X>aT' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBBKS.
se formerait une ouverture au sommet du cul-de-sac de
la cavité moyenne qui s'avance entre les deux orifices
postérieurs des canaux en forme d'anse. Cette ouverture
grandirait à mesure que la gestation avance, et ce serait
par cette voie que les petits passent dans le vagin à
l'instant de l'accouchement, d'où ils sont transmis
au dehors dans la poche extérieure.
[ En introduisant un stylet dans cette partie qui n'est
plus qu'un canal étroit, chez le Kanguroos-Téthys, ^e
n'ai trouvé qu'une membrane très mince qui le séparait
de la cavité correspondante du vagin, un peu au-des-
sous de l'orifice de l'urètre. L'assertion d'Evr. Home
a été cependant contredite par l'observation de
M. Rengger, qui a trouvé un fœtus développé sorti de
ses enveloppes , dans l'anse vaginale gauche d'une
femelle de Didelphis azarœ^ qui avait deux fœtus ex-
trêmement petits dans sa poche extérieure, et deux
embryons moins avancés dans la partie dilatée du con-
duit vaginal , avec leur cordon ombilical.]
Doit-on décrire comme une matrice double les deux
tubes longs, cylindriques, à parois minces et mem-
braneuses, seuls organes éducateurs propres aux fe-
melles de Xornilhorliynque et de Xéchidné? Chacun de
ces tubes a un orifice séparé dans le canal de l'urètre ,
immédiatement au-dessous du col de la vessie urinaire,
et dans un cul-de-sac. Le canal de l'urètre est sem-
blable d'ailleurs à celui du mâle , et s'ouvre directe-
ment dans le cloaque. Il faudra des observations ulté-
rieures pour décider si ces deux tubes doivent être
regardés comme de simples oviductes, ce qui est pro-
bable , ou si ce soùt des matrices.
Nul doute que les oviductes , qui viennent s'ouvrir,
chez ces Monotrêmes , comme les déférents , dans
ABT. HT. OVAIBES DES OISEAUX. 4l
l'origine du canal de l'urètre pelvien, ne soient les ma-
trices bien distinctes de ces animaux. Ces tubes incu-
bateurs offrent la circonstance tout-à-fait exception-
nelle chez les mammifères, de ne point aboutir à un
canal génital particulier ou à un vagin.
La place précise où commence cette seconde partie
de l'oviducte, et où se termine la première, est aussi
beaucoup moins facile à distinguer que chez les autres
mammifères.
L'oviducte propre semble se modifier insensible-
ment en oviducte incubateur. Il faut se rappeler que,
chez ces animaux, l'œuf ne contracte pas d'adhérence
placentaire avec les parois de l'oviducte incubateur.]
ARTICLE III.
DES ORGANES PKÉPABATEUKS ET ÉDUCATEUBS CHEZ LES FEMELLES
DES OLSEAUX.
L De tovaire ou de la glande oi'igène.
Il n'y a qu'un ovaire [développé] , situé sous la co-
lonne vertébrale, contre la partie la plus avancée des
reins, et fixé dans cette position par un prolongement
du péritoine. C'est un paquet ou une grappe d'œufs de
différentes grandeurs, dont les plus petits sont blancs,
et les plus grands de couleur jaune. C'est que, dans
ceux-ci, la substance de cette couleur, que tout le
monde connaît, et qui doit servir àla nutrition du pou-
let, a pris un accroissement considérable en densité et
en volume.
Ces œufs reçoivent des vaisseaux sanguins , analo-
gues à ceux qui vont aux ovaires des mammifères, et
42 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
ce sont ces vaisseaux qui forment leur principale union.
[L'asymétrie est le caractère de cette glande daus la
classe des oiseaux.
Généralement ils n'ont qu'un ovaire , celui du côté
gauche ; à peine en voit-on, dans quelques cas, un faible
rudiment du côté opposé. Pour retrouver des traces
de 1 existence symétrique des ovaires, il faut remonter
aux premiers temps du développement de ces ani-
maux.
Les oiseaux de proie ^ chez lesquels très peu d'œufs
se développent pour la même couvée, peuvent avoir,
par exception, deux oviductes de même grosseur ou
de grosseur inégale.
Remarquons même que l'existence de deux ovaires
et leur développement symétrique ou asymétrique peu-
vent varier daus les individus d une même espèce. Les
permquets et \ç.% pics ^ outre quelques oiseaux de proie,
ont offert des exemples de cette singulière variété. Cer-
tains exemplaires n'ont pas d'ovaire droit; tandis qu'il
est rudimentalre chez d'autres, et que quelques indi-
vidus l'ont à peu près symétrique de l'ovaire gauche.
Il peut manquer absolument chez la huse ^ ou n'être
que rudimentaire (i) , ou prendre un développement
presque égal à lovaire gauche.
Outre le repli du péritoine qui sert à la fois d'enve-
loppe et de ligament à l'ovaire, et remplit la fonction
de conducteur des vaisseaux artériels et des nerfs qui
s'y rendent , ou des veines lymphatiques et sanguines
qui eu dérivent , cet organe se compose d'une mem-
(i)MM. Carus et Otto, Tahuloe anatomioae, pi. VII, fij;. i,et R. Wag-
ner, Mém. j)our servir a i'anat. des oiseaux, Mùller,.^ro/iii',, 1837, p. LXin.
ART, III. OVAIRES DES OISEAUX. 43
brane propre et d'une substance fibro-celluleuse dans
laquelle se développent les ovules , et que nous appe-
lons proligère, à cause de cette circonstance. Avant le
développement de ceux-ci , Fovaire ne paraît que
comme une lamelle membraneuse située en travers
au-devant de l'extrémité antérieure du rein gauche ,
tout près du rein succenturié. Ce pli membraneux
transversal renferme dans son épaisseur un tissu cellu-
leux très serré , qui deviendra la gangue des ovules.
Chaque ovule, en se développant, produit un relief
plus ou moins prononcé à la surface de cette lame ova-
rienne. Il se loge ainsi dans une double poche formée
parle péritoine et parla membrane propre de l'ovaire.
Cette poche se sépare de plus en plus du reste de l'o-
vaire, et finit par n'y plus tenir que par un pédicule.
Lorsque l'ovule est encore très petit , le tissu cellu-
leux serré qui lui sert , pour ainsi dire , de gangue, est
proportiounément plus abondant. Il diminue à me-
sure que l'ovule, en augmentant de volume, s'enveloppe
plus immédiatement de la membrane propre de l'ovaire
qui devient sa capsule. Ainsi chaque ovule, chez les
Oiaeaux y naît et se développe dans une poche mem-
braneuse particulière, faisant partie de l'ovaire ; cette
poche peut en être considérée comme l'organe de sé-
crétion, au moins comme son organe de nutrition.
On pourrait la comparer au cul-de-sac qui constitue
en dernière analyse tout organe de sécrétion \ elle s'en
distingue cependant ici, par le défaut de continuité
entre sa cavité et celle du canal excréteur, entre
l'ovaire et l'oviducte.
Elle s'en distingue encore parce qu'elle ne sert qu'au
développement d'un seul ovule ; qu'elle croît et se dé-
44 XXXII" LEÇON, CrÉNKBATIOxX DES VERTÉBRÉS.
veioppe avec lui, et qu'elle se rompt dans une bande
blanche éqnatoriale, qui se dessine par cette couleur,
provenant de l'absence du réseau vasculaire si remar-
quable dans le reste de la surface de cette capsule.
Elle se déchire dans cette bande équatoriale blanche
pour laisser passer dans l'oviducte l'ovule parvenu à
son degré de maturité. Ses deux moitiés ainsi déchirées
sont probablement absorbées par le reste de l'or-
gane en activité.]
II. Des Oi'u/es y produits de la glande ovigène.
[Les ovules des oiseaux se composent, comme ceux
des autres classes , d'une sphère vitelline ou nutritive et
d'une sphère intérieure germinative.
Ces deux sphères varient beaucoup dans leur volume
proportionnel, selon le degré de développement des
ovules. Le volume de la sphère vitelline est d'autant
plus grand que l'ovule est plus près de sa maturité; ce-
lui de la sphère germinative est au contraire relative-
ment moins considérable à cette dernière époque.
Dans des ovules à peine visibles à l'œil nu, la sphère
germinative est presque au centre de la sphère vitel-
line , et remplit les deux tiers de sa cavité ; un peu plus
tard, elle n'a que le tiers du diamètre de la sphère vi-
telline, et se rapproche beaucoup de la circonférence,
qu'elle touche dans l'œuf mûr et prêt à être fécondé.
Cette sphère germinative, toujours transparente et
remplie d'une humeur limpide, montre dans un point
de sa circonférence une tache opaque , formée d'une
très petite sphère, devant composer, selon toute pro-
babilité, les premiers éléments du germe fournis par la
femelle.
ART. lil. OVlli.iiS DES OISEAUX. 46
La sphère vitelline est enveloppée d'une mem])rane
portant le même nom. Cette membrane, selon nous,
est composée d'une double lame dont Finterne se re-
plie autour de la sphère germinative, de manière à
former un cul-de-sac pour la contenir et un pédi-
cule d'autant plus long, à proportion, que le dévelop-
pement est moins avancé, puisqu'alors il part delà
périphérie de la sphère vitellinepour joindre la sphère
germinative, qui est précisément un centre de la pre-
mière.
Ce pédicule se raccourcit à mesure que la sphère
vitelline augmente de volume , et entraîne vers la pé-
riphérie de celle-ci la sphère germinative, jusqu'à ce
qu elle arrive à cette périphérie pour la fécondation.
La substance vitelline varie beaucoup dans sa com-
position aux différentes époques du développement
de l'ovule. Liquide, blanche et transparente dans le
principe , elle s'épaissit, devient opaque , et se colore
peu à peu en jaune.
A l'époque de sa maturité, l'analyse microscopique
y fait voir des globules composés de granules plus
petits. Entre ces globules, on distingue des gouttes
d'huile et des restes de ce fluide albumineux qui pré-
cède la formation des globules vitellins.
Les globules du jaune, à l'état de maturité, n'étaient
dans les premiers temps du développement de l'ovule
que des granules opaques, en petit nombre dans les
plus petits ovules apparents. Leur nombre et leur
complication, ainsi que leur volume, vont en augmen-
tant à mesure de l'accroissement de l'ovule.
Il y a au centre de la sphère vitelline de l'ovule mûr
une cavité qui communique vers la périphérie du côté
46 XXXII* LEÇON. GÉNÉBATfON DES VERTEBBÉS.
OÙ se trouve la vésicule germinative, par un large ca-
nal. Cette cavité et son canal sont remplis d'un liquide
jaunâtre plus clair que le reste du vitellus.
Enfin , autour de la vésicule germinative, à la péri-
phérie du vitellus, se voit une couche de plus petits
globules vitellins, qui forment le disque proligère, dis-
tingué sous ce nom par M. de Baer.
L'analyse chimique du vitellus, de cette sphère nu-
tritive qui se transforme si rapidement dans les orga-
nes du poulet, est du plus haut intérêt pour l'appré-
ciation des changements de composition chimique qui
ont lieu dans cette merveilleuse assimilation.
L'albumine, l'huile et Teau sont les parties essen-
tielles du vitellus; incinéré, il donne des cristaux de
phosphate calcaire. On y a découvert des traces de
soufre et de phosphore, de chaux et d'alumine unies
à de l'acide carbonique, et un peu de fer.
D'après Proust, le vitellus se composerait de :
Albumine 0,17
Huile ou graisse fluide 0,89
Eau. . 0,59
Acide sulfurique. *
— phosphorique.
Des traces de
i soufre \
\ phosphore j
Chlore.
Alcali.
Nitrate de soude.
Chaux et
Alumine unies, pour la plus grande partie, à de l'acide
carbonique.
Un peu de fer.]
ART. III. OVlDLCTJi D£S OISEAUX. 47
IIÎ, De Voviducte des oiseaux ^ ou du canal excré-
teur de la glande ovigène.
[h'oviducte^ dans cette classe, est aussi un sperma-
ducte y c'est-à-dire que c'est à la fois la voie par la-
quelle rélémeut mâle pénétre jusquaux ovules pour les
féconder, et celle qui reçoit les ovules mûrs et détachés
de l'ovaire pour compléter leur sphère nutritive, leur
donner une sphère protectrice, les transformer ainsi
en œuf complet et pour les transmettre au dehors.
C'est donc un canal ouvert à ses deux extrémités,
dont l'antérieure ou l'extrémité ovarienne est évasée en
entonnoir afin de faciliter l'introduction des ovules,
et dont la postérieure a son embouchure dans le
vestibule génito-excrémentitiel.
L'oviducte est un organe à fonctions compliquées.
Son orifice antérieur s'approche de l'ovaire et s'ap-
plique à l'ovule mûr pour le recevoir; ses parties se
contractent successivement pour faire chçminer cet
ovule jusqu'à l'autre extrémité et pour l'expulser dans
le cloaque. Pour remplir cette première fonction il
doit être excitable et très contractile.
L'ovule y reçoit successivement l'albumine et ses
membranes qui complètent la composition de la sphère
nutritive de l'œuf; puis enfin la coque, qui doit le pro-
téger. G est dans les différentes parties de l'oviducte
qu'il rencontre ces matériaux. Ce canal est donc encore
un organe de sécrétion. Nous trouverons dans sa forme,
dans sa disposition générale et dans sa structure , toutes
les circonstances organiques propres à faire com-
prendre ses différentes fonctions.
L'oviducte est asymétrique comme l'ovaire; on ne
■48 XX MI* LEÇON. GÉNÉBATION DES VERTÉBKÉS.
trouve même jamais, que je sache , clans cette classe,
deux oviductes développés et fonctionnant , comme
nous avons dit qu il existait quelquefois deux ovaires.
Mais il est plus fréquent de rencontrer un oviducte
droit rudinientaire qu'un ovaire droit également rudi-
mentaire.
On cite des exemples d'un rudiment d'oviducte
droit dans tous les ordres de cette classe (i).
Il forme un petit canal dïm centimètre, plus ou
moins , de longueur, qui a son embouchure dans le
vestibule génito-excrémentitiel du côté droit, vis-à-vis
de celle de Foviducte développé, en dehors de l'orifice
de l'uretère du même côté; l'autre extrémité, terminée
en cul-de-sac, flotte dans le bassin.
L'oviducte normal ou développé et fonctionnant est
toujours le gauche. Ce conduit est d'abord évasé en
entonnoir, comme le pavillon des trompes chez les
mammifères ; mais son bord est entier et nullement
frangé. 11 forme ensuite un canal étroit que l'on regarde
plus particulièrement comme la partie qui a le plus
d'analogie avec la trompe de Fallope. A partir de cette
portion plus étroite, ce canal va en se dilatant jusque
près du cloaque, où il montre de nouveau un diamètre
plus étroit jusqu'à sa terminaison.
Plusieurs anatomistes appellent utérus la partie
moyenne , dilatée , de l'oviducte ; mais il n'y a pas
(i) Voir le Mémoire de M. Barkov,- sur les vaisseaux sanguins des
oiseaux {Archives de Meckel pour 1829) et celui de M. If'agner, sur
les ovaires et les oviductes doubles , analysé dans le même journal pour
1807, p. LXIII.
ART. Iir. OVIDUC'fE DES OISEAUX. 40
de complète aiialojïie de fonction , l'œuf ne subissant
pas ici d'incubation.
Selon les mêmes anatomistes , la dernière partie de
Toviducte serait comparable au vagin (i).
H n'y a pas. plus de vagin cbez les oiseaux que chez
les monotrêmes. Le vagin, ainsi que nous le verrons
dans la XXXIV leçon, est un organe d'accouple-
ment, chez les mammifères, intermédiaire entre i'ovi-
ducte incubateur unique ou les oviductes incubateurs
multiples, et le vestibule génito-excrémentitiel. La
dernière portion de l'oviducte, chez les oiseaux, n'est
que la dernière partie de ces organes de transmission
au dehors, du produit de la génération.
C'est, il est vrai, aussi la première, après l'organe
d'accouplement ou le vestibule génito-excrémentitiel,
qui reçoit l'élément mâle du germe , pour le diriger
vers lovule.
L'oviducte des oiseaux se termine dans la partie
moyenne du cloaque, de son côté, la même dans
laquelle se voient, plus en dedans , les orifices des ure-
tères.
Les parois de l'ovidncte se composent extérieure-
ment d'une membrane péritonéale qui se détache de
la colonne vertébrale et du bassin , et forme nn méso-
viducte ou un repli qui le suspend au côté gauche
des régions lombaire et sacrée.
Vient ensuite , comme pour le canal intestinal , une
couche musculeuse composée surtout de faisceaux lon-
gitudinaux , que nous avons bien reconnus dans l'au
(i) Voir le Mémoire déjà cité de M. Baikovv, Archiver de Meckel
pour 1825.
8. 4
50 XXXI1« LKÇOn. GÉNÉRATIOW DES VEBTÉBBÉS.
truche ; puis une couche cellulaire et enfin la membrane
muqueuse.
Cette membrane se distingue, entre autres, par les
plis longitudinaux, larges, nombreux, parallèles, qu'elle
présente dans presque toute son étendue, mais qui
augmentent en épaisseur et en largeur dans la partie
moyenne.
Ils sont interrompus dans un espace circulaire qui
se voit dans le dernier tiers de la partie étroite.
Ces plis ont pour usage de multiplier la surface de
sécrétion de Toviducte et de fournir à l'extension né-
cessaire de la muqueuse, pour le passage de Tœuf com-
plet.
L'oviducte reçoit des vaisseaux sanguins considé-
râbles.
>
Les artères mésométriques, ou qui se rendent à l'ovi-
ducte par son mésomètre , viennent de lartère épi-
gastrique gauche , de l'artère ischiale et de la honteuse
interne (i),]
ARTICLE IV.
DES ORGAKES PRÉPARATEURS ET EDUCATEURS CHEZ LES FEMELLES
DES REPTILES.
I. Des ovaires ou des glandes ovigènes.
. [Tous les Reptiles ont deux ovaires, situés dans la ca-
vité thoraco-abdominale, de chaque côté de la colonne
vertébrable. Comme dans les classes précédentes , ils
sont encore séparés et bien distincts de leur canal ex-
[ij P).iiko\v, Mf'in. ritt'-.
ART. ÎV. OVAIRES DES BEPTILES. 51
créteiir ou de l'oviducte correspondant; ils sont sus-
pendus à la paroi supérieure de cette cavité par un re-
pli du péritoine, qui se détache de cette paroi, ren-
ferme entre ses deux lames leurs vaisseaux sanguins et
leurs nerfs, et les enveloppe de toutes parts.
Leur position est plus ou moins avancée on reculée,
suivant les ordres : symétrique chez les Reptiles à forme
large et courte , tels que les Chéloniens et les Batra-
ciens anoures ; asymétrique , de manière que c'est le
plus souvent le droit qui est en avant et le {j^auche en
arrière, chez les Reptiles à forme allongée et étroite, tels
que beaucoup de Sauriens, les Ophidiens et les Batra-
ciens urodèles.
Les ovaires des Reptiles nous ont montré deux for-
mes types que nous devons signaler. L'une de ces formes
se rapporte à celle des oiseaux : ce sont des ovaires en
grappe, quand ils ont des œufs dont le développe-
ment est avancé; ceux-ci se détachent plus ou moins ai
la lame ovigène principale et n'y tiennent plus que par
un pédicule de leur calice. Cette capsule, lorsque l'o-
vule est mûr, se déchire autour d'un équateur qui part
du pédicule , comme le calice des oiseaux , et l'œuf
tombe dans la cavité abdominale pour passer dans l'o-
viducte ; tel est l'ovaire des Chéloniens.
Dans l'autre type, l'ovaire est un sac ou un tube
plus ou moins allongé , contenant les ovules dans ses
minces parois. Ces ovules, en se développant, font
de dIus en plus saillie dans ce sac ovarien , ou à la
surface interne de ses parois; et lorsqu'ils rompent leur
enveloppe calicinale, ils tombent dans la cavité ova-
rienne et ils en sortent par une ouverture antérieure,
qui se produit sans doute au moment de leur maturité.
62 xxxir LEÇON, génération des vertébrés.
Jusque là on trouve ce sac complètement fermé.
Dans les ovaires à grappes , les ovales, pour en sortir,
ont à rompre leur enveloppe proligère ou leur calice et
la membrane péritonéale qui la revêt.
Dans les ovaires à sac , les ovules n'ont que leur en-
veloppe proligère à déchirer pour tomber dans la ca-
vité de ce sac, dont l'enveloppe péritonéale s'ouvre
naturellement ou se déchire pour leur donner passage.]
A. Denis la sous-classe des Reptiles propres.
[Les ovaires des Chéloniens sont dans le fond de la
cavité abdominale. Le mésoaire qui les enveloppe est
large et plissé en manchette. C'est vers le bord exté-
rieur de ce ligament large que les œufs sont rangés;
lorsqu'ils sont mûrs, ils ne tiennent plus à l'ovaire que
par un pédicule, comme ceux des oiseaux.
Je n'ai trouvé dans une serpentine que de petits
ovules dans l'ovaire, tandis que chaque oviducte ren-
fermait des œufs complets , avec leur coque, dont les
premiers entrés dans l'oviducte étaient arrivés tout
près du cloaque , et dont le dernier avait déjà par-
couru la moitié de la longueur de ce conduit.
Les lézards propres ont un petit nombre d'œufs
développés dans leur ovaire; celui.ci est dans un court
repli du péritoine , faisant partie du grand repli au
bas duquel flottent de longs oviductes. Il y a sans doute
dans cette réunion de l'oviducte dans le même ligament
un moyen de mettre en rapport les œufs mûrs avec
leur canal excréLeur, par les vaisseaux sanguins et les
nerfs doni ces replis péritonéaux sont les conducteurs.
Les Ophidiens ont leurs deux ovaires dans une po-
sition afiymétrique.
ART. IV. OV.\IKES DES REPTILES. ^ 53
Dans \diCouleuvre à collier, Tovaire formé un boya;i
cylindrique, qui peut être insufflé comme un boudin.
Les oeufs y sont rangés les uns au-devant des autres,
sans ré.ouîarité, ni pour leur volume ni pour la place
qu'ils occupent. On voit de très petits ovules à la sur-
face des grands.
Une couleuvre de cette espèce , prise à la fin d'avril ,
ayant des œufs très avancés dans ses ovaires , avait le
droit un peu en arrière du pylore ; le gauche ne
commençait qu'après la fin du droit. Leur tube pou-
vait s'insuffler de manière à montrer, dans ses parois
très minces , des œufs de grandeurs très différentes.
Les plus grands étaient placés en travers, à côté l'un
de l'autre , sur plusieurs rangs.
Le#mésoaire était une dépendance du mésoviducte ,
large repli du péritoine qui se portait plus en dehors et
maintenait l'oviducte plus loin de la ligne médiane que
l'ovaire. La position des ovaires était tellement asymé-
trique, que le droit finissait avant que le gauche com-
mençât; le premier s'avançait assez près du pylore.
L'oviducte s'ouvrait largement en avant de la tête de
l'ovaire, qui se rapprochait de cette ouverture.
L'asymétrie dans la position des deux ovaires est
moins marquée chez les pythons , qui se distinguent
d'ailleurs par leurs deux sacs pulmonaires et une ten-
dance à la symétrie dans ces organes (i).
DdiWiUïïpijthon de s^jyo, chaque ovaire avait 0^,27
et le droit était à peine plus avancé que le gauche.
(ij Voir notre leçon ^.t. Vil, p. 33, de cet ouvrage.
54 XXX11« LEÇON. GÉJNÉBATION DES VEBTÉBRÉS.
L\iii et l'autre étaient situés immédiatement en avant
des reins.
Le tube que forme cet organe, dans la cavité duquel
les ovules font saillie , avait cependant des parois mem-
braneuses très minces. Des filaments qui vont d'une
paroi de ce tube à l'autre en maintiennent sans doute
le diamètre.]
B. Dans la sous-classe des Reptiles amphibies.
[Chaque ovaire est constamment un sac ou un tube
plus ou moins long , enveloppé par le péritoine. Son
développement varie d ailleurs beaucoup , suivant
qu'on l'observe à l'époque du rut , au moment où il est
rempli d'œufs mûrs, ou dans un temps éloigné de cette
époque.
Dans le crapaud commun^ [3. grenouille verte, etc.,
chaque ovaire est une poche suspendue par un repli
du péritoine, à la face dorsale de la cavité abdomi-
nale. Ce repli est comme une dépendance du mésen-
tère , aux côtés duquel il est placé.
L'ovaire lui-même est un large boyau, plissé en
manchette, dont le bord libre, lobé et festonné, est
très long, et dont le bord adhérent est très court, par
l'effet des replis nombreux et rapprochés que forme le
ligament susperiseur. Chaque œuf est contenu dans une
poche particulière de la membrane moyenne ou pro-
ligère , et fait plus de saillie du côté interne que du côté
externe.
Il y a, dans les intervalles des ovules mûrs, des ovules
de grandeurs très différentes , qui se développeront les
années suivantes.
Dans la salamandre terrestre^ nous avons trouvé
ABT. IV. OVAIBES DES BEVTILKS. 55
les ovaires étendus sur le côté de la colonne verté-
brale, dans une grande partie de la lonj^ueur de la ca-
vité viscérale. Ils renfermaient un assez grand nombre
d'œufs développés, pour la procbaine portée, ayant
de o'",002 à o"',oo3 de diamètre, et d'autres encore
très petits, pour les portées suivantes.
Dans le triton à crête ^ j'ai trouvé les ovaires (en
avril) occupant tout le tiers moyen et une partie du
tiers postérieur de la cavité tboraco-abdominale.
Ils y formaient un sac allongé, retenu par un mé-
soaire, et plissé en manchette par ce ligament péri-
tonéal.
Un bon nombre d'ovules étaient au dernier degré
de leur développement. Il y en avait déjà six d'un côté
et huit de l'autre, parvenus à l'extrémité postérieure
de très longs oviductes. Leur volume , pour ce qui est
du vitellus , n'était pas plus grand que celui de beau-
coup d'ovules attachés encore à l'ovaire; ceux-ci ne
tenaient plus que par un pédicule aux parois du sac
ovarien. On en trouve à tous les degrés de développe-
ment, dans toute l'étendue de ce sac; depuis ceux qui
sont à peine visibles et encore enfouis, pour ainsi
dire, dans le tissu proligère de ces organes , jusqu'à
ceux qui sont sur le point de s'en détacher.
Je n'ai pas pu découvrir l'issue de ce sac, quoique
je sois convaincu de la chute des œufs dans sa cavité.
Les ovaires de ïamphiuma forment un long tube ,
effilé en avant et en arrière, dans lequel de nombreux
ovulesm'ont paru serrés les uns contre les autres. Cehii
de droite s'étend depuis l'extrémité postérieure du foie
jusqu'au rein de son côté, qui est court et situé dans la
partie la plus reculée de l'abdomen.
56 \XXI1« LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
Chaque ow^irc est retenu par un Jiiésoaire ajs.ez
large , dont le bord libre est un épiploon p^raisseux , 'tel
qu'on en trouve chez les serpents. I.a partie de ce mé-
soaire la plus rapprochée de la paroi dorsale ren-
ferme i'oviducte.
Chez le rnenobranchus lateralis^ nous avons trouvé
les parois de ce même sac ovarien beaucoup plus min-
ces, étant lui-même moins long à proportion ; et les
œufs qu'il renfermait très développés, très grands et
bien moins nombreux.
Maxolod^ la sirène (i), le protée ^ qui composent,
avec le genre précédent , la famille des Batraciens pe-
rennibranches , ont de même deux ovaires oblongs, lo-
bés, occupant, de chaque côté de la colonne vertébrale,
une partie plus ou moins grande de la cavité abdo-
minale.]
II. Des ovules ^ produits des glandes ovi^ènes.
[La fécondation peut avoir lieu dans l'ovaire, ou lors-
que l'ovule vient de s'en détacher et est arrivé dans le
commencement de I'oviducte, etavant qu'il soit devenu
un œuf complet, par l'addition de sa sphère protec-
trice. C'est toujours une nécessité lorsque son enve-
loppe la plus extérieure est tellement dense, qu'elle ne
pourrait être traversée parla liqueur fécondante. Tous
\e,s Beptiles propres sont dans ce cas. .,
Chez les Batraciens anoures^ au contraire, la fécon-
dation ne s'effectuant qu'au moment de la ponte , la
composition de la sphère protectrice, que l'ovule prend
" (i) Cuvier, iîec/ioc/ies mr les Reptiles dnuteti.x. Paris , 1807, p. 24
à '25 pour la sirène , et 43 à 44 poUf 'e prole'e.
AUT. IV. OVCLES DES EEPTILES. 57
en passant dans l'oviducte, est en rapport avec cette
première nécessité, la fécondation , et l'autre non moins
essentielle, la protection du jjerme se développant.
Nous aurons donc à étudier, dans ce paragraphe,
l'ovule se développant dans l'ovaire, et sa composition
lorsqu'il y est parvenu à son degré de maturité.
Nous décrirons ensuite la composition de l'œul
complet, arrivé dans son lieu d'incubation , ayant sa
sphère protectrice, qu'il a prise en traversant l'ovi-
ducte; ce sera, entre autres, le sujet du paragraphe
suivant.
Les ovules des Reptiles ont les deux parties essen-
tielles des classes précédentes, la sphère germinative
avec la tache germinative, et la sphère nutritive ou vi-
telline. L'une et l'autre sphère suivent les mêmes phases
dans leur développement que dans les classes précé-
dentes. La sphère germinative est d'abord la plus
avancée, dans celui-ci. La sphère vitelline prend plus
tard ses grandes proportions relatives ; elle se matérialise
et se colore de plus en plus ; de sorte que la matière vi-
teihne qui était d'abord très liquide, transparente, inco-
lore , devient de plus en plus dense et se colore quelque-
fois d'une nuance jaune-orange assez foncée; c'est ce
qui se voit chez les Chélonieus.
Les deux sphères changent de position relative avec
leur développement. La sphère germinative devient
de plus en plus excentrique et touche à la périphérie de
la sphère vitelline , au moment de la maturité de l'o-
vule et pour la fécondation.
Les Reptiles amphibies ne font pas exception, et leur
ovule, dans son développement, prend la même marche
que celui des reptiles propres et de tous le> animaux
58 XXXll* LEÇON. GÉNÉH\TION DES AERTÉBRÉS.
vertébrés. Rien ne démontre que cet ovule soit le
têtard lui-même, ainsi que le ^en?,3.\t Spallanzani.
L'ovule non mûr renferme évidemment la vésicule
germinative formant une sphère concentrique à la
sphère vilelline. Plus tard, cette vésicule se porte vers
la périphérie et montreses taches germinatives.M. Fogt
en a compté de trente à quarante dans le crapaud
accoucheur^ et il a reconnu qu'elles formaient de très
petites cellules rondes ou irrégulières , mais de même
grandeur dans le même œuf, sans qu'il soit possible
d y découvrir aucune autre composition organique.
Elles paraissent également distribuées dans la vési-
cule germinative, ou concentrées dans une partie de
cette vésicule.
La vésicule germinative peut sortir tout entière de
la sphère vitelline , si on déchire la membrane de
celle-ci.
La sphère vitelline croît à proportion beaucoup plus
que la germinative et les taches de ce nom.
A mesure de son développement, le vitellus se ma-
térialise ; il s'y précipite un plus grand nombre de gra-
nules. L'ovule en est rempli lorsqu'il est mûr, ce qui
rend la sphère vitelline opaque, excepté à l'endroit où
se trouve la vésicule germinative ; qui touche , à cette
époque, à la périphérie de la sphère vitelline ; comme
les taches germinatives touchent à la périphérie de la
sphère germinative.
La couleur des œufs des Batraciens anoures varie
suivant les espèces. Ceux de la grenouille verte ^ lors-
que l'œuf est mûr, se distinguent, pour la sphère vi-
telline', par deux nuances, l'une brune qui s'étend'sur
l'hémisphère au pôle duquel se trouve la vésicule ger-
ART. IV. OVIDDCTES DES BEPTILES. ',)[)
miuative, et l'autie jaune clair pour l'hémisphère op-
posé.
Il est remarquable que, dans l'eau, leur lieu d'in-
cubation , 1 hémisphère brun soit toujours dirigé vers le
jour, comme si la pesanteur spécifique de l'hémisphère
clair était plus considérable et celle de la partie cor-
respondante de la sphère d'enveloppe. Chez la gre-
nouille rousse^ la partie brune envahit la plus grande
partie du vitellus, et la partie clah-e est plus restreinte.]
III. Des canaux excréteurs de la glande ovigène , et
de la coînposition que Vovuie y prend pour devenir
un œuf complet.
[Les oviductes des Reptiles, ou les canaux excréteurs
des ovaires , sont encore séparés de ceux-ci , comme
chez tous les autres vertébrés supérieurs.
Ce sont des conduits à parois plus ou moins com-
pliquées , qui prennent par leur embouchure, béante
dans la partie la plus avancée de la cavité abdominale,
l'œuf détaché de l'ovaire, et le portent au dehors, par
Tintermédiaire du cloaque, pourla fécondation; ou dans
lesquels celle-ci a lieu avant la ponté; et qui devien-
nent, dans ce cas, le lieu d'incubation pour le com-
mencement ou pour toute la durée du développe-
ment dans l'œuf. ]
Tous les Reptiles ont deux oviductes comme deux
ovaires. Ce sont toujours des conduits membraneux,
fixés de chaque côté de la colonne vertébrale par un
prolongement du péritoine , qui commencent «-ar une
sorte de pavillon, par lequel l'œuf s'y introduit ;*^dont
les parois, d abord minces, prennent ensuite plus d'é-
Go XXXir LEÇON. GÉNÉSATION DES VERTÈBRES.
paisseur et une apparence glanduleuse. Un peu évasés
dans leur embouchure ou le pavillon, ils sont cylin-
driques dans le reste de leur étendue. Leur longueur
est beaucoup plus grande , à proportion, que chez les
oiseaux. Ils sont plus ou moins plissés par le prolon-
gement di} péritoine qui leur sert de ligament, chezles
Reptiles propres; ou bien extrêmement sinueux et re-
pliés sur eux-mêmes dans différents sens , comme chez
la plupart des Reptiles amphibies. Leur dernière par-
tie, chez les Batraciens anoures ,^Yésenie une dilatation
considérable, que l'on a improprement appelée ma-
trice , et qui s'ouvre elle-même dans le cloaque.
[C'est toujours dans ce vestibule génito-excrémenti-
tiel qu'aboutissent les deux oviductes , chez tous les
Reptiles , où leurs deux issues s'ouvrent séparément.
C'est par l'intermédiaire du cloaque que chaque con-
duit éducateur porte au dehors les oeufs ou les petits
éclos, ou qu'il reçoit la liqueur fécondante du mâle.
L'oviducte sécrète l'albumen de l'œuf et ses enve-
loppes protectrices; il en fait un œuf complet, sauf la
fécondation. C'est sans doute pour cette sécrétion qu'd
a généralement une étendue beaucoup plus considé-
rable que cela ne paraîtrait nécessaire , s'il n'était qu'un
organe éducateur devant transporter au dehors immé-
diatement l'œuf qu'il a reçu de l'ovaire.
Les fonctions multiples de ce conduit supposent
une organisation compliquée, à la manière de celui
des oiseaux.
Il est revêtu d'une membrane péritonéale. Inté-
rieureiîient, il est tapissé par une membrane mu-
queuse à cils vibratiles. Une couche de libres mus-
culaires sert, par ses contractions , à faire cheminer
ART. IV. OVIDUCTES DES REPTILES. 01
les œufs dans son intérieur. EnHu , la coucLie cellulo-
vasculaire qui unit ces deux dernières est en même
temps glanduleuse dans la plus grande partie de sa
longueur.
Ces canaux ont un diamètre proportionné au vo-
lume des œufs qui doivent les traverser et au nombre
qu'ils doivent contenir à la fois.
Ils sont très extensibles d'ailleurs , et cette extension
est rendue possible, entre autres, par les plis longitu-
dinaux de leur membrane interne.
Chez les Batraciens anoures et chez le crapaud
commun en particulier, Yoi^iducte commence par un
orifice à bord simple, non frangé, fixé dans la partie
la plus avancée de la cavité abdominale , au niveau de
la base du cœur et de chaque côté.
Un repli court du péritoine qui l'y attache doit le
rendre immobile dans une longueur de près de o^jOi.
Ce repli, qui suspend l'oviducte à la face dorsale de
l'abdomen, est en dehors du mésoaire ; il se déploie et
s'étend à mesure, en enveloppant les nombreuses cir-
convolutions de l'oviducte , dont le diamètre augmente
un peu en se portant en arrière, mais qui se développe
subitement en une poche considérable , dans sa der-
nière partie. Dans ce long trajet, de quatre à cinq dé-
cimètres , ses parois deviennent plus épaisses , et très
évidemment glanduleuses; elles sont blanches, demi-
transparentes, et comme injectées par les mucosités
qu'elles sécrètent, et dont elles enveloppent les œufs.
C'est dans l'extrémité dilatée de l'oviducte, qui est
semblable chez tous les Batraciens anoures , que les
œufs se rassemblent durant les premiers jours de l'ac-
couplement qui précèdent la ponte, et qu'ils s'y re-
62 \X\1T' LEÇON. OÉNÉKATION DES VEUTEBKÉS.
vêtent de la sphère protectrice. Cette enveloppe , poul-
ies œufs qui doivent être pondus dans l'eau, est de
nature p;élatino-albumineuse ; elle a la propriété d'ab-
sorber beaucoup d'eau et de se gonfler considérable-
ment par cette absorption.
Chez la salamandre tachetée , l'oviducte commence
par un orifice longitudinal, qu'il faut chercher dans
la partie la plus avancée de la cavité thoraco-abdomi-
nale. Ce canal est d'abord droit et sans repli; puis il
fait beaucoup de sinuosités avant et un peu après
avoir dépassé le commencement de l'ovaire; enfin, il
est droit au-delà de l'ovaire, et augmente un peu de
diamètre.
Sans doute la dernière portion de ce canal qui doit
servir d'utérus se dilate considérablement à l'époque
du rut, lorsque les œufs s'y arrêtent pour l'incubation,
et sa capacité augmente encore à mesure du dévelop-
pement des petits.
Elle devient très considérable dans la salaman-
dre noire {salamandra atra Laurenti) dont chaque
oviducte ne renferme, à la fin de la gestation, qu'un
seul petit, qui finit par y acquérir plus du tiers de la
longueur de la mère (i).
Chez les tritons , et le triton crête en particulier, l'ovi-
ducte est beaucoup plus long, beaucoup plus replié
dans toute son étendue; sans doute à cause des muco-
sités aibumineuses dont il doit entourer l'œuf pour le
compléter.
(i) Fragment sur les Bntraciens , pnrM. Van-der-UœvcnMi-\\w\y^<~ de
la SoLi»^<é iVliist. nalur. de Snasboiir^;, t. li.
ABT. IV. OVIDUCTES DES KEPTILES. G3
Son embouchure, ou le pavillon, est un orifice obloiip
à bords tout unis, situé, comme chez les Batraciens
anoures, dans la partie la plus avancée de la cavité
thoraco-abdominale, précisément à côté et en dehors
de l'entrée du sac pulmonaire dans cette cavité. Les
membranes qui forment ce pavillon et le commence-
ment de l'oviducte sont très minces; mais les parois
de ce canal s'épaississent considéraljlement, après tout
au plus un centimètre, et conservent cette épaisseur
dans tout le reste de l'étendue de ce long canal.
Arrivés près du cloaque, les deux oviductes se rap-
prochent l'un de l'autre et se terminent dans la paroi
supérieure de cette cavité, chacun par une saillie cylin-
drique.
\Jamph\uina a son ovidncte dans les feuillets du mé-
soaire , au-dessus de l'ovaire. C'est un long tube re-
plié, qui commence, comme toujours, plus en avant
que l'ovaire.
Il en est de même chez le menohranchus lateralis
parmi les Urodèles perennibranches. Mais ici ce canal
est beaucoup plus long et fait de plus nombreux re-
plis, pressés les uns vers les autres. Les parois en sont
épaisses et de couleur laiteuse.
Le protée l'a aussi très long et faisant beaucoup de
replis (i) ; tandis que dans la sirène il est court, droit ,
collé aux reins et non tortueux, comme chez les sala-
mandres (2).
ISous l'avons dit en commençant le paragraphe
précédent, la composition de la sphère protectrice
(i) Cuvier, o. c., p. \2, et 44.
[■x) Ibidem ^T^. ^4 et 25.
G4 XXXll' LEÇON. GÉNÉKATFON DES VERTEBKKS.
(jue 1 ovule prend dans Toviducte diftère essentielle-
ment chez les Reptiles qni fécondent leurs œufs com-
plets, on chez ceux qui fécondent leurs ovules.
Dans le premier cas, elle est à la fois en rapport
avec la fécondation et le lieu d'incubation; dans le
second, elle n a plus que cette dernière cause finale.
Chez les Reptiles propres^, la fécondation des ovules
précède l'addition de la sphère protectrice qui les
complète, et dont ils se sont revêtus successivement
dans Toviducte.
On ne connaît pas de Chéloniens vivipares.
Tous pondent leurs œufs immédiatement après
qu'ils se sont complétés par l'addition d'un albumen,
d'une membrane de la coque ou d un chorion, et de
couches calcaires, pour certaines espèces, qui donnent
à leur enveloppe la plus extérieure une consistance
assez ferme. Cette dernière composition caractérise les
œufs des tortues cCeau douce et de terre; tandis que
la coque des œufs des tortues de mer ou des chélonés
n'a que la consistance du parchemin.
L albumen des œufs de Chéloniens est très liquide,
très aqueux , se coagulant difficilement par la cha-
leur (i).
lies Crocodiliens ont, comme les oiseaux, des œufs
à coque calcaire, une membrane de la coque ou un
chorion et un albumen.
IjCs autres Sauriens ont généralement des œufs à
(i) C'est ilii moins ainsi que l'a trouvé ^I. Tiedemann ; tandis que
M. Rathke l'indique comme très dense, et de la consistance du corps
vitré (le l'œil des vertèbres. Ces dilTorences tiennent sans doute aux es-
pèces observées.
ART. IV. OVIDUCTES DES HEPTILES. (j,-,
coque flexible de la consistance du parchemiu, avec
une petite quantité d'albumen.
Cette substance manque dans les œufs à'op/ùdiens;
leur coque se compose de plusieurs couches inorp-a-
niques, que déposent successivement les parois de
l'oviducte, et qui lui donnent la consistance du par-
chemin.
Chez les Reptiles amphibies , la sphère protectrice
que l'œuf prend dans l'oviducte a des caractères très
particuliers suivant que l'animal dépose ses œufs dans
l'eau, et c'est le cas le plus [général ; ou qu'il est vivipare,
comme \es salamandres propres; lorsqu'il les expose à
l'air, comme le crapaud accoucheur ; on quilles place,
comme \e pipa^ sur le dos de sa femelle, dont la oeau
se jjonfle autour d'eux et les enveloppe eu prauche
partie.
L'œuf mûr, dans son lieu d'incubation, qui est
l'oviducte chez les vivipares {\.es, salamandres propres)^
a pour toute sphère protectrice un chorion (i) mince
qui se remplit d'une sérosité albumineuse à mesure du
développement.
Dans l'œuf du crapaud accoucheur, ce chorion s»
confond avec la coque, qui prend à l'air la consistance
du parchemin. Le même chorion reste mince , mais
s'étend et se détache de plus en plus de l'embryou
chez les Batraciens qui se développent dans l'eau;
il y a de plus, à l'extérieur, cette substance gélatino-
(i) Swammerdam , qui a reconnu celte enveloppe, l'appelle amnio<i,
et Ratlike, la membr.ine vitelline. Suivant ce dernier anteiir, les {rrenouilles
et les crapauds n'ont pas de chorion. {Arcliives rie J. Mullei pour i83.>.
p. 3o2.)
66 XXXIl' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
aibumineuse, analogue à celle qui enveloppe les œufs
de beaucoup de poissons , dont la couche la plus ex-
terne forme une membrane extrêmement déliée.
L'œuf au pipa me paraît avoir la même composition
extérieure que Tœuf du crapaud accoucheur. Ce que
Ton voit de sa coque, qui reste en partie à découvert,
est de couleur foncée et de nature résistante et cornée.
Cette coque se fend au niveau de la peau, de manière
à détacher comme un couvercle sa pai'tie libre de sa
partie enfoncée dans la peau (i).
Le triton à tre^e, parmi les Urodèles, a dans la der-
nière partie de sou oviducte, à Tépoque de la ponte,
des œufs ayant une coque transparente , ovale , beau-
coup plus grande que le vitellus,qui est sphérique et
s^ meut librement dans un albumen beaucoup moins
dense. Les œufs de cette espèce sont pondus isolé-
ment.]
ARTICLE V.
DES ORGANES PRÉPARATEUBS ET ÉDUCATETIES , OU DES OVAIRES
ET DES OVIDUCTES , DANS LA CLASSE DES POISSONS.
l. Des ovaires ou des glandes ovigènes.
[Les organes producteurs des ovules, ou les ovaires ,
sont pénéralement pairs, sans être symétriques.
Ils sont suspendus à la voûte que forme la paroi su-
périeure de la cavité abdominale , de chaque côté de
ia colonne vertébrale.
(i) Voir la figure que nous en avons yjublieL'. avec son explication, dans
le l\è(jne animal de Cuvier. — Edition illustrée. Pi. 3g. ï\g. 2 , des IJep-
t.lrs.
ART. V. OVAIBES DES POISSONS. 67
On ne trouve cependant qu'un ovaire dans ia per-
che fUwiatile ^ seule espèce de ce ^enre chez laquelle
on ait remarqué cette sorte d'anomalie. Les espèces ovi-
pares des genres cobitis et ammodytes ^ parmi les Pois-
sons osseux, n'ont de même qu'un ovaire. Cet organe est
«'■gaiement impair chez la plupart des espèces vivipares;
cela est incontestable pour la blennie vivipare^ \a-
nableps ^ les pœcilies ^ parmi les Poissons osseux.
Quant aux vivipares Sélaciens^ on n'a trouvé dans im
certain nombre de genres qu'un ovaire développé et
fonctionnant (i).
La glande ovigène des poissons présente trois types
distincts dans sa composition et sa structure.
Dans le premier type , qui est le plus général , elle
forme un long snc, presque toujours double, rarement
simple, ainsi que nous venons de le dire, étendu dans
une grande partie de la longueur de la cavité abdo-
minale. Sa forme est le plus souvent celle d'un cône
très allongé dont la base est en avant.
Les parois intérieures de ce sac sont divisées par
de nombreux replis , ayant le plus ordinairement une
direction transversale , moins souvent longitudinale,
et formant , dans le premier cas, des diaphragmes in-
terrompus ou incomplets, dans l'épaisseur desouels se
développent les ovules. Le vide que laissent les lame-,
proligères n'est pas dans l'axe du sac, mais plutôt vers
sa paroi supérieure. Ce vide est déjà l'oviducte qui
n'est plus qu'un canal étroit et court, lorsque les deux
sacs ovariens se joignent en arrière, pour se terminer
au-delà de l'anus, par un seul orifice, dans lequel
(i) Uhet- ileti (jlatten liai iIcs Àtistotcles, olc.^xon J. Mlillrr. Bei'in, 1842
68 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
aboutit aussi, le plus généralement, celui de la vessie
urinaire.
On voit que, dans ce type, l'oviducte se continue
et se confond pour ainsi dire avec l'ovaire.
Celui-ci se compose d'une membrane extérieure qui
l'enveloppe de toutes parts, et lui fournit un mé-
soaire séreux, qui le suspend à la paroi dorsale de la
cavité abdominale; d'une membrane muqueuse qui
revêt ses parois intérieures et tous les prolongements
lamelleux qui s'y observent, et d'une couche médiane
fibro-celluleuse, dans laquelle se développent les ovules.
C'est cette couche moyenne, que nous appellerons
proligère , qui fournit la capsule nutritive des ovules,
autour de laquelle se ramifient les vaisseaux sanguins
nourriciers.
Dans le second type , beaucoup moins commun que
le précédent, puisqu'il n'a été constaté jusqu'à présent
que dans les familles ou les genres des salmones , des
loches^ des anguilles^ des esturgeons et des suceurs^Xes
ovaires n'ont point d'oviducte.
Tantôt ils foiment un sac incomplet, plus ou moins
largement ouvert dans toute sa longueur, ayant des
lames proligères, comme dans le premier type : tel
est l'ovaire des salmones.
Tantôt ils représentent une assez large bande, plissée,
par son mésoaire ^ à l'un de ses bords ou à tous les
deux , et portant les lames proligères à l'une de ses faces.
Ici, la séreuse péritonéale enveloppe de toutes parts
la couche libro-celiuleuseproligère; mais elle est beau-
coup plus épaisse sur la face qui ne porte pas de lames
(juc sur celies-ci. Tel est l'ovaire des anguilles et des
esturgeons.
ABT. V. OVAinES DES l'OISSONS. 69
Enfin, dans ce même type, tout l'ovaire est une
bande prolifère très plissée par le mésoaire du côté de
la ligne médiane dorsale, et dont les plis, divisés en lo-
bes, se déploient vers un bord libre, en se sous-divisant
en lobules, et en montrant des ovules à leurs deux
faces. Tj'ovaire des lamproies est ainsi conformé.
Dans un troisième type, celui àei chimères et des
Sélaciens, l'ovaire est séparé de Toviducte, comme
dans les trois classes supérieures des vertébrés. L'un
et l'autre présentent des caractères particuliers.
Quand les ovules ne se sont pas développés, l'ovaire
des Sélaciens forme une lame épaisse, ovale, un peu
échancrée ou concave par son bord intérieur, sus-
pendue sur les côtés de la colonne vertébrale, depuis
la partie la plus avancée de la cavité abdominale jus-
que plus ou moins en arnère. La face inférieure et
interne de cette lame, celle par laquelle les ovaires
pourraient se toucber, en s'approcbant , ne montre
aucune saillie; elle a dans toute sou étendue une cou-
leur blanc de lait. C'est encore la couleur que pré-
sente l'autre face en arrière; puis, dans la moitié, ou
les deux tiers antérieurs, on aperçoit des saillies ar-
rondies de différentes grandeurs, dont les plus petites
sont blanc de perle et les plus grandes de couleur jaune
opaque : ce sont des ovules qui se développent dans
la couche proligère et font plus ou moins de saillie à
la face supérieure de cette lame ovarienne. Celle-ci
s'étend en forme de capsule sur les ovules, à mesure que,
par suite de leur développement, ils se détachent les
uns des autres, et se séparent de plus en plus.
Le reste de la lame ovarienne conserve son appa-
rence molle, laiteuse, homogène ;, très caractéristique,
70 XXXIP LEÇON. GÉNÉKATION DES VERTÉBRÉS.
qu'on i elroiive dans une partie de la glande ^pcrma-
jjène des mâles.
Dans plusieurs des Sélaciens vivipares , il n'y a que
cette partie dans laquelle il ne se développe pas
d'ovule qui subsiste d'un côté; c'est généralement du
côté gauche, tandis que l'ovaire a son développemenl
normal du côté droit.
La nutrition extraordinairement active qui a lieu
dans les ovaires, pour le développement des innom-
brables œafs dont ils se chargent pour chaque ponte,
chez le grand nombre des poissons ovipares, exigeait
uu afflux considérable de fluide nourricier : aussi
leurs vaisseaux sanguins sont-ils très nombreux dans
leurs ramifications et leurs branches , et leurs troncs
très développés.
Les artères viennent de l'aorte ou des rénales. Il y a
généralement un tronc principal qui règne dans un
silloft de la face interne et supérieure <ou viscérale du
sac ovarien et qui fournit, à angle droit, des branches
transversales , pour chaque lame proligère. Ce tronc
peut se diviser en deux branches, une pour chaque
face supérieure et inférieure.
, Les veines des ovaires se rendent le plus générale-
ment dans les veines pénales ou dans la veine cave.
Dans le premier cas, un tronc principal s'unit au
trotic de la veine rénale-porte , et ses branches secon-
daires s Y réunissent successivement.,
ISou$ avons déterminé ( i ) le singulier sinus veineux
qui règne entre les sinus rénaux et les deux veines
caves, chez la lamproie marine et la lamproie de rivière^
(i) T. VI, p. 260.
ART. V. OVAIRES DES POISSONS. 71
comme ieiir veine (génitale; ce sinus verse dans les
veines caves le sang qu'il reçoit des organes de la gé-
nération. '
Dans des cas exceptionnels, la totalité ou une partie
du sang des organes génitaux se rend dans le foie (i).
Le premier exemple se voit dans les cyprins et les
loches ; la blennie vivipare^ \^ perche Jluvidtile ^V cimmo-
dyte^ qui n'ont qu'un ovaire, sont dans le second cas ;
une partie des veiïies de l'ovaire se rend dans la veine
mésentérique et l'autre dans les veines rénales. ;.- >\
Ce que nous venons de dire des vaisseaux sanguins
des ovaires doit s'entendre aussi de ceux des laites, ou
des glandes spermagènes. h-;
Quelques descriptions particulières serviront à ren-
dre cette description générale plus sensible. ]
A. Dans la soujsrclasse de^ Ppissons osseux.
[Parmi les Acdnthoptérygiens ^XovdXve. est simple
dans la perche flcmatile ^ ainsi que nous l'avons déjà
dit; il a, dans un état de gestation avancée, un très
gros volume; sa forme est celle d'un ovale irrégulier;
il est à droite des organes de la digestion, et touche à
la vessie natatoire par son bord supérieur, qui est à
peu près droit, et il repose, par son côté inférieur, sur
les parois abdominales.
Un mésoaire qui descend de chaque côté delà vessie-
natatoire attache et suspend cet organe.
Le sac qu'il forme -a des replis transverses qui se
(i) Voir ce que nous en avons dit, t. VI, p. 568, et M. Hathke , o. c.
p. iS;.
rS XXXll* LEÇON. GÉNÉRATION DES VRHTÉBRÉS.
çlétaclicnt de sa paroi interne et supérieure , et forment
de nombreux diaphragmes incomplets, dans l'épaisseur
desquels sont les ovules.
On y voit à la fois des ovules presque mûrs et des
ovules beaucoup plus petits, commençant à se déve-
lopper pour la ponte suivante. Les uns et les autres
sont parfaitement ronds.
Les veines se rendent par un seul tronc dans la veine
cave, à l'instant où elle commence par la réunion des
veines rénales. Ce tronc provient de deux branches
qui régnent dans la ligne médiane des deux faces su-
périeure et inférieure de l'ovaire, et qui reçoivent à an-
gle droit les rameaux transverses qui correspondent
aux lames proligères.
Dans la carpe ^ parmi les Malacoptér-ygiens abdo-
minaux , l'ovaire est double comme à l'ordinaire ; le
droit m'a paru plus grand que le gauche , s'avançant
au-delà de la vésicule du fiel. L'intérieur a des dia-
phragmes, comme l'ovaire de la perche.
Dans la brème ^ chaque ovaire est lobé, aplati dans
sa face latérale interne, aminci dans son bord supé-
rieur, qui est contre la vessie aérienne; plus épais à son
bord inférieur.
La coupe de chaque ovaire forme un triangle dont
le plus grand côté répond à la face externe, et dont le
plus petit est à la fois interne et supérieur, et se moule
contre la vessie aérienne.
C'est le long de ce dernier côté qu'existe un sillon
assez profond , où se voient l'artère et la veine prin-
cipale, dont les branches se détachent à angle droit
pour pénétrer dans la substance de l'ovaire.
Dans la truiie commune ^ les ovaires, lorsque la ges-
ART. V. OVAIRES DES FOrSSONS. 73
tation est assez avancée, sont étendus dans toute la
longueur de la cavité abdominale. Ils sont organisés
sur le modèle des ovaires sans oviducte, qui caracté-
rise notre second type. Les lames proligères sont libres
du côté externe et inférieur, c'est-à-dire celui qui
regarde les parois abdominales; elles sont enfermées
parla membrane ovarienne péritonéaledu côté interne
et supérieur , qui répond aux autres viscères abdomi-
naux.
Les œufs développés dans chaque lame y font d'au-
tant plus de saillie qu'ils sont plus grands. Ils laissent
des impressions remarquables dans la paroi interne de
l'ovaire , formée à la fois par la membrane péritonéale
et par la membrane propre. Ce sont autant de fossettes
régulières qu'il y avait d'œufs en contact avec cette
partie.
Parmi les M alacoptérygiens subbranchiens ^ les
pleuronectes ont leurs ovaires très asymétriques. Dans
la sole^ le droit , qui répond au côté coloré , est plus
d'une fois aussi volumineux que le gauche , qui est du
côté pâle. L'un et l'autre forment un cône dont la
base est en avant.
Chaque ovaire est logé, pour la plus grande partie,
séparément de son semblable, dans un sinus particu-
lier de la cavité abdominale. On sait que, chez ces pois-
sons , cette cavité est divisée en deux , au-delà de
l'anus, par une cloison formée par les apophyses épi-
neuses des vertèbres caudales, qui soutiennent les rayons
de la nageoire anale. Le sinus abdominal droit loge
encore une partie de l'intestin, et le gauche une partie
du rein.
La position avancée de l'anus fait que ces ovaires
74 XXXIF LEÇON. GÉNÉEATION DES VERTÉBRÉS.
ont leur commencement en arrière, et leur portion ter-
minale en avant.
Dans le congre, que nous citerons comme exemple
de l'ordre des Malacopténjgiens apodes , les ovaires
s'étendent dans toute la longueur de la cavité abdomi-
nale et se prolongent dans le fond de cette cavité ,
au-delà de l'anus. Ce sont encore des ovaires sans
oviducte.
Le repli du péritoine qui le suspend de chaque côté
de la colonne vertébrale semble se continuer plus
épais sur le côté interne de la bande ovarienne, dont
la surface est lisse et consistante de ce côté , tandis que
sa face externe est hérissée pour ainsi dire par les
lames membraneuses ou les replis transverses, dans
l'épaisseur desquels se développent les œufs.
Ces replis, dans X anguille, sont étroits et se terminent
vers le bord de cette sorte de manchette plissée que
forme l'ovaire. On en voit quelques uns qui se conti-
nuent avec les suivants. Leur bord libre est générale-
ment plus épais que le reste. La face lisse de ces bandes
ovariennes est aussi du côté viscéral. Ces ovaires se
prolongent bien au-delà de l'anus, celui du côté gau-
che plus que le droit; il e^t vrai que celui-ci s'avance
plus que le gauche. On dirait que la forme allongée du
corps a produit ici, comme chez les ophidiens, une
asymétrie dans la position de ces organes.
C'est du côté de la face lisse que se voient les vais-
seaux saiiguins, dont les branches principales ont la
direction transversale des lames membraneuses et se
détachent de leur tronc à angle droit ou à peu près.
Le tronc des veines ovariennes se rend dans la veine
porte.
ART. V. OVAIEES DES POISSONS. 75
Le lançoà [ammodjtes tobianus L. ) n'a qu'un seul
ovaipe considérable, étendu dans toute la lon^^ueur de
la cavité abdominale. Il est obtus et épais en avant;
plus aminci en arrière; il se prolonge de ce côte au-
delà de l'anus et même de l'issue de son oviducte. Sa
composition est celle de notre premier type, tandis
(jue celle du congre et de l'anguille appartient à notre
second type , ainsi que nous venons de le voir.
Dans les syngnathes, et les hippocampes ^ de Tordre
des Lophobranches , les ovaires sont dans un tube
membraneux de longueur un peu inégale , dont la
surfoce est bosselée par les ovules contenus dans l'é-
paisseur de leurs parois, lorsque ces ovules sont déve-
loppés.]
B. Dans la sous-classe des Poissons cartilagineux.
[Les chimères et les Sélaciens ont, ainsi que nous
l'avons exprimé, un ovaire séparé de l'oviducte, comme
dans les trois classes supérieures des vertébrés.
Son aspect varie beaucoup suivant le degré de dé-
veloppement des œufs qu'il renferme.
Dans la raie bouclée , lorsque les ovules sont encore
très petits, c'est une lame ovale, libre dans la cavité
aladominale, sauf par son bord interne, qui est fixé
sur le côté de la colonne vet-tébrale. Cette lame est
composée d'une substance celluleuse , molle , homo-
gène, comme laiteuse, dans laquelle on découvre
des ovules de volume très différent, de couleur gris
de perle, demi-transparents. ».;..? i
Dans une i;aie bâtis ^ d'un très gros volume, les ovaires
avaient près de six décimètres de longueur. Les œufs,»
76 XXXll' LEÇON. GliNKBATlON DES VERTÉBBÉS,
développés, étaient clans lenr partie moyenne et même
dans leurs deux tiers antérieurs. Les plus grands avaient
o^jOÔ'i , o"',o56, o'",o6o de diamètre. Il y en avait de
o'",o35 , de o'",o3o et d'autres de plus en plus petits.
Ceux qui n'ont plus que o"',oo5 sont comme des per-
les , pour la couleur et la demi-transparence. Au-dessus
de ce volume, ils sont de couleur grise opaque, avant
d'être jaunes.
Chaque œuf est dans sa capsule, dont les vaisseaux
sanguins sont nombreux. Lorsqu'on la rompt, ainsi que
la membrane vitelline, un vitellus fluide s'en écoule
comme la matière d'un abcès.
Les œufs les moins ^développés , qui se voient à l'ex-
trémité antérieure de l'ovaire, y sont enfouis dans cette
substance blanche que nous avons déjà indiquée dans
l'ovaire de la raie bouclée. La portion la plus reculée
de chaque ovaire ne renfermait qu'une couche mince
de cette substance , qui rappelle celle du testicule de
ces mêmes sélaciens.
Il y avait des ovules de toute grandeur intercalés
avec les grands, et comme contenus dans l'épaisseur
de la membrane capsulaire des grands , qui en était
toute bosselée.
Les Esturgeons ont deux ovaires, sans oviducte, dont
les œufs sont contenus dans des lames proligères dis-
posées en travers, le long du ruban membraneux qui
les fixe, et sont libres par leur bord opposé, dans la
cavité abdominale. C'est absolument le type décrit
dans les anguilles.
Chez les Suceurs ^ il n'y a proprement qu'un ovaire
et qu'un mésoaire, attaché sous la ligne médiane entre
ABT. V. OVAIRES DES POISSONS. 77
les reins. Sa forme est très allongée, et sa composition
très compliquée.
C'est une double série de lobes, très plissée en tra-
vers, qui se déploient à partir du mésoaire , en s'élar-
gissant et en se divisant tout à la fois et en se portant
de la ligne médiane en dehors et en bas. Plusieurs
couches d'œufs parfaitement sphériques se voient sur
chaque face de ces lames.
On peut lire dans notre t. vi, p. 260 et 261 , la singu-
lière organisation de la veine de cet ovaire, dans la
lamproie marine ; nous l'avons décrite sous le nom de
sinus génital.
L'existence d'un seul ovaire dans ce genre a d'abord
été reconnue dans la petite lamproie {Petromyzoïi
planeri L.). Il n'y a de même qu'un mésoaire, sus-
pendu précisément dans la ligue médiane entre les
reins. Cet ovaire se compose de deux séries de lobes,
difficiles à démêler dans sa partie la plus avancée ,
mais qui se séparent facilement l'un de l'autre, après le
premier quart de la longueur de cet organe. Ces lobes
placés ainsi, les uns à la suite des autres, sont d'inégale
grandeur ; ils renferment chacun plusieurs rangs d'o-
vules, formant des lignes parallèles et transversales ,
qui se suivent de la face dorsale adhérente, à la face
libre abdominale de ces lames proligères. On voit que
chaque lobe est une lame proligère; leurs deux séries
semblent indiquer que cet ovaire , unique en appa-
rence, se composerait en réalité de deux ovaires rap-
prochés.
Il paraît que le branchiostoma lubricum^ Costa,
aurait deux ovaires composés de lobes analogues à
ceux de l'ovaire des lamproies, et qu'ils apparlicu-
78 XXXTI* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
draient à ce même type d'ovaires sans oviducte (i).j
II. Des ovules et des œufs , produits de la glande
ovi^'ène.
A. Développement des ovules.
[Le développement, des ovules semble commencer
pour ainsi dire avec celui de la glande ovigène, et
donne à cette glande un caractère particulier , qui la
distingue de toutes les autres.
A peine Tovaire de la hlennie vivipare a-t il pris la
forme d'un sac ovale, à peine ses parois montrent-
elles intérieurement ses replis longitudinaux, qu'on y
observe une quantité de globules transparents, déjà
visibles dans les petites blennies avant la mise bas, mais
qui n'ont à cette époque qu'environ i/5o de ligne de
diamètre, suivant l'observation de M. Ratbke.
Ce développement continue durant l'âge d'accrois-
sement indépendant, le troisième de la vie. Il devient
périodique à l'âge des propagations, et se rapporte aux
époques du rut-
C'est dans le tissu fibro-celluleux de l'ovaire qu'il a
lieu ; ce tissu est pour les ovules une sorte de gangue,
dans laquelle se ramifient les vaisseaux sanguins nour-
riciers de cet organe.
Chaque ovule y fait son lit, s'y revêt d'un calice,
qui se détacheîplus ou moins de la masse de l'ovaire, et
qui est revêtu extérieurement d'une membrane péri-
tonéale, si l'ovaire n'a pas d'oviducte continu, ou d'une
membrane muqueuse , si c'est un ovaire à sac.
(i) Remarques sur la structure de Yamphioxit^ lanceoluUm^ i^:
H. Rathke. Kœnigsberg, i84i ; et fi{;. 12 de ia plane lu .
ART. V. OVULES DES POISSONS. 79
Malp^ré cette complication, les parois du calice de
chaque ovule sont extrêmement minces et transpa-
rentes, d'autant plus que le développement de l'ovule
est plus avancé. Le calice, eu s' étendant, se détache à
mesure du reste de l'ovaire et peut n'y plus tenir que
par un pédicule.
Ce calice , cette gangue , ces vaisseaux nourriciers
ne paraissent avoir avec l'ovule que des rapports de
contiguïté , et c'est par imbibition ou par endosmose
que le fluide nourricier de l'ovule paraît devoir péné-
trer son tissu.
On trouve dans le même ovaire des ovules mûrs
avec des ovules encore très petits, de la portée suivante.
Nous en avons observé d'extrêmement petits, mais
très reconnaissables , chez plusieurs pœcilies dont
l'ovaire renfermait nombre de fœtus , dans un dévelop-
pement très avancé.
Les ovules, étudiés dans la succession de leur déve-
loppement , paraissent se composer, en premier lieu ,
de la vésicule (^erminatlve^ comprenant la tache geimi-
nalive ^ que l'on regarde comme devant fournir les pre-
miers éléments du futur embryon.
La sphère germinative renferme un liquide, pré-
sumé albumineux, dans une enveloppe membraneuse
très déliée et transparente.
La tache germinative qu'elle comprend serait une
réunion de petites cellules sphériques, également trans-
parentes.
Les ovules se composent, en sus, de la .Vyt?/iP/'efzVe////z<?,
qui fournira à l'embryon les principaux matériaux de
son développement dans l'œuf.
Cette sphère a une enveloppe membraneuse pio-
80 \XX1I' LEÇOi\. GKNÉBATION DES VERTÉEBÉS.
pre , la membrane vitelline , qui est double, et renferme
dans sa lame externe la substance du même nom et des
gouttes d'huile dont le nombre varie suivant les es-
pèces, et dont la disposition change avec le développe-
ment de l'ovule.
Dans la suite de ce développement, les proportions
et la position relative de la sphère germinative varient
beaucoup.
Elle est toujours plus grande, relativement à la
sphère vitelline dans les ovules peu développés que
dans ceux qui approchent de leur maturité.
Dans ceux-ci, elle est excentrique et touche à la sur-
face du vitellus ; tandis que dans les premiers elle oc-
cupe le centre de la sphère vitelline.
Cavolini^ qui avait très bien distingué, dans les œufs
de poissons, la sphère germinative, avait de plus re-
marqué et figuré ce mouvement de translation de cette
vésicule vers la périphérie du vitellus, à mesure du
développement de 1 ovule (i^.]
B. Composition de lœufmûj\ avant la fécondation.
[L'œuf mûr se compose généralement de trois sphères
emboîtées l'une dans l'autre, mais qui peuvent être
plus ou moins excentriques.
1° La sphère génératrice ou. germinative ;
Q*» La sphère vitelline ou nutritive ;
3° La sphère d'enveloppe on protectrice.
Les deux premières sphères sont les principales;
elles existent invariablement. La troisième varie beau-
(i) Memorie julla geuerazione dei pesci e dei cranuhi , di Filippo
Cavolini — In Napoli-, 1787. Cavolini appelle la vésicule germinative un
nocciolo, p. Sa, pour le laLnit julis.
ART. V. ŒUFS DES POISSQKS. 81
coup, dans sa structure et sa composition, suivant le lieu
de fécondation et celui d'incubation.
La sphère génératrice, beaucoup plus petite que la
sphère vitelliue, est rapprochée de la périphérie de
celle-ci;, dans l'œuf qui a atteint sa maturité. Elle est
composée d'une capsule incolore, transparente, extrê-
mement déliée et d'un fluide albumineux également
transparent. On y voit encore , à sa paroi interne ,
une ou plusieurs taches opaques, qu on appelle taches
germinatives, qui se composent de vésicules globu-
leuses lesquelles deviendront les premiers éléments de
l'embryon, ses premiers matériaux fournis par le sexe
femelle. Nous verrons plus bas que cette sphère ger-
minative finit par disparaître sous la sphère huileuse,
ouïe disque de gouttes de même nature, qui appartient
à la sphère nutritive.
La sphère vitelline ou nutritive se compose de même
d'une capsule membraneuse et de son contenu.
La capsule membraneuse ou membrane vitelline est
mince, transparente, sans apparence d'oj-ganisation;
nous la supposons composée de deux lames, l'une ex-
terne simple, l'autre interne, se repliant dans elle-
même à la manière des séreuses, pour former une po-
che qui renferme la vésicule germinative. Cette poche
est rapprochée de la circonférence du vitellusà mesure
que celui-ci croît et se revêt d'une portion de cette
lame repliée vers la vésicule germinative et autour
d'elle et formant un pédicule , qui est ainsi raccourci
successivement.
Cette hypothèse d'une double enveloppe vitelline ,
admise d'ailleurs par plusieurs anatomistes , fait com-
prendre non seulement le mouvement de translation
8. 6
82 XXXIl* LEÇON. GENERATION DES VERTÉBRÉS.
de la sphère germmative, à mesure du développement
de l'ovule ; mais elle servira encore à expliquer les
rapports organiques de l'embryon avec le vitellus.
Le contenu de la sphère vitellinese compose de deux
parties, la substance vitelline et la sphère huileuse,
ou le disque de gouttes d'huile , lorsque cette sphère
est divisée.
i" La substance vitelline de 1 œuf mûr est un fluide
visqueux , albumineux , sans granulations , dans la
Palée^ suivant M. Vogt. Il peut avoir des granulations
dont le diamètre a été estimé à o"',ooi6 par M. Pré-
vost , dans le chabot de rivihre.
Le vitellus fournit à l'analyse chimique une grande
proportion d'albumine et de l'huile grasse. Il perd sa
limpidité et devient aussitôt opaque, d'un blanc de
lait, lorsqu'on le mêle à l'eau froide. Sa densité ou sa
pesanteur spécifique excède toujours celle de l'eau,
même de l'eau de mer.
2° La sphère huileuse ou le disque huileux est une
partie distincte du vitellus, formant soit une sphère
unique d'huile grasse, ou bien un disque de même
nature composé d'un nombre variable de gouttes
d'huile, séparées, mais rapprochées.
Cette partie huileuse du vitellus se tient toujours à
sa surface, sous la membrane vitelline; elle s'y trouve
constamment en rapport avec la vésicule germinative,
qui disparaît sous elle dans les derniers moments de la
maturité de l'œuf. On peut du moins le conclure, avec
toute l'apparence de la vérité, de la position que prend
la vésicule du germe, au-dessus du disque huileux >
lorsqu'elle apparaît pour la première fois.
ABT. V, OEUFS DES POISSONS. 83
A l'époque de la maturité, Ce disque huileux , nous
l'avons déjà dit, cache la vésicule germinative.
A ne considérer la sphère cl enveloppe ou protec-
trice que relativement à ses usages pour la féconda-
tion , elle mérite moins le nom de protectrice que
celui de sphère d'absorption, parce qu'elle est toujours
organisée pour faire passer, à travers les membranes,
et les substances qui la composent, l'élément féconda-
teur du mâle, sur la vésicule germinative de l'ovule;
ces mêmes substances deviennent ensuite protectrices
ou nutritives et même respiratrices, suivant les chan-
gements dont elles sont susceptibles dans le lieu d'in-
cubation.
La sphère protectrice ou tégumentaire, qui renferme
les deux autres", se compose essentiellement d'un cho-
rion ou d'une membrane de la coque, dans laquelle
on a reconnu une organisation remarquable. Elle est
formée de cellules aplaties que l'on ne peut distinguer
qu'à un très fort grossissement.
Le chorion se forme certainement dans l'ovaire, chez
les poissons comme les Pœcilies^ dont le lieu d'incuba-
tion est l'ovaire ; sa poche s'y remplit d'un liquide al-
bumineux nécessaire au libre développement de l'em-
bryon.
C'est aussi dans l'ovaire que se complète l'œuf des
Salmones , des Loches , des Anguilles , des Esturgeons,
des Lamproies , ces poissons n'ayant point d'oviducte.
Cet œuf a non seulement un chorion , mais encore une
coque plus ou moins résistante ; comme ceux des pois-
sons ovipares ordinaires , à ovaire à sac , qui pondent
leurs œufs dans l'eau.
La coque, dont le chorion peut être doublé à l'exté-
8-4 XXXIl" LEÇON. GÉSKRATION DES VERTÉBRÉS.
rieur, le nidamentum dans lequel l'oeuf peut être en-
veloppé, varient beaucoup suivant le lieu de féconda-
tion et celui d'incubation.
Pour tous les œufs pondus dans l'eau, le chorion
est renforcé par une coque épaisse ou mince , suivant
que la fécondation s'est effectuée avant la ponte, ou
quelle doit lui succéder immédiatement.
Dans ce dernier cas, les œufs peuvent encore être
entourés d'une substance glutineuse qui les fait adhérer
entre eux et aux plantes aquatiques, autour desquelles
les femelles les attachent , ou bien aux pierres et aux
autres corps submergés, sur lesquels elles les déposent.
Cette substance et celle de la coque, encore molles
à l'instant de la ponte, quand la fécondation doit suivre,
ont la singulière propriété de durcir dans Teau.
Les œufs des familles qui manquent d'oviductes,
que nous venons de nommer, passent immédiatement
de l'ovaire dans la cavité abdominale et sont pondus
par les orifices péritonéaux , sans moyen d'adhérence
aux corps sur lesquels les femelles les déposent pour la
fécondation et leur développement. Elles ont cepen-
dant le soin de creuser dans le sable, en agitant leur
queue, de petites fosses dans lesquelles elles les pon-
dent, et où les mâles, qui se tiennent près des femelles,
répandent leur laite à l'instant même. C'est du moins
ce qui a lieu pour les truites.
L'albumen manque-t-il, comme on l'a dit, chez la
plupart des poissons ovipares?
M. Rusconi le refuse à tous les poissons, et tire cette
conclusion de ses observations sur la perche , \ ablette
et la tanche.
M. yogt n'a pas vu cet albumen dans la palée; il
I
AnT. V. ŒUFS DES POISSONS. 85
pense que le cliorion s'y trouve collé immédiatement
contre la membrane vitelUne.
M. Garus a vu dans les œufs de Meunier^ dont le
développement, à la vérité, avait commencé, entre le
vitellus et le chorion, un fluide aqueux et albumi-
neux.
Ce fluide est évidemment un mélange de l'albumen
préexistant et de l'eau venue du dehors, après la chute
des œufs dans l'eau.
M. Rathke a reconnu dans les œufs des Syngnathes^
parvenus dans la poche incubatrice , entre le vitellus
et le chorion , un fluide albumineux et un peu aqueux ,
se coagulant par son mélange avec l'eau froide , ou
par le contact de l'air, étant d'ailleurs de même na-
ture que celui de la poche.
J'avoue que je suis porté à croire qu'il existe, dans
tous les cas, une légère couche albumineuse, fort dense
autour du vitellus, analogue à celle qui a été reconnue
dans l'œuf des Sélaciens vivipares, mais seulement
beaucoup moindre. Cette couche me semble néces-
saire pour déterminer l'absorption de l'eau spermatisée
chez les ovipares , ou de la sérosité albumineuse chez
les vivipares.
L'œuf mûr des Sélaciens ovipares et des chimères ^
devant recevoir l'élément fécondateur dans l'ovaire ,
ou dans le commencement del'oviducte, n'a pas encore
l'enveloppe protectrice que lui donnera son séjour
dans l'organe éducateur, et qu'il portera dans le lieu
d'incubation.
L'œuf des Squales vivipares ^en prenant pour exem-
ple Vé/nissole, d'après J. Millier, se compose, lorsqu'il
est parvenu dans l'oviducte, d'une membrane de la
86 XXXII' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBBÉS.
coque on d\m chorion extrêmement mince et délié
comme Famnios des mammifères, sans organisation
apparente.
Le sac qu'elle forme a sept à huit fois la longueur
du vitellus. Les parois de cette poche sont partout
rapprochées entre elles , ou autour du vitellus et de la
couche d'albumen qui le recouvre. Les bords de ce
sac amniotique sont régulièrement plissés, et les plis en
sont piûs par ceux de l'utérus. L'albumen est visqueux,
filant, se coagulant par l'alcool. Il s'étend au-delà du
vitellus en une pointe qui s'avance jusqu'à l'extrémité
de l'œuf.
Le volume des œufs parvenus à leur maturité n'est
pas du tout en rapport avec la grandeur du poisson.
La petite truite de montagne les a très grands, sphé-
riques; celle de rivière [salmo fario L.) de même. Ils
sont très petits, de forme plus grande pour être pressés
les uns vers les autres dans la carpe.
Dans X anguille., où ils sont aussi très petits , on les
distingue, par leur forme ovale, des capsules à peu près
de même grandeur , mais sphériques , qui renferment
le sperme.
Leur nombre est, pour ainsi dire, en raison inverse
de leur volume. Ce nombre est immense pour un grand
nombre d'espèces.
Dans une perche fluviatile ^ nous l'avons trouvé
de 69,216.
Dans une carpe de 167,200.
Dans un brochet de i66,4oo.
Dans un maquereau de 129,000, et dans un estur-
geon de 1,167,866 (1).
(1) Ces nombres sont pris dans notre première édition des Leçons^ t. V,
ART. V. ŒUFS DES POISSONS 87
Les œufs des poissons ovipares, dont la fécondation
doit avoir lieu dans l'eau , immédiatement après la
ponte , éprouvent , peu d'heures après être tombés
dans ce liquide , un gonflement plus ou moins sen-
sible, suite de l'absorption d'une certaine quantité
d'eau par toutes les parties composant la sphère pro-
tectrice de l'œuf, qui sont douées de la faculté ab-
sorbante de ce liquide. Si le mâle a répandu sa laite
sur ces œufs , il en résulte que le courant d eau qui
pénètre, par endosmose, entre le chorion et le vitel-
lus, entoure celui-ci d'une zone d'eau spermatisée dans
-laquelle il se meut librement. Sa moindre pesanteur
spécifique, du côté du disque huileux, tourne vers le
haut , cette partie où se trouve la vésicule germinative
dans une position périphérique : toutes ces circon-
stances paraissent admirablement combinées pour fa-
voriser le contact des spermatozoïdes avec la vésicule
germinative, et pour accomplir ainsi la fécondation.
Chez les Sélaciens ovipares, et les chimères, chez
lesquels la fécondation a lieu dans l'ovaire ou dans
l'oviducte, et chez les vivipares ordinaires , la faculté
absorbante du chorion doit servir de même à la fé-
condation.
Lorsque ce développement a lieu dans le calice de
l'ovaire, comme chez les Pœcilies , il faut bien encore
reconnaître à cette membrane de l'ovaire la même
faculté absorbante.
p 2gi et 296. M. Rousseau, qui les avait déterpninés, avait pesé en même
temps le poisson , l'ovaire , et calculé le nombre d'œufs pour »in gramme.
88 XXXIl* LBÇOX. GÉNÉRATION DES VEBTÉBBÉS.
III. Des organes éducateurs ou des canaux excré-
teurs de la glande oi'i^ène.
Ces organes , dans le premier type àe structure, que
nous venons de décrire , commencent avec le vide du
sac ovarien, et se continuent eu un court canal qui,
réuni à celui du côté opposé, se termine, après un
trajet de quelques millimètres, entre l'anus et la na-
geoire anale.
Lorsqu'il n y a qu'un ovaire dans ce tvpe , et si le
poisson est vivipare, loviducte est plus distinct de
l'ovaire et forme un plus long canal : c'est ce qu'on
peut voir dans la blennie vivipare et les pœcilies.
11 v a quelquefois, au lieu d'une fossette, où se
trouve l'orifice des ovaires , qui est aussi celui de la
vessie urinaire, une papille creuse plus ou moins sail-
lante, que nous verrons aussi chez les mâles. Cette
papille existe entre autres chez les blennies^ parmi les
Osseux, et chez les lamproies^ parmi les Cartilagineux.
Chez ces dernières, elle n'est pas laboutissant des
sacs ovariens, ou de leur terminaison en oviductes,
puisque leurs ovaires appartiennent au second type, et
que leurs œufs mîirs tombent dans la cavité abdomi-
nale. Ici, cette cavité a deux conduits péritonéaux
très courts, dans sa partie la plus reculée, qui s'ouvrent
dans cette même papille.
Chez les salniones ^ les /ocZ/fj, les anguilles , qui ont
des ovaires de ce même tvpe, les conduits péritonéaux,
servant également d'oviductes, aboutissent de même
à l'orifice génito-urinaire situé derrière l'anus, au-
devant de la nageoire anale.
Dans le troisième type , celui des Sélaciens ^ y com-
ABT. V. OVTDUCTES DES POISSONS. 89
pris les chimères^ il y à un ou deux oviclucles , suivant
le nombre des ovaires ou indépendamment de ce
nombre.
La plupart des espèces vivipares n'ont qu'un ovi-
ducte. Les chimères , la grande roussette , ïémissole
lisse, etc., parmi les Squales; les espèces ovipares du
grand genre Raie ^ et les torpilles, qui sont vivipares,
en ont deux, qui se compliquent, excepté chez ces
dernières, dune glande dont l'usage est de compléter
l'œuf en sécrétant ses enveloppes protectrices.]
Dans les chimères, ce sont d'abord de petits con-
duits dont le pavillon commun (i), attaché entre les
ovaires, est évasé. Après un assez court espace , chaque
oviducte s'élargit tout-à-coup et forme un renflement
glanduleux très considérable, contenu dans l'épaisseur
de ses parois , et dont les faisceaux vésiculeux ou cana-
liculés qui le composent sont perpendiculaires à ces
parois. Au-delà de ce renflement glanduleux, ce canal
conserve un grand diamètre jusqu'à l'endroit de sa ter-
minaison.
Une fois que l'œuf s'est accru par l'addition de l'en-
veloppe que lui fournit la glande que nous venons de
décrire , il avait besoin en effet d'un conduit plus
grand : ce conduit nous a paru uniquement membra-
neux et non glanduleux , dans toute son étendue.
[Les oviductes s'ouvrent au dehors, de chaque côté
de l'orifice du cloaque. Cette disposition singulière est
toiit-à-fait exceptionnelle pour les anirpaux qui ont un
(i) Voir Cams^ Tab. aoat. IV, fig. 2, p. 3, où cette disposition, que
nous avions décrite en i8o5, est exactement représentée.
90 XXXII' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS.
aboutissant commun pour les fèces alimentaires et l'u-
rine; elle doit faciliter la fécondation. ]
Chez les raies op^^^/é-i-, les oviductes ont une très
grande ressemblance avec ceux des chimères , comme
il en existe une, si ce n'est dans la forme du moins dans
la composition des œufs de ces différents genres. Ces
conduits sont réunis par leur extrémité antérieure, et
n'ont qu'un pavillon commun, situé entre les ovaires,
immédiatement en arrière du diaphragme, et qui con-
duit dans l'un ou l'autre oviducte. De là, chaque ca-
nal se porte en arrière et en dehors, en conservant un
petit diamètre , une forme cylindrique , des parois
plissées longitudinalement dans leur intérieur, et une
couche f*ort mince, de nature glanduleuse, dans leur
épaisseur. C'est à cette première partie qu'on a donné
plus particulièrement le nom de trompe. Elle se dilate
subitement après trois à six, huit, dix centimètres
d'étendue, suivant les espèces, pour envelopper dans ses
parois un corps glanduleux fort épais, qui paraît com-
posé de tubes blancs, allant dans des directions peu dif-
férentes, de la paroi interne à l'externe. Cette glande est
divisée proprement en deux parties ayant la figure d'un
croissant à peu près, et qui ne se touchent que par leurs
deux cornes , qui sont dirigées en avant. J/humeur
qu'elle sépare produit la coque de l'œuf de ces animaux ;
et la forme de cette coque tient sans doute à celle de
la surface glanduleuse.
Au-delà de cette glande, chaque oviducte forme un
large canal, qui va se terminer sur les côtés du cloa-
que, tandis que le rectum y aboutit en dessous. Leurs
deux orifices y sont bordés, du côté interne, d'un repli
en guise de valvule.
ï
ABT. V. OVIDUCTKS DES POISSONS. 91
[L'oviducte de ce type a des fonctions multiples à
remplir, et dans ce but, comme on vient de le voir,
une organisation très compliquée.
C'est d'abord un organe conducteur de la semence
vers l'ovaire, pour la fécondation, et à cet effet, sa
muqueuse doit être pourvue de cils vibratiles. Il reçoit
ensuite l'ovule fécondé qui n'a encore ni albumen , ni
membrane de la coque, ni coque elle-même.
I^a première partie de ce conduit , qui précède la
glande, la revêt d'albumen et de son cborion, et la
seconde partie ou la glande, produit, cbezles ovipares,
la substance de sa coque, et lui sert de moule. La troi-
sième partie est essentiellement un canal de transmis-
sion au dehors, dont les parois sont armées d'une
couche musculaire plus forte , dans ce but.
Dans une raie batys de grande dimension, la pre-
mière partie était un boyau étroit d'environ o" ,3oo
de long, et dont le diamètre avait o^jOio. Ce boyau
se dilatait en entonnoir et prenait un diamètre de
o'",o45, pour s'épanouir dans la cavité de la glande;
ses parois avaient des plis longitudinaux, et dans les
intervalles , des plis réticulés beaucoup plus petits.
La glande était très épaisse; elle avait, dans sa plus
grande largeur, mesurée à l'extérieur, o " , 1 80, et o" , 1 5o
dans sa cavité. Sa longueur ou sa hauteur, à chaque
bout, était de o'",o8o; sa substance était blanche et se
composait de tubes plats, parallèles, allant de la sur-
face externe à la surface interne de ses parois ets'ou-
vrantdans sa cavité. La muqueuse qui la tapissait avait
une structure ferme et résistante. Elle était épaisse,
de couleur rougeâtre, et dans sa coupe on voyait les
tubes la pénétrer en changeant de couleur.
92 XXXT1« LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÈBRES.
Chaque paroi supérieure et inférieure de la glande
présentait nn sillon transverse, bordé en avant dune
série de pores. On en remarquait un grand nombre dans
toute la surface de chaque paroi , en avant et en arrière
du sillon, qui laissaient suinter des gouttelettes de ma-
tière. Ces parois montraient de plus des stries transver-
sales. Au-delà de la glande, l'oviducte avait o^jiSo de
long, et o^jOSS de large.
Chez les Squales et les Raies vivipares, la com-
position de l'oviducte est plus simple; on n'y trouve
pas cette glande, ou bien elle est très peu développée,
l'oeuf ne devant pas avoir de coque épaisse.]
Elle n'était pas sensible dans une torpille que nous
avons ouverte , et dont les o viductes incubateurs étaient
remplis de petits.
[La muqueuse de ces oviductes, dont la seconde
partie devient un organe d'incubation , montre ordi-
nairement des plis longitudinaux, quelquefois frangés
ou villeux , qui servent au déploiement des parois de
l'oviducte , à mesure que le volume des fœtus qu'il
renferme le rend nécessaire.
Dans la torpille (torpédo ocidaîd)^ ces villosités sont
aplaties et élargies en forme de spatule (i); il n'y a
que des plis longitudinaux , sans villosités dans la tor-
pedo maculata (q).
Dans une femelle de Milandre (Sq. Galeus, L.) , la
première portion de l'oviducte avait un petit diamètre
et des parois minces, surtout dans le pavillon.
(i) Anatoiniche dliamiiie sulle torpedini, lette dal soc-io oïdinario
Stetano délie C/iiq/e, nclla toniata de' lo aprile , i83g, p. lo et pi. fig. i-
(a) J. Muller, o. c. , p. 56.
ABT. V. OVIDLCTES DES POISSONS. 93
La muqueuse y présentait des rides longitudinales,
plutôt que des plis. Cette première partie de Toviducte,
après un trajet de o"', 12, se terminait dans celle en-
tourée par la glande, qui était très peu développée, et
dont la pai'oi interne avait deux culs-de-sac contournés
en spirale. Au-delà de cette glande, l'oviducte incuba-
teur se dilatait considérablement; il avait trois fois et
demie la longueur de l'oviducte propre. La muqueuse
n'y montrait ni plis ni rides.
Dans un éniissole lisse [musteliis lœvis J. M.) nous
avons vu l'embouchure commune des oviductes former
une fente longitudinale, dont les lèvres étaient renflées
en bourrelet et plissées. La première partie de chaque
oviducte se composait d\m canal court et étroit, d'en-
viron o'",o6 de longueur totale. Une petite glande cor-
diforme ne tardait pas à l'envelopper. Il reprenait en-
suite son petit diamètre pour se terminer au fond d'une
vaste poche ou de l'utérus. Chaque oviducte incubateur
était également développé et formait une grande ca-
pacité oblongue d'environ o^'^i-j de long, qui renfer-
mait , l'un sept fœtus et l'autre six , ayant chacun
leur placenta très adhérent à ses parois , qui étaient
très peu épaisses. Les fœtus avaient environ o™,20 de
long ; leur queue était repliée.
Dans la rnourine narinari^ il n'y a qu'un oviducte
gauche , dont la première partie commence contre le
diaphragme, au-dessus des attaches du foie, par un
orifice rond , et plissé eu long dans tout son portour.
Cette première partie n'a pas plus de glande que les
oviductes des torpilles. C'est un canal étroit , à diamè-
tre égal, d'environ un décimètre de long, qui a son em-
bouchure dans le fond d'une large poche ou de i'ovi-
94 XXXIl' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTEBRES.
ducte incubateur. Cette seconde partie , dont la
longueur est à peu près la même que celle de la
première, et la plus grande largeur de sept à huit
centimètres, s'ouvre à la paroi supérieure du cloaque.
Ses parois sont extrêmement épaisses et, en grande
partie, glanduleuses. Du côté de leur face interne, dans
une profondeur de près de trois à quatre millimètres,
elless e composent de filets entrelacés , formant des
mailles irrégulieres.
Vient ensuite une couche glanduleuse, épaisse de
près d'un centimètre , compacte, dans laquelle on dis-
tingue des tubes parallèles, dirigés en travers, de
l'extérieur à l'intérieur.
Cette partie glanduleuse a pour enveloppe une
couche musculaire, revêtue elle-même d'une mem-
brane péritonéale.
Le sterlet [accipenses ruthenus) aurait (i) une
organisation intermédiaire entre l'oviducte libre des
Sélaciens, et les canaux péritonéaux des lamproies, etc.
Un court canal péritonéal, ouvert à la paroi supérieure
de l'abdomen, à parois intérieures lisses, se porte en
arrière le long du rein , et ne tarde pas à se terminer
dans l'uretère de son côté. Les œufs murs tombés dans
la cavité abdominale passent par ce canal et par l'ure-
tère correspondant, mais ils ne paraissent recevoir
aucune modification dans le premier, qui n'est pas un
véritable oviducte.
Remarquons encore, avant de terminer, que l'ovi-
ducte n'est pas toujours la seule partie où se complètent
(i) Suivant MM. Brandt et Ratzbury , Zoologie médicale , t. II , pi. IV,
fig. 8.
ABli- V. OVIDUCTES DES POISSONS. 95
les œufs des poissons, ni le seul organe où ils se déve-
loppent.
L'ovaire produit nécessairement, ainsi que nous
l'avons dit, un chorion et une sérosité albumineuse
chez les pœcilics pour le développement libre de l'em-
bryon dans cet or.oane.
Il sécrète une coque et un chorion et une couche très
mince d'albumen, chez les poissons ovipares qui n'ont
pas d'oviducte . et dont les œufs complets tombent de
l'ovaire dans Ta cavité abdominale, pour être rejetés
au dehors. Ces œufs sont ordinairement libres, sépa-
rés, sans enduit glutineux (ceux des salmoiies). Les
anguilles cependant les rendraient agglutinés par
petits pelotons, dans une sorte de nidamentum (i).
La coque et le nidamentum , ou la substance gluti-
neuse au moyen de laquelle les poissons attachent
leurs œufs aux corps submergés, sont généralement
fournis par les parois de l'oviducte ; et quand cette
coque doit être épaisse et d'une forme très particulière,
nous venons de voir chez les Sélacines ovipares et les
chimères une glande qui en produit la matière abon-
dante et une cavité qui la moule.]
(i) Voir l'article anguille, par M. Valenciennes^ au Dict. univ. dhist.
natu)-. , de M. Ch. dOrbigny , t. I , p. 5o4.
96 XXXIU* LEÇON. ORGANES P1\ÉPAHATKURS MALES.
TRENTE-TROISIEME LEÇON.
DES ORGANES PREPARATEURS
ET MODIFICATEURS DU SPERME CHEZ LES MALES
DES ANIMAUX VERTÉRRÉS.
Ce sont, dans ceux où cet appareil d'organes est le
plus compliqué : i° les testicules, qui préparent le
sperme et le conduisent, soit dans un réservoir par-
ticulier, soit dans un canal, d'où il est de suite trans-
mis au dehors, soit dans un cloaque duquel il est de
même rejeté; a" les vésicules séminales , qui lui servent
de réservoir; 3" les prostates ; et f\° les glandes de
Cowpei\ qui séparent une humeur d'une nature quel-
conque, destinée à être mélangée avec la première
pendant le coït.
[Nous diviserons cette leçon en deux sections.
Dans la première , nous décrirons les glandes qui
séparent le sperme, appelées si improprement testi-
cules; nous ferons connaître les voies que suit la se-
mence pour sortir du corps ou pour arriver aux or-
ganes d'accouplement, quand ils existent; nous décri-
rons la composition chimique, physique et organique
du sperme.
Dans la seconde section, nous nous occuperons des
organes modificateurs du sperme, ou de ses réservoirs,
et âes glandes qui sécrètent une humeur destinée à se
mélanger avec ce liquide dans les voies qu'il suit pour
sortir du corps.
ART. r. GLANDES SPERM AfJKNES. 97
/
SECTION 1.
DES ORGANES PRÉPARATEURS DU SPERME, DE LEUR
CANAL EXCRÉTEUR ET DE LEUR PRODUIT DANS LES
ANIMAUX VERTÉBRÉS.
ARTICLE I.
DES GLANDES SPEfiMAGÈNES OU DES TESTICULES.
Ces glandes sont loujours paires chez tous les ani-
maux de ce type; mais leur structure et leur position
peuvent varier considérablement.
A. Dans l'homme.
Les testicules ou les glandes spermagènes sont au
nombre de deux, comme dans tous les animaux ver-
tébrés. Depuis le septième mois de la vie fœtale, ils sont
suspendus au-dessous du bassin , dans une espèce de
bourse, le scrotum, qui n'est autre chose qu'un pro-
longement de la peau.
[Nous reviendrons sur la composition de cette
poche, après avoir fait connaître leur forme et leur
organisation.]
Les testicules proprement dits ont une forme
ovale. Ils ont pour enveloppe extérieure un prolonge-
ment du péritoine qui compose leur tunique vaginale,
et se comporte à leur égard comme tout le reste de cette
membrane à Tégard des viscères abdominaux; c'est-à-
dire que c'est un sac fermé ou à peu près, dans
l'adulte, qui les contourne et leur adhère dans une par-
8. 7 .
98 XXXtlI'^ LEÇON. ORGANES PREPARATEURS MALES.
tie de la surface externe de ses parois, repliée pour
cela dans l'autre partie, qui reste libre.
Leur tunique propre se distingue par sa blancheur ,
qui Ta fait appeler albuginée; par son tissu fei'me et
serré , et par sa texture fibreuse.
La substance des testicules est de couleur grisâtre
et d'apparence homogène. Examinée avec soin , elle
n'a présenté qu'un lacis de canaux, extrêmement nom-
breux et déliés, remplis de liqueur séminale , et entre-
lacés de vaisseaux sanguins, de lymphatiques, et sans
doute de beaucoup de filets nerveux. Plusieurs des
canaux séminifères se rendent dansl'épididyme à tra-
vers le corps cT Highmore , dont la substance compacte
forme une saillie longitudinale le long de la paroi
interne de l'albugiuée qui répond à Fépididyme.
Il part de ce corps un assez grand nombre de fila-
ments ou de lames qui séparent les conduits séminifères
en faisceaux, dirigés en travers (i), et vont se fixer
dans les points opposés de l'albuginée. C'est de ce
même corps que rayonne une partie des vaisseaux
sanguins qui pénètrent dans la substance du testicule ;
il est encore le rendez-vous des conduits séminifères
qui paraissent converger vers lui.
[Ces conduits, extrêmement repliés sur eux-mêmes,
que Ton a cru former des tubes isolés, auraient entre
eux, suivant^/. Lauth^ des anastomoses assez fré-
quentes. A deux ou trois centimètres du corps à'High-
more ^ ils se redressent, au lieu de continuer d'être
flexueux , et forment dans l'épaisseur de ce corps, en
(i) Ce sont ces faisceaux qu'on a d<'signés sons les noms de lobes et de
lubules.
ART. I. GLANDES SPERMÀGÈNES DANS l'HOMME. 99
s'anastomosant entre eux, un réseau [rete testis) qui
sert sans cloute à mélan.oer le sperme et à le rendre
plus homogène.
Le calibre moyen des vaisseaux séminifères non in-
jectés est de i/i85 de pouce; et non injectés, de
1/1^7; leur nombre varie de83i à 867; leur longueur
moyenne est de 1750 pieds; c'est 'i5 pouces pour cha-
que conduit séminifère.
Ces mesures, prises par Al. Lauth , diffèrent de celles
indiquées par Monro , qui avait trouvé 3oo canaux sé-
minifères de 11 pieds 3 pouces de long, faisant en
tout une longueur de 3378 pieds. ^
A leur origine, ces canaux forment un réseau qui
en laisse très peu de libres.
Près de leur terminaison , ils ont un diamètre de
1 / 1 20 à 1 / 1 08 de pouce.
Telle est la structure intime de cette glande, dont
la partie chargée de la sécrétion du sperme paraît
vasculaire , comme celle qui doit le porter au dehors
et qui se continue avec la première (1).
La positiondes testicules de l'homme et de la plupart
(i) Voir, pour la structure intime du testicule humain, le mémoire d'y//.
Lauth inséréparmi ceux de la Société d'Histoire naturelle de Strasbourp,
t. I. Les belles planches de ce mémoire ont e'té faites d'après des prépa-
rations injectées au mercure, qui sont conservées dans le Musée anatumiqiie
delà faculté de médecine de Strasbourg , mais qui ont déjà beaucoup perdu
de leur perfection, comme cela arrive toujours par l'action de ce métal.
II est à regretter cçclAI. Lauth n'ait pas profité de la première édition
du présent ouvrage pour compléter l'hisioire du corps d'Highmore et en
obseryer la structure chez les mammifères, où son développement est le
plus considérable. Postérieurement au travail de M. Al. Lauth, ont paru,
dans les Archives (Tanatoniie et de physiologie de J. Muller, pour l'année
i83j , des fragments sur le même sujet, par M. Krause
100 XXXIII* LEÇON. ORGAXES PRÉPARATEURS MALES.
des mammifères hors du bassin , dans une bourse cu-
tanée suspendue sous les pubis, est un caractère tout
particulier de cette classe, que nous ne retrouverons
dans aucune autre du règne animal.
Cette bourse, ou le scrotum, fournie par une exten-
sion du derme, a une structure appropriée à la fonc-
tion qu'elle doit remplir : celle de protéger les glandes
spermagènes et de leur transmettre certaines excita-
tions qui peuvent contribuer à l'orgasme vénérien.]
Sa surface est hérissée de poils épars ; elle est dou-
blée par un tissu cellulaire cotonneux, qui ne contient
jamais de graisse , et se distingue encore par sa grande
contractilité , au moyen de laquelle la peau du scro-
tum, qui lui est adhérente, se fronce d'une manière
extrêmement sensible. Ce tissu, qu'on appelle dartos, est
la seconde enveloppe des testicules, et se compose de
deux poches adossées et formant entre elles une cloison
qui les sépare. Outre le mouvement que leur imprime
sou action , ou celle de la peau du scrotum en général,
les testicules peuvent encore être soulevés par un
muscle dont les fibres tirent leur origine de l'oblique
ascendant, tiaversent l'anneau suspubien, en suivant
le cordon des vaisseaux spermatiques jusqu'au testicule,
sur lequel elles s'épanouissent : c'est le crémaster.
[Entre cette tunique musculeuse et les dartos , il
existe une tunique fibreuse très apparente dans l'état
physiologique. ]
Les principaux vaisseaux sanguins des testicules sont
les artères et les veines spermatiques.
Les artères spermatiques naissent ordinairement de
Taoïte après les rénales, à quelque distance l'une de
l'autre, et se portent en dehors et en bas, pour gagner
ART. I. GLANDES SPERMAGÈNES DAAS LES MAMMIFÈRES. 101
ie cordon des vaisseaux spennatiques : elles forment
dans ce cordon deux faisceaux d'artériolcs, dont une
partie se distribue aux enveloppes du testicule, et qui
percent ensuite, Tun lepididyme et l'autre la sub-
stance du premier. Les rameatix de l'épigastrique, de
l'ombilicale, de la honteuse interne et des honteuses
externes, concourent, avec ces artères, à porterie
sang au testicule, et particulièrement à ses envelop-
pes. Ils ont des veines analogues ; les spennatiques
sont remarquables par les valvules qu'elles ont, contre
l'ordinaire des veines des viscères, et par le plexus
épais connu sous le nom de corps pampiniforme,
qu'elles forment au sortir du testicule , et qui s'étend
à travers l'auneau jusque dans l'abdomen ; elles se
rendent dans la veine cave, dans les émulgentes, et
même dans les lombaires et les iliaques.
[Les nerfs des testicules sont des nerfs ganglion-
naires. Ils proviennent du plexus spermatique et iS\x
plexus hypogastrique. Le plexus spermatique, qui re-
çoit des rameaux du plexus rénal, du plexus aorlique
et du mésentérique supérieur, accompagne l'artère
spermatique et s'anostomose avec le plexus hypogas-
trique, par les filets que celui-ci envoie au canal défé-
rent.
Les nerfs des deux plexus se joignent vis-à-vis do
l'anneau inguinal et s'identifient tellement avec les tu-
niques des vaisseaux du cordon , qu'on ne les suit jus
qu'au testicule qu'avec la plus grande difficulté (i).
MM. Krause et .T. Muller les ont suivis, depuis la
(i) Voir J. Sivan, Neurologie du corps humain. Paris, i838,pl. V et
VI, et les notes de M. Cliossaignac. p. 36.
102 XXXIIl* LEÇON. ORGANES PRÉPARATEURS MALES.
racine du pénis juscju'à la proximité du plexus hypo-
gastrique inférieur. Ils ont remarqué que ces filets
nerveux ont une couleur grise (i).]
Les enveloppes du testicule reçoivent des nerfs lom-
baires.
En général, les nerfs de ces organes leur donnent
une sensibilité exquise qui les distingue de tous les
autres organes sécréteurs.
B. Dans les Mammifères.
Les testicules varient principalement dans leur si-
tuation., d'où dépend la présence ou l'absence d'un
scrotum. Ils sont constamment suspendus dans une
semblable bourse chez les Quadrumanes ; chez la plu-
part des Carnivores ^ tels que lesown , les mangoustes.,
les chats, où on les voit en arrière du bassin, au-des-
sous de l'anus; les hyènes ., les martes ; chez les Didel-
phes , tels que les kanguroos et \e phascolome ., qui ont
cette bourse longue et suspendue en devant du bassin,
et dans laquelle les testicules sont collés l'un contre
l'autre , sans cloison celluleuse intermédiaire ; dans les
lièvres , où le scrotum est partagé en deux loges assez
distinctes; dans les gerboises; chez la plupart des
Ruminants , et chez les SoUpèdes.
Us sont serrés sous l-a peau du périnée, chez les cz-
vettes , parmi les Carnassiers ; chez les Pachydermes ;
ou sous celle de l'aine , chez les loutres., les chameaux ;
ils se glissent du bas-ventre dans l'une ou l'autre de ces
régions, particulièrement au temps des amours, chez les
Chéiroptères ; et chez les taupes., les musaraignes et les
()) Archives Je J. .Mullcr pour iSS;, p. 3o»
ART. I. GLANDES SPERMAGÈNES DANS LES MAMMIFÈBES. lO.i
hérissons , parmi les Insectivores^ et dans le très grand
nombre àes Rongeurs ^ tels que les rats^ les cochons
d'Inde^ les agoutis^ \e porc-épic ^ le castor, Y ondatra,
les écureuils. Ils restent constamment dans l'abdomen,
placés à côté des reins, àRu?,\' éléphant , le daman ^ les
Carnassiers amphibies et les Cétacés ; dans Véchidné
et Xornithorhynque. Dans ce cas , ils sont enveloppés
et retenus en position par une production du péritoine
très analogue aux ligaments larges de la matrice, et
ils manquent de crémaster. Ce muscle, destiné à les
soutenir ou à les faire changer de position, lorsqu'ils en
sont susceptibles, devenait inutile; mais il existe toutes
les fois que les testicules peuvent sortir de l'abdomen,
et paraît d'autant plus fort que ces organes sont pins
pesants et plus libres hors de l'abdomen.
La tunique vaginale est constante. La position pres-
que toujours liorizontale de la plupart des mammi-
fères, diminuant le danger des hernies, la cavité de
cette enveloppe communique toujours par un canal
étroit avec celle de l'abdomen, chez ceux dont les
testicules restent constamiiient dans le scrotum ; et
lorsque ces organes passent alternativement de l'ab-
domen sous la pccu du ventre, et vice versa, cette
communication est si large que la cavité de la tunique
vaginale ne forme pour ainsi dire qu'un cul-de-sac de
derrière, qui semble prolongée vers le bassin.
\J alhuginée ne présente de différence que dans son
épaisseur; elle est ordirairement assez mince dans les
petits animaux, pour que'.'on puisse très bien distinguer,
à travers, les vaisseaux séjninifères.
Les testicules varient p^u pour la forme; ils sont
généralement de figure «vale , comme ceux de
104 \X\ni"' LEÇON. ORGANES PKÉPARAÏEUBS MALES.
l'homme. Cependant on les trouve quelquefois globu-
leux (dans le /vi^o/z, le blaireau. Véléphant) ; ou très
allongés ; les Ampliibies et les Cétacés en fournisseni
des exemples.
Leur volume augmente singulièrement dans la sai-
son des amours, et cet accroissement est d'autant plus
remarquable chez les animaux qui restent engourdis
pendant Thiver que leurs autres parties sont dans un
état de maigreur et d'épuisement bien sensible.
Aucun Mammifère ne les a d'une grandeur relative
aussi considérable que les Rongeurs , si l'on en excepte
la taupe et ies|autres Insectivores. Chez tous ces' ani-
maux, cette grandeur excède ordinairement celle des
reins. Il est remarquable que précisément les Rongeurs
ne manquent jamais de vésicules séminales, et quils
ont le plus souvent encore des vésicules accessoires, tant
sont multipliés chez eux les moyens de propagation :
aussi sont-ils les plus féconds de tous les Mammifères.
Quant à la structure intime des glandes sperma-
j^ènes , elle est au fond toujours la même, c'est-à-dire
toujours composée de vaisseaux séminifères , etc. Mais
la disposition et la grandeur relative de ces conduits
paraissent varier beaucoup ; ce qui peut faire présumer
qu'il existe encore dans cette structure d'autres diffé-
rences moins apparentes, mais capables , avec les pre-
mières , d'influer sur les qualités de la semence , et de
leur en donner de différentes, dms les divers animaux.
Tantôt les conduits séminirères sont assemblés en
gros faisceaux, comparables à ceux d'un muscle,
et dirigés tous dans le mtme sens, soit transversa-
îcincnt, soit obliquement, Les papions., parmi les
singes, la plupart des graçils Carnassiers , le sanglier y
ART. I. GLANDES SPEUMAGÈNES DANS lîES MAMMIFÈRES. 105
le rhinocéros , nous en ont fait voir de semblables.
Ceux de Xâne sont beaucoup plus petits que dans les
précédents. Ils se voient dans le lièvre , parmi les Rou-
geurs.
Mais dans la plupart de ceux-ci et particulièrem<;nt
dans les rats, Its conduits séminifères sont de gros
tuyaux parallèles, non réunis en faisceaux et facile-
ment séparables les uns des autres.
Dans le bélier^ ces conduits, qui sont très distincts,
ne sont pus droits, mais vont en serpentant et en se re-
pliant sur eux-mêmes.
Ce peu d'exemples doit faire espérer d'obtenir quel-
ques résultats physiologiques d'un plus grand nombre
d'observations faites sur le même objet (i).
[Les prévisions que nous exprimions ici dans notre
ancien texte, sur les différences des produits de la
glande, c'est-à-dire de la liqueur séminale suivant les
espèces, d'après quelques différences dans la structure
intime de cette glande, ont été confirmées de nos jours
par l'étude microscopique de cette liqueur et des sper-
matozoïdes qu'elle renferme, ainsi que nous le verrons
dans l'article III de cette Section.]
Pour découvrir le corps d'Hio/imoie dans les mani-
mifères, il faut couper en long le testicule, de ma-
nière que la section réponde à la ligne qui Tunit à
l'épididyme. Ce corps se présente ordinairement, dans
ce cas, sous la forme d'un ruban blanc, plus ou
moins épais, qui part de l'albuginée vis-à-vis de la
(i) M. v//. Lnuth les a vus distribués en lobes dans le la^;in. Il y a dé-
couvert des anastomoses entre les vaisseaux des lobes différents. Les ca-
naux séminifères du rat lui ont aussi fuit voir des anastomoses.
^
106 XXXlIle LEÇON. ORGANES PKKPARATEUKS MALES.
tête (le l'épididyme , ou immédiatement au-dessous,
et traverse le milieu du testicule, dans sa longueur, en
formant une courbe dont la concavité re^jarde l'épi-
didvme. Il n'atteint pas l'autre extrémité du testicule;
mais se termine brusquement dans son tiers postérieur,
ou même plus tôt, sans avoir diminué de largeur aupa-
ravant. La lame interne de l'albuginée se replie évi-
demment chez plusieurs mamqjifères (le sanglier
entre autres), pour former ce corps : il en part un
grand nombre de lames ou de filaments, dont les plus
éloignés de l'origine du corps d'Higbmore paraissent
simplement celluleux, et dont les premiers qui s'en
détachent sont fort résistants et évidemment fibreux.
Ces filaments ou ces lames pénètrent en différents
sens la substance du testicule, et vont s attacher d'au-
tre part à toute la circonférence de ses parois.
Les principales artères du testicule paraissent ram-
per le long de ce corps, et c'est de ses différents points
qu'elles envoient , dans la substance du testicule , leurs
plus fines ramifications. Sa coupe longitudinale fait
voir, dans les grands animaux, quelques orifices de
conduits : ils sont plus nombreux dans un même es-
pace de sa coupe transversale; les plus gros paraissent
au centre de cette coupe et les plus fins à la circonfé-
rence. Ce corps s'amincit beaucoup quelquefois en
s'approchaut de lepididyme , et en se déviant du plau
qu'il avait parcouru; il ne semble plus que composé
d'un faisceau de quelques cordons parallèles. Les
conduits séminifères ou leurs faisceaux convergent
évidemment vers tous ses points. Telle est sa structure
apparente et sa disposiiion la plus générale.
il paraît d'autant plus fort et plus épais, ainsi que
V
ART. l. GLANDES Sl'EBMAG KNliS DANS LES 5IAMMIFÈRES. 107
ies lames ou les filaments ligamenteux qui en paitent,
que le testicule est plus volumineux. Dans plusieui's,
sa disposition n est pas comme nous venons de le dire,
mais elle est semblable à celle qu'il a dans rhomme :
le /{ang uroo ^^éant en est un exemple. Plusieurs petits
Mammifères [/es rats) n'ont rien de semblable dans
le milieu du teslieule , et on n y voit pas bien distinc-
tement, le long de l'albuginée, une proéminence qui
indiquerait sa présence du côté de l'épididyme.
[J'ajouterai ici quelques unes des observations par-
ticulières que j ai faites déjà en i8o5 , pour la descrip-
tion générale qu'on vient de lire. Chez le niaîidriU ,
le corps d'Highmore est dans la substance même du
testicule, du côté de l'épididyme. Coupé en travers,
il présente un grand nombre de petits orifices, plus
petits dans sa circonférence que dans son axe.
Celui du chien est légèrement arqué et pénètre dans
la substance du testicule depuis la tête de l'épididynie
jusqu'au troisième tiers de son axe longitudinal. Les
productions qui en partent, comme des rayons, en se
dirigeant obliquement en dehors et vers l'extrémité
opposée de la glande, sont minces et comme celluleuses.
Celui du lièvre forme comme une anse dont la
concavité regarde Tépididynie, en pénétrant dans
l'axe longitudinal du testicule. Il a son origine bien en
deçà de la tête de l'épididyme , et se termine à la fin
du second tiers du grand axe de la glande.
Des vaisseaux sanguins nombreux partent évidem-
ment de ce corps, ou s'y rendent.
Il est aussi évidemment l'aboutissant des faisceaux
des séminifères.
Il devient très fin près de l'épididynie, dans lequel
#
108 XXXIIl* LEÇON. ORGANES Pl.ÉPARATEURS MALES.
il aboutit. Sa coupe transversale montre plusieurs ori-
fices des vaisseaux qui pénètrent dans sou épaisseur.
Dans Xagouti^ parmi les Rougeurs, nous avons vu,
dans une coupe longitudinale du testicule, les faisceaux
desséuiinifères se rendre vers le corps à'Highmore, qui
j)rend ici une couleur jaunâtre, comme celle des vais-
seaux séminiféres.
Je n'ai pu apercevoir de corps d'Highmore, ni dans
le cochon d Inde ni dans le rat.
Dans le sanglier , parmi les Pacliydermes^ le corps
d'Highmore est d'une substance fibreuse, résistante; sa
structure paraît en même temps vasculaire. Les fais-
ceaux des séminiféres, séparés les uns des autres par
les productions fibro-cellulaires, partant de ce corps
et se croisant en différents sens, s'y rendent évidem-
ment.
Dans le testicule du rhinocéros on peut .suivre le corps
d'Highmore, dans presque toute la longueur de Taxe
longitudinal de cette glande, depuis la tête de l'épidi-
dyme, qui contourne le sommet du testicule.
Sa coupe longitudinale montre un grand nombre
d'orifices de vaisseaux. Il envoie des lames ligamen-
teuses dans toutes les parties du testicule.
Dans le testicule de \âne ^ c'est en deçà de la tête de
l'épididyme que le corps d'Highmore aboutit à cette
partie accessoire du testicule : aussi est-il plus arqué
pour gagner l'axe longitudinal de la glande, dont il
n'atteint pas le troisième tiers.
Dans le chameau^ le corps d'Highmore est très ten-
dineux. Il en part un assez grand nombre de lames ou de
filets qui gagnent l'alhiiginée en se porJant oblique-
ment en dehors et en ariière.
\
ART. T. GLANDES SPEHMAGKNES DANS LES MAMMIFÈRES. 109
Dans le Z'e//e/-, le corps d'Iïiohniore commeiico vers la
tête de Tépididynie, et se porte tout le long du grand
axe du testicule , en formant une courbe comme cet
axe, dont la concavité regarde l'épididynic. Sa coupe
présente des orifices de vaisseaux et des cellules. Sa
substance est blanche et d'apparence tendineuse. Les
vaisseaux sérainifères s'y rendent de toutes les parties
de la glande , et il en part des productions sinueuses
qui rayonnent obliquement vers les parois internes de
l'albuginée.
Chez le kanguroo géant ^ le corps d'Highmore dou-
ble l'albuginée, et ne se prolonge pas dans l'axe du
testicule. Il s'amincit beaucoup avant de joindre la tête
de l'épididyme, qui ne tient au testicule que dans cette
partie.]
On peut, à ce qu'il nous semble, conclure de ces
faits que le corps d'Highmore sert à plusieurs usages ;
c'est une sorte de ligament qui affermit et soutient la
masse délicate du testicule, en donnant attache aux
lames ou filaments qui la traversent : il réunit les
principaux vaisseaux sémmifères et les protège jusqu'à
l'épididyme. Eu donnant un appui aux principales
artères, ne préserverait-il pas du froissement les plus
déliés des conduils séminifères, qui ne s'entrelacent
avec ces artères que lorsqu'elles sont très divisées?
[Dans les trois classes suivantes des vertébrés et dans
tous les animaux sans vertèbres, nous ne trouverons
plus les glandes spermagènes apparentes au dehors ,
dans une bourse cutanée, organisée pour cet usage.
Tous les autres animaux où elles existent les ont en-
fermées dans leur cavité viscérale , comprenant au
moins les principaux organes d'alinjcutation.]
110 XXX m* LEÇON. ORGANES PRÉPARATEURS MALES.
C. Dans les Oiseaux,
Les testicules des Oiseaux restent constamment dans
la cavité abdominale, immédiatement en arrière des
poumons , sous la partie antérieure des reins, où ils
touchent à l'aorte et à la veine cave. Leur volume
varie beaucoup, suivant les espèces et dans les indivi-
dus d'une même espèce, selon la saison; il augmente
considérablement dans celle des amours (i), comme
dans les mammifères, et prend dans plusieurs, tels
que le coq^ les canards , une grosseur extraordinaire,
qui ne se voit, proportion gardée, dans aucun des
premiers animaux.
Le gauche est assez généralement plus gros que le
droit, [et cette différence de volume est quelquefois
telle qu'on ne peut s'empêcher de saisir une certaine
analogie avec le développement des ovaires ou des
oviductes des femelles, ainsi que la fait M. Carus.
Nous avions trouvé, dans nos observations de i8o5
entre autres, le testicule gauche de \oie une fois plus
grand que le droit.]
licur forme est allongée, ovale ou arrondie.
Ils ont, comme dans la première classe , une mem-
brane péritonéale qui les fixe dans leur position , et
une membrane propre, dont la surface interne donne
attache à des filaments fibreux qui traversent la sub-
stance du testicule.
Celle-ci est un amas de conduits séminifères extrê-
mement fins , moins gros et moins distincts que dans
(i"^ Chez le 7noineau, son diamètre longitudinal est douze fois niissi
{'rand à l'époque du rut qu'avant rette époque.
ART. I. CrLANDES SPERMAGÈNES DANS LES OISEAUX. 111
les mammifères. On n'y voit pas, comme dans beau-
coup de ces derniers, de corps d'Hiobmore qui pénétre-
rait dans le milieu du testicule ; les principaux conduits
efférents se rendent vers le milieu du bord interne de
cet organe, endroit où 1 epididyme lui est uni le plus
intimement.
[ Dans le casoar à casque , nous avons trouvé tout
l'intérieur du testicule, dans une coupe longitudinale
qui le partageait en deux moitiés à peu près ép^ales ,
divisé par des lames ou des rubans à bords dentelés,
réunis par des brandies plus étroites, et formant en-
semble comme un réseau dont les mailles étaient plus
nombreuses vers le bord épididymique. Ces mailles
étaient remplies d'une humeur épaisse, qui s'échappait
des vaisseaux séminifères.]
D. Dans la classe des Reptiles.
[Tous les Reptiles mâles ont deux glandes sperma-
gènes situées dans la cavité abdominale, plus ou moins
en avant ou en arrière, et constamment en rapoort
avec les reins, sous lesquels ou au-devant desquels
elles sont placées.
Leur structure intime n'étant pas la même dans les
deux sous-classes dont se compose cette classe, nous
les décrirons successivement dans l'une et dans
l'autre.]
