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Full text of "Lecons d'anatomie comparée"

VICTOR MASSO!\', place de rÉcoIe-dclflcMlceino , I. 



RÈGNE ANIMAL 

P4R J. ACHlllE COMTE, 

PKOFESSUni d'hisTOIKE SAIURELLE A L'ACADÉMIE DE PARIS, 

CIIFF ni- BUREAU DES ioMPaCNIES SAVANTES ET DES AFFAIRES MÉDICALES AU MINISTERE 

DE L'iRSTRUCTIOX PUBLIQUE. 



Ouvrage adopté par le conseil royal de l'instruction pudlique, ix)ut 
l'enseignement de l'Histoire naturelle dans les établissements de l'Université. 



La grande et utile publication des Tableaux Méthodiques duReqne 
Animal vient de se terminer par la livraisori des Races Humain£.s. 

Tous les hommes qui s'occupent de Zoologie devront se féliciter de 

qu'il existe enfin un ouvrage complet , où les personne^ qui dési- 
■.ent étudier cette science pourront trouver des notions générales 
sur la structure et la classification des animaux. Cet ouvrage ne 
devait pas se borner à la dénomination des espèces et du genre au- 
quel elles appartiennent , mais il fallait encore qu'il contînt , sous 
une forme claire etméthodique, l'exposé des différences ou des al'fini c-^s 
organiques qui les ont fait séparer ou réunir dans des groupes divers, 
importait aussi qu'un pareil travail fût assez développé pour cor* 
prendre tous les détails de la Zoologie , et cependant assez resseri'ç^ 
pour n'excéder ni le temps ni les ressources dont disposent les gens 
d'étude. 

M. Achille Comte , en concevant son ouvrage des Tableaux Mé- 
thodiques du RÈGNE ANIMAL , n'a méconuu ni len difficultés , ni les con- 
ditions de son entreprise; on peut affirmer ou'il a surmonté les unes 
et renripli les autres. 

Cette publication Zoologique a été commencée il y a dix ans . c'est 
le RKGNE ANIMAL de notrc grand Cuvier que M. Achille Comte a dé- 



veloppé en belles et grandes planches : chacune d'elle.^ nonne nu 
texte clair et précis qui résume, en phrases caractéristiques, les 
principes de la classification des divers Ordres du Règne Animal, et 
montre en regard , dans près de cinquante figures , les variétés d'es- 
pèces des Sous-Genres et àes, Familles. L'auteur a eu soin de taire .<«- 
présenter, à la marge des divers groupes, les caractères d'organisa- 
tion qui les ont motivés. 

A l'aide d'un pareil guide , ]sl Zoologie est devenue une des études 
les plus faciles et les plus attachantes. 

Au début de cette publication, en 1832, M. Geoffroy F\int-Hi- 
LAiRE disait dans un rapport à Y Académie des sciences : 

» Nous pensons que M. Achille Comte ne s'est point méj ns dans 
" la confiance qu'il témoigne que, par sa nouvelle et ingénieus; 
" manière d'exposer les propositions générales de l'histoire naturelle. 
•• il facilite l'étude de cette science aux intelligences qui s'y appli- 
" quent. Or, c'est vraiment avoir rendu un service essentiel, qu'* 
•• d'avoir ainsi travaillé , par une extension des moyens d'étude , à 
» populariser la science destinée à devenir, un jour, le fondemen: 

" de l'éducation publique Les Tableaux Méthodiques de M. «e 

" Professeur Achille Comte répondent parfaitement au but que s"esl 
•• proposé leur auteur ; car ils sont effectivement pour l'étude un se- 
•' cours habilement ménagé et utile. •• 

Ce suffrage élevé a été sanctionné , depuis dix ans , par le succès le 
plus populaire; et plus de SOIX. 4 iVTE-DiX lflL.IiE TABI^EAUX, 
déjà vendus, témoignent de Icnipressement du public pour une mé- 
thode d'enseignement si nouvelle et si précieuse. 

La possibilité d'acheter séparément tel ou tel Ordre du Règnf 
Animal et d'avoir , pour un prix modéré , la description , l'image et la 
distribution Zoologique de tous les animaux appartenant à un Typi: 
ou à une Classe , est un avantage qui n'avait été offert , jusqu'à ce 
jour, par aucune publication d'Histoire Naturelle. 

Non-seulement ces Tableaux sont utiles et intéressants pour les 
élèves dont ils facilitent les études en leur enseignant , sans fatigue . 
les classifications , ils sont précieux encore pour les personnes qui st^ 
livrent, par état ou par goiit , à des travaux de Zoologie, et qui se 
trouvent éloignées des grands étalilissenients ou des cabinets d'His- 
toire Naturelle. 



CIRCULAIRE MINISTERIELLE. 

Paris, le 27 aoûl 183-2. 

Monsieur le Recteur, 

Le Conseil royal, dans sa séance du 10 août courant, a pris, au sujet 
d'un ouvrage publié par M. Achille Comte, sous le titre de Tableaux du 
IVk'.NE Anlmal, une délibération à laquelle j'ai donné mon approbation. 
Cette délibération est ainsi conçue : 

« Le Conseil , vu le rapport qui lui a été présenté sur les Tableaux du 
• liÈGNE ANiiMAL, par M. Achille Conite, décide qu'il y a lieu de recom- 
<> mander spécialement cet ouvrage pour servir à l'étude et à l'enseigne- 
» nient de l'Histoire Naturelle dans les établissements de l'Université. » 

.le vous prir- ce donner communication de la présente lettre à MM. les 
proviseurs et les principaux df collèges, et de leur recommander l'intro- 
duction des Tableaux de M. Achille Comte dans les établissements conliés 
h leurs soins. 

Recevez, Monsieur le Recteur, l'assurance de ma considération disiin'^uée. 
Pour le Ministre de ('Instruction publique et des Cultes. 
Le Conseiller Vice-Président: TILï-KMALX. 



Conditions de vente» 

91 Tableaux, in-plano, grand colombier, comprenant environ 

cinq mille ûgures (lôfr. "Tic. 

Demi-reliure, en 2 tomes, avec dos en veau 18 » 

Cha(|ue tableau se vend séparément 1 2." 



Chaque Tableau comprend lliistoire d'un des 78 ordres du Règne Animal, it 
présente près de 50 figures d'animaux distribués el décrits d'après cet ouvrage. 

Les Animaux de chacune des diverses classes du Règne Animal sont distribués, 
décrits et dessinés en quelques tableaux qui peuvent être reliés ddi«.s des Atl.is 
séparés , ainsi qu'il suit : 

, Races humaines et MamniifLiv5. . . . >i 

ire DIVISION-. Oiseaux « 

Ifrii'brés, Z3lalfltiaux. ' Reptiles et Poissons iti 

2e DIVISIO.V. I Mollusques 1» 

5» DlVISlOIV. j crustacés, Annélides, el Araclinhks. . lî 

Articulés, 37 tabkaKX. ) Insectes '^i 

4» DIVISION. 1 l'.ayonnés 8 

l.p Titre cl le Tableau général d'Inlroiluction pourront être placés en tétc tlï 
tlia(}ue Allas, si cet Atlas est pris sé|Kiréniciil. 

Xoia. — On recevrait en Atlas cartonné chacune de c<-$ divisions , ou même ch.'.f uîifi dc« 
<.ius divisions, en ajoutant lo centiint-saii prix de dinrnn des inhlcriiix qui la coîîti-.isci!:. 



ORDRE 



M.'iVAvr I.KOUEL DOIVENT ÊTRE CLASSÉS LES 9i LIVRAISONS DES 
lABLEAUX MÉTHODIQUES 



RÈGNE ANIMAL. 



Sujet'». N"» de la livr 

l.i; lilre. 

I Tableau diiilroductioii. 1 

o; l liâtes liumaincs. 89 

^ I Quadrumanes. 6 

^ ; Carnassiers. — Marsupiaux. 7 

s *•. Carnivores. 9 

^ j Rongeurs. 2 

!^ I lidentés. — Celacés. 5 

I l'acliyderines. A 

\ KuminanU. 3 

Rapaces. 11 
=^ l l'assereaux. (3 lai)Ieau\.; 18, 20 et 25 

S 1 Grimpeurs. 12 

^ \ Gallinacés. 8 

■^ JÉchassiers. (2 tahl.: Iftellô 

\ Palmipèdes. 10 



■" 1 Chéloniens. 


— Batraciens. 


13 


-:^ ' Sauriens. 




13 


S" j Ophidiens. 




21 



I Acanllioptèrygiens. (8 labl.) 53 , 49, 
l 47, 55, 50, tiO, 62 , 61 

' Malacopt. Abdom. (2 tabl.; 22 et 24 

IMal. Subr. et Apodes. 19 

Lophobr. et Plectognathes. 23 

Sturion. Sélaciens et Cyclostomcs. 1 7 



Céphalopodes et Ptéropodes. ^6 

/ Fulmonés. 31 

l Xudib. Inférob. Tectib. Hétérobran- 
. \ chcs. 27 

• Peclinibranches. (2 tabl.) 36 et 29 
I i'ubulib. Scutib. Cyclobranches. 46 
I Acéphales Testacés" ^3 tabl.)39, 40 et 43 
' Acéphales sans coquilles. 28 

• Bracliiopode» et Cirrhopodes. 32 



sujeu. 

iTubicoles. 
Dorsibranches. 
Abranches. 



N°«dela iivr. 
42 
34 
30 



/ Décapodes. (3 labl.) 41, 52 et :>(■. 

l Stomapodes et Amphipodc*. 37 

' Lœmodipodes et Isopod' . 48 

I Branchiopodes. 51 

( Pœcilopodes. 57 



Pulmonaires. 
Traciiéenne- 



45 



Tableau général d'tnlomologie. 81 
Myriapodes et Thysanoures. 44 

Parasites el Suceurs. 38 

Coléo|)tères. Pcntamères. (4 tabl.) 

74, 75, 78 et 80 
1(1. Héléromères. (3 tabl.) 

84, 85 et 88 
1(1. Télramères el Tri- 

méres. (4 labl.) 83, 86, 82 et 87 
Orlhoptères. 04 

Hémiptères. (2 tableaux.) 67 et 6S 
^évroplères. 66 

Hunénoptères. (3 labl.) 73, 71 el 65 
Lépidopicres. — Rhipii)lères. (2 t.) 

72 et 79 
Uiplères. 2 labl.) 76 et 77 

lùhinodermes. Pédicellés. 35 

Echin. Apodes. — Acalèph. Hydro- 
statiques. — Infusoires. 90 
Intestinaux. Cavilaires. 7ti 
Intestinaux, l'arenchymaleux. 54 
Acalèplies simples. 59 
Polypes. Charnus. — Gélatineux. 69 
l'ulypes à Polypiers. (2 labl.) 58 et 63 

Tableau il ii'.lroduclion du règne 
végétal. 1 



ANATOMIE 



COMPARÉE. 

m 

TOME VIII. 






PAnw. — iMPniMEniK de dourgoone et martisït, 
rue Jacob, 3o. 



r 



LEÇONS 

D'ANATOMIE COMPARÉE 

TOME HUITIÈME, 

CONTENANT 

LES ORGANES DE LA GÉ\ÉR\TI()\ ET DES SÉCRÉTIONS, 

AVEC 

UNE LEÇON complé:mextaire des organes 

DE IlELATIO?iS ; . 

PAR 

GEORGES CUVIER 

'•\ ET 

G. - Ii/l>U V JE R»f OT , 

Profpsspiir nn Collège de France. 

SECONDE ÉDITrON, CORUTCxÉE ET AUGMENTÉE. 



Çrtriô 



FORTIN, MASSON ET O' , 

LIBRilP.ES DES SOCIÉTÉS SAVAINTES PRÈS LE MIMSTÈRE DE LI>STBlCTION PLBLIQLE, 

PLACE DE l'ÉCOLE-DE-MÉDEGIXE ; 

MEME MAISON, CHEZ L. MlCIiELSEN, A LEIPZIG. 

18/16. 




*/%. 



AVERTISSEMENT. 



Je termine, avec ce volume, la tâche longue 
et difficile de mettre au courant de la science 
actuelle, après quarante années de progrès, 
la seconde livraison ou les trois derniers tomes 
de l'ouvrage auquel on accorde généralement 
le mérite d'avoir constitué, comme science, 
l'anatomie comparée (i). 

Ce travail sera probablement, encore quel- 
que temps, très ingrat pour la juste apprécia- 
tion des services que celui qui l'a entrepris a 
pu rendre à la science. 11 a dû cependant y 
consommer une grande partie des derniers 
elTorts de sa vie , afin de l'exécuter conscien- 
cieusement et comme il le devait^ pour ré- 
pondre, à la fois^ à ce que M. Cuvier, qui le lui 
avait demandé, attendait de lui, au dévoue- 
ment sans bornes qu'il conserve à sa mémoire, 
et aux besoins actuels de la science. 

Cette science n'a cessé d'avancer de i8o5 
à 1845. M. Cuvier, qui a marqué et commencé, 

(i) La première livraison, composée de deux volumes rédigés par 
M. Duméril, avait paru en 1800. 



VI AVEBTISSEMEINT. 

dès l'ouverture de son premier cours , au 
Jardin des Plantes, il y a précisément un 
demi-siècle, l'époque physiologique de l'ana- 
tomie comparée, a continué de marcher à sa 
tête jusqu'à l'année malheureuse de iSZa. , et 
de lui imprimer, du moins dans quelques 
une» de ses parties, la puissante impulsion 
de son incessante activité- 

Je ne puis entrer ici dans les détails des 
chaiigements, des perfectionnements que ces 
progrès ont rendus nécessaires, et que j'ai pris 
sur moi d'introduire dans cette nouvelle édi 
tion; changements qui lui donnent une tout 
autre physionomie, et pour le fond et pour 
la forme. 

Je ne reviendrai pas sur la part que j'avais 
eue à la première édition, et sur laquelle je 
me suis expliqué, avec sincérité, dans plusieurs 
occasions soîeiinelles (2) ; ni sur l'espoir que 
j'avais, en acceptant la proposition de M- Gu- 
vier (5) d'entreprendre ce grand travail de 



(1) Ce discouis d'ouverture est imprimé dans \e Migazin encyclopé- 
dique Je .Milliu, etc., t. V, p. i.jS et suiv., l'an iv (lygS). (2) Voir ma 
Notice adressée à l'Académie des sciences en juillet 1 832, et celle de i844î 
p. 11-17, '^^ '^ premier fascicule de mes Leçons au Collège de France, 
l'aiis, i83g, surtout le post-scriptuiu de la p. io4 et suiv. (3) Voir 
la note qu'il m'a adressée à Strasbourg déjà le 5 novembre 1827, et dont 
j ai isi'it fane un fac-similé , qui doit être joiut aux exemplaires de cette 
seconde édition. 



AV£r.TlhSKME!NT. Vil 

révision et de reionte , de îe l'aire avec lui (j\ 
s'était résc;vé les deux premiers volumes de 
la première édition), à côté de lui, et avec 
tous les secours si précieux que sa position lui 
donnait, et qui m'aurait permis démultiplier, 
sans perle de temps, comme pour la première 
édition, les observations les plus nombreuses 
et les plus nouvelles. 

Mais ii sera facile de comprendre les droits 
que me donnait ma première coopération, et 
lei^ devoirs que m'imposait la promesse que 
j'avais faite à \J. (^uvier; devoirs que je n'ai 
pu remplir qu'avec beaucoup de lenteur, par 
suite de la fatalité qui m'a éloigné de cette 
position si favorable, dont je viens de parler. 

En résumé , la première édition des Leçons 
présentait , avec le premier ensemble de con- 
naissances précises, suffisamment développées, 
sur l'organisation des animaux; un certain 
nombre de notions encore en germe, ou peu dé- 
veloppées, qui devaient mûrir plus tard avec les 
progrès de la science , et dont le public savant 
avait le droit de chercher le tableau dans l'édi- 
tion actuelle. 

Aussi a-î-elle pris des proportions telles, que 
les trois volumes de mon ancienne rédaction 
ne font pas le tiers du texte des six volumes (i) 

(i) Ces volumes font 3892 pages, cotnpienaiit chacune plus de texte 



VlU AVERTISSEMENT. 

correspond aril.s que j'ai publiés pour cette nou- 
velle éditioD ; lesquels traitent de même essen- 
tiellement des organes de nutrition et de gé- 
nération chargés d'entretenir la vie indivi- 
duelle et la vie de l'espèce. 

L'ancien texte a été conservé scrupuleu- 
sement et distingué du nouveau texte par les 
crochets [ ] qui séparent celui-ci; il ne faut 
pas le perdre de vue; en se rappelant encore 
que toutes les notes^ à deux exceptions près , 
sont nouvelles. 

Ce tome VHP et dernier (le VP volume de 
niarédaction) , dont le titre explique suffisam- 
ment le contenu , renferme près de 5oo pages 
d'augmentations. Elles ont été employées, en 
grande partie, à donner aux trois embranche- 
ments inférieurs du Règne animal, pour la f'es- 
criplion de leurs organes de la génération , le 
même développement proportionnel qu'à 
l'embranchement des vertébrés. 

M. Guvier avait décrit ces organes dans 
56 pages seulement de notre première édition ; 
il y en a 289 d'employées, sur le même sujet, 
dans l'édition actuelle; non compris ce que 
j'ai écrit dans la xxxviii^ leçon, des organes 



(|ue celles île la première édition; (îç sorte que les ïSgS pages de celle-ci, 
n'en font que I225 de la nouvelle. 



AVERTISSEMENT. H^ 

d'incubation extérieure, appartenant aux ani- 
maux de ces trois embranchements. 

Les quatre types du Kègne animal ont ac- 
quis, dans cette édition, d'importants complé- 
ments , suite des observations microscopiques 
sur la structure intime des organes prépara- 
teurs des ovules et du sperme et sur leurs 
produits, particulièrement sur le développe- 
ment des ovules et des spermatozoïdes. 

11 était intéressant de montrer que ce double 
développement suit les mêmes lois et les mêmes 
phases , dans tous les animaux où il a été ob- 
servé. 

La dénomination de spermatozoïdes, que 
j'ai proposée le premier, paraît devoir être gé- 
néralement adoptée. Je dois en être flatté, 
parce qu'elle indique une heureuse révolution 
dans les idées , que j'ai provoquées de toutes 
mes forces dans mes enseignements et dans 
mes écrits; en combattant l'opinion qui les en- 
visaf^eait comme des animalcules parasites de 
la semence , comme le produit d'une généra- 
tion dite hétérogénie ; et en cherchant à dé- 
montrer, au contraire , que ce sont des ma- 
chines animées, chargées de porter à l'ovule 
l'élément complémentaire du germe. 

J'ai ajouté à l'article qui traite des sécré- 
tions en général, la doctrine de l'endosmose, 



X AVF.RTISSF.MENT, 

qui a répandu un si grand jour sur rc sujet, 
depuis que l'esprit investigateur de M. Dutro- 
chet a nommé et distingué ce phénomène, et 
qu'il en a montré toute l'importance par ses 
expériences aussi ingénieuses que variées. 

Gettf^ leçon sur les sécrétions comprend en- 
core de notables perfectionnements sur les 
glandes de la sueur chez l'iioa-ime et les ani- 
maux domestiques; sur le byssus des mollus- 
ques acéphales; sur la structure intime des or- 
ganes électriques , etc. 

Enfin la xl' et dernière leçon , complémen- 
taire des orgdnes de relatiojis, traite , dans une 
première section, de la vessie natatoire, et 
dans une seconde des organes de la voix et des 
bruits. Ce rapprochement, qui peut paraître 
singulier, a besoin d'être justifié. 

Le classement des organes, adopté dans 
tout l'ouvrage d'après leurs fonctions , ne per- 
mettait plus de placer la vessie natatoire dans 
les sécrétions , puisqu'elle ne sécrète pas in- 
contestablement, dans tous les cas, l'air qu'elle 
renferme, et que sa fonction la plus générale 
est d'aider à la station du poisson, à telle ou 
telle profondeur des eaux qu'il habite. 

Mais les belles découvertes de M. E.-H. 
Weber, que j'ai vérifiées , en y ajoutant quel- 
ques détails, étendues encore à d'autres pois- 
sons par les observations de M. Cuvier, on 



AVF.nTISSEMF.NT. XI 

montré que, dans beaucoup de cas, la vessie 
natatoire peut être encore un orcjane acces- 
soire de l'audition. 

Elle n'a même plus que cette dernière fonc- 
tion dans les Loches , où elle est devenue une 
sorte de caisse du tympan. 

Cette double considération m'a déterminé à 
placer son histoire dans une leçon complémen- 
taire, avec les organes de la voix et des bruits; 
dont les rapports avec l'audition , non plus 
comme auxiliaires, mais comme produisant 
les impressions de ce sens, pour les relations 
des animaux entre eux, sont incontestables. 

vS'ai introduit dans l'exposition successive 
des faits anatomiques , d'après l'ordre de la 
méthode naturelle , ini ceitain nombre de 
changements notables, qui feront connaître 
quelques modifications que j'ai cru devoir faire 
aux classifications adoptées dans le Règne 
animal. La méthode naturelle n'est qu'un 
principe ,dont les applications doivent varier, 
en premier lieu, avec les progrès dans la con- 
naissance de l'organisation , qui nous font 
avancer, pour ainsi dire chaque jour, dans la 
connaissance de l'ensemble des rapports que 
les animaux ont entre eux. 

Ces progrès réels sont dus à un grand 
nombre d'anatomistes, devenus célèbres par 



XIT AVERTISSEMENT. 

d'importantes découvertes. Je me suis fait un 
devoir de les citer, dans Je double but de la 
reconnaissance qui leur est due , et d'indiquer 
au lecteur les sources où il pourra puiser des 
détails plus étendus que ne le comporte un ou- 
vrage qui embrasse le tableau général de la 
science. 

Puisse ce tableau , le seul complet qui existe 
dans notre langue, ne pas être trop au-des- 
sous de ce qu'il aurait été avec laide et sous 
les auspices de son premier et principal 
auteur! 

En le traçant sans son secours, je l'ai fait 
comme si j'avais eu la pensée , incessamment 
présente_, que mon illustre ami n'était pas 
absent pour toujours ; et qu'à son retour, j'au- 
rais à lui rendre compte de la parole que je lui 
avais donnée , et de la manière dont j'avais 
répondu à sa confiance illimitée. 

Paris, le l^' décembre ISZiS. 

G.-L. DUVERNOY. 



LEÇONS 



D ANATOMIE COMPARÉE. 



TRENTE-DEUXIEME LEÇON. 

PREMIÈRE PARTIE. 



DE LA GÉNÉRATION, EN GÉNÉRAL, ET DE SES 

DIFFÉRENTS MODES DANS TOUT LE RÈGNE ANIMAL, 

ET CHEZ LES ANIMAUX VERTÉRRÉS, 

KN PARTlCULIliR. 

• Les quatrième, cinquième, sixième et septième vo- 
lumes de cet ouvrage nous ont fait connaître tous les 
moyens que la nature emploie pour maintenir indivi- 
duellement chaque animal dans l'état convenable, 
pendant le temps assigné pour la durée de sa vie. 
Nous y avons vu comment il prend ses aliments au- 
dehors; comsnent il les prépare pour en extraire son 
fluide nourricier; comment ce fluide nourricier est 
transporté dans toutes les parties qu'il doit nourrir, et 
comment, avant d'intercaler ses molécules aux leurs, 
il est soumis àl'action nécessaire de l'élément ambiant, 
seule capable de lui donner sa perfection dciinitive. 
Mais cette série de décompositions et de rétablisse- 
8. 1 



2 XXXIl* LEÇON. INTRODUCTION. 

ments amène à la longue la cessation de tout mouve- 
ment dans la machine animale, la mort de l'individu. 

Nous avons à examiner à présent la fonction qui en- 
tretient l'espèce , en employant une portion de la vie 
de chaque individu , pendant qu'elle est à son plus haut 
période, à en développer d'autres qui le remplaceront 
un jour. 

lia génération est le plus grand mystère que nous 
offre l'économie des corps vivants , et l'on peut dire 
que sa nature intime est encore couverte des ténèbres 
les plus absolues. Aucune observation directe ne nous 
autorise à admettre la formation d'un corps vivant de 
toutes pièces , c'est-à' dire pour la réunion de molé- 
cules rapprochées subitement. La comparaison que 
l'on a voulu faire de la génération avec la cristallisa- 
tion n'est nullement fondée sur une véritable analo- 
gie; les cristaux sont formés de molécules similaires 
qui s'attirent indistinctement , et se collent les unes 
aux autres parleurs faces, lesquelles déterminent l'or- 
dre de leurs rangées. Les corps vivants se composent 
d'une multitude de fibres ou de lamelles, hétérogènes 
dans leur composition , diversifiées dans leur configu- 
ration, et dont chacune a sa place marquée; ne pou- 
vant être que dans un lieu, et entre d'autres fibres ou la- 
melles déterminées. De plus , dès l'instant où les corps 
vivants existent, quelque petits qu'ils soient encore, ils 
ont toutes leurs parties (i) ; ce n'est point par l'addition 



(i) Cette proposition est peut-être trop absolue ; il y a , dans la for- 
mation de l'embryon, une apparition successive des systèmes d'organes, 
des appareils et des organes , qui semble contraire à l'existence simul- 
tanée de toutes les parties dont chaque organisme individuel se compose 



GÉNÉRATION EN GÉNÉRAL. 3 

de nouvelles couches qu'ilscroissent, mais par le déve- 
loppement, tantôt uniforme, tantôt inégal, de parties 
toutes préexistantes à tout accroissement sensible. 

La seule circonstance commune à toute frénération, 
et par conséquent la seule essentielle, c'est que chaque 
corps vivant tient, dans les premiers instants où il 
commence à être visible, à un corps plus grand, de 
même espèce que lui, dont il fait partie , et parles 
sucs duquel il se nourrit pendant un certam temps; 
c'est sa séparation de ce corps plus grand qui constitue 
la naissance; mais cette naissance peut être le simple 
résultat de la vie du grand corps et du développement 
du petit qui en est la suite , sans qu'il y ait besoin 
d'aucune action particulière et occasionnelle. 

Ainsi, dans son essence , la génération n'est encore, 
dansceque nous en voyons, que l'apparition d'un petit 
corps organisé, sur ou dans quelque partie d'un autre 
corps organisé plus grand , dont il se séparera au bout 
d'un certain temps , pour avoir une existence propre 
et isolée. 

Tous les actes ou organes qu'on voit d'ailleurs co- 
opérer à la génération, dans certaines classes, ne sont 
qu'accessoires à cette fonction. 

La génération , ainsi réduite à sa simplicité essen- 
tielle, est ce qu'on appelle génération gemmipare ou 
par bourgeon; c'est ainsi qu'il vient sur les arbres des 
bourgeons qui se développent en branches, et dont 
on peut faire d'autres arbres par l'opération de la 
bouture. 



dp'finitivpment. On pourrait répondre, à la vérité, que leur première ap- 
parition n'est qu'un développement Je leur f;enne , déjà existant, et ne 
coïncide pas avec le premier instant de sa formation, D. 



4 XXXlIe LEÇON. INTRODUCTION. 

Les polypiers , les actinies [ ont entre autres cette 
manière] d'engendrer. Quelques vers S^intestinaux ^ 
certains animalcules /lomogènes^ se multiplient en se 
partageant , et rentrent dans le même ordre. Cette gé- 
nération ne suppose ni sexes, ni accouplement, ni 
même aucun organe particulier. H y a des êtres qui 
n'eu ont point d'autre ; il y en a qui lui joignent des 
modes plus compliqués. 

Les autres modes de génération s'opèrent dans des 
organes particuliers ; les petits ou les germes n'appa- 
raissent que dans un endroit fixe du corps , et il faut le 
concours de certaines opérations pour en déterminer le 
développement ultérieur. 

Ces opérations constituent la fécondation, et sup- 
posent des organes sexuels qui, à leur tour, peuvent 
être réunis dans le même individu , ou séparés dans 
deux individus différents. 

Le sexe fécondé ou fécondable, dans lequel le germe 
se manifeste, est le sexe femelle; et le sexe fécondant, 
dont le concours est nécessaire pour que le germe se 
développe complètement, est le sexe mâle. 

Le concours du sexe mâle se fait par une liqueur 
qui se nomme fécondante ou séminale. La manière 
dont elle concourt au développement du germe est 
l'objet des disputes des physiologistes. 

Plusieurs, ne jugeant que d'après l'homme et les 
mammifères , où les germes sont imperceptibles avant 
la fécondation, pensent que le germe se forme de 
toutes pièces du mélange de la liqueur mâle avec celle 
qu ils admettent dans la femelle; ou que les germes 
préexistent dans la liqueur mâle , et que la femelle ne 
fait que leur donner rhospitalité. 



GÉNÉRATION EN GÉNÉRAL. 5 

D'autres consultent l'analogie des autres classes d'a- 
nimaux, ainsi que des plantes. Dans plusieurs de ces 
classes, notamment dans les grenouilles, le germe 
est clairement visible dans Tœuf de la femelle avant 
toute fécondation (i); dans toutes les autres, on peut 
conclure sa préexistence, de la manière dont il esl orga- 
niquement uni à l'œuf, quand il commence à y devenir 
visible; et l'œuf existe, comme tout le monde en con- 
vient, dans la femelle avant toute fécondation, puis- 
que les poules vierges en pondent : aussi ces physiolo- 
gistes concluent de cette analogie que ce germe existe 
d'avance dans toutes les femelles, et que la liqueur 
fécondante n'est qu'un irritant qui lui donne une vie 
propre, en le réveillant, en quelque sorte, de l'espèce 
de léthargie dans laquelle il serait toujours resté sans 
elle. 

Quant à l'origine même du germe , et à la manière 
dont il se place dans la femelle qui le porte; s'il s'en 
forme journellement de toutes pièces, et par l'action 
de la vie ; s'ils sont tous préexistants , emboîtés les uns 
dans les autres, ou bien s'ils sont disséminés, et ont 
besoin d'être conduits par les circonstances dans le 
lieu convenable à leur développement , ce sont des 
questions entièrement insolubles pour nous, dans l'état 
actuel de nos connaissances; et, quoiqu'elles aient 
longtemps agité les physiologistes , il semble que l'on 
soit aujourd'hui convenu d'en abandonner la discus 



sion. 



(i) C'est une erreur de Spallanzani, qui avait confondu l'ovule avec le 
germe. Celui-ci n'existe dans aucun animal vertébré, etc., sans féconda 
tion préalable. ^' 



6 XXXII» LEÇOi!>. INTRODUCTION. 

Il y a de grandes variétés dans la cbmbiuaison des 
sexes et le mode de fécondation. 

Dans certaines familles, les deux sortes d'organes 
sexuels sont réunis dans le même individu, et peuvent 
se féconder : tels sont les plantes hermaphrodites et 
monoïques, certains mollusques acéphales, [parmi les 
échinodermes, les holothuries.] 

Dans d'autres, chaque individu a les deux sexes, 
mais il a besoin d'un individu pareil quil féconde, et 
dont il soit fécondé : tels sont [plusieurs] mollusques 
gastéropodes et plusieurs vers [annélides]. 

Dans d'autres, il y a des individus distincts, mâles et 
femelles : tels sont les plantes dioiques, tous les ani- 
maux vertébrés, les mollusques céphalopodes, la plu- 
part des gastéropodes , plusieurs acéphales bivalves , 
une partie des vers annélides ou intestinaux (les cavi- 
taires ) , les crustacés , les insectes ; c'est-à-dire , de 
beaucoup la plus grande partie des animaux. 

Quant à la fécondation même, elle s'opère, dans les 
plante^^par une liqueur {fovilla) contenue dans de pe- 
tites capsules fines comme de la poussière, \e pollen^ 
qui se portent sur les organes femelles, et y éclatent 
pour y répandre leur liqueur [dans laquelle nagent une 
infinité de granules. ] 

Dans les animaux, la liqueur est toujours lancée 
à nu sur ou autour des germes. Il y en a beau- 
coup où elle ne se répand que sur des œufs déjà pon- 
dus : tels sont les poissons osseux et ovipares, les mol- 
lusques céphalopodes : les mâles et les femelles ne 
paraissent pas même se connaître dans la plupart des 
circonstances. 

Quelquefois, comme dans les grenouilles, il faut des 



GÉNÉRATION EN 6ÉNÉBAL. 7 

embrassements et des caresses pour déterminer 1 e- 
mission des œufs et de la semence; mais la fécondation 
se fait cependant hors du corps. 

Enfin, dans le plus grand nombre, le mâle introduit 
la liqueur dans l'intérieur du corps de la femelle, et va 
en féconder les œufs avant qu'ils soient pondus. C'est 
le cas des mammifères, des oiseaux, de la plupart des 
reptiles, de quelques poissons, des mollusques gasté- 
ropodes dioiques ou hermaphrodites , des crustacés et 
des insectes. Cette union des deux sexes est ce qu'on 
nomme accouplement. 

Dans toutes ces familles il peut bien y avoir émission 
dœujs sans accouplement^ comme dans cellec de 
l'ordre précédent; mais alors il n'y a point de dévelop- 
pement ultérieur , et il serait trop tard pour les fécon- 
der après qu'ils sont pondus. 

Jj'effet d'un seul accouplement varie en intensité ; 
dans la plupart des cas, il ne féconde qu'une seule gé- 
nération et une seule partie. Quelquefois, comme dans 
les oiseaux de basse-cour , il féconde plusieurs émis- 
sions d'œufs , mais pour une seule génération seule-' 
ment. 

Dans un petit nombre de cas, un seul et même ac- 
couplement féconde plusieurs générations, qui toutes 
peuvent ensuite reproduire sans maie. Dans les puce- 
rons, on a vu sept à huit générations s'en passer, et 
dans quelques monades, jusqu'à douze ou quinze. 

Le germe, une fois détaché de l'ovaire, peut avoir 
des moyens d'existence plus ou moins complets. 

Dans le plus grand nombre des animaux, il porte 
avec lui une masse organisée, à laquelle il tient [par 
des membranes en premier lieu , ensuite ] par des 



8 XXXIÎ* LEÇON. INTRODUCTION. 

vaisseaux , et dont Tabsorption doit suffire pour le 
Hourrir et le développer jusqu'au momeut où il peut 
paraître au jour : il n'a donc besoin de rien pomper 
dans le corps de sa mère , et il en est séparé par des 
enveloppes plus ou moins nombreuses et plus ou moins 
solides ; l'ensemble du germe, de la masse qui doit le 
nourrir, et de ses enveloppes, se nomme l'œuf; et les 
animaux qui produisent ainsi se nomment ovipares. 

Dans plusieurs d'entre eux, le germe contenu dans 
l'œuf ne se développe et n'éciôt qu'après que l'œuf est 
sorti du corps de la mère, ou a été pondu ; soit qu'il le 
faille encore féconder , comme dans beaucoup de 
poissons, ou qu'il [aille simplement y appliquer une 
cbaleur étrangère, le couver, comme dans les oiseaux; 
ou qu'enfin la chaleur naturelle du climat suffise, 
comme dans les reptiles , les insectes etc. : ce sont 
les animaux ovipares proprement dits. 

Dans quelques uns. Tœuf, après avoir été fécondé, 
et s être détaché de l'ovaire, reste dans le corps de la 
mère jusqu'à ce que le petit se soit développé et éclos : 
c'est ce qu'on nomme animaux faussement vivipares 
ou ovo-vivipares : tels sont les vipères, plusieurs pois- 
sons, etc. 

Les vrais vivipares sont seulement les mammi- 
fères (i); leur germe n'est pourvu d'aucune provision 
alimentaire; il faut qu'il pompe tout son accroissement 



(i) L'éntissole lisse de J. Muller , parmi les poissons, flont l'œuf est 
pourvu d'un placenta vasculaire, qui s'attadie aux parois de la matrice 
et ne diffère de celui des mammifères qu'en ce qu'il est vitellin, au lieu 
d'être allantuïdien, Pst ;iussi vivipare, sous ce rapport, qu'un mammifère 
monodelphe , et plus qu'un mammifère didelphe ou monolrème, dont 
l'œuf ne contracte aucune adlif-r^nce avec l'utérus. D. 



GÉNÉRATION EN GÉNKBAL. 9 

dans les sucs de sa mère; pour cet effet, il s'attache à 
la face interne de la matrice , et quelquefois , par acci- 
dent, à quelque autre partie par une sorte de racine, par 
une ramification infinie de vaisseaux nommée placenta. 
11 n'en est donc point entièrement séparé par ses enve- 
loppes, et il ne vient au jour que tout vivant et lors- 
qu'il peut jouir d'une existence organiquement indé- 
pendante. Il n'y a donc point d'œuf dans le sens où 
nous avons pris ce mot tout-à-l'heure ; [ mais il y en a 
un dans un sens plus large, ainsi que M. Cuvier lui- 
même s'est efforcé de le prouver, après M. Dutrocbet, 
en démontrant l'analogie de composition de l'œuf des 
mammifères avec celui des oiseaux. ] 

La génération se compose donc de quatre fonctions 
partielles, subordonnées en importance et en géné- 
ralité : 

La production du germe, qui a toujours lieu; 

La fécondation, qui n'a lieu que dans les générations 
sexuelles; 

L'accouplement, qui n'a guère lieu que dans les 
générations sexuelles où la fécondation se fait dans le 
corps ; 

Enfin , la grossesse ou gestation, qui n'a lieu que dans 
la génération vivipare. 

Les organes se divisent naturellement d'après celles 
de ces fonctions partielles auxquelles ils sont affectés. 

La simple production de germe ou génération 
gemmipare. pouvant se faire à tous les points du 
corps, n'a point d'organe qui lui soit propre. 

lia génération sexuelle exige un organe particulier 
pour la production des germes [des ovules] , et un au- 
tre pour celle de la liqueur fécondante. 



10 XXXIie LEÇON. GÉNÉRATION 3ES VEBTÉBRÉS. 

L'accouplement suppose des moyens d'union. 

Enfin, ^a gestation a besoin d'un réceptacle con- 
venable au séjour des fœtus. 

Il y a donc des organrs producteurs et conservateurs, 
des organes d'accouplement et des organes éducateurs. 

Les deux premières classes se divisent en organes 
mâles et femelles ; la troisième n'appartient qu'aux 
femelles (i). 

DEUXIÈME PARTIE. 

DES ORGANES PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS INTÉRIEURS 
CHEZ LES FEMELLES DES ANIMAUX VERTÉBRÉS. 

Les organes préparateurs sont de deux sortes, 
suivant qu'ils appartiennent aux mâles ou aux femelles. 
Les premiers préparent la semence, ou quelque autre 
humeur avec laquelle celle-ci doit être mélangée , ou 
la tiennent en réserve. Les seconds servent au déve- 



(i) Nous verrons que, parmi les poissons de l'ordre des lophobranches, 
les syngnathes mâles sont chargés de la gestation des œufs , suivant les 
observations de MM. Eckstroem, Retzius et Siebold. 

Les géne'ralités que Ion vient de lire sont tout entières de la rédac- 
tion de M. Cuvier. Je n'ai pas c/ru devoir y rien changer , sauf quelques 
désignations devenues trop générales , par suite des découvertes de la 
science, et les restrictions que j'ai dû exprimer dans les notes que j'ai 
ajoutées. 

Mais , comme un intervalle de près de quarante années sépare notre 
première publication de la seconde, nous croyons devoir ajouter à celte 
esquisse générale des fonctions de la génération des animaux, telle que 
la science les concevait en i8o5, un résumé sur ces fonctions et leurs or- 
ganes, tel que la science de i844 peut le présenter. On le trouvera à la 
suite de notre trente -h uitièraç leçon. D. 



ORGANES PRÉPARATEURS, ETC. 11 

loppement et à la conservation des germes, [ ou du 
moins des ovules. 

Les uns et les autres peuvent être considérés comme 
des organes de sécrétion des deux éléments qui doi- 
vent entrer dans la composition de Tembryon, et 
contribuer à son apparition. 

Ceux qui appartiennent au sexe mâle sont les 
glandes du sperme, de ce liquide fécondateur, dont 
l'action sur les ovules, dans la génération sexuelle, est 
indispensable pour que Fembryon s'y développe. 

Les autres sont les organes préparateurs de ces 
ovules, leurs organes de sécrétion; ce sont les glandes 
ovigènes. 

Les organes éducateurs des femelles des animaux 
vertébrés sont les voies intérieures par lesquelles les 
produits de ces glandes, les ovules ou les œufs, sont 
portés au-dehors; de là le nom d'éducateurs qui leur 
a été donné. 

Nous aurons encore à décrire , comme organes 
éducateurs extérieurs , dans notre xxxviif leçon, les 
poches dans lesquelles les œufs de certains poissons 
ou de certains reptiles sont placés après la ponte pour 
le développement du fœtus, ou les poches de certains 
mammifères marsupiaux, et les mamelles de toute la 
classe. Nous étendrons même cette revue comparative 
des organes extérieurs auxquels les œufs restent atta- 
chés pendant le développement du fœtus, à tout le 
règne animal.] 



12 XXXII* lEÇON. GÉNÉRATION DES VERTEBRES. 

ARTICLE I". 

DES OVAIRES ET DES OVULES DANS LES MAMMIFERES. 

L'existence des organes préparateurs femelles est 
aussi générale que celle des organes préparateurs mâles. 
Ce sont deux corps de même forme , grandeur et struc- 
ture,et conséquemment symétriques, auxquels les phy- 
siologistes modernes ont donné le nom d'oi^aires ^ afin 
d'exprimer avec plus de justesse que leurs prédéces- 
seurs, qui les appelaient testicules ( testes ), la fonction 
à laquelle ils sont destinés. En effet, si leur structure, 
considérée simplement dans Vhomme ou dans la plu- 
part des mainniifères , pouvait laisser quelques doutes 
sur leur fonction [avant les derniers progiès de la 
science ] , il n'est plus possible de la méconnaître 
dans les antres classes , tant cette structure s'y mon- 
tre évidente. Dans toutes celles qui suivent la classe 
des mammifères, l'ovaire ou les ovaires servent évi- 
demment à l'accroissement et à la conservation des 
germes, ou du moins des ovules qui doivent les contenir, 
et qui s'y trouvent déjà tout formés avant les appro- 
ches du mâle. L'analogie porte à croire que la même 
chose a lieu dans les mammifères, et c'est ici peut-être 
un des plus beaux résultats de l'anatomie et de la phy- 
siologie comparées. 

[Les progrès de l'anatomie ont même changé la con- 
clusion de cette ressemblance, par analogie , en certi- 
tude. Nous verrons tout-à-l'heure que l'ovaire des 
mammifères est, comme celui des autres classes du 
règne animal, l'organe préparateur ou sécréteur des 
ovules, et dans lequel ils se développent pour l'époque 
de leur fécondation. 



ABT. 1. OVAIRES IJES MAMMIFÈBES. 13 

Nous aurons donc à examiner dans cet article, i" les 
organes préparateurs des ovules , ou les ovaires ; 2" leur 
produit, ou les ovules aux différentes époques de leur 
développement jusqu'à leur maturité.] 

I. Des ovaires. 

A. Dans l'espèce humaine. 

Les ovaires sont placés de chaque côté , et à quel- 
que distance de la matrice , dans l'aileron postérieur 
de son ligament large. Ce prolongement du péritoine 
les recouvre dans loute leur étendue, excepté du côté 
inférieur, où ses lames s'écartent pour laisser aux 
vaisseaux qui s'y rendent ou qui en viennent , un 
passage libre. Ils tiennent encore à ce viscère par un 
cordon cylindrique épais, et de nature fibreuse, qui 
part de chaque côté de la matrice, en suivant le même 
bord du ligament large dans lequel il est contenu, et 
se joint à l'extrémilé interne de chaque ovaire. 

Ils ont une seconde enveloppe qui leur est propre, 
et peut être comparée à l'albuginée des testicules, 
quoiqu'elle paraisse plus déliée. Leur volume est tou- 
jours beaucoup plus petit que celui de ces derniers, 
et varie avec l'âge. 11 est petit dans les enfants; il 
grossit beaucoup à l'âge de puberté, et diminue de 
nouveau chez les personnes âgées. Leur forme est 
celle d un ovale , ou plutôt d'un demi-ovale , dont le 
bord droit regarde en bas , et dont la partie convexe 
est supérieure. Ils ont la surface fréquemment inégale, 
ce qui est dû à des espèces de cicatrices qui sont plus 
ou moins nombreuses, suivant les individus, et à des 
corps ronds que nous décrirons tout-à-l'heure , et qui 
la rendent bosselée. Les premières ne se trouvent que 



14 XXXIl* LEÇON. GÉNÉRATION DE VERTÉBRÉS. 

chez les femmes adultes. On eu a conclu qu'elles 
étaient les traces du passage des germes, sortis hors de 
lovaire dans le moment de la conception. Nous som- 
mes portés à le croire, quoiqu'on objecte à cette opi- 
nion que ces cicatrices se trouvent également chez les 
femmes qui n'ont pas conçu. Nous (i) en avons vu 
plusieurs, à la vérité, sur les ovaires d'une personne 
de vingt-sept ans, dans laquelle la membrane de Thy- 
men subsistait encore dans toute son intégrité ; mais 
ne peut-on pas répondre, que citez les femmes^ les plai- 
sirs solitaires peuvent produire quelquefois le même 
effet que le coït^ la sortie des germes hors de t ovaire? 
Tia même cause détermine chez l'homme l'expulsion 
de la semence. Bien entendu que^ dans ce cas, ces 
germes se perdent pour n'avoir pas été fécondés (2). 
Pour que l'objection fût valable, il faudrait donc citer 
des observations analogues chez les animaux. Nous 
n'en connaissons aucune ; tou^s les fois , au contraire , 
que nous avons eu l'occasion de disséquer des femelles 
vierges de mammifères, leurs ovaires ne nous ont fait 
voir aucune cicatrice. 

L'intérieur des ovaires renferme des vésicules dont 
le nombre, la disposition et la grandeur varient beau- 
coup. Quelques anatomistes prétendent en avoir 
compté jusqu'à cinquante. Haller n'en a jamais vu plus 
de quinze à la fois. Elles ne sont pas toutes de même 



(i) M. Duvernoy. — (2) Voilà, j'espère, d'une manière bien explicite, la 
ponte sans fécondation , dans l'espèce humaine, que j'avais admise et re- 
connue dans ma rédaction, et admise positivement, dés i8o5, dans un 
^as particulier. 11 n'y avait qu'un pa» à faire pour l'adopter généralement, 
à l'époque de la maturité des ovules. D. 



ABT. I. OVAIBES DES MAMMIFÈKES. 15 

frrandeiir; les plus grosses sont ordinairement placées 
plus près de la surface , qu'elles rendent quelquefois 
très inégale. Ces vésicules contiennent une humeur 
blanchâtre, rarement jaunâtre , qui se coa^i^ule facile- 
ment par la chaleur, l'alcool et les acides. On les aper- 
çoit déjà dans les enfants de quelques années. Rare- 
ment les trouve-t-on vides. Elles se changent fréquem- 
ment, chez les vieilles personnes, en tubercules durs 
et comme squirrheux. Outre ces vésicules, dans les- 
quelles les germes sont probablement j^en/ermés , les 
ovaires ne paraissent formés que d'une substance spon- 
gieuse , fibro-celluleuse , sorte de [gangue des vésicu- 
les , et d'un grand, nombre de vaisseaux sanguins et 
des nerfs qui leur donnent la vie. 

Leurs artères et leurs veines sont parfaitement ana- 
logues aux veines et aux artères des testicules chez 
1 homme. Gomme dans ce dernier, les veines sperma- 
tiques forment , au sortir de l'ovaire , un plexus très 
compliqué; mais les artères, qui ont beaucoup moins 
de chemin à parcourir pour y arriver, sont assez 
flexueuses dans leur marche. 

[ La gangue ( le stroma des anatomistes allemands ), 
dans laquelle les vésicules de Graaff sont enfouies et 
se développent, est un tissu fibro-celluleux jaunâtre, 
composé de fibres arrangées par couches. Les vésicules 
y sont contenues dans des cavités de même forme 
et volume qu elles. Les ramuscules des vaisseaux san- 
guins de l'ovaire pénètrent ce tissu , circonscrivent les 
dernières cavités et se distribuent sur les parois des 
vésicules. 

L'ancien texte qui précède , et que j'avais rédigé 
d'après ma propre manière de voir, adoptée d ailleurs 



16 XXXll* LEÇON. GÉNÉUATION DES VERTÉBRÉS. 

par M. Guvier (i), était bien rapproché des doctrines 
actuelles de la science. Il exposait clairement la ponte 
ou la sortie des {germes ou des ovules, indépendam- 
ment de toute fécondation, mais seulement dans un 
cas déterminé , et conduisait directement et prochai- 
nement à l'idée de la ponte des ovules, par la rupture 
spontanée de ces plus grosses vésicules, parvenues à la 
surface de Tovaire à l'instant de leur plus grande ma- 
turité. Il montrait les recherches à faire pour décou- 
vrir, dans les vésicules de Graaff, remplies d'un li- 
quide albumineux, ces germes ou ces ovules qui y 
sont positivement indiqués. 

Il est démontré, en ce moment, que les vési- 
cules de Graaff, que nous avions dit renfermer les 
germes ou les ovules, sont, pour les mammifères^ 
ce que l'ovule des oiseaux est dans son calice de l'o- 
vaire : seulement , au lieu d'avoir leurs parois appliquées 
de toutes parts immédiatement sur les ovules, qui sont 
proportionnellement plus grands chez les oiseaux, les 
parois de ces folHcules renferment un liquide albu- 
mineux dans lequel est plongé un très petit ovule, 
qui est loin conséquemment de remplir la cavité de 
la vésicule. ] 

B. Dans les autres Mammifères. 

Les ovaires ont une structure parfaitement analogue 
à ceux de la femme , et ne varient guère que dans leur 
forme et leur volume, ainsi que dans le nombre et la 
grandeur des vésicules qu'ils renferment. Leur volume 
proportionnel ne nous a pas semblé plus considérable 
que dans l'espèce humaine, même chez les animaux 

(i) Voir page 7. 



ART. I. OVAIHKS DES MAMAllt ÈRKS, 17 

les plus féconds. Leur forme est souvent plus arrondie, 
et leur situation plus rapprochée de la matrice ou du 
sommet de ses cornes. 

Le nombre des vésicules a paru généralement beau- 
coup moins considérable dans les ovaires des animaux 
disséqués pendant la gestation ; on y remarque à cette 
époque un ou plusieurs corps jaunes, dont le nombre 
égale toujours celui des fœtus, Gi qui occupent In place 
des vésicules qui se sont vidées pour la conception. Ces 
corps, qui ne semblent d'abord qu un ëpaississement 
des pu rois des vésicules, grossissent à mesure que la 
gestation avance, et prennent quelquefois le volume 
d'une cerise. 

[Cette dernière assertion , pour être exacte , doit être 
complétée ou développée. Pour la sortie des ovules, 
et après leur expulsion , la vésicule de Graaff éprouve 
une sur-excitation inflanunatoire qui injecte extraordi- 
nairement ses vaisseaux , la remplit d'un liquide san- 
guinolent, lui donne une couleur de sang, augmente 
son volume et l'épaisseur de ses parois. Ces change- 
ments coïncident avec les premiers temps de la ges- 
tation ; mais après être parvenue au plus haut degré de 
cette sur-excitation, la vésicule de Graaff perd peu 
à peu sa couleur, devient successivement orangée, 
jaune clair, en même temps que son volume diminue 
et finit par ne plus être qu'une légèie bosselure, avec 
une cicatrice (i). 

(i) M. Pouchet, professeur à Rouen, a mis en ëvideiiee tous les détails 
(le ce-; cliangemer.ls dans de très belles ligures colorifes , faites par lui 
d'après nature, et qui t'ont partie d'un nietiioire qu'il a adressé à l'A- 
eadéuiie des sciences au mois d'aviil i844« i^ous avons été à même 
d'eu apprécier tout le mérite. D. 

8. 2 



18 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VEBTÉBBÉS. 

Nous avons démontré plusieurs fois dans nos cours 
au Collège de France, sur des ovaires de chatte et de 
lapine, cet état de sur-excitation des ovaires, à l'époque 
du rut, et la congestion de leurs vaisseaux sanguins, 
particulièrement autour des plus grosses vésicules de 
Graaff.] 

Dans plusieurs mammifères nous avons trouvé que 
les vésicules formaient la très grande partie de l'ovaire. 
Ce dernier avait, dans la civette , sa surface toute bos- 
selée, et ne semblait qu'un paquet de petits corps sphé- 
riques. 

Celui du hérisson ressemble à une grappe. 

Cela était encore plus marqué dans le sarigue , dont 
l'ovaire n'était presque qu'une agglomération des vési- 
cules de Graaff. 

[Chez les monotrêmes ^ les ovules de différentes 
grandeurs, y compris leur capsule, sont encore plus 
distincts et séparés ; leur ensemble donne à l'ovaire 
de ces animaux encore une plus grande ressemblance 
avec celui des oiseaux. 

Le développement inégal des deux ovaires, dont 
le droit reste beaucoup moins développé que le gau- 
che , donne à cette ressemblance un caractère plus 
singulier (i). 

Les proportions de la substance fibro-celluleuse ( le 
stroma des physiologistes allemands ) qui entre dans 
la composition des ovaires , relativement à celle des 
ovules, varie singulièrement d'un mammifère à l'autre, 



(i) Voir notre mémoire sur les organes de la génération de \omitho- 
rhynque et de l'échidné^ imprimé parmi ceux de la Société d'histoire 
natur. de Strasbourg, t, I, 1 834. 



ART. 1. OVAIRKS DES MAMMIFÉRBS. 10 

et donne à l'ovaire , à mesure qu'elle diminue, de plus 
en plus de ressemblance avec celui des oiseaux , en dé- 
gafjeant ces corps de la matière qui les enfouit, pour 
ainsi dire, dans l'ovaire de la femme. 

C'est cette ressemblance que nous avions indiquée 
dans le texte qui précède , et qui va en augmentant 
de la civette au hérisson^ et chez les didelphes; qui 
devient encore plus complète chez les monotrémes ; 
c'est encore la présence des corps jaunes, ou des 
cicatrices chez les filles vierges , qui nous a donné 
l'idée de la ponte des œufs chez les mammifères , in- 
dépendamment de toute copulation , de toute fécon- 
dation. 

En parlant, dans notre cours de 1840, leçon du 
i5 janvier, des oiseaux domestiques qui pondent leurs 
œufs sans fécondation préalable , le souvenir de ces 
cicatrices dans les ovaires des filles vierges , et 1 analo- 
gie de composition des ovaires dans les deux classes 
nous ont déterminé à professer cette doctrine, qui pa- 
raît devoir être généralement adoptée, et dont plu- 
sieurs physiologistes revendiquent l'idée première. 

Elle était en germe , on ne peut le nier, dans notre 
texte de i8o5 ; la découverte positive des ovules, dans 
les follicules de Graaff , devait la faire éclore tout na- 
turellement (1). 

Les ovaires de beaucoup de mammifères , des carni- 



(i) On la trouve dans une dissertation soutenue à Paris en 18A1 par 
M. G. Billon, et dans laquelle l'auteur cite MM. Négrier et Gendrin, 
comme ayant montré que chaque menstruation amène périodiquement 
une vésicule deGraaff à parfaite maturité. ÏM. Pouchet l'a développée dans 
su Théorie positive de la fécondation des mammifères, Paris, 1843, et 
M. Bischoff l'a démontrée, qn^i843, par l'observation et i'expérienre, 



b 



20 XXXII' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

vorts eu particulier, y compris les phoques et ceux 
des c/iaiives-souris ^ sont enveloppés dans une poche 
ou une capsule formée par le ligament du péritoine 
qui renferme l'oviducte, et qui se déploie autour de 
l'ovaire. Cette disposition, sur laquelle nous revien- 
drons en parlant de ce tube conducteur des ovules, 
met en rapport plus intime son orifice avec les œufs 
qui se détacLeut de l'ovaire. Nous avons constaté 
l'existence de cette capsule dans le chien et le chat. 
Déjà Albers ^ en 1806, l'avait indiquée dans le 
phoque. Plus tard, M. Weber l'a décrite dans la loutre; 
Trevirunus dans \a. fouine ; R. Wagner dans \ hermine 
et même dans la chauve-souris (i).] 

II. Des ovules , produit des glandes ovigènes. 

[En procédant, comme nous l'avons fait constamment 
dans nos comparaisons , de l'espèce humaine et des 
mammifères, aux oiseaux, aux reptiles et aux poissons, 
nous partions , pour la connaissance des ovules , de 
l'organisation où ils étaient , à cause de leur extrême 
petitesse, beaucoup plus difficiles à découvrir et con- 
séquemment à décrire. Cette connaissance est cepen- 
dant aussi avancée, eu ce moment, que celle des ovules 
appartenant aux autres classes. 

Nous aurons à les montrer se développant , et par- 
venus à leur dernier degré de maturité, ainsi que leur 
composition à cette époque , avant l'imprégnation. 

Les vésicules de Graaff, dont se compose essentielle- 
ment l'ovaire des mammifères, sont comparables, nous 

(1) Voir Muller, Archives de physiot. pour 1826, p. io5; id., IV, p. 7, 
VIII, p.366,etTreviranus, Zeltsclii-iftfur Physiol., t. I, i8o,et M.R.Oweri, 
J^roceedings of the committe e ofzool. soc, 1. 1, Sg. 



ART. I. OVULES DES MAMMIFÈRES. 21 

l'avons déjà dit, aux ovules de différentes grandeurs 
qui composent la grappe de l'ovaire des oiseaux. L'en- 
veloppe de ces vésicules, ou la memi3raue qui con- 
stitue leurs parois , répond à la capsule qui renferme 
Fovule des oiseaux. C'est l'enveloppe nourricière des 
ovules appartenant à l'ovaire; elle est entourée, à l'ex- 
térieur, d'un réseau de vaisseaux sanguins; tandis 
que sa paroi interne est toute veloutée. La capsule de 
l'ovule, chez les mammifères, ne serre pas de près cet 
ovule, comme chez les oiseaux; elle renferme, avec lui, 
un liquide granuleux, albumineux, dont les grains , 
réunis par une viscosité, touchent de plus près la sur- 
face de l'ovule. 

Les vésicules deGraaff , ou les ovules avec leur cap- 
sule, paraissent de très bonne heure dans l'ovaire des 
mammifères. Nous avions dit, dans notre ancien texte, 
qu'elles sont évidentes chez les enfants de quelques an- 
nées. Tia découverte des ovules chez les adultes a con- 
duit à les rechercher chez les jeunes animaux, ou même 
dans l'espèce humaine. On les a trouvés existants chez 
une jeune fille de quatre ans; chez une autre qui n'avait 
que dix-huit mois, et même chez un enfant mort quatre 
jours après la naissance ; enfin chez un fœtus de vache 
à terme ( i ) . 

11 était naturel d'en conclure que les ovules se pré- 
parent dans l'ovaire , et se forment déjà avant la nais- 
sance , chez les individus femelles. 

Nous verrons bientôt que, chez les fœtus de pois- 
sons, l'ovaire , à peine formé, montre des granulations 
qui ne peuvent être que des ovules. 

(i) M. Caru?^ j-lnnnlp<; des sciVkcp? iiriturellea, ^î'sf'ric,!. Vil, p. 3f)j, 1837. 



22 XXXII" LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

Leur développement semble coïncider avec celui de 
l'organe daus lequel ils apparaissent et qui les produit. 

L'ovule mûr des mammifères se compose, avant 
l'imprégnation, comme celui des oiseaux, d'une sphère 
germinative, dans laquelle on remarque un point obscur 
ou opaque, la' tache germinative, tandis que le reste de 
son contenu est un liquide limpide et transparent , 
probablement albumineux. L'enveloppe membraneuse 
de cette sphère intérieure est également transparente. 

Cette première sphère , en procédant de l'intérieur 
àl'extérieur, est enveloppée dans une autre plus grande, 
renfermant un liquide granuleux : c'est la sphère vitel- 
line ou nutritive. Cette sphère a de même son enve- 
loppe , sa membrane vitelline. Celle-ci est épaisse, 
hyaline, chez les mammifères, et se présente autour 
de l'ovule, observé au microscope, sou>s l'aspect d'une 
zone transpai'ente : de là le nom de zona pellucida , 
que lui ci donné M. de Baër. 

L'ovule mûr est adhérent à la partie libre de la vési- 
cule de Graaff; on peutl'apercevoir à travers la mem- 
brane péritonéale de l'ovaire et la paroi propre de 
cette vésicule. 

Celle-ci est tapissée, pour ainsi dire, d'unemembrane 
granuleuse, dont les granules , ou plutôt les cellules , 
plus nombreuses, plus serrées autour du point de con- 
tact de l'ovule , forment le discus prodigerus de M. de 
Baër. L'ovule sorti récemment de son calice serait tou- 
jours avec ce disque ou cette portion de la membrane 
granuleuse qui lui est adhérente ( i ). 



(i) Traité du développement de l'homme et des mam.mifères ^ p. 7 ef 
suiv., par F. -L.-G. Rischoff. Paris, i84.3 ; et Mémoire sur la maturation 



ART. I. OYULES DES MAJMMIFÈRES. 23 

L'ovule des mammifères, ayant très peu de substance 
vitelline , se distingue par son extrême petitesse. 

Il atteint à peine un cinquième de millimètre dans 
l'espèce humaine , et n'est souvent que d'un huitième 
ou d'un dixième de millimètre. 

Dans la brebis et la chienne dépouillées du disque 
prohgère, il n'est que de 1/6 au plusj dans la traie ^ 
que de 1/8 de millimètre. 

La connaissance de l'ovule et de la signification exacte 
des vésicules de GraaffesX. une découverte de nos jours, 
quoique le célèbre physiologiste hollandais ait mis 
sur la voie depuis le xvii« siècle. 

Il démontra, à cette époque, la conformité de l'o- 
vaire des mammifères avec celui des oiseaux ; mais il 
confondit la capsule de l'ovule avec l'ovule lui-même. 
Avant lui, ïovaire étaitcomparé au testicule; dénomi- 
nation erronée, que Buffon avait adoptée de nouveau, 
en faisant ainsi reculer la nomenclature. 

Malpighi prévoit l'existence de l'ovule; il dit qu'il 
apparaît dans le corps jaune et qu'il passe ensuite dans 
la trompe; il affirme même l'avoir vu une fois. 

Haller ne parvient à découvrir qu'une gelée dans la 
trompe. 

Haigton , dans un mémoire contenant le récit d'ex- 
périences sur la fécondation des animaux, publié en 
i^g-j dans les Transaclions philosophiques ^?i siugu- 
lièrement approché du but. 11 a vu chez une lapine, 
48 heures après le coït , qu'une matière demi-transpa- 
rentCj ayant la consistance de la colle, était prête à 



et la chute périodique de l'œuf de l'homme et des mammifères ., etc. , par 
le jnéme ; Annales des sciences naturelles , 3* série, août et septembre 1 844» 



24 \XXÏI« LEÇON. GÉNÉRATION DES VEBTÉBBÉS. 

sortir des vésicules. Cette matière était certaiaemetjt 
un ovule. Soixante heures après le coït, le fj;erme, dit 
Haigton^ était sorti des vésicules : on pouvait intro- 
duire une soie de cochon par l'ouverture. 

Dans le précédent article, on a pu se convaincre 
combien notre description des ovaires et des vésicules 
de Graaff se rapprochait de l'état actuel de la science. 
Il fallait cependant montrer ce germe ou cet ovule , 
que Malpi^hi disait avoir vu une fois ; que son disciple 
Fnlisnieri n axait pu trouver; qaHaigto/i avait pris 
pour une gelée demi-transparente. Ce sont certaine- 
ment MM. Prei'ost et Dumas c^ui l'ont aperçu et décrit 
les premiers, avec son disque proligère (i), sans ce- 
pendant le reconnaître positivement , mais seule- 
ment avec doute. C'était en 1824 que ces jeunes sa- 
vants publiaient cet aperçu si intéressant. Eu 182*7, 
M. de Baêr observait les ovules hors de la vésicjde de 
Graaff, et leur marche le long des trompes jusque dans 
la matrice. Il reconnaissait et nommait la zone transpa- 
rente, le disque proligère. 

11 s'agissait enfin , pour compléter la découverte de 
MM. Prévost et Dumas, et de Baèr, de bien déterminer 
la composition de l'ovule des mammifères et de mon- 
trer que cette composition était analogue à celle de 
l'ovule des oiseaux , dans lequel Purkinje avait décou- 
vert la vésicule ger mi native et R. Wagner la tache 
germinative. 

C'est à M. Goste que la science doit d'avoir reconnu 



( I ) « A la partie supérieure de l'ovule , on remarque une espèce dV-cus- 
» son rotonneux. plus épais, et marqué d'un fjrand nombre de petits 
» mamelons, » Annales des sciences naturelles , t. III. p. i?.5. 






ART. II. ORGANES ÉDUCATEURS INTERIEURS. 25 

de même dans l'œuf des mammifères, plus [)articiiliè- 
remeot dans l'ovule de la brebis et du lapiii, la vésicule 
germinative contenue dans le vitellus. 

M. Bernhaidt, élève de M. Purkinje^ publiait, peu de 
temps après l'annonce de la découverte de M. Goste , 
beaucoup d'observations sur cet ovule, dans un grand 
nombre de mammifères, et donnait les mesures de ses 
différentes parties (i).] 

ARTICLE II. 

DES ORGAXES ÉDUCATEURS INTÉRIEURS CHEZ LES MA5IMIFÈRES, OU 
DU CANAL EXCRÉTEUR DES GLANDES OVIGÈNES, C'EST-A-DIRE DE 
LA VOIE PAR LAQUELLE LES OMJLES SONT PORTÉS DANS l'ORGANE 
d'incubation, et DESCRIPTION DE CET ORGANE. 

[Les organes éducateurs dirigent vers l'ovule la se- 
mence du mâle, lorsque la fécondation est intérieure;] 
ils reçoivent le germe ou l'œuf qui s'est détaché 
de l'ovaire, le (conservent plus ou moins longtemps, 
servent d'une manière directe ou indirecte à sa crois- 
sance, et le transmettent au dehors; ou bien enfin ils 
fournissent une nourriture au petit sorti du sein de sa 
mère, et servent même à le loger, lis sont donc inté- 
rieurs ou extérieurs. 

En général, les organes éducateurs intérieurs peu- 
vent aussi être distingués en deux sortes : les uns sont de 
simples canaux à travers lesquels le germe ou l'œuf 
doit passer, soit pour être transmis au dehors (l'œuf), 
soit pour arriver dans les organes de la seconde sorte. 
Ceux-ci sont des espèces de poches plus ou moins di- 



(i) Svm/joUe ad ovi inanimalium hi.storiani anle pra?ffnaticnem scripsit 
Dr. A. r>ei nhanlt. Vraùslavice , \ 83 j.Voir encore, sur l'ovule de-; mammi- 
fères, uii Liiémnitc <\f M. Kratiic (/ircliiiiffs de J. Afiillcr pour 183^, p. 26), 



26 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBBÉS. 

latables, sur les parois desquelles le germe s'attache, 
le plus souvent, par des vaisseaux qui servent à le 
nourrir, et qui le conservent ainsi jusqu'à ce qu'il ait 
pris un certain degré d'accroissement. 

Les premiers se rencontrent dans les quatre classes 
des animaux vertébrés. Ils portent le nom de trompes 
dans les mammifères , et à^oviductes dans les trois au- 
tres classes. Les derniers n'existent que dans les mam- 
mifères : c'est leur utérus. 

[L'épithète ai éducateurs donnée aux organes qui se- 
ront décrits dans cette leçon, s'y trouvera donc appliquée 
dansson sens propreet dans sonsens figuré. En effet elle 
servira à désigner des canaux qui conduisent directe- 
ment l'œuf ou le foetus à terme hors du corps de la 
mère. Elle y sera encore employée dans son sens figuré, 
puisqu'elle comprendra des oiganes qui serviront au 
développement du germe et à le conduire en partie 
ou complètement hors de la vie fœtale. 

En ayant égard aux analogies, aux ressemblances, en 
général , plutôt qu'aux différences qui viennent d'être 
exposées dans notre ancien texte , nous adopterons 
une nomenclature qui fera mieux sentir ces rapports 
importants. 

Pour nous, la partie de l'oviducte où s'arrête l'œuf 
des ovo- vivipares pour s'y développer, sera \oviducte 
incubateur ^ parce que c'est dans cette partie que s'o- 
père l'incubation. En suivant cette nomenclature chez 
les mammifères, nous verrons que l'utérus est Tanalo- 
gue de l'oviducte incubateur des ovo-vivipares; nous 
le désignerons aussi par la même dénomination. 

Le canal excréteur des glandes ovigènes, ou l'ovi- 
ducte, répond au canal excréteur des glandes sperma- 
gènes , ou canal déférent , dans le sexe màie. 



ABT, II. OBGANES ÉDUCATEURS INTÉRIÈtJBS. 27 

L'oviducte, dans les oi^ipares ^ les trompes de Fal- 
lope , chez les mammifères , forment la voie par 
laquelle les ovules ou les œufs , fécondés ou non fé- 
condés , sont portés hors de l'ovaire. Si la fécondation 
des ovules n'a pas eu lieu dans l'ovaire, elle peut s'opérer 
en chemin dans leur canal excréteur; ou bien il les porte 
dans les organes ou dans les lieux où cette fécondation , 
puis le développement du germe, doivent s'effectuer. 

Chez quelques espèces des classes ovipares, la voie 
que suit plus généralement l'œuf, pour être porté au 
dehors, devient un organe d'incubation dans lequel le 
germe de cet œuf se développe. 

L'œuf s'y complète d'ailleurs, dans la plupart des 
cas , en y prenant un supplément d'humeurs nutritives, 
et en s'enveloppant des substances plus ou moins so- 
lides qui doivent former sa sphère protectrice. 

Il est rare que le canal excréteur de la glande ovi- 
gène soii continu avec cette glande comme celui de la 
glande spermagène. Cette circonstance organique 
n'existe , parmi les vertébrés , que dans la classe des 
poissons. 

Dans des cas plus rares, la voie de transmission des 
œufs de l'ovaire hors du corps de la femelle n'appar- 
tient plus à l'appareil générateur : c'est lorsque l'œuf 
tombe , comme cela a lieu chez quelques poissons de 
son organe piéparateur dans la cavité abdominale , 
d'où il est expulsé au dehors à travers des orifices par- 
ticuliers de cette cavité. 

Les organes éducateurs intérieurs se divisent , chez 
tous les mammifères , d'une manière plus ou moins 
tranchée, i° en conduits de transmission de la semence 
vers les ovules, qui sont aussi les conduits de transmis- 



28 XXXITe LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

sion des ovules, depuis les ovaires dans les cavités où 
doit s'effectuer l'incubation intérieure, et 2° en ces 
dernières cavités. 

Nous les distinguerons donc naturellement , d'après 
leur lonction et leur organisation, en oviductes pro- 
pres et en oviductes incubateurs ?\ 

I. Des oviductes propres ou des trompes dé V utérus. 
Les trompes de l'utérus, dites <:/e Falîope ., sont, 
dans la /ë/??/72(?, deux conduits tortueux , dont le dia- 
mètre égaie à peine celui d'une petite plume à écrire , 
et qui s'étendent de chaque côté de l'utérus jusqu'aux 
ovaires, enveloppés par l'aileron antérieur du ligament 
large. Leur canal s'ouvre dans l'angle supérieur de la ca- 
vité de la matrice : fort étroit dans son commencement, 
il s'élargit ensuite jusque près de son autre extrémi,té , 
où il perd de nouveau un peu de son diamètre. Ses 
parois sont formées d'une membrane propre, cellu- 
leuse ; sous laquelle rampe une couche de vaisseaux 
qui, lorsquils se gonflent, produisent une certaine 
érection dans la trompe , puis d'une membrane interne, 
analogue aux muqueuses, et qui tapisse 1 intérieur de 
la matrice. Cette membrane se prolonge hors de la 
trompe , se modifie en membrane péritonéale , pour se 
développer en espèce d'entonnoir et constituer en 
partie une sorte de pavillon , dont les bords sont 
découpés , et qui a reçu , à cause de cela , le nom de 
^ corps frangé. " On y remarque des ramifications de 
vaisseaux et des stries longitudinales, que plusieurs an- 
thropbtomistes pensent être de nature musculaire. 
Elles servent , disent-ils , à rapprocher la trompe de 
l'ovaire, lorsqu'un germe doit se détacher de ce der- 
nier pour passer dans la trompe. 



AHT. II. ORGANES ÉDUCATEUBS INTEBIEUBS. 29 

Les trompes de Fallope, [ou les oviductes propres , 
ont généralement , dans les mammifèies ^ la forme 
de tubes grêles, dont le diamètre est toujours très 
petit, et proportionné à la petilesse de l'ovule qu'ils 
doivent transmettre à l'oviducte incubateur.] Il ne 
paraît pas croître avec le volume de l'animal. 

[Ces tubes ou ces trompes, situés près des ovaires, 
commencent de ce côté par un orifice élargi , évasé, 
qui est entouré d'un repli frangé , dont une des franges 
se continue avec l'enveloppe péritonéale deTovaire. 

Nous avons déjà dit, en parlant de l'ovaire, que ce- 
lui des carnassiers était pour ainsi dire enfermé dans 
une pocbe , qui n'est autre cbose qu'un développement 
du pavillon de la trompe, produisant une liaison plus 
intime entre le pavillon et la glande ovigène.] 

Ces tubes conducteurs aboutissent, cbez les mammi- 
fères dont la matrice est divisée en cornes , à le.xtré- 
mité de celles-ci j ils sont très repliés, dans le court 
intervalle qui existe entre le sommet de ces cornes et 
l'ovaire. [Cette circonstance prouve, il me semble, 
que ce ne sont pas de simples conduits de transmis- 
sion , mais que les ovules doivent y recevoir des modi- 
fications qui exigeaient qu'ils y séjournassent plus long- 
temps que cela n'aurait été nécessaire pour passer de 
l'ovaire à travers le court espace qui le sépare du som- 
met de la corne utérine.] Les trompes ont-elles réelle-s, 
merît des fibres musculaires, comme l'assurent plusieurs 
anatomistes, entre auîres Haller? Il les a vues s'agiter 
d'un mouvement vermiculaire lorsqii il les excitait par 
des stimulants. 

[On attribue plutôt, depuis la découverte des cils 



30 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS, 

vibradîes, leurs moyens de transmission des ovules à 
Texistence de ces cils , dont leurs parois intérieures 
seraientp ourvues.J 

II. De la seconde partie des organes éducateurs inté- 
rieurs des mammifères , oa de celle qui sert à t incuba- 
tion des œufs. 

[La seconde partie des oviductes, chez les mammi- 
fères, l'oviducte incubateur ou l'utérus , n'est pas 
toujours double , comme la première. Dans l'espèce 
humaine , et chez les si/iges , ce n'est que dans le foetus 
qu'on aperçoit des traces de cette duplicité par la bi- 
furcation profonde que montre l'utérus à cette époque 
de la vie. Mais à l'âge adulte , cette bifurcation a 
disparu , et l'utérus n'offre qu'un organe unique , avec 
une cavité simple dans laquelle viennent s'ouvrir les 
deux oviductes propres. 

C'est dans des cas extraordinaires de monstruosités 
qu'il faut aller chercher ce que l'on retrouve dans le 
plan normal généralement double de l'organisation des 
oviductes incubateurs, continuation des oviductes con- 
ducteurs; je veux parler des matrices doubles, dont 
les observateurs ont constaté dans l'espèce humaine 
plusieurs exemples très remarquables (i).] 

A. Dajis r espèce humaine. 

^ L'oviducte incubateur unique, ou l'utérus de la 
femme, est entièrement situé dans la cavité du petit 
bassin, entre la vessie urinaire et le rectum, de manière 

(i) M. Délie Cliiaje, entre autres , dans ses Dissertationi anaiomico-pa' 
tholosiche. Napoli, i834. Voir encore les Cotisidérations sur la sphère 
génitale mojewne par M. J. Dumas. Montpellier, i844- 



ART. II. OBGANES ÉDUCATEURS INTÉRIEURS. 31 

que son fond regarde en baut et son ouverture en bas. 
Le péritoine qui le recouvre le retient dans cette posi- 
tion par quatre petits prolongements qui vont à ces deux 
organes , sous les noms de ligaments antérieurs et pos- 
térieurs. Deux autres replis de la même membrane 
servent encore à cet usage ; ils partent des côtés de ce 
viscère et vont se fixer sur ceux du bassin : ce sont les 
ligaments larges , qui renferment dans leur épaisseur 
les trompes et les ovaires , ainsi que les vaisseaux et les 
nerfs de l'utérus. Enfin, il est encore assujetti par les 
ligaments ronds, composés de vaisseaux sanguins et 
d'un tissu cellulaire serré, qui s'attachent à la matrice 
en avant et un peu au-dessous des trompes de Fallope , 
descendant jusqu'à l'anneau sus-pubien , qu'ils traver- 
sent, et au-delà duquel ils se perdent. On distingue 
deux parties dans ce viscère, son corps et son col. Le 
dernier est embrassé par le vagin, et fait une saillie 
dans sa cavité , appelée le museau- de tanche ; il est 
à peu près cylindrique. Le premier , au contraire , est 
de forme ovale, un peu aplati cependant d'avant en 
arrière, et plus large vers son fond. Sa cavité est petite, 
comparée au volume de l'utérus, et à peu près trian- 
gulaire; les deux angles supérieurs conduisent dans 
les trompes par une ouverture très fine , tandis que 
l'angle inférieur s'ouvre dans la cavité du col, qui n'est 
réellement qu'un prolongement de la première ; elle 
communique dans le vagin par une fente transversale, 
dont les bords sont ordinairement déchirés chez les 
femmes qui ont eu des enfants. Les parois de lutérus 
sont extrêmement épaisses , particulièrement dans le 
corps; elles paraissent formées d'un tissu extrêmement 
dense et résistant, dans lequel il existe une grande 



32 XXXI 1* LEÇON. GJÎiNÉaATlON DES \ERTÉBRÉS. 

proportion de fibrine, d'après les expériences chi- 
miques foites par M, Schcvilgué. I^a cavité de l'utérus 
est revêtue, comme celle du vagin, d'une membrane 
muqueuse, extrêmement fine et adhérente. On y re- 
marque , particulièrement dans la cavité du col , des 
lacunes ou petits culs-de-sac qui se remplissent de 
mucosités, et des rides irrégulières, qui de l'intérieur 
du col semblent se ramifier sur les deux faces de la 
cavité du corps. 

Une petite partie des artères de l'utérus vient des 
spermatiques; les autres tirent leur origine des artères 
utérines, dont les ramifications sont très flexueuses. 
Les veines de cet organe répondent aux artères. Ses 
nerfs viennent du grand sympathique et des paires 
sacrées. 

B. Dans les autres nuiminijères. 

L'utérus des mammifères varie à beaucoup d'é- 
Tjards. En considérant d'abord sa forme et sa cavité, 
nous le trouverons simple^ compliqué^ double, ou 
même triple^ et quadruple , et à la fois compliqué. 

11 est simple dans les singes , les cdentcs et les tai- 
digrades , comme dans la femme, car nous n'adoptons 
pas ici comme une division réelle la distinction que 
l'on fait de la cavité du col avec celle du corps de ce 
viscère. Sa forme générale est ordinairement plus 
allongée dans les singes que dans la femme. Le corps 
est bien arrondi, et il se distingue du col par un 
étranglement pins ou moins marqué. 

Dans les tardigrades et les ëdentès , il est de forme 
triangulaire. 

Les makis , parmi les quadrumanes ; les car/iassiers , 



ART. II. ORGANES ÉDUCATEURS INTÉRIEURS. 33 

excepté les Didelphes ; la plupart des Rongeurs , les 
Pachydermes, les Ruminants, les solipèdes, les Amphi- 
bies et les Cétacés ont, au contraire, un utérus [plus ou 
moins profondément bifurqué , et conservant, dans 
une partie de son étendue , la duplicité des oviductes 
propres, qui viennent s y rendre au sommet de 
chacune de ses divisions.] La partie qui répond au col, 
lorsque ce viscère est simple, est également sans divi- 
sions dans ces cas ; mais le corps est constamment 
séparé en deux cornes, dans une partie de son éten- 
due , ou dans toute sa longueur. Il est peu divisé 
dans les //?a/7>, et semble seulement bilobé; dans les 
autres mammifères que nous venons de nommer, les 
cornes sont ordinairement fort allongées, et elles excè- 
dent souvent trois fois, et même plus, la longueur du 
col. Ce dernier est réduit à un simple anneau dans 
\ agouti, le paca et le cochon d'Inde , chez lesquels on 
arrive dans l'une ou l'autre corne, immédiatement après 
avoir dépassé le bourrelet qui entoure l'orifice de la 
matrice. Ce bourrelet n'existe même pas dans \e Heure et 
le lapin, et chaque corne forme un canal séparé qui a 
dans le vagin un orifice distinct : leur matrice est donc 
réellement double, \ei il y a, chez ces derniers animaux, 
deux oviductes incubateurs, comme deux oviductes 
conducteurs.] 

Enfin les Animaux à bourse nous fournissent des 
exemples à'nne matrice triple ou quadruple, et à la fois 
compliquée. 

Ils ont d'abord deux cornes de forme ovale , cour- 
bées en dehors, plus ou moins allongées, que la plu- 
part des zootomistes qui ont décrit avant nous cette 
sorte de matrice prennent pour une dilatation des 
8. 3 



34 XXXIl* LEÇO«. GENEfiATlOW DES VERTÉBRÉS. 

troraj3es; mais celles-ci en sont très distinctes par leurs 
sinuosités et leur petit diamètre. Ces cornes^ quijor- 
ment^ pour ainsi dire , chacune une matrice à part ^ 
comparable à celle des lièvres , s ouvrent dans une 
troisième cavité par deux orifices séparés, quoique 
rapprochés Tuu de l'autre , et bordés d'un pli saillant 
formant une sorte de valvule [ou de museau de tanche]. 
Cette troisième cavité est assez compliquée : sou fond 
en est la partie la plus large ; elle va en se rétrécissant 
à mesure qu'elle se porte en arrière , et finit contre la 
partie la plus reculée du vagin par un cul-de-sac étroit 
[qui s'unit aux parois de ce canal jusque vis-à-vis 1 ori- 
fice de l'urètre], mais t>ans s'y ouvrir. Chaque côté de 
cette même cavité se continue par une large ouver- 
ture, percée à peu de distance de celles des cornes, 
en un canal étroit qui se recourbe en descendant, 
forme une anse, se rapproche du cul-de-sac, et se ter- 
mine [dans la vulve précisément à la même hauteur, 
immédiatement après s'être réuni à sou semblable. 
Nous en parlerons encore dans la leçon sur les oigaues 
d'accouplement, comme d'un double vagin.] Telle est 
du moins la disposition de cette troisième partie, 
dans \es phalangers , les kanguroos et \qs> pkascolomes . 
[Il y a cependant une cannelure médiane peu saillante, 
à la paroi iuférieure de la première partie qui doit 
faire encore l'office d'utérus, en retenant plus ou moins 
l'œuf ou l'embryon qui la traverse. Cette cannelure 
semble indiquer que, dfius leur développement, les deux 
vagins étaient séparés d'abord , et que leur cloison 
commune s'est détruite dans le progrès de ce déve- 
loppement. On peut en conclure que cette cloison peut 
subsister quelquefois, mais d'une maniera anormale, 



ABT. II. OBGANES EDUCATEURS IHTÉBIEURS- 6b 

comme dans \e cas décrit et figuré par M. R. Owen, 
où elle était asymétrique (i). Cette cannelure est à 
peine sensible dans le Kangiiroo-Téthi/s , dans lequel 
la cloison manque de même.] Dans le sarigue bicolore, 
la même partie est divisée en deux loges par une cloi- 
son longitudinale, de sorte que chacune des deux pre- 
mières matrices s'ouvre dans une de ces loges, [et que 
ces dernières communiquent avec la vulve en formant, 
avec l'anse correspondante, le vagin de son côté. H y a 
même une séparation complète de ces deux canaux , 
dans toute leur étendue, chez le cayopollin {^didelpkis 
dorsigera. L.), de manière qu'ici on ne peut mécon- 
naître un double vagin,] 

La verge bifurquée des sarigues et des phalangers 
est bien faite pour lancer la semence dans ce double 
canal ; les scissures qui se remarquent au gland de celles 
du phascolome semblent encore propres à cet effet; 
mais le gland est simple et sans division dans les kan~ 
guroos : aussi est-il remarquable que les femelles ne 
portent qu'un petit à la fois. 

Le museau de tanche, ou la saillie du col de la ma- 
trice da4js le vagin, n'existe pas toujours, même dans 
le cas de matrice simple. Il manque dans les Edentés 
et les Tardigrades. Sa forme, sa grandeur, la manière 
dont il est percé par l'orifice de la matrice, varient 
beaucoup. Ordinairement cet orifice est une fente 
transversale , située plus près de la paroi inférieure du 
vagin, et au-dessus de laquelle ce dernier se continue 
en un cul-de-sac. La saillie du museau est tellement 



(i) Voir les Trans. philos, rie i834. 



36 XXXir LEÇON. GÉJSIJRATION DK'i VEaTÉBHÉS. 

effacée dans \q porc-ppii;,q\^(t Foiiverture de la matrice 
y paraît percée à la paroi inférieure du vagin. Quel- 
quefois elle est entourée d'un rebord qui appartient au 
vaccin, et rend plus difficile Feutrée de la matrice: 
c'est ce qui se voit dans \ours,\di vache ^ etc. 

Il semblerait que la .y^/'^c/w/e de l'utérus dût être 
constamment la même: c'est ce que l'observation ne 
prouve pas. Ce n'est guère que dans les singes qu'elle 
. paraît avoir des parois aussi denses que chez la femme ; 
mais dans tous les autres mammifères ces parois sont 
beaucoup plus minces : elles le sont dans les animaux 
à bourse plus que dans aucun autre mammifère , par- 
ticulièrement celles de la cavité moyenne ; celles des 
cordes, ou de ce que nous appelons les deux pre- 
mières matrices , sont un peu plus épaisses. Cette 
épaisseur est-elle en rapport avec le volume que la 
matrice doit acquérir dans l'état de gestation .-^ Ce der- 
nier exemple semble l'indiquer. 

D,ans les Singes , les Édentés , les Tardigrades , les 
Didelphes , on ne peut y reconnaître des fibres mus- 
culaires rouges, pas plus que chez la femme. Ces 
fibres sont évidentes dans les matrices à cornes, ou 
dans les matrices doubles , principalement dans les 
grands animaux : le col a généralement une seule 
couche de faisceaux plats de fibres transversales; tandis 
que dans les cornes cette couche est recouverte par une 
plus mince de fibres longitudinales. La plus grande 
épaisseur du col est formée, dans la. vache, de fibres de 
même structure que celles de la matrice de la femme, 
et qui fournissent de la fibrine à l'analyse chimi- 
que. Elles sont blanches , et leur tissu est dur et 
résistant. 



ART. II. ORGANES ÏDL'CATEURS INTÉRIEURS. 37 

[Certaines matrices, celle de vaclie (i) ont offert un 
tissu élastisque formant un réseau qui recouvre les 
libres musculaires.] 

\^intéric.iLr de la matrice est ordinairement ridé as- 
sez irrégulièrement dans les matrices simples; celles 
qui ont des cornes présentent généralement dans celleS' 
ci des rides longitudinales; rarement ces rides sont- 
elles transversales, comme dans la civette, où elles 
s'engrènent , pour ainsi dire , les unes dans les au- 
tres. 

La situation de l'utérus est horizontale comme celle 
de tout le corps. Lorsqu'il est divisé en cornes , celles- 
ci ne se bornent pas à la cavité du petit bassin ; mais 
elles s'avancent le long des lombes jusque derrière les 
reins, où sont leurs extrémités, les ovaires et les 
trompes. 

Les ligaments larges sont dans ce cas également plus 
étendus. Ils ont évidemment des fibres musculaires 
entre leurs lames, dans les grands mammifères. Ces 
fibres forment, dans la vache, différents faisceaux , 
dont un, plus fort que les autres , s'étend de l'ovaire au 
col de l'utérLis, et doit les rapprocher; je ne sais à 
quelle fin. Il y a de plus des fibres transversales qui 
vont d'une corne à l'autre , dans leur premier tiers, 
il est également très ordinaire de trouver des fibres 
charnues dans les ligaments ronds. 

La description que nous venons de faire convient 
particulièrement à l'utérus , hors du temps de la ges- 
tation ; mais à cette époque, il éprouve des change- 



(i) A MM. Ereschet et Gluge,.>4)um/es des se. nutur. : 2* série, t. VIII, 
p. 17"], ; . 



38 XXXIl» LEÇON. GÉNÉRATION DES ^'EHTÉBRÉS. 

ments plus ou moins remarquables selon les espèces 
d'anmiaux. 

L'utérus de la femme augmente peu à peu de volume, 
change en même temps de forme, et finit par être 
presque globuleux dans sa totalité. Ses parois, à ce 
dernier degré de développement, se sont amincies 
d'une manière très marquée, particulièrement à sou 
col , qui n'a plus que l'épaisseur d'une feuille de papier 
fort ; mais cet amincissement n'est pas proportionné à 
l'extension : c'est que toutes les mailles de son tissu 
propre se sont pénétrées de sucs abondants. Les nom- 
breux vaisseaux sanguins qui le composent en partie 
se sont dilatés considérablement. Ce tissu , de dense , 
résistant, pâle et obscur qu'il était, quant à sa compo- 
sition , est devenu mou , spongieux , rouge et composé 
de faisceaux de fibres évidents dont on peut, jusqu'à 
un certain point, dé<3rire la direction. Les uns descen- 
dent du fond de la matrice, soit directement, soit en se 
dirigeant obliquement d'une face à l'autre; d'autres 
sont transverses, d'autres se contournent dans son fond 
autour des orifices des trompes , et forment deux dis- 
ques qui se joignent vers le milieu de ce fond. En un 
mot , elles ont toutes les directions propres à resserrer 
la matrice dans tous ses points , lorsqu'elles se con- 
tractent à l'époque de l'accouchement. Ces fibres, 
extrêmement resserrées , confondues, et formant un 
tissu très dense, hors du temps de la grossesse, sont 
pâles , parce que le sang en est pour ainsi dire ex- 
primé, et les met presque dans un état de paralysie. 
Le sang qui afflue pendant la grossesse, soit dans leurs 
mailles , soit dans celles du tissu cellulaire qui les 
unit, les place dans un état plus naturel, qui leur rend 



ARï. II. orctanes Éducateurs intérieurs. 39 

l'exercice de leurs facultés ; il doDiie au tissu de la ma- 
trice une grande sensibilité et une grande contraclilité. 

Tous les vaisseaux sanguins qui composent ce tissu 
augmentent beaucoup de diamètre, comme nousTavons 
dit , mais particulièrement les veines. Plusieurs des 
gros rameaux de celles-ci percent la membrane in- 
terne de Tutérus, et présentent dans sa cavité des 
ouvertures obliques. Ce sont de vrais sinus veineux 
avec lesquels s aboucbent les sinus du placenta. 

Dans les mammifères ^ les changements qu'éprouve 
l'utérus sont d autant plus semblables à ceux qui vien- 
nent d'être indiqués qu'il ressemble davantage et pour 
sa forme et pour sa structure à celui de la femme. 
Celui des Singes ^ par exemple, et des Edentés ne doit 
pas plus en différer dans 1 "état de grossesse que dans 
celui de vacuité. 

Dans les matrices à cornes, les changements de forme 
diffèrent suivant qu'il y a plusieurs petits dans chaque 
corne, ou qu'il n'y en a qu'un tiansune corne, ou que 
l'unique fœtus est contenu à la fois, comme dans la 
vache, dans une des cornes ei dans le col : elles ont, 
dans le premier cas, des dilatations et des étrangle- 
ments alternatifs. Quant à la struclnre, au lieu de de- 
venir encore plus évidemment musculeuse , les fais- 
ceaux des fibres musculaires s'amincissent tellement 
qu'ils deviennent au contraire moins distincts. 

C'est dans les Didelphes que la matrice pleine diffère 
le moins de son premier état, ce qui tient aupeu de 
développement qu'y prennent les petits : aussi cet or- 
gane a-t-il des parois beaucoup plus minces que dans 
tous les autres mammifères. M. Home assure que les 
orifices dc> deux canaux, en forme d'anse, [qui donnent 
dans la vulve] se ferment après la conception, et qu'il 



^0 \X>aT' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBBKS. 

se formerait une ouverture au sommet du cul-de-sac de 
la cavité moyenne qui s'avance entre les deux orifices 
postérieurs des canaux en forme d'anse. Cette ouverture 
grandirait à mesure que la gestation avance, et ce serait 
par cette voie que les petits passent dans le vagin à 
l'instant de l'accouchement, d'où ils sont transmis 
au dehors dans la poche extérieure. 

[ En introduisant un stylet dans cette partie qui n'est 
plus qu'un canal étroit, chez le Kanguroos-Téthys, ^e 
n'ai trouvé qu'une membrane très mince qui le séparait 
de la cavité correspondante du vagin, un peu au-des- 
sous de l'orifice de l'urètre. L'assertion d'Evr. Home 
a été cependant contredite par l'observation de 
M. Rengger, qui a trouvé un fœtus développé sorti de 
ses enveloppes , dans l'anse vaginale gauche d'une 
femelle de Didelphis azarœ^ qui avait deux fœtus ex- 
trêmement petits dans sa poche extérieure, et deux 
embryons moins avancés dans la partie dilatée du con- 
duit vaginal , avec leur cordon ombilical.] 

Doit-on décrire comme une matrice double les deux 
tubes longs, cylindriques, à parois minces et mem- 
braneuses, seuls organes éducateurs propres aux fe- 
melles de Xornilhorliynque et de Xéchidné? Chacun de 
ces tubes a un orifice séparé dans le canal de l'urètre , 
immédiatement au-dessous du col de la vessie urinaire, 
et dans un cul-de-sac. Le canal de l'urètre est sem- 
blable d'ailleurs à celui du mâle , et s'ouvre directe- 
ment dans le cloaque. Il faudra des observations ulté- 
rieures pour décider si ces deux tubes doivent être 
regardés comme de simples oviductes, ce qui est pro- 
bable , ou si ce soùt des matrices. 

Nul doute que les oviductes , qui viennent s'ouvrir, 
chez ces Monotrêmes , comme les déférents , dans 



ABT. HT. OVAIBES DES OISEAUX. 4l 

l'origine du canal de l'urètre pelvien, ne soient les ma- 
trices bien distinctes de ces animaux. Ces tubes incu- 
bateurs offrent la circonstance tout-à-fait exception- 
nelle chez les mammifères, de ne point aboutir à un 
canal génital particulier ou à un vagin. 

La place précise où commence cette seconde partie 
de l'oviducte, et où se termine la première, est aussi 
beaucoup moins facile à distinguer que chez les autres 
mammifères. 

L'oviducte propre semble se modifier insensible- 
ment en oviducte incubateur. Il faut se rappeler que, 
chez ces animaux, l'œuf ne contracte pas d'adhérence 
placentaire avec les parois de l'oviducte incubateur.] 

ARTICLE III. 

DES ORGANES PKÉPABATEUKS ET ÉDUCATEUBS CHEZ LES FEMELLES 
DES OLSEAUX. 

L De tovaire ou de la glande oi'igène. 

Il n'y a qu'un ovaire [développé] , situé sous la co- 
lonne vertébrale, contre la partie la plus avancée des 
reins, et fixé dans cette position par un prolongement 
du péritoine. C'est un paquet ou une grappe d'œufs de 
différentes grandeurs, dont les plus petits sont blancs, 
et les plus grands de couleur jaune. C'est que, dans 
ceux-ci, la substance de cette couleur, que tout le 
monde connaît, et qui doit servir àla nutrition du pou- 
let, a pris un accroissement considérable en densité et 
en volume. 

Ces œufs reçoivent des vaisseaux sanguins , analo- 
gues à ceux qui vont aux ovaires des mammifères, et 



42 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

ce sont ces vaisseaux qui forment leur principale union. 

[L'asymétrie est le caractère de cette glande daus la 
classe des oiseaux. 

Généralement ils n'ont qu'un ovaire , celui du côté 
gauche ; à peine en voit-on, dans quelques cas, un faible 
rudiment du côté opposé. Pour retrouver des traces 
de 1 existence symétrique des ovaires, il faut remonter 
aux premiers temps du développement de ces ani- 
maux. 

Les oiseaux de proie ^ chez lesquels très peu d'œufs 
se développent pour la même couvée, peuvent avoir, 
par exception, deux oviductes de même grosseur ou 
de grosseur inégale. 

Remarquons même que l'existence de deux ovaires 
et leur développement symétrique ou asymétrique peu- 
vent varier daus les individus d une même espèce. Les 
permquets et \ç.% pics ^ outre quelques oiseaux de proie, 
ont offert des exemples de cette singulière variété. Cer- 
tains exemplaires n'ont pas d'ovaire droit; tandis qu'il 
est rudimentalre chez d'autres, et que quelques indi- 
vidus l'ont à peu près symétrique de l'ovaire gauche. 

Il peut manquer absolument chez la huse ^ ou n'être 
que rudimentaire (i) , ou prendre un développement 
presque égal à lovaire gauche. 

Outre le repli du péritoine qui sert à la fois d'enve- 
loppe et de ligament à l'ovaire, et remplit la fonction 
de conducteur des vaisseaux artériels et des nerfs qui 
s'y rendent , ou des veines lymphatiques et sanguines 
qui eu dérivent , cet organe se compose d'une mem- 



(i)MM. Carus et Otto, Tahuloe anatomioae, pi. VII, fij;. i,et R. Wag- 
ner, Mém. j)our servir a i'anat. des oiseaux, Mùller,.^ro/iii',, 1837, p. LXin. 



ART, III. OVAIRES DES OISEAUX. 43 

brane propre et d'une substance fibro-celluleuse dans 
laquelle se développent les ovules , et que nous appe- 
lons proligère, à cause de cette circonstance. Avant le 
développement de ceux-ci , Fovaire ne paraît que 
comme une lamelle membraneuse située en travers 
au-devant de l'extrémité antérieure du rein gauche , 
tout près du rein succenturié. Ce pli membraneux 
transversal renferme dans son épaisseur un tissu cellu- 
leux très serré , qui deviendra la gangue des ovules. 

Chaque ovule, en se développant, produit un relief 
plus ou moins prononcé à la surface de cette lame ova- 
rienne. Il se loge ainsi dans une double poche formée 
parle péritoine et parla membrane propre de l'ovaire. 
Cette poche se sépare de plus en plus du reste de l'o- 
vaire, et finit par n'y plus tenir que par un pédicule. 

Lorsque l'ovule est encore très petit , le tissu cellu- 
leux serré qui lui sert , pour ainsi dire , de gangue, est 
proportiounément plus abondant. Il diminue à me- 
sure que l'ovule, en augmentant de volume, s'enveloppe 
plus immédiatement de la membrane propre de l'ovaire 
qui devient sa capsule. Ainsi chaque ovule, chez les 
Oiaeaux y naît et se développe dans une poche mem- 
braneuse particulière, faisant partie de l'ovaire ; cette 
poche peut en être considérée comme l'organe de sé- 
crétion, au moins comme son organe de nutrition. 

On pourrait la comparer au cul-de-sac qui constitue 
en dernière analyse tout organe de sécrétion \ elle s'en 
distingue cependant ici, par le défaut de continuité 
entre sa cavité et celle du canal excréteur, entre 
l'ovaire et l'oviducte. 

Elle s'en distingue encore parce qu'elle ne sert qu'au 
développement d'un seul ovule ; qu'elle croît et se dé- 



44 XXXII" LEÇON, CrÉNKBATIOxX DES VERTÉBRÉS. 

veioppe avec lui, et qu'elle se rompt dans une bande 
blanche éqnatoriale, qui se dessine par cette couleur, 
provenant de l'absence du réseau vasculaire si remar- 
quable dans le reste de la surface de cette capsule. 

Elle se déchire dans cette bande équatoriale blanche 
pour laisser passer dans l'oviducte l'ovule parvenu à 
son degré de maturité. Ses deux moitiés ainsi déchirées 
sont probablement absorbées par le reste de l'or- 
gane en activité.] 

II. Des Oi'u/es y produits de la glande ovigène. 

[Les ovules des oiseaux se composent, comme ceux 
des autres classes , d'une sphère vitelline ou nutritive et 
d'une sphère intérieure germinative. 

Ces deux sphères varient beaucoup dans leur volume 
proportionnel, selon le degré de développement des 
ovules. Le volume de la sphère vitelline est d'autant 
plus grand que l'ovule est plus près de sa maturité; ce- 
lui de la sphère germinative est au contraire relative- 
ment moins considérable à cette dernière époque. 

Dans des ovules à peine visibles à l'œil nu, la sphère 
germinative est presque au centre de la sphère vitel- 
line , et remplit les deux tiers de sa cavité ; un peu plus 
tard, elle n'a que le tiers du diamètre de la sphère vi- 
telline, et se rapproche beaucoup de la circonférence, 
qu'elle touche dans l'œuf mûr et prêt à être fécondé. 

Cette sphère germinative, toujours transparente et 
remplie d'une humeur limpide, montre dans un point 
de sa circonférence une tache opaque , formée d'une 
très petite sphère, devant composer, selon toute pro- 
babilité, les premiers éléments du germe fournis par la 
femelle. 



ART. lil. OVlli.iiS DES OISEAUX. 46 

La sphère vitelline est enveloppée d'une mem])rane 
portant le même nom. Cette membrane, selon nous, 
est composée d'une double lame dont Finterne se re- 
plie autour de la sphère germinative, de manière à 
former un cul-de-sac pour la contenir et un pédi- 
cule d'autant plus long, à proportion, que le dévelop- 
pement est moins avancé, puisqu'alors il part delà 
périphérie de la sphère vitellinepour joindre la sphère 
germinative, qui est précisément un centre de la pre- 
mière. 

Ce pédicule se raccourcit à mesure que la sphère 
vitelline augmente de volume , et entraîne vers la pé- 
riphérie de celle-ci la sphère germinative, jusqu'à ce 
qu elle arrive à cette périphérie pour la fécondation. 

La substance vitelline varie beaucoup dans sa com- 
position aux différentes époques du développement 
de l'ovule. Liquide, blanche et transparente dans le 
principe , elle s'épaissit, devient opaque , et se colore 
peu à peu en jaune. 

A l'époque de sa maturité, l'analyse microscopique 
y fait voir des globules composés de granules plus 
petits. Entre ces globules, on distingue des gouttes 
d'huile et des restes de ce fluide albumineux qui pré- 
cède la formation des globules vitellins. 

Les globules du jaune, à l'état de maturité, n'étaient 
dans les premiers temps du développement de l'ovule 
que des granules opaques, en petit nombre dans les 
plus petits ovules apparents. Leur nombre et leur 
complication, ainsi que leur volume, vont en augmen- 
tant à mesure de l'accroissement de l'ovule. 

Il y a au centre de la sphère vitelline de l'ovule mûr 
une cavité qui communique vers la périphérie du côté 



46 XXXII* LEÇON. GÉNÉBATfON DES VERTEBBÉS. 

OÙ se trouve la vésicule germinative, par un large ca- 
nal. Cette cavité et son canal sont remplis d'un liquide 
jaunâtre plus clair que le reste du vitellus. 

Enfin , autour de la vésicule germinative, à la péri- 
phérie du vitellus, se voit une couche de plus petits 
globules vitellins, qui forment le disque proligère, dis- 
tingué sous ce nom par M. de Baer. 

L'analyse chimique du vitellus, de cette sphère nu- 
tritive qui se transforme si rapidement dans les orga- 
nes du poulet, est du plus haut intérêt pour l'appré- 
ciation des changements de composition chimique qui 
ont lieu dans cette merveilleuse assimilation. 

L'albumine, l'huile et Teau sont les parties essen- 
tielles du vitellus; incinéré, il donne des cristaux de 
phosphate calcaire. On y a découvert des traces de 
soufre et de phosphore, de chaux et d'alumine unies 
à de l'acide carbonique, et un peu de fer. 

D'après Proust, le vitellus se composerait de : 

Albumine 0,17 

Huile ou graisse fluide 0,89 

Eau. . 0,59 

Acide sulfurique. * 

— phosphorique. 



Des traces de 



i soufre \ 

\ phosphore j 



Chlore. 

Alcali. 

Nitrate de soude. 

Chaux et 

Alumine unies, pour la plus grande partie, à de l'acide 

carbonique. 
Un peu de fer.] 



ART. III. OVlDLCTJi D£S OISEAUX. 47 

IIÎ, De Voviducte des oiseaux ^ ou du canal excré- 
teur de la glande ovigène. 

[h'oviducte^ dans cette classe, est aussi un sperma- 
ducte y c'est-à-dire que c'est à la fois la voie par la- 
quelle rélémeut mâle pénétre jusquaux ovules pour les 
féconder, et celle qui reçoit les ovules mûrs et détachés 
de l'ovaire pour compléter leur sphère nutritive, leur 
donner une sphère protectrice, les transformer ainsi 
en œuf complet et pour les transmettre au dehors. 

C'est donc un canal ouvert à ses deux extrémités, 
dont l'antérieure ou l'extrémité ovarienne est évasée en 
entonnoir afin de faciliter l'introduction des ovules, 
et dont la postérieure a son embouchure dans le 
vestibule génito-excrémentitiel. 

L'oviducte est un organe à fonctions compliquées. 
Son orifice antérieur s'approche de l'ovaire et s'ap- 
plique à l'ovule mûr pour le recevoir; ses parties se 
contractent successivement pour faire chçminer cet 
ovule jusqu'à l'autre extrémité et pour l'expulser dans 
le cloaque. Pour remplir cette première fonction il 
doit être excitable et très contractile. 

L'ovule y reçoit successivement l'albumine et ses 
membranes qui complètent la composition de la sphère 
nutritive de l'œuf; puis enfin la coque, qui doit le pro- 
téger. G est dans les différentes parties de l'oviducte 
qu'il rencontre ces matériaux. Ce canal est donc encore 
un organe de sécrétion. Nous trouverons dans sa forme, 
dans sa disposition générale et dans sa structure , toutes 
les circonstances organiques propres à faire com- 
prendre ses différentes fonctions. 

L'oviducte est asymétrique comme l'ovaire; on ne 



■48 XX MI* LEÇON. GÉNÉBATION DES VERTÉBKÉS. 

trouve même jamais, que je sache , clans cette classe, 
deux oviductes développés et fonctionnant , comme 
nous avons dit qu il existait quelquefois deux ovaires. 
Mais il est plus fréquent de rencontrer un oviducte 
droit rudinientaire qu'un ovaire droit également rudi- 
mentaire. 

On cite des exemples d'un rudiment d'oviducte 
droit dans tous les ordres de cette classe (i). 

Il forme un petit canal dïm centimètre, plus ou 
moins , de longueur, qui a son embouchure dans le 
vestibule génito-excrémentitiel du côté droit, vis-à-vis 
de celle de Foviducte développé, en dehors de l'orifice 
de l'uretère du même côté; l'autre extrémité, terminée 
en cul-de-sac, flotte dans le bassin. 

L'oviducte normal ou développé et fonctionnant est 
toujours le gauche. Ce conduit est d'abord évasé en 
entonnoir, comme le pavillon des trompes chez les 
mammifères ; mais son bord est entier et nullement 
frangé. 11 forme ensuite un canal étroit que l'on regarde 
plus particulièrement comme la partie qui a le plus 
d'analogie avec la trompe de Fallope. A partir de cette 
portion plus étroite, ce canal va en se dilatant jusque 
près du cloaque, où il montre de nouveau un diamètre 
plus étroit jusqu'à sa terminaison. 

Plusieurs anatomistes appellent utérus la partie 
moyenne , dilatée , de l'oviducte ; mais il n'y a pas 



(i) Voir le Mémoire de M. Barkov,- sur les vaisseaux sanguins des 
oiseaux {Archives de Meckel pour 1829) et celui de M. If'agner, sur 
les ovaires et les oviductes doubles , analysé dans le même journal pour 
1807, p. LXIII. 



ART. Iir. OVIDUC'fE DES OISEAUX. 40 

de complète aiialojïie de fonction , l'œuf ne subissant 
pas ici d'incubation. 

Selon les mêmes anatomistes , la dernière partie de 
Toviducte serait comparable au vagin (i). 

H n'y a pas. plus de vagin cbez les oiseaux que chez 
les monotrêmes. Le vagin, ainsi que nous le verrons 
dans la XXXIV leçon, est un organe d'accouple- 
ment, chez les mammifères, intermédiaire entre i'ovi- 
ducte incubateur unique ou les oviductes incubateurs 
multiples, et le vestibule génito-excrémentitiel. La 
dernière portion de l'oviducte, chez les oiseaux, n'est 
que la dernière partie de ces organes de transmission 
au dehors, du produit de la génération. 

C'est, il est vrai, aussi la première, après l'organe 
d'accouplement ou le vestibule génito-excrémentitiel, 
qui reçoit l'élément mâle du germe , pour le diriger 
vers lovule. 

L'oviducte des oiseaux se termine dans la partie 
moyenne du cloaque, de son côté, la même dans 
laquelle se voient, plus en dedans , les orifices des ure- 
tères. 

Les parois de l'ovidncte se composent extérieure- 
ment d'une membrane péritonéale qui se détache de 
la colonne vertébrale et du bassin , et forme nn méso- 
viducte ou un repli qui le suspend au côté gauche 
des régions lombaire et sacrée. 

Vient ensuite , comme pour le canal intestinal , une 
couche musculeuse composée surtout de faisceaux lon- 
gitudinaux , que nous avons bien reconnus dans l'au 



(i) Voir le Mémoire déjà cité de M. Baikovv, Archiver de Meckel 
pour 1825. 

8. 4 



50 XXXI1« LKÇOn. GÉNÉRATIOW DES VEBTÉBBÉS. 

truche ; puis une couche cellulaire et enfin la membrane 
muqueuse. 

Cette membrane se distingue, entre autres, par les 
plis longitudinaux, larges, nombreux, parallèles, qu'elle 
présente dans presque toute son étendue, mais qui 
augmentent en épaisseur et en largeur dans la partie 
moyenne. 

Ils sont interrompus dans un espace circulaire qui 
se voit dans le dernier tiers de la partie étroite. 

Ces plis ont pour usage de multiplier la surface de 
sécrétion de Toviducte et de fournir à l'extension né- 
cessaire de la muqueuse, pour le passage de Tœuf com- 
plet. 

L'oviducte reçoit des vaisseaux sanguins considé- 

râbles. 

> 

Les artères mésométriques, ou qui se rendent à l'ovi- 
ducte par son mésomètre , viennent de lartère épi- 
gastrique gauche , de l'artère ischiale et de la honteuse 
interne (i),] 

ARTICLE IV. 

DES ORGAKES PRÉPARATEURS ET EDUCATEURS CHEZ LES FEMELLES 
DES REPTILES. 

I. Des ovaires ou des glandes ovigènes. 

. [Tous les Reptiles ont deux ovaires, situés dans la ca- 
vité thoraco-abdominale, de chaque côté de la colonne 
vertébrable. Comme dans les classes précédentes , ils 
sont encore séparés et bien distincts de leur canal ex- 



[ij P).iiko\v, Mf'in. ritt'-. 



ART. ÎV. OVAIRES DES BEPTILES. 51 

créteiir ou de l'oviducte correspondant; ils sont sus- 
pendus à la paroi supérieure de cette cavité par un re- 
pli du péritoine, qui se détache de cette paroi, ren- 
ferme entre ses deux lames leurs vaisseaux sanguins et 
leurs nerfs, et les enveloppe de toutes parts. 

Leur position est plus ou moins avancée on reculée, 
suivant les ordres : symétrique chez les Reptiles à forme 
large et courte , tels que les Chéloniens et les Batra- 
ciens anoures ; asymétrique , de manière que c'est le 
plus souvent le droit qui est en avant et le {j^auche en 
arrière, chez les Reptiles à forme allongée et étroite, tels 
que beaucoup de Sauriens, les Ophidiens et les Batra- 
ciens urodèles. 

Les ovaires des Reptiles nous ont montré deux for- 
mes types que nous devons signaler. L'une de ces formes 
se rapporte à celle des oiseaux : ce sont des ovaires en 
grappe, quand ils ont des œufs dont le développe- 
ment est avancé; ceux-ci se détachent plus ou moins ai 
la lame ovigène principale et n'y tiennent plus que par 
un pédicule de leur calice. Cette capsule, lorsque l'o- 
vule est mûr, se déchire autour d'un équateur qui part 
du pédicule , comme le calice des oiseaux , et l'œuf 
tombe dans la cavité abdominale pour passer dans l'o- 
viducte ; tel est l'ovaire des Chéloniens. 

Dans l'autre type, l'ovaire est un sac ou un tube 
plus ou moins allongé , contenant les ovules dans ses 
minces parois. Ces ovules, en se développant, font 
de dIus en plus saillie dans ce sac ovarien , ou à la 
surface interne de ses parois; et lorsqu'ils rompent leur 
enveloppe calicinale, ils tombent dans la cavité ova- 
rienne et ils en sortent par une ouverture antérieure, 
qui se produit sans doute au moment de leur maturité. 



62 xxxir LEÇON, génération des vertébrés. 

Jusque là on trouve ce sac complètement fermé. 

Dans les ovaires à grappes , les ovales, pour en sortir, 
ont à rompre leur enveloppe proligère ou leur calice et 
la membrane péritonéale qui la revêt. 

Dans les ovaires à sac , les ovules n'ont que leur en- 
veloppe proligère à déchirer pour tomber dans la ca- 
vité de ce sac, dont l'enveloppe péritonéale s'ouvre 
naturellement ou se déchire pour leur donner passage.] 

A. Denis la sous-classe des Reptiles propres. 

[Les ovaires des Chéloniens sont dans le fond de la 
cavité abdominale. Le mésoaire qui les enveloppe est 
large et plissé en manchette. C'est vers le bord exté- 
rieur de ce ligament large que les œufs sont rangés; 
lorsqu'ils sont mûrs, ils ne tiennent plus à l'ovaire que 
par un pédicule, comme ceux des oiseaux. 

Je n'ai trouvé dans une serpentine que de petits 
ovules dans l'ovaire, tandis que chaque oviducte ren- 
fermait des œufs complets , avec leur coque, dont les 
premiers entrés dans l'oviducte étaient arrivés tout 
près du cloaque , et dont le dernier avait déjà par- 
couru la moitié de la longueur de ce conduit. 

Les lézards propres ont un petit nombre d'œufs 
développés dans leur ovaire; celui.ci est dans un court 
repli du péritoine , faisant partie du grand repli au 
bas duquel flottent de longs oviductes. Il y a sans doute 
dans cette réunion de l'oviducte dans le même ligament 
un moyen de mettre en rapport les œufs mûrs avec 
leur canal excréLeur, par les vaisseaux sanguins et les 
nerfs doni ces replis péritonéaux sont les conducteurs. 

Les Ophidiens ont leurs deux ovaires dans une po- 
sition afiymétrique. 



ART. IV. OV.\IKES DES REPTILES. ^ 53 

Dans \diCouleuvre à collier, Tovaire formé un boya;i 
cylindrique, qui peut être insufflé comme un boudin. 
Les oeufs y sont rangés les uns au-devant des autres, 
sans ré.ouîarité, ni pour leur volume ni pour la place 
qu'ils occupent. On voit de très petits ovules à la sur- 
face des grands. 

Une couleuvre de cette espèce , prise à la fin d'avril , 
ayant des œufs très avancés dans ses ovaires , avait le 
droit un peu en arrière du pylore ; le gauche ne 
commençait qu'après la fin du droit. Leur tube pou- 
vait s'insuffler de manière à montrer, dans ses parois 
très minces , des œufs de grandeurs très différentes. 
Les plus grands étaient placés en travers, à côté l'un 
de l'autre , sur plusieurs rangs. 

Le#mésoaire était une dépendance du mésoviducte , 
large repli du péritoine qui se portait plus en dehors et 
maintenait l'oviducte plus loin de la ligne médiane que 
l'ovaire. La position des ovaires était tellement asymé- 
trique, que le droit finissait avant que le gauche com- 
mençât; le premier s'avançait assez près du pylore. 
L'oviducte s'ouvrait largement en avant de la tête de 
l'ovaire, qui se rapprochait de cette ouverture. 

L'asymétrie dans la position des deux ovaires est 
moins marquée chez les pythons , qui se distinguent 
d'ailleurs par leurs deux sacs pulmonaires et une ten- 
dance à la symétrie dans ces organes (i). 

DdiWiUïïpijthon de s^jyo, chaque ovaire avait 0^,27 
et le droit était à peine plus avancé que le gauche. 



(ij Voir notre leçon ^.t. Vil, p. 33, de cet ouvrage. 



54 XXX11« LEÇON. GÉJNÉBATION DES VEBTÉBRÉS. 

L\iii et l'autre étaient situés immédiatement en avant 
des reins. 

Le tube que forme cet organe, dans la cavité duquel 
les ovules font saillie , avait cependant des parois mem- 
braneuses très minces. Des filaments qui vont d'une 
paroi de ce tube à l'autre en maintiennent sans doute 
le diamètre.] 

B. Dans la sous-classe des Reptiles amphibies. 

[Chaque ovaire est constamment un sac ou un tube 
plus ou moins long , enveloppé par le péritoine. Son 
développement varie d ailleurs beaucoup , suivant 
qu'on l'observe à l'époque du rut , au moment où il est 
rempli d'œufs mûrs, ou dans un temps éloigné de cette 
époque. 

Dans le crapaud commun^ [3. grenouille verte, etc., 
chaque ovaire est une poche suspendue par un repli 
du péritoine, à la face dorsale de la cavité abdomi- 
nale. Ce repli est comme une dépendance du mésen- 
tère , aux côtés duquel il est placé. 

L'ovaire lui-même est un large boyau, plissé en 
manchette, dont le bord libre, lobé et festonné, est 
très long, et dont le bord adhérent est très court, par 
l'effet des replis nombreux et rapprochés que forme le 
ligament susperiseur. Chaque œuf est contenu dans une 
poche particulière de la membrane moyenne ou pro- 
ligère , et fait plus de saillie du côté interne que du côté 
externe. 

Il y a, dans les intervalles des ovules mûrs, des ovules 
de grandeurs très différentes , qui se développeront les 
années suivantes. 

Dans la salamandre terrestre^ nous avons trouvé 



ABT. IV. OVAIBES DES BEVTILKS. 55 

les ovaires étendus sur le côté de la colonne verté- 
brale, dans une grande partie de la lonj^ueur de la ca- 
vité viscérale. Ils renfermaient un assez grand nombre 
d'œufs développés, pour la procbaine portée, ayant 
de o'",002 à o"',oo3 de diamètre, et d'autres encore 
très petits, pour les portées suivantes. 

Dans le triton à crête ^ j'ai trouvé les ovaires (en 
avril) occupant tout le tiers moyen et une partie du 
tiers postérieur de la cavité tboraco-abdominale. 

Ils y formaient un sac allongé, retenu par un mé- 
soaire, et plissé en manchette par ce ligament péri- 
tonéal. 

Un bon nombre d'ovules étaient au dernier degré 
de leur développement. Il y en avait déjà six d'un côté 
et huit de l'autre, parvenus à l'extrémité postérieure 
de très longs oviductes. Leur volume , pour ce qui est 
du vitellus , n'était pas plus grand que celui de beau- 
coup d'ovules attachés encore à l'ovaire; ceux-ci ne 
tenaient plus que par un pédicule aux parois du sac 
ovarien. On en trouve à tous les degrés de développe- 
ment, dans toute l'étendue de ce sac; depuis ceux qui 
sont à peine visibles et encore enfouis, pour ainsi 
dire, dans le tissu proligère de ces organes , jusqu'à 
ceux qui sont sur le point de s'en détacher. 

Je n'ai pas pu découvrir l'issue de ce sac, quoique 
je sois convaincu de la chute des œufs dans sa cavité. 

Les ovaires de ïamphiuma forment un long tube , 
effilé en avant et en arrière, dans lequel de nombreux 
ovulesm'ont paru serrés les uns contre les autres. Cehii 
de droite s'étend depuis l'extrémité postérieure du foie 
jusqu'au rein de son côté, qui est court et situé dans la 
partie la plus reculée de l'abdomen. 



56 \XXI1« LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

Chaque ow^irc est retenu par un Jiiésoaire ajs.ez 
large , dont le bord libre est un épiploon p^raisseux , 'tel 
qu'on en trouve chez les serpents. I.a partie de ce mé- 
soaire la plus rapprochée de la paroi dorsale ren- 
ferme i'oviducte. 

Chez le rnenobranchus lateralis^ nous avons trouvé 
les parois de ce même sac ovarien beaucoup plus min- 
ces, étant lui-même moins long à proportion ; et les 
œufs qu'il renfermait très développés, très grands et 
bien moins nombreux. 

Maxolod^ la sirène (i), le protée ^ qui composent, 
avec le genre précédent , la famille des Batraciens pe- 
rennibranches , ont de même deux ovaires oblongs, lo- 
bés, occupant, de chaque côté de la colonne vertébrale, 
une partie plus ou moins grande de la cavité abdo- 
minale.] 

II. Des ovules ^ produits des glandes ovi^ènes. 

[La fécondation peut avoir lieu dans l'ovaire, ou lors- 
que l'ovule vient de s'en détacher et est arrivé dans le 
commencement de I'oviducte, etavant qu'il soit devenu 
un œuf complet, par l'addition de sa sphère protec- 
trice. C'est toujours une nécessité lorsque son enve- 
loppe la plus extérieure est tellement dense, qu'elle ne 
pourrait être traversée parla liqueur fécondante. Tous 
\e,s Beptiles propres sont dans ce cas. ., 

Chez les Batraciens anoures^ au contraire, la fécon- 
dation ne s'effectuant qu'au moment de la ponte , la 
composition de la sphère protectrice, que l'ovule prend 



" (i) Cuvier, iîec/ioc/ies mr les Reptiles dnuteti.x. Paris , 1807, p. 24 
à '25 pour la sirène , et 43 à 44 poUf 'e prole'e. 



AUT. IV. OVCLES DES EEPTILES. 57 

en passant dans l'oviducte, est en rapport avec cette 
première nécessité, la fécondation , et l'autre non moins 
essentielle, la protection du jjerme se développant. 

Nous aurons donc à étudier, dans ce paragraphe, 
l'ovule se développant dans l'ovaire, et sa composition 
lorsqu'il y est parvenu à son degré de maturité. 

Nous décrirons ensuite la composition de l'œul 
complet, arrivé dans son lieu d'incubation , ayant sa 
sphère protectrice, qu'il a prise en traversant l'ovi- 
ducte; ce sera, entre autres, le sujet du paragraphe 
suivant. 

Les ovules des Reptiles ont les deux parties essen- 
tielles des classes précédentes, la sphère germinative 
avec la tache germinative, et la sphère nutritive ou vi- 
telline. L'une et l'autre sphère suivent les mêmes phases 
dans leur développement que dans les classes précé- 
dentes. La sphère germinative est d'abord la plus 
avancée, dans celui-ci. La sphère vitelline prend plus 
tard ses grandes proportions relatives ; elle se matérialise 
et se colore de plus en plus ; de sorte que la matière vi- 
teihne qui était d'abord très liquide, transparente, inco- 
lore , devient de plus en plus dense et se colore quelque- 
fois d'une nuance jaune-orange assez foncée; c'est ce 
qui se voit chez les Chélonieus. 

Les deux sphères changent de position relative avec 
leur développement. La sphère germinative devient 
de plus en plus excentrique et touche à la périphérie de 
la sphère vitelline , au moment de la maturité de l'o- 
vule et pour la fécondation. 

Les Reptiles amphibies ne font pas exception, et leur 
ovule, dans son développement, prend la même marche 
que celui des reptiles propres et de tous le> animaux 



58 XXXll* LEÇON. GÉNÉH\TION DES AERTÉBRÉS. 

vertébrés. Rien ne démontre que cet ovule soit le 
têtard lui-même, ainsi que le ^en?,3.\t Spallanzani. 

L'ovule non mûr renferme évidemment la vésicule 
germinative formant une sphère concentrique à la 
sphère vilelline. Plus tard, cette vésicule se porte vers 
la périphérie et montreses taches germinatives.M. Fogt 
en a compté de trente à quarante dans le crapaud 
accoucheur^ et il a reconnu qu'elles formaient de très 
petites cellules rondes ou irrégulières , mais de même 
grandeur dans le même œuf, sans qu'il soit possible 
d y découvrir aucune autre composition organique. 

Elles paraissent également distribuées dans la vési- 
cule germinative, ou concentrées dans une partie de 
cette vésicule. 

La vésicule germinative peut sortir tout entière de 
la sphère vitelline , si on déchire la membrane de 
celle-ci. 

La sphère vitelline croît à proportion beaucoup plus 
que la germinative et les taches de ce nom. 

A mesure de son développement, le vitellus se ma- 
térialise ; il s'y précipite un plus grand nombre de gra- 
nules. L'ovule en est rempli lorsqu'il est mûr, ce qui 
rend la sphère vitelline opaque, excepté à l'endroit où 
se trouve la vésicule germinative ; qui touche , à cette 
époque, à la périphérie de la sphère vitelline ; comme 
les taches germinatives touchent à la périphérie de la 
sphère germinative. 

La couleur des œufs des Batraciens anoures varie 
suivant les espèces. Ceux de la grenouille verte ^ lors- 
que l'œuf est mûr, se distinguent, pour la sphère vi- 
telline', par deux nuances, l'une brune qui s'étend'sur 
l'hémisphère au pôle duquel se trouve la vésicule ger- 



ART. IV. OVIDDCTES DES BEPTILES. ',)[) 

miuative, et l'autie jaune clair pour l'hémisphère op- 
posé. 

Il est remarquable que, dans l'eau, leur lieu d'in- 
cubation , 1 hémisphère brun soit toujours dirigé vers le 
jour, comme si la pesanteur spécifique de l'hémisphère 
clair était plus considérable et celle de la partie cor- 
respondante de la sphère d'enveloppe. Chez la gre- 
nouille rousse^ la partie brune envahit la plus grande 
partie du vitellus, et la partie clah-e est plus restreinte.] 

III. Des canaux excréteurs de la glande ovigène , et 
de la coînposition que Vovuie y prend pour devenir 
un œuf complet. 

[Les oviductes des Reptiles, ou les canaux excréteurs 
des ovaires , sont encore séparés de ceux-ci , comme 
chez tous les autres vertébrés supérieurs. 

Ce sont des conduits à parois plus ou moins com- 
pliquées , qui prennent par leur embouchure, béante 
dans la partie la plus avancée de la cavité abdominale, 
l'œuf détaché de l'ovaire, et le portent au dehors, par 
Tintermédiaire du cloaque, pourla fécondation; ou dans 
lesquels celle-ci a lieu avant la ponté; et qui devien- 
nent, dans ce cas, le lieu d'incubation pour le com- 
mencement ou pour toute la durée du développe- 
ment dans l'œuf. ] 

Tous les Reptiles ont deux oviductes comme deux 
ovaires. Ce sont toujours des conduits membraneux, 
fixés de chaque côté de la colonne vertébrale par un 
prolongement du péritoine , qui commencent «-ar une 
sorte de pavillon, par lequel l'œuf s'y introduit ;*^dont 
les parois, d abord minces, prennent ensuite plus d'é- 



Go XXXir LEÇON. GÉNÉSATION DES VERTÈBRES. 

paisseur et une apparence glanduleuse. Un peu évasés 
dans leur embouchure ou le pavillon, ils sont cylin- 
driques dans le reste de leur étendue. Leur longueur 
est beaucoup plus grande , à proportion, que chez les 
oiseaux. Ils sont plus ou moins plissés par le prolon- 
gement di} péritoine qui leur sert de ligament, chezles 
Reptiles propres; ou bien extrêmement sinueux et re- 
pliés sur eux-mêmes dans différents sens , comme chez 
la plupart des Reptiles amphibies. Leur dernière par- 
tie, chez les Batraciens anoures ,^Yésenie une dilatation 
considérable, que l'on a improprement appelée ma- 
trice , et qui s'ouvre elle-même dans le cloaque. 

[C'est toujours dans ce vestibule génito-excrémenti- 
tiel qu'aboutissent les deux oviductes , chez tous les 
Reptiles , où leurs deux issues s'ouvrent séparément. 
C'est par l'intermédiaire du cloaque que chaque con- 
duit éducateur porte au dehors les oeufs ou les petits 
éclos, ou qu'il reçoit la liqueur fécondante du mâle. 

L'oviducte sécrète l'albumen de l'œuf et ses enve- 
loppes protectrices; il en fait un œuf complet, sauf la 
fécondation. C'est sans doute pour cette sécrétion qu'd 
a généralement une étendue beaucoup plus considé- 
rable que cela ne paraîtrait nécessaire , s'il n'était qu'un 
organe éducateur devant transporter au dehors immé- 
diatement l'œuf qu'il a reçu de l'ovaire. 

Les fonctions multiples de ce conduit supposent 
une organisation compliquée, à la manière de celui 
des oiseaux. 

Il est revêtu d'une membrane péritonéale. Inté- 
rieureiîient, il est tapissé par une membrane mu- 
queuse à cils vibratiles. Une couche de libres mus- 
culaires sert, par ses contractions , à faire cheminer 



ART. IV. OVIDUCTES DES REPTILES. 01 

les œufs dans son intérieur. EnHu , la coucLie cellulo- 
vasculaire qui unit ces deux dernières est en même 
temps glanduleuse dans la plus grande partie de sa 
longueur. 

Ces canaux ont un diamètre proportionné au vo- 
lume des œufs qui doivent les traverser et au nombre 
qu'ils doivent contenir à la fois. 

Ils sont très extensibles d'ailleurs , et cette extension 
est rendue possible, entre autres, par les plis longitu- 
dinaux de leur membrane interne. 

Chez les Batraciens anoures et chez le crapaud 
commun en particulier, Yoi^iducte commence par un 
orifice à bord simple, non frangé, fixé dans la partie 
la plus avancée de la cavité abdominale , au niveau de 
la base du cœur et de chaque côté. 

Un repli court du péritoine qui l'y attache doit le 
rendre immobile dans une longueur de près de o^jOi. 
Ce repli, qui suspend l'oviducte à la face dorsale de 
l'abdomen, est en dehors du mésoaire ; il se déploie et 
s'étend à mesure, en enveloppant les nombreuses cir- 
convolutions de l'oviducte , dont le diamètre augmente 
un peu en se portant en arrière, mais qui se développe 
subitement en une poche considérable , dans sa der- 
nière partie. Dans ce long trajet, de quatre à cinq dé- 
cimètres , ses parois deviennent plus épaisses , et très 
évidemment glanduleuses; elles sont blanches, demi- 
transparentes, et comme injectées par les mucosités 
qu'elles sécrètent, et dont elles enveloppent les œufs. 
C'est dans l'extrémité dilatée de l'oviducte, qui est 
semblable chez tous les Batraciens anoures , que les 
œufs se rassemblent durant les premiers jours de l'ac- 
couplement qui précèdent la ponte, et qu'ils s'y re- 



62 \X\1T' LEÇON. OÉNÉKATION DES VEUTEBKÉS. 

vêtent de la sphère protectrice. Cette enveloppe , poul- 
ies œufs qui doivent être pondus dans l'eau, est de 
nature p;élatino-albumineuse ; elle a la propriété d'ab- 
sorber beaucoup d'eau et de se gonfler considérable- 
ment par cette absorption. 

Chez la salamandre tachetée , l'oviducte commence 
par un orifice longitudinal, qu'il faut chercher dans 
la partie la plus avancée de la cavité thoraco-abdomi- 
nale. Ce canal est d'abord droit et sans repli; puis il 
fait beaucoup de sinuosités avant et un peu après 
avoir dépassé le commencement de l'ovaire; enfin, il 
est droit au-delà de l'ovaire, et augmente un peu de 
diamètre. 

Sans doute la dernière portion de ce canal qui doit 
servir d'utérus se dilate considérablement à l'époque 
du rut, lorsque les œufs s'y arrêtent pour l'incubation, 
et sa capacité augmente encore à mesure du dévelop- 
pement des petits. 

Elle devient très considérable dans la salaman- 
dre noire {salamandra atra Laurenti) dont chaque 
oviducte ne renferme, à la fin de la gestation, qu'un 
seul petit, qui finit par y acquérir plus du tiers de la 
longueur de la mère (i). 

Chez les tritons , et le triton crête en particulier, l'ovi- 
ducte est beaucoup plus long, beaucoup plus replié 
dans toute son étendue; sans doute à cause des muco- 
sités aibumineuses dont il doit entourer l'œuf pour le 
compléter. 



(i) Fragment sur les Bntraciens , pnrM. Van-der-UœvcnMi-\\w\y^<~ de 
la SoLi»^<é iVliist. nalur. de Snasboiir^;, t. li. 



ABT. IV. OVIDUCTES DES KEPTILES. G3 

Son embouchure, ou le pavillon, est un orifice obloiip 
à bords tout unis, situé, comme chez les Batraciens 
anoures, dans la partie la plus avancée de la cavité 
thoraco-abdominale, précisément à côté et en dehors 
de l'entrée du sac pulmonaire dans cette cavité. Les 
membranes qui forment ce pavillon et le commence- 
ment de l'oviducte sont très minces; mais les parois 
de ce canal s'épaississent considéraljlement, après tout 
au plus un centimètre, et conservent cette épaisseur 
dans tout le reste de l'étendue de ce long canal. 

Arrivés près du cloaque, les deux oviductes se rap- 
prochent l'un de l'autre et se terminent dans la paroi 
supérieure de cette cavité, chacun par une saillie cylin- 
drique. 

\Jamph\uina a son ovidncte dans les feuillets du mé- 
soaire , au-dessus de l'ovaire. C'est un long tube re- 
plié, qui commence, comme toujours, plus en avant 
que l'ovaire. 

Il en est de même chez le menohranchus lateralis 
parmi les Urodèles perennibranches. Mais ici ce canal 
est beaucoup plus long et fait de plus nombreux re- 
plis, pressés les uns vers les autres. Les parois en sont 
épaisses et de couleur laiteuse. 

Le protée l'a aussi très long et faisant beaucoup de 
replis (i) ; tandis que dans la sirène il est court, droit , 
collé aux reins et non tortueux, comme chez les sala- 
mandres (2). 

ISous l'avons dit en commençant le paragraphe 
précédent, la composition de la sphère protectrice 



(i) Cuvier, o. c., p. \2, et 44. 
[■x) Ibidem ^T^. ^4 et 25. 



G4 XXXll' LEÇON. GÉNÉKATFON DES VERTEBKKS. 

(jue 1 ovule prend dans Toviducte diftère essentielle- 
ment chez les Reptiles qni fécondent leurs œufs com- 
plets, on chez ceux qui fécondent leurs ovules. 

Dans le premier cas, elle est à la fois en rapport 
avec la fécondation et le lieu d'incubation; dans le 
second, elle n a plus que cette dernière cause finale. 

Chez les Reptiles propres^, la fécondation des ovules 
précède l'addition de la sphère protectrice qui les 
complète, et dont ils se sont revêtus successivement 
dans Toviducte. 

On ne connaît pas de Chéloniens vivipares. 

Tous pondent leurs œufs immédiatement après 
qu'ils se sont complétés par l'addition d'un albumen, 
d'une membrane de la coque ou d un chorion, et de 
couches calcaires, pour certaines espèces, qui donnent 
à leur enveloppe la plus extérieure une consistance 
assez ferme. Cette dernière composition caractérise les 
œufs des tortues cCeau douce et de terre; tandis que 
la coque des œufs des tortues de mer ou des chélonés 
n'a que la consistance du parchemin. 

L albumen des œufs de Chéloniens est très liquide, 
très aqueux , se coagulant difficilement par la cha- 
leur (i). 

lies Crocodiliens ont, comme les oiseaux, des œufs 
à coque calcaire, une membrane de la coque ou un 
chorion et un albumen. 

IjCs autres Sauriens ont généralement des œufs à 



(i) C'est ilii moins ainsi que l'a trouvé ^I. Tiedemann ; tandis que 
M. Rathke l'indique comme très dense, et de la consistance du corps 
vitré (le l'œil des vertèbres. Ces dilTorences tiennent sans doute aux es- 
pèces observées. 



ART. IV. OVIDUCTES DES HEPTILES. (j,-, 

coque flexible de la consistance du parchemiu, avec 
une petite quantité d'albumen. 

Cette substance manque dans les œufs à'op/ùdiens; 
leur coque se compose de plusieurs couches inorp-a- 
niques, que déposent successivement les parois de 
l'oviducte, et qui lui donnent la consistance du par- 
chemin. 

Chez les Reptiles amphibies , la sphère protectrice 
que l'œuf prend dans l'oviducte a des caractères très 
particuliers suivant que l'animal dépose ses œufs dans 
l'eau, et c'est le cas le plus [général ; ou qu'il est vivipare, 
comme \es salamandres propres; lorsqu'il les expose à 
l'air, comme le crapaud accoucheur ; on quilles place, 
comme \e pipa^ sur le dos de sa femelle, dont la oeau 
se jjonfle autour d'eux et les enveloppe eu prauche 
partie. 

L'œuf mûr, dans son lieu d'incubation, qui est 
l'oviducte chez les vivipares {\.es, salamandres propres)^ 
a pour toute sphère protectrice un chorion (i) mince 
qui se remplit d'une sérosité albumineuse à mesure du 
développement. 

Dans l'œuf du crapaud accoucheur, ce chorion s» 
confond avec la coque, qui prend à l'air la consistance 
du parchemin. Le même chorion reste mince , mais 
s'étend et se détache de plus en plus de l'embryou 
chez les Batraciens qui se développent dans l'eau; 
il y a de plus, à l'extérieur, cette substance gélatino- 



(i) Swammerdam , qui a reconnu celte enveloppe, l'appelle amnio<i, 
et Ratlike, la membr.ine vitelline. Suivant ce dernier anteiir, les {rrenouilles 
et les crapauds n'ont pas de chorion. {Arcliives rie J. Mullei pour i83.>. 

p. 3o2.) 



66 XXXIl' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

aibumineuse, analogue à celle qui enveloppe les œufs 
de beaucoup de poissons , dont la couche la plus ex- 
terne forme une membrane extrêmement déliée. 

