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Full text of "Le livre de la création et de l'histoire d'Abou-Zéïd Ahmed Ben Sahl el-Balkhî. Publié et traduit par Cl. Huart"

e^? 



PLBIJCATIONS 

DE 

L'ÉCOLE DES LANGUES ORIENTALES VIVANTES 



1V« SÉKIl^. — VOL. XXII 



LE 

LIVRE DE LA CREATION 

ET DE L'HISTOIRE 



TOME CINQUIÈME 



564654 

/S- <^- S3 




CIIALOX-SIR-SAONE 

IMPniMERIK FRANÇAISE ET ORIENTALE E. BERTRAND 



W) 
PUBLICATIONS ^ 

DE 

L'ÉCOLE DES LANGUES ORIENTALES VIVANTES 

LE 

LIVRE DE LA CRÉATION 



^ 



ET 

DE L'HISTOIRE 

DE MOTAHHAR REN TÂHIR EL-MAQDISÎ 

ATTRIBUÉ A 

ABOU-ZÉID AHMED BE.\ SAllL EL-BALKHl 

PUBLIÉ ET TRADUIT 
d'après le M anuscrit de Constarxtinople 

PAR 

M. Cl HUART 

CONSUL GÉNÉRAL DE FRANCE 

PROFESSEUR A L'ÉCOLE NATIONALE DES LANGUES ORIENTALES VIVANTES 

DIRECTEUR D'ÉTUDES A LÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES 



TOME CINQUIÈME 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 

1916 



PRÉFACE 



Dans le Journal Asiatique de 1912 (X*^ sér., t. XX, 
p. 193), j'ai eu l'occasion de raconter comment S. Exe. 
Ahmed Zékî-pacha, secrétaire du conseil des ministres en 
Egypte, avait retrouvé, dans la Bibliothèque de Rustèm- 
pacha, à Constantinople, un second manuscrit du troisième 
volume du Kitâb el-Bèd' wèt-târikh de Motahhar ben Tàhir 
el-Maqdisî, qui avait autrefois fait partie du fonds de la 
mosquée de Mihr-Sultane k Scutari'. L'examen auquel il 
s'était livré en comparant ce nouveau texte avec celui du 
manuscrit complet de la Bibliothèque de Dâmâd-Ibrahim- 
pacha, base de la présente édition, a montré que les deux 
étaient identiques. Les circonstances ne m'ont pas permis 
de profiter des renseignements transmis par le savant 
égyptien et de procéder à une collation plus complète du 
nouveau texte ; le présent volume est donc, comme les pré- 
cédents, la reproduction du manuscrit original, avec les 
corrections indispensables que suggèrent le contexte et la 
comparaison avec les ouvrages analogues. 

1. Catalogue de la Bibliothèque de Rustèm-pacha (en turc, Cons- 
tantinople, 1311 hég.), p. 67, n" 345 (en réalité, le volume porte le 
numéro 315, voir le Journal Asiatique, endroit cité). La copie de ce 
manuscrit est datée de 670 hégire; elle comprend 155 feuillets, chacun 
de 17 lignes; surface, "■ 250X0™ 175 ; hauteur de la page écrite, 0'°19; 
longueur de chaque ligne, 0°" 11 1/4. 



VI 



Dans la partie historique du présent volume, l'auteur suit 
les traditionnistes sur lesquels repose l'histoire classique de 
l'Islamisme, el-Wàqidî et Mohammed ben Ishaq ; dans cer- 
tains cas, pourtant, il s'en éloigne pour avoir recours, sans 
les nommer, à des sources dans lesquelles se fait sentir da- 
vantage l'inspiration clii'ïte, dont nous avons des exemples 
dans le Kitâb el-Akhbâr ei-Tiwâl d Abou-Hanifa ed-Dina- 
wari et les Hisioriœ d'el-Ya'qoûbi. 



LE 

LIVRE DE LA CRÉATION 

ET 

DE L'HISTOIRE 



CHAPITRE XVII 

LE PROPHÈTE DE DIEU, SA FORME EXTÉRIEURE, SON CARAC- 
TÈRE, SA CONDUITE, SES PARTICULARITÉS, SES INSTITU- 
TIONS, DURÉE DE SA VIE, SES FEMMES, SES ENFANTS, SES 
PARENTS, LE RÉCIT DE SA MORT, EN ABRÉGÉ ET d'uNE 
MANIÈRE CONCISE. 



LA PERSONNE ET LE CARACTERE DU PROPHETE 

On a donné de nombreuses descriptions de sa personne, 
et les traditions, provenant de sources diverses, sont passa- 
blement divergentes. Ce que je trouve de mieux à ce sujet, 
est la tradition rapportée d"Alî, fils d'Abou-Tâlib, suivant 
le récit d"Isâ ben Yoûnos', qui le tenait de l'afïranchi de 

1. Es-Sabî'î el-Hamdâni, mort au commencement de l'année 191 
(Ibn-Sa'd), 187 (Bokhâri) ou 188 (Abou-Dâwoud), fut l'un des maîtres 
d'Ahmed ben Hanbal, et reçut à Koûfa la visite d'El-Ma'moûn, qui 
accompagnait au pèlerinage son père le Khalife HâroCin er-Rachîd; 
mais il refusa d'accepter la moindre récompense pour les Hadith qu'il 
lui enseigna. Cf. Nawawî, p. 498. 

1 



2 

GhoLifia, d'après Ibrahim ben Mohammed \ d'après un des 
enfants d"Ali; conformément à cette tradition, 'Ali décri- 
vait ainsi le prophète : « Il n'était ni d'une longueur exa- 
gérée, ni d'une taille courte de nature à diminuer le respect ; 
il était d'une taille moyenne. Ses cheveux n'étaient pas 
courts et crépus, ni longs et raides ; il les avait légèrement 
bouclés, entre les deux. 11 n'était ni maigre de visage, ni 
rebondi ; sa face était plutôt ronde, de couleur blanclie 
légèrement teintée de rouge. Il avait de grands yeux noirs, 
ses paupières étaient ornées de longs cils ; il avait de grosses 
apophyses et omoplates; peu de poils, un duvet qui s'éten- 
dait sur son sternum ; la peau interne de ses mains et de ses • 
pieds était épaisse. Quand il marchait, il avait le pied léger 
comme s'il le posait sur une pente, et quand il se tournait, 
c'était tout d une pièce, b^ntre ses deux épaules était le 
sceau de la prophétie '. Il était le plus généreux des hommes, 
celui qui avait le meilleur cœur, le plus sincère en 
paroles, le plus fidèle à la foi jurée, le plus doux de nature, 
le plus généreux en société ; celui qui l'apercevait à l'im- 
proviste avait peur, mais celui qui le fréquentait l'aimait ; 
jamais d'être pareil à lui n'a existé avant ni après lui. » 

C'est la ce (jue nous rapporte 'Ali (que Dieu ennoblisse 
sou visage!), qui était mieux à même de le connaître que 
tout autre '. Abou-'Obéïda a expliqué les mots difficiles qui 
figurent dans le texte de cette tradition''. Ibn-Isl.iaq nous 

1. Tiaditionniste de Médine, maître d'ech-Châfé'î, mort en 91 hég.; 
on saecoi'de à le considérer comme plus que suspect. Nawawî, p. 134; 
Sprenger, clas Lcbcn. t. III, p. XCVI. 

2. Protubérance garnie de poils, entre les deux épaules. Voir Tabarî, 
Annales, I, 1790. 

3. Sur ce i)ortrait attribué à 'Alî, voir les remarques d'A. Sprenger, 
ici. op., t. III, p. LX, note 1. Il est reproduit en abrégé par Ibn-el-Athîr, 
Chronlcon, éd. Tornberg, t. II, p. 232, d'après les deux versions de 
Tabarî, Annales, I, 1789. 

4. L'explication détaillée est donnée par Ibn-el-Athîr, /. c. ; voir aussi 
Lisdn, t. IX, p. 255, 281 {i'I-nwmnia'-il, part. act. VIP forme) et t. XV, 
265, 4C0. Abou 'Obéïda (Ma'mar ben el-Mothannà), un des maîtres de 



— 3 — 

affirme, d'après Zohrî, d'après 'Orwa, d'après 'Aïcha elle- 
même, que celle-ci parlait, en décrivant la personne du 
prophète, absolument dans les mêmes termes qu'Abou- 
Tâlib, oncle de Mohammed : 

C'est un homme au teint blanc ; en voyant son visage ou pense 
aux nuages dont on désire la pluie': les orphelins deviennent 
riches; c'est une protection pour les veuves. 

Les inconnus de la tribu de Fihr ben Mâlik cherchent refuge 
auprès de lui ; ils y trouvent une vie agréable et des bienfaits. 

Ses compagnons s'en rapportaient aux vers par lesquels 
Hassan ben Thâbit avait décrit le prophète : 

Par Dieu ! jamais une femme n'a porté et mis au monde d'homme 
comparable au prophète, messager de miséricorde, directeur dans 
la bonne voie. 

Jamais Dieu n'a créé, entre toutes ses créatures, de personne 
plus fidèle à la foi du pacte de protection, ni à une promesse -. 

'Auf ', d'après el-Hasan [el-Baçrî], qui tenait ses rensei- 
gnements d'\\ïcha, rapporte ceci : Àïclia fut interrogée au 
sujet du caractère du prophète de Dieu; elle répondit : 
« Son caractère était conforme à ce qui est dit dans le Qo- 

la lexicographie, était un atîranebi des Qoréïchites, probablement d'ori- 
gine juive, qui adopta les doctrines des Khàridjites; il mourut en 210 
(825) ou 211 (826); Xawawî, p. 748; Filaist, t.'I, p. 5.3; Ibn-Klialiikân, 
éd. Wiistenfeld, a" 741 ; trad. de Slane, t. III, p. o88. 

1. Allusion à l'expression connue : eau du cisar/e, pour signifier la 
gloire et l'honneur. 

2. Ces deux vers figurent dans le Diwàn of Hassan h, Thâbit pu- 
blié par M. Hartwig Hirscbfeld (Gibb Mémorial vol. XIII), p. 59, 

n° CXXXIV, vers 2 et 3, avec les variantes <^\ pour ^iit, l3'}\ J^^ 

pour 1.2- j\ ^ et le 1" hémistiche du second vers ainsi lu : 

Ils font partie des deux élégies dont l'éditeur a pu dire qu'elles se dis- 
tinguent « by deep feeling » et compensent réellement pour le lecteur 
l'insipidité de beaucoup d'autres (Introduction, p. 7). 

3. 'Auf ben Màlik el-Achdja'î, cf. t. II, p. 151, n. 3. 



— 4 — 

ràn : « Certes, tu as d'immenses qualités intérieures' ». Ez- 
Zohrî% d'après 'Orwa', qui s'appuyait sur l'autorité d'Ibn- 
'Abbâs, nous informe que ce dernier rapportait en ces 
termes les qualités qui distinguaient le prophète : « C'était 
l'homme qui avait les qualités les plus nobles et la main la 
plus généreuse. Lorsqu'il entra à la Mecque qu'il venait de 
prendre par la force du sabre, il disait : Que pensez-vous? 
que dites-vous ? Et l'on s'empressait de répondre : a Nous 
ne pensons et ne disons que du bien ; tu es un frère noble, 
fils d'un frère noble ; et voici que tu es puissant ». Moham- 
med dit alors : « Je répéterai les paroles de mon frère Joseph : 
Point de reproches sur vous aujourd'hui : Dieu vous par- 
donnera'' ». Et, de fait, il leur pardonna à tous. 

D'après la tradition rapportée par Anas, serviteur du pro- 
phète', celui-ci revêtait des vêtements de lin, cousait ses 
chaussures, trayait ses brebis, balayait sa maison, montait 
sur son âne en croupe, répondait affirmativement aux de- 
mandes des esclaves ; il était notre modèle, [disait-il]. 

'Omar ben el-Khattâb n'admettait, pour l'établissement 
du texte du Qorân, que les versets appuyés par le témoi- 
^nae-e de deux témoins iustes. Un homme était venu lui 
apporter ce verset : « Il vous est arrivé un messager pris 
parmi vous ; vos iniquités lui pèsent ; il est désireux de 
vous voir vrais croyants ; il est compatissant, miséricor- 
dieux" ». — « Allons, dit X)mar, considère ton témoignage 

1. Qov., LXVIIl, 4. 

2. Le traditionniste Abou-Bekr Mohammed ben Moslim Ibn-Chihâb, 
mort en 124 (742). Cf. Nawawî, p. 117; Ibn-Khallikân, n° 574, et trad. 
t. II, p. 581 ; Ibn-Qotéïba, Madrif, p. 239. 

3. Fils d'ez-Zobéïr ben el-'Awwâm et frère de l'anti-khalife 'Abdallah, 
mort en 91 (710) ou 94 (713). Il était né de la même mère que son frère 
"Abdallah, c'est-à-dire Asmâ, flUe du Khalife Abou-Bekr. Cf. Nawawî, 
p. 420; Ibn-Khallikân, n" 427 et trad. t. II, p. 199; Ibn-Qotéïba, p. 114. 

4. Oo;-.,XII, 92. 

5. Anas ben Màlik lut au service du prophète pendant la durée de 
son séjour à Médine; cf. Nawawi, p. 165. 

'6. Qor., IX, 129. 



o — 



comme admis, bien qu'il soit seul, car le prophète était effec- 
tivement ainsi ». 

Quant aux récits des conteurs de profession, à savoir que 
Mohammed marchait de pair avec les hommes les plus 
grands sans être en retard sur eux,, et marchait avec les 
courtauds sans les devancer dans la marche ; qu'il se tenait 
debout au soleil sans qu'on vît son ombre : qu'il égalait la 
marche du coursier excellent, qui ne pouvait le dépasser; 
que, lorsqu'il dépouillait ses vêtements, on n'apercevait pas 
ses parties honteuses ; que ses excrétions ne répandaient 
aucune odeur, tout cela repose sur des traditions qui ne 
sont pas authentiques, et on n'a jamais connu d'homme qui 
fût naturellement ainsi. 



ANCÊTRES DU PROPHÈTE 

Nous avons déjà parlé de sa généalogie et de la diversité 
des opinions à ce sujet, d'une manière qui nous dispense d'y 
revenir\ Il suffira de rappeler qu'il est Mohammed, fils 
d" Abdallah [qui faillit être] égorgé, fils d"Abd-el-Mottalib 
[surnommé] C^héïbat el-Hamd, celui qui nourrit les oiseaux 
et abreuva les pèlerins, fils de 'Amr [surnommé] le distri- 
buteur de bouillie, l'interrupteur des haines et le coutumier 
de la concorde, fils d'el-Moghîra 'Abd-Manâf, l'œuf^ de 
Qoréïch, fils de Qoçayy, l'assembleur des tribus. Qoçayy 
fut le premier des Qoréïchites qui parvint au pouvoir. 



MÈRES DU PROPHÈTE 

Sa mère, celle qui le mit au monde, est Âmina, fille de 
Wahb ben 'Abd-Manâf ben Zohra ben Kilâb ben Morra ben 
Ka b ben Lo'ayy ben Ghàlib ben Fihr. La généalogie du pro- 



1. T. IV, p. 103, 123. 

2. C'est-à-dire le centre, le principal personnage. 



— 6 — 



pliète remonte ainsi à Kilâb par cinq générations du côté de 
son père comme de celui de sa mère. Sa mère n'eut ni frère 
ni sœur, de sorte qu'il n'eut ni oncle, ni tante du côté ma- 
ternel ; toutefois, les Banou-Zohra prétendent qu'ils sont 
ses oncles maternels, parce que sa mère Âmina était de leur 
tribu. 



grand'mères du prophète du côté paternel 

La mère de son 'père 'Abdallah était Fâtima bent 'Amr 
ben 'Âïdh ben 'Imrân ben Makhzoùm, et la mère du père 
d" Abdallah, 'Abd-el-Mottalib ben Hàchem, était Selmâ 
bent 'Amr, de la tribu des Banou'n-Nadjdjâr, qui, avant 
d'épouser Hâchem, avait été la femme d'Ohaïha ben el- 
Djolah et lui avait donné 'Amr ben Ohaïha, qui se trouvait 
ainsi frère utérin d"Abd-el-Mottalib. 

La mère de Hâchem était 'Atika bent Morra, de la tribu 
des Banou-Soléim, et celle d"Abd-Manâf était 'Âtika bent 
Hilàl, ou, suivant une autre version, Hobba bent Holéïl el- 
Khozâ'i. Les généalogistes ont fait remonter toutes ces 
filiations jusqu'à leur origine, et si nous les suivions, nous 
renoncerions à la condition que nous avons posée, celle de 
la concision ; mais nous nous sommes bornés à ce qu'en ren- 
ferment les livres, parce que c'est plus satisfaisant et suffi- 
sant, ces livres ayant été mis à part et institués dans ce but. 
Ce livre-ci renferme différentes brandies, et il n'est pas 
possible d'y approfondir et d'y compléter l'une des branches 
[à l'exclusion des autres]. 



GRAND MERES DU PROPHETE DU COTE MATERNEL 

La mère de sa mère Âmina bent Wahb était Barra bent 
'Abd-el-'Ozzà ben 'Othmân ben 'Abd-ed-dàr ben Qoçayy ; 
la mère de Barra était Omm-Habib bent Asad ben 'Abd-el- 



— 7 — 

'Ozzà ben Qoçayy ; la mère de Omra-Habib était Barra 

bent 'Auf. 

La mère d'\\bcl-Manàf (père de Wahb), était Zolira, 
à laquelle remonte la généalogie de sa descendance, à 
l'exclusion du père. Abou 'Obéïda dit à ce propos : On 
ignore le nom du père d"Abd-Manâf ben Zohra, car Zohra 
est sa mère; toutefois on lui donne la place du père en 
prenant ce nom pour un nom d'homme, et l'on dit que 
Zohra était fils de Kilàb ben Morra et frère de Qoçayy, et 
que la mère de Zohra et de Qoçayy était Fâtima bent SaM, 
de la tribu des Azd d'es-Sarât. 

Quant aux grand-pères, je les ai fait connaître dans la 
généalogie des pères. 



ONCLES PATERNELS DU PROPHETE 

'Abd-el-Mottalib avait dis enfants mâles et six filles. 
Les garçons furent \\bdallah, El-Hârith, ez-Zobéïr, Dirâr, 
el-Moqawwam, Hamza, el-'Abbâs, Al^ou-Tâlib dont le nom 
était proprement 'Abd-Manâf, Hadjl dont le nom était 
el-Ghaïdaq, Abou-Lahab dont le nom était 'Abd-el-'Ozzâ, 
[et six filles] \\tika, Çafiyya, Oméima, Barra, Arwà, 0mm- 
Hakim dite el-Béïdà. Parmi ces oncles paternels, il n'y eut 
que Hamza et el-'Abbâs à se convertir à l'islamisme, et 
parmi les tantes paternelles, Çafiyya ; on dit cependant 
aussi qu'Arwà se convertit. Les Chiites prétendent toute- 
fois qu'Abou-Tàlib était musulman ainsi qu"Ab lallah, le 
père du prophète. Certains d'entre eux prétendent même 
que, jusqu'à Adam, il n'y eut pas un seul infidèle dans la 
généalogie de Mohammed. 

Ces oncles eurent différentes mères qu'il n'entre pas dans 
nos intentions de mentionner ici. 



— 8 — 



COUSINS DU PROPHETE 



'Abdallah n'eut pas d'autre enfant que Mohammed ; el- 
Ghaïdaq, Dirâr, el-Moqawwam, Hamza ne laissèrent pas de 
postérité; Hamza avait toutefois un fils appelé 'Omâra (d'où 
la konya Abou-'Omâra) et une fille appelée Bent-Abiha 
(fille de son père), mais ceux-ci ne laissèrent pas d'enfants. 
Quant à Abou-Lahab, il fut père d"Otba, de 'Otéïba, de 
Mo'tab et de plusieurs filles, dont la mère fut Omm-Djémîl 
bent Harb ben Omayya, tante paternelle, par conséquent, 
de Mo'âwiya ben Abi-Sofyân [ben Harb] ; il eut encore 
pour fils Naufal, el-Moghira, Rabi'a, 'Abd-Chems et Arwà, 
qui laissèrent une descendance et devinrent musulmans. 
Quant à ez-Zobéïr ben 'Abd-el-Mottalib, il était poète ; il 
fut le père d"Abdallah ben ez-Zobéïr qui se convertit et ne 
laissa pas de descendance. Ez-Zobéïr eut des filles parmi 
lesquelles Dobâ'a, qui épousa el-Miqdâd ben el-Aswad, et 
Omm-Hakim. 

Abou-Tâlib fut père d"Ali, d"Aqîl, de Dja'far, d'Omm- 
Hàni', dont la mère était Fâtima bent Asad ben Hâchem 
ben 'Abd-Manâf ; tous devinrent musulmans et eurent une 
postérité, à l'exclusion de Tâlib, fils d'Abou-Tâlib. 

El-'Abbâs, fils d"Abd-el-Mottalib, eut douze enfants : 
'Abdallah, 'Obéïd-allah, el-Hârith, Oméyya, 'Abd-er-Rah- 
man, Ma'bad, Qotham, el-Fadl, Thomâm, Kéthir, Çafiyya, 
Omm-Habîb; tous devinrent musulmans, et eurent une 
postérité, sauf el-Fadl, qui n'en laissa pas. Nous racon- 
terons leur histoire en son lieu. 



TANTES PATERNELLES DU PROPHÈTE 

Barra, fille d"Abd-el-Mottalib, épousa 'Abd-el-Asad ben 
Hilâl el-Makhzoûmî et fut mère d'Abou-Salama ben 'Abd- 
el-Asad, frère de lait du prophète. Çafiyya, autre fille 



— 9 — 

d"Abd-el-Mottalib, épousa el-'Awwâm ben Khowéïlid ben 
'Abd-el-'Ôzzà et fat mère d'ez-Zobéïr ben el-'Awwâm . 
Oméima, troisième fille d"Abd-el-Mottalib, mariée à Djahch 
ben Riyâb el-Asadi, eut de lui Zéïneb, Hamna, et 'Ab- 
dallah, filles et fils de Djahch. 



NOURRICES DU PROPHETE 

On dit que la première personne qui allaita Mohammed, 
avant Halima bent Abi-Dho'aïb, fut une femme, habitant 
la Mecque, qui se nommait Thowéïba et prit au sein le pro- 
phète, Hamza ben 'Abd-el-xVlottalib et Abou-Salama ben 
'Abd-el-Asad, qui sont ses deux frères de lait; ensuite on 
eut recours à l'office de Halîma bent Abi-Dho'aïb. 

Le nom du père de Halima était 'Abdallah ben el-Hà- 
rith, de la tribu des Banou Bekr ben Hawàzin; celui de 
son mari était el-FIârith ben 'Abd-el-'Ozzà, de la tribu des 
Banou-Sa'd. Les frères et sœurs de lait de Mohammed 
furent 'Abdallah ben el-Hàrith et ses sœurs Onéïsa et Djo- 
dhàma dont le surnom était Ech-Chéîmâ. 

Halîma avait aussi été nourrice d'Abou-Sofyân ben Harb, 
qui se trouvait ainsi le frère de lait du prophète et fit pro- 
fession d'islamisme l'année de la prise de la Mecque. 

La gouvernante du prophète fut Omm-Aïman, affranchie, 
[mère] d'Osàmaben Zéïd. Halima se convertit à l'islamisme, 
ainsi que ses enfants et son époux. 

ÉPOUSES DU PROPHÈTE 

On n'est pas d'accord sur leur nombre; la plupart des 
opinions fixent celui-ci à dix-sept femmes, sans compter les 
concubines'. La première est Khadidja, fille de Khowéïlid; 

1. Tabarî, Annales, I, 1766, compte quinze épouses; le mariage fut 
consommé avec treize ; il en eut onze à la fois, en laissa neuf à sa mort. 



— 10 — 

viennent ensuite Sauda, fille de Zam'a, 'Âïcha, fille d'Abou- 
Bekr, Hafça, fille d"Omar, Zéïneb, fille de Khozéïma, 
Zéïneb, fille de Djahch ; puis Omm-Habiba, Cafiyya, fille de 
Hoyayy ben Akhtab, Djowéïriya, fille d'el-Hàrith ben Abi- 
Dirâr'. Il épousa 'Amra, fille de Zéïd, de la tribu de Kilâb, 
qui avait été avant lui la femme d'el-Fadl ben 'Abbâs. Ibn- 
Ishaq raconte ceci : Elle était jeune dans l'infidélité; quand 
elle s'avança en présence du prophète, elle invoqua Dieu 
contre lui. « C'est là un refuge inaccessible! » s'écria Mo- 
hammed, et il la répudia avant de consommer le mariage'. 
On dit aussi que le prophète l'appela : elle s'écria : « Nous 
donnons des largesses, mais nous ne nous rendons pas aux 
appels ! » Alors il la répudia. Certaines personnes disent 
toutefois que cette aventure est arrivée à Oméïma, fille 
d'en-No'mân ben Chorâhil : lorsque le prophète entra au- 
près d'elle, il lui dit : « Cède-moi. » Elle répliqua : « Est-ec 
qu'une reine ira céder à des goujats ? » — « Va rejoindre ta 
famille », répondit Mohammed. On dit encore que ce cas fut 
celui de Moléïka, de la tribu de Léïth' : Dieu sait mieux la 
vérité ! 

Le prophète épousa encore Asmâ, fille de Ka'b, de la tribu 
de Djaun, mais il la répudia avant la consommation du 
mariage; on dit que c'est parce qu'il avait vu des traces de 
lèpre sur son corps''. Il épousa et répudia de même Fâtima, 
fille d'eçl-Pahhâk". Il épousa une femme de la tribu des 
Banou-Bekr, appelée 'Omâra, dont le père avait fait la des- 
cription à INIahomet, en ajoutant qu'elle n'était jamais ma- 
lade. (( Elle n'a donc aucune part auprès de Dieu ! o s'écria 
le prophète, et il la répudia. 

1. Corrigé d'après TabarL rd. op., 1, 1772, et Ibn-Hichâm, p. 1001. 

2. Cf. Ibn-Hichâm, p. 1001; Ibn-Sa'd, VIII, p. 101, 1. 11 (fille de 
Yézîd, p. 100, 1. 25j. 

3. Très problématique. Cf. Ibn-Sa'd, t. VIII, p. 106.- 

4. Tabarî, id. op., I, 1775, 1. 4. Le nom du père est différent. Ibn- 
Sa'd. VIII, p. 102. 

5. Plus connue sous le nom d'el-Kilâbiyya, Ibn-SaM, VIII, p. 100. 



— 11 — 

Parmi ses concubines étaient Marie la Copte et Réïhâna, 
de la tribu de Qoraizha. Il n'y a que deux de ses femmes 
qui moururent avant lui, Khadidja, fille de Khowéïlid, et 
Zéïneb, fille de Khozéïma. A sa mort, il en laissait neuf, qui 
sont 'Aïcba, Hafça, Omm-Salama, Omm-Habîba, Çafiyya, 
Djowéïriya, Sauda, Maïmoûna, et Zéïneb, fille de Djahch. 

Kbadidja était fille de Khowéïlid ben Asad ben 'Abd-el- 
'Ozzà ben Qoçayy ; sa mère s'appelait Fâtima, fille de Zâïda, 
de la tribu de 'Âmir ben Lo ayy. Quand le prophète l'épousa, 
elle avait quarante ans, tandis que lui n'en avait que vingt- 
cinq. Elle avait été mariée auparavant à 'Atîq ben 'Abdallah 
(ou ben 'Âïdb, d'après une autre version) ' et avait eu de lui 
une fille; puis un second mari lui avait succédé, Abou-Hâla 
Hind ben Zorâra', et elle avait eu de celui-ci Hind ben 
Hind à l'éducation duquel le prophète pourvut, selon la 
tradition rapportée par Sa'îd ben Abi 'Aroùba', d'après 
Qatâda ; mais Ibn-Isliaq dit que le nom d' Abou-Hâla était 
en-Nebbâch ben Zorâra\ et il ajoute qu'elle lui donna un 
fils et une fille. 

Khadidja fut la mère de tous les enfants de Mohammed, 
à la seule exception d'Ibrahim, fils de Marie [la Copte]. Elle 
resta l'épouse du prophète pendant vingt-cinq ans, et il ne 
se maria avec aucune autre jusqu'à sa mort. Elle fut, pour 
Mahomet, un ministre dévoué; elle le fortifia par son dé- 
vouement, l'aida de sa fortune, lui prêta secours par sa 
société. Elle possédait à la fois la beauté du corps et du 
visage, la noblesse et la raison. On dit qu'elle fut la pre- 



1. Comparer la note de E. Prym dans Tabarî, Annales, I, 1766, n. a. 
Il faut intercaler un ,, if , père d"Atîq, entre le nom de celui-ci et celui 
d"Abdallah. Cf. Ibn-Hichâm, p. 1001. 

2. Tabarî, ibid., ne donne pas le nom du fils de Zorâra, il ne cite de 
lui que son konya, mais Nawawi le connaît, p. 838. 

3. T. IV, p. 130. 

4. Selon Tabarî, ce sont les noms du grand-père et de l'arrière grand- 
père d'Abou-Hâla. 



— 12 — 

mière, après le prophète, à se convertir à l'islamisme et à 
accomplir la prière canonique. 

Ibn-Ishaq nous informe que Hichâra ben 'Orwa, qui tenait 
ses renseignements de son père, d'après 'Aïcha, d'après 
'Abdallah ben Dja'far ben Abi-Tâlib, rapporte la tradition 
suivante. Le prophète de Dieu a dit : o J'ai reçu l'ordre 
d'annoncer à Khadidja la bonne nouvelle qu'une maison lui 
était réservée dans le paradis ; elle est bâtie de roseaux qui 
n'ont ni grincement ni malheur ». 'Abd-el-Mélik ben Hi- 
châm a dit [à propos des expressions employées dans cette 
tradition], que le mot qaçab « roseau » désigne ici une perle 
concave ' . 

Ibn-Hichâm a dit ceci : « Une personne que je n'ai pas 
lieu de suspecter m'a raconté que l'archange Gabriel vint 
trouver le prophète et lui dit : « Annonce à Khadidja que 
son Seigneur lui envoie ses salutations. » Khadidja s'écria : 
« Dieu est le salut, et de lui vient le salut ? » 

Elle mourut après la sortie des musulmans du ravin, trois 
jours après la mort d'Abou-Tàlib et trois ans avant l'hégire. 
Après sa mort, Mohammed épousa Sauda, fille de Zam'a. 
Le prophète enterra Khadidja sans prononcer de prière sur 
sa tombe, parce que ce n'était pas [encore] la coutume de 
prier pour les défunts. 

Sauda, avant Mohammed, avait été mariée à es-Sakrân 
ben 'Amr, de la tribu des Banou-'Âmir ben Lo'ayy ; il était 
le frère de Sohéïl ben 'Amr, celui qu'on appelait le posses- 
seur de la paix des infidèles. Es-Sakrân s'était converti 
à l'islamisme et avait émigré en Abyssinie avec Sauda; 
il y mourut', et le prophète lui succéda comme mari. 

Mohammed épousa 'Âïcha à la Mecque un an avant l'hé- 



1. Comparer le Lisàn cl-'Arah, t. II, p. 170 (perle allongée et creuse) ; 
et sur la tradition rapportée, Nawawî, p. 838, d'après el-Bokhârî. 

2. Après s'être converti au christianisme. Tabarî, Ann., 1, 1767, 1. 13. 
Ces renseignements proviennent d'Ibn-Ishaq (Ibn-Hichâm, p. 1001). 
Version dillérente dans Ibn-Sa'd, t. VIII, p. 36. 



— 13 — 

gire; elle avait alors sept ans; le mariage fut célébré à 
Médine et consommé un an après ; quand le prophète mou- 
rut, elle était âgée de dix-huit ans. Elle avait une peau 
blanche imbibée de rouge (c'est-à-dire rosée); c'est pour 
cela que le prophète la surnommait El-Homéirà « la petite 
rouge » ; il lui donnait la konya d'Omm-'Abdallah ; c'est la 
seule femme qu'il épousa vierge. Elle était modeste parmi les 
femmes, agile, intelligente, éloquente, savait rapporter les 
poésies et connaissait par cœur les traditions ; elle a eu des 
aventures que nous mentionnerons à propos de la bataille 
du Chameau. Sa mère était Omm-Roûmân, qui eut aussi 
pour fils 'Abd-er-Rahman, fils d'Abou-Bekr. 'Âïcha mourut 
du temps de Mo awiya, à près de soixante-dix ans. Mo'âwiya 
proposa de l'enterrer dans sa maison, à côté du prophète; 
elle refusa : « Non, dit-elle, parce que j'ai été créée après 
lui. )) On rapporte qu'elle pleura tellement, à la suite des 
malheurs qui lui arrivèrent, qu'elle devint aveugle. 

Hafça, avant d'épouser le prophète, était la femme de 
Khonéïs ben 'Abdallah ben Hodliâfa es-Sehmî ' ; c'est à cause 
d'elle que Mahomet prononça les interdictions auxquelles 
il est fait allusion dans le passage du Qorân : « prophète, 
pourquoi interdis-tu ce que Dieu t'a autorisé à faire'? etc. » 
Elle mourut du temps d"Othmân. 

Zéïneb, fille de Khozéïma ben Ça'ça'a, surnommée la 
mère des pauvres à raison de sa miséricorde et de sa com- 
passion pour eux, avait été mariée à 'Obéïda ben el-Hârith ' ; 
ou, suivant d'autres, à El-Hoçaïnben el-Hârith. Elle mourut 
avant le prophète. 

Zéïneb, fille de Djahch, avait pour mère Oméïma, fille 
d"Abd-el-Mottalib; elle était, par conséquent, fille de la 



1. Khonéïs beu Hodhâfa dans Tab., 'I, 1771, 1. 6; Ibn-Hichâm, 
p. 1002 ; Ibn-Sa"d, t. VIII, p. 56. 

2. Qor., LXVI, 1. Cf. Béïdâwî, II, 340; Tabarî, Tafsir, XXVIII, 90. 

3. Ou plutôt à et-Tofaïl, frère d"Obéïda ; cf. Tab., Ann., I, 1775, 1. 19. 
Ibn-Sa'd, t. VIII, p. 82, a les deux versions. 



- 14 - 

tante paternelle de Mohammed. Mariée à Zéïd ben Hâritha, 
elle fut répudiée par lui et épousée par le prophète. Son 
histoire est racontée dans le chapitre du Qorân qui porte le 
titre de Sourate El-Aludh'. C'était une femme corpulente ; 
elle fut la première à rejoindre le prophète après sa mort, 
la première à être portée sur un brancard'. Elle était une 
créature parfaite'; 'Omar dit : « Que c'est bien, de caclier 
le corps de la femme ! » Cela devint dès lors une coutume. 
On rapporte qu^Omar lui envoya, à titre de pension, la 
somme de cent mille [dirhems] ; elle les distribua sur le 
champ, puis elle éleva les deux mains et s'écria : « Grand 
Dieu ! Ne me fais pas envoyer de don par 'Omar après cela ! » 
Ce qui arriva. 

[Omm-Habiba, fille d'Abou-Sofyàn ben Harb]. De là vient 
(ju'on dit que Mo'âwiya est l'oncle maternel des vrais 
croyants''. Elle avait été mariée à 'Obéïdallali ben Djahch, 
frère de Zéïneb; c'est le prophète qui avait procédé à ce 
mariage ; son mari l'emmena en Abyssinie et s'y convertit 
au christianisme, puis il mourut dans ce pays ; c'est lui qui 
disait : « Nous avons ouvert les yeux, tandis que vous cher- 
chiez à voir'. )) Mohammed envoya 'Amr ben Oméyya eçl- 
Damrî auquel le Négus la maria moyennant la constitution, 
parle prophète, d'un douaire de quatre cents dinars. Elle mou- 
rut du temps de Mo'âwiya. Certains commentateurs du Qorân , 
à propos de ce passage : a Peut-être Dieu établira-t-il une 
amitié entre vous et ceux qui sont vos ennemis" », disent 
qu'elle était sa préférée ; mais Dieu sait mieux la vérité ! 
Elle rejoignit les musulmans avec Dja'far, fils d'Abou-Tâlib. 

Omm-Salama, fille du Makhzoûmite, s'appelait propre- 

1. Qor., XXXIII, .37; Tabarî, Ann., I, 1773, 1. 1. 

2. Sur l'indication d'Asmâ bent 'Omaîs, qui avait vu pr-atiquer cet 
usage en Abyssinie. Nawawî, p. 843, 1. 6; Ibn-Sa'd, t. VIII, p. 79. 

3. Sur ce sens, voir Lisân, t. XI, p. 373, 1. 20. 

4. Farce qu'il était le frère d'une mère des crotjants. 

5. CL Ibn-Hicbâm, p. 784. 
5. Qor., LX, 7. 



— 15 — 

ment Hind et était mariée à Abou-Salama ben 'Abd-el- 
Asad, à qui elle avait donné 'Omar ben Abi-Salama, ainsi 
que Zéïneb bent Al)i-Salama. Elle mourut du temps de 
Mo'âwiya. Ibn-Ishaq dit qu'elle épousa le prophète, qui lui 
assigna comme douaire un matelas rempli de fibres de pal- 
mier, une coupe, uneécuelleet un fourgonpour remuer le feu \ 

[Maïmoûna, fille d'el-Hârith] appartenait à la tribu des 
Banou-'Âmir ben Ça'ça'a; elle était la sœur d'Omra-el- 
Fadl bent el-Hârith, qui était mariée à el-'Abbâs, fils d"Abd- 
el-Mottalib% et fut la mère d" Abdallah, fils d'el-'Abbâs. Le 
prophète l'épousa pendant le pèlerinage dit 'omrat el-qadâ ; 
il lui donna du liais' comme repas de noces, et célébra le 
mariage à Sarif , à dix milles de la Mecque ; elle mourut dans 
cette même localité, au cours d'une visite pieuse à la Mecque, 
sous le khalifat d"Othman. Avant Mahomet, elle avait eu 
pour mari Abou-Ibrahîm ben Qaïs, ou suivant d'autres, 
Abou-Sotra ben Edhem ben Qaïs\ 

[Çafiyya, fille de Hoyayy] ben Akhtab, des Banou'n- 
Naçlîr, mariée auparavant à Kinâna ben Abou'r-Rébf . 
A la prise de Khaïbar, on amena ce Kinâna, dont on disait 
qu'il avait chez lui le trésor des Banou'n-Nadîr ; le pro- 
phète le remit entre les mains d'ez-Zobéïr ben el-'Awwâm 
en lui disant : a Châtie-le jusqu'à ce que nous ayons enlevé 
entièrement ce qu'il a par devers lui. » Alors Ez-Zobéïr se 
mit à lui lancer des silex en pleine poitrine jusqu'à ce qu'il 
fût sur le point de mourir, puis il lui trancha la tète. On 
amena ensuite sa femme Çafiyya, qui avait sur l'œil des 
traces de soufflets. « Qu'est ceci? » dit le prophète. « J'ai 

1. Cf. Ibn-Hichâm, p. 1002. 

2. Version différente dans Ibn-el-Athîr, Chronicon, II, 234. 

3. Dattes pétries avec du beurre et du lait caillé. 

4. Sous ces deux noms déformés, il faut retrouver Abou-Rohm ben 
'Abd-el-'Ozzà et Sakhbara ben Abi-Rohm de Nawawî, p. 855. Com- 
parer aussi Ibn-SaM, VIII, p. 94. 

5. Ben er-Rébî', selon Tabarî, Ann., I, 1773, 1. 8; Ibn-el-Atbîr, II, 
166; Ibn-Hichâm, p. 1003. 



— 16 — 

vu en songe, répondit-elle, que la lune tombait du ciel 
dans mon giron ; je racontai cela à Kinâna, qui me dit : Au 
soir viendra le roi du Hedjaz, Mohammed. » Le prophète 
l'affranchit et constitua cet affranchissement comme son 
douaire. Elle mourut du temps d'Othman; elle avait reçu 
en partage une grande beauté. 

Djowéïriya', fille d'el-Hârith ben Abi-Dirâr, le chef des 
Banou'l-Moçtaliq. Elle fut enlevée comme captive lors de 
l'expédition dirigée contre les Banou'l-Moçtaliq, et échut 
en partage à Thâbit ben Zéïd ben Chemmàs el-Ançârî' ; elle 
conclut, pour se racheter, le contrat dit mokâtébé. C'était 
une femme d'une beauté douce ; personne ne la voyait sans 
en devenir épris. Elle vint trouver le prophète pour lui 
demander son concours en vue de Taccomplissement de 
son contrat mokâtébé. « Veux-tu accepter quelque chose de 
mieux que cela? » lui demanda Mohammed. « Et qu'est- 
ce? )) répliqua-t-elle. « J'accomplirai pour toi le contrat et 
je t'épouserai. » — « Je veux bien », répondit-elle. Ce qui fut 
fait. La nouvelle se répandit parmi le peuple que le pro- 
phète avait épousé Djowéïriya, fille d'el-Hârith ; les gens se 
dirent : « Les Banou-Moçtaliq sont devenus alliés au pro- 
phète par mariage », et ils mirent en liberté les femmes et 
les enfants de cette tribu qu'ils détenaient comme esclaves. 
Il n'y a pas eu de femme dont la bénédiction ait été plus 
grande, pour son peuple, que celle-là'. Je ne sais pas qui 
avait été son mari avant Mahomet''. Elle mourut du temps 
de Mo'âwiya. 

1. Ainsi corrigé d'après Tabarî, 1, 1772, 1.1, Nawawî, p. 831, au lieu 
de Djowéïra du Ms. 

2. Thâbit ben Qaïs, Nawawî, p. 832 ; Ibn-Hichâm, p. 1002 ; Ibn-Sa'd, 
VIII, p. 83. 

3. Ibn-Sa'd, loc. cit. 

4. Çafwân ben Mâlik, son cousin paternel (c'est-à-dire son contri- 
bule), Ibn-Sa'd, loc. cit. ; Masâfi' ben Çafwân, surnommé Dhou' ch- 
Chafréïn, « l'homme aux deux paupières » tué à la bataille de Moraisî' ; 
Nawawî, p. 832. 



— 17 — 

On n'est pas d'accord sur le nom de la femme qui se 
donna elle-même à Mahomet. Ibn-Ishaq dit que ce fut 
Maïmoûna, fille d'el-Hàrith' ; lorsque la demande en ma- 
riage formulée par Mohammed lui parvint, elle était montée 
sur un chameau: « Le chameau et celle qu'il porte appar- 
tiennent au prophète », s'écria-t-elle. On dit aussi que ce 
fut Khaula, fille de Hakîm, ou même Zéïneb, fille de Djahch, 
qui avait l'habitude de dire : « Dieu m'a mariée à lui après 
Zéïd »; ou encore Omm-Charîk, fille de Djâbir'. Cho'ba a 
rapporté, d'après el-Hakam, que Modjâhid, au sujet de ce 
passage du Qorân (XXXIII, 49) : « Une femme croyante, si 
elle se donne au prophète », a dit : a Elle ne se donnerait 
pas\ » 

ENFANTS DU PROPHÈTE 

Ils furent au nombre de sept, ou de huit, suivant dautres, 
tous nés de Khadîdja à la seule exception d'Ibrahim, né 
de Marie la Copte. Sa'îd ben Abi-'Aroûba' rapporte que 
Qatâda' a dit : Khadîdja mit au monde, des œuvres du 
prophète, *Abd-Manâf, du temps du paganisme; et sous 
l'islamisme, elle lui donna deux garçons et quatre filles : el- 
Qâsim (d'où la konya d'Abou'l-Qâsim), qui vécut jusqu'à 
l'âge où il fut en état de marcher, puis il mourwt ; 'Abdallah 
qui mourut en bas âge; Omm-Kolthoûm, Zéïneb, Roqayya, 
et Fâtima. 

Abân, d'après Modjâhid', rapporte qu'el-Qâsim ne vécut 
que sept nuits avant de mourir. 

1. Cf. Ibn-Sa'd, VIII, p. 98, 1. 3. 

2. Cf. Ibn-Hichâra, p. 1004; Ibn-Sa^d, VIII, 110 et 113. 

3. Modjâhid était de l'opinion que Mahomet n'avait pas de femme 
dans cette condition; cf. Tabarî, Tajsir, t. XXII, p. 15, 1. 15, avec la 

variante ^^J J;l. 

4. Cf. t.' IV, p. 130. 

5. Cf. t. II, p. 40. 

6. Cf. t. I, p. 137. 



— 18 — 

Dans le livre d'Ibn-Ishaq, il est écrit que l'aîné des enfants 
fut el-Qàsim, puis vinrent et-Tayyib et et-Tâhir, et que 
l'aînée des filles était Roqayya, puis Zéïneb, ensuite 0mm- 
Kolthoûm et enfin Fâtima. Il ajoute encore ceci : Quant à 
ses fils, ils moururent du temps du paganisme; ses filles, 
au contraire, atteignirent l'époque de l'islamisme et émi- 
grèrent. 

El-Wâqidî s'exprime ainsi : Je n'ai pas vu que les gens 
de notre parti admettent l'existence d'et-Tayyib ; ils pré- 
tendent qu'et-Tayyib est le même qu'et-Tâhir; celui-ci et 
el-Qâsim moururent avant la mission prophétique. D'autres, 
au contraire, disent qu'et-Tayyib a été nommé et-Tâhir 
parce qu'il est né du temps de l'islamisme. Dieu sait mieux 
la vérité ! 

Ibrahim, fils du prophète, eut pour mère Marie la Copte ; 
el-Moqauqis, roi d'Alexandrie', [l'avait envoyée] avec sa 
sœur Chîrîn ; le prophète donna celle-ci au poète Hassan ben 
Thâbit, en compensation des coups que lui avait appliqués 
Çafwân ben el-Mo'attil dans l'affaire du mensonge' ; elle lui 
donna 'Abd-er-Rahman ben Hassan, qui se trouva être le 
cousin' d'Ibrahîm. Celui-ci mourut âgé d'un an et dix mois. 
Le prophète s'écria, à cette occasion : « Il a une nourrice qui 
achèvera de l'allaiter dans le paradis, dont il sera l'un des 
moineaux. » Le soleil eut une éclipse ce jour-là même, et le 
peuple prétendit que c'était à l'occasion de la mort d'Ibrahîm 
que ce phénomène avait lieu. Le prophète dit : « Le soleil et 
la lune sont deux signes divins qui ne s'éclipsent pour la mort 



1. Le titre de mor/auqis, -/.a-jy-to;, remontant probablement à la con- 
quête perse sous Khosrau Parwîz, antérieurement à la reprise du pays 
par Héraclius, n'a pas encore été expliqué d'une façon satisfaisante. 
Voir p. Casanova, Mohammed et la fin du monde, p. 26 et suivantes; 
G. Wiet, dans la note 2, t. I, p. 119, de sa publication du texte des 
Khitat de Maqrîzî. 

2. L'accusation d'adultère portée contre 'Àïcha. 

• 3. Littéralement, le fils de la tante maternelle; comparer Nawawî, 
p. 204 ; Ibn-Hadjar, Içàha, p. 652. 



— 19 — 

ni pour la vie de personne ; lorsque vous verrez ce phéno- 
mène se produire, ayez recours à la prière canonique. » Ma- 
homet fit enterrer son fils auprès d"'Othmân ben Mazh'oûn, 
et il dit : « Les yeux pleurent et le cœur est triste, mais 
nous ne disons rien qui puisse mettre Dieu en colère. » Marie 
mourut sous le khalifat d"Omâr ben el-Khattâb. 

Roqayya, fille du prophète, avait été mariée par lui à 
'Otba ben Abi-Lahab, tandis qu'il mariait Omm-Kolthoùm 
à 'Otéïba, frère du premier. Les Qoréïchites allèrent trouver 
ces deux individus et leur proposèrent de répudier les deux 
femmes, moyennant quoi ils leur feiaient épouser celles 
qu'ils voudraient dans la noblesse qoréïchite. Quand les 
deux répudiations furent effectuées, le prophète fit épouser 
Roqayya à 'Othmân ben 'Afïân, qui suivit son mari en 
Abyssinie lors des deux émigrations ; dans la première, elle 
eut une fausse couche, dans le vaisseau qui la transportait, 
ce qui prouve qu'elle aurait pu avoir un enfant pendant 
le paganisme; ensuite elle eut d^Othmân 'Abdallah qui 
vécut jusqu'à l'âge de six ans, où un coq lui creva l'œil à 
coups de bec : son visage enfla et il mourut'. Roqayya mou- 
rut à Médine l'an 3 de l'hégire. Alors le prophète donna à 
'Othmân son autre fille Omm-Kolthoûm qui habita chez lui 
pendant cinq ans, et mourut l'an 8 de l'hégire. On rapporte 
que le prophète a dit : « Si j'avais une troisième fille, je la 
marierais à Abou-'Omar ('Othmân). » C'est à raison de ce 
double mariage qu"Othmân porte le surnom de DhoiVn- 
noûréïn (l'homme aux deux lumières)'. 

Zéïneb fut mariée à Abou'l-'Âç el-Qâsim ben er-Rébî' 
ben 'Abd-el-'Ozzà ben 'Abd-Chems, dont la mère, Hâla bent 
Khowéïlid, était la sœur de Khadîdja; Abou'1-Âç était, par 
conséquent, le cousin de Zéïneb, comme elle était sa cou- 



1. Djâhizh, Kitâh el-Hat/aicân, t. I, p. 189; Cl. Huart, dans le Jour- 
nal asiatique, XP sér., t. I (1913), p. 217. 

2. Sur ce surnom, voir les observations du R. P. Lammens, Fâtima 
et les filles de Mahomet, p. 4, note 3. 



— 20 — 

sine. Lorsque 'Otba et 'Otéïba, les deux fils d'Abou-Lahab, 
répudièrent Roqayya et Omm-Kolthoûm, les Qoréïchites 
proposèrent à Abou'l-'Aç d'en faire autant à l'égard de 
Zéïneb, moyennant quoi ils lui accorderaient la main de la 
fille de Sa'îd ben el-'Àç : « Je ne me séparerai pas de ma 
compagne )), dit Abou'l-'Aç. Le prophète faisait ordinai- 
rement l'éloge de son gendre. Quand il eut émigré à Médine 
et qu'il eut envoyé Abou-Râfi' et Zéïd ben Hâritha pour ra- 
mener sa famille et ses filles, Abou'l-'Aç empêcha Zéïneb 
d'aller rejoindre son père. Abou'l-'Âç fut fait prisonnier à 
la bataille de Bedr; pour le racheter, Zéïneb envoya une 
somme dans laquelle se trouvait compris un collier ayant 
appartenu à sa mère Kliadîdja et dont celle-ci l'avait parée 
le jour de son mariage avec Abou'l-'Aç. Quand le prophète 
vit ce collier, il se souvint de ce qui s'était passé, et fut pris 
d'une compassion considérable pour sa fille; il comprit que 
si elle avait eu quelque excédent entre les mains, elle 
n'aurait jamais envoyé ce collier. Il dit [à ses compagnons] : 
« Si vous jugez à propos de mettre en liberté ce prisonnier et 
de lui rendre ce collier, relàchez-le sans rançon. » Moham- 
med lui demanda de laisser sa fille revenir auprès de son 
père. En efïet, quand il fut de retour à la Mecque, son mari 
lui dit : (( Retourne auprès de son père. )) Elle rassembla ses 
bagages et partit pour Médine. Ensuite Abou'l-'Âç se mit 
en route pour la Syrie en vue d'un commerce qu'il entre- 
prenait ; il fut rencontré par une expédition envoyée par 
Mohammed qui s'empara de tout ce qu'il possédait, mais 
non de sa personne, car il les dépista en s'enfuyant ; il entra 
à Médine pendant la nuit et alla se réfugier auprès de 
Zéïneb, qui lui accorda sa protection. Au matin, le prophète 
fit annoncer par un tekhir la prière de l'aurore ; Zéïneb 
frappa dans ses mains et cria, du rang des femmes où elle 
se trouvait : « O peuple, sachez que j'ai accordé ma pro- 
tection à Abou'l-'Àç ben er-Rébî\ » 
Lorsque le prophète eut prononcé la salutation finale de 



— 21 — 

la prière, il dit : « Avez-vous entendu ce que j'ai entendu ? » 
— « Oui, prophète de Dieu, lui répondit-on. » — « Par celui 
qui tient mon âme entre ses mains, je n'ai point su que le 
moindre des musulmans pût protéger quelqu'un contre eux. » 
Ensuite il alla trouver sa fille et lui dit : « Sois généreuse 
dans sa récompense, mais qu'il ne parvienne pas jusqu'à t(n ; 
car tu n'es pas licite pour lui. « Ensuite il envoya dire aux 
gens qui avaient pris part à l'expédition de lui rendre ce 
qu'ils lui avaient enlevé; ce qu'ils firent, même jusqu'à une 
vieille outre et à un morceau de bois faisant partie d'un bât. 
Abou' l-'Âç emporta tout cela à la Mecque et remit à chacun 
ce qui lui revenait ; puis il cria : a assemblée des Qoréïchites, 
est-il resté à quelqu'un d'entre vous quelque chose à me récla- 
mer?» — « Dieu te récompense en bien, dirent-ils, car 
nous t'avons trouvé exact et fidèle. » — Il s'écria alors : 
« J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu, et je témoigne que 
Mohammed est son serviteur et son envoyé. » Puis il partit 
pour Médine '. 

Zéïneb avait mis au monde un garçon nommé 'Ali ben 
el-'Àç et une fille appelée Omàma. Cet 'Ali était placé en 
nourrice dans la tribu des Banou-Ghàdira ; le prophète le 
fit sevrer, alors que son père était encore polythéiste, et 
dit : (( Comment pourrait-il être associé à moi pour l'édu- 
cation de mon fils ? Je le mérite mieux que lui. » 

Omàma est cette personne dont on rapporte que le pro- 
phète faisait la prière en la tenant sur l'épaule; quand il se 
prosternait, il la déposait à terre, et lorsqu'il se tenait de- 
bout, il l'enlevait dans ses bras'. 

Zéïneb mourut l'an 10 de l'hégire. Omàma était alors 
dans le giron d"Ali, fils d'Abou-Tàlib, qui prescrivit à el- 
Moghîra ben Naufal ben el-Hàrith ben 'Abd-el-Mottalib de 

1. Voir le même récit dans Ibn-Hichâm (d'après Ibn-Ishaq), p. 464 
et suivantes; Ibn-Hadjar, Içâba, t. IV, p. 598 (d'après el-Wàqidî et 
Ibn-Ishaq); Ibn-Sa'd, t. VIII, p. 20 et suivantes. 

2. Cf. Ibn-Hadjar, id. op., t. IV, p. 448; Bokliàrî, trad. Houdas, t. IV, 
p. 146. 



— 22 — 

l'épouser, parce qu'il craignait qu'elle ne devint la femme 
de Mo'âwiya'. El-Moghîra, qui fut cadi de Médine du temps 
d"Othman, l'épousa ; elle eut de lui Yal.iya ben el-Moghîra, 
qui ne laissa pas de descendance. 

Fâtima était la plus jeune de ses filles ; il la maria à 'Ali, 
fils d'Abou-Tâlib, un an après son entrée à Médine, et il lui 
donna comme douaire le prix d'une cotte de mailles qui lui 
appartenait, valant quatre cents drachmes. Le mariage fut 
consommé un an après sa célébration. Fâtima fut mère d'el- 
Hasan, l'an 3 de l'hégire; elle conçut [ensuite] el-Hoséïn; 
il s'écoula cinquante jours entre sa conception et sa venue 
au monde'. Elle enfanta ensuite Mohassin, qui est celui 
dont les Chi'ïtes prétendent que sa mère le mit au monde à 
la suite des coups portés par 'Omar. Beaucoup d'historiens 
ne connaissent pas ce Mohassin, Fâtima donna encore le jour 
à Omm-Kolthoûm l'aînée et à Zéïneb l'aînée ; la totalité de 
ses enfants fut, en conséquence, de cinq. Elle mourut cent 
jours après le prophète, ou suivant d'autres, trois mois. 
'Ali refusa de prêter serment entre les mains d'Abou-Bekr 
tant que Fâtima n'était pas enterrée. Ibn-Da'b prétend 
qu'elle mourut en blâmant Abou-Bekr et 'Omar; Dieu sait 
mieux la vérité ! Elle était la préférée des filles du prophète, 
celle qui le caressait le plus. 'Ali n'épousa pas d'autre femme 
qu'elle jusqu'à sa mort. Que la satisfaction de Dieu s'étende 
sur eux tous ! 

PETITS-FILS DU PROPHÈTE 

Ce sont 'Abdallah ben 'Othmân, 'AU ben Abi'l-'Aç, 
Omâma bent Abi'l-'Âç, el-Hasan, el-Hoséïn, Mohassin, 
Omm-Kolthoûm, et Zéïneb, en tout huit personnes. 

1. Comparer les remarques de H. Lammens, Fâtima et les filles de 
Mahomet, p. 126; Içâha, t. IV, p. 450. 

2. C'est ce que dit le texte; mais il paraît qu'on a entendu plus tard 
qu'il s'écoula cinquante jours entre la naissance d'el-Hasan et la concep- 
tion d'el-Hoséïn, si l'on rapproche ce passage de celui du Habib es-Siyar 
de Khondémîr, t. II, 1" partie, p. 20, 1. 23, qui est clair. 



— 23 



SES ESCLAVES ET SES SERVITEURS 

Ce sont Zéïd benHâritha ben Chorahbîr el-Kelbî, Abou- 
Râfi' dont le nom était Sâlim', Séfîna, Yasâr, Abou-Mo- 
waïhiba,Thaubân,Choqrân, Abou-Kabcha, Abou-Doméïra', 
Wahba, Fodàla ', Mid'am, Andjacha ; et parmi ses servantes 
Réïhâna el-Qorazhiyya, Marie la Copte, Çafiyya, 0mm- 
Aïman dont l'on dit aussi quil l'avait héritée de son père, 
ainsi que Choqrân. Quant à Abou-Bakra Nofaf ben el-Hâ- 
rith ben Kalada, le médecin des Arabes, le prophète, quand 
il mit le siège devant la ville de Tàïf, dit : « Tout esclave 
qui descendra de la ville sera libre. )) Abou-Bakra descendit 
alors au moyen d'une corde'. Sa mère était Somayya, elle fut 
aussi la mère de Ziyâd ben Abi-Sofyân^ Abou-Bakra, en 
mourant, laissa quarante enfants, tant garçons que filles ; 
Mo'âwiya changea son patronage' et le plaça dans la tribu 
de Thaqîf [où il resta] jusqu'au moment où [le khalife ab- 
basside] el-Mehdî le restitua au patronage du prophète; 
il rétablit aussi la généalogie de Ziyâd ben 'Obéïd, dont 
la famille se prétendait issue d'Abou-Sofyàn, en la faisant 
remonter à leur ancêtre 'Obéïd; il écrivit à ce sujet une 
lettre adressée aux gouverneurs des différentes régions et 



1. Forme donnée par Ibn-Ishaq op. Ibn-el-Athîr, Osd el-ghâba, t. II, 
p. 234. 

2. Aslaoi dans Tabarî, Ann. I, 1778 ; Xawawi, p. 715: Ibn-el-Athîr, 
ici. op., t. V, p. 191. 

3. Le texte porte Abou-Damra ; Tab-, ici. op. I, 1781 ; Ibn-Hadjar 
el-'Asqalâni, Içà.ba, t. IV, p. 203. 

4. Tab., id. op. I. 1780; Nawawî, p. 35; et plus loin. p. 26. 

5. Ibn el-Athîr, Ose/, t. V, p. 38 et 151 ; Nawawî, p. 677. Sur le sens 
de tadallà, Yoiv Lison, t. XVIII, p. 291. Abou Bakra signifie « l'homme 
à la poulie ». 

6. Autrement dit Ziyâd ben Abîhi, frère légitimé du khalife Mo'â- 
wiya, sur lequel on peut voir la monographie du R. P. Lammens, dans 
le t. IV de la Rivista deijli studi orientait. 

7. WakV, les rapports de l'aflranchi (Maulà) avec son patron. 



— 24 — 

contrées, laquelle fut lue dans les chaires des' mosquées, et 
cette histoire devint publique. 

Quant à Zéïd ben Hâritha, certains traditionnistes disent 
que Khadîdja l'avait acheté sur le marché d"Okâzh pour le 
prix de quatre cents drachmes, et fit présent de lui au pro- 
phète qui l'affranchit et l'adopta pour son fils ; on l'appelait 
Zéïd ben Mohammed jusqu'au moment où fut révélé le 
verset du Qorân : « Appelez-les d'après leurs pères' », etc. 
Mohammed lui fit épouser Omm-Aïman, son affranchie, qui 
eut de lui Osâma ben Zéïd : cet Osâma eut deux fils auteurs 
de traditions, appelés l'un Mohammed et l'autre el-Hasan. 
Ibn-Ishaq dit [au contraire] qu'un neveu de Khadîdja avait 
ramené des esclaves d'un voyage en Syrie, et lui donna Zéïd, 
qui était agréable et adroit ; Mohammed le lui demanda ; 
elle lui en fit présent ; il l'afïranchit et l'adopta. Hâritha, son 
père, avait éprouvé une inquiétude immense ; il vint le cher- 
cher en disant ces vers : 

J'ai pleuré sur Zéïd, et je ne sais pas ce qu'il a fait ; est-il vivant 
et peut-on espérer le revoir, ou le destin est-il venu le surprendre ? 

Par Dieu ! je ne sais pas, et je vais demander si c'est la plaine 
ou la montagne qui t'a ravi subitement loin de moi. 

Plût à Dieu que je sache si la fortune est un retour pour toi ; en 
fait de bonheur, il me suffirait de ton retour, s'il est gai. 

Le soleil, à son lever, me le rappelle; quand il se couche, cela 
encore me représente son souvenir. 

Tant que je vivrai plein d'action, je stimulerai le pas des cha- 
melles jaunâtres ; je ne m'ennuierai pas de tourner en rond, ou 
bien le chameau se dégoûtera. 

Et cela toute ma vie, à moins que mon destin ne s'achève, car 
tout homme doit périr, quand même l'espérance le rendrait pré- 
somptueux*. 

Le prophète lui dit : a Si tu veux, reste auprès de nous, 

1. Qor., XXXIII, 5. 

2. Ces vers sont cités par Ibn el-Athîr, Osd, t. II, p. 234, Ibn Hichâm, 
p.. 160, et Diyârbekrî, Kliamis, t. II, p. 73, qui en donnent un ou deux 
de plus. 



— 25 — 

ou si tu le préfères, va-t-en avec ton père. » Zéïd répondit : 
« Je resterai auprès de toi. » [En effet], il ne cessa pas de 
demeurer auprès du prophète jusqu'au moment où il fut 
tué à la bataille de Mo'ta (Dieu ait pitié de lui!). 

On dit qu'el-'Abbâs avait fait présent d'Abou-Ràfi' au 
prophète ; lorsque cet esclave vint lui annoncer qu'el-'Abbâs 
s'était fait musulman, le prophète [en récompense] l'affran- 
chit et lui fît épouser une de ses affranchies nommée Selmà ; 
elle lui donna deux enfants/Abd-allah et 'Obéïd-allah ; le 
premier fut un des nobles de Médine, et le second fut secré- 
taire d"Alî, fils d'Abou-Tâlib (que Dieu soit satisfait de lui 
et le satisfasse !). 

Séfina; les uns disent que son nom était Mihrân, et les 
autres qu'il s'appelait Rabàh; le prophète l'avait surnommé 
Séfina (navire) parce que, au cours d'un voyage, tous ceux 
qui étaient fatigués et rompus jetaient sur lui une partie 
de leurs effets ; mais on dit aussi que c'est parce qu'il leur 
fit traverser une rivière'. C'est lui qui a rapporté le hadîth 
suivant : o Après moi, le khalifat sera de trente [ans] ; en- 
suite ce sera un roi '. » 

Choqrân ' ; on dit que Mohammed l'avait hérité de son père, 
mais on dit aussi qu'il l'avait acheté d"\4bd-er-Rahman ben 
'Auf ; il l'affranchit; c'est lui qui a rapporté le fait suivant : 
« C'est moi, a-t-il dit, qui ai jeté le morceau de soie sous 
le corps du prophète dans son tombeau. » Son nom était 
Çâlih\ 

[Thaubân] portait la konya d'Abou 'Abdallah : c'est lui 
qui. dans la mosquée de Damas, a dit : « C'est moi qui ai 
versé l'eau sur les mains du prophète et qui lui ai donné 



1. Cf. Nawawî, p. 290 et suiv. 

2. Cf. Ibn el-Athîr, Osd, t. II, p. 324. 

3. Le ms. porte par erreur Yasâr ; cf. Nawawî, p. 317. 

4. Pourtant Ibn-SaM, t. II, 2' part., p. 76, 1, 27, fait deux person- 
nages différents de Çalih et de Chokrân. Sur le jet du morceau de soie, 
voir ibid., p. 75, 1. 15 et suivantes. 



— 26 — 

une coupe, de sorte qu'il a rompu le jeûne. » Il mourut à 
Homs, où il y a une maison d'aumônes qui porte son nom. 

[Yasâr] était Nubien; il fut tué par les 'Oréïnites lors- 
qu'ils firent une incursion sur les chamelles du prophète ; 
ils lui coupèrent les pieds et les mains, et enfoncèrent des 
épines dans sa langue et ses yeux ' . 

[Abou-Kabcha] avait pour nom Soléïm ; il mourut le jour 
où 'Omar fut élu khalife, ce fut celui-ci qui prononça la 
prière sur sa tombe et le fit enterrer ^ 

[Mid'am] est celui qui avait dissimulé un morceau de 
soie parmi les dépouilles de Khaïbar, et le prophète dit, 
après qu'il eut péri les armes à la main : « Le vêtement 
qu'il a dissimulé le jour de Khaïbar brûlera sur son corps 
dans l'enfer \ » 

[Abou-Doméïra], affranchi du prophète, est un de ceux 
que Dieu lui avait livrés comme butin ; Mahomet dressa pour 
lui un écrit portant sa généalogie, qui existe encore aujour- 
d'hui entre les mains de ses descendants. 

Abou-Mowaïhiba est celui qui sortit en compagnie du 
prophète à Baqî', [le cimetière de Médine] : le prophète de- 
manda pardon pour les morts, et revint la nuit même où 
commença sa maladie \ 

Wahbaet Foçlala furent de ceux que Dieu lui avait attri- 
bués comme butin. 

Andjacha est celui qui menait la caravane en voyage, et 
auquel Mohammed dit : « Plus doucement, ô Andjacha' ! » 

On dit que Selmân était un des affranchis du prophète, et 



1. Cf. t. IV, p. 207. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 349, et t. V, p. 282; Kâmii, t. II, 
p. 2.37. 

3. Cf. t(^. o;)., t. IV, p. .341. 

4. Cf. t. II, p. 99; Ibn-el-Athîr, Osd, t. V, p. 310; Ibn-Sa'd, t. II, 
2, 9, 1. 27. 

5. Ibn-el-Athîr, Osd, t. I, p. 121; Nawawî, p. 164; Noûr-ed-dîn 
'Alî el-Halébî, Sira, t. III, p. 553. 



— 27 — 

que c'est pour cela que celui-ci a dit : « Selmân est un des 
nôtres, gens de la maison'. » 

Anas ben Mâlik servit le prophète pendant dix ans'. 

MONTURES DU PROPHÈTE 

Celles dont on a conservé les noms sont six chevaux, Es- 
Sakb, Lizâz, el-Zharib, el-Ward. el-Lohaïf% el-Mortadjiz ; 
c'est ce dernier que Mohammed avait acheté à un Bédouin, 
puis un autre le lui marchanda pour un prix supérieur ; 
le Bédouin nia l'avoir vendu au prophète jusqu'au moment 
où se présenta comme témoin Khozéïma ben Thâbit, celui 
que l'on appelle l'homme aux deux témoignages ; le prophète 
lui dit : « Est-ce que tu témoignerais d'une chose que tu 
n'a pas vue? » — « Oui certes, répondit-il, je témoigne pour 
la révélation, quoique je ne la voie pas. » Mohammed décida 
que son témoignage en vaudrait deux. 

Le prophète avait une mule appelée Doldol que lui avait 
avait envoyée le Moqauqis, roi d'Alexandrie, en même 
temps que Marie [la Copte] ; elle vécut jusqu'à l'époque de 
Mo'âwiya. Il possédait aussi un âne appelé Ya'foûr. 

Comme chamelles, il avait el-'Açlbâ, el-Djad'â et el- 
Qaçwâ : ses troupeaux, qui furent pillés par 'Oyaïna ben 
Hiçn, se composaient de vingt laqha (chamelles). 

Le nom de son sabre était Dhou'l-Faqâr \ celui de sa cotte 
de mailles el-Fâdila, celui de son turban es-Sahâb. Il pos- 
sédait comme propriétés, en tant que villages et bourgades, 
'Oraïba, Fadak, en-Nadir, et une grande partie de Khaïbar. 

1. Voir Cl. Huart, Selmân du Fârs, dans les Mélanges Hartwig De- 
renbourg. p. 306 (d'après Ibn-Sa'd, IV, 1, 55), et Noui-elles recherches 
sur la légende de Selmân du Fârs (Annuaire de l'Ecole pratique des 
Hautes Études, section des sciences religieuses, 1913), p. 15. 

2. Nawawi, p. 165. 

3. Tabarî, Ann. I, 1783, 1. 5, porte el-Lokhaîf, mais la lecture avec h 
existe également; cf. Nawawî, p. 45. 

4. Dhou' 1-Faqâréïn dans Tabarî, Tafsir, t. IV, p. 102, 1. 22-23, 



— 28 — 

El-'Alâ ben el-Hadramî lui avait apporté cent quatre- 
vingt mille [dirhems] provenant des biens de la province de 
Bahréïn. Sa dépense, dans les neuf maisons [réservées à ses 
femmes légitimes], était considérable. 

SES MIRACLES 

Sachez que c'est là un chapitre que n'admettent pas les 
gens de doute et les hérétiques, parce qu'il renferme l'énoncé 
de faits contraires à la nature et sortant de la coutume ; mais 
nous avons réfuté suffisamment ceux qui nient les prophètes, 
le prophétisme et la nécessité de l'existence de la prophétie 
pour n'avoir pas besoin d'y revenir. En effet, la marche 
suivie par notre prophète en cela est conforme à celle des 
autres prophètes, sauf qu'il y a certaines traditions qui nous 
sont parvenues par une chaîne ininterrompue de transmet- 
teurs, tandis qu'il y en a d'autres qui ne peuvent citer 
qu'un seul rapporteur isolé et qui ne remontent à l'origine 
que par une chaîne interrompue. Il y en a aussi dont le 
Qorân parle, ou dont une trace prouve l'existence et dont 
portent témoignage les livres révélés par Dieu (soit-il 
exalté!). Les Musulmans ont composé de très nombreux 
livres à ce sujet, les gens de la tradition au moyen des tra- 
ditions, les gens de spéculation au moyen de témoignages 
et de preuves. Si je disais que le nombre de ces livres dépasse 
les chapitres du présent ouvrage ou lui est tout au moins 
égal, je n'exagérerais pas. J'ai voulu insérer dans ce chapitre 
une certaine quantité de ces miracles, pour éviter que ce 
livre semble les passer sous silence. 

On rapporte que le prophète fut interrogé en ces termes : 
« Depuis quand es-tu prophète? » Il répondit : o Je l'étais 
déjà alors qu'Adam était encore entre l'eau et le limon », 
ou bien, suivant une autre version, a alors qu'Adam était 
étendu à plat dans son limon'. » 

1. Cf. Llsdn, t. XIII. p. 109. 



— 29 — 

El-'Abbâs' a dit, dans un panégyrique qui lui est con- 
sacré : 

Avant elle, tu étais bien sous les ombrages et dans le paradis, 
lorsque les feuilles furent cousues". 

Ensuite tu es descendu sur la terre, n'étant ni homme, ni sang 
coagulé, ni morceau de chair, 

Mais une goutte de sperme, et tu es ainsi monté sur les vais- 
seaux, alors que l'inondation s'élevait jusqu'à la bouche du dieu 
Nasr et de sa famille'. 

Tu es transporté d'un rein à une matrice ; lorsqu'un monde 
arrive à l'extrémité de son cycle, un [nouvel] étage apparaît. 

Lorsque tu fus mis au monde, la terre est devenue resplendis- 
sante et l'horizon a brillé de ta lumière. 

Certains traditionnistes rapportent qu'Adam, au moment 
de sa faute, entendit le Seigneur prononcer, au milieu des 
paroles qu'il lui enseignait, les mots suivants : « Grand 
Dieu ! par les droits de Mohammed, à moins que tu ne me 
pardonnes » 

Un certain [poète], dans un panégyrique où il célèbre la 
famille de Mohammed, a dit : 

Adam a été sauvé, puisque vous avez intercédé pour lui, alors 
que par suite de sa faute, il était saisi du frisson de la frayeur. 

Dieu a dit : « Le prophète ignorant, dont ils trouvent la 
mention inscrite chez eux, dans le Pentateuque et l'Évan- 
gile, etc.' » — (( Annonçant un prophète qui viendra après 
moi et dont le nom sera Ahmed'. » — a Ceux auxquels nous 

1. L'oncle du prophète, qui récita ces vers au retour de la campagne 
de Taboûk ; cf. Damirî, Hayàt el-hahcdn, t. II, p. 412. 

2. Allusion à Qor., VII, 21 et XX, 119. c-^ :„^ «dépôt» désigne 

l'endroit du paradis où séjournaient Adam et Eve, mais il ne se ren- 
contre pas avec ce sens dans le Qorân. 

3. Ce vers est cité dans le Lisân, t. VII, p. 61, sans explication. 
J'ignore à quelle inondation il est fait allusion. Sur Nasr, voir Well- 
hausen, Reste arabischen Heidcntums^, p. 28. 

4. Qor., VII, 156. 

5. Qor., LXl, 6. 



— 30 — 

avons donné le livre le reconnaîtront comme ils recon- 
naissent leurs enfants'. » — « Dis-leur : Apportez le Pen- 
tateuque et lisez-le, si vous êtes sincères'. » Ce sont là de 
ces choses pour lesquelles un homme raisonnable ne saurait 
ressentir le moindre doute ou hésitation, en ce qu'il n'est 
pas permis à un adversaire qui s'oppose à nous de prendre 
à témoin contre l'adversaire ce qui se trouve dans son livre 
et d'affecter de l'emporter sur lui en citant uniment le 
nom, sans une base solide qu'il aurait ou un texte explicite 
existant par devers lui. Chercher des preuves contre cela, 
n'est-ce point équivalent à chercher des preuves contre un 
objet déterminé par la sensation, sur lequel on ne saurait 
être en désaccord? Il suffit, comme preuve de la vérité du 
théorème que nous posons, de ce que nous lisons dans les 
versets du Qorûn, quand même nous ne produirions pas le 
texte même tiré du Pentateuque en hébreu ou de l'Évangile 
en syriaque. Si le prophète avait émis une prétention vaine, 
ses adversaires n'auraient pas manqué de le traiter de men- 
teur en plein visage et d'interrompre la matière de son 
discours. Or, les savants ont extrait du Pentateuque, de 
l'Evangile et d'autres livres révélés par Dieu les signes 
caractéristiques et les preuves de son prophétisme. 

LE PROPHÈTE MENTIONNÉ DANS LE PENTATEUQUE 

J'ai lu, dans la copie d'Abou 'Abdallah el-Mâzinî, le 
passage suivant : a David ! dis à Salomon, qui te succédera, 
que la terre m'appartient ; j'en ferai hériter un être louable 
(Mohammed) ainsi que sa nation, dont la prière n'est pas 
accompagnée par les guitares, et qui ne me sanctifie pas au 
moyen d'instruments à cordes. » La confirmation de ce 
passage est donnée par le Qorân : « Nous avons écrit dans 
les Psaumes, après la mention, que la terre sera l'héritage de 

1. Qor., II, 141, et VI, 20. 

2. Oo/-., m, 87. 



— ai- 
mes serviteurs intègres \ » On trouve encore dans le même 
ouvrage : « Dieu (qu'il soit glorifié et exalté !) montrera de 
Sion une couronne louable. » On a dit que la couronne est 
le symbole du pouvoir et du commandement, et que le mot 
mahmoûd (louable) désigne Mohammed'. 

LE PROPHÈTE MENTIONNÉ DANS PLUS d'uN ENDROIT 

DE l'Évangile 

Le Messie a dit à ses disciples : « Je m'en irai, et il viendra 
vers vous le Paraclet, l'esprit de vérité, qui ne parlera pas 
comme venant de lui-même, et il témoignera en ma faveur 
de ce que j'ai témoigné en la sienne. Ce que je vous ai 
apporté comme un mystère, il vous l'apportera comme une 
chose claire'. » Il a dit encore : a Le Paraclet, esprit de 
vérité que mon Père a envoyé en mon nom, est celui qui 
vous enseignera toute chose*, o — Et encore : « Le Pa- 
raclet ne régnera pas tant que je ne serai pas parti', o 

Ibn-Ishaq a dit : a Dans l'Évangile, il y a ce qu'écrit Jean 
l'apôtre, lorsqu'il chante les louanges de Dieu à propos de 
la description du prophète : Il faut que s'accomplisse la 
parole qui est dans la loi ; [ce sera] quand viendra le person- 
nage appelé en syriaque Abîkhêmnâ\ c'est-à-dire Moham- 
med, et en grec napàx-Xr^xoç. » El-'Otbî' a prétendu que le nom 

1. Qor.. XXI, 105. 

2. Voir Marracci, Prodomus (Padoue, 1698, in-f), 1" partie, p. 22. 
Le verset en question est Ps. L, 22, où l'expression •'a''-'?'??» perfccti 
decoris a été rapprochée à tort de iklil a couronne ». Le point de départ 
de l'argumentation repose donc sur un contre-sens. 

3. Allusions vagues à Jean, XIV, 16-17. Sur le Paraclet et Mahomet, 
voir Maracci, op. laud, V part., p. 27. 

4. Cf. Jean, XIV, 26. 

5. Cf. Jean, XVI, 7. 

6. Mauvaise leçon pour [^^ = m'nahmànâ ; cf. Nôldeke, Geschichte 
des Qorâns, 1" éd., p. 6, note 2. 

7. Mohammed ben 'Obéid-Allah, mort en 228 (843). Cf. Ibn-Qotéïba, 
Ma'ârif, p. 267, 



— 32 — 

de Mohammed, en syriaque, était Mechaffêh' ; mais Dieu 
sait mieux la vérité ! 

Il y a peu de chose, dans le Pentateuque, en ce qui con- 
cerne la mention de Mohammed et de son peuple. Dieu dit. 
dans le premier livre (la Genèse), en adressant la parole à 
Abraham, lorsqu'il l'invoqua pour Isaac et Ismaël : 

(J'ai transcrit ce passage en écriture hébraïque, en don- 
nant la prononciation, et j'ai exposé ses formes, sa signi- 
fication et ses lettres, parce que j'ai vu un grand nombre 
de Gens du Livre se hâter de démentir ce chapitre, après 
s'être appliqués à s'opposer à l'interprétation, et cela par 
imitation de leurs prédécesseurs. En effet, lorsque Nabu- 
chodonosor détruisit Jérusalem, brûla le Pentateuque et 
exila les Israélites dans le territoire de Babylone, le Penta- 
teuque disparut d'entre les mains des Juifs jusqu'au moment 
où Esdras le renouvela pour eux, d'après ce qu'ils racontent. 
Ce qu'on a retenu, d'après ceux qui connaissent l'histoire et 
les légendes, c'est qu' Esdras dicta le Pentateuque à la fin 
de sa vie, et mourut immédiatement après l'achèvement de 
sa tâche ; il remit le livre à un de ses disciples et lui ordonna 
de le lire devant le peuple après sa mort. C'est donc de ce 
disciple que les Juifs ont reçu le livre, l'ont codifié, et ont 
prétendu que c'est le disciple qui avait abîmé le texte, 
y avait ajouté et l'avait déformé; de là vient qu'il y a des 
déformations et des passages corrompus ; de là vient que les 
mots du Pentateuque ont été remplacés par d'autres, parce 
que c'est l'œuvre d'un homme postérieur à Moïse, puisqu'il 
y raconte ce qui est arrivé à ce prophète, comment il est 
mort, comment il a laissé ses dernières recommandations 
à Josué, fils de Noùn, comment les Israélites en ont été 
attristés et ont pleuré, etc., choses qu'il n'est pas douteux, 
pour un homme doué de raison, qu'elles ne sont pas la 

1. Sur cette expression, voir 1. Goldziher, Ueher muhammedanische 
Polemik yccfcn Ahl ul-Kitûb, dans la Zeiischrifi d. deutsch morgen l. 
Gesellschafl XXXII, 1878, p. 374; Noldeke, id., op., ibidem. 



— 33 — 

parole de Dieu, ni celle de Moïse. Les Samaritains ont un 
Pentateuque qui est différent de celui qui est entre les 
mains des autres Juifs, relativement aux livres historiques, 
aux fêtes et à la mention des prophètes. Les Chrétiens pos- 
sèdent aussi un Pentateuque en langue grecque' qui em- 
brasse un nombre d'années plus considérable que celui du 
texte hébreu, savoir mille quatre cents ans et plus. Tout 
cela indique les déformations et les changements qu'ils y 
ont apportés, puisqu'on ne saurait admettre des contra- 
dictions dans l'œuvre de Dieu. Comment peuvent-ils arguer 
de la tradition, alors que la tradition est celle que nous 
venons de dire ? Je vous ai expliqué tout cela, pour que vous 
ne nous laissiez pas prendre à ce qu'ils disent : « Moham- 
med n'est pas du tout mentionné dans le Pentateuque. » 
Voici, d'ailleurs, le passage où il est cité, en langue hé- 
braïque, avec, au-dessous, la transcription des caractères 
hébreux [en caractères arabes], puis l'explication de la 
prononciation). 

dQd' it/rb hnh -/ifiné l "msilw 
Les mots hébreux rendus en caractères arabes : 
Wa-liyismà'-êl semaHi/ô henné hercv/ti cM 
Dieu le très Haut dit à Abraham : « J'ai entendu ta prière 
au sujet d'Ismaël : voici, je l'ai béni. » 

o'7iî Vmh 0^6' Mrhw 060' i^ir[f]hw 
Les mots hébreux rendus en caractères arabes : 

We-hafrê^i 060 we-harb'M 060 hi-meoo meoo ^ 
Dieu le Très-Haut dit : « Je le ferai croître et multiplier 
très abondamment, de sorte que son abondance ne pourra 
être mesurée. » 

1. La version des Septante. 

2. Sur le parti qu'on a voulu tirer de l'expression meôd, voir Mar- 
racci, op. laud., 1" partie, p. 18 ; I. Goldziher, dans IsiJewish Enci/clo- 
pedia, t. VI, p. 658 ^ Kohak's Zeitschrift, t. IX, p. 28, et ZDMG. loco 
citato, p. 374. 

3 



— 34 — 

binj "■"ub vrinîi Tbv dx^^tj -n^r-a''3tt> 
Wc?/ idy/ oi^^nw diloi miHsn rs' mi'ns 

Les mots hébreux rendus en caractères arabes : 

Serdm-ôsôr nesiaim [i]6lîd we-nîQ^[i]ô le-^ài kôdôl [sic] 

Dieu le Très-Haut dit : « Il sera père de douze rois, et je 
le ferai devenir une grande nation'. » 

Ce passage, dans les extraits que possèdent les Musulmans 
en langue arabe, est ainsi traduit : « Dieu dit à Abraham : 
J'ai exaucé ta prière touchant Ismaël, je l'ai béni, je l'ai 
béni, je l'ai magnifié entièrement; il enfantera douze nobles, 
et je le ferai devenir une grande nation. » 

oml vi''sm lirzw ab anism ind' vniiw 

Les mots hébreux rendus en caractères arabes : 

wa-yômàr adànaï mes-sinà bâ, wa-zerah mes-se^îr lamô 

Dieu le Très-Haut dit : « Dieu ordonne du haut de la mon- 
tagne de Sinaï, et il fait sortir de Sâ'îr des feux, pour eux. )) 

tt^np nbsna nnKT pxa nna .yain 
sdq %brm M^w nàràf rhm ''ifôh 

Les mots hébreux rendus en caractères arabes : 

hàff mehâr farân wà^â merebobôB qodeë 

Dieu le Très-Haut dit : « Il se lèvera des montagnes de 
Pharan et viendra des collines de Jérusalem. » 

Les mots hébreux rendus en lettres arabes [manque]. 

Dieu le très Haut dit : « A sa droite sont des hommes, 
ayant un feu qui se lève pour eux". » 

Sâ'lr est le nom des montagnes de la Palestine qui 
forment la limite de l'empire romain, et Pharan désigne les 
montagnes de la Mecque, ainsi que le montre le Pentateuque 
lui-même quand il déclare qu'Abraham installa Agar et 

, 1. Gcn., XVII, 20. 
2. Deut., XXXIII, 2, 



- 35 - 

Ismaël à Pharan. Ce passage, dans les extraits que possèdent 
les Musulmans en langue arabe, est ainsi traduit : a Dieu 
est venu du Sinaï, il a brillé de Sâlr, il s'est manifesté des 
montagnes de Pharan. » On dit que le sens de o il est venu 
du Sinaï n indique la révélation du Pentateuque à Moïse, 
il a brillé de Sà'îr » signifie la révélation de l'Évangile à 
Jésus, « il s'est manifesté des montagnes de Pharan » montre 
la révélation du Qorân à Mohammed'. 

Que de preuves on trouve dans le Pentateuque et l'Évan- 
gile de l'existence du prophète et de ses compagnons, de 
leur émigration et de leurs séjours au désert ! On y men- 
tionne même leurs voix, leur lecture du Qorân, leurs atti- 
tudes dans la prière canonique, leurs combats : « mais celui 
auquel Dieu n'a pas accordé de lumière ne saurait être 
éclairé ' ! » 

Sachez que les lettres hébraïques sont des lettres étran- 
gères qu'il n'est pas possible de prononcer à moins de les 
transformer en lettres arabes, telles que la lettre qui est 
entre le qàf et le kâf\ et celle qui est entre le bâ et lefâ\ 
Ensuite, dans leur manière de lire, il y a le medda et 
Vimâla; c'est ainsi qu'on entend d et ê qui pourtant ne sont 
pas marqués dans l'écriture. Il a donc fallu, dans notre ma- 
nière d'écrire et de lire, les rendre plus courtes que les 
mêmes voyelles hamzées, à la ffiçon dont se produit le rac- 
courcissement' (^a^cfr) dans notre langue. On a eu en vue, 
par cela, tout simplement de conserver le sens. 

El-Wâqidî rapporte ceci : Pendant que Chosroès se trou- 
vait dans la chambre où il avait l'habitude de se retirer, 
voici qu'un vieux Bédouin se dressa debout devant lui ; son 
dos était courbé, il tenait un bâton à la main. « Chosroès, 
s'écria-t-il, Dieu a envoyé un prophète; fais-toi musulman, 

1. Sur cette question, voir Maracci, op. laud., 1" partie, p. 15 et suiv. 

2. Qor., XXIV, 40. 

3. Le gimel. 

4. Le pê. 



~ 36 - 

tu seras sauvé; si mais tu ne te convertis pas, je briserai 
ce bâton, et ton empire disparaîtra. » — « Accorde-moi un 
peu de répit », dit le roi de Perse. Quand il fut sorti, le roi 
envoya chercher les chambellans et les portiers ; il fit cou- 
per [les membres] à certains d'entre eux et mettre à mort 
d'autres ; et il dit : « Est-ce que les Arabes entreront au- 
près de moi sans votre autorisation ? » On examina, et il se 
trouva que ce jour-là était celui où le prophète fut envoyé 
en mission et où Dieu commença à lui révéler le Qorân. Le 
narrateur continue en disant : Le vieux Bédouin revint le 
trouver l'année suivante et lui dit : « Si tu te fais musul- 
man, [c'est bien], sinon je briserai le bâton. » Le roi ne se 
convertit pas, l'Arabe brisa son bâton, l'empire de Chos- 
roès disparut, et le prophète invita les hommes à se tourner 
vers Dieu. 

Waraqa ben Naufal rencontra Mohammed dans l'une des 
rues de la Mecque et lui dit : « Mohammed, jamais pro- 
phète n'a reçu de mission sans un signe qui le fait recon- 
naître; quel est le signe de ton prophétisme? » Mohammed, 
s'adressant à un arbre, lui dit : « arbre, viens ici ! » Alors 
l'arbre s'avança en marchant humblement' dans la vallée et 
se tint debout devant lui. « Certes, s'écria Waraqa, tu es 
bien l'envoyé de Dieu ! » 

Ibn-Ishaq, d'après ez-Zohrî, qui rapportait les paroles 
d"Aïcha d'après 'Orwa, nous raconte qu"Âïcha a dit : Les 
débuts de Mohammed dans la carrière du prophétisme 
furent des songes véridiques; en effet, il ne voyait pas de 
songe sans qu'il lui vînt comme la fente du matin; ensuite 
la solitude lui devint chère, et il fit, à la façon des hanîfs, 
des retraites sur le mont Hirâ ; puis l'ange lui rendit visite. » 

On trouve, dans le livre d'ez-Zohrî, que le prophète, 
lorsque la révélation lui vint [pour la première fois], se mit 
en demeure de rentrer dans sa maison ; mais quand il passait 

1. Pf()|)r'einent, en laissant pendre VoveiWe {Lisân, XVIII, p. 246). 



auprès d'une pierre ou d'un arbre, cette pierre et cet arbre 
disaient : a Salut sur toi, ô envoyé de Dieu ! » 

On raconte encore que Wahbàn es-Solami était en train 
de faire paître des moutons qui lui appartenaient, lorsqu'un 
loup se précipita vers lui et saisit une brebis ; mais Wahbàn 
résista et la lui arracha ; alors le loup fit le gros dos et s'assit 
sur sa queue, en articulant ces paroles : « Malheur à toi ! 
Tu m'enlèves la provision journalière que Dieu m'avait 
attribuée? d — « Je n'ai jamais vu, s'écria Wahbàn, un loup 
m'adresser la parole comme aujourd'hui ! Par Dieu, si nous 
entendions dire que c'est là un des signes de la fin du monde, 
[cela ne m'étonnerait pas]. — Le loup continua : Ce qu'il y a 
de plus étonnant de ma part, c'est que le prophète de Dieu 
est au milieu de ces palmiers (en disant ces mots, il indiquait 
Médine d'un clin d'(eil), il y appelle les hommes à adorer 
Dieu, mais ceux-ci se détournent. » Wahbàn partit, alla 
trouver Mohammed et lui raconta ce qu'il avait vu. a Lors- 
que le peuple fera la prière, dit Mohammed, raconte-lui 
cette aventure. » Alors, la prière une fois accomplie, Wah- 
bàn entretint le peuple de ce qu'il avait vu : « Tu mens )), 
s'écria un homme du parti des hypocrites, mais le prophète 
dit : (( Il a dit la vérité en ceci, que les signes de la fin du 
monde se manifesteront avant cette dernière heure; j'en jure 
par Celui qui tient entre ses mains l'âme de Mohammed, 
cette heure ne se produira pas avant que l'un d'entre vous 
ne sorte de sa famille et que la courroie du manche de son 
fouet ne l'informe de ce qui sera arrivé à cette famille après 
son départ. Il n'y a point de merveille des temps passés qui 
ne doive se reproduire dans ma nation. » Un des exégètes 
du Qorân dit que c'est à propos du discours du loup qu'a été 
révélé le verset : d Regarderont-ils l'heure qui leur viendra 
subitement? Car déjà les conditions en sont remplies'. » 
Jusqu'aujourd'hui, les descendants de Wahbàn portent le 

1. Qor., XLVII, 20. 



— 38 — 

surnom de Fils de l'interlocuteur du loup ; c'est là quelque 
chose de fort connu ' . 

On rapporte aussi qu'une antilope lui parla, ainsi que la 
chamelle porteuse d'eau et la brebis du boucher. On récite 
une ode attribuée au grammairien Qotrob^ dans laquelle 
il est mentionné un certain nombre de miracles [du pro- 
phète], entre autres ce passage : 

Parmi eux est le discours adressé par le loup à l'homme qui avait 
vu cette bête aller et venir au milieu de son troupeau de moutons : 

Je m'étonnes que tu m'enlèves la brebis qui m'avait été at- 
tribuée, alors que cet envoyé de Dieu est puissant, bien que tu le 
renies. 

Alors le loup abandonna la brebis qu'il avait attirée, et l'homme 
alla en courant rapidement se convertir à l'islamisme. 

On raconte que Mahomet passa auprès d'un troupeau 
appartenant aux 'Abd-el-Qaïs, pendant qu'ils étaient oc- 
cupés à le marquer avec un fer chaud qu'ils appliquaient sur 
le visage des moutons : le prophète le leur défendit et 
ordonna d'appliquer le fer chaud sur les oreilles ; il marqua 
même de cette façon une des brebis, et les descendants de 
cette brebis ont conservé cette marque jusqu'aujourd'hui. 
C'est à quoi font allusion deux vers de la même ode : 

Il y a la brebis des 'Abd-el-Qaïs dont il étendit l'oreille; alors 
brillèrent des marques venant de lui, durables et éternelles. 

On dirait qu'au moment de leur naissance s'imprime le fer 
chaud qu'il tient et soumet à sa contrainte la descendance de cette 
brebis. 

L'aventure de la brebis d'Omm-Ma'bad est aussi une 
chose merveilleuse, et d'ailleurs célèbre et bien connue'. 

1. Sur la légende du loup, comparer Qastallàni, el-Mawâhih el- 
Ladoniyrja, t. I, p. 480. 

2. Cette attribution est probablement fausse ; les auteurs ne citent 
pas d'ode de lui sur ce sujet. Cf. Fihrist, pp. 52, 5.3; Ibn-Khallikân, 
BiOf/r. Dictlondrij, t. III, p. 29; Brockelmann, Geschichte der arab. 
Litteratur, t. I, p. 102. 

3. Voir Diyârbekrî, Khamis, t. I, p. 333. 



— 39 — 

Il en est de même de la brebis rôtie et empoisonnée que la 
femme juive, épouse de Sallâm ben Michkam, avait donnée 
au prophète ; il en prit un morceau qu'il serra entre ses 
dents sans l'avaler; il dit : « Cet os m'apprend qu'il est em- 
poisonné. » Puis il le recracha. 

Le prophète prononçait [d'abord] ses prônes en s'appuyant 
contre un des troncs de palmiers [qui soutenaient le toit de 
la mosquée de Médine] ; lorsqu'il adopta le minbar, le tronc 
de palmier se prit à gémir jusqu'au moment où Mohammed 
s'approcha de lui et l'embrassa : « Si je ne l'avais pas em- 
brassé, dit-il, il aurait gémi jusqu'à l'heure du jugement 
dernier. » C'est à cela que font allusion deux autres vers de 
la même ode : 

Parmi ces faits, il y a le tronc de palmier qui gémissait de se 
voir abandonné par le prophète, et qui ne cessa pendant plusieurs 
heures d'avoir des mouvements convulsifs et de s'agiter. 

On entendait une voix sortir de cette colonne même ; merveille, 
celui qui s'attache et qui se penche de côté ! 

Mohammed porta un jour la main à une bouillie préparée 
pour la nourriture de deux hommes ; la bénédiction descendit 
sur ce plat, et il en sortit de quoi nourrir trois cents hommes 
et davantage. Le même poète a dit : 

Citons encore la bouillie, nourriture préparée pour un seul 
homme, dont on put repaître le peuple, témoin de ce miracle. 

Trois cents hommes en furent nourris, et cela leur suffit, alors 
que le plat primitif n'aurait pas suffi à un abstinent. 

Le jour où l'on creusa le fossé [de Médine], la femme 
d"Abdallah ben Rawâha' envoya à son mari, par l'entre- 
mise de sa fille, une poignée de dattes. Le prophète prit les 
dattes, et les versa dans un de ses vêtements ; puis il s'écria : 
« Allons, gens du Fossé, venez manger le repas matinal. » 
Ils s'en allèrent tous repus, et il en resta encore une bonne 
quantité. Vers du même poète : 

1. Compagnon du propliète, tué à la bataille de Mo'ta. 



— 40 — 

Dans un sac à provisions, il y avait vingt et une dattes, c'est du 
moins ce que rapporte la tradition appuyée sur des autorités. 

Trois mille hommes en eurent à leur suffisance, et avec ce qu'ils 
laissèrent, on remplit encore tout un sac. 

Le jour de la bataille de Bedr, Mohammed lança une 
poignée de terre dans la direction des infidèles, en disant : 
(( Que ces visages sont laids ! » Ils s'enfuirent en déroute. 
Il en fut de même à la bataille de Honéïn, ainsi que le dit 
Qotrob : 

Au milieu du tumulte de la bataille, tu as lancé de la terre aux 
infidèles, le matin de Honéïn ; ils se sont dispersés et disséminés. 

Mohammed passa sa main sur le visage d'Ibn-Maldjân ; 
c'est comme si un ange l'avait frotté, comme l'a apporté le 
même poète : 

Le visage d'Ibn-Maldjân fut rendu éclatant sous sa main ; lors- 
qu'il l'eut touché, il devint brillant et couleur de rose. 

Dans une certaine guerre', le sabre d"Okàcha ben Mihçan 
fut brisé ; Mohammed lui donna une feuille de palmier qui 
devint une lame du Yémen ; elle est conservée chez ses des- 
cendants jusqu'aujourd'hui. Vers de Qotrob : 

Il donna à 'Okâcha une moitié de feuille de palmier qu'il 
brandit ; cela devint pour lui un sabre du Yémen, brillant comme 
une flamme. 

Lors de la construction du Fossé, il se montra un rocher ; 
Mohammed prit le pic et l'en frappa à trois reprises, et 
l'on y aperçut les palais de la Syrie, du Yémen et de 
l'Orient. C'est Dieu cpi l'avait entrouvert pour lui. Qotrob 
a dit : 

Dans le rocher qu'un jour il frappa du pic, brillèrent les horizons 
à ses yeux, alors que les hommes étaient rassemblés. 

Lorsque le prophète campa à Hodéïbiya, on lui dit : 
(( Comment peux-tu choisir pour campement un lieu où 

1. A la bataille de Bedr, cf. Navi^awî, p. 428. 



— 41 - 

il n'y a point d'eau ? » Il prit une flèche de son carquois, la 
ficha dans un puits [abandonné] qui remontait à l'époque 
d"Âd; et l'eau se mit à bouillonner dans ce puits. Suite du 
même poème : 

Entre ces miracles est ce puits épuisé dont l'eau se mit à 
bouillonner, tremblant d'une peur excessive, et s'accroissant sans 
cesse. 

Et dans le vieux chameau qui tourne la roue hydraulique, je 
trouve encore une preuve, ainsi que dans le chameau du boucher 
prêt à être égorgé. 

