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Full text of "Le livre d'or du 8e Régiment d'infanterie"

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.:l:l\oth^.QUE 

de 
Maurice LEVER' 



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LE LIVRE ID'OR. 

DU 

D'INFANTERIE 



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DBOIT0 DE RIPRODUCTIOM ET DE TRADUCTION RéSBRVÉS. 



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PETITE BIBLIOTHÈQUE DE L'ARMÉE FRANÇAISE 

LE LIVRE D'OR 



8^ RÉGIMENT 

D'INFANTERIE 

ÉTABLI 
Par A. ESTRABAUT 

CAPITAINE ADJUD^-MAJOR AUDIT HÉOIMENT 



PARIS I LIMOGES 

H, Place Sl-Andrë-des-Arls. {46, Nouvelle route d*Aixe, 46. 

Henri CHARLES-LAVAUZELLE 
Éditeur militaire. 

1891 



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un 

703 
B25 



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AVERTISSEMENT 



En établissant le présent recueil nous avons 
eu surtout pour but de faciliter aux officiers de 
compagnie du 8^ de ligne les moyens de mettre 
en pratique les prescriptions ainsi formulées dans 
la circulaire ministérielle du 31 octobre 1878 : 

f Pendant les théories dans les chambres, on 
s'efforcera d'inspirer aux hommes le respect de 
Vtiniforme, Vamour du drapeau et de la patrie. 

» On frappera leur imagination en leur 
citant souvent les hauts faits auxquels IfS 
officiers et les soldats du corps ont pris part, 
et en leur rappelant des exemples remarqua- 
bles de bravoure, de discipline et d'abnégation 
militaire. » 

Nous avons pris notre bien là où il se trou- 
vait ; c'est-à-dire dans l'Historique du 8« de ligne 
pour les épisodes propres à ce dernier et dans 
divers autres ouvrages pour les faits relatifs aux 
corps dont le 8® de ligne actuel est issu. 

Ces pages ne sont donc, à vrai dire, qu'une 
œuvre de compilation sinon de simple transcrip- 
tion ; notre modeste tâche personnelle s'est bor- 
née à tirer, grouper et coordonner les éléments 
de cet opuscule, à préparer et à établir les divers 
tableaux qui y sont annexés. 

SaintrOmer, le 24 juin 1881. 

A. E. 



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LISTE DES PRINCIPAUX OUVRAGES 

D'OU ONT ÉTÉ EXTRAITS LES ÉLÉMENTS DU PRÉSENT 
RECUEIL 



Historique du 8« régiment de ligne. 

Histoire de l'infanterie française, par le géné- 
ral Suzane. 

Histoire du Consulat et de l'Empire, par Thiers. 

Souvenirs militaires, par le général Fezensac. 

Notice biographique sur le général Rivaud. 

Zaatcha, par le général Herbillon. 

Opérations du 2^ corps dans la campagne de 
1870, par le général Frossard. 

Soldat, par le général Ambert. 



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AVANT-PROPOS 



Le numéro d'un régiment peut être con- 
sidéré comme son nom patrony mic^ue ; il 
établit entre les différents corps qui l'ont 
successivement porté, sinon une filiation 
toujours directe, du moins une sorte de 
véritable parenté par alliance. 

Chaque régiment a, comme chaque 
famille, son origine plus ou moins ancienne, 
son passé plus ou moins glorieux et ses 
traditions plus ou moins brillantes. — 
Origine, passé et traditions constituent 
l'historique du corps. 

L'historique du 8® régiment d'infanterie 
est des plus glorieux; le récit détaillé de 
toutes les actions mémorables qu'ont 
accomplies nos devanciers forme un volu- 
mineux et précieux recueil dont le lieute- 
nant-colonel du régiment est toujours le 
dépositaire et sur lequel il est chargé d'ins- 
crire, au fur et à mesure qu'ils se produi- 
sent, tous les faits pouvant honorer, soit 
l'ensemble du corps, soit les individus. 

C'est de ce précieux recueil et de divers 
autres ouvrages où se trouvent également 

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— 8 — 

relatés quelques-uns des hauts faits de nos 
aînés qu'ont été extraits, pour en former le 
présent Livre d'or, les épisodes les plus 
saillants, et les actes individuels ou collec- 
tifs les plus dignes d'être cités comme 
exemples. 

Nul doute que les beaux traits de disci- 
pline, de bravoure, de dévouement et 
d'abnégation reproduits dans ces pages ne 
soient, pour tous ceux qui viendront suc- 
cessivement prendre place dans les rangs 
du 8® de ligne, une source de nobles et 
profitables enseignements, un puissant 
motif d'émulation, et qu'ils ne leur inspi- 
rent sans cesse le mâle et ferme désir de 
transmettre à leur tour, sinon accru, du 
moins intact, à leurs successeurs, le magni- 
fique héritage de gloire et d'honneur que 
nos pères nous ont légué. 



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GÉNÉALOGIE DU RÉGIMENT 



Avant 1791, les corps portaient tantôt le nom 
de leurs colonels ou t mestres de camp >, — 
(régiment de Turenne, de Conti, etc.), — tantôt 
les noms de certaines provinces du royaume, — 
(régiment d'Artois, de Picardie, de Champagne, 
•etc.) 

Le l*"* janvier 1791, fut promulguée une loi 
fixant Ja nouvelle composition de l'armée et 
prescrivant la suppression des noms poriés jus- 
que-là par les divers corps qui ne furent plus dis- 
tingués, dès lors, que par leurs numéros. 

Trois corps ont porté successivement la déno- 
mination de 8» régiment d'infanterie. 

Le premier fut formé, en 1791, avec l'ancien 
régiment d'Austrasie qui avait été lui-même 
formé, en 1776, avec les i^^ et 3® bataillons du 
régiment de Champagne. 

Le second 8® de ligne fut formé en 1803. 

De 1794 à 1803, les régiments portèrent la dé- 
nomination de demi-brigade et le n^ 8, à cette 
époque, fut illustré par la 8« demi-brigade. 

Enfin le 8® de ligne actuel a été formé le 21 
novembre 1820. 

Tous ces corps ont naturellement droit à une 
mention particulière dans le Livre d'or du régi- 
ment ; nous allons commencer par celui d'où 
sont sortis tous les autres, par le régiment de 
Champagne. 



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LE LIVRE D'OR DD 8' RÉGIMENT iïINFANTERIE 

RÉGIMENT DE CHAMPAGNE 

(1569-1776) 

Parmi les corps de rancienne infanterie, le 
régiment de Ghampa^e est peut-être celui dont 
le nom est resté le plus populaire, et cette dis- 
tinction, il la doit, non point comme quelques 
autres à la bizarrerie de son titre, ou à quelque 
fait isolé qui ait eu un grand retentissement, 
mais à la continuité de ses services, à l'excel- 
lente discipline qui Ta toujours distingué, à un 
esprit de corps peut-être excessif, mais qui le 
rendait capable des plus grandes choses. Quand 
un soldat désigné pour une entreprise périlleuse 
était tâté sur sa résolution, il répondait fière- 
ment : t Je suis du régiment de Champagne ! » 
et on le laissait aller. 

On peut juger de la part que ce célèbre régi- 
ment a prise aux guerres de la monarchie par la 
destinée des 37 chefs de corps qui Pont successi- 
vement commandé depuis 1569 jusqu'en 1776; 
sur ces 37 chefs de corps, 15 ont été tués sur le 
champ de bataille et 2 sont devenus maréchaux 
de France. 

ORIGINE DU RÉGIMENT DE CHAMPAGNE 

Jusque vers la un du xv® siècle, il n'exista pas. 
^ vrai dire, en France, d'infanterie ré^lière per- 

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— 12 — 

manente ; ce fut le roi Louis XI qui, le premier, 
fit réunir, en 1480, au camp du Pont-de- l'Arche, 
en Normandie, pour y être organisés en bandes 
françaises^ ou bataillons de 1,000 hommes, et y 
être disciplinés aux exercices, 20,000 hommes 
de pied recrutés parmi les débris des. anciens 
routiers et francs-archers. 

Lorsque ces bandes furent bien constituées et 
bien dressées, on les envoya occuper les garni- 
sons de la Picardie et de l'Artois. 

De nouvelles bandes vinrent, par la suite, aug- 
menter peu à peu le nombre des premières, et 
chacune d'elles, pour se distinguer des autres, 
prit tout simplement le nom du pays dans lequel 
elle tenait habituellement garnison. 

C'est ainsi que prirent successivement nais- 
sance les bandes de Picardie, d'Artois, de Cham- 
pagne, etc., qui, lorsqu'elles furent plus tard 
organisées en régimeuts, firent hériter leurs 
corps respectifs du nom qu'elles avaient elles- 
mêmes primitivement porté. 

Le souvenir de la première apparition des 
bandes de Champagne est intimement lié à celui 
de la célèbre défense de Mézières en 1521, par 
l'héroïque Bayard, le chevalier sans peur et sans 
reproche. 

Bayard, avec 1,000 fantassins seulement, — 
premier noyau de ce fameux régiment de Cham- 
pagne que tant de hauts faits devaient illustrer, 
— résista tout un mois à 40,000 Allemands, et 
les força, après avoir reçu du secours, à lever le 
siège. 

En apprenant la délivrance de Mézières, le roi 
François I'"' s'écria : t Aujourd'hui, le bon Diçu 
s'est piontré bon Français ! > 



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- 13 — 

Eu 1552, les bandes de Champagne acquirent 
un nouveau et très grand renom par la magnift- 
que défense qu'elles firent à Metz contre l'armée 
du puissant empereur Charles-Quint, qui, après 
un siège mémorable de trois mois, fut obligé de 
se retirer sans avoir pu entamer la place. 

FORMATION DU RÉGIMENT 

Ce fut en 1569, après la victoire de Jarnac, à 
laquelle les bandes de Champagne avaient puis- 
samment contribué, que ces valeureuses légions 
furent organisées en régiment. 

« Le premier mestre de camp ou colonel du 
régiment de Champagne fut Gohas Fainé; le 
nombre des compagnies placées sous ses ordres 
était de 26, et ces 26 compagnies étaient, à ce 
moment, commandées par les capitaines Ber- 
trand, GuiNCOURT, San-Salvador, La Rebuffye, 
Beauville, Blaignac, Sainte-Colombe, Gassion, 

LlGNlÈRES, BYOUX, DE La PeYROUSE, MeLLET, 
MONPÈRE, DE GUISANCOURT, VaLENTIN, SALCÊDE, 

BÉGUIN, La Fontaine, Bonnavin, La Mole, Por- 
CHEux, Saint-Savère, Béthune, Bourgade, Mal- 
LEViLLE et Poulet. » 

La première action à laquelle assista. Tannée 
môme de sa formation, le régiment ainsi consti- 
tué, fut la bataille de Moncontour. De là il alla, 
toujours en 1569, au siège dQ Saint-Jean-d'An- 
gély, qui capitula le 3 décembre. 

Traits de bravoure du lieutenant-colonel 
Sainte-Colombe. 

En 1573, le régiment de Champagne prend 
part au premier siège de La Jlociielle, — et le 



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— i4 — 

15 mai, jour de l'assaut général, il y fait si bien 
sou devoir qu'il perd en un instant son colonel 
GoHAs, 11 capitaines et 13 lieutenants ou ensei- 
gnes. Parmi les blessés se trouvait le lieutenant- 
colonel Sainte-Colombe frappé au moment où il 
arborait sur un bastion le drapeau du régiment. 
L'année suivante Champagne assiège la place 
de Domfront ; le jour de l'assaut, au moment où 
le régiment arrive au pied de la brècbe, un coup 
de coulevrine emporte 40 soldats et jette le dé- 
sordre dans les rangs; le lieutenant - colonel 
Sainte-Colombe, pour ranimer ses hommes, s'é- 
lance le premier en avant, la pique en main ; 
accueilli par un feu terrible, il est cette fois 
mortellement atteint, mais la place est prise et 
l'ennemi se rend à discrétion. 

BRILLANT PRESTIGE DU RÉGIMENT 

Le régiment de Champagne jouissait déjà à , 
celte époque d'une telle réputation que beaucoup 
de gentilshommes et des plus renommés ne vou- 
laient accepter de capitaineries qu'autant qu'on 
les fpjrait entrer dans Champagne ; — aussi le 
roi Henri III donna-t-il l'autorisation d'augmen- 
ter d'un tiers le nombre des compagnies du ré- 
giment. Cette faveur exceptionnelle suscita de 
nombreux jaloux à Champagne, mais celui-ci ne 
fit que justifier %l accroître de plus en plus la 
glorieuse renommée qu'il avait su conquérir. 

Hardi stratagème du lieutenant-colonel Pigeolet. 

De 1575 à 1615, le régiment prit part à un 
grand nombre M'a^tions de guerre et, entre au- 



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— li- 
tres, aux combats de Dormans et d'Ivry, et aux 
sièges de La Fère, Etampes, Beaune et Amiens. 
En 1615, Champagne sauva la ville de Gîen 
par la manœuvre hardie du lieutenant-colonel 
PiGEOLET ; ce brave officier, jugeant par les mou- 
vements de l'ennemi que son intention était de 
s'emparer de Gien et de passer la Loire, partit 
avec quatre compagnies, traversa, tambour bat- 
tant, le camp des adversaires comme s'il eût été 
de leur parti, et arriva heureusement dans la 
ville qu'il mit en état de défense. 

Le lieutenant Gomminges et l'enseigne Pontis. 

En 1620, Champagne se distingua devant les 
Pouts-de-Gé où il combattit à côté des célèbres 
gardes-françaises ; à l'attaque du pont^ le lieu- 
tenant Gomminges qui commandait les enfants- 
perdus de Champagne pendant que Maleyssie 
conduisait ceux des gardes, arriva le premier au 
sommet des retranchements, et là, à cheval sur 
la crête, il cria au maréchal de Bassompierre 
qui le suivait de près : « Je vous demande par- 
^ don, Monsieur le Maréchal, de vous avoir précé- 
dé, mais il est de tradition qu'à l'assaut Cham- 
pagne doit toujours arriver premier. i> 

Le régiment fut rejoint ce jour-là par l'ensei- 
gne Pontis qui lui amenait âOO recrues après 
avoir réussi à échapper à l'ennemi d'une façon 
qui mérite d'être rapportée. — Pontis s'étant vu 
tout à coup, pendant la marche, enveloppé par 
600 cavaliers, se barricada au milieu de voitu- 
res chargées de vin qu'il rencontra sur la route 
et, à l'abri de ce singulier rempart, il dirigea si 
bien la mousqneterie de ses hommes que les ca- 



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— 16 — 

Vâliors ennemis, après plusieurs charges infruc< 
teuses où ils laissèrent chaque fois bon nombre 
des leurs sur le carreau, finirent par se rebuter. 
— La nuit venue, Pontis fit allumer des feux 
pour laisser croire qu'il campait et fila avec tout 
son détachement. 

Admirable dévouement du soldat Mutbonis. 

Nous retrouvons de nouveau le régiment, Tan- 
née suivante, devant Saint-Jean-d'Angély où son 
colonel, M. de Montrevel, fut tué et remplacé par 
son fils qui fut à son tour, quelques mois après, 
si cruellement blessé devant Royan qu'il se vit 
dans Tobligation absolue de renoncer au service. 

Durant cette même campagne, au siège de 
Montauban, dans une sortie que firent les assié- 
gés, le colonel du régiment de Picardie ayant été 
mis hors de combat et fait prisonnier, fut pres- 
que aussitôt délivré par l'intrépide Pontis dont 
l'audacieuse bravoure est demeurée légendaire. 

C'est encore le môme Pontis qui, quelque 
temps après, au siège de Tonneins, réussit, à la 
tête de 50 hommes seulement, à s'emparer d'un, 
retranchement que les assiégés avaient établi sur 
le front d'attaque ; mais il ne put s'y maintenir 
et dut céder devant une sortie furieuse de la 
garnison ; débordés de toutes parts, nos braves 
se replient en combattant vers le camp. Pontis, 
percé de part en part d'un coup d'épée, n'évita la 
mort que par le dévouement d'un soldat nommé 
Muthonis qui, bien que blessé lui-même au mo- 
ment où il emportait son officier dans ses bras, 
et ne voyant pas d'autre chance de salut, n'hé- 
sita pas, plutôt que d'abandonner son précieux 



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— 17 — 

fardeau, à se laisser rouler avec lui du haut en 
bas de la brèche d'où il put heureusement re- 
joindre le camp. 

Hardi coup de main du colonel i^rnaud. 

Eu 1622, le régiment fut envoyé de nouveau 
devant La Rochelle pour en commencer le blo- 
cus ; il y construisit/ sur une petite éminence 
qui domine la mer, le fort Louis destiné surtout 
à contrarier les relations des assiégés avec les 
Anglais. Les premiers mirent tout en œuvre 
pour empêcher l'achèvement de ce fort ; mais 
Champagne, se servant alternativement de la pio- 
che et du mousquet, repoussait leurs attaques 
et perfectionoait ses travaux ; il se signala, entre 
temps, par un coup de hardiesse probablement 
unique en son genre. 

Un navke anglais s'étant jeté à la côte en face 
des positions qu'occupait le régiment, le colonel 
Arnaud prend 400 hommes, traverse le chenal à 
mer basse ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, 
mais s'avaoçant toujours en aussi bon ordre que 
s'il eût été sur la terre ferme. — Malgré la mous- 
queterie que ne cessent de lui tirer les gens du 
navire, il y met le feu avec sa propre paillasse 
qu'il avait tait apporter ; l'équipage se rend à 
merci et le navire est bientôt dévoré par les 
flammes. Le colonel Arnaud songe alors à la 
retraite ; mais ne pouvant plus revenir par le 
même chemin parce que la mer montante avait 
rempli le chenal, il se décide à prendre pied du 
côté de la ville et regagne son camp en tournant 
autour de La Rochelle, tambour battant et eu 
tel ordre que les assiégés ne jugèrent pas à pro- 
pos de le déranger. 