L'œuf au pipa me paraît avoir la même composition 
extérieure que Tœuf du crapaud accoucheur. Ce que 
Ton voit de sa coque, qui reste en partie à découvert, 
est de couleur foncée et de nature résistante et cornée. 
Cette coque se fend au niveau de la peau, de manière 
à détacher comme un couvercle sa pai'tie libre de sa 
partie enfoncée dans la peau (i). 

Le triton à tre^e, parmi les Urodèles, a dans la der- 
nière partie de sou oviducte, à Tépoque de la ponte, 
des œufs ayant une coque transparente , ovale , beau- 
coup plus grande que le vitellus,qui est sphérique et 
s^ meut librement dans un albumen beaucoup moins 
dense. Les œufs de cette espèce sont pondus isolé- 
ment.] 

ARTICLE V. 

DES ORGANES PRÉPARATEUBS ET ÉDUCATETIES , OU DES OVAIRES 
ET DES OVIDUCTES , DANS LA CLASSE DES POISSONS. 

l. Des ovaires ou des glandes ovigènes. 

[Les organes producteurs des ovules, ou les ovaires , 
sont pénéralement pairs, sans être symétriques. 

Ils sont suspendus à la voûte que forme la paroi su- 
périeure de la cavité abdominale , de chaque côté de 
ia colonne vertébrale. 



(i) Voir la figure que nous en avons yjublieL'. avec son explication, dans 
le l\è(jne animal de Cuvier. — Edition illustrée. Pi. 3g. ï\g. 2 , des IJep- 

t.lrs. 



ART. V. OVAIBES DES POISSONS. 67 

On ne trouve cependant qu'un ovaire dans ia per- 
che fUwiatile ^ seule espèce de ce ^enre chez laquelle 
on ait remarqué cette sorte d'anomalie. Les espèces ovi- 
pares des genres cobitis et ammodytes ^ parmi les Pois- 
sons osseux, n'ont de même qu'un ovaire. Cet organe est 
«'■gaiement impair chez la plupart des espèces vivipares; 
cela est incontestable pour la blennie vivipare^ \a- 
nableps ^ les pœcilies ^ parmi les Poissons osseux. 
Quant aux vivipares Sélaciens^ on n'a trouvé dans im 
certain nombre de genres qu'un ovaire développé et 
fonctionnant (i). 

La glande ovigène des poissons présente trois types 
distincts dans sa composition et sa structure. 

Dans le premier type , qui est le plus général , elle 
forme un long snc, presque toujours double, rarement 
simple, ainsi que nous venons de le dire, étendu dans 
une grande partie de la longueur de la cavité abdo- 
minale. Sa forme est le plus souvent celle d'un cône 
très allongé dont la base est en avant. 

Les parois intérieures de ce sac sont divisées par 
de nombreux replis , ayant le plus ordinairement une 
direction transversale , moins souvent longitudinale, 
et formant , dans le premier cas, des diaphragmes in- 
terrompus ou incomplets, dans l'épaisseur desouels se 
développent les ovules. Le vide que laissent les lame-, 
proligères n'est pas dans l'axe du sac, mais plutôt vers 
sa paroi supérieure. Ce vide est déjà l'oviducte qui 
n'est plus qu'un canal étroit et court, lorsque les deux 
sacs ovariens se joignent en arrière, pour se terminer 
au-delà de l'anus, par un seul orifice, dans lequel 

(i) Uhet- ileti (jlatten liai iIcs Àtistotcles, olc.^xon J. Mlillrr. Bei'in, 1842 



68 XXXII* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

aboutit aussi, le plus généralement, celui de la vessie 
urinaire. 

On voit que, dans ce type, l'oviducte se continue 
et se confond pour ainsi dire avec l'ovaire. 

Celui-ci se compose d'une membrane extérieure qui 
l'enveloppe de toutes parts, et lui fournit un mé- 
soaire séreux, qui le suspend à la paroi dorsale de la 
cavité abdominale; d'une membrane muqueuse qui 
revêt ses parois intérieures et tous les prolongements 
lamelleux qui s'y observent, et d'une couche médiane 
fibro-celluleuse, dans laquelle se développent les ovules. 
C'est cette couche moyenne, que nous appellerons 
proligère , qui fournit la capsule nutritive des ovules, 
autour de laquelle se ramifient les vaisseaux sanguins 
nourriciers. 

Dans le second type , beaucoup moins commun que 
le précédent, puisqu'il n'a été constaté jusqu'à présent 
que dans les familles ou les genres des salmones , des 
loches^ des anguilles^ des esturgeons et des suceurs^Xes 
ovaires n'ont point d'oviducte. 

Tantôt ils foiment un sac incomplet, plus ou moins 
largement ouvert dans toute sa longueur, ayant des 
lames proligères, comme dans le premier type : tel 
est l'ovaire des salmones. 

Tantôt ils représentent une assez large bande, plissée, 
par son mésoaire ^ à l'un de ses bords ou à tous les 
deux , et portant les lames proligères à l'une de ses faces. 
Ici, la séreuse péritonéale enveloppe de toutes parts 
la couche libro-celiuleuseproligère; mais elle est beau- 
coup plus épaisse sur la face qui ne porte pas de lames 
(juc sur celies-ci. Tel est l'ovaire des anguilles et des 
esturgeons. 



ABT. V. OVAinES DES l'OISSONS. 69 

Enfin, dans ce même type, tout l'ovaire est une 
bande prolifère très plissée par le mésoaire du côté de 
la ligne médiane dorsale, et dont les plis, divisés en lo- 
bes, se déploient vers un bord libre, en se sous-divisant 
en lobules, et en montrant des ovules à leurs deux 
faces. Tj'ovaire des lamproies est ainsi conformé. 

Dans un troisième type, celui àei chimères et des 
Sélaciens, l'ovaire est séparé de Toviducte, comme 
dans les trois classes supérieures des vertébrés. L'un 
et l'autre présentent des caractères particuliers. 

Quand les ovules ne se sont pas développés, l'ovaire 
des Sélaciens forme une lame épaisse, ovale, un peu 
échancrée ou concave par son bord intérieur, sus- 
pendue sur les côtés de la colonne vertébrale, depuis 
la partie la plus avancée de la cavité abdominale jus- 
que plus ou moins en arnère. La face inférieure et 
interne de cette lame, celle par laquelle les ovaires 
pourraient se toucber, en s'approcbant , ne montre 
aucune saillie; elle a dans toute sou étendue une cou- 
leur blanc de lait. C'est encore la couleur que pré- 
sente l'autre face en arrière; puis, dans la moitié, ou 
les deux tiers antérieurs, on aperçoit des saillies ar- 
rondies de différentes grandeurs, dont les plus petites 
sont blanc de perle et les plus grandes de couleur jaune 
opaque : ce sont des ovules qui se développent dans 
la couche proligère et font plus ou moins de saillie à 
la face supérieure de cette lame ovarienne. Celle-ci 
s'étend en forme de capsule sur les ovules, à mesure que, 
par suite de leur développement, ils se détachent les 
uns des autres, et se séparent de plus en plus. 

Le reste de la lame ovarienne conserve son appa- 
rence molle, laiteuse, homogène ;, très caractéristique, 



70 XXXIP LEÇON. GÉNÉKATION DES VERTÉBRÉS. 

qu'on i elroiive dans une partie de la glande ^pcrma- 
jjène des mâles. 

Dans plusieurs des Sélaciens vivipares , il n'y a que 
cette partie dans laquelle il ne se développe pas 
d'ovule qui subsiste d'un côté; c'est généralement du 
côté gauche, tandis que l'ovaire a son développemenl 
normal du côté droit. 

La nutrition extraordinairement active qui a lieu 
dans les ovaires, pour le développement des innom- 
brables œafs dont ils se chargent pour chaque ponte, 
chez le grand nombre des poissons ovipares, exigeait 
uu afflux considérable de fluide nourricier : aussi 
leurs vaisseaux sanguins sont-ils très nombreux dans 
leurs ramifications et leurs branches , et leurs troncs 
très développés. 

Les artères viennent de l'aorte ou des rénales. Il y a 
généralement un tronc principal qui règne dans un 
silloft de la face interne et supérieure <ou viscérale du 
sac ovarien et qui fournit, à angle droit, des branches 
transversales , pour chaque lame proligère. Ce tronc 
peut se diviser en deux branches, une pour chaque 
face supérieure et inférieure. 

, Les veines des ovaires se rendent le plus générale- 
ment dans les veines pénales ou dans la veine cave. 

Dans le premier cas, un tronc principal s'unit au 
trotic de la veine rénale-porte , et ses branches secon- 
daires s Y réunissent successivement., 

ISou$ avons déterminé ( i ) le singulier sinus veineux 
qui règne entre les sinus rénaux et les deux veines 
caves, chez la lamproie marine et la lamproie de rivière^ 

(i) T. VI, p. 260. 



ART. V. OVAIRES DES POISSONS. 71 

comme ieiir veine (génitale; ce sinus verse dans les 
veines caves le sang qu'il reçoit des organes de la gé- 
nération. ' 

Dans des cas exceptionnels, la totalité ou une partie 
du sang des organes génitaux se rend dans le foie (i). 

Le premier exemple se voit dans les cyprins et les 
loches ; la blennie vivipare^ \^ perche Jluvidtile ^V cimmo- 
dyte^ qui n'ont qu'un ovaire, sont dans le second cas ; 
une partie des veiïies de l'ovaire se rend dans la veine 
mésentérique et l'autre dans les veines rénales. ;.- >\ 

Ce que nous venons de dire des vaisseaux sanguins 
des ovaires doit s'entendre aussi de ceux des laites, ou 
des glandes spermagènes. h-; 

Quelques descriptions particulières serviront à ren- 
dre cette description générale plus sensible. ] 

A. Dans la soujsrclasse de^ Ppissons osseux. 

[Parmi les Acdnthoptérygiens ^XovdXve. est simple 
dans la perche flcmatile ^ ainsi que nous l'avons déjà 
dit; il a, dans un état de gestation avancée, un très 
gros volume; sa forme est celle d'un ovale irrégulier; 
il est à droite des organes de la digestion, et touche à 
la vessie natatoire par son bord supérieur, qui est à 
peu près droit, et il repose, par son côté inférieur, sur 
les parois abdominales. 

Un mésoaire qui descend de chaque côté delà vessie- 
natatoire attache et suspend cet organe. 

Le sac qu'il forme -a des replis transverses qui se 



(i) Voir ce que nous en avons dit, t. VI, p. 568, et M. Hathke , o. c. 
p. iS;. 



rS XXXll* LEÇON. GÉNÉRATION DES VRHTÉBRÉS. 

çlétaclicnt de sa paroi interne et supérieure , et forment 
de nombreux diaphragmes incomplets, dans l'épaisseur 
desquels sont les ovules. 

On y voit à la fois des ovules presque mûrs et des 
ovules beaucoup plus petits, commençant à se déve- 
lopper pour la ponte suivante. Les uns et les autres 
sont parfaitement ronds. 

Les veines se rendent par un seul tronc dans la veine 
cave, à l'instant où elle commence par la réunion des 
veines rénales. Ce tronc provient de deux branches 
qui régnent dans la ligne médiane des deux faces su- 
périeure et inférieure de l'ovaire, et qui reçoivent à an- 
gle droit les rameaux transverses qui correspondent 
aux lames proligères. 

Dans la carpe ^ parmi les Malacoptér-ygiens abdo- 
minaux , l'ovaire est double comme à l'ordinaire ; le 
droit m'a paru plus grand que le gauche , s'avançant 
au-delà de la vésicule du fiel. L'intérieur a des dia- 
phragmes, comme l'ovaire de la perche. 

Dans la brème ^ chaque ovaire est lobé, aplati dans 
sa face latérale interne, aminci dans son bord supé- 
rieur, qui est contre la vessie aérienne; plus épais à son 
bord inférieur. 

La coupe de chaque ovaire forme un triangle dont 
le plus grand côté répond à la face externe, et dont le 
plus petit est à la fois interne et supérieur, et se moule 
contre la vessie aérienne. 

C'est le long de ce dernier côté qu'existe un sillon 
assez profond , où se voient l'artère et la veine prin- 
cipale, dont les branches se détachent à angle droit 
pour pénétrer dans la substance de l'ovaire. 

Dans la truiie commune ^ les ovaires, lorsque la ges- 



ART. V. OVAIRES DES FOrSSONS. 73 

tation est assez avancée, sont étendus dans toute la 
longueur de la cavité abdominale. Ils sont organisés 
sur le modèle des ovaires sans oviducte, qui caracté- 
rise notre second type. Les lames proligères sont libres 
du côté externe et inférieur, c'est-à-dire celui qui 
regarde les parois abdominales; elles sont enfermées 
parla membrane ovarienne péritonéaledu côté interne 
et supérieur , qui répond aux autres viscères abdomi- 
naux. 

Les œufs développés dans chaque lame y font d'au- 
tant plus de saillie qu'ils sont plus grands. Ils laissent 
des impressions remarquables dans la paroi interne de 
l'ovaire , formée à la fois par la membrane péritonéale 
et par la membrane propre. Ce sont autant de fossettes 
régulières qu'il y avait d'œufs en contact avec cette 
partie. 

Parmi les M alacoptérygiens subbranchiens ^ les 
pleuronectes ont leurs ovaires très asymétriques. Dans 
la sole^ le droit , qui répond au côté coloré , est plus 
d'une fois aussi volumineux que le gauche , qui est du 
côté pâle. L'un et l'autre forment un cône dont la 
base est en avant. 

Chaque ovaire est logé, pour la plus grande partie, 
séparément de son semblable, dans un sinus particu- 
lier de la cavité abdominale. On sait que, chez ces pois- 
sons , cette cavité est divisée en deux , au-delà de 
l'anus, par une cloison formée par les apophyses épi- 
neuses des vertèbres caudales, qui soutiennent les rayons 
de la nageoire anale. Le sinus abdominal droit loge 
encore une partie de l'intestin, et le gauche une partie 
du rein. 

La position avancée de l'anus fait que ces ovaires 



74 XXXIF LEÇON. GÉNÉEATION DES VERTÉBRÉS. 

ont leur commencement en arrière, et leur portion ter- 
minale en avant. 

Dans le congre, que nous citerons comme exemple 
de l'ordre des Malacopténjgiens apodes , les ovaires 
s'étendent dans toute la longueur de la cavité abdomi- 
nale et se prolongent dans le fond de cette cavité , 
au-delà de l'anus. Ce sont encore des ovaires sans 
oviducte. 

Le repli du péritoine qui le suspend de chaque côté 
de la colonne vertébrale semble se continuer plus 
épais sur le côté interne de la bande ovarienne, dont 
la surface est lisse et consistante de ce côté , tandis que 
sa face externe est hérissée pour ainsi dire par les 
lames membraneuses ou les replis transverses, dans 
l'épaisseur desquels se développent les œufs. 

Ces replis, dans X anguille, sont étroits et se terminent 
vers le bord de cette sorte de manchette plissée que 
forme l'ovaire. On en voit quelques uns qui se conti- 
nuent avec les suivants. Leur bord libre est générale- 
ment plus épais que le reste. La face lisse de ces bandes 
ovariennes est aussi du côté viscéral. Ces ovaires se 
prolongent bien au-delà de l'anus, celui du côté gau- 
che plus que le droit; il e^t vrai que celui-ci s'avance 
plus que le gauche. On dirait que la forme allongée du 
corps a produit ici, comme chez les ophidiens, une 
asymétrie dans la position de ces organes. 

C'est du côté de la face lisse que se voient les vais- 
seaux saiiguins, dont les branches principales ont la 
direction transversale des lames membraneuses et se 
détachent de leur tronc à angle droit ou à peu près. 
Le tronc des veines ovariennes se rend dans la veine 
porte. 



ART. V. OVAIEES DES POISSONS. 75 

Le lançoà [ammodjtes tobianus L. ) n'a qu'un seul 
ovaipe considérable, étendu dans toute la lon^^ueur de 
la cavité abdominale. Il est obtus et épais en avant; 
plus aminci en arrière; il se prolonge de ce côte au- 
delà de l'anus et même de l'issue de son oviducte. Sa 
composition est celle de notre premier type, tandis 
(jue celle du congre et de l'anguille appartient à notre 
second type , ainsi que nous venons de le voir. 

Dans les syngnathes, et les hippocampes ^ de Tordre 
des Lophobranches , les ovaires sont dans un tube 
membraneux de longueur un peu inégale , dont la 
surfoce est bosselée par les ovules contenus dans l'é- 
paisseur de leurs parois, lorsque ces ovules sont déve- 
loppés.] 

B. Dans la sous-classe des Poissons cartilagineux. 

[Les chimères et les Sélaciens ont, ainsi que nous 
l'avons exprimé, un ovaire séparé de l'oviducte, comme 
dans les trois classes supérieures des vertébrés. 

Son aspect varie beaucoup suivant le degré de dé- 
veloppement des œufs qu'il renferme. 

Dans la raie bouclée , lorsque les ovules sont encore 
très petits, c'est une lame ovale, libre dans la cavité 
aladominale, sauf par son bord interne, qui est fixé 
sur le côté de la colonne vet-tébrale. Cette lame est 
composée d'une substance celluleuse , molle , homo- 
gène, comme laiteuse, dans laquelle on découvre 
des ovules de volume très différent, de couleur gris 
de perle, demi-transparents. ».;..? i 

Dans une i;aie bâtis ^ d'un très gros volume, les ovaires 
avaient près de six décimètres de longueur. Les œufs,» 



76 XXXll' LEÇON. GliNKBATlON DES VERTÉBBÉS, 

développés, étaient clans lenr partie moyenne et même 
dans leurs deux tiers antérieurs. Les plus grands avaient 
o^jOÔ'i , o"',o56, o'",o6o de diamètre. Il y en avait de 
o'",o35 , de o'",o3o et d'autres de plus en plus petits. 
Ceux qui n'ont plus que o"',oo5 sont comme des per- 
les , pour la couleur et la demi-transparence. Au-dessus 
de ce volume, ils sont de couleur grise opaque, avant 
d'être jaunes. 

Chaque œuf est dans sa capsule, dont les vaisseaux 
sanguins sont nombreux. Lorsqu'on la rompt, ainsi que 
la membrane vitelline, un vitellus fluide s'en écoule 
comme la matière d'un abcès. 

Les œufs les moins ^développés , qui se voient à l'ex- 
trémité antérieure de l'ovaire, y sont enfouis dans cette 
substance blanche que nous avons déjà indiquée dans 
l'ovaire de la raie bouclée. La portion la plus reculée 
de chaque ovaire ne renfermait qu'une couche mince 
de cette substance , qui rappelle celle du testicule de 
ces mêmes sélaciens. 

Il y avait des ovules de toute grandeur intercalés 
avec les grands, et comme contenus dans l'épaisseur 
de la membrane capsulaire des grands , qui en était 
toute bosselée. 

Les Esturgeons ont deux ovaires, sans oviducte, dont 
les œufs sont contenus dans des lames proligères dis- 
posées en travers, le long du ruban membraneux qui 
les fixe, et sont libres par leur bord opposé, dans la 
cavité abdominale. C'est absolument le type décrit 
dans les anguilles. 

Chez les Suceurs ^ il n'y a proprement qu'un ovaire 
et qu'un mésoaire, attaché sous la ligne médiane entre 



ABT. V. OVAIRES DES POISSONS. 77 

les reins. Sa forme est très allongée, et sa composition 
très compliquée. 

C'est une double série de lobes, très plissée en tra- 
vers, qui se déploient à partir du mésoaire , en s'élar- 
gissant et en se divisant tout à la fois et en se portant 
de la ligne médiane en dehors et en bas. Plusieurs 
couches d'œufs parfaitement sphériques se voient sur 
chaque face de ces lames. 

On peut lire dans notre t. vi, p. 260 et 261 , la singu- 
lière organisation de la veine de cet ovaire, dans la 
lamproie marine ; nous l'avons décrite sous le nom de 
sinus génital. 

L'existence d'un seul ovaire dans ce genre a d'abord 
été reconnue dans la petite lamproie {Petromyzoïi 
planeri L.). Il n'y a de même qu'un mésoaire, sus- 
pendu précisément dans la ligue médiane entre les 
reins. Cet ovaire se compose de deux séries de lobes, 
difficiles à démêler dans sa partie la plus avancée , 
mais qui se séparent facilement l'un de l'autre, après le 
premier quart de la longueur de cet organe. Ces lobes 
placés ainsi, les uns à la suite des autres, sont d'inégale 
grandeur ; ils renferment chacun plusieurs rangs d'o- 
vules, formant des lignes parallèles et transversales , 
qui se suivent de la face dorsale adhérente, à la face 
libre abdominale de ces lames proligères. On voit que 
chaque lobe est une lame proligère; leurs deux séries 
semblent indiquer que cet ovaire , unique en appa- 
rence, se composerait en réalité de deux ovaires rap- 
prochés. 

Il paraît que le branchiostoma lubricum^ Costa, 
aurait deux ovaires composés de lobes analogues à 
ceux de l'ovaire des lamproies, et qu'ils apparlicu- 



78 XXXTI* LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

draient à ce même type d'ovaires sans oviducte (i).j 

II. Des ovules et des œufs , produits de la glande 
ovi^'ène. 

A. Développement des ovules. 

[Le développement, des ovules semble commencer 
pour ainsi dire avec celui de la glande ovigène, et 
donne à cette glande un caractère particulier , qui la 
distingue de toutes les autres. 

A peine Tovaire de la hlennie vivipare a-t il pris la 
forme d'un sac ovale, à peine ses parois montrent- 
elles intérieurement ses replis longitudinaux, qu'on y 
observe une quantité de globules transparents, déjà 
visibles dans les petites blennies avant la mise bas, mais 
qui n'ont à cette époque qu'environ i/5o de ligne de 
diamètre, suivant l'observation de M. Ratbke. 

Ce développement continue durant l'âge d'accrois- 
sement indépendant, le troisième de la vie. Il devient 
périodique à l'âge des propagations, et se rapporte aux 
époques du rut- 

C'est dans le tissu fibro-celluleux de l'ovaire qu'il a 
lieu ; ce tissu est pour les ovules une sorte de gangue, 
dans laquelle se ramifient les vaisseaux sanguins nour- 
riciers de cet organe. 

Chaque ovule y fait son lit, s'y revêt d'un calice, 
qui se détacheîplus ou moins de la masse de l'ovaire, et 
qui est revêtu extérieurement d'une membrane péri- 
tonéale, si l'ovaire n'a pas d'oviducte continu, ou d'une 
membrane muqueuse , si c'est un ovaire à sac. 



(i) Remarques sur la structure de Yamphioxit^ lanceoluUm^ i^: 
H. Rathke. Kœnigsberg, i84i ; et fi{;. 12 de ia plane lu . 



ART. V. OVULES DES POISSONS. 79 

Malp^ré cette complication, les parois du calice de 
chaque ovule sont extrêmement minces et transpa- 
rentes, d'autant plus que le développement de l'ovule 
est plus avancé. Le calice, eu s' étendant, se détache à 
mesure du reste de l'ovaire et peut n'y plus tenir que 
par un pédicule. 

Ce calice , cette gangue , ces vaisseaux nourriciers 
ne paraissent avoir avec l'ovule que des rapports de 
contiguïté , et c'est par imbibition ou par endosmose 
que le fluide nourricier de l'ovule paraît devoir péné- 
trer son tissu. 

On trouve dans le même ovaire des ovules mûrs 
avec des ovules encore très petits, de la portée suivante. 

Nous en avons observé d'extrêmement petits, mais 
très reconnaissables , chez plusieurs pœcilies dont 
l'ovaire renfermait nombre de fœtus , dans un dévelop- 
pement très avancé. 

Les ovules, étudiés dans la succession de leur déve- 
loppement , paraissent se composer, en premier lieu , 
de la vésicule (^erminatlve^ comprenant la tache geimi- 
nalive ^ que l'on regarde comme devant fournir les pre- 
miers éléments du futur embryon. 

La sphère germinative renferme un liquide, pré- 
sumé albumineux, dans une enveloppe membraneuse 
très déliée et transparente. 

La tache germinative qu'elle comprend serait une 
réunion de petites cellules sphériques, également trans- 
parentes. 

Les ovules se composent, en sus, de la .Vyt?/iP/'efzVe////z<?, 
qui fournira à l'embryon les principaux matériaux de 
son développement dans l'œuf. 

Cette sphère a une enveloppe membraneuse pio- 



80 \XX1I' LEÇOi\. GKNÉBATION DES VERTÉEBÉS. 

pre , la membrane vitelline , qui est double, et renferme 
dans sa lame externe la substance du même nom et des 
gouttes d'huile dont le nombre varie suivant les es- 
pèces, et dont la disposition change avec le développe- 
ment de l'ovule. 

Dans la suite de ce développement, les proportions 
et la position relative de la sphère germinative varient 
beaucoup. 

Elle est toujours plus grande, relativement à la 
sphère vitelline dans les ovules peu développés que 
dans ceux qui approchent de leur maturité. 

Dans ceux-ci, elle est excentrique et touche à la sur- 
face du vitellus ; tandis que dans les premiers elle oc- 
cupe le centre de la sphère vitelline. 

Cavolini^ qui avait très bien distingué, dans les œufs 
de poissons, la sphère germinative, avait de plus re- 
marqué et figuré ce mouvement de translation de cette 
vésicule vers la périphérie du vitellus, à mesure du 
développement de 1 ovule (i^.] 

B. Composition de lœufmûj\ avant la fécondation. 

[L'œuf mûr se compose généralement de trois sphères 
emboîtées l'une dans l'autre, mais qui peuvent être 
plus ou moins excentriques. 

1° La sphère génératrice ou. germinative ; 

Q*» La sphère vitelline ou nutritive ; 

3° La sphère d'enveloppe on protectrice. 

Les deux premières sphères sont les principales; 
elles existent invariablement. La troisième varie beau- 

(i) Memorie julla geuerazione dei pesci e dei cranuhi , di Filippo 
Cavolini — In Napoli-, 1787. Cavolini appelle la vésicule germinative un 
nocciolo, p. Sa, pour le laLnit julis. 



ART. V. ŒUFS DES POISSQKS. 81 

coup, dans sa structure et sa composition, suivant le lieu 
de fécondation et celui d'incubation. 

La sphère génératrice, beaucoup plus petite que la 
sphère vitelliue, est rapprochée de la périphérie de 
celle-ci;, dans l'œuf qui a atteint sa maturité. Elle est 
composée d'une capsule incolore, transparente, extrê- 
mement déliée et d'un fluide albumineux également 
transparent. On y voit encore , à sa paroi interne , 
une ou plusieurs taches opaques, qu on appelle taches 
germinatives, qui se composent de vésicules globu- 
leuses lesquelles deviendront les premiers éléments de 
l'embryon, ses premiers matériaux fournis par le sexe 
femelle. Nous verrons plus bas que cette sphère ger- 
minative finit par disparaître sous la sphère huileuse, 
ouïe disque de gouttes de même nature, qui appartient 
à la sphère nutritive. 

La sphère vitelline ou nutritive se compose de même 
d'une capsule membraneuse et de son contenu. 

La capsule membraneuse ou membrane vitelline est 
mince, transparente, sans apparence d'oj-ganisation; 
nous la supposons composée de deux lames, l'une ex- 
terne simple, l'autre interne, se repliant dans elle- 
même à la manière des séreuses, pour former une po- 
che qui renferme la vésicule germinative. Cette poche 
est rapprochée de la circonférence du vitellusà mesure 
que celui-ci croît et se revêt d'une portion de cette 
lame repliée vers la vésicule germinative et autour 
d'elle et formant un pédicule , qui est ainsi raccourci 
successivement. 

Cette hypothèse d'une double enveloppe vitelline , 
admise d'ailleurs par plusieurs anatomistes , fait com- 
prendre non seulement le mouvement de translation 
8. 6 



82 XXXIl* LEÇON. GENERATION DES VERTÉBRÉS. 

de la sphère germmative, à mesure du développement 
de l'ovule ; mais elle servira encore à expliquer les 
rapports organiques de l'embryon avec le vitellus. 

Le contenu de la sphère vitellinese compose de deux 
parties, la substance vitelline et la sphère huileuse, 
ou le disque de gouttes d'huile , lorsque cette sphère 
est divisée. 

i" La substance vitelline de 1 œuf mûr est un fluide 
visqueux , albumineux , sans granulations , dans la 
Palée^ suivant M. Vogt. Il peut avoir des granulations 
dont le diamètre a été estimé à o"',ooi6 par M. Pré- 
vost , dans le chabot de rivihre. 

Le vitellus fournit à l'analyse chimique une grande 
proportion d'albumine et de l'huile grasse. Il perd sa 
limpidité et devient aussitôt opaque, d'un blanc de 
lait, lorsqu'on le mêle à l'eau froide. Sa densité ou sa 
pesanteur spécifique excède toujours celle de l'eau, 
même de l'eau de mer. 

2° La sphère huileuse ou le disque huileux est une 
partie distincte du vitellus, formant soit une sphère 
unique d'huile grasse, ou bien un disque de même 
nature composé d'un nombre variable de gouttes 
d'huile, séparées, mais rapprochées. 

Cette partie huileuse du vitellus se tient toujours à 
sa surface, sous la membrane vitelline; elle s'y trouve 
constamment en rapport avec la vésicule germinative, 
qui disparaît sous elle dans les derniers moments de la 
maturité de l'œuf. On peut du moins le conclure, avec 
toute l'apparence de la vérité, de la position que prend 
la vésicule du germe, au-dessus du disque huileux > 
lorsqu'elle apparaît pour la première fois. 



ABT. V, OEUFS DES POISSONS. 83 

A l'époque de la maturité, Ce disque huileux , nous 
l'avons déjà dit, cache la vésicule germinative. 

A ne considérer la sphère cl enveloppe ou protec- 
trice que relativement à ses usages pour la féconda- 
tion , elle mérite moins le nom de protectrice que 
celui de sphère d'absorption, parce qu'elle est toujours 
organisée pour faire passer, à travers les membranes, 
et les substances qui la composent, l'élément féconda- 
teur du mâle, sur la vésicule germinative de l'ovule; 
ces mêmes substances deviennent ensuite protectrices 
ou nutritives et même respiratrices, suivant les chan- 
gements dont elles sont susceptibles dans le lieu d'in- 
cubation. 

La sphère protectrice ou tégumentaire, qui renferme 
les deux autres", se compose essentiellement d'un cho- 
rion ou d'une membrane de la coque, dans laquelle 
on a reconnu une organisation remarquable. Elle est 
formée de cellules aplaties que l'on ne peut distinguer 
qu'à un très fort grossissement. 

Le chorion se forme certainement dans l'ovaire, chez 
les poissons comme les Pœcilies^ dont le lieu d'incuba- 
tion est l'ovaire ; sa poche s'y remplit d'un liquide al- 
bumineux nécessaire au libre développement de l'em- 
bryon. 

C'est aussi dans l'ovaire que se complète l'œuf des 
Salmones , des Loches , des Anguilles , des Esturgeons, 
des Lamproies , ces poissons n'ayant point d'oviducte. 
Cet œuf a non seulement un chorion , mais encore une 
coque plus ou moins résistante ; comme ceux des pois- 
sons ovipares ordinaires , à ovaire à sac , qui pondent 
leurs œufs dans l'eau. 

La coque, dont le chorion peut être doublé à l'exté- 



8-4 XXXIl" LEÇON. GÉSKRATION DES VERTÉBRÉS. 

rieur, le nidamentum dans lequel l'oeuf peut être en- 
veloppé, varient beaucoup suivant le lieu de féconda- 
tion et celui d'incubation. 

Pour tous les œufs pondus dans l'eau, le chorion 
est renforcé par une coque épaisse ou mince , suivant 
que la fécondation s'est effectuée avant la ponte, ou 
quelle doit lui succéder immédiatement. 

Dans ce dernier cas, les œufs peuvent encore être 
entourés d'une substance glutineuse qui les fait adhérer 
entre eux et aux plantes aquatiques, autour desquelles 
les femelles les attachent , ou bien aux pierres et aux 
autres corps submergés, sur lesquels elles les déposent. 

Cette substance et celle de la coque, encore molles 
à l'instant de la ponte, quand la fécondation doit suivre, 
ont la singulière propriété de durcir dans Teau. 

Les œufs des familles qui manquent d'oviductes, 
que nous venons de nommer, passent immédiatement 
de l'ovaire dans la cavité abdominale et sont pondus 
par les orifices péritonéaux , sans moyen d'adhérence 
aux corps sur lesquels les femelles les déposent pour la 
fécondation et leur développement. Elles ont cepen- 
dant le soin de creuser dans le sable, en agitant leur 
queue, de petites fosses dans lesquelles elles les pon- 
dent, et où les mâles, qui se tiennent près des femelles, 
répandent leur laite à l'instant même. C'est du moins 
ce qui a lieu pour les truites. 

L'albumen manque-t-il, comme on l'a dit, chez la 
plupart des poissons ovipares? 

M. Rusconi le refuse à tous les poissons, et tire cette 
conclusion de ses observations sur la perche , \ ablette 
et la tanche. 

M. yogt n'a pas vu cet albumen dans la palée; il 



I 



AnT. V. ŒUFS DES POISSONS. 85 

pense que le cliorion s'y trouve collé immédiatement 
contre la membrane vitelUne. 

M. Garus a vu dans les œufs de Meunier^ dont le 
développement, à la vérité, avait commencé, entre le 
vitellus et le chorion, un fluide aqueux et albumi- 
neux. 

Ce fluide est évidemment un mélange de l'albumen 
préexistant et de l'eau venue du dehors, après la chute 
des œufs dans l'eau. 

M. Rathke a reconnu dans les œufs des Syngnathes^ 
parvenus dans la poche incubatrice , entre le vitellus 
et le chorion , un fluide albumineux et un peu aqueux , 
se coagulant par son mélange avec l'eau froide , ou 
par le contact de l'air, étant d'ailleurs de même na- 
ture que celui de la poche. 

J'avoue que je suis porté à croire qu'il existe, dans 
tous les cas, une légère couche albumineuse, fort dense 
autour du vitellus, analogue à celle qui a été reconnue 
dans l'œuf des Sélaciens vivipares, mais seulement 
beaucoup moindre. Cette couche me semble néces- 
saire pour déterminer l'absorption de l'eau spermatisée 
chez les ovipares , ou de la sérosité albumineuse chez 
les vivipares. 

L'œuf mûr des Sélaciens ovipares et des chimères ^ 
devant recevoir l'élément fécondateur dans l'ovaire , 
ou dans le commencement del'oviducte, n'a pas encore 
l'enveloppe protectrice que lui donnera son séjour 
dans l'organe éducateur, et qu'il portera dans le lieu 
d'incubation. 

L'œuf des Squales vivipares ^en prenant pour exem- 
ple Vé/nissole, d'après J. Millier, se compose, lorsqu'il 
est parvenu dans l'oviducte, d'une membrane de la 



86 XXXII' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBBÉS. 

coque on d\m chorion extrêmement mince et délié 
comme Famnios des mammifères, sans organisation 
apparente. 

Le sac qu'elle forme a sept à huit fois la longueur 
du vitellus. Les parois de cette poche sont partout 
rapprochées entre elles , ou autour du vitellus et de la 
couche d'albumen qui le recouvre. Les bords de ce 
sac amniotique sont régulièrement plissés, et les plis en 
sont piûs par ceux de l'utérus. L'albumen est visqueux, 
filant, se coagulant par l'alcool. Il s'étend au-delà du 
vitellus en une pointe qui s'avance jusqu'à l'extrémité 
de l'œuf. 

Le volume des œufs parvenus à leur maturité n'est 
pas du tout en rapport avec la grandeur du poisson. 
La petite truite de montagne les a très grands, sphé- 
riques; celle de rivière [salmo fario L.) de même. Ils 
sont très petits, de forme plus grande pour être pressés 
les uns vers les autres dans la carpe. 

Dans X anguille., où ils sont aussi très petits , on les 
distingue, par leur forme ovale, des capsules à peu près 
de même grandeur , mais sphériques , qui renferment 
le sperme. 

Leur nombre est, pour ainsi dire, en raison inverse 
de leur volume. Ce nombre est immense pour un grand 
nombre d'espèces. 

Dans une perche fluviatile ^ nous l'avons trouvé 
de 69,216. 

Dans une carpe de 167,200. 

Dans un brochet de i66,4oo. 

Dans un maquereau de 129,000, et dans un estur- 
geon de 1,167,866 (1). 

(1) Ces nombres sont pris dans notre première édition des Leçons^ t. V, 



ART. V. ŒUFS DES POISSONS 87 

Les œufs des poissons ovipares, dont la fécondation 
doit avoir lieu dans l'eau , immédiatement après la 
ponte , éprouvent , peu d'heures après être tombés 
dans ce liquide , un gonflement plus ou moins sen- 
sible, suite de l'absorption d'une certaine quantité 
d'eau par toutes les parties composant la sphère pro- 
tectrice de l'œuf, qui sont douées de la faculté ab- 
sorbante de ce liquide. Si le mâle a répandu sa laite 
sur ces œufs , il en résulte que le courant d eau qui 
pénètre, par endosmose, entre le chorion et le vitel- 
lus, entoure celui-ci d'une zone d'eau spermatisée dans 
-laquelle il se meut librement. Sa moindre pesanteur 
spécifique, du côté du disque huileux, tourne vers le 
haut , cette partie où se trouve la vésicule germinative 
dans une position périphérique : toutes ces circon- 
stances paraissent admirablement combinées pour fa- 
voriser le contact des spermatozoïdes avec la vésicule 
germinative, et pour accomplir ainsi la fécondation. 
Chez les Sélaciens ovipares, et les chimères, chez 
lesquels la fécondation a lieu dans l'ovaire ou dans 
l'oviducte, et chez les vivipares ordinaires , la faculté 
absorbante du chorion doit servir de même à la fé- 
condation. 

Lorsque ce développement a lieu dans le calice de 
l'ovaire, comme chez les Pœcilies , il faut bien encore 
reconnaître à cette membrane de l'ovaire la même 
faculté absorbante. 



p 2gi et 296. M. Rousseau, qui les avait déterpninés, avait pesé en même 
temps le poisson , l'ovaire , et calculé le nombre d'œufs pour »in gramme. 



88 XXXIl* LBÇOX. GÉNÉRATION DES VEBTÉBBÉS. 

III. Des organes éducateurs ou des canaux excré- 
teurs de la glande oi'i^ène. 

Ces organes , dans le premier type àe structure, que 
nous venons de décrire , commencent avec le vide du 
sac ovarien, et se continuent eu un court canal qui, 
réuni à celui du côté opposé, se termine, après un 
trajet de quelques millimètres, entre l'anus et la na- 
geoire anale. 

Lorsqu'il n y a qu'un ovaire dans ce tvpe , et si le 
poisson est vivipare, loviducte est plus distinct de 
l'ovaire et forme un plus long canal : c'est ce qu'on 
peut voir dans la blennie vivipare et les pœcilies. 

11 v a quelquefois, au lieu d'une fossette, où se 
trouve l'orifice des ovaires , qui est aussi celui de la 
vessie urinaire, une papille creuse plus ou moins sail- 
lante, que nous verrons aussi chez les mâles. Cette 
papille existe entre autres chez les blennies^ parmi les 
Osseux, et chez les lamproies^ parmi les Cartilagineux. 

Chez ces dernières, elle n'est pas laboutissant des 
sacs ovariens, ou de leur terminaison en oviductes, 
puisque leurs ovaires appartiennent au second type, et 
que leurs œufs mîirs tombent dans la cavité abdomi- 
nale. Ici, cette cavité a deux conduits péritonéaux 
très courts, dans sa partie la plus reculée, qui s'ouvrent 
dans cette même papille. 

Chez les salniones ^ les /ocZ/fj, les anguilles , qui ont 
des ovaires de ce même tvpe, les conduits péritonéaux, 
servant également d'oviductes, aboutissent de même 
à l'orifice génito-urinaire situé derrière l'anus, au- 
devant de la nageoire anale. 

Dans le troisième type , celui des Sélaciens ^ y com- 



ABT. V. OVTDUCTES DES POISSONS. 89 

pris les chimères^ il y à un ou deux oviclucles , suivant 
le nombre des ovaires ou indépendamment de ce 
nombre. 

La plupart des espèces vivipares n'ont qu'un ovi- 
ducte. Les chimères , la grande roussette , ïémissole 
lisse, etc., parmi les Squales; les espèces ovipares du 
grand genre Raie ^ et les torpilles, qui sont vivipares, 
en ont deux, qui se compliquent, excepté chez ces 
dernières, dune glande dont l'usage est de compléter 
l'œuf en sécrétant ses enveloppes protectrices.] 

Dans les chimères, ce sont d'abord de petits con- 
duits dont le pavillon commun (i), attaché entre les 
ovaires, est évasé. Après un assez court espace , chaque 
oviducte s'élargit tout-à-coup et forme un renflement 
glanduleux très considérable, contenu dans l'épaisseur 
de ses parois , et dont les faisceaux vésiculeux ou cana- 
liculés qui le composent sont perpendiculaires à ces 
parois. Au-delà de ce renflement glanduleux, ce canal 
conserve un grand diamètre jusqu'à l'endroit de sa ter- 
minaison. 

Une fois que l'œuf s'est accru par l'addition de l'en- 
veloppe que lui fournit la glande que nous venons de 
décrire , il avait besoin en effet d'un conduit plus 
grand : ce conduit nous a paru uniquement membra- 
neux et non glanduleux , dans toute son étendue. 

[Les oviductes s'ouvrent au dehors, de chaque côté 
de l'orifice du cloaque. Cette disposition singulière est 
toiit-à-fait exceptionnelle pour les anirpaux qui ont un 



(i) Voir Cams^ Tab. aoat. IV, fig. 2, p. 3, où cette disposition, que 
nous avions décrite en i8o5, est exactement représentée. 



90 XXXII' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÉBRÉS. 

aboutissant commun pour les fèces alimentaires et l'u- 
rine; elle doit faciliter la fécondation. ] 

Chez les raies op^^^/é-i-, les oviductes ont une très 
grande ressemblance avec ceux des chimères , comme 
il en existe une, si ce n'est dans la forme du moins dans 
la composition des œufs de ces différents genres. Ces 
conduits sont réunis par leur extrémité antérieure, et 
n'ont qu'un pavillon commun, situé entre les ovaires, 
immédiatement en arrière du diaphragme, et qui con- 
duit dans l'un ou l'autre oviducte. De là, chaque ca- 
nal se porte en arrière et en dehors, en conservant un 
petit diamètre , une forme cylindrique , des parois 
plissées longitudinalement dans leur intérieur, et une 
couche f*ort mince, de nature glanduleuse, dans leur 
épaisseur. C'est à cette première partie qu'on a donné 
plus particulièrement le nom de trompe. Elle se dilate 
subitement après trois à six, huit, dix centimètres 
d'étendue, suivant les espèces, pour envelopper dans ses 
parois un corps glanduleux fort épais, qui paraît com- 
posé de tubes blancs, allant dans des directions peu dif- 
férentes, de la paroi interne à l'externe. Cette glande est 
divisée proprement en deux parties ayant la figure d'un 
croissant à peu près, et qui ne se touchent que par leurs 
deux cornes , qui sont dirigées en avant. J/humeur 
qu'elle sépare produit la coque de l'œuf de ces animaux ; 
et la forme de cette coque tient sans doute à celle de 
la surface glanduleuse. 

Au-delà de cette glande, chaque oviducte forme un 
large canal, qui va se terminer sur les côtés du cloa- 
que, tandis que le rectum y aboutit en dessous. Leurs 
deux orifices y sont bordés, du côté interne, d'un repli 
en guise de valvule. 



ï 



ABT. V. OVIDUCTKS DES POISSONS. 91 

[L'oviducte de ce type a des fonctions multiples à 
remplir, et dans ce but, comme on vient de le voir, 
une organisation très compliquée. 

C'est d'abord un organe conducteur de la semence 
vers l'ovaire, pour la fécondation, et à cet effet, sa 
muqueuse doit être pourvue de cils vibratiles. Il reçoit 
ensuite l'ovule fécondé qui n'a encore ni albumen , ni 
membrane de la coque, ni coque elle-même. 

I^a première partie de ce conduit , qui précède la 
glande, la revêt d'albumen et de son cborion, et la 
seconde partie ou la glande, produit, cbezles ovipares, 
la substance de sa coque, et lui sert de moule. La troi- 
sième partie est essentiellement un canal de transmis- 
sion au dehors, dont les parois sont armées d'une 
couche musculaire plus forte , dans ce but. 

Dans une raie batys de grande dimension, la pre- 
mière partie était un boyau étroit d'environ o" ,3oo 
de long, et dont le diamètre avait o^jOio. Ce boyau 
se dilatait en entonnoir et prenait un diamètre de 
o'",o45, pour s'épanouir dans la cavité de la glande; 
ses parois avaient des plis longitudinaux, et dans les 
intervalles , des plis réticulés beaucoup plus petits. 

La glande était très épaisse; elle avait, dans sa plus 
grande largeur, mesurée à l'extérieur, o " , 1 80, et o" , 1 5o 
dans sa cavité. Sa longueur ou sa hauteur, à chaque 
bout, était de o'",o8o; sa substance était blanche et se 
composait de tubes plats, parallèles, allant de la sur- 
face externe à la surface interne de ses parois ets'ou- 
vrantdans sa cavité. La muqueuse qui la tapissait avait 
une structure ferme et résistante. Elle était épaisse, 
de couleur rougeâtre, et dans sa coupe on voyait les 
tubes la pénétrer en changeant de couleur. 



92 XXXT1« LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTÈBRES. 

Chaque paroi supérieure et inférieure de la glande 
présentait nn sillon transverse, bordé en avant dune 
série de pores. On en remarquait un grand nombre dans 
toute la surface de chaque paroi , en avant et en arrière 
du sillon, qui laissaient suinter des gouttelettes de ma- 
tière. Ces parois montraient de plus des stries transver- 
sales. Au-delà de la glande, l'oviducte avait o^jiSo de 
long, et o^jOSS de large. 

Chez les Squales et les Raies vivipares, la com- 
position de l'oviducte est plus simple; on n'y trouve 
pas cette glande, ou bien elle est très peu développée, 
l'oeuf ne devant pas avoir de coque épaisse.] 

Elle n'était pas sensible dans une torpille que nous 
avons ouverte , et dont les o viductes incubateurs étaient 
remplis de petits. 

[La muqueuse de ces oviductes, dont la seconde 
partie devient un organe d'incubation , montre ordi- 
nairement des plis longitudinaux, quelquefois frangés 
ou villeux , qui servent au déploiement des parois de 
l'oviducte , à mesure que le volume des fœtus qu'il 
renferme le rend nécessaire. 

Dans la torpille (torpédo ocidaîd)^ ces villosités sont 
aplaties et élargies en forme de spatule (i); il n'y a 
que des plis longitudinaux , sans villosités dans la tor- 
pedo maculata (q). 

Dans une femelle de Milandre (Sq. Galeus, L.) , la 
première portion de l'oviducte avait un petit diamètre 
et des parois minces, surtout dans le pavillon. 



(i) Anatoiniche dliamiiie sulle torpedini, lette dal soc-io oïdinario 
Stetano délie C/iiq/e, nclla toniata de' lo aprile , i83g, p. lo et pi. fig. i- 
(a) J. Muller, o. c. , p. 56. 



ABT. V. OVIDLCTES DES POISSONS. 93 

La muqueuse y présentait des rides longitudinales, 
plutôt que des plis. Cette première partie de Toviducte, 
après un trajet de o"', 12, se terminait dans celle en- 
tourée par la glande, qui était très peu développée, et 
dont la pai'oi interne avait deux culs-de-sac contournés 
en spirale. Au-delà de cette glande, l'oviducte incuba- 
teur se dilatait considérablement; il avait trois fois et 
demie la longueur de l'oviducte propre. La muqueuse 
n'y montrait ni plis ni rides. 

Dans un éniissole lisse [musteliis lœvis J. M.) nous 
avons vu l'embouchure commune des oviductes former 
une fente longitudinale, dont les lèvres étaient renflées 
en bourrelet et plissées. La première partie de chaque 
oviducte se composait d\m canal court et étroit, d'en- 
viron o'",o6 de longueur totale. Une petite glande cor- 
diforme ne tardait pas à l'envelopper. Il reprenait en- 
suite son petit diamètre pour se terminer au fond d'une 
vaste poche ou de l'utérus. Chaque oviducte incubateur 
était également développé et formait une grande ca- 
pacité oblongue d'environ o^'^i-j de long, qui renfer- 
mait , l'un sept fœtus et l'autre six , ayant chacun 
leur placenta très adhérent à ses parois , qui étaient 
très peu épaisses. Les fœtus avaient environ o™,20 de 
long ; leur queue était repliée. 

Dans la rnourine narinari^ il n'y a qu'un oviducte 
gauche , dont la première partie commence contre le 
diaphragme, au-dessus des attaches du foie, par un 
orifice rond , et plissé eu long dans tout son portour. 
Cette première partie n'a pas plus de glande que les 
oviductes des torpilles. C'est un canal étroit , à diamè- 
tre égal, d'environ un décimètre de long, qui a son em- 
bouchure dans le fond d'une large poche ou de i'ovi- 



94 XXXIl' LEÇON. GÉNÉRATION DES VERTEBRES. 

ducte incubateur. Cette seconde partie , dont la 
longueur est à peu près la même que celle de la 
première, et la plus grande largeur de sept à huit 
centimètres, s'ouvre à la paroi supérieure du cloaque. 
Ses parois sont extrêmement épaisses et, en grande 
partie, glanduleuses. Du côté de leur face interne, dans 
une profondeur de près de trois à quatre millimètres, 
elless e composent de filets entrelacés , formant des 
mailles irrégulieres. 

Vient ensuite une couche glanduleuse, épaisse de 
près d'un centimètre , compacte, dans laquelle on dis- 
tingue des tubes parallèles, dirigés en travers, de 
l'extérieur à l'intérieur. 

Cette partie glanduleuse a pour enveloppe une 
couche musculaire, revêtue elle-même d'une mem- 
brane péritonéale. 

Le sterlet [accipenses ruthenus) aurait (i) une 
organisation intermédiaire entre l'oviducte libre des 
Sélaciens, et les canaux péritonéaux des lamproies, etc. 
Un court canal péritonéal, ouvert à la paroi supérieure 
de l'abdomen, à parois intérieures lisses, se porte en 
arrière le long du rein , et ne tarde pas à se terminer 
dans l'uretère de son côté. Les œufs murs tombés dans 
la cavité abdominale passent par ce canal et par l'ure- 
tère correspondant, mais ils ne paraissent recevoir 
aucune modification dans le premier, qui n'est pas un 
véritable oviducte. 

Remarquons encore, avant de terminer, que l'ovi- 
ducte n'est pas toujours la seule partie où se complètent 



(i) Suivant MM. Brandt et Ratzbury , Zoologie médicale , t. II , pi. IV, 
fig. 8. 



ABli- V. OVIDUCTES DES POISSONS. 95 

les œufs des poissons, ni le seul organe où ils se déve- 
loppent. 

L'ovaire produit nécessairement, ainsi que nous 
l'avons dit, un chorion et une sérosité albumineuse 
chez les pœcilics pour le développement libre de l'em- 
bryon dans cet or.oane. 

Il sécrète une coque et un chorion et une couche très 
mince d'albumen, chez les poissons ovipares qui n'ont 
pas d'oviducte . et dont les œufs complets tombent de 
l'ovaire dans Ta cavité abdominale, pour être rejetés 
au dehors. Ces œufs sont ordinairement libres, sépa- 
rés, sans enduit glutineux (ceux des salmoiies). Les 
anguilles cependant les rendraient agglutinés par 
petits pelotons, dans une sorte de nidamentum (i). 

La coque et le nidamentum , ou la substance gluti- 
neuse au moyen de laquelle les poissons attachent 
leurs œufs aux corps submergés, sont généralement 
fournis par les parois de l'oviducte ; et quand cette 
coque doit être épaisse et d'une forme très particulière, 
nous venons de voir chez les Sélacines ovipares et les 
chimères une glande qui en produit la matière abon- 
dante et une cavité qui la moule.] 



(i) Voir l'article anguille, par M. Valenciennes^ au Dict. univ. dhist. 
natu)-. , de M. Ch. dOrbigny , t. I , p. 5o4. 



96 XXXIU* LEÇON. ORGANES P1\ÉPAHATKURS MALES. 



TRENTE-TROISIEME LEÇON. 



DES ORGANES PREPARATEURS 

ET MODIFICATEURS DU SPERME CHEZ LES MALES 

DES ANIMAUX VERTÉRRÉS. 

Ce sont, dans ceux où cet appareil d'organes est le 
plus compliqué : i° les testicules, qui préparent le 
sperme et le conduisent, soit dans un réservoir par- 
ticulier, soit dans un canal, d'où il est de suite trans- 
mis au dehors, soit dans un cloaque duquel il est de 
même rejeté; a" les vésicules séminales , qui lui servent 
de réservoir; 3" les prostates ; et f\° les glandes de 
Cowpei\ qui séparent une humeur d'une nature quel- 
conque, destinée à être mélangée avec la première 
pendant le coït. 

[Nous diviserons cette leçon en deux sections. 

Dans la première , nous décrirons les glandes qui 
séparent le sperme, appelées si improprement testi- 
cules; nous ferons connaître les voies que suit la se- 
mence pour sortir du corps ou pour arriver aux or- 
ganes d'accouplement, quand ils existent; nous décri- 
rons la composition chimique, physique et organique 
du sperme. 

Dans la seconde section, nous nous occuperons des 
organes modificateurs du sperme, ou de ses réservoirs, 
et âes glandes qui sécrètent une humeur destinée à se 
mélanger avec ce liquide dans les voies qu'il suit pour 
sortir du corps. 



ART. r. GLANDES SPERM AfJKNES. 97 

/ 

SECTION 1. 

DES ORGANES PRÉPARATEURS DU SPERME, DE LEUR 
CANAL EXCRÉTEUR ET DE LEUR PRODUIT DANS LES 
ANIMAUX VERTÉBRÉS. 

ARTICLE I. 

DES GLANDES SPEfiMAGÈNES OU DES TESTICULES. 

Ces glandes sont loujours paires chez tous les ani- 
maux de ce type; mais leur structure et leur position 
peuvent varier considérablement. 

A. Dans l'homme. 

Les testicules ou les glandes spermagènes sont au 
nombre de deux, comme dans tous les animaux ver- 
tébrés. Depuis le septième mois de la vie fœtale, ils sont 
suspendus au-dessous du bassin , dans une espèce de 
bourse, le scrotum, qui n'est autre chose qu'un pro- 
longement de la peau. 

[Nous reviendrons sur la composition de cette 
poche, après avoir fait connaître leur forme et leur 
organisation.] 

Les testicules proprement dits ont une forme 
ovale. Ils ont pour enveloppe extérieure un prolonge- 
ment du péritoine qui compose leur tunique vaginale, 
et se comporte à leur égard comme tout le reste de cette 
membrane à Tégard des viscères abdominaux; c'est-à- 
dire que c'est un sac fermé ou à peu près, dans 
l'adulte, qui les contourne et leur adhère dans une par- 
8. 7 . 



98 XXXtlI'^ LEÇON. ORGANES PREPARATEURS MALES. 

tie de la surface externe de ses parois, repliée pour 
cela dans l'autre partie, qui reste libre. 

Leur tunique propre se distingue par sa blancheur , 
qui Ta fait appeler albuginée; par son tissu fei'me et 
serré , et par sa texture fibreuse. 

La substance des testicules est de couleur grisâtre 
et d'apparence homogène. Examinée avec soin , elle 
n'a présenté qu'un lacis de canaux, extrêmement nom- 
breux et déliés, remplis de liqueur séminale , et entre- 
lacés de vaisseaux sanguins, de lymphatiques, et sans 
doute de beaucoup de filets nerveux. Plusieurs des 
canaux séminifères se rendent dansl'épididyme à tra- 
vers le corps cT Highmore , dont la substance compacte 
forme une saillie longitudinale le long de la paroi 
interne de l'albugiuée qui répond à Fépididyme. 

Il part de ce corps un assez grand nombre de fila- 
ments ou de lames qui séparent les conduits séminifères 
en faisceaux, dirigés en travers (i), et vont se fixer 
dans les points opposés de l'albuginée. C'est de ce 
même corps que rayonne une partie des vaisseaux 
sanguins qui pénètrent dans la substance du testicule ; 
il est encore le rendez-vous des conduits séminifères 
qui paraissent converger vers lui. 

[Ces conduits, extrêmement repliés sur eux-mêmes, 
que Ton a cru former des tubes isolés, auraient entre 
eux, suivant^/. Lauth^ des anastomoses assez fré- 
quentes. A deux ou trois centimètres du corps à'High- 
more ^ ils se redressent, au lieu de continuer d'être 
flexueux , et forment dans l'épaisseur de ce corps, en 



(i) Ce sont ces faisceaux qu'on a d<'signés sons les noms de lobes et de 
lubules. 



ART. I. GLANDES SPERMÀGÈNES DANS l'HOMME. 99 

s'anastomosant entre eux, un réseau [rete testis) qui 
sert sans cloute à mélan.oer le sperme et à le rendre 
plus homogène. 

Le calibre moyen des vaisseaux séminifères non in- 
jectés est de i/i85 de pouce; et non injectés, de 
1/1^7; leur nombre varie de83i à 867; leur longueur 
moyenne est de 1750 pieds; c'est 'i5 pouces pour cha- 
que conduit séminifère. 

Ces mesures, prises par Al. Lauth , diffèrent de celles 
indiquées par Monro , qui avait trouvé 3oo canaux sé- 
minifères de 11 pieds 3 pouces de long, faisant en 
tout une longueur de 3378 pieds. ^ 

A leur origine, ces canaux forment un réseau qui 
en laisse très peu de libres. 

Près de leur terminaison , ils ont un diamètre de 
1 / 1 20 à 1 / 1 08 de pouce. 

Telle est la structure intime de cette glande, dont 
la partie chargée de la sécrétion du sperme paraît 
vasculaire , comme celle qui doit le porter au dehors 
et qui se continue avec la première (1). 

La positiondes testicules de l'homme et de la plupart 



(i) Voir, pour la structure intime du testicule humain, le mémoire d'y//. 
Lauth inséréparmi ceux de la Société d'Histoire naturelle de Strasbourp, 
t. I. Les belles planches de ce mémoire ont e'té faites d'après des prépa- 
rations injectées au mercure, qui sont conservées dans le Musée anatumiqiie 
delà faculté de médecine de Strasbourg , mais qui ont déjà beaucoup perdu 
de leur perfection, comme cela arrive toujours par l'action de ce métal. 
II est à regretter cçclAI. Lauth n'ait pas profité de la première édition 
du présent ouvrage pour compléter l'hisioire du corps d'Highmore et en 
obseryer la structure chez les mammifères, où son développement est le 
plus considérable. Postérieurement au travail de M. Al. Lauth, ont paru, 
dans les Archives (Tanatoniie et de physiologie de J. Muller, pour l'année 
i83j , des fragments sur le même sujet, par M. Krause 



100 XXXIII* LEÇON. ORGAXES PRÉPARATEURS MALES. 

des mammifères hors du bassin , dans une bourse cu- 
tanée suspendue sous les pubis, est un caractère tout 
particulier de cette classe, que nous ne retrouverons 
dans aucune autre du règne animal. 

Cette bourse, ou le scrotum, fournie par une exten- 
sion du derme, a une structure appropriée à la fonc- 
tion qu'elle doit remplir : celle de protéger les glandes 
spermagènes et de leur transmettre certaines excita- 
tions qui peuvent contribuer à l'orgasme vénérien.] 

Sa surface est hérissée de poils épars ; elle est dou- 
blée par un tissu cellulaire cotonneux, qui ne contient 
jamais de graisse , et se distingue encore par sa grande 
contractilité , au moyen de laquelle la peau du scro- 
tum, qui lui est adhérente, se fronce d'une manière 
extrêmement sensible. Ce tissu, qu'on appelle dartos, est 
la seconde enveloppe des testicules, et se compose de 
deux poches adossées et formant entre elles une cloison 
qui les sépare. Outre le mouvement que leur imprime 
sou action , ou celle de la peau du scrotum en général, 
les testicules peuvent encore être soulevés par un 
muscle dont les fibres tirent leur origine de l'oblique 
ascendant, tiaversent l'anneau suspubien, en suivant 
le cordon des vaisseaux spermatiques jusqu'au testicule, 
sur lequel elles s'épanouissent : c'est le crémaster. 

[Entre cette tunique musculeuse et les dartos , il 
existe une tunique fibreuse très apparente dans l'état 
physiologique. ] 

Les principaux vaisseaux sanguins des testicules sont 
les artères et les veines spermatiques. 

Les artères spermatiques naissent ordinairement de 
Taoïte après les rénales, à quelque distance l'une de 
l'autre, et se portent en dehors et en bas, pour gagner 



ART. I. GLANDES SPERMAGÈNES DAAS LES MAMMIFÈRES. 101 

ie cordon des vaisseaux spennatiques : elles forment 
dans ce cordon deux faisceaux d'artériolcs, dont une 
partie se distribue aux enveloppes du testicule, et qui 
percent ensuite, Tun lepididyme et l'autre la sub- 
stance du premier. Les rameatix de l'épigastrique, de 
l'ombilicale, de la honteuse interne et des honteuses 
externes, concourent, avec ces artères, à porterie 
sang au testicule, et particulièrement à ses envelop- 
pes. Ils ont des veines analogues ; les spennatiques 
sont remarquables par les valvules qu'elles ont, contre 
l'ordinaire des veines des viscères, et par le plexus 
épais connu sous le nom de corps pampiniforme, 
qu'elles forment au sortir du testicule , et qui s'étend 
à travers l'auneau jusque dans l'abdomen ; elles se 
rendent dans la veine cave, dans les émulgentes, et 
même dans les lombaires et les iliaques. 

[Les nerfs des testicules sont des nerfs ganglion- 
naires. Ils proviennent du plexus spermatique et iS\x 
plexus hypogastrique. Le plexus spermatique, qui re- 
çoit des rameaux du plexus rénal, du plexus aorlique 
et du mésentérique supérieur, accompagne l'artère 
spermatique et s'anostomose avec le plexus hypogas- 
trique, par les filets que celui-ci envoie au canal défé- 
rent. 

Les nerfs des deux plexus se joignent vis-à-vis do 
l'anneau inguinal et s'identifient tellement avec les tu- 
niques des vaisseaux du cordon , qu'on ne les suit jus 
qu'au testicule qu'avec la plus grande difficulté (i). 

MM. Krause et .T. Muller les ont suivis, depuis la 



(i) Voir J. Sivan, Neurologie du corps humain. Paris, i838,pl. V et 
VI, et les notes de M. Cliossaignac. p. 36. 



102 XXXIIl* LEÇON. ORGANES PRÉPARATEURS MALES. 

racine du pénis juscju'à la proximité du plexus hypo- 
gastrique inférieur. Ils ont remarqué que ces filets 
nerveux ont une couleur grise (i).] 

Les enveloppes du testicule reçoivent des nerfs lom- 
baires. 

En général, les nerfs de ces organes leur donnent 
une sensibilité exquise qui les distingue de tous les 
autres organes sécréteurs. 

B. Dans les Mammifères. 

Les testicules varient principalement dans leur si- 
tuation., d'où dépend la présence ou l'absence d'un 
scrotum. Ils sont constamment suspendus dans une 
semblable bourse chez les Quadrumanes ; chez la plu- 
part des Carnivores ^ tels que lesown , les mangoustes., 
les chats, où on les voit en arrière du bassin, au-des- 
sous de l'anus; les hyènes ., les martes ; chez les Didel- 
phes , tels que les kanguroos et \e phascolome ., qui ont 
cette bourse longue et suspendue en devant du bassin, 
et dans laquelle les testicules sont collés l'un contre 
l'autre , sans cloison celluleuse intermédiaire ; dans les 
lièvres , où le scrotum est partagé en deux loges assez 
distinctes; dans les gerboises; chez la plupart des 
Ruminants , et chez les SoUpèdes. 

Us sont serrés sous l-a peau du périnée, chez les cz- 
vettes , parmi les Carnassiers ; chez les Pachydermes ; 
ou sous celle de l'aine , chez les loutres., les chameaux ; 
ils se glissent du bas-ventre dans l'une ou l'autre de ces 
régions, particulièrement au temps des amours, chez les 
Chéiroptères ; et chez les taupes., les musaraignes et les 

()) Archives Je J. .Mullcr pour iSS;, p. 3o» 



ART. I. GLANDES SPERMAGÈNES DANS LES MAMMIFÈBES. lO.i 

hérissons , parmi les Insectivores^ et dans le très grand 
nombre àes Rongeurs ^ tels que les rats^ les cochons 
d'Inde^ les agoutis^ \e porc-épic ^ le castor, Y ondatra, 
les écureuils. Ils restent constamment dans l'abdomen, 
placés à côté des reins, àRu?,\' éléphant , le daman ^ les 
Carnassiers amphibies et les Cétacés ; dans Véchidné 
et Xornithorhynque. Dans ce cas , ils sont enveloppés 
et retenus en position par une production du péritoine 
très analogue aux ligaments larges de la matrice, et 
ils manquent de crémaster. Ce muscle, destiné à les 
soutenir ou à les faire changer de position, lorsqu'ils en 
sont susceptibles, devenait inutile; mais il existe toutes 
les fois que les testicules peuvent sortir de l'abdomen, 
et paraît d'autant plus fort que ces organes sont pins 
pesants et plus libres hors de l'abdomen. 

La tunique vaginale est constante. La position pres- 
que toujours liorizontale de la plupart des mammi- 
fères, diminuant le danger des hernies, la cavité de 
cette enveloppe communique toujours par un canal 
étroit avec celle de l'abdomen, chez ceux dont les 
testicules restent constamiiient dans le scrotum ; et 
lorsque ces organes passent alternativement de l'ab- 
domen sous la pccu du ventre, et vice versa, cette 
communication est si large que la cavité de la tunique 
vaginale ne forme pour ainsi dire qu'un cul-de-sac de 
derrière, qui semble prolongée vers le bassin. 

\J alhuginée ne présente de différence que dans son 
épaisseur; elle est ordirairement assez mince dans les 
petits animaux, pour que'.'on puisse très bien distinguer, 
à travers, les vaisseaux séjninifères. 

Les testicules varient p^u pour la forme; ils sont 
généralement de figure «vale , comme ceux de 



104 \X\ni"' LEÇON. ORGANES PKÉPARAÏEUBS MALES. 

l'homme. Cependant on les trouve quelquefois globu- 
leux (dans le /vi^o/z, le blaireau. Véléphant) ; ou très 
allongés ; les Ampliibies et les Cétacés en fournisseni 
des exemples. 

Leur volume augmente singulièrement dans la sai- 
son des amours, et cet accroissement est d'autant plus 
remarquable chez les animaux qui restent engourdis 
pendant Thiver que leurs autres parties sont dans un 
état de maigreur et d'épuisement bien sensible. 

Aucun Mammifère ne les a d'une grandeur relative 
aussi considérable que les Rongeurs , si l'on en excepte 
la taupe et ies|autres Insectivores. Chez tous ces' ani- 
maux, cette grandeur excède ordinairement celle des 
reins. Il est remarquable que précisément les Rongeurs 
ne manquent jamais de vésicules séminales, et quils 
ont le plus souvent encore des vésicules accessoires, tant 
sont multipliés chez eux les moyens de propagation : 
aussi sont-ils les plus féconds de tous les Mammifères. 

Quant à la structure intime des glandes sperma- 
j^ènes , elle est au fond toujours la même, c'est-à-dire 
toujours composée de vaisseaux séminifères , etc. Mais 
la disposition et la grandeur relative de ces conduits 
paraissent varier beaucoup ; ce qui peut faire présumer 
qu'il existe encore dans cette structure d'autres diffé- 
rences moins apparentes, mais capables , avec les pre- 
mières , d'influer sur les qualités de la semence , et de 
leur en donner de différentes, dms les divers animaux. 

Tantôt les conduits séminirères sont assemblés en 
gros faisceaux, comparables à ceux d'un muscle, 
et dirigés tous dans le mtme sens, soit transversa- 
îcincnt, soit obliquement, Les papions., parmi les 
singes, la plupart des graçils Carnassiers , le sanglier y 



ART. I. GLANDES SPEUMAGÈNES DANS lîES MAMMIFÈRES. 105 

le rhinocéros , nous en ont fait voir de semblables. 
Ceux de Xâne sont beaucoup plus petits que dans les 
précédents. Ils se voient dans le lièvre , parmi les Rou- 
geurs. 

Mais dans la plupart de ceux-ci et particulièrem<;nt 
dans les rats, Its conduits séminifères sont de gros 
tuyaux parallèles, non réunis en faisceaux et facile- 
ment séparables les uns des autres. 

Dans le bélier^ ces conduits, qui sont très distincts, 
ne sont pus droits, mais vont en serpentant et en se re- 
pliant sur eux-mêmes. 

Ce peu d'exemples doit faire espérer d'obtenir quel- 
ques résultats physiologiques d'un plus grand nombre 
d'observations faites sur le même objet (i). 

[Les prévisions que nous exprimions ici dans notre 
ancien texte, sur les différences des produits de la 
glande, c'est-à-dire de la liqueur séminale suivant les 
espèces, d'après quelques différences dans la structure 
intime de cette glande, ont été confirmées de nos jours 
par l'étude microscopique de cette liqueur et des sper- 
matozoïdes qu'elle renferme, ainsi que nous le verrons 
dans l'article III de cette Section.] 

Pour découvrir le corps d'Hio/imoie dans les mani- 
mifères, il faut couper en long le testicule, de ma- 
nière que la section réponde à la ligne qui Tunit à 
l'épididyme. Ce corps se présente ordinairement, dans 
ce cas, sous la forme d'un ruban blanc, plus ou 
moins épais, qui part de l'albuginée vis-à-vis de la 



(i) M. v//. Lnuth les a vus distribués en lobes dans le la^;in. Il y a dé- 
couvert des anastomoses entre les vaisseaux des lobes différents. Les ca- 
naux séminifères du rat lui ont aussi fuit voir des anastomoses. 



^ 



106 XXXlIle LEÇON. ORGANES PKKPARATEUKS MALES. 

tête (le l'épididyme , ou immédiatement au-dessous, 
et traverse le milieu du testicule, dans sa longueur, en 
formant une courbe dont la concavité re^jarde l'épi- 
didvme. Il n'atteint pas l'autre extrémité du testicule; 
mais se termine brusquement dans son tiers postérieur, 
ou même plus tôt, sans avoir diminué de largeur aupa- 
ravant. La lame interne de l'albuginée se replie évi- 
demment chez plusieurs mamqjifères (le sanglier 
entre autres), pour former ce corps : il en part un 
grand nombre de lames ou de filaments, dont les plus 
éloignés de l'origine du corps d'Higbmore paraissent 
simplement celluleux, et dont les premiers qui s'en 
détachent sont fort résistants et évidemment fibreux. 
Ces filaments ou ces lames pénètrent en différents 
sens la substance du testicule, et vont s attacher d'au- 
tre part à toute la circonférence de ses parois. 

Les principales artères du testicule paraissent ram- 
per le long de ce corps, et c'est de ses différents points 
qu'elles envoient , dans la substance du testicule , leurs 
plus fines ramifications. Sa coupe longitudinale fait 
voir, dans les grands animaux, quelques orifices de 
conduits : ils sont plus nombreux dans un même es- 
pace de sa coupe transversale; les plus gros paraissent 
au centre de cette coupe et les plus fins à la circonfé- 
rence. Ce corps s'amincit beaucoup quelquefois en 
s'approchaut de lepididyme , et en se déviant du plau 
qu'il avait parcouru; il ne semble plus que composé 
d'un faisceau de quelques cordons parallèles. Les 
conduits séminifères ou leurs faisceaux convergent 
évidemment vers tous ses points. Telle est sa structure 
apparente et sa disposiiion la plus générale. 

il paraît d'autant plus fort et plus épais, ainsi que 



V 



ART. l. GLANDES Sl'EBMAG KNliS DANS LES 5IAMMIFÈRES. 107 

ies lames ou les filaments ligamenteux qui en paitent, 
que le testicule est plus volumineux. Dans plusieui's, 
sa disposition n est pas comme nous venons de le dire, 
mais elle est semblable à celle qu'il a dans rhomme : 
le /{ang uroo ^^éant en est un exemple. Plusieurs petits 
Mammifères [/es rats) n'ont rien de semblable dans 
le milieu du teslieule , et on n y voit pas bien distinc- 
tement, le long de l'albuginée, une proéminence qui 
indiquerait sa présence du côté de l'épididyme. 

[J'ajouterai ici quelques unes des observations par- 
ticulières que j ai faites déjà en i8o5 , pour la descrip- 
tion générale qu'on vient de lire. Chez le niaîidriU , 
le corps d'Highmore est dans la substance même du 
testicule, du côté de l'épididyme. Coupé en travers, 
il présente un grand nombre de petits orifices, plus 
petits dans sa circonférence que dans son axe. 

Celui du chien est légèrement arqué et pénètre dans 
la substance du testicule depuis la tête de l'épididynie 
jusqu'au troisième tiers de son axe longitudinal. Les 
productions qui en partent, comme des rayons, en se 
dirigeant obliquement en dehors et vers l'extrémité 
opposée de la glande, sont minces et comme celluleuses. 

Celui du lièvre forme comme une anse dont la 
concavité regarde Tépididynie, en pénétrant dans 
l'axe longitudinal du testicule. Il a son origine bien en 
deçà de la tête de l'épididyme , et se termine à la fin 
du second tiers du grand axe de la glande. 

Des vaisseaux sanguins nombreux partent évidem- 
ment de ce corps, ou s'y rendent. 

Il est aussi évidemment l'aboutissant des faisceaux 
des séminifères. 

Il devient très fin près de l'épididynie, dans lequel 



# 



108 XXXIIl* LEÇON. ORGANES Pl.ÉPARATEURS MALES. 

il aboutit. Sa coupe transversale montre plusieurs ori- 
fices des vaisseaux qui pénètrent dans sou épaisseur. 

Dans Xagouti^ parmi les Rougeurs, nous avons vu, 
dans une coupe longitudinale du testicule, les faisceaux 
desséuiinifères se rendre vers le corps à'Highmore, qui 
j)rend ici une couleur jaunâtre, comme celle des vais- 
seaux séminiféres. 

Je n'ai pu apercevoir de corps d'Highmore, ni dans 
le cochon d Inde ni dans le rat. 

Dans le sanglier , parmi les Pacliydermes^ le corps 
d'Highmore est d'une substance fibreuse, résistante; sa 
structure paraît en même temps vasculaire. Les fais- 
ceaux des séminiféres, séparés les uns des autres par 
les productions fibro-cellulaires, partant de ce corps 
et se croisant en différents sens, s'y rendent évidem- 
ment. 

Dans le testicule du rhinocéros on peut .suivre le corps 
d'Highmore, dans presque toute la longueur de Taxe 
longitudinal de cette glande, depuis la tête de l'épidi- 
dyme, qui contourne le sommet du testicule. 

Sa coupe longitudinale montre un grand nombre 
d'orifices de vaisseaux. Il envoie des lames ligamen- 
teuses dans toutes les parties du testicule. 

Dans le testicule de \âne ^ c'est en deçà de la tête de 
l'épididyme que le corps d'Highmore aboutit à cette 
partie accessoire du testicule : aussi est-il plus arqué 
pour gagner l'axe longitudinal de la glande, dont il 
n'atteint pas le troisième tiers. 

Dans le chameau^ le corps d'Highmore est très ten- 
dineux. Il en part un assez grand nombre de lames ou de 
filets qui gagnent l'alhiiginée en se porJant oblique- 
ment en dehors et en ariière. 



\ 



ART. T. GLANDES SPEHMAGKNES DANS LES MAMMIFÈRES. 109 

Dans le Z'e//e/-, le corps d'Iïiohniore commeiico vers la 
tête de Tépididynie, et se porte tout le long du grand 
axe du testicule , en formant une courbe comme cet 
axe, dont la concavité regarde l'épididynic. Sa coupe 
présente des orifices de vaisseaux et des cellules. Sa 
substance est blanche et d'apparence tendineuse. Les 
vaisseaux sérainifères s'y rendent de toutes les parties 
de la glande , et il en part des productions sinueuses 
qui rayonnent obliquement vers les parois internes de 
l'albuginée. 

Chez le kanguroo géant ^ le corps d'Highmore dou- 
ble l'albuginée, et ne se prolonge pas dans l'axe du 
testicule. Il s'amincit beaucoup avant de joindre la tête 
de l'épididyme, qui ne tient au testicule que dans cette 
partie.] 

On peut, à ce qu'il nous semble, conclure de ces 
faits que le corps d'Highmore sert à plusieurs usages ; 
c'est une sorte de ligament qui affermit et soutient la 
masse délicate du testicule, en donnant attache aux 
lames ou filaments qui la traversent : il réunit les 
principaux vaisseaux sémmifères et les protège jusqu'à 
l'épididyme. Eu donnant un appui aux principales 
artères, ne préserverait-il pas du froissement les plus 
déliés des conduils séminifères, qui ne s'entrelacent 
avec ces artères que lorsqu'elles sont très divisées? 

[Dans les trois classes suivantes des vertébrés et dans 
tous les animaux sans vertèbres, nous ne trouverons 
plus les glandes spermagènes apparentes au dehors , 
dans une bourse cutanée, organisée pour cet usage. 

Tous les autres animaux où elles existent les ont en- 
fermées dans leur cavité viscérale , comprenant au 
moins les principaux organes d'alinjcutation.] 



110 XXX m* LEÇON. ORGANES PRÉPARATEURS MALES. 

C. Dans les Oiseaux, 

Les testicules des Oiseaux restent constamment dans 
la cavité abdominale, immédiatement en arrière des 
poumons , sous la partie antérieure des reins, où ils 
touchent à l'aorte et à la veine cave. Leur volume 
varie beaucoup, suivant les espèces et dans les indivi- 
dus d'une même espèce, selon la saison; il augmente 
considérablement dans celle des amours (i), comme 
dans les mammifères, et prend dans plusieurs, tels 
que le coq^ les canards , une grosseur extraordinaire, 
qui ne se voit, proportion gardée, dans aucun des 
premiers animaux. 

Le gauche est assez généralement plus gros que le 
droit, [et cette différence de volume est quelquefois 
telle qu'on ne peut s'empêcher de saisir une certaine 
analogie avec le développement des ovaires ou des 
oviductes des femelles, ainsi que la fait M. Carus. 

Nous avions trouvé, dans nos observations de i8o5 
entre autres, le testicule gauche de \oie une fois plus 
grand que le droit.] 

licur forme est allongée, ovale ou arrondie. 

Ils ont, comme dans la première classe , une mem- 
brane péritonéale qui les fixe dans leur position , et 
une membrane propre, dont la surface interne donne 
attache à des filaments fibreux qui traversent la sub- 
stance du testicule. 

Celle-ci est un amas de conduits séminifères extrê- 
mement fins , moins gros et moins distincts que dans 



(i"^ Chez le 7noineau, son diamètre longitudinal est douze fois niissi 
{'rand à l'époque du rut qu'avant rette époque. 



ART. I. CrLANDES SPERMAGÈNES DANS LES OISEAUX. 111 

les mammifères. On n'y voit pas, comme dans beau- 
coup de ces derniers, de corps d'Hiobmore qui pénétre- 
rait dans le milieu du testicule ; les principaux conduits 
efférents se rendent vers le milieu du bord interne de 
cet organe, endroit où 1 epididyme lui est uni le plus 
intimement. 

[ Dans le casoar à casque , nous avons trouvé tout 
l'intérieur du testicule, dans une coupe longitudinale 
qui le partageait en deux moitiés à peu près ép^ales , 
divisé par des lames ou des rubans à bords dentelés, 
réunis par des brandies plus étroites, et formant en- 
semble comme un réseau dont les mailles étaient plus 
nombreuses vers le bord épididymique. Ces mailles 
étaient remplies d'une humeur épaisse, qui s'échappait 
des vaisseaux séminifères.] 

D. Dans la classe des Reptiles. 

[Tous les Reptiles mâles ont deux glandes sperma- 
gènes situées dans la cavité abdominale, plus ou moins 
en avant ou en arrière, et constamment en rapoort 
avec les reins, sous lesquels ou au-devant desquels 
elles sont placées. 

Leur structure intime n'étant pas la même dans les 
deux sous-classes dont se compose cette classe, nous 
les décrirons successivement dans l'une et dans 
l'autre.] 

I . Chez les Reptiles propres. 

Dans les trois ordres de cette sous-classe, leur situa- 
tion et leur structure sont très analogues à celles qu'ils 
ont dans les ois(?aux. 



« 



112 XXXIIl' LEÇON. ORGANES PRÉPARATEURS MALES. 

On les trouve constamment collés contre la face 
inférieure des reins, qui sont dans le fond de la cavité 
abdominale (chez les Chéloiiieiis'; ou eu avant de 
ces viscères, de chaque côté de la colonne épinière 
(\e% Saïuiens ) \ situés de même, mais le droit plus 
avant que le gauche, chez les Ophidiens. 

Leur forme varie dans les différents ordres de cette 
sous-classe. 

[Elle est plus ramassée lorsque le corps lui-même est 
plus épais; plus allongée chez les Ophidiens et les Sau- 
riens , dont le corps est plus allongé.] 

Leur substance présente, dans les tortues^ de gros 
faisceaux de canaux divisés en différents sens et réunis 
par du tissu. cellulaire. Ces faisceaux sont fins , cylin- 
driques, et facilement séparables dans les lézards. 

[.l'ai trouvé dans le lézard vert piqueté le testicule 
droit plus avancé que le gauche de toute sa longueur; 
mais cette position n'est pas constante. C'est quelque- 
fois le gauche qui est en avant. L'un et l'autre sont 
situés bien avant les reins, qui sont très reculés chez 
les animaux de cet ordre. 

On reconnaît encore généralement, dans cette sous- 
classe , à côté du testicule proprement dit, le commen- 
cement de son canal déférent, sinueux et replié (t 
formant le peloton qui caractérise l'épididyme.] 

2. Dans la sous-classe des Reptdes amphibies., 

[rt. L'ordre des Ophidio-batraciens (i), qui ne com- 
prend que les cécilies , a. deux glandes spermagènes 
étroites et longues , dont l'une , celle de droite, est un 

(i) Les braiiièles de MM. Duméril (t Bibroii. 



ART. 1, GLAiNDiiS Sl'EBiMAeÈNES DES REPTILES. 113 

plus avancée que celle de gauche, comme chez les 
Ophidiens ( i ). 

b. Les testicules des Batraciens anoures ont une 
forme plus constante, plus régulière que ceux des Ba- 
traciens urodèles. Nous décrirons d'abord les premiers, 
d'après la grenouille verte. 

Situés très en avant dans la cavité thoraco-abdomi- 
nale, de chaque côté des vertèbres, ils y sont fixés sous 
les reins et rapprochés l'un de l'autre, par un repli di 
péritoine, qui les enveloppe comme d'une gaze noire. 

I^eur forme est ovale, et leur gros bout, diripé en 
avant , a pour appendices des corps graisseux divisés 
en lobes, contenant chacun un arc vasculaire sanguin. 

De leur face supérieure , un peu au-delà du bord 
interne, sortent au moins huit à onze canaux sémiuifè- 
res , qui se portent immédiatement dans la partie cor- 
respondante du rein. 

On peut distinguer, dans la structure intime de la 
glande spermagène de ces Batraciens, une partie cor- 
ticale composée des capsules déjà indiquées \)^vSivani' 
merdam , dont le fond aboutit à la surface de la glande 
et dont l'autre extrémité est dirigée vers l'axe de ce 
même organe. Ces capsules sont liées entre elles par 
un tissu cellulaire , dans lequel rampent les vaisseaux 
sanguins. 

La partie centrale de la glande est formée elle-même 
de canaux dont la disposition est différente; ils sont 
repliés, et ils m'ont paru être l'aboutissant dos capsules 



(i; Voir noire planche <Ies Ci'cilies^ n° 36 ter. (q. et cj' de l<i Hg. ;•■> 
{grande édition du Règne animal, de G. Cuvici-. - RiirxiLrs. 

8. 8 



114 XXXIil* LEÇON. OitGAlNES PRËPAUATEUKS , ETC., MALES. 

corticales et se coutinuer clans les canaux séniinifères 
effcrenls. 

c. Parmi les Batraciens modèles^ les salamandres 
et les tritons ont leurs glandes sperma.gènes situées sous 
les reins, clans un large repli du péritoine, qui contient 
dans son bord libre un corps graisseux cylindrique , 
ou de différente forme , dont le volume varie beau- 
coup , ainsi que celui du testicule, durant l'époque du 
rut , ou bors de cette époque. 

Nous avons trouvé les testicules simples, de forme 
allongée , irrégulièrement cylindrique , dans le triton 
alpestre et dans \sisalamandre noire ; tandis que dans la 
salamandre commune et dans le triton û cre^e, ils sont 
divisés eu deux ou trois lobes principaux et plusieurs 
autres plus petits. Les pédicules qui joignent ces prin- 
cipales divisions sont ordinairement tordus ou con- 
tournés en spirale, d'autant plus que les parties du 
testicule sont plus distendues , comme cela a lieu à 
répofjue du rut. Ces pédicules ne sont composés que 
de l'albuginée, qui est ici réduite à un simple tube 
revêtu du péritoine. 

Les divisions des testicules sont plus nombreuses 
dans le triton à crête cjue dans aucune autre espèce. 
Elles peuvent varier d'un testicule àFautre dans le même 
individu; elles varient encore avec l'époque du rut, 
durant laquelle ces étrauglements se multiplient. 

Les lobes principaux qu'ils séparent ne se déve- 
loppent pas simultanémeiit au même degré, ainsi que 
les spermatozoïdes qu ils renferment, ce qui leur donne 
un aspect et une uuancc de couleur très différents. 
Ainsi nous avons vu dans un testicule de triton t) 



AUT, I. GLANDES SPERMAGÈNES DES REPTILES. 115 

créte ^ qui était divisé en trois parties, la première de 
ces parties, qui était la seconde pour le volume, de cou> 
leur gris de perle, avec une teinte rouoeâtrej elle était 
sillonnée de vaisseaux sanguins injectés. La seconde 
était oblougue et jaunâtre; c'était la plus volumineuse. 
La troisième, la plus petite des trois, était sphéri- 
que et opalins. 

L'organisation intime de ces trois parties était essen^ 
tiellement la même ; mais il n'y avait de spermato- 
zoïdes que dans la seconde ; \çi?> deux autres ne ren- 
fermaient que des vésicules sphériqnes. 

Dans un autre triton à crcle , en plein rut, toutes 
les parties des testicules, dont les divisions étaient au 
nombre de cinq et même de sept, étaient remplies de 
spermatozoïdes. 

La structure intime des glandes spermagènes se 
rapporte au type que nous venons de décrire dans 
les Batraciens anoures. En dedans de l'enveloppe pro- 
pre de ces organes, ou do leur albuginée , se voient un 
grand «ombre de vésicules glanduleuses , sphériqnes, 
oblongues, coniques, formant plusieurs couches con- 
centriques. Elles sont séparées par un tissu iibro-cel- 
luleux plus dense, plus opaque, production de Tal- 
buginéc, formant autant de cellules qu'il y a de capsules 
glanduleuses, et dont l'ensemble figure une ruche 
d'abeilles. 

C'est dans ce tissu que rampent les vaisseaux san- 
guins et probablement les canaux séminifèrcs qui 
portent dans les canaux efférents le produit de la sé- 
crétion de ces glandes. 

Chaque capsule primaire renferme, avant l'époque 
du rut et au commencement de cette époque , un cer- 



« 



116 XXXIII* LEÇOiN. OBGAISES PUEPAKATÊUBS, ETC., MALES. 

tain nombre de capsules généiatiices , remplies de 
granulations ou de germes de spermatozoïdes. 

En plein rut, ces granulations se sont transformées 
en spermatozoïdes, qui forment autant d'écheveaux pe- 
lotonnés qu'il y avait de capsules génératrices. Ces 
pelotons de spermatozoïdes restent distincts et sépa- 
rés , quoiqu'on ne puisse plus apercevoir les parois de 
la partie qui les renfermait (i). 

Le protée a des testicules à peu près cylindriques et 
composés, en partie, de petits canaux flexueux, ser- 
pentant suivant le sens transversal du testicule.] 

E. Dans la classe des Poissons. 

[L'organe producteur du sperme, ou la glande 
spermagène des Poissons , présente , dans sa structure 
générale , comme la glande ovigène , trois types dis- 
tincts. 

Ce peut être une glande sans canal excréteur, ayant 
toutes les apparences et la forme de la glande ovigène, 
que nous venons de décrire chez les lamproies , les 
anguilles et les salmones. 

Ou bien c'est une glande en forme de sac^ dont le 
canal excréteur est une continuation de sa cavité^ 
resserrée dans un court espace et se terminant en ar- 
lière. Il y a encore ici la plus grande ressemblance 
entre les organes mâles et les organes femelles. 

Enfin, dans le troisième type, celui des Sélaciens , 
y compris les chimères , cette glande et son canal ex- 

(i) Fragments sur leà organf-s géuito-uriuaires des Reptiles par 
^ï. Duvernoy, Cotripies-icniius o'es ^éuitcrf Je l' AcoÀi^mie des sciences, 
». Xr\. p. 585 ;i 6oo. 



^^ 



ABÏ. I. GI.ANDKS SPRRMAGÈNES DES POISSONS. HT 

créteur ont l'orj>anisalion compliquer; qu'elle présente 
dans les trois classes supérieures. 

Nous avions bien distingué ce dernier type , en i8o5. 
du type le plus général; mais nous avons eu tort de 
supposer que tous les autres poissons étaient pourvus 
de testicules en forme de sac, avec un canal déférent; 
nous avions méconnu le type de Xanguille et des lam- 
proies. 

La glande spermagène des poissons est toujours 
double et rarement symétrique, à la fois dans sa forme 
et dans son volume. 

Sa position dans la cavité abdominale sous les reins 
et la vessie natatoire, quand celle-ci existe, est absolu- 
ment semblable à la position des ovaires. 

Elle y est de même retenue par un repli du péri- 
toine qui renferme ses vaisseaux sanguins et ses nerfs 
et Tenveloppe de tous côtés. 

Dans le premier type, celui sans canal excréteur, la 
forme générale de la glande est celle dune longue 
bande plissée à ses deux bords, ayant une de ses faces, 
l'externe, couverte de lamelles membraneuses transver- 
sales, dans l'épaisseur desquelles se produit et s'amasse 
le sperme; tandis que la face interne est lisse. Dans ce 
type en manchette , la bande que forme la glande est 
plissée par son bord supérieur et se déploie par son 
bord libre, qui est très étendu et festonné en lobes et 
en lobules. Ici, il n'y a pas de lamelles proligères sur 
l'une des faces seulement ; mais les granules sperma- 
tiques se montrent dans toute l'épaisseur de cette lon- 
gue manchette. 

Son tissu ne se compose que de deux membranes, 
l'intérieure ou péritonéale et sa meml)rane propre Ou 



118 XXXnie LKÇON. ORGAWES PBIÉPARATEURS , ETC., MALBS. 

Y reconnaît, à l'époque du rut, une quantité innombrable 
de granulations, ou de petites capsules spermatiques , 
dont la forme arrondie les a fait confondre souvent 
avec les ovules, du moins chez les anguilles ; ici à la 
vérité ces capsules ont à peu près le volume des ovules; 
mais ceux-ci se distinguent par leur forme ovale. 

Chez les lamproies , les capsules spermatiques sont 
plus petites, anguleuses; tandis que les ovules sont 
parfaitement ronds et à surface lisse.] 

Ceux des autres poissons, connus plus généralement 
sous le nom de laite, sont de grands sacs en partie 
membraneux, en partie glanduleux , de forme régu- 
lière, cylindrique ou conique, ou divisée en lobes. Leur 
volume augmente singulièrement dans le temps du 
frai; ils sont remplis, à cette époque, d'une matière 
blanchâtre, opaque, laiteuse, ou de liqueur séminale. 
Ils ne paraissent essentiellement composés que de cel- 
lules, dont les parois, formées d'une membrane très 
déliée, sécrètent cette dernière liqueur. 

[Quelque minces que soient ces parois , on doit y re- 
connaître trois membranes : l'extérieure ou périto- 
néale, l'intérieure ou la muqueuse, et la moyenne ou 
proligère, dont le tissu est fibro-celluleux , et doit 
jouir d'une contractilité très prononcée pour l'expul- 
sion de la semence, à l'époque du frai, et pour re- 
prendre le petit volume que montre cet organe après 
Cette époque. La muqueuse et la membrane fibro-cellu- 
îaire forment généralement des replis nombreux trans- 
verses, parallèles , interrompus , pressés les uns vers les 
autres, mais qu'il n'est plus possible de démêler â 
l'époque du frai. Ils sont alors tellement collés les uns 
■' aux autres que tout ce testicule ne semble composé que 



ART. I. GLANDES SPERMAOÈNES DEf, POISSONS. 119 

d'un tissu homogène, plutôt tubuleux qnc celluleux , 
ainsi que l'exprime notre ancien texte. 

Dans le labrax lupus Guv. , toute la surface de la 
glande sperniagène est comme marbrée de petites ta- 
ches de couleur laiteuse, leurs intervalles, dessinant un 
réseau jaunâtre. Chacune de ces taches est le fond 
d'un des innombrables petits cœcnms dont se com- 
pose, en définitive, la substance du testicule. Dans une 
coupe transversale de l'organe, on les voit confluer 
de toutes les parties périphériques de la glande , vers 
la paroi où se trouve le canal déférent. 

Des canaux séminifères longitudinaux se montrent 
dans cette même paroi , et viennent se rendre succes- 
sivement dans le canal déférent. 

Dans une carpe de trois années, la laite était énorme 
et s'avançait presque jusqu'au diaphragme. Elle for- 
mait un sac élargi en avant, se rétrécissant beaucoup 
en arrière. Son canal déférent, large et court, n'avait 
qu'un centimètre de long, et se réunissait à son sem- 
blable, pour se terminer derrière l'anus. 

Le volume du testicule gauche excédait de beau- 
coup celui du côté droit, qui avait des divisions ou 
des lobes plus nombreux et plus profonds, 

La structure intime de cette glande se compose de 
petites capsules de forme sphérique ou d'autres for- 
mes, qui entourent un canal séminifère. 

Dans le brochet^ les petits tubes sécréteurs se divi- 
sent comme des feuilles palmées. 

Observés à partir des canaux séminifères, les tubes 
sécréteurs, en général, se divisent et se sous-divisent de 
fiedans et dehors, et iiuissent par ne plus se composer, 



i20 XXXIII* LEÇOM. OBGANES PBÉPABATEUBS, ETC., MALES. 

en dernier lieu, que de courts cœcums ou de petites 
capsules arrondies. 

Mais ces divisions peuvent être rares ou nombreuses, 
indépendantes, ou s anastomosant entre elles et for- 
mant comme un réseau (i). 

C'est à l'extérieur de la glande, sous la membrane 
péritonéale, le long de sa face interne et supérieure, que 
régnent les troncs artériels et veineux principaux. 
Leurs branches s'en détachent à angle droit, pour cein- 
dre transversalement le testicule ; et de ces branches 
sortent des rameaux , encore à angle droit, qui pénè- 
trent dans le tissu proligère et y distribuent leurs 
ramuscules. 

Le troisième type est celui des Sélaciens et des chi- 
mères. Leurs glandes spermagènes se composent de 
deux parties distinctes , le testicule et l'épididynie, qui 
se déroule en canal déférent.JLes testicules sont grands, 
allongés, quoique larges et plats , et s'étendent sous les 
vertèbres, au-dessus du canal intestinal et de l'estomac. 
Leur plus grande partie est une agglomération de tu- 
bercules, de la grosseur d'un pois, pressés les uns contre 
les autres, et présentant chacun un petit enfoncement 
au milieu de leur face externe; ils tiennent ensemble 
par des filaments très forts , et par la membrane 
extrêmement déliée qui les enveloppe; ils ne parais- 
sent composés que d'un grand nombre de petits grains 
ronds , très fins. L'autre partie de ces testicules singu- 
liers est formée d'une substance glanduleuse homo- 
gène , qui en occupe en arrière la portion la plus 



(i) Voir J. Mu//pr,Def;lat)dularum secernentinm structura, Lipsiae i83o. 
PI. XV, fig. 7 où rettp structure est rcpiéseiiir-e clans l'a/ose. 



ART. I. GLANDES SPERMAGÈNES DES POISSOKS. 121 

mince et s'étend sous toute la face inférieure de la 
portion tuberculeuse. 

[Ces petits grains ronds très fins, que nous avions dit 
remplir les vessies pisiformes qui composent la partie 
principale de la glande, ont une complication orga- 
nique que le microscope seul pouvait faire connaître. 
M. Stanm'usa reconnu que ce sont de petites capsules 
contenant un grand nombre de spermatozoïdes, réunis 
en écbeveaux , disposés comme des rayons près delà 
périphérie, et roulés en spirale dans le centre de 
l'ampoule (i). 

M. Hallmann est allé plus loin en montrant la com- 
position compliquée de ces vésicules, la génération de 
cellules dans les unes, et le développement successif 
des spermatozoïdes dans les autres (2). 

La grande capsule pisiforme qui renferme ces vé- 
sicules, que nous appellerons primaires en a , du côté 
de sa dépression centrale , de plus petites, dont la 
forme est ovale. Vers le fond, ou la paroi opposée, elles 
sont plus grandes et spbériques. Toutes tiennent 
entre elles par un pédicule qui se ramifie et va d'une 
vésicule se joindre au pédicule de plusieurs autres. Ce 
pédicule est un canal excréteur dans lequel se meut 
le contenu des vésicules. 

Ce canal a o°"",o3a de diamètre, et les plus grandes 



( I ) Sur les organes mâles de la {vénération des Sélaciens, par M. H. Stan- 
nius. Arcl.ives d'ànatomie et de physiol. de J. Muller, — p. ^i. Ber- 
lin, 1840. 

(2) Structure des testicules des Rnies et développement des anmia!- 
cules spermatjques , par Edouard Hallmann ; mêmes Archives et même vo- 
lume de if^4'^> ''• ^^7- 



122 XXXITI* LEÇON. ORGANES PREPAR ATEUBS , ETC., MALES. 

vésicules ont un diamètre de o""",ai8; leur grandeur 
moyenne est de o'°"',i62. 

Les parois transparentes de ces vésicules primaires 
montrent des cellules cubiques ou polygonales , pres- 
sées les unes vers les autres, attachées à ces parois, qui 
contiennent un noyau et celui-ci un ou plusieurs 
uucléolules. 

La compression des vésicules primaires détache de 
leurs parois ces vésicules secondaires et fait passer leur 
noyau dans le canal excréteur des premières. Ces cel- 
lules ou vésicules secondaires onto""",0 2i à o''™,024 
(o",ooo8 à o",ooo9) et leur noyau o""",oio à o'""',oi3 
(o"j00o4 à o",ooo5). 

M. Ilallmann a vu de nouvelles cellules en forma- 
tion recouvrir plus ou moins parle côté leur noyau, 
comme un verre de montre; tandis que ce même 
noyau était complètement enfermé et libre dans la 
cellule entièrement développée. C'était évidemment 
la génération cellulaire surprise par l'observateur , 
dans certaines de ces vésicules primaires et de leurs 
cellules polygonales ou vésicules secondaires (i). 

Dans un autre ordre de ces cellules ou de ces vési- 
cules secondaires, le même observateur a pu suivre 
le développement successif des spermatozoïdes. 

Elles se distinguaient des précédentes par kur plus 
grand diamètre , l'absence de noyau et par leur con- 
tenu (2). 

Beaucoup sont limpides et incolores comme de 



(i) Voir les fig. i et 2 a. b. c. d. pi. XV de ce mémoire. 
(2) lîiid, fîjj. 3, a. b. c. d. 



ART. H. DE LEURS CANAUX EXCRÉTEURS. 123 

l'eau, de forme sphéricfue, et renferment une, deux, 
trois et même un plus (>;rand nombre de vésicules plus 
petites. 

Leur grandeur moyenne est de o",ooi8 (o'"'",o486). 

D'autres ont un grand nombre de tacbes obscures. 

Les autres ont des vésicules tertiaires remplies d'une 
masse granuleuse opaque, qui les rend plus évidentes. 

Enfin, beaucoup de vésicules primaires contiennent 
un grand nombre de vésicules secondaires, dont cba- 
cune renferme un écbeveau de spermatozoïdes (i). 

En dernier lieu , ces faisceaux de spermatozoïdes 
éclosent, rompent la cellule secondaire dans laquelle 
ils se sont développés, et paraissent disposés dans la 
vésicule primaire comme M. Stannius les a vus. 

Il y a la plus grande analogie entre cette structure 
intime et celle que nous avons fait connaître chez les 
salamandres. ] 

ARTICLE II. 

DES CANAUX EXCRÉTEURS DES GLANDES SPERMAGÈKES OU DES 
VOIES QUE SUIT LA SEMENCE POUR PASSER DE CETTE GLANDE 
HORS DU CORPS OU DANS LES 0B6ANES d' ACCOUPLEMENT. 

[La semence peut être immédiatement rejetée au 
dehors par un très court canal excréteur, comme cela 
a lieu chez la plupart des Poissons osseux ; ou bien 
elle n'y arrive qu'après avoir été versée dans la ca- 
vité abdominale, ainsi que cela se voit chez quelques 
Poissons des deux sous-classes. 

Chez \q^ Sélaciens et dans les trois autres classes des 



(i) ihki. f. 4. a. 



124 XXXIll* LEÇON. OB&ANES PEÉPABATEURS , ETC., MALES. 

vertébrés, elle est toujours versée dans les organes on 
l'organe d'accouplement , par un canal déférent plus 
ou moins sinueux, dont le commencement peut être 
singulièremert pelotonné et porte , dans ce cas, le nom 
particulier d'épididyme. ] 

A. Chez ï homme. 

[La glande spermagène proprement dite supporte , 
du côté externe et supérieur, une partie accessoire dis- 
tincte , de forme irrégulière , plus développée dans les 
deux extrémités qu'au milieu , où elle est amincie. 
C'est à cette partie accessoire qu'on a donné le nom 
d'épididyme. 

Ce corps n'est formé que d'un canal unique , très 
replié , puisque dans l'étendue de deux centimètres 
environ , qui est la mesure de la longueur de l'épidi- 
dyme, son canal aurait, suivant Monro, o^^ÔS ou seu- 
lement o'",38 d'après Al. Lauth, ou o°'^l\i au plus.] 

TiC canal de l'épididyme reçoit la semence des con- 
duits efférents qui sortent du corps d'Higbmore. 

[ Ces conduits portent encore le nom de cônes vas- 
culaires, parce qu'en pénétrant dans l'extrémité cor- 
respondante de l'épididyme, qui est l'interne, et qu'on 
appelle encore la tête de ce corps, leurs inflexions se 
déploient graduellement de manière à figurer un cône; 
on a compté de 9 à 3o de ces cônes. 

Dans quelques sujets , les replis de ces canaux effé- 
rents se resserrent de nouveau avant de se terminer 
dans l'épididyme, et prennent la forme de navette. Ces 
canaux efférents ont à leur origine dans le rete, i/64 
de pouce ( o™",42 1 ) de diamètre moyen ; et à leur ter- 
minaison dans le canal de l'épididyme, j/iôg de pouce 



ART, H. DE LEUBS CA]>AUK EXCUÉTEUaS. Hb 

(o'""',i69); de sorte qu'ils ont alors une tiiiiaité moindre 
que celle des canaux sécréteurs de la semence , dont 
nous avons dit que le diamètre moyen avait été trouvé 
par M. Lauth de i/i47 de pouce(o"^'",i8). 
Leur longueur totale est de près de *2"\548.] 
Le canal unique de Fépididyme grossit vers la par- 
tie externe de ce corps, prend des parois plus consis- 
tantes, cesse bientôt d'être tortueux , et devient canal 
déférent, ou le canal excréteur de la semence. 11 porte 
plus spécialement ce nom , dès l'instant où il remonte 
vers l'anneau sus-pubien , qu'il traverse pour passer 
dans l'abdomen, et s'enfoncer dans le bassin; il y suit 
la face postérieure de la vessie , en se rapprochant 
de son semblable , jusqu'à ce qu'il arrive à la partie 
inférieure de la vésicule séminale de son côté ; là il se 
joint à son canal excréteur, et s'ouvre avec lui dans le 
commencement du canal de l'urètre. 

B. Dans les Mcumnijères . 

[C'est toujours par l'intermédiaire d'un épididyme 
que la semence arrive, des efférents séminifères du 
testicule , dans le canal excréteur de cette glande , ou 
dans le canal déférent. ] 

La forme et la grandeur relative de Xépidichjme 
sont très différentes dans les divers Mammifères. 
Les Rongeurs sont ceux où il nous a paru le plus 
grand; dans Xéchidné, chez lequel il se prolonge bien 
au-delà du testicule , il dépasse encore les proportions 
des animaux de cet ordre. Il n'est pas toujours collé 
contre le testicule , comme dans l'homme et la plu- 
part à.ç.^ mammifères. On le trouve libre dans les Ani- 
maux à bourse et chez la plupart des Rongeurs^ et ne 



126 XXXIIlc LEÇON. ORGANES PIlÉPAHATEURS, ETC., MALES. 

tenant à cet organe (iue par deux cordons minces, 
dont le supérieur renferme les conduits efférents, et 
dont l'autre est un simple ligament. 

Lorsque les testicules sont hors de l'abdomen , les 
canaux déférents remontent dans cette cavité, avec 
le cordon des vaisseaux spermatiques, en traversant 
l'anneau sus-pubien. 

Les canaux déférents ont généralement des parois 
fermes et épaisses, le plus souvent un diamètre égal 
dans toute leur étendue, et une marche directe, sans 
autre inflexion que celle nécessaire pour qu'ils arrivent 
à leur destination. Mais , à tous ces égards , on trouve 
encore des exceptions remarquables. Leurs parois 
nous ont paru beaucoup moins épaisses et moins con- 
sistantes dans les animaux dont les testicules ne sor- 
tent jamais de l'abdomen , tels que les fourmiliers , 
Yéc/ndné, Xéléphant^ le marsouin et le dauphin, etc., 
que dans ceux qui ont constamment ou momentané- 
ment ces organes hors de la même cavité. Dans ce 
premier cas , ils ont d'ailleurs une marche extrêmement 
flexueuse dans une partie de leur trajet. 

Ceux de Y éléphant^ par exemple, forment un très 
grand nombre de sinuosités et d'inflexions dans la 
partie qui passe le long de la face supérieure de la 
vessie jusqu'à son col. 

Ceux de Xéchidné restent très flexueux jusque très 
près de l'endroit où ils se terminent ; de sorte qu'il est 
difficile de détCiiiiiner exactement l'endroit où ils com- 
mencent et où fniit l'épididynie. Ils sont à la vérité 
moins flexueux dans les dauphins: cependant cette 
disposition s'y trouve encore d'une manière reniar- 



AUX. II. liE LEUKS CAiNAUX EXCRÉTEURS. 127 

quable. il sont égaiement tlexueux dans le daman et 
le fourmilier. 

Quant à leur diamètre, il croît quelquefois considé- 
rablement, peu de temps avant leur insertion, par 
l'augmentation en épaisseur de leurs parois ; et même, 
dans certains animaux, par la dilatation de leur canal. 
Dans Xours^ le blaireau^ le raton ^ celles-là , après s'être 
épaissies peu à peu , se soudent et se confondent avec 
les parois du canal opposé, et semblent ne plus former 
qu'un seul corps, tandis que les cavités restent séparées. 
Cette augmentation a lieu également dans la loutre et 
le phoque^vAKv^ la réunion se fait plus tard. On la trouve 
de même dans plusieurs Rongeurs, tels que les lièvres^ 
les cochons dinde, le castor^ le hamster, les j^ats. T^a 
cavité des déférents est en même temps dilatée dans 
ces derniers. [C'est ce que nous avons encore ob- 
servé dans la gerboise de Mauritanie.] h'éléphant , la 
plupart des Ruminants , les Solipèdes, nous offrent 
encore des exemples dune semblable augmentation. 
Chaque déférent forme , dans \ éléphant , lorsqu'il est 
arrivé entre la vessie urinaire et les vésicules séminales, 
une ampoule globuleuse très considérable, qui adhère 
fortement, par toute sa face interne, à celle de l'autre 
côté, et dont les parois sont les mêmes que celles du 
canal et présenlcTit au moins autant d'épaisseur. 

Rien de plus singulier que la structure que mon- 
tre le déférent dans les Solipèdes. A peu près à 
o°,i8 de son embouchure, il se renfle subitement, 
et son diamètre augmente de 0'",oo5 à o'",o3o; ce ([ui 
dépend de laugmentation en épaisseur de sgs pa- 
rois. Celles-ci prennent en même temps un tout autre 
aspect : on y remarque des celhdes nombreuses, dont 



128 XWIU'' LEÇON. OKGANES PBÉPARATElJKS , ETC., MALES. 

les cloisons principales sont dirigées en travers et qui 
renferment une matière muqueuse , blanche , épaisse 
comme de la gelée qui se fond, qui transsude par la 
compression dans la cavité du déférent ; celle-ci est 
très étroite relativement au diamètre total, et présente 
un réseau de cordons fins d'un blanc de lait, dont les 
mailles sont les issues qui donnent passage à l'humeur 
renfermée dans les parois du canal. 

La dilatation qu'éprouvent les déférents du bélier 
est à la vérité très comparable à celle du cheval; leurs 
parois y sont moins glanduleuses, et leur cavité plus 
grande à proportion ; mais la surface de celle-ci a des 
plis en travers, entre lesquels on en voit de plus pe- 
tits, formant un réseau, dans les mailles duquel dé- 
coule rhumeur de ces parois. 

Dans le bubale , ces canaux sont encore plus dilatés 
que ceux du bélier; l'humeur de leurs parois, dont la 
surface interne est lisse et sans réseau, en découle par 
de larges ouvertures , aboutissant à des culs-de-sac. 

Dans le daim et le bœuf, ils se dilatent subitement 
lorsqu'ils sont arrivés à la h'auteur des prostates, en 
même temps que leurs parois prennent plus d'épais- 
seur. 

L'insertion des canaux déférents se fait toujours 
dans la paroi inférieure de l'urètre , tout près de son 
origine. Ces canaux percent obliquement cette paroi 
et s'ouvrent ordinairement de chaque côté du veru- 
montanum, ou quelquefois dans cette éminence. Ra- 
rement n'ont-ils qu'un seul orifice pour les deux, comme 
dans le blaireau^ où ils se rendent dans un cul-de-sac 
que renferme le verumontauum , et qui s'ouvre , au 
riilieu de celui-ci, par une fente longitudinale. Lors- 



ART. II. LEURS CANAUX EXCRÉTEURS CHEZ LES OISEAUX. 129 

quil y a des vésicules séminales, ou ne trouve ordi- 
nairement qu'une ouverture, pour la vésicule et le ca- 
nal déférent du même côté. C'est ce que nous verrons 
plus particulièrement dans la description de ces vési- 
cules. 

[Dans le genre rat^ les canaux déférents sont entourés, 
à leur dernière extrémité , d'uu anneau de glaudules 
cylindriques serrées les unes près des autres (i).] 

G. Chez les Oiseaux. 

L'épididyme ne forme pas généralement un corps 
séparé du testicule comme dans les mammifères. Il 
est encore distinct, à la vérité, dans Xautruche; mais, 
dans la plupart des autres oiseaux , on reconnaît sous 
l'albuginée les replis du canal dont il se compose, et 
presque aussitôt qu'il en est détaché, ce n'est plus pro- 
prement que le canal déférenc, qui reste flexueux dans 
toute son étendue. \J autruche id\X encore, à cet égard, 
exception à la règle : le canal déférent, une fois sorti 
de l'épididyme , ne fait plus de sinuosités. 

Dans l'un ou l'autre cas , chacun des deux canaux se 
rapproche de l'uretère de son côté, passe avec lui le 
long du rein, et arrive au cloaque, dans lequel il se ter- 
mine par uu orifice séparé. Souvent, avant de se ter- 
miner ainsi , on le trouve dilaté en une petite vessie 
ovale, remplie, comme tout le reste de son étendue , de 
liqueur séminale, d'un blanc opaque. Cette ampoule 
est placée dans quelques cas, celui des canards^ entre 



( I ) Notes et renseignements sur les Mammifères fie \ Algérie par MM. Du 
vernoy et Lerebonllet. Mém. de la Société d'histnire naturelle de Slras- 
hmirq. 1. IIÎ. 

8 q 



130 \X\IIl' Li:Ç0N. 0BG4NES PKÉPARÂTEURS, ETC., MALES. 

deux muscles érecteurs, qui doivent la comprimer 
lorsqu'ils se contractent. 

D. Chez les Reptiles. 

1. Dans la sous-classe des Reptiles propres. 

[Il y a toujours un épididyme qui reçoit la semence 
des canaux séminifères efférents et la transmet dans 
le canal déférent.] 

L'épididyme est, dans les chéloniens, un peloton 
d'un long canal qui ne cesse d'être très flexueux dans 
le reste de son étendue et lorsqu'il devient canal défé- 
rent; il aboutit dans la partie du cloaque qui répond 
immédiatement à la base de la verge, et à son sillon. 

L'épididyme forme , chez les lézards , un corps 
détaché, gros et de figure pyramidale, plus long que 
le testicule, qui n'y adhère que par un petit filet, et 
n'est évidemment composé que des replis du canal 
déférent. Celui-ci se porte le long du bord externe du 
rein , juscpi'au cloaque, dans lequel il s'ouvre. 

Le volume proportionnel de l'épididyme est moin- 
dre chez les Ophidiens ; il s'y change bientôt en un 
canal déférent également très flexueux , qui , dans cet 
ordre, comme dans les précédents, s'ouvre dans le 
cloaque. Dans les Ophidiens seulement, l'insertion des 
deux canaux a lieu dans une papille qui a été décrite 
improprement comme une verge. 

[Toutes les fois qu'il y a un épididyme, le canal 
déférent en est la continuation, comme dans les 
classes précédentes , et il est souvent difficile de dé- 
terminer exactement la limite de l'un et de l'autre. 



ABT. H. LEIIBS CAN\UV EXCRÉÏELBS CHEZ LKS KEPTILES. 131 

Ils se terminent toujours dans le cloaque, h sa paroi 
supérieure, en dehors ou au-dessus des uretères, de 
manière que lorsqu'il y a deux verges , l'orifice de 
chacun d'eux correspond , dans l'érection , avec la base 
et le sillon de la verge correspondante. Lorsqu'il n'y a 
qu'une verge, tous deux correspondent avec la rai- 
nure dorsale de cette verge unique. ] 

2. Dans la sous-classe des Reptiles amphibies. 

[Chez les Batraciens anoures , les canaux séminif ères 
efférents se rendent séparément dans le canal commun 
pour les urines et la semence , ou bien après s'être 
réunis en une sorte de déférent, qui est toujours fort 
court. L'uretère devient ainsi un canal urétro-séminal. 

Nous verrons même ce canal avoir pour annexe, 
dans plusieurs espèces de grenouilles , une scfrte de vé- 
sicule séminale. Dans la grenouille verte , on le voit le 
long du bord interne du rein, où il commence et où 
il reçoit les canaux urinifères et les canaux séminifères, 
qui ont pénétré dans le rein ou contourné cet organe 
sous son enveloppe propre. 

Il résulte de cette disposition que les Batraciens 
anoures manquent dépididyme, et que la semence 
arrive dans le cloaque par le même canal et le même 
orifice que l'urine. 

Parmi les Batraciens urodèles^ les tritons et les sala- 
mandres ont certainement un épididyme. Nous l'avons 
constaté pour la salamandre commune^ la noire ^ le 
triton à crête et \ alpestre. 

C'est un ruban mince, situé au côté externe du 
testicule, parallèlement à cet organe, le dépassant un 



132 XXXIIP LEÇON. ORGAINES rREPABATEUBS, ETC., MALES. 

peu en avant. Il est composé d'un canal, ou de canaux 
très repliés, formant comme une chaînette très com- 
pliquée , qui se cbange eu avant en un canal aplati, 
lequel, après s'être coudé d'avant en arrière, devient 
le déférent (i). 

Les canaux séminifères efférents sortent successive- 
ment du testicule, et se rendent transversalement dans 
la partie correspondante de Tépididynie. 

Plusieurs des derniers sortants aboutissent seule- 
ment au déférent. 

Celui-ci se distingue par son plus grand diamètre , 
son opacité et sa couleur blanche , à Fépoque du rut , 
où il est distendu par le sperme. 

Ce canal est peu sinueux, peu replié dans la sala- 
mandre commune. Il Test beaucoup, et conséquemment 
fort long et d'un grand diamètre , dans la salamandre 
noire. Il forme des festons nombreux et réguliers dans 
le triton alpestre. 

Dans le triton à crête, ces replis n'existent que dans 
la première portion de sa longueur. 

he protée aurait un petit épididyme. 

Une circonstance qui distingue éminemment le canal 
déférent des Urodèles , c'est qu'il reçoit les trois jus- 
qu'aux sept premiers canaux urinaires(2)qui sortent du 
rein, et que l'appareil extraordinaire de ces canaux uri- 
naires, qui se développent et se déploient hors du rein , 
jusqu'au nombre de vingt-cinq (dans la salamandre 



(i) Voirdans le t. XIX, p. SgS des Comptes-rendus de l'Acade'mie des 
sciences, nos Fragments sur les organes génito-urinaires des Reptiles. 
(2)Ibid., p. 957. 



ART, II, LEURS CANAUX EXCRÉTEURS CHEZ LES POISSONS. 133 

/io/>d), ne se réunit que tout près du cloaque en un seul 
et très court uretère. 

Ainsi, chez les mâles des Urodèles^ c'est Turine qui 
va, de bonne heure , chercher la semence dans le défé- 
rent; tandis que, chez les Anoures ^ c'est la semence, 
dont les canaux pénètrent dans le rein , qui va se mé- 
langer à l'urine, dés l'origine du canal commun de 
ces deux humeurs. 

Chez les Batraciens urodèles ,\es canaux déférents 
s'ouvrent chacun dans une papille de la paroi supé- 
rieure du cloaque. Les deux papilles sont très rappro- 
chées dans une fossette où sont les orifices des uretères. 

C'est précisément à l'endroit où les plis longitudi- 
naux du rectum finissent et où commence une pre- 
mière division du vestibule génito-excrémentitiel , ou 
le cloaque supérieur, que se voient ces deux papilles; 
elles semblent chacune avoir pour prépuce la termi- 
naison d'un de ces plis. 

Immédiatement au-dessous , l'orifice de la vessie uri- 
naire aboutit dans la même partie du vestibule.] 

E. ^Dans la classe des Poissons. 

[Les anguilles et les lamproies n'ont pas plus de con- 
duit particulier pour porter au dehors la semence pro- 
duite par la glande spermagène que d'oviducte pour 
les œufs. Comme les oeufs , leur semence déchire les pe- 
tites capsules dans lesquelles elle s'amasse , et se ré- 
pand dans la cavité abdominale, d'où elle est expulsée 
par les canaux péritonéaux ouverts dans la partie la 
plus reculée de cette cavité, et qui se terminent, avec 
les uretères, dans la papille cylindrique et creuse qui 
se voit au-devant de la nageoire anale. 



134 WXIIl" LEÇON. ORGANES PKKrA R ATEURS , ETC., MALES. 

Dans le second type que nous avons décrit , celui 
des testicules à sac, nous avons déjà vu les canaux sé- 
niinifères verser la semence dans un canal principal, 
qui règne tout le long de la paroi supérieure de la 
glande , et qui se dégage en arrière , de la substance 
propre du testicule, où ce long sac n'a plus qu'un col 
allongé et très étroit, qui est son canal déférent propre- 
ment dit. Les deux canaux se réunissent , après un 
court trajet, en un seul conduit éjaculateur, qui n'a, le 
plus souvent, qu'un orifice commun avec la vessie uri- 
naire, lequel est percé entre l'anus et la nageoire 
anale. 

Il est remarquable que les saumons^ qui appartien- 
nent à la catégorie des poissons à ovaires sans ovi- 
ducte, se retrouvent , pour les organes mâles, daqs le 
second type que nous venons de décrire, celui des testi- 
cules à sac, qui est le plus commun. 

Leur canal déférent, ainsi que celui de la plie , des 
blenuies ^ etc., montre intérieurement une paroi cel- 
luleuse, dont les cellules pombreuses sont les aboutis- 
sants des conduits séminifères. 

D'autres fois les embouchu-res de ces conduits sont 
marquées, dans les parois du canal déférent, par de 
petites papilles. 

Dans le labrax lupus , le canal déférent, qui règne , 
ainsi que cela a lieu généralement dans ce type, le 
long de la glande , dans un espace étroit, libre de la- 
melles proiigères, vient aboutir dans un long canal 
éjaculateur, commun aux deux glandes, qui se termine 
derrière l'anus. 

Les esturgeons présenteraient, à cet égard, une par- 
ticularité remarquable. Plusieurs canaux trausvei-ses, 



ART. TI. LEURS CANAUX EXCRÉTEURS CHEZ LES POISSONS- 135 

allant du canal déférent à riuetère, y porteraient la 
semence. C'est du moins ce qu'affirme M. Rathke (i) 
pour le grand esturgeon (accipenser huso, L.) 

Dans Vestiirgeoii ordinaire (accipenser sUii'io L.) ce 
serait le canal déférent qui se joindrait de bonne 
heure à luretère (2). 

Il résulterait de ces deux observations que les Estuj- 
^^o^z^y auraient des glandes spermagènes à sac, avec un 
canal déférent ou des canaux séminifères, se réunis- 
sant à l'uretère, et que les mâles de ces poissons rentre- 
raient à cet égard, ou à peu près, dans le type com- 
mun, comme les mâles des Salmones. Nous n'avons 
pu vérifier ces observations. Ce qu'en dit M. Guvier 
dans l'histoire naturelle des poissons (3) est, d'après 
M. Rathke , qui a représenté ces organes se déve- 
loppant.] 

Chez les Sélaciens , la semence produite par le testi- 
cule passe dans un épididyme très gros et allongé , qui 
ne tient à la glande que par un prolongement mince 
qu'elle lui envoie de son bord externe et antérieur, et 
dans lequel la substance cellulo-laiteuse de l'organe 
paraît^ se continuer. Cet épididyme est un assez gros 
canal très replié, qui augmente encore de diamètre vers 
son extrémité postérieure, où il ne fait plus que des 
zigzags qui se touchent. 11 ne cesse d'être flexueux jus- 
qu'à l'endroit de sa terminaison , et il s'avance le long 
du bord interne du rein de son côté , contre lequel il est 
collé. Il aboutit dans une vésicule séminale placée sous 



(i) Beitrœge zur Geschichte der Thierwelt^ll.S\Ùx:^Aa\\e 1824- 

(2) Zoologie médicale par MM. Brandt et Raztburg. 

(3) Tom. I, p. 536 et oSy. 



) 



136 XXXTII' LEÇON. ORGANES PRÉPARATEUr.S , ETC., MALES. 

le gros bout du rein, qui n'est proprement qu'une dila- 
tation de ce canal , mais dont l'entrée et la sortie sont 
un peu anfractueuses. Les deux vésicules s'ouvrent 
ensemble au milieu d'une papille cylindrique, qui se 
voit dans le cloaque. 

[Malgré la juste détermination que nous avions 
donnée dès i8o5, dans le texte précédent, de l'épidi- 
dyme des Sé/acie/is, ou l'avait mise en doute, en i83o, 
par suite de la grande difficulté de reconnaître les vais- 
seaux séminifères, allant du testicule à ce corps, que l'on 
finit par regarder comme une glande dont l'usage res- 
tait problématique (i). Mais dès i 836 le même savant 
avait pu suivre ces canaux dans la torpille et dans plu- 
sieurs espèces de squales. 

Peu d'années après, MM. /. Da^i/ (2) et Slannius dé- 
couvraient des spermatozoïdes dans le testicule, dans 
les différents points du canal de 1 épididyme et dans la 
dilatation de la vésicule séminale (3). 

Les vaisseaux sanguins des glandes spermagènes 
sont semblables , dans chaque espèce , à ceux des glan- 
des ovigènes. 

Nous renvoyons pour leur description à ce quQ nous 
en avons dit dans la leçon précédente.] 



(i) M. J. Millier, dans son ouvrage cité sur les glandes, p. 107. 

(2) Researclies physiological and anatomical^ t. II. p. 436. Londres, 
1839. 

(3) Archives (Panatoniie et de physiologie de J. Millier pour i836, 
p, Isxxix, et pour i84o, p. 4i et suiv. 



ART. Iir. ou SPERME DES VERTKBBÉS. 137 

ARTICLE III. 

DU SPERME OU DU PRODUIT DE LA GLANDE SPERMAGÈNE DANS 
LES ANIMAUX VERTÉBRÉS, 

[L'activité de la glande spermagène est subordonnée 
à Tâge, à la saison ou à 1 époque du rut, qui varie dans 
chaque espèce. Les vaisseaux, les canaux ou cellules 
séminifères dont se compose cette glande, son canal ex- 
créteur, ne se remplissent de sperme que chez les sujets 
dont l'organisme est assez développé pari âge pour être 
en état de procréer son semblable. Plus tard, lorsque 
ce même organisme est réduit à cette faible activité vi- 
tale que la durée de la vie amène nécessairement, par 
suite d une trop grande proportion des parties soUdes, 
la glande spermagène ne produit plus un sperme assez 
élaboré pour la génération. 

Cette production n'a lieu d'ailleurs, pour l'immense 
majorité des animaux, qu'à certaines époques de l'année 
hors desquelles la glande spermagène est réduite à un 
très petit volume et l'animal est impuissant pour l'acte 
de la génération. 

L'homme seul, avec quelques animaux domestiques, 
a le privilège de conserver sa puissance génératrice, 
depuis l'âge de puberté jusqu'à un âge très avancé, 
d'une manière continue et non intermittente. 

Le sperme d'un animal propre à la génération a des 
caractères physico-chimiques et organiques qui le dis- 
tinguent de tout autre liquide animal. Nous les expo- 
serons succinctement, tels que les donne l'état actuel 
de la science, afin de compléter la connaissance de tout 
l'appareil organique mâle, qui concourt essentielle- 



138 XXXITl* LEÇON, ORGANES PRÉPABATEUP.S, ETC., MAIES. 

ment à la production de l'embryon, dans la génération 
sexuelle.] 

I. Caractères physico-chimiques du sperme. 

[On ne connaît guère, sous ce rapport, que le sperme 
humain^ analysé par Vauquelin ; celui du cheval^ dont 
M. Lassaigne a donné une analyse comparée, et ce- 
lui de la carpe , que Fourcroy et Vauquelin ont fait 
connaître. 

Le sperme humain, d'après ce dernier chimiste, se 
compose de : 

Eau 900 parties. 

Subst. mucilagineuse particulière. 60 

Soude 10 

Phosphate de chaux 3o 

1 ,000 

Le liquide, récemment rendu, est visqueux, eu partie 
blanc opaque, en partie d'iui gris opalin, ou légèrement 
nuancé de jaunâtre. C'est qu'il paraît composé de deux 
parties, l'une laiteuse, l'autre d'une consistance muci- 
lagineuse, qui montre ces dernières nuances. Sa pesan- 
teur spécifique est plus grande que celle de l'eau ; son 
odeur est celle du pollen de plusieurs plantes, entre 
autres du châtaignier ; sa saveur est acre et irritante 
et conséquemment un peu styptique. Il réagit sur les 
réactifs colorés, comme les alcalis. 

Il montre le singulier phénomène de devenir plus 
liquide en se refroidissant, sans qu'il y ait eu, dans ce 
changement, absorption de l'humidité atmosphérique. 

Il dépose des cristaux de phosphate de chaux, déjà 
observés par deGleicken, qui sont des prismes à quatre 
pans , terminés par des pyramides tétraèdres. 

La dessiccation en forme une lame cornée, dont le 



ABT. HT. DU SPERME DES VERTÉBRÉS. 139 

poids est le dixième du poidt? total du sperme mis en 
expérience. 

La substance mucilagineuse particulière a été dis- 
tin[;uée plus tard par Berzélius sous le nom de sper- 
me itine. 

M. Lassaigne a trouvé la spermatine dans le sperme 
du cheval, qui se compose encore, d'après ce chimiste, 
de phosphate de ma^jnésie, d'hydrochlorate de soude 
et de nitrate de soude. 

Le sperme des Poissons osseux, que Fourcroy et 
Vauqueiin ont fait connaître, d'après celui de la carpe ^ 
aurait, en résumé, les caractères suivants : cette laite 
est onctueuse: elle a une forte odeur de poisson, elle 
n'est ni acide ni alcaline. Elle se compose d'albumine , 
de (gélatine , d'une sorte de savon avec des traces de 
phosphate de chaux, de magnésie et dépotasse. Ce qui 
la distingue surtout est un carbure de phosphore azoté. 

Cette circonstance de l'existence du phosphore 
dans le sperme a semblé aux auteurs de cette impor- 
tante découverte .devoir se lier au phénomène de la 
phosphorescence chez plusieurs animaux marins ou 
terrestres. 

On voit combien la science est encore pauvre de 
faits et d'observations sur les caractères physiques et 
chimiques de la liqueur fécondante des animaux. Il 
nous paraîtrait surtout essentiel de comparer ces der- 
niers caractères avec ceux que fournirait leur système 
nerveux.] 

n. Composition organique du sperme dans les ani- 
maux vertébrés. 

[Pour avoir une idée juste de la composition orga- 



140 XXXIIl* LEÇON. ORGANES PKÉPARATEUKS, ETC., MALES. 

nique du sgermede 1 homme et des animaux vertébrés, 
il faut le prendre dans l'épididyme ou dans le canal 
déférent, avant son mélange avec les humeurs des 
glandes accessoires, quand il en existe, ou lorsqu'on 
doit supposer qu'il a reçu sa complète élaboration. 
Dans les vaisseaux séminifères du testicule, cette éla- 
boration paraît moins complète. Si c'est un animal qui 
ne jouit, comme cela est général, que d'une faculté 
génératrice intermittente, c'est à l'instant où cette fa- 
culté se manifeste, à l'époque du rut, qu'il faut recher- 
cher cette composition. 

Une goutte de sperme, recueillie avec toutes les pré- 
cautions, et exposée sous le microscope, à un grossis- 
sement de 3 à 4oo diamètres, montre d'innombrables 
corpuscules, de forme régulière et de grosseur sem- 
blable , suivant les espèces , se mouvant dans tous les 
sens, à la manière des animaux, si le sperme est récent. 

Ces corpuscules animés, que nous appellerons, 
à cause de cette circonstance, spermatozoïdes ^ ont été 
découverts, en 1677, par l'étudiant Ham ^ au moyen 
du microscope de Leeiuvenhoeck^ dans le sperme d'un 
homme affecté de pertes séminales. Décrits ensuite et 
observés en détail, dans le sperme de beaucoup d'ani- 
maux , par ce dernier savant , ils sont désignés dans 
beaucoup d'ouvrages sous le nom à' animalcules sper- 
matiques ^ de zoospermes. Ce sont ces mêmes corpus- 
cules séminaux que Buffon considérait comme des 
molécules vivantes , devant s'agréger pour la com- 
position de Fembryon, 

YjQ?, spermatozoïdes composent la plus grande partie 
du sperme élaboré et propre à la génération. 

Ofl y voit, en outre, une petite proportion très va- 



AKT. III. DIJ 5I>JiKME DES VERTÉBRÉS. l4l 

riable de jjlobules de différentes grandeurs , à surface 
granuleuse , désignés sous Je nom de granules sperma- 
tiques. 

Les spermatozoïdes et les granules spermatiques na- 
gent dans une très petite quantité d'un liquide blanc , 
transparent, de nature probablement albumineuse, qui 
se coagule, par l'alcool ou le vinaigre , en granules ex- 
trêmement ténus. 

Les granules spermatiques varient beaucoup en gros- 
seur. M. R. Wagner en a vu dans le sperme du pinson 
de o"^"\225 à o^'^iôo et o'"'", 1 12 et au-dessous de cette 
mesure jusqu'à o'""',û37 (1). Leur grosseur moyenne 
paraît être de o""",Oy5. 

11 y a aussi quelques molécules graisseuses ou iiui- 
leuses et des débris d épithélium, qu'il ne faudrait pas 
confondre avec les granules spermatiques. Les molé- 
cules graisseuses sont tout unies et ne paraissent ja- 
mais de structure granuleuse ou composées d'auQ-es 
molécules. 

Le sperme des animaux vertébrés, indépendam- 
ment des spermatozoïdes qui en formant la plus 
grande partie, aune densité et sans doute une com- 
position qui varient suivant le lieu où doit s'opérer 
la fécondation. Sa densité, et sa blancheur laiteuse, 
qui lui a fait donner le nom de laite chez les pois- 
sons osseux , sont en raison du mélange extraordinaire 
qu'il doit éprouver en tombant dans l'eau, où s'opère 
la fécondation des œufs, pour l'immense majorité des 



(i) Eléments de physiologie, repartie, p. 9. Leipzig, 1819, et Icônes 
phjs., tab. I, fig. I, pour les gianuleâ de l'homme, et tig. II>«5 l>! ng* "I' 
ceux du lapin ; fig. V, du grimpereau ; (ifj. VII , de la pir-grièche rousse. 



l42 XXXIII"' LEÇON. OBGAINES l'KÉPARATEURS , ETC., MALES, 

animaux de cette classe. 11 devait conserver, ainsi dé- 
layé , à travers l'immense quantité de véhicule qui le 
porte sur les œufs, sa faculté fécoudaute. 

Lorsque la fécondation est intérieure et que ce li- 
quide doit être transmis dans les voies de la génération 
de la femelle, sa densité primitive est bien différente, 
encore qu'elle puisse être modifiée par des humeurs 
sécrétées par des glandes accessoires , dans les canaux 
qu elle suit pour sortir du corps du mâle. 

Chez les Sélaciens et les chimères de la sous-classe 
des cartilagineux, le sperme du testicule se trouve 
plus ou moins modifié par le canal de l'épididyme et 
par le canal déférent, dont les parois épaisses et d'ap- 
parence glanduleuse paraissent devoir sécréter une 
humeur propre à délayer celle du testicule. 

Arrivé dans la dilatation du canal déférent ou dans 
la vésicule séminale, la semence de ces poissons est 
un fluide épais, verdâtre, dont la composition chimique 
n'a pas encore été analysée. 

Quant à sa composition organique, on y trouve des 
granules ayant un mouvement moléculaire et des 
spermatozoïdes remarquables par leur mouvement 
oscillatoire latéral.] 

III. Des spermatozoïdes. 

\L,es spermatozoïdes entrent pour une si grande pro- 
portion dans la composition du sperme normal ou 
complètement élaboré pour la fécondation, qu'on ne 
peut s'empêcher de les considérer comme jouant un 
rôle important dans cette fonction. 

Les connaissances acquises à leur sujet, dès l'instant 
pour ainsi dire de leur découverte jusqu'à ces derniers 
temps, sont intimement liées aux différents systèmes 



ART. III. DU SPERMK DES VEBTÉBRÉS. 1 43 

imaginés sur la génération, soit prétendue spontanée, 
soit par voie continue de parenté. 

Ce double motif nous détermine à donner ici une 
analyse de ces connaissances, telles que les présente 
l'état actuel de la science, en nous bornant, dans cet 
article , à décrire les spermatozoïdes des animaux 
vertébrés. 

Le mot nouveau que nous avons adopté depuis plu- 
sieurs années, dans nos enseignements , et que des au- 
teurs recommandables ont accepté dans leurs ouvrages, 
pour désigner ces singulières productions, a pour but 
de ne pas confirmer ce que nous regardons comme une 
erreur, en continuant de les désigner sous le nom de 
zoospermes. 

Nous avons constamment combattu, dans nos cours 
et dans nos publications, l'idée que ce sont des ani- 
maux, et particulièrement des parasites de la semence, 
résultat d'une force plastique exubérante de ce liquide 
proligère , ainsi que le pense M. Burdach. 

Cette théorie nous a toujours paru contraire aux 
observations les plus multipliées et les plus exactes , et 
aux idées les plus saines sur la production des êtres 
organisés. 

Aussi paraît-elle généralement abandonnée , même 
en Allemagne, où l'on a fait de si nombreuses et de 
si bonnes observations sur les spermatozoïdes. M. Bis- 
choff^ auteur de l'ouvrage le plus complet sur le 
développement des mammifères, a adopté la dénomi- 
nation que nous avons proposée; tandis que M. Ka.lic- 
ker et d'autres savants ont admis celle de filaments 
spermatiques , dénomination qui est loin d'être propre 
àtoutes leurs formes. 



\i4 XWIII» i.KÇON. ORGANES PllKPABATEURS , ETC., MALES. 

Après leur étonnante proportion, qui est telle que 
le sperme ne semblerait composé, au premier coup 
d'œil, que de sperniatozdides , ce qui frappe le plus 
est leur forme, souvent en rapport plus ou moins évi- 
dent avec le genre, la famille, la classe même à la- 
quelle appartient l'animal. j 

En effet , des observations multipliées, mais qui ont 
besoin de Tétre encore bien davantage pour arriver à 
des résultats incontestables , ont montré que , dans les 
animaux vertébrés, les spermatozoïdes se composent 
eu général de deux parties: l'une principale plus grosse 
et plus courte, de forme et de propoition très variées, 
qu'on appelle leur corps; et l'autre qui s'en détache 
comme un appendice caudal, lequel peut avoir de six 
à dix fois la longueur du corps, et dont l'extrémité est 
souvent d'une extrême ténuité. 

L'appendice , toujours plus épais à sa naissance ,. s a~ 
vance quelquefois, dans cette dernière forme, d'une 
manière sensible , sur le corps.] 

A. Chez les Mammifères. 

[FiG corps des spermatozoïdes est ovale et aplati dans 
\ espèce humaine. 

Il est à peu près de même foi'me dans \agueno7i patas. 

Il est ovale et pointu à sou extrémité . dans le grand 
fer-à-cheval , parmi les Chéiroptères. 

Nous l'avons trouvé rond et plat, avec un très long 
appendice caudal, plus épais à son origine, dans le 
hérisson , parmi les Insectivores. 

Chez le lapin .^ parmi les Rongeurs, le corps est 
mi peu elliptique, et la queue beaucoup moins lon- 
p^ue à proportion , et de même plus épaisse à son ori- 
£;ine. 