Un Bédouin, dit-on, lui apporta un lézard' : « Par Dieu, 
dit le prophète, je n'aurai confiance en toi que lorsque ce 
lézard deviendra un vrai croyant. » Le lézard témoigna que 
Mohammed était l'envoyé de Dieu. C'est à ce sujet que le 
même poète a dit : 

De même le lézard, lorsque le prophète Mohammed lui dit : 
« Témoigneras-tu en ma faveur, ô lézard ? » et que le reptile ré- 
pondit : (( Mais oui, je témoigne. » 

Et la caverne, lorsque s'amollit pour lui le rocher vers lequel 
il s'était réfugié et sur lequel il appuyait sa joue. 

Il a fait voir, lors de l'ascension qu'il voulait faire, un signe qui 
témoignera de sa sincérité, jusqu'au jugement dernier. 

On rapporte, en effet, qu'il aboutit à l'ascension d'une mon- 
tagne lisse dans laquelle il n'y avait ni défilé ni voie tracée ; 
mais Dieu entrouvrit pour lui les flancs de la montagne, qui 
devinrent un chemin frayé et large. On dit encore qu'il vou- 
lut se rendre en Syrie pour certaines affaires, et qu'ayant 
rencontré un torrent qui lui barrait le chemin, ses com- 
pagnons eurent peur de s'y précipiter. Alors le prophète les 
précéda et le torrent leur offrit un chemin sec. Vers du 
même poète : 



i. Le grand lézard du désert (lacerta caudii-crhera) dont les Bé- 
douins mangeaient la chair. Cf. Cl. Huart, les Séances d'Ibn-Nàqiyâ, 
dans le Journal asiatique, X' série, t. XII. 1908, p. 450, n. 1. Com- 
parer, sur le miracle du lézard, Qastallâni, Maioâhib, t. I, p. 482. 



— 42 — 

Il poussa son chameau dans le torrent impétueux, qui devint un 
chemin sec et tout uni. 

INFORMATIONS DONNÉES SUR l'aU-DELÀ 

II dit à 'Ammâr ben Yâsir : « La troupe révoltée te 
tuera \ » Celui-ci fut en effet tué parles Syriens à la bataille 
de Çiffin. 'Amr ben el-'Aç en parla à Mo'âwiya ; celui-ci lui 
répliqua : « Tu ne cesses de nous rapporter des misères sur 
lesquelles tu glisses dans ton urine " ; est-ce nous qui l'avons 
tué? C'est 'Ali qui l'a tué en le faisant venir, « 

Il dit à Abou-Dharr el-Ghifàrî qui était resté en arrière de 
la troupe, à quelques relais de distance de Taboûk : « Tu 
vivras seul et mourras seul ; que feras-tu, lorsque tu seras 
expulsé de Médine pour avoir dit la vérité? » Il fut effec- 
tivement exilé à er-Rabadha sous le khalifat d"Othmân, et 
mourut isolé dans cette bourgade. 

« T'annoncerai -je, dit-il à 'Ali, quel est l'homme le plus 
réprouvé ?» — « Je veux bien, répondit son gendre . » — a C'est 
celui qui a coupé le jarret à la chamelle des gens de Tha- 
moûd, et celui qui teint celle-ci avec celle-là » ; et [en disant 
ces mots], il posa sa main sur la tête et la barbe d"AIî. Or, 
lorsque Ibn-Moldjam assassina 'Alî, c'est sur la tête qu'il le 
frappa. 

« Il me semble, dit-il un jour, que j'aperçois les deux 
bracelets de Chosroès aux poignets de Soràqa ben Mâlik; 
par Dieu! nous emploierons les trésors du roi de Perse dans 
la voie de Dieu. » Lorsque Sa'd ben Abî-Waqqâç transporta 
les trésors de Chosroès de Ctésiphon à Médine et qu'ils 
furent jetés dans le parvis de la mosquée, 'Omar ben el- 
Khattâb ordonna à Sorâqa ben Mâlik de se mettre aux 
poignets les deux bracelets du roi de Perse, confirmant ainsi 

1. Sur ce hadi/.h, \oiv Nawawî, Bw(jraphical Dictionari/, p. 487. 
C'est ce haditli qui décida les compagnons du prophète à le suivre lors 
de la bataille parce qu'il indiquait de quel côté était le droit (ibid.). 

2. Voir Tabarî, Ann., I, 3321, 1. 8; Lisân, t. IX, p. 8. 



— 43 — 

la parole du prophète; le peuple put les contempler et être 
témoins ainsi de la véracité du prophète. 

La nuit où Chîroûyè fit assassiner son père [Khosrau] 
Parwîz, [Mohammed s'écria :] « Dieu a tué Khosrau à la 
septième heure de cette nuit. » On fit [plus tard] le comput 
de la date; c'était exact. 

Lorsque sa chamelle s'égara, les hypocrites dirent : « Cet 
homme nous apprend ce qu'il y a dans le ciel, et il ne sait 
pas où est sa chamelle. » Mohammed monta en chaire et 
raconta ce qu'ils disaient ; puis il ajouta : « Je ne sais que ce 
que mon Seigneur m'a enseigné ; or, ma chamelle est dans 
telle vallée; son licou s'est accroché à un arbre. » Le peuple 
s'empressa [de courir à l'endroit indiqué] et trouva la cha- 
melle dans la position décrite. 

On cite encore la manière dont il annonça la mort du 
Négus à ses compagnons se trouvant à Médine, alors que ce 
prince était en Abyssinie ; il dit « Sortez en notre compa- 
gnie et allons prier pour notre frère. « Ensuite les nouvelles 
arrivèrent successivement que le Négus était mort ce jour-là. 

Parmi ces miracles, il y a aussi la nuit où il fut enlevé 
au ciel. On lui demanda ce qu'il avait vu en route. Il ré- 
pondit : « Je suis passé auprès de la caravane des Banou- 
Un-tel; j'ai trouvé les gens endormis; ils avaient un vase 
plein d'eau qu'ils avaient recouvert ; je l'ai découvert. Alors 
les gens jetèrent leurs regards vers le défilé et les y fixèrent 
jusqu'au moment où parut la caravane, que précédait un 
chameau gris cendré '. » 

Il y a de pareilles histoires, fort connues, sur le même 
sujet, qui courent parmi le peuple ; notre livre serait trop 
long si nous les rapportions. On objectera que les astro- 
logues et les devins annoncent les événements; en ce cas, 
nous répondrons : « La coutume s'est en effet établie de con- 
naître quelque chose de ce genre par l'emploi de la divi- 
nation et de l'astrologie, au moyen du calcul et des indi- 

1. Cf. Ibn-Hichâm, éd. Wùstenfeld, p. 267. 



— 44 — 

cations qu'il fournit; mais pour nous c'est une œuvre vaine, 
qui ne peut aboutir à un résultat que par hasard et à la 
suite d'une enquête. » Du moment qu'il en est ainsi, l'as- 
trologue et le non-astrologue y sont égaux ; le miracle 
consiste en ce que tout ce qu'un homme annonce se trouve 
vrai sans avoir besoin de baser ses raisonnements sur le 
calcul ou l'astronomie ; c'est la voie suivie par les prophètes 
(que la bénédiction de Dieu soit sur eux tous !) dans ce 
qu'ils annoncent, car il y a là une révélation céleste. 

SES PRIÈRES EXAUCÉES 

Parmi celles-ci, il y a l'imprécation lancée contre la race 
de Modar : « Grand Dieu ! fais que leurs années ressemblent 
à celles de Joseph I » Alors fut révélé le verset : o Epie un 
jour où le ciel amènera une fumée évidente \ » Des années 
effroyables se suivirent pour eux, de sorte qu'ils en furent 
réduits à manger des chiens, des charognes, des lanières de 
cuir et du 'ilhi;s\ 

Il y a aussi celle qui fut formulée contre 'Otba, fils d'Abou- 
Lahab, après qu'il eut répudié la fille de Mohammed, par 
inimitié contre le prophète. Le chapitre de l'Étoile venait 
d'être révélé ; 'Otba s'écria : « Je suis incrédule à l'égard du 
Seigneur de l'étoile !» — « Grand Dieu, dit le prophète, 
déchaîne contre lui un de tes chiens, qui lui déchire la peau, 
déchiqueté sa chair, et brise ses os en petits morceaux. » 
Lorsque 'Otba entendit cela, il fut assuré de sa perte ; il 
partit sur le champ pour la Syrie, fuyant devant le châti- 
ment. Arrivé à un certain relais, il fut attaqué par une 
hyène qui l'enleva au milieu de ses compagnons, lacéra sa 
peau et brisa ses os en petits morceaux". 

1. Qor., XLIV, 9. Voir Tabarî, Tafsir, t. XXV, p. 60 et suivantes. 

2. Nourriture composée de sang desséché et de poil de chameau dont 
on faisait usage pendant la famine. Lisàn, t. VII, p. 248. 

3. Récit différend dans Tabarî, Tafsir, t. XXVII, p. 22. 



— 45 — 

Lorsqu'on demanda de la pluie, alors qu'il était en chaire, 
le vendredi, il éleva ses deux mains et les tint ainsi jusqu'à 
ce que le ciel donna des averses qui régnèrent jusqu'au 
vendredi suivant. On lui demanda d'invoquer le Seigneur 
[en sens contraire], car les chemins battus étaient inter- 
rompus et les maisons démolies. Il dit : « Autour de nous, 
et non sur nous'. » Ce qui était au-dessus de nous, raconte 
Anas, se tordit, comme si nous nous trouvions au centre 
d'une couronne. 

Combien de miracles innombrables pareils sont rapportés 
par des traditions sûres à ce sujet ! 

PREUVES DU PROPHÉTISME DE MOHAMMED, 
TIRÉES DU QORÂN 

La première de ces preuves, c'est le Qorân lui-même et 
son agencement, qui est un miracle en sa faveur. Ne voyez- 
vous pas comme il excite ses adversaires à s'opposer à lui 
et les invite à le contredire, par ces mots : « Apportez 
dix sourates pareilles, forgées^ o, et ailleurs : « Apportez 
une seule sourate pareille' » ; et encore : a Si les hommes 
et les génies s'accordaient pour produire quelque chose de 
pareil à ce Qorân, ils ne pourraient le faire, quand même 
ils s'entr'aideraient\ » Dieu a fait du Qorân un miracle 
permanent et une preuve durable en sa faveur; c'est un 
argument pour tous ceux qui entendent le Qorân, connais- 
sent la langue et la rhétorique; c'est un de ces miracles au 
moyen desquels Dieu a conforté son envoyé et qu'il a donnés 
comme preuve de sa véracité et de la sincérité de son pro- 
phétisme. 

Dans un autre passage du Qorân, Dieu a dit : « A. L. M. 

1. Cf. Bokhàrî, Les Traditions islamiques, trad. O. Houdas, t. IV, 
p. 173, 250; Diyârbekrî, Khamis, t. II, p. 14. 

2. Qor., XI, 16. 

3. Qor., 11,21. 

4. Qor., XVII, 30. 



— 46 — 

Les Grecs ont été vaincus dans un pays proche ; mais après 
leur défaite, ils seront vainqueurs dans peu d'années'. » 
C'est ce qui arriva effectivement. « La réunion sera mise en 
déroute, et ils tourneront le dos' » ; cela eut lieu en effet. 

(( Dieu vous a promis un butin abondant à prendre, et il a 
hâté pour vous cela'. » C'est de Khaïbar qu'il est question; 
cela eut lieu ainsi : Dieu leur ouvrit le pays et leur en donna 
les biens et les trésors. 

« Il est celui qui a envoyé son prophète apporter la bonne 
direction et la vraie religion, pour rendre celle-ci victo- 
rieuse sur toutes les religions'. » Ce qui eut lieu ; sa religion 
parut, et sa parole l'emporta sur toute autre religion, par 
le sabre et l'argumentation. 

« L'heure est proche, la lune s'est fendue' » ; on ne dirait 
pas ces paroles à ceux qui n'auraient pas été témoins du 
phénomène. 

« Prenez garde à des troubles qui n'atteindront pas seu- 
lement ceux d'entre vous qui ont été injustes\ » — Et 
ailleurs : « Ne vois-tu pas comment ton Seigneur a agi à 
l'égard des compagnons de l'Éléphant ? ^ » 

L'histoire de Mohammed est la plus étrange des mer- 
veilles et [en même temps] la plus certaine des choses vues, 
parce qu'il y a de nombreux témoins qui l'ont vu de leurs 
propres yeux, que l'adhérent et l'opposant ont été témoins 
de son existence, que la date en est sûre. Cela (que Dieu te 
pardonne !) est un chapitre que notre livre serait impuissant 
à épuiser ; nous nous contenterons de ce que nous en avons 
dit, sans chercher à approfondir davantage. Dieu est notre 
aide en sa miséricorde ! 



1. 


(Jor.. 


, XXX, 1-2 :i 


2. 


Qor. 


, LIV, 45. 


3. 


Qor. 


, XLVIII, 20. 


4. 


Qor. 


, IX, 33. 


5. 


Qor. 


, LIV, 1. 


6. 


Qor., 


, VIII, 25. 


7. 


Qor., 


, CV, 1. 



— 47 



LOIS ETABLIES PAR LE PROPHETE 

Sachez que les principes de la loi canonique de l'isla- 
misme sont puisés dans le Qorân et la coutume du pro- 
phète ; ils sont bien connus et célèbres ; le Qorân et la 
coutume dispensent de lesénumérer, et de se donner la peine 
de les répéter, parce que les jurisconsultes de la commu- 
nauté se sont occupés de les codifier et ont employé leur 
zèle à les interpréter. Tout peuple prend la défense de ses 
rites et allègue comme argument la sincérité de ses croyances. 

Toutefois, nous ne nous croyons pas autorisés à passer 
sous silence, dans ce livre, un sujet qui le touche, de crainte 
qu'on n'impute à notre impuissance d'avoir traité des lois 
des diverses religions et de nous taire quand il est question 
de la nôtre. Elle est en effet l'une des plus nobles lois, elle 
occupe un degré fort élevé, elle est la plus utile pour les 
créatures en veillant à l'étude, à la reproduction, à la re- 
cherche d'un plus grand rapprochement de Dieu au sujet 
de ses prescriptions, de ses autorisations, de ses invitations 
et de ses obligations. 

Ensuite, l'opposition de cette misérable secte décorée du 
nom de Bâtiniyya, par ses attaques contre ces lois, par ses 
entreprises contre elles, par son apport de l'introduction de 
la haine et de l'envie parmi l'islamisme et ses adeptes, dé- 
tourne son interprétation de l'injustice dévoilée et de l'ordre 
de faire le bien vers ce qui ne s'y rattache pas et ne lui est 
conforme en rien, d'aucune manière ni pour aucune cause. 

RECHERCHES SUR LA MANIÈRE d'aDORER DIEU PRATIQUÉE 
PAR MOHAMMED AVANT LA RÉVÉLATION 

Le prophète, avant la révélation, séjournait au mont Hirâ, 
magnifiait le Créateur, le glorifiait et le louait, sans y mêler 
la moindre incrédulité à l'égard de Dieu, ni lui associer 



— 48 - 

quelque autre être; il faisait les tournées autour de la 
Ka'ba, accomplissait le pèlerinage et la visite pieuse; il pra- 
tiquait la retraite sur le mont Hirâ à la façon des hanijs', 
il donnait à manger et à boire au peuple; il ordonnait de 
pratiquer la confraternité entre tribus unies par le lien du 
sang, de bien protéger ses clients, de restreindre le mal et 
le dommage causé aux proches parents ; on le surnommait, 
du temps du paganisme, amîn (sûr) et çadoùq (véridique). 
Il ne consentait à se souiller d'aucun de leurs opprobres et 
ne s'approchait pas de leurs idoles, jusqu'au moment où la 
révélation commença à lui parvenir. 



LA PURETE 

La pureté est indispensable au point de vue de la raison, 
elle est célèbre par l'application qu'en ont faite les habitants 
de la terre ; il n'y a qu'un homme incomplet ou sot qui 
pourrait la nier. La tradition nous rapporte que la première 
prescription apportée par l'ange au prophète fut l'ablution, 
qui consiste à laver les extrémités des membres, et qui est 
suivie d'une prière de deux rak^a; de sorte que Dieu a fait 
de la pureté la clef de la prière, qui n'est licite que par 
ce moyen. 

La pureté est prescrite pour les extrémités des membres 
de l'homme parce que ces membres sont quelque chose de 



1. Tahannatha, expression empruntée à la tradition, qui veut y voir 
une forme dialectale de tahannafa ; cf. Cl. Huart, Histoire des Arabes, 
t. I, p. 102. On peut objecter que si le dialecte de la Mecque rempla- 
çait, à cette époque, /' par th, nous devrions avoir, dans le texte du 
Qorân, hanith au lieu de hanif. M. Hartwig Hirschfeld, dans ses New 
Researches into the composition and exegesis of the Qoran (Asiatic 
monosrapha, vol. III), p. 19, note 94, y voit une simple transcription 
de l'hébreu tehinnôth o prières en dehors de la liturgie officielle ». II 
y a une difficulté à admettre cette explication, c'est que le pluriel fémi- 
nin ôii/i serait transcrit en arabe par ât et n'aurait guère pu être consi- 
déré comme faisant partie de la racine. 



i 



— 49 — 

lâché et de répandu^ et sont exposés au contact d'impuretés 
qui n'atteignent pas les autres parties du corps. Si l'on 
objecte que le visage doit être lavé, bien qu'il ne soit pas 
exposé à ces impuretés, et si l'on demande ce que cela 
signifie, on répondra qu'il y a deux sortes d'impuretés, celle 
qui vient de l'extérieur, comme celle que l'on est exposé à 
contracter, et celle qui provient de l'intérieur, comme celle 
qui sort du corps ; or le visage comporte des trous et des 
passages de pénétration, tels que la bouche, l'œil, le nez ; le 
tenir propre est souhaitable au point de vue de la raison, et 
de devoir strict à celui de la loi religieuse, par corrobo-- 
ration et adaptation. Si l'on réplique en citant le membre 
des excréments qui est le passage de l'impureté, on adoptera 
dans la réponse le procédé de ceux qui jugent qu'il est in- 
dispensable de le laver avec de l'eau, s'il y parait la moindre 
chose ou si quelque trace y reste attachée, en plus de ce que 
c'est un endroit dissimulé et caché ; il sera possible de le 
placer au rang des parties secrètes dont l'animal n'est pas 
dépourvu. Si l'on dit : Pourquoi avez-vous jugé que la 
pureté est détruite quand la défécation se produit? On 
répondra : Du moment que la pureté est indispensable au 
point de vue de la raison, comme nous venons de le dire, 
il faut absolument déterminer le moment de son com- 
mencement et de sa fin, parce que, quand on ne connaît pas 
le commencement et la fin d'un être, on ne connaît pas l'être 
lui-même. La sortie des excréments a été établie comme le 
moment qui marque la fin de la pureté, et la présence à la 
prière comme celui qui en marque le commencement. C'est 
là une chose motivée par la loi religieuse, puisqu'il aurait 
pu être permis de considérer l'action de manger comme une 
cause de rupture de la pureté, ou encore le lever du soleil, 

1. L'auteur veut dire que ces membres sont en quelque sorte acces- 
soires au corps, échappent à sa direction et se meuvent dans tous les 
sens à travers le monde ambiant, de sorte qu'ils sont plus exposés que 
le reste au contact des impuretés. 

4 



— so- 
le coucher de cet astre, le discours, la marche, ou n'importe 
quoi. Ou bien la pureté aurait pu être instituée pour cer- 
taines des extrémités à l'exclusion des autres, de même 
qu'elle n'est pas un devoir pour les chrétiens à l'exception 
du lavage du visage et des mains, ou de même que le frotte- 
ment de la tête n'est pas un devoir pour les Juifs ; mais on 
a fait une différence entre les deux situations, pour mettre 
l'homme à l'épreuve et l'obliger à discerner ce qui est sou- 
mis à la loi religieuse [de ce qui] est nécessité par la raison. 
Quant à la diversité de ses bases constitutives et de ses 
formes, elles sont autorisées. 

Ne voyez-vous pas que la raison ne désapprouve pas le 
lavage des extrémités lors de la défécation ou de tout autre 
acte? Et si laver les excréments au moment de la défécation 
n'est pas indispensable, le lavage du visage et des mains est 
admissible à ce même moment. Il convient donc de s'en 
rapporter à ce qu'exige et permet la raison [pour voir] ce 
qu'elle défend et rejette. En conséquence que notre adver- 
saire nous montre quoi que ce soit des règles de notre 
religion qui soit rejeté ou réprouvé par la raison ; c'est une 
chose, que grâce à Dieu, il ne pourra pas faire. Il convient 
donc que nous parlions de la nécessité de la pureté au point 
de vue de la raison, et du caractère indispensable de quel- 
que chose qui l'ouvre et la ferme, et que nous repoussions 
tout ce qui est en dehors de cela à l'arrivée de la loi pour 
l'épreuve et l'examen. 

Si l'on demande ce que signifie le lavage complet exigé 
pour l'émission du sperme, tandis qu'il ne l'est pas pour 
celle de l'urine et des excréments, c'est là une question 
contredite par ce que nous avons dit précédemment au sujet 
des causes ; l'urine n'exige pas le lavage complet, parce que 
s'il l'on décidait que l'urine exige le lavage complet et le 
sperme la simple ablution, ce serait admissible; il est pos- 
sible aussi que l'on dise que le sperme est recueilli dans le 
corps entier et sourd de la généralité de la nature de 



— 51 - - 

l'homme. Ne voyez-vous pas que l'homme, en l'émettant, 
éprouve une jouissance que ne lui cause l'émission d'aucune 
autre sécrétion? C'est pourquoi on l'a contraint à mettre son 
corps en contact avec l'eau. 

Certains de nos prédécesseurs ont raconté que l'on a 
donné une explication en disant que du sperme il provient 
un être semblable à l'homme, et que de l'urine il ne pro- 
vient rien qui lui soit semblable, et que c'est pour cela que 
la purification lui a été imposée; mais je ne suis pas en 
mesure de dire quelle signification il faut attribuer à cette 
explication. 

Si l'on demande pourquoi la terre a été instituée comme 
un succédané remplaçant l'eau en cas de besoin \ alors qu'il 
ne peut résulter de son emploi une pureté comparable à 
celle de l'eau, on répondra que cette objection est sans va- 
leur, parce qu'elle est éloignée des nécessités de la loi ; et 
si, au lieu de terre, on employait autre chose, ce serait égal, 
sauf que la terre est plus répandue et plus digne de rem- 
placer l'eau pour compenser les impuretés, et qu'elle est 
plus efficace. On a dit aussi que c'était parce qu'elle était le 
principe de l'eau, et que celle-ci en est une transforma- 
tion; et parce qu'elle éteint le feu comme le fait l'eau. 

LA PRIÈRE CANONIQUE 

C'est une humiliation, un acte de modestie, le souvenir 
d'une situation ; elle excite au bien et retient de faire le 
mal ; Dieu a dit : a La priera empêche de commettre la 
fornication et les actes interdits'. » 

La tradition nous apprend que la prière canonique a 

1. Le tayammom, ou lustration pulvérale ; voir Béïdàwî, t. I, p. 211 ; 
Tabarî, Tafsir, t. V, p. 65; EI-Bokhâri, les Traditions islamiques, 
trad. O. Houdas et W. Marçais, t. I, p. 124 et suivantes; dans les an- 
ciens textes, il est question de terre {ça'id'^" tauj/¥"', Qor. IV, 46 = V, 9) 

et non spécialement de sable fln. 

2. Qor., XXIX, 44. 



— 52 — 

d'abord été prescrite de deux rak^a pour le matin et de deux 
autres rak'n pour T'açr; elle a été ensuite augmentée pour le 
séjour dans les villes, et conservée dans le même état pour 
le voyage. On dit que le prophète et les musulmans qui 
le suivaient accomplissaient la prière canonique compo- 
sée de deux rak''a chaque fois, mais sans que le temps ou 
la quantité en fussent déterminés, et que cela dura pendant 
douze ans à la Mecque. Ensuite, pendant la nuit du voyage 
nocturne, cinq prières, à cinq moments déterminés de la 
journée, furent prescrites comme devoir obligatoire. Les 
musulmans ne cessèrent pas de prier ainsi pendant un an, 
par deux rak^a chaque fois, jusqu'au moment où ils émi- 
grèrent à Médine. Ils se mirent à ajouter des parties suréro- 
gatoires à la fin des prières, tandis que le prophète disait : 
« Acceptez les allégements concédés par votre Seigneur. » 
Mais ils s'y refusaient, et cela dura jusqu'au mardi 12 rébi* 
el-âkhir, un mois après l'arrivée de Mohammed [à Médine], 
où le prophète célébra la prière de midi composée de quatre 
rak^a, ce qui devint depuis lors un devoir. Si cette prière 
avait été établie de six, ou de huit, ou de trois, ou de cinq 
jYik'a, ou si elle avait été instituée d'une fois, ou deux fois, 
ou davantage pendant la nuit et le jour, ou si elle n'avait 
pas reçu de caractère obligatoire, ou si elle avait dû être 
constituée par une seule prosternation, ou deux inclinaisons 
du haut du corps, ou trois prosternations, ou si la station 
debout et la lecture n'avaient pas été prescrites, ou si encore 
il avait été ordonné de tourner son visage vers l'orient ou 
vers le sud, ou n'importe quoi, tout cela aurait été admis- 
sible; c'est ainsi que trois prières, sauf le jour du sabbat, 
ont été prescrites aux Juifs\ et sept aux chrétiens^; ou si 



1. Cf. Ps., LV, 18; Dan., VI, 11 ; S. Munk, Palestine, p. 417. 

2. Les heures canoniales du bréviaire, dont le nombre a été tiré de 
Ps., CXVIII, 164. Les manichéens chinois paraissent également avoir 
eu sept prières par jour, à côté d'autres branches de la religion de 
Manès qui n'en pratiquaient que quatre (Chahrastâni, trad. Haarbrùc- 



— 53 — 

la prière avait été établie sous une toute autre forme, 
comme par exemple celle du sommeil, ou d'être assis, ou de 
marcher, tout cela serait encore admissible. Quelle que soit 
la forme sous laquelle la créature pratique ses dévotions, 
elle doit savoir que s'humilier en présence de la vérité 
divine et reconnaître la supériorité de Dieu sont indispen- 
sables au point de vue rationnel. Il faut absolument pour 
cela un symbole et un signe par lesquels on reconnaisse ses 
adeptes et que celui qui veut se rapprocher de Dieu adopte 
comme un intermédiaire qui en facilite l'accès. 

On a donc rassemblé, dans cette prière, certaines des 
attitudes instituées pour marquer l'humiliation et d'usage 
courant parmi les hommes, comme la station debout des 
esclaves en présence de leurs maîtres, des petits en présence 
des grands, comme le baisement de la terre et l'application 
des joues sur le sol. 

Il faut que vous sachiez (Dieu vous garde !) que la raison 
ne repousse pas la lecture à haute voix dans la prière de la 
nuit ni la lecture à voix basse dans celle du jour, ni le 
nombre minimum de trois rak^a pour la prière du coucher 
du soleil, ni le nombre minimum de deux pour celle de 
l'aurore. N'allez pas perdre vos discours en les multipliant 
d'une façon déplacée ; il vaut mieux se sentir fatigué au dé- 
but que rester impuissant à la fin. Ces Baténiens sont des 
gens qui, par leurs suggestions, ont cherché à détruire la 
religion et à faire disparaître les Musulmans; il ne faut pas 
qu'ils s'emparent du discours, dans leur secte, au point de 
s'y étendre et de le multiplier ; mais il faut de ce côté-là leur 
fermer la porte ; Dieu viendra à notre secours en cela ; 
n'est-il pas le meilleur auxiliaire? Quand vous discourez 
avec eux sur le sujet que je viens de vous exposer, ils ne 



ker, p. 290; von Le Coq, Khuastuanift, p. 293); voir sur cette ques- 
tion une note de MM. Chavannes et Pelliot, Un traité manichéen 
retrouvé en Chine, dans le Journal asiatique, XPsér. , t. I, 1913, p. 338, 
note 6. 



— 54 — 

vous feront pas, grâce à Dieu ! sortir de votre religion, ils ne 
vous rejetteront pas hors de votre croyance; c'est de cette 
façon qu'ils seront frustrés de tout ce qu'ils espéraient en 
interrogeant sur le nombre des devoirs, les moments des 
prescriptions religieuses, comment elles sont, combien elles 
sont, selon ce que nous avons rapporté au sujet de la prière 
et de la pureté. 

Lorsque l'un d'entre eux cherchera à argumenter au sujet 
de la prière de la journée, parce que c'est à voix basse qu'on 
y fait la lecture, on lui objectera la prière des deux fêtes, des 
vendredis, des éclipses, des rogations ; et s'il argumente au 
moyen de la prière de la nuit où la lecture est fait à haute 
voix, on lui répondra en citant les deux dernières rr/A'a de 
cette prière. Ce qu'il y a de plus satisfaisant pour montrer le 
vice de leur doctrine, lorsque l'un d'entre eux se met à in- 
terpréter allégoriquement le nombre de deux ralia pour la 
prière de l'aurore, de trois pour celle du coucher du soleil, 
de quatre pour celles de midi, de V'açr et de la nuit close, et 
autres choses semblables, c'est d'insister auprès de lui en 
l'interrogeant au sujet du désaccord qui règne parmi les 
hommes à leur sujet. Quant à l'interprétation de ceux qui 
prétendent qu'on doit lire derrière l'imam, et de ceux qui 
interdisent la lecture, et de ceux qui disent qu'on doit s'en 
retourner quand il est arrivé une défécation involontaire et 
considérer la prière comme valable, et de ceux qui pré- 
tendent qu'ils ne la considèrent pas comme valable et recom- 
mencent, et de ceux qui disent qu'il faut prononcer à voix 
haute toute la formule : « Au nom de Dieu clément et misé- 
ricordieux )), et de ceux qui disent qu'il ne faut pas la pro- 
noncer à haute voix, il faut les prendre en corrigeant tout 
cela et en réclamant leur interprétation, de manière que la 
faiblesse de leurs dires et le vide de leur intention se ma- 
nifestent clairement. 



— oo 



LA DIME AUMÔNIERE 



La dime aumônière est une consolation, un secours, le 
don d'un excédent; or la raison exige le don de l'excédent, 
la bienveillance par la concession dune utilité. Tel est le ré- 
sumé de ce chapitre. La dîme aumônière a varié plus d'une 
fois jusqu'au moment où elle s'est fixée dans l'état où nous 
la voyons aujourd'hui, car les Musulmans reçurent l'ordre 
d'acquitter la dime aumônière en même temps qu'ils rece- 
vaient celui de pratiquer la prière; ensuite il a été dit : 
« Ils te demanderont ce qu'ils doivent dépenser'. » L'iiomme 
donnait alors en aumône l'excédent de ce qui lui était néces- 
saire pour sa nourriture. Lorsque la dîme aumônière fut 
prescrite dans la sourate El-BércVa\ en l'an 9 de l'hégire, 
le prophète en expliqua le moment et la quantité. 

LE JEÛNE 

C'est une mortification, un avilissement, une restriction 
apportée à la concupiscence, une extinction de l'avidité; 
il est fort utile à nombre de gens et leur amène la santé et 
la légèreté corporelle, en plus de ce que l'homme y trouve 
de douceur du cœur et de pureté de l'âme. Ce qui fut d'abord 
prescrit, c'est le jeûne du jour de V'âc/ioûrà; puis il fut 
abrogé et remplacé par le jeûne du mois de ramadan, en 
l'an 2 de l'hégire. La raison exige la mortification et l'avi- 
lissement de l'âme [siège des passions]. 

LE PÈLERINAGE 

La plupart des rites qui y figurent sont une épreuve et un 
examen; c'est un des plus grands pactes conclus par Dieu 

1. Qor.. II, 211. 

2. Chapitre IX du Qor'àii. 



— 56 — 

avec ses serviteurs, et ce qui montre le mieux leur croyance. 
Les ruses du démon, auprès de l'islamisme, par suite de 
sa bassesse, ne cessent de représenter des suggestions sur 
ce chapitre, bien qu'il n'y ait aucune des qualités de ces 
rites qui n'indique une utilité, ou à laquelle on ne puisse 
trouver une cause tirée du monde rationnel. Parmi ces 
rites, il y a l'acte de quitter ses vêtements pour entrer 
en état de sanctification, et, dans cet acte, il y a une humi- 
liation et un avilissement, en même temps que la raison 
l'admet pour le lavage complet et pour l'entrée au bain, à 
raison de l'avantage que l'on y trouve. Il est donc clair que 
cet acte en lui-même n'est ni une plaisanterie ni une chose 
vaine, puisqu'on a en vue certains des motifs que nous 
avons indiqués. 

Il y a encore la course et la précipitation dans les tournées 
rituelles, instituées pour être un acte de dévotion autant 
que la purification et la prière ; la raison admet également 
qu'on se hâte et que Ton coure quand c'est utile ou quand 
on craint de laisser échapper une occasion ; il faut y joindre 
ce que nous rapporte la tradition, à savoir que le prophète, 
lors de son entrée à la Mecc|ue, se mit à courir pour montrer 
à ses ennemis sa force d'âme ; cela devint ensuite une cou- 
tume à laquelle on se conforma ; or, il n'y a point de nation 
qui ne se conforme à son guide dans les choses qu'il prescrit. 

Quant au jet de pierres, [il suffit de faire remarquer que] 
si nous voyons un homme lancer une pierre à un oiseau 
pour le faire partir d'un arbre, ou à un arbre pour en faire 
choir les fruits, il ne nous serait pas licite, à raison du profit 
qu'il en retirera, de juger qu'il est ignorant et sot ; il en est 
de même du jet de pierres ; celui qui les lance espère une 
récompense considérable pour s'être conformé à ce qui lui 
a été donné comme exemple et pour avoir suivi la coutume 
de ses prédécesseurs. 

On ne peut dissimuler l'avantage qu'il y a, pour les 
pauvres et les malheureux, à regorgement et à la jugulation 



— 57 — 

des victimes. Dans l'acte de se raser la tête et de se rac- 
courcir la barbe, c'est la pureté et la propreté [que l'on a 
recherchées]. L'acte de baiser la pierre [noirej par respect 
manifeste la reconnaissance du droit des prophètes (que les 
bénédictions de Dieu soient sur eux tous 1) qui ont laissé ce 
monument comme un souvenir pour leurs successeurs. Par- 
fois l'homme s'éprend des monuments laissés par les an- 
ciens ; cette pierre est justement un de ces monuments. 

Du moment que les rites s'expliquent de la manière que 
nous avons dite, il n'y a plus de raison de s'empresser 
d'accuser la nation [musulmane] et de la traiter d'ignorante 
au sujet des rites qu'elle a conservés. Depuis l'islamisme, le 
prophète ne fit qu'un seul pèlerinage, c'est celui que l'on 
a appelé pèlerinage d'adieu : c'est pendant celui-ci qu'il 
montra les cérémonies et les coutumes du pèlerinage, que 
les hommes se transmettront par héritage jusqu'à la fin 
des temps. 

MARIAGE, DIVORCE, HÉRITAGE 

Le mariage est une prise de possession qui tient lieu de 
vente, et le divorce est une éviction à la place de rupture. 
Il y a, dans le mariage, une grande sagesse pour l'établis- 
sement des généalogies et le rattachement des enfants [à leurs 
parents], sinon le mariage et la cohabitation seraient égaux ; 
c'est bien ce qu'exige la raison. Quant à la supériorité ac- 
cordée à l'homme sur la femme dans le partage des héri- 
tages, c'est à raison des infortunes qui peuvent fondre sur 
l'homme, tandis que la femme tire sa subsistance de celui 
qui l'épouse, car celui qui la prend par ses boucles de che- 
veux^ doit préparer ce qu'elle aime le mieux. 



1. Symbole de la prise de possession ; cf. Qor. XI, 59. Voir les re- 
marques de Tabarî, Tafsîr, t. XII, p. 35, 1. 7 et suivantes. 



58 



LE VENDREDI ET LES FETES 



Ces jours ont été institués pour être une occasion de 
réunion pour les membres de la communauté [musulmane] ; 
ils se rencontrent et se font des visites; ils se montrent 
généreux à l'égard des faibles et des pauvres ; ils se re- 
posent de la fatigue des efi'orts et du mouvement, ils lais- 
sent reposer leurs esclaves et leurs bêtes de somme. Cela 
est une sorte d'avantage considérable pour celui qui com- 
prend l'ordre de Dieu et s'en sert comme d'exemple. Il n'y a 
point de nation sur la terre qui n'ait des fêtes et des lieux 
de réunion. 

LES DIX COUTUMES DU PROPHÈTE 

Elle sont relatives à la tête et au corps, ainsi qu'à l'inter- 
diction de manger les chairs mortes et le sang; il n'y a 
point de doute qu'elles n'aient pour but la pureté et la 
propreté. Certains individus ont trouvé extraordinaire la 
circoncision, à raison de la douleur et du danger de l'opé- 
ration ; ils ne savent donc pas les douleurs qu'éprouve 
l'homme atteint de phymosis à raison de l'emprisonnement 
de l'urine dans la gaine de l'urètre, ni qu'il s'y engendre des 
bêtes qui amènent de l'angoisse et de la gêne. La circoncision, 
au contraire, rend plus compactes l'organe [de la reproduc- 
tion] et la croissance du corps ; c'est pourquoi on a dit : 
La circoncision est un aide pour l'enfant; et ensuite : C'est 
une coutume qui comprend à la fois une épreuve et un 
abandon de soi-même. 

Quant à l'interdiction de manger des chairs mortes et du 
sang, il y a, dans la répugnance de l'âme et la répulsion de la 
nature, une raison suffisante pour la justifier, sans compter 
l'inconvénient légal ; de plus, les habitants de la terre sont 
unanimes à en déclarer le caractère immonde, sauf ceux 



— 59 — 

qui ne s'en soucient pas ^ à titre de réserve ou de nombre. 
Les médecins l'interdisent à cause de la pesanteur du ré- 
sultat final et du mal que peuvent causer des aliments de 
cette sorte. 

Tout cela, les héritiques le blâment ; et il y a pourtant, 
dans ces prescriptions, une sagesse que Dieu seul peut 
apprécier. 

MALADIE DU PROPHÈTE 

Le prophète de Dieu avait reçu l'ordre, dans sa maison 
de la Mecque, avant d'émigrer, de prononcer la prière sui- 
vante : « Seigneur, fais-moi entrer dans un séjour de sin- 
cérité et fais-moi sortir également en sincérité ; donne-moi 
de ta part une puissance qui soit mon secours'. » Lorsqu'il 
en sortit pour se rendre à Médine, il lui fut révélé, sur sa 
route, à el-Djohfa, ceci : a Celui qui t'a imposé le Qorân 
comme devoir, te renvoie à un lieu de rendez-vous'. » Lors- 
que Dieu lui eut permis d'achever sa mission et accompli 
sa promesse, et qu'il le renvoya au lieu du retour, il lui 
révéla ceci : « Lorsque vient le secours de Dieu et la vic- 
toire* », etc., jusqu'à la fin de la sourate; le prophète dit 
alors : « C'est ma mort qui m'est annoncée à moi-même », 
et il apprit lui-même à ses compagnons sa fin prochaine, 
un mois avant sa mort. Ensuite il commença à souffrir 
quelque temps avant la fin du mois de Çafar, et il fut 
rappelé à Dieu le lundi 12 rébi' P^ Sa maladie avait duré 
quatorze ou quinze nuits. 

On rapporte, d'après Abou-Mowéïhiba', que celui-ci dit : 
a Le prophète m'envoya chercher au milieu de la nuit et 
me dit : Abou-Mowéïhiba, j'ai reçu l'ordre de demander 

1. Sur l'expression 4j 1,^1 1 ^, cf. Lisàn, t. I. p. 112. 

2. Qor., XVII, 82. ' " 

3. Qor., XXVIII, 85. 

4. Qor., ex, 1. 

5. Cf. t. II, p. 99, note 4, et ci-dessus, p. 26. 



— 60 — 

pardon pour les habitants de ce cimetière d'el-Baqf ; viens 
avec moi. Je l'accompagnai, et nous nous trouvions au 
milieu des tombes ; le prophète s'écria : « Que le salut soit 
sur vous, ô habitants des tombeaux ! que la situation que 
vous trouverez au matin soit plus légère pour vous que 
celle qu'ont trouvée d'autres que vous ! Les calamités [du 
jugement dernier] se sont avancées comme des parties de la 
nuit ténébreuse, se suivant l'une l'autre à partir de la pre- 
mière ; et certes la dernière est pire que la première. » Puis 
il dit : (( Abou-Mowéïhiba, j'ai reçu en don les trésors du 
monde et le séjour éternel dans ce monde, et ensuite le 
paradis ; j'ai été mis en mesure de choisir entre cela et la 
rencontre de mon Seigneur. » Je lui ai dit, continua le nar- 
rateur : Par mon père et ma mère, prends les trésors de ce 
monde et le séjour éternel, puis le paradis. Le prophète me 
répondit : a Abou-Mowéïhiba, j'ai déjà choisi la rencontre 
de mon Seigneur et le paradis. » Ensuite il implora le 
pardon de Dieu pour les morts du cimetière d'el-Baqî', et 
s'en alla ayant la fièvre; c'était la nuit qui précède le 
mercredi, deux nuits avant la fin de çafar. Il commença à 
souffrir dans la maison de Méïmoûna, fille d'El-Hârith ; ce 
fut la dernière fois qu'il sortit et présida à la prière ; et 
lorsqu'il sentit de l'aggravation, il dit : « Ordonnez au peuple 
de prier». Quand la douleur s'accrut, il demanda la per- 
mission à ses femmes de s'aliter dans la maison d"Aïcha, 
et il sortit entre 'Ali ben Abi-Tâlib et el-Fadl ben el-'Ab- 
bâs; ses pieds rayaient la terre jusqu'à ce qu'il arriva à la 
maison d'Aïcha. Il dit alors : « Versez sur moi le contenu de 
sept outres [d'eau] dont les cordons n'ont pas été dénoués; 
peut-être pourrai-je faire des recommandations au peuple. » 
'Âïcha continua sa narration en ces termes : Nous le fîmes 
asseoir sur une auge en laiton appartenant à Hafça ; ensuite 
nous commençâmes à verser sur lui le contenu de ces 
outres. Il nous fit un signe qui voulait dire : Vous avez bien 
fait. Puis il sortit en se bandant la tête; il marchait entre 



— 61 — 

el-'Abbâs et 'Alî, mais ses deux pieds traînaient à terre; 
il s'assit sur la chaire et les assistants l'entourèrent en 
formant un cercle. Les premières paroles qu'il prononça 
furent pour demander à Dieu son pardon en faveur des 
martyrs tombés à la bataille d'Ohod, et il pria pour eux; 
ensuite il dit : a Un des serviteurs de Dieu a été mis en 
situation de choisir entre ce monde et ce qui se trouve au- 
près de Dieu ; il a choisi la seconde alternative. » Abou-Bekr 
réfléchit à ces paroles et comprit que le prophète se dé- 
signait lui-même ; il se mit à pleurer : « Non pas, s"écria-t-il, 
nous donnerons nos pères et nos mères pour te racheter. » 
Mohammed répondit : «Tout doucement, ô Abou-Bekr! 
Regardez ces portes qui donnent accès à la mosquée ; fermez- 
les, à l'exception de la porte d'Abou-Bekr, car je ne connais 
personne dont la société occupe auprès de moi une place 
meilleure; si j'avais à adopter un ami en dehors de mon 
Seigneur, c'est Abou-Bekr que je choisirais, mais comme 
société et confraternité de foi, jusqu'à ce que Dieu nous 
réunisse auprès de lui. )) 

C'est la tradition rapportée par Mohammed ben Ishaq; 
el-Wâqidî donne la forme suivante aux paroles du pro- 
phète : a Fermez ces portes qui donnent accès à la mos- 
quée, à l'exception de la porte d'Abou-Bekr, car il est le 
plus sûr des hommes dans sa société et ses biens. » 

On rapporte qu" Abdallah ben Mas'oûd a dit : « Nous en- 
trâmes auprès du prophète de Dieu, qui était dans la maison 
d"Aïcha ; il se raffermit en nous voyant et dit : « Que Dieu 
vous salue et vous reçoive chez lui ! Je vous recommande la 
crainte de Dieu, et je vous confie à lui ; je le prends pour 
mon successeur à votre tête. Je suis pour vous un aver- 
tisseur évident, pour que vous ne vous leviez pas contre 
Dieu dans son pays et sur ses serviteurs, car il a dit : 
« Cette demeure dernière, nous l'établirons pour ceux qui 
ne cherchent pas à s'élever sur la terre et à y commettre 
des désordres ; la fin appartiendra à ceux qui craignent 



— 62 — 

Dieu' ». Ô envoyé de Dieu, dîmes-nous, quand viendra le 
terme fixé par le destin pour toi ? Il répondit : Le moment 
de la séparation et du transfert auprès de Dieu s'appro- 
chent, au paradis où se trouve notre séjour, le buisson de 
la limite et le compagnon suprême. » 

Or, le prophète avait nommé Osâma ben Zéïd comman- 
dant d'une expédition et lui avait ordonné de fouler aux 
pieds de ses chevaux la terre de Balqâ. Cela fit jaser, car 
on disait : a II a nommé un tout jeune garçon chef des 
illustres émigrés et auxiliaires ». Lorsqu'il se tint en chaire, 
il dit par trois fois : « Envoyez l'expédition d'Osâma, en- 
voyez l'expédition d'Osâma, envoyez-la. Par ma vie, ce que 
vous dites de sa nomination, vous l'avez déjà dit de celle de 
son père. Or, il est fait pour être chef, comme son père 
l'était' ». Puis il descendit ; les hommes se dépêchèrent dans 
leurs préparatifs ; Osâma fit camper ses troupes à la dis- 
tance d'une parasange de Médine, tandis que le reste de la 
population attendait de savoir ce que Dieu déciderait à 
l'endroit de son prophète. 

El-Wâqidî, d'après ech-Cha'bî, rapporte le récit suivant 
d'Ibn-'Abbâs : a Lorsque les douleurs du prophète s'ac- 
crurent, il dit : « Apportez-moi un encrier et une feuille, 
pour que je vous trace un écrit après lequel vous ne vous 
égarerez plus jamais ». Ils se disputèrent; or, il n'aurait 
pas fallu se disputer en présence de l'Envoyé de Dieu. L'un 
d'entre eux s'écria : « Qu'avez-vous ? Il radote ! Faites-le 
répéter». 'Omar dit alors : «La douleur l'a vaincu; qui 
appartient à telle ou telle? Le livre de Dieu nous suffit ». 
Comme ils faisaient du bruit auprès de lui, il dit : « Laissez- 
moi, laissez-moi ! Expulsez les polythéistes de la péninsule 
arabique, et autorisez les ambassades [des tribus arabes] 
pour autant que vous m'aurez vu les autoriser ; expédiez 

1. Qor., XXVIII, 83. 

2. Cf. el-Bokhârî, id. op., trad. Houdas, t. II, p. 610, et t. IV, p. 329, 
514; Tabarî, Ann., I, p. 1795. 



— 63 — 

la troupe d'Osâma, et levez-vous ». Ils se levèrent. Le pro- 
phète rendit l'âme, Ibn-'Abbâs a dit : « Tout le malheur 
vient de ceux qui se sont interposés entre le prophète et 
son désir d'écrire^ ». 

On dit aussi que la maladie s'aggrava chez Mohammed ; 
Bilâl l'appela pour la prière ; il répondit : « Ordonne [de 
ma part] à 'Omar de dire ici la prière publique ». Alors 
'Abdallah ben Zam'a ben el-Aswad ben el-Mottalib sortit et 
fit avancer 'Omar, car Abou-Bekr était absent. Quand 'Omar 
eut prononcé la formule Allah akbar à haute voix, le pro- 
phète l'entendit et s'écria : « Où donc est Abou-Bekr? Dieu 
et les Musulmans ne veulent pas cela ». Il envoya chercher 
Abou-Bekr, qui arriva après qu"Omar eut achevé la prière, 
et alors il présida à la prière publique'. 

On rapporte qu"Âïcha dit : « Lorsque la maladie du pro- 
phète s'aggrava, il dit : Ordonnez à Abou-Bekr de présider 
à la prière. Je lui fis observer qu' Abou-Bekr était un homme 
d'une voix faible et qui pleurait beaucoup en récitant le 
Qoràn. Mohammed répéta : Ordonnez à Abou-Bekr de pré- 
sider à la prière. Je recommençai mes observations, dit 
'Âïcha : « Vous êtes bien les femmelettes de Joseph'. Or- 
donnez à Abou-Bekr de présider à la prière ». Par Dieu, con- 
tinua 'Aïcha, je ne le dirais pas, à moins que je ne voulusse 
détourner cela de lui, et je repris : Le peuple n'aime pas 
qu'un homme prenne la place du prophète ; il considère 
cela comme de mauvais augure ». 

Ibn-Ishaq, d'après ez-Zohri, dit ceci : Anas m'a raconté 
que le lundi où mourut Mohammed, il était sortit vers la 
foule pendant qu'elle accomplissait la prière du matin. Le 
prophète leva le rideau et ouvrit la porte ; il se tint debout 
à la porte d"Aïcha. Les Musulmans faillirent se laisser 

1. Comparer el-Bokhârî, id. op., t. IV p. 575. 

2. Cf. Ibn-Hichâm, p. 1009, d'après Ibn-Ishaq. 

3. Allusion à Qor., XII, 30 et suiv. Cf. el-Bokhârî, t. IV, p. 554; 
Ibn-Hichâm, p. 1008. 



— 64 — 

détourner de leur devoir pendant la prière, tellement ils 
étaient joyeux d'avoir vu l'Envoyé de Dieu ; mais celui-ci 
leur fit signe de continuer; il souriait de joie de voir leur 
prière; puis il rentra'. 

Ibn-Ishaq rapporte qu'Abou-Bekr ben 'Abdallah ben 
Abi-Moléïka lui a raconté que, le lundi, le prophète sortit, 
la tête enveloppée de linges, entre el-'Abbâs et 'Ali, pour se 
rendre à la prière du matin, alors qu'Abou-Bekr présidait à 
cette prière. Le peuple se mit à le regarder et Abou-Bekr 
reconnut qu'ils ne le faisaient que pour le prophète; il re- 
cula en interrompant sa prière, mais Mohammed le poussa 
dans le dos et lui dit : Préside à la prière ! et il s'assit à 
ses côtés, priant à la droite d'Abou-Bekr. Quand celui ci 
eut terminé, le prophète s'avança vers le peuple et lui 
adressa la parole en élevant la voix, de sorte que celle-ci 
sortit par la porte de la mosquée ; il dit : « hommes, 
le feu a été enflammé, les troubles [du jugement der- 
nier] s'avancent comme des fragments de nuit ténébreuse; 
certes j par Dieu, vous ne m'empêcherez en rien ; je n'ai per-, 
mis et je n'ai défendu que ce qu'a permis et défendu le 
Qorân ». — « Je vois, dit Abou-Bekr, que tu as éprouvé 
du bien de la part de Dieu ce matin ; aujourd'hui, c'est le 
jour de la fille de Kliâridja' ; je vais l'amener ». — a Oui, 
répondit Mohammed ». Ensuite, Abou-Bekr sortit vers sa 
famille dans sa maison d'es-Sonh, le prophète s'en retourna 
vers sa demeure, et le peuple se dispersa. 

El-Wâqidi rapporte que le prophète, en s'en allant, 
appela Fâtima et lui dit quelque chose à l'oreille; elle se 
mit à pleurer. 11 l'appela et lui parla en secret une seconde 
fois; elle se mit à rire. On l'interrogea sur ces deux atti- 
tudes, après la mort du prophète ; elle répondit : « Mon 
père me dit que le Qorân devait lui être présenté une fois 
chaque année ; or, cette année-là, il lui avait été présenté' 

1. Cf. Tabari, Ann., I, p. 1813. 

2- La femme d'Abou-Bekr; Tabari, Ann., I, p. 1814, note h. 



— 65 — 

deux fois, ce qui lui paraissait un présage de sa fin certaine, 
étant donné sa maladie ; c'est alors que je pleurai. Puis il 
m'appela une seconde fois et me dit : Tu seras la plus ra- 
pide de ma famille à venir me rejoindre ; alors je me mis 
à rire ». 

En effet, Fâtima ne survécut à son père que six mois, ou 
suivant d'autres, cent cinquante jours. Dieu sait mieux la 
vérité ! 

MORT DU PROPHÈTE 

*Âïcha dit : « Lorsque Mohammed revint de la mosquée, 
le lundi, il se coucha à côté de moi; ensuite je trouvai 
qu'il était plus malade ; j'allai regarder son visage ; son 
regard s'était tourné vers le ciel et il disait : a Oui, le 
compagnon sublime. » Or, il nous disait [habituellement] : 
Un prophète ne meurt qu'après avoir été mis en situation 
de choisir. Je lui dis : On t'a donné à choisir, et tu as choisi. 
Le prophète rendit l'âme entre mon cœur et ma gorge, 
lorsque le soleil était dans sa plus grande ardeur de la 
matinée' », le lundi 12 rébî' I, l'année 10 de l'hégire, plus 
deux mois et douze jours. 

(( Par suite de ma sottise et de mon jeune âge, continua 
'Àïcha, je posai sa tête sur un oreiller et je me levai pour 
aller me frapper la poitrine et le visage avec les autres 
femmes. » 

On dit que Médine fut agitée par les cris et les pleurs, et 
que la population se précipitait à l'aveuglette en se disant : 
L'envoyé de Dieu, Mohammed, est mort. 'Omar, fils d'el- 
Khattâb, s'avança, se tint debout à la porte de la maison et 
dit : « Les hypocrites prétendent que Mohammed est mort; 
mais le prophète de Dieu n'est pas mort, il est parti pour 
se rendre auprès de son Seigneur, comme l'a fait Moïse, 
fils d"Imrân, qui est resté absent loin de son peuple pendant 

1. CL el-Bokhârî, Les Traditions islamiques, trad. Houdas, t. IV, 
p. 252, 298. 

5 



— 66 — 

quarante nuits et qui, ensuite, est revenu auprès d'eux, 
après qu'on avait dit qu'il était mort. Certes, le prophète 
reviendra comme est revenu Moïse. Que l'on coupe les 
mains et les pieds de ceux qui prétendent que Mohammed 
est mort ». 'Omar ajouta : « Nous pensions que Mohammed 
ne mourrait pas avant d'avoir conquis la terre, selon la 
promesse de Dieu ». C'est pour cela qu'il prononça les pa- 
roles que nous venons de rapporter. 

Cette nouvelle parvint également à Abou-Bekr, qui 
s'avança en toute hâte, monté sur un cheval, tandis 
qu"Omar haranguait le peuple ; mais il ne fit pas attention 
à lui et entra dans la maison d"Aïcha, où il trouva le pro- 
phète enveloppé comme d'un linceul de vêtements en étoffe 
rayée du Yémen appelée hihara. Il découvrit son visage, 
l'embrassa et dit : « J'en jure par mon père et ma mère, la 
mort que Dieu avait inscrite pour toi, tu viens de la goûter ; 
tu n'en auras plus d'autre à supporter ». Ensuite il sortit 
vers le peuple harangué par 'Omar et s'écria : « Tout doux, 
'Omar, tais-toi. » Mais 'Omar ne voulut pas s'arrêter. Quand 
Abou-Bekr vit qu'il continuait de parler sans l'écouter, il 
s'avança devant la population qui, entendant les paroles 
d' Abou-Bekr, abandonna 'Omar pour se tourner vers le 
nouveau venu. Celui-ci dit les louanges et la magnificence de 
Dieu et pria pour le prophète; il ajouta : « O peuple, Dieu 
a annoncé à votre prophète sa mort, alors qu'il était encore 
vivant au milieu de vous ; il vous a aussi annoncé la vôtre 
à vous-mêmes et a dit : Tu mourras et ils mourront aussi ^ ». 
Le peuple sut alors que le prophète était réellement mort. 

On rapporte, d'après 'Omar, qu'il a dit : « Je ne m'aper- 
çus de rien jusqu'au moment où j'entendis les paroles d'Abou- 
Bekr; je me sentis les jarrets coupés et je m'affalai sur le 
sol, mes jambes ne me soutenant plus ». Ensuite, Abou- 
Bekr récita le passage suivant du Qorân : « Mohammed 

1. Qor., XXXIX, 31. Verset inventé pour la circonstance, d'après 
les remarques de M. P. Casanova, Mahomet et la fin du monde, p. 19. 



— 67 — . 

n'est qu'un envoyé, avant lequel bien d'autres envoyés ont 
déjà passé. Est-ce que, s'il meurt ou s'il est tué, vous tour- 
nerez le dos ? Quant à celui qui tournera les talons, [qu'il 
sache que] cela ne fera aucun mal à Dieu, qui saura récom- 
penser ceux qui se montrent reconnaissants' )). Puis il ajouta : 
« peuple, ceux qui adorent Dieu savent qu'il est vivant et 
ne meurt pas ; ceux qui adoraient Mohammed ou le consi- 
déraient comme une divinité, [qu'ils sachent] que Moham- 
med est mort ». Il prêcha au peuple, l'exhorta à conserver 
la crainte de Dieu, et descendit de la chaire. 

On se mit à disposer les funérailles ; on appela des gens 
pour creuser sa tombe. Abou-Talha el-Ançârî pratiquait la 
niche latérale du tombeau, et c'était l'œuvre des Ançârs ; 
Abou-'Obéïda ben el-Djerrâh égalisait les parois de la fosse ; 
c'était l'œuvre des Mohâdjirs. On les envoya chercher tous 
les deux. El-'Abbàs s'écria : « Grand Dieu ! fais la grâce de 
montrer à ton prophète que tu es satisfait de lui ». Il de- 
vança le messager chargé de prévenir Abou-Talha et vint. 

On ne fut pas d'accord sur l'emplacement où on devait 
enterrer le corps de Mohammed : les uns dirent que ce se- 
rait au cimetière d'el-Baqi', avec ses compagnons ; les 
autres, que ce serait dans sa mosquée. Abou-Bekr dit : a Je 
l'ai entendu prononcer cette parole : Il n'est point mort de 
prophète qui n'ait été enterré sur le lieu même où il a 
rendu l'âme ». Il traça une ligne autour de la couche, de la 
grandeur de celle-ci ; puis le corps fut transporté dans un 
autre endroit et l'on se mit à creuser au lieu indiqué. 

Des dissensions éclatèrent parmi la population ; cette 
tribu des Ançârs se retira vers Sa'd ben 'Obâda, le chef 
des Khazradj, et ils s'assemblèrent sous la saqîfa des Banou- 
Sâ'ida ; 'Ali, Talha et ez-Zobéïr se retirèrent dans la maison 
de Fâtima, et le reste des Mohâdjirs entoura Abou-Bekr, 
tous prétendant à la principauté pour soi-même. Alors El- 
Moghîra ben Cho'ba s'avança : « Si vous avez besoin du 

1. Qor., III, 138. 



— 68 — 

peuple, dit-il, allez le rejoindre ». On laissa le corps du pro- 
phète tel quel, on ferma la porte sur lui ; Abou-Bekr, 
'Omar et Abou 'Obéida ben el-Djerràh se hâtèrent de se 
rendre à la saqîfa des Banou-Sà'ida. Les Ançârs dirent : 
« Nous sommes les auxiliaires de Dieu, la troupe de l'Isla- 
misme ; vous tous, assemblée des Arabes, vous êtes une de 
nos branches. Or, une troupe d'entre vous s'est mise à 
marcher lentement, voulant nous déposséder de notre base et 
briser le droit de commander ». — « Ce que vous avez dit 
de bien, dit Abou-Bekr, sur votre compte, vous le méritez, 
en effet ; mais les Arabes ne reconnaîtront le droit de com- 
mander qu'à cette fraction des Qoréïchites, les plus nobles 
des Arabes par leur généalogie et leur demeure. Je crois 
que l'un de ces deux hommes est digne de commander; 
prêtez serment à celui des deux que vous voudrez». En 
disant cela, il prit les mains d"Omar et d'Abou 'Obéïda ben 
el-Djerrâh. [A ce moment] El-Hobàb [ben] el-Moundhir 
dit : (( Je suis le petit tronc d'arbre auquel on se frotte, le 
petit régime de dattes étayé de cette tribu ; qu'il y ait un 
chef pris parmi nous et un autre parmi vous' ». Alors le 
bruit augmenta, les voix s'élevèrent, et l'on craignit des 
désordres. 'Omar dit alors à Abou-Bekr : « Etends ta main, 
pour que je te prête serment ». Abou-Bekr l'ayant fait, les 
Mohâdjirs et les Ançârs lui prêtèrent serment ; puis ils 
sautèrent sur Sa'd ben 'Obâda et le frappèrent [à coups de 
sabre]. L'orateur de la tribu s'écria : « Vous venez de tuer 
fSa'd 1 » tandis qu^Omar disait : a C'est Dieu qui l'a as- 
sommé \ » 

Ensuite ils revinrent à la mosquée; Abou-Bekr monta 
en chaire; 'Omar, se tenant debout, prononça les louanges 



1. Cf. Tabarî, Annalps, I, p. 1840, 1. 4 et 15 ; p. 1844, 1. 15. 

2. Comparer el-Bokhârî, op. laud., t. IV, p. 393 et suivantes. Sa'd 
n'était pas resté sur le coup ; il vécut encore quelques années, et mourut 
ail Haurân ; on voyait, au village de Mizzé près de Damas, un tombeau 
prétendu le sien. Naw^awî, p. 274. 



— 69 — 

et la magnification de Dieu, puis il ajouta : « Ô peuple, je 
vous avais dit hier une parole que je n'ai pas trouvée dans le 
livre de Dieu, et qui n'était pas un engagement que son pro^ 
phète avait pris envers moi, mais je jugeais que le prophète 
organiserait nos affaires et serait le dernier d'entre nous. Or 
Dieu vous a laissé son livre au moyen duquel il guidait 
son envoyé : celui qui le tiendra fermement, il le dirigera 
comme il a dirigé Mohammed. Et si le commandement est 
confié au meilleur d'entre vous, au compagnon du prophète, 
celui qui était le second des deux personnes réfugiées dans 
la caverne, levez-vous et prêtez lui le serment général d'al- 
légeance dans la mosquée, après celui qui a été formulé 
à la Saqifa'.)) Ils prêtèrent donc ce serment, sauf 'Ali, 
qui différa son acquiescement de six mois. 

PRESTATION DE SERMENT ENTRE LES MAINS d'aBOU-BEKR 

Lorsque le prophète fut gravement malade, raconte Ibn- 
Ishaq, el-'Abbâs, lils d"Abd-Mottalib, dit à 'Alî : « Viens, 
allons trouver le prophète : si le commandement doit être 
réservé à l'un de nous, nous le connaîtrons; et si c'est à un 
autre, qu'il nous recommande aux Musulmans. » — « Certes, 
répondit 'Ali, je ne le ferai pas, j'en jure par Dieu ! S'il nous 
le refusait, un autre ne nous donnerait pas ce commande- 
ment après lui. » Sans le discours prononcé par 'Omar, 
ajoute Ibn-Ishaq, à la mort du prophète, les Musulmans 
n'auraient pas eu le moindre doute qu'il avait désigné 
Abou-Bekr pour son successeur ; mais il avait dit, au 
moment de rendre l'âme : Si je choisissais un successeur, 
je choisirais quelqu'un de meilleur que moi ; et si je dois 
laisser les Musulmans, c'est quelqu'un de meilleur que moi 
qui les laissera. » Le peuple sut ainsi que le prophète n'avait 
désigné personne. Abou-Bekr n'avait nullement de soupçons 
à l'égard d"Omar. 

1. Cf. el-Bokhâri, id. op., t. IV, p. 527. 



— 70 — 

On dit que lorsqu"Omar eut achevé sa harangue, Abou- 
Bekr se leva pour prononcer un discours, après qu'on lui eût 
frappé dans la main [en signe d'allégeance] ; il dit : « Louange 
à Dieu! Louez-le; moi, je vous demande votre concours 
pour toutes ses affaires, publiques ou cachées. Nous nous 
réfugions en Dieu contre ce qui pourrait survenir de nuit 
ou de jour ; je témoigne qu'il n'y a de divinité que Dieu 
seul, et que Mohammed est son serviteur et son prophète 
qu'il a envoyé avec la vérité comme porteur de bonnes 
nouvelles et avertisseur en présence de l'heure finale. Celui 
qui lui obéira sera dans la voie droite, et celui qui désobéira 
périra. Et après les formules introductives, sachez que j'ai 
été chargé de vous gouverner, sans que je sois le meilleur 
d'entre vous; en conséquence, aidez-moi, et si je dévie, 
redressez-moi. La sincérité est une sécurité, le mensonge 
une trahison. Personne ne renoncera à la guerre sainte sans 
que Dieu le frappe d'avilissement. La fornication ne se 
répandra pas dans un peuple sans que Dieu le couvre du 
malheur. Obéissez-moi en tant que j'obéirai à Dieu et à 
son prophète; si je leur désobéis, vous êtes déliés de toute 
obligation de m'obéir. Levez-vous pour la prière, et que 
Dieu ait pitié de vous ! » Ils récitèrent la prière canonique 
et se disposèrent ensuite à procéder aux obsèques du pro- 
phète. 

El-Wâqidî nous apprend que la prestation générale de 
serment eut lieu le mardi après l'enterrement, tandis que 
d'autres affirment que le serment eut lieu d'abord, et en- 
suite la mise en terre. On est en désaccord sur le moment 
où le corps fut descendu dans la fosse; Ibn-Ishaq rapporte 
que ce fut la nuit qui précéda le mercredi, et el-Wàqidî (ce 
qui nous paraît certain) que ce fut le mardi, au moment du 
déclin du soleir. Dieu sait mieux et est plus sage! 

■ 1. C'est-à-dire un peu après midi. 



— 71 — 



LAVAGE DE SON CORPS 



On dit que 'Ali, el-'Abbâs, el-Façll, Qotliam, Osàma et 
Ciioqrân procédèrent au lavage ; 'Ali appuya le corps contre 
sa poitrine, et el-'Abbâs, el-Fadl et Qotham se mirent à le 
retourner avec lui ; Osâma et Cboqrân versaient de l'eau 
sur le corps. Celui-ci resta couvert de sa tunique; en effet, 
il ne fut pas dépouillé de ses vêtements ; trois vêtements de 
coton blanc de Sahoùl [dans le Yémen] lui servirent de 
linceul, deux vêtements de Manbidj et un manteau ht bar a ; 
on les lui enroula autour du corps en plusieurs fois ; il 
n'avait ni turban ni chemise. Ensuite on le déposa sur le 
brancard, et le peuple entra et fit la prière d'une manière 
relâchée; les hommes prièrent d'abord, puis les femmes, 
et enfin les enfants. Ensuite le corps fut déposé dans la 
terre. 

'Ali, el-Façll ben el-'Abbâs et Choqràn entrèrent dans la 
fosse ; on nous rapporte de ce dernier qu'il a dit : o Je suis 
celui qui a jeté la pièce de soie sous le corps du prophète 
dans la fosse. » On superposa au-dessus de lui des briques 
et du souchet odorant \ on jeta là-dessus la terre et on 
aplanit la fosse, on y versa de l'eau. 

Les traditions ne sont pas d'accord sur l'âge du prophète, 
ni sur la durée de sa vie ; toutefois l'opinion la plus répan- 
due, celle qui compte le plus grand nombre de partisans, 
est qu'il mourut à l'âge de soixante-trois ans; il naquit un 
lundi, émigra un lundi et mourut un lundi. 

Les traditionnistes rapportent de nombreuses poésies 
composées pour lui servir d'élégies funèbres ; parmi les- 
quelles les vers dits par un Arabe à Fâtima : 

Il y a ea après toi des nouvelles, et une affaire grave, si tu les 
avais vues, les discours ne seraient pas nombreux. 

Nous sommes privés de ta présence comme la terre est privée de 

1. Idhkhir, employé dans la construction au Hedjâz. 



— 72 — 

l'averse qui l'humecte ; ton peuple est troublé ; reviens-donc ; en- 
suite tu ne t'absenteras plus '. 

Hassan ben Thâbit a dit : 

À Taïba' est un vestige du prophète et un lieu de rendez-vous 
brillant, tandis qu'ordinairement les vestiges disparaissent et sont 
effacés. 

Mais ils ne s'effaceront pas, les signes qui l'entourent à la 
maison du séjour, là où est la chaire du Directeur, sur laquelle il 
montait. 

Signes clairs, indices durables, son logement où se trouve l'ora- 
toire et la mosquée. 

Marques qui ne disparaîtront pas malgré l'éloignement, sur 
lesquelles le malheur peut s'appesantir, mais les signes en seront 
renouvelés. 

J'ai continué d'y pleurer le prophète, pendant que des yeux 
m'aidaient, et deux fois autant de djinns qui m'assistaient. 

Sois-tu béni, ô tombeau du prophète, et que soit béni le pays 
où le bien dirigé, l'homme du droit chemin a reçu l'hospitalité! 

Qu'à cause de toi soit bénie la fosse latérale où il a été déposé 
en bien, et sur laquelle est une construction où les plaques sont 
superposées! 

Est-ce qu'il est égal un seul jour, le malheur qui frappe un 
mourant, à la calamité du jour où est mort Mohammed? 

Nos prédécesseurs n'ont pas eu à déplorer la perte d'un homme 
tel que Mohammed, et jusqu'au jugement dernier, on n'en perdra 
pas de pareil. 

Le siège de la révélation et de la bonne direction s'est séparé 
d'eux; il était plein d'une lumière qui pénétrait les bas-fonds et 
éclairait les hauteurs. 

Ces vers font partie d'une longue qaçîda\ 

1. Le premier vers est cité par Mas'oùdî, Prairies d'or, t. IV, p. 190, 

avee les variantes 'k.^j,^ et \fi>j,At. • 

2. Surnom de Médine. 

;3. Dont quarante-six vers sont cités par Ibn-Hichâm, p. 1022 et sui- 
vantes ; mais elle ne figure pas dans le Dîwân publié par M. Ilirschfeld. 



CHAPITRE XVIII 

MENTION DES PRINCIPAUX COMPAGNONS ET DÉTENTEURS DU 
POUVOIR PARMI LES ÉMIGRÉS ET LES AUXILIAIRES; LEUR 
SIGNALEMENT, LA DURÉE DE LEUR VIE, LA DATE DE LEUR 
CONVERSION, LEURS ENFANTS ; CEUX QUI ONT LAISSÉ UNE 
POSTÉRITÉ ET CEUX QUI EN ONT ÉTÉ PRIVÉS. 

Sachez que ce chapitre est Tœuvre des traditionnistes 
qui se sont occupés des hadîth ; cela forme d'ailleurs une 
science à part, dont celui qui s'en occupe se spécialise, et 
dont l'objet est de traiter de l'excellence de la conservation 
et de la multitude des traditions. Ils ont composé sur cette 
science de nombreux ouvrages, qui portent des titres variés, 
tels que tawârîkh (livres d'histoire), tabaqât (biographies), 
maVo'?/ (connaissances). Je n'en connais pas un seul, si pro- 
fonde que soit sa science et si vaste son intelligence, qui 
ait mis par écrit tous les noms des Compagnons, ou qui 
ait déterminé leurs jours et leur biographie; je ne crois 
même pas que ce soit possible, parce que la dernière ex- 
pédition à laquelle assista le prophète est celle de Taboûk, 
où il avait pour compagnons trente mille hommes, sans 
compter ceux qu'il avait laissés en arrière ou qui y étaient 
restés. Nous mentionnerons seulement, s'il plait à Dieu, 
ceux d'entre eux qui sont célèbres, connus pour avoir 
exercé un commandement ou obtenu une délégation de 
pouvoirs, ou parce qu'ils ont eu la prééminence, ou parce 
qu'ils ont laissé des monuments dont on parle. Nous com- 
mencerons par ceux qui ont été les premiers convertis à 
l'islamisme et qui y ont devancé les autres, tandis que beau- 
coup d'auteurs les ont rangés par ordre alphabétique pour 



— 74 — 

en rendre la compréhension plus aisée et comme moyen de 
les apprendre par cœur plus facilement. 

On n'est pas d'accord au sujet de celui qui fut le premier 
musulman : certains d'entre eux disent que ce fut Khadîdja, 
tandis que d'autres tiennent pour 'Alî, Abou-Bekr ou Zéïd 
ben Hâritha. Nous avons déjà parlé de Zéïd et de Khadîdja 
dans le chapitre consacré aux épouses du prophète et à ses 
affranchis. Ahmed ben Mâlik, d'après el-Qotabi\ qui le 
tenait d'Ishaq ben Râhôya, m'a appris que celui-ci disait : 
Les traditions sur tout cela sont authentiques ; mais il y a 
lieu de faire remarquer que la première musulmane, d'entre 
les femmes, fut Khadîdja, le premier d'entre les affranchis 
fut Zéïd ben Hâritha, le premier d'entre les jeunes garçons 
fut 'Ali, le premier d'entre les hommes fut Abou-Bekr. Que 
Dieu soit satisfait d'eux tous ! 

'alî ben abi-tâlib 

Son père était le fils d"Abd-el-Mottalib ben Hâchim, et 
sa mère, Fâtima, fille d'Asad ben Hâchim, fut la première 
hâchimite qui engendra des œuvres d'un hâchimite, se con- 
vertit à l'islamisme et mourut à la Mecque avant l'hégire. 
Ibn-Ishaq dit : 'Ali avait dix ans quand il devint musulman ; 
il était alors sous la protection de Mohammed avant que 
celui-ci eût reçu la révélation, parce que les Qoréïchites 
ayant eu à souffrir de la disette, le prophète dit à el-'Abbâs 
ben 'Abd-el-Mottalib : « Abou-Tâlib est chargé de famille ; 
allons l'alléger de ses enfants. » Mohammed prit 'Alî, et 
el-'Abbâs Dja'far'; ils laissèrent au père *Aqîl et Tâlib. 
Lorsque Dieu eut confié sa mission à Mohammed, 'Alî crut 
en lui et le suivit. 

El-Wâqidî rapporte qu"Ali vint trouver le prophète, 

1. Sur ce nom, voir Soyoûti, De noininibus relaticis, éd. P. J. Veth, 
supplément, p. 182 ; Nawawî, p. 771. Il mourut en 276 (889). 

2. Le frère d'"Ali, tué à la bataille de Mo'ta, et surnommé Tayyâr. 



— 75 — 

occupé à prier auprès de Khadîclja : « Qu'est ceci, ô Moham- 
med? » — « C'est, répondit celui-ci, la religion de Dieu 
qu'il a adoptée pour lui-même ; je t'invite à y entrer. » 'Ali 
répliqua : « Ceci est une religion dont je n'ai jamais entendu 
parler, et je ne déciderai rien sans en conférer avec mon 
père. » Il déplut au prophète de divulguer son entreprise ; 
il lui dit : « Si tu ne te convertis pas, garde le silence. » 
'Ali attendit cette nuit-là, et Dieu en profita pour jeter 
dans son cœur le désir de se convertir. Au matin, il re- 
joignit le prophète et se convertit. 

Sa mère, Fâtima bent Asad, désapprouva son attitude et 
sa fréquentation du prophète, et elle dit à [son mari], 
Abou-Tâlib : « Il me semble que ton fils s'est converti à la 
religion cabienne». A ce moment-là, le prophète, Kha- 
didja et Zéïd sortaient de chez eux pour aller dans les 
ravins de la Mecc|ue y prier, en se cachant du peuple; 
Abou-Tâlib les suivit et les surprit pendant qu'ils accom- 
plissaient la prière canonique. « Qu'est cela, ô mon neveu ? » 
s'écria-t-il. «C'est la religion de Dieu qu'il a admise pour 
lui-même, et pour laquelle il a envoyé ses prophètes. Je 
t'invite à t'y convertir ». — « Il me répugne, dit Abou- 
Tâlib, de renoncer à la religion de mes pères ; toutefois, 
fais ce qu'il te semble bon ; personne ne te force à faire ce 
qui te déplaît». Et il dit à 'Ali : « Accompagne-le, car il 
ne saurait t'inviter qu'au bien. » 

On dit qu"Ali avait six ans quand il se convertit. On 
n'est pas d'accord sur son signalement. Il était brun, dit 
el-Wâqidî, d'une couleur foncée : il avait un gros ventre, 
de grands yeux, joints à la courte taille qu'il avait ' ; parfois 
les Chi'ites le surnomment «le chauve, le ventru'». 'Ali 
avait le nez écrasé, dit el-Hàrith el-ASvar, les deux avant- 

1. La phrase est mal construite dans le texte; Ibn-el-Athir, III, 333, a 

2, Cette formule a été conservée chez les Noçaïris. 



— 76 — 

bras minces ; il avait sur le dos, entre les deux omoplates, 
quelque chose qui ressemblait à la bosse du taureau [zébu] ; 
il ne luttait avec personne sans le renverser. On rapporte 
d'el-Hasan [el-Baçrî] qu'il a dit : J'ai vu 'Ali ; il avait les 
cheveux noirs, la barbe blanche, qui s'étendait entre les 
deux épaules. On dit qu'une femme, qui ne le connaissait 
pas, le vit et demanda : Quel est celui-ci, qui doit avoir été 
brisé, puis mal rebouté ' ? Les avis diffèrent sur son âge : 
Ibn-Ishaq dit qu'il fut assassiné à soixante-trois ans, c'est- 
à-dire le même âge que le prophète et Abou-Bekr quand 
ils moururent; calcul qui est juste d'après les principes 
adoptés par cet historien, car 'Alî se convertit à dix ans, 
vécut musulman cinquante-trois ans, et fut assassiné la tren- 
tième année après la mort du prophète. Certains affirment 
qu'il est mort à l'âge de cinquante-huit ans. 

ENFANTS d"aLÎ 

Il eut vingt-huit enfants, onze garçons et dix-sept filles ; 
de ces enfants, il en eut cinq de Fâtima, El-Hasan, el-Ho- 
séïn, Mohassin, Omm-Kolthoûm l'aînée, et Zéïneb l'aînée ; 
les autres furent engendrés de mères différentes, les unes 
de condition libre, les autres esclaves ; parmi ces derniers 
est Mohammed, dont la mère fut Khaula bent Dja'far ben 
Qaïs, ou suivant d'autres, une négresse, qui provenait des 
femmes enlevées dans le pillage du Yémâma, c'est pourquoi 
son fils est appelé Mohammed ben el-Hanafiyya, car Khâlid 
ben el-Wélîd avait, dans les luttes contre l'apostasie, enlevé 
sa mère aux Banou-Hanîfa. Parmi ces enfants, il y a encore 
'Omar et Roqayya, enfants d'esclave % Abou-Bekr et 'Obéïd- 
allah nés de Léïlà bent Mas'oûd en-Nahchaliyya, Yahya 

1. Cf. le passage d'Ibn-Qotéïba,Ma'à/-t/, p. 106, cité par leR. P. Lam- 
mens, Fâtima et les filles de Mahomet, p. 37, note 3. 

2. 'Omar et Royayya étaient de la même mère, nommée eç-Çahbâ 
bent Rabî'a el-Taghlabiyya, prise à 'Aïn et-Tamr par Khâlid ben el- 
Wélîd (Ibn-el-Athir, III, 334; Tabari, Ann.. I, 3571, et III, 2526). 



— 77 — 

néd'Asmâ bent 'Ornais, 'Abdallah, Dja'far, el-'Abbâs, 0mm- 
Kolthoûm la cadette, Ramla, Omm-el-Hasan, Djoumâna, 
Maïmoùna, Khadîdja, Fâtima, Omm-el-Kirâm , Néfîsa, 
Omm-Salama, Omàma et Omm-Abîhâ\ 

EL-HASAN, FILS d"aLÎ 

El-Hasan était l'aîné des fils d"Ali ; il portait la konya 
d'Abou-Mohammed ; il avait sept ans quand le prophète 
mourut, car il était né l'an 3 de l'hégire : il mourut l'an 47, 
de sorte que sa vie fut de quarante-cinq ans. Il a rapporté 
deux hadîth du prophète : le premier est celui où il est dit : 
« Celui qui, après avoir accompli la prière du matin, prend 
séance jusqu'au lever du soleil. Dieu le protégera contre le 
feu de l'enfer » ; et le second : « Le [véritable] abandon, 
c'est quand je suis mentionné devant quelqu'un et qu'il ne 
prononce pas la formule deulogie sur moi. » Il avait laissé 
tomber son choix sur deux cents femmes libres. 'Ali dit : 
« N'épousez pas mon fils el-Hasan, il a l'habitude de répu- 
dier fréquemment ses femmes ». El-Hasan eut sept enfants : 
El-Hasan II, el-Hoséïn, Zéïd, Talha, Omm-'Abd-allah, 
0mm el-Hasan. 

EL-HOSÉÏN, FILS d"aLÎ 

Frère cadet d'el-Hasan, il avait dix mois et vingt jours 
de moins que lui. Il fut tué le jour d^^Achoûrâ (10 mohar- 
rem) de l'an 62', dix-sept années après son frère aîné, à l'âge 
de cinquante-huit ans. El-Hoséïn eut quatre enfants : 'Alî 
l'aîné, 'Ali le cadet, Fâtima et Sokéïna. La descendance 
d' el-Hoséïn provient de la lignée d"Alî le cadet', car 'Ali 

1. et. Nawawî, p. 442; Mas'oûdî, Prairies d'or, t. V, p. 149; Ta- 
barî, Annales, I, 3471 et suivantes; Encyclopédie de l'Islam, t. I, 
p. 300. 

2. Erreur pour 61. 

3. Surnommé Zéïn-el-'Abidîn. Cf. Mas'oûdî, Livre de l'Avertisse- 
ment, trad. Carra de Vaux, p. 389. 



— 78 — 

l'aîné fut tué avec son père ; on dit même que dix-sept per- 
sonnes de sa famille périrent à cette occasion ' ; mais Dieu 
sait mieux la vérité ! 
Quant à Mol.iassin, il mourut en bas âge. 

MOHAMMED, FILS d"aLÎ 

Mohammed [ben el-Hanafiyya] était extrêmement noir; il 
était très savant, d'un grand mérite, très brave. Il mourut 
à Tâ'ïf du temps d'el-Hadjdjâdj. Il avait coutume de dire : 
« El-Hasan et el-Hoséïn ont plus de mérite que moi, mais 
je suis plus savant qu'eux ». Il eut huit garçons, parmi les- 
quels 'Abd-allah ben Mohammed Abou-Hâchim qui était 
extrêmement considéré chez les Chi'îtes; lorsqu'il fut sur le 
point de mourir, en Syrie, il fit des dispositions testamen- 
taires en faveur de Mohammed ben 'Ali ben 'Abdallah ben 
el-'Abbâs et lui dit : « C'est toi et tes enfants qui doivent 
être les maîtres de ce commandement' ». Abou-Hâchim ne 
laissa pas de descendants ' . 

FILLES d"alî 

'Ali maria 'Omm-Kolthoûm l'aînée à 'Omar ben el- 
Khattâb ; elle lui donna Zéïd ben 'Omar et Fâtima bent 
'Omar. Il maria Zéineb l'aînée à 'Abdallah ben Dja'far ben 
Abî-Tâlib, qui lui donna plusieurs enfants. Ses autres filles 
épousèrent des enfants d"Aqîl et d'el-'Abbâs, à l'exception 
d'Omm el-Hasan, qui fut l'épouse de Dja'da ben Hobéïra el- 
Makhzoûmi^ 



1. Cf. Ibn-Hadjar, Içàba, t. I, p. 687. 

2. Le commandement de la nation musulmane. Comparer Mas'oûdî, 
Prairies d'or, t. VI, p. 59; Avertissement, p. 435. Il est le père du 
khalife Abou' l-'Abbâs Safîâli. 

3. Comparer Mas'oûdî, Avertissement, p. 389. 

4. C'était le fils de sa sœur Fàkhita. Cf. Mas'oûdî, Prairies d'or, 
t. IV, p. 292. 



79 



ABOU-BEKR LE VÉRIDIQUE 



Son nom était 'Atîq, fils d'Abou-Qohâfa ; du temps du 
paganisme, il s'appelait 'Abd-el-Ka'ba ' , nom que le prophète 
transforma en celui d" Abdallah, prenant pour bon augure 
que c'était aussi le nom de son propre père ; 'Atiq n'était 
qu'un sobriquet qu'il devait à la beauté de son visage et à sa 
perfection \ Le nom de [son père] Abou-Qohâfa était 'Othmân 
ben 'Âmir ben 'Amr ben Ka'b ben Sa'd ben Téïm ben 
Morra ; Téïm était le frère de Kilàb ben Morra ; de sorte 
que, dans le nombre des générations, il remonte à Morra, 
car chacune des deux branches se termine à Morra à la sep- 
tième génération. 

Son signalement. — Son teint était blanc légèrement 
rosé; il était maigre de corps, mince de joues, au visage 
décharné, aux yeux enfoncés dans l'orbite, le front proémi- 
nent, les veines du dos de la main dénudées, le dos voûté; 
son manteau ne pouvait tenir sur ses épaules et tombait 
plus bas que la ceinture ; il était un des Qoréïchites aisés, 
un des meilleurs et des plus généreux d'entre eux ; il était 
aimé et familier dans son clan. Il dépensa la plus grande 
partie de son bien en faveur du prophète. 

Son père, sa mère, ses sœurs. — Abou-Qohâfa se con- 
vertit le jour de l'occupation de la Mecque : il était aveugle 
et vécut jusqu'au temps d"Omar; à la mort de son fils 
Abou-Bekr, il hérita de lui. La mère d'Abou-Bekr. 0mm 
el-Khéïr Selmà bent Çakhr, était la cousine paternelle 
d'Abou-Qohàfa. On ne lui connaît pas de frère, mais il 
avait deux sœurs, Omm-Farwa qu'épousa Témim ed-Dârî, 
puis el-Ach'ath ben Qaïs lors de son retour à l'islamisme, 
après son apostasie', et Qoraïba, mariée à Qaïs ben Sa'd ben 
•Obàda. 

1. Mas'oùdî, Aoer-tissement, p. 373. 

2. Cf. Nawawî, p. 657, 1. 8. 

3. Ibn-Hadjar, Içâba, t. IV. p. 935. 



— 80 — 

Sa cotwei^sion. — Certains traditionnistes ont prétendu 
qu'il était occupé à commercer en Syrie, lorsqu'un moine 
l'informa du moment où le prophète se montrerait à la 
Mecque, et lui ordonna de le suivre. Une fois de retour, il 
entendit Mohammed appeler les hommes à Dieu ; il s'appro- 
cha et se convertit; c'est pourquoi Mohammed a dit : «Il 
n'y a personne chez qui, lui ayant offert l'islamisme, je n'aie 
trouvé de bronchement, à l'exception d'Abou-Bekr, qui ne 
s'arrêta pas à délibérer ». D'autres ont prétendu qu'Abou- 
Bekr eut un songe, ou, suivant d'autres, qu'une voix mys- 
térieuse lui parla. Quand il fut converti, il invita son clan 
et ses proches à en faire autant ; sur son invitation, un 
groupe obéit, parmi lequel se trouvaient 'Othmân ben 'Af- 
fân, ez-Zobéïr ben el-'Awwâm, Talha ben 'Obéïdallah, Sa'd 
ben Abi-Waqqàç, et 'Abd-er-Rahman ben 'Auf (que Dieu 
soit satisfait d'eux !). 

Ses enfants. — Il eut six enfants : 'Abd-allah et Asmâ 
dont la mère était Sodda\ de la tribu des Banou-'Amir, 
'Abd-er-Rahman et'Aïchadontla mère était Omm-Roûmân, 
Mohammed dont la mère était Asmâ bent 'Oméïs, et 0mm 
Kolthoûm dont la mère était la fille de Zéïd ben Khâridja, 
un homme d'entre les Auxiliaires. 'Abd-allah mourut pen- 
dant le khalifat de son père, sans laisser de postérité ; *Abd- 
er-Rahman mourut à la Mecque, postérieurement à la 
bataille du Chameau à laquelle il avait assisté ; il a laissé 
des descendants. Mohammed fut un de ceux qui prêtèrent 
leur concours contre [le khalife] 'Othmân ; 'Ali l'envoya en 
Egypte comme gouverneur, où il fut combattu et mis à 
mort par les partisans d"Amr benAbî' l-'Aç, qui placèrent 
son cadavre à l'intérieur d'une charogne d'âne, à laquelle ils 
mirent le feu ^ Parmi ses descendants, il y eut el-Qâsim ben 

1. Lire inconstestablement au lieu de ce nom déformé par le copiste, 
Qotéïla bent 'Abd-el-'Ozzà, et cf. Ibn-el-Athîr, t. II, p. 322 ; Tabarî, 
Ann., I, 2144. 

2. Cf. Cl. Huart, Histoire des Arabes, t. I, p. 259 ; Mas'oûdî, Prai- 



— 81 — 

Mohammed ben Abi-Bekr, le jurisconsulte des habitants du 
Hedjâz'. 

Sesjiiles. — 'Aïcha fut l'épouse du prophète, et son his- 
toire est célèbre ; elle ne laissa pas de postérité. Asmâ était 
surnommée Dhât en-Nitâqaïa (la femme aux deux cein- 
tures), parce qu'elle fendit sa ceinture et se servit de la 
moitié pour attacher le paquet qu'elle avait préparé pour 
l'émigration du prophète et d'Abou-Bekr à Médine ; mais 
l'on dit aussi que, lors de la révélation du verset du voile', 
elle prit sa ceinture en mains et la fendit en deux moitiés, 
dont l'une lui servit de voile ; elle se maria à Ez-Zobéïr 
ben el-'Awwâm à la Mecque et lui donna un grand nombre 
d'enfants ; elle enfanta à Médine 'Abdallah, qui fut le 
premier enfant né sous le régime de l'islamisme; elle de- 
vint aveugle à la fin de sa vie et mourut longtemps après 
qu ['Abdallah] ben ez-Zobéïr eut été tué. Omm-Kolthoùm 
fut demandée en mariage par 'Omar ; mais elle le refusa et 
se maria à Talha ben 'Obéïdallah, dont elle eut des enfants. 

Mort d'Abou-Bekr. — On est d'accord qu'il mourut à 
soixante-trois ans ; il était plus jeune que le prophète de la 
quantité de son khalifat, c'est-à-dire de deux ans, trois 
mois et neuf nuits. Ibn-Ishaq dit qu'il mourut le vendredi, 
sept nuits avant la fin de djoumâdà II de l'an 13 ; Abou 
'1-Yaqzhàn dit que ce fut le lundi. On diffère d'avis sur le 
motif de son trépas ; certains affirment qu'il mourut empoi- 



ries d'or, IV, p. 422 ; El-Kindî, Kitàb el-Omarâ, éd. Rhuvon Guest, 
p. 29. 

1. Cf. Mas'oûdî, Avertissement, p. 376, 

2. Qor., XXIV, 31, bi-khomori-hinna. Khomor est le pluriel de 
khimàr, mot générique indiquant l'obligation, pour les femmes mu- 
sulmanes, de se voiler, ce qu'on appelle, dans l'Inde, d'un mot per- 
san, perde (en transcription anglaise purdah). Dozy n'avait pu rencon- 
trer de renseignements sur ce mot, qu'il croyait désigner une espèce de 
voile {Vêtements, p. 169). Cf. Tabarî, Taisir, t. XVIII, p. 84, vers le 
bas. Pris comme nom d'action de la 3'°° forme, ce mot signifie « rester 
à la maison, y être assidu » {Lisàn, V, 340). 

6 



sonné, tandis que d'autres disent qu'il se baigna un jour 
qu'il faisait froid et prit une tièvre qui l'emporta. 

'OTHMÂN, FILS D^AFFÂN 

'Othmân et le prophète étaient égaux en nombre [d'an- 
nées] ; le premier était un savant de mérite ; les Qoréïchites 
disaient : « Que le Miséricordieux t'aime comme les Qoréï- 
chites aiment 'Othmân ! ». Le propliète lui fit épouser ses 
deux filles Roqayya et Omm-Kolthoûm. 

Son signalement. — C'était un homme de taille moyenne, 
d'un beau visage, d'une peau fine ; ses joues étaient rebon- 
dies, son teint brun, sa barbe grande, ses épaules écartées ; 
ses dents étaient aurifiées. 

Son père, sa mère, ses sœurs. — 'Affân, [son père], mou- 
rut pendant un voyage commercial en Syrie ; sa mère était 
'Arwà bent Koréïz ben Rabi'a ben Habib ben 'Abd-Chems. 
Ses sœurs sont Ama\ à qui l'on ne connaît pas de posté- 
rité ^ 

.Sa conversion. — 'Othmân et Talha, dit el-Wâqidi, se 
convertirent ensemble. On rapporte qu"Othmân raconta 
lui-même ceci : Je revenais d'une expédition commerciale 
en Syrie, lorsque nous trouvant, entre Ma'ân et ez-Zarqâ% 
à moitié endormis, nous entendîmes une voix qui criait : 
{( Ô dormeurs, éveillez-vous, car Mohammed s'est mani- 
festé )). Lorsque 'Othmân fut de retour à la Mecque, il alla 
trouver le prophète, et se convertit ; El-Hakam ben Abi' 
l-'Âç se saisit de lui et l'attacha solidement avec des cordes, 
en lui disant : « Je ne te relâcherai que quand tu renonceras 
à ta religion ». — « Par Dieu, dit 'Othmân, je ne la quitte- 
rai jamais ». Quand il vit qu'il ne réussissait pas, el-Hakam 



1-. Nom théophore raccourci. 

2. Les autres sœurs manquent. 

3. Localité de la Syrie centrale, dans la région de Ma'ân. 



— 83 — 

le laissa aller. Le même narrateur ajoute : Sa mère conçut 
de l'aversion à son endroit, et dit : « Par Dieu, je ne te 
donnerai plus de vêtements, je ne te fournirai ni mets ni 
boisson, tant que tu n'auras pas renoncé à la religion de 
Mohammed ». Elle se transporta dans la maison de sa sœur 
pendant un an. Quand elle vit qu''Othmân résistait à ses 
instances, elle retourna chez lui. 

Ses enfants. — Il eut dix garçons : 'Abdallah l'aîné, 
'Abdallah le cadet, Khâlid, Abân, *Amr, Sa'îd, el-Moghira, 
'Abd-el-Mélik, el-Wélid et 'Omar; et trois filles, 0mm- 
Abân, Omm-'Amr et Omm-Sa'îd ; c'est l'une de celles-là 
que l'on appelait parfois 'Aïcha ou Ràbi'a. 'Abdallah l'aîné 
était surnommé el-Motarraf \ à cause de sa beauté parfaite ; 
'Abdallah le cadet était le fils de Roqayya, fille du pro- 
phète ; il mourut en bas âge. Abân était atteint de la lèpre; 
sa mère était idiote ; elle mettait un scarabée dans sa bouche 
et disait ensuite : « Devinez ce que j'ai dans la bouche ! ». 
Sa'îd fut tué par les otages qu'il avait ramenés de Samarqand, 
dans son enclos, à Médine, et qui se suicidèrent'. El-Wélid 
était adonné au vin et au jeu. Lorsque son père fut tué, il 
était resté plein d'attachement pour son salon de plaisirs \ 
Que Dieu ait pitié de ceux qui regarderont notre livre d'un 
œil équitable, et qui admettront nos excuses pour la 
brièveté et la concision que nous nous sommes imposées ! 

Meurtre d'^Othmân. — On n'est pas d'accord sur le jour 
où cet événement se produisit. Ibn-Ishaq dit qu'il fut assas- 
siné le mercredi et enterré le samedi. El-Wâqidî affirme 



1. Ainsi vocalisé dans le ms. ; Barbier de Meynard a lu motrif « le 
rare » dans Mas'oudî, Prairies d'or, t. IV, p. 252 ; dans ce sens, ce se- 
rait plutôt motraf; mais comparer ^ Ja^ dans Tabarî, III, p. 2423. 

2. Il avait été nommé gouverneur et collecteur des impôts du Kho- 
râsân par Moawiya, en 56 hég. Cf. Tabarî, Ann., II, 177-180; Ibn-el- 
Athîr, Chronicon, t. III, p. 424. 

3. Cf. Mas'oùdî, Prairies d'or, t. IV, p. 424. 



— 84 — 

qu'il fut tué le vendredi, l'an 35 de l'hégire, à l'âge de 
quatre-vingt-deux ans, ou de quatre-vingt-dix ans, ou de 
quatre-vingt-huit ans ; il fut enterré au cimetière d'el-Baqi'. 

TALHA 

Talha était fils d^Obéidallah ben 'Othmân ben 'Amrben 
Sa'd ben Téïm ben Ka'b ben Téïm ben Morra; il portait 
la konya d'Abou-Mohammed ; on lui donnait les surnoms 
d'el-K/iétr (le bon), d'el-Fayyâd (le bienfaisant), et de 
Talhat et-Talhât (le meilleur des Talha) à cause de sa gé- 
nérosité et du bien qu'il faisait. Sa mère était eç-Ça'ba 
bent el-Haçlramî. 

Sa conversion. — Il était assis dans l'assemblée des Qo- 
réïchites, occupé à délibérer sur l'acquiescement d'Abou- 
Bekr à l'islamisme et l'opposition qu'il faisait à la religion 
de ses ancêtres ; on s'entendit pour l'attaquer à l'improviste 
et le tuer ; Talha, qui était un homme fort et robuste, se 
sentit favorablement disposé pour lui ; il alla le trouver et 
le prit par le bras en lui disant : « Lève-toi, ô Abou- 
Bekr. » — « Pour aller où? s'écrie celui-ci. » — a Au 
culte d'el-Lât et d'el-'Ozzà. » — a Qu'est-ce que c'est qu'el- 
Lât et eKOzzà? » — « Les filles de Dieu, n — « Quelle est 
leur mère? » demanda Abou-Bekr, ce qui réduisit Talha au 
silence et lui fit comprendre l'inanité du paganisme ; il 
alla trouver le prophète et se convertit. El-Wâqidî rap- 
porte, d'après Talha, ce qui suit : a J'étais dans le marché 
de Bostra, lorsque j'entendis un moine dire, dans sa cellule : 
« Interrogez les gens de cette foire pour savoir si Ahmed 
s'est montré. » Je lui dis : « Qui est Ahmed? » Il ré- 
pondit : a Le fils d" Abdallah, qui doit paraître en ce 
mois. » Je revins à la Mecque, dit Talha, et j'entendis le 
peuple parler des prétentions au prophétisme de Moham- 
med, fils d'^Abdallah, bientôt suivi par le fils d'Abou-Qo- 
hâfa; j'allai trouver Abou-Bekr, qui me mena auprès du 



— 85 — 

prophète, et je prononçai en sa présence la formule musul- 
mane ». Lorsqu'ils sortirent tous deux d'auprès de lui, Naufal 
ben Hârith, l'un des plus violents Qoréïchites, les attacha 
avec une corde ; c'est pourquoi Abou-Bekr et Talha sont 
surnommés « les deux compagnons ». 

Age et signalement de Talha. — On dit qu'il était 
blanc, de taille moyenne, tournant au rouge, épais des deux 
pieds qui n'avaient pas de cambrure ; beau de visage, il 
avait l'os du nez mince ; on dit aussi qu'il était brun et 
avait des cheveux abondants. Merwân ben el-Hakam le tua, 
à la bataille du Chameau, d'une flèche qu'il lui lança; il 
était âgé de soixante ans, ou, suivant el-Wâqidî, de soixante- 
quatre ans. 