Hist. 8* d'inC i 

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- 18 — 

La paix s'étaut faite cette même amiée, Cbam* 
pagne resta seul à la garde du fort Louis. Pour 
faire diversion aux ennuis d'une telle position, 
le mestre de camp Arnaud, le plus savant hom- 
me de guerre de son temps, entreprit d'intro- 
duire dans son régiment les principes de la dis- 
cipline et de la tactique des anciens ; sa réputa- 
tion de savoir et d'habileté était telle que bientôt 
le fort Louis vit arriver dans ses murs une foule 
de jeunes gentilshommes qui venaient apprendre 
sous ce maître les diverses sortes d'exei^cices, 
les formations par bataillons et les théories des 
campements, des marches, des passages de défi- 
lés, etc. — Le roi Louis XIII lui-même voulut 
qu'un oflicier de ses gardes allât puiser à l'école 
de Champagne les vrais principes de la guerre 
pour les rapporter dans son régiment. 

Le colonel Arnaud mourut en 1624 et eut pour 
successeur le marquis de TomAS, le plus digne 
assurément de le remplacer. 

Champagne s'immortalise dans l'ile de Ré. 

En 1624, les hostilités ayant repris, le régi- 
ment débarque dans l'ile de Ré, bat complète- 
ment l'ennemi et s'empare de tous ses drapeaux 
et canons. 

L'énergique ToiRAs, nommé gouverneur de l'île, 
s'empresse de s'y fortifier en consi misant une 
citadelle à la pointe de SainMdarlin ; la précau- 
tion était bonne comme on va le voir. 

Le duc de Buckiugham, amoureux de la reine 
de France et furieux contre la cour qui refusait 
de le recevoir comme ambassadeur d'Angleterre, 
avait poussé son pays à recommencer la guerre. 



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— 19 — 

Le âO juillet 1627, Buckingham, à la tête d'uue 
flotte de 120 voiles, parait devant l'île de Ré avec 
l'intention évidente d'y prendre pied. Le lende- 
main, en effet, les Anglais an nombre de 8,000 
débarquent sur la pointe des Sablanceaux, étroite 
langue de terre d'une longueur de 1,200 pas sur 
300 de largeur seulement. Ils descendent pru- 
demment vers rextrémité pendant que leurs 
vaisseaux, embossés des deux côtés de la pres- 
qu'île» balaient le seul cbemin par lequel on pou- 
vait venir les attaquer. Ces redoutables disposi- 
tions n'empêchent point Toiras de s'élancer sur 
l'ennemi à la tête de deux bataillons de Cham- 
pagne qui courent sus aux Anglais et les heur- 
tent avec tant d'impétuosité qu'ils les jettent 
dans la mer ; les navires redoublent alors leurs 
feux et couvrent, d'une telle grêle de projecti- 
les l'étroit espace où combat le régiment, que 
celui-ci est enfin forcé de se replier. 

Tous les officiers sont tués ou blessés. Toiras 
ramène les débris du régiment dans la citadelle 
de Saint-Martin dont il se hâte d'achever les tra- 
vaux pendant que les Anglais, démoralisés par 
leurs pertes et redoutant une nouvelle rencontre 
avec des soldats qui se battent c comme des 
fous », s'entourent de retranchements sur la pointe 
des Sablanceaux. 

Ce ne fut que dix jours après seulement que 
Buckingham osa se diriger enfin sur Saint-Martin 
et threr sur la citadelle. Au bout d'un mois de 
siège infructueux, les Anglais, comprenant qu^a- 
vec de tels adversaires ils avaient tort de comp- 
ter sur une victoire par les armes, se décident 
à attendre que la famine leur ouvre le fort qui, 
outre ses vaillants défenseurs, renfermait un 



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— âo — 

grand nombre d'ouvriers avec leurs familles. Les 
horreurs de la faim ne tardèrent pas, en effet, à 
se faire sentir et, d'un autre côté, l'eau douce 
était fort rare. 

Cependant, toute la France avait les yeux tour- 
nés vers ce coin du pays et tous les coeurs fai- 
saient des vœux ponr les héroïques défenseurs 
de Saint-Martin. 

Un intrépide pêcheur parvint un jour à diriger 
sa barque à travers la flotte anglaise et apporta 
à ToiRAS, qui venait de refuser une capitulation 
des plus honorables, une lettre du roi qui re- 
monta tous les courages. Louis XIII annonçait 
l'arrivée de secours et ajoutait que, voulant re- 
connaître d'une façon éclatante le sigoalé service 
que rendaient à la patrie les braves défenseurs de 
Saint-Martin, il priait qu'on lui envoyât les noms 
de tous ceux qui étaient enfermés dans la citadelle, 
afin que nul d'entre eux, officier ou soldat, ne 
demeurât sans récompense. 

Quelques premiers secours arrivèrent peu 
après, en elBfet; le brave lieutenant-colonel Com- 
MiNGES qui, gravement blessé le jour de la descente 
dansl'ile, avait dû retourner au fort Louis, réussit, 
le 5 septembre, avec quelques grandes chaloupes 
chargées de vivres, à venir s'échouer, malgré 
tous les obstacles et la violente canonnade des 
vaisseaux anglais, sous les murs de la citadelle 
où il fut reçu comme un libérateur. Mais ce n'é- 
tait là, en somme, qu'un faible soulagement et 
l'on ne tarda pas à se trouver de nouveau réduit 
aux abois ; les Anglais avaient redoublé de sur- 
veillance et rien ne pouvait plus approcher des 
côtes de nie ni s'en éloigner. 



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— 21 — 

Admirable dévouement du soldat Pierre Lanyer. 

TomAs, ne sachant plus comment faire connaî- 
tre sa détresse au dehors, demanda, en désespoir 
de cause, un soldat de bonne volonté qui, se dé- 
vouant pour le salut de tous, oserait entrepren- 
dre de traverser à la nage le détroit qui sépare 
rile de Ré du continent. Il s'en présenta trois. Il 
s'agissait de franchir un bras de mer de plus 
d'une lieue de largeur, parcouru par des courants 
rapides et couvert de navires anglais ; ces hommes 
intrépides et dévoués se jetèrent résolument à 
l'eau en recommandant leur âme à Dieu. 

Au milieu de la traversée, les forces manquent 
à l'un d'eux qui se noie ; un second allait en faire 
autant quand il fut recueilli par une embarcation 
anglaise ; le troisième, dont l'histoire trop souvent 
oublieuse a heureusement conservé le nom, 
Pierre Lanyer dit La Pierre, natif des environs 
de Bordeaux, ne se laissa point décourager ni 
aller à la peur. Découvert par une barque anglaise 
qui lui donna la chasse, son habileté à plonger 
et à nager entre deux eaux le tira d'affaire et il 
aborda heureusement sur la plage près du lieu 
où le maréchal de Bassompierre, chargé de réunir 
l'armée de secours, avait son campement. On le 
vêtit aussitôt et on le conduisit au maréchal au- 
quel il dit, le brave Gascon, ainsi qu'à tous ceux 
qui l'interrogèrent ensuite « que ce qu'il avait 
eu le plus à combattre en passant à la nage étaient 
les poissons qui s'entêtaient à lui vouloir happer 
certaines parties du corps comme friands 
asticots». 

Le roi Louis XIII, à son arrivée au camp, voulut 
voir I^A Pierre et, émerveillé de soïx intrépidité 



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— 22 — 

et de sa bonne hnmeur, il le plaça dans ses gardes 
avec une pension viagère de 250 écus par an. Le 
brave La Pierre fut, pendant quelques mois, le 
lion de la France. 

Déroute des Anglais. 

Cependant Buckingham, comprenant que Toiras 
n'allait pas tarder à être vigoureusement secouru, 
se résolut à livrer un assaut général à la citadelle ; 
mais Champagne repoussa vaillamment toutes les 
attaques; — alors Buckingham envoya un parle- 
mentaire à Toiras pour obtenir la faculté d'en- 
lever ses morts, le prévenant qu'il allait lever le 
siège et attribuant tout l'honneur à la contenance 
et au courage de la garnison. 

Buckingham leva le siège, en effet, mais trop 
tard pour lui, car, le lendemain même, l'armée 
de secours débarquait enfin dans Pile ; à son ap- 
proche les Anglais cherchent à se retirer dans la 
presqu'île de Loix, mais serrés de près par 
Bassompierre et pris en flanc par Toiras qui, 
avec tout ce qui lui restait de valide, — 400 hom- 
mes environ, — avait aussitôt exécuté une sor- 
tie, ils furent presque tous passés au fil de l'épée 
ou noyés. 

Trois mille cadavres jonchaient la plage, et la 
mer en avait emporté autant; 5 colonels, 3 lieu- 
tenants-colonels, 150 capitaines et lieutenants 
avaient péri ; lord Montjoie et les chefs de la ca- 
valerie et de l'artillerie anglaise étaient parmi 
les prisonniers; tous les canons restaient entre 
nos mains ainsi que 45 drapeaux qui furent triom- 
phalement transportés à Paris pour être déposés 
à Notre-Dame^ 



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— 23 — 

Après cette brillaDte Ttffaire, le roi ne voulut 
point conûer à d'autres qu'aux soldats de Cham- 
pagne l'honneur de garder l'île de Ré qu'ils avaient 
si vaillamment conquise et défendue; de nom- 
breuses récompenses furent distribuées etToiRAs 
fut nommé bientôt après maréchal de France. 
Quand ce vaillant homme de guerre fut tué en 
1636, dans le Milanais, ses soldats trempèrent 
leurs écharpes dans son sang, afin, disaient-ils, 
de se rendre invincibles. 

Mordantes ripostes aux Espagnols. 

En 1630 et 1631, Champagne alla guerroyer en 
Italie; ce fut, durant cette campagne, après un 
combat gagné par les nôtres contre les troupes 
espagnoles, très supérieures en nombre, que le 
général en chef de ces dernières, Légonez, fit 
dire au général français d'Harcourt qui venait 
de le battre, un contre cinq, que s'il était lui, 
Légonez, le roj de France, il lui ferait trancher 
la tête pour avoir hasardé sa petite troupe contre 
une si grande armée ; à quoi le général (f Har- 
court répondit aussitôt que s'il était lui, d'Har- 
court, le roi d'Espagne, il lui ferait couper le col 
pour s'être si mal défendu avec une si grande 
armée contre une si petite troupe. 

De 1633 à 1642, le régiment opère dans les 
Flandres et prend part aux sièges de Louvain^ 
Landrecies, Maubeuge, Saint-Omer, Lillers, 
Hesdin, Arras et Aire. 

Le colonel de Varennes, tué au siège de Lou- 
vain, fut remplacé par son frère qui fut tué, à 
son tour, devant Gra vélines, en 1658. 

^u 1639, Champagne bat à plate couture une 



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— 24 — 

partie de l'armée espagaole retranchée dans les 
marais près de Saint-Omer. 

Au siège d'Arras, les Espagnols qui, à la faveur 
de nos troubles, étaient devenus maîtres de cette 
place et qui la regardaient, défendue par eux, 
comme imprenable, avaient écrit sur une des 
portes : c Quand les Français prendront Arras, 
les souris mangeront les chats t » Les Français 
prirent la ville et conservèrent cette inscription 
en effaçant simplement le p du mot prendront. 

OniGINE DE LA DEVISE DU RÉGIMENT 

De 1642 à 1689, Champagne lutte encore 
contre les Espagnols, mais celte fois en Catalogne 
et daos le Roussillon. 

En 1652, le corps dont faisait partie le régi- 
ment ayant été enveloppé à l'improviste par 
l'armée espagnole tout entière, fut taillé en piè- 
ces ou fait prisonnier. Champagne parvint seul à 
se faire jour et se jeta dans la petite place de 
Miradoux ; son chef, le ]ieutenant*colonel Lamo- 
the-Vedel, sommé de se rendre, avec menace, 
s'il tardait trop, d'être pendu et de voir son 
régiment passé au fil de l'épée, se contenta de 
répondre cette simple et flère parole : t Je m'en 
f,.. î » qui, traduite en langage plus noble, 
devint' la devise du corps, sous la forme : « Je 
suis du régiment de Champagne t • Lamothe- 
Yedel justifia, d'ailleurs, la hauteur de sa 
réponse par une belle défense qui permit au 
secours d'arriver et de le dégager. 

Le capitaine Chennevières. — Le soldat Lagorce. 
De 166S à 1679, le régiment prend part, dans 



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* — 25 — 

les Flandres et en Allemagne, à quatorze sièges 
ou combats. A la paix, il est dirigé sur le Lan- 
guedoc et y tra^ille au canal de jonction des 
deux mers. 

En 1683. Champagne est de nouveau sur la 
Sarre; le 17 octobre, sa compagnie de grenadiers 
postée, sous les ordres du capitaine db Chenne- 
viÊREs, dans un petit village, y est attaquée par 
2,000 ennemis. 

Ghennevièrks, retranché dans Téglise et le 
cimetière, s'y défend comme un lion; forcé dans 
cette position et déjà atteint de deux blessures, 
il se réfugie dans les voûtes de l'église d'où il 
fait une fusillade enragée; pour ne pas être 
étouffé par la fumée, il avait découvert la toi- 
ture. Ce brave capitaine ne se rendit que lorsqu'il 
eut épuisé toutes ses munitions, et encore ne le 
fit-il qu'à des conditions très fières. 

Le nommé Lagorgb, jeune et vigoureux soldat 
qui s'était signalé d'une façon toute particulière 
dans ce combat d'un contre dix, fut fait oflBcier 
et se rendit célèbre plus tard en tuant de sa main, 
à la bataille de Steeokerque, le fameux général 
anglais Mac-Hay. 

Champagne se couvre de gloire à Steenkerque. 

De 1683 à 1692, le régiment se signale dans 
onze sièges et dans deux batailles rangées, la 
bataille de Fleurus, où son colonel, le comte 
CoLBERT DE SCEAUX, fut tué, et la bataille de 
Steeokerque où Champagne, voyant que la 
droite de l'armée menacée d'être prise en flanc 
allait être compromise, y court en franchissant 
tes haies, tombe sur l'ennemi à la baïonnette, 



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— 26 • 

Tenveloppe, en fait un carnage horrible et 
anéantit complètement les magnifiques gardes 
anglaises qui, seules, résistai^t eucore. 

Ce brillant succès fut, à la vérité, chèrement 
payé : Champagne eut 67 officiers et plus de 
200 soldats tués ou blessés; le colonel Colbert 
DB Blainville était parmi ces derniers. Le roi, 
voulant témoigner sa satisfaction au régiment, lui 
laissa le choix de ses quartiers d'hiver, et Cham- 
pagne alla prendre garnison à Saint-Omer, où il 
resta jusqu'au mois de juin i693. 

Batailles d'Hochstedt et de Malplaquet. 

Champagne fit vaillamment son devoir aux 
deux batailles d'Hochstedt, la première (20 sep- 
tembre 4 703), si glorieuse pour nous, et la 
seconde (13 août 1704), si désastreuse. 

Au début de celle-ci, l'ancien colonel du régi- 
ment, devenu général, le marquis de Blainville, 
passant devant son ancien corps et faisant allu- 
sion aux membres de sa famille tués dans ses 
rangs, lui dit : « Régiment de Champagne, il te 
faut donc bien des Colbert ! » Il îut tué, en effet, 
ce jour-là au milieu de Champagne comme 
l'avaient déjà été ses deux frères aines qui 
l'avaiept précédé dans le commandement du 
régiment. 

Le jour de Malplaquet, le régiment se trouvait 
au centre eu première ligne; trois colonnes 
ennemies vinrent l'attaquer; il les prit en flanc, 
les chargea à la baïonnette et en avait déjà cul- 
buté une grande partie quand les progrès de 
l'ennemi vers la droite le forcèrent à rétrogra- 
der ; il fit sa retraite en bon ordre et se retira 



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— 27 — 

sur Valenciennes ; il était réduit de moitié et 
comptait plus de 50 officiers hors de combat. 
Mais, le leodemaio, il eut du moins la gloire 
d'arborer sur sod front de bandière 9 drapeaux 
qu'il avait pris la veille h l'ennemi. 

Champagne en Italie. 

En i733, Champagne rejoint l'armée en Italie 
devant Pizzighetone ; dès le lendemain, il entre 
dans la tranchée tambour battant et enseignes 
déployées; c'était là un usage qui n'était prati- 
qué que par Champagne seul et qui ne manquait 
certes pas de crânerie. Quelques jours après, le 
régiment enlevait la place. 

L'année suivante, Champagne fit des prodiges 
de valeur à la sanglante bataille de Parme où il 
s'élança tête baissée sur une profonde colonne 
autrichienne, la rompit et lui tua 800 hommes ; 
mais il essuya de son côté des pertes fort sensi- 
bles et n'eut pas moins de S4 officiers, y compris 
le colonel duc de la Trêmouillis, le lieutenant- 
colonel et tous les commandants de bataillon 
tués ou blessés. 

Encore c Un contre dix ! > 

* Le 18 septembre 1743, en Bohême, la compa- 
gnie de grenadiers du régiment soutint un com- 
bat acharné contre 1,500 hussards autrichiens. 

Complètement enveloppés, nos hommes com- 
battaient à coups de crosse et de baïonnette ; à 
force d'énergie et de sang-froid, ils parvinrent à 
gagner une maison où ils se retranchèrent et 
forcèrent enfin les hussards à lâcher prise. 

I^es quatre o^ciers de )a compagnie perdirent 



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— 28 — 
la vie daus cet héroïque combat : c'étaient MM. 

DE MONTPORT, LE CAMUS, TERLONGE et JOSEPH. 

Presque tous les grenadiers furent frappés. 