ART. II. DK LEUlîS CANAUX EXClUiTEURS. I45 

Dans la famille des rats^ le corps des spermatozoïdes 
est singulier par sa forme de hache très bien carac- 
térisée . 

Dans le chien , leur corps est pyriforme , obtus 
en avant. 

liane et le cheval l'ont oblong , pointu à son extré- 
mité. Le chevreuil l'a cordiforme, un peu échancré 
et élargi du côté opposé à la queue. 

Le taureau l'a ovale, quelquefois eu lyre , c'est-à- 
dire un peu resserré dans son milieu.] 

B. Chez les Oiseaux. ' 

[Les Oiseaux ont des spermatozoïdes dont le corps 
est proportionnément long, cylindrique ou conique, 
un peu aigu, chez les uns. Il montre chez d'autres plus 
ou moins d'inflexions, selon les espèces, et prend la 
forme du tire-bouchon. 

La queue est d'une extrême ténuité, au point qu'elle 
a été quelquefois inaperçue (dans les spermatozoïdes 
du coq)',e\\e peut être très longue (ceux an pinson). 

Le premier type , formé d'un corps cylindrique un 
peu conique , ou arqué une seule fois , ou montrant 
tout au plus deux légères courbures en sens opposé, 
est celui des spermatozoïdes du coq , du pigeon., de la 
tourterelle ; du pic vert, avec des différences dans les 
proportions relativement à la queue, et dans l'extré-. 
nùté antérieure, qui peut être renflée (le coq.,\epic 
vert) ; ou effilée (le canard); ou amincie (le pigeon, la. 
tourterelle). 

Les espèces du ^enre fringiila ^ les /)ies-grièches , 
]i;sgrii'es , ont leurs zoospermes en tire-bouchon, pour 
ic corps, qui est pointu en avant. 

8. 10 



146 VXXlir LEÇON. ORGANES PBÉPARATEUBS , ETC., MALES. 

Les observations sont-elles assez multipliées pour 
qu'on puisse affirmer que ce dernier type est celui des 
oiseaux chanteurs; tandis que le premier appartien- 
drait aux oiseaux de proie, aux grimpeurs, aux galli- 
nacés, aux échassiers et aux palmipèdes? Nous ne rç- 
pétons ces assertions qu'avec la réserve du doute (i). 

G. Chez les Reptiles. 

[ Dans la sous-classe des Reptiles propres^ on retrouve 
le plan général des deux classes précédentes, ou plutôt 
les deux types de chacune de ces classes. 

Chez les Chéloniens , ils ont un corps ovale ou rond 
et aplati ; c'est le type des mammifères. Il est allonge 
et cylindrique ch'ez les Sauriens (les lézards) et les 
Ophidiens : c'est le type des oiseaux. 

Dans r<?/ve^, leur corps est allongé et pointu. 

Dans la couleuvre à collier^ nous l'avons trouvé 
pointu et effilé en alêne à son extrémité, un peu en 
navette , grêle , s'amincissant insensiblement vers la 
queue. Il est pointu à son extrémité, arqué, grêle, 
cylindrique , plus distinct de la queue , qui est assez 
longue , dans la vipère de Redi. 

ÏjC type que nous venons de décrire dans les Ophi- 
diens se rapproche encore, par sa forme grêle, en fil , 
de celui que nous décrirons dans les animaux sans 
vertèbres. 

Nous le trouvons plus prononcé dans la sous-classe 
des Reptiles amphibies. Nous avons vu les spermato- 
zoïdes de \di grenouille rousse^ ayant un corps grêle, en 

(i) Voir les Icônes phjs, déjà citées pi. V. 



AET. TI. DK LEUKS CANAUX EXCRÉTEURS. 147 

navette, effilé aux deiix extrémités; mais celle qui 
pourrait être considérée comme l'appendice caudal, 
sensiblement plus longue que l'autre. 

Ces spermatozoïdes cheminent comme des serpents, 
se ploient en. citons sens et se bouclent souvent par 
l'une de leurs extrémités, ce qui a donné l'illusion à 
quelques observateurs d'un corps en palette. Ils ont 
g""" ,06 de long. 

Ceux des tritons ^ et plus particulièrement les sper- 
matozoïdes du triton a crête^ ont un corps grêle , cylin- 
drique, ayant quelquefois l'apparence d'un léger ren- 
flement à son extrémité qui séparerait du corps une 
partie plus grêle. La queue, beaucoup plus longue que 
le corps, s'en distingue d'une manière tranchée, dès 
son origine, par un moindre diamètre. Elle est encore 
remarquable , et diffère de tous les spermatozoïdes 
connus, par un fil extrêmement délié, contourné en 
spirale très régulière , qui paraît fixé à son origine et à 
son extrémité, et qui l'entoure à distance. 

Cette forme singulière est commune aux espèces 
des deux genres triton et salamandre ^ qui composent 
la famille des Salamandres. 

C'est M. Siebold qui a reconnu le premier la conti- 
nuité de ce fil en spirale, se mouvant à distance au- 
tour de la partie principale , et d'un mouvement régu- 
lier plus rapide que ceux de cette partie. 

M. DujardinvL constaté cette continuité, et a fait l'ob- 
servation intéressante que la spirale était une partie 
distincte et ne provenait pas de la queue, qui se serait 
repliée sur elle-même. 

Nous avons eu l'occasion d'observer un de ces sper- 
matozoïdes, encore en activité^ qui s'était glissé sous 



148 XXXlll' LKÇO.\. OKGAINKS PJ'.ÉrAUATELUb , KTC. , MALES. 

iiu autre qui était immobile. Les spires du premier 
soulevaient celui-ci , ou le laissaient tomber, alter- 
nativement, suivant que les parties saillantes ou ren- 
trantes de la spire le traversaient. Cette circonstance 
fortuite a dû nous convaincre de la continuité de cette 
spire, et qu'elle ne tenait pas à des cils vibratiles, 
comme nous avions été disposés à le penser, après nos 
premières observations. 

Au reste , il suffisait d'observer ces spermatozoïdes 
dans leur état d'immobilité pour s'assurer de la 
continuité de ce fil à ressort. Nous l'avons vu détaché 
de l'extrémité postérieure et se prolongeant bien au- 
delà de cette extrémité, avec ses tours de spire plus 
distants , comme un ressort en forme de boudin qui 
aurait cessé d'être comprimé. 

Ce fil, en tire-bouchon, observé de même dans les 
spermatozoïdes de la salamandre terrestre^ est plus 
petit que dans ceux des tritons. Du moins nous a-t-il 
fallu un grossissement de 65o diamètres pour le distin- 
guer; tandis que nous avions pu apercevoir celui des 
tritons à crête avec un grossissement de 4^0 diamètres.] 

D. Dans la classe des Poissons. 

[Les spermatozoïdes des poissons sont connus depuis 
longtemps, quoique d'une manière incomplète. Ce 
sont ces globules en mouvement observés par Buffon , 
dès 1743, dans la carpe ^ le barbeau et le brochet^ qui 
lui donnèrent l'idée de son système de génération 
basé sur l'existence des molécules organiques. Cavo- 
lini^ en 1787, les avait reconnus de même dans le 
sperme des poissons. MM. Prévost et Damas expri- 
ment . dans leur mémoire sur la génération , qui 



ART. II. DE LEURS CANAUX EXCRETEURS. 149 

date de 1824, que la laite des poissons fourmille de 
corps mouvants. M. Prévost, dans son mémoire sur la 
génération du séchât^ reconnaît qu'ils ont, dans ce 
poisson, une forme elliptique. 

Mais aucun de ces observateurs n'était parvenu à 
distinguer leur queue. 

Les spermatozoïdes , dans les poissons osseux , se 
composent , en effet , de la partie principale , qu'on 
appelle le corps, qui est globuleux, ovale, elliptique, 
suivant les espèces , et d'un appendice ou queue , très 
difficile à apercevoir à cause de son extrême ténuité , 
et sans doute aussi de son peu de consistance. 

Rien de plus facile que de voir, avec un grossisse- 
ment de 260 diamètres, dans une goutte de laite de 
cyprin , les centaines ou les milliers de globules qui 
appartiennent au corps des spermatozoïdes de ces 
poissons , s'agiter sous le microscope ; mais il faut un 
grossissement plus considérable pour distinguer l'ap- 
pendice filiforme de ces corps globuleux. 

On doit à M. Dujardln des observations très détail- 
lées sur les spermatozoïdes de la carpe dont nous avons 
vérifié l'exactitude (1). 

Leur corps est globuleux, et leur queue, élargie à son 
origine, s'amincit rapidement. 

Les spermatozoïdes des Sélaciens, parmi les pois- 
sons de la sous-classe des cartilagineux, rappellent le 
second des deux types que nous avons décrits dans la 
classe des oiseaux. Ce sont de longs fils , grêles , dont 
la partie caudale est extrêmement déliée , et dont le 
corps , plus épais et assez long, a des sinuosités plus ou 

(i) ^utwles dei sciences naturelles^ ?.' série t. 8. p. 297, et p^. III. 



150 XXXIII* LEÇON. ORGANES PRÉPABATEUKS , ETC., MALES. 

moins prononcées en tire- bouchon. Son extrémité est 
souvent effilée. 

Cette forme type, si différente de celle des poissons 
osseux, est plus ou moins évidente. Nous l'avons trouvée 
très prononcée dans les spermatozoïdes de \ aiguillât f 
tandis que ceux de la raie ronce étaient plus en fil (i).] 

E. Réflexions générales sur les formes . les dimen- 
sions, les manifestations vitales et le développement 
des spermatozoïdes des vertébrés. 

[La forme constante qui caractérise les spermato- 
zoïdes appartenant à une même espèce; les ressem- 
blances de forme que présentent, en général, les es- 
pèces d'une même famille; les analogies de forme que 
montrent les espèces d'une même classe, d'un piême 
type, sont autant de circonstances remarquables de 
leur histoire naturelle. 

Leurs dimensions, comme celles des globules du 
sang, ne sont pas proportionnées à celles de l'animal. 

On pourra en juger par le tableau ci-après. 

Nous verrons , dans la leçon sur la génération de 
chacun des autres types , les formes qu'ils affectent 
dans les classes que ces types comprennent. Beaucoup 
d'observations, concernait celle des insectes, les ont 
constamment montrés de forme capillaire, ayant une 
des deux extrémités plus épaisse , et 1 autre très dé- 
liée , se réunissant d'ailleurs en écheveaux, se roulant 
en boucles , en anses , en anneaux. 

Aucune observation bien constatée ne démontre 



(t) M. Lallemand a fait représenter ceux de la raie sans désigner l'es- 
pèce, /tunalra il,'^ sctefu'e-i vnturellt>s, t. XV, pi. 20, 2* série. 



ART. II. DE LEURS CANAUX EXCRÉTEURS. 151 

d'une manière incontestable, dans ces corpuscules, une 
organisation intérieure, quoique plusieui|s observateurs 
présument leur avoir reconnu extérieurement une ou 
deux ventouses (i), et même un canal intestinal inté- 
rieurement. 

J'ai pu, moi-même , apercevoir que leur corps, chez 
ceux des Salamandres conservés entre deux verres, 
montrait, dans toute son étendue, Tapparence d'un 
canal intérieur. I^a queue n'en a pas généralement , 
ou, si elle paraît en avoir un, ce n'est que dans son 
premier tiers, et il est beaucoup plus délié. J'ai même 
vu chez quelques uns, comme une ligne rougeâtre 
dans l'axe de ce canal intérieur de leur corps. 

Leurs mouvements, du moins ceux des spermato- 
zoïdes de Mammifères et d'Oiseaux que nous avons 
observés (de lapin, de cochon d'Inde^ de chien y de 
co^), ont sans doute toutes les apparences de la vitalité 
et de la spontanéité. Dans ceux des mammifères , la 
progression du corps en tous sens semble déterminée 
par les inflexions , par les mouvements de la queue. . 

Dans les Oiseaux (le coq), les flexions, les ondu'la- 
tionç du corps seiiiblent aussi y contribuer beau- 
coup. 

Dans les tritons à crête, nous ayons constaté deux 
sortes de mouvements, l'un plus rapide quel'auti:©, 
celui du filament en spirale , qui tourne d'avant en ar- 
rière, et l'autre de flexion et de reptation on de glis- 
sement; c'est celui du filament principal qui représente 
le corps de ce singulier spermatozoïde. 

Ceux de la carpe ne s'agitent que lorsqu'on délaie 

(i) M. KaZcnft'rt v3aris les zoosperiïips de l'ouis. Voir snn lînpftiQrium 
pour i837, t. 1 1-. p. i43- . - ; 



1.V2 XXXTIl* LEÇON. OBGANES PRBPABATEUBS , ETC., MàLES. 

la laite dans un peu d'eau, et leurs mouvements 
V sont très passagers. 

La durée des mouvements des spermatozoïdes paraît 
dépendre beaucoup de Tactivité , de l'énergie vitale de 
l'animal duquel on les a extraits. Leur vie propre se- 
rait, conséquemment, plus ou moins dépendante de 
celle de l'individu qui les produit. Le contraire a lieu 
pour les animalcules infusoires. 

' Leeuwenhoeck ^ qui en avait trouvé dans les 
cornes de la matrice d'une chienne qui venait d'être 
couverte , avait calculé que les spermatozoïdes pou- 
vaient franchir un espace de quatre à cinq pouces dans 
une demi-heure. 

Nous ferons une dernière observation sur la consti- 
tution physique et sur les propriétés des spermato- 
zoïdes. 

Ceux qui ont uiie forme grêle et allongée , telle que 
nous l'avons fait connaître chez les Batraciens anoures 
et chez les Urodèles et les Sélaciens ^et que nous retrou- 
verons généralement dans les animaux sans vertèbres , 
se roulent ou se bouclent promptement, comme des 
cheveux, quand on les met dans l'eau. Cet effet constant 
semble indiquer leur constitution physique ; tandis que 
les dernières expériences de M. Prévost montrent que 
leur irritabilité suit les mêmes lois que celle des mus- 
cles , et que les mêmes agents l'excitent ou la détrui- 
sent (i). 

Les mulets proprement dits , qui sont inféconds , les 
jeunes animaux avant 1 âge de puberté , les animaux 



(l) Voir l'Institut ^n" 463, lo r.ov. 1842 , et les Mém. de la SocicUt île 
pliysique de Genève. 



AKT, H. DE LEURS CANAUX EXCRÉTKUBS. \5^ 

très âgés , qui ne sont plus propres à la génération , 
tous les animaux hors de l'époque du rut, n'ont point 
de spermatozoïdes. 

Le développement des spermatozoïdes est une des 
études les plus intéressantes de leur histoire. 

MM. Prévost et Dumas écrivaient, en 1824, qu'ils 
n'ont aucun intermédiaire entre l'état parfait et la non- 
existence. Cette proposition était trop absolue. 

Nous avons dit que leur développement avait lieu 
dans une vésicule, laquelle en renferme de plus pe- 
tites ( 1 ). 

A mesure que la vésicule principale croît et se déve- 
loppe , les plus petites se remplissent d'une masse gra- 
nuleuse, qui se métamorphose bientôt en spermato- 
zoïdes. 

Alors les parois de la vésicule génératrice se rom- 
pent et laissent libre l'écheveau de spermatozoïdes qui 
s'y est développé, et qui se compose de corps animés 
ayant leur forme définitive et paraissant avoir, le plus 
souvent, tout leur accroissement, comme l'insecte qui 
sort de la chrysalide. 

Cependant nous sommes parvenu à saisir un degré 
de développement mtermédiaive,chez\essalamandres, 
dans une partie du testicule où le développement des 
spermatozoïdes n'était pas terminé. Le corps avait ses 
dimensions, mais la queue était encore courte , comme 
rudimentaire et sans le fil en tire-bouchon. 

Cette multiplication des écheveaux de spermato- 
zoïdes des animaux , dans une seule vésicule princi- 
pale, est très caractéristique. 

(i) Voir les Icônes phvsiol. àe M. R. fFag7ier,p]. i, fij^. Il . pour le dé- 



154 XXXIII* LEÇON. ORGANES PR^PABATEUBS, EÎT. , MALES. 

Les productions végétales qu'on a comparées à ces 
spermatozoïdes sont toujours isolées dans chaque cel- 
lule. 

Les spermatozoïdes croissent-ils dans les appareils 
de génération compliqués; en passant, par exemple, 
chez les Sélaciens , des vésicules primaires , contenues 
dans les grandes ampoules, où nous avons vu qu'ils 
éclosent, dans les canaux séminifères de ces vésicules; 
de ceux-ci dans les efférents, qui les portent dans 1 epi- 
didyme , d'où ils passent dans le canal déférent et la 
vésicule séminale ; de sorte que ceux pris dans cette vé- 
sicule auraient un volume double de ceux du testicule? 

Cette observation difficile a été faite par M. Lal- 
lemand (i). 

Tableau des dimensions des spermatozoïdes du type 
des vçrtébrés mesurées en Jractions décimales de 
millimètre. 



ESPECES 

observées. 



tONGUEtJB 



du corps. (leTappend. totale. 



' NOMS 

des observateurs. 



Homme. 



. o,oo55 



MAMMIFERES. 

!o,o56 
0,045 
0,045 à o,o5o M. Dujardin. 



|r. W 



agn^r. 



veloppement des zoo.spermes de l'homme , et fig. V pour celui des sper- 
matozoïdes, etc. 

Nous avons fait figurer dc(n? nos Fragments sur les organes géxiito- 
iirinaires des Reptiles et leur produit^ les cellules primaires et secondaires 
dans lesquelles se développent leurs spermatozoïdes, à la manière de ceux 
des sélaciens. 

(i) Voir les observations sur le développement des zoospermes dans les 
raies, par M. Lallemand {^Annalps des sciences naturelles , 2» série t. l5, 
p. iGi, Paris , 184 i.) 



ART. II. DE LEURS CANAUX EXCRETEURS. 165 

ESPÈCE» LOSOL'EUR SOMS 



observées. 


(lu corps. derappend. totale. 




(les observateurs. 


Patas. . . . 




0,076 




R. Wagner. 


Hérisson. , . 




0,066 
o,o56 




Prévost, Dumas 
?.. Wagner. 


Chien. . . . 




0,068 




Id. 


Putois. . . , 




o,o83 




P. et D. 


Chat. . . . 




o,o4o 




P. et D. 


Surmulot. , . 




0,166 




P. et D. 


Souris. . . . 




0,080 
0,090 




P. elD. 
P. et D. 




0,0090 


0,066 à 0, 


090 


M. Dujardin. 


Cochon d'Inde. 


0,0066 à 0,0080 


0,1000 0,1066 ào 


,108 


T Id. 


Cheval . . . 




o,o55 




P. et D. 


Ane .... 




0,060 




R. W. 


Cheval et âne. 


0,0066 à o,oo55 


o,o55 




M. Dujardin. 


Bouc. . . . 




0,040 




P. et i). 


Bélier . . . 




o,o4o 




P. et D. 


Taureau. . . 




o,o58 

OISEAtX. 




P. et D. 


Pie - grièche 










rousse. , . 




0,045 à c 


,088 


R. W. 


I. Drenne . . 




0,090 




R. W. 


a. Mésange 










huppée. , . 




o,o56 




R. W. 


3. Me'sange à 










tête bleue. . 




PjOQO 




R. W. 


4. Moineau. . 




o,o83 




P. et D. 


5. Pinson . . 




o,o56 à 0,076 


R.W. 


6. Serin de Ca- 










naries, . . 




0,225 




R.W. 


7. Chardonne- 










ret. . . . 




0,1 5o 




R.W. 


8. Pigeon . . 


o,oi5 


o,o56 0,071 




R. W. 


9. Coq. . . 




0,043 




P. et D. 


10. Canard. . 




o,o33 

IIEPTILES. 




P. et D. 


I . Lazard agile. 




0,017 




Valenti'i- 


2. Vipère. . . 




0,066 




P. et D. 


3. Couleuvre. . 




O,10O 




P. etD. 



156 XXXTII* LEÇON. SECT. II, OBGANES MODIFICATEUBS , ETC. 
ESPÈCES LONGUEUR SOMS 



observées. 


du corps. 


de l'append. totale. 


des observateurs 


4. Orvet. . . 




0,066 


P. et D. 


5. Grenouille. . 




o,o56 


R. W. 


6. Crapaud ac- 








coucheur. . 




o,o3o 


P. et D. 


7. Triton. . . 




( o,563 


P. etD. 






( 0,375 


R. W. 


8. Salamandre. 




0,225 

POISSONS. 


R. W. 


Perche fluvia- 








tile. . . . 


0,0012 3 0,0022 


Valeutin. 


Loche d'e'tang , 




/ 0,0028 


' R. W. 

) 


cyprin , sau- 




. 0,0087 


mon . . . 




o,oo5o 


Petromyzon 








planeri. . . 


0,01 5o 




R. W.] 



SECTION IL 

DES ORGANES MODIFICATEURS DU SPERME, OU DE 'SES 
RÉSERVOIRS ET DES GLANDES QUI SÉCRÈTENT UNE 
HUMEUR DESTINÉE A SE MÉLANGER AVEC CE LIQUIDE, 
DANS LES VOIES QU'iL SUIT POUR SORTIR DU CORPS. 

[Nous venons de voir que, chez la plupart des Pois- 
sons , la semence est répandue dans l'eau, sans autre 
élaboration que celle qu'elle a subie dans la glande qui 
l'a produite. Les seuls Sélaciens dans cette classe ont, 
ainsi que nous l'avons fait connaître , un canal excré- 
teur très compliqué , y compris l'épididyme, qui ne 
peut manquer de la modifier dans le long circuit 
qu'elle est forcée d'y suivre. Mais sans parler des si- 
nuosités du canal déférent et de sa partie pelotonnée, 
l'épididyme, qui existe presque toujours dans les trois 
classes snpériejires des Verté!)rés, on trouve chez quel- 



ART. I. DES VÉSICL'LES SÉMINALES. 157 

ques Reptiles de la sous-classe des Amphibies^ et chez 
beaucoup de Majnmifères ^ des annexes vésiculaires 
glanduleux qui appartiennent aux réservoirs modifica- 
teurs du sperme, que nous devons décrire. Les mam- 
mifères et quelques Reptiles de la même sous-classe ont 
encore plusieurs sortes de glandes dont l'humeur, se 
mêlant au sperme, en modifie la composition.] 

ARTICLE I. 

DES VÉSICULES Sl^JilIÎALES. 

[On donne le nom de vésicules séminales et de vési- 
cules séminales accessoires à des réservoirs glandu- 
leux de différentes formes et de proportions variées, 
qui sont annexés au canal déférent, vers sa termi- 
naison, ou dont l'embouchure est assez rapprochée 
de celle du canal excréteur de la semence, pour qu'elle 
puisse refluer dans ces réservoirs accessoires , et y re- 
cevoir, par le mélange de l'humeur qu'ils sécrètent, 
les modifications nécessaires. 

Parmi les animaux vertébrés , les vésicules sémi- 
nales n'existent guère que dans la classe des mammi- 
fères. Elles manquent absolument dans toute celle 
des Oiseaux, dans la sous-classe des Reptiles propres 
et dans celle des Poissons osseux. Mais nous les retrou- 
verons chez les Batraciens et chez les Sélaciens.^ 

Rien de plus embrouillé que l'histoire de ces vési- 
cules, des prostates et des glandes de Gowper, dans les 
descriptions partielles que les zootomistes en ont pu- 
bliées. Les uns appellent prostates ce que les autres 
nomment vésicules séminales, ou d'autres glandes de 
Cowper , et vice versa. De là vient que les uns nient 



lôS XXXIH» LEÇON. SECT. U, ORGANES MODIFICATEURS, ETC. 

roxistence des vé:>icules séminales dans certains ani- 
maux, où d'autres disent en avoir trouvé. Alors ceux-ci 
annoncent que les mêmes animaux manquent de pros- 
tates, tandis que les premiers leur en accordent : aussi 
Haller a-t-il dû se trouver très embarrassé dans les 
nombreuses citations qu il fait à ce sujet, n'ayant pas 
le loisir et souvent pas l'occasion de vérifier lui-même 
les observations qu'il emploie. 11 se tire d'embarras , 
quelquefois , en plaçant le même animal dans la liste 
de ceux qui ont des vésicules , par exemple , et dans 
celle des animaux qui en manquent, en s'appuyant 
de deux autorités contradictoires. Cet inconvénient 
vient Uniquement de ce que ces organes n'ont pas en- 
core été décrits d'une manière générale. En les com- 
parant les uns aux autr«s dans les différents animaux, 
on aurait bientôt distingué ceux qui ne peuvent point 
être réunis sous une même dénomination, de ceux 
qu'une structure analogue et la même position doivent 
faire ranger sous le même nom. Ces deux circonstances 
nous ont servi de guide dans la description suivante. 
Nous appellerons vésicules séminales tout organe 
analogue , par sa structure vésiculeuse , par sa po' 
sitiou et par ses rapports , avec les déférents ^ à ceux 
qui portent ce nom chez l'homme (i); et nous appel- 
lerons vésicules accessoires ^ des organes également 
vésicuieux, rangés près des premiers, ou en général 
autour de l'origine de l'urètre, mais dont les canaux ne 
sont pas en rapport immédiat avec les déférents. 



(i) On m'accordera peut-être d'avoir posé ici j dans ma rédaction, 
les bases, d'avoir établi les vfais principes de toute bonne comparaison, 
de toute bonne détermination en anatomie comparée. 



AKT. i. DES VRSICLLES M:MIi\ALIiS. 159 

[Observons cependant que les organes que nous 
avions dési(|né8 comme des vésicules séminales acces- 
soires peuvent y dans plusieurs cas, être considérés 
comme des prostates, ainsi que nous le verrons dans 
les descriptions particulières que nous en donnerons.] 

§ I. Des vésicules séminales proprement dites. 

A. Dans f homme. 

Celles de Xhomme sont deux réservoirs membra- 
neux, dont la cavité extréinemeut anfractueuse com- 
munique, par un canal étroit, avec le canal déférent, 
et s'ouvre avec lui, dans le commencement de l'urètre. 
Ces réservoirs sont placés sous le col de la vessie. Ils 
sont composés d'un boyau qui se ramifie en plusieurs 
branches et rameaux plus petits, repliés sur eux- 
mêmes, et retenus par un tissu cellulaire assez fort 
qui forme l'enveloppe extérieure du réservoir; de ma- 
nière que leur ensemble a l'apparence d'une simple 
vessie ovale à surface extérieure très raboteuse. La 
membrane propre des vésicules est blanche et de con- 
sistance assez forte ; on n'y remarque aucune fibre 
musculaire. L'interne, qui se continue avec celles du ca- 
nal déférent et de l'urètre, y forme une foule de petits 
plis dirigés en différents sens, dont plusieurs parais- 
sent frangés et rendent la surface interne des vésicules 
comme veloutée et réticulaire. A o«',2o environ de 
l'urètre, chacune des vésicules ne forme plus qu'un 
canal étroit, qui s'avance à travers la prostate, en se 
rapprochant de son semblable, et se réunit au canal 
déférent de son côté, eu faisant, avec lui, un angle 
très aigu \ il en résulte un canal commun qui pénètre 



IGO XXXlll' LEÇON. bliCT. II, OJ'.GARES 3lObIK!CAt£t]i',S , £TC. 

dans la paroi iniéiieure de l'urètre, non loin de son 
origine, éprouve subitement une inflexion de bas en 
haut, et s'ouvre dans la paroi inférieure de ce canal, 
par un orifice ovale percé à côté du verumontanum. 

B. Dans les Mammifères. 

Les vésicules séminales existent dans tous les Qua- 
drumanes^ dans les Chéiroptères ; dans les taupes et les 
my o gales ^?Lvm\ les Insectivores; dans les coatis^ dans 
les Rongeurs ^ les Pachydermes ^ les Solipèdes; dans le 
lamantin^ parmi \es Amphibies trirèmes. Elles man- 
quent conséquemment dans les Insectivores ^\es Ours, 
les Carnivores , dans les Ruminants , dans les phoques 
parmi les Amphibies quadrirèmes , dans les Cétacés et 
dans toute la série des Marsupiaux. 

On ne peut donc pas expliquer jusqu'à présent la loi 
de leur existence. Tout ce que Ton peut en conclure, 
ainsi que d'autres différences que nous aurons occasion 
d'observer dans la suite de cette leçon , c'est que les 
organes reproducteurs ne paraissent pas subordonnés 
aux organes conservateurs de la vie ^ ou, en d'autres 
termes, que le genre de vie de l'animal peut varier 
beaucoup, que sa nourriture peut être animale ou vé- 
gétale , sans que ses organes reproducteurs éprouvent 
des changements correspondants (i). 

Les animaux à bourse nous en fournissent une preuve 
frappante, l^es uns ne vivent que d'insectes ou d'ani- 
maux encore plus analogues à leur propre nature , les 
autres broutent l'herbe , d'autres enfin ne semblent 



(i) C'est encore un principe que mes propres observations, mes me'- 
cîitations sur le sujet de celte rédaction m'avaient suggéré. 



ART. I. BES VKSICULKS SÉMINALES. 16 1 

vivre que de racines. Tous cependant ont les organes 
de la génération très analogues. 

Les vésicules séminales varient à l'infini dans leur 
forme , et l'on sent que cela peut être sans que leur 
structure essentielle en soit changée pour cela. Rare- 
ment leur cavité est-elle simple (les lièires) ; ordinaire- 
ment on la trouve plus ou moins anfractueuse, et quel- 
quefois très divisée (\es Roussettes). Leurs parois sont 
généralement minces et simplement membraneuses ; 
on n'y observe aucune fibre musculaire ; et lorsque la 
force contractile, qu'il faut cependant leur accorder, 
ne paraît plus suffisante , comme lorsqu'elles ont un 
très grand volume, pour expulser avec assez de force 
la masse du liquide qu'elles renferment, elles ont alors 
un muscle extrinsèque qui sert à les contracter : c'est ce 
que nous verrons dans Véléphant. 

Ces mêmes parois ont évidemment , dans plusieurs 
cas, une nature glanduleuse; ce qui doit faire pensef 
que les vésicules séminales ne sont pas de simples ré- 
servoirs de la semence , mais qu'elles servent encore à 
faire subir à ce liquide des changements plus ou moins 
importants, soit par l'absorption d'une partie de ses 
principes constituants , soit par l'addition d'autres prin- 
cipes. 

Les vésicules séminales des Singes sont très sem- 
blables à celles de l'homme. On peut dire cependant 
qu'elles sont en général plus ramifiées , et que leur ca- 
vité est plus anfractueuse. La surface interne de celle- 
ci présente constamment un réseau à mailles très 
fines, et quelques grosses lames, qui divisent encore 
plus cette cavité qu'il ne le paraît à l'extérieur. Comme 
dans l'homme, chaque canal éjaculateur s'unit, du côté 
8. " U 



162 XXXUl' L£ÇO-\. SECT. lI,OBGArSES MODIFICATEURS, ETC. 

interac et postérieur, avec le canal déférent correspon- 
dant, et ne forme plus avec lui qu'un canal commun, 
qui paraît plutôt appartenir au premier, traverse la 
prostate, perce la paroi supérieure de l'urètre et 
s'ouvre à côté du verumontanum. 

Dans les makis proprement dits, les vésicules sé- 
minales consistent en un gros boyau conique, dont le 
sommet est recourbé en dedans. Leur cavité est simple, 
leurs parois sont minces, et présentent intérieurement 
un réseau fin. Ces vésicules s'ouvrent par un lar(jc 
orifice, commun au canal déférent, sur le côté du 
verumontanum. 

Celles du tarsier forment deux larges sacs, dont les 
parois semblent un peu glanduleuses. Leurs rapports 
avec l'urètre et les canaux déférents sont les méme^ 
que dans les précédents. 

Dans les roussettes , elles forment chacune un long 
et gros boyau, ayant trois inflexions, dont la cavité est 
divisée, dans les deux tiers de sa longueur, en une foule 
de petites cellules à parois membraneuses. Son dernier 
tiers est un simple canal, qui s'ouvre dans un corps 
arrondi, assez consistant, placé sur le col de la vessie, 
dont l'intérieur est divisé par des lames membraneu- 
ses, counnele boyau séminal, en un grand nombre de 
petites cellules que l'on trouve de même remplies 
d'une humeur séminale coagulée. Cette sorte de ré- 
servoir reçoit aussi les canaux déférents, et communi- 
que dans l'urètre par deux petits orifices. 

Les vésicules séminales sont très petites dans les 
galéopithèques. Elles ont un volume médiocre dans les 
chauves-souris ^ où elles forment deux sacs arrondis^ 
blanchâtres, à cavité simple, à parois glanduleuses. 



ART. I. DES VÉSICULES SÉMINALES. 163 

Les vésicules séminales des Rongeurs sont remar- 
quables , dans la pluparl , par leur graud développe- 
ment. Celles du cochon d'Inde forment deux longs 
tuyaux coniques, s'amincissant beaucoup vers le bout, 
ayant quelques bosselures dans leur seconde moitié, 
et s ouvrant dans l'urètre par un orifice commun avec 
celui des déférents. 

Dans Vagouti, ce sont de même deux gros boyaux, 
ayant quelques branciies plus petites, et dont les pa- 
rois sont peu épaisses. Chacun a un orifice séparé dans 
la cavité commune du verumontanum, où se rendent 
aussi séparément les conduits déférents et les conduits 
excréteurs des vésicules accessoires ; de sorte que tous 
ces canaux communiquent ensemble par le moyen de 
cette cavité. 

Les vésicules séminales de la marmotte des Alpes 
sont peu développées, à cavité très anfractueuse, et à 
parois glanduleuses. Elles sont semblables, suivant 
Pallas , dans le hoback ; mais dans le sousUck [mus 
citillus , Pall.), d'après le même auteur, elles sont 
composées d'un petit boyau froncé, qui adhère à une 
masse formée de plus petits boyaux. 

Ce sont de nouveau, dans les rats proprement dits, 
de grandes vessies membraneuses, coniques, aplaties, 
[ayant leur bord antérieur inégal, bosselé, comme di- 
visé quelquefois en crête de coq, lorsque les cellules 
que ces bosselures indiquent sont profondément sépa- 
rées]; elles sont siîuées en très grande partie hors du 
bassin, à cause de leur volume considérable. 

Elles ont une structure semblable dans les hamsters^ 
les campagnols, les loirs , les gerboises; c'est-à-dire 
que ce sont, dans tous ces animaux, des vessies à cavité 



164 XXXIll" LEÇON. SECT. Il, ORGAiSES MODIFICATEUBS, ETC. 

simple, mais inégale, qui se développent singulière- 
ment dans le temps des amours. 

[Nous les avons trouvéeslongues, cylindriques, volu- 
mineuses, ayant leur dernier tiers replié sur le précé- 
dent, dans la gerboise de Mauritanie. 

Celles de la gerbille de Schaw ont une structure et 
une forme très analogues.] 

Dans le lièvre et le lapin, ou les lièvres proprement 
dits, ces organes sont remplacés par un sac unique, 
d'un volume assez considérable , de forme rectangu- 
laire, dont les deux coins libres sont quelquefois allons 
gés et très distincts. Les parois de ce sac sont mem- 
braneuses, excepté dans les deux tiers du côté supérieur, 
où elles sont formées d'une substance glanduleuse très 
épaisse, analogue à la prostate. Ce sac s'ouvre dans 
l'urètre par un orifice unique , percé! au milieu du 
verumontanum, et dans lequel se rendent aussi les 
deux canaux déférents. 

Les vésicules séminales sont doubles et séparées 
dans les lagomys (lepus pusillus, ogotonus et alpinus, 
Pall.). 

Elles consistent chacune, dans l'écwrew// vulgaire, 
en un petit canal ridé et replié sur lui-même, qui se 
rapproche de son semblable entre la prostate et le 
canal de l'urètre, et, contre l'ordinaire, en dedans des 
canaux déférents. Leur petitesse, la nature glanduleuse 
de leurs parois, le défaut de vésicules accessoires, et, 
comme nous le verrons, la présence d'une véritable 
prostate et d'énormes glandes de Gowper, rapprochent, 
à cet égard , ces animaux de la marmotte des Alpes 
et du boback. 



ABT. I. DES VÉSICULES SÉMINALES. 165 

Ces vésicules n'ont pas une structure moins variable 
dans les Pachydermes. 

Celles du daman sont très grandes et ramifiées. Elles 
forment, dans le rhinocéros ^ deux sacs assez grands, 
à cavité inégale, à surface extérieure bosselée, dont les 
conduits se réunissent, avec les déférents, en un canal 
commun, à en juger d'après les dessins exécutés sous 
les yeux de Vicq-d'Azyr et l'explication écrite de sa 
propre main. 

On dirait, eu voyant celles an sanglier^ que ce sont 
deux portions de thymus. Elles sont très volumineuses, 
et composées, de lobes et de lobules; et ceux-ci d'assez 
grandes cellules membraneuses polygonales, dont les 
cavités, remplies d'une humeur séminale coagulée, 
communiquent ensemble, et se rendent enfin dans un 
petit canal excréteur commun , qui réunit les précé- 
dents, et s'ouvre dans le verumontanum, avec le ca- 
nal déférent de son côté. La même chose a lieu dans 
le tajaçu. 

Ces vésicules sont très grandes dans \ éléphant ^ de 
figure ovale , ayant un étranglement près de leur 
sommet, qui sépare la cavité de celui-ci de la grande 
cavité. Leursurface interne est divisée par des colonnes 
irrégulières, en sillons plus ou moins larges, mais peu 
profonds, plus marqués dans le sommet et la partie 
moyenne des vésicules que vers leur base , où ils s'effa- 
cent, et sont très comparables à ce que l'on voit dans 
les vessies à colonnes. Ces colonnes sont formées par la 
membrane propre des vésicules, beaucoup plus épaisse 
vers le sommet que dans le reste de son étendue, 
composée, en grande partie, d'un tissu cellulaire très 
serré, et prése'^ tant, à l'extérieur, un tissu fibreux. 



166 XXXIIl* LEÇON. SECT. II, ORGANES MODIFICATEURS, ETC. 

très évident , que l'on devrait peut-être distinguer 
comme formant une membrane à part. Du côté ex- 
terne et antérieur de chacune de ces vessies, est un 
muscle particulier qui s'élève de leur col vers leur partie 
moyenne, et dont les fiiDres s'écartent à mesure qu'elles 
montent. Ce muscle contracte les vessies séminales en 
rapprochant leur sommet de leur col, et sert ainsi à 
faire sortir le liquide qu'elles renferment. Celui-ci 
passe dans le canal de l'urètre en traversant l'extrémité 
des canaux déférents, à chacun desquels la vessie cor- 
respondante se réunit, au-delà de leur ampoule. 

Celles des Solipèdes sont deux sacs membraneux, 
qui ont chacun un large canal excréteur, dont l'orifice 
dans l'urètre est commun au canal déférent de son 
côté. 

Nous avons mis les Ruminants^ au commencement e.e 
cette histoire , parmi ceux qui manquent de vésicules 
séminales, quoiqu'on leur en accorde généralement; 
c'est qu'on a pris pour telles de véritables glandes que 
nous décrirons comme des prostates. Nous trouvons 
cependant deux petites capsules glanduleuses dans le 
daim , jointes ensemble par leur bord interne^' tenant 
à la base des prostates par leur bord externe, traver- 
sant comme un pont l'extrémité des déférents, et dont la 
petite cavité paraît aboutir dans le verumontanum, 
par Ja même embouchure que le déférent. Dans 
d'autres Ruimnants ^ tels que le bélier^ Xaxis^ etc., au 
lieu de ces capsules on ne trouve plus qu'un simple 
Hgament qui traverse de même, comme un pont, les 
extrémités des canaux déférents , et s'attache à la base 
des deux prostates , qu'il réunit. 



ART. I. DES VÉSICULES SÉMINALES. 167 

C. Dans la classe des Oiseaux, 

[Nous avons déjà dit que leurs déférents se termi- 
nent dans le cloaque, sans même éprouver une dila- 
tation qui pourrait servir de réservoir à la semence.] 

D. Dans la classe des Reptiles. 

[Il y a souvent dans l'ordre des Ophidiens, à la fin du 
canal déférent, une ampoule qui pourrait passer pour 
servir à ce dernier usaj^e; mais ce n est pas une vé- 
sicule séminale telle que nous l'avons caractérisée et 
décrite chez les mammifères. 

On ne croirait f>uère qu'après avoir vu disparaître 
ces organes dans la classe des Oiseaux et chez les Rep- 
tiles propres , les Batraciens anoures , parmi les 
Reptiles amphibies , pourraient nous en offrir un 
nouvel exemple. 

Dans le genre i^<:i/2<2,Guv., où nous les avons étudiées, 
il est remarquable que ces vésicules diffèrent d'une 
espèce à l'autre. 

Celles de la gjenouille vérité sont annexées à l'extré- 
mité du canal urétro-séminal -et à son côté externe. 
La paroi de ce canal , dont elles ne sont qu'un déve- 
loppement, est percée de plusieurs trous ronds, qui 
sont les embouchures des cellules dont se compose 
chaque vésicule. 

Ces cellules sont allongées en travers ; elles ont 
une cavité anfractueuse, des parois résistantes qui 
supportent très bien les injections au mercure, et elles 
paraissent communiquer entre elles. 

Dans \q. grenouille rousse^ le canal urétro-séininal 
commence à se dilater après avoir dépassé le rein, et 



168 XXX m* LEço;:*. sect. ii, organes modificateubs, etc. 
prend, en arrière de cet organe, un renflement qui va 
de même en diminuant et qui lui donne, dans cette 
partie , la forme d'un fuseau ; c'est à cette portion 
renflée qu'est annexée la vésicule séminale qui est 
oblongue , jaunâtre, celluleuse, analogue à celle que 
nous venons de décrire dans la f^renouille verte; mais 
sa position est avancée, au lieu d'être reculée, comme 
dans cette dernière.] 

E. Dans la classe des Poissons. 

[Il n'y a de réservoirs de la semence que chez les 
Sélaciens^ dont l'appareil génital est d'ailleurs tpès com- 
pliqué. 

C'est une petite vessie annexée au canal déférent, et 
qui contient, à l'époque du rut, un liquide verdâtre 
avec un grand nombre de spermatozoïdes (i).] 

§ II. Des vésicules séminales accessoires. 

[Nous avions adopté cette dénomination, dans notre 
ancienne rédaction,] pour des paquets de tubes ou de 
boyaux membraneux, plus ou moins nombreux, plus 
ou moins ramifiés , collés au côté interne des vésicules 
séminales, ou situés autour de l'origine de Turètre , et 
dont la cavité communique dans ce canal par le moyen 
d'un ou de plusieurs canaux excréteurs, qui se rendent 
dans le même orifice que les vésicules se'minales et les 
déférents (l'agouti), ou qui percent l'urètre séparément. 
[La circonstance que leur liquide ne montre pas de 
spermatozoïdes, et qu'il ressemble au produit des pros- 



(i) Voir le mémoire cité de M. Lallemand sur le développement «If-s 
zi-)n<ij}crinf"i i-Iir/ les ra;'e.«. [Annales des xcienrei nnU, 2° série, t. XV, p îS^. 



ART. II. DES GLANDES PROSTATES.' 169 

tates celluleuses, nous a déterminé, dans cette nouvelle 
rédaction , à classer les organes dans le type des pros- 
tates tubuleuses.] 

ARTICLE II. 

DES GLANDES PROSTATES ET DE l'hUMEDR QU'elLES SÉPARENT. 

[Les mammifères sont presque les seuls des animaux 
vertébrés chf^z lesquels ces glandes accessoires de l'ap- 
pareil génital mâle existent. 

Nous les retrouverons seulement chez les Urodè/es^ 
parmi les Reptiles amphibies, et , ce qui est bien re- 
marquable, avec les mêmes caractères de structure et 
de produit que cbez le hérisson.] 

On pourrait, en ayant égard aux différences que 
présente leur structure , distinguer, dans les Mammi- 
fères ^ àeiix sortes de prostates. Chez les uns, cette 
glande a un tissu parfaitement semblable à celui de la 
prostate de l'homme. Il en est même plusieurs (le dau- 
phin et le marsouin), où son volume est de beaucoup 
plus grand et sa structure celluleuse bien plus appa- 
rente : elle a toujours, dans ce cas, plusieurs canaux 
excréteurs , qui percent l'urètre par autant d'orifices, 
et elle est plus souvent simple que double. 

Dans un petit nombre , au contraire, Xéléphant et 
les Ruminants^ cette glande est constamment double 
ou même quadruple (dans Xéléphant), et elle présente 
intérieurement une cavité centrale, où s'ouvrent beau- 
coup d'autres cavités plus petites, qui communiquent 
avec l'urètre par un seul canal excréteur. 

[Ce dernier type, que nous avions distingué du pre- 
mier, n'en diffère cependant pas essentielloment : c'est 



170 XXXIII» LEÇON. IICT. II, OR&ANSS MODIFIGATEUBS, ETC. 

eiicox'e celui des prostates celluleuses. Les cryptes qui 
forment la partie de sécrétion de leur tissu s'ouvrent 
dans des cellules moins petites, et celles-ci dans d'autres 
graduellement plus grandes qui finissent par aboutir 
dans un seul ou dans plusieurs canaux excréteurs. 

D'autres prostates ont une organisation tubuleuse. 
Elles se composent de paquets plus ou moins compli- 
qués de tubes longs ou courts, plus ou moins repliés 
sur eux-mêmes , plus ou moins ramifiés, dont les pa- 
rois sécrètent riiumeur que leur canal renferme. 

Nous avons classé ces prostates, dans notre ancienne 
rédaction, ainsi que nous venons de l'écrire, parmi les 
vésicules séminales accessoires; mais la circonstance 
que leur contenu ne montre pas de spermatozoïdes , 
et qu'il a , au contraire , une composition analogue à 
celle des autres prostates , nous détermine à les con- 
sidérer comme telles.] 

A. Chez Vhomme et les Mammifères. 
l. De la glande. 
§ 1. Chez l'homme. 

On d.^^û\e prostate , chez l'homme^ un corps glan- 
duleux, d'un tissu particulier, charnu en apparence, 
rouge, ferme, quoique celluleux, ayant une forme co- 
nique, placé en grande partie sous le commencement 
du canal de l'urètre, où il fait une saillie considérable, 
et enveloppant ce canal sur les côtés. Des fibres mus- 
culaires, qui partent du col de la vessie , viennent se 
fixer à sa surface et la recouvrent en partie. 

On remarque, dans son intérieur, de petits canaux 
excréteurs, dont les principaux, au nombre de huit à 



▲RT. H. DES GLANDES PKOSTATSS. I7l 

douze, s'ouvrent dans l'urètre autour du verumonta- 
num. 

[Ces canaux excréteurs ont leur orip,ine dans des 
cellules de différentes grandeurs, dont les plus petites, 
véritables cryptes glanduleuses qui n'ont pas plus d'un 
demi-millimètre dans leur plus giande dimension , 
versent l'iiumeur qu elles sécrètent dans les plus gran- 
des, doù elle passe dans les canaux que nous venons 
d'indiquer.] 

§ 2. Dans les Mammifères. 

Nous donnerons le même nom aux corps glandu- 
leux , de structure analogue , dont les canaux excré- 
teurs s'ouvrent, par un ou plusieurs orifices, dans le 
commencement de la portion musculeuse de l'urètre, 
ou dans la première partie de son étendue. Une pa- 
reille glande existe dans tous les Quadrumanes; dans 
les Chéiroptères ; les hérissons parmi les Insectivores ; 
dans les ours^ le raton ^ les mangoustes et autres Car- 
nivores ; dans les écuieuils, les marmottes et les Heures, 
parmi les Rongeurs ; dans les Pachydermes^ les Soli- 
pèdes, les Ruminants , les AmpJdbies et les Cétacés. 

Dans les Singes., la forme de la prostate est moins 
régulière, plus large de haut en bas que d'avant en 
arrière, et embrassant l'urètre comme un croissant. 
Elle ressemble d'ailleurs parfaitemeut à celle de 
l'homme par son tissu, sa situation et son volume. 
On lui voit, dans le mandrill, quelques lobes acces- 
soires. 

Celle des makis proprement dits envoie deux pro- 
longements qui enveloppent les canaux excréteurs des 
vésicules séminales. 



172 XXXIII* LEÇON. SECT. II, OBGANES MODIFICATEURS, ETC. 

On en trouve deux dans le tarsier^ formant chacune 
un tubercule distinct, situé au-devant des vésicules 
séminales, sur les côtés de l'urètre. 

lues, galéopithèques en ont de même une seule, large 
et embrassant la base des vésicules séminales. Son vo- 
lume est très considérable. 

Dans les Roussettes , la prostate est simple, entou- 
rant, comme dans les singes, une grande partie de la 
circonférence de l'urètre, à l'origine de ce canal. 

Dans les Chauves-souris proprement dites, elle en- 
toure toute la circonférence de l'urèti^, et semble 
composée d'un grand nombre de lobules. 

[Les prostates sont multiples chez le hérisson , 
d'une énorme proportion , et elles appartiennent au 
type des prostates tubuleuses. Les deux plus grandes 
sont les prostates supérieures, qui se composent de 
tubes longs, ramifiés et très repliés, réunis en lobules, 
puis en lobes, et dont les tubes se réunissent successi- 
vement pour former un seul canal excréteur, qui perce 
la paroi supérieure du canal de l'urètre. 

Deux autres paquets plus petits, de forme arrondie, 
les prostates inférieures , se composent de tulîes moins 
longs dont les divisions s'étendent en éventail, et se 
dirigent vers la circonférence de la glande, dans la- 
quelle elles se terminent en culs-de-sac. Leur canal 
excréteur s'ouvre dans l'urètre à côté du verumouta- 
num.] 

Les tubes de ces différentes prostates ont des pa- 
rois membraneuses, minces et faciles à rompre. 

[Nous verrons qu'il y a aussi, dans le même animal , 
des glandes de Cowper, dont l'organisation est exac- 
tement semblable à celle des prostates inférieures.] 



ART. II. DES OLA^DKS l'iîOSTATES. 173 

Dans la laupe , il n'y a qu'une prostate, qui ^e com- 
pose de tuyaux membraneux, ramifiés et repliés sur 
eux-mêmes, formant, dans le temps de la chaleur, un 
énorme paquet, plus grand que la vessie urinaire, situé 
sur l'urètre, au-devant du réservoir de l'urine. 

Dans lesoM7\y, parmi les Carnassiers ^ sa substance 
paraît se confondre avec le renflement des canaux dé- 
férents réunis. Elle s'étend, outre cela, autour du 
commencement de l'urètre, auquel elle fournit une 
couche plus ou moins épaisse , suivant les espèces. 

Dans la loutre , ce n'est qu'une couche assez mince 
sans renflement; elle est de même très peu développée 
dans la belette et les autres martes. 

Dans V ichneumon, c'est une masse glanduleuse assez 
considérable , située, comme à l'ordinaire , sur le côté 
de l'urètre qui répond au rectum, et composée de 
plusieurs lobes distincts, qui ont chacun leur canal 
excréteur. 

Celle des chats et des chiens est très volumineuse, 
et fait un gros bourrelet très saillant autour de l'u- 
rètre ; son tissu est semblable à celui de la prostate de 
l'homme, et ses orifices, dans l'urètre, sont également 
nombreux , et percés de même dans la saillie du veru- 
montanum. 

Dans Xhjèrie^ elle est également très volumineuse. 
Celle de la civette forme deux tubercules peu saillants 
au-devant de l'insertion des déférents. 

Parmi les Rongeurs , elle forme, dans la marmotte 
des Alpes ^ sur l'origine de l'urètre, un renflement con- 
sidérable, partagé en arrière en deux lobes arrondis. 
On peut regarder comme telle, dans le lapin., la 
substance glanduleuse qui forme une partie des parois 



174 XXMIl' LEÇON. SECT. II, OBGAiNES iiOJJIIlCATEUES, ETC. 

du sac séminal, et. sYtciid pltis bns sur ia partie mus- 
culeiise de 1 urètre. 

Celle de Vécareiul est aussi longue que cette por- 
tion de l'urètre, à lacjuelle elle ne paraît adhérente que 
par les deux points où elle lui envoie ses canaux ex- 
créteurs ; son volume est très considérable ; sa forme 
est ovale, aplatie en dessus, et bilobée en arrière. 

On trouve dans la nombreuse famille des Ha/s plu- 
sieurs paquets de tubes ramifiés autour de l'origine du 
canal de l'urètre, qui composent les prostates de ces 
animaux. 

Deux autres sont collées contre la face inférieure des 
vésicules séminales , et sont formées d'un tronc prin- 
cipal ayant peu de ramifications. 

Les lagomys ont ces dernières prostates; [les seules 
peut-être que l'on pourrait considérer comme des 
vésicules séminales accessoires.] 

Dans V agouti , les prostates sont composées de 
même d'un tronc divisé en rameaux et en ramuscules, 
dont les derniers se terminent par des digitations vé- 
siculeuses. 

Ce sont également, dans le cochon d'Inde, des 
tuyaux nombreux ramifiés, repliés sur eux-mêmes, réu- 
nis par un tissu cellulaire lâche et occupant en dessous 
la place de la prostate des autres mammifères. 

il y en a quatre dans Véléphant^ deux de chaque 
côté , de grandeur inégale , situées à l'extérieur des vé- 
sicules séminales, près de leur base, et d'un volume 
très petit, à proportion des autres glandes qui appar- 
tiennent à la même fonction. Elles sont l'ecouvertes de 
quelques fibres musculaires, et présentent intérieure- 
ment des lobes peu distincts. 



AliT. 11. DhS GLAr<Dlii> PilOisTATES. 176 

ChacLiiie de ces .;;!atKl( s a une cavité principale dans 
laquelle viennent aboutir d'autres cavités plus petites, 
par de tort larges orifices. C." sont autant de cuis-de-sac 
de grandeur variée, qui communiquent les uns dans les 
autres , et s'ouvrent à fin dans la cavité principale; 
celle-ci donne dans un canal excréteur d'un grand 
diamètre ; ceux des glandes du même côté marchent 
adossés Tun à Tautre, et s'ouvrent séparément dans 
l'urètre à côté du verumontanum. 

Celle du sanglier^ parmi les Pachydermes , fait une 
saillie considérable sur le commencement de l'urètre; 
elle est divisée en lobes dont le tissu est d'ailleurs très 
compacte. On trouve de plus, dans cet animal, une 
couche glanduleuse analogue , qui enveloppe toute la 
partie musculeuse de l'urètre, et dont la grande épais- 
seur est à l'origine de ce canal en dessus ; elle est re- 
couverte , dans son commencement, par des fibres 
musculaires qui lui viennent du col de la vessie, et, 
dans le reste de son étendue , par des fibres transver- 
sales, dont nous parlerons plus en détail en décrivant 
îa portion pelvienne de l'urètre. 

Dans les Solipèdes ^ il existe deux prostates très 
considérables, qui sont placées à côté des vésicules sé- 
minales. Comparées aux glandes de Covi^per, elles sont 
moins rouges; la masse de la glande y paraît rrtoindre et 
les cavités plus grandes ; elles sont recouvertes de fibres 
tendineuses et musculaires qui leur viennent des vési- 
cules séminales et de la vessie; et leurs canaux excré- 
teurs ont plusieurs orifices dans l'urètre de chaque 
côté de ceux des vésicules séminales. 

Doit-on appeler ainsi un long cviindre membra- 
neux , ayant l'extrémité sphérique, placé dans les So- 



176 XXXIII* LKÇOK. SECT. II, OKGAiNES 310D1FICATEURS, ETC. 

lipèdes entre les deux canaux déféreuts, et dont lalon- 
jjueur égale leur partie renflée? Cette longue vessie 
s'ouvre dans l'urètre en avant des orifices communs 
des déférents et des vésicules séminales, plus près de 
celui du côté gauche. Il en sort une humeur qui a la 
consistance et la couleur du miel. 

Les Ruminants ont toujours deux prostates qui sont 
exactement comparables aux précédentes. Leur pro- 
portion est plus grande dans le bélier et le bœuf; on y 
remarque des lobes plus distincts, ayant chacun une 
petite cavité qui se réunit à la principale ; celle-ci se 
continue dans un canal membraneux qui s'ouvre dans 
une assez large lacune du verumontanum , en dedans 
ou en arrière de l'orifice du canal déférent. 

Leur surface est plus unie dans le daim , Yaxis^ le 
bubale^ et leur forme plus régulièrement ovale ; elles 
ont dans tous une cavité centrale, où viennent aboutir, 
par de larges orifices, d'autres cavités plus petites , et 
un canal excréteur unique , dont l'orifice est percé 
dans le verumontanum , le plus souvent derrière celui 
du déférent de son côté. En général , ces glandes ne 
diffèrent, dans cet ordre, que par leur volume, qui 
égale, dans le chameau^ celui d'un petit œuf de poule, 
et par la proportion de leur cavité centrale , comparée 
à la masse de la glande , proportion qui s'est trouvée 
quelquefois assez grande pour faire méconnaître la 
nature de cet organe et le ranger parmi les réservoirs 
de la semence. 

Les phoques, parmi les Amphibies quadrirèmes ^ 
ressemblent , à cet égard , comme à beaucoup d'autres, 
à la loutre. 

Cette glande forme de nouveau, dans les Cétacés , 



ART. n. DES GLANDES PROSTATES. 177 

une seule masse très volumineuse, qui recouvre une 
grande partie de la première portion de l'urètre , 
particulièrement en dessus, et est elle-même recou- 
verte par un muscle très fort. Son intérieur présente , 
dans quelque sens qu'on la coupe, les ouvertures d'une 
foule de cellules; l'humeur qu'elle sépare arrive dans 
l'urètre par plusieurs orifices. 

Si nous l'étudions dans la seconde série des Mammi- 
fères, celle des Marsupiaux ^ nous la trouverons dans 
les kangaroos , très épaisse à son orij>ine , près du col 
de la vessie; elle va en diminuant d'épaisseur à mesure 
qu'elle s'avance autour de la partie musculeuse de 
l'urètre , à laquelle elle donne la forme d'un cône très 
allongé. 

[Son diamètre vers la vessie urinaire excède celui de 
ce réservoir lorsqu'il est contracté. Sa coupe, dans sa 
plus grande épaisseur autour de l'origine du canal de 
l'urètre , a o™,o 1 2 d'épaisseur, et' la couche muscu- 
leuse qui la recouvre o^jOOi seulement. Sa structure 
se compose de tubes ramifiés , perpendiculaires aux 
parois du canal de Furètre , dont les divisions se 
multiplient de dedans en dehors, et se terminent à la 
surface de la glande p'-r de petits cœcums, dont le 
fond touche à son enveloppe celiulo-musculeuse.] 

Dans \es pfudangers , elle forme semblablement une 
couche assez épaisse, qui enveloppe la même partie de 
l'urètre. 

Cette couche ne nous a pas paru sensible dans les 
phascolomes , de sorte que l'existence de la prostate y 
paraît douteuse. 



12 



178 XXXIII' LEÇON. OHCAINKS MODIFICATEURS» ETC., MALES. 

B, Chez les Reptiles Amphibies. 

[L'ordre des (Jrodèles ^ dans cette sous-classe, est 
pourvu, par exception, de glandes analogues aux pros- 
tates ou aux glandes de Cowper des mammifères. 

Nous les avons plus particulièrement étudiées chez 
les salamandres et les tritons. 

Chez les mâles des salamandres , elles se composent 
chacune de deux lobes , un horizontal , et l'autre ver- 
tical. 

Le premier représente, avec son symétrique, dans 
la salamandre commune , la forme d'un cœur, dont la 
pointe serait en arrière , et au centre duquel se trouve 
les lèvres et la fente du vestibule. 

Le lobe vertical s'élève obliquement vers la face dor- 
sale , de manière que les deux lobes verticaux laissent 
en avant un intervalle dans lequel pénètrent les reins. 
Un muscle pubio-coccygieu s'avance entre les deux 
lobes d'un même c6té, et les sépare. 

Dans la salamandre noire , ces glandes sont aussi 
étendues à proportion. Elles ont de même deux lobes 
chacune. 

Chez les tritons, ces prostates composent un ap- 
pareil encore plus compliqué. 

La prostate qui répond au lobe inféTieur de celle des 
salamandres compose essentiellement la paroi en 
forme de calotte du vestibule. Il y a, outre cela , deux 
prostates, pelviennes, qui répondent au lobe vertical 
de la prostate vestibulaire des salamandres. Elles occu- 
pent la face dorsale du vestibule et du bassin, et se 
sous-diviseot chacune, ou celle d'un côté seulement, 
en deux lobes. Leurs canaux excréteurs aboutissent 



A1\T. 11. DES GLANDJÎtJ PKOSTATES. 179 

dans la ligne médiane de la partie la plus reculée du 
vestibule. 

Les tritons ont encore une troisième prostate que 
j'appelle abdominale, parce qu'elles occupent sur les 
muscles abdominaux et sous le péritoine une giande 
partie des parois musculeuses de l'abdomen. 

Enfin les salamandres et les tritons ont des prostates 
intravestibulaires. Chez les premiers, elles se composent 
de deux rangées de lames ou des plis qui occupent les 
parois latérales du vestibule. 

Chez les tritons , dont le vestibule est occupé par la 
verge, ces lames sont portées au dehors, sur la lèvre 
interne, qu'elles garnissent, et elles ont la forme de 
petites palmes. 

Leur bord libre est traversé par les petits tubes qui 
le dépassent , après être entrés dans la composition de 
ces lames et de ces palmes. 

Toutes ces prostates pelviennes , abdomino-vestibu- 
laires externe ou interne, se composent de tubes courts 
formant de petits cœcums, ou longs et repliés , quel- 
quefois divisés où ramifiés, dont les parois celluleuses 
sécrètent l'humeur dont ils sont les réservoirs. 

La structure de ces prostates est absolument compa- 
rable à celle des prostates du hérisson (i). 

IL De îhunieur des prostates. 

Cette humeur a été étudiée , dans sa composition mi- 
croscopique, par MM. Prévost et Dumas (9>) dans le 

fi) Voir mon troisième fiayment sur les orcjancs rjénito-urinaires des 
reptiles et sur leurs produits. — Comptes-rendus de V Académie de^ 
sciences^ t. XIX , p. 96 ï et suiv. Paris, i844" 

(2) Annales des se, natur.^ t. 1. 



180 VXXill' LEÇON. OKGAiNES ÎJODIFICATEUWS, ETC., MALES. 

chien, le chat^ le héTisson et le lapin. Ils l'ont trouvée 
composée de globules nombreux semblables à ceux du 
lait. 

Dans le /^emj'O/2 ;, nous avons observé que l'humeur 
de la prostate contenait de nombreuses vésicules 
ovales, pour la plupart , dont quelques unes sont sphé- 
riques , d'autres oblongues , coniques. 

Plusieurs de ces vésicules, celles de prostates su- 
périeures , avaient une forme étoilée , avec un noyau 
central. 

Les canaux excréteurs de toutes ces glandes abou 
tissent au vestibule génito-excrémentitiel , et y mêlent 
l'humeur des prostates à celle des glandes sperma- 
gènes. 

ARTICLE III. 

DES GLAKDEtJ DE COWPER ET DE l'hUMEUR QU'ELLES SÉCBÈTEA'X. 

[On appelle ainsi de petites glandes dont le canal 
excréteur est en rapport, chez Yhamme et les Mammi- 
fères ., avec le commencement de la pfartie érectile ou 
vasculaire du canal de l'urètre , ou avec la fin de sa 
partie pelvienne. 

Ces glandes ont beaucoup de rapports avec les pro- 
states.] 

I. Des glandes de Coivper. 

A. Chez r homme. 

Les glandes qui portent ce nom, dans V homme ., 
sont au nombre de deux, situées immédiatement der- 
rière le bulbe de Turètre : elles ont la grosseur et la 
forme d'un pois, un tissu jaunâtre, une structure cel- 
luieuse et un seul canal excréteur, qui perce oblique- 



ART, III. DES GLANDES DE COWPER. 181 

mentl'nrètre et s'ouvre dans sa partie bulbeuse. [On leur 
découvre parfois une cavité centrale d'un demi jus- 
qu'à un millimètre de diamètre, dans laquelle le canal 
excréteur prend naissance, avec un diamètre d'un tiers 
de millimètre ; c'est dans cette cavité centrale qu'abou- 
tissent des canaux peu ramifiés qui tirent leur ori- 
gine de cryptes, formant des grains glanduleux réunis 
en grappes , ayant une forme plutôt anguleuse que 
vésiculaire, et un diamètre de i/3o et au plus 1/12 
de millimètre.] Ces glandes ont échappé longtemps, 
à cause de leur petit volume, aux recherches des ana- 
tomistes. On serait tenté de croire, par la même 
raison, qu'elles ne jouent, chez l'homme, qu'un rôle 
très secondaire. Il n'en est pas de même, comme nous 
allons nous en convaincre, dans plusieurs mammifè- 
res, où elles sont, en général, plus développées à pro- 
portion, et chez lesquels leur volume excède quelque- 
fois , de beaucoup, celui des prostates. 

[Il est remarquable que, dans l'espèce humaine, le 
sexe mâle ne soit pas exclusivement pourvu de ces 
glandes, et qu'elles existent aussi chez la femme (1). 

On les trouve derrière un rudiment de bulbe de 
l'urètre. De leur côte interne et inférieur sort leur 
canal excréteur, qui a o",0'i de long et s'ouvre dans 
le vagin, un peu en dedans de son origine.] 

B. Dans les Mammifères. 

Ces glandes existent dans tous les Quadrumanes, 
dans les Chéiroptères^ et parmi les Carnassières , dans 



(i) Voir Friederich Tiedemann von den Duverneyschea Driisen des 
Weibs, etc. Heidelberç, \&^o;f:tralentiiiRepertorium, }ponr 1887, p. i3a. 



t82 XXXTIl' LEÇON. ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES. 

Vichneumon^ et sans doute dans les autres mangous- 
tes, dans la cU'ette^ \hyme, les chats, \e?> Rongeurs (ex- 
cepté les lièi'res proprement dits), les Pachydermes 
et la plupart des Ruminants et tous les Marsupiaux. 
Elles manquent dans les Insectivores^ les ours, le raton, 
dans la loutre et les martes, dans les chiens ; dans plu- 
sieurs Ruminants tels que \es cerfs ; dans les Solipèdes, 
les phoques, parmi les ^amphibies quadrirèmes et les 
Cétacés. 

On voit qu elles se trouvent assez souvent avec les 
prostates et les vésicules séminales ; ou avec les vési- 
cules séminales et les vésicules accessoires; ou avec 
les prostates seulement. 

Gliez les Didelphes carnassiers, ce sont les seules 
glandes accessoires : aussi semblent-elles très essen- 
tielles dans tous les animaux de cette division des Mar- 
supiaux. 

Leur structure est loin d'être toujours parfaitement 
semblable. Celles des Quadrumanes, des Carnassiers , 
et des Ruminants ont peu de cavité et un tissu serré. 
Les écureuils et les marmottes les ont vides et comme 
vésiculeuses dans une bonne partie de leur étendue ; 
ce qui a pu les faire considérer, ainsi que leur grand 
volume, pour des vésicules séminales. Mais les rap- 
ports de leur canal excréteur avec l'urètre sont tels, 
précisément dans ce cas, qu'il serait impossible au li- 
quide séminal d'y parvenir : il faut donc que l'humeur 
qu'elles renferment soit séparée par leur portion glan- 
duleuse. Cette humeur les gonfle d'ailleurs dans toutes 
les saisons. Elle paraît généralement d'un blanc 
bleuâtre ou opalin, demi-transparente, ayant la con- 
sistance de l'amidon , et parvient constamment dans 
la portion bulberisie de l'urètre par un seul orifice. 



ART. III. DES GLANDES DE COWPEB. 183 

Enfin, un dernier caractère commun à toutes ces 
glandes, c'est d'avoir besoin d'être comprimées pour 
se débarrasser de rhumeui' qu'elles renferment : aussi 
sont-elles enveloppées complètement, ou en parlie, par 
des gaines musculeuses ou musculo-aponévrotiqucs 
plus ou moins épaisses. 

On les découvre ordinairement dès qu on a enlevé 
la peau dupérinée où elles sont placées, hors du bas- 
sin entre le bulbo-caverneux et les iscbio-caverneux. 

Chez les Singes ^ on les trouve déjà beaucoup plus 
grandes, àproportion, que dans l'homme : leur tissu 
est plus lâche que celui de la prostate. Leur volume 
paraît encore plus considérable dans les makis pro- 
prement dits, chez lesquels leurs canaux excréteurs 
marchent collés l'un à l'autre sous l'urètre avant d'ar- 
river au bulbe. 

Les chaui'es-souris, parmi les Chéiroptères, les ont 
encore plus considérables à proportion. 

[Dans le Desman de Russie, elles sont allongées et 
courbées en genoux (i).] 

Les glandes de Gowper du hérisson sont deux glandes 
semblables aux prostates inférieures arrondies et apla- 
ties composées d'ungrandnombrede tubes courts, non 
repliés, mais couchés parallèlement les uns aux au- 
tres , formant des ramuscules, des rameaux, des bran- 
ches, qui se réunissent enfin en un seul tronc ou canal 
principal. Celui-ci s'ouvre dans lïirètre pelvien. 

Parmi les Carnassiers^ ces glandes sont très grandes 
*dansles disettes et les chats^ où le muscle qui les enve- 
loppe est très épais; mais aut«uu de ces animaux ne les 



' (i) M. Frandt, Areh. de Wiegmanti., t, III. 



l84 XXXIII» LEÇON, ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES. 

a aussi volumineuses que Xhyène : la section y fait voir 
des lobes distincts et les radicules de leurs canaux ex- 
créteurs. 

Celles de Vichneumon forment par leur réunion 
un renflement très considérable , à l'endroit où com- 
mence le bulbe : leur forme est arrondie et leur masse 
composée de vésicules, qui communiquent entre elles 
et se réunissent, vers l'extrémité de la glande, en un 
canal commun, qui se prolonge au-dessous de la verge, 
à côté de son semblable, et s'ouvre, par un orifice 
séparé, au fond du cul-de-sac qui est à cette extrémité, 
et dans lequel aboutit aussi le canal de l'urètre. Cha- 
cune d'elles a une enveloppe musculo-tendineuse, puis 
toutes deux sont recouvertes à la fois par une autre 
couche de fibres musculaires. 

Parmi les B.ongeurs , celles de Xécureuil sont deux 
grandes vessies coniques, roulées sur elles-mêmes, dont 
le sommet a sa cavité divisée en petites cellules, et des 
parois plus épaisses et plus évidemment glanduleuses 
que le reste. Chacune d elles s'ouvre par un large ori- 
fice dans un cul-de-sac qui occupe le bulbe de l'urètre, 
et se prolonge en un canal qui va en se rétrécissant 
jusqu'au pli de la verge, où il s'ouvre dans celui de 
l'urètre. Le long du bord interne de la spire, règne un 
vaisseau d'un blanc de lait, dont les ramifications très 
fines augmentent vers le sommet de celles-ci: les deux 
côtés de cette même spire ont des fibres musculaires 
obliques, qui servent à contracter sa cavité. 

On en trouve dans les niaimottes des Alpes et dans 
les hoback , d'une structure analogue : elles sont en 
partie vésiculeuses, et présentent la forme d'une mas- 
sue -dont le bout serait replié contre le manche qui 
formerait le canal: celui-jpi,a |ine ^avité simple, tan- 



ART. III. DES GLANDES DE COWPER. 185 

dis que la masse est divisée en cellule3 glanduleuses. 
Le canal aboutit , avec celui de son côté, dans un cul- 
de-sac creusé dans le bulbe , qui se rétrécit, en avan- 
çant, en un canal étroit, et s'ouvre dans l'urètre vers 
le milieu de la verge. 

Dans les rats , elles sont d'un assez grand volume , 
blanches à l'extérieur, pyriformes, et s'ouvrent dans 
l'urètre, comme celles des autres ordres : elles ne pa- 
raissent avoir qu'une enveloppe aponévrotique. Elles 
sont plates, arrondies et très vasculeuses dans \ agouti. 
Celles du cochon dinde sont plus arrondies , mais 
elles ont la même structure. 

[Elles sont ovoïdes, sphériques et situées derrière le 
bulbo-caverneux dans la gerboise de Mauritanie^ py^"^" 
midales dans la gerbi/le de Scha.w?^ 

Celles de \ éléphant sont rondes et plates , et d'un 
très grand volume, comparées aux prostates, ayant 
au fond la même structure que celles-ci : leur couleur 
est rougeâtre, et leur surface extérieure très inégale, 
ce qui leur donne une apparence lobr.leuse. Ou y dis- 
tingue deux portions , une petite plus près du bulbe , 
et l'autre beaucoup plus grande ; le centre de la pre- 
mière présente une cavité assez considérable, qui re- 
çoit, par de larges orifices, l'humeur renfermée dans 
des cavités plus petites, dans lesquelles aboutissent 
d'autres cavités plus petites encore. La cavité princi- 
pale s'ouvre dans un canal excréteur qui, après un tra- 
jet de quelques centimètres, s'unit au canal commun. 
Ce dernier, qui vient de la grande portion, est formé 
de deux branches , répondant aux deux cavités cen- 
trales de cette portion; il rampe quelque temps dans 
l'épaisseur des parois de l'urètre, avant de s'ouvrir, 



186 XXXIII* LEÇON. ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES. 

comme àlordinaire, dans sa partie bulbeuse. Ces glan- 
des sont enveloppées d un muscle très épais, dont les 
fibres convergent vers un tendon qui se fixe à chaque 
branche du corps caverneux. 

Dans le sanglier, parmi les Pachydermes^ elles for- 
ment un long cylindre aplati ( de 0,1 mètre de lon- 
gueur); composé d'une substance ferme, ayant de pe- 
tites cellules qui se réunissent dans do plus grandes : 
celles-ci forment une cavité centrale^ aboutissant à bd 
canal excréteur membraneux, qui va s'ouvrir sur les 
côtés d'une espèce de cul-de-sac creusé dans la partie 
bulbeuse de l'urètre et par lequel commence cette 
partie : elles ont chacune un muscle dont les fibres 
obliques régnent d'avant en arrière sur une de leurs 
faces, dans toute son étendue. 

Chez les Solipcdes les glandes de Gowper forment 
un renflement ovale de chaque côté de l'extrémité 
pelvienne du canal de l'urètre. Ces glandes sont enve- 
loppées, dans toute leur étendue, par des fibres muscu- 
laires et tendineuses; elles ont chacune une douzaine 
d'orifices , formant deux rangées dans la portion de 
l'urètre à laquelle elles adhèrent. 

Dans le chameau, parmi les Ruminants^ elles ont la 
forme et la grosseur d'un œuf de pigeon, la surface ex- 
térieure unie , un tissu assez ferme et un canal excré - 
teur, dont la terminaison est_, comme à l'ordinaire, dans 
le bulbe de l'urètre. 

Leur structure est la même dans les autres Eumi- 
nants qui en sont pourvus. Elles y sont constamment 
enveloppées par un muscle épais. 

Tous les Marsupiaux ont des glandes de Cowper. 
Celles de Didelphes sont remarquables par leur Hora- 



ABT. III. DES GLANDES DE COWPEK. 187 

bre; on en compte six dans le cnyopoUn , les phalan- 
ge rs , le phascolome^ le kaugaroo-géant -, et quatre 
seulement dans la sarigue et le kangaroo-ral. Deux d'en- 
tre elles sont placées, dans le kanguroo-géant^ à côté 
l'une de l'autre sur l'urètre, et immédiatement derrière 
les branches du corps caverneux; les deux autres , de 
chaque côté, sont en arrière de ces branches , et plus 
grosses que les premières. Toutes ont une enveloppe 
musculeuse et aponévrotique. Elles sont évidemment 
composées, dans ces animaux, d'un tissu de canaux 
, dirigés suivant la longueur, et dont on aperçoit les 
nombreux orifices, lorsque l'on coupe leur substance 
en travers. 

[Ainsi , Irur structure est analogue à celle de la pros- 
tate. Elle se compose de tubes ramifiés, qui commen- 
cent à la surface de la glande par de petits cœcums, et 
se terminent dans une cavité centrale qui a son issue 
dans le canal excréteur de la glande.] 

Dans Xéchidnè et \ orniihorhynque , ou chez les 
Monotrèmes ^ on trouve une glande de Cowper de 
chaque côté du cloaque, peu volumineuse, de forme 
ovale, ayant dans son milieu mie cavité étroite abou- 
tissant dans un canal excréteur, qui pénètre à travers 
le constricteur du cloaque , et va se joindre au petit 
conduit [séminal qui se détache de l'urètre près de sa 
terminaison , dans le cloaque , et se continue jusqu'au 
gland.] Cette glande est enveloppée par un muscle 
très fort , dont l'action devenait nécessaire pour lan- 
cer l'humeur qu'elle sépare, à travers le long canal ex- 
créteur dont elle est pourvue. 



188 XXXIII* LEÇON. ORGANES MODIFICATEURS, ETC., MALES. 

G. Dans la classe des Oiseaux. 

[Aucune trace de glande , analogue aux glandes de 
Cowper des mammifères, n'a été signalée jusqu'à pré- 
sent dans cette classe, ainsi que nous l'avons dit des 
prostates.] 

D. Dans la classe des ReptUes. 

[Les ReptUes, propres n'ont rien de semblable. Ils 
ont, sous ce rapport, une organisation conforme aux 
oiseaux. 

Les Reptiles amphibies urodèles sont, au contraire, 
pourvus d'un appareil glanduleux , qui entoure leur 
vestibule génito-urinaire, appareil que no^*? avons fait 
connaître dans l'article précédent, mais qui ne manque 
pas de rapports avec les glandes de Cowper.] 

E. Dans la classe des Poissons. 

[Le sperme très épais des Poissons ovipares destiné 
à féconder les œufs dans l'eau a une composition ana- 
logue à ce moyen de fécondation; et aucun organe ac- 
cessoire ne sécrète, chez ces animaux, une liqueur 
propre à délayer le sperme qui sort de la glande qui 
l'a préparé. 

Cependant on a décrit, dans le Gobius n'\gei\ un ap- 
pareil glanduleux composé de deux vésicules ovales 
assez grandes, situéessur le col de la glande spermagène. 

Il y, a même une petite glande impaire attachée au 
col des vésicules paires. Elles sont composées de cel- 
lules anguleuses que l'on trouve remplies d'une hu- 
meur semblable au sperme. On dirait des vésicules 



APPKNDICK, 1S9 

séminales qui sécréteraient une matière liquide pro- 
pre à délayer le sperme du testicule (i). 

Les canaux de ces trois petites glandes aboutissent 
à une papille creuse, où se rend aussi le canal éjacula- 
teur. 

Nous ferons connaître dans la leçon suivante^, à la 
suite des organes d'accouplement , une glande dont 
l'usage est encore problématique ; elle existe dans 
l'appendice extérieur génital qui caractérise les mâles 
des Sélaciens et des Chimères.] 

II. De r humeur des glandes de Coivper. 

[L'humeur des glandes de Cowper chez \ Jiotnme est 
transparente, visqueuse, filante et composée de gra- 
nules ronds , de 1/900 jusqu'à 1/870 de ligne (2). 

Nous avons dit ( p. 182 ) qu'elle avait, dans les 
écureuds , la consistance de l'amidon et une couleur 
opaline demi-transparente.] 

APPENDICE POUR LA LEÇON ACTUELLE ET LA 
PRECEDENTE. 

DE l'hERMAPHRODITISME DES POISSONS, OU DE LA RÉUNION DANS 
LE MÊME INDIVIDU DES ORGANES PREPARATEURS DES OVULES ET 
DU SPERME. 

[Un des caractères généraux des animaux vertébrés 
est d'avoir les organes sexuels séparés , chez des indi- 
vidus différents. 

« Cependant, suivant M. Cuvier^ on trouverait de 
« temps à autre, parmi les poissons ordinaires, des 



(i) M. Rathkeo, c, §59, p. 201, et Pi. V, fig. 10. 
(3) Suivant M. Krause, iném- cite. 



190 XXXlll* LEÇON. APPENDICE. 

» indivicVis qui ont d'un côté un ovaire, et de l'autre 
j) un testicule ; mais il paraît que certaines espèces 
» réunissent naturellement et constamment les organes 
» des deux sexes. Gavolini l'assure du serran , ou 
» perche de mer, etsir Everard Home de Y anguille et de 
» la lamproie; pour ce dernier genre , MM. Magendie 
» et Desmoulins pensent qu'il y a des mâles. 

».... Quant au serran, nous avons vérifié, ajoute 
» M. Guvier, que les ovaires ont leur partie postérieure 
» d'un tissu différent du reste de leur masse , et fort 
H semblable à celui d'une laitance. Il reste à savoir si 
» cette partie en fait réellement les fonctions (i). " 

Nous avons rapporté ce texte afin de faire mieux 
comprendre les progrès que la science a faits à cet 
égard, depuis 1828, époque de la publication du vo- 
lume dont il est extrait. 

L'hermaphroditisme accidentel peut avoir lieu, si 
l'on en croit plusieurs auteurs recommandables, qui en 
citent des exemples, entre autres Leeuweuhoeck, pour 
la. merluche. Il serait à désirer cependant que ces 
exemples eussent été conservés dans les collections , 
pour être contrôlés par l'examen sévère de la science 
d'aujourd'hui. Jusque là nous devons suspendre notre 
jugement, malgré les autorités respectables qui regar- 
dent ce fait comme certain. 

Quant aux espèces qui seraient constamment her- 
maphrodites , l'erreur de sir Everard Home , pour 
V anguille et la. lamproie , est généralement reconnue. 
Le savant anatomiste avait pris les reins de la lampiow 



(i) Hist. nat. des poissons., t. 1, p. 53^ et 535. 



APPENDICE . 191 

marine (i) pour ses laites, et n'avait pas su distinguer 
l'organe femelle de l'organe mâle de ces deux genres , 
parce que la forme générale de ces deux sortes d'or- 
ganes est la même , et que le sperme se trouve réuni 
dans de nombreuses et petites poches rondes, qui 
ont beaucoup de ressemblance avec des œufs. 

Cependant MM. Magendie et Desmoulins annon- 
çaient à l'Académie des sciences, en 1822 (2), avoir 
distingué la Jaite dans un individu, et l'ovaire dans 
plusieurs autres, et l'existence d'un grand nombre d'in- 
dividus femelles et d'un petit nombre de mâles. Mais 
l'emploi qu'ils ont été obligés de faire du microscope 
pour distinguer, dans les feuillets de l'ovaire, des glo- 
bules semblables à ceux que contiennent les ovaires 
de l'esturgeon dans un état flétri, démontrent au moins 
que l'individu présumé mâle qu'ils ont observé n'était 
pas en rut. 

Nous avons nous-même constaté, dès 1829, sur plu- 
sieurs individus mâles, l'existence des testicules, et celle 
des ovaires chez plusieurs femelles. Ces individus 
avaient été pris dans le Rhin, aux mois de mai et de juin, 
époque à laquelle ils remontent ce fleuve pour frayer. 
On a pu voir, dans la description que nous avons don- 
née de ces organes, articles II et V, que les petites cap- 
sules qui se montrent de toutes parts à l'œil, à travers 
les parois du falbala très plissé que forme le testicule, 
sont plus nombreuses, plus petites et moins unies que 
les ovules, qui sont plus gros, moins nombreux et par- 
faitement sphériques. 



(i) Tram. /îAiïos. ,, pour i8i5, P. II, p. 257-271. 
(2) Journal de physiologie , t. II, p. 2a4- 



192 XXXIII* LEÇON. APPENDICE. 

Nous avons vu, dans les inênies articles II et V, que 
les ovules de Vanguille sont ovales, tandis que les cap- 
sules spermatiques sont rondes. 

L'incertitude et les erreurs sur les sexes de ces 
deux genres proviennent uniquement de ce qu'on a 
méconnu la structure intime de leur glande sperma- 
gène, ainsi que les différences qu'elle présente , com- 
parée à la glande ovigène. 

L'observation de C<7(^o///zz'sur la perche de \\\ei\serra- 
niis scriba^ est-elle bien exacte et surtout justement ex- 
pliquée? Les sacs distincts des ovaires que ce grand 
observateur a vus et fait figurer (i) sous l'extrémité 
postérieure de ces derniers organes étaient-ils bien 
des laites , malgré les apparences dont M. Cuvier lui- 
même a été frappé, sur les individus qu'il a examinés? 
Ou n'étaient-ce pas plutôt des glandes sécrétant une 
humeur servant à envelopper les œufs à leur sortie, et 
qui ne se montrerait qu'à l'époque de la ponte ? 

Cette restriction me ferait comprendre l'état dans 
lequel j'ai trouvé ces organes dans un exemplaire de 
la même espèce , qui n'était pas encore arrivé à celte 
époque. Les ovairesétaient deux sacs coniques, nes'avan- 
çant qu'à la moitié de la longueur de la cavité abdo- 
minale, à parois demi- transparentes. Ils contenaient 
des œufs déforme polygonale, irrégulière, ayant tous 
une vésicule germinative. Les deux sacs se réunissent 
à un oviducte commun, et celui-ci au canal de la 
vessie urinaire, pour aboutir' au même orifice derrière 
l'anus. 



(i) Memorie sulla qenerai'wne dei Pescidn di Filoppo Cavolini, p. gS. 
In Napoli, 1787. 



APPENDICE. 193 

Dans lin exemplaire de serranus cabrilla^ l'organe 
génital était unique, mais bifurqué , et paraissait com- 
posé de cellules polygonales. Nous avons compté dans 
une de ces cellules huit ou neuf corps ronds , de diffé- 
rentes grandeurs, que nous avons pris pour des cap- 
sules de spermatozoïdes , plutôt que pour des ovules. 

Il n'y avait, dans l'un ni dans l'autre exemplaire, 
deux sortes d'organes qui aient pu nous faire soupçon- 
ner, le moins du monde, l'existence simultanée, dans 
le même individu, des organes de génération mâle et 
femelle, et conséquemment l'hermaphroditisme. 



13 



194 WNlV LEÇON. ORGANES d' ACCOUPLEMENT 



TRENTE-QUATRIÈME LEÇON. 

DES ORGANES D'ACCOUPLEMENT DANS LES ANIMAUX 
VERTÉBRÉS. 

[Les organes d'accouplement, chez les mâles, sont en 
général des cavités qui reçoivent le sperme qu'y ver- 
sent les canaux excréteurs des glandes spermagènes , et 
qui le transmettent , soit immédiatement, soit par l'in- 
terniédiaire d'une ou plusieurs verges, dans les or- 
panes d'accouplement de la femelle,] Ce sont encore, 
dans quelques cas , des espèces de membres surnumé- 
raires , ou de membres ordinaires modifiés, qui don- 
nent aux mâles la facilité de se cramponner sur leurs 
femelles. 

Les organes d'accouplement de celles-ci sont, au 
contraire, des conduits particulièrement destinés à re- 
cevoir la verge du mâle, ou à donner passage aux pro- 
duits de !a conception ; ou des cavités, servant encore 
à d'autres usages , qui reçoivent dans l'accouplement 
une ou plusieurs verges, et que la liqueur fécondante 
est obligée de traverser pour arriver aux organes édu- 
cateurs. 

[Les divers types des organes mâles d'accouplé- I 
ment étant nécessairement en rapport , dans chaque 
classe, avec les organes femelles, au lieu de faire connaî- 
tre successivement, dans les quatre classes, les modifi- 
cations des organes d'un même sexe, nous croyons de- 
voir réunir dans la même section l'histoire "successive 



DES ANIAIAllX VKP.TKnnKS, KN GKNKRA.1,. 195 

et <iomparée des organes fcinellts, ;iprès celle des or- 
ganes mâles d'une seule classe.] 

Il paraît peu juste, au premier abord, de dire que 
les organes d'accouplement existent moins généra- 
lement dans les femelles que dans les mâles. Cela est 
vrai cependant: c'est que, dans le petit nombre de 
Poissons qui s'accouplent, chez les Chéloniens , les 
Sauriens et les Ophidiens ^ parmi les Reptiles, dans 
tous les Oiseaux, dans ï ornitliorJiynque et ïéc/iidné^ le 
cloaque [ou le vestibule génito-excrémentitiel] tient 
lieu de ces organes. Il s'abouche avec celui du mâle , 
reçoit la verge ou les verges de celui-ci , lorsqu'il en a 
une ou deux, et la liqueur séminale. 

Un très petit nombre de femelles , parmi les es- 
pèces dont les mâles ont une verge , paraissent être 
pourvues dun clitoris, le seul organe particulier à l'ac- 
couplement qu'elles présentent dans ces trois classes. 

[J'avais trop restreint, dans la rédaction qu'on vient 
de lire, la signification des organes d'accouplement , 
ou leur détermination : c'est qu'à l'époque où cette ré- 
daction a été faite, l'idée qu'on avait du cloaque était, 
ainsi que ce nom l'indique, celle d'un égout ou d'un ré- 
servoir pour les excréments. 

Cette idée était à la fois inexacte et incomplète. La 
cavité qui est au-devant de l'issue du rectum est sans 
doute traversée par les fèces alimentaires; mais elle ne 
leur sert pas de réservoir (i). Cette cavité appar- 
tient plus essentiellement aux fonctions génératrices , 
dont les organes ont généralement leurs communi- 

(i ) Voir le t. II , p. 335, (le la Philosophie unatoniiifue de M. Ceoftroy- 
Saint-IIilaire , où cette propo.sition est rlemontiee, pour 1rs oiseaux, par 
l'oLfservalion et IV-xpoiienre. 



196 XXXÏY* LEÇON. ORG. d'aCCOUPLEMEKT DES VERTÉBRÉS. 

cations au dehors, plus ou moins liées avec celles 
de la sécrétiou de l'urine. C'est pour cela que j'ai chan- 
gé, depuis plusieurs années , dans mes cours, l'expres- 
sion de cloaque en celle de vestibule génito-excrémen- 
tiliel, parce que j'avais considéré comme les plus essen- 
tielles, comme les principales, les fonctions génératrices 
de ce vestibule, et que je l'avais reconnu existant, même 
lorsqu'il est séparé de l'issue du rectum > et qu'il ne 
donne plus passage aux fèces alimentaires. Il est en- 
core , dans ce cas, l'issue commune des fèces urinaires 
et des produits de la génération; et c'est toujours par 
son intermédiaire, chez les femelles, que la liqueur fé- 
condante du mâle pénètre dans le canal ou dans les 
canaux qui doivent la porter sur les ovules, toutes les 
fois que la fécondation doit avoir lieu avant la ponte. 

C'est (ïbnc essentiellement, pour les femelles, l'or- 
gane d'accouplement. Je ne connais qu'une seule ex- 
ception à cette règle : c'est celle bien singulière que 
présentent les Chimères , dont les oviductes s'ouvrent 
immédiatement au dehors, derrière l'orifice du cloaque, 
qui n'est plus un vestibule génito-excrémentitiel que 
chez les mâles. 

Chez les Sélaciens seuls, dans la classe des Poissons, 
avec les Chimères^ ce vestibule est l'aboutissant du 
rectum. Chez les autres Poissons cartilagineux et dans 
toute la sous-classe des Osseux, le rectum a son issue 
en avant de celle des produits de la génération et de 
l'urine, qui sont ordinairement communes. Chez les vi- 
vipares qui doivent se rapprocher pour la fécondation 
intérieure, cette issue commune est conséquemment 
celle d'un court vestibule génito-excrémentitiel, dont 
l'orifice peut servir d'organe d'accouplement.] 



SECT. l. AflT. l. OKGAAES MALES DES MAMMIFERES. 197 

SECTlOiN 1. 

DES ORGANES D ACCOUPLEMENT UAJNS LA CLASSE DES 
MAMMIFÈRES. 

ARTICLE I. 

DES OBGANES MALES. 

[Nous avons suivi dans cette classe les canaux défé- 
rents jusqu à l'origine du canal de 1 urètre, où ils se ter- 
miuent. C'est aussi à cette origine que sont les embou- 
chures des vésicules séminales, des glandes prostates , 
et plus loin , au commencement de la partie bulbeuse 
de ce canal , celles des glandes de Gowper, dont les di- 
verses humeurs viennent s'y mélanger à la semence. 

L'urètre, chez tous les mammifères , les Monotrèmes 
exceptés, se continue le long d'un corps saillant 
érectile, destiné à introduire la liqueur fécondante 
dans les organes d'accouplement de la femelle. 

Chez les Monotrèmes qui n'ont que la partie pel- 
vienne du canal de l'urètre , un canal séminal parti- 
culier se détache de l'extrémité de l'urètre, pour suivre 
la verge jusqu'aux glands et y diriger la semence. 

r^a verge, chez les Mammifères, est donc l'organe 
essentiel d'accouplement des mâles. Nous aurons à 
décrire, avec elle , le fourreau cutané qui l'enveloppe, 
ou le cloaque qui la recèle dans quelques cas ; les glan- 
des et les muscles qui appartiennent exclusivement à 
ses enveloppes.] 

Dans y homme et les Mammifères ^ on ne trouve 



198 XX\1\* LKÇOA. 0K(.. l>"ACCOUrLKML.iM UKS VERÏEBUÉ;-. 

jamais qu'une seule verge, loujours percée, dont la 
position, la forme générale et la [Ti-andeur relative 
varient beaucoup. 

Elle est composée : T d'un corps fibro-vasculaire, 
appelé corps caverneux, susceptible de se gonfler et 
de prendre assez de consistance pour rendre pos- 
sible Tiiitroduction de cet orgaiie dans ceux de la 
femelle; 2° quelquefois d'un os destiné au même usage; 
3° d'un canal qui commence à la vessie Urinaire, 
et se termine à l'extrémité de la verge, à travers 
lequel passe la semence , pour arriver dans le corps 
de la femelle j 4° d'une extrémité plus ou moins dis- 
tincte, à laquelle ou a donné le nom de gland, 
siège principal de la sensibilité dont la verge est 
susceptible; 5° de muscles qui servent à mouvoir 
cet organe, ou à contracter l'une ou l'autre de ses 
parties ; 6" de vaisseaux sanguins et de nerfs qui le 
gonflent et le roidisseut au moment du coït, et lui 
donnent une sensibilité si exquise, qu'ils en font pour 
ainsi dire un organe de toucher particulier. 

1. Position, forme générale, enveloppes et gran- 
deur relative de la verge. 

La position de la verge varie de quatre manières 
différentes : 

1° Après être sortie du bassin, elle s'élève un peu 
ie long de la symphyse des os pubis, et tient à l'ar- 
cade de ces os, on à cette syu)physe» par un ou deux 
ligaments suspenseurs; tandis qu'elle est libre et 
pendante dans le reste de son étendue, et renfermée 
dans uu fourreau ou prolongement de la peau égale- 



SECT. I. AllI. 1. OUGANES MALES DES MAMMIEÉUKS. 199 

ment IUm-c et détaehé du veiiliv. liltofumc , tous les 
quadruiiKiiies et les cliéiw pitres sont clans ce cas. 

1° Elle continue son chemin d'arrière en avant , 
depuis la symphyse des os pubis , sous la ligne me 
diane de l'abdomen, jusque plus ou moins près de 
l'ombilic. Dans ce trajet, elle est contenue dans un 
fourreau qui n'est qu'une légère extension de la 
peau du ventre, et qui la tient appliquée à cette 
partie; un tissu cellulaire plus ou moins fort, qui 
se change, lorsque la verge a un grand poids 
(comme dans ^e/e'yy/^«A^/) , en un ligament aponévro- 
tique très solide, sert encore à l'affermir dans cette 
position. Elle est particulière à tous les Carnassiers , 
aux phoques^ aux Prohoscidiens^ aux Pachydermes ^ 
aux Solipèdes ^ aux Ruminants. Dans ce cas, elle a 
l'orifice de son fourreau plus ou moins près de l'om- 
bilic , [et la peau qui constitue ce fourreau se replie 
dans elle-même comme dans le premier cas , en s'amin - 
cissant beaucoup pour se fixer autour de la couronne 
ou de la base du gland.] 

Lorsque la verge est retirée dans son fourreau, elle 
y éprouve , toutes les fois qu'elle est très longue , une 
ou plusieurs inflexions en différents sens. La verge de 
\ éléphant est repliée dans son fourreau en forme de 
double S italique. Celle des Ruminants se détourne de 
son chemin direct pour s'élever dans l'échancrure pro- 
tonde que borne, en arrière , le bassin, et en avant la 
grande saillie du ventre; elle reprend ensuite sa pre- 
mière direction pour ne plus en dévier. Dans le cha- 
meau et le dromadaire ., son extrémité est repliée en 
arrière; il en est de même dans celle des chats : aussi 
ces animaux lancent-ils leur urine de ce côté; mais 



200 wxiv' LEÇ().\. or.o. d'accouplement des yertébbés. 
lorsque cet organe entre en érection , il se redresse et 
se porte en avant. 

Tous les animaux qui ont la verge ainsi fixée sous le 
ventre ont deux muscles qui doivent servir, jusqu'à un 
certain point, à retirer le fourreau sur elle lorsqu'elle 
doit y rentrer': ce sont des protracteurs du fourreau. 
Ils s'attachent en avant , par plusieurs languettes , sous 
l'aponévrose moyenne des muscles du bas-ventre , ou 
sous leur portion charnue , se rapprochent l'un de 
l'autre en se portant en arrière , et en réunissant ces 
languettes, et se fixent, par leur extrémité, sur les 
côtés de la portion antérieure de ce fourreau. 

Ces mêmes animaux ont encore deux muscles qui 
s'attachent aux premières vertèbres de la queue , des- 
cendent de chaque côté du rectum, ou tiennent seu- 
lement à ce dernier et au sphincter de l'anus, gagnent 
la verge près du bulbe ou au-delà, suivent ses parties 
latérales ou sa partie inférieure jusque vers le gland, 
où ils se terminent; soit à la paroi externe du corps 
caverneux , ou à l'os de la verge (les Carnivores); soit 
au fourreau de la verge (les Huniiuauts). Dans ce der- 
nier cas , ils sont les antagonistes des muscles que nous 
venons de décrire. On leur donne alors le nom de 
rétracleurs du prépuce. Lorsque l'animal relève sa 
queue, ils agissent sur le fourreau, et le tirent en arrière. 
Ils ont sans doute la même action sur la verge, lorsque 
c'est à cet organe qu'ils se fixent, comme dans les 
Carnivores. 

Il est moins facile de se rendre compte de leur 
usage lorsque, comme dans les Solipèdes , ils sui- 
vent, rapprochés l'un de l'autre, la partie inférieure 
de la verge le loua de l'urètre , en donnant des ban- 



SECT. 1. AfiT. 1. ORGAlNIiS MALES DES MAMMIFÈRES. 201 

delettes au muscle qui recouvre ce canal , et en se 
perdant ainsi; ils modèrent probablement l'allonge- 
ment de la verge dans l'érection, et contribuent à la 
retirer dans son fourreau. Ces muscles ne se trouvent 
pas dans Yéléphant, et semblent y être remplacés par 
deux muscles extrêmement forts , que nous décrirons 
sous le nom de releveurs, en parlant des muscles de 
la verge. 

La verge des tatous tient à la fois de la disposition 
décrite en premier lieu et de la seconde. Elle n'a que 
sa première moitié fixée sous le ventre dans un four- 
reau cutané. L'autre moitié est libre en dessus, et non 
recouverte par son fourreau, qui est comme tronqué 
obliquement de ce côté; tandis qu'en dessous il va se 
fixer, en se rétrécissant toujours, à quelques lignes de 
l'extrémité du gland. 

3° Dans la troisième sorte de position que prend la 
verge , cet organe , après s'être avancé jusqu'au bord 
antérieur du pubis , se replie sous la peau pour revenir 
sur lui-même et se rapprocher de l'anus. L'orifice 
du prépuce est alors très^peu en avant de ce dernier. 
Le cochon d'Inde et Vagouti ont la verge ainsi dis- 
posée. 

Des fibres musculaires transversales, qui vont d'un 
crémaster à l'autre, passent sur sa courbure, et y 
prennent, pour nue partie, leur point d'attache. D'autres 
fibres vont du grand oblique au même point. Les pre- 
mières doivent, en pressant sa courbure, contribuer 
un peu à faire sortir la verge de sa position et de son 
fourreau. Les dernières retirent sans doute la verge 
lorsqu'elle est sortie. 

Sa position , dans la marmotte , tient à la lois des 



202 XXXIV ° LEÇOiN. ORG. D'ACCOUPLEMEiNT DES VEKTÉBEÉS. 

fleux précédentes. Parvenue à la région sons pubienne, 
elle ne se replie pas en arrière pour se rapprocher de 
l'anus, mais elle se recourbe directement en bas, pour 
sortir par le prépuce, qui est percé à cet endroit. Un 
ligament, qui vient s'y fixer de la ligne médiane, la 
maintient dans cette situation. Dans Y écureuil, elle se 
replie subitement à la hauteur du gland, pour gagner 
l'orifice du prépuce, qui est plus en arnère. 

4° Enfin , dans beaucoup de Rongeurs, tels que les 
rats , les campagnols , les Ioïj's , les gerboises , les lièvres, 
les lagornys et chez tous les Didelpkes^ la verge affecte 
une quatrième position. Dans aucun de ces animaux, 
elle ne remonte, après être sortie du bassin, le long 
de la symphyse des os pubis, mais elle continue de se 
porter en arrière jusque près de l'anus; l'orifice du 
prépuce est alors immédiatement au-devant de ce 
dernier, et compris dans le même sphincter, comme 
dans les Didelphes , ou un peu moins rapproché de la 
même ouverture, et hors du sphincter de l'anus, 
comme dans les Rongeurs. 

Ces positions variées qu'affecte la verge des Mammi- 
fères sont sans doute en rapport avec le mode de coït 
auquel ils sont soumis; mais elles paraissent encore 
tenir à la longueur proportionnelle de cet organe. Dans 
les Ruminants , qui ont la verge très allongée , dans les 
Solipèdes et plusieurs Pachi/dermes , il fallait qu'elle 
pût s'étendre le long du ventre, tandis que dans les 
Didelphes et plusieurs Rongeurs, où elle est plus 
courte, proportion gardée, elle n'aurait pu s'avancer 
jusque là. 

Les Quadrumanes, les Canuissicrs , les Chéirop- 
tères, ont cet organe médiocrement long. Il est court, 



SECT. 1. ART. 1. OUGAxNES MALES DES MAMMIFÈBES. 203 

comme nous venons de le dire, dans les Didelphes 
et chez la plupart des Bongeurs ; didins les C'armVo- 
res cligitigKides et \e?> phoques , parmi les Amphibies. 
Dans le cochon d'Inde et ïagouti^ sa longueur propor- 
tionnelle paraît à peu près la même que dans les pre- 
miers. 

La forme générale de la verge ne varie pas moins 
que sa position et sa longueur. Elle est grêle dans le 
sanglier et les Ruminants ; grosse et cylindrique dans 
les Solipèdes, \ éléphant et le lamantin; grosse et 
conique dans le rhinocéros et le marsouin ; gvosse , 
conique et aplatie dans le dauphin; à peu près cylin- 
drique dans les Quadrumanes elles Rongeurs ; courbée 
en 8 dans le raton ^ etc. Nous reviendrons sur ces 
formes en parlant du gland, qui compose souvent à lui 
seul la partie de la verge qui paraît au dehors, et en 
décrivant l'os pénial, dont la figure détermine ([uelque- 
fois celle de la verge. 

II. Du corps caverneux et de l'os de la verge. 

A. Du corps caverneux. 

Ce corps donne au pénis des Mammifères la consis- 
tance nécessaire pour être introduit dans les parties 
sexuelles de la femelle. Il forme seul la très grande 
partie de la portion de cet organe qui se trouve hors 
du bassin. 

Son origine est, dans V homme ^ à chaque branche 
de l'ischion , un [)eu au-dessus des tubérosités de cet 
os, par deux racines qui adhèrent fortement à ces 
branches, et dont les parois externes semblent con- 
fondues avec leur périoste. Ue là ces deux racines se 
rapprochent l'une de l'autre , en s élevant vers l'arcade 



204 XXXIV* LEÇO-N. obij. d'accouplement des vertébrés. 
du pubis , et se réunissent bientôt pour ne plus former 
qu'un seul corps cylindrique , ayant en dessous une 
large rainure dans laquelle s introduit le canal de l'urè- 
tre , et , en dessus, un sillon moins profond, le long du- 
quel marcbeut une partie des principaux vaisseaux 
sanguins et des nerfs de la verge. Ce corps se ter- 
mine au gland; c'est proprement un composé de deux 
demi-cylindres creux , dont la cloison mitoyenne , qui 
devrait résulter de leur réunion, n'est complète que 
dans une partie de leur étendue,, et ne se voit, dans le 
reste de leur longueur, que le long de la paroi supé- 
rieure. Il n'a donc , en effet , qu'une seule cavité, sé- 
parée en deux loges dans sou commencement par une 
cloison perpendiculaire , et dont les parois sont com- 
posées d'un tissu tendineux très solide , affermies et 
préservées contre une trop forte dilatation, par des 
lames et des filets de même nature, ayant aussi, dans 
quelques cas. l'apparence musculeuse, qui la traversent 
en tous sens, et se fixent aux points opposés de ses 
parois. 

Le corps caverneux n'est rempli, outre cela, depuis 
le commencement de ses racines jusqu'au gland, que 
par un réseau très compliqué de vaisseaux sanguins 
accompagné de beaucoup de filets nerveux. Ce réseau 
est susceptible de prendre très promptement une 
grande extension en tous sens, par l'afflux du sang qui 
peut y aborder; ou de revenir sur lui-même et de se 
vider aussi promptement de la plus grande partie de 
ce liquide qui s'y trouve enfermée. 

J^e sang ne s'épanche point, pendant l'érection, 
dans de véritables cellules , formant, comme on le dit, 
des cavités intermédiaires entre les veines et les artères. 
C'est un fait dont nous nous sommes bien convaincus 



SECT. I. ART. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 205 

par la dissection de la verge de Yéléphaiit. Le corps 
caverneux de cette énorme verge est rempli, en très 
grande partie, de rameaux veineux qui ont entre eux 
de si larges et de si fréquentes anastomoses, dont les 
parois se confondent et s'ouvrent si souvent, pour ces 
nombreuses communications , qu'il en résulte , dans 
quelques endroits, une apparence celluleuso. 

En comparant cette structure avec celles d'autres 
verges successivement plus petites; en passant, par 
exemple, de l'éléphant au cheval^ de celui-ci au mar- 
souin^ au chameau^ au bœuf , au bouc^ etc. , il nous a 
paru démontré qu'elle était la même dans tous les Mam- 
mifères; c'est-à-dire composée essentiellement d'un ré- 
seau extrêmement compliqué de ramifications de vais- 
seaux sanguins, et particulièrement de veines. Si l'on 
fait une section longitudinale du corps caverneux , on 
distingue facilement les principaux rameaux de celles- 
ci, qui suivent la longueur de la verge, rapprochées 
de sa paroi dorsale. 

Les deux racines du corps caverneux varient bien 
un peu, pour la longueur, dans les différents mammi- 
fères ; mais elles sont, en général, très courtes, et ad- 
hèrent, dans la plupart des cas, aux ischions, aussi inti- 
mement que dans l'homme. Nous ne connaissons à cet 
égard que deux exceptions remarquables. 

La première est commune à tous les Didelphes. Ces 
branches, qui sont longues et d'un diamètre peu consi- 
dérable, y sont absolument libres, et ne tiennent aux 
ischions que parle tendon du muscle qui les enveloppe. 

La seconde de ces exceptions concerne les Cétacés^ 
qui n'ont pour tout bassin que deux os séparés l'un de 
l'autre, et placés presque parallèlement l'un à lautre, de 



206 XXXIV* LEÇON. OBG, D' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS. 

chaque côté de l'origine du corps caverneux. Us ne sem- 
blent exister, dans ces animaux, que pour fournir un 
point d'attache aux organes de la génération, et leur 
écartement l'un de l'autre varie avec la grosseur des 
branches du corps caverneux qui les séparent. Celles-ci 
commencent par deux grosses tubérosités aplaties , et 
dirigées en arrière et en haut, très rapprochées l'unede 
l'autre et tenant entre elles et aux os du bassin , dont elles 
restent séparées d'abord de quelques millimètres, par 
desfibresligamenteuses très fortes. A mesure qu'elles pé- 
nètrent entre ces os, elles s'en rapprochent davantage 
et s'y unissent aussi intimement que les branches du 
même corps avec les os de l'ischion, dans les autres 
Mammifères. 

Ces branches se confondent très souvent en un 
seul corps , dès qu'elles se sont rapprochées ; de sorte 
que l'on aurait encore moins de raison que dans 
l'homme, de regarder le corps caverneux comme formé 
de deux portions distinctes. Cependant il y a , à cel 
égard, beaucoup de variations. Parmi les Singes^ par 
exemple , nous n'avons pas trouvé de cloison dans le 
sài. Il y en avait une complète dans le calli triche ^ dans 
toute l'étendue du corps caverneux. Elle était très 
mince, et n'allait qu'au-delà de la partie moyenne de 
ce corps, dans d'autres cercopithèques. Elle est com- 
plète dans les Maijdrills, et incomplète dans les cynocé- 
phales. Dans les Makis., on peut la suivre jusqu'à l'os ; 
mais elle est incomplète. On n'en voit pas de trace 
dans Xoiirs, le blaireau. Elle est épaisse et complète 
dans le chien. Elle manque généralement dans les Pa- 
chydermes., le rhinocéros excepté, les Eliminants et 
les Cêlacés. Elle existe dans Xéléphant. 



SECT. T. ART. T. ORGANES MALF.S DES MAMMIFÈRES. 207 

Les filets ou les lames fibreuses qui traversent le 
corps caverneux de ces animaux semblent partir de 
tous les points de sa circonférence pour se réunir à 
son axe, où ils sont plus épais et plus forts. 

Le corps caverneux est également sans cloison dans 
les Sarigues y et cela est d'autant plus remarquable 
qu'il était plus naturel de penser que les deux pointes 
qui bifurquent l'extrémité de leur verge n'étaient 
qu'une simple séparation des deux corps caverneux, 
que l'on supposait former cet organe. 

Dans le Kanguroo-géant ^ le corps caverneux pré- 
sente une structure que nous n'avons rencontrée dans 
aucun autre animal. Il commence, comme nous l'avons 
dit, pour tous le^Didelphes^ par deux longues racines 
enveloppées par les iscliio-caverneux. Deux autres 
racines plus courtes, placées au-dessous des premières, 
enveloppées de même par un muscle , et tenant lieu 
du bulbe de l'urètre, viennent se confondre avec celles- 
là. Toutes quatre ne forment bientôt qu'un seul corps 
cylindrique , ayant un canal qui suit à peu près la 
direction de sou axe, dont les parois sont également 
fortes et de nature fibreuse, et qui contient celui de 
l'urètre : de sorte que la coupe transversale du corps 
caverneux ressemble à un anneau \ encore les deux 
moitiés latérales sont-elles séparées par deux cloisons 
verticales qui s'étendent, du canal intérieur, au dos ou 
à la paroi inférieure de la verge. 

L'épaisseur des parois du corps caverneux n'est pas 
la même dans tous ces animaux : elle est quelquefois 
si considérable, quelle égale la moitié du diamètre 
total de la verge, et que la cavité ne comprend que 
l'autre moitié ; c'est ce que nous avons vu dans une 
verge de Cétacé. 



208 XXXIV LEÇON. OBG. d'aCCOUPLEMENT DES VERTIÉBBÉS. 

B, De Vos de la verge. 

[Un certain nombre de Mammifères a, dans une par- 
tie plus ou moins étendue du corps caverneux etmême 
du gland , un os destiné à leur donner plus de consis- 
tance, pour faciliter, indépendamment de l'érection, 
l'introduction de la verge dans le vagin de la femelle.] 

Cet os existe dans la verge des Quadrumanes , 
des Chéiroptères , des Carnivores , celle de X hyène ex- 
ceptée ; il existe encore dans la verge des Rongeurs y 
dans celle des Phoques parmi les Amphibies quadri- 
rèmes^ et dans celle des baleines , parmi les Cétacés. 

La verge de l'homme en est dépourvue. 

On n'en trouve pas dans celle des Insectivores ., des 
Proboscidiens y des Pachydermes ., des Solipèdes , des 
Ruminants., des Tardigrades et des E dentés; des la- 
mantins parmi les Amphibies trirèmes , et du dauphin 
et du marsouin parmi les Cétacés. 

Sa grandeur et sa forme varient beaucoup dans ces 
différents animaux: chez les uns, il forme la plus grande 
partie de la verge (les ours , le raton , le blaireau , les 
chiens ^ la loutre , les martes) ; chez d'autres, il n'en com* 
pose qu'une petite portion (les chats., Xichneumon^ la 
plupart des /?o/zgeM/'j'). Cet os est courbé en S dans 
le raton ; il est très volumineux dans les baleines , et 
renflé en massue dans la portion qui occupe le gland. 
C'est cette portion qui donne souvent à ce dernier les 
différentes formes qu'il présente. Nous les décrirons 
plus en détail avec lui. L'autre extrémité tient tou- 
jours, comme nous l'avons dit, à celle du corps caver- 
neux, et lui est intimement unie. 

Dans les animaux dont Y os pénial îorme une bonne 
partie de la verge, le corps caverneux est beaucoup 



8ECT. I. AHT. I. OR(tA?.SS MALES DES MAMMIFlKRES. 209 

moins étendu que dans ceux où cet os n'existe pas ; sa 
cavité cesse où l'os commence, ses parois se perdent 
sur la surface de l'os et se confondent avec son pé- 
rioste. Telle est entre autres sa conformation dans les 
ours ^ les martes , les loutres , les chiens , les phoques ^ 
le morse ^ etc. 

111. Du canal de l'urètre. 

Ce canal s'étend, dans l'homme et les mammifères, 
depuis le col de la vessie jusqu'à l'extrémité du gland. 
Il n'est essentiellement composé, dans tout cet espace, 
que par un prolongement de la membrane muqueuse 
qui tapisse les parois de la vessie, et qui, après avoir 
formé le canal en question, vient se confondre à l'ex- 
térieur avec la peau du gland. En ayant égard aux 
enveloppes qui affermissent ou soutiennent cette mem- 
brane, on peut reconnaître dans le canal de l'urètre, 
deux portions différentes : la première s'étend, dans 
\homme ^ depuis le col de la vessie jusqu'à quelques 
millimètres au-delà de la prostate ; la seconde com- 
mence où finit la première, par un renflement très 
marqué, et se continue jusqu'au bout du gland. 

A. De la partie pelvienne de H urètre , ou de sa partie 
musculeuse. 

C'est dans cette partie que s'ouvrent toujours les 
canaux déférents, les vésicules séminales, les vésicu- 
les accessoires , et les canaux excréteurs de la pro- 
state ou des prostates. La membrane interne v prend 
ordinairement une consistance qu'elle n'avait pas dans 
la vessie; on y remarque généralement , très près du 
corps de celle-ci, une éniinence, qui n'est assez souvent 
8. 14 



510 XXXIV* LEÇON. ORG. D'ACCOUPLEMENT DES VERTÉBBis. 

qu'un pli longitudinal, à laquelle on a donné le nom de 
verumontanum. Elle est remarquable, parce que c'est 
autour d'elle, ou même dans son épaisseur, que sont 
placés/ comme notis l'avons vu, les orifices des défé- 
rents, des vésicules séminales et des prostates. Le veru- 
montanimi renferme quelquefois un profond cul-de- 
sac ; il est entre autres ainsi conformé dans Y éléphant ( i ). 
On trouve assez fréquemment dans ce même canal, 
d'autres plis longitudinaux , trop peu constants , au 
reste, pour être décrits. Les marmottes seules, à notre 
connaissance, en offrent, dans le sens opposé, qui sont 
permanents. Douze plis très saillants partent de cha- 
que côté , d'une éminence longitudinale qui règne sur 
la paroi inférieure de Celte portion de l'urètre , et la 
divisent en travers , en interceptant autant de petites 
fosses qui rendent sa cavité extrêmement inégale, et 
présentent un abstacle remarquable au flux de l'urioe 
et à celui de la semence. 

La longueur de cette portion de l'urètre, comparée 
au reste de l'étendue de ce canal, est très variable. 
Dans \ homme et les singes^ elle est très courte et en- 
veloppée, pour la plus grande partie, par la prostate. 
Dans les Makis , elle est longue et grêle ; elle est lon- 
gue dans les Chéiroptères ; sa longueur est médiocre 
dans les ours. Elle a le tiers de la longueur totale dans 
le hérisson : elle excède la moitié de cette longueur 
dans la civette , les chats, lès sarigues , le kanguroo- 
ratjXe phascotome, et elle n'atteint pas tout-à-fait cette 



[i) C'csl une poche auaiogue que M. Weber a reconnue dans 1 homme, 
et qu'il appelle vésicule prostatique. (Communication faite à la re'union 
'les.Naturalistes allemands k Brunswich , en i84') 



! 

Il 



SECT. I. ABT. I. ORGANES MALES DES MAMAlIFÈttES. 211 

mesure dans le Âanguroo'géant; elle est moins éten» 
due dans les chiens. On la trouve plus longue que le 
reste du canal et d'un très grand diamètre dans la 
marmotte ; ayant un peu moins que la moitié de tout 
le canal, dans les rats., les cochons d Inde; encore un 
peu moins longue dans les lièvres ; courte et n'attei- 
gnant que le quart de cette longueur totale dans Vécu- 
reuil; n'ayant que le tiers ou le quart de la même 
mesure dans X éléphant , les Pachydermes , les Soli- 
pèdes , les Ruminants, le dauphin et le marsouin. 
Elle est plus courte, en général, dans Xhomme et les 
Singes que dans tous les autres Mammifères , et c'est 
parmi les Carnivores , dont la verge proprement dite 
est très peu allongée, tels que le chat et la civette , que 
cette proportion nous a paru la plus grande. 

Nous donnons encore à cette portion pelvienne du ca- 
nal de l'urètre, qui est contenue dans le bassin, l'épithète 
de muscuieuse, parce que ses parois sont généralement 
enveloppées d'une couche plus ou moins épaisse de 
fibres de cette nature. \}ain%\homme et les Singes., c'est 
particulièrement sur les côtés qu'on les remarque : 
elles ont une direction oblique, et vont se perdre, en 
-avant , au bulbo-caverneux et aux os pubis; et en ar- 
rière , au col de la vessie , après avoir traversé la pro- 
state. 

Dans les autres Mammifères, elles sont toujours cir- 
culaires; la couche quelles forment est très épaisse 
dans les Chéiroptères ., dans la taupe ., le hérisson., dans 
les chats-, elle est mince dans les chiens , la civette., les 
sarigues; elle est peu sensible dans la marmotte, chez 
laquelle les parois de cette portion semblent plutôt 
tendineuses; les Rongeurs l'ont généralement peu 



212 .^.xxl^' leçon, onc. d'accouplement des vertébrés. 
épaisse; mais son épaisseur est très grande dans les 
Pachydermes^ les Ruminants. On prévoit qu'elle doit 
avoir pour usage , en contractant la première portion 
du canal de l'urètre , d'en expulser la semence et de 
servir ainsi à l'éjaculation. Voilà pourquoi, sans doute, 
elle est si épaisse dans les animaux dont la verge est 
fort longue, tels que les Ruminants., etc., et dans 
ceu.x qui ont ce même organe fort court, tels que les 
chats. Dans le premier cas , il fallait une grande force 
pour chasser la semence à travers un si long canal; il 
en fallait également une très grande dans le second , 
afin que ce liquide qui n'aurait pas été porté assez 
avant par cette courte verge, fût lancé loin de cet or- 
gane jusqu'au lieu où il doit atteindre. Cette espèce 
d'éjaculation était encore bien nécessaire lorsque , 
outre la longueur de la verge, le canal de l'urètre pré- 
sente un obstacle de plus à la semence qui doit le tra- 
verser. C'est ce qui a lieu dans le marsouin et le dau- 
phin.) où sa partie membraneuse, qui est enveloppée 
en totalité par la prostate , forme un angle très aigu 
avec le reste du canal, et se rétrécit sensiblement vers 
le sommet de cet angle. H y a , dans ces animaux , un 
muscle très épais, fixé en arrière, au-devant des bran- 
ches du corps caverneux , dont les fibres dirigées d'a- 
vant en arrière, recouvrent la prostate, et dont quel- 
ques unes se portent en dessous jusqu'au col de la 
vessie : son action sert évidemment à vaincre la diffi- 
culté que doit avoir l'urine, et, sinon la semence qui 
découle dans l'urètre au sommet de cet angle, du nioiu' 
i humeur de la prostate, à traverser ce canal. 

La portion de l'urètre que nous venons de décrire 
7ie se continue pas toujours directement avec la sni- 



SECT. I. AWT, I. ORfiA.NES MALliS DKS ilAÂllUIFÈRFS. 2!3 

vante, mais elle s'y termine au contraire, dans plnsieurs 
Mammifères, en s'ouvi-ant à la paroi siipérieui-e de 
celle-ci, un peu au-delà de son conmienceiuent. Les 
Ruminants et les Pachydermes nous offrent des exem- 
ples de cette conformation. 

B. De la partie vasculaire ou caverneuse du canal 
de V urètre. 

Cette partie commence, dans \ homme s au moment 
où les branches du corps caverneux se réunissent, ou 
un peu en-deçà , par un renflement ovale , auquel on a 
donné le nom de bulbe ; elle diminue de diamètre au- 
delà de celui-ci, prend une forme cylindrique et la 
conserve jusqu'au gland. Le canal de l'urètre est placé, 
dans toute cette étendue, dans une rainure ou demi- 
canal de la face inférieure du corps caverneux ; il pré- 
sente partout à peu près le même diamètre, et sa 
forme extérieure ne varie que par suite des variations 
qui existent dans l'épaisseur de ses parois. Celles-ci sont 
entourées et affermies par un réseau vasculaire ana- 
logue à celui que nous avons dit remplir la cavité du 
corps caverneux, susceptible comme lui de se gonfler 
de sang, et qui contribue à donner à ces parois la fer- 
meté nécessaire pour faciliter le passage de la semence. 
Beaucoup plus épais au commencement de cette por- 
tion, particulièrement du côté inférieur, c'est ce ré- 
seau érectiie qui forme le renflement ovale qu elle pré- 
sente ; il s'amincit en avançant , et entoure plus égale- 
ment et plus complètement l'urètre; vers l'extrémité 
de ce dernier, il se développe pour former le gland. 

, Chez les Mammifères, la portion musculeuse de l'u- 
rètre ne se continue pas toujours directement comme 



214 XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBBÉS. 

dans l'homme, avec la portion vasculaire. Nous avons 
déjà dit que la première se termine quelquefois dans 
celle-ci par une embouchure ouverte à sa partie supé- 
rieure, un peu au-delà de soq origine. C'est ce qui a lieu 
dans les Ruminants et le sanglier. Alors la portion vas- 
culaire de l'urètre commence par un cul-de-sac plus ou 
moins large, creusé dans le bulbe, dans lequel la se-r 
menée , qui a traversé la portion musculeuse , est pré- 
cipitée , tandis que Fhumeur des glandes de Gowper y 
découle par les côtés. D'autres fois (dans les écureuils^ 
les marmottes)^ ce même cul-de-sac ne reçoit que les 
orifices de ces dernières glandes, et se continue en un 
canal étroit qui se jette dans Turètre, soit à la partie 
moyenne de la verge , soit même au-delà. L'urètre 
passe , dans ce cas , au-dessus de lui , et ils sont enve- 
loppés l'un et l'autre par le tissu vasculaire qui forme 
le bulbe. 

La portion de l'urètre que nous décrivons est gé« 
néraleraent placée sous le corps caverneux , comme 
dans l'homme. Il faut en excepter le Kanguroo-géant, 
dans lequel ce corps est creusé, dans une partie de sa 
longueur, en un canal qui contient celui de l'urètre. 
Ce canal , formé de parois de niême nature que celles 
qui enveloppent extérieurement le corps caverneux, 
suit d'abord la direction de son axe, et se rapproche 
ensuite de la face inférieure de la verge , qu'il touche 
vers l'extermité de celle-ci, où il se termine. C'est à cet 
endroit seulement que l'urètre se trouve hors du corps 
caverneux. 

IjC tissu vasculaire de l'urètre existe dans tous les 
mammifères ; mais dans les Kanguroo , à cause de la 
disposition que nous venons de décrire, il se confond 



SECT. I. AllT. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 215 

avec celui du corps caverneux, ce qui n'a pas lieu de 
même dans tous les Didelphes. 

Il est remarquable que , dans toute cette division de 
la série des Marsupiaux^ ce tissu vasculaire commence 
par deux branches , comme le corps caverneux, libres 
et enveloppées chacune par un muscle particulier. 
Dans le phascolome , les sarigues^ ces deux branches 
se réunissent ensemble pour former le tissu que nous 
décrivons. Dans le kanguroo, elles ne tardent pas à 
se confondre chacune avec la branche du corps ca- 
verneux qui lui correspond, et contribuent à former 
ce corps. 

Le bulbe de l'urètre, ou le commencement de la 
portion vasculaire de ce canal, naît encore de deux 
branches dans le rat cVeau; il est large et triangulaire 
dans le surmulot; on y voit deux rudiments de bran- 
ches dans le chameau. En général, ce renflement est plus 
ou moins développé dans les différents Mammifères, 
ainsi que le tissu qui enveloppe le reste de l'étendue 
de l'urètre. Il nous a paru très épai^s dans le?, Patmiruints ^ 
les Pachydermes , et très mince en comparaison dans 
les carnassiers ^ tels que Xours^ la loutre^ etc., dont l'os 
de la verge est fort gros : il disparaît presque dans 
ceux-ci, lorsque le canal est parvenu sous cet os. 

Rarement le bulbe est-il placé en-deçà du corps ca- 
verneux et commence-t-il avant ce corps. Dans les cyno- 
céphales cependant, ce renflement a lieu plus tôt, ce 
qui semble dépendre de la forme particulière de leur 
bassin, dont les tubérosités ischiatiques sont réunies: 
aussi faut-il le chercher sous l'anus, dans l'ouverture 
étroite que présente le détroit inférieur du bassin ; 
tandis que les branches du corps caverneux ne com- 



2lG \ï>:iv« î-EÇON. ORG. d'accouplement des vertébrés. 

mencent qu'au-delà de ]a large surface plate et cal- 
leuse que lorment ces tubérosités. Si le bulbe avait 
commencé comme à Tordinairej il se serait trouvé 
caché par cette large surface ; ce cas ne prouverait-il 
pas que sa position hors du détroit inférieur, immédia- 
tement sous la peau et très près de l'anus , lui est très 
essentielle? Ne pourrions-nous pas ajouter , pour ap- 
puyer cette opinion, que c'est aussi pour cela, outre les 
autres raisons que nous avons déjà alléguées, que la 
portion musculeuse de l'urètre s'allonge ou se raccour- 
cit? Elle est obligée de s'adapter aux différentes di- 
mensions du bassin, afin que la portion bulbeuse ar- 
rive toujours au même point, et qu'elle conserve tou- 
jours les mêmes rapports. Dans les Singes^ qui n'ont 
pas le bassin conformé comme celui des mandrills , le 
bulbe est situé comme dans l'homme. 

[J'ai découvert dans la gerboise de Mauritanie une 
singulière disposition de la seconde partie du canal de 
l'urètre. Cette partie vasculaire reste séparée du corps 
caverneux et ne le joint qu'au moment où il s'unit au 
gland ( 1 ). Elle reçoit à son origine les canaux excréteurs 
des glandes de Gowper, et elle est enveloppée, dans la 
première moitié de sa longueur au moins, par un 
bulbo-caverneux considérable , qui est confondu, jus- 
qu'à un certain point, avec le sphincter de l'anus.] 



(i) Voir dans le journal \' Institut^ numéro 4i3, p. 4°°? ^* colonne, 
l'extrait d'une Noie communiquée à la Société philomatique, arec un 
dessin de cette singulière organisation, exécuté sous mes yeux, déjà en 
i832. Voir encore les Notes et renseignements sur plusieurs Mammifères 
lie VJlcji^rie f par MM. Duvernoy et Lereboullet. Mémoires de la Soclcte 
d'histoire naturelle de Strasbourg^ t. III. 



SECT. I. ARÏ. I. ORftANES MALES DES MAMMIFÈRES. 217 

IV. Du gland. 

A. Dans l'homme. 

C'est, dans l'homme, un corps ovale placé très obli- 
quement sur l'extrémité de la verge, et qui couronne 
cette extrémité , de manière qu'il présente en dessus 
une surface beaucoup plus étendue qu'en dessous. Le 
canal de l'urètre suit sa face inférieure, et se termine à 
son sommet par une ouverture percée de haut en bas. 
Lorsqu'on examine sa composition, on voit qu'elle est 
formée d'un tissu extrêmement fin et serré de vais- 
seaux sanguins, qui ne semblent qu'une extension 
de l'enveloppe vasculaire de l'urètre, qui se serait en 
même temps repliée, particulièrement en dessus , au- 
tour de l'extrémité du corps caverneux. La couleur 
rouge de ce tissu paraît à travers la peau délicate qui 
recouvre le gland. La surface de celui-ci présente un 
grand nombre de papilles , comparables sans doute à 
celles qui se voient au bout des doigts , et faisant de 
la verge un organe de toucher très délicat. Pour en 
conserver la sensibilité et la préserver en même temps 
des impressions douloureuses , la peau de la verge , 
après s'être fixée en arrière du gland, dans la rainure 
qui sépare sa base , ou le rebord saillant et arrondi 
qu'on nomme sa couronne, du corps caverneux ; cette 
peau, dis-je, forme un prolongement détaché, auquel 
on a donné le nom de prépuce , qui recouvre toute 
l'étendue du gland, lorsque la verge est dans l'état de 
relâchement. Outre l'adhérence circulaire que nous 
venons d'indiquer, il en a une plus intime du côté in- 
férieiir : c'est le frein de la verj^^e , sorte de ligament 



218 XXXIV* LEÇON. OEG. d'aCCOUPLEMEIHT DES VERTÉBRÉS. 

formé par la peau du prépuce , et qui se confond 
d'autre part avec celle du gland , un peu en-deçà de 
Torifice de l'urètre. 

Le gland est donc essentiellement formé d'un tissu 
de vaisseaux sanguins qui , lorsqu'ils se gonflent de 
sang, lui donnent la roideur nécessaire pour être in- 
troduit dans les parties sexuelles de la femme , et y 
produire un frottement qui n'est pas moins important 
à la conception. En même temps, ils surexcitent la sen- 
sibilité de cette partie, dont la peau, fortement tendue 
par ce gonflement, devient susceptible des plus fortes 
impressions; vivement excitée par les frottements du 
coït, elle exalte à son tour la sensibilité des autres 
organes de la génération, et devient la cause des con- 
tractions et des spasmes qui terminent cet acte par l'ex- 
pulsion de la semence. 

B. Dans les Mammifères. 

Le triple but que l'on peut reconnaître dans cette 
organisation du gland de l'homme, et que nous pour- 
rons encore saisir dans celle du gland de tous les Mam- 
mifères , est donc ; i" de lui donner la consistance 
nécessaire pour être facilement introduit dans les 
parties sexuelles des femelles; 2" de le rendre assez 
dur pour y produire des frottements capables de ré- 
veiller et d'exalter la sensibilité de ces parties ; 
3* d'augmenter momentanément celle du gland. Ce 
triple but a pu être atteint de bien des manières. Aussi 
rien de si varié que la forme et même la composition 
du gland dans les différents Mammifères. 

On dirait que chaque famille, chaque genre, et 
même chaque espèce devait avoir, dans cette partie, 



SECT. I. ART. I. OBGANES MALES DES MAMMIFÈBES. 2l9 

une sensibilité propre, et de plus une forme, une com- 
position adaptée à la sensibilité des organes femelles , 
qui sans doute a de même quelque chose de particu- 
lier dans chaque espèce. 

Ne serait-ce pas ici une des causes de la conserva- 
tion des espèces pures, et sinon de l'absence totale, du 
moins de la rareté des espèces hybrides (i) ? 

Dans les uns, nous verrons le gland gros et unique- 
ment vasculaire, comme dans l'homme; dans d'autres 
nous le trouverons pointu , allongé, grêle, et formé 
en partie par le corps caverneux , qui se prolonge jus- 
qu'à sa pointe. Un grand nombre nous le présenteront 
soutenu par un petit os , dont la forme varie beaucoup 
et dont la pointe fait ordinairement saillie à l'extré- 
mité de ce gland ; chez d'autres moins nombreux, cet 
os le formera presque en totalité , et le tissu vasculaire 
lâche et peu épais que nous trouverons sous sa peau 
mince et ridée ne sera plus là pour lui donner de la 
roideur, mais seulement pour en augmenter la sensibi- 
lité. Plusieurs nous y présenteront des appendices ten- 
dineux; nous le verrons recouvert de poils, d'écaillés 
ou de fortes épines; ou même armé de scies cartila- 
gineuses ; ou déroulant au dehors deux fortes cornes , 
retirées, dans l'état de repos, au fond d'une espèce de 
poche. 

Nous ne trouverons pas ^oins de variétés dans 
la direction de l'orifice de Turètre dont il est percé , 
direction qui sans doute est en rapport avec celle des 
organes qui doivent recevoir la semence. Voilà pour- 
quoi dans beaucoup de Didelphes , cet orifice s'ouvre 



(i) ïdée du rédacteur. 



'220 XXXIV* LEÇON. ORG. d'aCCOUPLEMEM DES TEBTÉBRÉâ. 

dans un double canal, à la face interne des deux poin- 
tes qui bifurquent le gland. Ce n'est pas toujours au 
bout de celui-ci qu'est situé cet orifice; c'est quel- 
quefois une fente plus ou moins longue, ou un orifice 
étroit , percé de côté , en dessus ou en dessous de cette 
extrémité. 

La famille des Singes présente déjà de très grandes 
différences dans la forme du gland. Dans les sapajous 
il est terminé par un large bourrelet saillant , qui lui 
donne la forme d'un cbampignon , et au centre du- 
quel s'ouvre l'urètre. Dans les macaques et les cyno- 
céphales , sa forme est ovale et s'éloigne peu de celle 
qu'il a dans l'homme; mais son extrémité est partagée 
profondément par une large fente . qui forme l'orifice 
de l'urètre. Celui du macaque bonnet-chinois a plu- 
sieurs bourrelets qui lui donnent une forme tout-à-fait 
bizarre. Il y en a un qui termine son extrémité , et la 
rend comme trancbante; il se prolonge en crête sous 
sa face inférieure. Un autre bourrelet plus large cou- 
ronne sa base en dessus, et va s'unir sur lescôtés à deux 
autres qui descendent jusqu'à la pointe. L'orifice de 
l'urètre est dans une fosse qui s'ouvre en dessus du 
gland par une large fente longitudinale. 

Dans le maki mococo^ parmi les Lémuriens , il va en 
s'élargissant un peu jusque près de la pointe, qui n'est 
formée que par celle de l'os qu'il contient et au-des- 
sous de laquelle l'urètre est ouvert. Sa surface est hé- 
rissée de fortes épines de nature cornée, dont la pointe 
est tournée eu arrière. 

Celui des galéopithèques présente, de chaque côté, 
deux bourrelets longitudinaux , qui ne s'avancent pas 
jusqu'à SI pointe, où se trouve percé l'orifice de lu- 



iECT. I. ABT. I. OBCtA^Es MALES DES MAMMIFÈBES, 221 

rètre. On voit dans la sérotine (Fesp. serotinus)^ deux 
semblables bourrelets ou proéminences latérales qui 
élargissent la surface supérieure du gland; tandis que 
l'inférieure présente au bord trancbant qui s'arrondit 
vers l'extrémité pointue de cet organe , dont toute la 
surface est hérissée de poils rudes. C'est à cette pointe 
que se trouve l'orifice de l'urètre. 

Celui de la taupe est mince , effilé, et sans os. Son 
extrémité est surmontée, dans le hérisson^ d'une lan- 
guette cartilagineuse , par laquelle se termine le corps 
caverneux, et dont le bout est percé d'un orifice ex- 
trêmement fin , celui de l'urètre. Pour arrivera cet en- 
droit, ce canal est obligé de s'élever obliquement dans 
legland, d arrière eu avant. Au-dessous de la languette, 
ce dernier forme une grosse boursouflure dont la peau 
extrêmement ridée contient un tissu vasculaire très 
lâche. 

[Le gland du desmaii de Russie est hérissé de petites 
aspérités de nature cornée , dentelées , disposées en 
lignes arquées. 11 y a de plus de petites élévations à 
l'orifice du canal de l'urètre (i).] 

Dans les ours proprement dits, la forme du gland ou 
de l'extrémité delà verge est celledeTosqui la compose 
en très grande partie. Il est un peu renflé et allongé en 
pointe du côté inférieur ; l'orifice de l'urètre est percé 
au bout de cette pointe. 

Le tissu vasculaire de ce canal arrive au tiers anté- 
rieur de l'os, se délache de l'urètre pour se dévelop- 
per autour de ce dernier, jusqu'au bout de la verge, 
en formant un réseau à mailles distinctes. Sans doute 

(i) Mémoire de M. Brandt, déjà cité. 



222 XX.XIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS. 

que dans Térection le sang le gonfle assez pour rem- 
plir, sinon en totalité, du moins en partie, Tespéce de 
sac que forme la peau relâchée du gland. 

Celui du blaireau est moulé de même sur l'os de la 
verge. Le canal qui règne le long de la partie inférieure 
de ce dernier os, s évase à son extrémité, en même 
temps que ses bords se replient vers le haut et rend 
plus ouvert l'orifice de l'urètre placé à cet endroit. Le 
tissu vasculaire du gland forme autour de l'os, un 
renflement ovale. 

Dans le raton, l'extrémité de los, qui forme égale- 
ment celle du gland , présente deux espèces de con- 
dyles , entre lesquels il y a un large sillon où se trouve 
l'orifice de l'urètre. 

Le gland àeYichneumon est comprimé sur les côtés, 
arqué en dessus à son extrémité, et composé, en très 
grande partie , de l'os qui le contient. Son bord infé- 
rieur présente une fente qui ne s'étend pas jusqu'à l'ex- 
trémité. Elle aboutit à une sorte de cul-de-sac très 
profond, qui remplit 1 échancrure de l'os , et au fond 
duquel viennent s'ouvrir , par deux orifices séparés , 
lurètre et le canal excréteur commun des glandes de 
Cowper. 