•Ses enfants. — Il eut dix fils et quatre filles de mères 
différentes ; parmi eux était Mohammed, né de Hamna 
bent Djahch, dont la mère était Oméïma bent 'Abd-el- 
Mottalib, tante paternelle du prophète ; on l'appelait es- 
Sedjdjâd, à cause de ses fréquentes prières ; il assista à la 
bataille du Chameau aux côtés de son père ; 'Alî avait dé- 
fendu de le tuer ; néanmoins, un homme [inconnu] le tua et 
composa ces vers : 

Cet homme aux cheveux en désordre, obéissant ponctuellement 
aux signes de son Seigneur, faisant peu de mal, musulman à ce 
qu'il paraît. 

Il m'adjure au nom de Hâ-mîm, alors que la lance va le per- 
cer ; que n'a-t-il récité Hâ-mîm avant de s'avancer' ? 

EZ-ZOBÉÏR BEN EL-'aWWÂM 

[Son père, el-'Awwâm] était le fils de Khowéîlid ben Asad 
ben 'Abd-el-'Ozzà'. On lui donnait la konya d'Abou 'Ab- 

1. Cf. Mas'oûdî, Prairies d'or, t. IV, p. 324, qui cite deux autres 
vers, avec une légère variante au quatrième, qui est le dernier de notre 
texte. 

2. Fils de Qoçayy, Ibn-el-Athîr, Osd el-ghdha, t. II, p, 196, 



— 86 — 

dallah; il était le neveu de Khadidja. Son père fut tué dans 
la guerre d'el-Fidjâr ; sa mère était Çafiyya, fille d"Abd-el- 
Mottalib. 

Sa conversion. — Elle eut lieu, dit el-Wâqidî, après 
celle d'Abou-Bekr ; il fut le quatrième ou le cinquième néo- 
phyte. Il n'en rapporte aucune cause, et il n'y a pas de 
récit à ce sujet. J'ai vu, dans certaines traditions, qu'ez- 
Zobéïr se convertit à l'âge de huit ou dix ans ; son oncle 
essaya de le torturer par l'emploi de la fumée, pour le faire 
renoncer à sa religion ; mais ne pouvant en venir à bout, il 
le laissa tranquille. 

Son signalement. — C'était, dit el-Wàqidî, un homme 
de taille moyenne, ni longue ni courte ; il avait une barbe 
clairsemée, un teint brun, une chevelure abondante. On dit 
aussi qu'il était de grande taille et que ses deux pieds ra- 
claient la terre quand il était monté à cheval. 

Il fut tué en l'an 36 de l'hégire, âgé de soixante-quatre ans. 

Ses enfants. — Il eut sept fils, sans compter les filles ; 
parmi eux, 'Abdallah, qui portait la konya d'Abou-Bekr, 
et qu'el-Hadjdjâdj tua à la Mecque après sept années de 
troubles ; Moç'ab, tué par 'Abd-el-Mélik ben Merwân; c'était 
un brave et un homme très généreux ; quand il se maria 
avec 'Aïcha, fille de Talha ben 'Obéïdallah, il lui donna un 
million de dirhems. Il y avait encore, parmi ses fils, el- 
Moundhir, qui était un grand seigneur plein de grandeur 
d'âme, et disait : a II n'est pas rare que les sots d'une tribu 
l'avilissent ')) ; quand il marchait sur une route, on éteignait 
les feux et les lanternes pour lui faire honneur ; et 'Orwa, qui 
fut un jurisconsulte éminent et pieux. La gangrène s'étant 
mise à l'un de ses pieds, on lui en fit l'ablation et l'on cau- 
térisa la blessure. On nomme encore deux autres fils, 'Obéïda 
et 'Açim. 

1. Cf. Mêïdânl, Proverbes, II, 205; Freytag, Arahum Proverbia, 
t. II, p. 64d. 



— 87 — 

Sa'd BEN ABI-WAQQÂÇ 

Sa'd était le fils de Màlik ben Wahb ben Ohéîb ' ben 
*Abd-Manâf ben Zohra ben Kilâb ben Morra; il portait la 
konya d'Abou-Ishaq ; sa mère était Hamna bent Sofyân 
ben Oméyya ben 'Abd-Chems. Il avait des frères, 'Otba et 
'Oméïr ; *Otba est celui qui frappa le prophète à la bataille 
d'Ohod^ et 'Oméïr périt martyr de la foi à celle de Bedr'. 
Sa'd fait partie des dix personnes à qui le paradis fut pro- 
mis; il mourut l'an 55, à l'âge de plus de soixante-dix ou 
de plus de quatre-vingts ans. C'est lui qui conquit T'Iraq et 
les pays voisins de cette région. 

Sa conversion. — El-Wâqidî rapporte les propres paroles 
de Sa'd : « Il y a eu pour moi un jour où j'étais le troi- 
sième musulman. )) Et l'historien continue en disant : Le 
motif de sa conversion, c'est qu'il eut un songe : « Il me 
semblait, dit-il, que j'étais plongé dans l'obscurité; tout 
à coup une lune se mit à briller ; je la suivis et rencontrai 
inopinément Zéïd et 'Ali qui m'avaient devancé. (Une 
autre version porte : Je rencontrai Zéïd et Abou-Bekr). En- 
suite j'appris que l'Envoyé de Dieu appelait en secret les 
hommes à Tislamisme ; j'allai le trouver et je le rencontrai 
à Adjyâd* ; je me convertis et retournai auprès de ma mère, 
qui savait déjà la nouvelle. Je la trouvai sur le pas de sa 
porte, se lamentant et poussant des cris : a Au secours ! 
gens de sa tribu et de la mienne ! Je l'installerai dans une 
maison et je fermerai la porte sur lui jusqu'à ce qu'il meure 
ou renonce à cette nouvelle religion. » J'avais, lors de ma 
conversion, dix-sept ans. » 

1. Ohéïb est un simple doublet de Wahb, cf. Ibn-Sa'd, t. VI, p. 6; 
Nawawî, p. 275; Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 290. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. III, p. 368. 

3. Cf. id. op., t. IV, p. 148. 

4. Ravin de la Mecque, à l'ouest de Çafà, sur lequel on peut consulter 
Yâqoût, t. I, p. 138. 



— 88 — 

Signalement et âge de Sa^d. — C'était un homme de 
médiocre taille', courtaud et lourd, avec une grosse tète, 
les doigts épais, les cheveux bouclés; il perdit la vue à 
la fin de sa vie. On n'est pas d'accord sur la durée de 
celle-ci ; mais la date de sa conversion indique qu'elle a 
dépassé soixante-dix ans. Cho'ba rapporte que Sa'd et el- 
Hasan, le fils d"Ali, moururent le même jour, et il ajoute : 
On dit que Mo'âvi^iya les fit empoisonner tous les deux. 

Ses enfants. — Ce furent Moç'ab, Mohammed', 'Omar, le 
meurtrier d'el-Hoséïn, fils d"Ali', que mit à mort à son tour 
el-Mokhtar ben [Abi-] 'Obéid. 

SA*ÎD BEN ZÉÏD BEN 'aMR 

Sa'îd était le fils de Zéïd ben 'Amr ben Nofaïl ben 'Abd- 
el-'Ozzà ben Riyâh ben 'Abdallah ben Riyâh * ben Qourt ben 
'Adî, et par conséquent cousin ° d"Omar ben el-Khattâb. 
Nofaïl engendra 'Amr et el-Khattâb. D'après el-Wâqidi, 
Sa'id était un homme brun, de haute taille, très velu. Il se 
convertit avant 'Omar et mourut en 51, à l'âge de plus de 
soixante-dix ans; il fut enterré à Médine. Son père était 
Zéïd ben 'Amr ; parmi ses fils était Mohammed ben Sa'id^ 
celui qui dit à Yézid, fils de Mo'âwiya, à la bataille de la 
Harra : 

Tu n'es point l'un de nous, ni ton oncle maternel, ô toi qui perds 
la prière dans les plaisirs 1 

La descendance de Sa'id à Koûfa est nombreuse. 



1. Nawawî, p. 276, 1. 14, dit au contraire qu'il était de grande taille; 
les deux versions existent, cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 293, 1. 13. 

2. Ibn-Sa'd, t, VI, p. 154, 155; Ibn-el-Athir, Osd, t. II, p. 306. 

3. Ce n'est pas tout à fait exact. Comme le fait remarquer Ibn-el- 
At,hîr, Osd, t. II, p. 21, il ne faisait que commander les troupes. 

4. Ce second Riyâh est une erreur pour Razâh, père de Qourt, qu'il 
faut transposer; Ibn-SaM, t. VI, p. 7; Nawawî, p. 280. 

5. Issu de germain. 



— 89 — 



'aBD-ER-RAHMAN BEN 'aUF 



Son père 'Auf était fils d'el-Hârith^ ; quant à lui, il portait 
la konya d'Abou-Mohammed, et faisait partie des dix per- 
sonnes auxquelles le paradis avait été promis, et des six 
personnes mentionnées à propos du conseil'. 

Son signalement. — El-Wâqidî rapporte qu'il était un 
homme de haute taille, de beau visage, à la peau fine 
marquée d'un grain de beauté blanc teinté de rouge. D'autres 
biographes disent qu'il avait de grands yeux noirs, un nez 
aquilin, les cheveux bouclés, les mains épaisses. Il mourut 
sous le khalifat d^Othmân à l'âge de soixante-cinq ans, car 
il était venu au monde dix ans après l'année de l'Éléphant ; 
il mourut la septième année du khalifat d"Othmân, laissant 
une fortune de trois cent vingt mille [dirhemsL qui, partagée 
entre quatre femmes, donna à chacune quatre- vingt mille 
dirhems. 

Ses enfants. — Ce furent Mohammed, Zéïd, Ibrahim, 
Hamîd, 'Othmân, el-Miswar, Abou-Salama, le juriscon- 
sulte qui a transmis des hadith, Moç'ab, valeureux guerrier, 
Sohéïl, qui épousa une femme appelée Thoréyyâ (Pléiades) 
et appartenant à la famille des Banou-Oméyya les petits ; 
c'est à ce propos que 'Omar ben Abi-Rébi'a a dit : 

Ô toi qui a marié les Pléiades à Canopus (Sohéïl), Dieu t'accorde 
longue vie! Comment ces deux astres pourraient-ils se rencontrer? 

Les Pléiades, quand elles sont à l'apogée, paraissent du côté de 
la Syrie, tandis que Canopus, quand il brille de tout son éclat, se 
montre au Yémen ! 

1. En réalité, arrière petit- fils d'Hârith, corriger ainsi Nawawî, 
p. 385, d'après Ibn-el-Athîr, Osd, t. III, p. 313. 

2. Tenu pour l'élection d"Othmân. 



— 90 — 

ABOU-'OBÉÏDA BEN EL-DJERRÂH 

Son nom était 'Amir ben 'Abdallah ben el-Djerrâh, mais 
on a pris l'habitude de lui donner le nom de son grand-père. 
On rapporte qu'ayant entendu son père injurier le prophète \ 
il lui coupa la tête et apporta celle-ci à Mahomet en lui 
racontant ce qui s'était passé. Il conquit la Syrie sous le 
khalifat d'Abou-Bekr et mourut de la peste sous celui 
d"Omar, sans laisser de postérité". 

Son signalement. — C'était, rapporte el-Wâqidî, un 
homme de grande taille, maigre, ayant le visage décharné, 
les joues minces, édenté des deux incisives, parce que, à la 
bataille d'Ohod, il avait arraché une pointe de flèche du 
front du prophète avec ses dents, et il eut les dents de 
devant cassées. D'après le même historien, Abou 'Obéïda, 
'Obéïdaben el-Hàrith ben el-Mottalib, 'Othmân ben Mazh'oûn 
et Abou-Salama ben 'Abd-el-Asad se convertirent tous 
ensemble. 

*OMAR BEN EL-KHATTÂB 

Si nous avons diSéré jusqu'ici la mention d"Omar, sa- 
chez-le, c'est à cause de sa conversion tardive ; ses mérites 
l'ont porté plus loin que le degré qu'il devrait occuper. En 
effet, il se convertit après que quarante personnes eurent 
embrassé l'islamisme, sauf celles qui émigrèrent en Abys- 
sinie ; il se convertit la sixième année de la mission de 
Mohammed, à l'âge de vingt-cinq ans. Il était fils d'el- 
Khattâb ben Nofaïl ben 'Abd-el-Ozzà ben Riyâh ben 'Abdallah 
ben Qourt ben Riyâh ben 'Adî ben Ka'b ben Lo'ayyi ben 
Ghâlîb' ; sa généalogie remonte à la même origine que celle 

1. A la bataille de Bedr; cf. Nawawî, p. 747. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. V, p. 249. 

3. Cf. Ibn-Hadjar, Içdba, t. II, p. 1231 ; Ibn-el-AthIr, OscJ, t. IV, p. 52 
(lire Rabâlj au lieu du premier Riyâh, et Razâh au lieu du second). 



— 91 - 

du prophète, d'Abou-Bekr et d^'Othmân, à huit générations 
de distance. Il portait la konya d'Abou-Hafç, et sa mère 
était Hantama, fille de Hâchim ben el-Moghira el- 
Makhzoûmî '. 

Sa conversion. — On rapporte que le prophète, dans 
une prière, dit : « Grand Dieu, glorifie l'islamisme par 
le moyen d'Abou-Djebl ben Hichâm, ou bien par celui 
d^Omar ben el-Khattâb. » C'était un homme intraitable; on 
ne pouvait attaquer ce qui était couvert par sa protection. 
Sa sœur Fàtima, mariée à Sa'îd ben Zéid ben 'Amr ben 
Nofaïl, s'était convertie à l'islamisme; Khabbâb ben el- 
Aratt allait la voir à plusieurs reprises et lui lire le Qorân. 
Les Qoréïchites, réunis en conseil, délibérèrent sur l'aiïaire 
du prophète et sur ce qu'on disait de séparation et de blâme. 
'Omar se prépara à exécuter l'ordre donné et sortit du 
milieu d'eux en ceignant son sabre, à la recherche de 
Mohammed, dont on disait qu'il se trouvait dans la maison 
d'el-Arqam ben el-Arqam, à côté de Çafâ. No'aïm ben 
'Abdallah en-Nahhàm l'ayant rencontré, lui demanda où il 
allait. (( Je cherche, répondit 'Omar, ce garçon qui est cause 
de dissension chez les Qoréïchites, afin de le tuer. » — « C'est 
ta passion qui t'égare, lui dit No'aim; ne vois-tu pas que 
les Banou 'Abd-Manâf te laissent marcher sur la terre, 
alors que tu as tué leur cousin? Pourquoi ne retournes-tu 
pas vers ta famille pour redresser leur affaire ?» — « Quelle 
famille? » demanda 'Omar. « Ta sœur et ton beau-frère. » 
Alors 'Omar, changeant de route, se dirigea de leur côté et 
trouva auprès d'eux Khabbâb qui leur lisait le Qorân ; il 
avait apporté une feuille sur laquelle était transcrite la 
sourate Tâ-hâ. Quand sa sœur et son beau-frère s'aperçurent 
de l'approche d"Omar, ils firent disparaître Khabbâb et 
cachèrent la feuille. « Qu'est-ce que c'est que ce chuchotte- 
ment que j'ai entendu dès la porte ? » demanda 'Omar. « Tu 

1. Sur les difficultés de cette filiation, voir Ibn-el-AthIr, Osdj ibid. 



— 92 — 

n'as entendu que du bien », répliquèrent-ils. « C'est sûr ; on 
m'a d'ailleurs déjà informé que vous étiez devenus çabiens. » 
Rempli de colère, il voulut s'élancer sur Khabbâb, mais sa 
sœur se leva et l'en empêcha, non sans être atteinte d'une 
blessure. Alors ils méditèrent tous deux sur cela, manifes- 
tèrent leur conversion et dirent : « Oui, nous sommes musul- 
mans, fais ce qu'il te plaira. » 

'Omar, se tenant sur ses gardes, dit à sa sœur : « Passe- 
moi cette feuille, pour que je voie ce qu'il y a dessus. » 
En effet, il savait écrire. « Je crains que tu ne l'abîmes, » 
lui dit sa sœur ; mais 'Omar prit l'engagement devant Dieu 
de la lui rendre. « Mais, lui dit sa sœur, tu es impur, et il 
n'y a qu'un homme pur qui puisse la toucher'. » 'Omar 
s'étant levé, procéda à une ablution complète, et lut le com- 
mencement du chapitre; cela lui plut, et Dieu lui inspira 
l'idée de devenir musulman : alors Khabbâb sortit de sa 
cachette et lui dit : « Ô 'Omar, je n'espère pas que Dieu 
t'ait réservé spécialement l'appel de son prophète. » — « Et 
où est Mohammed, ô Khabbâb, dit 'Omar. » — « Dans la 
maison d'el-Arqam, à côté de Çafâ. » 

'Omar, s'y étant rendu, heurta à la porte. Un des compa- 
gnons, s'étant levé, alla regarder par les interstices de la 
porte, et revint tout craintif, effrayé. « C'est 'Omar, dit-il, 
ceint de son sabre. » Hamza, fils d"Abd-el-Mottalib, dit : 
« S'il est venu avec de bonnes intentions, nous le traiterons 
avec générosité, et s'il est venu avec de mauvaises inten- 
tions, nous le tuerons avec ses propres armes. » Il lui per- 
mit d'entrer ; le prophète se leva, marcha à sa rencontre et 
le prit par la ceinture, puis il le tira violemment en disant : 
« Qu'est-ce qui t'amène, ô fils d'el-Khattâb? Je ne crois 
pas que tu doives achever jusqu'à ce que Dieu fasse tomber 
un malheur sur toi. » — « Je suis venu, répondit 'Omar, 
pour croire à Dieu et à son prophète. » — « Dieu est plus 

1. Allusion à Qor., LVI. 78. 



— 93 — 

grand ! o — 'Omar ayant prononcé la formule d'adhésion, 
demanda : « Combien êtes-vous? » — « Quarante », répon- 
dit le prophète. « Par Dieu, dorénavant, nous n'adorerons 
plus Dieu en secret. » Il s'avança vers le peuple et ht publi- 
quement profession de foi. Ibn-Mas'oûd a dit : a La conver- 
sion d"Omar fut une conquête, son émigration une victoire, 
son khalifat une miséricorde; nous ne pouvions pas prier 
auprès de la Ka'ba avant la conversion d' 'Omar ' . 

Son signalement et son âge. — On est en désaccord 
sur ces deux points. Les gens du Hedjâz rapportent qu'il 
était blanc mat, de grande taille, en grande partie rouge. 
Ceux de T'Irâq disent qu'il était extrêmement brun; mais 
on est unanime à imitiés contre 
'Othmân; celui-ci s'était porté caution pour lui; lorsque 
l'autorité fut remise entre les mains d"Othmân, Mohammed 
ben Abi-Hodhéïfa partit tout seul pour l'Egypte et s'y 
livra à l'ascétisme en attaquant publiquement le khalife; 
Mo'âwiya le fit plus tard mettre à mort. Il n'a pas laissé 
de postérité'. 

1. Cf. Ibn-el-Athir, Osd, t. I, p. 386 et suivantes. 

2. Mohammed et *Amr dans Nawawî, p. 194. 

3. Cf. ibn-el-Athîr, Osd, t. III, p. 422. 

4. *Abd-Manâf était le grand-père de Rabî'a, cf. Ibn-el-AthIr, Osd, 
t. V, p. 170; Nawawî, p. 693. 

5. Cf. Ibn-Hadjar, op. laud., t. IV, p. 77 (voir aussi à l'art. Sâlim); 
Ibn-el-Athlr, Osd, t. IV. p. 315. 



102 — 



EL-MIQDAD BEN EL-ASWAD 



El-Miqdâd ben el-Aswad ben 'Abd-el-Mottalib est encore 
un des premiers convertis parmi le peuple ; il mourut à 
Médine en Fan 33 de l'hégire, à l'nge de soixante-dix ans. 
On dit que le seul cheval que possédassent les Musulmans à 
la bataille de Bedr était celui d'el-Miqdàd \ 



AMMAR BEN YASIR 

Il portait la konya d'Abou '1-Yaqzhân. 'Ammâr etÇohéïb, 
dit el-Wâqidî, se convertirent après plus de trente per- 
sonnes qui se réunissaient déjà dans la maison d'el-Arqam 
ben el-Arqam. Son père Yâsir était venu du Yémen et 
s'était affilié par serment aux Banou-Makhzoûm ; puis 
'Ammâr se convertit, ainsi que sa mère Soméyya ; alors les 
Banou-Makhzoûm se mirent à le tourmenter en le mettant 
sur des cailloux en plein midi; le prophète passait près 
d'eux et disait : « Patience, ô famille de Yâsir! car votre 
rendez-vous est au paradis. » Ces gens mirent à mort Yâsir 
et attachèrent les pieds de Soméyya entre deux chameaux; 
ils frappèrent ses parties naturelles au moyen de leurs lances 
jusqu'à ce qu'ils la tuèrent, longtemps après Yâsir. Quant à 
'Ammâr, il leur donna de sa bouche toutes les assurances 
qu'ils demandèrent. C'est à propos de lui que fut révélé le 
passage du Qorân : « Excepté celui qui a été contraint, alors 
que son cœur était tranquille dans la foi'. » Il fut tué à la 
bataille de Çifïîn. Parmi ses fils on cite Mohammed ben 
'Ammâr, qui a laissé une descendance. 



1. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. IV, p. 409 et suivantes ; Nawawî, p. 575. 

2. Qui-., XVI, 108. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. IV, p. 43 et suivantes; 
Nawawî, p. 486. 



— 103 — 



ÇOHEIB BEN SINAN 



Certains prétendent que Çohéib ben Sinân ben Mâlik 
appartenait à la tribu d'en-Namir ben Qâsit, tandis que 
d'autres croient que son père était un esclave, agent de 
Chosroès dans la ville d'OboUa', que les Grecs firent pri- 
sonnier et qui fut élevé chez eux; plus tard, il fut acheté 
par 'Abdallah ben Djod'ân qui l'envoya au prophète. Il était 
facétieux et aimait les plaisanteries. Lors de l'émigration 
de Mohammed à Médine, on hii fit cadeau de dattes. Çohéïb 
se mit à en manger malgré sa chassie. « Comment, lui dit 
le prophète, tu manges des dattes, malgré ton état? » — « Je 
les mâche de l'autre côté », répondit Çohéïb, ce qui fit 
éclater de rire Mahomet. Il a laissé une postérité. 

KHABBÂB BEN EL-ARATT 

Il appartenait à la tribu des Banou SaM ben Zéïd-Manât; 
pris, jeune encore, dans une razzia, il fut vendu à la Mecque. 
Sa mère exerçait la profession de circoncire les garçons, ou 
suivant d'autres, les filles. Khabbâb était un pauvre musul- 
man et l'un des meilleurs. Il était atteint de la lèpre blanche. 
Son fils 'Abdallah ben Khabbàb fut tué par les Khâridjites, 
et c'est pour cela qu"Alî autorisa le massacre de ces 
sectaires ^ . 

EL-ARQAM BEN EL-ARQAM EL-MAKHZOÛMÎ 

C'est lui qui hébergea le prophète dans sa maison située 
auprès de Çafâ jusqu'à ce que ses adeptes atteignirent le 
nombre de quarante. 'Omar ben el-Khattàb fut le dernier 

1. Ancienne ApoUogos, sur le bas Euphrate. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, 
t. III, p. 30. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. III, p. 106; Nawawî. p. 225; Ibu-Sa'd, 
t. VI, p. 8. 



— 104 — 

d'entre eux à se convertir. El-Arqam émigra à Médine et 
assista à la bataille de Bedr '. 

BILÂL BEN RABÂH 

Sa mère se nommait Ilamàma. Quand il se convertit, son 
maître Oméyya ben Khalaf el-Djomahî se mit à le tour- 
menter, à le jeter sur le dos au milieu de la grande chaleur 
du jour et à lui poser une grosse pierre sur la poitrine, en 
disant : « Tu resteras ainsi jusqu'à ce <|ue tu meures ou que 
tu abjures Mohammed et son Seigneur. » Bilâl se contentait 
de répéter : « Un seul, un seul [Dieu]. » Abou-Bekr étant 
passé un jour par là, dit à son maître : (( Jusqu'à quand 
maltraiteras-tu ce pauvre homme? » Oméyya ben Khalaf 
répondit : « C'est toi qui l'as perverti, sauve-le. » — « Oui, 
reprit Abou-Bekr, j'ai un esclave de ta religion plus fort et 
plus solide que celui-ci : prends-le à sa place. » Abou-Bekr 
emmena Bilâl et l'affranchit. Celui-ci était un homme à la 
peau noire et à la voix de Stentor. Il mourut à Damas en 
l'an 20 de l'hégire ^ 

ABOU-MOÛSÀ EL-ACh'aRÎ 

Son nom était 'Abdallah ben Qaïs ; il vint trouver le pro- 
phète en même temps que les autres membres de la tribu 
d'el-Ach'ar, qui arrivèrent du Yémen pour se convertir. Ibn- 
Ishaq, selon ce que rapporte d'après lui Ziyâd ben 'Abdallah 
el-Bekkâ'î, dit qu'il se convertit et accompagna en Abys- 
sinie la caravane de la première émigration. Il mourut en 
Tan 52 de l'hégire, ou 42, suivant d'autres'. Il eut plusieurs 
enfants, parmi lesquels Abou-Borda ben Abi-Moùsâ, qui 

1. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. I, p. 60. 

2. Cf. Nawawî, p. 176; Ibn-el-Athîr, Osd, t. I, p. 206. 

:{. Cf. Nawawî, p. 758, 7.59 ; Ibn-Sa'd, t. IV, 1" partie, p. 78, et t. VI, 
p. 9 ; Ibn-el-Athîr, Osd, t. V, p. 308. 



— 105 — 

tut qàdi', et [un petit-fils] , Bilâl ben Abi-Borda, qui fut 
également qâdi à Baçra. C'est à propos de ce dernier que 
Dhou'r-Romma ' a dit : 

Je dis à Çaïdah : Va-t'en donc trouver Bilâl! 

el-'alâ ben ÇADRAMÎ 

Le nom d'el-Hadramî était 'Abdallah ben Damâr. Le 
prophète l'envoya au maître du Bahréïn, el-Moundhir ben 
Sâwà, qui embrassa la foi nouvelle. El-'Alâ traversa le 
golfe Persique pour aller à Dârin ' ; il pénétra dans les flots 
monté sur son cheval ; il alla fourrager sur les rivages de 
la Perside, et apporta au prophète, comme tribut du Bah- 
réïn, la somme de cent quatre-vingt mille dirhems. Il mou- 
rut sous le khalifat d"Omar*. 

'OTHMÂN BEN MAZH'oÛN 

Sorti de la tribu des Banou-Djomah, il portait la konya 
d'Abou's-Sâïb. Sa conversion était ancienne'. C'est lui qui 
s'empara d'Obolla, sous le khalifat d"Omar; il traça le plan 
de Baçra et en fonda la mosquée. On rapporte, d'après lui- 
même, qu'il dit : « Tu m'as vu alors que j'étais le septième 
sur sept en compagnie du prophète de Dieu ; nous n'avions 
pour manger que des feuilles d'arbres, à telles enseignes que 
les commissures de nos lèvres étaient ulcérées. De ceux-là, 



1. Cf. Ibn Sa'd, t. VI, p. 187. II mourut à Koûfa en 103 ou 104. 

2. Sur ce poète, voir t. II, p. 106, note 4; Aghâni, t- XVI, p. 110; 
Cl. Huart, Littérature arabe, p. 51. L'hémistiche cité ici et l'anecdote 
qui s'y rapporte «e trouvent Aghâni, t. XVI, p. 121. 

3. Port du Bahréïn ; cf. Yâqoût, t. II, p. 537 ; Ibn-Sa'd, t. IV, 2' par- 
tie, p. 79. 

4. Cf. Nawawî, p. 432; Ibn-Sa'd, t. IV, 2' partie, p. 76; Ibn-el- 
Athîr, Osd. t. IV, p. 7. 

5. Cf. Ibn-el-Athlr, Osd, t. III, p. 385. 



— 106 — 

actuellement vivants, il n'y en a point qui ne soit gouver- 
neur de rÉgypte». 

Ceux dont les noms précèdent sont les compagnon» du 
prophète, les premiers émigrés, d'ancienne conversion et 
célèbres. On rapporte de Qatâda qu'il a dit : « Ceux qui ont 
assisté à la prière faite à deux qibla appartiennent à la pre- 
mière émigration » . 

Parmi ceux des compagnons dont l'accession à l'islamisme 
eut lieu plus tard, on compte : 

EN-NO'mÂN BEN MOQARRIN 

Celui-ci commanda les Musulmans à la bataille de Néhâ- 
wend et y périt. Des coquelicots poussèrent sur sa tombe, 
et on les appela Chaqâïq en-No'' jnân\ 

DJÉRÎR BEN 'ABDALLAH EL-BADJALÎ 

On le transportait sur le sommet de la bosse du chameau, 
tellement sa taille était longue ; on disait de lui qu'il était 
le Joseph de la nation musulmane, à cause de la beauté et de 
la perfection de ses formes, et aussi de ses belles actions*. 

'OTHMAN BEN EL-'ÂÇ ETH-THAQAFÎ 

Il était un des secrétaires du prophète, qui le nomma 
gouverneur de Tâïf. C'est lui qui conquit les rivages de la 

1. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. V, p. 30; Ibn-Khallikân, Biographie 
dictionarj/, trad. de Slane, II, 57, note 2. II y a d'autres explications 
du nom de cette plante; ainsi l'on prétend que no^màn signifie « sang », 
et que la fleur de cette plante, autrement appelée chaqir (anémone), a 
été comparée à la couleur rouge du sang ; on voit ausSi dans ce mot le 
nom d'en-No'mân ben el-Moundhir, auquel on a attribué cette fleur 

parce qu'elle l'a protégé ol?" 4>V • Cf. Lisân, XVI, 67, 1. 22 et auiv. ; 
TâdJ-el-'Aroûs, IX, p. 81 ; Mas'oûdî, Prairies d'or, t. IV, p. 235. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. I, p. 279; Ibn-Sa'd, t. VI, p. 13. 



— 107 — 

Perside et construisit Tawwadj dans cette province où il a 
des descendants ' . 

'OKKÂCHA BEN MIHÇAN EL-ASADÎ 

Il est de ceux qui entreront au paradis sans avoir à passer 
par la reddition de comptes. Il fut tué par Tolaïha à la ba- 
taille de Bouzâkha '. 

EL-MOGHÎRA BEN CHO'bA 

Il relevait de la tribu de Thaqif ; il était borgne, et consi- 
déré comme un des Arabes les plus intelligents. Il mourut, 
de la peste à Koûfa dont il était gouverneur pour Mo awiya. 
Il prétendait qu'il avait été le plus jeune du peuple du 
temps du prophète, parce qu'il avait laissé tomber son ca- 
chet dans le tombeau du prophète et était descendu pour le 
ramasser ; mais 'Ali et Ibn-'Abbâs l'ont démenti et affirmé 
que cette aventure était arrivée à Qotham, fils d'el-'Abbâs, 
qui était effectivement le plus jeune de la communauté'. 
Parmi les enfants d'el-Moghîra, il y a 'Orwa, qu'il eut de 
la mère d'el-Hadjdjâdj ben Yoùsouf, alors mariée à lui ; 
'Orwa eut deux fils, el-'Aqqâr et Hamza. Le frère d'el- 
Moghîra était 'Orwa ben Mas'oûd, qui se convertit et vou- 
lut prêcher à son peuple, mais celui-ci le mit à mort. « Il 
est un des , dit le prophète* ». 

1. 'Othmân ben Abi 'l-'Aç, cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. III, p. 373; Ibn- 
Sa'd, t. V, p. 372. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd. t. IV, p. 2. 

3. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. IV, p. 406; Ibn-Sa'd, t. VI. p. 12. 

4. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd. t III, p. 405; Ibn-Sa'd, t. V, p. 369; c'était 
un cousin d'el-Moghîra. A la place du mot inintelligible que nous avons 
laissé en blanc, les auteurs cités portent : « Il est comme le compagnon 
de Yâ-sîn. » Comme on le sait, Yâ-sîn est le nom que porte la sourate 
XXXVIII du Qorân, à raison des deux lettres cabalistiques qui figurent 
en tête. Les explications diverses qui couraient du temps de Tabarî ont 
été reproduites dans son Tafsir, t. XXII, p. 87; 1° un des noms de 



108 — 



EL-ABBAS BEN ABD-EL-MOTTALIB 

Il portait la komja d'Abou '1-Fadl. Né trois ans avant 
l'année de l'Éléphant, il vécut quatre-vingt-neuf ans, puis 
perdit la vue et mourut à Médine sous le khalifat d' 'Oth- 
mân. Il était courtaud, orné d'une longue barbe ; fait pri- 
sonnier à la bataille de Bedr, il fut racheté et se convertit. 
Il enfanta douze chefs. Abou-Çâlih a dit : « Nous n'avons 
jamais vu de famille dont les tombes soient plus éloignées 
les unes des autres, que celle des fils d"Abbâs ; car el-Fadl 
mourut en Syrie, 'Obéïdallah à Médine, 'Abdallah à Tâïf et 
Qotham â Samarqand ' . » 

'ABDALLAH BEN EL-'aBBAS 

C'est le puits de science de la communauté musulmane. 
Il portait la konya d'Aboû 'l-'Abbâs ; il avait quinze ans, 
ou, suivant d'autres, treize, au moment de la mort du pro- 
phète ; il vécut soixante-treize ans et mourut à Tâïf en 
l'an 68, pendant la révolte d"Abdallah ben ez-Zobéïr, après 
être devenu aveugle'. Mohammed, le fils de la Hanéfite, 
éleva une tente sur son tombeau. On rapporte qu'un oiseau 
vint et s'introduisit à l'intérieur de son linceul ; c'est à ce 
propos qu'on a dit : 

Cet oiseau, c'est sa science qui a disparu avec lui ; c'était pour 
nous la certitude et la preuve décisive. 

'Abdallah ben el-'Abbâs eut huit enfants, parmi lesquels 
*Ali, qui fut l'ancêtre des khalifes [abbassides] , et sur le mo- 

Dieu ; 2° « ô homme !» ; 3° clef ou formule introductive du discours ; 
4° un des noms du Qorân. On ne voit pas très bien ce que signifie « com- 
pagnon de Yâ-sîn ». 

1. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. III, p. 109; Ibn-Sa'd, t. IV, 1" partie, 
p. 1 et suivantes. 

2. Cf. Ibn-cl-Athlr, id. op., t. III, p. 192 et suivantes. 



— 109 — 

ment de la naissance de qui on est en désaccord ; car on 
rapporte qu'il naquit dans la nuit même où 'Ali ben Abi- 
Tâlib fut assassiné, tandis qu'une autre version prétend 
que ce fut bien auparavant, qu"Alilui frotta le palais de sa 
propre main avec de l'huile d'amande, et lui donna son nom 
d"Ali en disant : « Te voilà, père des rois' ! ». C'était un 
seigneur noble ; il faisait, dans sa prière, mille rak^a par 
jour, sous l'arbre ; en efïet, il possédait un enclos contenant 
cinq cents pieds d'olivier ; chaque jour, il accomplissait 
deux ra/c'a devant chaque arbre. On l'appelait encore « le 
possesseur des callosités ». El-Wélîd ben 'Abd-el-Mélik le fit 
frapper à coups de fouet à deux reprises pour avoir dit : 
« Ce gouvernement passera à ma descendance » . 

'Ali eut pour enfants Mohammed et 'Abdallah ; entre lui 
et son père il y avait quatorze ans de difEérence d'âge. Ce 
Mohammed ben 'Ali fut le père d' Abou 'l-'Abbâs es-Safifâh 
et d'Abou-Dja'far el-Mançoûr, qu'il eut de la Hârithienne, 
une femme de la tribu des Banou '1-Hàrith ben Kâ'b. 



'amr ben el-'âç ETH-THAQAFÎ 

Il fut le père de fils célèbres. Il se convertit, en même 
temps que Khâlid benel-Wélîd, l'an 6 de l'hégire. La cause 
de sa conversion fut que, s'étant rendu en Abyssinie à 
Toccasion de Dja'far et des Musulmans qui avaient émigré 
avec lui, il dit au Négus : « Remets-moi ces gens-là pour 
que je leur coupe le cou. » Le Négus répondit : « Tu me 
demandes que je te livre la tribu du prophète de Dieu, la 
grande loi apportée par Moïse, fils d"Imràn, pour que tu 
les tues?» A partir de ce moment, l'idée de l'islamisme 
pénétra dans son cœur. Quand le moment de se convertir 
fut arrivé, il se mit en marche pour aller voir le prophète et 
fut rencontré par Khàlid ben el-Wélîd, qui voulait, lui 

1. Cf. Ibn-el-AthIr, Kâmil t. V, p. 147. 



— 110 — 

aussi, se convertir, et qui lui dit : « Où vas-tu, père des Mu- 
sulmans? » Il répondit : « L'affaire du mira^ est droite; cet 
homme est le prophète de Dieu ; donc, convertis-toi. » — 
(( Je suis venu pour cela, répliqua 'Amr. » Alors ils arri- 
vèrent à la Mecque, acquiescèrent à la foi et prêtèrent ser- 
ment. 'Amr était un des plus intelligents parmi les Arabes. 
Il mourut en Egypte l'an ^i, sous le khalifat de Mo awiya, 
ou, selon d'autres, en 51, à l'âge de quatre-vingt-treize ans'. 
Son fils 'Abdallah ben 'Amr prononça la prière sur son corps 
le jour de la fête de la rupture du jeûne, et ensuite célébra 
la cérémonie de cette fête. 

'ABDALLAH BEN 'aMR BEN EL-'ÂÇ 

El-'Àç était fils de Wâïl ben Sehm ben Haçiç ben Ka b 
ben Lo'ayy'. 'Abdallah lisait le syriaque et maniait deux 
sabres à la fois. Il mourut à la Mecque, ou, suivant d'autres, 
en Egypte*. Parmi ses fils, il y eut Mohammed ben 'Ab- 
dallah ben 'Amr, parmi les fils de celui-ci Cho'aïb ben 
Mohammed, et parmi ceux de Cho'aïb, 'Amr ben Cho'aïb qui 
transmit des traditions du prophète d'après son père, qui 
les tenait de son grand-père. 

Parmi ceux qui devinrent musulmans l'année de l'occu- 
pation de la Mecque et postérieurement à celle-ci, il y eut 

'attâb ben ASÎD 

'Attâb ben Asid ben el-1ç ben Abî 'l-1ç ben Oméyya se 
convertit l'anà son 
trousseau ; la nuit de la consommation du mariage, il leur 
dit de prononcer les paroles suivantes : « Nous sommes 
venus vous voir, saluez-nous pour que nous vous rendions 
le salut; sans le froment brun, vos vierges ne seraient pas 
grasses ; sans l'or rouge, nous n'irions pas camper dans votre 
vallée. » 

sa'd ben 'obâda 

Sa'd ben 'Obâda était le chef des Khazradj ; dans le pa- 
ganisme, on l'appelait l'homme parfait, parce qu'il était 
habile dans l'écriture, le tir à l'arc et la natation ; c'est lui 
qui renonça à prêter serment à Abou-Bekr; il se tint à 
l'écart lors de l'assemblée à la saqifa des Banou-Sâ'ida et 
dit : « Un chef d'entre nous et un chef d'entre vous. » Il se 
rendit ensuite en Syrie; il y mourut sous le khalifat 
d"Othmân ben *ASân; on dit qu'un serpent le piqua. Parmi 
ses fils, on note Qaïs ben Sa'd ben 'Obâda, le champion, le 
héros, l'intelligent, qui fut un des partisans d"Ali ; il servait 
de garde-du-corps au prophète ; on le craignait plus que 

1. Ibn-Sa'd, t. III, 2' part., p. 2; Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 296. 

2. Ibn-Sa'd, t. III, 2' part., p. 135; Ibn-el-Athir, Osd, t. I, p. 92. 



— 120 — 

nul antre. C'est lui qui tint l'étendard des Auxiliaires à la 
bataille de Bedr ' . 

SA'd BEN MO'ÂDH 

A la bataille du Fossé, il fut atteint d'une flèche qui lui 
coupa la veine médiane de l'avant-bras. Lorsqu'il fut décidé, 
à l'égard des Banou-Qoraïzha, que les hommes seraient mis 
à mort et les femmes réduites à l'esclavage, la veine se 
fendit et le sang continua de couler jusqu'à sa mort. Le 
prophète dit de lui : « Le trône de Dieu a tressailli lors de 
la mort de Sa'd'. » 

'OBÂDA BEN EÇ-ÇÂMIT 

Il fut présent au serment d'el-'Aqaba, ainsi qu'à Bedr et 
à Ohod; il mourut à Ramla au temps de Mo'âwiya'. 

DJÂBIR DEN 'ABDALLAH 

C'est lui qui a dit : « Mon frère, mon oncle maternel et 
moi nous trouvâmes à el-'Aqaba ». Il devint aveugle à la fin 
de sa vie ; il fut, d'après quelques-uns, le dernier des Com- 
pagnons qui mourut à Médine*. 

AUXILIAIRES QUI SE CONVERTIRENT APRÈS l' ARRIVÉE 
DU PROPHÈTE 

El-Wâqidî nous rapporte que Zéïd ben Thâbit a dit : 
J'avais onze ans lorsque le prophète arriva à Médine; le 

1. Cf. Ibn-Sa'd, t. III, 2' part., p. 142, et t. VI, p. 34; Nawawî, p. 274; 
Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 283. 

2. Voir El-Bokhâri, Les Traditions islamiques, trad. O. Houdas, 
t. III, p. 9; Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 296; Ibn-Sa'd, t. III, 2' part., p. 2. 

3. Cf. Nawawî, p. 329; Ibn-SaM, t. III, 2' part., p. 93, 148; Ibn-el- 
Athlr, Osd, t. III, p. 106. 

4. Cf. Nawawî, p. 184 ; Ibn-Sa^d, t. III, 2' part., p. 114 ; Ibn-el-Athîr, 
Osd, t. I, p. 256. 



— 121 — 

premier cadeau qu'il reçut fut une écuelle où du pain, du 
beurre et du lait formaient une bouillie ; c'est ma mère qui 
la lui envoyait ; je la déposai devant lui et il me dit : o Dieu 
te bénisse ! » Son occupation était d'apprendre le livre des 
Juifs; il le sut en quelques dix nuits. Il fut secrétaire 
d'Abou-Bekr, et mourut du temps de Moawiya\ Parmi ses 
enfants, il y eut Khâridja, son fils, qui dit : a J'ai vu en songe 
comme si j'avais élevé soixante-dix degrés pour moi-même, 
que je venais d'achever; » il mourut à Médine'. 

OBAYY BEN KA*B L' AUXILIAIRE 

Il portait la konya d'Abou '1-Moundbir; il savait écrire, 
et se livra à cette occupation du temps du paganisme et 
sous l'islam; il mourut sous le khalifat d'^Othmân, qui pro- 
nonça la prière à ses obsèques; on dit : « C'est aujourd'hui 
qu'est mort le seigneur des Musulmans'. » 

ABOU-TALHA l'aUXILIAIRE 

Il s'appelait Zéïd ben Sehl; à la bataille de Honéïn, il tua 
vingt personnes en disant : 

Je suis Abou-Talha, mon nom est Zéïd ; chaque jour il y a un 
gibier sous mes armes. 

Il avait pour femme Omm-Soléîm, la mère d'Anas ben 
Mâlik. Il mourut à Médine sous le khalifat d"Othmân\ 

ANAS BEN MÂLIK 

Le prophète lui donna la konya d'Abou-Hamza. Anas a 

1. Cf. Nawawî, p. 259; Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 221 

2. Cf. Ibn-Sa'd, t. V, p. 193. 

3. Cf. Nawawî, p. 140; Ibn-Sa'd, t. III, 2' part., p. 59; Ibn-el-Athîr, 
Osd, t. I. p. 49. 

4. Cf. Nawawî. p. 732; Ibn-Sa'd, t. III, 2' part., p. 64; Ibn-el Athîr, 
Osd, t. II, p. 233, et t. V, p. 234, 



— 122 — 

dit lui-même : « J'avais dix ans lorsque Mohammed est 
venu à Médine ; je l'ai servi dix ans ; j'avais vingt ans quand 
il mourut. » Anas vécut cent quatre ans ; il fut le dernier 
[des Compagnons] qui moururent à Baçra du temps d'el- 
Hadjdjâdj ben Yoûsouf ; à sa mort, il avait pu voir cent in- 
dividus mâles de sa descendance ' . 

ABOU-AYYOÛB l'aUXILIAIRE 

Il s'appelait Khâlid ben Zéïd ; c'est à la porte de sa maison 
que s'agenouilla la chamelle qui portait le prophète ; il 
resta auprès de lui pendant sept mois jusqu'à ce qu'il eût 
construit ses maisons. Il mourut sur le territoire romain, 
au cours d'une campagne qu'il faisait avec Yézîd, fils 
de Mo'âwiya, le grand réprouvé'; il fut enterré à la base 
du mur d'enceinte de Constantinople ; quand les Grecs 
souffraient de la disette, ils mettaient à découvert son tom- 
beau et obtenaient ainsi de la pluie. 11 a laissé des descen- 
dants'. 

'OWÉÏM IBN MÂLIK 

Il mourut en Syrie du temps d"Othmân ; il fut le dernier 
de sa maison à se convertir *. 

MO'ÂDH BEN DJABAL LE KHAZRADJITE 

Il assista à la bataille de Bedr et mourut en Syrie lors de 
la peste d"Amawâs, à l'âge de soixante-huit ans. La cause 
de sa conversion fut que 'Abdallah ben Rawâha était un 

1. Cf. Nawawl, p. 165; Ibn-el-Athîr, Osd, t. I, p. 127. 

2. Interpolation due probablement au copiste. 

.3. Cf. Nawawî, p. 652; Ibn-SaM, t. III, 2' part., p. 49; Ibn-el-Athîr, 
Osd, t. II, p. 88, et t. V, p. 143. 

4. Plus connu sous le nom d"Owéïm ben Sâ'ida; Mâlik était un de 
ses ancêtres. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. IV, p. 15H ; Nawawî, p. 490; 
Aghâni, t. XVIII, p. 65. 



- 123 — 

frère pour lui du temps du paganisme; Mo*âdh avait une 
idole ^ ; profitant d'une absence du maître de la maison, 
'Abdallah entra et coupa l'idole en morceaux. Quand Mo'âdh 
revint, il trouva sa femme dans les larmes : « Qu'est-ce 
qu'il t'arrive? » lui demanda-t-il, et elle lui raconta l'acte 
d'Ibn-Rawâha. Mo'âdh réfléchit en lui-même et se dit : 
S'il y avait quelque puissance chez cette idole, elle se 
serait défendue. » Il alla trouver 'Abdallah et lui demanda 
de l'accompagner chez le prophète, entre les mains de qui il 
se convertit \ Il n'est resté personne de la descendance de 
Moadh. 

'ABDALLAH BEN SELÂM 

Il s'appelait el-Hoçaïn ; c'est le prophète qui lui donna le 
nom d"Abdallah. Il fut un des partisans d"Othmân ben 
'Aflfân. On rapporte ses propres paroles : « Mon père m'en- 
seignait le Pentateuque ; nous arrivâmes à l'endroit où il 
est fait mention du prophète ; mon père me dit : Si c'est 
un Israélite, suis-le; si c'est un Arabe, ne le suis pas. 
Lorsque je regardai, poursuivit 'Abdallah, le visage du 
prophète, je reconnus que ce n'était pas le visage d'un 
menteur'. » Il s'approcha et interrogea Mohammed sur trois 
points : sur le premier habitat des élus, sur les taches 
noires qu'on voit sur la face de la lune, et sur la provenance 
de la marque de la ressemblance [chez l'enfant]. Le prophète 
répondit : Le premier habitat des élus, c'est lâm et noûn; 
les taches noires de la lune proviennent de ce que la lune 
était aussi un soleil, mais Dieu l'effaça ; la marque de la 
ressemblance provient de la première de deux gouttes de 

1. Dans sa maison; idole particulière, pénate. 

2. Il était connu pour sa bonne récitation du Qoràn. Cf. El-Bokhârî, 
Les Traditions islamiques, trad. O. Hondas, t. III. p. 10; Nawawî, 
p. 559; Ibn-el Athîr, Osd, t. IV, p. 376 ; Ibn-SaM, t. III, 2' part., p. 120. 
Mo'àdh est mort à l'âge de trente-huit ans, non de soixante-huit. 

3. Les Orientaux sont très physionomistes. 



— 124 — 

sperme qui devance l'autre dans la matrice; Venfant lui 
ressemble. 'Abdallah se convertit ; puis il dit : « Ô pro- 
phète de Dieu, les Juifs sont un peuple vil et menteur; s'ils 
savent que je suis musulman, ils me calomnieront auprès 
de toi. » Le prophète manda les rabbins juifs, dissimula 
* Abdallah à leur vue, et leur dit : « Quelle est la place 
occupée par 'Abdallah ben Selâm parmi vous? Ils répon- 
dirent : C'est notre seigneur, notre rabbin et notre savant. 
S'il se fait musulman, dit le prophète, vous convertirez- 
vous ? Il n'abandonnera pas sa religion, répondirent-ils. 
Sors, ô 'Abdallah, dit Mohammed. Le néophyte sortit de 
sa cachette et leur dit : a Je prends Dieu à témoin ! Con- 
naissez-vous telle et telle chose ? » en leur précisant cer- 
taines choses. — «Tu es devenu fou, répliquèrent-ils' ». 

HASSAN BEN THÂBIT l'aUXILIAIRE 

Il était poète, comme son père, son fils 'Abd-er-Rahmân 
et son petit-fils Sa'd. Sa descendance disparut ensuite, 
yassân pouvait atteindre le bout de son nez avec l'extré- 
mité de sa langue. Il vécut cent vingt ans, soixante dans le 
paganisme et soixante dans l'islam. Etant pusillanime, il 
n'assista à aucun combat '. 

SEHL BEN KEONÉÏF l'aUXILIAIRE 

C'est lui qui, à l'entrée du prophète à Médine, reçut 
l'ordre de briser les idoles [de bois] ; il les brisa et y mit le 
feu. Partisan d"Ali, il mourut à Koûfa ; 'Ali prononça la 
prière sur sa tombe et proclama le takbîr cinq ou six fois ; 
il nomma son frère 'Othmân ben Honéïf gouverneur de 
Baçra. 'Omar avait envoyé Sehl en 'Iraq ; il fit mesurer la 

1. Cf. Nawawî, p. 347; Ibn-el-Athîr, Osd, t. III, p. 176. 

2. Cf. Nawawî, p. 203 ; Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 4. 



— 125 — 

superficie de son territoire et établit l'impôt du kharâdj sur 
son sor. 

KHAWWÂT BEN DJOBÉÏR 

Khazradjite, il était le maître de Dhât-en-Nahyéïn' ; son 
frère 'Abdallah ben Djobéïr commandait les archers à la 
bataille d'Ohod. Le prophète dit à Khawwât : « Qu'a fait 
ton chameau fugitif? » Il répondit : a II ne s'est pas enfui 
depuis ma conversion. » 

MnHAMiMED BEN MASLAMA l'aUXILIAIRE 

C'est lui qui mit à mort Ka'b ben el-Achraf ; après la mort 
du prophète, il adopta un sabre de bois, et n'assista à au- 
cune des guerres civiles jusqu'à sa mort. Il eut dix garçons 
et six filles'. 

Au début de ce chapitre, nous avons dit (que Dieu ait 
pitié de toi !) que ce sujet est de la fabrication des tradi- 
tionnistes, et qu'il n'est pas possible d'arriver au nombre 
complet des Compagnons; ce que nous en avons cité, c'est 
pour répondre aux besoins du lecteur qui, pour les chapitres 
suivants, histoire du khalifat et événements des guerres 
civiles, éprouve la nécessité de connaître les noms de ceux 
dont nous avons donné l'histoire; sinon, la splendeur de ce 
discours disparaîtrait et son bon ordre serait interrompu : 
il sortirait de l'intention que nous avons eue en vue, expli- 
cation et concision. Que le lecteur connaisse donc notre 
intention en citant ces noms 1 Dieu est celui qui donne le 
succès et le secours. 

1. Cf. Nawawî, p. 306; Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 364; Ibn-Sa'd, 
t. III, 2' part, p. 39, et t. VI, p. 8. 

2. La « femme aux deux barattes de cuir», qui était de la tribu des 
Banou Téïm-Allah. Cf. Nawawî, p. 232. et Ibn-el Athîr, Osd, t. II, 
p. 125. qui donnent Khawwât comme un Ausite, non un Khazradjite. 
Sur le proverbe auquel cette femme a donné naissance, voirMéïdâni, 
t. I, p. 332. 

3. Cf. Nawawî, p. 119; Ibn-el-Athîr, Osd, t. IV, p. 330. 



— 126 — 

Le chapitre suivant est consacré aux divergences qui 
séparent les Musulmans dans leurs sectes, à la différence 
de leurs discours et de leurs opinions, pour expliquer en- 
suite l'histoire des khalifes Compagnons du prophète, celle 
des Oméyyades et des Abbassides, ce qui terminera l'ou- 
vrage, comme l'exige la situation, s'il plaît au Dieu très 
Haut! 



CHAPITRE XIX 



DIVERSES OPINIONS DES MUSULMANS 

Sachez que les dissentiments qui régnent parmi la com- 
munauté musulmane ont commencé dès le début et n'ont 
fait qu'augmenter jusqu'à ce jour; on ignore ce qui se 
passera par la suite. Quand le prophète de Dieu parut, les 
habitants de la terre étaient tous infidèles, quelles que 
fussent les différences qui les séparaient, judaïsme, chris- 
tianisme, polythéisme, hérésie, à l'exception de quelques 
résidus sporadiques, où il se trouvait encore une élite de 
ceux qui les tenaient ferme, et d'individus isolés disposés à 
détruire l'erreur qui les tenait et recherchant une religion. 
Il y en eut qui ^n'ont pas été enlevés par la mort avant 
d'atteindre le but de leurs recherches, tels que Abou '1-Héï- 
tham ben et-Tayyihân, As'ad ben Zorâra, Abou-Dharr el- 
Ghifâri, Selmân du Fârs, Abou-Qaïs Çirma ben Abi-Anas ' ; 
d'autres moururent dans la bonne direction, comme Zéïd 
ben 'Amr ben NofaïP, Waraqa ben Naufal, Qoss ben Sâ'ïda', 
Bahîrâ, Orbâb', 'Addâs'. On entendit un héraut procla- 
mer^ avant la mission du prophète : « Les meilleurs des 
hommes sont Orbâb, Bahîrâ le moine, et un autre qui n'est 

1. Cf. Ibn-Hichâm, p. 348; Tabarî, Annales, I, p. 1247. 

2. Cf. Nawawî, p. 264; Ibn-Hichâm, p. 143; Tabarî, Annales, II, 
p. 836; L. Caetani, Annali deW Islam, t. I, p. 190. 

3. Cf. A. Sprenger, Das Leben, t. I, p. 44; Aghàni, t. XIV, p, 41; 
L. Caetani, Annali dell' Islam, introduction, § 188. 

4. Orbâb ben el-Barà ech-Channî. Cf. Caetani, Annali dell' Islam, 
t. I, p. 192. 

5. Chrétien de Ninive qui se trouvait à Tâîf, Cf. Ibn-Hichâm, p. 280; 
Tabarî. Annales, I, p. 1201. 



— 128 — 

pas encore venu a, c'est-à-dire Mohammed. Certains cher- 
chèrent la vérité, se firent chrétiens, puis, vaincus par 
Terreur, y retombèrent et revinrent à leurs égarements, tels 
que Abou-'Amir le moine ^ Abou-Hanzhala el-'Oqaïlî\ 
Oméyya ben Abi'ç-Çalt eth-Thaqafi; chacun a une histoire 
que nous mentionnerons en temps et lieu, s'il plaît au Dieu 
très Haut ! 

Lorsque le prophète parut et appela les créatures à Dieu, 
ceux qui lui répondirent affirmativement crurent en lui, et 
ceux qui le repoussèrent furent infidèles ; cela fit deux caté- 
gories, croyants et incroyants. Ensuite, lors de son départ 
pour Médine, un certain groupe lui porta envie, le traita 
hypocritement, manifestant extérieurement l'islamisme et 
conservant secrètement son infidélité; les hommes furent 
alors partagés en trois groupes, incrédules, croyants et hy- 
pocrites. Du vivant du prophète, certains individus aposta- 
sièrent, comme 'Abdallah ben Abi-Sarh el-Qorachî\ Mi- 
qyas ben Çobàba el-Fihrî ', Ka'b ben el-Achraf ; d'autres 
prétendirent être prophètes, comme Moséïlima le menteur, 
El-Aswad el-'Ansî. Voilà ce qui se passa du temps du pro- 
phète; tout cela a persisté jusqu'à nos jours, infidélité, 
hypocrisie, prétention au prophétisme. 

Lorsque Mohammed mourut, on fut en désaccord sur le 
chapitre de l'imamat : les Émigrés et les Auxiliaires se 
disputèrent, puis s'en remirent à la parole d'Abou-Bekr, à 

1 . Surnommé el-Fâsiq « le débauché » par Mahomet. Cf. Ibn Hichâm, 
p. 561 ; Tabarî, Annales, I, p. 1740; L. Caetani, Annali, t. I, p. 390, 
note 1. 

2. Lire, à la place de ce nom inconnu, Abou-Harb ben Khowéïlid 
el-'Oqaïli, sur lequel on peut voir Sprenger, Das Leben, t. III, p. 512 ; 
L. Caetani, Annali, t. II, 1, p. 295. 

3. Cf. Ibn-el-Athîr, Chronicon, t. II, p. 189; Caetani, Annali delV 
Islam, t. II, 1. p. 184. 

4. Cf. Ibn-Hichâm, p. 728, 819; Ibn-el-Athîr, Chronicon, t. II, p. 148, 
190; Tabarî, Annales, I, 1515, 1640; Caetani, Annali, t. II, 1, p. 138. 

5. Cf. Sprenger, Das Leben, t. III, p. 155 et suivantes; Ibn-Hichâm, 
p. 351, 381 ; Caetani, Annali, t. I, p. 413, 467, 535. 



— 129 — 

savoir que les imams devaient être pris parmi les Qoréïcliites ; 
il n'y eut d'exception que Sa'd ben 'Obâda qui s'écria : 
« Par Dieu ! je ne prêterai jamais serment d'allégeance à 
un Qoréïchite ! » Ce dissentiment s'est perpétué jusqu'à nos 
jours, car, parmi les musulmans, il y en a qui admettent 
que l'imamat peut être reconnu chez n'importe qui, tandis 
que d'autres le restreignent à Qoréïch. 

Le second dissentiment porta sur l'apostasie ; car Abou- 
Bekr estima que les apostats devaient être combattus par le 
sabre, tandis que les musulmans jugèrent [d'abord] autre- 
ment, puis la majorité d'entre eux accepta l'avis d'Abou- 
Bekr ; mais le dissentiment persista en efîet, car certaines 
personnes continuent de croire que c'était un péché de les 
combattre. 

Le troisième dissentiment fut celui qui se produisit du 
temps d"Othmân; certain parti lui prêta son concours, un 
autre s'en abstint et jugea qu'il était juste de le mettre à 
mort. Ce désaccord persiste toujours ; parmi les partisans 
d"Othmân, il y en a même qui le mettent au-dessus 
d'Abou-Bekr et d"Omar. 

Le quatrième eut lieu à l'occasion de la révolte de Talha, 
d'ez-Zobéïr, d"Âïcha, d'Omm-Habiba\ de Zéïd ben Thâbit, 
d'en-No'mân ben Béchir', de Ka'b ben 'Odjra', d'Abou-Sa'îd 
el-Khodrî, de Mohammed ben Maslama', d'el-Wélîd ben 
'Oqba' et d"Amr ben eKAç, qui refusèrent de prêter ser- 
ment à 'Alî parce qu'ils ne le jugeaient pas digne d'occuper 
le siège du khalifat. Après la bataille du Chameau et la 
mort de Talha et d'ez-Zobéïr ben el-'Awwâm, tous lui 
prêtèrent serment, excepté Mo'âwiya et 'Amr [ben el-'Aç], 
dont on sait quelle fut la fortune. 

1. Épouse du prophète, ci-dessus, p. 14. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd. t. V, p. 22 ; Ibn-Sa'd, t. VI, p. 35. 

3. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. IV, p. 242. 

4. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. IV, p. 330; Ibn-Sa'd, t. III, 2' part., p. 18. 

5. Cf. Ibn-el-Athîr, Osd, t. V, p. 90 ; Ibn-Sa'd, t. VI, p. 15; Nawawî, 
p. 615. 

9 



130 



SECTES CHI ITES 



Les Ghâliya (outrés), les Ghorâbiyya, les Karanbiyya, 
les Rawandiyya, les Mançoùriyya^ les Rab'iyya, les Zéï- 
diyya, les Ya'foûriyya, les Chamatiyya, les Sarrâd jiyya, les 
Kéïsâniyya, les Sabâiyya, les Qahtabiyya, les Khattâbiyya, 
les Dja'fariyya, les Béyâniyya, les Qaf iyya, les Tayyâra, 
les Hallâdjiyya, les Mokhtâriyya', les Khachabiyya, les Kâ- 
miliyya^ les Wâqifiyya, les Moslimiyya ; il y a encore 
parmi eux les Bâténiens, les Ismaéliens, les Qarmates, les 
Charàmiha, les Kâghadiyya, les Ramiyya, les Mobayyada*, 
les Kayyâliyya'. Les noms de Zéïdites et d'Imamiens les 
réunit tous ; leur surnom péjoratif est er-Râfîçla. 

EXPLICATION DÉTAILLÉE ET INTERPRÉTATION 
DE CES DIVERS DEGRÉS 

Sachez que les Chi'ites se partageaient déjà, du vivant 
d"Ali, fils d'Abou-Tâlib, en trois sectes; une secte qui, 
somme toute, se bornait à se rattacher exclusivement à lui 
et à lui manifester son affection, où l'on comptait des gens 
comme 'Ammâr ben Yâsir, Selmân, el-Miqdàd, Djâbir, 
Abou-Dharr el-Gliifâri, 'Abdallah ben el 'Abbâs, 'Abdallah 
ben 'Omiar, Djérîr ben 'Abdallah el-Badjalî% Dihya ben 
Khalifa', et autres compagnons du même genre, dont on ne 
peut penser que du bien, et qu'il nous semble impossible 

1. Cf. Chahrastânî, trad. Haarbrûcker, 1. 1, p. 205 ; Tâhir el-Isfarâïnî, 
cité ibidem, t. II, p. 416; Maicàqif, p. 345. 

2. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 166; Maicâqif, p. 343. 

3. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 201 ; t. II, p. 409, 411. 

4. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 173, 200; t. II, p, 411. 

5. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 208; t. II, p. 412. 

6. Cf. Nawawî, p, 190; Ibn-el-Athîr, Osd, t. I, p. 279; Caetani, 
Annali, t. II, 1, p. 285. 

!.■ Cf. Nawawî, p. 239; Ibn-el-Athîr, Osd, t. II, p. 130; Caetani, 
Annali, t. I, p. 627, et ci-dessus, t. I, p. 161, note 1, 



— 131 — 

de critiquer. Une seconde secte montra quelque peu d'ou- 
trance dans l'affaire d"Othmân. tout en inclinant vers le 
parti des deux cheikhs (Abou-Bekr et 'Omar) ; elle comp- 
tait des hommes tels que 'Amr ben el-Hamiq, Mohammed, 
le fils d' Abou-Bekr, Mâlik el-Achtar; le vers suivant est dû 
à el-Fadl ben el-'Abbàs ben 'Otba ben Abi-Lahab', qui 
cherchait à détacher el-Wélîd ben 'Oqba de son parti : 

Après Mohammed, c'est 'Alî qui aurait dû être le chef, son 
compagnon dans toutes les régions. 

Ils manifestaient des opinions de ce genre du temps 
d' Abou-Bekr, d"Omar et d"Othmân. Enfin, une troisième 
secte se livra à l'outrance la plus grossière et prononça des 
paroles extravagantes; ce sont les partisans d"Abdallah 
ben Sabâ' qu'on appelle [de son nom] es-Sabâ'iyya ' et qui 
disaient à 'Ali lui-même : « Tu es le dieu des mondes, notre 
créateur et notre distributeur de parts ; c'est toi qui nous 
fais vivre et nous fais mourir. » 'Ali trouva cette préten- 
tion de leur part exorbitante et ordonna de les livrer au 
bûcher. Ils entrèrent en riant dans le feu et disaient : « Nous 
sommes bien certains maintenant que tu es Dieu ; il n'y a 
que le maître du feu qui puisse châtier par le feu ! o Leurs 
coreligionnaires prétendirent plus tard que le feu ne les 
avait pas touchés et avait été pour eux « un rafraîchisse- 
ment et un salut' », comme il le fut pour Abraham. C'est à 
ce propos qu"Ali a dit : 

Lorsque j'ai vu une chose digne de réprobation, je fis aUumer 
un bûcher et j'appelai Qanbar^ 

Après le martyre d"Ali (que la satisfaction de Dieu 

1. Cf. Tabarî, Annales, III, p. 2106, note d; Aghânî, t. XV, p. 2. 

2. Cf. Chahrastànî, p. 132; trad. Haarbrticker, p. 200. 

3. Qor., XXI, 69. 

4. Cf. Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, p. 186, qui cite ce vers et fait remar- 
quer que Qanbar était son affranchi chargé de jeter ces hérétiques dans 
le feu. Sur la valeur historique de cette anecdote, voir Friedlànder, Hé- 
térodoxies ofthe Shiites, II, p. 100. 



— 132 - 

s'étende sur lui !), les Cbi'îtes se divisèrent encore en sectes ; 
une partie des Imamiens dirent : Après le prophète, les imâms 
furent 'Ali, el-Hasan, el-Hoséïn, 'Ali ben el-Hasan, 'Ali ben 
el-Hoséïn, Mohammed ben 'Ali, Dja'far ben Mohammed, 
Moûsà ben Dja'far, 'Ali ben Moûsà, Mohammed ben 'Alî, 
'Alî ben Mohammed, el-Hasan ben 'Ali, et el-Mahdî ; c'est 
celui-ci que mentionne el-Hoséïn ben Mançoùr, connu sous 
le surnom d'el-Hallâdj, dans son livre intitulé el-Ihâta 
wël-Forqàn\ On a rangé les imâms dans un ordre compa- 
rable à celui des nouvelles lunes : a Le nombre des mois, 
pour Dieu, est de douze'. » L'un de ces Chi'ites m'a récité 
ceci : 

Ma religion est celle de l'Elu de Dieu, de son exécuteur testa- 
mentaire [Alî], de ses deux fils purs [el-Hasan et el-Hoséïn], du 
seigneur des adorateurs ['Ali Zéïn el-Âbidîn], 

de Mohammed [el-BâqirJ, de Dja'far son fils, et de l'illustre 
envoyé à la rive de la vallée [Moûsà el-Kâzhim], 

d"Ali er-Ridâ, de Mohammed [TaqîJ, d'Ali l'impeccable 
[Naqî], puis d'el-Hâdi, 

de Hasan [Zakî], et enfin du plus noble de nos imâms, le Qâïm qui 
restera voilé jusqu'au jour du rendez-vous [Mohammed el-Mahdî]. 

L'on m'a récité encore le vers suivant : 

Je suis l'esclave du prophète, et après lui celui d'Ali le direc- 
teur, ainsi que des huit successeurs des deux petits-fils de Moham- 
med, et de l'imâm voilé et caché. 

Ceux-là forment la majorité des Imâmiyya, qui pro- 
fessent la croyance en douze imâms et admettent que la 
nation musulmane toute entière est devenue infidèle en 
rejetant 'Alî, à la seule exception toutefois de six individus, 
Selmân, el-Miqdâd, Djâbir, Abou-Dharr el-Ghifàri, 'Am- 
mâr et 'Abdallah ben 'Omar ; qu' 'Ali sait tout ce dont les 

1. Ce titre ne figure pas dans l'énumération du Fihrist, p. 192, ni 
dans les ouvrages de ce célèbre mystique retrouvés par M. L. Massignon 
(cf. ' Kitàb ai J'awàsîn, introduction, p. ii). 

2. Qor., IX, 36. 



— 133 — 

hommes ont besoin, et de même ces imâms qui sont tous 
impeccables, ne pouvant commettre d'erreur, de péché ni 
de tromperie. Le poète en-Nâchi ' a dit à ce propos : 

L'imâm embrasse toute la science, car celui qui n'embrasse pas 
toute la science ne saurait exercer l'empire. 

Ils croient que l'empire musulman est tout entier terre 
d'infidélité, tellement que si un archer lançait sa flèche 
dans une mosquée cathédrale quelconque, cette flèche ne 
tomberait jamais sur un musulman. S'ils se taisent sur 
leur croyance, c'est par restriction mentale et hypocrisie. 
Ils attendent la sortie du douzième imâm pour se mettre 
en campagne contre la nation musulmane à coups de sabre 
et en enlevant les femmes et les enfants. Ils interprètent 
ce passage du Qoran' : « Le jour où viendront certains signes 
de ton Seigneur, il ne servira de rien à une âme de croire 
si elle n'a pas cru auparavant », en disant que ce jour est 
celui où se lèvera le Mahdî ; ils ont de nombreuses poésies 
et des lignes étranges à ce sujet, parmi lesquelles ces vers 
de Di'bil [el-Khozâ'i] ' : 

Si ce n'était celui dont nous espérons la venue aujourd'hui ou 
demain, mes regrets de leur perte auraient déchiré mon âme. 

C'est la sortie d'un imâm qui doit indubitablement venir et re- 
dressera les bénédictions au nom de Dieu. 

Si le Miséricordieux rapproche mes jours de cet événement, s'il 
prolonge ma vie et retarde le moment de ma mort, 

Je susciterai la guerre et ne laisserai pas d'hésitation à mon 
âme ; j'abreuverai en eux mon sabre et ma lance. 

Parmi eux figurent les Qal^iyya\ ainsi nommés parce 

1. Cf. T. I, p. 85, notel. 

2. Ch. VI, V. 159. 

3. Célèbre poète chi'ïte, sur lequel on peut voir le Kitàb cl-A'/Iulni, 
t. XVIII, p. 29 et suivantes ; Ibn-Khalikân, n" 226 ; trad. de Slane, t. 1, 
p. 507; Cl. Huart, Littérature arabe, p. 78. 

4. Cf. Chahrastânî, trad. Haarbrùcker, 1. 1, p. 192; Ibn-Hazm, Fical, 
t. IV, p. 181. On les appelle aussi QittîMyya, cf. Israël P>ied'iânder.' 
Hétérodoxies of ihe SInitcs, II, 49. 



— 134 — 

qu'ils interrompent l'imamat à la mort de Moûsà, fils de 
Dja'far, et le transfèrent à 'Ali, fils de Moùsà. Les Wâqi- 
fiyya' s'arrêtent à la mort de Moùsâ, fils de Dja'far, disant 
qu'il n'est pas mort et qu'il sera le Mahdi. Les KaranlDiyya 
sont les partisans d'Ibn-Karanb l'aveugle % qui prétendait 
que les imâms, après 'Ali, furent el-Hasan et ensuite Moham- 
med, fils de la Hanéfite, que celui-ci n'est pas mort et ne 
mourra pas avant d'avoir rempli la terre de justice comme 
elle avait été remplie de tyrannie, en s'appuyant sur la tra- 
dition qui est ainsi formulée : « Quand même il ne resterait 
au monde qu'un siècle de durée, Dieu enverrait un homme 
de ma famille, dont le nom serait le même que le mien, 
et qui remplira la terre d'équité comme elle a été pleine 
d'injustice. » Ils disent qu'il séjourne dans la montagne de 
Radwà, des Banou-Asad. C'est là, ajoutent-ils, qu'il ar- 
range son affaire jusqu'au moment de sa manifestation ; sa 
portion journalière lui est remise le matin et le soir. Parmi 
eux, il y en a qui disent que Asad sera châtié poui avoir 
servi d'auxiliaire à 'Abd-el-Mélik ben Merwàn. C'est à ce 
propos qu'un poète' a dit : 

Allons ! dis à rimâm (que mon âme soit sa rançon !) : Que ton 
séjour est long dans cette montagne ! 

On a maltraité dans l'assemblée ceux qui t'aiment et qui t'ont 
nommé khalife et imâm. 

Les habitants de la terre se sont tous montrés tes ennemis ; tu 
es resté soixante-dix ans parmi eux. 

Ils ont dit (et ce discours pour eux est abondant) : Espériez-vous 
un homme sujet au trépas ? 

1. Chahrastânî, t. I, p. 140, 192, 197; Friediânder, op. laud., II, 50 
et suivantes. 

2. Karbiyya et Abou-Karb dans Friediânder, op. cit., II, 35 et 36, 

note 1. 

3. Ce poète est Kothayyir, dont on peut voir ies vers dans VArjhânî, 
t. VIII, p. .32, avec de nombreuses variantes. Au sixième vers, Hre : 

UM.<ii, comme le porte le texte de VArjhâni, au lieu de : U'/jl, qui 
est contraire à la grammaire. Cf. Mas'oûdi, Prairies d'or, t. V. p. 182. 



— 135 — 

Le fils de Khaula n'a point goûté la mort, et la terre n'a pas 
caché ses os. 

Il a disparu un soir dans le ravin de Radwà, où il reçoit la visite 
des anges nobles. 

Les Sarrâdjiyya sont les partisans de Hassan es-Sarrâdj, 
qui prétendent que le fils de la Hanéfite est réellement mort 
dans les monts Raclwâ, qu'il sera ressuscité au même mo- 
ment que les autres créatures, et qu'alors il remplira la terre 
de justice par le moyen de son retour. Les Nâwoùsiyya 
forment une secte fondée par Ibn-Nâwoùs el-Baçrî ; ils pré- 
tendent que Dja'far, fils de Mohammed, n'est pas mort et ne 
mourra pas, et qu'il sera le Mahdi'. Les Sabâ'iyya^ appelés 
aussi Tayyâra, affirment qu'ils ne meurent pas, que la mort, 
pour eux, est l'envolée de leurs âmes dans l'obscurité de la 
fin de la nuit ; qu'Ali n'est pas mort, qu'il continue d'habiter 
les nuages, et quand ils entendent le fracas du tonnerre, ils 
disent que c'est la colère d"Ali ; 'Abdallah ben Sabâ [leur 
fondateur], dit à celui qui venait annoncer la mort d"Ali : 
« Quand même tu nous apporterais son cerveau dans une 
bourse, nous savons qu'il ne mourra pas avant d'avoir 
repoussé les Arabes avec son bâton. » Parmi les Tayyâra, 
il y en a qui prétendent que le Saint-Esprit se trouvait chez 
le prophète au même degré que chez Jésus, qu'il s'est en- 
suite transporté chez 'Ali. puis chez el-Hasan, el-Hoséïn et 
les autres imâms. La généralité de ces sectaires croient à 
la métempsycose et au retour. 

Certains Chi'îtes disent que les imâms sont des lumières 
émanées de la lumière divine, des parties d'entre ses par- 
ties ; c'est la doctrine des Hallâdjiyya '. Abou-Tàlib eç- 
Çoùfi m'a récité ces vers qu'il avait composés : 

1. Ce sont les Nâwisiyya de Chahrastânî. t. I, p. 190. Voir aussi Ibn- 
Hazm, t. IV, p. 180; Friedlânder. op. cit., I, 44; II, 41. 

2. Chahrastànî, t. I, p. 200; Mcucchiif, p. 343: Ibn-Hazm, ibfd. ; 
Friedlânder, op. cit., à l'index. 

.3. Cf. Tâhir el-Isfarâïnî, ap. Chahrastâni, trad. Haarbriicker, t. II, 
p. 417 ; Friedlânder, op. cit.. II, 13. 



- isn — 

Ils ont failli être ' si ce n'avait été que le Misé- 
ricordieux était Dieu, il n'aurait pas existé. 

Ils ont des yeux qui regardent le monde mystérieux et ne res- 
semblent pas aux yeux des belles, munis de cornées et de paupières. 

Les lumières de la Sainteté les mettent en relation avec Dieu, 
comme celui-ci le veut, sans intervention de l'imagination et de 
la pensée. 

Ils sont les ombres et les spectres quand ils sont ressuscites ; il 
n'y a point d'ombre comparable à celle de leur ombrage et de leur 
grâce. 

Les Moughîriyya tirent leur nom d'el-Moughîra ben 
Sa'îd%' ils affirment qu'il est prophète, et prétendent que 
Mohammed, le fils de la Hanéfite, aurait, s'il l'avait voulu, 
rendu la vie aux créatures, même à 'Ad et à Thamoûd. Cet 
el-Moughîra fut arrêté par ordre de Khâlid ben 'Abdallah 
[el-Qasri], mis à mort et suspendu au gibet. Les Béyâniyya ' 
admettent le propbétisme de Béyân, qui était un homme 
originaire de la Babylonie, et se disait désigné par ce pas- 
sage du Qorân : « Ceci est un béyân (explication) pour les 
hommes * ». Il croyait à la métempsycose et au retour ; il fut 
mis à mort par Khâlid ben 'Abdallah el-Qasri. C'est à ces 
deux fondateurs de secte que pensait le poète quand il a dit : 



1. Lacune dans l'original. 

2. Chahrastânî, t. I, p. 203; Mawâq if, p. 344; Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, 
p. 184; Friedlânder, op. cit., à l'index. 

3. Les Bounâniyya de Chahrastânî, 1. 1, p. 171, et du Mawàqif, p. 344 ; 
mais Tâhir el-Isfarâïnî {id. op., t. II, p. 403, 416) a la même leçon que 
notre auteur; de même Ibn-Hazm, Fiçal. t. IV, p. 185 : « Béyân ben 
Sira'ân et-Témîmî, crucifié et brûlé par Khâlid ben "Abdallah el-Qasrî 
le même jour qu'el-Moghîra ben Sa'îd. Celui-ci fut pris d'une peur ex- 
trême quand il fallut prendre dans ses bras le fagot du bûcher et y fut 
contraint par la force, tandis que Béyân s'empressa d'y courir et le prit 
sans y être forcé et sans montrer de crainte. Vous êtes en tout des 
fous, dit Khâlid à leurs partisans; c'est celui-ci qu'il fallait avoir pour 
chef, non cet imbécile. » Béyân affirmait que Dieu disparaîtrait entiè- 
rement, à l'exception de sa face, en prenant à la lettre ce que dit le 
Qor.ân, LV, 26-27. Cf. Friedlânder, op. laud., I, 60 et suiv. ; II, 88. 

4. Qor., III, 132. 



— 137 — 

Il y a bien longtemps qu'on a laissés impunis Béyân et el-Mou- 
ghîra, auprès de la prairie d'el-'Achir ! 

Plût à Dieu que deux troncs de palmier se fussent levés pour 
Abou-Hanîfa et Ibn-Qaïs el-Mâçir ! 

Les Bazîghiyya sont les partisans de Bazîgh el-Hâïk' ; ils 
croient qu'il était prophète et prétendent d'ailleurs qu'ils 
sont tous prophètes et reçoivent des inspirations de Dieu ; 
ils s'autorisent de ce passage du Qoran : a Aucune âme ne 
saurait mourir sans la permission de Dieu, » ce qui veut 
dire, d'après eux, que Dieu l'inspire ; ils ne meurent pas, 
mais sont enlevés vers l'empyrée ; ils affirment voir les 
morts, comme le prétendent les Indiens. Bazîgh prétendait 
être monté au ciel, où Dieu avait passé la main sur sa 
tête et laissé couler sa salive dans sa bouche ; que la sa- 
gesse croissait dans sa poitrine comme la truffe dans la 
terre ; qu'il avait vu 'Ali assis à la droite du Seigneur. 

Les Kéïsâniyya' forment une secte qui est appelée ainsi 
d'après el-Mokhtâr ben Abi 'Obéïd eth-Thaqafî, surnommé 
Kéïsân, qui prétendait recevoir des inspirations de Dieu et 
connaître les choses de l'au-delà; ces gens reconnaissent 
l'imamat de Mohammed, le fils de la Hanéfite, et basent 
leur argumentation sur ce que 'Ali lui aurait remis l'éten- 
dard à Baçra. 

Les Khattâbiyya', partisans d'Ibn-el-Khattâb^ admettent 
qu'il est licite de porter de faux témoignages à l'encontre 
de ceux qui sont leurs adversaires par le sang et les biens ; 
c'est pour cela que les jurisconsultes n'admettent pas leur 



1. Cf. Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, p. 186; Friedlànder, op. cit., II, 95 et 
suivantes. C'était, comme l'indique son surnom, un tisserand de Koûfa. 

2. Cf. Chahrastâni, t. I, p. 165; Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, p. 179; 
Friedlànder, op. laiicL, II, 33. 

3. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 206; Maicâqif, p. 345; Ibn-Hazm, Fiçal, 
t. IV, p. 186; Friedlànder, op. laud., II. 112. 

4. Abou '1-Khattâb Mohammed ben Abi-Zéïneb el-Asadi el-Adjda', 
d'après Chahrastânî, ibid. Cf. Maicâqi/, ibid. ; Fihrist, p. 186 ; Ibn-el- 
Athîr, Chronicon, t. VIII, p. 21. 



— 138 — 

témoignage en justice. Les Mançoûriyya ' sont les adeptes 
de Mançoûr el-Kisf, désigné, disent-ils, par ce passage 
du Qorân : « S'ils voient un kisf {morceau) du ciel qui 
tombe ' » 

Les Ghorâbiyya' prétendent qu"x\li ressemblait plus à 
Mohammed qu'un corbeau à un autre corbeau [d'où leur 
nom], et que Gabriel s'est trompé de personne à raison de 
cette ressemblance. 

Les Rawendiyya', partisans d'Abou-Horéïra er-Rawendî 
(on dit aussi que ce sont les mêmes que les Horéïriyya), 
croient que l'imâm a été, après le prophète, el-'Abbâs, et 
ensuite ses descendants, parce ([ue l'oncle paternel est plus 
proche parent que le cousin. Du temps d'Abou-Dja'far el- 
Mançoûr, une fraction d'entre eux apparut dans la ville de 
Hâchimiyya et se mit à faire des tournées rituelles au- 
tour du palais du khalife, disant qu'Abou-Dja'far était leur 
créateur et le dispensateur des biens, que l'esprit d'Adam 
était passé dans le corps d"Othmân ben Nahik, et que 
Gabriel n'était autre que el-Héïtham ben Mo awiya. El- 
Mançoùr en fit arrêter et jeter en prison un certain nombre ; 
les autres voulurent les venger, et ils attaquèrent le peuple 
en le dispersant par le sabre. Le khalife se mit en campagne 
contre eux et les extermina. Une certaine portion passa à 
Alep, y séduisit les esprits faibles, et prétendit qu'ils 
étaient des anges ; ils se cousirent des ailes avec de la soie, 
y implantèrent des plumes, montèrent sur une haute colline 
des environs d'Alep et voulurent s'envoler : ils se brisèrent 
en morceaux et périrent. 

1. Chahrastânî, 1. 1, p. 205 ; Maicâr/if, ibid. ; Ibn-Hazm, Ftçal, t. IV, 
p. 185; Friedlânder, I, 63; II, 92. 

2. Qor., LU, 44. 

3. Nommés par Tâhii- el-Isfarâïni, op. Haarbrûcker, t. II, p. 411, 417. 
Cf. Mawàqif, p. 346; Ibn-Hazm, t. IV, p. 183; Friedlânder, op. cit., 
1,56; II, 77. 

4.. Cf. Ibn-Hazm, Firal, t. IV, p. 187, 1. 22; Friedlânder, op. cit., II, 
121 et suiv. ; Tabari, A/i/i., III, 1-i'); Ibn-el-Athîr, Chronicon, t. V, 383. 



— 139 — 

Les Yamâniyya, adeptes de Yamân ben Rabâb, admettent 
que Dieu a la forme d'un homme, toute chose devant périr 
sauf sa face ; ils ne croient pas à la résurrection et préten- 
dent que le monde ne disparaîtra jamais ; ils déclarent licite 
la chair des bêtes mortes et lusage du vin ; ils disent que ce 
sont des noms d'hommes, dont Dieu réprouve la proximité, 
voulant désigner par là Abou-Bekr, 'Omar et 'Othmân. 

Les Hichâmiyya suivent la doctrine de Hichâm ben el- 
Hakam ' ; ils admettent le déterminisme et l'anthropomor- 
phisme ; ils disent que Dieu est une lumière qui scintille 
sous la forme d'une lampe ^ ; cet Hichâm est un de leurs 
théologiens scolastiques et de leurs hommes habiles. Il 
faut comprendre parmi eux les Chéïtâniyya, adeptes de 
Chéïtân et-Tàq le Démon de la voûte ^), dont la doctrine 
est voisine de celle de Hichâm, et les Dja'fariyya, qui décla- 
rent publiquement que Dja'far est Dieu, non pas le Dja'far 
que l'on voit, mais Dieu se montre aux hommes sous cette 
apparence laide et méprisable, pour s'humaniser ^ 

Les Qarmates sont les sectateurs d'el-Qirmit, qui était un 
homme originaire de la Babylonie ; il les a autorisés à mas- 
sacrer ceux qui leur feraient de l'opposition ; c'est pour cela 
que les Qarmates se sont révoltés plus d'une fois contre el- 
Hadjdjàdj. 

Il y a plusieurs espèces de Zéïdiyya : les Djâroûdiyya % 

1. Cf. Chahra^tânî, t. I, p. 212; Mcucâqif, p. .346; Friedlànder, op. 
laud., à l'index. 

2. Idée qui provient du Qorân, XXIV, 35. 

3. Surnom d'Abou-Dja'far el-Ahwal. Cf. t. I, p. 11, note 2; Fihrist, 
p. 176; Chahrastânî, t. I, p. 115. Cette voûte était celle de Tâq Asmâ,' 
qui avait donné son nom au quartier de Bâb et-Tâq. G. Salmon, ïîn- 
troduction topographique à l'histoire de Bagdadh, p. 121, note 4. Ses 
partisans sont cités par Tâhir el-Isfarâïni, apud Haarbrucker, t. II, 
p. 403, 413; Maœâqif, p. 347 ; Friedlànder, op. laud., II, 59. 

4. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 188 ; Friedlànder, II, p. 107. 

5. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 178; Maœâqif. p. 352 ; Ibn-Hazm, Fical, 
t. IV, p. 199; Friedlànder, op. laud., I, p. 43 ; II, p. 22; Mas'oùdî, Prai- 
ries d'or, t. V, p. 474. 



— 140 — 

qui suivent l'enseignement de Soléïmân ben Djérir el-Djâ- 
roûd^ et disent que le prophète a désigné clairement 'Ali 
par une description, non par une comparaison, et ensuite 
el-Hasan et el-Hoséïn ; tout descendant de ces deux der- 
niers qui, tirant son sabre et connaissant le livre et la cou- 
tume du prophète, se manifeste, est imâm. Les Djérîriyya% 
sectateurs de Soléïmân ben Djérir er-Raqqî, disent que 
l'imamat revenait à 'Ali, et que la prestation de serment 
faite entre les mains d'Abou-Bekr et d'Omar était un péché 
au point de vue de l'interprétation allégorique, de sorte que 
ces deux khalifes ne méritent pas l'imputation d'infidélité 
et de fornication [que leur adressent les Chi'îtes] ; c'est 
celui qui combat 'Ali qui est infidèle. Les Zéïdiyya [pro- 
prement dits] ' prétendent qu'Abou-Bekr et 'Omar avaient 
tous les deux droit à l'imamat, parce qu"Ali leur avait 
résigné cette dignité; ils s'en prennent seulement à 'Oth- 
mân. Les Rawendiyya sont une secte qui croit que la na- 
tion musulmane a été infidèle en rejetant 'Ali. 

Les Khachabiyya, partisans d'Ibrahim, fils de Mâlik el- 
Achtar, sont ceux qui ont tué 'Obéïdallah ben Ziyâd ; ils 
avaient en général pour arme, ce jour-là, des morceaux de 
bois [d'où leur nom] ^ 

Les Baténiens se divisent en genres et en fractions, et 
leurs noms sont très divers, à cause de la prédication que 
fait en son propre nom tout individu qui se manifeste parmi 
eux. La généralité d'entre eux admettent l'imamat et in- 

1. Lapsus de l'auteur ou du copiste, par confusion avec le nom du 
fondateur des Djérîriyya, six lignes plus bas. Il s'agit ici d'Abou '1- 
Djâroûd Ziyâd ben el-Moundhir ; cf. Fihrist, p. 178; Mas'oùdi, Prai- 
ries d'or, (oc. laud. ; Friedlànder, op. cit.. Il, p. 22. 

2. Les mêmes que les Soléïmâniyya, sur lesquels on peut voir Chah- 
rastânî, t. I, p. 180; Mas'oûdî, endroit cité; Friedlànder, op. cit., II, 
136. 

3. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 174; Fihrist, p. 178; Friedlànder, op. cit., 
à l'index. 

4. Ibn-Hazm, Firai, t. IV, p. 184; Friedlànder, op. laud., I, p. 63; 
II, p. 93. 



— 141 — 

terprètent le Qorân d'une façon allégorique et secrète. Celui 
qui voudra connaître la faiblesse de leurs doctrines et l'erreur 
de leurs prétentions, n'aura qu'à jeter un regard sur leurs 
livres ; il y verra que le moment qu'ils ont déclaré être celui 
de la manifestation de leur secte et de la gloire de leur 
situation est déjà passé depuis trente ans. Les Musulmans 
ont lieu de considérer avec mépris leurs réponses, car la 
croyance des hommes est, ou bien l'infidélité, ou bien la 
foi ; tandis qu'eux veulent adopter une voie mixte entre ces 
deux extrêmes. Quel homme serait impuissant à interpréter 
allégoriquement les changements qu'ils ont faits au sens 
extérieur [du Qorân] dans le sens qu'il voudrait et recherche- 
rait? Personne ne les a pénétrés aussi bien qu'Ibn-Razzâm, 
qui a montré le défaut de leur cuirasse et a rempli leur 
peau de fautes et de défauts. Certaines personnes rapportent 
que le commencement de cette secte s'est produit du temps 
d'Abou-Moslim, car les Khorrémites se sont efforcés de 
rendre aux Persans la domination, et pour cela ont embelli 
cette croyance, l'ont ornée aux yeux des ignorants, et l'ont 
prêchée en secret. Le résultat de leurs croyances, c'est 
l'athéisme et l'hérésie. 

Les Ya'foûriyya, les Chamatiyya et les Aqhatiyya sont 
différentes sectes ainsi appelées du nom de leurs fondateurs, 
Ya'foûr, el-Achmat, et el-Aqhat. 

SECTES DES KHARIDJITES 

Les Azâriqa, les Nadjdât, les Râsibiyya, les Abâdiyya, 
les Qatawiyya, les Mebhoûtiyya, les Çifriyya', les 'Adjar- 
radiyya, les Koûziyya, les Iyâdiyya(?), les Béïhasiyya, les 
Hâzimiyya', les Khalafîyya^ les Akhnasiyya, les Ma'ba- 

1. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 129; Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, p. 190. 

2. Partisans de Hâzim ben 'Açim, cf. Mcacàqif\ p. 359. 

3. Partisans de Khalaf le Khâridjite; cf. Chahrastânî, t I, p. 145; 
MawâqiJ\ p, 357. 



— 142 - 

diyya\ les Çaltiyya, les Khambariyya, les Mokarramiyya', 
les Bid'iyya, les Sâbiyya, les Thalabiyya'. Ils sont tous 
réunis sous Tappellation de Khâridjites, de Chorât, de Haroû- 
riyya et de Hokmiyya ; leur surnom péjoratif est Màriqa 
(schismatiques). Le principe de leur croyance est de déclarer 
infidèle 'Ali ben Abi-Tâlib, de se laver les mains de ce 
qu'a fait 'Othmân ben 'Afïân pendant les six [dernières] 
années [de son khalifat], de dire que le péché rend infidèle, 
et qu'il est licite de se révolter contre un imâm tyran. 

DÉTAIL ET EXPLICATION DE CES SECTES 

Abou-Sa'îd el-Khodrî rapporte que le prophète procédait 
à un partage ; Dhoû 'l-Khowaïçira Horqoûç ben Zohéïr et- 
Témîmi' s'avança et dit : a Tu n'as plus été juste à partir 
d'aujourd'hui. » — « Permets-moi de lui couper le cou », 
dit 'Omar. — « Laisse-le, ô 'Omar, dit le prophète; car il 
aura des compagnons dont chacun de vous méprisera la 
prière et le jeûne; ils liront le Qorân, mais il ne dépassera 
pas leurs clavicules ; ils s'écarteront de la religion comme 
la flèche manque la proie visée. Ils auront pour chef un 
homme noir avec de grosses mamelles comme celles d'une 
femme. » On rapporte encore que c'est à leur adresse qu'a 
été révélé ce passage du Qorân : « Parmi eux, il y en a qui 
te calomnient par rapport aux aumônes ; s'ils en reçoivent, 
ils sont satisfaits, etc. ' » Abou-Sa'îd aurait encore dit ceci : 



1. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 148; Mawâqif, p. 358. 

2. Fraction des Tha'labiyya, fondée par Abou-Mokarram. Ibn-Hazm, 
Fiçal, t. IV, p, 191. 

3. Cf. Maicâqif, p. 358 ; Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, p. 190. Ce sont les 
Khârimiyya de Chahrastânî, t. I, p. 146. 

4. Béïdâwî, Anicâr et-Tan^il, 1. 1, p. 390; Tabarî, Tafsir, t. X, p. 96; 
Bokhârî, Les Traditions islamiques, trad. Hondas, t. IV, p. 428; Ibn-el- 
Athîr, Chronicon, t. II, p. 207; Tabarî, Annales, I, 1282. L'auteur a 
confondu les noms de deux personnages différents. 

5. Qor., IX, 58. 



— 143 — 

(( Je témoigne que j'ai entendu cela de la bouche du pro- 
phète, et je témoigne qu'on amena à 'Ali, le jour où il les 
fit exterminer, un homme qui répondait à ce signalement'. » 
LesKhâridjites commencèrent à faire parler d'eux lorsque 
'Ali constitua les deux arbitres, à Çilïin ; ces sectaires se 
mirent à crier : o II n'appartient qu'à Dieu de juger ! » 
Lorsque 'Ali revint à Koûfa, 'Abdallah ben el-Kawwâ et 
Chébib ben Rab'î se séparèrent de lui à la tête de douze 
mille hommes, ou suivant d'autres, de six mille ; ils s'éta- 
blirent à Haroûrâ, bourgade de la Babylonie, d'où vient le 
nom de Haroûriyya qu'on leur a donné. 'Alî leur envoya 
'Abdallah ben el-'Abbâs, qui leur parla et discuta avec eux, 
leur montrant que si Dieu autorisait la constitution d'ar- 
bitres équitables pour la rançon d'un lièvre, il n'y avait 
point de mal à en constituer pour décider sur le sang des 
Musulmans. Alors 'Abdallah ben el-Kawwâ^ revint à la tête 
de deux mille hommes ; les autres restèrent et prirent pour 
chef 'Abdallah ben Wahb er-Ràsibî, d'où ils furent appelés 
Râsibiyya ; ensuite ils commencèrent à causer des troubles. 
« Laissez-les, dit 'Ali, jusqu'à ce qu'ils s'emparent des biens 
et versent le sang. » Ils passèrent près de Ctésiphon, et le 
gouverneur de cette ville, 'Abdallah, fils de Khabbàb ben 
el-Aratt, se porta à leur rencontre; ils lui dirent : «Parle- 
nous du prophète de Dieu. » Il leur cita un hadîth tou- 
chant les troubles du jugement dernier, nécessitant l'aban- 
don de la guerre et exigeant que la personne nommée 
'Abdallah fût une victime et non un meurtrier. Ils com- 
prirent que par cette déclaration il leur donnait tort ; ils le 
massacrèrent, éventrèrent sa femme et tuèrent des femmes 
et des enfants. 'Alî marcha contre eux et leur dit : « Livrez- 



1. Voir le commentaire du Qorân, par Tabarî, à l'endroit cité. 

2. Autrement dit 'Abdallah ben Abi-Aufà el-Yachkorî. Cf. Ibn-el- 
Athîr, Chvonicon, t. III, p. 368, 1. 12. Il mourut à Koûfa en 80 ou 
86 hég. {ici. op., t. IV, p. 367, 417). Il fut le directeur de la prière ca- 
nonique chez les Khàridjites (Tabarî, I, p. 3349). 



— 144 — 

nous les meurtriers de nos frères, et nous vous laisserons 
tranquilles. » Mais ils refusèrent et se levèrent contre lui. 
Voyant cela, 'AU se prépara à les combattre, et appela les 
Musulmans à la rescousse ; il les massacra à Nahréwân ; dix 
mille furent passés au fil de l'épée. El-Mokhdadj \ l'homme 
aux mamelles, s'était introduit sous l'arche du pont et 
s'était accroché au plafond. « Cherchez-le, dit 'Ali; par Dieu, 
le prophète n'a pas menti ! » Sa mule s'étant mise à hennir, 
on regarda et on le trouva sous l'arche du pont; il fut 
extrait de sa cachette et mis à mort. 'Abdallah ben Wahb 
était revenu au camp d"Alî avant le combat. Mis'ar ben 
Fadaki' se rendit à Baçra; Abou-Meryem es-Sa'dî' passa à 
Chehrizor et Farwa benNaufal'' à Bendenidjéïn', disant les 
vers qui suivent (c'est de là que la secte des Khâridjites 
s'est établie sur la terre) : 

Nous n'avons pas voulu verser un sang défendu ; hélas ! cette 
distinction entre le licite et l'illicite! 

Nous avons dit ^ une parole ; Dieu nous garde des 

paroles vaines! 

Nous combattons qui nous combat ; nous admettons la décision 
de Dieu, non celle des hommes ! 

Nous nous sommes séparés d"Alî, le père d'el-Hasan : il n'y 
aura point de retour, une de ces nuits ! 

C'est lui qui a constitué arbitres, pour juger le livre de Dieu, 
'Amr [ben el-'Âç] et cet Ach'arî [Abou-Moûsà], frère de 
l'erreur ! 

Parmi eux, il y a les Azâriqa, adeptes de Nâfi' ben el- 

1. Nâfi" el-Mokhdadj, Tabarî, Annales. I, p. 3388, 3389. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, Chronicon, t. III, p. 283 ; Tabarî, Annales, I, 
p. 3367. 

3. Cf. Ibn-el-Athîr, id. op., t. III, p. 314. 

4. Cf. Ibn-el-Athîr, id. op., t. III, p. 344-346; Tabarî, Annales, I, 
p. 3310, 3380. 

5. Groupe de villages isolés au milieu de palmiers, près de Nahréwân, 
sur lequel on peut consulter Yâqoùt, Lex. geogi\, t. I, p. 745. 