A la fin de cette année-là, Champagne prit 
ses quartiers d'hiver à Terbach où il perdit, en 
l'espace de quelques mois, 500 hommes par les 
maladies et la misère. 

Le sergent Bienvenu. 

En mai i743, l'armée commença la retraite de 
Bohême après un séjour de deux ans daus ce 
pays néfaste, où elle avait été décimée surtout 
par les fièvres et les privations. 

Le maréchal de Brogiie, prévenu que les 
Autrichiens vont s'emparer de Deckendorf, y 
envoie le 3® bataillon du régiment qui %e trou- 
vait réduit à 80 hommes. A son arrivée, la place 
était déjà envahie et le bataillon eût été pris 
sans l'extrême bravoure des soldats et l'énergie 
des capitaines Darimont et Ghauvigny. Dans ce 
péril extrême, Darimont assemble ses hommes 
et leur rappelle qu'ils sont du régiment de Cham- 
pagne ; ces mot& magiques produisent leur effet 
habituel. 

A la faveur du feu de quinze grenadiers postés 
dans une tour en ruines sur la rive du Danube^ 
on rétablit le pont qui venait d'être incendié et 
sous les yeux de l'ennemi émerveillé de tant 
d'intrépidité, le bataillon traverse le fleuve. Res- 
taient les quinze grenadiers commandés par le ser • 
gent Bienvenu. Le général en chef autrichien, 
apprenant qu'il y avait encore à Deckendorf un 
poste qui tenait ferme, le fit sommer de se ren- 
dre. Le brave 3ienvenu ne voulut remettre la 



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— â9 — 

tour qu'à la condition qu'on lui permettrait de 
rejoindre son drapeau avec ses quinze hommes, 
ce qu'il obtint. 

Après cette pénible retraite, le régiment 
repassa le Rhin et, quand les Autrichiens se pré- 
sentèrent pour tenter de franchir ce fleuve à leur 
tour, leur entreprise échoua par la magnifique 
défense que fit dans la redoute de Rheinweiler 
un piquet du régiment, sous les ordres du capi- 
taine DB Jarente et du lieutenant Liouville. 

Merveilleux traits d'intrépidité. 

En 1746, Champagne est encore une fois envoyé 
dans les Flandres et y fait le siège de Namur. 
Pendant une de ses gardes de tranchée, le fort 
Ballard fut pris en plein jour par quatre officiers 
dont deux étaient du régiment, le capitaine 
d'Amèrb et l'aide-major de Ladnay. Nos quatre 
braves sautèrent seuls par dessus les retranche- 
ments et firent mettre bas les armes à la garni- 
son qui, ne pouvant croire à tant de confiance 
et d'audace, les supposait suivis. 

Quelques années plus tard, dans la Hesse, le 
capitaine des grenadiers de Champagne, de 
Geoffrb, s'empara à peu près de la cascade de 
Gâssel, sorte de tour en pierres de taille abor- 
dable d'un côté seulement par un escalier 
de plus de 400 marches et défendue par une 
compagnie anglaise. De Geoffrb, suivi de quel- 
ques hommes de bonne volonté, marcha froide- 
ment à Tescalier, franchit les obstacles qui en 
barraient l'entrée et, malgré une grêle de balles 
et de pierres, parvint jusqu'au haut de la tour, 
où il renversa d'un coup d'épSb le capitaine 



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— 30 — 

anglais qui essayait de s'opposer à son passage 
et fit mettre bas les armes à la garnison frappée 
de stupeur. 

DÉDOUBLEMENT DU RÉGIMENT DE CHAMPAGNE 

De 1759 à 1762, le régiment guerroya en Alle- 
magne et y eut quelques épisodes particuliers 
qui méritent d'être signalés. 

En 1760, le capitaine de Vkrteuil, détaché 
avec âOO hommes à la garde du château d'Arens- 
tein, y fut vainement attaqué par 6,000 ennemis. 

En 1761, un détachement, aux ordres du com- 
mandant de bataillon de Launay, s'empara de 
vive force de Duderstadt. 

Le 7 novembre de la même année, l'énigmati- 
que chevalier d'EoN, à la tête des grenadiers du 
régiment, attaqua et mit en fuite près de Minsloff 
tout un corps écossais. 

A la paiK, en 1763^ Champagne fut envoyé à 
Cambrai. 

En 1765, le régiment alla en Corse et y prit 
part à toutes les opérations qui amenèrent la 
pacification et la soumission complète de l'Ile, où 
il séjourna pendant quatre ans ; il y perdit le capi- 
taine Chamisso et le lieutenant de Bexon, tués au 
combat de Ponte-Nuovo. 

A sa rentrée, il alla tenir successivement gar- 
nison à Metz, Landau, Thionville^ et enûn à 
Calais. 

C'est dans cette dernière ville qu'il fut dédou- 
blé par ordonnance du 25 mars 1776, et partagé 
en deux réfiments, Champagne et Austrasie, qui 
prirent respectivement en 1777 les numéros 7 
et 8. - 



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— 31 — 



RÉGIMENT D'AUSTRASIE 
(1776-1791) 

Les destinées du régiment d'Austrasie furent 
courtes, mais brillantes; formé tout d'abord sous 
le litre de Ponthieu, avec les l®"" et 3« bataillons 
de Champagne, le 25 mars 1776, il prit, le 31 du 
même mois, le nom d'Austrasie qui convenait 
mieux au dédoublement de l'ancien régiment de 
Champagne. 

Austrasie s'illustre dans l'Inde. 

Le régiment s'embarqua au commencement de 
l'année 17ai sur la flotte de l'illustre bailli de 
Suffren qui le transporta dans l'Inde, où l'atten- 
dait une gloire immortelle. Il allait lutter pres- 
que seul pendant dix-huit mois, dans ce lointain 
pays, contre toutes les forces des Anglais. 

Le 19 février 178îi, après quelques rencontres 
en mer avec les vaisseaux anglais, le régiment 
débarque près de Pondichéry et marche aussi- 
tôt sur la ville de Gondelour qu'il emporte d'as- 
saut et doDt la garde lui est confiée. Ce poste était 
de la dernière importance puisqu'il était le seul 
point où l'illustre Suffren pût trouver un mouil- 
lage assuré et un appui pour ses vaisseaux. 

Au mois 9e juillet, un détachement d'Austrasie, 
fort de 1,200 hommes, s'embarque sur la flotte, 
prend part au combat naval de Nagapatman, 
puis va assiéger Trinquemale qu'il force à capi- 
tuler le 30 août ; il y laisse garnison et rentre 



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aussitôt à Gondelonr que le régiment va préser- 
ver pendant un an contre toutes les tentatives 
des Anglais. 

Combat de Gondelour. 

Cependant les Anglais, ayant reçu de nombreux 
renforts, vinrent en juin i783, au nombre de 
14,000, mettre le siège devant Gondelour. Le 
comte de Bussy, commandant des troupes fran- 
çaises dans rinde qui ne comptaient que 7,000 
hommes seulement, se plaça bravement entre les 
remparts de la place et Tarmée anglaise. 

Le i3 juin, un combat très vif s'engagea. — 
Bussy, à Ja tête d'Austrasie, attaqua avec une au- 
dace extrême un corps de troupes anglaises; 
mais, emporté par son élan, il s'éloigna assez du 
gros de l'armée pour qu'une autre colonne enne- 
mie pût le prendre en flanc et par derrière. Lors- 
qu'il voulut rallier le gros de ses forces, le brave 
Bussy s'aperçut que le chemin lui était fermé : 
« Soldats, s'écria-t-il, dans cette extrémité, 
souvenez-vous que vous êtes des enfants de 
Champagne! » Ces mots, cfi souvenir produi- 
sent un effet électrique. Austrasie se précipite 
avec rage sur les Anglais, les renverse, les écrase 
et reprend, à la pointe de la baïonnette, son poste 
de bataille sur les glacis de Gondelour. 

Dans cette brillante affaire, le régiment eut iO 
officiers tués et 12 blessés; parmi ces derniers 
était le lieutenant-oolonel de Villeneuve qui 
mourut peu de jours après des suites de ses bles- 
sures. Le nombre des sous-officiers et soldats 
tués ou blessés était de 230. 

Sur ces entrefaites, on reçut la nouvelle que la 



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-33- 

paix était signée en Europe, et les hostilités ces- 
sèrent aussitôt. 

Austrasie reste à Gondelour, qu'il avait si vail- 
lamment défendue, jusqu'en décembre 1783; il 
passa l'année 4784 à Pondichéry, puis retourna 
à rile-de-France qu'il quitta au printemps de 
1785 pour rentrer dans la mère-patrie. A sa ren- 
trée en France, il alla tenir garnison à Grenoble, 
puis à Besançon. 

Le 1*"* janvier 1791, une loi ayant établi la 
nouvelle organisation de l'armée et prescrit la 
suppression des noms portés jusque-là par les 
différents corps, le régiment d'Austrasie devint 
le 8® régiment de ligne. 



Hist. B* d'inf. S 

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— 34 — 



PREMIER 8« RÉGIMENT DE LIGNE 

(1791-1796) 

De janvier 179i à février 1796, le 8« régiment 
d'infanterie contribua largement aux gigantesques 
efforts qu'eut à faire alors la nation française 
pour sauver la patrie en danger ; il prit une part 
glorieuse à vingt-neuf combats, sièges ou batailles 
et, entre autres, à la bataille de Nerwinden et à 
la prise de Nimègue. 

Malheureusement, les renseignements détaillés 
sur les faits individuels ou collectifs plus parti- 
culièrement honorables pour le régiment, durant 
celte immortelle période où la France menacée 
et assaillie de toutes parts émerveilla le monde 
par son indomptable énergie, nous font défaut; 
— mais nous pouvons du moins consigner ici, 
avec orgueil, que le 8® de ligne fut au nombre 
des corps, qui, en ces jours de suprêmes an- 
goisses, surent, par leur vaillante conduite, 
« bien mériter de la patrie! » 

En 1794, par suite d'une nouvelle réorganisa- 
tion de l'armée, les régiments avaient pris la dé- 
nomination de demi-brigades, mais la 8« demi- 
brigade ne put être formée à ce moment-là à 
cause de la trop grande dispersion des éléments 
qui devaient en faire partie. 

Ce ne fut qu'en février 1796 qu'un nouvel em- 
brigadement ayant eu lieu, la 8^ demi-brigade 
fut effectivement constituée. 



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— 35 — 

8® DEMI-BRIGADE 

(1796-1803) 

Du 19 février 1796 au 24 septembre 1803, date 
à laquelle les corps reprirent déflnitivemeut le 
titre de régiment, la 8^ demi-brigade se signala 
dans 21 combats et surtout à la célèbre bataille 
de Hohenlinden, dont le nom brille à si juste titre 
sur le drapeau du régiment. 

Le grenadier Aubert. 

Le 25 août 1800, le lendemain du combat 
d'Offenbourg, il se passa près du village de Gris- 
sen une affaire chevaleresque entre le grenadier 
Aubert de la 8® demi-brigade et un soldat autri- 
chien du corps des Manteaux-rouges. 

La compagnie de grenadiers du 2^ bataillon se 
trouvant postée à la lisière du village de Grisseu, 
il s'engagea entre elle et une troupe ennemie qui 
occupait un village voisin une assez vire fusil- 
lade. Les grenadiers avaient reçu Tordre formel 
de ne pas quitter leur poste pour courir sus à 
l'ennemi; celui ci, ignorant cette circonstance et 
attribuant à une toute autre cause l'attitude pas- 
sive de cette compagnie, en prit occasion pour 
rinsulter. — Un soldat du corps des Manteaux- 
rouges, parlant français, s'approcha plus près que 
les autres en proférant des paroles outrageantes. 
Le grenadier Aubert, brave et excellent soldat, 
lui proposa aussitôt d'en finir avec les insultes 
que les Autrichiens se permettaient gratuitement 
à l'égard de sa compagnie^ en réglant l'affaire à 



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•— 36 — 

eux deux par un combat singulier au fusil. Le 
Manteau-rouge accepta et les deux adversaires se 
placèrent sur la grande route à 150 pas Tun de 
l'autre. 

A cet instant, la fusillade cessa des deux côtés, 
car l'attention de tous était attirée sur les deux 
combattants. Les armes à feu avaient très peu 
de précision à cette époque ; aussi, quoique le 
grenadier Aubert, après avoir tiré, marchât cha- 
que fois sur son adversaire et s'exposât ainsi 
davantage, trois coups de fusil furent d'abord 
tirés de part et d'autre sans résultat ; enfin, au 
quatrième coup, le Manteau-rouge tomba pour 
ne plus se relever. Eiectrisés par l'exemple de 
leur camarade, tous les grenadiers sollicitèrent 
la permission d'aller provoquer l'ennemi et de le 
combattre corps à corps ; mais l'ordre de ne pas 
quitter le poste était formel, et l'autorisation ne 
put leur en être accordée. 

Le brave grenadier Aubert reçut un fusil d'hon- 
neur en récompense de sa noble intrépidité. 

Bataille de Hohenlinden. 

Le 3 décembre iHOO, jour de la célèbre bataille 
de Hohenlinden, la division Richepanse, dont fai- 
sait partie la 8® demi-brigade, formait l'extrême 
droite de l'armée française. 

La veille, le général en chef Moreau, prévoyant 
que les Autrichiens allaient commettre la faute 
de l'attaquer dans la vaste forêt où il avait suies 
attirer, avait donné mission au général Riche- 
panse de prendre l'ennemi à revers , au moment 
où celui-ci, débouchant du bois dans la large 
éclaircie qu'occupaient notre centre et notre gau- 



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— 37 — 

che, viendrait se heurter de front contre nos 
troupes. 

Le 3 décembre, à 7 heures du malin, Riche- 
pance se met en marche par des chemins impra- 
ticables et couverts de neige vers Mattemboët, 
son objectif ; il ne tarde pas à donner dans un 
corps ennemi qui flanquait la gauche des Autri- 
chiens. Laissant la brigade Drouet pour le conte- 
nir, il continue sa route à la tête des 8® et 
48« demi-brigades ; arrivé au village, il le trouve 
occupé par les cuirassiers de Nassau, les fait pri- 
sonniers, traverse Mattemboët et se forme en ba- 
taille au débouché : mais bientôt cerné par des 
forces supérieures, il confie au général Walther 
et A la brave 8®, sur laquelle il savait qu'il pou- 
vait compter, le soin de leur tenir tête et, suivi 
par la 48^ il s'élance Pépée à la main contre 
l'entrée du bois solidement occupée ; ni la fusil- 
lade, ni la mitraille ne l'arrêtent ; une colonne 
de grenadiers hongrois s'avançant sur lui au pas 
de charge, Richepanse se retourne, jette les yeux 
sur ses soldats et leur crie : « Que dites-vous 
de ces gens-là ? — Ils sont morts ! » répond 
tout d'une voix la 48® qui, prompte comme la 
foudre, se précipite tête baissée sur la colonne 
ennemie, la culbute et la met en déroute. — 
A ce moment, on entendit des cris confus à l'au- 
tre extrémité de la forêt ; c'était l'intrépide Ney 
qui refoulait de son côté les Autrichiens dans le 
bois. — Ney et Richepanse se rejoignent et s'em- 
brassent aux acclamations des troupes. L'ennemi 
est débandé. 

Richepanse vole au secours de l'héroïque 8®, 
qu'il avait laissée aux prises un contre cinq, mais 
qui n'en avait pas moins su, elle aussi, cueillir 



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— 38 — 

sa bonue part de laariers ; il trouve le vaillant 
général Walther grièvement blessé, porté par ses 
soldats, mais le visage rayonnant de joie d'avoir 
contribué à une si éclatante victoire. 

Parmi les braves de la S^ demi-brigade qui se 
signalèrent plus particulièrement durant cette 
mémorable journée, on doit citer surtout le ser- 
gent Thulot qui se précipita sur une pièce de 
canon au moment où le feu allait y être mis, tua 
le canonnier qui tenait la mècbe et, aidé de 
quelques camarades, emmena triomphalement 
ce trophée dans nos rangs. 

Trois braves. 

Au mois d'août 180i, nous retrouvons la 
8® demi-brigade devant Boulogne où elle repousse 
toutes les tentatives que font les Anglais pour 
prendre pied sur le littoral. 

Dans ces divers engagements, le sergent Bbau- 
DiN et les soldats Jarry et Bourgogne se signalè- 
rent d'une façon toute spéciale. 

Le i7 août, jour du bombardement, le sergent 
Beaudin ne quitta un bateau sur lequel il était 
monté pour signaler rapproche des Anglais, que 
lorsque ce bateau eut été coulé ; le 27. le même 
sergent ayant le premier aperçu l'eiinemi qui 
cherchait à débarquer dirigea si bien le tir d'une 
batterie près de laquelle il avait été placé en 
soutien avec ses hommes, qu'il força les Anglais 
à reprendre le large. 

Le soldat Jarry fit preuve, ce même jour, d'une 
grande intelligence et de beaucoup d'initiative en 
postant on ne peut plus avantageusement ses ca- 
marades pour le combat ; il leur donna, en outre, 



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— 39 - 

l'exemple da plus intrépide sang-froid en allant 
tuer de sa main plusieurs Anglais qui s'étaientdéj à 
accrochés aux filets d'abordage. 

Bourgogne, qui s'était déjà fait remarquer le 
n août, eut dans cette deuxième journée la 
jambe brisée par deux coups de biscaîen et n*en 
continua pas moins à combattre comme un lion, 
assommant avec des boulets tous les Anglais qui 
se présentaient à sa portée. 