I . Chez les Reptiles propres.
Dans les trois ordres de cette sous-classe, leur situa-
tion et leur structure sont très analogues à celles qu'ils
ont dans les ois(?aux.
«
112 XXXIIl' LEÇON. ORGANES PRÉPARATEURS MALES.
On les trouve constamment collés contre la face
inférieure des reins, qui sont dans le fond de la cavité
abdominale (chez les Chéloiiieiis'; ou eu avant de
ces viscères, de chaque côté de la colonne épinière
(\e% Saïuiens ) \ situés de même, mais le droit plus
avant que le gauche, chez les Ophidiens.
Leur forme varie dans les différents ordres de cette
sous-classe.
[Elle est plus ramassée lorsque le corps lui-même est
plus épais; plus allongée chez les Ophidiens et les Sau-
riens , dont le corps est plus allongé.]
Leur substance présente, dans les tortues^ de gros
faisceaux de canaux divisés en différents sens et réunis
par du tissu. cellulaire. Ces faisceaux sont fins , cylin-
driques, et facilement séparables dans les lézards.
[.l'ai trouvé dans le lézard vert piqueté le testicule
droit plus avancé que le gauche de toute sa longueur;
mais cette position n'est pas constante. C'est quelque-
fois le gauche qui est en avant. L'un et l'autre sont
situés bien avant les reins, qui sont très reculés chez
les animaux de cet ordre.
On reconnaît encore généralement, dans cette sous-
classe , à côté du testicule proprement dit, le commen-
cement de son canal déférent, sinueux et replié (t
formant le peloton qui caractérise l'épididyme.]
2. Dans la sous-classe des Reptdes amphibies.,
[rt. L'ordre des Ophidio-batraciens (i), qui ne com-
prend que les cécilies , a. deux glandes spermagènes
étroites et longues , dont l'une , celle de droite, est un
(i) Les braiiièles de MM. Duméril (t Bibroii.
ART. 1, GLAiNDiiS Sl'EBiMAeÈNES DES REPTILES. 113
plus avancée que celle de gauche, comme chez les
Ophidiens ( i ).
b. Les testicules des Batraciens anoures ont une
forme plus constante, plus régulière que ceux des Ba-
traciens urodèles. Nous décrirons d'abord les premiers,
d'après la grenouille verte.
Situés très en avant dans la cavité thoraco-abdomi-
nale, de chaque côté des vertèbres, ils y sont fixés sous
les reins et rapprochés l'un de l'autre, par un repli di
péritoine, qui les enveloppe comme d'une gaze noire.
I^eur forme est ovale, et leur gros bout, diripé en
avant , a pour appendices des corps graisseux divisés
en lobes, contenant chacun un arc vasculaire sanguin.
De leur face supérieure , un peu au-delà du bord
interne, sortent au moins huit à onze canaux sémiuifè-
res , qui se portent immédiatement dans la partie cor-
respondante du rein.
On peut distinguer, dans la structure intime de la
glande spermagène de ces Batraciens, une partie cor-
ticale composée des capsules déjà indiquées \)^vSivani'
merdam , dont le fond aboutit à la surface de la glande
et dont l'autre extrémité est dirigée vers l'axe de ce
même organe. Ces capsules sont liées entre elles par
un tissu cellulaire , dans lequel rampent les vaisseaux
sanguins.
La partie centrale de la glande est formée elle-même
de canaux dont la disposition est différente; ils sont
repliés, et ils m'ont paru être l'aboutissant dos capsules
(i; Voir noire planche <Ies Ci'cilies^ n° 36 ter. (q. et cj' de l<i Hg. ;•■>
{grande édition du Règne animal, de G. Cuvici-. - RiirxiLrs.
8. 8
114 XXXIil* LEÇON. OitGAlNES PRËPAUATEUKS , ETC., MALES.
corticales et se coutinuer clans les canaux séniinifères
effcrenls.
c. Parmi les Batraciens modèles^ les salamandres
et les tritons ont leurs glandes sperma.gènes situées sous
les reins, clans un large repli du péritoine, qui contient
dans son bord libre un corps graisseux cylindrique ,
ou de différente forme , dont le volume varie beau-
coup , ainsi que celui du testicule, durant l'époque du
rut , ou bors de cette époque.
Nous avons trouvé les testicules simples, de forme
allongée , irrégulièrement cylindrique , dans le triton
alpestre et dans \sisalamandre noire ; tandis que dans la
salamandre commune et dans le triton û cre^e, ils sont
divisés eu deux ou trois lobes principaux et plusieurs
autres plus petits. Les pédicules qui joignent ces prin-
cipales divisions sont ordinairement tordus ou con-
tournés en spirale, d'autant plus que les parties du
testicule sont plus distendues , comme cela a lieu à
répofjue du rut. Ces pédicules ne sont composés que
de l'albuginée, qui est ici réduite à un simple tube
revêtu du péritoine.
Les divisions des testicules sont plus nombreuses
dans le triton à crête cjue dans aucune autre espèce.
Elles peuvent varier d'un testicule àFautre dans le même
individu; elles varient encore avec l'époque du rut,
durant laquelle ces étrauglements se multiplient.
Les lobes principaux qu'ils séparent ne se déve-
loppent pas simultanémeiit au même degré, ainsi que
les spermatozoïdes qu ils renferment, ce qui leur donne
un aspect et une uuancc de couleur très différents.
Ainsi nous avons vu dans un testicule de triton t)
AUT, I. GLANDES SPERMAGÈNES DES REPTILES. 115
créte ^ qui était divisé en trois parties, la première de
ces parties, qui était la seconde pour le volume, de cou>
leur gris de perle, avec une teinte rouoeâtrej elle était
sillonnée de vaisseaux sanguins injectés. La seconde
était oblougue et jaunâtre; c'était la plus volumineuse.
La troisième, la plus petite des trois, était sphéri-
que et opalins.
L'organisation intime de ces trois parties était essen^
tiellement la même ; mais il n'y avait de spermato-
zoïdes que dans la seconde ; \çi?> deux autres ne ren-
fermaient que des vésicules sphériqnes.
Dans un autre triton à crcle , en plein rut, toutes
les parties des testicules, dont les divisions étaient au
nombre de cinq et même de sept, étaient remplies de
spermatozoïdes.
La structure intime des glandes spermagènes se
rapporte au type que nous venons de décrire dans
les Batraciens anoures. En dedans de l'enveloppe pro-
pre de ces organes, ou do leur albuginée , se voient un
grand «ombre de vésicules glanduleuses , sphériqnes,
oblongues, coniques, formant plusieurs couches con-
centriques. Elles sont séparées par un tissu iibro-cel-
luleux plus dense, plus opaque, production de Tal-
buginéc, formant autant de cellules qu'il y a de capsules
glanduleuses, et dont l'ensemble figure une ruche
d'abeilles.
C'est dans ce tissu que rampent les vaisseaux san-
guins et probablement les canaux séminifèrcs qui
portent dans les canaux efférents le produit de la sé-
crétion de ces glandes.
Chaque capsule primaire renferme, avant l'époque
du rut et au commencement de cette époque , un cer-
«
116 XXXIII* LEÇOiN. OBGAISES PUEPAKATÊUBS, ETC., MALES.
tain nombre de capsules généiatiices , remplies de
granulations ou de germes de spermatozoïdes.
En plein rut, ces granulations se sont transformées
en spermatozoïdes, qui forment autant d'écheveaux pe-
lotonnés qu'il y avait de capsules génératrices. Ces
pelotons de spermatozoïdes restent distincts et sépa-
rés , quoiqu'on ne puisse plus apercevoir les parois de
la partie qui les renfermait (i).
Le protée a des testicules à peu près cylindriques et
composés, en partie, de petits canaux flexueux, ser-
pentant suivant le sens transversal du testicule.]
E. Dans la classe des Poissons.
[L'organe producteur du sperme, ou la glande
spermagène des Poissons , présente , dans sa structure
générale , comme la glande ovigène , trois types dis-
tincts.
Ce peut être une glande sans canal excréteur, ayant
toutes les apparences et la forme de la glande ovigène,
que nous venons de décrire chez les lamproies , les
anguilles et les salmones.
Ou bien c'est une glande en forme de sac^ dont le
canal excréteur est une continuation de sa cavité^
resserrée dans un court espace et se terminant en ar-
lière. Il y a encore ici la plus grande ressemblance
entre les organes mâles et les organes femelles.
Enfin, dans le troisième type, celui des Sélaciens ,
y compris les chimères , cette glande et son canal ex-
(i) Fragments sur leà organf-s géuito-uriuaires des Reptiles par
^ï. Duvernoy, Cotripies-icniius o'es ^éuitcrf Je l' AcoÀi^mie des sciences,
». Xr\. p. 585 ;i 6oo.
^^
ABÏ. I. GI.ANDKS SPRRMAGÈNES DES POISSONS. HT
créteur ont l'orj>anisalion compliquer; qu'elle présente
dans les trois classes supérieures.
Nous avions bien distingué ce dernier type , en i8o5.
du type le plus général; mais nous avons eu tort de
supposer que tous les autres poissons étaient pourvus
de testicules en forme de sac, avec un canal déférent;
nous avions méconnu le type de Xanguille et des lam-
proies.
La glande spermagène des poissons est toujours
double et rarement symétrique, à la fois dans sa forme
et dans son volume.
Sa position dans la cavité abdominale sous les reins
et la vessie natatoire, quand celle-ci existe, est absolu-
ment semblable à la position des ovaires.
Elle y est de même retenue par un repli du péri-
toine qui renferme ses vaisseaux sanguins et ses nerfs
et Tenveloppe de tous côtés.
Dans le premier type, celui sans canal excréteur, la
forme générale de la glande est celle dune longue
bande plissée à ses deux bords, ayant une de ses faces,
l'externe, couverte de lamelles membraneuses transver-
sales, dans l'épaisseur desquelles se produit et s'amasse
le sperme; tandis que la face interne est lisse. Dans ce
type en manchette , la bande que forme la glande est
plissée par son bord supérieur et se déploie par son
bord libre, qui est très étendu et festonné en lobes et
en lobules. Ici, il n'y a pas de lamelles proligères sur
l'une des faces seulement ; mais les granules sperma-
tiques se montrent dans toute l'épaisseur de cette lon-
gue manchette.
Son tissu ne se compose que de deux membranes,
l'intérieure ou péritonéale et sa meml)rane propre Ou
118 XXXnie LKÇON. ORGAWES PBIÉPARATEURS , ETC., MALBS.
Y reconnaît, à l'époque du rut, une quantité innombrable
de granulations, ou de petites capsules spermatiques ,
dont la forme arrondie les a fait confondre souvent
avec les ovules, du moins chez les anguilles ; ici à la
vérité ces capsules ont à peu près le volume des ovules;
mais ceux-ci se distinguent par leur forme ovale.
Chez les lamproies , les capsules spermatiques sont
plus petites, anguleuses; tandis que les ovules sont
parfaitement ronds et à surface lisse.]
Ceux des autres poissons, connus plus généralement
sous le nom de laite, sont de grands sacs en partie
membraneux, en partie glanduleux , de forme régu-
lière, cylindrique ou conique, ou divisée en lobes. Leur
volume augmente singulièrement dans le temps du
frai; ils sont remplis, à cette époque, d'une matière
blanchâtre, opaque, laiteuse, ou de liqueur séminale.
Ils ne paraissent essentiellement composés que de cel-
lules, dont les parois, formées d'une membrane très
déliée, sécrètent cette dernière liqueur.
[Quelque minces que soient ces parois , on doit y re-
connaître trois membranes : l'extérieure ou périto-
néale, l'intérieure ou la muqueuse, et la moyenne ou
proligère, dont le tissu est fibro-celluleux , et doit
jouir d'une contractilité très prononcée pour l'expul-
sion de la semence, à l'époque du frai, et pour re-
prendre le petit volume que montre cet organe après
Cette époque. La muqueuse et la membrane fibro-cellu-
îaire forment généralement des replis nombreux trans-
verses, parallèles , interrompus , pressés les uns vers les
autres, mais qu'il n'est plus possible de démêler â
l'époque du frai. Ils sont alors tellement collés les uns
■' aux autres que tout ce testicule ne semble composé que
ART. I. GLANDES SPERMAOÈNES DEf, POISSONS. 119
d'un tissu homogène, plutôt tubuleux qnc celluleux ,
ainsi que l'exprime notre ancien texte.
Dans le labrax lupus Guv. , toute la surface de la
glande sperniagène est comme marbrée de petites ta-
ches de couleur laiteuse, leurs intervalles, dessinant un
réseau jaunâtre. Chacune de ces taches est le fond
d'un des innombrables petits cœcnms dont se com-
pose, en définitive, la substance du testicule. Dans une
coupe transversale de l'organe, on les voit confluer
de toutes les parties périphériques de la glande , vers
la paroi où se trouve le canal déférent.
Des canaux séminifères longitudinaux se montrent
dans cette même paroi , et viennent se rendre succes-
sivement dans le canal déférent.
Dans une carpe de trois années, la laite était énorme
et s'avançait presque jusqu'au diaphragme. Elle for-
mait un sac élargi en avant, se rétrécissant beaucoup
en arrière. Son canal déférent, large et court, n'avait
qu'un centimètre de long, et se réunissait à son sem-
blable, pour se terminer derrière l'anus.
Le volume du testicule gauche excédait de beau-
coup celui du côté droit, qui avait des divisions ou
des lobes plus nombreux et plus profonds,
La structure intime de cette glande se compose de
petites capsules de forme sphérique ou d'autres for-
mes, qui entourent un canal séminifère.
Dans le brochet^ les petits tubes sécréteurs se divi-
sent comme des feuilles palmées.
Observés à partir des canaux séminifères, les tubes
sécréteurs, en général, se divisent et se sous-divisent de
fiedans et dehors, et iiuissent par ne plus se composer,
i20 XXXIII* LEÇOM. OBGANES PBÉPABATEUBS, ETC., MALES.
en dernier lieu, que de courts cœcums ou de petites
capsules arrondies.
Mais ces divisions peuvent être rares ou nombreuses,
indépendantes, ou s anastomosant entre elles et for-
mant comme un réseau (i).
C'est à l'extérieur de la glande, sous la membrane
péritonéale, le long de sa face interne et supérieure, que
régnent les troncs artériels et veineux principaux.
Leurs branches s'en détachent à angle droit, pour cein-
dre transversalement le testicule ; et de ces branches
sortent des rameaux , encore à angle droit, qui pénè-
trent dans le tissu proligère et y distribuent leurs
ramuscules.
Le troisième type est celui des Sélaciens et des chi-
mères. Leurs glandes spermagènes se composent de
deux parties distinctes , le testicule et l'épididynie, qui
se déroule en canal déférent.JLes testicules sont grands,
allongés, quoique larges et plats , et s'étendent sous les
vertèbres, au-dessus du canal intestinal et de l'estomac.
Leur plus grande partie est une agglomération de tu-
bercules, de la grosseur d'un pois, pressés les uns contre
les autres, et présentant chacun un petit enfoncement
au milieu de leur face externe; ils tiennent ensemble
par des filaments très forts , et par la membrane
extrêmement déliée qui les enveloppe; ils ne parais-
sent composés que d'un grand nombre de petits grains
ronds , très fins. L'autre partie de ces testicules singu-
liers est formée d'une substance glanduleuse homo-
gène , qui en occupe en arrière la portion la plus
(i) Voir J. Mu//pr,Def;lat)dularum secernentinm structura, Lipsiae i83o.
PI. XV, fig. 7 où rettp structure est rcpiéseiiir-e clans l'a/ose.
ART. I. GLANDES SPERMAGÈNES DES POISSOKS. 121
mince et s'étend sous toute la face inférieure de la
portion tuberculeuse.
[Ces petits grains ronds très fins, que nous avions dit
remplir les vessies pisiformes qui composent la partie
principale de la glande, ont une complication orga-
nique que le microscope seul pouvait faire connaître.
M. Stanm'usa reconnu que ce sont de petites capsules
contenant un grand nombre de spermatozoïdes, réunis
en écbeveaux , disposés comme des rayons près delà
périphérie, et roulés en spirale dans le centre de
l'ampoule (i).
M. Hallmann est allé plus loin en montrant la com-
position compliquée de ces vésicules, la génération de
cellules dans les unes, et le développement successif
des spermatozoïdes dans les autres (2).
La grande capsule pisiforme qui renferme ces vé-
sicules, que nous appellerons primaires en a , du côté
de sa dépression centrale , de plus petites, dont la
forme est ovale. Vers le fond, ou la paroi opposée, elles
sont plus grandes et spbériques. Toutes tiennent
entre elles par un pédicule qui se ramifie et va d'une
vésicule se joindre au pédicule de plusieurs autres. Ce
pédicule est un canal excréteur dans lequel se meut
le contenu des vésicules.
Ce canal a o°"",o3a de diamètre, et les plus grandes
( I ) Sur les organes mâles de la {vénération des Sélaciens, par M. H. Stan-
nius. Arcl.ives d'ànatomie et de physiol. de J. Muller, — p. ^i. Ber-
lin, 1840.
(2) Structure des testicules des Rnies et développement des anmia!-
cules spermatjques , par Edouard Hallmann ; mêmes Archives et même vo-
lume de if^4'^> ''• ^^7-
122 XXXITI* LEÇON. ORGANES PREPAR ATEUBS , ETC., MALES.
vésicules ont un diamètre de o""",ai8; leur grandeur
moyenne est de o'°"',i62.
Les parois transparentes de ces vésicules primaires
montrent des cellules cubiques ou polygonales , pres-
sées les unes vers les autres, attachées à ces parois, qui
contiennent un noyau et celui-ci un ou plusieurs
uucléolules.
La compression des vésicules primaires détache de
leurs parois ces vésicules secondaires et fait passer leur
noyau dans le canal excréteur des premières. Ces cel-
lules ou vésicules secondaires onto""",0 2i à o''™,024
(o",ooo8 à o",ooo9) et leur noyau o""",oio à o'""',oi3
(o"j00o4 à o",ooo5).
M. Ilallmann a vu de nouvelles cellules en forma-
tion recouvrir plus ou moins parle côté leur noyau,
comme un verre de montre; tandis que ce même
noyau était complètement enfermé et libre dans la
cellule entièrement développée. C'était évidemment
la génération cellulaire surprise par l'observateur ,
dans certait d'un grand diamètre , dans la salamandre
noire. Il forme des festons nombreux et réguliers dans
le triton alpestre.
Dans le triton à crête, ces replis n'existent que dans
la première portion de sa longueur.
he protée aurait un petit épididyme.
Une circonstance qui distingue éminemment le canal
déférent des Urodèles , c'est qu'il reçoit les trois jus-
qu'aux sept premiers canaux urinaires(2)qui sortent du
rein, et que l'appareil extraordinaire de ces canaux uri-
naires, qui se développent et se déploient hors du rein ,
jusqu'au nombre de vingt-cinq (dans la salamandre
(i) Voirdans le t. XIX, p. SgS des Comptes-rendus de l'Acade'mie des
sciences, nos Fragments sur les organes génito-urinaires des Reptiles.
(2)Ibid., p. 957.
ART, II, LEURS CANAUX EXCRÉTEURS CHEZ LES POISSONS. 133
/io/>d), ne se réunit que tout près du cloaque en un seul
et très court uretère.
Ainsi, chez les mâles des Urodèles^ c'est Turine qui
va, de bonne heure , chercher la semence dans le défé-
rent; tandis que, chez les Anoures ^ c'est la semence,
dont les canaux pénètrent dans le rein , qui va se mé-
langer à l'urine, dés l'origine du canal commun de
ces deux humeurs.
Chez les Batraciens urodèles ,\es canaux déférents
s'ouvrent chacun dans une papille de la paroi supé-
rieure du cloaque. Les deux papilles sont très rappro-
chées dans une fossette où sont les orifices des uretères.
C'est précisément à l'endroit où les plis longitudi-
naux du rectum finissent et où commence une pre-
mière division du vestibule génito-excrémentitiel , ou
le cloaque supérieur, que se voient ces deux papilles;
elles semblent chacune avoir pour prépuce la termi-
naison d'un de ces plis.
Immédiatement au-dessous , l'orifice de la vessie uri-
naire aboutit dans la même partie du vestibule.]
E. ^Dans la classe des Poissons.
[Les anguilles et les lamproies n'ont pas plus de con-
duit particulier pour porter au dehors la semence pro-
duite par la glande spermagène que d'oviducte pour
les œufs. Comme les oeufs , leur semence déchire les pe-
tites capsules dans lesquelles elle s'amasse , et se ré-
pand dans la cavité abdominale, d'où elle est expulsée
par les canaux péritonéaux ouverts dans la partie la
plus reculée de cette cavité, et qui se terminent, avec
les uretères, dans la papille cylindrique et creuse qui
se voit au-devant de la nageoire anale.
134 WXIIl" LEÇON. ORGANES PKKrA R ATEURS , ETC., MALES.
Dans le second type que nous avons décrit , celui
des testicules à sac, nous avons déjà vu les canaux sé-
niinifères verser la semence dans un canal principal,
qui règne tout le long de la paroi supérieure de la
glande , et qui se dégage en arrière , de la substance
propre du testicule, où ce long sac n'a plus qu'un col
allongé et très étroit, qui est son canal déférent propre-
ment dit. Les deux canaux se réunissent , après un
court trajet, en un seul conduit éjaculateur, qui n'a, le
plus souvent, qu'un orifice commun avec la vessie uri-
naire, lequel est percé entre l'anus et la nageoire
anale.
Il est remarquable que les saumons^ qui appartien-
nent à la catégorie des poissons à ovaires sans ovi-
ducte, se retrouvent , pour les organes mâles, daqs le
second type que nous venons de décrire, celui des testi-
cules à sac, qui est le plus commun.
Leur canal déférent, ainsi que celui de la plie , des
blenuies ^ etc., montre intérieurement une paroi cel-
luleuse, dont les cellules pombreuses sont les aboutis-
sants des conduits séminifères.
D'autres fois les embouchu-res de ces conduits sont
marquées, dans les parois du canal déférent, par de
petites papilles.
Dans le labrax lupus , le canal déférent, qui règne ,
ainsi que cela a lieu généralement dans ce type, le
long de la glande , dans un espace étroit, libre de la-
melles proiigères, vient aboutir dans un long canal
éjaculateur, commun aux deux glandes, qui se termine
derrière l'anus.
Les esturgeons présenteraient, à cet égard, une par-
ticularité remarquable. Plusieurs canaux trausvei-ses,
ART. TI. LEURS CANAUX EXCRÉTEURS CHEZ LES POISSONS- 135
allant du canal déférent à riuetère, y porteraient la
semence. C'est du moins ce qu'affirme M. Rathke (i)
pour le grand esturgeon (accipenser huso, L.)
Dans Vestiirgeoii ordinaire (accipenser sUii'io L.) ce
serait le canal déférent qui se joindrait de bonne
heure à luretère (2).
Il résulterait de ces deux observations que les Estuj-
^^o^z^y auraient des glandes spermagènes à sac, avec un
canal déférent ou des canaux séminifères, se réunis-
sant à l'uretère, et que les mâles de ces poissons rentre-
raient à cet égard, ou à peu près, dans le type com-
mun, comme les mâles des Salmones. Nous n'avons
pu vérifier ces observations. Ce qu'en dit M. Guvier
dans l'histoire naturelle des poissons (3) est, d'après
M. Rathke , qui a représenté ces organes se déve-
loppant.]
Chez les Sélaciens , la semence produite par le testi-
cule passe dans un épididyme très gros et allongé , qui
ne tient à la glande que par un prolongement mince
qu'elle lui envoie de son bord externe et antérieur, et
dans lequel la substance cellulo-laiteuse de l'organe
paraît^ se continuer. Cet épididyme est un assez gros
canal très replié, qui augmente encore de diamètre vers
son extrémité postérieure, où il ne fait plus que des
zigzags qui se touchent. 11 ne cesse d'être flexueux jus-
qu'à l'endroit de sa terminaison , et il s'avance le long
du bord interne du rein de son côté , contre lequel il est
collé. Il aboutit dans une vésicule séminale placée sous
(i) Beitrœge zur Geschichte der Thierwelt^ll.S\Ùx:^Aa\\e 1824-
(2) Zoologie médicale par MM. Brandt et Raztburg.
(3) Tom. I, p. 536 et oSy.
)
136 XXXTII' LEÇON. ORGANES PRÉPARATEUr.S , ETC., MALES.
le gros bout du rein, qui n'est proprement qu'une dila-
tation de ce canal , mais dont l'entrée et la sortie sont
un peu anfractueuses. Les deux vésicules s'ouvrent
ensemble au milieu d'une papille cylindrique, qui se
voit dans le cloaque.
[Malgré la juste détermination que nous avions
donnée dès i8o5, dans le texte précédent, de l'épidi-
dyme des Sé/acie/is, ou l'avait mise en doute, en i83o,
par suite de la grande difficulté de reconnaître les vais-
seaux séminifères, allant du testicule à ce corps, que l'on
finit par regarder comme une glande dont l'usage res-
tait problématique (i). Mais dès i 836 le même savant
avait pu suivre ces canaux dans la torpille et dans plu-
sieurs espèces de squales.
Peu d'années après, MM. /. Da^i/ (2) et Slannius dé-
couvraient des spermatozoïdes dans le testicule, dans
les différents points du canal de 1 épididyme et dans la
dilatation de la vésicule séminale (3).
Les vaisseaux sanguins des glandes spermagènes
sont semblables , dans chaque espèce , à ceux des glan-
des ovigènes.
Nous renvoyons pour leur description à ce quQ nous
en avons dit dans la leçon précédente.]
(i) M. J. Millier, dans son ouvrage cité sur les glandes, p. 107.
(2) Researclies physiological and anatomical^ t. II. p. 436. Londres,
1839.
(3) Archives (Panatoniie et de physiologie de J. Millier pour i836,
p, Isxxix, et pour i84o, p. 4i et suiv.
ART. Iir. ou SPERME DES VERTKBBÉS. 137
ARTICLE III.
DU SPERME OU DU PRODUIT DE LA GLANDE SPERMAGÈNE DANS
LES ANIMAUX VERTÉBRÉS,
[L'activité de la glande spermagène est subordonnée
à Tâge, à la saison ou à 1 époque du rut, qui varie dans
chaque espèce. Les vaisseaux, les canaux ou cellules
séminifères dont se compose cette glande, son canal ex-
créteur, ne se remplissent de sperme que chez les sujets
dont l'organisme est assez développé pari âge pour être
en état de procréer son semblable. Plus tard, lorsque
ce même organisme est réduit à cette faible activité vi-
tale que la durée de la vie amène nécessairement, par
suite d une trop grande proportion des parties soUdes,
la glande spermagène ne produit plus un sperme assez
élaboré pour la génération.
Cette production n'a lieu d'ailleurs, pour l'immense
majorité des animaux, qu'à certaines époques de l'année
hors desquelles la glande spermagène est réduite à un
très petit volume et l'animal est impuissant pour l'acte
de la génération.
L'homme seul, avec quelques animaux domestiques,
a le privilège de conserver sa puissance génératrice,
depuis l'âge de puberté jusqu'à un âge très avancé,
d'une manière continue et non intermittente.
Le sperme d'un animal propre à la génération a des
caractères physico-chimiques et organiques qui le dis-
tinguent de tout autre liquide animal. Nous les expo-
serons succinctement, tels que les donne l'état actuel
de la science, afin de compléter la connaissance de tout
l'appareil organique mâle, qui concourt essentielle-
138 XXXITl* LEÇON, ORGANES PRÉPABATEUP.S, ETC., MAIES.
ment à la production de l'embryon, dans la génération
sexuelle.]
I. Caractères physico-chimiques du sperme.
[On ne connaît guère, sous ce rapport, que le sperme
humain^ analysé par Vauquelin ; celui du cheval^ dont
M. Lassaigne a donné une analyse comparée, et ce-
lui de la carpe , que Fourcroy et Vauquelin ont fait
connaître.
Le sperme humain, d'après ce dernier chimiste, se
compose de :
Eau 900 parties.
Subst. mucilagineuse particulière. 60
Soude 10
Phosphate de chaux 3o
1 ,000
Le liquide, récemment rendu, est visqueux, eu partie
blanc opaque, en partie d'iui gris opalin, ou légèrement
nuancé de jaunâtre. C'est qu'il paraît composé de deux
parties, l'une laiteuse, l'autre d'une consistance muci-
lagineuse, qui montre ces dernières nuances. Sa pesan-
teur spécifique est plus grande que celle de l'eau ; son
odeur est celle du pollen de plusieurs plantes, entre
autres du châtaignier ; sa saveur est acre et irritante
et conséquemment un peu styptique. Il réagit sur les
réactifs colorés, comme les alcalis.
Il montre le singulier phénomène de devenir plus
liquide en se refroidissant, sans qu'il y ait eu, dans ce
changement, absorption de l'humidité atmosphérique.
Il dépose des cristaux de phosphate de chaux, déjà
observés par deGleicken, qui sont des prismes à quatre
pans , terminés par des pyramides tétraèdres.
La dessiccation en forme une lame cornée, dont le
ABT. HT. DU SPERME DES VERTÉBRÉS. 139
poids est le dixième du poidt? total du sperme mis en
expérience.
La substance mucilagineuse particulière a été dis-
tin[;uée plus tard par Berzélius sous le nom de sper-
me itine.
M. Lassaigne a trouvé la spermatine dans le sperme
du cheval, qui se compose encore, d'après ce chimiste,
de phosphate de ma^jnésie, d'hydrochlorate de soude
et de nitrate de soude.
Le sperme des Poissons osseux, que Fourcroy et
Vauqueiin ont fait connaître, d'après celui de la carpe ^
aurait, en résumé, les caractères suivants : cette laite
est onctueuse: elle a une forte odeur de poisson, elle
n'est ni acide ni alcaline. Elle se compose d'albumine ,
de (gélatine , d'une sorte de savon avec des traces de
phosphate de chaux, de magnésie et dépotasse. Ce qui
la distingue surtout est un carbure de phosphore azoté.
Cette circonstance de l'existence du phosphore
dans le sperme a semblé aux auteurs de cette impor-
tante découverte .devoir se lier au phénomène de la
phosphorescence chez plusieurs animaux marins ou
terrestres.
On voit combien la science est encore pauvre de
faits et d'observations sur les caractères physiques et
chimiques de la liqueur fécondante des animaux. Il
nous paraîtrait surtout essentiel de comparer ces der-
niers caractères avec ceux que fournirait leur système
nerveux.]
n. Composition organique du sperme dans les ani-
maux vertébrés.
[Pour avoir une idée juste de la composition orga-
140 XXXIIl* LEÇON. ORGANES PKÉPARATEUKS, ETC., MALES.
nique du sgermede 1 homme et des animaux vertébrés,
il faut le prendre dans l'épididyme ou dans le canal
déférent, avant son mélange avec les humeurs des
glandes accessoires, quand il en existe, ou lorsqu'on
doit supposer qu'il a reçu sa complète élaboration.
Dans les vaisseaux séminifères du testicule, cette éla-
boration paraît moins complète. Si c'est un animal qui
ne jouit, comme cela est général, que d'une faculté
génératrice intermittente, c'est à l'instant où cette fa-
culté se manifeste, à l'époque du rut, qu'il faut recher-
cher cette composition.
Une goutte de sperme, recueillie avec toutes les pré-
cautions, et exposée sous le microscope, à un grossis-
sement de 3 à 4oo diamètres, montre d'innombrables
corpuscules, de forme régulière et de grosseur sem-
blable , suivant les espèces , se mouvant dans tous les
sens, à la manière des animaux, si le sperme est récent.
Ces corpuscules animés, que nous appellerons,
à cause de cette circonstance, spermatozoïdes ^ ont été
découverts, en 1677, par l'étudiant Ham ^ au moyen
du microscope de Leeiuvenhoeck^ dans le sperme d'un
homme affecté de pertes séminales. Décrits ensuite et
observés en détail, dans le sperme de beaucoup d'ani-
maux , par ce dernier savant , ils sont désignés dans
beaucoup d'ouvrages sous le nom à' animalcules sper-
matiques ^ de zoospermes. Ce sont ces mêmes corpus-
cules séminaux que Buffon considérait comme des
molécules vivantes , devant s'agréger pour la com-
position de Fembryon,
YjQ?, spermatozoïdes composent la plus grande partie
du sperme élaboré et propre à la génération.
Ofl y voit, en outre, une petite proportion très va-
AKT. III. DIJ 5I>JiKME DES VERTÉBRÉS. l4l
riable de jjlobules de différentes grandeurs , à surface
granuleuse , désignés sous Je nom de granules sperma-
tiques.
Les spermatozoïdes et les granules spermatiques na-
gent dans une très petite quantité d'un liquide blanc ,
transparent, de nature probablement albumineuse, qui
se coagule, par l'alcool ou le vinaigre , en granules ex-
trêmement ténus.
Les granules spermatiques varient beaucoup en gros-
seur. M. R. Wagner en a vu dans le sperme du pinson
de o"^"\225 à o^'^iôo et o'"'", 1 12 et au-dessous de cette
mesure jusqu'à o'""',û37 (1). Leur grosseur moyenne
paraît être de o""",Oy5.
11 y a aussi quelques molécules graisseuses ou iiui-
leuses et des débris d épithélium, qu'il ne faudrait pas
confondre avec les granules spermatiques. Les molé-
cules graisseuses sont tout unies et ne paraissent ja-
mais de structure granuleuse ou composées d'auQ-es
molécules.
Le sperme des animaux vertébrés, indépendam-
ment des spermatozoïdes qui en formant la plus
grande partie, aune densité et sans doute une com-
position qui varient suivant le lieu où doit s'opérer
la fécondation. Sa densité, et sa blancheur laiteuse,
qui lui a fait donner le nom de laite chez les pois-
sons osseux , sont en raison du mélange extraordinaire
qu'il doit éprouver en tombant dans l'eau, où s'opère
la fécondation des œufs, pour l'immense majorité des
(i) Eléments de physiologie, repartie, p. 9. Leipzig, 1819, et Icônes
phjs., tab. I, fig. I, pour les gianuleâ de l'homme, et tig. II>«5 l>! ng* "I'
ceux du lapin ; fig. V, du grimpereau ; (ifj. VII , de la pir-grièche rousse.
l42 XXXIII"' LEÇON. OBGAINES l'KÉPARATEURS , ETC., MALES,
animaux de cette classe. 11 devait conserver, ainsi dé-
layé , à travers l'immense quantité de véhicule qui le
porte sur les œufs, sa faculté fécoudaute.
Lorsque la fécondation est intérieure et que ce li-
quide doit être transmis dans les voies de la génération
de la femelle, sa densité primitive est bien différente,
encore qu'elle puisse être modifiée par des humeurs
sécrétées par des glandes accessoires , dans les canaux
qu elle suit pour sortir du corps du mâle.
Chez les Sélaciens et les chimères de la sous-classe
des cartilagineux, le sperme du testicule se trouve
plus ou moins modifié par le canal de l'épididyme et
par le canal déférent, dont les parois épaisses et d'ap-
parence glanduleuse paraissent devoir sécréter une
humeur propre à délayer celle du testicule.
Arrivé dans la dilatation du canal déférent ou dans
la vésicule séminale, la semence de ces poissons est
un fluide épais, verdâtre, dont la composition chimique
n'a pas encore été analysée.
Quant à sa composition organique, on y trouve des
granules ayant un mouvement moléculaire et des
spermatozoïdes remarquables par leur mouvement
oscillatoire latéral.]
III. Des spermatozoïdes.
\L,es spermatozoïdes entrent pour une si grande pro-
portion dans la composition du sperme normal ou
complètement élaboré pour la fécondation, qu'on ne
peut s'empêcher de les considérer comme jouant un
rôle important dans cette fonction.
Les connaissances acquises à leur sujet, dès l'instant
pour ainsi dire de leur découverte jusqu'à ces derniers
temps, sont intimement liées aux différents systèmes
ART. III. DU SPERMK DES VEBTÉBRÉS. 1 43
imaginés sur la génération, soit prétendue spontanée,
soit par voie continue de parenté.
Ce double motif nous détermine à donner ici une
analyse de ces connaissances, telles que les présente
l'état actuel de la science, en nous bornant, dans cet
article , à décrire les spermatozoïdes des animaux
vertébrés.
Le mot nouveau que nous avons adopté depuis plu-
sieurs années, dans nos enseignements , et que des au-
teurs recommandables ont accepté dans leurs ouvrages,
pour désigner ces singulières productions, a pour but
de ne pas confirmer ce que nous regardons comme une
erreur, en continuant de les désigner sous le nom de
zoospermes.
Nous avons constamment combattu, dans nos cours
et dans nos publications, l'idée que ce sont des ani-
maux, et particulièrement des parasites de la semence,
résultat d'une force plastique exubérante de ce liquide
proligère , ainsi que le pense M. Burdach.
Cette théorie nous a toujours paru contraire aux
observations les plus multipliées et les plus exactes , et
aux idées les plus saines sur la production des êtres
organisés.
Aussi paraît-elle généralement abandonnée , même
en Allemagne, où l'on a fait de si nombreuses et de
si bonnes observations sur les spermatozoïdes. M. Bis-
choff^ auteur de l'ouvrage le plus complet sur le
développement des mammifères, a adopté la dénomi-
nation que nous avons proposée; tandis que M. Ka.lic-
ker et d'autres savants ont admis celle de filaments
spermatiques , dénomination qui est loin d'être propre
àtoutes leurs formes.
\i4 XWIII» i.KÇON. ORGANES PllKPABATEURS , ETC., MALES.
Après leur étonnante proportion, qui est telle que
le sperme ne semblerait composé, au premier coup
d'œil, que de sperniatozdides , ce qui frappe le plus
est leur forme, souvent en rapport plus ou moins évi-
dent avec le genre, la famille, la classe même à la-
quelle appartient l'animal. j
En effet , des observations multipliées, mais qui ont
besoin de Tétre encore bien davantage pour arriver à
des résultats incontestables , ont montré que , dans les
animaux vertébrés, les spermatozoïdes se composent
eu général de deux parties: l'une principale plus grosse
et plus courte, de forme et de propoition très variées,
qu'on appelle leur corps; et l'autre qui s'en détache
comme un appendice caudal, lequel peut avoir de six
à dix fois la longueur du corps, et dont l'extrémité est
souvent d'une extrême ténuité.
L'appendice , toujours plus épais à sa naissance ,. s a~
vance quelquefois, dans cette dernière forme, d'une
manière sensible , sur le corps.]
A. Chez les Mammifères.
[FiG corps des spermatozoïdes est ovale et aplati dans
\ espèce humaine.
Il est à peu près de même foi'me dans \agueno7i patas.
Il est ovale et pointu à sou extrémité . dans le grand
fer-à-cheval , parmi les Chéiroptères.
Nous l'avons trouvé rond et plat, avec un très long
appendice caudal, plus épais à son origine, dans le
hérisson , parmi les Insectivores.
Chez le lapin .^ parmi les Rongeurs, le corps est
mi peu elliptique, et la queue beaucoup moins lon-
p^ue à proportion , et de même plus épaisse à son ori-
£;ine.
ART. II. DK LEUlîS CANAUX EXClUiTEURS. I45
Dans la famille des rats^ le corps des spermatozoïdes
est singulier par sa forme de hache très bien carac-
térisée .
Dans le chien , leur corps est pyriforme , obtus
en avant.
liane et le cheval l'ont oblong , pointu à son extré-
mité. Le chevreuil l'a cordiforme, un peu échancré
et élargi du côté opposé à la queue.
Le taureau l'a ovale, quelquefois eu lyre , c'est-à-
dire un peu resserré dans son milieu.]
B. Chez les Oiseaux. '
[Les Oiseaux ont des spermatozoïdes dont le corps
est proportionnément long, cylindrique ou conique,
un peu aigu, chez les uns. Il montre chez d'autres plus
ou moins d'inflexions, selon les espèces, et prend la
forme du tire-bouchon.
La queue est d'une extrême ténuité, au point qu'elle
a été quelquefois inaperçue (dans les spermatozoïdes
du coq)',e\\e peut être très longue (ceux an pinson).
Le premier type , formé d'un corps cylindrique un
peu conique , ou arqué une seule fois , ou montrant
tout au plus deux légères courbures en sens opposé,
est celui des spermatozoïdes du coq , du pigeon., de la
tourterelle ; du pic vert, avec des différences dans les
proportions relativement à la queue, et dans l'extré-.
nùté antérieure, qui peut être renflée (le coq.,\epic
vert) ; ou effilée (le canard); ou amincie (le pigeon, la.
tourterelle).
Les espèces du ^enre fringiila ^ les /)ies-grièches ,
]i;sgrii'es , ont leurs zoospermes en tire-bouchon, pour
ic corps, qui est pointu en avant.
8. 10
146 VXXlir LEÇON. ORGANES PBÉPARATEUBS , ETC., MALES.
Les observations sont-elles assez multipliées pour
qu'on puisse affirmer que ce dernier type est celui des
oiseaux chanteurs; tandis que le premier appartien-
drait aux oiseaux de proie, aux grimpeurs, aux galli-
nacés, aux échassiers et aux palmipèdes? Nous ne rç-
pétons ces assertions qu'avec la réserve du doute (i).
G. Chez les Reptiles.
[ Dans la sous-classe des Reptiles propres^ on retrouve
le plan général des deux classes précédentes, ou plutôt
les deux types de chacune de ces classes.
Chez les Chéloniens , ils ont un corps ovale ou rond
et aplati ; c'est le type des mammifères. Il est allonge
et cylindrique ch'ez les Sauriens (les lézards) et les
Ophidiens : c'est le type des oiseaux.
Dans r<?/ve^, leur corps est allongé et pointu.
Dans la couleuvre à collier^ nous l'avons trouvé
pointu et effilé en alêne à son extrémité, un peu en
navette , grêle , s'amincissant insensiblement vers la
queue. Il est pointu à son extrémité, arqué, grêle,
cylindrique , plus distinct de la queue , qui est assez
longue , dans la vipère de Redi.
ÏjC type que nous venons de décrire dans les Ophi-
diens se rapproche encore, par sa forme grêle, en fil ,
de celui que nous décrirons dans les animaux sans
vertèbres.
Nous le trouvons plus prononcé dans la sous-classe
des Reptiles amphibies. Nous avons vu les spermato-
zoïdes de \di grenouille rousse^ ayant un corps grêle, en
(i) Voir les Icônes phjs, déjà citées pi. V.
AET. TI. DK LEUKS CANAUX EXCRÉTEURS. 147
navette, effilé aux deiix extrémités; mais celle qui
pourrait être considérée comme l'appendice caudal,
sensiblement plus longue que l'autre.
Ces spermatozoïdes cheminent comme des serpents,
se ploient en. citons sens et se bouclent souvent par
l'une de leurs extrémités, ce qui a donné l'illusion à
quelques observateurs d'un corps en palette. Ils ont
g""" ,06 de long.
Ceux des tritons ^ et plus particulièrement les sper-
matozoïdes du triton a crête^ ont un corps grêle , cylin-
drique, ayant quelquefois l'apparence d'un léger ren-
flement à son extrémité qui séparerait du corps une
partie plus grêle. La queue, beaucoup plus longue que
le corps, s'en distingue d'une manière tranchée, dès
son origine, par un moindre diamètre. Elle est encore
remarquable , et diffère de tous les spermatozoïdes
connus, par un fil extrêmement délié, contourné en
spirale très régulière , qui paraît fixé à son origine et à
son extrémité, et qui l'entoure à distance.
Cette forme singulière est commune aux espèces
des deux genres triton et salamandre ^ qui composent
la famille des Salamandres.
C'est M. Siebold qui a reconnu le premier la conti-
nuité de ce fil en spirale, se mouvant à distance au-
tour de la partie principale , et d'un mouvement régu-
lier plus rapide que ceux de cette partie.
M. DujardinvL constaté cette continuité, et a fait l'ob-
servation intéressante que la spirale était une partie
distincte et ne provenait pas de la queue, qui se serait
repliée sur elle-même.
Nous avons eu l'occasion d'observer un de ces sper-
matozoïdes, encore en activité^ qui s'était glissé sous
148 XXXlll' LKÇO.\. OKGAINKS PJ'.ÉrAUATELUb , KTC. , MALES.
iiu autre qui était immobile. Les spires du premier
soulevaient celui-ci , ou le laissaient tomber, alter-
nativement, suivant que les parties saillantes ou ren-
trantes de la spire le traversaient. Cette circonstance
fortuite a dû nous convaincre de la continuité de cette
spire, et qu'elle ne tenait pas à des cils vibratiles,
comme nous avions été disposés à le penser, après nos
premières observations.
Au reste , il suffisait d'observer ces spermatozoïdes
dans leur état d'immobilité pour s'assurer de la
continuité de ce fil à ressort. Nous l'avons vu détaché
de l'extrémité postérieure et se prolongeant bien au-
delà de cette extrémité, avec ses tours de spire plus
distants , comme un ressort en forme de boudin qui
aurait cessé d'être comprimé.
Ce fil, en tire-bouchon, observé de même dans les
spermatozoïdes de la salamandre terrestre^ est plus
petit que dans ceux des tritons. Du moins nous a-t-il
fallu un grossissement de 65o diamètres pour le distin-
guer; tandis que nous avions pu apercevoir celui des
tritons à crête avec un grossissement de 4^0 diamètres.]
D. Dans la classe des Poissons.
[Les spermatozoïdes des poissons sont connus depuis
longtemps, quoique d'une manière incomplète. Ce
sont ces globules en mouvement observés par Buffon ,
dès 1743, dans la carpe ^ le barbeau et le brochet^ qui
lui donnèrent l'idée de son système de génération
basé sur l'existence des molécules organiques. Cavo-
lini^ en 1787, les avait reconnus de même dans le
sperme des poissons. MM. Prévost et Damas expri-
ment . dans leur mémoire sur la génération , qui
ART. II. DE LEURS CANAUX EXCRETEURS. 149
date de 1824, que la laite des poissons fourmille de
corps mouvants. M. Prévost, dans son mémoire sur la
génération du séchât^ reconnaît qu'ils ont, dans ce
poisson, une forme elliptique.
Mais aucun de ces observateurs n'était parvenu à
distinguer leur queue.
Les spermatozoïdes , dans les poissons osseux , se
composent , en effet , de la partie principale , qu'on
appelle le corps, qui est globuleux, ovale, elliptique,
suivant les espèces , et d'un appendice ou queue , très
difficile à apercevoir à cause de son extrême ténuité ,
et sans doute aussi de son peu de consistance.
Rien de plus facile que de voir, avec un grossisse-
ment de 260 diamètres, dans une goutte de laite de
cyprin , les centaines ou les milliers de globules qui
appartiennent au corps des spermatozoïdes de ces
poissons , s'agiter sous le microscope ; mais il faut un
grossissement plus considérable pour distinguer l'ap-
pendice filiforme de ces corps globuleux.
On doit à M. Dujardln des observations très détail-
lées sur les spermatozoïdes de la carpe dont nous avons
vérifié l'exactitude (1).
Leur corps est globuleux, et leur queue, élargie à son
origine, s'amincit rapidement.
Les spermatozoïdes des Sélaciens, parmi les pois-
sons de la sous-classe des cartilagineux, rappellent le
second des deux types que nous avons décrits dans la
classe des oiseaux. Ce sont de longs fils , grêles , dont
la partie caudale est extrêmement déliée , et dont le
corps , plus épais et assez long, a des sinuosités plus ou
(i) ^utwles dei sciences naturelles^ ?.' série t. 8. p. 297, et p^. III.
150 XXXIII* LEÇON. ORGANES PRÉPABATEUKS , ETC., MALES.
moins prononcées en tire- bouchon. Son extrémité est
souvent effilée.
Cette forme type, si différente de celle des poissons
osseux, est plus ou moins évidente. Nous l'avons trouvée
très prononcée dans les spermatozoïdes de \ aiguillât f
tandis que ceux de la raie ronce étaient plus en fil (i).]
E. Réflexions générales sur les formes . les dimen-
sions, les manifestations vitales et le développement
des spermatozoïdes des vertébrés.
[La forme constante qui caractérise les spermato-
zoïdes appartenant à une même espèce; les ressem-
blances de forme que présentent, en général, les es-
pèces d'une même famille; les analogies de forme que
montrent les espèces d'une même classe, d'un piême
type, sont autant de circonstances remarquables de
leur histoire naturelle.
Leurs dimensions, comme celles des globules du
sang, ne sont pas proportionnées à celles de l'animal.
On pourra en juger par le tableau ci-après.
Nous verrons , dans la leçon sur la génération de
chacun des autres types , les formes qu'ils affectent
dans les classes que ces types comprennent. Beaucoup
d'observations, concernait celle des insectes, les ont
constamment montrés de forme capillaire, ayant une
des deux extrémités plus épaisse , et 1 autre très dé-
liée , se réunissant d'ailleurs en écheveaux, se roulant
en boucles , en anses , en anneaux.
Aucune observation bien constatée ne démontre
(t) M. Lallemand a fait représenter ceux de la raie sans désigner l'es-
pèce, /tunalra il,'^ sctefu'e-i vnturellt>s, t. XV, pi. 20, 2* série.
ART. II. DE LEURS CANAUX EXCRÉTEURS. 151
d'une manière incontestable, dans ces corpuscules, une
organisation intérieure, quoique plusieui|s observateurs
présument leur avoir reconnu extérieurement une ou
deux ventouses (i), et même un canal intestinal inté-
rieurement.
J'ai pu, moi-même , apercevoir que leur corps, chez
ceux des Salamandres conservés entre deux verres,
montrait, dans toute son étendue, Tapparence d'un
canal intérieur. I^a queue n'en a pas généralement ,
ou, si elle paraît en avoir un, ce n'est que dans son
premier tiers, et il est beaucoup plus délié. J'ai même
vu chez quelques uns, comme une ligne rougeâtre
dans l'axe de ce canal intérieur de leur corps.
Leurs mouvements, du moins ceux des spermato-
zoïdes de Mammifères et d'Oiseaux que nous avons
observés (de lapin, de cochon d'Inde^ de chien y de
co^), ont sans doute toutes les apparences de la vitalité
et de la spontanéité. Dans ceux des mammifères , la
progression du corps en tous sens semble déterminée
par les inflexions , par les mouvements de la queue. .
Dans les Oiseaux (le coq), les flexions, les ondu'la-
tionç du corps seiiiblent aussi y contribuer beau-
coup.
Dans les tritons à crête, nous ayons constaté deux
sortes de mouvements, l'un plus rapide quel'auti:©,
celui du filament en spirale , qui tourne d'avant en ar-
rière, et l'autre de flexion et de reptation on de glis-
sement; c'est celui du filament principal qui représente
le corps de ce singulier spermatozoïde.
Ceux de la carpe ne s'agitent que lorsqu'on délaie
(i) M. KaZcnft'rt v3aris les zoosperiïips de l'ouis. Voir snn lînpftiQrium
pour i837, t. 1 1-. p. i43- . - ;
1.V2 XXXTIl* LEÇON. OBGANES PRBPABATEUBS , ETC., MàLES.
la laite dans un peu d'eau, et leurs mouvements
V sont très passagers.
La durée des mouvements des spermatozoïdes paraît
dépendre beaucoup de Tactivité , de l'énergie vitale de
l'animal duquel on les a extraits. Leur vie propre se-
rait, conséquemment, plus ou moins dépendante de
celle de l'individu qui les produit. Le contraire a lieu
pour les animalcules infusoires.
' Leeuwenhoeck ^ qui en avait trouvé dans les
cornes de la matrice d'une chienne qui venait d'être
couverte , avait calculé que les spermatozoïdes pou-
vaient franchir un espace de quatre à cinq pouces dans
une demi-heure.
Nous ferons une dernière observation sur la consti-
tution physique et sur les propriétés des spermato-
zoïdes.
Ceux qui ont uiie forme grêle et allongée , telle que
nous l'avons fait connaître chez les Batraciens anoures
et chez les Urodèles et les Sélaciens ^et que nous retrou-
verons généralement dans les animaux sans vertèbres ,
se roulent ou se bouclent promptement, comme des
cheveux, quand on les met dans l'eau. Cet effet constant
semble indiquer leur constitution physique ; tandis que
les dernières expériences de M. Prévost montrent que
leur irritabilité suit les mêmes lois que celle des mus-
cles , et que les mêmes agents l'excitent ou la détrui-
sent (i).
Les mulets proprement dits , qui sont inféconds , les
jeunes animaux avant 1 âge de puberté , les animaux
(l) Voir l'Institut ^n" 463, lo r.ov. 1842 , et les Mém. de la SocicUt île
pliysique de Genève.
AKT, H. DE LEURS CANAUX EXCRÉTKUBS. \5^
très âgés , qui ne sont plus propres à la génération ,
tous les animaux hors de l'époque du rut, n'ont point
de spermatozoïdes.
Le développement des spermatozoïdes est une des
études les plus intéressantes de leur histoire.
MM. Prévost et Dumas écrivaient, en 1824, qu'ils
n'ont aucun intermédiaire entre l'état parfait et la non-
existence. Cette proposition était trop absolue.
Nous avons dit que leur développement avait lieu
dans une vésicule, laquelle en renferme de plus pe-
tites ( 1 ).
A mesure que la vésicule principale croît et se déve-
loppe , les plus petites se remplissent d'une masse gra-
nuleuse, qui se métamorphose bientôt en spermato-
zoïdes.
Alors les parois de la vésicule génératrice se rom-
pent et laissent libre l'écheveau de spermatozoïdes qui
s'y est développé, et qui se compose de corps animés
ayant leur forme définitive et paraissant avoir, le plus
souvent, tout leur accroissement, comme l'insecte qui
sort de la chrysalide.
Cependant nous sommes parvenu à saisir un degré
de développement mtermédiaive,chez\essalamandres,
dans une partie du testicule où le développement des
spermatozoïdes n'était pas terminé. Le corps avait ses
dimensions, mais la queue était encore courte , comme
rudimentaire et sans le fil en tire-bouchon.
Cette multiplication des écheveaux de spermato-
zoïdes des animaux , dans une seule vésicule princi-
pale, est très caractéristique.
(i) Voir les Icônes phvsiol. àe M. R. fFag7ier,p]. i, fij^. Il . pour le dé-
154 XXXIII* LEÇON. ORGANES PR^PABATEUBS, EÎT. , MALES.
Les productions végétales qu'on a comparées à ces
spermatozoïdes sont toujours isolées dans chaque cel-
lule.
Les spermatozoïdes croissent-ils dans les appareils
de génération compliqués; en passant, par exemple,
chez les Sélaciens , des vésicules primaires , contenues
dans les grandes ampoules, où nous avons vu qu'ils
éclosent, dans les canaux séminifères de ces vésicules;
de ceux-ci dans les efférents, qui les portent dans 1 epi-
didyme , d'où ils passent dans le canal déférent et la
vésicule séminale ; de sorte que ceux pris dans cette vé-
sicule auraient un volume double de ceux du testicule?
Cette observation difficile a été faite par M. Lal-
lemand (i).
Tableau des dimensions des spermatozoïdes du type
des vçrtébrés mesurées en Jractions décimales de
millimètre.
ESPECES
observées.
tONGUEtJB
du corps. (leTappend. totale.
' NOMS
des observateurs.
Homme.
. o,oo55
MAMMIFERES.
!o,o56
0,045
0,045 à o,o5o M. Dujardin.
|r. W
agn^r.
veloppement des zoo.spermes de l'homme , et fig. V pour celui des sper-
matozoïdes, etc.
Nous avons fait figurer dc(n? nos Fragments sur les organes géxiito-
iirinaires des Reptiles et leur produit^ les cellules primaires et secondaires
dans lesquelles se développent leurs spermatozoïdes, à la manière de ceux
des sélaciens.
(i) Voir les observations sur le développement des zoospermes dans les
raies, par M. Lallemand {^Annalps des sciences naturelles , 2» série t. l5,
p. iGi, Paris , 184 i.)
ART. II. DE LEURS CANAUX EXCRETEURS. 165
ESPÈCE» LOSOL'EUR SOMS
observées.
(lu corps. derappend. totale.
(les observateurs.
Patas. . . .
0,076
R. Wagner.
Hérisson. , .
0,066
o,o56
Prévost, Dumas
?.. Wagner.
Chien. . . .
0,068
Id.
Putois. . . ,
o,o83
P. et D.
Chat. . . .
o,o4o
P. et D.
Surmulot. , .
0,166
P. et D.
Souris. . . .
0,080
0,090
P. elD.
P. et D.
0,0090
0,066 à 0,
090
M. Dujardin.
Cochon d'Inde.
0,0066 à 0,0080
0,1000 0,1066 ào
,108
T Id.
Cheval . . .
o,o55
P. et D.
Ane ....
0,060
R. W.
Cheval et âne.
0,0066 à o,oo55
o,o55
M. Dujardin.
Bouc. . . .
0,040
P. et i).
Bélier . . .
o,o4o
P. et D.
Taureau. . .
o,o58
OISEAtX.
P. et D.
Pie - grièche
rousse. , .
0,045 à c
,088
R. W.
I. Drenne . .
0,090
R. W.
a. Mésange
huppée. , .
o,o56
R. W.
3. Me'sange à
tête bleue. .
PjOQO
R. W.
4. Moineau. .
o,o83
P. et D.
5. Pinson . .
o,o56 à 0,076
R.W.
6. Serin de Ca-
naries, . .
0,225
R.W.
7. Chardonne-
ret. . . .
0,1 5o
R.W.
8. Pigeon . .
o,oi5
o,o56 0,071
R. W.
9. Coq. . .
0,043
P. et D.
10. Canard. .
o,o33
IIEPTILES.
P. et D.
I . Lazard agile.
0,017
Valenti'i-
2. Vipère. . .
0,066
P. et D.
3. Couleuvre. .
O,10O
P. etD.
156 XXXTII* LEÇON. SECT. II, OBGANES MODIFICATEUBS , ETC.
ESPÈCES LONGUEUR SOMS
observées.
du corps.
de l'append. totale.
des observateurs
4. Orvet. . .
0,066
P. et D.
5. Grenouille. .
o,o56
R. W.
6. Crapaud ac-
coucheur. .
o,o3o
P. et D.
7. Triton. . .
( o,563
P. etD.
( 0,375
R. W.
8. Salamandre.
0,225
POISSONS.
R. W.
Perche fluvia-
tile. . . .
0,0012 3 0,0022
Valeutin.
Loche d'e'tang ,
/ 0,0028
' R. W.
)
cyprin , sau-
. 0,0087
mon . . .
o,oo5o
Petromyzon
planeri. . .
0,01 5o
R. W.]
SECTION IL
DES ORGANES MODIFICATEURS DU SPERME, OU DE 'SES
RÉSERVOIRS ET DES GLANDES QUI SÉCRÈTENT UNE
HUMEUR DESTINÉE A SE MÉLANGER AVEC CE LIQUIDE,
DANS LES VOIES QU'iL SUIT POUR SORTIR DU CORPS.
[Nous venons de voir que, chez la plupart des Pois-
sons , la semence est répandue dans l'eau, sans autre
élaboration que celle qu'elle a subie dans la glande qui
l'a produite. Les seuls Sélaciens dans cette classe ont,
ainsi que nous l'avons fait connaître , un canal excré-
teur très compliqué , y compris l'épididyme, qui ne
peut manquer de la modifier dans le long circuit
qu'elle est forcée d'y suivre. Mais sans parler des si-
nuosités du canal déférent et de sa partie pelotonnée,
l'épididyme, qui existe presque toujours dans les trois
classes snpériejires des Verté!)rés, on trouve chez quel-
ART. I. DES VÉSICL'LES SÉMINALES. 157
ques Reptiles de la sous-classe des Amphibies^ et chez
beaucoup de Majnmifères ^ des annexes vésiculaires
glanduleux qui appartiennent aux réservoirs modifica-
teurs du sperme, que nous devons décrire. Les mam-
mifères et quelques Reptiles de la même sous-classe ont
encore plusieurs sortes de glandes dont l'humeur, se
mêlant au sperme, en modifie la composition.]
ARTICLE I.
DES VÉSICULES Sl^JilIÎALES.
[On donne le nom de vésicules séminales et de vési-
cules séminales accessoires à des réservoirs glandu-
leux de différentes formes et de proportions variées,
qui sont annexés au canal déférent, vers sa termi-
naison, ou dont l'embouchure est assez rapprochée
de celle du s
extrémités des canaux déférents , et s'attache à la base
des deux prostates , qu'il réunit.
ART. I. DES VÉSICULES SÉMINALES. 167
C. Dans la classe des Oiseaux,
[Nous avons déjà dit que leurs déférents se termi-
nent dans le cloaque, sans même éprouver une dila-
tation qui pourrait servir de réservoir à la semence.]
D. Dans la classe des Reptiles.
[Il y a souvent dans l'ordre des Ophidiens, à la fin du
canal déférent, une ampoule qui pourrait passer pour
servir à ce dernier usaj^e; mais ce n est pas une vé-
sicule séminale telle que nous l'avons caractérisée et
décrite chez les mammifères.
On ne croirait f>uère qu'après avoir vu disparaître
ces organes dans la classe des Oiseaux et chez les Rep-
tiles propres , les Batraciens anoures , parmi les
Reptiles amphibies , pourraient nous en offrir un
nouvel exemple.
Dans le genre i^<:i/2<2,Guv., où nous les avons étudiées,
il est remarquable que ces vésicules diffèrent d'une
espèce à l'autre.
Celles de la gjenouille vérité sont annexées à l'extré-
mité du canal urétro-séminal -et à son côté externe.
La paroi de ce canal , dont elles ne sont qu'un déve-
loppement, est percée de plusieurs trous ronds, qui
sont les embouchures des cellules dont se compose
chaque vésicule.
Ces cellules sont allongées en travers ; elles ont
une cavité anfractueuse, des parois résistantes qui
supportent très bien les injections au mercure, et elles
paraissent communiquer entre elles.
Dans \q. grenouille rousse^ le canal urétro-séininal
commence à se dilater après avoir dépassé le rein, et
168 XXX m* LEço;:*. sect. ii, organes modificateubs, etc.
prend, en arrière de cet organe, un renflement qui va
de même en diminuant et qui lui donne, dans cette
partie , la forme d'un fuseau ; c'est à cette portion
renflée qu'est annexée la vésicule séminale qui est
oblongue , jaunâtre, celluleuse, analogue à celle que
nous venons de décrire dans la f^renouille verte; mais
sa position est avancée, au lieu d'être reculée, comme
dans cette dernière.]
E. Dans la classe des Poissons.
[Il n'y a de réservoirs de la semence que chez les
Sélaciens^ dont l'appareil génital est d'ailleurs tpès com-
pliqué.
C'est une petite vessie annexée au canal déférent, et
qui contient, à l'époque du rut, un liquide verdâtre
avec un grand nombre de spermatozoïdes (i).]
§ II. Des vésicules séminales accessoires.
[Nous avions adopté cette dénomination, dans notre
ancienne rédaction,] pour des paquets de tubes ou de
boyaux membraneux, plus ou moins nombreux, plus
ou moins ramifiés , collés au côté interne des vésicules
séminales, ou situés autour de l'origine de Turètre , et
dont la cavité communique dans ce canal par le moyen
d'un ou de plusieurs canaux excréteurs, qui se rendent
dans le même orifice que les vésicules se'minales et les
déférents (l'agouti), ou qui percent l'urètre séparément.
[La circonstance que leur liquide ne montre pas de
spermatozoïdes, et qu'il ressemble au produit des pros-
(i) Voir le mémoire cité de M. Lallemand sur le développement «If-s
zi-)n<ij}crinf"i i-Iir/ les ra;'e.«. [Annales des xcienrei nnU, 2° série, t. XV, p îS^.
ART. II. DES GLANDES PROSTATES.' 169
tates celluleuses, nous a déterminé, dans cette nouvelle
rédaction , à classer les organes dans le type des pros-
tates tubuleuses.]
ARTICLE II.
DES GLANDES PROSTATES ET DE l'hUMEDR QU'elLES SÉPARENT.
[Les mammifères sont presque les seuls des animaux
vertébrés chf^z lesquels ces glandes accessoires de l'ap-
pareil génital mâle existent.
Nous les retrouverons seulement chez les Urodè/es^
parmi les Reptiles amphibies, et , ce qui est bien re-
marquable, avec les mêmes caractères de structure et
de produit que cbez le hérisson.]
On pourrait, en ayant égard aux différences que
présente leur structure , distinguer, dans les Mammi-
fères ^ àeiix sortes de prostates. Chez les uns, cette
glande a un tissu parfaitement semblable à celui de la
prostate de l'homme. Il en est même plusieurs (le dau-
phin et le marsouin), où son volume est de beaucoup
plus grand et sa structure celluleuse bien plus appa-
rente : elle a toujours, dans ce cas, plusieurs canaux
excréteurs , qui percent l'urètre par autant d'orifices,
et elle est plus souvent simple que double.
Dans un petit nombre , au contraire, Xéléphant et
les Ruminants^ cette glande est constamment double
ou même quadruple (dans Xéléphant), et elle présente
intérieurement une cavité centrale, où s'ouvrent beau-
coup d'autres cavités plus petites, qui communiquent
avec l'urètre par un seul canal excréteur.
[Ce dernier type, que nous avions distingué du pre-
mier, n'en diffère cependant pas essentielloment : c'est
170 XXXIII» LEÇON. IICT. II, OR&ANSS MODIFIGATEUBS, ETC.
eiicox'e celui des prostates celluleuses. Les cryptes qui
forment la partie de sécrétion de leur tissu s'ouvrent
dans des cellules moins petites, et celles-ci dans d'autres
graduellement plus grandes qui finissent par aboutir
dans un seul ou dans plusieurs canaux excréteurs.
D'autres prostates ont une organisation tubuleuse.
Elles se composent de paquets plus ou moins compli-
qués de tubes longs ou courts, plus ou moins repliés
sur eux-mêmes , plus ou moins ramifiés, dont les pa-
rois sécrètent riiumeur que leur canal renferme.
Nous avons classé ces prostates, dans notre ancienne
rédaction, ainsi que nous venons de l'écrire, parmi les
vésicules séminales accessoires; mais la circonstance
que leur contenu ne montre pas de spermatozoïdes ,
et qu'il a , au contraire , une composition analogue à
celle des autres prostates , nous détermine à les con-
sidérer comme telles.]
A. Chez Vhomme et les Mammifères.
l. De la glande.
§ 1. Chez l'homme.
On d.^^û\e prostate , chez l'homme^ un corps glan-
duleux, d'un tissu particulier, charnu en apparence,
rouge, ferme, quoique celluleux, ayant une forme co-
nique, placé en grande partie sous le commencement
du canal de l'urètre, où il fait une saillie considérable,
et enveloppant ce canal sur les côtés. Des fibres mus-
culaires, qui partent du col de la vessie , viennent se
fixer à sa surface et la recouvrent en partie.
On remarque, dans son intérieur, de petits canaux
excréteurs, dont les principaux, au nombre de huit à
▲RT. H. DES GLANDES PKOSTATSS. I7l
douze, s'ouvrent dans l'urètre autour du verumonta-
num.
[Ces canaux excréteurs ont leur orip,ine dans des
cellules de différentes grandeurs, dont les plus petites,
véritables cryptes glanduleuses qui n'ont pas plus d'un
demi-millimètre dans leur plus giande dimension ,
versent l'iiumeur qu elles sécrètent dans les plus gran-
des, doù elle passe dans les canaux que nous venons
d'indiquer.]
§ 2. Dans les Mammifères.
Nous donnerons le même nom aux corps glandu-
leux , de structure analogue , dont les canaux excré-
teurs s'ouvrent, par un ou plusieurs orifices, dans le
commencement de la portion musculeuse de l'urètre,
ou dans la première partie de son étendue. Une pa-
reille glande existe dans tous les Quadrumanes; dans
les Chéiroptères ; les hérissons parmi les Insectivores ;
dans les ours^ le raton ^ les mangoustes et autres Car-
nivores ; dans les écuieuils, les marmottes et les Heures,
parmi les Rongeurs ; dans les Pachydermes^ les Soli-
pèdes, les Ruminants , les AmpJdbies et les Cétacés.
Dans les Singes., la forme de la prostate est moins
régulière, plus large de haut en bas que d'avant en
arrière, et embrassant l'urètre comme un croissant.
Elle ressemble d'ailleurs parfaitemeut à celle de
l'homme par son tissu, sa situation et son volume.
On lui voit, dans le mandrill, quelques lobes acces-
soires.
Celle des makis proprement dits envoie deux pro-
longements qui enveloppent les canaux excréteurs des
vésicules séminales.
172 XXXIII* LEÇON. SECT. II, OBGANES MODIFICATEURS, ETC.
On en trouve deux dans le tarsier^ formant chacune
un tubercule distinct, situé au-devant des vésicules
séminales, sur les côtés de l'urètre.
lues, galéopithèques en ont de même une seule, large
et embrassant la base des vésicules séminales. Son vo-
lume est très considérable.
Dans les Roussettes , la prostate est simple, entou-
rant, comme dans les singes, une grande partie de la
circonférence de l'urètre, à l'origine de ce canal.
Dans les Chauves-souris proprement dites, elle en-
toure toute la circonférence de l'urèti^, et semble
composée d'un grand nombre de lobules.
[Les prostates sont multiples chez le hérisson ,
d'une énorme proportion , et elles appartiennent au
type des prostates tubuleuses. Les deux plus grandes
sont les prostates supérieures, qui se composent de
tubes longs, ramifiés et très repliés, réunis en lobules,
puis en lobes, et dont les tubes se réunissent successi-
vement pour former un seul canal excréteur, qui perce
la paroi supérieure du canal de l'urètre.
Deux autres paquets plus petits, de forme arrondie,
les prostates inférieures , se composent de tulîes moins
longs dont les divisions s'étendent en éventail, et se
dirigent vers la circonférence de la glande, dans la-
quelle elles se terminent en culs-de-sac. Leur canal
excréteur s'ouvre dans l'urètre à côté du verumouta-
num.]
Les tubes de ces différentes prostates ont des pa-
rois membraneuses, minces et faciles à rompre.
[Nous verrons qu'il y a aussi, dans le même animal ,
des glandes de Cowper, dont l'organisation est exac-
tement semblable à celle des prostates inférieures.]
ART. II. DES OLA^DKS l'iîOSTATES. 173
Dans la laupe , il n'y a qu'une prostate, qui ^e com-
pose de tuyaux membraneux, ramifiés et repliés sur
eux-mêmes, formant, dans le temps de la chaleur, un
énorme paquet, plus grand que la vessie urinaire, situé
sur l'urètre, au-devant du réservoir de l'urine.
Dans lesoM7\y, parmi les Carnassiers ^ sa substance
paraît se confondre avec le renflement des canaux dé-
férents réunis. Elle s'étend, outre cela, autour du
commencement de l'urètre, auquel elle fournit une
couche plus ou moins épaisse , suivant les espèces.
Dans la loutre , ce n'est qu'une couche assez mince
sans renflement; elle est de même très peu développée
dans la belette et les autres martes.
Dans V ichneumon, c'est une masse glanduleuse assez
considérable , située, comme à l'ordinaire , sur le côté
de l'urètre qui répond au rectum, et composée de
plusieurs lobes distincts, qui ont chacun leur canal
excréteur.
Celle des chats et des chiens est très volumineuse,
et fait un gros bourrelet très saillant autour de l'u-
rètre ; son tissu est semblable à celui de la prostate de
l'homme, et ses orifices, dans l'urètre, sont également
nombreux , et percés de même dans la saillie du veru-
montanum.
Dans Xhjèrie^ elle est également très volumineuse.
Celle de la civette forme deux tubercules peu saillants
au-devant de l'insertion des déférents.
Parmi les Rongeurs , elle forme, dans la marmotte
des Alpes ^ sur l'origine de l'urètre, un renflement con-
sidérable, partagé en arrière en deux lobes arrondis.
On peut regarder comme telle, dans le lapin., la
substance glanduleuse qui forme une partie des parois
174 XXMIl' LEÇON. SECT. II, OBGAiNES iiOJJIIlCATEUES, ETC.
du sac séminal, et. sYtciid pltis bns sur ia partie mus-
culeiise de 1 urètre.
Celle de Vécareiul est aussi longue que cette por-
tion de l'urètre, à lacjuelle elle ne paraît adhérente que
par les deux points où elle lui envoie ses canaux ex-
créteurs ; son volume est très considérable ; sa forme
est ovale, aplatie en dessus, et bilobée en arrière.
On trouve dans la nombreuse famille des Ha/s plu-
sieurs paquets de tubes ramifiés autour de l'origine du
canal de l'urètre, qui composent les prostates de ces
animaux.
Deux autres sont collées contre la face inférieure des
vésicules séminales , et sont formées d'un tronc prin-
cipal ayant peu de ramifications.
Les lagomys ont ces dernières prostates; [les seules
peut-être que l'on pourrait considérer comme des
vésicules séminales accessoires.]
Dans V agouti , les prostates sont composées de
même d'un tronc divisé en rameaux et en ramuscules,
dont les derniers se terminent par des digitations vé-
siculeuses.
Ce sont également, dans le cochon d'Inde, des
tuyaux nombreux ramifiés, repliés sur eux-mêmes, réu-
nis par un tissu cellulaire lâche et occupant en dessous
la place de la prostate des autres mammifères.
il y en a quatre dans Véléphant^ deux de chaque
côté , de grandeur inégale , situées à l'extérieur des vé-
sicules séminales, près de leur base, et d'un volume
très petit, à proportion des autres glandes qui appar-
tiennent à la même fonction. Elles sont l'ecouvertes de
quelques fibres musculaires, et présentent intérieure-
ment des lobes peu distincts.
AliT. 11. DhS GLAr<Dlii> PilOisTATES. 176
ChacLiiie de ces .;;!atKl( s a une cavité principale dans
laquelle viennent aboutir d'autres cavités plus petites,
par de tort larges orifices. C." sont autant de cuis-de-sac
de grandeur variée, qui communiquent les uns dans les
autres , et s'ouvrent à fin dans la cavité principale;
celle-ci donne dans un canal excréteur d'un grand
diamètre ; ceux des glandes du même côté marchent
adossés Tun à Tautre, et s'ouvrent séparément dans
l'urètre à côté du verumontanum.
Celle du sanglier^ parmi les Pachydermes , fait une
saillie considérable sur le commencement de l'urètre;
elle est divisée en lobes dont le tissu est d'ailleurs très
compacte. On trouve de plus, dans cet animal, une
couche glanduleuse analogue , qui enveloppe toute la
partie musculeuse de l'urètre, et dont la grande épais-
seur est à l'origine de ce canal en dessus ; elle est re-
couverte , dans son commencement, par des fibres
musculaires qui lui viennent du col de la vessie, et,
dans le reste de son étendue , par des fibres transver-
sales, dont nous parlerons plus en détail en décrivant
îa portion pelvienne de l'urètre.
Dans les Solipèdes ^ il existe deux prostates très
considérables, qui sont placées à côté des vésicules sé-
minales. Comparées aux glandes de Covi^per, elles sont
moins rouges; la masse de la glande y paraît rrtoindre et
les cavités plus grandes ; elles sont recouvertes de fibres
tendineuses et musculaires qui leur viennent des vési-
cules séminales et de la vessie; et leurs canaux excré-
teurs ont plusieurs orifices dans l'urètre de chaque
côté de ceux des vésicules séminales.
Doit-on appeler ainsi un long cviindre membra-
neux , ayant l'extrémité sphérique, placé dans les So-
176 XXXIII* LKÇOK. SECT. II, OKGAiNES 310D1FICATEURS, ETC.
lipèdes entre les deux canaux déféreuts, et dont lalon-
jjueur égale leur partie renflée? Cette longue vessie
s'ouvre dans l'urètre en avant des orifices communs
des déférents et des vésicules séminales, plus près de
celui du côté gauche. Il en sort une humeur qui a la
consistance et la couleur du miel.
Les Ruminants ont toujours deux prostates qui sont
exactement comparables aux précédentes. Leur pro-
portion est plus grande dans le bélier et le bœuf; on y
remarque des lobes plus distincts, ayant chacun une
petite cavité qui se réunit à la principale ; celle-ci se
continue dans un canal membraneux qui s'ouvre dans
une assez large lacune du verumontanum , en dedans
ou en arrière de l'orifice du canal déférent.
Leur surface est plus unie dans le daim , Yaxis^ le
bubale^ et leur forme plus régulièrement ovale ; elles
ont dans tous une cavité centrale, où viennent aboutir,
par de larges orifices, d'autres cavités plus petites , et
un canal excréteur unique , dont l'orifice est percé
dans le verumontanum , le plus souvent derrière celui
du déférent de son côté. En général , ces glandes ne
diffèrent, dans cet ordre, que par leur volume, qui
égale, dans le chameau^ celui d'un petit œuf de poule,
et par la proportion de leur cavité centrale , comparée
à la masse de la glande , proportion qui s'est trouvée
quelquefois assez grande pour faire méconnaître la
nature de cet organe et le ranger parmi les réservoirs
de la semence.
Les phoques, parmi les Amphibies quadrirèmes ^
ressemblent , à cet égard , comme à beaucoup d'autres,
à la loutre.
Cette glande forme de nouveau, dans les Cétacés ,
ART. n. DES GLANDES PROSTATES. 177
une seule masse très volumineuse, qui recouvre une
grande partie de la première portion de l'urètre ,
particulièrement en dessus, et est elle-même recou-
verte par un muscle très fort. Son intérieur présente ,
dans quelque sens qu'on la coupe, les ouvertures d'une
foule de cellules; l'humeur qu'elle sépare arrive dans
l'urètre par plusieurs orifices.
Si nous l'étudions dans la seconde série des Mammi-
fères, celle des Marsupiaux ^ nous la trouverons dans
les kangaroos , très épaisse à son orij>ine , près du col
de la vessie; elle va en diminuant d'épaisseur à mesure
qu'elle s'avance autour de la partie musculeuse de
l'urètre , à laquelle elle donne la forme d'un cône très
allongé.
[Son diamètre vers la vessie urinaire excède celui de
ce réservoir lorsqu'il est contracté. Sa coupe, dans sa
plus grande épaisseur autour de l'origine du canal de
l'urètre , a o™,o 1 2 d'épaisseur, et' la couche muscu-
leuse qui la recouvre o^jOOi seulement. Sa structure
se compose de tubes ramifiés , perpendiculaires aux
parois du canal de Furètre , dont les divisions se
multiplient de dedans en dehors, et se terminent à la
surface de la glande p'-r de petits cœcums, dont le
fond touche à son enveloppe celiulo-musculeuse.]
Dans \es pfudangers , elle forme semblablement une
couche assez épaisse, qui enveloppe la même partie de
l'urètre.
Cette couche ne nous a pas paru sensible dans les
phascolomes , de sorte que l'existence de la prostate y
paraît douteuse.
12
178 XXXIII' LEÇON. OHCAINKS MODIFICATEURS» ETC., MALES.
B, Chez les Reptiles Amphibies.
[L'ordre des (Jrodèles ^ dans cette sous-classe, est
pourvu, par exception, de glandes analogues aux pros-
tates ou aux glandes de Cowper des mammifères.
Nous les avons plus particulièrement étudiées chez
les salamandres et les tritons.
Chez les mâles des salamandres , elles se composent
chacune de deux lobes , un horizontal , et l'autre ver-
tical.
Le premier représente, avec son symétrique, dans
la salamandre commune , la forme d'un cœur, dont la
pointe serait en arrière , et au centre duquel se trouve
les lèvres et la fente du vestibule.
Le lobe vertical s'élève obliquement vers la face dor-
sale , de manière que les deux lobes verticaux laissent
en avant un intervalle dans lequel pénètrent les reins.
Un muscle pubio-coccygieu s'avance entre les deux
lobes d'un même c6té, et les sépare.
Dans la salamandre noire , ces glandes sont aussi
étendues à proportion. Elles ont de même deux lobes
chacune.
Chez les tritons, ces prostates composent un ap-
pareil encore plus compliqué.
La prostate qui répond au lobe inféTieur de celle des
salamandres compose essentiellement la paroi en
forme de calotte du vestibule. Il y a, outre cela , deux
prostates, pelviennes, qui répondent au lobe vertical
de la prostate vestibulaire des salamandres. Elles occu-
pent la face dorsale du vestibule et du bassin, et se
sous-diviseot chacune, ou celle d'un côté seulement,
en deux lobes. Leurs canaux excréteurs aboutissent
A1\T. 11. DES GLANDJÎtJ PKOSTATES. 179
dans la ligne médiane de la partie la plus reculée du
vestibule.
Les tritons ont encore une troisième prostate que
j'appelle abdominale, parce qu'elles occupent sur les
muscles abdominaux et sous le péritoine une giande
partie des parois musculeuses de l'abdomen.
Enfin les salamandres et les tritons ont des prostates
intravestibulaires. Chez les premiers, elles se composent
de deux rangées de lames ou des plis qui occupent les
parois latérales du vestibule.
Chez les tritons , dont le vestibule est occupé par la
verge, ces lames sont portées au dehors, sur la lèvre
interne, qu'elles garnissent, et elles ont la forme de
petites palmes.
Leur bord libre est traversé par les petits tubes qui
le dépassent , après être entrés dans la composition de
ces lames et de ces palmes.
Toutes ces prostates pelviennes , abdomino-vestibu-
laires externe ou interne, se composent de tubes courts
formant de petits cœcums, ou longs et repliés , quel-
quefois divisés où ramifiés, dont les parois celluleuses
sécrètent l'humeur dont ils sont les réservoirs.
La structure de ces prostates est absolument compa-
rable à celle des prostates du hérisson (i).
IL De îhunieur des prostates.
Cette humeur a été étudiée , dans sa composition mi-
croscopique, par MM. Prévost et Dumas (9>) dans le
fi) Voir mon troisième fiayment sur les orcjancs rjénito-urinaires des
reptiles et sur leurs produits. — Comptes-rendus de V Académie de^
sciences^ t. XIX , p. 96 ï et suiv. Paris, i844"
(2) Annales des se, natur.^ t. 1.
180 VXXill' LEÇON. OKGAiNES ÎJODIFICATEUWS, ETC., MALES.
chien, le chat^ le héTisson et le lapin. Ils l'ont trouvée
composée de globules nombreux semblables à ceux du
lait.
Dans le /^emj'O/2 ;, nous avons observé que l'humeur
de la prostate contenait de nombreuses vésicules
ovales, pour la plupart , dont quelques unes sont sphé-
riques , d'autres oblongues , coniques.
Plusieurs de ces vésicules, celles de prostates su-
périeures , avaient une forme étoilée , avec un noyau
central.
Les canaux excréteurs de toutes ces glandes abou
tissent au vestibule génito-excrémentitiel , et y mêlent
l'humeur des prostates à celle des glandes sperma-
gènes.
ARTICLE III.
DES GLAKDEtJ DE COWPER ET DE l'hUMEUR QU'ELLES SÉCBÈTEA'X.
[On appelle ainsi de petites glandes dont le canal
excréteur est en rapport, chez Yhamme et les Mammi-
fères ., avec le commencement de la pfartie érectile ou
vasculaire du canal de l'urètre , ou avec la fin de sa
partie pelvienne.
Ces glandes ont beaucoup de rapports avec les pro-
states.]
I. Des glandes de Coivper.
A. Chez r homme.
Les glandes qui portent ce nom, dans V homme .,
sont au nombre de deux, situées immédiatement der-
rière le bulbe de Turètre : elles ont la grosseur et la
forme d'un pois, un tissu jaunâtre, une structure cel-
luieuse et un seul canal excréteur, qui perce oblique-
ART, III. DES GLANDES DE COWPER. 181
mentl'nrètre et s'ouvre dans sa partie bulbeuse. [On leur
découvre parfois une cavité centrale d'un demi jus-
qu'à un millimètre de diamètre, dans laquelle le canal
excréteur prend naissance, avec un diamètre d'un tiers
de millimètre ; c'est dans cette cavité centrale qu'abou-
tissent des canaux peu ramifiés qui tirent leur ori-
gine de cryptes, formant des grains glanduleux réunis
en grappes , ayant une forme plutôt anguleuse que
vésiculaire, et un diamètre de i/3o et au plus 1/12
de millimètre.] Ces glandes ont échappé longtemps,
à cause de leur petit volume, aux recherches des ana-
tomistes. On serait tenté de croire, par la même
raison, qu'elles ne jouent, chez l'homme, qu'un rôle
très secondaire. Il n'en est pas de même, comme nous
allons nous en convaincre, dans plusieurs mammifè-
res, où elles sont, en général, plus développées à pro-
portion, et chez lesquels leur volume excède quelque-
fois , de beaucoup, celui des prostates.
[Il est remarquable que, dans l'espèce humaine, le
sexe mâle ne soit pas exclusivement pourvu de ces
glandes, et qu'elles existent aussi chez la femme (1).
On les trouve derrière un rudiment de bulbe de
l'urètre. De leur côte interne et inférieur sort leur
canal excréteur, qui a o",0'i de long et s'ouvre dans
le vagin, un peu en dedans de son origine.]
B. Dans les Mammifères.
Ces glandes existent dans tous les Quadrumanes,
dans les Chéiroptères^ et parmi les Carnassières , dans
(i) Voir Friederich Tiedemann von den Duverneyschea Driisen des
Weibs, etc. Heidelberç, \&^o;f:tralentiiiRepertorium, }ponr 1887, p. i3a.
t82 XXXTIl' LEÇON. ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES.
Vichneumon^ et sans doute dans les autres mangous-
tes, dans la cU'ette^ \hyme, les chats, \e?> Rongeurs (ex-
cepté les lièi'res proprement dits), les Pachydermes
et la plupart des Ruminants et tous les Marsupiaux.
Elles manquent dans les Insectivores^ les ours, le raton,
dans la loutre et les martes, dans les chiens ; dans plu-
sieurs Ruminants tels que \es cerfs ; dans les Solipèdes,
les phoques, parmi les ^amphibies quadrirèmes et les
Cétacés.
On voit qu elles se trouvent assez souvent avec les
prostates et les vésicules séminales ; ou avec les vési-
cules séminales et les vésicules accessoires; ou avec
les prostates seulement.
Gliez les Didelphes carnassiers, ce sont les seules
glandes accessoires : aussi semblent-elles très essen-
tielles dans tous les animaux de cette division des Mar-
supiaux.
Leur structure est loin d'être toujours parfaitement
semblable. Celles des Quadrumanes, des Carnassiers ,
et des Ruminants ont peu de cavité et un tissu serré.
Les écureuils et les marmottes les ont vides et comme
vésiculeuses dans une bonne partie de leur étendue ;
ce qui a pu les faire considérer, ainsi que leur grand
volume, pour des vésicules séminales. Mais les rap-
ports de leur canal excréteur avec l'urètre sont tels,
précisément dans ce cas, qu'il serait impossible au li-
quide séminal d'y parvenir : il faut donc que l'humeur
qu'elles renferment soit séparée par leur portion glan-
duleuse. Cette humeur les gonfle d'ailleurs dans toutes
les saisons. Elle paraît généralement d'un blanc
bleuâtre ou opalin, demi-transparente, ayant la con-
sistance de l'amidon , et parvient constamment dans
la portion bulberisie de l'urètre par un seul orifice.
ART. III. DES GLANDES DE COWPEB. 183
Enfin, un dernier caractère commun à toutes ces
glandes, c'est d'avoir besoin d'être comprimées pour
se débarrasser de rhumeui' qu'elles renferment : aussi
sont-elles enveloppées complètement, ou en parlie, par
des gaines musculeuses ou musculo-aponévrotiqucs
plus ou moins épaisses.
On les découvre ordinairement dès qu on a enlevé
la peau dupérinée où elles sont placées, hors du bas-
sin entre le bulbo-caverneux et les iscbio-caverneux.
Chez les Singes ^ on les trouve déjà beaucoup plus
grandes, àproportion, que dans l'homme : leur tissu
est plus lâche que celui de la prostate. Leur volume
paraît encore plus considérable dans les makis pro-
prement dits, chez lesquels leurs canaux excréteurs
marchent collés l'un à l'autre sous l'urètre avant d'ar-
river au bulbe.
Les chaui'es-souris, parmi les Chéiroptères, les ont
encore plus considérables à proportion.
[Dans le Desman de Russie, elles sont allongées et
courbées en genoux (i).]
Les glandes de Gowper du hérisson sont deux glandes
semblables aux prostates inférieures arrondies et apla-
ties composées d'ungrandnombrede tubes courts, non
repliés, mais couchés parallèlement les uns aux au-
tres , formant des ramuscules, des rameaux, des bran-
ches, qui se réunissent enfin en un seul tronc ou canal
principal. Celui-ci s'ouvre dans lïirètre pelvien.
Parmi les Carnassiers^ ces glandes sont très grandes
*dansles disettes et les chats^ où le muscle qui les enve-
loppe est très épais; mais aut«uu de ces animaux ne les
' (i) M. Frandt, Areh. de Wiegmanti., t, III.
l84 XXXIII» LEÇON, ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES.
a aussi volumineuses que Xhyène : la section y fait voir
des lobes distincts et les radicules de leurs canaux ex-
créteurs.
Celles de Vichneumon forment par leur réunion
un renflement très considérable , à l'endroit où com-
mence le bulbe : leur forme est arrondie et leur masse
composée de vésicules, qui communiquent entre elles
et se réunissent, vers l'extrémité de la glande, en un
canal commun, qui se prolonge au-dessous de la verge,
à côté de son semblable, et s'ouvre, par un orifice
séparé, au fond du cul-de-sac qui est à cette extrémité,
et dans lequel aboutit aussi le canal de l'urètre. Cha-
cune d'elles a une enveloppe musculo-tendineuse, puis
toutes deux sont recouvertes à la fois par une autre
couche de fibres musculaires.
Parmi les B.ongeurs , celles de Xécureuil sont deux
grandes vessies coniques, roulées sur elles-mêmes, dont
le sommet a sa cavité divisée en petites cellules, et des
parois plus épaisses et plus évidemment glanduleuses
que le reste. Chacune d elles s'ouvre par un large ori-
fice dans un cul-de-sac qui occupe le bulbe de l'urètre,
et se prolonge en un canal qui va en se rétrécissant
jusqu'au pli de la verge, où il s'ouvre dans celui de
l'urètre. Le long du bord interne de la spire, règne un
vaisseau d'un blanc de lait, dont les ramifications très
fines augmentent vers le sommet de celles-ci: les deux
côtés de cette même spire ont des fibres musculaires
obliques, qui servent à contracter sa cavité.
On en trouve dans les niaimottes des Alpes et dans
les hoback , d'une structure analogue : elles sont en
partie vésiculeuses, et présentent la forme d'une mas-
sue -dont le bout serait replié contre le manche qui
formerait le canal: celui-jpi,a |ine ^avité simple, tan-
ART. III. DES GLANDES DE COWPER. 185
dis que la masse est divisée en cellule3 glanduleuses.
Le canal aboutit , avec celui de son côté, dans un cul-
de-sac creusé dans le bulbe , qui se rétrécit, en avan-
çant, en un canal étroit, et s'ouvre dans l'urètre vers
le milieu de la verge.
Dans les rats , elles sont d'un assez grand volume ,
blanches à l'extérieur, pyriformes, et s'ouvrent dans
l'urètre, comme celles des autres ordres : elles ne pa-
raissent avoir qu'une enveloppe aponévrotique. Elles
sont plates, arrondies et très vasculeuses dans \ agouti.
Celles du cochon dinde sont plus arrondies , mais
elles ont la même structure.
[Elles sont ovoïdes, sphériques et situées derrière le
bulbo-caverneux dans la gerboise de Mauritanie^ py^"^"
midales dans la gerbi/le de Scha.w?^
Celles de \ éléphant sont rondes et plates , et d'un
très grand volume, comparées aux prostates, ayant
au fond la même structure que celles-ci : leur couleur
est rougeâtre, et leur surface extérieure très inégale,
ce qui leur donne une apparence lobr.leuse. Ou y dis-
tingue deux portions , une petite plus près du bulbe ,
et l'autre beaucoup plus grande ; le centre de la pre-
mière présente une cavité assez considérable, qui re-
çoit, par de larges orifices, l'humeur renfermée dans
des cavités plus petites, dans lesquelles aboutissent
d'autres cavités plus petites encore. La cavité princi-
pale s'ouvre dans un canal excréteur qui, après un tra-
jet de quelques centimètres, s'unit au canal commun.
Ce dernier, qui vient de la grande portion, est formé
de deux branches , répondant aux deux cavités cen-
trales de cette portion; il rampe quelque temps dans
l'épaisseur des parois de l'urètre, avant de s'ouvrir,
186 XXXIII* LEÇON. ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES.
comme àlordinaire, dans sa partie bulbeuse. Ces glan-
des sont enveloppées d un muscle très épais, dont les
fibres convergent vers un tendon qui se fixe à chaque
branche du corps caverneux.
Dans le sanglier, parmi les Pachydermes^ elles for-
ment un long cylindre aplati ( de 0,1 mètre de lon-
gueur); composé d'une substance ferme, ayant de pe-
tites cellules qui se réunissent dans do plus grandes :
celles-ci forment une cavité centrale^ aboutissant à bd
canal excréteur membraneux, qui va s'ouvrir sur les
côtés d'une espèce de cul-de-sac creusé dans la partie
bulbeuse de l'urètre et par lequel commence cette
partie : elles ont chacune un muscle dont les fibres
obliques régnent d'avant en arrière sur une de leurs
faces, dans toute son étendue.
Chez les Solipcdes les glandes de Gowper forment
un renflement ovale de chaque côté de l'extrémité
pelvienne du canal de l'urètre. Ces glandes sont enve-
loppées, dans toute leur étendue, par des fibres muscu-
laires et tendineuses; elles ont chacune une douzaine
d'orifices , formant deux rangées dans la portion de
l'urètre à laquelle elles adhèrent.
Dans le chameau, parmi les Ruminants^ elles ont la
forme et la grosseur d'un œuf de pigeon, la surface ex-
térieure unie , un tissu assez ferme et un canal excré -
teur, dont la terminaison est_, comme à l'ordinaire, dans
le bulbe de l'urètre.
Leur structure est la même dans les autres Eumi-
nants qui en sont pourvus. Elles y sont constamment
enveloppées par un muscle épais.
Tous les Marsupiaux ont des glandes de Cowper.
Celles de Didelphes sont remarquables par leur Hora-
ABT. III. DES GLANDES DE COWPEK. 187
bre; on en compte six dans le cnyopoUn , les phalan-
ge rs , le phascolome^ le kaugaroo-géant -, et quatre
seulement dans la sarigue et le kangaroo-ral. Deux d'en-
tre elles sont placées, dans le kanguroo-géant^ à côté
l'une de l'autre sur l'urètre, et immédiatement derrière
les branches du corps caverneux; les deux autres , de
chaque côté, sont en arrière de ces branches , et plus
grosses que les premières. Toutes ont une enveloppe
musculeuse et aponévrotique. Elles sont évidemment
composées, dans ces animaux, d'un tissu de canaux
, dirigés suivant la longueur, et dont on aperçoit les
nombreux orifices, lorsque l'on coupe leur substance
en travers.
[Ainsi , Irur structure est analogue à celle de la pros-
tate. Elle se compose de tubes ramifiés, qui commen-
cent à la surface de la glande par de petits cœcums, et
se terminent dans une cavité centrale qui a son issue
dans le canal excréteur de la glande.]
Dans Xéchidnè et \ orniihorhynque , ou chez les
Monotrèmes ^ on trouve une glande de Cowper de
chaque côté du cloaque, peu volumineuse, de forme
ovale, ayant dans son milieu mie cavité étroite abou-
tissant dans un canal excréteur, qui pénètre à travers
le constricteur du cloaque , et va se joindre au petit
conduit [séminal qui se détache de l'urètre près de sa
terminaison , dans le cloaque , et se continue jusqu'au
gland.] Cette glande est enveloppée par un muscle
très fort , dont l'action devenait nécessaire pour lan-
cer l'humeur qu'elle sépare, à travers le long canal ex-
créteur dont elle est pourvue.
188 XXXIII* LEÇON. ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES.
G. Dans la classe des Oiseaux.
[Aucune trace de glande , analogue aux glandes de
Cowper des mammifères, n'a été signalée jusqu'à pré-
sent dans cette classe, ainsi que nous l'avons dit des
prostates.]
D. Dans la classe des ReptUes.
[Les ReptUes, propres n'ont rien de semblable. Ils
ont, sous ce rapport, une organisation conforme aux
oiseaux.
Les Reptiles amphibies urodèles sont, au contraire,
pourvus d'un appareil glanduleux , qui entoure leur
vestibule génito-urinaire, appareil que no^*? avons fait
connaître dans l'article précédent, mais qui ne manque
pas de rapports avec les glandes de Cowper.]
E. Dans la classe des Poissons.
[Le sperme très épais des Poissons ovipares destiné
à féconder les œufs dans l'eau a une composition ana-
logue à ce moyen de fécondation; et aucun organe ac-
cessoire ne sécrète, chez ces animaux, une liqueur
propre à délayer le sperme qui sort de la glande qui
l'a préparé.
Cependant on a décrit, dans le Gobius n'\gei\ un ap-
pareil glanduleux composé de deux vésicules ovales
assez grandes, situéessur le col de la glande spermagène.
Il y, a même une petite glande impaire attachée au
col des vésicules paires. Elles sont composées de cel-
lules anguleuses que l'on trouve remplies d'une hu-
meur semblable au sperme. On dirait des vésicules
APPKNDICK, 1S9
séminales qui sécréteraient une matière liquide pro-
pre à délayer le sperme du testicule (i).
Les canaux de ces trois petites glandes aboutissent
à une papille creuse, où se rend aussi le canal éjacula-
teur.
Nous ferons connaître dans la leçon suivante^, à la
suite des organes d'accouplement , une glande dont
l'usage est encore problématique ; elle existe dans
l'appendice extérieur génital qui caractérise les mâles
des Sélaciens et des Chimères.]
II. De r humeur des glandes de Coivper.
[L'humeur des glandes de Cowper chez \ Jiotnme est
transparente, visqueuse, filante et composée de gra-
nules ronds , de 1/900 jusqu'à 1/870 de ligne (2).
Nous avons dit ( p. 182 ) qu'elle avait, dans les
écureuds , la consistance de l'amidon et une couleur
opaline demi-transparente.]
APPENDICE POUR LA LEÇON ACTUELLE ET LA
PRECEDENTE.
DE l'hERMAPHRODITISME DES POISSONS, OU DE LA RÉUNION DANS
LE MÊME INDIVIDU DES ORGANES PREPARATEURS DES OVULES ET
DU SPERME.
[Un des caractères généraux des animaux vertébrés
est d'avoir les organes sexuels séparés , chez des indi-
vidus différents.
« Cependant, suivant M. Cuvier^ on trouverait de
« temps à autre, parmi les poissons ordinaires, des
(i) M. Rathkeo, c, §59, p. 201, et Pi. V, fig. 10.
(3) Suivant M. Krause, iném- cite.
190 XXXlll* LEÇON. APPENDICE.
» indivicVis qui ont d'un côté un ovaire, et de l'autre
j) un testicule ; mais il paraît que certaines espèces
» réunissent naturellement et constamment les organes
» des deux sexes. Gavolini l'assure du serran , ou
» perche de mer, etsir Everard Home de Y anguille et de
» la lamproie; pour ce dernier genre , MM. Magendie
» et Desmoulins pensent qu'il y a des mâles.
».... Quant au serran, nous avons vérifié, ajoute
» M. Guvier, que les ovaires ont leur partie postérieure
» d'un tissu différent du reste de leur masse , et fort
H semblable à celui d'une laitance. Il reste à savoir si
» cette partie en fait réellement les fonctions (i). "
Nous avons rapporté ce texte afin de faire mieux
comprendre les progrès que la science a faits à cet
égard, depuis 1828, époque de la publication du vo-
lume dont il est extrait.
L'hermaphroditisme accidentel peut avoir lieu, si
l'on en croit plusieurs auteurs recommandables, qui en
citent des exemples, entre autres Leeuweuhoeck, pour
la. merluche. Il serait à désirer cependant que ces
exemples eussent été conservés dans les collections ,
pour être contrôlés par l'examen sévère de la science
d'aujourd'hui. Jusque là nous devons suspendre notre
jugement, malgré les autorités respectables qui regar-
dent ce fait comme certain.
Quant aux espèces qui seraient constamment her-
maphrodites , l'erreur de sir Everard Home , pour
V anguille et la. lamproie , est généralement reconnue.
Le savant anatomiste avait pris les reins de la lampiow
(i) Hist. nat. des poissons., t. 1, p. 53^ et 535.
APPENDICE . 191
marine (i) pour ses laites, et n'avait pas su distinguer
l'organe femelle de l'organe mâle de ces deux genres ,
parce que la forme générale de ces deux sortes d'or-
ganes est la même , et que le sperme se trouve réuni
dans de nombreuses et petites poches rondes, qui
ont beaucoup de ressemblance avec des œufs.
Cependant MM. Magendie et Desmoulins annon-
çaient à l'Académie des sciences, en 1822 (2), avoir
distingué la Jaite dans un individu, et l'ovaire dans
plusieurs autres, et l'existence d'un grand nombre d'in-
dividus femelles et d'un petit nombre de mâles. Mais
l'emploi qu'ils ont été obligés de faire du microscope
pour distinguer, dans les feuillets de l'ovaire, des glo-
bules semblables à ceux que contiennent les ovaires
de l'esturgeon dans un état flétri, démontrent au moins
que l'individu présumé mâle qu'ils ont observé n'était
pas en rut.
Nous avons nous-même constaté, dès 1829, sur plu-
sieurs individus mâles, l'existence des testicules, et celle
des ovaires chez plusieurs femelles. Ces individus
avaient été pris dans le Rhin, aux mois de mai et de juin,
époque à laquelle ils remontent ce fleuve pour frayer.
On a pu voir, dans la description que nous avons don-
née de ces organes, articles II et V, que les petites cap-
sules qui se montrent de toutes parts à l'œil, à travers
les parois du falbala très plissé que forme le testicule,
sont plus nombreuses, plus petites et moins unies que
les ovules, qui sont plus gros, moins nombreux et par-
faitement sphériques.
(i) Tram. /îAiïos. ,, pour i8i5, P. II, p. 257-271.
(2) Journal de physiologie , t. II, p. 2a4-
192 XXXIII* LEÇON. APPENDICE.
Nous avons vu, dans les inênies articles II et V, que
les ovules de Vanguille sont ovales, tandis que les cap-
sules spermatiques sont rondes.
L'incertitude et les erreurs sur les sexes de ces
deux genres proviennent uniquement de ce qu'on a
méconnu la structure intime de leur glande sperma-
gène, ainsi que les différences qu'elle présente , com-
parée à la glande ovigène.
L'observation de C<7(^o///zz'sur la perche de \\\ei\serra-
niis scriba^ est-elle bien exacte et surtout justement ex-
pliquée? Les sacs distincts des ovaires que ce grand
observateur a vus et fait figurer (i) sous l'extrémité
postérieure de ces derniers organes étaient-ils bien
des laites , malgré les apparences dont M. Cuvier lui-
même a été frappé, sur les individus qu'il a examinés?
Ou n'étaient-ce pas plutôt des glandes sécrétant une
humeur servant à envelopper les œufs à leur sortie, et
qui ne se montrerait qu'à l'époque de la ponte ?
Cette restriction me ferait comprendre l'état dans
lequel j'ai trouvé ces organes dans un exemplaire de
la même espèce , qui n'était pas encore arrivé à celte
époque. Les ovairesétaient deux sacs coniques, nes'avan-
çant qu'à la moitié de la longueur de la cavité abdo-
minale, à parois demi- transparentes. Ils contenaient
des œufs déforme polygonale, irrégulière, ayant tous
une vésicule germinative. Les deux sacs se réunissent
à un oviducte commun, et celui-ci au canal de la
vessie urinaire, pour aboutir' au même orifice derrière
l'anus.
(i) Memorie sulla qenerai'wne dei Pescidn di Filoppo Cavolini, p. gS.
In Napoli, 1787.
APPENDICE. 193
Dans lin exemplaire de serranus cabrilla^ l'organe
génital était unique, mais bifurqué , et paraissait com-
posé de cellules polygonales. Nous avons compté dans
une de ces cellules huit ou neuf corps ronds , de diffé-
rentes grandeurs, que nous avons pris pour des cap-
sules de spermatozoïdes , plutôt que pour des ovules.
Il n'y avait, dans l'un ni dans l'autre exemplaire,
deux sortes d'organes qui aient pu nous faire soupçon-
ner, le moins du monde, l'existence simultanée, dans
le même individu, des organes de génération mâle et
femelle, et conséquemment l'hermaphroditisme.
13
194 WNlV LEÇON. ORGANES d' ACCOUPLEMENT
TRENTE-QUATRIÈME LEÇON.
DES ORGANES D'ACCOUPLEMENT DANS LES ANIMAUX
VERTÉBRÉS.
[Les organes d'accouplement, chez les mâles, sont en
général des cavités qui reçoivent le sperme qu'y ver-
sent les canaux excréteurs des glandes spermagènes , et
qui le transmettent , soit immédiatement, soit par l'in-
terniédiaire d'une ou plusieurs verges, dans les or-
panes d'accouplement de la femelle,] Ce sont encore,
dans quelques cas , des espèces de membres surnumé-
raires , ou de membres ordinaires modifiés, qui don-
nent aux mâles la facilité de se cramponner sur leurs
femelles.
Les organes d'accouplement de celles-ci sont, au
contraire, des conduits particulièrement destinés à re-
cevoir la verge du mâle, ou à donner passage aux pro-
duits de !a conception ; ou des cavités, servant encore
à d'autres usages , qui reçoivent dans l'accouplement
une ou plusieurs verges, et que la liqueur fécondante
est obligée de traverser pour arriver aux organes édu-
cateurs.
[Les divers types des organes mâles d'accouplé- I
ment étant nécessairement en rapport , dans chaque
classe, avec les organes femelles, au lieu de faire connaî-
tre successivement, dans les quatre classes, les modifi-
cations des organes d'un même sexe, nous croyons de-
voir réunir dans la même section l'histoire "successive
DES ANIAIAllX VKP.TKnnKS, KN GKNKRA.1,. 195
et <iomparée des organes fcinellts, ;iprès celle des or-
ganes mâles d'une seule classe.]
Il paraît peu juste, au premier abord, de dire que
les organes d'accouplement existent moins généra-
lement dans les femelles que dans les mâles. Cela est
vrai cependant: c'est que, dans le petit nombre de
Poissons qui s'accouplent, chez les Chéloniens , les
Sauriens et les Ophidiens ^ parmi les Reptiles, dans
tous les Oiseaux, dans ï ornitliorJiynque et ïéc/iidné^ le
cloaque [ou le vestibule génito-excrémentitiel] tient
lieu de ces organes. Il s'abouche avec celui du mâle ,
reçoit la verge ou les verges de celui-ci , lorsqu'il en a
une ou deux, et la liqueur séminale.
Un très petit nombre de femelles , parmi les es-
pèces dont les mâles ont une verge , paraissent être
pourvues dun clitoris, le seul organe particulier à l'ac-
couplement qu'elles présentent dans ces trois classes.
[J'avais trop restreint, dans la rédaction qu'on vient
de lire, la signification des organes d'accouplement ,
ou leur détermination : c'est qu'à l'époque où cette ré-
daction a été faite, l'idée qu'on avait du cloaque était,
ainsi que ce nom l'indique, celle d'un égout ou d'un ré-
servoir pour les excréments.
Cette idée était à la fois inexacte et incomplète. La
cavité qui est au-devant de l'issue du rectum est sans
doute traversée par les fèces alimentaires; mais elle ne
leur sert pas de réservoir (i). Cette cavité appar-
tient plus essentiellement aux fonctions génératrices ,
dont les organes ont généralement leurs communi-
(i ) Voir le t. II , p. 335, (le la Philosophie unatoniiifue de M. Ceoftroy-
Saint-IIilaire , où cette propo.sition est rlemontiee, pour 1rs oiseaux, par
l'oLfservalion et IV-xpoiienre.
196 XXXÏY* LEÇON. ORG. d'aCCOUPLEMEKT DES VERTÉBRÉS.
cations au dehors, plus ou moins liées avec celles
de la sécrétiou de l'urine. C'est pour cela que j'ai chan-
gé, depuis plusieurs années , dans mes cours, l'expres-
sion de cloaque en celle de vestibule génito-excrémen-
tiliel, parce que j'avais considéré comme les plus essen-
tielles, comme les principales, les fonctions génératrices
de ce vestibule, et que je l'avais reconnu existant, même
lorsqu'il est séparé de l'issue du rectum > et qu'il ne
donne plus passage aux fèces alimentaires. Il est en-
core , dans ce cas, l'issue commune des fèces urinaires
et des produits de la génération; et c'est toujours par
son intermédiaire, chez les femelles, que la liqueur fé-
condante du mâle pénètre dans le canal ou dans les
canaux qui doivent la porter sur les ovules, toutes les
fois que la fécondation doit avoir lieu avant la ponte.
C'est (ïbnc essentiellement, pour les femelles, l'or-
gane d'accouplement. Je ne connais qu'une seule ex-
ception à cette règle : c'est celle bien singulière que
présentent les Chimères , dont les oviductes s'ouvrent
immédiatement au dehors, derrière l'orifice du cloaque,
qui n'est plus un vestibule génito-excrémentitiel que
chez les mâles.
Chez les Sélaciens seuls, dans la classe des Poissons,
avec les Chimères^ ce vestibule est l'aboutissant du
rectum. Chez les autres Poissons cartilagineux et dans
toute la sous-classe des Osseux, le rectum a son issue
en avant de celle des produits de la génération et de
l'urine, qui sont ordinairement communes. Chez les vi-
vipares qui doivent se rapprocher pour la fécondation
intérieure, cette issue commune est conséquemment
celle d'un court vestibule génito-excrémentitiel, dont
l'orifice peut servir d'organe d'accouplement.]
SECT. l. AflT. l. OKGAAES MALES DES MAMMIFERES. 197
SECTlOiN 1.
DES ORGANES D ACCOUPLEMENT UAJNS LA CLASSE DES
MAMMIFÈRES.
ARTICLE I.
DES OBGANES MALES.
[Nous avons suivi dans cette classe les canaux défé-
rents jusqu à l'origine du canal de 1 urètre, où ils se ter-
miuent. C'est aussi à cette origine que sont les embou-
chures des vésicules séminales, des glandes prostates ,
et plus loin , au commencement de la partie bulbeuse
de ce canal , celles des glandes de Gowper, dont les di-
verses humeurs viennent s'y mélanger à la semence.
L'urètre, chez tous les mammifères , les Monotrèmes
exceptés, se continue le long d'un corps saillant
érectile, destiné à introduire la liqueur fécondante
dans les organes d'accouplement de la femelle.
Chez les Monotrèmes qui n'ont que la partie pel-
vienne du canal de l'urètre , un canal séminal parti-
culier se détache de l'extrémité de l'urètre, pour suivre
la verge jusqu'aux glands et y diriger la semence.
r^a verge, chez les Mammifères, est donc l'organe
essentiel d'accouplement des mâles. Nous aurons à
décrire, avec elle , le fourreau cutané qui l'enveloppe,
ou le cloaque qui la recèle dans quelques cas ; les glan-
des et les muscles qui appartiennent exclusivement à
ses enveloppes.]
Dans y homme et les Mammifères ^ on ne trouve
198 XX\1\* LKÇOA. 0K(.. l>"ACCOUrLKML.iM UKS VERÏEBUÉ;-.
jamais qu'une seule verge, loujours percée, dont la
position, la forme générale et la [Ti-andeur relative
varient beaucoup.
Elle est composée : T d'un corps fibro-vasculaire,
appelé corps caverneux, susceptible de se gonfler et
de prendre assez de consistance pour rendre pos-
sible Tiiitroduction de cet orgaiie dans ceux de la
femelle; 2° quelquefois d'un os destiné au même usage;
3° d'un canal qui commence à la vessie Urinaire,
et se termine à l'extrémité de la verge, à travers
lequel passe la semence , pour arriver dans le corps
de la femelle j 4° d'une extrémité plus ou moins dis-
tincte, à laquelle ou a donné le nom de gland,
siège principal de la sensibilité dont la verge est
susceptible; 5° de muscles qui servent à mouvoir
cet organe, ou à contracter l'une ou l'autre de ses
parties ; 6" de vaisseaux sanguins et de nerfs qui le
gonflent et le roidisseut au moment du coït, et lui
donnent une sensibilité si exquise, qu'ils en font pour
ainsi dire un organe de toucher particulier.
1. Position, forme générale, enveloppes et gran-
deur relative de la verge.
La position de la verge varie de quatre manières
différentes :
1° Après être sortie du bassin, elle s'élève un peu
ie long de la symphyse des os pubis, et tient à l'ar-
cade de ces os, on à cette syu)physe» par un ou deux
ligaments suspenseurs; tandis qu'elle est libre et
pendante dans le reste de son étendue, et renfermée
dans uu fourreau ou prolongement de la peau égale-
SECT. I. AllI. 1. OUGANES MALES DES MAMMIEÉUKS. 199
ment IUm-c et détaehé du veiiliv. liltofumc , tous les
quadruiiKiiies et les cliéiw pitres sont clans ce cas.
1° Elle continue son chemin d'arrière en avant ,
depuis la symphyse des os pubis , sous la ligne me
diane de l'abdomen, jusque plus ou moins près de
l'ombilic. Dans ce trajet, elle est contenue dans un
fourreau qui n'est qu'une légère extension de la
peau du ventre, et qui la tient appliquée à cette
partie; un tissu cellulaire plus ou moins fort, qui
se change, lorsque la verge a un grand poids
(comme dans ^e/e'yy/^«A^/) , en un ligament aponévro-
tique très solide, sert encore à l'affermir dans cette
position. Elle est particulière à tous les Carnassiers ,
aux phoques^ aux Prohoscidiens^ aux Pachydermes ^
aux Solipèdes ^ aux Ruminants. Dans ce cas, elle a
l'orifice de son fourreau plus ou moins près de l'om-
bilic , [et la peau qui constitue ce fourreau se replie
dans elle-même comme dans le premier cas , en s'amin -
cissant beaucoup pour se fixer autour de la couronne
ou de la base du gland.]
Lorsque la verge est retirée dans son fourreau, elle
y éprouve , toutes les fois qu'elle est très longue , une
ou plusieurs inflexions en différents sens. La verge de
\ éléphant est repliée dans son fourreau en forme de
double S italique. Celle des Ruminants se détourne de
son chemin direct pour s'élever dans l'échancrure pro-
tonde que borne, en arrière , le bassin, et en avant la
grande saillie du ventre; elle reprend ensuite sa pre-
mière direction pour ne plus en dévier. Dans le cha-
meau et le dromadaire ., son extrémité est repliée en
arrière; il en est de même dans celle des chats : aussi
ces animaux lancent-ils leur urine de ce côté; mais
200 wxiv' LEÇ().\. or.o. d'accouplement des yertébbés.
lorsque cet organe entre en érection , il se redresse et
se porte en avant.
Tous les animaux qui ont la verge ainsi fixée sous le
ventre ont deux muscles qui doivent servir, jusqu'à un
certain point, à retirer le fourreau sur elle lorsqu'elle
doit y rentrer': ce sont des protracteurs du fourreau.
Ils s'attachent en avant , par plusieurs languettes , sous
l'aponévrose moyenne des muscles du bas-ventre , ou
sous leur portion charnue , se rapprochent l'un de
l'autre en se portant en arrière , et en réunissant ces
languettes, et se fixent, par leur extrémité, sur les
côtés de la portion antérieure de ce fourreau.
Ces mêmes animaux ont encore deux muscles qui
s'attachent aux premières vertèbres de la queue , des-
cendent de chaque côté du rectum, ou tiennent seu-
lement à ce dernier et au sphincter de l'anus, gagnent
la verge près du bulbe ou au-delà, suivent ses parties
latérales ou sa partie inférieure jusque vers le gland,
où ils se terminent; soit à la paroi externe du corps
caverneux , ou à l'os de la verge (les Carnivores); soit
au fourreau de la verge (les Huniiuauts). Dans ce der-
nier cas , ils sont les antagonistes des muscles que nous
venons de décrire. On leur donne alors le nom de
rétracleurs du prépuce. Lorsque l'animal relève sa
queue, ils agissent sur le fourreau, et le tirent en arrière.
Ils ont sans doute la même action sur la verge, lorsque
c'est à cet organe qu'ils se fixent, comme dans les
Carnivores.
Il est moins facile de se rendre compte de leur
usage lorsque, comme dans les Solipèdes , ils sui-
vent, rapprochés l'un de l'autre, la partie inférieure
de la verge le loua de l'urètre , en donnant des ban-
SECT. 1. AfiT. 1. ORGAlNIiS MALES DES MAMMIFÈRES. 201
delettes au muscle qui recouvre ce canal , et en se
perdant ainsi; ils modèrent probablement l'allonge-
ment de la verge dans l'érection, et contribuent à la
retirer dans son fourreau. Ces muscles ne se trouvent
pas dans Yéléphant, et semblent y être remplacés par
deux muscles extrêmement forts , que nous décrirons
sous le nom de releveurs, en parlant des muscles de
la verge.
La verge des tatous tient à la fois de la disposition
décrite en premier lieu et de la seconde. Elle n'a que
sa première moitié fixée sous le ventre dans un four-
reau cutané. L'autre moitié est libre en dessus, et non
recouverte par son fourreau, qui est comme tronqué
obliquement de ce côté; tandis qu'en dessous il va se
fixer, en se rétrécissant toujours, à quelques lignes de
l'extrémité du gland.
3° Dans la troisième sorte de position que prend la
verge , cet organe , après s'être avancé jusqu'au bord
antérieur du pubis , se replie sous la peau pour revenir
sur lui-même et se rapprocher de l'anus. L'orifice
du prépuce est alors très^peu en avant de ce dernier.
Le cochon d'Inde et Vagouti ont la verge ainsi dis-
posée.
Des fibres musculaires transversales, qui vont d'un
crémaster à l'autre, passent sur sa courbure, et y
prennent, pour nue partie, leur point d'attache. D'autres
fibres vont du grand oblique au même point. Les pre-
mières doivent, en pressant sa courbure, contribuer
un peu à faire sortir la verge de sa position et de son
fourreau. Les dernières retirent sans doute la verge
lorsqu'elle est sortie.
Sa position , dans la marmotte , tient à la lois des
202 XXXIV ° LEÇOiN. ORG. D'ACCOUPLEMEiNT DES VEKTÉBEÉS.
fleux précédentes. Parvenue à la région sons pubienne,
elle ne se replie pas en arrière pour se rapprocher de
l'anus, mais elle se recourbe directement en bas, pour
sortir par le prépuce, qui est percé à cet endroit. Un
ligament, qui vient s'y fixer de la ligne médiane, la
maintient dans cette situation. Dans Y écureuil, elle se
replie subitement à la hauteur du gland, pour gagner
l'orifice du prépuce, qui est plus en arnère.
4° Enfin , dans beaucoup de Rongeurs, tels que les
rats , les campagnols , les Ioïj's , les gerboises , les lièvres,
les lagornys et chez tous les Didelpkes^ la verge affecte
une quatrième position. Dans aucun de ces animaux,
elle ne remonte, après être sortie du bassin, le long
de la symphyse des os pubis, mais elle continue de se
porter en arrière jusque près de l'anus; l'orifice du
prépuce est alors immédiatement au-devant de ce
dernier, et compris dans le même sphincter, comme
dans les Didelphes , ou un peu moins rapproché de la
même ouverture, et hors du sphincter de l'anus,
comme dans les Rongeurs.
Ces positions variées qu'affecte la verge des Mammi-
fères sont sans doute en rapport avec le mode de coït
auquel ils sont soumis; mais elles paraissent encore
tenir à la longueur proportionnelle de cet organe. Dans
les Ruminants , qui ont la verge très allongée , dans les
Solipèdes et plusieurs Pachi/dermes , il fallait qu'elle
pût s'étendre le long du ventre, tandis que dans les
Didelphes et plusieurs Rongeurs, où elle est plus
courte, proportion gardée, elle n'aurait pu s'avancer
jusque là.
Les Quadrumanes, les Canuissicrs , les Chéirop-
tères, ont cet organe médiocrement long. Il est court,
SECT. 1. ART. 1. OUGAxNES MALES DES MAMMIFÈBES. 203
comme nous venons de le dire, dans les Didelphes
et chez la plupart des Bongeurs ; didins les C'armVo-
res cligitigKides et \e?> phoques , parmi les Amphibies.
Dans le cochon d'Inde et ïagouti^ sa longueur propor-
tionnelle paraît à peu près la même que dans les pre-
miers.