6. Lacune. 



— 145 — 

Azraq ' , qui prirent les gens par la mise hors la loi de 
ceux qui allaient attaquer leur armée ^; les Béïhasiyya, 
partisans d'Abou-Béïhas Héïçam ben Djâbir^ qui estimait 
que le territoire musulman était terre de polythéisme et 
autorisait le massacre des musulmans ; il s'enfuit devant 
el-Hadjdjâdj et se réfugia à Médine, où il fut arrêté par 
l'agent d'el-Wélid ben 'iVbd-el-Mélik, qui lui fit couper 
les mains et les pieds; les Maïmoûniyya^ qui autorisent le 
mariage avec les petites-filles, filles du fils ou de la fille, 
avec les petites-nièces, filles des fils des frères et des filles 
des sœurs, parce que, disent-ils. Dieu a dit dans le Qorân : 
« On a rendu licite pour vous ce qui est au-delà de cela ' » ; 
ils prétendent également que le chapitre de Joseph^ et celui 
qui est marqué par les sigles initiaux H M' S Q ' ne font 
pas partie du Qorân. 

Les Bid'iyya ne reconnaissent que deux prières cano- 
niques, celle du matin composée de deux raJxa, et celle du 
soir, également composée de deux rak^a. Les Hamziyya', 
qui tirent leur nom de ce Hamza ech-Chârî qui se noya dans 
la rivière du Kirman% disent qu'il reviendra vers eux au 
bout de cent vingt ans. Les 'Adjarradiyya, partisans d'Ibn- 



1. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 133; Mawàqif, p. 354; Ibn-Hazm, Fiçcd, 
t. IV, p. 189; Maqrîzî, Khitat, t. II, p. 354; Ibn-Rosteh, p. 217. 

2. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 135; éd. Cureton, p. 90. 

3. Cf. Chahrastânî, t. I. p. 139: Mawàqif, ibid. ; Fihrist, p. 182; 
Mas'oûdî, Prairies d'or, t. V, p. 230; Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, p. 190. 

4. Cf. Chahrastânî, t. I. p. 144; Maicâqif, p. 357; Maqrîzî, ibidem. 

5. Qor., IV, 28. 

6. Sourate XII. 

7. Sourate XLII, appelée aussi ech-Choùrà. 

8. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 144; Mawâqif. p. 357. 

9. Hamza ech-Châri, appelé aussi le Khâridjite, se révolta à Bâdh- 
ghîs en 185 ; il devint maître du Khorasan en 190 et eut pour capitale 
Hérat. Cf. Tabarî, Annales, III, p. 650 (manque à l'index); Ibn-el- 
Athîr, Chronicon, t. VI, p. 114, 143; el-Ya'qoûbî, Bibl. geogr. ar., 
t. VII, p. 304-305 ; Ibn-Çaghîr, trad. A. de C. Motylinski, p. 68 ; Ma- 
qrîzî, Khitat, t. II, p. 355. 

10 



— 146 — 

'Adjarrad', prétendent que l'enfant reste innocent jusqu'à 
sa puberté, mais qu'alors il doit être appelé à l'islamisme ; 
s'il répond affirmativement, il prend cette religion en charge 
à ce moment-là. Les MaMoûmiyya' disent que celui qui ne 
connaît pas tous les noms de Dieu est infidèle. Les Abâ- 
diyya' sont les adeptes d'el-Hârith ben Abâd*; l'un de ses 
descendants, Mâhert, fut salué du titre de khalife'. Les 
Çaltiyya sont les partisans d'eç-Çalt ben Abi'ç-Çalt", et les 
Akhnasiyya ceux d'el-Akhnas'. 

Chaque section porte, en effet, le nom de son chef, celui 
qu'elle suit'. Il y en a qui disent qu'il n'y a d'argument en 

1. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 143; Mawâqif, ibid. ; Ibn-Hazm, Fiçal, 
t. IV, p. 190, 191. 

2. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 151; Mawâqif, p. 358; Maqrîzî, t. II, 
p. 355. 

3. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 151 ; Mawâqif, p. 356 ; Mas'oûdî, id. op., 
t. I, p. 370, et t. IV, p. 318; Ibn-Batoûta, t. II, p. 227; Ibn-Rosteh, 
p. 217. Sur les Abâdites dans l'Espagne musulmane, voir Ibn-Hazm, 
Fiçal, t. IV, p. 189. 

4. Cf. Ibn-Hazm, loc. cit. 

5. Cf. t. IV, p. 69, note 1. Il s'agit d"Abd-er-Rahman ben Rostem, 
fondateur de la dynastie des Rostémides de Tâhert, sur lequel on peut 
consulter la Chronique dlbn-Çaghir, publiée et traduite par A. de G. 
Motylinski dans le t. IV des Actes du XIV' congrès international des 
Orientalistes, et tirée à part (Paris, 1907), p. 63 et suivantes. Le nom 
de sa capitale, Tâhert, aujourd'hui Tiaret, a été pris pour un nom 
d'homme par notre auteur ou son copiste et lu Mâheit. D'après la chro- 
nique d'Abou-Zakaryâ, traduite par Masqueray, c'est en 160 ou 162 que 
'Abd-er-Rahman fut déclaré imâm ou khalife. Cf. Ibn-Khaldoûn, Tâ- 
rihh, t. VI, p. 121 ; Histoire des Berbères, trad. de Slane, t. I, p. 242, 
243; Nowaïrî, cité ibidem, p. 375; Masqueray, Chronique d'Abou-Za- 
karyâ, p. 18, 49, 51. 

6. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 144; Maqrîzî, t. II, p. 355; Mawâqif, 
p. 358. 

7. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 148 ; Mawâqif, ibid. ; Maqrîzî, ibid. 

8. Le sens de ^\,\y (comme J,jj^), « être partisan, ami de. . . », origine 
du nom de Mètoualis que portent les Chiites de Syrie, a été mis en 
pleine lumière par le R. P. H. Lammens, Le Califat de Yazîd I", dans 
les Mélanges de la Faculté orientale de Beyrouth, t. VI, 1913, p. 484- 
485 (489-490) et note 1 ; voir aussi Dozy, Suppl., t, II, p. 843. 



— 147 — 

faveur de Dieu, pour sa création, dans la croyance à son 
unité, si ce n'est pour le bien ; d'autres expriment l'idée cjue 
celui qui, de sa bouche, affirme qu'il n'y a qu'un seul Dieu, 
en voulant par là désigner le Messie, est sincère dans son 
expression mais polythéiste dans son cœur. Les plus excel- 
lents d'entre eux sont les Nadjdât, adeptes de Nadjda le 
Hanéfite\ qui d'abord était du parti de Nâfi' ben el-Azraq, 
mais il se sépara de lui quand celui-ci prit les hommes par 
la mise hors la loi et la persécution ; il disait : « Quand un 
homme a fait un faux jugement par ignorance, il est ex- 
cusable ; si l'un de leur parti commet un péché, il sort de 
la foi ; si c'est un autre qu'eux, il est infidèle ; s'il fait une 
spéculation ou ment avec insistance, il est polythéiste ; s'il 
commet l'adultère ou vole, mais sans insistance, il est mu- 
sulman. » Ils disent encore que les enfants des polythéistes 
iront au paradis; il n'y a qu'eux, entre tous les Khâridjites, 
qui admettent cette opinion. 

SECTES DES ANTHROPOMORPHISTES 

Les Hichâmiyya, les Moughîriyya, les Yémâniyya, les 
Moqâtiliyya, les Kerrâmiyya, les Djawâribiyya ; elles com- 
prennent aussi beaucoup de traditionnistes du hadîih, des 
partisans de l'espace, la généralité des chrétiens et des Juifs, 
sauf [la secte juive] des 'Anâniyya '. 

DÉTAIL DE CES DOCTRINES 

Hichâm ben el-Hakam prétendait que Dieu est un corps 
long et large, une lumière d'entre les lumières, d'une cer- 
taine quantité, compact, sans cavité à l'intérieur, ni spon- 
gieux, tel un lingot qui scintillerait de tous les côtés ; il 

1. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 136; Maicâqif, p. 355; Ibn-Hazm, Fiçal, 
t. IV, p. 190; Maqrîzî, Khitat, t. II, p. 354. 

2. Cf. t. IV, p. 32. 



— 148 - 

comparaît cette image à celle d'une perle qui est une de 
tous côtés ^ : sa couleur, c'est le goût, l'odeur, le tact. Il 
n'était d'abord dans aucun lieu : puis le lieu fut produit par 
la production du mouvement ; il a des dimensions et des 
parties ; il est de sept empans \ 

Les Moughîriyya sont les sectateurs d'el-Moughîra ben 
Sa'îd, qui prétendait que Dieu a la forme d'un homme de 
lumière, surmonté d'une couronne de lumière ; qu'il a au- 
tant de membres que l'homme ; qu'il a un ventre, et un 
cœur d'où sourd la sagesse ; que les lettres de l'Abou-djâd' 
sont au nombre de ses membres ; ValiJ est le lieu de ses 
deux pieds, le mim le lieu de sa tête, le sîn la forme de ses 
dents, le "aïn et le ghaïn celle de ses deux oreilles, le çâd et le 
dâd celle de ses deux yeux ; il affirma être monté au ciel, 
où le Seigneur lui frotta la tête et lui dit : Va, mon cher 
fils, vers la terre, et dis à ses habitants qu"Alî est ma 
droite et mon œil\ 

Les Yémâniyya suivent la doctrine de Yémân ben Ziyâd, 
qui prétendait que Dieu avait la forme d'un homme, et que 
tout périrait de lui, sauf sa face. Les Djawâribiyya ont 
pour chef Dâoud el-Djawâribî, qui croyait que Dieu est un 
corps divisé par moitié, creux depuis la bouche jusqu'à la 
poitrine, et plein depuis la poitrine jusqu'en bas'. Les Mo- 
qâtiliyya tirent leur nom de Moqâtil ben Soléïmân, qui 
prétendait que Dieu est un corps comme les autres, com- 
posé de chair et de sang, ayant sept empans de longueur, 
de ses propres empans à lui\ 

Les Kerrâmiyya, partisans de Mohammed ben Kerrâm, 

1. Quelque soit l'aspect sous lequel on la considère. 

2. Cf. t. I, p. 35, 36, 77, 94, 95; Chahrastânî, t. I, p. 212; Maqrîzî, 
Khitat, t. II, p. 348. 

3. L'alphabet arabe rangé selon l'ordre des autres alphabets sémi- 
tiques. 

4. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 203 ; Maqrîzî, t. II, p. 349. 

5. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 115, 215. 

6. Cf. t. I, p. 77 ; Chahrastânî, t. I, p. 113. 



— 149 — 

qui sont les habitants delà Khâniqa', disent que Dieu est 
un corps, mais non comme les autres corps, sensible au 
toucher, assis sur son trône \ 

Les partisans de l'espace disent que Dieu est un corps, 
non comme les autres corps, dont l'étendue occupe l'espace 
de tous les autres êtres. 

Les traditionnistes du hadith décrivent Dieu d'après tout 
ce que la tradition a rapporté ou qu'on trouve dans le Qo- 
rân, qui parlent en effet de la main, du pied, du côté, de 
l'œil, des doigts, de l'ouïe, de l'oreille, etc., de Dieu. 

On rencontre, parmi les çoûfis, des gens qui croient que 
Dieu les a rencontrés sur les chemins, les a embrassés et 
baisés. Que le Créateur soit exalté au-dessus de ces descrip- 
tions qui ne lui conviennent pas ! « Aucun être ne lui est 
pareil, il est celui qui entend et voit '. » Qu'il soit élevé de 
toute élévation au-dessus de ce que disent ces méchantes 
gens ! Dans le chapitre qui y est consacré, nous avons suffi- 
samment réfuté les anthropomorphistes, si bien caractérisés 
dans ce vers d'en-Nâchi : 

Il n'y a point, entre toutes les créatures, de plus viles devant 
leur Créateur que ceux qui professent la doctrine du détermi- 
nisme et de l'anthropomorphisme. 

SECTES DES MO'taZÉLITES 

On compte parmi eux les 'Abbâdiyya, les Dhammiyya, 
les Mokâsiba, les gens de Baçra et ceux de Bagdad. Le prin- 
cipe de leur croyance est la doctrine des cinq dogmes, qui 
sont : l'unité de Dieu, la justice, les menaces de l'enfer, 
l'ordre de faire le bien et l'interdiction de faire le mal, et 
enfin l'état mixte. Ceux qui ne sont pas du même avis 

1. Sanctuaire des Kerrâmiyya à Jérusalem. Mérdçid, I, .336 ; Yâqoût, 
Lex. geogr., II, 393. 

2. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 119; Mawàqif, p. .362, 363. 

3. Qor., XLII, 9. 



— 150 — 

qu'eux sur l'unité, de Dieu, ils les appellent polythéistes ; 
ceux qui diffèrent de leur opinion touchant les attributs, ils 
les nomment anthropomorphistes; ceux qui ont une croyance 
opposée au sujet des menaces de l'enfer, ils les décorent du 
nom de Mourdjites'. On les appelle Mo'tazélites parce qu'ils 
se sont séparés de la séance d'el-Hasan el-Baçrî ; c'est à sa- 
voir que les hommes diffèrent d'accord au sujet de ceux qui 
commettent des péchés mortels; les Kharidjites disent qu'ils 
sont tous infidèles, les Mourdjites qu'ils n'en restent pas 
moins vrais croyants ; el-Hasan [el-Baçrî] prononça qu'ils 
sont hypocrites ; c'est alors que Wâçil ben 'Atâ et ceux qui 
le suivirent se mirent à part et formulèrent ainsi leur opi- 
nion : Ce sont des pécheurs ; ils ne sont ni vrais croyants, 
ni hypocrites, ni infidèles ; c'est l'état moyen qu'on appelle 
état mixte. 

Les Mo'tazélites sont d'accord pour affirmer qu'il n'est pas 
permis d'admettre la vue de Dieu, à l'exception d'Abou- 
Bekr el-Ikhchîdhi', le compagnon d'Abou-'Ali el-Djobbâ'i, 
qui admettait la vue sans définition ni précision du com- 
ment. Ils sont également unanimes pour déclarer qu'on ne 
peut croire que le Qorân ne soit pas créé, à l'exception d'un 
individu nommé 'Abdallah ben Mohammed el-Abharî% qui 
était qâçlî de Néhâwend et prétendait qu'il n'était pas 
permis de dire que le Qorân était créé. Ils affirment tous que 
Dieu n'a pas déterminé d'avance les péchés et ne les a pas 
décidés, sauf Dja'far ben Harb ', qui autorisait que l'on crût 
que Dieu avait voulu l'infidélité, dans le sens qu'il a voulu 

1. Cf. Al-Muta^ilalu chapitre du Kitâb el-MUal d'El-Mahdî lidin 
Ahmed ben Yahya ben el-Mortadà, Zéïdite du Yémen, mort en 840, 
publié par T. W. Arnold, Leipzig, 1902. 

2. Abou Bekr Ahmed ben 'Alî, surnommé Ibn-el-Ikhchîd, mort en 
326 hég. Cf. Fihris't, p. 173. 

3. Est-il le père d'Abou-Bekr Mohammed ben 'Abdallah el-Abharî, 
mort en 375, sur lequel on peut consulter le Fihrist, p. 201 ; cité dans 
Dhahabî, Tahaqùt el-HuJfâzh, II, p. 201, n° 21 ? 

4. Surnommé el-Achadjdj, cité fréquemment par Chahrastânî. 



— 151 — 

l'existence de l'infidélité comme opposée à la vrai foi, et 
que ce fût une chose laide, et non belle. 

Les "Abbâdiyya sont les adeptes d'^Abbâd ben Soléï- 
man\ qui prétendait que les accidents ne sont pas une 
preuve de l'existence de Dieu, mais seulement les corps ; il 
défendait d'admettre que Dieu fût, de toute éternité, con- 
naissant les êtres avant qu'ils existassent, parce que pour 
lui le néant n'est pas un être, et un non-être ne peut être 
l'objet de la connaissance ; il admettait aussi le meurtre de 
l'opposant, si c'était possible. 

Les Dhammiyya', partisans d'Abou-Hâchim ' et d'Abou 
'Alî el-Djobba'î, prétendent que si un homme persiste à 
commettre cent péchés, puis se repent et échappe à quatre- 
vingt-dix-neuf d'entre eux, sa résipiscence n'est pas valable 
tant qu'il n'aura pas renoncé à la totalité : il mérite le blâme 
[dhamm, d'où leur nom] malgré son repentir. 

Les Mokâsiba sont des gens qui ont [actuellement] une 
descendance dans la région de Mihridjàn-Qadhaq ; ils n'ad- 
mettent pas le gain, parce que, pour eux, le territoire mu- 
sulman est une terre d'infidélité. 

Les gens de Baçra sont les fondateurs de cette croyance, 
comme Wâçil ben 'Atâ, 'Amr ben 'Obéïd*, Abou '1-Hodhéil 
ben el- Allâf et Abou-Ishaq en-Nazhzhâm ; ceux de Bagdad 
sont en opposition avec eux sur certaines argumentations, 
non sur les principes, comme Thomâma ben Achras', et les 
deux Dja'far ' . 



1. Eç-Çaïmai'î, cité par Tâhir el-Isfarâïnî. apud Haarbrûcker, t. II, 
p. 420 (au lieu de 419 que porte l'index). 

2. Ce nom est aussi porté par une secte Chi'ïte, sur laquelle on peufc 
voir Chahrastânî, t. I, p. 202. 

3. 'Abd es-Sélâm, souvent cité par Chahrastânî. 

4. Élève de Wâçil ben 'Atâ. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 25. 

5. En-Nomaïrî, cf. Chahrastânî, t. I, p. 73. 

fî. Dja'far ben Harb el-Achadjdj et Dja'far ben Mobachchir; voir 
Chahrastânî, t. I, p. 60. 



— 152 — 

Ibn er-Rawendî ' , dans son livre intitulé Fadâïh el-MoHa- 
sila (opprobre des Mo'tazélites), prétend que Dja'far el- 
'Otbî, l'un d'entre eux, déclare licite l'onanisme, et que 
'Aqqâr (Ghifâr?), un autre d'entre eux, autorise l'emploi 
de la graisse de porc et la pédérastie. L'on m'a rapporté, 
d'après Abou-'Othmânel-Djâhizh, qu'il disait : « La théologie 
scolastique est l'affaire des Mo'tazélites, la jurisprudence 
est celle d'Abou-Hanîfa, les vaines prétentions celle des 
Chi'ites; quant à ce qui reste, cela regarde l'esprit de parti. » 
On m'a récité ces vers, composé par Abou-Mohammed ben 
Yoûsouf es-Soûrî : 

Il n'y a point de religion sur la surface de la terre, dont les 
adeptes n'aient peur devant les interrogations d'un Mo'tazélite. 

Ce sont des gens qui, dans la controverse, se précipitent sur 
l'ennemi, leur science à la main, comme le faucon se jette sur le 
francolin et la perdrix. 

Bravo ! pour leur compréhension, leurs connaissances, leur in- 
telligence des discours subtils et de la dialectique ! 

SECTES DES MOURDJITES " 

On compte parmi eux les Raqâchiyya, les Ziyâdiyya, 
les Kerrâmiyya et les Mo'àdhiyya. Le principe de leur doc- 
trine est de renoncer à décider, en ce qui concerne ceux qui 
ont commis des péchés mortels et ne se repentent pas à 
l'article de la mort, s'ils seront l'objet du châtiment ou du 
pardon; ils en remettent la décision à Dieu, et c'est pour 
cela qu'on les a appelés Mourdjites « ceux qui diffèrent ». 

1. Cité trois fois par Chahrastânî, qui ne donne pas le titre du livre. 
C'est Abou el-Hoséïn Ahmed ben Yahyà er-Râwendî ou Ibn-er-Râwendî, 
mort en 245 (859). Cf. Ibn-Khallikân, n° 34; trad. de Slane, t. I, p. 76. 
Le même ouvrage y est cité sous le titre de Fadihat el-Mo'ta^ila. 

2. Cf. Ibn-Hazm, Fiçal, t. II, p. 112 et suivantes; t. IV, p. 204 et 
suivantes. Sur leur doctrine, nommée irdjà, voir l'article qui lui a été 
spécialement consacré par G. Van Vloten, dans la Zeitschrift de la So- 
ciété orientale allemande, t. XLV (1891), p. 161 et suivantes. 



— 153 — 

Il y en a une catégorie qui professe la croyance à l'inscrip- 
tion de la spécialité, ce qui veut dire que tout verset du 
Qorân révélé au sujet des menaces adressées aux musulmans, 
il se peut d'après eux que ce verset s'applique à ceux qui le 
considèrent comme licite, et non aux autres. Une autre 
catégorie croit à l'exception, qui consiste en ceci que la me- 
nace est, auprès de Dieu, soumise à une condition que Dieu 
ne manifeste pas à ses créatures ; c'est comme s'il avait dit : 
« Celui qui tuera de propos délibéré un vrai croyant, aura 
l'enfer pour punition éternelle', s'il le punit et si le cou- 
pable ne se repent pas. » 

Les Raqâchiyya, partisans d'el-Fadl er-Raqâchi', disent 
que Dieu ne châtiera personne d'entre les Unitaires pour 
un péché; c'est ce que disent également les Mo'âdhiyya, 
élèves de Yahya ben Mo'âdh er-Râzi% qui jugent que Dieu, 
par suite de sa générosité, de sa supériorité et de sa miséri- 
corde, ne châtiera personne pour un péché tant qu'il n'aura 
pas atteint le degré de l'infidélité. 

Les Ziyâdiyya sont les adeptes de Mohammed ben Ziyâd 
el-Koûfi, qui prétendait que celui qui reconnaît Dieu et nie 
le prophète est à la fois fidèle et infidèle, fidèle relative- 
ment à Dieu et infidèle relativement au prophète. 

Les Kerrâmiya, sectateurs de Mohammed ben Kerrâm*, 
prétendent que la foi est une simple parole, et que l'hypo- 
crite doit être rangé parmi les fidèles. Ensuite ils se par- 
tagent en différentes branches, les Çawâkiyya, les Ma'iyya 
et les Dhammiyya ' ; il n'y a guère de profit ni d'intérêt à 
les mentionner, non plus que de parler de leurs croyances. 
Ils disent tous : « Si Dieu pardonne à un pécheur qui a com- 

1. Qor., IV, 95. 

2. El-Fadl ben 'Isa, cf. Chahrastânî, t. I, p. 156. 

3. Abou-Zakariyâ, mort en 258. Cf. Fihrist, t. I, p. 184 ; Ibn-Khal- 
likân, n" 804 ; trad. de Slane, t. IV, p. 51 ; Abou '1-Mahâsin Ibn-Taghri- 
birdi, t. II. p. 31. 

4. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 119; Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, p. 204. 

5. Ces noms sont différents de ceux que donne Chahrastânî, loc. laud. 



— 154 — 

mis des péchés mortels, il pardonne par là même à tous ceux 
qui se trouvent dans les mêmes conditions ; et de même s'il 
châtie l'un d'entre eux, il ne saurait faire autrement que de 
les châtier tous ^ . » Toutefois Abou-Hanîfa a dit : « Il se peut 
qu'il pardonne à quelques-uns et punisse quelques autres. » 
*Aun ben 'Abdallah ben 'Otba ben Mas'oùd a dit : 

La première chose dont nous nous écartons sans doute est le 
dogme des Mourdjites % 

Qui ont dit : « Le sang d'un certain fidèle est illicite, alors que le 
sang de tous les fidèles a été déclaré illicite. » 

C'est le Qorân véritablement incréé, la parole de Dieu, Seigneur 
des mondes. 

Dieu a interdit toute boisson fermentée lorsqu'elle plonge dans 
l'ivresse la raison de ceux qui la boivent. 

SECTES DES MODJBARA ET DES MODJAWWIRA 

Il y a, parmi ces sectes, les Djehmiyya, les Dirâriyya, les 
Nedjdjâriyya et les Çabbâhiyya. Les Djehmiyya' sont les 
adeptes de Djehm ben Çafwân et-Tirmidhi, assassiné â Merv 
par Salm ben Ahwaz, meurtrier de Yahya ben Yézîd * ; il ne 
disait pas que Dieu est un être, parce que l'être, suivant lui, 
est contingent, mais qu'il est l'auteur de l'être ; il disait que 
sa science est un être différent de lui, et créé ; que le pa- 
radis et l'enfer disparaîtraient, au lieu d'être éternels; que 
la foi se produit dans la connaissance et le cœur à l'exclu- 

1. La glose marginale moderne signifie : « Je dis : le plus vrai, c'est 
que Dieu pardonne à qui il veut et châtie qui il veut ; la preuve en 
est donnée par le Qorân (IV, 51 et 116) : « Dieu ne pardonne pas qu'on 
lui associe des créatures ; il pardonnera, s'il le veut, tout péché moindre 
que celui-ci. » 

2. Voir ci-dessus, p. 100. 

3. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 89 ; Mawâqif, p. 362 ; Maqrîzî, 1. 1, p. 349, 
351. 

4. L'Alide, arrière petit-fils d'el-Hoséïn, qui se révolta contre les 
Oméyyades sous le règne de Wâlid II, et périt dans le Djoùzdjân en 125 
ou 126. Cf. Mas'oùdî, Prairies d'or, t. VI, p. 2. 



— 155 — 

sion de l'aveu et de l'œuvre ; qu'en réalité personne n'agit, 
si ce n'est Dieu ; que les hommes, quand on leur attribue 
des actes, ne sont que comme un arbre dont le vent agite 
les branches ; leurs actes ne sont en réalité que le produit 
de l'action de Dieu ; c'est par métaphore qu'on les leur 
attribue. 

Les Dirâriyya' sont les partisans de Diràr ben 'Amr, qui 
admet que les actes sont réellement le produit de deux au- 
teurs, que Dieu crée l'acte de l'homme, et que l'homme est 
réellement l'agent, et non métaphoriquement comme le pré- 
tend Djehm. 

Les Nedjdjâriyya', compagnons d'el-Hoséïn en-Nedjdjâr, 
admettent l'acte de deux agents. Dieu étant l'auteur de 
l'acte, et l'homme, celui qui en acquiert le mérite ou le 
démérite. 

Les Çabbâhiyya tirent leur nom d'eç-Çabbâh ben es-Sa- 
marqandî, qui prétendait que la création et les ordres émanés 
de Dieu ne cessent jamais, de même que le Créateur est 
éternel ; il en donnait pour comparaison le dormeur qui se 
voit en Syrie ou à la Alecque, ou croit manger et boire, sans 
qu'il n'y ait rien de cela en réalité. 

Toutes ces sectes sont unanimes à déclarer que l'infidélité 
et les péchés ont lieu par l'effet de l'arrêt et du décret divin, 
de la volonté, de la science et de la toute-puissance de Dieu, 
mais qu'il n'en est pas satisfait et ne les exauce pas ; le seul 
de ces gens qui y fasse exception est un auteur récent qu'on 
appelle Mohammed ben Béchîr el-Ach'arî ; celui-ci prétend 
que Dieu en est satisfait, et attribue ce passage du Qorân 
[qui autrement condamnerait sa théorie] : « Il n'admet pas 
que ses serviteurs soient infidèles' » à un cas spécial. 

J'ai récité, à Merv, les vers suivants à Abou 'l-'Abbâs 

1. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 94; Maqrîzî, ibid. 

2. Cf. Chahrastânî, t. I, p. 92 ; Mawàqif, p. 361 ; Moqaddési, p. 37, 
38. 

3. go/., XXXIX, 9. 



— 156 — 

es-Sàmirî, qui proclamait à haute voix sa doctrine que 
Dieu, en créant les hommes, les a créés fidèles ou infidèles : 

Soufflette ce Modjbar, qui admet que Dieu a décidé le mal ! 
Et s'il te demande pourquoi tu le frappes, réponds-lui : c'est 
Dieu qui l'a voulu ! 

Et il m'a récité ceci : 

Oui, notre Seigneur est le Contraignant, la contrainte est son 
acte ; celle de ses créatures qui est contrainte atteindra le jour de 
la résurrection ! 

SECTES DES ÇOÙFIS 

On compte parmi eux les Hasaniy va, les Malâmatiyya ' , les 
Soûqiyya, et les Ma'dhoûriyya. Ce qui les réunit tous, c'est 
qu'ils ne se rattachent pas à une doctrine connue ni à une 
croyance intelligible, parce qu'ils ont pour religion la fan- 
taisie et l'imagination, et changent perpétuellement d'avis. 
Certains d'entre eux professent la croyance à l'incarnation 
de Dieu dans des corps adultes; c'est ainsi que j'en ai en- 
tendu un prétendre que Dieu habite entre les joues des 
jeunes gens imberbes. D'autres admettent la licence et le 
laisser-aller, et ne se rendent pas au blâme de ceux qui les 
réprouvent; d'autres encore croient à l'excuse, ce qui veut 
dire que pour eux les infidèles sont excusables dans leur 
infidélité et leur négation, puisque la vérité ne s'est pas 
dévoilée pour eux et leur est restée celée. Quelques-uns 
disent que Dieu ne châtiera personne et ne songe pas à punir 
sa créature' ; d'autres enfin sont simplement athées et hé- 
rétiques. Leur doctrine aboutit â manger, boire, entendre 
de la musique, suivre ses passions et obéir à sa concupis- 
cence ^ 

1. Sur la théorie du malàma (blâme), voir le Kachf el-Mahdjoûb 
d"Alî ben 'Othmân el-Hodjwîrî, traduit par M. R. A. Nicholson {Gibh 
Mémorial Séries, t. XVH. p. 62 et suivantes. 

2. Allusion à Qor., XXV, 77. 

3. Comparer Ibn-Hazm, Fiçal, t. IV, p. 226. 



— 157 



SECTES DES TRADITIONNISTES DU HADÎTH 

On les surnomme Hachwîyya', Makhloùqiyya, Lafzhiyya, 
Niçfiyya, Fâdiliyya, Çâ'idiyya, Sâwiyya, Mâlikiyya. Leur 
doctrine unanime est que la foi est parole, acte et connais- 
sance; qu'elle s'accroît par la dévotion et diminue par le 
péché ; que les meilleurs des hommes, après le prophète de 
Dieu, ont été Abou-Bekr, 'Omar, 'Othmân et 'Alî (que le 
salut soit sur eux !). Une fois ces points admis, ils ont 
divergé sur d'autres. On rapporte qu'Ahmed ben Hanbal a 
dit : « Si quelqu'un me dit : Ensuite ''AU, je serai plein d'es- 
pérance et me tournerai vers le hadîth d'Ibn-'Omar ; je dirai 
que Mo'âwiya est l'oncle maternel des croyants et le khalife 
du Seigneur des mondes ; celui qui dira que le Qorân est 
créé, celui-là est infidèle à l'égard de Dieu. » 

Les Makhloùqiyya prétendent que la foi est créée. Moham- 
med ben Khâloûya m'a raconté ceci, à Suse : a Ahmed ben 
Hanbal m'a rapporté ces propres paroles de son père : Celui 
qui dit que le Qorân est créé, est infidèle à l'égard de Dieu, 
car la foi vient du Qorân. » On rapporte encore ces paroles 
d'Ibn-'Abbâs : « Celui qui est infidèle par rapport à la foi, 
l'est par rapport à Dieu. » 

Les Niçfiyya disent que la moitié du Qorân est créée. Les 
Lafzhiyya, partisans d'el-Hoséïn el-Kérâbisî', prétendent 



1. Sur cette école, dont le nom est dérivé de Jit^ (( farcir» (le con- 
traire du ta'til reproché aux Mo'tazélites), d'après G. van Vloten 
(Actes du XP congrès des orientalistes, Paris, 1899, p. 105), ou plutôt, 
d'après M. Th. Houtsma, de ce même mot dans le sens de « bas peuple, 
vulgaire », parce qu'elle a pactisé avec le vulgaire, voir Z eitschrift fur 
Asst/rtologie, t. XXVI, 1913, p. 196 ; Chwolsohn, die Ssabier, t. II, 
p. 642 et 826; Chahrastânî, t. I, p. 89, 101, 114. 

2. Abou 'Alî el-Hoséïn ben 'Alî el-Mohallabî, mort en 245 ou 248. 
Cf. Chahrastânî, t. L p. 144 : Fihrist, p. 181; Ibn-Khallikân, n" 180; 
trad. de Slane, t. I, p. 416; Nawawî, p. 774. 



— 158 — 

que la prononciation du Qorân n'est pas créée. Les Fâdi- 
liyya admettent que le prophète est supérieur au Qorân. 
Les Çaidiyya, adeptes d'Ibn-ÇâHd\ admettent qu'il peut se 
produire des prophètes après Mohammed, parce qu'on rap- 
porte ce hadith : a II n'y aura pas de prophète après moi, 
sauf ce que Dieu voudra. » 

Les Mâlikiyya admettent la sodomie avec les femmes'. 
Les Sarâwiyya répugnent à ajouter le witr (une prière 
isolée) à la raJta impaire, parce que c'est contraire à la 
coutume du prophète \ 

Les Sàwiyya disent : « Nous sommes vrais croyants, s'il 
plaît à Dieu », de sorte qu'ils font dépendre leur exception 
du bon plaisir de la Divinité ; on les surnomme aussi Choli- 
kâk « les sceptiques ». 

Les Berbéhâriyya proclament à haute voix leur croyance 
à l'anthropomorphisme et à l'existence de Dieu dans un 
lieu déterminé ; ils admettent le jugement d'après la fan- 
taisie, et déclarent infidèles ceux qui s'opposent à eux. 

Les Kollâbiyya ' sont les compagnons d'Abou-' Abdallah 
ben Kollâb, qui fut leur maître de dialectique, leur orateur 
et leur protagoniste. On m'a rapporté ces vers, composés 
par l'un d'entre eux : 

Que d'ignorants prétendent à la science sans rien savoir ! Pour 
moi, ils ne valent pas plus qu'une pelure d'oignon. 



1. Abou Mohammed Yahya ben Mohammed, descendant d'un af- 
iranchi du Khalife el-Mançoûr, mort en 318. Cf. Fihrist, p. 233. 

2. J-U^ est le pluriel de <i^, attesté par un hadith du prophète, 

cité par le Lisàn, t. VIII, p. 174, 1. 12. 

3. Sur cette question, comparer O. Houdas et W. Marçais, les 
Traditions islamiques, t. I, p. 327 et suivantes; A. Querry, Droit 
musulman, t. I, p. 50 (le Prophète avait été dispensé de cette prière 
surérogatoire, p. 644). 

4. Cités par Chahrastânî, t. 1, p. 89; Moqaddésî, p. 37. Le nom de 
leur fondateur est inexactement rapporté ici, car il s'appelait 'Abdallah 
ben Mohammed ben KoUàb; cf. Fihrist, p. 180. 



— 159 — 



Par ignorance, ils disent que la foi toute entière en Dieu n'est 
que parole et non des actes. 

Si c'était vrai, Iblîs aurait échappé à l'enfer en prononçant ces 
mots : Seigneur, laisse-moi attendre un terme fixé\ 

Fin du chapitre XIX, par la grâce de Dieu et son con- 
cours eflScace. 



1. Allusion à Qor., Vil, 13. 



CHAPITRE XX 

DURÉE DU KHALIFAT DES COMPAGNONS DU PROPHÈTE; ÉVÉ- 
NEMENTS ET CONQUÊTES QUI s'y PRODUISIRENT, JUSQU'À 

l'Établissement de la dynastie des oméyyades. 

KHALIFAT d'aBOU-BEFvR 

A la mort du prophète, dit-on, l'ordre de la communauté 
se rompit, la parole se dispersa, la corde de la confrater- 
nité fut agitée. Cette fraction des Auxiliaires se retira à la 
saqi/'a des Banou-Sà'ïda et dit : Un chef pris parmi nous, 
un autre pris d'entre vous. 'Alî ben Abi-Tâlib, Talha et ez- 
Zobéïr ben el-'A\vwâm se tinrent à l'écart dans la maison 
de Fâtima ; c'est là qu'Abou-Bekr vint les retrouver avant 
qu'on eût terminé les préparatifs des obsèc|ues du prophète. 
On a déjà rapporté l'histoire de la prestation de serment en 
parlant de la mort de Mohammed'. Tous les Arabes apos- 
tasièrent, à l'exception de trois [localités], les mosquées de 
Médine, de la Mecque et du Bahréin, et quelques individus 
des tribus de Nakha' et de Kinda ; les uns refusèrent de 
payer la dîme aumônière, d'autres la rejetèrent en prin- 
cipe, d'autres encore refusèrent d'admettre qu'ils fussent 
infidèles, et déclarèrent ouvertement la guerre aux Musul- 
mans. 

campagne d'osâma ben zéïd 

Le prophète avait remis à Osâma un drapeau, insigne de 
commandement, l'avait donné comme chef aux Emigrés et 
aux Auxiliaires, et lui avait prescrit de ne s'arrêter C[ue là 

1. Ci-dessus, p. 69 et suivantes. 

11 



— 162 — 

où avaient péri son père Zéïd et Dja'far ben Abi-Tâlib' ; de 
faire une incursion sur l'ennemi, de tuer, brûler et enlever 
les femmes et les enfants. Le peuple attendait pour cela 
un moment favorable, parce que le prophète était malade ; 
on se mit à parler et à dire : a II a préposé un tout jeune 
homme aux Emigrés et aux Auxiliaires, d'un certain âge 
et considérables. » Quoique malade, le prophète sortit de 
sa maison et prononça le discours suivant : « O peuple ! 
expédiez la troupe d'Osâma. » 

Quand l'infidélité se mit à sourdre et l'hypocrisie à s'insi- 
nuer, et que les Arabes attaquèrent les Musulmans tous 
ensemble, ceux-ci dirent à Abou-Bekr : « Si tu conservais 
la troupe d'Osâma, elle servirait de soutien aux Musul- 
mans, car nous ne sommes pas assurés que Médine ne sera 
pas pillée. » Mais Abou-Bekr répondit : a Quand il n'y 
resterait que moi, je ne conserverai pas cette troupe, car le 
prophète disait : Expédiez la troupe d'Osâma, à un moment 
où la révélation lui arrivait; mais je conseillerai à Osâma 
de nous laisser 'Omar. » En effet, 'Omar était un de ceux 
qui prenaient part à l'expédition ; il resta en arrière et 
Osâma se mit en marche à la tête de trois mille hommes, 
foula aux pieds des chevaux le sol du Balqâ, lâcha des 
bandes de cavaliers en Palestine, mit à mort les meurtriers 
de son père, atteignit l'ennemi et lui fit du mal ; cela arriva 
dans le mois de Rébi' I" de l'an 11 de l'hégire. A peine de 
retour, Abou-Bekr l'envoya dans le Yémâma, sur les traces 
de Khâlid ben el-Wélid; il réussit à l'atteindre et prit part 
aux combats. 

l'apostasie 

Lorsque les Arabes apostasièrent, Abou-Bekr se montra 
disposé à les combattre. Les compagnons du prophète lui 
dirent : Comment pourrais-tu combattre [légitimement] des 

1. C'est-à-dire Mo'ta. 



— 163 — 

gens qui témoignent en faveur de la vérité, alors que le 
prophète disait : « J'ai reçu l'ordre de combattre les hommes 
jusqu'à ce qu'ils reconnaissent qu'il n'y a de dieu que Dieu; 
lorsqu'ils auront prononcé cette formule, ils auront mis à 
l'abri de mes poursuites leur sang et leurs biens, à moins 
que ce ne soit pour une cause juste. » Abou-Bekr répondit : 
« Je combattrai tous ceux qui mettront une séparation entre 
la prière et la dîme aumonière ; je lutterai quand même on 
m'en empêcherait en me tenant à la gorge. » (Une autre 
version porte : « par une entrave » au lieu de « à la gorge )).) 
Les Musulmans se rendirent à son argument et approuvèrent 
son opinion; et Sa'îd ben el-Mosayyib ajouta : « Il était 
(c'est-à-dire Abou-Bekr) le plus intelligent et le plus par- 
fait en avis. » 



HISTOIRE d'eL-ASWAD BEN Ka'b EL-'aNSÎ LE MENTEUR 

Le prophète a dit, selon Abou-Horéïra qui rapporte ses 
paroles : « J'ai vu en songe comme si deux bracelets d'or 
étaient à mes deux bras ; cela me déplut ; je les secouai, et 
ils s'envolèrent ; l'un tomba dans le Yémàma et l'autre à 
Çan'â. » — « Comment interprètes-tu ce songe, ô prophète ? » 
dit-on. — « Ce sont, répondit Mohammed, deux menteurs 
qui paraîtront dans ces deux provinces. » Quant à el-Aswad, 
il fut tué du vivant du prophète, d'après certains savants. 
On rapporte qu'Ibn-'Abbâs a dit : J'ai entendu le prophète, 
au cours de sa [dernière] maladie, exprimer l'idée que c'était 
l'homme intègre, Fîroùz le Déïlémite. qui l'avait tué. Toute- 
fois, d'autres personnes déclarent qu'il a été tué plusieurs 
années après la mort de Mohammed. 

Quant à Mosaïlima, il se rendit auprès du prophète, au 
milieu de l'ambassade envoyée par les Banou-Hanîfa ; il 
entretint ensuite avec lui une correspondance. Il fut tué 
par Khâlid ben el-Wélîd sous le khalifat d' Abou-Bekr. 



— 1^4 — 

El-'Ansî' prétendait au prophétisme, mais il ne niait pas 
celui de Mohammed. On l'appelait i)/ioa'/-A7/////«r (l'homme 
au voile) parce qu'il jetait un voile mince sur son visage, 
et ainsi couvert, marmottait des prières ; il prétendait que 
Sahîq et Chaqîq, deux anges', lui apportaient la révélation, 
et il se mit à réciter au peuple [des révélations dans le genre 
de celle-ci] : « Par celles qui marchent fièrement et celles 
qui ont leurs époques ! Ils font le pèlerinage en troupes et 
isolément, sur de jeunes chamelles rousses et fauves. » Il 
avait un âne auquel il ordonnait de se prosterner et de 
s'accroupir, ce que l'âne faisait incontinent. Les hommes 
se laissèrent séduire par son voile et son âne ; une grande 
foule le suivit ; il marcha sur la ville de Nedjrân et s'en em- 
para; il épousa de force El-Merzobàna, femme de Bâdhân, 
qui appartenait à la race des Abnâ, de la famille de Hèren'. 
Ensuite il partit pour Çana; les Abnâ qui s'étaient con- 
vertis à l'islamisme dès la réception de la lettre du pro- 
phète apportée par Bânoûmc', sortirent en campagne et 
lui livrèrent un combat violent ; puis ils lui ouvrirent la 
route, ne pouvant lui résister. 



1. M. Caetani, Annali, t. II, p. 675, note 1, dit que Mîrkhond, II, 
247, 1. 18 et suivantes, ainsi que Khondémîr, t. I, partie IV, 3, 1. 8 et 
suivantes, l'appellent Aswad 'Isa, et déclare ne pas comprendre pour- 
quoi. 'Isa doit être lu 'Absî, erreur fréquente des manuscrits pour 'Ansî, 
le premier de ces noms étant beaucoup plus connu que le second. 

2. D'après une note de M. Carra de Vaux, traduction du Litre de 
l'Avertissement de Mas'oûdi. p. 3t>5, ils seraient appelés Chahîq et 
Charîq par le Kitâb el-Khamis ; mais si l'on se reporte au texte de 
Diyâbekiî, t. II, p. 156, on y voit que ces deux derniers noms ont été 
empruntés au commentaire d'el-Koûrânî (le Ghàyct cl-Ainànî, terminé 
en 861-1457, Hâdji-khaifa, t. IV, p. 298, par le Molla Ahmed ben Is- 
ma'ïl, mort en 8i>3-l'^88), tandis qu'une ligne plus bas. on trouve les 
deux mêmes noms que dans notre auteur, donnés comme extraits du 
Raudat el-Ahbdb, ouvrage persan de Djémâl-eddîn 'Atâ-allah ben 
Fadl allah, sur lequel on peut voir Hâdji- khalfa, t. III, p. 495; Rieu, 
Catalogue persan, p. 147. 

3. Très douteux ; le texte est incertain. 

4. Môme remarque. 



— 165 — 

El-'Ansî se mit à boire du vin ; il ne priait plus et ne se 
lavait plus après les pollutions, prétendant que Sahîq lui 
disait : « Point de lavage pour toi dans la vallée de Çan'â. ') 
El-Merzobâna, qui était une vraie croyante très pieuse, em- 
ploya la ruse; elle fit construire un passage souterrain qui 
conduisait en dehors du palais ; elle prit rendez-vous pour 
une nuit avec Fîroûz le Déïlémite, et fit boire El-'Ansî 
jusqu'à ce qu'il tombât ivre-mort. Fîroûz, Dâdhoûya et Qaïs 
ben el-Mekchoûh el-Morâdi furent exacts au rendez-vous : 
le premier entra dans la chambre où il trouva el-'Ansi 
plongé dans l'ivresse et endormi, tandis que el-Merzobâna 
était assise à son chevet. Chaque nuit, mille hommes le 
gardaient. « El-Merzobâna, raconta Firoùz lui-même, me 
fit un signe pour me dire : Où est le sabre? car je l'avais 
oublié. Je me dis en moi-même : Il faut s'en retourner pour 
prendre le sabre. A ce moment, el-'Ansî s'éveilla : ses deux 
yeux clignottaient; je m'agenouillai sur sa poitrine, je le pris 
par la tête et la barbe, et je lui tournai la tête par derrière, 
car je craignais qu'il ne se mît à crier ; puis je voulus sor- 
tir; mais el-Merzobâna me dit : Je t'en supplie, au nom 
de Dieu, ne sors pas en me laissant ici, car je ne suis pas 
assurée de ma vie. Je l'emmenai donc par le passage sou- 
terrain et la transportai à la forteresse de Ghoumdân. » Qaïs 
ben Mekchoùh étant entré à son tour, coupa la tête d'el- 
'Ansi et, une fois dehors, la jeta au peuple, pendant qu'on 
appelait les fidèles à la prière de l'aurore. C'est ainsi que 
Dieu régla l'affaire d'el-'Ansî le menteur et mit les Musul- 
mans à l'abri du mal et des calamités qu'il leur aurait causés. 
Ce qui est certain pour nous, dit el-Wâqidi, c'est qu'il a 
été tué sous le khalifat d'Abou-Bekr. 

APOSTASIE d'EL-ACh'aTH BEN QAÏS EL-KINDI, 
DANS LE HADRAMAUT 

Il était venu en ambassade auprès du prophète, qui envoya 
Ziyâd ben Lébîd pour y percevoir l'aumône. A la nouvelle 



— 166 — 

de la mort de Mohammed, el-Ach'ath apostasia et refusa 
la perception de la dime aumônière. C'est à ce sujet qu'el- 
liàrith ben Sorâqa ben Ma'di-Karib a dit : 

Nous avons obéi au prophète de Dieu tant qu'il s"est trouvé 
parmi nous ; ô mon peuple, qu'ai-je à faire avec Abou-Bekr ? 

Est-ce qu'il léguera l'empire à Bekr après lui ? Par la vie de 
Dieu, c'est là quelque chose qui peut casser les reins '. 

Ziyâd ben Lébid combattit ces gens et en fit un grand 
massacre ; el-Ach'ath ben Qaïs se rendit à discrétion ; le 
vainqueur l'envoya à Abou-Bekr chargé de chaînes. El- 
Ach'ath tint au khalife ce discours : « Par Dieu, je n'ai point 
été infidèle après ma conversion, mais j'ai été avide de 
conserver ma fortune. Mets-moi en liberté et détache mes 
liens, laisse-moi vivre pour que je combatte avec toi, et 
donne-moi en mariage ta sœur, Omm-Farwa bent Abi- 
Qohâfa. » Abou-Bekr accepta ces propositions. El-Ach'ath 
accompagna Sa'd ben Abi-Waqqâç dans sa campagne de 
r'Irâq, et assista à la bataille de Qâdisiyya ; à Çiffin, il se 
trouvait aux côtés d"Ali ; c'est lui qui l'invita à accepter 
les deux arbitres'. 

CAMPAGNE d'aBOU-BEKR CONTRE LES APOSTATS 

L'effroi des Musulmans à Médine ne fit que croître quand 
ils virent les Bédouins se joindre au mouvement d'apostasie; 
ils renfermèrent leurs familles et leurs enfants dans les îlots 
fortifiés et les ravins. Abou-Bekr, à la tête de ses compa- 
gnons, émigrés et auxiliaires, partit en campagne et alla 
camper à Dhou '1-Qaçça, à quelques milles de la ville. 

1. Ces vers sont attribués à el-Hotaï'a par ÏAghânî, t. II, p. 43, avec 
variantes, et Mobarrad, Kàinil, p. 223, 1. 7. 

2. Cf. Mas'oûdî, Prairies d'or, t. IV, p. 381, 406. Sur la révolte d'el- 
Ach'ath, voirTabarî, Ann., I, p. 2U08et siiiv. ; Ibn-el-Athîr, t. II, p. 292; 
Bélâdhori, p. 101, 10.3-101; Ibn-Khaldoûn, t. II, p. 68-69; Yâqoût, t. IV, 
p. 763 ; et sur son mariage. [-. Caotani, Annuli deW Islam, t. IF, 2' part., 
p. 802. 



— 167 — 

'Alî lui parla de revenir, pour servir de réserve aux Mu- 
sulmans. Le khalife nomma Khâlid ben el-Wélîd en qualité 
de général et l'envoya à la tête de quatre mille cinq cents 
hommes, en lui donnant l'ordre de passer les révoltés au fil 
de l'épée, de les détruire par le feu, d'enlever les enfants et 
de partager leurs biens. Khàlidben el-Wélîd partit. Lorsque 
Khâridja [ben Hiçn] ben Hodhéïfa ben Bedr el-Fézârî vit le 
petit nombre de ceux qui étaient restés avec Abou-Bekr à 
Dhou '1-Qaçça, il les chargea à la tête de sa cavalerie ; les 
Musulmans s'enfuirent et Abou-Bekr se réfugia sur un 
arbre'. Talha ben 'Obéïdallah monta sur une élévation de 
terrain et cria : « hommes ! ce n'est que de la cavalerie ! » 
Alors ils revinrent et Khâridja fut mis en déroute. Abou- 
Bekr revint à Médine. C'est cet événement que rappellent 
ces vers d'el-Hotaï'a ' : 

Rançon pour le fils de Bedr, le jour où il lança sa cavalerie, 
alors que des ennemis en voulaient à mes biens récents ou héré- 
ditaires, 

Pour qu'ils effacent ce que Qoréïch s'était accordé à lui-même, 
ces braves cavaliers à lavant-bras fort long'. 

HISTOIRE DE TOLÉÏHA BEN KHOWÉÏLID EL-ASADÎ 

Il était un de ceux qui vinrent en ambassade se présen- 
ter devant Mohammed ; ensuite, il se prétendit propliète 
et affirma que Dhou' n-Noûn' venait lui apporter la révéla- 
tion. 'Oyaïna ben Hiçn crut en lui et le suivit. Il récitait 

1. Voir Caetani, op. laud., t. II, 1" part., p. 594. 

2. Ce poète était présent à la bataille; cf. Caetani, op. laud., t. II, 
1" part., p. 598 (d'après la version de Séïf ben 'Omar); Tabarî, Ann., 
1, 1872-1879; Ibn-el-Athîr, t. II, p. 261-262; Ibn-Khaldoùn, t. II, 2' part., 
p. 65. Les vers cités ne figurent pas dans le diwan publié par M. Gold- 
ziher, Zeitschr, der deutsch. morgenl. Gesellschaff't, t. XLVI etXLVII. 

3. Sawâ'ïd, pi. de sâ'id, est attesté dans le Lisàn, t. IV, p. 198, ad 
imum. 

4. L'homme au poisson ; un des surnoms de Jonas dans le Qorân, 
XXI, 87. 



— 168 — 

[des choses de ce genre] : « Dieu ne laissera pas perdre 
votre humiliation dans la poussière, la modestie de vos 
visîiges, ni l'avilissement de votre dos. Mentionnez Dieu, 
chastes et debout. Je témoigne que le [lait] pur est soumis 
à l'écume \ » Il voulait désigner par là les agenouillements 
et prosternations rituels. 

Khâlid se mit en marche et s'approcha de Rozâkha ; il 
envoya en avant-garde 'Okkâclia ben Mihçan et Thâbit ben 
Aqram ; Toléïha alla à leur rencontre et les tua, en disant : 

Vous avez prétendu que ces gens n'avaient rien de bien parmi 
eux; ne sont-ils pas des hommes, même s'ils ne sont pas Musul- 
mans ? 

Le soir où j'ai surpris par trahison le fils d"Aqram, que j'avais 
accueilli comme hôte, et 'Okkâcha el-Ghanmî. en courant au 
combat ^ 

J'ai dressé pour lui la poitrine des chameaux, habitués à la pa- 
role des braves qui s'écrient : « Mettez pied à terre ! » 

Un jour tu la verras protégée dans la splendeur, un autre jour 
tu l'apercevras dénuée de toute gloire. 

Il y a en effet deux jours : celui où le sabre des Machârif lui 
tranche la gorge, et celui où tu la vois sous la tente des plateaux 
élevés. 

Khâlid fit agenouiller ses chameaux à Bozàkha, aborda 
hardiment l'ennemi ; son habileté dans la lutte l'abattit. 
'Oyaïnaben Hiçn s'approcha de Toléïha et lui dit : « Dhou'n- 
Noûn est-il venu te trouver? — Oui, répondit Toléïha. — 
Que t'a-t-il dit? reprit l'Arabe. — Il m'a dit : il y aura 
pour toi un jour où tu le rencontreras ; son début ne sera 
pas pour toi, mais la fin, et sa meule, et un événement que 

1. Le passage correspondatit est dans Bélâdhorî, p. 97, et Ibn-el- 
Athîr, C/ironicon, t. II, p. 2(51, mais il y est écourté ; l'édition Topnberg 

porte 4ÂC.I comme dans notre manuscrit, ce qui ne donne aucun sens 
intelligible. Le pi. Âic-l de ,_Lâc- est attesté dans un hadith, Lisân, 
t. XI, p. 159, 1. 4. 

2. Vers cité dans Bélâdhorî, p. 96. 



— 169 — 

tu n'oublieras pas. — Il y aura pour toi, s'écria 'Oyaïna, 
un événement que tu n'ouljlieras pas! Banou-Fézâra, cet 
homme est un menteur ! Puisse-t-il être privé de bénédic- 
tion, et nous aussi, tant que nous serons pour lui !» A la 
suite de ces mots, 'Oyaïna s'en alla, suivi de la tribu de 
Fézâra. Toléïha monta à cheval et prit en croupe sa femme 
Nizâr ' . On lui dit : « Quels ordres laisse-tu ? » Il répondit : 
({ Que celui d'entre vous qui le peut, fasse comme moi. » Il 
échappa avec sa famille, gagna la Syrie et s'y établit jusqu'à 
la mort d'Abou-Bekr ; puis partit pour se sanctifier par le 
pèlerinage, et se convertit à un islamisme à l'égard duquel 
il ne fut pas suspect. Il périt à Néhâwend. Il avait composé 
ces vers sur la mort d' 'Okkâcha : 

Je me repents d'avoir tué Thàbit, 'Okkâcha ei-Ghanmî et le fils 
de Ma'bad. 

Un plus grand malheur encore pour moi, ce fut d'abandonner 
l'islamisme de propos délibéré. 

Le Véridique (Abou-Bekr) acceptera-t-il ma résipiscence, et que 
je lui donne la main après les événements que j"ai amenés ? 

Après mon égarement, je témoigne, d'un témoignage de vérité 
dans lequel je ne me détourne pas de la voie droite, 

Que le Dieu des hommes est mon Seigneur, que je suis un vil 
pécheur, et que la vraie religion est celle de Mohammed. 

MEURTRE DE MÂLIK BEN NOWÉÏRA EL-YARBOÙ'î 

Khâlid ben el-Wélîd poursuivit sa route jusqu'à ce qu'il 
eût entouré les tentes de Mâlik ben Nowéïra, dont le peuple 
était musulman. Màlik avait une belle femme, dont Khâlid 
tomba amoureux ; il donna l'ordre de mettre à mort Mâlik, 
mais 'Abdallah ben 'Omar et Abou-Qatâda el-Ançâri s'op- 
posèrent à l'exécution de cet ordre. Alors Khâlid fit venir 
Mâlik et lui dit : N'es-tu pas l'auteur de ces vers : 

1. Nawâr dans Tabari, I, p. 189, 1. 4 (manque à l'index) et Ibn-el- 
Athlr, Chronicon, t. II, p. 264, ainsi que dans Hobaïch, Kitàb el-Gha- 
::awât, cité par Caetani, Annali, t. II, p. 615. 



— 170 — 

Allons ! faites-moi boire une seconde fois devant l'armée d'A bou- 
Bekr ; peut-être la mort est-elle tout proche, et nous n'en savons 
rien. 

« Je n'ai pas dit cela, et si votre compagnon m'avait 
entendu le dire, il ne me tuerait pas pour cela. » — « Com- 
ment ! s'écria Khàlid, tu appelles le prophète de Dieu votre 
compagnon! Mais il n'est pas ton compagnon. Qu'on lui 
coupe la tête ! » Mâlik se tourna vers sa femme : « Khâlid, 
dit-il, c'est celle-ci qui m'a tué. » Lorsque Khâlid revint à 
Médine, 'Omar conseilla à Abou-Bekr de le mettre à mort, 
car il avait tué et commis l'adultère, a Non pas ! dit le kha- 
life, il a interprété et s'est trompé. » — a Destitue-le! dit 
'Omar. » — Jen'ébrécherai pas un sabre que Dieu a dégainé », 
répondit Abou-Bekr \ 

HISTOIRE DE MOSÉÏLIMA BEN HABÎB LE MENTEUR 

Il portait la konya d'Abou-Thomâma. C'était un homme 
très habile dans la prestidigitation et les incantations ; il 
joignait les ailes de l'oiseau et introduisait des œufs dans une 
fiole. Il se prétendait prophète, alors que Mohammed était 
encore à la Mecque, avant d'émigrer ; on l'appelait le Rah- 
mân du Yémâma. Il envoyait des agents à la Mecque pour 
écouter la récitation du Qorân et la lui rapporter ; puis il 
récitait à son tour les mêmes passages devant le peuple. 
Ensuite il accompagna auprès du prophète l'ambassade des 
Banoù-Hanîfa ; on alla rapporter au prophète qu'il disait : 
S'il m'assurait le pouvoir après lui, je le suivrais. Moham- 
med alla le trouver, tenant en main une niasha de palmier 
(d'après el-Wàqidi, tandis qu'Ibn-Ishaq porte un 'a.sf6, ra- 
meau sans feuilles de palmier) et sur sa tête des petites 
feuilles de palmier ; il lui dit : « Si tu t'avances, Dieu te 

1. Sur la mort de Mâlik ben Nowaïra, cf. Nôldeke, Boitràge ^ur 
Kenntntss der Poésie der alten Araber, p. 94; Aghàni, t. XIV, p. 66 
et suivantes. 



— 171 — 

pardonnera; si tu recules, Dieu vous exterminera jusqu'au 
dernier; je ne te vois que comme je t'ai déjà vu (c'est-à- 
dire en songe) ; si tu me demandes ce rameau, je ne te le 
donnerai pas. » 

Quand l'ambassade voulut s'en retourner, le prophète le 
lui permit et demanda s'il était resté quelqu'un d'entre eux. 
Ils répondirent : « Il n'y a qu'un seul homme qui s'est fait 
chrétien et s'est mis en opposition avec nous. » — « Il ne 
sera pas plus mal que vous dans sa place », dit Mohammed, 
qui ordonna en sa faveur le même traitement qu'il leur 
avait réservé. Quand ils furent partis, Moséïlima prétendit 
être associé à Mohammed dans la qualité de prophète ; il 
appuyait sa prétention sur les paroles même du prophète : 
« Il ne sera pas plus mal que vous dans sa place '. » 

Lorsque er-Kahhàl l)en 'Onfowa eut témoigné en sa fa- 
veur et que les gens se laissèrent séduire par lui, il écrivit 
ceci au prophète : « À Mohammed, envoyé de Dieu, de la 
part de Moséïlima, envoyé de Dieu. Salut sur toi 1 Ensuite : 
J'ai été associé à toi dans le commandement ; à moi la 
moitié de la terre, à Qoréïch l'autre moitié, sauf cpe Qoréïch 
dépasse les bornes. » Le prophète lui répondit : « De la part 
de Mohammed, envoyé de Dieu, à Moséïlima le menteur. 
Salut à ceux qui suivent la bonne direction ! Ensuite : La 
terre appartient à Dieu, il eut fait hériter celui qu'il veut de 
ses serviteurs, et la fin appartient à ceux qui le craignent! ' » 
A la réception de cette réponse, il en forgea une autre 
qu'il prétendit être la réponse à sa lettre, et qui lui assurait 
le commandement après la mort de jMohammed. 

Il disait que Gabriel venait le trouver de la part de Dieu ; 
il récitait au peuple des fragments forgés en prose rimée, 
comme celui-ci : « Glorifie le nom de ton Seigneur le Très- 
Haut, qui facilite son travail à la femme enceinte et fait 
sortir d'elle des êtres humains qui courent entre ses en- 

1. Comparer Tabarî, Annalex, I, p. 1738. 

2. Qor., VII, 'l25. Cf. Tabari, ici op., I, p. 1749. 



— l7•^ — 

trailles et puis s'usent ; il y en a qui meurent et sont cachés 
sous la terre; d'autres sont conservés vivants jusqu'à un 
terme fixé : Dieu connaît le mystère et le cèle! » Il y a beau- 
coup d'exemples de ce genre. Il prétendait, en outre, être 
associé à la mission prophétique de Mohammed. 

A la mort de celui-ci, Khâlidben el-Wélid marcha contre 
lui ; les Musulmans et les Banou-Hanîfa se rencontrèrent 
et se livrèrent un violent combat, tel que dans l'islamisme 
on n'en vit pas de plus terrible ; les Banou-Hanîfa brisèrent 
même les fourreaux de leurs sabres. Du côté des Musul- 
mans, il périt deux mille deux cents hommes ; la plupart 
des survivants étaient blessés ; Zéïd ben el-Khattâb, leur 
porte-drapeau, fut tué, et ceux-ci s'enfuirent ; les Banou- 
Hanîfa pénétrèrent jusqu'à la tente de Khâlid ben el- 
Wélîd. El-Barâ ben Mâlik, quand il était enveloppé par la 
lutte, un tremblement tel le prenait, que les hommes 
devaient s'asseoir sur lui; lorsqu'il s'était endormi, il uri- 
nait comme la jeune plante du Lawsonia ineivnis ; après 
cela, il s'élançait comme un lion'. Cet accident lui arriva 
justement, et [comme d'habitude] après cela, il les chargea; 
ils furent enfoncés ; il les suivit et les fit entrer dans le 
jardin de la mort, dont ils fermèrent la porte, le laissant en 
dehors. « Portez-moi sur un bouclier de cuir, dit el-Barâ. 
et jetez-moi au milieu d'eux. » [Ce qui fut fait] ; puis il se 
battit à coups de sabre, et parvint à ouvrir la porte, par 
laquelle pénétrèrent les Musulmans, qui massacrèrent [les 
défenseurs] ; Moséïlimay périt ; c'était un tout petit homme 
au petit nez camus; Wahchî et 'Abdallah ben Zéïd contri- 
buèrent tous deux à son trépas. Un homme passa auprès de 
lui : « Je témoigne que tu n'es pas un prophète, mais un 
réprouvé. » Ce fut Dieu qui donna cette victoire aux Musul- 
mans, qui tuèrent aussi el-Mohakkim ben et-Tofaïl, le sei- 
gneur et le général des Banou-Hanîfa. 

1. Cf. Tabarî, id. op.. I, p. 1943. 



- 173 — 

Lorsque Moséïlima prétendait être associé dans la qualité 
de prophète, Thomâma ben Mâlik lui avait dit : 

Moséïlima, retourne et n'engage pas de querelle, car tu n'as 
pas été associé au commandement. 

Tu as menti à Dieu en t'attribuant des révélations ; ton ambi- 
tion est celle d'un sot et d'un être stupide. 

Tu n'auras pas d'ascension au ciel, ni sur la terre de lieu pour 
t'agenouiller. 

Après la mort du faux prophète, un homme des Banou- 
Hanifa prononça son élégie funéraire : 

Hélas ! pour toi, ô Abou-Thomâma ! Hélas ! sur les deux pierres 
angulaires du mont Chémâma ' ! 

Que de signes en ta faveur parmi eux, clairs comme le soleil 
qui paraît dans un nuage ! 

HISTOIRE d'eR-RAHHÀL BEN 'ONFOWA 

On dit qu'il vint à Médine, s'y fit instruire dans les rites 
empruntés à la coutume du prophète, et lut un chapitre du 
Qorân. Or, le prophète vint à passer auprès du groupe 
formé par lui et ses compagnons et dit : « Un de ceux-ci ira 
en enfer. » Quand Moséïlima éleva sa prétention à l'associa- 
tion au prophétisme, er-Rahhàl ben 'Onfowa témoigna en 
sa faveur, et les habitants du Yémâma se laissèrent séduire 
par lui'. C'est à ce propos que le poète a dit : 

So'âd de mon cœur, fille d'Othàl, ma nuit est bien longue à 
la pensée des troubles causés parer-Rahhâl ! 

O So'âd, ils sont de ces événements de la fortune qui res- 
semblent à ceux que vous réserve l'Antéchrist ! 

1. Pour Chémâmi. montagne du territoire des Banou-Hanîfa, qui 
avait deux sommets appelés « les deux fils de Chémâmi». Cf. Bekrî, 
p. 814; Yâqoût. t. III. p. 318; Méràçid, t. II, p. 124; Freytag, Arab. 
Proc, t. II, p. 46. 

2. On l'appelle aussi Radjdjâl ; il était de la tribu des Banou-Hanlfa. 
Cf. Caetani, Annali, t. II, p. 336, 638, 731. 



174 



HISTOIRE DE SADJAH 



Cette femme portait la konya d'Omm-Çâdir ; son mari, 
Abou-Kohéïla, était le devin du Yémâma. Sadjâl.i, qui était 
une magicienne, prétendit être prophétesse ; elle fut suivie 
par Ez-Zibriqân [fils de] Bedr, 'Otàrid hen Hâdjib, et de 
nombreux partisans appartenant à la tribu de Témîm. Elle 
dit : (( Le Sei.uneur des nuages vous ordonne de razzier la 
tribu d'er-Ribàb ' . » Elle les razzia, mais ceux-ci la mirent 
en déroute; c'est ce que dit 'Amr ben Lédjâ'" : 

Tu les conduis, ô Sadjâh, et tu lances des flèches : ô Sadjâh, 
raffermis bien ceux que tu conduis ! 

Plus tard , elle alla trouver Moséïlima et lui dit : « Qu'est-ce 
qui t'a été révélé ? » Il lui récita alors quelques-uns de ses 
contes forgés. — « Quoi encore? » lui dit-elle. Il lui récita 
alors ce passage ; « Dieu a créé les femmes pour être telles, 
et a fait des hommes leurs maris ; nous les faisons entrer 
en elles : et elles mettent au monde des enfants. » — o Je 
témoigne que tu es prophète ! » s'écria-t-elle. — « Veux-tu 
m'épouser? lui dit-il; je dévorerai les Arabes avec mon 
peuple et le tien. » — « Je veux bien, répondit-elle. » Alors 
Moséïlima dit : 

Lève-toi, et entre dans la chambre, car le lit nuptial a été pré- 
paré pour toi. 

Si tu le veux, nous te renverserons, ou bien nous resterons 
accroupis. 

Si tu le veux, avec leseine ; tant négociants que do- 
mestiques, vous veniez comme amis dans notre pays ; vous 
avez mangé de notre nourriture et bu de notre boisson. 
Vous êtes partis, et vous avez convoqué vos compagnons. 
Votre histoire ressemble à l'apologue de cet homme qui 
possédait un enclos et y aperçut un renard ; il se dit : Que 
peut faire un renard isolé? Mais le renard partit et réunit 
les autres renards dans cet enclos ; le propriétaire vint 
alors, les enferma dans le cercle de pierres et les tua tous. 
Nous savons ce qui vous a portés à la révolte, c'est la 
gène et la souffrance; allez-vous-en, nous augmenterons vos 
profits et nous ordonnerons de vous délivrer des vête- 
ments. » El-Moghira répondit : o Tu auras beau parler de 
notre misère, nous étions dans une plus grande détresse 
encore, car nous mangions des corps morts, du sang et des 



— 183 — 

os ; mais Dieu nous a envoyé un prophète qui nous a or- 
donné de combattre ceux qui s'opposeraient à nous et d'ap- 
peler les hommes à lui obéir et à croire en lui. Si tu crois, 
nous te laisserons ton pays, où nous n'entrerons qu'avec ta 
permission ; si tu refuses, tu auras à payer la capitation, 
sinon nous te combattrons jusqu'à ce que Dieu décide entre 
nous. » Roustèm répondit : « Je n'aurais jamais cru que je 
vivrais assez longtemps pour entendre de pareilles choses ; 
avant demain soir, j'en aurai fini avec vous. » 11 ordonna 
d'apporter du vin vieux, il s'enivra, fit combler la vallée de 
terre et de roseaux de sorte qu'elle devint un large chemin ; 
puis il marcha vers eux avec soixante mille hommes cui- 
rassés, couverts d'armes et munis d'instruments tout prêts, 
vêtus d'or, de soie, de cottes de mailles et de brocart, 
tandis que la majorité des armures des Musulmans étaient 
constituées par les coussins des selles de chameaux, sur 
lesquels ils avaient installé des étoffes de soie; ils avaient 
enroulé autour de leurs têtes des bandes de cuir tressées. 
Les Persans avaient placé en tête les éléphants et avaient 
semé des chausses-trappes. 

Ce jour-là, Sa'd avait désigné comme lieutenant Khâlid 
ben 'Orfota, parce qu'il était blessé. Le combat dura quatre 
jours : deux mille cinq cents Musulmans périrent. Le qua- 
trième jour, Hilàl ben 'Ollafa et-Téïmî chargea contre 
Roustèm ; celui-ci fut mis en fuite, les Perses tournèrent 
le dos, et les Musulmans les suivirent en les massacrant ; à 
el-Qâdisiyya, les habitants s'abstinrent de boire de l'eau 
pendant trois heures, tellement il y coulait de sang ! 

Zohra ben Hâwiyya tua Djâlinoûs, le général de l'armée 
perse, et vendit sa ceinture [dont il s'était emparé] pour 
trente mille dirhems. On n'est pas d'accord sur celui qui 
tua Roustèm ; les uns disent que ce fut Hilâl ben 'Ollafa, 
les autres 'Amr ben Ma'dî-Karib. Roustèm, en effet, était 
monté sur un éléphant, auquel 'Amr trancha le tendon d'une 
des jambes ; Roustèm tomba de sa monture, et il roula sous 



— 184 — 

lui une besace contenant quarante mille dinars. On dit aussi 
qu'il se noya dans T'Atlq'. Les sommes d'argent, produit 
du butin, ressemblaient à des Ilots de maisons et à des 
collines. Un homme des Banou Nakha' s'empara d'un dra- 
peau appartenant aux Perses et appelé diraj'cli-i kàwiyâri 
[l'étendard de Kâwè] ; il était orné de perles et de rubis ; 
il fut estimé deux millions de dirhems; c'est lui que men- 
tionne el-Bohtori dans son ode : 

La mort se tient debout, tandis qu'Anôchè-Réwân (Chosroès L'') 
fait marcher devant lui les lignes des combattants sous l'étendard. 

Sa'd informa 'Omar de sa victoire par écrit et lui envoya 
le butin et les biens conquis ; la Babylonie tout entière 
passa entre ses mains, sauf Ctésiphon, où Yezdegird s'était 
fortifié. Les Musulmans allèrent camper devant el-Anbâr, 
qu'ils investirent. 'Omar écrivit à Sa'd : « Les Arabes ne 
peuvent vivre qu'à la façon des chameaux et des moutons ; 
choisis un désert et établis-y les Musulmans; restes-y, et 
envoie une troupe dans le territoire de l'Inde (c'est-à-dire 
Baçra) et une autre dans la Mésopotamie ; adopte ta station 
comme lieu d'émigration [définitif], et ne mets pas la mer 
entre moi et les Musulmans. » Sa'd chercha jusqu'à ce qu'il 
eût trouvé l'emplacement actuel de Koùfa, qui était alors 
du sable; il en fit une ville, traça les limites de la mosquée, 
et envoya 'Otba ben Ghazwân, à la tête d'un corps de cava- 
lerie, à Baçra, qu'il délimita en y jetant les fondements de 
la future mosquée; puis il laissa, pour la gouverner à sa 
place, el-Moghîra; pendant qu'il se rendait près d"Omar, 
il mourut en chemin. Le khalife confirma el-Moghîra dans 
le gouvernement de Baçra. Plus tard, quatre témoins por- 
tèrent contre lui l'accusation d'adultère ; l'un d'entre eux 
pourtant se rétracta, c'était Ziyâd ben 'Obéïd ' ; 'Omar 
donna l'ordre de les fouetter. Il destitua el-Moghîra du 

1. Canal cité souvent pai- Tal);iii. 
• 2. Autrement dit Ziyâd bru Abilii. 



— 185 — 

gouvernement de Baçra et désigna comme son successeur 
dans cette ville Abou-Moùsà el-Ach ari, qui s'empara d'el- 
Ahwâz, de Toustèr, de Suse, de Râm-Hormuz et de plu- 
sieurs cantons du Fârs. 

Lorsque 'Otba ben Ghazwân avait été envoyé à Baçra, 
SaM avait préposé Abou-Moùsà à la Mésopotamie, où il 
conquit par traité Mossoul et Naçîbîn, puis revint auprès 
de Sa'd. Celui-ci avait chargé 'Othmàn ben Abi'l-'Àç eth- 
Thaqafî de s'occuper de l'Arménie et de l'Adherbaïdjàn ; il 
traita avec les habitants de ces provinces moyennant le 
payement de la capitation. Sa'd demeura trois ans à Koùfa, 
puis il s'empara de Ctésiphon. 

Le jour de la bataille de Qâdisiyya, Sa'd se tenait dans 
un pavillon, à cause de ses blessures [qui l'empêchaient de 
combattre] ; un Musulman dit : 

Ne vois-tu pas que Dieu a fait descendre la victoire, alors que 
Sa'd était bien à l'abri à la porte de Qâdisiyya? 

Nous revînmes, et de nombreuses femmes furent privées de 
leurs maris, mais celles de Sa'd ne l'étaient point. 

Sa'd s'écria : « Grand Dieu ! protège-moi contre sa langue 
et sa main ! » On prétend que la langue de cet Arabe de- 
vint muette et que sa main se dessécha. Djérîr dit : 

Je suis Djérir, ma konija est Abou-'Amr : Dieu nous a donné la 
victoire pendant que Sa'd était dans le pavillon. 

Sa'd répondit : 

Je n'espère en aucun autre moyen que d'espérer qu'ils seront 
sauvés le jour où il faudra rendre des comptes '. 

1. La glose marginale moderne signifie : « Cela est contraire à ce que 
mentionnent tous les livres d'histoire, à savoir que la prise de Ctési- 
phon eut lieu quelques mois après la bataille de Qâdisiyya ; puis, au 
bout de deux ou trois ans après l'occupation de la capitale, Sa'd fixa les 
limites de la ville de Koûfa sur l'ordre d"Omar et y installa une gar- 
nison permanente. La cause en fut le changement de tempérament et 
de caractère des Arabes descendus à Ctésiphon et la question (lire : wa 



186 — 



PRISE DE CTESIPHON 



Lorsque les Musulmans eurent conquis T'Irâq et mar- 
chèrent sur Sâbât, Yezdegird fit transporter ses trésors, 
or, argent, joyaux, armes; il coupa les ponts, arma les na- 
vires et ferma les portes de Ctésiphon. Un groupe de 
Perses vint trouver Sa'd et lui indiqua un endroit du Tigre 
où il y avait peu d'eau et appelé Dilasâ; le général arabe 
choisit quatre cents cavaliers qui se jetèrent dans le fleuve 
et sortirent de cet endroit creux sans que personne se noyât, 
à l'exception d'un seul homme; ils s'emparèrent des navires 
armés pour Yezdegird, et firent passer le reste des Musul- 
mans. 

Sa'd tint assiégée la garnison de Ctésiphon pendant sept 
mois. Quand l'investissement leur devint trop pénible ils 
chargèrent de nuit leurs biens les plus légers. Yezdegird 
partit pour Holwân et laissa à Djaloûlâ, à la tête de troupes 
considérables, Khorrazâdh ben Hormouz, chargé de re- 
pousser les Arabes s'ils se présentaient. 

Sa'd prit Ctésiphon et s'empara de quatre cents charges, 
formées par ce qui restait des trésors et des vases d'or et 
d'argent; il les envoya à 'Omar avec de nombreuses prises, 
femmes et enfants ; 'Omar donna l'ordre de verser tout cela 
dans le parvis de la mosquée, réunit les Musulmans et leur 
dit : (( Le prophète n'avait-il pas raison de dire que les tré- 
sors de Chosroès et de César seraient dépensés dans la voie 
de Dieu ? » Puis il considéra le bracelet de Chosroès et dit à 
Sorâqaben Mâlik : « Je t'adjure au nom de Dieu, lève-toi et 
mets ce bracelet à ton bras » ; or, ses deux bras étaient maigres 
et couverts de poils. « Le prophète de Dieu, s'écria 'Omar, 
avait raison quand il a dit qu'il lui semblait voir les brace- 

sa'âluhum) qu'ils exposèrent à 'Omar ; celui-ci ordonna de choisir (lire : 
bi-ikhtlrjâri) une demeure conforme à leur tempérament; l'on trouva 
l'emplacement de Koûfa et l'on en fit une ville. » 



— 187 — 

lets de Chosroès aux deux poignets de Sorâqa ben Mâlik' ! » 
Les miracles merveilleux du prophète ont été, en effet, plus 
nombreux après sa mort que ceux qu'il a faits pendant sa 
vie ; c'est à ce moment que le peuple comprit la sincérité 
des paroles du prophète et de ses promesses (Que la plus 
excellente bénédiction soit sur lui !) 

COMBAT DE DJALOÛLÀ 

Lorsque Yezdeiiird eut passé à Holwân et eut laissé derrière 
lui à Djaloùlà, Khorrazâdh chargé de repousser les Arabes qui 
le poursuivaient, Sa'd envoya douze mille hommes qui li- 
vrèrent combat à Khorrazâdh, le mirent en déroute, et s'em- 
parèrent, en fait de butin inanimé, d'une masse qui fit 
monter la part du cavalier' à trois mille dirhems, [et en fait 
de butin animé] huit tètes de bétail, et une esclave, sans 
compter les autres objets, les vases, les tapis, et après dé- 
duction du quint. La mère d'ech-Cha'bi ' avait été faite 
captive à Djaloùlà. Quand la déroute se fut arrêtée à Hol- 
wân, Yezdegird envoya el-Horraozân à el-Ahwâz avec une 
armée importante pour y occuper les Arabes et servir de 
couverture aux Perses ; puis il quitta Holwân pour Persé- 
polis, où il se fortifia. El-Hormozàn partit pour la Susiane 
et s'établit à Toustèr, qui est la plus belle ville de cette 
contrée. Abou-Moûsà el-Ach'arî, parti de Baçra, vint l'y 
rejoindre et l'y assiégea jusqu'à ce que le chef perse se ren- 
dit à discrétion ; mais el-Hormozàn lui dit : « Je ne me 
rendrai pas à ta discrétion, mais à celle de ton maître. » 
Abou-Moûsà el-Ach'ari en informa 'Omar, qui lui écrivit : 
« Accepte sa reddition à ma discrétion. » 

1. Voir ci-dessus, p. 42. 

2. Part double de celle du fantassin. 

3. Abou 'Amr 'Amir ben Choiahbîl, traditioniste à tendances chi- 
'ïtes, mort en 104 (722) ; cf. Nawawî, p. 768. Le même renseignement 
dans Ibn-Khallikan, Biogr. dict., t. II, p. 6, 1. 23; cité parmi les an- 
ciens ascètes mystiques par le Fihrist, p. 183, 



— 188 — 

PRISE DE TOUSTER ET SORTIE d'eL-HORMOZÂN 

El-Hormozân se rendit donc à la discrétion d"Omar ; 
Abou-Moûsà l'envoya à Médine. A son entrée dans cette 
ville, le chef perse revêtit sa mitre et ses vêtements de bro- 
cart, il se mit sa ceinture, ses deux bracelets, son collier ; 
il avait allongé sa moustache et raccourci sa barbe, à la 
mode perse; tout cela était sa toilette faite pour son entrevue 
avec 'Omar. Il trouva celui ci assis dans un coin de la mos- 
quée, vêtu de manteaux usés et tenant un nerf de bœuf entre 
ses mains. « Qui est celui-ci?» dit el-Hormozân. On lui 
dit : « C'est le chef des croyants. » El-Hormozàn tomba de 
son liaut en comparant ses ornements et sa belle toilette ; 
puis il rendit hommage à la mode perse à 'Omar, qui dit : 
« Cela ne convient pas dans notre religion », et lui demanda 
s'il était devenu musulman. Non, répondit le Perse. « Si tu 
ne te convertis pas, je te ferai mettre à mort », dit le khalife. 
(( Ne me tue pas avant de m'avoir donné de l'eau à boire », 
dit el-Hormozân. On lui apporta une grande écuelle de 
bois. Quand je devrais mourir de soif, je ne boirai pas de 
ceci; n'avez-vous pas une coupe de verre? ». En elïet, les 
Perses ne mangent pas dans des vases de bois ou de faïence, 
parce que ces deux matières retiennent les impuretés. Il 
prit donc la coupe ; sa main tremblait, car il était terrorisé : 
(( Ne crains rien, lui dit 'Omar ; je ne te tuerai pas avant 
que tu ne l'aies bue. » El-Hormozân laissa tomber de sa 
main le verre qui se brisa : 'Omar crut qu'il était tombé 
par hasard, et donna l'ordre d'en apporter un autre, a Je 
n'ai pas besoin de cette eau », dit le chef. « Convertis-toi, 
dit 'Omar, sinon je te fais exécuter. » — « Quant à ma reli- 
gion, dit el-Homozân, je ne l'abandonnerai pas; et quant à 
toi, tu m'as donné ta sauvegarde. » — « Je ne t'ai rien donné, 
ô ennemi de Dieu ! » répondit le khalife. On dit à celui-ci : 
« Mais si ! tu la lui as donnée. » — « Alors il nous a sur- 
pris notre sauvegarde sans que nous en sachions rien ! » El- 



— 1S9 — 

Hormozân resta ainsi pendant longtemps, puis il devint 
désireux d'embrasser l'islamisme et se convertit ; 'Omar 
lui attribua une pension pareille à celle qu'il accordait aux 
Persans. Lorsque 'Omar fut assassiné, son fils, 'Obéïdallah, 
soupçonna le chef perse d'avoir pris part au meurtre, et il 
le mit à mort. 

Les habitants de Koûfa portèrent plainte contre Sa'd, 
qu'ils accusaient de ne pas bien accomplir les rites de la 
prière ; 'Omar le destitua et nomma à sa place, pour pré- 
sider à la prière, 'Ammâr ben Yâsir, pour percevoir l'im- 
pôt foncier 'Othmân ben Honaïf, pour rendre la justice et 
administrer la caisse commune dite béït-el-mâl , 'Abdallah 
ben Alas'oùd. Il leur attribua comme pension journalière 
une seule brebis à se partager entre eux trois. 

LA GRANDE VICTOIRE DE NÉHÂWEND 

On dit que les Perses, les chevaliers, les grands person- 
nages de l'empire se réunirent, formèrent le projet de com- 
battre 'Omar au milieu même de sa maison ; ils s'y enga- 
gèrent par acte formel et par serment. Ils rassemblèrent 
des troupes en si grand nombre qu'on ne saurait les énu- 
mérer et les compter. 'Omar, ayant appris cette nouvelle, 
réunit les Emigrés et les Auxiliaires, tient conseil avec eux 
et voulut se mettre en personne à la tête des troupes. 'Ali 
ben Abi-Tàlib lui conseilla au contraire de demeurer à 
Médine et de nommer quelqu'un capable de disputer la 
fortune aux Perses. Alors 'Omar envoya une armée consi- 
dérable qu'il plaça sous les ordres d'en-No'mân ben ^lo- 
qarrin el-Mozanî, en prescrivant que si celui-ci tombait, il 
serait remplacé par Hodhéïfa ben el-Yamân, celui-ci par 
Djérîr ben 'Abdallah el-Badjalî, celui-ci par el-Moghira ben 
Cho'ba, et celui-ci par el-Ach'ath ben Qaïs. Il écrivit à 
'Ammar ben Yâ>ir d'exciter à partir pour la guerre le tiers 
des habitants de Koùfa, et à Abou-Moûsà el-Ach'ari d'agir 
de même à l'égard de ceux de Baçra. 



— 190 — 

Cette armée, une fois constituée, se mit en marche et 
vint camper à deux parasanges de distance de Néhàwend, où 
se trouvaient les multitudes des Perses, cent mille hommes 
d'après les uns, quatre cent mille suivant les autres. A la 
tête de celles-ci était Dhoù'l-Hâdjib Merdân-Châh ; elles 
s'étaient juré mutuellement d'avoir de la patience et de la 
solidité ; pour cela, ils s'étaient liés les uns aux autres et 
s'étaient attachés avec des chaînes par groupes de dix, 
pour ne pas s'enfuir; ils avaient disposé des chausses- 
trappes et installé les éléphants entre eux et les Musulmans. 
Le mercredi et le jeudi, ceux-ci leur résistèrent ; le ven- 
dredi, el-Moghîra ben Cho'ba dit : « L'ennemi est las du 
combat et se sent faible ; dépêchons-nous de le combattre. » 
— (( Faisons d'abord la prière de midi, objecta en-No'mân; 
ensuite nous marcherons à l'ennemi, car les portes du ciel 
sont ouvertes aux temps fixés pour la prière. » Une fois la 
prière terminée, en-No'mân dit à ses troupes : « Lorsque je 
prononcerai le tekbîr, montez à cheval ; quand je le dirai 
pour la seconde fois, dégainez vos sabres, pointez de vos 
lances, et mettez la corde à l'arc ; au troisième tekbîr, char- 
gez l'ennemi comme un seul homme. » En-No'mân prit 
l'étendard en main, s'avança et dit à haute voix le tekbîr ; 
une fois le second et le troisième appel terminés, ils char- 
gèrent les Perses et les mirent en déroute. En-No'mân ben 
Moqarrin ayant été tué, Hodhéïfa ben el-Yamân prit l'éten- 
dard ; on tua une quantité telle de Perses que Dieu en sait 
mieux le nombre que nous, et l'on prit un tel butin que le 
compte n'en figurerait dans aucun livre. Dhoû '1-Hàdjib Mer- 
dân-Châh périt ; après cette bataille, les Perses ne purent 
jamais réunir de troupes ; c'est pour cela qu'on l'a appelée 
la grande victoire. 

Ce jour-là, en-No'mân ben Moqarrin, 'Omar ben Ma'di- 
karib, Toléïha ben Khowéïlid et un petit nombre de compa- 
gnons du prophète périrent martyrs. 'Omar confisqua à son 
profit, à titre de çoifiyya, ce qui, dans le butin, appartenait 



— 191 — 

au roi de Perse et à sa famille ; l'impôt payé par ces biens 
s'élevait à sept millions de dirhems ; cela dura jusqu'au 
jour d'el-Djamâdjim \ où l'incendie fut mis aux bureaux de 
l'administration, et où chacun prit ce qui était à côté de lui. 
On dit qu'el-Moghîra ben Cho'ba employa la ruse à l'égard 
d"Ammàr ben Yâsir, et rapporta à 'Omar qu'il pariait aux 
combats de coq. 'Omar destitua celui-ci et chargea el-Mo- 
ghîra du gouvernement de Koùfa ; en cette qualité, il s'em- 
para par traité de rAdherbaïdjân. On dit aussi que cette 
province fut conquise par Hâchem ben 'Otba. 

PARTIES DU fArS QUI FURENT CONQUISES SOUS LE KHALIFAT 
d"0MAR BEN EL-KHATTÂB 

Pendant ces événements, Yezdegird séjournait à Persé- 
polis. 'Omar nomma 'Othmân ben Abi 'l-'Âç eth-Thaqafî, 
que le prophète avait chargé de gouverner Tâïf, au gou- 
vernement du Bahréïn, qu'il avait enlevé à Abou-Horéïra ; 
celui-ci y était arrivé avec el-'Alâ ben el-Hadramî, et lui 
avait servi de muezzin ; il le laissa gouverneur du Bahréïn, 
quand il partit pour F'Irâq. 'Othmân subjugua le pays avec 
les tribus d'Azd et d"Abd-el-Qaïs, puis il les fit passer, 
au-delà de la mer, sur les rivages du Fârs et se mit à faire 
des incursions sur les cantons et les bourgades de cette 
province. Il constitua en ville principale la cité de Tawwadj 
et en fit un territoire d'émigration. 

Lorsque Yezdegird eut constaté la prédominance des 
Ai'abes, il envoya ses trésors et ses richesses en Chine, et 
résolut, s'il était de nouveau mis en déroute, de se rendre 
dans ce pays. 

Il envoya Chehrek à la rencontre d" Othmân ben Abi 
'l-'Aç eth-Thaqafi ; 'Omar, de son côté, écrivit à Abou- 

1. La bataille de Déïr el-Djamâdjim, en 82 de l'hégire, perdue par 
'Abd-er-Rahman ben el-Ach'ath. Cf. Maqrîzî, Khitat, éd. Wiet, t. II, 
p. 52, 1. 4. 



— 192 - 

Moûsà el-Ach'arî de se joindre à 'Othmân. Les deux chefs 
arabes, une fois réunis, tombèrent sur Chehrek, qui avait 
avec lui cent vingt mille hommes ; ils mirent son armée en 
déroute et tuèrent plus de trente mille hommes de son ar- 
mée. Ils conquirent le canton d'Ardéchir, qui est l'ancienne 
Persépolis, mais ils ne purent pas s'emparer d'Içtakhr, On 
dit que c'est Qourt ben Ka'b el-Ançârî qui prit cette der- 
nière ville. Ispahan se rendit à 'Othmân ben Abî 'l-'Aç après 
un siège de trois mois. Le même fit enrôler des hommes 
dans la Susiane, dont le chef était el-Moghîra ben Cho'ba. 

PARTIES DE LA SYRIE CONQUISES SOUS LE KHALIFAT d"0MAR 

On dit qu'au moment de la mort d'Abou-Bekr, Abou 
'Obéïda ben el-Djerrâh et Khâlid ben el-Wélîd se trou- 
vaient en Syrie occupés à faire des incursions et à piller. 
Lorsque 'Omar fut investi du commandement, ils allèrent 
assiéger Damas pendant six mois, au bout desquels la ville 
se rendit par traité ; il en fut de même de Homs et de 
Ba'lbek. Ensuite eut lieu la bataille du Yarmoûk. 

BATAILLE DU YARMOÛK 

Héraclius, roi de la Syrie et des Grecs, se trouvait à An- 
tioche où les Musulmans l'avaient contraint de se retirer, 
du vivant d'Abou-Bekr. Il rassembla des troupes, et de- 
manda des secours à Rome et à Constantinople ; il fut re- 
joint par Djabala ben el-Aïham el-Ghassâni, avec les tribus 
de Lakhm et de Djodhâm qui étaient de son parti ; cela 
compléta le nombre de quatre cent mille hommes, à ce 
qu'on prétend. Héraclius avait pour général Mâhân le Do- 
mestique'. Abou-'Obéïda ben el-Djerrâh et Khâlid ben el- 
Wélîd rencontrèrent cette armée dans une localité appelée 

1. Mâhân est le même que Bâhân (Vahan) ; cf. Caetani, Annali, 
t. III, p. 381, n. 1. 



— 193 — 

Yarmoûk, dans des jours de brouillard et de pluie fine ; ils 
la mirent en déroute et Dieu dispersa cette foule ; quatre- 
vingt mille hommes tombèrent dans un ravin profond, le 
dernier ne sachant pas ce qui était arrivé au premier ; le 
lendemain ils se virent au milieu de roseaux ; on appela cet 
endroit le ravin de Yarmoûk. Les Musulmans, qui ce jour- 
là, étaient au nombre de trente-cinq mille, massacrèrent à 
coups de sabre soixante-dix mille hommes. La déroute 
s'arrêta à Antioche, où se trouvait Héraclius. Il en partit 
pour Constantinople avec sa famille, ses bagages et ses 
biens; se tournant vers la Syrie, qu'il dominait de la route, 
il lui dit adieu, comme quelqu'un qui n'espère plus jamais 
la revoir. El-Fadl ben el-'Abbâs tomba martyr de la foi au 
Yarmoûk ' . 

PRISE DE JÉRUSALEM 

A la suite de la bataille du Yarmoûk. Abou 'Obéïda s'em- 
para d'el-Djâbiya, bourg de la région de Damas, ainsi que 
de Qinnasrîn. Il assiégea les gens du Temple d'Aelia. qui 
refusèrent de lui ouvrir leurs portes et lui demandèrent 
d'envoyer un message à son maître 'Omar pour qu'il se 
présentât et que ce fût lui qui gérât leur affaire. Abou 
'Obéïda informa par écrit 'Omar de cette demande; le 
khalife se rendit en Syrie, laissa comme régent à Médine 
'Othmân ben 'Affân, et fit un traité de paix avec les gens 
d'Aelia, à la condition de ne pas démolir leurs églises et 
de ne pas exiler leurs moines; il y éleva un oratoire et y 
demeura quelques jours ; puis il revint à Médine. 

C'est sous son khalifat que Chorahbîl ben Hasana occupa 
Saroùdj et Édesse par traité, et que 'lyâd ben Ghanm con- 
quit Dârâ, Raqqa et Tell-Mauzin' également par traité. 'Amr 

1. C'est tout à fait incertain, car on le représente comme mourant 
dans diverses batailles, sans compter la peste d"Amawâs. 

2. Ville située entre Ras-el-'Aïn et Saroûdj, dans la haute Mésopo- 
tamie. 

13 



— 104 — 

ben el-'Aç s'empara de Babylone d'Egypte de vive force et 
d'Alexandrie par traité ; on dit cependant que c'est aussi de 
vive force. Il Ht un traité avec les habitants de la Cyrénaïque 
et s'empara également de Bâlis ' . Mo'âwiya occupa Ascalon et 
Césarée par traité. 'Omar chargea 'Omaïr ben Sa'd el-Ançâri 
de faire des incursions ; celui-ci traversa les défilés de l'Asie- 
Mineure et pénétra loin sur le territoire des Grecs ; il arriva 
jusqu'à Amorium et fut le premier à dévaster cette ville et 
à y entrer ; de là vient le proverbe : Plus dévasté que le 
ventre de l'âne'. Telles sont les conquêtes effectuées sous le 
règne d"Omar. 

PESTE d"amawâs 

'Amawâs est le nom d'une localité '. Cet événement eut lieu 
l'an 17 de l'hégire, cinquième année du khalifat d"Omar. 
C'est en Syrie que naquit l'épidémie, pendant qu^Omar 
s'était mis en campagne pour combattre les Grecs ; il 
atteignit ^argh ''. On dit que l'épidémie une fois déclarée en 
Syrie, 'Omar revint et Abou-'Obéïda lui dit : « Est-ce que tu 
fuis devant le décret de Dieu? » — « Oui, répondit le khalife, 
je fuis devant le décret de Dieu pour me réfugier dans un 
autre décret. » Il périt, au cours de cette épidémie, plus 
de vingt mille Musulmans, parmi lesquels Abou-'Obéïda 
ben el-Djerrâh, Mo'àdh ben Djabal, Chorahbil ben Hasana, 
Yézîd ben Abi-Sofyân. Le poète a dit : 



1. Sur l'Euphrate, dans la région d'Alep. 

2. Méïdânî, Proverbes, t. I, p. 226 ; explications différentes. 

3. Ancienne Emmaûs du temps des Macchabées (I Macch., 3, 40), 
appel<'e plus tard Nicopolis. différente de lEmniaiis du Nouveau-Testa- 
ment; A. Socin. Pala.stina und .Sj/i icn, p. 143, 145, 14(i : E. Rey, les 
colonies frcinques de Syrie, p. 382. 

4. Station du pèlerinage qui forme la limite entre la Syrie et le 
Hedjâz. Sur le voyage d"Omar à Sargh, voir Caetani. Annali, t. IV, 
p. 18; Tabarî, I, 2511; Ibn-el-Athîr, t. II, p. 437; Ibn-Khaldoûn, t. II, 
2" part., p. 114. 



— 195 — 

Que de nobles jeunes gens semblables au croissant de la lune, 
de blanches femmes honnêtes émus à la pensée d"Amawâs ! 

Ils ont trouvé que Dieu ne leur cherchait pas un bon campe- 
ment; ils ont séjourné dans un lieu où il n'y avait pas de vestiges 
du passé. 

ANNÉE DE LA RAMÂDA 

Ramâda signifie faim et famine'. Cette année-là, il y eut 
vamâda, c'est-à-dire famine, stérilité et sécheresse, tellement 
que les troupeaux [des Arabes] ne trouvèrent plus de pâture 
et disparurent. Ka'b el-Ahbâr dit à 'Omar : a Quand une pa- 
reille calamité atteignait les Israélites, ils allaient demander 
de la pluie aux collatéraux des prophètes. » 'Omar dit : 
« Cela répond à el-'Abbâs, oncle du prophète, frère de son 
père, le seigneur des Banou-Hâchim. » En conséquence, 
il alla le trouver et lui parla ; le peuple sortit avec lui vers 
l'endroit où l'on pratique les rogations; 'Omar et el-'Abbàs 
firent une prière et obtinrent la pluie. Cet incident a été 
célébré par ces vers de Hassan ben Thâbit" : 

L'imam a demandé la pluie lorsque la sécheresse était consé- 
cutive pour nous; le nuage nous a arrosés, pour la bonne étoile 
d'el-'Abbâs, 

Oncle du prophète, frère de son père, qui a hérité cette qualité 
du prophète, à l'exclusion des autres hommes. 

Dieu a revivifié le pays par son moyen; après le désespoir, la 
contrée s'est trouvée toute gaie et frémissante de joie. 

CONQUÊTE DE SUSE 

Abou-Moûsà el-Ach'arî assiégea Suse jusqu'au moment où 
l'investissement réduisit la garnison à la gêne. Le diliqân 
de cette ville demanda une sauvegarde pour cent individus. 
« Grand Dieu ! dit Abou-Moûsà el-Ach'arî, fais-lui oublier 

1. Voir les observations de M. L. Caetani, Annali, t. IV, p. 7. 

2. Ces vers ne figurent pas dans le Dîwân, éd. Hirschfeld. 



— 196 — 

sa propre personne ! » Quand la garnison fut descendue des 
remparts, le chef musulman dit au chef perse : « Mets à part 
ceux qui ont demandé la sauvegarde. » Le Perse en mit à part 
cent, mais ne s'y mit pas lui-même, et Abou-Moùsâ or- 
donna de lui couper la tête. 