RÉCOMPENSES NATIONALES ACCORDÉES 
A LA 8"* DEMI-BRIGADE 

Par application de l'arrêté des Consuls sanc- 
tionnant l'institution de récompenses nationales 
à accorder à la valeur militaire, les sergents 
Thulot, Barath, Beaudin et les soldats Aubbrt, 
Jarry et Bourgogne, tous de la 8® demi-brigade, 
reçurent des armes d'honneur et furent, par 
suile, le 19 mai 1802, nommés chevaliers de la 
Légion d'honneur. 



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- 40 — 

SECOND 8e .RÉGIMENT DE LIGNE 
(1803-1820) ' 

Le 24 septembre 1803, les corps quittèrent la 
déDomination de demi-brigade pour reprendre 
le titre de régiment qu'ils ont toujours conservé 
depuis. 

L'année 1805 vit commencer pour nos armes 
une longue série d'immortels triomphes dont le 
8^ de ligne sut prendre sa bonne part. Placé dans 
la V'^ division (général Rivaud) du 1«'' corps de 
la Grande Armée, le régiment concourut d'abord 
glorieusement à la courte mais magniflque cam- 
pagne de 1805 qui, en vertu d'un décret impé- 
rial, fut comptée double à tous ceux qui y pri- 
rent part. 

Le 8e de ligne à Austerlitz. 

C'est le 2 décembre 1805 qu'eut lieu la grande 
et immortelle bataille d* Austerlitz. 

Il est une heure de l'après-midi ; le 

maréchal Soult vient d'enlever brillamment le 
plateau de Pratzen. Les Russes comprenant, mais 
trop tard, l'importance capitale de celte position, 
essaient de la reprendre avec des forces consi- 
dérables, l'élite de leur armée. 

La lutte prend bientôt un caractère formida- 
ble ; la division Rivaud, qui vient d'être conduite 
sur le plateau par Napoléon en personne, sou- 
tient avec une extrême vigueur le choc des 
forces supérieures qui l'assaillent de toutes parts. 
Le 8® de ligne, attaqué par une partie de la 
garde impériale russe, réussit à prendre Tollen- 



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— 41 — 

sive, enfonce les rangs ennemis et contribue 
ainsi, sous les yeux, mêmes de l'empereur, aux 
splendides résultats de la plus belle victoire des 
temps modernes. 

CAMPAGNE DE 1806 

En 1806, la division Rivaud entra de nouveau 
en campagne avec la Grande Armée. 

Le 14 octobre, eurent lieu simultanément les 
deux célèbres batailles d'Iéna et d'Auërstaedt, où 
les armées prussiennes furent écrasées ; Napoléon, 
résolu à les anéantir complètement, lança ses 
troupes à la poursuite des quelques corps enne- 
mis qui avaient pu échapper au désastre. 

Le 8e de ligne se distingue au combat de Halle. 

Le 17 octobre, la division Rivaud prend part 
au combat de Halle, où les réserves prussiennes 
sont à leur tour mises en déroule. Ces réserves, 
fortes de 20,000 bommes, avaient pris position 
sur les hauteurs au débouché de Halle; les 
Français, au nombre de 8,000 seulement, les y 
attaquent sans hésiter. Le 8® de ligne traverse 
la ville au pas de charge, escalade les hauteurs 
et s'empare d'une batterie d'artillerie. On se bat 
de part et d'aulre avec acharnement; enfin les 
Prussiens cèdent et battent en retraite; le 8^ les 
poursuit et s'empare successivement des villages 
de Diénitz, de Peissen et de Rabatz; la cavalerie 
ennemie le charge à plusieurs reprises, mais sans 
ralentir sa marche et ses succès; la poursuite 
dura jusqu'à la nuit. 

34 pièces de canon et S,000 prisonniers res- 
tèrent ce jour-là entre les mains de nos troupes. 



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— 42 — 

Le régiment fut cité dans le li® bulletin de la 
Grande Armée pour sa brillante conduite dans 
celte affaire. 

Le 8e de ligne à l'abordage. 

De toutes les forces prussiennes il ne restait 
plus qu'un corps de 22,000 hommes commandé 
par Blucher qui était allé se retrancher dans 
Lubeck, où nos troupes coururent l'attaquer. 

Chemin faisant, le 8^ de ligne prend *part au 
combat de Brewitz (4 novembre) et y fait si 
vaillamment son devoir qu'il obtient de nouveau 
Thonneur d'être cité dans le 29« bulletin de la 
Grande Armée. En approchant de Lubeck, le 
général Rivaud apprend qu'un corps suédois s'est 
embarqué dans cette ville pour descendre la 
Trave et retourner en Suède; il charge aussitôt 
le 8^ de ligne d'aller l'enlever. Arrivé sur les 
bords de la rivière, le régiment aperçoit, en 
effet, toute une flottille eu train de descendre le 
cours d'eau; c'étaient trois bataillons suédois 
dont un de la garde royale. Le colonel Autié saute 
avec ses grenadiers dans des barques de pêcheurs 
amarrées au rivage et s'élance hardiment à 
l'abordage des bateaux ennemis. Le choc fut 
violent, mais court; les Suédois, après une résis- 
tance des plus vives, se rendirent à discrétion. 
D'un seul coup de filet, c'est le cas de le dire, 
les braves du 8^ venaient de faire i,500 prison- 
niers. 

Prise de Lubeck (6 novembre). 

Après ce hardi coup de main, le régiment 
marcha sur Lubeck dont la prise allait exiger les 



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— 43 — . 

plus rudes efforts. A l'arrivée du 8®, une des 
portes de la ville venait d'être forcée et le régi- 
ment s'engagea aussitôt dans les rues hérissées 
de barricades couvertes de soldats ennemis. 

Les 'Prussiens. défendent le terrain pied à pied ; 
à chaque angle de rue, ils continuent de combat- 
tre avec un courage opiniâtre; vingt fois nos 
hommes se trouvent jetés au milieu de leurs 
adversaires tant les rangs sont pressés, tant la 
mêlée est furieuse; mais malgré tous les efforts 
d'un ennemi tenace et bien dirigé, les Français 
se voient bientôt maîtres de la Grande-Place sur 
laquelle nos troupes reprennent un moment 
haleine; la lutte recommence ensuite avec un 
nouvel acharnement. Le 8® reçoit Tordre d'aller 
s'emparer de la porte de Hanovre encore au 
pouvoir de l'ennemi. Cette porte était protégée 
par le fort de Muhlen que défendaient lô régiment 
de Tschammer et un bataillon de grenadiers; 
postés dans le fort et sur les remparts de la ville 
dont ils avaient retourné les canons contre celle- 
ci, les Prussiens accueillent le régiment par un 
feu terrible, mais sans parvenir à ralentir son 
élan; un bataillon sous les ordres du comman- 
dant Aymard (depuis général de division) enfonce 
une poterne, grimpe à l'assaut des remparts, 
saute sur les canons et prend tous ceux qui les 
défendent. 

Là finit le combat; les Français étaient vain- 
queurs sur tous les points. L'état-major de 
Blûcher fut pris en entier dans son logement; 
Blûcher lui-môme n'eut que le temps de se sau- 
ver avec son fils et les débris de son corps d'ar- 
mée; poursuivi aussitôt par le général Rivaud, 
il fut forcé de capituler le lendemain avec les 



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— 44 — 

12,000 hommes qui lui restaient. Les forces 
militaires de la Prusse étaient ainsi complètement 
anéanties et devaient mettre plus d'un demi- 
siècle à se relever de ce désastre sans précédent. 
Par l'ordre du jour du 9 novembre 1806; l'em- 
pereur témoigna sa vive satisfaction, pour leur 
brillante conduite, aux troupes qui avaient com- 
battu à Lubeck. 

CAMPAGNE DE 1807 



Admirable trait de dévouement du soldat Vallé. 

Durant la glorieuse campagne de 1807, le 8® de 
ligne prit une part active aux combats de Gran- 
dentz (16 janvier), de Liebstadt (24 janvier), de 
Mohrungen (25 janvier), d'Ostrolinka (16 février), 
au siège de Dantzig (du 18 mars au 24 mai) et à 
la bataille de Friediand (14 juin). 

En récompense de sa bravoure et de son en- 
train à Mobrungen, le régiment fut cité dans le 
54* bulletin de la Grande Armée dans les termes 
suivants : 

t Lei 25 de ce mois, à midi, la division en- 
nemie paraissant forte de 12,000 hommes, on 
en vint bientôt aux maius. Le 8® régiment de 
ligoe se précipita sur les Russes avec une valeur 
inexprimable ; les ennemis furent mis dans une 
déroute complète et poursuivis pendant quatre 
lieues. » 

Au siège de Dantzig, il se passa un acte admi- 
rable d'intrépide dévouement. 

Le jour où devait avoir lieu l'assaut, les trou- 
pes furent établies de bonne heure au pied des 
ouvrages à escalader: trois énormes poutres, sus- 
pendues par des cordes au sommet des talus, 



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— 45 — 

étaient prêtes à rouler sur les assaillants ; un 
brave soldât dont l'histoire a conservé le nom, 
François Vallé, offrit d'aller couper les cordes 
qui soutenaient ces poutres afin d'en opérer la 
chute avant Tassant. Muni d'une hache, il grimpa 
le long des escarpes gazounées, coupa les cordes 
et ne fut atteint d'une balle, qui heureusement 
ne le frappa pas mortellement, qu'au moment où 
il terminait cet acte d'héroïsme. 

A la bataille de Friedland, le 8*^ de ligue n'eut 
qu'un rôle passif ; il faisait partie des divisions 
de réserve au centre desquelles l'empereur se 
tint de sa personne durant toute l'action . 

L'histoire rapporte que tandis que Napoléon 
observait attentivement le champ de bataille, un 
boulet passa à la hauteur des baïonnettes et un 
soldat, par un mouvement instinctif, baissa la 
tête : tt Si ce boulet t'était destiné, lui dit 
l'empereur en souriant, tu aurais beau te cacher 
à 100 pieds sous terre, il irait t'y chercher. » 
Napoléon faisait entendre par là que la destinée 
frappe indistinctement le lâche et le, brave et 
que le poltron qui se cache se déshonore inutile- 
ment. 

Le 8« de ligne en Espagne (1808-1813). 

Tandis qu'en Allemagne nous remportions 
succès sur succès, les troupes que nous avions 
en Espagne s' étant tout à coup trouvées aux pri- 
ses avec une insurrection générale de toute la 
péninsule essuyèrent d'assez graves échecs. Na- 
poléon, à la nouvelle de ces revers inattendus, 
s'écria : t J'avais envoyé aux Espagnols des 
agneaux qu'ils ont dévorés ; je vais leur envoyer 



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— 46 — 

des lions qui les dévoreront à leur tour ! t et il 
Ût passer d'Allemagne en Espagne plusieurs corps 
de la Grande Armée, entre autres le l*"" corps 
dont le 8« de ligne faisait toujours partie. 

Pendant les cinq années que le régiment passa 
en Espagne, il prit part à dix-neuf actions de guerre 
et principalement aux batailles d'Espinosa, de 
Talaveyra et de Cbiclana ; au siège et à la prise 
de Madrid. 

A la bataille de Cbiclana, le 5 mars 1811, le 
régiment eut la douleur de perdre sou brave 
colonel AuTiÊ qui, depuis longtemps à sa tête, lui 
donnait l'exemple des plus lielles vertus mili- 
taires et qui tomba des premiers, ce jour-U, 
mortellement atteint. 

CAMPAGNE DE FRANGE (1814). 

Rentré d'Espagne au moment de la première 
invasion, le 8® de ligne prit part à la mémorable 
campagne de France, notre avant-dernier et glo- 
rieux effort dans la formidable lutte qui dura 
près d'un quart de siècle entre la France seule 
d'un côté et l'Europe entière de l'autre. 

Le régiment combattit à Bar-sur-Aube (27 fé- 
vrier), à Arcis-sur-Aube (23 et 21 mars) et enfin 
à Vitry-le- François (25 mars). 

Le 4® bataillon du 8^ de ligne n'avait pas suivi 
le régiment en Espagne et était resté détaché en 
Allemagne ; il se distingua aux combats de Ratis- 
bonne et d'Ebersberg, aux batailles d'Essling et 
de Wagram (1809); et enOn à la défense héroïque 
deDantzig (1814). 



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— 47 — 



8« REGIMENT DE LIGNE ACTUEL 

Formé le 21 novembre 1820 en exécution de 
Tordonnance du 23 octobre précédent, le 8® de 
ligne actuel qui a su et saura toujours et partout 
se montrer digne de ses aînés, alla cueillir ses 
premiers lauriers là même ou justement, dix ans 
auparavant, son prédécesseur immédiat avait 
accompli ses derniers exploits. 

CAMPAGNE D'ESPAGNE 

(Du 9 mars au 4 décembre 1823.) 

Durant cette campagne, le 8^ de ligne — colo- 
nel DE Salperwick — fit partie de la 3« brigade 
de la 9** division — général de Damas — de 
Tarmée des Pyrénées. 

Combat de Gastel-Tessol. 

Au combat de Gastel-Tessol (17 mai), où après 
une résistance acharnée de quatre heures Fenuemi 
dut abandonner toutes ses positions, les compa- 
gnies d'élite du 2<^ bataillon du 8^ de ligne se 
distinguèrent particulièrement en enlevant avec 
le plus grand entrain un mamelon à pic que cou- 
ronnait une ferme solidement occupée par les 
Espagnols. 

A la suite de cette brillante affaire, le capi- 
taine GouFFÊ, le lieutenant Baldram, le sous- 
lieutenant Vidal, le sergent Marro et le volti- 
geur Roy furent cités à Tordre du jour. 

Le voltigeur Rov qui, après Tenlèvementde la 



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— 48 — 

ferme où il était arrivé le premier, était allé ré- 
solument se poster sur un monticule découvert 
afin de pouvoir mieux riposter à son gré au feu 
de Tennemi, fut, outre sa citation, décoré de la 
Légion d'honneur. 

Combat de Wich. 

Le 25 mai, à 5 heures du matin, 3 000 Espa- 
gnols commandés par le fameux Mina essaient 
de s'emparer par surprise de la ville de Wich, 
occupée par Iç 3® bataillon du régiment. L'alarme 
est aussitôt donnée et chacun se porte à son poste 
de combat; la fusillade éclate bientôt de toutes 
parts; sur ces entrefaites la compagnie de volti- 
geurs, qui rentrait de faire une reconnaissance, 
tombe au milieu de la ligne ennemie. Mina la fait 
aussitôt envelopper par sa cavalerie ; les volti- 
geurs se forment en carré et continuent, en com- 
battant, leur marche vers la place ; le sergent 
CoppÈL tue, aux portes mêmes de la ville, 4e 
•commandant de la cavalerie espagnole, et la 
compagnie, dégagée par une sortie d'une partie 
de la garnison, entre enfin dans Wich. 

Le capitaine des voltigeurs, M. Pitel, et 30 de 
ses hommes avaient été blessés dans cette échauf- 
fourée; M. Dupleix, sous-lieutenant, qui faisait 
partie des troupes de sortie, fut tué en dégageant 
les voltigeurs. 

Cependant Mina redouble d'efforts pour se ren- 
dre maitre de la ville, mais aucune de ses tenta- 
tives ne lui réussit. Dans une dernière attaque, 
le général Porraquin, chef d'état-major de Mina, 
ayant été grièvement blessé au moment où il 
cherchait à ramener au feu ses soldats ébranlés, 



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•— 49 — 

Mina, désespérant de venir à bout d'ane garnison 
qu'il avait espéré enlever sans coup férir, donna 
le signal de. la retraite et se réfugia dans les 
montagnes. La lutte avait duré sept heures. 

La défense d'une ville aussi étendue contre des 
forces quadruples par une si faible garnison, fit 
le plus grand honneur aux troupes qui y prirent 
part. Le sergent Gopprl fut cité à Tordre du jour 
et décoré. 

Beau trait d'intrépide sang-froid. 

Un autre brave qui mérita, lui aussi, ce jour-là 
de voir son nom inscrit dans les annales du 
corps, c'est le voltigeur Igonet. Pendant que sa 
compagnie, enveloppée par les cavaliers de Mina^ 
luttait pour rentrer dans Wich, Igonet tua un 
soldat espagnol en lui enfonçant sa baïonnette 
dans le ventre, puis se replia tranquillement en 
continuant son feu ; il avait déjà fait une tren- 
taine de pas lorsqu'il s'aperçut que sa baïonnette 
était restée plantée dans le corps de son adver- 
saire; aussitôt, malgré les instances de ses cama- 
rades et la fusillade de Tennemi, il alla froide- 
ment reprendre son arme là où elle était demeu- 
rée. L'énergique Igonet eut ses habits criblés 
de balles, mais revint heureusement sain et sauf 
de sa périlleuse expédition. 

Il serait difficile de citer un plus bel exemple 
de calme intrépidité ! 

Siège d'Urgel. 

Le 2« bataillon, seul, prit part au siège d'Urgel 
(18 septembre) et s'y distingua surtout en re- 

Hiit. 8* (Tinf. * 

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— 50 — 

poussant vigoureusement une sortie désespérée 
de la garnison qui capitula le lendemain. 

Furent cités pour leur brillante conduite au 
siège d'Urgel : MM. le commandant Le Blanc ; 
les capitaines Thibadlt et d'Huslaborde ; les 
lieutenants Baldram et Onfray; les sous-ofiOi^ 
ciers Baclê, Fédè, de la Jarriètte et le caporal 

MOUNAC. 

Combat de Llado. 

On donna ce nom à une série d'engagements 
qui eurent lieu près du village de Llado entre 
3,000 Espagnols commandés par Femandez et 
1,800 Français sous les ordres du général de Damas. 
Le but de l'ennemi était de s'emparer du fortin 
qui barre sur ce point la route de Figuières ; le 
5** de ligne et le i^^ bataillon du 8^, chargés de 
mettre obstacle à cette entreprise, s'acquittèrent 
si bien de leur mission qu'après diverses rencon- 
tres partielles, — les seules possibles dans ce 
pays excessivement couvert et tourmenté, — des 
3,000 Espagnols de Fernandez, il ne restait plus 
trace le deuxième jour ; 700 avaient été mis hors 
de combat, 2,000 étaient prisonniers, le reste 
s'était enfui. 