Dans toutes les martes^ le gland n'est presque, comme 
dans les ours proprement dits et le raton , que le bout 
de 1 08 de la verge, dont le canal s'évase en cuilleron , et 
qui, dans plusieurs, tels que \a./bume^\e putois, la be- 
lette, se recourbe en crochet du côté inférieur. 

Celui de la civette présente un renflement ovale. Sa 
peau, qui est lisse, tient à celle du fourreau par un 
frein, qui empêche une grande partie de la verge de 
paraître au dehors. 



SECT. I. ART. I. ORGAWES MALES DES MAMMIFÈRES. 223 

La forme du gland, dans les chats^ est celle de la 
verge en général. 11 est conique et terminé conséquem- 
ment en pointe. Celle-ci est eu même temps la pointe 
du petit os pénial; elle surmonte l'orifice de Furètre, 
dont le tissu érectile se développe autour de l'os. La 
peau du gland est armée, dans la plupart des espèces , 
d'épines dont la pointe regarde en arrière. Il y en a 
peu dans le lion; elles sont plus nombreuses dans \o- 
celot. 

Celui de \ hyène est court, distinct, grossissant vers 
le bout, où il se termine par un bourrelet , entourant 
obliquement de haut en bas et d'arrière en avant, une 
éminence pointue et cartilagineuse , qui termine le 
corps caverneux, et sous laquelle s'ouvre l'urètre. Le 
bourrelet et tout le renflement du gland est rempli 
d'un tissu vasculaire lâche. 

Si l'on veut appeler gland, dans les chiens ^ toute la 
partie de la verge qui paraît au dehors au moment 
de l'érection, on dira que cette partie présente deux 
renflements successifs, un au commencement, qui ré- 
pond au tiers postérieur de l'os, et l'autre près de son 
extrémité. 

Chacun de ces renflements est composé d'un véri- 
table tissu caverneux, formé d'une substance fibreuse , 
et ayant un grand nombre de cellules s'ouvrant les 
unes dans les autres. Ce tissu érectile s'amincit entre 
les deux, mais il entoure toute l'étendue du gland. Les 
cellules du premier s'ouvrent du côté postérieur, dans 
deux veines placées dans un sillon de chaque côté de 
la verge, qui ont leur origine à cet endroit, et reçoi- 
vent le sang de ces cellules , à peu près comme les ju- 
gulaires internes reçoivent celui des sinus cëiébraux. 



224 xxxiv* LEÇON. oi\G. d'accouplemeîs't dks vertébrés. 

Le glaad des Rongeurs est encore plus variable 
pour la forme et plus remarquable par les singulari- 
tés qu'il présente, que celui des autres ordres de cette 
classe. 

Celui du cochon d'Inde est affermi , du côté supé- 
rieur, par un os plat, un peu courbé, plus large à ses 
extrémités que dans son milieu, dont le bout est celui 
du gland , sous lequel l'urètre est ouvert. En arrière , 
et au-dessous de l'orifice de ce canal , est celui d'une 
poche, au fond de laquelle sont fixés , par leur base, 
deux longues cornes cartilagineuses. Cette poche se dé- 
roule en dehors dans l'érection , et forme alors une 
avance cylindrique qui allonge le gland , et dépasse 
de beaucoup l'orifice de Turètre. Sa surface est re- 
couverte d'écaillés, comme celle de tout le gland , et son 
extrémité est armée des deux cornes, précédemment 
indiquées. Deux tendons qui s'attachent eu dehors, 
au fond de cette poche, suivent le dessous de la verge, 
et aboutissent à un plan très mince de fibres muscu- 
laires, cpii passent sous le bulbe de l'urètre et s'y atta- 
chent, ainsi qu'aux branches du corps caverneux; ces 
tendons servent , soit par leur propre élasticité , soit 
par l'action des fibres musculaires auxquelles ils abou- 
tissent, à retirer le fond de cette poche dans le gland. 

Le ffland de ïas^outi contient de même une sem- 
blable poche; mais outre les écailles qui hérissent sa 
surface, il a, de chaque côté, deux lames de substance 
cornée, adhérentes au gland par leur bord interne , et 
dont le bord extérieur libre est hérissé de dents 
comme celui d'une scie. 

Le gland àMcastorest cylindrique, hérissé de papilles 
rndes, avant l'extrémité aplatie , entourée d'un bord 



feECT. 1. ARÎ. î. OnG.vrsES MAl.KS DliS MAMMIFÈRES. :225 

crénelé, et perccé à peu près au centre de Torifice cîc 
Turètre , sous lequel s'avancent deux dentelures qui 
sont celles de l'extrémité de Fos pénial. 

Il est également cylindrique dans les lièvres propre- 
ment dits, et percé à son extrémité. ïl est mince , et- 
filé et recourbé en alêne dans les lagomijs. Sa forme 
dépend, dans les écureuils, comme dans ces derniers, 
de celle de l'os qu'il renferme. 11 est à peu près cy- 
lindrique, un peu comprimé latérBlement, ayant une 
crête en forme de S , sur son extrémité; celle-ci s'é- 
vase en un cuilleron dont les bords sont tranchants , et 
dans lequel s'ouvre l'urètre. 

Dans la marmotte des Alpes ^ il est conique , et ler- 
miné par une pointe grêle, formée uniquement par l'os 
qu'il renferme ; adroite de cette pointe s'ouvre l'urè- 
tre, et à gauche une petite fosse profonde. Celui des 
B.ats a généralement une forme cylindrique. 

Dans \ç,rat ordinaire, son extrémité présente, dans 
l'état de relâchement, comme un second prépuce. C'e^t 
le hord d'une cavité creusée au milieu du gland, et 
renfermant un os , dont l'extrémité s'avance hors de 
ce dernier , lorsqu'on le comprime , et présente de 
chaque côté , deux petits appendices cartilagineux eu 
forme d'ailerons. L'orifice de l'urètre s'ouvre sous cette 
extrémité, et a sur son bord inférieur une valvule en 
forme de gouttière. 

liC gland des autres espèces de rats, des hamsters , 
des campagnols ^ àe^ rats-'taupes ^ paraît générale- 
ment formée sur le même modèle. Sa surface est lisse 
ou couverte de papilles , ou hérissée de poils fins, 
comme dans le hamster. 

Celui des loirs se rappioche, pai .-^a forme, du gland 
8. 15 



225 XXXîV LEÇON. ORG-. R ACCOUPLEMENT DES VEETÉBB^S. 

des marmottes. Il a une pointe cffilce, formée par los 
qu'il renferme, à l'extrémité de laquelle s'ouvre Tu- 
rètre , et deux fossettes, de chaque côté de sa base 
qui est élargie. 

[Dans notre gerboise de Mauritanie, le gland a sa 
face dorsale et les côtés hérissés de petites pointes. Du 
milieu de cette face dorsale sortent deux cornes con- 
tenues chacune dans un fourreau. Cette organisation 
rappelle celle du cochon cïlnde. 

Dans la gerbille de Schaw, cette même partie est 
garnie d'une lame osseuse en palettes, dont la partie la 
plus large est en avant. ] 

Dans Xéléphant, le gland conserve quelque temps 
la forme cylindrique delà verge; il s'amincit vers son 
extrémité. Celle-ci est arrondie et présente, im peu en 
dessous, l'orifice de l'urètre, qui est en Y. 

Dans les Sollpèdes^ le gland est cylindrique, comme 
la verge, renflé et arrondi à sou extrémité. I^e milieu 
de celie-ci présente une fosse dans laquelle se trouve 
un corps de forme pyramidale, dont le sommet tron- 
qué est percé par l'orifice de l'urètre. 

Dans le rhinocéros, l'extrémité de la verge s'évase 
en une sorte de cloche , du milieu de laquelle sort un 
pédicule, dont le diamètre est beaucoup moindre , et 
dont le bout , élargi en forme de champignon, pré- 
sente une surface plate, ovale à bord tranchant où se 
trouve percé, du côté inférieur, l'orifice de l'urèlre. 

Dans le sanglier, le gland est conique, et termine la 
verge par une pointe assez mince , sur les côtés de la- 
quelle est une fente où s'ouvre l'urètre. 

Cette forme du gland, et cette position de rorificc 
de l'urètre, se retrouvèrent dan? un as^^ez grand nombre 



SECT. I. ABT. î. OBGANES MALES DES MAMMIFÈRES, 227 

àe Ruminants. Il existe au reste , à cet égard, des diffé- 
rences marquées entre des espèces du même genre. Le 
dairn^ par exemple, a le f>laud ainsi coniormé; tandis 
que celui de \axis reste à peu près cylindrique , et que 
l'orifice de l'urètre est précisément à son extrémité On 
le trouve ainsi percé dans le bubule et la gazelle. Le 
gland du bélier est un renflement ovale et ridé, fendu 
au bout horizoïitaiement, et ayant l'air d'une tète de 
serpent. L'urèfre s'ouvre du côté gauche , où il v a , 
près de son orifice, un long appendice grêle, de sub- 
stance tendineuse. 

Dans le chameau et le droma^.àtt'e , le gland est 
allongé, conique, et terminé par un appendice de sub- 
stance dure, qui se recourbe transversalement de 
gauche à droite, présente son tranchant en avant, e( 
dont la pointe est à droite. 

[ Les Amphibies quadriremes et les Imphibies /rire- 
mes ou les Cétacés herbivores présentent, à cet égard , 
de grandes différences. ] 

La verge des Phoques est organisée comme celle 
des carnassiers. Le gland n'est guère que l'extrémité 
conique de l'os qui la forme. Le fourreau qui ie re- 
couvre est adhérent tout près de cette extrémité, ou 
n'en laisse à nu qu'une très courte portion. îi'os très 
considérable de la verge du morse doit composer une 
grande partie du gland (i). 

Dans le lamantin du nord, on a dit que le gland res- 
semblait , comme tout le reste de la ver^je , à cehii du 
cheval. 

Parmi les Cétacés ^ le gland du marsouin est un peu 






5'28 \K\i^- t.f.ij^. Ohi,. UACCOtPLEMEXT DES VtiiTEBiîEÏ.. 

renflé à sa base; mais il ne tarde pas à diminuer su- 
bitement et ne forme bientôt qu'une pointe effilée , 
dont l'extrémité est percée obliquement par l'orilice de 
l'urètre. Sa forme est absolument différente dans le 
dauphin. Elle est large, conique et aplatie. Le canal de 
l'urètre forme, le long de sa face inférieure, une can- 
nelure arrondie très distincte, et s'ouvre à l'extrémité 
de cette face. Chez tous ces animaux, il reste caché dans 
son fourreau, hors des moments de l'érection; il est 
préservé, par ce moyen , des impressions douloureuses 
des corps extérieurs. 

[LesMammifiS^'dè la seconde série montrent daus 
cette partie , comme pour les autres de cet organe de 
copulation, des formes qui les caractérisent; telle 
est , entre autres, sa division en plusieurs lobes. ] 

Dans la section des Didelphes , les sarigues onl le 
gland fourchu, et divisé en deux branches plus ou 
moins allongées , formées par un proloiigement du 
corps caverneux , entre lesquelles s'ouvre l'urètre. Ces 
branches sont couites et coniques dans \q sarigue .^ et 
s'écartent l'une de l'autre. Elles sont extrêmement a 1- 
ongées dans le marmose et le cai/apolin , et creusées 
le long de leur face interne d'un demi-canal, qui forme 
un canal coinpiet lorsque les deux branches sont rap- 
prochées. Ce canal prolonge alors de beaucoup celui 
de l'urètre. Les pkalangers présentent à peu près la 
même structure. 

Le gland du phascolomt est cylindrique , et pai- 
tagé, à l'extrémité, en quatre lobes par deux sillons qui 
se croise^, et dont le transverse est le plus profond. 
L'orifice est placé à l'endroit de leur réunion. 

Dans les /lun^uroos , il n est pas plus possible que 
dans les chats et dan? pliisleurs autres Mammifr-ri^s, 



SECT. I. AKT. ï. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 229 

de distinguer où commence le friand. La verge du 
kangiiroo-géant forme , comme nous lavons di't , un 
cône allongé, dont la pointe est en même temps celle 
du corps caverneux. 

A l'instant où l'urètre se dégage du canal que lui 
fournit ce corps , ses parois deviennent vascidaires , 
et il aboutit dans une sorte de poche dont lorifice est 
sous la pointe de la verge, et le fond à plusieurs ceu- 
tmietres de sa pointe. Cette poche se voit encore dans 
le kaiiguroo-rat , dont la verge est moins conique • 
mais son ouverture est an bout de celle-ci, an-dessus 
de celle de l'urètre. 

V. Des muscles propres de la i^e/-«e. 
La verge de l'homme n'en a que trois qui sont : 
1° Un impair; le bulbo-ccwerneux , qui recouvre en 
dessous le bulbe de l'urètre, et dont les fibres partent 
de chaque côté, d'une ligne médiane, s'avancent obh- 
quement en dehors , et s'attachent au bas du corps 
caverneux. 

2° Les deux autres, les /^6•A/c;-c■c'a'6f/7^e^^x, sont des 
muscles pairs qui s'élèvent de la tubérosité de l'is- 
chion, sur la racine du corps caverneux qu'ils recou- 
vrent en très grande partie. 

Le premier comprime fortement le bulbe de l'u- 
rètre , et contribue peut-être de cette manière , à l'é- 
rection ; mais son effet principal paraît être de res- 
serrer la portion de ce canal enveloppée par le bulbe, 
et de servir à en expulser, soit la semence, soit l'urine,' 
de là son nomd'accélérateur. 

On a cru que les derniers servaient également à 
l'érection (i) ; mais ils ne pourraient avoir cet usage 

(.) Cette idëe vient d'être exposeede nouveau p..- M. Krna.., Archive» 



i:îO \)vX.iy* !.KGdiS. OûG. WACCOUPLtMKiST DBS VfiÊTiMftBâ. 

qu'en comprimant la parlie du corps caverneux qu'ils 
recouvrent, pour en chasser le sang vers rextrémité 
de la veqje. Ils ne parc^issent avoir aucune action sur 
la porlicm libre de la veivje, lorsque cet organe nesl 
pas en érectiou; dans ce dernier cas, ils doivent, comme 
le poiisait Haller, en la tirant en bas et on arrière, lui 
faire faire un angle , plus convenable à son introduc- 
tion dans le vagin. 

[On a encore décrit un petit muscle pair aplati, qui 
descend de l'arcade pubienne sur les côtés de la portion 
musculfiuse de l'urètre et va se terminer à une aponé- 
vrose commune à son symétrique. Cette aponévrose 
qui passe sous la face inférieure du canal de l'urètre , 
doit le comprimer quand elle est distendue par l'action 
de ses muscles. Ce sont les constricteurs de l'urètre de 
Wilson.l 

Les muscles ischio-caverneux et bulbo-caverneux 
existent dans tous les Mammifères Monodelphes et 
Didelphes. 

FjCs ischio-caverneux varient dans leur grandeur 
proportionnelle, [et dans leur liaison plus ou moins di- 
recte avec l'ischion et la branche pubienne; cette 
dernière circonstance doit changer leurs rapports 
avec les troncs des vaisseaux sanguins de la verge]. Ils 
nous ont paru, entre autres, extrêmement forts dans le 
lion ; ils sont beaucoup plus petits, à proportion , dans 
le cheval. Ceux de Xèléphant sont formés chacun de 
quatre portions distiactes. Gesonteuxqui contribuent 
le plus, dans les Céticés^ à fixer lèses du bassin, ils 
s attacheat à toute leur force interne ei iniérienie, et 



lie J Millier pour 1837, p. 3o et suiv. Nous eu paii:n'.iivs eucoïc à la tiu 
«l«i cette ùetcripùoii île la verije «les i:iatnniif«t'«». 



8ECT. 1. ABX. J. OULIA.SES ilAI.l-S UKS 5IAMMIFKKES. 231 

.«e portent de ià sur les branches du coros caver- 
neux. 

Les Didelphes sont les seuls, à notre connaissance . 
où ces muscles s'écartent de ce type général (i). Cela 
tient à la disposition des branches du corps caverneux 
qui sont absolument libres dans ces animaux et n'ont 
aucunf adhérence avec les ischions. 

Les ischio-caverneux forment, autour de ces bran- 
ches, un renflement ovale, composé de plusieurs cou- 
ches épaisses de fibres concentriques, qui les envelop- 
pent jusque près de leur réunion, et ne tiennent aux 
ischions que par quelques fibres tendineuses. Leur 
principal usage semble être, dans ce cas, de compri- 
mer la portion du corps caverneux qu'ils entourent. 
Ils peuvent encore , à la vérité , retirer un peu vers 
l'ischion les branches de ce corps , et donne^ par là 
pltis de fixité à la verge. 

Le tmlbo' caverneux présente un plus grand nombre 
de différences remarquables. Dans plusieurs cas, sa 
plus grande épaisseur tient à une difficulté plus grande 
que doivent avoir l'urine et la semence à traverser 
la portion de l'urètre qu'il recouvre. 11 est très épais, 
entre autres dans le sanglier, où il doit expulser l'un 
ou l'autre de ces liquides, du profond cul-de-sac qui 
occupe le bulbe , et par lequel commence la seconde 
portion de l'urètre. 

Son action n'est pas toujours la même , et i'uretrc 
en est quelquefois absolument privé. Aussi ce canal 



(t)^î. Krause a fait figurer ceux du hérisson comme s'attachant à Par 
cadeetà la symphyse du pubis, autant qu aux ischions, Und. : pour t837 

p. se, ' 



232 XXXIV LEÇON. OP.G. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBEÉS. 

est-il |)hi5 constamment et plus efficacement contracté 
par un autre accélérateur, formant', comme nous l'a- 
vons dit, une couche épaisse de fibres circulaires au- 
tour de sa première portion. 

Les inartnotLes , les écureuils et Xichneumon nous ont 
offert des exemples de la particularité dont nous par- 
lons. Le bulbo-caverneux ne sert, dans les deux pre- 
miers pjCnres , qu'à faire sortir du cul-de-sac creusé dans 
le bulbe, l'humeur des glandes de Gowper, que leurs 
canaux y versent de chaque côté, et son action ne peut 
se communiquer à l'urètre, qui passe au-dessus du cul- 
de-sac. Celui de Xichneumon n'a pas même cet usage. 
Il forme une enveloppe assez mince, qui recouvre à la 
fois les deux volumineuses glandes de Covvper, et sert, 
avec leur muscle propre , à les vider de leur humeur. 

Celui du cheval est composé de fibres transversales, 
sans ligue médiane. Il ne forme pas une saillie consi- 
dérable qui se bornerait à l'étendue du bulbe, mais 
une sijuple enveloppe qui s'étend jusqu'au gland. 

Ce muscle est double dans plusieurs auimaux , tels 
que Véléplmnt^Xe chameau^ les rats, proprement dits, 
le rat-deaiL et tous les Didelphes. 

Dans les deux premiers , les bulbo-caverneux re- 
couvrent cependant un seul buibe, et leurs fibres anté- 
rieures vont se fixer au corps criverneux. Presqu'au- 
cune de ces circonstances n'a lieu dans les rats , et 
elles manquent toutes dans les Didelphes. 

Nous avons déjà dit , que dans le surmulot et le rat 
ordinaire., le bulbe de l'urètre est gros et triangulaire, 
et que les deux angles dirigés en arrière, présentent 
un commencement de branches ; que cette même par- 



SECT. I. ART. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 233 

tie est divisée en deux branches distinctes dans !e 
rat cVeau et les Didelphes. 

Dans tous ces cas les deux muscles analogues au 
bulbo-caverneux, n'ont aucune action sur le canal de 
l'urètre, excepté peut-être un peu dans le premier. Ils 
sont fort considérables dans les rats proprement dits, 
où ils recouvrent en dehors chaque angle du bulbe , 
et s'étendent plus avant sur cette partie. On peut même 
y distinguer deux portions, dont la première s'attache 
plus évidemment au corps caverneux. Dans le rat 
deau chacun de ces muscles est composé de fibres 
transversales, dont quelques unes seulement tiennent 
au corps caverneux , et dont un plus grand nombre 
s'attachent au bulbe. On voit que ce ne sont plus guère 
des bulbo-caverneux. 

Ce nom ne leur convient absolument plus dans les 
DidelphvSy chez lesquels ils forment un renflement con- 
sidérable autour des branches du bulbe de l'urètre, 
qu'ils enveloppent de plusieurs couches épaisses de 
fibres concentriques. Leur usage ne peut être, dans ce 
cas, que de comprimer fortement la partie vascuiaire 
qu'ils entourent. 

En voyant constamment (excepté àamsXichneumon) 
le bulbo-caverneux, ou les deux muscles analogues, 
accompagner le bulbe ou les branches dans lesquelles 
il se partage, et perdre absolument un des usages que 
nous lui avons assignés d'abord , celui d'accélérer la 
marche de l'urine on de la semence, ne serait-on pas 
tenté de croire que ce n'est pas là la plus importante 
de ses fonctions î* Mais pourquoi a-t-il plus générale- 
ment celle de comprimer ce buibe ? Gontribuerait-il, 
par cet effet, à l'érection ? 



Î34 XXXIV LKÇO«. OKG. u'aGCOUPLKMKIST iA&i VBttXiliiHBS. 

Les muscles précédents ne sont pas If ^ seuls qui agis- 
sent sur la verge des Mammifère| ; un grand nombre 
d'entre eux en ont un autre, quelquefois à deux ventres, 
qui a la fonction particulière de relever cet organe. Il 
se trouve dans les cynocépliales^ parmi les Singes , où 
il est composé de deux ventres épais , attachés à l'ar- 
cade du pubis, et d'un tendon qui règne sur le dos de 
la verge et se confond vers son extrémité avec le corps 
caverneux. Il existe aussi dans les lièvres , les T7iar- 
motleSy les cahiais , etc. , chez lesquels il contribue à 
donner à la verge la direction propre à l'accouple- 
ment ; on se rappelle qu'elle est tournée en arrière 
dans tous ces animaux. 

On le voit encore dans \ éléphant, où son grand 
volume est proportionné à celui de la verge, qu'il doit 
soutenir et soulever. Il a deux ventres charnus, dis- 
^ncts, fixés aux os pubis, et en partie sur les branches 
du corps caverneux qui s'avancent sur le dos de la 
verge et dont les tendons, très courts, se réunissent 
bientôt en un seul; celui-ci règne sur le dos de la verge 
jusqu'à son extrémité, enveloppé, dans ce trajet, par 
une gaine fibreuse extrêmement forte. Tout est ici cal- 
culé d'après le poids de cette énorme verge. 

Il est remarquable que ce muscle manque dans le 
cheval^ dont la verge cependant est d'un très grand 
volume; aussi cet animal a-t-il une grande difficulté 
pour lui donner la direction propre au coït. 

Les ours, \e raton et le chien^ ont un petit muscle 
dont les fibres charnues partent des branches du corps 
caverneux, et se réunissent à un tendon moyen qui se 
fixe à la verge au-dessous du pubis. Dans la guenon 
eullitriche. où nous l'avons également trouvé, il n'avait 



«ECï. 1. AÎVr. I. OROAiNES MALES DES MAUMlFÈQËâ. 235 

pas de tendon moyen , et devait servir à comprimer 
la veine dorsale. 

Enfm, nons avons trouvé, dans les Ruminants ^ un 
ischio-bulbeux,qui s'attache à la lubérosité de l'ischion 
et s'élève obliquement en dedans pour s'attacher au 
bulbe avec son semblable; il lire le bulbe en bas et 
en avant, et contribue un peu , à ce qu'il paraît, à l'al- 
longement de la verge. 

VI. Vaisseaux sanguins et nerfs de la verge ^ et struc- 
ture intime des tissus érectiles de cet organe. 

A. Des vaisseaux sanguins s 

Les artères principales de la verge viennent, dans 
l'homme, de la honteuse interne ; elles naissent d'une 
branche de cette artère qui est d'abord couverte par 
le muscle trausverse du périné, pénètre entre le bulbo- 
caverneux et l'ischio-caverneux , ensuite entre les 
branches de l'ischion et du pubis et celles du corps 
caverneux, donne en chemin deux artères importantes 
au bulbe de l'urètre; parvient sur le dos de la xev^e. et 
s'y divise en deux autres branches : l'une règne sur 
cette partie jusqu'au gland, fournit de petits rameaux 
aux parois externes du corps caverneux, et se lermine 
en un grand nombre de ramifications qui vont parti- 
culièrement au gland et au prépuce, c'est l'artère dor- 
sale de la verge. L'autre, l'artère caverneuse, pénètre 
dans le corps caverneux, et s'avance dans l'intérieur 
de ce corps jusqu'à son extrémité, en diminuant à me- 
sure et en donnant une foule de ramifications. 

Les veines de la même partie se réunissent, pour la 
plupart, à un seul tronc, celui de la veine dorsale, 



236 XXXIV' LEÇON. OBG. d'accouplement des veetébrés. 
qui règne sur le dos de la verge et se rend dans le 
plexus veineux qui enveloppe la prostate et le col de la 
vessie. Elle a des valvules, comme toutes les veines 
sujettes à être comprimées. 

Quelques autres ramifications des plus superficielles 
se rendent à la saphène ou à la crurale. 

On trouve à cet égard une très grande conformité 
dans ia plupart des mammifères. Les principales ar- 
tères de la verge ont généralement l'origine qui vient 
d'être indiquée; celle du corps caverneux v pénètre 
toujours, dès sa hase, par une ou plusieurs branches. 

Les veines forment, à la superficie de cet organe, 
un plexus très compliqué, dont les principales bran- 
ches se rendent à une et quelquefois à deux veines dor- 
sales, à la saphène ou à la crurale. 

B. Des nerfs de la verge. 

l^eur nombre et leur grandeur sont parfaitement en 
rapport avec la grande sensibilité de cet organe ; ils 
forment, entre autres, plusieurs gros cordons sur le 
dos de la verge, dont les nombreux filets s'entrelacent 
autour des vaisseaux de cette partie. Ces nerfs tirent 
leur origine, dans l'homme, du plexus sciatique formé 
par les quatrième, cinquième paires lombaires, et par 
les quatre premières paires sacrées. 

Ce même plexus fournit des nerfs aux vésicules sé- 
minales, à la prostate, en même temps qu'à la vessie 
urinaire et au rectum. 

Ils sont constamment très gros dans tous les mam- 
mifères. L'observation la plus remarquable que nous 
ayons faite sur leur distribution, est qu'ils enveloppent 
de leuis lîombrciix filets les veines dorsales de la verge 



lE<iï. 1. ABI. t. ORr-ANËS MALES Dl:s MAMMIFERES. 237 

aussi bien que les artères ^i). Gela est extrêmement 
évident dans Yéléphant, et nous paraît un indice cer- 
tain du rôle que jouent ces nerfs dans Férection, et de 
la contractilité qui est propre à tous ces vaisseaux. 

C. De la stT'ucture intime des tissus érectiles du 
pénis des Mammifères et du mécanisme de l'érection 
de cet organe. 

[Le tissu érectile de la ver^e et son érection ont été, 
dans ces derniers temps, le sujet de recherches, d'ex- 
périences et de discussions dont nous devons dire ici 
quelque chose. 

Le tissu érectile du corps caverneux était considéré, 
avant M. Guvier, « comme composé de cellules ana- 
» logues à celles du dedans des os, dans lesquelles le 
M sang devait s'épancher durant l'érection (2). » 

M. Cuvier ayant eu l'occasion d'étudier celui de la 
verge de Yéléphant ^ a vu que ces cellules n'existent 
pas, et que ce tissu se compose essentiellement d'un 
réseau très compliqué, de vaisseaux sanguins veineux 
entrelacés de cordons et de filets nerveux, de filets et 
de lames tendineuses fixésj aux parois de même nature 
qui composent le fourreau du corps caverneux. Quel- 
ques unes de ces lames seraient même en partie mus- 
culeuses dans les grands animaux. 

Notre ancien texte, que nous avons rédigé d'après 
un grand nombre d'observations directes, faites avec 
le plus grand soin, confirmant celles de M. Guvier, sur 



(i) J'ai conservé le dessin de celte observation que j'avais eu l'occasion 
de faire sur la verge de l'éléphant mort à la ménagerie du Jardin-dts- 
Plaates en i8o4. 

(2) Ànaiomie àt Sabatier, t. III, p. 55, édit. in-12. Paris , 1777. 



238 XXXIV» LEÇON. 0E&. d'accouplement des vebtébbés. 
la ver(je de 1 éléphant, était assez explicite, pour que 
cette doctrine, fondée sur des observations faciles à 
vérifier, ait pu dès lors entrer dans la science comme 
une vérité incontestable. 

Cependant plusieurs ouvrages élémentaires d'ana- 
tomie humaine restèrent encore à cet égard , vingt ans 
après notre publication, dans l'ancienne manière de 
voir, qui n'est vrai que pour le tissu érectile qui en- 
toure l'os de la verge dans le chien ^ et celui des autres 
mammifères qui en sont pourvus» 

J'en excepte Al. Latith , qui reconnaît que le tissu 
érectile de la verge est essentiellement vasculaire. li 
avait, à la vérité, une idée inexacte de la nature de ce 
tissu vasculaire , qui se composerait, d'après cet auteur, 
des dernières extrémités des artères formant des dila- 
tations qui donneraient naissance aux veines et dans 
lesquelles le sang s'accumule dans l'érection. 

IjC tissu érectile est formé, dans le corps caverneux , 
comme dans le bulbe de l'urètre ou dans le gland, 
d'un réseau vasculaire intermédiaire entre les veines 
et les artères de cet organe, origine des premières 
terminaison de celle-ci. 

Il ne diffère que par son grand développement du 
réseau capillaire intermédiaire qui lie généralement 
les dernières ramifications artérielles avec les premières 
radicales des veines , et semble d'ailleurs plutôt appar- 
tenir au système veineux qu'au système arfériel. 

Suivant M. 7. MàUet\ une partie des dernières ra- 
mifications de l'artère profonde du corps caverneux, 
qui versent immédiatement le sang artériel dans ce 
réseau érccîiîe, seraient conlournécs on hélice et ter- 
minées en culs-de-sacs. 



SECT. I. ART. I. Onr/\NES MALES DES MAMMlFÈiîES. '239 

Ces artères, qui sont très courtes et très petites (il 
y en a 160 dans v,n pouce carré), ne pourraient pas, 
objecte-t-on, produire directement rérecîion , mais 
elles seraient ouvertes dans le réseau ércctile , et 
faciliteraient le passage du sang dans ce réseau par le 
diamètre qu'elles conservent, et qui est encore d'un 
dixième de ligne, et même plus, à leur extrémité; tandis 
que les communications ordinaires des artères avec les 
veines sont au moins vingt lois plus petites. 

Les artères héliciues sont plus développées, à pro- 
porlion , chez Y homme «t les singes , que dans le 
cheval. 

J. Mùlier n'a pu les découvrir dans ï éléphant. Ce 
physiologiste célèbre, après avoir rendu compte du 
mémoire de M. Krause, que nous venons de citer, 
ajoute : Il est aussi incertain qu'auparavant, si les ar- 
tères héliciues servent à l'érection comme diveiticnlum, 
ou en versant leur sang dans les cellules du pénis. Aux 
yeux de l'anatomiste , elles sont fermées à leur extré- 
mité. 

Au reste, si cette singulière disposition des der- 
nières ramifications artérielles en rapport avec le ré- 
seau veineux, est telle que M. Krause l'a décrite, elle 
doit faciliter l'afflux rapide du sang dans ce réseau , et 
elle semble faite pour empêcher la résistance que ce! 
afflux pourrait éprouver à mesure que ce réseau s em- 
plit. Mais il faut encore, pour expliquer l'érection, une 
cause qui empêche le sang de sortir de ce réseau par 
les veines qui en naissent, avec autant de rapidité el 
d'abondance qu'il y est entré par les artères. 

Cette cause ne peut pas être particulière à cerJaiueîî 
espèces; eîlc ne doit pas dépendre de certaiile dispo- 






240 WXlV LEGO.\. ORG. D ACCOUPLEMENT DES VÉKTÉBBEb. 

sition organique quelles auraient exclusivement à 
d'autres espèces. Il faut nécessairement qu'elle soit 
aussi générale que son effet, IVrec^io/z, ou du moins que 
l'existence du réseau vasculaire ërectile. 

L'afflux rapide du sang artériel dans les réseaux 
vasculaires de la verge, par les passions, l'imagination 
chez l'homme , par la vue d'une femelle en rut chez 
les animaux, par les odeurs qui s'exhalent de ses par- 
ties génitales ou autres, doit avoir pour cause l'action 
nerveuse, l'action d'un fluide impondérable. 

C'est encore à cette action qu'il faut, selon nous, at- 
tribuer la disproportion entre l'entrée et la sortie du 
sang dans les réseaux érectiles; soit qu'il se produise 
une contraction dans les vaisseaux efférents qui ra- 
lentit la sortie du sang , soit que ce fluide se meuve 
lentement dans les détours de ces réservoirs compli- 
qués. 

Nous rangerons, parmi les dispositions particulières, 
douteuses, pour le rôle qu elles joueraient dans l'érec- 
tion, celle des ischio-caverneux , dont l'aponévrose 
commune, liée chez l'homme et chez plusieurs mammi- 
mifères au fascia du pénis, comprimerait, suivant 
M. Rrause, les veines dorsales de la verge ; tandis que 
la liaison du buli^o-caverneux avec le même fascia 
arrêterait, du côté inférieur, le sang qui revient du 
tissu caverneux de l'urètre (i).] 

(i) Voir sur la structure de la verge des mammifères, et plus particu- 
lièrement du tissu caverneux, les mémoires suivants : 

1° La découverte des artùres qui produisent l'érection dans le pér.is de 
riionnne et des animaux, par J. ^liil'er. Archives ■!': i835, p- 202 
pi. III. 

3" Les uielarjjjes d'obseï v.ilioné sur le Pénis et le tissu caverneux Je 
l'homme et de: mammifères, par M. Krause , de Hanovre. Archive^ ds 



SECT. I. ART. I. OKGANES MALES OF.'- M.A.MMIFERES. 24] 

VIL Du canal de f urètre et de la verge des Monv- 
trèmes. 

[Nous croyons devoir faire connaître, dans un ar- 
ticle séparé, la verge des Monotrèmes^ parce qu'elle 
présente une composition particulière qui ne la rend 
propre qu'à la copulation , sans plus servir à l'é- 
coulement des urines. Elle se compose essentiellement 
d'un corps caverneux et d'un canal séminal, qui reçoit 
la semence par Tiotermédiaire de la portion muscu- 
leuse ou pelvienne du canal de l'urètre; la seconde 
portion, ou la vasculaire, manquant chez ces animaux , 
la première verse l'urine dans le cloaque, et fait passer 
la semence qu'elle a reçue des déférents, dans un canal 
qui n'a pas d'autre usage, j 

Nous avons décrit, dans la leçon précédente, les 
testicules de ces singuliers Mammifères, et nous avons 
suivi leurs canaux déférents jusqu'au commencement 
de l'urètre, dans lequel ils se terminent , comme dans 
tous les animaux de cette classe. Ce dernier canal est 
composé seulement d'une portion rausculeuse, ren- 
fermée dans le bassin , et manque , ainsi que nous ve- 
nons de le dire, de celle que nous appelons vasculaire. 
Il parcourt une étendue de o,o4 mètre environ, depuis 
la vessie jusqu'au cloaque, collé à la face inférieure 



J. Mûller pour 1887, p. 3o et pi. lil; et le compte-rendu de ce travnil 
archives de i838, pi. CXI. 

30 Le Mémoire de F^alentiii , mêmes ArcUives^ p. i8\!-224, sur Ja niar-> 
che des vaisseaux sanguins dans le pénià de l'iiommc, et le Repertorium 
du même auteur pour iBSg. 

4" Et le nouveau travail de J. MiiiSer, même année, p. 224 à 296, er 
pl.V. 

8. 16 



242 NXXIV* LEÇON. OBG, D'ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS. 

du rectum, enveloppé avec ce dernier par un muscle 
constricteur commun, et se termine par un cul-de-sa. . 
Une couche de fibres musculaires, très épaisse dans 
toute son étendue, mais particulièrement autour du cul- 
de-sac, renforce ses parois. A très peu de distance de 
celui-ci, le canal de l'urètre fait un coude vers le haut , 
pour s'ouvrir par une étroite embouchure dans l'in- 
térieur du cloaque. Telle est l'unique voie par laquelle 
r«rine sort de ce canal. [Mais, dans ce même cul-de-sac 
de l'urètre, se trouve l'embouchure d'un petit canal sé- 
minal, qui gagne immédiatement la ligne médiane de 
la face inférieure de la verge et se porte jusqu'aux 
glands. 

Chacun de ceux-ci est traversé par un canal co- 
nique, en forme d'entonnoir, dont le petit bout se con- 
tinue avec le canal séminal du corps de la verge, et 
dont le gros bout répond aux épines creuses qui héris- 
sent la surface de chaque gland. 

L'uriue est lancée dans le cloaque, et la semence à 
travers les voies compliquées que nous venons de dé- 
crire] par la contraction des parois musculeuses de l'u- 
rètre, aidée encore par le constricteur commun de ce 
dernier et du rectum. 

La verge est retirée , pendant son état de relâche- 
ment , dans une poche particulière [anfractuosité du 
vestibule géniio-excrémeutilielj ; elle sort, lors de l'é- 
rection , pai- un orifice situé à la paroi inférieure de ce 
vestibule, au-dessous de celui de l'urine. 

Cette verge est courte, à peu près cylindrique, et 
terminée par quatre glands arrondis. Leur sommet 
présente une légère fosse, qui s'efface sans doute pen- 
dant l'érection. La peau de ces glandes est hérissée de 



SECT. I. ABT. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 243 

papilles [et armée d'uue couronne d'épines creuses, par 
l'extrémité desquelles sort la semence.] Cette ver.CTen'a 
qu'un corps caverneux, composé, comme à l'ordi- 
naire, d'un réseau de vaisseaux sanp^uins , plu.s lin çt 
plus serré dans les lobes qui répondent au gland , et 
contenu dans une gaine tendineuse. Sa peau est une 
continuation de celle qui tapisse i'intérieurdu cloaque. 
Elle lui est fortement adhérente dans toute la partie 
où elle recouvre immédiatement le corps caverneux , 
et n'y tient que faiblement dans celle qui recouvre le 
muscle rétracteur. 

Ce dernier est un ruban épais , dont les fibres npus 
ont paru en rapport avec celles du constricteur com- 
mun du rectum et du cloaque, il s'étend le long de la 
face inférieure de la verge jusque veis son extrémité 
où il se fixe , et sert évidemment à la retirer dans sa 
poche, lorsque l'érection, jointe à la compression du 
constricteur du cloaque, l'en a fait sortir. 

La verge de Xornilhorhynque ne diffère de celte de 
ïéchidné que par le nombre des mamelons qui termi- 
nent le gland , dont il n'v a que deux dans le pre- 
mier (i). 

VIII. Glandes prépuciales qui versent ['humeur 
quelles séparent autour du gland ou dans la poche 
que forme le prépuce. 

Plusieurs sortes de glandes séparent une niaîier».^ 



(i) Voir notre Mémoire sur les organes de la génération de l'ornitho- 
rhynque et de l'échidné , inse'ré parmi ceux de la Société d'hisloiie natu- 
relle de Strasbourg,!. I, et la Monographie de Meke/ de Oruahorhyrichi 
paradoxi anatomia. 



244. XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS. 

odorante qui enduit le prépuce de la verge ou du cli- 
toris, et la surface du gland de ces deux organes. Les 
unes sont desimpies follicules contenus dans l'épaisseur 
du prépuce , et séparant une humeur sébacée : ce sont 
celles que l'on rencontre le plus généralement ; d'autres 
sont de véritables glandes conglomérées , formées 
d'un amas de lobes et de lobules, et ayant un seul ca- 
nal excréteur qui s'ouvre dans le prépuce, sur les cô- 
tés du gland de la verge ou du clitoris. On en trouve 
de semblables dans plusieurs genres de Rongeurs^ 
tels que les rats proprement dits , les campagnols, les 
hamsters^ qui en ont de très grandes, ovales, aplaties 
et situées immédiatement sous la peau du bas-ventre, 
de chaque côté de la verge ou du clitoris. 

[La poche ombilicale ou plutôt prépuciale du musc 
{mosckus mosciferus) est un réservoir glanduleux qui 
appartient à la même catégorie des glandes de l'ap- 
pareil générateur.] 

Elle est parfaitement semblable, pour la structure , 
aux poches du castor. Pallas est Fauteur qui nous en 
a donné la meilleure description. Sa forme est ovale ; 
située sous la peau du bas-ventre, elle est creusée en- 
dessous d'un sillon dans lequel la verge s'avance. Ses 
parois sont minces et seulement membraneuses en ap- 
parence. La membrane qui les revêt intérieurement 
présente un grand nombre de rides irrégulières. Son 
orifice est petit et percé au-devant du prépuce. La 
membrane qui le borde contient quelques follicules 
qui séparent une humeur sébacée. Enfin , sous celle 
poche, entre elle et la peau extérieure, se trouve une 
substance d'apparence glanduleuse. Elle reçoit ses 
arières des iliaque^ (probablement de l'épigastrique). 



SECT. I. ART. I. ORGANES MALES DES MAMMIFÈRES. 245 

On ne la trouve remplie de musc que dans l'animal 
adulte: elle est vide chez les jeunes et manque dan.s 
les femelles. 

Une espèce d'antilope (ant. guttiirosa) présente, 
suivant le même auteui-, une semblable bourse mem- 
braneuse, dans laquelle il n'a trouvé aucune ma- 
tière. 

Ce sont des glandes analogues qui , dans le castor , 
fournissent le castoréum. Elles forment deux î^iandes- 
masses, une de chaque; côté , en.. avant du prépuce. 
Ces masses sont composées d'une agglomération de 
petits lobes glanduleux qui versent l'humeur qu'ils 
séparent dans une cavité centrale , dont 1 issue unique 
se voit de chaque côté de la poche du prépuce. 

[Il ne faut pas confondre les glandes prépuciales du 
castor^ avec deux grandes vessies pyriformes, collées 
l'une, à l'autre au-dessus des premières. Leurs parois 
sont m.inces. et membraneuses, enveloppées extérieu- 
rement de graisse et par le peaucier , et présentent inté- 
rieurement de larges plis irréguliers, formés par la 
membrane interne. Ces vessies s'ouvrent de chaque 
côté de l'anus par un seul orifice. Elles contiennent 
une matière grisâtre; tandis que celle que séparent 
les glandes prépuciales e.st jaune , onctueuse et très 
combustible; c'est, en un mot, le castoréum. 

On peut regarder comme très analogues aux glandes 
du prépuce, les glandes inguinales des lièvres propre- 
ment dits , et qui mantjuent à<{n?, le^ lagomys. Ces 
glandes sont ovales, longues de six millimètres et lar- 
ges de trois; elles versent leur humeur, par un ori- 
fice unique, dans une petite aréole semilunaire dé- 
nuée de poils, qui se voit de chaque côté du prépuce 



246 wxiT* LEço«. OEG. d'accouplement des vertébbës. 
de la verge du mâle ou du clitoris de la femelle. Cette 
humeur est jaunâtre et très puante. 

ARTICLE II. 
DES oa&ANES d'accouplement chez les femelles de la classe 

DES mammifères. 

[Les organes femelles d'accouplement servent à con- 
duire l'élément mâle du germe , ou le sperme , vers 
l'élément femelle ou l'ovule; la fécondation résultant 
de la combinaison de ces deux éléments devant être 
intérieure chez tous les Mammifères . 

Le chemin que l'élément mâle doit parcourir pour 
pénétrer jusqu'à l'ovaire, ou seulement jusque dans 
la première partie de l'oviducte, où il peut rencontrer 
l'ovule, est très compliqué dans cette classe. 

î^ous connaissons déjà l'origine de l'oviducte ou son 
pavillon qui établit les rapports de ce canal avec l'ovaire ; 
la première partie de l'oviducte, appelée trompe de 
Fallope , canal étroit qui forme l'oviducte proprement 
dit \ nous avons vu qu'il se continue dans la cavité 
simple ou compliquée, l'utérus, que nous avons dis- 
tingué sous le nom d'oviducte incubateur, afin de faire 
saisir à la fois son analogie de composition et sa fonc- 
tion particulière. C'est dans cette partie qiie l'œuf s'ar- 
rête pour le premier développement du germe chez les 
Didelphes ^ ou pour son complet développement chez 
les Monodelphes. 

Deux autres cavités, ou conduits, précèdent, chez 
la plupart des mammifères, ces deux parties de l'ovi- 
ducte ; le plus extérieur est le vestihuh génito-excré- 
menîiti'M ou la vulve ; le plus intérieur est le canal 



SECT. I. AfiT. II. OBGANES FEMELLES DES MAiiMIFÈBES. 247 

génital OU. le vagiu, qui doit être considéré comme un 
appendice du vestibule, appartenant exclusivement à 
l'appareil générateur des Mammifères, dans le type des 
Vertébrés. 

Nous décrirons successivement ces deux parties, com- 
posant généralement les organes d'accouplement dans 
cette classe.] 

I. Duvestibufe génito-excrémentitiel ou de lavuhe. 

[Conformément aux idées que nous avons expo- 
sées dans nos généralités sur les organes d'accouple- 
ment des Vertébrés, nous considérons la vulve, quoi- 
que séparée de l'anus par un isthme de la peau , chez 
la plupart des femelles des Mammifères, quoique ne 
donnant plus issue qu'aux fèces urinaires, comme l'a- 
nalogue du vestibule génito-cxcrémentitiel des ani- 
maux chez lesquels ce vestibule sert encore de pas- 
sage aux excréments. 

Cette séparation est loin d'ailleurs d'exister dans 
toute la classe des Mammifères. Elle diminue déjà chez 
plusieurs Carnwores (la loutre), et chez un plus grand 
nombre de Rongeurs ^ dont le même sphincter em- 
brasse à la fois le rectum et son issue , et celle des or- 
ganes génito-urinaires- elle se change même en un ves- 
tibule commun chez le castor^ et chez tous les Didel- 
phes ; chez les Monolrémes ^ ce vestibule ne montre 
plus de différence avec celui des Oiseaux, ou mieux 
encore avec celui des Reptiles à une seule verge. 

Considéré comme organe d'accouplement, le vesti- 
bule génito-excrémentitiei des Mammifères a une 
certaine analogie de composition avec leur verge, et 
les différences qu'il présente tiennent évidemment à 



248 XXXIY^ LEÇON. OBG. d'aCCOL'PLEMENï DES VERTÉBRÉS. 

la fonction qn'il a de recevoir'la liqueur fécondante, 
an lieu de l'introduire, et de donner passage aux pro- 
duits de la génération. La présence des glandes de 
Cowpc r semble compléter cette analogie de composi- 
tion, et démontrer que la partie du canal qui les reçoit, 
dans î'iiomme, est remplacée ici par l'extrémité du va- 
gin (i).] 

•y A. Chez \'d femme ^ le vestibule génito-excrémenti- 
tiel est très peu profond; il est limité en dedans, chez 
les filles vierges , par la membrane de l'hymen , et il 
s'ouvre an dehors par une fente longitudinale, étendue 
entre l'arcade des os pubis et deux ou trois centimètres 
en-deçà ùv l'anus. Deux replis de la peau, plus ou 
moins épais par la graisse qu'ils contiennent, couverts 
de poils extérieurement, tapissés sur leur face interne 
d'une membrane muqueuse, rouge, humectée^ bordent 
cette fente de chaque côté, et se prêtent à son exten- 
sion à l'époque de l'accouchement : ce sont les grandes 
lèvres, dont la commissure inférieure porte le nom de 
fourchette. La même fente est surmontée d'un coussin 
de graisse , placé sur la symphyse des os pubis, dont 
la peau est de même couverte de poils , et qui a évi- 
demment pour usage d evitei- que les deux sexes ne se 
froissent en s'approchant. 

Au-dessous de la commissure supérieure des grandes 
lèvres se voit le clitoris, petit corps défigure conique, 
suspendu à la symphyse par un ligament, et qui naît, 
connue le corps caverneux de la verge , de deux racines 
fixées aux branches montantes des ischions. Deux mus- 
cles, semblables aux ischio-caverneux, remontent de 



i_ I , Voii i:iiti(- •i\-.iji iution (if> rp.-i {ïlandcîi , n. i8i. 



SECT. 1. ART. II. ORGANES FEMELLES DES MAMMIFÈRES. 249 

même, de ces os, sur ces racines. Cet organe a d'ailleurs 
une structure semblable à celle du corps caverneux de 
la verge. Ses parois sont de nature fibreuse , et sa cavité, 
séparée en deux par une cloison verticale, renferme 
un tissu de vaisseaux qui se gonflent de sang, comme 
ceux du corps caverneux de la verge de Tbomme, et 
en produisent Férection. Mais il tient, en même temps, 
de la nature du gland parla peau délicate et extrême- 
ment sensible qui enveloppe sa pointe , et par un pré- 
puce qui ne l'entoure pas à la vérité , mais le recouvre 
seulement et descend sur ses côtés. Ce prépuce va se 
joindre à deux espèces de petites lèvres appelées nym- 
phes, parce qu'on leur attribue l'usage de diriger le jet 
de l'urine, qui tiennent encore au corps même du cli- 
toris par deux petits freins, et bordent la moitié supé- 
rieure de la vulve, en dedans des grandes lèvres. Elles 
sont d'un ronge vermeil chez les jeunes filles, et bru- 
nâtres chez les femmes qui ont eu des enfants; formées 
de lames cellulaires et de vaisseaux sanguins qui les 
rendent susceptibles d'une certaine érection , elles sont 
revêtues d'une membrane dermoïde très sensible sur 
laquelle on remarque des papilles, comme à celle du 
gland de la verge ou du clitoris. En suivant, sous ce 
dernier, la paroi supérieure de la vulve, on trouve 
bientôt l'orifice du canal de l'urètre. 

Telle est la conformation ordinaire des organes exté- 
rieurs de l'accouplement chez Vd femme. Elle ne pré- 
sente de différence dans les différentes nations que celle 
qui dépend de la grande proportion des nymphes chez 
les femmes de l'Asie et de l'Afrique , et celle analogue 
que plusieurs voyageurs ont appelée le tablier des Hot- 
îentotes, el dont (pieiques autres voyageurs ont nié 



250 \XXIV* LEÇON. OBG. D'ACCOUPLEMENT DES VERTÉBEÉS. 

l'existence. MINI. Perron et Lesuew\ dans un mémoire 
lu à y Institut national, pensent que ce tablier est un 
appendice distinct des grandes lèvres, de 8 1/2 centi- 
mètres de longueur dans une femme adulte, adhérant 
dans son tiers moyen , qui en est la partie la plus étroite, 
à la commissure supérieure des grandes lèvres, recou- 
vrant le clitoris, et se divisant vers la moitié de la hauteur 
de la vulve en deux lobes qui, rapprochés l'un de l'autre, 
couvrent cet orifice. Cet organe accessoire est formé 
dune peau molle, ridée , fort extensible, entièrement 
dépourvue de poils, un peu rougeâtre, quoique de la 
même couleur que le reste de la peau, se fronçant d'ail- 
leurs comme celle du scrotum de l'homme. On ne le 
trouverait que chez les femmes d'une nation qui habite 
au midi du cap de Bonne-Espérance, que les Hollan^ 
dais appellent Boschismans, et Levaillaut Houzv^âna. 
Elles se distinguent encore des femmes hottentotes par 
d'énormes fesses, formées d'une masse de graisse. 

[Une femme de cette sous - race , morte à Paris 
en i8i5, et qui s'était montrée au public, sous le noin 
de Venus hottentote , a mis à même M. Cuvier de 
décrire en détail cette singulière conformation (1). Il 
a constaté, sur le cadavre, qu'elle n'était qu'une exteuT 
sion des nymphes et du prépuce du clitoris; extension 
assez fréquente chez les femmes de l'Orient, chez celles 
entre autres de l'Abyssinie, et qui a donnélieu à la cou- 
tume de la circoncision des filles, comme le dévelop- 
pement exagéré du prépuce à celle des garçons. 



(i) Voir l'article de la Vénus hottentote, dans Y Histoire naturelle des 
mammifères de MM. Geoffrov-Saint-Hilairp et Frédp'rit- Cmner ; cet ar- 
licle a été rédigé par M. G. Cnvier. 



SECX. I. AKT. II. OKGA^ES FEMELLES DES MAMMIFÈRES. 251 

B. Dans les Mammifères. 

r/entrée du vestibule génito-excrémentitiel ou de 
la vuhe se jDiéseiite à l'extérieur sous la forme d'une 
fente longitudinale, ce qui est le plus ordinaire, ou 
d'une fente transversale, comme dans Y hyène ^ ou 
d'un orifice circulaire , comme dans les Rongeurs. 
Quelquefois elle est comprise avec l'anus dans un 
même bourrelet circulaire, formé par un sphincter 
commun; c'est ce qui a lieu dans plusieurs de ces der- 
niers et dans les Marsupiaux ; mais le plus ordinaire- 
ment on la voit à ([uelque distance de cet orifice. 

Dans XsLcivefte, il y a une poche glanduleuse consi- 
dérable qui sépare les deux ouvertures. Steller a 
compté huit pouces d'intervalle entre l'une et l'autre 
dans le Lamantin du Nord. Elles sont , au contraire, 
très près l'une de l'autre dans les Tardigrades et les 
É dent es. 

Jjes grandes lèi'res semblent manquer souvent : l'o- 
rifice de la vulve, au lieu d'être entouré de ces replis 
épais , ne présente fréquemment qu'un rebord cutané 
assez mince. 

fja manière dont les Mammifères s'accouplent , pour 
la plupart, rendait inutile le mo/2f<^é?F<?/2K.5', qui n'existe 
pas conséquemment. 

[Cependant on pourrait considérer comme une dis- 
position organique analogue, mais beaucoup plus pro- 
nonçât, ces énormes boursouflures qui circonscri- 
vent l'orifice de la vulve chez les Cynocéphales et les 
Maïidrdls.] 

Le vestibule génito-urinairc , la vulve proprement 
dite, n'est plus généralement , comme dans la femme, 



252 XXXIV» LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VEBTÉBRÉS. 

une cavité superficielle qui conduirait presque immé- 
diatement dans le vagin. C'est ordinairement un canal 
plus ou moins profond , dont la longueur é.gale quel- 
quefois celle du vagin , comme nous l'avons observé 
dans les sapajoux. Elle surpasse même de beaucoup 
cette longueur dans les ours. 

Nous devons dire cependant que la profondeur de 
la vulve est quelquefois réduite à celle qu'elle a dans 
la femme ; c'est ce qui se voit dans les makis et dans 
plusieurs Rongeurs., tels que les agouti ., paca et co- 
chon d'Inde ; elle devient même superficielle chez ce 
dernier. Elle excède de très peu la proportion qu'elle 
a dans l'espèce bumaine, chez les cynocéphales. 

[Je crois avoir observé le premier, dans mon an- 
cienne rédaction, que la limite entre le vulve et le va- 
gin était marquée soit par un étranglement formé par 
un anneau lisse, soit par des replis membraneux for- 
mant un véritable hymen.] 

J /intérieur de la vulve est rarement sans rides 
(comme dansle daman). Quelquefois elle en a de trans- 
versales, comme chez ]es Ruminants et Vhyène^où 
elles sont nombreuses, fines, ondulées; d'autres fois il 
y eu a d'obliques , extrêmement fines ( chez le tigre) ; 
mais plus souvent elles sont longitudinales et peumul- 
tipliées. 

En général, les plis ou les rides de la vulve sont 
dans une direction différente des rides ou des plis du 
vagin. [L'aspect de la muqueuse n'est jamais absolu- 
ment la même dans l'un et l'autre canal.] 

Tous les Mammifères Mono do Iphes ., et les Didel- 
phes de notre division des Marsupiaux, sont pourvus 



SECT. I. ART. II. OKGANKS FEMEM.FS DES MAMMIFÈKES. -253 

d'un c/Z/om, dont la situation, le volume relatif, la 
forme, la structure même, varient beaucoup. 

La position horizontale de ces animaux lait qu'au 
lieu de se trouver à la partie plus élevée de la vulve, 
comme chez la femme, le clitoris est situé précisé- 
ment à la plus inférieure. Quelquefois c'est même assez 
en avant, dans la profondeur de la vulve qu'on l'y ren- 
contre , comme chez la civette ; mais le plus souvent 
il fait saillie sur son bord inférieur. 

Dans la louve, il est dans un cul-de-sac, dont 
l'ouverture assez large est en dedans de la vulve. 
Dans \ours , il est retiré dans une poche au-dessous 
de ce bord , et ne communique avec la valve que 
par une ouverture étroite. 11 est entièrement séparé 
de la vulve dans les cynocéphales^ contre l'ordi- 
naire de la famille des Singes , et même assez éloigné 
d'elle. La même chose a lieu dans les 7'ats , où on le 
trouve caché en avant de la vulve , dans une sorte de 
prépuce dont les bords sont très relevés, et qui est, 
en même temps, l'aboutissant de l'urètre. 

Son volume proportionnel est souvent très grand. 
Dans les Singes , il excède généralement de beaucoup 
celui qu'il a dans la femme , et cette circonstance d'or- 
ganisation répond bien à leur naturel lascif. Les makis ^ 
les Carnassiers en général, et la plupart des Piongeurs ^ 
l'ont de même très volumineux. Dans Vonrs , où il est 
très long, on le trouve courbé en double S, dans la 
partie qui précède le gland. 

Il n'est pas toujours évidemment semblable pour la 
forme , au gland des mâles , comme on pourrait le 
croire. Cependant nous remarquerons que, dans les 



•254 XXXlV LEÇON. ORG. 1)' ACCOUPLEMENT DES VERTEBRES. 

Didelphes , qui ont le gland de la verge bifurqué, celui 
du clitoris l'est de même. 

Lorsqu'il fait saillie à la partie inférieure de la 
vulve , sa face su}oérieure est creusée ordinairement 
d'un profond sillon longitudinal, dont les bords se 
continuent même quelquefois avec deux plis qui pro- 
longent ce sillon, jusque vers l'orifice de l'urètre. 
L'urine est ainsi dirigée au dehors par ce demi-canal. 

Dans les makis proprement dits et les loris , au lieu 
d'un simple sillon, il présente un canal complet, comme 
nous le verrons plus bas. 

Plusieurs des espèces qui ont un os dans la ver^e 
ont également un osselet dans le clitoris; tels sont la 
/ùzz^re, chez laquelle cet os fait presque toute l'épaisseur 
de la partie saillante du clitoris ; les ours ^ dont il n'oc- 
cupe que le gland; les chats , les Rongeurs. Nous n'en 
avons pas trouvé dans les Quadrumanes , dans la c\- 
vetle et les chiens parmi les Carnassiers. 

Le prépuce qui le recouvre contient des glandes 
sébacées analogues à celles du prépuce de la verge. Ces 
glandes, et 1 humeur quelles séparent, sont très mar- 
quées dans les chiens. Cette humeur a, dans la civette., 
l'odeur et la nature de celle contenue dans la poche à 
musc. 

Dans les rats , les glandes du prépuce sont aussi 
grandes dans les femelles que dans les mâles, et évi- 
demment de même structure, séparant une humeur 
semblable. 

\jOrifice de Vuretre est placé presque constamment 
à la limite de la paroi inférieure de la vulve, et c'est 
immédiatement derrière lui que commence le vagin. 



SECT. I. AUX. II. OKGANES FKMELLES DLS .MAMMIFi'.RES. 255 

Cet orifice est percé, chez les sapaj'oux, daus l'épais- 
seur d'une forte ride qui s'étend de l'hymen dans toute 
la longueur de la vulve , et répond à une autre ride de 
la face opposée. Il forme, dans plusieurs Carnassiers 
(les chiens ^ les chats) une fente longitudinale ouverte 
entre deux bourrelets relevés; ou borcjée, comme dans 
le porc-épic , de deux plis qui se continuent avec les 
bords du sillon creusé sur le dos du clitoris, et qui 
ont été pris pour les petites lèvres ; ou bien il est percé 
au centre d un seul bourrelet lisse et uni (dans le coati)^ 
ou fendillé (dans \ours brun) . 

Cet orifice est très grand dans les Didelphes ^ et 
placé vis-à-vis du fond ou du cul-de-sac postérieur de 
la matrice. 

Il s'ouvre, dans ï agouti ç^ le paca^ sur la base du 
clitoris, qui est reculée presque sur le bord de la 
vulve. 

C'est un acheminement à ce que Ton voit dans les 
makis proprement dits et les loiis^ chez lesquels le 
canal de l'urètre se prolonge 8ur le dos du clitoris, et 
dont l'orifice est situé un peu en deçà de la pointe de 
ce dernier. On voit qu'il ne manque à ce clitoris , pour 
être une véritable verge, que d'avoir à conduire dars 
son canal une liqueur fécondante de la nature de celle 
du mâle. 

Dans les rats ^ l'orifice du canal de l'urètre se trouve 
en avant de la fente du vestibule, entre les proloupe- 
ments du prépuce du clitoris, qui pourrait passer poui- 
des nymphes, comme chez le porc-épic. [Aussi est-ce à 
tort que nous avons dit d'une manière absolue que] les 
petites lèi'res ne se rencontrent pas chez les Mamnii- 
fères. 



236 XXXIV* LEÇON. ORG. U ACCtit TLEMliiS X DtS MiSTÉBHÉS. 

Nous ajoutions que si c'est un organe de plaisir de 
moins , son défaut est bien compensé par la quantité de 
sang qui afflue dans leur vulve au temps de la cha- 
leur, gonfle toutes ses parties et les rend extrêmement 
sensibles. 

[Le fait est que les nymphes existent chez plusieurs 
Rongeurs , etc. Elles sont même très développées chez 
le lapin.^ 

C'est le vestibule génito-urinaire qui est principale- 
ment embrassé chez les Mammifères par le plexus de 
vaisseaux sanguins ([ui entoure, chez la femme, le 
commencement du vagin, et par les deux constric- 
teurs. 

Ses côtés sont percés des canaux excréteurs des 
glandes de Cowpei\ que nous avons trouvées très 
grandes dans les chats\ ayant, comme celles des mâles, 
une gaine musculeuse , dans les Didelphes ^ [et même 
dans toute la seconde série des mammifères que j'ap- 
pelle Marsupiaux. 

Le vestibide génito-ùrinaire des Didelphes , outre 
qu'il n'a qu'un sphincter commun circonscrivant en 
même temps la fin du rectum, a pour caractère singu- 
lier de ne pas conduire dans un seul vagin , mais 
de recevoir, de chaque côté, les embouchures de deux 
vagins que nous décrirons dans le paragraphe suivant. 

Chez les Monotrêmes , ce vestibule n'est plus diffé- 
rent de celui des Reptiles à une seule verge, ainsi que 
nous l'avons déjà exprimé. Nous avons vu qu'il recèle 
chez les mâles, dans une anfractuosité de sa cavité, 
une verge considérable. 

Le rectum s'ouvre dans sa profondeur, ou dans sa 
j.ai'lie la plus avancée, mais en dessus; plus bas est 



SECT, I. AKT. II. ORGAWES FEMELLES DES MAMMIFÈRES, 257 

l'embouchure de la partie pelvienne ou musculeuse du 
canal de l'urètre , la seule qui subsiste chez ces ani- 
maux. Comme les oviductes s'ouvrent dans l'origine 
de cette dernière partie , il faut que, dans l'accouple- 
ment, l'élément mâle du germe soit porté à travers le 
vestibule, jusqu'à l'entrée du canal de l'urètre, qui rem- 
place ici le vagin ou le canal génital.] 

II. Du vagin ou du canal a^énltal. 

[Nous avons dit que la seconde cavité intermédiaire 
entre l'oviducte incubateur ou l'utérus, et l'orifice ex- 
terne de la génération, est le canal génital qui porte 
le nom de vagin, et qui est particulier aux Mammifères 
dans le type des Vertébrés.] 

A. Chez la femme. 

L'organe principal de l'accouplement est sans doute 
le vagin , canal destiné spécialement à recevoir la verge 
de l'homme, et à livrer passage à l'enfant lors de 
l'accouchement. Il est contenu dans le bassin entre la 
vessie et le rectum , et descend du col de la matrice , 
qu'il embrasse , jusqu'à la vulve, où il se termine. 

Nous avons déjà dit qu'il commence immédiatement 
en arrière de l'orifice du canal de l'urètre, au-delà de 
l'hymen , repli membraneux plus ou moins large , de 
même nature que la membrane interne de ce canal, 
rougeâtre, sensible comme elle, qui forme une cloison 
incomplète entre le vagin et la vulve , et rétrécit plus 
ou moins l'entrée du premier. Ce repli est ordinaire- 
ment semi-lunaire : alors ses cornes se terminent près 
de l'orifice de l'urètre. 

Dans quelques cas, il fait tout le tour du vagin, et pré* 
S. IT 



258 XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBHÉS. 

sente une largeur presque égale dans tonte son étendue. 
Il n'existe que chez les femmes qui n'ont pas souffert les û 
approches de l'homme ; il se déchire et disparaît par 
celte cause , et l'on ne trouve plus à sa place que des 
caroncules charnues, rouges et quelquefois calleuses. 

Le vagin, dout nous avons déjà indiqué l'étendue et 
la situation, est formé de parois très extensibles, com- 
posé d'un tissu fibro-cellulaire serré, pénétré de beau- 
coup de vaisseaux sanguins. Ces vaisseaux forment au- 
tour de son origine un plexus remarquable ; il est 
large d'environ deux centimètres; il est embrassé, 
dans cette partie , par deux muscles qui descendent 
sur ses côtés, de dessous le corps du clitoris, et vont 
se joindre inférieurement au transverse du périnée et 
à l'extrémité antérieure du sphincter externe de l'anus. 
Ces muscles répondent au bulbo-caverneux de la 
verge. Ils resserrent le vagin pendant le coït. Leurs 
rapports avec le plexus érefrtile, qu'ils recouvrent, 
confirme la justesse de la comparaison que nous venons 
de faire, ce plexus étant l'analogue du bulbe de la 
verge. 

La membrane muqueuse qui tapisse les parois du 
vagin est remarquable par le grand nombre de rides 
et de plis qu'elle présente, et qui ont sans doute pour 
double usage d'augmenter les frottements lors du coït, 
et de favoriser l'extension du vagin à l'instant de l'ac- 
couchement. Il y en a de transversales, plus nombreuses, 
plus larges, vers le commencement du vagin , et de lon- 
gitudinales, dont deux plus remarquables régnent sur 
les parois antérieures et postérieures de ce canal, et se 
terminent à Thymen. Un grand nombre de cryptes ver- 
sent, dans l'intérieur du vagin, une humeur muqueuse 



SECT. I. ART. II. OfiOAWES FEMELLES DES MAMMIFÉREts. 2Ô9 

qui y parvient immédiatement, ou découle aupara- 
vant dans les lacunes plus ou moins profondes qui se 
remarquent particulièrement à la partie inférieure du 
vagin. J>a sécrétion de cette humeur augmente beau- 
coup, toutes les fois que les désirs amoureux ou l'acte 
même du coït gonflent de sang les parties génitales. 

Enfin, deux petites glandes rondes, analogues à 
celles dites de Cowper dans l'homme, situées de chaque 
côté de 1 origine du vagin, versent dans ce canal, par un 
seul conduit excréteur, le liquide qu'elles produisent. 
Nous les avons déjà indiquées précédemment (p. 181). 

B. Chez les Mammifères Monadelphes. 

Le vagin présente de grandes différences dans ses 
dimensions ; mais en général elles sont plutôt en rap- 
port, ainsi que celle de la vulve , avec la grandeur du 
fœtus qui doit le traverser qu'avec celle de la verge 
qui s'y introduit. 

11 est généralement plus étroit que la vulve dans les 
femelles qui n'ont pas eu de petits. Sa longueur pro- 
portionnelle change, même dans les genres d'une seule 
famille. Ainsi dans les sakis et les sajoux, parmi les 
Singes, il n'est pas plus long que la vulve; tandis qu'il 
excède de beaucoup cette mesure dans les cynocé- 
phales. Il n'est guère plus long que la vulve dans 
Xhyene; il n'a que la moitié de cette longueur dans 
Xours brun; il est plus du double aussi long dans les 
chats , les chiens; il est court dans les Tardigmdes et 
les Édentés. L'orifice de la matrice, daus la vulve, qui 
est confondu avec le vagin, s'y voit précisément à la hau- 
teur du canal de l'urètre. La paroi qui les séparait 1 un 
de Vautre dans une jeune femelle de fatou se terminait 



260 XXXIV* LKÇO.N. OKG. d'aCCUUPLEMKM DES VEHTEBKKS. 

par une échancrure semi-iunaire , dont les cornes se 
prolongeaient un peu dans la vulve ou le vagin. 

Il a généralement des rides ou des plis dirigés dans 
sa longueur, et dont l'usage est évidemment de favo- 
riser sa dilatation. Dans Vours , ces rides sont coupées 
par des fentes profondes et ne forment plus que des 
crêtes. Il y en a une circulaire qui cache entièrement 
le museau de tanche, et forme un premier museau, 
dans lequel celui de la matrice est comme emboîté. Il 
est percé d'une ouverture en T, qui ne répond pas exac- 
tement à celle de la matrice. Si l'on se rappelle le pli 
de l'hymen, que nous avons décrit plus haut, on s'éton- 
nera des obstacles que la semence du mâle doit ren- 
contrer avant qu elle puisse arriver dans la matrice de 
cet animal. 

Les rides du vagin ne sont cependant pas toujours 
longitudinales; elles ont toutes une direction transver- 
sale dans le marsouin et le dauphin et dans Xliyhne^ eu 
elles n'existent que dans la première moitié de ce 
canal. Ses parois ont , d'une manière indubitable, dans 
les grands animaux , des fibres musculaires longitudi- 
nales et transversales. 

[En décrivant le vestibule génito-excrémentitiel, nous 
avons déjà parlé de ses limites du côté du vagin , et 
conséquemment de l'endroit précis où commence ce 
canal dans la série des Monadelphes; c'est un point 
d'anatomie que nous croyons avoir éclairé, soit dans 
notre mémoire sur l'hymen (i), soit dans la rédaction 
qu'on va lire.] 



(t) Mémoire sur ihymetty ou l'on démontre que la membrane qui 
porte ce nom chez la femme existe chez plusieurs Mammifère.- , lu à l'hi- 



SKCT. I. ART. H. ORGANES FEMELLES DES MAMMIFÈRES, 2C1 

Nous avons dit que le vagin était séparé de la vulve 
par un étranglement, ou, dans plusieurs cas, par un 
ou plusieurs plis dirigés en travers , en formant un vé- 
ritable hymen , qui diminue , à ce qu'il paraît, et s'ef- 
face même par les approches du mâle ou par le pas- 
sage des petits lors de la mise bas; il nous reste à le 
prouver par quelques détails. 

Dans les loutres , les chiens ^ les chats ^ les Rumi- 
nants^ le vagin est bien séparé de la vulve par un cer- 
cle étranglé, qui rapproche et réunit même, soit im- 
médiatement^ soit parle moyen de petites bandes trans- 
versales , les plis longitudinaux du vagin qui naissent 
de ce cercle. Il s'élargit et finit par s'effacer presque 
entièrement après une ou plusieurs portées. Nous avons 
trouvé , dans \ours brun , l'orifice de la vulve dans le 
vagin , réduit à une simple fente transversale, par un 
repli épais de la membrane interne , formant en dessus 
une sorte de lèvre. Il en résulte une séparation aussi 
exacte entre la cavité du vagin et celle de la vulve 
qu'entre la première et la cavité de la matrice dans 
d'autres animaux ; ce repli est moins large dans le 
coati. 

Dans r/!/è/2e, un repli analogue , également large et 
épais, formait deux sinuosités au-dessus l'une de l'autre, 
saillantes du côté de la vulve , et figurant un bec , 
entre lesquelles était une fente étroite , transversale , 
qui conduisait dans le vagin. Dans un jeune Daman y 
la présence de la membrane de l'hymen était, de 
même, indubitable. Elle formait un pli circulaire, 



stitut, classe des sciences physiques et niatliématiques, le 3 thermidoi- 
an xm (août i8o5), inséré dans le t. I de^ Mémoires des savants étrangen. 



262 XXXIV* LEÇON. OKG. U'ACCOUPLSaCEEfT DSS VSBTÉBBÉS. 

à peu près également large, très mince et resserraut 
l'entrée du vagin , moins , à la vérité , que dans les 
précédents. 

Steller a vu dans le lamantin du ISord^ à la partie in- 
férieure de l'entrée du vagin, une membrane forte, 
semi-lunaire, qui séparait la vulve du vagin, et rétré- 
cissait l'entrée de ce dernier canal. On trouve une 
membrane semblable à.^caût'i juments et X^Aânesses qui 
n'ontpas été couvertes. Cette membrane consiste, dans 
Vouistiti f le marihina et XtcoaXta , en deux replis semi- 
lunaires, dont les cornes se réunissent, en haut et en 
bas, à deux colonnes, qui partagent dans leur longueur 
les parois supérieure et inférieure de la vulve. Leur 
bord libre est un peu tourné du côté de celle-ci ; ils 
interceptent une fente perpendiculaire, ouverte entre 
le vagin et la vulve. Ces deux replis étaient presque ef- 
facés dans une vieille femelle de coaîta qui paraissait 
avoir eu des petits, et dont le clitoris était extraordi- 
nairement développé. [Lobstein a décrit, en 1818, la 
membrane de l'hymen dans \e phoque à ventre blanc] 

Ne peut-on pas conclure de ces faits que l'hymen 
n'est point un caractère d'organisation propre à l'es- 
pèce humaine , puisque dans plusieurs Mammifères il 
existe une membrane parfaitement semblable ou des 
replis très analogues , et que ces replis paraissent s'ef- 
facer après l'approche du mâle , ou après les portées , 
comme ils s'effacent chez la femme après l'approche 
de l'homme ou après l'accouchement? Quand ils ne dis- 
paraîtraient pas de suite après que ces causes ont com- 
mencé d'agir, ils n'en seraient pas moins semblables. 
.Ne sait' on pas que le coït, et même l'açicouchemen: 
ne détruisent pas toujours la membrane de l'hymen i' 



SECT. I. ABT. II. Ofi&AMBS FEMELLES DES MAMM1FÈAES. 263 

HJec/iel Va. troiwée chez une femme qui avait eu une 
fausse couche au sixième mois de sa j^rossesse. Lors- 
qu'il n'y a qu'un simple étranglement sans repli trans- 
versal bien marqué, on trouve même encore dans cette 
disposition un signe de virginité ; car cet étranglement 
disparaît également après les approches du mâle, et 
surtout après la mise bas. 



'^♦O 



C. Chez les Mammî/eres Marsupiaux. 

[La seconde section de cette série, celle des 7l/t>«o- 
trèmes^ n'a pas de vagin; la première section, celle 
des Didelphes . en possède deux. 

Nous avons déjà dit que , chez les Didelphes^ le ves- 
tibule génito-excrémentitiel a, sur les côtés, les deux 
embouchures de deux conduits, qui forment comme 
deux anses de chaque côté du fond de 1 utérus , lesquels 
vont s'ouvrir da;ns la cavité incubatrice, un peu au- 
dessous des oviductes ou des trompes de Fallope. Ces 
conduits génitaux ne sont pas susceptibles d'extension, 
comme le vagin des Monadelphes : aussi ne donnent-ils 
passage qu à de très petits avortons, qui vont continuer 
leur développement dans Forgane d'incubation exté- 
rieur. Nous avons donc eu tort de dire que, chez ces 
animaux, le vagin disparaissait. 

Chez les Monotrèmes ^ nous avons déjà fait con- 
naître , eu décrivant dans le paragraphe précédent 
le vestibule génito-excrémentitiel, que le canal de 
l'urètre y tient lieu de vagin et en remplit les fonc- 
tions, du moins pour la fécondation ou la transmis- 
sion du sperme et pour le passage des produits de 
la génération.] ' ^ 



264 XXXIV* fECON. OnCr. D'aCCOI'PLEMENT des VERlÉBilés. 

SECTION II. 

DES ORGAKKS D'aCCOUPLEMENT DANS LA CLASSIi Df S 
OISEAUX, 

[Les Oiseaux mâles et femelles ont pour principal 
or^jane d'accouplement le vestibule génito-excrémenti- 
tiely dont l'orifice transversal, situé à l'extrémité d'un 
coccyx très mobile, permet au mâle d'aboucher le sien 
contre celui de la femelle. Celle-ci relève cet orifice 
avec son coccyx en même temps que le mâle abaisse 
l'un et l'autre, 

--ïrL'embouchure de l'oviducte se trouve ainsi rappro- 
chée de celle des canaux déférents, et les spermato- 
zoïdes du mâle peuvent s'y introduire , pour aMer fé- 
conder les ovules. 

Mais ce vestibule renferme, par exception, une vei'p^e 
ou un clitoris, dont l« développement et le plan d'or- 
ganisation peuvent différer beaucoup. 

Nous avons donc à faire connaître, dans cette section, 
le vestibule comme organe d'accouplement, et la verge ^ 
ou le. clitoris qu'il recèle , dans quelques espèces privi- 
légiées.] 

ARTICLE I. 

DU VJSSTIBULE GÉNITO-EXCBKMENTITIEL CONSIDÉRÉ COMME ORGANE 
d'accouplement chez les MALES et chez LES FEMELLES DE L\ 
CLASSE DES OISEADX. 

.; [Nous avons considéré , sous le rapport de ses fonc- 
tions excrémentitielles (t. IV, partie II, p. 4o3 et l^iOj^ 
le vestibule, que nous appelions encore cloaque^ pour 
nous coniormer à i habitude. Ici nous devons l'étu- 



SECT. II. ART. I. ORG. d' ACCOUPLEMENT DF.S OISEAUX. 265 

diei- sons celui de ses fonctions [génératrices. Dans 
la description de notre première édition, dont le texte 
a été conservé dans celle-ci, nous avons eu tort d'en- 
visager le cloaque comme une simple dilatation au 
rectum et comme le réservoir des fèces. Cependant , 
en décrivant celui de X autruche, nous disions immé- 
diatement que les matières fécales ne passent du rec- 
tum dans le cloaque qu'au gré de l'animal. 

M. Geoffroy-Saint-Hilalre, dans sa Philosophie ann- 
tomique (i), a généralisé cette observation, en démon- 
trant que, chez aucun oiseau, le prétendu cloaque n'est 
le réservoir des fèces. 

Les fonctions génitales du vestibule génito-excré- 
mentitiel sont, selon nous , les plus importantes; 1rs 
autres ne sont qu'accessoires et subordonnées. 

Cette poche se divise plus ou moins distinctement 
en deux parties qui se suivent. Elle reçoit dans sa pre- 
mière division , ou la plus avancée et la plus profonde, 
l'extrémité du rectum, qui s'y termine. 

Un peu au-delà se voient, dans les mâles, les ori- 
fices des canaux déférents , à l'extrémité d'une papille 
plus ou moins saillante ; en dehors de ces orifices, mais 
un peu plus en avant, sont les embouchures des uretères 
qui n'ont pas de papille. 

Chez les femelles , on voit à gauche la large embou- 
chure de l'oviducte développé, et chez quelques 
unes à droite et dans la place correspondante, l'orifice 
très fin d'un petit oviducte droit très rudimentaire. 
Voir notre description des organes éducateurs.) 



{\\ Philosophie anatomiqite. Des monstruosités humaines, P^gf 334- 
Paris, 1S22. 



266 XXXIV* LiÇON. OBG. D'aCCOUPLEMEM ijî:» Vir.liBRÉS. 

Un peu plus en dehors, dans la seconde di\ision du 
vestibule , qui est séparée de la première par un pli 
transversal, se voit, chez beaucoup d'oiseaux dans la 
ligne médiane , un mamelon médian que nou-s regar- 
dons comme une verge rudimentaire. Ce mamelon 
appartiendrait , suivant M. Barkow , à la bourse de 
Fabriciuss, 

C'est aussi dans cette dernière partie que se trouve 
l'orifice de la verge du canard et de toutes celles de 
ce type. 

Dans le casoar à casque^ le vestibule génito-excré- 
mentitiel s'ouvre en dehors , au centre d'un bourrelet 
épais formé par le sphincter externe , qui est recou- 
vert par une peau dure , plissée régulièrement de plis 
transverses, ondulés, parallèles. j 

La plus grande partie des parois de cette cavité est V| 
enveloppée entièrement par la continuation de ce 
sphincter externe, qui est ici beaucoup moins épais, et 
qui devient, par sa position profonde, le sphincter in- 
terne. 

Ce vestibule , tapissé par la muqueuse , renferme , 
dans sa division la plus reculée ou la plus externe, une 
grande partie de la verge. 11 a , de chaque côté du 
corps fibreux de cet organe , une série d'orifices de 
cryptes considérables , analogues aux glandes prépu- 
tiales de la verge des mammifères. 

Au-dessus de la verge, sous la voûte de cette divi- 
sion du vestibule, il existe un repli de la peau qui la 
sépare d'une poche plus j)rofonde et plus petite. C'est 
dans cette poche intérieure que s'ouvrent les uretères, 
dont les orifices sont percées à sa paroi supérieure; 
et les canaux déférents, dont les orifices sont à l'fxfré- 



CECI. II. AUT. U. VERaE DES OISSA.UX. 26?^ 

mité d'une papille sdiillante dans le cloaque, tout près 
de rembouchure de l'uretère du même côté. 

L'orifice du rectum ^bordé d'un repli membraneux 
circulaire, s'ouvre dans la partie la plus profonde de 
cette seconde division du vestibule. 

Pour la composition musculaire du vestibule et les 
changemcyits de forme, de volume et même de posi- 
tion , que peuvent produire les muscles intrinsèques 
et extrinsèques, nous renvoyons à ce que nous en avons 
dit (t. IV, PI. II, p. 4i 5 etsuiv.). 

Au sujet des muscles du vestibule du casoar a cas- 
que , nous aurions dû placer, à la suite de leur des- 
cription, les additions suivantes de notre première édi- 
tion, p. Q92.] 

Le cloaque a d'ailleurs : i** deux abaisseurs qui 
s'élèvent de la symphyse du pubis en dedans du bas- 
sin sur les côtés; 

2° Deux releveurs qui descendent en arrière, de la 
base du coccyx sur les côtés. Ils sont hors du bassin; 

3° Deux réiracteui'S longs et grêles , fixés en avant, 
de chaque côté de l'épine, en dedans du psoas , et qui 
se portent de là sous le cloaque, qu'ils doivent tirev en 
avant, 

ARTICLE IL 

DE LA VERGE DES OISEAUX. 

La plupart des oiseaux n'ont qu'une papille vas- 
culaire, située à la paroi inférieure «!e leur vestibule 
génilo-excrémentitiel , et qni est souvent à peine sen- 
sible hors du temps de l'érection. Ils ne peuvent se 
produire d'antre irritation dans le coït que celle qui 



268 XXXIV* LEÇON. OfiG. d'accouplement des tebtébbés. 
doit résulter de raboucliemeut des orifices de leurs 
vestibules et de l attouchement de cette papille. 

Quelques uns ont une ver.p,e d'un volume assez consi- 
dérable, dont l'existence ne paraît pas toujours dépendre 
de la grandeur de l'animal. Les grands oiseaux de 
proie n'ont tout au plus que la papille qui vient d'être 
indiquée; tandis que les canards^ qui sont beaucoup 
plus petits, sont pourvus d'une verge très grande. Cette 
existence paraît encore moins en rapport avec les or- 
dres dans lesquels on divise cette classe ; car le même 
ordre, celui des Gallinacés, par exemple, comprend 
des oiseaux qui ont une véritable verge, le hocko , 
Voutarde, et beaucoup d'autres qui n'en ont pas. 11 
en est de même des Echassiers , des Palmipèdes et des 
Passereaux. [On ne connaît, dans ce dernier ordre, 
que le tisserin alecto qui en soit pourvu , et le répu- 
blicain^ Loxia socia, Latham.] 

Sa structure est loin d'être la même dans tous les 
oiseaux qui en ont une évidente et développée. A cet 
égard , elle présente deux modèles extrêmement diffé- 
rents, et un troisième qui tient de ces deux plans op- 
posés. Nous décrironsla verge de \ autruche comme type 
de l'un, et celle àw. canard comme exemple de l'autre. 

La première est d'une grandeur proportionnée à 
celle de cet oiseau. Sa forme est conique ; son dos est 
creusé d'un sillon étroit et profond qui règne depuis 
sa base jusqu'à sa pointe. Les déférents s'ouvrent dans 
le cloaque vis-à-vis de sa base, de manière que la se- 
mence tombe directement dans ce sillon. Cette verge 
est formée: i° de deux corps solides, coniques, entiè- 
rement composés de substance fibreuse , ou fibro- 
élastique; ils sont appuyés par leur base en dedans du I 



SECT. lî. ART. 11. VERGE DES OISEAUX. 26îî 

Sphincter du vestibule génito-excrémentitiel, sur sa 
paroi inférieure. Ces corps solides sont adossés l'un à 
l'autre, sans se confondre; le droit est plus petit que le 
gauche, et ne s'avance pas aussi loin dans la verge, 
sans doute pour donner à cet organe, qui n'est pas sus- 
ceptible de se ramollir comme celui des mammifères, 
plus de flexibilité de son côté, afin que l'animal puisse 
Je replier facilement dans son cloaque ; 2" cette verp-e 
se compose encore d'un corps fibro-vasculaire, qui forme 
une saillie considérable le long de sa face inférieuie, 
et en compose toute l'extrémité; 3° elle a enfin une 
portion composée de cellules, dans lesquelles le sang 
s'épanche, et qui se voient sous la peau qui tapisse les 
parois du sillon. Cette dernière semble être l'analogue 
de la partie vasculaire de l'urètre ; tandis que la se- 
conde paraît remplacer, avec les corps fibreux, le corps 
caverneux et le gland de la verge des mammifères. 

[Il y a beacuoup de tissu élastique, soit dans les corps 
fibreux que nous avons décrits en premier lieu , soit 
dans la partie saillante inférieure de cette verge. La 
coupe transversale de chaque corps fibreux montre 
ce tissu élastique sous forme de lames plates , ou de 
filets se ramifiant beaucoup entre eux et intercep- 
tant des mailles ; on y voit aussi celle de quelques 
branches ou rameaux vasculaires. Ce sont les corps 
caverneux des mammifères , avec une plus grande pro- 
portion de filets tendineux ou élastiques. 

La partie inférieure saillante de la verge, qui com- 
mence avant sa courbure dorsale et en constitue l'ex- 
trémité ouïe gland, est molle, plus vasculaire que la 
première et composée intérieurement d'un tissu jaune 



270 XXXIV" LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VEUTÉBRES. 

qui se continue avec les lames élastiques ramifiées des 
corps fibreux. 

Nous avons reconnu que la carène de cette portion 
inférieure de la verge est composée exclusivement 
d'un tissu élastique ramihé, dont les branches princi- 
pales sont rondes et dirigées dans le sens de la lon- 
gueur, et dont les ramifications sont nombreuses. 

Cette partie élastique forme un cordon cylindrique 
jusqu'à l'extrémité du gland (i).] 

La verge de \ autruche se recourbe la pointe en bas, 
et se replie dans une poche membraneuse située au- | 
dessus de celle où s'arrête l'urine, de manière que 
l'orifice de cette dernière, qui s'ouvre à la base de la 
verge , dans son sillon, est alors entièrement fermé. 11 
faut donc que l'autruche sorte sa verge pour uriner 
ou pour rendre ses excréments, comme pour le mo»- 
ment du coït. Il paraît qu'elle y parvient par la simple 
contraction de son sphincter, qui forme autour du 
cloaque un cercle musculeux extrêmement épais , et 
embrasse la poche dans laquelle la verge se retire.' 

[Les muscles du vestibule que nous avons décrits 
(t. IV, P. II, p. 4iô) doivent aider puissamment à cet 
effet, en diminuant dans leur action la capacité de ce 
vestibule, d'avant en arrière et dans sa hauteur.] 

Deux paires de muscles servent alors à l'y faire 
rentrer. 



(i) M. J. Millier, qui a découvert le tissu élastique de cette verge, 
n'a pas distiii{rué ce cordon élastique des ramifications plates et jaunes 
qui coustituent l'iutériem- du corps spongieux intérieur, et se continuent 
avec celles du corps fibreux. (Voir plus bas, ouv. cit., p. 277.) 



SECT. II. AllT. II. VEfiUE DES OISEAUX. 271 

i" L une descend de dessous le sacrum, où elle se fixe, 
s'introduit en dedans du sphincter, contourne les côtés 
de la verge près de sa base, et s'attache en dessous de 
cet organe dans son premier tiers. 

2° L'autre se fixe à la verge un peu plus en avant. liCS 
muscles qui la composent ont deux faisceaux , dont l'un 
vient de cet endroit , et l'autre de la poche de la verge ; 
tous deux se réunissent en s'avançant, et se fixent à 
l'os des il es en arrière des reins, 

La première tire la verge près de sa base, et la sou- 
lève; la seconde agit plus particulièrement sur sa 
pointe, qu'elle tient courbée en bas. Toutes deux 
plient cet organe et le retirent ainsi dans sa poche. 

liC hocko paraît avoir la verge conformée comme 
celle de l'autruche; [mais nous avions tort de classer 
dans ce type celle du casoar à casque. Nous verrons 
qu'elle appartient à un type mixte. 

La verge linguiforme du tinamou se rapporte en- 
core à ce premier type (i). 

Les verges rudimentaires dont le coq nous fournit 
un exemple ne peuvent guère être classées qu'avec ce 
même type. 

Celle du coq est un petit tubercule conique, peu 
saillant, qui se voit entre les deux papilles à l'extré- 
mité desquelles s'ouvre chaque canal déférent. 

Un réseau de vaisseaux sanguins, que les injections 
mettent en évidence autour de chacune de ces pa- 
pilles, éprouve sans doute à l'instant du coït une con- 
gestion qui en produit l'érection. 



(i) Voir ./. !\fuUer, pi. I , fig. S et 6 , ouv, cit. pl«ti bs*, p. r»^-. 






272 xxxiv* LEÇON. 0&&. d'accouplemeînt des vebtébrés. 

Il a été décrit comme un corps caverneux (i). 

En arrive-t-il autant au tubercule central, quoique 
les mêmes injections u y démontrent pas ^de réseau 
vasculaire (q) ? 

Le second modèle de verge que nous venons de dé- 
crire est celui que l'on trouve dans les oies , les canards 
et plusieurs Echassiers ^ tels que la cicogne ^ etc. Dans 
1 éîat de repos, c'est un simple tube ou cylindre creux 
membraneux, retiré, sous la fin du rectum , dans une 
poche particulière , comme la verge des précédents, et 
formant une courbe qui peut égaler les trois quarts du 
cercle. Ce tube s'ouvre dans le cloaque par une de 
ses extrémités, et sa peau se continue avec celle de 
cette cavité. L'autre extrémité, qui est fermée, tient à 
une substance cartilagineuse qui s'appuie contre la 
paroi inférieure du sphincter, et à laquelle les fibres 
intérieures de ce muscle viennent se fixer. Lorsqu'on 
ouvre la verge dans cet état , on voit qu'elle est formée 
de deux portions qui en composent chaque moitié. La 
partie terminale a des parois plus épaisses, élastiques, 
un peu glanduleuses vers leur surface interne et légè- 
rement inégales de ce côté. L'autre, basilaire, présente 
intérieurement un grand nombre de cannelures et de 
plis qui se rapetissent à mesure qu'ils s'approchent de 
la première, et dont la direction est oblique en travers. 
Cette portion basilaire se déroule au dehors , comme 
un gant, lors de l'érection; eu même temps la partie 

(i) M. lîarlio'vv, Arcinves iTanniomie de Miiller pour 182g. Pi. IX, 
fif}. 20, 21, 22, 23 et 24. 

(:?) Le même auteur prend la papille, {;éneralemeiJl considérée parles 
rinatomistes cumme un rndiraent de verge, pour le mamelon terminal de 
la iiourse de r.ibririns. 



SECT. ir. ART. II. V£KGE DES OISEAUX. 27o 

terminale s'introduit successivement dans le cylindre 
creux que forme la partie basilaire déjà déroulée et 
retournée, et se retourne à son tour, de manière que 
sa face interne, dans l'état de repos, devient exté- 
rieure. La plupart des plis et des canneluj-es sont beau- 
coup moins prononcés, lorsque la verge a été poussée 
en dehors; ils empêchent cet organe de s'étendre en 
ligne droite, à cause de leur direction oblique, et 
l'obligent de se contourner en tire-bouchon. Gela de- 
vait être ainsi. Gomment le canard mâle aurait-il pu 
faire entrer, dans le cloaque de la femelle , une verge 
longue de quatre à cinq pouces? Gar telle est sa lon- 
gueur lorsqu'elle est étendue en ligne droite. Les plus 
fortes de ces rides se voient sur deux rebords qui in- 
terceptent un sillon assez profond, creusé dans toute 
retendue de la verge, et au conimeucement duquel 
les canaux déférents versent la semence. 

Cet organe est donc un cylindre creux, composé de 
deux fourreaux, dont l'un, extérieur ou basilaire, très 
ridé, est une sorte de ressort très élastique , et dont 
Vautre, terminal, a des parois plus épaisses, un peu plus 
glanduleuses, jouit d'une élasticité également remar- 
quable, et forme proprement le corps de la verge. 
Nous l'avons trouvé rempli d'une humeur glaireuse, 
épaisse et filante. 

Mais par quel mécanisme ce singulier organe sort- 
il du cloaque? Gomment ces deux canaux, qui n'en 
forment qu'un seul continu, hors du temps de l'érec- 
tion , s'introduisent-ils l'un dans l'autre? Et quelle est 
la force qui les fait rentrer dans leur premier état , 
après l'accouplement? Leur grande élasticité suffit 
presque seule k ce çlernieri effet. Un muscle grêle, 
8. ■ 18 



4f» 



274 xxxiv^ LEÇON. OBG. d'accouplement des vertébrés. 
formant un ruban mince, fixé du côté gauche dans 
l'intérieur du bassin, qui descend de là vers la poche 
de la verge , et dont les fibres semblent se rendre en 
partie vers le cylindre intérieur de cette dernière, y 
contribue sans doute un peu. Doit-on regarder comme 
servant encore à cet usage un autre muscle grêle, qui 
embrasse en dessous la base de la verge, se glisse de 
chaque côté en dedans des deux renflements muscu- 
leux que nous allons décrire, en montant obliquement 
en avant, et parvient sur la queue? Ou plutôt ce muscle 
empêcherait-il la verge de rentrer en serrant de bas en 
haut l'orifice par lequel elle est passée? 

Deux muscles extrêmement forts l'expulsent au de- 
hors. Ils forment deux renflements ovales, très épais, 
dont les faisceaux sont concentriques et vont de haut 
en bas, qui sont réunis supérieurement et du côté in- 
férieur par leurs extrémités , et qui embrassent celle 
du rectum ainsi que le cloaque, par une face concave 
où leurs faisceaux forment des colonnes distinctes. Ils 
recouvrent immédiatement, par cette facC;, un petit 
corps de substance rouge, très délicate, qui tient à 
cette dernière par un grand nombre de filaments fi- 
breux, et n'est, à ce qu'il paraît, qu'un lacis extrême- 
ment fin de vaisseaux sanguins. Lorsque ces muscles 
se contractent , ils doivent serrer la verge avec force , 
et Tobliger de se dérouler au dehors, comme elle le 
fait lorsque l'on serre le cloaque avec les doigts. Son 
organisation , qui n'est pas vasculaire, la rend inca- 
pable d'une véritable érection. 

Elle reçoit cependant plus de sang, pour l'instant 
du coït, soit par l'irritation que produit la présence de 
la femelle, soit par la compression du corps vasculaire 



SECT. II. ART. ir. VEHGE DES OISEAUX. 275 

qui vient d'être indiqué; mais ce liquide ne doit guère 
servir qu'à en augmenter la sensibilité ^ et ne peut la 
gonfler que fort peu. 

Un autre effet dû aux muscles précédents, c'est la 
compression , à ce qu'il nous semble, de l'extrémité des 
canaux déférents, qui se glissent entre ces muscles et 
le cloaque, pour se terminer à ce dernier, après avoir 
éprouvé un petit renflement. 

[3** Il existe un troisième tvpe qui tient des deux 
autres , c'est celui de la verge du casoar à casque , dont 
l'organisation rappelle en partie celui du canard et en 
partie celui de Vautruche; c'est donc un type mixte 
qui forme un troisième modèle. Cette verge a deux 
corps fibreux qui correspondent aux corps caverneux 
des mammifères et au corps fibreux d'une verge d'au- 
truche. Ils prennent naissance en dedans du sphincter 
interne, auquel ils sont attachés dans la ligne médiane 
inférieure. 

Ils s'élèvent de cette partie pour traverser le cloaque 
intérieur et déboucher dans le cloque extérieur; se 
recourbent de haut en bas et se prolongent jusqu'au 
dedans du bourrelet cutané qui recouvre le sphincter 
externe. 

Ils interceptent par leur rapprochement un sillon 
profond qui répond au dos de la verge, mais qui se 
contourne en deux spirales avec ces corps fibreux. C'est 
à leur extrémité que la verge commence à être i; - 
canal complet ; c'est là que se voit un orifice entouré 
d'une sorte de prépuce membraneux, par lequel la 
partie tubuleuse de la verge se déroule au dehors en 
s'invaginant. 



276 XX-XIN"^ LtÇO.N. OlUi. d'aCCOLPLEMEM des ViiBTiBRES. 

Toute cette partie tubuleuse, qui a dans sa cavité 
uu sillon formé par deux plis longitudinaux de la peau 
intérieure , sort successivement par cette ouverture , 
de manière que ce sillon vient continuer celui du corps 
fibreux. 

La peau est parfaitement lisse dans toute Tétendue 
de cette première partie, y compris celle des plis lon- 
gitudinaux qui interceptent le sillon. 

L'autre partie du ^tube de la verge a son origine 
sous celle des corps fibreux, et s'y trouve fortement 
attachée. Elle n'est pas régulièrement cylindrique, 
mais un peu aplatie , en sorte que les deux faces se 
joignent par uu côté étroit formant une carène arron- 
die, à laquelle répondent intérieurement des plis trans- 
verses de la muqueuse. 

Cette membrane y forme de très fins plis en réseau 
irrégulier , parmi lesquels ceux qui répondent aux 
arêtes du cylindre sont plus transverses, plus larges, 
et interceptent de petites poches, d'où sort sans doute 
une humeur épaisse , qui enduit les parois de ce canal. 

Un tissu élastique ramifié, formé de faisceaux 
plats , dont les plus gros sont dirigés dans le sens de 
la longueur de ce tube, en constitue les parois. 

Mais cette partie de la verge manque de tissu érec- 
tile caverneux. On en trouve au contraire à l'intérieur 
de la partie qui sinvagiue, et dans laquelle il devient 
extérieur par suite de cette invagination. Ce tissu 
érectile et cette couche spongio-vasculaire son!; re- 
couverts d un tissu cellulaire feutré. 

En résumé il y a dans ce singulier type : i-une partie 
fibreuse dont l'état est permanent^ 2" une partie 



SECT. II. ART. TH. DU CLITORIS DES OISEAUX. 277 

érectile qui s'invagine dans elle-même et sort par l'o- 
rifice qui] se voit à l'endroit où elle joint la partie fi- 
breuse; 3° enfin une partie élastique qui sert à retirer 
la partie invaginée quand 1 érection a cessé. 

Cette verge a deux muscles protracteurs qui s'atta- 
chent sur les côte's, en dedans et vers le bas du sphinc- 
ter intérieur , et se portent de dehors en dedans et en 
avant sous l'axe que forment les corps fibreux , ou dans 
la courbure de cet axe, jusqu'à quatre centimètres de 
leur origine. 

Ils doivent, par leur action , redresser ces corps et 
les porter en arrière hors de l'orifice du cloaque. 

C'est aussi à ce troisième type que se rapporte l'or- 
ganisation de la verge du Nandou [Rhea americana) 
qui s'éloigne beaucoup sous ce rapport, comme sous 
plusieurs autres , de l'autruche d'Afrique (i).] 

ARTICLE III. 

DU CLITOBIS CHEZ LUS FEMELLES DES OISEAUX. 

Parmi les Oiseaux ^ il paraît que Y autruche et le ca- 
jort/' sont les seuls où il existe. C'est un petit clitoris ana- 
logue à la verge du mâle , mais d'une proportion bien 
moindre, dont le dos a deux replis membraneux qui 
s'y prolongent dès l'orifice de la vessie, et forment un 
canal propre, jusqu'à un certain point,, à diriger 
l'urine. Ce clitoris, presque entièrement fibreux, repo- 
sait , dans une femelle d'autruche que nous avons dis- 
séquée, sur une langue beaucoup plus grande, que 



(i) Voir le Mémoire de J. Muller, Sur deux types différents des or- 
ganes mâles érectiles des oiseaux de la famille des Autruches, Berlin, i838. 



278 XXXIV» LEÇON. OBG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRgS. 

uous avons d'abord prise pour le premier organe, et 
qui n'était que de la graisse enveloppée par la peau 
du cloaque. L'un et l'autre se retirent dans une poche 
semblable à celle qui recèle la verge du mâle et placée 
de même au-dessus de la partie du vestibule dans la- 
quelle s'amasse l'urine; ils bouchent alors l'orifice 
externe de celle-ci, et y retiennent l'urine. Il faut donc 
que le clitoris, comme la verge, sorte de sa poche et 
se déploie au dehors pour que ces animaux puissent 
uriner ou rendre leurs excréments solides. 

ARTICLE IV. 

DE LJ^ BOURSE DE FABBICIUS. 

[Nous parlerons ici de la bourse de Fabricius comme 
d'une dépendance du vestibule génito-excrémentitiel , 
quoique ses usa^^es soient encore problématiques. Voici 
ce que nous en disions dans noire première édition :] 

Cet organe est encore un de ceux dont les usages 
sont absolument inconnus. 

G est une bourse membraneuse et glanduleuse qui 
se trouve dans les oifieaux mâles et femelles, au-dessus 
de leur cloaque , et qui s'ouvre à la paroi supérieure de 
ce sac, plus en arrière que le rectum. 

On ne la trouve pas remplie d'une matière quel- 
conque qui pourrait la faire considérer comme un 
organe de sécrétion ou comme un réservoir. 

Elle reçoit un filet nerveux considérable qui vient 
des paires sacrées , et une ai'tère également considé- 
rable qui se détache de l'aorte, au-dessus de la sacrée 
moyenne. 



SECT. II. ART. IV. DE LA BOURSE DE FABRICIUS. 279 

Dans le canard mâle, cette bourse est à droite de 
celle qui renferme la verge. 

M. Blumenbach pense quelle sert aux fonctions 
mâles de la génération, sans s'expliquer sur cet usage. 

[Si l'on en juge par son développement, par ses pro- 
portions beaucoup plus considérables chez les jeunes 
animaux que chez les vieux, ses usages seraient dans 
le même rapport avec l'âge que ceux des glandes sus- 
rénales ou du thymus. 

La bourse de Fabricius est un organe impair, for- 
mant un petit cœcum ou une petite poche à parois 
glanduleuses, composées de cryptes qui s'ouvrent par 
de très petits orifices dans la cavité commune. 

Quelquefois ces cryptes donnent dans de petites 
poches qui font saillie dans cette même cavité et y 
communiquent par une petite ouverture. 

La bourse de Fabricius s'ouvre dans la partie la 
plus reculée du cloaque, à sa paroi dorsale. Cette com- 
munication est très ouverte chez les jeunes animaux, et 
la cavité de la bourse pénètre jusqu'à son fond. Plus 
tard la partie antérieure de la bourse paraît se fer- 
mer, et plus tard encore la partie postérieure et son 
orifice dans le cloaque. Cet organe se flétrit, se rape- 
tisse et s'oblitère entièrement chez les vieux ani- 
maux (i).] 



(i) Voir le Mémoire de M. Harkow sur les artères des oiseaux. Arch, 
iV anato-m'xe de Meckel pour 1829, p. 44^ et suiv. 



280 xxxiV LEÇON, orct. d'accouplement des vertébrés. 

SECTION m. 

DES ORGAKES d'aCGOUPLEMENT DANS LA CLASSE DES 
REPTILES. 

ARTICLE I. 

ORGANES MALES d' ACCOUPLEMENT. 

[Ces orçaiies peuvent se composer, dans cette classe : 

1° Du cloaque ou du vestibule Pjénitc-excrémenti- 
tiel; 

Q" D'une ou de deux verges; 

3° D'organes accessoires distincts de ceux propre- 
ment dits de la génération.] 

I. Du vestibule gènito-excrémentitiel chez les maies 
des Heptiles. 

[Le vestibule génito-excrémentitiel est l'aboutissant, 
chez les mâles, dés canaux déférents. C'est dans ce 
vestibule que leurs orifices sont en rapport avec la 
verge imique, ou avec les deux verges, quand elles 
existent. 1! reçoit les fèces alimentaires dn rectum, et 
les fèces urinaires de la vessie, leur réservoir, ou des 
liretères, quand ce réservoir manque. 

Toutes ces circonstances peuvent varier chez les 
Reptiles propres et les Reptiles amphibies ; chez les 
premiers, suivant qu'il y a une ou deux verges, et chez 
les derniers, suivant que cet organe existe ou qu'ils en 
sont dépourvus, ce qui est le cas le plus général.] 

A. Dans la. Sous-classe des Reptiles piopres. 

[i" Le cloaque chez les Reptiles propres ^ à une seule 



SECT. ITT. ART. T. ORG.'^NE.S M.VI.ES DES REPTILES. 281 

verge , la renferme entièrement dans l'instant de re- 
pos : c'est ce qui a lieu chez les Chéloniens et les Cro- 
cocliliens. 

Tj'issue de ce vestibule n'est jamais transversale , 
mais longitudinale, ou ovale, ou circulaire. 

Dans la grande tortue de terre , nous avons trouvé 
cette cavité divisée en deux parties : l'une antérieure , 
cylindrique, dans laquelle le rectum se termine , et 
dont la muqueuse est plissée en long et revêtue de 
deux couches de faisceaux musculeux , ayant dans l'ex- 
terne une direction longitudinale , et transversale ou 
circulaire dans l'interne. 

Cette première partie est limitée , en avant et en 
arrière , par un bourrelet saillant en dedans, produit 
par ces faisceaux de fibres circulaires formant deux 
sphincters. 

lia seconde partie , la plus intérieure du vestibule 
génito-excrémentitiel , a des parois beaucoup plus 
minces. Les plis longitudinaux de la muqueuse de la 
première partie s'y terminent promptement , sauf le pli 
médian qui se déploie autour de l'orifice de l'urètre , 
en forme de deux larges lèvres; celles-ci se prolongent 
comme deux replis sur la ligne médiane dorsale de la 
verge, en faisant moins de saillie, à mesure que la rai- 
nure qu'ils bordent devient plus profonde. 

Les orifices des canaux déférents se voient plus haut 
que celui de la vessie urinaire. C'est dans cette seconde 
partie que la verge est repliée dans l'état de repos. 

Chez les Crocodiliens ^ le cloaque des mâles a les 
mêmes rapports et les mêmes usages; il est, de plus, 
percé , de chaque côté de la paroi d'où sort la verge , 



282 xxxiV LEÇON. ORG. d'accouplement des vertébbés. 
ou de chaque côté de celle-ci, suivant les espèces, 
par les orifices des canaux péritonéaux. 

Il est encore l'aboutissant des canaux excréteurs des 
deux glandes spermagènes, décrites dans le précédent 
article sur les organes préparateurs de la semence. 

Dans un très jeune caïman {alligator sclerops) j'ai 
trouvé ce vestibule génito-excrémentitiel divisé en trois 
chambres distinctes. L'antérieure reçoit le rectum; elle 
commuuique par un canal étroit , inférieur, et par des 
plis longitudinaux, dans la chambre moyenne. Celle-ci 
est supérieure et profonde de ce côté; un repli trans- 
versal inférieur la sépare de la troisième. Le bord libre 
de ce repli est dentelé par des plis longitudinaux qui 
y aboutissent. C'est cette troisième chambre qui ren- 
ferme la verge ; tandis que la seconde reçoit les canaux 
déférents , les uretères et la vessie urinaire. 

La cannelure du dos delà verge est limitée par deux 
plis qui se prolongent dans la chambre moyenne, pour 
la mettre en rapport avec les embouchures des ca- 
naux déférents. 

s** Chez les Reptiles propres qui ont deux verges, 
\es Sauriens moins les Crocodiliens ^ et chez les Ophi- 
diens , le vestibule ne les renferme pas; elles ont seule- 
ment leur issue en dedans des commissures latérales 
de son orifice. Mais cette issue du cloaque , ou cette 
entrée, si l'on veut, forme toujours chez ces animaux 
mâles et femelles une fente transversale bordée de 
deux lèvres, dont la postérieure est plus ou moins mo- 
bile. Cette fente transversale a une disposition et des 
dimensions parfaitement convenables pour la sortie 
de ces verges chez les mâles et leur iutroduction dans 
le cloaque chez les femelles. 



SECT. m. ABT. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 283 

C'est la lèvre postérieure, plus ou moins résistante, 
de cette ouverture qui porte les fèces urinaires ductiles, 
chez ces animaux , par un plan incliné , vers Tune 
ou l'autre commissure de cette fente, et les contourne en 
spirale ( i ). 

Cette lèvre renferme dans son épaisseur, chez les 
mâles, une série d'orifices qui sont la terminaison des 
canaux excréteurs d'autant de petites glandes qui ré- 
pondent à certaines glandes anales des mammifères 
carnassiers et autres. Il en sort de même une humeur 
épaisse comme une pommade. 

On trouve souvent, soit en avant, soit en arrière de 
cette issue du cloaque, en rapport avec 1 une ou l'autre 
lèvre, des séries d'orifices cutanés de cryptes, sortes 
de glandes anales qui paraissent en rapport avec les 
fonctions de la génération. 

Les glandes crurales, ou des pores r^landuleux ana- 
logues, rapprochés de l'orifice du cloaque, qui distin- 
guent presque tous les Lacertiens , beaucoup dlgua- 
niens et d'autres Sauriens^ se développent beaucoup 
chez les mâles, au temps des amours (i). 

Cette circonstance me porte à les classer parmi les 
glandes accessoires de l'appareil de génération. 

Le bipide lépidope^ le typhlops lumbncalis{^) les ont 
en avant. Elles sont eu arrière dans ïérix turc (3), etc. 
Les Lacertiens , les Iguaniens les ont en série et près 
de la face interne du fémur (4). 

(i) V^oir le t. VII, p. 555, de cet ouvrage. (2) Voir nos planches XXII 
h\s, et XXV du Règne animal , vol. des Reptiles. (3) Ibid., pi. XXVII. 
(4) De amphibiorum quorumdam papillis glandulisrjue femoralibus 
scripsit C. S. Meisner. Basileae, i832. L'auteur nie qu'il en sorte une hu- 
meur visqueuse, ainsi que l'exprime l'ancien texte des leçons, t. II, 



284 XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS. 

Le vestibule génito-uiinaire des Sauriens propres et 
des Ophidiens est d'ailleurs une cavité plus ou moins 
profonde, revêtue de la peau , qui se replie du dehors 
à travers son orifice, pour la tapisser, et qui y subit un 
commencement de transformation en membrane mu- 
queuse. 

L'embouchure du dernier boyau s'y voit dans la 
partie la plus avancée. Celle de la vessie urinaire, 
quand elle existe, est toujours plus en arrière et en 
bas. 

C'est vis-à-vis, mais à la paroi supérieure, que sont 
les orifices des uretères, et plus en dehors ceux des 
déférents, qui s'ouvrent dans un sillon du cloaque 
maintenu en rapport avec celui qui commence à la 
base dorsale de la verge et qui règne jusqu'à son ex- 
trémité.] 

B. Dans la SousMilasse des Reptiles amphibies. 

[ 1 ° Parmi les Reptiles amphibies , les Ophidio-batra- 
ciens ou les cécilies ont un cloaque qui se distingue chez 
les mâles par son étendue et parce qu'il renferme de 
singuliers organes de copulation que nous décrirons 
dans le paragraphe suivant. Il est d'ailleurs l'aboutis- 
sant de leurs canaux déférents , de leui- vessie urinaire 
et du rectum. 

a** Le cloaque des Batraciens anoures est entouré 
de fibres musculaires obliques. Sa cavité ne se distingue 
pas de celle du rectum et n'en paraît qu'un dévelop- 



p. 5-5, reproduit t. III, p. 6i3 de la présente édition. Il ajoute que cela 
est plus que probable, mais qu'il n'a pu se convaincre de ce fait, malfjré 
les recherches les plus multipliées. 



SECT. III. ABT. I. OBGANES ÎIALKS DES BEPTILES. 285 

pement. Sa paroi iniérieure montre Forifice extrême- 
ment large de la vessie urinaire. Ceux des uretères sé- 
minaux sont vis-à-vis à la paroi supérieure, dans un 
repli membraneux saillant qui renferme les deux pa- 
pilles dans lesquelles ils se terminent. 

3* Chez les Batraciens urodèles ^ le vestibule pé- 
nito-excréraentiliel présente des différences remar- 
quables , suivant les sexes et les genres. 

Chez les mâles comme chez les femelles, il nous 
paraît essentiellement organisé pour le rapproche- 
ment des sexes et la fécondation intérieure, quoique 
ce rapprochement et cette fécondation soient con- 
testés, sinon pour les salamandres ^ où M. de Schreibers 
l'a constaté dans la scdamandre noire ^ du moins pour 
les tritons. 

Ce vestibule fait une saillie ovale ou sphérique, sous 
l'origine de la queue, immédiatement en arrière du 
bassin. Sa cavité débouche au dehors par une fente 
médiane longitudinale, bordée de deux lèvres ren- 
trantes , colorées comme la peau , lisses ou hérissées de 
tubercules ou de papilles , siège probable dune grande 
sensibilité, il existe d ailleurs des différences remar- 
quables dans les dimensions de ce vestibule , et sa com- 
position organique, suivant les genres, les espèces et 
les sexes, l'époque du rut ou hors de cette époque. 

Les deux lèvres qui bordent l'entrée du vestibule , 
que nous désignerons encore sous le nom de vulve, sont 
parfaitement lisses et non papilleuses chez les mâles 
de la salamandre commune. En les écartant , on 
aperçoit, de chaque côté, comme une lèvre intérieure. 
C'est un repli oblique dont le bord interne paraît di- 
visé , parce qu'il est l'aboutissant d'une série d'environ 



286 XXXIV^ LEÇON. OBG. D'ACCOUPLEMENT DES VERTÉBB^S. 

quatorze lames qui garnissent, plus on dedans, les parois 
du vestibule. Ces lames sont dirigées verticalement du 
plafond de cette cavité vers son issue ; elles sont pres- 
sées les unes vers les autres, comme les feuillets d'un 
livre, et composées de tubes qui paraissent comme des 
franges, à leur bord libre et inférieur. C'est un appareil 
glanduleux que nous avons distingué sous le nom de 
prostate intra-vestibulaire (i). 

La voûte du vestibule est lisse et forme, dans la 
ligne médiane, un angle rentrant qui se continue jus- 
qu'à la commissure postérieure des lèvres qui bordent 
son issue. Cette disposition semble devoir servir à la 
direction des fèces alimentaires. La même partie lisse 
envahit, en arrière, toute la paroi du vestibule, et se 
trouve limitée par un pli qui recouvre comme une val- 
vule une fosse dans laquelle ces lames prostatiques 
sont libres. Ce pli, qui se continue jusqu'à la partie la 
plus avancée du vestibule, sépare l'orifice du rectum, 
qui se voit en dedans et en avant , de l'orifice des défé- 
rents, qui est en dehors et plus en arrière, dans une fos- 
sette couverte d'une papille. Par cette disposition, la se- 
mence se trouve immédiatement mélangée, en premier 
lieu, avec Fhumeur des prostates intra-vestibulaires, 
et, plus en arrière, avec celle des autres prostates , dont 
les canaux excréteurs s'ouvrent , ainsi que nous l'avons 
dit (p. 179) , dans la ligue médiane de la partie la pliis 
reculée du vestibule , par une double série dbrifices. 

Celui du tronc unique des uretères d'un même côté 
est un peu plus en avant que l'orifice du déférent et 
plus rapproché de l'embouchure de la vessie urinaire, 



(i) Pag. 179 de ce volume. 



SECT, III. ART. 1. ORGANES MALES DES REPTILES. 287 

avec laquelle il communique par une petite rainure. 

Dans la Salamandre noire ^ les lames prostatiques 
sont plus nombreuses et non frangées à leur bord ; elles 
tiennent entre elles par des plis transverses qui parla- 
tageiit leurs intervalles en petites cellules. 

Les lèvres sont d'ailleurs lisses et sans papilles, comme 
dans la salamandre commune. 

Chez les tritons^ la peau qui recouvre le vestibule 
est généralement très inégale et hérissée de tubercules 
et de papilles, beaucoup plus apparents à l'époque 
du rut et plus développés chez les femelles que chez 
les mâles, quoique la saillie qui forme le vestibule soit 
beaucoup plus considérable chez ces derniers. 

Un peu en dedans de la commissure postérieure, se 
voit un groupe de longues papilles grêles , qui sont 
implantées dans une rainure de cette partie* 

Les parois de ce vestibule, dans le même genre, sont 
d'ailleurs formées principalement par une calotte glan- 
duleuse , que nous avons décrite sous le nom de pros- 
tate vestibulaire. 

L'appareil lamelleux prostatique qui garnit les pa- 
rois du cloaque des salamandres est porté, chez les 
tritons mâles, à l'extérieur de la vulve, sans doute par 
suite de la présence de la verge, et forme, de chaque 
côté, une série de palmes attachées à une sorte de 
lèvre intérieure. 

Chez les tritons^ il faut distinguer le cloaque en deux 
parties, l'une supérieure, où se termine le rectum, et 
dans laquelle aboutissent les canaux déférents et les 
canaux urinaires, à la paroi supérieure, et sous le 
rectum la vessie urinaire; et l'autre, inférieure, dans 
laquelle se voit le pénis de ces animaux,] 



288 XXXIV* LEÇON. ORG. d'acCOCPLEMEM' des VERTEBRES. 

II. De la verge des Reptiles. 

A. Dans la sous-classe des Reptiles propres. 

[Parmi les Reptiles propres., les uns n'ont qu'une 
ver^e, ce sont les Chéloniens et les Crocodiliens ., et 
cette verge a beaucoup d'analogie, dans sa composi- 
tion, sinon dans sa forme, avec celle de l'autruche. 
Les autres en ont deux , construites d'après le type de la 
verge du canard^ ce sont \ç;% Sauriens proprement dits 
et les Ophidiens.] 

1. La verge des Chéloniens est plus grande à pro- 
portion que dans les deux classes précédentes. Elle est 
longue, à peu piès cylindrique et renflée vers le bout, 
qui se termine en pointe. Un sillon profond règne 
dans toute l'étendue de sa face supérieure , et s en- 
fonce même davantage en s'approchant du gland. Il 
s'élève ensuite vers le milieu de la face supérieure 
de ce dernier, où il se termine par un orifice divisé en 
deux par une papille. Pour peu que les bords de ce 
sillon se rapprochent, il doivent former un canal 
complet. 

Cette verge est composée de deux corps caverneux 
dont les parois fibreuses se confondent même dans 
une partie de leur étendue. Ils commencent par deux 
renflements vasculaires, analogues au bulbe de 1 urè- 
tre de la verge des mammifères; leur tissu érectile se 
continue dans deux canaux dont les parois de nature 
fibreuse , assez niiuces d'abord, prennent bientôt une 
épaisseur très considérable , eu même temps que leur 
cavité diminue. Tout le renflement que forme le gland 
n'est qu'un développement de ce tissu vasculaire (\\\ 



SEGT. m. ART. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 289 

corps caverneux, recouvert par une peau lâche et 
ridée, et appuyée sur un prolongement de la paroi 
fibreuse de ce même corps caverneux qui en forme la 
pointe. 

La peau du sillon est elle-même doublée par ce tissu 
érectile , dont cette partie est en communication avec 
celle qui se prolon^oe dans le canal de chaque corps 
caverneux. 

Il y a, de chaque côté du sillon dorsal de la verge, 
un canal dont l'orifice est dans la cavité du péritoine , 
de chaque côté de la vessie , et qui se prolonge dans 
l'épaisseur de la verge jusqu'au gland^ où il se termine 
par un cul-de-sac, sans que ses parois soient percées 
dans aucune partie de son étendue (i). 

[Depuis la découverte que j'ai faite, en i8o5, de ces 
canaux péritonéaux , dans mes recherches pour la ré- 
daction de ces leçons, je les ai de nouveau étudiés en 
i83o, entre autres dans un volumineux exemplaire ré- 
cemment mort , de la grande tortue de l'Inde, rapportée 
vivante par M. Dussumier. Us y ont une large embou- 
chure dans la cavité abdominale. Dans la partie bul- 
beuse de la verge , leur canal est anfractueux , divisé par 



(O Cet ancien texte est très explicite sur l'existence et la position des 
canaux, que MM. Isidore Geoffroy et Martin Saint-Ange ont désignés sous 
le nom de péritonéaux dans le clitoris des femellesde C/ie7onie?îS, oîi ilsles 
ont décrits en détail, en 1828 , et conscquemment vingt-trois années après 
notre découverte de ceux qui existent dans la verge. Comment se fait-il 
que M. R. fFagner^ d'ailleurs si exact et si crudit, ait ignoré notre texte 
et notre découverte ancienne, les auteurs du mémoire que nous citoii-; 
ayant eu soin de le rapporter en entier? Voir le Manuel d'anatomie com- 
parée de R. Wagner. Leipsig , i834 et i835, p. 345. 

8. 19 



"190 XXXIV* LEÇON. OKCi. d' ACCOUPLEMENT DES VEKTÉBBÉS. 

des brides et entouré du tissu vasculaire érectile de 
cette partie. 

Ce n'est qu'au-delà du bulbe qu'il devient simple et 
presque superficiel. Cependant, jusqu'à la fin de la pre- 
mière moitié de la verge , avant le gland , ses parois 
sont encore épaisses, et entre elles et la peau il y a deux 
à trois millimètres d'intervalle, rempli par un tissu vas- 
culaire érectile. 

Ce tissu disparaît dans la seconde moitié delà verge 
jusqu'au gland, et le canal péritonéal n'a plus de pa- 
rois , vers le haut, que sa propre membrane et la peau 
de la verge. 

Il s'avance parallèlement au sillon de la verge, à 
côté de lui, et il n'en est séparé que par sa propre pa- 
roi , par un peu de tissu érectile , et par la peau qui 
revêt ce sillon. Au moment, où il arrive au niveau du 
gland , il s'y termine par un cul-de-sac étroit. 

Sa membrane y forme des plis anguleux , dont le 
sommet est dirigé vers le fond , et qui se succèdent jus- 
qu'à celui ci , en figurant des valvules emboîtées les 
unes dans les autres. 

S'il y a une communication avec le tissu caverneux 
de la verge, que je n'ai pu découvrir, elle doit être 
très anfractueuse. 

Une coupe transversale du corps de la verge mon- 
tre les rapports suivants de ses diverses parties : une 
large écbancrure médiane , arquée en bas ; deux sail- 
lies arrondies sur les côtés; un étroit et profond sillon 
dans la ligne médiane supérieure; de chaque côté du 
sillon, la coupe d'une bande étroite, et à peu près per- 
pendiculaire du tissu érectile qui le ceint. Cette bande 



SECT. III, AF.T. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 291 

s'unit, à aii^le obtus, avec une aiUrc hande vasculaire, 
celle du corps caverneîfx. Dans l'angle rentrant que 
forme, du côté extérieur et supérieur, la rencontre 
de ces deux bandes vasculaires , se voit la coupe de 
chaque canal péritonéal, situé superficiellement à côté 
du sillon. Tout le reste de cette coupe , et c'est la plus 
grande portion, ne montre qu'un tissu fibreux, ou élas- 
tique , en partie] 

Cette verge a deux rétracteurs qui s'attachent dans 
le bassin, et se prolongent jusque sons le gland. Ils la 
replient dans le cloaque de manière qu'elle bouche 
l'orifice du rectum , comme celle de l'autruche, et celui 
de la vessie urinaire. 

L'érection et sans doute l'action du sphincter la font 
sortir de cette cavité. 

[q," La verge unique des Crocodiliens e&t encore une 
verge pleine, et non en fourreau comme celle des au- 
tres Sauriens et des Ophidiens] 

Elle est conique, creusée d'un sillon profond dans 
toute sa longueur, et formée principalement d'un corps 
fibreux et élastique, très consistant. La portion qui ré- 
pond au gland, dont le tissu est moins ferme et plus 
mou que le reste, parce qu'il est vasculaire etérectiie, 
s'avance au-dessus de la pointe du corps caverneux et 
se prolonge au-delà , de sorte que ces deux pointes , 
placées au-dessus l'une de l'autre, sont réunies par les 
côtés et par une cloison verticale qui sépare leur in- 
tervalle en deux culs-de-sac. Le sillon de la verge se 
continue jusqu'à l'extrémité de la pointe supérieure. 
[Le corps de la verge est, en général, plein, sans ré- 
seau vasculaire érectile , et composé de substance 
fibreuse très dense, très résistante. On y distingue 



292 XXXIV e LEÇON. ORG. b'accooplement des vertébbés. 
intérieurement un réseau élastique. Sous ce rapport, 
la verge des Crocodlliens se rapproche de celle de 
l'autruche. 

On ne voit de réseau vasculaire érectile qu'à l'o- 
rigine des corps caverneux, lorsqu'ils sont encore sé- 
parés. Ce réseau se continue le long des parois de la 
rainure dorsale jus<]u'au gland, qui en est essentiel- 
lement composé. C'est par l'intermédiaire d'un canal 
veineux que cette communication a lieu. On trouve 
l'artère du pénis dans le plancher de ce canal. 

Le caïman à lunettes a une verge conique, très grosse 
à son origine , où elle est composée de deux corps ca- 
verneux bien séparés, arrondis par leur racine, ayant 
chacun les dimensions du gland. Sa face dorsale est 
aplatie. Les corps caverneux vont en s'amincissant jus- 
qu'à l'extrémité de la verge. Vers le milieu de leur face 
inférieure, leur réunion forme une proéminence à 
laquelle viennent s'attacher les muscles rétractenrs. 

Le gland est ovale et forme une poche à parois 
épaisses, dont la cavité largement ouverte l'egarde vers 
ce tronc. De sou bord postérieur se détache un dou- 
ble crochet, arqué dans la même direction , dont la 
face supérieure est creusée en bec d'aiguière , et con- 
tinue la rainure du tube de la verge. 

Cette rainure médiane du dos de la verge ne com- 
mence que versle milieu de sa longueur totale, presque 
au niveau des deux issues des canaux péritonéaux. 
Elle devient bientôt un canal complet, qui aboutit, 
comme nous venons de le dire , dans la partie cro- 
chue et détachée du gland. 

Chez un Crocodile de. la Nouvelle-Islande , la 
verge a nue forme prismatique. Elle se termine par un 



SKCT. III, ART. 1. OliGANEb M 4 LES DES HEPTILES. 293 

jjland dilaté et interceptant un profond cul- de-sac 
dont le bord est festonné. 

La rainure médiane dorsale est revêtue d'une peau 
épaisse, doublée parmi tissu vasculaire érectile. Cette 
peau et ce tissu se prolongent au-delà du gland en un 
bec d'aiguière terminé par une bifurcation. Cette 
partie a plus de deux centimètres de long (i). 

Les canaux péritonéaux qui existent chez les Cro- 
codiliens ^ comme chez les Chèloniens ^ ne font plus 
partie essentielle de leur verge, et ne semblent que 
s appuyer contre cet organe pour sortir de l'abdomen. 

On ne les voit , en effet, dans cette dernière espèce , 
où ils sont très courts et très larges, qu'à la base de 
cet organe. Ils longent cette base pour communiquer 
de la cavité abdominale dans le cloaque , où ils s'ou- 
vrent de chaque côté de la verge. Ils n'ont , dans ce 
trajet, aucune communication avec le corps de la 
verge; ce qui le distingue essentiellement, ainsi que 
leur orifice extérieur, des canaux des Chéloniens , si 
anormaux par leur terminaison en cul-de-sac. 

Chez le Caïman à lunettes leur liaison avec la verge 
est un peu plus intime. Leur embouchure se voit dans 
le fond de la cavité abdominale. Chaque canal gagne 
immédiatement la face supérieure du corps caverneux 
de son côté , à une assez grande dislance de l'origine de 
ce corps. Il longe cette face dorsale et s'y termine, 
après un trajet de o'",028 , par un très petit orifice ex- 
tériem-, percé dans une légère proéminence, sous une 



(i) Etiquette du bocal qui renferme cette verge : Rapportée par 
MM. Quoy et Gaimard 1827, n" i33. Havre Castera. 



29-i XXXlV* LEÇON. UUG. d'aCCOIU-LEMEIS T DES VERTÉBBÉS. 

papille foliacée, cjui le recouvre comme une val- 
vule (i). 

3" Dans les autres Sauriens et chez les Ophidiens 
il y a deux verges coniques ou cylindriques , ou bifur- 
quées , composées d'un fourreau que l'érection déve- 
loppe comme un doigt de gant, de manière que le 
fond du cul-de-sac que forme ce fourreau devient, 
après ce déroulement, l'extrémité de la verge. Ainsi 
sorties par chaque commissure latérale du vestibule, 
où se trouve lorifice de leur cavité, elles paraissent or- 
dinairement hérissées d'épines. On voit qu'elles sont 
une dépendance, une modification de la peau, dou- 
blée par im tissu vasculaire érectile. Dans l'état de 
repos, elles sont invaginées sous celle de la queue, im- 
médiatement en arrière de l'anus. 

Vu muscle particulier pour chaque verge, dont l'at- 
tache fixe est sons les premières vertèbres caudales, 
et l'attache mobile au fond de leur poche, les y retient 
dans cette position. 

La contraction des muscles de la queue, qui les re- 
couvrent, contribue, avec l'érection , à les en faire sortir. 

L'existence de deux verges chez les 5a w/ve/ij- propres 
et les Ophidiens a été constatée dans la plupart des 
gî^nres (2) : seulement, leur forme et leur armure peu- 
vent varier; mais non leur position en arrière du cloa- 



(i) Les canaux périt onéaux des Crocodilieiis ont été décrits pour la 
première fois, dans le mémoire cité de "MM. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire 
et Martin Saint-Ange. 

fa} 11 est fort sinnulier que Treviranus ait nié leur existence diez le ca- 
méléon, et qu'il les ait prises pour deux vessies nrinaires. Voir J. Mdller. 
Archives d'Jnat., etc., pour 1840, p. CLXXXVIir. 



SECT. m. ART. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 295 

que, sous la queue, ni leur structure générale en 
forme Je fourreau. On peut donc affirmer que toutes 
les fois que l'on trouve, chez les Reptiles propres ^ un 
anus transversal, cette disposition organique coïncide 
avec l'exisience de deux verges chez les mâles. Ce rap- 
port de forme et d'arrangement de l'issue du vestibule 
géuito-excrémentitiel méritait bien d'être signalé. 

Le gland, ou l'extrémité de cette verge en fourreau 
dermoïde, est lisse , ou papilleux, ou bien hérissé de 
pointes aiguës , ou même armé de lames cartilagi- 
neuses. Il y a deux de ces lames cartilagineuses chez le 
tupinamhis élégant. 

Le gland est lisse chez les pithons; tandis qu'il est 
hérissé d'épines chez les couleuvres , les vipères ^ etc. 

fjcs lézards et les couleuvres ont cette extrémité 
simple et non divisée. Elle est double et bifurquée 
chez les iguanes, les pithons et les vipères, les rou- 
leaux ^ etc. 

Le corps principal de cette verge a un sillon longi- 
tudinal qui s'étend de sa base à son extrémité, et dont 
le commcucement est exactement en rapport , dans 
l'érection , avec un sillon du cloaque qui i^eçoit le 
canal déférent. 

Chez les Reptiles dont la verge est bifurquée à son 
extrémité, sou sillon se divise de même à la base des 
glands, et chaque branche de ce canal se continue 
jusqu'à leur sommet : c'est ce qu'on voit, entre a^itres, 
dans la verge de la vipère de Redi^ où ce souimet est 
hérissé de petites épines disposées en tourbillon, qui 
deviennent plus rares et plus grosses à la base de cha- 
que gland.] 



296 xxxiv» l'eçoa. oeg. d'accouplement des vertébrés. 

B. De la verge des Reptiles amphibies. 

W^e^ Reptiles amphibies passent, en général, pour 
manquer de verge ; cependant cette opinion n'est pas 
exacte; du moins souffre -t-elle plusieurs exceptions, 

1° Chez les Ophidio- Batraciens. Dans une prépara- 
tion de viscères de cécilie^ nous avons cru reconnaître 
une verge en fourreau, retirée dans l'abdomen et se 
déroulant au dehors à la manière de celle des Ophi- 
diens. Cette verge unique était grêle, longue, et avait 
son embouchure dans le cloaque du côté droit (i). 

Nous n'avons pas retrouvé , dans un sipkonops an- 
Tiidatus adulte, ce long tube grêle aboutissant dans le 
vestibule. Mais celui-ci, beaucoup plus long que celui 



(i) Nous avons fait représenter ces viscères dans 1 édition illustrée du 
Règne animal, pi. XXXVI ter, fig. y, où l'on voit en s l'organe que nous 
avons cru pouvoir déterminer comme la verge. 

Le bocal qui renferme ces viscères, préparés sous les yeux de M. Cuvier, 
a pour étiquette, Viscères de cecilia interrupta. Cuv. A en juger par le peu 
de développement des organes que nous avons jugé être les testicules, cet 
individu n'était probablement pas adulte, et certainement pas à l'époque du 
rut. Nous avons, en ce moment, sous les yeux un mâle de siphonops annu- 
latus qui a 0^1^344 ^^ ^o"G' ^' o™,oi5 de diamètre moyen ; tendis que !a 
femelle, conservée dans le même liocal, a oro,4oo de long et oni,020 de 
diamètre. Les testicules du mâle ont o,o4o de long, et sont divisés en 
huit lobes cylindriques, placés l'un devant l'autre, et ne tenant entre eux 
que par un tube membraneux , comme ceux du triton à crête. Ils se com- 
posent%iussi de petites cellules et renferment des spermatozoïdes en fils. 
Ce canal déférent est sinueux, distendu par le sperme; il se porte plus 
en arrière que sa terminaison dans le cloaque, et revient sur lui-même 
pour s'ouvrir dans la partie la plus avancée du vestibule génito-excréteur. 
Cette disposition indiquerait-elle, ainsi que les détails d'organisation de 
ce vestibule, que nous décrivons ci^dessus, qu'il se renverse au dehors et 
qu'il s'introduit en partie dans celui de la femelle? 



SECT. m. AKT. I. ORGANES MALES DES REPTILES. 297 

de la femelle, renferme de singuliers organes , qni doi- 
vent servir à la copulation , si tant est que les parois de 
ce vestibule puissent se dérouler au dehors. 11 se di- 
vise d'ailleurs en deux chamjjres, une antérieure, plus 
étroite, qui reçoit l'eniboucliurc du rectum, dans sa 
partie supérieure la plus avancée, et celle de la vessie 
urinaire en bas. Tout près de cette dernière embou- 
chure sont, de chaque côté, les orifices des uretères et 
ceux des canaux déférents. 

Un bourrelet circulaire, auquel aboutissent les plis 
longitudinaux de la muqueuse de cette première 
chambre, la sépare de la seconde. Celle-là a On'jOi-j 
de long , et la dernière o,'",025. 

Elle renferme deux corps saillants, attachés à la paroi 
supérieure, qui ressemblent à des colonnes charnues, 
parallèles, ayant une forme effilée en arrière, et élargie 
en avant , comme une tête de vis. Une autre colonne 
semblable, située au milieu de la paroi inférieure, ré- 
pond à Initervalle des deux de la paroi supérieure, et 
commence un peu plus tôt , à On>,oo3 du bourrelet de 
séparation des deux chambres; tandis que les deux 
antres sont à o'",oo5 de ce même bourrelet. Enfin 
une papille saillante et dure se voit entre les deux co- 
lonnes du haut ào"\oo'y5 du même bourrelet valvulaire. 

Il est probable que la partie postérieure du cloaque 
du mâle peut s'invaginer et sortir pour entrer dans 
celui de la femelle, et que les parties saillantes que 
nous venons de décrire servent à retenir la femelle. Ce 
déroulement expliquerait l'anse que font en arrière 
les canaux déférents. 

2* Parmi les Batraciens urodèles ^ les tritons sont 



298 XXXIV* LEÇON. 0B(.. d" ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS. 

égaleiijcot pourvus d'une verge; mais cette verge diffère 
beaucoup de celle que nous venons de décrire; elle est 
située, comme nous l'avons dit, dans le cloaque infé- 
rieur ; c'est uu corps cylindrique adhérent , par sa pre- 
mière partie, à la paroi supérieure du cloaque, libre 
dans sa seconde moitié, qui est élargie au sommet 
comme un champignon. Cette partie libre répond à la 
fente de la chambre baute du vestibule génito-excré- 
mentitiel. Sa racine tient au pubis par un ligament sus- 
penseur. 

La substance de cette singulière verge, examinée 
dans des tranches assez minces pour être observée au 
microscope , par transparence, à un grossissement de 
î25o d., m'a paru composée d'un tissu fin ramifié, 
rayonné, qui pourrait bien être érectile. 

Sa partie terminale est couverte d'une peau noire 
dans le triton à crête. Elle est d'un blanc grisâtre, avec 
une tache noire au milieu, dans le triton alpestre^ et 
la forme du gland de cette verge est un peu différente 
de celle de l'espèce précédente. 

11 est remarquable que les salamandres ., qui sont 
vivipares , et qui ont d'ailleurs tant de rapports avec 
les tritons^ soient dépourvues de cet organe de copu- 
lation.] 

III. Organes accessoires distincts de l'appareil de 
la génération, mais servant à l'accouplement. 

Il n'y a de semblables organes dans la classe des 
Reptiles que chez les mâles des Balraiens anoures. 
Les pelotes des pouces dans les espèces de ce groupe, 
dont les mâles embrassent leurs femelles , non , à la 
vérité, pour un véritable accouplement, mais pour aider 



SECT. m. ABT. II. ORGANES FEMELLES DES BEPTILES. 299 

celles-ci à se débarrasser de leurs œnfs et les féconder 
dès qu'ils sont hors du corps, ces pelotes, dis-je, sont 
composées de papilles dures, quelquefois noires ou 
brunes, qui recouvrent non seulement le pouce, mais 
s'étendent encore dans la paume de la main. Le mâle, 
en serrant sa femelle, les enfonce dans sa peau et s'y 
cramponne, par ce moyen, d'une manière très ferme. 
Elles disparaissent après le temps des amours, et ne re- 
viennent qu'à cette époque, 

ARTICLE II. 