La forme générale de la verge ne varie pas moins
que sa position et sa longueur. Elle est grêle dans le
sanglier et les Ruminants ; grosse et cylindrique dans
les Solipèdes, \ éléphant et le lamantin; grosse et
conique dans le rhinocéros et le marsouin ; gvosse ,
conique et aplatie dans le dauphin; à peu près cylin-
drique dans les Quadrumanes elles Rongeurs ; courbée
en 8 dans le raton ^ etc. Nous reviendrons sur ces
formes en parlant du gland, qui compose souvent à lui
seul la partie de la verge qui paraît au dehors, et en
décrivant l'os pénial, dont la figure détermine ([uelque-
fois celle de la verge.
II. Du corps caverneux et de l'os de la verge.
A. Du corps caverneux.
Ce corps donne au pénis des Mammifères la consis-
tance nécessaire pour être introduit dans les parties
sexuelles de la femelle. Il forme seul la très grande
partie de la portion de cet organe qui se trouve hors
du bassin.
Son origine est, dans V homme ^ à chaque branche
de l'ischion , un [)eu au-dessus des tubérosités de cet
os, par deux racines qui adhèrent fortement à ces
branches, et dont les parois externes semblent con-
fondues avec leur périoste. Ue là ces deux racines se
rapprochent l'une de l'autre , en s élevant vers l'arcade
204 XXXIV* LEÇO-N. obij. d'accouplement des vertébrés.
du pubis , et se réunissent bientôt pour ne plus former
qu'un seul corps cylindrique , ayant en dessous une
large rainure dans laquelle s introduit le canal de l'urè-
tre , et , en dessus, un sillon moins profond, le long du-
quel marcbeut une partie des principaux vaisseaux
sanguins et des nerfs de la verge. Ce corps se ter-
mine au gland; c'est proprement un composé de deux
demi-cylindres creux , dont la cloison mitoyenne , qui
devrait résulter de leur réunion, n'est complète que
dans une partie de leur étendue,, et ne se voit, dans le
reste de leur longueur, que le long de la paroi supé-
rieure. Il n'a donc , en effet , qu'une seule cavité, sé-
parée en deux loges dans sou commencement par une
cloison perpendiculaire , et dont les parois sont com-
posées d'un tissu tendineux très solide , affermies et
préservées contre une trop forte dilatation, par des
lames et des filets de même nature, ayant aussi, dans
quelques cas. l'apparence musculeuse, qui la traversent
en tous sens, et se fixent aux points opposés de ses
parois.
Le corps caverneux n'est rempli, outre cela, depuis
le commencement de ses racines jusqu'au gland, que
par un réseau très compliqué de vaisseaux sanguins
accompagné de beaucoup de filets nerveux. Ce réseau
est susceptible de prendre très promptement une
grande extension en tous sens, par l'afflux du sang qui
peut y aborder; ou de revenir sur lui-même et de se
vider aussi promptement de la plus grande partie de
ce liquide qui s'y trouve enfermée.
J^e sang ne s'épanche point, pendant l'érection,
dans de véritables cellules , formant, comme on le dit,
des cavités intermédiaires entre les veines et les artères.
C'est un fait dont nous nous sommes bien convaincus
SECT. I. ART. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 205
par la dissection de la verge de Yéléphaiit. Le corps
caverneux de cette énorme verge est rempli, en très
grande partie, de rameaux veineux qui ont entre eux
de si larges et de si fréquentes anastomoses, dont les
parois se confondent et s'ouvrent si souvent, pour ces
nombreuses communications , qu'il en résulte , dans
quelques endroits, une apparence celluleuso.
En comparant cette structure avec celles d'autres
verges successivement plus petites; en passant, par
exemple, de l'éléphant au cheval^ de celui-ci au mar-
souin^ au chameau^ au bœuf , au bouc^ etc. , il nous a
paru démontré qu'elle était la même dans tous les Mam-
mifères; c'est-à-dire composée essentiellement d'un ré-
seau extrêmement compliqué de ramifications de vais-
seaux sanguins, et particulièrement de veines. Si l'on
fait une section longitudinale du corps caverneux , on
distingue facilement les principaux rameaux de celles-
ci, qui suivent la longueur de la verge, rapprochées
de sa paroi dorsale.
Les deux racines du corps caverneux varient bien
un peu, pour la longueur, dans les différents mammi-
fères ; mais elles sont, en général, très courtes, et ad-
hèrent, dans la plupart des cas, aux ischions, aussi inti-
mement que dans l'homme. Nous ne connaissons à cet
égard que deux exceptions remarquables.
La première est commune à tous les Didelphes. Ces
branches, qui sont longues et d'un diamètre peu consi-
dérable, y sont absolument libres, et ne tiennent aux
ischions que parle tendon du muscle qui les enveloppe.
La seconde de ces exceptions concerne les Cétacés^
qui n'ont pour tout bassin que deux os séparés l'un de
l'autre, et placés presque parallèlement l'un à lautre, de
206 XXXIV* LEÇON. OBG, D' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.
chaque côté de l'origine du corps caverneux. Us ne sem-
blent exister, dans ces animaux, que pour fournir un
point d'attache aux organes de la génération, et leur
écartement l'un de l'autre varie avec la grosseur des
branches du corps caverneux qui les séparent. Celles-ci
commencent par deux grosses tubérosités aplaties , et
dirigées en arrière et en haut, très rapprochées l'unede
l'autre et tenant entre elles et aux os du bassin , dont elles
restent séparées d'abord de quelques millimètres, par
desfibresligamenteuses très fortes. A mesure qu'elles pé-
nètrent entre ces os, elles s'en rapprochent davantage
et s'y unissent aussi intimement que les branches du
même corps avec les os de l'ischion, dans les autres
Mammifères.
Ces branches se confondent très souvent en un
seul corps , dès qu'elles se sont rapprochées ; de sorte
que l'on aurait encore moins de raison que dans
l'homme, de regarder le corps caverneux comme formé
de deux portions distinctes. Cependant il y a , à cel
égard, beaucoup de variations. Parmi les Singes^ par
exemple , nous n'avons pas trouvé de cloison dans le
sài. Il y en avait une complète dans le calli triche ^ dans
toute l'étendue du corps caverneux. Elle était très
mince, et n'allait qu'au-delà de la partie moyenne de
ce corps, dans d'autres cercopithèques. Elle est com-
plète dans les Maijdrills, et incomplète dans les cynocé-
phales. Dans les Makis., on peut la suivre jusqu'à l'os ;
mais elle est incomplète. On n'en voit pas de trace
dans Xoiirs, le blaireau. Elle est épaisse et complète
dans le chien. Elle manque généralement dans les Pa-
chydermes., le rhinocéros excepté, les Eliminants et
les Cêlacés. Elle existe dans Xéléphant.
SECT. T. ART. T. ORGANES MALF.S DES MAMMIFÈRES. 207
Les filets ou les lames fibreuses qui traversent le
corps caverneux de ces animaux semblent partir de
tous les points de sa circonférence pour se réunir à
son axe, où ils sont plus épais et plus forts.
Le corps caverneux est également sans cloison dans
les Sarigues y et cela est d'autant plus remarquable
qu'il était plus naturel de penser que les deux pointes
qui bifurquent l'extrémité de leur verge n'étaient
qu'une simple séparation des deux corps caverneux,
que l'on supposait former cet organe.
Dans le Kanguroo-géant ^ le corps caverneux pré-
sente une structure que nous n'avons rencontrée dans
aucun autre animal. Il commence, comme nous l'avons
dit, pour tous le^Didelphes^ par deux longues racines
enveloppées par les iscliio-caverneux. Deux autres
racines plus courtes, placées au-dessous des premières,
enveloppées de même par un muscle , et tenant lieu
du bulbe de l'urètre, viennent se confondre avec celles-
là. Toutes quatre ne forment bientôt qu'un seul corps
cylindrique , ayant un canal qui suit à peu près la
direction de sou axe, dont les parois sont également
fortes et de nature fibreuse, et qui contient celui de
l'urètre : de sorte que la coupe transversale du corps
caverneux ressemble à un anneau \ encore les deux
moitiés latérales sont-elles séparées par deux cloisons
verticales qui s'étendent, du canal intérieur, au dos ou
à la paroi inférieure de la verge.
L'épaisseur des parois du corps caverneux n'est pas
la même dans tous ces animaux : elle est quelquefois
si considérable, quelle égale la moitié du diamètre
total de la verge, et que la cavité ne comprend que
l'autre moitié ; c'est ce que nous avons vu dans une
verge de Cétacé.
208 XXXIV LEÇON. OBG. d'aCCOUPLEMENT DES VERTIÉBBÉS.
B, De Vos de la verge.
[Un certain nombre de Mammifères a, dans une par-
tie plus ou moins étendue du corps caverneux etmême
du gland , un os destiné à leur donner plus de consis-
tance, pour faciliter, indépendamment de l'érection,
l'introduction de la verge dans le vagin de la femelle.]
Cet os existe dans la verge des Quadrumanes ,
des Chéiroptères , des Carnivores , celle de X hyène ex-
ceptée ; il existe encore dans la verge des Rongeurs y
dans celle des Phoques parmi les Amphibies quadri-
rèmes^ et dans celle des baleines , parmi les Cétacés.
La verge de l'homme en est dépourvue.
On n'en trouve pas dans celle des Insectivores ., des
Proboscidiens y des Pachydermes ., des Solipèdes , des
Ruminants., des Tardigrades et des E dentés; des la-
mantins parmi les Amphibies trirèmes , et du dauphin
et du marsouin parmi les Cétacés.
Sa grandeur et sa forme varient beaucoup dans ces
différents animaux: chez les uns, il forme la plus grande
partie de la verge (les ours , le raton , le blaireau , les
chiens ^ la loutre , les martes) ; chez d'autres, il n'en com*
pose qu'une petite portion (les chats., Xichneumon^ la
plupart des /?o/zgeM/'j'). Cet os est courbé en S dans
le raton ; il est très volumineux dans les baleines , et
renflé en massue dans la portion qui occupe le gland.
C'est cette portion qui donne souvent à ce dernier les
différentes formes qu'il présente. Nous les décrirons
plus en détail avec lui. L'autre extrémité tient tou-
jours, comme nous l'avons dit, à celle du corps caver-
neux, et lui est intimement unie.
Dans les animaux dont Y os pénial îorme une bonne
partie de la verge, le corps caverneux est beaucoup
8ECT. I. AHT. I. OR(tA?.SS MALES DES MAMMIFlKRES. 209
moins étendu que dans ceux où cet os n'existe pas ; sa
cavité cesse où l'os commence, ses parois se perdent
sur la surface de l'os et se confondent avec son pé-
rioste. Telle est entre autres sa conformation dans les
ours ^ les martes , les loutres , les chiens , les phoques ^
le morse ^ etc.
111. Du canal de l'urètre.
Ce canal s'étend, dans l'homme et les mammifères,
depuis le col de la vessie jusqu'à l'extrémité du gland.
Il n'est essentiellement composé, dans tout cet espace,
que par un prolongement de la membrane muqueuse
qui tapisse les parois de la vessie, et qui, après avoir
formé le canal en question, vient se confondre à l'ex-
térieur avec la peau du gland. En ayant égard aux
enveloppes qui affermissent ou soutiennent cette mem-
brane, on peut reconnaître dans le canal de l'urètre,
deux portions différentes : la première s'étend, dans
\homme ^ depuis le col de la vessie jusqu'à quelques
millimètres au-delà de la prostate ; la seconde com-
mence où finit la première, par un renflement très
marqué, et se continue jusqu'au bout du gland.
A. De la partie pelvienne de H urètre , ou de sa partie
musculeuse.
C'est dans cette partie que s'ouvrent toujours les
canaux déférents, les vésicules séminales, les vésicu-
les accessoires , et les canaux excréteurs de la pro-
state ou des prostates. La membrane interne v prend
ordinairement une consistance qu'elle n'avait pas dans
la vessie; on y remarque généralement , très près du
corps de celle-ci, une éniinence, qui n'est assez souvent
8. 14
510 XXXIV* LEÇON. ORG. D'ACCOUPLEMENT DES VERTÉBBis.
qu'un pli longitudinal, à laquelle on a donné le nom de
verumontanum. Elle est remarquable, parce que c'est
autour d'elle, ou même dans son épaisseur, que sont
placés/ comme notis l'avons vu, les orifices des défé-
rents, des vésicules séminales et des prostates. Le veru-
montanimi renferme quelquefois un profond cul-de-
sac ; il est entre autres ainsi conformé dans Y éléphant ( i ).
On trouve assez fréquemment dans ce même canal,
d'autres plis longitudinaux , trop peu constants , au
reste, pour être décrits. Les marmottes seules, à notre
connaissance, en offrent, dans le sens opposé, qui sont
permanents. Douze plis très saillants partent de cha-
que côté , d'une éminence longitudinale qui règne sur
la paroi inférieure de Celte portion de l'urètre , et la
divisent en travers , en interceptant autant de petites
fosses qui rendent sa cavité extrêmement inégale, et
présentent un abstacle remarquable au flux de l'urioe
et à celui de la semence.
La longueur de cette portion de l'urètre, comparée
au reste de l'étendue de ce canal, est très variable.
Dans \ homme et les singes^ elle est très courte et en-
veloppée, pour la plus grande partie, par la prostate.
Dans les Makis , elle est longue et grêle ; elle est lon-
gue dans les Chéiroptères ; sa longueur est médiocre
dans les ours. Elle a le tiers de la longueur totale dans
le hérisson : elle excède la moitié de cette longueur
dans la civette , les chats, lès sarigues , le kanguroo-
ratjXe phascotome, et elle n'atteint pas tout-à-fait cette
[i) C'csl une poche auaiogue que M. Weber a reconnue dans 1 homme,
et qu'il appelle vésicule prostatique. (Communication faite à la re'union
'les.Naturalistes allemands k Brunswich , en i84')
!
Il
SECT. I. ABT. I. ORGANES MALES DES MAMAlIFÈttES. 211
mesure dans le Âanguroo'géant; elle est moins éten»
due dans les chiens. On la trouve plus longue que le
reste du canal et d'un très grand diamètre dans la
marmotte ; ayant un peu moins que la moitié de tout
le canal, dans les rats., les cochons d Inde; encore un
peu moins longue dans les lièvres ; courte et n'attei-
gnant que le quart de cette longueur totale dans Vécu-
reuil; n'ayant que le tiers ou le quart de la même
mesure dans X éléphant , les Pachydermes , les Soli-
pèdes , les Ruminants, le dauphin et le marsouin.
Elle est plus courte, en général, dans Xhomme et les
Singes que dans tous les autres Mammifères , et c'est
parmi les Carnivores , dont la verge proprement dite
est très peu allongée, tels que le chat et la civette , que
cette proportion nous a paru la plus grande.
Nous donnons encore à cette portion pelvienne du ca-
nal de l'urètre, qui est contenue dans le bassin, l'épithète
de muscuieuse, parce que ses parois sont généralement
enveloppées d'une couche plus ou moins épaisse de
fibres de cette nature. \}ain%\homme et les Singes., c'est
particulièrement sur les côtés qu'on les remarque :
elles ont une direction oblique, et vont se perdre, en
-avant , au bulbo-caverneux et aux os pubis; et en ar-
rière , au col de la vessie , après avoir traversé la pro-
state.
Dans les autres Mammifères, elles sont toujours cir-
culaires; la couche quelles forment est très épaisse
dans les Chéiroptères ., dans la taupe ., le hérisson., dans
les chats-, elle est mince dans les chiens , la civette., les
sarigues; elle est peu sensible dans la marmotte, chez
laquelle les parois de cette portion semblent plutôt
tendineuses; les Rongeurs l'ont généralement peu
212 .^.xxl^' leçon, onc. d'accouplement des vertébrés.
épaisse; mais son épaisseur est très grande dans les
Pachydermes^ les Ruminants. On prévoit qu'elle doit
avoir pour usage , en contractant la première portion
du canal de l'urètre , d'en expulser la semence et de
servir ainsi à l'éjaculation. Voilà pourquoi, sans doute,
elle est si épaisse dans les animaux dont la verge est
fort longue, tels que les Ruminants., etc., et dans
ceu.x qui ont ce même organe fort court, tels que les
chats. Dans le premier cas , il fallait une grande force
pour chasser la semence à travers un si long canal; il
en fallait également une très grande dans le second ,
afin que ce liquide qui n'aurait pas été porté assez
avant par cette courte verge, fût lancé loin de cet or-
gane jusqu'au lieu où il doit atteindre. Cette espèce
d'éjaculation était encore bien nécessaire lorsque ,
outre la longueur de la verge, le canal de l'urètre pré-
sente un obstacle de plus à la semence qui doit le tra-
verser. C'est ce qui a lieu dans le marsouin et le dau-
phin.) où sa partie membraneuse, qui est enveloppée
en totalité par la prostate , forme un angle très aigu
avec le reste du canal, et se rétrécit sensiblement vers
le sommet de cet angle. H y a , dans ces animaux , un
muscle très épais, fixé en arrière, au-devant des bran-
ches du corps caverneux , dont les fibres dirigées d'a-
vant en arrière, recouvrent la prostate, et dont quel-
ques unes se portent en dessous jusqu'au col de la
vessie : son action sert évidemment à vaincre la diffi-
culté que doit avoir l'urine, et, sinon la semence qui
découle dans l'urètre au sommet de cet angle, du nioiu'
i humeur de la prostate, à traverser ce canal.
La portion de l'urètre que nous venons de décrire
7ie se continue pas toujours directement avec la sni-
SECT. I. AWT, I. ORfiA.NES MALliS DKS ilAÂllUIFÈRFS. 2!3
vante, mais elle s'y termine au contraire, dans plnsieurs
Mammifères, en s'ouvi-ant à la paroi siipérieui-e de
celle-ci, un peu au-delà de son conmienceiuent. Les
Ruminants et les Pachydermes nous offrent des exem-
ples de cette conformation.
B. De la partie vasculaire ou caverneuse du canal
de V urètre.
Cette partie commence, dans \ homme s au moment
où les branches du corps caverneux se réunissent, ou
un peu en-deçà , par un renflement ovale , auquel on a
donné le nom de bulbe ; elle diminue de diamètre au-
delà de celui-ci, prend une forme cylindrique et la
conserve jusqu'au gland. Le canal de l'urètre est placé,
dans toute cette étendue, dans une rainure ou demi-
canal de la face inférieure du corps caverneux ; il pré-
sente partout à peu près le même diamètre, et sa
forme extérieure ne varie que par suite des variations
qui existent dans l'épaisseur de ses parois. Celles-ci sont
entourées et affermies par un réseau vasculaire ana-
logue à celui que nous avons dit remplir la cavité du
corps caverneux, susceptible comme lui de se gonfler
de sang, et qui contribue à donner à ces parois la fer-
meté nécessaire pour faciliter le passage de la semence.
Beaucoup plus épais au commencement de cette por-
tion, particulièrement du côté inférieur, c'est ce ré-
seau érectiie qui forme le renflement ovale qu elle pré-
sente ; il s'amincit en avançant , et entoure plus égale-
ment et plus complètement l'urètre; vers l'extrémité
de ce dernier, il se développe pour former le gland.
, Chez les Mammifères, la portion musculeuse de l'u-
rètre ne se continue pas toujours directement comme
214 XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBBÉS.
dans l'homme, avec la portion vasculaire. Nous avons
déjà dit que la première se termine quelquefois dans
celle-ci par une embouchure ouverte à sa partie supé-
rieure, un peu au-delà de soq origine. C'est ce qui a lieu
dans les Ruminants et le sanglier. Alors la portion vas-
culaire de l'urètre commence par un cul-de-sac plus ou
moins large, creusé dans le bulbe, dans lequel la se-r
menée , qui a traversé la portion musculeuse , est pré-
cipitée , tandis que Fhumeur des glandes de Gowper y
découle par les côtés. D'autres fois (dans les écureuils^
les marmottes)^ ce même cul-de-sac ne reçoit que les
orifices de ces dernières glandes, et se continue en un
canal étroit qui se jette dans Turètre, soit à la partie
moyenne de la verge , soit même au-delà. L'urètre
passe , dans ce cas , au-dessus de lui , et ils sont enve-
loppés l'un et l'autre par le tissu vasculaire qui forme
le bulbe.
La portion de l'urètre que nous décrivons est gé«
néraleraent placée sous le corps caverneux , comme
dans l'homme. Il faut en excepter le Kanguroo-géant,
dans lequel ce corps est creusé, dans une partie de sa
longueur, en un canal qui contient celui de l'urètre.
Ce canal , formé de parois de niême nature que celles
qui enveloppent extérieurement le corps caverneux,
suit d'abord la direction de son axe, et se rapproche
ensuite de la face inférieure de la verge , qu'il touche
vers l'extermité de celle-ci, où il se termine. C'est à cet
endroit seulement que l'urètre se trouve hors du corps
caverneux.
IjC tissu vasculaire de l'urètre existe dans tous les
mammifères ; mais dans les Kanguroo , à cause de la
disposition que nous venons de décrire, il se confond
SECT. I. AllT. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 215
avec celui du corps caverneux, ce qui n'a pas lieu de
même dans tous les Didelphes.
Il est remarquable que , dans toute cette division de
la série des Marsupiaux^ ce tissu vasculaire commence
par deux branches , comme le corps caverneux, libres
et enveloppées chacune par un muscle particulier.
Dans le phascolome , les sarigues^ ces deux branches
se réunissent ensemble pour former le tissu que nous
décrivons. Dans le kanguroo, elles ne tardent pas à
se confondre chacune avec la branche du corps ca-
verneux qui lui correspond, et contribuent à former
ce corps.
Le bulbe de l'urètre, ou le commencement de la
portion vasculaire de ce canal, naît encore de deux
branches dans le rat cVeau; il est large et triangulaire
dans le surmulot; on y voit deux rudiments de bran-
ches dans le chameau. En général, ce renflement est plus
ou moins développé dans les différents Mammifères,
ainsi que le tissu qui enveloppe le reste de l'étendue
de l'urètre. Il nous a paru très épai^s dans le?, Patmiruints ^
les Pachydermes , et très mince en comparaison dans
les carnassiers ^ tels que Xours^ la loutre^ etc., dont l'os
de la verge est fort gros : il disparaît presque dans
ceux-ci, lorsque le canal est parvenu sous cet os.
Rarement le bulbe est-il placé en-deçà du corps ca-
verneux et commence-t-il avant ce corps. Dans les cyno-
céphales cependant, ce renflement a lieu plus tôt, ce
qui semble dépendre de la forme particulière de leur
bassin, dont les tubérosités ischiatiques sont réunies:
aussi faut-il le chercher sous l'anus, dans l'ouverture
étroite que présente le détroit inférieur du bassin ;
tandis que les branches du corps caverneux ne com-
2lG \ï>:iv« î-EÇON. ORG. d'accouplement des vertébrés.
mencent qu'au-delà de ]a large surface plate et cal-
leuse que lorment ces tubérosités. Si le bulbe avait
commencé comme à Tordinairej il se serait trouvé
caché par cette large surface ; ce cas ne prouverait-il
pas que sa position hors du détroit inférieur, immédia-
tement sous la peau et très près de l'anus , lui est très
essentielle? Ne pourrions-nous pas ajouter , pour ap-
puyer cette opinion, que c'est aussi pour cela, outre les
autres raisons que nous avons déjà alléguées, que la
portion musculeuse de l'urètre s'allonge ou se raccour-
cit? Elle est obligée de s'adapter aux différentes di-
mensions du bassin, afin que la portion bulbeuse ar-
rive toujours au même point, et qu'elle conserve tou-
jours les mêmes rapports. Dans les Singes^ qui n'ont
pas le bassin conformé comme celui des mandrills , le
bulbe est situé comme dans l'homme.
[J'ai découvert dans la gerboise de Mauritanie une
singulière disposition de la seconde partie du canal de
l'urètre. Cette partie vasculaire reste séparée du corps
caverneux et ne le joint qu'au moment où il s'unit au
gland ( 1 ). Elle reçoit à son origine les canaux excréteurs
des glandes de Gowper, et elle est enveloppée, dans la
première moitié de sa longueur au moins, par un
bulbo-caverneux considérable , qui est confondu, jus-
qu'à un certain point, avec le sphincter de l'anus.]
(i) Voir dans le journal \' Institut^ numéro 4i3, p. 4°°? ^* colonne,
l'extrait d'une Noie communiquée à la Société philomatique, arec un
dessin de cette singulière organisation, exécuté sous mes yeux, déjà en
i832. Voir encore les Notes et renseignements sur plusieurs Mammifères
lie VJlcji^rie f par MM. Duvernoy et Lereboullet. Mémoires de la Soclcte
d'histoire naturelle de Strasbourg^ t. III.
SECT. I. ARÏ. I. ORftANES MALES DES MAMMIFÈRES. 217
IV. Du gland.
A. Dans l'homme.
C'est, dans l'homme, un corps ovale placé très obli-
quement sur l'extrémité de la verge, et qui couronne
cette extrémité , de manière qu'il présente en dessus
une surface beaucoup plus étendue qu'en dessous. Le
canal de l'urètre suit sa face inférieure, et se termine à
son sommet par une ouverture percée de haut en bas.
Lorsqu'on examine sa composition, on voit qu'elle est
formée d'un tissu extrêmement fin et serré de vais-
seaux sanguins, qui ne semblent qu'une extension
de l'enveloppe vasculaire de l'urètre, qui se serait en
même temps repliée, particulièrement en dessus , au-
tour de l'extrémité du corps caverneux. La couleur
rouge de ce tissu paraît à travers la peau délicate qui
recouvre le gland. La surface de celui-ci présente un
grand nombre de papilles , comparables sans doute à
celles qui se voient au bout des doigts , et faisant de
la verge un organe de toucher très délicat. Pour en
conserver la sensibilité et la préserver en même temps
des impressions douloureuses , la peau de la verge ,
après s'être fixée en arrière du gland, dans la rainure
qui sépare sa base , ou le rebord saillant et arrondi
qu'on nomme sa couronne, du corps caverneux ; cette
peau, dis-je, forme un prolongement détaché, auquel
on a donné le nom de prépuce , qui recouvre toute
l'étendue du gland, lorsque la verge est dans l'état de
relâchement. Outre l'adhérence circulaire que nous
venons d'indiquer, il en a une plus intime du côté in-
férieiir : c'est le frein de la verj^^e , sorte de ligament
218 XXXIV* LEÇON. OEG. d'aCCOUPLEMEIHT DES VERTÉBRÉS.
formé par la peau du prépuce , et qui se confond
d'autre part avec celle du gland , un peu en-deçà de
Torifice de l'urètre.
Le gland est donc essentiellement formé d'un tissu
de vaisseaux sanguins qui , lorsqu'ils se gonflent de
sang, lui donnent la roideur nécessaire pour être in-
troduit dans les parties sexuelles de la femme , et y
produire un frottement qui n'est pas moins important
à la conception. En même temps, ils surexcitent la sen-
sibilité de cette partie, dont la peau, fortement tendue
par ce gonflement, devient susceptible des plus fortes
impressions; vivement excitée par les frottements du
coït, elle exalte à son tour la sensibilité des autres
organes de la génération, et devient la cause des con-
tractions et des spasmes qui terminent cet acte par l'ex-
pulsion de la semence.
B. Dans les Mammifères.
Le triple but que l'on peut reconnaître dans cette
organisation du gland de l'homme, et que nous pour-
rons encore saisir dans celle du gland de tous les Mam-
mifères , est donc ; i" de lui donner la consistance
nécessaire pour être facilement introduit dans les
parties sexuelles des femelles; 2" de le rendre assez
dur pour y produire des frottements capables de ré-
veiller et d'exalter la sensibilité de ces parties ;
3* d'augmenter momentanément celle du gland. Ce
triple but a pu être atteint de bien des manières. Aussi
rien de si varié que la forme et même la composition
du gland dans les différents Mammifères.
On dirait que chaque famille, chaque genre, et
même chaque espèce devait avoir, dans cette partie,
SECT. I. ART. I. OBGANES MALES DES MAMMIFÈBES. 2l9
une sensibilité propre, et de plus une forme, une com-
position adaptée à la sensibilité des organes femelles ,
qui sans doute a de même quelque chose de particu-
lier dans chaque espèce.
Ne serait-ce pas ici une des causes de la conserva-
tion des espèces pures, et sinon de l'absence totale, du
moins de la rareté des espèces hybrides (i) ?
Dans les uns, nous verrons le gland gros et unique-
ment vasculaire, comme dans l'homme; dans d'autres
nous le trouverons pointu , allongé, grêle, et formé
en partie par le corps caverneux , qui se prolonge jus-
qu'à sa pointe. Un grand nombre nous le présenteront
soutenu par un petit os , dont la forme varie beaucoup
et dont la pointe fait ordinairement saillie à l'extré-
mité de ce gland ; chez d'autres moins nombreux, cet
os le formera presque en totalité , et le tissu vasculaire
lâche et peu épais que nous trouverons sous sa peau
mince et ridée ne sera plus là pour lui donner de la
roideur, mais seulement pour en augmenter la sensibi-
lité. Plusieurs nous y présenteront des appendices ten-
dineux; nous le verrons recouvert de poils, d'écaillés
ou de fortes épines; ou même armé de scies cartila-
gineuses ; ou déroulant au dehors deux fortes cornes ,
retirées, dans l'état de repos, au fond d'une espèce de
poche.
Nous ne trouverons pas ^oins de variétés dans
la direction de l'orifice de Turètre dont il est percé ,
direction qui sans doute est en rapport avec celle des
organes qui doivent recevoir la semence. Voilà pour-
quoi dans beaucoup de Didelphes , cet orifice s'ouvre
(i) ïdée du rédacteur.
'220 XXXIV* LEÇON. ORG. d'aCCOUPLEMEM DES TEBTÉBRÉâ.
dans un double canal, à la face interne des deux poin-
tes qui bifurquent le gland. Ce n'est pas toujours au
bout de celui-ci qu'est situé cet orifice; c'est quel-
quefois une fente plus ou moins longue, ou un orifice
étroit , percé de côté , en dessus ou en dessous de cette
extrémité.
La famille des Singes présente déjà de très grandes
différences dans la forme du gland. Dans les sapajous
il est terminé par un large bourrelet saillant , qui lui
donne la forme d'un cbampignon , et au centre du-
quel s'ouvre l'urètre. Dans les macaques et les cyno-
céphales , sa forme est ovale et s'éloigne peu de celle
qu'il a dans l'homme; mais son extrémité est partagée
profondément par une large fente . qui forme l'orifice
de l'urètre. Celui du macaque bonnet-chinois a plu-
sieurs bourrelets qui lui donnent une forme tout-à-fait
bizarre. Il y en a un qui termine son extrémité , et la
rend comme trancbante; il se prolonge en crête sous
sa face inférieure. Un autre bourrelet plus large cou-
ronne sa base en dessus, et va s'unir sur lescôtés à deux
autres qui descendent jusqu'à la pointe. L'orifice de
l'urètre est dans une fosse qui s'ouvre en dessus du
gland par une large fente longitudinale.
Dans le maki mococo^ parmi les Lémuriens , il va en
s'élargissant un peu jusque près de la pointe, qui n'est
formée que par celle de l'os qu'il contient et au-des-
sous de laquelle l'urètre est ouvert. Sa surface est hé-
rissée de fortes épines de nature cornée, dont la pointe
est tournée eu arrière.
Celui des galéopithèques présente, de chaque côté,
deux bourrelets longitudinaux , qui ne s'avancent pas
jusqu'à SI pointe, où se trouve percé l'orifice de lu-
iECT. I. ABT. I. OBCtA^Es MALES DES MAMMIFÈBES, 221
rètre. On voit dans la sérotine (Fesp. serotinus)^ deux
semblables bourrelets ou proéminences latérales qui
élargissent la surface supérieure du gland; tandis que
l'inférieure présente au bord trancbant qui s'arrondit
vers l'extrémité pointue de cet organe , dont toute la
surface est hérissée de poils rudes. C'est à cette pointe
que se trouve l'orifice de l'urètre.
Celui de la taupe est mince , effilé, et sans os. Son
extrémité est surmontée, dans le hérisson^ d'une lan-
guette cartilagineuse , par laquelle se termine le corps
caverneux, et dont le bout est percé d'un orifice ex-
trêmement fin , celui de l'urètre. Pour arrivera cet en-
droit, ce canal est obligé de s'élever obliquement dans
legland, d arrière eu avant. Au-dessous de la languette,
ce dernier forme une grosse boursouflure dont la peau
extrêmement ridée contient un tissu vasculaire très
lâche.
[Le gland du desmaii de Russie est hérissé de petites
aspérités de nature cornée , dentelées , disposées en
lignes arquées. 11 y a de plus de petites élévations à
l'orifice du canal de l'urètre (i).]
Dans les ours proprement dits, la forme du gland ou
de l'extrémité delà verge est celledeTosqui la compose
en très grande partie. Il est un peu renflé et allongé en
pointe du côté inférieur ; l'orifice de l'urètre est percé
au bout de cette pointe.
Le tissu vasculaire de ce canal arrive au tiers anté-
rieur de l'os, se délache de l'urètre pour se dévelop-
per autour de ce dernier, jusqu'au bout de la verge,
en formant un réseau à mailles distinctes. Sans doute
(i) Mémoire de M. Brandt, déjà cité.
222 XX.XIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.
que dans Térection le sang le gonfle assez pour rem-
plir, sinon en totalité, du moins en partie, Tespéce de
sac que forme la peau relâchée du gland.
Celui du blaireau est moulé de même sur l'os de la
verge. Le canal qui règne le long de la partie inférieure
de ce dernier os, s évase à son extrémité, en même
temps que ses bords se replient vers le haut et rend
plus ouvert l'orifice de l'urètre placé à cet endroit. Le
tissu vasculaire du gland forme autour de l'os, un
renflement ovale.
Dans le raton, l'extrémité de los, qui forme égale-
ment celle du gland , présente deux espèces de con-
dyles , entre lesquels il y a un large sillon où se trouve
l'orifice de l'urètre.
Le gland àeYichneumon est comprimé sur les côtés,
arqué en dessus à son extrémité, et composé, en très
grande partie , de l'os qui le contient. Son bord infé-
rieur présente une fente qui ne s'étend pas jusqu'à l'ex-
trémité. Elle aboutit à une sorte de cul-de-sac très
profond, qui remplit 1 échancrure de l'os , et au fond
duquel viennent s'ouvrir , par deux orifices séparés ,
lurètre et le canal excréteur commun des glandes de
Cowper.
Dans toutes les martes^ le gland n'est presque, comme
dans les ours proprement dits et le raton , que le bout
de 1 08 de la verge, dont le canal s'évase en cuilleron , et
qui, dans plusieurs, tels que \a./bume^\e putois, la be-
lette, se recourbe en crochet du côté inférieur.
Celui de la civette présente un renflement ovale. Sa
peau, qui est lisse, tient à celle du fourreau par un
frein, qui empêche une grande partie de la verge de
paraître au dehors.
SECT. I. ART. I. ORGAWES MALES DES MAMMIFÈRES. 223
La forme du gland, dans les chats^ est celle de la
verge en général. 11 est conique et terminé conséquem-
ment en pointe. Celle-ci est eu même temps la pointe
du petit os pénial; elle surmonte l'orifice de Furètre,
dont le tissu érectile se développe autour de l'os. La
peau du gland est armée, dans la plupart des espèces ,
d'épines dont la pointe regarde en arrière. Il y en a
peu dans le lion; elles sont plus nombreuses dans \o-
celot.
Celui de \ hyène est court, distinct, grossissant vers
le bout, où il se termine par un bourrelet , entourant
obliquement de haut en bas et d'arrière en avant, une
éminence pointue et cartilagineuse , qui termine le
corps caverneux, et sous laquelle s'ouvre l'urètre. Le
bourrelet et tout le renflement du gland est rempli
d'un tissu vasculaire lâche.
Si l'on veut appeler gland, dans les chiens ^ toute la
partie de la verge qui paraît au dehors au moment
de l'érection, on dira que cette partie présente deux
renflements successifs, un au commencement, qui ré-
pond au tiers postérieur de l'os, et l'autre près de son
extrémité.
Chacun de ces renflements est composé d'un véri-
table tissu caverneux, formé d'une substance fibreuse ,
et ayant un grand nombre de cellules s'ouvrant les
unes dans les autres. Ce tissu érectile s'amincit entre
les deux, mais il entoure toute l'étendue du gland. Les
cellules du premier s'ouvrent du côté postérieur, dans
deux veines placées dans un sillon de chaque côté de
la verge, qui ont leur origine à cet endroit, et reçoi-
vent le sang de ces cellules , à peu près comme les ju-
gulaires internes reçoivent celui des sinus cëiébraux.
224 xxxiv* LEÇON. oi\G. d'accouplemeîs't dks vertébrés.
Le glaad des Rongeurs est encore plus variable
pour la forme et plus remarquable par les singulari-
tés qu'il présente, que celui des autres ordres de cette
classe.
Celui du cochon d'Inde est affermi , du côté supé-
rieur, par un os plat, un peu courbé, plus large à ses
extrémités que dans son milieu, dont le bout est celui
du gland , sous lequel l'urètre est ouvert. En arrière ,
et au-dessous de l'orifice de ce canal , est celui d'une
poche, au fond de laquelle sont fixés , par leur base,
deux longues cornes cartilagineuses. Cette poche se dé-
roule en dehors dans l'érection , et forme alors une
avance cylindrique qui allonge le gland , et dépasse
de beaucoup l'orifice de Turètre. Sa surface est re-
couverte d'écaillés, comme celle de tout le gland , et son
extrémité est armée des deux cornes, précédemment
indiquées. Deux tendons qui s'attachent eu dehors,
au fond de cette poche, suivent le dessous de la verge,
et aboutissent à un plan très mince de fibres muscu-
laires, cpii passent sous le bulbe de l'urètre et s'y atta-
chent, ainsi qu'aux branches du corps caverneux; ces
tendons servent , soit par leur propre élasticité , soit
par l'action des fibres musculaires auxquelles ils abou-
tissent, à retirer le fond de cette poche dans le gland.
Le ffland de ïas^outi contient de même une sem-
blable poche; mais outre les écailles qui hérissent sa
surface, il a, de chaque côté, deux lames de substance
cornée, adhérentes au gland par leur bord interne , et
dont le bord extérieur libre est hérissé de dents
comme celui d'une scie.
Le gland àMcastorest cylindrique, hérissé de papilles
rndes, avant l'extrémité aplatie , entourée d'un bord
feECT. 1. ARÎ. î. OnG.vrsES MAl.KS DliS MAMMIFÈRES. :225
crénelé, et perccé à peu près au centre de Torifice cîc
Turètre , sous lequel s'avancent deux dentelures qui
sont celles de l'extrémité de Fos pénial.
Il est également cylindrique dans les lièvres propre-
ment dits, et percé à son extrémité. ïl est mince , et-
filé et recourbé en alêne dans les lagomijs. Sa forme
dépend, dans les écureuils, comme dans ces derniers,
de celle de l'os qu'il renferme. 11 est à peu près cy-
lindrique, un peu comprimé latérBlement, ayant une
crête en forme de S , sur son extrémité; celle-ci s'é-
vase en un cuilleron dont les bords sont tranchants , et
dans lequel s'ouvre l'urètre.
Dans la marmotte des Alpes ^ il est conique , et ler-
miné par une pointe grêle, formée uniquement par l'os
qu'il renferme ; adroite de cette pointe s'ouvre l'urè-
tre, et à gauche une petite fosse profonde. Celui des
B.ats a généralement une forme cylindrique.
Dans \ç,rat ordinaire, son extrémité présente, dans
l'état de relâchement, comme un second prépuce. C'e^t
le hord d'une cavité creusée au milieu du gland, et
renfermant un os , dont l'extrémité s'avance hors de
ce dernier , lorsqu'on le comprime , et présente de
chaque côté , deux petits appendices cartilagineux eu
forme d'ailerons. L'orifice de l'urètre s'ouvre sous cette
extrémité, et a sur son bord inférieur une valvule en
forme de gouttière.
liC gland des autres espèces de rats, des hamsters ,
des campagnols ^ àe^ rats-'taupes ^ paraît générale-
ment formée sur le même modèle. Sa surface est lisse
ou couverte de papilles , ou hérissée de poils fins,
comme dans le hamster.
Celui des loirs se rappioche, pai .-^a forme, du gland
8. 15
225 XXXîV LEÇON. ORG-. R ACCOUPLEMENT DES VEETÉBB^S.
des marmottes. Il a une pointe cffilce, formée par los
qu'il renferme, à l'extrémité de laquelle s'ouvre Tu-
rètre , et deux fossettes, de chaque côté de sa base
qui est élargie.
[Dans notre gerboise de Mauritanie, le gland a sa
face dorsale et les côtés hérissés de petites pointes. Du
milieu de cette face dorsale sortent deux cornes con-
tenues chacune dans un fourreau. Cette organisation
rappelle celle du cochon cïlnde.
Dans la gerbille de Schaw, cette même partie est
garnie d'une lame osseuse en palettes, dont la partie la
plus large est en avant. ]
Dans Xéléphant, le gland conserve quelque temps
la forme cylindrique delà verge; il s'amincit vers son
extrémité. Celle-ci est arrondie et présente, im peu en
dessous, l'orifice de l'urètre, qui est en Y.
Dans les Sollpèdes^ le gland est cylindrique, comme
la verge, renflé et arrondi à sou extrémité. I^e milieu
de celie-ci présente une fosse dans laquelle se trouve
un corps de forme pyramidale, dont le sommet tron-
qué est percé par l'orifice de l'urètre.
Dans le rhinocéros, l'extrémité de la verge s'évase
en une sorte de cloche , du milieu de laquelle sort un
pédicule, dont le diamètre est beaucoup moindre , et
dont le bout , élargi en forme de champignon, pré-
sente une surface plate, ovale à bord tranchant où se
trouve percé, du côté inférieur, l'orifice de l'urèlre.
Dans le sanglier, le gland est conique, et termine la
verge par une pointe assez mince , sur les côtés de la-
quelle est une fente où s'ouvre l'urètre.
Cette forme du gland, et cette position de rorificc
de l'urètre, se retrouvèrent dan? un as^^ez grand nombre
SECT. I. ABT. î. OBGANES MALES DES MAMMIFÈRES, 227
àe Ruminants. Il existe au reste , à cet égard, des diffé-
rences marquées entre des espèces du même genre. Le
dairn^ par exemple, a le f>laud ainsi coniormé; tandis
que celui de \axis reste à peu près cylindrique , et que
l'orifice de l'urètre est précisément à son extrémité On
le trouve ainsi percé dans le bubule et la gazelle. Le
gland du bélier est un renflement ovale et ridé, fendu
au bout horizoïitaiement, et ayant l'air d'une tète de
serpent. L'urèfre s'ouvre du côté gauche , où il v a ,
près de son orifice, un long appendice grêle, de sub-
stance tendineuse.
Dans le chameau et le droma^.àtt'e , le gland est
allongé, conique, et terminé par un appendice de sub-
stance dure, qui se recourbe transversalement de
gauche à droite, présente son tranchant en avant, e(
dont la pointe est à droite.
[ Les Amphibies quadriremes et les Imphibies /rire-
mes ou les Cétacés herbivores présentent, à cet égard ,
de grandes différences. ]
La verge des Phoques est organisée comme celle
des carnassiers. Le gland n'est guère que l'extrémité
conique de l'os qui la forme. Le fourreau qui ie re-
couvre est adhérent tout près de cette extrémité, ou
n'en laisse à nu qu'une très courte portion. îi'os très
considérable de la verge du morse doit composer une
grande partie du gland (i).
Dans le lamantin du nord, on a dit que le gland res-
semblait , comme tout le reste de la ver^je , à cehii du
cheval.
Parmi les Cétacés ^ le gland du marsouin est un peu
5'28 \K\i^- t.f.ij^. Ohi,. UACCOtPLEMEXT DES VtiiTEBiîEÏ..
renflé à sa base; mais il ne tarde pas à diminuer su-
bitement et ne forme bientôt qu'une pointe effilée ,
dont l'extrémité est percée obliquement par l'orilice de
l'urètre. Sa forme est absolument différente dans le
dauphin. Elle est large, conique et aplatie. Le canal de
l'urètre forme, le long de sa face inférieure, une can-
nelure arrondie très distincte, et s'ouvre à l'extrémité
de cette face. Chez tous ces animaux, il reste caché dans
son fourreau, hors des moments de l'érection; il est
préservé, par ce moyen , des impressions douloureuses
des corps extérieurs.
[LesMammifiS^'dè la seconde série montrent daus
cette partie , comme pour les autres de cet organe de
copulation, des formes qui les caractérisent; telle
est , entre autres, sa division en plusieurs lobes. ]
Dans la section des Didelphes , les sarigues onl le
gland fourchu, et divisé en deux branches plus ou
moins allongées , formées par un proloiigement du
corps caverneux , entre lesquelles s'ouvre l'urètre. Ces
branches sont couites et coniques dans \q sarigue .^ et
s'écartent l'une de l'autre. Elles sont extrêmement a 1-
ongées dans le marmose et le cai/apolin , et creusées
le long de leur face interne d'un demi-canal, qui forme
un canal coinpiet lorsque les deux branches sont rap-
prochées. Ce canal prolonge alors de beaucoup celui
de l'urètre. Les pkalangers présentent à peu près la
même structure.
Le gland du phascolomt est cylindrique , et pai-
tagé, à l'extrémité, en quatre lobes par deux sillons qui
se croise^, et dont le transverse est le plus profond.
L'orifice est placé à l'endroit de leur réunion.
Dans les /lun^uroos , il n est pas plus possible que
dans les chats et dan? pliisleurs autres Mammifr-ri^s,
SECT. I. AKT. ï. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 229
de distinguer où commence le friand. La verge du
kangiiroo-géant forme , comme nous lavons di't , un
cône allongé, dont la pointe est en même temps celle
du corps caverneux.
A l'instant où l'urètre se dégage du canal que lui
fournit ce corps , ses parois deviennent vascidaires ,
et il aboutit dans une sorte de poche dont lorifice est
sous la pointe de la verge, et le fond à plusieurs ceu-
tmietres de sa pointe. Cette poche se voit encore dans
le kaiiguroo-rat , dont la verge est moins conique •
mais son ouverture est an bout de celle-ci, an-dessus
de celle de l'urètre.
V. Des muscles propres de la i^e/-«e.
La verge de l'homme n'en a que trois qui sont :
1° Un impair; le bulbo-ccwerneux , qui recouvre en
dessous le bulbe de l'urètre, et dont les fibres partent
de chaque côté, d'une ligne médiane, s'avancent obh-
quement en dehors , et s'attachent au bas du corps
caverneux.
2° Les deux autres, les /^6•A/c;-c■c'a'6f/7^e^^x, sont des
muscles pairs qui s'élèvent de la tubérosité de l'is-
chion, sur la racine du corps caverneux qu'ils recou-
vrent en très grande partie.
Le premier comprime fortement le bulbe de l'u-
rètre , et contribue peut-être de cette manière , à l'é-
rection ; mais son effet principal paraît être de res-
serrer la portion de ce canal enveloppée par le bulbe,
et de servir à en expulser, soit la semence, soit l'urine,'
de là son nomd'accélérateur.
On a cru que les derniers servaient également à
l'érection (i) ; mais ils ne pourraient avoir cet usage
(.) Cette idëe vient d'être exposeede nouveau p..- M. Krna.., Archive»
i:îO \)vX.iy* !.KGdiS. OûG. WACCOUPLtMKiST DBS VfiÊTiMftBâ.
qu'en comprimant la parlie du corps caverneux qu'ils
recouvrent, pour en chasser le sang vers rextrémité
de la veqje. Ils ne parc^issent avoir aucune action sur
la porlicm libre de la veivje, lorsque cet organe nesl
pas en érectiou; dans ce dernier cas, ils doivent, comme
le poiisait Haller, en la tirant en bas et on arrière, lui
faire faire un angle , plus convenable à son introduc-
tion dans le vagin.
[On a encore décrit un petit muscle pair aplati, qui
descend de l'arcade pubienne sur les côtés de la portion
musculfiuse de l'urètre et va se terminer à une aponé-
vrose commune à son symétrique. Cette aponévrose
qui passe sous la face inférieure du canal de l'urètre ,
doit le comprimer quand elle est distendue par l'action
de ses muscles. Ce sont les constricteurs de l'urètre de
Wilson.l
Les muscles ischio-caverneux et bulbo-caverneux
existent dans tous les Mammifères Monodelphes et
Didelphes.
FjCs ischio-caverneux varient dans leur grandeur
proportionnelle, [et dans leur liaison plus ou moins di-
recte avec l'ischion et la branche pubienne; cette
dernière circonstance doit changer leurs rapports
avec les troncs des vaisseaux sanguins de la verge]. Ils
nous ont paru, entre autres, extrêmement forts dans le
lion ; ils sont beaucoup plus petits, à proportion , dans
le cheval. Ceux de Xèléphant sont formés chacun de
quatre portions distiactes. Gesonteuxqui contribuent
le plus, dans les Céticés^ à fixer lèses du bassin, ils
s attacheat à toute leur force interne ei iniérienie, et
lie J Millier pour 1837, p. 3o et suiv. Nous eu paii:n'.iivs eucoïc à la tiu
«l«i cette ùetcripùoii île la verije «les i:iatnniif«t'«».
8ECT. 1. ABX. J. OULIA.SES ilAI.l-S UKS 5IAMMIFKKES. 231
.«e portent de ià sur les branches du coros caver-
neux.
Les Didelphes sont les seuls, à notre connaissance .
où ces muscles s'écartent de ce type général (i). Cela
tient à la disposition des branches du corps caverneux
qui sont absolument libres dans ces animaux et n'ont
aucunf adhérence avec les ischions.
Les ischio-caverneux forment, autour de ces bran-
ches, un renflement ovale, composé de plusieurs cou-
ches épaisses de fibres concentriques, qui les envelop-
pent jusque près de leur réunion, et ne tiennent aux
ischions que par quelques fibres tendineuses. Leur
principal usage semble être, dans ce cas, de compri-
mer la portion du corps caverneux qu'ils entourent.
Ils peuvent encore , à la vérité , retirer un peu vers
l'ischion les branches de ce corps , et donne^ par là
pltis de fixité à la verge.
Le tmlbo' caverneux présente un plus grand nombre
de différences remarquables. Dans plusieurs cas, sa
plus grande épaisseur tient à une difficulté plus grande
que doivent avoir l'urine et la semence à traverser
la portion de l'urètre qu'il recouvre. 11 est très épais,
entre autres dans le sanglier, où il doit expulser l'un
ou l'autre de ces liquides, du profond cul-de-sac qui
occupe le bulbe , et par lequel commence la seconde
portion de l'urètre.
Son action n'est pas toujours la même , et i'uretrc
en est quelquefois absolument privé. Aussi ce canal
(t)^î. Krause a fait figurer ceux du hérisson comme s'attachant à Par
cadeetà la symphyse du pubis, autant qu aux ischions, Und. : pour t837
p. se, '
232 XXXIV LEÇON. OP.G. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBEÉS.
est-il |)hi5 constamment et plus efficacement contracté
par un autre accélérateur, formant', comme nous l'a-
vons dit, une couche épaisse de fibres circulaires au-
tour de sa première portion.
Les inartnotLes , les écureuils et Xichneumon nous ont
offert des exemples de la particularité dont nous par-
lons. Le bulbo-caverneux ne sert, dans les deux pre-
miers pjCnres , qu'à faire sortir du cul-de-sac creusé dans
le bulbe, l'humeur des glandes de Gowper, que leurs
canaux y versent de chaque côté, et son action ne peut
se communiquer à l'urètre, qui passe au-dessus du cul-
de-sac. Celui de Xichneumon n'a pas même cet usage.
Il forme une enveloppe assez mince, qui recouvre à la
fois les deux volumineuses glandes de Covvper, et sert,
avec leur muscle propre , à les vider de leur humeur.
Celui du cheval est composé de fibres transversales,
sans ligue médiane. Il ne forme pas une saillie consi-
dérable qui se bornerait à l'étendue du bulbe, mais
une sijuple enveloppe qui s'étend jusqu'au gland.
Ce muscle est double dans plusieurs auimaux , tels
que Véléplmnt^Xe chameau^ les rats, proprement dits,
le rat-deaiL et tous les Didelphes.
Dans les deux premiers , les bulbo-caverneux re-
couvrent cependant un seul buibe, et leurs fibres anté-
rieures vont se fixer au corps criverneux. Presqu'au-
cune de ces circonstances n'a lieu dans les rats , et
elles manquent toutes dans les Didelphes.
Nous avons déjà dit , que dans le surmulot et le rat
ordinaire., le bulbe de l'urètre est gros et triangulaire,
et que les deux angles dirigés en arrière, présentent
un commencement de branches ; que cette même par-
SECT. I. ART. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 233
tie est divisée en deux branches distinctes dans !e
rat cVeau et les Didelphes.
Dans tous ces cas les deux muscles analogues au
bulbo-caverneux, n'ont aucune action sur le canal de
l'urètre, excepté peut-être un peu dans le premier. Ils
sont fort considérables dans les rats proprement dits,
où ils recouvrent en dehors chaque angle du bulbe ,
et s'étendent plus avant sur cette partie. On peut même
y distinguer deux portions, dont la première s'attache
plus évidemment au corps caverneux. Dans le rat
deau chacun de ces muscles est composé de fibres
transversales, dont quelques unes seulement tiennent
au corps caverneux , et dont un plus grand nombre
s'attachent au bulbe. On voit que ce ne sont plus guère
des bulbo-caverneux.
Ce nom ne leur convient absolument plus dans les
DidelphvSy chez lesquels ils forment un renflement con-
sidérable autour des branches du bulbe de l'urètre,
qu'ils enveloppent de plusieurs couches épaisses de
fibres concentriques. Leur usage ne peut être, dans ce
cas, que de comprimer fortement la partie vascuiaire
qu'ils entourent.
En voyant constamment (excepté àamsXichneumon)
le bulbo-caverneux, ou les deux muscles analogues,
accompagner le bulbe ou les branches dans lesquelles
il se partage, et perdre absolument un des usages que
nous lui avons assignés d'abord , celui d'accélérer la
marche de l'urine on de la semence, ne serait-on pas
tenté de croire que ce n'est pas là la plus importante
de ses fonctions î* Mais pourquoi a-t-il plus générale-
ment celle de comprimer ce buibe ? Gontribuerait-il,
par cet effet, à l'érection ?
Î34 XXXIV LKÇO«. OKG. u'aGCOUPLKMKIST iA&i VBttXiliiHBS.
Les muscles précédents ne sont pas If ^ seuls qui agis-
sent sur la verge des Mammifère| ; un grand nombre
d'entre eux en ont un autre, quelquefois à deux ventres,
qui a la fonction particulière de relever cet organe. Il
se trouve dans les cynocépliales^ parmi les Singes , où
il est composé de deux ventres épais , attachés à l'ar-
cade du pubis, et d'un tendon qui règne sur le dos de
la verge et se confond vers son extrémité avec le corps
caverneux. Il existe aussi dans les lièvres , les T7iar-
motleSy les cahiais , etc. , chez lesquels il contribue à
donner à la verge la direction propre à l'accouple-
ment ; on se rappelle qu'elle est tournée en arrière
dans tous ces animaux.
On le voit encore dans \ éléphant, où son grand
volume est proportionné à celui de la verge, qu'il doit
soutenir et soulever. Il a deux ventres charnus, dis-
^ncts, fixés aux os pubis, et en partie sur les branches
du corps caverneux qui s'avancent sur le dos de la
verge et dont les tendons, très courts, se réunissent
bientôt en un seul; celui-ci règne sur le dos de la verge
jusqu'à son extrémité, enveloppé, dans ce trajet, par
une gaine fibreuse extrêmement forte. Tout est ici cal-
culé d'après le poids de cette énorme verge.
Il est remarquable que ce muscle manque dans le
cheval^ dont la verge cependant est d'un très grand
volume; aussi cet animal a-t-il une grande difficulté
pour lui donner la direction propre au coït.
Les ours, \e raton et le chien^ ont un petit muscle
dont les fibres charnues partent des branches du corps
caverneux, et se réunissent à un tendon moyen qui se
fixe à la verge au-dessous du pubis. Dans la guenon
eullitriche. où nous l'avons également trouvé, il n'avait
«ECï. 1. AÎVr. I. OROAiNES MALES DES MAUMlFÈQËâ. 235
pas de tendon moyen , et devait servir à comprimer
la veine dorsale.
Enfm, nons avons trouvé, dans les Ruminants ^ un
ischio-bulbeux,qui s'attache à la lubérosité de l'ischion
et s'élève obliquement en dedans pour s'attacher au
bulbe avec son semblable; il lire le bulbe en bas et
en avant, et contribue un peu , à ce qu'il paraît, à l'al-
longement de la verge.
VI. Vaisseaux sanguins et nerfs de la verge ^ et struc-
ture intime des tissus érectiles de cet organe.
A. Des vaisseaux sanguins s
Les artères principales de la verge viennent, dans
l'homme, de la honteuse interne ; elles naissent d'une
branche de cette artère qui est d'abord couverte par
le muscle trausverse du périné, pénètre entre le bulbo-
caverneux et l'ischio-caverneux , ensuite entre les
branches de l'ischion et du pubis et celles du corps
caverneux, donne en chemin deux artères importantes
au bulbe de l'urètre; parvient sur le dos de la xev^e. et
s'y divise en deux autres branches : l'une règne sur
cette partie jusqu'au gland, fournit de petits rameaux
aux parois externes du corps caverneux, et se lermine
en un grand nombre de ramifications qui vont parti-
culièrement au gland et au prépuce, c'est l'artère dor-
sale de la verge. L'autre, l'artère caverneuse, pénètre
dans le corps caverneux, et s'avance dans l'intérieur
de ce corps jusqu'à son extrémité, en diminuant à me-
sure et en donnant une foule de ramifications.
Les veines de la même partie se réunissent, pour la
plupart, à un seul tronc, celui de la veine dorsale,
236 XXXIV' LEÇON. OBG. d'accouplement des veetébrés.
qui règne sur le dos de la verge et se rend dans le
plexus veineux qui enveloppe la prostate et le col de la
vessie. Elle a des valvules, comme toutes les veines
sujettes à être comprimées.
Quelques autres ramifications des plus superficielles
se rendent à la saphène ou à la crurale.
On trouve à cet égard une très grande conformité
dans ia plupart des mammifères. Les principales ar-
tères de la verge ont généralement l'origine qui vient
d'être indiquée; celle du corps caverneux v pénètre
toujours, dès sa hase, par une ou plusieurs branches.
Les veines forment, à la superficie de cet organe,
un plexus très compliqué, dont les principales bran-
ches se rendent à une et quelquefois à deux veines dor-
sales, à la saphène ou à la crurale.
B. Des nerfs de la verge.
l^eur nombre et leur grandeur sont parfaitement en
rapport avec la grande sensibilité de cet organe ; ils
forment, entre autres, plusieurs gros cordons sur le
dos de la verge, dont les nombreux filets s'entrelacent
autour des vaisseaux de cette partie. Ces nerfs tirent
leur origine, dans l'homme, du plexus sciatique formé
par les quatrième, cinquième paires lombaires, et par
les quatre premières paires sacrées.
Ce même plexus fournit des nerfs aux vésicules sé-
minales, à la prostate, en même temps qu'à la vessie
urinaire et au rectum.
Ils sont constamment très gros dans tous les mam-
mifères. L'observation la plus remarquable que nous
ayons faite sur leur distribution, est qu'ils enveloppent
de leuis lîombrciix filets les veines dorsales de la verge
lE<iï. 1. ABI. t. ORr-ANËS MALES Dl:s MAMMIFERES. 237
aussi bien que les artères ^i). Gela est extrêmement
évident dans Yéléphant, et nous paraît un indice cer-
tain du rôle que jouent ces nerfs dans Férection, et de
la contractilité qui est propre à tous ces vaisseaux.
C. De la stT'ucture intime des tissus érectiles du
pénis des Mammifères et du mécanisme de l'érection
de cet organe.
[Le tissu érectile de la ver^e et son érection ont été,
dans ces derniers temps, le sujet de recherches, d'ex-
périences et de discussions dont nous devons dire ici
quelque chose.
Le tissu érectile du corps caverneux était considéré,
avant M. Guvier, « comme composé de cellules ana-
» logues à celles du dedans des os, dans lesquelles le
M sang devait s'épancher durant l'érection (2). »
M. Cuvier ayant eu l'occasion d'étudier celui de la
verge de Yéléphant ^ a vu que ces cellules n'existent
pas, et que ce tissu se compose essentiellement d'un
réseau très compliqué, de vaisseaux sanguins veineux
entrelacés de cordons et de filets nerveux, de filets et
de lames tendineuses fixésj aux parois de même nature
qui composent le fourreau du corps caverneux. Quel-
ques unes de ces lames seraient même en partie mus-
culeuses dans les grands animaux.
Notre ancien texte, que nous avons rédigé d'après
un grand nombre d'observations directes, faites avec
le plus grand soin, confirmant celles de M. Guvier, sur
(i) J'ai conservé le dessin de celte observation que j'avais eu l'occasion
de faire sur la verge de l'éléphant mort à la ménagerie du Jardin-dts-
Plaates en i8o4.
(2) Ànaiomie àt Sabatier, t. III, p. 55, édit. in-12. Paris , 1777.
238 XXXIV» LEÇON. 0E&. d'accouplement des vebtébbés.
la ver(je de 1 éléphant, était assez explicite, pour que
cette doctrine, fondée sur des observations faciles à
vérifier, ait pu dès lors entrer dans la science comme
une vérité incontestable.
Cependant plusieurs ouvrages élémentaires d'ana-
tomie humaine restèrent encore à cet égard , vingt ans
après notre publication, dans l'ancienne manière de
voir, qui n'est vrai que pour le tissu érectile qui en-
toure l'os de la verge dans le chien ^ et celui des autres
mammifères qui en sont pourvus»
J'en excepte Al. Latith , qui reconnaît que le tissu
érectile de la verge est essentiellement vasculaire. li
avait, à la vérité, une idée inexacte de la nature de ce
tissu vasculaire , qui se composerait, d'après cet auteur,
des dernières extrémités des artères formant des dila-
tations qui donneraient naissance aux veines et dans
lesquelles le sang s'accumule dans l'érection.
IjC tissu érectile est formé, dans le corps caverneux ,
comme dans le bulbe de l'urètre ou dans le gland,
d'un réseau vasculaire intermédiaire entre les veines
et les artères de cet organe, origine des premières
terminaison de celle-ci.
Il ne diffère que par son grand développement du
réseau capillaire intermédiaire qui lie généralement
les dernières ramifications artérielles avec les premières
radicales des veines , et semble d'ailleurs plutôt appar-
tenir au système veineux qu'au système arfériel.
Suivant M. 7. MàUet\ une partie des dernières ra-
mifications de l'artère profonde du corps caverneux,
qui versent immédiatement le sang artériel dans ce
réseau érccîiîe, seraient conlournécs on hélice et ter-
minées en culs-de-sacs.
SECT. I. ART. I. Onr/\NES MALES DES MAMMlFÈiîES. '239
Ces artères, qui sont très courtes et très petites (il
y en a 160 dans v,n pouce carré), ne pourraient pas,
objecte-t-on, produire directement rérecîion , mais
elles seraient ouvertes dans le réseau ércctile , et
faciliteraient le passage du sang dans ce réseau par le
diamètre qu'elles conservent, et qui est encore d'un
dixième de ligne, et même plus, à leur extrémité; tandis
que les communications ordinaires des artères avec les
veines sont au moins vingt lois plus petites.
Les artères héliciues sont plus développées, à pro-
porlion , chez Y homme «t les singes , que dans le
cheval.
J. Mùlier n'a pu les découvrir dans ï éléphant. Ce
physiologiste célèbre, après avoir rendu compte du
mémoire de M. Krause, que nous venons de citer,
ajoute : Il est aussi incertain qu'auparavant, si les ar-
tères héliciues servent à l'érection comme diveiticnlum,
ou en versant leur sang dans les cellules du pénis. Aux
yeux de l'anatomiste , elles sont fermées à leur extré-
mité.
Au reste, si cette singulière disposition des der-
nières ramifications artérielles en rapport avec le ré-
seau veineux, est telle que M. Krause l'a décrite, elle
doit faciliter l'afflux rapide du sang dans ce réseau , et
elle semble faite pour empêcher la résistance que ce!
afflux pourrait éprouver à mesure que ce réseau s em-
plit. Mais il faut encore, pour expliquer l'érection, une
cause qui empêche le sang de sortir de ce réseau par
les veines qui en naissent, avec autant de rapidité el
d'abondance qu'il y est entré par les artères.
Cette cause ne peut pas être particulière à cerJaiueîî
espèces; eîlc ne doit pas dépendre de certaiile dispo-
240 WXlV LEGO.\. ORG. D ACCOUPLEMENT DES VÉKTÉBBEb.
sition organique quelles auraient exclusivement à
d'autres espèces. Il faut nécessairement qu'elle soit
aussi générale que son effet, IVrec^io/z, ou du moins que
l'existence du réseau vasculaire ërectile.
L'afflux rapide du sang artériel dans les réseaux
vasculaires de la verge, par les passions, l'imagination
chez l'homme , par la vue d'une femelle en rut chez
les animaux, par les odeurs qui s'exhalent de ses par-
ties génitales ou autres, doit avoir pour cause l'action
nerveuse, l'action d'un fluide impondérable.
C'est encore à cette action qu'il faut, selon nous, at-
tribuer la disproportion entre l'entrée et la sortie du
sang dans les réseaux érectiles; soit qu'il se produise
une contraction dans les vaisseaux efférents qui ra-
lentit la sortie du sang , soit que ce fluide se meuve
lentement dans les détours de ces réservoirs compli-
qués.
Nous rangerons, parmi les dispositions particulières,
douteuses, pour le rôle qu elles joueraient dans l'érec-
tion, celle des ischio-caverneux , dont l'aponévrose
commune, liée chez l'homme et chez plusieurs mammi-
mifères au fascia du pénis, comprimerait, suivant
M. Rrause, les veines dorsales de la verge ; tandis que
la liaison du buli^o-caverneux avec le même fascia
arrêterait, du côté inférieur, le sang qui revient du
tissu caverneux de l'urètre (i).]
(i) Voir sur la structure de la verge des mammifères, et plus particu-
lièrement du tissu caverneux, les mémoires suivants :
1° La découverte des artùres qui produisent l'érection dans le pér.is de
riionnne et des animaux, par J. ^liil'er. Archives ■!': i835, p- 202
pi. III.
3" Les uielarjjjes d'obseï v.ilioné sur le Pénis et le tissu caverneux Je
l'homme et de: mammifères, par M. Krause , de Hanovre. Archive^ ds
SECT. I. ART. I. OKGANES MALES OF.'- M.A.MMIFERES. 24]
VIL Du canal de f urètre et de la verge des Monv-
trèmes.
[Nous croyons devoir faire connaître, dans un ar-
ticle séparé, la verge des Monotrèmes^ parce qu'elle
présente une composition particulière qui ne la rend
propre qu'à la copulation , sans plus servir à l'é-
coulement des urines. Elle se compose essentiellement
d'un corps caverneux et d'un canal séminal, qui reçoit
la semence par Tiotermédiaire de la portion muscu-
leuse ou pelvienne du canal de l'urètre; la seconde
portion, ou la vasculaire, manquant chez ces animaux ,
la première verse l'urine dans le cloaque, et fait passer
la semence qu'elle a reçue des déférents, dans un canal
qui n'a pas d'autre usage, j
Nous avons décrit, dans la leçon précédente, les
testicules de ces singuliers Mammifères, et nous avons
suivi leurs canaux déférents jusqu'au commencement
de l'urètre, dans lequel ils se terminent , comme dans
tous les animaux de cette classe. Ce dernier canal est
composé seulement d'une portion rausculeuse, ren-
fermée dans le bassin , et manque , ainsi que nous ve-
nons de le dire, de celle que nous appelons vasculaire.
Il parcourt une étendue de o,o4 mètre environ, depuis
la vessie jusqu'au cloaque, collé à la face inférieure
J. Mûller pour 1887, p. 3o et pi. lil; et le compte-rendu de ce travnil
archives de i838, pi. CXI.
30 Le Mémoire de F^alentiii , mêmes ArcUives^ p. i8\!-224, sur Ja niar->
che des vaisseaux sanguins dans le pénià de l'iiommc, et le Repertorium
du même auteur pour iBSg.
4" Et le nouveau travail de J. MiiiSer, même année, p. 224 à 296, er
pl.V.
8. 16
242 NXXIV* LEÇON. OBG, D'ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.
du rectum, enveloppé avec ce dernier par un muscle
constricteur commun, et se termine par un cul-de-sa. .
Une couche de fibres musculaires, très épaisse dans
toute son étendue, mais particulièrement autour du cul-
de-sac, renforce ses parois. A très peu de distance de
celui-ci, le canal de l'urètre fait un coude vers le haut ,
pour s'ouvrir par une étroite embouchure dans l'in-
térieur du cloaque. Telle est l'unique voie par laquelle
r«rine sort de ce canal. [Mais, dans ce même cul-de-sac
de l'urètre, se trouve l'embouchure d'un petit canal sé-
minal, qui gagne immédiatement la ligne médiane de
la face inférieure de la verge et se porte jusqu'aux
glands.
Chacun de ceux-ci est traversé par un canal co-
nique, en forme d'entonnoir, dont le petit bout se con-
tinue avec le canal séminal du corps de la verge, et
dont le gros bout répond aux épines creuses qui héris-
sent la surface de chaque gland.
L'uriue est lancée dans le cloaque, et la semence à
travers les voies compliquées que nous venons de dé-
crire] par la contraction des parois musculeuses de l'u-
rètre, aidée encore par le constricteur commun de ce
dernier et du rectum.
La verge est retirée , pendant son état de relâche-
ment , dans une poche particulière [anfractuosité du
vestibule géniio-excrémeutilielj ; elle sort, lors de l'é-
rection , pai- un orifice situé à la paroi inférieure de ce
vestibule, au-dessous de celui de l'urine.
Cette verge est courte, à peu près cylindrique, et
terminée par quatre glands arrondis. Leur sommet
présente une légère fosse, qui s'efface sans doute pen-
dant l'érection. La peau de ces glandes est hérissée de
SECT. I. ABT. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 243
papilles [et armée d'uue couronne d'épines creuses, par
l'extrémité desquelles sort la semence.] Cette ver.CTen'a
qu'un corps caverneux, composé, comme à l'ordi-
naire, d'un réseau de vaisseaux sanp^uins , plu.s lin çt
plus serré dans les lobes qui répondent au gland , et
contenu dans une gaine tendineuse. Sa peau est une
continuation de celle qui tapisse i'intérieurdu cloaque.
Elle lui est fortement adhérente dans toute la partie
où elle recouvre immédiatement le corps caverneux ,
et n'y tient que faiblement dans celle qui recouvre le
muscle rétracteur.
Ce dernier est un ruban épais , dont les fibres npus
ont paru en rapport avec celles du constricteur com-
mun du rectum et du cloaque, il s'étend le long de la
face inférieure de la verge jusque veis son extrémité
où il se fixe , et sert évidemment à la retirer dans sa
poche, lorsque l'érection, jointe à la compression du
constricteur du cloaque, l'en a fait sortir.
La verge de Xornilhorhynque ne diffère de celte de
ïéchidné que par le nombre des mamelons qui termi-
nent le gland , dont il n'v a que deux dans le pre-
mier (i).
VIII. Glandes prépuciales qui versent ['humeur
quelles séparent autour du gland ou dans la poche
que forme le prépuce.
Plusieurs sortes de glandes séparent une niaîier».^
(i) Voir notre Mémoire sur les organes de la génération de l'ornitho-
rhynque et de l'échidné , inse'ré parmi ceux de la Société d'hisloiie natu-
relle de Strasbourg,!. I, et la Monographie de Meke/ de Oruahorhyrichi
paradoxi anatomia.
244. XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.
odorante qui enduit le prépuce de la verge ou du cli-
toris, et la surface du gland de ces deux organes. Les
unes sont desimpies follicules contenus dans l'épaisseur
du prépuce , et séparant une humeur sébacée : ce sont
celles que l'on rencontre le plus généralement ; d'autres
sont de véritables glandes conglomérées , formées
d'un amas de lobes et de lobules, et ayant un seul ca-
nal excréteur qui s'ouvre dans le prépuce, sur les cô-
tés du gland de la verge ou du clitoris. On en trouve
de semblables dans plusieurs genres de Rongeurs^
tels que les rats proprement dits , les campagnols, les
hamsters^ qui en ont de très grandes, ovales, aplaties
et situées immédiatement sous la peau du bas-ventre,
de chaque côté de la verge ou du clitoris.
[La poche ombilicale ou plutôt prépuciale du musc
{mosckus mosciferus) est un réservoir glanduleux qui
appartient à la même catégorie des glandes de l'ap-
pareil générateur.]
Elle est parfaitement semblable, pour la structure ,
aux poches du castor. Pallas est Fauteur qui nous en
a donné la meilleure description. Sa forme est ovale ;
située sous la peau du bas-ventre, elle est creusée en-
dessous d'un sillon dans lequel la verge s'avance. Ses
parois sont minces et seulement membraneuses en ap-
parence. La membrane qui les revêt intérieurement
présente un grand nombre de rides irrégulières. Son
orifice est petit et percé au-devant du prépuce. La
membrane qui le borde contient quelques follicules
qui séparent une humeur sébacée. Enfin , sous celle
poche, entre elle et la peau extérieure, se trouve une
substance d'apparence glanduleuse. Elle reçoit ses
arières des iliaque^ (probablement de l'épigastrique).
SECT. I. ART. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 245
On ne la trouve remplie de musc que dans l'animal
adulte: elle est vide chez les jeunes et manque dan.s
les femelles.
Une espèce d'antilope (ant. guttiirosa) présente,
suivant le même auteui-, une semblable bourse mem-
braneuse, dans laquelle il n'a trouvé aucune ma-
tière.
Ce sont des glandes analogues qui , dans le castor ,
fournissent le castoréum. Elles forment deux î^iandes-
masses, une de chaque; côté , en.. avant du prépuce.
Ces masses sont composées d'une agglomération de
petits lobes glanduleux qui versent l'humeur qu'ils
séparent dans une cavité centrale , dont 1 issue unique
se voit de chaque côté de la poche du prépuce.
[Il ne faut pas confondre les glandes prépuciales du
castor^ avec deux grandes vessies pyriformes, collées
l'une, à l'autre au-dessus des premières. Leurs parois
sont m.inces. et membraneuses, enveloppées extérieu-
rement de graisse et par le peaucier , et présentent inté-
rieurement de larges plis irréguliers, formés par la
membrane interne. Ces vessies s'ouvrent de chaque
côté de l'anus par un seul orifice. Elles contiennent
une matière grisâtre; tandis que celle que séparent
les glandes prépuciales e.st jaune , onctueuse et très
combustible; c'est, en un mot, le castoréum.
On peut regarder comme très analogues aux glandes
du prépuce, les glandes inguinales des lièvres propre-
ment dits , et qui mantjuent à<{n?, le^ lagomys. Ces
glandes sont ovales, longues de six millimètres et lar-
ges de trois; elles versent leur humeur, par un ori-
fice unique, dans une petite aréole semilunaire dé-
nuée de poils, qui se voit de chaque côté du prépuce
246 wxiT* LEço«. OEG. d'accouplement des vertébbës.
de la verge du mâle ou du clitoris de la femelle. Cette
humeur est jaunâtre et très puante.
ARTICLE II.
DES oa&ANES d'accouplement chez les femelles de la classe
DES mammifères.
[Les organes femelles d'accouplement servent à con-
duire l'élément mâle du germe , ou le sperme , vers
l'élément femelle ou l'ovule; la fécondation résultant
de la combinaison de ces deux éléments devant être
intérieure chez tous les Mammifères .
Le chemin que l'élément mâle doit parcourir pour
pénétrer jusqu'à l'ovaire, ou seulement jusque dans
la première partie de l'oviducte, où il peut rencontrer
l'ovule, est très compliqué dans cette classe.
î^ous connaissons déjà l'origine de l'oviducte ou son
pavillon qui établit les rapports de ce canal avec l'ovaire ;
la première partie de l'oviducte, appelée trompe de
Fallope , canal étroit qui forme l'oviducte proprement
dit \ nous avons vu qu'il se continue dans la cavité
simple ou compliquée, l'utérus, que nous avons dis-
tingué sous le nom d'oviducte incubateur, afin de faire
saisir à la fois son analogie de composition et sa fonc-
tion particulière. C'est dans cette partie qiie l'œuf s'ar-
rête pour le premier développement du germe chez les
Didelphes ^ ou pour son complet développement chez
les Monodelphes.
Deux autres cavités, ou conduits, précèdent, chez
la plupart des mammifères, ces deux parties de l'ovi-
ducte ; le plus extérieur est le vestihuh génito-excré-
menîiti'M ou la vulve ; le plus intérieur est le canal
SECT. I. AfiT. II. OBGANES FEMELLES DES MAiiMIFÈBES. 247
génital OU. le vagiu, qui doit être considéré comme un
appendice du vestibule, appartenant exclusivement à
l'appareil générateur des Mammifères, dans le type des
Vertébrés.
Nous décrirons successivement ces deux parties, com-
posant généralement les organes d'accouplement dans
cette classe.]
I. Duvestibufe génito-excrémentitiel ou de lavuhe.
[Conformément aux idées que nous avons expo-
sées dans nos généralités sur les organes d'accouple-
ment des Vertébrés, nous considérons la vulve, quoi-
que séparée de l'anus par un isthme de la peau , chez
la plupart des femelles des Mammifères, quoique ne
donnant plus issue qu'aux fèces urinaires, comme l'a-
nalogue du vestibule génito-cxcrémentitiel des ani-
maux chez lesquels ce vestibule sert encore de pas-
sage aux excréments.
Cette séparation est loin d'ailleurs d'exister dans
toute la classe des Mammifères. Elle diminue déjà chez
plusieurs Carnwores (la loutre), et chez un plus grand
nombre de Rongeurs ^ dont le même sphincter em-
brasse à la fois le rectum et son issue , et celle des or-
ganes génito-urinaires- elle se change même en un ves-
tibule commun chez le castor^ et chez tous les Didel-
phes ; chez les Monolrémes ^ ce vestibule ne montre
plus de différence avec celui des Oiseaux, ou mieux
encore avec celui des Reptiles à une seule verge.
Considéré comme organe d'accouplement, le vesti-
bule génito-excrémentitiei des Mammifères a une
certaine analogie de composition avec leur verge, et
les différences qu'il présente tiennent évidemment à
248 XXXIY^ LEÇON. OBG. d'aCCOL'PLEMENï DES VERTÉBRÉS.
la fonction qn'il a de recevoir'la liqueur fécondante,
an lieu de l'introduire, et de donner passage aux pro-
duits de la génération. La présence des glandes de
Cowpc r semble compléter cette analogie de composi-
tion, et démontrer que la partie du canal qui les reçoit,
dans î'iiomme, est remplacée ici par l'extrémité du va-
gin (i).]
•y A. Chez \'d femme ^ le vestibule génito-excrémenti-
tiel est très peu profond; il est limité en dedans, chez
les filles vierges , par la membrane de l'hymen , et il
s'ouvre an dehors par une fente longitudinale, étendue
entre l'arcade des os pubis et deux ou trois centimètres
en-deçà ùv l'anus. Deux replis de la peau, plus ou
moins épais par la graisse qu'ils contiennent, couverts
de poils extérieurement, tapissés sur leur face interne
d'une membrane muqueuse, rouge, humectée^ bordent
cette fente de chaque côté, et se prêtent à son exten-
sion à l'époque de l'accouchement : ce sont les grandes
lèvres, dont la commissure inférieure porte le nom de
fourchette. La même fente est surmontée d'un coussin
de graisse , placé sur la symphyse des os pubis, dont
la peau est de même couverte de poils , et qui a évi-
demment pour usage d evitei- que les deux sexes ne se
froissent en s'approchant.
Au-dessous de la commissure supérieure des grandes
lèvres se voit le clitoris, petit corps défigure conique,
suspendu à la symphyse par un ligament, et qui naît,
connue le corps caverneux de la verge , de deux racines
fixées aux branches montantes des ischions. Deux mus-
cles, semblables aux ischio-caverneux, remontent de
i_ I , Voii i:iiti(- •i\-.iji iution (if> rp.-i {ïlandcîi , n. i8i.
SECT. 1. ART. II. ORGANES FEMELLES DES MAMMIFÈRES. 249
même, de ces os, sur ces racines. Cet organe a d'ailleurs
une structure semblable à celle du corps caverneux de
la verge. Ses parois sont de nature fibreuse , et sa cavité,
séparée en deux par une cloison verticale, renferme
un tissu de vaisseaux qui se gonflent de sang, comme
ceux du corps caverneux de la verge de Tbomme, et
en produisent Férection. Mais il tient, en même temps,
de la nature du gland parla peau délicate et extrême-
ment sensible qui enveloppe sa pointe , et par un pré-
puce qui ne l'entoure pas à la vérité , mais le recouvre
seulement et descend sur ses côtés. Ce prépuce va se
joindre à deux espèces de petites lèvres appelées nym-
phes, parce qu'on leur attribue l'usage de diriger le jet
de l'urine, qui tiennent encore au corps même du cli-
toris par deux petits freins, et bordent la moitié supé-
rieure de la vulve, en dedans des grandes lèvres. Elles
sont d'un ronge vermeil chez les jeunes filles, et bru-
nâtres chez les femmes qui ont eu des enfants; formées
de lames cellulaires et de vaisseaux sanguins qui les
rendent susceptibles d'une certaine érection , elles sont
revêtues d'une membrane dermoïde très sensible sur
laquelle on remarque des papilles, comme à celle du
gland de la verge ou du clitoris. En suivant, sous ce
dernier, la paroi supérieure de la vulve, on trouve
bientôt l'orifice du canal de l'urètre.
Telle est la conformation ordinaire des organes exté-
rieurs de l'accouplement chez Vd femme. Elle ne pré-
sente de différence dans les différentes nations que celle
qui dépend de la grande proportion des nymphes chez
les femmes de l'Asie et de l'Afrique , et celle analogue
que plusieurs voyageurs ont appelée le tablier des Hot-
îentotes, el dont (pieiques autres voyageurs ont nié
250 \XXIV* LEÇON. OBG. D'ACCOUPLEMENT DES VERTÉBEÉS.
l'existence. MINI. Perron et Lesuew\ dans un mémoire
lu à y Institut national, pensent que ce tablier est un
appendice distinct des grandes lèvres, de 8 1/2 centi-
mètres de longueur dans une femme adulte, adhérant
dans son tiers moyen , qui en est la partie la plus étroite,
à la commissure supérieure des grandes lèvres, recou-
vrant le clitoris, et se divisant vers la moitié de la hauteur
de la vulve en deux lobes qui, rapprochés l'un de l'autre,
couvrent cet orifice. Cet organe accessoire est formé
dune peau molle, ridée , fort extensible, entièrement
dépourvue de poils, un peu rougeâtre, quoique de la
même couleur que le reste de la peau, se fronçant d'ail-
leurs comme celle du scrotum de l'homme. On ne le
trouverait que chez les femmes d'une nation qui habite
au midi du cap de Bonne-Espérance, que les Hollan^
dais appellent Boschismans, et Levaillaut Houzv^âna.
Elles se distinguent encore des femmes hottentotes par
d'énormes fesses, formées d'une masse de graisse.
[Une femme de cette sous - race , morte à Paris
en i8i5, et qui s'était montrée au public, sous le noin
de Venus hottentote , a mis à même M. Cuvier de
décrire en détail cette singulière conformation (1). Il
a constaté, sur le cadavre, qu'elle n'était qu'une exteuT
sion des nymphes et du prépuce du clitoris; extension
assez fréquente chez les femmes de l'Orient, chez celles
entre autres de l'Abyssinie, et qui a donnélieu à la cou-
tume de la circoncision des filles, comme le dévelop-
pement exagéré du prépuce à celle des garçons.
(i) Voir l'article de la Vénus hottentote, dans Y Histoire naturelle des
mammifères de MM. Geoffrov-Saint-Hilairp et Frédp'rit- Cmner ; cet ar-
licle a été rédigé par M. G. Cnvier.
SECX. I. AKT. II. OKGA^ES FEMELLES DES MAMMIFÈRES. 251
B. Dans les Mammifères.
r/entrée du vestibule génito-excrémentitiel ou de
la vuhe se jDiéseiite à l'extérieur sous la forme d'une
fente longitudinale, ce qui est le plus ordinaire, ou
d'une fente transversale, comme dans Y hyène ^ ou
d'un orifice circulaire , comme dans les Rongeurs.
Quelquefois elle est comprise avec l'anus dans un
même bourrelet circulaire, formé par un sphincter
commun; c'est ce qui a lieu dans plusieurs de ces der-
niers et dans les Marsupiaux ; mais le plus ordinaire-
ment on la voit à ([uelque distance de cet orifice.
Dans XsLcivefte, il y a une poche glanduleuse consi-
dérable qui sépare les deux ouvertures. Steller a
compté huit pouces d'intervalle entre l'une et l'autre
dans le Lamantin du Nord. Elles sont , au contraire,
très près l'une de l'autre dans les Tardigrades et les
É dent es.
Jjes grandes lèi'res semblent manquer souvent : l'o-
rifice de la vulve, au lieu d'être entouré de ces replis
épais , ne présente fréquemment qu'un rebord cutané
assez mince.
fja manière dont les Mammifères s'accouplent , pour
la plupart, rendait inutile le mo/2f<^é?F<?/2K.5', qui n'existe
pas conséquemment.
[Cependant on pourrait considérer comme une dis-
position organique analogue, mais beaucoup plus pro-
nonçât, ces énormes boursouflures qui circonscri-
vent l'orifice de la vulve chez les Cynocéphales et les
Maïidrdls.]
Le vestibule génito-urinairc , la vulve proprement
dite, n'est plus généralement , comme dans la femme,
252 XXXIV» LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VEBTÉBRÉS.
une cavité superficielle qui conduirait presque immé-
diatement dans le vagin. C'est ordinairement un canal
plus ou moins profond , dont la longueur é.gale quel-
quefois celle du vagin , comme nous l'avons observé
dans les sapajoux. Elle surpasse même de beaucoup
cette longueur dans les ours.
Nous devons dire cependant que la profondeur de
la vulve est quelquefois réduite à celle qu'elle a dans
la femme ; c'est ce qui se voit dans les makis et dans
plusieurs Rongeurs., tels que les agouti ., paca et co-
chon d'Inde ; elle devient même superficielle chez ce
dernier. Elle excède de très peu la proportion qu'elle
a dans l'espèce bumaine, chez les cynocéphales.
[Je crois avoir observé le premier, dans mon an-
cienne rédaction, que la limite entre le vulve et le va-
gin était marquée soit par un étranglement formé par
un anneau lisse, soit par des replis membraneux for-
mant un véritable hymen.]
J /intérieur de la vulve est rarement sans rides
(comme dansle daman). Quelquefois elle en a de trans-
versales, comme chez ]es Ruminants et Vhyène^où
elles sont nombreuses, fines, ondulées; d'autres fois il
y eu a d'obliques , extrêmement fines ( chez le tigre) ;
mais plus souvent elles sont longitudinales et peumul-
tipliées.
En général, les plis ou les rides de la vulve sont
dans une direction différente des rides ou des plis du
vagin. [L'aspect de la muqueuse n'est jamais absolu-
ment la même dans l'un et l'autre canal.]
Tous les Mammifères Mono do Iphes ., et les Didel-
phes de notre division des Marsupiaux, sont pourvus
SECT. I. ART. II. OKGANKS FEMEM.FS DES MAMMIFÈKES. -253
d'un c/Z/om, dont la situation, le volume relatif, la
forme, la structure même, varient beaucoup.
La position horizontale de ces animaux lait qu'au
lieu de se trouver à la partie plus élevée de la vulve,
comme chez la femme, le clitoris est situé précisé-
ment à la plus inférieure. Quelquefois c'est même assez
en avant, dans la profondeur de la vulve qu'on l'y ren-
contre , comme chez la civette ; mais le plus souvent
il fait saillie sur son bord inférieur.
Dans la louve, il est dans un cul-de-sac, dont
l'ouverture assez large est en dedans de la vulve.
Dans \ours , il est retiré dans une poche au-dessous
de ce bord , et ne communique avec la valve que
par une ouverture étroite. 11 est entièrement séparé
de la vulve dans les cynocéphales^ contre l'ordi-
naire de la famille des Singes , et même assez éloigné
d'elle. La même chose a lieu dans les 7'ats , où on le
trouve caché en avant de la vulve , dans une sorte de
prépuce dont les bords sont très relevés, et qui est,
en même temps, l'aboutissant de l'urètre.
Son volume proportionnel est souvent très grand.
Dans les Singes , il excède générn un signe de virginité ; car cet étranglement
disparaît également après les approches du mâle, et
surtout après la mise bas.
'^♦O
C. Chez les Mammî/eres Marsupiaux.
[La seconde section de cette série, celle des 7l/t>«o-
trèmes^ n'a pas de vagin; la première section, celle
des Didelphes . en possède deux.
Nous avons déjà dit que , chez les Didelphes^ le ves-
tibule génito-excrémentitiel a, sur les côtés, les deux
embouchures de deux conduits, qui forment comme
deux anses de chaque côté du fond de 1 utérus , lesquels
vont s'ouvrir da;ns la cavité incubatrice, un peu au-
dessous des oviductes ou des trompes de Fallope. Ces
conduits génitaux ne sont pas susceptibles d'extension,
comme le vagin des Monadelphes : aussi ne donnent-ils
passage qu à de très petits avortons, qui vont continuer
leur développement dans Forgane d'incubation exté-
rieur. Nous avons donc eu tort de dire que, chez ces
animaux, le vagin disparaissait.
Chez les Monotrèmes ^ nous avons déjà fait con-
naître , eu décrivant dans le paragraphe précédent
le vestibule génito-excrémentitiel, que le canal de
l'urètre y tient lieu de vagin et en remplit les fonc-
tions, du moins pour la fécondation ou la transmis-
sion du sperme et pour le passage des produits de
la génération.] ' ^
264 XXXIV* fECON. OnCr. D'aCCOI'PLEMENT des VERlÉBilés.
SECTION II.
DES ORGAKKS D'aCCOUPLEMENT DANS LA CLASSIi Df S
OISEAUX,
[Les Oiseaux mâles et femelles ont pour principal
or^jane d'accouplement le vestibule génito-excrémenti-
tiely dont l'orifice transversal, situé à l'extrémité d'un
coccyx très mobile, permet au mâle d'aboucher le sien
contre celui de la femelle. Celle-ci relève cet orifice
avec son coccyx en même temps que le mâle abaisse
l'un et l'autre,
--ïrL'embouchure de l'oviducte se trouve ainsi rappro-
chée de celle des canaux déférents, et les spermato-
zoïdes du mâle peuvent s'y introduire , pour aMer fé-
conder les ovules.
Mais ce vestibule renferme, par exception, une vei'p^e
ou un clitoris, dont l« développement et le plan d'or-
ganisation peuvent différer beaucoup.
Nous avons donc à faire connaître, dans cette section,
le vestibule comme organe d'accouplement, et la verge ^
ou le. clitoris qu'il recèle , dans quelques espèces privi-
légiées.]
ARTICLE I.
DU VJSSTIBULE GÉNITO-EXCBKMENTITIEL CONSIDÉRÉ COMME ORGANE
d'accouplement chez les MALES et chez LES FEMELLES DE L\
CLASSE DES OISEADX.
.; [Nous avons considéré , sous le rapport de ses fonc-
tions excrémentitielles (t. IV, partie II, p. 4o3 et l^iOj^
le vestibule, que nous appelions encore cloaque^ pour
nous coniormer à i habitude. Ici nous devons l'étu-
SECT. II. ART. I. ORG. d' ACCOUPLEMENT DF.S OISEAUX. 265
diei- sons celui de ses fonctions [génératrices. Dans
la description de notre première édition, dont le texte
a été conservé dans celle-ci, nous avons eu tort d'en-
visager le cloaque comme une simple dilatation au
rectum et comme le réservoir des fèces. Cependant ,
en décrivant celui de X autruche, nous disions immé-
diatement que les matières fécales ne passent du rec-
tum dans le cloaque qu'au gré de l'animal.
M. Geoffroy-Saint-Hilalre, dans sa Philosophie ann-
tomique (i), a généralisé cette observation, en démon-
trant que, chez aucun oiseau, le prétendu cloaque n'est
le réservoir des fèces.
Les fonctions génitales du vestibule génito-excré-
mentitiel sont, selon nous , les plus importantes; 1rs
autres ne sont qu'accessoires et subordonnées.
Cette poche se divise plus ou moins distinctement
en deux parties qui se suivent. Elle reçoit dans sa pre-
mière division , ou la plus avancée et la plus profonde,
l'extrémité du rectum, qui s'y termine.
Un peu au-delà se voient, dans les mâles, les ori-
fices des canaux déférents , à l'extrémité d'une papille
plus ou moins saillante ; en dehors de ces orifices, mais
un peu plus en avant, sont les embouchures des uretères
qui n'ont pas de papille.
Chez les femelles , on voit à gauche la large embou-
chure de l'oviducte développé, et chez quelques
unes à droite et dans la place correspondante, l'orifice
très fin d'un petit oviducte droit très rudimentaire.
Voir notre description des organes éducateurs.)
{\\ Philosophie anatomiqite. Des monstruosités humaines, P^gf 334-
Paris, 1S22.
266 XXXIV* LiÇON. OBG. D'aCCOUPLEMEM ijî:» Vir.liBRÉS.
Un peu plus en dehors, dans la seconde di\ision du
vestibule , qui est séparée de la première par un pli
transversal, se voit, chez beaucoup d'oiseaux dans la
ligne médiane , un mamelon médian que nou-s regar-
dons comme une verge rudimentaire. Ce mamelon
appartiendrait , suivant M. Barkow , à la bourse de
Fabriciuss,
C'est aussi dans cette dernière partie que se trouve
l'orifice de la verge du canard et de toutes celles de
ce type.
Dans le casoar à casque^ le vestibule génito-excré-
mentitiel s'ouvre en dehors , au centre d'un bourrelet
épais formé par le sphincter externe , qui est recou-
vert par une peau dure , plissée régulièrement de plis
transverses, ondulés, parallèles. j
La plus grande partie des parois de cette cavité est V|
enveloppée entièrement par la continuation de ce
sphincter externe, qui est ici beaucoup moins épais, et
qui devient, par sa position profonde, le sphincter in-
terne.
Ce vestibule , tapissé par la muqueuse , renferme ,
dans sa division la plus reculée ou la plus externe, une
grande partie de la verge. 11 a , de chaque côté du
corps fibreux de cet organe , une série d'orifices de
cryptes considérables , analogues aux glandes prépu-
tiales de la verge des mammifères.
Au-dessus de la verge, sous la voûte de cette divi-
sion du vestibule, il existe un repli de la peau qui la
sépare d'une poche plus j)rofonde et plus petite. C'est
dans cette poche intérieure que s'ouvrent les uretères,
dont les orifices sont percées à sa paroi supérieure;
et les canaux déférents, dont les orifices sont à l'fxfré-
CECI. II. AUT. U. VERaE DES OISSA.UX. 26?^
mité d'une papille sdiillante dans le cloaque, tout près
de rembouchure de l'uretère du même côté.
L'orifice du rectum ^bordé d'un repli membraneux
circulaire, s'ouvre dans la partie la plus profonde de
cette seconde division du vestibule.
Pour la composition musculaire du vestibule et les
changemcyits de forme, de volume et même de posi-
tion , que peuvent produire les muscles intrinsèques
et extrinsèques, nous renvoyons à ce que nous en avons
dit (t. IV, PI. II, p. 4i 5 etsuiv.).
Au sujet des muscles du vestibule du casoar a cas-
que , nous aurions dû placer, à la suite de leur des-
cription, les additions suivantes de notre première édi-
tion, p. Q92.]
Le cloaque a d'ailleurs : i** deux abaisseurs qui
s'élèvent de la symphyse du pubis en dedans du bas-
sin sur les côtés;
2° Deux releveurs qui descendent en arrière, de la
base du coccyx sur les côtés. Ils sont hors du bassin;
3° Deux réiracteui'S longs et grêles , fixés en avant,
de chaque côté de l'épine, en dedans du psoas , et qui
se portent de là sous le cloaque, qu'ils doivent tirev en
avant,
ARTICLE IL
DE LA VERGE DES OISEAUX.
La plupart des oiseaux n'ont qu'une papille vas-
culaire, située à la paroi inférieure «!e leur vestibule
génilo-excrémentitiel , et qni est souvent à peine sen-
sible hors du temps de l'érection. Ils ne peuvent se
produire d'antre irritation dans le coït que celle qui
268 XXXIV* LEÇON. OfiG. d'accouplement des tebtébbés.
doit résulter de raboucliemeut des orifices de leurs
vestibules et de l attouchement de cette papille.
Quelques uns ont une ver.p,e d'un volume assez consi-
dérable, dont l'existence ne paraît pas toujours dépendre
de la grandeur de l'animal. Les grands oiseaux de
proie n'ont tout au plus que la papille qui vient d'être
indiquée; tandis que les canards^ qui sont beaucoup
plus petits, sont pourvus d'une verge très grande. Cette
existence paraît encore moins en rapport avec les or-
dres dans lesquels on divise cette classe ; car le même
ordre, celui des Gallinacés, par exemple, comprend
des oiseaux qui ont une véritable verge, le hocko ,
Voutarde, et beaucoup d'autres qui n'en ont pas. 11
en est de même des Echassiers , des Palmipèdes et des
Passereaux. [On ne connaît, dans ce dernier ordre,
que le tisserin alecto qui en soit pourvu , et le répu-
blicain^ Loxia socia, Latham.]
Sa structure est loin d'être la même dans tous les
oiseaux qui en ont une évidente et développée. A cet
égard , elle présente deux modèles extrêmement diffé-
rents, et un troisième qui tient de ces deux plans op-
posés. Nous décrironsla verge de \ autruche comme type
de l'un, et celle àw. canard comme exemple de l'autre.
La première est d'une grandeur proportionnée à
celle de cet oiseau. Sa forme est conique ; son dos est
creusé d'un sillon étroit et profond qui règne depuis
sa base jusqu'à sa pointe. Les déférents s'ouvrent dans
le cloaque vis-à-vis de sa base, de manière que la se-
mence tombe directement dans ce sillon. Cette verge
est formée: i° de deux corps solides, coniques, entiè-
rement composés de substance fibreuse , ou fibro-
élastique; ils sont appuyés par leur base en dedans du I
SECT. lî. ART. 11. VERGE DES OISEAUX. 26îî
Sphincter du vestibule génito-excrémentitiel, sur sa
paroi inférieure. Ces corps solides sont adossés l'un à
l'autre, sans se confondre; le droit est plus petit que le
gauche, et ne s'avance pas aussi loin dans la verge,
sans doute pour donner à cet organe, qui n'est pas sus-
ceptible de se ramollir comme celui des mammifères,
plus de flexibilité de son côté, afin que l'animal puisse
Je replier facilement dans son cloaque ; 2" cette verp-e
se compose encore d'un corps fibro-vasculaire, qui forme
une saillie considérable le long de sa face inférieuie,
et en compose toute l'extrémité; 3° elle a enfin une
portion composée de cellules, dans lesquelles le sang
s'épanche, et qui se voient sous la peau qui tapisse les
parois du sillon. Cette dernière semble être l'analogue
de la partie vasculaire de l'urètre ; tandis que la se-
conde paraît remplacer, avec les corps fibreux, le corps
caverneux et le gland de la verge des mammifères.
[Il y a beacuoup de tissu élastique, soit dans les corps
fibreux que nous avons décrits en premier lieu , soit
dans la partie saillante inférieure de cette verge. La
coupe transversale de chaque corps fibreux montre
ce tissu élastique sous forme de lames plates , ou de
filets se ramifiant beaucoup entre eux et intercep-
tant des mailles ; on y voit aussi celle de quelques
branches ou rameaux vasculaires. Ce sont les corps
caverneux des mammifères , avec une plus grande pro-
portion de filets tendineux ou élastiques.
La partie inférieure saillante de la verge, qui com-
mence avant sa courbure dorsale et en constitue l'ex-
trémité ouïe gland, est molle, plus vasculaire que la
première et composée intérieurement d'un tissu jaune
270 XXXIV" LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VEUTÉBRES.
qui se continue avec les lames élastiques ramifiées des
corps fibreux.
Nous avons reconnu que la carène de cette portion
inférieure de la verge est composée exclusivement
d'un tissu élastique ramihé, dont les branches princi-
pales sont rondes et dirigées dans le sens de la lon-
gueur, et dont les ramifications sont nombreuses.
Cette partie élastique forme un cordon cylindrique
jusqu'à l'extrémité du gland (i).]
La verge de \ autruche se recourbe la pointe en bas,
et se replie dans une poche membraneuse située au- |
dessus de celle où s'arrête l'urine, de manière que
l'orifice de cette dernière, qui s'ouvre à la base de la
verge , dans son sillon, est alors entièrement fermé. 11
faut donc que l'autruche sorte sa verge pour uriner
ou pour rendre ses excréments, comme pour le mo»-
ment du coït. Il paraît qu'elle y parvient par la simple
contraction de son sphincter, qui forme autour du
cloaque un cercle musculeux extrêmement épais , et
embrasse la poche dans laquelle la verge se retire.'
[Les muscles du vestibule que nous avons décrits
(t. IV, P. II, p. 4iô) doivent aider puissamment à cet
effet, en diminuant dans leur action la capacité de ce
vestibule, d'avant en arrière et dans sa hauteur.]
Deux paires de muscles servent alors à l'y faire
rentrer.
(i) M. J. Millier, qui a découvert le tissu élastique de cette verge,
n'a pas distiii{rué ce cordon élastique des ramifications plates et jaunes
qui coustituent l'iutériem- du corps spongieux intérieur, et se continuent
avec celles du corps fibreux. (Voir plus bas, ouv. cit., p. 277.)
SECT. II. AllT. II. VEfiUE DES OISEAUX. 271
i" L une descend de dessous le sacrum, où elle se fixe,
s'introduit en dedans du sphincter, contourne les côtés
de la verge près de sa base, et s'attache en dessous de
cet organe dans son premier tiers.
2° L'autre se fixe à la verge un peu plus en avant. liCS
muscles qui la composent ont deux faisceaux , dont l'un
vient de cet endroit , et l'autre de la poche de la verge ;
tous deux se réunissent en s'avançant, et se fixent à
l'os des il es en arrière des reins,
La première tire la verge près de sa base, et la sou-
lève; la seconde agit plus particulièrement sur sa
pointe, qu'elle tient courbée en bas. Toutes deux
plient cet organe et le retirent ainsi dans sa poche.
liC hocko paraît avoir la verge conformée comme
celle de l'autruche; [mais nous avions tort de classer
dans ce type celle du casoar à casque. Nous verrons
qu'elle appartient à un type mixte.
La verge linguiforme du tinamou se rapporte en-
core à ce premier type (i).
Les verges rudimentaires dont le coq nous fournit
un exemple ne peuvent guère être classées qu'avec ce
même type.
Celle du coq est un petit tubercule conique, peu
saillant, qui se voit entre les deux papilles à l'extré-
mité desquelles s'ouvre chaque canal déférent.
Un réseau de vaisseaux sanguins, que les injections
mettent en évidence autour de chacune de ces pa-
pilles, éprouve sans doute à l'instant du coït une con-
gestion qui en produit l'érection.
(i) Voir ./. !\fuUer, pi. I , fig. S et 6 , ouv, cit. pl«ti bs*, p. r»^-.
272 xxxiv* LEÇON. 0&&. d'accouplemeînt des vebtébrés.
Il a été décrit comme un corps caverneux (i).
En arrive-t-il autant au tubercule central, quoique
les mêmes injections u y démontrent pas ^de réseau
vasculaire (q) ?
Le second modèle de verge que nous venons de dé-
crire est celui que l'on trouve dans les oies , les canards
et plusieurs Echassiers ^ tels que la cicogne ^ etc. Dans
1 éîat de repos, c'est un simple tube ou cylindre creux
membraneux, retiré, sous la fin du rectum , dans une
poche particulière , comme la verge des précédents, et
formant une courbe qui peut égaler les trois quarts du
cercle. Ce tube s'ouvre dans le cloaque par une de
ses extrémités, et sa peau se continue avec celle de
cette cavité. L'autre extrémité, qui est fermée, tient à
une substance cartilagineuse qui s'appuie contre la
paroi inférieure du sphincter, et à laquelle les fibres
intérieures de ce muscle viennent se fixer. Lorsqu'on
ouvre la verge dans cet état , on voit qu'elle est formée
de deux portions qui en composent chaque moitié. La
partie terminale a des parois plus épaisses, élastiques,
un peu glanduleuses vers leur surface interne et légè-
rement inégales de ce côté. L'autre, basilaire, présente
intérieurement un grand nombre de cannelures et de
plis qui se rapetissent à mesure qu'ils s'approchent de
la première, et dont la direction est oblique en travers.
Cette portion basilaire se déroule au dehors , comme
un gant, lors de l'érection; eu même temps la partie
(i) M. lîarlio'vv, Arcinves iTanniomie de Miiller pour 182g. Pi. IX,
fif}. 20, 21, 22, 23 et 24.
(:?) Le même auteur prend la papille, {;éneralemeiJl considérée parles
rinatomistes cumme un rndiraent de verge, pour le mamelon terminal de
la iiourse de r.ibririns.
SECT. ir. ART. II. V£KGE DES OISEAUX. 27o
terminale s'introduit successivement dans le cylindre
creux que forme la partie basilaire déjà déroulée et
retournée, et se retourne à son tour, de manière que
sa face interne, dans l'état de repos, devient exté-
rieure. La plupart des plis et des canneluj-es sont beau-
coup moins prononcés, lorsque la verge a été poussée
en dehors; ils empêchent cet organe de s'étendre en
ligne droite, à cause de leur direction oblique, et
l'obligent de se contourner en tire-bouchon. Gela de-
vait être ainsi. Gomment le canard mâle aurait-il pu
faire entrer, dans le cloaque de la femelle , une verge
longue de quatre à cinq pouces? Gar telle est sa lon-
gueur lorsqu'elle est étendue en ligne droite. Les plus
fortes de ces rides se voient sur deux rebords qui in-
terceptent un sillon assez profond, creusé dans toute
retendue de la verge, et au conimeucement duquel
les canaux déférents versent la semence.
Cet organe est donc un cylindre creux, composé de
deux fourreaux, dont l'un, extérieur ou basilaire, très
ridé, est une sorte de ressort très élastique , et dont
Vautre, terminal, a des parois plus épaisses, un peu plus
glanduleuses, jouit d'une élasticité également remar-
quable, et forme proprement le corps de la verge.
Nous l'avons trouvé rempli d'une humeur glaireuse,
épaisse et filante.
Mais par quel mécanisme ce singulier organe sort-
il du cloaque? Gomment ces deux canaux, qui n'en
forment qu'un seul continu, hors du temps de l'érec-
tion , s'introduisent-ils l'un dans l'autre? Et quelle est
la force qui les fait rentrer dans leur premier état ,
après l'accouplement? Leur grande élasticité suffit
presque seule k ce çlernieri effet. Un muscle grêle,
8. ■ 18
4f»
274 xxxiv^ LEÇON. OBG. d'accouplement des vertébrés.
formant un ruban mince, fixé du côté gauche dans
l'intérieur du bassin, qui descend de là vers la poche
de la verge , et dont les fibres semblent se rendre en
partie vers le cylindre intérieur de cette dernière, y
contribue sans doute un peu. Doit-on regarder comme
servant encore à cet usage un autre muscle grêle, qui
embrasse en dessous la base de la verge, se glisse de
chaque côté en dedans des deux renflements muscu-
leux que nous allons décrire, en montant obliquement
en avant, et parvient sur la queue? Ou plutôt ce muscle
empêcherait-il la verge de rentrer en serrant de bas en
haut l'orifice par lequel elle est passée?
Deux muscles extrêmement forts l'expulsent au de-
hors. Ils forment deux renflements ovales, très épais,
dont les faisceaux sont concentriques et vont de haut
en bas, qui sont réunis supérieurement et du côté in-
férieur par leurs extrémités , et qui embrassent celle
du rectum ainsi que le cloaque, par une face concave
où leurs faisceaux forment des colonnes distinctes. Ils
recouvrent immédiatement, par cette facC;, un petit
corps de substance rouge, très délicate, qui tient à
cette dernière par un grand nombre de filaments fi-
breux, et n'est, à ce qu'il paraît, qu'un lacis extrême-
ment fin de vaisseaux sanguins. Lorsque ces muscles
se contractent , ils doivent serrer la verge avec force ,
et Tobliger de se dérouler au dehors, comme elle le
fait lorsque l'on serre le cloaque avec les doigts. Son
organisation , qui n'est pas vasculaire, la rend inca-
pable d'une véritable érection.
Elle reçoit cependant plus de sang, pour l'instant
du coït, soit par l'irritation que produit la présence de
la femelle, soit par la compression du corps vasculaire
SECT. II. ART. ir. VEHGE DES OISEAUX. 275
qui vient d'être indiqué; mais ce liquide ne doit guère
servir qu'à en augmenter la sensibilité ^ et ne peut la
gonfler que fort peu.
Un autre effet dû aux muscles précédents, c'est la
compression , à ce qu'il nous semble, de l'extrémité des
canaux déférents, qui se glissent entre ces muscles et
le cloaque, pour se terminer à ce dernier, après avoir
éprouvé un petit renflement.
[3** Il existe un troisième tvpe qui tient des deux
autres , c'est celui de la verge du casoar à casque , dont
l'organisation rappelle en partie celui du canard et en
partie celui de Vautruche; c'est donc un type mixte
qui forme un troisième modèle. Cette verge a deux
corps fibreux qui correspondent aux corps caverneux
des mammifères et au corps fibreux d'une verge d'au-
truche. Ils prennent naissance en dedans du sphincter
interne, auquel ils sont attachés dans la ligne médiane
inférieure.
Ils s'élèvent de cette partie pour traverser le cloaque
intérieur et déboucher dans le cloque extérieur; se
recourbent de haut en bas et se prolongent jusqu'au
dedans du bourrelet cutané qui recouvre le sphincter
externe.
Ils interceptent par leur rapprochement un sillon
profond qui répond au dos de la verge, mais qui se
contourne en deux spirales avec ces corps fibreux. C'est
à leur extrémité que la verge commence à être i; -
canal complet ; c'est là que se voit un orifice entouré
d'une sorte de prépuce membraneux, par lequel la
partie tubuleuse de la verge se déroule au dehors en
s'invaginant.
276 XX-XIN"^ LtÇO.N. OlUi. d'aCCOLPLEMEM des ViiBTiBRES.
Toute cette partie tubuleuse, qui a dans sa cavité
uu sillon formé par deux plis longitudinaux de la peau
intérieure , sort successivement par cette ouverture ,
de manière que ce sillon vient continuer celui du corps
fibreux.
La peau est parfaitement lisse dans toute Tétendue
de cette première partie, y compris celle des plis lon-
gitudinaux qui interceptent le sillon.
L'autre partie du ^tube de la verge a son origine
sous celle des corps fibreux, et s'y trouve fortement
attachée. Elle n'est pas régulièrement cylindrique,
mais un peu aplatie , en sorte que les deux faces se
joignent par uu côté étroit formant une carène arron-
die, à laquelle répondent intérieurement des plis trans-
verses de la muqueuse.
Cette membrane y forme de très fins plis en réseau
irrégulier , parmi lesquels ceux qui répondent aux
arêtes du cylindre sont plus transverses, plus larges,
et interceptent de petites poches, d'où sort sans doute
une humeur épaisse , qui enduit les parois de ce canal.
Un tissu élastique ramifié, formé de faisceaux
plats , dont les plus gros sont dirigés dans le sens de
la longueur de ce tube, en constitue les parois.
Mais cette partie de la verge manque de tissu érec-
tile caverneux. On en trouve au contraire à l'intérieur
de la partie qui sinvagiue, et dans laquelle il devient
extérieur par suite de cette invagination. Ce tissu
érectile et cette couche spongio-vasculaire son!; re-
couverts d un tissu cellulaire feutré.
En résumé il y a dans ce singulier type : i-une partie
fibreuse dont l'état est permanent^ 2" une partie
SECT. II. ART. TH. DU CLITORIS DES OISEAUX. 277
érectile qui s'invagine dans elle-même et sort par l'o-
rifice qui] se voit à l'endroit où elle joint la partie fi-
breuse; 3° enfin une partie élastique qui sert à retirer
la partie invaginée quand 1 érection a cessé.
Cette verge a deux muscles protracteurs qui s'atta-
chent sur les côte's, en dedans et vers le bas du sphinc-
ter intérieur , et se portent de dehors en dedans et en
avant sous l'axe que forment les corps fibreux , ou dans
la courbure de cet axe, jusqu'à quatre centimètres de
leur origine.
Ils doivent, par leur action , redresser ces corps et
les porter en arrière hors de l'orifice du cloaque.
C'est aussi à ce troisième type que se rapporte l'or-
ganisation de la verge du Nandou [Rhea americana)
qui s'éloigne beaucoup sous ce rapport, comme sous
plusieurs autres , de l'autruche d'Afrique (i).]
ARTICLE III.
DU CLITOBIS CHEZ LUS FEMELLES DES OISEAUX.
Parmi les Oiseaux ^ il paraît que Y autruche et le ca-
jort/' sont les seuls où il existe. C'est un petit clitoris ana-
logue à la verge du mâle , mais d'une proportion bien
moindre, dont le dos a deux replis membraneux qui
s'y prolongent dès l'orifice de la vessie, et forment un
canal propre, jusqu'à un certain point,, à diriger
l'urine. Ce clitoris, presque entièrement fibreux, repo-
sait , dans une femelle d'autruche que nous avons dis-
séquée, sur une langue beaucoup plus grande, que
(i) Voir le Mémoire de J. Muller, Sur deux types différents des or-
ganes mâles érectiles des oiseaux de la famille des Autruches, Berlin, i838.
278 XXXIV» LEÇON. OBG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRgS.
uous avons d'abord prise pour le premier organe, et
qui n'était que de la graisse enveloppée par la peau
du cloaque. L'un et l'autre se retirent dans une poche
semblable à celle qui recèle la verge du mâle et placée
de même au-dessus de la partie du vestibule dans la-
quelle s'amasse l'urine; ils bouchent alors l'orifice
externe de celle-ci, et y retiennent l'urine. Il faut donc
que le clitoris, comme la verge, sorte de sa poche et
se déploie au dehors pour que ces animaux puissent
uriner ou rendre leurs excréments solides.
ARTICLE IV.
DE LJ^ BOURSE DE FABBICIUS.
[Nous parlerons ici de la bourse de Fabricius comme
d'une dépendance du vestibule génito-excrémentitiel ,
quoique ses usa^^es soient encore problématiques. Voici
ce que nous en disions dans noire première édition :]
Cet organe est encore un de ceux dont les usages
sont absolument inconnus.
G est une bourse membraneuse et glanduleuse qui
se trouve dans les oifieaux mâles et femelles, au-dessus
de leur cloaque , et qui s'ouvre à la paroi supérieure de
ce sac, plus en arrière que le rectum.
On ne la trouve pas remplie d'une matière quel-
conque qui pourrait la faire considérer comme un
organe de sécrétion ou comme un réservoir.
Elle reçoit un filet nerveux considérable qui vient
des paires sacrées , et une ai'tère également considé-
rable qui se détache de l'aorte, au-dessus de la sacrée
moyenne.
SECT. II. ART. IV. DE LA BOURSE DE FABRICIUS. 279
Dans le canard mâle, cette bourse est à droite de
celle qui renferme la verge.
M. Blumenbach pense quelle sert aux fonctions
mâles de la génération, sans s'expliquer sur cet usage.
[Si l'on en juge par son développement, par ses pro-
portions beaucoup plus considérables chez les jeunes
animaux que chez les vieux, ses usages seraient dans
le même rapport avec l'âge que ceux des glandes sus-
rénales ou du thymus.
La bourse de Fabricius est un organe impair, for-
mant un petit cœcum ou une petite poche à parois
glanduleuses, composées de cryptes qui s'ouvrent par
de très petits orifices dans la cavité commune.
Quelquefois ces cryptes donnent dans de petites
poches qui font saillie dans cette même cavité et y
communiquent par une petite ouverture.
La bourse de Fabricius s'ouvre dans la partie la
plus reculée du cloaque, à sa paroi dorsale. Cette com-
munication est très ouverte chez les jeunes animaux, et
la cavité de la bourse pénètre jusqu'à son fond. Plus
tard la partie antérieure de la bourse paraît se fer-
mer, et plus tard encore la partie postérieure et son
orifice dans le cloaque. Cet organe se flétrit, se rape-
tisse et s'oblitère entièrement chez les vieux ani-
maux (i).]
(i) Voir le Mémoire de M. Harkow sur les artères des oiseaux. Arch,
iV anato-m'xe de Meckel pour 1829, p. 44^ et suiv.
280 xxxiV LEÇON, orct. d'accouplement des vertébrés.
SECTION m.
DES ORGAKES d'aCGOUPLEMENT DANS LA CLASSE DES
REPTILES.
ARTICLE I.
ORGANES MALES d' ACCOUPLEMENT.
[Ces orçaiies peuvent se composer, dans cette classe :
1° Du cloaque ou du vestibule Pjénitc-excrémenti-
tiel;
Q" D'une ou de deux verges;
3° D'organes accessoires distincts de ceux propre-
ment dits de la génération.]
I. Du vestibule gènito-excrémentitiel chez les maies
des Heptiles.
[Le vestibule génito-excrémentitiel est l'aboutissant,
chez les mâles, dés canaux déférents. C'est dans ce
vestibule que leurs orifices sont en rapport avec la
verge imique, ou avec les deux verges, quand elles
existent. 1! reçoit les fèces alimentaires dn rectum, et
les fèces urinaires de la vessie, leur réservoir, ou des
liretères, quand ce réservoir manque.
Toutes ces circonstances peuvent varier chez les
Reptiles propres et les Reptiles amphibies ; chez les
premiers, suivant qu'il y a une ou deux verges, et chez
les derniers, suivant que cet organe existe ou qu'ils en
sont dépourvus, ce qui est le cas le plus général.]
A. Dans la. Sous-classe des Reptiles piopres.
[i" Le cloaque chez les Reptiles propres ^ à une seule
SECT. ITT. ART. T. ORG.'^NE.S M.VI.ES DES REPTILES. 281
verge , la renferme entièrement dans l'instant de re-
pos : c'est ce qui a lieu chez les Chéloniens et les Cro-
cocliliens.
Tj'issue de ce vestibule n'est jamais transversale ,
mais longitudinale, ou ovale, ou circulaire.
Dans la grande tortue de terre , nous avons trouvé
cette cavité divisée en deux parties : l'une antérieure ,
cylindrique, dans laquelle le rectum se termine , et
dont la muqueuse est plissée en long et revêtue de
deux couches de faisceaux musculeux , ayant dans l'ex-
terne une direction longitudinale , et transversale ou
circulaire dans l'interne.
Cette première partie est limitée , en avant et en
arrière , par un bourrelet saillant en dedans, produit
par ces faisceaux de fibres circulaires formant deux
sphincters.
lia seconde partie , la plus intérieure du vestibule
génito-excrémentitiel , a des parois beaucoup plus
minces. Les plis longitudinaux de la muqueuse de la
première partie s'y terminent promptement , sauf le pli
médian qui se déploie autour de l'orifice de l'urètre ,
en forme de deux larges lèvres; celles-ci se prolongent
comme deux replis sur la ligne médiane dorsale de la
verge, en faisant moins de saillie, à mesure que la rai-
nure qu'ils bordent devient plus profonde.
Les orifices des canaux déférents se voient plus haut
que celui de la vessie urinaire. C'est dans cette seconde
partie que la verge est repliée dans l'état de repos.
Chez les Crocodiliens ^ le cloaque des mâles a les
mêmes rapports et les mêmes usages; il est, de plus,
percé , de chaque côté de la paroi d'où sort la verge ,
282 xxxiV LEÇON. ORG. d'accouplement des vertébbés.
ou de chaque côté de celle-ci, suivant les espèces,
par les orifices des canaux péritonéaux.
Il est encore l'aboutissant des canaux excréteurs des
deux glandes spermagènes, décrites dans le précédent
article sur les organes préparateurs de la semence.
Dans un très jeune caïman {alligator sclerops) j'ai
trouvé ce vestibule génito-excrémentitiel divisé en trois
chambres distinctes. L'antérieure reçoit le rectum; elle
commuuique par un canal étroit , inférieur, et par des
plis longitudinaux, dans la chambre moyenne. Celle-ci
est supérieure et profonde de ce côté; un repli trans-
versal inférieur la sépare de la troisième. Le bord libre
de ce repli est dentelé par des plis longitudinaux qui
y aboutissent. C'est cette troisième chambre qui ren-
ferme la verge ; tandis que la seconde reçoit les canaux
déférents , les uretères et la vessie urinaire.