Les pertes de notre 1»^ bataillon devant Llado 
furent de 40 tués et de 90 blessés. Parmi les 
morts, figuraient le capitaine Oeshéros et le lieu- 
tenant Clavaroche. 

Furent cilés comme s'étant particulièrement 
distingués dans ces rencontres : MM. le comman- 
dant Richard; — les capitaines Campion, Cham- 
bellan, Raffin, Simon, Dronchart, Saint-Satn- 
tin; — les lieutenants et sous -lieutenants 



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— 51 — 

MÉIFFHÉN, PeRRIOUD, ChABCOT, PaRRY DE MAL- 

LEYRAND, RiBROccHi et Faure ; — les sous-offi- 
ciers PARRAUD, ChIPFAUT, POQUE, AZAIà, BORDIBR 

et Lefebvre ; — les caporaux. Couturier, Ollî- 
viER, Faustin et Amagat; — elles soldats David, 
G INET et Moulins. 

EXPÉDITION DE MORÉE 

(Du 14 août 1828 au 31 mars 1829.) 

Les Grecs, ayant essayé de secouer la domina- 
tio» ottomane, avaient été vaincus par les Turcs 
et les Egyptiens réunis : — l'Europe prit alors 
fait et cause pour les Grecs ; la flotte turque fut 
anéantie en 1827 à Navarin et Tannée suivante 
une armée française alla chasser les Turcs de la 
~ Moréé. Le régiment fit partie de cette expédition 
durant laquelle les Turcs ayant cédé presque 
partout sans faire résistance, nos troupes eurent 
peu à souffrir du feu de l'ennemi, mais furent 
fortement éprouvées par les fatigues et par les 
maladies qui ne réussirent pas, d'ailleurs, à affai- 
blir un seul instant leur énergie et leur entrain. 

CAMPAGNE DE BELGIQUE 

(1831 et 1832) 

La Belgique s'étant, — en 1830, — violem- 
ment séparée de la Hollande avec laquelle elle 
formait le royaume des Pays-Bas et cette sépa- 
ration ayant été acceptée par les puissances 
européennes, le gouvernement français résolut 
d'empêcher les Hollandais de ressaisir ce qu'ils 
avaient perdu. Une armée commandée par le 



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— 5« - 

maréchal Gérard et 4ont faisait partie le 8^ de 
ligne marcha, dans les premiers jours d^août 1831 , 
à la rencontre des Hollandais qui s'avançaient à 
grands pas sur le territoire belge et que l'appro- 
che de nos troupes suffit pour faire rentrer aus- 
sitôt dans leurs limites. Le but se trouvant ainsi 
atteint, sans coup férir, l'armée française repassa 
la frontière. 

Siège d'Anvers. 

Cependant les Belges, qui avaient repris pos- 
session de la ville d'Anvers, ne pouvant réussir à 
s'en faire remettre la citadelle restée au pouvoir 
des Hollandais, les hostilités ne tardèrent pas à 
recommencer. L'armée française entra de nou- 
veau en campagne et vint mettre le siège devant 
cette redoutable citadelle qui tient complètement 
à sa merci la ville d'Anvers et la navigation de 
l'Escaut. 

Le 30 novembre 1832, le régiment prit position 
sur la rive gauche du fleuve, le long des digues 
de Doël. 

Le 6 décembre, à 10 heures du matin, un ca- 
pitaine de vaisseau hollandais, envoyé par l'ami- 
ral commandant la flotte, vint prévenir le colonel 
du 8® que l'escadre allait ouvrir le feu sur nos 
batteries, et il ajouta qu'au bout d'un quart 
d'heure le régiment serait prévenu par un coup 
de canon à poudre immédiatement suivi d'un tir 
à boulets. Le colonel mit sa montre à l'heure de 
l'obligeant capitaine, et, effectivement, quinze mi- 
nutes après le départ de ce dernier, le feu com- 
mença. Tout le régiment était sous les armes 
s'attendant à un débarquement et prêt à le re- 



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— 83 — 

pousser, mais les Hollaudais ne jugèrent pas à 
propos de le tenter ce jour-là, et cela tint, sans 
doute, à ce que, dès le début de l'action, l'amiral 
hollandais fut tué par un boulet parti du fort de 
la Perle, qu'occupait une partie de notre 2® ba- 
taillon. 

Tout se borna donc à un vif échange de bom- 
bes et d'obus qui dura jusqu'à la nuit. Le régi- 
ment eut quelques tués et blessés parmi lesquels 
le fourrier MASsiAuxetle soldat Petit, qui avaient 
été placés en observation au delà des digues et 
qui eurent, le premier, le bras droit et le second 
la cuisse gauche emportés par le même boulet. 
Ces deux militaires furent cités à l'ordre du jour. 

Combat de Doël. 

Le régiment était établi le long des di- 
gues, sur un espace très étendu, au milieu de 
terrains partiellement inondés ; son poste avancé 
était placé dans une petite maison isolée , située 
à l'extrémité d'une longue digue sur les bords 
mêmes de l'Escaut. 

Le 23 décembre 1832, jour où la citadelle 
d'Anvers se rendit, l'amiral hollandais, nouvelle- 
ment placé à la tête de l'escadre, tenta un débar- 
quement auquel nos troupes s'attendaient d'autant 
moins qu'elles savaient la citadelle complètement 
aux abois. — A la faveur du brouillard, les Hol- 
landais, au nombre de 1,500 environ, prirent 
pied près du fort de Lieftembach, qui leur ap- 
partenait, et s'avancèrent aussitôt le long des 
digues, vers la maison isolée qu'occupaient 
25 hommes du S*», commandés par un ofiBcier; 
celui-ci ayant cru distinguer, à travers la brume, 



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— 84 — 

une troupe es mouvement, envoya le sergent Jous- 
SEBANT avec quatre hommes pour la reconnaitre ; 
c'était un détachement commandé par ud capi- 
taine et précédant d'une centaine de pas environ 
la colonne de débarquement. Le capitaine hol- 
landais cria au sergent Jousserant de mettre bas 
les armes et de se rendre; ce brave sous-ofla- 
cier, pour toute réponse, lui logea une balle dans 
la tête et se replia aussitôt, en tiraillant, vers le. 
poste. L'enoemi, un instant décontenancé, reprit 
bientôt sa marche en avant sur la maison isolée 
et fut accueilli par le feu de nos 35 hommes; 
mais heureusement pour ceux-ci que les Hollan- 
dais ne pouvaient les envelopper, car, malgré 
toute leur bravoure, ils n'eussent pu longtemps 
résister au nombre, d'autant que leurs munitions 
s'épuisaient rapidement. 

Cependant l'alarme avait été donnée et la 
compagnie la plus voisine, accourant au pas de 
course le long de la digue, survint à temps pour 
dégager le poste ; d'autres compagnies arrivèrent 
successivement sur le terrain de l'action, et, 
après quelques instants d'une vive fusillade^ 
notre 3« bataillon, bientôt rejoint par les deux 
autres, aborda l'eonemi à la baïonnette, et, mal- 
gré la grêle de mitraille et d'obus que lançaient 
à la fois Tescadre et le fort Lieftembach, le ré- 
giment entier s'avançant le long de la digue en 
battant la charge, culbuta les Hollandais et les 
rejeta en désordre dans leurs embarcations qui 
s'éloignèrent aussitôt à toutes rames. 

La nuit était venue; le régiment bivouaqua sur 
les emplacements où il avait combattu, c'est-à- 
dire sur les digues qui étaient jonchées de cada- 
vres hollandais. Nos pertes à nous étaient 



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— 55 — 

d*Qne centaine de tués ou blessés; les lieate* 
nants d'ârses et de Sàint-Lêger étaient parmi 
les morts. 

Nos hommes s'étaient montrés admirables 
d'impassibilité sous l'ouragan de fer que, durant 
six heures, âOO pièces de canon n'avaient cessé 
de déchainer sur le régiment. 

Le soir même on apprit que la citadelle avait 
capitulé. 

CITATIONS 

Furent cités comme s'étant particulièrement 
distingués dans le combat de Doêl : MM. le com- 
mandant Babdisson; — les capitaines Couston 
(depuis général), Millo, Destaing et Meiffrbn ; 
— le sous-lieutenant Caffani ; — les sous-ofla- 
ciers Jousserant, Desnoyers, Belin, Boutairb et 
Fourrier; — les soldats Cotté, Giacombtti, 
Baillot et Lambert. 

CAMPAGNES D'AFRIQUE 

(De septembre 1847 à août 1852). 

Le 27 septembre 1847, le 8» de ligne s'embar- 
qua pour l'Algérie où il allait enrichir^ par de 
nouveaux et glorieux faits d'armes, l'Historique 
du corps. 

Expédition de Sidi-Mérouan. 

Cette expédition^ qui dura du 4 août au 13 sep- 
tembre 1848 et à laquelle prirent seulement part, 
du régiment, le 3^ bataillon et les compagnies 
d'élite des deux autres, se borna à l'enlèvemen 



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— 56 — 

après de longues et rades marches dans les mou- 
tagnes de la Kabylie, de ia smala des Ben-Azze- 
dine, cbels influents des tribus berbères. 

Parmi les blessés de cette expédition, figurait 
M. le sous-lieutenant Colin, qui fut décoré quel- 
ques jours après eu même temps que le com- 
mandant Robuste et le caporal Margellot, qui 
iB'y étaient également distingués. 

Aifaire d'El-Arouch. 

La i'*^ compagnie du 3^ bataillon, quelques 
hommes des services auxiliaires et une centaine 
de miliciens occupaient le camp d'Ël-Arouch 
(29 avril 1849), sous les ordres de M. le capitaine 
adjudant-major d'Aubuisson, du 8^ de ligne. 

Prévenu qu'une troupe d'un millier d'Arabes, 
fanatisés par le shérif Ben Jamina, marchaient sur 
le camp qu'entourait une simple levée de terre, 
et qui n'avait pas moins de 2,000 mètres de dé- 
veloppement, M. le capitaine d'Aubuisson se 
prépara à le recevoir vigoureusement; n'ayant 
pas assez de monde pour faire occuper tout le 
périmètre du camp, il disposa ses hommes sur 
les points les plus vulnérables et principalement 
sur la face de Constantine, par où il supposait 
être surtout attaqué. 

Le 29 avril, à midi, les Arabes parurent en vue 
du camp ; Tun d'eux, se disant envoyé par le 
shérif, apporta au capitaine d'Aubuisson une 
lettre par laquelle on sommait ce dernier de se 
rendre et de se faire musulman. Cette étrange 
sommation ayant été accueillie comme elle le 
méritait, l'ennemi se mit en mouvement et se 
dirigea droit sur la face de Constantine; mais 



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— 57 — 

tout à coup, à un sigual donné, conversant brus- 
quement à gauche, il se porta contre la face de 
Robertville, son véritable point d'attaque; le 
commandant du camp porta aussitôt, lui aussi, 
le gros de ses forces de ce côté et enjoignit à 
chacun de ne faire feu qu'à son commandement. 

Cependant les Arabes s'avançaient, drapeaux 
et musique en avant, chantant les versets du 
Korau et s'attend an t, ainsi que leur chef le leur 
avait promis, à voir le camp s'effrondrer à leur 
approche. Lorsqu'ils furent arrivés à bonne por- 
tée, le capitaine d'Aubuisson ordonna le feu ; 
plus de 50 Arabes tombèrent aussitôt tués ou 
blessés et, entre autres, celui qui portait le dra- 
peau du shérif. 

Frappés de stupeur en voyant que contraire- 
ment aux prédictions de Ben-Jamiua, les balles 
faisaient des vides dans leurs rangs au lieu de se 
changer eu gouttes de rosée, les Arabes se mirent 
à fuir, abandonnant honteus^ement une attaque 
qu'ils avaient si pompeusement préparée. 

De notre côté, tout le monde avait bravement 
fait son devoir; M. le sous-lieutenaut Ber- 
THEZÈNE, du régiment, fut particulièrement cité 
pour le courage et le sang-froid qu'il avait mon- 
trés dans cette affaire. 

Expédition de Zouagha. 

(Dq 18 mai an 28 juillet 1849.) 

Dans fune des petites rencontres qui eurent 
lieu, durant cette expédition, entre les Arabes et 
divers détachements des nôtres, le caporal Pier- 
RARD, du 8«, fut cité pour la bravoure dont il 
avait fait preuve dans une lutte corps à corps 



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— S8 — 

avec plusieurs Arabes dont deux restèrent sur le 
carreau. 

Siège et prise de Zaatcha. 

(Dq 7 octobre au 28 novembre 1849.) 

La ville de Zaatcha étant devenue le foyer 
d'une insurrection qui menaçait d'envahir toute 
la province de Constantine, une colonne expé- 
ditionnaire sous les ordres du général Herbiiion 
partit pour aller Infliger aux rebelles une puni- 
tion exemplaire. 

Le 8® de ligne ne fournit, au début, à cette 
colonne qu'un seul bataillon, le 1^*' ; mais, après 
les attaques infructueuses des 8 et 20 octobre, le 
général Herbillon ayant demandé des renforts, 
un nouveau bataillon du régiment, le 2«, alla 
rejoindre, sous les murs de Zaatcha, le corps de 
siège. 

Gomme toutes les localités du Sahara, Zaatcha 
occupait le centre d'une oasis et ses abords pré- 
sentaient un inextricable réseau de jardins clos 
de haies vives ; le village, percé de rues étroites 
bordées de maisons à terrasse, était entouré 
d'un mur dont le pied se trouvait protégé par un 
large fossé plein d'eau ; une mosquée et quelques 
autres constructions secondaires s'élevaient seu> 
les sur la lisière nord de l'oasis. 

Le 7 octobre dans la matinée, Tavant-garde de 
la colonne expéditionnaire déboucha en face de la 
mosquée et l'enleva. Le lendemain une. partie de 
nos troupes tenta une attaque de vive force 
contre le village ; les premiers jardins furent 
rapidement enlevés, mais quand nos hommes 
arrivèrent devant le mur d'enceinte, ils se heur- 



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— No- 
tèrent à de tels obstacles et se trouvèrent en 
prise à un feu si meurtrier qu'ils durent se 
replier. Les Arabes exécutèrent alors une sortie 
furieuse, mais ils furent presque aussitôt vigou- 
reusement ramenés par quatre compagnies du 
régiment qui avaient été postées, dès le début de 
l'action, dans les jardins, pour y appuyer le 
mouvement offensif. 

L'honneur de la journée fut pour ces quatre 
compagnies (grenadiers, l*"", 2« et 3^ compagnies 
du l®»* bataillon). 

Dans cet engagement, M. le sous- lieutenant 
MiNOT ayant été mortellement frappé, le soldat 
GouRGUECHON, qui s'était élancé aussitôt pour le 
relever, fut atteint à son tour sur le corps môme 
de son officier. 

L'attaque par surprise ayant échoué, on com- 
mehça le siège en règle de Zaatcha. 

Le 20 octobre, un premier assaut fut donné 
mais il était encore prématuré et échoua aussi. 
On se remit à l'œuvre avec une nouvelle énergie 
et, malgré les nombreuses et vigoureuses sorties 
faites par les Arabes pour contrarier nos tra- 
vaux, sorties qui furent toujours vaillamment 
repoussées, trois brèches s'étant trouvées prati- 
cables le 25 novembre, l'assaut général fut résolu 
pour le lendemain. 

Trois colonnes d'attaque furent formées : celle 
de droite sous les ordres du colonel Canrobert; 
celle du centre sous les ordres du colonel de 
Barrai, et enfin celle de gauche sous les ordres 
du lieutenant-colonel de Lourmel, du 8® de ligne, 
le même qui plus tard se fit si héroïquement tuer 
comme général de brigade aux portes mêmes de 
Sébastopol. 



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— 60 — 

Une colonne de réserve fut, en outre, laissée 
dans les tranchées, prête à parer à tous les évé- 
nements. 

Le lieutenant-colonel de Lourmel. 

Le 26 novembre 1849, à 8 heures et quart du 
matin, le signal de Tassant est donné ; le lieute- 
nant-colonel DE Lourmel enlève aussitôt le régi- 
ment au cri de : « En avant !» et le conduit d'un 
seul élan jusque sur le sommet de la brèche ; 
arrivés là, nos hommes sont accueillis par une 
grêle de balles que fait pleuvoir sur eux, par les 
créneaux, un ennemi complètement invisible. En 
vain nos braves soldats cherchent un passage 
pour pénétrer dans la localité, ils n'ont devant 
eux que des murs crénelés et des barricades 
infranchissables. 

Dans cette situation critique, le lieutenant-co- 
lonel DE Lourmel a tout à coup une inspiration 
des plus heureuses ; déjà sérieusement blessé, il 
se fait hisser sur la terrasse de la maison la plus 
voisine et promptement rejoint par tous ses 
hommes qui, entraînés par son exemple, ont 
escaladé à qui mieux mieux les maisons qu'ils 
avaient devant eux, il s'élance, Tépée haute, sur 
ce singulier chemin qui peut seul nous assurer, 
sans perles trop sanglantes, la possession rapide 
du village. 

Bientôt, en effet, la colonne de Lourmel arrive 
comme un ouragan jusqu'à l'autre extrémité de 
Zaatcha où elle se réunit aux zouaves de Canro- 
bert qui accouraient de leur côté; c'est à ce 
moment que le fourrier Cottoni, du 8®, qui 
n'avait pas un seul instant quitté le vaillant 



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— 61 — 

colonel DE LouRMEL, est blessé près de celui-ci 
en arborant le premier drapeau français qui ait 
flotté sur ces murailles. 