On trouva le corps de Daniel dans un sarcophage de 
marbre [autour duquel on se réunissait] pour pousser des 
cris et demander la pluie. Abou-Mousà écrivit tout cela à 
'Omar, qui lui répondit : « Daniel me parait être un pro- 
phète ; enterre son corps, de manière que personne ne sache 
où il est. » Anas dit, dans sa relation, que la longueur du 
nez de Daniel était d'une brasse ; un homme se plaça debout 
à côté de lui pour le mesurer, et le genou de Daniel vint à 
la hauteur de sa tête. On l'enterra sous l'eau. On avait 
trouvé, avec le corps, des rouleaux de papyrus qui furent 
vendus pour vingt-quatre dirhems et que le hasard porta 
jusqu'en Syrie. 

'Omar mena le pèlerinage pendant dix années consécu- 
tives ; ensuite il retourna à Médine. Il fut assassiné l'an 23 
de l'hégire, après avoir régné dix ans, six mois et cinq nuits. 

ASSASSINAT d"0MAR 

El-Moghira ben Cho'ba avait, dit-on, un esclave chré- 
tien appelé Abou-Lou'lou'a (que les malédictions de Dieu le 
poursuivent sans répit!). Il vint se plaindre au khalife de 
son maître el-Moghîra, qui le battait et le chargeait de tra- 
vaux fort lourds, et lui demander de parler à son maître 
pour que le fardeau fût allégé : car il était père de famille. 
'Omar lui dit : « Crains Dieu et son prophète, et obéis à ton 
maître. » Ayant rencontré el-Moghîra, 'Omar lui conseilla 
de bien agir à l'égard de son esclave. Celui-ci revint encore 
se plaindre et réclamer son secours ; 'Omar lui répondit dans 
les mêmes termes que la première fois, et il lui demanda de 
,lui construire un moulin. « Je t'éléverai, dit l'esclave, un 



— 197 — 

moulin dont les Arabes parleront !» — a Si ce n'était que 
les gens diraient qu"Omar a eu peur, dit le khalife, je di- 
rais que ce chien me menace. » Ahou-Lou'lou'a nourrit du 
mauvais vouloir du moment que el-Moghira ne le traitait 
pas avec douceur, et il pensa que c'était du fait d"Omar; 
il se munit d'un poignard à deux pointes avec la poignée 
au milieu, et il résolut d'assassiner 'Omar. 

Le khalife, cette nuit-là, vit en songe un coq blanc qui 
le piqua de son bec à deux reprises ; il en fut préoccupé et 
dit : « Le coq ne peut signifier qu'un étranger, et un coup 
de bec signifie un coup de pointe. » Ensuite il procéda aux 
ablutions et sortit pour se rendre à la prière du matin ; le 
maudit Abou-Lou'lou'a vint se placer dans la rangée de 
fidèles contiguë à la place qu'occupait le khalife. Quand 
celui-ci eut commencé la prière, le meurtrier lui porta 
deux coups de pointe dans le flanc, qui lui ouvrirent le 
ventre et déchirèrent les entrailles : 'Omar poussa un cri; 
les Musulmans s'empressèrent autour de lui, l'emportèrent 
et se saisirent d'Abou-Lou'lou'a le maudit après qu'il eut 
encore tué un homme ou deux et blessé un certain nombre. 
« Ordonnez à 'Abd-er-Rahman ben 'Auf de faire la prière 
publique», dit 'Omar; ce que fit celui-ci, qui lut, lors de 
la première ra/c' a, ce passage : a Dis : ô infidèles^ !» et à la 
seconde, a Dis : c'est Dieu l'unique'' ». Puis il entra dans la 
demeure du khalife où la foule le suivit ; la blessure dégout- 
tait de sang. 'Omar dit à Ibn-'Abbâs : « Sors, et vois qui 
m'a tué. » Ibn-'Abbâs sortit et rentra en disant : « C'est ce 
maudit Abou-Lou'lou'a, le chrétien. » — « Louange à Dieu, 
dit 'Omar, de ce que mon adversaire n'est pas un homme 
avec deux prosternations ! » 

Ensuite Ibn-'Abbâs fit appeler un médecin pour l'exa- 
miner ; celui-ci lui fit boire du vin qui ressortit aussitôt, 



1. Début de la sourate CIX. 

2. Début de la sourate CXII. 



- 198 -- 

sans que l'on pût savoir si c'était du vin ou du sang. Il fit 
venir un autre médecin, qui lui fit boire du lait ; le lait sor- 
tit tel quel. Il dit alors : « Nomme un successeur, ô chef des 
croyants ! » Et il réunit le peuple pour tenir conseil. 

HISTOIRE DU CONSEIL, ET MORT d'^OMAR 

Lorsque 'Omar fut, dit-on, assuré de son trépas prochain, 
il songea à régler sa succession et chargea six personnes de 
son exécution, à savoir 'Othmân ben 'Afïàn, 'Alî ben Abi- 
Tâlib, SaM ben Abî-Waqqàç. 'Abd-er-Rahman Ben 'Auf, 
ez-Zobéïr ben el-'Awwâm, et Talha ben 'Obéïdallah. Puis 
il leur adjoignit 'Abdallah ben 'Omar [son propre fils], en 
spécifiant qu'il n'aurait pas de part au commandement, 
mais seulement à l'élection et au conseil. Il leur donna un 
délai de trois jours pour procéder à cette élection, en 
chargeant Çohéïb de diriger la prière publique jusqu'à ce 
qu'ils fussent tombés d'accord sur la désignation de l'un 
d'entre eux. Il chargea un certain nombre d'Auxiliaires 
de pousser les six commissaires à une conclusion, par 
crainte de la dispersion des Musulmans; il établit pour 
règle que si trois commissaires tombaient d'accord sur le 
choix d'une personne, contre une minorité de deux voix, la 
majorité l'emporterait, et que si les voix se partageaient 
également, trois de chaque côté, les trois parmi lesquels se 
trouverait 'Abd-er-Rahman ben 'Auf l'emporteraient. 

Il avait précédemment dit à 'Abdallah ben 'Abbâs : « Men- 
tionne-moi celui auquel je pourrais laisser le pouvoir, o — 
(( C'est 'Othmân, avait répondu l'interpellé. » — « 'Othmân, 
dit le khalife, est empêtré dans sa parenté ; il porterait la 
coterie des descendants d'Ibn Abi-Mo'ait à dominer le 
peuple, n — « En ce cas, c'est 'Abd-er-Rahman ben 'Auf. » 
— (( C'est un musulman faible de caractère; c'est sa 
femme qui le domine. » — « Alors Sa'd. » — « Celui-là est 
. un cavalier; il sera dans l'un de vos escadrons. » — « Et ez- 



— 199 — 

Zobéïr ?» — « Il est croyant dans la satisfaction, infidèle 
dans la colère. » — « Prenez Talha. » — « Il est assez porté 
vers le sexe féminin et présoraptu-eux. » — a Que ne choi- 
sissez-vous 'Alî ? » — (( Il est assez sot et cependant c'est le 
plus digne de les conduire dans la voie ' . » 

Plus tard il chargea, comme nous venons de le dire, les 
six commissaires de choisir un chef, et il dit : « La presta- 
tion de serment faite à Abou-Bekr était une chose impré- 
vue et soudaine ; Dieu nous a gardés du mal qu'elle aurait 
pu nous faire. Celui qui aurait l'audace de recommencer 
une pareille expérience sans délibération, mettez-le à mort. » 

'Omar rendit l'âme le vendredi, quatre jours avant la fin 
du mois de dhou 'l-hidjdja de l'an vingt-trois; c'est le mer- 
credi qu'il avait été percé de coups de poignard ; ce fut donc 
trois jours qu'il y survécut, d'après la tradition conservée 
par el-Wâqidi. Lorsqu'on fit sortir son corps de sa maison 
pour que le peuple pût accomplir la prière funéraire, 'Alî se 
tint debout auprès de sa tête et 'Othmân auprès de ses pieds. 
« Vous vous êtes bien hâtés d'avoir des avis différents ! 
s'écria *Abd-er-Rahman ben 'Auf ; avance-toi, ô Çohéïb ! » 
Ce que fit celui-ci, qui prononça la prière. Ensuite on l'en- 
terra dans la cellule d"Âïcha, à côté du prophète et d'Abou- 
Bekr. 

Quand l'assemblée se fut dispersée, on se disputa le com- 
mandement, sur lequel on était en désaccord ; les Auxiliaires 
vinrent pour presser les décisions de la Commission, ainsi 
que les Banou-Hâchim et les Banou-Oméyya, chacun pré- 
chant pour son saint. « Si vous désirez, dit 'Abdallah ben 
Sa'd ben Abi-Sarh, faire tomber les dissentiments qui 
régnent entre les Qoréïchites, nommez 'Othman. » 'Aramâr 
ben Yâsir, se levant alors, s'écria : « Si vous voulez qu'il 
n'y ait pas de discussion parmi le peuple, élisez 'Ali )) ; 
puis, s'adressant à 'Abdallah ben Sa'd ben Abi-Sarh, il 

1. La seconde partie de cette déclaration, de nature évidemment ten- 
dancieuse, a dû être ajoutée plus tard par un Chi'ïte. 



— i^OO — 

ajouta : « Ô pervers, fils de pervers ! es-tu de ceux qui con- 
sultent les Musulmans, ou bien est-ce à loi (lue ceux-ci 
viennent demander conseil pour leurs affaires ? » Les Ba- 
nou-Hâchim et les Banou-Oméyya s'injurièrent réciproque- 
ment, les voix s'élevèrent à tel point qu'on craignit un dis- 
sentiment. On tint cons'jil pendant trois jours, 'Ali ne 
cessant de les supplier, au nom des rapports de parenté, de 
le tenir à l'écart du commandement. Enfin, le troisième 
jour, ils prêtèrent serment entre les mains d"Othmân\ 

INTRONISATION D^OTHMÂN BEN '.AFFÂN 

'Abd-er-Rahmân ben 'Auf, dit-on, s'avança vers 'AU ben 
Abi-Tâlib et lui dit : « Que sur toi soit le pacte et l'engage- 
ment de Dieu, ainsi que les plus forts engagements que 
Dieu a pris des prophètes ! Si je te charge de cette fonction, 

1. La glose marginale moderne signifie : « La cause en est que quand 
ces gens virent qu'ils ne s'entendaient sur le nom de personne, 'Abd- 
er-Rahman ben "Auf s'exclut lui-même du khalifat et leur dit : Si 
vous consentez à prêter serment entre les mains de celui que je vous 
désignerai comme khalife, je prends l'engagement devant Dieu de pro- 
diguer mes efforts pour choisir le meilleur d'entre vous et le plus digne 
de commander. Qu'en pensez-vous ? Est-ce que vous ne vous entendrez 
jamais sur cette situation? Ils acceptèrent de reconnaître celui qu'il 
désignerait, après avoir pris de lui les plus forts engagements qu'il ne 
les tromperait pas et ne se laisserait pas entraîner par la passion. Pen- 
dant trois jours, 'Abd-er-Rahman courut parmi le peuple en le consul- 
tant, et il s'adonna avec un tel zèle à cette besogne qu'il ne dormit pas 
pendant trois nuits. A l'expiration de ce délai, le peuple se réunit dans 
la mosquée : 'Abd-er-Rahman ben 'Auf monta en chaire, appela "Alî et 
luî dit : Je te prête serment à condition d'observer le livre de Dieu, la 
coutume du prophète et la conduite des deux khalifes Abou-Bekr et 
'Omar. « Quant au livre de Dieu et à la coutume de son prophète, ré- 
pondit 'Alî, je veux bien, car ils prévoient toute chose; mais ensuite 
je ne prendrai conseil que de moi-même. » Après cela, 'Abd-er-Rahman 
appela 'Othmân et lui posa la même question. 'Othmân répondit sim- 
plement : Oui. Alors 'Abd-er-Rahman releva la tête et s'écria : « Grand 
Dieu ! sois témoin, nous lui prêtons serment. » Alors le peuple s'em- 
pressa de l'imiter. Voilà ce qui est mentionné dans les livres d'histoire, 
mais Dieu sait mieux la vérité ! » 



— 201 — 

est-ce que tu agiras selon le livre de Dieu et la coutume 
de son prophète?» Il répondit : « Oui, [selon] mes forces, 
mes efforts, et la somme de mes opinions. » Puis le même 
'Abd-er-Rahmân ben 'Auf s'avança vers 'Othmân et lui 
dit : (1 Que sur toi soit le pacte et l'engagement de Dieu, 
ainsi que les plus forts engagements que Dieu a pris des 
prophètes! Si je te charge de cette fonction, est-ce que tu 
agiras selon le livre de Dieu et la coutume de son pro- 
phètç? » Il répondit : « Oui, je ne m'en départirai pas 
et n'y renoncerai pas d'une ligne », et il étendit sa main. 
'Abd-er-Rahman recommença plusieurs fois ce discours 
tant auprès d"Ali qu'auprès d"Othmân, qui lui répondi- 
rent exactement de la même façon que la première fois. 
'Othmân continuait d'étendre sa main, en présence des 
Banou-Hâchim et des Banou Oméyya, qui, debout, atten- 
daient ce qui allait se passer. Alors 'Abd-er-Rahmân ben 
'Auf posa sa main dans celle d"Othmàn et prêta le ser- 
ment d'allégeance ; le peuple l'imita. 

Quand 'Othmân sortit de la maison, son visage resplen- 
dissait, tandis qu"Alî était sombre et sinistre; il rentra 
chez lui sans prêter le serment. 'Ammâr éleva sa haute voix 
et s'écria : 

Toi qui annonces la mort de l'islamisme, lève-toi et proclame 
sa fin ; le bien est mort, et le mal est venu. 

Voilà ce que j'ai lu dans certains livres d'histoire, mais je 
ne pense pas que ce soit vrai; Dieu, d'ailleurs, sait mieux 
ce qui en est ! On rapporte encore que Selmàn se mit à 
dire, ce jour-là : 

Ils ont fait, mais ils n'ont [rien] fait ; ils ont fait, mais ils n'ont 
[rien] fait'. 

'Othmân monta ensuite en chaire, prononça les louanges et 
les eulogies de Dieu ; puis il se trouva embarrassé dans son 

1. Ce discours est en persan dans le texte. Cf. Cl. Huart, Nouvelles 
recherches sur la légende de Selinân du Fârs, p. 10. 



— 202 — 

discours et il dit : « C'est là une place que nous ne jugions 
pas pouvoir tenir; la première monture est dure; ce jour- 
ci sera suivi de plusieurs autres. Nous ne sommes pas 
orateur, mais Dieu nous enseignera l'éloquence ; je ne man- 
querai pas de faire du bien à la nation de Mohammed. » 
Ensuite il descendit. Les gens du Conseil allèrent trouver 
*Ali et lui dirent : « Lève-toi, et prête serment. » — « Et si 
je ne le fais pas ? » répondit-il. — « Nous te combattrons. » 
Il vint et prêta serment. 

Lorsque Abou-Lou'lou'a eut percé le flanc d"Omar, le 
peuple s'empara de lui et le mit à mort. 'Obéïdallah ben 
'Omar déjalna et tu.i les deux tils d'Abou-Lou'lou'a ainsi 
qu'el-Hormozân. 11 voulut s'attaquer aux femmes et enfants 
amenés en esclavage à Médine, mais les Émigrés et les 
Auxiliaires Ten empêchèrent. 

Parmi les élégies composées sur la mort d"Omar ben el- 
Khattâb, il y a celle d'ech-Chammâkh : 

Est-ce qu'après le meartre de Médina la terre a été remuée et 
l'arbre épineux ^idâh a été agité sur sa tige? 

Que Dieu récompense en bien un imâm, et que la main de Dieu 
bénisse cette peau déchiquetée en morceaux ! 

Que celui qui court ou monte les deux ailes d'une autruche 
atteigne ce qu'elle a fait dépasser hier au soir! 

Je ne craignais pas que sa mort eût lieu par la main d'un in- 
trépide, les yeux bleus fixés à terre. 

Tu as accompli plusieurs chose<, puis tu as laissé après elles 
des tempêtes dans leurs calices qui n'ont pas encore été fendus ^ 

On rapporte, d'après certains personnages qui tiennent 
leurs renseignements d'un Chi'ite, qu'il aurait dit : « Que 
Dieu ait pitié d'Abou-Lou'lou'a! o On lui dit : a Qu'est-ce 
à dire? tu appelles la pitié sur un Mazdéen qui a assassiné 
'Omar, fils d'el-Khattâb ? » Il répondit : a Avoir frappé 
'Omar, c'est se convertir à l'islamisme. » 

]. Ces vers sont dans VAcjhâni, t. VIII, p. 102, avec quelques va- 
riantes. 



— 203 — 

KHALIFAT D^'OTHMÂN, FILS D^AFFÂN 

Le peuple lui prêta serment; il prit possession du sceau 
de l'Envoyé de Dieu et de son manteau. La première con- 
quête faite sous son règne fut celle de la Médie, dépen- 
dante de Baçra, ainsi que des parties du territoire d'Ispahan 
et de Réï restées indépendantes, par les soins d'Abou- 
Moûsà el-Ach'ari ; ensuite 'Othmân envoya 'Abdallah ben 
*Âmir ben Koréïz à Persépolis, où se trouvait encore Yezde- 
gird qui en sortit pour se rendre à Dâràbdjird en laissant le 
commandement de la place à Màhek Vispahbad/i. 'Abdallah 
ben 'Àmir ben Koréïz vint camper devant la ville pour com- 
battre Màhek, en détachant iVlodjâchi' ben Mas'ond es- 
Solami à la poursuite du roi. Celui-ci traversa le désert 
jusque dans le Kirmân ; Modjâchi' s'empara par traité de 
Dâràbdjird et marcha dans la direction du Kirmân sur les 
traces de Yezdegird ; quand il eut conquis cette province, 
le roi prit la direction du Sidjistàn et aboutit à Merw (1iâ- 
hadjân\ en route pour la Chine, où il avait déjà envoyé ses 
approvisionnements et ses trésors. Ibn-el-M<K|atïa' men- 
tionne qu'il y avait dans ces trésors, en tant qu'or travaillé 
sur l'ordre de Qo])âdh, sept mille vases, dont chacun était 
de douze mille mithqà/s, sans compter ce qui provenait de 
l'argent monnayé des autres rois et de leurs héritages; il y 
avait également mille charges [de bêtes de somme] com- 
posées de lingots, sans compter les espèces monnayées. 

Modjâchi' vint donc dans le Sidjistàn. qu'il pilla et con- 
quit; puis, n'ayant pu atteindre Yezdegird, il revint dans 
le Fârs. 'Abdallah ben 'Àmir ben Koréiz s'empara une se- 
conde fois de Persépolis ; puis il se mit en marche vers le 
Khorassân et arriva à Tous, dont il prit possession par traité. 
Cette nouvelle étant parvenue aux oreilles de Yezdegird, 

1. Il y avait deux villes de Merw, la royale (Châhagân) et celle de 
la rivière (Merw-er-Roûdh). Cf. Schefer, Nassiri Khosrau, Appendice, 
p, 269 et suiv. ; Barbiei- de Meynard, Dictionnaire de la Perse, p. 526. 



— 204 — 

celui-ci sentit ses craintes augmenter; il demanda du se- 
cours aux Turcs, qui vinrent le rejoindre, ayant à leur tête 
Tarkhân le Turc. Après cela, son ministre Khorrazâdh lui 
dit : « L'affaire des Arabes est claire ; laisse-moi conclure la 
paix avec eux moyennant une somme d'argent ; ils te laisse- 
ront quelques-unes de tes provinces. » Le roi lui donna l'au- 
torisation de négocier. Khorrazâdh le ministre écrivit à 
'Abdallah ben 'Âmir pour l'inviter à faire la paix moyen- 
nant le renoncement aux cantons de la Médie et du Kho- 
rasan et le payement d'une somme de quatre-vingts millions 
de dirhems. Le fils d"Âmir était disposé à répondre à ces 
propositions lorsqu'il apprit la mort de Yezdegird. 

ASSASSINAT DE YEZDEGIRD 

On dit que lorsque le roi de Perse fut arrivé à Merw, il 
injuria Mâhoûï, margrave de Merw, pour ce qui était arrivé 
de la part des Musulmans, et dépassa les bornes de l'indi- 
gnation ; il fit voir sa colère, et Mâboùï eût peur pour sa 
vie. Les Turcs de Tarkhân' étaient arrivés pour lui porter 
secours, mais Yezdegird les dédaigna et les renvoya à cause 
de discours que certains d'entre eux avaient tenus sur son 
compte. Ces gens poussèrent l'audace jusqu'à vouloir le 
combattre ; il tomba sur eux, les mit en déroute, et partit à 
leur poursuite. Mâhoûï envoya dire à Tarkhân de revenir à 
la charge, lui promettant de l'appuyer et de suivre le roi 
par derrière. Mâhoûï sortit à la tète de ses chevaliers, et il 
ordonna à son fils Nizâr' de fermer les portes de la ville der- 
rière lui, pour que le roi n'y pût rentrer. Tarkhân revint à 
la charge contre l'armée du roi ; celui-ci tourna le dos, en 

1. Le passage correspondant de Bélâdhori, p. 315, montre que le texte 
primitif portait fjjC, Nizek, nom du Tarlcliân en question. 

2. Sur les différentes lectures de ce nom, voir Ibn-ei-Athîr, Chro- 
nicon, t. III, p. 94, n. H. Barâz est la plus vraisemblable, parce que ce 
nom signifie, en persan, «sanglier». 



— 205 — 

vue de regagner la ville, mais Mâhoûï sortit à sa rencontre 
et le tailla en pièces ; Yezdegird s'enfuit, ayant perdu sa 
direction, et il se jeta lui-même dans le Mourghàb. Plus 
tard, différentes versions ont couru sur sa mort : les uns ont 
prétendu qu'il s'était noyé dans la rivière, les autres que la 
cavalerie ennemie l'avait atteint, mis à mort, et emporté 
jusqu'à Persépolis dans un cercueil. Le livre du Kliodàï- 
nâmè affirme que Yezdegird arriva à un moulin situé dans 
la bourgade de Zarq, un des villages qui entourent Merw, 
et qu'il dit au meunier : a Cache-moi, et cèle l'endroit ; je 
te donnerai ma ceinture, mon bracelet et mon sceau. » Or 
ces objets valaient le montant de l'impôt de la province 
du Fârs. L'homme lui dit : « La location du moulin est de 
quatre dirhems par jour ; si tu me donnes ces quatre dirhems, 
j'arrête la meule, sinon, non. » — « On m'avait dit, reprit 
le roi, que tu avais besoin de quatre dirhems, mais je ne 
peux pas te les donner. » Pendant cette controverse, la 
cavalerie ennemie l'enveloppa et le mit à mort. 11 n'y avait 
alors aucun Musulman à Merw. 

La suite du roi se composait d'une garde de trois mille 
hommes, dont mille chevaliers, des fils des chevaliers, de 
mille chanteurs et de mille cuisiniers et domestiques. Le 
roi avait deux fils, Fîroûz et Behrâm, et trois filles, Adrak, 
Chehrè et ]\Iurwàridh. Il périt l'an trente-un de l'hégire, à 
l'âge de trente-cinq ans, après en avoir régné vingt au milieu 
de troubles et d'agitations perpétuelles. Après sa mort, sa 
suite se dispersa ; les chevaliers allèrent habiter Balkh, les 
chanteurs s'établirent à Hérat, et les domestiques restèrent 
à Merw. Mâhoûï envoya les trésors et les biens mobiliers 
du roi à 'Abdallah ben 'Âmir ; il n'en resta entre les mains 
de sa famille que ce qui avait déjà été envoyé en Chine. 

'Abdallah ben 'Amir envoya des expéditions dans le Kho- 
rasân; il conquit Emir-Chehr' par traité et marcha jusqu'à 

1. Probablement corruption d'Eber-Cbehr, un des surnoms de Nîsâ- 
boûr. Cf. Istakhrî, p. 254; Ibn Hauqal, p. 310; Yâqoût, t. II, p. 409. 



— 206 — 

Nîsâbour. qu'il occupa également par traité; il construisit 
une mosquée cathédrale dans la citadelle de cette ville ; il 
écrivit à 'Othmàn qui lui envoya des pièces d'étoffes desti- 
nées à revêtir cette mosquée ; il en subsiste encore des frag- 
ments aujourd'hui. Moyennant le payement d'une somme, 
il pactisa avec les habitants de Sarakhs ; il fit la paix avec 
le dihcjân de Hérât pour cent bourses d'argent. Il envoya 
el-Ahnaf ben Qaïs combattre les Huns Ephtalites, qui sont 
les habitants de Djoûzadjân', de Balkh et du Tokhâristan; ce 
général accorda la paix aux gens de Merw et de Tâléqân ; il 
l'accorda également aux Gels de Merw-er-Roùdh contre le 
versement de soixante mille dirhems ; il bâtit dans cette 
dernière ville un château qu'on appelle le palais d'el-Ahnaf . 

'Abdallah ben 'Âmir nomma ensuite Qaïs ben el-Héïtham 
es-Solami gouverneur du Khorasan. et partit en pèlerinage 
pour la Mecque ; il ne revint plus dans le Khorasan. Sous 
le règne d"Othmân, Djérir ben 'Abdallah el-Badjali conquit 
l'Arménie, et SaMd ben el-'Âç dirigea des incursions dans 
le Tabaristan accompagné des deux fils d"Ali, el-Hasan et 
el-IIosém ; cette province, il la conquit par traité. Abou- 
Moûsa el-Ach'arî occupa ce qui restait encore des cantons 
de Réï, de Tâléqân et de Démâwend, par traité. 

Sous le règne d"Uthmân également, la ville d'Alexandrie 
rompit le pacte ; 'Amr ben el-'Àç la reprit et envoya à 
Médine les femmes et les enfants capturés ; mais le khalife 
'Othmân les rendit à leur situation de tributaires, parce 
qu'ils étaient placés sous le régime des territoires conquis 
par traité et parce que les enfants ne peuvent être consi- 
dérés comme ayant rompu le pacte'. Ce fut là le commen- 
cement des dissentiments entre 'Othmân et 'Amr ; le khalife 
rappela celui-ci de son gouvernement d'Egvpte qu'il confia 
à son frère utérin 'Abdallah ben Sa'd ben Abi-Sarh ; celui- 

1. District de la province de Balkh; cf. Yâqoiit dans Barbier de 
Meynard, Dictionnaire de la Perse, p. 177. 
■ 2. Etant mineurs, ils ne pouvaient contracter. 



— 207 — 

ci lança des expéditions contre l'Afrique propre et s'empara 
de Tripoli, qui est à soixante-dix milles de distance de Kai- 
rouan ; il marcha jusqu'à ce qu'il atteignit Domqola ', capitale 
du Soudan ; il recueillit un butin tel que la part du cavalier 
en nature fut de trois mille dinars, et celle du fantassin, de 
mille dinars. Haroùn ben Kàmil m'a raconté, en Egypte, 
que l'armée d"Abdallali ben Sa'd se composait de soixante- 
dix mille hommes, cavaliers et fantassins. 

C'est aussi sous le règne d"Othmân que Mo'âwiya fît une 
incursion dans l'ile de Chypre et une autre contre Ancyre, 
sur le territoire des Romains, ville qu'il occupa par traité. 
Précédemment, 'Othmân avait envoyé Mo'âwiya dans le 
Fârs, avec 'Abdallah ben 'Âmir ; ce général réussit à s'em- 
parer de certaines régions, contrées et cantons de cette 
province. Telles sont les conquêtes qui furent effectuées du 
temps d"Othmân ben 'Aft'ân. 

'OTHMÂN ASSIÉGÉ DANS SA MAISON 

Ce siège dura vingt jours, et le khalife fut tué dans le 
mois de dhou '1-hidjdja de l'an trente-cinq de l'hégire. La 
cause en fut que le peuple se vengea sur lui de plusieurs 
choses. Lune de celles-ci fut son attachement pour ses 
proches, comme l'avait dit 'Omar; il reçut chez lui à de- 
meure el-Hakam ben Abi 'l-'Âç ben Omayya \ mis hors la loi 
par le Prophète, qui l'avait exilé à Batn-Wedjdj parce qu'il 
révélait ses secrets et les faisait connaître au peuple. Un 
autre motif, c'est qu'il avait constitué en fief pour el-Hàrith 
ben el-Hakam le lieu dit Mahraqa, qui est une localité à 
l'est de Médine, où le Prophète, arrivé à cet endroit dans 
sa marche vers Médine, avait frappé le sol de son pied en 
disant : a C'est ici le lieu où nous ferons nos prières, où 

1. Dongola. 

2. Père de Alerwân ben el-Hakam. Cf. Mas'oùdî, Prairies d'or, t IV 
p. 257. 



— 208 — 

nous procéderons aux rogations, où nous célébrerons la 
fête des sacrifices et celle de la rupture du jeûne; ne le 
détruisez pas et ne touchez pas de loyer pour lui ; que 
Dieu maudisse celui qui détruira quelque chose à nos mar- 
chés ! » 

Un troisième motif, c'est qu'il donna en fief à Merwân 
ben el-Hakam le canton de Fadak, l'aumône du Prophète, 
et qu'il accorda au même personnage le cinquième du bu- 
tin rapporté d'Afrique ; de sorte que 'Abd-er-Rahman ben 
Hanbal el-Djomahî a pu dire : 

J'en jure par Dieu, le Seigneur des hommes, le droit n'a rien 
laissé de négligé. 

Mais tu as été créé pour nous une pomme de discorde, pour que 
nous soyons éprouvés par ton moyen, ou que tu le sois. 

Or ils n'ont pas pris tous deux un dirhem par ruse et n'ont pas 
donné un dirhem pour une passion. 

Tu as donné à Merwân la cinquième partie des hommes; hé- 
las ! tes brebis, contre ceux qui les attaquent' ! 

Un autre motif encore, c'est qu'il donna à 'Abdallah ben 
Khâlid ben Asîd ben Râfi' quatre cent mille dirhems, et à 
el-Hakam ben Abi 'l-'Aç cent mille. Une raison encore, c'est 
qu"Obéïdallah, fils d"Omar, tua el-Hormozân pour venger 
son père 'Omar, ainsi que les deux fils d'Abou-Lou'lou'a 
(soit-il maudit!) et qu'il ne le fit pas mettre à mort. Il des- 
titua les gouverneurs nommés par 'Omar et désigna à leur 
place des descendants d'Oméyya ; il rappela d'Egypte 'Amr 
ben-el-'Âç, et le remplaça par 'Abdallah ben Sa'd ben Abi- 
Sarh ; il révoqua Sa'd ben Abi-Waqqàç du gouvernement de 
Koûfa, dont il confia l'administration au débauché el-Wé- 
lîd ben 'Oqba ben Abi-Mo'aït, son frère utérin, qui s'eni- 
vrait avec du vin et célébrait la prière à des heures indues; 
un jour, étant encore dans les fumées du vin, il fit la prière 

1. La glose marginale ancienne signifie : a Je ne pense pas que tout 
cela provienne du fait d'^Othmân, mais il paraît plutôt que c'est de 
celui de Mo'âwiya, à titre d'instruction pour lui. » 



— 509 — 

de l'aube à quatre rak'a' et en s'en allant, il dit : a Je vous 
en donnerai encore, si vous le désirez, car je me sens bien 
disposé. » Le peuple fit du tapage et lui lança des cailloux; 
c'est à ce propos (|u'el-H()taï'a a dit : 

El-Hotaï'a a été témoin d'un jour où il se trouva suffisamment 
abreuvé ; el-Wélid méritait certainement une excuse. 

Il cria, alors que la prière était déjà terminée, toujours dans la 
fumée de Tivresse et sans savoir ce qu'il disait : En voulez-vous 
encore ? 

Lorsque le peuple se plaignit de lui, le khalife le desti- 
tua, mais il le remplaça par un individu pire, Sa'id ben el- 
'Aç. On vit s'avancer un personnage d'un orgueil démesuré 
et d'une infatuation extrême ; c'est lui le premier qui établit 
la dîme sur les digues et les ponts. 

Un motif encore, c'est que le fils d'Abou-Sarh fit mettre 
à mort sept cents hommes pour venger le meurtre d'un seul ; 
le khalife donna l'ordre de le destituer, mais son acte ne 
lui parut pas répréliensible. Une autre raison, c'est qu'il ré- 
duisit tous les textes du Qorân à un seul texte, et qu'il con- 
traignit le peuple à ne se servir que de son exemplaire. Il y 
a encore ceci, c'est qu'il fit voyager 'Âmir ben 'Abd-Qaïs 
de Baçra en Syrie, parce qu'il était entièrement détaché de 
ses fonctions, et qu'il envoya Abou-Dliarr el-Ghifâri à er- 
Rabadha; Alo'àwiya s'était plaint de ses médisances; il le 
fit venir et chercha à le blâmer; mais Abou-Dharr n'accepta 
pas ses reproches, et le khalife l'expédia à er-Rabadha, où 
il mourut. 

Un motif de plus, c'est qu'il avait épousé Nâïla, fille d'el- 
Farâfiça, de la tribu de Kelb, et lui avait donné cent mille 
[dirhems] tirés du béït el-mâl, où il avait pris également 
une corbeille, pleine de bijoux, qu'il avait donnés à l'une 
de ses femmes ; il avait emprunté à la même caisse cinq 
mille dirhems. Or, il avait été stipulé, lors de la prestation 

ï. Au lieu de deux obligatoires. 

14 



— 210 — 

de serment, qu'il agirait selon les prescriptions du livre de 
Dieu, la coutume de son prophète et la conduite des deux 
chéïkhs [Abou-Bekr et 'Omar] ; il s'y conforma pendant six 
ans, puis il changea, comme nous venons de le dire (nous 
nous réfugions en Dieu contre l'acte de blâmer les Compa- 
gnons ; que Dieu snnctifie leurs âmes à tous !) 

Une raison encore, c'est que lors de son intronisation, il 
monta en chaire et en gravit la partie supérieure, là où 
s'asseyait le Prophète; Abou-Bekr, par respect pour la 
grandeur du Prophète, en descendait d'un degré; à l'intro- 
nisation d"Omar, celui-ci en descendit encore d'un degré 
plus bas que celui d"Omar, de sorte que ses deux pieds 
portaient par terre, la chaire n'ayant ([ue deux degrés. Le 
peuple se mit à parler de tout cela et â critiquer 'Othmân ; 
celui-ci prononça un sermon où il disait : « C'est le bien de 
Dieu, je le donne â qui je veux, j'en fais jouir qui je pré- 
fère. Que Dieu couvre de confusion ceux qui ne l'admettent 
pas ! » 'Ammâr ben Yâsir se leva : « Je suis le premier à 
réprouver ces actes !» — « Tu es bien audacieux en ma 
présence, ô hls de Soméyya' ! » s'écria le khalife, et les 
Oméyyades, se précipitant sur 'Ammâr, le frappèrent si 
fort qu'il s'évanouit. 'Ammâr dit [plus tard] : « Ce n'est pas 
la première fois que j'eus â soufïrir pour Dieu. » 'Othmân 
tit frapper de verges 'Abdallah ben Mas'oûd pour s'être 
opposé à sa version du Qorân. 

Alors el-Achtar er-NakhaM, à la tête de deux cents cava- 
liers des gens de Koûfa, Hokéïm ben Djabala el-'Abdi avec 
deux cents cavaliers de ceux de Baçra, et 'Abd-er-Rahman 
ben 'Odéïs el-Bala\vî, accompagné d'une troupe de six 
cents cavaliers des gens d'Egypte, parmi lesquels 'Amr 
ben el-Hamiq et Mohammed ben Abi-Bekr, se mirent en 
marche et vinrent camper à Dhou-Kliochob, à uneparasange 
de Médine; ils envoyèrent â 'Othman des personnes char- 

1. C'était le nom de la mère d"Ammâr ben Yâsir. 



— 211 — 

gées de lui parler et de le blâmer. « Quelle vengeance pour- 
suivez-vous? » demanda 'Othman. «Nous voulons venger 
l'injure faite à 'Ammâr », répondirent les envoyés. « Je n'en 
ai pas donné l'ordre, répliqua le khalife, et je ne l'ai pas 
frappé: voici ma main (jui a indiqué 'Ammàr. qu'on la 
coupe. » Les envoyés ajoutèrent : « On vengera sur toi l'uni- 
fication des textes. » Il répondit : « Hodhéïfa est venu me 
trouver et m'a dit : Qu'aurais-tu fait si l'on avait dit : la 
version d'un tel, la lecture de tel autre, de sorte qu'ils 
difïéreraient comme le font les gens du Livre. Si cette ré- 
flexion est juste, elle vient de Dieu; si elle est erronée, 
c'est de la faute d'Hodhéïfa. » Ils ajoutèrent : a II y a à ven- 
ger sur toi que tu as désigné pour remplir les emplois des 
sots de ta parenté. » Il répondit : a Que les habitants de 
toute ville se lèvent, qu'ils me demandent votre compa- 
gnon : je le nommerai leur gouverneur. )) 

'Ali fut envoyé à Dhou-Khochob ; il les rendit satisfaits 
et réussit à les décider; ils partirent jusqu'à ce qu'ils par- 
vinrent à Hismà, lorsque passa auprès d'eux un cavalier 
porteur d'une lettre adressée au fils d'Abou-Sarh, lui en- 
joignant de mettre à mort ces gens-là. Quand le cavalier fut 
parti, le peuple parla à leur sujet et des rumeurs circu- 
lèrent; 'Othmân monta en chaire et dit : « J'ai appris ce 
dont vous vous entretenez; ces gens ne sont venus que 
pour une affaire de maigre importance. » — « Pas du tout, 
s'écria 'Amr ben el-kc, ils sont venus pour une affaire très 
grave, et déjà nous sommes exposés aux difficultés par ta 
faute; ou tu t'amenderas, ou tu abdiqueras. » — « Ô fils de 
Nàbigha, voilà maintenant que je t'ai destitué du gouver- 
nement de l'Egypte. » 

On dit que lorsque 'Othmân donna à ces gens ce qu'ils 
désiraient, Merwân ben el-Hakam dit à Homrân ben Abàn', 



1. Cf. Mas'oùdî, Avertissement, p. 383 (son chambellan, l'un de ses 
affranchis). 



secrétaire d"Otlimân (mais c'était le premier qui avait 
entre les mains le sceau du khalife) : « Ce vieillard est de- 
venu bien faible et a le cerveau dérangé; lève-toi et écris 
au fils d'Abou-Sarh de couper le cou à ceux qui excitent 
l'inimitié contre 'Othmàn, » Ils agirent tous deux en consé- 
quence, et le secrétaire expédia la lettre par le moyen d'un 
jeune esclave appartenant à 'Othmàn et appelé Madas ' ; il 
était monté sur une des chamelles du khalife. Il passa 
auprès des gens campés à Hismà qui le soupçonnèrent, 
l'arrêtèrent, le firent avouer et firent sortir la lettre d'une 
bouteille de cuir' qui lui appartenait; puis ils partirent 
pour Médine et commencèrent par aller voir 'Ali ben Abi- 
Tàlib, parce que c'était lui (|ui avait négocié avec eux et 
s'était ofl'ert pour caution. 'Ali les accompagna auprès de 
'Othmân; ils lui dirent : « Tu as fait telle et telle chose. » 
'Othman le nia et dit : « Que Dieu maudisse l'écrivain, celui 
qui lui a dicté et celui qui lui a donné l'ordre 1 » — « Qui 
soupçonnes-tu ? dirent-ils. » — « Je soupçonne mon secré- 
taire d'avoir trahi. » 

Médine fut agitée par le retour de ces gens; les Banou- 
Maklizoûm le haïssaient parce que le khalife avait battu 
'Ammâr, les Banou-Zohra pour la punition d" Abdallah ben 
Mas'oûd, et les Banou-Ghifâr pour la situation réservée à 
Abou-Dharr el-Ghifârî. Les plus violents étaient Talha, ez- 
Zobéïr, Mohammed ben Abi-Bekr et 'Aïcha ; les émigrés et 
les auxiliaires l'abandonnèrent. 'Âïcha parla à son endroit 
et montra un des cheveux du prophète, ses sandales et ses 
vêtements, et cria : « Vous avez été bien prompts à aban- 

1. Nommé Warach dans Mas'oùdî, Prairies d'or, t IV, p. 278; n'est 
pas désigné par son nom dans Ibn-el-Athîr, Chrorncon, t. III, p. 134, ni 
dans Tabarî, Aanah's, I, 2984, 2992, 291i5, ni dans Ibn-Khaldoùn, t. II, 
2° part., p. 147, ad iinu/n. 

2. Sur le mot idchca, voir le Lisnn, XVIII, 26. qui le traduit, ainsi 

que Lane, par S ,^ia^, aujourd'hui i .ia.« (à moins que ce dernier mot ne 
dérive de S .L*, d'origine grecque). 



— 213 — 

donner la coutume de votre prophète ! « 'Othmân prononça 
les paroles qui lui sont attribuées au sujet de la famille 
d'Abou-Qohàfa ' et entra dans une telle colère qu'il ne savait 
plus ce qu'il disait, a Dieu soit exalté ! » s'écria 'Amr ben 
el-'Aç, qui aurait voulu vérifier les médisances du peuple 
sur le compte d"Othmân; mais le peuple dit comme lui : 
« Dieu soit exalté ! » 

'Othmân monta en chaire, voulant s'expliquer sur l'en- 
gagement qu'il avait pris, mais un homme se dressa, l'in- 
juria et le blâma, en disant : « Tu as fait telle et telle chose. » 
Pendant ce temps 'Othmân se tournait vers le peuple qui 
l'entourait ; mais personne ne lui répondit. Puis el-Djehdjàh 
ben Sénâm ' el-Ghifàri se leva, lui arracha des mains le bâton 
qu'il tenait et le brisa : alors 'Othmân descendit de la chaire, 
entouré de membres de la famille des Oméyyades, et rentra 
dans sa maison, où on le tint assiégé vingt jours. Lorsque 
le siège devint pressant, le khalife écrivit une lettre et mon- 
tra sa tête hors de la maison pendant qu'on le protégeait 
avec les boucliers ; il la lut à haute voix : « Je renonce à 
tout ce que vous désapprouvez, et je me repents devant Dieu 
de tout péché dont j'ai eu connaissance de telle et telle façon; 
je vous mets en garde, ne versez pas mon sang en dehors de 
toute justice. » — On lui répondit : « Si tu reconnais ta 
faiblesse, abdique et remets-nous Merwàn. » xMais il refusa 
en ces termes : a Je ne me dépouillerai pas d'une tunique 
dont Dieu m'a revêtu, et je n'autoriserai pas votre effort. » 
Ses esclaves demandèrent à combattre l'ennemi, mais il les 
supplia de ne pas verser pour lui le contenu d'une ventouse 
pleine de sang : « Celui qui retiendra sa main sera libre », 
s'écria-t-il. Il écrivit à 'Ali : 

Si je dois être mangé, sois celui qui me mangera le mieux ; si 
non. viens me rejoindre pour que je ne sois pas déchiré. 



1. Père d'Abou-Bekr. 

2. Ben Sa'id, dans Tabari. 



— 214 — 

« Conscn tiras-tu à ce que ton cousin soit tué et à ce que 
tes biens soient pillés ?» — 'Ali répondit : «Non, par Dieu ! » 
et il envoya el-Hasan et el-Hoséïn à sa porte pour la garder. 
Alors Mohammed ben Abi-Bekr, accompagné de deux 
hommes, s'introduisit dans l'enclos d"Othmân en passant 
par la maison d'un des auxiliaires; il prit le khalife par la 
barbe [avec une telle violence] que l'on entendit la chute 
de ses dents molaires. Le fils d"Othmân lui cria : « Laisse- 
le, mon neveu ! certes, si ton père te voyait, cela lui ferait 
du mal. » A ces mots, sa main se relâcha. 'Amr ben Bodéïl 
frappa le khalife d'un fer large de flèche dans ses veines 
jugulaires ; Sinân ben 'lyàd le tua, alors que le livre sacré 
était dans son giron, le 10 dhou'l-hidjdja de l'année 35. Le 
corps resta dans la maison un ou deux jours ; puis il fut 
enterré dans un endroit appelé Hachch Kaukeb. Ibn-Ishaq au a 
mugi, et vous avez répondu : il a eu le tendon tranché, et 
vous avez été mis en déroute. Vos mœurs sont médiocres^ 
vos actes hypocrites, votre eau une boisson amère. » A la 
suite de ce discours, il nomma 'Abdallah ben el-'Abbâs, 
surnommé la mer de science de la communauté, gouverneur 
de Baçra : Qais ben Sa'd ben 'Obâda fut nommé gouver- 
neur d'Egypte, dont Màhoùï, dihqùn de Merw et meurtrier 
de Yezdegird, fut chargé de percevoir les impôts; puis 'Ali 
partit pour Koûfa. 

La bataille du Chameau a inspiré de nombreuses odes et 
poésies, parmi lesquelles ce qu'a dit un poète : 

J'ai assisté à bien des guerres qui m'ont rendu chenu, mais je 
n'ai jamais vu de bataille comparable à celle du Chameau. 

Plût à Dieu quela dame restât à la maison, et que toi, ô 'Asker, 
tu ne te fusses jamais mis en marche ' ! 

BATAILLE DE ÇIFFIN 

Çifïin est une localité située entre T'Irâq et la Syrie. La 
bataille entre les deux partis dura quarante jours. Lorsque 
Mo'àwiya, dit-on, apprit la nouvelle du combat du Cha- 
meau, il appela les Syriens à la lutte au nom du conseil et 

1. Vers rapportés par el-Açma'î d'après un témoin oculaire; cf. Ibn- 
'Abd-Rabbihi, 7r/rf., t. II, p. 281, qui en cite un troisième. 



OOQ 

de la vengeance du sang d"Othmân. Les Syriens lui prêtèrent 
serment en qualité de chef militaire, non de khalife. 'AU lui 
envoya comme ambassadeur Djérir ben 'Abdalhih el-Badjali 
pour le convier à le reconnaître ; mais Mo'àwiya lui écrivit : 
(( Si tu m'as constitué la Syrie et l'Egypte à titre de fief 
précaire' pour la durée de ta vie, et si tu meurs, tu ne 
mettras en faveur de personne après toi sur mon dos une 
prestation de serment que je t'aurais faite. » 'Ali répondit : 
« Dieu n'a pas vu que j'aie adopté les égarés comme auxi- 
liaires, » et il sortit de Koûfa à la tète de quatre-vingt dix 
mille hommes, tandis que Mo'âwiya marchait à sa rencontre 
avec quatre-vingt mille. Celui-ci alla camper à Çillin, pré- 
cédant 'Ali à l'aiguade de l'Euphrate, qu'il chargea Abou 
'i-A'war es-Solamî de défondre, de manière à interdire l'accès 
de l'eau aux partisans d"Alî. Ce dernier envoya pour le 
combattre el-Achtar en-Nakha'î, qui réussit à les repousser 
et à s'emparer de l'aiguade; 'Ali lui recommanda de ne pas 
empêcher les serviteurs de Dieu d'avoir accès à l'eau. Des 
ambassadeurs, des négociateurs allèrent et vinrent entre eux 
pendant plusieurs jours ; puis ils abordèrent résolument le 
combat pendant quarante matins : toutes les fois que le 
combat s'enflammait, les Syriens tenaient haut la tunique 
d"Othmàn ; Moïiwiya leur criait : «Réclamez le passage 
pour elle. » Soixante-dix mille hommes furent tués, vingt- 
cinq mille du côté de ceux de T'Irâq, quarante-cinq mille 
chez les Syriens. Chaque jour, 'Alî expédiait de la ca- 
valerie. On dit qu'un jour 'Obéïd-allah ben 'Omar, qui 
s'était enfui auprès de Moïiwiya par crainte qu"Ali ne lui 



1. La to'ma consiste à pouvoir disposer des revenus d'une province 
sans avoir de comptes à rendre. Cf. H. Lammens, Califat de Ya^id /", 
dans les Mélanges de la Faculté orientale de Beyrouth, t. V, fasc. 2, 
p. 705 ; du même auteur, Mo''dicia, à l'index. La to'ma est une conces- 
sion viagère, tandis que Vù/tâ' se transmet aux descendants : définition 
de Qodâma, reproduite par A. von Kremer, Etnnahmebudget (Denk- 
schr. Wien. Ak. Wiss., t. XXXVI;, p. 4.5 du tirage à part. 



— 224. — 

appliquât la peine du talion, sortit un jour des rangs en 
proclamant ces vers : 

Je suis 'Obéïd-allah, élevé par mon père 'Omar, le meilleur des 
Qoréïchites qui sont passés et qui sont partis. 

Le savant du prophète, le chéïkh illustre ; Modar a été en re- 
tard pour venir au secours d"Othniân, 

Ainsi que les enfants de Rabî'a ; puissent-ils ne pas être arrosés 
de pluie '. 

'Ali l'interpella : « Pour ({uel motif me combats-tu ? Si 
ton père vivait encore, il n'aurait pas lutté contre moi. » Il 
répondit : « Je réclame la vengeance du sang d'^Othmân, fils 
d'Afîan. » Mais 'Ali répondit : « Et Dieu te réclame le sang 
d'el-Hormozân. » Alors el-Achtar en-Nakha'î sortit à sa 
rencontre en disant ces vers : 

Je suis el-Achtar, dont la paupière renversée est connue, je suis 
la vipère mâle de T'Irâq. 

Et toi, des meilleurs d'entre Qoréïch, tu as eu peur du radotage 
des sinistres enfants d"Omar''. 

En entendant ces mots, 'Obéïd-allah s'en retourna et re- 
fusa de marcher sur lui : il fut tué ensuite. 'Ammâr, étant 
sorti de la ligne de bataille, fut tué par Abou-'Àmir el- 
'Âmilî ; son histoire a été racontée dans le chapitre consa- 
cré aux Compagnons du prophète'. C'est de lui qu'on a dit : 

Ô braves, que d'yeux ont versé des larmes ! Abou '1-Yaqzhân 
*Ammâr a excité ma tristesse. 

Le prophète lui avait dit : Une troupe misérable te tuera, 
troupe de pécheurs dont les chairs ont été fouettées pour une ré- 
volte. 



1. Vers cités par Mas'oûdî, Prairies d'or, t. IV, p. 357, avec va- 
riantes. 

2. Le premier de ces deux vers dans Mas'oûdî, id. op., t. IV, p. 357 : 
le second y est différent. Le mètre de celui-ci est irrégulier. 

3. Ci-dessus, p. 102, Son meurtrier est appelé Abou "l-Âdya par Mas- 
/oùdî. 



— 225 — 

Aujourd'hui les Syriens savent qu'ils sont désignés par cette 
parole, et que la honte et l'opprobre les couvrent ', 

Lorsqu'Ammàr périt, le peuple s'éveilla et fut sur le 
point de s'opposer àAIo'àwiva : mais celui-ci lui dit : (i C'est 
'Ali qui l'a tué, puisqu'il l'a exposé à la mort. » Ensuite 
'Ali sortit des lignes et dit : « Pourquoi des hommes se- 
raient-ils tués dans une querelle entre toi et moi ? J'en 
appelle au jugement de Dieu : celui d'entre nous qui tuera 
son adversaire aura le pouvoir, o 'Amr l^en el-'Aç dit à 
Mo'âwiya : « Je t'en conjure par Dieu, ô Mo'âwiya ! » 
Celui-ci lui répondit : « Tu sais bien que personne ne peut 
lutter contre lui en combat singulier sans périr. » Certaines 
personnes prétendent que Mo'âwiya lui dit : « Sors alors, 6 
'Amr ! » Celui-ci, ayant revêtu une tunique de laine ayant 
deux fentes, l'une par devant et l'autre par derrière, offrit le 
combat singulier à 'AU. Toutes les fois que celui-ci char- 
geait sur lui et était assuré de lui porter un coup de taille, 
*Amr levait sa jambe, de sorte que sa nudité apparaissait ; 
'Alî détournait son visage et le laissait tranquille'. 

Un jour 'AU se présenta à la tête d'une compagnie, pré- 
cédée d'une avant-garde commandée par el-Achtar en- 
Nakha'i ; ils leur livrèrent un combat sérieux, de sorte que 
toutes les lignes des Syriens furent enfoncées et qu'un 
grand nombre d'entre eux périrent Le soleil s'éclipsa, et 
'AU fut sur le point de remporter la victoire. Alors 'xAinr dit 
à Mo'àwiya : a Je sais une parole telle que, si tu la dis, tu 
seras sûr de réussir : me donneras-tu l'Egypte à titre de fief 
précaire ? » — « Je te la donne, » dit Mo'àwiya. — « Or- 
donne à tes troupes de déployer le Qorân. » Ils le firent, et 



1. Les deux derniers vers dans Mas'oûdî, op.-laucL, t. IV, p. .360, où 
ils sont attribués à el-Hadjdjâdj ben 'Ozayya el-Ançârî ; quelques va- 
riantes. 

2. La note marginale moderne signifie : a C'est là un récit que la rai- 
son ne saurait admettre, et que nous ne trouvons nulle part ailleurs, 
dans les livres d'histoire. L'esprit de parti s'y est mêlé. » 

15 



— 226 — 

Ibii ' proclama : « O gens de T'Irâq, entre nous et vous 

est le livre de Dieu : nous vous convions à vous y reporter, » 
Ils dirent : « Mo'àwiya te propose une chose juste. » — 
({ Malheur à vous ! s'écria 'Ali, c'est une ruse : nous ne les 
combattons que pour les obliger à reconnaître les décisions 
du livre de Dieu. » — « 11 faut absolument, répliquèrent- 
ils, que nous fassions trêve et que nous répondions au livre 
de Dieu. » El-Ach'ath ben Qaïs les avait déjà adjurés à 
ce sujet en disant : 

Les Syriens, au matin, ont tenu haut leurs lances qui portaient 
le livre de Dieu, la meilleure lecture. 

Ils ont crié à 'Ali : O cousin paternel de Mohammed, ne crains- 
tu pas que les hommes et les génies ne périssent- ! 

(( Ceci est le livre de Dieu, dit 'Alî ; qui donc jugera entre 
nous ? » Les Syriens choisirent 'Amr ben el-'Âç, ceux de 
r'Iràq Abou-Moûsa el-Ach'arî. « [Plutôt] ce his d^Abbàs, fit 
observer 'Ali. » — «Nous ne l'admettons pas, dit el-Ach'ath 
ben Qaïs; par Dieu, jamais un Modarite ne jugera entre 
nous. » — « Abou-Moûsa, dit el-Ahnaf, est un homme su- 
perficiel et sans profondeur ; mets-moi à sa place, je m'occu- 
perai de cette affaire avec une résolution ferme et je te pla- 
cerai dans la position où tu voudras relativement à elle. » 
Mais les Yéménites ne furent pas satisfaits de lui ; c'est à 
ce propos que le poète a dit : 

Si le peuple qu'ils conserveraient intact au moment des 

difficultés, ils vous jetteraient Ibn-'Abbâs. 

Mais ils vous ont jeté un homme dur des seigneurs du Yémen, 
qui ne sait pas ce que veut dire le remplacement des cinquièmes 
par des sixièmes (c'est-à-dire qui ne pense pas à une ruse possible, 
comme de faire boire le chameau tous les six jours au lieu de cinq). 

On inscrivit comme condition que les deux arbitres juge- 

1. Lacune dans le manuscrit. Le nom qui manque n'est pas donné 
par les historiens. 

2. Vers cités par Mas'oûdî, td. op., t. IV, p. 378, et attribués à Né- 
djâchî bon el-Hârith. 



227 

raient d'après le livre de Dieu, la coutume du prophète et 
l'avis unanime des ^lusulmans, non d'après les divergences; 
s'ils sortaient des limites de leurs instructions, leur déci- 
sion n'aurait pas de valeur. On fixa comme délai le mois de 
ramadan, à la condition que les deux arbitres se réuniraient 
dans une localité à mi-chemin entre Koûfa et la Syrie, et 
qu'ils jugeraient le ditïérend d'après ces termes. El-i\.ch'atli 
ben Qaïs sortit et se mit à lire le compromis au peuple ; 
'Orwa ben Odéyya et-Témimi étant passé auprès de lui, 
dégaina son sabre, en frappa l'arrière-train de sa monture 
et s'écria : « Vous jugez les hommes, mais la véritable dé- 
cision n'appartient qu'à Dieu ! » A ce sujet, le poète a dit : 

Est-ce contre el-Ach'ath, celui qui porte une tiare en guise de 
turban, que tu as dégainé tes armes, ô fils d'Odéyya ? 

RÉVOLTE DES KHARIDJITES CONTRE 'aLÎ 

'Ali ordonna de partir de Çiffin; mais avant qu'on eût 
levé le camp, la nouvelle de la constitution des arbitres cir- 
cula parmi l'armée. Mo'âwiya retourna en Syrie, ayant ob- 
tenu ce qu'il voulait en jetant le dissentiment et la division 
dans les troupes d"Alî. Quand celui-ci entra à Koûfa, douze 
mille lecteurs du Qorân se séparèrent de lui et décam- 
pèrent avec leurs drapeaux ; ils allèrent camper à Haroùra, 
bourgade de la Babylonie. et choisirent pour général Chabath 
ben Rib'î, et pour directeur de la prière 'Abdallah ben el- 
Kawwâ. Pendant six mois, 'Alî disputa avec eux, alors 
qu'ils ne faisaient que répéter : « Tu as eu peur d'un mal- 
heur, tu as consenti à la compromission, tu as admis une 
vilenie ; tu ne peux constituer comme juge que Dieu ! » Et 
'Alî leur répondait : « J'attends le jugement de Dieu à 
votre égard. » Ils répliquaient : (( Si tu associes, ton œuvre 
sera vaine ! » Et il répondait encore : « Attendez, car la 
promesse de Dieu est \Taie. » 

Ensuite 'Ali leur dépécha 'Abdallah ben'Abbâs et Ça'ça'a 



— 228 — 

ben Çoûhân pour les inviter à se joindre à l'union, et il 
leur fit dire : « Je vous donne rendez-vous à une époque 
où nous étudierons le livre de Dieu; peut-être ferons-nous 
la paix. ') Ils lui donnèrent pour délai dix-neuf jours; puis il 
leur dit : « Envoyez-moi des orateurs qui présenteront vos 
arguments. )) Ce qu'ils firent; alors 'Ali se leva, proclama 
les louanges de Dieu et dit : « Je ne vous aurais pas incités 
à ce compromis et à cet arbitrage; mais vous vous êtes 
montrés faibles dans le combat et vous vous êtes séparés de 
moi; l'ennemi m'a appelé au jugement du livre de Dieu, et 
j'ai craint qu'on n'interprétât contre moi le passage où il est 
dit : «Ne voyez-vous pas ceux qui ont reçu une portion du 
livre, ils sont appelés vers ce livre pour qu'il juge entre eux; 
puis une partie d'entre eux a tourné le dos et s'est dé- 
tournée \ » 

(. Tu nous a appelés au livre de Dieu, répliquèrent les 
orateurs des Haroûriyya, nous t'avons répondu affirmative- 
ment, nous avons tué et nous avons été tués, à la bataille 
du Chameau et à celle de Çiffin ; ensuite tu as douté de 
ton affaire et tu as choisi ton ennemi comme arbitre; c'est 
nous qui nous en tenons à l'ordre que tu as abandonné et 
que tu as remplacé par un autre ; nous n'y renoncerons que 
si tu te repents et si tu témoignes que tu t'es égaré. » Il 
reprit : a Dieu me garde de témoigner que j'ai été égaré ! 
C'est grâce à nous que Dieu vous a dirigés et vous a arra- 
chés à l'erreur! Si j'ai constitué les deux arbitres, c'est 
pour qu'ils jugent d'après le livre de Dieu, la coutume du 
prophète qui nous unit et non qui nous divise; s'ils jugent 
sur une base différente, leur décision sera nulle et non- 
avenue pour moi comme pour vous. L'affaire n'arrivera 
que l'année prochaine. » — « Nous craignons, répondirent- 
ils, qu'Abou-Moûsa n'invente quelque chose qui sera une 
infidélité. » — « Gardez-vous, leur dit 'Ali, d'être infi- 

1. Qor., III, 22. 



— 229 — 

dèles cette année-ci, dans la crainte de le devenir l'année 
prochaine, » 

A la suite' de cette conférence, certains d'entre eux re- 
vinrent cà l'orthodoxie ; ensuite 'Ali leur envoya Ibn-'Abbâs 
qui leur dit : « De quoi voulez-vous tirer vengeance sur le 
dos du cousin du prophète? » Ils répondirent : « De trois 
choses ; la première est qu'il a chargé des hommes de pro- 
noncer sur la religion de Dieu, alors que Dieu lui-même a 
dit : Point de jugement si ce n'est par Dieu'; la seconde, 
c'est qu'il a changé son titre de chef des croyants, car, loin 
d'être le chef des croyants, il est celui des infidèles; et la 
troisième, c'est qu'il a fait tuer ses ennemis, sans enlever 
les femmes et les enfants et sans piller ; car s'ils étaient des 
infidèles, il était licite d'enlever les femmes et les enfants; 
et s'ils étaient croyants, pourquoi les avez-vous fait mettre 
à mort ? » Ibn-'Abbâs répondit : « Quant au reproche d'avoir 
permis à des hommes de juger la religion de Dieu, rappelez- 
vous que Dieu autorise la nomination comme arbitres, au 
sujet d'un lièvre dont la valeur est d'un quart de dirhem, 
de deux Musulmans justes, et de même au sujet de la 
mauvais conduite d'une femme; je vous en supplie au nom 
de Dieu, le jugement des hommes au sujet d'un lièvre est- 
il supérieur ou non à celui qu'ils rendront au sujet du 
sang de la nation et du raccommodement des difïérends? 
Et quant à l'accusation d'avoir tué, sans ravir les femmes 
et les enfants et sans piller. Dieu a dit : « Le prophète est 
plus cher aux Musulmans que leurs propres âmes, et ses 
épouses sont leurs mères'. » Est-ce que vous voulez en- 
lever vos mères et leur appliquer le traitement que vous 
vous permettez à l'endroit des autres ? Quand vous dites 
qu'il a retiré son nom de la commanderie des Musulmans, 
pensez que le prophète de Dieu, le jour de Hodéïbiya, a 



1. Qor., IV, 57. 

2. Qor., XXXIII, 6. 



— 230 — 

retiré son nom du prophétisme' ; or par Dieu, le prophète 
est certainement supérieur à 'Ali. » 

Deux mille hommes, conduits par 'Abdallah ben el- 
Kawwâ, retournèrent auprès d"Alî, et le restant désigna 
pour son chef 'Abdallah ben Wahb er-Ràsibi ; ils com- 
mencèrent à commettre des déprédations. « Laissez-les, 
dit 'Ali, jusqu'à ce qu'ils s'emparent des biens et versent 
le sang; » il disait, en elîet : « Le prophète de Dieu m'a 
ordonné de combattre ceux qui violent le pacte, les in- 
justes et ceux qui s'écartent de la voie droite ; les pre- 
miers sont les combattants qui entouraient le Chameau, 
les seconds les combattants de Çiftin, les troisièmes les 
Khàridjites. » 

Les Khàridjites attaquèrent 'Abdallah ben Khabbâb et le 
tuèrent; ils fendirent le ventre de sa femme, et massa- 
crèrent des femmes et des enfants. 'Ali leur dit : « Livrez- 
moi les meurtriers de nos frères, et je vous laisserai tran- 
quilles. » Mais ils se soulevèrent et abordèrent la lutte. 
(( Dix d'entre eux seront vaincus, dit 'Ali, et dix des 
leurs seront tués. » Il en fut ainsi ; cette journée s'appela 
la l)ataille de Nahréwân ; elle lut livrée dans une localité 
appelée Roméïlat ed-Deskeré. C'est là que fut tué el- 
Mokhdadj, l'homme à la mamelle, histoire déjà mention- 
née dans le chapitre des diverses croyances des Musul- 
mans'. Certaines personnes atlirment que, ce jour-là, quatre 
mille hommes périrent. On dit aussi que l'ensemble des 
pertes sul)ies par les Khàridjites à cette bataille et dans 
d'autres occasions, du fait d"Alî, s'éleva à soixante mille. 
Telle fut l'afiaire des Khàridjites. Le séyyid Himyarite a 
dit : 



1. Sur les réclamations des négociateurs mecquois, Mahomet avait 
consenti à ce que son nom figurât seul sur l'instrument du traité, sans 
mentionner sa qualité de rasoùl Allah. Cf. W. Muir, Life of Maho- 
vipt, t. IV, p. 8:5; Sprenger, Dan Lchcn, t. III, p. 246, 
■ 2- Ci-dessus, p. 144. 



— 231 — 

Ma religion est celle de l'exécuteur testamentaire du prophète, 
le jour de la bataille de Khoréïba', quand il massacra les égarés. 

C'est celle qu'il mit en pratique le jour du canaP ; sa main 
s'associa à la mienne à Çiffîn. 

Tous ces sangs, Seigneur, sont réunis ensemble à ma charge ; 
fais-m'en boire autant, ainsi soit-il ! ainsi soit-il^! 

KHALIFAT D^ALÎ, FILS d'aBOU-JÂLIB 

Après l'assassinat cV 'Othmân, on prêta un serment géné- 
ral à 'Alî, dans la mosquée du prophète; les habitants de 
Baçra et ceux de Koûfa prêtèrent serment entre les mains 
d'Abou-Moûsâ el-Ach'ari; Talha et ez-Zobéir procédèrent 
à cette formalité à Médine; personne ne s'y refusa, excepté 
Mo'âwiva en Syrie, entouré des habitants de cette pro- 
vince. Plus tard, Talha et ez-Zobéïr rompirent le pacte et 
se révoltèrent avec 'Aïcha à Baçra; 'Ali marcha contre eux 
et leur livra la bataille du Chameau ; puis il alla attaquer 
les Syriens à Çiffin; ensuite on constitua les deux arbitres 
et l'on s'en alla ; les Khâridjites se révoltèrent, et 'Alî les 
massacra à Nahréwân. 'Alî avait envoyé Qaïs ben Sa'd ben 
'Obàda en Egypte en qualité de gouverneur, et celui-ci 
avait enlevé cette province à Mo'âwiya par astuce et par 
ruse ; 'Amr ben el-'Âc, que Mo'âwiya avait désigné comme 
gouverneur lors de la déclaration du compromis, ne put par- 
venir à l'occuper; alors ils complotèrent les moyens de se 
débarrasser de Qaïs. Voici comment ils s'y prirent. Moïiwiya 
écrivit à certains personnages des Banou-Oméyya : « Que 
Dieu récompense en bien Qaïs ben Sa'd ! Il s'est abstenu 
d'attaquer nos frères d'Egypte qui avaient combattu pour 
venger le sang d"Othmàn, et on a caché ce fait à 'Ali. Je 

1. Du Chameau. 

2. De Nahréwân. 

3. Voir les deux premiers vers, avec variantes, dans VAghânî, t. VII, 
p. 22; Barbier de Meyuard, dans leJourn. Asiat., VIP sér., t. IV, 1874, 
p. 23U. 



OQ9 

crains qu'il ne le destitue s'il apprend la vérité. » Cela se 
répandit parmi le peuple ; on dit : « Qaïs a été changé. » — 
« Dieu nous garde, dit 'Ali, que Qaïs soit changé ! » 

Mais on ne cessa d'insister jusqu'à ce que le khalife eût 
écrit à son lieutenant de revenir; Qaïs comprit que c'était 
une ruse de ISÏo'âwiya : « Si ce n'était mentir, dit-il, j'aurais 
préparé à Mo'âwiya une embûche qui l'aurait fait rentrer 
dans sa maison ! » Il alla donc retrouver 'Ali, qui envoya el- 
Achtar en-Nakha'î pour le remplacer. Quand celui-ci fut 
arrivé à el-'Arich, Mo'âwiya (soit-il maudit!) écrivit au 
dihqân (gouverneur) de cette bourgade : « Si tu trouves le 
moyen de faire disparaître el-Achtar, tu jouiras de l'impôt 
de cette localité pendant vingt ans. » Ce gouverneur fit 
préparer une bouillie dans laquelle il mit du poison ; en la 
buvant, el-Achtar resta sur la place. A cette nouvelle, MoVi- 
wiya s'écria : « Que c'est froid au cœur ! Certes, Dieu a 
aussi des armées dans le miel.» Quand 'Ali le sut, il envoya 
Mohammed ben Abi-Bekr à sa place en Egypte, tandis que 
Mo'âwiya y expédiait 'Amr ben eKAç; les deux compéti- 
teurs luttèrent à el-Mosannât ', où Mohammed ben Abi- 
Bekr fut tué ; son cadavre, placé dans une charogne d'âne, 
fut brûlé au moyen du feu. 

HISTOIRE DES DEUX ARBITRES 

Ce fut huit mois après Çifhn qu'Abou-Moûsa el-Ach'arî 
et Âmr ben el-'Aç se réunirent pour l'arbitrage, dans la lo- 
calité appelée Doûmat-el-Djandal, entre la Mecque, Koùfa 
et la Syrie ; on fit venir un certain nombre de Compagnons 
et de leurs successeurs, parmi lesquels 'Abdallah ben 'Omar, 
'Abd-er-Rahmân ben el-Aswad ben 'Abd-Yaghoûth, et el- 
Miswar ben Makhrama, au milieu de Médinois intègres. 
'Ali y envoya également de Koûfa Ibn-'Abbàs, accompagné 

]. Cf. Mas'oûdî, Prairies d'or, t. IV, p. 421; Taban, I, p. 3406. 



— 233 — 

d'une certaine suite; celui-ci dit à Abou-Moûsà : «On t'a 
appelé du sobriquet de pierre de la terre et intelligent entre 
les Arabes ; toutes les fois que tu l'oublieras, souviens-toi 
qu^Ali a reçu le serment d'allégeance de personnes qui 
l'avaient prêté à Abou-Bekr, à 'Omar et à 'Othmân ; il n'y 
a en lui aucun défaut qui lui interdise d'être khalife, tandis 
qu'il n'y a chez Mo'awiya aucune qualité qui le rapproche 
de cette dignité. » 

Lorsque Abou-Moùsà et 'Arar furent réunis pour juger, 
ils firent dresser une tente, et 'Amr dit : « Il faut que nous 
ne disions rien sans l'écrire, de manière à n'avoir plus à y re- 
venir. » Ils appelèrent un secrétaire, auquel 'Amr avait dit 
d'avance de commencer par son nom. Quand le secrétaire 
prit la feuille de papyrus et écrivit : « Au nom de Dieu, 
clément, miséricordieux », il commença par le nom d"Amr; 
« Efface-le, dit 'Amr, et commence par le nom d'Abou- 
Moûsà, car il vaut mieux que moi, et est plus digne de la 
préséance. » C'était une ruse de sa part. Ensuite il prit la 
parole : « Que dirons-nous, 6 Abou-Moùsà, au sujet du 
meurtre d"Othmàn ? » — «Par Dieu, il a été tué injuste- 
ment. » — « Ecris, esclave », dit 'Amr ; puis il ajouta : « 
Abou-Moûsà, l'amélioration de la communauté, l'arrêt de 
l'efïusion du sang, et le maintien du reste de la vie valent 
mieux que le différend dans lequel sont tombés 'Ali et 
Mo'âwiya ; si tu juges à propos que nous les déposions tous 
les deux et qu'on choisisse comme khalife de la communauté 
quelqu'un dont les Musulmans soient satisfaits, ce sera une 
sécurité considérable pour notre responsabilité. » — « Il n'y 
a pas de mal à cela», dit Abou-Moûsà. «Ecris, esclave», 
dit 'Amr. Puis ils scellèrent cet écrit et levèrent la séance ce 
jour-là, qui s'était prolongé, et le discours avait été pénible ; 
or, 'Amr avait obtenu ce qu'il voulait par l'aveu d'Abou- 
Moûsà qu"Othmân avait été tué injustement et par la dé- 
position d"Ali et de Mo'awiya. Le lendemain, quand ils 
recommencèrent l'examen, 'Amr dit : « Abou-Moûsi, 



— 234 — 

nous avons déposé 'AU et Mo'âwiya ; nomme-moi qui tu 
veux. )) — « Je nommerai el-Hasan, fils d"Alî, dit Abou- 
Moûsà. » — Juges-tu donc à propos de déposer son père et 
d'introniser le fils à sa place ?» — « Alors, 'Abdallah ben 
'Omar. » — « Il est trop pieux pour être mêlé à des affaires 
pareilles. » Abou-Moùsà continua de nommer un certain 
nombre de personnes que récusait 'Amr. « Nomme tes pré- 
férés, ô Abou-' Abdallah » dit-il. — « Mo'âvviya, lefilsd'Aboù- 
Sofyân. » — a II n'est pas digne de cette position. » — 
« Alors mon fils 'Abdallah ben 'Amr. » Abou-Moùsà re- 
connut que son partenaire se moquait de lui. « Est-ce vrai 
que tu as recours à cette ruse? Que Dieu te maudisse! Ta 
situation ressemble à celle du chien de la fable; si tu te pré- 
cipites sur lui, il tire la langue, et si tu le laisses, il tire 
la langue également. » — « Quant à toi, dit 'Amr, que 
Dieu te maudisse ! Tu ressembles à l'âne qui porte des 
livres. » Alors 'Amr s'écria : a Celui-ci a déposé son maître 
(et en disant cela, il retira son cachet de son doigt), et 
moi aussi je le dépose comme j'enlève ce cachet de mon 
doigt. » Puis il mit le cachet à l'autre main et dit : a J'in- 
troduis Mo'awiya dans le commandement comme j'intro- 
duis ce cachet dans ma main. » (Quelques personnes disent 
cependant qu'il déposa 'Ali, et n'introduisit Mo'awiya 
qu'une fois rentré en Syrie). Ensuite Abou-Moùsa enfour- 
cha sa monture pour retourner à Médine, tandis qu"Amr 
regagnait la Syrie. C'est à ce sujet que le poète a dit : 

Abou-Moùsà, tu as été mis à l'épreuve, mais tu étais un vieillard 
superficiel et d'une iani^ue pâteuse V 

'Amr a attaqué tes qualités, ô fils de Qa'is, par une affaire que 
les deux mains soulèveraient à grand'peine. 

Tu t'es laissé mener par le nez en répondant affirmativement ; 
Dieu nous garde d'un vieillard yéménite'! 

1. Littéralement : fendue. 

2. Cf. Mas'oùdi, Prairies d'or, t. IV, p. 401, où les deux premiers vers 
nSe retrouvent, mais avec variantes ; ils y sont attribués à Ibn-A'yan. 



— 235 — 

Une fois 'Amr revenu en Syrie, il intronisa MoViwiya, 
auquel le peuple prêta serment ; la nouvelle en étant par- 
venue à 'Alî, il s'écria : « Je vous avais interdit de penser à 
cet arbitrage ; celui qui y invitera, tuez-le. » Il résolut de 
marcher contre Mo'àwiya, et soixante mille hommes prê- 
tèrent serment de mourir pour lui ; mais les Khàridjites et 
le soin de les combattre Toccupèrent jusqu'au moment où 
il fut assassiné. 

Mo'âwiya commença à lancer des expéditions dans les 
contrées gouvernées par les agents d"Alî, à lâcher des in- 
cursions, à tuer les hommes, à piller les richesses. Il en- 
voya à Médine, alors gouvernée par x\bou-Ayyoûb el-An- 
çârî, Bosr ben [Abi-]Artât; celui-ci, voyant le gouverneur 
s'éloigner, monta en chaire et menaça de mort les habi- 
tants de Médine, de sorte qu'ils acceptèrent de prêter ser- 
ment à Mo'âwiya ; puis il gagna la Mecque gouvernée par 
'Abdallah ben el-'Abbâs, qui eut peur de lui et sortit de la 
ville pour rejoindre 'AU. Bosr fit mettre à mort une foule 
de partisans d"Ali; il fit prendre deux enfants en bas âge 
d" Abdallah ben 'Abbâs et les fit mettre à mort dans le 
giron de leur mère ; c'est à ce sujet que celle-ci composa 
les vers suivants : 

Hélas ! qui retrouvera mes deux fils qui étaient comme deux 
perles que l'huître perlière laisse échapper en s'ouvrant ! 

Hélas! qui retrouvera mes deux fils qui étaient mes oreilles et 
mes yeux: mon cœur aujourd'hui m'est enlevé! 

L'on m'avait averti de la méchanceté de Bosr, mais je n'avais 
pas cru à ce qu'ils disaient, ni aux mensonges qu'ils pratiquaient '. 

'Ali, ayant appris cette nouvelle, lança à sa poursuite 
Djâriya ben Qodâma qui le manqua et ne l'atteignit pas. 
Ce même Bosr avait deux fils qui se trouvaient à Autâs' ; un 
Qoréïchite alla les rejoindre, les mit à mort et dit : 

1. Cf. Iba-el-Athîr, Chronicon, t. III, p. 323, qui donne trois autres 
ver<. 

2. La vaUée où avait eu lieu la bataille de Honéïn. 



— 236 — 

Je ne les ai pas tués injustement ; ma lance, au-dessous d'Au- 
tâs, s'est montrée au-dessus -de tes deux compagnons. 

Bois la coupe des gens privés de leurs enfants comme Ta bue 
la mère des deux jeunes garçons, ou comme l'a goûtée le fils 
d'Abbâs ! 

ASSASSINAT d"aU 

Trois Khâridjites, dit-on, complotèrent l'assassinat d"Alî, 
de Mo'âwiya et d"Amr ben el-'Âç; parmi eux se trouvait 
'Abd-er-Rahman ben Moldjam (que les malédictions de 
Dieu le poursuivent sans cesse !) qui dit : « Je tuerai 'Alî. » 
— (( Moi, je tuerai Mo'âwiya », dit el-Borak, « et moi, ajouta 
Daoud, affranchi des Banou 'l-'Anbar', je tuerai 'Amr ben 
el-'Âç. » Ils se rassemblèrent à la Mecque et vendirent leurs 
âmes pour délivrer les hommes des chefs de l'erreur; puis ils 
partirent pour exécuter leur complot. Daoud vint en Egypte, 
s'introduisit dans la mosquée et prit part à la prière pu- 
blique ; Khàridja ben Hodhâfa', chef de la garde d"Amr, se 
montra, tandis qu"Amr était souffrant ; Daoud le frappa et 
le tua, croyant avoir affaire à 'Amr; celui-ci s'écria : a Tu en 
voulais à 'Amr, mais Dieu en voulait à Khàridja. » Ce mot 
passa en proverbe. Daoud, arrêté, fut mis à mort. 

El-Borak, dont le nom était el-Hadjdjâdj, se rendit en 
Syrie et entra dans la mosquée ; Mo'âwiya sortit de son 
palais et commença la prière ; el-Borak le frappa, mais comme 
Mo'âwiya avait la partie inférieure du corps fort grasse, le 
coup l'atteignit dans cette partie et y coupa une veine, ce 
qui le priva de tout espoir de postérité future. On arrêta 
el-Borak, qui eut les mains et les pieds coupés, et fut laissé 

1. 'Amr ben Bekr et-Témîmî dans Ibn-el Athîr, id. op., t. III, p. 326 ; 
mais Mas'oùdî, Prairies d'or, t. IV, p. 427, 437, a aussi Zâdoùyè (Zâ- 
dawéïhi), qui est probablement l'origine de notre Dâoud, d'autant plus 
qu'il est donné également comme affranchi des Banou 'l-'Anbar. Nous 
remontons ainsi à une source commune. 
, 2. Khàridja ben Abi-Habîba, dans Ibn-el-Athîr, id. op., t. III, p. 331. 



— ^37 — 

dans cet état; il survécut, se rendit à Baçra et y épousa une 
femme dont il eut des enfants. A l'époque de Ziyâd ben 
Abihi, celui-ci le fit arrêter : « Est-il possible que tu aies 
des enfants, alors que Mo'àwiya n'en a plus? » et il lui fit 
trancher la tête ' . 

Ibn-Moldjam (que la malédiction de Dieu soit sur lui !) 
vint à Koûfaet se mit à fréquenter l'entourage d"Ali, qui le 
traitait avec faveur et lui faisait des largesses tout en aper- 
cevant chez lui les marques de la méchanceté. Il disait à son 
sujet : 

Je veux qu'il vive, et lui veut me tuer ; celui qui te défendra 
devant ton ami ^ est celui que tu recherches. 

On dit qu'Ibn-Moldjam (soit-il maudit !) s'éprit d'une 
femme appelée Qatâmi, une Khâridjite, qu'il demanda en 
mariage ; elle lui dit : « Pour douaire je veux le meurtre 
d''Ali, et telle et telle chose. » En effet, 'Ali avait fait périr 
son père et son frère à la bataille de Nahréwân. Ibn-Moldjam 
lui garantit cela, il empoisonna son sabre et l'affila ; puis il 
alla passer cette nuit-là dans la mosquée. On rapporte, 
d'après el-Hasan, fils d"Alî, que son père, lorsque parut le 
jour où cet homme devait le frapper, dit : « Cette nuit, le 
prophète s'est présenté à ma vue ; je lui ai dit : Ô prophète, 
qu'ai-je éprouvé de ta nation ? Il me répondit : Je prie Dieu 
qu'il te délivre d'elle ». 

On dit qu'il entra à la mosquée, éveilla ceux qui y étaient 
endormis; il heurta du pied Ibn-Moldjam enveloppé dans 
un manteau et lui dit : Lève-toi ; il me semble que tu es 
celui que je pense. » Puis il commença les deux rak^a de 
la prière du matin. Ibn-Moldjam marcha vers lui et le frappa 
sur la partie chauve de sa tête, là où le prophète avait posé sa 
main en disant : « Le plus réprouvé des hommes est le petit 



1. Cette version est également dans Ibn-el-Athîr, op. laud.. t. III, 
p. 330. 

2. Cf. Ibn-el-Athîr, t. III, p. 326. 



— 238 — 

homme rouge de Thamoûd', et celui qui teint celle-ci avec 
celle-ci. » On rapporte aussi qu"Amrben 'Abd-Wodd l'avait 
frappé au môme endroit à la bataille du Fossé. Ce coup 
n'était pas mortel, mais le poison agit. Les assistants se 
levèrent et arrêtèrent le meurtrier : « Ne le tuez pas, dit 
'Ali ; si je vis, je vous dirai mon sentiment à son égard, et 
si je meurs, vous ferez de lui ce que vous voudrez. » 

'Ali survécut trois jours, puis il rendit l'âme, le vendredi 
dix-sept ramadan, jour où le prophète avait eu une révé- 
lation à son endroit et où il avait gagné la bataille de Bedr. 
Ibn-Moldjam (que la malédiction de Dieu soit sur lui !) fut 
mis à mort, et 'Alî fut enterré, mais on est d'avis divergents 
sur l'endroit où est son tombeau ; les uns disent que ce fut 
à el-Gharî% d'autres à Koùfa et que l'endroit disparut : 
d'autres enfin disent que son corps fut enfermé dans un cer- 
cueil et chargé sur un chameau à destination de Médine ; les 
Tayyites s'en emparèrent, croyant que c'était de l'argent ; 
quand ils virent le corps, ils l'enterrèrent sur leur territoire. 
Dieu sait mieux la vérité ! 

Parmi les élégies qui furent composées à l'occasion de sa 
mort, il y a les vers d'Omm-el-Héïtham, fille d'Abou '1- 
Aswad ed-Do'ilî : 

Va faire connaître cette nouvelle à Mo'àwiya, [petit-]fils de 
Harb ; que les yeux de ceux qui se réjouissent du mal d'autrui ne 
soient pas rafraîchis ! 

Est-ce donc daus le mois sacré que vous nous avez accablés de 
douleur à cause du meilleur des hommes tous en masse? 

Nous sommes privés du meilleur de ceux qui montent les bêtes 
de somme et les navîres, et qui les ont domptés''. 

1. Surnom de Qodâr. Voir t. III, p. 42, note 2. 

2. Ou plutôt les deux Gharî, les deux pierres debout teintes du sang 
des victimes, dont il est souvent question dans la poésie an té-islamique. 
Sur ce mot, voir Wellhausen, Reste arabischen Heidentuins, 2° éd., 
p. 105. 

3. Poésie citée par Yâqoût, Lex. geogr., t. III, p. 390; Tabarî, I, 
3467 ; Ibn-el-Athîr, t. III, p. 331 ; Mas'oûdî, Prairies d'or, t. IV, p. 436. 



— 239 — 

On a dit, au sujet d'Il)n-Moldjam et de son histoire : 

Je n'ai point vu de douaire payé par un homme généreux com- 
parable à celui de Qatàrai, clair et point douteux : 

Trois mille drac-hmes, un esclave, une chanteuse, et le meurtre 
d"Alî au moyen du sabre tranchant. 

Il n'y a point de douaire plus cher qu'Ali, si élevé qu'il soit, et 
point de témérité supérieure à celle d'Ibn-Moldjam '. 

'Imrâii ben Hittân ' a dit à propos d'Ibn-Moldjam (Dieu 
les maudisse tous les deux !) 

Ô coup donné par un homme pieux qui n'a voulu, en le portant, 
qu'obtenir la satisfaction du Maître du trône ! 

Je le mentionnerai un jour, et j'estime qu'auprès de Dieu il sera, 
d'entre les créatures dans la balance, celle qui aura le meilleur 
poids ! 

On rapporte qu"Alî, jusqu'à sa mort, disait les louanges 
de ]Mo\'iwiya, tandis que celui-ci maudissait 'AU et ses en- 
fants. El-Wélidben 'Oqba, surnommé el-Fàsiq (le scélérat') 
écrivit à Mo'àwiya pour le féliciter du meurtre d"Alî : 

"Va faire connaître cette nouvelle à Mo'âwiya [petit-] fils de Harb, 
à savoir que tu es blâmable de la part d'un homme de confiance. 

La leçon de notre ms. au troisième vers, l^_.^j, est la bonne, car elle 

est donnée par le vieux manuscrit d'où M. Nôldeke a tiré le Diwân de 
ce poète, Zcitchr. der deiUsch. morgenl. Gesellschqffï, t. XVIII, p. 236. 

1. Les deux derniers vers cités dans les Prairies d'or, t. IV, p. 418- 

2. Poète khâridjite, mort en 89 (708). Une notice lui a été consacrée 
par le Kitàb el-Aghâni, t. XVI, p. 152 et suivantes. Ces deux vers y 

sont cites, p. 153, avec les variantes ^j au premier vers et aJ 53V 

<u^:^l i* au deuxième. Cf. également Abou '1-Mahâsin Ibn-Taghri- 

birdi, t. I, p. 240; Mas'oûdî, Prairies d'or, t. IV, p. 435; Ibn-el-Athîr, 
t. III, p. 332 (le premier vers seul, au milieu d'une longue poésie, attri- 
bué à Bekr ben Hassâd el-Bâhirî). 

3. Ce surnom lui a été donné par le Qorân (XLIX, 6) parce que, 
chargé de percevoir les aumônes de la tribu des Banou-Moçtaliq, il 
avait cru, par méprise, à leur refus d'acquitter cette sorte d'impôt et en 
avait rapporté la nouvelle au prophète. Cf. Nawawî, p. 616 ; Tabarî, 
Tafsîr, t. XXVI, p. 71 ; Béidâwî, t. II, p. 273. 



— 240 — 

Tu as traversé le siècle comme le chameau enduit d'urine et de 
fiente; tu menaces dans Damas, et tu ne t'en éloignes pas. 

Que toute caravane te félicite d'être khalife, avec les bêtes amai- 
gries de r'Irâq qui ont un pas rapide et vigoureux. 

Car toi, avec ta lettre à 'Ali, tu es comme une corroyeuse alors 
que le cuir est rongé par les teignes \ 

Le khalifat cl"Alî avait duré cinq ans sans qu'il trouvât 
le loisir d'accomplir le pèlerinage en personne, ayant été 
occupé par la guerre. 

KHALIFAT d'eL-HASAN, FILS d"a1.Î 

On prêta serment à el-Hasan, fils d"Alî, à Koûfa, tandis 
qu'on intronisait Mo'âwiya en Syrie, dans la mosquée de 
Jérusalem. Le premier envoya Qaïs ben Sa'd, à la tête de 
douze mille hommes, à la rencontre de Moïiwiya, et celui- 
ci vint camper au pont de Manbidj. El-Hasan se mit en 
campagne et marcha jusqu'à Sâbât d'el-Médâïn avec qua- 
rante mille hommes qui avaient prêté serment de combattre 
jusqu'à la mort, et qui l'aimaient encore plus que son père. 
Il hâta la marche jusqu'à Mesken, sur le territoire de Koûfa, 
en dix nuits, tandis que deux hommes lisaient le Qorân, 
l'un à droite et l'autre à gauche. Ka'b ben Djo'aïl ^ a dit à 
ce sujet : 

Du pont de Manbidj, il s'est trouvé au matin à l'expiration de 
son dixième jour, dans la palmeraie de Mesken, alors qu'on réci- 
tait autour de lui les chapitres du Qorân. 

Mo'âwiya confia son avant-garde à Bosr ben [Abi-] Artât ; 
il y eut une attaque brusque entre lui et Qaïs ; puis on in- 
tervint entre les combattants, attendant el-Hasan. On dit 



1. Ces vers sont dans Tabarî, Annales, I, 3258. Le dernier contient 
une allusion à un proverbe que l'on peut retrouver dans Freytag, Ara- 
bum procerbin, t. II, p. 346; Méïdâni, t. II, p. 81. 

2. Auteur, entre autres, d'une élégie sur la mort d"Obéïdallah, fils 
du khalife 'Omar, à Çiffin. Cf. Yâqoût, Lex. geogr., t. III, p. 403, 



— 241 — 

que celui-ci, considérant le sang versé et la pudeur offensée, 
dit : « Je n'ai pas besoin de cette dignité ; il me semble 
bon de la remettre à Mo'âwiya; il aura la responsabilité 
et la charge des suites. » — « Je t'en supplie au nom de 
Dieu, lui dit el-Hoséïn, ne sois pas le premier qui blâme 
son père et rejette ses avis. » — « Qu'il suive ce que je dis, 
répondit el-Hasan, ou bien je le jetterai dans les fers, jus- 
qu'à ce que j'aie terminé avec lui. » — « C'est ton affaire, 
dit el-Hoséïn, mais moi cela me déplait. » 

El-Hasan monta en chaire et parla de son idée et de la 
préférence Cju'il donnait à la paix. Le peuple dit : « Il se 
dépose lui-même en faveur de Mo'âwiya ». Cette idée leur 
fut pénible, après qu'ils avaient prêté serment de combattre 
jusqu'à la mort; ils se soulevèrent, lui coupèrent la parole, 
déchirèrent sa tente ; un homme lui porta même à la cuisse 
un coup de pointe qui l'atteignit dans une partie peu grave ; 
ils le quittèrent pour retourner à Koûfa. 

El-Hasan, qui avait perdu beaucoup de sang, fut trans- 
porté àCtésiphon, où il fut mis en traitement. Il envoya un 
messager à Mo'âwiya pour lui faire connaitre son abdica- 
tion ; Mo'àwiya lui répondit : a (Après les formules d'us;ige,) 
tu es plus digne de ces fonctions et tu les mérites mieux à 
raison de ta parenté, etc., etc. ; et si je savais que tu saurais 
mieux les maintenir, que tu serais mieux en état de défendre 
l'honneur de cette communauté, et plus rusé en face de 
l'ennemi, je te prêterais serment. Demande-moi ce que tu 
désires. » Il lui envoya en même temps une feuille de papyrus 
en blanc, revêtue de son sceau à la partie inférieure, (^n lui 
faisant dire d'écrire ce qu'il voudrait. El-Hasan \ inscrivit 
des richesses, des villages, une sauvegarde pour les partisans 
d"Alî ; il prit pour témoins de cela des Compagnons du 
prophète. Il écrivit aussi un acte pour la remise des pou- 
voirs, à la condition d'agir selon les termes du livre de 
Dieu, la coutume de son prophète, la conduite des khalifes 
passés, et de ne désigner personne pour son héritier pré- 

16 



— 242 -■ 

somptif, l'Etat devant être une république, les compagnons 
d'^Ali devant jouir de la sécurité la plus complète partout 
où ils se trouveraient ; Qaïs ben Sa'd devant capitulei-, et 
de propos délibéré dans sa capitulation. Mo'âwiya envoya 
lui dire : « Sur l'obéissance de qui disputes-tu avec moi, 
alors que ton compagnon m'a prêté serment? » Il envoya 
à celui-ci une feuille blanche au bas de laquelle il apposa 
son sceau et dit : a Demande ce que tu veux. » Or Qaïs 
ne demanda qu'une sauvegarde pour lui et pour ceux qui 
l'accompagnaient; Mo'àwiya la lui donna et ils s'en allèrent. 
Moïiwiya et el-Hasan se rencontrèrent à un relais de 
distance de Koûfa, et y entrèrent ensemble; puis le pre- 
mier dit au second : « Abou-Mohammed, nous allons 
exposer l'affaire; tu as été généreux d'une chose telle que 
les âmes des hommes n'en sont pas généreux; lève-toi et 
informes-en le peuple. » El-Hasan se leva, loua Dieu et 
proclama sa gloire; puis il ajouta : « O peuple, si vous 
cherche/ entre Djàbolqa et Djàbolça^ un homme qui ait 
pour grand-père le prophète de Dieu, vous n'en trouve- 
riez pas d'autre que moi et mon frère; Dieu le Très- 
Haut vous a dirigé au moyen du premier d'entre nous, 
et il a interrompu le cours de votre sang avec le dernier. 
Mo'âwiya m'a disputé un droit que j'avais à son exclusion. 
Il me semble juste d'empêcher les hommes de se faire la 
guerre et de lui remettre le pouvoir, car ce dernier n'a 
qu'un temps.» Et il récita [ce passage du Qorân] : a Je ne 
sais point si ce n'est pas une épreuve pour vous et une 
jouissance qui n'a qu'un temps". » Lorsque el-Hasan récita 
ce verset, Moïiwiya craignit un dissentiment, il lui dit : 
« Assieds-toi. » Puis il se leva pour prononcer un sermon : 
(( J'étais une des conditions de la division, dit-il ; j'ai voulu 

1. C'est-à-dire sur la terre entière, entre les deux pôles, ces deux 
villes mythiques étant supposées former les deux extrémités, orientale 
et occidentale, de la terre habitable. Cf. t. II, p. 64, note 4. 
, 2. Qor., XXI. 111. 



— 243 — 

par là organiser l'entente et la concorde; Dieu a réuni 
notre parole et a fait cesser notre dissentiment; toutes les 
conditions que j'ai stipulées sont à rejeter; toutes les pro- 
messes que j'ai faites, les voici sous mes deux pieds. » El- 
Hasan se leva : a [C'est vrai], dit-il, si ce n'est que j'ai 
préféré le déshonneur au feu de l'enfer; la nuit de la Des- 
tinée est meilleure que mille mois'. » Il partit pour Mé- 
dine et y séjourna jusqu'à sa mort, l'an quarante-sept de 
l'hégire. Son khalifat avait duré cinq mois, ou six, d'après 
d'autres. La tradition rapportée par Séfina' d'après le pro- 
phète s'était vérifiée : « Après moi, le khalifat sera trente 
[ans]; puis, ce sera l'empire.)) El-Hasan [el-Baçrî], d'après 
Abou-Bekr, rapporte que le prophète a dit : « Mon fils ici 
présent est un seigneur, et par lui on fera l'accord entre 
deux troupes. )) 

1. Qor.. XCVII, .3. 

2. Un des affranchis du prophète, auquel celui-ci avait donné ce sur- 
nom ; son nom propre est inconnu. Cf. ci-dessus, p. 25. 



PIN DU TOME CINQUIEME 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Abâdiyya, secte khâridjite, p. 141, 
146. 

Abân, traditionniste, p. 17. 

Abân ben 'Othmân, fils du khalife, 
p. 83, 220. 

'Abbâd ben Soléimân, docteur 
mo'tazélite, p. 151. 

'Abbâdiyya , secte mo'tazélite, 
p. 149, 151. 

bI-'Abbâs ben 'Abd-el-Mottalib, 
oncle du prophète, p. 7, 8, 25, 
64, 67, 69, 71, 74, 78, 101, 108, 138. 
178, 19.Î. — Ses enfants, p. 8- — 
Épouse Omm-el-Fadl, sœur de 
Maïmoûna, p. 15. — Vers cités. 
p. 29. - Son fils 'Abdallah, p. 221, 
226, 236. — Voir 'Abdallah ben 
el-'Abbdf< et Ibn-'Abbâi^. 

el-'AsBÂs, fils d" 'Ali, p. 77. 

el-'ABBÀs (Fadl, fils d'), p. 61. 

bI-'Abbâs ben Mirdâs, p. 111. 

Abbassides, p. 126. 

'Abdallah, fils d''Abd-el-Mottalib 
et père du prophète, p. 5, 6, 7, 8, 
17, 84. 

'Abdallah, nom donné par le pro- 
phète à Abou-Bekr, p. 79. 

'Abdallah, fils d'Abou-Bekr, p. 80. 

'Abdallah, fils d'Abou-Râfl', p. 25. 

'Abdallah, fils d "Alî, p. 77. 

'Abdallah, fils d "Ali, fils d"Ab- 
dallah ben el-'Abbâs, p. 109. 

'Abdallah, fils d"Omar, p. 93. 

'Abdallah l'alné, fils d"Othmàn | 



ben 'ASân et de Roqayya, tué 
par un coq, p. 19, 82, 83. 

'Abdallah le cadet, fils d' 'Othmân, 
p. 83. 

'Abdallah ben el-'Abbâs, p. 8, 15, 

108, 130, 143, 198, 222, 227, 235. — 

Voir Ibn-'Abbâs. 
'Abdallah ben 'Abdallah ben 

'Omar, p. 94. 
'Abdallah ben 'Abd-el-Asad, nom 

d'Abou-Salama, frère de lait du 

prophète, p. 98. 
'Abdallah ben Abi-Sarh el-Qo- 

rachî, p. 128. 
'Abdallah ben 'Amir ben Koréïz. 

compagnon du prophète, p. 113, 

203, 204, 205, 206, 217. 

'Abdallah ben 'Amr, nom d'Abou- 

Horéïra, p. 117. 
'Abdallah ben 'Amr, compagnon 

du prophète, p. 130. 
'Abdallah ben 'Amr ben el-'Âç, 

p. 110. 
'Abdallah ben Damâr el-Hadra- 

mî, père d'el-'Alâ, p. 105. 

'Abdallah ben Dja'far ben Abi- 

Tàlib, p. 12, lui. — Épouse une 

fille d"Alî, p. 78. 
'Abdallah ben Djahch, p. 9. 
'Abdallah ben Djod'ân, p. 103. 
'Abdallah ben Djobéïr, frère de 

Khawwàt, p. 125. 
'Abdallah ben el-Hârith, frère de 

lait du prophète, p. 9. 