ORGANES FEMELLES D' ACCOUPLEMENT. 

A. Chez les Reptiles propres. 

[Ils se composent, en général, du vestibule génito- 
excrémentitiel , et, chez les Reptiles propres à une seule 
verge, d'un clitoris.^ 

I. Du vestibule génito-excrémentitiel. 

[Cet organe, chez les femelles, a une composition 
analogue à celle du vestibule génito-excrémentitiel des 
mâles. 

Celui des femelles ne diffère pas de celui des mâles 
par la disposition de sou orilice , ni par les muscles 
qui le fermeiiit ou qui compriment ses parois. 

Chez les Cliéloniens et la plupart àç,?, Sauriens qui ont 
une vessie uiinaire, il est l'aboutissant du rectum, en 
avant et en dessus; du col de cette vessie un peu en 
arrière et sur \ç:^ côtés, des uretères; et des oviductes 
encore plus en arrière. On v voit de plus , chez les 



300 XXXIV' LEÇON. ORG. d'aCCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS. 

éniydes et les chêlidres ,\e.% orifices des vessies lom- 
baires (i); enfin il renferme un clitoris chez les Ché- 
loniens et les Crocodiliens. f 

Chez les Sauriens^ autres que les Crocodiliens, qui 
manquent de vessie iiritîaire, et chez les Ophidiens., 
l'urine est versée directement dans le cloaque par les 
uretères , et ce veslibule n'a pas de chtoris. 

Dans une trionix spinifer ayant o'",558, depuis 
l'extrémité de la trompe jusqu'à celle de la queue , nous 
avons trouvé o'",o43 de distance depuis l'extrémité du 
clitoris jusqu'au bord supérieur de l'orifice du vesti- 
bule. La muqueuse qui tapisse ses parois intérieures est 
doublée par un tissu cellulo-élastique assez épais (2). 

En dehors des, hbres élastiques sont les fibres mus- 
culaires du sphincter, qnisont un peu obliques d'avant 
en arrière et de dedans en dehors. Il y a des faisceaux 
qui viennent de l'intérieur du bassin, et un faisceau 
qui descend du pubis. 

Le vestibule génito-excrémentitiel, chez les Ophi- 
diens femelles , est l'aboutissant de deux glandes, en 
forme de capsule ovale, qui occupent sous la queue la 
place des verges chez les mâles. Elles ont, dans leur 
centre, un réservoir considérable qui se remplit de la 
pommade que séparent leurs parois glanduleuses. Cette 
pommade sort par plusieurs orifices percés dans la 
marge de la lèvre postérieure du vestibule. 

Les mâles, à la vérité, ont aussi ces glandes, mais 



(j) Voir notre t. VII , p. SgS. 

(2) Voir mes Fragments sur les organes génilo-urinaires des Reptiles. — 
Comptes-rendus 'les séances de l'Académie des sciences, t. XIX, p. 253. 
Juillet 1844. 



SECT. III. ART. II. ORGANES FEMELLES DES REPTILES. 301 

elles n'y sont que riidimentaires. Elles existent sous leur 
verge et forment un petit cul-de-sac ouvert de chaque 
côté du vestibule (i). 

Chez les Crocodiliens ^ ce même vestibule est pourvu 
de deux glandes volumineuses , analogues à celles que 
nous venons de décrire chez les Ophidiens, formant 
chacune une poche considérable, de figure ovale, dont 
les parois sécrètent Thumeur épaisse comme une pom- 
made , que renferme ce réservoir. 11 s'ouvre sur les 
côtés du cloaque par un seul orifice.] 

II. Du clitoris. 

[Les femelles des Reptiles propres dont les mâles 
n'ont qu une verge, ont toutes un clitoris. Cet organe 
manque chez les Reptiles à deux verges.] 

Celui des Chéloniens est très analogue à la verge, et 
ne semble en différer que par une plus petite propor- 
tion. Il est long, sillonné dans sa longueur et terminé 
par un gland arrondi. Des muscles semblables à ceux 
de la verge le replient dans le cloaque, lorsqu'il en 
est sorti (2). 

[On y trouve des canaux péritonéaux comme ceux 
de la verge des mâles (3). 

Les femelles des Crocodiliens ont aussi un clitoris 



(i) Voir l'ouvrage de M. Schlegel sur la Physionomie des serpents , 
t. II, p. 46 

(2) Bojanusl'a représenté clans YEmyde d'Europe^\)\. XXVIII,fi(j^, iSg. 
Andtome testudinis Europeœ. Viln;e , 1819. 

(3) Voir le me'moire de MM. Isidore Geoffroy^Saint-ïIilaire et Martin 
Saint-Ange , Annales des sciences naturelles y t. XIII , p. if)."^ et suiv., et 
pi. VII. Paris, 1828. 



302 WXlve LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBRÉS. 

dont la forme est analojjjuc à celle de la verge du mâle , 
mais dont les proportions sont bien moindres (i),] 

B. Organes Jemelles d accouplement chez les Rep- 
tiles amphibies. 

[Le vestibule génito-excrémentitiel des Ophulio- 
Batraciens a son orifice arrondi, tout à l'extrémité du 
corps, chez les femelles comme chez les mâles. 11 a 
dans les premières une brièveté remarquable (o,'"o 17 
dans notre femelle longue de o'",4oo) ; il n'y est pas par- 
tagé en deux chambres et manque de ces singulières 
colonnes que nous avons décrites dans le vestibule du 
mâle. On y remarque des plis épais longitudinaux. 

Chez les Batraciens anoures et les Batraciens uro- 
dèles ^ ces mêmes embouchures des oviductes, percées 
sur les côtés du cloaque, caractérisent sans doute es- 
sentiellement celui des femelles ; mais il diffère en- 
core de celui des mâles, du moins chez les Batraciens 
urodèles et particulièrement chez les Salamandres et 
les Tritons^ par plusieurs autres caractères: entre 
autres par l'absence de la verge et des orifices des pros- 
tates chez les tritons , et par un beaucoup moindre vo- 
lume; chez les Salamandres par l'absence des lamelles 
tubuleuses qui garnissent ses parois chez les mâles, et 
que nous avons comparées aux prostates ou aux glandes 
de Cowper des Mammifères.] 



(i)Carus et Olto. Tables anatomiques , cahier V, pi. VI, fig. 2. 



SECT. IV. ART. T. CEUX DES POISSONS. M03 

SECTION IV. 

ORGANES d'accouplement DANS LA CLASSE DES POIS- 
SONS. 

ARTICLE I. 

DES OBGÂNES d' ACCOUPLEMENT PBOPBEMEIST DITS, CHEZ LES MALES 
ET CHEZ LES FEMELLES. 

[\jes poissons osseux vivipares doivent se féconder 
par le rapprochement de l'orifice commun des organes 
génito-iirinaires du mâle et de la femelle; de telle sorte 
que la laite du mâle puisse pénétrer dans la cavité in- 
cubatrice et même dans l'ovaire de la femelle, pour en 
Féconder les œufs. 

C'est une nécessité absolue chez les Pœciiies, dont 
les petits se développent dans l'ovaire même. Ce rap- 
prochement est-il une véritable copulation, et le sperme 
du mâle passe-t-il toujours , sans l'intermédiaire de 
l'eau et directement , des organes du mâle dans ceux 
ou dans celui de la femelle ' C'est ce que la science n a 
pas encore décidé. 

On trouve assez souvent, dans cette sous-classe, un 
appendice en forme de tube creux, qui se voit en ar- 
rière de l'anus et au-devant de la nageoire anale, et 
dans lequel vient aboutir le conduit éjaculateur des 
glandes spermagènes et le canal de Turétre. 

(Je même (;ône creux existe chez les femelles dont 
les mâles en sont pourvus , et il est chez elles l'aboutis- 
sant du conduit commun des oviductes, on d< s canaux 
péritonéaux . (|uand il n'y a pas d'oviducte : c'est ce 



â04 XXXIV* LEÇON. ORG. d' ACCOUPLEMENT DES VERTÉBBÉS. 

qui a lieu chez les lamproies. Cette papille conclue- -^ 
trice se voit chez plusieurs poissons qui ne sont pas vi- 
vipares. Parmi les osseux, elle existe entre autres chez 
\e scorpœna porcus ,\e cottiis niger, le silurus glanis., 
le ci/clopterus lumpus , etc. On la trouve aussi chez 
plusieurs Osseux vivipares. Elle est même composée 
d'un corps caverneux ërectile chez le clireus supercî^ 
liosus (i). 

Dans l'immense majorité des Poissons osseuœ , dans 
la famille des Cfclostomes , et dans celle des Siuro/iiens, 
parmi les Cartilagineux , il n'y a pas de rapprochement 
des sexes, pas de copulation pour la fécondation, qui 
a toujours lieu après la chute des œufs dans l'eau. Nous 
n'avons donc pas d'organes d'accouplement à décrire 
chez ces animaux. 

Il n'en est pas de même des Sélaciens, y compris 
les chimères , chez lesquels la fécondation a lieu avant 
la ponte; que l'animal soit ovipare ou vivipare. 

11 y a toujours à cet effet, chez ces animaux, copu- 
lation ou abouchement des orifices des deux cloaques 
appartenant à deux individus mâle et femelle. 

Chez les chimères , les oviductes ayant leurs em- 
bouchures séparées, en dehors de l'orifice du cloaque, 
la fécondation du mâle est encore plus directe. 

Chez les Sélaciens, il y a dans le cloaque une pa- 
pille qui termine, comme le col d'une bouteille, le ré- 
servoir ou l'ampoule dans laquelle arrive la semence , 
parles deux canaux déférents, et l'urine par les ure- 
tères. Elle fait saillie dans le cloaque où elle est en- 
fermée ; mais il serait possible qu'au moment de la co- 

(i) Uiit. nat. des Poissons, par MM. Cuvier et Valenciennes, t. XI, 
p. 3G3. 



SECT. TV. ART. II, ORGANES DE PRÉHENSIOIV. 305 

pulatioii, elle pût être portée parle mâle à Ventrée du 
cloaque de la femelle. 

Son développement proportionnel , dans le squale, 
pèlerin y a été trouvé très considérable et lui donne le 
caractère d'une véritable verge. Elle a au moins o'", o5 
de long; sa forme est conique, et elle se divise à son 
extrémité en plusieurs iaciniures (i). Son côté droit, 
près de sa base, avait une grande ouverture ovale, pour 
l'issue de la semence.] 

ARTICLE II. 

DES MEMBRES ACCESSOIRES, QUI DISTINGUENT LES MALES DES 
SÉLACIENS ET DES CHIMÈRES. 

Nous décrirons, dans cet article , les membres acces- 
soires des Raies^ des Squales et des Chimères. Ces 
membres, qui sont propres aux mâles, se trouvent pla- 
cés de chaque côté de la queue , en arrière du bassin. 

Ils égalent, dans la raie ronce ^ les deux tiers de la 
longueur de la queue, et tiennent au bassin par l'inter- 
médiaire de la nageoire ventrale, qui est reculée sur les 
côtés de l'anus. 

[Il nous sera facile de démontrer, par la composition 
et les rapports de leurs cartilages et de leurs muscles , 
qu'ils ne sont qu'une extension ou une dépendance de 
cette nageoire. Elle se compose, en ehet, chez les 
mâles comme chez les femelles des Raies et des 
Squales ^ de deux cartilages qui lui servent de base du 
côté interne, et qui sont articulés bout à bout. 



(i) Dessins inédits de MM.Cuvier etLaurillard, et Mémoire sur le squale 
pèlerin, par M. |de Blainville. Anualcs du Muséum , t. XVIII. Paris, 
i8ll-i8i2. 

8. 20 



306 XXXIV* LEÇON, oug. d'accouplement des vertébrés. 

JjP premier de ces cartila^^es , sorte Aq fémur ^ s'ar- 
ticule au bassin et porte, avec le second , le tibia^ les 
rayons de la nageoire abdominale. 

Un troisième cartilage réunit cette nageoire avec le 
membre génital comme une sorte à'astragale; il s'ar- 
ticule avec le plus long cartilage de ce membre. 

Il y a, à côté de Tastragale, un cartilage ovale, ayant 
son bord inférieur tranchant; nous rappellerons le 
calcanéum. 

Ce calcanéum s'articule en arrière à une autre pièce 
principale du membre génital , que nous appellerons 
métatarsienne. Elle s'étend tout le long du bord supé- 
rieur et interne de ce membre jusqu'à son extrémité, 
où elle forme une sorte de phalange , à laquelle s'at- 
tache un tendon du grand abducteur. Cette grande 
pièce est formée parla soudure de trois autres, dont 
deux parallèles interceptant un demi-canal dans lequel 
s'ouvre cehii de la glande. 

Viennent ensuite sept autres cartilages mobiles et de 
différentes formes, i et 2. Deux supérieurs et externes, 
creusés en cuillère, qui servent à ouvrir la poche que 
forme le membre en action. 3. Un cartilage interne, 
arrondi, court, qui se montre à la partie antérieure de 
cette poche. 4- Ui^e quatrième pièce cartilagineuse 
ayant la forme d'une hallebarde, 5. Une autre, celle 
d'une lance. 6. Le plus grand de ces cartilages est in- 
férieur; il glisse en se contournant autour du cartilage 
principal , et se termine par un double socle de char- 
rue; le plus interne et le plus avancé est opposé au car- 
tilage terminal ou phalangien de la pièce principale de 
tout le membre. 



SECT. IV. ART. II. ORGANES ACCESSOIRES. 307 

7. Il y en a un septième qui nie paraît être la con- 
tinuation du métatar.sien. 

Ces divers cartila^^es ne se ressemblent pas tous dans 
les diverses espèces des raies. Les squales et les chi- 
mères les ont différents et pour le nombre et pour la 
forme. 

Les muscles de ce membre, à leviers si compliqués, 
démontrent de même, par leur disposition et leur ac- 
tion, la liaison de la nageoire avec l'appendice génital. 

1° Le muscle abaisseur de cette nageoire et V abduc- 
teur des rayons est en même temps \ abaisseur de l'ap-» 
pendice. 

Ce muscle s'attache par un tendon fort, à côté de 
son symétrique, au cartilage transverse du bassin. 
De là il se porte en dehors et s'épanouit en éventail sur 
lescartilagesye//2iz/'et tibia; il entrecroise ses faisceau.x 
de fibres avec les petits muscles qui meuvent les rayons ; 
c'est sa partie moyenne. Sa partie la plus avancée va 
s'attacher au bord antérieur et à la base du premier 
cartilage du premier rayon qui s'articule au bassin ; 
cette partie antérieure, eu portant ce cartilage en 
avant, met tous les rayons dans l'abduction. Enfin sa 
partie la plus reculée va se terminer au calcanéum et 
à l'astragale ; celle-ci porte le membre dans l'abduction. 

s** Le releveur de la nageoire vient des côtés de l'o-r 
rigine de la queue et se dirige sur les rayons ; sa por- 
tion la plus avancée se termine au fémur et au tibia. 
Une outre plus reculée va du premier et du second de 
ces cartilages au calcanéum. 

3° \ i <d)ducteur de Idppendicr vient an fémur, partie 
antérieure , au-dessus du fléchisseur, et se porte au 
calcanéum. C'est un- muscle droit, plat, allongé, qui 



308 XXXIV LEÇON. OBG. c'ACCOUrLEMElST DES VERTÉBRÉS. 

se termine contre la partie la plus avancée du grand 
abducteur des doigts. Il étend le membre sur le tibia et 
le fémur, et le rapproche de la ligne médiane. 

4° Un court muscle, qui va du calcanéum à la partie 
antérieure du métatarsien , étend celui-ci sur le calca- 
néum et Tastragale. 

5° Le i^rand abducteur ou. extenseur- des pièces mo- 
biles et Terminales de lappendice. C'est un muscle très 
fort qui enveloppe, de sa partie charnue, les deux tiers 
extérieurs de cet appendice, il se compose de deux 
parties, une qui occupe la face supérieure du membre, 
et l'autre l inférieure. La première s'attache en avant, 
dans toute l'étendue de l'astragaie et du calcanéum et 
au métatarsien, vers son extrémité antérieure. Son 
ventre charnu se change, en arrière, en un tendon 
mince qui s'épaoouit, sur la face externe du cartilage, 
en socle de charrue. 

C'est, dans la Raie blanche^ un muscle distinct, 
faible, qui va de l'astragale et du métatarsien au même 
cartilage. 

La partie de ce muscle qui occupe la face supérieure 
du membre s'attache en avant sur le calcanéum et le 
métatarsien. Ses faisceaux nombreux forment un 
ventre épais , qui se change en un tendon plat et large, 
qui va se terminer à l'extrémité phalangieuue du méta- 
tarsieu. Il enveloppe, dans son trajet, le cartilage en 
cuilleron. 

Dans la Raie blanche^ c'est le principal des deux 
abducteurs des doigts.] 

Les pièces que ce muscle porte dans l'abduction ten- 
dent, par leur propre élasticité, à se rapprocher l'une 
de l'autre ; mais il n'y a aucun muscle qui , en déter- 



SECT. lY. ART. II. OHGAiXKS ACCESSOIRES. 309 

minant avec énergie leur rapprochement, puisse faire 
de ce membre un véritable organe de préhension. 

L'appendice génital des Sélaciens comprend encore 
une glande considérable [située sous la nageoire et se 
prolongeant en dehors de la base de l'appendice. La 
peau seule recouvre sa face inférieure, tandis que la 
supérieuie adhère aux rayons de la nageoire par du 
tissu cellulaire. ]Gette glande a un large canal excréteur 
qui s'ouvre dans le sillon que forment deux des pièces 
du cartilage métatarsien , et s'ouvre dans le creux des 
pièces phalangiennes. L'humeur qui en découle est très 
visqueuse. 

[La glande du membre génital et les parois de la 
cavité dans laquelle elle est située sont rouges de sang 
à l'époque du rat, et sesnblent éprouver une turges- 
cence remarquable. 

Elle est enfermée daiis une double enveloppe ; l'ex- 
térieure est musculeuse, l'intérieure fibreuse. 

A l'extrémité inférieure de ce sac , tout près de son 
issue, il y aune capsule à parois musculeuses et caver- 
neuses, dont la cavité est traversée par des filets tendi- 
neux déliés. J. Davy, qui a vu des battements dans cette 
dernière poche, qui contenait du sang chez un individu 
encore vivant , la considère comme un cœur accessoire, 
destiné à activer la circulation du sang dans les appen- 
dices génitaux des Sélaciens (i). 

fia glande elle-même a la forme d'une olive. Un 
sillon loiigitudinal la partage en deux colonnes, dans 
chacune desquelles on distingue une série transversale 
de tubes très fins.] 

(i) Trans. philos, pour i83g. 



3lO XXXV» LEÇON. OUG. DE GENEUATION DES ARTICULÉS. 



TRENTE-CINQUIÈME LEÇON. 

DES ORGANES DE GÉNÉRATION DES ANIMAUX 
ARTICULÉS. 

[Nous examinerons successivement, dans les six clas- 
ses des animaux de ce type , les oijîanes préparateurs 
des femelles , et leur produit, les ovules ou les œufs; les 
orp^anes préparateurs des mâles, et leur produit, le 
sperme; puis les organes d'accouplement des mâles, et 
enfin ceux des femelles. 

Ces divers sujets seront traités dans les divers ar- 
ticles dans lesquels nous divisons cette leçon.] 

ARTICLE I. 

DES ORGANES PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS CHEZ LES FEMELLES 
DES ANIMAUX ARTICULÉS, OU DES GLANDES OVIGÈNES ET DE 
LEUR CANAL EXCRÉTEUR. 

A. Dans la classe des Insectes ( i ). 

Nous décrirons successivement les organes^;/ ep«m- 
leurs et éducateurs des femelles dans les divers ordres 
de cette classe ; puis certains organes mixtes annexés 
à ces derniers, dont les uns servent à la fécondation, et 



(i) Pour abréger nos citations des nombreux travaux de M. L. Dufour 
sur les Organes génitaux des Insectes^ dont nous avons plus particulière- 



ABT. 1. OBG, J>1\EPABATEURS ET KDICATEURS FEMELLES. 311 

les autres à compléter les enveloppes de l'œuf, ou à 
fournir la matière soyeuse dont les femelles entourent 
leurs œufs.] 

I. Des ovaiœs , de Voviducte et de ses branches. 

Les organes préparateurs et éducateurs, sinon tous] 
les organes de la génération sont, chez les femelles , 
beaucoup plus uniformes -^ue chez les mâles, dans 
toute cette classe. 

Ils consistent, en général, en un oviducte commun, 
ouvert à la vulve, et se divisant à son origine en deux 
branches qui se séparent même chacune en un certain 
nombre de boyaux coniques, plus ou moins longs. Les 
œufs sont disposés dans l'intérieur de ces boyaux , de 
manière que les plus gros sont les plus près de i'ovi- 



ment profité pour nos descriptions de ces organes, nous les indiquerons icj 
dans l'ordre chronologique de leur apparition. 

i" Recherches anatomiques sur les Carabiques et sur plusieurs autres 
Insectes Coléoptères. Annales des sciences naturelles , t. 6. 1825. 

2" Recherches anatomiques et physiologiques sur les Hémiptères., ete. 
Mémoires des -avants étrangers de l'institut de France, t. IV. Pari?, i833. 

3" Recherches anatomiques et physiologiques sur les Orthoptères , les 
Hyménoptères et les Névroptères , présentés à rAcadémie des sciences le 
3 mars i834, imprimées dans les 5'ai'an/s étrangers, t. VU, Paris, 1841. 

4° L'auatomie générale des TJipfères , imprimée Atmales des sciences 
naturelles , 3* séiie, avril et mai i844« 

Et le Mémoire détaillé encore manuscrit sur les mêmes Diptères.^ ac- 
conspagué de planches, qui paraîtra dans le prochain volume des savàtits 
étrangers de l'Institut de France. Comptes-rendus des séances de l'Aca- 
démie des sciences, t. XVill , p. 192. 

Outre ces Mémoires sur un ordre entier. M, Dufour a ^.uhJic des Mé- 
moires particuliers sur telle ou telle espèce que nous citerons à part. 
Quant aux mémoires généraux, nous nous contenf;H'ons dorénavant 
d'indiquer les numéros de la planche et des figures , auxquelles nous ren- 
verrons souvent, pour l'intelligence de nos descriptions. 



312 XX.VV' LEÇON. OHG. DE GENERATION DES ARTICULÉS, 

dncle , et (jue les autres vont eu diminuant par degrés , 
jusqu'à la pointe du boyau, où ils deviennent imper- 
ceptibles. Lorsque les œufs sont sortis, les boyaux res- 
tent vides. On les voit déjà dans les chrysalides, un 
peu avant leur métamorphose (i). Dans lovidncte com- 
mun aboutissent des vaisseaux sécrétoires de diverses 
formes , qui y déposent une liqueur propre à enduire 
les œufs ou à eu faire la coque. 

[Dans la description générale, bien succincte, qu'on 
vient de lire, on peut déjà comprendre que les orga- 
nes /j/éparûtears et éducateurs .^ chez les femelles de 
cette classe nombreuse, se com'posent : 

1° De boyaux ou de tubes ovigères groupés en deux 
faisceaux, correspondants aux deux ovaires; 

2° D'un oviducte particulier appartenant à chaque 
ovaire ; 

3° D'un oviducte commun qui résulte de la réu- 
nion des deux oviductes particuliers , et se continue 
avec le vagin ou le canal d'accouplement; 

5° D\m appareil de sécrétion et de réservoirs an- 
nexés au commencement, au milieu ou vers la fin de 
lovidncte commun. 

Entrons dans quelques détails descriptifs sur les ca- 
ractères généraux et les différences les plus remar- 
quables que nous ont offerts les quatre parties princi- 
pales de cet appareil compliqué. 



(i) Le sujet intéressant du développement des organes de génération 
dans les larves et les chrysalides a été particulièrement étudié , il y a 
pfu d'années, par M. Hérold. Voir Ann. des se. nat., a* série, t. XIl, 
page 190. 



ART. I. OHG. rUEPAlîAÏEURS ICI fU)l!C.\TF.lli'.S FEMELLES. 313 

1° hcs ùoi/aux comqnna ou tuhcs ovigères ou pro- 
ligères [gaines ovigères de M. L. Diifour) sont au- 
tant d'ovaires partiels, daus la cavité desquels les ovules 
se développent successivement, fieur sommet est or- 
dinairement plein et surmonté d'un fil délié donnant 
attache au ligament (jui rassemble en un seul faisceau 
tous les tulîes d'un mémo ovaire. 

Ce ligfanient, réuni c\ celui de l'ovaire opposé , va se 
fixer très avant dans la cavité iboracique, à sa paroi 
dorsale et sous le vaisseau de ce nom (i). 

En suivant le tube , depuis cette première partie, qui 
est ordinairement stérile, jusque vers la base de son em- 
bouchure dans l'oviducte, on le trouve étranglé par in- 
tervalles, et renfermant un ovule, entre deux étrangle- 
ments, d'autant plus développé qu'il est plus rappro- 
ché de la base du tube proligère. 

Le nombre des ovules qui se développent dans un 
même tube, et celui des tubes composant chaque ovaire, 
varient beaucoup, même d'une espèce à l'autre ; à plus 
forte raison d'un genre, d'une famille et d'un ordre à 
l'autre. 



(i) Ce ligament commun des deux ovaires, le ligament particulier ap- 
partenant à chaque ovaire , et les ligaments de chaque naîne ovigère 
qu'il rassemble, sont tous canalicule's. 

Cette suite des tubes ligamenteux jouerait un rôle très important, sui- 
vant quelques physiologistes, dans la nutrition et le dt.'veloppement des 
ovules. Suivant M. J. Millier, ils communiqueraient daus le vaisseau 
dorsal, et y puiseraient le fluide nutritif ( iVoya acta pJtys. mcd. natur. 
curios..., t. XI, pi. II, p. 555). D'autns leur attribuent le premier dé- 
veloppement des ovules, qui passeraient de ces tubes ligamenteux dans 
le sommet des gaines ovigères. Nous ne les décrivons ici que comme de 
simples ligaments. C'est aussi l'opiaiou de M. L, Dufour. 



314 XXXV* LEÇOÎN. OEG. DE GÉ^ÉRATIO-\ OES ARTICULÉS. 

Cfjaque dilatation de ces tubes, qui renferme un 
ovule, doit être considérée comme sa capsule ovarienne, 
analog^ue à la vésicule de Graaff des Mammifères, ou 
à la capsule ovarienne de l'ovule des oiseaux , etc. 

M. Tj. Dufour se sert des expressions uni-loculaire ^ 
bi^ tri. quadri, niulti-locidaire ^ pour indiquer que 
chaque tube sert au développement d'autant d'ovules 
qu'il y a de loges dans ce tube. Nous les appellerons in- 
différemment uniloculaire ou unipare .^ bi, multipare. 

Il faut encore remarquer, pour l'intelligence du 
mode de fécondation, que, parmi les ovules qui se dé- 
veloppent dans chaque tube et peuvent mûrir à peu 
près en même temps , il n'y a que celui qui est rap- 
proché de l'embouchure du tube , laquelle est ouverte 
dans les organes éducateurs , qui communique avec 
ces organes , et qu'il ferme cette communication à 
tous ceux du même tube qui le précèdent. 

La fécondation de ces ovules ne peut donc s'opérer 
que successivement, tout au plus tôt à mesure qu'ils 
prennent la place du premier (i). 

Les tubes ovariens d'un même ovaire aboutissent 
dans une cavité commune, l'oviducte particulier, dont 
la capacité et la forme varient beaucoup. M. Guvier 
l'appelle branche de l'oviducte; M. L. Dufour lui 
donne le nom de calice. 

C'est souvent un simple boyau de longueur et de 



(i) Malpi^hi. De Boinbyce, London , i66g. Hunter. Trans. philos., 
1703 , et M. Âudouin , Lettre sur la généi'auon des Insecte?. Ann. des se. 
Mat., t. II, p. 181. Paris, i824« 



ART. I. OJIG. PRÉ l'An ATEUfiS ET EDUCATEURS FEMELLES. 3l5 

capacité médiocres, un peu dilaté à son foud, rece- 
vant les embouchures des tubes ovariens. 

D'autres fois il est très dilaté à son origine, comme 
le calice des uretères, dans les reins des mammifères. 
Dans d'autres cas, il est en grande partie dans l'ovaire 
même, c'est-à-dire que les tubes nombreux qui con- 
stituent cet ovaire sont attachés à ses parois comme 
des rayons, soit tout autour de ce canal, soit qu'ils 
laissent sa face inférieure libre, soit qu'ils forment 
une ou plusieurs séries d'un côté seulement. Il paraît 
que les ovules séjournent plus ou moins dans cette 
branche de l'oviducte et qu'ils y prennent un certain 
accroissement, du moins dans leurs enveloppes. 

Les oviductes particuliers sont branchus dans la 
cigale de lorne, dont les nombreux tubes ovariens se 
réunissent par faisceaux à six ou sept branches , for- 
mant, par leur confluence, chacun de ces oviductes. 

3» L'oviducte commun naît de la réunion de ses 
deux branches, les oviductes particuliers. 

C'est toujours un canal membraneux , dont la lon- 
gueur , la forme et la capacité varient beaucoup, qui 
reçoit les œufs des oviductes particuliers et les trans- 
met au dehors par l'intermédiaire du canal de copu- 
lation ou du vagin. 

Il a souvent la forme cylindrique ; mais il peut être 
dilaté dans sa partie moyenne ou dès son origine, et 
diminuer ensuite de diamètre; il peut même prendre 
la forme sphérique. 

4° L'appareil glanduleux annexé à l'oviducte com- 
mun diffère singulièrement dans sa forme, dans ses 
proportious , dans sa position , dans sa composition , 



316 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉiNÉRATION DES ARTlCLiLÉS. 

dans les rapports de ses différentes parties et même 
dans ses usages suivant les familles, les genres et les 
espèces. 

Sous le point de vue de ses usages, il y a une grande 
divergence entre les deux anatomistes (|ui ont fait le 
plus de recherches sur cet appareil. M. L. Dufour lui 
a donné le nom de séhijique^ dès 189.4, et pense avec 
M. Giivier qu'il sécrète une humeur propre à complé- 
ter les enveloppes de l'œuf. 

M. Siebold ; 1) a découvert que la poche ou les 
poches qui font partie de cet appareil, et qui tiennent 
par un canal plus ou moins délié à Toviducte, sont far- 
cies . après le coït, d'innombrahles spermatozoïdes. 
C'est cet appareil sébifique qu'il appelle réservoir sémi- 
nal, et non, comme on Ta dit et imprimé, la. poche 
copulatrice d'Audouin. 

Dans le réservoir séminal , les spermatozoïdes ne 
sont plus par écheveaux, comme dans les testicules , 
mais désunis, quoique formant une masse serrée, et 
ne montrant leur état vàvace que lorsqu'on leur donne 
plus d'espace pour leurs mouvements. Dans l'eau , ils 
ne tardent pas à se friser et à se boucler. 

La poche, copulatrice d'Audouin^ à laquelle M. Sie- 
bold conserve ce nom , est souvent unie à l'appareil 
précédent; mais elle peut en être distincte; elle ne 
servirait qu'à la copulation, suivant M. Siebold, après 
laquelle elle retient souvent la verge du mâle (dans le 
hanneton^ par exemple). On la trouve remplie d'une 



{x) Feruere Beobaclitungen iibrr die Spermatozoen der wirbellosen 
Thiere. V. C. T. Siebold. Archives de J. Millier pour iSS;, p. Sga et 
suivantes. 



ART. I. ORG. PRÉPARATEURS ET EDUCATEURS FEMELLES. 317 

masse granuleuse et vésiculeuse, sans spermatozoïdes 
ou avec quelques unes de ces machines animées qui 
n'y montrent plus sifjne de vie et qui y paraissent dé- 
placées. 

Enfin lextrémité postérieure de l'oviducte, et même 
le vagin , rec^oivent les canaux excréteurs d'un autre 
appareil de sécrétion , qui n'existe que chez les fe- 
melles qui enveloppent leurs œuls d'un cocon. C'est 
l'appareil sérifique de M. L. Dufour. 

Citons quelques exemples, pris dans les divers or- 
dres de la classe, pour faire comprendre les différen- 
ces principales que présenteutles organes préparateurs 
et éducateurs dont nous venons de donner une idée 
générale, et celles encore plus nombreuses des organes 
de sécrétion ou des réservoirs annexés à ces derniers. 
Nous les exposerons dans les deux paragraphes sui- 
vants, en ayant soin de conserver ceux que M. Cuvier 
avait choisis pour le texte de notre première édition.] 

§ 1. HdiXi'^X Ordre des Coléoptères. 

a. Les Pentamères. Dans la famille des Carnassiers^ 
les Carabes ont dix ou douze tubes ovigéres , et les 
dytisques douze ou quinze. Ce nombre de tubes varie 
cependant d'un genre et d'une espèce à l'autre. 

[Le carabe doré n'en a que sept pour chaque ovaire. 
Ils ont leur embouchure dans un calice ou dans une di- 
latation de l'oviducte particulier, qui forme immédia- 
tement après un canal cylindrique (i). 

Le dytiscus mar^inaUis a jusqu'à trente tubes ovi- 
géres pour chaque ovaire. 

(l) L. Uufour, oiiv. cit. l'I. XVII, fijj, li 



318 XXXV' LEÇON. 0R&. DE GÉNÉBATION DES AKTICUlÉg. 

Parmi les Brachèlytres , le staphylinus olens se dis- 
tingue par le petit nombre de gaines ovigères ; il y 
en a trois pour chaque ovaire ; par la longueur des 
oviductes particuliers, et par une dilatation en forme 
de sac, qui est le commencement de l'oviducte commun, 
dans laquelle ils aboutissent. Après cette dilatation , 
loviducte commun est court, pyriforme (i).] 

Dans le silpha atrata , parmi les Clavicornes^ les tu- 
bes sont au nombre de sept ou huit , contenant cha- 
cun quatre œufs. Ceux-ci ne grossissent que dans les 
branches de Foviducte , qui sont fort larges (2). 

[Le cLerus alveolaris a chaque ovaire composé d'en- 
viron trente gaines ovigères , au plus biloculaires , 
mais dont la disposition est toute particulière dans cet 
ordre: elles sont rangées en travers pour aboutir à un 
oviducte inférieur qui règne dans la longueur de ces 
ovaires (3).] 

Dans la famille des Palpicornes , X hydrophile a les 
tubes ovigères très nombreux formant deux grappes 
ovales très épaisses (4). 

Parmi les Lamellicornes^ le scarabé nasicorne a six 
tubes ovigères de chaque côté , contenant chacun cinq 
ou six œufs. 

[Le hanneton a six gaines ovigères par ovaire, ren- 
fermant chacune quatre œufs se développant. Elles 
aboutissent à l'extrémité de chaque oviducte particu- 
lier, qui est uu peu dilaté à cet effet. L'oviducte com- 
mun est assez long (5). 



{\\lhl<i. PI. XYU, ag. 7. {i)lhiâ. PI. XVII, 6g. 7. (■h)lhid. PI. XVIFI, 
hg. 3. (4) Ibid. fig. 5. (5) îhid. PI. XVm, fig. 9. 



ART. I. ORG PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 3 19 

Parmi les Lucaiiides , le cerf-volant se distingue par 
ses douze tubes ovigères pour chaque ovaire, lesquels 
ont au plus trois ovules développés, ou se dévelop- 
pant. Leur extrémité est terminé par une petite sphère 
surmontée d'un filet délié. Les tubes aboutissent au 
calice par un col étroit. Ce calice est assez dilaté , et 
renferme un certain nombre d'œufs qui s'y complè- 
tent (i). 

b. Les Hétéromères. Nous ne citerons, dans cette 
division, que le blapsgigas^ qui a, pour chaque ovaire, 
environ trente tubes ovigères biloculaires, aboutissant 
par plusieurs faisceaux dans leur calice. Leur extrémité 
libre est renflée en massue (2). 

6*. Les Tètramères. Le lixus angustatus^ de la famille 
des Rhincopkores^ se distingue par ses deux tubes ovi- 
gères pour chaque ovaire. Par compensation , ils sont 
multiloculaires. 

Chaque oviducte particulier est court et dilaté ; 
l'oviducte commun est un boyau flexueux (3). 

V! hainaticherus /ze/'O^, delafamille àe^ Longicornes^ 
a une organisation bien différente. Chaque ovaire se 
compose de trente à quarante gaines ovigères mul- 
tiloculaires. Le calice est grand et contient un grand 
nombre d'œufs mûrs. 

L'oviducte commun est dilaté dans sa première 
moitié, et cylindrique dans la seconde (4)- 

hdicassida viridis,àe\diïsi\m][e des Ci/cliques^ a deux 
ovaires de chacun vingt tubes ovigères , quadrilocu- 



(i) Ibid. ti{{. 10. [1) Ibid. l'i. XIX, lig. i.(3) Ibid. Fl. XX, lig. i. 
(4) Ibid. tig. J. 



320 X\X\' LEÇON, OBG. DE CÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

laires. Le calice est uu grand réservoir dans lequel 
se complètent les œufs. II se termine dans l'oviducte 
commun par un tube court et cylindrique.] 

§ 2. Les Orthoptères. 

[Us ont, comme tous les Insectes, deux ovaires, com- 
posés de capsules ovigères dont le nombre est très va- 
riable, ainsi que leur disposition, relativement à l'ovi- 
ducte. 

Celui-.ci varie, par sa iorme, par son développe- 
ment et par ses divisions, en oviducte ovarien ou in- 
térieur, en oviducte extérieur particulier, et en oviducte 
commun. 

h'œna/Uus italicus , parmi les GriUoniens , a deux 
ovaires de forme ovale, composés d'un grand nombre 
de capsules ovigères multiloculaires, réunies par leur 
sommet à un ligament commun et aboutissant, en ar- 
rière, par leur autre extrémité, au calice ou à l'origine 
élargie de l'oviducte particulier. Celui-ci commence 
par un col étroit, forme une dilatation ovale et se ré- 
trécit de nouveau avant de se terminer à l'oviducte 
commun (i). 

IjCs Locustaires ont des ovaires très analogues à ceux 
des Grillo/iiens.] 

lies sauterelles ont, de chaque côté, une trentaine de 
tubes courts, ne contenant gLière que trois ou quatre 
œufs visibles , et réunis par les trachées et par une 
substance muqueuse en deux masses ovales. 

[Parmi \e?> Acridiens ^Xœdipoda cœrulescens et ses 
gaines ovigères peu nombreuses, multiloculaires dis- 

(i) L. Dufour, Recherches sur les Orthoptères, PI. III, fig. 3i. 



ART. I. OR(.. l'BÉPAKATKURS F.l K.'X'CATEUBS FK.MELf/cS. 321 

posées par série sur un côté de l'oviducte ovarien. 

Celui-ci a beaucoup de capacité et se prolonge en 
avant, avec un lonj? boyau replié, en forme de cœcum, 
qui prépare sans doute quelque humeur propre à 
fournir aux œufs leur enveloppe protectrice (i). 

li'ovaire des Mantes [mantis religiosa (2)) a beau- 
coup d'analogie avec celui que nous venons de décrire. 
Quatre ou cinq gaines ovigères aboutissent ensemble , 
par leur col , dans un canal commun. Sept de ceux-ci se 
rendent latéralement dans l'oviducte particulier, dont 
ils forment autant de rameaux: seulement, cette 
branche de l'oviducte n'a pas d appendice cœcal.] 

§ 3. L^s Hyménoptères . 

[Les organes préparateurs femelles àe?, Hyménop- 
tères ne diffèrent pas de ceux des autres Insectes. 

Les gaines ovigères sont généralement peu nom- 
breuses, même dans la famille des Apiaires ., dans la- 
quelle la Pleine ou la femelle de lespéce domestique 
se distingue seule par un grand nombre de ces gaines. 
Swammerdam en a compté jusqu'à i5o par ovaire, 
qui sont multipares, et peuvent contenir une série de 
17 ovules de grandeurs différentes. 

Dans la même espèce , les gaines ovigères aboutis- 
sent toutes au fond de chaque oviducte particulier, qui 
sert de réservoir aux œufs mtirs, en attendant la ponte. 

L'oviducte commun a à peu près la même étendue.] 

Les chapelets, disait M. Guvier dans notre ancien 
texte, dans les ovaires àes abeilles^ sont nombreux 
de chaque côté. 11 m'a paru y en avoir de très petits 



(i) Jhid. PI. H,fifî. 17. (7) //>îV/ ri.IV. firr. 4a. 

8. 21 



322 XXXV* LEÇOÎf. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

dans les abeilles neutres , ce qui confirmerait l'idée que 
ce sont des femelles non développées (i). 

[Le nombre des gaines ovigères peut n'être que de 
quatre (les boinbus , les xylocopes) , ou même de trois : 
c'est le cas le plus fréquent. 

Les oviductes particuliers commencent souvent par 
un calice ou une dilatation, au fond de laquelle s'ouvrent 
les gaines ovigères. L'oviducte commun est un boyau 
court.] 

§ 4' ^^^ Névroptères. 

[Les libellules et les éphémères ont des gaines ovi- 
gères nombreuses , multipares , rangées le long du bord 
interne de l'oviducte ovarien ou du calice. 

lù^usVœshna grandis^ les gaines des deux ovaires 
forment, par leur rapprochement, une seule masse 
oblongue , composée de nombreux ovules. Ces ovaires 
ne se distinguent que par les oviductes particuliers qui 
se dégagent de leur extrémité postérieure, et qui se 
portent, séparés l'un de l'autre, vers l'oviducte com- 
mun , qui est court. 

Dans \esperles , l'oviducte ovarien est un long boyau 
replié, autour duquel sont, comme implantées plusieurs 
centaines de gaines ovigères à cinq ou six ovules. 

Ce tube est commun aux deux ovaires, qui sont ainsi 
fondus en un seul. 

La partie qui ne supporte plus de gaines, ou l'ovi- 
ducte particulier, ne tarde pas à se dilater en une poche 
ovale, où s'arrêtent les œufs mûrs. 

(t) Cette observation ancienne a été constatée par M. L. Dufour. 
(V. les RechercVies sur les Hywénoptiies , pi. VI, ti{>. 67.) Cet iwvùl do 
développement, si bien exprimé, a pu être la source d° toute nue tlw'orie. 



ART. I. ORCt. préparateurs KT ÉDUCATEURS FEMELLES. 323 

Au-delà de chaque poche, l'ovidiicte parliculier re- 
devient un boyau cylindrique, assez long, replié, se 
terminant, avec son symétrique, dans un oviducte 
commun, fort court et dilaté. 

La panorpe a dix gaines ovigères multipares, pour 
chaque ovaire. Elles aboutissent , en arrière , à un 
calice qui se resserre immédiatement en un boyau cy- 
lindrique^ assez long : c'est l'oviducte particulier. 
L'oviducte commun est court.] 

§ 5. Les Hémiptères. 

[La composition des organes préparateurs et éduca- 
teurs chez ces Hémiptères femelles n'est pas essentiel- 
lement différente de celle que nous ont offerte les 
Ordres précédents. 11 y a des tubes ovigères peu nom- 
breux , réunis en un paquet pour chaque ovaire. 

L'oviducte particulier dans lequel se continue le 
calice, qui reçoit les embouchures des tubes de chaque 
ovaire , a des proportions très variables , selon les es- 
pèces , ainsi que l'oviducte propre. 

Nous n'en citerons que peu d'exemples. 

Parmi les ^mpkicorises ^ les gerris n'ont que quatre 
tubes ovigères par ovaire. Ces tubes sont multipares 
et fort longs. Il y a deux oviductes particuliers courts 
et un oviducte commun , recouvert en dessus par la vé- 
sicule copulatrice, de forme arrondie, à parois d'un 
tissu dense et serré (i). 

he?> Hydrocorises ont des ovaires à longs tubes ovi- 
gères, multipares, au nombre de quatre; cinq ou six 
pour chaque ovaire. 

(i) L. Dufonr. Rerherrlipit «ur Ici ffi'miptères , fifT. 176. 



324 XXXV* LECOX. ORG. DE GKiNÉRATIOîV DES ARTICULÉS. 

Les oviductes particuliers sont longs dans le naucoris 
cimicoides , et l'oviducte commun forme une poche 
dilatée, rectangulaire, sur laquelle un tube replié, 
tenant lieu de glande sébifique, vient se terminer (i). 

Parmi les C/'cadaires, les ovaires de la cigale [cicacla 
orni) se distinguent par le grand nombre de tubes ovi- 
gères dont ils se composent; il y en a 70 à 80 par 
ovaire. Ils y sont réunis par paquets de quatre, cinf[ 
ou plus, à un ovidiicte partiel, de manière que Tovi- 
ducte particulier de chaque ovaire est comme un tronc 
qui se divise en branches et en rameaux portant ces 
faisceaux de tubes ovigères (2). 

Dans le puceron du rosier, les gaines ovigères, au 
nombre de dix à douze , sont réunies en un seul pa- 
quet , de sorte qu'il n'y a qu'un seul ovaire. Elles se 
divisent en cinq ou six loges (3).] 

§ 6. Les Lépidoptères. 

Les papillons ont de chaque côté quatre très longs 
tubes remplis d'une grande quantité d' œufs, et for- 
mant , surtout dans les espèces fécondes, des chapelets 
cinq ou six fois plus lougs que le corps. L'oviductiis 
commun est si court, qu'il est à peu près nul. Mai- 
pighi, Swammerdam, Réaumur et de Geer ont bien 
représenté ces organes dans différentes espèces. 

§ 8. Les Diptères. 

[L appareil des organes préparateurs et éducateurs 
femelles dans cet ordre a été décrit avec beaucoup de 



(i.)/m</. PI. XVI, fig. 1-9. {2)lhid. PI. XVIII, fig. !88 et i8p. i^lh-d. 



ARÏ. I. OHt}. PRÉPàBATEURS KT ÉDUCATEURS FEMELLES. 3'}.'} 

détails, dans une espèce au moins, des principaux 
groupes naturels de cet ordre nombreux , par M. Ij. 
Dnfour. 

Il varie beaucoup dans toutes ses parties, principa- 
lement dans les organes éducateurs, suivant que les 
espèces sont ovipares, et c'est l'immense majorité, ou 
qu'elles sont larvipares. 

Les organes préparateurs ou les ovaires, qui sont 
toujours au nombre de deux et symétriques, se com- 
posent, comme dans les autres Insectes, de boyaux 
coniques implantés, pour ainsi dire, autour d'un réser- 
voir commun, ou d'un oviducte intérieur. 

Ces tubes ovigères servent au développement d'un 
seul ovule , de deux , de trois ou de six ou sept , suivant 
les espèces. Ils peuvent être innombrables ou réduits 
au nombre de quarante (les piophiles) , ou même de 
vingt à vingt-cinq (le trichowjzd). 

L'oviducte intérieur peut se prolonger hors de 
chaque ovaire, comme oviducte extérieur particulier, 
avant de se réunir à l'oviducte commun. Celui-ci est 
long ou court; il prend des dimensions considérables 
dans les larvipares , quand il devient oviducte incuba- 
teur, ou qu'il se joint à celui-ci , qui en est distinct. 

Ce dernier cas est celui àeXechiiiomy a gross a. dGiie 
espèce a des ovaires d'un type que nous n'avons pas 
encore décrit. Ils sont eu forme de plateau rond , sur 
lequel des capsules ovigères muUiloculaires, très nom- 
breuses, sont rangées par cercles concentriques. 

Cette forme d'ovaires en plateau est encore celle 
de la plupart des Muscles, 

Dans cette même espèce , chaque ovaire a son ovi- 
ducte extérieur particulier qui aboutit à un oviducte 



32G WXV' LEÇOiV. oaO. de GÉiNÉfiATIOX DES ARTICULES. 

coniimui. I/exti'émité de celui-ci reçoit les canaux ex- 
créteurs des glandules dites orbicelles, des deux vési- 
cules copiiiatrices et du réservoir ovo-larvigère , qui 
est latéral comme dans le type précédent, et comme 
surajouté à l'appareil génital. 

Ce réservoir est un long boyau , contourné en spi- 
rale, aux parois duquel les œufs sont attachés par un 
bout étranges comme des pavés. 

Dans \ hippobosque et le melophagus ovinus , les 
ovaires sont deux corps ovales, de grandeur très iné- 
gale, qui tiennent, de chaque côté, à l'oviducte com- 
mun. 

Ils laissent, en avant, dans le inélophage, une por- 
tion de celui-ci, qui forme un cul-de-sac de ce côté. 
L'oviducte commun conduit directement dans une 
vaste poche dont l'autre ouverture donne dans la vulve 
membraneuse (i). Cette vaste poche est l'oviducte 
incubateur ou l'utérus.] 

II. Des annexes de Voviducte^ ou de la poche copu- 
latiice, du réservoir séminal et des glandes séhifiques 
et sérijîques. 

[J'ai adopté , dans la description qui va suivre , rela- 
tivement à la poche copulatrice et au réservoir de la 
semence y\e^ déterminations de M. Siebold (2), tout 
en reconnaissant, avec ce savant physiologiste, l'exac- 
titude des nombreux détails anatomiques publiés par 
M. L. Dufour : aussi aurai-je recours aux mémoires 



(1) M. L. Dufour. Annales des se. natur.,Z* série, t. 3, pi. 3. 

(2) Les Zooapennts dons les organes des Insectes femelles. Archiv; ; de 
J. Miiller jjuur ibo". p. J92 et suiv,, et pi. XX , Hg. i-io. 



iRT. I. ORQ. PRÉPABATEUaS ET ÉDUCATEURS fEMELLSS. 327 

si riches de faits du célèbre entomologiste , pour les 
descriptions particulières dans lesquelles je vais entrer. 

ha poche copulafricen est pas toujours distincte de 
Toviducte ; elle peut être réduite à une simple dilata- 
tion circulaire, ou latérale seulement, d'une partie de 
ce canal. 

Chez d'autres, ce cul-de-sac latéral se développe en 
une poche distincte , et prend même un pédicule qui la 
sépare de plus en plus de l'oviducte ou du vagin. 

L'intérieur peut en être revêtu d'un épithélium plus 
ou moins solide. 

La poche copulatrice n'est bien évidente que dans 
les deux dernières formes. Quand elle manque, le 
vagin seul reçoit la semence et la transporte dans le 
réservoir séminal, ou directement dans l'oviducte. 

Le réservoir séminal de M. Siébold et la glande ap- 
pendicuîaire (le réservoir sébiBque de M. L. Dufour) 
se composent : i° d'une ou plusieurs poches ou cap- 
sules, vides et affaissées avant la copulation, farcies 
de spermatozoïdes après cet acte; 

2° D'une glande annexée à ce réservoir, simple ou 
multiple; 

3° D'un canal qui conduit du réservoir séminal dans 
l'oviducte commun, et souvent d'un autre canal qui 
communique avec la poche copulatrice. 

La c?,rù\c\ié du réservoir séminal est quelquefois très 
petite; niais la présence de spermatozoïdes nombreux 
et très vivaces, après la copulation, ainsi que M. Siébold 
l'a constaté dans beaucoup d'insectes , ne peut laisser 
de doute sur son exacte détermination de ces organes. 

Toutes ces circonstances varient d'ailleurs beaucoup 
dans les divers ordres, familles et genres de la classe.] 



^8 XXXV* LKÇON. OfiG. DK GEMKWATIOW DES ABTICLLÉS. 

§ 1. Les Suceurs. 

[ha puce du chienaun réservoir séminal etime poche 
copulatrice annexés tous deux à roviclucle. On trouve 
le réservoir rempli de spermatozoïdes après la copu- 
lation; ses parois sont fermes et résistantes.] 

§ 2. Les Coléoptères. 

a. Les Peutamères. Dans la famille nombreuse des 
Carnassiers , M. Cuvier avait observé que \e dytisque 
na qu'une vessie simple et petite annexée àloviducte, 
qui se prolonge davantage dans le carabe. 

[Ce réservoir séminal dans le dytiscus marginalis 
s'ouvre dans le premier tiers de loviducte; il reçoit, 
un peu en deçà de son fond, un tube sécréteur. 

Un semblable tube sécréteur se rend dans le réser- 
voir séminal du carabe doré. 

Le zabrus obesus , le chlœnus velutinus , n'ont qu'un 
simple réservoir pyriforme , sans tube , qui commu- 
nique chez le premier à la fin d'un long oviducte, et 
chez le second près du milieu de la longueur de ce 
conduit. 

Dans ces divers exemples, je ne vois pas de poche 
copulatrice distincte du réservoir de la semence, et 
j'hésite à déterminer comme poche copulatrice, dans 
ce dernier, la vésicule unique , à cause de son éloigne- 
ment de la vulve (i). 

Dans la famille des Serricornes^ la partie glanduleuse 
du réservoir séminal de M. Siébold est très corapli- 



(i) M. L. Dufour, Annales des se. »m(.,t. VI, p. 237 et suiv,, et pi. 
XVII, tig. I, 2, 4 et 5. 



ART. I. ORG, PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 329 

quée. Elle se compose de tubes ramifiés dicljolomi- 
qiiement et ayant des dilatations triangulaires aux divi- 
sions des rameaux dans Xelatcr murinus^ qui manquent 
dans Yélatergllvellus. Un petit réservoir arrondi, annexé 
au commencement de l'oviducte, produit, dans la pre- 
mière espèce, trois autres réservoirs en entonnoir, 
desquels partent les troncs de ces ramifications. 

Dans Xelater gilvellus ^ cet appareil diffère encore 
du précédent par l'existence de deux vessies , en forme 
de massue , qui communiquent dans le premier réser- 
voir, au commencement de l'oviducte et à une grande 
distance de la vulve (i). Ces différences, même dune 
espèce à l'autre , sont très remarquables. 

Dans la famille des Palpicomes., le grand hydrophile 
paraît avoir l'appareil glanduleux sébifique et sérifique, 
avec le réservoir séminal et la poche copulatrice. Le 
réservoir serait un tube impair assez long, dilaté à ses 
deux extrémités, qui aboutit dans une poche oblongue, 
volumineuse , à parois épaisses , s'ouvrant dans l'ovi- 
ducte.] 

M. Guvier avait remarqué, autour de la base de 
chaque grappe des gaines ovigères, cinq longs et 
gros vaisseaux sécrétoires qui contiennent une liqueur 
verte. 

[Outre ces tubes isolés, il y a un faisceau de tubes 
plus fins, renflés à leur extrémité libre, dont les rami- 
fications dépassent en avant les tubes ovariens , et dont 
les troncs, au nombre de six ou sept, viennent s'in- 
sérer à la partie la plus avancée du calice de chaque 
ovaire. 

(i) Ibid.Yifr,, 8,9et lo. 



330 XWV LEÇON. OBG. DE GÉi\ÉBA.TIO.X DE8 ARTICULÉS. 

li'im de ces appareils doit servir à compléter les en- 
veloppes de l'œuf, et l'autre à fournir la soie dont cet 
insecte fi!e son cocon. Ici tous les organes qui peuvent 
être annexés à l'oviducte sont en présence (i). 

Dans la famille des Lamellicornes , le réservoir sé- 
minal et la poche copulatrice sont séparés ou annexés 
l'un à l'autre. 

Dans le hanneton (2), la poche copulatrice est plus 
en arrière que le réservoir séminal et son tube glan- 
duleux. 

h. Les Hétéromères. S'il y a, dans le genre Bîaps^ 
une poche copulatrice et un réservoir séminal . celui-ci 
n'est qu'un long tube avec deux branches pelotonnées, 
dans le Blaps gigas ; tandis que ces branches sont 
courtes et ont leur extrémité libre dilatée en une vessie 
pyriforme, dans le Blaps similis. Le tronc de ce tube 
séminal s'ouvre dans une grande poche , cylindrique 
dans la dernière espèce, en navette dans la première, 
qui serait la poche copulatrice (3). 

Les autres familles de cette division paraissent avoir 
assez généralement une poche copulatrice et un réser- 
voir séminal , soit réunis , soit séparés. 

c. Les Tétramères. Dans la grande famille des 
Rhincophores yXïon?>ne citerons que le lixus angustatus^ 
dont l'oviducte semble se terminer par une grande 
poche copulatrice de forme sphérique; elle reçoit le 
canal excréteur d'un petit réservoir séminal, ayant une 
partie glanduleuse en forme d'hameçon. 

Parmi les Longicornes , Xhamalicherus héros a une 



(1) Ibid. Fig. 5. (2) Ibid. Fig. 9, et M. Strauss Durkheim, Anat. des 
animaux articules, pi. VI, fig. i . (3) Ibid. PI. XfX, fig. i , 2, 3. 



A.BT. I. OflG. PRiPABATEUaS ET ÉDUCATEUB9 FEMELLES. 331 

vésicule pyriforme dont le pédicule grêle a un orifice 
commun , dans le commencement de Toviducte , très 
loin de la vulve, avec un tube glanduleux bifurqué; cet 
appareil est le réservoir séminal. Je ne vois pas de 
poche copulatrice. 

Dans la famille des Cycliques , la cassida viridis a 
une poche copulatrice qui couvre la dernière moitié 
de Toviducte. Cette poche reçoit, en avant, le canal 
excréteur du réservoir séminal, qui est long, très si- 
nueux et renfermé dans un tube glanduleux transpa- 
rent. Ce canal aboutit à son réservoir, qui est anguleux 
à sa base , et représente un tube cylindrique , recourbé 
et un peu dilaté à son extrémité (i). Dans le cassida 
equestris , le réservoir séminal est courbé en fer à 
cheval, et tient à une partie glanduleuse (2). 

Il y a d'ailleurs un appareil de six capsules pyri- 
iormes, dont le canal excréteut' commun s'ouvre dans 
le vagin. C'est la glande sérifique de M. L. Dufour. 

On vient de voir, par ces exemples : 1° Que, dans 
cet Ordre, la poche copulatrice n'existe pas toujours : 
q' Que le réservoir séminal existe plus généralement : 
3° Que ce réservoir peut être annexé à la poche copu- 
latrice : 4° Que le vagin ou l'oviducte peut tenir lieu 
de cette poche; 

5" Qu'il y a toujours une glande annexée au réser- 
voir séminal. Comme les vésicules séminales, chez les 
mâles des mammifères, c'est à la fois un réservoir et un 
organe modificateur de la semence ; 

6° Que les organes annexés à l'oviducte, qui vien- 



(1) Ihld. PI. XX , «0. 6 et 7. (2) Mémoire cité de M. Siéhold , pi. XX , 
tig. 1, pour la Cassida equestriS. 



332 XS.XV* LEÇON, ORG. DE oiNÉBATION DES ARTICULES, 

ncîit d être décrils varient dans les détails , même d une 
espèce à l'antre.] 

§ 3. Les Orthoptères. 

[Ils ont un réservoir séminal qui pourrait bien servir 
à la fois , dans quelques cas, de poche copulatrice. Il y 
en a qui ont un ou plusieurs tubes glanduleux sébifi- 
ques ou sérifiques. 

Dans Vœnanthiis italicus^ parmi les Grylloniens^ on 
trouve un réservoir séminal en forme de vésicule pyri- 
te rme, pédiculée, qui s'ouvre tout au commencement 
tie i'oviducte, bien loin de la vulve. Plus en arrière est 
annexé, vers la fin de I'oviducte, un long tube replié, 
qui pourrait être considéré comme la glande sébifi- 
que(i). 

Dans le gryllus biguttulatus , la vésicule qui sert de 
réservoir séminal est annexée à la fin d'un long tube 
grêle qui tient au vagin (2). 

On la voit à l'extrémité de son canal excréteur, dans 
Xœdipoda cœrulescens ^ parmi \es Acridiens (3).] 

Chez les Sauterelles {[es Locustaires), I'oviducte com- 
mun reçoit une vessie, [le réservoir séminal] et un long 
vaisseau [le tube sébifique). 

[Dans les iS/û^^e,? ,1e réservoir séminal se compose de 
deux tubes grêles, repliés, entourés d'une substance 
ayant l'apparence glanduleuse et enfouis dans la 
graisse ; ils ont un canal commun qui s'ouvre dans le 
vagin. On les trouve, après le coït , remplis de sperma- 
tozoïdes. 

Il ne faut pas les confondre avec les tubes fins, rami- 

(i) L. Dufour. Recherches sur les Orthoptères^ip], III, fig. 3l. (2) M. Sié- 
liold , ni. 1 ., pi. XX , Hg, 3. (3) L. Dufoiir. oiiv. cit., pi. Il , fig. 17. 



ART, I. ORG. PREPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 33S 

fiés ( i) , qui séparent la soie dont ces Insectes envelop- 
pent leurs œufs.] 

§ 4» J-i^^ Hyménoptères. 

[Ceux qui ont un appareil venimeux me paraissent 
manquer ou du réservoir de la semence ou de la poche 
copulatrice. 

Parmi les Apiaires , loviducte de \ abeille a miel 
reçoit, dans le milieu de sa longueur, le réservoir 
séminal, capsule sphérique , et un petit tube à deux 
branches. Ces circonstances organiques avaient été 
indiquées par M. Cuvier dans notre ancien texte.] 

Les abeilles ont aussi la vessie et le vaisseau. 

[M. L. Dufour a de plus observé que ces organes 
manquent dans l'appareil rudimentaire des abeilles 
neutres (2). 

Le réservoir séminal a été pris à tort pour la poche 
copulatrice (3). 

ijanthidiummanicatum n'a ni poche copulatrice ni 
réservoir séminal, à moins qu'on ne considère comme 
tel la glande sébifique de M. L. Dufour (4). 

La femelle du frelon (yespa crabrd) parmi les Guë- 
piaires ^ a, vers la fin de 1 oviducte, un réservoir cylin- 
drique qui me paraît devoir être à la fois la poche 
copulatrice et le réservoir séminal (5). 

Cette poche copulatrice , ou réservoir séminal , est 
petite et cylindrique dans le scolia intercepta (6). 



(1) L. Dufour. PI. V,fig. 47. (3) Ihid. PI. VI, fig. 67. Voir encore h 
Zoologie médicale de Brandt et Ratzbourg, p. 3o3 , pi. XXV, fig. 34-c 
(3) Par M. Audouin , Annales dei se. nat., t. II, p. 284- (4) P'- ^'^î ^0* 
68-b.(.';) tbid, Fig. 85. {6)Ibid. PI. VIII,, figgS, 



334 XXXV* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION' DES ARTICULÉS. 

Dans le larra ichneumonifoimis^ de la famille des 
Crabronites^ie ne vois ni vésicule copulatrice ni ré- 
servoir séminal (i). 

La parnope^ de la famille des chrysidides , n'a qu'un 
petit tube bifurqué , qui s'insère à la fin de l'ovi- 
ducte (2). 

Nous retrouvons dans les familles suivantes les di- 
verses annexes de l'oviducte, et surtout le réservoir sé- 
minal et la poche copulatrice coexistant plus généra- 
lement. 

Le banchus pictus (3) , de la famille des Ichneumo' 
nides, a un appareil glanduleux composé d'un grand 
nombre de tubes , qui aboutissent au fond d'un ré- 
servoir séminal considérable courbé en crosse. 

Une autre vessie cylindrique , se réunissant à l'ovi- 
ducte, plus en arrière , doit-elle être considérée comme 
la poche copulatrice?] 

§ 5. Les Névroptères. 

[Ils ont une poche copulatrice, qui tient lieu de ré- 
servoir séminal , ou ce dernier organe sans poche co- 
pulatrice. Ils sont aussi pourvus d'une glande sébifique 
simple ou multiple. Mais ces diverses circonstances or- 
ganiques peuvent varier, comme dans les ordres précé- 
dents, d'une famille à l'autre. 

Dans celle des Libellules ^ Yœs/ina grandis a un court 
oviducte commun, auquel est annexée , dès son ori- 
gine, une poche sphérique, qui pourrait bien être co- 
pulatrice, et vers sa terminaison, deux boyaux ridés, 



(i) ibid. PI. vfii, fip. 106. (2) ibid, FI. IX, fig. 1 19. (3^ fbiri. VI n, 

fis;. i32. 



AKT. r. ORG. PRKPARATEURS KT KOnCATK UliS FEMELLES. 335 

que nous déterminons comme des glandes sébifi- 
ques(i). 

La panorpe montre d'autres différences. La fin de 
loviducte reçoit les canaux excréteurs de deux orga- 
nes distincts. Le premier se compose de deux lonps 
boyaux cylindriques d'un grand diamètre comparati- 
vement à celui de leur canal excréteur commun : c'est 
la glande sébifique. L'autre organe est une vessie avant 
un très long et très fin canal excréteur. Serait-ce , à 
la fois, la poche copulatrice et le réservoir séminal (2)? 

Les phri/ganes se font remarquer par la forme par- 
ticulière et la complication des annexes de loviducte. 

H y a un réservoir séminal rectangulaire, dont la 
cavité communique avec l'oviducte par un tube ex- 
créteur étroit. A ce réservoir aboutit un long tube sé- 
créteur, et un autre tube plus court, à son canal excré- 
teur. 

Deux boyaux vésiculeux, plus longs que l'oviducte, 
se joignent en arrière pour se terminer dans ce can.'il ; 
chacun de ces boyaux, avant sa terminaison, reçoit le 
col d'une vésicule trilobée (3). 

Voilà de nouveau un appareil compliqué de sécré- 
tion qui doit servir à compléter les enveloppes pro- 
tectrices des œufs; mais en même temps un réservoir 
considérable , qui peut servir à leur fécondation , eu 
absorbant la semence au moment de la copulation.] 

§ 6. Les Hémiptères. 

[On a décrit (4) avec beaucoup de soin, chez les Géo- 

(1) L. Dufour, Recherches sur les Névroptères , pi. II, fig. i65. 

(2) Tbid. PI. XÏI, fifj. 174. (3) IbUL Fi-. 3 et 12. (4) UccherrJies sur 
Ips Hr'w'ptères, par M. L. Dufour, pi. XIV. fig. iSg-iSS. 



336 XXXV* I-KÇON. ORG. DE CENEKATION DES ARTICULÉS. 

co/ïses ^un appareil très compliqué, soit comme glande 
sébifiqiie, soit comme réservoir de la semence. 

Après le coït , M. Siébold (i) a reconnu , en effet , 
que sa cavité la plus intime était farcie, après cet acte, 
de spermatozoïdes. 

Le réservoir séminal, dans les scutellères^-pentatomes 
et cÀmcx n'est pêPs la seule annexe de l'oviducte. La 
sciitellera rnora a deux grosses vésicules, non com- 
pris la vésicule pyriforme impaire qui se voit à la face 
supérieure (2). 

Dans le iniris carcelii , il y a une pocbe copulatrice 
ou un réservoir séminal entouré d'une guirlande de 
tubes sécréteurs (3). 

La punaise des lits a deux réservoirs sémiiAux vé- 
siculeux , annexés, par extraordinaire, aux oviductes 
particuliers (4). 

Le pelogonus marginatus (5) a une seule vésicule 
en forme de boudin arqué , communiquant avec l'ovi- 
ducte par un long canal excréteur très fin. C'est sans 
doute le réservoir séminal. 

Une simple vésicule coucbée sur l'oviducte, servant 
sans doute à la fois de réservoir séminal et de poche 
copulatrice, est la seule annexe de l'oviducte, dans le 
gerris canalium , parmi les Ampliicorises. 

L'annexe unique de ce canal, dans le Naiicoris cimi- 
coides, parmi les Hydrocorises ^ est un long tube sécré- 
teur de forme grêle. Il est vrai que l'oviducte éprouve 
ici une large dilatation , qui peut bien tenir lieu à la 
fois de réservoir séminal et de poche copulatrice ((3). 

(i) M. c.,fig. 5 et 6. (2) M. L. Dufour , ouv. cit., fifj, iSp, r, c. et e. 
(3 Idid. PI. XV, fig. 168. r4) Jhxd. Fïr. 170. (S) //iV. Fig. 176. (6) IWnl. 
Fig. 17p. 



AKT. I. OIIG. PJ'.lîl'AllATKUUS l/f i:i>LCATEUBS KKMELLIîS. 337 

La Cigale de fornc^ paimi les Cicadaires^ a un pre- 
mier oviducle commun, coudé à son origine, où il re- 
çoit deux longs tubes sécréteurs; ce premier oviducte 
se termine par un mamelon saillant, dans une sorte de 
vestibule copulateur. Ce vestibule communique à la 
fois, au dehors, par un canal copulateur ou un vagin, 
et par un second oviducte, qui reçoit dans une espèce 
d'entonnoir le mamelon terminal du premier oviducte , 
et donne par son autre extrémité dans roviscape,où il 
conduit les œufs. IjC vestibule copulateur reçoit en- 
core l'embouchure du col de la poche copulatrice (i). 

Il y a plusieurs tubes glanduleux qui s'ouvrent dans 
le deuxième oviducte. 

La poche copulatrice existe généralement dans 
cette famille, et paraît devoir servir de réservoir sémi- 
nal. M. Siébold détermine avec doute, comme réser- 
voirs pairs de la semence, deux tubes annexés au vagin, 
dans les cicadelles. 

La vésicule copulatrice manque chez les pucerons 
vivipares. Lorsqu'il y aaccouplement et fécondaciu i, 
les œufs sont nécessairement fécondés dans l'ovaire , 
puisque c'est dans les deux dernières loges des gaines 
ovariennes que l'embryon se développe. On ne voit, 
dans ces Aphidiens {aphis rosœ) aucune annexe de 
Toviducte (2).] 

§ 7. Les Lépidoptères. 

[Cet ordre se distingue par le nombre et souvent la 



(1) Voir L. Dufour, ouv. cit., By. i88 et 189; et un Mémoire tle 
M. Doyère, qui le premier a distingué le vestibule copulateur, l'ouverture 
particulière du vagin , séparée de la tarière , et le premier et le second ovi- 
ducte. Annales des se. nat., t. VII, pi. 8. (a) Ibid. Fig, 192. 

8. 22 



338 \\\\' LEÇOK. OHG. DE GENÉBATION DES AETICULÉS. 

complication des organes annexes de l'oviducte et du 
vagin. 

\jR poche copulatrice existe toujours. C'est une poche 
spbérique ou pvriforme, aboutissant dans un canal co- 
pulateur muscnlo-menibranenx qui commence à Fex- 
trémité de l'abdomen, par un orifice distinct de celui 
de Toviducte et du rectum. C'est à la fois le plus infé- 
rieur et le plus profond des trois. On ne peut manquer 
de saisir l'analogie de cet arrangement avec celui que 
nous venons de décrire dans la cigale (i). 

Le canal de copulation communique avec l'ovi- 
ducte, par un autre canal plus étroit, également mus- 
culeux (q). 

Le réservoir de la semence s'ouvre dans l'oviducte 
par un conduit très fin, au côté opposé à l'embou- 
chure du conduit séminal. C'est une capsule pyriforme, 
à parois transparentes. Une glande sébifique , con- 
forme, pour la structure et la transparence, à celle des 
coléoptères , est annexée à son col , par son canal ex- 
créteur. Plus en arrière, on trouve l'embouchure du 
canal excréteur d'une glande paire. 

La détermination des organes précédents est la 
suite de la comparaison qui a été faite de leur contenu 
avant et après la copulation. 

La poche copulatrice et le réservoir séminal sont 



(i) Malpighi avait déjà observé toutes ces circonstances. Voir Mar- 
cel'ii Malpighi, Dissertatio epistoUca de Bombyce^ Societati regiœ Lon- 
dini dicata, pi. XIF, f-i. 

(2) Herold , ^'îfoiV« du. dévtloppetnent dejs Papilloni^ p. VII, pi. IV. 
fiç. \ .w. 



ART. I. OBG. PBEPABATEUBS FT riUICATEURS FE^JF.LLKS. ^^9 

vides au moment oi^ le papillon fef)]e|le soft rlc sa 
chrysalide. 

Après la copulation, le réceptacle de )a çempnce 
fourmille de spermatozoïdes, et la poche copulatrice 
renferme la verge rompue du mâle. Celle-ci a pris ja 
forme d'une vessie , remplie d'une substance {^rarju- 
leuse, qui provient sans doute des vésicules séminales. 
C'est en se remplissant ainsi, comme un boudin, que 
la verge pei;t pénétrer à travers le c^pal de copula- 
tion, souvenf tortueux, jusqu à la poche copulatrice. 

Les trois sortes d'organes, annexes de l'oviducte, va- 
rient , pour la forme et les proportions, dans les divers 
genres de Lépidoptères (i). 

M. Cuvier avait bien indiqué, dans notre aqcien 
texte ,1a poche copulatrice , le réservoir séminal et les 
deux tubes sébifiques, mais sans déterminer leurs 
fonctions respectives.] 

L'oviductus commun est si court qu il est à peu 
près nul; il reçoit une ou deux vésicules, et deux longs 
vaisseaux. Malpi'gni^ Swammerdam ^ Réaumur et De 
Geer , ont bien représenté ces organes dans diffé- 
rentes espèces. 

§ 8. Les Diptères. 

[Ils ont non seulement le réservoir de la semence, se 
divisant en plusieurs cavités, mais encore un appareil 
glanduleux qui lui est annexé. 11 peut exister encore ijue 
poche copulatrice, ou une paire de vessies ou de tubes, 
qui peut-être en tiennent lieu. 

Dans le culex annidatus , le ré§ervpi,r séminal se corji- 



^i) M Siei.oia, lAïU. p. 4i8,§ vu 



^^^^? 



340 XNW* LEÇON, onc. de genebatiom des articulés. 
pose de trois petites poches spbériques, dont les canaux 
excréteurs se réunissent pour s'ouvrir à la fin de l'ovi- 
ducte. M. Siébold les a trouvées remplies de sperma- 
tozoïdes après le coït. Ce sont les orhicelles de M. \i. 
Dufour. Ce dernier décrit, sous le nom de réservoir 
sébifique une grosse vessie pyriforme qui aboutit dans 
le vagin, et me semble devoir remplir la fonction de 
poche copulatrice. 

Dans la tipula olenicea , l'oviducte reçoit le canal 
excréteur des trois petits réservoirs séminaux, et tout 
à la fois , celui des deux vésicules pyriformes annexées 
à ces glandes (i), qui pourraient avoir la fonction de 
poches copulat lices. 

Dans le beiis velUiLa, de la famille des Stratyomides , 
au lieu de cette double vésicule, il y a deux longs 
tubes cylindriques (2). 

Dans Xasilas crabriformis , les réservoirs séminar.x 
sont deux longs tubes filiformes (3). 

Ce dernier appareil se compose, dans le bombiliiis 
cruciatus, de trois réservoirs en palette, avec une dila 
tation dans le trajet de leurs longs cols; de deux autres 
réservoirs pyriformes , vésiculeux ; et de deux tubes 
capillaires (4). 

\ AI piophile du jambon (5) a pour annexes de l'oxi- 
ducte une poche copulatrice, qui n'est qu'un cul-de- 
sac; un orbicelle ou un petit réservoir séminal, ses- 
sile sur le commencement de ce même oviducte; 

(1) Voir M. L. Dufour. Mémoire sur les Diptères^ fig. 28, et M. Sic' 
bold, m. c. fig. lO, pour le Tljmla nubiculosa. 

(a) /fc(W. Fig. 5i. 

^3) M. I-. Dufour, fig. 60. (4) Jbid., fifj. 65. (5) Annales des scÎcik c 
waMtr,. 3' >eric, t. I, pi. XVI. p. 365. 



W* 



ART. I. ORG. PBÉPABATKLR3 ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 341 

une paire de réservoirs vésiculeux , avec un caDal es.- 
créteur commun; une autre paire de tubes cylindri- 
ques, avec un canal excréteur plus fin, se réunissant 
aussi dans un canal commun, pour s'ouvrir dans l'ori- 
fjine de Fcviducte, comme le précédent. 

Chez les Pupipares ^ c'est au collet de Foviducte 
commun, avant l'oviducte incubateur, que se voient les 
réservoirs séminaux et les glandes sébifiques. 

Dans le melupjhagus owinus^ comme dans Xhippo- 
bosqiie (i) , il y a un réservoir séminal et une glande sé- 
bifique. Chez le premier, ce sont deux petites vésicules 
qui ont un canal commun s'ouvrant dans le commen- 
cement de l'oviducte. Dans le dernier, au lieu de vési- 
cules simples, ce sont des tubes ramifiés. La glande 
sébifique se compose, dans l'un et dans l'autre, de 
deux troncs tubuleux ayant des ramifications nom- 
breuses et un orifice commun dans l'oviducte après le 
réservoir séminal.] 

B. Des organes préparateurs et éducateurs des 
femelles dans la classe des Arachnides. 

§ 1 . Les Arachnides pulmonaires. 

[Dans ce groupe, les Àranéides ^ ou \ei fileuses , ont 
deux ovaires bien séparés, situés de cbaque côté de 
i'abdomen, et entourés par les granulations du foie. 

On distingue, dans ceux de la mygale maçonne^ une 
cavité centrale en forme de navette, qui s étend d'ar- 



(l) Voir le mémoire de M. L. Dut'our, Annales des sciences natur., 
3* série, janvirr et février iS/jS, (. 111, p,. V, et le même tléjà cilt île 
M. SiéLolJ, p. 4^'» nofe,3. 



342 .xvvv« LEÇO?t. ÔBff. DE G£iNÉfiAtl0N JiES À»TlGlitÉ9. 

l'ièi'e eo avant dans iifte grande partie de la iougueLtr 
de rabdonien , et anx parois de iaquelle sont attachées 
Jes ^jrappes nombreuses des ovules. A l'extrémité an- 
térieure de Tovaire, cette eàvité centrale se continue 
dans un canal étroit, qui se rend presque directement 
à la vtdve, sous la base de l'abdomen, en se coudant 
Une seule fois; ce canal est Toviducte proprement dit. 

Lorsque les œufs sont murs, ou à peu près, ils rem- 
plissent en très grande partie ia cavité abdominale. 
Leurs grappes, composées d'œuls serrés les uns près 
des autres, se réunissent en avant à Toviducte. 

Dans une grande espèce d'Epeire dont l'ovaire était 
ainsi rertipli d'œufs mf:irs, nous avons trouvé chaque 
oviducte formant iln canal encore assez long, plusieurs 
fois rfeplié, avatit de se terminer à la vuIVe. 

Dans VÈpêire diadème , chaque ovaire est divisé par 
une cloison transversale, fermée dans les jeunes, lar- 
gement ouverte dans les adultes, pour le passage des 
œufs, (le la chambre postériem^e à la chambre anté- 
rieure. 

Les Scorpions , parmi les Pëdipalpes , ont les deux 
o\ aires réunis par des canaux qui vont traasversale- 
)ju;ut de f un à l'autiv, et qui font d un organe binaire 
Utl orgatié irtipali. 

" Cet ovaire nous a présenté >, eux types , au moins, 
datîs les divers genres de cette famille. 

Le seul lypie eohnu jusqu'à piésout , si je ne me 
troiiipe, a été dëcHtparJ. Millier i). Nous l'avons 
observé dans le scorpion d'Afrique f^ror/^/o africanus). 
ji est constitué par un seul ovaire , composé de trois 

(j) .'/>7:/i<i'fj Je ?vle! Lel pour 1828, pi. il, fifr, l6-3t. 



tubes principaux , dont un médian plus court et deux 
latéraux, qui se continuent, en avant, dans les deux ovi- 
ductes. Ces trois tubes sont unis par quatre paires de 
tubes transverses , qui vont du tube moyen aux tubes 
latéraux. 

A ces divers tubes , sont attachés , par intervalles, au 
moyen d'un court pédicule , de petites capsules ova- 
riennes, rondes ou lenticulaires. Chacune de ces cap- 
sules renferme un ovule se développant. Ces mêmes 
tubes ont, comme appendice, un nombre variable de 
cœciims (i) d'une forme singulière, qui sont autant 
d'utérus on d'oviductes incubateurs. Ceux que nous 
avons pu observer ne renfermaient pas de fœtus. Leur 
pédicule était étroit et s'élargissait peu à peu jusque 
vers une espèce d'anneau saillant. Aif-delà de ceL an- 
neau , le cœcum formait une assez large poche cylin- 
drique, un peu piissée ; c'est ddns cette partie que se 
développe le scorpion, iiprès cette poche, ce n'est plus 
qu'un boyau étroit, qui se termine en formant un léger 
renflement ovale. 

Les deux ovidiictes, continuation des deux tubes 
latéraux , se rapprochent de la ligne médiane, après 
s'être portes en avant à la rencontre de la vulve, et se 
i*éUnissétif en un seul canal avatit de s'y terminer. 

Dans ]c- (rond type, que nous avons observé dans 
une grande espèce du C/ii/i (2) et dans ïandroctoiius 
paris , l'ovaire est de même unique et composé d'une 



(i) Nous en avODS compté vinfjt daas notre exemplaire. (2) Btithut 
y/aber, EidoOx et Souleyet. Rapporte par M. le D' Ackemati. 



344 xxxr* LKÇorf. org. de génération des articulés. 
double échelle de tubes; c'est-à-dire qu'il y en a trois 
longitudinaux, un médian et deux latéraux parallèles, 
tous trois de même longueur, réunis par cinq paires 
de tubes transverses qui vont du tube moyen aux deux 
tubes latéraux. 

Dans l'exemplaire de ce dernier que nous avons 
étudié, tous ces tubes, les longitudinaux comme les 
transverses , sont garnis en dehors d'ovules nombreux , 
égaux et très développés, assez rapprochés; on voit, 
dans leurs intervalles, de très petits ovules, de dif- 
férentes grandeurs, également extérieurs, et tenant au 
tube ovarien par une portion étroite de leur capsule 
ovarienne. C'est donc la paroi des tubes qui forme 
la gangue des ovules , lesquels s'y développent de de- 
dans en dehors. 

Cet ovaire occupe la plus grande partie de la lon- 
gueur de la cavité abdominale. 

Deux oviductes naissent de chaque côté , en avant 
de l'angle de réunion du tube latéral avec le premier 
tube trausverse. D'abord étroits, ils ne tardent pas à se 
dilater, en s'avançant obliquement l'un vers l'autre et 
en descendant vers la face abdominale, où ils aboutis- 
sent séparément dans la vulve , sans se réunir eu un 
seul canal, comme liudique la ligure publiée par 
M. J. Millier pour le premier type. 

Les cœcums du premier type manquent d'ailleurs 
dans ce second type. Dans notre exemplaire du Chili ^ 
chaque tube a une partie jaune axillaire, formant son 
canal et une partie grisâtre , composant la paroi du 
tube et la gangue dans laquelle se développent les 
ovules. Les plus développés de ceux-ci ne tenaient 



ART. I. ORCt. préparateurs ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 345 

aux tubes que par un court pédicule. Ceux qui avaient 
un degré de développement de moins étaient sessiles. 
Les plus petits étaient encore enfoncés, en partie, 
dans la gangue de cet ovaire tubuleux. 

Dans une femelle àî^androctonus troilus ^ dont les 
œufs étaient très développés et avaient sans doute été 
fécondés, ceux-ci étaient entièrement contenus dans le 
tube de l'ovaire, extraordinairement dilaté autour de 
chaque œuf, et conservant un petit diamètre dans l'in- 
tervalle de deux œufs. 

Enfin, dans une femelle de la même espèce, les fœ- 
tus paraissaient à la surface du vitellus à travers les 
parois de ces mêmes tubes ovariens, que les œufs dila- 
taient de même extraordinairement , par intervalles. 
Dans ce haut degré de développement , les ovaires 
remplissent presque toute la cavité abdominale, et leur 
disposition première n'est plus reconnaissable.] 

§ 2. Les Arachnides trachéennes. 

[L'ovaire àes Faucheurs {Phalangium) est un boyau 
cylindrique replié en cercle dans la cavité abdomi- 
nale; il aboutit dans une dilatation en forme de sac , 
qui reçoit les ovules pour leur dernier développe- 
ment, et qui occupe une bonne partie de l'abdomen 
lorsqu'elle en est remplie. L'autre extrémité de ce sac 
ovarien s'ouvre dans l'oviducte , canal cylindrique 
assez long, dont la dernière partie, qui est très courte, 
se distingue par un plus petit diamètre. 

Elle se termine dans l'oviscape , sorte de vagin ex- 
sertile qui occupe la ligne médiane abdominale dans 
presque toute la longueur de celte cavité. 



340 \XXV* LEÇO». OKft. Ù& ttfiNÉBATIQiN DES ASTlCtLÉa. 

Nous le décrirons avec les org^anes d'accoupie- 
iiient (i). 

Dans \atrombidium holosericeurn , herm , il y a deux 
ovaires situés de chaque côté de la cavité abdominale, 
contenant des œufs nombreux réunis par grappes. Us 
aboutissent à un seul oviducte, canal un peu sinueux 
qui se termine dans la vulve (2). 

Les tardigrades n'en ont qu'un , en forme de sac , 
situé au-dessus de l'intestin, et s'étendant très en avant 
quand il est rempli d'œufs développés. Deux liga- 
ments, qui partent de son extrémité antérieure et se 
fixent datis le premier anneau du corps, rappellent 
ceux qui attachent l'ovaire de beaucoup d'insectes (3).] 

C. IjCs Myriapodes. 

§ 1. Dans VVrdre des ChUopodes. 

[11 n'y a qu'une seule glande ovigère dans les Litho- 
bies (Lithobius fortificatus) , les GéophUes (Geophilus 
subterraneus), etc. 

Cette glande se compose, dans la première espèce, 
d une grande poche oblongue, plus étroite en avant, 
plus large eu arrière^ que l'on trouve farcie d'ovules 
à l'époque du rut; son extrémité postérieure se ré- 
trécit subitement pour former Foviducte. 

Ce canal traverse l'avant-dernier segment du corps, 
après ou sans s'être dilaté de nouveau , et s'y termine 
dans le vagiu. 

Dans les géopliUes, l'ovaire Unique est de même 

(1) Voir rivwjmrtus , Vermiâehte Schriftfen, t. I, p. 35 à 37, et pi. IV, 
fijj. 20 et 23. Gœttingen, 1816. (2) o. c, pi. VI. tip. 32. (3) Mémoire sur 
l'nrfjaiiisnllo» et Ici rapports i^es Tariiitjrades , par M. L. Doyère. Paris, 



AB.T. I. Dâd-. #ÉèplilA.tfetîil9 ET éDUCA-tEÙMS FfeMÊLLES. 347 

un simple boyalt , qui àe rétrécit peu à peu en ar- 
rière pour se changer en oviducte; celui-ci aboutit 
dans le dernier segment du corps. La fin de l'oviducte, 
ou le commencement du vagin, a des annexes glandu- 
leux , ou des réservoirs vésiculeux , qui sont compara- 
bles à ceux que nous avons décrits dans la classe des 
Insectes. 

Chez les lithobies , les glandes génitales accessoires, 
ail nombre de quatre, ayant la forme de fer de lance , 
se composetit d'ime agglomération de petites poches. 
Chaque glande a un canal excréteur distinct et très 
grêle, qui joint l'oviducte ou le vagin dans l'avant-der- 
nier segment du corps (i). 

Dans l'espèce citée de géophilé , ce Sont deux longs 
tubes grêles ayant les mêmes rapports. 

Les vésicules que Ton peut comparer au réservoir 
de la seinence, chei les Insectes, sont paires dans l'un 
et l'autre genre. Elles sont pour ainsi dire sêssiles dans 
le premier; elles ont, dans le second, un long canal 
excréteur (2).] 

§ 2. Dans t Ordre des Chilognathes. 

[(Je groupe se rapproche beaucoup des Crustacés 
décapodes par l'appareil extérieur de génération , qUe 
ribus lerons connaître dans les articles suivants. 

Il y a deux ovaires , composés de deux longs tubes 
séparés , mais rapprochés , qui se changent en oviducte 
non loin des vulves. Ils s'étendent, rapprochés l'un de 

( I ) L. Dutûur, Annules des se. 7iat., t. II , pi. V, fig. i ; M. F. Setuin , sar 
les rapports dies Myriapodes daû» les organes et les fonctions de généra- 
tien. Archives de J. Mliller pour 1842, p. 3oi^ ù 3So , el pi. XII, XIII 
et XIV. (a) M. Stein , m. c, pi. Xlî, fig. u et 8. 



348 XXXV* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

l'autre , dans presque toute la longueur de la cavité 
viscérale , sous le canal alimentaire. 

Dans Viule des sables^ Viule terrestre , Y iule fétide , ce 
sont deux tubes simples, qui se prolongent à partir des 
vulves jusque dans le dernier segment du corps. 

Dans Viulus maximus , nous les avons trouvés rap- 
prochés sous le canal intestinal, et remontant du côté 
gauche de l'intestin, comme si l'ovaire de ce côté était 
plus développé que le droit. Ils étaient remplis d'o- 
vules développés, dans un de nos exemplaires, sphé- 
riques , un peu déformés par la pression. 

Les ovules, dans cette espèce , m'ont paru se déve- 
lopper, en premier lieu, dans des faisceaux de tubes 
formant comme des houppes , et qui aboutissent en- 
semble, par intervalles, au côté externe de chaque tube 
principal. Ce dernier devient un oviducte en s'ap- 
prochant des premiers segments du corps , où se trou- 
vent les vulves.] 

D. Dans les Crustacés. 

ï. Dans la Sous-classe des Malacostiacés. 

[L'ordre des Décapodes a souvent les glandes ovi- 
gères confondues en une seule masse , qui se divise eu 
plusieurs lobes. 

La forme de ces organes y varie beaucoup d'un 
genre à l'autre. 

Ils sont bien distincts l'un de l'autre , pour la plus 
grande partie de leur étendue, dans le maja squinado^ 
parmi les Brachy lires. Ce sont deux longs bovaux qui 
se prolongent en avant et en arrière d'une vésicule 
copulatrice, origine interne du vagin et située à la 
liauter.r de la iroisiènip pièco du st<M'num. La partie 



ART. 1. ORG. PaÉPAC.ATEUMS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. .349 

antérieure , plus longue , repliée eu dehors par son ex- 
trémité , est réunie à celle du côté opposé par une 
barre transversale, qui donne à leur ensemble la forme 
d'un H. Les deux parties postérieures sont rapprochées 
en arrière et collées l'une contre l'autre et écartées en 
avant pour aboutir aux vésicules copulatrices; elles 
interceptent un triangle (i). 

Dans la Galathée variée , il n'y a de même qu'un 
ovaire à quatre lobes courts et arrondis, deux en avant 
situés sous l'estomac et deux en arrière , qui répon- 
dent au cœur. Les oviductes se séparent de l'ovaire sur 
les côtés et un peu en arrière.] 

Dans ïécrevisse commune ^ les deux ovaires sont 
soudés ensemble de manière à n'en faire qu'un poiu- 
l'œil. [Ils se composent de trois lobes, réunis sous le 
cœur. Les deux antérieures s'avancent entre les lobes 
antérieurs du foie. I^e lobe postérieur se prolonge en ar- 
rière, à peu près autant que le lobe postérieur de ce 
même viscère. Cet ovaire est d'ailleurs un sac dont la 
membrane moyenne proligère développe les ovules 
dans sa cavité. A un certain degré de développement 
ils y sont enveloppés de leur capsule nutritive et n'y 
adhèrent plus que par un pédicule.] 

Les deux oviductes sont très courts et droits, et vont 
directement aux vulves. [Ils naissent sur les côtés de 
l'ovaire, de sa partie moyenne, se portent transversa- 
lement en dehors, contournent comme une ceinture 
chaque lobe correspondant du foie, et pénètrent dans 
la cavité articulaire du sternum, qui reçoit la troisième 



(i) V^oir Yllhtnire naturelle des Crustacés, de Milne Edwards, pi. XIJ, 



^50 .\\XV' LEÇOiN. ORG. DE GEKERATION DES ARTICULÉS. 

paire de pattes, dans le premier article desquelles ils se 
terminent. 

Dan5 le homard^ les ovaires ont une tout autre 
fornie. Ce sont deux longs boyaux qui restent séparés 
et cependant rapprochés dans lapins grande partie de 
leur étendue. Les oviductes s'en détachent à la hau- 
teur de la troisième paire de pattes. 

Dans \e& squilles ^^3iYm\ \esStomapocles, nous ayons 
décrit lin seul ovaire (i), situé immédiatement sous le 
cqeur , au-dessus du canal alimentaire. Il est festonné 
de chaque côté par des scissi^res assez régulières qui le 
divisent en lobes arrondis. 

Cet ovaire s'étend dans toute lalongueiir de la cavité 
abdominale. Il a une enveloppe propre > divisée en 
autant de cellules qu'il y a de lobes. L'oviducte en oc- 
cupe la ligne médiane ; c'est un simple canal qui va 
eu augmentant de diamètre d'arrière en avant. Il re- 
çoit de chaque côté les branches appailenant à chaque 
lobe et se termine à la vulve. 

Les ovaires des h/elia, de l'ordre des Âmphipodes, 
ont la forme d'une grappe très complexe, remplissant 
toute la cavité du corps, 

Dans l'ordre des Isopqdes , les Cloportides ont deux 
ovaires en forme de longs tubes, étendus dans la ca- 
vité thoracique de chaque côté du canal alimentaire. 

Les parois de ces sacs soj;it extrêmement minces et 
transparentes. On Jes trp.uve ordinairement remplis 
d'ovules^ ou distendus par un liquide jaunâtre, lors- 
que les œixfs ont passé dans la poche incubatriçe 
sous-thoracique. 

(i) Anualts lies $ri€nm natureiltt , octobre i836. 



A7\T. 1. ()1^G. J'ii!'i'Aj;ATJ-Xi;6 EX KULCATEUBS FEMELLES. 351 

jjc'ur caualexci'ékLir, ou i oviducte, est très court; il 
se sépare de leur côté inférieur et externe, à ja hauteur 
du cinquième anneau tlipracique, et se porte directe- 
ment en bas vers l'orifice de ia lame interne, dite cin- 
quième sejjment, qui s'ouvre dans la cavité incuba- 
tiice (i). 

Les ovaires des linndes , de Tordre des Xyphosures^ 
se composent de tubes ramifiés, qui se développent 
extraordinairement à l époque de la maturité des œufs, 
s'entrelacent avec les cœcums hépatiques et remplis- 
sent une grande partie du céphalo-thorax. 

Chaque oviducte naît de la réunion successive des 
petits cœcums qui composent l'ovaire de son côté , et 
qui aboutissent à deux branches principales, l'une an- 
térieure et l'autre externe. Ces deux branches appar- 
tiennent déjà au canal excréteur de l'ovaire. Leur 
réunion en arrière change ces branches de l'oviducte 
en un simple canal, qui va se terminer à la vulve de 
son côté. ] 

II. Dans la Sous'classe des Entomostracés. 

[Cette sous-classe ne paraît pas avoir les sexes sé- 
parés, dans tous les genres qui la composent; mais 
toutes les espèces observées ont, au moins, un ovaire 
intérieur, souvent deux, situés de chaque côté du canal 
alimentaire près de la face dorsale du corps. Cet ovaire, 
dans lequel se développent les ovules , communique le 
plus souvent avec une poche qui est distincte de la 



(i) Mémoire inédit sur Içs Çr,v,sjapqs d^ j^ fjunille ^ Q.op<>rti'lfcs qui 
habitent les «nvirons de Strasbourg, pjr iVJ. Lereboullft. 



352 \X\V« LK<.0.\. OlUr. DE GEîSEKATIOr^ DES AUTICULES. 

cavité abdominale, attenant au corps entre le test et 
le dos, ou avec deux poches séparées, suspendues ex- 
térieurement à l'un des articles de l'abdomen. C'est 
dans ces poches incnbatrices que se développent les 
germes. 

]Sous commencerons la description de ces organes 
par le sous-ordre des Phjllopes ^ de l'ordre des Bran- 
chiopodes ^ et nous prendrons pour type de ce sous- 
ordre \apus cancriformis . C'est dans la cavité viscérale 
que sont situés ses ovaires, de chaque côté du canal 
alimentaire. Ils s'étendent du premier anneau au vingt- 
huitième , et communiquent dans la capsule ovarienne 
de la onzième paire d'appendices natateurs, trans- 
formée en poche incubatrice (i). 

Les litnnadies ont leurs ovaires sur les côtés du cnnal 
intestinal, étendus depuis la base de la première 
paire de pieds jusqu'à la dix-huitième. La poche d'in- 
cubation , dans laquelle passent les œufs mûrs , est 
située entre le dos et le test, où pénètre le filet externe 
des onzième , douzième et treizième paires de pieds 
auxquels ces œufs s'attachent (2). 

Les ovaires des Bianchipes^sityiés de même dans la 
cavité viscérale , communiquent avec une poche ovi- 
fère qui se voit sous la base de la queue. 

Chez les daphnies., de l'ordre des Lophiropes et 
de la famille de Cladocères^ les ovaires sont deux sacs 



(i) Voir Zaclducli , De apodis cancriformis anatome et historia evolu- 
tionis. Bonnae, 1841* (2) Voir le Règne animal de Cuvier, claae àca 
Crustacés, pi. LXXIV, fig. 1 , a , /». 



ART. 1, OBG. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 353 

allongés qui s'étendeut de chaque côté de rabdomeii , 
depuis le premier segment jusqu'au sixième. 

Ils s'ouvrent sur le dos de l'animal , dans un espace 
vide , entre le corps et les valves de la coquille , sorte 
de poche d'incubation, où doit en même temps se faire 
la fécondation , sans doute par l'intermédiaire de 
l'eau ( 1 ). 

Chez les Cypris , les ovaires sont deux grands sacs 
coniques repliés sur eux-mêmes, dont le sommet ne 
renferme que des ovules très peu développés. Et la 
base se prolonge hors du corps entre le test et la 
membrane qui le double, jusqu'au bord inférieur de 
ce test. Cette seconde partie peut être considérée 
comme une poche extérieure , dans laquelle les œufs 
sont probablement fécondés , qi où ils éprouvent un 
commencement d'incubation, avant la ponte (2). 

Dans l'ordre des Syphonostomes^ nous indiquerons, 
en premier lieu, l'ovaire de Vargule Joliacée^ qui est 
situé dans l'abdomen au-dessus du caual alimentaire, 
etl'oviducte droit et court, ayant son issue à l'extrémité 
du corps , contre les dernières pattes natatoires (3). 

Les autres Syphonostomes , les caliges , les cecrops , 
les dichestélions ^\es, nicothoës et l'ordre des, Lerné ides 
paraissent différer entre eux, plutôt par la forme et la 
position des poches ovifères extérieures, qui existent 
chez toutes les femelles, que par leurs ovaires, encore 
peu étudiés à la vérité.] 



(i) Mémoires du Muséum, t. V, pi. XXIX, fi;-. 1-20. (a) Sur le? Cypris, 
par M. Arnns5. (Mémoirts duMu.<;pum,t. VII,pî, 1,6^-4 <'t5.3.) Mi^moire 
de Jurliip fils. Annali's du Muséum ,t, VII, pi. XXVI. 

8. 23 



354 XXXV* LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULES. 

E. Dans la Classe des Ùinhopodes . 

[Il n'y a qu'un organe producteur des ovules. 

Dans la famille des Aiiatifes^ Tovaire est situé à 
l'origine du pied, c'est-à-dire à l'endroit où celui ci 
tient au corps. Il pénètre et descend dans sa cavité tu- 
buleuse, dans une longueur de quelques millimètres, 
quelquefois de plus d'un centimètre (i). 

Cet organe se compose de lobules formés d'une réu- 
nion de petits cœcums, à parois extrêmement minces 
et transparentes, dans lesquels on découvre au micros- 
cope, des corps opaques qui sont les ovules. Nous avons 
observé , dans l'axe de cet ovaire , qui est lui-même cy- 
lindrique, comme le canal du pied dont il remplit la 
première partie, un tube membraneux dont l'extrémité 
inférieure, terminée en cul-de-sac, répond à la partie 
la plus basse de l'ovaire , et dont l'origine élargie se 
voit à la face supérieure de cet organe. Cette espèce 
d'entonnoir a même ses parois composées d'une double 
membrane transparente , déliée et cependant résis- 
tante. 

Il me semble établir une communication directe 
entre le fluide ambiant et le centre de l'ovaire. 

La cavité proprement dite de l'ovaire s'ouvre dans 
les replis du manteau , qui reçoivent les œufs, après 
qu'ils sont parvenus à leur complète maturité. 

Quelle est la voie précise que suivent les œufs pour 
passer de l'ovaire dans les poches du manteau? 



(i) C'est à M. Martin Saint-Ange que l'on doit d'avoir bien détermine 
l'ovaire et précisé sa place, Mcmoire sur For^anhation des Cirripèdes. 
Paris, i835. 



ART. I. ORG. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 355 

On l'a décrite comme une fente qui s'ouvre dans la 
cavité dorsale et postérieure de ce dernier, et qui est 
l'issue tl'un oviducte court, étai3lissant la communica- 
tion entre l'ovaire et la cavité d'incubation. 

Dans les O lions , nous avons trouvé deux oviductes 
aboutissant chacun dans un repli latéral du manteau , 
adhérant à l'enveloppe coriace qui remplace la coa aille 
des anatifes propres. 

Nous regardons comme l'ovaire, dans la famille des 
Balanes ^ un sac de forme variée, situé hors de la ca- 
vité viscérale , en avant des branchies. 

Ce sac éfait considérable dans une grande espèce du 
Chili (i) et renfermait une quantité innombrable de 
granulations sphériques,de différentes grandeurs, qui 
étaient probablement des œufs peu développés. Les 
côtés de cette poche se continuaient dans des appen- 
dices digités qui en garnissaient le ponrtour, mais 
dont les parois étaient plus épaisses et comme recou- 
vertes extérieurement d'un épiderme écailleux. Leur 
cavité était une simple anfractuosité du sac piiu- 
cipal, et renfermait des granules de même forme.] 

F. Dans les Annélides. 

§ I . Les Annélides Tubicoles et Dorsihranches. 

[A l'époque du frai, la cavité abdominale des Anné- 
lides de ces deux Ordres, se remplit, chez certains in- 
dividus, de granulations spermaliques, et chez d'autres, 
(i ovules-, ce qui a été constaté dans un certain nombre 



(ly Balanwi tiniinabulum Lam. 



356 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION DES ARTICULÉS. 

d'espèces, et conséquemment la séparation des sexes (i). 
Aussi, M. Cuvier avait-il déjà imprimé en i8o5, dans 
notre ancien texte, que] : « dans Xaphrodite , genre où 
les sexes sont séparés , les petits individus se trouvent 
le corps rempli d'une laite blanchâtre ; pendant que 
les grands l'ont plein de petits œufs dans tous les in- 
tervalles à^i viscères (2). Il est probable qu'il y a des 
organes particuliers pour la préparation de ces sub- 
stances; mais les auteurs n'en ont point décrit, et moi- 
même je n'eu ai pu trouver non plus dans les néréides^ 
les serpules^ et les autres nombreux vers à sang rouge 
que j'ai disséqués. » 

[Pour ce qui est de la connaissance des organes qui 
produisent les ovules , ou le sperme , la science , dans 
ce long intervalle de quarante années, a fait quelques 
progrès que nous devons indiquer. 

X^e^térébelles (terebeila multi-setosa) dans l'ordre des 
Tubicoles , ont un ovaire aplati, bifurqué, situé au- 
delà du troisième anneau de l'abdomen et rempli 
d'ovules. Sa couleur est blanchâtre et sa forme montre 
des étranglements et des dilatations alternatifs (3j. 

Ce paraît être, dans le sabella unispira^xxn corps con- 



(1) On a môme observé récemment des différences sexuelles extérieures 
dans ïexogone naidina. Les mâles ont de longues soies dans les anneaux 'Et 
correspondants à ceux qui portent les œufs chez les femelles, qui ont ces 
mêmes soies très courtes. Ce nouveau genre est voisin des Syllis, suivant 
M. OEnted . Archives d'Ej-ichson, t. XI, i845, p. aS. 

(2) Ce fait positif de la séparation des sexes dans ce genre, observé 
par M. Cuvier, ne paraît pas avoir été connu de M, le rédacteur du 
Rapport imprimé dans les Comptes-rendus des séances de l'Académie des 
sciences, t. XVIII, p. 80. Il n'en fait pas mention du moins, et ne cite 
que P.-illûS. (3) Zur Anatomic und Physiologie dpi Kiemen- ff urttier, von 
Dr A.-D. Grube, Kœni{>sb''rr;, i838, p. aS. 



if\ 



ART. I. ORG, PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 357 

sidérable en forme de bourse, rapproché dn canal in- 
testinal (i). 

Les ovaires sont multiples et situés dans les inter- 
valles des muscles longitudinaux , entre les gaines des 
rames dans Yeunice harassii (2). 

Dans les aphrodites ^ ce sont de petits organes ter- 
minés en pointe , qui se voient de chaque côté du prin- 
cipal cordon nerveux, au fond de la cavité abdomi- 
nale (3). Ils existeraient dans les segments antérieurs . 
chez \ aphrodita histrix (4). 

Dans la sylUs tachetée^ l'ovaire serait un organe 
glanduleux multiple, situé dans la cavité viscérale, près 
de la base des pieds (5). 

Dans Xarénicole des pêcheurs^ il y a une membrane 
lâche de chaque côté du canal alimentaire, dans la 
partie antérieure du corps, derrière laquelle se déve- 
loppent les œufs, ou les granulations spermatiques. 

Quant à l'issue des œufs , il paraîtrait qu'en générai 
les œufs tombent dans la cavité abdominale, qu'ils 
remplissent à l'époque du frai, ainsi que nous l'avons 
dit en commençant cet article; et qu'ils sortent du 
corps par les orifices péritonéaux dont la cavité abdo- 
minale est percée. 

Ces ouvertures sont situées près des pieds ou des 
paquets de soies, dans l'^z/z/j/z^V/'/Ve auricoma. Elles don- 
nent issue aux œufs et à la semence, suivant les indi- 
vidus mâles ou femelles (5). Elles sont au-dessus des 



(1) /6ù/. Trg. 12, y, (2) Ibid. PI. II, tif^. 67. (3) Treviranus Zeitsclnijt 

fur der Physiologie, t. III , j,. 16.}. (4) M. Grube , i/xV/., PI. II, (iy. J^,n- 

(5) M. Miliie Edwards. Rèyne animal de Cuvier, Annéliàcs , pi. XV, Hg' 

î; a. Au reste cf pourrait être tout aussi bien la viande spermarjêiie, et je 



358 XXXV* LKÇON. OBG. DE GÉNÉBATION DES ABTICULÉS. 

pieds dans !a nereis pulsatoria. et dans la polinoë 
r imita (i). 

§ 2. Les Annélides A branches ou Endobranches. 

T. es lombrics ont un appareil de génération dont 
les différentes paities sont loin d'avoir été uniformé- 
ment déterminées par les anatomistes. Voici ce qu'en 
disait M. Guvier dans notre ancien texte :] « Le lom- 
bric ou ver de terre montre aussi à sa face inférieure, 
près de l'extrémité antérieure, et non pas, comme 
quelques uns l'ont écrit, au renflement du milieu 
de son corps , deux orifices. Ils répondent intérieure- 
ment à deux ou trois bourses ovales, molles, et d'un 
tissu glanduleux. Il y en a autour d'elles plusieurs 
autres plus petites. Il paraît iDien que ce sont là les 
organes de la génération, mais je n'oserais les distin- 
guer par leurs fonctions. Willis annonce que les 
grandes bourses sont quelquefois remplies d'œuis; 
mais j'ai trouvé de véritables ovaires, en forme de 
petits boyaux disposés sur trois ou quatre paires , et 
renflés par les œufs, de manière à ressembler à des 
chapelets. " 

[Dugès , connue Willis, regarde les grandes bourses 
en forme de cornues, au nombre de quatre paires, 
comme les ovaires. Elles sont, suivant cet auteur, liées 
à un appareil singulier composé de vésicules disposées 
comme des rayons autour d'un bassinet. Celui-ci 



suis plutôt porté pnar cette détermination , si (ant e«t qu'il y ait un canaj 
excréteur dans cette glande, (i) Neueste Schriften der Naturforschen- 
degesellschaft in Danzig. B. III. Heft 4, «842, p. 56. Suivant MM Rathkc 
et Sars. 



ART. I. ORG. PREPAHATEOBS ET ÉDLCATEUR8 FEMELLES. 359 

aboutit à un canal qui est au moins un spermaducte, 
sinon un oviducte, lequel se réunit au plus voisin 
pour n'en plus former qu'un seul qui s'ouvre dans la 
vulve de son côté (i). Nous n'avons })u découvrir ce 
dernier appareil. Quant aux ovaires, ils sont comme 
soudés aux testicules et constituent par cette union les 
prandes bourses dont lé nombre , la forme et le volume 
varient suivant les espèces et l'époque de l'année. Nous 
y avons trouvé, le 23 mai, dans un individu seule- 
ment, des œufs avec un embryon développé et se re- 
muant avec vivacité , après la rupture des membranes 
de l'œuf; dans d'autres, il n'y avait que des ovules. 

Chez les ISaïdes^Xes ovaires se composent de quatre 
masses principales contenant des ovules. Leurs canaux 
aboutissent à deux tubes étroits, repliés sur eux-mêmes, 
véritables oviductes qui se dilatent en deux cylindres 
à parois épaisses , avant de se terminer dans le dou- 
zième anneau (2). 

Dans la famille des Hirudinées de la tribu des Sang- 
sues^ comme dans celle des Hirudinées voraces ^ les 
ovaires sont doubles. Ils sont situés en avant de la ca- 
vité abdominale près des vésicules séminales. Ce sont 
deux corps ovales dont le volume varie et auj^mente 
beaucoup à l'époque du rut. Chaque ovaire a un court 
oviducte propre; iis se réunissent pour ne former qu'un 
seul oviducte incubateur. Celui-ci est une poche con- 
sidérable qui va en se rétrécissant et se resserre en un 
canal étroit avant de se terminer à la peau de l'abdo- 



(1) VoirDugès, Annales des se. nat , t. XV, plus fig. i et 2 ; et même 
ouvraf;e, 2' série, f. VIII, pi. I-XIII-XVIIl. (2) Dugès, Annales des ic 
nai., t. XV, p. 321. 



360 XXXV' LEÇOiN. Oa&. de GÉ3iÉBAT10JN' DES AETICULÉS, 

incn, un peu en arrière de l'orifice de la verge, dans la 
ligne médiane abdominale. 

Il n'y a de différence dans cette forme générale des 
crganes femelles, que dans les proportions des diffé- 
rentes parties. Il doit y en avoir cependant , qui n'ont 
pas encore été reconnues , dans la structure intime 
de l'oviducte incubateur, suivant que la sangsue est 
vivipare, et que cette partie sert au développement du 
germe et de l'embryon; ou qu'elle doit sécréter la 
substance du cocon qui enveloppe à la fois un certain 
nombre d ovules ;, que l'oviducte propre y dépose. 

Plusieurs clepsines et piscicoles [piscicolaemarginata 
et tesselata) sont de la première catégorie; les espèces 
du genre sanguisuga ^ el la clepsi/ia geometra^ etc., 
sont de la seconde. 

Dans le nephelis gigas , les ovaires sont globuleux; 
les oviductes propres sont très courts, la première 
partie de l'oviducte commun assez longue: la poche 
obiongue dans laquelle elle aboutit est à peu près de 
même longueur. 

lihœmopis sanguisorba , Savigny, a de même les 
oviductes distincts, très courts. Leur réunion formant 
un canal étroit et replié i>ur lui-même, assez long, 
pourrait encore être considérée comme oviducte 
propre; il donne dans une ])ocbe obiongue, l'oviducte 
incubateur, se rétrécissant peu à peu pour former un 
col allongé. 

Dans la piscicola geoinetra , qui est ovipare , les 
ovaires, hors de l'époque du rut, sont j)lus petits que 
les testicules, pyrifoi'mes , d'un blanc jaunâtre. Ils se 
gonflent beaucoup à l'époque du rut et se divisent en 
poches accessoires. 



ART. II. DÈS 'JVLLtS KT DES ŒUFS. 361 

Les oviductes qui en sortent sont courbés en anse, 
et se terminent dans une poche oblongue formant 
l'oviducte incubateur (î). 

ARTICLE II. 

DES OVULES ET DES ŒUFS PBODUITS DES OR&ANES PRÉPABATEURS 
ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 

A. Dans la Classe des Insectes. 

[Les ovules , produit des ovaires avant la féconda- 
tion, peuvent être étudiés sous le rapport du dévelop- 
pement de leurs parties, dans la classe des Insectes 
plus facilement que dans toute autre classe, à cause 
de la forme de leurs ovaires. 

Chaque gaîne ou tube ovigère, dont ils se compo- 
sent, est une capsule unique, dans laquelle les ovules 
montrent successivement la vésicule germinative en 
premier lieu, et la tache du même nom , puis la sphère 
nutritive ou le vitellus, qui ne paraît se développer 
qu'après la première. 

Ce développement successif semble avoir lieu par 
suite de la progression de rovule,de la région du som- 
met du tube, jusqu'à un certain point de sa partie 
dilatée, plus ou moins rapproché de son embouchure 
dans le calice. Cette progression et ce développement 
sont comparables à celui des ovules des Mammifères, 
de la partie centrale des ovaires dans laquelle ils sont 
enfouis, vers la surface de ces organes. 



(i) Arch. de J. Miiller pour i835. Mémoire de M. Lee, p. 419 et 
pi. II. (i; Descnptiones animalium vertebris carentium in ovi formatione. 
Frankofurti ad M. i835 , in-fol. et Annales des se. nat., 2e série , t. Xlf , 
p. 176. 



562 XXXV* LEÇON. ORG, DE GENERATION DES ARTICULÉS. 

A cette composition des ovules, il faut comparer 
celle des œnfs complets. 

Pour les ovipares, il y a autour des vitellus une 
petite quantité d'albumen et une coque ou une enve- 
loppe prolectrice , dont la nature et la couleur varient 
suivant les espèces et les lieux où l'œuf doit être dé- 
posé (2). 

Quant aux différentes formes, aux couleurs variées 
des œufs complets et fécondés; aux appendices qui 
servent à les fixer; aux cocons qui les enveloppent et 
les protègent, nous renvoyons aux ouvrages d'histoire 
naturelle, où ces diverses circonstances ont été dé- 
crites. 

Nous nous bornerons à indiquer ici quelques diffé- 
rences particulières, relatives au lieu de fécondation 
ou au mode de développement. 

On a souvent observé , chez plusieurs espèces de 
Diptères qui n'avaient pas eu le temps de pondre 
tous leurs œufs , que ceux trouvés entre la vulve et les 
réservoirs de la semence renfermaient un embryon; 
tandis que ceux pris un peu plus haut , qui égalaient 
les premiers en grosseur, ne montraient pas plus de 
changement que ceux encore contenus dans les bran- 
ches de l'oviducte commun. Après cette ponte inter- 
rompue , les réservoirs séminaux sont encore remplis 
de spermatozoïdes (1). 

Ces observations sont décisives pour montrer, à la 
fois, les fécondations successives, et le lieu précis où elles 
peuvent s'effectuer. 

Il parait qu'un seul -ovule chez ïhippobosque est 

(i) M. Siebold, m. c, p. 424- 



ABT. II. DES OVULES ET DES ŒUFS. 363 

fécondé dans l'un des deux ovaires et qu'il y devient 
piomptement une larve, qui y montre un premier 
développement, après lequel elle passe à travers l'ovi- 
ducte dans l'utérus. 

Ce mode de viviparité aura besoin d'être encore 
étudié, comparativement avec celui des autres Insectes 
ovo- vivipares 

Nous ferons remarquer, dans ce cas , la fécondation 
et le premier développement dans lovaiie même, 
comme nous l'avons démontré dans les Pœcilies ^ mais 
bien plus complet. I^e cordon submembraneux, re- 
marqué par M. L. Dufour, qui subsiste entre la partie 
antérieure de l'embryon et l'ovaire , lorsque le premier 
a passé dans Toviducte incubateur, me paraît être le 
débris du calice ou de la capsule ovarienne, qui enve- 
loppait l'œuf et ensuite l'embryon (i). 

B. Chez les arachnides. 

[Les ovules ont la composition p^énérale, c'est-à-dire 
nn vitellus ef une vésicule germinative. 

Les œufs mûrs auraient, suivant //é''ro/<:/, une seule 
enveloppe protectrice non fibreuse, transparente. Elle 
renferme une petite quantité d'albumen , non granu- 
leux , et un vitellus granuleux, ayant aussi sa mem- 
brane vitelline. 

Plus de détails sur la composition de l'œuf appar- 
tiendraient à l'bistoire du développement. 

T^e nombre des œufs des Aranéides fileuses est, en 
général , très grand. On dit que la mygale aviculaire 
en pond près de deux mille. 

(i) iVI. L. Dufour, m. c, p. 77 et 78, 



364 XXXV LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

Hérolden a compté douze cents, de forme oblongue 
ou ronde , dans un cocon à'épeire diadème. 

Le cocon de soie ou de feutre dont la mère les en- 
veloppe diffère selon les espèces. 

Les Scorpions sont vivipares; les œufs mûrs fécondés 
dans les capsules ovariennes , se développent dans les 
tubes de l'ovaire, ou dans les poches qui en dé- 
pendent, suivant les types de cet organe.] 

G. Chez les Myriapodes. 

[Parmi les animaux de cette classe , on a suivi le dé- 
veloppement des ovules dans les Lithobies {^i). Chaque 
ovule est d'abord une vésicule, qui en renferme un 
certain nombre d'autres, transparentes , ayant chacune 
un noyau central. Bientôt elles disparaissent et sont 
remplacées par une seule vésicule d'une grande pro- 
portion relative à celle qui la contient, et dans laquelle 
on observe plusieurs groupes de noyaux ou de très 
petites vésicules. 

Dans une troisième phase , la vésicule principale a 
beaucoup grandi. 

Dans une quatrième phase, cette vésicule s'est encore 
développée , et le liquide qu'elle renferme est deveou 
opaque et granuleux. La vésicule intérieure ou germi- 
native semble rapetissée. Elle renferme un liquide 
transparent, sauf à un point de sa circonférence où 
l'on lemarque la tache germinative. 

liorsque l'ovule est mûr, les proportions du vitellus 
sont encore plus considérables, et son contenu se com- 
pose de vésicules avec des granules.] 



(i) M. 67cn!. ri. XIV. ti,^. 02, a, 6, c , d . c. 



ART. II. DES OVULES ET DES ŒUFS. 366 

D. Dans les Crustacés. 

[Nous citerons, dans cette classe, le développement 
des ovules et la composition de l'œul: mûr étudiés 
àaLUsVécrevisse (i), que nous avons eu plusieurs fois 
l'occasion de constater et de démontrer dans nos le- 
çons au Collège de France. 

On ne distingue , dans le principe du développe- 
ment de Tovule, qu'ime seule vésicule transparente. 

Plus tard, cette vésicule semble se couvrir d'une 
seconde enveloppe, et entre celle-ci et la première il 
s'épanche un liquide d'abord transparent, puis opa- 
que, visqueux, dont la masse augmente peu à peu et 
se charge de globules nombreux, blancs comme neige. 

A cette époque, la vésicule germinatrice croît très 
peu à proportion du vitellus et cesse bientôt de se dé- 
velopper. Placée au centre du vitellus, elle se rap- 
proche peu à peu de sa circonférence et finit par 
adhérer à la membrane vitelline par un point de sa 
surface. 

Quand l'œuf s'est développé au-delà de six mois, le 
liquide du vitellus a pris successivement la couleur 
Isabelle, jaune orange, brun foncé, et s'est épaissi de 
plus en plus par la formation d'un plus grand nombre 
de granules ou de cellules vésiculeuses. 

A mesure que l'œuf grossit dans l'ovaire, ses con- 
nexions avec celui-ci diminuent, et sa surface, de flo- 
conneuse qu'elle était , finit par devenir lisse et tout 
unie. 



(i) Par M. Uaihke; Sur le de'veloppenîetjt de l'eci eviàse tluviatile. Leip- 
«5/ . 1829, in -fol. 



366 XXXV* LEÇON. OKG. DE GÉNÉBATION DES ARTICULÉS. 

11 distend et rompt la capsule nutritive de l'ovaire, 
et tombe dans la cavité de cet or^^ane ou dans l'ori- 
gine des oviductes , puis il s'introduit et chemine dans 
l'un ou l'autre des deux conduits sécréteurs de l'ovaire. 

C'est là sans doute qu'il prend son albumen et ses 
deux enveloppes extérieures , et qu'il devient œuf com- 
plet. 

La vésicule germinative disparaît avant que l'ovule 
se détache des parois de l'ovaire. 

L'œuf pondu et fixé au moyen d'un pédicule aux 
fausses pattes abdominales, se compose de la coque ou 
de son enveloppe protectrice la plus extérieure, dont 
le pédicule n'est qu'uu appendice. Celle-ci est doublée 
par une meuibrane de la coque ou un chorion, qui 
renferme une petite quantité d'albumen. Plus en de- 
dans, se voit la membrane vitelline, plus mince que 
le chorion et à travers laquelle le vitellus paraît comme 
marbré. 

Plus de détails appartiendraient au chapitre du dé- 
veloppement. 

Disons seulement que le nombre, la forme et la cou- 
leur des œufs, et leur composition, relativement aux 
enveloppes protectrices, varient beaucoup dans cette 
Classe, comme dans toutes les autres du règne animal. 

Le nombre des œufs de Xécrevisse /liwialile est très 
borné comparativement à ceux du homard et de la 
langouste. Ils sont très gros, surtout relativement 
à ceux de cette dernière espèce; et cependant Tanimal 
qui se développe dans les œufs de la langouste doit 
atteindre des dimensions bien plus considérables. 

Leur composition, pour ce qui est des enveloppes 
externes, est en rapport avec le lien d'incubation. Ces 



AET. II. DES OVULES ET DES ŒUFS. 367 

enveloppes sont plus solides, lorsque les œufs sont 
pondus dans leau et exposés à Taction décomposante 
des agents physiques, que lorsque l'embryon se déve- 
loppe dans une poche ovifère. 

Ceux de Vupus canci'iformis qui résistent plusieurs 
années à cette action , dans les marais desséchés , ont 
sans doute des enveloppes protectrices qui mérite- 
raient d'être étudiées sous ce rapport. 

Les œufs de Xarlemia salina, qui se développent 
cependant, en partie, dans une poche sous-abdomi- 
nale, ont une coque dure, cornée, un albumen vis- 
queux, transparent, peu abondant, et un vitellus ren- 
fermant d'innombrables quantités de globules (i).] 

E. Dans les Cirrhopodes. 

[Dans les tubes de l'ovaire, les ovules sont arrondis, 
ovales ou oblongs , selon les espèces, ou selon qu'ils ont 
été plus ou moins pressés les uns vers les autres. 

Ils se composent d'un chorion transparent et d'un 
vitellus granuleux, qui donne à la surface de l'œuf 
une apparence raboteuse, inégale. 

La couleur des ovules mûrs, dans l'ovaire, est d'un 
beau bleu de ciel , dans Yanatife commune.^ 

F. Dans la Classe des Annélides, 

[Dans la plupart des Annélides Tubicoles et Dorsi^ 
branches y les ovules ne se développent pas complète- 
ment dans les ovaires; ils passent des cavités ou des 
capsules ovariennes qui les produisent, dans la cavité 

(i) M. Joly. Histoire d'un fjetit CVuiïace, etc. Montpellier, i84o. 



368 XXX V' LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

abdominale, qui leur sert d'oviducte pour le dévelop- 
pement ultérieur. Des orifices péritonéaux, qui donnent 
sans doute entrée à l'eau pour la respiration des œufs 
et leur développement, sont en même temps les is- 
sues par où sortent les œufs , avant leur fécondation , 
ainsi que nous le présumons , ou après leur féconda- 
tion.] 

11 paraît, disait M. Guvier dans notre première édi- 
tion, que, dans ces animaux, les œufs échappent des 
bourses qui les contenaient, pour se répandre dans 
tout le corps; car on l'en trouve quelquefois rempli 
dans Xarénicole des pêcheurs. [Cette observation a été 
répétée , parmi les Tubicoles , chez les térébelles et les 
sabelles. On trouve les œufs dans la cavité abdominale 
de ces dernières, après le huitième segment (i). C'est 
au-delà du premier tiers de la même cavité, et consé- 
quemment de la paroi divisée par des diaphragmes , 
que les œufs s'amassent , c'est-à-dire dans ses deux 
tiers postérieurs. 

Au temps du frai, les œufs remplissent les trois der- 
niers quarts de la cavité abdominale de certains indi- 
vidus de \a. polinoè cirrata. Les œufs sont sphériques, 
recouverts d'un chorion transparent. Leur vitellus est 
granuleux, opaque, couleur de rose pâle , et renferme 
une vésicule germinative sans tache germinative appa- 
rente (2). 

Dans la terebella inultisetosa , ils sont d'un blanc 
jaunâtre. 



(i) M. Grube , o. c. Hg. 12. (2) Mém. sur le développement des An- 
nelides. Archives d'Eribsoen pour i845,p. 12. 



AliT. 11. I>liS OVULES ET DES OtLFS. 369 

Nous les avons vus, dans \ arénicole des pécheurs ^ 
former des masses pressées , dans lesquelles ils avaient 
perdu, en partie, leur sphéricité. Les ovules ont une 
enveloppe extérieure, ou cliorion transparent, débor- 
dant le vitellus tout autour, pour les moins avancés, 
et seulement d'un côté , pour les plus avancés. Le vi- 
tellus a une membrane vitelline jaunâtre. Sa substance 
est opaque. Ces œufs avaient o'""^,i8 en diamètre. 

Une observation remarquable, mais qui n'étonnera 
pas ceux qui auront observé les œufs innombrables qui 
farcissent la cavité abdominale de ces animaux , dans 
la saison de leur propagation, c'est qu'ils pénètrent 
jusque dans les branchies. On en a trouvé dans le tronc 
de chaque arbuscule branchial do \ arénicole^ et dans 
les branchies des néréides. 

Parmi les Annélides A branches ^ Dugès a reconnu , 
dans les ovules des lombrics^ un vitellus, une vésicule 
germinative, et une tache germinative, qui lui a paru 
être de même une vésicule , laquelle se vide par la 
compression (i). 

On trouve flottants dans la cavité abdominale , sur- 
tout dans sa partie la plus reculée, des corps rénifor- 
mes, jaunes ou noirâtres , que l'on a pris pour des 
grappes d'œufs recouvertes d'une enveloppe commune. 

Les œufs pondus du lombric terrestre ont une en- 
veloppe membraneuse cornée, demi-transparente, 
et sont pyriformes. Le petit bout se prolonge en une 
sorte de queue formée de fils entrelacés , qui s'écar- 
tent au moment de la sortie du seul lombric qui s'y 
développe. Cette coque est remplie, dans les œufs qui 



(?) Ibid^^ P. 29, et pi. I , fijj. 18, !g et 20. 

8. U 



370 XXXV LEÇON. Or.G. DE GÉNÉBATION DES ARTICULÉS. 

n'ont pas d'emÎDryon, d'une matière pulpeuse blan- 
châtre, donnant à l'eau un aspect laiteux. J'avoue que 
je ne puis concilier cette observation, sans doute très 
exacte, avec celle que je viens de faire (v. p. Sôg), sans 
en conclure que les lombrics sont ovipares ou vivi- 
pares , suivant les espèces ou les saisons (i)? 

Les naïcles rendent au printemps des cocons ou des 
œufs multiples à la manière des sangsues. La forme de 
ces cocons est ovale, avec un bouton à chaque pôle. Ils 
sont formés de deux membranes, l'une externe plus 
molle , l'autre interne plus dure , plus élastique. Ils ren- 
ferment sept ou huit œufs d'un quart de ligne de dia- 
mètre au plus. Ces cocons supposent, dans les ovi- 
ductes , des parois glanduleuses qui en sécrètent la sub- 
stance et la moulent autour des œufs qui les traversent. 

Chaque ovaire, dans \^ sangsue officinale^ observé 
au mois d'octobre, est une poche dont les parois ont 
un réseau vasculaire très remarquable. Cette poche 
renferme des tubes repliés, alternativement resserrés 
et dilatés, qui conUennent des ovules de 77-/''. Des 
ovules libres, plus avancés dans leur développement 
de Va"' à —"■> se voient entre ces boyaux ovigères (2). 

Ils se composent d'un vitellus contenu dans un cho- 
rion transparent et d'une vésicule germinative peu évi- 
dente. Les œufs pondus sont réunis au nombre de six 
à dix-huit dans un seul cocon. Il y a un liquide trans- 



(i) Voir la Nouvelle Notice de M. L. Dufour, Annales des sciences na- 
furelles, t. IV, p. 216 et pi. 12, B. Et le Mémoire de ^1. Stein sur les or- 
(janes et les fonctions des Myriapodes, etc. Archives de J. Miiîler pour 
'P-iS } pi- Sn'> ûg- 38 , qui représente un ovule en forme de boudin avec 
sa vésicule et sa tache germinalives. 

(a) R. Waçjner, Archives de J, Millier pour i835, p. aai. 



ABT. 11. DES OVULES ET DES ŒUPS. 371 

parent [jélalino-albumineux, qui remplit les intervalles 
des ovules, dans la coque commune et la membrane 
qui les renferme. 

Cette coque a son enveloppe la plus extérieure 
très épaisse, d'un tissu spongieux, composé de fila- 
ments entrecroisés , de nature cornée , résistant à l'ac- 
tion de l'eau. La membrane de la coque est blanchâtre, 
et cependant mince; sa paroi interne est lisse, résis- 
tante ; l'interne adhère fortement à la coque. 

La partie spongieuse, qui a jusqu'à o^ooa d'épais- 
seur, augmente beaucoup le volume du cocon, dont 
la forme est ovoïde et dont le plus grand diamètre est 
de o^ois et peut atteindre 0''%024. 

Tl y a à chacune des extrémités de son grand axe 
une sorte de bouchon, d'une substance moins solide 
que le reste de la coque, qui se détruit à la fin du dé- 
veloppement des petites sangsues, et laisse une ouver- 
ture d'environ un millimètre de diamètre. Cette en- 
veloppe spongieuse est déposée sur la capsule , après 
la mise bas du cocon membraneux (i). 

Chez les nephelis^ la membrane de la coque, et la 
coque elle-même, forment une enveloppe commune 
aux ovules , coriace, transparente, produite dans la 
seconde partie de l'oviducte. Elle est enduite d'une 
substance visqueuse, qui la fait adhérer aux plantes 
sur lesquelles ces hirudinées déposent leurs cocons (2J.] 



(1) D après les observations de M. Lenoble, Notice sur les Sangsues, 
iB-8. Versailles, 1811; elCIiatf.enliei., cité par M. Moquin-Tandon. u. c. 

(3) Voir le mémoire de M. le docteur Rayer, Annales des seiene. natur., 
t. IV, p. 184 et pi. X. 



872 XXXV LEÇO.%'. ORG. I)£ GÉNÉRATION DES ARTICULÉS 

ARTICLE III. 

DES ORGANES PRÉPARATEURS ET MODIFICATEURS DU SPER5IE. 

[Nous décrirons successivement ces organes dans 
toutes les Classes des Animaux Articulés; nous ferons 
connaître ensuite, dans l'article suivant, les caractères 
organiques de leur produit ou du sperme.] 

A. Dans la Classe des Insectes, 

Les organes mâles de la génération, dans cette classe, 
se composent, en général , outre la verge, avec ses en- 
veloppes ou armures , que nous ferons connaître avec 
les organes d'accouplement, d'un canal spermatique 
commun, et de deux paires d'organes, dont Tune peut 
porter le nom de testicules , et l'autre celui de vési- 
cules séminales. 

Chacune de ces paires peut être plus ou moins sub- 
divisée , et varie en figure, en dimensions [et en struc- 
ture. 

Nous allons les décrire successivement dans la plu- 
part des ordres de cette classe , et dans plusieurs 
familles de chaque ordre. 

I . Les Coléoptères. 

[a. Parmi les Pentamères ^lesCaraùiçues présentent 
en général, dans leurs glandes spermagènes et dans 
leurs vésicules séminales, un plan d'organisation ex- 
trêmement uniforme. 

Les testicules sont deux pelotons sphériques ovales , 



ART. m. OHG. PELPARATKLHS ET MODIFIC. DU SPERME. 373 

oblongs , pyrifornies, suivant les espèces, composés 
d'un canal séminifiqiie mille fois replié. Une sorte de 
membrane extrêmement molle revêt chaque peloton 
comme d'un enduit mucoso-^çraisseux , lui servant de 
timique propre. 

Le canal efférent qui en sort se pelotonne encore, 
chez la plupart, à une certaine distance du testicule, 
en une sorte d'épididyme. C'est seulement de cette 
seconde agglomération de forme variée que sort le 
canal déférent. 

Celui-ci se termine dans la vésicule séminale , en un 
point plus ou moins rapproché de la réunion des deux 
vésicules. 

Dans Xharpalus ruficornis, M. L. Dufowsi fait l'ob- 
servation singulière , qu'il n'y a qu'un seul testicule et 
un seul épididyme, d'où sortent deux canaux déférents. 

Les vésicules séminales sont deux assez longs 
boyaux sinueux , à parois résistantes, qui se réunissent 
en un seul canal, le canal éjaculateur, lequel aboutit 
dans la verge (i).] 

Parmi les Hydrocanthares , qui sont encore de la 
grande famille des Carnassiers y le dytisque de RœseU^.) 
a les organes assez amples ; deux vésicules de longueur 
médiocre, grosses, peu repliées; deux testicules glo- 
buleux [ou plutôt un testicule ovale et un épididyme 
globuleux] enduits d'une matière jaunâtre , qui se 
laisse enlever, et se développent alors aisément en un 



(i) Voir la pi. IV du t. VI des Annales des se. nat., où M. L. Dufuur 
a fait figurer ces organes dans huit espèces de Carabiques. La lig. VIII 
repie'sento le testicule et l'épidiclvine unique de VHmpaltts ruficornis. 



374 XXXV* LEçon. org. de génébation des articulés. 

seul vaisseau filiforme très mince et très long. Le ca- 
nal déférent n'en est que la continuation : il pénètre 
dans la vésicule un peu avant que celle-ci se joigne à 
sa pareille pour former le canal commun sperma- 
tique ( 1 V 

[\je gi/rinus natatar, de la même famille des Hydro- 
canthares ^ présenterait un tout autre type d'organisa- 
tion que les précédents. Les testicules sont une simple 
vessie en massue, dont le petit bout produit le canal 
déférent. Cette sorte de sachet ne renferme pas de 
canal séminal replié. L'épididyme manque. Les vési- 
cules séminales reçoivent les canaux déférents immé- 
diatement avant leur union. 

Les Brachélytres ont les testicules de ce dernier type. 
Dans le staphylinus oîens ^ ce sont deux longs sachets 
arqués, plissés en travers , dans lesquels on ne peut re- 
connaître aucun vaisseau séminal. 11 y a quatre vési- 
cules séminales ovales et courtes. Le canal déférent 
qui résulte de leur réunion est long et replié (2). Cette 
simplicité d'organisation pourrait bien n'être qu'appa- 
rente, à en juger parla découverte qu'a faite M. L. Du- 
four, d'une grappe de vésicules peu fournies, dans le 
sachet spermagène du staphylinus maxillosus (3). 

Dans la famille des Serricornes , on trouve de nou- 
veau le type d'organisation vésiculeuse des glandes 
spermagènes. Melaier murinus nous en fournit un 
exemple. Chaque testicule se compose d'une agglo- 



(i) Voir L. Dufour, o. c, pi. V, fig. i. (2) /6,W., Hg. 4. (3) thid., 
tig. 6 et 7. 



ABl. m. OBG. PBÉPAaATEUBS ET MODIFIC. DU SPEBME. 375 

aiérationsphérique de capsules sperma^jènes ovalaires, 
au nombre de quarante. Il y a trois paires de vésicules 
séminales en forme de boyau bifurqué à son extrémité 
libre, en forme de massue, ou bien de vessies bi- 
lobées.] 

Dans la famille des Clavicornes , le bouclier [si/p/ia 
atrata) ^ est pourvu de deux grands testicules ovales, 
formés d'une infinité de petits vaisseaux courts, et 
semblables à ces brosses qui ont des poils en tous sens. 
Le canal déférent est mince et court. Il y a deux paires 
de vésicules , toutes deux cylindriques et assez grosses^ 
dont l'une se replie autour du testicule en serpentant^ 
et peut avoir quatre ou cinq fois la longueur du corps; 
l'autre est beaucoup plus courte. Le canal commun 
spermatique est cylindrique et court. [Ce type d'or- 
ganisation des testicules du genre silpha se rapporte 
à celui des testicules vésiculeux ainsi qu'on le voit 
plus évidemment dans le silpha obscurci , etc. (i).] 

Dans les Lamellicornes : L(îs genres démembrés du 
genre Scarabœus de Linné, comme mélolonlhe ^ 
cétoine ^ trichie^ scarabée^ etc., ont des testicules glo- 
buleux, multiples, et des vésicules en forme de tubes, 
minces comme un fil, et d'une longueur excessive. 

Dans le scarabée nasicorne ^ par exemple , les deux 
vésicules séminales ont plus de vingt fois la longueur 
du corps , et sont entorlillces en un paquet ou peloton, 
qu'il n'est pas difficile de dérouler. Leur tube se renfle 
un peu avant de se réunir au canal commun. Il y a 
de cbaque côté six testicules en forme de petites 



(i) lhld.,V\. Vl,tlg. 5et 6. 



376 XXXV» LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

rouelles (i), et docnant chacun un canal déférent plus 
mince qu'un cheveu ; ces six petits canaux se réunis- 
sent, au iiiéme point, en lui canal commun qui se réunit 
à celui du côté opposé , précisément au même endroit 
où venaient aboutir les vésicules séminales (2). 