Un immense cri de « Vive la France ! » reten- 
tit alors et est accueilli et répété avec tant d'en- 
tbousiasme jusque dans la tranchée que la colonne 
de réserve, électrisée, s'élance tout entière pour 
aller partager la gloire et les dangers des colon- 
nes d'assaut. 

Cependant, tout n'était pas encore terminé : il , 
restait à s'emparer, une par une, de toutes les 
maisons que les Arabes paraissaient déterminés 
à défendre avec toute l'énergie du désespoir. La 
pioche d'une main, le fusil de l'autre, nos hom- 
mes, dont l'audace s'accroît avec la résistance 
opiniâtre qu'ils rencontrent, renversent tous les 
obstacles et en exterminent si bien tous les dé- 
fenseurs qu'une heure à peine après le signal de 
l'assaut, Zaatcha présentait le spectacle unique 
d'une ville dout toute la population a été anéan- 
tie et dont les assaillants sont devenus les seuls 
habitants. 

Tout le monde dans cette journée avait fait 
plus que son devoir, mais parmi les militaires 
du régiment qui, à côté de l'héroïque colonel 
DE LouRMEL, se Signalèrent d'une manière parti- 
culière, figuraient : 

MM. les lieutenants Dévoyer et Mareux, qui 
commandaient les deux compagnies de grena- 
diers, tête de colonne ; 

Le capitaine Jarrot, qui fit preuve dune rare 
intrépidité ; 

Le capitaine de Lartigue (devenu depuis géné- 
ral de division;, officier aussi intelligent que 
brave qui eut l'honneur d'enlever la maison du 



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- 62 - 

marabout Bonziao, chef des défenseurs de Zaat- 
cha ; 

Le coniraaudant Carrieu qui entraîna sou 
bataillon avec une vigueur bors ligne ; 

Les capitaines d'Aubdisson, Barrois et Tacus- 
SEL, dont la conduite fut comme toujours au- 
. dessus de tout éloge ; 

Le lieutenant de La Barre, que l'on vit cons- 
tamment aux: points les plus exposés ; 

L'adjudant Vidal, qui donna de nouvelles 
preuves d'un gand courage et d'une grande 
intelligence ; 

Le tambour-major Génin, qui entraîna ses clai- 
rons et tambours et les tint constamment sous 
le feu de l'ennemi ; 

Le sergent fourrier Cottoni, blessé au moment 
où il plantait son fanion sur une des terrasses 
de Zaatcha ; 

Le sergent-major Blanc et le fourrier Dupré, 
admirables d'entrain et d'intrépidité ; 

Le sergent-major Trouillet, qui alla ramasser 
plusieurs blessés sous le feu de l'ennemi ; 

Les soldats Gourguechon et Dunan, qui, bien 
que blessés, continuèrent à combattre ; 

Le docteur Pastoret, qui fit preuve du plus 
grand dévouement comme précédemment à Gons- 
tantine pendant le choiera, et se montra en même 
temps un intrépide soldat. 

Le dernier hommage appartient au sergent 
Beveraggi ; ce brave sous-olficier, qui avait été 
blessé de trois coups de feu dans la première 
attaque contre Zaatcha, le 8 octobre, apprend 
à l'ambulauce que le jour de l'assaut général 
approche; quoique non encore complètement 
guéri, il sollicite avec tant d'ardeur la faveur de 



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— 63 — 

rejoindre sa compagnie que Ton finit par accéder 
à ses instances ; Bevebaggi arrive au camp la 
veille de l'assaut et réclame Thonneur d'y mon- 
ter des premiers ; — échappé à tous les dangers 
pendant l'attaque, il entend vers le soir tirer des 
coups de fusil aux avant-postes ; il s'y précipite 
aussitôt et y reçoit sa quatrième blessure qui 
celle-là, hélas ! était mortelle. 

Affaire de Narah. 

Le 5 janvier 1850, une partie du régiment 
contribua à l'assaut et à la destruction de Narah, 
sorte de nid de vautours perché sur un roc à pic 
et qui servait de refuge à tous les bandits de 
l'Aurés. M. le sous-lieutenant Wolffry fut tué. 
Les sergents Makstracci, Pélissier, Huart et 
les soldats Biesse, Martin et Pauwert furent 
cités comme s'y étant fait particulièrement remar- 
quer. 

Expédition contre les Nemanchas. 

Le régiment n'envoya qu'un détachement à 
cette expédition durant laquelle ne furent exécu- 
tés que quelques coups de main et razzias qui 
suffirent pour faire rentrer ces tribus dans le 
devoir. 

Colonnes dans la Kabylie (1851-1852). 

Une colonne sous les ordres du général de Saint- 
Arnaud et forte de 3 brigades se mit en marche 
le i 1 mai 1851 pour aller opérer dans la Kabylie. 

Le 8* de ligne — colonel Jamin — faisait 
partie de la 3« brigade — général Bosquet. 



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— 64 — 

Combat d'Arba. 

L'entrée de la Kabylie est barrée par une ligne 
de hauteurs plus ou moins escarpées présentant 
divers cols qui sont les points de passage natu- 
rellement indiqués pour pénétrer dans le pays. 

Les Arabes nous atlendaient au col d'Arba ; 
le général de Saint-Arnaud les y attaqua immé- 
diatement. La brigade Bosquet avait devant elle 
des pentes très raides dominées par des crêtes 
rocheuses que couronnaient les Arabes. Au signal 
de l'attaque, la charge retentit et le l*"" bataillon 
du 8®, malgré le feu nourri de l'ennemi, esca- 
lade les pentes et enlève les crêtes avec une telle 
impétuosité que les Kabyles terrifiés prennent 
aussitôt la fuite. 

Le brave général Bosquet, qui s'était élancé 
des premiers, reçut une balle à l'épaule, mais ne 
quitta pas le terrain de l'action et dirigea le com- 
bat jusqu'au bout. 

Cependant les Arabes, revenus de leur panique, 
s'étaient ralliés et, à la faveur de la demi-obs- 
curité qui commençait à régner, s'étaient portés 
par un détour sur nos derrières et avaient 
assailli à l'improvisle notre convoi que proté- 
geait le 2^ bataillon du régiment ; celui-ci sou- 
tint vaillamment le choc et permit au général 
Bosquet d'arriver à la rescousse et de mettre 
une deuxième fois les Kabyles en fuite. 

Le lendemain, une partie de la brigade fit une 
pointe sur le territoire des Beni-Mimouann, répu- 
tés les plus féroces parmi les Kabyles. Le 1^<* 
bataillon du 8^ y eut quelques escarmouches 
avec l'ennemi dans lesquelles M. le souslieute-, 



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.gle 



&ant Berthezène se signala en lattant corps à 
corps avec plusieurs Kabyles. 

Combat dô Djijelli. 

En arrivant le 18 mai à Djijelli, la colonne y 
apprend que les Arabes occupent une forte posi- 
tion à peu de distance en avant. Le commandant 
en chef donne aussitôt mission au général Bosquet 
d'aller les en déloger et de tacber d'en finir une 
bonne fois avec eux. 

Au signal de l'attaque, le régiment s'élance, 
comme au col de l'Arba, à la baïonnette, rejoint, 
malgré les difficultés du terrain et la fusillade de 
l'ennemi, les Kabyles embusqués derrière les 
rocbers abrupts où ils s'imaginaient être à Tabri 
de nos coups, et les culbute dans les ravins en 
leur infligeant de grandes pertes. 

A la suite de cette brillante affaire, le général 
en chef adressa de vifs éloges au 8® de ligne eu 
répétant à plusieursreprises que les honneurs de 
la journée appartenaient à ce brave régiment. Le 
général Bosquet, de son côté, excellent appré- 
ciateur, serra la main du colonel Jaiiin en lui 
disant qu'il devait être fier de commander à de 
si énergiques soldats. 

Expédition de TOued-Sahel. 

Le 26 mai 1831, le régiment quitta la colonne 
Saint- Arnaud pour aller, avec le générai Bosquet, 
renforcer la colonne Gamou chargée d'opérer 
vers Bougie et dans l'Oued-Sahel. 

Le 29 mai, le général Gamou attaque les 

Hist. 8* d'inf. 5 

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— ôd — 

Arabes qui cbercbent à nous barrer le passage 
et les défait complètement à Maouaclan. 

Dans cet engagement, le 8^ fit si bien son 
devoir qu'il eut l'honneur d'entendre le com- 
mandant en cbef de la colonne déclarer que 
t d'un coup bien frappé le rcifiment venait de 
lui ouvrir les portes de Bougie ! • 

Cependant, le shérif Bon-Baghala, notre ad- 
versaire de Maouaclan, s'étant réfugié, à la suite 
de son échec, chez les Beni-Jola, puis chez les 
Beui-Fanala, une partie de nos troupes part 
châtier ces deux tribus. Bou-Baghala court alors 
fomenter l'insurrection dans TOued-Sahel, et y 
est poursuivi par le général Camou, qui, chemin 
faisant, fait rentrer dans Tordre les Beni-Him- 
mel et les Beni-Ougblis ; BouBaghala est enfin 
rejoint par les nôtres sur le territoire des Ouzel- 
laguen, en avant du village d'iril-Netara; une 
action s'engage aussitôt et, malgré l'énergique 
résistance des Kabyles, le village est enlevé et 
Bou-Baghala ne doit son salut qu'à la vitesse de 
sa monture. 

Le lendemain, les Ouzellaguen, renforcés par 
d'autres tribus amenées par le tenace et infati- 
gable shérif, durent être attaqués de nouveau. 
Cette deuxième journée fut décisive, elle soir 
tous les Onzellaguen se rendirent à merci. 

Toutefois, l'insaisissable Bou-Baghala n'avait 
pu encore être pris et la colonne dut aller le 
relancer chez les Beni-Abbas. 

Le 7 juillet, le régiment enleva prestement 
Bel-Arial, village réputé inexpugnable, et com- 
promit si bien, du même coup, par son irrésis- 
tible élan, le prestige de la fameuse Kalaa, ville 
considérée jusqu'alors comme la citadelle invio- 



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— 67 — 

lable.de la Kabylie, que nous l'occupâmes le 
lendemain sans coup férir. 

Toutes les tribus de l'Oued -Sabel étant dès 
lors domptées et soumises, nos troupes dont la 
mission se trouvait ainsi glorieusement termi- 
née, rentrèrent successivement dans leurs gar- 
nisons respectives. 

Les officiers, sous-officiers, caporaux et sol- 
dats qui, à la suite de toi^tes ces expéditions, 
méritèrent d'être cités comme s'y étant plus 
particulièrement fait remarquer par leur bra- 
voure et leur vigueur, furent : 

MM. le colonel Jamin; 

Les commandants Robuste et GARRiEn ; 

Les capitaines Nicot, Grèbus, de Lartigub, 
BoisLivEAU, Gaudibr, Barrois, d'Agnel de 
Bourbon et Priant ; 

Le docteur Pastorel; 

Les lieutenants Hunolt, Châtelain, Drappbau, 
Branger et Royer ; 

Les sous-lieutenants Philibert (depuis géné- 
ral) et Berthezâne ; 

Les sous-officiers Tourraton, Audouy, Vidal 
(aine et cadet), Maestracci, Petit et Baguet ; 

Les caporaux Mercadier, Etienne, Baylac, 
Mqbbl et Fobget; 

Les soldats Goutaut, Donjon, Albou, Picot, 
Davout, Monavon, Hugonnet et Escafpat ; 

Le clairon Biolet. 

Au reste, la vaillante conduite du régiment en 
toute circonstance lui avait acquis une si belle 
réputation que, dans toutes les opérations im- 
portantes, les généraux qui en étalent chargés 
demandaient à emmener avec eux au moins un 
des bataillons du 8®, certains qu'ils pourraient 



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— 68 — 

toajours,6n toute conûance, soit le lancer hardi- 
meDt en avant dans les attaques périlleuses, soit 
le placer sans inquiétude à Tarrière-garde dans 
les retraites difiBciles. 

Colonne de la neige. 

Cependant, Tobstiné Bou-Baghala, bien que 
sa cause fût compromise, n'avait pas perdu tout 
espoir de la relever. Au mois de janvier 1852, 
il essaya encore une fois de soulever les tribus 
du Bas-Sahel; le régiment se porta aussitôt, avec 
le général Bosquet, au cœur du pays que le 
shérif cherchait à agiter; la présence de nos 
troupes suffit pour faire promptement tout ren- 
trer dans Tordre et Bou-Baghala disparut de 
nouveau comme par enchantement. 

Le régiment se remit en marche pour rentrer 
à Bougie ; durant la route, il se trouva tout à 
coup terriblement aux prises, non plus avec les 
Kabyles révoltés, mais avec les éléments déchai- 
nés ; une épouvantable tempête de neige s'a- 
battit sur nos troupes, les aveuglant, les paraly- 
sant et les faisant tomber à chaque pas sur l'é- 
paisse couche de flocons glacés qui recouvrait 
complètement la route et l'avait rendue absolu- 
ment impraticable. Durant cette marche excep- 
tionnellement pénible et rude, qui fit donner par 
nos hommes à cette expédition le nom si expres- 
sif do c Colonne de la neige! » les souffrances 
et les fatigues furent supportées par tous avec 
la plus mâle résignation, et, grâce à l'énergie et 
au dévouement de chacun, les pertes, quoique 
sensibles, ne furent pas, Dieu merci ! aussi gran- 
des qu'il y avait eu lien de le redouter. 



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— 69 — 



Rentrée en France. — Ordre du jour. 

Le 15 mai, apr^s quelques mois d'un repos 
bien mérité, le régiment alla coopérer à la mise 
en état de viabilité de diverses voies de com- 
munication ; le 9 juillet, sa mission étant termi- 
née, il regagna Bougie et y apprit, en arrivant, 
qu'il était désigné pour rentrer en France. 

Ce fat le 27 août 1852 que le 8^ de ligne s'em- 
barqua pour rentrer dans la mère-patrie. 

Nous extrayons de l'ordre du jour par lequel 
le gouverneur général de l'Algérie salua le dé- 
part du régiment, les passages suivants qui sont 
un glorieux résumé des grandes choses accom- 
plies par le corps, sur le sol africain : 



t Venu en Afrique en 1847, le 8« de ligne 
en part au bout d'un séjour de près de cinq 
aimées, après y avoir vaillamment fait son devoir 
notamment daus le Zouagha, au siège et à la 
prise de Zaatcha, dans l'Aurès, à la prise de 
Naarh, dans les opérations de la Kabylie, à 
Djijelli et sur les pointes de rOuedSabel. 

• Non seulement le 8® de ligne a partout com- 
battu avec gloire, mais tout récemment encore, 
il faisait partie de cette colonne qui, près de Bou- 
gie, sous les atteintes d'une terrible tempête, a 
frappé d'admiration les Kabyles en leur donnant 
le viril spectacle d'une énergie que rien ne peut 
abattre. 

» Parmi les travaux du 8® de ligne figurent des 
entreprises pour rendre viables le passage de la 
(jraode Porte de? Bibaps et, eu dernier (i^u, |e 



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— 70 — 

passage de la grande ronte destinée à relier Bou- 
gie à Alger à travers la Grande Kabyile. 

» Allez, braves soldats, retournez dans notre 
chère France; soyez-y les dignes représentants 
de cette armée qui va continuer l'œuvre à laquelle 
vous avez glorieusement travaillé; dans toutes 
les occasions demeurez ce que vous avez tou- 
jours été, intrépides, disciplinés, inébranlables 
dans rentier accomplissement de vos devoirs 
militaires. 

» Allez, votre souvenir ne périra pas parmi 
nous ! 

» Le Gouverneur général, 
> Signé : Randon. > 

CAMPAGNE D'ITALIE 

(1859) - 

L'Autriche ayant brusquement envahi le Pié- 
mont au printemps de Tannée 1859, une puis- 
sante armée française franchit aussitôt les Alpes, 
marcha à la rencontre des Autrichiens^ les bat- 
tit six fols en moins d'un mois, leur enleva la 
Lombardie et leur dicta les conditions de la paix. 

Durant cette rapide et brillante campagne, le 
8® de ligne fit partie de la ffi brigade de la 1'® di- 
vision du 4^ corps que commandait en chef le 
général Niel. 

Le régiment ne prit une part active qu'à la 
grande et mémorable bataille de Solferino, où il 
soutint vaillamment sa vieille et glorieuse répu- 
tation. 

L'ennemi, qui cédait le terrain depuis Magenta 



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— 71 — 

.et qoe Tod ne pensait rencontrer à nouveau que 
sar les bords du Mibcio, prit inopinément posi- 
tion sur la ligne de hauteurs passant par Casti- 
glione, Solferino et Cavriana. 

A partir de Cavriana, cette série de collines 
tombe brusquement dans une grande et vaste 
plaine appelée : ^ le Champ de Médole » ; c'est 
dans cette plaine couverte de vignes et de mûriers 
que le 4® corps eut à soutenir, le 24 juin, pendant 
dix heures, une lutte formidable contre les for- 
ces écrasantes que les Autrichiens ne cessèrent 
de lancer sur notre aile droite pour tenter de la 
déborder. 

Bataille de Solferino. 

Le 24 juin, à 4 heures du matin, le régiment 
quitta ses bivouacB et prit rang dans la colonne 
qui marcha aussitôt sur Médole; vers 6 heures, 
ce village fut vigoureusement enlevé et dépassé. 

A la sortie de Médole, la division Lu/y de Pe- 
lissac prit son ordre de bataille; le 8® de ligne 
fut placé à la gauche delà i^ brigade, mais dans 
une direction perpendiculaire à celle qu'occupait 
celle-ci. 