— 246 — 



'Abdallah ben el-Hàrith (Abou- 
Dho'aïb), père de Halîma, p. 9- 
'Abdallah ben el-Kawwâ, direc- 
teur de la prière chez les Khâ- 
ridjites, p. 143,227. 230. 
'Abdallah ben Khabbâb ben el- 
Aratt, gouverneur de Ctésiphon, 
p. 103, 143, 230. 
'Abdallah ben Khâlid ben Asîd 

ben Ràfi'a, p. 208. 
'Abdallah ben Mas'oùd, p. 61, 97, 

99, 189, 210, 212. 
'Abdallah ben Mohammed el- 
Abharî, docteur mo'tazélite, p. 
150. 
'Abdallah ben Mohammed Abou- 
Hâchem, fils de Mohammed ben 
el-Hanafiyya, p. 78. 
'Abdallah ben "Omar, fils du kha- 
life, p. 130, 132, 169, 198, 217, 232, 
234. 
'Abdallah ben Qaïs, nom d'Abou- 

Moùsà el-Ach'ari, p. 104. 
'Abdallah ben Rawàha, p. 39, 

122, 123. 
'Abdallah ben Sabâ, fondateur 

d'une secte chi'ïte, p. 131, 135. 
'Abdallah ben Sa'd ben AbiSarh, 

p. 199, 206, 207, 208. 

'Abdallah ben Sélàm, p. 123, 124. 

'.Abdallah ben Wahb er-Râsibî, 

chef des Khâridjites, p. 143, 144, 

230. 

'Abdallah ben Zam'a ben el-As- 

wad ben el-Mottalib, p. 63. 
'Abdallah ben Zéïd, p. 172. 
"Abdallah ben ez-Zobéïr, p, 81, 

86, 93, 108, 219. 
'Abdallah ben ez-Zobéïr ben 'Alul- 

el Mottalib, p. 8. 
'Abd-el-Asad ben Hilâl el-Makli- 
zoûmî, gendre d"Abd-el-M(itl_a- 
lib, p. 8. 
*Abd-1'.l-'Azîz ben Merwàn, p. 94. 
'Abd-Chems, fils d'Abou-Lahab, 
• p. 8. 



"Abd-Chems, nom d'Abou-Horéïra. 

p. 117. 
'Abd-el-Ka'ba, nom d'Abou-Bekr, 

p. 79. 
'Abd-Manâf, fils du prophète et 

de Khadîdja, p. 17. 
'Abd-Manâf, nom d'Abou-Tâlib, 

p. 7. 
'Abd-Manâf (Pensions des descen- 
dants d'), p. 178. 
'Abd-el-Mélik, fils d"Othmân, 

p. 83. 
'Abd-el-Mélik ben Hichâm, p. 12. 
'Abd-el-Mélik ben Merwàn, p. 86, 

134. 
'Abd-el-Mésîi.i ben Çaloùbâ le 

Ghassanide, p. 176. 
"Abd-el-Mottalib ben Hâchem, 

p. 5, 74. — Ses enfants, p. 7. 
'Abd-el-'Ozzâ (Abou-Lahab), fils 

d' 'Abd-el-Mottalib, p. 7. 
'Abd-el-Qaïs, tribu, p. 38, 191. 
"Abd-er-Rahman, fils d'el-'Abbàs, 

p. 8. 
"Abd-er-Rahman, fils d' "Abdallah 

ben Mas'oùd, p. 99. 
"Abd-ei'.-Rahman, fils d'Abou- 
Bekr, p. 13, 80, 
'Abder-Rahman ben el-Ach'ath, 

p. 113. 

'Abd-krRahman ben el-Aswad ben 
"Abd-Yaghoùth, p. 232. 

'Abd-er-Rahman ben 'Attâb ben 
Asîd, p. 110, 111. 

"Abd-er-Rahman ben 'Auf, com- 
pagnon du prophète, p. 25, 80, 
89, 197, 198, 199, 200, 201. 

'Abd-er-Rahman ben Çakhr, nom 
d'Abou-Horéïra, p. 117. 

'Abd-er-Rahman ben Hanbal el- 
Djomahî, vers cités, p. 208. 

'Abd-er-Rahman ben Hassan, fils 
du poète et de Chîrîn, sœur de 
Marie la Copte, p. 18, 124. 

'Abd er-Rahman ben Moldjam, 



— 247 



assassin d"AlI, p. ^236, 237. — 
Voir Ibn-Moldjam. 
'Abd-er-Rahman ben 'Odéïs el- 
Balawî, p. 210. 

el-ABHARî ("Abdallah ben Moham- 
med), p. 150. 

Abîkhemnâ, fausse leçon pour 
iii'nahmânâ, p. 31 et note 6. 

Abnâ (Race des), p. 164. 

Abou '1-'Abbas, konya d" 'Abdal- 
lah ben el-'Abbàs, p. 108. 

Abou '1-'Abbâs es-SaSàh, p. 109. 

Abou '1-'Abbâs esSâmirî, p. 155. 

Abou-'Abdallah, konya d ".A.mr 
ben el-'Âç, p. 234. — Konya de 
Selmân, p. 114. — Konya de 
Thaubàn, p. 25. — Konya d'ez- 
Zobéïr ben el-'Awwâm, p. 85, 
220. 

Abou-'Abdallah ben Kollàb, tra- 
ditionniste, p. 158. 

Abou-'Abdallah el-Mâzinî possé- 
dait une copie du Pentateuque, 
p. 30. 

Abou-'Abd -er-Rahman, konya 
d"Abdallah, fils d"Omar, p. 93. 

Abou-'Abd-er-Rahman ben Tha"- 
laba, p. 118. 

Abou 'l-'Âç el-Qâsim ben er-Rébî', 

gendre du prophète, p. 19, 20, 21. 
Abou-'Alî el-Djobbâ'î, docteur 

mo'tazélite, p. 150, 151. 
Abou-'Âmir le moine, p. 128. 
Abou-'Amir el-'Amilî, p. 224. 
Abou-Ayyoûb l'Auxiliaire, p. 122, 

235. 
ABOu-'A.\iR,/ton|/nde Djérîr,p.l8."). 
Abou 'l-Aswad es-Solamî, p. 223. 
Abou-Bakra Nofal' ben el-Hârîth, 

esclave du prophète, p. 23. 
Abou-Béïhas Héïçam ben Djâbir, 

fondateur d'une secte khâridjite, 

p. 145. 

Abou-Bekr, p. 22, 61, 63, 64, 66 et 
suiv., 74, 76, 79 et suiv., 84 et 



suiv., 90, 91, 95, 98, lOi, 111,113 

119, 121, 128, 129, 131, 139, 140, 

157, 161 et suiv., 169, 170, 176, 177, 

178, 192, 199, 210, 233, 243. — Son 

khalifat, p. 161 et suiv. 
Abou-Bekr, fils d"AlI, p. 76. 
Abou-Bekr, konya d"Abdallah 

ben ez-Zobéïr, p. 86. 
Abou-Bekr ben 'Abdallah ben Abi- 

Moléïka, p. 64. 
Abou-Bekr el-lkhchtdi, docteur 

mo'tazélite, p. 150. 
Abou-Borda, fils d'Abou-Moûsa 

el-Ach'arî. p. 104. 
Abou-Ç.\lih, cité, p. 108, 
Abou-Chahma, fils d"Oraar, p. 93, 

94. 

Abou-Dharr el-Ghifâri, compa- 
gnon du prophète, p. 42, 95, 96, 
97, 127, 130, 132, 209, 212. 

Abou-Djâd (Lettres de 1'), p. 148. 

Abou-Dja'far el-Mançoùr, kha- 
life Abbasside, p. 109, 138. 

Abou-Djehl ben Hichâm, p. 91, 
99, 100, 111. 

Abou-Doméïra, esclave du pro- 
phète, p. 23, 26. 

Abou-'l-Fadl, konya d'el-'Abbâs, 
p. 108. 

Abou-Hâchim, docteur mo'tazé- 
lite, p. 151. 

Abou-Hâchim 'Abdallah ben Mo- 
hammed, fils de Mohammed ben 
el-Hanafiyya, p. 78. 

Abou-Hafç, konya t^'Omar, p. 91. 

Abou-Hâla Hind ben Zorâra, se- 
cond mari de Khadidja, p. 11. 

Abou-Hamza, konya d'Anas ben 
Mâlik, p. 121. 

Abou-HanÎfa, p. 137, 152, 154. 

Abou-Hanzhala el-'Oqaïli (Abou- 
Harb), p. 128. 

Abou '1-Héïtham ben et-Tayyihân, 
p. 118, 127. 

Abou-Hodhéïfa ben 'Olba, p. 101. 



248 — 



Abou 'l-Hoi)HÉïL ben el-'AlIâf, 
docteur mo'tazélite, p. 151. 

Abou-Horéïra, compagnon du 
prophète, p. 117, 163 180, 191. 

Abou-Horéïra er-Râwendî, fon- 
dateur d'une secte chi'ïte, p. 138. 

Abou-Ibrahîm ben Qaïs, premier 
mari de Maîmoùna, p. 15. 

Abou-Ishaq, konya de Sa'd ben 
Abi-Waqqâç, p. 87. 

Abou-Ishaq en-Nazhzhâm, docteur 
mo'tazélite, p. 151. 

Abou-Kabcha , esclave du pro- 
phète, p. 23, 26. — (Fils d'), so- 
briquet de Mahomet, p. 98. 

Abou-Kohkïla, mari de la prophé- 
tesse Sadjâh, p. 174. 

Abou-Lahab ('Abd-el-'Ozzà), fils 
d"Abd-el-Mottalib, p. 7. — Ses 
enfants, p. 8. 

Abou-Lou'lou'a, meurtrier d"0- 
mar, p. 94, 196, 197, 202, 208. 

Abou-Merykm es-Sa'di, chef khâ- 
ridjite, p. 144. 

Abou-Mohammed, konya d"Abd- 
er-Rahman ben 'Auf, p. 89. 

Abou-Mohammed, konya d'el-Ha- 
san, (ils d"AII, p. 77, 242. 

Abou-Mohammed, konya de Tal- 
ha, p. 84. 

Abou-Mohammed ben Yoùsouf es- 
Soùrî, vers cités, p. 152. 

Abou-Moslim, p. 141. 

Abou 'l-Moundhir, konya d'O- 
bayy ben Ka'b, p. 121. 

Abou-Moûsâ el-Ach"arî, compa- 
gnon du prophète, p. 104, 144, 
178, 185, 187, 188, 190, 191, 195, 
196, 203, 206, 226, 228, 231 et 
suiv. 

Abou-Mowéïhiba, esclave du pro- 
phète, p. 23,26, 59, 60. 

Abou-Nédjîh, konya d"Amr ben 
"Abasa, p. 94. 

Abou-'Obéïd bed Mas'oùd ben 
'Amr eth-Thaqaft, p. 179, 180. 



Abou-'Obéïda, fils d"Abdallah ben 

Mas'oûd, p. 99. 
Abou-'Obéïda benel-Djerrâh,p.67, 

68, 90, 176, 181, 192, 193, 194. 
Abou-'Obéïda (Ma'mar ben el-Mo- 

thannà), lexicographe, p. 2. 
Abou-Ohaïha Sa'îd ben el-'Aç, 

père de Khàlid ben Sa'îd, p. 98. 
Abou-'Omar, surnom d"Othmàn 

ben 'AfEân, p. 19. 
Abou-'Omâra, konya de Hamza, 

p. 8, 100. 
Abou-'Ofhmàn el-Djâhizh, p. 152. 
Abou-Qaïs Çirma ben Abi-Anas, 

p. 127. 
Abou 'L-Qâsim, konya du prophète, 

son origine, p. 17. 
Abou-Qatâda el-Ançàrî, p. 169. 
Abou-Qohâfa, père d'Abou-Bekr, 

p. 79. — (Fils d'), Abou-Bekr, 

p. 84. — (Famille d'), p. 213. 
.•\bou-Rafi', esclave du prophète, 

p. 20, 23, 25. 
Abou 's-Sâïb, konya d'^Othmân 

ben Mazh'oûn, p. 105. 
Abou-Sa'îd el-Khodrl, compagnon 

du prophète, p. 129, 142. 
Abou-Salama, jurisconsulte, fils 

d "Abd-er-Raiiman ben "Auf, 

p. 89. 
Abou-Salama ben 'Abd-el-Asad, 

frère de lait du prophète, p. 8, 9, 

14, 98. 

Abou-Sarfi (Fils d'), p. 209, 211, 
212. — Voir Sa'id bon 'Oqba. 

Abou-Sofyân ben Harb, chef de 
la Mecque, frère de lait du pro- 
phète, p. 9, 23, 111. 

Abou-Sotra ben Edhem ben Qaïs, 
premier mari de Maîmoùna, 
p. 15. 

Abou-Talha l'Auxiliaire, p. 67, 
121. 

Abou-Tâlib, père d"All, p. 3, 7, 
8, 12, 74, 75. — Vers cités, p. 3. — 
(Fils d'), surnom d"Alî, p. 221. 



249 — 



Abou-Tâlib eç-Çoùfî, vers cités, 
p. 135. 

Abou-Thomâma, konya de Mo- 

séïlima, p. 170, 173. 
Abou-Ya'lâ, konya de Hamza, 

p. 100. 
Abou '1-Yaqzhân, traditionniste, 

cité, p. 81, 98. 
Abou 'I-Yaqzh.^n, konya d'Am- 

mâr ben Yâsir, p. 102, 224. 
Abraham, p. 32, 33, 34, 131. — 

(Religion d'), p. 115. 
Abyssinie, p. 12, 14, 19, 43, 90, 98, 

99, loi, 104, 109. 

el-'Âç, père d'Amr, conquérant 
de l'Egypte, p. 110. 

bI-Ach'ar, tribu, p. 104. 

el-AcH'ARî ( Abou-Moùsà). Voir 
Abou-Moûsà. 

cI-Ach'ath ben Qaîs el-Kindî, 
compagnon du prophète, p. 113, 
165, 189, 227. — Épouse la sœur 
d'Abou-Bekr, p. 79. — Vers cités, 
p. 226. 

el-'ÂcHiR (Prairie d'), p. 137. 
el-AcHMAT, fondateur d'une secte 

chi'ïte, p. 141. 
AcHMATiYYA, sccte chi'ïte, p. 141. 
el-AcHTAR en-Nakha'î, p. 125, 210, 

223, 224, 232. 

'ÂçiM, fils d"AbdaIlah ben 'Omar, 
p. 94. 

«ÂçiM, fils d' 'Omar, p. 93, 94. 
'ÂçiM, fils d'ez-Zobéïr, p. 86. 
'Ad, ancien peuple disparu, p. 41, 
136. 

Adam, p. 7, 28, 29, 138. 

el-'AçBÂ, chamelle de Mahomet, 
p. 27. 

'Addâs, p. 127. 

Adherbaïdjan, province de Perse, 

p lia, 185, 191. 
'Adî, fils de Dja'far ben Abi-Tâlib, 

p. 101. 

*Ad1, fils de Hàtim le Tay vite, fut le 



premier à donner à 'Omar le titre 
de commandeur des croyants, 
p. 112, 178. 

'Adjarradiyya, secte khâridjite, 
p. 141, 145. 

AdjnadéLn (Bataille d'), p. 98. 
Adjyâd, ravin de la Mecque, p. 87. 
Adrak, fîlle de Yezdegird III, 
p. 205. 

.Elia (Temple d'), p. 193. 

'Affân, père d'^Othmân, p. 82. 

Afrique propre, p. 207, 208. 

Agar, p. 34. 

Ahmed, nom du prophète dans le 
Qoràn, p. 29, 84. 

Ahmed, fils de Dja'far ben Abi- 
Tâlib, p. 101. 

Ahmed ben Hanbal, p. 157. 

Ahmed ben Màlik, traditionniste, 
p. 74. 

el-AHNAF ben Qaïs, p. 206, 221, 226, 
— (Palais d') à Merw-er-Roùdh, 
p. 206. 

el-AHzÂB, titre d'un chapitre du 

Qorân, p. 14. 
el-AHwÂz, ville de Susiane, p. 185, 

187. 

'Aïcha, fîUe d'Abou-Bekr, p. 3, 10, 
11, 12, 36, 60, 61, 63, 65, 66, 80, 
81, 111, 129, 199, 212, 216 et suiv., 
231. 

'Aïcha, fille d"Othmân, p. 83. 
'ÂïcHA, fille de Talha ben "Obéï- 

dallah, épouse de Moç'ab, fils 

d'ez-Zobéïr, p. 86. 
'ÂïDH, le même qu"AtIq ben '.\b- 

dallah, p. 11. 
el-AKHNAs, fondateur d'une secte 

khâridjite, p. 146. 
Akhnasiyya, secte khâridjite, 

p. 141, 146. 

el-'ALÂ ben el-Hadramî, p, 28, 105, 

175, 180, 191. ' 
Alep, p. 138. 
Alexandrie, p. 194, 200. 



— ^50 — 



'Alî, fils d'Abou-Tâlib, p. 1, 2, 8, 
21,22,25,42,60,61,64,67,69,71, 
74, 75, 76, 78, 80, 85, 87. 94, 103, 
107,109, 112,113, 119, 124, 129 et 
suiv., 134, 135, 137, 138, 140, 142 
et suiv., 148, 157, 161, 166, 167, 
178, 189, 198, 199 et suiv., 211, 
212, 214, 215, 217, 222, 225 et suiv., 
228 et suiv. — Ses enfants, p. 76. 
— Son khalifat, p. 231 et suiv. 

'Alî, fils d"Abdallah ben el-'Ab- 
bâs et ancêtre des khalifes ab- 
bassides, p. 108. 
AlI ben Abi 'l-'Âç, fils d'Abou '1- 
*Âç et de Zéïneb, petit-fils du 
prophète, p. 21, 22. 
AlI l'aîné, fils d'el-I.Ioséïn, p. 77. 
'Alî le cadet, fils d'el-Hoséïn, sur- 
nommé Zéïn-el-'Âbidîn, p. 77, 
132. 
'Alî ben el-Hasan, imam chez cer- 
tains Chi'ïtes, p. 132. 
"Alî ben Moùsà er-Ridâ, imam des 

Chi'ïtes, p. 132, 134. 
'Alqama, fils d"Othmân ben 'Af- 

fàn et Roqayya, p. 19. 
Ama, sœur d"Othmân, p. 82. 
•Amawâs (Peste d'), p. 122, 194, 

195. 
Âmina, fille de Wahb, mère du 

prophète, p. 5, 6. 
'Âmir ben 'Abdallah ben el-Djer- 
râh, qui portait la konya d'Abou- 
'O'béïda, p. 90. 
'Âmir ben 'Abd-Qaïs, p. 209. 
'Âmir ben Lo'ayy, tribu, p. 11. 
"Ammâr ben Yâsir, compagnon du 
prophète, p. 42, 102, 130, 132, 189, 
191, 199, 201, 210 et suiv., 220, 
224, 225. 
Amorium, ville d'Asie Mineure, 

p. 115, 194. 
'Ami:, père d' 'Abd-el-Mottalib, p. 5. 
'Amk ben "Abasa, compagnon du 
prophète, p. 94. 
■ 'Amr ben 'Abdallah ben 'Otba ben 



Mas'oùd, jurisconsulte et tradi- 

tionniste, p. 100. 
'A.MR ben 'Abd-Wodd, p. 238. 
•Amr ben Abi 'l-'Âç, p. 80. 
*Amr ben Cho'aïb , descendant 

d"Amr ben el-'Âç, p. 110. 
'Amr ben el-'Âç eth-Thaqafî, p. 42, 

109, 110, 129, 144, 176, 193, 206. 

208, 21 1, 213, 223, 226, 231 et suiv. 
'Amr ben Bodéïl, un des meur- 
triers d "Othmân, p. 214. 
'Amr ben Djormoùz, p. 221. 
'Amr ben el-Hamiq, compagnon 

du prophète, p. 113, 131, 210. 
'Amk l)en Hichâm, nom d'Abou- 

Djehl, p. 100. — Voir Abou-Djehl. 

'Amr ('Omar) ben Lédjâ', vers cité, 
p. 174. 

'Amr ben Ma'di-Karib ez-Zobéïdi, 
p. 112, 181, 182, 183. 

'Amr, fils de Nofaïl, p. 88. 

'Amr ben 'Obéïd, docteur mo'ta- 
zélite, p. 151. 

'Amr ben Oméyya ed-Damrî, p. 14. 

'Amr ben Ohaïha, frère utérin 
d"Abd-el-Mottalib, p. 6, 

'Amr, fils d"Othmân, p. 83. 

'Amra, fille de Zéïd, épouse du 
prophète, p. 10. 

'AnAniyya, secte juive, p. 147. 

Anas ben Mâlik, serviteur du pro- 
phète, p. 4, 27, 63, 121, 196. 

Anastase (Le patrice), p. 177. 

el-ANBÂR, ville sur l'Euphrate, 
p. 184. 

Ançars. auxiliaires du prophète, 
p. 67, 68. 

Ancyre, ville d'Asie-Mineure, au- 
jourd'hui Angora, p. 207. 

Andjacha, esclave du prophète, 
p. 23, 26. 

Anîsa, fille d'el-Hârith, sœur de 
lait de Mahommet, p. 9. 

Anôchè-Réwân, surnom de Chos- 
roès I", p. 184. 



— 251 — 



el-'ANsî (el-Aswad ben Ka'b), faux 

prophète, p. 163 et suiv. 
Antéchi'.ist, p. 173. 
Antioche, ville de Syrie, p. 177, 

192, 193. 
Anthropomorphistes (Secte des), 

p. 147. 
eI-'=AQABA (Serment d), p. 118, 119, 

120. 
el-AQHAT, fondateur d'une secte 

chi'ïte, p. 141. 
Aqhatiyya, secte chi'ïte, p. 141. 
*Aqîl ben Abi-Tâlib, frère d'Alî 

et de Dja'far, p. 8, 74, 78, 101. 
el-'AQQÂR, fils d'Orwa, fils d'el- 

Moghîra ben Cho'ba, p. 107. 
'Aqqâk (Ghifàr?), docteur mo'la- 

zélite. p. 152. 
el-AQRA' ben Hâbis, p. 111. 
Arabes, p. 36, 68, 135, 191. 
Arabie, p. 115. 
Aras (Ollaïs ?), p. 175. 
Ardéchîr (Canton d'), en Perse, 

p. 192. 
el-'ARÎcH, ville entre la Syrie et 

l'Egypte, p. 232. 
Arménie, p. 178, 185. — (Conquête 

de 1'), p. 206. 
el-ARQAM ben el-Arqam el-Makh- 

zoùmî, p. 91, 92, 98, 102, 103, 104. 
Arwâ, fille d''Abd-el-Mottalib, 

p. 7. 
Arwâ, fils d'Abou-Lahab, p. 8. 
Arwâ, fille de Koréïz.mère d"Oth- 

mân, p. 82. — (Fils d'), surnom 

d''Othmân, p. 215. 
As'ad ben Zorâra, p. 118, 119, 127. 
AscALON, ville de Palestine, p. 194. 
Asie-Mineure, p. 194. 
'AsKER, nom du chameau monté 

par 'Aïcha à la bataille du même 

nom, p. 219, 222. 
AsMÂ, fille d'Abou-Bekr, surnom- 
mée Dhât-en-Nitâqaïn, p. 80, 81. 

AsMÂ bent 'Oméïs el-Khath'a- 



miyya, épouse de Dja'far ben 

Abi-Tâlib, p. 101; d'Abou-Bekr, 

p. 80; d"Ali, p. 77. 
AsMÂ, fille de Ka'b, épouse du pro- 
phète, p. 10. 
el-AswAD ben Ka'b el-'Ansî, faux 

prophète, p. 128, 163 et suiv. 
'Âtika bent Hilàl, mère d"Abd- 

Manàf, p. 6. 
'Âtika bent Morra, mère de Hâ- 

chem, p. 6. 
'=ÂTiKA,filled"Abd-el-Mottalib,p.7. 
'AtIq, surnom d'Abou-Bekr, p. 79. 
'Atîq, canal, p. 184. 
'Atîq ben "Abdallah, premier mari 

de Khadîdja, p. 11. 
'Attâb (Le fils d'), vers cité, p. 220. 
'Attâb ben Asid, p. 110, 111. 
'AuF ben "Afrâ. p. 118. 
'AuF ben el-Hârith, père d"Abd- 

er-Rahmân ben 'Auf, p. 89. 
'AuF ben Màlik el-Achdja'î, tra- 

ditionniste, p. 3. 
'AuN ben 'Abdallah ben 'Otba ben 

Mas'oùd, vers cités, p. 154. 
AuTÂs, vallée de l'Arabie, p. 235, 

236. 
Auxiliaires, p. 80, 99. — "Voir An- 

çdrs, 
el-'AwwÂM ben Khowéïlid, frère 

de Khadîdja, p. 9, 85. 
AzÂRiQA, secte khâridlite, p. 141, 

144. 
AzD, tribu, p. 191. — Azd d'es-Sa- 

ràt, p. 7. 

Bâb-Sâbât, p. 180. 

Babyi.one, p. 32. — d'Egypte, p. 194. 

Babylonie, p. 136, 139, 143, 180, 

184. 
Baçra, p. 105, 122, 124, 137, 144, 

180, 184, 185, 187, 190, 203, 209, 

210. 216, 217, 218, 222, 231, 237. 

— (Gens de), secte mo'tazélite, 

p. 149, 151. 



252 — 



Bagdad (Gens de), secte mo'tazé- 

lite, p. 149, 151. 
BahIkà, p. 127. 
Bahréïn, p. 28, 105, 161, 175, 180, 

191. 
Ba'lbek, ville de Syrie, p. 192. 
BÂLis, ville sur l'Euphrate, p. 194. 
Balkh, ville de Perse, p. 205, 206. 
Balqâ (Terre de), p. C2, 162, 176. 
Banou 'Abd-Bekr ben Hawâzin, 

p. 9. 
Banou 'Abd-Manâf, p. 91, 101. 
Banou 'Amir, p. 80. 
Banou 'Âmir ben Ça'ça'a, p. 15. 
Banou 'Âmir ben Lo'ayy, p. 12. 
Banou-Asad, p. 134. 
Banou-Bekr, p. 10. 
Banou-Dabba, p. 219. 
Banou-Djomah, p. 105. 
Banou-Fézâra, p. 169. 
Banou-Ghâdira, p. 21. 
Banou-Ghifâr, p. 212. 
Banou-Hâchim, p. 199, 200, 201. 
Banou-Hanifa, p. 76, 163, 170, 172, 

173. 
Banou 'lHàrith ben Ka'b, p. 109. 
Banou-Kilâb, p. 218. 
BanouMakhzoum, p. 102, 212. 
Banou 'l-Moçtaliq, p. 16. 
Banou "n-NadIr, p. 15. 
Banou 'n-Nadjdjâr, p. 6. 
Banou-Nakha', p. 181. 
Banou-O.méyya, p. 199, 200, 201.— 

Les petits, p. 89. 
Banou-Qaïla , confédération des 

Ans et des Khazradj, p. 116. 
Banou-Qoraïzha, p. 120. 
Banou-Sa'd, p. 9. 
Banou-Sa'd ben Zéïd-Manât, p. 103. 
Banou-Sâ'ïda (Saqifa des), p. 67, 

68, 101, 119. 
Banou-Soléïm, p. 6, 95. 
Banou-Zohra, p. 6, 212. 



Bâno-ûmé(?), nom du messager en- 
voyé au Yémen par le prophète, 
p. 164. 
el-BAQl', cimetière de Médine, p. 26, 

60, 67. 
el-BARÂ ben Mâlik, p. 172. 
cI-Barâ ben Ma'roùr, p. 118. 
Barra, fille d''Abd-el-Mottalib, 

p. 7, 8. 
Barra bent 'Abd-el-'Ozzà, mère 

d'Âmina, p. 6. 
Barra bent 'Auf, aïeule d'Amina, 

p. 7. 
Bâténiens , BÂT1NIYYA , rangés 

parmi les sectes chi'ïtes, p. 47, 

53, 130, 140. 
Batn-Wedjdj, localité d'Arabie, 

p'. 207. 
Bâzigh el-HÂïK, fondateur d'une 

secte chi'Ite, p. 137. 
Bâzighiyya, secte chi'ïte, p. 137. 
Bédouins, p. 166, 217. 
Bedr (Bataille de), p. 20, 40, 87, 

93, 96, 99 et suiv., lOJ, 108, 120, 

122, 178, 215, 219, 238. 
Behrâm, Gis de Yezdegird III, 

p. 205. 
el-BÉïDÂ, surnom d'Omm-Haklm, 

fille d"Abd-el-Mottalib, p. 7. 
BÉïHASiYYA, secte khâridjite, p. 141, 

145. 
Bekr, fils supposé d'Abou-Bekr, 

p. 166. 
Bendénidjéïn , canton près de 

Nahréwân, p. 144. 
Bent Abîhâ, file de Hamza, p. 8. 
Berbéiiâriyya, secte tradition- 

niste, p. 158. 
BÉYÂN, fondateur d'une secte 

chi'ïte, p. 136, 137. 
BÉYÂNiYYA, secte chi'ïte, p. 130, 

136. 
BicHR ben Ghazwân (Bosra bent 

Ghazwâii), p. 117. 
Bid'iyya, secte khâridjite, p. 142, 

145. 



253 — 



BiLÂL, fils d"Abdallah ben 'Omar, 

p. 94. 
BiLÂL ben Abi-Borda, petittils 

d"Abou-Moûsà el-Ach'ari, p. 105. 

BiLÂL ben Rabâh, muezzin du 

prophète, p. 63, 93. 104. 
el-BoHTORl, vers cité, p. 184. 
el-BoRAK, surnom d'el-Hadjdjâdj, 

conjuré khâridjite, p. 236. 
BosR ben [Abi-]Artât, p. 235, 240. 
BosR bent Ghazwân, p. 117. — 

Voir Bichr ben Ghaiωn. 
BosTRA, ville de Syrie, p. 84, 176. 
BoÛRÂN-DoKHT, régente de Perse, 

p. 179. 
BouzÂKHA (Bataille de), p. 107, 

168. 

cç-Ça'ba bent el-HadramI, mère de 

Talha, p. 84. 
eç-ÇABBÀH ben es-Samarqandî, 

p. 155. 
Çabbàhiyva, secte, p. 154, 155. 
Ça'ça'a ben Çoùhàn, p. 227. 
Çafâ, site de la Mecque, p. 91, 92 

103. 
Cafiyya, esclave du prophète, p 

23. 
Çafiyya, lille d'el-'Abbâs, p. 8. 
Çafiyya, fille d"Abd-el-Mottalib 

épouse del-'Awwâm, p. 7, 8, 9 

86. — (Fils de), surnom d'ez- 

Zobéïr, p. 221. 
Çafiyya, fille de Hoyayy ben Akh 

tab, épouse du prophète, p. 10 

il, 15. 

Çafiyya, fille d'.Abou-'Obéïd, sœui 

d'el-Mokhtâr, épouse d'^Abdal 

lah ben 'Omar, p. 94. 
Çafiyya, biens propres, cassette par 

ticulière constituée par 'Omar 

p. 191. 
Çafwân ben Mo'attil, p. 18. 
Çafwàn ben Oméyya, p. 111. 
Çaïdah, nom d'une femme citée 



dans un vers de Dhou'r-Romma, 

p. 105. 
ÇaMdiyya, secte traditionniste, p. 

157, 158. 
Çakhr ben Harb, nom d'Abou- 

Sofyùn, p. 111. 
Çâlih, autre nom de Choqràn, p. 

25." 
cç-Çalt ben Abi 'ç-Çalt, fondateur 

d'une secte khâridjite, p. 146. 
Çaltiyya, secte khâridjite, p. 142, 

146. 
Çan'â, capitale du Yémen, p. 164, 

165. 
Canopus (létoile Sohéil), p. 89. 
Çaw.âkiyya, secte mourdjite, p. 
' 153. 

CÉSAR (Trésors de), p. 179, 186. 
Césarée, ville de Palestine, p. 

194. 
Chabath ben er-Rib'î, chef khâri- 
djite, p. 143, 175, 227. 
ech-CHA'BÎ, traditionniste, cité, p. 

62. — Sa mère, faite captive à 

Djaloùlâ, p. 187. 
Chamatiyya, secte chi'ïte, p. 130. 

— 'Voir Achmatiyya. 

Chameau (Bataille du), p. 13, 80, 

85, 111, 112, 129, 217etsuiv.,228, 

230. 231. 
ech-CHAM.MÂKH, poète, vers cités, 

p. 202. 
Chaqâïq en-No-mân, coquelicot, 

origine de ce nom, p. 106 et 

note 1. 
ChaqIq, un des deux anges d'el- 

Aswad el-'Ansi, p. 164. 
Charâmiha, secte chi'ïte, p. 130. 
ech-CHÂHÎ ( Hamza) , fondateur 

d'une secte khâridjite, p. 145. 
ChébIb ben Rab'î, lire Chabath 

ben Rib't. 
Chehrê, fille de Yezdegird III, p. 

205. 
Chehhek, général perse, p. 191, 

192. 



254 — 



Chehrizor, ville du Kurdistan, 

p. 144. 
Chéïbat el-Hamd, surnom d'Abd- 

el-Mottalib, p. 5. 
Chéïkhs (Les deux), Abou-Bekr 

et 'Omar, p. 131, 210. 
ech-CHÉïMÂ, surnom de Djodhâ- 

ma, sœur de lait du prophète, 

p. 9. 
Chiïïtân et-Tàq, p. 139. 
Chéïtâniyya, comptés au nombre 

des Chi'ïtes, p. 139. 
Chémâma, montagne du territoire 

des Banou-Hanîfa, p. 173. 

Chi'ïtes, p. l;-iO et suiv., 152. — 
Leur considération pour Abou- 
Hâchim ^Abdallah, fils de Mo- 
hammed ben el-Hanafiyya, p. 78. 
—Disent qu'Abou-Tâlib et 'Ab- 
dallah étaient musulmans, p. 7. 
— Surnom qu'ils donnent à 'Alî, 
p 75. _ Leurs idées au sujet de 
Mohassin, p. 22. 

Chîrin, sœur de Marie la Copte, 
p. 18. 

Chîroûyè, fils de Khosrau Parwîz, 
p. 43. 

Chine, p. 205. — Yezdegird III y 
envoie ses trésors, p. 191, 203. 

Cho'aïb ben Mohammed, arrière- 
petit -fils d"Amr ben el-'Aç, 
p. 110. 

Cho'ba, traditionniste, cité, p. 17, 
88. 

Chokkâk « sceptiques », secte tra- 
ditionniste, p. 158. 

Choqrân, esclave du prophète, 
p. 23, 25, 71. 

Chorahbîl ben Hasana, p. 193,194. 

Chorahbîl ben es-Simt, p. 181. 

CnoRÂT, surnom des Khâridjites, 
p. 142. 

Chosroès, nom générique des rois 
de Perse, p. 103, 181, 187. - (Tré- 
sors de), p. 179, 186. 

Chosroès II (Parwîz), p. 35, 36, 42. 



Chrétiens, p. 33, 52, 147. 

Chyvre (île de), p. 207. 

CiFFîN (Batiiille de), p. 42, 94, 102, 

112, 143, 160, 222 et suiv., 227, 228, 

230, 231, 232. 
ÇiFRiYYA, secte khâridjite, p 141. 
ÇiRMA (Abou-Qaïs) ben Abi-Anas, 

p. 127. 
Cœurs gagnés (Les), p. 111. 
ÇoHÉïB ben Sinân, compagnon du 

prophète, p. 102, 103, 198, 199. 

CONSTANTINOPLE, p. 122, 192, 193. 

ÇoUFis, mystiques, p. 149, 156. 
Ctésiphon, capitale de la Perse sous 

les Sàsânides, p. 42, 114, 143, 181, 

184, 185, 186, 241. 
Cyrénaïque, p. 194. 

Damas, capitale de la Syrie, p. 104, 
111, 176, 240. — (Mosquée de), 
p. 25. — (Siège et prise de), p. 192. 

Daniel (Sarcophage de) à Suse, 
p. 196. 

DÂouD el-Djawâribl, docteur an- 
tropomorphiste, p. 148. 

DÂOUD (Zâdoùyè), affranchi des 
Banou 'l-'Anbar, conjuré khâ- 
ridjite, p. 236. 

DÂRÂ, ville de Mésopotamie, p. 193. 

DÂRÂBDJiRD, ville de Perse, p. 203. 

DÂRÎN, port du Bahréïn, p. 105. 

David, p. 30. 

DÉMÂWEND, p. 206. 

DÉMON de la voûte.— Voir Chéïtân 

et-Tâq. 
Dhakwân ben 'Abd-elQaïs, p. 118. 
Dhammiyya, secte mo'tazélite, p. 

149, 151. — Secte mourdjite, 

p. 153. 
Dhât en-Nahyéïn, la femme aux 

deux barattes de cuir, p. 125 et 

note 2. 
Dhât en-Nitâqaïn, surnom d'As- 

mà, fille d'Abou-Bekr, p. 81. 
Dhou 'l-Djohfa, p. 222. 



— 255 — 



Dhou 'l-Faqâr, sabre de Maho- 
met, p. 27. 

Dhou 'l-Hâdjib, général perse, 

p. 17'J. 
Dhou 'l-Hàdjib MerdànChàh, gé- 
néral des Perses à Néhâwend, 

p. 190. 
Dhou 'l- Khimâr, surnom d'el- 

Aswad el-'Ansî, p. 164. 
Dhou-Kochob, localité près de 

Médine, p. àlO, 211. 
Dhou 'l-Khowaïçira, appelé par 

erreur Horqoùç ben Zohéïr et- 

Témîmi, p. 142. 

Dhou 'n-Noù.\ (Jonas), nom de 
l'interlocuteur de Toléïha. p. 167, 
168. 

Dhou 'n-Noûrêïn, surnom d"Oth- 
mân, p. 19. 

Dhou 'l-Qaçca (Bataille de), p 166, 

167. 
Dhou-Qâr, p. 219. 

Dhou 'r-Romma, poète, vers cité, 
p. 105. 

Di'bil el-Khozâ*i, poète chi'ïte, 

p. 133. 
DiHQÂN (Le) de Hérat, p. 2U6. — 

De Suse, p. 195. 
DiHYA ben Khallfa, p, 130. 
DiLASÂ (?), nom d'un gué du Tigre, 

p. 186. 

DiRAFCH-i Kâwiyân, drapeau des 
Perses, p. 184. 

DiRÂR, fils d"Abd-el-Mottalib, p. 

7,8. 
DiRÂR ben '.\mr, p. 155. 
DiRÂRiYYA, secte, p. 154, 155. 

Djabala ben el-Aïham el-Gbas- 
sânî, p. 192. 

Djâbàn le Perse, p. 176. 
Djâbir ben 'Abdallah, p. 118, 120, 
130, 132. 

el-DjÂBiYA, bourg près de Damas, 
p. 193. 

Djâbolça et Djâbolqa, villes my- 
thiques, p. 242. 



el-DJAl)^\, chamelle de Mahomet, 
p. 27. 

Dja'da ben Hobéïra el-Makhzoù- 
mî, neveu d'"Alî, épouse 0mm- 
el-Hasan, p. 78, 217. 

Dja'far. fils d'.\bou-Tâlib et frère 
d"Alî, p. 8, 14, 74. 77, 100, 101, 
1U9, 162. 

Dja'far (Les deux), docteurs mo"- 
tazélites, p. 151 et note 6. 

Dja'far ben Harb, docteur mo'ta- 
zélite, p. 150. 

Dja'far el-'Otbi, doteur mo'tazé- 

lite, p. 152. 
Dja'far ben Mohammed eç-Çâdiq, 

imam des Chi'ïtes, p. 132, 135, 

13c). 

Dja'fariyya. secte chi'ïte, p. 130, 
139. 

Djahch ben Riyâb el-.A.sadî, gendre 

d"Abd-el-Mottalib, p. 9. 
el-DjAHizH (Abou 'Othmàn), p. 152. 

Djâlînoûs, général perse, p. 179, 
183. 

Djaloûlâ (Combat de), p. 186, 187. 

el-DjAMÂDjiM (Journée d'), où fut 
pillée la cassette particulière 
constituée par 'Omar, p. 191. 

Djâriya ben Qodâma, général 
d' "Alî, p. 235. 

Djâroûdiyya, secte chi'ïte, p. 139. 

Djaun (Tribu de), p. 10. 

Djawâribiyya, secte anthropo- 

morphiste, p. 147, 148. 
Djayy (Bourgade de) dépendant 

d'Ispahan, p. 114. 

el-DjEHDjÂH ben Sénâm el-Ghifâri, 
p. 213. 

Djehm ben Çafwân et-Tirmidhî, 
p. 154. 155. 

Djehmiyya, secte, p. 154. 
Djérîr, poète, cité, p. 185. 
Djérîr ben '^Abdallah el-Badjali, 

p. 106, 130, 189, 206, 223. 
Djérîriyya, secte chi'ïte, p. 140. 



— 256 — 



el-DjoBBÂ"î (Abou-'AU), docteur 

mo'tazélite, p. 150, 151. 
Djobéïr ben Mout'im, p. 111. 
Djouhàm (Tribu de), p. 192. 
Djodhâma, surnommée ech-Chéï- 

mâ, sœur de lait du prophète, 

p. 9. 
Djoféïna, homme qui fut tué par 

'Obéïdallah, fils d'Omar, p. 94. 

el-DjOHFA, p. 59. 

Djondab ben es-Sakan (ou ben 

Djonâda), nom d'Abou-Dharr el- 

Ghifârî, p. 95. 
Djonds, thèmes militaires orga- 
nisés par 'Omar, p. 178. 
Djoumâna, fille d'Ali, p. 77. 
Djoûzadjân, district de la province 

de Balkh, p. 206. 
Djowâthâ, p. 175. 
Djowéïiuya, épouse du prophète, 

p. 10, 11, 16. 
Dgbà'a, fille d'ez-Zobéïr ben 'Abd- 

el-Mottalib, p. 8. 
DoLDOL, mule du prophète, p. 27. 
DoMQOLA (Dongola), capitale du 

Soudan, p. 207. 
DoûMAT el-Djandal, ville du désert 

de Syrie, p. 232. 

Édesse, p. 193. 

Egypte, p. 80, 101, 106, 110, 178, 

206, 207, 208, 210, 211, 215, 222, 

223, 225,231. 
Éléphant (Année de 1'), p. 89. — 

(Compagnons de 1'), p. 46. 
Emîr-Chehr (Eber-Chehr), ville 

de Perse, p. 205. 
ESDRAS, p. 32. 

Espace (Partisans de 1'), p. 147. 
EUPHHATE, p. 179, 223. 
Évangile, p. 29, 30, 31, 35. 



Fadak, propriété du prophète, p. 
28, 208. 



el-FÀDiLA , cotte de mailles de 
Mahomet, p. 27. 

Fâçimyya, secte traditionniste, p. 
157. 

el-FADL ben el-'Abbâs, p. 8, 10, 60, 
71, 108, 193. — Vers cités, p. 215. 

el-FADL ben el-'Abbâs ben 'Otba 
ben Abi-Lahab, vers cité, p. 131. 

cI-Fadl er-Raqâchi, docteur mour- 

djite, p. 153. 
cI-Fâri'a, fille d'As'ad ben Zorâra, 

p. 119. 
FÂRs, la Perside, p. 114, 185, 203, 

205, 207.— (Conquête du), p. 191. 

Farwa ben Naufal, chef khâridjite, 
p. 144. 

Fâtima, fille du prophète, p. 18, 

22, 64, 65, 67, 71, 76, 161. 
Fâtima, fille d"AIî, p. 77. 
Fâtima, fille d'Asad ben Hâchem, 

épouse d'AbouTàlib, mère d"Alî, 

p. 8, 74, 75. 
Fâtima, fille d'ed-Dahhâk, épouse 

du prophète, p. 10. 
Fâtima, fille d'el-Hoséïn, p. 77. 

Fâtima, fille de Zâïda, mère de 
Khadîdja, p. 11. 

Fâtima bent 'Amr, mère d'Abdal- 
lah et grand'mère de Mahomet, 
p. 6. 

Fâtima bent 'Omar, fille du kha- 
life et petite-fille d"Alî, p. 78. 

Fâtima bent Sa'd, mère de Qoçayy, 
p'. 7. 

Fâtima, sœur d"Omar, p. 91. 

el-FAYYAD, surnom de Talha, p. 84. 

Femme qui se donna à Mahomet, 
p. 17. 

Fézâra, tribu, p. 169. — Voir Ba- 

nou-Fésâra. 
FiHR ben Mâlik, tribu, p. 3. 
FlROûz, fils de Yezdegird III, p. 

205. 
FlRoûz le Déïlémite, p. 163, 165. 
el-FiDjÂR (Guerre d') p. 86. 



— 257 — 



FoDÂLA, esclave du prophète, p. 23, 

26. 
Forât ben Hayyân, p. 181. 
Fossé (Guerre du), p.39, 40, 117, 120. 

Gabiuel, l'archange, p. 12, 138. — 

Visite Moséïlima, p. 171. 
Gels de Merw-er-Roùdh, p. 206. 
el-GHAÏDAQ (Hadjl), fils d"Abd-el- 

MoUalil), p. 7, 8. 
GnÂHYA (Outrés), secte chi'ïte, p. 

130. 
el-GHARÎ, où fut enterré 'Alî, p. 238. 
Ghifâr (^Aqqâr ?), docteur mo'ta- 

zélite, p. 152. 
Ghoràbiyva, secte chi'ïte, p. 130, 

138. 
Ghoufra (L'affranchi de), tradi- 

tionniste, p. 2. 
Ghoumdân (Forteresse de) k Çan'â, 

p. 165. 
Golfe Persique. p. 105. 
Ghecs, p. 45, 103, 122, 194. 

Hachch Kaukeb, où fut enterré 

'Othmân, p. 214. 
HÂcHEM, surnom du père d"Abd- 

el-Mottahb, p. 6. — (Famille de), 

p. loo!" 

HÂCHEM ben "Otba conquiert, dit- 
on, r.A.dherbaïdjân, p. 191. 

HÂcHÉMiTES, p. 214, 215. — (Pen- 
sion des), p. 178. 

HÂCHÉMIYYA, résidence des pre- 
miers khalifes abbassides, p. 138. 

Hachwiyya, secte traditionniste, 
p. 157 et note 1. 

bI-HaçÎn ben el-Hârith, premier 
mari de Zéïneb, fille de Kho- 
zéïma, p. 13. 

el-HÂDî, imam des chi'ïtes, p. 132. 

Hadîth (Traditionnistes du), p. 147, 
149, 157 et suiv. 

bI-Hadjdjâdj ben Yoùsouf, p. 78, 
86, 93, 107, 113, 122, 139. 145. 



Hadjl (el-Ghaïdaq), fils d"Abd-el- 

xMottalib, p. 7. 
el-HADJOÛN, montagne près de la 

Mecque, p. 100. 
Hadramaut, p. 165. 

Hafça, fille d'^Omar, p. 10, 11, 13, 

60. 
cI-Hakam, traditionniste, p. 17. 
el-HAKAM ben Abi 'l-"Aç, père de 

Merwân, p. 82, 207, 208. 
Hakim ben Djabala el-'Abdî, p. 210. 
HÂLA bent Khowéïlid, sœur de 

Khadîdja et mère d'.Vbou "l-'Aç, 

p. 19. 
Halîma bent Abi-Dho'aïb, nour- 
rice du prophète, p. 9. 
Halladjivya, secte chi'ïte, p. 130, 

135. 
Hamàma, mère de Bilàl, p. 104. 
Hamîd, fils d"Abd-er-Rahman ben 

'Auf, p. 89. 
Hâ-mîm, lettres cabalistiques du 

Qoràn, p. 85. 
Hamna bent Djahch, épouse de 

Talha et mère de Mohammed 

Sedjdjàd, p. 9, 85. 
Hamna bent Sofyân ben Oméyya, 

mère de Sa'd ben Abi-Waqqâç, 

p. 85. 
Hamza, fils d'"Abd-el- Mottalib, 

frère de lait du prophète, p. 7, 8, 

9, 92, 100, 101. 

Hamza, filsd"Abdallah ben 'Omar, 
p. 94. 

Hamza, fils d"Or\va, fils d'el-Mo- 
ghîra ben Cho'ba, p. 107. 

Hamza ech-Chârî, fondateur d'une 
secte khàridjite, p. 145. 

Hamziyya, secte khàridjite, p. 145. 

Hanéfite (Mohammed, fils de la), 
p. 135. — Voir Mohammed ben 
el-Hanafiyya. 

Hanifs, p. 36, 48. 

Hantama, fille de Hâchim, mère 
d"Omar, p. 91. 

17 



— 258 — 



Hanzhala ben Rabî'a el-Asadî, 
' p. 181. 

Harb ben Mazh'oûn, maître de 
' Wahchl, p. 100. 
el-HÂHiTH el-'Awar, traditionniste, 

cité, p. 75. 
el-HÂRiTH ben Abàcl, fondateur de 
la secte khâridjite des Abàdiyya, 
p. 146. 
el-HÂRiTH, fils d'el-'Abbàs, p. 8. 
el HÂRiTH, fils à"Abd-el-Mottalib, 

p'. 7. 
el-HÂRiTH ben "Abd-el-'Ozzâ. mari 

de Hallma, p. 9. 
el- HÂRITH beu Abi-Dirâr, père de 
Djowéïriya, épouse du prophète, 
p. 10. 
el-HÂRiTH ben el-Hakam, p. 207. 
el-HÂRiTH ben Hichâm, p. 111. 
el-HÂRiTH ben Sorâqa ben Ma'di- 

Karib, vers cités, p. 166. 
HÂuiTHA, père de Zéïd, esclave du 

prophète, vers cités, p. 24. 
HÂRiTHiENNE (La), mèrc d'Abou-'l- 
'Abbâs es-Saffàh et d'elMançoùr, 
p. 109. 
Harua (Bataille de la), p. 88. 
HÂuotîN ben Kâmil, p. 207. 
Hahoûra, bourgade de la Baby- 
' louic, p. 143, 227. 
Haroûriyya, nom des premiers 
' Khâridjites, p. 142, 143, 228. 
el-HASAN, fils d"Alî, p. 22, 76, 77, 
78, 88, 112, lb2, 134, 135, 140, 206, 
214, 234, 237. — Son khalifat, p. 
240 et suiv. 
cI-Hasan II, fils d'elHasan, p. 77. 
bI-Hasan ben "Ali ezZakl, imam 

des Chi'ïtes, p. 132. 
el-HASAN, fils d'Osàma ben Zéïd, 

p.' 24. 
el-HASAN el-Baçrî, traditionniste, 

p.' 3, 76, 150, 243. 
Hasaniyya, secte çoùfic, p. 156. 
Hassan es-Sarrâdj, fondateur d'une 
. secte chi'ïte, p. 135. 



Hassan ben Thâbit, panégyriste 
du prophète, vers cités, p. 3, 
72, 124, 177, 180, 195, 214, 216. — 
Épouse la sœur de Marie la 
Copte, p. 18. 
Hau'ab, point d'eau appartenant 

aux Banou-Kilâb, p. 218. 
Hâzimiyxa, secte khâridjite, p. 141. 
Hedjâz, p. 8, 93, 179. — (Le roi du), 

p. 16. 

Héïçam ben Djâbir (Abou-Béïhas), 

fondateur d'une secte khâridjite, 

p. 145. 

el-HÉïTHAM ben Mo'âwiya, p. 138. 

HÉRACLius, empereur romain, p. 

176, 177, 192, 193. 
HÉRAT. ville de Perse, p, 205, 206. 
Héren (?), famille perse du Yémen, 

p. 164. 
Hichâm ben el-Hakam, docteur 
anthropomorphiste et fondateur 
d'une secte chi'ite, p. 139, 147. 
Hichâm ben 'Orwa, traditionniste, 

p. 12. 

Highâmiyya, secte chi'ïte, p. 139. 

— Secte anthropomorphiste, p. 

147. 

HiLÂL ben 'Ollafa et-Téïmî, p. 183, 

HiND, nom d'Omm-Salama, épouse 

du prophète, p. 14. 
HiND ben Hind, fils de Khadîdja 

et d'Abou-Hàla, p. 11. 
HiRÂ (Mont), près de la Mecque, 
' p. 36, 47, 48. 
el-HîRA, ville de Babylonie, p. 176, 

180, 181. 
Hismâ, localité près de Médine, 

p. 211, 212. 
HM'SQ, sigles initiaux du chapi- 
tre XLii du Qorân, p. 145. 
el-HoBÂB ben el-Moundhir, p. 68. 
el-HoçAïN, nom païen d' 'Abdallah 

ben Sélâm, p. 123. 
HODÉÏBIYA, p. 40, 229. 

Hodhéïfa ben el-Yamân, p. 189, 
' 190, 211, 221. 



259 — 



HoDHÉïL (Tribu de), p. 99. 
HoDjR ben 'Adî, p. 112. 
HoKMiYYA , surnom des Khâri- 

djites, p. 142. 
HoLWÂN, ville de l'Iraq, p. 186, 

187. 
el-HoMÉïRÂ, surnom d''Aïcha, p. 

13. 
HoMRÂN ben Abân, secrétaire 

d"Othmân, p. 211. 
HoMS, ville de Syrie, p. 26, 176, 
' 192. 
HoNÉïN (Bataille de), p. 40, 110, 

111, 121. 
HoRÉÏRiYYA, secte chi'ïte, p. 138. 
Hormouz-Djird, p. 176. 
el-HoRMOZ.\N, chef perse, p. 94, 187 

et suiv., 202, 208, 224. 
HoRQOÛç ben Zohéïr et-Témimî, 
appelé par erreur Dhou l-Kho- 
waïçira, p. 142. 
el-HosÉïN, fils d"Alî, p. 22, 76, 77, 
78, 88, 132, 135. 140, 206, 214, 241. 
el-HosÉïxN-, fils d'el-Hasan, p. 77. 
el-HosÉïN ben Mançoùr, surnommé 

ei-Hallàdj, p. 132. 
el-HosÉïN el-Kérâbisî, p. 157. 
el-HosÉïN en-Nedjdjâr, p. 155. 
el-HoTAl'A, poète, vers cités, p. 

167, 209. 
HowÉïTiB ben 'Abd-el-'Ozzâ, p. 
" 111. 
HoYAYY bent Khalil el-Khozâ'î, 

mère d"Abd-Manâf, p. 6- 
Huns Ephtalites, p. 206. 

Ibâdiyya. Voir Abâdiyya. 
Iblîs, le diable, p. 159. 
Ibn-'Abbàs, traditionniste, p. 4, 62, 

63, 107, 157, 163, 197, 226, 229, 232. 

— Voir ^Abdallah ben el-'Abbâs. 
Ibn Abi-Mo'aït, ancêtre du khalife 

'Othmân, p. 198. 
Ibn-'Adjarrad, fondateur d'une 

secte khâridjite, p. 145-146. 



Ibn-'Âmir, p. 218. — Voir 'Abdal- 
lah ben 'Âmir. 
Ibn-Câ'id (Yabyaben Mohammed), 

p. 158. 
Ibn-Da'b, traditionniste, p. 22. 
Ibn-Djoumoûz, p. 221. — Vers ci- 
tés, p. 222. — Voir 'Arnr ben 
Djormoùs. 
Ibn-Hichâm, cité, p. 12. 
Ibn-Ishaq, cité, p. 2, 10, 11, 12, 15, 
17, 18, 24, 36, 63, 64, 69, 70, 74, 70, 
81,83. 93,104, 111, 114, 170, 214. 
— Voir Mohammed ben Is/iaq. 
Ibn-Kahanb, fondateur d'une secte 

chi'ïte, p. 134. 
Ibn-el-Khattâb, fondateur d'une 

secte chi'ïte, p. 137. 
IbnMaldjân, p. 40. 
Ibn-Mas'oûd, compagnon du pro- 
phète, p. 93. 
Ibn-Moldjam, assassin d' 'Alî, p. 42, 
237, 238, 239. — Voir 'Abd-er- 
Rahman ben Moldjam. 

Ibn-el-Moqaffa', cité, p. 203. 

Ibn-Nâwoûs el-Baçrî, fondateur 
d'une secte chi'ïte, p. 135. 

Ibn-'Omar, p. 157. — Voir 'Ab- 
dallah ben 'Omar. 

Ibn-Oméyya, p. 218. — Voir Ya'là 
ben Oméyya (Monya). 

Ibn-Rawâha, p. 123. — Voir 'Ab- 
dallah ben Rawâha. 

Ibn-Razzâm, détracteur des Bâté- 

niens, p. 141. 
1bn-Qaï3 el-Mâçir, p. 137. 
Ibn-er-Rawendî, auteur du Fa- 

dàïh el-mo^tasila, p. 152. 

Ibrahîm, fils du prophète, p. 17, 18. 

Ibrahîm, fils d"Abd-er-Rahman 
ben 'Auf, p. 89. 

Ibrahîm, tils de Mâlik el-Achtar, 
p. 140. 

Ibrahîm ben Mohammed, tradi- 
tionniste, p. 2. 

Ibrahîm en-Nakha'î, traditionniste, 
p. 99. 



— 260 — 



IçMA ben 'Abdallah, p. 180. 
IçTAKHR, p. 19;i. — Voir PerscpoUs. 
el-lKHCHîDÎ (Abou-Bekr), docteur 

mo'tazélite, p. 15U. 
'Ikrima ben Abi-Djehl, p. 111. 
Imâmiyya, Imamiens, surnom des 

Chi'ïtes, p. 130, 132. 
'Imrân ben Hittân, poète khâri- 

djite, vers cités, p. 239. 
Inde, p. 184. 
Indiens, p. 137. 
'JRÂQ, p. 87, 93, 124, 166, 176, 178, 

179, 180, 1S6, 194, 218, 222, 223, 

226, 240. 
'IsÂbenYoùnos, traditionLiiste,p. 1. 
ISAAC, p. 32. 
IsHAQ ben Râhôya, traditionniste, 

cité, p. 74. — Voir aux Additions 

et corrections, p. 277. 
IsMAËL, p. 32, 33, 34, 35. 
IsMAiîLiENS, secte chi'ïte, p. 130. 
IsPAHAN, ville de Perse, p. 114. 

178, 192, 203. 
Israélites, p. 32, 195. 
'Iyâd ben Ghanm, p. 193. 
Iy.^diyya (?), secte khâridjite, p. 

141. 

Jean l'apôtre, p. 31. 

Jérusalem, p. 32, 34. — (Mosquée 
de), p. 240. — (Prise de), p. 193. 

JÉSUS, p. 35, 135. 

Joseph, le prophète, p. 4, 63. — de 
la nation musulmane, p. 106. — 
(Années de), p. 44, — (Chapitre 
de), dans le Qorân, p. 145. 

JosuÉ, fils de Noùn, p. 32. 
Juifs, p. 32, 33, 50, 52, 124, 147. — 
(Livres des), p. 121. 

Ka'b el-Ahbâr, p. 195. 
Ka'b ben el-Achraf, p. 125, 128. 
Ka'b ben Djo'aïl, vers cités, p. 240. 
Ka'b ben Mâlik, p. 216. 



Ka'b ben 'Odjra, compagnon du 

prophète, p. 129, 216. 
Ka'ba (La), p. 93, 99. 
Kaboul, ville de l'Afghanistan, p. 

114. 
Kâghadiyya, secte chi'ïte, p. 130. 
Kairouan, ville de Tunisie, p. 

207. 
Kà.miliyya, secte chi'ïte, p. 130. 
Kai!anbiyya, secte chi'ïte, p. 130, 

134. 
Kayyâliyya, secte chi'ïte, p. 130. 
Kébîr, fils d'el-'Abbâs, p. 8. 
Kéïsân, surnom d'el-Mokhtàr ben 

Abi-"Obéïd, p. 137. 
Kéisâniyya, secte chi'ïte, p. 130, 

137. 
Kelbites, p. 115. 
elKÉRÂBisi (el I.loséïn), p. 157. 
Kehràmiyya, secte anthropomor- 
phiste, p. 147, 148. — Secte 
mourdjite, p. 152, 153. 
Khabbâu ben el-Aratt, compagnon 

du prophète, p. 91, 92, 1U3. 
Khachabiyya, secte chi'ïte. p. 130, 

140. 
Khadîdja, fille de Khowéïlid, 
épouse du prophète, p. 9, 11, 12, 
17, 19, 20, 24, 74, 75, 86. 
Khadîdja, fille d"Alî, p. 77. 
Khalafiyya, secte khâridjite, p. 

141. 
Khalid ben el-Wélîd, général mu- 
sulman, p. 76, 109, 162, 163, 167 
et suiv., 172, 175, 176, 192. 
Khâlid ben 'Abdallah el-Qasrî, 

p. 136. 
Khâlid ben Orfota, p. 183. 
Khàlid, flls d"Oihmân, p. 83. 
Khâlid ben Sa'îd, p. 97, 98. 
Khâlid ben Zéïd, nom d'Abou- 

Ayyoùb, p. 122. 
el-IvHALiDJ (el-Falâlidj), p. 175. 
Khambariyya, secte khâridjite, p. 
142. 



261 — 



Khàniqa, sanctuaire des Kerrâ- 

miyya à Jérusalem, p. 149. 
Khâridja, fils de Zéïd ben Thàbit, 

p. 1-21. 
Khâridja (La fille de), femme 

d'Abou-Bekr, p. 64. 
Khâridja ben Hiçn ben Hodhéïfa 

ben Bedr el-Fézârî, p. 167. 
Khâridja ben Hodhàfa, chef de 
la garde d"Amr ben el-'Aç, p. 
236. 
Khâridjites, p. 103, 141 et suiv., 
147, 150, 227 et suiv., 230, 231, 
235, 236. 
cI-Khattàb ben Nofaïl, père 

d"Omar, p. 20, 88. 
Khattâbiyya, secte chi'ïte, p. 130, 

137.' 
Khaula, fille de Haklm, épouse 

du prophète, p. 17. 
Khaula bent Djâfar ben Qaïs, la 
Hanêfite, épouse d"Alî et mère 
de Mohammed ben el-Hana- 
fiyya, p! 76, 135. 
Khawwât ben Djobéïr, p. 125. 
Khazradj, tribu, p. 67, 119. 
Khéïbar, p. 15, 26, 28, 46, 101, 

117. 
el-KHÉïR, surnom de T^lha, p. 84. 
KhodAî-nâmè (Livre du), cité, p. 

205. 
Khonéïs ben 'Abdallah es-Sehml, 

premier mari de Hafça, p. 13. 
Khorasan, province de Perse, p. 

114, 201, 204, 206, 209, 217. 
el-KHORÉïBA, champ de la bataille 

du Chameau, p. 219, 231. 
Khorrazâdh, ministre de Yezde- 

gird in, p. 204. 
Khorrazâdh ben Horraouz, géné- 
ral perse, p. 186, 187. 
Khorrémites, secte, p. 141. 
Khosrau Parwiz, Chosroès II, roi 

de Perse, p. 43. 
Khozéïma ben Thàbit, l'homme 
aux deux témoignages, p. 27. 



KiLÂB, éponyme d'une tribu arabe, 

p. 6. — (Tribu de) p. 10. 
KiLÂB ben Morra, p. 7, 79. 
KiNÂNA ben Abou 'r-Rébl', premier 

mari de Çafiyya, p. 15, 16. 
KiNDA (Tribu de), p. 113, 161. 
KiRMÂN, province de Perse, p. 203. 

— (Rivière du) p. 145. 
Kisf, surnom de Mançoùr, p. 138. 
KOLLÂB (Abou-'Abdallah ben), lire 

'Abdallah ben Mohammed, p. 

158 et note 4. 
KoLLÂBiYYA, secte traditionniste, 

p. 158. 
KoÛFA. ville de Babylonie, p. 88, 

107, 124, 143, 184, 185, 189, 190, 

191, 208, 210, 219, 222. 223, 227, 

231, 232, 237, 238, 240, 241, 242. 
KoûziYYA, secte khâridjite, p. 141. 

Lafzhiyya, secte traditionniste, p. 

157. 
Lakhm (Tribu de), p. 192. 
el-LÂT, déesse, p. 84. 
LébId ben 'Otârid, p. 181. 
LÉBlD, fils de Rabl'a el-'Amirl, p. 

112. 
LÉïLÂ bent Mas'oùd en-Nahcha- 

liyya, une des épouses d"Alî, 

p. 76. 
Léïth (Tribu de), p. 10. 
Livre (Gens du), p. 32. 
LizÂz, cheval du prophète, p. 27. 
el-LoHAïF, cheval du prophète, 

p. 27. 
Loup (Fils de l'interlocuteur du), 

nom des descendants de Wahbân 

es-Solaml, p. 38. 

Ma'ân, ville de Syrie, p. 82. 
Ma'bad, fils d'el-'Abbâs, p. 8. 
Ma'bad (Fils del p. 169. 
Ma'badiyya, secte khâridjite, p. 
142. 



262 



Machârif (Sabre des), p. 168. 

Madas (Warach), jeune esclave 
chargé de porter la lettre d"Oth- 
mân qui fut saisie par les ré- 
voltés, p. n2. 

el-MADHÂR, p. 176. 

Ma'dhoûrivya, secte çoùfie, p. 156. 

MÂHÂN (Vahan) le Domestique, 
général d'Héraclius, p. 19;i. 

Mahdî (Le), p. 133, 134, 135. 

el-MAHi>î (Mohammed) douzième 
imam des Chi'ïtes, p. 132. 

MAhek Vispa/ibadh, p. 203. 

MÂHERT, descendant d'el-Hàrith 
ben Abâd (confusion avec le nom 
de la ville de Tâhert), p 146. 
Mahomet, p. 19, 90, 95, 103. — 

Voir Mohammed. 
MÂHOÛï, dihqân de Merw, p. 204, 

205, 5i22. 
Mahhaqa, localité à l'est de Mé- 

dine, p. 207. 
Maïmoûna, fille d'el-Hârith, épouse 

du prophète, p. 11, 15, 17, 60. 
Maïmoûna, fille d'"Ali, p. Tt. 
Maïmoûniyya, secte khâridjite, p. 

145. 
Ma'iyya, secte mourdjite, p. 153. 
Makhloûqiyya, secte tradition- 

niste, p. 157. 
Mal.\matiyya, secte çoùfie, p. 156. 
Mâlik el-Achtar, p. 131. — Voir 

Q\-Aclitar en-Nakha'î. 
M.ÂLiK BEN NowÉïRA cl-Yarboù'I, 

p. 169, 170. 
Mâlikiyya, secte traditionniste, p. 

157, 158. 
Ma'loîjmiyya, secte khâridjite, p. 

146. 
Manbidj, ville de Syrie, p. 240.— 

(Vêtements de), p. 71. 
el-MANçoùR (Abou-Dja'far), kha- 
life abbasside, p. 109, 138. 
Mançoûk el-Kisf, fondateur d'une 
■ secte chi'ïte, p. 138. 



Mançoûriyya, secte chi'ïte, p. 130, 
138. 

Marie la Copte, esclave du pro- 
phète, p. 11, 17, 18, 23, 27. — Date 
de sa mort, p. 19. 

Mâriqa, surnom péjoratif des Khâ- 
ridjites, p. 142. 

Mebhgûtiyya, secte khâridjite, 
p. 141. 

Mechaffêh, nom de Mohammed 
en syriaque, p. 32 et note l. 

Mecque (La), p. 4, 9, 12, 15, 20, 21, 
34, 36, 52, 56, 59, 74, 75, 79, 80, 
81, 86, 93, 95, 98, 99, 100, 103, 110, 
111, 114, 116, 155, 161, 170, 206, 
216, 217, 218, 232, 235. 

MÉDiE (La), dépendance de Baçra, 
p. 178, 203, 204. 

MÉDiNE, ville d'Arabie, p. 13, 19 et 
suiv., 25, 37, 39, 42, 43, 52, 59,62, 
65, 83, 88, 94, 96, 98, 99, 102, 103, 
104, 108, 111,114, 115, 117 et suiv., 
124, 128, 145, 161, 162, 166, 167, 
170, 173, 180, 189, 193, 202, 206, 

207, 212, 218, 219, 231, 234, 235, 
238, 243. 

el-MEHDî, khalife abbasside, p. 23. 

Merdân-Châh (Dhou '1-Hâdjib), 
général des Perses à Néhâwend, 
p. 190. 

Merw, ville du Khorasân, p. 154, 
155, 204, 205, 206, 222. — Merw 
Châhadjân, p. 203. — Merw er- 
Roùdh, p. 206. 

Mervvân ben el-Hakam, p. 85, 117, 

208, 211, 213, 216, 220. 
el-MERZ0BÂNA, femme de Bâdhân, 

p. 164, 165. 
Mesken, sur le territoire de Koû- 

fa, p. 240. 
MÉSOPOTAMIE, p. 178, 184, 185. 
Messie (Le), p. 31, 147. 
Mid'am, esclave du prophète, p. 

23, 26. 
MiHRÂN, nom propre de Sêflna, 

p. 25. 



263 



Mihrîdjân-Qadhaq, canton de 

Perse, 151. 
MiNÀ, près de la Mecque, p. 118. 

el-MiQDÂD ben el-Aswad, compa- 
gnon du prophète, p. 8, 102, 130, 
132. 

MiQYÂs ben Çobâba el-Fihrî, p. 1S8. 

Mis'ar ben Fadakl, chef khâri- 
djite, p. 144. 

el-Mis\vAR,fils d'Abd-er-Rahraan 
ben '.'Vuf, p. 89. 

el-Mis\vAR ben Makhraraa, p 232. 

Mo'ÀDH ben "Afrà, p. 118. 

Mo'ÂDH ben Djabal, p. 122, 123, 
194. 

Mo'ÀDHiYYA, secte uiourdjite, p. 
152, 153. 

Mo'ÀwiYA, fils d'Abou-Sof j'ân, p. 8, 
13 et suiv., 22, 23, 27, 42, 88, 94, 
97, 101, 107, 110, 111. 112, 113, 
117, 120, 121, 129, 157, 194, 207, 
209, 216. 217, 218, 222, 223, 225, 
226, 227, 231 et suiv. - Comment 
il est l'oncle maternel des Mu- 
sulmans, p. 14. 

MoBAYYADA, secte chrïte, p. 130. 

Moç'ab, fils d'ez-Zobéïr, p. 86. 

Moç'ab , fils de Sa"d ben Abi- 
Waqqâç, p. 88. 

Moç'ab ben 'Oméïr, p. 98, 118. 

Modar (Race de), p. 44, 178, 224. 

MoDJÂCHi' ben Mas'oùd es-Sola- 
ml, p. 203. 

MoDJÂHiD, traditionniste, p. 17. 

Modjabbir, fils d"Omar, p. 93, 94. 

MoDjBARA, secte, p. 154. 

Modjawwira, secte, p. 154. 

el-MoGHlRA, 'Abd-Manâf, l'œuf de 
Qoréich, p. 5. 

el-MoGHîRA, fils d'.\bou-Lahab, 
p. 8. 

el-MoGHlRA, fils d 'Othmân, p. 83. 

el-MoGHÎRA ben Cho'ba, p. 67, 107, 
178, 181, 182, 184, 189 et suiv., 
196, 197, 216. 



el-MoGHÎRA ben Habib ben Zorâ- 
ra, p. 181. 

el-MoGHiRA ben Naufal, p. 21, 22. 

MoHÂDJiRS, p. 67, 68. 

el-MoHAKKiM ben et-Tofaïl , sei- 
gneur et général des Banou-Ha- 
nifa, p. 172. 

Mohammed, fils d"Abd-Allah, le 
prophète, p. 4, 5, 7 et suiv., 14, 
16, 17, 20, 21, 24 et suiv., 29, 30, 
31, 32, 36 et suiv., 43, 44, 46, 52, 
61, 63, 65, 66, 67, 69, 70, 72, 74, 75, 
80, 82, 84, 91, 92, 95, 96, 98, 100, 
101, 103, 104, 113, 116, 119, 122, 
123, 124, 128, 131, 138, 158, 161, 
163, 164, 166, 169, 170, 171, 172, 
202, 215, 226. — Voir Mahomet. 

MoHAM.MED ben 'Abdallah, petit- 
fils d"Amr ben el-'Aç, p. 110. 

Mohammed ben Abi-Hodhéïfa, le 
poussin des Qoréïchites, p. 101. 

Moham.med, fils d'"Abd-er-Rah- 
man ben 'Auf, p. 89. 

Mohammed, fils d'Abou-Bekr, ju- 
risconsulte du Hedjâz et gouver- 
neur de l'Egypte pour le compte 
d"All, p. 80, 81, 131, 210, 212, 214, 
220, 232. 

Mohammed ben 'AU (el-Bâqir), 
imam des Chi'ïtes, p. 132. 

Mohammed ben 'Alî (e(-Taqî), 
imam des Chi'ïtes, p. 132. 

Mohammed ben 'Alî ben 'Abdal- 
lah ben el-'Abbâs, frère d'Abou 
•l-'Abbâs es-Saffâh, p. 78, 109. 

Mohammed ben 'Ammâr, fils 
d"Ammâr ben Yâsir, p. 102. 

Mohammed ben Béchir el-Ach'arl, 
p. 155. 

Mohammed ben el-Hanaflyya, fils 
d "AU et de la Hanéfite, p. 76, 
78, 108, 134, 136, 137. 

Mohammed ben Ishaq, cité, p. 61 
— Voir Ibn-Ishaq. 

Mohammed ben Maslaraa, compa- 
gnon du prophète, p. 125, 129, 
216. 



— 264 



Mohammed ben Kerrâm, docteur 

mourdjite, p. 148, 153. 
Mohammed ben Khâloùya, p. 157. 
MoHAMMr.D, flis d'Osàma ben Zéïd, 

p." 24. 
Mohammed, fils de Sa'd ben Abi- 

Waqqâç, p. 83. 
Mohammed ben Sa'îd, p. 88. 
MoHAMAfED es-Sedjdjâd, fils de 

Taiha, p. 85. 
Mohammed ben Ziyâd el-Koùfi, 

docteur mourdjite, p. 153. 
Mohassin, petit-fils du prophète, 

p.' 22, 76, 78. 
Moïse, fils d"Imràn, p. 32, 33, 35, 

65, 109. 
Mokarramiyya, secte khâridjite, 

p. 142. 
MoKÂsinA, secte mo'tazélite, p. 149, 

151. 

el-MoKHÂRiQ (el-Moundhir) ben 
en-No'màn, p. 175. 

el-MoKHDADJ, l'homme à la ma- 
melle, chef khâridjite, p. 144, 
230. 

el-MoKHTÂR ben Abi-'Obéïd eth- 
Thaqafî, surnommé Kéïsân, p. 
88, 94, 112, 137. 

MoKHTÂRiYYA, secte chi'ïte, p. 130. 

MoLÉïKA, épouse du prophète, p. 
10. 

MoNYA, mère de Ya'la ben Monya 
(Oméyya), p. 114. 

MoQÂTiL ben Soléïmàn, docteur 
anlhropomorphiste, p. 1^)8. 

MoQÂTiLiYYA, seele antbropomor- 
phiste. p. 147, 148. 

el-MoQAUQis, roi d'Alexandrie, p. 
18, 27. 

el-MoQAWwAM, fils d'V\bd-el- 
Mottalib, p. 7, 8. 

MoRRA, ancêtre éponyme d'une 

tribu arabe, p. 79. 
el-MoRTADjiz, cheval du prophète, 

p. 27. 



el-MosANNÂT, en Egypte, où périt 

Mohammed ben Abi Bekr, p. 232. 
MosÉ'iuMA ben Habîb, prophète 

des BanouHanîfa, p. 128, 163. 

170 et suiv. 
MosLiMiYYA, secte chi"'ite, p. 180. 
MossouL, sur le Tigre, p. 113, 115, 

185. 
Mo 'ta (Bataille de), p. 25, 101. 
Mo'tab, fils d'Abou-Lahab, p. 8. 
Mo^TAZÉLiTES, p. 149 et suiv. 
el-MoTHANNÀ ben Hâritha ech- 

Ché'ibânî, général musulman, p. 

174, 178 et suiv. 
el-MouGHÎRA ben Sa'îd, docteur an- 

thropomorphiste, fondateur d'une 

secte chi'ïte, p. 136, 137, 148. 
MouGHîRiYYA, secte chi'ïte, p. 136. 

— Secte anlhropomorphiste, p. 

147, 148. 
el-MouNDHiR ben Sâwâ, maître 

du Bahré'in, p. 105. 
el-MouNDHiR, fils d'ez-Zobéïr, p. 

86. 
Mourdjites, p. 150, 152 et suiv. 
MouRGHÂn, rivière de Perse, p. 205. 
MoûsÀ ben Dja'far, el-Kâzhim, 

imam des Chi'ïtes, p. 132, 134. 
MuRwÂRÎDH, fille de Yezdegird III, 

p. 205. 

Nàbigha (Fils de), surnom d"Amr 

ben el-'Âç, p 211. 
Nabît ben Djâbir, p. 119. 
Nabuchodonosor, p. 32. 
en-NÂCHî, poète, vers cité, p. 133, 

149. 
Naçîbîn, ville de Mésopotamie, p. 

115. 
en-NADÎR, propriété du prophète, 

p. 28. 
Nadjda le Hanéfite, fondateurd'une 

secte khâridjite, p. 147. 
Nadjdât, secte khâridjite, p. 141, 

147. 



— 265 — 



Nâfi' ben el-Azraq, fondateur d"une 
secte khâridjite, p. 14i, 147. 

Nahr el-Marât, p. 176. 

Nahréwân (Bataille de), p. 144, 
230, 231, 237. 

Nâïla, tille d'elFarâflça, épouse 
d"Othmân, p. 209. 

Nakha' (Tribu de), p. 161. 
en-NAMiR ben Qâsit, p. 103. 
Naufal, fils d'Abou-Lahab, p. 8. 

Naufal ben Hârith, p. 85. Lire 
Naufal ben Khowéïlid et voir A.d- 
ditions et corrections, p. 277. 

NAwoûsiYVA, secte chi'ïte, p. 135. 

en-NAZHZHÀM ( Abou-Ishaq), doc- 
teur mo'tazélite, p. 151. 

en-NEBBÂcH ben Zorâra, autre nom 
d'Abou-Hâla, p. 11. 

en-NEDJDJÂR (el-Hoséïn), p. 155. 
Nedjdjâriyya, secte, p. 154, 155. 
Nedjrân, ville d'Arabie, p. 164. 
NÉFÎSA, fille d"Alî, p. 77. 

Négus (Le), roi d'Abyssinie, p. 14, 

43, 109. 
Néhâwend (Bataille de), p. 106, 

112, 150, 169, 189, 190. 

en-NiBÂDj, domaine entre la Mec- 
que efBoçra, p. 114. 

Niçfiyya, secte traditionniste, p. 

157. 
NîsÂBOUR, ville du Khorasan, p. 

206. 
NizÂR (Barâz), fils de Mahoùï, p. 

204. 
NizÂR (Navrâr), femme de Toléïba, 

p. 169. 
No'aïm ben 'Abdallah en-Nahhâm, 

p. 91. 
NoFAïL, père d"Amr et d'el-Khat- 

tâb, p. 88. 
en-No"MÂN ben Béchlr, compagnon 

du prophète, p. 129, 216, 217. 

en-No'MÂN ben Moqarrin el-Mo- 
zanî, compagnon du prophète, 



tué à Néhâwend, p. 106, 181, 189, 
190. 



'Obâda ben eç-Çâmit, p. 118, 120. 
Obayy ben Ka'b l'auxiliaire, p. 121. 
'Obéïd, père de Ziyâd ben Ablhi, 
p. 23. 

"Obéïda, fils d'ez-ZobéIr, p. 86. 
'Obéïda ben el- Hârith, premier 

mari de Zéïnab, fille de Kho- 

zéïma, p. 13. 
'Obéïda ben el-Hârith ben el-Mot- 

talib, p. 90. 
'Obéïdallah, fils d'el-'Abbâs, p. 8, 

108, 217. 
'Obéïdallah, fils d'Abou-Râfi', p. 

25. 
'Obéïdallah, fils d"Alî, p. 76. 
'Obéïdallah, fils d"Omar, p. 93, 

94, 189, 202, 208, 2:i3, 224. 
'Obéïdallah ben Djahch, frère de 

Zéïneb, premier mari d'Oram- 

Habiba, p. 14. 
'Obéïdallah ben Ziyâd, p. 140. 
Obolla, ville du Bas-Euphrate, 

p. 103, 105, 180. 
Odayya (Le fils d'), p. 227. — Voir 

'Orœa ben Odayya. 

el-'ODHÉÏB, p. 181. 

Ohaïha ben el-Djolâkh, premier 

mari de la mère d"Abd-el-Mot- 

talib, p. 6. 
Ohod (Bataille d'), p. 61, 90, 93, 96, 

99, 100, 117, 120, 125. 
'Okâzh (Marché d'), p. 24. 
"Okkâcha ben Mihçan el-Ghanmî 

el-Asadî, p. 40, 107, 168, 169. 
'Omaïr ben Sa'd el-Ançàrî, p. 194. 
Omâma, fille d"Alî, p. 77. 
Omâma, fille d'Abou 'l-Aç et de 

Zéïneb, petite-fille du prophète, 

p. 21, 22. 
'Omar, fils d'elKhattâb, le khalife, 

p. 4, 14, 19, 22, 26, 42, 62, 63, 65, 

66, 68 et suiv., 78, 79, 81, 88, 90 



266 



et suiv., 103, 105, 111, 124, 129, 
131, 139, 140, 142, 157, 162, 170, 
180 et suiv., 191, 193 et suiv., 202, 
207, 208, 210, 224, 233. — Son 
khalifat, p. 177 et suiv. 

'Omar, fils d'AU, p. 76. 

'Omar, flis d"Othmân, p. 83. 

'O.MAR ben 'Abd-el-'AzIz, p. 94. 

'Omar ben AbiRébl'a, poète, vers 
cités, p. 87. 

'Omar ben Abi-Salama, fils d'Omm- 
Salama, p. 15. 

'Omar ben Ma'dl-Karib, périt à 
Néhâv^rend, p. 190. 

'Omar, fils de Sa'd ben Abi-Waq- 
qâç, commandant des troupes 
envoyées contre el-Hosèïn, p. 88. 

Omâra, fils de Hamza, p. 8, 100. 

'Omâra, épouse du prophète, p. 10. 

Oméïma, fille d"Abd-el-Mottalib, 

tante du prophète, grand'mère 

de Mohammed Sedjdjàd, fils de 

Talha, p. 7,9, 13,85. 
Oméïma, fille d"en-No"mân ben 

Chorahbîl, épouse du prophète, 

p. 10. " 
Oméïr, frère de Sa'd ben AbiWaç(- 

qâç, p. 87. 
Oméyya (Descendants d'), p. 208. 

— Voir Oméyyades. 

Oméyya, père de Ya'lâ ben Monya 

(Oméyya), p. 114. 
Oméyya, fils d'el-'Abbâs, p. 8. 
Oméyya ben Abi 'ç-Çalt eth-Tha- 

qafî, p. 128. 
Oméyya ben Khalaf el-Djomahî, 

maître de Bilâl, p. 104. 
Oméyyades, p. 126, 210, 213, 216. 
Omm-Abân, fille d"Othmân, p. 83. 
O.mm-'Abdallah, fille del-Hasan, 

p. 77. 
O.m.m-'Abdallah, konya d"Aïcha, 

p. 13. 
Omm-Abîhâ, fille d "Ali, p. 77. 
' Omm-'Âçim, fille d' 'Âçim ben 'O- 



mar, épouse d' "Abd-el-'Azlz ben 

Merwân , mère d"Omar ben 

'Abd-el-'Azlz, p. 94. 
Omm-Aïman, afïranchie du pro- 
phète, p. 9, 23, 24. 
Omm-'Amr, fille d"Othmân, p. 83. 
Omm-Çâdir, surnom de la prophé- 

tesse Sadjâh, p. 174. 
OmmCharîk, fille de Djâbir, épouse 

du prophète, p. 17. 
Omm-Djémîl bent Harb ben 

Omavya, épouse d'Abou-Lahab, 

p. 8." 
Omm-el-Fadl bent el-Hârith, sœur 

de Méïmoûna, p. 15. 
Omm-Farwa bent Abi-Qohâfa, 

sœur d'Abou-Bekr, épouse d'el- 

Acha'th ben Qaïs, p. 79, 113, 

166. 
Omm-HabIb, fille d'el-'Abbâs, p. 8. 
Omm-HarIb bent Asid, grand'mère 

d'Âmina, p. 6. 
Omm-Habîba, fille d'Abou-Sofyân, 

épouse du prophète, p. 10, 11, 14, 

129, 217. 
Omm-H AKÎM (el-Béïdâ), fille d' 'Abd- 

el-Mottalib, p. 7. 
Omm-HakIm, fille d'ez-Zobéïr ben 

'Abd-el-Mottalib, p. 8. 
Omm-Hâni', fille d'Abou-Tâlib, 

p. 8. 
Omm-el-Hasan, fille d"All, p. 77, 

78. 
Omm-elHasan, fille del-Hasan, 

p. 77. 
Ommel-Héïtham, fille d'Abou '1- 

Aswad ed-Do'ïlî, vers cités, p. 

238. 
Omm-el-Khéïr Selmâ bent Çakhr, 

mère d'Abou-Bekr, p. 79. 

Omm-elKirâm, fille d"AlI, p. 77. 
Omm-Kolthoûm, fille du prophète, 

mariée à 'Othmân, p. 17 et suiv., 

82. 
Omm-Kolthoûm l'aînée, fille d"All 

et de Fàtima, p. 22, 76, 78, 94. 



— 267 



Omm-Kolthoôm la cadette, fille 

d"Alî, p. 77. 
Omm-Kolthoû.m, fille d'Abou-Bekr, 

p. 80, 81. 
Omm-Ma'bad, p. 38. 
Omm-Roûmân, épouse d'Abou- 
Bekr, mère d'Aïcha, p. 13, 80. 
Omm-Sa'îd, fille d"Olhmàn, p. 83. 
O.mm-Salama, épouse du prophète, 

p. 11, 14. 
Omm-Salama, fille d'Ali, p. 77. 
Omm-Soléïm, mère d'Anas ben 

Mâlik, épouse d'Abou-Talha, p. 

121. 
'Oqba ben 'Âmir, p. 118. 
'Oraïba, propriété du prophète, p. 

28. 
Orbâb (ben el-Barâ ech-Channî), 

p. 127. 
'Oréïnites, p. 26. 
Orient (L), p. 40. 
'Orwa ben Mas'oùd, p. 107. 
'Orwa, fils d'el-Moghîra ben Cho'- 

ba, p. 107. 
'Orwa ben Odayya et-Témîmi, p. 

227. 
'Orwa, fils d'ez-Zobéïr, tradition- 

niste, p. 3, 36, 86. 
Osâma ben Zéïd, fils d'Omm-Aï- 

man, p. 9, 24, 62, 63, 71. — Cam- 
pagne qu'il commande, p. 161 et 

suiv. 
OsÉïD ben Hodaïr, p. 119. 
'Otârid ben Hâdjib, p. 174. — Vers 

cité, p. 175. 
'Otba, frère de Sa'd ben Abi- 

Waqqâç, p. 87. 
'Otba ben Ghazwân, p. 180, 184, 

185. 

'Otba ben Mas'oùd, frère d' 'Ab- 
dallah, p. 100. 

'Otba, fils d"Abdallah ben Mas- 
'oùd, p. S9. 

'Otba, Dis d'Abou-Lahab, p. 8, 19, 
44. 



el-'OTBi (Mohammed ben 'Obéïdal- 
lah), p. 31.' 

'Otéïba, fils d'Abou-Lahab, p. 8, 
19, 20. 

'Othmân, fils d"Affân, le khalife, 
p. 13, 15, 16, 19, 22, 42, 80, 82 et 
suiv., 89, 91, 97, 99, 101, 108, 111, 
113, 114, 119, 121, 122, 123, 129, 
131, 139, 140, 142, 157, 193, 198, 
199, 200, 206, 210 et suiv., 215, 
218, 220, 222. 224, 231, 233. — Son 
khalifat, p. 203 et suiv. 

'Othmân (Le fils du kbalife), p. 214. 

'Othmân, fils d"Abd-er-Rabmân 
ben 'Auf, p. 89. 

'Othmân ben Abi 'l-'Aç eth-Tha- 
qafi, p. 106, 185, 191, 192. 

'Othmân ben 'Âmir, nom d'Abou- 
Qohâfa, père d'Abou-Bekr, p. 79. 

'Othmân ben Hoiié'if el-Ançârl, p. 
124, lô9, 217, 218. 

'Othmân ben Mazh'oùn, compa- 
gnon du prophète, p. 19, 90, 105. 

'Othmân ben Nahîk, p. 138. 

'OwÉ'i'M Ibn-Mâlik, p. 122. 

'OwÉïM ben Sâ'ïda, p. 118. 

'Oyaïna ben Hiçn ben Badr, p. 27, 
111, 167 et suiv. 

el-'OzzÂ, p. 84. 

Palestine, p. 34, 162, 177. 

Paraclet, p. 31. 

Pentateuque, p. 29. 30, 32, 34, 35, 

123. — En langue grecque, p. 33. 

— Des Samaritains, p. 33. 
Persans, p. 94, 141, 183. 
Perse, p. 179, — (Roi de), p. 42, 

175. 
Persépolis, p. 178, 187, 191, 192, 

203, 205. 
Perses (Les), p. 175, 179, 183, 184, 

186 et suiv. 
Perside, le Fàrs, p. 105, 107, 178. 
Persique (Golfe), p. 105. 
Pharan (Montagnes de), p. 34, 35. 



— 268 



Pléiades (Thoréyya), p. 89. 
Pont (Bataille du), p. 178. 
Psaumes, p. 30. 

el-QAç\vÀ, chamelle de Mahomet, 

p. 27. 
QÂDisiYYA (Bataille de), p. 118, 

166, 180 et suiv.,185. 
Qahtabiyya, secte chi'ïte, p. 130. 
Qâïm, surnom du douzième imam 

des Chi'ïtes, p. 132. 
Qaïs (Fils de), surnom d'Abou- 

Mousâ el-Ach'arl, p. 234. 
Qaïs ben 'Âçim el-Minqârî, com- 
pagnon du prophète, p. 113. 
Qaïs ben el-Héitham es-Solaml, 

p. 206. 
Qaïs ben Makhrama, p. 111. 
Qaïs ben Mekchoùh, p. 165, 181. 
Qaïs ben Sa'd, général d'el-Hasan, 

p. 240, 242. 
Qaïs ben Sa'd ben 'Obàda, p. 79, 

119, 222, 231, 232. 
Qanbar, bourreau d"All, p. 131. 
Qarmates, secte chi'ïte, p. 113, 130, 

139. 
el-QARVATÉïN, domaine entre la 

Mecque et Baçra, p. 114. 
el-QÂsiM, fils du prophète, p. 17, 

18. 
el-QÂsiM ben Mohammed, petit- 
fils d'Abou-Bekr, surnommé le 
jurisconsulte du Hedjaz, p. 80. 
Qatâda, traditionniste, cité, p. 11, 

17, 106. 
Qatâmi, femme khâridjite, p. 237, 

239. 
Qatawiyya, secte khâridjite, p. 

141. 
Qat'iyya, secte chi'ïte, p. 130, 133. 

QiNNASRÎN, p. 193. 

el-QiRMiT, fondateur de la secte 
des Qarmates, p. 139. 

■QoBÀ, près de Médine, p. 116. 



QoBÂDii, roi de Perse, p. 203. 
Qoçayy. l'assembleur des tribus, 

p. 5, 7. 
QoRAÏBA, sœur d'Abou-Bekr, p. 79. 
QoiiAÏZHA (Tribu de), p. 11. 
QoRÂN, p. 29, 91, 96, 102, 149, 150, 

155, 157, 158, 170, 173. 

QORKÏCH, QORÉÏCHITES, p. 19, 20, 

21, 74, 79, 82, 84, 91, 96, 98, 99, 

111, 129, 167, 171, 178, 199, 224, 

226. 
Qoss ben Sâ'ïda, p. 127, 
el-QoTABÎ, traditionniste, cité, p. 

74. 
QoTRA ben 'Âmir, p. 118. 
QoTHAM, fils d'el-'Abbâs, p. 8, 71, 

107, 108, 217. 
QoTROB, grammairien, vers cités, 

p! 38, 40. 
QouRT ben Ka'b el-Ançârl, p. 192. 

er-RABADHA, bourgade près de Mé- 
dine, p. 42, 97, 209. 

Rabâh, nom propre de Séfîna, p. 
25. 

Rabî'a, fils d'Abou-Lahab, p. 8. 

RabI'a, fille d "Othmân, p. 83. 

Rabî'a (Race de), p. 178, 224. 

Rab'iyya, secte chi'ïte, p. 130. 

Radwà (Montagne de), p. 134, 135. 

RÂFi' ben Khadîdj, p. 216. 

RÂFi' ben Màlik, p. 118. 

er-RÂFiDA, surnom péjoratif des 
Chi'ïtes, p. 130. 

er-RAHHÂL ben 'Onfowa, p. 171, 
173. ' 

Rahmân du Yémâma, surnom de 
Moséïlima, p. 170. 

RÂM-HoRMUz, ville de Susiane, 
p. 185. 

Ramâda (famine), p. 195. 

Ramiyva, secte chi'ïte, p. 130. 

Ramla, fille d"Alî, p. 77. 

Ramla, ville de Palestine, p. 120. 



— 269 



Raqâchiyya, secte mourdjite, p. 
152, 153. 

Raqqa, ville sur l'Euphrate, p. 
193. 

KÂsmiYVA, secte khâridjite, p. 141, 
143. 

Rawendiyya, secte chi'ïte, p. 130, 
138, 140. 

Réï, Rhagès, ville de Médie, p. 
203. ;206. 

Réïhâna el-Qorazhiyya , esclave 
du prophète, p. 11, 23. 

Rhagès, ville de Médie, p. 178. — 
Voir Rel. 

er-RiBÂB (Tribu d'), p. 174. 
Romains, p. 207. 
Rome, p. 192. 

Roméïlat ed-Deskéré. localité où 
se livra la bataille de Nahréwân, 
p. 230. 

RoQAYYA, fille du prophète, épouse 
d"Othinân, p. 17 et suiv., 82, 83. 

RoQAYYA, fille d'Ali, p. 76. 

RousTÈM, ispahbed de lAdherbaï- 
djan, général perse, p. 179 et suiv. 

Sabâ'iyya, secte chi'ïte, p. 130, 

131, 135. 
SÂI3ÂT del-Mèdâïn, p. 186, 240. 
Sâbiyya, secte khâridjite, p. 142. 
Sa'd, petit-fils de Hassan ben Thâ- 

bit, p. 124. 

Sa'd ben Abi-VVaqqàç, générul 
musulman, p. 42, 80, 87, 166, 180 
et suiv., 186, 187, 189, 198, 208. 

Sa'd ben Mo'âdh, p. 119, 120. 

Sa'd ben 'Obâda, chef des Khaz- 
radj, p. 67, 68, 119, 129. 

Sadjâh, prophétesse, p. 174, 175. 

SÂ'lR, montagne de Palestine, p. 
34, 35. 

csSahâb, turban de Mahomet, p. 
27. 

Sahîq, un des deux anges d'el- 
Aswad el-'Ansl, p. 164, 165. 



Sahl beu Honéïf l'.Vuxiliaire, p. 
124, 219. 

Sahla bent Sohéïl ben 'Amr, 
épouse d'AbouHodhéifa ben 'Ot- 
ba, p. 101. 

Sahoûl, dans le Yémen, p. 71. 

Sa'îd ben Abi 'Aroùba, tradition- 
niste, p. 11, 17. 

Sa'îd ben el-'Âç (Abou-Ohaïha), 
père de Kliàlid ben Sa'îd, p. :jU, 
98, 206, 209. 216. 

Sa'îd ben el-Mosayyib, p. 163. 

Sa'îd, fils d'Othraàn, p. 83. 

Sa'Id ben Zéïd ben 'Amr, compa- 
gnon du prophète, marié à Fà- 
tima, sœur d"Omar, p. 88, 91. 

Saint-Esprit, p. 135. 

es-SAKB, cheval du prophète, p. 27. 

es-SAKRÂN ben 'Amr, premier mari 
de Sauda, p. 12. 

Sâlim, nom propre d'Abou-Ràfi', 
p. 23. 

Sâlim, fils d "Abdallah ben 'Omar, 
p. 94. 

Sallâm beu Michkam, p. 39. 

Salm ben Ahwaz, p. 154. 

Salmà ben 'Amr, mère d"Abd-el- 

Mot^alib, p. 6. 
Saiomon, p. 30. 

Samaritains, leur Pentateuque, 
p. 33. 

Samarqand, ville du Turkestan, 
p. 83, 108. 

Saqîfa des Banou-Sà'ïda, p. 67, 
68, 69, 161. 

Sarakhs, ville du Khorasan, p. 
206. 

Sarâwiyya, secte traditionniste, 
p. 158. 

Sarif, localité près de la Mecque, 
p. 15. 

Saro(jdj, ville de Mésopotamie, 
p. 193. 

Sarrâdjiyya, secte chi'ïte, p. 130^ 
135. 



— 270 — 



Sauda, fille de Zam'a, épouse du 
prophète, p. 10, 11, 12. 

SÂwiYYA, secte traditionniste, p. 
157, 158. 

bs-Sedjdjâd, surnom de Moham- 
med, fils de Talha, p. 85. 

SéfIna, esclave du prophète, p. 23, 
25, 243. 

Salmà, affranchie du prophète, 
p. 25. 

Selmà bent Çakhr (Oram-el-Khéïr), 
mère d'Abou-Bekr, p. 79. 

Selmân el-Fârisî, p. 26, 27, 114 et 
suiv., 127, 130, 132, 201. 

SÉYYiD Himyarite (Le), poète chi'- 
ïte, vers cités, p. 230, 231. 

Sidjistan, contrée de Perse, p. 
203. 

SiNAÏ, p. 34, 35. 

SiNÂN ben 'lyâd, un des meurtriers 
d"Othman, p. 214. 

SiON, p. 31. 

So AD, fille d'Othâl, p. 173. 

SoDDA (Qotéïla), épouse d'Abou- 
Bekr, p. 80. 

SoHÊïL ben 'Amr, p. 12, 111. 

SoHÉïL, fils d"Abd-er-Rahmanben 
'Auf, p. 89. 

SoKÉïNA, fille d'el-Hoséïn, p. 77. 

SoLÉïM, nom propre d'Abou-Kab- 
cha, p. 26. 

SoLÉïMÂN ben Djérîr el-Djâroûd, 
fondateur d'une secte chi'ïte ; 
nom inexact, lire Abou '1-Djâ- 
roùd Ziyâd ben el-Moundhir, p. 
140. 

SoLÉïMÂN ben Djérîr er-Raqql, 
fondateur d'une secte chi'ite, p. 
140. 

SoMAYYA, mère d'Abou-Bakra et 
de Ziyâd ben Abîhi, p. 23. 

SoMÉYYA, mère d"Ammâr ben Yâ- 
sir, p. 102. — (Fils de), surnom 
du même, p. 210. 

SoRÂQA ben Mâlik, p. 42, 186, 187. 



Soûq-Baghdâdh, p. 180. 

SoûQiYYA, secte çoûfie, p. 156. 

es-SoûRî (Abou-Moharamed ben 
Yoùsouf), vers cités, p. 152. 

SusE, ancienne capitale de la Perse, 
p. 157, 185, 195. 