La cannelure du dos delà verge est limitée par deux
plis qui se prolongent dans la chambre moyenne, pour
la mettre en rapport avec les embouchures des ca-
naux déférents.
s** Chez les Reptiles propres qui ont deux verges,
\es Sauriens moins les Crocodiliens ^ et chez les Ophi-
diens , le vestibule ne les renferme pas; elles ont seule-
ment leur issue en dedans des commissures latérales
de son orifice. Mais cette issue du cloaque , ou cette
entrée, si l'on veut, forme toujours chez ces animaux
mâles et femelles une fente transversale bordée de
deux lèvres, dont la postérieure est plus ou moins mo-
bile. Cette fente transversale a une disposition et des
dimensions parfaitement convenables pour la sortie
de ces verges chez les mâles et leur iutroduction dans
le cloaque chez les femelles.
SECT. m. ABT. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 283
C'est la lèvre postérieure, plus ou moins résistante,
de cette ouverture qui porte les fèces urinaires ductiles,
chez ces animaux , par un plan incliné , vers Tune
ou l'autre commissure de cette fente, et les contourne en
spirale ( i ).
Cette lèvre renferme dans son épaisseur, chez les
mâles, une série d'orifices qui sont la terminaison des
canaux excréteurs d'autant de petites glandes qui ré-
pondent à certaines glandes anales des mammifères
carnassiers et autres. Il en sort de même une humeur
épaisse comme une pommade.
On trouve souvent, soit en avant, soit en arrière de
cette issue du cloaque, en rapport avec 1 une ou l'autre
lèvre, des séries d'orifices cutanés de cryptes, sortes
de glandes anales qui paraissent en rapport avec les
fonctions de la génération.
Les glandes crurales, ou des pores r^landuleux ana-
logues, rapprochés de l'orifice du cloaque, qui distin-
guent presque tous les Lacertiens , beaucoup dlgua-
niens et d'autres Sauriens^ se développent beaucoup
chez les mâles, au temps des amours (i).
Cette circonstance me porte à les classer parmi les
glandes accessoires de l'appareil de génération.
Le bipide lépidope^ le typhlops lumbncalis{^) les ont
en avant. Elles sont eu arrière dans ïérix turc (3), etc.
Les Lacertiens , les Iguaniens les ont en série et près
de la face interne du fémur (4).
(i) V^oir le t. VII, p. 555, de cet ouvrage. (2) Voir nos planches XXII
h\s, et XXV du Règne animal , vol. des Reptiles. (3) Ibid., pi. XXVII.
(4) De amphibiorum quorumdam papillis glandulisrjue femoralibus
scripsit C. S. Meisner. Basileae, i832. L'auteur nie qu'il en sorte une hu-
meur visqueuse, ainsi que l'exprime l'ancien texte des leçons, t. II,
284 XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.
Le vestibule génito-uiinaire des Sauriens propres et
des Ophidiens est d'ailleurs une cavité plus ou moins
profonde, revêtue de la peau , qui se replie du dehors
à travers son orifice, pour la tapisser, et qui y subit un
commencement de transformation en membrane mu-
queuse.
L'embouchure du dernier boyau s'y voit dans la
partie la plus avancée. Celle de la vessie urinaire,
quand elle existe, est toujours plus en arrière et en
bas.
C'est vis-à-vis, mais à la paroi supérieure, que sont
les orifices des uretères, et plus en dehors ceux des
déférents, qui s'ouvrent dans un sillon du cloaque
maintenu en rapport avec celui qui commence à la
base dorsale de la verge et qui règne jusqu'à son ex-
trémité.]
B. Dans la SousMilasse des Reptiles amphibies.
[ 1 ° Parmi les Reptiles amphibies , les Ophidio-batra-
ciens ou les cécilies ont un cloaque qui se distingue chez
les mâles par son étendue et parce qu'il renferme de
singuliers organes de copulation que nous décrirons
dans le paragraphe suivant. Il est d'ailleurs l'aboutis-
sant de leurs canaux déférents , de leui- vessie urinaire
et du rectum.
a** Le cloaque des Batraciens anoures est entouré
de fibres musculaires obliques. Sa cavité ne se distingue
pas de celle du rectum et n'en paraît qu'un dévelop-
p. 5-5, reproduit t. III, p. 6i3 de la présente édition. Il ajoute que cela
est plus que probable, mais qu'il n'a pu se convaincre de ce fait, malfjré
les recherches les plus multipliées.
SECT. III. ABT. I. OBGANES ÎIALKS DES BEPTILES. 285
pement. Sa paroi iniérieure montre Forifice extrême-
ment large de la vessie urinaire. Ceux des uretères sé-
minaux sont vis-à-vis à la paroi supérieure, dans un
repli membraneux saillant qui renferme les deux pa-
pilles dans lesquelles ils se terminent.
3* Chez les Batraciens urodèles ^ le vestibule pé-
nito-excréraentiliel présente des différences remar-
quables , suivant les sexes et les genres.
Chez les mâles comme chez les femelles, il nous
paraît essentiellement organisé pour le rapproche-
ment des sexes et la fécondation intérieure, quoique
ce rapprochement et cette fécondation soient con-
testés, sinon pour les salamandres ^ où M. de Schreibers
l'a constaté dans la scdamandre noire ^ du moins pour
les tritons.
Ce vestibule fait une saillie ovale ou sphérique, sous
l'origine de la queue, immédiatement en arrière du
bassin. Sa cavité débouche au dehors par une fente
médiane longitudinale, bordée de deux lèvres ren-
trantes , colorées comme la peau , lisses ou hérissées de
tubercules ou de papilles , siège probable dune grande
sensibilité, il existe d ailleurs des différences remar-
quables dans les dimensions de ce vestibule , et sa com-
position organique, suivant les genres, les espèces et
les sexes, l'époque du rut ou hors de cette époque.
Les deux lèvres qui bordent l'entrée du vestibule ,
que nous désignerons encore sous le nom de vulve, sont
parfaitement lisses et non papilleuses chez les mâles
de la salamandre commune. En les écartant , on
aperçoit, de chaque côté, comme une lèvre intérieure.
C'est un repli oblique dont le bord interne paraît di-
visé , parce qu'il est l'aboutissant d'une série d'environ
286 XXXIV^ LEÇON. OBG. D'ACCOUPLEMENT DES VERTÉBB^S.
quatorze lames qui garnissent, plus on dedans, les parois
du vestibule. Ces lames sont dirigées verticalement du
plafond de cette cavité vers son issue ; elles sont pres-
sées les unes vers les autres, comme les feuillets d'un
livre, et composées de tubes qui paraissent comme des
franges, à leur bord libre et inférieur. C'est un appareil
glanduleux que nous avons distingué sous le nom de
prostate intra-vestibulaire (i).
La voûte du vestibule est lisse et forme, dans la
ligne médiane, un angle rentrant qui se continue jus-
qu'à la commissure postérieure des lèvres qui bordent
son issue. Cette disposition semble devoir servir à la
direction des fèces alimentaires. La même partie lisse
envahit, en arrière, toute la paroi du vestibule, et se
trouve limitée par un pli qui recouvre comme une val-
vule une fosse dans laquelle ces lames prostatiques
sont libres. Ce pli, qui se continue jusqu'à la partie la
plus avancée du vestibule, sépare l'orifice du rectum,
qui se voit en dedans et en avant , de l'orifice des défé-
rents, qui est en dehors et plus en arrière, dans une fos-
sette couverte d'une papille. Par cette disposition, la se-
mence se trouve immédiatement mélangée, en premier
lieu, avec Fhumeur des prostates intra-vestibulaires,
et, plus en arrière, avec celle des autres prostates , dont
les canaux excréteurs s'ouvrent , ainsi que nous l'avons
dit (p. 179) , dans la ligue médiane de la partie la pliis
reculée du vestibule , par une double série dbrifices.
Celui du tronc unique des uretères d'un même côté
est un peu plus en avant que l'orifice du déférent et
plus rapproché de l'embouchure de la vessie urinaire,
(i) Pag. 179 de ce volume.
SECT, III. ART. 1. ORGANES MALES DES REPTILES. 287
avec laquelle il communique par une petite rainure.
Dans la Salamandre noire ^ les lames prostatiques
sont plus nombreuses et non frangées à leur bord ; elles
tiennent entre elles par des plis transverses qui parla-
tageiit leurs intervalles en petites cellules.
Les lèvres sont d'ailleurs lisses et sans papilles, comme
dans la salamandre commune.
Chez les tritons^ la peau qui recouvre le vestibule
est généralement très inégale et hérissée de tubercules
et de papilles, beaucoup plus apparents à l'époque
du rut et plus développés chez les femelles que chez
les mâles, quoique la saillie qui forme le vestibule soit
beaucoup plus considérable chez ces derniers.
Un peu en dedans de la commissure postérieure, se
voit un groupe de longues papilles grêles , qui sont
implantées dans une rainure de cette partie*
Les parois de ce vestibule, dans le même genre, sont
d'ailleurs formées principalement par une calotte glan-
duleuse , que nous avons décrite sous le nom de pros-
tate vestibulaire.
L'appareil lamelleux prostatique qui garnit les pa-
rois du cloaque des salamandres est porté, chez les
tritons mâles, à l'extérieur de la vulve, sans doute par
suite de la présence de la verge, et forme, de chaque
côté, une série de palmes attachées à une sorte de
lèvre intérieure.
Chez les tritons^ il faut distinguer le cloaque en deux
parties, l'une supérieure, où se termine le rectum, et
dans laquelle aboutissent les canaux déférents et les
canaux urinaires, à la paroi supérieure, et sous le
rectum la vessie urinaire; et l'autre, inférieure, dans
laquelle se voit le pénis de ces animaux,]
288 XXXIV* LEÇON. ORG. d'acCOCPLEMEM' des VERTEBRES.
II. De la verge des Reptiles.
A. Dans la sous-classe des Reptiles propres.
[Parmi les Reptiles propres., les uns n'ont qu'une
ver^e, ce sont les Chéloniens et les Crocodiliens ., et
cette verge a beaucoup d'analogie, dans sa composi-
tion, sinon dans sa forme, avec celle de l'autruche.
Les autres en ont deux , construites d'après le type de la
verge du canard^ ce sont \ç;% Sauriens proprement dits
et les Ophidiens.]
1. La verge des Chéloniens est plus grande à pro-
portion que dans les deux classes précédentes. Elle est
longue, à peu piès cylindrique et renflée vers le bout,
qui se termine en pointe. Un sillon profond règne
dans toute l'étendue de sa face supérieure , et s en-
fonce même davantage en s'approchant du gland. Il
s'élève ensuite vers le milieu de la face supérieure
de ce dernier, où il se termine par un orifice divisé en
deux par une papille. Pour peu que les bords de ce
sillon se rapprochent, il doivent former un canal
complet.
Cette verge est composée de deux corps caverneux
dont les parois fibreuses se confondent même dans
une partie de leur étendue. Ils commencent par deux
renflements vasculaires, analogues au bulbe de 1 urè-
tre de la verge des mammifères; leur tissu érectile se
continue dans deux canaux dont les parois de nature
fibreuse , assez niiuces d'abord, prennent bientôt une
épaisseur très considérable , eu même temps que leur
cavité diminue. Tout le renflement que forme le gland
n'est qu'un développement de ce tissu vasculaire (\\\
SEGT. m. ART. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 289
corps caverneux, recouvert par une peau lâche et
ridée, et appuyée sur un prolongement de la paroi
fibreuse de ce même corps caverneux qui en forme la
pointe.
La peau du sillon est elle-même doublée par ce tissu
érectile , dont cette partie est en communication avec
celle qui se prolon^oe dans le canal de chaque corps
caverneux.
Il y a, de chaque côté du sillon dorsal de la verge,
un canal dont l'orifice est dans la cavité du péritoine ,
de chaque côté de la vessie , et qui se prolonge dans
l'épaisseur de la verge jusqu'au gland^ où il se termine
par un cul-de-sac, sans que ses parois soient percées
dans aucune partie de son étendue (i).
[Depuis la découverte que j'ai faite, en i8o5, de ces
canaux péritonéaux , dans mes recherches pour la ré-
daction de ces leçons, je les ai de nouveau étudiés en
i83o, entre autres dans un volumineux exemplaire ré-
cemment mort , de la grande tortue de l'Inde, rapportée
vivante par M. Dussumier. Us y ont une large embou-
chure dans la cavité abdominale. Dans la partie bul-
beuse de la verge , leur canal est anfractueux , divisé par
(O Cet ancien texte est très explicite sur l'existence et la position des
canaux, que MM. Isidore Geoffroy et Martin Saint-Ange ont désignés sous
le nom de péritonéaux dans le clitoris des femellesde C/ie7onie?îS, oîi ilsles
ont décrits en détail, en 1828 , et conscquemment vingt-trois années après
notre découverte de ceux qui existent dans la verge. Comment se fait-il
que M. R. fFagner^ d'ailleurs si exact et si crudit, ait ignoré notre texte
et notre découverte ancienne, les auteurs du mémoire que nous citoii-;
ayant eu soin de le rapporter en entier? Voir le Manuel d'anatomie com-
parée de R. Wagner. Leipsig , i834 et i835, p. 345.
8. 19
"190 XXXIV* LEÇON. OKCi. d' ACCOUPLEMENT DES VEKTÉBBÉS.
des brides et entouré du tissu vasculaire érectile de
cette partie.
Ce n'est qu'au-delà du bulbe qu'il devient simple et
presque superficiel. Cependant, jusqu'à la fin de la pre-
mière moitié de la verge , avant le gland , ses parois
sont encore épaisses, et entre elles et la peau il y a deux
à trois millimètres d'intervalle, rempli par un tissu vas-
culaire érectile.
Ce tissu disparaît dans la seconde moitié delà verge
jusqu'au gland, et le canal péritonéal n'a plus de pa-
rois , vers le haut, que sa propre membrane et la peau
de la verge.
Il s'avance parallèlement au sillon de la verge, à
côté de lui, et il n'en est séparé que par sa propre pa-
roi , par un peu de tissu érectile , et par la peau qui
revêt ce sillon. Au moment, où il arrive au niveau du
gland , il s'y termine par un cul-de-sac étroit.
Sa membrane y forme des plis anguleux , dont le
sommet est dirigé vers le fond , et qui se succèdent jus-
qu'à celui ci , en figurant des valvules emboîtées les
unes dans les autres.
S'il y a une communication avec le tissu caverneux
de la verge, que je n'ai pu découvrir, elle doit être
très anfractueuse.
Une coupe transversale du corps de la verge mon-
tre les rapports suivants de ses diverses parties : une
large écbancrure médiane , arquée en bas ; deux sail-
lies arrondies sur les côtés; un étroit et profond sillon
dans la ligne médiane supérieure; de chaque côté du
sillon, la coupe d'une bande étroite, et à peu près per-
pendiculaire du tissu érectile qui le ceint. Cette bande
SECT. III, AF.T. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 291
s'unit, à aii^le obtus, avec une aiUrc hande vasculaire,
celle du corps caverneîfx. Dans l'angle rentrant que
forme, du côté extérieur et supérieur, la rencontre
de ces deux bandes vasculaires , se voit la coupe de
chaque canal péritonéal, situé superficiellement à côté
du sillon. Tout le reste de cette coupe , et c'est la plus
grande portion, ne montre qu'un tissu fibreux, ou élas-
tique , en partie]
Cette verge a deux rétracteurs qui s'attachent dans
le bassin, et se prolongent jusque sons le gland. Ils la
replient dans le cloaque de manière qu'elle bouche
l'orifice du rectum , comme celle de l'autruche, et celui
de la vessie urinaire.
L'érection et sans doute l'action du sphincter la font
sortir de cette cavité.
[q," La verge unique des Crocodiliens e&t encore une
verge pleine, et non en fourreau comme celle des au-
tres Sauriens et des Ophidiens]
Elle est conique, creusée d'un sillon profond dans
toute sa longueur, et formée principalement d'un corps
fibreux et élastique, très consistant. La portion qui ré-
pond au gland, dont le tissu est moins ferme et plus
mou que le reste, parce qu'il est vasculaire etérectiie,
s'avance au-dessus de la pointe du corps caverneux et
se prolonge au-delà , de sorte que ces deux pointes ,
placées au-dessus l'une de l'autre, sont réunies par les
côtés et par une cloison verticale qui sépare leur in-
tervalle en deux culs-de-sac. Le sillon de la verge se
continue jusqu'à l'extrémité de la pointe supérieure.
[Le corps de la verge est, en général, plein, sans ré-
seau vasculaire érectile , et composé de substance
fibreuse très dense, très résistante. On y distingue
292 XXXIV e LEÇON. ORG. b'accooplement des vertébbés.
intérieurement un réseau élastique. Sous ce rapport,
la verge des Crocodlliens se rapproche de celle de
l'autruche.
On ne voit de réseau vasculaire érectile qu'à l'o-
rigine des corps caverneux, lorsqu'ils sont encore sé-
parés. Ce réseau se continue le long des parois de la
rainure dorsale jus<]u'au gland, qui en est essentiel-
lement composé. C'est par l'intermédiaire d'un canal
veineux que cette communication a lieu. On trouve
l'artère du pénis dans le plancher de ce canal.
Le caïman à lunettes a une verge conique, très grosse
à son origine , où elle est composée de deux corps ca-
verneux bien séparés, arrondis par leur racine, ayant
chacun les dimensions du gland. Sa face dorsale est
aplatie. Les corps caverneux vont en s'amincissant jus-
qu'à l'extrémité de la verge. Vers le milieu de leur face
inférieure, leur réunion forme une proéminence à
laquelle viennent s'attacher les muscles rétractenrs.
Le gland est ovale et forme une poche à parois
épaisses, dont la cavité largement ouverte l'egarde vers
ce tronc. De sou bord postérieur se détache un dou-
ble crochet, arqué dans la même direction , dont la
face supérieure est creusée en bec d'aiguière , et con-
tinue la rainure du tube de la verge.
Cette rainure médiane du dos de la verge ne com-
mence que versle milieu de sa longueur totale, presque
au niveau des deux issues des canaux péritonéaux.
Elle devient bientôt un canal complet, qui aboutit,
comme nous venons de le dire , dans la partie cro-
chue et détachée du gland.
Chez un Crocodile de. la Nouvelle-Islande , la
verge a nue forme prismatique. Elle se termine par un
SKCT. III, ART. 1. OliGANEb M 4 LES DES HEPTILES. 293
jjland dilaté et interceptant un profond cul- de-sac
dont le bord est festonné.
La rainure médiane dorsale est revêtue d'une peau
épaisse, doublée parmi tissu vasculaire érectile. Cette
peau et ce tissu se prolongent au-delà du gland en un
bec d'aiguière terminé par une bifurcation. Cette
partie a plus de deux centimètres de long (i).
Les canaux péritonéaux qui existent chez les Cro-
codiliens ^ comme chez les Chèloniens ^ ne font plus
partie essentielle de leur verge, et ne semblent que
s appuyer contre cet organe pour sortir de l'abdomen.
On ne les voit , en effet, dans cette dernière espèce ,
où ils sont très courts et très larges, qu'à la base de
cet organe. Ils longent cette base pour communiquer
de la cavité abdominale dans le cloaque , où ils s'ou-
vrent de chaque côté de la verge. Ils n'ont , dans ce
trajet, aucune communication avec le corps de la
verge; ce qui le distingue essentiellement, ainsi que
leur orifice extérieur, des canaux des Chéloniens , si
anormaux par leur terminaison en cul-de-sac.
Chez le Caïman à lunettes leur liaison avec la verge
est un peu plus intime. Leur embouchure se voit dans
le fond de la cavité abdominale. Chaque canal gagne
immédiatement la face supérieure du corps caverneux
de son côté , à une assez grande dislance de l'origine de
ce corps. Il longe cette face dorsale et s'y termine,
après un trajet de o'",028 , par un très petit orifice ex-
tériem-, percé dans une légère proéminence, sous une
(i) Etiquette du bocal qui renferme cette verge : Rapportée par
MM. Quoy et Gaimard 1827, n" i33. Havre Castera.
29-i XXXlV* LEÇON. UUG. d'aCCOIU-LEMEIS T DES VERTÉBBÉS.
papille foliacée, cjui le recouvre comme une val-
vule (i).
3" Dans les autres Sauriens et chez les Ophidiens
il y a deux verges coniques ou cylindriques , ou bifur-
quées , composées d'un fourreau que l'érection déve-
loppe comme un doigt de gant, de manière que le
fond du cul-de-sac que forme ce fourreau devient,
après ce déroulement, l'extrémité de la verge. Ainsi
sorties par chaque commissure latérale du vestibule,
où se trouve lorifice de leur cavité, elles paraissent or-
dinairement hérissées d'épines. On voit qu'elles sont
une dépendance, une modification de la peau, dou-
blée par im tissu vasculaire érectile. Dans l'état de
repos, elles sont invaginées sous celle de la queue, im-
médiatement en arrière de l'anus.
Vu muscle particulier pour chaque verge, dont l'at-
tache fixe est sons les premières vertèbres caudales,
et l'attache mobile au fond de leur poche, les y retient
dans cette position.
La contraction des muscles de la queue, qui les re-
couvrent, contribue, avec l'érection , à les en faire sortir.
L'existence de deux verges chez les 5a w/ve/ij- propres
et les Ophidiens a été constatée dans la plupart des
gî^nres (2) : seulement, leur forme et leur armure peu-
vent varier; mais non leur position en arrière du cloa-
(i) Les canaux périt onéaux des Crocodilieiis ont été décrits pour la
première fois, dans le mémoire cité de "MM. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire
et Martin Saint-Ange.
fa} 11 est fort sinnulier que Treviranus ait nié leur existence diez le ca-
méléon, et qu'il les ait prises pour deux vessies nrinaires. Voir J. Mdller.
Archives d'Jnat., etc., pour 1840, p. CLXXXVIir.
SECT. m. ART. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 295
que, sous la queue, ni leur structure générale en
forme Je fourreau. On peut donc affirmer que toutes
les fois que l'on trouve, chez les Reptiles propres ^ un
anus transversal, cette disposition organique coïncide
avec l'exisience de deux verges chez les mâles. Ce rap-
port de forme et d'arrangement de l'issue du vestibule
géuito-excrémentitiel méritait bien d'être signalé.
Le gland, ou l'extrémité de cette verge en fourreau
dermoïde, est lisse , ou papilleux, ou bien hérissé de
pointes aiguës , ou même armé de lames cartilagi-
neuses. Il y a deux de ces lames cartilagineuses chez le
tupinamhis élégant.
Le gland est lisse chez les pithons; tandis qu'il est
hérissé d'épines chez les couleuvres , les vipères ^ etc.
fjcs lézards et les couleuvres ont cette extrémité
simple et non divisée. Elle est double et bifurquée
chez les iguanes, les pithons et les vipères, les rou-
leaux ^ etc.
Le corps principal de cette verge a un sillon longi-
tudinal qui s'étend de sa base à son extrémité, et dont
le commcucement est exactement en rapport , dans
l'érection , avec un sillon du cloaque qui i^eçoit le
canal déférent.
Chez les Reptiles dont la verge est bifurquée à son
extrémité, sou sillon se divise de même à la base des
glands, et chaque branche de ce canal se continue
jusqu'à leur sommet : c'est ce qu'on voit, entre a^itres,
dans la verge de la vipère de Redi^ où ce souimet est
hérissé de petites épines disposées en tourbillon, qui
deviennent plus rares et plus grosses à la base de cha-
que gland.]
296 xxxiv» l'eçoa. oeg. d'accouplement des vertébrés.
B. De la verge des Reptiles amphibies.
W^e^ Reptiles amphibies passent, en général, pour
manquer de verge ; cependant cette opinion n'est pas
exacte; du moins souffre -t-elle plusieurs exceptions,
1° Chez les Ophidio- Batraciens. Dans une prépara-
tion de viscères de cécilie^ nous avons cru reconnaître
une verge en fourreau, retirée dans l'abdomen et se
déroulant au dehors à la manière de celle des Ophi-
diens. Cette verge unique était grêle, longue, et avait
son embouchure dans le cloaque du côté droit (i).
Nous n'avons pas retrouvé , dans un sipkonops an-
Tiidatus adulte, ce long tube grêle aboutissant dans le
vestibule. Mais celui-ci, beaucoup plus long que celui
(i) Nous avons fait représenter ces viscères dans 1 édition illustrée du
Règne animal, pi. XXXVI ter, fig. y, où l'on voit en s l'organe que nous
avons cru pouvoir déterminer comme la verge.
Le bocal qui renferme ces viscères, préparés sous les yeux de M. Cuvier,
a pour étiquette, Viscères de cecilia interrupta. Cuv. A en juger par le peu
de développement des organes que nous avons jugé être les testicules, cet
individu n'était probablement pas adulte, et certainement pas à l'époque du
rut. Nous avons, en ce moment, sous les yeux un mâle de siphonops annu-
latus qui a 0^1^344 ^^ ^o"G' ^' o™,oi5 de diamètre moyen ; tendis que !a
femelle, conservée dans le même liocal, a oro,4oo de long et oni,020 de
diamètre. Les testicules du mâle ont o,o4o de long, et sont divisés en
huit lobes cylindriques, placés l'un devant l'autre, et ne tenant entre eux
que par un tube membraneux , comme ceux du triton à crête. Ils se com-
posent%iussi de petites cellules et renferment des spermatozoïdes en fils.
Ce canal déférent est sinueux, distendu par le sperme; il se porte plus
en arrière que sa terminaison dans le cloaque, et revient sur lui-même
pour s'ouvrir dans la partie la plus avancée du vestibule génito-excréteur.
Cette disposition indiquerait-elle, ainsi que les détails d'organisation de
ce vestibule, que nous décrivons ci^dessus, qu'il se renverse au dehors et
qu'il s'introduit en partie dans celui de la femelle?
SECT. m. AKT. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 297
de la femelle, renferme de singuliers organes , qni doi-
vent servir à la copulation , si tant est que les parois de
ce vestibule puissent se dérouler au dehors. 11 se di-
vise d'ailleurs en deux chamjjres, une antérieure, plus
étroite, qui reçoit l'eniboucliurc du rectum, dans sa
partie supérieure la plus avancée, et celle de la vessie
urinaire en bas. Tout près de cette dernière embou-
chure sont, de chaque côté, les orifices des uretères et
ceux des canaux déférents.
Un bourrelet circulaire, auquel aboutissent les plis
longitudinaux de la muqueuse de cette première
chambre, la sépare de la seconde. Celle-là a On'jOi-j
de long , et la dernière o,'",025.
Elle renferme deux corps saillants, attachés à la paroi
supérieure, qui ressemblent à des colonnes charnues,
parallèles, ayant une forme effilée en arrière, et élargie
en avant , comme une tête de vis. Une autre colonne
semblable, située au milieu de la paroi inférieure, ré-
pond à Initervalle des deux de la paroi supérieure, et
commence un peu plus tôt , à On>,oo3 du bourrelet de
séparation des deux chambres; tandis que les deux
antres sont à o'",oo5 de ce même bourrelet. Enfin
une papille saillante et dure se voit entre les deux co-
lonnes du haut ào"\oo'y5 du même bourrelet valvulaire.
Il est probable que la partie postérieure du cloaque
du mâle peut s'invaginer et sortir pour entrer dans
celui de la femelle, et que les parties saillantes que
nous venons de décrire servent à retenir la femelle. Ce
déroulement expliquerait l'anse que font en arrière
les canaux déférents.
2* Parmi les Batraciens urodèles ^ les tritons sont
298 XXXIV* LEÇON. 0B(.. d" ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.
égaleiijcot pourvus d'une verge; mais cette verge diffère
beaucoup de celle que nous venons de décrire; elle est
située, comme nous l'avons dit, dans le cloaque infé-
rieur ; c'est uu corps cylindrique adhérent , par sa pre-
mière partie, à la paroi supérieure du cloaque, libre
dans sa seconde moitié, qui est élargie au sommet
comme un champignon. Cette partie libre répond à la
fente de la chambre baute du vestibule génito-excré-
mentitiel. Sa racine tient au pubis par un ligament sus-
penseur.
La substance de cette singulière verge, examinée
dans des tranches assez minces pour être observée au
microscope , par transparence, à un grossissement de
î25o d., m'a paru composée d'un tissu fin ramifié,
rayonné, qui pourrait bien être érectile.
Sa partie terminale est couverte d'une peau noire
dans le triton à crête. Elle est d'un blanc grisâtre, avec
une tache noire au milieu, dans le triton alpestre^ et
la forme du gland de cette verge est un peu différente
de celle de l'espèce précédente.
11 est remarquable que les salamandres ., qui sont
vivipares , et qui ont d'ailleurs tant de rapports avec
les tritons^ soient dépourvues de cet organe de copu-
lation.]
III. Organes accessoires distincts de l'appareil de
la génération, mais servant à l'accouplement.
Il n'y a de semblables organes dans la classe des
Reptiles que chez les mâles des Balraiens anoures.
Les pelotes des pouces dans les espèces de ce groupe,
dont les mâles embrassent leurs femelles , non , à la
vérité, pour un véritable accouplement, mais pour aider
SECT. m. ABT. II. ORGANES FEMELLES DES BEPTILES. 299
celles-ci à se débarrasser de leurs œnfs et les féconder
dès qu'ils sont hors du corps, ces pelotes, dis-je, sont
composées de papilles dures, quelquefois noires ou
brunes, qui recouvrent non seulement le pouce, mais
s'étendent encore dans la paume de la main. Le mâle,
en serrant sa femelle, les enfonce dans sa peau et s'y
cramponne, par ce moyen, d'une manière très ferme.
Elles disparaissent après le temps des amours, et ne re-
viennent qu'à cette époque,
ARTICLE II.
ORGANES FEMELLES D' ACCOUPLEMENT.
A. Chez les Reptiles propres.
[Ils se composent, en général, du vestibule génito-
excrémentitiel , et, chez les Reptiles propres à une seule
verge, d'un clitoris.^
I. Du vestibule génito-excrémentitiel.
[Cet organe, chez les femelles, a une composition
analogue à celle du vestibule génito-excrémentitiel des
mâles.
Celui des femelles ne diffère pas de celui des mâles
par la disposition de sou orilice , ni par les muscles
qui le fermeiiit ou qui compriment ses parois.
Chez les Cliéloniens et la plupart àç,?, Sauriens qui ont
une vessie uiinaire, il est l'aboutissant du rectum, en
avant et en dessus; du col de cette vessie un peu en
arrière et sur \ç:^ côtés, des uretères; et des oviductes
encore plus en arrière. On v voit de plus , chez les
300 XXXIV' LEÇON. ORG. d'aCCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.
éniydes et les chêlidres ,\e.% orifices des vessies lom-
baires (i); enfin il renferme un clitoris chez les Ché-
loniens et les Crocodiliens. f
Chez les Sauriens^ autres que les Crocodiliens, qui
manquent de vessie iiritîaire, et chez les Ophidiens.,
l'urine est versée directement dans le cloaque par les
uretères , et ce veslibule n'a pas de chtoris.
Dans une trionix spinifer ayant o'",558, depuis
l'extrémité de la trompe jusqu'à celle de la queue , nous
avons trouvé o'",o43 de distance depuis l'extrémité du
clitoris jusqu'au bord supérieur de l'orifice du vesti-
bule. La muqueuse qui tapisse ses parois intérieures est
doublée par un tissu cellulo-élastique assez épais (2).
En dehors des, hbres élastiques sont les fibres mus-
culaires du sphincter, qnisont un peu obliques d'avant
en arrière et de dedans en dehors. Il y a des faisceaux
qui viennent de l'intérieur du bassin, et un faisceau
qui descend du pubis.
Le vestibule génito-excrémentitiel, chez les Ophi-
diens femelles , est l'aboutissant de deux glandes, en
forme de capsule ovale, qui occupent sous la queue la
place des verges chez les mâles. Elles ont, dans leur
centre, un réservoir considérable qui se remplit de la
pommade que séparent leurs parois glanduleuses. Cette
pommade sort par plusieurs orifices percés dans la
marge de la lèvre postérieure du vestibule.
Les mâles, à la vérité, ont aussi ces glandes, mais
(j) Voir notre t. VII , p. SgS.
(2) Voir mes Fragments sur les organes génilo-urinaires des Reptiles. —
Comptes-rendus 'les séances de l'Académie des sciences, t. XIX, p. 253.
Juillet 1844.
SECT. III. ART. II. ORGANES FEMELLES DES REPTILES. 301
elles n'y sont que riidimentaires. Elles existent sous leur
verge et forment un petit cul-de-sac ouvert de chaque
côté du vestibule (i).
Chez les Crocodiliens ^ ce même vestibule est pourvu
de deux glandes volumineuses , analogues à celles que
nous venons de décrire chez les Ophidiens, formant
chacune une poche considérable, de figure ovale, dont
les parois sécrètent Thumeur épaisse comme une pom-
made , que renferme ce réservoir. 11 s'ouvre sur les
côtés du cloaque par un seul orifice.]
II. Du clitoris.
[Les femelles des Reptiles propres dont les mâles
n'ont qu une verge, ont toutes un clitoris. Cet organe
manque chez les Reptiles à deux verges.]
Celui des Chéloniens est très analogue à la verge, et
ne semble en différer que par une plus petite propor-
tion. Il est long, sillonné dans sa longueur et terminé
par un gland arrondi. Des muscles semblables à ceux
de la verge le replient dans le cloaque, lorsqu'il en
est sorti (2).
[On y trouve des canaux péritonéaux comme ceux
de la verge des mâles (3).
Les femelles des Crocodiliens ont aussi un clitoris
(i) Voir l'ouvrage de M. Schlegel sur la Physionomie des serpents ,
t. II, p. 46
(2) Bojanusl'a représenté clans YEmyde d'Europe^\)\. XXVIII,fi(j^, iSg.
Andtome testudinis Europeœ. Viln;e , 1819.
(3) Voir le me'moire de MM. Isidore Geoffroy^Saint-ïIilaire et Martin
Saint-Ange , Annales des sciences naturelles y t. XIII , p. if)."^ et suiv., et
pi. VII. Paris, 1828.
302 WXlve LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS.
dont la forme est analojjjuc à celle de la verge du mâle ,
mais dont les proportions sont bien moindres (i),]
B. Organes Jemelles d accouplement chez les Rep-
tiles amphibies.
[Le vestibule génito-excrémentitiel des Ophulio-
Batraciens a son orifice arrondi, tout à l'extrémité du
corps, chez les femelles comme chez les mâles. 11 a
dans les premières une brièveté remarquable (o,'"o 17
dans notre femelle longue de o'",4oo) ; il n'y est pas par-
tagé en deux chambres et manque de ces singulières
colonnes que nous avons décrites dans le vestibule du
mâle. On y remarque des plis épais longitudinaux.
Chez les Batraciens anoures et les Batraciens uro-
dèles ^ ces mêmes embouchures des oviductes, percées
sur les côtés du cloaque, caractérisent sans doute es-
sentiellement celui des femelles ; mais il diffère en-
core de celui des mâles, du moins chez les Batraciens
urodèles et particulièrement chez les Salamandres et
les Tritons^ par plusieurs autres caractères: entre
autres par l'absence de la verge et des orifices des pros-
tates chez les tritons , et par un beaucoup moindre vo-
lume; chez les Salamandres par l'absence des lamelles
tubuleuses qui garnissent ses parois chez les mâles, et
que nous avons comparées aux prostates ou aux glandes
de Cowper des Mammifères.]
(i)Carus et Olto. Tables anatomiques , cahier V, pi. VI, fig. 2.
SECT. IV. ART. T. CEUX DES POISSONS. M03
SECTION IV.
ORGANES d'accouplement DANS LA CLASSE DES POIS-
SONS.
ARTICLE I.
DES OBGÂNES d' ACCOUPLEMENT PBOPBEMEIST DITS, CHEZ LES MALES
ET CHEZ LES FEMELLES.
[\jes poissons osseux vivipares doivent se féconder
par le rapprochement de l'orifice commun des organes
génito-iirinaires du mâle et de la femelle; de telle sorte
que la laite du mâle puisse pénétrer dans la cavité in-
cubatrice et même dans l'ovaire de la femelle, pour en
Féconder les œufs.
C'est une nécessité absolue chez les Pœciiies, dont
les petits se développent dans l'ovaire même. Ce rap-
prochement est-il une véritable copulation, et le sperme
du mâle passe-t-il toujours , sans l'intermédiaire de
l'eau et directement , des organes du mâle dans ceux
ou dans celui de la femelle ' C'est ce que la science n a
pas encore décidé.
On trouve assez souvent, dans cette sous-classe, un
appendice en forme de tube creux, qui se voit en ar-
rière de l'anus et au-devant de la nageoire anale, et
dans lequel vient aboutir le conduit éjaculateur des
glandes spermagènes et le canal de Turétre.
(Je même (;ône creux existe chez les femelles dont
les mâles en sont pourvus , et il est chez elles l'aboutis-
sant du conduit commun des oviductes, on d< s canaux
péritonéaux . (|uand il n'y a pas d'oviducte : c'est ce
â04 XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBBÉS.
qui a lieu chez les lamproies. Cette papille conclue- -^
trice se voit chez plusieurs poissons qui ne sont pas vi-
vipares. Parmi les osseux, elle existe entre autres chez
\e scorpœna porcus ,\e cottiis niger, le silurus glanis.,
le ci/clopterus lumpus , etc. On la trouve aussi chez
plusieurs Osseux vivipares. Elle est même composée
d'un corps caverneux ërectile chez le clireus supercî^
liosus (i).
Dans l'immense majorité des Poissons osseuœ , dans
la famille des Cfclostomes , et dans celle des Siuro/iiens,
parmi les Cartilagineux , il n'y a pas de rapprochement
des sexes, pas de copulation pour la fécondation, qui
a toujours lieu après la chute des œufs dans l'eau. Nous
n'avons donc pas d'organes d'accouplement à décrire
chez ces animaux.
Il n'en est pas de même des Sélaciens, y compris
les chimères , chez lesquels la fécondation a lieu avant
la ponte; que l'animal soit ovipare ou vivipare.
11 y a toujours à cet effet, chez ces animaux, copu-
lation ou abouchement des orifices des deux cloaques
appartenant à deux individus mâle et femelle.
Chez les chimères , les oviductes ayant leurs em-
bouchures séparées, en dehors de l'orifice du cloaque,
la fécondation du mâle est encore plus directe.
Chez les Sélaciens, il y a dans le cloaque une pa-
pille qui termine, comme le col d'une bouteille, le ré-
servoir ou l'ampoule dans laquelle arrive la semence ,
parles deux canaux déférents, et l'urine par les ure-
tères. Elle fait saillie dans le cloaque où elle est en-
fermée ; mais il serait possible qu'au moment de la co-
(i) Uiit. nat. des Poissons, par MM. Cuvier et Valenciennes, t. XI,
p. 3G3.
SECT. TV. ART. II, ORGANES DE PRÉHENSIOIV. 305
pulatioii, elle pût être portée parle mâle à Ventrée du
cloaque de la femelle.
Son développement proportionnel , dans le squale,
pèlerin y a été trouvé très considérable et lui donne le
caractère d'une véritable verge. Elle a au moins o'", o5
de long; sa forme est conique, et elle se divise à son
extrémité en plusieurs iaciniures (i). Son côté droit,
près de sa base, avait une grande ouverture ovale, pour
l'issue de la semence.]
ARTICLE II.
DES MEMBRES ACCESSOIRES, QUI DISTINGUENT LES MALES DES
SÉLACIENS ET DES CHIMÈRES.
Nous décrirons, dans cet article , les membres acces-
soires des Raies^ des Squales et des Chimères. Ces
membres, qui sont propres aux mâles, se trouvent pla-
cés de chaque côté de la queue , en arrière du bassin.
Ils égalent, dans la raie ronce ^ les deux tiers de la
longueur de la queue, et tiennent au bassin par l'inter-
médiaire de la nageoire ventrale, qui est reculée sur les
côtés de l'anus.
[Il nous sera facile de démontrer, par la composition
et les rapports de leurs cartilages et de leurs muscles ,
qu'ils ne sont qu'une extension ou une dépendance de
cette nageoire. Elle se compose, en ehet, chez les
mâles comme chez les femelles des Raies et des
Squales ^ de deux cartilages qui lui servent de base du
côté interne, et qui sont articulés bout à bout.
(i) Dessins inédits de MM.Cuvier etLaurillard, et Mémoire sur le squale
pèlerin, par M. |de Blainville. Anualcs du Muséum , t. XVIII. Paris,
i8ll-i8i2.
8. 20
306 XXXIV* LEÇON, oug. d'accouplement des vertébrés.
JjP premier de ces cartila^^es , sorte Aq fémur ^ s'ar-
ticule au bassin et porte, avec le second , le tibia^ les
rayons de la nageoire abdominale.
Un troisième cartilage réunit cette nageoire avec le
membre génital comme une sorte à'astragale; il s'ar-
ticule avec le plus long cartilage de ce membre.
Il y a, à côté de Tastragale, un cartilage ovale, ayant
son bord inférieur tranchant; nous rappellerons le
calcanéum.
Ce calcanéum s'articule en arrière à une autre pièce
principale du membre génital , que nous appellerons
métatarsienne. Elle s'étend tout le long du bord supé-
rieur et interne de ce membre jusqu'à son extrémité,
où elle forme une sorte de phalange , à laquelle s'at-
tache un tendon du grand abducteur. Cette grande
pièce est formée parla soudure de trois autres, dont
deux parallèles interceptant un demi-canal dans lequel
s'ouvre cehii de la glande.
Viennent ensuite sept autres cartilages mobiles et de
différentes formes, i et 2. Deux supérieurs et externes,
creusés en cuillère, qui servent à ouvrir la poche que
forme le membre en action. 3. Un cartilage interne,
arrondi, court, qui se montre à la partie antérieure de
cette poche. 4- Ui^e quatrième pièce cartilagineuse
ayant la forme d'une hallebarde, 5. Une autre, celle
d'une lance. 6. Le plus grand de ces cartilages est in-
férieur; il glisse en se contournant autour du cartilage
principal , et se termine par un double socle de char-
rue; le plus interne et le plus avancé est opposé au car-
tilage terminal ou phalangien de la pièce principale de
tout le membre.
SECT. IV. ART. II. ORGANES ACCESSOIRES. 307
7. Il y en a un septième qui nie paraît être la con-
tinuation du métatar.sien.
Ces divers cartila^^es ne se ressemblent pas tous dans
les diverses espèces des raies. Les squales et les chi-
mères les ont différents et pour le nombre et pour la
forme.
Les muscles de ce membre, à leviers si compliqués,
démontrent de même, par leur disposition et leur ac-
tion, la liaison de la nageoire avec l'appendice génital.
1° Le muscle abaisseur de cette nageoire et V abduc-
teur des rayons est en même temps \ abaisseur de l'ap-»
pendice.
Ce muscle s'attache par un tendon fort, à côté de
son symétrique, au cartilage transverse du bassin.
De là il se porte en dehors et s'épanouit en éventail sur
lescartilagesye//2iz/'et tibia; il entrecroise ses faisceau.x
de fibres avec les petits muscles qui meuvent les rayons ;
c'est sa partie moyenne. Sa partie la plus avancée va
s'attacher au bord antérieur et à la base du premier
cartilage du premier rayon qui s'articule au bassin ;
cette partie antérieure, eu portant ce cartilage en
avant, met tous les rayons dans l'abduction. Enfin sa
partie la plus reculée va se terminer au calcanéum et
à l'astragale ; celle-ci porte le membre dans l'abduction.
s** Le releveur de la nageoire vient des côtés de l'o-r
rigine de la queue et se dirige sur les rayons ; sa por-
tion la plus avancée se termine au fémur et au tibia.
Une outre plus reculée va du premier et du second de
ces cartilages au calcanéum.
3° \ i <d)ducteur de Idppendicr vient an fémur, partie
antérieure , au-dessus du fléchisseur, et se porte au
calcanéum. C'est un- muscle droit, plat, allongé, qui
308 XXXIV LEÇON. OBG. c'ACCOUrLEMElST DES VERTÉBRÉS.
se termine contre la partie la plus avancée du grand
abducteur des doigts. Il étend le membre sur le tibia et
le fémur, et le rapproche de la ligne médiane.
4° Un court muscle, qui va du calcanéum à la partie
antérieure du métatarsien , étend celui-ci sur le calca-
néum et Tastragale.
5° Le i^rand abducteur ou. extenseur- des pièces mo-
biles et Terminales de lappendice. C'est un muscle très
fort qui enveloppe, de sa partie charnue, les deux tiers
extérieurs de cet appendice, il se compose de deux
parties, une qui occupe la face supérieure du membre,
et l'autre l inférieure. La première s'attache en avant,
dans toute l'étendue de l'astragaie et du calcanéum et
au métatarsien, vers son extrémité antérieure. Son
ventre charnu se change, en arrière, en un tendon
mince qui s'épaoouit, sur la face externe du cartilage,
en socle de charrue.
C'est, dans la Raie blanche^ un muscle distinct,
faible, qui va de l'astragale et du métatarsien au même
cartilage.
La partie de ce muscle qui occupe la face supérieure
du membre s'attache en avant sur le calcanéum et le
métatarsien. Ses faisceaux nombreux forment un
ventre épais , qui se change en un tendon plat et large,
qui va se terminer à l'extrémité phalangieuue du méta-
tarsieu. Il enveloppe, dans son trajet, le cartilage en
cuilleron.
Dans la Raie blanche^ c'est le principal des deux
abducteurs des doigts.]
Les pièces que ce muscle porte dans l'abduction ten-
dent, par leur propre élasticité, à se rapprocher l'une
de l'autre ; mais il n'y a aucun muscle qui , en déter-
SECT. lY. ART. II. OHGAiXKS ACCESSOIRES. 309
minant avec énergie leur rapprochement, puisse faire
de ce membre un véritable organe de préhension.
L'appendice génital des Sélaciens comprend encore
une glande considérable [située sous la nageoire et se
prolongeant en dehors de la base de l'appendice. La
peau seule recouvre sa face inférieure, tandis que la
supérieuie adhère aux rayons de la nageoire par du
tissu cellulaire. ]Gette glande a un large canal excréteur
qui s'ouvre dans le sillon que forment deux des pièces
du cartilage métatarsien , et s'ouvre dans le creux des
pièces phalangiennes. L'humeur qui en découle est très
visqueuse.
[La glande du membre génital et les parois de la
cavité dans laquelle elle est située sont rouges de sang
à l'époque du rat, et sesnblent éprouver une turges-
cence remarquable.
Elle est enfermée daiis une double enveloppe ; l'ex-
térieure est musculeuse, l'intérieure fibreuse.
A l'extrémité inférieure de ce sac , tout près de son
issue, il y aune capsule à parois musculeuses et caver-
neuses, dont la cavité est traversée par des filets tendi-
neux déliés. J. Davy, qui a vu des battements dans cette
dernière poche, qui contenait du sang chez un individu
encore vivant , la considère comme un cœur accessoire,
destiné à activer la circulation du sang dans les appen-
dices génitaux des Sélaciens (i).
fia glande elle-même a la forme d'une olive. Un
sillon loiigitudinal la partage en deux colonnes, dans
chacune desquelles on distingue une série transversale
de tubes très fins.]
(i) Trans. philos, pour i83g.
3lO XXXV» LEÇON. OUG. DE GENEUATION DES ARTICULÉS.
TRENTE-CINQUIÈME LEÇON.
DES ORGANES DE GÉNÉRATION DES ANIMAUX
ARTICULÉS.
[Nous examinerons successivement, dans les six clas-
ses des animaux de ce type , les oijîanes préparateurs
des femelles , et leur produit, les ovules ou les œufs; les
orp^anes préparateurs des mâles, et leur produit, le
sperme; puis les organes d'accouplement des mâles, et
enfin ceux des femelles.
Ces divers sujets seront traités dans les divers ar-
ticles dans lesquels nous divisons cette leçon.]
ARTICLE I.
DES ORGANES PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS CHEZ LES FEMELLES
DES ANIMAUX ARTICULÉS, OU DES GLANDES OVIGÈNES ET DE
LEUR CANAL EXCRÉTEUR.
A. Dans la classe des Insectes ( i ).
Nous décrirons successivement les organes^;/ ep«m-
leurs et éducateurs des femelles dans les divers ordres
de cette classe ; puis certains organes mixtes annexés
à ces derniers, dont les uns servent à la fécondation, et
(i) Pour abréger nos citations des nombreux travaux de M. L. Dufour
sur les Organes génitaux des Insectes^ dont nous avons plus particulière-
ABT. 1. OBG, J>1\EPABATEURS ET KDICATEURS FEMELLES. 311
les autres à compléter les enveloppes de l'œuf, ou à
fournir la matière soyeuse dont les femelles entourent
leurs œufs.]
I. Des ovaiœs , de Voviducte et de ses branches.
Les organes préparateurs et éducateurs, sinon tous]
les organes de la génération sont, chez les femelles ,
beaucoup plus uniformes -^ue chez les mâles, dans
toute cette classe.
Ils consistent, en général, en un oviducte commun,
ouvert à la vulve, et se divisant à son origine en deux
branches qui se séparent même chacune en un certain
nombre de boyaux coniques, plus ou moins longs. Les
œufs sont disposés dans l'intérieur de ces boyaux , de
manière que les plus gros sont les plus près de i'ovi-
ment profité pour nos descriptions de ces organes, nous les indiquerons icj
dans l'ordre chronologique de leur apparition.
i" Recherches anatomiques sur les Carabiques et sur plusieurs autres
Insectes Coléoptères. Annales des sciences naturelles , t. 6. 1825.
2" Recherches anatomiques et physiologiques sur les Hémiptères., ete.
Mémoires des -avants étrangers de l'institut de France, t. IV. Pari?, i833.
3" Recherches anatomiques et physiologiques sur les Orthoptères , les
Hyménoptères et les Névroptères , présentés à rAcadémie des sciences le
3 mars i834, imprimées dans les 5'ai'an/s étrangers, t. VU, Paris, 1841.
4° L'auatomie générale des TJipfères , imprimée Atmales des sciences
naturelles , 3* séiie, avril et mai i844«
Et le Mémoire détaillé encore manuscrit sur les mêmes Diptères.^ ac-
conspagué de planches, qui paraîtra dans le prochain volume des savàtits
étrangers de l'Institut de France. Comptes-rendus des séances de l'Aca-
démie des sciences, t. XVill , p. 192.
Outre ces Mémoires sur un ordre entier. M, Dufour a ^.uhJic des Mé-
moires particuliers sur telle ou telle espèce que nous citerons à part.
Quant aux mémoires généraux, nous nous contenf;H'ons dorénavant
d'indiquer les numéros de la planche et des figures , auxquelles nous ren-
verrons souvent, pour l'intelligence de nos descriptions.
312 XX.VV' LEÇON. OHG. DE GENERATION DES ARTICULÉS,
dncle , et (jue les autres vont eu diminuant par degrés ,
jusqu'à la pointe du boyau, où ils deviennent imper-
ceptibles. Lorsque les œufs sont sortis, les boyaux res-
tent vides. On les voit déjà dans les chrysalides, un
peu avant leur métamorphose (i). Dans lovidncte com-
mun aboutissent des vaisseaux sécrétoires de diverses
formes , qui y déposent une liqueur propre à enduire
les œufs ou à eu faire la coque.
[Dans la description générale, bien succincte, qu'on
vient de lire, on peut déjà comprendre que les orga-
nes /j/éparûtears et éducateurs .^ chez les femelles de
cette classe nombreuse, se com'posent :
1° De boyaux ou de tubes ovigères groupés en deux
faisceaux, correspondants aux deux ovaires;
2° D'un oviducte particulier appartenant à chaque
ovaire ;
3° D'un oviducte commun qui résulte de la réu-
nion des deux oviductes particuliers , et se continue
avec le vagin ou le canal d'accouplement;
5° D\m appareil de sécrétion et de réservoirs an-
nexés au commencement, au milieu ou vers la fin de
lovidncte commun.
Entrons dans quelques détails descriptifs sur les ca-
ractères généraux et les différences les plus remar-
quables que nous ont offerts les quatre parties princi-
pales de cet appareil compliqué.
(i) Le sujet intéressant du développement des organes de génération
dans les larves et les chrysalides a été particulièrement étudié , il y a
pfu d'années, par M. Hérold. Voir Ann. des se. nat., a* série, t. XIl,
page 190.
ART. I. OHG. rUEPAlîAÏEURS ICI fU)l!C.\TF.lli'.S FEMELLES. 313
1° hcs ùoi/aux comqnna ou tuhcs ovigères ou pro-
ligères [gaines ovigères de M. L. Diifour) sont au-
tant d'ovaires partiels, daus la cavité desquels les ovules
se développent successivement, fieur sommet est or-
dinairement plein et surmonté d'un fil délié donnant
attache au ligament (jui rassemble en un seul faisceau
tous les tulîes d'un mémo ovaire.
Ce ligfanient, réuni c\ celui de l'ovaire opposé , va se
fixer très avant dans la cavité iboracique, à sa paroi
dorsale et sous le vaisseau de ce nom (i).
En suivant le tube , depuis cette première partie, qui
est ordinairement stérile, jusque vers la base de son em-
bouchure dans l'oviducte, on le trouve étranglé par in-
tervalles, et renfermant un ovule, entre deux étrangle-
ments, d'autant plus développé qu'il est plus rappro-
ché de la base du tube proligère.
Le nombre des ovules qui se développent dans un
même tube, et celui des tubes composant chaque ovaire,
varient beaucoup, même d'une espèce à l'autre ; à plus
forte raison d'un genre, d'une famille et d'un ordre à
l'autre.
(i) Ce ligament commun des deux ovaires, le ligament particulier ap-
partenant à chaque ovaire , et les ligaments de chaque naîne ovigère
qu'il rassemble, sont tous canalicule's.
Cette suite des tubes ligamenteux jouerait un rôle très important, sui-
vant quelques physiologistes, dans la nutrition et le dt.'veloppement des
ovules. Suivant M. J. Millier, ils communiqueraient daus le vaisseau
dorsal, et y puiseraient le fluide nutritif ( iVoya acta pJtys. mcd. natur.
curios..., t. XI, pi. II, p. 555). D'autns leur attribuent le premier dé-
veloppement des ovules, qui passeraient de ces tubes ligamenteux dans
le sommet des gaines ovigères. Nous ne les décrivons ici que comme de
simples ligaments. C'est aussi l'opiaiou de M. L, Dufour.
314 XXXV* LEÇOÎN. OEG. DE GÉ^ÉRATIO-\ OES ARTICULÉS.
Cfjaque dilatation de ces tubes, qui renferme un
ovule, doit être considérée comme sa capsule ovarienne,
analog^ue à la vésicule de Graaff des Mammifères, ou
à la capsule ovarienne de l'ovule des oiseaux , etc.
M. Tj. Dufour se sert des expressions uni-loculaire ^
bi^ tri. quadri, niulti-locidaire ^ pour indiquer que
chaque tube sert au développement d'autant d'ovules
qu'il y a de loges dans ce tube. Nous les appellerons in-
différemment uniloculaire ou unipare .^ bi, multipare.
Il faut encore remarquer, pour l'intelligence du
mode de fécondation, que, parmi les ovules qui se dé-
veloppent dans chaque tube et peuvent mûrir à peu
près en même temps , il n'y a que celui qui est rap-
proché de l'embouchure du tube , laquelle est ouverte
dans les organes éducateurs , qui communique avec
ces organes , et qu'il ferme cette communication à
tous ceux du même tube qui le précèdent.
La fécondation de ces ovules ne peut donc s'opérer
que successivement, tout au plus tôt à mesure qu'ils
prennent la place du premier (i).
Les tubes ovariens d'un même ovaire aboutissent
dans une cavité commune, l'oviducte particulier, dont
la capacité et la forme varient beaucoup. M. Guvier
l'appelle branche de l'oviducte; M. L. Dufour lui
donne le nom de calice.
C'est souvent un simple boyau de longueur et de
(i) Malpi^hi. De Boinbyce, London , i66g. Hunter. Trans. philos.,
1703 , et M. Âudouin , Lettre sur la généi'auon des Insecte?. Ann. des se.
Mat., t. II, p. 181. Paris, i824«
ART. I. OJIG. PRÉ l'An ATEUfiS ET EDUCATEURS FEMELLES. 3l5
capacité médiocres, un peu dilaté à son foud, rece-
vant les embouchures des tubes ovariens.
D'autres fois il est très dilaté à son origine, comme
le calice des uretères, dans les reins des mammifères.
Dans d'autres cas, il est en grande partie dans l'ovaire
même, c'est-à-dire que les tubes nombreux qui con-
stituent cet ovaire sont attachés à ses parois comme
des rayons, soit tout autour de ce canal, soit qu'ils
laissent sa face inférieure libre, soit qu'ils forment
une ou plusieurs séries d'un côté seulement. Il paraît
que les ovules séjournent plus ou moins dans cette
branche de l'oviducte et qu'ils y prennent un certain
accroissement, du moins dans leurs enveloppes.
Les oviductes particuliers sont branchus dans la
cigale de lorne, dont les nombreux tubes ovariens se
réunissent par faisceaux à six ou sept branches , for-
mant, par leur confluence, chacun de ces oviductes.
3» L'oviducte commun naît de la réunion de ses
deux branches, les oviductes particuliers.
C'est toujours un canal membraneux , dont la lon-
gueur , la forme et la capacité varient beaucoup, qui
reçoit les œufs des oviductes particuliers et les trans-
met au dehors par l'intermédiaire du canal de copu-
lation ou du vagin.
Il a souvent la forme cylindrique ; mais il peut être
dilaté dans sa partie moyenne ou dès son origine, et
diminuer ensuite de diamètre; il peut même prendre
la forme sphérique.
4° L'appareil glanduleux annexé à l'oviducte com-
mun diffère singulièrement dans sa forme, dans ses
proportious , dans sa position , dans sa composition ,
316 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉiNÉRATION DES ARTlCLiLÉS.
dans les rapports de ses différentes parties et même
dans ses usages suivant les familles, les genres et les
espèces.
Sous le point de vue de ses usages, il y a une grande
divergence entre les deux anatomistes (|ui ont fait le
plus de recherches sur cet appareil. M. L. Dufour lui
a donné le nom de séhijique^ dès 189.4, et pense avec
M. Giivier qu'il sécrète une humeur propre à complé-
ter les enveloppes de l'œuf.
M. Siebold ; 1) a découvert que la poche ou les
poches qui font partie de cet appareil, et qui tiennent
par un canal plus ou moins délié à Toviducte, sont far-
cies . après le coït, d'innombrahles spermatozoïdes.
C'est cet appareil sébifique qu'il appelle réservoir sémi-
nal, et non, comme on Ta dit et imprimé, la. poche
copulatrice d'Audouin.
Dans le réservoir séminal , les spermatozoïdes ne
sont plus par écheveaux, comme dans les testicules ,
mais désunis, quoique formant une masse serrée, et
ne montrant leur état vàvace que lorsqu'on leur donne
plus d'espace pour leurs mouvements. Dans l'eau , ils
ne tardent pas à se friser et à se boucler.
La poche, copulatrice d'Audouin^ à laquelle M. Sie-
bold conserve ce nom , est souvent unie à l'appareil
précédent; mais elle peut en être distincte; elle ne
servirait qu'à la copulation, suivant M. Siebold, après
laquelle elle retient souvent la verge du mâle (dans le
hanneton^ par exemple). On la trouve remplie d'une
{x) Feruere Beobaclitungen iibrr die Spermatozoen der wirbellosen
Thiere. V. C. T. Siebold. Archives de J. Millier pour iSS;, p. Sga et
suivantes.
ART. I. ORG. PRÉPARATEURS ET EDUCATEURS FEMELLES. 317
masse granuleuse et vésiculeuse, sans spermatozoïdes
ou avec quelques unes de ces machines animées qui
n'y montrent plus sifjne de vie et qui y paraissent dé-
placées.
Enfin lextrémité postérieure de l'oviducte, et même
le vagin , rec^oivent les canaux excréteurs d'un autre
appareil de sécrétion , qui n'existe que chez les fe-
melles qui enveloppent leurs œuls d'un cocon. C'est
l'appareil sérifique de M. L. Dufour.
Citons quelques exemples, pris dans les divers or-
dres de la classe, pour faire comprendre les différen-
ces principales que présenteutles organes préparateurs
et éducateurs dont nous venons de donner une idée
générale, et celles encore plus nombreuses des organes
de sécrétion ou des réservoirs annexés à ces derniers.
Nous les exposerons dans les deux paragraphes sui-
vants, en ayant soin de conserver ceux que M. Cuvier
avait choisis pour le texte de notre première édition.]
§ 1. HdiXi'^X Ordre des Coléoptères.
a. Les Pentamères. Dans la famille des Carnassiers^
les Carabes ont dix ou douze tubes ovigéres , et les
dytisques douze ou quinze. Ce nombre de tubes varie
cependant d'un genre et d'une espèce à l'autre.
[Le carabe doré n'en a que sept pour chaque ovaire.
Ils ont leur embouchure dans un calice ou dans une di-
latation de l'oviducte particulier, qui forme immédia-
tement après un canal cylindrique (i).
Le dytiscus mar^inaUis a jusqu'à trente tubes ovi-
géres pour chaque ovaire.
(l) L. Uufour, oiiv. cit. l'I. XVII, fijj, li
318 XXXV' LEÇON. 0R&. DE GÉNÉBATION DES AKTICUlÉg.
Parmi les Brachèlytres , le staphylinus olens se dis-
tingue par le petit nombre de gaines ovigères ; il y
en a trois pour chaque ovaire ; par la longueur des
oviductes particuliers, et par une dilatation en forme
de sac, qui est le commencement de l'oviducte commun,
dans laquelle ils aboutissent. Après cette dilatation ,
loviducte commun est court, pyriforme (i).]
Dans le silpha atrata , parmi les Clavicornes^ les tu-
bes sont au nombre de sept ou huit , contenant cha-
cun quatre œufs. Ceux-ci ne grossissent que dans les
branches de Foviducte , qui sont fort larges (2).
[Le cLerus alveolaris a chaque ovaire composé d'en-
viron trente gaines ovigères , au plus biloculaires ,
mais dont la disposition est toute particulière dans cet
ordre: elles sont rangées en travers pour aboutir à un
oviducte inférieur qui règne dans la longueur de ces
ovaires (3).]
Dans la famille des Palpicornes , X hydrophile a les
tubes ovigères très nombreux formant deux grappes
ovales très épaisses (4).
Parmi les Lamellicornes^ le scarabé nasicorne a six
tubes ovigères de chaque côté , contenant chacun cinq
ou six œufs.
[Le hanneton a six gaines ovigères par ovaire, ren-
fermant chacune quatre œufs se développant. Elles
aboutissent à l'extrémité de chaque oviducte particu-
lier, qui est uu peu dilaté à cet effet. L'oviducte com-
mun est assez long (5).
{\\lhl<i. PI. XYU, ag. 7. {i)lhiâ. PI. XVII, 6g. 7. (■h)lhid. PI. XVIFI,
hg. 3. (4) Ibid. fig. 5. (5) îhid. PI. XVm, fig. 9.
ART. I. ORG PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 3 19
Parmi les Lucaiiides , le cerf-volant se distingue par
ses douze tubes ovigères pour chaque ovaire, lesquels
ont au plus trois ovules développés, ou se dévelop-
pant. Leur extrémité est terminé par une petite sphère
surmontée d'un filet délié. Les tubes aboutissent au
calice par un col étroit. Ce calice est assez dilaté , et
renferme un certain nombre d'œufs qui s'y complè-
tent (i).
b. Les Hétéromères. Nous ne citerons, dans cette
division, que le blapsgigas^ qui a, pour chaque ovaire,
environ trente tubes ovigères biloculaires, aboutissant
par plusieurs faisceaux dans leur calice. Leur extrémité
libre est renflée en massue (2).
6*. Les Tètramères. Le lixus angustatus^ de la famille
des Rhincopkores^ se distingue par ses deux tubes ovi-
gères pour chaque ovaire. Par compensation , ils sont
multiloculaires.
Chaque oviducte particulier est court et dilaté ;
l'oviducte commun est un boyau flexueux (3).
V! hainaticherus /ze/'O^, delafamille àe^ Longicornes^
a une organisation bien différente. Chaque ovaire se
compose de trente à quarante gaines ovigères mul-
tiloculaires. Le calice est grand et contient un grand
nombre d'œufs mûrs.
L'oviducte commun est dilaté dans sa première
moitié, et cylindrique dans la seconde (4)-
hdicassida viridis,àe\diïsi\m][e des Ci/cliques^ a deux
ovaires de chacun vingt tubes ovigères , quadrilocu-
(i) Ibid. ti{{. 10. [1) Ibid. l'i. XIX, lig. i.(3) Ibid. Fl. XX, lig. i.
(4) Ibid. tig. J.
320 X\X\' LEÇON, OBG. DE CÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
laires. Le calice est uu grand réservoir dans lequel
se complètent les œufs. II se termine dans l'oviducte
commun par un tube court et cylindrique.]
§ 2. Les Orthoptères.
[Us ont, comme tous les Insectes, deux ovaires, com-
posés de capsules ovigères dont le nombre est très va-
riable, ainsi que leur disposition, relativement à l'ovi-
ducte.
Celui-.ci varie, par sa iorme, par son développe-
ment et par ses divisions, en oviducte ovarien ou in-
térieur, en oviducte extérieur particulier, et en oviducte
commun.
h'œna/Uus italicus , parmi les GriUoniens , a deux
ovaires de forme ovale, composés d'un grand nombre
de capsules ovigères multiloculaires, réunies par leur
sommet à un ligament commun et aboutissant, en ar-
rière, par leur autre extrémité, au calice ou à l'origine
élargie de l'oviducte particulier. Celui-ci commence
par un col étroit, forme une dilatation ovale et se ré-
trécit de nouveau avant de se terminer à l'oviducte
commun (i).
IjCs Locustaires ont des ovaires très analogues à ceux
des Grillo/iiens.]
lies sauterelles ont, de chaque côté, une trentaine de
tubes courts, ne contenant gLière que trois ou quatre
œufs visibles , et réunis par les trachées et par une
substance muqueuse en deux masses ovales.
[Parmi \e?> Acridiens ^Xœdipoda cœrulescens et ses
gaines ovigères peu nombreuses, multiloculaires dis-
(i) L. Dufour, Recherches sur les Orthoptères, PI. III, fig. 3i.
ART. I. OR(.. l'BÉPAKATKURS F.l K.'X'CATEUBS FK.MELf/cS. 321
posées par série sur un côté de l'oviducte ovarien.
Celui-ci a beaucoup de capacité et se prolonge en
avant, avec un lonj? boyau replié, en forme de cœcum,
qui prépare sans doute quelque humeur propre à
fournir aux œufs leur enveloppe protectrice (i).
li'ovaire des Mantes [mantis religiosa (2)) a beau-
coup d'analogie avec celui que nous venons de décrire.
Quatre ou cinq gaines ovigères aboutissent ensemble ,
par leur col , dans un canal commun. Sept de ceux-ci se
rendent latéralement dans l'oviducte particulier, dont
ils forment autant de rameaux: seulement, cette
branche de l'oviducte n'a pas d appendice cœcal.]
§ 3. L^s Hyménoptères .
[Les organes préparateurs femelles àe?, Hyménop-
tères ne diffèrent pas de ceux des autres Insectes.
Les gaines ovigères sont généralement peu nom-
breuses, même dans la famille des Apiaires ., dans la-
quelle la Pleine ou la femelle de lespéce domestique
se distingue seule par un grand nombre de ces gaines.
Swammerdam en a compté jusqu'à i5o par ovaire,
qui sont multipares, et peuvent contenir une série de
17 ovules de grandeurs différentes.
Dans la même espèce , les gaines ovigères aboutis-
sent toutes au fond de chaque oviducte particulier, qui
sert de réservoir aux œufs mtirs, en attendant la ponte.
L'oviducte commun a à peu près la même étendue.]
Les chapelets, disait M. Guvier dans notre ancien
texte, dans les ovaires àes abeilles^ sont nombreux
de chaque côté. 11 m'a paru y en avoir de très petits
(i) Jhid. PI. H,fifî. 17. (7) //>îV/ ri.IV. firr. 4a.
8. 21
322 XXXV* LEÇOÎf. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
dans les abeilles neutres , ce qui confirmerait l'idée que
ce sont des femelles non développées (i).
[Le nombre des gaines ovigères peut n'être que de
quatre (les boinbus , les xylocopes) , ou même de trois :
c'est le cas le plus fréquent.
Les oviductes particuliers commencent souvent par
un calice ou une dilatation, au fond de laquelle s'ouvrent
les gaines ovigères. L'oviducte commun est un boyau
court.]
§ 4' ^^^ Névroptères.
[Les libellules et les éphémères ont des gaines ovi-
gères nombreuses , multipares , rangées le long du bord
interne de l'oviducte ovarien ou du calice.
lù^usVœshna grandis^ les gaines des deux ovaires
forment, par leur rapprochement, une seule masse
oblongue , composée de nombreux ovules. Ces ovaires
ne se distinguent que par les oviductes particuliers qui
se dégagent de leur extrémité postérieure, et qui se
portent, séparés l'un de l'autre, vers l'oviducte com-
mun , qui est court.
Dans \esperles , l'oviducte ovarien est un long boyau
replié, autour duquel sont, comme implantées plusieurs
centaines de gaines ovigères à cinq ou six ovules.
Ce tube est commun aux deux ovaires, qui sont ainsi
fondus en un seul.
La partie qui ne supporte plus de gaines, ou l'ovi-
ducte particulier, ne tarde pas à se dilater en une poche
ovale, où s'arrêtent les œufs mûrs.
(t) Cette observation ancienne a été constatée par M. L. Dufour.
(V. les RechercVies sur les Hywénoptiies , pi. VI, ti{>. 67.) Cet iwvùl do
développement, si bien exprimé, a pu être la source d° toute nue tlw'orie.
ART. I. ORCt. préparateurs KT ÉDUCATEURS FEMELLES. 323
Au-delà de chaque poche, l'ovidiicte parliculier re-
devient un boyau cylindrique, assez long, replié, se
terminant, avec son symétrique, dans un oviducte
commun, fort court et dilaté.
La panorpe a dix gaines ovigères multipares, pour
chaque ovaire. Elles aboutissent , en arrière , à un
calice qui se resserre immédiatement en un boyau cy-
lindrique^ assez long : c'est l'oviducte particulier.
L'oviducte commun est court.]
§ 5. Les Hémiptères.
[La composition des organes préparateurs et éduca-
teurs chez ces Hémiptères femelles n'est pas essentiel-
lement différente de celle que nous ont offerte les
Ordres précédents. 11 y a des tubes ovigères peu nom-
breux , réunis en un paquet pour chaque ovaire.
L'oviducte particulier dans lequel se continue le
calice, qui reçoit les embouchures des tubes de chaque
ovaire , a des proportions très variables , selon les es-
pèces , ainsi que l'oviducte propre.
Nous n'en citerons que peu d'exemples.
Parmi les ^mpkicorises ^ les gerris n'ont que quatre
tubes ovigères par ovaire. Ces tubes sont multipares
et fort longs. Il y a deux oviductes particuliers courts
et un oviducte commun , recouvert en dessus par la vé-
sicule copulatrice, de forme arrondie, à parois d'un
tissu dense et serré (i).
he?> Hydrocorises ont des ovaires à longs tubes ovi-
gères, multipares, au nombre de quatre; cinq ou six
pour chaque ovaire.
(i) L. Dufonr. Rerherrlipit «ur Ici ffi'miptères , fifT. 176.
324 XXXV* LECOX. ORG. DE GKiNÉRATIOîV DES ARTICULÉS.
Les oviductes particuliers sont longs dans le naucoris
cimicoides , et l'oviducte commun forme une poche
dilatée, rectangulaire, sur laquelle un tube replié,
tenant lieu de glande sébifique, vient se terminer (i).
Parmi les C/'cadaires, les ovaires de la cigale [cicacla
orni) se distinguent par le grand nombre de tubes ovi-
gères dont ils se composent; il y en a 70 à 80 par
ovaire. Ils y sont réunis par paquets de quatre, cinf[
ou plus, à un ovidiicte partiel, de manière que Tovi-
ducte particulier de chaque ovaire est comme un tronc
qui se divise en branches et en rameaux portant ces
faisceaux de tubes ovigères (2).
Dans le puceron du rosier, les gaines ovigères, au
nombre de dix à douze , sont réunies en un seul pa-
quet , de sorte qu'il n'y a qu'un seul ovaire. Elles se
divisent en cinq ou six loges (3).]
§ 6. Les Lépidoptères.
Les papillons ont de chaque côté quatre très longs
tubes remplis d'une grande quantité d' œufs, et for-
mant , surtout dans les espèces fécondes, des chapelets
cinq ou six fois plus lougs que le corps. L'oviductiis
commun est si court, qu'il est à peu près nul. Mai-
pighi, Swammerdam, Réaumur et de Geer ont bien
représenté ces organes dans différentes espèces.
§ 8. Les Diptères.
[L appareil des organes préparateurs et éducateurs
femelles dans cet ordre a été décrit avec beaucoup de
(i.)/m</. PI. XVI, fig. 1-9. {2)lhid. PI. XVIII, fig. !88 et i8p. i^lh-d.
ARÏ. I. OHt}. PRÉPàBATEURS KT ÉDUCATEURS FEMELLES. 3'}.'}
détails, dans une espèce au moins, des principaux
groupes naturels de cet ordre nombreux , par M. Ij.
Dnfour.
Il varie beaucoup dans toutes ses parties, principa-
lement dans les organes éducateurs, suivant que les
espèces sont ovipares, et c'est l'immense majorité, ou
qu'elles sont larvipares.
Les organes préparateurs ou les ovaires, qui sont
toujours au nombre de deux et symétriques, se com-
posent, comme dans les autres Insectes, de boyaux
coniques implantés, pour ainsi dire, autour d'un réser-
voir commun, ou d'un oviducte intérieur.
Ces tubes ovigères servent au développement d'un
seul ovule , de deux , de trois ou de six ou sept , suivant
les espèces. Ils peuvent être innombrables ou réduits
au nombre de quarante (les piophiles) , ou même de
vingt à vingt-cinq (le trichowjzd).
L'oviducte intérieur peut se prolonger hors de
chaque ovaire, comme oviducte extérieur particulier,
avant de se réunir à l'oviducte commun. Celui-ci est
long ou court; il prend des dimensions considérables
dans les larvipares , quand il devient oviducte incuba-
teur, ou qu'il se joint à celui-ci , qui en est distinct.
Ce dernier cas est celui àeXechiiiomy a gross a. dGiie
espèce a des ovaires d'un type que nous n'avons pas
encore décrit. Ils sont eu forme de plateau rond , sur
lequel des capsules ovigères muUiloculaires, très nom-
breuses, sont rangées par cercles concentriques.
Cette forme d'ovaires en plateau est encore celle
de la plupart des Muscles,
Dans cette même espèce , chaque ovaire a son ovi-
ducte extérieur particulier qui aboutit à un oviducte
32G WXV' LEÇOiV. oaO. de GÉiNÉfiATIOX DES ARTICULES.
coniimui. I/exti'émité de celui-ci reçoit les canaux ex-
créteurs des glandules dites orbicelles, des deux vési-
cules copiiiatrices et du réservoir ovo-larvigère , qui
est latéral comme dans le type précédent, et comme
surajouté à l'appareil génital.
Ce réservoir est un long boyau , contourné en spi-
rale, aux parois duquel les œufs sont attachés par un
bout étranges comme des pavés.
Dans \ hippobosque et le melophagus ovinus , les
ovaires sont deux corps ovales, de grandeur très iné-
gale, qui tiennent, de chaque côté, à l'oviducte com-
mun.
Ils laissent, en avant, dans le inélophage, une por-
tion de celui-ci, qui forme un cul-de-sac de ce côté.
L'oviducte commun conduit directement dans une
vaste poche dont l'autre ouverture donne dans la vulve
membraneuse (i). Cette vaste poche est l'oviducte
incubateur ou l'utérus.]
II. Des annexes de Voviducte^ ou de la poche copu-
latiice, du réservoir séminal et des glandes séhifiques
et sérijîques.
[J'ai adopté , dans la description qui va suivre , rela-
tivement à la poche copulatrice et au réservoir de la
semence y\e^ déterminations de M. Siebold (2), tout
en reconnaissant, avec ce savant physiologiste, l'exac-
titude des nombreux détails anatomiques publiés par
M. L. Dufour : aussi aurai-je recours aux mémoires
(1) M. L. Dufour. Annales des se. natur.,Z* série, t. 3, pi. 3.
(2) Les Zooapennts dons les organes des Insectes femelles. Archiv; ; de
J. Miiller jjuur ibo". p. J92 et suiv,, et pi. XX , Hg. i-io.
iRT. I. ORQ. PRÉPABATEUaS ET ÉDUCATEURS fEMELLSS. 327
si riches de faits du célèbre entomologiste , pour les
descriptions particulières dans lesquelles je vais entrer.
ha poche copulafricen est pas toujours distincte de
Toviducte ; elle peut être réduite à une simple dilata-
tion circulaire, ou latérale seulement, d'une partie de
ce canal.
Chez d'autres, ce cul-de-sac latéral se développe en
une poche distincte , et prend même un pédicule qui la
sépare de plus en plus de l'oviducte ou du vagin.
L'intérieur peut en être revêtu d'un épithélium plus
ou moins solide.
La poche copulatrice n'est bien évidente que dans
les deux dernières formes. Quand elle manque, le
vagin seul reçoit la semence et la transporte dans le
réservoir séminal, ou directement dans l'oviducte.
Le réservoir séminal de M. Siébold et la glande ap-
pendicuîaire (le réservoir sébiBque de M. L. Dufour)
se composent : i° d'une ou plusieurs poches ou cap-
sules, vides et affaissées avant la copulation, farcies
de spermatozoïdes après cet acte;
2° D'une glande annexée à ce réservoir, simple ou
multiple;
3° D'un canal qui conduit du réservoir séminal dans
l'oviducte commun, et souvent d'un autre canal qui
communique avec la poche copulatrice.
La c?,rù\c\ié du réservoir séminal est quelquefois très
petite; niais la présence de spermatozoïdes nombreux
et très vivaces, après la copulation, ainsi que M. Siébold
l'a constaté dans beaucoup d'insectes , ne peut laisser
de doute sur son exacte détermination de ces organes.
Toutes ces circonstances varient d'ailleurs beaucoup
dans les divers ordres, familles et genres de la classe.]
^8 XXXV* LKÇON. OfiG. DK GEMKWATIOW DES ABTICLLÉS.
§ 1. Les Suceurs.
[ha puce du chienaun réservoir séminal etime poche
copulatrice annexés tous deux à roviclucle. On trouve
le réservoir rempli de spermatozoïdes après la copu-
lation; ses parois sont fermes et résistantes.]
§ 2. Les Coléoptères.
a. Les Peutamères. Dans la famille nombreuse des
Carnassiers , M. Cuvier avait observé que \e dytisque
na qu'une vessie simple et petite annexée àloviducte,
qui se prolonge davantage dans le carabe.
[Ce réservoir séminal dans le dytiscus marginalis
s'ouvre dans le premier tiers de loviducte; il reçoit,
un peu en deçà de son fond, un tube sécréteur.
Un semblable tube sécréteur se rend dans le réser-
voir séminal du carabe doré.
Le zabrus obesus , le chlœnus velutinus , n'ont qu'un
simple réservoir pyriforme , sans tube , qui commu-
nique chez le premier à la fin d'un long oviducte, et
chez le second près du milieu de la longueur de ce
conduit.
Dans ces divers exemples, je ne vois pas de poche
copulatrice distincte du réservoir de la semence, et
j'hésite à déterminer comme poche copulatrice, dans
ce dernier, la vésicule unique , à cause de son éloigne-
ment de la vulve (i).
Dans la famille des Serricornes^ la partie glanduleuse
du réservoir séminal de M. Siébold est très corapli-
(i) M. L. Dufour, Annales des se. »m(.,t. VI, p. 237 et suiv,, et pi.
XVII, tig. I, 2, 4 et 5.
ART. I. ORG, PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 329
quée. Elle se compose de tubes ramifiés dicljolomi-
qiiement et ayant des dilatations triangulaires aux divi-
sions des rameaux dans Xelatcr murinus^ qui manquent
dans Yélatergllvellus. Un petit réservoir arrondi, annexé
au commencement de l'oviducte, produit, dans la pre-
mière espèce, trois autres réservoirs en entonnoir,
desquels partent les troncs de ces ramifications.
Dans Xelater gilvellus ^ cet appareil diffère encore
du précédent par l'existence de deux vessies , en forme
de massue , qui communiquent dans le premier réser-
voir, au commencement de l'oviducte et à une grande
distance de la vulve (i). Ces différences, même dune
espèce à l'autre , sont très remarquables.
Dans la famille des Palpicomes., le grand hydrophile
paraît avoir l'appareil glanduleux sébifique et sérifique,
avec le réservoir séminal et la poche copulatrice. Le
réservoir serait un tube impair assez long, dilaté à ses
deux extrémités, qui aboutit dans une poche oblongue,
volumineuse , à parois épaisses , s'ouvrant dans l'ovi-
ducte.]
M. Guvier avait remarqué, autour de la base de
chaque grappe des gaines ovigères, cinq longs et
gros vaisseaux sécrétoires qui contiennent une liqueur
verte.
[Outre ces tubes isolés, il y a un faisceau de tubes
plus fins, renflés à leur extrémité libre, dont les rami-
fications dépassent en avant les tubes ovariens , et dont
les troncs, au nombre de six ou sept, viennent s'in-
sérer à la partie la plus avancée du calice de chaque
ovaire.
(i) Ibid.Yifr,, 8,9et lo.
330 XWV LEÇON. OBG. DE GÉi\ÉBA.TIO.X DE8 ARTICULÉS.
li'im de ces appareils doit servir à compléter les en-
veloppes de l'œuf, et l'autre à fournir la soie dont cet
insecte fi!e son cocon. Ici tous les organes qui peuvent
être annexés à l'oviducte sont en présence (i).
Dans la famille des Lamellicornes , le réservoir sé-
minal et la poche copulatrice sont séparés ou annexés
l'un à l'autre.
Dans le hanneton (2), la poche copulatrice est plus
en arrière que le réservoir séminal et son tube glan-
duleux.
h. Les Hétéromères. S'il y a, dans le genre Bîaps^
une poche copulatrice et un réservoir séminal . celui-ci
n'est qu'un long tube avec deux branches pelotonnées,
dans le Blaps gigas ; tandis que ces branches sont
courtes et ont leur extrémité libre dilatée en une vessie
pyriforme, dans le Blaps similis. Le tronc de ce tube
séminal s'ouvre dans une grande poche , cylindrique
dans la dernière espèce, en navette dans la première,
qui serait la poche copulatrice (3).
Les autres familles de cette division paraissent avoir
assez généralement une poche copulatrice et un réser-
voir séminal , soit réunis , soit séparés.
c. Les Tétramères. Dans la grande famille des
Rhincophores yXïon?>ne citerons que le lixus angustatus^
dont l'oviducte semble se terminer par une grande
poche copulatrice de forme sphérique; elle reçoit le
canal excréteur d'un petit réservoir séminal, ayant une
partie glanduleuse en forme d'hameçon.
Parmi les Longicornes , Xhamalicherus héros a une
(1) Ibid. Fig. 5. (2) Ibid. Fig. 9, et M. Strauss Durkheim, Anat. des
animaux articules, pi. VI, fig. i . (3) Ibid. PI. XfX, fig. i , 2, 3.
A.BT. I. OflG. PRiPABATEUaS ET ÉDUCATEUB9 FEMELLES. 331
vésicule pyriforme dont le pédicule grêle a un orifice
commun , dans le commencement de Toviducte , très
loin de la vulve, avec un tube glanduleux bifurqué; cet
appareil est le réservoir séminal. Je ne vois pas de
poche copulatrice.
Dans la famille des Cycliques , la cassida viridis a
une poche copulatrice qui couvre la dernière moitié
de Toviducte. Cette poche reçoit, en avant, le canal
excréteur du réservoir séminal, qui est long, très si-
nueux et renfermé dans un tube glanduleux transpa-
rent. Ce canal aboutit à son réservoir, qui est anguleux
à sa base , et représente un tube cylindrique , recourbé
et un peu dilaté à son extrémité (i). Dans le cassida
equestris , le réservoir séminal est courbé en fer à
cheval, et tient à une partie glanduleuse (2).
Il y a d'ailleurs un appareil de six capsules pyri-
iormes, dont le canal excréteut' commun s'ouvre dans
le vagin. C'est la glande sérifique de M. L. Dufour.
On vient de voir, par ces exemples : 1° Que, dans
cet Ordre, la poche copulatrice n'existe pas toujours :
q' Que le réservoir séminal existe plus généralement :
3° Que ce réservoir peut être annexé à la poche copu-
latrice : 4° Que le vagin ou l'oviducte peut tenir lieu
de cette poche;
5" Qu'il y a toujours une glande annexée au réser-
voir séminal. Comme les vésicules séminales, chez les
mâles des mammifères, c'est à la fois un réservoir et un
organe modificateur de la semence ;
6° Que les organes annexés à l'oviducte, qui vien-
(1) Ihld. PI. XX , «0. 6 et 7. (2) Mémoire cité de M. Siéhold , pi. XX ,
tig. 1, pour la Cassida equestriS.
332 XS.XV* LEÇON, ORG. DE oiNÉBATION DES ARTICULES,
ncîit d être décrils varient dans les détails , même d une
espèce à l'antre.]
§ 3. Les Orthoptères.
[Ils ont un réservoir séminal qui pourrait bien servir
à la fois , dans quelques cas, de poche copulatrice. Il y
en a qui ont un ou plusieurs tubes glanduleux sébifi-
ques ou sérifiques.
Dans Vœnanthiis italicus^ parmi les Grylloniens^ on
trouve un réservoir séminal en forme de vésicule pyri-
te rme, pédiculée, qui s'ouvre tout au commencement
tie i'oviducte, bien loin de la vulve. Plus en arrière est
annexé, vers la fin de I'oviducte, un long tube replié,
qui pourrait être considéré comme la glande sébifi-
que(i).
Dans le gryllus biguttulatus , la vésicule qui sert de
réservoir séminal est annexée à la fin d'un long tube
grêle qui tient au vagin (2).
On la voit à l'extrémité de son canal excréteur, dans
Xœdipoda cœrulescens ^ parmi \es Acridiens (3).]
Chez les Sauterelles {[es Locustaires), I'oviducte com-
mun reçoit une vessie, [le réservoir séminal] et un long
vaisseau [le tube sébifique).
[Dans les iS/û^^e,? ,1e réservoir séminal se compose de
deux tubes grêles, repliés, entourés d'une substance
ayant l'apparence glanduleuse et enfouis dans la
graisse ; ils ont un canal commun qui s'ouvre dans le
vagin. On les trouve, après le coït , remplis de sperma-
tozoïdes.
Il ne faut pas les confondre avec les tubes fins, rami-
(i) L. Dufour. Recherches sur les Orthoptères^ip], III, fig. 3l. (2) M. Sié-
liold , ni. 1 ., pi. XX , Hg, 3. (3) L. Dufoiir. oiiv. cit., pi. Il , fig. 17.
ART, I. ORG. PREPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 33S
fiés ( i) , qui séparent la soie dont ces Insectes envelop-
pent leurs œufs.]
§ 4» J-i^^ Hyménoptères.
[Ceux qui ont un appareil venimeux me paraissent
manquer ou du réservoir de la semence ou de la poche
copulatrice.
Parmi les Apiaires , loviducte de \ abeille a miel
reçoit, dans le milieu de sa longueur, le réservoir
séminal, capsule sphérique , et un petit tube à deux
branches. Ces circonstances organiques avaient été
indiquées par M. Cuvier dans notre ancien texte.]
Les abeilles ont aussi la vessie et le vaisseau.
[M. L. Dufour a de plus observé que ces organes
manquent dans l'appareil rudimentaire des abeilles
neutres (2).
Le réservoir séminal a été pris à tort pour la poche
copulatrice (3).
ijanthidiummanicatum n'a ni poche copulatrice ni
réservoir séminal, à moins qu'on ne considère comme
tel la glande sébifique de M. L. Dufour (4).
La femelle du frelon (yespa crabrd) parmi les Guë-
piaires ^ a, vers la fin de 1 oviducte, un réservoir cylin-
drique qui me paraît devoir être à la fois la poche
copulatrice et le réservoir séminal (5).
Cette poche copulatrice , ou réservoir séminal , est
petite et cylindrique dans le scolia intercepta (6).
(1) L. Dufour. PI. V,fig. 47. (3) Ihid. PI. VI, fig. 67. Voir encore h
Zoologie médicale de Brandt et Ratzbourg, p. 3o3 , pi. XXV, fig. 34-c
(3) Par M. Audouin , Annales dei se. nat., t. II, p. 284- (4) P'- ^'^î ^0*
68-b.(.';) tbid, Fig. 85. {6)Ibid. PI. VIII,, figgS,
334 XXXV* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION' DES ARTICULÉS.
Dans le larra ichneumonifoimis^ de la famille des
Crabronites^ie ne vois ni vésicule copulatrice ni ré-
servoir séminal (i).
La parnope^ de la famille des chrysidides , n'a qu'un
petit tube bifurqué , qui s'insère à la fin de l'ovi-
ducte (2).
Nous retrouvons dans les familles suivantes les di-
verses annexes de l'oviducte, et surtout le réservoir sé-
minal et la poche copulatrice coexistant plus généra-
lement.
Le banchus pictus (3) , de la famille des Ichneumo'
nides, a un appareil glanduleux composé d'un grand
nombre de tubes , qui aboutissent au fond d'un ré-
servoir séminal considérable courbé en crosse.
Une autre vessie cylindrique , se réunissant à l'ovi-
ducte, plus en arrière , doit-elle être considérée comme
la poche copulatrice?]
§ 5. Les Névroptères.
[Ils ont une poche copulatrice, qui tient lieu de ré-
servoir séminal , ou ce dernier organe sans poche co-
pulatrice. Ils sont aussi pourvus d'une glande sébifique
simple ou multiple. Mais ces diverses circonstances or-
ganiques peuvent varier, comme dans les ordres précé-
dents, d'une famille à l'autre.
Dans celle des Libellules ^ Yœs/ina grandis a un court
oviducte commun, auquel est annexée , dès son ori-
gine, une poche sphérique, qui pourrait bien être co-
pulatrice, et vers sa terminaison, deux boyaux ridés,
(i) ibid. PI. vfii, fip. 106. (2) ibid, FI. IX, fig. 1 19. (3^ fbiri. VI n,
fis;. i32.
AKT. r. ORG. PRKPARATEURS KT KOnCATK UliS FEMELLES. 335
que nous déterminons comme des glandes sébifi-
ques(i).
La panorpe montre d'autres différences. La fin de
loviducte reçoit les canaux excréteurs de deux orga-
nes distincts. Le premier se compose de deux lonps
boyaux cylindriques d'un grand diamètre comparati-
vement à celui de leur canal excréteur commun : c'est
la glande sébifique. L'autre organe est une vessie avant
un très long et très fin canal excréteur. Serait-ce , à
la fois, la poche copulatrice et le réservoir séminal (2)?
Les phri/ganes se font remarquer par la forme par-
ticulière et la complication des annexes de loviducte.
H y a un réservoir séminal rectangulaire, dont la
cavité communique avec l'oviducte par un tube ex-
créteur étroit. A ce réservoir aboutit un long tube sé-
créteur, et un autre tube plus court, à son canal excré-
teur.
Deux boyaux vésiculeux, plus longs que l'oviducte,
se joignent en arrière pour se terminer dans ce can.'il ;
chacun de ces boyaux, avant sa terminaison, reçoit le
col d'une vésicule trilobée (3).
Voilà de nouveau un appareil compliqué de sécré-
tion qui doit servir à compléter les enveloppes pro-
tectrices des œufs; mais en même temps un réservoir
considérable , qui peut servir à leur fécondation , eu
absorbant la semence au moment de la copulation.]
§ 6. Les Hémiptères.
[On a décrit (4) avec beaucoup de soin, chez les Géo-
(1) L. Dufour, Recherches sur les Névroptères , pi. II, fig. i65.
(2) Tbid. PI. XÏI, fifj. 174. (3) IbUL Fi-. 3 et 12. (4) UccherrJies sur
Ips Hr'w'ptères, par M. L. Dufour, pi. XIV. fig. iSg-iSS.
336 XXXV* I-KÇON. ORG. DE CENEKATION DES ARTICULÉS.
co/ïses ^un appareil très compliqué, soit comme glande
sébifiqiie, soit comme réservoir de la semence.
Après le coït , M. Siébold (i) a reconnu , en effet ,
que sa cavité la plus intime était farcie, après cet acte,
de spermatozoïdes.
Le réservoir séminal, dans les scutellères^-pentatomes
et cÀmcx n'est pêPs la seule annexe de l'oviducte. La
sciitellera rnora a deux grosses vésicules, non com-
pris la vésicule pyriforme impaire qui se voit à la face
supérieure (2).
Dans le iniris carcelii , il y a une pocbe copulatrice
ou un réservoir séminal entouré d'une guirlande de
tubes sécréteurs (3).
La punaise des lits a deux réservoirs sémiiAux vé-
siculeux , annexés, par extraordinaire, aux oviductes
particuliers (4).
Le pelogonus marginatus (5) a une seule vésicule
en forme de boudin arqué , communiquant avec l'ovi-
ducte par un long canal excréteur très fin. C'est sans
doute le réservoir séminal.
Une simple vésicule coucbée sur l'oviducte, servant
sans doute à la fois de réservoir séminal et de poche
copulatrice, est la seule annexe de l'oviducte, dans le
gerris canalium , parmi les Ampliicorises.
L'annexe unique de ce canal, dans le Naiicoris cimi-
coides, parmi les Hydrocorises ^ est un long tube sécré-
teur de forme grêle. Il est vrai que l'oviducte éprouve
ici une large dilatation , qui peut bien tenir lieu à la
fois de réservoir séminal et de poche copulatrice ((3).
(i) M. c.,fig. 5 et 6. (2) M. L. Dufour , ouv. cit., fifj, iSp, r, c. et e.
(3 Idid. PI. XV, fig. 168. r4) Jhxd. Fïr. 170. (S) //iV. Fig. 176. (6) IWnl.
Fig. 17p.
AKT. I. OIIG. PJ'.lîl'AllATKUUS l/f i:i>LCATEUBS KKMELLIîS. 337
La Cigale de fornc^ paimi les Cicadaires^ a un pre-
mier oviducle commun, coudé à son origine, où il re-
çoit deux longs tubes sécréteurs; ce premier oviducte
se termine par un mamelon saillant, dans une sorte de
vestibule copulateur. Ce vestibule communique à la
fois, au dehors, par un canal copulateur ou un vagin,
et par un second oviducte, qui reçoit dans une espèce
d'entonnoir le mamelon terminal du premier oviducte ,
et donne par son autre extrémité dans roviscape,où il
conduit les œufs. IjC vestibule copulateur reçoit en-
core l'embouchure du col de la poche copulatrice (i).
Il y a plusieurs tubes glanduleux qui s'ouvrent dans
le deuxième oviducte.
La poche copulatrice existe généralement dans
cette famille, et paraît devoir servir de réservoir sémi-
nal. M. Siébold détermine avec doute, comme réser-
voirs pairs de la semence, deux tubes annexés au vagin,
dans les cicadelles.
La vésicule copulatrice manque chez les pucerons
vivipares. Lorsqu'il y aaccouplement et fécondaciu i,
les œufs sont nécessairement fécondés dans l'ovaire ,
puisque c'est dans les deux dernières loges des gaines
ovariennes que l'embryon se développe. On ne voit,
dans ces Aphidiens {aphis rosœ) aucune annexe de
Toviducte (2).]
§ 7. Les Lépidoptères.
[Cet ordre se distingue par le nombre et souvent la
(1) Voir L. Dufour, ouv. cit., By. i88 et 189; et un Mémoire tle
M. Doyère, qui le premier a distingué le vestibule copulateur, l'ouverture
particulière du vagin , séparée de la tarière , et le premier et le second ovi-
ducte. Annales des se. nat., t. VII, pi. 8. (a) Ibid. Fig, 192.
8. 22
338 \\\\' LEÇOK. OHG. DE GENÉBATION DES AETICULÉS.
complication des organes annexes de l'oviducte et du
vagin.
\jR poche copulatrice existe toujours. C'est une poche
spbérique ou pvriforme, aboutissant dans un canal co-
pulateur muscnlo-menibranenx qui commence à Fex-
trémité de l'abdomen, par un orifice distinct de celui
de Toviducte et du rectum. C'est à la fois le plus infé-
rieur et le plus profond des trois. On ne peut manquer
de saisir l'analogie de cet arrangement avec celui que
nous venons de décrire dans la cigale (i).
Le canal de copulation communique avec l'ovi-
ducte, par un autre canal plus étroit, également mus-
culeux (q).
Le réservoir de la semence s'ouvre dans l'oviducte
par un conduit très fin, au côté opposé à l'embou-
chure du conduit séminal. C'est une capsule pyriforme,
à parois transparentes. Une glande sébifique , con-
forme, pour la structure et la transparence, à celle des
coléoptères , est annexée à son col , par son canal ex-
créteur. Plus en arrière, on trouve l'embouchure du
canal excréteur d'une glande paire.
La détermination des organes précédents est la
suite de la comparaison qui a été faite de leur contenu
avant et après la copulation.
La poche copulatrice et le réservoir séminal sont
(i) Malpighi avait déjà observé toutes ces circonstances. Voir Mar-
cel'ii Malpighi, Dissertatio epistoUca de Bombyce^ Societati regiœ Lon-
dini dicata, pi. XIF, f-i.
(2) Herold , ^'îfoiV« du. dévtloppetnent dejs Papilloni^ p. VII, pi. IV.
fiç. \ .w.
ART. I. OBG. PBEPABATEUBS FT riUICATEURS FE^JF.LLKS. ^^9
vides au moment oi^ le papillon fef)]e|le soft rlc sa
chrysalide.
Après la copulation, le réceptacle de )a çempnce
fourmille de spermatozoïdes, et la poche copulatrice
renferme la verge rompue du mâle. Celle-ci a pris ja
forme d'une vessie , remplie d'une substance {^rarju-
leuse, qui provient sans doute des vésicules séminales.
C'est en se remplissant ainsi, comme un boudin, que
la verge pei;t pénétrer à travers le c^pal de copula-
tion, souvenf tortueux, jusqu à la poche copulatrice.
Les trois sortes d'organes, annexes de l'oviducte, va-
rient , pour la forme et les proportions, dans les divers
genres de Lépidoptères (i).
M. Cuvier avait bien indiqué, dans notre aqcien
texte ,1a poche copulatrice , le réservoir séminal et les
deux tubes sébifiques, mais sans déterminer leurs
fonctions respectives.]
L'oviductus commun est si court qu il est à peu
près nul; il reçoit une ou deux vésicules, et deux longs
vaisseaux. Malpi'gni^ Swammerdam ^ Réaumur et De
Geer , ont bien représenté ces organes dans diffé-
rentes espèces.
§ 8. Les Diptères.
[Ils ont non seulement le réservoir de la semence, se
divisant en plusieurs cavités, mais encore un appareil
glanduleux qui lui est annexé. 11 peut exister encore ijue
poche copulatrice, ou une paire de vessies ou de tubes,
qui peut-être en tiennent lieu.
Dans le culex annidatus , le ré§ervpi,r séminal se corji-
^i) M Siei.oia, lAïU. p. 4i8,§ vu
^^^^?
340 XNW* LEÇON, onc. de genebatiom des articulés.
pose de trois petites poches spbériques, dont les canaux
excréteurs se réunissent pour s'ouvrir à la fin de l'ovi-
ducte. M. Siébold les a trouvées remplies de sperma-
tozoïdes après le coït. Ce sont les orhicelles de M. \i.
Dufour. Ce dernier décrit, sous le nom de réservoir
sébifique une grosse vessie pyriforme qui aboutit dans
le vagin, et me semble devoir remplir la fonction de
poche copulatrice.
Dans la tipula olenicea , l'oviducte reçoit le canal
excréteur des trois petits réservoirs séminaux, et tout
à la fois , celui des deux vésicules pyriformes annexées
à ces glandes (i), qui pourraient avoir la fonction de
poches copulat lices.
Dans le beiis velUiLa, de la famille des Stratyomides ,
au lieu de cette double vésicule, il y a deux longs
tubes cylindriques (2).
Dans Xasilas crabriformis , les réservoirs séminar.x
sont deux longs tubes filiformes (3).
Ce dernier appareil se compose, dans le bombiliiis
cruciatus, de trois réservoirs en palette, avec une dila
tation dans le trajet de leurs longs cols; de deux autres
réservoirs pyriformes , vésiculeux ; et de deux tubes
capillaires (4).
\ AI piophile du jambon (5) a pour annexes de l'oxi-
ducte une poche copulatrice, qui n'est qu'un cul-de-
sac; un orbicelle ou un petit réservoir séminal, ses-
sile sur le commencement de ce même oviducte;
(1) Voir M. L. Dufour. Mémoire sur les Diptères^ fig. 28, et M. Sic'
bold, m. c. fig. lO, pour le Tljmla nubiculosa.
(a) /fc(W. Fig. 5i.
^3) M. I-. Dufour, fig. 60. (4) Jbid., fifj. 65. (5) Annales des scÎcik c
waMtr,. 3' >eric, t. I, pi. XVI. p. 365.
W*
ART. I. ORG. PBÉPABATKLR3 ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 341
une paire de réservoirs vésiculeux , avec un caDal es.-
créteur commun; une autre paire de tubes cylindri-
ques, avec un canal excréteur plus fin, se réunissant
aussi dans un canal commun, pour s'ouvrir dans l'ori-
fjine de Fcviducte, comme le précédent.
Chez les Pupipares ^ c'est au collet de Foviducte
commun, avant l'oviducte incubateur, que se voient les
réservoirs séminaux et les glandes sébifiques.
Dans le melupjhagus owinus^ comme dans Xhippo-
bosqiie (i) , il y a un réservoir séminal et une glande sé-
bifique. Chez le premier, ce sont deux petites vésicules
qui ont un canal commun s'ouvrant dans le commen-
cement de l'oviducte. Dans le dernier, au lieu de vési-
cules simples, ce sont des tubes ramifiés. La glande
sébifique se compose, dans l'un et dans l'autre, de
deux troncs tubuleux ayant des ramifications nom-
breuses et un orifice commun dans l'oviducte après le
réservoir séminal.]
B. Des organes préparateurs et éducateurs des
femelles dans la classe des Arachnides.
§ 1 . Les Arachnides pulmonaires.
[Dans ce groupe, les Àranéides ^ ou \ei fileuses , ont
deux ovaires bien séparés, situés de cbaque côté de
i'abdomen, et entourés par les granulations du foie.
On distingue, dans ceux de la mygale maçonne^ une
cavité centrale en forme de navette, qui s étend d'ar-
(l) Voir le mémoire de M. L. Dut'our, Annales des sciences natur.,
3* série, janvirr et février iS/jS, (. 111, p,. V, et le même tléjà cilt île
M. SiéLolJ, p. 4^'» nofe,3.
342 .xvvv« LEÇO?t. ÔBff. DE G£iNÉfiAtl0N JiES À»TlGlitÉ9.
l'ièi'e eo avant dans iifte grande partie de la iougueLtr
de rabdonien , et anx parois de iaquelle sont attachées
Jes ^jrappes nombreuses des ovules. A l'extrémité an-
térieure de Tovaire, cette eàvité centrale se continue
dans un canal étroit, qui se rend presque directement
à la vtdve, sous la base de l'abdomen, en se coudant
Une seule fois; ce canal est Toviducte proprement dit.
Lorsque les œufs sont murs, ou à peu près, ils rem-
plissent en très grande partie ia cavité abdominale.
Leurs grappes, composées d'œuls serrés les uns près
des autres, se réunissent en avant à Toviducte.
Dans une grande espèce d'Epeire dont l'ovaire était
ainsi rertipli d'œufs mf:irs, nous avons trouvé chaque
oviducte formant iln canal encore assez long, plusieurs
fois rfeplié, avatit de se terminer à la vuIVe.
Dans VÈpêire diadème , chaque ovaire est divisé par
une cloison transversale, fermée dans les jeunes, lar-
gement ouverte dans les adultes, pour le passage des
œufs, (le la chambre postériem^e à la chambre anté-
rieure.
Les Scorpions , parmi les Pëdipalpes , ont les deux
o\ aires réunis par des canaux qui vont traasversale-
)ju;ut de f un à l'autiv, et qui font d un organe binaire
Utl orgatié irtipali.
" Cet ovaire nous a présenté >, eux types , au moins,
datîs les divers genres de cette famille.
Le seul lypie eohnu jusqu'à piésout , si je ne me
troiiipe, a été dëcHtparJ. Millier i). Nous l'avons
observé dans le scorpion d'Afrique f^ror/^/o africanus).
ji est constitué par un seul ovaire , composé de trois
(j) .'/>7:/i<i'fj Je ?vle! Lel pour 1828, pi. il, fifr, l6-3t.
tubes principaux , dont un médian plus court et deux
latéraux, qui se continuent, en avant, dans les deux ovi-
ductes. Ces trois tubes sont unis par quatre paires de
tubes transverses , qui vont du tube moyen aux tubes
latéraux.
A ces divers tubes , sont attachés , par intervalles, au
moyen d'un court pédicule , de petites capsules ova-
riennes, rondes ou lenticulaires. Chacune de ces cap-
sules renferme un ovule se développant. Ces mêmes
tubes ont, comme appendice, un nombre variable de
cœciims (i) d'une forme singulière, qui sont autant
d'utérus on d'oviductes incubateurs. Ceux que nous
avons pu observer ne renfermaient pas de fœtus. Leur
pédicule était étroit et s'élargissait peu à peu jusque
vers une espèce d'anneau saillant. Aif-delà de ceL an-
neau , le cœcum formait une assez large poche cylin-
drique, un peu piissée ; c'est ddns cette partie que se
développe le scorpion, iiprès cette poche, ce n'est plus
qu'un boyau étroit, qui se termine en formant un léger
renflement ovale.
Les deux ovidiictes, continuation des deux tubes
latéraux , se rapprochent de la ligne médiane, après
s'être portes en avant à la rencontre de la vulve, et se
i*éUnissétif en un seul canal avatit de s'y terminer.
Dans ]c- (rond type, que nous avons observé dans
une grande espèce du C/ii/i (2) et dans ïandroctoiius
paris , l'ovaire est de même unique et composé d'une
(i) Nous en avODS compté vinfjt daas notre exemplaire. (2) Btithut
y/aber, EidoOx et Souleyet. Rapporte par M. le D' Ackemati.
344 xxxr* LKÇorf. org. de génération des articulés.
double échelle de tubes; c'est-à-dire qu'il y en a trois
longitudinaux, un médian et deux latéraux parallèles,
tous trois de même longueur, réunis par cinq paires
de tubes transverses qui vont du tube moyen aux deux
tubes latéraux.
Dans l'exemplaire de ce dernier que nous avons
étudié, tous ces tubes, les longitudinaux comme les
transverses , sont garnis en dehors d'ovules nombreux ,
égaux et très développés, assez rapprochés; on voit,
dans leurs intervalles, de très petits ovules, de dif-
férentes grandeurs, également extérieurs, et tenant au
tube ovarien par une portion étroite de leur capsule
ovarienne. C'est donc la paroi des tubes qui forme
la gangue des ovules , lesquels s'y développent de de-
dans en dehors.
Cet ovaire occupe la plus grande partie de la lon-
gueur de la cavité abdominale.
Deux oviductes naissent de chaque côté , en avant
de l'angle de réunion du tube latéral avec le premier
tube trausverse. D'abord étroits, ils ne tardent pas à se
dilater, en s'avançant obliquement l'un vers l'autre et
en descendant vers la face abdominale, où ils aboutis-
sent séparément dans la vulve , sans se réunir eu un
seul canal, comme liudique la ligure publiée par
M. J. Millier pour le premier type.
Les cœcums du premier type manquent d'ailleurs
dans ce second type. Dans notre exemplaire du Chili ^
chaque tube a une partie jaune axillaire, formant son
canal et une partie grisâtre , composant la paroi du
tube et la gangue dans laquelle se développent les
ovules. Les plus développés de ceux-ci ne tenaient
ART. I. ORCt. préparateurs ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 345
aux tubes que par un court pédicule. Ceux qui avaient
un degré de développement de moins étaient sessiles.
Les plus petits étaient encore enfoncés, en partie,
dans la gangue de cet ovaire tubuleux.
Dans une femelle àî^androctonus troilus ^ dont les
œufs étaient très développés et avaient sans doute été
fécondés, ceux-ci étaient entièrement contenus dans le
tube de l'ovaire, extraordinairement dilaté autour de
chaque œuf, et conservant un petit diamètre dans l'in-
tervalle de deux œufs.
Enfin, dans une femelle de la même espèce, les fœ-
tus paraissaient à la surface du vitellus à travers les
parois de ces mêmes tubes ovariens, que les œufs dila-
taient de même extraordinairement , par intervalles.
Dans ce haut degré de développement , les ovaires
remplissent presque toute la cavité abdominale, et leur
disposition première n'est plus reconnaissable.]
§ 2. Les Arachnides trachéennes.
[L'ovaire àes Faucheurs {Phalangium) est un boyau
cylindrique replié en cercle dans la cavité abdomi-
nale; il aboutit dans une dilatation en forme de sac ,
qui reçoit les ovules pour leur dernier développe-
ment, et qui occupe une bonne partie de l'abdomen
lorsqu'elle en est remplie. L'autre extrémité de ce sac
ovarien s'ouvre dans l'oviducte , canal cylindrique
assez long, dont la dernière partie, qui est très courte,
se distingue par un plus petit diamètre.
Elle se termine dans l'oviscape , sorte de vagin ex-
sertile qui occupe la ligne médiane abdominale dans
presque toute la longueur de celte cavité.
340 \XXV* LEÇO». OKft. Ù& ttfiNÉBATIQiN DES ASTlCtLÉa.
Nous le décrirons avec les org^anes d'accoupie-
iiient (i).
Dans \atrombidium holosericeurn , herm , il y a deux
ovaires situés de chaque côté de la cavité abdominale,
contenant des œufs nombreux réunis par grappes. Us
aboutissent à un seul oviducte, canal un peu sinueux
qui se termine dans la vulve (2).
Les tardigrades n'en ont qu'un , en forme de sac ,
situé au-dessus de l'intestin, et s'étendant très en avant
quand il est rempli d'œufs développés. Deux liga-
ments, qui partent de son extrémité antérieure et se
fixent datis le premier anneau du corps, rappellent
ceux qui attachent l'ovaire de beaucoup d'insectes (3).]
C. IjCs Myriapodes.
§ 1. Dans VVrdre des ChUopodes.
[11 n'y a qu'une seule glande ovigère dans les Litho-
bies (Lithobius fortificatus) , les GéophUes (Geophilus
subterraneus), etc.
Cette glande se compose, dans la première espèce,
d une grande poche oblongue, plus étroite en avant,
plus large eu arrière^ que l'on trouve farcie d'ovules
à l'époque du rut; son extrémité postérieure se ré-
trécit subitement pour former Foviducte.
Ce canal traverse l'avant-dernier segment du corps,
après ou sans s'être dilaté de nouveau , et s'y termine
dans le vagiu.
Dans les géopliUes, l'ovaire Unique est de même
(1) Voir rivwjmrtus , Vermiâehte Schriftfen, t. I, p. 35 à 37, et pi. IV,
fijj. 20 et 23. Gœttingen, 1816. (2) o. c, pi. VI. tip. 32. (3) Mémoire sur
l'nrfjaiiisnllo» et Ici rapports i^es Tariiitjrades , par M. L. Doyère. Paris,
AB.T. I. Dâd-. #ÉèplilA.tfetîil9 ET éDUCA-tEÙMS FfeMÊLLES. 347
un simple boyalt , qui àe rétrécit peu à peu en ar-
rière pour se changer en oviducte; celui-ci aboutit
dans le dernier segment du corps. La fin de l'oviducte,
ou le commencement du vagin, a des annexes glandu-
leux , ou des réservoirs vésiculeux , qui sont compara-
bles à ceux que nous avons décrits dans la classe des
Insectes.
Chez les lithobies , les glandes génitales accessoires,
ail nombre de quatre, ayant la forme de fer de lance ,
se composetit d'ime agglomération de petites poches.
Chaque glande a un canal excréteur distinct et très
grêle, qui joint l'oviducte ou le vagin dans l'avant-der-
nier segment du corps (i).
Dans l'espèce citée de géophilé , ce Sont deux longs
tubes grêles ayant les mêmes rapports.
Les vésicules que Ton peut comparer au réservoir
de la seinence, chei les Insectes, sont paires dans l'un
et l'autre genre. Elles sont pour ainsi dire sêssiles dans
le premier; elles ont, dans le second, un long canal
excréteur (2).]
§ 2. Dans t Ordre des Chilognathes.
[(Je groupe se rapproche beaucoup des Crustacés
décapodes par l'appareil extérieur de génération , qUe
ribus lerons connaître dans les articles suivants.
Il y a deux ovaires , composés de deux longs tubes
séparés , mais rapprochés , qui se changent en oviducte
non loin des vulves. Ils s'étendent, rapprochés l'un de
( I ) L. Dutûur, Annules des se. 7iat., t. II , pi. V, fig. i ; M. F. Setuin , sar
les rapports dies Myriapodes daû» les organes et les fonctions de généra-
tien. Archives de J. Mliller pour 1842, p. 3oi^ ù 3So , el pi. XII, XIII
et XIV. (a) M. Stein , m. c, pi. Xlî, fig. u et 8.
348 XXXV* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
l'autre , dans presque toute la longueur de la cavité
viscérale , sous le canal alimentaire.
Dans Viule des sables^ Viule terrestre , Y iule fétide , ce
sont deux tubes simples, qui se prolongent à partir des
vulves jusque dans le dernier segment du corps.
Dans Viulus maximus , nous les avons trouvés rap-
prochés sous le canal intestinal, et remontant du côté
gauche de l'intestin, comme si l'ovaire de ce côté était
plus développé que le droit. Ils étaient remplis d'o-
vules développés, dans un de nos exemplaires, sphé-
riques , un peu déformés par la pression.
Les ovules, dans cette espèce , m'ont paru se déve-
lopper, en premier lieu, dans des faisceaux de tubes
formant comme des houppes , et qui aboutissent en-
semble, par intervalles, au côté externe de chaque tube
principal. Ce dernier devient un oviducte en s'ap-
prochant des premiers segments du corps , où se trou-
vent les vulves.]
D. Dans les Crustacés.
ï. Dans la Sous-classe des Malacostiacés.
[L'ordre des Décapodes a souvent les glandes ovi-
gères confondues en une seule masse , qui se divise eu
plusieurs lobes.
La forme de ces organes y varie beaucoup d'un
genre à l'autre.
Ils sont bien distincts l'un de l'autre , pour la plus
grande partie de leur étendue, dans le maja squinado^
parmi les Brachy lires. Ce sont deux longs bovaux qui
se prolongent en avant et en arrière d'une vésicule
copulatrice, origine interne du vagin et située à la
liauter.r de la iroisiènip pièco du st<M'num. La partie
ART. 1. ORG. PaÉPAC.ATEUMS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. .349
antérieure , plus longue , repliée eu dehors par son ex-
trémité , est réunie à celle du côté opposé par une
barre transversale, qui donne à leur ensemble la forme
d'un H. Les deux parties postérieures sont rapprochées
en arrière et collées l'une contre l'autre et écartées en
avant pour aboutir aux vésicules copulatrices; elles
interceptent un triangle (i).
Dans la Galathée variée , il n'y a de même qu'un
ovaire à quatre lobes courts et arrondis, deux en avant
situés sous l'estomac et deux en arrière , qui répon-
dent au cœur. Les oviductes se séparent de l'ovaire sur
les côtés et un peu en arrière.]
Dans ïécrevisse commune ^ les deux ovaires sont
soudés ensemble de manière à n'en faire qu'un poiu-
l'œil. [Ils se composent de trois lobes, réunis sous le
cœur. Les deux antérieures s'avancent entre les lobes
antérieurs du foie. I^e lobe postérieur se prolonge en ar-
rière, à peu près autant que le lobe postérieur de ce
même viscère. Cet ovaire est d'ailleurs un sac dont la
membrane moyenne proligère développe les ovules
dans sa cavité. A un certain degré de développement
ils y sont enveloppés de leur capsule nutritive et n'y
adhèrent plus que par un pédicule.]
Les deux oviductes sont très courts et droits, et vont
directement aux vulves. [Ils naissent sur les côtés de
l'ovaire, de sa partie moyenne, se portent transversa-
lement en dehors, contournent comme une ceinture
chaque lobe correspondant du foie, et pénètrent dans
la cavité articulaire du sternum, qui reçoit la troisième
(i) V^oir Yllhtnire naturelle des Crustacés, de Milne Edwards, pi. XIJ,
^50 .\\XV' LEÇOiN. ORG. DE GEKERATION DES ARTICULÉS.
paire de pattes, dans le premier article desquelles ils se
terminent.
Dan5 le homard^ les ovaires ont une tout autre
fornie. Ce sont deux longs boyaux qui restent séparés
et cependant rapprochés dans lapins grande partie de
leur étendue. Les oviductes s'en détachent à la hau-
teur de la troisième paire de pattes.
Dans \e& squilles ^^3iYm\ \esStomapocles, nous ayons
décrit lin seul ovaire (i), situé immédiatement sous le
cqeur , au-dessus du canal alimentaire. Il est festonné
de chaque côté par des scissi^res assez régulières qui le
divisent en lobes arrondis.
Cet ovaire s'étend dans toute lalongueiir de la cavité
abdominale. Il a une enveloppe propre > divisée en
autant de cellules qu'il y a de lobes. L'oviducte en oc-
cupe la ligne médiane ; c'est un simple canal qui va
eu augmentant de diamètre d'arrière en avant. Il re-
çoit de chaque côté les branches appailenant à chaque
lobe et se termine à la vulve.
Les ovaires des h/elia, de l'ordre des Âmphipodes,
ont la forme d'une grappe très complexe, remplissant
toute la cavité du corps,
Dans l'ordre des Isopqdes , les Cloportides ont deux
ovaires en forme de longs tubes, étendus dans la ca-
vité thoracique de chaque côté du canal alimentaire.
Les parois de ces sacs soj;it extrêmement minces et
transparentes. On Jes trp.uve ordinairement remplis
d'ovules^ ou distendus par un liquide jaunâtre, lors-
que les œixfs ont passé dans la poche incubatriçe
sous-thoracique.
(i) Anualts lies $ri€nm natureiltt , octobre i836.
A7\T. 1. ()1^G. J'ii!'i'Aj;ATJ-Xi;6 EX KULCATEUBS FEMELLES. 351
jjc'ur caualexci'ékLir, ou i oviducte, est très court; il
se sépare de leur côté inférieur et externe, à ja hauteur
du cinquième anneau tlipracique, et se porte directe-
ment en bas vers l'orifice de ia lame interne, dite cin-
quième sejjment, qui s'ouvre dans la cavité incuba-
tiice (i).
Les ovaires des linndes , de Tordre des Xyphosures^
se composent de tubes ramifiés, qui se développent
extraordinairement à l époque de la maturité des œufs,
s'entrelacent avec les cœcums hépatiques et remplis-
sent une grande partie du céphalo-thorax.
Chaque oviducte naît de la réunion successive des
petits cœcums qui composent l'ovaire de son côté , et
qui aboutissent à deux branches principales, l'une an-
térieure et l'autre externe. Ces deux branches appar-
tiennent déjà au canal excréteur de l'ovaire. Leur
réunion en arrière change ces branches de l'oviducte
en un simple canal, qui va se terminer à la vulve de
son côté. ]
II. Dans la Sous'classe des Entomostracés.
[Cette sous-classe ne paraît pas avoir les sexes sé-
parés, dans tous les genres qui la composent; mais
toutes les espèces observées ont, au moins, un ovaire
intérieur, souvent deux, situés de chaque côté du canal
alimentaire près de la face dorsale du corps. Cet ovaire,
dans lequel se développent les ovules , communique le
plus souvent avec une poche qui est distincte de la
(i) Mémoire inédit sur Içs Çr,v,sjapqs d^ j^ fjunille ^ Q.op<>rti'lfcs qui
habitent les «nvirons de Strasbourg, pjr iVJ. Lereboullft.
352 \X\V« LK<.0.\. OlUr. DE GEîSEKATIOr^ DES AUTICULES.
cavité abdominale, attenant au corps entre le test et
le dos, ou avec deux poches séparées, suspendues ex-
térieurement à l'un des articles de l'abdomen. C'est
dans ces poches incnbatrices que se développent les
germes.