A 8 heures du matin, le mouvement en avant 
commença ; le colonel Vaubert de Genlis, qui 
commandait le 8*^, s'apercevant bientôt qu'un 
grand vide allait se former entre la gauche de 
la i^^ brigade et le régiment, fit exécuter à son 
1®** bataillon un brusque changement de direction 
à droite; ce mouvement s'étaut fait très rapide- 
ment et le !<"' bataillon ayant ensuite de plus en 
plus accéléré son allure pour courir sus à 
Tennemi qui semblait déjà se replier, les 2® et 



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— 72 — 

3^ bataillons se trouvèrent bientôt placés en^ 
échelons à une distance de près de 3 kilomè-* 
1res en arrière du 1«>* ; celui-ci, poursuivant 
f 00 jours sa rapide marche offensive, vint tout à 
v>oup se heurter contre un régiment autrichien 
embusqué derrière un pli de terrain et qui Tac- 
cueillit presque à bout portant par une fusillade 
des plus vives. Nos hommes s'élancent aussitôt, 
tête baissée, sur l'ennemi et le forcent à céder 
le terrain ; mais bientôt débordés à droite et 
à gauche et menacés d'être complètement en- 
veloppés, ils sont obligés, à leur tour, de se re- 
porter en arrière ; trois fois ils retournent à la 
charge et trois fois leur élan vient se briser con- 
tre des forces supérieures. 

Dans ces attaques répétées, le vaillant colonel 
Vaubbrt de Genlis était tombé des premiers 
mortellement atteint ; le lieutenant-colonel de Neu- 
CHÈZB venait à peine de le remplacer lorsqu'il 
fut frappé à son tour d'une balle en plein cœur ; 
d'autre part le commandant Berthaud-Duchesne 
avait eu son cheval tué sous lui et la majeure 
partie des officiers du bataillon hors de combat. 

Les i"^ et S^ bataillons qui, pendant ce temps, 
s'étaient également trouvés aux prises, sur d'au- 
tres points de la lulte, avec des forces supérieures 
et, sans cesse renouvelées, avaient été, eux 
aussi, cruellement éprouvés. 

Dans ces conditions, le régiment dut être 
momentanément relevé par des troupes fraîches 
et il alla se reformer en arrière de Rebecco; 
mais ce n'était là, pour nos braves, qu'un moment 
de répit; à peine, en effet, le 8® s'était-il rallié 
qu'il reçut l'ordre d'aller refouler une colonne 
ennemie qui cherchait à s'emparer de Rebecco 



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-« 73 — 

et en occupait déjà les premières maisons. Le 
régiment s'élança aussitôt au pas de charge, pé- 
nétra dans le village malgré un feu des plus 
meurtriers et en chassa les Autrichiens à coups 
de baïonnette; en vain ceux-ci exécutèrent-ils 
pendant plus de deux heures de nombreux et vi- 
goureux retours offensifs, s'acharnant surtout à 
vouloir reprendre une grande ferme isolée que 
leur avait enlevée la gauche du régiment, tous 
leurs efforts vinrent se briser contre la résistance 
opiniâtre de nos hommes. 

La lutte cessa de ce coté à l'arrivée des troupes 
du 3® corps qui forcèrent enfin l'aile gauche enne- 
mie à battre définitivement en retraite, pendant 
qu'au même moment notre aile gauche, à nous, 
emportait d'assaut les hauteurs de Solferino, clef 
des positions autrichiennes. 

La victoire des Français était éclatante et 
complète. 

Durant cette rude et glorieuse journée, où le 
4« corps s'était, selon un télégramme fameux, 
€ couvert de gloire », le régiment eut 28oflQciers 
et 389 hommes tués ou blessés. 

Les officiers tués sur le champ de bataille ou 
morts peu après des suites de leurs blessures, 
sont : v- 

MM. DE Vaubert de Genus, colonel; 
De Nbcjchèze, lieutenant-colonel; 
Gaucher, chef de bataillon; 
Dévoyer, capitaine; 

MiLLOT, Malafaye, Colonna-Lbcas, Galléan, 
lieutenants; 
PiÉTRi et Dedreuil-Paulet, sous-lieutenants. 

Parmi (es blessés Qguraiei^t; 



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— 74 ^ 

MM. BERTHAUD-DuCHESNEet MouziN-LiZYS, chefs 
de bataillon; 

Déjoue, Royer, Garcin, Desjardin et Cervoni, 
capitaines; 

SÉJAL, Arson, Baguet et Ganzin, lieutenants ; 

Carrêre, Illaire, Sauffrîgnon, Raffara, 
Thermet, Berthezène, sous-lieutenants ; 

YerdieR; médecin aide-major. 

Voici la liste des récompenses accordées au 
corps à la suite de la campagne d'Italie : 

MM. MouziN-LizYS, commandant, et Pigeon, 
capitaine, furent nommés officiers de la Légion 
d'honneur. 

Gervoni, Garcin, Roybr, Déjoue, capitaines; 

— Baguet, lieutenant ; — Thermrt, Sauffrîgnon, 
Dedreuil-Paulet et Garrère^ sous-lieulenanls ; 

— Verdier, médecin aide major; — Meyssin, 
tambour-major; — Carol, sergent-major; — 
Alabonne, soldat, — furent nommés chevaliers. 

Les sous-officiers: Labbê, Nobili. Duburg, 

MOLLARD, BÈNB, FORTOUL, MeRENTIER, PELLETIER, 

Vignot, et Lapierre; — les caporaux Flandin, 
GoLSON et Planchon; — les soldats Gasanova, 
Angely, Saudubray, Thomas, Vanuxem, Bizet, 
Anina, Buly, Poilloux, Avoine et Guérin, — 
reçurent la médaille militaire. 

CAMPAGNE CONTRE L'ALLEMAGNE 

(1870-1871) 

Les extrêmes se touchent ! Après la brillante 
campagne dltalie. en 1859, qui fut pour nos 
troupes une véritable marche triomphante, nous 
arrivons à la funeste campagne de 1870-4871 



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— . 78 — . 

durant laquelle la France eut à subir une terrible 
série de revers inouïs. 

Hâtons- nous toutefois d'ajouter que, si durant 
cette guerre désastreuse, nos armées submergées 
par le nombre, virent la fortune des armes trahir 
tous leurs efforts, elles ne luttèrent pas du moins 
sans gloire, et, comme Ta si bien dit l'auteur 
des Chants du soldat. 



« Elles surent encor mourir, sinon combattre ! 
« Et puis nous n'avons pas toujours été si bas : 
« Freschwiller est l'assaut d'un homme contre qua- 

[tre, 
c Et de ces assauts-là les Prussiens n'en font pas ! 
< Gravelotte etBorny ne sont pas des défaites; 
« Les vivants ont vengé les morts de Champignj' ; 
« Les gloires de Strasbourj^ échappent au^ con- 
€ Et Paris affamé n'a jamais défailli ! » [quêtes 



Libre donc à nos adversaires de croire que la 
campagne de 1870 1871 a été pour eux la revan- 
che complète de la campagne de 1806; certes, au 
point de vue des résultats matériels, cela est in- 
déniable, mais l'impartiale Histoire dira que 
tandis qu'eu 1806 la France vainquit la Prusse à 
armes égales, en 1870, l'Allemagne ne dut, eu 
grande partie, ses succès qu'à l'écrasante supé- 
riorité numérique de ses forces. 



Durant la campagne contre l'Allemagne, le 
régiment Ût partie de la i""® brigade de la 2® 4ivi- 



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— 76 — 

sion du 2^ corps de Tarmée du Rhin. 11 assista, 
le 2 août, à Tafifaire de Sarrebruck et u*y eut que 
quelques blessés. 

Le Se de ligne à Spickeren. 

Le 6 août 1870, — au sanglant combat de For- 
bach, — le 8*^ fut d'abord maintenu en réserve 
jusque vers 4 heures du soir; à ce moment 
les 2° et 3» bataillons, sous les ordres du lieute- 
nant-colonel Gabrielli — {le colonel, M. Haca, 
remplissait les fonctions de général de brigade), 
— reçurent Tordre de se porter au secours des 
troupes qui, depuis le matin, défendaient avec 
acharnement contre des forces sans cesse gros- 
sissantes le plateau de Spickeren. 

Le i^^ bataillon resta dans la plaine et fut di- 
rigé sur Styring, où il servit à masquer, en 
arrière de la i^^ division, l'absence des réserves 
qui nous faisaient défaut. Ce bataillon ne fut pas 
sérieusement engagé et ne perdit, ce jour-là, 
que quelques hommes. 

Lorsque le 2^ et le 3® bataillon débouchèrent 
sur le plateau, la situation était des plus criti- 
ques ; notre artillerie, trop inférieure en nom- 
bre, venait d'être réduite au silence ; quelques 
batteries prussiennes, au contraire, avaient 
réussi à se hisser sur les crêtes nord-est du pla- 
teau d'où elles dirigeaient un violent tir d'écharpe 
sur nos troupes que foudroyait déjà, depuis 
longtemps, un feu direct des plus intenses. Dans 
le bas, la plaine était toute noire de colonnes 
prussiennes s'avançant pour envelopper ce con- 
tre-fort en saillie sur lequel notre 3® division se 
tenait désespérément cramponnée. 



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— y? — 

Le lientenaDt- colonel Gabrielli se rendant 
promptement compte de la situation, comprit 
que le point capital, à cette heure, était d'arrê- 
ter, coûte que coûte, sur la gaucbe de la division 
Lavaucoupet, la marcbe enveloppante de Tenne- 
mi ; il lança, en conséquence, dans cette direc- 
tion, ses deux bataillons qui ne tardèrent pas à 
s'y trouver violemment aux prises avec des for- 
ces supérieures. 

En vain pendant trois heures, secondés par 
leur formidable artillerie, d'innombrables es- 
saims d'assaillants, se glissant le long du ravin 
boisé qui écbancre cette partie du plateau, font 
les plus vigoureux efforts pour en déloger les 
vaillants combattants du 8^, ceux-ci restent iné- 
branlables et, par des feux précis et bien nourris, 
infligent à leurs adversaires les pertes les plus 
sanglantes, mais non sans en essuyer, eux aussi, 
de fort sensibles. C'est à ce moment de la lutte 
que le brave lieutenant-colonel Gabrielli, qui 
ne cessait de donner à tous l'exemple de la plus 
ferme intrépidité, fut renversé par un obus qui 
lui brisa une jambe et une main et tua son che- 
val. 

Cependant la nuit approchait et les cartouches 
commençaient à manquer ; que se passa-t-il 
alors ? Qui donna le premier le signal de la 
charge? On ne Ta jamais su et il est probable 
que ridée de se ruer sur l'assaillant courut spon- 
tanément comme une étincelle électrique dans 
les rangs de nos deux bataillons qui, soudain, 
avec un enthousiasme admirable et un entrain 
irrésistible, se précipitèrent dans le ravin, ren- 
versant et chassant à coups de crosse les Prus- 
siens afifolés ! 



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— 78 — 

Mais bientôt rennemi, renfcnrcé par de nou- 
velles troupes, et s'apercevant alors seulement 
qu'il vient de plier devant une poignée d'bom- 
mes, opère contre ses bardis agresseurs un re- 
tour offensif et cbercbe à les cerner ; débordés 
par le nombre, nos braves se voient alors con- 
traints de regagner les crêtes, et leur situation 
eût été, à ce moment, fort critique sans la vi- 
goureuse et très opportune intervention du com- 
mandant CoLONNA d'Istria ; — celul-ci qui, au 
moment où la cbarge s'était produite, prévoyant 
bien ce qui allait se passer, avait maintenu sur 
le plateau une partie du 3^ bataillon s'élança à 
son tour, tête baissée, conire une colonne qui 
débouchait déjà sur les sommets à gaucbe du 
ravin et la rejeta dans la plaine. Nos deu& batail- 
lons purent alors se regrouper et tous les efforts 
des Allemands vinrent se briser contre leur éner- 
gique résistance. 

Le 8» se maintint sur son terrain d'action jus- 
qu'à 9 beures du soir, heure à laquelle le général 
en chef ordonna la retraite; les 2^ et 3^ bataillons 
se retirèrent avec ordre, par échelons, sans que 
l'ennemi qui, après leur départ, était enfin par- 
venu à prendre pied sur les crêtes, osât dépasser 
celles-ci et cherchât à nous inquiéter. 

PERTES DU RÉGIMENT A SPIGKBREN 

Les pertes du régiment, dans cette sanglante 
journée, furent de 15 officiers et de 283 hommes 
tués, blessés ou disparus. 

Le commandant Avril de l'Englos, le capi- 
taine adjudant - major Gurel, les capitaines 



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— 79 — 

Etienne et Arson, et le lienteDant Odinet fu- 
rent tués. 

Le lieutenant- colonel Gabbielli, les capitaines 
d'Humilly de Chevilly et Bustin, les lieutenants 
Leborgne et Laurent, les sous-Ileutenants Bloch, 
Lafosse, Vaudran et Landriau, furent blessés 
(ce dernier, malgré sa blessure, resta au combat 
jusqu'au bout) ; le lieutenant Vaudrey fut con- 
tusionné et fait prisonnier. 

citations a l'ordre de L'AR3fÉE 

Voici les noms des officiers et hommes de 
troupe du régiment qui, à la suite du combat 
de Spiclieren, furent cités à l'ordre général de 
l'armée. 

M. Gabbielli, lieutenant-colonel : « Au com- 
bat àe Spickeren, le 6 août 1870, a fait preuve 
des plus brillantes qualités militaires; a été, à 
la tête du régiment, atteint de plusieurs blessu- 
res graves dont Tune a nécessité l'amputation 
de la jambe droite. » 

M. GoLONNA D'IsTRiA, cbef de bataillon : « A 
fait preuve autant de fermeté que d'intelligence 
au combat de Spickeren dans les mesures qu'il 
a prises en commandant, à la un de la journée, 
les 2^ et 3» bataillons sous ses ordres ; a montré 
les mêmes qualités, le 16 août, à la bataille de 
Gravelotte, en portant son bataillon sur les hau- 
teurs deVionvilIe, où il a été grièvement blessé. » 

M. Arson, capitaine : « A donné, le 6 août, 
au combat de Spickeren, des preuves de la plus 
brillante bravoure en portant sa compagnie à 
l'attaque à la baïonnette contre l'ennemi, à plu- 
sieurs reprises, jusqu'au moment où il est tombé 



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- 60 — 

mortellement atteint de blessures graves dont 
deux en pleine poitrine. • 

Desruort, caporal : t A Splckeren, a mon- 
tré le plus grand co^rage en se défendant seul 
contre cinq Prussiens ; en a tué deux et forcé les 
autres à prendre la fuite. » 

GuÉNiN, caporal : • Au combat de Spicke- 
ren, a chargé des premiers à la baïonnette ; se 
voyant bientôt enveloppé de toutes parts, a con- 
tinué, quoique blessé, à combattre et a réussi à 
se faire jour. • 

Ferrand, soldat : « A Spickeren a fait preuve 
de beaucoup de bravoure et de dévouement en 
allant chercher, sous le feu de l'ennemi, le corps 
de son commandant qui venait d'être mortelle- 
ment frappé. > 

(Pour les autres récompenses, voir le ta'bleau 
n<J 3, ci-annexé.) 

Bataille de Rezonville ou de Gravelotte. 

A Gravelotte, le i6 août, c'est notre 2® corps 
qui eut Thonneur de recevoir et de rendre seul 
les premiers coups ; attaqué à Timproviste par 
un ennemi supérieur en nombre et surtout en 
canon, il se porte aussitôt en avant sous le 
feu convergent des nombreuses et puissantes 
batteries allemandes et court prendre pied sur 
le relèvement du terrain qui fait face à l'ennemi. 

Entraîné par le colonel Haca, le régiment 
gravit, au pas de charge, les pentes intermédiai- 
res entre Vionville et Flavigny et se trouve bien- 
tôt engagé dans une action des plus chaudes. 

Notre 3® bataillon combat sous les yeux 
mêmes du général Bataille qui lui adresse les 



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— 81 — 

plus vifs éloges pour sa vaillante attitude ; c'est 
à ce momeut que son brave cbef, le commandant 
GoLONNA d'Istuia, est atteint de plusieurs bles- 
sures graves. 

Cependant, les Allemands ont réussi à débor- 
der la droite du 2^ corps et fusillent nos troupes 
de flanc et à revers ; le 8® de ligne est alors con- 
traint de se rabattre sur Flavigny qui, couvert 
aussitôt d'une grêle d'obus, ne tarde pas à deve- 
nir la proie des flammes. Postés dans les jar- 
dins qui entourent ce malheureux hameau, nos 
hommes, malgré tout, tiennent bon. 

Sur ces entrefaites, nos autres corps d'armée 
étant arrivés successivement sur le champ de 
bataille, le maréchal commandant en chef fait 
relever, par la garde impériale, les deux vaillan- 
tes divisions du %^ corps qui supportent seules 
depuis le matin tout TeiTort de l'ennemi et ont 
subi de grandes pertes ; ces deux divisions vont 
se rallier eu arrière deRezonville et se reconsti- 
tuent pour attendre, s'il y a lieu, le moment d'a- 
gir encore. 

Mais, pendant que l'aile gauche et le centre de 
notre armée tiennent les Prussiens en échec, à 
l'extrême droite, notre 4« corps fond sur l'en- 
nemi et l'écrase. En vain, les Allemands enga- 
gent de ce côté jusqu'à leur dernier homme et 
lancent toutes leurs réserves de cavalerie ; leur 
défaite est certaine et complète. 

La nuit met Un à cette lutte acharnée de 
dix heures qui, celle-là du moins, fut pour 
nous une victoire incontestable sinon incon- 
testée. 

Durant cette rude et glorieuse journée, qui ne 
coûta pas moins de 15,000 hommes aux Aile- 

But. s* d'iof. c 

Digitized by VjOOQ IC 



— 8â — 

mands, les pertes de Tarmée française furent 
également sensibles. 