SusiANE, p. 178, 187, 192. 

Syrie, p. 20, 24, 40, 41, 44, 78, 80, 
82, 89, 90, 95, 97, 108, 111, 114, 
115, 119, 122, 155, 169, 176, 178, 
192, 193, 194, 196, 209, 216, 217, 
222, 223. 227, 231, 234, 236, 240. 

Syriens, p. 42, 222, 223, 225, 226, 
231. 



"Tabaristan, province de Perse, 
p. 206. 

Taboûk, p. 42, 97. 

et-TÂHiR, fils du prophète, p. 18. 

Taïba, surnom de Médine, p. 72. 

TÂïF, ville d'Arabie, p. 23, 78, 106, 
108, 191. 

Talha ben 'Obéïd-allah, compa- 
gnon du prophète, p. 67, 80, 81, 
82, 84 et suiv., 129, 161, 167, 198, 
199, 214 et suiv., 231. 

Talha, fils d'el-Hasan, p. 77. 

'TALHAT-et-'Ialhât, surnom de Tal- 
ha, p. 84. 

TÂLIB, fils d'Abou-Tâlib et frère 
d"Alî, p. 8, 74. 

Tâliqân, ville de Perse, p. 206. 

Tarkhân le Turc, p. 204. 

Tawwadj, ville de Perse, p. 107, 
191. 

Tayyâra, secte chi'ïte, p. 130, 135. 

et-TAYYiB, fils du prophète, p. 18. 

Tayyites, tribu arabe, p. 238. 

Téïm, frère de Kilâb ben Morra, 
p. 79. 

Tell-Mauzin, ville de Mésopota- 
mie, p. 193. 

TÉMlM (Tribu de), TémImites, p. 
113, 174. 



271 — 



TémI.m ed-Dàrî, compagnon du pro- 
phète, épouse la sœur d'Abou- 
Bekr, p. 79. 

Thâbit ben Aqram, p. 168. 

Thâbit ben Zéïd (Qaïs) benChem- 
mâs, p. 16. 

Tha'labiyva, secte khàridjite, p. 
U2. 

TiiAMOÛD, ancien peuple disparu, 
p. 42, 136, 238. 

Thaqîf (Tribu de), p. 23, 107. 

TuAUBÂN, esclave du prophète, p. 
23, 25. 

Thomâma ben Achras, docteur 
mo'tazélite, p. 151. 

Thomâm, fils d'el-'Abbâs, p. 8. 

Thomâma ben Mâlik, vers cités, 
p. 173. 

Thoréyyâ, nom de la femme de 
Sohéïl, p. 89. 

Thowéïea, nourrice du prophète, 
p. 9. 

Tigre, fleuve d'Asie, p. 186. 

ToKiiÂRisTAN, contrée de l'Asie 

centrale, p. 206. 
ToLÉÏHA ben Khowéïlid elAsadt, 

faux prophète, p. 107, 167 et suiv,, 

181, 190. 

Tous, ville du Khorasan, p. 203. 
ToosTÈR, ville de Susiane, p. 185, 

187, 188. 
Tripoli de Barbarie, p. 207. 
Turcs, p. 204. 

WÂDi '1-QoRÀ, p. 115. 
Wâdi 's-Sibâ', vallée d'Arabie, p. 
220. 

Wahb ben 'Abd-Manàf, père d".\- 
mina, p. 7. 

Wahba, esclave du prophète, p. 
23, 26. 

Wahbân es-SoIamî, p. 37. 

Wahchî, esclave de Harb ben 
Mazh'oùn, tue Hamza à la ba- 
taille d'Ohod, p. 100, 172. 



Wâïl ben Sebm, grand-pére d' 'Amr 

ben el-'Âç, p. 110. 
Wâqid, fils d' 'Abdallah ben 'Omar, 

p. 94. 
el-WÂQiDÎ, historien, cité, p. 18, 

35, 61, 62, 64, 70, 74, 75, 82 et 

suiv., 95, 97, 99, 100, 102, 114, 117, 

119, 120, 165, 170, 199. 

Wâqifiyya, secte chi'ïte, p. 130, 
134. 

Waraqa ben Naufal, chrétien de 

la Mecque, p. 36, 127. 
el-\\'ARD, cheval du prophète, p. 27. 
el-WÉLlD ben 'Abd-el-Mélik, p. 109, 

145. 

el-'WÉLlD ben 'Oqba ben Abi- 
Mo'aït, surnommé el-Fâsiq, frère 
utérin d"Othmân, p. 129, 131, 
208, 209, 216, 239. — Vers cités, 
p. 214. 

el-WÉLiD, fils d"Othmân, p. 83. 

Ya'foûr, âne de Mahomet, p. 27. 
Ya'foûr, fondateur d'une secte 
chi'ïte, p. 141. 

Ya'foûriyya, secte chi'ïte, p. 130, 
141. 

Yahya ben Mo'âdh er-Râzî, doc- 
teur mourdjite, p. 153. 

Yahya ben el-Moghîra, fils de 
Zéïneb, p. 22. 

Yahya ben Yézîd, l'Alide, p. 154. 

Yahya, fils d"All, p. 76. 

Ya'là ben Monya (Oméyya), com- 
pagnon du prophète, p. 114, 217, 
218. 

Yamân ben Rabâb, fondateur d'une 
secte chi'ïte, p. 139. 

Yamâniyya, secte chi'ïte, p. 139. 

Yarmoûk (Bataille du), p. 111, 192, 
193. 

Yasâr, esclave du prophète, p. 23, 
26. ' 

YÂ-sÎN, p. 107, note 4. 

YÂsiR, père d 'Ammâr, p. 102. 



— 272 — 



Yémâma, contrée de l'Arabie cen- 
trale, p. 76, 111, 162, 163, 173, 
174, 176. 

Yémân ben Ziyàd, docteur anthro- 
poniorphiste, p. 148. 

YÉMÂNiYYA , secte anthropomor- 
phiste, p. 147, 148. 

YÉMEN, région de l'Arabie, p. 40, 
89, 98, 102, 104, 217, 226. 

Yezdegird III, roi de Perse, p. 179, 
181, 182, 184, 186, 191, 203, 205, 
222. — Sa mort, p. 204 et suiv. 

YÉzîD, flls de Mo'âwiya, p. 88, 122. 

YÉzîD ben Abi-Sofyân, p. 194. 

ZÂDOÛYÉ, conjuré khâridjite, p. 236, 

note 1. — Voir Dâoud. 
Zarq, bourgade près de Merw, p. 

205. 
ez-ZARQÂ, localité de la Syrie cen- 
trale, p. 81. 
ZÉïD, fils d"Abd-er-Rahman ben 

■Auf, p. 89. 
ZÉÏD ben 'Amr, père de Sa'îd, p. 88. 
ZÉÏD ben 'Amr ben Nofaïl, p. 127. 
ZÉÏD ben Hâritha, affranchi du 

prophète, père d'Osûma, p. 14, 

17, 20, 23, 24, 74, 75, 87, 162. 
ZÉÏD, fils d'el-Hasan, p. 77. 
ZÉÏD ben Khâridja, l'Auxiliaire, 

p. 80. 
ZÉÏD ben el-Khattâb, p. 172. 
ZÉÏD ben Mohammed, premier nom 

de Zéïd ben Hâritha, p. 24. 
ZÉÏD ben 'Omar, fils du khalife et 

petit-fils d"Alî, p. 78, 93, 94. 
ZÉÏD ben Sehl, nom d'Abou-Talha, 

p. 121. 
ZÉÏD ben Thâbit, p. 120, 216. 



Zéïdiyya, ZÉïDiTEs, secte chi'ïte, 

p. 130, 139, 140. 
Zéïn-el-'Àbidîn, surnom d"Alî le 

cadet, flls d'el-Hoséïn, p. 77. 
ZÉÏNEB, fille du prophète, p. 17 et 

suiv. 
ZÉÏNEB l'aînée, fille d"Alî, p. 22, 

76, 78. 
ZÉÏNEB, fille de Djahch, épouse. du 

prophète, p. 9, 10, 11, 13, 17. 
ZÉÏNEB, fille de Khozéïma, épouse 

du prophète, p. 10, 11, 13. 
ZÉÏNEB bent Abi-Salama, fille de 

Omm-Salama, p. 15. 
ezh-ZHARiB, cheval du prophète, 

p. 27. 
ez-ZiBRiQÂN, fils de Bedr, p. 111, 

174. 
ZiYÂD ben 'Abdallah el-Bekkâ'î, 

traditionniste, p. 104. 
ZiYÂD ben Abi-Sofyân (Ziyâd ben 

Ablhi), p. 23, 237. 
ZiYÂD ben Lébîd. collecteur de 
l'impôt dans le Hadramaut, p. 
165, 166. 
Ziyâd ben 'Obéid (Ziyâd ben 

Abihi), p. 23, 184, 
Ziyâdiyva, secte mourdjite, p. 152, 

153. 
ez-ZoBÉÏR, fils d"Abd-el-Mottalib, 

p. 7, 8. 
ez-ZoBÉïR ben el-'Awwâm, p. 9, 
15, 67, 80, 81, 85, 129, 161, 198, 
199, 212, 214 et suiv., 231. 
ZoHRA, nom du grand-père ou de 
la grand' mère de Wahb, père 
d'Âmina, p. 7. 
ZoHRA ben Hawiyya, p. 183. 
ez-ZoHRÎ, traditionniste, cité, p. 3, 
4, 36, 63. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



TEXTE ARABE 



Page 12, 1. 5. J-^^, lire ^J^J^- 

P. 13, 1. 13. j/, lire /• 

P. 14, 1. G. ojv-, lire SjL,- 

P. 15, 1. 14. di./ f^ lire dl,/, 'çl- 

P. 16, 1. 3. Sj^, lire ij^ • 

P. 31, 1. 10. J^l, lire J*î . 

P. 32, 1. 5. <d!l /l., lire ^I]l ^^A- 

P. 35, 1. 4. ^^Ij, lire ^Ij- 

P. 37, 1. 14. oi/^j, lire ù^/^>«- 

P. 46, 1. 5. J^;!:, lire J^;!:- 

P. 50, 1. 2. SJk^lj Sj^, lire Sj^^ij Sj^^- 

P. 55, 1. 10. Le mot inintelligible ^^* a été reproduit tel 
qu'il est donné dans le ms. La correction en i*Âi«, qui s'im- 
pose immédiatement à l'esprit, n'est guère soutenable pa- 
léographiquement . 

P. 56, 1. 1. J^j, lire J_^j- 

P. 59, 1. 5. Le chedda à la fin du mot t^H doit être na- 
turellement remplacé par un tanwîn. — L. 9. ^J^^, lire 

18 



— 274 — 

P. 66, 1. 8. Cf. Qor., IX, 40. 

P. 68, 1. 4. jc.\\p.l'^, lire :,o;W-:I- 

P. 107, 1. 13. Au lieu de J.J, lire Jl. J- 

P. 123, 1. 13. -L«--jilj, lire _v^^ S^^- 

P. 127, dans les vers. Si J,!^^^- est le sujet de ^]Jkj, il 

faut lire «L^ 2i\ec ^i3 pour complément, malgré le ma- 
nuscrit. 

P. 128. Le deuxième vers, tel que le donne le ms., est 
contraire au mètre; il faut lire, comme dans VAghânî et 
Mas'oûdî, ii^lj au lieu de Jl iilj. Au troisième vers, \i:>\c, 
comme l'a lu Barbier de Meynard, est meilleur : a Tous les 
peuples de la terre comptent soixante-dix jours pour la 
durée de ton absence. » Le quatrième vers n'est ni dans 
Mas'oûdi ni dans VAghànî; le second hémistiche, tel qu'il 
a été imprimé d'après le ms., est contraire au mètre et inin- 
telligible; il faut lire : L['^\ ^iJ Nj.«l ù_^yî- 

P. 136, 1. 4. '^«); à ^:---, lire ^^j 0'. ^r^- 

P. 144, 1. 3. ^L^.lli, lire l'.^^,!^- 

P. 155, 1. 4. ^jb est une mauvaise leçon pour ^jib, Dâ- 
dlioûyé, que donnent les historiens. 

jbl rclJj, lire ijbl ^ij. Au lieu de ^\ , 
lire lki.\ et voir la note 1 de la page 168 de la traduction. — 
Ligne 7. Au li( u de l.*.-»!!, lire ^^:^1 ; de même, p. 159, 1. 7. 

P. 161, dernière ligne. ^Ij, lire ^^ • 

P. 163, 1. 10. Inlli, lire i^lil • 

P. 168, 1. 4. Ajouter ^ devant ç\^ S^c • 

P. 171, dernière ligne. Ja;.~JI, lire Ja,; !l • 

P. 172, 1. 5. -.^J, lire ^J- 



— 275 — 

P. 186. Les deux premiers vers sont dans Ibn-el-Athîr, 
Chronicon, t. II, p. 363, avec une variante au premier. 
P. 194, 1. 5. ^Ul lire ^UI- 

P. 203, 1. 5. ^.^ a, lire ^J'-^ à- 

TRADUCTION 

Page 1. Le signalement du prophète, donné d'après 
'Omar, affranchi de Ghoufra, qui le tenait de l'Alide Ibra- 
him ben Mohammed ben 'AU ben Abi-Tàlib (non le tradi- 
tionniste du même nom), se retrouve dans Ibn-Hichâm, 
p. 266. 

P. 3, 1. 6. (( Les orphelins deviennent riches. » Lire JÉ 
au lieu de Jli dans le texte, p. 2, 1. 7 : a le défenseur des 
orphelins. » Le premier vers est dans Ibn-Hichâm, p. 177. 
Cf. Diyârbekrî, Khamîs, t. I, p. 254, et t. II, p. 14. 

Page 4, 1. 15. Au lieu de « vêtements de lin », lire « vê- 
tements de laine ». 

P. 10, 1. 22. La tradition connaît une fille d'el-Djaun 
à qui serait arrivée l'aventure attribuée à 'Amra, tille de 
Zéïd. Voir El-Bokhârî, Les Traditions islamiques, trad. 
Houdas, t. m, p. 608. 

P. 12, 1. 17. Salâm « salut » est un des noms de Dieu; 
cf. Qor\, LIX, 23; el-Bokhârî, trad. Houdas, t. IV, p. 216. 

P. 18, 1. 17. L'auteur (ou son copiste) écrit Chirîn le 
nom de la sœur de Marie la Copte ; mais son nom est pro- 
prement Sîrîn, Sstpv;, « la sirène ». 

P. 22, 1. 20. Ibn-Da'b est Isa ben Yézid ben Da'b Abou 
'1-Wélid el-Léïthî, célèbre traditionniste passé en pro- 
verbe; il vivait sous le règne du khalife 'abbasside el-Hâdi. 
Voir Ibn-el-Athîr (Medjd-ed-din el-Mobârek), Kunja-Wôr- 
terbuch, éd. C. F. Seybold, p. 96; Tâdj el-Aroûs, t. I, 
p. 242. 

P. 29, 1. 9. Sur les inondations subites en Arabie, voir le 



— 276 — 

R. P. Lammens, Le Berceau de l'Islam, t. I, p. 24-25. Ces 
vers d'el-'Abbâs sont cités par Mas'oùdî, Prairies d'or, 
t. III, p. 264; le troisième a la variante suivante, au second 
hémistiche : J ,ili J j l^,'; i)j.>i a qui, sur le point de se déve- 
lopper, menaçait de s'engloutir ». 

P. 31, 1. 17. « Jean l'Apôtre ». Le texte corrigé porte 
^^_, c'est-à-dire ^^-'i^^s 'iwawTjç (cf. îjn'i''), forme attestée dans 
Ibn-el-Athîr, Osd, t. III, p. 32; Çohéïb prononçait ^b, Ya- 
nâs, « parce qu'il avait un nœud dans la langue » ; il avait 
été élevé parmi les Grecs et ne pouvait articuler les guttu- 
rales sémitiques. 

P. 34. Sur Pharan, consulter la toute récente étude de 
M. Maurice Vernes, Sinaï contre Kadès, les grands sanc- 
tuaires de l'exode israélite et les routes du désert, dans 
l'Annuaire de l'École pratique des Hautes Études (section 
des sciences religieuses), 1915, p. 34, 35, 53. 

P. 36, 1. 2. « Accorde-moi un peu de répit. » ■i\yl (p. 34, 
I. 2 du texte), n. act. IV de ^Sj> ne se trouve que dans le 
TâdJ el-Aroûs : « donner des intervalles de repos ». 

P. 37, 1. 17. « Alla trouver Mohammed. » Ajouter : « et 
se convertit ». 

P. 38, 1. 10. (( Je m'étonnes », lire « je m'étonne ». 

P. 43, 1. 27. La fermeture des guillemets doit être re- 
montée à la ligne 24. 

P. 44, 1. 28. « Une hyène », lire « un lion ». 

P. 49, I. 16. « En plus de ce que c'est », lire : « Bien que 
ce soit. » 

P. 62, 1. 27. « Qui appartient à telle ou telle? » Cette 
expression, conservée telle quelle par la tradition, n'est pas 
claire. Ibn-Sa'd, t. II, 2, p. 38, 1. 4, ajoute *jjl j^'U^ qui 
semble vouloir donner à la phrase en question le sens de : 
(( Qui va se préoccuper de telle ou telle ville des Grecs? », 
car 'Omar aurait dit, immédiatement après : « Le prophète 
n'est pas [encore] mort, pour que nous les conquérions. » 



— 277 — 

P. G4, 1. 25. Abou-Bekr demeurait au quartier d'es-Sonh, 
un des quartiers de la tribu ançârite des el-Hârith ben el- 
Khazradj, à un mille arabe de distance de la demeure du 
prophète, au sud de Médine ; il s'y était logé à l'occasion 
de son mariage avec Molaïka (Habîba) bent Khâridja. Cf. 
Yâqoût, t. III, p. 163; Aghâni, t. VII, p. 124; Ibn-Hichâm, 
p. 1009; Caetani, Annali delV Islam, vol. II, t. I, p. 502, 
note 1. 

P. 74, 1. 9. Sur Ishaq ben Râhôya, d'une famille origi- 
naire de Mervv-Châhadjân, élève de l'imâm ech-Chàfé'î, né 
en 161 (778), mort en 238 (853), on peut voir Ibn-Khallikân, 
éd. Wustenfeld, n° 84, et trad. de Slane, t. I, p. 180; Fili- 
rist, p. 230; A. Fischer, dans Id. Zeitschrift der deutscli. 
morgenl. Gesellschaft, t. LXVIII (1914), p. 315, 1. 20. 

P. 84, 1. 13. « Occupé »; lire « occupés ». 

P. 85, 1. 2. Au lieu de Naufal ben Hârith, lire Naufal ben 
Khowéïlid, et voir Ibn-Hichâm, p. 177. 

P. 88, 1. 22. Sur la harra de Wâqim, l'un des deux terrains 
volcaniques situés près de Médine,, où se livra, en 63 hég., 
une grande bataille suivie de la prise et du pillage de la 
ville par les Syriens, voir Yâqoût, t. II, p. 252; Mas'oùdi, 
Prairies d'or, t. V, p. 162, 163. 

P. 90, 1. 14. Sur 'Obéïda ben el-Hàrith, voir Ibn-el-Athîr, 
Osd, t. III, p. 356 ; Ibn-Hichâm, p. 163; et sur Abou-Salama 
ben 'Abd-el-Asad, cousin germain du prophète par sa tante 
Barra, fille d"Abd-el-Mottalib, voir Osd, t. V, p. 218. 

P. 91, 1. 18. Sur l'origine du surnom d'en-Nahhâm. voir 
Ibn-Hichâm, p. 164, 1. 15 à 18. 

P. 94. 1. 14. « Il voulut se venger de lui et s'enfuit » 

Lire : a Celui-ci voulut lui appliquer la peine du talion; il 
s'enfuit » 

P. 102, 1. 2. 'Abd-el-Mottalib n'appartient pas à la lignée 
d'el-Miqdâd ; il y a là une erreur de Tauteur ou du copiste. 

P. 109, 1. 18. Kâ'b, lire Ka'b. — Ibid., 1. 27. En-Nâmoùs 
el-Akbar a été traduit par « la grande loi » ; ces deux mots, 

18* 



— 278 — 

qui proviennent de la tradition relative à Waraqa ben Nau- 
fal et aux premières révélations faites à Mahomet, signifient 
« le grand confident » et y désignent l'archange envoyé par 
Dieu (c'était alors Isràfil) ; ici c'est une épithète de Dieu 
lui-même. 

P. 110, 1. 1. « Père des Musulmans » est un lapsus ca- 
lami pour « père de Soléïman )) que porte le texte, p. 106, 
1. 14. 

P. 121, 1. 4. « Son occupation était d apprendre le livre 
des Juifs » , plutôt : « Le prophète lui ordonna d'ap- 
prendre » 

P. 143, 1. 13. «Constitution d'arbitres équitables » 

lire : « de deux arbitres » et voir plus loin les addi- 
tions de la page 229. 

P. 156, 1. 25. « Ne songe pas à punir sa créature », plu- 
tôt : (( ne se soucie pas de sa créature. » Cf. Lisân el-'Arab, 
t. I, p. 112. 

P. 163. Sur l'anecdote des bracelets d'or, voir Ibn-Hi- 

châm, p. 964. 

P. 170, 1. 7. Au lieu de : « Mais il n'est pas ton compa- 
gBon », pkntôt ': « Il n'est donc pas ton compagnon ! » — 
L. 29. (( Et sur sa tête des petites feuilles de palmier », 
lire : « rameau sans feuilles, ayant à son extrémité de pe- 
tites feuilles de palmier. » 

P. l'81. Chorahbîl ben es-Samt, lire : « Chorahbil ben es- 

Simt. » 

P. 183. (( Il ordonna d'apporter du vin vieux, il s'enivra. » 
Peut-être' ce*te phrase signifie-t-elle : « Il ordonna d'en- 
,diguer le canal el-'Atîq », bien qu'on ne voie pas très bien 
eommeiiitt ce'Can^fl n'aurait pas eu déjà des digues. 

P. 1186, 1. 7.Dîlasâ; corriger probablement en l\JLi, Dîl- 
màyà, bourgade faisant partie de Visiân de Bahorasîr, vers 
le Tiigrè,, 'Gitée dans Tabarî, Annales, II, p. 57, l. 17. 

P. 190, Il y a une certaine confusion, dans les historiens, 
entre Dhoû '1-Hâdjib Bahman Djàdhoùyè, qui commandait 



— 279 — 

les Perses à la bataille du Pont et fut tué à Qâdisiyya, et 
Dhoû '1-Hâdjib (ou el-Hâdjib tout court, ce qui serait alors 
un titre de dignité, « le chambellan ») Merdân-Châh, com- 
mandant à la bataille de Néhàwend et qui y périt, à moins 
qu'il n'ait été tué devant Lspahan. Les tables des Annali 
delU Islam de M. L. Caetani n'éclaircissent pas suffisam- 
ment cette confusion (Cf. t. VI, p. 57, sub v° Dzû-l-Hâgib). 

P. 207. « Aux Gels de Merw-er-Roûdh. » Lire : « Au 
commandant de la forteresse de Merw. » Sur djîl [Glos- 
saire de Tabarî) et djîlân. qui paraît un singulier, voir Nas- 
siri Khosrau, Séfernâmè, p. xxii et 16. 

P. 209, 1. 22. Sur le détachement d"Âmir ben 'Abd-Qaïs, 
voir Tabarî, I, p. 2923. 

P. 213, 1. 26. Sur le sens de Joi « rendre licite, auto- 
riser », voir le Lisân el-Arab, t. XIII, p. 69; en consé- 
quence, lire plutôt ^<lbl V dans le texte arabe, p. 206, 1. 6. 

P. 220, 1. 7. Welwel est le nom du sabre du fils d"At- 
tâb, 'Abd-er-Rahman ben 'Attâb ben Asîd (voir ci-dessus, 
p. 110-111); cf. Lisân el-Arab, t. XIV, p. 263; Naqàïd, 
éd. Bevan, p. 198, 1. 12; el-Mofaddal ben Salama, The Fâ- 
khir, éd. Storey, p. 239. 

P. 221, dernière ligne. Sur la sauvegarde accordée par 
'Ali à ez-Zobéïr, voir Ya'qoûbî, Historiœ, éd. Houtsma, 
t. II, p. 212, 1. 9. 

P. 222, 1. 10. La seconde partie de ce discours se retrouve 
dans Abou-Hanîfa ed-Dînawarî, Kitâb el-Akhbâr et-Tiwâl, 
éd. Guirgass, p. 161, 1. 11 et suivantes. 

P. 222, 1. 25. Le même ouvrage, p. 178, 1. 18 et suiv., 
contient une intéressante description de Çifïîn; cette bour- 
gade ayant complètement disparu par la suite et le nom 
n'en étant resté qu'à un canton désert, il est important de 
noter cet ancien témoignage. « Çifïîn, dit ed-Dînawarî, est 
une bourgade ruinée de construction romaine, à une portée 
de flèche de TEuphrate; la rive du fleuve, dans ses environs 



— 280 — 

immédiats, est un marais couvert de broussailles entrelacées, 
mais maigres, de près de deux parasanges de longueur; 
dans ces deux parasanges, il n'y a qu'un seul chemin qui 
mène à l'Euphrate ; il est dallé [voie romaine] ; le reste du 
terrain est couvert de saules d'Egypte et de Babylone en- 
trelacés, entre lesquels il est impossible de passer; tout le 
marais, sauf cet unique chemin menant de la bourgade au 
fleuve, est végétation maigre et boue. » 

P. 225, 1. 13 et suivantes, et note 2. Cette anecdote, qui 
a paru suspecte à l'annotateur du manuscrit, est tout au 
long dans ed-Dînawarî, id. op., p. 189, 1. 14 et suivantes. 

P. 226, 1. 29. Sur le proverbe cité dans ces deux vers, 
voir Freytag, Arab. Prov., t. II, p. 1 ; Méïdânî, t. I, p. 367. 

P. 229, 1. 20. « Deux Musulmans justes. » Ce dernier mot 
traduit i>J-vt. Voir aussi p, 4, 1. 21, et p. 143, 1. 13. Le mot 
J-Xt « équilibré », en tant qu'adjectif, a pris dans la langue 
du droit musulman le sens d' « ayant une bonne réputation, 
ayant de bonnes vie et mœurs » (Cf. Th. Fr. Juynboll, Hand- 
buch des islamischen Geset^es, p. 316-317; N. de Tornauw, 
Droit musulman, trad. Eschbach, p. 270) ; de là le sens de 
(( témoin instrumentaire » et par suite de « notaire apte à 
dresser les actes extrajudiciaires, attaché au tribunal » qu'il 
a pris dans l'Afrique du Nord. Il n'en a pas toujours été 
ainsi, et les anciens textes nous montrent que ces signifi- 
cations sont relativement modernes. Le passage du Qorân, 
eh. V, V, 96 : S^ Jop Ij*:> est expliqué, dans le commen- 
taire de Tabarî, t. VII, p. 29, par : « deux ^adl pris parmi 
vous, c'est-à-dire deux faqih (( periti j'uris )) savants pris 
parmi les gens de religion et de supériorité (fadl) », et le 
passage analogue, ch. v, v. 105, est traduit, p. 61, par 
(( deux personnes possédant la maturité d'esprit (roc/id), la 
raison et l'intelligence (hidjâ) parmi les Musulmans ». Di- 
verses opinions sont rapportées dans le même ouvrage, elles 
se réduisent à deux : V gens de votre religion, de votre 



- 281 — 

communauté, des Musulmans ; 2° gens du clan du testateur. 
Il n'est pas fait mention de bonne conduite, bonnes mœurs. 
On voit combien MM. 0. Houdas et W. Marçais étaient 
fondés à traduire, dans El-Bokhâri, Les Traditions isla- 
miques, t. II, p. 209 : « Les témoins doivent être des 
hommes justes » et à indiquer, en note : « Sous cette épi- 
thète on doit comprendre le fait d'être Musulman. » Com- 
parer Lisân el-Arab, t. XIII, p. 456 : « Le mot ''adl désigne 
celui dont les paroles et le jugement sont agréés [par tout 
le monde], o 

P. 233, 1, 2. « Sobriquet de pierre de la terre. » Allusion 
à un proverbe cité par Freytag, Arab. Prou., t. I, p. 521 ; 
Méïdânî, t. I, p. 252. Cela veut dire : « Tu es seul, unique. » 

P. 234. L'échange d'injures entre les deux arbitres se 
retrouve dans ed-Dina\varî, el-Akhbclr ef-Tiwâl, p. 214, 
1. 19. Les passages du Qorân qui y sont cités sont respec- 
tivement ch. VII, V. 175, et ch. lxii, v. 5. 

P. 235, 1. 23 et suivantes. Ces vers font partie d'une 
poésie que l'on peut voir dans YaVjoùbî, Historiœ, t. II, 
p. 133 et 134. — L. 30. Il est intéressant de constater qu'en 
citant, à un autre endroit, le nom de Djâriya ben Qodâma, 
Abou-Hanifa ed-Dînawari l'appelle Khâridja, comme notre 
manuscrit {el-Akhbàr et-Tiwâl. p. 183, 1. 2). 



TABLE DES CHAPITRES 



Chapitre XVII. — Le prophète de Dieu, sa forme extérieure, son 
caractère, sa conduite, ses particularités, ses institutions, durée 
de sa vie, ses femmes, ses enfants, ses parents, le récit de sa 
mort, en abrégé et d'une manière concise 1 

La personne et le caractère du prophète, p. 1. — Ancêtres du 
prophète, p. 5. — Mères du prophète, p 5. — Grand'raères du 
prophète du côté paternel, p. 6. — Grand'mères du prophète du 
côté maternel, p. 6. — Oncles paternels du prophète, p. 7. — Cou- 
sins du prophète, p. 8. — Tantes paternelles du prophète, p. 8. — 
Nourrices du prophète, p. 9. — Épouses du prophète, p. 9. — En- 
fants du prophète, p. 17. — Petits-fils du prophète, p. 22. — Ses 
esclaves et ses serviteurs, p. 23. — Montures du prophète, p. 27. 

— Ses miracles, p. 28. — Le prophète mentionné dans le Penta- 
teuque, p. 30. — Le prophète mentionné dans plus d'un endroit 
de l'Évangile, p. 31. — Informations données sur l'au-delà, p. 42. 

— Ses prières exaucées, p. 44. — Preuves du prophétisme de 
Mohammed, tirées du Qorân, p. 45. — Lois établies par le pro- 
phète, p. 47. — - Recherches sur la manière d'adorer Dieu prati- 
quée par Mohammed avant la révélation, p. 47. — La pureté, 
p. 48. — La prière canonique, p. 51. — La dime aumônière, p. 55. 

— Le jeune, p. 55. — Le pèlerinage, p. 55. — Mariage, divorce, 
héritage, p. 57. — Le vendredi et les fêtes, p. 58. — Les dix cou- 
tumes du prophète, p. 58. — Maladie du prophète, p. 59. — Mort 
du prophète, p. 65. — Prestation de serment entre les mains 
d'Abou-Bekr, p. 69. — Lavage de son corps, p. 71. 

Chapitre XVIIL — Mention des principaux Compagnons et dé- 
tenteurs du pouvoir parmi les Émigrés et les Auxiliaires ; leur 
signalement, la durée de leur vie, la date de leur conversion, 
leurs enfants ; ceux qui ont laissé une postérité et ceux qui en 
ont été privés ^3 

*Alî ben Abi-Tâlib, p. 74. — Enfants d"Alî, p. 76. — El-Hasan, 
fils d"Alî, p. 77. — El-Hosé'in, fils d"Alî, p. 77. — Mohammed, fils 
d"Ali, p. 78. — Filles 'd"Alî, p. 78. — Abou-Bekr le Véridique, 
p. 79. — 'Othmân, fils d"Afïàn, p. 82. — Talha, p. 8t. — Ez-Zobéïr 
ben el-'Awwàm, p. 85. — Sa'd ben Abi-Waqqâç, p. 87. — Sa'îd 
ben Zéïd ben 'Amr, p. 88. — 'Abd-er-Kahman ben 'Auf, p. 89. — 
Abou-'Obéïda ben el-Djerrâh, p. 90. — 'Omar ben el-Khattàb, 
p. 90. _ 'Amr ben 'Abasa, p. 94. — Abou-Dharr elGhifârî, p. 95. 



— 283 — 

— Khàlid ben Sa'îd, p. 97. — Moç'ab ben 'Omair, p. 98. — 'Ab- 
dallah ben Mas'oûd, p. 99. — Hamza ben "Abd-el-Mottalib, p. 100. 

— Dja'far l)en Abi-Tàlib, Ihoiiinie aux deux ailes, p. 100. — .Abou- 
Hodhéïfa beii 'Otba, p. 101. — El-Miqdàd ben el-Aswad, p. 1\)Z. 

— "Amraàr ben Yâsir, p. 102. — Çohéïb ben Sinân, p. 103. — 
Khabbàb ben el-Aratt, p. 103. — El-.Arqam ben el-Arqam el- 
Makhzoùmî, p. 103. — Bilâl ben Rabàh, p. 104. — .Abou-Moùsâ 
el-.\ch'arl, p. 104. — El-'Alâ ben Hadramî, p. 105. — 'Othmân ben 
Mazh'oùn, p. 105. — En-No'mân ben Moqarrin, p. 106. — Djérîr 
ben 'Abdallah el-Badjall, p. 106. — 'Othmân ben el-'Aç eth-Tha- 
qafî, p. 106. — 'Okkâcha ben Mihçan el-Asadî. p. 107. — El-Mo- 
ghîra ben ChoMja, p. 107. — El-'Alibàs ben 'Abd-el-Mottalib, p. 108. 

— 'Abdallah ben el-'Abbâs, p. 108. — "Anir ben el-'.À.ç eih-Thaqafî, 
p. 109. — 'Abdallah ben 'Amr ben el'Âç, p. 110. — 'Attab ben 
Asîd, p. 110. — Abou-Sofyân, p. 111. — Les cœurs gagnés, p. 111. 

— Hodjr ben 'Adî, p. 112. — 'Adi, fils de Hàtim le Tayyite, p. 112. 

— Lébîd, fils de Rabî'^a el-'Auiirl, p. 112. — 'Anir ben Ma'dl-Ka- 
rib, p. ll;:i. — El-Ach'ath ben Qaïs, p. 113. — Qaïs ben 'Âçim el- 
Minqari, p. 113. — "Anir ben el-Hamiq, p. 113. — 'Abdallah ben 
'Âmir ben Koréïz, p. 113. — Ya'lâ ben Monya, p. 114. — Conver- 
sion de Selmân du Pars, p. 114. — Conversion d'Abou-Horéira, 
p. 117. — Conversion des Auxiliaires (que Dieu soit satisfait d'eux 
tous ! ), p. 118. — As'ad ben Zorâra, p. 119. — Sa'd ben 'Obâda, 
p. 119. — Sa'd ben Mo'âdh, p. 120. — 'Obâda ben eç-Çâmit, 
p. 1,10. — Djàbir ben 'Abdallah, p. 120. — Auxiliaires qui se con- 
vertirent après l'arrivée du prophète, p. 120. — Obayy ben Ka'b 
l'Auxiliaire, p. 121. — Abou-Talha l'Auxiliaire, p. 121. — Anas 
ben Mâlik, p. 121. — Abou-Ayyoùb l'Auxiliaire, p. 122. — 'Owéïni 
Ibn Màlik, p. 12~. — Mo'âdh ben Djabal le Khazradjite, p. 1^2. — 
'Abdallah ben Sélâm, p. 123. — Hassan ben Thâbit l'Auxiliaire, 
p. 124. — Sehl ben Honéïf l'Auxiliaire, p. 124. — Khawwât ben 
Djobéïr, p. 125. — Mohammed ben Maslama l'Auxiliaire, p. 125. 

Chapitre XIX. — Diverses opinions des Musulmans 127 

Sectes chi'ïtes, p. 130. — Explication détaillée et interprétation 
de ces divers degrés, p. 13U. — Sectes des Kharidjites, p. 141. — 
Détail et explication de ces sectes, p. 142. — Sectes anthropo- 
morphistes, p. 147. — Détail de ces doctrines, p. 147. — Sectes des 
Mo'tazélites, p. 149. — Sectes des Mourdjites, p. 152. — Sectes 
des Modjbara et des Modjawwira, p. 154. — Secte des Çoûfls, 
p. 156. — Sectes des traditionnistes du haclith, p. 157. 

Chapitre XX. — Durée du khalifat des Compagnons du pro- 
phète ; événements et conquêtes qui s'y produisirent, jusqu'à 
l'établissement de la dynastie des Oméyyades 161 

Khalifat d'AbouBekr, p." 161. — Campagne d'Osâma ben Zéïd, 
p. 161. — L'apostasie, p. 162. — Histoire d'el-Aswad ben Ka'b el- 
'Ansî le menteur, p. 163. — Apostasie d'el-Ach'ath ben Qaïs el- 
Kindi, dans le Hadramaut, p. 165. — Campagne d'Abou-Bekr 
contre les apostats, p. 166. — Histoire de foléiha ben Khowéïlid 
el-Asadî, p. 167. — Meurtre de Mâlik ben Nowéïra el-Yarboù'î, 
p. 169. — Histoire de Moséïlima ben Habîb le menteur, p. 170. — 
Histoire d'er-Rahhâl ben 'Onfowa, p. 173. — Histoire de Sadjàh, 
p. 17t. — Conquêtes du temps d'Abou-Bekr, p. 175. — Désignation 



— 284 — 

d"Omar comme khalife, p. 177. — Khalifat d'Omar, p. 178. — 
Bataille du Pont, p. 178. — Bataille de Qâdisiyya. p. 180. — Prise 
de Ctésiphon, p. 186. — Combat de Djaloûlâ, p. 187. — Prise de 
Toustèr et sortie d'el-Hormozân, p. 188. — La grande victoire de 
Néhâwend, p. 189. — Parties du Fârs qui furent conquises sous le 
khalifat d'Omar ben elKhattàb, p. 191. -- Parties de la Syrie 
conquises sous le khalifat d"Omar, p. 192. — Bataille du Yar- 
moûk, p. 192. — Prise de Jérusalem, p. 193. — Peste d"Amawâs, 
p. 194. — Année de la Ramâda, p. 195. — Conquête de Suse, 
p. 195. — Assassinat d"Omar, p. 196. — Histoire du conseil et 
mort d"Omar, p. 198. — Intronisation d"Othmân ben 'Affân, 
p. ^00. — Khalifat d"Othmân, fils d''Attan, p. 2J3. — .Assassinat 
de Yezdegird, p. 204. — 'Othmân assiégé dans sa maison, p. 207. 
— Intronisation d"All, fils d'Abou-Tâlib, p. 215. — Bataille du 
Chameau, p. 217. — Bataille de ÇiSîn. p. 222. — Révolte des Khâ- 
ridjites contre 'Alî, p. 227. — Khalifat d"Alî, fils d"Abou-Tâlib, 
p. 231. — Histoire des deux arbitres, p. 232. — Assassinat d".\li, 
p. 236. — Khahfat d'el-Hasan, fils d"All, p. 240. 



CHALON-SUR-SAÔNE, IMP. FRANÇAISE ET ORIENTALE E. BERTRAND. 815 



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J::3^ ôllJlL "^::Lôli LJl ^j^Ui Jr j^<f Â>jU^ ^^5 ajLC 

^ Suppléé d'après El-Kindî, Governora and Judges of Egijpt, 
éd. Rhuvon Guest, p. 22. 

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ôj ,^«^Vl [r^J 4.^.^lil diJÂj_ li^j (»Ulj ÂJ/jl Ja^ 
J^^Jl ^ y\i 4^^j A.U1 p ^ J^ j:j\>^ ^j> j^ ^ 

T=i)i ^A ai ^c ll^i j>i Âj/fi ^jc j^^ li^ ^ 'jp 



y -5 cr^ cJ: cl^^i ^S:> j [fol96vo] ^x^k ^1^ Aiil 



T'- ^'i 



^c[l\\ J^5, 4^j ^Jl JaI o ^a (fli ^^ i^ ^Vi 
' Lacune; en marge : J^Vl <3 lûT- 



jlAi i-JL) ^4«^i^ c^L.*^ i^i^-t* siiiJoi.^ -lJ ^! JL> 

ji*!ij 'Jp "^i^j ^^:^ v^^' r-^"' r'^'' 'y ^i }y-}^ 

4,jU Jl2i A,jU Je ô>^ b^^j crW\ v^-î^ > J^ ^ 
cP-i f"^ J^^-^ J^ G^ (^ J-^ '^'^-^'^ ^-^ J"^ '^ ^^ 

l ^Ij d\l^\ ^ ^Ul J J^^ Jl^i J ^^1 C^^:^^ ^^^'^ 
^cjrvô A^-ô ^[ -î^^^ ôjjb l aJI 4!^ J^ ÂjjU Jl2i A)^U 

"^r . 'u-^ ' . '^ '" \ .'■'•'t* ii--\ "!■*■• 

^:jl S)i .Ji>^ (»W1 Jife^î J^j 1^- j^ J\_i.lil ^yJ^J 

li ^t J^ c3^-^^J ^j-e-lil Ji^ÂjTj SJ^1^ ACilS: ^^ \j^3 

SJ f.U:^V If li jî A.l/^^lcS5 Jl A_,jU J> Jl^i ^\ 
^ Note marginale moderne : J, ©J^ ^j JiJI -J-Ua-ji V |'!>15^ 'a* 



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^ j\^ ,/- ,,u..«-j *JUI J — p LJi 



Jajl 1^1 >Li û^->J»-^Jlj 

JU jUU U ûj\ ù^ ^l'iy ^^'^' ^^^ ^ ^^ ^^^^ 

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J iJJu. A:^'^^ J*f A Syi dlj^.;a>. ûb "^"^-^ r'^J ^^ 

A-C^ C>1 ^^ 3^***^ (j"*"^"*^ Jj^ J^-' ^^ (JW^-^ ci '^— >Jw«-* 
Ai^^-l)l Je ^.li^J (T^^^i (t-^l^'llô (^«iJl }^^^\ ^ J^;S 

Oli^liij J-^i 0^.rJ '^^li <S^H '^U ^:E V Je 4JI J^jU 
^^^i-\ OA^^ y^ UL^ if^y JlliJi Ij-^jt i* UU 1^^ 
"Uji^;- li ljc:>l Aj^*^ Jy-'i rf°]9Gro] ^\^^e ^_^^ |^Sj 



• ' En marge : <i^M ,3 <1jJ^>-j li-'T- 



Xlh 



J^3 ^\j ùfe"jî-:ji ù'^ (t-U <iiij? ^'^ Jl"^ liij 'jUl 

^jU^ jlli >)'\,c\j jLsj j^.^=ii!>\^l (y1->/U Jc3 j^^^lô 
' Glose marginale moderne : oljj »^)J^ 4jl ^_^JlC)1 j, j£jdlj 



^j rj^\ f î^-J^ dA.Ul J^a^\ jfi> X^ JLlô 4^ 4.1)1 

^Ujl l:Jjl JLô ^*.* ^Lô U tlr^^^^ fî c^^.»^' li[ jLls 
y*b ^1^5 o'l-"J 1.:l)*3>[ jaZj ^rj=" (^^-^ J^ (_^ ^^^"^ ^^-5J 
ôjs, o^ cJf' J jJ^i V'^ ^'^-^ '^-'-^ ^*'*^^ <-^^ ^j^^lj 

^Ja>-1 AJ L^l* LU O^ ^^ J_^^-^ 0*0 J ^j>^ ^^^sis» 

(j\i^A)i Jj.:^! ô^ (j-;:^ û; vJi:^"l5)l Jl j^jj}\ ^^*o J^fl 

jAj jll ôlj li^ ôtU j^^^f- j^ Jj«^ ^; ^o-^ ^^^ «Jî^ 
A_Â-^ '=^-'j-^^ ^->'^JS (j-* -Jj-^j?" <J!^ ôl'iLJ 6'^^\ J.1 ^iJôJ 



^ Ms. C^IU ; corrigé d'après Tabarî, I, p. 3186, 1. 16; Ibn-el- 
Athir, t. m, p. 216; Freytag, Arab. Proo., t. II, p. 630; Méï- 
dânî, t. II, p. 198. 

? Lacune-, en marge : ^\-J)}^ J. '-^5^ • 



aJL dl^ |»j^ C^3y3 ^^— '_ ^"^-^^ û; ù^Jj* *^V Vr 
A>.1 dliLijT Jl_ô ôl*^ (j; ùl»^ J^^J aI-^2-^ (i^^l ^-J^ 
Ju) -b-ij ôI^Lj \.X-\ Aa'j U 0^-~-- J---^-? dA_-jl iti 
Jllj ^ r-Lî- *\io jU? ^J^ r-*>^^ .'*^i cS^ -i^J -^b 

Jlô^j A^lc ^J:ij J.^ «^Ji^ ^\^\ IJufcJ " ^£^ jJ-i 

J_^j 4,*^ le *.li?l (^JJl 11^ ^ C.III0 [fo 195 v»! r^^il 

' Ms. fJ^j; marge : ù^ '-i^* 

' Lacune ; en marge : J^-sV' ^ IJo • 



^*U AJji J_^--j lT'j-^ ^^^ Jl-^9 ^-^" (J^ ^^ ^Ic jL 
r 1 t' • - ;; 



' Ms. ôjLl 



^/Ij 



Y\r 



l_^^i. ^ 4-~2j \j/'3 ^r^ û.' ^^*-"'^ ijJ^Lô ô^^Jl \j.^xJÀ 
jrj^jJlj <i^ (»Lôi Jl^Vl i^-fJlJ [foiesro] ::A.^j, j^ 

4_:jjI1 ^ ^^ Lie j,il ;.Lj aJLlô ^y ij Jv:^^' j;^! 
^^ j^j 4_,u ^ (J j^-j "-^r"" ôl J^^ ^-^r^ J**^'-^ 
jLs (5Â_j Jj* ^^ û'^y^ ^ ^'U ^->jh lj-^-> (j^«— ' 
J^j ôVl a::^ ^^'^ ô^U j^^::_^ ÂJjSol J^l Jl ^z<j 

I^AjxJ V p^ ^Jc Jllô ^^^=îlc jj-i dAî5 ^Jj ^:>yb (J 
^ilj..«l ^^ Ij I^LT ^Jè \j^\^ j\j J>C4 1^.-2) J.>. JL:"JL 



' Ms. ôji-l. 



rw 



^ Lo ^'J\ ^j:i^ ^^ J^ f:^ j*^ (jî ^^-^^ -^^ ^j^ J*^ 

(Jl 4_)^L« ^^-^^ A^Ji_j i Jl-k'J c\jic 4*-^ ^Jlô ô .^1 Jl 

^>rj^-? flj^^b j^^j J^^l' ^^^ 0:^-5 y^ ù'J W^^-' 
o^Lft L^^Jl \J\Jè IJufc U o^liô Jl<Î'i qU Â-i;lc i.lc-' 

(^j*^ 0-5 J^2> 4),^ 4)1 ^}j^j ^mST jJLô ôl-T^l ^ ^^"^ 

^ Ms. jvi^. 
^ Ms. âI.I- 

* Correction marginale : \'^'^ • 
■ * Us. iS^' 



J^l c^Jc:c ô^j^ J^^i (J^^ ô^^Ji 1^^ ô^ J^.'Jb ^ ■ 

t^ljJl ci Ci^* ^'-^^^ VlJôJ ô^"^ ^«^ ^-^ \JitJ 4^)\c le 

^j:>- /^ (j^-^ J>-ô OUc Le ^f_5 ÂjCc L^Ulj <^J1 
U 4:l^ ^1 ^-*JJ,^\ *j^r* Ci *"^^ ^-^-^ ^-^-^ l^ 0*'^-;*-'^ 

i. * ^^ *■ ^ Tôt ^ > t *i >^ ** ^ 

Jj LM ^xij ^-«^51 1Jl«j Jjlj ^ J^èl 4_)1 Jx.îl o-Jj 
ôU'c 4i:ij ^.^A_) JlLiij A^ -,.,13 ô^^ Jjj j-*"^^^ ^-J^ 
aJI /»LtJl J^i (5^^ *UjU i^ ôL^*^ (^f^^ <-^!- rn***^-::^ "^"^ 
c3U (J^jC-1 Ul <:Lô A.L5J Âiic- ^gj ^j5 ^^j U^ jjL JuS 
jjlaiijj U ci ^-^'vc J_^2; 4)^1*^ aC'" U f Jii^ ci^ ^1j 

< Ms. C«l. 



r»^ 



c_.^l^" "k^Xc cJ^3 (*tl A*> ôj.*)l '^ "^r^ cj_ -u^j o>l cj} 
Ô^V"! l;"^^ <-^^ J^*^ (jl^jJU ûb^ J^ ^-» J^ :îi^^bj 

JL-^J dAlJo ^jl 4jli ^LJl Je ôjsi ^^ ^) ej;jill ^i Ju.J 

^ Ms. ^'l.J* 

• ^ Ms. J^' 

14 



L0^ 



V ^\:^\ 0^3 "^ ^i5i ù^^j J^ J^ 0! J^ V: f'^ 

3-^ 0^3 ^^ 0} (J, {^ ^^^^'^ "^! -^^^ ^-^ ^'^ ùj-^-^l 



.> -^ 



J?^ ^ii?- JloJ.!l ^ ^J-t o-L«J jyi^l ûl 

^U« c^»^ t^^r-Wl ajLj ôjb <J A^^ ^j-U û^ J-^ ^^ 

^11 i\ t^jA) ^2, li jJ. Jjtl Jl iJb ^^1 Jl^ ^1 Jlij 
^ «• t ^ • 

J;:3 U Qc ù\ J^2jJ A_>^1 ^Ui J ^^j^ J*r-? ^^"^^ 
Vlii l*.l 15:11' ôl U-.-^ ûl jii^J^^ A5i> Jl J^ji ôU, 



Y^V 



jl^iJl <L_7L*- Jl^lTj Cj ^I j.Jaî>- il jUi»i)l «ClJi;^ 



uTyj ï^-:^ jji '.Ll a . :>^^'i oiy-^ i^i^ Lj i>? 



y^ 



' Cf. />iuàn o/ Hassan h. Thàbit, éd. H. Hirschfeld, p. 22, 

n° XX, ligne 4, où il y a la variante Sjli • 

^ Lacune; en marge : J*=V'' ô '-^^ • Elle a été comblée au moyen 
de Mas'oûdî, Prairies d'or, t. IV, p. 286, et Ihémistiche entier re- 
constitué de la même façon ; le ms. ne donne que yt>j]\ -j^ ^ f^A«a^ 
qui est inintelligible. 



o^^ yils J>- j^i. j^:» '^i-. fjJ^i^ lÂSj lis 4-.:*lc ft?^ 
[j>^J aJc aUI ô^j^J ^ Jl ^J^3 ^j^ ^-^ ^^ 0"* 

jLi^ ^1 Jli <<-l^l «i J >w*« ^>- <U5=! ^ cil Ji X^ 
^ Ms. djjts^' ' Ms. Xll- 



X*o 



^*l5ol 4)1 ^J Jli^ ctlli JxJlâ iji*ô^ oU IjîUi ôUic^ Jl 
^^^jb j^ ^^1^ '^lil JU ^" ^i IjlUi A, ^li j^ilj 
^ ^:?-j jUc 4_)^^ pJ^ S"^. 3^ ^y-'^^ tyr-^' ^—ij-ui 

C^^]s>\i by\ <J A-l'lc O-^LxJj jU)^b ôi^rV^^ A_l)Â^_5 

^Lll Jl_Iô ô^*^ Jp lt^^ 0*^ (3-Â-4 û^ -^-'j-' y^j ^^^ 

^Ui -s-^-j (f^'^o jl "^-Jj' jjs^i j^^l^ (jUic- A*^ i" <\il ô^^ 
<j^l:ll J.^ o^-l> ôLicj ^iJLôj o^^ Jlôj <L_»Wj <*lii U-j 

(Jj ^ e/'i-' 4>^-5 (j^^ Jj^-^ lj*^j*i^J ôJuj ^^ <.,^^2J1 



' Ms. ^)« 



' Marge : Cu^^j 'iS^- 



T^ôi 



Y»t 



(j ^\^\ ^I^=; S\j\ J»j^\ û^ ^^1 j^ ^^ ji 
U jiL A^ Ju^ ji^ ^jaia ^:l^lJ^ît i^jij ^ -i 

ÔSM IJufc ^.U! ^;1 L ol^ JL.-i Jj::^- ôl Ul^ Ja.::^- 
' Jli Ij^ljî U ;^1 oU J^i Oj Ijili >. ^ dOilj^ 

ùl^ (> V' <y ^^^ V-'^. ù' ^^ Jl ^i Jl ^li 

^JVJ ôjl;.!^ ô^li ' ^j^ Jjj' 1^^ ^y)L y ^y ^ 

' Ms. j:1^ dl, u ; corrigé d'après Tabarî, I, 2972, I. 10. Marge : 

' Ms. Jlij. 
' Ms. Jj^- 
* Marge : 'àj • 
» Ms. ^- 






aJU*" (J <.5s^ a1 c^'fe^^ c^^Ji ^j-^-^ ^_ <j^J^ -^^ J^J 
J^ S^l ^} Ù. '^^^ ô^^ ù\ ^J^ ^ J"^^ J^^ Ù-* '-f^^ 

Ijlf- dA_j_^ ttiic j^j Jl2i le ô^*^J ^ J^2-^ <l:!«-^j 
^j^iJU-li jL*) c^A» ôA^ô C^j^ ^3 ^-> C^y^ ^^ '^)\jï jLs 
(jA>- JlJî Ij^I^ \}j>- ^3j^\ cJ*^ i[ dUc ^2:jj ljîl_5 
0*)^9 ôM^^ ô^s ùAj J_i 131 uU c^S'^U Jl_lj AÂJ^ 

ôlj aÎH ^i \>\j^ Js^ jU ejl-I-^l J^l J;t^\ \^ ôj^ 
^l^ÂJl jji^«:^l dAjl diJc ^Aij Ijîli^ aâJl». ^ ^IL^ ^ 

ly^lô ^^Ji jt.*Uj\^ ^^1^ (^i Jl A^j Je ,^J ^Jc 
^.1 Jl ^llf A«^ ^<lj ^^j y ^ ^^ 1^^ [P 193 yo] Jj^ 
^ Ms. jJ-\ a. 3/' ' Ms. J^^- 



I * 



UlLtlj <Il^i ^'k^\J\ ^ ;^1; pj: ol lf*j a>.j oU 

i^jwl ù^ ^*j^ vJVl <^ jm j:^ ^ JÀ^Js^ AJU 
"bj^i Aj^-j A_i^j 45i v»j 1:^=1) J^ jl A*Ji jlJc aJc 

AJl l^j Jruari ^bji 411 ^JLi <jl^i ^^ ^ Alil Jl 

^ Ail 1 J*^J A*fl> Od k.l'->- <J JJ-^ ^*«:i r^J.l -U^ Ji 11 

^^ - - - I • . . 

^^ Jj U» a1-» ^^^ j-)^ LU*' V->^ ^^ J-)^ S^, y) 0^3 
•" *■ . ^^ 

ô^ J^Ji\ <J *!)^-J OjLaâ 3^j-^ ^ (j' *^^ 0^ J-/ 
ôU ^ ^1 lj>b <:^i^ J J-1:J1 ^i5o ùl--rj'^ j>il 

Aiîi ^jii ^lii ^ A^ij Ui jA ajJ\ Aisi 'ju ij^ jijj 

<_^^ c/^ l> ^ ^^>r^ -^1 ùL^ a! J^ dUi j* Aijl 



YM 



ce f 

A^^l ^1 lJjj ^-^ Jl^ JjS^ A-'A l^j ôJ.ûj Jlô aj:*.\J1 4Jc 

_^Ai^ is..*.^ (J\ J; 4J.C Jr aJjÎI J^UJl [fol93ro] J^:^lj 
l^j l^:.ô_J j\k] o^^W Ua'i Wj-^ ji^ lÏ /*-\?^ '^'^^ *J-="^ 

a€ ÂL..]sj>J\ Jj <ij ôj^^>.J ^Ij^il .^_^i-lô ia-lJ 

J*=- 4jl 1^_5 «lL Jx:u ^^ 4^1 y\-i -^^3 J^J r-^-^ ^}^J 
4_J1 l^:^j 4i?e^* Jt ^\:\\ dj\3 \j^\j \}j^ \^ J^ijÏA 



' Ms. eJ.!.) 



(j^ âjjaH ^j^-t /^-^j^ ^'^jf' 5^^ ô; ^j^*-^ /«^"^^ '^^ V^j 

«^^^i? *^^l dlJi Ji J'-^JJ ^-^^ J^ f-^ Ll ^^ ^1 
^U tj^j tU^^î ^^i t^kJr-^j t!)\^-4 lÂ* Jlij *lU-j 

r ~ n t y . 

^sl iIjl jJ-i é} u i LoJi ûj 4-IîLj Ji-Li 

JjlI jl dl_) jjl; jo Î_JL1J LJ ju-Jb- ^jiOj 
ôl l^:^^ jt^j^ Jfi}\ Z\a (j^Ui [jl] J; ^<j-l Jicij j^j:> 

' Ms. «uJj, singulière erreur du copiste, corrigée en marge. 
' Glose marginale ancienne : J«» ^ 0^^ û^ jj^^ ^« <_l3 lÀ* 
• <! 1*JIjoj <uji*/» Jj«5 "j* ùS^ ô' 4-JLj lilj <^j iJÇ*- 



\^'\ 



y»\3 j^A jA Acj.-jli ^jf-^ J\^ Jvj j^\ jA-j 11^ JL^ii 
4 flj^l ij.ii 4u»)^ ôU-l r-^^ ^1 <j^ Ju- ^j- aIH A«-c. l^JU 

j^^ iJLj U Ji^iii ^y» <i_^U?Ld ôb^^l <LJoX« «lLI»^ «JL 

A.- J; aÏII Jl^ «^ ô^ jl_i ^^Ç cV'^c^ ùJJ^ (J-'-^-J 

<-jj^A ôLîc ..^ 0"^ Wi-? ye:uôU /»jjl ^j^jl ^ ^^*b 






<.:^ Â^i-1 iS'^ (j Juiîj Uj^ ùj^ j'^y^ iy^^ jL2>- J^^ 

aJc \y^ ^J'\^\ ô^ ^i^ v^;- O^i 6^1 ^ J?LO ^J-^ 



' Ms. <JlX«3 
'' Ms. Ji!l • 



J-jU ù\^ J^ ^^3 (mU-I UJAy J Jj^ CjU l^^U 

^-'J^ ^j^. (S<^ (^^^ ^^^ 0:^"- (^ ^-^^' ^-^ û*>^^^Uj 

Jl ^^ ^i ^C Ji "j^L t^ 4.^JJj ô^\> ^jL^\ Jil\ 

<Ijail Jl U;-*-; ^J (j^Ui Jr Jj'^ l^JLsiJ ôl^ A^ 



^ Ms. JJ.^. 
' Ms. ^bl. 
' Ms. ù^' 



^^v 



ôj^LVi ^Uj ji^ Ji ^ff^» ^i-^ ^ Jf-j <-^Vl tijj' 'U* 

^.îj (»l^«Jj jjj^ô a! o^}3 J''^J3 ^y^ J^^ ^;;^ Jlj 

rcL ôj^L^îl cJjo p-li-l cJJyj J^ Us ^IJaCijlj cL^::ii 
<4J3 ÔD U ^J y\c à, ^^ -V^ J^ Jl^Vi ^ a! û^^j 

^ Ms. Jj3- - Ms. j>.l^- 



(^Q 



J:i ^ -Oc ijj i>l dAiS Jl A^ J\ yV ^\ j^ljli ^j^ 
J^ û^'J^ ci^^-* »— — J^.-- ^JJ Ùj \J\Jk ^j^^'x J-^^ 

(^y^U J^jli ^^Jl J ^;.^ |tt^J;*J ^^t*5ly A."-jjLi (»^1 
^>J 4'bj o>» ' J^^ liy^ll^i (jli ^^JL y J\ ôU-J^ Ji 

â^jH x^x ^jP Jy ôl^J^' ^^^Jt Jp ^ l^Jj V J' 

c5-^€-j ^ ^JT^I (*J^*b Jjr^ J^^* *^^j-i c^y^U «J^Il^li 
^1 ^cjj aS !)U J lyh;^! ^ " ^Uy« J 4_aJ rj^s a^jÎ 

(J ô^J ô^biô ^U-i All:>j aJI ^jj^l ^j_5 *m J J^ 



' Ms. Jll. 
* 5ïc Ms. 

' Ms. w-)Wj^ 



\^o 



[fo 192 H j[aJ Jl ôjUll ^^^Jr wO ^jT^^ -^^ <-^ L>*^'^ 

(*^^ Cj) f^^ '^^>-5 v^^ ^:^l f"^ -^-^-^ ^^ '^>^- 

;^ W> iU 0^ j^\ w*^^ c>* j^^^ ^" ci o^aji 

^> cT ^^^ ^-^- J^ ^^ ^ ^^'^ V^ iXy ^"^^ 

'>il Jl J- ùU> Jl jL^ ÂJ^^ >^^ ^^^^ ù:^ 
ô^Ai^ ijjîl j^lj Ajy. jd^li S^a-yj: j;i-l Ai ^'«^i^ l^^erili 
^1 ol ^13^ *^3i *J J^ A«Jj^ ^jj^\ ôl^J^j iJJ^l 

^W ^ 41 Ju,c Jl ^^jjîl 3>lj> ^:5^ J^l JU 'dl^liT 

^ Ms. y^-Vj • " Correction marginale ; ms, dDUr* 






/1^ 



jr ^c A_j (jj l/j jl^j*!^!^ ùJ^y^ ^^-^ a_:L)J..II ^c— J^ 
[ju>] ^\ Jy ^liil 

Jya>« Ou!l (Jjjl (J-*— ** (V^ '*^^-' û_^(j' ■<-*■' C^ \^^ 

Il Aiil ^j JU aJI 4^ô1J1 ^ J>.j ^ ^^^ ^ <S3jj 

^^ ù%.\ <llli^ j^'^ jUi ^liii 

^ ^jr^l U:j i^i Jl xf ù, ^U Jr Ai)l j^ ùl^t 



^ Correction marginale : ÙCjI 



Ms. ^il 



^^r 



ôijiâ^^ (*^ <-«^ j^^J ^^ _^;J *-^ ô\c^ la-^jj Jj^\ J-^ 

\j>-j Jji) 4jj;\2t jlf «ôjj Jj^<« J^^-? *^*'V' f -^-5^ ô^^ 
^-^ J>b ^j«^ *Ij^ ^ «uôli ^ ^l)!-"^! ^y^t l 

/»j.Jl dlli J^ J*?- ô^ 0^ c^^J 
A-lc TpJjij *tic jJlj aUI Ju.^ CL^ jvdi Jp ôl^ ^^ ^ 

Ùj gU Ti iJjufcU ijîle J*Ji \ ùU Jli ^li (i \)^i 

13 



/ ^ 



^ 



^2-Jl Juc jjj ôA_j ia^J l t 1^1- «^^1 Vj \^ Jjji V 

jil^l 4JL< IjJU-l ûl-^* iiMjUl aJj) j:j <^ 1^^^ 1-bl Jli-l Ijjfc It 

Lie (/^J jy^' ^-^y- l/. O^J' "V" -^*^ -x^l J, ^Ul ^»-«^'j SjII 
[sic] y) tln^LlJjUl Sju-j ilj— j i.1— j 4.111 uj'lo Ip dljuU 1*1 jLsj t^j 
le jUL \^li ^yjcs ii_y^j i_L-j 411 k_jlij l*^ 'Usj le Jlli ^^j ^<C^ 
JjVl <Jy Jt« Jl_5j -u^j J^c Ici ^ j_^ J a^l f J-'^ 

''' Jitl J,U -Jllj ^^jbl w^lS^J, j/lll II* o^L ^Ul 



^^^ 



lia (i^jyi U3J (j IIa C^A-t ôA.. ^O ^Lj^^^ çjiî ^ 
J^ J[^ ç\J.i^ <^\: ^s^ ^ A^ u^\^^\ <J^ J»^ 1^^^ 

J5jl ô[ Jl^i ^-l J; jUr ^llô ùl^ ^j^j^ ^^j^ ^^ "^ 
A«^ J; A.ÎJ1 A_J JlJ l^t Clc U_^> ^l_Ji ^JoJLJ^ V J 

4_^^1 ^-^Ji x^*^-^ J-'-i w-^-\j jt^J>^^ <J tlA-Jjjwl-J 
^ Glose marginale moderne : 'ycik^^V ^yîl tSb u. aJi <i »^ — !lj 

ô' ^ Jl.«J ÂiMi-l ^ '«-i-S ^'y^ a ^j5-Jl -Ut ^j:^l p^^ -V:^lj Jfr 



i^ 



cH >r^ ^U^-9 ^^^^ ^ ^'^3 ^r^' ^J^^'^ lI ^ ^J 

J «• a. t t. 

JrJl ^iiîl L^U Ijji liU iîir ij;i^oij ^>i^i J^ b^ 
^31 ^û jf 411 -lJ JLô û^ vJjc^ û; cf)^ ^ <^^ 
j> J^ A.jlil ^l(^iii3 Jlai oljtc Jli^ aJ[ x^ci ^,. J 
Jl3 J^y- Jr ^2-Jl ^ Jli ^Lll ^lij Je Js^- ji j\ 

ûj^ c/->^-^ -^^ J^^ -^-^ J^ '^^^^ <^j:y*^J ^-*^ A^ 

» ^1 ^D u?Jl (j-*^ J^ Jî-'J^ J^ Sr^'^ cy '-^^-^ <J 

<Jij Â_.lc^ <i Jli J.9 Jli ^:^ti -^T ^ Jli ;^^ JU 

4-L)i r>jy. J y>5i j^ ^^ ^ii Je ^^ J ^,.^y 



"^ L'j^^^ ij^\ Uj ^o^ ^)[ ctUi U jLôj i^y^ i^Aj 
J>. 4iJi 4_:J ôjÀW iJJ y\ ÂÀ ^\ i-^J ^>^ >: 

oWij ôl <C?j ^^ Jl^i ô'U^i Oj^^ c^^-^ /jJiJuL? ^j^^U- 

0; ù*^-^^ '^-.'^ ^-^-^'' ^'^ J^"^-^ ^^ rj^-^ ^-^-^ -^^ "^^-^ 
J^:>3 A_Ji J^^ i^ A^l aUI ^^ J^ 4.;hn <J^ ôjjâl^=îll 

(J.ll'ô j,-'» ^Ji.»U r^^l c/*^:^ ùy J^-^ ^^^ ^*pj '^J^3 t/^-^^ 
A^Ll Jl5i Jl^l ô^i-l^ *^y ^i ^j^ J^i J^^ f r^ 

ôj^) \c^ Oj.Il ^*^ /jû)l UU Ij'Lô ^.o.c Oj>»j c^jj^l <»^ 



Naa 

^L!jI (Jl 0*9j^ i^J'^ ijfj^^ AajjL J>»-j lâ?t^ «U» IjJb^J^ 

{J\j^ *t>^ A,.-.»^ (_/ "^jf-'^ o^i \y\J^ 'd>j jt>^ X-^ J^ 

Ji '\Â (JjJ^ Jl*. ly ^fi aUI JrU <^^ lj\j\ Il ^ JLIj 

ô' 4— w)^ AÂjlJàj lâjLjj a ij^ (^ ôjUil ôVj^ d_^N-i> ^^ 

iOùl ^Jl ^ *J Jllô JLC ji AJli *UC ^Jui^l (J ôjr^ili ^l^, 

a! w^ ù^ 41-j di^\ ^\^ Ji^ a1 Ji2i %'Lj C^=b 

^C Jlls ^^1 1^. JJJÀ J^J dli ^.^''^ Ç*>U1 Jl2i ^:^J 

wJi^=tM lÂA (Jac-j; jJLaJ ^ a_jU ôj^^'' c/'^^ ùl *^^ 

' Ms. Ja^lj- 



151 ù^ J-'l^^l Ji 1)1 ^J jV-'^1 ^.< JllJ /Jl ^Iklj 
^Lll Ua ^c Jl2i ^1 '>^\ A.^xi 1^5^:^! 11^ Jt^ (f€-;Ul 

4JI ,-li [f°190v°] ^tU J.) Ju^j 4.^)1 y^j 4-^ ^!1 j^c 

a - 

ij-bJ! ûj:> fJ'i-j j_^JI vlijj (iiJI »jJlj y^jj j^lll /V& 



^AA.^.=^1 J^ c^^*^^l ^^y. ^1 ^^j^\^3 J^-^ cO-11 ^ 
<5^,,^^5l ^^j^ y) JU^ ^^û.) ^Jll j,.^'l2^:> ^a\l.[.ï jLaS-l 

^*-1j *^ J>.^ A_3^1i ^J ôljl (Jl_ ^l^J-1 <J .^::5o dljju 
' Lacune dans le ms. ; en marge : J^Vl J, US^- 






*,^^ Cf* h-^ ^ ^-^ ^ ^y ^^^^3 ^\^ ôy-\^ 

r->J (»Wl J*"^^ A_3 O^ciyi ^3 J- "kJi^^ ^ ^i 



' Ms. J^- 



NAo 



^^3~ Â_l-J|> O^*'^—^^ 0^3 wJl J/l«— ^^L l_^l-.ÔJ —1^^^^ 

« * «. «-ai 

J^l A.-!::^lj UÎ ctUi ,>.x 4.)i (^jiV ^:'^.'» **)^- (Xic 

^1^1 j /Ul Jiy j- Jl ôA^^c ^1 dÂJJu ^^:5o (t.^::^-^'' 

* I 

Ul^ UJ^i rr-?j-^ A_:^>- Jr J-^^-^ rc:.-il a^ÎI Jj a:>a11 

ri"--ilj i?=U ô3j.* Jo A-ôJi^ Ijl^ ^ê Jj- jj^U r^."J\^ 



^ Ms. ÔJy 

•■' Ms. , Jl. 



\i^jJ\3 jiy^^^l ^A JUJi Ji€^ ^\ li^ jU>- Jbo ^Ul 

6-L^ _^i ô'^ yii C?j y^- Al J ^^^ ^^ '^^ \^ J^^ 
-;^=^. c?^ '^y -^ r^'^ l/'J^ -^^J-^^ à -^^J HjT^ cri 

<^IL;L j^jjlj >»Dl diu ji^ ô^ [f«i90ro] iS^^n 4*5 j 
^ j^i-ij f-j.oi-1 «.*5^ ^ (j^ dL>- (j Oj-»i-i^ U-^!. *^"i 
A*-4 ^ (j (ji--in j^>^i (j; Â^>- ô^Uj ^jukiLî.^ 1 j 4-.»^ji 

p^j^J^ i!>^j:!^^ *J J^ ;^^ ^l^j^ ^l-^ c^i ^U (J jJ_^l 
\ (t^j^l ^_| V un ôjJlc âyi J Lil^ ^^ç,^ 4III ^laij 

"ô^ Sjil dlJJ ^::.^:-«-*-j ^^L Jûil ^ IjjJLô ^ijl iJ 

' Ms. j — «i, et note marginale : JjJ^j Ijo • 
^ Addition marginale. 



NAV- 



c'ilzA à^ ^tU 1^1 JUj CcU ùVtb^^ f^^5 V-^ Jl 

^j\J ^Ul Jl ^\ ^«j jjc >r ^iJi a^cj :>3^l :>;:AJI 

l^=-J " ^ ^^^J Wlc j;ji^J Ul^J Uj^<' Je ^jkSj: J*^J 

ôl (5^«-Vi ^--_^. Jl Jl ^^f- ^3 ^J^\ u^^l (Jl c>l 
àj^3 <-'l-^ (J ù^ :îJjf^ ^bi Uc-rU ô\^ (j^ <^/^ 
hf\y^3 Ûl ci^' <j^3 -^1^1 o' ^^-5 ^^^ J^-' ^^^ 
y Jl-2.i >^^"1 ^- (^J àh\ J^^'^^i y^ l-^J jî-^jl 
d) c> ôl;^ V^ ùW^^b I^jU'^1 .^-<"û: J^i V=^ c^-^^ 



Ms. *îUj^ 
Ms. rj> • 



«.'i- 






\>]j^ Jl\: ^ j.p\ j^* J\^J\ Jli^ S\-^\ /"^^V^ ^^ 

j^i Jl^ L? Ùi ù%J\ ju- 1 j^ rc::!" ^l^Jl ^-^^^^ j\-^ 

i>Li 4jJliîl Oj^t^ 13lJ ^M \3J3h qL.J\ l^c^lj 
ôi^ljÀ ^^ ^JwJj o^Jl A.^^ "^^-î -^^3 Jr-' ^^ f^r^ 
o>» Jr ùl-^l J--3J >vJ^ ^t^ y^ ^^^'^^-5 V^'-^^ <-^ 

\j>\J\j 4) j^lci aÎii u ^ i^j ûU^ û: ^^-^ ^}J^ ^^ 

r=ii dÂJ3 ^^^ Âtl?- d^Ji Juj jr^-W^iJ ^^ ^3 ^^^\>y 

' Ms. ^^ • ' Ms. ^1^1 • 

' Ms. i^jJl • 



0'^ 



^ 



SAN 



t. «■ • 

(j; Â_ÂjI>. (^Wl j;v«Li ôU^^ ^>~v^l ùl, J^^J (Jji^ ôj^ 
Ufl aIH juc^ t> j:^3- <^U1 jrv^li Ai)J^ ^^1 ôIj ùU^ 

t. ' e. a, t 

IjjLi 1^-^li ô^l JaI ^j J^^>^\ à\ ^jJ^^\ ^y 

H\a Jlaj ^j'JoS\ ^ l^o -^-'iV cy ^y J^ ^-^-^' ci^ 

ç ç ^ «■ 

aJj ôlijb^ ^>-tl *,':> ^icj sJl aJU ^ji Jll)^ ^^^ 
1^5.^ ^^2*0 j^^^ [{° 189 yo] iJjli C^liilj yj^\ Je iyll^ 

:jli.n i^lJi^ Si^\ \y\\i ' \y^j^^ %^ ^JL- s^ J^ 
(j— ^^ fJ!Î^ «-Uj^l ^j>> 0>»'^^ ,-f^-^^ JnJ-al j\j3 jt^ij 



' M?. Ô3J^' 

^ Ms. Jjb. 

^ Correction marginale : 'JjÂj ■ 






juJj ttl^lc ^L) V ^ J jLûi <^y^y y^j atj ôJl_)J 
aJI j<f- Jhi jJ>^[.ï ôjj ^4 ^Jull ^iU A,^ ju>. dAUli 

'lil (J ci ^-f-W ^ J^ j>-\ r*-^ ôjIjI Jllô ôJb ^ iaL- 

^!)^JV1 (j ^c-j ^ ^y ^Uli yji> Uj b'Ui 11* J^l JlÂi 
4ij5o 1 J/bl ^JJLj 4l:Iô dili ci y^ Jr 4iil Jl^c <u^1 a^j 

Je Ij^Uj djb ^c (J ^if- iVj. Je I^^Jr^j cr'jûjl ^IJsej 



\v^ 



^jj\ j;i:J }\jfi^^\ Jl Jks^ JL^ (j ù^yjÀ\ :>j^^j, ô* 
j^\s^\ Jl ô^^ ^ ^JT-^^ jy^^ crj-'^ ^*\^J ùj^==^j 

^^^..^1 l^*^ j;*j Jj^j jl^'^M Jl ô\>^^ j^*^^ ^«^ (j-»^^-? 

l ■" l - ^ -Ml * - ♦ I / ^ 

dliC^ Jt 3il V ti [f° 189 roj Ô^J^^< -^J Jl-2i <S^ Jp 
dUJu ^ Jl c^^^^i ^j^ y\ ^^^j ctU-U U ^Sj 

*C?j y^ (^>- J^ ô\yj^\ Jj^ ù^Jr^y^l ^V=*"-5 >^' ^ 
âUj rl»Jlj rWi ^ ^Jdl J^^ iii AijjJli Jl 4j ^.ô 

(j JL^li yi^ 4JI ^-{^\^ ^ *Uî AJL- «JL^ <K llifcj j^^M 

(j^ ôlj^^l Jlfli 0;^ AjJu j\jj ^L>- ^^ 'Ulc >Xf-'^\ Â^t 
^ Oo 11 ô-\_) (J ^jlJ^^iil ■Igg.^^.ft jOjIl j\a\ \y\-Âi \lfi> 
JUi Iuj^ (J rcW> V lÂA Jllj j^ y$3 <• aI^Ij û;jr^^ 

jiia:- V Jli dàii jjJ jl ôl J^ V Jli '^Jl J- aS 
sZ^ y JLii ^Jlc ^^Jii- ^ r^^-l ^^ ''^^ cir^ ls^ 
' Ms. cJL-i • 



7^ 



\VA 



J,>-j o-^^ '^-J ^=^ J^-^ a'J^j''^ JS^ *^b-^ û^ <-^ 
Jr <J1^ [iA. (j ^jJ^ j\y^^ Jl J^l (jl^ jLi aU ^\ 

J^-'j Jy 3-^-^ ^^^ Or? ^'^ "^-^ (^^ '^^ <-^ ^^ 

*^ji^ ^Ijjy- ^.U^ ôy^ J^ ^^^i ^ Ûj ^J^ "^3 
1^^ j^ (J^'^ -^*-- ^-; *^*b^ ^ <-)^Jl ^ aJI ^ xijj 
f*t^ ^ U ^\y\ ^»\^ ^ \y\^\3 e>^y^3 '^^hj>- Iji'Lii 
A.jLllj ^l^jJl ^^ y-}jl ;jlij ^j^ ' ^Vi 4dj* (^jUIl 
^^♦^jl ^ ^^1 U <^^j c/o^-'b Jb^b jt^^ Jt- ^j- 



^ Ms. ^j[4- 
' Ms. ^1 • 



4! JUj ^1 Jii 3^^ ^ j^^^ Jt ô^lji (^^111 ^ p.* 

sLUi ^âJI ijl;-ij jL^i^ 'Jj^j ^1 ^f- (3^ ^l-j "c.^1 
ji_:iit.l l]i ^;^^ 4*— Ju— -t^^^U^ JjvjLli b^^c-j ^yr^'j^ 
Ji ^^:>j: r^i (f^l^^ ^ ^^ ^ "^^î !A^ jUJ-< ^Jc 
A_ic- «.ji-d ^Iâc «^ (J yy^ ô; -^^Jj^ ^M: ^'^3 ùl?^ 

J,l dDi pjtl_^-j ^tl^l i ÙVÎ3UI ^^! J^UIj i^-yil jj^" dUD 

^ Ms. J^J- 

'^ Ms. i^sjill. 

12 



/7^ 

0^3 cTJ^^ ^^y ^^,3 yj^ fbi u^^\3 J^'j j\y^^\ 
(ji û; ûlc^ Jl^\3 ;^*— cii ^W Ui^ Jr^^-.^*^ J^j^^ ^^ii 

1^ Jjjl Jll ôl }" pj 1 [f° 188 v°] 

(^ (j^-^ <r-^ -*""-" *j— 'J SjO^ ■^L^ j;^/«l _^j liili 
AJU (^^ aJI iy^js ôJuJ AJU J^==i ^\ Ju.-- Jilô 

^ Glose marginale moderne : AJ^y^^ w^ ti X^ U. c-àll^ lÂ* 



r • ♦. 1 - - ; 

L ♦ J •• 

t • » ^ — ' 

^l'i5^ (f'^^J W <l^U-ii Jj'li 5^^5 J^ ^iâ-'i-ô t'jJij jrj*4 riiCa^ 

\^4 j^JJli 0:^-;i J;;^. J*^ ^3 ' ^-^j^ ^^ <^-î> °^\3 
^ Correction marginale : l^ • 



Jr JU- ^jJl dÂJi> Ju^ J**:-«lj cfi^^S-i i^-o W^ ^^^J._9 

ôy^A\ ^^^\3 u'j^\ CJ33 ^V^^ f^^ (i^ <jr5^^ ^-^^^ ^^ 
cjj) L^-x*^ t> j^i^- ^t-ô J^j Âilc Jr j!)^^ JJi ^^j J--Ô 

Jr^^ <J (3^^ ^-^3 J^^ <-J2-^^ Û>*p^ '^-;i J^^ ^-^ 0"* 

^ ô* Jr^ V^"'^-' J'^^-' r^^^ J*-' J^-^"^^ û^ ^-^^^-^ 



' Ms. JUJI. ' Ms. J-^.- 

* Ms. ^LoVl- 



wv 



^>.j Js'^ J[ ^i^>l J\ A4U-. Jl ^-j ^«i (^bl ^ ^^jlc 

^3j» ^>j\ *J*-^ Ôj^ A_ÔJ ^14 A-«^ (j^ Ûjrviil ^^i 'Ul^Sï^l 

^jl5j a^j *l2^ J^^ ^^n jLs^A ^<; JsJl x^j *J Jllô 
(_^l^s iajU ^ J>-j ^ ^^AIa ^^Ili (f*^l^^^ i^jcJ.9 f^^^ 

Aij ^i \JA^>- ^^ l ^ jTjo |i ôjrvill JUi ô^X) JX) ^Ij^ 

Alil j^*, j.:^ /^LisJlj ^Jlj 4l^!l J^l-j' IiTaj:^ J^l (J tfT 

[fol88ro] ^Ul l^cjjj yU ^^^ JJll* ô^ t^*^ 4--? K-' ^ 

^^^1 Vj U^ ji>. «r-i j^ ^^i jl o--k U j:^j jLi 

^ Ms. p^^lj- ; marge : o-X^-j lÂS^- 



SVY 



q)Lj JU ^^ Jjij J^ Je jj_;u ^^^j: c->^^ i^^ji 
(j^j^^i ci <-i j^'^^U ^jS J\ ^ JII5 û^^^ r/^ ^b 

^^^1 J^_5 Jii j^ IJjfe U jt.^=^ ti-J^' C^3 ^j^ 

Ij^J (*^J û^^'ej j^ ^Ij (>^i cT**^^ (J^ô 'j^,^**-* 

JU <i J^^i V Jr_^ IJj^ JU fM-Vi â^ Ji iS^jJ ^j 
Vy Jli d\^\j u ]ayJ\^ jli ^Ls olj lé^^j." ^-»jr^ 

ia*«i c>J^£, (JX^ Jk) ^j-Jô il4i \jj^ Jllô ^jij aJ JIX* 
Ju- Jl A_) «^l^ «Cs^ji ^>« ^\ jClCl Jui Jlâi Uj CiJJ>-\ 



^ Ms. ôjjA* • 

^ Correction marginale; ms. dUic.' 



\y\ 



^^j^i^ ^1_^-mJi U- 03 j^^ Ir*?"-? *^ ' 'j*^^ ô/\>-l ^ij,— L» 

t. 55 « a. . ^ 

_iJu)i Jn-i ^ Jj-9 -^*-" 'V-? "^n !>*^b ^'-^ J*^i Jf j 
aS^jUH ^^ UJl (j\"-^ ci ^ji^i-^ Jj--^ ^—J *Vj 'k.^:\â]\ (Jl 

ùj^'^ c/ ùWb (5-^-"^i <j»-jj (j^ ^'i^-^ (t-f^j ^^^-^ ^^ 
'^aJ^I aI_^;- ô; ^^5^^^^ c^-î^J^^ ^S^iS'^^ <j,3j^3 (J>^i 



^ Ms. ûjjÂ,«- 
' Ms. A^j- 
^ Ms. -L-^1 



liO 



NV< 



ll\ ^>1 lil (^^=îi:i l-î 1^J# V ^<P jU Jl"^ AJLj-dl Jl 



ciVl <tL* ij ^j^lij (Jl q; Jbu- ^ ^^ ^ ^.^^lûjl Â^j 
^^^ (j aIÎI Jl-é^ ô; " A^^ ^j [f° 187 vo] Jl^l Jl Jo^j 
cil c-Aij -U-- Jl /«^^ ûl-> 4_ol.>. Jr ^1 J^ <J^^ 

jLi JjI :>1j^- Jl jr^Jil 6^1 J^^L y^j ^^j^^^ û: '^^^ 
OUj jj>Jl J oli Jr^l Je S^^y^ Ll .Ji^lj ^^Ul 

^ U^ ^^y^ F^^ (y ^^ c^ -^^ *^-i '^y^ f^^ 

' Ms. ^|. 

' Ms. ^^^• 

' Ms. «ujl^l . • ■ 



\n^ 



''' ùf^^ à ^"^^^ J^ (^^ ^i^^ 

^»^ ^^li jt«-^ \JiJi=-lj (^^âJ^ H!>1_3 -\._^ tj^ Jliô A_)jU 
U;*l Jlai LL^ ^-F Aâj ^JJi\J- jl^'^l^ c>^^^^^ (j-* Lt 

J^)\ Jl lj,;W9 ^;^J iSj-^ jy^ ^^=^--:^ 0^-5 Jp ^-Ul 

yi ÂJjU ô; ^jjdi «^ (3^j*^^ Jl bj^j ft^-J^ ^y'^-^ ^-^ 
"^'^ ^1 ^jf^^" ^^^ ô^ cij-j c^ c-^^ ûb^ *^ j^icv- 

^^li JJll- Jij ^.^t Pjb ^istist* ei*^! ^'jl (J ^^li-1 

'^.^ jijl 'Uc A-ij «1^. U^ Jr^-^^ ^^ jO^-ll Jl^ JLiIll 
^ Ms. J::;î1 (s/c). 



<L.!^ iyM Jbl tiWl [fo 187 ro] 



^Ji^ij ^-ij-r^J j-^'^-î f^^ TCJi^ <-^t jf ôj|JtJl ôjL**^!; 
o'^J^i '^h >"lj) cr-jLij JV'^'b Sr^j'j J:i-b 
(y Jjb il:^^' Aj-j i^jUI r-jlj ù'jl^jJI ùjsj ùV-'b 
x^U- 4_Ji jUj iSj^'^\ ^j^ y\ p>Ci^l jdi J^ a! W5 
llLJl ^j>1:l\5 ^^j <i^ ^ fL^ ^ (jy ôjbjj 4^ ^\ 

-^ Ji J^-^ f (^^^^^J (^^j^-5 l^'^-^J ^^ J-; 0-* 
^1 ^bj^ Joji J^\ l^ J ^ A^lj J5j Ijx A^i:- 

^Jj w^Jj^ c-;l:Ui ^y li^U lil Jlij ji^i-j tl^U (J 



\^y 






Al ô^^^ 



ÂJ^Aii J. c5Âi< y^ ^«f ù^ ùj^^î V ijJl^ ^>5i J ^1:11 

j{l ôlcJJ 4i^^ aJjlIÎ dl!i> ôjx) ^ ^ ^ ù^ ^1 ôJU) 
jv/Ol Jli ôjjit ^ ^ IJiô ^\^\ Jp aâI;^!^ <.I1 ji^^ ^ 
Jl2i |^^!)U >^1 ctUJo ^jî |1^ ctll; ^>. y j^^ -cJj jl 

^1 cJj ^J <^ \'^\ J>-i > aU ^y^ b li Ol ^^ ^i 

<^ ^h ^j^ V^"^f f^^ J^^ JlJ lii^ LUi jrwUl 

^l*- Le UUjIj ^1 Juu) LAjlpÎj ULaJ^ ï-Jjtîl j^ 

' Ms. ji\>.. Annotation marginale : J^Vl (^ l-O • 
' Marge : ll5^. Cf. Ibn-el-Athîr, Chron., t. II, p. 327. 






CX^ JÛ;J\ ' y^ û; ^1 Ju. A^\ ^ lj,l\ Jij l^^li 

(3^ .^^-Sv3 ùXJL^ i.^S ^ ij^wl Jr Jj**-J ôX«l_i dA,»!L»j 
W v.Jil^i^ jLi j^J[ jO.L ô^^l ô_^i-l ^j jjjîl J| JU- 



' Ms. Olîl^- 
* Ms. l;^- 
' Ms. JU- 
^ Ms. IjjLi 
^ Ms. ï»-jl>. 
« Ms. JL-- 



w 






<'< cJbi Oj>\ J^i ^^ fy J^ ^^ <J ^yi^b 
<^^1 Jp ^<1 Ji ^3 A^ij ^?:r^^ wT^^-^ ^<-^^-^^ Cf^ 

' Ms. w;^^- ' Ms. U^« 

^ Annotation marginale : i<^l <3 vl)-\.>-j Ii5^ 



!(^^ 



^^i 



(jr ^ji^ J^j (^iJi diiAi Uj-*Jrf^ (nO*-^ '^^J^ " ^^^ ^^ 



> le 



^jkio !)Lli dl-Jl ^>.ji U 4! ^Lii ÂJL^ r-lf^" ol ^ 

JU. 4!i ù[ l^Jc !)L:i f^l li Uj o^L^i [;]j]jli ^^U 
U;^\_»|^ ^-«J T^J^li l>bjl ^;,.«J Jls-Ji J*9-j £-i^^ ^Ul 



^ Ms. qI^. ^ Ms. Ijji^. 

' Ms. Is-ly^ leçon que l'on rencontre fréquemment; cf. Tabarî, 
Ann., I, 1918, note 6. 

* Ms. UL M.^ bJ ^. 
' M'i. iU. 



^'jà i ^^iJl J dUL.9 Cfiscj Vj ^jl ij-^ 

, ^ ' > 1 



i^^ jUl ij Â:^Ali ^Ji A.)i ijîli 6^ c^r JÛJl v^Aa- 
r^Jî^] ^Wl J^ <ij 4^Ul J^l '^ (j^^ ^•^. ^ûji:^ 

1 Ms. t^\' - Ms. S.xi:fr« 



10? 



2- 



w 



^j^ ù>V Â-i-L?- yj b^r-^ J^ '^-^ -^^ >►*_$! ^*^L^\ (J 

J>. Ij^J^ij [fol86ro] J^UJll A-jij w^U <-jiy-l û; Ajj 
tir ^^j^\ 0^3 ^^\ <J. -^^ i^U^^ Jl Â_Âj:>.yi ^U- 
JUJl -uL ' j^^ J» Mj^l a:J^1 s1;>1 o>>- \'^\ <^l* 

dUi A_.uii A^^îi^ji: '(^ ^Uii ^iJ Jl- jij -Lij liu 

(t^ (J>2-Î^J ^J^ ci^^l *^J^ JL-1» A^J^ ^Ul \jàs. 

cf^ aI!1 a^^ ;j>-^^^ a)^ (J ^^ crr::^^ w^*^^ ^»-'-'' ^^^ 
<-*j ^li dXlSjj ^'[V] dljl A^^l Jliâ J^j Aj ^-5 Juj 



^ Ms. JL)J 
^ Ms. -U* • 



N-VN 



A-Ui J^j (^jul ^Ji '^-jjîi ^y ^ <^i2^^ \- <^^^\ 

jLô yUj ^^2:J ^j) l^U A>.1 ^C>. ^^ J^ jLôj «\l,^:» 

^^1 ly^i lllô j^i ^1 U Jlc 4! j*\3 tlÊ^ ,^j^ ^^-^ <j-J 
^1 Ji4^ 11? k^ 5^^» ^ 4JI 4yi "^>.lj S^i J 5^^1 

(y ^\ ck-^ ^^ (^-^ ^^ *"^ 0^ y^^ ^ J*^ ^*^ *^ 

' Ms. Cj}' ' Ms. SaA:;c« 

11 



I GO 
\\* 

f S} J^=r J^ ày^^^ ^\ [f° 185 vo] 

3ji^" J^-ô \ijj J^^ ^>1^ ^'^--^^ ^' L^^ ^-5 y=- Jli JJU 

.'c JU 4.Ui aI-1 lH;^ '^"^^ ^:^^U Jli Jj^l Jlô IL^Ii 

- r " - 

%-j IJ^ J^ <a\s l\ ,ê-'^j u-;iA>.Jl (^^.-c^ (j aJl..^ ^^ 

a5^ aIÎI J_^--jj ôj^:^!! ^Aj ô^J ôj^jI^I ci ^j^J^ J=*"-^„-5 
Ax- (Jl ^b ,,1^-) ô^J ^y^ o^j. (j,^-5 j?"^ ^ J:^ 

^\ U. Jij ^ ^^Ul M «J^jÂi Ajjilo ù^^-^^ Oj-**-^ 

^^1 J*r J^ J^ ^^ ^'^ ^^ j-^ *Hr^ ci.' '^-^ ^ (^^"^ 

^ ^ ' — ' - — '• > >«■" » 

^ Ms. ù^-i- 
' Ms. «jl^li* 



\o^ 



jli ^^Jj <^J <4^ ^^J3 h^J^3 '^'■-^-f ^j^'li <^ W 
rj.,^U] 4-^lt-C 4.1:3 J JU ù^ ->^J^f^ -^f-^*^^-? 









a.i.^ 



dAJU c^*^ ù^*L^ p-^j û^^y J ^-^^-- ot^^-l -l^Ui j.^ 
Jr Aiil Jc^i. ôl^:i dlJU J:2. ^j aIU Ul Jli ^.ç-^j *L^\ 
oJ Jl-^i ' ^J^-ll '^^l^ ^-'i-^ I^jU^^l S^l~-i^îi ^^ 



aS/c dans le ms. 



/^'^ 



\oA 



JJUj fj^^ r-^ ^ ^^^ ûl (T^;;^ ^^ 0^3 '^-•^b ^-^i>- 

Ul.i 4.i.cl J=-J Je a\}\ l^^fol l_--i f jUi ^i ^j>-3 

[J:î>] J-^. ^-^^ ^«^^ ^^^ W^i ïiJ^ ^^ ' r>^ ^^ 

J,U2 -u^ j_^l ^liC-pj I1J& ^j* i à' OjiU ^-^ 



l '^y -ri ^ 



[^ Jj.:^n (^;^j Ji:iin ^^-t^tj ^\j^ AiU ^tii 

dAJj aJjI dU ^î oUl-I i;^„ daj ol Jli Jli dil Jli 
bJL>. dÂJ 0^--" ^^ J^ *^*-^'' i*j^ 1^-^^j *\^JJ *^^ 



^ Ms. ^\j' * Ms. ojUjj- 

^ Ms. ij^ • 

* Ms A>-lj; • 



\oV 



L?" 



ô^Jl J^i J-:ij ô\ û^-b J-rJ ^-'^ ij-^^ ^*^^ ^->^ <j 
jA) cj; Ai)Â>- J; t^^ û;^ Â>-jl^ c^bj -^^J^^ c/ -^^ J^ 
^^^ Jp A'il -ui Jr U^ Jjii ô^J ^^1 3Vj I^Jt^'U 

l^-,yj jLijj j:^:^ U y=*J Lf° 185 roj 

^jk.pl^JI Jl^ JlL^ ^jly 






' Ms. «u^«!l. 

'' Ms. jJ-J- 

.■' Ms. -ut, répété deux fois. 



/ré 

\yi i«^i \i^^ ' xj ^^\>) ^-i ^c '^i 0^ ^u *^i 

SiSjîl ^J ^ J. ^^>J1 j^Jjl ^ ^Jl Slij ^^ ^;,tl 

/Tt^i Ihj jk u cy u bi; pli u ^ui J^j iilCi 

lc:> iS^\ j^j Jni^ ^c^ Jp ^ A^-j aI^^UJI j^-1ô Jl^JI 

jrJ^li s^c j x^\3 i^j\ jufci jy 4^j jC J\ ^^j^ yl 

' Ms. 4^1. 



\00 



Jl ->k ^j^i cJ^ ^j-- oU*9 <:>^ ^1^ cJ^i aJIjJlI 

y . ^ t 

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A^>-J O^^^ -cJ^J \J\J, OÂ>-^J ôjJ.^ U jij^ô Jli (jW-J 

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jAjiJi ^a ^^Jl ^il5ol ^^ Aii\ yj ^^1 s^\^ ô^U 



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4^j U Éi^ ijli- ^\ o^ ÂsS dAiij jl^l li 'J Jl2,j j^«^ 

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Cac- c>y^\i l\y\ AjLjjll H^:-::-^ l«..lc ^Uj ô^^ Jl J^-J 

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^ Ms. y>\' 

« Ms. ûj* e^-^> ^*'"^'- Marge : 0-V:>-j Ii5^- 

^ Ms. jL.Vl- 

« Ms. <t«jiU 



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Jj.H) A^^.0 (J 4>^ fC^^ C^-o— ' Jl^ A_Jl A^j ^li- Jrl ^ 

-\*f J-s Jj (t-^^«i Jl-^J c,*^-^^ -S-Jj::^ ^^^^ JrJ^ '^-^ 
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' Ms. ,^^1. 
: Ms. ^^* . 



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c^^l jf«^Ji 3^^ <J^j^\3 yj^\ j^ U^ ^-^^1 cA"^ 1^-Xij*l 

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J^2, [f^' 184 roj ^ jis 4>^ aL^ U cij:^^ k' O:! r -^ '^'^-^ 
ôl <*Li j^l^=l j^j aJIc J> ^=^J^-^ ^^-^ (j^:r ^-^"^'^ 

sjU)i ^o^j Âiui ^ji jii lUji J^ ^vT;^* (J ^u 

4^i ^j lj^\ jA IjLs. ^x>\ h,^ Jj>5l ^,j ^^ j 
''' Jl^l 4*^ j^j Ajii^ V\^\ J^ jjjîl Jr aJU- j\ j 
^1 Jllô ^Ij^ ^^y\ «^JlX»*! ^^i OJujl Oj l>)\ Jo 






il* jiiiij ' ^iiSîi j.^ ^>;.ij u<ri ci^-j ^^y^i ^iL- 

^_,^tj ^yaS Ji^\ jA ^^j s/j)l ^;i jA ^^j s/j^ (J2*> 

' Correction marg. ; ms. «Ui^l* 






Çy^\_^ i^^U ^^ ùj^I^j >LiL ^<lll ôi^i û^Oij 

^j-L^J ^*U^ ^^J;b y!)\^= Jr 411 JLc jl ^l^i 

_}«aJl Sj-ij (JO^ ^j\y^ ^ 4J ^j lUt ^«u J*Uj 

J^i^Vj Jy ^_j-- ^J 4IJI «u^-l Oi-£P^I <-i^ ^-* J^ 

Jr^ cil (i^'> l^j «0,^. ^' ^ ^^.1 If iL or^ 

' Ms. ^j-uj 



^l^ 



Ji o^^ij ^,yrJ (^ f S'^^ J^^ -^ ^^ '^^ ôr^ ^} 

ô\jà\ Jli ^^ Jli 4J\ *L.j^ ^ Jji^ (j; A2-1 Jj*A^ Ju 
ô^xF-jr^j A.j^:n U\^ aUI Jli 0^5)^^ j'^l 0^3 J^ ^>l '^J 

ôrl ^l^\ ^^5 Â_jJ^Ull Uj O^j^^l Jp (**^^ ciT^^ ^J^ 
(^Ju. JV tiJJ ^' ^ (t^ l^-^' -^ '\^*l rij>- ùijr^ ^l»^ 
Oy^^ A^I^l^Jij AJ^\ c>Us: ùjî>^ ^^^'-J "^^ '^\^i\ 

^ijil Jp -b:u-Vl o3^^ ^^ *b oi ùy^j^ 0^ ÙJ^^ 

,' Ms. ùj^^ * 



MA 



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^ ^jjA-ilJJ L>li=-lj ^)j>-l (jyj-X_> /fJ^ *^^ii^^ ôA— 2c- 

^^yse>.3 jt^^^jT (J ÔJJJ-J^*^ jt^A_i^ j\.'ié==è\ (jl dAJi> 

V <JDi ô^ J^-j 0^ ^r^3 ^^3^ ^\3 (U J^ V 4JV 

^\3 c^JJb J-<'^1 Jl ^^y\ ^y3 cJQ>\ ^\-l)^\3 

i'i ^j-Âlil 4*tC^_5 C^J^^ ^^^J 

<iÂlîij 4^'j^l^ Âj^^-iJ-L ù>:^i»J »^jJ-i ^W^\ J^ J^ 

r*4j Â_lx!lllj ^_JjLJij 4_)A£.Ulj A_..1^1âH^ 4-JtyaJlj 
~ ~ •• » (• 

' Ms. J^U-lj- 



MV 



»_;be.w5l 



J_^ (^JJl j\M ÔJ^ AiiJ-1 U aIcU A^Si^ JL-Ji J*j ^^ 

J*aj i}jAJ jlf^l jA^i-1 ^U^^ j^^ ^)jU^l U\j ' ^ 

jl J^l ji ;^ il (*IJL aH c5j: ^^WL dAb jli jlli.1 J^^ ji 
ô^^3«^ ^Vyi Jpi Jli dAii ^ ^ Oj.\) ûl j:^ (y V-^ 

ô:>IJ J^j.^3 Jy J*rJ ^^^-^j: ^^^ 0^ ^r^jj: '^^'[^ c^^-^1 



^£>J xJ» &^-Jl UaÂ-) e$Jk !l j\:^L.J^^ r-^\ 






^ Ms. ûu~>- • ' Répété deux fois dans le ms. 