Parmi les Palpicornes ^ Yhydwphyie est plus com- 
pliqué que le dytisque: il a deux testicules ovales, for- 
més aussi des replis d'un seul vaisseau. [Suivant 
M. L. Dufour ce serait , au contraire , le type des tes- 
ticules vésiculeux. Telles capsules spermatiques seraient 
empilées autour d'un axe commun, formé par le ca- 
nal efférent.] Le canal déférent est mince comme un 
cheveu, et se renfle en une petite vésicule en aboutis- 
sant à un canal commun. Les vésicules séminales prin- 
cipales sont grosses, à parois fortes, contournées en 
spirale , et se terminent subitement en un petit vais- 
seau replié en zig-zag , et formant l'apparence d'un 
autre testicule plus petit. Il y a de plus deux vésicules 
accessoires , à parois minces , divisées chacune en trois 
branches, et en quelques petits appendices aveugle*. 
Le canal commun spermatique prend dans son milieu 
un renflement musculaire , et redevient subitement 
mince pour entrer dans la verge. Swamraerdam donne 
aussi une figure de ces parties ; mais elle est un peu 
grossière (3). 



(i) Les petites rondelles d'un coté, réunies par leur canal sperma- 
tique, forment par leur réunion un seul testicule. 

(2) Voir M. L. Dufour, ihid.^ pi. VI, fig. 7, 8 , 9 et 10. 

(3) Il n'est pas question, dans cette description, de houppes, ni de la struc- 
ture vasculaire. On a confondu ici, peut-éire, ce que M. Cuvier dit de» 
testicules du Bouclier. Voii- .'Init. des ir. 11 . t, VI, p. 176. 



ART. III, ORG. PRÉPARATEURS ET MODIFIC. DU SPERME. 377 

Le hanneton ressemble au nasicorne. 

La cétoine a des organes plus compliqués , ses testi- 
ticulessont au nombre de douze de chaque côté; et 
outre les vésicules filiformes , et peut-être trente 
fois longues comme le corps , elle en a deux autres 
paires de courtes et grosses ; la plus courte des deux 
paires a le fond fourchu. Les canaux des trois pai- 
res de vésicules , ainsi que les canaux communs des 
deux groupes , composés chacun de douze testicules , 
se réunissent au même point pour former le canal sper- 
matique commun qui se rend à la verge. 

Les trichies ressemblent aux cétoines à cet égard. 

Les stercoraires ou bousiers ^et les lucanes ou cerfs- 
volants ne suivent point ce type; ils n'ont qu'un testi- 
cule de chaque côté , lequel n'est lui-même qu'un pe- 
loton globuleux et serré, fait des entortillements d'un 
seul vaisseau. Leurs vésicules séminales sont aussi fili- 
formes , mais moins longues à proportion que celles 
des scarabées (i). 

b. Les Hétéromères. Dans le blaps moj^tisaga de la 
famille des Mélasomes , le canal commun spermatique 
V est d'une longueur excessive , huit ou dix fois comme 
le corps; il porte à son origine quatre organes tout 
semblables à des vésicules ; deux d'entre eux font 
d'abord très régulièrement quelques tours de spirale en 
s'amincissant , et se replient ensuite irrégulièrement 
après s'être de nouveau renflés. Les deux autres sont 
simplement en zig-zag et beaucoup plus courts. 

[Les testicules, qui ne font pas partie de cette des- 

(0 Voir L. Dutour, m. c., pi. VII, hg. 3. 



378 XXXV LÏÇON. OBtJ. DE GÉNÉBAllO:?» DES ARTICULÉS. 

cription,sont deux corps réuiformes, du moins dans le 
Blaps gigas^ composés d'une a[;glomératioa d'innom- 
brables vésicules ( i ). Leur canal déférent se dilate un 
peu avant de se terminer au confluent des vésicules 
séminales et du canal éjaculateur. 

c. Les Tétramères. Nous citerons le Bostrichus ca- 
piicinus de la famille des Xylophages , dont chaque tes- 
ticule se compose d'une arrglomération en rondelle, 
d'un grand nombre de vésicules en forme de massue. 
Ces vésicules convergent vers le centre de la rondelle, 
où elles se réunissent. Il y a deux paires de vésicules sé- 
minales; Tune composée de vessies ovoïdes, l'autre de 
deux longs boyaux (2). 

Dans la famille des Longiç&rnes , le prionus coria' 
rius a de nouveau le type d'organisation de la plupart 
des Lamellicornes, des testicules en rondelles. Il y a 
six rondelles pour un testicule , comme dans le han- 
neton , avec cette différence que leurs canaux sémini- 
fères ne convergent pas en un seul point; mais qu'ils se 
réunissent successivement pour former le canal défé- 
rent. Celui-ci va en augmentant de diamètre jusqu'à sa 
réunion avec son symétrique. Chaque canal, avant celte 
réunion . reçoit une paire de vésicules séminales 
filiformes. 

hes Galéruques, de \a famille des Cycliques^ ont les 
deux testicules confondus dans une capsule membra- 
neuse commune. Cette enveloppe membraneuse est 
d'un jaune très prononcé dans la galeraca lusilanica. 
Elle renferme les deux testicules, dont chacun est une 



(1) /6zJ.,pl. VIII, fig. I. (2) o. c, pi. IX, fig. 3. 



ABT. III. OKG. PBÉPARATEURS ET MODIFÎC. DU SPEBME. 379 

capsule également spbérique , qui paraît composée 
d'un f^rand nombre de vésicules. 

Dans la galeruca tanacetl^ il y a deux poches prin- 
cipales pour chaque testicule. Dans l'une et l'autre es- 
pèce, il sort de la capsule commune deux courts ca- 
naux déférents qui s'insèrent à la fin des vésicules 
séminales formant chacune deux longs boyaux re- 
pliés (i). 

d. Les Trimères ^ qui comprennent la famille des 
ydphicliphages , ont de nouveau le type des testicules 
composés d'innombrables vésicules, formant, pour 
chaque testicule, une agglomération spbérique à sur- 
face inégale. Le canal déférent, qui part da centre de 
cette sphère, se renfle peu après sa sortie. Les vésicules 
séminales sont filiformes. Le canal éjaculateur, qui ré- 
sulte des canaux déférents et des vésicules séminales, 
commence par un renflement bulbeux considérable. 11 
est d'ailleurs long et replié (2). 

Ces exemples suffiront pour faire comprendre les 
différents types de structure que présentent les testi- 
cules et les vésicules séminales, qui composent l'appa- 
reil des organes préparateurs et modificateurs du 
sperme, dans l'Ordre nombreux des Coléoptères. 

Nous les retrouverons dans les autres ordres de cette 
classe. 

Aussi nous bornerons-nous à ne citer que très peu 
d'exemples, pour chacun de ces Ordres, en choisissant 
de préférence ceux pour lesquels nous aurons de 



(1) thid., pi. IX , fig. to, M et 1 2. (3) Ibid., pi. IX . fiç. i3.1 



380 XXXV» LEçon. org. de génébatioîv des articulés. 
bonnes iigures à indiquer; elles pourront faire com- 
prendre , au premier coup d'œii, les différences et les 
ressemblances signalées dans nos descriptions. 

Ces différences , dans les détails , se montrent d'une 
espèce à l'autre ; tandis que les ressemblances les plus 
importantes caractérisent les espèces d'un même 
genre , et souvent les genres d'une même famille.] 

2" Dans les Orthoptères , 

Les sauterelles et les grillons ont deux testicules 
ovales, considérables, attachés contre le dos : ils sont 
enduits d'une mucosité jaunâtre , et l'on y voit de 
belles trachées qui les traversent. Leur structure est 
un composé de petits vaisseaux courts, qui en font une 
espèce de brosse. Le canal déférent est replié en épi- 
didyme ; il grossit , un peu avant de s'unir à son sem- 
blable , pour former le canal commun , parce qu'il 
reçoit deux groupes de vésicules ; l'un des deux en 
contient plus de soixante , et l'autre plus de deux 
cents, beaucoup plus fines que les premières (i). 
Les quatre groupes remplissent près de la moitié de 
l'abdomen. 

A l'endroit même où les deux canaux déférents se 
réunissent, sont deux petites vessies ovales. 

[Cette description générale des organes prépara- 
teurs et modificateurs du sperme dans les deux familles 
des Acridiens et des Locustaires , convient encore , 



(i) Cette description des vésicules séminales, faite par M. Cuvier, 
me semble prise d'une Locustaire ; elle convient à VEphippigera vespertina. 
Voir L, Dufour, Recherches sur les Orthoptères^ etc., pi. II, fig 36. 



AP.T. HT. ORG. PBÉPABATfiUBS ET MODIFIC. DU SPERME. 381 

dans ses parties principales , aux autres familles de 
cet ordre. 

En général , cet appareil génital y montre à la fois 
un grand développement et une grande complication. 
L'une et l'autre circonstance sont en rapport avec 
l'extraordinaire multiplication de la plupart des es- 
pèces. Les testicules sont composés de vésicules allon- 
gées ou courtes. Un épididyme complique le canal 
déférent des Locustaires et des Grilloniens. Les vési- 
cules séminales sont des lubes nombreux annexés aux 
canaux déférents ou au conduit éjaculateur. Mais cha- 
cune de ces parties présente des différences de forme, 
de structure intime et d'arrangement, qui caractérisent 
les familles ouïes genres de cet ordre.] 

3° Les Hyménoptères. 

[L'appareil préparateur et modificateur du sperme , 
dans cet Ordre, a un caractère de simplicité qui con- 
traste avec sa grande complication dans les Ortho- 
ptères. 

Les testicules , souvent réunis sous une enveloppe 
commune , se composent de faisceaux de tubes courts, 
qui convergent vers l'origine du canal déférent et de 
deux vésicules séminales , formant chacune un assez 
grand réservoir en forme de vessie , auquel vient se 
joindre le canal déférent , après s'être changé en épi- 
didyme, ou sans cette modification. 

Le nombre des tubes sécréteurs qui composent cha- 
que testicule varie beaucoup. Uy^beille domestique 
en a plus de cinquante; tandis qu'il n'en a le plus sou- 
vent que trois. 11 n'y a même qu'une seule capsule 



o82 xxx^' LEçorv. org, de génération' des articulés. 
spermifique dans \es Formicaires. les Calcidites ,\e^ 
Gallicoles et le grand Frelon (i). 

Les vésicules séminales montrent de très grandes 
différences dans leur forme , dans leurs proportions 
et dans leurs rapports avec les canaux déférents. 

Pour juger de toutes ces différences, il suffira de 
jeter un coup d'œil sur les nombreuses figures publiées 
par M. L. Dufour, dans le mémoire qui vient d'être 
cité.] 

4° Les Névroptères. 

[Dans cet ordre , l appareil préparateur et modifica- 
teur du sperme varie d'une famille à l'autre, sans être 
jamais très compliqué. 

Les Libellules offrent l'exemple de la plus grande 
simplicité de cet appareil dans toute la classe , puisque 
les vésicules séminales manquent. 

II n'y a que deux longs testicules en forme de chaton 
(dans la Ubellula depressa) composés d'une grappe de 
très petites vésicules globuleuses^ très serrées autour 
du canal déférent. Ce canal sort de l'extrémité posté- 
rieure du testicule, se replie sur lui-même sous l'appa- 
rence d'une petite capsule oblongue. Mais cette enve- 
loppe commune renferme un paquet de cinq vésicules 
oblongues, réunies par l'extrémité du canal défé- 
rent (a). 

Dans le sialis niger, parmi les MégaloptèreSy cha- 
que testicule se compose de six capsules ovales for- 



(») M. I^. Dufour, .^/j«r</!dsSMr /« Hyménoptères , p. i36 «^l %. *4-, 
pour l'abeille domestique. (2) Ibid.^ tlfj. j8 J et i83. 



AliT. m. OlUV. PnKl'ABATEUBS ET MODllTC. DU SPEB3IE. 3?!^ 

mant une série arquée, de laquelle sort le canal 
déférent. Il y a deux paires de vésicules séminales py- 
riformes (ij. 

Les perles ont deux testicules en chaton , composés 
d'une apjglomération d'utricules sphériques, recouvrant 
ie canal déférent, excepté à sa face inférieure. Il n'y 
a qu'une paire de vésicules séminales, tuberculeuses, 
en forme de massue. Elles se réunissent au canal défé- 
rent de leur côté, après que ce canal a cessé d'être 
très sinueux. Il s'élarj^it un peu avant de former, avec 
son symétrique, un court sinus éjaculateur (2). 

Dans la panorpe commune ^ les testicules ne sont 
composés que d'une seule vessie oblongue d'un volume 
assez considérable. Les vésicules séminales sont longues 
et cylindriques. Les canaux déférents , courts et déliés, 
s'y terminent avant leur réunion en un canal éjacula- 
teui'(3). 

Dans \e fourmilion^ c'est encore un autre type pour 
la structure des testicules, qui se composent chacun 
de cinq vésicules oblongues, aboutissant ensemble au 
canal déférent. Celui-ci, peu sinueux , reçoit de son 
côté une des vésicules séminales en forme de tube 
grêle, et deux autres courtes et oblongues (4)] 

a' Les Hémiptères, 

[Nous verrons, dans cet Ordre, îa même composition 
que dans les autres ordres de la classe, deux testicules 
et un nombre variable de vésicules séminales. 

Le canal déférent peut montrer dans son trajet des 



(i) Ihid.^ lig. 186 et 187. (2) Voir L. Dufour , Recherches sur !si Né- 
vroptèrex, pi. II, fig. 46. (3) thid.. ti|ç. 17a. (4) Fhitt., 6f[. îo4 et i«5 



384 \XX\* LEÇON, OP.G. DE GKISERATION DES ARTICULES. 

modifications comparables à 1 epididyme des mam- 
mifères. 

Les glandes spermagènes varient dans leur struc- 
ture. Le plus souvent elles se composent de plusieurs 
vésicules arrangées en rosace , en éventail ou en épi 
autour du canal excréteur. Plus rarement ne touve-t-on, 
dans ce type, qu'un seul sac spermagène. 

Dans un autre type de structure , les glandes sper- 
magènes se composent de tubes pelotonnés, comme 
dans beaucoup de Coléoptères. 

Les vésicules séminales sont des tubes grêles filifor- 
mes , en petit nombre ou très multipliés. Ce sont en- 
core des réservoirs vésiculeux considérables. 

Voyons à présent jusqu'à quel point ces ressem- 
blances ou ces différences se rapportent aux divisions 
et aux groupes naturels. 

a. Parmi les Géocorises ,\es scutellères et\e?> penta- 
tomes ont des testicules en forme de sac (i), dont le 
contenu se compose d'une pulpe dans laquelle on a cru 
apercevoir de petites vésicules. 

Les Corées , les cdydes les pyrrhocores , et le cimex 
lectularius ont des testicules composés de sept vési- 
cules cylindriques, en massue, en navette, disposées 
en éventail ou en rosace à l'extrémité du canal défé- 
rent. Les capsos ont huit capsules en rosaces; l'ara- || 
dus avenius n'en a que cinq (2). 

Le Pelogonus marginatiis est organisé sur un tout 
autre plan. Les testicules se composent de deux tubes 
roulés en spirale, qui se réunissent bientôt pour former 
le canal déférent. Chaque canal , qui est fort long , 

(1) Voir M. L. Dufour, pi. X,fig. 1 16-126. (2) /6/rf. , fig. 127 iS;. 



( 

ART. TH. ORG. PRÉPARATEURS ET MODIFIC. DD SPERME. 385 

forme plusieurs replis, puis se clilaieen navette , avant 
de se terminer dans le tronc de la vésicule séminale de 
son coté. Celle-ci se compose de tubes longs et de vési- 
cules réunies successivement au conduit principal , qui 
se joint à son symétrique pour fermer le canal éjacu- 
lateur (i). 

Je ne vois d epididyme dans le groupe des Geocorises ^ 
que dans la punaise des lits ^ dont les canaux défé- 
rents sont subitement dilatés en massue dans leur 
trajet (i). 

Quant aux vésicules séminales, nous citerons comme 
exemple de leur complication et de leur nombre, celles 
du peiitatoma dissimilis {p.), qui sont de troi3 sortes; 
les unes formant des arbuscules de tubes très fins; les 
autres, une paire de grands réservoirs vésiculeiix; la 
troisième sorte forme une bouppe de chaque côté , de 
tubes beaucoup plus gros que les premiers, s'ouvrant 
par un seul canal dans le conduit éjaculateur. 

b. Les Amphicorises se distinguent par l'absence 
de vésicules séminales et par des testicules en forme de 
poches. Il y a deux de ces poches par testicule dans les 
gerris paluduin; on n'en trouve qu'une dans le velia 
currens. 

Les canaux déférents , avant de se réunir pour for- 
mer le conduit éjaculateur, subissent deux dilatations 
considérables dans la première espèce , et une seule 



(i) Ibidf fig. iSy, A. Dans !a dpsciiption qu'on vient de lire, nous 
appelons testicules ce que M. L. Dufour a déterminé, avec doute cepen- 
dant, comme vésicules spermatiques, et léciproquement. (2) /iù/., fijr. 
137, t. (3) //n<f., fig. 122 et 123. 

8- 35 



386 XXXV LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

dans la seconde, qui tiennent lieu à la fois d'épididyme 
et de vésicules séminales (i). 

c. Les Hydrocorises sont organisées sur plusieurs 
types. 

Les naucores ont des testicules composés d'un fais- 
ceau de vésicules, ou de quatre à sept capsules sperma- 
gènes , avec des vésicules séminales tubuleuses ou en 
forme de vessie, sans épididyme (2).] 

Parmi les Hémiptères ^ disait M. Guvier dans notre 
ancien texte, je n'ai disséqué que le nepa scorpioîdes ; 
j'y ai trouvé, comme Swammerdam, un canal com- 
mun, [le conduit éjaculateur] deux petites vésicules 
courtes et cylindriques, [les vésicules séminales] deux 
canaux déférents gros et tortillés en épididyme, se 
divisant à leur origine, chacun en quatre petits testi- 
cules, qui se prolongent aussi chacun en un très long 
vaisseau filiforme ; ces huit vaisseaux sont tortillés en 
peloton. 

[Dans la ranatra lineuris^ chaque testicule se com- 
pose de cinq tubes déliés , dilatés et vésiculeux à l'en- 
droit où ils se terminent dans le canal déférent ; celui-ci 
s'enroule dans la partie moyenne de son trajet, en un 
long épididyme en forme de fuseau. Il n'y a pas de 
vésicules séminales (3). 

Nous ne citerons plus , dans cet Ordre, que l'appa- 
reil génital de la cigale (cicada orni ) ; les testicules de 
cette espèce sont une agglomération sphéroïde de 
petites vésicules. 



(i) /ifrf., Hg. i38 et iSg. (9.) Tfcirf., fig. 140-146. (3) La figure 1/17 A 
de l'appareil génital du Nepa cinerea se rapporte bien à cette description. 

(4) ibid., fig. .48. 



ART. III. ORCt. PBÉPARATEUBS ET MODIFIC. DU SPERME. 387 

Les vésicules séminales, au nombre de deux seule- 
ment, se composent chacune d'un long tube replié sur 
lui-même et enlacé avec le canal déférent, également 
très long, qui se termine dans le bulbe éjaculatear , 
peu après avoir reçu le tube séminal (i).] 

6° Dans les Lépidoptères. 

Il y a deux formes différentes dans cet Ordre : j'ai 
observé l'une dans le bombyx pavoniao\s. grand paon 
de nuit, et c'est la même, mais mutilée, que Malpighi 
et Swammerdam ont décrite dans le papillon du ver à 
soie [bombyx mori). 

Le canal commun sperniatique se partage en deux 
vésicules séminales, d'abord un peu renflées et se pro- 
longeant ensuite en forme de tube. Elles restent coi- 
lt;es l'une à lautre pendant moitié de leur longueur. 
Les canaux déférents entrent, très minces chacun, dans 
le renflement de la vésicule de son côté. Ils vont en 
grossissant par degrés , et se terminent chacun par 
une masse qui peut être regardée comme le testicule. 

Malpighi a représenté les vésicules rompues un peu 
au-dessus de 1 insertion du canal déférent; Sw^am- 
merdam les figure rompues un peu plus loin. Les tes- 
ticules sont moins grands dans le pavonia que dans le 
ver à soie. 

J'ai observé la deuxième forme dans le sphinx du 
Lithymale j et c'est absolument la même que Swam- 
merdam représente dans le papillon de jour de l'ortie 
{pcip. urlicce). I^e canal commun, beaucoup plus long, 
se partage aussi en deux longf.es et minces vésicules, 

{i) Ibid. H{;. 102, A. 



388 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

dans chacune desquelles entre un canal déférent; mais 
ces deux-ci, au lieu d'avoir des testicules séparés, se 
réunissent eu une masse testiculaire unique et ar- 
rondie. 

■y" IjCS Diptères. 

[Ils ont, en général, l'appareil préparateur et modi- 
ficateur du sperme d une grande simplicité et beau- 
coup moins varié dans sa composition que dans les 
autres ordres. 

Les testicules , au nombre de deux, peuvent être 
réunis dans une capsule commune \^les Asiliques). Le 
type de structure le plus commun est celui de vési- 
cules ou des poches divisées, dont la forme et les pro- 
portions peuvent varier beaucoup. 

Mais les asiles, stachynia, piophila, les dwsophila, 
\hippobosque,GU\, les ont en longs tubes capillaires 
contournés en spirale ou pelotonnés. 

Les conduits déférents sont renflés à leur terminai- 
son dans le culex annulalus, ou dans le milieu de leur 
trajet (le tipiila oleracea) (i), et forment dans ces 
renflements comme une sorte d'épididyme. Ils restent 
p^rêles, filiformes, dans les autres Diptères. 

Les vésicules séminales peuvent être de simples tu- 
bes , dont il existe une seule paire et c'estlê cas le 
plus général. 

Dans le culex annulatus, Vœstrus, Vechinoniia. le 
rhyncomia , etc., ce sont des utiicules arrondis ou 
elliptiques. 

Les Anthomyzides et beaucoup de DJitscitles man- 



(i) it/t/., tif;. '-'O, 'i pt 26. 



ART. m. OBG. PRÉPARATtLRS ET MODltlC. DU SPERME. 389 

qucnt de vésicules séminales; nous ajouterons même le 
tahanus citer; chaque canal déférent se rendant dans 
un des deux lobes vésiculeux qui constituent le com- 
mencement du canal éjaculateur.] 

B. Les Arachnides . 

[i. Dans l'Ordre des Pulmonaires^ \e?> Aranéides 
ou les fileuses ont la glande spermagène double et 
située tout entière dans l'abdomen. 

Le pholcus phakulgister les a en massue allongée , 
dont le gros bout est dans la partie reculée de cette 
cavité, La partie amincie dirigée en avant se change 
en un canal flexueux qui s'ouvre à côté de son sem- 
blable, dans une fente qui se voit entre les deux oper- 
cules puhnonaires à la base de l'abdomen (i). 

Chaque glande, dans la mygale maçonne^ est un long 
canal, très flexueux, formant des sinuosités assez ré- 
gulières dans toute la longueur de l'abdomen, dépas- 
sant en avant l'orifice où il se termine, en venant y 
aboutir à côté de son symétrique, après s'être courbé 
davant en arrière. Ce n'est plus alors que le canal 
excréteur de la glande. Les deux canaux ont une issue 
commune au dehors, entre les deux opercules pulmo- 
naires postérieurs (2). 

T.,es Scorpions, èeXii division des Pédipalpes^ ont pour 
glandes spermagènes un double tube, aboutissant sépa- 
rément à chacune des deux verges dont ces animaux 
sont pourvus. 

Chaque tube est très sinueux; ses replis, en s'anas- 
tomosant, forment plusieurs mailles, dont la plus 



(i) Voir le Règne animal de Cuvicr, pi. IV, tig. i2, tet b', des Arach- 
nides , publiée par Dugès. (2) Ibid., pi. I , fig, 1,^61 1 , /, d'après Diigès. 



390 XXX V^ LEÇON. OKG. DK GÉNÉRATION DES ARTICULAS. 

avancée se continue avec le canal déférent. Celui-ci 
se prolonge dans la verçe de son côté; soit après s'être 
réuni à un petit cœcum tenant lieu de vésicule sémi- 
nale (i); soit que ce petit cœcum manque, comme 
dans les espèces où nous avons observé les testicules. 

Entre la face dorsale de l'abdomen et le testicule 
se trouve une lame à la fois écailleuse et membra- 
neuse, large en avant, se rétrécissant en pointe eu ar- 
rière, de manière à figurer assez bien une lame de 
sabre, dont le tranchant, dirigé du côté de la ligne 
médiane , aurait une partie saillante , arrondie dans le 
milieu de sa longueur. Le dos de cette lame tourné en 
dehors, est formé d'une baguette cornée qui se courbe 
en dedans, à son extrémité antérieure, pour en former 
l'articulation (2). Il faut la soulever pour découvrir les 
mailles que figure le testicule, lorsqu'on a ouvert l'ani- 
mal par le dos. C'est seulement de dessous la partie 
articulaire de cette lame que le canal déférent se 
dégage, pour se porter encore plus avant vers la racine 
de la verge. 

A l'endroit où ce canal joint la verge, il se réunit 
à un petit tube court, pour ne plus composer avec lui 
qu'un seul canal séminal. Ce tube court est une petite 
glande qui pourrait être déterminée comme une pro- 
state, ou considérée comme une vésicule séminale. 

■2. Parmi les Arachnides trachéennes ^\e'i> faucheurs 
ont un testicule composé d'un paquet de très petits 
cœcnms, qui se réunissent à un seul canal déférent, 

(i) Voir le Méi;ioire de M. J. MiiUcr déjà cité, jil. I, fl;;. 8. 

(2) Tieviranus la décrit comme iinifjuement de substance cornée, et 
protégeant le canal déférent de sun coté. C'est bien !e testicule qu'elle re- 
couvre du côté dorsal. 



ART. III. ORG. PRÉPARATEURS £T MODIFIC. DU SPERME. 391 

lequel aboutit directement dans le tube de la 
verge (i). 

Chez le trombidium holosericeum ^ le testicule est 
une glande oblongue , d'apparence gélatineuse, à la 
surface de laquelle on distingue des canaux sémini- 
feres extrêmement fins, se rassemblant en deux 
troncs, les canaux déférents, qui vont directement à 
la vulve (2). 

liCS Tardigradcs auraient dans le même individu, 
avec un ovaire, deux sacs allongés situés de chaque 
côté de l'ovaire et de l'intestin et se terminant au 
cloaque. Ces sacs paraissent être leurs testicules. 

Une vésicule séminale plus large, conique, située 
plus en arrière, renfermant des spermatozoïdes , com- 
plète l'appareil de génération de ces animaux singu- 
liers (3).] 

G. Dans les Myriapodes, 

[Nous devons toujours séparer, dans nos descrip- 
tions, les Chilopodes des Chilognathes. 

1» Dans les Lithobies ^ qui appartiennent au premier 
groupe, les organes préparateurs du sperme se com- 
posent d'un long boyau central, replié sur lui-même, 
et de deux longs boyaux latéraux. 

Ces àevw dei-niers forment une nnsf en arrière, au 
milieu de laquelle vieut aboutir le boyau central. 
C'est de la convexité de cette ansfj que partent les 
deux canaux déférents, qui se rendent dans le péuis. 

Durant le développeuient de ces animaux, le tube 



(i)Trc\iianus, o. t., pi. IV, lij. n. {■?.) ïbid.^ l>!- VI, Ii{5. 3';, 3) M. J.. 
Doyère, u. c, p gî. 



392 XXXV» LEÇON. OUG. 1>E GF.NÊfiATlOiS DES ABTICOLÉS. 

central est déjà proportionuéuîent volumineux, que les 
lubes latéraux sont encore rudimentaires (i). 

Deux glandes accessoires de la même structure que 
celles décrites, cliez les femelles, pourraient encore 
être comparées aux prostates des mammifères (2). 

Dans la sciitigera lineata ^ les testicules seraient de 
lon^s canaux repliés , commençant par une dilatation 
vésiculeuse. Ces canaux se réunissent en un seul , qui 
se termine dans Tare que forment les deux défé- 
rents. Ceux-ci se dilatent deux fois en vésicules oblon- 
gués (3). 

La glande speiinagène du geophilus subterruneus 
est beaucoup plus compliquée que dans les lithohies. 
Il y a aussi deux canaux déférents aboutissant dans le 
pénis, ils se réunissent en arcade pour recevoir, dans 
leur convexité, le boyau du testicule. Celui-ci est très 
long, replié et formant plusieurs anses fermées ; il se 
dilate, par intervalles, en vésicules qui lui donnent 
Tapparence d'un chapelet. 

Deux petites glandes accessoires, de forme très al- 
longée, présentent la même structure celluleuse que 
celle des lithobies. 

2" liCS Chilognathes se distinguent des Chilopodes , 
dans cette partie de l'appareil génital, comme dans 
toutes les autres. 

Il ny a proprement qu'une glande spermagène 
dans les genres iule et polydesnie , composée de deux 

(ij M. Stein, ui. c, pi. Xil , fi.j;. i, et pi. XIII, fig. 26, pour le dcve- 
loppemeiit. Cet auieiir itserve le nom de vésieule nu tube médian, et 
celui d'épiJidvme aux tubes latéraux , attendu qu'il n'y a pas trouve de 
speriuatozoïdes. Ce seraient plutôt, dans oeca^, des prostates. (-2) V^oir eu 
core Treviranui. Mélanije^. etc., pi. V, fiff. 7. (3) Voir L. Dutour; An- 
nales des se. tiat.y t. II, pi. V, tif;, .^ 



AiîT. 111. ORG. PUKPAJRATFAIRS ET MODIFIC. DU SPERME. 393 

tubes longitudinaux , réunis , par intervalles , par des 
tubes irausverses et formant comme mie échelle. A 
ces tubes loufjitudinaux, sont annexés, du côté interne, 
une série de vésicules de même nature, dont la cavité 
s'ouvre dans le tube principal , par un court canal ex- 
créteur ( I ). 

D^ns Viiilus /ndximns , RU lieu de ces appendices 
vésiculeux , j ai observé une houppe de petits cœcums 
qui paitent des points correspondants des tubes lon- 
gitudinaux. 

Une courte portion de l'échelle du testicule dépasse, 
en avant, les organes extérieurs de génération. Celle- 
ci, et celle beaucou[) plus longue qui est en arrière 
de ces mêmes organes, aboutissent ensemble par 
chaque tube longitudinal au canal déférent de leur 
côté. Celui-ci ne tarde pas à pénétrer dans la verge 
dont il rencontre la racine. 

r^es testicules des glo me ri des sont organisés sur un 
autre plan. Ce sont des agglomérations distinctes, allon- 
gées, de vésicules sphériques, adhérentes entre elles 
par de petits canaux. Les deux glandes idjoutissent en- 
semble à un boyau commun, sorte d'épididymc, qui 
verse le sperme dans une arcade, que forment, à leur 
naissance, les deux canaux déférents. Ceux-ci se ren- 
dent dans chaque pénis (2).] 

D. Dans la Classe des Crustacés. 

ï. Dans la Sous-classe des Malacostrncés. 

1 ° Chez les Décapodes. 

A l'intérieur, on voit , dans le mâle , deux canaux 

(i) Ibid., pi. XIII, Hr. 17 et 18. (2) Ibid., [ig. 11. 



394 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

déférents très tortillés, qui se rendent chacun à la 
racine de la verge de son côté. 

Dans les Crabes, les deux canaux, d'abord très 
gros près des verges, deviennent ensuite très fins, et 
s'entortillent tellement, qu'ils forment, chacun de son 
côté, une apparence de glande. Les deux glandes ne 
sont pas réunies. 

[Nous ajouterons à cet ancien texte, que le testicule, 
chez les animaux de cet Ordre, peut être double ou 
simple, c'est-à-dire confondu en une seule masse. 

Sa position est dans une grande partie de la cavité 
thoracique sous le cœur, et de chaque côté de l'es- 
touiac, sur le foie et au-delà. Sa forme varie d'un genre 
à 1 autre; sa couleur est blanc de lait à l'époque du rut, 
et sa structure se compose d'un tube plus ou moins 
sinueux replié sur lui-même, et se ramifiant ou se di- 
visant en tubes plus petits terminés en culs-de-sac, ou 
en petits cœcuras oblongs ou globuleux. Il sort de 
cette masse glanduleuse un canal excréteur mem- 
braneux, à parois minces et transparentes, ayant inté- 
rieurement des plis longitudinaux , qui se porte des 
côtés du testicule lorsqu'il n'y en a qu'un, ou du côté 
externe de chaque testicule lorsqu'il y en a deux, vers 
la dernière cavité articulaire thoracique. Mais avant 
d'atteindre cette partie, le canal déférent est changé , 
chez les Macroures ^ en un tube copulateur susceptible 
de s'invaginer et de se dérouler au dehors , ainsi que 
nous l'expliquerons dans l'article des organes d'accou- 
plement. Chez les Brachymes ^ il se prolonge hors de 
la cavité thoracique dans le tube de la verge.] 

Dans Xécrevisse^ les deux canaux déférents viennent 
d'un testicule divisé en différents lobes, et placé sous 
le cœur, derrière l'estomac, entre les deux grappes de 



ABT. III. ORG. PBÉPABATKUBS ET MODIFIC. DU SPERME. 395 

vaisseaux hépatiques. Il est blanchâtre, et d'apparence 
glanduleuse. 

[Le testicule proprement dit se compose de trois lo- 
bes, deux en avant et un en arrière, réunis sur la ligne 
médiane, dont le dernier est placé sous le cœur et 
dont les deux premiers s'avancent vers l'estomac. Ils 
se composent de grappes de grains vésiculeux. 

Le canal séminal assez gros, qui s'en sépare de 
chaque côté, vis-à-vis de l'endroit de réunion de trois 
lobes, est long et replié; c'est une sorte d'épididyme. 
Il augmente considérablement de diamètre, devient 
proprement canal déférent, et se porte en dehors et en 
arrière, à la rencontre de l'article basilaire des pattes 
postérieures. Mais, avant d y aboutir, le canal déférent 
s'est modifiée en verge tubuleuse susceptible de se dé- 
rouler au dehors. 

Dans la Langouste^ c'est un tout autre plan, du 
moins pour la forme , sinon pour la structure intime. 

Les deux testicules restent séparés, sauf une bande 
étroite qui les unit en arrière du pylore, ils forment 
chacun une bande sinueuse et plate, de couleur blanc 
de lait, qui commence sous l'estomac, s'élève sur les 
côtés de ce viscère en se portant en arrière, le sépare 
du foie, continue de se porter eu arrière en se plaçant 
sur le foie et en se rapprochant de son symétrique, et 
s'étend au-delà de ce viscère jusque vis-à-vis la dernière 
paire de pattes où elle a son extrémité libre Dans ce 
long trajet, le testicule se compose de tubes extrême- 
ment sinueux, à parois bosselées. 

A quelques centimètres avant .son extrémité posté- 
rieure, le tube principal de cette glande se change en 
un canal à parois toutes unies, dont le diamètre est plus 
grand, dont les replis sont bien plus longs et forment 



396 XXXV« LEÇON. OEG. DE GÉiSÉlîATION DES ARTICULÉS. 

un paquet distinct, qui peut être considéré comme un 
épididyme^ et sa dernière portion, qui se continue 
avec le tube de la verge comme le canal déférent.] 

2** Chez les Stomapodes. 

[Chaque glande spermagène de la squille manie ^ est 
un tube très sinueux , très replié , qui se voit au-dessus 
du canal alimentaire et du foie, sous le cœuretle sinus 
péricardique qui l'enveloppe, et conséquerament dans 
la même position relative que l'ovaire. Il s'étend beau- 
coup moins en arrière , et ne se voit guère que dans 
la longueur du premier segment abdominal et tout au 
plus dans le commencement du second segment. 

Le canal déférent se détache de chaque côté en 
avant de ce tube sinueux, se porte transversalement 
en dehors, et pénètre dans l'article basilaire de la der- 
nière paire de pattes, à la face interne duquel chaque 
verge est articulée.] 

3° Chez les Xyp/tosiires. 

[Dans les Limai es ^ les glandes spermagènes se com- 
posent aussi de tnbes ramifiés occupant les côtés du 
céphalo- thorax. 

Ils se rapprochent sous ce rapport des Décapodes 
et des Stomapodes.^ 

If Chez les Isopodes. 

[La structure des glandes spermagènes se sim[)lifie 
beaucoup, chez les Isopodcs . ^Wes ne se composent 
plus en effet que de quelques tubes droits, communi- 
quant les uns dans les autres, dont les parois, plus ou 
moins évidemment cellulcuses, sont chargées de la sé- 
crétion du sperme. 

Nous n eu citerons que quelques exemples , choisis 
dans la famille des Clopoitides. 



ABT. III. ORG. PPéPABATEURS ET MODIFIC. DU SPERME. 397 

Dans les armadilles., chaque testicule se compose 
d'un lon.jj tube arrondi à son extrémité antérieure, et 
séparé en deux par un étranglement. La partie la plus 
avancée reçoit près de son extrémité, du côté externe, 
trois autres petits tubes fusiformes, outrés effilés à 
leur extrémité libre. 

La partie postérieure du tube principal se recourbe 
versla ligne médiane, et devient plus étroite pour for- 
mer le canal déférent. f>.es deux canaux déférents se 
rapprochent l'un de l'autre et semblent se confondre. 
Les divers tubes que nous venons de décrire commu- 
niquent les uns dans les autres ; leurs parois se compo- 
sent de cellules en losange (i). 

Dans les ligies et les ligidies les tubes qui composent 
les testicules sont plus effilés (2).] 

IL Dans la sous-classe des Eiitomostracés. 

[L'existence et la structure des glandes ou de la 
glai de spermagène est loin d'être connue dans tous les 
animaux de cette Sous-classe , dont un grand nombre 
sont pour ainsi dire microscopiques. 

1" Dans r ordre des Branchiopodes. 

Plusieurs seraient hermaphrodites; tel est Vapus 
cancriformis y dont les tubes filamenteux et ramifiés, 
qui composent les testicules , s'étendent à côté de 
l'ovaire, et rapprochés de l'intestin, jusqu'au milieu de 
l'abdomen. 

M artemia salina appartiendrait encore à cette ca- 
tégorie des Entomostracés hermaphrodites (3); tandis 

(î) M. LerehouUet, mémoire cité. (2) Voir la ti{j. i3 de la p], XII de 
l'Hisioire naturelle des Crustacés de M. Milm; Edivards, (3) Suivant 
M Joly, iiK-in. cit., pi. II,H{i. 6, 9. 



398 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

que les sexes sont séparés chez les limnadies^ les 
branchipes , les cyclopes , etc. 

Dans le cyclops castor^ le testicule est un sac pi- 
riforme situé derrière le cœur vers le dos; son canal 
déférent , long et étroit, descend immédiatement vers 
la vulve.] 

2° Dans l'ordre des Syphonostômes. 

[Les argules auraient une glande spermagène ana- 
logue à celle du cyclope castor. C'est une petite vési- 
cule qui répond à la base des verges. 

Les mâles de ï achteres percarum^ parmi les Z^r/zeei", 
ont dans leur cavité viscérale en arrière , quatre corps 
opaques arrondis, qui ont été pris pour des glandes 
spermagènes (i).] 

E. Dans la Classe des Cirrhopodes. 

[La glande spermagène est double et symétrique. 
Elle occupe un espace plus ou moins étendu , suivant 
les espèces, à l'époque du rut, sur les côtés de la ca- 
vité viscérale et du canal alimentaire , immédiatement 
sous les téguments. 

Dans les penlalasinis^ nous l'avons trouvée composée 
de petits cœcums ou de petites vésicules, réunies 
par grappes à un arbre de vaisseaux séminifères. Les 
plus fins de ces vaisseaux aboutissent à des branches, 
qui se réunissent à un tronc central, lequel se rend dans 
répididyme (2). 

Celui-ci est un long sac sinueux, en forme de massue, 
qui paraît à travers les téguments, lorsqu'il est rempli 
de sperme , à l'époque du rut. 11 diminue de diamètre 

(i) M. Nordmann, o. r. p. 76. (2) Cette disposition des vaisseaux 
séminifères est bien représentée dans la figure 8 de la planche du mé- 
moire de M. Cuvier sur les Àiiatifes et les Balanes. 



ART. III. ORG. PRÉPARATEURS ET MODIFIC. DU SPERME. 399 

en descendant vers le tube de la verge, dans lequel 
chaque épididyme devenu canal déférent pénètre. 

Les deux canaux rapprochés Fun de l'autre se réu- 
nissent bientôt en un seul, qui reste encore, pendant 
un court espace, distinct du tube de la verge et se con- 
fond ensuite avec ce tube. 

Les parois de ce sac sont épaisses et glanduleuses 
dans la plus grande partie de leur étendue; elles ne 
deviennent membraneuses que lorsque le tube qu'il 
forme est étroit et ne remplit plus que les fonctions de 
canal excréteur (i). 

La structure générale des testicules est la même 
dans les divers genres de cette classe que nous avons 
eu l'occasion d'observer. Des différences se remar- 
quent cependant dans la forme des petites capsules 
glanduleuses, dans l'arrangement de leurs canaux sé- 
miuifères, dans la forme et dans l'étendue de l'épi- 
didyme. 

Les testicules des cineras sont comme dans les peuta- 
iasmis. 

Les Olions n'ont que des canaux séminifèrestrès fins, 
qui se rendent directement dans Tépididyme. 

(i)Dans la première édition de cet ouvrage, M. Cuvier avait bien déter- 
miné cette partie comme appartenant au testicule, mais il n'avait pas 
reconnu la glande speimagène que nous venons de décrire, et qu'il a 
prise plus tard pour l'ovaire (mémoire cité). Nous donnons ici le texte de 
notre première édition. « Les Cirrhopodes ou Balanites et Anatifères pa- 
» raissent en avoir de très différents des Acéphales ^ et se rapproL-her, à 
» l'égard des organes mâles, comme à beaucoup d'autres, de la classe des 
>i Crustacés. On trouve, de chaque côté de leur canal intestinal, un tube 
» blanc et serpentant, qui paraît être le testicule, et qui aboutit vers la 
» base du tube qui tient lieu de rectum. Néanmoins, ces animaux sont her- 
» maphrodites, et leurs ovaires sont deux masses placée-; entre le tronc et 
» le manteau , et qui n'y sont liées que par des vaisseaux et de la cellu- 
» losité. » 



400 XXXY* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS, 

Dans une grande espèce de balane (le balanus tin- 
tinabuluni) , nous avons trouvé le testicule composé de 
vésicules ovales, formant des grappes avec les canaux 
séminifères auxquels elles sont attachées. L'épididyme 
est un long tube, très replié, un peu dilaté à son ori- 
gine, s'amiucissant pour sa terminaison. 

Sa paroi interne a des plis transverses, entre lesquels 
paraissent des points noirs qui sont probablement les 
orifices des cryptes dont elle est pénétrée. 

Le contenu de ce sac était composé de granulations 
et de spermatozoïdes en fil. 

Dans \-à coronule des baleines , cha.q\ie testicule se 
compose de même de vésicules glanduleuses et de ca- 
naux séminifères. 

Le tube formant l'épididyme est court et d'un petit 
diamètre.] 

F. Dans la classe des Annélides. 

[Parmi les Tubicoles ou Sédentaires^ Xestérébelles ont, 
dans la cavité viscérale , trois ou quatre bourses ou 
glandes spermagènes, que Ton a comparées à celle de 
Varénicole. 

Celles de la sabella unispira, au nombre de deux , 
sont situées sur les côtés du canal alimentaire ( i).] 

Parmi {c^ Annélides Dorsibranches ^ M. Guvier a 
observé, dans la partie antérieure du corps de Varéni- 
cole des péc/ieurs, cinq bourses grisâtres de chaque 
côté, suspendues par des vaisseaux et de la cellulositéj 
elles paraissent bien analogues à celles du ver de terre. 
[M. Grube en a vn une paire de plus, située en ariière 
de la cinquième et rndimentaire (2). 

1^1) M. Grube, o. c. fig. 12, y. (2) O. f., pi. II, \\^,. 6, y. 



ABT. il. ORC. PRÉPARATEURS ET MODIFIC. DU SPERME. 40i 

Ces bourses ont chacune un orifice extérieur à la face 
abdominale, en arrière et au-dessous du paquet de soies 
en crochet (i). 

Le même auteur a trouvé quelques œufs dans ces 
bourses, au mois de juillet. Cependant il ne les regarde 
pas comme les ovaires. 

Dans Veunice harassii^ les bourses spermati(jues (q) 
sont situées sur le bord de la bande musculaire dor- 
sale. Elles manquent, ainsi que les ovaires, dans les 
premiers segments du corps. 

Dans les Âimêlirles Ahrandies. Dans U!i lombric 
dont le clitelium était développé, je trouve (le 21 mai) 
trois paires de vésicules demi-transparentes de diffé- 
rentes formes et grandeurs. Elles sont situées entre le 
quatrième et le douzième anneau du corps. 

La paire postérieure est la plus grande; Tune est un 
boyau simple, arqué; l'autre, un boyau replié en fer- 
à-cheval, ou revenant sur lui-même de toute sa lon- 
gueur. Dans la paire moyenne, lune est oblongue, et 
l'autre encore en forme de boyau arqué. 

Enfin, des deux de la paire antérieure, l'une est 
ronde et l'autre oblongue. 

Le contenu de ces vésicules paraît, à travers leurs 
parois, composé de granules opaques dans un liquide 
muqueux encore limpide. 

En dehors des deux premières paires, se voient 
quatre vésicules sphériqiies, blanches comme du lait : 



(i) Ce que M. Cuvier n'avait f)as exprimé d'une manière absolue, 
piiisqu il dit qu'elles sont bien analogues à celles du ver de terre, et que, 
tout en les considérant, dans cedeinier animal, comme appartenant à la 
génération , je ne saurais, ajoute-t-il, les dislingiKP par leurs fondions. 

(2) M. Grube, o. c. pi. H, h;^. 6, Y. 

8. 26 



402 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

ce sont les vésicules séminales. Elles étaient distendues 
par un liquide laiteux, composé en grande partie de 
spermatozoïdes mêlés, et non plus en écheveaux. 

Entre les vésicules postérieures était une masse 
blanche comme dn lait, de forme irrégulière, rem- 
plie de spermatozoïdes vivaces et se bouclant dans Teau. 
Le contenu des grandes bourses renfermait des fais- 
ceaux de spermatozoïdes , des rondelles qui sont leur 
capsule , et des ovules de o'""\2 de diamètre, remplis de 
cellules rondes et surtout de cellules en navettes. 

Les grandes vésicules, soit en forme de cornue, soit 
en forme de boyau repliée, sont des organes doubles 
ou hermaphrodites, composés à la fois de la glande 
ovigène et de la glande spermagène. 

On en aura une idée assez exacte en consultant la 
figure idéale qu'en a publiée M, H. Meckel. Les ovi- 
ductes, les canaux déférents et ceux des vésicules sé- 
minales paraissent se réunir et aboutir ensemble aux 
deux vulves (i). 

Chez les Naïdes , les glandes spermagènes sont deux 
petites poches dont le volume varie suivant la saison; 
elles sont situées dans le onzième anneau du corps. 
Chacune a un canal sinueux qui va s'ouvrir au dehors 
par une fente transversale , sur les côtés de ce même 
anneau (2). 

Cliez les Hiruduiées , l'appareil génital mâle est assez ■ 
compliqué. Nous croyons devoir décrire, en premier 
lieu , celui des nephelis ^ genre de la tribu des Voraces^ 



(i) Sur l'iappareil «le (génération de (|iielques animaux hermaphrodites , 
par H. Meckel, Archives de J. .Millier pour 1844, p. 473i «^t p'- Xllf, 
fig. 12. (•2) Dii»>è.s , Ami. dc^ se. nat.., t. X V , n. 32o, et pi. Vil , fig. i et 3. 



ART. II. OEG. PRÉPAKÀTEUBS ET MODIFIC. DU SPERME. 403 

afin d'arriver à une détermination plus exacte de l'ap- 
pareil des autres (genres (i). 

Les glandes spermagènes sont doubles. Chaque 
glande commence , en arrière de l'abdomen , pav une 
grappe cylindrique et longue de vésicules sphériques, 
qui ont chacune un petit canal excréteur. De lextré- 
mité antérieure de ces grappes sort un canal sinueux 
épais, sorte d'épididyme, qui s'amincit peu à peu, de- 
vient très délié comme canal déférent et se termiue , 
après s'être de nouveau un peu renflé, à côté de son 
semblable, dans la vésicule éjaculatrice (2). 

Dans les genres hœmopis , albione ^ sangaisuga^pisci- 
cola, au lieu des grappes de vésicules nombreuses que 
nous venons de décrire , chaque glande spermagène se 
compose de cinq, huit, neuf et même douze vésicules , 
rangées à des distances égales, vis-à-vis de celles du 
côté opposé, le long du côté interne du canal séminal, 
à droite et à gauche du cordon principal des nerfs. Il 
y en a souvent une de plus d'un côté que de l'autre. Ces 
vésicules sont ovales , sphériques ou pyriformes, suivant 
les espèces. Le tube dans lequel elles versent le liquide 
qu'elles sécrètent, le reçoit de chacune d'elles par un 
très court canal excréteur, qui forme leur pédicule. Ce 
tube se dirige d'arrière en avant , parallèlement à son 
semblable , jusque dans l'anneau génital mâle où il ren- 
contre dans les genres sanguisuga , hœmopis , un épi- 
didyme composé d'un canal pelotonné ou à demi roulé 
et montrant une disposition intermédiaire entre celle 

(f) V'oir la Monographie de la famille des Hirudinées ^ par M. A. Mo- 
c]uin-Tandon,pI. III, fig. 5 et 6. 

(2) Mt'iiioirfi de M. Z/eo. Archive-; de Millier pour i83.S, p. 4'9i "^ 
pi. XI. 



404 \.\X\' LEÇON. ORG. DE GENERATION DES ARTICULES. 

décrite dans les nephelis et le peloton des sangsues.] 
M. Guvier, qui l'avait déterminé, dans ces dernières, 
comme le testicule, dit que les deux testicules sont 
composés des replis nombreux d'un seul canal mou et 
/)lauchâtre, à parois glanduleuses , et d'un conduit dé- 
férent, court, droit et musculeux. Ces deux conduits, 
ajoute-t-il, m'ont paru aboutir à la base de la portion 
musculeuse de la verge. 

[Dans la piscicola geometra^ cet appareil est encore 
plus compliqué. Il y a sept paires de vésicules ovales 
dont chaque rangée est attachée à son tube excréteur 
commun. Ces vésicules sont plus grandes à proportion 
que dans la sangsue médicinale. Les deux tubes sémi- 
naux aboutissent dans un canal beaucoup plus gros, 
qui a été décrit comme un épididyme. Celui-ci se porte 
en avant, puis se tourne en arrière, forme une anse 
entre la deuxième et la troisième paire de vésicules 
spermagènes, se porte de nouveau en avant jusque 
dans la vésicule séminale de son côté. Ces replis dé- 
ployés de l'épididyme sont évidemment, comme dans 
les alhiones , un passage au peloton plus serré décrit 
comme testicule chez les sangsues. Si l'on passe des 
piscicola et des albione aux nephelis ., en comparant 
la même partie, on ne pourra s'empêcher de la consi- 
dérer comme un épididyme , et les vésicujes agglomé- 
rées, ou disposées régulièrement le long d'un tube 
i.ommun, pour la vraie glande spermagène. 

Dans la piscicola geometra , les vésicules séminales 
sont situées à côté l'une de l'autre dans le quatrième 
anneau. Leurs conduits éjaculateurs sortent de leur ex- 
trémité antérieure et s'ouvrent dans la base du pénis. 
Leur contenu est blanc cl finement granuleux. 



ART. IV. DU PRODUIT DES GLANDES SPEBMAOÈNES, 40O 

ARTICLE IV. 

DU PRODUIT DES GLANDES SPERMAGÈNES ET ACCESSOIRES, OU DU 
SPEB3IË ET DES SPERMATOZOÏDES QU'iL RENFERME. 

§ 1 . Du sperme. 

Le sperme des animaux articulés est souvent blanc 
de lait et assez consistant; mais il peut être coloré en 
gris ou en jaune ( la lerebella niultisetosa). Il n'a pas 
été examiné, que je sache, sous le rapport de sa com- 
position chimique. A l'époque du rut , il se compose 
essentiellement de spermatozoïdes; tandis que les 
tubes ou vésicules accessoires, annexés aux glandes 
spermagènes, ne sécrètent qu'une humeur analogue 
aux prostates des mammifères , ou ne renferment de 
spermatozoïdes que postérieurement à leur dévelop- 
pement dans les testicules. L'une et l'autre humeur de- 
vraient être étudiées comparativement dans les diverses 
familles de ce type. 

§ Q. Des spermatozoïdes . 

Les spermatozoïdes qui composent, à l'époque du 
rut, la plus grande partie du sperme àe% Animaux 
Articulés ., comme celui des Vertébrés, ont, en géné- 
ral, une forme capillaire. 

A. C'est celle qu'ils présentent dans la classe des 
Insectes , chez lesquels cette forme siniole ne varie 
guère que par ses proportions, et parce qu'une des 
extrémités peut être un peu renflée, avant de s'effiler 
en pointe déliée. Ils y montrent des mouveaients vcr- 
miformes, se frisent, se bouclent et se nouent quund 
on les met dans l'eau. Ils se développent dans des cap- 
suies, dans lesquelles ils sont roulés en écheveaux 
avant la rupture de la poeiie génératrice. 



40G XX X>' LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATIOIH DES ARTICULÉS. 

Ceux des Orthoptèîes ^ cependant, ont présenté une 
singulière exception à celte forme p'énérale. 

Ils ont un corps long et aplati , qui devient, par une 
de ses extrémités , un long fil délié ; l'autre extrémité 
est armée d'un double crochet en hameçon. 

L'appendice filiforme seul a toute la mobilité qui 
distingue les spermatozoïdes capillaires des autres In- 
sectes. Le corps et ses crochets restent roides et immo- 
biles. Dans les canaux déférents , ces spermatozoïdes 
sont disposés parallèlement par petits groupes de 6 , 
10 et 12. 

Dans le réservoir de la semence, après le coït, on 
trouve un ou plusieurs corps ronds ou pyriformes , qui 
sont de véritables spermaphores. Ce sont des capsules, 
ayant une seule ouverture, formées probablement 
dans le canal déférent, qui renferment un assem- 
blage singulier de spermatozoïdes. C'est un corps 
semblable à une longue plume d'autruche , composé 
conséquemment d'une tige et de deux rangées de 
barbes ou de barbules. Ce corps a non seulement des 
mouvements de totalité, mais il se meut encore dans 
toutes ses parties. 

Chaque spermatozoïde disposé en travers est accro- 
ché régulièrement et alternativement, de chaque côté 
de la tige fictive, à deux autres. Ils représentent ainsi, 
par la série de leurs crochets, cette tige, et par leur 
queue les extrémités des barbules (i). 

B. Les spermatozoïdes des Arachnides ont encore 
été peu étudiés. 



(i) M. Siéljold. Communication faite à la séance du 11 sept. J842, 
de la section d'anatomie et de physioIof»ie , delà réunion des nntiir;ilistPS 
allemands à Maveiire. Page 2^3 tles procès-verbaux imprimés. 



AHT. IV. DU PfiODCJIT DES GLANDES SP£J\MAftE-\ES. 407 

C Dans les Myriapodes , les Chilopocks et les Chi- 
logiiathes^ les produits des appareils de génération 
sont très différents dans l'un et l'autre groupe. 

Les spermatozoïdes des Chilopodes sont de forme 
capillaire, comme tous ceux des Insectes, naissent par 
faisceaux dans des capsules séminales , se meuvent en 
serpentant, se roulent, se bouclent aussitôt qu'on les 
met dans l'eau. On les trouve dans le canal déférent 
et le testicule des animaux en rut. 

Chez les Chilognathes , leur forme rappelle le type 
de ceux des Crustacés décapodes : ce sont des cellules 
spbériques {les Jules j, les polydesmes) ou elliptiques 
{lesglomerù), qui ne manifestent aucun mouvement. 

Les changements que présente la composition orga- 
nique du sperme hors du rut, aux approches de cette 
époque et pendant sa durée , ont été étudiés avec 
soin dans les Myriapodes , comme dans les autres 
classes des articulés. Le développement des spermato- 
zoïdes ou des corps spermatiques y suit les mêmes 
phases. 

On trouve d'abord, dans la cavité du testicule un 
liquide plastique daus lequel se déposent des granules 
opaques. Les granules deviennent de plus en plus 
nombreux, et se changent successivement en vésicules. 
Celles-ci, en se développant, montrent bientôt à tra- 
vers leur enveloppe transparente une, deux et même 
trois autres vésicules plus petites , qui renferment un 
ou deux noyaux avec un contenu transparent. Dans 
la suite du développement, le liquide de la vessie 
principale se charge de granules, et bientôt ces gra- 
nules se sont transformés en écheveaux de spermato- 
zoïdes capillaires. 

IJne circonstance fort singulière, fort extraordi- 



408 XXXV LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

naire , annoncée par M. Stein (i) , c'est qu'on en 
trouverait de même, sans copn]ation préalable, dans 
les réservoirs séminaux des femelles des Litliobies et 
des Géophiles ^ et que ces spermatozoïdes s'y dévelop- 
peraient en suivant les uiémes phases que dans les 
glandes spermagènes des mâles. Nous ne citons cette 
observation qu'avec doute , n'ayant pas eu encore Toc- 
casion de la constater ou de l'infirmer. 

B. Dans la classe des Crustacés ^ les spermatozoïdes 
présentent deux formes générales qui caractérisent 
deux groupes distincts. 

Ceux des Décapodes ont une forme ramassée qui 
peut être sphérique , cylindrique, conique, prisma- 
tique, polygone, suivant les genres et les espèces, avec 
des filets, en nombre variable, qui partent de la cir- 
conférence ou des angles de ces corps spermatiques. 

Leur développement a lieu dans des capsules pyri- 
iormes ou ovales, dans lesquelles ils sont posés les 
uns vers les autres. Chez les uns [\es pagures) ces cap- 
sules génératrices sont fixées , au nombre de deux, à six 
o!i sept, sur une membrane oblongue flottant librement 
dans le liquide spermatique. Chez les autres (la Gala- 
tliea strigosa), elles sont attachées en plus grand 
nombre, avec régularité, à un filet commun. 

L'autre forme des corpuscules spermatiques est 
celle en fils plus ou moins déliés. 

Nous avons trouvé cette forme capillaire dans les 
squilles parmi les Stomapodes. 

Les Amphipodes et les Lœmodipodes les ont aussi 
capillaires; les premiers avec un renflement à l'une 
de leurs extrémités, les derniers ayant leur partie 

(i) O.cpl. XIV,fijr. 3.5, 36.3-,39, 40. (i)0.r,,pl. XIV, %. aSetau. 



ART. IV, DU PRODUIT DES GLANDES SPERMAGÈNES. 409 

moyenne un peu plus épaisse que les extrémités ( ceux 
du cyamus ceti). 

Les Isopodes les ont encore de cette forme. Tous 
ceux de ce type se bouclent et se frisent comme ceux 
des insectes , ou prennent les apparences de touffes de 
cheveux mêlés. 

Les corpuscules spermatiques en forme de capsule 
n'ont pas montré jusqu'ici de mobilité, quoiqu'il y ait 
eu quelques légères apparences de cette faculté dans 
les rayons capillaires qui leur sont attachés. 

Quant aux spermatozoïdes capillaires, leur faculté 
motrice est généralement reconnue; dans plusieurs cas 
cependant elle n'a pas encore été constatée. 

Le développement des spermatozoïdes des Crustacés 
paraît d'ailleurs absolument analogue à celui des au- 
tres classes. Nous venons de voir qu'il a lieu , pour les 
spermatozoïdes à forme ramassée , dans des capsules 
de figure et de disposition différentes. Ces capsules 
ne renferment , dans le principe , que des granules. Ces 
granules deviennent des cellules ^ qui présentent même 
souvent un noyau dans leur centre. Les appendices 
ou les filets rayonnes de ces cellules de différentes 
formes ne se développent qu'en dernier lieu. 

Quant aux spermatozoïdes capillaires, lorsque la 
glande spermagène a la forme d'une poche allongée, 
comme chez les Cloportides, on peut observer les 
phases successives de leur développement dans les 
différentes parties de cette poche. Lorsque leur sommet 
ne renferme encore que des granulations de dimensions 
variables, un peu plus loin on découvre déjà des cap- 
sules de grandeur variée. Plus près du canal déférent 
la poche glanduleuse est remplie d'écheveaux de sper- 
matozoïdes. 



410 XXXV LEÇO.N. ORO. DR GÉXÉBATION DES AfiTICULlis. 

'" 'Le cyclops castor, de la soiis-classe des Eiitomos- 
tracés , a des spermatozoïdes contenus dans des cap- 
sules compliquées qui rappellent les spermaphores des 
Céphalopodes. 

E. La forme capillaire distingue encore les sperma- 
tozoïdes de la classe des Cirrhopodes. 

J'ai constaté l'existence de ces filaments spermati- 
ques innombrables, plus ou moins mélangés de gra- 
nulations, dans les vésicules qui constituent l'organe 
qui avait été pris pour l'ovaire , et dans le canal dilaté 
que j'ai déterminé comme l'épididyme. Je les ai obser- 
vés dans plusieurs espèces appartenant aux genres 
pentalastnis, cineras çtotion de la famille des Anatifes 
et dans plusieurs espèces de celle des Balanes. 

Ces filaments spermatiques, observés vivants, ont 
des mouvements de vibration , se frisent et se bouclent 
dans Teau (i). 

F. C'est encore la forme capillaire que l'on a obser- 
vée dans les spermatozoïdes àes^nnélldes. 

La partie un peu plus épaisse que l'on peut désigner 
comme le corps est contournée en tire-bouchon dans 
ceux de la branc/tiobdelle de l'écrevisse. 

Le développement des spermatozoïdes des sangsues 
et des lombHcs a offert la circonstance singulière que 
les cellules génératrices sont réunies en petits disques, 
et qu'ils sortent, en premier lieu, de celles qui occupent 
la circonférence (2). Nous avons reconnu ces disques 



(1) M. Siébold, m. c, p. 29 et 3o. (2} Me'm. cit. de M. H. Meckel, pi. 
XIII, fij^. i-i3. Voir encore le-i mémoires de M. Siébold sur les Zoo- 
sjjermi'S des Crustacés et des Insectes, etc. ^rcliive<t de J. Miiller pour 
1 836, et sur ceux du Cyclops ci-tor. Ann. des se. nat., 2' série , t. XIV, p. 
36 et |)l. V B. Enfin les observations de M. Kœlliher^ sur le liquide sémi- 
nrjl dps Ci-rtsf'aréS et des Clrlipèdes. Même Recueil , t. XIX, p. 335 et sbiv. 



AP.T. V. OBGAiAES MALES D'ACCOUPLEMENT. 4ll 

dans le produit de la (][lande hermaphrodite du lom- 
bric^ et les cellules (>cnéiatrices des spermatozoïdes 
dont ils se composent. Ceux-ci sont des fils capillaires 
courts, un peu renflés à l'une de leurs extrémités, longs 
de o"""',075.] 

ARTICLE V. 

DES ÔKGANES d' ACCOUPLEMENT CHEZ LES MALES DES ANIMAUX 
ARTICULÉS. 

[A. Dans la Classe des Insectes , les organes mâles 
d'accouplement sont constamment placés à l'extrémité 
postérieure de l'abdomen , sans en excepter la famille 
des Libellules , parmi les Nèvroptères ^ qui n'a que des 
organes de préhension ou d'excitation situés à la base 
de ce même abdomen, ils se composent : 

1° D'une seule verge, tube membraneux, continua- 
tion du conduit éjaculateur, qui porte la liqueur fé- 
condantC;, au moment de la copulation, dans le vagin 
de la femelle. 

2° D'un fourreau plus consistant qui protège la verge 
et sert à son introduction. i\.u lieu d'être continu, il 
peut se composer de deux baguettes rapprochées. 

3° D'une paire extérieure de pinces désignées sous le 
nom de forceps, que le mâle eniploie pour saisir l'ex- 
trémité de l'abdomen de sa femelle. 

4° D'une seconde paife de pinces [tenèltes^volselles) 
plus rapprochées de la ligne moyenne , ordinairement 
plus petites que le forceps, propres au même usage 
et quelquefois à introduire la verge et son fourreau 
dans le vagin de la femelle. 

5" D'une pièce impaire, médiane, infe'rieure, écail- 
le use, qui a probablement aussi ce dernier usage. Le 
force().s , la volsellc sont articulés à une pièce basi- 



412 XXXY* LEÇON. ÛBG. DE GÉNÉBATION DES ARTICULÉS. 

laire qui donne attache aux muscles qui meuvent cet 
appareil et le fixent au dernier segment de l'abdomen. 

Au reste, il y a des variétés infinies dans la forme et 
dans les proportions de ces différentes parties, même 
d'une espèce à l'autre , différences qui sont en rapport 
avec les organes femelles et rendent le mélange des 
individus de deux espèces différentes impossible , ou 
difficile, ou infécond. 

Plusieurs de ces parties peuvent manquer, ou du 
moins être réduites à l'état rudimentaire. 

Le conduit éjaculateur est pour ainsi dire aussi une 
partie de l'appareil d'accouplement. Ce conduit est 
l'intermédiaire entre la verge et le réservoir du sperme. 
Il reçoit ce liquide au moment de l'orgasme vénérien, et 
le transmet dans le tube de la verge. L'impulsion que le 
sperme reçoit du conduit éjaculateur le porte au-delà 
de la verge dans les voies génératrices de la femelle. 

Nous nous bornerons à un petit nombre d'exemples, 
qui suffiront pour faire comprendre les principales 
différences de cet appareil, en les prenant dans les 
principaux ordres delà classe.] 

i" Les Coléoptères. 

[Les Coléoptères ont en général l'armure copulatrice 
de la verge peu compliquée, et essentiellement com- 
posée du fourreau de la verge, avec ou sans crochets 
accessoires tenant lieu de volselle. 

fie Carabe doré a une verge filiforme, égalant le 
tiers de la longueur de son corps, d'im tissu élastique, 
et terminée par un gland bilobé. Elle est contenue dans 
un étui cylindrique , de consistance cornée dans la plus 
grarde partie de sou (^tendue , terminé par une pointe 
acéi'ée. 



ART. V. ORGANES AIAI.ES d'acCOUPLEME.NT. 4l3 

Les Dytisques , paiiiii les Hydrocanthares ^ ont cette 
armuie plus compliquée et plus conforme au plan gé- 
néral.] 

Dans le bouclier (silpha atrata) la verge est aussi cy- 
lindrique, revêtue de pièces écailleuscs, mais sans 
pinces [forceps]; à sa base interne est une vessie ovale 
dont j'ignore l'usage, mais qui m'a frappé par sa res- 
semblance de position et de figure avec la vessie des 
mammifères (i). 

Dans le scarabé nasicorne ^ le canal commun qui ré- 
sulte de la réunion des vésicules séminales et des testi- 
cules [le conduit éjaculateur], grossit et devient mus- 
culeux, puis s'engage dansun étui de substance cornée, 
terminé par une espèce de pince, entre les lames 
de laquelle est placée la verge : celle-ci n'est qu'un petit 
tube cylindrique. Il paraît que les deux branches de la 
pince s'introduisent dans la vulve , et qu elles s'écar- 
tent ensuite pour faciliter l'entrée de la verge. La fi- 
gure de ces parties, donnée par Swammerdam, est 
très exacte. 

2° Chez les Orthoptères. 

[La verge est entourée et protégée par plusieuis 
pièces écailleuses dont l'ensemble forme Xarmiire co- 
pulatiice. 

\u?i mante religieuse 'A cette armure composée, contre 
l'ordinaire, de pièces impaires. 

Il y a entre autres un long crochet corné, arqué, bi- 
furqué , auquel semble opposée une lame écailleuse 
assez large, ayant son extrémité obtuse armée d'une 



(i; Cette vessie ovale est le conduit éjaculateur. 



41 4 XXXV' LEÇON. OBG. DE GÉKÉBATION DES ARTICULÉS. 

petite dent; et une petite lame cornée, obtuse, située à 
la base de l'appareil (i).] 

3° Les Hyménoptères, 

[Sont ceux de tous les Insectes qui ont, en fjénéral, 
cet appareille pins complet et le plus compliqué : aussi 
est-ce en ayant particulièrement en vue leur appareil 
de copulation que nous avons fait la description gé- 
nérale qui commence cet article. 

Dans les bourdons [hombus lapidaiius)^ la pièce 
basilaire forme une sorte de capuie qui recouvre en 
partie les autres pièces de l'appareil. Ce sont les deux 
branches du forceps ou de la pince intérieure, qui a 
pourusa.ofe de saisir l'abdomen de la femelle pour la co- 
pulation. Ces branches sont composées de trois pièces, 
dont la basilaire est la principale pour les dimensions, 
et dont la seconde et la troisième sont très courtes; 
cette dernière se termine en fourche. 

La vo/selle, composée des crochets internes, a ceux- 
ci plus courts, grêles, droits et non arqués. Ils servent 
à introduire la verge dans le vagin de la femelle. Enfin 
il y a une pièce impaire, qui protège la verge en 
dessous; c'est ïhi/potôme de M. L. Dufour (2). 

L'appareil copulateur du psithyrus campestris est 
encore phis compliqué. 11 y a un forceps composé de 

(i) Voir le Mémoire cité. PI. V, figf. 4' i f- 

(2) Voir la pi. IX, fig. i, de la graode édition du Règne .ininial de 
Cuvier. Cette figure, dessinée par M. Audouin, est probablement ex- 
traite d'nr) mémoire inédit fait en commun par ce savant et par M. Lacbnt, 
et lu à i'Acadéii>ie des sciences e\\ 1824, ayant pour titre : Observations sur 
quelques appendices copulateurs mâles des insectes Voir la note 1 de la 
jiage 142 lies Recherches de M. L. Dnfcur mv les orthoptères, les hrnic- 
noptères et les névi aptères. 



AET. V. ORGANES MALES d' ACCOUPLEMENT. 4l5 

deux branches robustes, un peu arquées , tronquées à 
leur extrémité. Les branches de la volselle ^ moins so- 
lides, dépassent celles du forceps par leur article ter- 
minal , qui est en forme de truelle. 

La verge a un fourreau composé de deux pièces la- 
térales, prêles, courbées en S, avec un crochet en ha- 
meçon à leur extrémité , et d'une pièce médiane en fer 
de lance. Enhn ïhjpotôme est formée par deux spatules 
ovales-oblongues (i). 

Cette complication , ou ce haut degré de composi- 
tion, ne se trouve plus dans Xabeille à miel^ où plusieurs 
pièces de cet appareil sont devenues rudimentaires ou 
sont remplacées par d'autres. 

Toutes les pièces qui existent, au nombre de cinq , 
sont contenues dans une sorte de gaine membraneuse. 
Celles qui répondent aux branches du forceps sont fai- 
bles et effilées en arrière. 

\jB. vols elle ie compose de deux lames courtes, trian- 
gulaires , avec un crocheta leur base, 

liC fourreau est représenté par une pièce impaire , 
qui se voit près de la base supérieure de la verge. 

La verge est un corps cylindrique musculo-mem- 
braneux, blanchâtre , et marqué de cinq anneaux hé- 
rissés de poils. Dans l'état où lappareil génital est sorti , 
on voit de chaque côté de la verge deux vessies aérien- 
nes en forme de cornes, dont l'emploi est probléma- 
tique (2).] 

4° Chez les iSévroptèrvs. 

.Suivant notre ancien texte, les clcinoiselles auraient 



v'i -^J* '• 5 i?'- *^»%' 5S, Ou pauua cuiisuUer eucure les fig. .'>6, 64- 
65 et 73 de la même planche. (2) M. c, pi. VI , tig, 55. 



416 XXXV' LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

leur organe mâle à la base de l'abdomen, et non à la 
pointe. De là leur singulière position dans l'accouple- 
ment; il faut que le mâle saisisse le cou de la femelle, 
avec des crochets qu'il porte à l'extrémité de l'abdo- 
men, jusqu'à ce que la femelle se recourbe et rap- 
proche l'extrémité de son propre abdomen de la base 
de celui du mâle. [Mais cette manoeuvre n'est qu'un 
prélude au véritable accouplement; elle a pour but de 
mettre la vulve en rapport avec des organes excitateurs 
très compliqués qui se trouvent à la base de l'abdomen 
du mâle. M. L. Dufour les décrit comme trois paires 
d'apophyses (i}= 

Les deux premières paires occupent le second seg- 
ment abdominal, el la troisième le segment suivant; 
on les voit de chaque côté d une fossette longitudi- 
nale que présente cette région (2). 

La verge , tube membraneux très court , s'ouvre dans 
la ligne médiane de l avant-dernier segment abdomi- 
nal. Son orifice est fermé par deux valves. C'est d'ail- 
leurs à l extrémité du dernier segment que se trouve 
l'armure copulatrice; elle se rapporte aux deux bran- 
ches du forceps de cette armure chez les autres In- 
sectes, et se compose de deux pièces écailleuses un peu 
pointues.] 

5" Chez les Hémiptères. 

[L'armure copulatrice est le plus souvent très simple, 
chez les Insectes de cet Ordre, et ne consiste guère 
que dans le fourreau de la verge, et la pièce basilaire 
de toute l'armure (3). 

(i) Ibid , p. 3:>7 et 3()i?. (^-j) Voir Rathke De libellarum partibusgenita- 
libus. Regiomofiti , 1 832 ; et Bumieister, Handbuch der Entomologie , 1. 1 , 
^ i52. (3) On pourra sVn ronvaincre en jetant un coup d'œilsur les figures 



ART. V. OKGÀKES MALES i)' ACCOUPLEMENT. 41 T 

La volselle ou les tenettes existent plutôt que le 
forceps ou les pinces (i). 

Le coreus marginatus n'a pas même les crochets qui 
caractérisent la volselle (2). 

Le Naucoris aptera^ parmi les Hydrocorises , a de 
nouveau une armure copuîatrice compli(|uée avec for- 
ceps (3). 

Dans les Cicadaires {\i\ cicada orni) ^ l'armure co- 
puîatrice consiste essentiellement en une pièce écail- 
leuse terminée pardcMix forts crochets, recourbés vers 
le bas. C'est entre ces deux crochets que sort la verge , 
filet délié, se courbant en spirale.] 

6° Les Lépidoptères 

[Ont le forceps composé de deux branches écail- 
leuses à crochet. Deux aiities valves poilues, de consis- 
tance de parchemin, flanquent immédiatement le pénis. 
Celui-ci est un tube de même consistance, percé à son 
extrémité.] 

■7° Dans les Diptères. 

[Le conduit éjaculateur est souvent bulbeux à son 
origine, et montre, par cette forme, la faculté con- 
tractile dont il est doué , pour porter dans le vagin de 
la femelle, à travers le tube que forme la verpe, le 
sperme qu'il reçoit des canaux déférents. 

La verge a un étui de forme très variée , suivant les 
familles , les genres et les espèces. L'armure copuln- 



nombreuses des pi. X el XIII des Recherches anatomicjues sur les Hàni 
ptères de M. L. Duto«r.(i) Voir o. c etfi/;. 121 \)om- ]a scutelleta inaura 
(a) Ibid., tig. 127. (3) /61c/., Hg. i4o et 144. 

8. 27 



418 XXXY» LEÇOH. OBG. DE GÉNÉBATION DES ARTICULÉS. 

trice se compose de pièces préhensiles , et d'autres 
propres à diriger le pénis et son fourreau. Ces pièces 
varient beaucoup pour la forme et les proportions. 

Dans le culex annulatiis^ il y ^ un forceps toujours 
apparent à l'extrémité de l'abdomen , dont les bran- 
ches soyt terminées par un crochet, comme les man- 
dibules des araignées. La volselle est composée de deux 
petits crochets , courbés en hameçon. 

Dans le tipula oleracea, l'armure copulatrice est 
très compliquée. Le forceps a deux crochets. La vol- 
selle est une lame de sabre. H y a encore deux stylets 
recourbés qui en dépendent. 

Le fourreau de la verge se termine par trois pointes; 
les latérales sont courbées en dehors, la moyenne 
est droite , en forme d'aiguillon et terminée par une 
soie (i). 

Dans \Asilus crabiformis ^ l'armure copulatrice est 
toujours apparente au dehors. Vue par la face infé- 
rieure , elle montre une pièce basilaire impaire, de 
forme semi-limaire. De son bord concave tourné en 
arrière, se voient de chaque côté les branches d'un 
forceps, qui sont triangulaires; une volselle composée 
de deux pièces velues, triangulaires, arquées, plus 
fortes que les branches du forceps, ayant une arête 
interne. 

Le fourreau de la verge fait saillie dans la partie 
moyenne de ce même bord. Il se compose de deux 
baguettes rapprochées. Une lame noire , ayant trois 
dents à son extrémité, sort de l'extrémité du four- 
reau (9,). 

(1) Voir le mémoire de M. L. Oufour, tig. 27. (i) Ibid,, fig. 58 et 69. 



ART. V. OBGANES MALES D'ACCOUPLEMENT. -1 J G 

Daui. le tahanus ater le canal éjaciilateur com- 
mence par deux larges IoIdcs, et finit par un cor-duit 
étroit qui devient celui de la verge. 

L'armure copulatrice se compose des deux bran- 
ches du forceps, dont chacune a deux articles, le ba- 
silaire plus large, le terminal de forme grêle replié 
sur le premier et terminé en fourche. Entre les bran- 
ches du forceps sont deux pièces contiguès ayant cha- 
cune deux articles , l'un quadrilatère et l'autre en pa- 
lette. 

Le fourreau de la verge est triangulaire , ayant o2i 
pointe échancrée d'un côté.] 

B. Les Arachnides. 

§ 1 . Les Arachnides pulmonaires . 

[Chez les Aranéides (i), les organes mâles d'ac- 
couplement sont placés dans le dernier article des 
palpes. Ils sont conséquemment doubles comme ces 
palpes. Le dernier article de ceux-ci est beaucoup 
plus gros chez les mâles, que chez les femelles et ren- 
ferme un appareil plus ou moins compliqué ^ par le 
mécanisme qui en déploie au dehors les différentes 
parties , ou les replie dans l'état de repos. Il varie 
d'ailleurs beaucoup dans sa composition , et dans la 
forme et les proportions de ses différentes pièces. On 
pourra en juger, d'une manière générale, parles diffé- 
rences de forme et de proportions que présente le der- 



(i) En déc.ivant les organes de génération des animaux sans vertèbres 
pour notre piemière édition, M. Cuvier avait dit seulement: « Pour le 
» nombre, le> arni(jnées les ont doubles ; pour la position, les mêmes aiai- 
• ciiees ont itfurs organi^? mâles dans les pafjf<ïs oisiiilaires. » 



420 XXXV LEÇOiS. OKG. DE GEiNEBATION DES ARTICULES. 

iiiei- article des palpes, dans les genres elles espèces 
de cette grande famille des Jranéides fileuses. On 
peut dire qu'elles sont aussi nombreuses que celles 
que nous avons décrites dans la forme, les propor- 
tions et la composition de la verge des mammifères. 

En général, le bouton génital, qui est le dernier ar- 
ticle de chaque palpe, se compose d'un couvercle 
écailleux fermant la capsule de ce bouton. 

Elle renferme constamment une vésicule en forme 
de cornue à long cou, qui a été déterminée par Tre- 
viraiius comme la verge de ces animaux. 

Au sujet de leur mode de fécondation et des rap- 
ports que cet organe fécondateur devrait avoir avec 
la plande spermagène, il y a jusqu'ici une lacune 
dans la science, que les anatomistes les plus exercés 
dans l'anatomie des Insectes , tels que les Lyonety les 
TreviranuSy les L. Dujour ^\ts Dugès ^ les Strauss^ 
n'ont pu encore remplir. 

D'uo côté, Treviranus et Dugès déterminent positive- 
ment l'orifice génital par où doit sortir le produit des 
plandes spermagènes; c'est, comme nous l'avons dit, 
sous la base de l'abdomen. 

De l'autre, Lyonet et Dugès regardent l'appareil 
que nous venons de décrire comme l'organe fécon- 
dateur. Ce dernier a même été témoin de son action 
dans l'accouplement, et son témoignage est conforme 
à celui de JVestwood {\) et de M. W alckenaër {^i) ^ 
et conHrme les observations bien antérieures de Lister , 
de De Geer , etc. (3). 

(i) Bulletin des sciences naturelles de Férussac, t, XXI, p. i68, 
§ io5. {2) Histoire naturelle des Insectes aptères, t. I, p. ioi-io4- 
(3) Pour avoir une idée de la complication organique de cet appareil fé- 



« 



ART. V. ORGANES MALES D' ACCOUPLEMENT. 421 

Parmi les Pédipalpes , les Scorpions ont deux verges 
écailleuses, cachées sous la partie reculée du thorax, 
dans une fossette médiane, recouverte par un oper- 
cule. 

II faut écarter le bord libre de cet opercule qui est 
en arrière, pour les découvrir. L'orifice de cette cavité 
paraît antérieurement comme une fente étroite et trans- 
versale, au-devant de la pièce médiane sternale à la- 
quelle les peignes sont attachés. 

L'opercule génital se compose de deux valves la- 
térales écailleuses réunies par une membrane dans la 
ligne médiane. 

Les verges, dans l'espèce où je les ai observées (le 
hulhus glaber) , sont en forme de navette , contiguës 
par leur moitié antérieure ; elles s'écartaient l'une de 
l'autre par leur moitié libre. 

Le canal déférent pénétrait par la base dans ce 
pénis écailleux, et s'y prolongeait, ainsi que nous l'a- 
vons dit , en un canal séminal.] 

§ 2 . Les Arachnides trachéennes. 

\^es faucheurs ont un organe mâle simple, sorlar.l 
de la racine de l'abdomen. [Il est de forme cylindri- 
que, un peu élargi à son extrémité, qui est évasée en 



condateur, on pourra consulter les figures que M. Savigny en a faites, et 
qui ont paru dans le grand ouvrage sur l'Egypte , dans les huit premières 
planches des Arachnides; celles de Ljonet^qni ont été publiées lonj}- 
temps après sa mort dans les Mémoires du Muséum de Paris, t. XIX, 
pi. 8 , fig. i-io; et les planches du Règne animal de Cuvier, publiées par 
Dugès; sa complication et sa composition sont bien clairement indiquées 
dans la Mygale maçonne, pi. I, hg. i, et dans le Pholcus phalangista , 
pi. IV, fig. 6. 



452 XXXV LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ABTICULÉS. 

ciiilleron avec une épine mobile à son bord. Gomme 
1 oviscapte, il se compose d'un cylindre écailleuxmulti- 
articulé, contenu dans un fourreau membraneux (i). 

Les hydrachnés ont une seule verge cylindrique 
qui se montre à l'extrémité de labdomen , comme 
chez les Insectes (2). 

Dans les trombidium de la grande famille des aca- 
riens ^ 1 orifice génital mâle ressemble à la vulve. C'est 
une fente longitudinale situ(';e dans la ligne médiane 
sous- abdominale , immédiatement après les deux 
dernières paires de pattes, et conséquemnient dans 
la partie du corps qui cori-espond à la base de l'ab- 
domen. Il n'y a pas de verge. Les canaux déférents 
aboutissent dans cette fente , qui est le seul organe 
mâle d'accouplement de ces animaux. 

^ùoribaie^ qui est vivipare, a au-devant de la vulve 
un orifice rond , fermé par deux valves , par où sort 
un tube membraneux qui est probablement le pénis. 

Le pentaleus ^\q bdella, ont aussi un organe érec- 
tile qui sort par le premier des trois orifices posté- 
rieurs du corps et qui a toutes les apparences d'une 
verge (3).] 



(i) Savigny, ouvrage sar l'Egypte, Arachnides, pi. IX, fig. 2-3, etfig. 
3-3. Dans l'explication des planches, ces parties sont désignées, par erreur, 
sous le nom de lèvre sternale. Voir encore les mélanges de Treviianus, 
pi. IV, fig. 21 et 22. (a) O. c, pi. V, fig. 26, q. O. c, t. I, p, 4'» 
pi. V, fig. 28; et IVI. Gervais , Insectes Aptèrçs, p. 160, t. III. Paris, 1844» 
(3) M. J. Dujardin. Premier mémoire sur les acariens. Annales des se. 
nalur,, 3* série , t. III, p. 20. Paris, i845. \ 



IKT. V. OHftANES MALES d' ACCOUPLEMENT. 123 

C. Dans la Classe des Mijriapodes. 

[Les organes d'accouplement diffèrent beaucoup 
dans l'une et l'autre division de cette classe. 

Les Chilopodes , comme tous les Insectes hexapo- 
des^ les ont impairs et situés à l'extrémité de l'abdo- 
men. 

L'organe d'accouplement, chez les mâles des litho- 
hies^ sort de dessous le dernier segment du corps. 
Chez les premiers, ce segment est plus large que chez 
les femelles. 

Il porte, de chaque côté , deux papilles bi- articulées 
et dans son bord moyen une double pièce écailleuse , 
triangulaire. C'est entre ces deux écailles que sort 
un pénis membraneux en forme de cloche (i). Des 
muscles abducteurs agissent sur les armures latéra- 
les, les écartent et laissent passer le pénis, replié entre 
elles , dans l'état de repos. 

Parmi les ChUognathes ^ les organes mâles de Vlulus 
maximus se composent de deux verges, comme chez 
la plupart des Crustacés , et d'une partie protectrice 
assez compliquée que j'appelle le bouclier. 

Cet appareil, écailleux en très grande partie, ettrès 
grand à proportion, peut cependant rentrer presque 
entièrement dans le corps , et en sortir à la volonté de 
l'animal. 

Il se cache dans une fosse transversalement ovale , 
qui existe entre le septième et le huitième anneau du 
corps, à la face abdominale. 

Dans l'état de rétraction, à peine les extrémités des 

(i) M. Stein. M. c, pi. XII, fig. 3,4,6. 



424 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ABTICULÉS. 

verges et des parties saillantes du bouclier sortent-elles 
un peu de cette fosse , qui a l'apparence d'une vulve. 

Je donne le nom de bouclier à la partie protectrice 
de cet appareil, parce qu'elle est placée, dans les pré- 
ludes du coït et durant cet acte, entre les mâchoires 
de la femelle et les verges du mâle , et que d'ailleurs 
elle coiivre les verges et les préserve des lésions des 
corps étrangers, dans les mouvements de translation 
de l'animal , en supposant la rétraction des verges in- 
complète. 

Ce bouclier se compose d'une pièce médiane en 
lorme de fer de lance, dans la partie libre, élargie à sa 
base et recevant sur cette partie basilaire deux autres 
pièces , de chaque côté, placées l'une devant l'autre , 
toutes deux en forme de feuille ovale ou oblongue. 

Cette partie basilaire se prolonge en deux apo- 
physes qui pénètrent , de chaque côté , dans la cavité 
viscérale, et laissent entre elles une échancrure assez 
profonde; ce qui n'empêche pas que le bord moyen 
de cette partie basilaire , lorsque l'appareil est complè- 
tement rentré , ne repousse vers le haut le cordon prin- 
vipal des nerfs, auquel répond le sommet de cette 
échancrure. 

Les verges sont placées à la face postérieure ou su- 
périeure des pièces latérales du bouclier , de chaque 
côté de la pièce moyenne. Elles sont aussi de substance 
écailleuse en grande partie, et se composent d'une por- 
tion radicale ou d'une apophyse à laquelle s'attachent 
les muscles qui meuvent cet appendice; d'une portion 
basilaire , élargie, dans laquelle pénètre le canal sémi- 
nal. L'orifice de ce canal est percé dans la partie la plus 
avancée de cette seconde portion ; elle se rétrécit ra- 



ART. V. ORGANES MALES d' ACCOUPLEMENT. 425 

pidement pour fermer la troisième portion de la verge, 
qui est longue, effilée et recourbée en alêne. 

Son bord interne montre une légère rainure qui 
commence où se voit l'orifice du canal déférent. 

L'appareil génital externe , que nous venons de dé- 
crire, est situé entre le septième et le huitième anneau 
du corps, dans la partie médiane de la ligne abdomi- 
nale. Le septième segment porte deux paires de pattes, 
comme le neuvième et les suivants. Le huitième n'en 
porte pas. C'est proprement le segment génital , dont 
les appendices du mouvement ont été modifiés pour 
servir d'appendices génitaux. 

Ce segment a l'air échancré dans sa partie moyenne 
pourfaire place àl'appareil génital. Ce vide a été pro- 
duit par un moyen qui n'affaiblit pas le segment, par 
une torsion de sa lame qui l'a rendue verticale à l'axe 
du corps. 

Des muscles très forts meuvent cet appareil, qui est 
entièrement libre et détaché des anneaux du corps. Un 
protracteur, pour chaque apophyse va de leur extrémité 
à la partie moyenne du huitième et neuvième anneau. 

Le rétracteur se fixe, d'un côté, au bord extrême du 
segment et, de l'autre, à la base de la même apophyse. 

Cet appareil différerait beaucoup de celui àeViuliis 
fœtidus^ à en juger par la description difficile à com- 
[)rendre, et par la figure qu'en a donnée M. Stein(i). 

Dans les glomeris^ l'article basilaire de la deuxième 
paire de pieds porte un tubercule unique, percé à son 
sommet d'une ouverture pour lissue d'une verge mem- 
braneuse (2). 



(i) rbid.yié-m. c.,pi. xni,K{T. i6. (2) ibid,p. i3. 



426 XX\V« LEÇON ORG, DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

G'e^t donc ici un autre type d organisation que le 
précédent, qui rapproche encore plus \es glomeris des 
Décapodes, et plus particulièrement desBrachiures.] 

D. Dans la Classe des Cr^ustacés^ et, en premier lieu, 

ï. Dans la Sous-classe des M alacos tracés ^ 

i" \^es Décapodes ^ en général, ont deux verges et 
deux vulves. 

Les deux verges sortent du thorax , derrière la cin- 
quième paire de pieds; il y a dans cet endroit, [chez les 
écrevisses] de chaque côté , une pièce cornée, pointue, 
tubuleuse, fendue longitudinalement, qui peut s'intro- 
duire [en partie] dans la vulve de la femelle et y con- 
duire la verge, laquelle passe au travers de ce tube. 

[Les deux divisions de cet ordre, les Brachyures et 
les Macroures^ présentent des différences très sensibles 
dans l'appareil de copulation mâle et femelle. 

Chez les mâles , il faut distinguer , en premier lieu , 
la verge de son armure ou de son organe conducteur. 
L'un et l'autre varient dans chacun des sous-ordres que 
nous venons de nommer. 

La verge des Brachi/ures se compose extérieurement 
d'un fourreau épidermoïde conique , suspendu au con- 
tour de Torifice percé dans l'article basilaire de la der- 
nière paire de pieds, ou dans le dernier segment du 
sternum. 

Ce dernier cas est celui d'une bonne partie des Bra- 
chyures qui appartiennent à la division àes Quadrila- 
tères de Latreille (i). 

(i) Ce sont les Citoniétopes de M. Milne-Edwards. Voir son Hi>t. nat. 
des crustacés, t. I, \i. 261. 



ABT. V. ORGANES MALES D'ACCOUPLEMENT. 427 

Ce fourreau extérieur recouvre un fourreau der- 
moide de même forme. 

On voit à travers ce double fourreau demi-trans- 
parent un canal déférent cylindrique , d'un moindre 
diamètre, qui se continue jusqu'à son extrémité, qui 
paraît comme tronquée. 

Nous avons particulièrement étudié cette composi- 
tion de la verge des Brachyures dans X^portune étrille 
et dans le carcinus menas. 

L'organe excitateur ou conducteur de la verge est 
généralement double, de chaque côté, dans les Crusta- 
cés de cette division. Les deux organes du même côté 
sont articulés l'un devant l'autre , le premier au der- 
nier segment du sternum , et le second au premier seg- 
ment de l'abdomen ou de la queue. 

Dans le carcinus menas ^ que nous prendrons pour 
exemple dans la description de cet appareil, le premier 
de ces organes se compose d'une pièce basilaire assez 
large, mobile sur le bord postérieur du thorax, et 
d'une seconde pièce terminale, soudée à la première, 
large à sa base, s'amincissant rapidement pour prendre 
une forme grêle et se recourber en alêne du côté ex- 
terne. 

A la face antérieure de cet organe et à sa base , se 
trouve une rainure dont l'origine répond à l'orifice de 
l'article basilaire des derniers pieds, par où sort le 
canal séminal, et auquel est suspendu le fourreau de 

Cette rainure traverse l'appendice conducteur obli- 
quement, de dehors en dedans, et se continue jusqu'à 
sa partie convexe qui regarde la ligne médiane. 

Le second organe excitateur, placé immédiatement 



428 XXXIV* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

derrière le premier et articulé sous le premier segment 
caudal , a la même forme que le premier. Le stylet en 
alêne qui le termine vient se placer dans la partie 
convexe du premier appendice, au-devant de l'extré- 
raité de la verge. 

On trouve généralement celle-ci engaînée dans la 
rainure du premier de ces deux organes, à la fois con- 
ducteurs et excitateurs. 

Les différences que l'on observe chez les Brachyures^ 
dans cet appareil de copulation, sont relatives à l'issue 
du canal séminal hors de la cavité thoracique pour 
s'introduire dans la verge , et à la place où s attache 
celle-ci. 

Dans le gégarcin ruricole et chez beaucoup de Bra- 
chyures du même groupe, la verge tient au pourtour 
d'un orifice percé dans la dernière pièce du sternum (i). 

Dans d'autres Quadrilatèr^es , c'est, comme à l'ordi- 
naire , au premier article de la dernière paire de pieds 
qu'est attachée la verge, d'où elle se glisse dans une 
rainure creusée en travers dans le dernier segment du 
sternum (2). 

L'armure de cette verge, ou ses deux organes con- 
ducteurs, ont généralement la forme en alêne que nous 
venons de décrire. Cependant cette forme varie d'un 
genre à l'autre. Elle a trois courbures successives dans 
le premier organe excitateur du pilumne hérissé ^ et 
elle est très effilée à sa pointe, qui est recourbée en 
crochet. Les deux organes symétriques se touchent, 
dans le repos, par leurs extrémités. 



1) Voir le Règne animal de Cuvier, pi. XX FI, fi g. i des Crustacés, 
partie publiée par M. M Une-Edwards. (2) Jbid.., pi. XV, fig. 2. 



ÂET V. OBGANKS MALES D' ACCOUPLEMENT. 429 

Dans Vocjpode cerophthalme ^ les deux organes ex- 
citateurs sont bifurques à leur extrémité. 

Le premier seul est bifurqué dans le grapse peint [\). 

Chez les Macroures le plan de l'appareil génital 
d'accouplement diffère essentiellement de celui que 
nous venons de décrire. I^a verge n'est pas pendante 
dans un fourreau épidermoïde constamment apparent 
à l'extérieur. 

Elle est retirée dans la cavité thoracique et forme 
un tube continu avec le canal déférent , susceptible de 
s'invaginer dans lui-même pour sortir par son orifice 
placé constamment à la face interne du premier ar- 
ticle des pieds postérieurs , ou dans le sommet d'un 
tubercule plus ou moins saillant annexé à cet article. 

Il n'y a jamais qu'un organe conducteur, articulé 
sous le premier segment abdominal , tout près de 1 issue 
de la verge et qui peut la recevoir dans un demi-canal 
dont il est creusé dans plusieurs genres. 

Entrons à présent dans quelques détails descriptifs 
particuliers. 

Relativement à la position de l'orifice de la verge, 
nous avons trouvé des différences remarquables dans 
deux genres très rapprochés. 

Chez Xhermite Bernard ^ les pieds de derrière sont 
très séparés des avant-derniers, et très petits coniiue 
ceux-ci. 

L'orifice de la verge est percé cependantdans le pre- 
mier article de cette dernière paire de pieds. 

Dans le cénobite Diogène ^ la position de cet orifice 
est également dans l'article basilaire de ces mêmes 

(i) Ibid.y pi. XVII et XXII,|figures jiubliéeà par M. Milne-Edwards. 



430 XXXV* LEÇON. ORG. DE GÉ?nÉBATION DES ARTICULÉS, 

pieds. Mais cet article se joint au second parle côté, et 
se proloiiJ^e en arrière en forme de cône saillant; c'est 
au sommet tronqué de ce cône que se voit rorifice circu- 
laire de la verge. 

Dans le homard^ l'orifice de la verge est ovale et 
percé dans un tubercule annexé au premier article de 
la dernière paire de pieds. Le canal de la verge s'ouvre 
par une fente longitudinale vers le bord interne de cette 
fossette ovale. 

La langouste a cet orifice dans un tubercule annexé 
aux mêmes pieds, qui est très développé , conique, 
coupé en bec de flûte, du côté externe , et fermé par 
une valvule mobile d'apparence cartilagineuse. C'est 
au fond delà cavité de ce tubercule que se voit l'ori- 
fice de la verge. 

?Sous avons étudié particulièrement la structure de 
ces verges tubuleuses des Macroures, dans le Iio- 
mard. 

Le canal déférent y perd sa composition puremeiil 
membraneuse; à peu près à quatre centimètres de cet 
orifice, il prend des parois épaisses et fibro-muscu- 
leuses , et un plus grand diamètre. 

On remarque des fibres circulaires extérieures, qui 
recouvrent des faisceaux de fibres longitudinales dont 
les unes, ayant des ramifications latérales, nous ont 
paru appartenir au tissu élastique et les autres être de 
nature musculeuse. Ces faisceaux forment trois fortes 
cannelures longitudinales saillantes dans le canal delà 
verge, lorsqu elle est retirée dans le thorax. 

L'organe conducteur de la verge des Macroures va- 
rie bcaucouî) flaiis sa forme et dans ses proportions, 
il est cotiiposé de deux articles daii> la galuthea sti- 



ART. V, OHGANES MALES D' ACCOUPLEMENT. i3i 

§os(i, dont le premier ou le basilaire est long et cylin- 
drique , et le second court et en massue. 

Les porcellanes Tont absolument de la même ioi me 
et l'orifice de la verge situé comme celui des au lies 
Macroures. 

Cet appendice génital ne peut être , dans ces deux 
genres , qu'un organe excitateur. 

Il en est de même de celui des Callianasses^ qui est 
extrêmement grêle, avec un article terminal court. 

Je n'en trouve pas dans les scyllares ni dans les 
langoustes. 

L'organe excitateur du homard ou conducteur de 
la verge est articulé sous le premier segment abdo- 
minal. Il se compose de deux articles : l'un basilaire , 
qui est prismatique 5 l'autre, terminal, est une lame en 
forme de sabre , ayant son tranchant en avant et la 
pointe arrondie et émoussée. Le dos et le tranchant sont 
d'ailleurs repliés en dedans, de manière à former une 
portion de canal peu profond, le long de la face in- 
terne de cet article. 

Les deux appendices peuvent se rapprocher par 
l'action des muscles particuliers et s'incliner en avaoî , 
ensemble ou séparément. Ils peuvent ainsi avoir pour 
fonction de conduire le boyau génital ou la verge d'un 
côté, vers la vulve correspondante, ou les deux boyaux 
génitaux vers les deux vulves. 

Dans Xécrevisse fiuviatile les deux organes con- 
ducteurs de la verge sont articulés sur une proéminence 
de l'arceau inférieur du premier segment abdominal. 
Ils ont environ un centimètre de long et sont très rap- 
prochés l'un dt' l'iiutre. 

Très peu au-delà de sa base chaque cylindre est un 



432 \XXye LEÇON. ORG. de GÉlNEKAllO^i DES ABtICULÉS. 

peu coudé. Son côté interne et antérieur est creusé 
d'un sillon au-delà de ce coude, et ce sillon ne tarde 
pas à devenir un canal complet. Ces tubes, très rap- 
prochés des orifices par où sortent les verges, s'incli- 
nent vers ces orifices, et chacun d'eux reçoit dans son 
canal, au moment de l'érection , la verge correspoii- 
dante que cette érection déroule au dehors.] 

[2° Les Stomapodes ont des organes de copulation 
différemment modifiés. Du moins dans la squille mante, 
les /?e/z/.5" sont de longs tubes complets en forme de 
stylets prèles, articulés en dedans du premier article 
de la dernière paire de pattes thoraciques. Ils se com- 
posent de deux articles, dont le premier se dirige vers 
la lipne médiane, et ronséquemment vers son symétri- 
que. Ainsi rapprochés, ils forment un coude avec le 
second article, qui se dirige, avec celui de l'autre côté, 
en avant et en bas. Ces deux articles sont cylindriques; 
le second cependant diminue un peu de diamètre vers 
sa pointe. 

Ils se composent extérieurement d'un étui corné, 
blanc, transparent, à travers lequel on distingue un 
canal membraneux d'un moindre diamètre. 

Ce dernier canal est la continuation du déférent; 
tandis que le tube corné est la partie épidermoïde du 
fourreau de la verge qui le renferme et le protège.] 

[3° Parmi les Lœmodipodes ^ le cyamus ceti aurait 
les canaux déférents aboutissant dans une paire d'ap- 
pendices styliformes articulés à la base du tubercule 
qui tient lieu dabdomen (1). Cependant Treviranus 



(i) Rouss! 1 de Vaf^^eme. Annales des sciences naturelles, 3* série, t, I , 
p. aSg. 



ART. V, ORGANES D* ACCOUPLEMENT MALES. 433 

lie décrit qu'une verge placée entre cette paire d'ap- 
pendices.] 

[4° Parmi les Isopodes^ les Cloportides ont un appa- 
reil copulateur assez compliqué. La verge, qui résulte 
de la réunion des canaux déférents, d'abord rappro- 
chés, puis confondus en un seul , sort du corps entre les 
premières lames abdominales , et s y trouve prott'^gée 
par un demi-étui corné, concave en dessus, dans lequel 
elle se glisse. 

Cet étui est placé entre deux appendices copida- 
teurs, semi-ovales, qui se prolongent en pointe eu ar- 
rière. 

11 faut encore joindre à cet appareil les deux stylets 
plus ou moins allongés, articulés sur ce second seg- 
ment abdominal, et qui se portent en arrière paral- 
lèlement au bord interne de la lame sous-abdominale 
de ce second segment. 

Les séroles ont ce stylet extrêmement long. La li/- 
gidie et les h/gies offrent, relativement aux canaux 
déférents , un rapport avec la duplicité des verges chez 
les décapodes. Ces canaux restent distincts , quoique 
rapprochés, et ne se confondent pas en une seule 
verge (i); ils se déroulent en dehors comme les verges 
des Macroures? 

Ô'j^Les verges des limules^ parmi les Xyphosures^ sont 
situées, comme les vulves, vers la base de la première 
paire de fausses pattes abdominales. 

La verge est un petit corps cylindrique, percé à 
son extrémité. Elle est logée dans un repli de la peau, 



(i) M. Milne-Edwurds l'a constate pour la lygie, Hist. luit. des c.ius- 
tacps, pi. XII, fig. i3; et M. Lerphonllet pour I.t /y^ù//V. 

8. 28 



434 XXXV» LEÇON. ORG. DE GÉNKfiATlOiN DES ARTICBLÉS. 

de nature cornée, qui en est comme le fourreau. li 
Forme une saillie conique de chaque côté et non loin 
de la ligne médiane , sur la face dorsale de cette pre- 
mière partie des fausses pattes.] 

IL Dans la Sous-classe des Entomos tracés. 

[i" L'ordre des Branchiopodes comprend plusieurs 
genres dont ou n'a connu pendant longtemps que les 
organes générateurs da sexe femelle: je veux parler 
des apus et des Umnadies. 

il y a peu de temps qu'on a décrit, dans Yapus eau- 
criformis^ un pénis situé dans le côté dorsal du der- 
nier anneau du corps, et entouré de cinq épines ap- 
partenant au bouclier. Les canaux spermagènes, que 
nous avons désignés comme existante côté des ovaires, 
dans les mêmes individus, qui seraient hermaphro- 
dites, aboutiraient à cette verge. iSc/fcr^e/ avait indi- 
qué cet hermaphrodisme avec fécondation mutuelle. 
Ija singulière position delà verge, que décrit M.Zadac//, 
et l'existence des tubes spermagènes à côté l'.es ovaijTS, 
sont des observations que nous ne citous quavec 
doute, et qui méritent d être constatées, d autant plus 
que , chez les Umnadies, les sexes sont séparés. 

Les cypris , qui seraient aussi hermaphrodites, sui- 
vant M. Strauss, n'ont pas d'organes extérieurs d'ac- 
couplement. 

Les Umnadies ont les sexes séparés; les mâles, beau- 
coup moins nombreux que les femelles, oui été décou- 
verts par M. Krinickl (i). 



fi) Hullrtiii tle^ :i.iuir.Tlistei «le Moscou, Hg. « , p. I73,et Magasiu 
zoQio{>i<nii- (le M. Oui'mi. 



ABT. V. ORGANES D'ACCOUPLEiJEiNT MALES. 435 

Les hvanchipeSy qui ont les sexes séparés, ont deux 
verges situées au-dessous du second anueau de 1 abdo- 
men; elles sont coniques et composées de deux arti- 
cles (i) ; des vaisseaux séminaux, qui viennent du pre- 
mier article, aboutissent à ces verges. 

Le sous-ordre des Lophiropes^ qui sont presque mi- 
croscopiques, et dont l'organisation est, à cause de 
leur petit volume, très difficile à étudier, ont présenté 
de grandes différences relatives aux organes d'accou- 
plement. 

Les cjolopes auraient deux verges, composées cha- 
cune de trois articles, dont le dernier est terminé en 
pointe. Elles sont situées sous le deuxième anneau de 
la queue. On n'en a pas trouvé chez \esdaphnides (2), 
qui pourraient bien se féconder par l'intermédiaire 
de l'eau. 

2° Dans l'ordre des Syphoiiostomes , les argules ont 
deux verges , dont la position rappelle celle des ver- 
ges de Décapodes, 11 y a , en effet, au bord antérieur 
de l'article basilaire des dernières pattes, un tuber- 
cule conique annexé près de sa terminaison articulaire 
externe, et ayant un crocbet à sa base. Ce tubercule a 
été décrit, comme la verge, par M. Jurine fils (3). Mais 
je pense que la verge doit sortir par son sommet, et 
qu'il n'en est que l'étui. C'est une nouvelle étude à faire.] 

E. Les Cirrhopodes . 

[Ce sont des animaux hermaphrodites (4), ayant ce- 

(i) Latreille d'après Schœffer. Rc{;ne animal. (2) M. Strauss. Mémoires 
du MuséuiT) , t. V, p. 38o. (3) Voir son Mémoire sur l'argule foliacé', 
Annales du Muséum de Paris, t. VII, p. 43i , et pi. XXVI, fig. i et 21. 

(4) Il a paru dans les Annales de« sciences naturelles, 3* série, p '107, 



436 XXXV' LEÇON. ORG. DF. CtÉNÉRATION DES ARTICULÉS. 

pendant , sinon un organe mâle d'accouplement , du 
moins un organe fécondateur, propre à répandre le 
sperme sur les œufs, selon toute probabilité, au mo- 
ment de leur passage de Fovaire dans le manteau. 

Cet organe est le long tube extérieur en forme de 
trompe, libre ou flexible en tous sens , qui se voit en- 
tre les derniers pieds de l'animal et à la base duquel 
l'anus est situé. Ce tube renferme un seul canal formé 
par la réunion des déférents, lequel se termine à sou 
extrémité par un orifice étroit. 

11 reçoit, des parties latérales du tronc, des faisceaux 
musculenx , analogues à ceux qui pénètrent dans les 
premiers articles des pieds (ij. 

Ses parois sont d'ailleurs assez épaisses, composées 
extérieurement du derme et d'un épiderme; intérieu- 
rement de la muqueuse qui en tapisse le canal , et en- 
tre les deux fibres musculaires , de circulaires qui en 
contractent le tube. 

Les faisceaux de même nature que nous avons dé- 
crits en premier lieu le raccourcissent et le fléchissent 
en tous sens.] 

F. Les Annélides. 

[Chez les Annélides Tubicoles et Dorsibranches , les 



une note de M. Goodsir, qui prétend que toutes les parties génitales ex- 
ternes et internes des anatit's et des balanes sont des ovaires ou des ovi- 
ductes, et que les mâles du balane commun sont distincts des femelles et 
beaucoup plus petits qu'elles. Cette opinion ne nous paraît pas fondée? 
sur des observations exactes. La partie historique de ce travail est de 
même incomplète et comprend plusieurs erreurs, (i) Cuvier, Mémoire sur 
les animaux des anatifes et des balanes, etc., p. g. 



ART. V. ORGAKES d' ACCOUPLEMENT MALES, 437 

bourses spermagènes peuvent avoir nue issue di- 
recte au dehors, ou s'ouvrir dans la cavité abdominale, 
d'où le sperme serait expulsé par des pores abdo- 
minaux. 

Le dernier cas pourrait bien être celui de Xaphro- 
dite hérissé , dont les petits individus , que M. Guvier 
suppose être des mâles , ont la cavité viscérale rem- 
plie d'une laite blanchâtre, dans la saison du rut. 

Le premier cas se voit dans Xarinécole des pécheurs^ 
dont les bourses spermagènes ont chacune nn orifice 
extérieur, à la face abdominale, ainsi que nous l'avons 
dit, en arrière et au-dessous des soies en crochet. 

Dans les lombrics^ parmi les ylnnélides Endobran- 
ches ^ c'est dans les mêmes segments qui renferment 
les bourses spermagènes et ovigènes que s'ouvre le 
collet de ces bourses ou un canal excréteur commun. 

Nous avons de même décrit chez les Ndides les 
deux issues des deux bourses spermagènes dans le 
onzième anneau du corps. j 

Mais dans aucun des animaux de ces trois ordres, ou 
ne connaît d'organe copnlateur mâle, si ce n'est dans 
la famille des Hirudinées.^ 

Je ne vois point, disait M. Cuvier dans notre ancien 
texte , au sujet des lombrics , d'organes extérieurs 
ni intérieurs propres à l'accouplement ; cependant il 
paraît que les vers de terre se tiennent étroitement 
embrassés pour se féconder. 

[On peut considérer comme une sorte d'organe ex- 
térieur, servant à cette fonction, la ceinture saillante 
qui se manifeste surtout à l'époque du rut, dans le tiers 
antérieur du corps ; il y a même à sa surface quel- 



438 XXXV* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ABTICULÉS. 

que apparence de ventouses. Cette ceinture, à la vérité, 
n'a pas plus le caractère du sexe mâle que celui du 
sexe femelle.] 

La sangsue a une verge très considérable, composée 
d'un tube musculeux épais et long, creux en dedans, 
qui peut se retourner en dehors comme la ver.ge des 
limaces j et se prolon.ge encore en arrière en un tube 
mince et purement membianeux , et il est probable 
que le sperme coule par les sillons de la surface de 
celle-ci , lorsqu'elle est déroulée. 

Les orifices de la verge et du vagin sont voisins lun 
de l'autre, et assez près de l'extrémité antérieure du 
corps. 

[Celui de la verge est percé dans le vingt- quatrième 
anneau, dans la sangsue médicinale ; tandis que celui 
du vagin l'est dans le vingt-neuvième. Cette position 
relative des deux orifices génitaux varie d'ailleurs d'un 
genre à l'autre , de même que les proportions de la 
verfye. Elle se compose toujours d un fourreau, tube 
cylindrique ou conique^ musculo-tendineux, très con- 
tractile, et de la verge proprement dite, tube grêle, 
délié, contenu dans ce fourreau , dont le tissu est en 
partie vasculaire et érectile. Ce dernier tube, percé 
à son extrémité, renferme le canal de la semence. 



vnr. VI. OBOANES d'acc()ui»m:mknt femellus. 439 
ARTICLE VI. - 

DES ORGANES FEMELLES d' ACCOUPLEMENT BAINTS LE TYPE DES 
ARTICULÉS. 

A. Chez les Insectes. 

[Dans cette Classe , les organes femelles d'accouple- 
ment varient à l'infini, comme les organes mâles. 

Ils doivent se diviser en ceux qui appartiennent es- 
sentiellement à cette fonction, et en organes accessoires, 
qui font partie de l'appareil générateur externe et ser- 
vent plus particulièrement à placer les œufs dans des 
corps résistants , surtout dans les parties des végétaux 
ou des animaux qu'ils ont la puissance d'entamer, de 
couper, de perforer. Ce sont des tarières auxquelles 
M. Marcel de Serres a donné le nom àioviscapte. 

L'appareil de copulation proprement dit se com- 
pose du vagin et de son entrée , la vulve. Celle-ci, pla- 
cée à l'extrémité de l'abdomen, au-dessous de l'anus, 
est souvent comprise dans une suite de tuyaux cornés, 
qui sont comme des anneaux rudimentaires de ce même 
abdomen , dont le dernier est garni de deux petits 
appendices tentaculaires ou préhensiles (les Diptères). 

D'autres fois la vulve est une fente longitudinale 
garnie de deux panneaux écailleux, rapprochés sur 
la ligne médiane abdominale, et qui s écartent pour le 
coït ou la sortie des œufs (les Lépidoptères). 

En général le dernier segment abdominal, et quel- 
quefois le dorsal , sont plus ou moins modifiés pour lo- 
ger cet appareil de copulation et de ponte et pour 
donner attache aux muscles qui doivent le mouvoir. 



440 \X\V' LKÇON. OilG. DK GÉNÉBATION DES ABTICULÉS. 

Le vagin , dont la vnlve est l'entrée , aboutit presque 
toujours directement à l'oviducte. Dans ce cas, et c'est 
le plus ordinaire , les organes d accouplement se con- 
fondent avec les organes éducateurs. Les œufs sortent 
par le même conduit qui a reçu la verge et dirigé le 
sperme dans le lieu où la fécondation doit s'effectuer. 

LesZeyp/r/o^^tVej' font exception à cette règle. La vulve 
est un orifice séparé de celui de l'oviducte ; elle conduit 
dans un canal de copulation distinct de ce dernier ca- 
nal. 

Les Cigales sont encore dans ce cas; la vulve s'y 
trouve bien séparée du canal qui communique avec la 
tarière, le long duquel sortent les œufs. 

Quand la poche copulatrice existe , il faudrait en- 
core la classer parmi les organes d'accouplement. Mais 
comme elle est généralement annexée à l'oviducte, 
nous avons dû la décrire avec les organes éducateurs. 
Cependant nous verrons que celle de la cigale est 
séparée de l'oviducte et annexée à une sorte de vesti- 
bule dépendant du vagin.] 

On peut aussi ranger parmi les organes générateurs 
du sexe féminin les diverses^<a://ère^ que certains genres, 
comme les sauterelles ^les ichneumons^ les tenthrèdesy les 
cynips , emploient pour déposer leurs œufs dans les 
endroits convenables; mais ces organes étant entière- 
ment extérieurs , et ayant été bien décrits par les ng.tu- 
ralistes, nous n'en dirons rien de plus. 

[Cependant nous croyons devoir suppléer à cette la- 
cune de notre ancien texte, par des généralités et quel- 
ques détails sur ces instruments si variés, dans leur 
forme, leur composition et leur structure. Ces circon- 
stances sont dans un rapport admirable avec l'emploi 



ART. \l. OHGVNKS d' ACCOUPLEMENT t'EUELLES. 441 

que l'animal doit en faire ponr le placement de ses 
œufs , dans les lieux ou les substances qu'un impérieux 
instinct lui fait choisir de préférence. 

L'ensemble des pièces qui constitue ces diverses ta- 
rières a été encore désigné sous le nom d'oviscapte. 
Elles peuvent rester cachées, hors des moments où 
Tinsecte en fait usage, dans le dernier anneau de l'ab- 
domen; ou paraître toujoursau dehors, comme appen- 
dice de cet anneau. 

L'oviscapte est réduit quelquefois à l'état rudimen- 
taire ou manque absolu ment. 

1 . Clitz les Coléoptères. 

\a. Dans les Pentamères . Les Carahiques., qui font 
partie de ce premier groupe, ont un appendice de 
chaque côté de la vulve, écailleux ou coriace , sus- 
ceptible de s'écarter, qui protège l'entrée du vagin. 

ïiCS Dytisques , parmi les Hijdrocanthares de cette 
même famille, ont un instrument fouisseur, pour les 
œufs , un véritable oviscapte qui manque aux précé- 
dents. Il se compose de deux lames continues, courbées 
Tune vers l'autre comme celles du ciseau de tondeur. 
Elles remplacent les crochets des Garabiques (i). 

Parmi les Pal incorne s ^ ï H/drop/iile aV exlvémité de 
l'abdomen garnie de deux filières, composées chacune 
de trois pièces articulées bout à bout. 

L'oviscapte proprement dit se compose de deux 
appendices garnis de cils, ayant à leur base un lobe 
élargi et garni à son bord de grosses soies (2). 



(i) Voir le Mémoire de M. L. Dutour. Annales des se. nat., f, V, 
p. A34, et pi. XVII, fig. 6. (2) Ibid., pi. XVIII , fig. 8. 



442 xxxv'^ LKço^. ohg. dk génébatiois des abticulés. 

b. Parmi les Hétéromères^ nous citerons \e^m2/ctères^ 
de la famille desSténé/ytres, qui ont un long étui de co- 
pulation, composé de plusieurs pièces susceptibles de 
s engaîner les unes dans les autres. Les deux parties 
qui terminent cet étui sont uni-articulées et ciliées (i). 

Les élops ont ce même étui copulateur; tandis qu'il 
manque dans les Trachélides. 'Voviscapte ne consiste 
que dans une plaque écailleuse ciliée. Il y a deux palpes 
bi-articulés qui garnissent la vulve (2). 

c. Parmi les Tétramhres ^ Xhamaticherus heros^ de la 
famille des Longicornes , a un double étui copulateur, 
dont l'extérieur est garni de soies à son bord, et l'inté- 
rieur a deux palpes uni-articulés et ciliés (3). 

halamia textor^ de la même famille àes Longicornes, 
a un appareil protecteur du vagin très compliqué, com- 
posé d'un étui cylindrique, dont la cavité est divisée 
horizontalement, dans la première partie, par une 
valvule, qui sépare le rectum., qui est au-dessus, du va- 
gin, qui est au-dessous. De forts muscles rétracteurs 
agissent sur cet étui coriace , qu'une figure seule peut 
bien faire connaître dans sa partie principale et dans 
ses parties accessoires; nous y renvoyons (4).] 

2. Les Orthoptères. 

[I/orificedu vagin, ou la vulve, est ouvert à l'extré- 
mité de l'abdomen, entre deux paires d'appendices, 
formant l'oviscapte, en partie écailleuse?, en partie co- 
riaces , qui sont courbées eu gens inverse et rendues 
mobiles par des muscles très forts , qui s'attachent 
d'autre part à une tige cornée. 



(1) Ib'id., pi. XIX, fig. 5. (2) /6:V., pi. XIX, fig. 6, pour les mylabris 
melanura. (3) Ibid., pi. X, fig.3. (4) Ibid., p. 45o et 46o, et pi. XX, fig. 5. 



AHT. VI. OBGANES d" ACCOUPLEMENT FEMELLES. 443 

F. es Grylloniens manquent de ces appendices for- 
mant l'oviscapte. 

Dans la M cmte religieuse, le dernier segment ventral 
de l'abdomen se reploie sur un appareil de trois paires 
d'appendices prolecteurs de la vulve, et ne laisse à dé- 
couvert qu'une ligne médiane dorsale longitudinale 
Ces trois paires d'appendices se recouvrent l'une l'autre. 

La plus intérieure, sorte d'oviscapte, consiste en 
deux lames lancéolées, assujetties à un cerceau dans 
lequel s'ouvre l'oviducte ( i ) . 

\je?,Blattairesiiont^di?, d'oviscapte; ce sont d'ailleurs 
les derniers segments abdominal et dorsal de la vulve 
qui servent d'organe prolecteur ou d'armure copula- 
trice à la vulve et au vagin.]* 

3. Les Hyménoptères. 

[Les organes femelles d'accouplement de cet Ordre 
nombreux ne consistent que dans la vulve et le vagin. 

Tja plupart des familles sont dépourvues d'oviscapte 
ou de tarière, que nous décrirons comme organe ac- 
cessoire de ces appareils. Ce sont en général celles oui 
ont un aiguillon et un appareil vénénifique ; tandis que 
les Hyménoptères qui manquent de cet appareil ont 
un oviscapte on une tarière; tels sont les Ichneumo- 
nides et les Tenthrèdes. 

Parmi ces derniers , le chelonus ocidator^ de la îdi- 
mïWe défi Ichneumonides , a la vulve garnie d'un ovi- 
scapte allongé, grêle, composé de deux branches li- 
néaires, appliquées l'une contre l'autre. De chaque côté 

(0 O. c, pi. IV,fig.43. 



444 WXV* LEÇON. ORG. DK GENÉRATIOIN DES ARTICULES. 

de cette sorte de tarière sont trois appendices plus 
courts, grêles, qui tiennent aune pièce basilaire rhom- 
boïdale (i). 

L'oviscapte du vipio denigraloj' (2) se compose de 
cinq longues pièces écailleuses. Les deux externes, qui 
sont les plus longues et les plus fortes, ont l'extrémité en 
lancette. Les deux internes et la moyenne , qui est la 
plus courte , sont des filets grêles en forme de dards. 

Dans \e pimpa crassipes (3)^i\ n'y a que trois pièces, 
les deux externes en forme de lancette, et la moyenne, 
véritable dard, très délié.] 

' 4- 't-ej JS évroptères . 

[La famille des Libellules a un oviscapte remarqua- 
ble qui doit servir à entamer les corps résistants sur 
lesquels ces animaux déposent leurs œufs. 

Dans Xœshna grandis (4), cet oviscapte se compose 
de deux la mes de sabre courbées, qui s'appliquent l'une 
contre l'autre dans l'état de repos, ou s'écartent pour 
le passage des œufs. Chacune de ces lames est double; 
la demi-lame externe est façonnée en lime à l'extré- 
mité de sa face interne , et dentelée à son bord. Ces 
lames sont enfermées dans une gaine qui tient, comme 
elles, à l'avant-dernier anneau abdominal, et qui 
se compose de deux panneaux solides. Cet appareil 
est mû par six muscles considérables qui vont de la base 
s'attacher dans les anneaux précédents de l'abdomen. 

C'est évidemment un instrument propre à limer et 



(i) //m/., pi. X, tig. 143. (2) Ihid., tig.:i35 et iSg. (3) Ibid., pi. X, 
Hg. 137. (}) Voir M. L. Dufour, mém. cité, pi. XIV, f. i65 b et i65c. 



ART. VI. ORGA^ES d' \CCOUPLEMENT FEMELLES. 445 

forer les végétaux aquatiques, dans le pareiicliyme des- 
quels ces insectes déposent leurs œufs, ainsi que l'a si 
bien observé M. Siéhold[\) , pour Vagrio/t forcipula , et 
que déjà Réaumur (a) semble en avoir eu l'idée d'après 
la connaissance qu'il avait de l'instrument propre à cet 
usage. 

hes panorpes owi pour appareil de copulation une 
gaînc vulvaire composée ne quatre tubes qui entrent 
les uns dans les autres, et dont le dernier a son ori- 
fice garni de deux palpes bi-articulés (3). 

r/oviscapte ne manque de même dans Xeshémérobes. 
On le retrouve dans les phryganes. Dans \3i phr y gai ie.\ 
viridiventis ^ il se compose de deux lames creusées en 
gouttière et situées entre deux appendices pyriformes 
qui terminent l'abdomen.] 

5. Les Hémiptères. 

[L'appareil vulvaire se compose des organes d'ac- 
couplement, de ceux qui servent à introduire les œufs 
dans les lieux ou les objets que l'instinct de 1 insecte 
lui prescrit impérieusement de cboisir. 

Dans la scutellera nigro-Uneata (4) , on trouve dans 
la concavité du d. rnier segment abdominal stigmati- 
fère un appareil de sept pièces écailleuses qui entou- 
rent la vulve et l'anus et protègent ces deux orifices. 

Les deux pièces antérieures sont deux panneaux 
vulvaires qui se touchent par une ligne médiane, et 
dont l'écartement découvre l'entrée du vatïin. 



(') ^Viegnlann. Archives d'iiist. nalur., p. 2o5 et suiv. Berlin, 1841. 
(a)Me'moirepour servir à l'hisl. desinsectes, t. VI, p. 436. (3) VoirL. iJu- 
four, m. c., fi{>. 17. (4) M. !.. Diifour. Recheirhes sur les Hémi t.'ycs^ 
pi. XiV,fi6. 157 



446 XXXV* LEÇON. ORG. DE Ol^îVÉRATION DES ARTICULÉS. 

En arrière de cette fente se voit une écaille inter- 
médiaire unique , dont l'ev-tréniité postérieure borde 
Tanus en bas. De chaque côté de cette pièce intermé- 
diaire en sont deux latérales, placées obliquement l'une 
derrière l'autre, dont l'extrémité libre regaide lali{>ne 
médiane, et dont la dernière a une pointe acérée, qui 
peut servir de crochet dans la copulation 

Les corés n'ont que quatre écailles vulvo-anales au 
lieu des sept qui distinguent les scutel/ères et les pen- 
tatomes. Les deux antérieures appartiennent à la vulve, 
sont engagées en partie sous le dernier segment abdo- 
minal, qui est fendu lui-même dans une pr.rtie de sa 
largeur et dans la lig;ie médiane, pour faciliter la sortie 
des œufs. 

Dans les miris et les capses , il y a un oviscapte con- 
sidérable étendu dans la ligne i;iédiane abdominale, 
dès le bord antérieur du dernier segment de cette ré- 
gion, qui est garni d'un bouton saillant, jusqu'à l'ex- 
trémité du corps. C'est un instrument tranchant en 
forme de sabre. Il est un peu élargi à la base, ar- 
ticulé en avant au bouton du segment abdominal, et 
se termine en arrière en une pointe acérée et tran 
chante. Il se compose d'ailleurs de deux valves apjdi- 
quées l'une contre l'autre. 

Cet oviscapte est reçu dans une gaine de même 
forme qui s'étend dans la ligne médiane du dernier 
segment abdominal et entre deux grands panneaux 
qui bordent la vulve en arrière de ce segment (i). 

La phymate auniit la vulve formant une fente trans- 
versale à l'extrémité tronquée de l'abdomen; tandis 



(i) /6iUPl.XV,fig. 167. A. 



ART. VI. ORGANES u' ACCOUPLEMENT FEMELLES. 447 

qu'elle est longitudinale clans les autres Gréocorises. 

liurade avenius ^ comme la précédente, manque 
d'ovisca[)te. La reduve en manque également. Il y en 
a un dans le nabis. 

TiCs H //c/rocorises ont toutes, outre les pièces vul- 
vaires, un oi^iscapte de forme variée. 

Dans le luiucoris cimicoides., c'est une double lame 
de soie, allongée et terminée par une bifurcation. Les 
deux lames qui composent cet instrument s écartent à 
la base pour se fixer au dernier segment abdominal. 
Elles sont soudées par leur bord interne dans la moitié 
de leur longueur et hérissées de dents le long di; leur 
bord externe (i). 
P Parmi les Cicadaires ^ l'oviscapte de la cigale de 

Torne est connu depuis Réaurnur ; mais l'explica- 
tion que ce célèbre observateur de la nature avait 
donnée de son uK-caiiisme a été rectifiée par M.Doyère., 
qui en a fait une étude particulière (2). 

Ce n'est pas en limant et en sciant avec les deux pièces 
latérales de cette tarière, mais en perforant avec ia 
pièce moyenne , comme avec uu poinçon, que cet in- 
secte parvient a trouer les tiges minces des végétaux, 
dans lesquels il place ses œufs. Cette pièce moyenne 
est un prisme à quatre faces; elle s'élargit en fer de 
; lanee à son exirémité , qui est plus dure que le reste. 

TjCS piè;es latérales, également élargies et pointues, 
sont dentelées, mais à dents mousses, dans leur bord 
I inférieur, et sillonnées à leur face externe. Elles servent 

(1) /6»'/., pi. XVI, lijir. 173, \. (i) Annaies des se. n.itui. , i* s('-ric, 

t. vn,|) ii,5, et pi. vin. 



r 



448 XXW* LEÇON. ORCt. nE GléNÉKATION DES ABTICULÉS. 

de point d'appui au poinçon, lorsque celui-ci agit eu 
perforant. 

Les muscles qui font partie de cet appareil et d'au- 
tres pièces qui servent de levier, et que nous ne pou- 
vons décrire ici en détail , s'attachent dans l'antépé- 
nultième anneau de l'abdomen et principalement dans 
le pénultième. 

Entre les deux pièces latérales et la pièce médiane, 
il y a un canal qui est la continuation du vestibule , et 
de son entonnoir qui a été désigné comme second ovi- 
ducte. 

Ceci nous oblige d'entrer dans quelques détails au 
sujet des organes de copulation du même insecte. 

La vulve, ainsi (lue nous l'avons dit, dans les géné- 
ralités de cet article, est une ouverture distincte de 
l'issue des œufs , qui se voit sous la base de la tarière , 
entre elle et l'antépénultième anneau de l'abdomen. 

Le vagin, ou le canal de copulation, dont elle est To- 
rifice , ne se continue pas directement avec l'oviducte, 
mais dans une cavité intermédiaire, sorte de vestibule 
copulateur dans lequel s'ouvre la poche copulatrice, 
et où se voit en avant un mamelon percé, qui termine 
l'oviducte commun. Ce mamelon est ordinairement 
emboîté dans une sorte d'entonnoir qui se continue 
avec le canal que les trois pièces de la tarière inter- 
ceptent. 

Mais cet emboîtement se défait momentanément 
lors de la copulation, pour laisser passer la verge dans 
la poche copulatrice, et pour imprégner les œufs de 
sperme lors de leur passage de l'oviducte dans l'en- 
tonnoir.] 



1 



ART. M. OROAMiS D ACCOL'PLEMEKT FEMELLES. 449 

6° Les Lépidoptères. 

Nous avons déjà dit que la vulve, dans cet Ordre, 
est un orifice distinct de l'oviducte et de l'anus, et 
qu'elle conduit à un canal de copulation dans lequel 
s'ouvre la poche copulatrice. 

"7° Les Diptères ont, assez généralement, le vagin et 
la vulve compris dans une suite de deux, trois jusqu'à 
cinq tubes emboîtés les uns dans les autres, et qui se 
déploient au dehors à l'instant du coit_, ou lorsque 
l'iusecte doit pondre ses œufs et les déposer sur les 
corps que sou instinct lui fait connaître. Le dernier de 
ces tubes est ordinairement garni de deux palpes uni- 
articulés ou bi-articulés , servant sans doute soit d'or- 
ganes de préhension à l'instant du coït, soit d'organes 
de toucher, pour le placement des œufs. 

il n'y a pas d'oviscapte proprement dit dans un grand 
nombre de Diptères, c'est-à-dire d'instruments dis- 
tincts de la vulve , propre à entamer les corps dans les- 
quels ces insectes introduiraient leurs œufs (2). 

Cependant les tentacules vulvaires sont remplacés 
dans les Empis ^ les Tipules ^ etc., par deux lames qui 
en font les fonctions. Des muscles forts , fixés à l'extré- 
mité de l'abdomen, servent à mouvoir ces lames. ] 

B. Dans la Classe des Arachnides. 

[Parm.i les Arachnides pulmonaires ^ \es Aranéides 
fileuses ont l'orifice génital en forme de fente trans- 
versale , située entre les ouvertures des sacs pulmo- 
naires, sous la base de l'abdomen. Cette fente aboutit 



(i) Voir M. L. Dufour. Anatomio des Dipt" re». Annalt-- des se. iialur. 
avril et mal i844' 

8. -29 



%* 



450 XXXV* LEÇOK. OKG. DE GEJNÉEATlON DES ARTICULÉS. 

daus une fossette , qui est proprement la vulve , au fond 
de laquelle sont les orifices distincts , mais rapprochés, 
des deux oviductes. La fente extérieure est recouverte 
en avant par un appendice écailleux, que Dugès appelle 
épigyne (i), dont la forme, ainsi que les rapports de la 
vulve, peut varier un peu, d'une espèce à l'autre. 

Dans \Epeire fasciée^ qui a des trachées et deux 
grands stigmates, suivant Dugès, outre les sacs pulmo- 
naires, c'est entre ces deux grands stigmates, qui sont 
derrière les orifices pulmonaires , qu'est situé celui de 
la vulve. 

Dans la Mygale maçonne , l'orifice de la vulve est 
une fente transversale percée sous la base de l'abdo- 
men, dans la ligne médiane, au centre de l'espace où 
se voient les opercules de quatre sacs pulmonaires (2'). 

Dans Vépeire argentée , nous avons trouvé l'épigyne 
saillante, comme un bouton demi-cylindrique, ayant 
une cannelure médiane et de petites dents en arriére. 

Dans une grande espèce voisine de Ximperialis^ ^'^PY* 
gine est une écaille saillante formée d'un cadre brun 
seaii-circulaire de chaque côté, et dont le bord posté- 
rien r se termine par deux dents externes plus fortes, 
et deux médianes très petites. Le milieu est une fosse 
circulaire qui semble fermée par un tympan. 

Deux vésicules glanduleuses, dont les canaux excré- 
teurs aboutissent de chaque côté de la vulve, en de- 
dans , qui se voient dans la partie la plus avancée de 
la cavité abdominale , appartiennent à l'appareil d"ac- 



(1) Voir Cuvier, Bècjue animal^ pi. XI, tig. i6, l'épifjyne de l'épiire 
fascic'e euj', et tïg. 26, lépigynede l'épeirc diadème. Ces figures soi/t 
<!e Diip,.' s. (r>) Ibid., pi. II, fij;. 8. 



AUT. VI. OBGANES d'aCCOLPLKMEM' FEMELLKS. 451 

couplemcnt. Creviraiius et, avant lui, Uœsel , ne ies or.t 
trouvées, à la vérité que dans \épeire diadème. L'hu- 
meur qu'elles renferment est visqueuse , jaunâtre , et 
sert probablement à fournir aux œufs leur enveloppe 
la plus extérieure. 

Les faucheurs [phal(ingium\ ont un oviscapte exser- 
tile, qu'on fait sortir comme nue verge par l'orifice des 
organes de la génération, qui est sous la base de 
labdomen, entre les deux dernières paires de pieds. 
C'est un long canal situé dans la partie moyenne de 
presque toute la longueur de l'abdomen , dans l'état du 
repos. Il se compose d'un fourreau membraneux ren- 
fermant une tige creuse, plus courte, composée d'an- 
neaux écailleux, articulés. L'extrémité de celle-ci est 
conique, et montre à l'intérieur des verticilles de poils. 
Plusieurs paires de muscles protracteurs s'attachent à 
l'extrémité antérieure du fourreau membraneux; l'autre 
extrémité a une paire de ligaments élastiques (i). 

L'orifice de Foviducte des Ixodes est situé près de 
la bouche. De là l'erreur de Latreille, qui croyait que 
les œufs nombreux que pondent ces Acarides sortent 
par la bouche (2). 

Chez le Irombidlum et les hjdrachne ^ c'est entre 
la dernière paire de pattes ou un peu en arrière dans la 
ligne médiane sous-abdominale, qu'est située la vulve.] 

G. Chez les Myriapodes. 

[Parmi les Chilopodes , les oi-ganes femelles d accou- 
plement se distinguent, dans les lithobies ^ des organes 



(i) Treviramus. O. c, pi. IV, iiy. 20 et 23. (■'.) M. Luca:, A:!ii. dcja 
Soc. Entoin. de France, i8.'^G, \>. Goo. 



452 XXXV* LEÇON. ORG. DE GENÉKAtlON DES ARTICULES. 

mâles, par la forme plus étroite du dernier segment 
du corps , auquel sont suspendus deux appendices pré- 
hensiles bi-articulés et terminés par un double on- 
glet (i). C'est entre ces deux appendices que s'ouvre la 
vulve. Elle conduit dans le vagin, qui lui-même se con- 
tinue et se confond avecl'oviducte. Les cols de deux vé- 
sicules, réservoirs de la liqueur spermatique après les 
copulations, viennent aboutir à cette partie (2). 

Dans la grande scolopendre, nous avons trouvé de 
même la vulve située à l'extrémité postérieure du corps 
entre les deux derniers pieds , qui sont dirigés en ar- 
rière. C'est une fente verticale bordée de deux lèvres.] 
M. Cuvier avait dit , dans notre ancien texte : les 
Iules ont leurs organes génitaux dans quelque endroit 
moyen du corps. 

[La femelle des Iules a deux vulves dont la position 
est encore plus avancée que l'appareil génital externe 
du mâle. Elles sont situées dans la face abdominale, 
entre le deuxième et le troisième segment du corps. 
Elles se présentent, chez le lulus maximus , comme 
deux renflements ou deux coussins mous, séparés dans 
la ligne médiane , et attachés à deux plaques soudées , 
ayant chacune une apophyse, et supportant par leur 
partie externe deux paires de pattes pins petites que 
les suivantes. Leur orifice est transversal et arqué. 

Chez \ iulus fœtidus , les organes femelles d'accou- 
plement s'ouvrent de même près de la tête, du côté 
ventral du corps , entre le deuxième et le troisième 
sciîment. 



(i) Treviramus. Versmischte Schiiften , 2' theil, tabl. VI, fig. 4- 
{1) Ihid., tabl. V, fig. 8 , a-a. ^''^I 



ART. vr. OIIGAÎ^ES d'accouplement FEMELLES. 453 

Oïl aperçoit , à cet endroit, deux renflements ovales 
de substance molle, ayant chacun un orifice longitudi- 
nal qui conduit dans le vagin de son côté. Deux petites 
glandes, dont lune se dilate en vésicule à son extrémité, 
aboutissent dans cette même cavité par leur canal ex- 
créteur (i). 

C'est aussi tout près de la tête , dans les premiers seg- 
ments du corps, que sont situés les organes d'accouple- 
ment mâles ou femelles des glomérides . Ceux-ci s'ou- 
vrent dans le premier article de la seconde paire de 
pieds. On trouve annexée à ce premier article une 
proéminence conique, à sommet tronqué et concave, 
au fond duquel se trouve la fente de la vulve d'un côté.] 

D. Chez les Crustacés. 

§ 1 . Dans la Sous-classe des Malacostracés. 

Les Décapodes ont deux vulves, qui ne sont que de 
simples trous percés dans la substance même du cor- 
selet, près de la troisième paire de pieds, pour les 
Crabes y et dans la base même de cette troisième paire, 
pour Xe^écrevisses et les bernards-herwites. 

[Cette position des vulves dans la partie du plastron 
sternal qui répond à la troisième paire de pieds est con- 
stante chez tous les Décapodes Brachyures ; tandis que 
les Macroures les ont toujours dans le premier article de 
ces pieds. Les vulves conduisent, chez les Décapodes ^ 
dans une espèce de vagin ou d'organe intérieur d'ac- 
couplement. Il serait difficile de préciser, chez les 
Macroures ^ ses limites avec Toviducte, dont il est la 

' >■; > -, M,;.. - ,-fj ■ 

i i) M. Stein. M.c, pi. XIII, H«. 23. 