]Sous commencerons la description de ces organes
par le sous-ordre des Phjllopes ^ de l'ordre des Bran-
chiopodes ^ et nous prendrons pour type de ce sous-
ordre \apus cancriformis . C'est dans la cavité viscérale
que sont situés ses ovaires, de chaque côté du canal
alimentaire. Ils s'étendent du premier anneau au vingt-
huitième , et communiquent dans la capsule ovarienne
de la onzième paire d'appendices natateurs, trans-
formée en poche incubatrice (i).
Les litnnadies ont leurs ovaires sur les côtés du cnnal
intestinal, étendus depuis la base de la première
paire de pieds jusqu'à la dix-huitième. La poche d'in-
cubation , dans laquelle passent les œufs mûrs , est
située entre le dos et le test, où pénètre le filet externe
des onzième , douzième et treizième paires de pieds
auxquels ces œufs s'attachent (2).
Les ovaires des Bianchipes^sityiés de même dans la
cavité viscérale , communiquent avec une poche ovi-
fère qui se voit sous la base de la queue.
Chez les daphnies., de l'ordre des Lophiropes et
de la famille de Cladocères^ les ovaires sont deux sacs
(i) Voir Zaclducli , De apodis cancriformis anatome et historia evolu-
tionis. Bonnae, 1841* (2) Voir le Règne animal de Cuvier, claae àca
Crustacés, pi. LXXIV, fig. 1 , a , /».
ART. 1, OBG. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 353
allongés qui s'étendeut de chaque côté de rabdomeii ,
depuis le premier segment jusqu'au sixième.
Ils s'ouvrent sur le dos de l'animal , dans un espace
vide , entre le corps et les valves de la coquille , sorte
de poche d'incubation, où doit en même temps se faire
la fécondation , sans doute par l'intermédiaire de
l'eau ( 1 ).
Chez les Cypris , les ovaires sont deux grands sacs
coniques repliés sur eux-mêmes, dont le sommet ne
renferme que des ovules très peu développés. Et la
base se prolonge hors du corps entre le test et la
membrane qui le double, jusqu'au bord inférieur de
ce test. Cette seconde partie peut être considérée
comme une poche extérieure , dans laquelle les œufs
sont probablement fécondés , qi où ils éprouvent un
commencement d'incubation, avant la ponte (2).
Dans l'ordre des Syphonostomes^ nous indiquerons,
en premier lieu, l'ovaire de Vargule Joliacée^ qui est
situé dans l'abdomen au-dessus du caual alimentaire,
etl'oviducte droit et court, ayant son issue à l'extrémité
du corps , contre les dernières pattes natatoires (3).
Les autres Syphonostomes , les caliges , les cecrops ,
les dichestélions ^\es, nicothoës et l'ordre des, Lerné ides
paraissent différer entre eux, plutôt par la forme et la
position des poches ovifères extérieures, qui existent
chez toutes les femelles, que par leurs ovaires, encore
peu étudiés à la vérité.]
(i) Mémoires du Muséum, t. V, pi. XXIX, fi;-. 1-20. (a) Sur le? Cypris,
par M. Arnns5. (Mémoirts duMu.<;pum,t. VII,pî, 1,6^-4 <'t5.3.) Mi^moire
de Jurliip fils. Annali's du Muséum ,t, VII, pi. XXVI.
8. 23
354 XXXV* LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULES.
E. Dans la Classe des Ùinhopodes .
[Il n'y a qu'un organe producteur des ovules.
Dans la famille des Aiiatifes^ Tovaire est situé à
l'origine du pied, c'est-à-dire à l'endroit où celui ci
tient au corps. Il pénètre et descend dans sa cavité tu-
buleuse, dans une longueur de quelques millimètres,
quelquefois de plus d'un centimètre (i).
Cet organe se compose de lobules formés d'une réu-
nion de petits cœcums, à parois extrêmement minces
et transparentes, dans lesquels on découvre au micros-
cope, des corps opaques qui sont les ovules. Nous avons
observé , dans l'axe de cet ovaire , qui est lui-même cy-
lindrique, comme le canal du pied dont il remplit la
première partie, un tube membraneux dont l'extrémité
inférieure, terminée en cul-de-sac, répond à la partie
la plus basse de l'ovaire , et dont l'origine élargie se
voit à la face supérieure de cet organe. Cette espèce
d'entonnoir a même ses parois composées d'une double
membrane transparente , déliée et cependant résis-
tante.
Il me semble établir une communication directe
entre le fluide ambiant et le centre de l'ovaire.
La cavité proprement dite de l'ovaire s'ouvre dans
les replis du manteau , qui reçoivent les œufs, après
qu'ils sont parvenus à leur complète maturité.
Quelle est la voie précise que suivent les œufs pour
passer de l'ovaire dans les poches du manteau?
(i) C'est à M. Martin Saint-Ange que l'on doit d'avoir bien détermine
l'ovaire et précisé sa place, Mcmoire sur For^anhation des Cirripèdes.
Paris, i835.
ART. I. ORG. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 355
On l'a décrite comme une fente qui s'ouvre dans la
cavité dorsale et postérieure de ce dernier, et qui est
l'issue tl'un oviducte court, étai3lissant la communica-
tion entre l'ovaire et la cavité d'incubation.
Dans les O lions , nous avons trouvé deux oviductes
aboutissant chacun dans un repli latéral du manteau ,
adhérant à l'enveloppe coriace qui remplace la coa aille
des anatifes propres.
Nous regardons comme l'ovaire, dans la famille des
Balanes ^ un sac de forme variée, situé hors de la ca-
vité viscérale , en avant des branchies.
Ce sac éfait considérable dans une grande espèce du
Chili (i) et renfermait une quantité innombrable de
granulations sphériques,de différentes grandeurs, qui
étaient probablement des œufs peu développés. Les
côtés de cette poche se continuaient dans des appen-
dices digités qui en garnissaient le ponrtour, mais
dont les parois étaient plus épaisses et comme recou-
vertes extérieurement d'un épiderme écailleux. Leur
cavité était une simple anfractuosité du sac piiu-
cipal, et renfermait des granules de même forme.]
F. Dans les Annélides.
§ I . Les Annélides Tubicoles et Dorsihranches.
[A l'époque du frai, la cavité abdominale des Anné-
lides de ces deux Ordres, se remplit, chez certains in-
dividus, de granulations spermaliques, et chez d'autres,
(i ovules-, ce qui a été constaté dans un certain nombre
(ly Balanwi tiniinabulum Lam.
356 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION DES ARTICULÉS.
d'espèces, et conséquemment la séparation des sexes (i).
Aussi, M. Cuvier avait-il déjà imprimé en i8o5, dans
notre ancien texte, que] : « dans Xaphrodite , genre où
les sexes sont séparés , les petits individus se trouvent
le corps rempli d'une laite blanchâtre ; pendant que
les grands l'ont plein de petits œufs dans tous les in-
tervalles à^i viscères (2). Il est probable qu'il y a des
organes particuliers pour la préparation de ces sub-
stances; mais les auteurs n'en ont point décrit, et moi-
même je n'eu ai pu trouver non plus dans les néréides^
les serpules^ et les autres nombreux vers à sang rouge
que j'ai disséqués. »
[Pour ce qui est de la connaissance des organes qui
produisent les ovules , ou le sperme , la science , dans
ce long intervalle de quarante années, a fait quelques
progrès que nous devons indiquer.
X^e^térébelles (terebeila multi-setosa) dans l'ordre des
Tubicoles , ont un ovaire aplati, bifurqué, situé au-
delà du troisième anneau de l'abdomen et rempli
d'ovules. Sa couleur est blanchâtre et sa forme montre
des étranglements et des dilatations alternatifs (3j.
Ce paraît être, dans le sabella unispira^xxn corps con-
(1) On a môme observé récemment des différences sexuelles extérieures
dans ïexogone naidina. Les mâles ont de longues soies dans les anneaux 'Et
correspondants à ceux qui portent les œufs chez les femelles, qui ont ces
mêmes soies très courtes. Ce nouveau genre est voisin des Syllis, suivant
M. OEnted . Archives d'Ej-ichson, t. XI, i845, p. aS.
(2) Ce fait positif de la séparation des sexes dans ce genre, observé
par M. Cuvier, ne paraît pas avoir été connu de M, le rédacteur du
Rapport imprimé dans les Comptes-rendus des séances de l'Académie des
sciences, t. XVIII, p. 80. Il n'en fait pas mention du moins, et ne cite
que P.-illûS. (3) Zur Anatomic und Physiologie dpi Kiemen- ff urttier, von
Dr A.-D. Grube, Kœni{>sb''rr;, i838, p. aS.
if\
ART. I. ORG, PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 357
sidérable en forme de bourse, rapproché dn canal in-
testinal (i).
Les ovaires sont multiples et situés dans les inter-
valles des muscles longitudinaux , entre les gaines des
rames dans Yeunice harassii (2).
Dans les aphrodites ^ ce sont de petits organes ter-
minés en pointe , qui se voient de chaque côté du prin-
cipal cordon nerveux, au fond de la cavité abdomi-
nale (3). Ils existeraient dans les segments antérieurs .
chez \ aphrodita histrix (4).
Dans la sylUs tachetée^ l'ovaire serait un organe
glanduleux multiple, situé dans la cavité viscérale, près
de la base des pieds (5).
Dans Xarénicole des pêcheurs^ il y a une membrane
lâche de chaque côté du canal alimentaire, dans la
partie antérieure du corps, derrière laquelle se déve-
loppent les œufs, ou les granulations spermatiques.
Quant à l'issue des œufs , il paraîtrait qu'en générai
les œufs tombent dans la cavité abdominale, qu'ils
remplissent à l'époque du frai, ainsi que nous l'avons
dit en commençant cet article; et qu'ils sortent du
corps par les orifices péritonéaux dont la cavité abdo-
minale est percée.
Ces ouvertures sont situées près des pieds ou des
paquets de soies, dans l'^z/z/j/z^V/'/Ve auricoma. Elles don-
nent issue aux œufs et à la semence, suivant les indi-
vidus mâles ou femelles (5). Elles sont au-dessus des
(1) /6ù/. Trg. 12, y, (2) Ibid. PI. II, tif^. 67. (3) Treviranus Zeitsclnijt
fur der Physiologie, t. III , j,. 16.}. (4) M. Grube , i/xV/., PI. II, (iy. J^,n-
(5) M. Miliie Edwards. Rèyne animal de Cuvier, Annéliàcs , pi. XV, Hg'
î; a. Au reste cf pourrait être tout aussi bien la viande spermarjêiie, et je
358 XXXV* LKÇON. OBG. DE GÉNÉBATION DES ABTICULÉS.
pieds dans !a nereis pulsatoria. et dans la polinoë
r imita (i).
§ 2. Les Annélides A branches ou Endobranches.
T. es lombrics ont un appareil de génération dont
les différentes paities sont loin d'avoir été uniformé-
ment déterminées par les anatomistes. Voici ce qu'en
disait M. Guvier dans notre ancien texte :] « Le lom-
bric ou ver de terre montre aussi à sa face inférieure,
près de l'extrémité antérieure, et non pas, comme
quelques uns l'ont écrit, au renflement du milieu
de son corps , deux orifices. Ils répondent intérieure-
ment à deux ou trois bourses ovales, molles, et d'un
tissu glanduleux. Il y en a autour d'elles plusieurs
autres plus petites. Il paraît iDien que ce sont là les
organes de la génération, mais je n'oserais les distin-
guer par leurs fonctions. Willis annonce que les
grandes bourses sont quelquefois remplies d'œuis;
mais j'ai trouvé de véritables ovaires, en forme de
petits boyaux disposés sur trois ou quatre paires , et
renflés par les œufs, de manière à ressembler à des
chapelets. "
[Dugès , connue Willis, regarde les grandes bourses
en forme de cornues, au nombre de quatre paires,
comme les ovaires. Elles sont, suivant cet auteur, liées
à un appareil singulier composé de vésicules disposées
comme des rayons autour d'un bassinet. Celui-ci
suis plutôt porté pnar cette détermination , si (ant e«t qu'il y ait un canaj
excréteur dans cette glande, (i) Neueste Schriften der Naturforschen-
degesellschaft in Danzig. B. III. Heft 4, «842, p. 56. Suivant MM Rathkc
et Sars.
ART. I. ORG. PREPAHATEOBS ET ÉDLCATEUR8 FEMELLES. 359
aboutit à un canal qui est au moins un spermaducte,
sinon un oviducte, lequel se réunit au plus voisin
pour n'en plus former qu'un seul qui s'ouvre dans la
vulve de son côté (i). Nous n'avons })u découvrir ce
dernier appareil. Quant aux ovaires, ils sont comme
soudés aux testicules et constituent par cette union les
prandes bourses dont lé nombre , la forme et le volume
varient suivant les espèces et l'époque de l'année. Nous
y avons trouvé, le 23 mai, dans un individu seule-
ment, des œufs avec un embryon développé et se re-
muant avec vivacité , après la rupture des membranes
de l'œuf; dans d'autres, il n'y avait que des ovules.
Chez les ISaïdes^Xes ovaires se composent de quatre
masses principales contenant des ovules. Leurs canaux
aboutissent à deux tubes étroits, repliés sur eux-mêmes,
véritables oviductes qui se dilatent en deux cylindres
à parois épaisses , avant de se terminer dans le dou-
zième anneau (2).
Dans la famille des Hirudinées de la tribu des Sang-
sues^ comme dans celle des Hirudinées voraces ^ les
ovaires sont doubles. Ils sont situés en avant de la ca-
vité abdominale près des vésicules séminales. Ce sont
deux corps ovales dont le volume varie et auj^mente
beaucoup à l'époque du rut. Chaque ovaire a un court
oviducte propre; iis se réunissent pour ne former qu'un
seul oviducte incubateur. Celui-ci est une poche con-
sidérable qui va en se rétrécissant et se resserre en un
canal étroit avant de se terminer à la peau de l'abdo-
(1) VoirDugès, Annales des se. nat , t. XV, plus fig. i et 2 ; et même
ouvraf;e, 2' série, f. VIII, pi. I-XIII-XVIIl. (2) Dugès, Annales des ic
nai., t. XV, p. 321.
360 XXXV' LEÇOiN. Oa&. de GÉ3iÉBAT10JN' DES AETICULÉS,
incn, un peu en arrière de l'orifice de la verge, dans la
ligne médiane abdominale.
Il n'y a de différence dans cette forme générale des
crganes femelles, que dans les proportions des diffé-
rentes parties. Il doit y en avoir cependant , qui n'ont
pas encore été reconnues , dans la structure intime
de l'oviducte incubateur, suivant que la sangsue est
vivipare, et que cette partie sert au développement du
germe et de l'embryon; ou qu'elle doit sécréter la
substance du cocon qui enveloppe à la fois un certain
nombre d ovules ;, que l'oviducte propre y dépose.
Plusieurs clepsines et piscicoles [piscicolaemarginata
et tesselata) sont de la première catégorie; les espèces
du genre sanguisuga ^ el la clepsi/ia geometra^ etc.,
sont de la seconde.
Dans le nephelis gigas , les ovaires sont globuleux;
les oviductes propres sont très courts, la première
partie de l'oviducte commun assez longue: la poche
obiongue dans laquelle elle aboutit est à peu près de
même longueur.
lihœmopis sanguisorba , Savigny, a de même les
oviductes distincts, très courts. Leur réunion formant
un canal étroit et replié i>ur lui-même, assez long,
pourrait encore être considérée comme oviducte
propre; il donne dans une ])ocbe obiongue, l'oviducte
incubateur, se rétrécissant peu à peu pour former un
col allongé.
Dans la piscicola geoinetra , qui est ovipare , les
ovaires, hors de l'époque du rut, sont j)lus petits que
les testicules, pyrifoi'mes , d'un blanc jaunâtre. Ils se
gonflent beaucoup à l'époque du rut et se divisent en
poches accessoires.
ART. II. DÈS 'JVLLtS KT DES ŒUFS. 361
Les oviductes qui en sortent sont courbés en anse,
et se terminent dans une poche oblongue formant
l'oviducte incubateur (î).
ARTICLE II.
DES OVULES ET DES ŒUFS PBODUITS DES OR&ANES PRÉPABATEURS
ET ÉDUCATEURS FEMELLES.
A. Dans la Classe des Insectes.
[Les ovules , produit des ovaires avant la féconda-
tion, peuvent être étudiés sous le rapport du dévelop-
pement de leurs parties, dans la classe des Insectes
plus facilement que dans toute autre classe, à cause
de la forme de leurs ovaires.
Chaque gaîne ou tube ovigère, dont ils se compo-
sent, est une capsule unique, dans laquelle les ovules
montrent successivement la vésicule germinative en
premier lieu, et la tache du même nom , puis la sphère
nutritive ou le vitellus, qui ne paraît se développer
qu'après la première.
Ce développement successif semble avoir lieu par
suite de la progression de rovule,de la rége. Elle est enduite d'une
substance visqueuse, qui la fait adhérer aux plantes
sur lesquelles ces hirudinées déposent leurs cocons (2J.]
(1) D après les observations de M. Lenoble, Notice sur les Sangsues,
iB-8. Versailles, 1811; elCIiatf.enliei., cité par M. Moquin-Tandon. u. c.
(3) Voir le mémoire de M. le docteur Rayer, Annales des seiene. natur.,
t. IV, p. 184 et pi. X.
872 XXXV LEÇO.%'. ORG. I)£ GÉNÉRATION DES ARTICULÉS
ARTICLE III.
DES ORGANES PRÉPARATEURS ET MODIFICATEURS DU SPER5IE.
[Nous décrirons successivement ces organes dans
toutes les Classes des Animaux Articulés; nous ferons
connaître ensuite, dans l'article suivant, les caractères
organiques de leur produit ou du sperme.]
A. Dans la Classe des Insectes,
Les organes mâles de la génération, dans cette classe,
se composent, en général , outre la verge, avec ses en-
veloppes ou armures , que nous ferons connaître avec
les organes d'accouplement, d'un canal spermatique
commun, et de deux paires d'organes, dont Tune peut
porter le nom de testicules , et l'autre celui de vési-
cules séminales.
Chacune de ces paires peut être plus ou moins sub-
divisée , et varie en figure, en dimensions [et en struc-
ture.
Nous allons les décrire successivement dans la plu-
part des ordres de cette classe , et dans plusieurs
familles de chaque ordre.
I . Les Coléoptères.
[a. Parmi les Pentamères ^lesCaraùiçues présentent
en général, dans leurs glandes spermagènes et dans
leurs vésicules séminales, un plan d'organisation ex-
trêmement uniforme.
Les testicules sont deux pelotons sphériques ovales ,
ART. m. OHG. PELPARATKLHS ET MODIFIC. DU SPERME. 373
oblongs , pyrifornies, suivant les espèces, composés
d'un canal séminifiqiie mille fois replié. Une sorte de
membrane extrêmement molle revêt chaque peloton
comme d'un enduit mucoso-^çraisseux , lui servant de
timique propre.
Le canal efférent qui en sort se pelotonne encore,
chez la plupart, à une certaine distance du testicule,
en une sorte d'épididyme. C'est seulement de cette
seconde agglomération de forme variée que sort le
canal déférent.
Celui-ci se termine dans la vésicule séminale , en un
point plus ou moins rapproché de la réunion des deux
vésicules.
Dans Xharpalus ruficornis, M. L. Dufowsi fait l'ob-
servation singulière , qu'il n'y a qu'un seul testicule et
un seul épididyme, d'où sortent deux canaux déférents.
Les vésicules séminales sont deux assez longs
boyaux sinueux , à parois résistantes, qui se réunissent
en un seul canal, le canal éjaculateur, lequel aboutit
dans la verge (i).]
Parmi les Hydrocanthares , qui sont encore de la
grande famille des Carnassiers y le dytisque de RœseU^.)
a les organes assez amples ; deux vésicules de longueur
médiocre, grosses, peu repliées; deux testicules glo-
buleux [ou plutôt un testicule ovale et un épididyme
globuleux] enduits d'une matière jaunâtre , qui se
laisse enlever, et se développent alors aisément en un
(i) Voir la pi. IV du t. VI des Annales des se. nat., où M. L. Dufuur
a fait figurer ces organes dans huit espèces de Carabiques. La lig. VIII
repie'sento le testicule et l'épidiclvine unique de VHmpaltts ruficornis.
374 XXXV* LEçon. org. de génébation des articulés.
seul vaisseau filiforme très mince et très long. Le ca-
nal déférent n'en est que la continuation : il pénètre
dans la vésicule un peu avant que celle-ci se joigne à
sa pareille pour former le canal commun sperma-
tique ( 1 V
[\je gi/rinus natatar, de la même famille des Hydro-
canthares ^ présenterait un tout autre type d'organisa-
tion que les précédents. Les testicules sont une simple
vessie en massue, dont le petit bout produit le canal
déférent. Cette sorte de sachet ne renferme pas de
canal séminal replié. L'épididyme manque. Les vési-
cules séminales reçoivent les canaux déférents immé-
diatement avant leur union.
Les Brachélytres ont les testicules de ce dernier type.
Dans le staphylinus oîens ^ ce sont deux longs sachets
arqués, plissés en travers , dans lesquels on ne peut re-
connaître aucun vaisseau séminal. 11 y a quatre vési-
cules séminales ovales et courtes. Le canal déférent
qui résulte de leur réunion est long et replié (2). Cette
simplicité d'organisation pourrait bien n'être qu'appa-
rente, à en juger parla découverte qu'a faite M. L. Du-
four, d'une grappe de vésicules peu fournies, dans le
sachet spermagène du staphylinus maxillosus (3).
Dans la famille des Serricornes , on trouve de nou-
veau le type d'organisation vésiculeuse des glandes
spermagènes. Melaier murinus nous en fournit un
exemple. Chaque testicule se compose d'une agglo-
(i) Voir L. Dufour, o. c, pi. V, fig. i. (2) /6,W., Hg. 4. (3) thid.,
tig. 6 et 7.
ABl. m. OBG. PBÉPAaATEUBS ET MODIFIC. DU SPEBME. 375
aiérationsphérique de capsules sperma^jènes ovalaires,
au nombre de quarante. Il y a trois paires de vésicules
séminales en forme de boyau bifurqué à son extrémité
libre, en forme de massue, ou bien de vessies bi-
lobées.]
Dans la famille des Clavicornes , le bouclier [si/p/ia
atrata) ^ est pourvu de deux grands testicules ovales,
formés d'une infinité de petits vaisseaux courts, et
semblables à ces brosses qui ont des poils en tous sens.
Le canal déférent est mince et court. Il y a deux paires
de vésicules , toutes deux cylindriques et assez grosses^
dont l'une se replie autour du testicule en serpentant^
et peut avoir quatre ou cinq fois la longueur du corps;
l'autre est beaucoup plus courte. Le canal commun
spermatique est cylindrique et court. [Ce type d'or-
ganisation des testicules du genre silpha se rapporte
à celui des testicules vésiculeux ainsi qu'on le voit
plus évidemment dans le silpha obscurci , etc. (i).]
Dans les Lamellicornes : L(îs genres démembrés du
genre Scarabœus de Linné, comme mélolonlhe ^
cétoine ^ trichie^ scarabée^ etc., ont des testicules glo-
buleux, multiples, et des vésicules en forme de tubes,
minces comme un fil, et d'une longueur excessive.
Dans le scarabée nasicorne ^ par exemple , les deux
vésicules séminales ont plus de vingt fois la longueur
du corps , et sont entorlillces en un paquet ou peloton,
qu'il n'est pas difficile de dérouler. Leur tube se renfle
un peu avant de se réunir au canal commun. Il y a
de cbaque côté six testicules en forme de petites
(i) lhld.,V\. Vl,tlg. 5et 6.
376 XXXV» LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
rouelles (i), et docnant chacun un canal déférent plus
mince qu'un cheveu ; ces six petits canaux se réunis-
sent, au iiiéme point, en lui canal commun qui se réunit
à celui du côté opposé , précisément au même endroit
où venaient aboutir les vésicules séminales (2).
Parmi les Palpicornes ^ Yhydwphyie est plus com-
pliqué que le dytisque: il a deux testicules ovales, for-
més aussi des replis d'un seul vaisseau. [Suivant
M. L. Dufour ce serait , au contraire , le type des tes-
ticules vésiculeux. Telles capsules spermatiques seraient
empilées autour d'un axe commun, formé par le ca-
nal efférent.] Le canal déférent est mince comme un
cheveu, et se renfle en une petite vésicule en aboutis-
sant à un canal commun. Les vésicules séminales prin-
cipales sont grosses, à parois fortes, contournées en
spirale , et se terminent subitement en un petit vais-
seau replié en zig-zag , et formant l'apparence d'un
autre testicule plus petit. Il y a de plus deux vésicules
accessoires , à parois minces , divisées chacune en trois
branches, et en quelques petits appendices aveugle*.
Le canal commun spermatique prend dans son milieu
un renflement musculaire , et redevient subitement
mince pour entrer dans la verge. Swamraerdam donne
aussi une figure de ces parties ; mais elle est un peu
grossière (3).
(i) Les petites rondelles d'un coté, réunies par leur canal sperma-
tique, forment par leur réunion un seul testicule.
(2) Voir M. L. Dufour, ihid.^ pi. VI, fig. 7, 8 , 9 et 10.
(3) Il n'est pas question, dans cette description, de houppes, ni de la struc-
ture vasculaire. On a confondu ici, peut-éire, ce que M. Cuvier dit de»
testicules du Bouclier. Voii- .'Init. des ir. 11 . t, VI, p. 176.
ART. III, ORG. PRÉPARATEURS ET MODIFIC. DU SPERME. 377
Le hanneton ressemble au nasicorne.
La cétoine a des organes plus compliqués , ses testi-
ticulessont au nombre de douze de chaque côté; et
outre les vésicules filiformes , et peut-être trente
fois longues comme le corps , elle en a deux autres
paires de courtes et grosses ; la plus courte des deux
paires a le fond fourchu. Les canaux des trois pai-
res de vésicules , ainsi que les canaux communs des
deux groupes , composés chacun de douze testicules ,
se réunissent au même point pour former le canal sper-
matique commun qui se rend à la verge.
Les trichies ressemblent aux cétoines à cet égard.
Les stercoraires ou bousiers ^et les lucanes ou cerfs-
volants ne suivent point ce type; ils n'ont qu'un testi-
cule de chaque côté , lequel n'est lui-même qu'un pe-
loton globuleux et serré, fait des entortillements d'un
seul vaisseau. Leurs vésicules séminales sont aussi fili-
formes , mais moins longues à proportion que celles
des scarabées (i).
b. Les Hétéromères. Dans le blaps moj^tisaga de la
famille des Mélasomes , le canal commun spermatique
V est d'une longueur excessive , huit ou dix fois comme
le corps; il porte à son origine quatre organes tout
semblables à des vésicules ; deux d'entre eux font
d'abord très régulièrement quelques tours de spirale en
s'amincissant , et se replient ensuite irrégulièrement
après s'être de nouveau renflés. Les deux autres sont
simplement en zig-zag et beaucoup plus courts.
[Les testicules, qui ne font pas partie de cette des-
(0 Voir L. Dutour, m. c., pi. VII, hg. 3.
378 XXXV LÏÇON. OBtJ. DE GÉNÉBAllO:?» DES ARTICULÉS.
cription,sont deux corps réuiformes, du moins dans le
Blaps gigas^ composés d'une a[;glomératioa d'innom-
brables vésicules ( i ). Leur canal déférent se dilate un
peu avant de se terminer au confluent des vésicules
séminales et du canal éjaculateur.
c. Les Tétramères. Nous citerons le Bostrichus ca-
piicinus de la famille des Xylophages , dont chaque tes-
ticule se compose d'une arrglomération en rondelle,
d'un grand nombre de vésicules en forme de massue.
Ces vésicules convergent vers le centre de la rondelle,
où elles se réunissent. Il y a deux paires de vésicules sé-
minales; Tune composée de vessies ovoïdes, l'autre de
deux longs boyaux (2).
Dans la famille des Longiç&rnes , le prionus coria'
rius a de nouveau le type d'organisation de la plupart
des Lamellicornes, des testicules en rondelles. Il y a
six rondelles pour un testicule , comme dans le han-
neton , avec cette différence que leurs canaux sémini-
fères ne convergent pas en un seul point; mais qu'ils se
réunissent successivement pour former le canal défé-
rent. Celui-ci va en augmentant de diamètre jusqu'à sa
réunion avec son symétrique. Chaque canal, avant celte
réunion . reçoit une paire de vésicules séminales
filiformes.
hes Galéruques, de \a famille des Cycliques^ ont les
deux testicules confondus dans une capsule membra-
neuse commune. Cette enveloppe membraneuse est
d'un jaune très prononcé dans la galeraca lusilanica.
Elle renferme les deux testicules, dont chacun est une
(1) /6zJ.,pl. VIII, fig. I. (2) o. c, pi. IX, fig. 3.
ABT. III. OKG. PBÉPARATEURS ET MODIFÎC. DU SPEBME. 379
capsule également spbérique , qui paraît composée
d'un f^rand nombre de vésicules.
Dans la galeruca tanacetl^ il y a deux poches prin-
cipales pour chaque testicule. Dans l'une et l'autre es-
pèce, il sort de la capsule commune deux courts ca-
naux déférents qui s'insèrent à la fin des vésicules
séminales formant chacune deux longs boyaux re-
pliés (i).
d. Les Trimères ^ qui comprennent la famille des
ydphicliphages , ont de nouveau le type des testicules
composés d'innombrables vésicules, formant, pour
chaque testicule, une agglomération spbérique à sur-
face inégale. Le canal déférent, qui part da centre de
cette sphère, se renfle peu après sa sortie. Les vésicules
séminales sont filiformes. Le canal éjaculateur, qui ré-
sulte des canaux déférents et des vésicules séminales,
commence par un renflement bulbeux considérable. 11
est d'ailleurs long et replié (2).
Ces exemples suffiront pour faire comprendre les
différents types de structure que présentent les testi-
cules et les vésicules séminales, qui composent l'appa-
reil des organes préparateurs et modificateurs du
sperme, dans l'Ordre nombreux des Coléoptères.
Nous les retrouverons dans les autres ordres de cette
classe.
Aussi nous bornerons-nous à ne citer que très peu
d'exemples, pour chacun de ces Ordres, en choisissant
de préférence ceux pour lesquels nous aurons de
(1) thid., pi. IX , fig. to, M et 1 2. (3) Ibid., pi. IX . fiç. i3.1
380 XXXV» LEçon. org. de génébatioîv des articulés.
bonnes iigures à indiquer; elles pourront faire com-
prendre , au premier coup d'œii, les différences et les
ressemblances signalées dans nos descriptions.
Ces différences , dans les détails , se montrent d'une
espèce à l'autre ; tandis que les ressemblances les plus
importantes caractérisent les espèces d'un même
genre , et souvent les genres d'une même famille.]
2" Dans les Orthoptères ,
Les sauterelles et les grillons ont deux testicules
ovales, considérables, attachés contre le dos : ils sont
enduits d'une mucosité jaunâtre , et l'on y voit de
belles trachées qui les traversent. Leur structure est
un composé de petits vaisseaux courts, qui en font une
espèce de brosse. Le canal déférent est replié en épi-
didyme ; il grossit , un peu avant de s'unir à son sem-
blable , pour former le canal commun , parce qu'il
reçoit deux groupes de vésicules ; l'un des deux en
contient plus de soixante , et l'autre plus de deux
cents, beaucoup plus fines que les premières (i).
Les quatre groupes remplissent près de la moitié de
l'abdomen.
A l'endroit même où les deux canaux déférents se
réunissent, sont deux petites vessies ovales.
[Cette description générale des organes prépara-
teurs et modificateurs du sperme dans les deux familles
des Acridiens et des Locustaires , convient encore ,
(i) Cette description des vésicules séminales, faite par M. Cuvier,
me semble prise d'une Locustaire ; elle convient à VEphippigera vespertina.
Voir L, Dufour, Recherches sur les Orthoptères^ etc., pi. II, fig 36.
AP.T. HT. ORG. PBÉPABATfiUBS ET MODIFIC. DU SPERME. 381
dans ses parties principales , aux autres familles de
cet ordre.
En général , cet appareil génital y montre à la fois
un grand développement et une grande complication.
L'une et l'autre circonstance sont en rapport avec
l'extraordinaire multiplication de la plupart des es-
pèces. Les testicules sont composés de vésicules allon-
gées ou courtes. Un épididyme complique le canal
déférent des Locustaires et des Grilloniens. Les vési-
cules séminales sont des lubes nombreux annexés aux
canaux déférents ou au conduit éjaculateur. Mais cha-
cune de ces parties présente des différences de forme,
de structure intime et d'arrangement, qui caractérisent
les familles ouïes genres de cet ordre.]
3° Les Hyménoptères.
[L'appareil préparateur et modificateur du sperme ,
dans cet Ordre, a un caractère de simplicité qui con-
traste avec sa grande complication dans les Ortho-
ptères.
Les testicules , souvent réunis sous une enveloppe
commune , se composent de faisceaux de tubes courts,
qui convergent vers l'origine du canal déférent et de
deux vésicules séminales , formant chacune un assez
grand réservoir en forme de vessie , auquel vient se
joindre le canal déférent , après s'être changé en épi-
didyme, ou sans cette modification.
Le nombre des tubes sécréteurs qui composent cha-
que testicule varie beaucoup. Uy^beille domestique
en a plus de cinquante; tandis qu'il n'en a le plus sou-
vent que trois. 11 n'y a même qu'une seule capsule
o82 xxx^' LEçorv. org, de génération' des articulés.
spermifique dans \es Formicaires. les Calcidites ,\e^
Gallicoles et le grand Frelon (i).
Les vésicules séminales montrent de très grandes
différences dans leur forme , dans leurs proportions
et dans leurs rapports avec les canaux déférents.
Pour juger de toutes ces différences, il suffira de
jeter un coup d'œil sur les nombreuses figures publiées
par M. L. Dufour, dans le mémoire qui vient d'être
cité.]
4° Les Névroptères.
[Dans cet ordre , l appareil préparateur et modifica-
teur du sperme varie d'une famille à l'autre, sans être
jamais très compliqué.
Les Libellules offrent l'exemple de la plus grande
simplicité de cet appareil dans toute la classe , puisque
les vésicules séminales manquent.
II n'y a que deux longs testicules en forme de chaton
(dans la Ubellula depressa) composés d'une grappe de
très petites vésicules globuleuses^ très serrées autour
du canal déférent. Ce canal sort de l'extrémité posté-
rieure du testicule, se replie sur lui-même sous l'appa-
rence d'une petite capsule oblongue. Mais cette enve-
loppe commune renferme un paquet de cinq vésicules
oblongues, réunies par l'extrémité du canal défé-
rent (a).
Dans le sialis niger, parmi les MégaloptèreSy cha-
que testicule se compose de six capsules ovales for-
(») M. I^. Dufour, .^/j«r</!dsSMr /« Hyménoptères , p. i36 «^l %. *4-,
pour l'abeille domestique. (2) Ibid.^ tlfj. j8 J et i83.
AliT. m. OlUV. PnKl'ABATEUBS ET MODllTC. DU SPEB3IE. 3?!^
mant une série arquée, de laquelle sort le canal
déférent. Il y a deux paires de vésicules séminales py-
riformes (ij.
Les perles ont deux testicules en chaton , composés
d'une apjglomération d'utricules sphériques, recouvrant
ie canal déférent, excepté à sa face inférieure. Il n'y
a qu'une paire de vésicules séminales, tuberculeuses,
en forme de massue. Elles se réunissent au canal défé-
rent de leur côté, après que ce canal a cessé d'être
très sinueux. Il s'élarj^it un peu avant de former, avec
son symétrique, un court sinus éjaculateur (2).
Dans la panorpe commune ^ les testicules ne sont
composés que d'une seule vessie oblongue d'un volume
assez considérable. Les vésicules séminales sont longues
et cylindriques. Les canaux déférents , courts et déliés,
s'y terminent avant leur réunion en un canal éjacula-
teui'(3).
Dans \e fourmilion^ c'est encore un autre type pour
la structure des testicules, qui se composent chacun
de cinq vésicules oblongues, aboutissant ensemble au
canal déférent. Celui-ci, peu sinueux , reçoit de son
côté une des vésicules séminales en forme de tube
grêle, et deux autres courtes et oblongues (4)]
a' Les Hémiptères,
[Nous verrons, dans cet Ordre, îa même composition
que dans les autres ordres de la classe, deux testicules
et un nombre variable de vésicules séminales.
Le canal déférent peut montrer dans son trajet des
(i) Ihid.^ lig. 186 et 187. (2) Voir L. Dufour , Recherches sur !si Né-
vroptèrex, pi. II, fig. 46. (3) thid.. ti|ç. 17a. (4) Fhitt., 6f[. îo4 et i«5
384 \XX\* LEÇON, OP.G. DE GKISERATION DES ARTICULES.
modifications comparables à 1 epididyme des mam-
mifères.
Les glandes spermagènes varient dans leur struc-
ture. Le plus souvent elles se composent de plusieurs
vésicules arrangées en rosace , en éventail ou en épi
autour du canal excréteur. Plus rarement ne touve-t-on,
dans ce type, qu'un seul sac spermagène.
Dans un autre type de structure , les glandes sper-
magènes se composent de tubes pelotonnés, comme
dans beaucoup de Coléoptères.
Les vésicules séminales sont des tubes grêles filifor-
mes , en petit nombre ou très multipliés. Ce sont en-
core des réservoirs vésiculeux considérables.
Voyons à présent jusqu'à quel point ces ressem-
blances ou ces différences se rapportent aux divisions
et aux groupes naturels.
a. Parmi les Géocorises ,\es scutellères et\e?> penta-
tomes ont des testicules en forme de sac (i), dont le
contenu se compose d'une pulpe dans laquelle on a cru
apercevoir de petites vésicules.
Les Corées , les cdydes les pyrrhocores , et le cimex
lectularius ont des testicules composés de sept vési-
cules cylindriques, en massue, en navette, disposées
en éventail ou en rosace à l'extrémité du canal défé-
rent. Les capsos ont huit capsules en rosaces; l'ara- ||
dus avenius n'en a que cinq (2).
Le Pelogonus marginatiis est organisé sur un tout
autre plan. Les testicules se composent de deux tubes
roulés en spirale, qui se réunissent bientôt pour former
le canal déférent. Chaque canal , qui est fort long ,
(1) Voir M. L. Dufour, pi. X,fig. 1 16-126. (2) /6/rf. , fig. 127 iS;.
(
ART. TH. ORG. PRÉPARATEURS ET MODIFIC. DD SPERME. 385
forme plusieurs replis, puis se clilaieen navette , avant
de se terminer dans le tronc de la vésicule séminale de
son coté. Celle-ci se compose de tubes longs et de vési-
cules réunies successivement au conduit principal , qui
se joint à son symétrique pour fermer le canal éjacu-
lateur (i).
Je ne vois d epididyme dans le groupe des Geocorises ^
que dans la punaise des lits ^ dont les canaux défé-
rents sont subitement dilatés en massue dans leur
trajet (i).
Quant aux vésicules séminales, nous citerons comme
exemple de leur complication et de leur nombre, celles
du peiitatoma dissimilis {p.), qui sont de troi3 sortes;
les unes formant des arbuscules de tubes très fins; les
autres, une paire de grands réservoirs vésiculeiix; la
troisième sorte forme une bouppe de chaque côté , de
tubes beaucoup plus gros que les premiers, s'ouvrant
par un seul canal dans le conduit éjaculateur.
b. Les Amphicorises se distinguent par l'absence
de vésicules séminales et par des testicules en forme de
poches. Il y a deux de ces poches par testicule dans les
gerris paluduin; on n'en trouve qu'une dans le velia
currens.
Les canaux déférents , avant de se réunir pour for-
mer le conduit éjaculateur, subissent deux dilatations
considérables dans la première espèce , et une seule
(i) Ibidf fig. iSy, A. Dans !a dpsciiption qu'on vient de lire, nous
appelons testicules ce que M. L. Dufour a déterminé, avec doute cepen-
dant, comme vésicules spermatiques, et léciproquement. (2) /iù/., fijr.
137, t. (3) //n<f., fig. 122 et 123.
8- 35
386 XXXV LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
dans la seconde, qui tiennent lieu à la fois d'épididyme
et de vésicules séminales (i).
c. Les Hydrocorises sont organisées sur plusieurs
types.
Les naucores ont des testicules composés d'un fais-
ceau de vésicules, ou de quatre à sept capsules sperma-
gènes , avec des vésicules séminales tubuleuses ou en
forme de vessie, sans épididyme (2).]
Parmi les Hémiptères ^ disait M. Guvier dans notre
ancien texte, je n'ai disséqué que le nepa scorpioîdes ;
j'y ai trouvé, comme Swammerdam, un canal com-
mun, [le conduit éjaculateur] deux petites vésicules
courtes et cylindriques, [les vésicules séminales] deux
canaux déférents gros et tortillés en épididyme, se
divisant à leur origine, chacun en quatre petits testi-
cules, qui se prolongent aussi chacun en un très long
vaisseau filiforme ; ces huit vaisseaux sont tortillés en
peloton.
[Dans la ranatra lineuris^ chaque testicule se com-
pose de cinq tubes déliés , dilatés et vésiculeux à l'en-
droit où ils se terminent dans le canal déférent ; celui-ci
s'enroule dans la partie moyenne de son trajet, en un
long épididyme en forme de fuseau. Il n'y a pas de
vésicules séminales (3).
Nous ne citerons plus , dans cet Ordre, que l'appa-
reil génital de la cigale (cicada orni ) ; les testicules de
cette espèce sont une agglomération sphéroïde de
petites vésicules.
(i) /ifrf., Hg. i38 et iSg. (9.) Tfcirf., fig. 140-146. (3) La figure 1/17 A
de l'appareil génital du Nepa cinerea se rapporte bien à cette description.
(4) ibid., fig. .48.
ART. III. ORCt. PBÉPARATEUBS ET MODIFIC. DU SPERME. 387
Les vésicules séminales, au nombre de deux seule-
ment, se composent chacune d'un long tube replié sur
lui-même et enlacé avec le canal déférent, également
très long, qui se termine dans le bulbe éjaculatear ,
peu après avoir reçu le tube séminal (i).]
6° Dans les Lépidoptères.
Il y a deux formes différentes dans cet Ordre : j'ai
observé l'une dans le bombyx pavoniao\s. grand paon
de nuit, et c'est la même, mais mutilée, que Malpighi
et Swammerdam ont décrite dans le papillon du ver à
soie [bombyx mori).
Le canal commun sperniatique se partage en deux
vésicules séminales, d'abord un peu renflées et se pro-
longeant ensuite en forme de tube. Elles restent coi-
lt;es l'une à lautre pendant moitié de leur longueur.
Les canaux déférents entrent, très minces chacun, dans
le renflement de la vésicule de son côté. Ils vont en
grossissant par degrés , et se terminent chacun par
une masse qui peut être regardée comme le testicule.
Malpighi a représenté les vésicules rompues un peu
au-dessus de 1 insertion du canal déférent; Sw^am-
merdam les figure rompues un peu plus loin. Les tes-
ticules sont moins grands dans le pavonia que dans le
ver à soie.
J'ai observé la deuxième forme dans le sphinx du
Lithymale j et c'est absolument la même que Swam-
merdam représente dans le papillon de jour de l'ortie
{pcip. urlicce). I^e canal commun, beaucoup plus long,
se partage aussi en deux longf.es et minces vésicules,
{i) Ibid. H{;. 102, A.
388 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
dans chacune desquelles entre un canal déférent; mais
ces deux-ci, au lieu d'avoir des testicules séparés, se
réunissent eu une masse testiculaire unique et ar-
rondie.
■y" IjCS Diptères.
[Ils ont, en général, l'appareil préparateur et modi-
ficateur du sperme d une grande simplicité et beau-
coup moins varié dans sa composition que dans les
autres ordres.
Les testicules , au nombre de deux, peuvent être
réunis dans une capsule commune \^les Asiliques). Le
type de structure le plus commun est celui de vési-
cules ou des poches divisées, dont la forme et les pro-
portions peuvent varier beaucoup.
Mais les asiles, stachynia, piophila, les dwsophila,
\hippobosque,GU\, les ont en longs tubes capillaires
contournés en spirale ou pelotonnés.
Les conduits déférents sont renflés à leur terminai-
son dans le culex annulalus, ou dans le milieu de leur
trajet (le tipiila oleracea) (i), et forment dans ces
renflements comme une sorte d'épididyme. Ils restent
p^rêles, filiformes, dans les autres Diptères.
Les vésicules séminales peuvent être de simples tu-
bes , dont il existe une seule paire et c'estlê cas le
plus général.
Dans le culex annulatus, Vœstrus, Vechinoniia. le
rhyncomia , etc., ce sont des utiicules arrondis ou
elliptiques.
Les Anthomyzides et beaucoup de DJitscitles man-
(i) it/t/., tif;. '-'O, 'i pt 26.
ART. m. OBG. PRÉPARATtLRS ET MODltlC. DU SPERME. 389
qucnt de vésicules séminales; nous ajouterons même le
tahanus citer; chaque canal déférent se rendant dans
un des deux lobes vésiculeux qui constituent le com-
mencement du canal éjaculateur.]
B. Les Arachnides .
[i. Dans l'Ordre des Pulmonaires^ \e?> Aranéides
ou les fileuses ont la glande spermagène double et
située tout entière dans l'abdomen.
Le pholcus phakulgister les a en massue allongée ,
dont le gros bout est dans la partie reculée de cette
cavité, La partie amincie dirigée en avant se change
en un canal flexueux qui s'ouvre à côté de son sem-
blable, dans une fente qui se voit entre les deux oper-
cules puhnonaires à la base de l'abdomen (i).
Chaque glande, dans la mygale maçonne^ est un long
canal, très flexueux, formant des sinuosités assez ré-
gulières dans toute la longueur de l'abdomen, dépas-
sant en avant l'orifice où il se termine, en venant y
aboutir à côté de son symétrique, après s'être courbé
davant en arrière. Ce n'est plus alors que le canal
excréteur de la glande. Les deux canaux ont une issue
commune au dehors, entre les deux opercules pulmo-
naires postérieurs (2).
T.,es Scorpions, èeXii division des Pédipalpes^ ont pour
glandes spermagènes un double tube, aboutissant sépa-
rément à chacune des deux verges dont ces animaux
sont pourvus.
Chaque tube est très sinueux; ses replis, en s'anas-
tomosant, forment plusieurs mailles, dont la plus
(i) Voir le Règne animal de Cuvicr, pi. IV, tig. i2, tet b', des Arach-
nides , publiée par Dugès. (2) Ibid., pi. I , fig, 1,^61 1 , /, d'après Diigès.
390 XXX V^ LEÇON. OKG. DK GÉNÉRATION DES ARTICULAS.
avancée se continue avec le canal déférent. Celui-ci
se prolonge dans la verçe de son côté; soit après s'être
réuni à un petit cœcum tenant lieu de vésicule sémi-
nale (i); soit que ce petit cœcum manque, comme
dans les espèces où nous avons observé les testicules.
Entre la face dorsale de l'abdomen et le testicule
se trouve une lame à la fois écailleuse et membra-
neuse, large en avant, se rétrécissant en pointe eu ar-
rière, de manière à figurer assez bien une lame de
sabre, dont le tranchant, dirigé du côté de la ligne
médiane , aurait une partie saillante , arrondie dans le
milieu de sa longueur. Le dos de cette lame tourné en
dehors, est formé d'une baguette cornée qui se courbe
en dedans, à son extrémité antérieure, pour en former
l'articulation (2). Il faut la soulever pour découvrir les
mailles que figure le testicule, lorsqu'on a ouvert l'ani-
mal par le dos. C'est seulement de dessous la partie
articulaire de cette lame que le canal déférent se
dégage, pour se porter encore plus avant vers la racine
de la verge.
A l'endroit où ce canal joint la verge, il se réunit
à un petit tube court, pour ne plus composer avec lui
qu'un seul canal séminal. Ce tube court est une petite
glande qui pourrait être déterminée comme une pro-
state, ou considérée comme une vésicule séminale.
■2. Parmi les Arachnides trachéennes ^\e'i> faucheurs
ont un testicule composé d'un paquet de très petits
cœcnms, qui se réunissent à un seul canal déférent,
(i) Voir le Méi;ioire de M. J. MiiUcr déjà cité, jil. I, fl;;. 8.
(2) Tieviranus la décrit comme iinifjuement de substance cornée, et
protégeant le canal déférent de sun coté. C'est bien !e testicule qu'elle re-
couvre du côté dorsal.
ART. III. ORG. PRÉPARATEURS £T MODIFIC. DU SPERME. 391
lequel aboutit directement dans le tube de la
verge (i).
Chez le trombidium holosericeum ^ le testicule est
une glande oblongue , d'apparence gélatineuse, à la
surface de laquelle on distingue des canaux sémini-
feres extrêmement fins, se rassemblant en deux
troncs, les canaux déférents, qui vont directement à
la vulve (2).
liCS Tardigradcs auraient dans le même individu,
avec un ovaire, deux sacs allongés situés de chaque
côté de l'ovaire et de l'intestin et se terminant au
cloaque. Ces sacs paraissent être leurs testicules.
Une vésicule séminale plus large, conique, située
plus en arrière, renfermant des spermatozoïdes , com-
plète l'appareil de génération de ces animaux singu-
liers (3).]
G. Dans les Myriapodes,
[Nous devons toujours séparer, dans nos descrip-
tions, les Chilopodes des Chilognathes.
1» Dans les Lithobies ^ qui appartiennent au premier
groupe, les organes préparateurs du sperme se com-
posent d'un long boyau central, replié sur lui-même,
et de deux longs boyaux latéraux.
Ces àevw dei-niers forment une nnsf en arrière, au
milieu de laquelle vieut aboutir le boyau central.
C'est de la convexité de cette ansfj que partent les
deux canaux déférents, qui se rendent dans le péuis.
Durant le développeuient de ces animaux, le tube
(i)Trc\iianus, o. t., pi. IV, lij. n. {■?.) ïbid.^ l>!- VI, Ii{5. 3';, 3) M. J..
Doyère, u. c, p gî.
392 XXXV» LEÇON. OUG. 1>E GF.NÊfiATlOiS DES ABTICOLÉS.
central est déjà proportionuéuîent volumineux, que les
lubes latéraux sont encore rudimentaires (i).
Deux glandes accessoires de la même structure que
celles décrites, cliez les femelles, pourraient encore
être comparées aux prostates des mammifères (2).
Dans la sciitigera lineata ^ les testicules seraient de
lon^s canaux repliés , commençant par une dilatation
vésiculeuse. Ces canaux se réunissent en un seul , qui
se termine dans Tare que forment les deux défé-
rents. Ceux-ci se dilatent deux fois en vésicules oblon-
gués (3).
La glande speiinagène du geophilus subterruneus
est beaucoup plus compliquée que dans les lithohies.
Il y a aussi deux canaux déférents aboutissant dans le
pénis, ils se réunissent en arcade pour recevoir, dans
leur convexité, le boyau du testicule. Celui-ci est très
long, replié et formant plusieurs anses fermées ; il se
dilate, par intervalles, en vésicules qui lui donnent
Tapparence d'un chapelet.
Deux petites glandes accessoires, de forme très al-
longée, présentent la même structure celluleuse que
celle des lithobies.
2" liCS Chilognathes se distinguent des Chilopodes ,
dans cette partie de l'appareil génital, comme dans
toutes les autres.
Il ny a proprement qu'une glande spermagène
dans les genres iule et polydesnie , composée de deux
(ij M. Stein, ui. c, pi. Xil , fi.j;. i, et pi. XIII, fig. 26, pour le dcve-
loppemeiit. Cet auieiir itserve le nom de vésieule nu tube médian, et
celui d'épiJidvme aux tubes latéraux , attendu qu'il n'y a pas trouve de
speriuatozoïdes. Ce seraient plutôt, dans oeca^, des prostates. (-2) V^oir eu
core Treviranui. Mélanije^. etc., pi. V, fiff. 7. (3) Voir L. Dutour; An-
nales des se. tiat.y t. II, pi. V, tif;, .^
AiîT. 111. ORG. PUKPAJRATFAIRS ET MODIFIC. DU SPERME. 393
tubes longitudinaux , réunis , par intervalles , par des
tubes irausverses et formant comme mie échelle. A
ces tubes loufjitudinaux, sont annexés, du côté interne,
une série de vésicules de même nature, dont la cavité
s'ouvre dans le tube principal , par un court canal ex-
créteur ( I ).
D^ns Viiilus /ndximns , RU lieu de ces appendices
vésiculeux , j ai observé une houppe de petits cœcums
qui paitent des points correspondants des tubes lon-
gitudinaux.
Une courte portion de l'échelle du testicule dépasse,
en avant, les organes extérieurs de génération. Celle-
ci, et celle beaucou[) plus longue qui est en arrière
de ces mêmes organes, aboutissent ensemble par
chaque tube longitudinal au canal déférent de leur
côté. Celui-ci ne tarde pas à pénétrer dans la verge
dont il rencontre la racine.
r^es testicules des glo me ri des sont organisés sur un
autre plan. Ce sont des agglomérations distinctes, allon-
gées, de vésicules sphériques, adhérentes entre elles
par de petits canaux. Les deux glandes idjoutissent en-
semble à un boyau commun, sorte d'épididymc, qui
verse le sperme dans une arcade, que forment, à leur
naissance, les deux canaux déférents. Ceux-ci se ren-
dent dans chaque pénis (2).]
D. Dans la Classe des Crustacés.
ï. Dans la Sous-classe des Malacostrncés.
1 ° Chez les Décapodes.
A l'intérieur, on voit , dans le mâle , deux canaux
(i) Ibid., pi. XIII, Hr. 17 et 18. (2) Ibid., [ig. 11.
394 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
déférents très tortillés, qui se rendent chacun à la
racine de la verge de son côté.
Dans les Crabes, les deux canaux, d'abord très
gros près des verges, deviennent ensuite très fins, et
s'entortillent tellement, qu'ils forment, chacun de son
côté, une apparence de glande. Les deux glandes ne
sont pas réunies.
[Nous ajouterons à cet ancien texte, que le testicule,
chez les animaux de cet Ordre, peut être double ou
simple, c'est-à-dire confondu en une seule masse.
Sa position est dans une grande partie de la cavité
thoracique sous le cœur, et de chaque côté de l'es-
touiac, sur le foie et au-delà. Sa forme varie d'un genre
à 1 autre; sa couleur est blanc de lait à l'époque du rut,
et sa structure se compose d'un tube plus ou moins
sinueux replié sur lui-même, et se ramifiant ou se di-
visant en tubes plus petits terminés en culs-de-sac, ou
en petits cœcuras oblongs ou globuleux. Il sort de
cette masse glanduleuse un canal excréteur mem-
braneux, à parois minces et transparentes, ayant inté-
rieurement des plis longitudinaux , qui se porte des
côtés du testicule lorsqu'il n'y en a qu'un, ou du côté
externe de chaque testicule lorsqu'il y en a deux, vers
la dernière cavité articulaire thoracique. Mais avant
d'atteindre cette partie, le canal déférent est changé ,
chez les Macroures ^ en un tube copulateur susceptible
de s'invaginer et de se dérouler au dehors , ainsi que
nous l'expliquerons dans l'article des organes d'accou-
plement. Chez les Brachymes ^ il se prolonge hors de
la cavité thoracique dans le tube de la verge.]
Dans Xécrevisse^ les deux canaux déférents viennent
d'un testicule divisé en différents lobes, et placé sous
le cœur, derrière l'estomac, entre les deux grappes de
ABT. III. ORG. PBÉPABATKUBS ET MODIFIC. DU SPERME. 395
vaisseaux hépatiques. Il est blanchâtre, et d'apparence
glanduleuse.
[Le testicule proprement dit se compose de trois lo-
bes, deux en avant et un en arrière, réunis sur la ligne
médiane, dont le dernier est placé sous le cœur et
dont les deux premiers s'avancent vers l'estomac. Ils
se composent de grappes de grains vésiculeux.
Le canal séminal assez gros, qui s'en sépare de
chaque côté, vis-à-vis de l'endroit de réunion de trois
lobes, est long et replié; c'est une sorte d'épididyme.
Il augmente considérablement de diamètre, devient
proprement canal déférent, et se porte en dehors et en
arrière, à la rencontre de l'article basilaire des pattes
postérieures. Mais, avant d y aboutir, le canal déférent
s'est modifiée en verge tubuleuse susceptible de se dé-
rouler au dehors.
Dans la Langouste^ c'est un tout autre plan, du
moins pour la forme , sinon pour la structure intime.
Les deux testicules restent séparés, sauf une bande
étroite qui les unit en arrière du pylore, ils forment
chacun une bande sinueuse et plate, de couleur blanc
de lait, qui commence sous l'estomac, s'élève sur les
côtés de ce viscère en se portant en arrière, le sépare
du foie, continue de se porter eu arrière en se plaçant
sur le foie et en se rapprochant de son symétrique, et
s'étend au-delà de ce viscère jusque vis-à-vis la dernière
paire de pattes où elle a son extrémité libre Dans ce
long trajet, le testicule se compose de tubes extrême-
ment sinueux, à parois bosselées.
A quelques centimètres avant .son extrémité posté-
rieure, le tube principal de cette glande se change en
un canal à parois toutes unies, dont le diamètre est plus
grand, dont les replis sont bien plus longs et forment
396 XXXV« LEÇON. OEG. DE GÉiSÉlîATION DES ARTICULÉS.
un paquet distinct, qui peut être considéré comme un
épididyme^ et sa dernière portion, qui se continue
avec le tube de la verge comme le canal déférent.]
2** Chez les Stomapodes.
[Chaque glande spermagène de la squille manie ^ est
un tube très sinueux , très replié , qui se voit au-dessus
du canal alimentaire et du foie, sous le cœuretle sinus
péricardique qui l'enveloppe, et conséquerament dans
la même position relative que l'ovaire. Il s'étend beau-
coup moins en arrière , et ne se voit guère que dans
la longueur du premier segment abdominal et tout au
plus dans le commencement du second segment.
Le canal déférent se détache de chaque côté en
avant de ce tube sinueux, se porte transversalement
en dehors, et pénètre dans l'article basilaire de la der-
nière paire de pattes, à la face interne duquel chaque
verge est articulée.]
3° Chez les Xyp/tosiires.
[Dans les Limai es ^ les glandes spermagènes se com-
posent aussi de tnbes ramifiés occupant les côtés du
céphalo- thorax.
Ils se rapprochent sous ce rapport des Décapodes
et des Stomapodes.^
If Chez les Isopodes.
[La structure des glandes spermagènes se sim[)lifie
beaucoup, chez les Isopodcs . ^Wes ne se composent
plus en effet que de quelques tubes droits, communi-
quant les uns dans les autres, dont les parois, plus ou
moins évidemment cellulcuses, sont chargées de la sé-
crétion du sperme.
Nous n eu citerons que quelques exemples , choisis
dans la famille des Clopoitides.
ABT. III. ORG. PPéPABATEURS ET MODIFIC. DU SPERME. 397
Dans les armadilles., chaque testicule se compose
d'un lon.jj tube arrondi à son extrémité antérieure, et
séparé en deux par un étranglement. La partie la plus
avancée reçoit près de son extrémité, du côté externe,
trois autres petits tubes fusiformes, outrés effilés à
leur extrémité libre.
La partie postérieure du tube principal se recourbe
versla ligne médiane, et devient plus étroite pour for-
mer le canal déférent. f>.es deux canaux déférents se
rapprochent l'un de l'autre et semblent se confondre.
Les divers tubes que nous venons de décrire commu-
niquent les uns dans les autres ; leurs parois se compo-
sent de cellules en losange (i).
Dans les ligies et les ligidies les tubes qui composent
les testicules sont plus effilés (2).]
IL Dans la sous-classe des Eiitomostracés.
[L'existence et la structure des glandes ou de la
glai de spermagène est loin d'être connue dans tous les
animaux de cette Sous-classe , dont un grand nombre
sont pour ainsi dire microscopiques.
1" Dans r ordre des Branchiopodes.
Plusieurs seraient hermaphrodites; tel est Vapus
cancriformis y dont les tubes filamenteux et ramifiés,
qui composent les testicules , s'étendent à côté de
l'ovaire, et rapprochés de l'intestin, jusqu'au milieu de
l'abdomen.
M artemia salina appartiendrait encore à cette ca-
tégorie des Entomostracés hermaphrodites (3); tandis
(î) M. LerehouUet, mémoire cité. (2) Voir la ti{j. i3 de la p], XII de
l'Hisioire naturelle des Crustacés de M. Milm; Edivards, (3) Suivant
M Joly, iiK-in. cit., pi. II,H{i. 6, 9.
398 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
que les sexes sont séparés chez les limnadies^ les
branchipes , les cyclopes , etc.
Dans le cyclops castor^ le testicule est un sac pi-
riforme situé derrière le cœur vers le dos; son canal
déférent , long et étroit, descend immédiatement vers
la vulve.]
2° Dans l'ordre des Syphonostômes.
[Les argules auraient une glande spermagène ana-
logue à celle du cyclope castor. C'est une petite vési-
cule qui répond à la base des verges.
Les mâles de ï achteres percarum^ parmi les Z^r/zeei",
ont dans leur cavité viscérale en arrière , quatre corps
opaques arrondis, qui ont été pris pour des glandes
spermagènes (i).]
E. Dans la Classe des Cirrhopodes.
[La glande spermagène est double et symétrique.
Elle occupe un espace plus ou moins étendu , suivant
les espèces, à l'époque du rut, sur les côtés de la ca-
vité viscérale et du canal alimentaire , immédiatement
sous les téguments.
Dans les penlalasinis^ nous l'avons trouvée composée
de petits cœcums ou de petites vésicules, réunies
par grappes à un arbre de vaisseaux séminifères. Les
plus fins de ces vaisseaux aboutissent à des branches,
qui se réunissent à un tronc central, lequel se rend dans
répididyme (2).
Celui-ci est un long sac sinueux, en forme de massue,
qui paraît à travers les téguments, lorsqu'il est rempli
de sperme , à l'époque du rut. 11 diminue de diamètre
(i) M. Nordmann, o. r. p. 76. (2) Cette disposition des vaisseaux
séminifères est bien représentée dans la figure 8 de la planche du mé-
moire de M. Cuvier sur les Àiiatifes et les Balanes.
ART. III. ORG. PRÉPARATEURS ET MODIFIC. DU SPERME. 399
en descendant vers le tube de la verge, dans lequel
chaque épididyme devenu canal déférent pénètre.
Les deux canaux rapprochés Fun de l'autre se réu-
nissent bientôt en un seul, qui reste encore, pendant
un court espace, distinct du tube de la verge et se con-
fond ensuite avec ce tube.
Les parois de ce sac sont épaisses et glanduleuses
dans la plus grande partie de leur étendue; elles ne
deviennent membraneuses que lorsque le tube qu'il
forme est étroit et ne remplit plus que les fonctions de
canal excréteur (i).
La structure générale des testicules est la même
dans les divers genres de cette classe que nous avons
eu l'occasion d'observer. Des différences se remar-
quent cependant dans la forme des petites capsules
glanduleuses, dans l'arrangement de leurs canaux sé-
miuifères, dans la forme et dans l'étendue de l'épi-
didyme.
Les testicules des cineras sont comme dans les peuta-
iasmis.
Les Olions n'ont que des canaux séminifèrestrès fins,
qui se rendent directement dans Tépididyme.
(i)Dans la première édition de cet ouvrage, M. Cuvier avait bien déter-
miné cette partie comme appartenant au testicule, mais il n'avait pas
reconnu la glande speimagène que nous venons de décrire, et qu'il a
prise plus tard pour l'ovaire (mémoire cité). Nous donnons ici le texte de
notre première édition. « Les Cirrhopodes ou Balanites et Anatifères pa-
» raissent en avoir de très différents des Acéphales ^ et se rapproL-her, à
» l'égard des organes mâles, comme à beaucoup d'autres, de la classe des
>i Crustacés. On trouve, de chaque côté de leur canal intestinal, un tube
» blanc et serpentant, qui paraît être le testicule, et qui aboutit vers la
» base du tube qui tient lieu de rectum. Néanmoins, ces animaux sont her-
» maphrodites, et leurs ovaires sont deux masses placée-; entre le tronc et
» le manteau , et qui n'y sont liées que par des vaisseaux et de la cellu-
» losité. »
400 XXXY* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS,
Dans une grande espèce de balane (le balanus tin-
tinabuluni) , nous avons trouvé le testicule composé de
vésicules ovales, formant des grappes avec les canaux
séminifères auxquels elles sont attachées. L'épididyme
est un long tube, très replié, un peu dilaté à son ori-
gine, s'amiucissant pour sa terminaison.
Sa paroi interne a des plis transverses, entre lesquels
paraissent des points noirs qui sont probablement les
orifices des cryptes dont elle est pénétrée.
Le contenu de ce sac était composé de granulations
et de spermatozoïdes en fil.
Dans \-à coronule des baleines , cha.q\ie testicule se
compose de même de vésicules glanduleuses et de ca-
naux séminifères.
Le tube formant l'épididyme est court et d'un petit
diamètre.]
F. Dans la classe des Annélides.
[Parmi les Tubicoles ou Sédentaires^ Xestérébelles ont,
dans la cavité viscérale , trois ou quatre bourses ou
glandes spermagènes, que Ton a comparées à celle de
Varénicole.
Celles de la sabella unispira, au nombre de deux ,
sont situées sur les côtés du canal alimentaire ( i).]
Parmi {c^ Annélides Dorsibranches ^ M. Guvier a
observé, dans la partie antérieure du corps de Varéni-
cole des péc/ieurs, cinq bourses grisâtres de chaque
côté, suspendues par des vaisseaux et de la cellulositéj
elles paraissent bien analogues à celles du ver de terre.
[M. Grube en a vn une paire de plus, située en ariière
de la cinquième et rndimentaire (2).
1^1) M. Grube, o. c. fig. 12, y. (2) O. f., pi. II, \\^,. 6, y.
ABT. il. ORC. PRÉPARATEURS ET MODIFIC. DU SPERME. 40i
Ces bourses ont chacune un orifice extérieur à la face
abdominale, en arrière et au-dessous du paquet de soies
en crochet (i).
Le même auteur a trouvé quelques œufs dans ces
bourses, au mois de juillet. Cependant il ne les regarde
pas comme les ovaires.
Dans Veunice harassii^ les bourses spermati(jues (q)
sont situées sur le bord de la bande musculaire dor-
sale. Elles manquent, ainsi que les ovaires, dans les
premiers segments du corps.
Dans les Âimêlirles Ahrandies. Dans U!i lombric
dont le clitelium était développé, je trouve (le 21 mai)
trois paires de vésicules demi-transparentes de diffé-
rentes formes et grandeurs. Elles sont situées entre le
quatrième et le douzième anneau du corps.
La paire postérieure est la plus grande; Tune est un
boyau simple, arqué; l'autre, un boyau replié en fer-
à-cheval, ou revenant sur lui-même de toute sa lon-
gueur. Dans la paire moyenne, lune est oblongue, et
l'autre encore en forme de boyau arqué.
Enfin, des deux de la paire antérieure, l'une est
ronde et l'autre oblongue.
Le contenu de ces vésicules paraît, à travers leurs
parois, composé de granules opaques dans un liquide
muqueux encore limpide.
En dehors des deux premières paires, se voient
quatre vésicules sphériqiies, blanches comme du lait :
(i) Ce que M. Cuvier n'avait f)as exprimé d'une manière absolue,
piiisqu il dit qu'elles sont bien analogues à celles du ver de terre, et que,
tout en les considérant, dans cedeinier animal, comme appartenant à la
génération , je ne saurais, ajoute-t-il, les dislingiKP par leurs fondions.
(2) M. Grube, o. c. pi. H, h;^. 6, Y.
8. 26
402 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
ce sont les vésicules séminales. Elles étaient distendues
par un liquide laiteux, composé en grande partie de
spermatozoïdes mêlés, et non plus en écheveaux.
Entre les vésicules postérieures était une masse
blanche comme dn lait, de forme irrégulière, rem-
plie de spermatozoïdes vivaces et se bouclant dans Teau.
Le contenu des grandes bourses renfermait des fais-
ceaux de spermatozoïdes , des rondelles qui sont leur
capsule , et des ovules de o'""\2 de diamètre, remplis de
cellules rondes et surtout de cellules en navettes.
Les grandes vésicules, soit en forme de cornue, soit
en forme de boyau repliée, sont des organes doubles
ou hermaphrodites, composés à la fois de la glande
ovigène et de la glande spermagène.
On en aura une idée assez exacte en consultant la
figure idéale qu'en a publiée M, H. Meckel. Les ovi-
ductes, les canaux déférents et ceux des vésicules sé-
minales paraissent se réunir et aboutir ensemble aux
deux vulves (i).
Chez les Naïdes , les glandes spermagènes sont deux
petites poches dont le volume varie suivant la saison;
elles sont situées dans le onzième anneau du corps.
Chacune a un canal sinueux qui va s'ouvrir au dehors
par une fente transversale , sur les côtés de ce même
anneau (2).
Cliez les Hiruduiées , l'appareil génital mâle est assez ■
compliqué. Nous croyons devoir décrire, en premier
lieu , celui des nephelis ^ genre de la tribu des Voraces^
(i) Sur l'iappareil «le (génération de (|iielques animaux hermaphrodites ,
par H. Meckel, Archives de J. .Millier pour 1844, p. 473i «^t p'- Xllf,
fig. 12. (•2) Dii»>è.s , Ami. dc^ se. nat.., t. X V , n. 32o, et pi. Vil , fig. i et 3.
ART. II. OEG. PRÉPAKÀTEUBS ET MODIFIC. DU SPERME. 403
afin d'arriver à une détermination plus exacte de l'ap-
pareil des autres (genres (i).
Les glandes spermagènes sont doubles. Chaque
glande commence , en arrière de l'abdomen , pav une
grappe cylindrique et longue de vésicules sphériques,
qui ont chacune un petit canal excréteur. De lextré-
mité antérieure de ces grappes sort un canal sinueux
épais, sorte d'épididyme, qui s'amincit peu à peu, de-
vient très délié comme canal déférent et se termiue ,
après s'être de nouveau un peu renflé, à côté de son
semblable, dans la vésicule éjaculatrice (2).
Dans les genres hœmopis , albione ^ sangaisuga^pisci-
cola, au lieu des grappes de vésicules nombreuses que
nous venons de décrire , chaque glande spermagène se
compose de cinq, huit, neuf et même douze vésicules ,
rangées à des distances égales, vis-à-vis de celles du
côté opposé, le long du côté interne du canal séminal,
à droite et à gauche du cordon principal des nerfs. Il
y en a souvent une de plus d'un côté que de l'autre. Ces
vésicules sont ovales , sphériques ou pyriformes, suivant
les espèces. Le tube dans lequel elles versent le liquide
qu'elles sécrètent, le reçoit de chacune d'elles par un
très court canal excréteur, qui forme leur pédicule. Ce
tube se dirige d'arrière en avant , parallèlement à son
semblable , jusque dans l'anneau génital mâle où il ren-
contre dans les genres sanguisuga , hœmopis , un épi-
didyme composé d'un canal pelotonné ou à demi roulé
et montrant une disposition intermédiaire entre celle
(f) V'oir la Monographie de la famille des Hirudinées ^ par M. A. Mo-
c]uin-Tandon,pI. III, fig. 5 et 6.
(2) Mt'iiioirfi de M. Z/eo. Archive-; de Millier pour i83.S, p. 4'9i "^
pi. XI.
404 \.\X\' LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULES.
décrite dans les nephelis et le peloton des sangsues.]
M. Guvier, qui l'avait déterminé, dans ces dernières,
comme le testicule, dit que les deux testicules sont
composés des replis nombreux d'un seul canal mou et
/)lauchâtre, à parois glanduleuses , et d'un conduit dé-
férent, court, droit et musculeux. Ces deux conduits,
ajoute-t-il, m'ont paru aboutir à la base de la portion
musculeuse de la verge.
[Dans la piscicola geometra^ cet appareil est encore
plus compliqué. Il y a sept paires de vésicules ovales
dont chaque rangée est attachée à son tube excréteur
commun. Ces vésicules sont plus grandes à proportion
que dans la sangsue médicinale. Les deux tubes sémi-
naux aboutissent dans un canal beaucoup plus gros,
qui a été décrit comme un épididyme. Celui-ci se porte
en avant, puis se tourne en arrière, forme une anse
entre la deuxième et la troisième paire de vésicules
spermagènes, se porte de nouveau en avant jusque
dans la vésicule séminale de son côté. Ces replis dé-
ployés de l'épididyme sont évidemment, comme dans
les alhiones , un passage au peloton plus serré décrit
comme testicule chez les sangsues. Si l'on passe des
piscicola et des albione aux nephelis ., en comparant
la même partie, on ne pourra s'empêcher de la consi-
dérer comme un épididyme , et les vésicujes agglomé-
rées, ou disposées régulièrement le long d'un tube
i.ommun, pour la vraie glande spermagène.
Dans la piscicola geometra , les vésicules séminales
sont situées à côté l'une de l'autre dans le quatrième
anneau. Leurs conduits éjaculateurs sortent de leur ex-
trémité antérieure et s'ouvrent dans la base du pénis.
Leur contenu est blanc cl finement granuleux.
ART. IV. DU PRODUIT DES GLANDES SPEBMAOÈNES, 40O
ARTICLE IV.
DU PRODUIT DES GLANDES SPERMAGÈNES ET ACCESSOIRES, OU DU
SPEB3IË ET DES SPERMATOZOÏDES QU'iL RENFERME.
§ 1 . Du sperme.
Le sperme des animaux articulés est souvent blanc
de lait et assez consistant; mais il peut être coloré en
gris ou en jaune ( la lerebella niultisetosa). Il n'a pas
été examiné, que je sache, sous le rapport de sa com-
position chimique. A l'époque du rut , il se compose
essentiellement de spermatozoïdes; tandis que les
tubes ou vésicules accessoires, annexés aux glandes
spermagènes, ne sécrètent qu'une humeur analogue
aux prostates des mammifères , ou ne renferment de
spermatozoïdes que postérieurement à leur dévelop-
pement dans les testicules. L'une et l'autre humeur de-
vraient être étudiées comparativement dans les diverses
familles de ce type.
§ Q. Des spermatozoïdes .
Les spermatozoïdes qui composent, à l'époque du
rut, la plus grande partie du sperme àe% Animaux
Articulés ., comme celui des Vertébrés, ont, en géné-
ral, une forme capillaire.
A. C'est celle qu'ils présentent dans la classe des
Insectes , chez lesquels cette forme siniole ne varie
guère que par ses proportions, et parce qu'une des
extrémités peut être un peu renflée, avant de s'effiler
en pointe déliée. Ils y montrent des mouveaients vcr-
miformes, se frisent, se bouclent et se nouent quund
on les met dans l'eau. Ils se développent dans des cap-
suies, dans lesquelles ils sont roulés en écheveaux
avant la rupture de la poeiie génératrice.
40G XX X>' LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATIOIH DES ARTICULÉS.
Ceux des Orthoptèîes ^ cependant, ont présenté une
singulière exception à celte forme p'énérale.
Ils ont un corps long et aplati , qui devient, par une
de ses extrémités , un long fil délié ; l'autre extrémité
est armée d'un double crochet en hameçon.
L'appendice filiforme seul a toute la mobilité qui
distingue les spermatozoïdes capillaires des autres In-
sectes. Le corps et ses crochets restent roides et immo-
biles. Dans les canaux déférents , ces spermatozoïdes
sont disposés parallèlement par petits groupes de 6 ,
10 et 12.
Dans le réservoir de la semence, après le coït, on
trouve un ou plusieurs corps ronds ou pyriformes , qui
sont de véritables spermaphores. Ce sont des capsules,
ayant une seule ouverture, formées probablement
dans le canal déférent, qui renferment un assem-
blage singulier de spermatozoïdes. C'est un corps
semblable à une longue plume d'autruche , composé
conséquemment d'une tige et de deux rangées de
barbes ou de barbules. Ce corps a non seulement des
mouvements de totalité, mais il se meut encore dans
toutes ses parties.
Chaque spermatozoïde disposé en travers est accro-
ché régulièrement et alternativement, de chaque côté
de la tige fictive, à deux autres. Ils représentent ainsi,
par la série de leurs crochets, cette tige, et par leur
queue les extrémités des barbules (i).
B. Les spermatozoïdes des Arachnides ont encore
été peu étudiés.
(i) M. Siéljold. Communication faite à la séance du 11 sept. J842,
de la section d'anatomie et de physioIof»ie , delà réunion des nntiir;ilistPS
allemands à Maveiire. Page 2^3 tles procès-verbaux imprimés.
AHT. IV. DU PfiODCJIT DES GLANDES SP£J\MAftE-\ES. 407
C Dans les Myriapodes , les Chilopocks et les Chi-
logiiathes^ les produits des appareils de génération
sont très différents dans l'un et l'autre groupe.
Les spermatozoïdes des Chilopodes sont de forme
capillaire, comme tous ceux des Insectes, naissent par
faisceaux dans des capsules séminales , se meuvent en
serpentant, se roulent, se bouclent aussitôt qu'on les
met dans l'eau. On les trouve dans le canal déférent
et le testicule des animaux en rut.
Chez les Chilognathes , leur forme rappelle le type
de ceux des Crustacés décapodes : ce sont des cellules
spbériques {les Jules j, les polydesmes) ou elliptiques
{lesglomerù), qui ne manifestent aucun mouvement.
Les changements que présente la composition orga-
nique du sperme hors du rut, aux approches de cette
époque et pendant sa durée , ont été étudiés avec
soin dans les Myriapodes , comme dans les autres
classes des articulés. Le développement des spermato-
zoïdes ou des corps spermatiques y suit les mêmes
phases.
On trouve d'abord, dans la cavité du testicule un
liquide plastique daus lequel se déposent des granules
opaques. Les granules deviennent de plus en plus
nombreux, et se changent successivement en vésicules.
Celles-ci, en se développant, montrent bientôt à tra-
vers leur enveloppe transparente une, deux et même
trois autres vésicules plus petites , qui renferment un
ou deux noyaux avec un contenu transparent. Dans
la suite du développement, le liquide de la vessie
principale se charge de granules, et bientôt ces gra-
nules se sont transformés en écheveaux de spermato-
zoïdes capillaires.
IJne circonstance fort singulière, fort extraordi-
408 XXXV LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
naire , annoncée par M. Stein (i) , c'est qu'on en
trouverait de même, sans copn]ation préalable, dans
les réservoirs séminaux des femelles des Litliobies et
des Géophiles ^ et que ces spermatozoïdes s'y dévelop-
peraient en suivant les uiémes phases que dans les
glandes spermagènes des mâles. Nous ne citons cette
observation qu'avec doute , n'ayant pas eu encore Toc-
casion de la constater ou de l'infirmer.
B. Dans la classe des Crustacés ^ les spermatozoïdes
présentent deux formes générales qui caractérisent
deux groupes distincts.
Ceux des Décapodes ont une forme ramassée qui
peut être sphérique , cylindrique, conique, prisma-
tique, polygone, suivant les genres et les espèces, avec
des filets, en nombre variable, qui partent de la cir-
conférence ou des angles de ces corps spermatiques.
Leur développement a lieu dans des capsules pyri-
iormes ou ovales, dans lesquelles ils sont posés les
uns vers les autres. Chez les uns [\es pagures) ces cap-
sules génératrices sont fixées , au nombre de deux, à six
o!i sept, sur une membrane oblongue flottant librement
dans le liquide spermatique. Chez les autres (la Gala-
tliea strigosa), elles sont attachées en plus grand
nombre, avec régularité, à un filet commun.
L'autre forme des corpuscules spermatiques est
celle en fils plus ou moins déliés.
Nous avons trouvé cette forme capillaire dans les
squilles parmi les Stomapodes.
Les Amphipodes et les Lœmodipodes les ont aussi
capillaires; les premiers avec un renflement à l'une
de leurs extrémités, les derniers ayant leur partie
(i) O.cpl. XIV,fijr. 3.5, 36.3-,39, 40. (i)0.r,,pl. XIV, %. aSetau.
ART. IV, DU PRODUIT DES GLANDES SPERMAGÈNES. 409
moyenne un peu plus épaisse que les extrémités ( ceux
du cyamus ceti).
Les Isopodes les ont encore de cette forme. Tous
ceux de ce type se bouclent et se frisent comme ceux
des insectes , ou prennent les apparences de touffes de
cheveux mêlés.
Les corpuscules spermatiques en forme de capsule
n'ont pas montré jusqu'ici de mobilité, quoiqu'il y ait
eu quelques légères apparences de cette faculté dans
les rayons capillaires qui leur sont attachés.
Quant aux spermatozoïdes capillaires, leur faculté
motrice est généralement reconnue; dans plusieurs cas
cependant elle n'a pas encore été constatée.
Le développement des spermatozoïdes des Crustacés
paraît d'ailleurs absolument analogue à celui des au-
tres classes. Nous venons de voir qu'il a lieu , pour les
spermatozoïdes à forme ramassée , dans des capsules
de figure et de disposition différentes. Ces capsules
ne renferment , dans le principe , que des granules. Ces
granules deviennent des cellules ^ qui présentent même
souvent un noyau dans leur centre. Les appendices
ou les filets rayonnes de ces cellules de différentes
formes ne se développent qu'en dernier lieu.
Quant aux spermatozoïdes capillaires, lorsque la
glande spermagène a la forme d'une poche allongée,
comme chez les Cloportides, on peut observer les
phases successives de leur développement dans les
différentes parties de cette poche. Lorsque leur sommet
ne renferme encore que des granulations de dimensions
variables, un peu plus loin on découvre déjà des cap-
sules de grandeur variée. Plus près du canal déférent
la poche glanduleuse est remplie d'écheveaux de sper-
matozoïdes.
410 XXXV LEÇO.N. ORO. DR GÉXÉBATION DES AfiTICULlis.
'" 'Le cyclops castor, de la soiis-classe des Eiitomos-
tracés , a des spermatozoïdes contenus dans des cap-
sules compliquées qui rappellent les spermaphores des
Céphalopodes.
E. La forme capillaire distingue encore les sperma-
tozoïdes de la classe des Cirrhopodes.
J'ai constaté l'existence de ces filaments spermati-
ques innombrables, plus ou moins mélangés de gra-
nulations, dans les vésicules qui constituent l'organe
qui avait été pris pour l'ovaire , et dans le canal dilaté
que j'ai déterminé comme l'épididyme. Je les ai obser-
vés dans plusieurs espèces appartenant aux genres
pentalastnis, cineras çtotion de la famille des Anatifes
et dans plusieurs espèces de celle des Balanes.
Ces filaments spermatiques, observés vivants, ont
des mouvements de vibration , se frisent et se bouclent
dans Teau (i).
F. C'est encore la forme capillaire que l'on a obser-
vée dans les spermatozoïdes àes^nnélldes.
La partie un peu plus épaisse que l'on peut désigner
comme le corps est contournée en tire-bouchon dans
ceux de la branc/tiobdelle de l'écrevisse.
Le développement des spermatozoïdes des sangsues
et des lombHcs a offert la circonstance singulière que
les cellules génératrices sont réunies en petits disques,
et qu'ils sortent, en premier lieu, de celles qui occupent
la circonférence (2). Nous avons reconnu ces disques
(1) M. Siébold, m. c, p. 29 et 3o. (2} Me'm. cit. de M. H. Meckel, pi.
XIII, fij^. i-i3. Voir encore le-i mémoires de M. Siébold sur les Zoo-
sjjermi'S des Crustacés et des Insectes, etc. ^rcliive<t de J. Miiller pour
1 836, et sur ceux du Cyclops ci-tor. Ann. des se. nat., 2' série , t. XIV, p.
36 et |)l. V B. Enfin les observations de M. Kœlliher^ sur le liquide sémi-
nrjl dps Ci-rtsf'aréS et des Clrlipèdes. Même Recueil , t. XIX, p. 335 et sbiv.
AP.T. V. OBGAiAES MALES D'ACCOUPLEMENT. 4ll
dans le produit de la (][lande hermaphrodite du lom-
bric^ et les cellules (>cnéiatrices des spermatozoïdes
dont ils se composent. Ceux-ci sont des fils capillaires
courts, un peu renflés à l'une de leurs extrémités, longs
de o"""',075.]
ARTICLE V.
DES ÔKGANES d' ACCOUPLEMENT CHEZ LES MALES DES ANIMAUX
ARTICULÉS.
[A. Dans la Classe des Insectes , les organes mâles
d'accouplement sont constamment placés à l'extrémité
postérieure de l'abdomen , sans en excepter la famille
des Libellules , parmi les Nèvroptères ^ qui n'a que des
organes de préhension ou d'excitation situés à la base
de ce même abdomen, ils se composent :
1° D'une seule verge, tube membraneux, continua-
tion du conduit éjaculateur, qui porte la liqueur fé-
condantC;, au moment de la copulation, dans le vagin
de la femelle.
2° D'un fourreau plus consistant qui protège la verge
et sert à son introduction. i\.u lieu d'être continu, il
peut se composer de deux baguettes rapprochées.
3° D'une paire extérieure de pinces désignées sous le
nom de forceps, que le mâle eniploie pour saisir l'ex-
trémité de l'abdomen de sa femelle.
4° D'une seconde paife de pinces [tenèltes^volselles)
plus rapprochées de la ligne moyenne , ordinairement
plus petites que le forceps, propres au même usage
et quelquefois à introduire la verge et son fourreau
dans le vagin de la femelle.
5" D'une pièce impaire, médiane, infe'rieure, écail-
le use, qui a probablement aussi ce dernier usage. Le
force().s , la volsellc sont articulés à une pièce basi-
412 XXXY* LEÇON. ÛBG. DE GÉNÉBATION DES ARTICULÉS.
laire qui donne attache aux muscles qui meuvent cet
appareil et le fixent au dernier segment de l'abdomen.
Au reste, il y a des variétés infinies dans la forme et
dans les proportions de ces différentes parties, même
d'une espèce à l'autre , différences qui sont en rapport
avec les organes femelles et rendent le mélange des
individus de deux espèces différentes impossible , ou
difficile, ou infécond.
Plusieurs de ces parties peuvent manquer, ou du
moins être réduites à l'état rudimentaire.
Le conduit éjaculateur est pour ainsi dire aussi une
partie de l'appareil d'accouplement. Ce conduit est
l'intermédiaire entre la verge et le réservoir du sperme.
Il reçoit ce liquide au moment de l'orgasme vénérien, et
le transmet dans le tube de la verge. L'impulsion que le
sperme reçoit du conduit éjaculateur le porte au-delà
de la verge dans les voies génératrices de la femelle.
Nous nous bornerons à un petit nombre d'exemples,
qui suffiront pour faire comprendre les principales
différences de cet appareil, en les prenant dans les
principaux ordres delà classe.]
i" Les Coléoptères.
[Les Coléoptères ont en général l'armure copulatrice
de la verge peu compliquée, et essentiellement com-
posée du fourreau de la verge, avec ou sans crochets
accessoires tenant lieu de volselle.
fie Carabe doré a une verge filiforme, égalant le
tiers de la longueur de son corps, d'im tissu élastique,
et terminée par un gland bilobé. Elle est contenue dans
un étui cylindrique , de consistance cornée dans la plus
grarde partie de sou (^tendue , terminé par une pointe
acéi'ée.
ART. V. ORGANES AIAI.ES d'acCOUPLEME.NT. 4l3
Les Dytisques , paiiiii les Hydrocanthares ^ ont cette
armuie plus compliquée et plus conforme au plan gé-
néral.]
Dans le bouclier (silpha atrata) la verge est aussi cy-
lindrique, revêtue de pièces écailleuscs, mais sans
pinces [forceps]; à sa base interne est une vessie ovale
dont j'ignore l'usage, mais qui m'a frappé par sa res-
semblance de position et de figure avec la vessie des
mammifères (i).
Dans le scarabé nasicorne ^ le canal commun qui ré-
sulte de la réunion des vésicules séminales et des testi-
cules [le conduit éjaculateur], grossit et devient mus-
culeux, puis s'engage dansun étui de substance cornée,
terminé par une espèce de pince, entre les lames
de laquelle est placée la verge : celle-ci n'est qu'un petit
tube cylindrique. Il paraît que les deux branches de la
pince s'introduisent dans la vulve , et qu elles s'écar-
tent ensuite pour faciliter l'entrée de la verge. La fi-
gure de ces parties, donnée par Swammerdam, est
très exacte.
2° Chez les Orthoptères.
[La verge est entourée et protégée par plusieuis
pièces écailleuses dont l'ensemble forme Xarmiire co-
pulatiice.
\u?i mante religieuse 'A cette armure composée, contre
l'ordinaire, de pièces impaires.
Il y a entre autres un long crochet corné, arqué, bi-
furqué , auquel semble opposée une lame écailleuse
assez large, ayant son extrémité obtuse armée d'une
(i; Cette vessie ovale est le conduit éjaculateur.
41 4 XXXV' LEÇON. OBG. DE GÉKÉBATION DES ARTICULÉS.
petite dent; et une petite lame cornée, obtuse, située à
la base de l'appareil (i).]
3° Les Hyménoptères,
[Sont ceux de tous les Insectes qui ont, en fjénéral,
cet appareille pins complet et le plus compliqué : aussi
est-ce en ayant particulièrement en vue leur appareil
de copulation que nous avons fait la description gé-
nérale qui commence cet article.
Dans les bourdons [hombus lapidaiius)^ la pièce
basilaire forme une sorte de capuie qui recouvre en
partie les autres pièces de l'appareil. Ce sont les deux
branches du forceps ou de la pince intérieure, qui a
pourusa.ofe de saisir l'abdomen de la femelle pour la co-
pulation. Ces branches sont composées de trois pièces,
dont la basilaire est la principale pour les dimensions,
et dont la seconde et la troisième sont très courtes;
cette dernière se termine en fourche.
La vo/selle, composée des crochets internes, a ceux-
ci plus courts, grêles, droits et non arqués. Ils servent
à introduire la verge dans le vagin de la femelle. Enfin
il y a une pièce impaire, qui protège la verge en
dessous; c'est ïhi/potôme de M. L. Dufour (2).
L'appareil copulateur du psithyrus campestris est
encore phis compliqué. 11 y a un forceps composé de
(i) Voir le Mémoire cité. PI. V, figf. 4' i f-
(2) Voir la pi. IX, fig. i, de la graode édition du Règne .ininial de
Cuvier. Cette figure, dessinée par M. Audouin, est probablement ex-
traite d'nr) mémoire inédit fait en commun par ce savant et par M. Lacbnt,
et lu à i'Acadéii>ie des sciences e\\ 1824, ayant pour titre : Observations sur
quelques appendices copulateurs mâles des insectes Voir la note 1 de la
jiage 142 lies Recherches de M. L. Dnfcur mv les orthoptères, les hrnic-
noptères et les névi aptères.
AET. V. ORGANES MALES d' ACCOUPLEMENT. 4l5
deux branches robustes, un peu arquées , tronquées à
leur extrémité. Les branches de la volselle ^ moins so-
lides, dépassent celles du forceps par leur article ter-
minal , qui est en forme de truelle.
La verge a un fourreau composé de deux pièces la-
térales, prêles, courbées en S, avec un crochet en ha-
meçon à leur extrémité , et d'une pièce médiane en fer
de lance. Enhn ïhjpotôme est formée par deux spatules
ovales-oblongues (i).
Cette complication , ou ce haut degré de composi-
tion, ne se trouve plus dans Xabeille à miel^ où plusieurs
pièces de cet appareil sont devenues rudimentaires ou
sont remplacées par d'autres.
Toutes les pièces qui existent, au nombre de cinq ,
sont contenues dans une sorte de gaine membraneuse.
Celles qui répondent aux branches du forceps sont fai-
bles et effilées en arrière.
\jB. vols elle ie compose de deux lames courtes, trian-
gulaires , avec un crocheta leur base,
liC fourreau est représenté par une pièce impaire ,
qui se voit près de la base supérieure de la verge.
La verge est un corps cylindrique musculo-mem-
braneux, blanchâtre , et marqué de cinq anneaux hé-
rissés de poils. Dans l'état où lappareil génital est sorti ,
on voit de chaque côté de la verge deux vessies aérien-
nes en forme de cornes, dont l'emploi est probléma-
tique (2).]
4° Chez les iSévroptèrvs.
.Suivant notre ancien texte, les clcinoiselles auraient
v'i -^J* '• 5 i?'- *^»%' 5S, Ou pauua cuiisuUer eucure les fig. .'>6, 64-
65 et 73 de la même planche. (2) M. c, pi. VI , tig, 55.
416 XXXV' LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
leur organe mâle à la base de l'abdomen, et non à la
pointe. De là leur singulière position dans l'accouple-
ment; il faut que le mâle saisisse le cou de la femelle,
avec des crochets qu'il porte à l'extrémité de l'abdo-
men, jusqu'à ce que la femelle se recourbe et rap-
proche l'extrémité de son propre abdomen de la base
de celui du mâle. [Mais cette manoeuvre n'est qu'un
prélude au véritable accouplement; elle a pour but de
mettre la vulve en rapport avec des organes excitateurs
très compliqués qui se trouvent à la base de l'abdomen
du mâle. M. L. Dufour les décrit comme trois paires
d'apophyses (i}=
Les deux premières paires occupent le second seg-
ment abdominal, el la troisième le segment suivant;
on les voit de chaque côté d une fossette longitudi-
nale que présente cette région (2).
La verge , tube membraneux très court , s'ouvre dans
la ligne médiane de l avant-dernier segment abdomi-
nal. Son orifice est fermé par deux valves. C'est d'ail-
leurs à l extrémité du dernier segment que se trouve
l'armure copulatrice; elle se rapporte aux deux bran-
ches du forceps de cette armure chez les autres In-
sectes, et se compose de deux pièces écailleuses un peu
pointues.]
5" Chez les Hémiptères.
[L'armure copulatrice est le plus souvent très simple,
chez les Insectes de cet Ordre, et ne consiste guère
que dans le fourreau de la verge, et la pièce basilaire
de toute l'armure (3).
(i) Ibid , p. 3:>7 et 3()i?. (^-j) Voir Rathke De libellarum partibusgenita-
libus. Regiomofiti , 1 832 ; et Bumieister, Handbuch der Entomologie , 1. 1 ,
^ i52. (3) On pourra sVn ronvaincre en jetant un coup d'œilsur les figures
ART. V. OKGÀKES MALES i)' ACCOUPLEMENT. 41 T
La volselle ou les tenettes existent plutôt que le
forceps ou les pinces (i).
Le coreus marginatus n'a pas même les crochets qui
caractérisent la volselle (2).
Le Naucoris aptera^ parmi les Hydrocorises , a de
nouveau une armure copuîatrice compli(|uée avec for-
ceps (3).
Dans les Cicadaires {\i\ cicada orni) ^ l'armure co-
puîatrice consiste essentiellement en une pièce écail-
leuse terminée pardcMix forts crochets, recourbés vers
le bas. C'est entre ces deux crochets que sort la verge ,
filet délié, se courbant en spirale.]
6° Les Lépidoptères
[Ont le forceps composé de deux branches écail-
leuses à crochet. Deux aiities valves poilues, de consis-
tance de parchemin, flanquent immédiatement le pénis.
Celui-ci est un tube de même consistance, percé à son
extrémité.]
■7° Dans les Diptères.
[Le conduit éjaculateur est souvent bulbeux à son
origine, et montre, par cette forme, la faculté con-
tractile dont il est doué , pour porter dans le vagin de
la femelle, à travers le tube que forme la verpe, le
sperme qu'il reçoit des canaux déférents.
La verge a un étui de forme très variée , suivant les
familles , les genres et les espèces. L'armure copuln-
nombreuses des pi. X el XIII des Recherches anatomicjues sur les Hàni
ptères de M. L. Duto«r.(i) Voir o. c etfi/;. 121 \)om- ]a scutelleta inaura
(a) Ibid., tig. 127. (3) /61c/., Hg. i4o et 144.
8. 27
418 XXXY» LEÇOH. OBG. DE GÉNÉBATION DES ARTICULÉS.
trice se compose de pièces préhensiles , et d'autres
propres à diriger le pénis et son fourreau. Ces pièces
varient beaucoup pour la forme et les proportions.
Dans le culex annulatiis^ il y ^ un forceps toujours
apparent à l'extrémité de l'abdomen , dont les bran-
ches soyt terminées par un crochet, comme les man-
dibules des araignées. La volselle est composée de deux
petits crochets , courbés en hameçon.
Dans le tipula oleracea, l'armure copulatrice est
très compliquée. Le forceps a deux crochets. La vol-
selle est une lame de sabre. H y a encore deux stylets
recourbés qui en dépendent.
Le fourreau de la verge se termine par trois pointes;
les latérales sont courbées en dehors, la moyenne
est droite , en forme d'aiguillon et terminée par une
soie (i).
Dans \Asilus crabiformis ^ l'armure copulatrice est
toujours apparente au dehors. Vue par la face infé-
rieure , elle montre une pièce basilaire impaire, de
forme semi-limaire. De son bord concave tourné en
arrière, se voient de chaque côté les branches d'un
forceps, qui sont triangulaires; une volselle composée
de deux pièces velues, triangulaires, arquées, plus
fortes que les branches du forceps, ayant une arête
interne.
Le fourreau de la verge fait saillie dans la partie
moyenne de ce même bord. Il se compose de deux
baguettes rapprochées. Une lame noire , ayant trois
dents à son extrémité, sort de l'extrémité du four-
reau (9,).
(1) Voir le mémoire de M. L. Oufour, tig. 27. (i) Ibid,, fig. 58 et 69.
ART. V. OBGANES MALES D'ACCOUPLEMENT. -1 J G
Daui. le tahanus ater le canal éjaciilateur com-
mence par deux larges IoIdcs, et finit par un cor-duit
étroit qui devient celui de la verge.
L'armure copulatrice se compose des deux bran-
ches du forceps, dont chacune a deux articles, le ba-
silaire plus large, le terminal de forme grêle replié
sur le premier et terminé en fourche. Entre les bran-
ches du forceps sont deux pièces contiguès ayant cha-
cune deux articles , l'un quadrilatère et l'autre en pa-
lette.
Le fourreau de la verge est triangulaire , ayant o2i
pointe échancrée d'un côté.]
B. Les Arachnides.
§ 1 . Les Arachnides pulmonaires .
[Chez les Aranéides (i), les organes mâles d'ac-
couplement sont placés dans le dernier article des
palpes. Ils sont conséquemment doubles comme ces
palpes. Le dernier article de ceux-ci est beaucoup
plus gros chez les mâles, que chez les femelles et ren-
ferme un appareil plus ou moins compliqué ^ par le
mécanisme qui en déploie au dehors les différentes
parties , ou les replie dans l'état de repos. Il varie
d'ailleurs beaucoup dans sa composition , et dans la
forme et les proportions de ses différentes pièces. On
pourra en juger, d'une manière générale, parles diffé-
rences de forme et de proportions que présente le der-
(i) En déc.ivant les organes de génération des animaux sans vertèbres
pour notre piemière édition, M. Cuvier avait dit seulement: « Pour le
» nombre, le> arni(jnées les ont doubles ; pour la position, les mêmes aiai-
• ciiees ont itfurs organi^? mâles dans les pafjf<ïs oisiiilaires. »
420 XXXV LEÇOiS. OKG. DE GEiNEBATION DES ARTICULES.
iiiei- article des palpes, dans les genres elles espèces
de cette grande famille des Jranéides fileuses. On
peut dire qu'elles sont aussi nombreuses que celles
que nous avons décrites dans la forme, les propor-
tions et la composition de la verge des mammifères.
En général, le bouton génital, qui est le dernier ar-
ticle de chaque palpe, se compose d'un couvercle
écailleux fermant la capsule de ce bouton.
Elle renferme constamment une vésicule en forme
de cornue à long cou, qui a été déterminée par Tre-
viraiius comme la verge de ces animaux.
Au sujet de leur mode de fécondation et des rap-
ports que cet organe fécondateur devrait avoir avec
la plande spermagène, il y a jusqu'ici une lacune
dans la science, que les anatomistes les plus exercés
dans l'anatomie des Insectes , tels que les Lyonety les
TreviranuSy les L. Dujour ^\ts Dugès ^ les Strauss^
n'ont pu encore remplir.
D'uo côté, Treviranus et Dugès déterminent positive-
ment l'orifice génital par où doit sortir le produit des
plandes spermagènes; c'est, comme nous l'avons dit,
sous la base de l'abdomen.
De l'autre, Lyonet et Dugès regardent l'appareil
que nous venons de décrire comme l'organe fécon-
dateur. Ce dernier a même été témoin de son action
dans l'accouplement, et son témoignage est conforme
à celui de JVestwood {\) et de M. W alckenaër {^i) ^
et conHrme les observations bien antérieures de Lister ,
de De Geer , etc. (3).
(i) Bulletin des sciences naturelles de Férussac, t, XXI, p. i68,
§ io5. {2) Histoire naturelle des Insectes aptères, t. I, p. ioi-io4-
(3) Pour avoir une idée de la complication organique de cet appareil fé-
«
ART. V. ORGANES MALES D' ACCOUPLEMENT. 421
Parmi les Pédipalpes , les Scorpions ont deux verges
écailleuses, cachées sous la partie reculée du thorax,
dans une fossette médiane, recouverte par un oper-
cule.
II faut écarter le bord libre de cet opercule qui est
en arrière, pour les découvrir. L'orifice de cette cavité
paraît antérieurement comme une fente étroite et trans-
versale, au-devant de la pièce médiane sternale à la-
quelle les peignes sont attachés.
L'opercule génital se compose de deux valves la-
térales écailleuses réunies par une membrane dans la
ligne médiane.
Les verges, dans l'espèce où je les ai observées (le
hulhus glaber) , sont en forme de navette , contiguës
par leur moitié antérieure ; elles s'écartaient l'une de
l'autre par leur moitié libre.
Le canal déférent pénétrait par la base dans ce
pénis écailleux, et s'y prolongeait, ainsi que nous l'a-
vons dit , en un canal séminal.]
§ 2 . Les Arachnides trachéennes.
\^es faucheurs ont un organe mâle simple, sorlar.l
de la racine de l'abdomen. [Il est de forme cylindri-
que, un peu élargi à son extrémité, qui est évasée en
condateur, on pourra consulter les figures que M. Savigny en a faites, et
qui ont paru dans le grand ouvrage sur l'Egypte , dans les huit premières
planches des Arachnides; celles de Ljonet^qni ont été publiées lonj}-
temps après sa mort dans les Mémoires du Muséum de Paris, t. XIX,
pi. 8 , fig. i-io; et les planches du Règne animal de Cuvier, publiées par
Dugès; sa complication et sa composition sont bien clairement indiquées
dans la Mygale maçonne, pi. I, hg. i, et dans le Pholcus phalangista ,
pi. IV, fig. 6.
452 XXXV LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ABTICULÉS.
ciiilleron avec une épine mobile à son bord. Gomme
1 oviscapte, il se compose d'un cylindre écailleuxmulti-
articulé, contenu dans un fourreau membraneux (i).
Les hydrachnés ont une seule verge cylindrique
qui se montre à l'extrémité de labdomen , comme
chez les Insectes (2).
Dans les trombidium de la grande famille des aca-
riens ^ 1 orifice génital mâle ressemble à la vulve. C'est
une fente longitudinale situ(';e dans la ligne médiane
sous- abdominale , immédiatement après les deux
dernières paires de pattes, et conséquemnient dans
la partie du corps qui cori-espond à la base de l'ab-
domen. Il n'y a pas de verge. Les canaux déférents
aboutissent dans cette fente , qui est le seul organe
mâle d'accouplement de ces animaux.
^ùoribaie^ qui est vivipare, a au-devant de la vulve
un orifice rond , fermé par deux valves , par où sort
un tube membraneux qui est probablement le pénis.
Le pentaleus ^\q bdella, ont aussi un organe érec-
tile qui sort par le premier des trois orifices posté-
rieurs du corps et qui a toutes les apparences d'une
verge (3).]
(i) Savigny, ouvrage sar l'Egypte, Arachnides, pi. IX, fig. 2-3, etfig.
3-3. Dans l'explication des planches, ces parties sont désignées, par erreur,
sous le nom de lèvre sternale. Voir encore les mélanges de Treviianus,
pi. IV, fig. 21 et 22. (a) O. c, pi. V, fig. 26, q. O. c, t. I, p, 4'»
pi. V, fig. 28; et IVI. Gervais , Insectes Aptèrçs, p. 160, t. III. Paris, 1844»
(3) M. J. Dujardin. Premier mémoire sur les acariens. Annales des se.
nalur,, 3* série , t. III, p. 20. Paris, i845. \
IKT. V. OHftANES MALES d' ACCOUPLEMENT. 123
C. Dans la Classe des Mijriapodes.
[Les organes d'accouplement diffèrent beaucoup
dans l'une et l'autre division de cette classe.
Les Chilopodes , comme tous les Insectes hexapo-
des^ les ont impairs et situés à l'extrémité de l'abdo-
men.
L'organe d'accouplement, chez les mâles des litho-
hies^ sort de dessous le dernier segment du corps.
Chez les premiers, ce segment est plus large que chez
les femelles.
Il porte, de chaque côté , deux papilles bi- articulées
et dans son bord moyen une double pièce écailleuse ,
triangulaire. C'est entre ces deux écailles que sort
un pénis membraneux en forme de cloche (i). Des
muscles abducteurs agissent sur les armures latéra-
les, les écartent et laissent passer le pénis, replié entre
elles , dans l'état de repos.
Parmi les ChUognathes ^ les organes mâles de Vlulus
maximus se composent de deux verges, comme chez
la plupart des Crustacés , et d'une partie protectrice
assez compliquée que j'appelle le bouclier.
Cet appareil, écailleux en très grande partie, ettrès
grand à proportion, peut cependant rentrer presque
entièrement dans le corps , et en sortir à la volonté de
l'animal.
Il se cache dans une fosse transversalement ovale ,
qui existe entre le septième et le huitième anneau du
corps, à la face abdominale.
Dans l'état de rétraction, à peine les extrémités des
(i) M. Stein. M. c, pi. XII, fig. 3,4,6.
424 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ABTICULÉS.
verges et des parties saillantes du bouclier sortent-elles
un peu de cette fosse , qui a l'apparence d'une vulve.
Je donne le nom de bouclier à la partie protectrice
de cet appareil, parce qu'elle est placée, dans les pré-
ludes du coït et durant cet acte, entre les mâchoires
de la femelle et les verges du mâle , et que d'ailleurs
elle coiivre les verges et les préserve des lésions des
corps étrangers, dans les mouvements de translation
de l'animal , en supposant la rétraction des verges in-
complète.
Ce bouclier se compose d'une pièce médiane en
lorme de fer de lance, dans la partie libre, élargie à sa
base et recevant sur cette partie basilaire deux autres
pièces , de chaque côté, placées l'une devant l'autre ,
toutes deux en forme de feuille ovale ou oblongue.
Cette partie basilaire se prolonge en deux apo-
physes qui pénètrent , de chaque côté , dans la cavité
viscérale, et laissent entre elles une échancrure assez
profonde; ce qui n'empêche pas que le bord moyen
de cette partie basilaire , lorsque l'appareil est complè-
tement rentré , ne repousse vers le haut le cordon prin-
vipal des nerfs, auquel répond le sommet de cette
échancrure.
Les verges sont placées à la face postérieure ou su-
périeure des pièces latérales du bouclier , de chaque
côté de la pièce moyenne. Elles sont aussi de substance
écailleuse en grande partie, et se composent d'une por-
tion radicale ou d'une apophyse à laquelle s'attachent
les muscles qui meuvent cet appendice; d'une portion
basilaire , élargie, dans laquelle pénètre le canal sémi-
nal. L'orifice de ce canal est percé dans la partie la plus
avancée de cette seconde portion ; elle se rétrécit ra-
ART. V. ORGANES MALES d' ACCOUPLEMENT. 425
pidement pour fermer la troisième portion de la verge,
qui est longue, effilée et recourbée en alêne.
Son bord interne montre une légère rainure qui
commence où se voit l'orifice du canal déférent.
L'appareil génital externe , que nous venons de dé-
crire, est situé entre le septième et le huitième anneau
du corps, dans la partie médiane de la ligne abdomi-
nale. Le septième segment porte deux paires de pattes,
comme le neuvième et les suivants. Le huitième n'en
porte pas. C'est proprement le segment génital , dont
les appendices du mouvement ont été modifiés pour
servir d'appendices génitaux.
Ce segment a l'air échancré dans sa partie moyenne
pourfaire place àl'appareil génital. Ce vide a été pro-
duit par un moyen qui n'affaiblit pas le segment, par
une torsion de sa lame qui l'a rendue verticale à l'axe
du corps.
Des muscles très forts meuvent cet appareil, qui est
entièrement libre et détaché des anneaux du corps. Un
protracteur, pour chaque apophyse va de leur extrémité
à la partie moyenne du huitième et neuvième anneau.
Le rétracteur se fixe, d'un côté, au bord extrême du
segment et, de l'autre, à la base de la même apophyse.
Cet appareil différerait beaucoup de celui àeViuliis
fœtidus^ à en juger par la description difficile à com-
[)rendre, et par la figure qu'en a donnée M. Stein(i).
Dans les glomeris^ l'article basilaire de la deuxième
paire de pieds porte un tubercule unique, percé à son
sommet d'une ouverture pour lissue d'une verge mem-
braneuse (2).
(i) rbid.yié-m. c.,pi. xni,K{T. i6. (2) ibid,p. i3.
426 XX\V« LEÇON ORG, DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
G'e^t donc ici un autre type d organisation que le
précédent, qui rapproche encore plus \es glomeris des
Décapodes, et plus particulièrement desBrachiures.]
D. Dans la Classe des Cr^ustacés^ et, en premier lieu,
ï. Dans la Sous-classe des M alacos tracés ^
i" \^es Décapodes ^ en général, ont deux verges et
deux vulves.
Les deux verges sortent du thorax , derrière la cin-
quième paire de pieds; il y a dans cet endroit, [chez les
écrevisses] de chaque côté , une pièce cornée, pointue,
tubuleuse, fendue longitudinalement, qui peut s'intro-
duire [en partie] dans la vulve de la femelle et y con-
duire la verge, laquelle passe au travers de ce tube.
[Les deux divisions de cet ordre, les Brachyures et
les Macroures^ présentent des différences très sensibles
dans l'appareil de copulation mâle et femelle.
Chez les mâles , il faut distinguer , en premier lieu ,
la verge de son armure ou de son organe conducteur.
L'un et l'autre varient dans chacun des sous-ordres que
nous venons de nommer.
La verge des Brachi/ures se compose extérieurement
d'un fourreau épidermoïde conique , suspendu au con-
tour de Torifice percé dans l'article basilaire de la der-
nière paire de pieds, ou dans le dernier segment du
sternum.
Ce dernier cas est celui d'une bonne partie des Bra-
chyures qui appartiennent à la division àes Quadrila-
tères de Latreille (i).
(i) Ce sont les Citoniétopes de M. Milne-Edwards. Voir son Hi>t. nat.
des crustacés, t. I, \i. 261.
ABT. V. ORGANES MALES D'ACCOUPLEMENT. 427
Ce fourreau extérieur recouvre un fourreau der-
moide de même forme.
On voit à travers ce double fourreau demi-trans-
parent un canal déférent cylindrique , d'un moindre
diamètre, qui se continue jusqu'à son extrémité, qui
paraît comme tronquée.
Nous avons particulièrement étudié cette composi-
tion de la verge des Brachyures dans X^portune étrille
et dans le carcinus menas.
L'organe excitateur ou conducteur de la verge est
généralement double, de chaque côté, dans les Crusta-
cés de cette division. Les deux organes du même côté
sont articulés l'un devant l'autre , le premier au der-
nier segment du sternum , et le second au premier seg-
ment de l'abdomen ou de la queue.
Dans le carcinus menas ^ que nous prendrons pour
exemple dans la description de cet appareil, le premier
de ces organes se compose d'une pièce basilaire assez
large, mobile sur le bord postérieur du thorax, et
d'une seconde pièce terminale, soudée à la première,
large à sa base, s'amincissant rapidement pour prendre
une forme grêle et se recourber en alêne du côté ex-
terne.
A la face antérieure de cet organe et à sa base , se
trouve une rainure dont l'origine répond à l'orifice de
l'article basilaire des derniers pieds, par où sort le
canal séminal, et auquel est suspendu le fourreau de
Cette rainure traverse l'appendice conducteur obli-
quement, de dehors en dedans, et se continue jusqu'à
sa partie convexe qui regarde la ligne médiane.
Le second organe excitateur, placé immédiatement
428 XXXIV* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS.
derrière le premier et articulé sous le premier segment
caudal , a la même forme que le premier. Le stylet en
alêne qui le termine vient se placer dans la partie
convexe du premier appendice, au-devant de l'extré-
raité de la verge.
On trouve généralement celle-ci engaînée dans la
rainure du premier de ces deux organes, à la fois con-
ducteurs et excitateurs.
Les différences que l'on observe chez les Brachyures^
dans cet appareil de copulation, sont relatives à l'issue
du canal séminal hors de la cavité thoracique pour
s'introduire dans la verge , et à la place où s attache
celle-ci.
Dans le gégarcin ruricole et chez beaucoup de Bra-
chyures du même groupe, la verge tient au pourtour
d'un orifice percé dans la dernière pièce du sternum (i).
Dans d'autres Quadrilatèr^es , c'est, comme à l'ordi-
naire , au premier article de la dernière paire de pieds
qu'est attachée la verge, d'où elle se glisse dans une
rainure creusée en travers dans le dernier segment du
sternum (2).
L'armure de cette verge, ou ses deux organes con-
ducteurs, ont généralement la forme en alêne que nous
venons de décrire. Cependant cette forme varie d'un
genre à l'autre. Elle a trois courbures successives dans
le premier organe excitateur du pilumne hérissé ^ et
elle est très effilée à sa pointe, qui est recourbée en
crochet. Les deux organes symétriques se touchent,
dans le repos, par leurs extrémités.
1) Voir le Règne animal de Cuvier, pi. XX FI, fi g. i des Crustacés,
partie publiée par M. M Une-Edwards. (2) Jbid.., pi. XV, fig. 2.
ÂET V. OBGANKS MALES D' ACCOUPLEMENT. 429
Dans Vocjpode cerophthalme ^ les deux organes ex-
citateurs sont bifurques à leur extrémité.
Le premier seul est bifurqué dans le grapse peint [\).
Chez les Macroures le plan de l'appareil génital
d'accouplement diffère essentiellement de celui que
nous venons de décrire. I^a verge n'est pas pendante
dans un fourreau épidermoïde constamment apparent
à l'extérieur.
Elle est retirée dans la cavité thoracique et forme
un tube continu avec le canal déférent , susceptible de
s'invaginer dans lui-même pour sortir par son orifice
placé constamment à la face interne du premier ar-
ticle des pieds postérieurs , ou dans le sommet d'un
tubercule plus ou moins saillant annexé à cet article.
Il n'y a jamais qu'un organe conducteur, articulé
sous le premier segment abdominal , tout près de 1 issue
de la verge et qui peut la recevoir dans un demi-canal
dont il est creusé dans plusieurs genres.
Entrons à présent dans quelques détails descriptifs
particuliers.
Relativement à la position de l'orifice de la verge,
nous avons trouvé des différences remarquables dans
deux genres très rapprochés.
Chez Xhermite Bernard ^ les pieds de derrière sont
très séparés des avant-derniers, et très petits coniiue
ceux-ci.
L'orifice de la verge est percé cependantdans le pre-
mier article de cette dernière paire de pieds.
Dans le cénobite Diogène ^ la position de cet orifice
est également dans l'article basilaire de ces mêmes
(i) Ibid.y pi. XVII et XXII,|figures jiubliéeà par M. Milne-Edwards.
430 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉ?nÉBATION DES ARTICULÉS,
pieds. Mais cet article se joint au second parle côté, et
se proloiiJ^e en arrière en forme de cône saillant; c'est
au sommet tronqué de ce cône que se voit rorifice circu-
laire de la verge.
Dans le homard^ l'orifice de la verge est ovale et
percé dans un tubercule annexé au premier article de
la dernière paire de pieds. Le canal de la verge s'ouvre
par une fente longitudinale vers le bord interne de cette
fossette ovale.
La langouste a cet orifice dans un tubercule annexé
aux mêmes pieds, qui est très développé , conique,
coupé en bec de flûte, du côté externe , et fermé par
une valvule mobile d'apparence cartilagineuse. C'est
au fond delà cavité de ce tubercule que se voit l'ori-
fice de la verge.
?Sous avons étudié particulièrement la structure de
ces verges tubuleuses des Macroures, dans le Iio-
mard.
Le canal déférent y perd sa composition puremeiil
membraneuse; à peu près à quatre centimètres de cet
orifice, il prend des parois épaisses et fibro-muscu-
leuses , et un plus grand diamètre.
On remarque des fibres circulaires extérieures, qui
recouvrent des faisceaux de fibres longitudinales dont
les unes, ayant des ramifications latérales, nous ont
paru appartenir au tissu élastique et les autres être de
nature musculeuse. Ces faisceaux forment trois fortes
cannelures longitudinales saillantes dans le canal delà
verge, lorsqu elle est retirée dans le thorax.
L'organe conducteur de la verge des Macroures va-
rie bcaucouî) flaiis sa forme et dans ses proportions,
il est cotiiposé de deux articles daii> la galuthea sti-
ART. V, OHGANES MALES D' ACCOUPLEMENT. i3i
§os(i, dont le premier ou le basilaire est long et cylin-
drique , et le second court et en massue.
Les porcellanes Tont absolument de la même ioi me
et l'orifice de la verge situé comme celui des au lies
Macroures.
Cet appendice génital ne peut être , dans ces deux
genres , qu'un organe excitateur.
Il en est de même de celui des Callianasses^ qui est
extrêmement grêle, avec un article terminal court.
Je n'en trouve pas dans les scyllares ni dans les
langoustes.
L'organe excitateur du homard ou conducteur de
la verge est articulé sous le premier segment abdo-
minal. Il se compose de deux articles : l'un basilaire ,
qui est prismatique 5 l'autre, terminal, est une lame en
forme de sabre , ayant son tranchant en avant et la
pointe arrondie et émoussée. Le dos et le tranchant sont
d'ailleurs repliés en dedans, de manière à former une
portion de canal peu profond, le long de la face in-
terne de cet article.
Les deux appendices peuvent se rapprocher par
l'action des muscles particuliers et s'incliner en avaoî ,
ensemble ou séparément. Ils peuvent ainsi avoir pour
fonction de conduire le boyau génital ou la verge d'un
côté, vers la vulve correspondante, ou les deux boyaux
génitaux vers les deux vulves.
Dans Xécrevisse fiuviatile les deux organes con-
ducteurs de la verge sont articulés sur une proéminence
de l'arceau inférieur du premier segment abdominal.
Ils ont environ un centimètre de long et sont très rap-
prochés l'un dt' l'iiutre.
Très peu au-delà de sa base chaque cylindre est un
432 \XXye LEÇON. ORG. de GÉlNEKAllO^i DES ABtICULÉS.
peu coudé. Son côté interne et antérieur est creusé
d'un sillon au-delà de ce coude, et ce sillon ne tarde
pas à devenir un canal complet. Ces tubes, très rap-
prochés des orifices par où sortent les verges, s'incli-
nent vers ces orifices, et chacun d'eux reçoit dans son
canal, au moment de l'érection , la verge correspoii-
dante que cette érection déroule au dehors.]
[2° Les Stomapodes ont des organes de copulation
différemment modifiés. Du moins dans la squille mante,
les /?e/z/.5" sont de longs tubes complets en forme de
stylets prèles, articulés en dedans du premier article
de la dernière paire de pattes thoraciques. Ils se com-
posent de deux articles, dont le premier se dirige vers
la lipne médiane, et ronséquemment vers son symétri-
que. Ainsi rapprochés, ils forment un coude avec le
second article, qui se dirige, avec celui de l'autre côté,
en avant et en bas. Ces deux articles sont cylindriques;
le second cependant diminue un peu de diamètre vers
sa pointe.
Ils se composent extérieurement d'un étui corné,
blanc, transparent, à travers lequel on distingue un
canal membraneux d'un moindre diamètre.
Ce dernier canal est la continuation du déférent;
tandis que le tube corné est la partie épidermoïde du
fourreau de la verge qui le renferme et le protège.]
[3° Parmi les Lœmodipodes ^ le cyamus ceti aurait
les canaux déférents aboutissant dans une paire d'ap-
pendices styliformes articulés à la base du tubercule
qui tient lieu dabdomen (1). Cependant Treviranus
(i) Rouss! 1 de Vaf^^eme. Annales des sciences naturelles, 3* série, t, I ,
p. aSg.