•^ Mot ajouté en marge. 






J_^ V ùD j A>.j ùcj ^ ^ JJ13 " j_^l jr ^ j^^ ^iii 
ôlj ^1 '^-- M.:.\)j djJct.- ôJl::^ *^-1)1 ô^ '(^ ^ii* ûi 
ô^^j-^— ' ^ (j^-^ y^^3 <uJ-i o^J «Jj«J^^te* **3 s>j^ * J^ ^ 
^^^>i3 ^'^\3 J»^\^l û^:> i^i wUHj U^l jU)^ij 

^^\ .^^ U ^Ui ûb JrJ J^ ^^^ ^^1 <-^^l ci J^'^ 

^ Ms. S3^lj- 
* Ms. jj^ Cf. ^' 



^ Correction maro-inale r «JUJli 



Mo 

ôl 1^ IaÎU ^^ û'«-ij^ 1-U*i4 11«^ Jrii ^j Jli '^-io 
J^\jj\ J^iaili ^;W,^i jt^'li A^lijl Uli ^::» A o^J ûljU 

(^/^ <J <j-:;^J '<-^'^\ ^3 <^^ (t^J <;^=1^1 ^J 

lie *\l!l ôl jî JjS \)\-i3 J^.* il ôjJli jP ^^I^ Ji>i 
4!U Jt. <J j^ ^y cP c/' ^ JV^^ L^V ù^ -^^-^ Cf 

-x^ (jr ^y' <j^^ \^\ ^l*jj u^*P J^'* ^ A^ J-?^ '^'^ 

^ Glose marginale moderne : k_j-Uj_j »L1j ^ ^ii 4Jl j»=^iJlj jJL» 



U ^^j o fJy:J 0^ ji* V aÎII 51 J,U 4Îy dUi (i JJjJlj ^lio ^^.< 



Jllli ♦11. Ji dl!i 0j3 
10 



j s. 

^yj:J* J U' 0-^ — :-«^^ ^^' y^4 0^ -^^'^* > J> ^ ^ 
J'j^Jlj J^!l -iJaL iJ^j ^_;-«--j L^^ r^*J^ ^-^-i 



i A ^ 



^^j u^j^^^ j^J^- à^yt ^^ r'^*^-' ^^^^ ^-^^ ^"^"^ 

ôi ^l::*^j ^l:JLl-VL, ÙJ^^j ^-=^-5 (^Ji^ ûJ^ ^^ j^)J-'^\ 
4lli ô^ i J>j Ji^ Aill JCit -l::i:J^'L iv^ A^^h ôj^ 

^ Ms. Â^iaae^>-' • 

' Annotation marginale : J^*^* d '-^* 
« Ms. 4-.^a«Di- 



uij ^_>. j^i w^ ùj^ ôb ô^^-î ^^ j^^ ôj^ ô^ 

j^i ^uVl iX Ji |i jr^ > Ain ol j^ii ^. ^ 0^ 



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r' 



' Ms. yfc- 

:' Ms. Jy 






^^3 J^3j*^\ y'^\3 ^jî^ JaJIj J^>.^:dl ^j ^il 

^yj-i (j-^f^ yjr^^ (t^*^ <_Jj,::*^ i^,«^ lilj Ll>.y> ô^^^ 
jl^lllô JL<]i ^^^y (J ^yii^l ^r-Ui ô^ ^'^3 ^j ^iSj^\ 

jLi ^ IjîLij 4.«J ^>»j ^IJat Jr J^ij Jjr^li ô^-sl-^ 

> Jil J^ ;,}J1 jl^ J^Dl Jv^ V Ji jp <!jull j:.^ij 

*■ -• ' ta,,*» s. g. 



\i\ 



^Ij; Jr Jt^ ^Ij^^l (f^'p A_^lJ$ol Ulj ' A^j jjJij jL^l 
^Ls-^îi^V ^^>- JU aLi ôi ô^z-jt " 4_i)li-l ô^^ (f^j 

^ Ms. eil;U-i. 

•' Ms, jjjÛ-JI • 



lUO 



\t 



<Jl_j 'lj,>,ij ^UÎ ji aJIj 5^1 Jji-^ ù^l ^->* ^ 

ô* Jj jj^ 0" 'i^ "^ ^y ù' J^^ *^-^ L^ ^^^ ^ ^^^ 

^:.^ JlIj VaJ ^:.j^ j'^li ^-T:^^'^ ^-^ J^ îV J^ 
iUb ^'^^ hj-^ ô^"^^ ^^^ '^-'^^ ^-'^ ^^^ ^^^ 

éj^j ij}\ rc-J Âljl Jl ^t Ali ^«;jj AJ^ Sj_^ :>U\^ 

Sj^^ ^ Ain y ^3 ^13 J: ù^ ^^^ r' ^--"V^ ^-^-^ 
^^J ôjju^ Jl Ai ^. ^^> ^-r A.ln J ^^c3 j_^yl\ 



' Correction marginale : ^li» l^^ 0'. Je- 
- Ms. ïfs-j- 



\r\ 



di2, iJj^^ a;LI j^U ^*^9 g*-^l ji^j A:-b aIII o^ ^-'*^ 

IL^l lil Jlij 'èjl^ hk\3 ^^^J\ lT^'^^ ^t -J^^ \^ Jjj'^^ 

J^' û"*-^ S'^ç^^jf ù'' à^àb c\^y^ cy G^^ (n^ ck--' 

c-^\^ij J^-JlS-I ^\^\ ^y jt{3 ' aJ^jj^^U^ ' A_^ij0lj 

.'^ "^aIjUI il >^lj cijUJl <^Ui ^UâII 

■- Ms. oL»!! • 



/3^ 



NfA 



lAJi ^^Ul ljAi.1 3jjy\ j^ j*k c-^l^^ ^J^3^\ f.€:--J 
«:Ll3 dAllI Jl^ ^. jJjîl J^lc ôJ^lô a:^a11 Jl ^^^-i-^ 0^ 



tf l 



hj^ ^-^ ^j^^J ^^'^ ^'bj ^ fV>^ J^^j J^ Jr-? > 

jrj^ V J^J (^'^-5 0^^ *^-^'^ ùW^ ô^îl^ û^ ù^'^j: 
\^\^ A_JL- clr'j-^^-? ^-'^'' -^l f*^-^\ /»^b "^-^'^ àj^JL^ ù^J 

^ ^l)jlj-l ^1^1 A_-^W1 ^^ Jd aJLô aJ\^-^ *^ 

^Ui^i A.li^Mj 4_s'>\i-l <.lc j^u o^*u ôj^ ^,.*^ l/'^-'.^ 

' Ms. ^. 






^^ J^J (^«:^l J^ ^ ^^^^^ h-" ^-^^ "^^y^ ck Cf 
J^ J^ ù: !/^" Gy"-' ^^""^^ <^ "r"^-^ ^ '^""^^ "^ CT^'' 

J rj^^^ ^_>Ji^ J^* lijtoU ^^j J_^^ y^i ûîf?^--:! ^^ 



* Ms. Ov^JC)- 

' Correction marginale : iSf"^ 



/S& 



Ij^ 



J' 






Jac (iji w^J^ Ajji (J ^x^ -^ J=-3 > "^^ J\ ^j^^3 

j ^l^<ol ^, 4Î11 jl-c «^^ OvJlJlI ^U^ j J^ ùl ^ ^ 
^^Jl ' .^^3 01 ^^ ^ ^ ^3y^3 ù>V^ J^,3 Jrj J^^^ 

jL_-t ^^Jjj j>\A[ ij^i 'UjJI 1/i-j Jlj^^^l \3^^ j^ 
^e lil. a! ^J\^ IfJe Ûlj ji^ ij^M Cf. ^^ a ^'^^ 

^ :y^l ^^^„ ^^^ j v^;-^ r^^ (A^ '^^-'^ J^--' 
l^^j ôjklô rjJ-1 J ptr^^' c>-^ ^'^ '^ ^-^^l^ S""^^ 

' Ms. ^3- 

- Ms. w*'j • 






J^lj aJjUI r^Jil ^«-lîj L^,^==^U^ ^J3j^^3 ôi^^b 

t i. 

^J) fj^yj>- e>j.^y'-\ 3':> *14 U^ ^2) ô'^ jt^U? Aill J^. 
*^ aJ*^^ f a>.1 ^2^ lUî^^ a! ûl-è j-^ ^ ^-<^^ J^-2i -^-2-^ 

ûy^E ^^ô^i 3j^ ^ ù^^^h ôij2» ^i^\^ ^ 4^1^ j ^/*>^-*» 

<^>\3" J >^\ J^j p^^^ A.l-Ji j^ ^\ J^5 If t>->^^\ <j^ 

' Ms. iJiidIj- 

^ Annotation marginale : iju- 4:1- ^}, 4jJ_j*» ^ji^'l Ic'j CjJ.?-^ Ui • 

•' Ms. O'Ja^SI.- 



/3f 



\n 



4_i^ J!\t\j II- oli aJ ^^*U ^;)bcli ^.U r$ji- 6j>j^ 
Jf^- ^iSy^ iS^ '^^-r- ^-^-^ cA; ^3^^"-^ ù^ Cj3^j. ^r^J û^l 

j^k«iJi ^^^ J^-.^^ ^J^ j U-^l V^-? JW^ ^yt)-^ 

ûj^j*-^ ^l:^li ^-.is^Vij ^-.L-^-lIlj <jjij.û*Jl Ulj ^u^^^lj 

' Ms. C*j4îl. 
^ Ms. ^Ij^lj. 
=• Ms. 4^1Jlj- 
* Ms. islVlj- 



^JJ ;-U)Ji o^ljîli Jjl a^ ^ ôU- J\^\ <>x)r\ 
w^l^l j^^li A.... Al Uij Je *jjo 0,yi^<*^^ Ol ùj^^ 

^j jp ji^^i ^iji ^j GUL %jl; ô^^2!ii o^>>;îJ <*^)^^ 



Ms. 

Annotation marginale : J^Vl (^ û^'-i^* 



^^'L, 



\rT 



^3^ rV* 1^-^-5 Âi^^n J_^\ ^^i lj^:u-l^ ^U Jl ^^ 

^w^i ^;ii Ciiii Uij ôii^j) y^^ ^li oy-: ^^^y^ Aiii 
^liji Jji j>. Oji ^jj jlJJl ôUa^ ^L^i <.l;lJr-Ji 

I J< s. ^ t (, , 

^U^\ ^ 4J^^i^n o>-> di!iu ^.^u. ^ jîi ^i ^Li 



' Ms. illl. 
- Ms. i.-^jJI ♦ 



\r\ 



4_)lji *i^ Lie ^jU ôj'^^"^-? *LJI>-I ^ -U.^ A^Ul_} (j^j-^J 
.^JuJsî^ Jj.>^al« i^\j^\ j^J A_)j^^.y!idl (f^J 'L^Uai'-l ô^U^ 

î^LJi ^j^ Ê^^^jj: ùii J^*' <U^ J^-^ c^Âl^ y^ aJI ô^l 

ûlj^ (J^ ^U:^\ Â_)jJjJl Ulj 4. ^^ J,jj>. iaUô ^\J\i 

4_i^i o^'^ jV'^^ ^-'.^ ^y Jj^ |t*ii ù^ 1^^ /^ ^^ ^Ul 

ôy^j i^5-3 A-^Clil Â_1jA.C jjyg:.ll y^ï- (ji Al (J jt-f-^ 
.^ Ms. J-i-i- 



i^o 



Vf. 



ôj^ Ij^i ^>^*li 4_j1 — 11 Ulj 4.1^ j «Jais aIH juc Jr JU 
iÂA J=-j jc aUI Jji J^l" ÂJjSol ^1_^ ^y J^j yij ^jL 

-*■ ■"■"'■ I t > *■ ^ -*■ 

^:i û^uj ju jy. i^^^o^ij ^ji 411 ^y_ ^\J\ ^ir 

ôi»^ )/ ^\ \^J3 <Jl11 j>.^^ j.*., 4l!l jiL S)l 0/ ù^ 
Li' jvï^t^^ 4_^jj l^Slj [MsoroJ o/Ill Jl ù^j: p^j 

^ ^ 411 ôlj "l-Jl Jl -A*^ *^J1 ^j. j^jj :>^1 <xJù 



\Y^ 



cf\ o^ ù^'^Jrj /'3 r^j^^ ù^ yU^\ j>^i 4^^5-l^l U\j 
V aJi Iji^UÎ *^^ (J A.cU-\_, LlV ) Qc ^j -U c^JOJ 

(j^ Ù^-^Jt (*J-^ ôjl— -kll ^^J ôUi*j w>j*)i Jl^-^i (_?^ ^J~5 

jlj^l 4.J>^1 0^ ^1 c:^ ^i^5 ^rJb ^Wl ûj^^ *X^ 

. ^ Lacune dans le ms.; note marginale : J^^l ci ^>« i^\j^' 

9 



/^ 



^ 



NTA 



*L>J^_^,^=i! i (t^^J ff'^^-^^ ^J ^-«^ /" '^'^ ^Jr^ j^>- ù, i<^y 

iT j IjîlJ x-i jj ti^:^j J^ x^2^ y^3 ^y-^ b^r v::^-l>' 
L^ilai jJ-i dUJu sLiii ^; iijli pU>u j.; v1 

* Ms. j\^ /^; annotation marginale : J^^^VI <^ Ijo • 



' r-^ ^ cT (^4 ^'^ ^^-5 J^ ^ "^^^^ ^-^ ^^^ ^^^'''^^ 
^^ '^^^ oyy^^ ^i ^'^^ **^y^ dllA5^ ^1 (^Ul 

[>^] lT^^^ -^^^^^^ J-^. V-? ^'^^^-^ '^^'^ '^^ 



e ^ > ■ ». * * • 



ùj^i^j ur-"'^-^ ^-Jl Â^^i ^ ôjrJ^ j^ <i^^^ ^> 
Ijt'^ j)\j^ dlji J j^j ciA^li ^U y* ^ci Ji ^ j^l 

jLJj o5jj (iyP ^y j-:î->j Jx. fjli ^y J^jl ^^ ùi^ 



' Mot ajouté dans l'interligne. 



/2.é 



NXA 



bji 4JJ1 JULc j^l Slu. Ol [f°179ro] ii^S^i J^- C>5^ 
[j*l^=] ^^J OAi:^*! <i^ U-^ ^-^^ 

3 * 

iU.Ji) j^J^ ^'LUl L:u.L.l aa« j.^5b ^>- 

ox^*^^ ûb ^ j^\ <^^\ oM vK^^ !> '^^ 



> •> 



» Ms. wyu^* 
' Ms. bU- 



\X0 






Jjl ^^ ^Jc aIiI ji^j ù:^^ ^^ Jr^-' ^^^ ^^^ ^ 

lu^U ^i;!*!^! J^(ij J«^ -^^ -u, yiJl J,j OiTj 

^.4 dlJi Jic ^U*---U l.::^/^ Lu.?=>» o^j l^9Jb^ ^-^Jl^ 
r . * . . ^ - " ^^ — 

IJ^} j:^ll2i A*-dl O^j^i^ -^ ^\ Ù^^J Jp A^-il-i Ui 
■' Ms. w^- 



\^i 



\ri 



i\ ^ ^^\ ^\^\ a jy^h U^ ^3 J^\ J ^--i 






<U.>.i^Jlj 



» ^ •• •• ■** ■* 

i'i A^ljl f^lli -f^^J 



>X^ cl 



jr ^,^^ ^^ jr 41 Jucj ;^rj\ û: ^""^'^ -V3 c5j^^ j^ 



' M?. i-L-Jl ; \nir ci-après. ' M-. jV^' • 



srr- 



Ùi ^!j JliJb J^\ 11* bj>» Ji Jl 4^ ^ ^1 
*■ - . ' — ' * - 

jl^'^lj ôjj^V^l ^j^ 4^U^^i (J \y^\ ç^aL» ^lii ^jkS 

(^IJl »Lil ^>. 1»\a'^\ }J ^ ^ \jj^ bje Jl ^:)\::^Vl 
ci!>\^ O^Jl.11 ^Ijj ^Â>^il jt^^l^ 'Cs'j J^> y>} (S\j ô^Jl 

' Ms. lJ-1^- 

^ Corr. marg.; ms. >iJI • 






J:* ci^^ ^^^^ ^^^•-^ cr'^-^c.j '^Ljij Ij^v^j SjlcL Jr ^*j 
l^>G ^\}\ U^j V^^' ^-^'^^ >' ^^ ^ ix^^ ^^ 

Ci A^lj J^^ ^VJI jJJl ji Jr \^5 JlIIiI ^HiJi>- 
Jftbj ^^^ ^^îï^-^ ^* ^^* -'^'^^ ^^^ ^-J-r-^-J (»*)\--)^l 



' Ms. ,^_;-^J* 

' Ms. ^Ij- 

^ Ms. çr^l <d!l ja. 

* Ms. iwJsj- 

• Ms. j^^~-JI- 



^'i J*j J'^j^ ^ (iJ^i *^-5 ^-j^ ^J!î J^ ^jT (^ (^ <J-?^^ 

U c3">b.^i U :i\jiS (j^j^l J^ij ^U aAJI Jj^j ^^ 
/,>• A-i >t^ U l^jj ^Ijô^i Vj^^ <-^ O'^ ^^ f^t'"* '-^.* 

' Ms. ù:-J^li» 

^ Ms. 'f^^* 

■'• Ms. 0:' • 

' Ms. àlj- 

■ ' Ms. ^^3\ • 



/z. 



Q) 



\r 



^ Cj^ jl^ |I^ ^^^ 4JUi J^^j sLij o-j s--«i^ fj* 

le LJl lilj ^ ^ ^^JLt ^\J^\ 0^3 .^^^^ V^^ 



^^^ 



AJ ôLi J^-^ ^W t^-> tjL IjîU ^^ ç*^ Jr 41 x^ 

j c. ô^ ct^i ^^^-^ ^^!^-5 j-^^ c^jl^^l j^l» û; ù^ 

Û^J ^J^ J^J^^3 j-"^ ^-- û^Jl V '^^^ ^^ O*^^^ 

ijjt^^ <JU (^VcJ Alti aJ'jj AJU Â_)A«j *— 'wT^ (j^-*^ 






''' <r^ C!^^ J-r-5 V^ Ô^J^ 
J*i U Ç>1^ ^ ^^1 Jl^j ^i ^j[i SUJl j^^l j;^-^ clrl 






J^-j Ji b jiLa'l Jlij A:-\jj Jr -iîi J^,-^ Ji ^V f ^^^ 
411 jl^ 4^ <l^ J^^j ôL-j cIa^\ <^*1 (*^^- et "^^ -S-^ 

li^ a\î1 Xs, Jli A*^o ^ ^^1 ^ ^ à\i *^^ u^^-r-^ 
c-)lJû Aj>-_jj ^jJ aJI ol^ 4^ <J^^ J^^-J *^J ci^ Ojà* 

^i <X\ y jj Jy ^ -ijii ai ^ ^11 JU 'li 

jlkLlll l^ii 3l AjTUi J>.j 3c 411 *l5^ ^^ t^^vcfJli 

Ùxs. j_^ ^^^l IjJc ô[j j:^! ^1^ ,*ji :>^1 ôl^ aIÎI 
^J^ jUj >^ 4il ^ ^-J!c-j ^j^ jlo^l jtJL? 411 Jj-j \cJi 

• Ms. 4,1. 









( • 

i i 



^SJ Jjl JIJ Ij^ Il ^ Alll J^^j oll^dUU ^ ^\ 

yb^ j^^ «.o^^ ÂJU ^>*1 ^Wj aju- Jr^^ t> tlj CjUj 
t^b J^ ci*c |Ij ^-j|> 0; j;;y^^ f^J ci ^^^11 oU ^-- >1 

<'i J^ aJU aJU? ^y 

' ' 0. ^ » ->• " *" ait- *■ 

4.,l. ^*U ^1 ÂJt sZSj Juj û; J^ c^jUl^l ^y^\ y\ 

f-jj^ ^jL ol^j "^--^^r! cri l^'^ -^ '^'^"" '^ - ^-^ 

aJj ij^^ia^J ôj^ ^t ly^l^L^ 131 ^jj^ A_.ji2:k^l 



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.>.j li* llU Ai-'JJai ^»U 3U^ jU^ U> aUI J^ Jli 



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c^JLiljîl iS^j jr*U '^_^1 (»Al- ^ j\^^\ ^y ^\ ^y f'^ 

j^»U Aiii Jj^j (5J.J jru l^;«?y j^i If^-j GJj ^3 ^j^ 

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<'' Ja^ C>y u^^^ jr*^ "^ii fH^U? JUj oU j>- 

' Ms. jo:. 

' Ms. âJsjj»' 

^ Correction marginale avec annotation : IjiSCa ÂJT^I j^ d^J^j ; 
le ms. a : J^lj jJj ,.^ui. 



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Jj^j ^^JjS ûjijj ^ Xt^ ^j;^ AcjUJi jW /^ is — > ^^la»> 

^ Ms. l^ aIII ^j ^ Ms. ;-wL (^1 à'- 

'■' Ms. ^W. 



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^ Ms. oil' 

^^ Ms. I^U- 

^ Ms. Jli- 

* En marge : ^^^ S ^•^' 



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4_ij^ (^Xc û^'^ iÂ*J V^ L^J^ '^i'> L'^^i <^ ôb 

^ |U^ ^Jl Jll^ [fo 176 vo] ^ ^ ^_, j^l (♦^==î:->°U 

j3i ^ U Jiil ^jfeil jUL l Jlià Â^ij Âl>\^ J J>cM 

^ Ms. jûJUl l^— «*-! . 



j>i- A^* ^^ LU aj jS^U J^_^L ^:i Jl ^^_^ 1/^^ 
cJ^ ZJ^ ^ !AJiS ^"l cfOîi iJ (Ji A, ^jl c^Ji J^Jl 

\^yj>\ diUj tlAp-^' w^U^ o2^* JU ^^^îrr^'. ^•^'^^^ ^' 

jj^jl ^^ ^— i^j^ J-r-' <-i^ ci^rr* ^^^^nr^* w^U ^rf^b 
ilj? aJ Jli (J ^y ^c a! J^ii 0^\ ô^^- Aj Jjr LU 

(j^j^ J^ ^jrV* '^J^^ ^^\ TiJ^" 1^*-^^ ^'^"' A?*r^ c^* 
à^i ày^ iSj^^ L^^b \y^, Lli ^ ^r^ ^ à^ 
tl Li a:^ fe jl, «.c-l Vj ÂS^ iA^ Alii ^^..i Ll».«î Ipl; 



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Jlji S^l J. ^^L JUJ ^ 1^11 Jl 4_::.L ^U^ ^.:iJ| 

I^j^sijiij j^i ^1 ^jj i^lc ûij ûi^=j ôl;^ Âi^y. j 
^[ ^U-aJ c^jUili <^5C^ Oj^ J Â*^ Jl JlI^jj) jÎ 

cTl ,^U3 Jo^ ^^ ^J^ >^y. Jj^ jJLli ^:>U Jp^Lî 

*^,-^ J^ <^-^*-? cr" ^^ fl^l l>îl-i JJ^ll li* J^î 
^ ^-^ (t-^"b A_^Ji-l cJi*>-j ^il^^l Le cJ^^3 fllil 



^ Ms. i>j«llj rUl: note raarg. : Â>^l ^^ IJiS^. 
« Ms. aI:^. 



(. ^ ^ ^ t ^ «■ 

j\^\ J^ A_i^ J^l J*l a 0\ ^'^ ^"^ J J^-9^ 



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^ Ms. jC^. 



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ôl^j jJ fLlIl Jjj ^1 ^Ic jjL-i ô^'â^ J^ Jr ^-::-?^-* 

ûr ûlj^J 4^>^i ^ Jr ^Js^^p-J ^j^ cT J::^-? aj^Uj 

^ . > > . 

4.^U> 4^ U- ^--^ /^ ÔD^ j^^J J^^-5 *L^^ull J^J 
t c. - ï 

j> jtil ^U oUj jJ-1 Je ^ J^ jyi j^U ^ c^Ae 

^%-^^^l Juj Ji A^ J-li 03^ ^Wl (5^^1*11 4*-jj ^. J î 

' Ms. ajoute : ii»i!l -lAp • 



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4_)jU^ Al (J ^C j}*O^J clrf.--'! ^-^ «^^^3 ^^^ c/^3^ 
jSj ^3 3jf Jr 411 Juc J;' 0^ ôjSj ^J ^ Jl^J a5^ 

<'< ôj^ 0^ *^^ 0^ ^-^^ 
ji û; (j^^\ ô: -^r^ cT ^^ ^-^i-? ^^ c^ ^^^ c/^ 
j-> j:>. ^ ^^h aU-i^ ^i fl^ (1^^ v^ ^ o^^ 
^_^_*, A_-^i jr ^^-^ û; o^J^ -^-c^ ^-^-5 <y^ ^^ ^\ 

J$C jji oL« ^j!i ollfi^ oUj ^ilisç ci^ ^V^. ^^^J^^ 



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/06 



<!*- 6jJLs^ ^j\ <o1 ^VjJ <J^ ^ISVj 41 j^^ l^j^ ^(jl 

^_ JUj^ ^J c>JL^i '^^'^^ j^^ "^^ u^^^ a^y- 

i/ (:)^A .^ ôl^ lj^\ y 1^ <!. [fo 175 V»] Juiyi 

JnHl j>. A^ J^^ ^j ^i^ ^U J ;^ll Jl ^^^ il Ali 

^ all;^ 4-iii ^ j^i Jl ll^li ^^ ^^j ^^ ^\^ 
Ail JU ^^ Li \ ^y'i Jl Jlïi (.^L))l x^xy^3 jlJjÎI 
i- ^5lj? J^»^ Jlai ^U Alll ^ Jc^JI Jjj Jl ^î (^11:^1 



' Ms. OlUJI. 3 Ms. ^liL). 



Ms. 



o* *>.'• 



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fJ!! ^r-b ^^ J*^ ^^^ J^^ û^J û^c- ^jî ù^ (yj ci 
Lilj U ^U y} Jlî CiJ ^^ ^tl Jjj JLij (^Juili jA» 

Oi*3 ^liJl J^^l ol« c/''7*5^ /c^ ^ bj^ '^*->^ -^ *— ^^ <Ji 
ij»_5 ^L.)l l\ ^5nj <*^i oXfii ^pej A^j (^Ui /^» aIH JLC- 

OU'jlj bvUI Li illi ot^ JI3 Cit ^Lîl Ul 
y\ A.Ui -L-C ^) U. ^lA yaj <jU ^1-j«Î1 ^^ A.U1 Xc jjj^ 

ôJuj U 45oi dili J^'j Jj AJl t^Jj^ <^j *J1U (jl ^.1 



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oUj ^y^^ j»^^^^ ô^ ^^^^ ^^ '-^ o^\-^ a''^^ 

aJi (^tJt Ù^J ^^i^ J^^ ô- ^^^ ^^^ ùy^i^^^. ^*/^^. 

o^ J Jl^ Jj'^ ^'^^ ^ ^\ ^J^J' ^V cr-^^ ^-^'^ 

^^\ ^ i;j lj^\ h c^3 ^y^\ J^^ à^<y^^ a-p\ Cf} 
'Jl JUi ô^ ^y V:>3 ^^ ^j--^ ù! '^^^ ^-^^ ^^-^ 



' Ms. Q> • 

* Corr. marg.; ms. k_jLA-l • 

' Ms. 43-lj' 

* Ms. j\li!lj; cf. Nawawî, p. 573 : jUft- 

» Note marginale : ijc^l i ô-^j '^- 



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^^^-^Ij ô_^l isjL^lj J- Ai^ (j aL^^I ^i (iJJl y^j 
J^^j •^ ^*^ >t.L kij ' Ji->b Jli AJ\ a::c (5jj^ Uj^^ 

0^ c^/jj Sj^ij f*>^-)^l J^ ûi^jUi kJ}^\ ^j>.\. ^ 

♦ 

A::^li J^ jrvJl djjS (J * Jii) ô^ J-^' *^^^ -V^ ô! -^-^ 

<'« *JLj <^^;I^j ^l^ JLi- Â.«'^l ôÂ* ^-^J!î *v! J^j 

' Ms. û^*i»^ ♦ 

' Ms. J-b- 

' Ms. iiiju*' 

* Ms. Ji-.. 



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J'^.-' ^^ û^ (^j^ (Jl ^, S^7^ y} ^ ^3^ ^3 J^jlj 
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Ja^^ o-J^ sJ'^\ j^lj <-> Jp ^1 J^\J- ' Jrjb Jl 

Jl t^l^*^ Jl <-^t* p-*u Aiii J^^j Jl jr^i ju ^ 



' Ms. i^jj». 
' Ms. <iK3l . 

' Ms. ^l. 
* Ms. ^ Ijb. 



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<'c lie Jj ^ ^^li ttlse^îft t5>^^ l^\Ù\i^ 



^ cjL^j A^^ ^^ (3:^-5 ÂJUi- ,i^*'& 4^1^ a5^ ^ 

sjif^ à^ <JJ1 Ji-c- Ajj^j ^jr *^ û^ ^^^^ JyuLil M^ 

.s ^.::S ^ J> >-^ ctUli 'j^,l>l A±i 

^>^^l J^ <jr a1.I ôV^- J*4 ^I IaV <A\i qIj Ô; JS 
yb^ A>j^ Ju4 j4^ J^ Oy ^ I Jx* Jlj^ V J^^ ôjA^ 

JC ^1 ôÂ^U aJISS ôA^ (iyij 4JL4 xUl db^ Je ^*^c 

A_jL- j^aj oU^ o^^ (ijj«r V-^ %-^ ù^ ^-2^^ 

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jjj 4jj IjpiL? U 4_jLJl jt^llac-1 jUc-j ti'j^ ô^j ^r*^ -^ 
^j Jrû^ J::3j ôlc^^L ^U^* Uij oj 1 [f 174 v°J ^ ^1 



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j^\ ^* AJl ^Ul ^jla*^ ^'j dAlU ^^ jl:^ (jr ,^-^ Ul^ 

^ iSj-^ !^vc U^Ac- ô»^ ôl\ ô^ ôJ^^ (*^jj ia^-Li Jrl 

-X_-c: ôljlil ^ (^^-^-J^ l^*^ L-^ ^\ ^3}\ ^ jJ\Jb ÂJb"!5^1 

Ûj QCî £wij^ jl^ ^jju» ^1 Jl «^ ^j 0^-^?- û; ^^ 



^^ 



V jLij A-JL^ J^. U jlij aU:^1-ô ji^. ^j ^t-U <ili 
As-j aJ^ bij ^>. ^^aX) j\ jj^ rc^ r;ô\ Wl» (5j^i 

^ ^J^\ Ji»>- ^'%J\ ô\ <j^bl JoM^ Jli AJîJ ^;Â*9- ^^ Alil 

\> A_. jK: ô^aJI dlîi^ ô\;^ Jf S\ iS^\ j^i JtJ 
IjU ^;^^ Ji ÂijÂ>. (j^ <jj -u^ j^ ùl^ J^ y^^ J^"^ 

VMs. iL^. ' Ms. j^^^j- 



^f 



t^jiJl J^ U k_ijlij dU. JVC. Jjlij U Jjlj 



Sa >,JU 4il jj^j3 ùX^ (J Uc[) ÔD l^li "^U-j ôj^ Jt 
A-b ^ ^IJiil J^ ^i jij dji>l^ 4-x* IjîLi ^Jj ^\L» 
LkL» ôj2- J^^ dX^\ jji ^ ^liji j) ^jf- Jlî U o-»b 
4ll\ J^^-j \s^4 J\ x^J^\i Jli^ ApbJI 4^1j (J o^j^ 

' Ms. JjU) • 

' Ms. Jy) . 

^ Ms. i)y^ ' * Ms. ajoute : -cJlll Ait • 



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:>^^ Lkô U^ !>Lli !^j^j J^ A^\ ^^^\ <J^j\ ^ iS^j 
ôl cfAJ^i aJCs ô\j2Jl ^iii jA J}l ytij '^-::jIj^ ct*^^ 

^^ aIi a^: (5^ 1;jl>.i ôi \J^i (T-U AÎii J^-,j ^U^i 

^-^***^ ù! "^^^ "V^ J^ crfj* ^^^ <-^ -r^ ti^ ù^j^^ ^•^' 
«ijj A^,5ol Jl ^yÀ Cij^\ ^y.^ J€j dlli Juil kl A^j 

j^^ AJJl ♦U' U A^_J (J_J cJ^^t-al ^ (j^J^ ^Jj--» *^— ''^■»^ 

ôjII (J Jyj j-Lj j'ji» ^1j> ^ J^ jl (^Ij ïU <^Â)i 

A_pC ôAJj ^j A^j ôlâc^ jj j\^ A_»^ (j jol Â-JL- 
Ju> r-l aUI -LJj l^flcl^j y^* J3J dJu*C jjlj ÂJs^J J^J^ 
^y^ ùy- «Jj ^yJ ^%^\ /rxi u,l yoj :y*^ ^ ÂJic a! 
^A?-^ A«i ^^^U ùl^:y.*^ jj ijic ^, aUI Jl^ [M74ro] 
[>b] Jli t^JJI y^j 



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l^^^^ais jsj iS^ i^ y^ r^r^^ ^-^ V^ '^x.i A^j l^.i '\*5Jt.) 

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^Ji2i Jl^ Jl^i A.\2 ^5 (jl ^1 ■ J[ JL*. V iJufc (^««^"^ ^-^ 
xSj>\ xs. ^,- A«.L ^1 <4*)\^[ ^ju.T ^iTj diLfc j.:^ ^5t.>.î 11 



<^\ oU^ ^:^^\ jb J ^Ji^ 4l'l J_^^j ^i^j IJscj IL^^ 
c^ ^îi 4î*j i^ «.=-jj Â-iJ-1 Jl ^^1^ f>^^ *^--5 Jlj 

^ Ms. O^JI- 

^ Ms. 4)jUj V. En marge : J^Ml j '-J^* 

^ Ms. ^«.- 



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Oj.-2j 1jJl>-j /j*^*-" p-''^^ (C^-^^ J^- U-* O^--^ W-Jl **-;>*** 

J.i^ Jj,X> J>- (JAb Jy«-^^ [fM73vo] JjLS\Ji c^A 

jlvô ^y^ ^'ài ^jîli AjiA. \]y.cU ^*l^ -^in J^^j ^^^-Ls 
Jllô ôl^j\j A^j :>^«..«^ ^) aIH j._^ (^-^ ^^iï' »— ^J J^^ 

c'' 4j ^^2c V^ Ai^ «L.» cJ>^ ^j 

U 4^--lj 4_:..A.ll^ 4^=rc ^*l«? aJUI oy^} ^-^-^ ô^ 

C "^ f t ^ • \ II.. 



' Ms. ÛJ"' 

' Corr. marg.; ms. il^l • ^ Ms. iL>-l; 



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*.=-jJ jti--li ^J-1 e>>\^ j'^ y} A^-iJ S;j.^ 4_-..lc \y3 \j\ 

:>jl *y aUIj J^,? l^«L2J ^;J^ Cj1j;î*î (J^J^*' J*f^ *^*^ J^ 
ç^ *îl l.^^ 0^ ^'^-^*' ^-^^ f-^'^ '^'^^ ^-^^ "^i b-^ 
J\ij jli J_^J hA\ ^c i^>i ii^[ dl, ^i^j3> L^'' ^- 

^^::.x.j 1^ y^ y} r^^ ^ (J^-^^ J- O— ^ (*^^ û^ ùl*^ J-^ 
jjJJ c^-Ui^ ^ôi jLô ^-lâ-^^ Jli^ M2i ^-L_ôi o^ j\^^ ^1 

^ Ms. ejljSl- 

^ Ms. jii- 

^ L'auteur, ou le copiste, entraîné par son zèle chi'ïte, a ajouté 
ici : o»i!l <cJip ♦ 






' ' jy 



%ù CX3 (^-^^'^ lI L.li. iif Jli aJi I^a ôi^l iS3^3 

:^^Jl ^u '..Ji jji ^i'i a'h ^^ .Ji V J.i.j mJ^uUi 

^ Ms. -t; corrigé d'après Nawawî, p. 714. 

^ Ms. c:>l:> • 

' Ms. ^c> ; en marge : Z^J^^i U.> . Corrigé d'après Ibn-Sa'd, 
t. IV, l'« part., p. 164, 1. 1. 



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- 1. 
4_Li-l ^ ^îi ^i A.,^. ^jjl s^lJ! ^.Syj oU ^.c j_,i 



'' ^..-«*>^-^5^ A.»J^ï ^,^ /rai") 






ô>^5 cT^^^-? ^-^^-5 '^Jir j^ ^^1^ ^ aJI^ ôUfi^ JIjl:^ 



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^ ^) j^^Ui yf- ^,) aIII j — cj ^ j^,) A.U1 -\^ ôjj y^i 

-'^^J ^«^^ ^^-5 ^-^^ *^^ /«-* (t''^^ (j*^^^ '^'^ ci"^^^^^^^ 

4ij oli ^.Ai ^li (J Aj ^*k i^ A?c^j rj ff-i Jr-' <-i^ 
ôj^j J^O -^-^bj ^-^^3 -^ (J^ (j; J^^ cJ>-\ -^ (J\ 

^ Ms. Qjjl. 
• - ISIs. û^-^ J' • ^ Répété dans le ms. 



10 



J- ù- >^ ^^'^ dt^ >^ C^^-^ vV'^ rt- t^"' i- ^^ 

Jlai Ai,^ W*"^ ^/' lÂito Jui Jj^Jl» ç-Jô _^ifcj /*-f-^ k^Ul 

"1 - - • ••-'- 

L dL «-U U JUi ôJLiAZ- A_)Â2- A_.Â>. jT 4_Jj:tPeJ d^*j 

Jul ^3^ A,a\11 JJlc 1.^ ^jl jjjj Lo 



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' Ms. z^' 
' Ms. jii'lj ^l'I 
' Ms. ^:-j' 
* Ms. j«.l.. 



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^l) y\ c} ^'^^ ^--r^^^ ^^^ -^^^ J^-* J'\^lJ à} ^ 
^ t- *■ } i- >«■ 

S<:S\ JlJ Jjii (^1 ^/- JlJ ^^1 ^i ctLui Ji n^} 
^^^j ^l^ ^ifcAïc 13U \,^\ J^i^i^n ^c y- Ja*d dluj^j 

U tij l^:*^^ ^Ji ^^.Ljll ôi.;b U y JLûi 'k.k^\ ^J^^3 

Iv.lilvsli 4:c AaXT 4_1;^1 O-'*^^-^ ^— >^-^ c-T^-^ \.^j-'>^ 1-^=1)1 

,:^U ULl 03 L *yiij L^*^--! l^lilj dlJJj \jxji * Â?e^ 
^'.L5."'^l ôIa J..W1 4.:.^^) jLôj y- e^^ji-i ^-î ^-J^' ^-^ 

l^^c V aJIj ^^^ dAjM ^l2i \^>j aJI 4_9lt^j aIÎI J^fr 

J\:->. 4JI ^^ '^^CVi 4^ J 4.1.11 JJlj 4, ^^U Sj^l 



Ms. i::^ 



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^^^[ juj J^l aJÎ dl'ij <:=-j^ ^c A^Uzi 4>-\^j ^*)UVl 

^) JL*-- j:>^ aj ^llii j^ aJsLs 4_-.^1 j:^^L\ aJ^ 
^-^„-^ V.^--: ^-'^^^ ûi V^ ^^ Jr^-' ù! -^-^ ùt "^-i-^ 

' Ms. Jol. 



AV 



' U-- y\3 Jj^-^b 0^3 ^-:^3 ^j}3 ^)3 0^^^ ^f 
ll_,A^ tlf^ 0^3 ^S*^3 ^>-^\ '^-^ <^V. ii"^^ ^^ 



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4j 'Uj Oj ^Iô ^\ c_^_ *U ^ A.î\ ^^jj oJ^ Jl 

Ajlji^l jJ-i (»j^„ (^*U '^\ Vr cy ^'^ ^'^ '^-'^ "^-^^^ 

■^ Ms. IX--*' ' Corr. marg. : J^^ - 



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iS^^\ ^^^ ^■*_^'J ^ly-i ^ j^ J_3 Juij ^1 ^îl^ 
(*^ Â-j^L» ^) AjJ^ J_^ x^^ ^, a^ ôj^ ^^j _j^xf ^,1 



,y^ ^\^ %■:) ô^ I^j^l^i JU ^Ji jui^ 4.U ^ c^j^l'l 
Ouj j^ jt^^ J_JÎ1 A»j ajj aJ^î 4_1- Oj^j ^j-^ ^1 



AO 



0_^ ^>- t.jul <l\c ^L?1j O--» lI <~»A:?"v.5 (J_/wC-J ÂijJiLs. 
ii> lliJc. ^ UU:^^ Ijrt-aS ^A^^j o^\^V^ A'.-^J JU^ A-W < 41*- 

\> (j^ Cj<^Ï'\ J-^^3 a*^ Jr ^*cj A*— (j^ A^_j Ju.— ^>1 

''< A-.t L^U (j; jt^l aJxIô 4^j 

' Ms. ib>-l; corrigé d'après Ibn-el-Athîr, Ose?, t. IJ, p. 292, 1.15. 
^ Ms. U-la>-j : corrigé d'après Ibn-el-Athîr, Osrf. t. Il, p. 293, 
1. 13. 

• ■• Ms. ^t' ' Ms. yVy 



Ai 

U=* wL^ ô^^ ûb^^ ù; ^^\ -^^ 4-^ j>^ J^ J* ^•*^'^^ 
J Ê^'^' ^Ui^ ùL-^'^ j:::^'^ J»:>5^ J ^-^ ^^b -^'^ ^'i 

i^3j 4^j ju-^ ^"^^-^ ' \iJ> Uj J^^Ji ^ <^âJ1 y^j 4.:- 
JiJ (»^\-V\ ^l-î' J^j çx ^J^ J^ J^ '^-^'^ '^^'^ c^JlJIjÎI 



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L<i!-^J *-^-9^ ^'^-^ J^-' "^^ '^^ Û^ 



(»-\._I.iJI J^i ^U- Mj MJ j-^^ 7^-*J'-î ^^î^ (J--^-^^ ^' 



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O-i JL"ô ^-Jlj o!)Ui i:\^ Jl Jlj ;V! jLë C LÎ l 

^Jil^l c5iJJ jri^ii (t-U ^M JÎ '^ JLL 4_;î ^Uj "^ 

<u.^ J CaIj ^,r^ ^^J2^^ j^, j^:^^ Jli o'î U^ ^ 

^^î 0^^ ^ ^^^ -^^^ ^f^ > ^^1 u^ y (^u j^ 

U ^i V jA.alIl ^ ;>i Ji ,^^ i;^^, ^i ^^ 

Ak-b ^*^i^ ^^== ^pi û^ Jil|i ûy^l J^^ A>.j)| ^^,_>. 
<^ Û2^ C};^ y^i *^-! ^^-J (f^, jJ-l J»^„ (^Cll ^ ôljy. 



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jÀ^ ^1^ ^^^L? 0^ ol-^ û; -4^-^^ ^^-5 (tt^ûj^ ^^*^ 

y 

^:>j a:^ Jrylcj J[z (j\ y^3 J^ *jî^ J^i ^ j}**^ û'^ 
Jr ^^ à, <>» û; -^*^ J' ^y^ â ûlo^ û; ^^ -^ û; ^ 
i ^j^\ cJ-^ <-iMall ^\3 bj-:^ Sj^fTj ô^^ oU- M "^ i 

■ ' Annot. marg. : Jj-^j '-o • 



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11. L^ US ùl;^ ùl I^x-i^jîi JL; ùl^ (»^^^1 ' lie U 

AcA, V ôlj Ui Ul Ac:il V aJJIj i}^ JUi dl:j^ cj^J J>. 

jjii Vj Cl; dai ^i v ajjij ^lij <.î ^liijj ju a.0 
s^;lij -^;^--j ^j-^j û^^i J^j ^^"^1 aUi jl-cj ^^=>îi 

aUI j^c ULô a,,1j ^1 <£;lc jM-^"^ JU JcJj Ju.^ ^ij 



' Ms. J^5j 

^ Ms. <âij\j' 

' Ms. Jy^j. 






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A_:^ ô^'^M c^^W ^j" Jî^.' J^ («^ <*S\ fjp ol* ^^'^ 
Jj Cy J^-^i ol-? x>- ry J>-^ *^-^ ^-7— ci (_^^L:j-ij 

;'( A^j Ol^ (^^i -^Ju /»J^ (J J""**"-^^ 

L-:^ ô^ '^^- --^î\ «J (♦•i-^ ^_^^^j ûlr^ "^J ù^^c- û; 0\r^ 
^:J\ A^^iJj J\^^ J^J ^^ cj^)\ "^^r^^ J^^J i}j^ ^^^ft 
^_>. 4*>j ^Uj 0^6^ «cJ^ Jo ^ p':)5^j»i^ A_Jj ajlijI j^JL? 

J^'sal A^i Âji\ J^ç. ô^\\i ^r\ aS-1 Ô^J ï^^i JJJJ A3-j5l 



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aJ^ Oli ^2-Jl Xc ûij J ^2fr Vj *L^i ISj^ j ^^-^ 
J^; <jl (J, ^^ \^^_^ ^^ût J^ Uj.^^ ^l^j jJ-1 Â*sj A., 

ji3- J 4j:t^ l^=.j ô^~J^ ^IJl j ^y ^\^i ^^a^i ^^, 

Oli> U JU, l^;ii ^l^i Ulj li ^2c Vj ôj^-L- \f.^i^ ^^ 

Û jLl,^ 4_:ja11 JI ^ jîi (t^U <i)l J^j ;^' I/La 
[f^ 170 vo] j^^- ^i; I^IL; Jl U-^ J^'^ j]^\ âS jj} 

^ Ms. Jj-LÎl, leçon entrainée par le second ZjJ^- 



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j:-^^ f^ J^ ci^ f^^ ^— by ^ ^^ C^^J j«^ ^^3 J^ ^3 

«. ^ * -''i.. I**'''" °'^ "^ 

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yi A-tljl ô^b ^-"^ ^V^^ T-^J^ ^-^ ^-^^'-^ *Jî^^ M-l)l 
dAJIAi J^ij «-14 4)1 Jl _^A_, ^*U aIII J_^--j «.iT *.3^j 

A«, ^Jt:^ Jij Ijj (^b ^)1 ÔJ^^i jt-cjj ^*h ji aJU jC 
Jaifcj 4.'iWJ.> jj^li Ajjlilj <5jA-lfr W^ J>C jjl jfUl IjLJ ^TU 

. ' Ms. (5^1; corrigé d'après Ibn-el-Athîr, t. II, p. 322, 



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aÎH A^c J; Je J/ aI^ Ji ^-^jî ç\ti[ ôlijîl 4j^;a>- ^i 

JU^ (j\ û; j^ ù "^^^ -V^ r^j*-' ciJ^^=^^ v.-^j riJj 

<.ll 3--^ -5 *^^ /f^w ^•«^ *^^^ -'^^ '^^^ J_?--^ ôL*J <-«\J1 A-c 

ôj^ (1/ ^)^^= ^' ^j *y û; x:^' û* -^- 0; ^^■•^ ôt^ 
«jUI -Uc S^ Ji ^::» -ul^ Jf ô"^ *_;- Jl ^^^^< J^ 

<4_-i-l ^jl; J^C-*)1 ^_»U 4>-jîi ^3^^*^ jj^^jUl ,Jû.j^ ^r^ 



Ms. ^^« 



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4*>jl j^uJ-1 Jj3 a:^ J^i— ^i L?^-^ û;\ ^*J ^ ^,/^ («^-*^ 

/AwS^I ^^2c-j a:.^=î-v._j A^Lljj 1^)}\ Llc^ j\^="^l Lac il 

Ai.\ A.IJ1^ 4_"^) Ul ^.0 1^* j^c^ A«p*« 4*^ J::i JS^-l ù^ 

('' Ijry^ dÂU Ajli U Jr ^^^ Uli 

A)Ai^ :>^^1 Ù^U-'^ '^-'^-^^ ù^j^J <-J^ ^^ ^. (J^ '-t ^-^ 

jj^':> aJ\z Jjj [.^ Ac\ t\^ J.^ J^kji Jn^i-lj ^*J-i J^ 



^ Ms. J^ ' 

' Ms. ^U jjjj- 



■79^ 

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4^1»*^ ^1J\)I ,*lj ^Ulij A^A^j ^-'>?'*J ' ^-' W"-5 ^--3tll 
J/utj^J l— -^ i^j^ i}S>J^ (j;y»j^i /«-•-' '^--•^ OUj *,jf^ ' (j-* 

' Ms. -U.I- 

' Ms. K^Jf} ^j^\ j»l • 

' Ms. ol. 



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^Ji ^-^ CU J>lj JlJ aJI [fM69vo] ^U j, ^/j^ 
1\ja\ J\ (J3J3 ^^-r"^^ ô^:: ^ <^ Cj^U Jl-J <3^1 ^Ja^j\ 

^-^ fit! J^i (J^^ ^^^ ^^ (j-^ J^ (J ù© A_:^ Jn-^j 
i'i a:^ tl^^-^-j (j^^ cT^ >*J Ol* rc-ji-^*; J^-*J jV^>^ ^^ ^li_j 
ol^^i û^ ûyUl^ (5^5oi ^^33 cij>5ol ptl^^ij ''^-^j 

' Cf. ^}\ j^^l J,l^A d'Ibn-el-Athîr, t. III, p.^333. 

> 

' Ms. ^j~ît'«• 



7 Z-^ 



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^^ IjLi ulUj *>\^ ôj.:c ^j ^^«*f" (^LJl Âi-lj Ub j,^ 

- ' Li? - 

ôi (U^ "^1 o>J Jll^ Li /Î3! J^ l^..l ;.LU ^1^ 
ôl ^ ^LL; 4IÎI J^^j Jt Ijûi ^*)L-))1 ^3 J aÎII j}\^ 

«^-^J 4_) ^^^ <_ilî dUaljl ^Âjl ^.Ul (V^ Jlfli ;^1 (Vl 

4JU 4^ji 'jj Jli; ôj>j u 1^1 dlti ^^ ^\i o^ji u 

' Ms. i>i^. 



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< Jââi-l J-^*-"» (J ^="3 Çii^^ (j* ^ij'^' ^^^\ J^3j>' ^ 

Jlij Af^J^ ^^^ j^^^ Jllô ^U^ ^ J^l (J ^Ul Jn^i 

A_J|^^ c-jIj jt^U? ^M r^^j^ c- jI (J Ajf^A^J A_o ^-3- 

jjL-i ^^ Jy Ui ^^ <^^ J^(J J-1 J^ aJi Al>^y^\:i 
ojU tj; «J^-^J-ô J\^l\ ^j^ (ti-^ ^j-- 03^3 ^-^ 'Ui ^y 

oJ-lj j:*li OaJj a_j:*U J^l jfc^ ^tU J xJ\ o:» 



' Ms ajoute : ^ • 

' Ms. JJLII- 



r^Û 



Ai^j jU^îij cfjT^\ ^ y^i Jjtj "^y^s ^i\ jl <j 

^^ a*3 (f^^Vjl J 3j p-^'^^--! 'IjcjIj j^jlf-1 sluj ^•:S>. 






^3 ci^^i <-;l^l A_cll^ ^ e-jL IJ^ ùi Jcl [f^ 169 r°] 

ôj^rj JiiJ-i ô:>^ Jl A»^y 4^U -^^^^ ^^ aJ^ Je 
^ ->> ôIj (^^ il-î I^Ui Uj cijUlj ^jlLklIj kjiyll^ 

Ù^ C^_^ ^^ Jl ÙJ'^^' V^ <«5e^ AJj iJjJ ôjjê ^J^ 

SjUVl clr^^^ll ^^ c>j^^i J^-'j A_::c ,jJ.5^j aj.U 
^^ jl.. <^J.::Jj Aill *b ôl Sj/lll jlfsjlj ^L^îlj ^bVjîb 

' Note raarg. : J^Vl j liS^- 






-OtL)^ j_j« jy IS û^ -^^ — 5j L$>J>«i'j ^_/"^' J3^ r*~ir^ ^^^ 
^ Ms. J-^lj- 



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<L--Ui (j^ 4«^ A_;jJii) ^^ J^jlj o^^;*'^ J*?"-? ôj-u? 

^Jlse^:^» ^oj> AJy:^ ^\j»\ Aj^l) «J ^ifTj 4jU ^ ^j^^ 
e>j^^ ^ ^joJè i^ "kÀi- l^ ^_/--^ V^-^^l ^ rr-'^^ ^-'^^ '*-;'-5 

^ JUJi J^ ^Lj[ û>^^ ^-^-^ cT^^ J*r-? ^j-*^^ (Jp 

aJc A^^Jj ja1!1 ci -Uji J^^J sS:^ A-L]aÂ}\ c^J^ tiÂJl 
jU->^i ^\^\ ^3J)3 jr*^ JoVl ^jj> (JjJj joVl ^j>) ^=-1*^ 
' Ms. -iLJ». ' Ms. iiCT. 



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U- JsJL*::-<ij ô^Juî^li 4.U xX-\ Jlli ôA_) U- ^^j^ ^-^*' 

Ui dAU ôLac r^j JL^j AclL?i /^ AtLJi A Si ^y^3 \j^ 
sZJ-J ù[^ J>jls,\^ ij^. ^^3 1ja\ Jl^3 xJi (jU -X*» 

<Jj^J3 <\}\ ^..-^afi^ i.^Li 4_)^-J^ aJJI J>tUl U (Jj^-ULi 

(J lyii^-ij c}^ f r-^y, rn^ J^i (j^^ L^-u. ^Wi)i 

Jl^jj jct *\±\\ ^j^ jô^ A_)l tjc:^ 1J^\3 c^aJIjÎI JlJ^ 

-2 I I Z ' 

^Ic 4-^ i^Li <Jc 4)1 J^ 41 Jj^j JuJ. J^ [f*^ 168 yo] 



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p^ aUI J^^^j JL* uI J^l Jrl Jli 'Oj J^ <ji ^ /^ 

Jli oA^ U A'S^^ V oL^ ^ J^l V <illi Jl II Je JUi 
ù^^i cUjt. |1 «\jlij jiie y^ UlJ 4JL2^ Vjîj j^l jri 

(i^-^^ ô* (i/3 -^ ji/3'l à^i ^ j^ ^ ^ J^l 

^ Ms. ji. . 



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jl Jl^i 4-*^ Jr ^j:!*^^ '■^^ <*-âJ ôjUyi (^-^j Jj j>>.' (J^ 

r-l^.J-1 û; *Ju-.c y\3 j^3 ^ j\ f-^-^J <-^3^ ^y^ l_^^\j 
aÎ)1 jW ^ji- jU>^^^ ^lli» ôAtL J.) Âii-- Jl [f^ 108 1°] 

Xîj fjbj p ^J\ -L-^1 ^^> j* ^S-1 Ui il ^S^l lÂ^ 
:>L-c (j; A*^ j,.~JL:i Ju-j (t-f!^^-^ J^-^ ^Jij^ d^I_-c <j;l 

• ' Annot mar<;'. : i>^l j, Ii5^- 



•\a>^ 



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ôA^ J J. 0^>^ J^-^J 4_^U^1 «^ ^i J p3 jL2i 
' Ms. Je- 



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Ol« Ji-ô J^ ô^ -^ f»«-^^ ^vc i" AU tl^J^ *t«j3 ^C v^U 

J5v ^i^^ ^j ^ Vj^A Jili JC 11 ji-1 *l J Jli U Jli 

A.U1 J_^-J i-^li A^lc O-J J^-^ J^ '^l O^ Ji t/^^^ 

(jl JUj ^l-ij *^^^ ^ .^Jî-lxi ôj\>. >j^ 4Jc ^;;&-^ ft^U? 

^Ui ju ôji^ ^^s\i cS^ dXj>\ jLai j>wi>M ji ruj 

^ Ms. I^jb- 

. ^ Ms. yi. 



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J^* ^j^\ CJ\ J Jlii ijlJ jX,^ ^ liCi olli lÂA 
ù)r^3 ^'U Jl^o J^i aJ^ ^ju, ^ÎS^j ^15^ ^ ly^ 

1 . o ^ 

y^j ^U> J< ^;^ aJ *^ liU ^.^j Ji j^jî ^^ii 

j^j A_in j_^^j ^^^ o^u Oj5^ Ijji ^"j. :^^i J 

^:-^^^j>j yii ^^^^ ^^J\j .LJI ^^ '(.Aj.n lij 5:^Lj 
^i J^j oU àJj^^ crWi ^Ij ^l^^'ji^ ^i^jL hjl\ 
yUl J^ j^Li; 4^j ^LLii Jf y^ ^li a> oL.. xl^ 



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A«LLô W^ ^^Jl U ^U A.U*. J_^-^j ô^ c5A_jl_^l c^^j^ 
J-^ J ^Ic ^'^^i jl^iîi ô|^ J J^^ jJ^-^ ^U ^1 Oj^ 

•Ms. ^. 

- Ms. ^ ; annot. iiiarg. : Zj^:^) Ij.2 • 

^ Ms. \\i- ' Ms. ^:JL Uic). 



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j!)^ *bkj j^}\ ^ A'ji S^-'j. ^-'i ^3^"^-^ ^^--^^ ^^ 

Jr ^3 Jr ^\ Jufr ;7^^ j^yi J-^lJ j^ y jL^i i^lya^l) 
SjS^ Ùi Çl^ ù^ J^ ^^ ù'^ j^ {^-^'^ ^L'^\ à ^^-^1 
dili Ain jl ^ ^i j\ Jl^ Al\l J_^^j ^ 1^/ Ô^J ^<^ 
S'Wl dllJ ^«F U ji juj ^l^ ^ jl Jj_ ^^ O^^JLilj 

J^j ^C 11 oi Ji^ lT^^ IM:^* J^ ^^ ^-^y J^— ' (J^J^^ 
^ Il 1^^ JlJi O^^Jl ^^ bl_ 'ëÇj^ jp ^^^' ^«^ 

0--J^ Ol^^-i' ^^-^l J^-5 ^'^ 0A*5 jjli (j^Ul J^^ 

o:S^Ji ^^1 v^ii Jy^ i- '^l'b ^ju'ii o-^^ J^^ X^^ ^^y 

j.'a:- Jlai ciy^Jl je j5^1 j-J ci^jj < 0^4 b: ^11 (»ls.. 

^ij^ ^Lll f^-^j ^;Jl ^J fî^'l OjU| ^v^j ^r-llll Jl r^> 
bb U U^ (>^'*>\-^ J 0_^:ili) ô_^*Lil ilxi ^Jl-'W v_l Je 
^ c^b l^ bi^ ,^^ \y:^\ O' f^^-J'ijl^l-^ AJJl J^^j 
tir <\il Ju£- Jr jC _^i J-^-^^ J^^ 0;^ J^-^ ^^^*lj j^*>^ 



o^ 



cXj, Jc^ll J^Jb ^i^\ hx^3 c^^lll l:^ i}\3 J=^j j^ 

j^ Cu=. t^li^ y\ yij^ <i ^Ui |jL<i ^i^ii j^} j:li 

<V-^ (^j4>*ij \j>^j 'ÀÀJ\ ^j^->- i^ÂÂji A^Ui ^t^->- b'J^-*^ ^^— ^ 
Jrl <j^ tir*-^^ Cf L$^^J^ (SV3 (1^ J_^-^j (J ^\i^ j_^^^ 

ijÂâjij j^*jr\>-^ (J^^-b ^-^ J^2 -tA?'' '^^jy^'^-^ *^j^^ "^jijT' cy* 

Jli [f° 167 ro] ^U Alil J^^j c^J !>*^ ^>tj* ^L-i J:^ 



d-ljûj l| Jlij jXj _^1 ^5^ (^L^ ^-'û-' >^j: '^'l k-^jC-j «uc 
«^l^^îl ôJjh Jl l^J^I ^ U dALj U^ Jki lol^>»lj l:^U 

\\^\ ^\ V Jij jC Jl v^i il Uj'sli jL^i Jl *;j^!)Ui 

41 >L^ j^ pm 'W j v^ 0^-^ *^ j^ ^^ oÂiîv 

■ni- u, 

aJI (^jlJIjÎI (^ij3 J^l t> ^^ ^bj tj^ ^">^ ^-^^ ^-'. 

^ J\ J\i ^\ Xf^\ Jl Çjlj-til i-jl^^l 6J^ Ij-U- Jl_i 

<:r 41 JL^ ^c iS3J3 >; ^^ aJU^ ^c^^ (J ^Wl ^ 1 ù^ 
<£lc sl^ (J (V^ 41 J^^j U- li^^ Jli AÎl <^j :>j^..^ 
aUI iSy^ S-^5^3 (i.^=b\j 41 (^^=^^ J^93 W ^J^ 
[1]>U V ô^ Jî^ ^-J^ (t^ Jl f^ aLl>-1j ^ 4l;^^îj 
1^5^ lj^^\ jlJl dli; JlJ ^IJ ô^Uj ^^^l (J <iJl Jf^ 



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4.111 Jl J^\3 Jl^i b J^ Jli <:^U J- 41 J^j l 

^ Ms. âUMII ; cf. Tabarî, Annales, I, p. 1803, 1. 13. 
' Cf. Tabarî, id. op., I, p. 1804, 1. 11 ; Ibn-SaM, 11,2, 25 et 26; 
Nawawi, 662. 



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^^^;lj >t-jJI Jjb>î ^ûj^^i ^ A.ilj (jj ^^lil oJi^\ -xJ 

4,=^J Jui^l llli [f" 166 v°] l_^U,li ^Ui ^v J^ ^^ -^^ 
Jr Jt j;Vj r-ji^ \^J ^W J:^-j (J ^j^^ û^ «^U 0^^^ 

j^j^\ ô*)\^j i^J U->^j o^^:*'^ ù; J-^^^^ Oî-:J ^^^^ J^ 

Ji^ (1 .^^^ ^- ^j- Je \y;.y^^ J^-^ ^^'^ C.;:^ J^ (i^ 
's^iî^ <J ôli^UU l£\c cJ\^ o-^-^^ J^ V^ j"^ * ô*''^ 

i^ Jcj ^\J\ Ojj ^^5 A^b Ç^^ rj^ J^ -^'^ û^ ^^^ 



Ms. j*fe^l • 

Ms. ^^. 



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dA_>j.J ^/« J, J^^'j (J"^-*^ rr^"-^ ci^-^'^^-' <3'^'*^ J^*^ 

'Gsjo' (J 4.i=ty-l «Lie Jjr 4_:jJill J,\ 'rj>- ^i Ijrv.»^* bl-laL- 

:>/ ^\ \^ ^y. Ji ' ij'Sij ô^iii <^> J^} ^Âjl 0^ 

^Ij aLI ^ -U bl <-L J7I :>U Jl 6:>j^ *Acj yi^ 

(Jl A^iJ ^^i ^^^ÂJ Jl C^Ji p.*i^ jLûi ôj_^Jl ^1 J,l 

^^ ^) Cf ^^^^ j^^ lt^ ^^ ^ ^^ ^-^^ ^^y ^^ 
L, jUi J^i\l ^^ j J^ 4.ÎJi J_^--j ^t*, JIJ Aji 

f^c. aJ ^\ \j: aJ ;:5S^1 U S^:^} j\JL\\ J^i l ^^W 



Ms. dl! ilj! 



00 



^>. ^1^ 1;^ ^i*j («^U^^ (^fV^ û>^^i-> ^^^J-^i 

<>j^l ijl^\ ^\^3 jÇ^\3 Jr-5 > ^^ > J^ lA (J;^' 

oi db V (^jJb ^^ fc/j -^^i o-U^ J >^^ j^\ 

-Li^>51 ôl^ oÂcl yi'i a:^ ^^jÎ Ait ô_^P ^\ J*b 

.'. JU aIII 



Corr. marp;. : 'li«,2JI; inutile- 



rv 



©1 



^Ju-tt aij /t^JU» ^ ôjjj dA)i \yi\ ^JJi j^*?-! c^^lc aHI 
j^lU j4 <I2; ^J-1 dUi>^ (v^jCb •■UjLiJl llX» ô^'"^^ 

;jLk;^ Ji j^ j^ :>ii k/1 U ^LLli o^i bp 

{j,\ Vj^j!>j c/'^^J A_11^^ ^1 iL« 'l^j ^^^ f^^S^^ ^^^ 

ot)iyij ^1 4J3;c dllE '^^\ j>,jl^lj j*iLîl3 q15c)1 
*u>.^„ ll*j ItT^ ' ':>lijij ^l<5l ôL<)' ^J^ Vjîj ^Vj^Jl 

l^b âU ^ \^. ^ jp Ifrjl- j;>Jb w^lyM ^ ^11 

' Ms. ^IJvfrlj- * Corr. marg. : r^iJI ; elle est inutile. 



or 



6 t. M M 

^^1 J5J1 ^yj^. <ij JJIJO ^J^^li ^^^1 Jj (-l^^J 

^j-ij ùl ^— ' -^ ôJuUl ^^ aJ U ç\y\ Jj.^:>^ Jl.»j:é'^l 
l^:>.^ kjTl U ^^^ 4. :>i^b û^^l ^c V^ ^jgj ^ ^^1 

^1 ciA.fC U ^aJI^ f^^-)^^ ^r>* J-^^b *^^^t ô*)\^n^ 
ô\_jll2^ 4_i^' ji^ 4^Âj (j ô^.n ô'^Iac-I c^^-' J-?j^ '^^ 

\j^ ^1 3\ j^ cf- '^-[^-i ^i^ J"^" ^r^ ^-4^ -^ -'U-^ 
^. J II aIJIj J^U a^L Clll l:! jU II ^lll A^ ^yi^^ 

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' Ms. Jl)- 

' Ms. SjI' 



rx 



or 



"^'^ f^ j^ J^ c''^ ^-^'J isri *^ '^-^ r^^ û-"-' J^-? 
^Ji ^^^. a^li 1^ ^^^ V JU ^j ^^^Jl ^^jl 

''' Ai:> 4il5:-_j Jy ^«^ dAi jyz} 4'^l: aJIL^ aIs^ 

JIJ:^)51 ^:^y^ J_2Jlj JUI3 ;__,y:j SLl^. ".ï"j\ i^jl 
ôb JL \^y\ ^I^.^ pjl <;^ ^* U Je OyJl-l J>- ly j^c 

J=-Ji ùlVô àjlÀ:j^ b U d^JjîL, Ji ^ Ï^Ull ^^S)i Aii^ 

<i ùLjVI J^ \a ^^ ^ii^J ApwtH jr^J ^yi j^ \j^ 
' Ms. s'iil. 



l^Lij l^l-Â5j fo\jt!^\ OLij\j ^jlajl^i :>iAc.l ^c ô^*--' 
d\*X^3 (J-aJI o!)Caj tJ^Jiy: ôM^i 4_:LîUJ jyi S^)Lal 

(j^j^ l^ ^^ J^\il S^\^ Jjul jl ^ILju-VIj ui^^-Solj 
^11 ^jb V^il^ vl^^'j jé^\ J-0 J^^î r*'-^^ "^^ 

^^ Ji^n (j A-Jc Uj c^ ^J^ ôLj^Ij «^1^1^ ^*i^^ 

^iJp- î^ 4_il ^cj ^.« J-'J^ ^^J ^•;:* lt*^^ ci!)L:^i 
tij4^1 il^^i 131 Jlj ^yj **l^n je ^^* ^ J»jt^ ^U^^li 

^ Ms. ùy\^' 



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^j^ V^i Uli^j aUI W (J4 ^1 ^i jti^ ^y ctUJJ 
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' Ms. iL,. 



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"^ ^ a)!^^ Cj^yi A*j^-lJl Ol-^»-^^'» ^-« -^' A.I "!^ iaôU Lla)l 

.'. *'lll l^li^ li' jliii jL) A.r>î JJ^ 

^ J>'Jj3 j;v)-1 W ^^ jU X"^"-' (^^i'-J fj'"^ ô*>\^i 

c^î^^j ^r^^ J^^ "^^^1 o^J *^^^i oi j^ii (J ^3 

A_U1 J^^J ô^ J^ j-^ 0^-*li ^-^J O-^^Jr^ ^.^2*.ll 
^ôj-^ j^S- \ t J;\Jl*Sj JA-ZjOJ (jj,l,.aj Aj^ Ôj^>^**^'J ft-**^ 

<J ô^^jl::.. 1^^ Â_JojJll Jl Ij^U ôl Jl ^-^' O:^^^*^^'-' 

ôyli j.,.^=i>j i^JiJi^ y^îl J_^ pJL? AJJl J^^—JJ Ujl:>l 
j:^!^ ô^-lc ^^ 'hh)l /»j[> ^^.^ <K^XJ^ JU) ô^ ij^ *^ 

. ^ Ms. ^J^. 



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i>-y jiij jLl^M! C>.^' JjJi J.^ jî Ai ^^ J^l A^j^^ Vj 

A^ ^ Jl^. jll J\ jLij ù^ ^;^i ^JhV û^ *'j^_^U 

A_L« ^D ^\ jl rpo-1 <_>i ^_JîLJl ^^> S^>- Jl3J *lJ^-1) 

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^ Ms. JL-. 

» Ms. JaïLu. 



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A ôjl^ji^j -^^i MjcjI ^^*ji Jl \':>\ 4_J^ l^lfJl^ l^lJCôV 

J^^.ia:^3 \^\^j^ tîj vlj-\.i-l rjj-^ J"*-^ ^**^* ''"(jT^^ (^^^ 
o'^-^^ Â*)^l ^-^J^ ^-*-^>* **^-? yiU-JoV 09J ô^Cail 

^i ^.-iii ^j ij\^\\ j^ 4.1 j^^S^i j^ ô\ y V 

\s>-^ A„^J1 Jl ^l^ii j\.. yj\3 ôl^Vij ^'^^Ml l^io 



' Ms. jsJâV 

' Ms. Jilll- 
■' Ms. OjJ^' 



^ 



.^1 



' ' c>=^^ 



jj*>- 1:1 j A^ il i^ Vj^ S!)^^\5 Ul:i- j^i J*i Oc.^ 
^ }*^_^ 6jJ:jiia 4_L-^^ L^t "^' jLJ V I ^\j>- lI ^-J'-f^'l 

IjlTIJ 4*.^1 (j J^j^*3 J^l (J w?=:^*-« *Jîf^"-^ ^^^3 



^ Corr. marg. : -U- ^1 
^ Ms. JLJl. 



to 



^A^^lj JûJ-l ^IxPi :>yj l^J T-Allij Ajl^i ôÂ* [ U] 

iSi^^l Vj 4.UI J^^ j:^^ ij'» ^*^*«'j ^'^î'-^-î <->*^-^ L^j^H 
jt^>j ^i^>. (J ^Aj ^c'tij p^j ^iJL *J^ ô^ ^ ^^^ 

<^3^5i Jjù^ j\J^\ ^y^i :^J\ ;).^ ^Lp fV«-Â^J (^l^^ 

^ Ms. LUI. 

^ Ms. iu;li!l. 

^ Titre oublié par le copiste et tracé en marge du ms. 



i^f 



ti 



oJjAJl> à /jl lÂ^ Jl2> Vj j^^\ J^\3 Âc^Ul Ojiii J=-J 
Jxi* 1^^ (j'Ai! JWa." V AJLli l^^l")!^ J»-J Je ^j5 l^j 

'Ci^^ A_. f^jWl Â56^j A-Jj^ Jlilj (3^!^^ û^V*^^ ^^ 

c'i <Ci?-j J|ull aDIj Ajluaa.':..^! ^t 

Ij^Li J.^ <^^M A^^ 0^ Ujl^;^=i» cj J_^l ^Jji^=îTj 



iT 



(J Ll>d L^^ U jj2jij ^'1 Jli Lj^U Vj l_iJl^ jLlô 

J ôj^ Ajâjj ô^j^Jl ^lù \X^\ o^JiS\ ^y> ^-"^ <_}-*^^ 

^ ôj^,^ Ij." U (JU" J L.ft j kljb^A^ A.Lt» j_^ j--^ i>' L-* 

j^ i jL pi j^ 'oj-b ^'j\ ^-^' ^ Ji JiJ (^ ^ 

aJJî 1^3 "^^Jr* ^'^^^ A^^A^ ^ W u^^ a!^-j ^ *^^1 
^ Le ms. ajoute \j^' 



H2^ 



•• • M - ~ 



^Ic l^=-l ^Ul j:^^ Jfr ôjlc^ dUi ^^ Ai\^\ A.Tl^c^ yS 

JV~* ô\^-^^ ^'W^ CJU J»J|> <_>Jjli Jjrîi <Ju-jj) ^J-i^ i^'^l*- 

(^1 ^-;^ ^^t^ Jil^ jrf^i Sjj^ jjj^ j^j 4) SbU cj:,! 

[fol64ro] J^c '^{^^ ^ Û.^<.lc iL l^lîl iTc ^J\ Jl2i 

j,JLA^ ôJ.U Jyj <,W:''l J\J J. Aik^li ;_îl ôtl Jjlill 



^ Corr. marg. ; ms- -ci 



Jlj.^Vl j:^^^ aijaU (Ji (^'^-^^^ (j^ <Sj^ O'^y^ cT^^j (J^ 

4IJ l^^J j^*U 4n J^*«J JO.^) i^-^^-^J l^-H (^Bl ^La J.9- 

(^1:11 j^U ô^f=^î l^^oUj J.U A_ô uy ^^b (J ^h Jj 
(J (ib If ôjJL 4_) (^^-1 aD l^i*j çjJ\ dA.li ij aJ^ 
ôi^^l (J ''' Jj^\ J.2r (^^-^-^ j:^*'^ (^ J-^ ^^^-> ^--^ 

' ' Ms. J,j- 



Hv 



-1, > .. 1 ">,• 



Jyi aJj L*o w>^ jl^ jV*^ "^^ 

e^^ ^liill J^l j ^»J [fo 163 vo] 
1 > - •• =» *!. i 



Â.jUl dAÎS (j^Ui (^ ^j^ j'^i Jî**^' f^^ J*^ ^t^-* ^^^ 
\J[ ôUii ^1 di)^ (J \^ Ja^'^ <-^g-> ^L' J^Jh U Jl2i 

^U^ jii^ c^jUill ji (j"^ 4!y ^^j ^-' *V Û!î*" (J^ *^ 
ti^ t^JiS^i l]-b»-j Oj.2j IJA5.-J (T^ ^,>H J^L^* (j^ *-^ 

^^l> ilj^^^ Vl ^ J* Jy ^i ô-b-j l^ zJ^3 ôÂ_jJl 

J;Va- O^ ^ ^^^ Jfl *L»^^ 4JlA-^ 0«U U ôJu ^^33 

Jr A.^ Jj3- IJlJ A&l J^ ci ô3j^(j2iilj &\3 ctliU JrJ 

^ Ms. i'^-- 



jlI:^ ^v-Ulj JlJiJl a! O^U^ Jy^ IjftMj- L.^^^ s^ (^j 
a_.jJL) Ia_tl3 l-tljj J^^ ^^^-^ ->^ ^^ r^. ^'^ 0^-> 

^^ j^ dl^ ^jl V aUIj Jlai ^^ jl^l X\^ ijîlJ 

J^ A-Jj Aih J^--J aJL ^^n X^ ^^all il* 
l^^L JU ^:a \ ci V--*'^ "^^ c5-" ^-'^ ^' "^' ^-^ 

U_^ ^jbj A_J Lf 1 l^Ji ^1 ;/^l 4] iJM a; jUll jj 

dUu^ Vj A^ ":^ V jii-i j^ ^^c Ji ^^;i A_;i cijj 

^^^aJ j^Lill ^Ij^i Ijîl-i L^ UjJ^ jU J:- a! aUI 4>.yi 

' Ms. Jlj»^, et en marge, 0-V?-j li.> ♦ 

' Ms. o^l Aj, qui est trop long pour le mètre. 

••' Ms. Jb^ • 



3« 



rA 



J^ V-^ Jr^ ^t ^-^3 JA-Jf* IjJy 



ij^ljj ij>iJLi ûui sIaj. J)i <i J^\ Silijî !ur:^jj 



<:^ <^ A^j J OjU ôjuj olf^ û;^ <rj f;^j ijJU 

J^ V-5 fJ::^* 
d>^C W>j jyjl j^li LJj^o^ JjlAI Jj Ijîli 

' Ms. Jli. 



rv 






> i > 






3<S> 



r\ 



iSjû A^LJ^l J w^^AJl i^lj ^ijî jj-jj ^JJi j-MS^l^ 

-be>-J (^iy 4JUI J^J lUjlJ L^jj ^J-« SlUl JUi-ùJ JU^ 

IlI^j ^^«^, p>(^>lj J.JLJ l^ OiS"^'l SHII ^ J^ 

J^ Vij p^ii Ji UiV^l 



> >' 1 



Sllli dlJJû ^ /*J^ J^-^ ^^^J ^Ipi ^y Jl^ ^i ôbj 
^ Ms. \^^ — ) fsicj. 



ro 



1^1 j v^jjjl jj*^ *^^ UÂ2lJL-<\i Ô>-*J *^ -^ ^^ Â>-U 
^^ 41 Jj^j Ji j^ ôV^J J:^^ ûJ^ ^J -^1 S:>L^ 

c^^^^ 0'* Jt"-' (-^^ ^^-^ ^ ^^^ .^A^ V%^\ Juj Ô^J 
Ji Jj.*>5 AcUl oU ôi (J JA^ (f*i^ ^'^ J^ OJû 
J>. ÂfrUi ^^ V ôJuj Ju^ ^jJù ciJJij [f*' 162 v] AcUl 
aUI C;A>-1 U aU^^ 4i*)\t ôjji^^j AA ^A ^é=A>.l r-jjs^ 

j:jj \^\jt\ *U jLÂi 4:u> j^t ô^ ^Ul ^i ôjjâij Ja 



Correction marginale : îcl~.ll û^l OU (^ 



' Ms 



^\;^l ^, ^^Ji Je j^j^j Jlij ^^, jj:s_5 ^^ L^i 
^j!j j^*U 411 J^^j A_5 ^«> (^jji >^\ Jii I3ii j^!i 

J Jiji Jr ;jjj ôlJiJj J>.j 3^ Aih Jl jjil ^ Ai)l 

ÂJjj JUi A-j^-j Ûaj cJ^3 J>- flJ^ c^^ljîi J c^i^ 

(^ ç^^\ jii^o^^u il ijj ^a V oi5j <_".^ui i;ji 

^liS^ Jj dlUl ôtî ■> J^ ,^iÀ ôL<i s^l <J1 ^^ 
Ji Li^^^ J^ôi j^_^l ôtl U ^*U 4JLII Jj^j ôl c^y^J^ 
411 J^j l dlJc ^ijl jLi il y Vj ^ >^ ^U 4> 



rr 



^L^ ^^ aIII ^U i^^n JiAl, ç'^UVl J^l [f° 163 ro] C;^J^ 

t. 

ù^^l ^\j\ ùbbi Jb^ 0^ '^^J^ti-b (^-^ ^ Jr^"^^ 

Lg.. Jiaail ^V A_l^i vJi^ rn^-'j^ ^^ f^^-' -^ j» ô* ^ 

aJUVIj ^ji\ (^*b^ ^ ^^ ^f '^^^ ^y^ ^, ^'-^^ ^J-b 
(J ôl Jtj Vj ia'i-l (J a! ôj^^ Vj 1^1 ji bb vbJI .♦-^ U 

^j^^ J^ A3 J^J Je- *iil Ol C^j-^ l Jlû.ft W ôA» (J^ 



rt 

i_o jJl J^if: obyi oj\«JI IjUJI 
- * . . . ^ . 

oi_^j ù'* <-^^-^ ^^-^^-^ JW ty <-^-^^ ^-^ 'J' '^^ J-^^. 



' Ms. j^l- 
» Ms. boAJi' 

* Ms. ^y> • 

* Ms. L>^j* • 

' Ms. ^1 aJIc (sfc). 



r\ 



4—) Jl J^i-f: eb^ ojyJl iplÂlI 

& 4 

i_jyi cJjj^ Sb}^ OJUÎI Js»lill 
^ G _ 

. l^"" "^"i) ^J^\3 Ay^ Ku ^c LjI J^j > aJlII J^^ 

411 j^_ il;^ii JiiL ^%:^\ y\ c>\^.jè J j^i v^3 

aJc o<jlj Jr'^U^ <J ^-^\^^ ^"^ -^^^ ^::^^y Jr-5 > 
iS5 aU-Ij li^ ^ ' J\ aJiI--j 1j^ 1a5^ <*£cj A^lj 



' Ms. 


J.^ 


1 • 




■■' Ms. 


h^^ 


SjU. 




^ Les trois 


lettres 


entrelacées 


» Ms. 


c 






" Ms. 


irLw) • 




' Ms. 




lo^l. 





-3^ 



'^' Lf! 



diLu| •>CJ II* dU 1j1. liij ^^i; J.^ ilfcj jiJl 
Â->jJl ô^3> ^j^ 11*^ ^S^ ^-jy-î^ <J -^ (J--Î (f^y 

<-oj«îl ^jy^ sl^j^ ôjyJl iiUll 
ôlll I^l ôU J^l^i J iJU':^ J>r ^^V JU a1}\ J^^ 

^ Ms. fj, corrigé d'après CP. 
■ Au lieu de a, le ms. a i • 



' 1 " ^i 



"y. A.U1 J_^i J^li -J^ <J^\ yij 6Jo ^A Â^oyil J^ 
jl^Lji A.liAjj jljA*il J^ ^J-1 11* ZJ^\ aJj J::^^^^^ 

- >. * * *• i= 

Lj^lil j:.^.*i J-l ^j^jl J[ J;;^^^-! Jj. J^-J ^Jj^^ (3^^-5 

UjÂ^\ Ju^Ul dlJi ^*s aJU^ a*j ^1:11 Jt U^^ ôL 

■' Ms. ^^1. 



VA 



• ^■— - 



''' j^Ju^ 



*^ c^J\ jJ-1 7-^j LLlijLi.il ^OL-j ^jiil kl joji^J^ 
4» (*jd>- Uj <\J 0«-^>^ le (J A^-^ j^J <«-âj 'uL» ^^ ff*->^ 

<A^jl <^jJi ji-1 r-ij IkiijUn 0^ J^J ^^rfT '^ f^'^'lî ^j^ 

^ V lUijliil JlJ^ ^j. X(*CC c^JJi y^ j-L S) 
I^jl>l ' ^ ju^l U jJlVl j J5rl 0:1 Jlijj ^31 ^ U 

A_^j_^l_j Iju^ a_jI)^1 l:*j^.l '■U J._3 ^i (^^*LJl (J 

' Corr, marg. jjjjl ^i • 

=* Ms. -^ w-)l U et note marg. -i^'l j, -^:^j IJ^- 



rv 



i^^Ajic lyxo Aj^a^ c^âll ^'i>\ ^\ Jp-^ jfr aHI J^ 
^A Jl J^-^j l^^j JU ^iy^ L.>^1 J::^'^^-' ^.^-?^^ ^ 
iT^Jy^ t^bSol j^^L-Tl ^ c>>â!1 JU Jlij A2-1 atI (^Juj 

rt^l^ 9-j>-j^ 3\ ôAlc J>u /i»^' J^ (V ^-*^ <-.»*Jj l ^^a l l t j 
'. Ms. tiiil . 



2- & 



j|^< "d iS3j ' ^i^ ô^ c^iiio'i ^ :)tj Gaj i^ j^i 

J^jJUl -^Ijfclj !__,--) i^JcJI -Ôj ÛÛ-ll ^J <-4U> Jo 



Ol)5ol (J ^iJ A_iy-1 *Sj Ù ^:>\ c} Sljjl j^; tijj^ 
Ja^^ «y^jj J O^ ^1 Ju^ J^ ^Î5\ aIj ^ UIIL" j)l 

L_.] ,S^Î1 JaI r-AC ô^*^ (j '[M^ili] 

' Ce vers et le précédent sont intervertis dans le ms. 
- Ms. lacune; en marge : J>*»Vl (^ Hi^- 



Yo 



J^J j>^ ^y j^-^ j^^b ^^3 ""-riJ- iSj3 ^^\ ô* 

. < ' ôjli CjyJ (^«— ' cJ A . " O.ÛJ 

(J o\ jr^ê ^ j\..^:!l JL J-^ dAB (j ^j^U» u^* J--^ ô^ 
_' Ms. -yll • 



2^ 



4- 



n 



[<^i] ^Icj aju j ijpn ijj^^^ 4^^j^^^ ^^^ 1^;^ 

j^ C.J ylkil Cf,j^^ ^J^\ ^x J^^ Ji ^ ^\ 
J^ J^c^ 1^1:^ Cj* ÂiJai Ji (^Jl y^j [^Xa] . ^:>j aJL 
<r^ èJ^j^ çy^ \\^ J\ ;U11 ùl x^\ U Ju. ^ ^1 

<^l ^ aJ^ a\}\ *Ul Ir <lUj [<^j] . ôl_^ *lA_::.i 3^1 

Jlijj c ;ji^l l ll^jj ^ jUi ^L 3^4 ù^L^Jly^ 
' Ja:^ ^ ^ <l!l J^j ^j.^ dAiU ûr Jjlj j:J1 

' Ms. .l^Vi i- « Ms. i^ J.I. 

' Ms. 3jUl- * Ms. ^L^l. 



Yf 



OjJi) Ui j^U ^M *i>j ûo ^Ul o^ J^ («^b y) ' ^^ 
jlx. J O-Jy ^L l^c^i J ôVj^ ^3J3 ^-c-^ t/'V*^^ ^!A-'L 
Uij AJijjJll ^Jl^l ^ ô^-ô ^-Ul JLpC Uli 'k\}\ Jl^j aDI 
<[fo 160 H ôUjij 4;:?j JIU jl û: J^ ^^ûl-^ '^^ ^ 

^^V^l C^JJ (J^\ y 3 ^ji (»^ -^ Ji S^J ^^ U^ '^ 

t^ c^JJ iS^^ y^J A-IIc^lj <^y^ ^> ^j8-J\ A__^ ^ 4.£^bl 
Ajri^ jK^i\ (j ^,^ 4JLÎI J^^j Cyé ^-g-La.il o^J^ c^Jl 
J^^ Af-^ (J (^jj ,^Jji y>j 4III x^ U j5^ [ôl^] f^U 

i? t. 

Ljj> ÔO [jLj] ' A_ôJ^ jb l^ «Uj (J-2^ OI--J ^;l2JLi 



Ms. ^1 • 

Ms. par erreur : jLj • 



YY 






^^ W^ c^V„ ô^l <*LNlj J.3 j, <.Ll aI oJy -CV 
b^l llj; ôi^ la_,j ^ji ^y jj^ ^Llll ^ j.j^i 
J^ y^j A^U^ J ô^Û U_,^ l^j=. ^j^ jLi ^J\ ;LbU 



Jf? 61 dl^^j Lôoll ^ ^ ;,ji y.^1 a> ^;^ cJlj 



1 . 



^ Jikrli i^ Cj\3 t-u^ ^U ^1^ ù[ ^^ ;^:II J Jll^ 



^ Ms. J^. 
' Ms. J^l 



^jtl^= ç\3 (j^i Jn-.5-lj (jJ-1^ u^Ui j\ c^ <*lo!j 

< . . - .1 * 



aJI^j «-U^^^l ^_5 Â-l^ij (fi^-)^i ^.iUaôj <-^J^ ^^ Jj^-J 
4_^i ^/» yj3 JUj ^1 /»ij A..â^j A_Ji2-5li A_)jU^ aJs»^! 

j^ 9 JU jZ\S^\ jJ\^ U j^ ^i ôli ^^1 , i^ 

JL"j aJjU Jr Ajj i (^IJl <J dib ^bj jlAl U ju!^ 



^ Ms. ^li. 
• " Ms. j>fr-u • 



2_0 



A_ju ,y^\ ^ oJy A_x^ 7-lxiJl A*) l«) ^j ^j^ <JU 
A_lkL-! yi Â*--l!l ^y ^ji\ yij Ijl^ oJjj Uy^ ôj^ 

y^li oJj l- ^-ar ù^-û c^>>2^^ w^'jj iSj^\ r/^ r^ 
''' Jjj*3rl ^Js- aJJI ô!j-^j jJL- j^ UJx Jlc 



^ Ms. sUl. 



A_JjUli jt^ '^^ Jj—J ^' ^^3 (J^^ J^^ c^ o-ul 
j;^?-j^j c_^j ji^ûû^ ^i^i d*>Ca) j^ j (T*^ ,c-^' pr**^ v^ 
Jr ^Ul 11 1)^1 Jl cT^^ VJ -:^^^^ '^--^^ ^^ (y 

A_jl JI^Jc U ôA^ ^jr^ L^"^^^-? ^^ Jl-i <i^l Jj^J w (t-*' 

ôly:- ^/i JLi^ a:U,1 Jp J^:> i^ ^t:>l JuLil Jt j;^^ 

jj^Ul Jr Jt ^^^ ^^^ ^-^3 ^*^3 o^ ^-^1 J\ r^ 
(J^\ (J J.^^-^ ^3 J^J :îi^ ^je ^Jî^-? f^^ *^^ J_^-'-> 

l^j fl-J iiij l^;^J A< liL? AiJlc Jp Â^Ui^ J^ ùo 



\\ 



^« 



j:>1 ji.^^ C.::^ 4IU A..lj ^c^ ju^ Jr ^jji a^ J| ^^Jl 
L^ cri! f^^ *^^ Jj^-' ^^ ci^^ «^^-'^^ *^ J^ *-^^* 

ÂjujI rr-> û^ (V^ *^1 J,>--J aÎL* ^l-xi j^ 4>ic Ij-Ll^li 
<^jil Jl j:^>j Oj;i^ 5^ol ^l-l Jli <C j»Aô Us <Ji 



>v 



Aii-1 (j AcU?J io A*^^ J ô^ fH»^ (^^ J^ j^"^ "^^r^^ 

^^1 ô^ (t^ (^^ J^-2i (t::^^^ O^ ji^i^T \,îl (j-Ul 
^"Uj 411 Ja^ U J^* Vj ùj^ sj^h (^-^ sj^\ <i^3 

t^ ^ l^^jjj ^^^ ^J\^3 J^lJ W\ J^ ^ J} j} 
û^^ cT ùl^ ^J *^1 J,>*-J r^J* I^IâIU ^j^ ^1^1 j^ 
JjS^l s^l J o^-lj ^J^1 Jl jry^l J A*^ O^Ui 
i^ 4.1Uli-l <J oJj j>^yi J-X— ) lÂ^ â_lâJ1 (J AiJc 
(J dA_j:> ô^ Ja:-- j>- ll^ ô\^ Jr 411 -\pC j^^i oJj 

vl;*)\j 4>U- aDI Jj-^-J vl/^ <ij JI^U^J Oli A^J jJ:^ ALc- 

ôAlfr CJ:^==^ ^,^ ^^ O^ ^J^^ rj^ A-Jjil ^j^\ ^j^ 



àuf^J^ ^y» j^lSj <Jli ^]\^J Âj^ IjJ^aDI ^j^j iVjl jl 
X^ -t^L? A-Ul jj^J <.^JS- OaJj JlJô ô^lii ^ ôj^ 

jpcj ou ^ ^A ^^ ^Uô j^^yi u ^X) o^ A.J j^--Iâîi 
ùU (^jji 4j^i-ij 'Lijj ^ij (*y-i^ f^j ^jî^^ ou ^Di 
j>\ <^^z^ ijj cx»j jy ^- ç^\a}\ ^c jii j^^w? ^c 

OUj ^yi y^ ^ja)| J ày^l3 S^^\ à^i bl^l jl 
^y» Us?^ ^cLill ji^l) ij^ jjLJ» j^aIx* aDI Jj^j ^i-^j^ Cjj^ 



IG 



NO 

A.i^. ^ "JW zSVi ^ ^\.^ A_;A^i i>\ Ix^î UU V 

,^ j:-^ ^j^^ *^^ ^^y J^ ^^^ ^-^j (f^^i^^ ô^yl cfi ^ 

4_^\c U^ ^;Ou-lJ ^U_ii jrv*» ^ AJ i^L? ^Jl <-l2>- l^Ji 

^'r^ f^ J^J -^-'J -^ *^^'^ *^~^iJ "^ J,^ ^''^J lT-^*?" 

" Ms. lxy>.' 



o 



u 



J ^*u 4_ui J_^j i^=.j^: ^Iji j- 4_ui A^c ^i ^lUi 

J^LJ J^ 4|Âc Jlij j^l^JI J; ^Ji Jl ^U ^1 4,JAô 

OyI Jp ^^^ J-=^ ôja^ (j jjj qa^ ^j^ji j^ ôAii; U 

*■ a. «• - ' 

Jj^-J J^-* ^^ J^ V'T*!'' ^^■^^ aJ1^-»L (Jlj Aile ^j^a f 

-u^ jUJ-l dlU ^_^ Jliô <_;l:^ U L^:,tf>/?i3 c^^r^^ J 
j»L>J J Jx^JJj l/ôU^ l^::c J«=^j ^A^ 4'1 J^^j l^.::tU 

^ Ms. 4j Je, corrigé d'après Ibn-Hichâm, p. 763. 
^ Ms. Ix^' 



S'C 



ô^ (f*^ ^-^^^ U^"^ ^^J ^=^ ^-^ ^^l-> ij^^ J^'^^ 
^J^ ^^^ ^[^ ^}\ J:^ Jl^^l^J L^.d3 Jj.2j ô» c^Â-M 

j^:^^^lc t>-^J^ 0>:-j ^^r-: J-*^ ^^ "^-^-^^ o--^ J^-5 > ^->"* 



.' M^ 



\r 



^^1 J.-Î Jl^D *U2iî:^ ( U^v2» s^r la- \^Ia Jo U U jJ5vj 
1 .1 . • "" ^ > " 

*^^^ ^» ^,^ JUi " aX-IU o^ cT'-" <j ^^-^ 0* J-^^^ 



^ Ms. ^3- 
= Ms. ÏJi^ 
' Ms. U-. 



^'1>. (»llA Jrl Jli ^^^1 *yyil w^l ^ll^ Jr ^^ -^:^ 
J^l A.:^ ^^ |i 4.)"^ l^Jc 3.^^ |lj ^v^ 41 J^^j l^i^3 

«■bJl A«) l^ Jp^-^J ajaII l«t ^<j Jr^:— *.--^ ^^1 (j'^i *^^ 
^ ^\ ^ ^ ' f 



10 



^^ J^-JJ <^ Jj-j;^ <^J j^i jt.*U ^1 W-^i-J ii-?^ Cf) 

4_jl3j ôÂ^ ^^ 4111 J^^j ôl_>j jc:^» /,) jca *U Cj-^ji 
jt— '1 J_^ 'uTî ^3^1 ^1 l>»lj *^l-i (jc- ^jj^c- (jl ^' -^.-»-- 
oJjj ôl^lj "^s-j J oJj^ Jli ôjlji ^_ ^^Ul aIU iJ\ 
J.J.C j:^x.j A_,jl. ^. ^^1 >îi ^Ji^ôJ^ ^Ju 411 ijj^j 

^1 JlJ ^*U 4.U1 J_^j j.*^ J^j ^Ll ^-- Jjl yi JJ 

0! *^^1 -V^ 0^ ^-^'^É^ (j«^ V.^ ù^ ^-'-^ ûi r^"^*" ci"*^ ^^ 
^i ùl 0^1 j»JU 411 J^--j JUj Jli JLU ^J\ ^ ^i*3- 

' Ms. -uyblU. 



Jli ^U ^,, J^l o^ «it"* ^*^ A^j*^5o\ A)3 j:^ s^ 

Jl^jJ l^j J^A' 0^ J^-* l^^AiaJ «.-JL^ 3L» JllJ A;^ 0-^\*:^1 

ry 0^3 ^V <-5^-' *^-5 tiy ^'^ ^^^^-^ ^^^ '^^ J-^-'-^ ^ 
j^U ^:ii lA J^^ \^ J:^^^ a* ^^^^ ^î V' l/ (J^ 
Jl2i Ai^Jil \^ 4^1 ^ J^fej O^li ctLo J^A Jli 

^^W^ ^jjb ^\ Aiiij r^ii ^<^u j3^ j. ju^ daul ^25^1 

"^j^^ 1^'J^ J>-^^ J:"* V^^ ^'^^^ ^i ^^^ C^^^-' ^-^ 

4jj1^^ 0^-^ l^^i^J 6*>^^ ^^ 411 Xi^ U U Jlii las (j^J 

Obtl ^M 4-"^ AÏU ^.* ô^. jij aII^^^I Aj'I^j^ ^::^^l ^-i-'^ 



Ms. Sj:^:^' 
Ms. O-J (s'c) 



« 



^\ A jt^U 411 J_^j ^U CJ'^ ^^1 ^Ic J-lj AcUjl 

^ jJl^ J^j Â^A^ -^ C^jlj-Jl c^^-- ôi^^l ô^^^ *^-- 

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' Ms. i^ll* -^-c- cf. .-^J* 



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D al-Maqdisi, Mutahhar^ibn lahir 
17 Le livre de* la création et 

M2-6 de l'tiistoire d'Abou-Zeïc' Ahmed 

1899 Ben Sahl el-Balkhi 
•t. 5 



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