'^54 >'v\V' LKÇON. ORG. DE OÉiSÉRATIOiN DES ARTICULÉS. 

continuation j mais, chez les Brachrures ^ l'un et l'autre 
sont bien séparés par une poche latérale, qui appar- 
tient encore au va(>in, et qui sert de réservoir au 
sperme : c'est la vésicule copulatrice. 

Cette poche manque cependant chez les Dromies et 
les tiunùies. 

Il y a ensuite des différences plus ou moins sen- 
sibles, chez ces mêmes Brachyures , dans la forme 
de ces orifices; dans la saillie de leur rebord, tou- 
jours très uni, mais qui peut être lisse ou garni de [)oils; 
et dans leur position plus ou moins rapprochée ou 
éloignée de la ligne médiane. Nous n'en citerons que 
quelques exemples. 

Les vulves de VhépatefasciésQvX largement ouvertes 
entre deux segments du thorax qui répondent au troi- 
sième pied; elles sont séparées l'une de l'autre par une 
pièce centrale du sternum. 

Dans \llia rugulosa, les vulves sont un peu avancées 
entre le second et le troisième segment du sternum , 
et elles sont rapprochées de la ligne médiane. C'est 
très près de la ligne médiane, dans le troisième seg- 
- meut sternal , qu'elles sont ouvertes chez le Pilumne 
hérissé ; c'est sans doute le cas le plus ordinaire. 

Dans la Dromie commune ^ les vulves sont dans une 
partie saillante du sternum , correspondante à la base 
de la troisième paire de pieds. Elles communiquent 
en arrière dans une rainure étroite et profonde, 
dont^il est difficile de comprendre l'usage. 

Dans le portune étrille^ les vulves sont situées, 
comme à l'ordinaire, au milieu du segment sternal qui 
répond à la troisième paire de pieds. Chacune d'elles 
forme une assez longue fente transversal^© p«roée au 



AKT. VI. OIUIANES d" ACCOliPLF.MRNT KKMKLLKS. 455 

milieu d'une iégèie saillie ovalaire, circonscrite {Darun 
repli de même forme. En dedans de ce repli, la com- 
missure externe est recouverte par un repli plus large 
en forme de prépuce. 

Il y a moins de différences dans la position des vul- 
ves, chez les Macroures ^ puisqu'elles sont toujours 
percées dans Tarticle basilaire de la troisième paire de 
pattes, ainsi que nousTavons dit. 

Remarquons seulement que , chez les porcellanes , 
ces organes ont aussi ce caractère; de même que les 
verges se déroulent au dehors et n'ont qu'un appen- 
dice excitateur. Ces deux circonstances confirment la 
justesse des vues de Ijatreillc, qui a placé ces Décapodes 
dans le sous-ordre des Macroures , malgré la forme de 
leur queue. 

L'ouverture circulaire de la vulve, chez le homard^ 
a sou pourtour garni de poils; elle communique dans 
le vagin par une fente semi-lunaire qui se voit contre 
le bord interne de l'ouverture extérieure. 

Dans les squilles (la squille rubanéê) , parmi les sto- 
mapodes , je ne trouve qu'une vulve située dans la 
partie moyenne de l'arceau inférieur du segment qui 
porte l'antépénultième paire de pattes. C'est une 
fente transversale recouverte en avant par une lèvre 
membraneuse et en arrière par une lèvre saillante, et 
dont la surface moyenne est relevée en bosse. Cette 
saillie arrondie est ensuite circonscrite par une rainure 
circulaire, et celle-ci par un encadrement en relief qui 
se prolonge en pointe sur les côtés. 

Chez les lunules, de l'Ordre des Xypholures ^ on voit 
les deux vulves assez rapprochées l'une de l'autre et de 
la hgne médiane. Elles fprj^icQt uqç saillie arrondie 



456 XXXV» LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ARTICULÉS, 

sur la face dorsale de la première paire de fausses 
pattes abdominales, non loin de leur hase. Leur orifice 
est transversal et bordé de deux lèvres. Leur cavité est 
peu profonde et reçoit, après un très court intervalle, 
l'embouchure del'oviducte de son côté. 

§ 2. Dans la Sous-ciasse des Entomostracés. 

Le mode d'accouplement àesapus^ parmi les Bran- 
chiopodes ^vlb. pas été observé, quoique nous ayons in- 
diqué Texistence d'une verge chez ces Entomostracés 
hermaphrodites. On ne connaît donc pas le lieu et 
le mode de fécondation. 

Les limnadies y c^neVoii cico^Q\i hermaphrodites, 
ont les sexes séparés. Les ovules sont fécondés par 
la vulve, qui dirige le sperme vers l'ovaire, ou lors- 
qu'ils passent sous le test. 

Dans les hranchipes^ il y ^ deux vulves situées à l'ex- 
trémité de la queue. 

Les femelles des cyclopes n'en ont qu'une , dans la 
même position. 

Parmi les Si/pkonostomcs , Vargule foliacé a une 
vulve unique située entre les deux pattes de la der- 
nière paire ; elle est I aboutissant d'un court oviducte ( i ).] 

E. Dans la Classe des Cirrhopodes . 

[Les femelles n'ont pas d'organe particulier d'accou- 
plement , à moins qu'on ne regarde comme tel le tube 
en forme d'entonnoir des Anatijes qui pénètre au 
centre de l'ovaire. 

Il faudrait supposer que l'organe mâle d'accouple- 
plement y verse le sperme, et que celui-ci peut agir à 

(i) Voir le mémoire cité de M. Jurine fils, f. 5, fig. 3. 



ART. VI. OBGANES d' ACCOUPLEMENT FEMELLES. 457 

travers les parois perméables de ce tube pour féconder 
les œufs. Il est plus probable que la fécondation a lieu 
au moment du passaj^e des œufs de l'ovaire dans le 
manteau, du moins pour les anatifes.] 

F. Dans la classe des Annélides. 

[Nous répéterons, au sujet des organes femelles d'ac- 
couplement des animaux de cette classe, ce que nous 
avons dit des organes mâles : ils manquent dans les 
deux premiers ordres, ceux des Tubicoles et des Dor- 
sibranches. Dans les espèces ovipares, les œufs sont 
probablement fécondés , comme chez la plupart des 
poissons ovipares . à l'instant où ils sortent du corps , 
par les pores de la cavité abdominale, qui en est rem- 
plie avant la ponte, chez beaucoup d'entre elles. 

Remarquons que les bourses spermagènes ont géné- 
ralement un canal excréteur qui s ouvre au dehors à 
travers la paroi abdominale des segments qui renfer- 
ment ces bourses. 

Les pores abdominaux qui servent d'issue aux ovules 
sont intéressants à étudier dans leurs rapports avec 
les orifices des organes mâles ou des bourses sperma- 
gènes , pour comprendre le lieu et l'époque de la fé- 
condation. Ces pores abdominaux , dans la terehella 
multisetosa^ se voient au sommet de petites verrues si- 
tuées entre les paquets de soies des anneaux antérieurs. 

Parmi \q% Annélides Ahianches sétigères^nous avons 
déjà vu que M. Guvier avait bien distingué les vulves 
du lombric y qui sont situées, en effet, dans le seizième 
anneau du corps, et leurs rapports avec les ovaires; 
mais il restait encore incertain sur la détermination de 
ceux-ci. 



4.i8 \\\*' ^.Rç^^. um>. de t.F.MiH vtion u^s awticulks. 

Eu décrivatit les ovaires chez les J\ aides, nous avons 
vu les deux o\ idiictes se terminer dans le douzième 
anneau, sur le côté, plus près de la face abdominale 
que ceux des canaux déférents, qui se voient dans l'an- 
neau précédent. 

La dernière partie de l'oviducte formant une sorte 
de vagin, peut se dérouler au dehors (i). 

Chez les IJirudinées, l'orifice de l'oviducte incuba- 
teur et du vagin se trouve toujours en arrière de celui 
de la verge, soit dans le même anneau (la piscicola 
geo/ne t ra) , soït quelques anneaux plus loin (la sangsue 
médiciiKile). M. Guvier indique à la fois, dans notre 
ancien texte, et loviducle incubateur et la position de 
la vulve.] Tout près de l'orifice de la verge est une 
bourse qui s'ouvre aussi au dehors, et qui sert, à ce 
que je crois, à recevoir la verge de l'autre individu. 



(i) Suivant Dugès. — Annales des se. natur., t. XV, p. 3aj. 



OSMlélATIu;^ Uï.% MOI. MOQUES. 45** 



TRENTE-SIXIÈME LEÇON. 

DES ORGANES DE GÉNÉRATlO>f DANS LE TYPE DES 
MOLLUSQUES. 

[Depuis la description de cesor^fanes, que M.Cuvier 
avait lui-même rédigée daus notre première édition, 
la science a fait des progrès sensibles, spit par les re- 
cherches subséquentes qu'il a continuées sur les ani- 
maux de ce [>roupe, soit par celles d'un grand uombie 
d'anatomiste^ qui ont suivi ses traces. 

Nous faisons connaître ces progrès dans les addi- 
tions nombreuses à Tancien texte de ces leçons, après 
en avoir jugé le degré d'importance et vérifié, le plus 
que possible , l'exaciitude. 

Pour la détermination, entre autres, des glandes 
«permagènes ou ovigènes , et conséquemment des or- 
ganes sexuels essentiels, et des individus qui les recèlent, 
soit réunis, soit séparés, la science, ne se bornant plus 
aux apparences extérieures , examine au microscope 
leur contenu ; constate , par la présence des spermato- 
zoïdes ou des ovules, l'existence des organes mâles ou 
femelles; détermine ainsi les individus de ces sexes ou 
ceux qui sont beimaphrodites. 

Un» juste détermination de ces organes, en suivant 
cette sûre direction, n'est cependant pas toujours facile, 
et ne peut se faire avec certitude, dans tous les cas, 
qu aux époquçj du rut. Hors de ces époques , les cap- 



460 KXXy LEÇON. MODES DE GÉNÉBATION 

suies dans lesquelles se développent les spermatozoïdes 
peuvent être confondues avec les ovules peu dévelop- 
pés; ce qui a donné lieu à des dissentiments remar- 
quables entre des observateurs exercés, entre autres 
pour la détermination des organes préparateurs mâles 
ou femelles des sangsues. 

En commençant la description des organes de gé- 
nération des animaux sans vertèbres , M. Guvier s'ex- 
primait ainsi :] Je reprends Tordre des classes, et je 
décris dans chacune les organes mâles et femelles dans 
le même article, parce que les distinctions établies 
pour les animaux vertébrés ne peuvent pas toujours 
être appliquées à ceux-ci. 

[Il faut se rappeler, qu'à l'époque où cet ancien 
texte a été publié (en i8o5), on n'admettait encore 
que deux grandes divisions du règne animal, celles des 
animaux vertébrés et des animaux sans vertèbres; et 
que ce n'est qu'en 1812 que ce Maître illustre a eu la vue 
si ingénieuse et si juste des quatre Types. Alors les Mol- 
lusques, qui ne formaient qu'une classe dans les animaux 
sans vertèbres , sont devenus un de ces grands Types. 

Dans nos leçons au Collège de France , nous avons 
cherché à marcher avec la science, comme M. Guvier 
l'aurait faits'il eût vécu, comme les améliorations suc- 
cessives qu'il a introduites lui-même dans la méthode 
naturelle en sont la preuve indubitable. 

Le Type des Mollusques^ dans lequel on trouve beau- 
coup d'animaux fixés , la plupart asymétriques, des ani- 
maux agrégés {\e% ascidies composées) \ ce type dont 
les espèces inférieures se rapprochent de certains po- 
lypes, ou réciproquement, ainsi que M. Guvier l'a rç- 



DÈS MOLLtSQL'ES. 461 

connu lui-même (i ) ; qui peuvent se multiplier non seu- 
lement par des œufs, mais encore par des bourgeons; 
ce type, dis-je , devait précéder immédiatement celui 
des zoophytes. 

Nous nous y sommes décidés, pour cette leçon, après 
en avoir séparé les Cirrhopodes , que nous avons rap- 
prochés des Crustacés, dans leType àe^ Articulés , non 
seulement à cause de leur système nerveux , si bien re- 
connu et décrit par M. Guvier, mais encore par suite 
des belles observations de M, Burmeister sur leurs sin- 
gulières métamorphoses, qui démontrent que ces ani- 
maux ont, à une certaine époque de leurs développe- 
ments successifs, les caractères des Articulés , et plus 
particulièrement ceux des Crustacés. 

Les Acéphales sans coquille^ qui ne forment qu'une 
division de la classe des Acéphales, dans le Règne 
animal , sont pour nous une Classe distincte, pour la- 
quelle nous avons adopté la dénomination de Tuni- 
ciers ^ que leur donne I^amarck. 

Nous avons reconnu dans cette Classe deux divi- 
sions principales : la Sous-classe des Tunxciers tra- 
chéens^ qui comprend la grande famille des Snlpa ^ 
animaux libres, séparés ou associés, dont le corps a 
deux ouvertures opposées; et dont l'organe de respira- 
tion, étroit et long, est disposé obliquement dans le sac 
tégumentaire, dont il n'occupe qu'une place restreinte. 

L'autre Sous-classe est celle des Tuniciers tJioraci- 
ques^àiowx. le sac tégumentaire est rempli, en grande 
partie , par un sac branchial. Deux ordres composent 
cette Sous-classe, celui des Ascidies simples ou irrégu- 
lièrement agrégées; et celui des Ascidies régulièrement 

(?) Rèqnejsinimal^ t. 111, p. 17 



462 \\\M" LEÇON. MODES HE GÉ.nÉI.ATION 

agrégées, dites composées, qui forment deux familles, 
suivant qu'elles sont fixées (les Bolrylles) ou libres (les 
PYrosômes). 

Nous avons cru ces explications nécessaires pour 
faire comprendre la valeur des dénominations que 
nous emploierons dans nos descriptions, et l'ordre que 
nous avons adopté dans celles-ci. 

En parlant des différentes sortes de. combinaisons 
que présentent les organes de la génération des MoU 
lusques ^ M. Guvier avait dit :] nous trouverons qua- 
tre combinaisons différentes d'organes : 

1° Des sexes séparés^ avec accouplement : plusieurs 
Gastéropodes , comme les buccins; 

Q°Des sexes séparés, sans accouplement: les Cépha- 
lopodes ; 

3° Des sexes réunis, avec accouplement réciproque : 
le limaçon et la plupart des Gastéropodes ; 

4° Des sexes réunis , et se fécondant dans le même 
individu, ou l'hermaphrodisme ^?L\:i?ài\\ç.?> Acéphales. 

[L'état actuel de la science m'oblige de restreindre 
certaines de ces propositions , d'étendre les autres, et de 
distinguer encore davantage les modes de propagation 
de ce type. 

1° Celui des sexes séparés, avec accouplement, peut 
être complet, c'est-à-dire avec l'introduction d'une 
verge , et l'intromission directe par son moyen du 
sperme dans l'oviducte ou le vagin de la femelle. C'est 
le cas des Gastéropodes Pectinibranches et de plusieurs 
Hétéropodes ^ tels que les carinaires et les Jiroles. 

1° Je range encore le mode de génération des Cé- 
phalopodes parmi ceux qui se font avec accouplement, 
mais sans organes spéciaux propres à l'intromission dr 



D£S MOLLUSQUES. 463 

1» semence. Ce genre craccouplement est ai-alogiic à 
celui des Sélaciens. Il consiste dans le rapprochement 
des embouchures des entonnoirs du mâle et de la fe- 
melle, pour faciliter le passage des spermaphores du 
mâle dans la cavité de cet entonnoir, et à proximité 
des orifices des oviductes, ou de celui de l'oviducte 
unique. 

3° Dans un troisième cas de séparation des sexes, 
que M. Guvier n'a pas connu, la fécondation se fait 
sans rapprochement des organes , sans contact des 
individus , au moyen de la laite que répandent les 
mâles à proximité des femelles, et des courants d'eau 
spermatisée que celles-ci attirent dans la cavité de 
leur manteau au moment de la ponte ou du passage 
des œufs , de Tovaire dans leur lieu d'incubation. 

C'est le mode de génération de plusieurs Acéphales 
testacés ^ tels que les unio ^ les anodontes parmi les 
Mytilacés; les venus ^\es> ùuccif des \}a.vmï les Caidiacés. 
Les patelles^ parmi les Gastéropodes, paraissent être 
encore dans le même cas. 

4° La troisième combinaison indiquée par M. Cu- 
vier, celle des organes sexuels réunis dans le même in- 
dividu, ou de Vliennaphroditisme ^ avec accouplement 
réciproque, n'appartient pas à la plupart des Gastéro- 
podes, rsous venons de voir qu'il en fallait séparer 
l'ordre nombreux àes, Pectinibranches^^\us\e\ivs Hété- 
ropodes^ qui ont les sexes séparés et des organes d'ac- 
couplement. D'autres Gastéropodes^ tels que les Cyclo- 
branches^ viennent d'être classés dans notre troisième 
mode de génération. Les Pulmonés ^\es Nudibranches^ 
les Inférobranches , les T ectibr anches ^ appartiennent 
seuls à ce mode singulier de génération. , 



464 XXXV« LEÇON. MODES DE GÉNÉfiÀTIOU 

5" La quatrième combinaison indiquée par M. Oa- 
vier doit être restreinte à un certain nombre d'.^ce^ 
pJiales testacés^ chez lesquels on a constaté l'existence 
et la réunion, dans le même individu, des organes pré- 
parateurs mâle et femelle. Tels sont, entre autres, les 
peignes et les cyclades. 

60 Chez un certain nombre à^ Acéphales testacés et 
chez tous les Acéphales Tuniciers^ on ne connaît d'une 
manière incontestable que les ovaires. Ces animaux 
semblent se propager uniquement par des œufs ou des 
germes libres non fécondés, comme beaucoup de zoo- 
phytes. 

7° Enfin quelques uns de ces derniers peuvent en- 
core se multiplier par des bourgeons , ou par germes 
adhérents. 

Ainsi, sous le rapport de leur propagation, comme 
M. Cuvier Tavait admis pour les organes d'alimenta- 
tation, les Mollusques inférieurs se rapprochent de 
certains Zoophytes; et ces deux Embranchements ten- 
dent à se joindre par quelques circonstances essen- 
tielles de leur organisation et de leurs fonctions. 

Après ces préliminaires, il nous sera possible de 
conserverpource Type, mais seulement en partie, les 
divisions anatomiques ou physiologiques que nous 
avons adoptées pour la description des organes de gé- 
nération des deux Embranchements précédents. 

Nous traiterons successivement, dans un premier ar- 
ticle, des organes préparateurs mâles et femelles pro- 
pres aux six classes des Mollusques ; les deux articles sui- 
vants comprendront la description des produits de ces 
organes; le dernier aura pour sujet les organes d ac- 
couplement, ou les moyens de fécondation employés 



ART. I. OBG. t»KÉl'AIîATl-UES KT i^DLCATEOKS FEMELLES. 465 

par les Mollusques Aont les sexes sont séparés , et par les 
hermaphrodites, qui ont besoin de se réunir pour la 
fécondation de leurs œufs.l 

ARTICLE 1. 

DES ORGANES PRÉPABATEUES ET ÉDUCATEURS FEMELLES , ET DES 
ORGANES PRÉPARATEURS MALES DANS LE TYPE DES MOLLUS- 
QUES. 

[T^e Type des mollusques n a le plus généralement 
qu'un seul ovaire et un seul testicule , soit séparés dans 
des individus différents, soit réunis dans le même 
individu. 

î/existence de àeux ovaires est rare et probléma- 
tique chez quelques Mollusques; taudis que celle d'un 
seul ovaire est une circonstance or^^anique exception- 
nelle dans les deux Types précédents, qui sont essen- 
tiellement symétriques.] 

A. Dans la Classe des Céphalopodes. 

I. De ïo^'au'c et de Voviducie. 

L'ovaire unique occupe la même place que le tes- 
ticule, dans le fond du sac viscéral; il est enveloppé 
de môme dans une capsule membraneuse à laquelle il 
ne tient que dans un endroit , par des vaisseaux. 

Cette capsule est simple dans le poulpe; la seiche 
Ta divisée en deux par une cloison. 

Non développé, l'ovaire ressemble à l'arbre le plus 
compliqué et le plus agréable; il a des milliers de 
ramifications. 

Les ramifications de l'ovaire tiennent toutes à la 
capsule ovarienne par un seul point, le même par où 
les vaisseaux y pénètrent. 

8. 30 




■^66 XXXVl» LEÇOJN. OR(i. DE GÉKEBATION DES MOLLUSQUES. 

Un large orifice conduit de la capsule dans un canal 
commun assez court, qui se partage bientôt, dans le 
poulpe et le calmar sagitté , en deux oviducles. 

Ceux du poulpe ^ que j ai vus quand ils n'étaient pas 
remplis, étaient minces, à parois ridées intérieure- 
ment. Us aboutissent aux deux côtés de l'anus. Au 
premier tiers de leur longueur, est une espèce de 
noeud, qui n'est autre qu'une glande que les œufs doi- 
vent traverser, et qui leur fournit sans doute la matière 
de leur enveloppe. Elle est divisée comme une orange 
par des cloisons longitudinales. 

IjC calmar sagilté a aussi de pareilles glandes , mais 
beaucoup plus grandes à proportion, ovales, situées à 
l'issue même de chaque oviducte, et divisées par des 
cloisons minces et extiéuiement nombreuses, en une 
infinité de couches transversales. L'oviducte y entre 
par le côlé, et s'y rétrécit beaucoup avaut de sortir. 

La seiche et le calmar commun n'ont qu'un seul 
oviducte , terminé par une glande pareille aux deux 
du calmar sagitté. 

L'oviducte du calmar commun est plus long que 
celui des autres, et fait deux circonvolutions. 

Les issues des oviductes du calmar sagitté sont au 
côté interne de^ brauchies. Celle de l'oviducte simple 
de la seiche et du calmar commun est près de la bran- 
chie gauche , au même endroit que le pénis du 
mâle(i). 

Ces trois espèces, appartenant à trois genres diffé- 
rents, ont de ohis deux énormes glandes ovales , divi- 

fl) Viiir pour les ovaii'es du poulpe ie Mémoire de M. Ciisicr sur les 
Céphalopodes etXewv A7iatomie^\A.\\^^^. i,etpl. III, fig. i.R.R. l'ovaire, 
et r. r. les uviductes. 



ART. I. OBG. PBEPAKATEUKS ET EULICATEUBS FEMELLES. 467 

sées, comme celle qui termine loviclncte, par des 
cloisons transversales, et ayant leurs issues aux deux 
côtés de l'anus. 

On sait que les œufs du poulpe et du calmar sout 
rassemblés en petits boudins, par une matière gélati- 
neuse, et ceux de la seiche en grosses grappes compa- 
rables à celles des raisins, par une matière ductile. 
Il est probable que cette matière est fournie par les 
glandes qui terminent Toviducte. Peut-être les deux 
autres glandes que nous venons de décrire y contri- 
buent aussi. 

[L'ovaire de X argonaute est de même dans une cap- 
sule dont l'issue donne dans un très court oviducte 
commun, qui ne tarde pas à se diviser en deux bran- 
ches : celles-ci n'ont pas de partie renflée et glandu- 
leuse, comme dans les poulpes, et font plusieurs cir- 
convolutions avant d'aboutir dans la cavité branchiale. 

A l'époque du rut, on les trouve remplis, dans toute 
leur étendue, de grappes d'œufs (i). 

La structure de l'ovaire des Céphalopodes est ana 
logue à celle des ovaires à sac des poissons. 

La capsule ovarienne est comparable à la caviie 
intérieure de ces ovaires à sac. Le pédicule, production 
unique des parois de la capsule et ses ramifications 
nombreuses, répondent aux lames proligères des ovali^es 
à sac. Les ovules mûrs se détachent des ramifications 
de l'arbre proligère, comme de ces lames, tombent 
dans la cavité de l'ovaire et passent dan^ îoviducte , 
dont les parois sont continues , dans l'un et irnUac cas , 
avec celles de cette cavité. 

(i) Mémoire de M. Van Beneden sur VAy,fOtutui.c^\\. V. Bruxtlii.» , 
1839. 



468 XXXVl' LCÇOR. ORG, DU OÉNÉRATIOK DES MOLLUSQUES. 

Il y a loin de cette disposition avec celle où les œufs, 
détachés desovaires,tombent dans la cavité abdominale 
et vont, par un mécanisme inconnu, gagner Tembou- 
chure de l'oviducte, qui peut être bien plus avant 
dans cette cavité, comme cela se voit, entre autres, 
chez les grenouilles , etc., etc. ( i ). 

Le nautile flambé a présenté l'or^^anisation d'un 
ovaire et d'un oviducte en partie discontinus. 

L'ovaire est situé dans une cavité péritonéale parti- 
culière, séparée de la cavité viscérale, à côté du gésier. 
C'est une poche renfermant, dans son intérieur, des 
capsules ovigères , de forme ovalaire, fixées par une de 
leurs extrémités et libres par l'antre, qui paraît perforée. 
La poche de l'ovaire est ouverte dans la cavité péri- 
touée qui la renferme , tout près de l'embouchure de 
l'oviducte dans cette même cavité. Celui-ci est un couil 
canal qui s'ouvre à la base de l'entonnoir, à côté de 
l'anus. 

Immédiatement sous cet orifice , se voit une glande 
considérable attachée au manteau, à la face inférieure 
du corps, derrière l'entonnoir. Cette glande forme 
une double saillie arrondie, composée de nombreuses 
lamelles , très rapprochées. 11 est probable qu'elle sé- 
crète la substance qui doit former la dernière enve- 
loppe protectrice de l'œuf (2).] 

II. Du testicule et de son canal excT^éteur ; des 
glandes et des réservoirs accessoires. 

Le testicule unique est une grosse glande blanchâtre, 

(i) Voir l'opinion que nous combattons dans le mémoire sur le déve- 
loppement des Céphalopodes^ par M. Kœlliker. Zurich, i844ï P» '• jj 

(1) î*Icnioire sur l'animal du Nauùlui pompiliiis, par M. R. Owen. 
Ann, des se. nat.. t. XXVIII, p. 112 et suiv,, et pi. IV, fig. 9 et 10, 



Akï, ï. OîiG. PlUÎPAr.ATnURS Eï îîliUCATEUilS TESIELLES. 469 

assez molle , qui reinplit le foiuî tlii sac abdominal. 8a 
structure est remarquable et facile à développer. Elle 
est renfermée, comme l'ovaire, dans une capsule mem- 
braneuse , à laquelle elle ne tient que par les vaisseaux 
qui se rendent de l'une à l'autre, et dans un endroit 
seulement. Du reste, elle a sa tunique propre, cellu- 
laire, mince. On voit à sa surface une infinité de petites 
aréoles ( i), qui sont le commencement d autant de fila- 
mentsblancs, opaques etmous, qui, serréslesuns contre 
les autres , composent toute la substance de la p^lande. 
Dans la seiche, ils sont beaucoup plus minces, et infi- 
niment plus nombreux : aussi les petites aréoles y res- 
semblent à des points. 

Dans \e poulpe , les filaments sont plus épais, et res- 
semblent à des rubans, ils se réunissent successivement 
pour former des troncs qui , dans la seiche , aboutissent 
en quantités innombrables aux parois de trois ou 
quatre canaux excréteurs assez ^>ros, qui parcourent la 
glande en divers sens, et qui se terminent tons à une 
ouverture commune, circulaire, lar(>e , garnie d'une 
valvule qui laisse sortir, mais non entrer. Dans le 
poulpe , où il y a moins de ces filaments, il n'y a point 
de ces grands canaux commimS;, mais les premiers 
arrivent immédiatement à l'ouverture commune. 

On conçoit aisément que les filaments sont eu.\- 
mêmes de petits vaisseaux sécrétoires enveloppés de 
paiencbyme. Ils sont liés ensemble par des vaisseaux 
sanguins, des nerfs et de la cellulosité. 

Le fluide qu'ils produisent s'épanche , par l'ouver- 
ture, dans la capsule membraneuse, d'où il sort par 

(i) M. c. de M. Cuvi.r, 1.1. IV, iig. 5 a. 4. 



470 XXXVî'' J.KCON. ORG. DE GÉîV'KuATION DES MOLLUSQUES. 

lorifice de cette capsiiie, et passe dans un canal (i) 
qui lient lieu d'épididyme. Ce dernier fait sur lui- 
même un très grand nombre de replis, comme l'épidi- 
dyme humain. 

Son autre extrémité débouche dans un canal plus 
gros (2), sorte de vésicule séminale dont Tintérieur a 
d'abord plusieurs colonnes ou arêtes saillantes et 
ramifiées; ensuite une seule principale qui règne dans 
toute sa longueur, et le partage en deux demi-canaux. 

Ce canal, beaucoup plus court, et moins replié que 
celui de 1 epididyme , paraît avoir une texture mus- 
culaire; il va pénétrer, en se rétrécissant .dans un corps 
glanduleux assez considérable (3), de figure cylindri- 
que, ayant un canal excréteur assez gros, dans le tiers 
extérieur duquel aboutit celui dont nous parlions tout- 
à-1 heure. Ce corps , fort grand et fort solide, dans le 
podipe ^ est beaucoup moindre et presque membra- 
neux dans la seiche. C'est sans doute une espèce de 
prostate. Je ne lui vois d'autre usage que de sécréter 
quelque liqueur accessoire aux fonctions génératrices. 
Son canal se réunit avec un des deux de la bourse des 
tubes à ressort, dont nous allons parler. 

Cette bourse , qui est grande, très plissée, et par con- 
séquent susceptible de s'étendre beaucoup, contient en 
effet les fameux tubes à ressort, décrits d'abord impar- 
faitement dans la seiche, par Swammerdam ; ensuite 
plus en détail dans \e calmar^ par Needham, et rendus 
célèbres par Buffon, qui en fait l'un des principaux 
appuis de son système sur la nature des animalcules 
spermatiques. Je lésai trouvés, dans ]epou/pe, plus 



(1) Ibid.. tio. 5 h et b. (a) Ibifi.yC, c. (3) Ihid., f. s. «1. 



ART. I. ORG. PRÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 471 

grands que dans les deux autres espèces. La bourse (jui 
les coiilient mêlés dans une liqueur visqueuse est com- 
posée de deux loges qui communiquent ensemble par 
le fond , mais qui ont chacune leur orifice distinct. 
L'un des orifices se prolonge en un canal mince, qui 
donne dans l'intérieur du pénis par le côté. L'autre 
fournit aussi un canal qui , après être devenu encore 
beaucoup plus mince, s'ouvre au dehors près de la 
base du pénis. 

Je nomme pénis un corps cylindrique, charnu, 
creux, percé à sa pointe, et qui a encore un cul-de-sac 
en arrière de l'endroit où s'ouvre le canal que je viens 
de dire. L'intérieur de sa cavité est aussi garni de 
colonnes charnues. 

Le canal excréteur de la prostate , par lequel doit 
passer aussi la semence qui vient du testicule , donne 
plus particulièrement dans celle des deux loges de la 
bourse aux lubes à ressort, dont le conduit s'ouvre en 
dehors de ce pénis. C'est même tout près de son orifice 
qu'il y communique. C'est l autre loge de cette bourse 
qui donne dans le pénis. 

Je n'ai donné à cette partie le nom de pénis que 
parce qu'elle fait saillie hors du péritoine, et à cause 
de sa forme cylindrique; niais je ne crois point que ce 
soit un organe d'accouplement, quoique bien certai- 
nement c'en soit un d'éjaculation. 

Tous les canaux que je viens de décrire, depuis les 
testicules jusqu'au pénis , sont situés dans le côté gauche 
de l'abdomen, et c'est en dedans de la branchie gauche 
que le pénis fait sa saillie; mais comme l'entonnoir 
placé sous le col ferme tout le sac charnu , il me paraît 
impossible que cet organe se rapproche de celui qui 



472 XXXVr LF.ÇON. ORG. DE GKM^P.ATIOX DES MOLLUSQUES. 

sert d'issue à l'oviductus dans la femelle , et qu'il y 
ait accouplement. 

Le sperme lancé parle pénis est obligé de traverser 
l'entonnoir, comme font les œufs , l'encre et les ex- 
créments. 

Sv/AMMERDAM (i) etNEEDHAM ont pris la bourse des 
lubes à ressort pour le vrai testicule, dont elle est, 
comme on voit, fort éloignée, et ils ont été suivis en 
cela par les auteurs les plus récents. 

B. Dans la Classe des Gastéropodes. 

[Cette classe montre de grandes différences dans ses 

(i) Malgré ses fautives déterminations des différentes parties de l'ap- 
pareil de sécre'tion de la semence , des tubes spermaphores et de leurs 
réservoir, on trouvera, dans cet auteur célèbre, une desciiption assez 
exacte de ces parties avec des figures fjui les représentent sous le même 
aspect que celles de la pi. XV, t. XVIII, des Jnn. des se. nat., 2* série, 
les unes et les autres, prises sur des individus en rut, et ayant tout cet 
appareil beaucoup plus développe que dans la fig. 5, pi. IV, du mémoire 
cité de M. Cuvier; ce qui fait comprendre les différences de forme et de 
proportion dans les détails et dans l'ensemble de ces figures. 

Le pénis est, pour Swammenlam , le canal déférent. Le réservoir des 
tubes qu'il a observés à l'époque du rut, et conséquemment très développé 
et rempli de plusieurs rangées de ces tubes disposées eri spirale, est le tes- 
ticule, suivant cet auteur. L'organe qu'il détermine comme la prostate 
est à la fois le canal déférent, la vésicule séminale et la prostate dans les 
déterminations de M. Cuvier. 

Toutes ces parties, dit-il, ont une structure glandideuse. Le canal le 
plus étroit (le déférent) est rempli d'une liqueur séminale blanche, qui 
ressemble à du lait caillé. La partie la plus ddatée renferme une quantité 
innombrable, plusieurs milliers de chevilles lubuleuses blanches et déli- 
cates, libres par une extrémité, liées cnlne elles par un lil délié qui sort de 
l'autre extrémité. 

Il appelle le testicule, dont il a bien re<:onnu la position, la structure 
glanduleuse et le contenu blaru; de lait, la troisième partie des vases de la 
semence. Sa liaison avec le can;d déférent avait été rompue dana sa dis- 
section. 



AIIT. 1. ÛRG. PfiKl'ARAÏKLRS r.T KDUCATEURS FEMELLES. 4/3 

organes de génération et particulièrement dans les 
organes préparateurs. Les uns les ont séparés dans des 
individus différents ; les autres les ont tellement réunis, 
tellement combinés, que ce n'est que depuis très peu 
de temps qu'ils ont été reconnus et déterminés. Chez 
la plupart, ils sont accompagnés d'un appareil com- 
plet de copulation; chez d'autres, cet appareil manque 
entièrement. Toutes ces différences font que la classe 
des Gastéropodes est moins naturelle , sous le rapport 
des organes de la génération, que la précédente. 

Afin de faciliter la détermination des organes prépa- 
rateurs qui caractérisent le sexe femelle ou le sexe 
mâle , chez les Gastéropodes qui ont ces organes réunis 
dans le même individu , nous commençons par décrire 
l'ovaire, puis le testicule, chez les Gastéropodes qui les 
ont séparés dans des individus différents; nous ferons 
connaître ensuite ces deux glandes chez les Gastéro- 
podes hermaphrodites. 

Les Gastéropodes chez lesquels on a constaté la sépa- 
ration des sexes sont les carinaires et les firoles de 
l'ordre des Hctéropodes ; ceux qui composent \ ordre 
des Pectinibranches ; les patelles parmi les Cyclobran- 
ches, Nous allons faire connaître successivement l o- 
vaire et le testicule de ces mollusques , en prenant 
pour exemple ceux que M. Cuvier a décrits.] 

L De r ovaire chez les Gastéropodes à sexes séparés. 

Dans le grand buccin (buccinum undatura) , l'ovaire 
partage avec le foie, comme le testicule dans le mâle, 
la plus grande partie de la spire. On voit au côté droit 
de la cavité des branchies, entre le corps et le rectum, 
un gros canal, qui est l'extrémité de l'oviducte. Sou 



•474 xxxvr leçon, org. de géjnébation des mollusques. 
orifice est assez petit ; en I ouvrant , on trouve qu'il est 
très larjie, et que ses parois sont très épaisses, glandu- 
leuses, et propres sans doute à enduire les œufs. Il 
s'ouvre un peu en dedans du bord de la cavité bran- 
chiale, par un trou assez petit. 

La femelle du murex tritonis a un oviducte tout 
semblable à celui de la femelle du buccin. 

Dans ces {^enres à sexes séparés, Toviducte manque 
quand la verge y est avec son sillon , et ce sillon occupe 
la place de l'oviducte. 

[f^a f^wipare d'eau douce (cyclostonia viviparum 
Drap.) appartient aussi à cette division des Gastéro- 
podes (i). 

A côté de la portion de la matrice qui est au-delà de 
la cavité branchiale, se trouve un organe glanduleux 
blanchâtre qui pourrait bien être 1 ovaire. En effet, 
cet organe, en forme de houppe, se compose de vési- 
cules incolores, ou de petits cœcums. Il est annexé à 
la partie du foie enfonc ée dans la spire. Le premier ovi- 
ducte, ou l'ovuliducte qui en sort est un fin canal, qui 
aboutit à une partie glanduleuse, dépendant du second 
oviducte. Celui-ci a la forme d'un sac court qui em- 
brasse l'extrémité interne très ouverte du troisième 
oviducte ou de l'oviducte incubateur. On y trouve des 
spermatozoïdes (2). 

L'oviducte incubateur ou la matrice est, à l'époque 
de la gestation , un gros boyau cylindrique qui est atta- 



(1) Cette séparation des sexes, déjà sif;nalée par Lister en lôgS, avait 
été méconnue par Spailauzani, et dans notre première édition. Cette erreur 
a été rectifiée par M. Cuvier, d ms son Mémoire sur les vivipares d'eau 
douce, duquel nous avons extrait les détails que nous donnons ici. 

(2) M. Paasch. Archives d^Erichson pour i843, p. loo, et pi. V,fig. VHI. 



AfiT. T. ORG. PRÉPARATEUBS ET ÉDUCATEURS FEMELLES. 476 

ché, dans sa dernière partie, dans toute la longueur de 
la voûte de la cavité branchiale et qui se prolonge , 
dans la première partie , dans tout le premier tour de 
la spire (i). 

Ou trouve, dans la saison, cet oviducle rempli de 
fœtus dans tous les degrés de leur développement.] Il 
devient énorme en longueur et en largeur, lorsqu'il est 
ainsi rempli de petits individus vivants. 

[Dans le T'z/r/^o /;/<:a,roviducte a sa dernière partie, 
que nous appelons branchiale, comme dans la vivipare 
Son orifice est tout près de l'organe delà viscosité (2).] 

II. Du testicule chez les Gastéropodes à sexes séparés. 

[Le testicule unique chez les carinaires et \t%firoles , 
chez les Peci inibranches ^ et chez \e?> patelles^ parmi les 
Cyclubranches ^ est toujours plus ou moins annexé au 
foie et enfoncé, avec ce viscère, dans les deiniers 
tours de la spire, lorsque l'animal a une coquille de 
cette forme.] 

Dans le buccinum undatum , le canal déférent tra- 
verse la longueur de la verge en faisant beaucoup de 
replis et de zigzags; il pénètre dans le côté droit de 
la partie du corps qui remplit la coquille, y fait un 
gros paquet de replis entortillés , s'y rapetisse par de- 
grés, et finit par aboutir au testicule, qui occupe par 
moitié, avec le foie, les tours les plus profonds de la 
coquille. C'est une masse glanduleuse, jaunâtre et 
molle. 

Le murex tritOTiis , au lieu d'avoir un canal déférent 
entier dans l'intérieur de la verge, n'a qu'un simple 



(i) M. Cuvier. /6iti., pi. i, fig. 3, h et h'. 2/ /è/J., p. op. 7, o. et p. i3. 



476 XXXVI* LECOX. ORG. DE r.K.MCRATION DES 310LLCSOL'ES. 

sillon qui rè[»ne à sa surface, et se prolonge sur celle 
du corps, jusqu'à la portion qui remplit le fond delà 
coquille. 

[Dans la vii'ipare d'enu douce, le testicule occupe 
dans la spire l'espace que l'ovaire et la matrice tien- 
nent dans la femelle. Il communique avec la verge par 
un canal déférent court et tortueux (i). Cette glande 
spermagène est grande, bilobée, un peu contournée 
pour s'arranger, avec le foie, dans la spire. 

Dans le sigaret le testicule remplit avec le foie, 
comme l'ovaire dans la femelle, une bonne partie de 
la cavité viscérale. 11 a un long canal déférent qui se 
termine à la verge (2). 

Dans les carinaues et les firoles ^ le testicule, situé , 
comme l'ovaire, sous la masse viscérale, se joint par 
le canal déférent à un appareil copulateur qui se voit 
au-dessous. 

L'ovaire, dans les ^^/e//<?j-, est placé sous le foie. Sa 
structure intime offre à l'œil des différences qui ren- 
dent assez probable l'existence des organes des deux 
sexes (3). L'oviducte est court et s'ouvre sur le côté 
droit de la tète, à côté de l'anus. 

m. O ricanes préparateurs mdles et. femelles chez les 
Gastéropodes licrttiaphroditcs. 

Comme dans les Gastéropodes à sexes séparés, il n'y 



(i) M. Cavier. Ihid., p. 7, et pi. I , fij;. 4. (-2) Jbid.. p. 6. (3) Tel est celui 
que représente la ti{j. i5, pi. II, du mémoire cité de M. Cuvier. L'idée de 
1.1 combinaison des deii\ o:gan.-.s scxutU préparatours des ovules et delà 
seiiunce n'a jia.s été cuntirrnée. M. ÏMilne Edwards , et après ce savant 
MM, LelxTi tt Hohin viennenr dr rt-connailre <nie le>; *oxc.s sont «séparés. 



ART. I. OHO. PliÉPAKATKLlIS ET EULtATEUfiS FEMELLES. 477 

a qu'un organe pour la préparation des ovules et un 
seul pour eelle du sperme; mais l'un et lautre nous 
offriront, dans la plupaii des penres, lexeinple 
d'une intime réunion, dont on ne s'est fait une idée 
juste que depuis très peu de temps. 

L'organe préparateur des ovules, désigné par les 
auteurs sous le nom d'organe en grappe , est en même 
temps l'organe préparateur du sperme. Il est toujours 
annexé au foie, et pins ou moins adhérent à la partie 
de ce viscère qui est enfoncée dans la coquille, chez 
les Gastéropodes qui en ont une. 

Cet organe se compose de petits cœcums oblongs, 
digités, c'est-à-dire se réunissant au nombre de deux, 
de trois ou quatre, ou plus, à un petit canal excréteur 
commun ( i ). C'est, entre autres, l'organisation de ïlielix 
pomatia. 

Dans un autre type, ce sont des follicules à peu près 
sphériques, réunis par groupes, au moyen de leurs 
canaux excréteurs, à une branche principale, et celles- 
ci aboutissant à un tronc commun, le canal excréteur, 
de la glande. 

Ces follicules oblongs, ovales ou globuleux, ne sont 
pas simples; ils se composent de deux poches membra- 
neuses contenues lune dans l'autre, entre lesquelles il 
existe un intervalle plus ou moins sensible, suivant que 
les ovules qui s'y développent sont plus ou moins avancés 
dans leur développement. La poche externe est foi'mée 
par la membrane proligère des ovules , qui font saillie à 
l'extérieur, et finissent par tomber dans rintervailo des 



(i) Swammcrdara les représeiUe clans !e colimaçon des oùeptes comine 
les follicules d'une feuille composée , pi. V, iig. 5o. Cela n'est pas exact. 



478 XX.XVI* LEÇON . OBG. 1>E GENÉHATION DES MOLLUSQUES. 

deux poches; tandis que la poche interne produit les 
capsules spermagènes que l'on trouve dans Tintérieur 
de cette poche, aux différents degrés de leur développe- 
ment. Cette sorte d'emboîtement, cette union intime de 
Tovaire, ou de la glande ovigène,et de la glande sper- 
magène, fait comprendre les déterminations diffé- 
rentes que l'on trouve de cet organe double , dans les 
descriptions des anatomistes. 

Swammerdam le regarde comme l'ovaire (i) et 
figure les ovules qui paraissent à sa surface. 
M. Cuvier lui donne la même détermination, 
M. Curus la confirme en i835, par la découverte 
positive des ovules , aux divers degrés de leur déve- 
loppement, et regarde comme des cils vibratiles , de 
dimensions très grandes, à la vérité, et détachés, les 
spermatozoïdes observés dans le même organe (q). 

M. Ijaurent (1837) adopte la détermination de 
Guvier et de Garus; il ne connaissait pas, à celte épo- 
que, la présence des spermatozoïdes dans l'organe en 
lîrappe(3). 

fFohIich (en i8i3) est le premier qui ait adopté 
pour lovaire une détermination contraire à celle de 
M. Guvier (4); c'est pour cet auteur le testicule. 

Il a été suivi par Treviranus , en i8q4 (5) j ^^'^ 
MM. 6/ andt et Ratzbarg., en i83 1 (6); par M. Prev>ost^ 
en i832 (7); par M. B. M^agner ^ en i835(8); et par 
M. Ferloren, eu ib36(9). 



(1) PI. Vllf, fi{{. g k dans la limace ; Hg. 5 f. dans Ihelix des jardins, et 
pi. IX, tlfj. '1 et 3. (2) Aicliives de J. Miillei pour i8.35, p. 487, et pi. XII. 
(3) //*i(/a/es françaises et étraii(ji'tesil'analoinie ^ t. I, p. 254- (4; Df^ hélice 
pomaiia. Wurzbourg, i8i3. (5) Journal de physinlogie, t. I, p. I. ((5)Zoo- 
logie me'dicale, t. II, p. 3o6. (7) Mémoire de la société de ptiysique de 
Genève, t. V. (8) Manuel d'anatomie comparée, § '>.26. (9) M, C. Verloren 



AHT. 1. 0R&. PHEPAKATJiUKS ET EDLCATEUiJS FEilELLES. 479 

Nous avons nous-méme, aux mois de juin et de 
juillet 1841 , constaté iexisteiice d'innombrables sper- 
matozoïdes dans ce même organe de la limace rouge^ 
de la limace noire , et des hélix aspeisa^ pomalia et 
arbustorurn^ei leur absence dans Forgane considéré par 
M. Guvier comme le testicule. 

MM. Erdl (1) et Paasch (2), en i844 et 1846, ont 
adopté la même détermination. 

Cependant M. R. Wagner, dans la même année de 
i835, faisant de nouvelles recherches à la suite de 
celles de M. Carus, découvre comme lui des ovules 
dans i'ovaire, et y constate de nouveau 1 existence si- 
multanée des spermatozoïdes , tout en regardant comme 
invraisemblable que ces deux produits aient leur ori- 
gine dans le même organe (3). 

Il rectifiait ainsi l'observation de M. Carus , fautive 
seulement par Tinexacte détermination des spermato- 
zoïdes, qui se trouve corrigée jusqu'à un certain point, 
par la connaissance de leur présence dans l'oviducte, 
que le même auteur signale dans l'explication des 
planches de ses tables anatomiques. En 1887, M. Sie- 
bold indiquait, en passant, que les deux glandes sont 
intimement combinées. M. C. Font reconnaissait en- 
core, en i84i, l'existence simultanée des écheveaux de 
spermatozoïdes et des ovules, dans l'ovaire ou le testi- 
cule de Vancyle fluviatile {l\). 

RpS|)onsio, etc.,<jiiae praemiutn repoit:ivit. D. VIII mensis febriiarii iSSj, 
111-4", P- 64 ,«1 7, pi. roioriéis. (1) Dans le voyage en Algérie de Miiurioe 
\V;H;;ner. (•) Archives de Witgmann et d'Eiichson pour 1 843 et i845. 

(3) Archives de Wiegmiinu, t. I , p. 368. (4) Archives de J. AluUer pour 

i84i, p. ag et pi. II, tig. 3. 



•iSO XXXVI* LEÇO^. ORG, J?K GÉNHUATIOX DKS MOLLUSQUKâ. 

Une année plus tard, en 1842, M. Laurent admet- 
tait aussi cette existence simultanée (i) dans le même 
organe. 

Mais le premier qui ait fait connaître remboîtement 
des deux organes préparateurs des ovules et des œufs, 
ainsi que nous venons de le décrire, est, si je ne me 
trompe;, M. H. Meckel (2). 

Cet emboîtement est, à la vérité, très difficile à 
observer, à cause de la transparence des membranes, 
et de la position des ovules , qui , se développant tout 
autour de la gaîne qui les renferme, cachent la gaîne 
des spermatozoïdes contenue dans la première. 

Nous avons constaté , dans \helix pomatia , l'exis- 
tence de ces ovules dans les digitations de cette glande; 
et dans ic commencement du canal déférent celle d m- 
nombrables spermatozoïdes en forme de très longs fils 
avec une tête oblongue (3). 

L'organe que nous venons de décrire est donc her- 
maphrodite, c'est un oi'ospermagène. 

Il a de même un double canal excréteur engaîné 
l'un dans l'autre 5 celui qui est extérieur est l'ovuliducte, 
et l'intérieur est le canal excréteur du sperme. Le 
premier est droit et sans sinuosité, dans \helix po~ 
matia^ et tient lieu de fourreau pour le second, qui 
est très sinueux et comparable à un épididymc. Ces 
àoxw canaux se séparent plus tôt ou plus tard, suivant 
les genres et les espèces , ou se terminent ensemble 
dans Toviducte , le plus souvent à l'endroit oïi la glande 



(1) Extrait des proccs-vcibaux cîe la Sotitlu pliilomatique de Paris. 
j842,p. 6. (3) "Voir Archives de J. Muller pour t844> p- 4^^ ^t siiiv., cl 
pi. XIV et XV. (3) Observation du 8 mai iS^S. 



ABT. I, OBCt. PBKPARATEURS ET ÉDUCATEURS. 481 

de ce canal finit, et où commence sa partie mem- 
braneuse. 

Nous appellerons épididyme cette première partie 
du canal séminal qui est engaînée dans la trompe on 
la première partie de Voviducte. 

L'insertion de celle ci, qui ne charrie encore que des 
ovules , ne se fait pas à Textrémité de la seconde partie 
de l'oviducte, qui est glanduleuse , mais entre cette 
partie , ainsi que nous venons de le dire, et la troisième 
ou la membraneuse. Cette partie glanduleuse que 
Svvammerdam appelait si justement la glande de la 
glu, est en arrière de cette insertion ; tandis que la der- 
nière partie de l'oviducte, la plus rapprochée du ves- 
tibule génital, est en avant ; de sorte que les ovules, 
qui doivent prendre leur albumen dans cette partie 
glanduleuse , y suivent une marche pour ainsi dire ré- 
trograde, et reviennent ensuite dans la même voie 
pour atteindre le vagin. 

Cette partie glanduleuse de l'oviducte forme souvent 
comme un appendice considérable de tout l'appareil 
générateur. Au temps du rut, elle a six fois le volume 
de la glande spermagène , et renferme des oeufs dans 
le canal qui parcourt son axe, en diminuant de diamètre 
depuis l'insertion du premier oviducte jusqu'au som- 
met de la glande. Sa substance se compose de petits 
cœcums dont la cavité s'ouvre dans des cellules qui 
sont comme les anfractuosités du canal central. 

Ces petits cœcums et ces cellules sont remplis d'une 
humeur albumineuse composée de vésicules sphéri- 
ques transparentes, très petites (i). On ne trouve pas 



(i) Ayant la giossenr «Ifis {jiobiilps An sanji;. suivant M. H. Mecke!, o. c 

8. 31 



482 XXXVl* LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION D^S MOLLUSQUES. 

de spermatozoïdes dans cette glande. On n'y dé- 
couvre pas davantafje des ovules dans leur calice aux 
divers degrés de leur développement. Ils ne s'y ren- 
contrent jamais que libres et plus ou moins à l'état 
d'oeuf, c'est-à-dire déjà enveloppés d'une couche d'al- 
bumen et seulement à l'époque du rut, dans le canal 
central de la glande. 

La troisième partie deloviducte, qui est la conti- 
nuation du canal de la glande, est un large canal à 
parois membraneuses, plissées ou tout unies, suivant 
les espèces, plus ou moins contournées en spirale, de 
manière qu'il a un côté court et un bord baucoup plus 
long. C'est du côté court, du moins dans \ hélix po- 
matia^ que répond, en dedans, ce sillon profond, dans 
l'origine duquel s'ouvre le canal séminal ou l'épididyme, 
ot, en dehors, une glande qui a été désignée sous le 
nom de prostate. 

Ce troisième oviductc, qui charrie des œufs plus ou 
moins complets à l'époque du rut, est désigné, mais 
improprement , sous le nom d'utérus par beaucoup 
d'auteurs , à commenceiparSwammerdam.Ce n est un 
oviducte incubateur que dans les Gastéropodes vivi- 
pares. 

11 se termine à l'endroit où s'insère la vésicule co- 
pulatrice, insertion qui nous paraît indiquer les limites 
des organes préparateurs et des organes copulateurs 
ou d'accouplement. 

Le conduit excréteur de la semence, comme ce- 
lui des ovales et des œufs, doit se distinguer en trois 
parties. \a\ première, dont nous avons déj* parlé, est 
l'épididyme, qui s'étend de la glande ovo-spermagèue 
au troisième oyiducte. 



ABT. T. ORGANES PRÉPAHATEÙRS' ÉT ÉDUCATEtJKS. 483 

La rainure que nous venons de décrire dans le troi- 
sième oviducle de Xhelix pomat'ia est la seconde 
partie du canal excréteur du sperme. Nous rappelle- 
rons prostatique, parce quelle reçoit, par une série de 
très petits orifices, les canaux excréteurs de la pro- 
state. Ici cette rainure séminale prostatique est bordée 
de deux replis membraneux qui se touchent par leur 
bord libre, et interceptent un canal complet. Elle 
reçoit, dans son origine, le canal de i'épididyme, 
s étend aussi loin que le troisième oviducte, et lenfcrme, 
à son autre extrémité, Vembouchure du canal déférent. 

La P"lande prostate, adhérente à Texiéi leur et au côté 
court du troisième oviducte, s'en distingue par sa cou- 
leur opaque, blanc de lait, et par sa forme étroite; elle 
est composée d'un grand nombre de très petites vési- 
cules qui communiquent, couune nous venons de le 
dire , dans la rainuie séminale par leurs canaux excré- 
téilrsl 

Telle est la structure de la rainure séminale ou de la 
partie prostatique du canal séminal et de la prostate, 
dans les hélices et la limace rouge; mais, daus la limace 
grise, au lieu d'une rainure dans l'intérieur de l'ovi- 
ducle, il y a un canal complet qui lui est extérieur, et 
.auquel cependant la glande prostate est annexée (i). 

Cette partie du canal séminal, à l'instant où cesse la 
prostate, devient canal déférent. C est un canal mem- 
braneux, qui s6 porte plus ou moins directement vers 
la verge, pour s'ouvrir dans son extrémité interne ou 
son cul-de-sac, ou plus ou moins près du prépuce et de 
son orifice. Cette terminaison dans la verge n'a lieu 

(ij M. Veiloren, o. c, pi. Il, tiy. 7. 



484 XXX VI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION DES MOLLUSQUES. 

que dans un premier groupe des Gastéropodes herma- 
phrodites; dans un second groupe, le canal déférent 
ne communique qu'indirectement avec la verge, au 
moyen d une rainure intermédiaire. 

Après cette description générale , qui comprend à 
la fois les derniers progrès de la science et son histoire, 
nous donnerons quelques descriptions particulières 
prises dans le texte de notre première édition on dans 
celui des Mémoires sur les Mollusques (i) . en indi- 
quant les changements dans les détermination , tels 
que nous venons de les adopter dans nos généra- 
Utés.] 

§ i. Chez les Gastéropodes pulmonés. 

Décrivons d'abord les organes de la limace comme 
plus simples : elle n'a que les organes communs à toute 
la classe , savoir, un ovaire , un oviductus , un testicule, 
un canal déférent, une verge et une vessie à long col. 

Dans la limace (rouge), l'ovaire [l'ovospermagènej 
est situé vers la partie postérieure du corps , entre les 
lobes du foie et les intestins. C'est une grappe très com- 
posée , dont les pédicules sont des tuyaux qui donnent 
les uns dans les autres, et aboutissent définitivement à 
l'oviducte [qui renferme l'épididyme]. Celui-ci est un 
conduit faisant beaucoup de zigzags, et se collant ensuite 
si intimement au testicule [à la glande de l'oviducte], 
que j'ai cru longtemps qu'il en pénétrait la substance 
et qu'il en recevait la liqueur ; mais je suis parvenu à 



(i) Mémoires pour servit' à Ihistoire et à l'anaî.Miiie Jps Mollusque*, 
par M. Cuvier, 1807. 



,VRT. I. ORGANES l' RÉPARATEURS ET ÉDUCATEURS. 485 

m assurer qu'il n'en est pas ainsi. Après avoir suivi 
toute la longueur du testicule [tîe la prostate] l'ovi- 
ducte, devenu sensiblement plus large , et même , dans 
le temps de l'amour, plissé et boursouflé, se termine 
dans le fond de la cavité commune de la génération. 

Le testicule [la glande de l'oviducte] est une glande 
blanche, obîongue , très considérable, surtout dans la 
saison de l'amour. Il peut se diviser en deux parties: 
la postérieure, en arrière de la jonction del'oviduc- 
tus; elle est ovale, et c'est elle qui se gonfle le plus 
dans la saison [c'est proprement la glande de l'ovi- 
ducte]. L'antérieure est oblougue. [C'est la prostate des 
auteurs]. Sa structure n'est point en filaments, comme 
celle de la seiche, mais plutôt en grains. Le testicule 
donne un canal excréteur propre [la troisième partie du 
canal sénirnal ou le déférent] , qui va s'ouvrir dans le 
fond de la verge. 

Dans le colimaçon , l'ovaire et le testicule sont dispo- 
sés comme dans la limace. 

Les organes de la testacelle [et de la parmacellc^ 
ue diffèrent point notablement de ceux de la limace ( i ). 

[IjC limnée et \e planoîbe n'ont pas les glandes ovi- 
gène et spermagène ainsi réunies en une seule; la dis- 
position de ces glandes, qui sont ici séparées, et celles 
de leurs canaux excréteurs sont bien propres à lever 
les doutes qui pourraient rester sur la détermination 
de ces organes. Ici leurs canaux excréteurs aboutissent, 
le premier à la verge et le second à la vulve, après 
s'être réuni à la vésicule copulatrice. Cette terminaison 
de leurs canaux excréteurs ne peut laisser aucun doute 

i) Mémoire de M. Cuvier, fig. 9, lo, i4 et iS. 



486 \xxvi* LEÇOK. on.G. m. (ià?jÉRAiK)>- des mollusques. 
sur leur l'onction, et vient corroborer ce que démon- 
trait déjà la nature de leur contenu.] 

Dans le limnée^ on distingue partout le canal dé- 
férent, qui est d'abord assez gros, et se renfle en un 
réservoir excessivement plissé , qui doit pouvoir con- 
tenir une très grande quantité de sperme. Ce canal, 
en ressortant, est très mince, reste fort longtemps sous 
cette nouvelle forme , et après s'être en.gagé dans les 
chairs, vers l'issue de l'oviductus, il en ressort pour se 
terminer dans le fond du sac de la verge, qui est or- 
ganisée comme dans la limace. 

L'ovaire est, comme à l'ordinaire, vers le sommet de 
la coquille et enchâssé dans le dernier lobe du foie; le 
premier oviducte est mince et tortueux ; [le second 
oviducte est formé de deux poches de substance molle, 
blanche , glanduleuse , communiquant ensemble par 
un canal assez ample et aboutissant par un autre, le 
troisième oviducte , à la vulve. On les trouve quelque- 
fois pleins d'tEufs (i). 

Nous avons trouvé le testicule enchâssé en partie 
dans le foie; sa forme est en massue, contournée en 
spirale, et sa surface paraît comme tuberculeuse par 
suite des petits coecums dont sa masse se compose, et 
dont le fond fait saillie au dehors. 

H renferme une quantité innombrable de sperma- 
tozoïdes , surtout dans la oartie qui touche à l'épidi- 
dyme; ils remplissent de même ce premier canal ex- 
créteur, qui commence sous l'ovaire, est court et 
sinueux. Il se redresse, après avoir dépassé Toviducte, 



(i) Mémoire de M. Cuvier, Pig. 8, 9, 10, i5, et p. "> et 8, et celui déjà 
rit«deM.VerIoien,pl.Vfl', feg. 45. ... 



iRT. r. ORGANES î>KÉPABATt:Ui;S ET EDUCATEUllS. 487 

pour aboutir à un corps fjlanduleux considérable, sorte 
de prostate composée de deux parties : une cylindrique 
ou en massue , ayant le gros bout dirigé vers la seconde ; 
celle-ci est pyramidale. L'une et l'autre sont composées 
de paquets de cœcums serrés les uns près des autres, 
remplis d'une matière jaune ou blanche , et entourés 
comme d'une légère gaze noirâtre. Les cœcums sont 
réunis par paquets laissant entre eux comme des sillons 
longitudinaux qui divisent cette glande. 

L'ovaire est un corps replié, jaune, composé de 
lobes, et ceux-ci de vésicules contenant des ovules. Il 
aboutit à l'oviducte, qui est blanc opale , comme celui 
des hélices. Cette première partie de l'oviducte est re- 
pliée et courte; elle donne dans une partie glanduleuse, 
jaune-verdâtre, de substance ferme, résistante, qui 
sécrète une matière visqueuse. L'oviducte sort de cette 
glande comme un canal étroit, qui se dilate encore et 
forme une seconde poche considérable, après laquelle 
vient la dernière partie de ce canal, qui est cylindrique 
et aboutit au vagin. 

Suivant M. Paasch, un petit canal se détacherait de 
l'épididyme pour communiquer dans le premier ovi- 
ducte(i). 

Pour \q planorbe nous renvoyons aux figures des 
mémoires de MM. Cuvier, Verloren (2) et Paasch (3). 

§ 2. Chez les ISudibranches et les luférobvanclies. 

Gomme les Gasiéropodes pulmonés, les ISudibran- 
ckes auraient un or^jane préparateur hermaphrodite 



(i) M. Paasch, m. c, pi. V, tig. 7, J. et p. 91, (2) Mem. c, pi, VII, 
fi{>..43. (3) Archive» d'Eiichson pour i843, pi. V, tj;j. 6 et 7. 



488 XXXM* LEÇOiN. Ur.G. DE OÉMiBATlOA DES MOLLUSQUES. 

annexé au foie. M. Guvier le décrit généralement 
sous le nom d'ovaire. 

Dans le fhet/iys Jimbriata, cet organe (\oi\h\e se com- 
poserait de follicules allongés se réunissant à un canal 
excréteur commun , et renfermant à la fois des ovules 
très petits et des spermatozoïdes. Le canal excréteur 
des deux glandes ne tarde pas à se dilater, et se pe- 
lotonne ensuite pour formel- en partie lepididyme. 
Au-delà de ce pelotonnement, les deux canaux excré- 
teurs se séparent, l'ovuliducte pour s'insérer dans l'ovi- 
ducte au-devant de sa glande, qui est considérable; 
le canal séminal pour se collera une prostate composée 
de follicules, qui y versent l'humeur qu'ils séparent, 
par deux canaux principaux. 

Au-delà delà prostate, le canal déférent est encore 
long et sinueux avant de se terminer dans le fourreau 
de la verge ( i ) . 

C'est aussi au foie qu'est annexée la glande herma- 
phrodite, dans le genre do/ is; son double canal excré- 
teur se sépare de même, après un trajel: assez long, en 
ovuliducte, qui est très court, et en un long canal dé- 
férent. L'ovuliducte s'ouvre dans l'oviducte en avant 
de la glande (2).] 

Dans les <^/o/7.v , l'oviductus [ le canal double de la 
glande hermaphrodite ], après s'être collé au testicule 
[à la glande de l'oviducte], paraît se rendre dans le 
canal de la vessie et s'y réunir en un canal commun. 
Dans le doris solea , espèce nouvelle de la mer des 



(1) Mémoire de M. Cuvier sur le genre Theihys^ etc., fig. 5 et 7, et K. 
Meckel, m. c, pi. XV, fig. i. (2^ Mémoire sur le {jeure Boris-, par M. Vax- 
vier, pi. ! et II , et de M. H, Meckel, pi XV, fij;. 2. 



ABT. I, OBG. PBÉFÀIIATELKS ET ÉDUCATEURS. 489 

Indes , il m'a même paru qu il se lend dans la vessie 
même, ce qui confirmerait bien que la vessie est des- 
tinée à fournir l'enveloppe des œufs. Le testicule [ la 
glande de Toviducte] est arrondi, et louche à la ca- 
vité commune. Une petite vésicule accessoire tient au 
canal de la vessie. 

[Dans la Tritonia ascanii, la glande hermaphrodite 
est iinguiforme,et se trouve comme toujours annexée au 
foie. Elle se compose de vésicules-ovules ayant chacune 
un double canal excréteur. Les ovules mûrs rendent 
bosselée la surface de chaque vésicule. Les deux canaux 
excréteurs se séparent à la base de la glande de l'ovi- 
ducte , qui est considérable. Le canal déférent, après 
cette séparation, est long, sinueux , et entouré, dans 
une partie de son trajet, par une prostate étroite et al- 
longée , comme dans les hélices (i). 

Dans la tritonia hombergii , M. Guvier a trouvé la 
glande de l'oviducte très considérable (2).] 

Dans la tritonie, l'ovaire [la glande hermaphrodite] 
est plus volumineux , l'ovidiictus plus gros à propor- 
tion(que dans la limace), et le testicule [la glande de 
l'oviducte] ramassé en une boule irrégulièrement 
lobée. 

\\iÇ. pleurobranchea tneckelii a présenté la même or- 
ganisation générale dans ses organes préparateurs. 

Dans les nouveaux genres acteonia et pelta , l'ovaire 
et le testicule sont, au contraire, deux organes dis- 
tincts et bien séparés. Le premier est un long tube re- 
plié en différents sens dans la cavité abdominale. Le 



(1) M. H. Meck*-!, ihid., fig. 12, 1 3 et \l\. (2) Elle est dc'crite comme le 
testicule. Mémoire sur le Tritoniat Hombergii , pi. II, fig. l . 



490 x\\\i' LEço^. ORG. bie génébatioin ues mollusques. 
second est une poche allongée, en forme Je massue, 
dont le canal excréteur aboutit à la fin de rovjducte(i).] 

§ 3. Chez les Tectibraiiclies. 

[Il y a dans les Gastéropodes de cet ordre une cir- 
constance organique déjà remarquée par M. Guvier 
dans notre première édition: c'est que l'orifice de la 
verge est plus ou moins éloigné de celui du canal défé- 
rent et de l'oviducte, et que le sperme n'arrive à la 
verge que par un sillon extérieur. Nous y reviendrons 
en parlant des organes d'accouplement. Quant aux 
organes préparateurs des deux sexes, ils sont aussi in- 
timement unis que ceux des Gastéropodes pulmonés 
terrestres, que nous venons de décrire.] 

L'ovaire [la glande hermaphrodite], dans Xaplysie^ 
est une masse ovale qui occupe tout le fond postérieur 
de l'abdomen, et qui, dans l'état ordinaire, est d'une 
couleur blanchâtre. L'oviductus [le double canal 
de la semence et des ovules] y prend son origine 
par plusieurs vaisseaux qui viennent des différentes 
parties de la masse, comme les vaisseaux propres d'une 
glande sécrétoire , et qui se réunissent en un seul; ce- 
lui-ci, après avoir serpenté le long du côté droit du 
testicule, devient subitement très mince et contourné 
autour delà sommité de cette glande , et forme un ca- 
nal qui, après avoir été collé pendant quelque temps 
au canal déférent [à l'oviducte], finit par y déboucher, 
après avoir reçu une vésicule, ou boyau aveugle, qui 
est peut-être l'analogue des vésicules divisées du co- 
limaçon. 



(i) M. de Quatrefages. Ann. des se. nat.y 3* série, t. I, pi. IV et VI. 



ART. I. OBG. l-RÉPARATEias RT ÉOUCAtF.UlVS. 49! 

Le resticuio [la glande de l'ovidncte ] est d'nn beau 
jaune, et ressemble à un sphéroïde elliptique qui se- 
rait entouré d'un ruban en spirale; son milieu est assez 
compacte, et semble homogène. 

Le ruban qui paraît l'entourer est lui-même divisé 
eu une bande principale , finement striée , et dont les 
stries sont probablement autant de vaisseaux propres, 
et en deux lisières lisses , qui sont des vaisseaux ex- 
créteurs. La lisière supérieure est le canal déférent 
commun à tout le testicule [commun à la glande de 
Toviductej, et qui transmet la semence [les œufs] 
au dehors. 

Les deux canaux excréteurs, après avoir dépassé la 
glande, sont soudés ensemble, sans se confondre. Celui 
qui vient du testicule [de la glande de l'ovidncte] est 
formé d'une membrane plus mince et très plissé; l'au- 
tre, qui vient de l'oviducte [ le canal^déférent ], a des 
parois plus épaisses. Une fente établit entre ces deux 
canaux, dès les premiers tiers de la longueur, une libre 
communication. C'est vers le deuxième tiers que 
s'ouvre, par un endroit particulier , la vésicule copu- 
latrice (i). 

[M. H. Meckel (2) est parvenu à découvrir que la 
glande de l'ovaire se compose d un assez long canal 
contourné en spirale et venant se terminer en cul-de- 
sac à l'endroit où son autre extrémité débouche dans 
l'oviducte. Ses parois ont une double série de plis 
transverses. 



(i) Mémoire de M. Cuvier sur le genre Aplrsie, [>. 20 et '.>,i. et pi. IV, 
Sff. I et 2. (5) M. c, pi. XV. fig. 7. 



492 XXXVI« LEÇO?l. OHG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

Les organes de la génération sont disposés dans les 
Acères comme dans raplysie (i). 

Dans l'ombrelle [Umbrella mediterranea. Lam. ), 
le canal ovo-séminal se termine dans la cavité de la 
glande de l'oviducte.] 

§ 4- I^es Scutibranckes et les Cyclobranches. 

[Dans son mémoire sur Vkaliotide^le ^enre patelle^ la 
fissurelle ^ Vémarginule etVoscabrioii, etc., M. Guvier 
s'exprimait ainsi : « Aucun individu des genres que je 
viens de nommer ne m'a offert autre chose qu'un 
ovaire plus ou moins développé, mais dans la com- 
position duquel entrent quelques parties glanduleuses 
qui pourraient être regardées comme servant à la com- 
position du sperme; en sorte que je suis assez porté 
à croire que ces animaux sont des hermaphrodites 
(jui peuvent se suffire à eux-mêmes, comme les Acé- 
phales (2).» Il répète de nouveau cette manière devoir 
dans la partie de ce mémoire concernant l'ovaire de 
Xhaliotide et àes patelles ; cependant nous avons vu que 
les sexes sont séparés dans ce dernier genre.] 

G. Dans la classe des Ptéropodes. 

jLes /■'/6?/Oyyo(^/é'j-sout des mollusques hermaphrodites, 
que M. Gavier n'a séparés , pour ainsi dire , qu'à regret 
de la classe des Gastéropodes, avec lesquels il reconnaît 
qu'ils ont le plus de rapports, entre autres dans leurs 

organes de génération (3). 

(i) Mémoire de M. Cuvier sur les Aches, p. i4 et i5. (2) M. c, p. 2. 
(3) M. Cuvier, dans notre première édition, avait écrit au sujet des 
deux seuls genres qu'il connaissait à cette époque et qu'il plaçait encore à 



ABT. I. ORG. PRKPARATEDR8 ET ÉDUCATEURS. 493 

« L'ovaire unique est rapproché du cou avec les aii- 
» très viscères. Il donne un oviducte mince et court. 
» qui aboutit, comme d'ordinaire, au testicule. 

» Le testicule, d'abord en forme de ccecum,s'amiu- 
» cit par degrés en un conduit déférent, et se termine 
» en une petite bourse ronde, qui remplit le tnber- 
» cule gauche de la tête , et qui sort près du col. A 
» côté de cette bourse en est une autre oblongue ana- 
» logue à celle que nous appelons la vessie dans les 
» Gastéropodes. 

» Je ne sais pas , ajoute M. Cuvier, si la verge est 
» cette partie droite et ferme qui termine le canal défé- 
» rent , ou si elle est cachée dans la petite bourse dont 
» je viens de parler (i). » 

Les organes de la génération de Vh/alei^)^ écrit-il 
encore dans le mémoire sur ce sujet, ressemblent à ce 
qu'on voit dans la plupart des Gastéropodes : un ovaire 
qui remplit la plus grande partie du côté droit de la 
cavité viscérale , un oviducte de médiocre longueur, 
un testicule presque aussi fort que l'ovaire et un canal 
déférent commun. 

Nous ferons remarquer ici l'identité de composi- 
tion de cet appareil générateur avec celui que nous 
avons indiqué dans les deux genres nouveaux des gas- 
téropodes acteonia eipelta. 

Les autres Ptéropodes [cymbulie, cléodore^ Cuviene^ 



la suite des Gastéropodes hermaphrodites , dont les organes sexuels ont 
deux issues plus ou moins distantes : « h'hjale et le pneumoderme ont 
aussi des organes sexuels éloip,nés par leurs orifices, quoique réunis dans 
le même individu ; mais ces Mollusques sont trop petits pour que nous en 
donnions une description détaillée.» (i) Mémoire sur le Ciio horealis, p, 8. 
(2) Sur l'hyale et \e piieumndeinie, fif[. 4 et 8, et p. 6. 



494 XXXVr LEÇOR'. OBG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

tiedemannia) paraissent avoir un appareil générateur 
plus ou moins semblable à celui des clio et àeshijales 
et toujours hermaphrodite avec organes d'accouple- 
ment (i).] 

D. Dans les acéphales testacés. 

[Les uns ont les organes préparateurs des deux sexes 
séparés dans des individus différents ; les autres les 
out réunis dans le même individu. 

I. Des organes préparateurs chez les Acéphales tes- 
tacés à sexes séparés. 

Jusqu'à présent on ne connaît que des Mytilacés et 
des Cardiacés qui appartiennent à cette catégorie; ce 
sont les mytilus ^ les unio ^ les anodontes ^ les venus et 
les bucardes. 

§ 1 . De l ovaire et de t oviducte. 

L'ovaire existe chez plusieurs Mytdacés et Cardiacés , 
séparément du testicule, dans des individus distincts. 
Il est situé dans la cavité viscérale, sous le foie, qu'il 
enveloppe plus ou moins, suivant le degré de déve- 
loppement des ovules qu'il renferme; on le découvre 
immédiatement sous les téguments de l'abdomen. Dans 
la moule comestible , il se compose de deux lobes qui 
occupent presque toute l'étendue du manteau. 

Sa structure s'y compose d'un grand nombre de pe- 
tites poches en forme de cœcums, dont chacune ren- 
ferme un ou plusieurs ovules. Un certain nombre se 
réunit à un canal commun, qui n'est qu'un rameau d'une 



(i) Exercices zuotomique.% par P.-J. Van Beneden. Annales du MuiAtm 
de Bruxelles, t. XV. 



AKT. I. OBG. PEEPABATEUBS ET EDUCATEURS. 496 

petite branche. Celle-ci aboutit à une branche plus 
forte, et successivement jusqu'à la réunion des plus 
grosses branches dans un tronc commun , qui est celui 
de loviducte. Les parois de ce tronc , de i'oviducte et 
des branches principales ont des plis iransverses, 
comme I'oviducte des oiseaux. 

Dans les luiio et les aiiodontes , l'ovaire se com- 
pose aussi de deux lobes, mais qui sont restreints à la 
cavité abdominale. Leur structure est la même. 11 
y a deux oviductes ayant leur orifice de chaque côté 
du bord supérieur de la paroi abdominale, à peu près 
au milieu de sa longueur, tout près et un peu en 
avant de celui du canal excréteur de l'organe que 7>*e- 
viranus et M. de Baer regardent comme le rein (i). 

Dans la leçon où nous traiterons des organes d'incu- 
bation intérieurs, nous verrons que dans les deux der- 
niers genres les œufs passent de l'ovaire dans les bran- 
chies , pour le développement du fœtus. 

§ 2. Ou testicule ^ ou de lagande speitnagène et, 4§ 
son canal excréteur. 

Le testicule a la même apparence que l'ovaire; il 
est situé dans les mêmes rapports avec les autres vis- 
cères. G est aiusi qu'il a été décrit dans les unio et les 
anodontes , dans \ç.^ mytibus edulis et polynwrphus , 
parmi les Mytdacés; dans la venus vi/'gùiea, parmi 
les Cai'diacés f i). On le trouve rempli de spermato- 
zoïdes à l'époque du rut, et ce contenu sert unique- 
ment aie reconnaître. 



(i) Voir notre t. VII, p. (iiG 



496 XWVr LKÇON. OBG. DE GENERATION DES MOLLUSQUES. 

II. Des organes préparateurs chez les Acéphales 
testacés hermaphrodites. 

[Les bivalves hermaphrodites sont probablement les 
plus nombreux. [jCs glandes ovigène et spermagène 
V sont placées à côté l'une de l'autre, dans la cavité 
abdominale, et elles y présentent la même structure, 
composée en dernier lieu de petites poches ou de petits 
cœcums. 

Peut-être que des recherches ultérieuies feront dé- 
couvrir dans cette classe , comme dans celle des Gas- 
téropodes ^ cette intime combinaison, cette singulière 
invagination que nous avons fait connaître chez ces 
derniers. Sans avoir reconnu la glande spermagène 
des Acéphales testacés, M. Cuvier en avait, pour ainsi 
dire, indiqué l'existence , en distinguant celle de son 
produit. Après avoir écrit] : « On ne leur voit d'autre or- 
gane de génération qu'un ovaire qui est étendu des 
deux côtés sur le corps, immédiatement sous la peau, 
pénétrant entre les tendons des muscles, et quelquefois 
entre les deux membranes du manteau. Sa grosseur 
varie ainsi que sa couleur, selon que l'animal est plus 
ou moins avancé dans sa gestation, w il ajoute : « 11 s'y ma- 
niiesle à une certaine époque une liqueur laiteuse , qui 
peutêtre un vrai sperme, propre à féconderles œufs. » 

[L'hermaphroditisme, ou l'existence simultanée des 
glandes spermagène et ovigène dans le même indi- 
vidu , a été constatée dans le peigne glabre , parmi les 



1 (l) M. 3fi7»?ff F</t«niY/<. Comptp.t-rcmlu* dt' l'^g^démie des scienre* , 
t. X, p. 864. 



Ar.T. I. ORG, PBÉPARATEUBS ET ÉDDCATEUBS FEMELLES. 497 

Oslraccs; dans ies c/c/as cornea, laciistris etrwicola, 
parmi les Cardiacés. 

Dans la première espèce, Tovaire remplit une partie 
de la cavité abdominale en arrière , et le testicule en 
avant; l'une et l'autre glande sont comme soudées en- 
semble; mais on distingue facilement l'ovaire jpar sa 
couleur jaune orangé et ses granulations. 

Le testicule, au contraire, est blanc de lail etcedis- 
tingue par les grappes de petites vésicules qui compo- 
sent sa structure , et par leur contenu , le sperme lai- 
teux et les spermatozoïdes qu'il renferme. 

L'oviducte traverse la partie supérieure du testicule, 
et va se terminer au-devant du muscle adducteur en- 
tre la base des tentacules. 

Deux petites ouvertures qui se voient à la base du 
pied seraient l'issue du sperme. 

Cette séparation des orifices des organes sécréteurs 
des deux glandes est particulière (i). 

Dans les Cyclades , la glande spermagène est située 
derrière le foie , et se fait remarquer par sa couleur 
blanc de lait. Elle se compose de petits cœcums vési- 
culeux formant des grappes plus ou moins évidentes 
suivant les espèces. L'ovaire est une masse tubuleuse 
annexée au testicule, et qu'on en distingue encore par 
sa couleur et par son contenu, composé de très petits 
ovules (2). 

Ce peu de détails prouvera qu'il y a encore bien des 



(i) Voir MM. Milne Edwards et Lallemand. Comptes-rendus do l'Aca- 
démie des sciences, t. X, p. 848. (2) M. R. Wagner, Archives de Wipf»- 
mann, t. III, p. 369, et M. Sichold ^ Archives de J. Millier pour 1837. 
p. 388. 

8- 32 



498 XXXVI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DIS MOLLUSQUES.. 

recherches à faire pour déterminer les espèces qui sont 
hermaphrodites et celles chez lesquelles les sexes sont 
séparés. Il est prohabie que les organes des deux sexes 
existent toujours réunis ou séparés. Cependant on 
ne connaît encore, chez plusieurs espèces, que des in- 
dividus femelles.] 

E. Des organes préparateurs chez les Brachicpodes. 

[On n'a découvert dans cette classe que Torgane 
préparateur femelle ou l'ovaire; encore a-t- on plutôt 
indiqué la place des œufs, en incubation, selon toute 
apparence, que décrit cet organe. 

L'ovaire est, comme toujours, chez les animaux de 
ce type , dans une position rapprochée du foie. 

Chez les Brachiopodes , c est-à-dire chez les téré- 
b ratines Aingules ^ orbicules et crantes ^ comvae chez 
beaucoup à^. acéphales testacés ^QCiwwAÇ^ chez les Cirrho- 
podes ^ les œufs passent de l'ovaire dans les replis du 
manteau. 

On a observé des agglomérations d'œufs de couleur 
verte, occupant la partie postérieure de la coquille, 
derrière le foie et autour des principaux vais.seaux 
branchiaux , chez les orbicules et les crantes {y)^^ 

F. Des organes préparateurs des yicéphales Tani- 



Cl ers. 



[Nous indiquerons successivement ce quel'or. sait de 
ces organes et des modes de propagation des deux 
sous-classes dont se compose ce groupe principal. A 



(i) Analou ie des térébratules, etc., par M. R. Oxvev. Annales des sr. 
natur., 2* série, t. III , j»I. I et II. 



ABT. I. ORGANES PBEPARATEUBS ET ÉDUCATEURS. 499 

cet éf>ard, comme à tant d'autres, la science a mar- 
ché depuis notre première édition (i), et ses pro{3[rès 
sont dus, en premier lieu, à la suite des travaux de 
M. Cuvier. 

I. Dans les Tuniciers Trachéens. 

Cette Sous-classe , qui se compose de la famille des 
Biphores, paraît vivipare. 

§ 1. Des organes préparateurs femelles. 

Dans le salpa scutigeraj on voit, dit M. Cuvier (q), 
UQ amas de petits crains bruns formant un disque ovale 
dans l'épaisseur de la protubérance transparente, au- 
dessus des viscères de la digestion. L'oviducte est placé 
au-dessus de la niasse du foie et des boyaux , con- 
tourné en portion de cercle. Sa structure paraît consis- 
ter en petites capsules enfilées les unes à côté des au- 
tres, lorsqu'il est rempli d'une chaîne de biphores qui 
s'y sont développés comme dans une matrice. 

f^ Les Slhalies [salpa eristata') ont deux ovaires. 
» Ce sont deux corps oblongs , situés , comme les autres 
» viscères, entre la tunique intérieure et l'extérieure, 
» à 1 opposite de ces viscères , c'est-à-dire au côté 
» dorsal. 

» Chacun de cjcs corps est un cylindre replié en zig- 
M zag composé d'une substance grenue, ou mieux un 
» tube contenant d^es ovules (3). » 



(i) Voici le peu de mots qu'on y trouve sur les moyens de propaga- 
tion de cette classe, n J'ignore si les Acéphales nus (biphores et asci- 
dies) ont des différcBces marquées dans leur mnltlplication, » (2) Mém. 
cité, p. 20, et pi. 120 et i?.i du Règne animal. (3) Me'moire do M. Cuvier 
sur les thalides et les biphores, p. 12. 



500 XXXVl^ LEÇON. OKG. DE GÉNÉKATION DES MOLLUSQUES. 

M. Meyeu les a vus, à l'état frais , de couleur bleuâ- 
îre ou violette ou incolores (i). 



§ 2. Des organes préparateurs mdles. 

Leur existence est encore problématique dans les 
animaux de cette sous-classe. A la vérité on a cru 
voir (2) le testicule, dans \esalpa mucronata^ en avant 
du ganglion unique et conséquemment à la face dor- 
sale du sac , près de l'ouverture antérieure ; mais cette 
détermination ne peut être considérée que comme 
une supposition, jusqu'au moment où l'on aura dé- 
montré, dans cette partie ^ l'existence des spermato- 
zoïdes. 

H. Dans la Sous-classe des Tuniciers Ascidiens ou 
Thoraciques. 

Cette Sous-classe se distingue de la précédente, des 
vHutres Classes du même type et de celles des Articulés 
et des Vertébrés par ses deux modes de propagation. 
Lorsque ces animaux forment des agrégations régu- 
lières ou même irrégulières , mais fixées et non libres, 
ils peuvent se propager par bourgeons ou par germe 
adhérent. 

Ce mode de propagation établit un rapport de plus | 
entre ces Tuniciers et \e^ Poljpes cellulaires , que nous 
appelons encore ascidiens. 

Il a été constaté pour les Ascidies composées ., for- 
mant des agrégations fixées , et même, parmi les Asci- 



(i) Premier mémoire sur ]es Salpa , communiqué à l'Académie des 
curieux de la nature, le ?.8 septemlne i832, (2) O. c.,pl. XXVII, fig. 3 
c. et i'iQ. 7, 8, 9 et lo. 



ART. 1. OBG. PBÉPABATEURS ET ÉDDCATEURS, 501 

dies simples, pour les clavelines , dont les téguments 
restent mous et conservent dans cet état de composi- 
tion organique plus de vitalité (i). 

L'autre mode de propagation , celui par germe libre 
ou par œuf, est plus complet que dans la première 
sous-classe, puisqu'on a reconnu , dans le même indi- 
vidu, l'organe préparateur des ovules et celui delà 
semence. 

§ 1. Organes préparateurs mâle ou femelle , dans 
[Ordre des ascidies simples ou agrégées irréguliere- 
ment. 

M. Cuvier semble indiquer que l'ovaire , dans le'^ 
ascidies^ est situé séparément du testicule, entre l;i 
tunique propre et la tunique branchiale , où il a 
trouvé quelquefois de petits grains que je suis disposé, 
dit-il, à prendre pour des œufs. 

On ne peut guère considérer, ajoute-t-il, que comme 
appartenant à la génération un organe glanduleux , 
blanchâtre, placé entre les replis de l'intestin avec le 
foie, mais dont le canal extérieur, souvent très ondulé, 
suit le rectum , et y débouche tout près de son extré- 
mité. 

Gomme le rectum débouche dans la dernière pro- 
duction de la tunique propre, il ne serait pas impos- 
sible, ajoute encore M. Cuvier, que la liqueur sémi- 
nale, versée par le conduit excréteur dont j'ai parlé, 
allât féconder les œufs du même individu, placés comme 



(i) Comptes-rendus de l'Acadcmie des sciences , t. IX, p. 5g3 , i83o. 
Mémoire de M. Miine Edwards ; et Règne animal , pi. GXXVII d?» Mol- 
lusque? , 6g. 2 et 3, 



502 XXXVI» LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

je viens de le dire; il serait possible aussi qu'elle se 
répandît au dehors pour féconder ceux que d'autres 
individus auraient pondus dans le voisinage; cepen- 
dant, comme les ascidies n'ont point de locomotion, 
je pense qu elles doivent se suffire à elles-mêmes ( i ). 

Remarquons que, dans les descriptions particulières, 
l'organe que M. Guvier semble considérer comme le 
testicule, dans sa description générale, est désigné sous 
le nom d'organe génital, et que son canal excréteur 
n'est plus le canal séminal, mais le canal génital , comme 
si cette glande était hermaphrodite et le canal commun 
aux deux organes réunis (2). 

Dans Xascidia mentida ^ le canal de X^i génération ^ 
au lieu de se terminer dans le rectum, finit au même 
point que lui (3). 

YidiW^V ascidia canina Midler, l'organe génital forme 
une masse b:en séparée des viscères , logée dans un 
repli de l'intestin. Le conduit génital marche à côté 
du rectum, et se porte plus en avant que lui, dans la 
deuxième production de la tunique propre. 

§ 9. Organes préparateurs mâle et femelle dans Tor- 
dre des Ascidiens composés ou agrégés régulièrement. 

a. Vouaire unique est situé dans une loge périto- 
néale particulière de la cavité abdominale, au-dessous 
des viscères servant à l'alimentation. Il se termine 
par un canal excréteur , l'oviducte , qui aboutit au 
cloaque (4). 

(i) M. Cuvier, mémoire sur les Ascidies, p. i4 et i5. Voir encore le 
Règne animal, pi. CXXVIII, d'après un dessin de M. Milne Edwards. 
(2) M. c. de M. Cuvier, p. 22. (3) Ibid., p. 24. (4) Voir Savignj dans l'ou- 
vrage sur l'Egypte et sa publication se'parée sur les animaux sans vertè- 
hies. Voir encore Règne animal, pi. CXXIX des MoUuscpes. 



I 



ART. II. DES OVULES ET DES ŒUFS. 503 

b. hdi glande spermagène est située, comme l'ovaire, 
dans le fond de la cavité abdominale. Le canal défé- 
rent est long et très délié ; il va se terminer au cloaque, 
où nous venons de dire que l'oviducte aboutit, et où 
s'opère probablement la fécondation. Au temps du 
rut, cet organe et son canal excréteur sont remplis d'un 
liquide qui fourmille de spermatozoïdes (i).] 

ARTICLE II. 

DES OVULES ET DES ŒUFS, OU DU PRODUIT DES ORGANES PRÉPAEA- 
TEUfiS FEMELLES DANS LE TYPE DES MOLLUSQUES. 

A. Dans la classe des Céphalopodes , les œufs [ou 
})lutôt les ovules ] grossissent inégalement [ dans l'o- 
vaire], et au bout d'un certain temps, on les y trouve 
gros, pressés les uns sur les autres , et anguleux. 

[Les ovules se développent dans le tissu fibro-cellu- 
leux de l'ovaire, font peu à peu saillie au dehors, se dé- 
tachent de plus en plus, enveloppés de la capsule que 
leur fournit l'ovaire , et qui ne tarde pas , à mesure des 
développements de l'ovule , à n'y plus tenir que par 
un pédicule. Plusieurs ovules, se développant à peu 
près en même temps, tiennent entre eux par leurs pé- 
dicules , qui deviennent ainsi des rameaux d'une même 
branche. 

Les ovules sont d'abord sphériques; ils prennent 
une forme ovale dans le dernier degré de leur déve- 
loppement, et sont disposés de manière que le pôle 



(i) Couiptes-rendus de l'Acaderaie des sciences, t. X, p. 5g2, et Rèijne 
animal, pi. CXXX des -Mollusques, fig. 2, 9, d'après un deiâiii de 
M. Milne Edwards, 



504 XXXVI' LEÇON. OEG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

obtus est le plus rapproché du pédicule. C'est au 
contraire au pôle aigu et libre que se voit la vésicule 
gerniinative et la tache de ce nom. Le reste de la sub- 
stance de Tovule est un vitellus (granuleux enveloppé 
d'une membrane vitelline. 

L'ovule, dans son développement, outre les change- 
ments de forme que nous venons dindiquer, en 
éprouve dans sa composition. 11 a d'abord sa surface 
tout unie. Dans un degré plus avancé^, elle devient 
inégale, et finit par montrer des sillons et des bosselures 
ou des canne'ures, dont la disposition varie suivant 
qu'on les observe dans la seiche , \e poulpe^ Yélédoii, 
\ argonaute ^ le iiautile (i). 

Ces saillies et ces sillons s'effacent dans un degré de 
développement plus avancé; et lorsque l'ovule est 
mûr, et qu'il est sorti de sa capsule pour tomber dans 
la poche de l'ovaire , sa surface est de nouveau tout 
unie. 

La vésicule germinative et la tache germinative dis- 
paraissent de même dans l'ovaire, ce qui fait présumer 
que la fécondation pourrait s'effectuer dans cette poche. 

L'oeuf complet de la seiche officinale est un sphé- 
roïde assez semblable aux grains de certains rai- 
sins (2). A l'un des pôles est une proéminence ou un 
mamelon conique et arrondi. Le pôle opposé se pro- 
longe en un pédicule plus ou moins long que l'animal 
contourne en forme d'anneau autour des corps sous- 



(i) D'aprèi les observations de MM. n. Owen pour le Jinufi/e, Dclle- 
Chiaje pour Vélédou^ Krohn pour le poulpe^ et Kœlliker pour la seiche, 
le calmar et Vargonaute, o. c. de M. Kœlliker, pi. II, fig. H, 12 et i4. 

(2) Sur les œufs de seiche^ par M. le baron Cuvier, iVom;e//es annaU^ 
du Muséum, t. I, n. i53,et pi. VIII. Paris, i83?. 



ART. II. DES OVULES ET DES ŒUFS. 505 

marins. Un certain nombre de ces œufs, ainsi accrochés 
les uns près des autres, forment une grappe que le 
vulgaire appelle raisin de mer. 

Le pédicule et la coque, dont il est une production, 
sont d'une substance comparable à de la gomme élas- 
tique , mais beaucoup moins tenace dans la coque, 
plus ductile dans le pédicule. Celui-ci, dans l'opinion 
de M. Cuvier, doit avoir été formé par l'action de 
la mère , qui a dû le façonner ou le contourner diffé- 
remment suivant la grosseur ou la forme de la branche 
de fucus ou de tout autre corps auquel elle l'a attaché. 

La coque se compose d'un certain nombre de cou- 
ches ou de feuillets , faciles à détacher les uns des au- 
tres, dans l'état frais, noirs pour les plus extérieurs, et 
de moins en moins colorés vers l'intérieur : aussi pen- 
se-t-on qu ils sont noircis par l'encre de la seiche au 
moment où ils parviennent dans l'entonnoir. 

La coque est doublée par une membrane transpa- 
rente fixée aux deux pôles , et qui embrasse à la fois le 
vitellus et le germe. Cette membrane, dans les œufs qui 
viennent d'être pondus, contient une substance giuti- 
neuse assez limpide, le vitellus lui-même et sa mem- 
brane vitelline (i). 

On rencontre déjà dans la coquille de la mère les 
œufs de ïargonaute réunis en grappes à une tipe 
commune. 

Ceux des ca/maj's sont agglomérés dans un cylindre 
gélatineux allongé, comparable aux chatons de cer- 
tains arbres, ayant d'ailleurs une enveloppe membra- 
neuse commune. Les poulpes les rendent de même; 

(l) M. Cuvier, ?6j</.,p. i55. 



506 XXXVI* LEÇON. ORG. DB GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

mais, au lieu d'un cylindre, le nidamentum qui les réu- 
nit d'un côté seulement , est en forme de ruban.] 

B. Chez les Gastéropodes . 

[Les ovules des Gastéropodes tels qu'on peut les 
observer dans l'ovaire y sont extrêmement petits, et 
composés cependant , comme toujours, d'un vitellus 
contenu dans la membrane vitelline , d'une vésicule 
germinative et de la tache germinative. Le cborion et 
la quantité d'albumen qu'il renferme se forment 
chez les ovipares , soit lors du passa^ije de l'ovule à 
travers la trompe ou l'ovuliducte, soit dans l'oviducte. 

Il y a sans doute, à cet égard, des différences sui- 
vant la forme, le volume et la composition que l'œuf 
doit acquérir, et suivant la nature de ses enveloppes 
protectrices et nutritives, ordinaires et extraordi- 
naires. Je classe dans cette dernière catégorie le nida- 
mentum de substance gélatino-albumineuse contenue 
dans une capsule membraneuse plus ou moins solide , 
qui renferme un certain nombre d'œufs. Ces œufs , 
dans ce cas, paraissent avoir très peu d'albumen. Il est 
au contraire très abondant dans les Gastéropodes ovi- 
pares, tels que \e,s, Pulmonés terrestres^ qui pondent 
leurs œufs séparément et sans nidamentum. Cette cir- 
constance me semble démontrer que ce nidamentum 
est un albumen commun , qui sert à la nutrition des 
embryons. 

Le nombre de ces œufs chez les Gastéropodes Pul- 
mojiés terrestres est généralement moindre que celui 
observé chez les Gastéropodes marins, quoiqu'il puisse 
s'élever à quatre-vingts dans une seule ponte; leur forme 



ART. II. DES OVULES ET DES ŒUFS. 507 

est sphérique ou oblon^jue. Ils se composent d'une 
coque plus ou moins élastique, un peu calcaire dans 
quelques espèces, tapissée dans ce cas, à l'intérieur, 
de cristaux rhomboédriques de carbonate calcaire (i). 
L'albumen qu ils renferment dans leur cborion est 
d'une grande proportion relativement au vitellus, qui 
est très petit. On compte quelquefois plusieurs vitellus 
dans un même œuf. 

\^e?>Pulmonés aquatiques^ tels que les h/mnées et les 
planorhes , rendent leurs œufs dans un nidameutum 
de matière glaireuse ou gélatineuse , enfermé dans une 
capsule membraneuse transparente. Chaque capsule 
peut contenir i'usqu'à 72 œufs. Ceux-ci, de forme ovale, 
sont de 1,7 à 2,2 de mill. de plus grand diamètre, lis se 
composent d'an chorion et dun albumen entourant 
le vitellus (2). 

Ceux des zéphirines ^ parmi les Nudibranches ^ sont 
pondus dans une capsule cylindrique tubulée, arran- 
gée en spirale (3). En général les Gastéropodes de 
cet ordre placent leurs œufs, en nombre variable, 
dans une capsule membraneuse déliée , de forme cy- 
lindrique ou aplatie, renfermant un nidameutum 
gélatineux, cristallin, qu'ils arrangent en spirale ou 
en lignes parallèles, en collant cette capsule aux corps 
submergés ou aux plantes aquatiques. Cbaque œuf 



(i) Voir les Annales des se. nat. , t. XXV. Analyse microscopique de 
l'œuf du limaçon des jardins, par M. J.-F. Turpin , p. 426. (2) Sur les 
planorbes et les planorhes et les lymnées. Annales des sciences natur., 2* 
série, t. II, et pour les œufs des Zéphyrines, t. XIX, p. i34i par M. A. 
de Quatrefages. (3) Recherches sur le développement des Àptysies-, par 
M, Van Beneden. — Sur le de'veloppement des mdlliisfjucs et des zoo- 
[)bytes, p.irM. Sars. Archives de Wief^mnnn pour i84o. 



608 XXXVI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

d'<3!/7/yi"/^ renferme jusqu'à cinquante vitellus, flottant 
dans un albumen commun. 

\j^%janthines^ ^diVm\\es Pectinibranches ^ placent les 
capsules remplies d'ovules analogues aux précédents, 
sous l'appendice vésiculeux que l'on a considéré comme 
servant uniquement â la natation de ces animaux; elles 
les y rangent horizontalement à côté les uns des autres 
comme des pavés (i). 

Les autres Pectinibranches enferment leurs œufs, en 
grand nombre, dans une enveloppe coriace ou cornée, 
avec un liquide albumiueux qui supplée sans doute à 
la petite quantité d'albumen que chaque œuf a dans son 
chorion. 

Cette capsule d'œufs multiples varie beaucoup 
pour la consistance, la forme et le volume , suivant les 
genres et les espèces: tantôt elle est libre et flottante, 
et prend la forme sphérique ou un peu ovale et le vo- 
lume d'un gros œuf de poule. Telle est la capsule ova- 
rienne de la voluta brasiliensis de substance transpa- 
rente , flexible, subcornée, qui renferme quinze à vingt 
œufs dans un liquide albumineux très aqueux (q). 

Tantôt elle est fixée isolément sur un pédicule. Le 
plus souvent le mollusque en pond successivement un 
grand nombre de formes très variées, qu'il fixe à côté 
les unes des autres ou qu'il agrège les unes sur les 
autres, et en forme une masse cylindrique , conique ou 
d'autre forme , toujours attachée aux corps submergés. 



(t) Observation de M. Quoy. Voyafje de l'Astiolabe ; Zoologie figurée; 
Rèf;ne animal de Cuvier, pi. XXXXV, Fig. 66 des mollusques; et M. Luiid, 
mémoire cité plus bas. (2) Sur les œufs des mollusques recueillis en 
Patagonie , par Alcide d'Orhigny- Annales des sciences naturelies, 
t. XVIII,p. 121. 



ART. IL DES OVULES ET DES CEUFS. 509 

Chacune de ces capsules, de nature coriace, a une 
partie operculaire qui s ouvre au moment de la sortie 
des petits (i). 

Si l'on fait attention à la quantité d œufs que ren- 
ferme chaque capsule et au nombre de ces capsules 
ainsi réunies par un seul individu , on ne pourra qu'ad- 
mirer lextréme fécondité de la plupart des Gastéro- 
podes marins. 

Quelques Pectinibranches vivipares, tels que la vi- 
vipare d'eau douce, n'ont pas besoin d'enveloppe pro- 
tectrice pour leurs œufs, qui n'ont qu'un chorion pour 
dernière enveloppe.] 

[G. Les œufs des Pléropodes n'ont rien offert de par- 
ticulier au petit nombre d'observateurs qui ont pu s'en 
occuper.] 

[D. Ceux Ae^ Acéphales testacés, généralement très 
petits et extrêmement nombreux, toujours séparés les 
uns des autres, sans nidamentum et sans capsule com- 
mune, passent dans les branchies ou restent dans le 
manteau pour le développement du fœtus. 

Ges lieux d'incubation, où l'œuf reçoit des organes 
de la mère toute la protection dont il a besoin , fait qu'il 
n'a, chez ces mollusques, quela composition ordinaire. 



(i) Recherches sur les enveloppes d'œufs des Mollusques gastéropodes 
pectinibranches, etc., par M, A. Land. Annales des se. nat., a* se'rie, 
t. VII, p. 84 et pi. VI. 



510 XXXVI* LEÇON. OEG DE GÉNÉRA.TION DES MOLLUSQUES. 

ARTICLE III. 

DU SPERME ET DES SPERMATOZOÏDES DANS LE TYPE DES MOLLUSQUES. 

A. Dans la classe des Céphalopodes. 
§ 1 . Du sperme. 

[Ainsi que l'avait déjà indiqué Swammeidam , le li- 
quide contenu dans la glande qui a été reconnue par 
M. Guvier pour le testicule, est blanc de lait. Ce 
liquide, observé au microscope, fait voir des quantités 
innombrables de spermatozoïdes, lorsqu'on l'observe 
à l'époque du rut. 

Le canal déférent ne contient encore qu'un sperme 
plus épais. Les tubes deSwammerdam, ou les sperma- 
phores , ces macbiues si remarquables destinées à por- 
ter le sperme du mâle sur les œufs de la femelle, ne 
commencent à se montrer qu'à la fin du canal compli- 
qué appelé, dans l'ancien texte de cet ouvrage, vésicule 
séminale. Nous avons décrit leur réservoir et indiqué 
la manière régulière dont ils y sont arrangés. Il nous 
reste à les faire connaître en détail.] 

§2. Des spermaphores. 

Voici ce que M. Guvier en avait dit dans notre an- 
cien texte : Quant aux tubes eux-mêmes , ce sont des 
corps membraneux semblables à des vers, et terminés 
par un filament plus mince que leur corps, ayant jus- 
qu'à six lignes et plus de longueur. Tant qu'ils restent 
dans la liqueur qui les contient, ou si on les en tire 
pour les mettre dans l'esprit de vin ou dans l'buile , ils 
restent immobiles; mais, si on les met dans l'eau , on 



AET. III. DU SPERME ET DES SPEBMATOZOÏDES. 511 

les voit s'ajjiter violemment, se tortiller, et lancer par 
une de leurs extrémités une matière opaque qu'ils con- 
tiennent. On voit à la loupe qu'ilya dans leur intérieur 
un corps opaque blancliâtre, contourné en spirale 
comme un tire -bouchon, et se terminant en arrière 
par une masse sponp^ieuse , et en avant par une autre 
plus petite. 11 paraît que ce corps est élastique, et n'est 
retenu que parla membrane extérieure du tube dans 
lequel il est ; que l'eau ramollit et dissout l'extrémité 
de ce tube , et met le corps spiral , ou le spongienx , en 
état de se livrer à son élasticité naturelle, et que c'est 
â l'effort qu'il fait pour sortir qu'est dû le tortillement 
du tube. Quoiqu'il en soit, ce mouvement n'a rien de 
vital , et je l'ai observé dans les tubes d'une seiche con- 
servée depuis plusieurs années dans l'esprit devin, à 
Tinstant où je les plaçai dans de l'eau. 

Mais à quoi servent ces tuhes? Seraîe/it-ih,, comme 
le pollen des plantes, des capsules qui contiennent 
l'aura seminalis, et qui ne doivent se rompre pour la 
lâcher que dans le lieu convenable? Il paraît qu'ils ne 
se développent que dans la bourse qui les contient, et 
même qu'on ne les y trouve qu'en certaines saisons; 
mais est-ce là qu'ils naissent ; ou sont-ils arrivés du tes- 
ticule dans le sperme, encore imperceptibles, pour 
croître dans cette bourse? Alors ils auraient donc par 
eux-mêmes le pouvoir de croître , puisqu'ils ne tien- 
draient plus au système vasculaire du reste du corps. 

Les animalcules spermatiques ordinaires sont ils les 
analogues de ces tubes, comme l'a dit Buffon?Mon- 
FORT prétend avoir observé, dans leur intérieur, de 
vrais animalcules. On voit que toutes ces questions 
sont encore bien obscures, mais qu'elles sont de la 



512 XXXVI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

première importance, même pour la physiologie gé- 
rale. 11 n y a que les habitants du bord de la mer qui 
aient la facilité de les résoudre. 

[La science actuelle a des réponses satisfaisantes à 
donnera toutes ces questions; les tubes de Swam- 
merdam^ ainsi que l'avait dit Denys de Monfort^ sont 
des étuis qui renferment les spermatozoïdes des Cé- 
phalopodes ^ dans un réservoir séminal plus ou moins 
étendu suivant les genres et les espèces, tenant à un 
appareil assez compliqué , destiné à rompre l'étui et à 
entraîner au dehors le réservoir séminal. 

Nous ferons connaître ces singulières machines, 
d'après celle de la sépiole vulgaire; nous indiquerons 
ensuite les principales différences que présentent celles 
de quelques autres Céphalopodes. 

Le tube qui constitue un spermaphore se compose 
essentiellement de trois parties : i" l'étui, a" le réser- 
voir séminal, et 3° l'appareil accessoire, dit éjacula- 
teur, qu'il renferme. 

Dans la sépiole ^ les spermaphores ont jusqu'à o^jOoS 
de longueur; leur plus graud diamètre est deo'"'°,2, et 
leur plus petit de o'"°',07. Chaque tube paraît fermé à 
ses extrémités. Sa forme est cylindrique, un peu en 
massue cependant, c'est-à-dire plus gros dans sa partie 
postérieure, celle qui renferme le réservoir séminal. 
Son diamètre augmente de nouveau vers son extrémité 
extérieure , qui se termine par un léger renflement en 
bouton. 

Un appendice ligamenteux délié, qui lui est sus- 
pendu sur le côté de cette extrémité , a servi à le fixer 
dans son réservoir. 

1 ° L'étui qui constitue ce tube est double. L'exté- 



ART. III. DU SPERME ET DES SPERMATOZOÏDES. 513 

rieur, plus épais, est de substance dense, résistante, 
transparente, susceptible d'absorber Feau par endos- 
mose. 

Il est pour ainsi dire doublé, mais à distance, par 
un second étui membraneux à parois très minces , éga- 
lement transparentes, qui ne paraît plus séparé de 
l'étui extérieur dans le premier quart du tube. 

i^lje réservoir séminal est renfermé dans la partie 
postérieure de ce double étui; c'est un gros cordon 
contourné d'abord assez irrégulièrement, se déployant 
en spire régulière dans sa seconde moitié. Il occupe 
un peu moins du quart de la longueur totale de ce 
tube. Ce cordon se compose d'un ruban étroit , tordu 
en spirale serrée, dont on n'aperçoit les tours que par 
suite de l'action de leau, qui les sépare, les écarte, en 
déroule successivement les parties et montre alors sur 
ses deux faces et sur ses bords des milliers de sperma- 
tozoïdes qui lui sont attacbés. 

Le réservoir séminal est lié par 1 intermédiaire d un 
ligament grélc, peut-être tubuleux , un peu replié, 
à l'appareil compliqué qui le précède. 

3** C'est iappareil accessoire dit éjaculateur^ qui 
se compose, d'arrière en avant: 

a. En premier lieu d'un gros boyau cylindiique 
droit, qui a presque la moitié de la longueur à\\ réser- 
voir séminal. 

b. Vient ensuite le ^«co/z, dont le contenu est jaune 
orange, comme celui d'une pari le du bovan. Ce flacon 
est conique et a le sommet dirigé en avant. Ses parois 
sont striées circulairement. Sa base produit, en ar- 
rière , un tube délié, qui pénètre assez avant dans 
l'axe du boyau. Deux capsules à parois transpai'entes 

8- 33 



514 XXXVI' LEÇON. OBG. DE GÉNÉKATION DES MOLLUSQUES. 

contenues l'une dans l'autre , prolongement des gaines 
du boyau éjaculateur, lient ce boyau avec le flacon. 

c. La troisième partie de lappareil accessoire est 
composée du tube éjaculateur. étendu dans la plus 
grande partie de la longueur de l'étui , et dont la forme 
et la composition varient dans son long trajet. Ce tube 
est d'abord composé de plusieurs petits tubes grêles 
qui commencent au sommet du flacon, se courbent 
chacun m. spirale régulière et s'unissent de manière 
que, par leur entrelacement, ils forment une vis dont la 
longueur, est le neuvième de celle de tout le tube. 
Au-delà de cette partie en forme de vis, on ne voit 
plus qu'un seul tube de même couleur jaune, qui pa- 
raît rempli de petites étoiles, arrangées d'abord avec 
une sorte de régularité et figurant une spirale. Dans la 
suite de ce même tube, ces petites étoiles deviennent 
moins nombreuses et finissent par disparaître; de sorte 
que le tube paraît vide et incolore; mais il montre, 
dès l'endroit où les petites étoiles deviennentrarcs, un 
tube très grêle dans son axe , qui se continue jusque 
près de sa terminaison, après avoir pris un diamètre 
encore plus petit. 

La dernière partie du tube éjaculateur principal 
augmente au contraire beaucoup de diamètre, forme 
successivement trois circonvolutions, et se termine, en 
se coudant et en se dilatant encore, sur le côté de l'ex- 
trémité de l'étui. C'est cette partie avancée qu'on a ap- 
pelée la trompe, dans les spermatophores de la seiche , 
parce qu'on l'a vue se dérouler au dehors par Taction de 
l'eau et entraîner ainsi successivement tout l'appareil 
éjaculateur. Le tnbe éjaculalCLU' est d'ailleurs dans 
une gaîne distincte qui le sépare de l'étui intérieur et 



ART. III. DU SPERME ET DES SPERMATOZOÏDES. 5l5 

qui entoure de même le flacon et le réservoir séminal. 

Les tubes de Swammerdam[\) varient peu dans la 
forme de leur étui; mais il y a plus de différences 
d'une espèce ou d'un genre à l'autre dans leurs propor- 
tions, dans la composition de la machine dite éjacu- 
latrice et dans l'étendue du réservoir séminal qui lui 
est annexé. 

T/étui se compose toujours d'une gaine extérieure 
subcartilagineuse et d'une gaîne intérieure membra- 
neuse , très déliée. 

La forme générale du tube est un peu conique dans 
le calmar commun , le cabnar suhulé ^ subcylindrique 
dans \di seiche ^ le poulpe à lotfgs bras et Xélédon mus- 
qué; en massue dans le poulpe commun , où son tiers 
postérieur a an diamètre considérable, comparative- 
ment aux deux tiers antérieurs. 

Le réservoir séminal diffère beaucoup on étendiië 
et en structure , suivant les espèces. Il occupe les trois 
quarts de la longueur de i'étui dans l'élêdon musqué. 
Dans le poulpe commun , il ne s'étend qu'au quart de 
cette longueur. iC'est évidemment, dans l'un et l'âiitre 
cas, un gros cordon contourné en une spirale serr'ée et 
régulière. Il est tordu de même et un peu plus long à 



(i) Nous les appellerons ainsi du nom de cet anntomiste réièbie,' parce 
qu'il les a connus dans la seiche officinale plus de soixante ans avant que 
Needliam ait eu l'occasion de les observer dans ie calmar. Swamnierdam 
a très-bien vu leur ariangement dansleur réservoir; il a décrit une partie 
de leur me'cani nie coinpîiquc; il a découvert la propriété (|u'ils ont de 
s'agiter dans l'eau, de s'y gonfler et d'e'clater par l'une de leurs extrémités, 
qui laisse sorrir leur contenu, tandis que dans l'alcool ils se conservent 
sans altération. Enfin , il se demande si la semence est produite pjfr ces 
tubes qui la transmettent au delior.s, etc. V. Bibîîà natûrce, pî. LU. 



616 XXXVI" LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

proportion d^n?>\e poulpe à longs bras. Dans la seiche 
officinale et le calmar coîunmn , il a l'apparence d'un 
long sac; mais avec beaucoup d'attention on y distingue 
la disposition en spirale très serrée, que montrent, dans 
le calmar subulé , les cercles parallèles de spermato- 
zoïdes à travers les parois transparentes de ce réservoir. 

\J appareil éjaculateur est d autant plus long que le 
réservoir séminal est plus court, et réciproquement, il 
est fort court à?iu?,\e calmar commun. 

Les trois parties que nous avons distinguées dans la 
sépiole, le boyau, le flacon et le tube, n'existent pas 
dans toutes les espèces. La seiche a un flacon en grande 
partie cylindrique, qui n'est pas séparé, par le boyau , 
du tube de jonction avec le réservoir. 

Le tube éjaculateur montre aussi des différences 
très grandes que Ion ne pourrait comprendre qu'avec 
des figures (i). Dans le calmar subulé^ il n'y a pas de 
tube de jonction entre le réservoir séminal et le flacon. 
Celui-ci a la forme d'une gourde; il a deux ventres sé- 
parés par une partie étroite; ses parois sont très élas- 
tiques. Le tube éjaculateur est d abord contourné en 
spirale régulière à tours rapprochés, puis il forme des 
sinuosités irrégulières avant de se terminer. Il excède 
ainsi de beaucoup la longueur de l'espace qu'il occupe 
dans l'étui. 

Quant au jeu de cette machine compliquée , aux usa- 
ges de ses différentes parties et à la cause qui fait 
éclater l'étui, plus particulièrement son extrémité an- 
térieure, et sortir successivement l'appareil qu'il ren- 



(i) On pourra les voir dans les planches XII, XIII et XIV du mémoire 
de M. Milne-Edwards sur ce sujet. Annales des se. nat., aC série, t. XVIII. 



ABT. III. DU SPERME ET DES SPERMATOZOÏDES. 517 

ferme , la science a sans doute fait beaucoup de progrès 
pour arriver à le comprendre. Nous pensons cepen- 
dant qu'elle n'est pas encore parvenue à expliquer 
l'emploi de toutes les parties de cette machine singu- 
lière. Elle passe , au moment de la copulation, dans la 
cavité branchiale de la femelle où se trouve l'orifice 
de l'oviducte ou des oviductes, quand il y en a deux. 
L'eau de cette cavité doit la faire éclater par l'effet 
de l'endosmose dont l'étui et les gaines emboîtées dans 
cet étui paraissent susceptibles, et non, comme on 
l'avait cru, par l'action d'un ressort à boudin (i). 

Il est remarquable cependant qu'une légère com- 
pression puisse les faire éclater dans l'air atmosphéri- 
que; ce qui prouve que leur contenu peut éprouver 
des changements de volume capables de produire cet 
effet singulier (q).] 

§ 3. Spermatozoïdes des Céphalopodes . 

[Les spermatozoïdes que renferme le réservoir sé- 



(i) M. Dutiocliet. Mémoires pour servir à l'histoire anatomique et phy- 
siologique des vejrétaux et des animaux, t. II, p. 5fO et suiv. 

(?.) Voir, pour l'histoire de ces tubes, Swammerdam; après cet auteur, 
déjà cité, Needham^ Nouvelles observatids microscopiques, Paris, 1740 1 
p. 53. Carus^ Acî. natur. cur., t. XIX, pi. I et II, fig. i et 6. Philippin 
Archives de .T. Miiller pour i83g. Peters ,ibid., pour janvier i84o. Miliie- 
Edwards ^ Comptes-reinliis de l'Académie des se, séance du 28 avril 
1840, annonce des observations faites avec M. Peters. Ce dernier a publié., 
en avril 1841, une anatomie de la Sépiolc qui comprend la description 
des tubes de Swammerdam. Enfin, au mois d'avril 1842, ont paru, Ann. 
des se. nat. , ■>." série, t. XVIII, et pi. XII, XIII et XIV, les détails des 
observations continuées par ?rï. Peters avec M. Milne-Edwards, détails 
qui ont été rédigés par le dernier de ces savants , auxquels il a ajouté des 
déductionj et des dessins qui lui appartiennent. 



Si 8 XXXVl* LEÇON. OR(i, DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

minai ont été vus, quoique imparfaitement, par Denys 
de M ont fort. 

Dans la sépiole^ leur corps est oblon^if, avec une 
qneue médiocre; ce sont ceux du réservoir séminal. 
Dans le testjcule, noiis en avons extrait un grand 
nombre, dans lesquels nous n'avons pu apercevoir que 
le corps de forme doublement conique. Souvent, plu- 
sieurs de ces corps se croisaient par le milieu de ma- 
nière à former une étoile à quatre oij à six branches, 
et, ce qu'il y a de remarquable, nous avons retrouvé 
CCS étoiles arrangées en une spire régulière dans la plus 
grande longueur du tube éjaculateur. Leur corps est 
cylindrique, pointu à l'extrémité, et leur queue très \ 
longue dans le calmar subulê. Ceux de la seiche ont 
un corps oblong, cylindrique et une queue effilée assez 
longue. 

^^a poulpe commun les a de même forme. Dans le 
poulpe à longs bras , !e corps est plus long et la queue 
plus courte à proportion. Ces spermatozoïdes ont une 
certaine vivacité de mouvements dans l'état frais. 

Falentiii les a observés dans le canal déférent de 
Xélédon musqué^ tandis que le Lesticule ne contenait 
que des corps ronds de substance granulée. M. Milne- 
Edwards en a vu dans le testicule et dans le canal dé- 
férent. 

Il paraît que c'est successivement la vésicule sémi- 
nale et la prostate qui composent le réservoir séminal, 
l'appareil éjaculateur et l'étui dans lequel ils sont ren- 
fermes, et dont racbèvemenl s'effcctaeraît dans le ré 
servoir des tubes.] 



ART. III. DU SPERilE ET DES SPERMATOZOÏDES. 519 

B. Du sperme et des spermatozoïdes dans la Classe 
des Gastéropodes. 

$ 1. Du sperme. 

[C'est, au temps du rut, un tluide opalin , laiteux , 
que Ton trouve composé de spermatozoïdes, de pe- 
tites capsules dans lesquelles leurs éche veaux se dé- 
veloppent, de granulations et de molécules deBrowu.] 

§ 2. Des spermatozoïdes. 

[Ils sont gén-éralement de forme capillaire, avec un 
petit renflement cépbaliqiie se terminant en pointe. 
Dans \ Hélix aspersa, nous les avons trouvés en juillet 
et ^oût, dans la glande hermaphrodite annexée an 
foie, rassemblés par écheveaux parallèles, ondulés , se 
remuant peu, se courbant en ause ou se nouant dans 
l'eau. Ce sont de longs fils capillaires avec une des deux 
extrémités un peu renflée , se terminant en pointe. Il 
y en avait daiis la, vésicule à loqg cou. 

Dans le colimaçon des vignes , ils sont encore plus 
longs et leur renflenjent plus sensible,de forme cvlin- 
drique, uq peu effilé ^ son extrémité. Ils s'infléchissent 
en |ous sens, même le renflement qui se conrbe en 
arc, ou se fléchit dans deux sens opposés. 

Qn a estimé leur longueur de i°"",o (i). Nous les 
avons trouvés plus nombreux dans le canal déférent 
que dans l'organe hermaphrodite; ils avaient o""°,5 de 
long. Ceux de la limace rouge [en août) n'avaient que 
cra°>,0'2. Ils étaient déjà roulés sur eux-mêmes dané le 



(i) MM. Prévost et Dumas, m. c, sur la g 'iieralion. 



520 XX-Wi' LEÇOiN. OBG. DE GÉiNKRATlOIN DES MOLLUSQUES. 

caual déférent. Leur renflement céphalique était peu 
prononcé.] 

G. Du sperme et des spermatozoïdes des Acé- 
phales. 

[Nous donnerons dans ce paragraphe Texposé de ce 
fjne l'on sait sur le sperme et les spermatozoïdes des 
trois classes à' Acéphales ^ceWei àe?> Acéphales testacés, 
des Branchiopodes et des Acéphales tuniciers.] 

§ 1 . Du sperme. 

[Nous avons déjà vu que M. Cuvier disait, en par- 
lant de la génération des Acéphales testacés^ dans notre 
ancien texte : « Il s'y manifeste , à une certaine épo- 
» que, une liqueur laiteuse qui peut être un vrai 
» sperme propre à féconder les œufs. » 

Étudiée dans les organes sécréteurs qui la produisent, 
sous le rapport de sa composition organique , avec le 
secours du microscope, celte liqueur laiteuse a montré, 
en effet, d'innombrables spermatozoïdes. Leeuwen- 
hoeck les avait découverts dans les anodontes à la fin 
du xvii^ siècle (lettre 5, p. i6). Depuis cette époque, 
ce n'est qu'en 1826 que ces machines animées ont été 
reconnues de nouveau , dans Vd moule des peintres ^ 
par M. Prévost.^ de Genève. 

J3ans les ascidies , le sperme est aussi un liquide 
blanchâtre, qui fourmille de spermatozoïdes (i).] 

§ 2. Des spermatozoïdes . 

[Ils sont aussi de forme capillaire, avec un renfle- 

(i) M. Milne-EJwards. Comptes- rendus de l'Acade'mie des sciences, 
t. IX, p. 592. M. c, Archives de J. MiiJler pour iSSy, p. 385 et pi. XX >. 
p. 12 , i3 et i^. 



AUX. IV. OfiG. d'aCC. chez LES MOLL. A SEXES SÉPABÉS. 521 

ment céphalique, et se distinguent par leur extrême 
petitesse. Plusieurs anatomistes n'ont d'abord connu 
que le renflement céphalique, tant le fil capillaire est 
ténu. Cependant Leeuwenlioeck était déjà parvenu à 
le distinguer. Dans leurs mouvements, il n'y a que la 
partie capillaire qui s'agite. Ces mouvements subsis- 
tent plus longtemps dans l'eau de mer que dans l'eau 
douce, pour les acéphales marins, suivant l'observation 
de M. Siebold. 

Il y a, dans la forme du corps ou du renflement dit 
céphalique, des différences selon les espèces ou les 
genres, du moins à en juger d'après quelques obser- 
vations. Le corps serait obloog dans la cyclas corne a ., 
diminuant insensiblement de sa base caudale à son 
extrémité. \jc. mytilus poli/morphus l'aurait en forme 
de cupule, évasé à son extrémité, taudis qu'il serait 
court et ovoïde dans \ anodonta sulcala.\ 

ARTICLE IV. 

DES ORGANES MALES ET FEMELLES d' ACCOUPLEMENT CHEZ LES 
MOLLUSQUES A SEXES SÉPARES. 

[Il n'y a qu'une classe entière de Mollusques dont les 
sexes soient séparés ; c'est celle des Céphalopodes. Mais 
cette classe précisément n'a pas d'organe spécial d'ac- 
couplement. 

L'entonnoir, chez ces Mollusques, ce cornet dermo- 
rausculenx qui recouvre l'entrée de la cavité bran- 
chiale , et la région de l'abdomen où sont les orifices 
du rectum et de l'oviducte, ou des oviductes, ou celui 
de l'organe éjaculateur, chez les mâles, a son sommet 
ouvert chez les Céphalopodes à deux branchies pour 



522 XXXVI* LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION DES MOLLUSQUES. 

l'entrée ou l'issue de l'eau , pour Fissue des matières 
excrémentitielles et des produits de la génération (i). 
Il doit servir, chez la femelle, à recevoir le sperme, 
que l'entonnoir du mâle y verse dans le moment du 
rapprochement intime de la copulation. 

Chez les Céphalopodes à quatre branchies (les Nau- 
tilus), ce même entonnoir est à la vérité ouvert dans 
toute sa longueur du côté extérieur, et pourrait, e\\ 
écartant ses deux lèvres, permettre un rapprochement 
plus intime entre les orifices génitaux externes des 
deux sexes. 

Il faut se rappeler ici qu'on a décrit sous le nom 
de pénis la dernière partie du canal déférent, celle 
qui s'ouvre au dehors , et qui fait une saillie plus con- 
sidérahle dans la cavité de reutonnoir , dans la seiche 
que dans le poulpe. Cette dernière partie des voies 
que suit la semence dans son émission succède immé- 
diatement au réservoir des tubes de Swammerdam, et 
les reçoit de ce réservoir, pour les transmettre au 
dehors. Ses parois sont très musculeuses , et si ce n'est 
pas un organe d'intromission, c'est du raoius un or- 
gane d'éjaculation très puissant. 

Deux autres Classes seulement du T?jpç des Mollus- 
ques ^ celle des Gasléropodes etdes.^céphtdcs testacés, 
n'ont que àe.s familles ou des genres chez lesquels les 
sexes soient séparés. 

Mais il n'y a d'organes d'accouplement que dans la 
première de ces Classes. Chez les Acéphales h'wahes , 
ce n'est que par l'eau spermatisée par le mâle le plus 
voisin de la femelle que la fécondation s'opère. 



(i) Voir le t. V, p. 7? Je ctt ouvrage. 



ART. IV. ORG. D'aCC. CHEZ LES MOLL. A SEXES SÉPARES. 523 

Ces Mollusques manquent non seulement d'organes 
d'accouplement, mais même d'organes qui puissent 
servir à un rapprochement intime. 

Nous n'avons donc à décrire que les organes d'ac- 
couplement mâles et femelles des Gastéropodes.^ 

I. De l organe mâle d'accouplement des Gastéro- 
podes Cl sexes séparés. 

[C'est une verge propre à introduire le sperme du 
mâle dans le vagin de la femelle. Cette verge présente 
deux types d'organisation. 

Dans l'un, c'est un appendice charnu de forme et 
de volume très variés, traversé par le canal déférent 
ou creusé d'un sillon qui en tient lieu. Dans le premier 
cas, le canal déférent vient se terminer dans un bouton 
saillant qui se détache plus ou moins du corps principal 
de la verge. 

Dans l'autre type, la verge est un fourreau pouvant 
se dérouler au dehors. 

Comme exemple du premier de ces types, nous pren- 
drons en premier lieu la verge du buccinwn undatum.^ 
Le mâle se reconnaît, même à l'extérieur, par une 
verge grande comme un doigt, charnue, comprimée, 
élargie par le bout, et terminée par un petit tuber- 
cule que perfore l'orifice du canal déférent. Elle 
adhère au côté droit du col, et se replie dans la ca- 
vité pulmonaire; mais l'animal l'en fait souvent sortir, 
sans avoir l'intention de s'accoupler. 

Le canal déférent traverse In longueur de !a verge 
eu faisant beaucoup de replis en zigzags. 

Le murex tritonis offre une semblable séparation 
de rexes, et une verge également saillante et charnue ; 



524 XXXVl' LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

mais la verge est plus courte et plus mince à propor- 
tion dans le buccin. 

Le s trombe n'a qu'un tubercule peu saillant au côté 
droit de son très petit pied. Le sperme y vient aussi 
par un sillon. 

La verge de la volute est charnue, conique, tou- 
jours saillante , mais non percée ; le sperme y vient par 
un sillon qui se termine cependant à sa base sans aller 
jusqu'à sa pointe. 

[La Vivipare d'eau douce servira d'exemple pour 
l'autre type d'organisation. 

Sa verge sort par un orifice percé dans le tentacule 
droit, qui est plus grand que le gauche chez les niâies. 

Cette verge est cylindrique, très grosse, entourée 
de fibres annulaires et charnues très vigoureuses. Elle 
doit pouvoir se retouiner comme celle des limaces. 
Elle occupe la plus grande partie de l'espace situé au- 
dessus du pied , qui se trouve par là bien plus grand 
que dans les femelles ( i ).] 

II. De Vors^ane femelle d'accouplement. 

[Comme il n'y a qu'une verge , il n'y a de même 
qu'une vulve et un vagin, dont elle est l'orifice.] 

Dans le buccin oadè^ on voit au côté droit de la 
cavité des poumons, entre le corps et le rectum, un 
gros canal, qui est l'extrémité de l'oviducte. Son ori- 
fice est assez petit; en l'ouvrant, on trouve qu'il est 
très large et que ses parois sont très épaisses, glandu- 
leuses et propres sans doute à enduire les œuts. îl 



(i) M. (]uvit'r, m, c, p. 7. 



ART. V. ORG. d'ACC. CHEZ LES MOLL. HERMAPHRODITES. 625 

s'ouvre un peu en dedans du bord de la cavité pulmo- 
naire , par un trou assez petit. 

[Dans la vivipare d'eau r/oz/ce , l'orifice du vagin et 
de l'oviducte incubateur s'aperçoit sous le bord anté- 
rieur du manteau, à l'entrée de la cavité des bran- 
chies, à côté de celui de l'anus. Il est percé dans 
un tubercule charnu, qui se dilate au moment du 
part (i). 

11 n'est pas étonnant que cette espèce , qui est vivi- 
pare, n'ait pas de vésicule copulatrice. Mais l'absence 
de cette vésicule dans l'espèce précédente et proba- 
blement chez les autres Gastéropodes à sexes séparés, 
me paraît bien remarquable. ] 

ARTICLE V. 

DES ORGANES MALES ET FEMELLES D'ACCOUPLEMENT CHEZ LES 
MOLLUSQUES HERMAPHRODITES. 

[Les Mollusques hermaphrodites qui ont des organes 
d'accouplement sont les Ptéropodes ^ et, parmi les Gas- 
téropodes^ les Pulmonés, \es> IS udibranches , ]es, Inféro- 
hrauches, les Tectibr anches et quelques Pectinibran- 
ches. Les Tuhidibr anches sont hermaphrodites, sans 
organes d'accouplement. On n'en connaît pas non plus 
dans les Scutibranches , ni dans les CîjcIo branches. 

Parmi ces derniers, \e?, patelles ^ au moins, parais- 
sent avoir les sexes séparés. 

A. Des organes (t accouplement chez les Gastéro- 
podes hermaphrodites. 

Chez les uns, ils ont leurs orifices rapprochés soit 



(î) M. Cuvier, m. c., p. 5. 



526 XXXVI' LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

dans un vestibule commun, sorte de capsule généra- 
trice qui n'a qu'un orifice externe par lequel elle se 
renverse au dehors; soit dans un tubercule plus ou 
moins saillant, qui se voit sur le côté droit du corps, 
sur le rebord du manteau , comme chez les doris , les 
pleui ob tanches ^ etc. 

Chez les autres, les issues des organes de la géné- 
ration sont plus ou moins distantes. 

Dans l'un et l'autre cas, les organes d'accouplement 
des Mollusques hermaphrodites appartiennent à l'ap- 
pareil mâle ou à l'appareil femelle. 

L'appareil copulateur mâle se compose: i° d'une 
verge, toujours organisée en forme de fourreau, se 
déroulant au dehors par une issue distincte et séparée. 
2° Nous croyons devoir compter comme appartenant 
à cet appareil le sac du dard du colimaçon, et 3° les 
deux vésicules simples ou divisées, sortes àe prostates 
dont l'humeur peut servir à délayer le sperme. 

Les organes femelles se composent : \° du vagin et 
de la vésicule copulatiice. 

Quand la vésicule copulatrice n'a pas l'insertion de 
son canal séparée dans le vestibule générateur, comme 
dans les limaces^ elle est réunie au vagin dans un point 
qui est pour nous la limite intérieure de ce canal à la 
fin de l'oviducle. 

Les usages de cette vésicule, tels que la dénomi- 
nation que nous avons adoptée les indique, ont été 
prévus par M. Guvier. 

« Quant à la verge, dit-il en parlant de celle du co- 
» limaçon , il est probable qu'elle pénètre dans le canal 
» de la matrice [le dernier oviducte] , ou au moins vis- 
» à-vis de son issue, dans celui de la vessie. Ses rapports 



ART. IV. OItG. d'aCC, CHEZ LES MOLL, HERMAPHRODITES. 527 

» de longueur avec le canal de la vessie m'ont fait 
» soupçonner autrefois que c'est ce dernier qui est des- 
» tiné à la recevoir. On ne pourrait vérifier cette con- 
» jecture qu'en nuitilant avec adresse deux colimaçons 
» accouplés (i)- » 

A la page précédente, on lit fc qu«e le canal de la 
» vessie est en proportion avec la longueur de la 
M verge » , et plus bas : « Il faut bien que cet organe , 
» que j'ai nommé vessie , ait quelque fonction essen- 
» tielle, puisqu'il ne manque à aucun des gastéropodes 

w que j'ai décrits jusqu'ici. » « Dans les genres 

» limace et hélix , cette vessie contient ordinairement 
» une substance concrète d'un brun rougeâtre , et de 
» la consistance du savon (2). » 

Pour nous, cette partie est à la fois un organe de 
sécrétion et un réservoir séminal. Il n'est pas douteux 
qu'on y trouve des spermatozoïdes après la copulation. 
Il est même des cas où le canal de la vessie se con- 
tinue plus directement avec le vagin que i'ovi- 
ducte (3).] 

ï. Des organes d'accouplement mâles et femelles 
chez les Gastéropodes qui ont leurs issues rappro- 
chées. 

Cette p/e//?V<?re ^ec^/o/z comprend le genre limaçon 
(hélix), la limace ^[dL testacelle ^3. parmacelle ,\e& doris 
et les trilonies , ainsi que beaucoup d'univalves. 

Dans la limace rouge ^ la verge est un sac charnu , 
cylindrique, ayant en dedans une arête saillante, qui 



(i) Mémoire cité, p. 32. (2) //n"t/., p. ep et 3o. (3) Ainsi que l'a observé 
M. Deshayes dans Vamhrette. Annales ues se, nat., t. XX, p. 35 1 et suiv. 



528 XXXVJ» LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

règne dans toute sa longueur, et s'ouvrant dans la 
bourse commune de la génération. Il peut se retourner 
comme un doigt de gant, par le moyen de ses propres 
fibres, et revenir à son premier état, par un muscle 
rétracteur fixé au dos de Tanimal , et qui s'insère à la 
pointe du sac tout près du canal déférent. 

Lorsque ce sac est ainsi retourné en debors , il forme 
une verge saillante , et son arête s'étendant , donne à sa 
surface interne assez de largeur pour devenir l'ex- 
terne. L'extrémité du canal déférent se trouve alors à 
la pointe même de cette verge, qui était auparavant le 
fond du sac. 

La vessie au long col [la vessie copulatrice] , qui fait 
le troisième organe principal, a été nommée parSwam- 
merdam le réservoir de la pourpre; il croyait que 
c'est là que les murex portent cette célèbre liqueur co- 
lorante: nous verrons quil n'en est pas ainsi. 

La cavité commune de la génération est un sac 
charnu auquel aboutissent les trois organes précédents, 
et qui a son issue au debors , sous la corne supérieure 
droite . 

Quand les limaces veulent s'accoupler, elles ren- 
versent en dehors ce sac de la cavité commune, qui 
présente alors trois ouvertures, savoir, celle de l'ovi- 
ductus , celle de la vessie [copulatrice] et celle de la 
verge. 

La verge ne tarde point à sortir de sa propre ou- 
verture en se renversant elle-même, et elle pénètre 
dans celle de l'oviductus [ou de la vessie copulatrice] 
de l'autre individu. C'est ainsi que s'opère l'accouple- 
ment; la ponte s'effectue peu de jours après. 

FiCS différentes espèces de limaces varient pour la 



ART. V. ORGANKS MALES ET FEMELLES ^'ACCOUPLEMENT. .529 

grandeur de la verge. Il y en a qui l'ont plus lougue 
que le corps quand elle est étendue. 

La limace rouge l'a courte ; elle est longue dans la 
limace grise. 

Dans le colimaçon., la vessie [copulatrice] a son col 
bien plus long que celle àes limaces; il est collé à la par- 
tie large de Toviductus, jusqu'à l'endroit où il s'engage 
sur le testicule [l'oviducte glanduleux]. Le bas de son col 
est élargi, et reçoit l'orifice de l'oviducte. Il reçoit de 
plus ceux de deux parties qui manquent dans la limace, 
deux boyaux divisés et subdivisés chacun en quinze 
ou vingt petits coecums grêles [les vésicules multifidesj. 
Ils contiennent une liqueur blanche comme du lait. 
On pourrait croire que c'est de la semence, et les re- 
garder comme des vésicules séminales; mais ils n'ont 
point de connexion immédiate avec le canal déférent. 
Celui-ci aboutit dans le côté de la verge, près de son 
entrée dans la cavité commune. La verge n'est donc 
pas percée à son fond comme dans la limace; elle est 
aussi beaucoup plus longue; mais il est probable qu'elle 
ne se déroule pas tout entière, et peut-être ne le fait- 
elle que jusqu'à l'endroit où le canal déférent y pé- 
nètre. Cet endroit deviendrait alors sa pointe exté- 
rieure. 

Le colimaçon a encore une partie bien remarquable 
qui manque à la limace : c'est le sac du dard. Il est 
oblong , à parois musculeuses très épaisses ; au fond est 
un mamelon , d'où part une sorte de lame d'épée très 
pointue, à quatre arêtes tranchantes, au lieu de deux 
ou de trois qu'ont nos épées ordinaires. 

La substance de cette partie singulière est calcaire ; 
elle se renouvelle quand elle a été perdue. 