ART. V, ORGANES D* ACCOUPLEMENT MALES. 433
lie décrit qu'une verge placée entre cette paire d'ap-
pendices.]
[4° Parmi les Isopodes^ les Cloportides ont un appa-
reil copulateur assez compliqué. La verge, qui résulte
de la réunion des canaux déférents, d'abord rappro-
chés, puis confondus en un seul , sort du corps entre les
premières lames abdominales , et s y trouve prott'^gée
par un demi-étui corné, concave en dessus, dans lequel
elle se glisse.
Cet étui est placé entre deux appendices copida-
teurs, semi-ovales, qui se prolongent en pointe eu ar-
rière.
11 faut encore joindre à cet appareil les deux stylets
plus ou moins allongés, articulés sur ce second seg-
ment abdominal, et qui se portent en arrière paral-
lèlement au bord interne de la lame sous-abdominale
de ce second segment.
Les séroles ont ce stylet extrêmement long. La li/-
gidie et les h/gies offrent, relativement aux canaux
déférents , un rapport avec la duplicité des verges chez
les décapodes. Ces canaux restent distincts , quoique
rapprochés, et ne se confondent pas en une seule
verge (i); ils se déroulent en dehors comme les verges
des Macroures?
Ô'j^Les verges des limules^ parmi les Xyphosures^ sont
situées, comme les vulves, vers la base de la première
paire de fausses pattes abdominales.
La verge est un petit corps cylindrique, percé à
son extrémité. Elle est logée dans un repli de la peau,
(i) M. Milne-Edwurds l'a constate pour la lygie, Hist. luit. des c.ius-
tacps, pi. XII, fig. i3; et M. Lerphonllet pour I.t /y^ù//V.
8. 28
434 XXXV» LEÇON. ORG. DE GÉNKfiATlOiN DES ARTICBLÉS.
de nature cornée, qui en est comme le fourreau. li
Forme une saillie conique de chaque côté et non loin
de la ligne médiane , sur la face dorsale de cette pre-
mière partie des fausses pattes.]
IL Dans la Sous-classe des Entomos tracés.
[i" L'ordre des Branchiopodes comprend plusieurs
genres dont ou n'a connu pendant longtemps que les
organes générateurs da sexe femelle: je veux parler
des apus et des Umnadies.
il y a peu de temps qu'on a décrit, dans Yapus eau-
criformis^ un pénis situé dans le côté dorsal du der-
nier anneau du corps, et entouré de cinq épines ap-
partenant au bouclier. Les canaux spermagènes, que
nous avons désignés comme existante côté des ovaires,
dans les mêmes individus, qui seraient hermaphro-
dites, aboutiraient à cette verge. iSc/fcr^e/ avait indi-
qué cet hermaphrodisme avec fécondation mutuelle.
Ija singulière position delà verge, que décrit M.Zadac//,
et l'existence des tubes spermagènes à côté l'.es ovaijTS,
sont des observations que nous ne citous quavec
doute, et qui méritent d être constatées, d autant plus
que , chez les Umnadies, les sexes sont séparés.
Les cypris , qui seraient aussi hermaphrodites, sui-
vant M. Strauss, n'ont pas d'organes extérieurs d'ac-
couplement.
Les Umnadies ont les sexes séparés; les mâles, beau-
coup moins nombreux que les femelles, oui été décou-
verts par M. Krinickl (i).
fi) Hullrtiii tle^ :i.iuir.Tlistei «le Moscou, Hg. « , p. I73,et Magasiu
zoQio{>i<nii- (le M. Oui'mi.
ABT. V. ORGANES D'ACCOUPLEiJEiNT MALES. 435
Les hvanchipeSy qui ont les sexes séparés, ont deux
verges situées au-dessous du second anueau de 1 abdo-
men; elles sont coniques et composées de deux arti-
cles (i) ; des vaisseaux séminaux, qui viennent du pre-
mier article, aboutissent à ces verges.
Le sous-ordre des Lophiropes^ qui sont presque mi-
croscopiques, et dont l'organisation est, à caus, et dont le dernier a son ori-
fice garni de deux palpes bi-articulés (3).
r/oviscapte ne manque de même dans Xeshémérobes.
On le retrouve dans les phryganes. Dans \3i phr y gai ie.\
viridiventis ^ il se compose de deux lames creusées en
gouttière et situées entre deux appendices pyriformes
qui terminent l'abdomen.]
5. Les Hémiptères.
[L'appareil vulvaire se compose des organes d'ac-
couplement, de ceux qui servent à introduire les œufs
dans les lieux ou les objets que l'instinct de 1 insecte
lui prescrit impérieusement de cboisir.
Dans la scutellera nigro-Uneata (4) , on trouve dans
la concavité du d. rnier segment abdominal stigmati-
fère un appareil de sept pièces écailleuses qui entou-
rent la vulve et l'anus et protègent ces deux orifices.
Les deux pièces antérieures sont deux panneaux
vulvaires qui se touchent par une ligne médiane, et
dont l'écartement découvre l'entrée du vatïin.
(') ^Viegnlann. Archives d'iiist. nalur., p. 2o5 et suiv. Berlin, 1841.
(a)Me'moirepour servir à l'hisl. desinsectes, t. VI, p. 436. (3) VoirL. iJu-
four, m. c., fi{>. 17. (4) M. !.. Diifour. Recheirhes sur les Hémi t.'ycs^
pi. XiV,fi6. 157
446 XXXV* LEÇON. ORG. DE Ol^îVÉRATION DES ARTICULÉS.
En arrière de cette fente se voit une écaille inter-
médiaire unique , dont l'ev-tréniité postérieure borde
Tanus en bas. De chaque côté de cette pièce intermé-
diaire en sont deux latérales, placées obliquement l'une
derrière l'autre, dont l'extrémité libre regaide lali{>ne
médiane, et dont la dernière a une pointe acérée, qui
peut servir de crochet dans la copulation
Les corés n'ont que quatre écailles vulvo-anales au
lieu des sept qui distinguent les scutel/ères et les pen-
tatomes. Les deux antérieures appartiennent à la vulve,
sont engagées en partie sous le dernier segment abdo-
minal, qui est fendu lui-même dans une pr.rtie de sa
largeur et dans la lig;ie médiane, pour faciliter la sortie
des œufs.
Dans les miris et les capses , il y a un oviscapte con-
sidérable étendu dans la ligne i;iédiane abdominale,
dès le bord antérieur du dernier segment de cette ré-
gion, qui est garni d'un bouton saillant, jusqu'à l'ex-
trémité du corps. C'est un instrument tranchant en
forme de sabre. Il est un peu élargi à la base, ar-
ticulé en avant au bouton du segment abdominal, et
se termine en arrière en une pointe acérée et tran
chante. Il se compose d'ailleurs de deux valves apjdi-
quées l'une contre l'autre.
Cet oviscapte est reçu dans une gaine de même
forme qui s'étend dans la ligne médiane du dernier
segment abdominal et entre deux grands panneaux
qui bordent la vulve en arrière de ce segment (i).
La phymate auniit la vulve formant une fente trans-
versale à l'extrémité tronquée de l'abdomen; tandis
(i) /6iUPl.XV,fig. 167. A.
ART. VI. ORGANES u' ACCOUPLEMENT FEMELLES. 447
qu'elle est longitudinale clans les autres Gréocorises.
liurade avenius ^ comme la précédente, manque
d'ovisca[)te. La reduve en manque également. Il y en
a un dans le nabis.
TiCs H //c/rocorises ont toutes, outre les pièces vul-
vaires, un oi^iscapte de forme variée.
Dans le luiucoris cimicoides., c'est une double lame
de soie, allongée et terminée par une bifurcation. Les
deux lames qui composent cet instrument s écartent à
la base pour se fixer au dernier segment abdominal.
Elles sont soudées par leur bord interne dans la moitié
de leur longueur et hérissées de dents le long di; leur
bord externe (i).
P Parmi les Cicadaires ^ l'oviscapte de la cigale de
Torne est connu depuis Réaurnur ; mais l'explica-
tion que ce célèbre observateur de la nature avait
donnée de son uK-caiiisme a été rectifiée par M.Doyère.,
qui en a fait une étude particulière (2).
Ce n'est pas en limant et en sciant avec les deux pièces
latérales de cette tarière, mais en perforant avec ia
pièce moyenne , comme avec uu poinçon, que cet in-
secte parvient a trouer les tiges minces des végétaux,
dans lesquels il place ses œufs. Cette pièce moyenne
est un prisme à quatre faces; elle s'élargit en fer de
; lanee à son exirémité , qui est plus dure que le reste.
TjCS piè;es latérales, également élargies et pointues,
sont dentelées, mais à dents mousses, dans leur bord
I inférieur, et sillonnées à leur face externe. Elles servent
(1) /6»'/., pi. XVI, lijir. 173, \. (i) Annaies des se. n.itui. , i* s('-ric,
t. vn,|) ii,5, et pi. vin.
r
448 XXW* LEÇON. ORCt. nE GléNÉKATION DES ABTICULÉS.
de point d'appui au poinçon, lorsque celui-ci agit eu
perforant.
Les muscles qui font partie de cet appareil et d'au-
tres pièces qui servent de levier, et que nous ne pou-
vons décrire ici en détail , s'attachent dans l'antépé-
nultième anneau de l'abdomen et principalement dans
le pénultième.
Entre les deux pièces latérales et la pièce médiane,
il y a un canal qui est la continuation du vestibule , et
de son entonnoir qui a été désigné comme second ovi-
ducte.
Ceci nous oblige d'entrer dans quelques détails au
sujet des organes de copulation du même insecte.
La vulve, ainsi (lue nous l'avons dit, dans les géné-
ralités de cet article, est une ouverture distincte de
l'issue des œufs , qui se voit sous la base de la tarière ,
entre elle et l'antépénultième anneau de l'abdomen.
Le vagin, ou le canal de copulation, dont elle est To-
rifice , ne se continue pas directement avec l'oviducte,
mais dans une cavité intermédiaire, sorte de vestibule
copulateur dans lequel s'ouvre la poche copulatrice,
et où se voit en avant un mamelon percé, qui termine
l'oviducte commun. Ce mamelon est ordinairement
emboîté dans une sorte d'entonnoir qui se continue
avec le canal que les trois pièces de la tarière inter-
ceptent.
Mais cet emboîtement se défait momentanément
lors de la copulation, pour laisser passer la verge dans
la poche copulatrice, et pour imprégner les œufs de
sperme lors de leur passage de l'oviducte dans l'en-
tonnoir.]
1
ART. M. OROAMiS D ACCOL'PLEMEKT FEMELLES. 449
6° Les Lépidoptères.
Nous avons déjà dit que la vulve, dans cet Ordre,
est un orifice distinct de l'oviducte et de l'anus, et
qu'elle conduit à un canal de copulation dans lequel
s'ouvre la poche copulatrice.
"7° Les Diptères ont, assez généralement, le vagin et
la vulve compris dans une suite de deux, trois jusqu'à
cinq tubes emboîtés les uns dans les autres, et qui se
déploient au dehors à l'instant du coit_, ou lorsque
l'iusecte doit pondre ses œufs et les déposer sur les
corps que sou instinct lui fait connaître. Le dernier de
ces tubes est ordinairement garni de deux palpes uni-
articulés ou bi-articulés , servant sans doute soit d'or-
ganes de préhension à l'instant du coït, soit d'organes
de toucher, pour le placement des œufs.
il n'y a pas d'oviscapte proprement dit dans un grand
nombre de Diptères, c'est-à-dire d'instruments dis-
tincts de la vulve , propre à entamer les corps dans les-
quels ces insectes introduiraient leurs œufs (2).
Cependant les tentacules vulvaires sont remplacés
dans les Empis ^ les Tipules ^ etc., par deux lames qui
en font les fonctions. Des muscles forts , fixés à l'extré-
mité de l'abdomen, servent à mouvoir ces lames. ]
B. Dans la Classe des Arachnides.
[Parm.i les Arachnides pulmonaires ^ \es Aranéides
fileuses ont l'orifice génital en forme de fente trans-
versale , située entre les ouvertures des sacs pulmo-
naires, sous la base de l'abdomen. Cette fente aboutit
(i) Voir M. L. Dufour. Anatomio des Dipt" re». Annalt-- des se. iialur.
avril et mal i844'
8. -29
%*
450 XXXV* LEÇOK. OKG. DE GEJNÉEATlON DES ARTICULÉS.
daus une fossette , qui est proprement la vulve , au fond
de laquelle sont les orifices distincts , mais rapprochés,
des deux oviductes. La fente extérieure est recouverte
en avant par un appendice écailleux, que Dugès appelle
épigyne (i), dont la forme, ainsi que les rapports de la
vulve, peut varier un peu, d'une espèce à l'autre.
Dans \Epeire fasciée^ qui a des trachées et deux
grands stigmates, suivant Dugès, outre les sacs pulmo-
naires, c'est entre ces deux grands stigmates, qui sont
derrière les orifices pulmonaires , qu'est situé celui de
la vulve.
Dans la Mygale maçonne , l'orifice de la vulve est
une fente transversale percée sous la base de l'abdo-
men, dans la ligne médiane, au centre de l'espace où
se voient les opercules de quatre sacs pulmonaires (2').
Dans Vépeire argentée , nous avons trouvé l'épigyne
saillante, comme un bouton demi-cylindrique, ayant
une cannelure médiane et de petites dents en arriére.
Dans une grande espèce voisine de Ximperialis^ ^'^PY*
gine est une écaille saillante formée d'un cadre brun
seaii-circulaire de chaque côté, et dont le bord posté-
rien r se termine par deux dents externes plus fortes,
et deux médianes très petites. Le milieu est une fosse
circulaire qui semble fermée par un tympan.
Deux vésicules glanduleuses, dont les canaux excré-
teurs aboutissent de chaque côté de la vulve, en de-
dans , qui se voient dans la partie la plus avancée de
la cavité abdominale , appartiennent à l'appareil d"ac-
(1) Voir Cuvier, Bècjue animal^ pi. XI, tig. i6, l'épifjyne de l'épiire
fascic'e euj', et tïg. 26, lépigynede l'épeirc diadème. Ces figures soi/t
<!e Diip,.' s. (r>) Ibid., pi. II, fij;. 8.
AUT. VI. OBGANES d'aCCOLPLKMEM' FEMELLKS. 451
couplemcnt. Creviraiius et, avant lui, Uœsel , ne ies or.t
trouvées, à la vérité que dans \épeire diadème. L'hu-
meur qu'elles renferment est visqueuse , jaunâtre , et
sert probablement à fournir aux œufs leur enveloppe
la plus extérieure.
Les faucheurs [phal(ingium\ ont un oviscapte exser-
tile, qu'on fait sortir comme nue verge par l'orifice des
organes de la génération, qui est sous la base de
labdomen, entre les deux dernières paires de pieds.
C'est un long canal situé dans la partie moyenne de
presque toute la longueur de l'abdomen , dans l'état du
repos. Il se compose d'un fourreau membraneux ren-
fermant une tige creuse, plus courte, composée d'an-
neaux écailleux, articulés. L'extrémité de celle-ci est
conique, et montre à l'intérieur des verticilles de poils.
Plusieurs paires de muscles protracteurs s'attachent à
l'extrémité antérieure du fourreau membraneux; l'autre
extrémité a une paire de ligaments élastiques (i).
L'orifice de Foviducte des Ixodes est situé près de
la bouche. De là l'erreur de Latreille, qui croyait que
les œufs nombreux que pondent ces Acarides sortent
par la bouche (2).
Chez le Irombidlum et les hjdrachne ^ c'est entre
la dernière paire de pattes ou un peu en arrière dans la
ligne médiane sous-abdominale, qu'est située la vulve.]
G. Chez les Myriapodes.
[Parmi les Chilopodes , les oi-ganes femelles d accou-
plement se distinguent, dans les lithobies ^ des organes
(i) Treviramus. O. c, pi. IV, iiy. 20 et 23. (■'.) M. Luca:, A:!ii. dcja
Soc. Entoin. de France, i8.'^G, \>. Goo.
452 XXXV* LEÇON. ORG. DE GENÉKAtlON DES ARTICULES.
mâles, par la forme plus étroite du dernier segment
du corps , auquel sont suspendus deux appendices pré-
hensiles bi-articulés et terminés par un double on-
glet (i). C'est entre ces deux appendices que s'ouvre la
vulve. Elle conduit dans le vagin, qui lui-même se con-
tinue et se confond avecl'oviducte. Les cols de deux vé-
sicules, réservoirs de la liqueur spermatique après les
copulations, viennent aboutir à cette partie (2).
Dans la grande scolopendre, nous avons trouvé de
même la vulve située à l'extrémité postérieure du corps
entre les deux derniers pieds , qui sont dirigés en ar-
rière. C'est une fente verticale bordée de deux lèvres.]
M. Cuvier avait dit , dans notre ancien texte : les
Iules ont leurs organes génitaux dans quelque endroit
moyen du corps.
[La femelle des Iules a deux vulves dont la position
est encore plus avancée que l'appareil génital externe
du mâle. Elles sont situées dans la face abdominale,
entre le deuxième et le troisième segment du corps.
Elles se présentent, chez le lulus maximus , comme
deux renflements ou deux coussins mous, séparés dans
la ligne médiane , et attachés à deux plaques soudées ,
ayant chacune une apophyse, et supportant par leur
partie externe deux paires de pattes pins petites que
les suivantes. Leur orifice est transversal et arqué.
Chez \ iulus fœtidus , les organes femelles d'accou-
plement s'ouvrent de même près de la tête, du côté
ventral du corps , entre le deuxième et le troisième
sciîment.
(i) Treviramus. Versmischte Schiiften , 2' theil, tabl. VI, fig. 4-
{1) Ihid., tabl. V, fig. 8 , a-a. ^''^I
ART. vr. OIIGAÎ^ES d'accouplement FEMELLES. 453
Oïl aperçoit , à cet endroit, deux renflements ovales
de substance molle, ayant chacun un orifice longitudi-
nal qui conduit dans le vagin de son côté. Deux petites
glandes, dont lune se dilate en vésicule à son extrémité,
aboutissent dans cette même cavité par leur canal ex-
créteur (i).
C'est aussi tout près de la tête , dans les premiers seg-
ments du corps, que sont situés les organes d'accouple-
ment mâles ou femelles des glomérides . Ceux-ci s'ou-
vrent dans le premier article de la seconde paire de
pieds. On trouve annexée à ce premier article une
proéminence conique, à sommet tronqué et concave,
au fond duquel se trouve la fente de la vulve d'un côté.]
D. Chez les Crustacés.
§ 1 . Dans la Sous-classe des Malacostracés.
Les Décapodes ont deux vulves, qui ne sont que de
simples trous percés dans la substance même du cor-
selet, près de la troisième paire de pieds, pour les
Crabes y et dans la base même de cette troisième paire,
pour Xe^écrevisses et les bernards-herwites.
[Cette position des vulves dans la partie du plastron
sternal qui répond à la troisième paire de pieds est con-
stante chez tous les Décapodes Brachyures ; tandis que
les Macroures les ont toujours dans le premier article de
ces pieds. Les vulves conduisent, chez les Décapodes ^
dans une espèce de vagin ou d'organe intérieur d'ac-
couplement. Il serait difficile de préciser, chez les
Macroures ^ ses limites avec Toviducte, dont il est la
' >■; > -, M,;.. - ,-fj ■
i i) M. Stein. M.c, pi. XIII, H«. 23.
'^54 >'v\V' LKÇON. ORG. DE OÉiSÉRATIOiN DES ARTICULÉS.
continuation j mais, chez les Brachrures ^ l'un et l'autre
sont bien séparés par une poche latérale, qui appar-
tient encore au va(>in, et qui sert de réservoir au
sperme : c'est la vésicule copulatrice.
Cette poche manque cependant chez les Dromies et
les tiunùies.
Il y a ensuite des différences plus ou moins sen-
sibles, chez ces mêmes Brachyures , dans la forme
de ces orifices; dans la saillie de leur rebord, tou-
jours très uni, mais qui peut être lisse ou garni de [)oils;
et dans leur position plus ou moins rapprochée ou
éloignée de la ligne médiane. Nous n'en citerons que
quelques exemples.
Les vulves de VhépatefasciésQvX largement ouvertes
entre deux segments du thorax qui répondent au troi-
sième pied; elles sont séparées l'une de l'autre par une
pièce centrale du sternum.
Dans \llia rugulosa, les vulves sont un peu avancées
entre le second et le troisième segment du sternum ,
et elles sont rapprochées de la ligne médiane. C'est
très près de la ligne médiane, dans le troisième seg-
- meut sternal , qu'elles sont ouvertes chez le Pilumne
hérissé ; c'est sans doute le cas le plus ordinaire.
Dans la Dromie commune ^ les vulves sont dans une
partie saillante du sternum , correspondante à la base
de la troisième paire de pieds. Elles communiquent
en arrière dans une rainure étroite et profonde,
dont^il est difficile de comprendre l'usage.
Dans le portune étrille^ les vulves sont situées,
comme à l'ordinaire, au milieu du segment sternal qui
répond à la troisième paire de pieds. Chacune d'elles
forme une assez longue fente transversal^© p«roée au
AKT. VI. OIUIANES d" ACCOliPLF.MRNT KKMKLLKS. 455
milieu d'une iégèie saillie ovalaire, circonscrite {Darun
repli de même forme. En dedans de ce repli, la com-
missure externe est recouverte par un repli plus large
en forme de prépuce.
Il y a moins de différences dans la position des vul-
ves, chez les Macroures ^ puisqu'elles sont toujours
percées dans Tarticle basilaire de la troisième paire de
pattes, ainsi que nousTavons dit.
Remarquons seulement que , chez les porcellanes ,
ces organes ont aussi ce caractère; de même que les
verges se déroulent au dehors et n'ont qu'un appen-
dice excitateur. Ces deux circonstances confirment la
justesse des vues de Ijatreillc, qui a placé ces Décapodes
dans le sous-ordre des Macroures , malgré la forme de
leur queue.
L'ouverture circulaire de la vulve, chez le homard^
a sou pourtour garni de poils; elle communique dans
le vagin par une fente semi-lunaire qui se voit contre
le bord interne de l'ouverture extérieure.
Dans les squilles (la squille rubanéê) , parmi les sto-
mapodes , je ne trouve qu'une vulve située dans la
partie moyenne de l'arceau inférieur du segment qui
porte l'antépénultième paire de pattes. C'est une
fente transversale recouverte en avant par une lèvre
membraneuse et en arrière par une lèvre saillante, et
dont la surface moyenne est relevée en bosse. Cette
saillie arrondie est ensuite circonscrite par une rainure
circulaire, et celle-ci par un encadrement en relief qui
se prolonge en pointe sur les côtés.
Chez les lunules, de l'Ordre des Xypholures ^ on voit
les deux vulves assez rapprochées l'une de l'autre et de
la hgne médiane. Elles fprj^icQt uqç saillie arrondie
456 XXXV» LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS,
sur la face dorsale de la première paire de fausses
pattes abdominales, non loin de leur hase. Leur orifice
est transversal et bordé de deux lèvres. Leur cavité est
peu profonde et reçoit, après un très court intervalle,
l'embouchure del'oviducte de son côté.
§ 2. Dans la Sous-ciasse des Entomostracés.
Le mode d'accouplement àesapus^ parmi les Bran-
chiopodes ^vlb. pas été observé, quoique nous ayons in-
diqué Texistence d'une verge chez ces Entomostracés
hermaphrodites. On ne connaît donc pas le lieu et
le mode de fécondation.
Les limnadies y c^neVoii cico^Q\i hermaphrodites,
ont les sexes séparés. Les ovules sont fécondés par
la vulve, qui dirige le sperme vers l'ovaire, ou lors-
qu'ils passent sous le test.
Dans les hranchipes^ il y ^ deux vulves situées à l'ex-
trémité de la queue.
Les femelles des cyclopes n'en ont qu'une , dans la
même position.
Parmi les Si/pkonostomcs , Vargule foliacé a une
vulve unique située entre les deux pattes de la der-
nière paire ; elle est I aboutissant d'un court oviducte ( i ).]
E. Dans la Classe des Cirrhopodes .
[Les femelles n'ont pas d'organe particulier d'accou-
plement , à moins qu'on ne regarde comme tel le tube
en forme d'entonnoir des Anatijes qui pénètre au
centre de l'ovaire.
Il faudrait supposer que l'organe mâle d'accouple-
plement y verse le sperme, et que celui-ci peut agir à
(i) Voir le mémoire cité de M. Jurine fils, f. 5, fig. 3.
ART. VI. OBGANES d' ACCOUPLEMENT FEMELLES. 457
travers les parois perméables de ce tube pour féconder
les œufs. Il est plus probable que la fécondation a lieu
au moment du passaj^e des œufs de l'ovaire dans le
manteau, du moins pour les anatifes.]
F. Dans la classe des Annélides.
[Nous répéterons, au sujet des organes femelles d'ac-
couplement des animaux de cette classe, ce que nous
avons dit des organes mâles : ils manquent dans les
deux premiers ordres, ceux des Tubicoles et des Dor-
sibranches. Dans les espèces ovipares, les œufs sont
probablement fécondés , comme chez la plupart des
poissons ovipares . à l'instant où ils sortent du corps ,
par les pores de la cavité abdominale, qui en est rem-
plie avant la ponte, chez beaucoup d'entre elles.
Remarquons que les bourses spermagènes ont géné-
ralement un canal excréteur qui s ouvre au dehors à
travers la paroi abdominale des segments qui renfer-
ment ces bourses.
Les pores abdominaux qui servent d'issue aux ovules
sont intéressants à étudier dans leurs rapports avec
les orifices des organes mâles ou des bourses sperma-
gènes , pour comprendre le lieu et l'époque de la fé-
condation. Ces pores abdominaux , dans la terehella
multisetosa^ se voient au sommet de petites verrues si-
tuées entre les paquets de soies des anneaux antérieurs.
Parmi \q% Annélides Ahianches sétigères^nous avons
déjà vu que M. Guvier avait bien distingué les vulves
du lombric y qui sont situées, en effet, dans le seizième
anneau du corps, et leurs rapports avec les ovaires;
mais il restait encore incertain sur la détermination de
ceux-ci.
4.i8 \\\*' ^.Rç^^. um>. de t.F.MiH vtion u^s awticulks.
Eu décrivatit les ovaires chez les J\ aides, nous avons
vu les deux o\ idiictes se terminer dans le douzième
anneau, sur le côté, plus près de la face abdominale
que ceux des canaux déférents, qui se voient dans l'an-
neau précédent.
La dernière partie de l'oviducte formant une sorte
de vagin, peut se dérouler au dehors (i).
Chez les IJirudinées, l'orifice de l'oviducte incuba-
teur et du vagin se trouve toujours en arrière de celui
de la verge, soit dans le même anneau (la piscicola
geo/ne t ra) , soït quelques anneaux plus loin (la sangsue
médiciiKile). M. Guvier indique à la fois, dans notre
ancien texte, et loviducle incubateur et la position de
la vulve.] Tout près de l'orifice de la verge est une
bourse qui s'ouvre aussi au dehors, et qui sert, à ce
que je crois, à recevoir la verge de l'autre individu.
(i) Suivant Dugès. — Annales des se. natur., t. XV, p. 3aj.
OSMlélATIu;^ Uï.% MOI. MOQUES. 45**
TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
DES ORGANES DE GÉNÉRATlO>f DANS LE TYPE DES
MOLLUSQUES.
[Depuis la description de cesor^fanes, que M.Cuvier
avait lui-même rédigée daus notre première édition,
la science a fait des progrès sensibles, spit par les re-
cherches subséquentes qu'il a continuées sur les ani-
maux de ce [>roupe, soit par celles d'un grand uombie
d'anatomiste^ qui ont suivi ses traces.
Nous faisons connaître ces progrès dans les addi-
tions nombreuses à Tancien texte de ces leçons, après
en avoir jugé le degré d'importance et vérifié, le plus
que possible , l'exaciitude.
Pour la détermination, entre autres, des glandes
«permagènes ou ovigènes , et conséquemment des or-
ganes sexuels essentiels, et des individus qui les recèlent,
soit réunis, soit séparés, la science, ne se bornant plus
aux apparences extérieures , examine au microscope
leur contenu ; constate , par la présence des spermato-
zoïdes ou des ovules, l'existence des organes mâles ou
femelles; détermine ainsi les individus de ces sexes ou
ceux qui sont beimaphrodites.
Un» juste détermination de ces organes, en suivant
cette sûre direction, n'est cependant pas toujours facile,
et ne peut se faire avec certitude, dans tous les cas,
qu aux époquçj du rut. Hors de ces époques , les cap-
460 KXXy LEÇON. MODES DE GÉNÉBATION
suies dans lesquelles se développent les spermatozoïdes
peuvent être confondues avec les ovules peu dévelop-
pés; ce qui a donné lieu à des dissentiments remar-
quables entre des observateurs exercés, entre autres
pour la détermination des organes préparateurs mâles
ou femelles des sangsues.
En commençant la description des organes de gé-
nération des animaux sans vertèbres , M. Guvier s'ex-
primait ainsi :] Je reprends Tordre des classes, et je
décris dans chacune les organes mâles et femelles dans
le même article, parce que les distinctions établies
pour les animaux vertébrés ne peuvent pas toujours
être appliquées à ceux-ci.
[Il faut se rappeler, qu'à l'époque où cet ancien
texte a été publié (en i8o5), on n'admettait encore
que deux grandes divisions du règne animal, celles des
animaux vertébrés et des animaux sans vertèbres; et
que ce n'est qu'en 1812 que ce Maître illustre a eu la vue
si ingénieuse et si juste des quatre Types. Alors les Mol-
lusques, qui ne formaient qu'une classe dans les animaux
sans vertèbres , sont devenus un de ces grands Types.
Dans nos leçons au Collège de France , nous avons
cherché à marcher avec la science, comme M. Guvier
l'aurait faits'il eût vécu, comme les améliorations suc-
cessives qu'il a introduites lui-même dans la méthode
naturelle en sont la preuve indubitable.
Le Type des Mollusques^ dans lequel on trouve beau-
coup d'animaux fixés , la plupart asymétriques, des ani-
maux agrégés {\e% ascidies composées) \ ce type dont
les espèces inférieures se rapprochent de certains po-
lypes, ou réciproquement, ainsi que M. Guvier l'a rç-
DÈS MOLLtSQL'ES. 461
connu lui-même (i ) ; qui peuvent se multiplier non seu-
lement par des œufs, mais encore par des bourgeons;
ce type, dis-je , devait précéder immédiatement celui
des zoophytes.
Nous nous y sommes décidés, pour cette leçon, après
en avoir séparé les Cirrhopodes , que nous avons rap-
prochés des Crustacés, dans leType àe^ Articulés , non
seulement à cause de leur système nerveux , si bien re-
connu et décrit par M. Guvier, mais encore par suite
des belles observations de M, Burmeister sur leurs sin-
gulières métamorphoses, qui démontrent que ces ani-
maux ont, à une certaine époque de leurs développe-
ments successifs, les caractères des Articulés , et plus
particulièrement ceux des Crustacés.
Les Acéphales sans coquille^ qui ne forment qu'une
division de la classe des Acéphales, dans le Règne
animal , sont pour nous une Classe distincte, pour la-
quelle nous avons adopté la dénomination de Tuni-
ciers ^ que leur donne I^amarck.
Nous avons reconnu dans cette Classe deux divi-
sions principales : la Sous-classe des Tunxciers tra-
chéens^ qui comprend la grande famille des Snlpa ^
animaux libres, séparés ou associés, dont le corps a
deux ouvertures opposées; et dont l'organe de respira-
tion, étroit et long, est disposé obliquement dans le sac
tégumentaire, dont il n'occupe qu'une place restreinte.
L'autre Sous-classe est celle des Tuniciers tJioraci-
ques^àiowx. le sac tégumentaire est rempli, en grande
partie , par un sac branchial. Deux ordres composent
cette Sous-classe, celui des Ascidies simples ou irrégu-
lièrement agrégées; et celui des Ascidies régulièrement
(?) Rèqnejsinimal^ t. 111, p. 17
462 \\\M" LEÇON. MODES HE GÉ.nÉI.ATION
agrégées, dites composées, qui forment deux familles,
suivant qu'elles sont fixées (les Bolrylles) ou libres (les
PYrosômes).
Nous avons cru ces explications nécessaires pour
faire comprendre la valeur des dénominations que
nous emploierons dans nos descriptions, et l'ordre que
nous avons adopté dans celles-ci.
En parlant des différentes sortes de. combinaisons
que présentent les organes de la génération des MoU
lusques ^ M. Guvier avait dit :] nous trouverons qua-
tre combinaisons différentes d'organes :
1° Des sexes séparés^ avec accouplement : plusieurs
Gastéropodes , comme les buccins;
Q°Des sexes séparés, sans accouplement: les Cépha-
lopodes ;
3° Des sexes réunis, avec accouplement réciproque :
le limaçon et la plupart des Gastéropodes ;
4° Des sexes réunis , et se fécondant dans le même
individu, ou l'hermaphrodisme ^?L\:i?ài\\ç.?> Acéphales.
[L'état actuel de la science m'oblige de restreindre
certaines de ces propositions , d'étendre les autres, et de
distinguer encore davantage les modes de propagation
de ce type.
1° Celui des sexes séparés, avec accouplement, peut
être complet, c'est-à-dire avec l'introduction d'une
verge , et l'intromission directe par son moyen du
sperme dans l'oviducte ou le vagin de la femelle. C'est
le cas des Gastéropodes Pectinibranches et de plusieurs
Hétéropodes ^ tels que les carinaires et les Jiroles.
1° Je range encore le mode de génération des Cé-
phalopodes parmi ceux qui se font avec accouplement,
mais sans organes spéciaux propres à l'intromission dr
D£S MOLLUSQUES. 463
1» semence. Ce genre craccouplement est ai-alogiic à
celui des Sélaciens. Il consiste dans le rapprochement
des embouchures des entonnoirs du mâle et de la fe-
melle, pour faciliter le passage des spermaphores du
mâle dans la cavité de cet entonnoir, et à proximité
des orifices des oviductes, ou de celui de l'oviducte
unique.
3° Dans un troisième cas de séparation des sexes,
que M. Guvier n'a pas connu, la fécondation se fait
sans rapprochement des organes , sans contact des
individus , au moyen de la laite que répandent les
mâles à proximité des femelles, et des courants d'eau
spermatisée que celles-ci attirent dans la cavité de
leur manteau au moment de la ponte ou du passage
des œufs , de Tovaire dans leur lieu d'incubation.
C'est le mode de génération de plusieurs Acéphales
testacés ^ tels que les unio ^ les anodontes parmi les
Mytilacés; les venus ^\es> ùuccif des \}a.vmï les Caidiacés.
Les patelles^ parmi les Gastéropodes, paraissent être
encore dans le même cas.
4° La troisième combinaison indiquée par M. Cu-
vier, celle des organes sexuels réunis dans le même in-
dividu, ou de Vliennaphroditisme ^ avec accouplement
réciproque, n'appartient pas à la plupart des Gastéro-
podes, rsous venons de voir qu'il en fallait séparer
l'ordre nombreux àes, Pectinibranches^^\us\e\ivs Hété-
ropodes^ qui ont les sexes séparés et des organes d'ac-
couplement. D'autres Gastéropodes^ tels que les Cyclo-
branches^ viennent d'être classés dans notre troisième
mode de génération. Les Pulmonés ^\es Nudibranches^
les Inférobranches , les T ectibr anches ^ appartiennent
seuls à ce mode singulier de génération. ,
464 XXXV« LEÇON. MODES DE GÉNÉfiÀTIOU
5" La quatrième combinaison indiquée par M. Oa-
vier doit être restreinte à un certain nombre d'.^ce^
pJiales testacés^ chez lesquels on a constaté l'existence
et la réunion, dans le même individu, des organes pré-
parateurs mâle et femelle. Tels sont, entre autres, les
peignes et les cyclades.
60 Chez un certain nombre à^ Acéphales testacés et
chez tous les Acéphales Tuniciers^ on ne connaît d'une
manière incontestable que les ovaires. Ces animaux
semblent se propager uniquement par des œufs ou des
germes libres non fécondés, comme beaucoup de zoo-
phytes.
7° Enfin quelques uns de ces derniers peuvent en-
core se multiplier par des bourgeons , ou par germes
adhérents.
Ainsi, sous le rapport de leur propagation, comme
M. Cuvier Tavait admis pour les organes d'alimenta-
tation, les Mollusques inférieurs se rapprochent de
certains Zoophytes; et ces deux Embranchements ten-
dent à se joindre par quelques circonstances essen-
tielles de leur organisation et de leurs fonctions.
Après ces préliminaires, il nous sera possible de
conserverpource Type, mais seulement en partie, les
divisions anatomiques ou physiologiques que nous
avons adoptées pour la description des organes de gé-
nération des deux Embranchements précédents.
Nous traiterons successivement, dans un premier ar-
ticle, des organes préparateurs mâles et femelles pro-
pres aux six classes des Mollusques ; les deux articles sui-
vants comprendront la description des produits de ces
organes; le dernier aura pour sujet les organes d ac-
couplement, ou les moyens de fécondation employés
ART. I. OBG. t»KÉl'AIîATl-UES KT i^DLCATEOKS FEMELLES. 465
par les Mollusques Aont les sexes sont séparés , et par les
hermaphrodites, qui ont besoin de se réunir pour la
fécondation de leurs œufs.l
ARTICLE 1.
DES ORGANES PRÉPABATEUES ET ÉDUCATEURS FEMELLES , ET DES
ORGANES PRÉPARATEURS MALES DANS LE TYPE DES MOLLUS-
QUES.
[T^e Type des mollusques n a le plus généralement
qu'un seul ovaire et un seul testicule , soit séparés dans
des individus différents, soit réunis dans le même
individu.
î/existence de àeux ovaires est rare et probléma-
tique chez quelques Mollusques; taudis que celle d'un
seul ovaire est une circonstance or^^anique exception-
nelle dans les deux Types précédents, qui sont essen-
tiellement symétriques.]
A. Dans la Classe des Céphalopodes.
I. De ïo^'au'c et de Voviducie.
L'ovaire unique occupe la même place que le tes-
ticule, dans le fond du sac viscéral; il est enveloppé
de môme dans une capsule membraneuse à laquelle il
ne tient que dans un endroit , par des vaisseaux.
Cette capsule est simple dans le poulpe; la seiche
Ta divisée en deux par une cloison.
Non développé, l'ovaire ressemble à l'arbre le plus
compliqué et le plus agréable; il a des milliers de
ramifications.
Les ramifications de l'ovaire tiennent toutes à la
capsule ovarienne par un seul point, le même par où
les vaisseaux y pénètrent.
8. 30
■^66 XXXVl» LEÇOJN. OR(i. DE GÉKEBATION DES MOLLUSQUES.
Un large orifice conduit de la capsule dans un canal
commun assez court, qui se partage bientôt, dans le
poulpe et le calmar sagitté , en deux oviducles.
Ceux du poulpe ^ que j ai vus quand ils n'étaient pas
remplis, étaient minces, à parois ridées intérieure-
ment. Us aboutissent aux deux côtés de l'anus. Au
premier tiers de leur longueur, est une espèce de
noeud, qui n'est autre qu'une glande que les œufs doi-
vent traverser, et qui leur fournit sans doute la matière
de leur enveloppe. Elle est divisée comme une orange
par des cloisons longitudinales.
IjC calmar sagilté a aussi de pareilles glandes , mais
beaucoup plus grandes à proportion, ovales, situées à
l'issue même de chaque oviducte, et divisées par des
cloisons minces et extiéuiement nombreuses, en une
infinité de couches transversales. L'oviducte y entre
par le côlé, et s'y rétrécit beaucoup avaut de sortir.
La seiche et le calmar commun n'ont qu'un seul
oviducte , terminé par une glande pareille aux deux
du calmar sagitté.
L'oviducte du calmar commun est plus long que
celui des autres, et fait deux circonvolutions.
Les issues des oviductes du calmar sagitté sont au
côté interne de^ brauchies. Celle de l'oviducte simple
de la seiche et du calmar commun est près de la bran-
chie gauche , au même endroit que le pénis du
mâle(i).
Ces trois espèces, appartenant à trois genres diffé-
rents, ont de ohis deux énormes glandes ovales , divi-
fl) Viiir pour les ovaii'es du poulpe ie Mémoire de M. Ciisicr sur les
Céphalopodes etXewv A7iatomie^\A.\\^^^. i,etpl. III, fig. i.R.R. l'ovaire,
et r. r. les uviductes.
ART. I. OBG. PBEPAKATEUKS ET EULICATEUBS FEMELLES. 467
sées, comme celle qui termine loviclncte, par des
cloisons transversales, et ayant leurs issues aux deux
côtés de l'anus.
On sait que les œufs du poulpe et du calmar sout
rassemblés en petits boudins, par une matière gélati-
neuse, et ceux de la seiche en grosses grappes compa-
rables à celles des raisins, par une matière ductile.
Il est probable que cette matière est fournie par les
glandes qui terminent Toviducte. Peut-être les deux
autres glandes que nous venons de décrire y contri-
buent aussi.
[L'ovaire de X argonaute est de même dans une cap-
sule dont l'issue donne dans un très court oviducte
commun, qui ne tarde pas à se diviser en deux bran-
ches : celles-ci n'ont pas de partie renflée et glandu-
leuse, comme dans les poulpes, et font plusieurs cir-
convolutions avant d'aboutir dans la cavité branchiale.
A l'époque du rut, on les trouve remplis, dans toute
leur étendue, de grappes d'œufs (i).
La structure de l'ovaire des Céphalopodes est ana
logue à celle des ovaires à sac des poissons.
La capsule ovarienne est comparable à la caviie
intérieure de ces ovaires à sac. Le pédicule, production
unique des parois de la capsule et ses ramifications
nombreuses, répondent aux lames proligères des ovali^es
à sac. Les ovules mûrs se détachent des ramifications
de l'arbre proligère, comme de ces lames, tombent
dans la cavité de l'ovaire et passent dan^ îoviducte ,
dont les parois sont continues , dans l'un et irnUac cas ,
avec celles de cette cavité.
(i) Mémoire de M. Van Beneden sur VAy,fOtutui.c^\\. V. Bruxtlii.» ,
1839.
468 XXXVl' LCÇOR. ORG, DU OÉNÉRATIOK DES MOLLUSQUES.
Il y a loin de cette disposition avec celle où les œufs,
détachés desovaires,tombent dans la cavité abdominale
et vont, par un mécanisme inconnu, gagner Tembou-
chure de l'oviducte, qui peut être bien plus avant
dans cette cavité, comme cela se voit, entre autres,
chez les grenouilles , etc., etc. ( i ).
Le nautile flambé a présenté l'or^^anisation d'un
ovaire et d'un oviducte en partie discontinus.
L'ovaire est situé dans une cavité péritonéale parti-
culière, séparée de la cavité viscérale, à côté du gésier.
C'est une poche renfermant, dans son intérieur, des
capsules ovigères , de forme ovalaire, fixées par une de
leurs extrémités et libres par l'antre, qui paraît perforée.
La poche de l'ovaire est ouverte dans la cavité péri-
touée qui la renferme , tout près de l'embouchure de
l'oviducte dans cette même cavité. Celui-ci est un couil
canal qui s'ouvre à la base de l'entonnoir, à côté de
l'anus.
Immédiatement sous cet orifice , se voit une glande
considérable attachée au manteau, à la face inférieure
du corps, derrière l'entonnoir. Cette glande forme
une double saillie arrondie, composée de nombreuses
lamelles , très rapprochées. 11 est probable qu'elle sé-
crète la substance qui doit former la dernière enve-
loppe protectrice de l'œuf (2).]
II. Du testicule et de son canal excT^éteur ; des
glandes et des réservoirs accessoires.
Le testicule unique est une grosse glande blanchâtre,
(i) Voir l'opinion que nous combattons dans le mémoire sur le déve-
loppement des Céphalopodes^ par M. Kœlliker. Zurich, i844ï P» '• jj
(1) î*Icnioire sur l'animal du Nauùlui pompiliiis, par M. R. Owen.
Ann, des se. nat.. t. XXVIII, p. 112 et suiv,, et pi. IV, fig. 9 et 10,
Akï, ï. OîiG. PlUÎPAr.ATnURS Eï îîliUCATEUilS TESIELLES. 469
assez molle , qui reinplit le foiuî tlii sac abdominal. 8a
structure est remarquable et facile à développer. Elle
est renfermée, comme l'ovaire, dans une capsule mem-
braneuse , à laquelle elle ne tient que par les vaisseaux
qui se rendent de l'une à l'autre, et dans un endroit
seulement. Du reste, elle a sa tunique propre, cellu-
laire, mince. On voit à sa surface une infinité de petites
aréoles ( i), qui sont le commencement d autant de fila-
mentsblancs, opaques etmous, qui, serréslesuns contre
les autres , composent toute la substance de la p^lande.
Dans la seiche, ils sont beaucoup plus minces, et infi-
niment plus nombreux : aussi les petites aréoles y res-
semblent à des points.
Dans \e poulpe , les filaments sont plus épais, et res-
semblent à des rubans, ils se réunissent successivement
pour former des troncs qui , dans la seiche , aboutissent
en quantités innombrables aux parois de trois ou
quatre canaux excréteurs assez ^>ros, qui parcourent la
glande en divers sens, et qui se terminent tons à une
ouverture commune, circulaire, lar(>e , garnie d'une
valvule qui laisse sortir, mais non entrer. Dans le
poulpe , où il y a moins de ces filaments, il n'y a point
de ces grands canaux commimS;, mais les premiers
arrivent immédiatement à l'ouverture commune.
On conçoit aisément que les filaments sont eu.\-
mêmes de petits vaisseaux sécrétoires enveloppés de
paiencbyme. Ils sont liés ensemble par des vaisseaux
sanguins, des nerfs et de la cellulosité.
Le fluide qu'ils produisent s'épanche , par l'ouver-
ture, dans la capsule membraneuse, d'où il sort par
(i) M. c. de M. Cuvi.r, 1.1. IV, iig. 5 a. 4.
470 XXXVî'' J.KCON. ORG. DE GÉîV'KuATION DES MOLLUSQUES.
lorifice de cette capsiiie, et passe dans un canal (i)
qui lient lieu d'épididyme. Ce dernier fait sur lui-
même un très grand nombre de replis, comme l'épidi-
dyme humain.
Son autre extrémité débouche dans un canal plus
gros (2), sorte de vésicule séminale dont Tintérieur a
d'abord plusieurs colonnes ou arêtes saillantes et
ramifiées; ensuite une seule principale qui règne dans
toute sa longueur, et le partage en deux demi-canaux.
Ce canal, beaucoup plus court, et moins replié que
celui de 1 epididyme , paraît avoir une texture mus-
culaire; il va pénétrer, en se rétrécissant .dans un corps
glanduleux assez considérable (3), de figure cylindri-
que, ayant un canal excréteur assez gros, dans le tiers
extérieur duquel aboutit celui dont nous parlions tout-
à-1 heure. Ce corps , fort grand et fort solide, dans le
podipe ^ est beaucoup moindre et presque membra-
neux dans la seiche. C'est sans doute une espèce de
prostate. Je ne lui vois d'autre usage que de sécréter
quelque liqueur accessoire aux fonctions génératrices.
Son canal se réunit avec un des deux de la bourse des
tubes à ressort, dont nous allons parler.
Cette bourse , qui est grande, très plissée, et par con-
séquent susceptible de s'étendre beaucoup, contient en
effet les fameux tubes à ressort, décrits d'abord impar-
faitement dans la seiche, par Swammerdam ; ensuite
plus en détail dans \e calmar^ par Needham, et rendus
célèbres par Buffon, qui en fait l'un des principaux
appuis de son système sur la nature des animalcules
spermatiques. Je lésai trouvés, dans ]epou/pe, plus
(1) Ibid.. tio. 5 h et b. (a) Ibifi.yC, c. (3) Ihid., f. s. «1.
ART. I. ORG. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 471
grands que dans les deux autres espèces. La bourse (jui
les coiilient mêlés dans une liqueur visqueuse est com-
posée de deux loges qui communiquent ensemble par
le fond , mais qui ont chacune leur orifice distinct.
L'un des orifices se prolonge en un canal mince, qui
donne dans l'intérieur du pénis par le côté. L'autre
fournit aussi un canal qui , après être devenu encore
beaucoup plus mince, s'ouvre au dehors près de la
base du pénis.
Je nomme pénis un corps cylindrique, charnu,
creux, percé à sa pointe, et qui a encore un cul-de-sac
en arrière de l'endroit où s'ouvre le canal que je viens
de dire. L'intérieur de sa cavité est aussi garni de
colonnes charnues.
Le canal excréteur de la prostate , par lequel doit
passer aussi la semence qui vient du testicule , donne
plus particulièrement dans celle des deux loges de la
bourse aux lubes à ressort, dont le conduit s'ouvre en
dehors de ce pénis. C'est même tout près de son orifice
qu'il y communique. C'est l autre loge de cette bourse
qui donne dans le pénis.
Je n'ai donné à cette partie le nom de pénis que
parce qu'elle fait saillie hors du péritoine, et à cause
de sa forme cylindrique; niais je ne crois point que ce
soit un organe d'accouplement, quoique bien certai-
nement c'en soit un d'éjaculation.
Tous les canaux que je viens de décrire, depuis les
testicules jusqu'au pénis , sont situés dans le côté gauche
de l'abdomen, et c'est en dedans de la branchie gauche
que le pénis fait sa saillie; mais comme l'entonnoir
placé sous le col ferme tout le sac charnu , il me paraît
impossible que cet organe se rapproche de celui qui
472 XXXVr LF.ÇON. ORG. DE GKM^P.ATIOX DES MOLLUSQUES.
sert d'issue à l'oviductus dans la femelle , et qu'il y
ait accouplement.
Le sperme lancé parle pénis est obligé de traverser
l'entonnoir, comme font les œufs , l'encre et les ex-
créments.
Sv/AMMERDAM (i) etNEEDHAM ont pris la bourse des
lubes à ressort pour le vrai testicule, dont elle est,
comme on voit, fort éloignée, et ils ont été suivis en
cela par les auteurs les plus récents.
B. Dans la Classe des Gastéropodes.
[Cette classe montre de grandes différences dans ses
(i) Malgré ses fautives déterminations des différentes parties de l'ap-
pareil de sécre'tion de la semence , des tubes spermaphores et de leurs
réservoir, on trouvera, dans cet auteur célèbre, une desciiption assez
exacte de ces parties avec des figures fjui les représentent sous le même
aspect que celles de la pi. XV, t. XVIII, des Jnn. des se. nat., 2* série,
les unes et les autres, prises sur des individus en rut, et ayant tout cet
appareil beaucoup plus développe que dans la fig. 5, pi. IV, du mémoire
cité de M. Cuvier; ce qui fait comprendre les différences de forme et de
proportion dans les détails et dans l'ensemble de ces figures.
Le pénis est, pour Swammenlam , le canal déférent. Le réservoir des
tubes qu'il a observés à l'époque du rut, et conséquemment très développé
et rempli de plusieurs rangées de ces tubes disposées eri spirale, est le tes-
ticule, suivant cet auteur. L'organe qu'il détermine comme la prostate
est à la fois le canal déférent, la vésicule séminale et la prostate dans les
déterminations de M. Cuvier.
Toutes ces parties, dit-il, ont une structure glandideuse. Le canal le
plus étroit (le déférent) est rempli d'une liqueur séminale blanche, qui
ressemble à du lait caillé. La partie la plus ddatée renferme une quantité
innombrable, plusieurs milliers de chevilles lubuleuses blanches et déli-
cates, libres par une extrémité, liées cnlne elles par un lil délié qui sort de
l'autre extrémité.
Il appelle le testicule, dont il a bien re<:onnu la position, la structure
glanduleuse et le contenu blaru; de lait, la troisième partie des vases de la
semence. Sa liaison avec le can;d déférent avait été rompue dana sa dis-
section.
AIIT. 1. ÛRG. PfiKl'ARAÏKLRS r.T KDUCATEURS FEMELLES. 4/3
organes de génération et particulièrement dans les
organes préparateurs. Les uns les ont séparés dans des
individus différents ; les autres les ont tellement réunis,
tellement combinés, que ce n'est que depuis très peu
de temps qu'ils ont été reconnus et déterminés. Chez
la plupart, ils sont accompagnés d'un appareil com-
plet de copulation; chez d'autres, cet appareil manque
entièrement. Toutes ces différences font que la classe
des Gastéropodes est moins naturelle , sous le rapport
des organes de la génération, que la précédente.
Afin de faciliter la détermination des organes prépa-
rateurs qui caractérisent le sexe femelle ou le sexe
mâle , chez les Gastéropodes qui ont ces organes réunis
dans le même individu , nous commençons par décrire
l'ovaire, puis le testicule, chez les Gastéropodes qui les
ont séparés dans des individus différents; nous ferons
connaître ensuite ces deux glandes chez les Gastéro-
podes hermaphrodites.
Les Gastéropodes chez lesquels on a constaté la sépa-
ration des sexes sont les carinaires et les firoles de
l'ordre des Hctéropodes ; ceux qui composent \ ordre
des Pectinibranches ; les patelles parmi les Cyclobran-
ches, Nous allons faire connaître successivement l o-
vaire et le testicule de ces mollusques , en prenant
pour exemple ceux que M. Cuvier a décrits.]
L De r ovaire chez les Gastéropodes à sexes séparés.
Dans le grand buccin (buccinum undatura) , l'ovaire
partage avec le foie, comme le testicule dans le mâle,
la plus grande partie de la spire. On voit au côté droit
de la cavité des branchies, entre le corps et le rectum,
un gros canal, qui est l'extrémité de l'oviducte. Sou
•474 xxxvr leçon, org. de géjnébation des mollusques.
orifice est assez petit ; en I ouvrant , on trouve qu'il est
très larjie, et que ses parois sont très épaisses, glandu-
leuses, et propres sans doute à enduire les œufs. Il
s'ouvre un peu en dedans du bord de la cavité bran-
chiale, par un trou assez petit.
La femelle du murex tritonis a un oviducte tout
semblable à celui de la femelle du buccin.
Dans ces {^enres à sexes séparés, Toviducte manque
quand la verge y est avec son sillon , et ce sillon occupe
la place de l'oviducte.
[f^a f^wipare d'eau douce (cyclostonia viviparum
Drap.) appartient aussi à cette division des Gastéro-
podes (i).
A côté de la portion de la matrice qui est au-delà de
la cavité branchiale, se trouve un organe glanduleux
blanchâtre qui pourrait bien être 1 ovaire. En effet,
cet organe, en forme de houppe, se compose de vési-
cules incolores, ou de petits cœcums. Il est annexé à
la partie du foie enfonc ée dans la spire. Le premier ovi-
ducte, ou l'ovuliducte qui en sort est un fin canal, qui
aboutit à une partie glanduleuse, dépendant du second
oviducte. Celui-ci a la forme d'un sac court qui em-
brasse l'extrémité interne très ouverte du troisième
oviducte ou de l'oviducte incubateur. On y trouve des
spermatozoïdes (2).
L'oviducte incubateur ou la matrice est, à l'époque
de la gestation , un gros boyau cylindrique qui est atta-
(1) Cette séparation des sexes, déjà sif;nalée par Lister en lôgS, avait
été méconnue par Spailauzani, et dans notre première édition. Cette erreur
a été rectifiée par M. Cuvier, d ms son Mémoire sur les vivipares d'eau
douce, duquel nous avons extrait les détails que nous donnons ici.
(2) M. Paasch. Archives d^Erichson pour i843, p. loo, et pi. V,fig. VHI.
AfiT. T. ORG. PRÉPARATEUBS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 476
ché, dans sa dernière partie, dans toute la longueur de
la voûte de la cavité branchiale et qui se prolonge ,
dans la première partie , dans tout le premier tour de
la spire (i).
Ou trouve, dans la saison, cet oviducle rempli de
fœtus dans tous les degrés de leur développement.] Il
devient énorme en longueur et en largeur, lorsqu'il est
ainsi rempli de petits individus vivants.
[Dans le T'z/r/^o /;/<:a,roviducte a sa dernière partie,
que nous appelons branchiale, comme dans la vivipare
Son orifice est tout près de l'organe delà viscosité (2).]
II. Du testicule chez les Gastéropodes à sexes séparés.
[Le testicule unique chez les carinaires et \t%firoles ,
chez les Peci inibranches ^ et chez \e?> patelles^ parmi les
Cyclubranches ^ est toujours plus ou moins annexé au
foie et enfoncé, avec ce viscère, dans les deiniers
tours de la spire, lorsque l'animal a une coquille de
cette forme.]
Dans le buccinum undatum , le canal déférent tra-
verse la longueur de la verge en faisant beaucoup de
replis et de zigzags; il pénètre dans le côté droit de
la partie du corps qui remplit la coquille, y fait un
gros paquet de replis entortillés , s'y rapetisse par de-
grés, et finit par aboutir au testicule, qui occupe par
moitié, avec le foie, les tours les plus profonds de la
coquille. C'est une masse glanduleuse, jaunâtre et
molle.
Le murex tritOTiis , au lieu d'avoir un canal déférent
entier dans l'intérieur de la verge, n'a qu'un simple
(i) M. Cuvier. /6iti., pi. i, fig. 3, h et h'. 2/ /è/J., p. op. 7, o. et p. i3.
476 XXXVI* LECOX. ORG. DE r.K.MCRATION DES 310LLCSOL'ES.
sillon qui rè[»ne à sa surface, et se prolonge sur celle
du corps, jusqu'à la portion qui remplit le fond delà
coquille.
[Dans la vii'ipare d'enu douce, le testicule occupe
dans la spire l'espace que l'ovaire et la matrice tien-
nent dans la femelle. Il communique avec la verge par
un canal déférent court et tortueux (i). Cette glande
spermagène est grande, bilobée, un peu contournée
pour s'arranger, avec le foie, dans la spire.
Dans le sigaret le testicule remplit avec le foie,
comme l'ovaire dans la femelle, une bonne partie de
la cavité viscérale. 11 a un long canal déférent qui se
termine à la verge (2).
Dans les carinaues et les firoles ^ le testicule, situé ,
comme l'ovaire, sous la masse viscérale, se joint par
le canal déférent à un appareil copulateur qui se voit
au-dessous.
L'ovaire, dans les ^^/e//<?j-, est placé sous le foie. Sa
structure intime offre à l'œil des différences qui ren-
dent assez probable l'existence des organes des deux
sexes (3). L'oviducte est court et s'ouvre sur le côté
droit de la tète, à côté de l'anus.
m. O ricanes préparateurs mdles et. femelles chez les
Gastéropodes licrttiaphroditcs.
Comme dans les Gastéropodes à sexes séparés, il n'y
(i) M. Cavier. Ihid., p. 7, et pi. I , fij;. 4. (-2) Jbid.. p. 6. (3) Tel est celui
que représente la ti{j. i5, pi. II, du mémoire cité de M. Cuvier. L'idée de
1.1 combinaison des deii\ o:gan.-.s scxutU préparatours des ovules et delà
seiiunce n'a jia.s été cuntirrnée. M. ÏMilne Edwards , et après ce savant
MM, LelxTi tt Hohin viennenr dr rt-connailre <nie le>; *oxc.s sont «séparés.
ART. I. OHO. PliÉPAKATKLlIS ET EULtATEUfiS FEMELLES. 477
a qu'un organe pour la préparation des ovules et un
seul pour eelle du sperme; mais l'un et lautre nous
offriront, dans la plupaii des penres, lexeinple
d'une intime réunion, dont on ne s'est fait une idée
juste que depuis très peu de temps.
L'organe préparateur des ovules, désigné par les
auteurs sous le nom d'organe en grappe , est en même
temps l'organe préparateur du sperme. Il est toujours
annexé au foie, et pins ou moins adhérent à la partie
de ce viscère qui est enfoncée dans la coquille, chez
les Gastéropodes qui en ont une.
Cet organe se compose de petits cœcums oblongs,
digités, c'est-à-dire se réunissant au nombre de deux,
de trois ou quatre, ou plus, à un petit canal excréteur
commun ( i ). C'est, entre autres, l'organisation de ïlielix
pomatia.
Dans un autre type, ce sont des follicules à peu près
sphériques, réunis par groupes, au moyen de leurs
canaux excréteurs, à une branche principale, et celles-
ci aboutissant à un tronc commun, le canal excréteur,
de la glande.
Ces follicules oblongs, ovales ou globuleux, ne sont
pas simples; ils se composent de deux poches membra-
neuses contenues lune dans l'autre, entre lesquelles il
existe un intervalle plus ou moins sensible, suivant que
les ovules qui s'y développent sont plus ou moins avancés
dans leur développement. La poche externe est foi'mée
par la membrane proligère des ovules , qui font saillie à
l'extérieur, et finissent par tomber dans rintervailo des
(i) Swammcrdara les représeiUe clans !e colimaçon des oùeptes comine
les follicules d'une feuille composée , pi. V, iig. 5o. Cela n'est pas exact.
478 XX.XVI* LEÇON . OBG. 1>E GENÉHATION DES MOLLUSQUES.
deux poches; tandis que la poche interne produit les
capsules spermagènes que l'on trouve dans Tintérieur
de cette poche, aux différents degrés de leur développe-
ment. Cette sorte d'emboîtement, cette union intime de
Tovaire, ou de la glande ovigène,et de la glande sper-
magène, fait comprendre les déterminations diffé-
rentes que l'on trouve de cet organe double , dans les
descriptions des anatomistes.
Swammerdam le regarde comme l'ovaire (i) et
figure les ovules qui paraissent à sa surface.
M. Cuvier lui donne la même détermination,
M. Curus la confirme en i835, par la découverte
positive des ovules , aux divers degrés de leur déve-
loppement, et regarde comme des cils vibratiles , de
dimensions très grandes, à la vérité, et détachés, les
spermatozoïdes observés dans le même organe (q).
M. Ijaurent (1837) adopte la détermination de
Guvier et de Garus; il ne connaissait pas, à celte épo-
que, la présence des spermatozoïdes dans l'organe en
lîrappe(3).
fFohIich (en i8i3) est le premier qui ait adopté
pour lovaire une détermination contraire à celle de
M. Guvier (4); c'est pour cet auteur le testicule.
Il a été suivi par Treviranus , en i8q4 (5) j ^^'^
MM. 6/ andt et Ratzbarg., en i83 1 (6); par M. Prev>ost^
en i832 (7); par M. B. M^agner ^ en i835(8); et par
M. Ferloren, eu ib36(9).
(1) PI. Vllf, fi{{. g k dans la limace ; Hg. 5 f. dans Ihelix des jardins, et
pi. IX, tlfj. '1 et 3. (2) Aicliives de J. Miillei pour i8.35, p. 487, et pi. XII.
(3) //*i(/a/es françaises et étraii(ji'tesil'analoinie ^ t. I, p. 254- (4; Df^ hélice
pomaiia. Wurzbourg, i8i3. (5) Journal de physinlogie, t. I, p. I. ((5)Zoo-
logie me'dicale, t. II, p. 3o6. (7) Mémoire de la société de ptiysique de
Genève, t. V. (8) Manuel d'anatomie comparée, § '>.26. (9) M, C. Verloren
AHT. 1. 0R&. PHEPAKATJiUKS ET EDLCATEUiJS FEilELLES. 479
Nous avons nous-méme, aux mois de juin et de
juillet 1841 , constaté iexisteiice d'innombrables sper-
matozoïdes dans ce même organe de la limace rouge^
de la limace noire , et des hélix aspeisa^ pomalia et
arbustorurn^ei leur absence dans Forgane considéré par
M. Guvier comme le testicule.
MM. Erdl (1) et Paasch (2), en i844 et 1846, ont
adopté la même détermination.
Cependant M. R. Wagner, dans la même année de
i835, faisant de nouvelles recherches à la suite de
celles de M. Carus, découvre comme lui des ovules
dans i'ovaire, et y constate de nouveau 1 existence si-
multanée des spermatozoïdes , tout en regardant comme
invraisemblable que ces deux produits aient leur ori-
gine dans le même organe (3).
Il rectifiait ainsi l'observation de M. Carus , fautive
seulement par Tinexacte détermination des spermato-
zoïdes, qui se trouve corrigée jusqu'à un certain point,
par la connaissance de leur présence dans l'oviducte,
que le même auteur signale dans l'explication des
planches de ses tables anatomiques. En 1887, M. Sie-
bold indiquait, en passant, que les deux glandes sont
intimement combinées. M. C. Font reconnaissait en-
core, en i84i, l'existence simultanée des écheveaux de
spermatozoïdes et des ovules, dans l'ovaire ou le testi-
cule de Vancyle fluviatile {l\).
RpS|)onsio, etc.,<jiiae praemiutn repoit:ivit. D. VIII mensis febriiarii iSSj,
111-4", P- 64 ,«1 7, pi. roioriéis. (1) Dans le voyage en Algérie de Miiurioe
\V;H;;ner. (•) Archives de Witgmann et d'Eiichson pour 1 843 et i845.
(3) Archives de Wiegmiinu, t. I , p. 368. (4) Archives de J. AluUer pour
i84i, p. ag et pi. II, tig. 3.
•iSO XXXVI* LEÇO^. ORG, J?K GÉNHUATIOX DKS MOLLUSQUKâ.
Une année plus tard, en 1842, M. Laurent admet-
tait aussi cette existence simultanée (i) dans le même
organe.
Mais le premier qui ait fait connaître remboîtement
des deux organes préparateurs des ovules et des œufs,
ainsi que nous venons de le décrire, est, si je ne me
trompe;, M. H. Meckel (2).
Cet emboîtement est, à la vérité, très difficile à
observer, à cause de la transparence des membranes,
et de la position des ovules , qui , se développant tout
autour de la gaîne qui les renferme, cachent la gaîne
des spermatozoïdes contenue dans la première.
Nous avons constaté , dans \helix pomatia , l'exis-
tence de ces ovules dans les digitations de cette glande;
et dans ic commencement du canal déférent celle d m-
nombrables spermatozoïdes en forme de très longs fils
avec une tête oblongue (3).
L'organe que nous venons de décrire est donc her-
maphrodite, c'est un oi'ospermagène.
Il a de même un double canal excréteur engaîné
l'un dans l'autre 5 celui qui est extérieur est l'ovuliducte,
et l'intérieur est le canal excréteur du sperme. Le
premier est droit et sans sinuosité, dans \helix po~
matia^ et tient lieu de fourreau pour le second, qui
est très sinueux et comparable à un épididymc. Ces
àoxw canaux se séparent plus tôt ou plus tard, suivant
les genres et les espèces , ou se terminent ensemble
dans Toviducte , le plus souvent à l'endroit oïi la glande
(1) Extrait des proccs-vcibaux cîe la Sotitlu pliilomatique de Paris.
j842,p. 6. (3) "Voir Archives de J. Muller pour t844> p- 4^^ ^t siiiv., cl
pi. XIV et XV. (3) Observation du 8 mai iS^S.
ABT. I, OBCt. PBKPARATEURS ET ÉDUCATEURS. 481
de ce canal finit, et où commence sa partie mem-
braneuse.
Nous appellerons épididyme cette première partie
du canal séminal qui est engaînée dans la trompe on
la première partie de Voviducte.
L'insertion de celle ci, qui ne charrie encore que des
ovules , ne se fait pas à Textrémité de la seconde partie
de l'oviducte, qui est glanduleuse , mais entre cette
partie , ainsi que nous venons de le dire, et la troisième
ou la membraneuse. Cette partie glanduleuse que
Svvammerdam appelait si justement la glande de la
glu, est en arrière de cette insertion ; tandis que la der-
nière partie de l'oviducte, la plus rapprochée du ves-
tibule génital, est en avant ; de sorte que les ovules,
qui doivent prendre leur albumen dans cette partie
glanduleuse , y suivent une marche pour ainsi dire ré-
trograde, et reviennent ensuite dans la même voie
pour atteindre le vagin.
Cette partie glanduleuse de l'oviducte forme souvent
comme un appendice considérable de tout l'appareil
générateur. Au temps du rut, elle a six fois le volume
de la glande spermagène , et renferme des oeufs dans
le canal qui parcourt son axe, en diminuant de diamètre
depuis l'insertion du premier oviducte jusqu'au som-
met de la glande. Sa substance se compose de petits
cœcums dont la cavité s'ouvre dans des cellules qui
sont comme les anfractuosités du canal central.
Ces petits cœcums et ces cellules sont remplis d'une
humeur albumineuse composée de vésicules sphéri-
ques transparentes, très petites (i). On ne trouve pas
(i) Ayant la giossenr «Ifis {jiobiilps An sanji;. suivant M. H. Mecke!, o. c
8. 31
482 XXXVl* LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION D^S MOLLUSQUES.
de spermatozoïdes dans cette glande. On n'y dé-
couvre pas davantafje des ovules dans leur calice aux
divers degrés de leur développement. Ils ne s'y ren-
contrent jamais que libres et plus ou moins à l'état
d'oeuf, c'est-à-dire déjà enveloppés d'une couche d'al-
bumen et seulement à l'époque du rut, dans le canal
central de la glande.
La troisième partie deloviducte, qui est la conti-
nuation du canal de la glande, est un large canal à
parois membraneuses, plissées ou tout unies, suivant
les espèces, plus ou moins contournées en spirale, de
manière qu'il a un côté court et un bord baucoup plus
long. C'est du côté court, du moins dans \ hélix po-
matia^ que répond, en dedans, ce sillon profond, dans
l'origine duquel s'ouvre le canal séminal ou l'épididyme,
ot, en dehors, une glande qui a été désignée sous le
nom de prostate.
Ce troisième oviductc, qui charrie des œufs plus ou
moins complets à l'époque du rut, est désigné, mais
improprement , sous le nom d'utérus par beaucoup
d'auteurs , à commenceiparSwammerdam.Ce n est un
oviducte incubateur que dans les Gastéropodes vivi-
pares.
11 se termine à l'endroit où s'insère la vésicule co-
pulatrice, insertion qui nous paraît indiquer les limites
des organes préparateurs et des organes copulateurs
ou d'accouplement.
Le conduit excréteur de la semence, comme ce-
lui des ovales et des œufs, doit se distinguer en trois
parties. \a\ première, dont nous avons déj* parlé, est
l'épididyme, qui s'étend de la glande ovo-spermagèue
au troisième oyiducte.
ABT. T. ORGANES PRÉPAHATEÙRS' ÉT ÉDUCATEtJKS. 483
La rainure que nous venons de décrire dans le troi-
sième oviducle de Xhelix pomat'ia est la seconde
partie du canal excréteur du sperme. Nous rappelle-
rons prostatique, parce quelle reçoit, par une série de
très petits orifices, les canaux excréteurs de la pro-
state. Ici cette rainure séminale prostatique est bordée
de deux replis membraneux qui se touchent par leur
bord libre, et interceptent un canal complet. Elle
reçoit, dans son origine, le canal de i'épididyme,
s étend aussi loin que le troisième oviducte, et lenfcrme,
à son autre extrémité, Vembouchure du canal déférent.
La P"lande prostate, adhérente à Texiéi leur et au côté
court du troisième oviducte, s'en distingue par sa cou-
leur opaque, blanc de lait, et par sa forme étroite; elle
est composée d'un grand nombre de très petites vési-
cules qui communiquent, couune nous venons de le
dire , dans la rainuie séminale par leurs canaux excré-
téilrsl
Telle est la structure de la rainure séminale ou de la
partie prostatique du canal séminal et de la prostate,
dans les hélices et la limace rouge; mais, daus la limace
grise, au lieu d'une rainure dans l'intérieur de l'ovi-
ducle, il y a un canal complet qui lui est extérieur, et
.auquel cependant la glande prostate est annexée (i).
Cette partie du canal séminal, à l'instant où cesse la
prostate, devient canal déférent. C est un canal mem-
braneux, qui s6 porte plus ou moins directement vers
la verge, pour s'ouvrir dans son extrémité interne ou
son cul-de-sac, ou plus ou moins près du prépuce et de
son orifice. Cette terminaison dans la verge n'a lieu
(ij M. Veiloren, o. c, pi. Il, tiy. 7.
484 XXX VI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION DES MOLLUSQUES.
que dans un premier groupe des Gastéropodes herma-
phrodites; dans un second groupe, le canal déférent
ne communique qu'indirectement avec la verge, au
moyen d une rainure intermédiaire.
Après cette description générale , qui comprend à
la fois les derniers progrès de la science et son histoire,
nous donnerons quelques descriptions particulières
prises dans le texte de notre première édition on dans
celui des Mémoires sur les Mollusques (i) . en indi-
quant les changements dans les détermination , tels
que nous venons de les adopter dans nos généra-
Utés.]
§ i. Chez les Gastéropodes pulmonés.
Décrivons d'abord les organes de la limace comme
plus simples : elle n'a que les organes communs à toute
la classe , savoir, un ovaire , un oviductus , un testicule,
un canal déférent, une verge et une vessie à long col.
Dans la limace (rouge), l'ovaire [l'ovospermagènej
est situé vers la partie postérieure du corps , entre les
lobes du foie et les intestins. C'est une grappe très com-
posée , dont les pédicules sont des tuyaux qui donnent
les uns dans les autres, et aboutissent définitivement à
l'oviducte [qui renferme l'épididyme]. Celui-ci est un
conduit faisant beaucoup de zigzags, et se collant ensuite
si intimement au testicule [à la glande de l'oviducte],
que j'ai cru longtemps qu'il en pénétrait la substance
et qu'il en recevait la liqueur ; mais je suis parvenu à
(i) Mémoires pour servit' à Ihistoire et à l'anaî.Miiie Jps Mollusque*,
par M. Cuvier, 1807.
,VRT. I. ORGANES l' RÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS. 485
m assurer qu'il n'en est pas ainsi. Après avoir suivi
toute la longueur du testicule [tîe la prostate] l'ovi-
ducte, devenu sensiblement plus large , et même , dans
le temps de l'amour, plissé et boursouflé, se termine
dans le fond de la cavité commune de la génération.
Le testicule [la glande de l'oviducte] est une glande
blanche, obîongue , très considérable, surtout dans la
saison de l'amour. Il peut se diviser en deux parties:
la postérieure, en arrière de la jonction del'oviduc-
tus; elle est ovale, et c'est elle qui se gonfle le plus
dans la saison [c'est proprement la glande de l'ovi-
ducte]. L'antérieure est oblougue. [C'est la prostate des
auteurs]. Sa structure n'est point en filaments, comme
celle de la seiche, mais plutôt en grains. Le testicule
donne un canal excréteur propre [la troisième partie du
canal sénirnal ou le déférent] , qui va s'ouvrir dans le
fond de la verge.
Dans le colimaçon , l'ovaire et le testicule sont dispo-
sés comme dans la limace.
Les organes de la testacelle [et de la parmacellc^
ue diffèrent point notablement de ceux de la limace ( i ).
[IjC limnée et \e planoîbe n'ont pas les glandes ovi-
gène et spermagène ainsi réunies en une seule; la dis-
position de ces glandes, qui sont ici séparées, et celles
de leurs canaux excréteurs sont bien propres à lever
les doutes qui pourraient rester sur la détermination
de ces organes. Ici leurs canaux excréteurs aboutissent,
le premier à la verge et le second à la vulve, après
s'être réuni à la vésicule copulatrice. Cette terminaison
de leurs canaux excréteurs ne peut laisser aucun doute
i) Mémoire de M. Cuvier, fig. 9, lo, i4 et iS.
486 \xxvi* LEÇOK. on.G. m. (ià?jÉRAiK)>- des mollusques.
sur leur l'onction, et vient corroborer ce que démon-
trait déjà la nature de leur contenu.]
Dans le limnée^ on distingue partout le canal dé-
férent, qui est d'abord assez gros, et se renfle en un
réservoir excessivement plissé , qui doit pouvoir con-
tenir une très grande quantité de sperme. Ce canal,
en ressortant, est très mince, reste fort longtemps sous
cette nouvelle forme , et après s'être en.gagé dans les
chairs, vers l'issue de l'oviductus, il en ressort pour se
terminer dans le fond du sac de la verge, qui est or-
ganisée comme dans la limace.
L'ovaire est, comme à l'ordinaire, vers le sommet de
la coquille et enchâssé dans le dernier lobe du foie; le
premier oviducte est mince et tortueux ; [le second
oviducte est formé de deux poches de substance molle,
blanche , glanduleuse , communiquant ensemble par
un canal assez ample et aboutissant par un autre, le
troisième oviducte , à la vulve. On les trouve quelque-
fois pleins d'tEufs (i).
Nous avons trouvé le testicule enchâssé en partie
dans le foie; sa forme est en massue, contournée en
spirale, et sa surface paraît comme tuberculeuse par
suite des petits coecums dont sa masse se compose, et
dont le fond fait saillie au dehors.
H renferme une quantité innombrable de sperma-
tozoïdes , surtout dans la oartie qui touche à l'épidi-
dyme; ils remplissent de même ce premier canal ex-
créteur, qui commence sous l'ovaire, est court et
sinueux. Il se redresse, après avoir dépassé Toviducte,
(i) Mémoire de M. Cuvier, Pig. 8, 9, 10, i5, et p. "> et 8, et celui déjà
rit«deM.VerIoien,pl.Vfl', feg. 45. ...
iRT. r. ORGANES î>KÉPABATt:Ui;S ET EDUCATEUllS. 487
pour aboutir à un corps fjlanduleux considérable, sorte
de prostate composée de deux parties : une cylindrique
ou en massue , ayant le gros bout dirigé vers la seconde ;
celle-ci est pyramidale. L'une et l'autre sont composées
de paquets de cœcums serrés les uns près des autres,
remplis d'une matière jaune ou blanche , et entourés
comme d'une légère gaze noirâtre. Les cœcums sont
réunis par paquets laissant entre eux comme des sillons
longitudinaux qui divisent cette glande.
L'ovaire est un corps replié, jaune, composé de
lobes, et ceux-ci de vésicules contenant des ovules. Il
aboutit à l'oviducte, qui est blanc opale , comme celui
des hélices. Cette première partie de l'oviducte est re-
pliée et courte; elle donne dans une partie glanduleuse,
jaune-verdâtre, de substance ferme, résistante, qui
sécrète une matière visqueuse. L'oviducte sort de cette
glande comme un canal étroit, qui se dilate encore et
forme une seconde poche considérable, après laquelle
vient la dernière partie de ce canal, qui est cylindrique
et aboutit au vagin.
Suivant M. Paasch, un petit canal se détacherait de
l'épididyme pour communiquer dans le premier ovi-
ducte(i).
Pour \q planorbe nous renvoyons aux figures des
mémoires de MM. Cuvier, Verloren (2) et Paasch (3).
§ 2. Chez les ISudibranches et les luférobvanclies.
Gomme les Gasiéropodes pulmonés, les ISudibran-
ckes auraient un or^jane préparateur hermaphrodite
(i) M. Paasch, m. c, pi. V, tig. 7, J. et p. 91, (2) Mem. c, pi, VII,
fi{>..43. (3) Archive» d'Eiichson pour i843, pi. V, tj;j. 6 et 7.
488 XXXM* LEÇOiN. Ur.G. DE OÉMiBATlOA DES MOLLUSQUES.
annexé au foie. M. Guvier le décrit généralement
sous le nom d'ovaire.
Dans le fhet/iys Jimbriata, cet organe (\oi\h\e se com-
poserait de follicules allongés se réunissant à un canal
excréteur commun , et renfermant à la fois des ovules
très petits et des spermatozoïdes. Le canal excréteur
des deux glandes ne tarde pas à se dilater, et se pe-
lotonne ensuite pour formel- en partie lepididyme.
Au-delà de ce pelotonnement, les deux canaux excré-
teurs se séparent, l'ovuliducte pour s'insérer dans l'ovi-
ducte au-devant de sa glande, qui est considérable;
le canal séminal pour se collera une prostate composée
de follicules, qui y versent l'humeur qu'ils séparent,
par deux canaux principaux.
Au-delà delà prostate, le canal déférent est encore
long et sinueux avant de se terminer dans le fourreau
de la verge ( i ) .
C'est aussi au foie qu'est annexée la glande herma-
phrodite, dans le genre do/ is; son double canal excré-
teur se sépare de même, après un trajel: assez long, en
ovuliducte, qui est très court, et en un long canal dé-
férent. L'ovuliducte s'ouvre dans l'oviducte en avant
de la glande (2).]
Dans les <^/o/7.v , l'oviductus [ le canal double de la
glande hermaphrodite ], après s'être collé au testicule
[à la glande de l'oviducte], paraît se rendre dans le
canal de la vessie et s'y réunir en un canal commun.
Dans le doris solea , espèce nouvelle de la mer des
(1) Mémoire de M. Cuvier sur le genre Theihys^ etc., fig. 5 et 7, et K.
Meckel, m. c, pi. XV, fig. i. (2^ Mémoire sur le {jeure Boris-, par M. Vax-
vier, pi. ! et II , et de M. H, Meckel, pi XV, fij;. 2.
ABT. I, OBG. PBÉFÀIIATELKS ET ÉDUCATEURS. 489
Indes , il m'a même paru qu il se lend dans la vessie
même, ce qui confirmerait bien que la vessie est des-
tinée à fournir l'enveloppe des œufs. Le testicule [ la
glande de Toviducte] est arrondi, et louche à la ca-
vité commune. Une petite vésicule accessoire tient au
canal de la vessie.
[Dans la Tritonia ascanii, la glande hermaphrodite
est iinguiforme,et se trouve comme toujours annexée au
foie. Elle se compose de vésicules-ovules ayant chacune
un double canal excréteur. Les ovules mûrs rendent
bosselée la surface de chaque vésicule. Les deux canaux
excréteurs se séparent à la base de la glande de l'ovi-
ducte , qui est considérable. Le canal déférent, après
cette séparation, est long, sinueux , et entouré, dans
une partie de son trajet, par une prostate étroite et al-
longée , comme dans les hélices (i).
Dans la tritonia hombergii , M. Guvier a trouvé la
glande de l'oviducte très considérable (2).]
Dans la tritonie, l'ovaire [la glande hermaphrodite]
est plus volumineux , l'ovidiictus plus gros à propor-
tion(que dans la limace), et le testicule [la glande de
l'oviducte] ramassé en une boule irrégulièrement
lobée.
\\iÇ. pleurobranchea tneckelii a présenté la même or-
ganisation générale dans ses organes préparateurs.
Dans les nouveaux genres acteonia et pelta , l'ovaire
et le testicule sont, au contraire, deux organes dis-
tincts et bien séparés. Le premier est un long tube re-
plié en différents sens dans la cavité abdominale. Le
(1) M. H. Meck*-!, ihid., fig. 12, 1 3 et \l\. (2) Elle est dc'crite comme le
testicule. Mémoire sur le Tritoniat Hombergii , pi. II, fig. l .
490 x\\\i' LEço^. ORG. bie génébatioin ues mollusques.
second est une poche allongée, en forme Je massue,
dont le canal excréteur aboutit à la fin de rovjducte(i).]
§ 3. Chez les Tectibraiiclies.
[Il y a dans les Gastéropodes de cet ordre une cir-
constance organique déjà remarquée par M. Guvier
dans notre première édition: c'est que l'orifice de la
verge est plus ou moins éloigné de celui du canal défé-
rent et de l'oviducte, et que le sperme n'arrive à la
verge que par un sillon extérieur. Nous y reviendrons
en parlant des organes d'accouplement. Quant aux
organes préparateurs des deux sexes, ils sont aussi in-
timement unis que ceux des Gastéropodes pulmonés
terrestres, que nous venons de décrire.]
L'ovaire [la glande hermaphrodite], dans Xaplysie^
est une masse ovale qui occupe tout le fond postérieur
de l'abdomen, et qui, dans l'état ordinaire, est d'une
couleur blanchâtre. L'oviductus [le double canal
de la semence et des ovules] y prend son origine
par plusieurs vaisseaux qui viennent des différentes
parties de la masse, comme les vaisseaux propres d'une
glande sécrétoire , et qui se réunissent en un seul; ce-
lui-ci, après avoir serpenté le long du côté droit du
testicule, devient subitement très mince et contourné
autour delà sommité de cette glande , et forme un ca-
nal qui, après avoir été collé pendant quelque temps
au canal déférent [à l'oviducte], finit par y déboucher,
après avoir reçu une vésicule, ou boyau aveugle, qui
est peut-être l'analogue des vésicules divisées du co-
limaçon.
(i) M. de Quatrefages. Ann. des se. nat.y 3* série, t. I, pi. IV et VI.
ART. I. OBG. l-RÉPARATEias RT ÉOUCAtF.UlVS. 49!
Le resticuio [la glande de l'ovidncte ] est d'nn beau
jaune, et ressemble à un sphéroïde elliptique qui se-
rait entouré d'un ruban en spirale; son milieu est assez
compacte, et semble homogène.
Le ruban qui paraît l'entourer est lui-même divisé
eu une bande principale , finement striée , et dont les
stries sont probablement autant de vaisseaux propres,
et en deux lisières lisses , qui sont des vaisseaux ex-
créteurs. La lisière supérieure est le canal déférent
commun à tout le testicule [commun à la glande de
Toviductej, et qui transmet la semence [les œufs]
au dehors.
Les deux canaux excréteurs, après avoir dépassé la
glande, sont soudés ensemble, sans se confondre. Celui
qui vient du testicule [de la glande de l'ovidncte] est
formé d'une membrane plus mince et très plissé; l'au-
tre, qui vient de l'oviducte [ le canal^déférent ], a des
parois plus épaisses. Une fente établit entre ces deux
canaux, dès les premiers tiers de la longueur, une libre
communication. C'est vers le deuxième tiers que
s'ouvre, par un endroit particulier , la vésicule copu-
latrice (i).
[M. H. Meckel (2) est parvenu à découvrir que la
glande de l'ovaire se compose d un assez long canal
contourné en spirale et venant se terminer en cul-de-
sac à l'endroit où son autre extrémité débouche dans
l'oviducte. Ses parois ont une double série de plis
transverses.
(i) Mémoire de M. Cuvier sur le genre Aplrsie, [>. 20 et '.>,i. et pi. IV,
Sff. I et 2. (5) M. c, pi. XV. fig. 7.
492 XXXVI« LEÇO?l. OHG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
Les organes de la génération sont disposés dans les
Acères comme dans raplysie (i).
Dans l'ombrelle [Umbrella mediterranea. Lam. ),
le canal ovo-séminal se termine dans la cavité de la
glande de l'oviducte.]
§ 4- I^es Scutibranckes et les Cyclobranches.
[Dans son mémoire sur Vkaliotide^le ^enre patelle^ la
fissurelle ^ Vémarginule etVoscabrioii, etc., M. Guvier
s'exprimait ainsi : « Aucun individu des genres que je
viens de nommer ne m'a offert autre chose qu'un
ovaire plus ou moins développé, mais dans la com-
position duquel entrent quelques parties glanduleuses
qui pourraient être regardées comme servant à la com-
position du sperme; en sorte que je suis assez porté
à croire que ces animaux sont des hermaphrodites
(jui peuvent se suffire à eux-mêmes, comme les Acé-
phales (2).» Il répète de nouveau cette manière devoir
dans la partie de ce mémoire concernant l'ovaire de
Xhaliotide et àes patelles ; cependant nous avons vu que
les sexes sont séparés dans ce dernier genre.]
G. Dans la classe des Ptéropodes.
jLes /■'/6?/Oyyo(^/é'j-sout des mollusques hermaphrodites,
que M. Gavier n'a séparés , pour ainsi dire , qu'à regret
de la classe des Gastéropodes, avec lesquels il reconnaît
qu'ils ont le plus de rapports, entre autres dans leurs
organes de génération (3).
(i) Mémoire de M. Cuvier sur les Aches, p. i4 et i5. (2) M. c, p. 2.
(3) M. Cuvier, dans notre première édition, avait écrit au sujet des
deux seuls genres qu'il connaissait à cette époque et qu'il plaçait encore à
ABT. I. ORG. PRKPARATEDR8 ET ÉDUCATEURS. 493
« L'ovaire unique est rapproché du cou avec les aii-
» très viscères. Il donne un oviducte mince et court.
» qui aboutit, comme d'ordinaire, au testicule.
» Le testicule, d'abord en forme de ccecum,s'amiu-
» cit par degrés en un conduit déférent, et se termine
» en une petite bourse ronde, qui remplit le tnber-
» cule gauche de la tête , et qui sort près du col. A
» côté de cette bourse en est une autre oblongue ana-
» logue à celle que nous appelons la vessie dans les
» Gastéropodes.
» Je ne sais pas , ajoute M. Cuvier, si la verge est
» cette partie droite et ferme qui termine le canal défé-
» rent , ou si elle est cachée dans la petite bourse dont
» je viens de parler (i). »
Les organes de la génération de Vh/alei^)^ écrit-il
encore dans le mémoire sur ce sujet, ressemblent à ce
qu'on voit dans la plupart des Gastéropodes : un ovaire
qui remplit la plus grande partie du côté droit de la
cavité viscérale , un oviducte de médiocre longueur,
un testicule presque aussi fort que l'ovaire et un canal
déférent commun.
Nous ferons remarquer ici l'identité de composi-
tion de cet appareil générateur avec celui que nous
avons indiqué dans les deux genres nouveaux des gas-
téropodes acteonia eipelta.
Les autres Ptéropodes [cymbulie, cléodore^ Cuviene^
la suite des Gastéropodes hermaphrodites , dont les organes sexuels ont
deux issues plus ou moins distantes : « h'hjale et le pneumoderme ont
aussi des organes sexuels éloip,nés par leurs orifices, quoique réunis dans
le même individu ; mais ces Mollusques sont trop petits pour que nous en
donnions une description détaillée.» (i) Mémoire sur le Ciio horealis, p, 8.
(2) Sur l'hyale et \e piieumndeinie, fif[. 4 et 8, et p. 6.
494 XXXVr LEÇOR'. OBG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
tiedemannia) paraissent avoir un appareil générateur
plus ou moins semblable à celui des clio et àeshijales
et toujours hermaphrodite avec organes d'accouple-
ment (i).]
D. Dans les acéphales testacés.
[Les uns ont les organes préparateurs des deux sexes
séparés dans des individus différents ; les autres les
out réunis dans le même individu.
I. Des organes préparateurs chez les Acéphales tes-
tacés à sexes séparés.
Jusqu'à présent on ne connaît que des Mytilacés et
des Cardiacés qui appartiennent à cette catégorie; ce
sont les mytilus ^ les unio ^ les anodontes ^ les venus et
les bucardes.
§ 1 . De l ovaire et de t oviducte.
L'ovaire existe chez plusieurs Mytdacés et Cardiacés ,
séparément du testicule, dans des individus distincts.
Il est situé dans la cavité viscérale, sous le foie, qu'il
enveloppe plus ou moins, suivant le degré de déve-
loppement des ovules qu'il renferme; on le découvre
immédiatement sous les téguments de l'abdomen. Dans
la moule comestible , il se compose de deux lobes qui
occupent presque toute l'étendue du manteau.
Sa structure s'y compose d'un grand nombre de pe-
tites poches en forme de cœcums, dont chacune ren-
ferme un ou plusieurs ovules. Un certain nombre se
réunit à un canal commun, qui n'est qu'un rameau d'une
(i) Exercices zuotomique.% par P.-J. Van Beneden. Annales du MuiAtm
de Bruxelles, t. XV.
AKT. I. OBG. PEEPABATEUBS ET EDUCATEURS. 496
petite branche. Celle-ci aboutit à une branche plus
forte, et successivement jusqu'à la réunion des plus
grosses branches dans un tronc commun , qui est celui
de loviducte. Les parois de ce tronc , de i'oviducte et
des branches principales ont des plis iransverses,
comme I'oviducte des oiseaux.
Dans les luiio et les aiiodontes , l'ovaire se com-
pose aussi de deux lobes, mais qui sont restreints à la
cavité abdominale. Leur structure est la même. 11
y a deux oviductes ayant leur orifice de chaque côté
du bord supérieur de la paroi abdominale, à peu près
au milieu de sa longueur, tout près et un peu en
avant de celui du canal excréteur de l'organe que 7>*e-
viranus et M. de Baer regardent comme le rein (i).
Dans la leçon où nous traiterons des organes d'incu-
bation intérieurs, nous verrons que dans les deux der-
niers genres les œufs passent de l'ovaire dans les bran-
chies , pour le développement du fœtus.
§ 2. Ou testicule ^ ou de lagande speitnagène et, 4§
son canal excréteur.
Le testicule a la même apparence que l'ovaire; il
est situé dans les mêmes rapports avec les autres vis-
cères. G est aiusi qu'il a été décrit dans les unio et les
anodontes , dans \ç.^ mytibus edulis et polynwrphus ,
parmi les Mytdacés; dans la venus vi/'gùiea, parmi
les Cai'diacés f i). On le trouve rempli de spermato-
zoïdes à l'époque du rut, et ce contenu sert unique-
ment aie reconnaître.
(i) Voir notre t. VII, p. (iiG
496 XWVr LKÇON. OBG. DE GENERATION DES MOLLUSQUES.
II. Des organes préparateurs chez les Acéphales
testacés hermaphrodites.
[Les bivalves hermaphrodites sont probablement les
plus nombreux. [jCs glandes ovigène et spermagène
V sont placées à côté l'une de l'autre, dans la cavité
abdominale, et elles y présentent la même structure,
composée en dernier lieu de petites poches ou de petits
cœcums.
Peut-être que des recherches ultérieuies feront dé-
couvrir dans cette classe , comme dans celle des Gas-
téropodes ^ cette intime combinaison, cette singulière
invagination que nous avons fait connaître chez ces
derniers. Sans avoir reconnu la glande spermagène
des Acéphales testacés, M. Cuvier en avait, pour ainsi
dire, indiqué l'existence , en distinguant celle de son
produit. Après avoir écrit] : « On ne leur voit d'autre or-
gane de génération qu'un ovaire qui est étendu des
deux côtés sur le corps, immédiatement sous la peau,
pénétrant entre les tendons des muscles, et quelquefois
entre les deux membranes du manteau. Sa grosseur
varie ainsi que sa couleur, selon que l'animal est plus
ou moins avancé dans sa gestation, w il ajoute : « 11 s'y ma-
niiesle à une certaine époque une liqueur laiteuse , qui
peutêtre un vrai sperme, propre à féconderles œufs. »
[L'hermaphroditisme, ou l'existence simultanée des
glandes spermagène et ovigène dans le même indi-
vidu , a été constatée dans le peigne glabre , parmi les
1 (l) M. 3fi7»?ff F</t«niY/<. Comptp.t-rcmlu* dt' l'^g^démie des scienre* ,
t. X, p. 864.
Ar.T. I. ORG, PBÉPARATEUBS ET ÉDDCATEUBS FEMELLES. 497
Oslraccs; dans ies c/c/as cornea, laciistris etrwicola,
parmi les Cardiacés.
Dans la première espèce, Tovaire remplit une partie
de la cavité abdominale en arrière , et le testicule en
avant; l'une et l'autre glande sont comme soudées en-
semble; mais on distingue facilement l'ovaire jpar sa
couleur jaune orangé et ses granulations.
Le testicule, au contraire, est blanc de lail etcedis-
tingue par les grappes de petites vésicules qui compo-
sent sa structure , et par leur contenu , le sperme lai-
teux et les spermatozoïdes qu'il renferme.
L'oviducte traverse la partie supérieure du testicule,
et va se terminer au-devant du muscle adducteur en-
tre la base des tentacules.
Deux petites ouvertures qui se voient à la base du
pied seraient l'issue du sperme.
Cette séparation des orifices des organes sécréteurs
des deux glandes est particulière (i).
Dans les Cyclades , la glande spermagène est située
derrière le foie , et se fait remarquer par sa couleur
blanc de lait. Elle se compose de petits cœcums vési-
culeux formant des grappes plus ou moins évidentes
suivant les espèces. L'ovaire est une masse tubuleuse
annexée au testicule, et qu'on en distingue encore par
sa couleur et par son contenu, composé de très petits
ovules (2).
Ce peu de détails prouvera qu'il y a encore bien des
(i) Voir MM. Milne Edwards et Lallemand. Comptes-rendus do l'Aca-
démie des sciences, t. X, p. 848. (2) M. R. Wagner, Archives de Wipf»-
mann, t. III, p. 369, et M. Sichold ^ Archives de J. Millier pour 1837.
p. 388.
8- 32
498 XXXVI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DIS MOLLUSQUES..
recherches à faire pour déterminer les espèces qui sont
hermaphrodites et celles chez lesquelles les sexes sont
séparés. Il est prohabie que les organes des deux sexes
existent toujours réunis ou séparés. Cependant on
ne connaît encore, chez plusieurs espèces, que des in-
dividus femelles.]
E. Des organes préparateurs chez les Brachicpodes.
[On n'a découvert dans cette classe que Torgane
préparateur femelle ou l'ovaire; encore a-t- on plutôt
indiqué la place des œufs, en incubation, selon toute
apparence, que décrit cet organe.
L'ovaire est, comme toujours, chez les animaux de
ce type , dans une position rapprochée du foie.
Chez les Brachiopodes , c est-à-dire chez les téré-
b ratines Aingules ^ orbicules et crantes ^ comvae chez
beaucoup à^. acéphales testacés ^QCiwwAÇ^ chez les Cirrho-
podes ^ les œufs passent de l'ovaire dans les replis du
manteau.
our la consistance, la forme et le volume , suivant les
genres et les espèces: tantôt elle est libre et flottante,
et prend la forme sphérique ou un peu ovale et le vo-
lume d'un gros œuf de poule. Telle est la capsule ova-
rienne de la voluta brasiliensis de substance transpa-
rente , flexible, subcornée, qui renferme quinze à vingt
œufs dans un liquide albumineux très aqueux (q).
Tantôt elle est fixée isolément sur un pédicule. Le
plus souvent le mollusque en pond successivement un
grand nombre de formes très variées, qu'il fixe à côté
les unes des autres ou qu'il agrège les unes sur les
autres, et en forme une masse cylindrique , conique ou
d'autre forme , toujours attachée aux corps submergés.
(t) Observation de M. Quoy. Voyafje de l'Astiolabe ; Zoologie figurée;
Rèf;ne animal de Cuvier, pi. XXXXV, Fig. 66 des mollusques; et M. Luiid,
mémoire cité plus bas. (2) Sur les œufs des mollusques recueillis en
Patagonie , par Alcide d'Orhigny- Annales des sciences naturelies,
t. XVIII,p. 121.
ART. IL DES OVULES ET DES CEUFS. 509
Chacune de ces capsules, de nature coriace, a une
partie operculaire qui s ouvre au moment de la sortie
des petits (i).
Si l'on fait attention à la quantité d œufs que ren-
ferme chaque capsule et au nombre de ces capsules
ainsi réunies par un seul individu , on ne pourra qu'ad-
mirer lextréme fécondité de la plupart des Gastéro-
podes marins.
Quelques Pectinibranches vivipares, tels que la vi-
vipare d'eau douce, n'ont pas besoin d'enveloppe pro-
tectrice pour leurs œufs, qui n'ont qu'un chorion pour
dernière enveloppe.]
[G. Les œufs des Pléropodes n'ont rien offert de par-
ticulier au petit nombre d'observateurs qui ont pu s'en
occuper.]
[D. Ceux Ae^ Acéphales testacés, généralement très
petits et extrêmement nombreux, toujours séparés les
uns des autres, sans nidamentum et sans capsule com-
mune, passent dans les branchies ou restent dans le
manteau pour le développement du fœtus.
Ges lieux d'incubation, où l'œuf reçoit des organes
de la mère toute la protection dont il a besoin , fait qu'il
n'a, chez ces mollusques, quela composition ordinaire.
(i) Recherches sur les enveloppes d'œufs des Mollusques gastéropodes
pectinibranches, etc., par M, A. Land. Annales des se. nat., a* se'rie,
t. VII, p. 84 et pi. VI.
510 XXXVI* LEÇON. OEG DE GÉNÉRA.TION DES MOLLUSQUES.
ARTICLE III.
DU SPERME ET DES SPERMATOZOÏDES DANS LE TYPE DES MOLLUSQUES.
A. Dans la classe des Céphalopodes.
§ 1 . Du sperme.
[Ainsi que l'avait déjà indiqué Swammeidam , le li-
quide contenu dans la glande qui a été reconnue par
M. Guvier pour le testicule, est blanc de lait. Ce
liquide, observé au microscope, fait voir des quantités
innombrables de spermatozoïdes, lorsqu'on l'observe
à l'époque du rut.
Le canal déférent ne contient encore qu'un sperme
plus épais. Les tubes deSwammerdam, ou les sperma-
phores , ces macbiues si remarquables destinées à por-
ter le sperme du mâle sur les œufs de la femelle, ne
commencent à se montrer qu'à la fin du canal compli-
qué appelé, dans l'ancien texte de cet ouvrage, vésicule
séminale. Nous avons décrit leur réservoir et indiqué
la manière régulière dont ils y sont arrangés. Il nous
reste à les faire connaître en détail.]
§2. Des spermaphores.
Voici ce que M. Guvier en avait dit dans notre an-
cien texte : Quant aux tubes eux-mêmes , ce sont des
corps membraneux semblables à des vers, et terminés
par un filament plus mince que leur corps, ayant jus-
qu'à six lignes et plus de longueur. Tant qu'ils restent
dans la liqueur qui les contient, ou si on les en tire
pour les mettre dans l'esprit de vin ou dans l'buile , ils
restent immobiles; mais, si on les met dans l'eau , on
AET. III. DU SPERME ET DES SPEBMATOZOÏDES. 511
les voit s'ajjiter violemment, se tortiller, et lancer par
une de leurs extrémités une matière opaque qu'ils con-
tiennent. On voit à la loupe qu'ilya dans leur intérieur
un corps opaque blancliâtre, contourné en spirale
comme un tire -bouchon, et se terminant en arrière
par une masse sponp^ieuse , et en avant par une autre
plus petite. 11 paraît que ce corps est élastique, et n'est
retenu que parla membrane extérieure du tube dans
lequel il est ; que l'eau ramollit et dissout l'extrémité
de ce tube , et met le corps spiral , ou le spongienx , en
état de se livrer à son élasticité naturelle, et que c'est
â l'effort qu'il fait pour sortir qu'est dû le tortillement
du tube. Quoiqu'il en soit, ce mouvement n'a rien de
vital , et je l'ai observé dans les tubes d'une seiche con-
servée depuis plusieurs années dans l'esprit devin, à
Tinstant où je les plaçai dans de l'eau.
Mais à quoi servent ces tuhes? Seraîe/it-ih,, comme
le pollen des plantes, des capsules qui contiennent
l'aura seminalis, et qui ne doivent se rompre pour la
lâcher que dans le lieu convenable? Il paraît qu'ils ne
se développent que dans la bourse qui les contient, et
même qu'on ne les y trouve qu'en certaines saisons;
mais est-ce là qu'ils naissent ; ou sont-ils arrivés du tes-
ticule dans le sperme, encore imperceptibles, pour
croître dans cette bourse? Alors ils auraient donc par
eux-mêmes le pouvoir de croître , puisqu'ils ne tien-
draient plus au système vasculaire du reste du corps.
Les animalcules spermatiques ordinaires sont ils les
analogues de ces tubes, comme l'a dit Buffon?Mon-
FORT prétend avoir observé, dans leur intérieur, de
vrais animalcules. On voit que toutes ces questions
sont encore bien obscures, mais qu'elles sont de la
512 XXXVI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
première importance, même pour la physiologie gé-
rale. 11 n y a que les habitants du bord de la mer qui
aient la facilité de les résoudre.
[La science actuelle a des réponses satisfaisantes à
donnera toutes ces questions; les tubes de Swam-
merdam^ ainsi que l'avait dit Denys de Monfort^ sont
des étuis qui renferment les spermatozoïdes des Cé-
phalopodes ^ dans un réservoir séminal plus ou moins
étendu suivant les genres et les espèces, tenant à un
appareil assez compliqué , destiné à rompre l'étui et à
entraîner au dehors le réservoir séminal.
Nous ferons connaître ces singulières machines,
d'après celle de la sépiole vulgaire; nous indiquerons
ensuite les principales différences que présentent celles
de quelques autres Céphalopodes.
Le tube qui constitue un spermaphore se compose
essentiellement de trois parties : i" l'étui, a" le réser-
voir séminal, et 3° l'appareil accessoire, dit éjacula-
teur, qu'il renferme.
Dans la sépiole ^ les spermaphores ont jusqu'à o^jOoS
de longueur; leur plus graud diamètre est deo'"'°,2, et
leur plus petit de o'"°',07. Chaque tube paraît fermé à
ses extrémités. Sa forme est cylindrique, un peu en
massue cependant, c'est-à-dire plus gros dans sa partie
postérieure, celle qui renferme le réservoir séminal.
Son diamètre augmente de nouveau vers son extrémité
extérieure , qui se termine par un léger renflement en
bouton.
Un appendice ligamenteux délié, qui lui est sus-
pendu sur le côté de cette extrémité , a servi à le fixer
dans son réservoir.
1 ° L'étui qui constitue ce tube est double. L'exté-
ART. III. DU SPERME ET DES SPERMATOZOÏDES. 513
rieur, plus épais, est de substance dense, résistante,
transparente, susceptible d'absorber Feau par endos-
mose.
Il est pour ainsi dire doublé, mais à distance, par
un second étui membraneux à parois très minces , éga-
lement transparentes, qui ne paraît plus séparé de
l'étui extérieur dans le premier quart du tube.
i^lje réservoir séminal est renfermé dans la partie
postérieure de ce double étui; c'est un gros cordon
contourné d'abord assez irrégulièrement, se déployant
en spire régulière dans sa seconde moitié. Il occupe
un peu moins du quart de la longueur totale de ce
tube. Ce cordon se compose d'un ruban étroit , tordu
en spirale serrée, dont on n'aperçoit les tours que par
suite de l'action de leau, qui les sépare, les écarte, en
déroule successivement les parties et montre alors sur
ses deux faces et sur ses bords des milliers de sperma-
tozoïdes qui lui sont attacbés.
Le réservoir séminal est lié par 1 intermédiaire d un
ligament grélc, peut-être tubuleux , un peu replié,
à l'appareil compliqué qui le précède.
3** C'est iappareil accessoire dit éjaculateur^ qui
se compose, d'arrière en avant:
a. En premier lieu d'un gros boyau cylindiique
droit, qui a presque la moitié de la longueur à\\ réser-
voir séminal.
b. Vient ensuite le ^«co/z, dont le contenu est jaune
orange, comme celui d'une pari le du bovan. Ce flacon
est conique et a le sommet dirigé en avant. Ses parois
sont striées circulairement. Sa base produit, en ar-
rière , un tube délié, qui pénètre assez avant dans
l'axe du boyau. Deux capsules à parois transpai'entes
8- 33
514 XXXVI' LEÇON. OBG. DE GÉNÉKATION DES MOLLUSQUES.
contenues l'une dans l'autre , prolongement des gaines
du boyau éjaculateur, lient ce boyau avec le flacon.
c. La troisième partie de lappareil accessoire est
composée du tube éjaculateur. étendu dans la plus
grande partie de la longueur de l'étui , et dont la forme
et la composition varient dans son long trajet. Ce tube
est d'abord composé de plusieurs petits tubes grêles
qui commencent au sommet du flacon, se courbent
chacun m. spirale régulière et s'unissent de manière
que, par leur entrelacement, ils forment une vis dont la
longueur, est le neuvième de celle de tout le tube.
Au-delà de cette partie en forme de vis, on ne voit
plus qu'un seul tube de même couleur jaune, qui pa-
raît rempli de petites étoiles, arrangées d'abord avec
une sorte de régularité et figurant une spirale. Dans la
suite de ce même tube, ces petites étoiles deviennent
moins nombreuses et finissent par disparaître; de sorte
que le tube paraît vide et incolore; mais il montre,
dès l'endroit où les petites étoiles deviennentrarcs, un
tube très grêle dans son axe , qui se continue jusque
près de sa terminaison, après avoir pris un diamètre
encore plus petit.
La dernière partie du tube éjaculateur principal
augmente au contraire beaucoup de diamètre, forme
successivement trois circonvolutions, et se termine, en
se coudant et en se dilatant encore, sur le côté de l'ex-
trémité de l'étui. C'est cette partie avancée qu'on a ap-
pelée la trompe, dans les spermatophores de la seiche ,
parce qu'on l'a vue se dérouler au dehors par Taction de
l'eau et entraîner ainsi successivement tout l'appareil
éjaculateur. Le tnbe éjaculalCLU' est d'ailleurs dans
une gaîne distincte qui le sépare de l'étui intérieur et
ART. III. DU SPERME ET DES SPERMATOZOÏDES. 5l5
qui entoure de même le flacon et le réservoir séminal.
Les tubes de Swammerdam[\) varient peu dans la
forme de leur étui; mais il y a plus de différences
d'une espèce ou d'un genre à l'autre dans leurs propor-
tions, dans la composition de la machine dite éjacu-
latrice et dans l'étendue du réservoir séminal qui lui
est annexé.
T/étui se compose toujours d'une gaine extérieure
subcartilagineuse et d'une gaîne intérieure membra-
neuse , très déliée.
La forme générale du tube est un peu conique dans
le calmar commun , le cabnar suhulé ^ subcylindrique
dans \di seiche ^ le poulpe à lotfgs bras et Xélédon mus-
qué; en massue dans le poulpe commun , où son tiers
postérieur a an diamètre considérable, comparative-
ment aux deux tiers antérieurs.
Le réservoir séminal diffère beaucoup on étendiië
et en structure , suivant les espèces. Il occupe les trois
quarts de la longueur de i'étui dans l'élêdon musqué.
Dans le poulpe commun , il ne s'étend qu'au quart de
cette longueur. iC'est évidemment, dans l'un et l'âiitre
cas, un gros cordon contourné en une spirale serr'ée et
régulière. Il est tordu de même et un peu plus long à
(i) Nous les appellerons ainsi du nom de cet anntomiste réièbie,' parce
qu'il les a connus dans la seiche officinale plus de soixante ans avant que
Needliam ait eu l'occasion de les observer dans ie calmar. Swamnierdam
a très-bien vu leur ariangement dansleur réservoir; il a décrit une partie
de leur me'cani nie coinpîiquc; il a découvert la propriété (|u'ils ont de
s'agiter dans l'eau, de s'y gonfler et d'e'clater par l'une de leurs extrémités,
qui laisse sorrir leur contenu, tandis que dans l'alcool ils se conservent
sans altération. Enfin , il se demande si la semence est produite pjfr ces
tubes qui la transmettent au delior.s, etc. V. Bibîîà natûrce, pî. LU.
616 XXXVI" LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
proportion d^n?>\e poulpe à longs bras. Dans la seiche
officinale et le calmar coîunmn , il a l'apparence d'un
long sac; mais avec beaucoup d'attention on y distingue
la disposition en spirale très serrée, que montrent, dans
le calmar subulé , les cercles parallèles de spermato-
zoïdes à travers les parois transparentes de ce réservoir.
\J appareil éjaculateur est d autant plus long que le
réservoir séminal est plus court, et réciproquement, il
est fort court à?iu?,\e calmar commun.
Les trois parties que nous avons distinguées dans la
sépiole, le boyau, le flacon et le tube, n'existent pas
dans toutes les espèces. La seiche a un flacon en grande
partie cylindrique, qui n'est pas séparé, par le boyau ,
du tube de jonction avec le réservoir.
Le tube éjaculateur montre aussi des différences
très grandes que Ion ne pourrait comprendre qu'avec
des figures (i). Dans le calmar subulé^ il n'y a pas de
tube de jonction entre le réservoir séminal et le flacon.
Celui-ci a la forme d'une gourde; il a deux ventres sé-
parés par une partie étroite; ses parois sont très élas-
tiques. Le tube éjaculateur est d abord contourné en
spirale régulière à tours rapprochés, puis il forme des
sinuosités irrégulières avant de se terminer. Il excède
ainsi de beaucoup la longueur de l'espace qu'il occupe
dans l'étui.
Quant au jeu de cette machine compliquée , aux usa-
ges de ses différentes parties et à la cause qui fait
éclater l'étui, plus particulièrement son extrémité an-
térieure, et sortir successivement l'appareil qu'il ren-
(i) On pourra les voir dans les planches XII, XIII et XIV du mémoire
de M. Milne-Edwards sur ce sujet. Annales des se. nat., aC série, t. XVIII.
ABT. III. DU SPERME ET DES SPERMATOZOÏDES. 517
ferme , la science a sans doute fait beaucoup de progrès
pour arriver à le comprendre. Nous pensons cepen-
dant qu'elle n'est pas encore parvenue à expliquer
l'emploi de toutes les parties de cette machine singu-
lière. Elle passe , au moment de la copulation, dans la
cavité branchiale de la femelle où se trouve l'orifice
de l'oviducte ou des oviductes, quand il y en a deux.
L'eau de cette cavité doit la faire éclater par l'effet
de l'endosmose dont l'étui et les gaines emboîtées dans
cet étui paraissent susceptibles, et non, comme on
l'avait cru, par l'action d'un ressort à boudin (i).
Il est remarquable cependant qu'une légère com-
pression puisse les faire éclater dans l'air atmosphéri-
que; ce qui prouve que leur contenu peut éprouver
des changements de volume capables de produire cet
effet singulier (q).]
§ 3. Spermatozoïdes des Céphalopodes .
[Les spermatozoïdes que renferme le réservoir sé-
(i) M. Dutiocliet. Mémoires pour servir à l'histoire anatomique et phy-
siologique des vejrétaux et des animaux, t. II, p. 5fO et suiv.
(?.) Voir, pour l'histoire de ces tubes, Swammerdam; après cet auteur,
déjà cité, Needham^ Nouvelles observatids microscopiques, Paris, 1740 1
p. 53. Carus^ Acî. natur. cur., t. XIX, pi. I et II, fig. i et 6. Philippin
Archives de .T. Miiller pour i83g. Peters ,ibid., pour janvier i84o. Miliie-
Edwards ^ Comptes-reinliis de l'Académie des se, séance du 28 avril
1840, annonce des observations faites avec M. Peters. Ce dernier a publié.,
en avril 1841, une anatomie de la Sépiolc qui comprend la description
des tubes de Swammerdam. Enfin, au mois d'avril 1842, ont paru, Ann.
des se. nat. , ■>." série, t. XVIII, et pi. XII, XIII et XIV, les détails des
observations continuées par ?rï. Peters avec M. Milne-Edwards, détails
qui ont été rédigés par le dernier de ces savants , auxquels il a ajouté des
déductionj et des dessins qui lui appartiennent.
Si 8 XXXVl* LEÇON. OR(i, DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
minai ont été vus, quoique imparfaitement, par Denys
de M ont fort.
Dans la sépiole^ leur corps est oblon^if, avec une
qneue médiocre; ce sont ceux du réservoir séminal.
Dans le testjcule, noiis en avons extrait un grand
nombre, dans lesquels nous n'avons pu apercevoir que
le corps de forme doublement conique. Souvent, plu-
sieurs de ces corps se croisaient par le milieu de ma-
nière à former une étoile à quatre oij à six branches,
et, ce qu'il y a de remarquable, nous avons retrouvé
CCS étoiles arrangées en une spire régulière dans la plus
grande longueur du tube éjaculateur. Leur corps est
cylindrique, pointu à l'extrémité, et leur queue très \
longue dans le calmar subulê. Ceux de la seiche ont
un corps oblong, cylindrique et une queue effilée assez
longue.
^^a poulpe commun les a de même forme. Dans le
poulpe à longs bras , !e corps est plus long et la queue
plus courte à proportion. Ces spermatozoïdes ont une
certaine vivacité de mouvements dans l'état frais.
Falentiii les a observés dans le canal déférent de
Xélédon musqué^ tandis que le Lesticule ne contenait
que des corps ronds de substance granulée. M. Milne-
Edwards en a vu dans le testicule et dans le canal dé-
férent.
Il paraît que c'est successivement la vésicule sémi-
nale et la prostate qui composent le réservoir séminal,
l'appareil éjaculateur et l'étui dans lequel ils sont ren-
fermes, et dont racbèvemenl s'effcctaeraît dans le ré
servoir des tubes.]
ART. III. DU SPERilE ET DES SPERMATOZOÏDES. 519
B. Du sperme et des spermatozoïdes dans la Classe
des Gastéropodes.
$ 1. Du sperme.
[C'est, au temps du rut, un tluide opalin , laiteux ,
que Ton trouve composé de spermatozoïdes, de pe-
tites capsules dans lesquelles leurs éche veaux se dé-
veloppent, de granulations et de molécules deBrowu.]
§ 2. Des spermatozoïdes.
[Ils sont gén-éralement de forme capillaire, avec un
petit renflement cépbaliqiie se terminant en pointe.
Dans \ Hélix aspersa, nous les avons trouvés en juillet
et ^oût, dans la glande hermaphrodite annexée an
foie, rassemblés par écheveaux parallèles, ondulés , se
remuant peu, se courbant en ause ou se nouant dans
l'eau. Ce sont de longs fils capillaires avec une des deux
extrémités un peu renflée , se terminant en pointe. Il
y en avait daiis la, vésicule à loqg cou.
Dans le colimaçon des vignes , ils sont encore plus
longs et leur renflenjent plus sensible,de forme cvlin-
drique, uq peu effilé ^ son extrémité. Ils s'infléchissent
en |ous sens, même le renflement qui se conrbe en
arc, ou se fléchit dans deux sens opposés.
Qn a estimé leur longueur de i°"",o (i). Nous les
avons trouvés plus nombreux dans le canal déférent
que dans l'organe hermaphrodite; ils avaient o""°,5 de
long. Ceux de la limace rouge [en août) n'avaient que
cra°>,0'2. Ils étaient déjà roulés sur eux-mêmes dané le
(i) MM. Prévost et Dumas, m. c, sur la g 'iieralion.
520 XX-Wi' LEÇOiN. OBG. DE GÉiNKRATlOIN DES MOLLUSQUES.
caual déférent. Leur renflement céphalique était peu
prononcé.]
G. Du sperme et des spermatozoïdes des Acé-
phales.
[Nous donnerons dans ce paragraphe Texposé de ce
fjne l'on sait sur le sperme et les spermatozoïdes des
trois classes à' Acéphales ^ceWei àe?> Acéphales testacés,
des Branchiopodes et des Acéphales tuniciers.]
§ 1 . Du sperme.
[Nous avons déjà vu que M. Cuvier disait, en par-
lant de la génération des Acéphales testacés^ dans notre
ancien texte : « Il s'y manifeste , à une certaine épo-
» que, une liqueur laiteuse qui peut être un vrai
» sperme propre à féconder les œufs. »
Étudiée dans les organes sécréteurs qui la produisent,
sous le rapport de sa composition organique , avec le
secours du microscope, celte liqueur laiteuse a montré,
en effet, d'innombrables spermatozoïdes. Leeuwen-
hoeck les avait découverts dans les anodontes à la fin
du xvii^ siècle (lettre 5, p. i6). Depuis cette époque,
ce n'est qu'en 1826 que ces machines animées ont été
reconnues de nouveau , dans Vd moule des peintres ^
par M. Prévost.^ de Genève.
J3ans les ascidies , le sperme est aussi un liquide
blanchâtre, qui fourmille de spermatozoïdes (i).]
§ 2. Des spermatozoïdes .
[Ils sont aussi de forme capillaire, avec un renfle-
(i) M. Milne-EJwards. Comptes- rendus de l'Acade'mie des sciences,
t. IX, p. 592. M. c, Archives de J. MiiJler pour iSSy, p. 385 et pi. XX >.
p. 12 , i3 et i^.
AUX. IV. OfiG. d'aCC. chez LES MOLL. A SEXES SÉPABÉS. 521
ment céphalique, et se distinguent par leur extrême
petitesse. Plusieurs anatomistes n'ont d'abord connu
que le renflement céphalique, tant le fil capillaire est
ténu. Cependant Leeuwenlioeck était déjà parvenu à
le distinguer. Dans leurs mouvements, il n'y a que la
partie capillaire qui s'agite. Ces mouvements subsis-
tent plus longtemps dans l'eau de mer que dans l'eau
douce, pour les acéphales marins, suivant l'observation
de M. Siebold.
Il y a, dans la forme du corps ou du renflement dit
céphalique, des différences selon les espèces ou les
genres, du moins à en juger d'après quelques obser-
vations. Le corps serait obloog dans la cyclas corne a .,
diminuant insensiblement de sa base caudale à son
extrémité. \jc. mytilus poli/morphus l'aurait en forme
de cupule, évasé à son extrémité, taudis qu'il serait
court et ovoïde dans \ anodonta sulcala.\
ARTICLE IV.
DES ORGANES MALES ET FEMELLES d' ACCOUPLEMENT CHEZ LES
MOLLUSQUES A SEXES SÉPARES.
[Il n'y a qu'une classe entière de Mollusques dont les
sexes soient séparés ; c'est celle des Céphalopodes. Mais
cette classe précisément n'a pas d'organe spécial d'ac-
couplement.
L'entonnoir, chez ces Mollusques, ce cornet dermo-
rausculenx qui recouvre l'entrée de la cavité bran-
chiale , et la région de l'abdomen où sont les orifices
du rectum et de l'oviducte, ou des oviductes, ou celui
de l'organe éjaculateur, chez les mâles, a son sommet
ouvert chez les Céphalopodes à deux branchies pour
522 XXXVI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION DES MOLLUSQUES.
l'entrée ou l'issue de l'eau , pour Fissue des matières
excrémentitielles et des produits de la génération (i).
Il doit servir, chez la femelle, à recevoir le sperme,
que l'entonnoir du mâle y verse dans le moment du
rapprochement intime de la copulation.
Chez les Céphalopodes à quatre branchies (les Nau-
tilus), ce même entonnoir est à la vérité ouvert dans
toute sa longueur du côté extérieur, et pourrait, e\\
écartant ses deux lèvres, permettre un rapprochement
plus intime entre les orifices génitaux externes des
deux sexes.
Il faut se rappeler ici qu'on a décrit sous le nom
de pénis la dernière partie du canal déférent, celle
qui s'ouvre au dehors , et qui fait une saillie plus con-
sidérahle dans la cavité de reutonnoir , dans la seiche
que dans le poulpe. Cette dernière partie des voies
que suit la semence dans son émission succède immé-
diatement au réservoir des tubes de Swammerdam, et
les reçoit de ce réservoir, pour les transmettre au
dehors. Ses parois sont très musculeuses , et si ce n'est
pas un organe d'intromission, c'est du raoius un or-
gane d'éjaculation très puissant.
Deux autres Classes seulement du T?jpç des Mollus-
ques ^ celle des Gasléropodes etdes.^céphtdcs testacés,
n'ont que àe.s familles ou des genres chez lesquels les
sexes soient séparés.
Mais il n'y a d'organes d'accouplement que dans la
première de ces Classes. Chez les Acéphales h'wahes ,
ce n'est que par l'eau spermatisée par le mâle le plus
voisin de la femelle que la fécondation s'opère.
(i) Voir le t. V, p. 7? Je ctt ouvrage.
ART. IV. ORG. D'aCC. CHEZ LES MOLL. A SEXES SÉPARES. 523
Ces Mollusques manquent non seulement d'organes
d'accouplement, mais même d'organes qui puissent
servir à un rapprochement intime.
Nous n'avons donc à décrire que les organes d'ac-
couplement mâles et femelles des Gastéropodes.^
I. De l organe mâle d'accouplement des Gastéro-
podes Cl sexes séparés.
[C'est une verge propre à introduire le sperme du
mâle dans le vagin de la femelle. Cette verge présente
deux types d'organisation.
Dans l'un, c'est un appendice charnu de forme et
de volume très variés, traversé par le canal déférent
ou creusé d'un sillon qui en tient lieu. Dans le premier
cas, le canal déférent vient se terminer dans un bouton
saillant qui se détache plus ou moins du corps principal
de la verge.
Dans l'autre type, la verge est un fourreau pouvant
se dérouler au dehors.
Comme exemple du premier de ces types, nous pren-
drons en premier lieu la verge du buccinwn undatum.^
Le mâle se reconnaît, même à l'extérieur, par une
verge grande comme un doigt, charnue, comprimée,
élargie par le bout, et terminée par un petit tuber-
cule que perfore l'orifice du canal déférent. Elle
adhère au côté droit du col, et se replie dans la ca-
vité pulmonaire; mais l'animal l'en fait souvent sortir,
sans avoir l'intention de s'accoupler.
Le canal déférent traverse In longueur de !a verge
eu faisant beaucoup de replis en zigzags.
Le murex tritonis offre une semblable séparation
de rexes, et une verge également saillante et charnue ;
524 XXXVl' LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
mais la verge est plus courte et plus mince à propor-
tion dans le buccin.
Le s trombe n'a qu'un tubercule peu saillant au côté
droit de son très petit pied. Le sperme y vient aussi
par un sillon.
La verge de la volute est charnue, conique, tou-
jours saillante , mais non percée ; le sperme y vient par
un sillon qui se termine cependant à sa base sans aller
jusqu'à sa pointe.
[La Vivipare d'eau douce servira d'exemple pour
l'autre type d'organisation.
Sa verge sort par un orifice percé dans le tentacule
droit, qui est plus grand que le gauche chez les niâies.
Cette verge est cylindrique, très grosse, entourée
de fibres annulaires et charnues très vigoureuses. Elle
doit pouvoir se retouiner comme celle des limaces.
Elle occupe la plus grande partie de l'espace situé au-
dessus du pied , qui se trouve par là bien plus grand
que dans les femelles ( i ).]
II. De Vors^ane femelle d'accouplement.
[Comme il n'y a qu'une verge , il n'y a de même
qu'une vulve et un vagin, dont elle est l'orifice.]
Dans le buccin oadè^ on voit au côté droit de la
cavité des poumons, entre le corps et le rectum, un
gros canal, qui est l'extrémité de l'oviducte. Son ori-
fice est assez petit; en l'ouvrant, on trouve qu'il est
très large et que ses parois sont très épaisses, glandu-
leuses et propres sans doute à enduire les œuts. îl
(i) M. (]uvit'r, m, c, p. 7.
ART. V. ORG. d'ACC. CHEZ LES MOLL. HERMAPHRODITES. 625
s'ouvre un peu en dedans du bord de la cavité pulmo-
naire , par un trou assez petit.
[Dans la vivipare d'eau r/oz/ce , l'orifice du vagin et
de l'oviducte incubateur s'aperçoit sous le bord anté-
rieur du manteau, à l'entrée de la cavité des bran-
chies, à côté de celui de l'anus. Il est percé dans
un tubercule charnu, qui se dilate au moment du
part (i).
11 n'est pas étonnant que cette espèce , qui est vivi-
pare, n'ait pas de vésicule copulatrice. Mais l'absence
de cette vésicule dans l'espèce précédente et proba-
blement chez les autres Gastéropodes à sexes séparés,
me paraît bien remarquable. ]
ARTICLE V.
DES ORGANES MALES ET FEMELLES D'ACCOUPLEMENT CHEZ LES
MOLLUSQUES HERMAPHRODITES.
[Les Mollusques hermaphrodites qui ont des organes
d'accouplement sont les Ptéropodes ^ et, parmi les Gas-
téropodes^ les Pulmonés, \es> IS udibranches , ]es, Inféro-
hrauches, les Tectibr anches et quelques Pectinibran-
ches. Les Tuhidibr anches sont hermaphrodites, sans
organes d'accouplement. On n'en connaît pas non plus
dans les Scutibranches , ni dans les CîjcIo branches.
Parmi ces derniers, \e?, patelles ^ au moins, parais-
sent avoir les sexes séparés.
A. Des organes (t accouplement chez les Gastéro-
podes hermaphrodites.
Chez les uns, ils ont leurs orifices rapprochés soit
(î) M. Cuvier, m. c., p. 5.
526 XXXVI' LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
dans un vestibule commun, sorte de capsule généra-
trice qui n'a qu'un orifice externe par lequel elle se
renverse au dehors; soit dans un tubercule plus ou
moins saillant, qui se voit sur le côté droit du corps,
sur le rebord du manteau , comme chez les doris , les
pleui ob tanches ^ etc.
Chez les autres, les issues des organes de la géné-
ration sont plus ou moins distantes.
Dans l'un et l'autre cas, les organes d'accouplement
des Mollusques hermaphrodites appartiennent à l'ap-
pareil mâle ou à l'appareil femelle.
L'appareil copulateur mâle se compose: i° d'une
verge, toujours organisée en forme de fourreau, se
déroulant au dehors par une issue distincte et séparée.
2° Nous croyons devoir compter comme appartenant
à cet appareil le sac du dard du colimaçon, et 3° les
deux vésicules simples ou divisées, sortes àe prostates
dont l'humeur peut servir à délayer le sperme.
Les organes femelles se composent : \° du vagin et
de la vésicule copulatiice.
Quand la vésicule copulatrice n'a pas l'insertion de
son canal séparée dans le vestibule générateur, comme
dans les limaces^ elle est réunie au vagin dans un point
qui est pour nous la limite intérieure de ce canal à la
fin de l'oviducle.
Les usages de cette vésicule, tels que la dénomi-
nation que nous avons adoptée les indique, ont été
prévus par M. Guvier.
« Quant à la verge, dit-il en parlant de celle du co-
» limaçon , il est probable qu'elle pénètre dans le canal
» de la matrice [le dernier oviducte] , ou au moins vis-
» à-vis de son issue, dans celui de la vessie. Ses rapports
ART. IV. OItG. d'aCC, CHEZ LES MOLL, HERMAPHRODITES. 527
» de longueur avec le canal de la vessie m'ont fait
» soupçonner autrefois que c'est ce dernier qui est des-
» tiné à la recevoir. On ne pourrait vérifier cette con-
» jecture qu'en nuitilant avec adresse deux colimaçons
» accouplés (i)- »
A la page précédente, on lit fc qu«e le canal de la
» vessie est en proportion avec la longueur de la
M verge » , et plus bas : « Il faut bien que cet organe ,
» que j'ai nommé vessie , ait quelque fonction essen-
» tielle, puisqu'il ne manque à aucun des gastéropodes
w que j'ai décrits jusqu'ici. » « Dans les genres
» limace et hélix , cette vessie contient ordinairement
» une substance concrète d'un brun rougeâtre , et de
» la consistance du savon (2). »
Pour nous, cette partie est à la fois un organe de
sécrétion et un réservoir séminal. Il n'est pas douteux
qu'on y trouve des spermatozoïdes après la copulation.
Il est même des cas où le canal de la vessie se con-
tinue plus directement avec le vagin que i'ovi-
ducte (3).]
ï. Des organes d'accouplement mâles et femelles
chez les Gastéropodes qui ont leurs issues rappro-
chées.
Cette p/e//?V<?re ^ec^/o/z comprend le genre limaçon
(hélix), la limace ^[dL testacelle ^3. parmacelle ,\e& doris
et les trilonies , ainsi que beaucoup d'univalves.
Dans la limace rouge ^ la verge est un sac charnu ,
cylindrique, ayant en dedans une arête saillante, qui
(i) Mémoire cité, p. 32. (2) //n"t/., p. ep et 3o. (3) Ainsi que l'a observé
M. Deshayes dans Vamhrette. Annales ues se, nat., t. XX, p. 35 1 et suiv.
528 XXXVJ» LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
règne dans toute sa longueur, et s'ouvrant dans la
bourse commune de la génération. Il peut se retourner
comme un doigt de gant, par le moyen de ses propres
fibres, et revenir à son premier état, par un muscle
rétracteur fixé au dos de Tanimal , et qui s'insère à la
pointe du sac tout près du canal déférent.
Lorsque ce sac est ainsi retourné en debors , il forme
une verge saillante , et son arête s'étendant , donne à sa
surface interne assez de largeur pour devenir l'ex-
terne. L'extrémité du canal déférent se trouve alors à
la pointe même de cette verge, qui était auparavant le
fond du sac.
La vessie au long col [la vessie copulatrice] , qui fait
le troisième organe principal, a été nommée parSwam-
merdam le réservoir de la pourpre; il croyait que
c'est là que les murex portent cette célèbre liqueur co-
lorante: nous verrons quil n'en est pas ainsi.
La cavité commune de la génération est un sac
charnu auquel aboutissent les trois organes précédents,
et qui a son issue au debors , sous la corne supérieure
droite .
Quand les limaces veulent s'accoupler, elles ren-
versent en dehors ce sac de la cavité commune, qui
présente alors trois ouvertures, savoir, celle de l'ovi-
ductus , celle de la vessie [copulatrice] et celle de la
verge.
La verge ne tarde point à sortir de sa propre ou-
verture en se renversant elle-même, et elle pénètre
dans celle de l'oviductus [ou de la vessie copulatrice]
de l'autre individu. C'est ainsi que s'opère l'accouple-
ment; la ponte s'effectue peu de jours après.
FiCS différentes espèces de limaces varient pour la
ART. V. ORGANKS MALES ET FEMELLES ^'ACCOUPLEMENT. .529
grandeur de la verge. Il y en a qui l'ont plus lougue
que le corps quand elle est étendue.
La limace rouge l'a courte ; elle est longue dans la
limace grise.
Dans le colimaçon., la vessie [copulatrice] a son col
bien plus long que celle àes limaces; il est collé à la par-
tie large de Toviductus, jusqu'à l'endroit où il s'engage
sur le testicule [l'oviducte glanduleux]. Le bas de son col
est élargi, et reçoit l'orifice de l'oviducte. Il reçoit de
plus ceux de deux parties qui manquent dans la limace,
deux boyaux divisés et subdivisés chacun en quinze
ou vingt petits coecums grêles [les vésicules multifidesj.
Ils contiennent une liqueur blanche comme du lait.
On pourrait croire que c'est de la semence, et les re-
garder comme des vésicules séminales; mais ils n'ont
point de connexion immédiate avec le canal déférent.
Celui-ci aboutit dans le côté de la verge, près de son
entrée dans la cavité commune. La verge n'est donc
pas percée à son fond comme dans la limace; elle est
aussi beaucoup plus longue; mais il est probable qu'elle
ne se déroule pas tout entière, et peut-être ne le fait-
elle que jusqu'à l'endroit où le canal déférent y pé-
nètre. Cet endroit deviendrait alors sa pointe exté-
rieure.
Le colimaçon a encore une partie bien remarquable
qui manque à la limace : c'est le sac du dard. Il est
oblong , à parois musculeuses très épaisses ; au fond est
un mamelon , d'où part une sorte de lame d'épée très
pointue, à quatre arêtes tranchantes, au lieu de deux
ou de trois qu'ont nos épées ordinaires.
La substance de cette partie singulière est calcaire ;
elle se renouvelle quand elle a été perdue.
8. 34
&30 XXXVl* LEÇON. OKG. DE GÉNÉBATION DES MOLLUSQUES.
Les colimaçons s'en servent, quand ils veulent s'ac-
coupler, pour s'en piquer indifféremment quelque en-
droit de la peau; ils redoutent réciproquement cet in-
stant, car sitôt que l'un d'eux voit paraître le dard de
son camarade j il se renfonce subitement dans sa co-
quille. Il est impossible de deviner le but d'une telle
cérémonie. Ce n'est qu'après qu'ils ont fait sortir tous
deux leurs dards que leur accouplement commence. Il
ressemble à celui des limaces.
Les diverses espèces de colimaçons (d'hélix) varient
pour la longueur de la portion de verge qui sort dans
l'accouplement, et pour le nombre des cœcums de
leurs vésicules.
La parmacelle a les mêmes organes que le colima-
çon: seulement, ses vésicules sont ovales et indivises,
et donnent directement dans la cavité commune. La
bourse du dard est plus rapprochée du prépuce de la
verge, et le canal déférent s'ouvre dans le fond de
celle-ci (i).
[ La verge du doris lacera est très longue; son canal de
communication est très mince ; il se renfle avant d'a-
boutir au testicule.
Dans le doris solea, la verge est plus grêle; elle
communique avec une grosse bourse charnue qui re-
çoit son canal de communication avec le testicule (2).
Dans la tritonia hombergii^ les orifices de la généra-
tion sont rapprochés dans un tubercule que l'on voit
(i) Voir le mémoire de M. Cuvier sur la dolabetle, la testacelle et la
parmacelle, p. 9, et Hg. i5, pour \aparmaeellc; p. 7 et flg. g pour !»les/a-
celle. (2) Sur le genre Doris, par M. Cuvier, p. 18, et pi. I, lig. 3.
ART. V. ORGANES MALES ET FEMELLES D'ACCOUPLEMErST. 531
sur le flanc droit du corps, à la fin de son tiers anté-
rieur. L'orifice de la verge, plus petit et rond, est supé-
rieur; celui de l'oviducte est plus grand, en demi-lune
et inférieur (i). La verge est longue d'un à deux
pouces, et se déroule au-dehors, comme celle du coli-
maçon , etc.
XJambrette nous servira encore d'exemple pour les
organes d'accouplement sans vestibule générateur. Les
orifices de la verge et du vagin sont rapprochés à l'inté-
rieur et seulement séparés par un repli, sorte d'épe-
ron (2),]
IL Des organes d'accouplement chez les Gastéro-
podes hermaphrodites qui ont V issue de la verge plus
ou moins séparée de celle de toviducte,
[Il y a encore dans cette catégorie deux dispositions
différentes dans les organes mâles et femelles.
Dans l'une, les organes préparateurs des deux sexes
ont la même issue, laquelle est séparée de celle de la
verge. C'est la seule que M. Guvier paraisse avoir
connue. Dans une autre combinaison , celle des Sipho-
naires^Xes organes mâles, préparateurs et copula-
teurSjSont séparés des organes femelles.]
La première de ces deux dispositions comprend
ceux des Gastéropodes hermaphrodites où la verge sort
par un point du corps éloigné de Toviductus. Ce qu'ils
ont de plus bizarre, c'est que le canal déférent reste
toujours collé à l'oviductus, et qu'il ne communique
(1) Mémoire sur le genre Tritonia, par M. Cuvier, pi. II, fig. '•
(a) M. Deshayes , m. c.
532 XXXVl' LEÇON. OBG. DE Gl^NÉRATION DES MOLLUSQUES.
avec la verge que par un sillon creusé à la surface ex-
térieure du corps.
Ce sillon est creusé au côté droit du col , dans ïa-
phjsia^ ou sous le rebord droit du manteau, dans
Xonchidium^ etc.
Décrivons d'abord Xapljsie. Le cordon commun
qui va à l'extérieur du corps est d'abord divisé en deux
canaux. Celui qui vient du testicule est formé d'une
membrane plus mince et très plissée ; l'autre , qui vient
de l'oviductus, a des parois plus épaisses. Une fente
établit entre ces deux canaux une libre communica-
tion , dès le premier tiers de la loujoueur ; mais ils res-
tent néanmoins distingués par une cloison membra-
neuse saillante. C'est vers le deuxième tiers que s'ouvre,
par un petit conduit particulier, la vessie ovale. La
partie du double canal située plus loin que l'orifice de
cette vessie forme une saillie visible à l'extérieur, au
côté droit du corps , et son orifice se continue avec
une rainure profonde qui règne le long du côté droit
du cou, et qui sillonne le corps de la verge. Cette rai-
nure sert-elle à conduire la liqueur séminale d'une
aplysie dans le corps de l'autre? C'est de celte ques-
tion que dépend 1 explication de la manière dont ces
animaux se fécondent.
UonchicUuTn est dans le même cas que l'aplysie pour
la séparation des organes. L'oviductus , après s'être
collé au testicule, va se joindre au canal de la vessie,
tout près du col de celle-ci; et le canal commun sort
au même point que le canal déférent. De leur orifice,
règne le long du dessous du manteau, du côté droit,
un sillon jusqu'à celui de la verge, situé du côté droit
de la tête. Celui-ci donne d'abord dans une bourse à
AIT, V. OBGATNE^ Jf vLES ET FEMELLES D' ACCOUPLEMENT, 533
deux culs-de-sac. Au fond de l'un des deux, donne un
tnyau cylindrique , qui traverse un renflement mus-
culaire elliptique , et se prolonge au-delà dans une
longueur plus que quintuple de celle du corps. Près
de son entrée dans la bourse, ce tuyau recèle une
pointe aiguë et cornée. Dans l'autre cul-de-sac delà
bourse aboutit un tuyau un peu moins long et beau-
coup plus mince que le précédent, sans renflement. Il
a aussi, à son issue dans la bourse, une petite pointe
cornée. Il paraît bien difficile d'assigner l'usage précis
de ces deux organes.
Dans la bullée , l'oviductus est partout distinct du
testicule et du canal de la vessie ;, quoique ces trois or-
(janes aient leur issue au même endroit. Il y a de plus
une vésicule accessoire qui sort avec eux, et une autre
plus petite qui se décharge dans l'oviductus. La verge
forme en dedans un tube presque aussi long que celui
del'onchidie, mais sans renflement ni tube accessoire.
[Dans la Siphonaire ^ la verge reçoit le canal défé-
rent tout près de sa base; son orifice s'ouvre à l'exté-
rieur, dans l'échancrure qui sépare du côté gauche [?|
la tète du corps. L'entrée du vagin qui se continue avec
l'oviducte est du même côté , mais bien plus en arrière,
au-devant de la valvule de la respiration (i).]
B. Des organes cV accouplement dans la Classe des
Ptéropodes.
[Pour leurs organes d'accouplement , ils doivent être
rangés dans la catégorie des Gastéropodes herma-
(i) MM. Quoy etGaimard. Voya^^c de \ Astrolabe^ et Règne animal des
mollusques, pi. Xf.VîIÎ h\^^ H{^. 36.
534 \XXVI« LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES.
phrodites , dont la verge en fourreau ne reçoit pas le
canal déférent, et sort par une ouverture distincte de
ce canal et du vagin.
A la vérité M. Cuvier indique dans le Clio borealis
une sorte de vestibule génital dans lequel aboutit le
canal commun de l'ovaire et du testicule : c'est une
bourse ronde qui remplit le tubercule gaucbe de la
tète, et qui s'ouvre près du col(i). Mais la verge n'est
pas déterminée dans cette description.
Dans \e pneumoderme ^ M. Cuvier a reconnu bien
évidemment cette séparation de la verge et des orga-
nes préparateurs mâle et femelle ou de leur conduit
commun. L'orifice de la verge est en effet entre les
deux petites lèvres, et cet organe en fourreau est petit
et situé sous la bouche ; tandis que le canal commun
de la génération a son orifice un peu en avant de l'a-
nus et se prolonge en dehors en un sillon qui se dirige
en avant.
Dans Vhyale^ la verge est de même séparée du tes-
ticule, repliée sur elle même, au-dessus de l'œso-
phage et sort par un orifice situé en avant et un peu
au-dessous de la bourse (î2).
Dans la limacina arctica, l'ouverture de la verge est
tout près de la bouche, très rapprochée de la ligne mé-
diane , entre les deux nageoires. Cet organe est tou-
jours une poche musculeuse susceptible de se dérou-
ler au dehors. L'orifice du canal excréteur commun
(i) Mémoire sur le Clio borealis, p. 8, et planche , fig. 3 et 7.
(2) Mém. sur Vhyale et le pneumodevnie ^ par M Cuvier, fig. 9, et p ,
'àc 7.
ART. V. ORGANES MALES ET FEMELLES d' ACCOUPLEMENT. 635
des organes préparateurs hermaphrodites se voit sur
la nuque , un peu à droite.
C'est phitôt l'orifice d'un vestibule générateur qui
contient la vésicule copulatrice et une poche glan-
duleuse déterminée comme une prostate(i) ?
La séparation de la verge et de l'orifice du vagin est
de même très remarquable dans la cymhidie. Le pre-
mier se déroule au dehors, dans la ligne médiane au-
dessus des tentacules et de la bouche, et comme il est
assez considérable, il avait été pris pour une trompe.
L'orifice du vagin ou du canal commun des organes
préparateurs et de la vésicule copulatrice est situé sur
le côté droit du corps sous la branchie de ce côté (ot).
Dans les autres Ptéropodes , les cléodores , les cw-
vieries^ il y a de même une verge en fourreau séparée
des organes préparateurs. Celle des cuvieries aurait
des crochets très durs à pointes cartilagineuses. C'est
le seul exemple que je connaisse, dans ce type, de verge
armée et irritante (3).]
(i) Sur la Ltmacina arctica, Cuv., par M. Van Beneden, p, 67, et pi.
5, fif[. IV, VIII , X et XIL (2) Mém. de iVJ. Van Beneden^ p. i5 et 20 de
la pi. I. (3) Mém. de M. Van Beneden, p. 47-
536 XXXVII* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHVTES.
TRENTE-SEPTIEME LEÇON.
DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION DANS LE TYPE DES
ZOOPHYTES.
[Nous ferons connaître successivement ce que l'on
sait de ces organes dans les sept Classes qui composent ,
dans notre méthode de classification, cet Embranche-
ment inférieur du règne animal. Ce sont celles des
Echinodermes jàe?, Jcalèphes^Aes Polypes et des Pro-
topolypes ou des Eponges formant les classes normales
de ce type des animaux rayonnes. Ce sont encore
celles des Helminthes ou Vers intestinaux^ des Animal-
cules rotifères et des Animalcules homogènes ou po-
lygastreSy qui s'adaptent moins complètement aux
caractères généraux de cet Embranchement, et que
j'appelle , à cause de cela , anormales. \
ARTICLE I.
DES [organes de LA GENERATION DANS LES ÉCHINODERMES.
[Les animaux de cette classe manquent d'organe
d'accouplement. Ils n'ont que des organes prépara-
teurs des ovules ou du sperme, que l'on croyait toujours
réunis dans le même individu, à l'époque de notre pre-
mière édition , dans laquelle M. Guvier avait dit :j
Tous les Echinodermes paraissent hermaphrodites,
et doués du'pouvoir de se féconder eux-mêmes. Leurs
AET. I. CEUX DES ÉCHINODERMES. Ô37
ovaires remplissent une très grande partie de leur
corps , lorsqu'ils sont gonflés dans la saison de la ponte.
On les voit^ aussi, quelquefois, comme baignés dans
une liqueur laiteuse, qui tient sans doute lieu de
sperme. Je l'ai surtout observée dans Xétoile de mer
commune,
[L'examen microscopique de celte liqueur laiteuse
a montré, en effet, que c'est le sperme de ces aimaux, et
qu'il fourmille de spermatozoïdes. On a de plus ob-
servé, dans les deux premiers groupes principaux des
Echinodermes pèdicellès ^ que certains individus ont des
œufs et d'autres de la laite ; que les sexes y sont consé-
quemment séparés dans ces groupes.
Dans le troisième, celui des Holothurides ^ ils pa-
raissent réunis, malgré ce qu'en avait conjecturé O.F.
Millier, qui les croyait séparés. Si la forme générale et
la structure la plus apparente des organes préparateurs
mâles et femelles ont rendu leur distinction difficile
et ont retardé leur détermination précise jusqu'à ces
derniers temps, il faut dire que M. Cuvier avait mis
sur la voie, en indiquant la blancheur de cette liqueur
laiteuse qui caractérise le sperme, si différente des œufs
rougeâtres que renferment les ovaires et qui les co-
lorent.]
§ 1 . Des glandes ovigènes ou des ovaires chez les
Echinodermes pédicellés, à sexes séparés.
[La multiplicité des ovaires, en nombre simple ou
double des parties dans lesquelles on pourrait diviser
régulièrement chaque oursin , ou chaque étoile de mer^
montre aussi bien que la multiplicité régulière des or-
ganes du mouvement de ces animaux , qu'ils sont
538 XXXVII* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTIS.
composés de plusieurs individus symétriques (i),]
Les oursins proprement dits , à corps régulier, ont
cinq on dix ovaires fort considérables et rougeâtres,
collés le long des parois de la coquille, et aboutissant
au pourtour de l'anus. Ce sont eux qui sont la partie
mangeable des oursins. [Ces ovaires, au nombre de cinq
àdiusX oursin commun , sont en forme de massue. Ob-
servés à la loupe, ils se composent d'une quantité de
petits tubes aveugles, qui communiquent successive-
ment dans de plus grands , jusqu'à l'oviducte. Ces petits
tubes ont des parois membraneuses extrêmement
minces, transparentes; ils sont farcis d'une quantité
innombrable d'ovules.]
Dans les étoiles de mer^ les ovaires forment cinq
[paires] d'énormes grappes, une pour chaque bran-
che du corps , divisées en divers grappillons.
[Cette description abrégée de notre ancien texte
me paraît avoir été faite d'après les ovaires de Xasterias
auTuntiaca, qui s'étendent dans presque toute la lon-
gueur des rayons et se composent d'un grand nombre
de vésicules, réunies par petits paquets , dont plusieurs
en composent un principal. Ceux-ci forment, pour
chaque ovaire , une série de grappillons attachés à la
paroi interne des téguments de la cavité viscérale (2).
Dans Xasterias ruhens et Xasterias glacialiSy les ovai-
res ont une tout autre forme. Il y en a deux par
rayon, situés, dans la cavité viscérale, sur les côtés de la
base des rayons , vers la paroi dorsale , près de l'angle
(i ) Voir nos considérations sur le squelette périphérique des Oursins^ etc.
Journal de rtnslitut, iSSy, p. 208 et 209. (2) M. Tiedemann. Anatomie
de rhuloiliurie tubuleiisc , etc., pi. VIU, fi{j. i, a. a.
ART. I- CEUX DES lÉCHINODERWES, 539
de réunion de deux rayons, à peu de distance de l'es-
tomac.
Chaque ovaire se compose d'un tronc principal,
sorte d'oviducte qui règne dans toute 1 étendue de cet
organe et va en diminuant de la base, qui est adhé-
rente, vers l'extrémité libre , qui est effilée. De chaque
côté de cet axe tubuleux , sont un grand nombre de
petits tubes également coniques et très effilés à leur
partie libre, simples ou divisés en plusieurs branches.
Tous ces tubes ont encore leurs parois inégales, bos-
selées et formant une quantité de petits culs-de-sac ou
de petits cœcums très courts, arrondis, souvent co-
lorés, qui prennent sans doute, à l'époque du frai, un
plus grand développement, ainsi que tout l'organe.
Les dix oviductes ont chacun un orifice tout près
de l'angle de réunion des bras (i).
Les euriales et les ophiures ont leurs ovaires dans
une position analogue.
Les comatides femelles ont un ovaire près de cha-
que pinnule de leurs bras. Une comatule à dix bras
peut avoir jusqu'à mille ovaires et plus.]
§ 2. Des organes préparateurs du sperme^ chez les
Echinodermes pédicellés à sexes séparés.
[Dans les oursins et les étoiles de rner, les glandes
spermagènes ont la même forme et la même structure
apparente que les glandes ovigènes : seulement, ces
grappes vésiculeuses qui composent chaque testicule
se remplissent , dans la saison du rut , de cette liqueur
(i) System cler Asteriden ven D.-J. Miiller, unJ D.-F.-H. Trosclie).
Biauiischweig , i 84a.
540 XXXVII* LEÇOK. OBG. DE GÉKËBàTION DES ZOOPHYTKS.
laiteuse signalée par M. Guvier comme le sperme de
ces animaux.
Les canaux excréteurs de ces glandes aboutissent,
comme ceux des ovaires, autour de l'anus, chez les
Echinides^ ou de la bouche chez les Astéries , où cha-
cun des testicules a son orifice distinct, percé dans la
même place que les oviductes.
\^echinus melo et \echinus purpureus ont cinq
glandes spermagènes ayant la même apparence de
forme que les ovaires, mais renfermant un suc blanc
de lait , qui est le sperme (i).
La liqueur blanc de lait qui gonflait les vésicules
dont se composaient les organes génitaux de Yasterias
aurantiaca , observée par M. Tiedemann , nous per-
suade qu'il avait sous les yeux un mâle et les testicules
plutôt qu'une femelle et les ovaires.
Dans le comatula eckinoptera , suivant M. /. Millier^
chaque glande spermagène est un sac de forme irrégu-
lière , ayant plusieurs divisions , qui se voit à la base des
pinnules; ces organes étaient remplis de sperme dans
l'exemplaire observé.]
§ 3. Des organes préparateurs chez les Echinoder-
mes hermaphrodites.
[Les Echinodermes hermaphrodites sont les Holo-
thuries parmi les Echinodermes pédicellés et l'ordre
des Echinodermes apodes.^
Dans les Holothuries^ on voit près de la bouche un
bouquet de boyaux grêles très nombreux, ramifiés,
qui se développent énormément dans certaines saisons ,
(i) M. Peters. Journal de .T. Miiller pour iS^n, p. i43.
1
ART. l. CEUX DES ÉCHINODERMES. 541
en se remplissant d'une matière rougeâtre et pulvéru-
lente qui se rassemble quelquefois en globules. Je crois
que ce sont les ovaires de ces animaux.
[Cette détermination de M. Cuvier, des ovaires ra-
mifiés des//o/o/«//6y, ii été confirmée par des recherches
ultérieures er généralement adoptée. Cependant une
circonstance découverte récemment, celle de l'herma-
phroditisme de ces tubes dans les syiiaptes^ fait que
l'on doit se demander naturellement si cet hermaphro-
ditisme n'existerait pas dans les autres genres de cette
famille. A la vérité M. Cuvier avait dit, dans notre
ancien texte :]
On observe, vers l'anus des holothuries ^ des fila-
ments blanchâtres, nombreux, semblables à des vers,
et formés chacun d'un fil mince assez élastique , con-
tourné en spirale , et se laissant dérouler. Ces organes
auraient-ils quelque rapport avec le sexe mâle?
[Mais d'un côté, ces filaments blanchâtres , etc., ont
été considérés comme les analogues des reins (i), et de
l'autre, M. Jaeger a déterminé comme glandes sperma-
gènes, dans Xholothuria atra^eic.^ une agglomération
de vésicules pyriformes, ayant un pédicule très délié,
qui se réunissent dans un canal déférent commun,
s'ouvrant dans l'ovidncte, ou le plus souvent, dans
l'estomac, comme cela a lieu pour l'oviducte dans
quelques espèces (2).
Au reste, une circonstance singulière, observée par
l'anatomiste que nous venons de citer, c'est l'obser-
vation qu'il a faite de l'existence des ovaires et des
(i) G. -F. Jajger. Uissertatio de holoihuriis, p. 38 et Sg. Turici, i833.
(a)/6i<i., pj. Iil,tig. 2.
542 XXXVII'' LEÇON. OBG. DE GÉNÉBATION DES ZOOPHYTES.
vésicules spermagènes dans certains individus d'une
même espèce ; tandis que d'autres ne lui ont montré
que des vésicules spermagènes, et d'autres que des tu-
bes ovigènes.
L'ovaire de Xholothuria tuhulosa serait , suivant
M. Tiedemann, composé de vésicules, dont les pédi-
cules tubuleux se réunissent successivement à de plus
gros rameaux , jusqu'au tronc qui est loviducte. Cet
ovaire est représenté, en effet, dans la figure publiée
par ce célèbre anatomiste , comme une grappe de vé-
sicules, et son oviducte comme s'ouvraut en arrière de
la boucbe à la face dorsale du corps (i), par un orifice
caché par un pli transversal de la peau (2). Dans un
exemplaire deY kolothuria elegans, que nous avons sous
les yeux , les divisions de l'ovaire se composent de tubes
filamenteux et nullement vésiculeux. Ces différences se-
raient-elles analogues à celles décrites par M. Jœger?
La glande spermagène serait, dans les mêmes holo-
thuries , une grappe de quelques vésicules pyriformes
annexée à l'oviducte , vis-à-vis l'anneau vasculaire qui
entoure l'estomac (3).
Les Synaptes ont présenté, ainsi que nous venons de
l'annoncer, une autre combinaison , celle d'un seul or-
gane hermaphrodite , analogue à celui que nous avons
décrit dans la classe des mollusques gastéropodes.
Cet organe hermaphrodite se compose de tubes gé-
nérateurs contenus dans la cavité viscérale, dont les
(i) M. Tiedemann , o. c, pi. II, fig. 6 n. et p. (2) Ibid.^ pi. I, fig. 1 i.
(3) Voir encore la belle figure de ces organes et des autres viscè-
res , etc., puUiée par M. Milne-Edwards dans le Règne animal de Cuvier,
pi. XII, des ZoopLiytes;a. pour l'ovaire; et o.p. pour les vésicules sperina-
^nes.
ART. I. CEUX DES ÉCHINODEBMES. 543
ramifications se réunissent à deux branches, et celles-ci
à un seul tronc qui s'ouvre derrière la masse buccale.
La paroi extérieure ou viscérale est couverte d'une
membrane à cils vileratiles; après celle-ci vient une
couche musculeuse. La paroi interne est comme ma-
melonnée par une suite de capsules adhérentes qui sont
des glandes spermagènes, avec des cellules renfermant
des spermatozoïdes. Enfin l'axe du tube et les inter-
valles des mamelons sont remplis d'une substance
proligère dans laquelle se développent les ovules (i).
Dans le sipuncuUis nudus il y a, à la partie antérieure
de la cavité viscérale, deux vésicules brunes de forme
allongée, conique, bosselée, qui sont les ovaires. On y
trouve des œufs en mai; tandis qu'en juin la cavité ab-
dominale en est remplie (2).
Uéchiure^ a dans son abdomen, en novembre et
décembre, des ovaires composés de vésicules remplies
d'une humeur laiteuse ; quelques uns ont des globules
blancs qui nagent dans cette humeur lactée : ce sont
des ovules.
Dans les bonellies^Vo\B\ve est un sac qui s ouvre en-
deçà de la trompe. Les testicles de ces animaux se-
raient quatre longs tubes ou boyaux effilés en arrière,
à leur extrémité libre , ayant en avant leurs orifices
dans les téguments (3) ?
(i) Mémoire sur la Synaptc Duvemoy^ pvir M. de Quatrefages. Ann.
des se. nat., 2* série, 22 novembre i83i. (2) Observations faites à Pa-
ïenne par M. Grube. Archives de J. Miiller pour i 83", p. 355. et pi. X,
fig. 1-5, et pi. XI, fig. I , vo. (3) Règne animal, Zoophytes, pi. XXIII ,
fig. I f. f , publiée par M. de Quatrefages.
644 XXX.VII' LEÇOM. ORG. DU GSNSBATlOiV DES ZOOPUYTBS.
§ 4- Ucî» ovules et des œufs.
Les ovules des Echinodermes pris dans l'ovaire ont
un vitellus, une vésicule germinative et une tache ger-
minative. Cette composition uniforme des ovules a été
constatée pour les Stellérides ( i ), les Echinides^ les Ho-
lothurides et les siponeles.
Les ovules de la synapte Duvernoy ont une mem-
brane propre , un vitellus. une vésicule et une tache
germinative {2).
Quant aux œufs complets, M. Guvier avait déjà dit
de ceux des étoiles de mer\ qu'ils sont ronds et rougeâ-
tres, et que ce sont les ovaires qu'ils remplissent qui
font la seule partie mangeable dans les oursins. Leur
nombre, dans certains échinodermes ^ s'élève à un chif-
fre considérable.
M. Dalyell a vu Vholoturia fusus en pondre jusqu'à
cinq mille en peu de temps.
Une comatule peut en avoir dix mille.
Au reste tous les animaux de cette classe ne sont pas
ovipares. On a retiré de l'intérieur du corps de
Vophiure grisâtre de petites ophiures qui ont vécu en-
core quelque temps (3).
§ 5. Du sperme et des spermatozoïdes .
C'est M. Rathke qui a découvert le premier que cer-
tains individus de Vasterius rubens avaient leurs or-
ganes de génération remplis d'un liquide blanc com-
posé en grande partie de spermatozoïdes.
(1) M. Siebold. Archives de J. MiiUer pour i836, p. aSy. (a) M. de 9
Quatrefages, in. c, pi. V, fig. i. (3) Id. Compt.-rend. de l'Académie des
sciences pour 1842, t. XV, p. ^yB.
AUT. II. CH£Z LES ACALKPHES, 545
Les spermatozoïdes des oMnmç ont un corps allongé,
ovale, ayant son petit bout du côté de la queue. Celle-ci
est extrêmement déliée (i).
La synapte Diwernoy a des spermatozoïdes dont
la partie céphalique est ronde et la partie caudale
effilée et courte (îî).]
ARTICLE II.
DES ORGANES DE GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES ACALÈPHES.
[Comme dans la classe précédente, nous n'aurons à
décrire dans ceilc-ci que les organes préparateurs des
ovules ou du sperme, soit séparés dans des individus
distincts , soit réunis dans le même individu.
A. Dans la Sous-Classe des Acalèphes simples.
§ 1 . Des organes préparateurs dans la famille des
ihéduses.
On trouve des individus avec des ovaires contenant
des ovules, et d'autres individus dont les organes, ayant
la même position et la même forme que les ovaires, ne
contiennent que des sperniatozoïdes.
Cependant M. Ehrenberg a conçu des doutes sur
l'exactitude de ces observations, après avoir décou-
vert, cbez un individu de la médusa aurita, de vérita-
bles ovules au milieu d'un liquide composé de sperma-
tozoïdes (3j.
Dans un autre type, les glandes spermagènes et
(i) Découverts par M. Peters; lettre du :'.r janvier i84'^" Archives de
J. Millier pour 1840, p. i43 ; et par MM. Milne-Edwards et Lallernand.
Ann. des se. nat., 2* série, t. XIII, p. 876. (2) M. de Qiiatrefages, m. c,
pi. V, fii;. 7.. (3) Archives d'KricK'^^on. Perliu, 1842, p. 7>-77.
8. 35
546 XXXVIl* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
ovigènes sont annexées l'une à côlé de l'autre, comme
dans les Beroës.
a. Des ovaires.
Les ovaires sont toujours multiples, au nombre de
quatre au moins, de six, de huit au plus, lorsqu'ils sont
placés sous l'ombrelle , à l'extérieur de l'estomac , ou
annexés au pédicule central qui renferme ce viscère.
Dans un autre type, celui que présentent les espèces
dLEquorées^ les ovaires sont attachés aux nombreuses
lames qui divisent comme des rayons la face inférieure
de l'ombrelle.
Ces deux types généraux montrent dans les nom-
breuses espèces et les genres multipliés de cette famille,
un certain nombre de modifications de forme et de
position.
La forme la plus ordinaire est celle que l'on ren-
contre dans les cyanées. Dans la médusa aurita, qui
appartient à ce genre , les ovaires au nombre de quatre
paraissent à travers le parenchyme transparent de l'om-
brelle. Ils sont placés dans une cavité qui n'est séparée
de chaque poche angulaire de l'estomac situé au-
dessus d'elle que par une cloison mince. Cette cavité
ovarienne s'ouvre largement à la face inférieure de
l'ombrelle , plus en dehors que l'ouverture buccale.
Le bord de l'orifice de la cavité ovarienne est garni
de nombreux et très fins tentacules, et l'extérieur de
cette cavité de cils vibratilés du côté de l'estomac.
Chaque ovaire est un boyau membraneux dans lequel
se développent les ovules, que nous avons trouvés forte-
ment plissés par une sorte de mésentère qui se suspend
à la cavité qui le renferme.
ABT. II. CHEZ LES ACALÈPHKS. 547
Lagéryonie a six ovaires en forme de feuilles trian-
gulaires (i).
Dnns ïocénnie bonetfVEHOl^ etLESVEUR. ce sont huit
capsules oblongues rapprochées par paires, qui se dis-
tinguent par leur couleur brune, et qui sont annexées à
l'extérieur de la cavité stomacale. Une des deux capsules
de chaque paire nous a paru être une glande sperma-
gène, et l'autre une glande ovigène, ayant extrait de
l'une d'elles des spermatozoïdes et de l'autre des ovules.
Dans Vocéam'e linéolée, les glandes de la génération
sont de longs boyaux arqués qui ne tiennent à l'estomac
que par leur extrémité supérieure. Nous avons vu
encore cette forme d'ovaire dans une espèce d'<2-
glaure.
Dans les Equorées y chaque ovaire semble composé
d'un canal central nourricier, qui serait comme enve-
loppé d'un tube ovarien à parois très plissées (2).
b. Glande du sperme.
Danç le type tjes equorées comme dans celui quere-
(i) Voyages de découvertes aux terres Australes. Histoire naturellepu-
blie'eparLesueur, pI.IV,fi{T. ^^ et 5, (2) Ibid.^ pi X, fig. g, pi. XI, fig. 3,4,6;
pl.XIIjfig. l-g. Cette publication a mallieureusetnent été ii.terrompue. J'au-
rais pu multiplier les exemples des variétés de formes, de nombre et de po-
sition que préser.tenl les ovaires des Méduses, en profitant des nombreuses
observations inédiles, faites pendant ce voyage de de'couvertes, dans les
deux Océans , de 1 800 à 1 8o4 , par mes amis Pe'ron et Lesueur ; ou sur les
côtes de la Méditerrane'e, en 1809. ^' ^^^^ regretter, pour la science, que
ces superUes et si instructifs dessius de M. Lesueur, faits su;* |le vivant et
coloriés av» c une rare |jerfpction , qui donnent une idée de l'éclat des
couleurs métalliques et des pierres précieuses que reflètent ces singuliers
animuix, n'aient pas encore éié publiés. — Voir aussi le mémoire de
M. MUne-Edviards ^ Âhnales des se. ual., a^ série, t. X'^ I, p. igS, où l'on
trouvera la déterminatiou des ovaires et ides testijcule» des JE((uorée?.
548 XXX vil* LEÇON. OBG. DE GENERATION DES ZOOPHMES.
•présententles cyanées, la glande du sperme a la même
apparence que Tovaire : seulement on a observé que
les spermatozoïdes dans Xaurélie se développent par
échevaux dans de petites capsules en forme de flacon
qui se voient à la face inférieure du ruban plissé et
coloré qui constitue la glande spermagène (i).
Les équorées ont de même les lames prolifères de
l'ombrelle chargées d'ovules ou gorgées de sperma-
tozoïdes suivant les individus.
J'ai observé dans Xocéanie bonet, ainsi que je viens
de le dire, des spermatozoïdes capillaires, effilés aux
deux extrémités, dans lun des huit organes prépara-
teurs d'un même individu, et des ovules dans l'autre,
formant l'une des quatre paires de ces organes ; de sorte
que je regarde cette espèce comme hermaphrodite.
§ 2. Des organes préparateurs dans la famille des
Beroës.
ISous avons à citer, dans cette famille, de belles ob-
servations sur plusieurs espèces de ce groupe, appar-
tenant à des genres différente, les euchuris tmdticornis
et beroë rufescens (2).
Les ovaires et les glandes spermagènes sont situés
immédiatement sous la peau, annexés aux côtes
longitudinales, de manière que les ovaires sont d'un
côté et les glandes spermagènes de Tautre.
Il y a donc autant d'ovaires ou de glandes sperma-
(l) M. Siebold. Nouveaux mémoires de la Société des naturalistes de
Dantzig, vol. lit, cah.2,pl. I, fif;. ao,2i et 22. Dantzig, iSSg. {2) Horœ 1er-
(}estinœ-) etc., von J.-G.-F. Will. Leipsig, 1844? pi- I1 fig- 5 et 22,
ART. ir. CHEZ LES ACALÈPHE?. 6A9
gènes que de côtes. Chaque ovaire, dans ïeucharis, se
compose d'un certain nombre variable de capsules
arrondies appliquées sous le renflement que produit
chaque lamelle natatoire dans l'épaisseur de la peau.
Dans le beroë , leur forme est lobée.
Les capsules ovigènes aboutissent à un oviducte
commun qui règne de bas en haut parallèlement au
canal déférent.
La même différence de forme s'observe pour les
glandes spermagènes. Dans ïeucharis, ce sont des cap-
sules simples ; dans le beroé , elles sont comme des
feuilles pinnées.
Le contenu de ces glandes les rend opaques à l'é-
poque du rut; tandis que les glandes ovigènes conser-
vent toujours un peu de transparence, comme les
ovules qu'elles renferment. Le canal déférent dans le-
quel s'ouvrent les sacs glanduleux qui composent cha-
que glande spermagène , s'élève parallèlement avec
les oviductes, sans s'y réunir, ainsi que nous venons de
le dire.
Les orifices des oviductes et des canaux déférents
sont, selon toute apparence, du côté antérieur du corps;
peut-être n'y en a-t-il qu'un pour les deux canaux
excréteurs?
B. Organes préparateurs dans la Sous- classe des
Acalèphes hydrostatiques .
Parmi \ç.% Acalèphes hydrostatiques nous citerons
\e?> Siéphanomies , qui paraissent avoir, au nombre des
appendices dont leur organisme divisé sccom[)ose,
les organes préparateurs des deux sexes.
Des ovaires filamenteux en grappes, semblables à
550 XXXVIl' LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
ceux des polypes actînoïdes, seraient suspendus dans
ïefond des capsules coniques, désignées soUs les nom de
trompes, et qui servent de suçoirs. D'aulres appen-
dices de la tige commune supportent des capsules plus
petites, ovoïdes, ayant un étui contenant une poche
membraneuse , de laquelle on fait sortir un suc laiteux :
cfe sont les testicules. Ce suc laiteux se compose de
spermatozoïdes ayant un corps sphérique et un appen-
dice caudal, et se distinguent, par leurs mouvements,
des corpuscules urticants (i).
G. Des ovales dans la Classe des Acalephes.
Observés dans plusieurs méduses (la médusa aurita
et la Cyanea Lamarkii) , les ovules ont montré la
même composition que dans la grande généralité des
animaux. Ces ovules ont un vitellus, une vésicule gêf-
minative, et celle-ci une seule tache germinative (2)
bien circonscrite.
Dans le lleroë rufescens ,\e?, œufs cohiplétement dé-
veloppés ont i/^ — 1/5 de ligne de diamètre; la vési-
cule germinative 1/60, et la tache germinative , qui est
simple et ronde, 1/900 de ligne.
D. Des spermatozoïdes.
Us ont un renflement céphalique et un appendice
caudal.
Ceux de Yaurélie ont un corps de forme ovale très
allongée , et un long appendice caudal attaché au pôle
(i> Mémoire de M. Milne-Edvvards. Ann. des se. natur., 2* série,
t. XVI , pi. X , fig. 4 , 8 et 9 , et pi. IX , fig. i et 2 , d et g. (2) M. Sie-
bold, mémoire cité, pi. I, fig. aS A. B.
ART. HT. CHEZ LES POLYPES. 551
le plus gros. Ils sont réanis en faisceaux coniques pla-
cés au bout les uns des autres dans la capsule sperma-
gène (i).
Ceux des Beroës ont une tête un peu ovale ; le côté
un peu plus étroit est celui de Tappendice caudal , qui
est assez long (2) et très délié, difficile à apercevoir
à cause de cela. Ils mesurent dans leur longueur
1/800 de ligne, et sont plus opaques qu'aucun des élé-
ments organiques, de ces animaux. Leurs mouvements
ont une sorte de régularité , cessent et recommencent
par intervalles réglés.]
ARTICLE m. ■
DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES POLYPES (3) .
[Nous exposerons successivement ce que Ton sait du
mode de propagation, par génération sexuelle, et des
organes qui en sont chargés , dans les trois Ordres de
cette classe, tels que nous les avons admis dès 1841?
dans nos cours au Collège de France.
(i) Voir M. Siebold, mémoire cité, pi. I, f. c. (2) M. Will, m. c,
fig. 6 et 24.
(3) Nous mettons ici en note, pour Ihistoire de la science, le texte ré-
di{;é par M. Cuvier de la première édition des Leçons concernant la géné-
ration des Polypes. « On sait assez comment les zoophytes proprement diLs
» se multiplient par bourgeons et par boutures , même artificielles. Les
» observations deTrembley surles Po/j/>(es, et deDicquemare suri .^ctiniP
ti sont trop connues pour que nous les rappelions. Cette manière de mul
» tiplier exclut d'ailleurs toute or^janisation aoatomique particulière.
» Les observations d'Ellis paraissent cependant prouver, au moins pour
» les Polypes des coraux, qu'il se manifeste , dans certaines saisons, de
» petites grappes d'œufs, et qu'alors la génération se fait dans un orgaiiè
» propre ; mais Doui; n'avoas rien d'anatomique à communiquer à cet
» égard. »
552 XXXVII* LEÇON. ORG, DE GÉNÉRATION DES ZOOPHITES.
I. Des organes préparateurs et de leur produit dans
r Ordre des Polypes Cellulaires ou Polypes à manteau.
Les Polypes de cet ordre , qu'on pourrait encore ap-
peler Polypes Ascidiens^ à cause de leurs rapports
avec les Ascidies composées, et de leur manteau en forme
de sac , ont un canal alimentaire compliqué , dont l'en-
trée ou la bouche est garnie d'une couronne circulaire,
ou en fer à cheval, de Tentacules ciliés, et dont l'issue
est extérieure et rejette au dehors les résidus de la
digestion.
Ce canal alimentaire flotte dans une cavité viscérale,
dans laquelle sont les ovaires, et qui est souvent acces-
sible au fluide respirable, qui y pénètre par un orifice
particulier.
Les parois de cette cavité sont formées par une sorte
de manteau ou de tunique, qui prend la forme d'un
sac arrondi ou allongé , ou d'une cellule à plusieurs
faces, etc., etc.
Les Polypes Cellulaires peuvent avoir deux modes
de propagation : celui par bourgeon, qui produit les
agrégations régulières qui caractérisent les genres et
les espèces, par leur forme générale et par celle de
chaque cellule eu particulier; et la propagation par
germe libre, ou par œuf, destinée à répandre au loin
les individus d'une même espèce.
Dans ce dernier cas, les organes sexuels peuvent être
réunis dans une même cellule et daus un seul individu ;
ou bien ils peuvent être séparés dansdes cellules diffé-
rentes; soit qu'ellesn'aientd'autrefonction à reniplirque
celle de produire des ovules; soit qu'elles appartien-
nent à des sexes différents et à des individus distincts.
ART. TII. CHEZ LES POLYPES. 553
§ 1. Des organes préparateurs.
Nous divisons cet ordre en deux sections suivant que
les tentacules sont disposés circulairement ou en fer
à cheval. Examinons successivement ces organes dans
ces deux sections.
a. Chez les Polypes Cellulaires à tentacules disposés
circulairement.
Dans le genre tendra zostericola ^ NoRDM., ces
polypes cellulaires ont leurs cellules rangées par séries
sur les feuilles de zoster. Cette régulaiité dépend-elle
d'une propagation par bourgeonnement; ou bien les
larves auraient-elles Tinstinct de venir se placer régu-
lièrement près de leurs parents? G est une question à
résoudre par l'observation. Suivant M. iVo/v^//? «/;/?, , qui
a déterminé ce genre et l'espèce type , qu'il appelle
zostericola., les organes sexuels seraient séparés dans
des individus distincts habitant des cellules ayant cha-
cune un caractère qui les fait reconnaître. Les cellules
mâles et les cellules femelles sont rangées par séries
linéaires, mais sans ordre régulier pour les deux sexes.
On voit dans les mâles , près de la base des huit tenta-
cules , des appendices vermiformes qui manquent
dans les femelles, et près desquels on découvre une mul-
titude de spermatozoïdes.
La paroi supérieure de la cellule femelle, au lieu
d'être lisse, comme dans les cellules mâles , est divisée
en un grand nombre de petits compartiments dans
lesquels les œufs se développent.
Il y a une ouverture à la base de chaque loge , par
laquelle la fécondation peut avoir lieu (i).
(i) Comptes rendus de l'Académif îles sciences, t. VUI, p. 357.
564 XXXVII* LEÇOK. OBG. DE GÉNÉRATION DES Z00PHYTE9.
Dans les genres flustre et eschare,je. regarde comme
l'ovaire l'organe qui a été distingué comme appen-
dice dé l'intestin (i).
Dans le genre cellaire, la propagation sexuelle s'ef-
fectue par des organes sécréteurs de la semence et des
organes préparateurs de l ovule, réunis dans la même
cellule.
i°Les ovaires sont à la base de l'estomac; les ovules
y sont attachés par des fils très fins. On n'a pu y décou-
vrir ni vésicule de Purkinje ni tache germinative.
2° Les organes sécréteurs de la semence paraissent
être des corps arrondis , jaunâtres ou blanchâtres, en
forme de vésicules et remplis d'une masse granuleuse ;
ils produisent des spermatozoïdes (2).
b. Poh/pes cellulaires à couronne de tentacules en
fer à cheval ou subrayonnés.
La propagation par génération bisexuelle a été re-
connue dans les genres plumatelle et alcyonelle.
Dans ce dernier genre, l'ovaire est situé, comme chez
les autres polypes cellulaires, dans la cavité viscérale,
et annexé ou comme suspendu à l'anse que forme le
canal alimentaire. Les cellules à ovaires sont plus nom-
breuses que les cellules mâles.
(1; Voir la fig. 2 a., lettre f. de la pi. LXXVIII du Règne animal pour le
flustre cornu, et b. de la Hg. i-d. de la pi. LXXXVl pour Veschare cervi-
corue; et Grant: Observations of on tlie structure and nature oF Flustre.
Edinb. New. philos, journ , vol. III, p. 107, 1827. {2) Observations faites
sur les côtes de Normandie, par MM. Nordmann et Mil ne-Edward s.
Voir la Fauna pontica du premier, pi. III.
A»T. m. CHEZ LBS POLYPES. 555
§2. Du produit des organes préparateurs ou des
ovules ^ des œujs ^ du sperme et des spermatozoïdes.
a. Des ovules et des œufs.
Dans le tendra zostericola,\es œufs sont sphériques.
Il en sort une larve qui jouit de locomobilité et ne se
fixe qu'après sa dernière métamorphose.
Les œufs de \a plumatella campanulata ont un vi-
tellus, une vésicule germinative et une double tache
de ce nom. Cette circonstance expliquerait-elle com-
ment il arrive que du même œuf on voit sortir plu-
sieurs cristatelles ouplumatelles , mais avec un seul sac
tégumentaire et ovarien , destiné à se changer en cellule
et à contenir des œufs dans sa cavité?
L'œuf est différent pour la forme et la composition
dans les cristatelles ; sa coque est rouge-brun , ronde ,
lenticulaire, entourée d'un bourrelet qui forme comme
un cadre circulaire d'un blanc jaunâtre. Vingt à vingt-
deux petites tiges terminées par un double, un triple
ou même un quadruple crochet, partent en rayonnant
du sillon qui sépare le bourrelet du disque. Du côté où
celui-ci est un peu concave, ces crochets dépassent
le bourrelet de la moitié de leur longueur. Ceux de la
face opposée ne se prolongent pas au-delà de ce bour-
relet.
Les œufs des plumatelles sont d'une belle couleur
jaune d'or ou jaune-brun. Leur forme est ovale , ou
même en navette.
Ils ont, comme ceux des cristatelles, un bourrelet qui
les cercle. Ces œufs , ainsi que ceux des alcyonelles ,
et sans doute ceux des cristatelles ^ s'ouvrent dans le
556 XXXVII* LEÇON. ORG. DE GÉN^BATION DES ZOOPHYTES,
sens de leur plus grande dimension , comme deux
valves de coquille bivalve (i).
b. Du sperme et des spermatozoïdes.
On ne connaît le sperme que par les nombreux
spermatozoïdes dont il se compose. Ceux du tendra
zostericola ont un corps ovale et un appendice caudal.
On a découvert (2) de nombreux spermatozoïdes
dans,\a. plumatel/a campanulata^^^xM. autour des œufs
encore enfermés dans les tubes ovariens, à rextrémilé
inférieure du corps de ces animaux.
Il en est de même de Xalcyonelle ^ dont les sperma-
tozoïdes se répandent dans la cavité viscérale ;ciansrun
et l'autre cas ce produit est une indication de l'orf^ane
spermagène, qui pouirait bien être réuni à l'organe
sécréteur des ovules et former avec lui une glande
hermapbrodite.
II. Des organes préparateurs et de leur produit ^ dans
ï Ordre des Polypes Tabulaires.
Le corps des polypes de cet ordre forme essentiel-
lement uue capacité nutritive en forme de canal, la-
quelle est garnie à Ventrée, ou à la surface, de sa
partie ou de ses parties digestives ou alimentaires,
d'un nombre variable de tentacules ou de bras.
(1) Voir l'extrait du mcmoirede Vnucher sur les Tubulaires d'eau douce.
— Bulletin des séances de la Soiiété philomatiriue , an xii , n" 8r, ji. i57,
et pi. XII, fiff. 4 et ff. a. b.; et l'histoire naturelle de Valcyonelle fluviaùle,
par M. UaspaiU t. IV des méni. de la Société d'hist. nat. de i'aris.
(2) M. Sii^bold, Mém. pour servir à l'hist. nalur. des animaux sans
vertèbres. Dantzig, 1889, p. 8. Cette observation est de i838.
AKT. III. CHEZ LES i-OLYPES. 557
Ici les polypes ne forment pas de simples a^vé-
galions dans lesquelles les individualités restent dis-
tinctes; mais ils sont réunis intimement de manière à
composer une individualité plus ou moins compliquée
qu'on appelle polypier.
Quelque composé que soit le polypier, la capacité
alimentaire ou digestive de chaque polype s'ouvre dans
un tube nutritif commun , dans lequel passe ou se se-
crète le fluide nourricier, produit de la digestion de
chaque polype.
Les parois du tube nutritif sont formées d'une
double membrane, toujours soudée intimement dans
cette partie du polypier; l'externe répond aux tégu-
ments; l'interne est une continuation delà membrane
digestive de la capacité alimentaire.
La première, chez les polypes à polypiers, sécrète de
sa surface extérieure un tube ou un fourreau, mince
comme du parchemin, ou dénature cornée^ et les cel-
lules de cette dernière substance qui lenferment les po-
lypes alimentaires.
Toutes les fois que le tube nutritif (appelé impro-
prement canal intestinal par quelques naturalistes)
est contenu dans un fourreau de substance inerte, il va
des organes particuliers pour la production des œufs,
qui communiquent librement et immédiatement avec
le fluide respirabie : ce sont les Polypes pi^opagateurs^
appelés encore Polypes femelles. Ces polypes sont dis-
tincts par leur forme , leur volume, leur position, et
par leur existence passagère, des polypes qui ne ser-
vent qu'à ralimentation, et que j'appelle , également à
cause de leur fonction, Polijpes ali/nentaires.
J'ajouterai que, dans ma méthode, l Ordre des Po-
558 XXXVII* LEÇON, ORG. DE GÉNÉRATION PES ZOOPHYTES.
lypes tabulaires se divise en deux tribus : Tune, celle
des Polypes tubulaires hy drif ormes ^ dont les polypes
ont Torifice buccal garni extérieurement d'une cou-
ronne circulaire de tentacules; l'autre tribu^ celle des
Polypes tubulaires médusiens^ a les tentacules de ses
Polypes alimentaires dispersés sur toute la surface de
la capacité buccale ou digestive.
La première tribu se compose de deux familles,
celle àesHydriens et des Sertulariens .
La seconde tribi^ ne comprend qu'une seule famille,
celle des Coryniens.
_% \' I^^s ovaires '
Les familles des Sertulariens et des Coryniens ont
des ovaires qni produisent de véritables œufs. Le
même polypier appartenant à Tune oul'autre de ces
familles, après avoir développé, par bourgjeonnement,
tous les polypes alimentaires nécessaires à son alimen-
tation , produit encore par bourgeonnement, dans des
places déterminées, suivant les genres et les espèces,
des polypes femelles , dont la fonction est de former et
de nourrir des ovules ou des œufs. Ces polypes fe-
melles ont cela de bien remarquable, qu'à la manière
des organes de la fructification des plantes, ils ne pro-
duisent qu'une seule génération et tombent immédia-
tement dans l'atrophie.
Ces ovaires caduques (i) sont contenus dans une
(l) Ces détails sont relatifs à la Campanularia ^enicu/nfa, Lam. Voye^à
re sujet le Mém. de M. J.-L. Lowen, dont j'ai publié la traduction. Ann.
des se natur., t. XV, p. 167 et suiv-, pL YIU A, fig, 1-18.
ART, III. CHEZ LES POLYPES. 569
cellule beaucoup plus grande que celle du polype ali-
mentaire. Le tube nutritif qui a produit cette cellule
de substance cornée n'en occupe que l'axe quand elle
est terminée, et ne tient plus à ses parois que par des
ligaments. Le long de cet axe vivant, se développent ,
au-dessus l'un de l'autre , deux ou trois polypes fe-
melles, qui sortent successivement à travers le dia-
phragme qui bouche la cellule. Ces polypes ont des
parois uniquement membraneuses et se continuant
du tube formant l'axe de la cellule, sur lequel ils se
sont développés, et dans lequel circule le fluide nourri-
cier. Leur forme est globuleuse; ils ont un orifice op-
posé à leur pédicule tubuleux; cette issue est entourée
d'une couronne de tentacules de même structure, mais
beaucoup plus petits que ceux des polypes alimen-
taires. La pofîhe du polype ovarien renferme deux ou
trois œufs ronds, dans lesquels on distingue, lorsqu'ils
ont atteint un certain développement, le vitellus, la
vésicule de Purkiuje et la tache germinative.
Chez les Pol/pes médusiens ou dans la famille des
Cor/niens ^ et dans le genre Sincoryne en particulier,
le polype femelle diffère encore plus du polype ali-
mentaire. Suspendu par un pédoncide au-dessous du
tentacule inférieur d un polype alimentaire, il forme
une cloche membraneuse, allongée ou sphérique, sui-
vant les espèces, transparente comme du verre, ayant
des mouvements de contraction et de dilatation alterna-
tifs analogues à ceux des méduses. Le bord de celte
cloche a quatre ou cinq papilles, tentacules rudimen-
taires, ou le même nombre de tentacules développées.
Il y a même dans la Sjncojyne de Sars un point ocu-
laire à la base de chacun de ces tentacules. L axe de
Ô60 XXXVIl" LtÇON. OHO. DE GENERATION DES ZOOPHATES.
cette cloche est occupé par une poche membraneuse,
prolongement du tube nutritif et qui répond à la cavité
alimentaire des polypes de ce nom. C'est dans l'inler-
valle qui existe entre cette capsule alimentaire et les
parois de la poche extérieure que se produisent et se
développent les œufs, qui y sont disposés par rangées
régulières, dans une poche membraneuse intermé-
diaire, distincte, entre autres, par sa couleur d'un jaune
brun (i). Ce polype propagateur fait donc ici les fonc-
tions d'ovaire.
Nous ne prétendonspas, par ces deux exemples,avoir
décrit toutes les formes d'ovaires qui peuvent exister
dans les deux familles des SerLulariens et des Coij'
niens.
Une circonstance bien remarquable, c'est que ces
capsules ovariennes si contractiles, si vivaces chez ces
derniers , se détachent de la tige qui les a produites et
peuvent exister en jouissant de lalocomotilité.
Les Cor y lies auraient, suivant M. Wagner, leurs
ovaires à l'extérieur au-dessous des tentacules, sous
forme de plusieurs petites grappes sessiles , composées
de capsules sphériques ou un peu oblongues.
Les //ycZ/e^' qui appartienent à cet Ordre produi-
raient constamment leurs œufs, au nombre de quatre,
suivant M. Ehrenberg , à la base du pied, à l'endroit
où la cavité stomacale se termine. Il se développerait
périodiquement un ovaire dans cet endroit du corps.
Ces œufs, d'après le même auteur, sont sphériques,
et ils ont toute leur surface hérissée d'épines, dont les
extrémités se divisent en crochets recourbés.
(0 Voir Annales <îes se. nat., 2^ série ,t. XV, pi. 8 B. fig. i — 10.
ART. m. CHEZ LES PO/>VPiiS. 561
M. Laurent a confirmé cette localisation de la pro-
duction des œufs dans l'état normal; mais il a vu des
hydres bien nourries en montrer dans tous les points
de la peau qui enveloppent le sac stomacal, au nombre
variable de 5 à 20, et dont le diamètre diffère de i/5
et 1/4 de mill. à 1 millim. 1/2. Ces circonstances et
celles qu'ils ne sont composés que d'une seule vési-
cule remplie d'un liquide gloùulineux , suivant le der-
nier observateur, m'avaient fait penser que ces germes
libres pourraient bien n'être que des bulbilles et non de
véritables œufs. Cependant il faut avouer que les obser-
vations de M. Ehrenberg conduisent à les déterminer
comme des œufs (i). Ils étaient bien connus de Trem-
bley, qui les avait vus déchirer le corps de l'hydre en
automne , et dont il avait vu sortir une livdre au prin-
temps (2).]
§ 2. Des glandes spermagènes et des spermato-
zoïdes.
[On a décrit ces glandes, entre autres, dans la coryiia
squamata. Ce sont aussi des agglomérations vésicu-
îeuses, réunies par groupes de trois à neuf, au moyen
de courts pédicules, sur la capsule qui forme le corps
de ces animaux, immédiatement au-dessous des tenta-
cules. Dans leur complet développement , ces capsulés,
qui contiendraient des ovules chez certains individus.
(i) Mémoire de l'Académie des sciences de Berlin pour i836,-nl. Il,
fig. 2.(2) Voir Iffs Comptes-rcndns de l'Acadëmie des sciences de Paris
[. IX, p. 8, t. Xli, p. 983 pour les mémoires de M. Lauient, et le t, XV
p. 335 pour le rapport <lc M. de Wp.invllle sur ces mrmoircs. '
S. 36
562 -XXXVII* LEÇOK. OKG. DE GÉNEBATIOK DES ZOOPHYTES.
l'enfermeraient des spermatozoïdes chez d'autres in-
dividus (i).
Plusieurs espèces de la famille des Sertulaires forme-
raient des groupes d'individus mâles provenant d'une
même racine. Toutes les tiges d'un même [groupe por-
tent des capsules proligères analogues à celles des
polypes femelles, dans l'intérieur desquelles se déve-
loppent des spermatozoïdes semblables à ceux des
méduses (2).
\] hydre verte ^ suivant MM. R. Wagner et Erdl^
aurait des capsules spermagènes, sous forme de deux
petites excroissances globuleuses, dans la même position
relative, c'est-à-dire au-dessous des tentacules. Ces
capsules ont été trouvées remplies de même de sper-
matozoïdes. Dans les Coiynes , ils ont un corps ovale
ou rond, et un appendice caudal d'une excessive
ténuité.]
IIÏ. Des organes préparateurs dans C Ordre des
Polypes Actindides.
[Cet ordre répond aux Polypes Charnus et auxPo/y-
pes Corticaux de la Méthode du Règne animal.
Des tentacules de forme, de nombre et de couleur
variée, entourent la bouche comme les pétales d'une
fleur composée. Ils ont toujours une cavité intérieure
qui se prolonge dans le corps de l'animal entre son
sac ou son canal digestif et les téguments; ce dernier
intervalle est cloisonné , et les cloisons se continuent
au-delà du canal digestif dans la profondeur du corps.
(i) Mémoire de M. Rathke (Archives d'Eiichson pour 1844»^* Annales
des se. nat. pour v 844 >, 3' série, pLXIlI,fig. i — 6.
(2) M. Krohn. Archives de J. Mûller pour i843, p. 174»
ART. III. CHEZ LES POLYPES. 563
C'est dans les parois de ces cavités cloisonnées, ou dans
les filaments qui en dépendent, qu'existent les ovaires
et les organes sécréteurs de la semence]
§ 1 . Des ovaires et de leur produit.
[Ainsi, dans les actinies^ entre les parois extérieu-
res du sac alimentaire et le sac dermoïde qui con-
stitue les téguments, il y a, autour du premier, un es-
pace cylindrique divisé par des cloisons; ces loges
aboutissent au-dessous de Testomac et au-dessus du
plateau qui constitue le pied, dans une cavité com-
mune qui répond à ce quon appelle la cavité abdo-
minale, dans les Polypes actinoïdes à polypier. Par
leur partie supérieure, ces mêmes loges conduisent
dans les tentacules, qui sont descœcums, c'est-à-dire
que leur bout est un cul-de-sac; elles communiquent
avec l'entrée de l'estomac par l'intermédiaire d'un ca-
nal circulaire qui est creusé dans l'épaisseur de la lèvre
intérieure qui borde l'orifice de celui-ci, et qui est
percé, du côté interne, d'un certain nombre d'orifices.
C'est dans ces loges et dans l'espace inférieur où
elles se confondent que l'on voit des replis membra-
neux qui se détachent la plupart de leur paroi externe
ou inférieure , que sont les ovaires. Ils paraissent
comme des canaux plissés régulièrement en manchette,
dans le bord libre de ces replis. Leur aspect varie sui-
vant l'époque plus ou moins avancée du développement
des ovules. Nous venons de les décrire d'après Xactinia
equina.
On sera frappé de la ressemblance, dans la dispo-
sitioQ générale de ces ovaires, avec celle des Polypes
Actinoïdes à polypier que nous allons décrire.
564 XXXVIl' LEÇON. OKG. DE OENEBATION DES ZOOPHYTES.
Dans les lucernaires , les ovaires sont disposés d'une
manière analogue à celle des actinies, et leurs orifices
sont aussi autour de la bouche.
Chez les Polypes aclinoides à polypier, chaque po-
lype a ses ovaires, de même qu'il est pourvu d'une ca-
vité alimentaire et de tentacules.
Ces organes sont formés par le prolongement des
cloisons qui ont divisé en loges respiratrices l'intervalle
entre Testomac et la peau. Ces prolongements dans la
cavité commune, que l'on pourrait appeler abdomi-
nale, et dans laquelle s'ouvre le canal alimentaire,
présentent un bord libre immédiatement au-delà decet
organe. C'est dans ce bord libre, mais à une certaine
distance du tube stomacal, que sont attachées les grap-
pes d'ovules ou d'œufs. Ces œufs peuvent recevoir l'ac-
tion vitale du fluide ambiant par l'intermédiaire de
l'estomac.
Le nombre des ovaires n'est pas toujours égal à ce-
lui des cloisons. 11 n'y en a que six dans le veretilluin
cynomoriam Cuv. (i).
L'ovule presque mûr observé par M. R. JFagner,
dans Xactin'ui holsatica, avait \Ji ligne de diamètre. Il
se composait d'un chorion , sans structure apparente,
d'mi viLellus granuleux très considérable; d'une vési-
cule germinative de 1//40 de ligne de diamètre, et
d'une tache germinative de 1/176 de ligne.
L'ovule des lucernoires a de môme un vitellus et
une vésicule germinative.]
(i) Voir, à ce sujet, l'important Mémoire de M. Rapp^ qui date déjà du
6 mars 1827, et qui a été publié eu 1829 dans les A. N. C, vol. XIV,
pi. XI, p. 643. -^VA-A
ART. III. CHEZ LES POLYPES. 565
§ 2. Des glandes speimagènes et de leur produit.
[ficur existence a été constatée , il y a peu d'années ,
chez plusieurs espèces à' actinies {cictinia holsatica, af-
fecta ^ rtifa). Ce sont des pelotes de canaux dont les
plus développés forment les tubes séminifères. Ils con-
tiennent un ^rand nombre de spermatozijïdes ayant
un corps oblong de i/io à i/5o de ligne, et un filet
caudal fort long. Ces glandes spermagènes sont en
même nombre que les ovaires et placées à côté
d'eux (i). Cette disposition fait comprendre la fécon-
dation intérieure qui a lieu nécessairement chez les
espèces vivipares, parmi lesquelles nous avons constaté
qu'il faut placer Vactinia equina.
Les cary ophillieSf parmi les Madrépoi'iens^ auraient ,
dans la même agrégation arborescente, des individus
mâles qui possèdent à la même place que les ovaires
des femelles, des glandes spermagènes de même forme,
contenant des spermatozoïdes (2'.
Chez les véréti/les de la famille des Pennatuliens ,
on distingue au-dessus des ovaires et immédiatement
au-dessous de l'estomac, à l'endroit même où la cloi-
son qui divise l'intervalle circulaire entre l'estomac
et la peau a un bord libre .^ dans ce même bord libre,
des canaux repliés que l'on présume appartenir à la
glande du sperme. Le nombre de ces glandes serait,
dans ce cas, égal à celui des ovaires, et leurs rap-
(1) Découverte des organes mâles de la génération chez les actinie^,
par R. Wagner. Archives de Wiegmann, t. I. Berlin, i835, p. 2H>, »n
Annales des se. ualur., 2^^ série, t. VIII, p. 284.
(2) Lettie adressée de Nice, le 18 mai 1840, par M. Milne-Kdwards.
Comptes-rendus ile l'Acad. des sc.,t. X, p. 778. Ohseivnfion cnnstatée
sur le madrvpnra runwei. Sol. et Elli« XXWIII.
566 XXXVll' LEÇON. OBG. DE GÉKÉRATION DES ZOOPHYTES.
ports de position avec ceux-ci donnent beaucoup de
poids à cette présomption. Elle deviendra une certi-
tude lorsqu'on aura découvert des spermatozoïdes
dans ces canaux (i).
Il est probable que cette détermination des glandes
spermagènes une fois constatée dans cette famille, on
la reconnaîtra dans les autres familles de cet ordre,
comme on y a démontré l'existence des ovaires.]
ARTICLE IV.
DES ORGAWES DE PBOPAGATION DANS LA CLASSE DES PROTOPOLYPES
OU DES ÉPOiNGES.
Dans 1 état actuel de la science , les Eponges doivent
former la dernière Classe du règne animal, sous le nom
de Protopoh/pcs. Ce sont, en effet, des polypiers dans
leur premier développement, lorsqu'ils n'ont pas encore
de polypes.
Leur propagation peut avoir lieu par œuf ou par
germe libre; par des espèces de bourgeons et par scis-
sure. Les Protopolypes forment trois familles distinctes,
dont la vitalité semble diminuera mesure qu'on des-
cend des' Télhyes ^ qui forment la première de ces trois
familles, aux Eponges proprement dites, qui en sont la
seconde, et aux Spongilles ^ qui en composent la der-
nière.
Les animaux de cette Classe n'ont pas d'organe par-
ticulier distinct pour produire des ovules, ni d'organe
(i) Voir la nouvelle édit. «lu Rè{jiie animal de Cuvier, pi. gr, fiç. i6
dps Zoo/j/ij'fes , dessinée d'après nature par M. Milne-Edvvards, et l'cxpli-
oallon cjue ce savant a donnée de cette figure. Le nombre des tesiicul'S
n'est que de six et coirespond exactement à celui des ovaires.
ÀBT. V. CHEZ LES HELMINTHES. 607
mâle circonscrit pour féconder ceux-ci. C'est surtout
ici que la fonction de propagation semble se con-
fondre avec la nutrition. M. Grant a \u la niasse en-
tière de certaines espèces d'épongés (de la spongia
panicea p. ex.) se remplir de granules d'un jaune
opaque, dans lesinterstices des canaux. Us sontd'abord
irréguliers, plus tard ils prennent la forme régulière
d'un œuf, passent dans les canaux de l'éponge, et parais-
sent attachés à leurs parois. Mais , à l'époque où ce na-
turaliste les y a vus ainsi fixés par le petit bout et agi-
tant les cils vibratiles dont leur corps est alors cou-
vert, il décrivait déjà leurs larves.]
ARTICLE V.
DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES VERS
INTESTINAUX OU DES HELMINTHES.
[Il faut se rappeler que, dans la méthode adoptée
par M. Guvier dans le Règne animal ^ cette classe ne
comprend pas seulement les Intestinaux proprement
dits ou les Parasites intérieurs ^ mais encore les iVé-
mertes et les Planaires qui vivent dans les eaux salées
ou dans les eaux douces. Le parti que M. Guvier avait
pris de rapprocher les Intestinaux de certains animaux
non parasites, a été adoptée récemment dans la classi-
fication proposée par M. Oersted (i).]
I. Des organes de la génération en général dans la
Sous-classe des Intestinaux Cavitaires.
[Tous les animaux de cette Sous-classe ont les orga-
(i) Entwurf einer systematischen Eintheilang, etc. , der P/a«ww»7/ier.
von A. S. Oersted. Copenhague , 1 844-
568 XXXVII» LEÇON. ORO. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
nés de la génération séparés, dans des individus diffé-
rents.
Les mâles se distinguent encore des femelles par une
plus petite taille et par un moindre nombre.] Je n'en
ai pu trouver, disait M. Guvier dans notre ancien texte,
en parlant de Xascaride lomhricoïde , dans beaucoup
d'individus que j'ai ouverts. >'
[Outre les organes préparateurs du sperme , les
mâles ont généralement une et même deux verges. Les
femelles ont deux ovaires tubuleux ou un sac qui pro-
duit (les ovules aussi complets que ceux des animaux
supérieures.
Les oviductes aboutissent à un vagin , qui reçoit la
verge du mâle dans un accouplement intime.
Ainsi les animaux de cette Sous-classe, dont la plu-
part vivent dans 1 intérieur des autres animaux , s'y re-
cherchent et s'y rencontrent, pour cet accouplement,
et s'y propagent seulement par génération bisexuelle ,
comme les animaux des classes les plus élevées des
vertébrés ou des articulés.
Nous décrirons successivement leurs organes prépa-
rateurs femelles et leur produit; leurs organes prépa-
rateurs mâles et leur produit ; et leurs organes d'accou-
plement chez les mâles et chez les femelles.]
§ 1 . Des organes prépara (eur.i et éducateurs chez le9
femelles des Cauitaires.
A. Dans For-dre des Entérodèles.
\_a. Dans la Famille des Ascaridiens^ les organes fe-
melles se composent de deux tubes ovariens, qui se
continuent dans les oviductes, sans que l'on puisse tou-
jours reconnaître la fin de l'un et le commencement de
l'autre.
ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 569
Dans d'autres cas, les oviductes se distinguent dans
leur dernière partie, du moins par leur plus grand dia-
mètre , et ils ont été décrits comme deux matrices,
à cause des petits vers éclos qu'on y rencontre.
Ils aboutissent toujours à un canal unique , le vagin,
qui s'ouvre au dehors dans différentes parties des té-
guments, suivant les genres.!
ViUscaride lombrical femelle a l'orifice de la géné-
ration au tiers antérieur du corps; un vaisseau mince
et court [le vagin] donne bientôt dans deux plus gros
[les oviductes], qui, en diminuant insensiblement, ont
chacun quatre ou cinq fois la longueur du corps, et
sont aussi pelotonnés irrégulièrement, quoique aisés à
développer; ce sont des ovaires qui contiennent une
infinité d'œufs fins comme de la poussière.
[Il est remarquable qu'il y a ici deux ovaires, tandis
que nous n'aurons à déciire qu un testicule.
M. .T. Cloquet a observé un mouvement d'ondula-
tion très remarquable dans les différentes parties des
ovaires et des oviductes de Vascaride lombricoïde , ou-
vert vivant et placé dans l'eau tiède (i).
Le trichocephalus dispar n'a qu'un ovaire. C'est un
tube régulièrement sinueux, qui commence à l'extré-
mité postérieure de la cavité viscérale, et se change
en oviducte, un peu en arrière de l'orifice génital.
L'oviducte qui suit immédiatement est d'abord un ca-
nal étroit , qui continue de se porter en avant jusqu'au-
delà de cet orifice, puis se coude et se dirige eu
arrière jusque près de l'origine de l'oviducte; là l'ovi-
(i) Analomie des vers Intestinaux. Paris, iS'i^^p. 5i, pi. 1, Kg. i
et 2 , et pi. IV. fig. 1 et 7.
670 XXXVII» LEÇON. 0B&. DE GÉNÉBATION DES ZOOPETÏTES.
ducte propre devient immédiatement très gros, et se
continue ainsi comme ovidncte incubateur; puis
comme canal génital, ou comme vagin, jusqu'à la
vulve (i).
Dans le guatostoma spînigerum , OwEN, la vulve
est à la réunion du second tiers du corps avec le dèi*-
nier. Le vagin conduit dans un oviducte incubateur à
deux cornes; celles-ci se continuent dans les tubes
ovariens (2).
Dans le genre Cheiracanthus , DiESiNG , très voisin
du précédent , sinon identique , il y a deux tubes ova-
riens longs et grêles , souvent repliés autour de la se-
conde moitié du canal alimentaire.
Les oviductes incubateurs, dans lesquels ils se con-
tinuent, sont très dilatés dans une parlie de leur lon-
gueur. Ils se réunissent par leur autre extrémité, et
forment ainsi une matrice bicorne. C'est de leur angle
ele réunion que naît le vagin, qui se coude d'arrière
en avant , et fait plusieurs sinuosités avant de se ter-
miner à la fin du premier tiers de la longueur du
corps.
Les parois des oviductes et des ovaires montrent,
au microscope, un réseau dont les mailles sont peu
serrées , longitudinales dans les premières, et contour-
nées dans les dernièi'es (3).
L'ovaire unique, dans le trichosome^ est un long
(i) Mémoire pour servir à l'anatomie des Entozoaires, par M. le pro-
fesseur Mayer. Bonn, 1841, pi. 11,^6. I et 3. (2) Voir le journal /"//uff-
tut pour i836 et 1837, p. 328. (3) M. Dicsing Neue Gattungeii von Bin-
nen-fVurmern^ pi. XVI ei XVII. (^Annales du Muséum de Vienne^ 1841.)
ABT. V. CHEZ LES HELMINTHES. 571
tube occupant la partie postérieure du corps , ayant
ses replis à côté de l'intestin (i).
Nous avons dit, que dans une partie des Ascaridiens^
les limites des oviductes et des ovaires ne sont pas
faciles à préciser, le tube de Toviducte se continuant
directement et insensiblement avec celui de i'ovaire.
Si l'on examine le contenu, on voit que le dévelop-
pement des ovules, celui des œufs, enfin celui des
embryons a lieu successivement dans les différentes
parties de ces lon^s tubes repliés, et que leur extrême
longueur est faite pour prolonger le séjour des ovules
et leur donner le temps et les moyens de se transfor-
mer en petits vers , tels qu'on les trouve souvent à la
fin des oviductes (2).
b. Dans la Famille des Linguatules,ver& semi- exter-
nes, les deux ovaires sont considérables, et remplis-
sent une grande partie de la face dorsale de la cavité
abdominale. Ils se composent d'une agrégation de tubes
ramifiés et de capsules proligères contenant des ovules.
De lextrémité antérieure des deux ovaires rappro-
chés en ua seul, à cette extrémité, dans le pen-
tastoma tœnidides ^ ou dans l'étendue de cet organe
àQ.n^\e peiitasfoma proboscideum,?,oT\.eui deux oviduc-
tes, qui se courbent encore de dehors en dedans pour
n'en plus former qu'un seul. A l'instant où chaque ovi-
ducte particulier se replie ainsi, il augmente beaucoup
de diamètre, et reçoit en même temps le canal excréteur
d'une vésicule glanduleuse, fournissant, selon toute
(i) Mém. sur divers Helminthes, par M. Dujardin. Annales des se.
nat., t. XX, p. 33 1. (2) Quelques matériaux pour servir à l'histoirft des
Pilaires et des Stron^jles, par C. Leblond. Paris, 1826 , pi. IIi
572 XXXVIl' LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
apparence, l'albumen et l'enveloppe extérieure des
œufs. L'oviductese replie immédiatement autour du
canal alimentaire, et y fait assez de tours, jusqu'à sa
terminaison près de l'anus, à l'extrémité postérieure
du corps, pour être contenu dans la longueur de la
cavité abdominale, quoiqu'il ait lui-même i"',29 de
loiig(i).
c. Dans les JSémertes , vers marins externes , plats et
articulés, comme les Ténioïdes ^ les sexes sont aussi
séparés.
Les organes du sexe femelle ou ceux du sexe mâle
ont absolument la même forme ; ce sont des capacités
ovales, à parois glanduleuses, formant une double
série des deux côtés de chaque anneau, et ayant cha-
cune un orifice extérieur dans la partie correspon-
dante des téguments. Ces organes ne diffèrent que par
leur contenu. Chaque ovaire renferme de deux à qua-
tre ovules (2).]
B. \)di\\%\ ordre des A tien ter es.
\d. Dans la Famille des Acanthocéphalés , les Echi-
norrhynques ont deux ovaires qui régnent dans
presque toute l'étendue de la face dorsale et de la
face abdominale, ou du moins, pour être moins précis,
des deux côtés opposés du corps.
Les œufs y sont pressés, serrés en un cône très al-
(1) M. Miram.^ Sur le Pentastoma tœnioides. Annales des se. natur.,
2« s., t. VI , p. 147, et pi. Vlil , fig. 8 et 12. Et G. M. Diesiug , Monogra-
phie du genre pentastoma, pi. II, fig. 3, 47 5, 6, pour le pentastoma pro-
boscideiin», et i6, 17 et 18 pour le pentastoma tœnioides. {">) Exposé sys-
tématique des f^ers plats, par A. S. OI''rsted. Copenhague, i844' P'- ^^^ •>
fig. 56, ovaires du Notospermus flaccidiis , et p. mS.
AKT. V. CttEZ LES HËLMtNïHJiS. 573
longé, dont le sommet se termine par un court ovi-
ducte, à la dernière extrémité du corps.
Ces œufs sont d'autant moins petits, d autant plus
développés qu'on les observe plus en arrière, jdus
près de la terminaison de l'ovaire dans l'ovidncte.
Leur masse conique qui remplit l'ovaire n'est pas
continue; mais il y a , du moins après la mort, des in-
terruptions ou des intervalles vides dans ce long cy-
lindre.]
§ Si. Des oi>ules et des œufs.
A. Dans X ordre des Entérodèies.
[On distingue très bien , dans les ovules du trichoce-
phalus dispar^ la vésicule germinative, comme un es-
pace circulaire de couleur claire, au milieu des gra-
nules opaques qui constituent le vitellus.
L'œuf est elliptique, avec un bouton à chaque pôle
appartenant à son enveloppe extérieure.
Dans le Cheiracanlhiis robustus , les œufs sont ova-
les; ils ont, comme un couvercle au pôle étroit (i); ceux
du cheiracanthus gj^acilis sont sphériques [p); ceux de
Xanecyracaiithus piiinatrfidus sont presque ellipti-
ques (3). Ils sont ovales dans Yheterocheilus timi-
catus. Dans les uns et les autres , le vitellus est granu-
leux.
Ddi\ih\e?> trichosoines , les œufs mûrs ont de o""",o53
ào'"'",070, suivant les espèces (4). Une fois pondus,
(i) M. Diesiny, o. c, pi. XVI, fig. 22 à 24. (?) Ibid. PI. XVII, fiy. ,8,
ly el 20. (3) Ibid Pi. XVIll, fig. 16-19. i^) ^^- l>ujardiii, m. c.
574 XXXVII* LEÇON. OBG. DE GÉNÉKATION DES ZOOPHYTES.
ils ont un nidamentum mucilagineux qui les attache au
corps de la mère.
Dans les linguatules ^ les ovaires sont pyriformes
dans Tovaire , remplis d'une substance granuleuse. Ils
sont sphériques dans les branches de l'oviducte, et y
prennent l'albumen et leur dernière enveloppe qu'on
leur voit dans l'oviducte (i).
Dans les némertes. les ovules ont une vésicule ger-
minative, un vitellus, un albumen et une coque. L'ani-
mal, au moment de la ponte, les enveloppe d'un ni-
damentum muqueux, formant une masse cylindrique,
qui renferme beaucoup d'œufs [a).]
B. Dans ïordre des Anentérés.
[Dans les Echinorhynques ^ les œufs non fécondés
sont transparents. On les trouve mêlés , dans les ovai-
res, à des œufs fécondés, dans lesquels on reconnaît
un embryon plus ou moins développé.]
§ 3. Des organes qui préparent la semence, etdeleur
canal excréteur. *
[Ces organes varient dans les deux ordres et les fa-
milles de cette Sous-classe pour le nombre et pour la
structure.
Les Ascaridiens et les Linguatules n'ont qu'un
testicule. Us sont multiples dans les JSémertes. Les
Echinorhynques les ont paires comme les ovaires.]
(i) M. c. de M. Dicsing, pi. II , fig. g- î3. (2) M. Orsted, o. c, pi. III,
J, J^S et 70. OEuf du Notospettnus flaccidus.
ABT. \. CHEZ LES HELMINTHES. 575
A. Dans Xordre des Entérodèles.
\ci. Et clans la Famille des Ascaridiens. Le testicule
est un long tube simple non ramifié, d'un blanc opa-
que , replié autour du canal alimentaire. A son ori-
gine, il est extrêmement délié; il augmente peu à peu
de diamètre , quoiqu'il soit encore petit à sa termi-
naison dans le canal déférent. Celui-ci, beaucoup plus
grand, se porte directement en arrière pour se ter-
miner à l'extrémité de l'abdomen, enjoignant la base
de la verge.
Dans un individu de grandeur moyenne de Xascaride
lombricoide , le tube de la glande spermagènea envi-
ron o"',9 de long.
Quelques anatomistes ont décrit comme une sorte
de vésicule séminale, l'avant-dernière portion du tube
spermagène , et réservent la dénomination de canal
déférent à la dernière portion, de nouveau rétrécie, de
ce tube. Ainsi, dans notre ancien texte, M. Cuvier
avait écrit] : Le mâle de Yascaride lombricoïde a la
verge longue d'une à deux lignes, sortant parla queue ;
et, en dedans, une vésicule séminale occupant la moi-
tié de la longueur du corps , pleine d'une liqueur lai-
teuse. Dans son fond aboutit un vaisseau filiforme qui
a quatre ou cinq fois la longueur du corps, et qui est
pelotonné , mais qu'on dévide aisément.
[Dans le Trichocepfialus dispar, la première portion
de la glande spermagène, ou le testicule proprement
dit, est un tube très sinueux, dirigé d'arrière en
avant. A l'instant où il se coude poui: se porter d'avant
576 \XXV11* LEÇON. OftG, DE OËNÉBAT10^ DES ZOOPir, TES. ,
en arrière , il forme un tube droit, et successivement
deux autres, séparés du premier et du second par au-
tant d'étranglements. On lésa décrits comme trois vé-
sicules séminales. La dernière s'ouvre dans un canal
droit qui se termine dans le fourreau interne de la
verge (i).
Le testicule unique du Strongle armé ue diffère pas
essentiellement de celui de l'ascaride lombricoïde ,
sauf qu'il est moins long dans sa partie grêle, et qu'à sa
dernière portion le canal déférent commence plus tôt.
Il se termine de même à l'extrémité postérieure du
corps (2).
h. Dans la Famille des Linguatules. Il n'y a qu'un
testicule qui s'étend dans une grande partie de la
ligne médiane dorsale de l'abdomen. Sa forme est un
cône très allongé dont la pointe est en arrière. De sa
base sort un canal étroit, court, un peu flexueux, sorte
d'épididyme qui se dilate avant de se diviser en deux
autres, d'un diamètre beaucoup plus grand : ce sont
les déférents. Ils communiquent chacun dans une pe-
tite vésicule séminale , qui a un appendice cœcal re-
marquable, et finissent dans une des racines de la
verge (3). C'est du moins l'organisation de ces parties
dans \e pentastoma proboscideum.
c. Dans la famille des JVéme/tes, les organes prépa-
rateurs du sexe mâle forment , ainsi que nous l'avons
(1) M. F. J. G. Mayei-, m. c, pi. I, fi^r. i et 3. M. C. ^2) Lebloud,
o. c, pi. IV, fuj. 3. (3) M. Dicsing, m. c, pi, I, fig. 16 et 17.
ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 577
dit des ovules, une double série de vésicules, une paire
pour chaque anneau, qui s'ouvrent au dehors par un
pore extérieur correspondant. Ces vésicules sont rem-
plies de spermatozoïdes en forme de navette , dans
le Jiotospermus flaccidus ( i ).
B. Dans \ Ordre des Anentérès.
Et dans la Famille des Acanthocéphalés XJéchino-
rhpique géant a les deux glandes de la semence, en
forme de fuseau, situées dans la première moitié de la
cavité viscérale, de manière que la seconde de ces
glandes a son extrémité antérieure très près de l'extré-
mité postérieure de la première. Cette disposition, qui
tient à la forme allongée du corps, rappelle celle de
plusieurs viscères des serpents (les reins, les testicules,
les ovaires).
Un filet ligamenteux se porté de l'extrémité anté-
rieure de chaque testicule à celle de la cavité viscé-
rale. Le canal déférent sort de leur extrémité opposée ;
les deux canaux ne tardent pas à se réunir en un seul,
qui se dilate par intervalle et forme plusieurs réser-
voirs séminaux, jusqu'à sa terminaison dans le canal
du fend de la verge.
§ 4- ^Vi sperme et des spermatozoïdes.
Je ne connais encore que peu d'observations sur le
(i) OEisled, o. c, pi. III, tig. 54 et 55. Nous ne plaçons qu'avec doute
les Ne'niertes parmi les Cavitaires. Ces animaux s'en éloignent beaucoup,
comme on peut le voir pour les orijanes de la génération, et se rappro-
chent de la famille des Taenioïdes, dont ils semblent être le type supé-
rieur ; comme les Tienioiùes semblent être le type dégiadé des ÏXémerles.
8. 37
578 XXXVIT' LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
sperme et les spermatozoïdes des Intestinaux cavi-
taires.
A. Dans ï ordre des Entérodèles ^
a. Et dans ia famille des Ascaridiens. On a trouvé
le tube spermagèue rempli d'une liqueur laiteuse, dans
laquelle sont des granulations extrêmement ténues.
M. C. Leblond a observé que le sperme du filaria
papHlosa était composé de globules et de corpus-
cules multiformes. C'étaient sans doute des spermato-
zoïdes, vus à un trop faible grossissement pour dis-
tinguer exactement leur forme.
M. Siebold n'a pu découvrir de spermatozoïdes dans
ce qu'il a cru être le sperme des Ascaridiens.
b. ^uQpentastoma tœnioides, de la famille des Lingua-
tules , paraît en avoii" de capillaires. Us forment de
belles gerbes , suivant l'observation de M. Valentin ,
et sont d'une longueur considérable, puisqu'elle atteint
jusqu'à 1/6 de ligne. .
c. Les spermatozoïdes des Nemertes se développe-
raient y comme ceux des sangsues , dans des cellules
réunies en disques; de manière que les plus avancés
dans leur développement seraient ceux des cellules de
la circonférence, si on en juge par les figures publiées
par M. de Quatrefages. Dans le JSeniertes mandilla^ ils
ont un renflement céphalique formant une ellipse très
allongée, et un appendice caudal très long (i).
Nous avons déjà vu que, d'après M. Œrsted, les
(i) Règne animal de Cuvier, pi. XXXIV, des Zoophytes, fig. 2, 4, 5,6.
Observations et dessins de M. de Qualrefages,
ART. Y. CHEZ LES HELMINTHES. 579
spermatozoïdes du iiematospermus flaccidus sont en
forme de navette, sans appendice caudal (i).
B. Dans V ordre des Aneniérés.
On conuait les spermatozoïdes des EchinorJiynques .
Us ont la forme capillaire et sont réunis en gerbes ou
en écheveaux dans le testicule. Ils se meuvent en ser-
pentant , et ne se bouclent pas dans l'eau (2).
§ 5. Des organes mâles d accouplement.
A Dans Tordre des Entérodèles.
a. Omis la famille des Ascaridiens. îl y a une ou
deux verges selon les genres. La verge, dans l'un et
l'antre cas, est un stylet légèrerftent arqué, qui fait
saillie à l'extrémité postérieure du corps, un peu eu-
deçà de cette extrémité , au-devant de l'antis. Ce stylet
est conmie un proiongemeut du canal déférent,
Vascaride lombricdide n'a qu'une seule verge, aîtïsi
que les espèces des genres oxyuris , trichocephalus et
îrichosoma. Le slrongle armé n'a de même qu'une
seule verge, dans une sorte d'entonnoir qui est à Tex-
irémité postérieure du corps.
M. Diesing n'indique encore qu'une seule vorge
dans ses nouveaux genres cheiracanthus et stephanu-
rus ; il en décrit deux dans ses genres également nou-
veaux, les lecanocephalus . ancyracanthus ., hetero-
cheilus .
On pourra voir un exempie de l'organisation assez
(i) O. c, tig. 55. (2) M. SipbcilJ, m. c, p. 232,
580 XXXVII* LEÇON. OP.G. DE ftÉNÉllATION DES ZOOPHYTES.
compliqnée de ces sortes de verges, dans la description
de celle du trichocephalus dispar {^\) Le stylet si fin
qui la constitue se composerait essentiellement d'un
corps caverneux entouré d'un fourreau intérieur, con-
tinuation du tube éjaculateur, qui dépasse le gland
comme une sorte de prépuce, et est percé à son extré-
mité. La verge et son fourreau intérieur sortent par
l'orifice d'un fourreau extérieur, moins protractile et
hérissé d'épines ; un muscle rétracteur la fait rentrer
dans le corps.
Les trichosômes ont de même une verge rentrée
dans un fourreau plissé (2).
h. Dans la Famille des Linguatules. La verge uni-
que se montre comme une petite papille , entourée
d'un repli cutané, dans la ligne médiane abdominale,
un peu en arrière de l'orifice buccal. Elle commence,
dans la cavité viscérale, par deux branches qui reçoi-
vent les canaux déférents et les vésicules séminales.
Une prostate pyriforme adhère de chaque côté de ces
branches, à l'endroit de leur réunion.
c. Dans la Famille des Nemertes, il existe un oigane
problémalique que MM. Huschke et OEisted regar-
dent comme un membre génital commun aux deux
sexes. C'est un long boyau replié sur lui-même, plus
long que le corps, qui existe chez les femelles comme
chez les mâles, dans toute la partie dorsale de la cavité
viscérale, dont les 2/3 sont occupés par les organes de
(1) M. c, de M. Mayer, pi. I , Fig. i , 4, 5 et 6. (2) M. Dujardin ^ m.
c.,pl IV.
ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 581
la génération. Ce boyau est enfermé dans une cavité
péritonéale particulière, s'ouvr.mt à la partie antérieure
du corps; il est adhérent par son extrémité antérieure
autour de l'ouverture; tandis que son extrémité posté-
rieure est fermée et libre dans la cavité viscéi'ale. Ce
boyau est divisé par un diaphragme en deux parties ,
dans la moitié de sa longueur; la moitié antérieure a
un plus grand diamètre que la postérieure.
Il y a au milieu de ce diaphragme , du côté delatête^
un corps en forme de poinçon, dans une cavité parti-
culière, à Textrémité duquel est un corps dur, transpa-
rent, en forme d'aiguille, De chaque côté de cette
capsule il y a un intervalle qui renferme quatre ou cinq
corps semblables, arrangés de Jiianière que la tête de
Tun répond à la pointe de l'auti-e. Lorsque le boyau
génital est déroulé au dehors jusqu'au diaphragme, où
ce déroulement s'arrête , le corps eu poinçon se trouve
à son extrémité et s'introduit probablement dans l'ori-
fice génital d'un autre individu ( i).
F. Dans V Ordre des Ancnlérés .
Et dans la Famille de Acantocéphalés, Xérlùnorhyu-
cliLis (gigas) a le pénis compris dans la partie la p]u>
reculée de la cavité viscérale, lorsqu'il est dans l'éia!
de repos; dans l'érection il se présente au dehors,
comme un appendice en forme de cloeiie, qui se voit
à l'extrémité postérieure du corps, et qui en est dis-
tinct par un éti'anglement. Cet appendice se compose
(i) M. OEisted, ni. i:., p. 2 3.
582 XXWII' LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION DES ZOOPHYTES.
cie deux cônes repliés Fuii dans l'autre. Le sommet du
cône extérieur se continue avec les tégmnents. Celui
li'.i cône intérieur se prolonge en un cylindre creux ,
dans lequel le canal déférent vient aboutir.
C'est au fond de ce cylindre ou de cette verge inté-
rieure que les muscles rétracteurs et protracteurs de
cet organe viennent prendre leur attache mobile. Les
rétracteurs, au nombre de deux, se fixent en avant à la
paroi intérieure des téguments. Les deux protracteurs
ont leur point fixe à la partie la plus reculée de cette
même paroi.
§ 6. Des organes femelles d' accouplement.
Ils ne consistent que dans le vagin, simple canal
auquel aboutissent les oviductes, et qui se termine à la
vulve, percée dans un point variable du corps suivant
les familles, les genres et les espèces.
a. DansV ascaride lombricoïde , tvpe delà famille des
Ascaridiens^ le vagin est un canal à parois minces, beau-
coup moins épaisses que celle des oviductes incuba-
teurs, dont il se distingue très bien par cette structure
différente. La vulve, qui est sou orifice, est percée
entre le premier et le second tiers du corps.
Elle s'ouvre entre le second et le troisième tiers
delà longueur du corps, dans le chelrocantus robustus.
Dans \e filaria papillosa ^ le vagin va se terminera
l'extrémité antérieure dti corps, tout près de la bou-
che (i). \
b. Dans les Lingiiatitles , c'est à l'extrémité opposée,
à côté de l'anus, aue se trouve la vulve.
(i) M. Leblond, o. c, pi. II, fig. i-
ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 583
II. Des organes de génération dans la Sous-classe
des Parenchymateux .
Dans cette Sous-classe, l'hermaphroditisme est le cas
le plus ordinaire ; les organes femelles et mâles de la
génération y sont le plus souvent réunis dans le même
individu; elle se distingue par ce caractère de la Sous
classe précédente. Je ne connais pas d'exception pour
les Parenchymateux parasites; mais il paraît que
quelques Vers externes ont les sexes séparés.
Dans plusieurs Intestinaux, on ne connaît encore que
les organes préparateurs femelles. Dans d'autres [les
Acéphalocystes\ il n'y a pas d'organe spécial pour la
génération.
Ces différences nous obligent d'exposer successive-
ment tout ce qu'on sait des organes de génération des
deux sexes, en suivant la série des Familles.
§ 1. Dans la Famille des Planaires.
IjCS Planaires ont des organes mâles et femelles de
génération très rapprochés : ils peuvent avoir deux is-
sues l'une derrière l'autre, toutes deux placées dans la
ligne médiane ventrale , après le pore du suçoir : c'est
ce qui se voit dans Ici planaire trémellaire. D'autres fois
ces organes n'ont qu'une issue commune (i j.
a. Des Oi' aires.
Les ovaires sont éteudus de cliaque côté du corps,
entre les ramifications du sac alimentaire . ou de cba-
(i) Voir Diigès, Mémoires sur les Planaires. Aiinales des sr. natur.
t. XV, p. 172, pi. V, fig. 3; et A. S.. OErsted, o. c.
584 XXXVll*^ LEÇOiX. OliG. DE frKNÉHATlON DES ZOOPHVTES.
que côté ciu canal alimentaire, suivant les espèces.
Leur tube se continue, comme oviducte,en deux bran-
ches, qui se réunissent en un seul tronc, lequel se ter-
m'ine^ dans la planaire lactée , dans la paroi postérieure
de la gaine génitale qui renferme le pénis. C'est là que
s'ouvre encore une vésicule bilobée, que Dugès com-
pare à la vésicule copulatrice des Mollusques gastéro-
podes. M. Focke indique cette même vésicule dans la
planaria Ehrenbei^gii.
b. Des organes préparateurs du sperme et de leur
canal excréteur.
Il y a deux testicules situés de chaque côté du canal
alimentaire, plus en dehors (jue ces ovaires. Ce sont
deux glandes allongées, àdiUsXa planaire d'Ehrenberg^
ayant leur bord externe divisé en lobes, dontla'sub-
stance paraît granuleuse.
Les canaux séminifères qui eu sortent se réunissent
en un canal déférent , qui ne tarde pas à se dilater eu
une vessie séminale, en forme de navette. Chaque vé-
sicule se termine par un canal étroit dans une troi-
sième vessie en forme de cornue, sorte de prostate
dont le canal aboutit dans la base de la gaîne génitale
qui renferme le pénis, et où s'ouvre l'oviducte (i).
c. Des ovules et des œufs.
Les ovules ont un vitellus et sa membrane, une vé-
sicule et une tache germinatives.
Cependant M. Siebold leur refuse îa vésicule germi-
(i) Plumaria Ehrenberj^ii, von G. W. Focke, Annales du Muséum de
Vienne, iS.fi , pi. XVlI,fig. ii.
VRT. V. CHEZ I.Kb HELMINTHES. 585
native. Cette observation ne concerae que les œufs de
\a planarài toivai^i).
Les planaires sont d'ailleurs vivipares et ovipares,
suivant la saison. La planaria Ehrenbergii pond des
œufs en automne, avee une coque résistante, brune,
et des petits en été. On trouve dans son corps , dans
cette saison , et déjà au printemps , des œufs incolores
avec des embryons plus ou moi; s développés.
La plwiaria ton>a pond des cocons avec deux à
tw vitelkis. Ces cocons sont pédicules et attachés aux
plantes aquatiques.
d. Des Spermatozoïdes .
Ils sont j^rands , diffèrent, parlenr forme, suivant
les espèces et les [jenres.
Ils sont capillaires dans le prostoma sabovijormi: ;
ils ont un renflement céphalique et un appendice cau-
dal dans le microstoma Uneare (2).
M. OErsted a trouvé, dans certains individus, des
spermatozoïdes et des ovules répandus et mêlés entre
les viscères. Dans d'autres il n'y avait que des ovules
ou des spermatozoïdes.
e. Des organes d'accouplement.
Quand il n'y a qu'un seul orifice génital , il se voi<
immédiatement après l'orifice buccal. Cet orifice con-
duit dans une gaine de structure musculaire , dans la-
quelle la verge est retirée.
La forme de ceX organe d'accouplement peut difié-
(1) Froriep's Neue Notiaen , n" 366 , p. 216. (2) M. OErsted, o. c.
tif[. 8 . 20, 54 et 55.
586 xx-wri*^ leçojn. oro. dk génékation des zoophytes.
rer beaucoup , même dans les espèces d'un seul genre,
qu'on a d'ailleurs de la peine à distinguer par des ca-
ractères extérieurs (i). C'est, en général, un organe
creux , adhérent par sa base au fourreau qui le ren-
ferme.
§ 2. Dans la famille des Trèmatodes.
a> De la ghmde ouigène.
L ovaire, dans la douve du foie , occupe toute l'é-
tendue des côtés du corps. 11 se compose d'une quantité
innombrable de vésicules réunies par groupes, et con-
tenant des ovules. Les pins grands de ces ovules sont
plus rapprochés de la ligne médiane. C'est dans cette
région que se trouve Toviducte, canal ramifié dont les
troncs viennent aboutir à un corps ovale, sorte de
glande qui sert sans doute à compléter l'enveloppe des
œufs.
Au-delà de ce corps, l'oviducte est un canal resserré
sur lui-même , qui va se terminer à la peau , près de
la base du pénis , par un pore en apparence capillaire.
Toutes les espèces de ce genre n'ont pas un ovaire
de même forme. C'est un simple tube, plus on moins
sinueux , se continuant d'arrière en avant avec l'ovi-
ducte , dans les disloma appendiculatum et cylindri-
cum , et l'on retrouve dans ces espèces le lype de l'o-
vaire des Cavitaires (2).
Dans le genre amphistoma , les ovaires sont en
(i) M. OErsled, n. c., tig. 3, 4i '6, 2' , 23, 52 , 53. Ce savaut ne re-
garde la verre que comme un organe excitateur et non conducteur de la
semence. (2) M. Alayer, m. c, pi. III, fig. 12 et i3.
ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 58/
grappes, c'est-à-dire composés de capsules ovi^ènes.
réunies parleurs canaux excréteurs, qui leur servent
de pédicules , le long des deux branches principales
de 1 oviducte. Ils sont situés de chaque côté, entre les
téguments et les divisions du sac alimentaire. Chaque
oviducte , après la réunion de ses deux branches, se
porte transversalement vers la ligne médiane, à la ren-
contre de son symétrique , pour aboutir ensemble dans
un seul oviducte incubateur.
Ce dernier, ayant un diamètre beaucoup plus grand,
est un canal sinueux, qui se porte d'arrière en avant
jusqu'à son issue, près de la verge, en diminuant un
peu de diamètre. La première partie de cet oviducte,
un peu dilatée en cul-de-sac , est désignée sous le nom
de matrice . et les deux oviductes qui s y rendent ont
été comparés aux trompes de Fallope (i),
b. De la glande spermagènt et de son produit.
Plusieurs espèces de distomes., qui ont été étudiées
avec soin, ont montré deux testicules globuleux , pla-
cés de chaque côté du corps, l'un plus avant que
l'autre. Il sort de chacune de ces glandes un canal
déférent très fin , qui se rend dans la dilatation de
la base de la verge , formant , comme dans les Insec-
tes, une vésicule éjaculatrice.
Mais on a constaté en même temps l'existence d'un
"^i) M. Dicsing , Monogrnphia der Gutuiifren Jmphîstoma, etc. An-
nales du Muséum de Vienne, 1841 , 1>1. XXII, fig. 4i7i '-^î 22. Voir
encore pour le D!pfozooin païadoxum , f'^enre de celte famille, M. Al.
ISordinann, iVonocfrapiiische Buitrœcje. Berlin, i832,ijI. VI, ^G* ' ^l 2 ;
et pour YOclobotvium lanceolatiim. le ni. c. de iM. Maycr, pi. III, fig. i,
g et lO.
588 XXXVll* LEÇON. ORG. DE Gé^ÉRATlOW DES ZOOPHYTES.
réservoir séminal (dans les distowa nodulosam et glo-
bipOT'iini), qui reçoit le sperme du testicule antérieur,
et dont le canal excréteur se rend au commence-
ment de l'oviducte incubateur. Cette disposition orga-
nique fait que les œufs peuvent être fécondés immé-
diatement dans le corps de l'animal, et indépendamment
de ses actions instinctives de propagation (i).
Les glandes spermagèues de Xamphistoma i>;igaii-
teum sont deux vésicules muitifides, ou composées de
petits cœcums, réunis dans une cavité centrale, d'où
part un canal déférent étroit et court.
Ces doux testicules sont rapprochés de l'oviducte
incubaleiir dans la partie moyenne du corps.
Leur canal aboutit dans une sorie fie vésicule sémi-
nale (le forme ovale. Cette vésicule a, du côté de son
gros bou< , un canal replié , en rapport avec la verge ,
qu'on peut ronsidérer comme une prostate.
On a pu étudier les spermatozoïdes de plusieurs es-
pèces de distomes (des distoma Jicputicuin , terelicolle^
globiponun , nodulosuni). Ils ont une forme capillaire
sans renflement céphalique.
Où en rencontre peu dans les testicules, qui sont
remplis d'une niasse granuleuse très fine. La vésicule
séminale en est farcie. Plus libre dans son canal excré-
teur et dans le canal éjaculateur , ils montrent une re-
marquable vivacité de mouvements.
(i) VoirM H Butnieister, Acliives de Wiegniaiin île i836,t. 1!, pi. II.
fig. 2, et p. 187, pour le Distoma globiporuiu; et M. Siebold, Archivt^y
de J. Miitier pour i836 , pi. X, fig. i , poui le Distoma nodulosum.
ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 589
c. Des organes d' accouplement.
Dans les dfslômes , l'issue des organes mâles et celle
des organes femelles sont situées entre la ventouse an-
térieure et la ventouse postérieure, tout près decelie-ci,
et très rapprochées Tune de l'autre.
Dans le distoma hepaticiim , la verge est courbée eu
arc. Elle a son issue, ainsi que nous venons de le dire,
tout près et en avant de la ventouse postérieure. C'est
un tube qui se déroule par cette issue, au moyen des
contractions du fourreau qui la contient, dans l'état
de repos , avec la vésicule séminale (i).
f/orifice génital se présente , dans Xamplùstoma
giganteurn ^ après l'orifice buccal, comme une fossette
de laquelle sort une papille. Cette papille n'est que le
prépuce de la verge, qui est eu forme de stylet très
fin, recourbé en avant (2).
La verge et son prépuce sont cachés , dans l'état de
rétraction , dans une fossette en forme d entonnoir,
dans laquelle i'oviducte a son embouchure.
^ 3. Dans la. famille des Tœnioïdes.
Les organes des deux sexes sont multipliés et très
nombreux , puisque chaque anneau du corps en est
pourvu, et que, sous ce rapport, il forme une indivi-
dualité complète.
a. Des glandes ovigènes , des ovules et des œufs.
Dans le tœnia de V homme., on voit l'ovaire de
(i) Ed. Mehlis, o. c. (2) M. Dk'sinjî, '"• c., pi. XXIII, fifi. i, et
pi. XXII, Hg. 16, ,;, 18 et 11.
590 xxxvn^ leçon, org. dk génération des zoophytes.
chaque anueau se dessinant comme une broderie blanc
de lait, sur un fond blanc-bleuâtre. Il occupe une
grande partie de Tanneau lorsqu'il est rempli d'œufs
mûrs. Ses ramifications partent d un tronc commun
longitudinal , occupant la ligne médiane de Fanneau ;
elles se portent jusque 1res près de ses bords libres et
articulaires, en se divisant et en paraissant se terminer
en culs"de-sac , le plus souvent un peu dilatés en mas-
sue. Nous avons réussi plusieurs fois à injecter au
mercure ces canaux ramifiés; mais sans découvrir leur
communication avec la ventouse latérale, où l'oviducte
aurait son issue, suivant M. Délie Chiaje (i).
Gœtz a donné une description aussi précise de l'o-
viducte , dans le tœiiia sinuosa , où il se terminerait
dans la papille même de la ventouse latérale (2).
Dans quelques cas , on a trouvé les œufs dispersés
dans tout le parenchyme des anneaux, sans pouvoir
distinguer les parois des capsules ou des tubes ova-
riens. C'est ce qui a lieu dans Xalisselminthe du
lièi're, que nous avons particulièrement étudié, et
dans les ligules , que nous plaçons à côté des bolhrià-
céphales.
Ces derniers ont , dans chaque anneau , un appareil
central préparateur des ovules, et un réservoir des
œufs. Cet appaieii est peut-être moins étendu , à pro-
portion , que dans les tœnias.
M. EscJuicht ^ qui Fa étudié avec soiu sur le botluio-
céphale de ï homme et sur plusieurs autres espèces, a
(i) Gompendio di Elmentogratia umana. ISapoli, i833, pi. IV, tig. lo
et Meinorie, t. I, pi, XII, fig. 2. (2) Voir Schmaltz, pi, III, Hg. 16.
ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 591
reconnu deux ovaires par anneau _, un réservoir des
œufs composé d'oviductes repliés , et de glandes qu'il
suppose devoir fournir l'albumen etrenvolo})pe cornée
résistante des œufs; de sorte que ces animaux auraient
leurs organes femelles de génération aussi compliqués
que les vertébrés ovipares (i).
Leuckart^ décrit, dans le bothriocephalus /loris, des
ovaires doubles, et situés dans les deux bandes margi-
nales de chaque anneau (2).
L'existence d'un oviducte ou d'un conduit spé-
cial pour la sortie des œufs mûrs est loin d'être dé-
montrée dans cette famille. Plusieurs anatomistes ad-
mettent un spermaducte , ou une sorte de vulve et de
vagin , pour la fécondation des œufs seulement.
Les parois des anneaux dans lesquels les œufs soilt
parvenus à leur maturité , amincies successivement ,
finissent par se déchirer à cette époque , comme cela
a lieu chez les BaciUanées , les Diatômes, les Oscilla-
riées^ et, en général , chez des êtres organisés infé-
rieurs , dont le corps ne semble être qu'une capsule
génératrice, devant se rompre à l'époque de la matu-
rité des germes, après que son parenchyme a servi au
développement de ces germes. Ici, chaque anneau qui
renferme des œufs mûrs semble être parvenu au terme
et au but de son existence, et n'est pas destiné à eu
produire et à en nourrir d'autres.
Dans le buthridium pitiionis Bl. , Tovaire forme un
l^i) Voir son Mémoire parmi les A. IS. C. de Bonn, t. XJX, pi. 11.
2) Fragments zoologiques, Helmsledt , 1820, et Schmaltz, o. c, pi. IV,
tig. i3.
592 xxxvn* leçon, obg. de génération des zoophytes,
gros tubercule saillant, au milieu d'une des faces de
chacun des anneaux développés. Le tubercule de l'an-
neau suivant relève le bord de l'anneau précédent; il
renferme deux poches ovariennes, qui répondent à
chaque face de l'anneau. On peut les extraire séparé-
ment l'une de l'autre. Nous avons distingué dans une
de ces capsules, dont les parois intérieures sont lisses,
un tuyau replié contenant des œufs de forme ovale.
C'était évidemment le tube proligère (i). Rien ne
rayonne d'ailleurs autour des poches ovariennes ou de
l'ampoule qu'elles forment.
Dans une autre observation de l'animal frais, je n'ai
trouvé qu'une poche ovale, située exactement au mi-
lieu de chaque anneau , dont le grand diamètre était
dans le sens de Taxe longitudinal de l'animal. L'ex-
trémité postérieure de cette poche était comme en-
châssée dans une apparence de boyau replié. Ce
boyau était-il l'analogue de celui que nous venons de
décrire dans l'une des capsules?
Les œufs du Bothridiuni pithuris sont de forme
ovale. Leur plus grand diamètre a 0,07 ou 7^ de
mill., et leur plus petit rr à ^.
M. Eschr-icht croit avoir reconnu les ovules avec leur
vitellus , dans les canaux des ovaires. Il suppose qu'ils
reçoivent leur albumen dans ce qu'il nomme la glande
de la pelote , à 1 endroit où commence le second ovi-
ducte, qu'il appelle utérus, et le long duquel ils re-
(i) Celte observatioa est conforme à celle de M. Eschiiclit, qui dis-
tingue, dans ce qu'il appelle le réservoir des œufs, la capsule, et un
tube mince qui les renferme , m. r.
A HT. V. CHEZ LES HELMINTHES. 593
çoivent la malière de leur coque. Blanchâtres dans
l'ovaire, ils sont jaunes dans le premier oviducte, et
deviennent plus foncés et même bruns dans le dernier.
Les œufs mûrs du tœnia denticidata sont globuleux;
ilf ont une coque unie, et une membrane interne dans
laquelle se meut librement un sac en massue, qui ren-
ferme un embryon avec ses six crochets. Us ont un
quart de ligne de diamètre (i).