8. 34 



&30 XXXVl* LEÇON. OKG. DE GÉNÉBATION DES MOLLUSQUES. 

Les colimaçons s'en servent, quand ils veulent s'ac- 
coupler, pour s'en piquer indifféremment quelque en- 
droit de la peau; ils redoutent réciproquement cet in- 
stant, car sitôt que l'un d'eux voit paraître le dard de 
son camarade j il se renfonce subitement dans sa co- 
quille. Il est impossible de deviner le but d'une telle 
cérémonie. Ce n'est qu'après qu'ils ont fait sortir tous 
deux leurs dards que leur accouplement commence. Il 
ressemble à celui des limaces. 

Les diverses espèces de colimaçons (d'hélix) varient 
pour la longueur de la portion de verge qui sort dans 
l'accouplement, et pour le nombre des cœcums de 
leurs vésicules. 

La parmacelle a les mêmes organes que le colima- 
çon: seulement, ses vésicules sont ovales et indivises, 
et donnent directement dans la cavité commune. La 
bourse du dard est plus rapprochée du prépuce de la 
verge, et le canal déférent s'ouvre dans le fond de 
celle-ci (i). 

[ La verge du doris lacera est très longue; son canal de 
communication est très mince ; il se renfle avant d'a- 
boutir au testicule. 

Dans le doris solea, la verge est plus grêle; elle 
communique avec une grosse bourse charnue qui re- 
çoit son canal de communication avec le testicule (2). 

Dans la tritonia hombergii^ les orifices de la généra- 
tion sont rapprochés dans un tubercule que l'on voit 



(i) Voir le mémoire de M. Cuvier sur la dolabetle, la testacelle et la 
parmacelle, p. 9, et Hg. i5, pour \aparmaeellc; p. 7 et flg. g pour !»les/a- 
celle. (2) Sur le genre Doris, par M. Cuvier, p. 18, et pi. I, lig. 3. 



ART. V. ORGANES MALES ET FEMELLES D'ACCOUPLEMErST. 531 

sur le flanc droit du corps, à la fin de son tiers anté- 
rieur. L'orifice de la verge, plus petit et rond, est supé- 
rieur; celui de l'oviducte est plus grand, en demi-lune 
et inférieur (i). La verge est longue d'un à deux 
pouces, et se déroule au-dehors, comme celle du coli- 
maçon , etc. 

XJambrette nous servira encore d'exemple pour les 
organes d'accouplement sans vestibule générateur. Les 
orifices de la verge et du vagin sont rapprochés à l'inté- 
rieur et seulement séparés par un repli, sorte d'épe- 
ron (2),] 

IL Des organes d'accouplement chez les Gastéro- 
podes hermaphrodites qui ont V issue de la verge plus 
ou moins séparée de celle de toviducte, 

[Il y a encore dans cette catégorie deux dispositions 
différentes dans les organes mâles et femelles. 

Dans l'une, les organes préparateurs des deux sexes 
ont la même issue, laquelle est séparée de celle de la 
verge. C'est la seule que M. Guvier paraisse avoir 
connue. Dans une autre combinaison , celle des Sipho- 
naires^Xes organes mâles, préparateurs et copula- 
teurSjSont séparés des organes femelles.] 

La première de ces deux dispositions comprend 
ceux des Gastéropodes hermaphrodites où la verge sort 
par un point du corps éloigné de Toviductus. Ce qu'ils 
ont de plus bizarre, c'est que le canal déférent reste 
toujours collé à l'oviductus, et qu'il ne communique 



(1) Mémoire sur le genre Tritonia, par M. Cuvier, pi. II, fig. '• 
(a) M. Deshayes , m. c. 



532 XXXVl' LEÇON. OBG. DE Gl^NÉRATION DES MOLLUSQUES. 

avec la verge que par un sillon creusé à la surface ex- 
térieure du corps. 

Ce sillon est creusé au côté droit du col , dans ïa- 
phjsia^ ou sous le rebord droit du manteau, dans 
Xonchidium^ etc. 

Décrivons d'abord Xapljsie. Le cordon commun 
qui va à l'extérieur du corps est d'abord divisé en deux 
canaux. Celui qui vient du testicule est formé d'une 
membrane plus mince et très plissée ; l'autre , qui vient 
de l'oviductus, a des parois plus épaisses. Une fente 
établit entre ces deux canaux une libre communica- 
tion , dès le premier tiers de la loujoueur ; mais ils res- 
tent néanmoins distingués par une cloison membra- 
neuse saillante. C'est vers le deuxième tiers que s'ouvre, 
par un petit conduit particulier, la vessie ovale. La 
partie du double canal située plus loin que l'orifice de 
cette vessie forme une saillie visible à l'extérieur, au 
côté droit du corps , et son orifice se continue avec 
une rainure profonde qui règne le long du côté droit 
du cou, et qui sillonne le corps de la verge. Cette rai- 
nure sert-elle à conduire la liqueur séminale d'une 
aplysie dans le corps de l'autre? C'est de celte ques- 
tion que dépend 1 explication de la manière dont ces 
animaux se fécondent. 

UonchicUuTn est dans le même cas que l'aplysie pour 
la séparation des organes. L'oviductus , après s'être 
collé au testicule, va se joindre au canal de la vessie, 
tout près du col de celle-ci; et le canal commun sort 
au même point que le canal déférent. De leur orifice, 
règne le long du dessous du manteau, du côté droit, 
un sillon jusqu'à celui de la verge, situé du côté droit 
de la tête. Celui-ci donne d'abord dans une bourse à 



AIT, V. OBGATNE^ Jf vLES ET FEMELLES D' ACCOUPLEMENT, 533 

deux culs-de-sac. Au fond de l'un des deux, donne un 
tnyau cylindrique , qui traverse un renflement mus- 
culaire elliptique , et se prolonge au-delà dans une 
longueur plus que quintuple de celle du corps. Près 
de son entrée dans la bourse, ce tuyau recèle une 
pointe aiguë et cornée. Dans l'autre cul-de-sac delà 
bourse aboutit un tuyau un peu moins long et beau- 
coup plus mince que le précédent, sans renflement. Il 
a aussi, à son issue dans la bourse, une petite pointe 
cornée. Il paraît bien difficile d'assigner l'usage précis 
de ces deux organes. 

Dans la bullée , l'oviductus est partout distinct du 
testicule et du canal de la vessie ;, quoique ces trois or- 
(janes aient leur issue au même endroit. Il y a de plus 
une vésicule accessoire qui sort avec eux, et une autre 
plus petite qui se décharge dans l'oviductus. La verge 
forme en dedans un tube presque aussi long que celui 
del'onchidie, mais sans renflement ni tube accessoire. 

[Dans la Siphonaire ^ la verge reçoit le canal défé- 
rent tout près de sa base; son orifice s'ouvre à l'exté- 
rieur, dans l'échancrure qui sépare du côté gauche [?| 
la tète du corps. L'entrée du vagin qui se continue avec 
l'oviducte est du même côté , mais bien plus en arrière, 
au-devant de la valvule de la respiration (i).] 

B. Des organes cV accouplement dans la Classe des 
Ptéropodes. 

[Pour leurs organes d'accouplement , ils doivent être 
rangés dans la catégorie des Gastéropodes herma- 



(i) MM. Quoy etGaimard. Voya^^c de \ Astrolabe^ et Règne animal des 
mollusques, pi. Xf.VîIÎ h\^^ H{^. 36. 



534 \XXVI« LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES MOLLUSQUES. 

phrodites , dont la verge en fourreau ne reçoit pas le 
canal déférent, et sort par une ouverture distincte de 
ce canal et du vagin. 

A la vérité M. Cuvier indique dans le Clio borealis 
une sorte de vestibule génital dans lequel aboutit le 
canal commun de l'ovaire et du testicule : c'est une 
bourse ronde qui remplit le tubercule gaucbe de la 
tète, et qui s'ouvre près du col(i). Mais la verge n'est 
pas déterminée dans cette description. 

Dans \e pneumoderme ^ M. Cuvier a reconnu bien 
évidemment cette séparation de la verge et des orga- 
nes préparateurs mâle et femelle ou de leur conduit 
commun. L'orifice de la verge est en effet entre les 
deux petites lèvres, et cet organe en fourreau est petit 
et situé sous la bouche ; tandis que le canal commun 
de la génération a son orifice un peu en avant de l'a- 
nus et se prolonge en dehors en un sillon qui se dirige 
en avant. 

Dans Vhyale^ la verge est de même séparée du tes- 
ticule, repliée sur elle même, au-dessus de l'œso- 
phage et sort par un orifice situé en avant et un peu 
au-dessous de la bourse (î2). 

Dans la limacina arctica, l'ouverture de la verge est 
tout près de la bouche, très rapprochée de la ligne mé- 
diane , entre les deux nageoires. Cet organe est tou- 
jours une poche musculeuse susceptible de se dérou- 
ler au dehors. L'orifice du canal excréteur commun 



(i) Mémoire sur le Clio borealis, p. 8, et planche , fig. 3 et 7. 

(2) Mém. sur Vhyale et le pneumodevnie ^ par M Cuvier, fig. 9, et p , 

'àc 7. 



ART. V. ORGANES MALES ET FEMELLES d' ACCOUPLEMENT. 635 

des organes préparateurs hermaphrodites se voit sur 
la nuque , un peu à droite. 

C'est phitôt l'orifice d'un vestibule générateur qui 
contient la vésicule copulatrice et une poche glan- 
duleuse déterminée comme une prostate(i) ? 

La séparation de la verge et de l'orifice du vagin est 
de même très remarquable dans la cymhidie. Le pre- 
mier se déroule au dehors, dans la ligne médiane au- 
dessus des tentacules et de la bouche, et comme il est 
assez considérable, il avait été pris pour une trompe. 

L'orifice du vagin ou du canal commun des organes 
préparateurs et de la vésicule copulatrice est situé sur 
le côté droit du corps sous la branchie de ce côté (ot). 

Dans les autres Ptéropodes , les cléodores , les cw- 
vieries^ il y a de même une verge en fourreau séparée 
des organes préparateurs. Celle des cuvieries aurait 
des crochets très durs à pointes cartilagineuses. C'est 
le seul exemple que je connaisse, dans ce type, de verge 
armée et irritante (3).] 



(i) Sur la Ltmacina arctica, Cuv., par M. Van Beneden, p, 67, et pi. 
5, fif[. IV, VIII , X et XIL (2) Mém. de iVJ. Van Beneden^ p. i5 et 20 de 
la pi. I. (3) Mém. de M. Van Beneden, p. 47- 



536 XXXVII* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHVTES. 



TRENTE-SEPTIEME LEÇON. 

DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION DANS LE TYPE DES 
ZOOPHYTES. 

[Nous ferons connaître successivement ce que l'on 
sait de ces organes dans les sept Classes qui composent , 
dans notre méthode de classification, cet Embranche- 
ment inférieur du règne animal. Ce sont celles des 
Echinodermes jàe?, Jcalèphes^Aes Polypes et des Pro- 
topolypes ou des Eponges formant les classes normales 
de ce type des animaux rayonnes. Ce sont encore 
celles des Helminthes ou Vers intestinaux^ des Animal- 
cules rotifères et des Animalcules homogènes ou po- 
lygastreSy qui s'adaptent moins complètement aux 
caractères généraux de cet Embranchement, et que 
j'appelle , à cause de cela , anormales. \ 

ARTICLE I. 

DES [organes de LA GENERATION DANS LES ÉCHINODERMES. 

[Les animaux de cette classe manquent d'organe 
d'accouplement. Ils n'ont que des organes prépara- 
teurs des ovules ou du sperme, que l'on croyait toujours 
réunis dans le même individu, à l'époque de notre pre- 
mière édition , dans laquelle M. Guvier avait dit :j 

Tous les Echinodermes paraissent hermaphrodites, 
et doués du'pouvoir de se féconder eux-mêmes. Leurs 



AET. I. CEUX DES ÉCHINODERMES. Ô37 

ovaires remplissent une très grande partie de leur 
corps , lorsqu'ils sont gonflés dans la saison de la ponte. 
On les voit^ aussi, quelquefois, comme baignés dans 
une liqueur laiteuse, qui tient sans doute lieu de 
sperme. Je l'ai surtout observée dans Xétoile de mer 
commune, 

[L'examen microscopique de celte liqueur laiteuse 
a montré, en effet, que c'est le sperme de ces aimaux, et 
qu'il fourmille de spermatozoïdes. On a de plus ob- 
servé, dans les deux premiers groupes principaux des 
Echinodermes pèdicellès ^ que certains individus ont des 
œufs et d'autres de la laite ; que les sexes y sont consé- 
quemment séparés dans ces groupes. 

Dans le troisième, celui des Holothurides ^ ils pa- 
raissent réunis, malgré ce qu'en avait conjecturé O.F. 
Millier, qui les croyait séparés. Si la forme générale et 
la structure la plus apparente des organes préparateurs 
mâles et femelles ont rendu leur distinction difficile 
et ont retardé leur détermination précise jusqu'à ces 
derniers temps, il faut dire que M. Cuvier avait mis 
sur la voie, en indiquant la blancheur de cette liqueur 
laiteuse qui caractérise le sperme, si différente des œufs 
rougeâtres que renferment les ovaires et qui les co- 
lorent.] 

§ 1 . Des glandes ovigènes ou des ovaires chez les 
Echinodermes pédicellés, à sexes séparés. 

[La multiplicité des ovaires, en nombre simple ou 
double des parties dans lesquelles on pourrait diviser 
régulièrement chaque oursin , ou chaque étoile de mer^ 
montre aussi bien que la multiplicité régulière des or- 
ganes du mouvement de ces animaux , qu'ils sont 



538 XXXVII* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTIS. 

composés de plusieurs individus symétriques (i),] 

Les oursins proprement dits , à corps régulier, ont 
cinq on dix ovaires fort considérables et rougeâtres, 
collés le long des parois de la coquille, et aboutissant 
au pourtour de l'anus. Ce sont eux qui sont la partie 
mangeable des oursins. [Ces ovaires, au nombre de cinq 
àdiusX oursin commun , sont en forme de massue. Ob- 
servés à la loupe, ils se composent d'une quantité de 
petits tubes aveugles, qui communiquent successive- 
ment dans de plus grands , jusqu'à l'oviducte. Ces petits 
tubes ont des parois membraneuses extrêmement 
minces, transparentes; ils sont farcis d'une quantité 
innombrable d'ovules.] 

Dans les étoiles de mer^ les ovaires forment cinq 
[paires] d'énormes grappes, une pour chaque bran- 
che du corps , divisées en divers grappillons. 

[Cette description abrégée de notre ancien texte 
me paraît avoir été faite d'après les ovaires de Xasterias 
auTuntiaca, qui s'étendent dans presque toute la lon- 
gueur des rayons et se composent d'un grand nombre 
de vésicules, réunies par petits paquets , dont plusieurs 
en composent un principal. Ceux-ci forment, pour 
chaque ovaire , une série de grappillons attachés à la 
paroi interne des téguments de la cavité viscérale (2). 

Dans Xasterias ruhens et Xasterias glacialiSy les ovai- 
res ont une tout autre forme. Il y en a deux par 
rayon, situés, dans la cavité viscérale, sur les côtés de la 
base des rayons , vers la paroi dorsale , près de l'angle 



(i ) Voir nos considérations sur le squelette périphérique des Oursins^ etc. 
Journal de rtnslitut, iSSy, p. 208 et 209. (2) M. Tiedemann. Anatomie 
de rhuloiliurie tubuleiisc , etc., pi. VIU, fi{j. i, a. a. 



ART. I- CEUX DES lÉCHINODERWES, 539 

de réunion de deux rayons, à peu de distance de l'es- 
tomac. 

Chaque ovaire se compose d'un tronc principal, 
sorte d'oviducte qui règne dans toute 1 étendue de cet 
organe et va en diminuant de la base, qui est adhé- 
rente, vers l'extrémité libre , qui est effilée. De chaque 
côté de cet axe tubuleux , sont un grand nombre de 
petits tubes également coniques et très effilés à leur 
partie libre, simples ou divisés en plusieurs branches. 
Tous ces tubes ont encore leurs parois inégales, bos- 
selées et formant une quantité de petits culs-de-sac ou 
de petits cœcums très courts, arrondis, souvent co- 
lorés, qui prennent sans doute, à l'époque du frai, un 
plus grand développement, ainsi que tout l'organe. 

Les dix oviductes ont chacun un orifice tout près 
de l'angle de réunion des bras (i). 

Les euriales et les ophiures ont leurs ovaires dans 
une position analogue. 

Les comatides femelles ont un ovaire près de cha- 
que pinnule de leurs bras. Une comatule à dix bras 
peut avoir jusqu'à mille ovaires et plus.] 

§ 2. Des organes préparateurs du sperme^ chez les 
Echinodermes pédicellés à sexes séparés. 

[Dans les oursins et les étoiles de rner, les glandes 
spermagènes ont la même forme et la même structure 
apparente que les glandes ovigènes : seulement, ces 
grappes vésiculeuses qui composent chaque testicule 
se remplissent , dans la saison du rut , de cette liqueur 



(i) System cler Asteriden ven D.-J. Miiller, unJ D.-F.-H. Trosclie). 
Biauiischweig , i 84a. 



540 XXXVII* LEÇOK. OBG. DE GÉKËBàTION DES ZOOPHYTKS. 

laiteuse signalée par M. Guvier comme le sperme de 
ces animaux. 

Les canaux excréteurs de ces glandes aboutissent, 
comme ceux des ovaires, autour de l'anus, chez les 
Echinides^ ou de la bouche chez les Astéries , où cha- 
cun des testicules a son orifice distinct, percé dans la 
même place que les oviductes. 

\^echinus melo et \echinus purpureus ont cinq 
glandes spermagènes ayant la même apparence de 
forme que les ovaires, mais renfermant un suc blanc 
de lait , qui est le sperme (i). 

La liqueur blanc de lait qui gonflait les vésicules 
dont se composaient les organes génitaux de Yasterias 
aurantiaca , observée par M. Tiedemann , nous per- 
suade qu'il avait sous les yeux un mâle et les testicules 
plutôt qu'une femelle et les ovaires. 

Dans le comatula eckinoptera , suivant M. /. Millier^ 
chaque glande spermagène est un sac de forme irrégu- 
lière , ayant plusieurs divisions , qui se voit à la base des 
pinnules; ces organes étaient remplis de sperme dans 
l'exemplaire observé.] 

§ 3. Des organes préparateurs chez les Echinoder- 
mes hermaphrodites. 

[Les Echinodermes hermaphrodites sont les Holo- 
thuries parmi les Echinodermes pédicellés et l'ordre 
des Echinodermes apodes.^ 

Dans les Holothuries^ on voit près de la bouche un 
bouquet de boyaux grêles très nombreux, ramifiés, 
qui se développent énormément dans certaines saisons , 

(i) M. Peters. Journal de .T. Miiller pour iS^n, p. i43. 



1 



ART. l. CEUX DES ÉCHINODERMES. 541 

en se remplissant d'une matière rougeâtre et pulvéru- 
lente qui se rassemble quelquefois en globules. Je crois 
que ce sont les ovaires de ces animaux. 

[Cette détermination de M. Cuvier, des ovaires ra- 
mifiés des//o/o/«//6y, ii été confirmée par des recherches 
ultérieures er généralement adoptée. Cependant une 
circonstance découverte récemment, celle de l'herma- 
phroditisme de ces tubes dans les syiiaptes^ fait que 
l'on doit se demander naturellement si cet hermaphro- 
ditisme n'existerait pas dans les autres genres de cette 
famille. A la vérité M. Cuvier avait dit, dans notre 
ancien texte :] 

On observe, vers l'anus des holothuries ^ des fila- 
ments blanchâtres, nombreux, semblables à des vers, 
et formés chacun d'un fil mince assez élastique , con- 
tourné en spirale , et se laissant dérouler. Ces organes 
auraient-ils quelque rapport avec le sexe mâle? 

[Mais d'un côté, ces filaments blanchâtres , etc., ont 
été considérés comme les analogues des reins (i), et de 
l'autre, M. Jaeger a déterminé comme glandes sperma- 
gènes, dans Xholothuria atra^eic.^ une agglomération 
de vésicules pyriformes, ayant un pédicule très délié, 
qui se réunissent dans un canal déférent commun, 
s'ouvrant dans l'ovidncte, ou le plus souvent, dans 
l'estomac, comme cela a lieu pour l'oviducte dans 
quelques espèces (2). 

Au reste, une circonstance singulière, observée par 
l'anatomiste que nous venons de citer, c'est l'obser- 
vation qu'il a faite de l'existence des ovaires et des 



(i) G. -F. Jajger. Uissertatio de holoihuriis, p. 38 et Sg. Turici, i833. 
(a)/6i<i., pj. Iil,tig. 2. 



542 XXXVII'' LEÇON. OBG. DE GÉNÉBATION DES ZOOPHYTES. 

vésicules spermagènes dans certains individus d'une 
même espèce ; tandis que d'autres ne lui ont montré 
que des vésicules spermagènes, et d'autres que des tu- 
bes ovigènes. 

L'ovaire de Xholothuria tuhulosa serait , suivant 
M. Tiedemann, composé de vésicules, dont les pédi- 
cules tubuleux se réunissent successivement à de plus 
gros rameaux , jusqu'au tronc qui est loviducte. Cet 
ovaire est représenté, en effet, dans la figure publiée 
par ce célèbre anatomiste , comme une grappe de vé- 
sicules, et son oviducte comme s'ouvraut en arrière de 
la boucbe à la face dorsale du corps (i), par un orifice 
caché par un pli transversal de la peau (2). Dans un 
exemplaire deY kolothuria elegans, que nous avons sous 
les yeux , les divisions de l'ovaire se composent de tubes 
filamenteux et nullement vésiculeux. Ces différences se- 
raient-elles analogues à celles décrites par M. Jœger? 

La glande spermagène serait, dans les mêmes holo- 
thuries , une grappe de quelques vésicules pyriformes 
annexée à l'oviducte , vis-à-vis l'anneau vasculaire qui 
entoure l'estomac (3). 

Les Synaptes ont présenté, ainsi que nous venons de 
l'annoncer, une autre combinaison , celle d'un seul or- 
gane hermaphrodite , analogue à celui que nous avons 
décrit dans la classe des mollusques gastéropodes. 

Cet organe hermaphrodite se compose de tubes gé- 
nérateurs contenus dans la cavité viscérale, dont les 



(i) M. Tiedemann , o. c, pi. II, fig. 6 n. et p. (2) Ibid.^ pi. I, fig. 1 i. 

(3) Voir encore la belle figure de ces organes et des autres viscè- 
res , etc., puUiée par M. Milne-Edwards dans le Règne animal de Cuvier, 
pi. XII, des ZoopLiytes;a. pour l'ovaire; et o.p. pour les vésicules sperina- 
^nes. 



ART. I. CEUX DES ÉCHINODEBMES. 543 

ramifications se réunissent à deux branches, et celles-ci 
à un seul tronc qui s'ouvre derrière la masse buccale. 

La paroi extérieure ou viscérale est couverte d'une 
membrane à cils vileratiles; après celle-ci vient une 
couche musculeuse. La paroi interne est comme ma- 
melonnée par une suite de capsules adhérentes qui sont 
des glandes spermagènes, avec des cellules renfermant 
des spermatozoïdes. Enfin l'axe du tube et les inter- 
valles des mamelons sont remplis d'une substance 
proligère dans laquelle se développent les ovules (i). 

Dans le sipuncuUis nudus il y a, à la partie antérieure 
de la cavité viscérale, deux vésicules brunes de forme 
allongée, conique, bosselée, qui sont les ovaires. On y 
trouve des œufs en mai; tandis qu'en juin la cavité ab- 
dominale en est remplie (2). 

Uéchiure^ a dans son abdomen, en novembre et 
décembre, des ovaires composés de vésicules remplies 
d'une humeur laiteuse ; quelques uns ont des globules 
blancs qui nagent dans cette humeur lactée : ce sont 
des ovules. 

Dans les bonellies^Vo\B\ve est un sac qui s ouvre en- 
deçà de la trompe. Les testicles de ces animaux se- 
raient quatre longs tubes ou boyaux effilés en arrière, 
à leur extrémité libre , ayant en avant leurs orifices 
dans les téguments (3) ? 



(i) Mémoire sur la Synaptc Duvemoy^ pvir M. de Quatrefages. Ann. 
des se. nat., 2* série, 22 novembre i83i. (2) Observations faites à Pa- 
ïenne par M. Grube. Archives de J. Miiller pour i 83", p. 355. et pi. X, 
fig. 1-5, et pi. XI, fig. I , vo. (3) Règne animal, Zoophytes, pi. XXIII , 
fig. I f. f , publiée par M. de Quatrefages. 



644 XXX.VII' LEÇOM. ORG. DU GSNSBATlOiV DES ZOOPUYTBS. 

§ 4- Ucî» ovules et des œufs. 

Les ovules des Echinodermes pris dans l'ovaire ont 
un vitellus, une vésicule germinative et une tache ger- 
minative. Cette composition uniforme des ovules a été 
constatée pour les Stellérides ( i ), les Echinides^ les Ho- 
lothurides et les siponeles. 

Les ovules de la synapte Duvernoy ont une mem- 
brane propre , un vitellus. une vésicule et une tache 
germinative {2). 

Quant aux œufs complets, M. Guvier avait déjà dit 
de ceux des étoiles de mer\ qu'ils sont ronds et rougeâ- 
tres, et que ce sont les ovaires qu'ils remplissent qui 
font la seule partie mangeable dans les oursins. Leur 
nombre, dans certains échinodermes ^ s'élève à un chif- 
fre considérable. 

M. Dalyell a vu Vholoturia fusus en pondre jusqu'à 
cinq mille en peu de temps. 

Une comatule peut en avoir dix mille. 

Au reste tous les animaux de cette classe ne sont pas 
ovipares. On a retiré de l'intérieur du corps de 
Vophiure grisâtre de petites ophiures qui ont vécu en- 
core quelque temps (3). 

§ 5. Du sperme et des spermatozoïdes . 

C'est M. Rathke qui a découvert le premier que cer- 
tains individus de Vasterius rubens avaient leurs or- 
ganes de génération remplis d'un liquide blanc com- 
posé en grande partie de spermatozoïdes. 

(1) M. Siebold. Archives de J. MiiUer pour i836, p. aSy. (a) M. de 9 

Quatrefages, in. c, pi. V, fig. i. (3) Id. Compt.-rend. de l'Académie des 
sciences pour 1842, t. XV, p. ^yB. 



AUT. II. CH£Z LES ACALKPHES, 545 

Les spermatozoïdes des oMnmç ont un corps allongé, 
ovale, ayant son petit bout du côté de la queue. Celle-ci 
est extrêmement déliée (i). 

La synapte Diwernoy a des spermatozoïdes dont 
la partie céphalique est ronde et la partie caudale 
effilée et courte (îî).] 

ARTICLE II. 

DES ORGANES DE GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES ACALÈPHES. 

[Comme dans la classe précédente, nous n'aurons à 
décrire dans ceilc-ci que les organes préparateurs des 
ovules ou du sperme, soit séparés dans des individus 
distincts , soit réunis dans le même individu. 

A. Dans la Sous-Classe des Acalèphes simples. 

§ 1 . Des organes préparateurs dans la famille des 
ihéduses. 

On trouve des individus avec des ovaires contenant 
des ovules, et d'autres individus dont les organes, ayant 
la même position et la même forme que les ovaires, ne 
contiennent que des sperniatozoïdes. 

Cependant M. Ehrenberg a conçu des doutes sur 
l'exactitude de ces observations, après avoir décou- 
vert, cbez un individu de la médusa aurita, de vérita- 
bles ovules au milieu d'un liquide composé de sperma- 
tozoïdes (3j. 

Dans un autre type, les glandes spermagènes et 



(i) Découverts par M. Peters; lettre du :'.r janvier i84'^" Archives de 
J. Millier pour 1840, p. i43 ; et par MM. Milne-Edwards et Lallernand. 
Ann. des se. nat., 2* série, t. XIII, p. 876. (2) M. de Qiiatrefages, m. c, 
pi. V, fii;. 7.. (3) Archives d'KricK'^^on. Perliu, 1842, p. 7>-77. 

8. 35 



546 XXXVIl* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES. 

ovigènes sont annexées l'une à côlé de l'autre, comme 
dans les Beroës. 

a. Des ovaires. 

Les ovaires sont toujours multiples, au nombre de 
quatre au moins, de six, de huit au plus, lorsqu'ils sont 
placés sous l'ombrelle , à l'extérieur de l'estomac , ou 
annexés au pédicule central qui renferme ce viscère. 

Dans un autre type, celui que présentent les espèces 
dLEquorées^ les ovaires sont attachés aux nombreuses 
lames qui divisent comme des rayons la face inférieure 
de l'ombrelle. 

Ces deux types généraux montrent dans les nom- 
breuses espèces et les genres multipliés de cette famille, 
un certain nombre de modifications de forme et de 
position. 

La forme la plus ordinaire est celle que l'on ren- 
contre dans les cyanées. Dans la médusa aurita, qui 
appartient à ce genre , les ovaires au nombre de quatre 
paraissent à travers le parenchyme transparent de l'om- 
brelle. Ils sont placés dans une cavité qui n'est séparée 
de chaque poche angulaire de l'estomac situé au- 
dessus d'elle que par une cloison mince. Cette cavité 
ovarienne s'ouvre largement à la face inférieure de 
l'ombrelle , plus en dehors que l'ouverture buccale. 

Le bord de l'orifice de la cavité ovarienne est garni 
de nombreux et très fins tentacules, et l'extérieur de 
cette cavité de cils vibratilés du côté de l'estomac. 
Chaque ovaire est un boyau membraneux dans lequel 
se développent les ovules, que nous avons trouvés forte- 
ment plissés par une sorte de mésentère qui se suspend 
à la cavité qui le renferme. 



ABT. II. CHEZ LES ACALÈPHKS. 547 

Lagéryonie a six ovaires en forme de feuilles trian- 
gulaires (i). 

Dnns ïocénnie bonetfVEHOl^ etLESVEUR. ce sont huit 
capsules oblongues rapprochées par paires, qui se dis- 
tinguent par leur couleur brune, et qui sont annexées à 
l'extérieur de la cavité stomacale. Une des deux capsules 
de chaque paire nous a paru être une glande sperma- 
gène, et l'autre une glande ovigène, ayant extrait de 
l'une d'elles des spermatozoïdes et de l'autre des ovules. 
Dans Vocéam'e linéolée, les glandes de la génération 
sont de longs boyaux arqués qui ne tiennent à l'estomac 
que par leur extrémité supérieure. Nous avons vu 
encore cette forme d'ovaire dans une espèce d'<2- 
glaure. 

Dans les Equorées y chaque ovaire semble composé 
d'un canal central nourricier, qui serait comme enve- 
loppé d'un tube ovarien à parois très plissées (2). 

b. Glande du sperme. 

Danç le type tjes equorées comme dans celui quere- 



(i) Voyages de découvertes aux terres Australes. Histoire naturellepu- 
blie'eparLesueur, pI.IV,fi{T. ^^ et 5, (2) Ibid.^ pi X, fig. g, pi. XI, fig. 3,4,6; 
pl.XIIjfig. l-g. Cette publication a mallieureusetnent été ii.terrompue. J'au- 
rais pu multiplier les exemples des variétés de formes, de nombre et de po- 
sition que préser.tenl les ovaires des Méduses, en profitant des nombreuses 
observations inédiles, faites pendant ce voyage de de'couvertes, dans les 
deux Océans , de 1 800 à 1 8o4 , par mes amis Pe'ron et Lesueur ; ou sur les 
côtes de la Méditerrane'e, en 1809. ^' ^^^^ regretter, pour la science, que 
ces superUes et si instructifs dessius de M. Lesueur, faits su;* |le vivant et 
coloriés av» c une rare |jerfpction , qui donnent une idée de l'éclat des 
couleurs métalliques et des pierres précieuses que reflètent ces singuliers 
animuix, n'aient pas encore éié publiés. — Voir aussi le mémoire de 
M. MUne-Edviards ^ Âhnales des se. ual., a^ série, t. X'^ I, p. igS, où l'on 
trouvera la déterminatiou des ovaires et ides testijcule» des JE((uorée?. 



548 XXX vil* LEÇON. OBG. DE GENERATION DES ZOOPHMES. 

•présententles cyanées, la glande du sperme a la même 
apparence que Tovaire : seulement on a observé que 
les spermatozoïdes dans Xaurélie se développent par 
échevaux dans de petites capsules en forme de flacon 
qui se voient à la face inférieure du ruban plissé et 
coloré qui constitue la glande spermagène (i). 

Les équorées ont de même les lames prolifères de 
l'ombrelle chargées d'ovules ou gorgées de sperma- 
tozoïdes suivant les individus. 

J'ai observé dans Xocéanie bonet, ainsi que je viens 
de le dire, des spermatozoïdes capillaires, effilés aux 
deux extrémités, dans lun des huit organes prépara- 
teurs d'un même individu, et des ovules dans l'autre, 
formant l'une des quatre paires de ces organes ; de sorte 
que je regarde cette espèce comme hermaphrodite. 

§ 2. Des organes préparateurs dans la famille des 
Beroës. 

ISous avons à citer, dans cette famille, de belles ob- 
servations sur plusieurs espèces de ce groupe, appar- 
tenant à des genres différente, les euchuris tmdticornis 
et beroë rufescens (2). 

Les ovaires et les glandes spermagènes sont situés 
immédiatement sous la peau, annexés aux côtes 
longitudinales, de manière que les ovaires sont d'un 
côté et les glandes spermagènes de Tautre. 

Il y a donc autant d'ovaires ou de glandes sperma- 



(l) M. Siebold. Nouveaux mémoires de la Société des naturalistes de 
Dantzig, vol. lit, cah.2,pl. I, fif;. ao,2i et 22. Dantzig, iSSg. {2) Horœ 1er- 
(}estinœ-) etc., von J.-G.-F. Will. Leipsig, 1844? pi- I1 fig- 5 et 22, 



ART. ir. CHEZ LES ACALÈPHE?. 6A9 

gènes que de côtes. Chaque ovaire, dans ïeucharis, se 
compose d'un certain nombre variable de capsules 
arrondies appliquées sous le renflement que produit 
chaque lamelle natatoire dans l'épaisseur de la peau. 
Dans le beroë , leur forme est lobée. 

Les capsules ovigènes aboutissent à un oviducte 
commun qui règne de bas en haut parallèlement au 
canal déférent. 

La même différence de forme s'observe pour les 
glandes spermagènes. Dans ïeucharis, ce sont des cap- 
sules simples ; dans le beroé , elles sont comme des 
feuilles pinnées. 

Le contenu de ces glandes les rend opaques à l'é- 
poque du rut; tandis que les glandes ovigènes conser- 
vent toujours un peu de transparence, comme les 
ovules qu'elles renferment. Le canal déférent dans le- 
quel s'ouvrent les sacs glanduleux qui composent cha- 
que glande spermagène , s'élève parallèlement avec 
les oviductes, sans s'y réunir, ainsi que nous venons de 
le dire. 

Les orifices des oviductes et des canaux déférents 
sont, selon toute apparence, du côté antérieur du corps; 
peut-être n'y en a-t-il qu'un pour les deux canaux 
excréteurs? 

B. Organes préparateurs dans la Sous- classe des 
Acalèphes hydrostatiques . 

Parmi \ç.% Acalèphes hydrostatiques nous citerons 
\e?> Siéphanomies , qui paraissent avoir, au nombre des 
appendices dont leur organisme divisé sccom[)ose, 
les organes préparateurs des deux sexes. 

Des ovaires filamenteux en grappes, semblables à 



550 XXXVIl' LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES. 

ceux des polypes actînoïdes, seraient suspendus dans 
ïefond des capsules coniques, désignées soUs les nom de 
trompes, et qui servent de suçoirs. D'aulres appen- 
dices de la tige commune supportent des capsules plus 
petites, ovoïdes, ayant un étui contenant une poche 
membraneuse , de laquelle on fait sortir un suc laiteux : 
cfe sont les testicules. Ce suc laiteux se compose de 
spermatozoïdes ayant un corps sphérique et un appen- 
dice caudal, et se distinguent, par leurs mouvements, 
des corpuscules urticants (i). 

G. Des ovales dans la Classe des Acalephes. 

Observés dans plusieurs méduses (la médusa aurita 
et la Cyanea Lamarkii) , les ovules ont montré la 
même composition que dans la grande généralité des 
animaux. Ces ovules ont un vitellus, une vésicule gêf- 
minative, et celle-ci une seule tache germinative (2) 
bien circonscrite. 

Dans le lleroë rufescens ,\e?, œufs cohiplétement dé- 
veloppés ont i/^ — 1/5 de ligne de diamètre; la vési- 
cule germinative 1/60, et la tache germinative , qui est 
simple et ronde, 1/900 de ligne. 

D. Des spermatozoïdes. 

Us ont un renflement céphalique et un appendice 
caudal. 

Ceux de Yaurélie ont un corps de forme ovale très 
allongée , et un long appendice caudal attaché au pôle 



(i> Mémoire de M. Milne-Edvvards. Ann. des se. natur., 2* série, 
t. XVI , pi. X , fig. 4 , 8 et 9 , et pi. IX , fig. i et 2 , d et g. (2) M. Sie- 
bold, mémoire cité, pi. I, fig. aS A. B. 



ART. HT. CHEZ LES POLYPES. 551 

le plus gros. Ils sont réanis en faisceaux coniques pla- 
cés au bout les uns des autres dans la capsule sperma- 
gène (i). 

Ceux des Beroës ont une tête un peu ovale ; le côté 
un peu plus étroit est celui de Tappendice caudal , qui 
est assez long (2) et très délié, difficile à apercevoir 
à cause de cela. Ils mesurent dans leur longueur 
1/800 de ligne, et sont plus opaques qu'aucun des élé- 
ments organiques, de ces animaux. Leurs mouvements 
ont une sorte de régularité , cessent et recommencent 
par intervalles réglés.] 

ARTICLE m. ■ 

DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES POLYPES (3) . 

[Nous exposerons successivement ce que Ton sait du 
mode de propagation, par génération sexuelle, et des 
organes qui en sont chargés , dans les trois Ordres de 
cette classe, tels que nous les avons admis dès 1841? 
dans nos cours au Collège de France. 

(i) Voir M. Siebold, mémoire cité, pi. I, f. c. (2) M. Will, m. c, 
fig. 6 et 24. 

(3) Nous mettons ici en note, pour Ihistoire de la science, le texte ré- 
di{;é par M. Cuvier de la première édition des Leçons concernant la géné- 
ration des Polypes. « On sait assez comment les zoophytes proprement diLs 
» se multiplient par bourgeons et par boutures , même artificielles. Les 
» observations deTrembley surles Po/j/>(es, et deDicquemare suri .^ctiniP 
ti sont trop connues pour que nous les rappelions. Cette manière de mul 
» tiplier exclut d'ailleurs toute or^janisation aoatomique particulière. 

» Les observations d'Ellis paraissent cependant prouver, au moins pour 
» les Polypes des coraux, qu'il se manifeste , dans certaines saisons, de 
» petites grappes d'œufs, et qu'alors la génération se fait dans un orgaiiè 
» propre ; mais Doui; n'avoas rien d'anatomique à communiquer à cet 
» égard. » 



552 XXXVII* LEÇON. ORG, DE GÉNÉRATION DES ZOOPHITES. 

I. Des organes préparateurs et de leur produit dans 
r Ordre des Polypes Cellulaires ou Polypes à manteau. 

Les Polypes de cet ordre , qu'on pourrait encore ap- 
peler Polypes Ascidiens^ à cause de leurs rapports 
avec les Ascidies composées, et de leur manteau en forme 
de sac , ont un canal alimentaire compliqué , dont l'en- 
trée ou la bouche est garnie d'une couronne circulaire, 
ou en fer à cheval, de Tentacules ciliés, et dont l'issue 
est extérieure et rejette au dehors les résidus de la 
digestion. 

Ce canal alimentaire flotte dans une cavité viscérale, 
dans laquelle sont les ovaires, et qui est souvent acces- 
sible au fluide respirable, qui y pénètre par un orifice 
particulier. 

Les parois de cette cavité sont formées par une sorte 
de manteau ou de tunique, qui prend la forme d'un 
sac arrondi ou allongé , ou d'une cellule à plusieurs 
faces, etc., etc. 

Les Polypes Cellulaires peuvent avoir deux modes 
de propagation : celui par bourgeon, qui produit les 
agrégations régulières qui caractérisent les genres et 
les espèces, par leur forme générale et par celle de 
chaque cellule eu particulier; et la propagation par 
germe libre, ou par œuf, destinée à répandre au loin 
les individus d'une même espèce. 

Dans ce dernier cas, les organes sexuels peuvent être 
réunis dans une même cellule et daus un seul individu ; 
ou bien ils peuvent être séparés dansdes cellules diffé- 
rentes; soit qu'ellesn'aientd'autrefonction à reniplirque 
celle de produire des ovules; soit qu'elles appartien- 
nent à des sexes différents et à des individus distincts. 



ART. TII. CHEZ LES POLYPES. 553 

§ 1. Des organes préparateurs. 

Nous divisons cet ordre en deux sections suivant que 
les tentacules sont disposés circulairement ou en fer 
à cheval. Examinons successivement ces organes dans 
ces deux sections. 

a. Chez les Polypes Cellulaires à tentacules disposés 
circulairement. 

Dans le genre tendra zostericola ^ NoRDM., ces 
polypes cellulaires ont leurs cellules rangées par séries 
sur les feuilles de zoster. Cette régulaiité dépend-elle 
d'une propagation par bourgeonnement; ou bien les 
larves auraient-elles Tinstinct de venir se placer régu- 
lièrement près de leurs parents? G est une question à 
résoudre par l'observation. Suivant M. iVo/v^//? «/;/?, , qui 
a déterminé ce genre et l'espèce type , qu'il appelle 
zostericola., les organes sexuels seraient séparés dans 
des individus distincts habitant des cellules ayant cha- 
cune un caractère qui les fait reconnaître. Les cellules 
mâles et les cellules femelles sont rangées par séries 
linéaires, mais sans ordre régulier pour les deux sexes. 
On voit dans les mâles , près de la base des huit tenta- 
cules , des appendices vermiformes qui manquent 
dans les femelles, et près desquels on découvre une mul- 
titude de spermatozoïdes. 

La paroi supérieure de la cellule femelle, au lieu 
d'être lisse, comme dans les cellules mâles , est divisée 
en un grand nombre de petits compartiments dans 
lesquels les œufs se développent. 

Il y a une ouverture à la base de chaque loge , par 
laquelle la fécondation peut avoir lieu (i). 

(i) Comptes rendus de l'Académif îles sciences, t. VUI, p. 357. 



564 XXXVII* LEÇOK. OBG. DE GÉNÉRATION DES Z00PHYTE9. 

Dans les genres flustre et eschare,je. regarde comme 
l'ovaire l'organe qui a été distingué comme appen- 
dice dé l'intestin (i). 

Dans le genre cellaire, la propagation sexuelle s'ef- 
fectue par des organes sécréteurs de la semence et des 
organes préparateurs de l ovule, réunis dans la même 
cellule. 

i°Les ovaires sont à la base de l'estomac; les ovules 
y sont attachés par des fils très fins. On n'a pu y décou- 
vrir ni vésicule de Purkinje ni tache germinative. 

2° Les organes sécréteurs de la semence paraissent 
être des corps arrondis , jaunâtres ou blanchâtres, en 
forme de vésicules et remplis d'une masse granuleuse ; 
ils produisent des spermatozoïdes (2). 

b. Poh/pes cellulaires à couronne de tentacules en 
fer à cheval ou subrayonnés. 

La propagation par génération bisexuelle a été re- 
connue dans les genres plumatelle et alcyonelle. 

Dans ce dernier genre, l'ovaire est situé, comme chez 
les autres polypes cellulaires, dans la cavité viscérale, 
et annexé ou comme suspendu à l'anse que forme le 
canal alimentaire. Les cellules à ovaires sont plus nom- 
breuses que les cellules mâles. 



(1; Voir la fig. 2 a., lettre f. de la pi. LXXVIII du Règne animal pour le 
flustre cornu, et b. de la Hg. i-d. de la pi. LXXXVl pour Veschare cervi- 
corue; et Grant: Observations of on tlie structure and nature oF Flustre. 
Edinb. New. philos, journ , vol. III, p. 107, 1827. {2) Observations faites 
sur les côtes de Normandie, par MM. Nordmann et Mil ne-Edward s. 
Voir la Fauna pontica du premier, pi. III. 



A»T. m. CHEZ LBS POLYPES. 555 

§2. Du produit des organes préparateurs ou des 
ovules ^ des œujs ^ du sperme et des spermatozoïdes. 

a. Des ovules et des œufs. 

Dans le tendra zostericola,\es œufs sont sphériques. 
Il en sort une larve qui jouit de locomobilité et ne se 
fixe qu'après sa dernière métamorphose. 

Les œufs de \a plumatella campanulata ont un vi- 
tellus, une vésicule germinative et une double tache 
de ce nom. Cette circonstance expliquerait-elle com- 
ment il arrive que du même œuf on voit sortir plu- 
sieurs cristatelles ouplumatelles , mais avec un seul sac 
tégumentaire et ovarien , destiné à se changer en cellule 
et à contenir des œufs dans sa cavité? 

L'œuf est différent pour la forme et la composition 
dans les cristatelles ; sa coque est rouge-brun , ronde , 
lenticulaire, entourée d'un bourrelet qui forme comme 
un cadre circulaire d'un blanc jaunâtre. Vingt à vingt- 
deux petites tiges terminées par un double, un triple 
ou même un quadruple crochet, partent en rayonnant 
du sillon qui sépare le bourrelet du disque. Du côté où 
celui-ci est un peu concave, ces crochets dépassent 
le bourrelet de la moitié de leur longueur. Ceux de la 
face opposée ne se prolongent pas au-delà de ce bour- 
relet. 

Les œufs des plumatelles sont d'une belle couleur 
jaune d'or ou jaune-brun. Leur forme est ovale , ou 
même en navette. 

Ils ont, comme ceux des cristatelles, un bourrelet qui 
les cercle. Ces œufs , ainsi que ceux des alcyonelles , 
et sans doute ceux des cristatelles ^ s'ouvrent dans le 



556 XXXVII* LEÇON. ORG. DE GÉN^BATION DES ZOOPHYTES, 

sens de leur plus grande dimension , comme deux 
valves de coquille bivalve (i). 

b. Du sperme et des spermatozoïdes. 

On ne connaît le sperme que par les nombreux 
spermatozoïdes dont il se compose. Ceux du tendra 
zostericola ont un corps ovale et un appendice caudal. 

On a découvert (2) de nombreux spermatozoïdes 
dans,\a. plumatel/a campanulata^^^xM. autour des œufs 
encore enfermés dans les tubes ovariens, à rextrémilé 
inférieure du corps de ces animaux. 

Il en est de même de Xalcyonelle ^ dont les sperma- 
tozoïdes se répandent dans la cavité viscérale ;ciansrun 
et l'autre cas ce produit est une indication de l'orf^ane 
spermagène, qui pouirait bien être réuni à l'organe 
sécréteur des ovules et former avec lui une glande 
hermapbrodite. 

II. Des organes préparateurs et de leur produit ^ dans 
ï Ordre des Polypes Tabulaires. 

Le corps des polypes de cet ordre forme essentiel- 
lement uue capacité nutritive en forme de canal, la- 
quelle est garnie à Ventrée, ou à la surface, de sa 
partie ou de ses parties digestives ou alimentaires, 
d'un nombre variable de tentacules ou de bras. 



(1) Voir l'extrait du mcmoirede Vnucher sur les Tubulaires d'eau douce. 
— Bulletin des séances de la Soiiété philomatiriue , an xii , n" 8r, ji. i57, 
et pi. XII, fiff. 4 et ff. a. b.; et l'histoire naturelle de Valcyonelle fluviaùle, 
par M. UaspaiU t. IV des méni. de la Société d'hist. nat. de i'aris. 

(2) M. Sii^bold, Mém. pour servir à l'hist. nalur. des animaux sans 
vertèbres. Dantzig, 1889, p. 8. Cette observation est de i838. 



AKT. III. CHEZ LES i-OLYPES. 557 

Ici les polypes ne forment pas de simples a^vé- 
galions dans lesquelles les individualités restent dis- 
tinctes; mais ils sont réunis intimement de manière à 
composer une individualité plus ou moins compliquée 
qu'on appelle polypier. 

Quelque composé que soit le polypier, la capacité 
alimentaire ou digestive de chaque polype s'ouvre dans 
un tube nutritif commun , dans lequel passe ou se se- 
crète le fluide nourricier, produit de la digestion de 
chaque polype. 

Les parois du tube nutritif sont formées d'une 
double membrane, toujours soudée intimement dans 
cette partie du polypier; l'externe répond aux tégu- 
ments; l'interne est une continuation delà membrane 
digestive de la capacité alimentaire. 

La première, chez les polypes à polypiers, sécrète de 
sa surface extérieure un tube ou un fourreau, mince 
comme du parchemin, ou dénature cornée^ et les cel- 
lules de cette dernière substance qui lenferment les po- 
lypes alimentaires. 

Toutes les fois que le tube nutritif (appelé impro- 
prement canal intestinal par quelques naturalistes) 
est contenu dans un fourreau de substance inerte, il va 
des organes particuliers pour la production des œufs, 
qui communiquent librement et immédiatement avec 
le fluide respirabie : ce sont les Polypes pi^opagateurs^ 
appelés encore Polypes femelles. Ces polypes sont dis- 
tincts par leur forme , leur volume, leur position, et 
par leur existence passagère, des polypes qui ne ser- 
vent qu'à ralimentation, et que j'appelle , également à 
cause de leur fonction, Polijpes ali/nentaires. 

J'ajouterai que, dans ma méthode, l Ordre des Po- 



558 XXXVII* LEÇON, ORG. DE GÉNÉRATION PES ZOOPHYTES. 

lypes tabulaires se divise en deux tribus : Tune, celle 
des Polypes tubulaires hy drif ormes ^ dont les polypes 
ont Torifice buccal garni extérieurement d'une cou- 
ronne circulaire de tentacules; l'autre tribu^ celle des 
Polypes tubulaires médusiens^ a les tentacules de ses 
Polypes alimentaires dispersés sur toute la surface de 
la capacité buccale ou digestive. 

La première tribu se compose de deux familles, 
celle àesHydriens et des Sertulariens . 

La seconde tribi^ ne comprend qu'une seule famille, 
celle des Coryniens. 

_% \' I^^s ovaires ' 

Les familles des Sertulariens et des Coryniens ont 
des ovaires qni produisent de véritables œufs. Le 
même polypier appartenant à Tune oul'autre de ces 
familles, après avoir développé, par bourgjeonnement, 
tous les polypes alimentaires nécessaires à son alimen- 
tation , produit encore par bourgeonnement, dans des 
places déterminées, suivant les genres et les espèces, 
des polypes femelles , dont la fonction est de former et 
de nourrir des ovules ou des œufs. Ces polypes fe- 
melles ont cela de bien remarquable, qu'à la manière 
des organes de la fructification des plantes, ils ne pro- 
duisent qu'une seule génération et tombent immédia- 
tement dans l'atrophie. 

Ces ovaires caduques (i) sont contenus dans une 



(l) Ces détails sont relatifs à la Campanularia ^enicu/nfa, Lam. Voye^à 
re sujet le Mém. de M. J.-L. Lowen, dont j'ai publié la traduction. Ann. 
des se natur., t. XV, p. 167 et suiv-, pL YIU A, fig, 1-18. 



ART, III. CHEZ LES POLYPES. 569 

cellule beaucoup plus grande que celle du polype ali- 
mentaire. Le tube nutritif qui a produit cette cellule 
de substance cornée n'en occupe que l'axe quand elle 
est terminée, et ne tient plus à ses parois que par des 
ligaments. Le long de cet axe vivant, se développent , 
au-dessus l'un de l'autre , deux ou trois polypes fe- 
melles, qui sortent successivement à travers le dia- 
phragme qui bouche la cellule. Ces polypes ont des 
parois uniquement membraneuses et se continuant 
du tube formant l'axe de la cellule, sur lequel ils se 
sont développés, et dans lequel circule le fluide nourri- 
cier. Leur forme est globuleuse; ils ont un orifice op- 
posé à leur pédicule tubuleux; cette issue est entourée 
d'une couronne de tentacules de même structure, mais 
beaucoup plus petits que ceux des polypes alimen- 
taires. La pofîhe du polype ovarien renferme deux ou 
trois œufs ronds, dans lesquels on distingue, lorsqu'ils 
ont atteint un certain développement, le vitellus, la 
vésicule de Purkiuje et la tache germinative. 

Chez les Pol/pes médusiens ou dans la famille des 
Cor/niens ^ et dans le genre Sincoryne en particulier, 
le polype femelle diffère encore plus du polype ali- 
mentaire. Suspendu par un pédoncide au-dessous du 
tentacule inférieur d un polype alimentaire, il forme 
une cloche membraneuse, allongée ou sphérique, sui- 
vant les espèces, transparente comme du verre, ayant 
des mouvements de contraction et de dilatation alterna- 
tifs analogues à ceux des méduses. Le bord de celte 
cloche a quatre ou cinq papilles, tentacules rudimen- 
taires, ou le même nombre de tentacules développées. 
Il y a même dans la Sjncojyne de Sars un point ocu- 
laire à la base de chacun de ces tentacules. L axe de 



Ô60 XXXVIl" LtÇON. OHO. DE GENERATION DES ZOOPHATES. 

cette cloche est occupé par une poche membraneuse, 
prolongement du tube nutritif et qui répond à la cavité 
alimentaire des polypes de ce nom. C'est dans l'inler- 
valle qui existe entre cette capsule alimentaire et les 
parois de la poche extérieure que se produisent et se 
développent les œufs, qui y sont disposés par rangées 
régulières, dans une poche membraneuse intermé- 
diaire, distincte, entre autres, par sa couleur d'un jaune 
brun (i). Ce polype propagateur fait donc ici les fonc- 
tions d'ovaire. 

Nous ne prétendonspas, par ces deux exemples,avoir 
décrit toutes les formes d'ovaires qui peuvent exister 
dans les deux familles des SerLulariens et des Coij' 
niens. 

Une circonstance bien remarquable, c'est que ces 
capsules ovariennes si contractiles, si vivaces chez ces 
derniers , se détachent de la tige qui les a produites et 
peuvent exister en jouissant de lalocomotilité. 

Les Cor y lies auraient, suivant M. Wagner, leurs 
ovaires à l'extérieur au-dessous des tentacules, sous 
forme de plusieurs petites grappes sessiles , composées 
de capsules sphériques ou un peu oblongues. 

Les //ycZ/e^' qui appartienent à cet Ordre produi- 
raient constamment leurs œufs, au nombre de quatre, 
suivant M. Ehrenberg , à la base du pied, à l'endroit 
où la cavité stomacale se termine. Il se développerait 
périodiquement un ovaire dans cet endroit du corps. 
Ces œufs, d'après le même auteur, sont sphériques, 
et ils ont toute leur surface hérissée d'épines, dont les 
extrémités se divisent en crochets recourbés. 

(0 Voir Annales <îes se. nat., 2^ série ,t. XV, pi. 8 B. fig. i — 10. 



ART. m. CHEZ LES PO/>VPiiS. 561 

M. Laurent a confirmé cette localisation de la pro- 
duction des œufs dans l'état normal; mais il a vu des 
hydres bien nourries en montrer dans tous les points 
de la peau qui enveloppent le sac stomacal, au nombre 
variable de 5 à 20, et dont le diamètre diffère de i/5 
et 1/4 de mill. à 1 millim. 1/2. Ces circonstances et 
celles qu'ils ne sont composés que d'une seule vési- 
cule remplie d'un liquide gloùulineux , suivant le der- 
nier observateur, m'avaient fait penser que ces germes 
libres pourraient bien n'être que des bulbilles et non de 
véritables œufs. Cependant il faut avouer que les obser- 
vations de M. Ehrenberg conduisent à les déterminer 
comme des œufs (i). Ils étaient bien connus de Trem- 
bley, qui les avait vus déchirer le corps de l'hydre en 
automne , et dont il avait vu sortir une livdre au prin- 
temps (2).] 

§ 2. Des glandes spermagènes et des spermato- 
zoïdes. 

[On a décrit ces glandes, entre autres, dans la coryiia 
squamata. Ce sont aussi des agglomérations vésicu- 
îeuses, réunies par groupes de trois à neuf, au moyen 
de courts pédicules, sur la capsule qui forme le corps 
de ces animaux, immédiatement au-dessous des tenta- 
cules. Dans leur complet développement , ces capsulés, 
qui contiendraient des ovules chez certains individus. 



(i) Mémoire de l'Académie des sciences de Berlin pour i836,-nl. Il, 
fig. 2.(2) Voir Iffs Comptes-rcndns de l'Acadëmie des sciences de Paris 
[. IX, p. 8, t. Xli, p. 983 pour les mémoires de M. Lauient, et le t, XV 
p. 335 pour le rapport <lc M. de Wp.invllle sur ces mrmoircs. ' 

S. 36 



562 -XXXVII* LEÇOK. OKG. DE GÉNEBATIOK DES ZOOPHYTES. 

l'enfermeraient des spermatozoïdes chez d'autres in- 
dividus (i). 

Plusieurs espèces de la famille des Sertulaires forme- 
raient des groupes d'individus mâles provenant d'une 
même racine. Toutes les tiges d'un même [groupe por- 
tent des capsules proligères analogues à celles des 
polypes femelles, dans l'intérieur desquelles se déve- 
loppent des spermatozoïdes semblables à ceux des 
méduses (2). 

\] hydre verte ^ suivant MM. R. Wagner et Erdl^ 
aurait des capsules spermagènes, sous forme de deux 
petites excroissances globuleuses, dans la même position 
relative, c'est-à-dire au-dessous des tentacules. Ces 
capsules ont été trouvées remplies de même de sper- 
matozoïdes. Dans les Coiynes , ils ont un corps ovale 
ou rond, et un appendice caudal d'une excessive 
ténuité.] 

IIÏ. Des organes préparateurs dans C Ordre des 
Polypes Actindides. 

[Cet ordre répond aux Polypes Charnus et auxPo/y- 
pes Corticaux de la Méthode du Règne animal. 

Des tentacules de forme, de nombre et de couleur 
variée, entourent la bouche comme les pétales d'une 
fleur composée. Ils ont toujours une cavité intérieure 
qui se prolonge dans le corps de l'animal entre son 
sac ou son canal digestif et les téguments; ce dernier 
intervalle est cloisonné , et les cloisons se continuent 
au-delà du canal digestif dans la profondeur du corps. 



(i) Mémoire de M. Rathke (Archives d'Eiichson pour 1844»^* Annales 
des se. nat. pour v 844 >, 3' série, pLXIlI,fig. i — 6. 

(2) M. Krohn. Archives de J. Mûller pour i843, p. 174» 



ART. III. CHEZ LES POLYPES. 563 

C'est dans les parois de ces cavités cloisonnées, ou dans 
les filaments qui en dépendent, qu'existent les ovaires 
et les organes sécréteurs de la semence] 

§ 1 . Des ovaires et de leur produit. 

[Ainsi, dans les actinies^ entre les parois extérieu- 
res du sac alimentaire et le sac dermoïde qui con- 
stitue les téguments, il y a, autour du premier, un es- 
pace cylindrique divisé par des cloisons; ces loges 
aboutissent au-dessous de Testomac et au-dessus du 
plateau qui constitue le pied, dans une cavité com- 
mune qui répond à ce quon appelle la cavité abdo- 
minale, dans les Polypes actinoïdes à polypier. Par 
leur partie supérieure, ces mêmes loges conduisent 
dans les tentacules, qui sont descœcums, c'est-à-dire 
que leur bout est un cul-de-sac; elles communiquent 
avec l'entrée de l'estomac par l'intermédiaire d'un ca- 
nal circulaire qui est creusé dans l'épaisseur de la lèvre 
intérieure qui borde l'orifice de celui-ci, et qui est 
percé, du côté interne, d'un certain nombre d'orifices. 

C'est dans ces loges et dans l'espace inférieur où 
elles se confondent que l'on voit des replis membra- 
neux qui se détachent la plupart de leur paroi externe 
ou inférieure , que sont les ovaires. Ils paraissent 
comme des canaux plissés régulièrement en manchette, 
dans le bord libre de ces replis. Leur aspect varie sui- 
vant l'époque plus ou moins avancée du développement 
des ovules. Nous venons de les décrire d'après Xactinia 
equina. 

On sera frappé de la ressemblance, dans la dispo- 
sitioQ générale de ces ovaires, avec celle des Polypes 
Actinoïdes à polypier que nous allons décrire. 



564 XXXVIl' LEÇON. OKG. DE OENEBATION DES ZOOPHYTES. 

Dans les lucernaires , les ovaires sont disposés d'une 
manière analogue à celle des actinies, et leurs orifices 
sont aussi autour de la bouche. 

Chez les Polypes aclinoides à polypier, chaque po- 
lype a ses ovaires, de même qu'il est pourvu d'une ca- 
vité alimentaire et de tentacules. 

Ces organes sont formés par le prolongement des 
cloisons qui ont divisé en loges respiratrices l'intervalle 
entre Testomac et la peau. Ces prolongements dans la 
cavité commune, que l'on pourrait appeler abdomi- 
nale, et dans laquelle s'ouvre le canal alimentaire, 
présentent un bord libre immédiatement au-delà decet 
organe. C'est dans ce bord libre, mais à une certaine 
distance du tube stomacal, que sont attachées les grap- 
pes d'ovules ou d'œufs. Ces œufs peuvent recevoir l'ac- 
tion vitale du fluide ambiant par l'intermédiaire de 
l'estomac. 

Le nombre des ovaires n'est pas toujours égal à ce- 
lui des cloisons. 11 n'y en a que six dans le veretilluin 
cynomoriam Cuv. (i). 

L'ovule presque mûr observé par M. R. JFagner, 
dans Xactin'ui holsatica, avait \Ji ligne de diamètre. Il 
se composait d'un chorion , sans structure apparente, 
d'mi viLellus granuleux très considérable; d'une vési- 
cule germinative de 1//40 de ligne de diamètre, et 
d'une tache germinative de 1/176 de ligne. 

L'ovule des lucernoires a de môme un vitellus et 
une vésicule germinative.] 



(i) Voir, à ce sujet, l'important Mémoire de M. Rapp^ qui date déjà du 
6 mars 1827, et qui a été publié eu 1829 dans les A. N. C, vol. XIV, 
pi. XI, p. 643. -^VA-A 



ART. III. CHEZ LES POLYPES. 565 

§ 2. Des glandes speimagènes et de leur produit. 

[ficur existence a été constatée , il y a peu d'années , 
chez plusieurs espèces à' actinies {cictinia holsatica, af- 
fecta ^ rtifa). Ce sont des pelotes de canaux dont les 
plus développés forment les tubes séminifères. Ils con- 
tiennent un ^rand nombre de spermatozijïdes ayant 
un corps oblong de i/io à i/5o de ligne, et un filet 
caudal fort long. Ces glandes spermagènes sont en 
même nombre que les ovaires et placées à côté 
d'eux (i). Cette disposition fait comprendre la fécon- 
dation intérieure qui a lieu nécessairement chez les 
espèces vivipares, parmi lesquelles nous avons constaté 
qu'il faut placer Vactinia equina. 

Les cary ophillieSf parmi les Madrépoi'iens^ auraient , 
dans la même agrégation arborescente, des individus 
mâles qui possèdent à la même place que les ovaires 
des femelles, des glandes spermagènes de même forme, 
contenant des spermatozoïdes (2'. 

Chez les véréti/les de la famille des Pennatuliens , 
on distingue au-dessus des ovaires et immédiatement 
au-dessous de l'estomac, à l'endroit même où la cloi- 
son qui divise l'intervalle circulaire entre l'estomac 
et la peau a un bord libre .^ dans ce même bord libre, 
des canaux repliés que l'on présume appartenir à la 
glande du sperme. Le nombre de ces glandes serait, 
dans ce cas, égal à celui des ovaires, et leurs rap- 



(1) Découverte des organes mâles de la génération chez les actinie^, 
par R. Wagner. Archives de Wiegmann, t. I. Berlin, i835, p. 2H>, »n 
Annales des se. ualur., 2^^ série, t. VIII, p. 284. 

(2) Lettie adressée de Nice, le 18 mai 1840, par M. Milne-Kdwards. 
Comptes-rendus ile l'Acad. des sc.,t. X, p. 778. Ohseivnfion cnnstatée 
sur le madrvpnra runwei. Sol. et Elli« XXWIII. 



566 XXXVll' LEÇON. OBG. DE GÉKÉRATION DES ZOOPHYTES. 

ports de position avec ceux-ci donnent beaucoup de 
poids à cette présomption. Elle deviendra une certi- 
tude lorsqu'on aura découvert des spermatozoïdes 
dans ces canaux (i). 

Il est probable que cette détermination des glandes 
spermagènes une fois constatée dans cette famille, on 
la reconnaîtra dans les autres familles de cet ordre, 
comme on y a démontré l'existence des ovaires.] 

ARTICLE IV. 

DES ORGAWES DE PBOPAGATION DANS LA CLASSE DES PROTOPOLYPES 

OU DES ÉPOiNGES. 

Dans 1 état actuel de la science , les Eponges doivent 
former la dernière Classe du règne animal, sous le nom 
de Protopoh/pcs. Ce sont, en effet, des polypiers dans 
leur premier développement, lorsqu'ils n'ont pas encore 
de polypes. 

Leur propagation peut avoir lieu par œuf ou par 
germe libre; par des espèces de bourgeons et par scis- 
sure. Les Protopolypes forment trois familles distinctes, 
dont la vitalité semble diminuera mesure qu'on des- 
cend des' Télhyes ^ qui forment la première de ces trois 
familles, aux Eponges proprement dites, qui en sont la 
seconde, et aux Spongilles ^ qui en composent la der- 
nière. 

Les animaux de cette Classe n'ont pas d'organe par- 
ticulier distinct pour produire des ovules, ni d'organe 



(i) Voir la nouvelle édit. «lu Rè{jiie animal de Cuvier, pi. gr, fiç. i6 
dps Zoo/j/ij'fes , dessinée d'après nature par M. Milne-Edvvards, et l'cxpli- 
oallon cjue ce savant a donnée de cette figure. Le nombre des tesiicul'S 
n'est que de six et coirespond exactement à celui des ovaires. 



ÀBT. V. CHEZ LES HELMINTHES. 607 

mâle circonscrit pour féconder ceux-ci. C'est surtout 
ici que la fonction de propagation semble se con- 
fondre avec la nutrition. M. Grant a \u la niasse en- 
tière de certaines espèces d'épongés (de la spongia 
panicea p. ex.) se remplir de granules d'un jaune 
opaque, dans lesinterstices des canaux. Us sontd'abord 
irréguliers, plus tard ils prennent la forme régulière 
d'un œuf, passent dans les canaux de l'éponge, et parais- 
sent attachés à leurs parois. Mais , à l'époque où ce na- 
turaliste les y a vus ainsi fixés par le petit bout et agi- 
tant les cils vibratiles dont leur corps est alors cou- 
vert, il décrivait déjà leurs larves.] 

ARTICLE V. 

DES ORGANES DE LA GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES VERS 
INTESTINAUX OU DES HELMINTHES. 

[Il faut se rappeler que, dans la méthode adoptée 
par M. Guvier dans le Règne animal ^ cette classe ne 
comprend pas seulement les Intestinaux proprement 
dits ou les Parasites intérieurs ^ mais encore les iVé- 
mertes et les Planaires qui vivent dans les eaux salées 
ou dans les eaux douces. Le parti que M. Guvier avait 
pris de rapprocher les Intestinaux de certains animaux 
non parasites, a été adoptée récemment dans la classi- 
fication proposée par M. Oersted (i).] 

I. Des organes de la génération en général dans la 
Sous-classe des Intestinaux Cavitaires. 

[Tous les animaux de cette Sous-classe ont les orga- 



(i) Entwurf einer systematischen Eintheilang, etc. , der P/a«ww»7/ier. 
von A. S. Oersted. Copenhague , 1 844- 



568 XXXVII» LEÇON. ORO. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES. 

nés de la génération séparés, dans des individus diffé- 
rents. 

Les mâles se distinguent encore des femelles par une 
plus petite taille et par un moindre nombre.] Je n'en 
ai pu trouver, disait M. Guvier dans notre ancien texte, 
en parlant de Xascaride lomhricoïde , dans beaucoup 
d'individus que j'ai ouverts. >' 

[Outre les organes préparateurs du sperme , les 
mâles ont généralement une et même deux verges. Les 
femelles ont deux ovaires tubuleux ou un sac qui pro- 
duit (les ovules aussi complets que ceux des animaux 
supérieures. 

Les oviductes aboutissent à un vagin , qui reçoit la 
verge du mâle dans un accouplement intime. 

Ainsi les animaux de cette Sous-classe, dont la plu- 
part vivent dans 1 intérieur des autres animaux , s'y re- 
cherchent et s'y rencontrent, pour cet accouplement, 
et s'y propagent seulement par génération bisexuelle , 
comme les animaux des classes les plus élevées des 
vertébrés ou des articulés. 

Nous décrirons successivement leurs organes prépa- 
rateurs femelles et leur produit; leurs organes prépa- 
rateurs mâles et leur produit ; et leurs organes d'accou- 
plement chez les mâles et chez les femelles.] 

§ 1 . Des organes prépara (eur.i et éducateurs chez le9 
femelles des Cauitaires. 

A. Dans For-dre des Entérodèles. 

\_a. Dans la Famille des Ascaridiens^ les organes fe- 
melles se composent de deux tubes ovariens, qui se 
continuent dans les oviductes, sans que l'on puisse tou- 
jours reconnaître la fin de l'un et le commencement de 
l'autre. 



ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 569 

Dans d'autres cas, les oviductes se distinguent dans 
leur dernière partie, du moins par leur plus grand dia- 
mètre , et ils ont été décrits comme deux matrices, 
à cause des petits vers éclos qu'on y rencontre. 

Ils aboutissent toujours à un canal unique , le vagin, 
qui s'ouvre au dehors dans différentes parties des té- 
guments, suivant les genres.! 

ViUscaride lombrical femelle a l'orifice de la géné- 
ration au tiers antérieur du corps; un vaisseau mince 
et court [le vagin] donne bientôt dans deux plus gros 
[les oviductes], qui, en diminuant insensiblement, ont 
chacun quatre ou cinq fois la longueur du corps, et 
sont aussi pelotonnés irrégulièrement, quoique aisés à 
développer; ce sont des ovaires qui contiennent une 
infinité d'œufs fins comme de la poussière. 

[Il est remarquable qu'il y a ici deux ovaires, tandis 
que nous n'aurons à déciire qu un testicule. 

M. .T. Cloquet a observé un mouvement d'ondula- 
tion très remarquable dans les différentes parties des 
ovaires et des oviductes de Vascaride lombricoïde , ou- 
vert vivant et placé dans l'eau tiède (i). 

Le trichocephalus dispar n'a qu'un ovaire. C'est un 
tube régulièrement sinueux, qui commence à l'extré- 
mité postérieure de la cavité viscérale, et se change 
en oviducte, un peu en arrière de l'orifice génital. 
L'oviducte qui suit immédiatement est d'abord un ca- 
nal étroit , qui continue de se porter en avant jusqu'au- 
delà de cet orifice, puis se coude et se dirige eu 
arrière jusque près de l'origine de l'oviducte; là l'ovi- 



(i) Analomie des vers Intestinaux. Paris, iS'i^^p. 5i, pi. 1, Kg. i 
et 2 , et pi. IV. fig. 1 et 7. 



670 XXXVII» LEÇON. 0B&. DE GÉNÉBATION DES ZOOPETÏTES. 

ducte propre devient immédiatement très gros, et se 
continue ainsi comme ovidncte incubateur; puis 
comme canal génital, ou comme vagin, jusqu'à la 
vulve (i). 

Dans le guatostoma spînigerum , OwEN, la vulve 
est à la réunion du second tiers du corps avec le dèi*- 
nier. Le vagin conduit dans un oviducte incubateur à 
deux cornes; celles-ci se continuent dans les tubes 
ovariens (2). 

Dans le genre Cheiracanthus , DiESiNG , très voisin 
du précédent , sinon identique , il y a deux tubes ova- 
riens longs et grêles , souvent repliés autour de la se- 
conde moitié du canal alimentaire. 

Les oviductes incubateurs, dans lesquels ils se con- 
tinuent, sont très dilatés dans une parlie de leur lon- 
gueur. Ils se réunissent par leur autre extrémité, et 
forment ainsi une matrice bicorne. C'est de leur angle 
ele réunion que naît le vagin, qui se coude d'arrière 
en avant , et fait plusieurs sinuosités avant de se ter- 
miner à la fin du premier tiers de la longueur du 
corps. 

Les parois des oviductes et des ovaires montrent, 
au microscope, un réseau dont les mailles sont peu 
serrées , longitudinales dans les premières, et contour- 
nées dans les dernièi'es (3). 

L'ovaire unique, dans le trichosome^ est un long 



(i) Mémoire pour servir à l'anatomie des Entozoaires, par M. le pro- 
fesseur Mayer. Bonn, 1841, pi. 11,^6. I et 3. (2) Voir le journal /"//uff- 
tut pour i836 et 1837, p. 328. (3) M. Dicsing Neue Gattungeii von Bin- 
nen-fVurmern^ pi. XVI ei XVII. (^Annales du Muséum de Vienne^ 1841.) 



ABT. V. CHEZ LES HELMINTHES. 571 

tube occupant la partie postérieure du corps , ayant 
ses replis à côté de l'intestin (i). 

Nous avons dit, que dans une partie des Ascaridiens^ 
les limites des oviductes et des ovaires ne sont pas 
faciles à préciser, le tube de Toviducte se continuant 
directement et insensiblement avec celui de i'ovaire. 

Si l'on examine le contenu, on voit que le dévelop- 
pement des ovules, celui des œufs, enfin celui des 
embryons a lieu successivement dans les différentes 
parties de ces lon^s tubes repliés, et que leur extrême 
longueur est faite pour prolonger le séjour des ovules 
et leur donner le temps et les moyens de se transfor- 
mer en petits vers , tels qu'on les trouve souvent à la 
fin des oviductes (2). 

b. Dans la Famille des Linguatules,ver& semi- exter- 
nes, les deux ovaires sont considérables, et remplis- 
sent une grande partie de la face dorsale de la cavité 
abdominale. Ils se composent d'une agrégation de tubes 
ramifiés et de capsules proligères contenant des ovules. 
De lextrémité antérieure des deux ovaires rappro- 
chés en ua seul, à cette extrémité, dans le pen- 
tastoma tœnidides ^ ou dans l'étendue de cet organe 
àQ.n^\e peiitasfoma proboscideum,?,oT\.eui deux oviduc- 
tes, qui se courbent encore de dehors en dedans pour 
n'en plus former qu'un seul. A l'instant où chaque ovi- 
ducte particulier se replie ainsi, il augmente beaucoup 
de diamètre, et reçoit en même temps le canal excréteur 
d'une vésicule glanduleuse, fournissant, selon toute 



(i) Mém. sur divers Helminthes, par M. Dujardin. Annales des se. 
nat., t. XX, p. 33 1. (2) Quelques matériaux pour servir à l'histoirft des 
Pilaires et des Stron^jles, par C. Leblond. Paris, 1826 , pi. IIi 



572 XXXVIl' LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES. 

apparence, l'albumen et l'enveloppe extérieure des 
œufs. L'oviductese replie immédiatement autour du 
canal alimentaire, et y fait assez de tours, jusqu'à sa 
terminaison près de l'anus, à l'extrémité postérieure 
du corps, pour être contenu dans la longueur de la 
cavité abdominale, quoiqu'il ait lui-même i"',29 de 
loiig(i). 

c. Dans les JSémertes , vers marins externes , plats et 
articulés, comme les Ténioïdes ^ les sexes sont aussi 
séparés. 

Les organes du sexe femelle ou ceux du sexe mâle 
ont absolument la même forme ; ce sont des capacités 
ovales, à parois glanduleuses, formant une double 
série des deux côtés de chaque anneau, et ayant cha- 
cune un orifice extérieur dans la partie correspon- 
dante des téguments. Ces organes ne diffèrent que par 
leur contenu. Chaque ovaire renferme de deux à qua- 
tre ovules (2).] 

B. \)di\\%\ ordre des A tien ter es. 

\d. Dans la Famille des Acanthocéphalés , les Echi- 
norrhynques ont deux ovaires qui régnent dans 
presque toute l'étendue de la face dorsale et de la 
face abdominale, ou du moins, pour être moins précis, 
des deux côtés opposés du corps. 

Les œufs y sont pressés, serrés en un cône très al- 



(1) M. Miram.^ Sur le Pentastoma tœnioides. Annales des se. natur., 
2« s., t. VI , p. 147, et pi. Vlil , fig. 8 et 12. Et G. M. Diesiug , Monogra- 
phie du genre pentastoma, pi. II, fig. 3, 47 5, 6, pour le pentastoma pro- 
boscideiin», et i6, 17 et 18 pour le pentastoma tœnioides. {">) Exposé sys- 
tématique des f^ers plats, par A. S. OI''rsted. Copenhague, i844' P'- ^^^ •> 
fig. 56, ovaires du Notospermus flaccidiis , et p. mS. 



AKT. V. CttEZ LES HËLMtNïHJiS. 573 

longé, dont le sommet se termine par un court ovi- 
ducte, à la dernière extrémité du corps. 

Ces œufs sont d'autant moins petits, d autant plus 
développés qu'on les observe plus en arrière, jdus 
près de la terminaison de l'ovaire dans l'ovidncte. 

Leur masse conique qui remplit l'ovaire n'est pas 
continue; mais il y a , du moins après la mort, des in- 
terruptions ou des intervalles vides dans ce long cy- 
lindre.] 

§ Si. Des oi>ules et des œufs. 

A. Dans X ordre des Entérodèies. 

[On distingue très bien , dans les ovules du trichoce- 
phalus dispar^ la vésicule germinative, comme un es- 
pace circulaire de couleur claire, au milieu des gra- 
nules opaques qui constituent le vitellus. 

L'œuf est elliptique, avec un bouton à chaque pôle 
appartenant à son enveloppe extérieure. 

Dans le Cheiracanlhiis robustus , les œufs sont ova- 
les; ils ont, comme un couvercle au pôle étroit (i); ceux 
du cheiracanthus gj^acilis sont sphériques [p); ceux de 
Xanecyracaiithus piiinatrfidus sont presque ellipti- 
ques (3). Ils sont ovales dans Yheterocheilus timi- 
catus. Dans les uns et les autres , le vitellus est granu- 
leux. 

Ddi\ih\e?> trichosoines , les œufs mûrs ont de o""",o53 
ào'"'",070, suivant les espèces (4). Une fois pondus, 



(i) M. Diesiny, o. c, pi. XVI, fig. 22 à 24. (?) Ibid. PI. XVII, fiy. ,8, 
ly el 20. (3) Ibid Pi. XVIll, fig. 16-19. i^) ^^- l>ujardiii, m. c. 



574 XXXVII* LEÇON. OBG. DE GÉNÉKATION DES ZOOPHYTES. 

ils ont un nidamentum mucilagineux qui les attache au 
corps de la mère. 

Dans les linguatules ^ les ovaires sont pyriformes 
dans Tovaire , remplis d'une substance granuleuse. Ils 
sont sphériques dans les branches de l'oviducte, et y 
prennent l'albumen et leur dernière enveloppe qu'on 
leur voit dans l'oviducte (i). 

Dans les némertes. les ovules ont une vésicule ger- 
minative, un vitellus, un albumen et une coque. L'ani- 
mal, au moment de la ponte, les enveloppe d'un ni- 
damentum muqueux, formant une masse cylindrique, 
qui renferme beaucoup d'œufs [a).] 

B. Dans ïordre des Anentérés. 

[Dans les Echinorhynques ^ les œufs non fécondés 
sont transparents. On les trouve mêlés , dans les ovai- 
res, à des œufs fécondés, dans lesquels on reconnaît 
un embryon plus ou moins développé.] 

§ 3. Des organes qui préparent la semence, etdeleur 
canal excréteur. * 

[Ces organes varient dans les deux ordres et les fa- 
milles de cette Sous-classe pour le nombre et pour la 
structure. 

Les Ascaridiens et les Linguatules n'ont qu'un 
testicule. Us sont multiples dans les JSémertes. Les 
Echinorhynques les ont paires comme les ovaires.] 



(i) M. c. de M. Dicsing, pi. II , fig. g- î3. (2) M. Orsted, o. c, pi. III, 
J, J^S et 70. OEuf du Notospettnus flaccidus. 



ABT. \. CHEZ LES HELMINTHES. 575 

A. Dans Xordre des Entérodèles. 

\ci. Et clans la Famille des Ascaridiens. Le testicule 
est un long tube simple non ramifié, d'un blanc opa- 
que , replié autour du canal alimentaire. A son ori- 
gine, il est extrêmement délié; il augmente peu à peu 
de diamètre , quoiqu'il soit encore petit à sa termi- 
naison dans le canal déférent. Celui-ci, beaucoup plus 
grand, se porte directement en arrière pour se ter- 
miner à l'extrémité de l'abdomen, enjoignant la base 
de la verge. 

Dans un individu de grandeur moyenne de Xascaride 
lombricoide , le tube de la glande spermagènea envi- 
ron o"',9 de long. 

Quelques anatomistes ont décrit comme une sorte 
de vésicule séminale, l'avant-dernière portion du tube 
spermagène , et réservent la dénomination de canal 
déférent à la dernière portion, de nouveau rétrécie, de 
ce tube. Ainsi, dans notre ancien texte, M. Cuvier 
avait écrit] : Le mâle de Yascaride lombricoïde a la 
verge longue d'une à deux lignes, sortant parla queue ; 
et, en dedans, une vésicule séminale occupant la moi- 
tié de la longueur du corps , pleine d'une liqueur lai- 
teuse. Dans son fond aboutit un vaisseau filiforme qui 
a quatre ou cinq fois la longueur du corps, et qui est 
pelotonné , mais qu'on dévide aisément. 

[Dans le Trichocepfialus dispar, la première portion 
de la glande spermagène, ou le testicule proprement 
dit, est un tube très sinueux, dirigé d'arrière en 
avant. A l'instant où il se coude poui: se porter d'avant 



576 \XXV11* LEÇON. OftG, DE OËNÉBAT10^ DES ZOOPir, TES. , 

en arrière , il forme un tube droit, et successivement 
deux autres, séparés du premier et du second par au- 
tant d'étranglements. On lésa décrits comme trois vé- 
sicules séminales. La dernière s'ouvre dans un canal 
droit qui se termine dans le fourreau interne de la 
verge (i). 

Le testicule unique du Strongle armé ue diffère pas 
essentiellement de celui de l'ascaride lombricoïde , 
sauf qu'il est moins long dans sa partie grêle, et qu'à sa 
dernière portion le canal déférent commence plus tôt. 
Il se termine de même à l'extrémité postérieure du 
corps (2). 

h. Dans la Famille des Linguatules. Il n'y a qu'un 
testicule qui s'étend dans une grande partie de la 
ligne médiane dorsale de l'abdomen. Sa forme est un 
cône très allongé dont la pointe est en arrière. De sa 
base sort un canal étroit, court, un peu flexueux, sorte 
d'épididyme qui se dilate avant de se diviser en deux 
autres, d'un diamètre beaucoup plus grand : ce sont 
les déférents. Ils communiquent chacun dans une pe- 
tite vésicule séminale , qui a un appendice cœcal re- 
marquable, et finissent dans une des racines de la 
verge (3). C'est du moins l'organisation de ces parties 
dans \e pentastoma proboscideum. 

c. Dans la famille des JVéme/tes, les organes prépa- 
rateurs du sexe mâle forment , ainsi que nous l'avons 



(1) M. F. J. G. Mayei-, m. c, pi. I, fi^r. i et 3. M. C. ^2) Lebloud, 
o. c, pi. IV, fuj. 3. (3) M. Dicsing, m. c, pi, I, fig. 16 et 17. 



ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 577 

dit des ovules, une double série de vésicules, une paire 
pour chaque anneau, qui s'ouvrent au dehors par un 
pore extérieur correspondant. Ces vésicules sont rem- 
plies de spermatozoïdes en forme de navette , dans 
le Jiotospermus flaccidus ( i ). 

B. Dans \ Ordre des Anentérès. 

Et dans la Famille des Acanthocéphalés XJéchino- 
rhpique géant a les deux glandes de la semence, en 
forme de fuseau, situées dans la première moitié de la 
cavité viscérale, de manière que la seconde de ces 
glandes a son extrémité antérieure très près de l'extré- 
mité postérieure de la première. Cette disposition, qui 
tient à la forme allongée du corps, rappelle celle de 
plusieurs viscères des serpents (les reins, les testicules, 
les ovaires). 

Un filet ligamenteux se porté de l'extrémité anté- 
rieure de chaque testicule à celle de la cavité viscé- 
rale. Le canal déférent sort de leur extrémité opposée ; 
les deux canaux ne tardent pas à se réunir en un seul, 
qui se dilate par intervalle et forme plusieurs réser- 
voirs séminaux, jusqu'à sa terminaison dans le canal 
du fend de la verge. 

§ 4- ^Vi sperme et des spermatozoïdes. 

Je ne connais encore que peu d'observations sur le 



(i) OEisled, o. c, pi. III, tig. 54 et 55. Nous ne plaçons qu'avec doute 
les Ne'niertes parmi les Cavitaires. Ces animaux s'en éloignent beaucoup, 
comme on peut le voir pour les orijanes de la génération, et se rappro- 
chent de la famille des Taenioïdes, dont ils semblent être le type supé- 
rieur ; comme les Tienioiùes semblent être le type dégiadé des ÏXémerles. 

8. 37 



578 XXXVIT' LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES. 

sperme et les spermatozoïdes des Intestinaux cavi- 
taires. 

A. Dans ï ordre des Entérodèles ^ 

a. Et dans ia famille des Ascaridiens. On a trouvé 
le tube spermagèue rempli d'une liqueur laiteuse, dans 
laquelle sont des granulations extrêmement ténues. 

M. C. Leblond a observé que le sperme du filaria 
papHlosa était composé de globules et de corpus- 
cules multiformes. C'étaient sans doute des spermato- 
zoïdes, vus à un trop faible grossissement pour dis- 
tinguer exactement leur forme. 

M. Siebold n'a pu découvrir de spermatozoïdes dans 
ce qu'il a cru être le sperme des Ascaridiens. 

b. ^uQpentastoma tœnioides, de la famille des Lingua- 
tules , paraît en avoii" de capillaires. Us forment de 
belles gerbes , suivant l'observation de M. Valentin , 
et sont d'une longueur considérable, puisqu'elle atteint 
jusqu'à 1/6 de ligne. . 

c. Les spermatozoïdes des Nemertes se développe- 
raient y comme ceux des sangsues , dans des cellules 
réunies en disques; de manière que les plus avancés 
dans leur développement seraient ceux des cellules de 
la circonférence, si on en juge par les figures publiées 
par M. de Quatrefages. Dans le JSeniertes mandilla^ ils 
ont un renflement céphalique formant une ellipse très 
allongée, et un appendice caudal très long (i). 

Nous avons déjà vu que, d'après M. Œrsted, les 



(i) Règne animal de Cuvier, pi. XXXIV, des Zoophytes, fig. 2, 4, 5,6. 
Observations et dessins de M. de Qualrefages, 



ART. Y. CHEZ LES HELMINTHES. 579 

spermatozoïdes du iiematospermus flaccidus sont en 
forme de navette, sans appendice caudal (i). 

B. Dans V ordre des Aneniérés. 

On conuait les spermatozoïdes des EchinorJiynques . 
Us ont la forme capillaire et sont réunis en gerbes ou 
en écheveaux dans le testicule. Ils se meuvent en ser- 
pentant , et ne se bouclent pas dans l'eau (2). 

§ 5. Des organes mâles d accouplement. 
A Dans Tordre des Entérodèles. 

a. Omis la famille des Ascaridiens. îl y a une ou 
deux verges selon les genres. La verge, dans l'un et 
l'antre cas, est un stylet légèrerftent arqué, qui fait 
saillie à l'extrémité postérieure du corps, un peu eu- 
deçà de cette extrémité , au-devant de l'antis. Ce stylet 
est conmie un proiongemeut du canal déférent, 

Vascaride lombricdide n'a qu'une seule verge, aîtïsi 
que les espèces des genres oxyuris , trichocephalus et 
îrichosoma. Le slrongle armé n'a de même qu'une 
seule verge, dans une sorte d'entonnoir qui est à Tex- 
irémité postérieure du corps. 

M. Diesing n'indique encore qu'une seule vorge 
dans ses nouveaux genres cheiracanthus et stephanu- 
rus ; il en décrit deux dans ses genres également nou- 
veaux, les lecanocephalus . ancyracanthus ., hetero- 
cheilus . 

On pourra voir un exempie de l'organisation assez 



(i) O. c, tig. 55. (2) M. SipbcilJ, m. c, p. 232, 



580 XXXVII* LEÇON. OP.G. DE ftÉNÉllATION DES ZOOPHYTES. 

compliqnée de ces sortes de verges, dans la description 
de celle du trichocephalus dispar {^\) Le stylet si fin 
qui la constitue se composerait essentiellement d'un 
corps caverneux entouré d'un fourreau intérieur, con- 
tinuation du tube éjaculateur, qui dépasse le gland 
comme une sorte de prépuce, et est percé à son extré- 
mité. La verge et son fourreau intérieur sortent par 
l'orifice d'un fourreau extérieur, moins protractile et 
hérissé d'épines ; un muscle rétracteur la fait rentrer 
dans le corps. 

Les trichosômes ont de même une verge rentrée 
dans un fourreau plissé (2). 

h. Dans la Famille des Linguatules. La verge uni- 
que se montre comme une petite papille , entourée 
d'un repli cutané, dans la ligne médiane abdominale, 
un peu en arrière de l'orifice buccal. Elle commence, 
dans la cavité viscérale, par deux branches qui reçoi- 
vent les canaux déférents et les vésicules séminales. 
Une prostate pyriforme adhère de chaque côté de ces 
branches, à l'endroit de leur réunion. 

c. Dans la Famille des Nemertes, il existe un oigane 
problémalique que MM. Huschke et OEisted regar- 
dent comme un membre génital commun aux deux 
sexes. C'est un long boyau replié sur lui-même, plus 
long que le corps, qui existe chez les femelles comme 
chez les mâles, dans toute la partie dorsale de la cavité 
viscérale, dont les 2/3 sont occupés par les organes de 



(1) M. c, de M. Mayer, pi. I , Fig. i , 4, 5 et 6. (2) M. Dujardin ^ m. 
c.,pl IV. 



ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 581 

la génération. Ce boyau est enfermé dans une cavité 
péritonéale particulière, s'ouvr.mt à la partie antérieure 
du corps; il est adhérent par son extrémité antérieure 
autour de l'ouverture; tandis que son extrémité posté- 
rieure est fermée et libre dans la cavité viscéi'ale. Ce 
boyau est divisé par un diaphragme en deux parties , 
dans la moitié de sa longueur; la moitié antérieure a 
un plus grand diamètre que la postérieure. 

Il y a au milieu de ce diaphragme , du côté delatête^ 
un corps en forme de poinçon, dans une cavité parti- 
culière, à Textrémité duquel est un corps dur, transpa- 
rent, en forme d'aiguille, De chaque côté de cette 
capsule il y a un intervalle qui renferme quatre ou cinq 
corps semblables, arrangés de Jiianière que la tête de 
Tun répond à la pointe de l'auti-e. Lorsque le boyau 
génital est déroulé au dehors jusqu'au diaphragme, où 
ce déroulement s'arrête , le corps eu poinçon se trouve 
à son extrémité et s'introduit probablement dans l'ori- 
fice génital d'un autre individu ( i). 

F. Dans V Ordre des Ancnlérés . 

Et dans la Famille de Acantocéphalés, Xérlùnorhyu- 
cliLis (gigas) a le pénis compris dans la partie la p]u> 
reculée de la cavité viscérale, lorsqu'il est dans l'éia! 
de repos; dans l'érection il se présente au dehors, 
comme un appendice en forme de cloeiie, qui se voit 
à l'extrémité postérieure du corps, et qui en est dis- 
tinct par un éti'anglement. Cet appendice se compose 



(i) M. OEisted, ni. i:., p. 2 3. 



582 XXWII' LEÇON. ORG. DE GÉNÉBATION DES ZOOPHYTES. 

cie deux cônes repliés Fuii dans l'autre. Le sommet du 
cône extérieur se continue avec les tégmnents. Celui 
li'.i cône intérieur se prolonge en un cylindre creux , 
dans lequel le canal déférent vient aboutir. 

C'est au fond de ce cylindre ou de cette verge inté- 
rieure que les muscles rétracteurs et protracteurs de 
cet organe viennent prendre leur attache mobile. Les 
rétracteurs, au nombre de deux, se fixent en avant à la 
paroi intérieure des téguments. Les deux protracteurs 
ont leur point fixe à la partie la plus reculée de cette 
même paroi. 

§ 6. Des organes femelles d' accouplement. 

Ils ne consistent que dans le vagin, simple canal 
auquel aboutissent les oviductes, et qui se termine à la 
vulve, percée dans un point variable du corps suivant 
les familles, les genres et les espèces. 

a. DansV ascaride lombricoïde , tvpe delà famille des 
Ascaridiens^ le vagin est un canal à parois minces, beau- 
coup moins épaisses que celle des oviductes incuba- 
teurs, dont il se distingue très bien par cette structure 
différente. La vulve, qui est sou orifice, est percée 
entre le premier et le second tiers du corps. 

Elle s'ouvre entre le second et le troisième tiers 
delà longueur du corps, dans le chelrocantus robustus. 

Dans \e filaria papillosa ^ le vagin va se terminera 
l'extrémité antérieure dti corps, tout près de la bou- 
che (i). \ 

b. Dans les Lingiiatitles , c'est à l'extrémité opposée, 
à côté de l'anus, aue se trouve la vulve. 



(i) M. Leblond, o. c, pi. II, fig. i- 



ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 583 

II. Des organes de génération dans la Sous-classe 
des Parenchymateux . 

Dans cette Sous-classe, l'hermaphroditisme est le cas 
le plus ordinaire ; les organes femelles et mâles de la 
génération y sont le plus souvent réunis dans le même 
individu; elle se distingue par ce caractère de la Sous 
classe précédente. Je ne connais pas d'exception pour 
les Parenchymateux parasites; mais il paraît que 
quelques Vers externes ont les sexes séparés. 

Dans plusieurs Intestinaux, on ne connaît encore que 
les organes préparateurs femelles. Dans d'autres [les 
Acéphalocystes\ il n'y a pas d'organe spécial pour la 
génération. 

Ces différences nous obligent d'exposer successive- 
ment tout ce qu'on sait des organes de génération des 
deux sexes, en suivant la série des Familles. 

§ 1. Dans la Famille des Planaires. 

IjCS Planaires ont des organes mâles et femelles de 
génération très rapprochés : ils peuvent avoir deux is- 
sues l'une derrière l'autre, toutes deux placées dans la 
ligne médiane ventrale , après le pore du suçoir : c'est 
ce qui se voit dans Ici planaire trémellaire. D'autres fois 
ces organes n'ont qu'une issue commune (i j. 

a. Des Oi' aires. 

Les ovaires sont éteudus de cliaque côté du corps, 
entre les ramifications du sac alimentaire . ou de cba- 



(i) Voir Diigès, Mémoires sur les Planaires. Aiinales des sr. natur. 
t. XV, p. 172, pi. V, fig. 3; et A. S.. OErsted, o. c. 



584 XXXVll*^ LEÇOiX. OliG. DE frKNÉHATlON DES ZOOPHVTES. 

que côté ciu canal alimentaire, suivant les espèces. 
Leur tube se continue, comme oviducte,en deux bran- 
ches, qui se réunissent en un seul tronc, lequel se ter- 
m'ine^ dans la planaire lactée , dans la paroi postérieure 
de la gaine génitale qui renferme le pénis. C'est là que 
s'ouvre encore une vésicule bilobée, que Dugès com- 
pare à la vésicule copulatrice des Mollusques gastéro- 
podes. M. Focke indique cette même vésicule dans la 
planaria Ehrenbei^gii. 

b. Des organes préparateurs du sperme et de leur 
canal excréteur. 

Il y a deux testicules situés de chaque côté du canal 
alimentaire, plus en dehors (jue ces ovaires. Ce sont 
deux glandes allongées, àdiUsXa planaire d'Ehrenberg^ 
ayant leur bord externe divisé en lobes, dontla'sub- 
stance paraît granuleuse. 

Les canaux séminifères qui eu sortent se réunissent 
en un canal déférent , qui ne tarde pas à se dilater eu 
une vessie séminale, en forme de navette. Chaque vé- 
sicule se termine par un canal étroit dans une troi- 
sième vessie en forme de cornue, sorte de prostate 
dont le canal aboutit dans la base de la gaîne génitale 
qui renferme le pénis, et où s'ouvre l'oviducte (i). 

c. Des ovules et des œufs. 

Les ovules ont un vitellus et sa membrane, une vé- 
sicule et une tache germinatives. 

Cependant M. Siebold leur refuse îa vésicule germi- 



(i) Plumaria Ehrenberj^ii, von G. W. Focke, Annales du Muséum de 
Vienne, iS.fi , pi. XVlI,fig. ii. 



VRT. V. CHEZ I.Kb HELMINTHES. 585 

native. Cette observation ne concerae que les œufs de 
\a planarài toivai^i). 

Les planaires sont d'ailleurs vivipares et ovipares, 
suivant la saison. La planaria Ehrenbergii pond des 
œufs en automne, avee une coque résistante, brune, 
et des petits en été. On trouve dans son corps , dans 
cette saison , et déjà au printemps , des œufs incolores 
avec des embryons plus ou moi; s développés. 

La plwiaria ton>a pond des cocons avec deux à 
tw vitelkis. Ces cocons sont pédicules et attachés aux 
plantes aquatiques. 

d. Des Spermatozoïdes . 

Ils sont j^rands , diffèrent, parlenr forme, suivant 
les espèces et les [jenres. 

Ils sont capillaires dans le prostoma sabovijormi: ; 
ils ont un renflement céphalique et un appendice cau- 
dal dans le microstoma Uneare (2). 

M. OErsted a trouvé, dans certains individus, des 
spermatozoïdes et des ovules répandus et mêlés entre 
les viscères. Dans d'autres il n'y avait que des ovules 
ou des spermatozoïdes. 

e. Des organes d'accouplement. 

Quand il n'y a qu'un seul orifice génital , il se voi< 
immédiatement après l'orifice buccal. Cet orifice con- 
duit dans une gaine de structure musculaire , dans la- 
quelle la verge est retirée. 

La forme de ceX organe d'accouplement peut difié- 



(1) Froriep's Neue Notiaen , n" 366 , p. 216. (2) M. OErsted, o. c. 
tif[. 8 . 20, 54 et 55. 



586 xx-wri*^ leçojn. oro. dk génékation des zoophytes. 
rer beaucoup , même dans les espèces d'un seul genre, 
qu'on a d'ailleurs de la peine à distinguer par des ca- 
ractères extérieurs (i). C'est, en général, un organe 
creux , adhérent par sa base au fourreau qui le ren- 
ferme. 

§ 2. Dans la famille des Trèmatodes. 

a> De la ghmde ouigène. 

L ovaire, dans la douve du foie , occupe toute l'é- 
tendue des côtés du corps. 11 se compose d'une quantité 
innombrable de vésicules réunies par groupes, et con- 
tenant des ovules. Les pins grands de ces ovules sont 
plus rapprochés de la ligne médiane. C'est dans cette 
région que se trouve Toviducte, canal ramifié dont les 
troncs viennent aboutir à un corps ovale, sorte de 
glande qui sert sans doute à compléter l'enveloppe des 
œufs. 

Au-delà de ce corps, l'oviducte est un canal resserré 
sur lui-même , qui va se terminer à la peau , près de 
la base du pénis , par un pore en apparence capillaire. 

Toutes les espèces de ce genre n'ont pas un ovaire 
de même forme. C'est un simple tube, plus on moins 
sinueux , se continuant d'arrière en avant avec l'ovi- 
ducte , dans les disloma appendiculatum et cylindri- 
cum , et l'on retrouve dans ces espèces le lype de l'o- 
vaire des Cavitaires (2). 

Dans le genre amphistoma , les ovaires sont en 



(i) M. OErsled, n. c., tig. 3, 4i '6, 2' , 23, 52 , 53. Ce savaut ne re- 
garde la verre que comme un organe excitateur et non conducteur de la 
semence. (2) M. Alayer, m. c, pi. III, fig. 12 et i3. 



ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 58/ 

grappes, c'est-à-dire composés de capsules ovi^ènes. 
réunies parleurs canaux excréteurs, qui leur servent 
de pédicules , le long des deux branches principales 
de 1 oviducte. Ils sont situés de chaque côté, entre les 
téguments et les divisions du sac alimentaire. Chaque 
oviducte , après la réunion de ses deux branches, se 
porte transversalement vers la ligne médiane, à la ren- 
contre de son symétrique , pour aboutir ensemble dans 
un seul oviducte incubateur. 

Ce dernier, ayant un diamètre beaucoup plus grand, 
est un canal sinueux, qui se porte d'arrière en avant 
jusqu'à son issue, près de la verge, en diminuant un 
peu de diamètre. La première partie de cet oviducte, 
un peu dilatée en cul-de-sac , est désignée sous le nom 
de matrice . et les deux oviductes qui s y rendent ont 
été comparés aux trompes de Fallope (i), 

b. De la glande spermagènt et de son produit. 

Plusieurs espèces de distomes., qui ont été étudiées 
avec soin, ont montré deux testicules globuleux , pla- 
cés de chaque côté du corps, l'un plus avant que 
l'autre. Il sort de chacune de ces glandes un canal 
déférent très fin , qui se rend dans la dilatation de 
la base de la verge , formant , comme dans les Insec- 
tes, une vésicule éjaculatrice. 

Mais on a constaté en même temps l'existence d'un 



"^i) M. Dicsing , Monogrnphia der Gutuiifren Jmphîstoma, etc. An- 
nales du Muséum de Vienne, 1841 , 1>1. XXII, fig. 4i7i '-^î 22. Voir 
encore pour le D!pfozooin païadoxum , f'^enre de celte famille, M. Al. 
ISordinann, iVonocfrapiiische Buitrœcje. Berlin, i832,ijI. VI, ^G* ' ^l 2 ; 
et pour YOclobotvium lanceolatiim. le ni. c. de iM. Maycr, pi. III, fig. i, 
g et lO. 



588 XXXVll* LEÇON. ORG. DE Gé^ÉRATlOW DES ZOOPHYTES. 

réservoir séminal (dans les distowa nodulosam et glo- 
bipOT'iini), qui reçoit le sperme du testicule antérieur, 
et dont le canal excréteur se rend au commence- 
ment de l'oviducte incubateur. Cette disposition orga- 
nique fait que les œufs peuvent être fécondés immé- 
diatement dans le corps de l'animal, et indépendamment 
de ses actions instinctives de propagation (i). 

Les glandes spermagèues de Xamphistoma i>;igaii- 
teum sont deux vésicules muitifides, ou composées de 
petits cœcums, réunis dans une cavité centrale, d'où 
part un canal déférent étroit et court. 

Ces doux testicules sont rapprochés de l'oviducte 
incubaleiir dans la partie moyenne du corps. 

Leur canal aboutit dans une sorie fie vésicule sémi- 
nale (le forme ovale. Cette vésicule a, du côté de son 
gros bou< , un canal replié , en rapport avec la verge , 
qu'on peut ronsidérer comme une prostate. 

On a pu étudier les spermatozoïdes de plusieurs es- 
pèces de distomes (des distoma Jicputicuin , terelicolle^ 
globiponun , nodulosuni). Ils ont une forme capillaire 
sans renflement céphalique. 

Où en rencontre peu dans les testicules, qui sont 
remplis d'une niasse granuleuse très fine. La vésicule 
séminale en est farcie. Plus libre dans son canal excré- 
teur et dans le canal éjaculateur , ils montrent une re- 
marquable vivacité de mouvements. 



(i) VoirM H Butnieister, Acliives de Wiegniaiin île i836,t. 1!, pi. II. 
fig. 2, et p. 187, pour le Distoma globiporuiu; et M. Siebold, Archivt^y 
de J. Miitier pour i836 , pi. X, fig. i , poui le Distoma nodulosum. 



ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 589 

c. Des organes d' accouplement. 

Dans les dfslômes , l'issue des organes mâles et celle 
des organes femelles sont situées entre la ventouse an- 
térieure et la ventouse postérieure, tout près decelie-ci, 
et très rapprochées Tune de l'autre. 

Dans le distoma hepaticiim , la verge est courbée eu 
arc. Elle a son issue, ainsi que nous venons de le dire, 
tout près et en avant de la ventouse postérieure. C'est 
un tube qui se déroule par cette issue, au moyen des 
contractions du fourreau qui la contient, dans l'état 
de repos , avec la vésicule séminale (i). 

f/orifice génital se présente , dans Xamplùstoma 
giganteurn ^ après l'orifice buccal, comme une fossette 
de laquelle sort une papille. Cette papille n'est que le 
prépuce de la verge, qui est eu forme de stylet très 
fin, recourbé en avant (2). 

La verge et son prépuce sont cachés , dans l'état de 
rétraction , dans une fossette en forme d entonnoir, 
dans laquelle i'oviducte a son embouchure. 

^ 3. Dans la. famille des Tœnioïdes. 

Les organes des deux sexes sont multipliés et très 
nombreux , puisque chaque anneau du corps en est 
pourvu, et que, sous ce rapport, il forme une indivi- 
dualité complète. 

a. Des glandes ovigènes , des ovules et des œufs. 

Dans le tœnia de V homme., on voit l'ovaire de 



(i) Ed. Mehlis, o. c. (2) M. Dk'sinjî, '"• c., pi. XXIII, fifi. i, et 
pi. XXII, Hg. 16, ,;, 18 et 11. 



590 xxxvn^ leçon, org. dk génération des zoophytes. 
chaque anueau se dessinant comme une broderie blanc 
de lait, sur un fond blanc-bleuâtre. Il occupe une 
grande partie de Tanneau lorsqu'il est rempli d'œufs 
mûrs. Ses ramifications partent d un tronc commun 
longitudinal , occupant la ligne médiane de Fanneau ; 
elles se portent jusque 1res près de ses bords libres et 
articulaires, en se divisant et en paraissant se terminer 
en culs"de-sac , le plus souvent un peu dilatés en mas- 
sue. Nous avons réussi plusieurs fois à injecter au 
mercure ces canaux ramifiés; mais sans découvrir leur 
communication avec la ventouse latérale, où l'oviducte 
aurait son issue, suivant M. Délie Chiaje (i). 

Gœtz a donné une description aussi précise de l'o- 
viducte , dans le tœiiia sinuosa , où il se terminerait 
dans la papille même de la ventouse latérale (2). 

Dans quelques cas , on a trouvé les œufs dispersés 
dans tout le parenchyme des anneaux, sans pouvoir 
distinguer les parois des capsules ou des tubes ova- 
riens. C'est ce qui a lieu dans Xalisselminthe du 
lièi're, que nous avons particulièrement étudié, et 
dans les ligules , que nous plaçons à côté des bolhrià- 
céphales. 

Ces derniers ont , dans chaque anneau , un appareil 
central préparateur des ovules, et un réservoir des 
œufs. Cet appaieii est peut-être moins étendu , à pro- 
portion , que dans les tœnias. 

M. EscJuicht ^ qui Fa étudié avec soiu sur le botluio- 
céphale de ï homme et sur plusieurs autres espèces, a 



(i) Gompendio di Elmentogratia umana. ISapoli, i833, pi. IV, tig. lo 
et Meinorie, t. I, pi, XII, fig. 2. (2) Voir Schmaltz, pi, III, Hg. 16. 



ART. V. CHEZ LES HELMINTHES. 591 

reconnu deux ovaires par anneau _, un réservoir des 
œufs composé d'oviductes repliés , et de glandes qu'il 
suppose devoir fournir l'albumen etrenvolo})pe cornée 
résistante des œufs; de sorte que ces animaux auraient 
leurs organes femelles de génération aussi compliqués 
que les vertébrés ovipares (i). 

Leuckart^ décrit, dans le bothriocephalus /loris, des 
ovaires doubles, et situés dans les deux bandes margi- 
nales de chaque anneau (2). 

L'existence d'un oviducte ou d'un conduit spé- 
cial pour la sortie des œufs mûrs est loin d'être dé- 
montrée dans cette famille. Plusieurs anatomistes ad- 
mettent un spermaducte , ou une sorte de vulve et de 
vagin , pour la fécondation des œufs seulement. 

Les parois des anneaux dans lesquels les œufs soilt 
parvenus à leur maturité , amincies successivement , 
finissent par se déchirer à cette époque , comme cela 
a lieu chez les BaciUanées , les Diatômes, les Oscilla- 
riées^ et, en général , chez des êtres organisés infé- 
rieurs , dont le corps ne semble être qu'une capsule 
génératrice, devant se rompre à l'époque de la matu- 
rité des germes, après que son parenchyme a servi au 
développement de ces germes. Ici, chaque anneau qui 
renferme des œufs mûrs semble être parvenu au terme 
et au but de son existence, et n'est pas destiné à eu 
produire et à en nourrir d'autres. 

Dans le buthridium pitiionis Bl. , Tovaire forme un 



l^i) Voir son Mémoire parmi les A. IS. C. de Bonn, t. XJX, pi. 11. 
2) Fragments zoologiques, Helmsledt , 1820, et Schmaltz, o. c, pi. IV, 
tig. i3. 



592 xxxvn* leçon, obg. de génération des zoophytes, 
gros tubercule saillant, au milieu d'une des faces de 
chacun des anneaux développés. Le tubercule de l'an- 
neau suivant relève le bord de l'anneau précédent; il 
renferme deux poches ovariennes, qui répondent à 
chaque face de l'anneau. On peut les extraire séparé- 
ment l'une de l'autre. Nous avons distingué dans une 
de ces capsules, dont les parois intérieures sont lisses, 
un tuyau replié contenant des œufs de forme ovale. 
C'était évidemment le tube proligère (i). Rien ne 
rayonne d'ailleurs autour des poches ovariennes ou de 
l'ampoule qu'elles forment. 

Dans une autre observation de l'animal frais, je n'ai 
trouvé qu'une poche ovale, située exactement au mi- 
lieu de chaque anneau , dont le grand diamètre était 
dans le sens de Taxe longitudinal de l'animal. L'ex- 
trémité postérieure de cette poche était comme en- 
châssée dans une apparence de boyau replié. Ce 
boyau était-il l'analogue de celui que nous venons de 
décrire dans l'une des capsules? 

Les œufs du Bothridiuni pithuris sont de forme 
ovale. Leur plus grand diamètre a 0,07 ou 7^ de 
mill., et leur plus petit rr à ^. 

M. Eschr-icht croit avoir reconnu les ovules avec leur 
vitellus , dans les canaux des ovaires. Il suppose qu'ils 
reçoivent leur albumen dans ce qu'il nomme la glande 
de la pelote , à 1 endroit où commence le second ovi- 
ducte, qu'il appelle utérus, et le long duquel ils re- 



(i) Celte observatioa est conforme à celle de M. Eschiiclit, qui dis- 
tingue, dans ce qu'il appelle le réservoir des œufs, la capsule, et un 
tube mince qui les renferme , m. r. 



A HT. V. CHEZ LES HELMINTHES. 593 

çoivent la malière de leur coque. Blanchâtres dans 
l'ovaire, ils sont jaunes dans le premier oviducte, et 
deviennent plus foncés et même bruns dans le dernier. 

Les œufs mûrs du tœnia denticidata sont globuleux; 
ilf ont une coque unie, et une membrane interne dans 
laquelle se meut librement un sac en massue, qui ren- 
ferme un embryon avec ses six crochets. Us ont un 
quart de ligne de diamètre (i). 

Dans le tœnia expansa les œufs sont sphériques et 
cependant irréguliers. La membrane interne de la 
coque a une forme moins régulière que dans l'espèce 
précédente, fi'embryon se présente sous un aspect dif- 
férent.] ' . 

b. Des glandes spertnagènes et de leur produit. 

[Le testicule, dans cette famille, serait, suivant Ed. 
Mehlis et Creplin , un vaisseau spermagène, très leplié 
eu nombreuses circonvolutions, qui s'ouvrirait dans la 
verge, et dont les ramifications iraient se perdre dans 
la partie moyenne de chaque anneau. 

Déjà ISitsch avait indiqué une glande spermagène 
dans le tœnia villosa 2) (de l'outarde). 

M. Siebold a découvert des spermatozoïdes dans un 
o!"gane du tœnia depressa, qu'il a, en conséquence, dé- 
terminé comme le testicule : c'est un coj'ps réniforme 
qui se voit dans le milieu des articles les plus avancés 
dans leur développement. Le même naturaliste a fait 



(1) Mémoires tVhelminthuloyie, par M. Creplin. Archives d'Erich.son 
pour 1841, p. -^«5. (2) Voir Schinaltz, o. o., pi. \\\ . fi{;. i-i5. 

8. 38 



694 XXXVII* LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES. 

sortir, par la compression , des pénis du tœnia in- 
flata^ une quantité de spermatozoïdes linéaires. 

Dans le holhriocephalus latus , on voit les canaux 
séminifères repliés d'une manière très compliquée sur 
la lace dorsale des capsules de l'oviducte. Ils provien- 
nent des glandes spermaj^ènes composées de très pe- 
tites vessies, qui sont les terminaisons aveugles de cet 
organe. 

Les canaux séminifères se rendent dans la vessie 
éjaculairice du pénis (i). 

J'ai vainement cherché d'autres organes f?ue les 
ovaires, dans plusieurs exemplaires frais du tœnia so- 
liiim , du bolliriocephalas hominis et du hothridiùm 
pithonis. ] 

c. Des organes mâles d accouplement. 

[On a décrit comme un pénis, une papille qui se voit 
au milieu de l'un des deux pores de chaque aiuieau ; 
soit au bord de cet anneau (les tœnias ) ^■ioxX au centre 
de l'une de ses faces (les bothriocéphales). 

Il existe memg une papille très prononcée sur les 
deux côtés du même anneau, tout près de l'article 
suivant , dans Xalisselminthe du lapin. 

Cette détermination est généralement adoptée par 
les naturalistes allemands (2), et les observations de 



(i) M. Eschricht , m. c. 

(2) Adoptée par i\7tsc/i (Schmaltz, pi. III, [ig. i-i5);par Ruclolphi , 
pour la litjula sparsa (Bremser Jicones et SchmaUz, pi. IV, 6-i5); ad- 
mise encore par Bremser (Vers intestinaux de l'homme. Atlas de la tra- 
duction française, pi. IV. fig. 7; et mieux Sfhmaltz , pi. V, fig. 7.) 



ART, V. CHEZ LES HELMINTHES. 595 

M. Siebold que nous venous de citer semblent la 
confirmer. 

Dans l'état de rétraction, c'est-à-dire quand cette 
papille est retirée dans la ventouse , chez le tœiiia so- 
lium ^ on la voit tenir par un pédicule aminci sur la 
partie des parois de !a ventouse la plus rapprochée 
du bord de l'anneau, et se courber en dedans et en 
arrière, où son extrémité est comme dilatée en 
massue. De sa partie convexe qui regarde vers la ligne 
moyenne, part un ligament ou un cnnal , qui se dirige 
plus avant dans l'intérieur de Tanneau , sans que nous 
avons pu préciser l'endroit où il se termine. 

Ajoutons que dans plusieurs tœnias observés frais , 
les ventouses du bord de chaque anneau , parmi les 
moyens qui suivent les plus petits, m'ont paru abso- 
lument plus grandes que dans les anneaux les plus re- 
culés 

.l'ai fait la même observation dans \ (disse bnintlie du 
lièvre , qui a deux ventouses et deux papilles par an- 
neau. Les deux ventouses sont vis-à-vis Tune de l'autre, 
très près du bord postérieur et transversal de chaque 
anneau , et de l'angle qu'il forme avec la fin du bord 
latéral; on les voit plus près du milieu de ce dernier 
dans les anneaux moyens et antérieurs. Dans les uns 
et les autres, la ventouse est comme la f^aîne ou le 
prépuce de la papille conique qui a une grande pro- 
portion. Là s'enfonçaiit obliquement dans rintérienr 
de l'anneau, celte papille, après s'être considérable- 
ment dilatée, a sa base comme séparée par un étran- 
glement d'un coips sphérique tel que le représerite 
Schmallz. 

En admettant que la papille est un pénis, la {iiiata- 



\ 



596 XXX VII' LEÇON. ORG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHVTES. 

îion de sa base est une capsule éjaculatrice qui reçoit 
les canaux déférents, ainsi que nous l'avons déjà ex- 
primé, d après M. Eschricht. 

d. Des organes femelles d^ accouplement. 

Des deux pores apparents, placés l'un devant l'autre, 
dont nous venons de parler dans l'article précédent et 
qui sont considérés comme deux pores génitaux, l'an- 
térieur appartiendrait aux organes mâles, et le posté- 
rieur aux organes femelles. 

MM. Crepiin et Ed. Mehlis admettent une sorte 
de vagin qui conduirait dans le tube de l'ovaire, et ils 
restreignent à la fécondation l'usage de ce canal; son 
embouchure serait dans le fond de la ventouse de cha- 
que anneau , comme un pore à peine visible, percé en 
arrière de la pupille qu'ils regardent comme une verge. 
Celle-ci y ferait pénétrer le sperme à la suite d'une 
véritable intromission ( i ). 

Dans plusieurs exemplaires frais du bothridiuin pl- 
thonis que nous avons étudiés , nous avons vu deux 
pores , percés dans la ligne médiane , sous différents 
aspects; tantôt ils ont l'apparence de deux fentes , tan- 
tôt ce sont deux trous ; le plus souvent on distingue une 
papille en avant et un trou en arrière; la première est 
un peu cachée par le bord postérieur de l'anneau pré- 
cédent. 

Dans le genre bothrimoneY}\j\ . , nous avons observé 
une série de pores sur le milieu de chaque face des 
anneaux. Cette observation singulière, sur laquelle on 



(i) ISovae observationes de Entozois. Auctore Crepliu Berolini , 1829 , 
ivec fies addition;* du docteur Ed. Mehlis, et /sis de i83t . p. 71. 



ART. VI. CHEZ LES KOTIFÉBES. 597 

a élevé des doutes, a été faite et vérifiée avec nous, 
par d'autres auatomistes très e.xercés dans les observa- 
tions microscopiques (i). 

4° Dans Xdi famiUe des vers vésiculaires. 

Les vers vésiculaires ou les hydatides n'ont aucun 
organe de j^^nération sexuelle. Leur propagation paraît 
se faire par bourgeons , qui se développent à la paroi 
extérieure delà membrane commune (les camires ) ou 
à la paroi intérieure de cette membrane (les échinO' 
coques). 

Quoique cette espèce de propagation soit la seule 
évidente, on peut supposer par analogie que ces ani- 
maux se propagent encore par des bulbilles ou par des 
germes libres, ayant cependant une enveloppe protec- 
trice qui leur permet de résister aux agents physiques 
et de se transmettre d'un animal à l'autre.] 



ARTICLE VI. 

DES ORGANES I3E LA GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES ROT1FÈRE5. 

[C est à M. Ehrenberg que la science a l'obligation 
d'avoir singulièrement avancé par ses belles décou- 
vertes la connaissance de l'orpianisation de ces ani- 



(i) Entre antres par 7>I. le docteur Mai ssiat, mon préparateur au Col- 
lège de France. J'e.spère que MM. les Naturalistes américains ne tarderont 
pas à pouvoir vérifier cette observation sur des animaux frais, contre 
lopinion d« savants très expérimentés sans doute dans cette partie de la 
zooloji[ie,f|ui n'ont p.Ts hésité de décider, h priori ., que c'était une erreur 
de ma part. Vuir les Archives de J. Mûller pour \S\2 , pi. LXII. 



598 XXXVII* LEÇON. OBG. DE GÉNÉRATION DES ZOOPHYTES. 

maux , en particulier celle qui concerne leurs organes 
de génération. 

Ces animaux sont hermaphrodites et se fécondent 
eux-mêmes. 

Dans la famille des Hydatinés^ l'ovaire unique est en 
forme de ruban , le pkis généralement replié. L'ovi- 
ducte est court et s'ouvre dans une espèce de cloaque 
où vient aussi aboutir la fin du canal intestinal. 

Des œufs plus ou moins développés s'aperçoivent 
dans l'ovaire et dans cet oviducte, à travers les tégu- 
ments transparents de l'animal et les parois de ces 
organes. Ces animaux en rendent cie deux sortes, sui- 
vant les saisons : des œufs à coque molle et lisse et des 
œufs à coque plus dure hérissée de piquants ; ce sont 
les œufs d'hiver. 

Des espèces de plusieurs genres les portent attachés 
à leurs corps, à la manière des Crustacés. 

Il y aurait deux longs tesùcules en forme de massue, 
et une vésicule séminale qui les unit à l'oviducte (i).] 

ARTICLE VIL 

DES OKGANES DELA GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES ANIMALCULES 
HOMOGÈNES OU POLYGASÏRES, 

[Les animaux de cette classe sont comme les vers 
vésiculaires ou la dernière famille des parenchyma- 
teux : on ne leur connaît incontestablement aucun 
organe de génération femelle : aussi paraissent-ils ne 



(i) Voir la pi. XLVII, fig. 8, etc., du bel ouvrage de M. Ehrenberg , 
ayant pour titre : Les Animalcules infusoires considérés comme des orga- 
nismes parfaits. (En allemand.) Leipsig, i838. 



ART. Vil. CHEZ LES ANIMALCULES HOAIOGKISES. 599 

se propager que par scissure, par bourgeons ou par 
bulbilles. 

Cependant nous devons dire que M. lihrenbei'fj 
pense aVoit* reconnti leurs œufs datis tirle rriassiR granu- 
leuse dense que renferme leur corps; que certains or- 
ganes en étoile, qui apparaissent au nombre de deux , 
et même de quatre, sont, pour cet observateur si pé- 
nétrant, des réservoirs séminaux, dont les angles prc 
duisent des canaux qu'il a vus rayonner de ces centres. 

Quelques espèces lui ont montré, outre cela, 
deux glandes qu'il regarde comme spermagènes (i). 
Ces déterminations ont été vivement combattues (2).] 



(i) M. Ehrenberg, u. c, pi. XXXIX, 6, et Annalts des se. nat. •?' se- 
rin, (. m, p. 283, et pi. XII, fig 19, c. et v'. (2) M Dujardiu, méinc^ 
Annules.^ t. X, p. 285. 



600 XXXVm*^ LEÇON. OKG. ÉOUCATEIJRS EXTÉBIEURS. 



TRENTE-HUITIEME LEÇON. 

DES ORGANES ÉDUCATEURS EXTÉRIEURS DANS LES 
QUATRE EMBRANCHEMENTS DU RÈGNE ANIMAL. 

[Ces organes peuvent servir à la fécondation, au dé- 
veloppement de l'embryon dans l'œuf et au premier 
accroissement hors de l'œuf. Sans doute leur emploi le 
moins général est celui qui les met directement en rap- 
port avec la fonction de la génération ; et si nous en 
parlons ici, c'est pour nous confirmer au premier 
plan de cet ouvrage. 

Chez les Mammifères^ ces organes n'appartiennent 
plus à la génération proprement dite ; elle est effectuée, 
l'embryon est produit, il est à l'état de fœtus assez dé- 
veloppé (les Didelphes)o\x de fœtus à terme (les Ma- 
Tiodelpkes) quand leur emploi commence. 

Cependant il est certain que, dans quelques cas, dont 
noMS trouverons des exemples chez les Reptiles et les 
Poissons^ parmi le5 fierté brcs , et dans les deux Em- 
branchements des Articulés et des Mollusques ^ la fé- 
condation , et coRséquemment le dernier terme de la 
génération sexuelle , ne s'opère qu'au moment du pas- 
sage des œufs de Foviducte dans l'organe éducateur, 
c'est-à-dire d'incubation extérieure, ou seulement dans 
cet organe. Son histoire appartient donc encore à celle 
de la génération, de même qu'à celle du développe- 
ment, dont elle peut être considérée comme une 
introduction. Celle des organes éducateurs, chez les 
Mammifères ,s à méuie au-delà de l'histoire du déve- 



ART. ;. CHEZ LES VKRTÉBKÉS. 601 

loppement ; elle appartient proprement, ainsi que nous 
venons de le dire, à notre seconde époque de la vie , 
à celle du premier accroissement hors de l'œuf.] 

ARTICLE I. 

J>ES ORGANES ÉDUCATEURS EXTÉRIEURS DANS l'eMBRANCHEMENT 
DES VERTÉBRÉS. 

A. Dans la Classe des Mammifères. 

[Cette classe, ainsi que son nom l'indique, est essen- 
tiellement caractérisée par l'existence des mamelles, ou 
des glandes servant à la sécrétion du lait, la première 
nourriture des Mammifères après leur sortie de l'or- 
(»ane d'incubation intérieure. 

A cet égard, comme à beaucoup d'autres, il y a des 
différences organiques et fonctionnelles dans les deux 
séries des Mammifères Monodelphes et Marsupiaux , 
que nous exposerons successivement.] 

ï. Des glandes mammaires dans (a Sous-classe des 
Mammifères Monodelphes. 

§ 1 . Chez la femme. 

La femme a deux mamelles arrondies, situées au- 
devant et im peu sur le côté de sa poitrine : chaque ma- 
melle est composée d'une masse glanduleuse divisée 
en quinze ou dix-hnit lobes, et ceux-ci en lobules, [qui 
se composent de granulations analognes à celle des 
glandes salivai res. Les derniers éléments organiques 
de ces granulations sont des vésicules, origine des pre- 
miers ramuscules des canaux galactophores. 

Ces vésicules sont entourées d'nn réseau de. vais- 



ÔOÎ XXXVIII" LEÇON. ORG. ÉDLCATEUHS EXTÉRIEURS. 

seaux sanguins qui leur fournissent les matériaux de 
leur sécrétion.] 

Un grand nombre de conduits excréteurs, dont le 
diamètre varie beaucoup suivant qu'ils sont gonflés do 
laiton vides de ce liquide , sortent, pour ainsi dire, de 
tous les points de cette glande, et se réunissent en au- 
tant de troncs galactophores que la glande a de lobes 
principaux, rangés circulairement, et dont l'ensem- 
ble lui donne la forme hémisphérique ou un peu coni- 
que. Ces conduits se portent de la circonférence de la 
glande vers le centre de sa surface cutanée, que le 
mamelon couronne. Parvenus à la base du mamelon, ils 
se dilatent eu ampoule , puis reprennent im moindre 
diamètre pour pénétrer ensemble, sans communiquer 
entre eux, jusqu'à l'extrémité de ce mamelon, où leurs 
orifices sont rangés circulairement. 

Celui-ci, élevé au milieu de l'extérieur du sein, s'en 
distingue par sa couleur rouge, sa peau délicate, ex- 
trêmement sensible , plissée ou sillonnée , et par la fa- 
culté qu'il a d'éprouver une sorte d'érection, par le 
moyen du tissu dartoïde doni il est pénétré. Il est en- 
touré d'une aréole de même couleur, où l'on observe 
plusieurs petites tubercules formés par autant de glan- 
des sébacées. 

Les artères qui apportent le sang aux mamelles vien- 
nent de la mammaire interne , de plusieurs thora- 
chiques et des intercostales. Elles sont accompagnées 
par des veines analogues. 

Des vaisseaux lymphatiques extrêmement nombreux 
pénètrent la masse des mamelles, et communique- 
raient, suivant quelques anatomistes , avec leurs cou- 



ART. I. CHEZ LES VERTÉBilÉS. 603 

duits excréteurs ; mais ce cas , s'il a été observé , n'est 
jamais normal. 

Les nerfs qui les animent naissent des intercostaux 
et des thoraciques. 

Les mamelles, chez la femme, sont entourées d'un 
tissu fibreux, et comme plongées dans des pelotes de 
graisse, dont le volume total excède souvent de beau- 
coup celui de la glande. C'est cette graisse mamninire, 
dont la quantité varie beaucoup, qui produit les grandes 
différences qui s'observent dans le développemen! du 
sein des femmes.Voilà pourquoi l'abondancedu lait n'est 
pas en raison de ce volume , et qu'une petite mamelle 
en fournit souvent bien plus qu'une mamelle beaucoup 
plus grande. [Ce sont ces pelotes de graisse qui donnent 
à l'ensemble du sein la consistance qu'il perd lorsque 
la peau a été fortement distendue, par l'extension qu'il 
prend durant la lactation, que le gonflement de la 
glande a cessé avec sou activité, et que l'amas de graisse 
a diminué très sensiblement. 

Il y a d'ailleurs quelques différences dans le déve- 
loppement des mamelles, suivant les races, les cli- 
mats et les âges, les proportions de g<*aisse qui entrent 
dans leur composition , l'étendue proportionnelle de 
la j)eau qui les enveloppe et celle de 1 aréole de cou- 
leur brune qui entoure le mamelon. 

Dans les pays chauds , les femmes , même de la race 
caucasique, qui allaitent ou qui ont allaité, ont les 
mamelles plus développées que dans les climats tem- 
pérés ou froids. 

Celles des races inférieures noire ou jaune, ou mé- 
langées de l'une et de l'autre, les Hotienlotes ^ par 
exemple, qui appartiennent à cette dernière catégorie, 



604 XXXVIll' LEÇON. ORG. BDUCATEUBS EXTÉRIEURS. 

les femmes de la terre de Diémen , qui tiennent à une 
sous-division de la première, ont les mamelles telle- 
ment extensibles qu'elles allaitent leurs enfants, les 
tenant sur leurs dos. 

M. Guvier (i) a fait robservatiou remarquable, 
qu'une femme connue à Paris sous le nom de Vénus 
hottentote avait l'aréole qui entoure le mamelon large 
de plus d'un décimètre. 

L'homme présente des traces de cet organe, qui n'a 
de fonction que chez la femme, dans l'existence du 
mamelon et l'aréole qui l'entoure, et dans une hémi- 
sphère de graisse qui distend la peau de cette partie 
de la poitrine, chez les personnes adultes qui ont de 
l'emboripoint ; mais il n'existe, sous le mamelon et 
son aréole, au lieu de gian(ie, qu'un tissu cellulaire 
soyeux.] 

§ 2. Chez les autres Mammifères Monodelphes. 

Le nombre des mamelles et leur situation sont ex- 
trêmement variables dans cette série : cependant il 
y a des familles [et même des ordres] , où l'un et l'au- 
tre sont constants. 

[On ne trouve, en effet, que deux mamelles pecto- 
rales dans tous les Quadrumanes^ les Loris seuls excep- 
téii, qui en ont eu sus deux épigastriques ; dans l'ordre 
des Chéiroptères^ dans celui des Proboscidiens , chez les 
Tardigrndes et dans les Amphibies trirèmes ou les Cé- 
tacés herbivores. 

liCs Cétacés ^Yo^vemeni dits n'en ont de même que 
deux dont le mamelon est dans une fossette, de chaque 

(i) Voir son article Femme de race boschisman , dans V Histoire tictii- 
relle des Mammifères ^ par MM. Geoffroy- Saint-Hilaire et F. Cuvier. 



ART., I. CHEZ LES VERTÉBRÉS. 605 

côté de la vulve { i); mais dont la glande étroite et 
longue, du moins dans le Marsouin (-2), s'étend fort 
avant entre le muscle peaucier abdominal et la gaîne 
du muscle droit.] 

Chez les Carnassiers et cliez les Rondeurs , le nom- 
bre et la situation des mamelles varient même d'une 
espèce à l'autre. 

Elles ont quelque chose de plus constant cîaiis les 
autres ordres de cette classe, où elles sont généralement 
moins nombreuses. 11 semble que leur situation et leur 
nombre changent d'autant plus facilement, dans les 
différentes espèces, qu il y en a davantage. Ce nom- 
bre varie même quelquefois, quoique très rarement, 
dans les individus d'une même espèce. Il est d'ailleurs 
ordinairement en rapport avec le nombre des petits 
que les femelles peuvent mettre bas. Pour l'apprécier 
d'une manière comparable , nous l'avons calculé d'a- 
près celui des mamelons, et non des masses glandu- 
leuses qui se confondent souvent. 

En général, si Ton cor.sidére les différences que pi'é- 
senteut les mamelles relativement à leur situation et à 
leur nombre, on verra qu'elles peuvent être situées 
à l'extérieur du thorax , le plus généralement en bas 
et sur les côtés, nous supposons l'animal dans la posi- 
tion horizontale ; qu'elles remontent quelquefois plus 
ou moins sur les côtés, comme chez les Ckaaves-sou' 



(i) Fragments sur la structure ci l'usage des glandes maimoaires d<s 
Cétacés, par E. Geoffroy-Saint-Hilaire. Paris , 1 834, planciie , ^'lî- '■> 
glandes d'un fœtus de baleine. (2) Les Cikacés, considères sous les rap- 
ports anatomique et zoologiqui; , par G. T'upn. Stnirgarl, iH^y, p. 177, 
pour les glandes inammaires des niarsoiiiii-. 



606 XXXVIIl* LEÇON. ORG. ÉDUCATELBS EXTÉRIEURS. 

ris (i)>. le capwmys Fournieri (2), la viscachei^")^ et 
qu'elles sont absoluiiieut supérieures, et à peu de dis- 
tance de l'épine, dans un [lenre voisin, le jni/opotamus 
coïpu[^). 

Les mamelles sont encore très souvent abdomi- 
nales , chez un grand nombre de Mammifères; ou 
inf^uinales , c'est-à-dire dans la partie la plus reculée 
de l'abdomen , comme chez les Ruminants ; ou de cha- 
que côté de la vulve, comnie chez les Cétacés. Il peut 
même s'en trouver sous la queue , ainsi que nous 
l'avons observé pour les deux dernières du soj'ex cras- 
sicaudus (5). 

Quaqt à leur nombre, il varie de deux à quatorze. 
Ce nombre, toujours compté d'après les mamelons, 
est généralement plus grand dans les petits animaux , 
tels que les ïiisectivores et les Rongeurs.^ dont les 
petits sont nombreux , par portée , que chez les grands 
Mammifères, qui ne ujettent bas qu'un ou deux petits 
tout au plus. 

On en compte jusqu'à dix chez le fiériason, dont six 
pectorales et quatre abdominales. La plupart des es- 
pèces de musaraignes n'en ont que six , dont les deux 
dernières peuvent être très reculées. 

Parmi les Carnassiers , Xoiirs , le blaireau , le raton , 



(i) Dict. classique d'iiist. natnr,, art\c\e Roussette ^ par M. Is. Geuf- 
froy-Saint-liilaire. (2) M. Desmarest, Dict. des se. natiir. , t. XXVIII, 
p. 463. (3) M. A. d'Orbiyiiy, Annales des se. natur, , t. XXI. (4) Nous 
avons, eonstaté, sur un exemplaire rapporté du Chili par 31. le docteur 
Aekermann , eette oL)ser%'ation faite depuis longtemps par M. Is. 
Geoffroy-Sainl-HUairc. (Annales des se. natur., t. XXI, p. 287. ( 
(5) Voir le supplément à nof-.n mémoire sur \(% Mu^avaifjnes. Stras- 
bourg, 3o janvier i838. 



ABT. I. CHEZ LES VEETÉHRÉS. 607 

le coati ^ n'en ont que six ; la loutre , le lion el la. pan-^ 
thère , quatre seulement; le coui^ouar, six; le chat et le 
serval , huit ; le (7?/e//,jusqu à dix ; mais ce nombre peut 
être réduit à sept, comme dans \q furet. 

C'es|: dans Tordre des Rongeurs , et dans V agouti en 
particulier, qui en a de douze à quatorze, que nous 
avons trouvé !e nlus f?i"and nombre de mamelles; mais 
il y en aaussiqui n'en ontque Af'wx^V anoéma ou cochon 
d'Inde, et d'autres qui n'en ont que quatre, le puca , 
['écureuil palmiste ( Se. palniarum , Pallas), Vhéla- 
mys , le jerbo [mus sugitta)^ le Capromys Fournicri 
Desm. 

Parmi les Pachydermes ., le lapin , le rhinocéros , 
V hippopotame, n'en ont que deux sous l'abdomen, tau- 
dis que le cochon domestique en a dix. 

Le cheval a deux mamelles inguinales seulement. 

Les Ruminants les ont de même inguinales , au 
nombre de deux ou de quatre. 

Parmi les E denté s , le fourmilier didactyle en a 
quatre, deux sur la poitrine et deux abdominales; la 
plupart des espèces de tatoux n en ont que deux sur la 
poitrine; celles qui en ont quatre en. ont deux ingui- 
nales. Le Cachicame [Dasypus novem-cinclus , L,) et 
dans ce cas. (Je petit nombre de mamelles n'est plus 
ici en rapport avec celui des petits, chez ces animasix, 
qui sont très féconds. 

Il n'est pas besoin d avertir que les vaisseaux des 
mamelles doivent différer d'après leur situation. Lors- 
qu'elles sont-inguinales ou abdominales, c'est à i artère 
et à la veine épigastriqiie qu'appartiennent leurs prin- 
cipaux vaisseaux sanguins. 

Les mamelles ne sont pas généralement distendues 



608 XXX vin* leçoîs. ohg. educateues extérieurs. 
hors et durant la gestation comme chez la femme . 
aussi ne deviennent-elles bien apparentes , le plus sou- 
vent , qu'à l'époque de Tallaitement, lorsqu'elles se 
remplissent de lait. 

Une autre différence remarquable est celle que pré- 
sente la structure du mamelon. Il est ordinairement 
creux , et percé seulement d'un ou de deux orifices. 
Sa cavité est l'aboutissant d'un ou de plusieurs réser- 
voirs plus grands, dans lesquels les conduits lactifères 
versent le lait. 

[11 sort par un seul orifice, dans les Cétacés ; par un 
ou deux dans la vache ^ le cheval ; par huit , selon Le- 
vaillaut, dans V éléphant; par cinq dans le lapin; par 
dix dans le chien. 

Leur structure se compose toujours de groupes de 
cœcums vésiculeux , origine des canaux excréteurs qui 
les rassemb