Dans le tœnia expansa les œufs sont sphériques et
cependant irréguliers. La membrane interne de la
coque a une forme moins régulière que dans l'espèce
précédente, fi'embryon se présente sous un aspect dif-
férent.] ' .
b. Des glandes spertnagènes et de leur produit.
[Le testicule, dans cette famille, serait, suivant Ed.
Mehlis et Creplin , un vaisseau spermagène, très leplié
eu nombreuses circonvolutions, qui s'ouvrirait dans la
verge, et dont les ramifications iraient se perdre dans
la partie moyenne de chaque anneau.
Déjà ISitsch avait indiqué une glande spermagène
dans le tœnia villosa 2) (de l'outarde).
M. Siebold a découvert des spermatozoïdes dans un
o!"gane du tœnia depressa, qu'il a, en conséquence, dé-
terminé comme le testicule : c'est un coj'ps réniforme
qui se voit dans le milieu des articles les plus avancés
dans leur développement. Le même naturaliste a fait
(1) Mémoires tVhelminthuloyie, par M. Creplin. Archives d'Erich.son
pour 1841, p. -^«5. (2) Voir Schinaltz, o. o., pi. \\\ . fi{;. i-i5.
8. 38
694 XXXVII* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
sortir, par la compression , des pénis du tœnia in-
flata^ une quantité de spermatozoïdes linéaires.
Dans le holhriocephalus latus , on voit les canaux
séminifères repliés d'une manière très compliquée sur
la lace dorsale des capsules de l'oviducte. Ils provien-
nent des glandes spermaj^ènes composées de très pe-
tites vessies, qui sont les terminaisons aveugles de cet
organe.
Les canaux séminifères se rendent dans la vessie
éjaculairice du pénis (i).
J'ai vainement cherché d'autres organes f?ue les
ovaires, dans plusieurs exemplaires frais du tœnia so-
liiim , du bolliriocephalas hominis et du hothridiùm
pithonis. ]
c. Des organes mâles d accouplement.
[On a décrit comme un pénis, une papille qui se voit
au milieu de l'un des deux pores de chaque aiuieau ;
soit au bord de cet anneau (les tœnias ) ^■ioxX au centre
de l'une de ses faces (les bothriocéphales).
Il existe memg une papille très prononcée sur les
deux côtés du même anneau, tout près de l'article
suivant , dans Xalisselminthe du lapin.
Cette détermination est généralement adoptée par
les naturalistes allemands (2), et les observations de
(i) M. Eschricht , m. c.
(2) Adoptée par i\7tsc/i (Schmaltz, pi. III, [ig. i-i5);par Ruclolphi ,
pour la litjula sparsa (Bremser Jicones et SchmaUz, pi. IV, 6-i5); ad-
mise encore par Bremser (Vers intestinaux de l'homme. Atlas de la tra-
duction française, pi. IV. fig. 7; et mieux Sfhmaltz , pi. V, fig. 7.)
ART, V. CHEZ LES HELMINTHES. 595
M. Siebold que nous venous de citer semblent la
confirmer.
Dans l'état de rétraction, c'est-à-dire quand cette
papille est retirée dans la ventouse , chez le tœiiia so-
lium ^ on la voit tenir par un pédicule aminci sur la
partie des parois de !a ventouse la plus rapprochée
du bord de l'anneau, et se courber en dedans et en
arrière, où son extrémité est comme dilatée en
massue. De sa partie convexe qui regarde vers la ligne
moyenne, part un ligament ou un cnnal , qui se dirige
plus avant dans l'intérieur de Tanneau , sans que nous
avons pu préciser l'endroit où il se termine.
Ajoutons que dans plusieurs tœnias observés frais ,
les ventouses du bord de chaque anneau , parmi les
moyens qui suivent les plus petits, m'ont paru abso-
lument plus grandes que dans les anneaux les plus re-
culés
.l'ai fait la même observation dans \ (disse bnintlie du
lièvre , qui a deux ventouses et deux papilles par an-
neau. Les deux ventouses sont vis-à-vis Tune de l'autre,
très près du bord postérieur et transversal de chaque
anneau , et de l'angle qu'il forme avec la fin du bord
latéral; on les voit plus près du milieu de ce dernier
dans les anneaux moyens et antérieurs. Dans les uns
et les autres, la ventouse est comme la f^aîne ou le
prépuce de la papille conique qui a une grande pro-
portion. Là s'enfonçaiit obliquement dans rintérienr
de l'anneau, celte papille, après s'être considérable-
ment dilatée, a sa base comme séparée par un étran-
glement d'un coips sphérique tel que le représerite
Schmallz.
En admettant que la papille est un pénis, la {iiiata-
\
596 XXX VII' LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHVTES.
îion de sa base est une capsule éjaculatrice qui reçoit
les canaux déférents, ainsi que nous l'avons déjà ex-
primé, d après M. Eschricht.
d. Des organes femelles d^ accouplement.
Des deux pores apparents, placés l'un devant l'autre,
dont nous venons de parler dans l'article précédent et
qui sont considérés comme deux pores génitaux, l'an-
térieur appartiendrait aux organes mâles, et le posté-
rieur aux organes femelles.
MM. Crepiin et Ed. Mehlis admettent une sorte
de vagin qui conduirait dans le tube de l'ovaire, et ils
restreignent à la fécondation l'usage de ce canal; son
embouchure serait dans le fond de la ventouse de cha-
que anneau , comme un pore à peine visible, percé en
arrière de la pupille qu'ils regardent comme une verge.
Celle-ci y ferait pénétrer le sperme à la suite d'une
véritable intromission ( i ).
Dans plusieurs exemplaires frais du bothridiuin pl-
thonis que nous avons étudiés , nous avons vu deux
pores , percés dans la ligne médiane , sous différents
aspects; tantôt ils ont l'apparence de deux fentes , tan-
tôt ce sont deux trous ; le plus souvent on distingue une
papille en avant et un trou en arrière; la première est
un peu cachée par le bord postérieur de l'anneau pré-
cédent.
Dans le genre bothrimoneY}\j\ . , nous avons observé
une série de pores sur le milieu de chaque face des
anneaux. Cette observation singulière, sur laquelle on
(i) ISovae observationes de Entozois. Auctore Crepliu Berolini , 1829 ,
ivec fies addition;* du docteur Ed. Mehlis, et /sis de i83t . p. 71.
ART. VI. CHEZ LES KOTIFÉBES. 597
a élevé des doutes, a été faite et vérifiée avec nous,
par d'autres auatomistes très e.xercés dans les observa-
tions microscopiques (i).
4° Dans Xdi famiUe des vers vésiculaires.
Les vers vésiculaires ou les hydatides n'ont aucun
organe de j^^nération sexuelle. Leur propagation paraît
se faire par bourgeons , qui se développent à la paroi
extérieure delà membrane commune (les camires ) ou
à la paroi intérieure de cette membrane (les échinO'
coques).
Quoique cette espèce de propagation soit la seule
évidente, on peut supposer par analogie que ces ani-
maux se propagent encore par des bulbilles ou par des
germes libres, ayant cependant une enveloppe protec-
trice qui leur permet de résister aux agents physiques
et de se transmettre d'un animal à l'autre.]
ARTICLE VI.
DES ORGANES I3E LA GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES ROT1FÈRE5.
[C est à M. Ehrenberg que la science a l'obligation
d'avoir singulièrement avancé par ses belles décou-
vertes la connaissance de l'orpianisation de ces ani-
(i) Entre antres par 7>I. le docteur Mai ssiat, mon préparateur au Col-
lège de France. J'e.spère que MM. les Naturalistes américains ne tarderont
pas à pouvoir vérifier cette observation sur des animaux frais, contre
lopinion d« savants très expérimentés sans doute dans cette partie de la
zooloji[ie,f|ui n'ont p.Ts hésité de décider, h priori ., que c'était une erreur
de ma part. Vuir les Archives de J. Mûller pour \S\2 , pi. LXII.
598 XXXVII* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES.
maux , en particulier celle qui concerne leurs organes
de génération.
Ces animaux sont hermaphrodites et se fécondent
eux-mêmes.
Dans la famille des Hydatinés^ l'ovaire unique est en
forme de ruban , le pkis généralement replié. L'ovi-
ducte est court et s'ouvre dans une espèce de cloaque
où vient aussi aboutir la fin du canal intestinal.
Des œufs plus ou moins développés s'aperçoivent
dans l'ovaire et dans cet oviducte, à travers les tégu-
ments transparents de l'animal et les parois de ces
organes. Ces animaux en rendent cie deux sortes, sui-
vant les saisons : des œufs à coque molle et lisse et des
œufs à coque plus dure hérissée de piquants ; ce sont
les œufs d'hiver.
Des espèces de plusieurs genres les portent attachés
à leurs corps, à la manière des Crustacés.
Il y aurait deux longs tesùcules en forme de massue,
et une vésicule séminale qui les unit à l'oviducte (i).]
ARTICLE VIL
DES OKGANES DELA GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES ANIMALCULES
HOMOGÈNES OU POLYGASÏRES,
[Les animaux de cette classe sont comme les vers
vésiculaires ou la dernière famille des parenchyma-
teux : on ne leur connaît incontestablement aucun
organe de génération femelle : aussi paraissent-ils ne
(i) Voir la pi. XLVII, fig. 8, etc., du bel ouvrage de M. Ehrenberg ,
ayant pour titre : Les Animalcules infusoires considérés comme des orga-
nismes parfaits. (En allemand.) Leipsig, i838.
ART. Vil. CHEZ LES ANIMALCULES HOAIOGKISES. 599
se propager que par scissure, par bourgeons ou par
bulbilles.
Cependant nous devons dire que M. lihrenbei'fj
pense aVoit* reconnti leurs œufs datis tirle rriassiR granu-
leuse dense que renferme leur corps; que certains or-
ganes en étoile, qui apparaissent au nombre de deux ,
et même de quatre, sont, pour cet observateur si pé-
nétrant, des réservoirs séminaux, dont les angles prc
duisent des canaux qu'il a vus rayonner de ces centres.
Quelques espèces lui ont montré, outre cela,
deux glandes qu'il regarde comme spermagènes (i).
Ces déterminations ont été vivement combattues (2).]
(i) M. Ehrenberg, u. c, pi. XXXIX, 6, et Annalts des se. nat. •?' se-
rin, (. m, p. 283, et pi. XII, fig 19, c. et v'. (2) M Dujardiu, méinc^
Annules.^ t. X, p. 285.
600 XXXVm*^ LEÇON. OKG. ÉOUCATEIJRS EXTÉBIEURS.
TRENTE-HUITIEME LEÇON.
DES ORGANES ÉDUCATEURS EXTÉRIEURS DANS LES
QUATRE EMBRANCHEMENTS DU RÈGNE ANIMAL.
[Ces organes peuvent servir à la fécondation, au dé-
veloppement de l'embryon dans l'œuf et au premier
accroissement hors de l'œuf. Sans doute leur emploi le
moins général est celui qui les met directement en rap-
port avec la fonction de la génération ; et si nous en
parlons ici, c'est pour nous confirmer au premier
plan de cet ouvrage.
Chez les Mammifères^ ces organes n'appartiennent
plus à la génération proprement dite ; elle est effectuée,
l'embryon est produit, il est à l'état de fœtus assez dé-
veloppé (les Didelphes)o\x de fœtus à terme (les Ma-
Tiodelpkes) quand leur emploi commence.
Cependant il est certain que, dans quelques cas, dont
noMS trouverons des exemples chez les Reptiles et les
Poissons^ parmi le5 fierté brcs , et dans les deux Em-
branchements des Articulés et des Mollusques ^ la fé-
condation , et coRséquemment le dernier terme de la
génération sexuelle , ne s'opère qu'au moment du pas-
sage des œufs de Foviducte dans l'organe éducateur,
c'est-à-dire d'incubation extérieure, ou seulement dans
cet organe. Son histoire appartient donc encore à celle
de la génération, de même qu'à celle du développe-
ment, dont elle peut être considérée comme une
introduction. Celle des organes éducateurs, chez les
Mammifères ,s à méuie au-delà de l'histoire du déve-
ART. ;. CHEZ LES VKRTÉBKÉS. 601
loppement ; elle appartient proprement, ainsi que nous
venons de le dire, à notre seconde époque de la vie ,
à celle du premier accroissement hors de l'œuf.]
ARTICLE I.
J>ES ORGANES ÉDUCATEURS EXTÉRIEURS DANS l'eMBRANCHEMENT
DES VERTÉBRÉS.
A. Dans la Classe des Mammifères.
[Cette classe, ainsi que son nom l'indique, est essen-
tiellement caractérisée par l'existence des mamelles, ou
des glandes servant à la sécrétion du lait, la première
nourriture des Mammifères après leur sortie de l'or-
(»ane d'incubation intérieure.
A cet égard, comme à beaucoup d'autres, il y a des
différences organiques et fonctionnelles dans les deux
séries des Mammifères Monodelphes et Marsupiaux ,
que nous exposerons successivement.]
ï. Des glandes mammaires dans (a Sous-classe des
Mammifères Monodelphes.
§ 1 . Chez la femme.
La femme a deux mamelles arrondies, situées au-
devant et im peu sur le côté de sa poitrine : chaque ma-
melle est composée d'une masse glanduleuse divisée
en quinze ou dix-hnit lobes, et ceux-ci en lobules, [qui
se composent de granulations analognes à celle des
glandes salivai res. Les derniers éléments organiques
de ces granulations sont des vésicules, origine des pre-
miers ramuscules des canaux galactophores.
Ces vésicules sont entourées d'nn réseau de. vais-
ÔOÎ XXXVIII" LEÇON. ORG. ÉDLCATEUHS EXTÉRIEURS.
seaux sanguins qui leur fournissent les matériaux de
leur sécrétion.]
Un grand nombre de conduits excréteurs, dont le
diamètre varie beaucoup suivant qu'ils sont gonflés do
laiton vides de ce liquide , sortent, pour ainsi dire, de
tous les points de cette glande, et se réunissent en au-
tant de troncs galactophores que la glande a de lobes
principaux, rangés circulairement, et dont l'ensem-
ble lui donne la forme hémisphérique ou un peu coni-
que. Ces conduits se portent de la circonférence de la
glande vers le centre de sa surface cutanée, que le
mamelon couronne. Parvenus à la base du mamelon, ils
se dilatent eu ampoule , puis reprennent im moindre
diamètre pour pénétrer ensemble, sans communiquer
entre eux, jusqu'à l'extrémité de ce mamelon, où leurs
orifices sont rangés circulairement.
Celui-ci, élevé au milieu de l'extérieur du sein, s'en
distingue par sa couleur rouge, sa peau délicate, ex-
trêmement sensible , plissée ou sillonnée , et par la fa-
culté qu'il a d'éprouver une sorte d'érection, par le
moyen du tissu dartoïde doni il est pénétré. Il est en-
touré d'une aréole de même couleur, où l'on observe
plusieurs petites tubercules formés par autant de glan-
des sébacées.
Les artères qui apportent le sang aux mamelles vien-
nent de la mammaire interne , de plusieurs thora-
chiques et des intercostales. Elles sont accompagnées
par des veines analogues.
Des vaisseaux lymphatiques extrêmement nombreux
pénètrent la masse des mamelles, et communique-
raient, suivant quelques anatomistes , avec leurs cou-
ART. I. CHEZ LES VERTÉBilÉS. 603
duits excréteurs ; mais ce cas , s'il a été observé , n'est
jamais normal.
Les nerfs qui les animent naissent des intercostaux
et des thoraciques.
Les mamelles, chez la femme, sont entourées d'un
tissu fibreux, et comme plongées dans des pelotes de
graisse, dont le volume total excède souvent de beau-
coup celui de la glande. C'est cette graisse mamninire,
dont la quantité varie beaucoup, qui produit les grandes
différences qui s'observent dans le développemen! du
sein des femmes.Voilà pourquoi l'abondancedu lait n'est
pas en raison de ce volume , et qu'une petite mamelle
en fournit souvent bien plus qu'une mamelle beaucoup
plus grande. [Ce sont ces pelotes de graisse qui donnent
à l'ensemble du sein la consistance qu'il perd lorsque
la peau a été fortement distendue, par l'extension qu'il
prend durant la lactation, que le gonflement de la
glande a cessé avec sou activité, et que l'amas de graisse
a diminué très sensiblement.
Il y a d'ailleurs quelques différences dans le déve-
loppement des mamelles, suivant les races, les cli-
mats et les âges, les proportions de g<*aisse qui entrent
dans leur composition , l'étendue proportionnelle de
la j)eau qui les enveloppe et celle de 1 aréole de cou-
leur brune qui entoure le mamelon.
Dans les pays chauds , les femmes , même de la race
caucasique, qui allaitent ou qui ont allaité, ont les
mamelles plus développées que dans les climats tem-
pérés ou froids.
Celles des races inférieures noire ou jaune, ou mé-
langées de l'une et de l'autre, les Hotienlotes ^ par
exemple, qui appartiennent à cette dernière catégorie,
604 XXXVIll' LEÇON. ORG. BDUCATEUBS EXTÉRIEURS.
les femmes de la terre de Diémen , qui tiennent à une
sous-division de la première, ont les mamelles telle-
ment extensibles qu'elles allaitent leurs enfants, les
tenant sur leurs dos.
M. Guvier (i) a fait robservatiou remarquable,
qu'une femme connue à Paris sous le nom de Vénus
hottentote avait l'aréole qui entoure le mamelon large
de plus d'un décimètre.
L'homme présente des traces de cet organe, qui n'a
de fonction que chez la femme, dans l'existence du
mamelon et l'aréole qui l'entoure, et dans une hémi-
sphère de graisse qui distend la peau de cette partie
de la poitrine, chez les personnes adultes qui ont de
l'emboripoint ; mais il n'existe, sous le mamelon et
son aréole, au lieu de gian(ie, qu'un tissu cellulaire
soyeux.]
§ 2. Chez les autres Mammifères Monodelphes.
Le nombre des mamelles et leur situation sont ex-
trêmement variables dans cette série : cependant il
y a des familles [et même des ordres] , où l'un et l'au-
tre sont constants.
[On ne trouve, en effet, que deux mamelles pecto-
rales dans tous les Quadrumanes^ les Loris seuls excep-
téii, qui en ont eu sus deux épigastriques ; dans l'ordre
des Chéiroptères^ dans celui des Proboscidiens , chez les
Tardigrndes et dans les Amphibies trirèmes ou les Cé-
tacés herbivores.
liCs Cétacés ^Yo^vemeni dits n'en ont de même que
deux dont le mamelon est dans une fossette, de chaque
(i) Voir son article Femme de race boschisman , dans V Histoire tictii-
relle des Mammifères ^ par MM. Geoffroy- Saint-Hilaire et F. Cuvier.
ART., I. CHEZ LES VERTÉBRÉS. 605
côté de la vulve { i); mais dont la glande étroite et
longue, du moins dans le Marsouin (-2), s'étend fort
avant entre le muscle peaucier abdominal et la gaîne
du muscle droit.]
Chez les Carnassiers et cliez les Rondeurs , le nom-
bre et la situation des mamelles varient même d'une
espèce à l'autre.
Elles ont quelque chose de plus constant cîaiis les
autres ordres de cette classe, où elles sont généralement
moins nombreuses. 11 semble que leur situation et leur
nombre changent d'autant plus facilement, dans les
différentes espèces, qu il y en a davantage. Ce nom-
bre varie même quelquefois, quoique très rarement,
dans les individus d'une même espèce. Il est d'ailleurs
ordinairement en rapport avec le nombre des petits
que les femelles peuvent mettre bas. Pour l'apprécier
d'une manière comparable , nous l'avons calculé d'a-
près celui des mamelons, et non des masses glandu-
leuses qui se confondent souvent.
En général, si Ton cor.sidére les différences que pi'é-
senteut les mamelles relativement à leur situation et à
leur nombre, on verra qu'elles peuvent être situées
à l'extérieur du thorax , le plus généralement en bas
et sur les côtés, nous supposons l'animal dans la posi-
tion horizontale ; qu'elles remontent quelquefois plus
ou moins sur les côtés, comme chez les Ckaaves-sou'
(i) Fragments sur la structure ci l'usage des glandes maimoaires d<s
Cétacés, par E. Geoffroy-Saint-Hilaire. Paris , 1 834, planciie , ^'lî- '■>
glandes d'un fœtus de baleine. (2) Les Cikacés, considères sous les rap-
ports anatomique et zoologiqui; , par G. T'upn. Stnirgarl, iH^y, p. 177,
pour les glandes inammaires des niarsoiiiii-.
606 XXXVIIl* LEÇON. ORG. ÉDUCATELBS EXTÉRIEURS.
ris (i)>. le capwmys Fournieri (2), la viscachei^")^ et
qu'elles sont absoluiiieut supérieures, et à peu de dis-
tance de l'épine, dans un [lenre voisin, le jni/opotamus
coïpu[^).
Les mamelles sont encore très souvent abdomi-
nales , chez un grand nombre de Mammifères; ou
inf^uinales , c'est-à-dire dans la partie la plus reculée
de l'abdomen , comme chez les Ruminants ; ou de cha-
que côté de la vulve, comnie chez les Cétacés. Il peut
même s'en trouver sous la queue , ainsi que nous
l'avons observé pour les deux dernières du soj'ex cras-
sicaudus (5).
Quaqt à leur nombre, il varie de deux à quatorze.
Ce nombre, toujours compté d'après les mamelons,
est généralement plus grand dans les petits animaux ,
tels que les ïiisectivores et les Rongeurs.^ dont les
petits sont nombreux , par portée , que chez les grands
Mammifères, qui ne ujettent bas qu'un ou deux petits
tout au plus.
On en compte jusqu'à dix chez le fiériason, dont six
pectorales et quatre abdominales. La plupart des es-
pèces de musaraignes n'en ont que six , dont les deux
dernières peuvent être très reculées.
Parmi les Carnassiers , Xoiirs , le blaireau , le raton ,
(i) Dict. classique d'iiist. natnr,, art\c\e Roussette ^ par M. Is. Geuf-
froy-Saint-liilaire. (2) M. Desmarest, Dict. des se. natiir. , t. XXVIII,
p. 463. (3) M. A. d'Orbiyiiy, Annales des se. natur, , t. XXI. (4) Nous
avons, eonstaté, sur un exemplaire rapporté du Chili par 31. le docteur
Aekermann , eette oL)ser%'ation faite depuis longtemps par M. Is.
Geoffroy-Sainl-HUairc. (Annales des se. natur., t. XXI, p. 287. (
(5) Voir le supplément à nof-.n mémoire sur \(% Mu^avaifjnes. Stras-
bourg, 3o janvier i838.
ABT. I. CHEZ LES VEETÉHRÉS. 607
le coati ^ n'en ont que six ; la loutre , le lion el la. pan-^
thère , quatre seulement; le coui^ouar, six; le chat et le
serval , huit ; le (7?/e//,jusqu à dix ; mais ce nombre peut
être réduit à sept, comme dans \q furet.
C'es|: dans Tordre des Rongeurs , et dans V agouti en
particulier, qui en a de douze à quatorze, que nous
avons trouvé !e nlus f?i"and nombre de mamelles; mais
il y en aaussiqui n'en ontque Af'wx^V anoéma ou cochon
d'Inde, et d'autres qui n'en ont que quatre, le puca ,
['écureuil palmiste ( Se. palniarum , Pallas), Vhéla-
mys , le jerbo [mus sugitta)^ le Capromys Fournicri
Desm.
Parmi les Pachydermes ., le lapin , le rhinocéros ,
V hippopotame, n'en ont que deux sous l'abdomen, tau-
dis que le cochon domestique en a dix.
Le cheval a deux mamelles inguinales seulement.
Les Ruminants les ont de même inguinales , au
nombre de deux ou de quatre.
Parmi les E denté s , le fourmilier didactyle en a
quatre, deux sur la poitrine et deux abdominales; la
plupart des espèces de tatoux n en ont que deux sur la
poitrine; celles qui en ont quatre en. ont deux ingui-
nales. Le Cachicame [Dasypus novem-cinclus , L,) et
dans ce cas. (Je petit nombre de mamelles n'est plus
ici en rapport avec celui des petits, chez ces animasix,
qui sont très féconds.
Il n'est pas besoin d avertir que les vaisseaux des
mamelles doivent différer d'après leur situation. Lors-
qu'elles sont-inguinales ou abdominales, c'est à i artère
et à la veine épigastriqiie qu'appartiennent leurs prin-
cipaux vaisseaux sanguins.
Les mamelles ne sont pas généralement distendues
608 XXX vin* leçoîs. ohg. educateues extérieurs.
hors et durant la gestation comme chez la femme .
aussi ne deviennent-elles bien apparentes , le plus sou-
vent , qu'à l'époque de Tallaitement, lorsqu'elles se
remplissent de lait.
Une autre différence remarquable est celle que pré-
sente la structure du mamelon. Il est ordinairement
creux , et percé seulement d'un ou de deux orifices.
Sa cavité est l'aboutissant d'un ou de plusieurs réser-
voirs plus grands, dans lesquels les conduits lactifères
versent le lait.
[11 sort par un seul orifice, dans les Cétacés ; par un
ou deux dans la vache ^ le cheval ; par huit , selon Le-
vaillaut, dans V éléphant; par cinq dans le lapin; par
dix dans le chien.
Leur structure se compose toujours de groupes de
cœcums vésiculeux , origine des canaux excréteurs qui
les rassemblent en lobules, et successivement en lobes.
Les vésicules sont généralement très petites , sphé-
riques , oblongiies, en massue, suivant les espèces (i).
Les Cétacés on! leurs glandes mammaires placées
entre les muscles droits de l'abdomen et le paucier de
cette région; de sorte que ce muscle, soumis à la vo-
lonté de l'animal, doit servir à comprimer la glande,
et à faire couler le lait dans la bouche, peu propre à
la succion , du petit, cétacé (9.).]
(i) Voir M. J. Millier^ De glandularum xerernentiuni structura peni-
tiori, pi. IV^, fi<». I, 2 et [> pour celles du lapin; li};. 4-7 pour celles du
hérisson^ et fig. 8 pour celles de la i<ache ; et pi. XVII, tig. 1 pour la
glande mammaire du marsouin , et tig. 2 de la baleine. La sti'ucture in-
time des glandes mammaires avait éié reconnue et décrite d'après le /•«''-
rissotï .) par J. 0. Duvern.iy. Couimentaiia Petropol., t, XIV, lySi.
(2) M. Rapp , o. c.
A&j;, 1. CUEA LES VEKTÉiîBÉS. 609
II. Chez les Mammifères Marsupiaux.
§ 1 . Dans la section des Didelphes.
La série des Didelphes a des mamelles très varia-
bles pour le nombre, même d'une espèce à l'antre, à
en ju^oer par le nombre des mamelons; et ce qu'il y a
de plus singulier, c'est que ce nombre n'est pas le
même à l'état de fœtus et à l'état adulte. Nous l'avions
indiqué de sept dans le sarigue (« oreilles bicolores).
MM. Eidoux et Laurent ont trouvé le même nombre
dans l'adulte; tandis qu'il était de treize dans un fœtus
mammaire (i).
Ce dernier nombre subsistait dans une femelle adulte
de même espèce, suivant M. K. Ovven. Cette différence
confirme celle que nous avions indiquée dans le cbiffre
de sept à quatorze que nous avions donné pour le
marmose , Did. murina (2).
Le crahrier (did. cancrivora) en a onze; le quatre-
œil (Did. opossum) neuf (3) ou quatre (4).
Le perameles nasuta en a six ou huit ; le phasco-
gale penicillata huit , disposées en cercle ; le thjla-
cine , quatre.
Nous avions indiqué deux mamelles seulement dans
\e phalanger [renard.^]. Les autres phalangers et les
petauristes en ont quatre ; les kangaroos de même ,
quoiqu'ils soient unipares.
(i) Recherches anatomicjues et ioologicjues sur les Mammifères marsu-
piaux , pi. I, fijj. 4 et 6. (2) M. E. Geoffroy, Études progressives du na-
turaliste, pi. VI, en a fait représenterneuf. (3) M. Ovven, article Mursu-
pialia. Cyclopedia of anatomy and physiology. London, i84i. (4) MM, K-
dou3^ et Laurent , ui, c. pi. II, tig, 2.
8. 39
610 XXXVIIl* LEÇON. OIG. lÉDUCATEUES EXTÉRIEURS.
Lorsque le nombre des mamelles est impair, dans
cette grande section des Marsupiaux que nous appe-
lons Didelphes , la mamelle surnuméraire est toujours
au milieu du cercle ou de l'ellipse que figurent les paires
de mamelles , sur la partie la plus reculée du ventre.
Une circonstance que nous devons signaler, chez ces
singuliers animaux , à gestation extérieure , c'est l'ex-
trême petitesse du mamelon , au moment du passage
des avortons dans la bourse; sa position permanente
dans la bouche de ce petit être, pendant les premières
semaines de son accroissement; son allongement extra-
ordinaire et son développement durant cette épo-
que (i).
Ce mamelon à son extrémité est percée de six ori-
fices des principaux canaux galactophores disposés cir-
culairement.
§ 2. Dans la division des Monotrêmes.
La seconde division des Marsupiaux^ celle des Mono-
trêmes , ne montre ses mamelles avec le mamelon dé-
veloppé qu'au moment de l'allaitement. C'est au célèbre
Meckel qu'on en doit la première connaissance.
Elles sont situées sur les côtés de l'abdomen entre
le panicule charnu , le muscle oblique descendant,et
les muscles antérieurs de la cuisse.
Elles se composent d'environ cent quarante vésicules
en forme de cœcums sinueux et en massue, c'est-à-
dire qu'elles sont dilatées vers leur fond, et rétrécies
en canal étroit vers le mamelon, où elles se concentrent.
(i) Observations de M. Barton , cité par M. E. Geoffroy-Saint-Hilaire,
article A/arju;5tauA:, Dict.des se. natur., t. XXIX, p. 241.
ART. I. CHEZ LES VERTÉBRlÉS. 611
Il n'y avait , dans la femelle où cette glande a été
découverte, à la place du mamelon, qu'un petit espace
dénué de poils, avec de petites papilles , terminaison
évidente des canaux galactophores (i).
M. R. Owen a trouvé et décrit la même glande
dans YEchidné; sa structure est semblable.
En la comparant à celle des autres Mammifères, il
me semble que l'on peut dire que, chez les Monotrêmes^
toute la glande ne se compose que d'un seul lobule d'une
mamelle ordinaire, ou d'un grapillon de vésicules en
forme de massue , qui serait extrêmement développé.
Un muscle cutané abdominal, qui recouvre cette
glande , doit servir à la comprimer chez tous ces Mar-
supiaux^ et à faire couler le lait, comme chez les Ce-
tacés.
III. Du lait produit de la sécrétion des glandes mam-
maires.
§ 1 , Composition organique du lait.
Après bien des observations et des publications con-
tradictoires , on convient assez généralement que le
lait se compose de globules dont le diamètre moyen
est i/ioo de millim. Ces globules ont une enveloppe
membraneuse qui renferme une gouttelette de la sub-
stance grasse de ce liquide. Les autres principes con-
stituants du lait sont dissous dans l'eau qui entre dans
sa composition.
§ 2. Composition chimique du lait.
Le lait de femme et celui des animaux domestiques
(i) Oraithorhynchi paradoxi descriptio anatomica , auctore J. F. Mec-
kelio. Leipsia;, 1826 , pi. VIII, fig, 5.
612 XXXMIl' LEÇON. Or.O. jiDUCATEURS EXTÉRIEURS.
soiît les seuls qui aient été étudiés sous le rapport de
leur compositiou cbimique.
Ce liquide, destiné à la première nourriture des
enfants et des petits mammifères, se compose essen-
tiellement du fromage, du beurre et du sérum, dont
les proportions varient suivant les espèces, et même
suivant les individus et les qualités des aliments dont
ils se nourrissent.
Le fromage se compose essentiellement de caséum
ou de caséine ^ seule matière azotée du lait , dont la
composition chimique est d'ailleurs identique avec
celle de ralbumine et de la fibrine , les deux principes
essentiels du sang.
« Ija caséine du lait renferme , en combinaison cbi-
» mique , bien plus de substance osseuse que le sang
» lui-même , et cette substance osseuse s'y trouve dans
» un état de solution extrême; de sorte qu'elle peut
» aisément être transportée dans toutes les parties du
» corps.
» Ainsi, par le lait, le jeune animal reçoit à la fois
«tous les principes organiques et tous les principes
» minéraux nécessaires à la formation du sang et des
» os (i). »
Des deux autres matières non azotées, le beurre,
séparé du lait de beurre pur, est formé : i° de, stéarine;
2°delaïne; 3° d'un principe colorant jaune ; 4° d'une
huile qui se distingue de l'élaïne, dont elle a les pro-
priétés physiques, en ce qu'elle donne, par la saponi-
fication , outre un principe dense et les acides mar-
(i) Chimie organique appliquée à la physiologie, etc., par J. Liebig.
Paris, Fortin, Masson, 1842.
ART. h mm LES VERTEBRES. 613
garique et olëique , les trois acides gras volatils
buti/riqilê, capnqae et caprdique.
C'est dans le sérum que se trouve le sucre de lait.
Cependant cette partie du lait est acidulée par l'acide
lactique.
Elle contient lorsqu'elle est encore mêlée au fro-
mage, et séparée seulement de la crème ;
Eau 928,75
Fromage avec quelques traces de beurre 36,oo
Sucre de lait 36,00
Chlorure de potassium. 1,70
Phosphate de potasse 0,25
Acide lactique , acétate de potasse avec un vestige de
lactate de fer 6,00
Phosphates terreux (i). o,5o
Nous ne donnons ce tableau très succinct de la
composition du lait , que pour nous conformer au plan
général que nous avons adopté , de faire connaître ,
avec les organes de sécrétion , les produits de ces or-
ganes. Plus de détails appartiendraient à un traité de
physiologie comparée.
IV. De la bourse des Didelphes.
Dans tous les Didelphes ^ les petits n'acquièrent que
très peu de développement dans la matrice (2) et
passent bientôt dans la poche, où ils s'attachent à un
des mamelons qui y sont placés.
(i) M. Chevreul, article Lait du Dict. des se. nat., t. XXV, p. i4Q;
et Turpin , Piecherches microscopiques sur les divers laits. Mém. de
l'Acad. des sciences , t. XVII. (2) Les plus petits qu'on ait trouvés dans la
poche du kanguroo géant ne pesaient que vingt et un grains. V. le Mém.
de M. Home [Trans. phil., 1704, Part. II, p. i et suivantes), et les arti-
cles Marsupiaux de M. E, Geoffroy-Saint-Hilaire; et Marsupialiaf par
M. R. Owen, déjà cités.
614 xxxvni« LEÇON, obg. d'incubation extérieure.
Cette poclie n'existe pas dans toutes les espèces de
Didelphes; elle se trouve toujours dans les genres
phascolome , kanguroo , phalangei\ phascogale , sa-
rigue, thylacine , chironecte.
Dans les espèces qui ne l'ont pas , la peau du ventre
forme seulement deux replis qui ceignent, de chaque
côté, la masse des mamelles.
Tous ces animaux se distinguent des autres Mam-
mifères , ainsi que Yornithorhpique et Xéchidné , qui
cependant n'ont pas de poche , par deux os allongés
et un peu aplatis, qui ont été indiqués. (Tome I,
p. 476-) Ces deux os sont rapprochés par leur extré-
mité postérieure, qui est la partie la plus large, et
s'articulent par cette extrémité, sur le bord antérieur
du pubis, de chaque côté de la symphyse. Ils s'avan-
cent de là, en s'écartant l'un de l'autre, dans l'épais-
seur des parois abdominales.
Leur articulation est telle , qu'en s'élevant , ou en
soulevant les viscères abdominaux, ils se rapprochent,
et qu'ils s'éloignent en s'abaissant : elle ne leur permet
aucun autre mouvement.
Outre les obliques de l'abdomen qui se fixent à leur
bord externe, tandis que les droits et les transverses
passent derrière sans s'y attacher, les os marsupiaux
ont deux muscles analogues aux pyramidaux , qui rem-
plissent tout leur intervalle , et que Tyson a nommés
triangulaires à cause de leur forme; ils sont réunis par
une ligne tendineuse médiane; leurs fibres vont de
cette ligue, soit directement (les moyennes) , soit en
se portant en arrière (les antérieures), soit en s'avan-
çant obliquement (les postérieures), vers le bord in-
terne des os marsupiaux , et les rapprochent nécessai-
ART. I. CHEZ LES VERTÉBRÉS. 615
rement Tiin de l'autre. Le poids seul des viscères
abdominaux doit leur faire faire un mouvement con-
traire. Il peut être dû encore au pubio-fémoral , qui,
au lieu de se fixer au pubis, s'attacbe à ces os près de
leur base.
La poche elle-même n'est qu'un prolongement de
la peau du ventre, couvert extérieurement de poils
semblables, mais plus rares. Elle contient, dans l'é-
paisseur de son bord, des fibres musculaires formant
un sphincter qui peut la fermer. Elle s'ouvre par le
relâchement de ce muscle , ou par Faction du suivant,
qui a d'ailleurs pour usage de rapprocher en même
temps la poche de la vulve , pour y faciliter l'entrée
des petits, à l'époque de l'avortement ou de la mise bas.
Ce muscle, que nous av«ns décrit sous le nom d'iléo'
marsupial (i), avait déjà été indiqué par Tyson;
mais il lui attribuait, pour usage, de servir à suspendre
et à soutenir la poche , lorsque l'animal , dans ses mou-
vements sur les arbres, était lui-même suspendu par ses
pieds de derrière et par sa queue , la tête en bas. I///éo-
marsupial est un ruban mince et long qui s'attache à
l'épine antérieure et supérieure de l'os des iles, passe
sur les os marsupiaux comme sur une poulie de renvoi,
et va se fixer par son autre extrémité, et en se divisant
en plusieurs languettes , sur les côtés de la poche.
Cette dernière ne tient d'ailleurs aux parois abdo-
minales, et, en particuher, à la ligne médiane, c\yxe
par des fibres celluleuses assez lâches.
(i) Bulletin des sciences, par la Société philomatique, n° 8i, pi. XIX»^
fig. 2. Voir encore l'aiticle Marsupiaux du Dict. des se. natur., t. XXIX,
p. 23 1, où M. E. Geoffroy-Saint-Hiiaire adopte toute la portée de cette
détermination,
616 XXXVlîî* LEÇON. ORG, d'încubatioîî ëXTÊÊÎEUSE,
B. Des organes éducateurs ou d' incubation exté"
rieur e dans la Classe des Oiseaux.
On a décrit dans cette classe , comme organe d'in-
cubation extérieure, une distribution particulière des
vaisseaux sanguins des téguments de l'abdomen, et
quelques modifications dans ces téguments. Ces modi-
fications appartenant plutôt à l'histoire du dévelop-
pement, nous ne ferons que les indiquer ici (i).
G. Dans la classe des Reptiles.
La sous-classe des Reptiles amphibies comprend
deux singuliers exemples d'organes d'incubation, ou
d'éducation extérieure : celui du crapaud accoucheur j
dont le mâle serre autour de ses cuisses la chaîne d'œufs
qu'il féconde à mesure qu'il aide sa femelle à s'en
débarrasser ; et le pipa , qui les place immédiatement
après les avoir fécondés , ou en les fécondant , sur le
dos de sa femelle.
La peau du dos de cette femelle en gestation pré-
sente un grand nombre de celkdes (nous en avons
cpmpté quatre-vingts), dans lesquelles des œufs sont
renfermés, où ceux-ci éclosent, et oùles petits têtards
croissent et se métamorphosent. Autant qu'on peut le
vpir dans des individus conservés depuis longtemps
dajQs l'esprit de vin , les parois de ces cellules ne parais-
sent pas avoir une organisation distincte du reste de la
peau. On sait d'ailleurs qu'elles se forment seulement
'1(1) Voir le Mémoire de M. Barkow sur le système artériel des Oiseaux ^
p. 33i et 332, et pi. VJII. fig. i. Archives d'aaat. de Meckel pour 1829,
AUT; !» C;SËS5 LES Y-EaTé«gfiS. fit?
aprèâ que îe mâle a déposé sur ie dos de Sa fettielle îeà
œufs qu'elle vient de pondre (i).
D. Dari-s ]a Classe des Poissons.
On trouve chez les Lophobranches ^ çX en particu-
lier dans le genre syngnathe ^ une poche sous-cau-
dale chez les mâles, dans laquelle s'ouvre le conduit
excréteur des glandes spermagènes. La femelle dépose
ses œufs dans cet organe d'incubation, où ils sont fé-
condés et où le développement du germe s'effectue
complètement, c'est-à-dire jusqu'à Téclosion (2). Cette
poche est l'analogue de celle desMarsupiaux: seulement
sa position est différente ; elle est, chez les Syngnathes ,
une dépendance des téguments sous-caudaux. La
peau qui forme ses parois prend, durant la gestation,
l'aspect d'une muqueuse enflammée. Gavolini avait
déjà remarqué qu'elle était injectée de beaucoup de
vaisseaux sanguins; elle a d'ailleurs de fortes dépres-
sions dans lesquelles les œufs sont logés (3).
La nageoire anale se voit un peu au-delà de la com-
missure des deux lèvres de cette matrice extérieure,
et semble sortir de sa profondeur. L'ouverture génito-
urinaire est entre cette nageoire et la même commis-
sure. Les petits restent encore enfermés et repliés sur
(i) On pourra voir cette singularité, très Lien représentée, dans la
planche XXXIX des Reptiles, que nous avons fait faire pour l'édition il-
lustrée du Rèqne animal de G. Guvier. (2) D'après MM. Eckstroem, Ret-
zius et Siebold. Voir mon mémoire sur la pœcilie de Surinam. Annales
des se. nat., 3' série, t. I, p. 820 et 32 1. (3) Cette poche a été bien figurée
dans les Tables anatomiques de Carus, et son mode de développement est
représenté, d'une manière très claire, dans le mémoire cité de M. Rathke,
pi. V, fie. 1-5.
618 XXXVIII» LEÇON. OBG. D'INCDBATION EXTÉRIEURE.
eux-mêmes dans cette poche quelque temps après
leclosion , et se nourrissent des fluides exhalés par les
parois et les membranes de l'œuf qui disparaissent
promptement. Leur accroissement est tel que, lorsqu'ils
en sortent , ils ont quelquefois le volume de l'œuf dont
ils sont éclos.
La poche des Syngnathes n'existerait-elle que pen-
dant le temps de la gestation, comme les cellules dor-
sales du pipa femelle? Ou bien, une fois développée,
subsisterait-elle pendant tout le reste de l'existence? Je
crois être en droit de répondre affirmativement à cette
dernière question, du moins pour une espèce, le syng-
nathus typhle. Un grand exemplaire de cette espèce,
que j'ai sous les yeux, a sa poche vide, quoique très
développée; et on ne remarque dans ses parois aucune
de ces dépressions qui indiqueraient la présence récente
des œufs. Elle a o"^, ii3 de long; il y a O™, 200 de
l'anus, derrière lequel elle commence, jusqu'à l'extré-
mité de la nageoire caudale; et 0™, i3o de ce même
orifice à l'extrémité du museau; elle est assez profonde,
et la peau qui en tapisse l'intérieur est plus mince,
quoique de même nature que le reste des téguments.
ARTICLE IL
DES ORGANES D'ÉDUCATION INTÉRIEURE OU d'INCUBATION DANS
l'embranchement des articulés.
[Je n'en connais pas dans les classes des Insectes^ des
Arachnides ^ ni dans celle àes,A7mélides\ mais ces or-
ganes existent chez les Crustacés et les Cirrhopodes,
Je ne ferai que les indiquer, ne pouvant , faute de
place, les décrire en détail, Leur histoire d ailleurs
ART. II. CHEZ LES ARTICULÉS. 619
tient plus encore à celle du développement qu'à celle
de la génération.
A. Des organes éducateurs extérieurs dans la Classe
des Crustacés.
[Beaucoup de Crustacés n'abandonnent pas leurs
œufs après les avoir pondus ou expulsés de leur ovaire
où ils se sont développés. L'oviducte de chaque ovaire,
ou celui de l'ovaire unique, se continue chez les uns,
dans une poche extérieure qui paraît à nu, suspendue
aux premiers segments de l'abdomen, ou qui ost en-
core protégée par le test lorsqu'il existe.
Dans d'autres cas, ce sont des lames sous-thoraciques,
tenant au premier article des pieds de cette région, qui
protègent la poche ovigère. Dans d'autres cas encore,
les œufs sont à découvert sous la queue, et fixés aux ap-
pendices natatoires de cette partie du corps, c'est ce
qui avait fait dire à M. Guvier : ]
Les Crustacés femelles collent leurs œufs, après les
avoir pondus, aux filaments des nageoires qu'ils ont
sous la queue, et les portent ainsi jusqu'à ce qu'ils éclo-
sent.
[Cette dernière disposition des œufs, après la ponte,
et pour le développement des germes, n'appartient
qu'aux Crustacés Décapodes.
§ 1. Chez les Maiacostracés.
A l'égard du mode et du lieu d'incubation des œufs,
il existe des différences que nous allons indiquer rapi-
dement. Les fausses pattes abdominales, chez les Dé-
capodes brachjures ^ sont plus nombreuses et plus
développées chez les femelles, et leur branche interne
dontie attache aux œufs; elles sont généralement au
nombre de quatre paires, quelquefois de cinq; tandis
qu'on n'en trouve que deux chez les mâles.
Il y a moins de différence chez les Macroures entre
les deux parties des nageoires abdominales, et même
entre ces nageoires, comparées chez les deux sexes.
Les œufs s'attachent surtout au premier membre,
la partie basilaire de cette' double nageoire, et à
toute la surface inférieure de la queue, particuhère-
ment aux poils qui la couvrent. Ils s'y attachent séparé-
ment, ou disposés par grappes. Ce dernier cas est celui
des langoustes j le premier, celui de Vécrei^isse flu-
viatile.
On a observé chez les Paguriens^ au sujet des fausses
pattes abdominales, ou des appendices ovifères, de re-
marquables anomalies. Ces pattes manquent chez les
mâles; et chez les femelles il n'y en a que trois du côté
gauche. Nous avons constaté cette asymétrie dans l'er-
mite Bernard et le cénobite Diogène.
Les Stomapodes proprement dits, c'est-à-dire les
Unicuirassés et les Bicu'wassés , n'ont pas montré jus-
qu'ici d'œufs attachés à leur corps, ni à l'un ou l'autre
des appendices thoraciques ou abdominaux. Mais
parmi les Schizopodes de Latreille ^ qui ont été réunis
à cet Ordre par M. Milne Edwards ^ les mysis ont des
lames sous-thoraciques annexées aux deux dernières
paires de pattes de cette région; les quatre lames ap-
pliquées sous le thorax forment une poche d'incubation,
telle que nous la décrirons dans les trois ordres sui-
vants (i).
(i) Voir l'Hist. nat. des Crustacés , t. ÎI , et pU XXVI, fig."7 et 8.
ABT. II. CHEZ LES ARTICULÉS. 621
Les femelles des Jmphipodes , des Lœmodipodes et
des Isopodes ^ portent de même leurs œufs sous le
thorax.
Chez les Amphipodes , ils y sont protégées , soit par
des lames cornées servant d'appendices au premier
article des pieds thoraciques, soit par les vésicules res-
piratrices qui existent dans cette même partie.
Chez les Isopodes , l'existence d'une poche ovifère
sous-thoracique est générale. Elle est composée infé-
rieurement d'appendices lamelleux tenant aux pieds,
et repliés vers la ligne médiane , chez les uns en la
dépassant pour recouvrir alternativement une partie
des lames de l'autre côté; chez les autres, sans y attein-
dre (les Bopyres) et laissant à découvert une partie des
œufs. Son plafond est fermé par les cerceaux inférieurs
des segments thoraciques , devenus en partie mous et,
membraneux.
Dans la nérocile à deux raies Edw., entre autres ,
le plancher de cette poche se compose de cinq paires
de lames attachées aux cinq dernières paires de pattes.
La première paire da ces lames est très peu dévelop-
pée; mais les suivantes grandissent et s'étendent rapi-
dement , de manière que les quatrième et cinquième
sont très développées ; celles-ci forment les parois infé-
rieures de la poche , en arrière ; toutes ont une consis-
tance à la fois membraneuse et un peu cornée. Le pla-
fond de la cavité est très inégal. On y remarque des
fossettes rondes dans lesquelles les œufs de la couche
supérieure sont enfoncés. 11 n'y a d'ailleurs aucune
apparence des prétendus cotylidons, ainsi nommés par
Tréviranus.
La poche d'incubation est étendue , chez les Clopor-
622 xxxviii* LEÇON. 0R&. d'incubation extérieure.
tides^ depuis le premier segment du thorax jusqu'au
sixième exclusivement. Elle ne se montre qu'à l'époque
de la gestation , et elle est formée par le dédoublement
des segments inférieurs des cinq premiers anneaux
thoraciques.
Cette poche renferme des lobes membraneux de
différentes grandeurs, suspendus pour ainsi dire à son
plafond, formant autant de petites capsules irrégulières
qui s'ouvrent dans la cavité viscérale. Ces lobules
creux que Tréviranus a connus et désignés, ainsi que
nous venons de l'écrire, sous le nom de cotylédons,
ne donnent pas attache aux œufs. Mais le suc nourri-
cier épanché dans la cavité viscérale pourrait peut-être
transsuder à travers leurs parois , dans la poche incu-
batrice.
Les œufs passent dans cette poche au moment de
leur maturité, et peut-être par l'effet delà copulation.
M. LerebouUet pense que c'est seulement alors et
dans ce lieu qu'ils sont fécondés; mais il ne fait pas
comprendre par quelle issue ils y arrivent (i).
La poche qui reçoit les œufs de l'ovaire n'est pas
toujours le dernier lieu d'incubation. Gomme l'ovi-
ducte de certains Reptiles, elle ne sert tout au plus ,
chez quelques espèces , qu'au premier développement
de l'embryon, et en premier lieu à compléter l'œuf ;
peut-être même quelquefois à la fécondation?
Dans Xartemia salina^ cette poche unique est située
sous l'origine de l'abdomen. C'est une sorte de matrice
à parois en partie musculeuses, dans laquelle les œufs
passent de l'ovaire intérieur, à travers deux oviductes.
'■*
^i) Voir son Mémoire sur les Cloportides des environs de Strasbourg.
ART. II. CHEZ LES ARTICULES. 623
Elle a une issue extérieure par laquelle les œufs sor-
tent au moment delà ponte (i).
Les Daphnies portent leurs œufs dans un espace
vide qui existe à la face dorsale , entre les valves et le
corps. Ils sortent de l'oviducte au-dessus du sixième
segment. C'est dans cette espèce de poche que les fœ-
tus se développent dans la saison chaude.
Il se forme, aux mois de juillet et d août , dans cette
même poche, une douhle capsule renfermant deux
œufs , qui se détache de l'animal à sa plus prochaine
mue. Cette double enveloppe sert à la conservation
des œufs pendant 1 hiver, jusqu'au retour de la belle
saison , dont la chaleur ne tarde pas à développer les
germes. C'est ainsi que l'espèce se conserve (2).
Les cyclopes ont deux poches extérieures considé-
rables attachées de chaque côté de la base de la queue ,
qui se continuent avec les sacs ovariens intérieurs, et
dans lesquels passent les œufs pour le développement
des fœtus.
Les poches se développent à l'instant de la ma-
turité des ovules chez le cyclops quadricojiiis . On
voit paraître, de chaque côté de la queue, à l'orifice des
oviductes une poche à parois membraneuses déliées ,
transparentes , qui se dilate comme une bulle de savon
et dans laquelle passent les œufs successivement (3).
B. Dans la Classe des Cirrhopodes.
IjCS animaux de cette Classe ont leur poche d'incu-
(i) Histoire d'un petit Cru$tacé( ^r<emia salina, Lead.), par M. Jolt,
Montpellier, 1840. (2) Voir le mémoire de M. Strauss, Mémoires du Mu-
séum, t. V, p. 495 et suiv. (3) C. A. Ramdhor^ Mémoires pour servir à
l'Entomoloj^ie et à l'Helmintholojjie. 1" partie, Halle, i8o5.
624 VXXVIIl* LEÇOiV. 01\G. d'incubation EXTÉKIKUBE.
bation dans les replis du manteau , à la manière des
moules. Les œufs s'y rassemblent par milliers en forme
de jorandes plaques qui enveloppent le corps de l'ani-
mal, immédiatement en dedans des valves de sa co-
quille; j'en compte trois àdiW%Xanatife commune. L im-
paire, plus extérieure, recouvre la face inférieure et la
région dorsale du corps. Les deux plaques internes
débordent les premières de chaque côté et en-dessus.
Les œufs y sont placés à côté les uns des autres,
mais non comprimés de manière à perdre leur belle
forme ovale, régulière. Ils y sont distribués par cou-
ches, et ils y conservent la couleur bleue qu'ils ont déjà
dans Tovaire, à l'époque de leur maturité (i). Ajoutons
qu'ils prennent un peu plus de volume.
ARTICLE IIL
DES OBGANES ÉDUCATEURS EXTÉKIEURS OU d'iNCUBATION , DANS
l'embranchement des mollusques.
j4. Les Céphalopodes manquent de ces organes édu-
cateurs extérieurs , dans lesquels les œufs passeraient
depuis l'oviducte, pour le développement de l'em-
bryon.
B. Parmi les Gastéropodes , ']e ne connais que la
Janthine qui ait un appendice que l'on a considéré
comme natateur; mais auquel le mollusque attache
ses œufs pour leur incubation (2).
(1) M. Martin Saint-Ange, article Cmipcdes (Cirripedes) du Dict.
universel d'hist. nat. de M. C. dOrbigny, pi. I, fig. 4 et 4 ff- (2) Ainsi
que nous l'avons déjà dit p. 5o8 de ce vol.
ART. llï. CHEZ LES MOLLUSQUES. 625
C. Les Ptéropodes paraissent aussi dépourvus de ces
organes d'incubation extérieure.
D. C'est dans la Classe des Acéphales testacès qu'ils
existent le plus fréquemment. Le double but de ces
organes est de conserver l'oeuf sous la protection de
son parent, et d exposer, en même temps , le fœtus
qui s'y développe, à l'action vivifiante du fluide am-
biant respirable.
Certains ovaires, à la vérité, qui ne sont pas enfouis
dans la cavité viscérale et recouverts par d'épais té-
guments, sont déjà propres à remplir cette double
fonction. Tels sont ceux des moules ^ des anomies , etc.,
qui se développent, pour la majeure partie du moins,
entre les feuillets du manteau, en dehors conséquem-
ment de la cavité viscérale.
Tels sont encore ceux des modioles, situés hors de
la cavité viscérale, entre les parois extérieures de cette
cavité et ia branchie interne. Du moins, dans la modiole
c<2«(:/^^è/'e , forment-ils de chaque côté du corps une
séi"ie de petites grappes vésiculeuses, dans lesquelles les
œufs peuvent se développer sous l'influence de l'eau
qui passe dans la cavité respiratrice.
Dans beaucoup d'autres bivalves, les œufs quittent
l'ovaire pour leur développement, et passent dans la
branchie externe, rarement dans toutes les deux.
M. Cuvier annonçait à l'institut, en 179S, qu'il
avait observé les petites moules (les anodontes) ouvrir
et fermer leurs valves, quoique enfermées entre les
feuillets branchiaux. En i8o5, il détaillait cette obser-
vation dans notre ancien texte.] Lorsque les œufs sont
avancés dans leur développement, ils passent dans les
vides que laissent entre elles les deux lames vasculaires
8. 40
626 xxxviii» LEçow. OKG. d'incubation extérieube.
qui composent chacun des quatre feuillets des bran-
chies (i), et les gonflent quelquefois d'une manière
extraordinaire; car le nombre des œufs est vraiment
prodigieux dans certaines espèces. C'est dans les bran-
chies qu'éclosent les œufs des espèces ovo-vivipares,
comme notre moule d'étang ou anodonte (mytilus
anatinus,Lin.). Lorsqu'on en enlève les petites moules,
et qu'on les observe à la loupe , ou les voit ouvrir et
fermer leurs valves avec beaucoup d'activité. Je n'ai
pu trouver encore d'orifice qui m'eût paru destiné à
leur servir d'issue. Peut-être échappent-elles en rom-
pant le tissu des bords des branchies entre leurs vais-
seaux pulmonaires (2) .
[Ce qui précède nous donne lieu de suppléer suc-
cinctement à la trop courte description des branchies,
qui se trouve dans notre septième volume, p. 879
et 38o.
Ce sont, comme le manteau , des extensions ou des
replis de la peau , entre lesquels viennent s'étaler les
vaisseaux sanguins respirateurs. Ces replis sont assez
forts pour contenir ces vaisseaux, et assez minces pour
faciliter l'action du fluide ambiant sur le fluide nourri-
cier, qui circule dans ces derniers. Chaque feuillet bran-
chial se compose de deux lames, qui sont écartées l'une
de l'autre, principalement vers le bord dorsal de la
branchie. Des cloisons membraneuses perpendicu-
laires , qui vont d'une lame à l'autre , séparent leur in-
tervalle en un certain nombre de canaux aquifères, et
maintiennentleurécartemeutdans unecertaine mesure.
(1) Chacun (ies deux feuillets de la paire extirne. {t.) Dès 1792 Poli
publia.l que lis branchies servent d'orgiuies d'incubation. Voir o. c. les
arûcle» pmna, noOilUf tcllina lactea , mya pictomm , ipond^-ius gaderopi.
ART. III. CHEZ LES MOLLUSQUES. 627
Ces canaux s'ouvrent au dehors par un nombre
d'orifices correspondant, déjà remarqués et figurés par
Poli (i). Ils forment le long du bord dorsal ou de cha-
que branchie une série plus ou moins étendue , et va-
riable pour le nombre , selon les espèces.
L'oviducte de chaque côté s'ouvre, entre autres chez
les anodontes , très près de la partie moyenne de li
série de ces orifices, qui existent, en premier lieu , pou •
augmenter la surface respirable des branchies , en fai
sant pénétrer l'eau entre les deux lames qui composent
chaque feuillet. Les courants de cette eau doivent
servir secondairement, à l'époque de la ponte , à faire
passer les œufs dans ces organes, chez les Mollusques
bivalves, où ils sont employés à l'incubation. Ges
courants nous ont paru, dans les mêmes anodontes^
devoir sortir de la branchie par le canal commun du
bord dorsal dont l'extrémité s'ouvre , avec l'anus , dans
le tube supérieur du manteau; ce doit être aussi l'issue
des œufs.
La grande proportion des nerfs branchiaux et leur
distribution le long de la partie de ce bord qui est
percée des orifices respirateurs , ou qui en est le plus
rapproché, indique le rôle de ces nerfs dans le méca-
nisme de la respiration , et m'a fait comprendre leur
singulière distribution dès l'instant où j'ai pu saisir ce
rapport.
Dans \ huître à pied de cheval^ je suis parvenu à
(i) O. n., pi. Vlll.fig. 6. Explication de l'auteur : On aperçoit les deux
séries paralièles des orifices de leurs petits sacs, où les œufs vont se placer
dans un certain temps, et pi. XXXVI, fif». ne , m et PP, dans \t jambon"
neau: Séries des oritices des petits sacs branchiaux.
628 xxxvm* leçom. okg. d'incubation extériuube.
voir les filets très fins qui se détachent successivement
du nerf i)ranchial, pour se distribuer aux branchies.
Ce nerf, qui longe; le bord dorsal des deux branchies
externe et iiittrne de chaque côté, en se portant d'avant
en arrière, donné successivement, à droite ou à gauche,
trois petits filets à chaque cloison qui sépare deux ori-
fices circulaires des canaux aquifères (i).]
(i) Ajoutons ici que tous les Mollusques de la classe des Acéphales
bivalves n'rant pas deux paires de branrhies. J'ai découvert, en juillet
1844, qu'il n'y en a qu'une paire dans la Lucina tigerina, et, en octobre,
dans la Lucina Lemanii , oa \a scjiiamosa ûe Lamarck. Celte de'couverte
est consignée à la suite de l'une des vingt Monographies sur le système
nerveux des Mollusques acéphales bivalves, que j'ai coiiimunique'es à l'Aca-
démie des sciences, dans sa séance du 26 novembre dernier ; Monographies
qui sont encore, depuis le mois de février i845, entre les mains d'une
commission de cette Académie. Ce dépôt me donne une priorité incon-
testable pour deux espèces de Luciites, sur M. Valenciennes, qui a étendu
ses observations à treis autres espèces de Lucines, et au genre Corbeille
(séance de l'Académie des sciences du 9 juin 184')). Depuis cette épo-
que, j'ai constaté qne les Tellines, les Tellinides, Is PandoresH\ ont de
même qu'une piire de branchies, et que, dans les deux premiers genres,
c'est le leuillet externe qui manque. Pour le Loripes {lucinn /acfea), ainsi
que l'a observé M. Deshayes (séance de l'Acadéuûe des sciences du
l3 juin) , il est incontestable que Poli ne lui a reconnu qu'une paire de
briinthits, sans cependant être fiappé de cette exception. C'est d'ail-
leurs sans motif suffisant que M. Deshayes a cru pouvoir 1j ramener
au plan {jénéral, en séparant les deux lames qui composent cette Ijranchie.
Il aurait pu en faire autant dans chaque branchie des mollusques qui en
ont quatie, c'est-à-dire le nombre normal.
M. Riippe! n'a reconnu de même , dans Varrosoir, qu'une branchie
de chaque côté, et il emploie le même raisonnement que M. Deshayes
pour se persuader que ce mollusque a deux branchies. (Atlas zur Reize
der noulîchen Africa. Franckfort . 1828, Arytena vagiiiifera, p. 440
« La brvïchie de chaque côté , dit M. Riippel , n'a qu'un feui'let principal ;
» à son bord libre antérieur on voit une longue feute , qui est comme la
» trace Je la division en deux feuillets. »
XRT. IV. DES ZUOPliYTES. 629
ARTICLE IV.
DES ORGANES EDUCATEURS EXTÉRIEURS, OU d'ikGUBATION , DANS
l'embranchement des ZOOPHYTES.
[Rappelons d'abord que l'existence de ces organes,
en général , peut avoir un triple but fonctionnel :
1" celui, de servir, en premier lieu, à la fécondation
des œufs, au moment de leur passage de l'ovaire, ou
de l'oviducte intérieur, dans ces réservoirs extérieurs ;
1° celui de les conserver sous la protection du parent
qui les a produits, et plus ou moins évidemment sous
son influence nutritive; 3^ celui enfin de les soumettre
à l'action vitale du fluide ambiant respirable. Ce der-
nier but est atteint généralement, dans ce type, par la
pénétration du fluide ambiant dans la cavité viscérale
(chez les Echinordermes^ les Polypes cellulaires et les
Polypef actinoïdes); ou dans la cavité qui renferme
les ovaires (chez les Méduses) ; ou par la position exté-
rieure des ovaires, comme dans le règne végétal (chez
les Polypes tabulaires).
Dans les Eschares et les Flustres , on a indiqué ,
pour le développement ultérieur des œufs, des cellules
particulières, qu'on a appelées à tort vésicules gemmi-
pares (i).
Dans le genre Cellaire^ qui appartient , comme les
deux précédents, à notre ordre de Polypes cellulaires.,
on a reconnu deux sortes de réservoirs ou de réci-
pients des œufs , dans lesquels ceux-ci ont des enve-
loppes protectrices différentes.
Les unes sont des vésicules arrondies qui renfer-
ment des œufs à enveloppe dure , destinés à passer
l'hiver avant d'éclore.
fi) M. Grant, o. c.
8. 40*
630 xxxviii" LEÇON. OBG. d'incubation extérieube.
Les autres sont des vésicules plus considérables ,
égalant eu largeur quatre séries parallèles de cellules.
Les embryons s'y développent complètement; ils y
éclosent sous forme de larves (i).
Mais ces récipients ne renferment-ils pas aussi les
ovaires, dans lesquels les œufs écloraient en été, et se
compléteraient dans les oviductes, en automne?
IjQS Helminthes n'ont pas d'organes éducateurs ex-
térieurs.
Nous ajouteroris ici , à ce que nous avons dit p. 568 ,
sur le nombre des tubes ovariens dans la famille des
Ascaridiens, l'observation très remarquable de M. Va-
lenciennes (2) , qu'il y en a cinq dans \e filaria labiala^
Grepliin ; et que le vagin va se terminer, comme dans
\e filaria papillos a ^ tout près de la bouche. \j ascaride
du python en a quatre. J'ai vérifié ces faits intéressants
sur les préparations originales.]
[Les nombreux détails que hbus avons ajoutés à l'an-
cien te^ite de ces leçons , la distribution iioiivelle des
matériaux si multipliés que la science actuelle pos-
sède, et les généralités , à la vérité très concises , que
nous avons mises à la tête de chaque chapitre, nous
dispeûselit de terminer l'histoire anatomique de la
géiiération , par le résumé que nous aviotis promis
(note de la page 10 de ce volume), et pour leiquel la
place nous manque.]
(i) observations de INIM. Milne-Iùlwai ds et INoidniann, m. c.
(7.) Recherches anatomiques sur le Filaria labiatn ^ encore inédites.
Elles paraîtront dans les Archives du Muséum dhist.nat.de Paris
ART. I. DES SÉCRÉTIONS GÉNÉRALES.' 631
TRENTS-NEUVÎEMS LEÇON.
DES SÉCRÉTIONS EXCRÉMENTITIELLES, OU DES
EXCRÉTIONS.
L'ordre naturel de notre ouvrage aurait dû amener,
à la suite des organes de la génération, ceux qui ap-
partiennent à l'embryon, au fœtus et à l'animai nou-
veau-né , et qui distinguent chacun de ces états de
celui de l'adulte; mais diverses circonstances nous
ayant déterminé à réserver ce travail pour un autre
moment, nous allons passer à la description des or-
ganes qui servent à extraire de la substance du corps
quelque matière destinée à en sortir, soit que son sé-
jour puisse être nuisible, soit que cette extraction ait
simplement pour objet de remplir au dehors quelque
but utile à la conservation ou aux agréments de
l'animal.
L'histoire des excrétions se rattachant naturelle- '
ment à celle des sécrétions en général , dont elles ne
sont qu'une espèce, il ne sera par hors de propos de
commencer par quelques réflexions sur ces dernières.
Nous compléterons ainsi notre histoire des fonctions,
dont la sécrétion , prise dans le sens le plus étendu ,
est la plus universelle (i).
(i) Ce paragraphe et l'article suivant tout entier étaient de mare'dac-
tion et l'expression de mes propres vues, ainsi que je l'ai sincèrement dé-
claré à l'Académie dessciences, au mois de juin i832, dans la Notice im-
primée sur les titres que je pouvais avoir à ses suffrages pour la candida-
632 XXXIX* LEÇOIf. SÉGSÉTIONS EXCHÉSiENTÏTîELLSS.
ARTICLE I.
DES SÉCBÉTIONS GÉNÉRALES.
Le mot de sécrétion semble n'indiquer qu'une sépa-
ration 011 qu'une analyse. I/opération des corps vivants
qu'on appelle ainsi, lorsqu'elle est la plus simple, n'est
en effet qu'uneséparation;mais,comme nous le verrons
bientôt, elle est souvent plus compliquée, et comprend
non seulement la décomposition de certaines substan-
ces, mais encore la formation d'autres substances par
des combinaisons nouvelles. Dans le premier cas elle
semble plus mécanique, dans le second plus chimique.
Toutes les fonctions des corps vivants étant produites,
en dernier ressort, par des combinaisons et des dé-
compositions variées des parties solides ou fluides qui
forment leurs organes, ou étant la cause de change-
ture de la chaire d'anatomie comparée au Jardin du Roi, devenue vacanle
par la mort de M. Cuvier. A cette époque , j'avais encore Je témoin le
mieux renseicjné sur la présente colLiboration , M. F. Cuvier^ mon ami
d'enfance. (Voir la lettre que je lui ai adressée, à la fin du t. IV de cet
ouvrajre. )
Qu'il me soit permis de citer ici un extrait de cet^te Notice : « Cet article
1 [iU7- la sécrétions) , l'un de plus pliysiolojjiques do toute ma re'daclion ,
» était peut-être celui où je m'étais le plus approché, par la ciarié du
n style, de la manière de mon maître. Je me rappelle qu'il me fit l'obser-
» vaiion , en prenant connaissance, comme à l'ordinaire, de ma rédac-
n tion, seulement par la lecture de l'cpreuve, (|ue j'avais trop ge'néralisé
» le mot sécrétion^ en y comprenant la nutrition. » Cependant on poiuTa
lire, dès la première page, que je m'fkais inspiré, autant qne po-siMe,
de l'esprit synthélique qu'il avait mis lui-même dans ses généralités sur
l'économie animale, qui sont en lète du [remicT volume de cet ouvrage,
et qui ont sin^ndicrement contribué à son succès et à la réputation de
M. Cuvier, comme physiologiste.
/iRT. î. DES S^CË^ÏÎONS ES GKÎfSflÀt. 833
ments de composition analogues , comme nous l'avons
dit dans nos .généralités sur Téconomie animale (t. i),
elles peuvent être considérées, sous ce point de vue,
comme autant de sécrétions.
La plus universelle et, en même temps, celle qui
s'exei'ce avec le plus de continuité, est sans contredit
la nutrilion , plus ou moins compliquée suivant les es-
pèces. Chaque partie des corps vivants extrait ou sé-
pare à cet elfcf, d'un fluide nourricier commun les ma-
tériaux propres à entrer dans sa composition; ce fluide
en pénètre les mailles, ou se meut dans des vaisseaux
dont les ramifications, multipliées à l'infini, le condui-
sent partout. Il apporte à tons les organes ces matériaux
qui doivent y séjourner à leur tour, et servir,soit à leur
développement, soit à remplacer ceux que des mou-
vements contraires de décomposition ont enlevés et
reportés dans sa masse. Chaque partie des corps vi-
vants étant capable de se nourrir peut donc être con-
sidérée comme un organe de sécrétion.
Le fluide nourricier général auquel reviennent se
mêler tous les résidus de la nutrition, qui perd conti-
nuellement de sa masse par cette fonction, est main-
tenu dans un état de pureté nécessaire à la vie, et en-
tretenu dans une proportion non moins nécessairç, par
une suite de sécrétions d'autant plus compliquées que
Tanimal semble plus parfait. Nous avons vu , dans nos
précédentes leçons, celles de ces sécrétions qui ont
pour but d'en conserver la masse dans une proportion
convenable. Ce n'est que dans les premières classes du
règne animal que le fluide qu'elles forment ( le chyle)
se mêle dans des vaisseaux particuliers aux résidus de
la nutrition , et traverse , avant d'arriver dans la masse
934 XXXIX* LEÇON. SÉCBÉTIONS EXCBÉMENTITIELLES.
générale, des organes (les glandes lymphatiques) qui
lui font subir une sorte de sécrétion.
Des sécrétions d'une autre espèce rendent à ce fluide
nourricier général , dont la quantité est réparée par
les précédentes , les qualités propres à entretenir la
vie et à nourrir les parties. L'une de ces sécrétions,
la respiration , sert à cet effet, non seulement en lui
enlevant des substances nuisibles, mais encore en lui
fournissant des substances utiles, et contribue ainsi de
deux manières à en rétablir la composition normale.
Les autres » celle de l'urine et de la Lile , ne font que
lui enlever des parties nuisibles.
Il est, parmi les animaux, des sécrétions beaucoup
moins générales, qui servent à la conservation de cer-
taines espèces, soit en leur fournissant des moyens de
se mouvoir ou de se fixer, de se défendre contre leurs
ennemis, ou d'attaquer les espèces dont ils doivent
faire leur proie, soit en les préservant de la mauvaise
impression que pourrait faire sur eux le fluide envi-
ronnant.
Enfin d'autres sécrétions très générales ont pour but
la propagation des espèces : nous en avons décrit les
organes dans les leçons de ce volume. Quelques ani-
maux en ont d'accessoires , concourant au même but ,
que nous aurons à décrire dans celle-ci.
Cette revue des différentes espèces de sécrétions
conduit naturellement à deux questions. Sous quelles
conditions générales ont-elles lieu ? Quelles sont les
causes particulières qui peuvent eu rendre les produits
si variés?
Toute sécrétion suppose la vie, un fluide nourricier
en mouvement, des parties solides organisées , à tra-
ART. I. DES SÉCBÉTIONS EN GÉMÉRAL. 635
vers lesquelles quelqu'une des proportions de Ce flilide
peut pénétrer. Elle ne présente rien de pliis dans les
animaux les plus simples, et se côriipose de tiiême de
ces trois éléments dans ceux d ont Torganisation et le
plus compliquée ', mais on setit co mbien elle peut varier
avec eux : de là les nombreuses différences que moU-
trent à cet égard les corps vivants, et, en particulier, les
animaux, qui sont seuls l'objet de nos considérations.
La vie ou ses phénomènes les plus généraux, la con-
tractilité et la sensibilité, pouvant varier beaucoup en
intensité, soit dans le même organe, à différentes épo-
ques, soit dans les différentes parties dont se compose
tout animal , il doit en résulter de grandes différences
dans la quantité des sécrétions ou de leurs produits.
Ces produits peuvent être altérés plus ou moins par
Taltération des forces vitales qui animent tout organe
sécrétoire. L'expérience journalière nous en fournit
des preuves nombreuses.
Le fluide dans lequel l'organe sécrétoire doit puiser
les matériaux de la sécrétion peut arriver à cet organe
plus ou moins abondamment , suivant l'impulsion qu'il
aura reçue. Sa composition peut être bien différente;
il doit en résulter encore de grandes différences, soit
dans la quantité, soit dans la qualité des produits.
La composition chimique des organes sécrétoires
n'est sans doute pas étrangère à la nature de la sécré-
tion. Mais ces genres de causes , difficiles à apprécier,
ne sont pas du ressort de l'analomie , et doivent être
écartées, pour cela , de nos considérations. La seule
cause des différentes sécrétions dont l'anatomie s'oc-
cupe, la composition mécanique des parties, ne doit
pas être moins féconde en effets variés. Que de diffé-
636 XXXIX* LEÇON. SÉCKÉTIOJNS EXCKEMERTITIELLES.
lences n'observerons-nous pas, à cet égard, dans les
organes sécrétoires, depuis les parois uniformes , en
apparence, du sac qui compose le polype , jusqu'à la
glande la plus compliquée!
Cependant il est possible de les rapporter à quel-
ques points généraux.
Distinguons d'abord les organes vraiment sécré-
toires, c'est-à-dire qui séparent des matières dont l'u-
sage est hors de leur propre substance, des organes
qui ne sécrètent que pour se nourrir.
Parmi les organes vraiment sécrétoires que l'ana-
tomiste peut distinguer, les plus simples se trouvent
dans les I72sectes.Ce sont des tuyaux qui sont entourés
de tous côtés parle fluide nourricier général, et le tou-
chent conséquemmeut par leurs parois extérieures;
tandis que leurs parois intérieures contiennent le
fluide sécrété.
La sécrétion de ce fluide n'a donc été , pour ainsi
dire, qu'une sorte de filtration, bien différente, à la
vérité^ de celle qui aurait lieu hors de la vie, à travers
un solide inorganique. La constante uniformité de la
matière séparée , la grande différence qu'elle présente
souvent avec la matière séparable, prouvent suffisam-
ment que l'organe séparant doit avoir une structure
constante, que les pores à travers lesquels passe la sé-
crétion sont toujours les mêmes; en un mot, qu'ils
sont organiques.
Dans les animaux qui ont des vaisseaux, la cause
mécanique des sécrétions paraît se compliquer beau-
coup. On peut dire que, dans le premier cas, le fluide
général qui arrive aux organes sécrétoires est partout
le même. Il varie beaucoup, au contraire , dans le se-
ABT. I. DES 5ÉCKÉÏ101NS EM GENERAL. 637
cond cas. La nature des vaisseaux qui lapportent peut
être tout-à-fait différente : ce sont ordinairement des
arlères, mais quelquefois ce sont des veines (i). La
marche plus ou moins flexueuse de ces vaisseaux jus-
qu'à i'or.gaue socrétoire, leurs divisions plus ou moins
multipliées , leurs anastomoses, leur degré de fiuesse
à l'instant où ils pénètrent cet organe , en favorisant
ou ralentissant le cours du fluide qu'ils y condui-
sent, etc., peuvent influer plus ou moins sur sa quan-
tité et sur ses qualités , et avoir ainsi une influence éloi-
gnée sur la quantité et les qualités du fluide séparé.
La manière variée dont ces vaisseaux se divisent
dans les organes sécrétoires, en continuant à agir sur
le fluide séparable, doit le modifier beaucoup, et de-
vient la principale cause mécanique des produits va-
riés de ces organes. On est d'autant plus fondé à le
penser que ces divisions sont constantes dans les
mêmes organes, et qu'ils présentent des différences
remarquables dans les différents organes d'un même
animal. Ainsi, dans les uns, les ramifications de ces
vaisseauxprésententla figure d'un pinceau, dansd'autres
elles sont en étoiles , dans d'autres elles sont en arbres,
dans d'autres elles sont presque sans inflexions, dans
d'autres enfin on les trouve extrêmement sinueu-
ses, etc., etc.
^Ces mêmes vaisseaux ne présentent pas moins de
différences dans leur distribution.
Tantôt ils sont simplement étalés dans le tissu des
(i) La veine porte hépatique pour le foie des quatre classes des aai-
maux vertèbres; les vemes portes rénales pour les trois classes des
vertébrés ovipares.
638 XXXIX* LEÇON. SÉCBÉTIONS EXCRÉMENTITIELLES.
organes non exclusivement sécrétoires de la peau , par
exemple, des membranes séreuses , etc., des poumons,
sans qu'il soit bien démontré que les excréteurs qui
en partent soient réellement de nature différente :
l'espèce de sécrétion dont ils sont les agents a reçu
en particulier le nom d'exhalation , et on a donné celui
d'exhalants aux vaisseaux par où s'échappe le fluide
sécrété (i).
D'autres fois ces vaisseaux sont ramifiés dans des
espèces de corps frangés , formant des paquets plus
ou moins gros : c'est le cas des organes sécrétoires de
la synovie; ou bien ils forment un réseau plus ou
moins serré , qui tapisse les parois de petites cavités
appelées cryptes ou follicules.
Dans d'autres cas, enfin , ils sont entrelacés et pelo-
tonnés de mille manières , et forment des masses plus
ou moins considérables.
Les organes sécrétoires ne diffèrent pas moins à
1 égard des vaisseaux ou des cavités quelconques, dans
lesquelles la matière sécrétée passe au moment de la
séparation ou après cet acte , et qui la transmettent
au dehors.
Considérés sous ce point de vue, ils peuvent être
divisés en trois classes.
Les uns n'ont qu'un ordre de vaisseaux excréteurs,
que nous appellerons séparants, parce que ce sont
ceux qui opèrent la sécrétion; ils servent en même
temps à transmettre au dehors la matière sécrétée.
Dans les autres , cette matière est versée par les sé-
(i) Nous verrons à l'article de la peau , et des gTandes de la sueur en
particulîer, U-s restrictions à apporter à cette proposition.
AKT. I. DBS SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 639
parants dans un second ordre de vaisseaux , ou dans
des cavités qui en sont proprement les excréteurs ou
les émoncloires.
Enfin, dans ceux de la troisième classe, la même
matière est emportée de l'organe sécrétoire par des
vaisseaux semblables à ceux qui l'y ont apportée, ou
tout au moins du même ordre.
Dans le premier cas, les excréteurs séparants peu-
vent encore êtresous-divisés eu deux grandes sections,
ainsi que les organes dont ils font partie. Nous range-
rons dans l'une ceux qui ne forment pas un système
absolument distinct des artères : tels sont les exhalants
de la peau, des poumons et des membranes séreu-
ses, etc., qui rejettent au dehors, par un nombre in-
fini de pores , la matière qu'ils ont sécrétée.
Nous placerons dans l'autre ceux qui forment au-
tant de systèmes particuliers qu il y a de glandes où ils
s'observent : tels sont les canaux biliaires, dont les ra-
mifications nombreuses, pelotonnées et entrelacées
avec les vaisseaux sanguins, aboutissent enfin à un
seul tronc; les séparants du lait, qui, dans la femme,
se réunissent en quinze ou vingt branches principales;
les canaux séminifères dans les Mammifères^ les Oi-
seaux [et les Reptiles propres^ , qui aboutissent tous à
un seul déférent, etc., etc.
Dans le second cas, les organes sécrétoires, comme
nous l'avons dit, ont une cavité simple ou plus ou moins
ramifiée, plus ou moins anfractueuse, dans laquelle les
excréteurs séparants versent et accumulent la matière
qu'ils ont séparée.
Les organes qui appartiennent à cette classe peu-
vent également être sous-divisés er deux sections. Les
640 XXXIX* LEÇON. SÉCKÉTIONS EXCBÉMERTITIELLES.
uns ont pour émonctoire une petite cavité (les cryptes
ou follicules), ou une poche plus ou moins grande
(les vésicules anales, la poche à musc), dont les parois
ne présentent aucun parenchyme glanduleux. Les ex-
créteurs séparants versent dans cette cavité la matière
qu'ils ont séparée. Elle peut y séjourner plus ou moins,
et y subir des changements dans sa composition, soit
par l'absorption de sa portion la plus fluide, soit par
le contact de l'air lorsque ce fluide peut y pénétrer.
Elle passe au dehors par une seule ouverture. Plusieurs
de ces petites cavités peuvent être rassemblées en un
groupe plus ou moinsgrand, et s'ouvrir toutes ensem-
ble dans une cavité centrale, comme cela se voit dans
les amygdales; ou bien elle peut s'allonger et s'étran-
gler en un petit canal excréteur qui, réuni avec plu-
sieurs canaux semblables, aboutit avec eux dans un
orifice commun : c'est le cas de la plupart des glandes
sébacées.
Les autres organes sécrétoires de cette seconde classe
ont un tissu glanduleux plus ou moinsépais, danslequel
s'entrelacent les vaisseaux sanguins avec les excréteurs
séparants. Ce tissu présente à peu près le même aspect
daus les salivaires des Mammijares ^ les lacrymales, le
pancréas; il est divisé en lobes, en lobules et eu grains;
les excréteurs proprement dits commencent au cen-
tre de ceux-ci , et leurs ramifications se réunissent succes-
sivement et aboutissent à un seul tronc (les salivaires,
le pancréas) ou à plusieurs (les lacrymales). Dans les
glandes de Gow^per et les prostates de plusieurs Mam-
mifères, la matière de la sécrétion est versée, par les
excréteurs séparants, dans de petites cavités qui s'ou-
vrent dans des cavités un peu plus grandes, et ainsi de
ART. I. DES SÉCRÉTIONS EN GENERAL. C)4l
suite, jusqu'à ce qu'elles se terminent dans une cavité
principale qui occupe le centre de la glande, et qui
communique au dehors par un canal étroit et mem-
braneux. Cette sorte d'organe sécrétoire forme une
masse moins divisée que celle des précédents. Les reins
appartiennent encore à cette section ; ils ont , dans les
mammifères, un tissu épais, formé de vaisseaux san-
guins et d'excréteurs séparants qui pourraient être en-
core distingués, suivant qu'ils font partie de la sub-
stance corticale ou de la médullaire. Ces excréteurs
séparants versent l'urine par plusieurs orifices , dans un
canal excréteur, unique , dont l'origine est dilatée en
une ou plusieurs poches, suivant les espèces, ou bien
ils se continuent dans plusieurs canaux excréteurs.
Enfin , dans le troisième cas , l'humeur modifiée par
l'organe sécrétoire est emportée par des vaisseaux
semblables à ceux qui l'y ont apportée , soit après avoir
été déposée dans des cellules intermédiaires entre
les afférents et les efférents, ce qui paraît avoir lieu
dans quelques glandes lymphatiques de plusieurs
mammifères , soit que les dernières ramifications des
premiers la transmettent aux radicules des seconds,
ce qui paraît être le cas du plus grand nombre de ces
glandes. Ou bien la matière seulement modifiée est en-
levée par des vaisseaux d'un ordre très général, qui ne
diffèrent que de genre de ceux qui ont apporté le fluide
séparable. C'est^ entre autres, le cas de la rate, [/or-
gane sécrétoire, dans cette circonstance, n'est tel qu'à
demi; ce n'est qu une portion d'un appareil plus com-
pliqué, où sa part d'action est de préparer les maté-
riaux dune sécrétion subséquente.
Telles sont les différences les plus frappantes que
8. ^'^
642 XXXIX* LEÇON. SÉCBÉTIONS EXCBÉMENTTTIELLES.
présentent les or(janes sécrétoires, lorsqu'on les com-
pare dans leurs parties communes. Ils en présentent
d'autres tout aussi marquées, lorsqu'on les compare
dans leur ensemble, soit relativement à leur couleur,
à leur tissu plus ou moins dense, plus ou moins homo-
gène, uniforme dans toute son étendue, comme dans le
foie; ou dans lequel on peut reconnaître deux sub-
stances, comme dans les reins à^^ Mammifères ; ou
encore plus hétérogène, comme dans les testicules
des Raies et des Squales ^ qui sont composés de corps
sphériques de la grosseur d'un pois, d'une sorte de
pulpe dans laquelle on ne distingue ni fibres ni vais-
seaux particuliers, et d'un canal excréteur plus ou
moins replié (i).
Après avoir ainsi comparé d'une manière très géné-
rale les différentes structures des organes sécrétoires,
indépendamment des fonctions auxquelles ils appar-
tiennent, il serait intéressant d'examiner en détail cha-
que organe sécrétoire, dans les différents animaux où
il existe; mais les bornes que nous nous sommes pres-
crites dans cet article ne nous permettent pas de le
faire. Il nous suffira den indiquer le résultat : c'est
que ie même organe présente, dans des classes diffé-
rentes, quelquefois même dans une seule classe, une
structure tout à-fait différente. Nous l'avons vu pour
les glandes salivaires, pour les testicules, et même
pour le foie, dont l'organisation est peut-être la plus
constante et ne change guère, à ce qu'il paraît, que
dans les animaux qui n'ont plus de vaisseaux. Nous
l'avons vu encore pour les reins.
(l) Voir leur structure intime , p. 120 et suiv. de re volume.
ART. I, DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 643
Une autre comparaison moins intéressante, et qui
confirme ce que nous avons dit sur la multiplicité des
causes qui font varier les sécrétions, est celle des or-
ganes sécrétoires avec leurs produits. On serait tenté
de décider d'avance que les organes sécrétoires, dont
la structure nous paraît semblable, doivent fournir des
produits, sinon entièrement semblables, du moins très
analogues, et que des produits analogues ne peuvent
provenir d'organes de structure différente. L'expé-
rience ne confirme pas cette théorie. Rien de plus
varié que les matières fournies par les cryptes, dans les
différents animaux, depuis la simple mucosité jus-
qu'aux matières les plus odorantes que renferment la
poche à musc, les glandes anales, etc.
L'urine et la transpiration cutanée n'ont-elles pas de
grandes ressemblances? Ne peuvent-elles pas se sup-
pléer l'une l'autre, ainsi que la transpiration pulmo-
naire; [du moins pour la vapeur aqueuse qu'elles ver-
sent au dehors?] Et cependant que de différence, pour
nous, entre les reins, la peau et les poumons !
[On a pu juger des différences que présentent les
diverses glandes appartenant aux fonctions d'alimen-
tation telles que les salivaires, le pancréas et le foie,
ou à celles de la génération, par les détails que nous
avons donnés , dans les volumes précédents et dans
celui-ci.
Nous recommandons d'ailleurs, pour l'étude compa-
rée de cette structure , l'ouvrage spécial sur cet objet
publié par M. J. Mùller, que nous avons eu souvent
l'occasion de citer ( i ).
(i) [)e filandularum secernentium structura p en itiori. Lipsiae, i83o.
644 XXXIX* LEÇON. SÉCRÉTIONS EXCRÉMENTITIELLES.
Les résultats généraux de cette sorte de monogra-
phie n'ont fait que confirmer ceux auxquels nous
étions parvenus dès i8o5, dans le présent article, à la
suite de nos propres observations.
La découverte de l'endosmose, de cette propriété
des membranes, placées entre deux liquides qui diffè-
rent plus ou moins en densité et dans leur composi-
tion moléculaire, de provoquer, pour ainsi dire, leur
action réciproque, et de les faire passer dans des pro-
portions différentes vers l'un et l'autre réservoir que
cette membrane sépare; la découverte, dis-je , de cette
sinp^ulière faculté, a fait faire un grand pas à la théorie
des sécrétions.
Elle fait comprendre, d un côté, que la présence
d'un liquide dans le réservoir qu'intercepte la paroi
de sécrétion a une action moléculaire sur le liquide
qui renferme les matériaux de la sécrétion; elle mon-
tre, de l'autre , l'importance de la membrane chargée
de la sécrétion et des différences d'organisation qu'on
doit lui supposer dans la structure la plus intime.
Tout organe de sécrétion se compose, en définitive,
de parois membraneuses, interceptant des cellules de
forme très variée, ou formant de petits tubes aveugles.
Les matériaux de la sécrétion arrivent jusqu'à la face
externe de ces petites capacités membraneuses, dans
lesquelles une partie des produits de la sécrétion pré-
cédente subsistent dans des proportions variables.
C'est donc à travers leurs parois que la sécrétion s'est
effectuée , dans tous les cas , par une sorte d'endomose
qui met en jeu les affinités chimiques, au moyen de
laquelle une certaine quantité de matière sécrétée, con-
tenue dans la capacité de sécrétion, doit servir à pro-
ART. II. DES EXCRÉTIONS GÉiNÉRALES. 646
voquer la sécrétion d'une nouvelle quantité de cette
même substance, peut-être à la manière d'un levain ( i).l
ARTICLE IL
DES ORGANES SERVANT AUX EXCRÉTIONS GENERALES QUI SONT
COMMUNES A TOUTES LES CLASSES, A PLUSIEURS A LA FOIS, OU A
UNE SEULE,
§ I . De la peau considérée comme organe cT excré-
tion et plus particulièrement de la transpiration.
La principale des matières que le corps doit perdre,
dans l'exercice journalier de la vie, est sans doute celle
de \a. transpiration\à.iie insensible pour la distinrjuer
de la sueur]; mais a-t-elle un organe qui lui soit spécia-
lement affecté? Les extrémités des artères cutanées ou
des vaisseaux qui partent de ces artères , sans former
(i) Quels que soient les titres que d'autres savants, tels que J. Ber-
nouilli etNollet, pourraient avoir à la découverte du fait de l'endosmose ,
il faut reconnaître que c'est seulement depuis son appréciation, par M. Du-
trochet, et la de'nomination qu'il lui a donnée pour désigner son orifjina-
lité, que les physiologistes en ont senti toute l'importance.Voir le mémoire
du célèbre académieien, ayant pour titre : V Agent immédiat du mouve-
ment vital , etc. Paris et Londres, 1826, réimprime' dans le t. I des Mé-
moires pour servir à l'histoire des végétaux et des animaux. Paris, 1837.
Voir encore la réponse de M. Dntrochet , Comptp-rendu de l'Académie
des sciences, t. XVII, p. 788 et 789 ; et la Note de M. J. F. Papot, in-
titulée : Coup d'oeil sur l'endosmose , que le savant et vénérable membpe
honoraire de l'Académie impériale des sciences de Saint-Péterjbourg a
soumise au jugement de l'xVcadémie des sciences de Paris (dans sa séance
du 23 septembre 1844)5 s" rappelant sa Dissertation inaugurale : De Cin-
fluence de ta physique et de la chimie sur l'art de la médecine, Erlangen ,
l8o3; dans laquelle il a consigné les expériences sur les conditions qui
président au mélange de deux liquides d'inégale densité, séparés par
une cloison organique perméable. :
646 XXXIX' LEÇON. DES SÉCRÉTIONS.
nn système absolument distinct, paraissent l'exhaler,
elles pores de l'épiderme la laisser sortir.
[Quant à la transpiration sensible ou la sueur, elle a
des organes particuliers, découverts il y a peu d'an-
nées, qui pourraient être aussi ceux de la transpiration
insensible.]
Nous aurons donc quelques détails à ajouter à ce
qui a été dit de la peau dans la XIV™<^ leçon (T. III,
p. 670 et suiv.) sur son tissu intime, les glandes et
les divers téguments qui la recouvrent. [La graisse ou
les muscles qui la doublent]
En réunissant les descriptions anatomiques de cette
leçon avec celle que nous allons donner , il ne sera pas
difficile de juger de Tinflueuce propre à chacune des
espèces de téguments, pour entretenir la transpiration
et pour l'arrêter, selon le degré de chaleur et le plus
ou moins de défense qu'ils procurent aux animaux
contre l'action refroidissante ou contre l'action dissol-
vante de l'atmosphère.
Nous n'avons rien de particulier à ajouter à ce que
les médecins ont observé sur la quantité de la trans-
piration dans les diverses circonstances , ni à ce que les
chimistes ont expérimenté touchant la nature de la
matière transpirable.
Quelques uns pensent qu'il transpire par la peau du
gaz acide carbonique et de l'azote, dans la propor-
tion de Q à 1 ; mais d'autres chimistes célèbres nient
l'existence de ces matières dans la transpiration. Sa
plus grande masse paraît n'être qu'une vapeur aqueuse
mêlée d'un gaz animal corrodant, dont la nature ne sem-
ble pas être toujours la même, à en juger par l'odeur
différente qu'il présente dans les différents individus.
ART. 11. DES E\CBÉTIO^S GÉINÉBALES. 647
Ce gaz ne contribue sans doute pas peu à infecter l'air
des lieux où les hommes sont réunis en Piand nombre.
Serait-ce de Thydrogène mêlé à quelque autre sub-
stance, comme on l'a soupçonné ?
La matière de la transpiration, soit liquide , soit
gazeuse , pourrait être l'objet d'expériences compara-
tives sur les divers animaux , qui ont été à peine effleu-
rées. Déjà celles faiîes par Fourcroy et Vauquelin prou-
vent combien les expériences de cette sorte seront
fév'^ondes en résultats intéressants. Ces chimistes ont
trouvé l'urée dans le résidu de la transpiration du
cheval, qui leur a fourni également beaucoup de phos-
phate calcaire ; ils ont confirmé par là ce que l'expé-
rience journalière avait déjà appris, quoique vague-
ment , sur les rapports de la matière transpirable avec
l'urine. Qui ne sait que ces deux excrétions se sup-
pléent, et qu'elles augmentent ou diminuent toujours
dans un sens inverse (i)?
ïjne autre matière excrémentitielle très abondante,
et qui n'est pas moins en rapport avec la première
que l'urine, est celle qui sort par les poumons. Il ne
nous reste rien à dire sur ces organes. Nous ajouterons
seulement, en les considérant sous ce rapport, que dans
les animaux où ils n'existent pas, les deux excrétions, la
transpiration cutanée et pulmonaire, sont confondues;
que dans ceux où ils sont répandus par tout le corps,
sous la forme de trachées, il est de même impossible
de distinguer ce qui appartient à l'une ou à l'autre de
ces excrétions ; que dans ceux où ce sont des branchies,
(i) L urine et la transpiration cutanée ne se suppléent l'une l'autre
que pour la quantité d'eau qui sort du corps, parla peauoupar les reins.
648 XXXIX" LEÇOn. DES SÉCRÉTIONS.
il serait intéressant de déterminer si la transpiration de
ces organes diffère essentiellement pour la quantité,
toujours comparativement à celle du corps, etc. Il est
presque inutile d'ajouter que dans les animaux qui res-
pirent peu, tels que les Reptiles^ la transpiration pul-
monaire doit être dans un rapport bien moindre, avec
la transpiration cutanée, que dans ceux qui respirent
beaucoup, tels que \es Mammifères et les Oiseaux , et
que, suivant la nature peu perspirable des téguments,
il est beaucoup d'animaux de ces deux classes chez les-
quels le rapport de ces deux excrétions doit être tout-
à-fait l'inverse de ce qu'il est dans T^Xuûenrs, Reptiles.
§ 2. Des glandes de la sueur dans l espèce humaine
et chez les Mammifères domestiques.
[Ces glandes font partie des téguments; leur canal
excréteur traverse le derme et l'épidermc , et s'ouvre à
sa surface par un pore ou un orifice en forme d'en-
tonnoir.
Ces pores de la sueur, dans la peau humaine,
étaient déjà connus de Grew {Philosoph. Trans. de
1684, p. 566).
Eichhorn (1) les étudia plus particulièrement en
1826, et vit qu'ils sont l'aboutissant de canaux parti-
culiers. Purkinje et Wendt démontrèrent ces ca-
naux en i833, toujours dans la peau humaine, et
firent voir qu'ils s'élèvent à travers le derme et l'épi-
dermc, jusque dans les sillons de celui-ci, et qu'ils sont,
dans leur trajet, contournés en spirale (2).
(i) Arcliives de Mec]<el pour l'anat. et la pliys., 1826, p. 4o5.
(2) De cpiderniide humano. Viatislavi, i833; et Arc.'i. de J. Miiller.
1834, p. 278 et pi. IV.
AUT. II. DES EXCBÉTIOKS GÉNÉRALES. 649
MM. Breschet et Roussel de Vauzème firent,
l'année suivante, l'importante découverte que, dans la
peau de V homme ^ les canaux en spirale ont leur ori-
ï>ine dans des glandes particulières, prévues et non
reconnues par Purkinje. Ils donnèrent le nom d'appa-
reil diapnogène à l'ensemble de ces glandes et de
leurs canaux excréteurs ( i).
Une année plus tard, en i835, M. Gurtl confirma
cette découverte dans l'homme, et décrivit compara-
tivement ces mêmes glandes et leurs canaux excré-
teurs, avec précision , dans les mammifères domesti-
ques (2).
Nous avons constaté leur existence et leur structure,
dans le mouton , le cheval , le cochon et la chèvre ,
telle que cet anatomiste l'a fait connaître.
Les glandes delà sueur se trouvent partout dans la
profondeur du derme, ou même sous cet organe , dans
le tissu graisseux sous-cutané.
Leur volume relatif n'est pas le même dans toutes
les espèces. Le cheval et le mouton les ont très déve-
loppées; elles sont petites à proportion dans le chien.
Leur grandeur varie encore suivant les parties de
la peau où on les observe.
Dans Xhomme^ c'est dans la paume de la main , ou
dans la plante des pieds, qu'on trouve les plus grandes.
Elles se composent , en général , d'un boyau con-
tourné, faisant sur lui même de nombreuses circonvo-
lutions, tantôt rapprochées de manière à lui donner
la forme d'une pelote très allongée (le mouton); ob-
longue (dans la peau du crâne de Vhoinme); presque
(i) Annales des se. nat., a* série, t. II, p. 167 et suiv., pi. IX etX.
(2) Archives de J, Miiller pour i835. p. 8g5, et pi. IX et X.
650 XXX IX» LKCON. DES SÉCRÉTIONS.
sphérique (la paiime de la main); ovale (le scrotum
du cheval , la plante du pied du chien ). Nous avons
trouvé les traces du boyau sécréteur dans la peau de
l'aine du cochon^ non plus pelotonnées, mais séparées
par des lobules de^fraisse.
Leur structure est différente dans le bœiif^ où ce
sont de simples capsules ovales , et dans les parties de
la peau du chien couvertes de poils, où elles sont d'ail-
leurs petites et difficiles à découvrir.
Les glandes de la sueur sont incolores et demi-
transparentes; il n'y a que celles du scrotum du cheval
qui aient une espèce de pigment noirâtre.
Leur canal excréteur traverse le derme et l'épiderme,
pour se terminer, comme nous l'avons déjà dit , par
un orifice en forme d'entoimoir, dans les enfonce-
ments ou les sillons de la surface de ce dernier té-
gument.
Il est remarquable que , dans son trajet , le canal
excréteur ne soit contourné en spirale régulière, dans
l'espèce humaine, que dans certaines parties, dans la
paume des mains, par exemple, et qu'il soit simple-
ment sinueux dans les glandes de la peau du crâne.
Celui des glandes du mouton est également très con-
tourné; il (est sinueux dans le cochon; il est presque
droit dans les glandes du cheval.^
§ 3. Des excrétions visqueuses et graisseuses.
Certaines glandes , situées, dans les Oiseaux et les
Poissons ^2l Textérieur du coips, sont destinées à sépa-
rer une humeur graisseuse dans les premiers , et vis-r
queuse dans les seconds , qui a , dans les uns et les
autres, le même usage, celui de préserver leurs tégu-
ments contre l'action dissolvante de l'eau.
ART. U. DES EXCBÉTIONS GÉNÉBALES. 651
A. Chez les Oiseaux.
Le liquide huileux qui imprègne les plumes des
Oiseaux , particulièrement de ceux qui sont aqua-
tiques, a sa source , pour une partie du moins , dans une
glande qui est située sur leur croupion. Cette glande
est composée de plusieurs cellules remplies d\me sub-
stance huileuse qui s'en échappe par plusieurs orifices,
B. Des tubes de la viscosité dans la Classe des
Poissons.
[La viscosité dont la surface des Poissons est ordi-
nairement enduite s'échappe généralement par plu-
sieurs orifices rangés le long de deux lignes latéra-
les (i),et par un certain nombre d'autres percés dans
les téguments de la tête. Elle est sécrétée par de longs
tubes qui se glissent sous la peau.
Dans les Poissons osseux couverts d'écaillés , la série
de la ligne latérale porte un tube longitudinal, de
même nature , qui traverse cette écaille d'avant en
arrière, dans une partie de son étendue , et qui a son
issue de ce dernier côté à l'une des faces de l'écaillé.
C'est du côté antérieur de celle-ci que ce canal a son
entrée; il y reçoit l'humeur qu'il doit porter en dehors,
d'un tube glanduleux qui a traversé les écailles précé-
dentes, et qui se prolonge à travers les écailles sui-
vantes. Ce tube communique avec ceux de la tête, et
s ouvre d'ailleurs soit directement, soit par de très
courtes branches, à la surface de chaque écaille.
Dans la Carpe , le tube de chaque écaille de la ligne
latérale commence , à sa face externe avec le second
tiers de sa longueur, par une espèce de canal incom-
(i) Il a déjà été question des tubes visqueux de la peau des Poissons ,
p. 6i3 et 6i4 du pn'sent ouvrage.
6Ô2 XXXIX* LEÇON. DES SÉCBÉTIONS.
plet, en ce qu'il n'est pas d'abord soudé à la surface
de l'écaillé ; il s'y soude bientôt, et forme un tube com-
plet, jusqu'à l'origine de la partie découverte de l'é-
caille , où il se termine. Ce tube écailleux est traversé
par un tube membraneux qui passe successivement
par toutes les écailles de la ligne latérale , et s'ouvre au
bord libre de chacune d'elles, par un orifice très étroit.
Dans le lépidostée^ le tube solide de l'écaillé com-
mence vers son bord antérieur, à sa face externe^, et se
termine à sa face interne, en-deçà de son bord posté-
rieur. Le tube membraneux qui passe à travers tous ces
canaux des écailles de la ligue latérale s'ouvre de
même au bord libre de cliaque écaille, et communique
avec le tube muqueux de la ligne opposée, par l'intermé-
diaire des tubes de la tête. En injectant du mercure par
le tube d'une écaille de la ligne latérale, nous l'avons
vu passer dans de longs canaux ramifiés qui bordent les
deux mâchoires, formant deux branches principales,
presque parallèles. Un tube de communication traver-
sait l'occiput et établissait plus particulièrement les
rapports des tubes des deux côtés. Ceux de la surface
de la tête formaient d'ailleurs des réseaux superficiels,
très remarquables parleur complication.
Dans le thon , chacun des petits tubes qui aboutit aux
pores de la ligne latérale reçoit un filet du nerf de cette
ligne (i).
Les tubes muqueux , ou les capsules muqueuses de
la tête , ont une structure analogue à celles de la ligne
latérale; mais leur arrangement et leur développement
relatif peuvent beaucoup varier suivant les genres et
les espèces.
(i) Hisi. nat. des poissons . par Cuvier et Valenciennes , t. I, p. 022.
ART. ir. DES EXCRETIONS GENERALES. 653
Le lump {^cijchpterus liimpus) a, autour des yeux
et de la bouche, un certain nombre de poches glan-
duleuses profondes, ayant un assez larj^e orifice cir-
culaire. Elles appartiennent à cet appareil muqueux
ou de la viscosité , destiné à préserver la^peau des pois-
sons de Faction dissolvante de l'eau.
Les cananx muqueux des Raies, dont Al. Monro a
donné le premier une idée assez exacte et de bonnes
figures (i), peuvent être distingués en deux systèmes.
Les uns ont un centre commun et se portent par
faisceaux aux deux surfaces du corps , où ils ont leurs
orifices. Les autres rampent et serpentent près de la
surface de la peau, et s'anastomosent entre eux avant
d'envoyer à cet organe leurs branches terminales.
Le centre principal des premiers est situé à côté de
l'angle des mâchoires, qui est recouvert par les muscles
de cette partie, et en avant du sac branchial. Chaque
tube commence par une ampoule transparente, qui
ressemble à une boule de cristal. Les ampoules d'un
grand nombre de tubes sont rassemblées en un paquet,
qui pourrait être- considéré comme une glande, et
l'origine dilatée de chaque tube , comme l'organe élé-
mentaire de sécrétion de cette glande.
Un nerf considérable, provenant de la troisième
branche de la cinquième paire , distribue évidemment
un filet dans chacune de ces ampoules, qui conserve,
comme le dit Monro ^ sa couleur blanc opaque au mo-
ment où il la touche , mais qui s'y perd en devenant
transparent.
(t) The stinoture aiiJ jjhysioiofjy of Fis,îips', etc. Edimljourp, , 1785.
^.i. VI et Vif,
654 XXXIX* LEÇON. DES SÉCRÉTIONS.
Les tubes de ce centre principal sont im peu étran-
ffiés en traversant la capsule fibreuse qui renferme
leurs ampoules. Us rayonnent de là aux deux surfaces
du corps, sans se ramifier, sans s'anastomoser entre
eux, jusqu'à la peau où leurs orifices sont dispersés.
Nous avons découvert deux autres centres de sem-
blables tubes aux deux côtés de chaque narine, qui ne
distribuent leurs canaux qu'à la face inférieure du bec.
ils reçoivent chacun un rameau nerveux considé-
rable du maxillaire supérieur, qui s'y divise comme
celui du maxillaire inférieur dans le groupe principal,
de manière que chaque ampoule reçoit un filet de ce
nerf.
L'autre système de tubes muqueux, également bien
représenté dans Mouro, se compose de canaux princi-
paux superficiels qui sont très longs et dessinent des
festons assez réguliers, en s'anastomosant entre eux.
Ils paraissent surtout à la face inférieure du corps,
et produisent, par intervalles, de petits rameaux, qui
vont se terminer à la peau, par des orifices béants , qui
sont les analogues des orifices de la ligne latérale des
poissons osseux.
Plusieurs de leurs branches contournent le bord an-
térieur de la tête et vont se distribuer à sa face dorsale.
II est remarquable que les principaux canaux de ce
système commencent par des culs-de-sac , et qu'ils ne
reçoivent pas d'autres nerfs que les filets presque im-
perceptibles qui se distribuent aux téguments.
Le mucus que renferme les canaux des deux sys-
tèmes se compose d'un épithélium, en grande partie de
forme sphérifique , ou ovale , ou en cœur.
Il y a , à cet égard , une différence remarquable dans
les torpilles; elles manquent du premier systèi e de%
ABT. m. DES EXCRÉTIONS PARTICULIÈRES. 655
tubes visqueux simples et rayonnants.] Dans l'espèce
que nous avons étudiée en i8o5, les tubes muqueux
de l'autre système s'ouvraient au dehors par des ori-
fices dont les plus gros étaient disposés avec régularité
le long d'une courbe qui répondrait à la ligne laté-
rale des autres poissons
[Dans la torpille nair.ke , Risso , le système des tubes
muqueux superficiels est semblable à celui des autres
Baies. J'ai trouvé de même ces tubes faisant des con-
tours et des festons, s'anastomosant entre eux avant
d'envoyer de courts rameaux se terminer à la surface
de la peau (i).]
ARTICLE m.
DES EXCRÉTIONS EXCRÉMINTITIELLES PARTICULIÈRES A CERTAINS
ANIMAUX.
Ces excrétions sont beaucoup moins générales que
celles que nousavons traitées précédemment. Il n'en est
presque aucune qui ne soit bornée à un petit nombre
d'espèces ; nous serons donc obligés de les diviser d'a-
près la nature des substances qu'elles produisent.
Il y a de ces substances qui ne sont destinées qu'à
entourer l'aniiiial d'une atmosphère odorante; d'autres
(i) La figure publiée par M. J. Miiller. o. c, sur les glandes, pL XVJ ,
tig. 27, les rejjresente ainsi qu'ils sont décrits dans notre ancien texte.
Il paraîtrait que ces tubes peuvent varier, dans leur disposition , d'une
espèce à l'autre.
M. de Biainville a décrit fort en détail, comme un SYSlème lacuiiaiit: , les,
tubes visqueux du Congre et ceux des Siluriens. Il ne les a jamais trouvés
remplis de cette humeur visqueuse, transparente, que nous avons ob-
servée. Le savant professeur doutait, à l'époque reculée de sa publica-
tion, qu'ils eussent pour usage de la sécréter. {^De l organisation des ani-
maux , t. I, p. i5:j-i57.) Voir encore Stannius. Archives de J, Midicr
pou r i84^-
656 XXXIX' LEÇON. DES' SÉCRÉTIONS.
sont colorantes, appartiennent presque toujours à des
animaux aquatiques , et servent à les caciier, eu tei
gnant autour d eux les eaux où ils se trouvent.
Il y en a de plus subtiles qui le défendent plus éner-
giquement : c'est l'électricité même , que quelques
animaux séparent, comme pourraient faire les nua-
ges, et dont ils se servent de même pour foudroyer
autour d'eux.
D'autres animaux, les poissons, séparent de l'air, et
le tiennent en réserve pour se rendre à volonté plus
lourds ou plus légers.
Il y en a qui produisent des substances visqueuses
ou graisseuses qui les enduisent et les préservent de
l'action dissolvante de l'humidité.
D'autres en produisent de résineuses propres à être
filées ; la soie est le résultat le plus connu de leur pou-
voir à cet égard.
D'autres enfin en produisent de venimeuses, qui,
versées dans les plaies, y entretiennent une inflamma-
tion douloureuse ou y déterminent une aggravation
mortelle.
Nous allons parler successivement et brièvement
des plus importantes de ces excrétions , et des organes
qui les séparent de la masse du fluide nourricier.
I. DES EXCRÉTIONS PARTICULIÈRES AUX ANLMAUX
VERTÉBRÉS.
§ 1. Glandes particulières aune région des téguments.
[Toutes les glandes dont il va être question dans
ce premier paragraphe appartienneut à une région
circonscrite des téguments, et y versent la matière ex-
crémentitielle qu'elles sécrètent.
Le plus grand nombre de ces glandes a des rap-
AHT. 111. DES KXCRÉÏIOXS l'AUTlCliLIÈlîES. 657
ports évidents avec les fonctions de la vénération, et
leur action augniente beaucoup, et conséquemraent
l'abondance de Thunieur quelles produisent à l'épo-
que du rut.]
A. Des larmiers.
On donne improprement le nom de larmiers à deux
sacs membraneux dont les parois sont garnies de fol-
licules qui séparent une humeur noirâtre, épaisse,
onctueuse.
Ces sacs sont situés dans une fosse sous-orbitaire
de l'os maxillaire supérieur; ils ont plusieurs centi-
mètres de profondeur, et s'ouvrent au dehors par une
fente lon(jiludinale, qui peut être longue de 0,02 mètres.
Ils n'existent que dans les Cerfs et les Jntilopes.
B. Glande temporale de l'éléphant.
Cette friande est située sous la peau, dans la région
temporale. Elle est de forme ovale; sa largeur est de
0,2 mètres au moins, et sa substance fongueuse- et
rougeâtre. L'humeur visqueuse et fétide qu'elle sépare
découle par un canal qui descend obliquement d'ar-
rière en avant, dont les parois sont semblables à la
peaUj et qui se termine à l'intérieur par un orifice
étroit situé à égale distance de l'œil et de l'oreille.
Après la mort, cette matière prend la consistance du
cérumen; elle sort abondamment par cet orifice toutes
les fois que les mâles entrent en chaleur. Il paraît que
la sécrétion en est beaucoup moins considérable dans
les femelles.
G. Glande dorsale du tajacu.
C'est une glande très considérable, située immédia-
8. 42
658 XXXIX® LEÇON. DES SÉCRÉTIONS.
temeiit sous la peau du dos, composée de lobes et de
lobules , dont les canaux excréteurs se réunissent à un
orifice commun, étroit et arrondi , qui répond au mi-
lieu de la face supérieure de cette poche.
D. Glande musquée sous -maxillaire du crocodile.
Cette glande est située sous la peau, de chaque côté
delà mâchoire inférieure, vers le milieu de la lon-
gueur. Elle a la forme et le volume d'un petit gland,
une gaine musculo-tendineuse qui l'enveloppe, et un
tissu homogène , blanchâtre. L'humeur qu'elle sépare
s'amasse dans un petit sac qui s'ouvre immédiatement
au dehors par un large orifice. Cette humeur est onc-
tueuse , d'un gris noir et d une forte odeur de musc.
E. Des poches glanduleuses qui se trouvent dans
le voisinage de Vanus, ou qui embrassent cette ou-
verture.
La civette., \ichneumon, \ hyène., le blaireau., etc.,
ont une semblable poche, mais différemment située.
DanslaaVe/^e, elle est placée entre l'anus et la vulve,
ou l'ouverture du prépuce ; dans Vichneumon., elle ren-
ferme l'anus, qui est percé au centre ; celle de Xhyène
et du blaireau est entre l'anus et la queue.
La poche de Xichneumon peut avoir 6 centimètres
de diamètre. Sa surface interne présente un grand
nombre de petits orifices, percés le long de son bord,
dans la longueur de o,q mètres. Il en sort une humeur
épaisse, jaune , huileuse, qui rempUt un grand nom-
bre de follicules, de la grandeur et delà forme d'un
petit pois, collés contre les parois extérieures de cette
poche. On voit plus près de l'anus , dans les deux tiers
ART. ni. DES EXCRÉTIONS PARTICULIÈRES. 659
supérieurs de sa circonférence, un triple rang d'ouver-
tures plus considérables , appartenant à autant de pe-
tites glandes conglomérées , qui séparent une matière
blanchâtre. Enfin , la même poche est percée tout près
de l'anus des deux orifices des vésicules anales : de sorte
que trois sortes de glandes y versent autant de matiè-
res différentes.
Celle contenue danslesfollicules, ou dans les petites
glandes conglomérées , en est exprimée par la contrac-
tion du sphincter de l'anus, dont les fibres sont épa-
nouies sur toute la surface extérieure de la poche.
La matière que renferme celle de la civette est célè-
bre par son odeur. Cette poche s'ouvre à l'extérieur par
une fente longitudinale , dont les lèvres sont bordées
de longs poils, et écartées l'une de Taulre. Lorsqu'on
les écarte encore davantage, ou voit que la surface in-
terne de la poche est partagée par dessillons profonds,
dirigés en travers , et que son fond donne dans deux
culs-de-sac , dont les parois épaisses et glanduleuses
séparent proprement cette espèce de musc. Elles sont
tapissées intérieurement, comme celles de toute la
poche, d'un épiderme et de poils épars. Une gaine mus-
culeuse enveloppe cet organe , et peut en exprimer
la matière odorante.
Le cochon dliidedi de même, au-dessous de l'anus,
une poche carrée dans laquelle deux petites glandes
arrondies versent une humeur sébacée noirâtre.
La poche de \ hyène s'ouvre au-dessus de l'anus par
une fente transversale; cette fente conduit d'abord
dans deux bourses latérales, qui sont les cavités cen-
trales des deux masses glanduleuses composées de lobes
et de lobules. Ces deux bourses communiquent avec
660 XXX IX* LEÇON. DES SÉCaÊTIONS.
deux autres glandes dont les lobules sont plus déta-
chés, et sont de même rassemblés autour d'une cavité
centrale, dans laquelle se terminent leurs canaux ex-
créteurs, et qui s'ouvre, comme nous venons de le dire,
dans les premières bourses. Les orifices des canaux
excréteurs de toutes les petites glandes sont très appa-
rents dans les quatre bourses. Il en sortait une matière
jaune-brun dans la bourse antérieure gauche , tandis
que cette matière était grise dans la correspondaiîte
droite. La matière des deux bourses postérieures avait
cette dernière couleur.
La fente transversale qui se trouve de même dans
le blaireau, entre la queue etTanus, donne dans une
poche dont les parois sont garnies extérieurement de pe-
tites glandes du volume d'une lentille, qui transsudent
une humeur huileuse par un grand nombre d'orifices.
§2. Glandes anales des Vertébrés.
Ce sont des vésicules globuleuses ou pyrilormes,
dont les parois séparent une matière épaisse de diverse
couleur et nature , suivant les espèces, ordinairement
jaune ou brune, et dont l'odeur varie beaucoup. Cette
matière transsude dans la cavité de la vésicule, et la rem-
plit; elle ne peut en sortir que par une ouverture per-
cée à la marge de l'anus. Son expulsion a lieu par l'ac-
tion des faisceaux musculeux dont cette vésicule est
entourée.
On trouve de pareilles glandes dans la plupart des
Carnassiers. Elles produisent la mauvaise odeur qui a
fait donner au putois le nom qu'il porte.
Dans là civette ., ces vésicules contiennent une hu-
ART. III. DES EXCBÉTIONS PARTICDLIÈRES. 66 1
meur huileuse, épaisse, un peu plus jaune que celle de
la poche à musc, mais ayant la même odeur.
Les vésicules anales se rencontrent encore dans plu-
sieurs ^(972g^e«7'j, tels que les cabiais ^ ie paca, \ agouti;
mais elles manquent dans les autres ordres de Mammi-
fères , si l'on en excepte les Amphibies carnassiers^ tels
que \e?, phoques.
Dans les marmottes , on en trouve trois au lieu de
deux , plus petites à la vérité que dans les animaux
précédents, et dont les conduits excréteurs s'ouvrent
sur le bord de l'anus, au milieu de trois papilles qui
font saillie hors de cette ouverture lorsque l'animal
est inquiet. La matière qu'elles séparent répand dans
le spermophile sousi'ick (mus citillus PaLL.) une odeur
de bouc.
Nous ne connaissons rien d'analogue à ces glandes
dans les Oiseaux ; mais elles se trouvent dans plusieurs
Reptiles. IjCs crocodiles en ont de considérables. Nous
en avons vu , dans les couleuvres femelles , de très
grandes, situées sous la queue, en arrière du cloaque,
à l'endroit qu'occupent les verges dans les mâles. Elles
étaient remplies d'une matière jaune peu épaisse.
II. DES EXCRÉTIONS PARTICULIÈRES A l'emBRANCIIE-
MENT DES ANIMAUX ARTICULÉS.
§ I. Glandes de la soie etfdières des Insectes et des
Arachnides. j,
A. Dans la classe des Insectes.
[Les femelles de plusieurs Insectes, à létat parfait,
ont des glandes et des filières qui leur servent à pro-
662 ''bîXXIXe LEÇON. DES SÉCRÉTIONS.
duire et à filer la soie dont elles composent le cocon qui
renferme et protège leurs œufs.
Nous en avons parlé en décrivant les organes de la
génération.]
Il nous reste à décrire ici les glandes de la saie et les
filières des chenilles , instruments qui servent à leurs
métamorphoses.
Presque toutes les chenilles se filent une enveloppe,
ou au moins quelque lien , avant de se métamorphoser.
Le ver h soie (bombyx mori) est le plus célèbre à cet
ég^rd , parce que le fil dont son enveloppe se compose
e^t à la fois abondant, souple et brillant , qu il se laisse
dévider aisément , et que c'est avec lui que nous fa-
briquons nos plus brillantes étoffes, D'autres chenilles,
comme celle du grand p<20« de nuit (Bomb. pavonia)
en filent bien autant ; mais il est dur, cassant , et im-
possible à dévider.
Toutes les chenilles ont les mêmes organes sécré-
toires pour la matière de la soie, à la grandeur près,
qui est proportionnée à l'emploi qu'exige la quantité
de fil que chacun doit produira. Ce sont, comme tous
les autres organes sécrétoires des insectes, deux longs
tubes , commençant par être très minces et entortil-
lés, grossissant ensuite pour former une sorte de réser-
voir, et finissant par un canal excréteur, si mince qu'à
peine on l'aperçoit. Les deux canaux ont leur issue sous
la lèvre inférieure. C'est en portant sa tête çà et là que
la chenille tire et allonge cette matière ductile (i).
(i) Voir les