Le régi meut eut deux oflaciers tués : le capi- 
taine GiuDiCELLi et le lieutenant Lotte, et six 
officiers blessés ou contusionnés : le comman- 
dant CoLONNA d'Itria (2 blessures), les lieute- 
nants Lemoy (7 blessures) et Golonieu; les 
sous-lieutenants Gu!u, Colas et Dubois. 

Le nombre des hommes tués, blessés ou dis- 
parus fut de 200 environ. 

Bataille de Saint-Privat. 

Le surlendemain de Gravelotte, le 18 août, 
nouvelle bataille plus meurtrière encore que la 
précédente et la plus meurtrière peut-être du 
siècle. 

Cette fois encore l'armée française combat eu 
très forte disproportion numérique, presque un 
contre deux. Le tbéâtre de cette formidable 
lutte s'étend entre Rozérieulles et Saint-Privat, 
sur un développement d'environ 13 kilomètres. 
Le 2^ corps, établi sur les crêtes du plateau de 
Rozérieulles, à droite et à gauche du c Point-du- 
Jour », forme la gauche de nos lignes. 

L^action s'engage vers midi et devient bientôt 
acharnée et générale. Partout, malgré des atta- 
ques furieuses, nos troupes tiennent bon. Notre 
centre et notre gauche ne se laissent pas entraî- 
ner ; contre eux. l'ennemi fait des efforts surhu- 
mains sans réussir à les ébranler et sans pou- 
voir gagner un pouce de terrain. 

Les Allemands, comprenant alors qu'il leur 
faut à tout prix emporter sur notre droite la 
Journée qui est partout ailleurs perdue pour 



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— 83 — 

eux, tentent d'enlever Saint-Privat qu'occupe 
une brigade du corps Ganrobert (4^ corps); 
84 pièces d'artillerie concentrent leurs feux sur 
ce village et trois brigades de la garde prussienne 
s'avancent pour lui donner l'assaut. 

Les vaillants défenseurs de Saint-Privat accueil- 
lent les assaillants par une fusillade si nourrie 
et si meurtrière, qu'après une demi-beûre à 
peine de ce feu terrible, sur les 12,000 hommes 
de la garde prussienne, près de 8,000 ont été 
mis bors de combat. Le mouvement est arrêté, 
l'attaque est manquée. Cette orgueilleuse garde 
qui devait décider du gain de la bataille a trouvé 
la son tombeau. 

Cependant l'ennemi, profitant de sa grande 
supériorité numérique, dirige sur notre extrême 
droite toutes ses forces disponibles et parvient, 
malgré tout, vers le soir, à tourner notre 4© corps 
qui, écrasé par les feux concentriques de l'artil- 
lerie de trois corps d'armée, ayant épuisé ses 
munitions et n'étant soutenu par aucune réserve, 
est forcé d'évacuer Saint-Privat et de se replier 
sur Metz. 

Quant à nos 2® et 3® corps, ils n'ont pu être 
forcés en aucun point de leurs lignes; ils se 
maintiennent même dans tous leurs postes avan- 
cés et passent la nuit sur leurs emplacements de 
combat. Les Prussiens n'ont donc pris pied, le 
18 août, que sur la partie droite de notre champ 
de bataille et cet avantage, uniquement dû à 
leur grande supériorité numérique, leur a coûté 
plus de 20,000 bommes tués ou blessés. 

Durant les premières phases de cette terrible 
Journée, la brigade dont faisait partie le S^ de 



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— 84 — 

ligne avait été mainteone en expectative à la 
gauche du 2® corps, face au bois de Vaux. 

Vers 7 heures du soir, le combat qui, depuis 
un iustant^ semblait se ralentir, ayant tout à 
coup repris, sur notre gauche, avec plus d'in- 
tensité que jamais, le régiment reçut Tordre 
d'aller renforcer les troupes qui défendaient le 
Point-duJour; au moment où il franchissait 
avec entrain un terrain découvert que labou- 
raient de leurs obus 50 pièces prussiennes éta- 
gées en amphithéâtre, le brave colonel Haga, qui 
marchait en avant, eut la main droite fracassée 
par un projectile qui renversa du même coup le 
sergent Condê, guide de la section de tête. Dis- 
simulant stoïquement les atroces souffrances 
que lui causait sa blessure, le colonel Haca 
appela le plus ancien capitaine du régiment, 
M. Prancot, lui donna ses instructions et lui 
remit le commandement du 8** de ligue dont tous 
les officiers supérieurs avaient été ainsi, en 
quelques jours, tués ou blessés. 

En arrivant sut la ligne de combat, le régi- 
ment y reçut aussitôt le choc furieux d'un nou- 
veau corps prussien (le 11«), qui était venu ren- 
forcer la première armée, et il le repoussa carré- 
ment. L'ennemi eut beau insister et revenir plu- 
sieurs fois à la charge, tous ses efforts restèrent 
impuissants et il dut, à la nuit close, se retirer 
dans les bois. 

Dans ce glorieux mais court épisode, le régi- 
ment perdit relativement peu de monde. Parmi 
ses blessés figuraient, outre le colonel Haga, 
les capitaines Turc et Rafpara (ce dernier mou- 
rut peu de jours après des suites de sa blessure). 



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— 88 — 

Combat de W oisseville-Servigny. 

Le 31 août, A 8 heures du matin, toute Tarmée 
de Metz se trouvait concentrée au nord -est de la 
forteresse, prête à percer les lignes allemandes 
qui nous enserraient de tous côtés. Cette entre- 
prise eût sans nul doute pleinemeut réussi si le 
combat avait été engagé à temps; mais le signal 
de l'attaque n'ayant été malheureusement donné 
qu'à 5 heures du soir, nos 3® et 4® corps, après 
avoir brillamment enlevé Noisseville et Servigny 
ne purent, à cause de l'arrivée de la nuit, com- 
pléter leur succès. Le 2® corps, qui avait appuyé 
à Taile droite le mouvement offensif du centre, 
s'était emparé sans résistance de Flanville et de 
Montoy ; ce résultat fut dû en partie aux francs- 
tireurs de la t^ division qui, habilement dirigés 
par le capitaine Marchand, du 8® de ligne, surent 
empêcber les batteries prussiennes de nods in- 
quiéter de ce côté. 

Cependant, l'ennemi ayant mis la nuit à profit 
pour concentrer des forces supérieures en face 
des nôtres, le combat recommença le 1®"* septem- 
bre, à l'aube, mais daus des conditions dès lors 
si désavantageuses pour nous que nos troupes, 
après avoir tenu bon toute la matinée, reçurent 
vers midi l'ordre de se replier sur Metz. La re- 
traite s'effectua avec ordre, sous une véritable 
grêle d'obus dont eut seule à souffrir au régi- 
ment la 2« compagnie du 2® bataillon qui eut 
sa 8® escouade tout entière fauchée par les 
éclats d'un obus tombé au milieu d'elle. 



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— 86 — 

Affaire de Peltre. 

Durant les denx longs et tristes mois qui s'é- 
coulèrent entre le combat de Servigiiy et le jour 
de lugubre mémoire où la vaillante et malheu- 
reuse armée de Metz alla, victime d'un fatal des- 
tin, subir dans les forteresses allemandes les 
rigueurs de la captivité, le 8® de ligne n'eut plus 
à lutter que contre les misères et les privations 
qu'il sut dignement supporter ; seuls, ceux de 
ses officiers et soldats qui faisaient partie des 
francs-tireurs du 2^ corps prirent part à quelques 
escarmouches et à certaine entreprise, probable- 
ment imique en son genre, et qui leur fit trop 
honneur pour que nous ne la relations pas ici. 

On savait au grand quartier général français 
que de nombreux wagons chargés de vivres se 
trouvaient à Courcelles, station de chemin de 
fer située à environ 7 kilomètres dans l'intérieur 
des lignes allemandes, en arrière du village de 
Peltre qu'occupaient les avant-postes ennemis. 

Une brigade sous les ordres du général Lapas - 
set reçut mission de chasser les Prussiens de 
Peltre, Mercy, La Grange-aux-Bois et Colombey, 
afin de permettre ainsi au capitaine Marchand, 
du 8^ de ligne, chef des francs-tireurs de la divi- 
sion^ ayant avec lui le lieutenant Ferry, égale- 
ment du 8<>, et 26 partisans déterminés, d'aller 
pendant la lutte sur un wagon blindé jusqu'à 
Courcelles, y accrocher le convoi allemand 
chargé de vivres et le ramener dans Metz. 

C'est le 27 septembre que fut tenté ce hardi 
coup de main ; nos troupes s'emparèrent de tous 
fes points indi(|ués avec le plus grand entrain ; 



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— 87 — 

mais quand le capitaine Marchand et ses hommes 
arrivèrent avec leur wagon que conduisait M. 
Dietz, ingénieur en chef des chemins de fer, de- 
vant Peltre, ils trouvèrent la voie coupée eu 
avant du village et les rails enlevés sur une 
grande longueur. On n'eut pas de peine à deviner 
par qui les Allemands avaient été ainsi mis eu 
garde lorsque l'on aperçut, non sans stupéfac- 
tion, au milieu d'eux, certain colporteur appelé 
Jacob, bien connu de tous nos soldats auxquels, 
depuis le commencement du blocus, il vendait 
toutes sortes de petits objets et qui ne le soup- 
çonnaient certes guère d'être un espion prussien. 
Hâtons-nous de dire que le susdit Jacob, fort 
heureusement capturé bientôt après, ne tarda 
pas à recevoir la juste récompense de ses hauts 
méfaits : 12 balles dans le corps. 

Cependant nos braves francs-tireurs, se voyant 
dans l'impossibilité d'aller plus loin sur leur 
wagon, mirent prestement pied à terre et se lan- 
cèrent dans le village dont ils contribuèrent vail- 
lamment à déloger l'ennemi, auquel ils firent, 
pour leur part, bon nombre de prisonniers, entre 
autres toute une section du 55® de ligne, officier 
en t^te. Le capitaine Marchand ût en outre trans- 
porter dans le wagon qui l'avait amené avec ses 
hommes tout ce qu'il y put conlenir de blessés, 
dont plusieurs échappèrent ainsi à une mort cer- 
taine. ' 

Parmi les francs-tireurs du régiment qui se 
distinguèrent plus particulièrement dans cette af- 
faire, il y a lieu de citer le caporal Arnaud et le 
soldat Roger qui reçurent la médaille militaire. 

Le soir, lorsque nos troupes eurent évacué les 
localités dont elles avaient si vigoureusement 



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— 88 — 

chassé les Prussiens, ceux-ci y retournèrent à 
pas de loups et les incendièrent complètement. 

Voilà de quelle chevaleresque façon nos adver- 
saires se vengeaient des moindres échecs que 
nous leur infligions ! 

Le 4« bataillon du 8^ de ligne à Sedan. 

Par décision ministérielle du iO août 1870, 
les 4®^ bataillons des régiments de ligne furent 
groupés par trois pour constituer des régiments 
de marche. C'est ainsi que le 4® bataillon du 
8^ de ligne contribua pour un tiers à la formation 
du 2^ régiment de marche, lequel, à peine 
formé, alla comme tant d'autres misérablement 
échouer à Sedan. Durant toute cette néfaste 
journée, le 2« de marche, qui faisait partie du 
12® corps, fut maintenu en réserve et n*éprouva, 
par suite, que des pertes relativement peu sen- 
sibles ; le 4® bataillon du 8®, dont quelques 
fractions seulement s'étaient trouvées à un mo- 
ment donné assez vivement engagées, n'eut que 
quelques tués et une trentaine de blessés parmi 
lesquels M. le sous- lieutenant Olubowitsch et le 
sergent-major Revy. 

11 resterait à parler des nombreuses compa- 
gnies qui furent formées au dépôt du régiment 
pendant la guerre de 1870-1871, mais on ne pos- 
sède à leur égard aucun document préds. 

Nous devons enfin citer les noms de trois offi- 
ciers du B^ qui ont versé leur sang pour la dé- 
fense du pays ailleurs qu'à Metz et à Sedan ; ce 
sont : MM. le capitaine Rochr passé dans la garde 
mobile au début des hostilités et tué à Tarmée de 
la Loire ; — le lieutenant Michard passé, après 



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— so- 
le combat de Spickeren, où il avait été décoré, 
dans le recrutement, et qui ayant repris du ser- 
vice actif, fut tué comme capitaine au combat 
d'Héricourt ; — le sous lieutenant G i bardot qui 
devint très promptement capitaine à l'armée de 
la Loire, fut très grièvement blessé à Beaune-Ia- 
Rolande, mais survécut heureusement à ses bles- 
sures. 



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— 90 — 

8« RÉGIMENT DE MARCHE 
i08« DE LIGNE 



Formé le 10 août 4870, le 8® régiment de mar- 
che fit d'abord partie du 13^ corps d'armée qui 
opéra, sous les ordres du général Vinoy, la remar- 
quable retraite de Mézières et entra le 9 septem- 
bre dans Paris, vers lequel l'ennemi s'avançait à 
grands pas. 

Pendant le siège, le 8^ régiment de marche, 
devenu par décret du 28 octobre le 108« de 
ligne, prit une part active aux travaux de la 
défense et se signala principalement dans les der- 
nières phases delà bataille de Ghampigiiy, bataille 
qui, on le sait, dura deux jours. 

Le 30 novembre, première journée, le 108® de 
ligne, placé en réserve à Neuilly-sur- Marne, ap- 
puya les mouvements de la division Carré de 
Bellemare qui se rendit maîtresse de Petit-Bry, 
de Champigny et d'une partie du plateau de Yil- 
liers. 

Le 2 décembre, second jour, les Allemands 
ayant exécuté un vigoureux retour ofifensif sur 
tous les points, le village de Bry, où se trouvait 
cantonné le 108®. fut brusquement assailli à Taube 
par des forces supérieures qui essayèrent d'en 
forcer rejitrée; cette audacieuse tentative échoua 
grâce à l'énergique attitude de deux braves cœurs, 
le sergent Decker et le caporal Ghoisnel, qui, 
postés avec une poignée d'hommes derrière une 
i)ârricade, à l'extrén^ité de la Grande-Rue, y 



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— 9i — 

firent une résistance désespérée et donnèrent 
ainsi le temps au colonel Coiffé d'accourir à la 
tête des 2« et 3» bataillons. Un combat des pins 
vifs s'engagea alors sur la lisière du village et 
sur les hauteurs voisines qu'occupait le 1«^ batail- 
lon du régiment. Longtemps les Prussiens, qui 
avaient pour eux la supériorité du nombre et 
des canons, tinrent bon ; mais soudain la charge 
retentit, le 108^ s'élança tête baissée sur Ten- 
nemi, le culbuta et resta finalement en posses- 
sion du terrain. 

Le régiment fit, pour sa part, dans cette rude 
journée, plus de 400 prisonniers et infligea à 
l'ennemi des pertes sanglantes; il en essuya de 
son côté d'assez sensibles; le chiffre de ses tués 
ou blessés fut de 206. 

Parmi les braves qui tombèrent au champ 
d'honneur, figuraient le capitaine adjudant-major 
Le Sâulnier et le lieutenant Lâbayle, frappés à 
bout portant dans la charge à la baïonnette. Au 
nombre des blessés se trouvaient le comman- 
dant Trubbrt, les capitaines Pichois et Mauriès 
(ce dernier mourut quelques jours après des 
suites de ses blessures) et le sous-lieutenant 

ROMAKY. 



Le 15 mars 1871, à la suite de Tarmistice, le 
108« de ligne fut dirigé sur Evreux. Le 19 mars, 
une décision ministérielle ayant prescrit que les 
régiments de marche crées pendant la guerre et 
les anciens régiments de ligne rentrés de capti- 
vité seraient fusionnés par numéros correspon- 



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~0«- 

dants, le lOS^' en entier rallia le 8« de ligne à 
Bordeaux et s'amalgama avec ce dernier de 
manière à ne pins former qu'un seul et même 
corps, le 8« régiment de ligne actuel. 



Le 17 avril 187i, il y eut un commencement 
de troubles à Bordeaux; vers 6 heures du soir, 
un rassemblement se forma devant la caserne 
des Fossés et chereba à l'envahir; la garde de 
police dirigée par l'adjudant Peretti tint bon ; 
mais, comme les émeutiers insistaient et bri- 
saient à coups de pierres toutes les vitres de la 
façade, nos hommes firent une sortie et déblayè- 
rent les abords de la caserne ; il y eut quelques 
blessés de part et d'autre. 

En somme, les désordres furent peu sérieux, 
mais ils le seraient certainement devenus sans 
le sang-froid et la modération des ofQciers du 8® 
et sans le bon esprit de leurs hommes qui, sourds 
aux tentatives d'embauchage, firent parfaitement 
leur devoir. 

Le lendemain, la municipalité répondit de Tor- 
dre et tout rentra dans le calme. 



CAMPAGNE DE TUNISIE 

Après la signature du traité du Bardo (12 mai 
i88i), conclu avec le bey de Tunis, la disloca- 
tion du corps expéditionnaire, commandé par le 
général Forgemol, avait eu lieu le 16 juin 1881. 

A peine les troupes françaises avaient-elles 
quitté la régence qu'une grande efitervescence se 



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— 93 - 

manifestait parmi les populations. Le centre de 
la Tunisie était infesté par des bandes nombreu- 
ses de tribus révoltées qui prenaient leur mot 
d'ordre des sectes religieuses de la Tripolitaine. 
Ali'ben-Kbalifa s'était mis à la tête de l'insur- 
rection. 

Le Gouvernement décida l'envoi de troupes, 
et le général Sanssier fut mis à la tête du corps 
expéditionnaire. 

Le 4« bataillon du 8« de ligne, fort de 600 hom- 
mes, sous le commandement du lieutenant-colo- 
nel Deboro, fut dirigé sur la Goulette, où il 
débarqua le <7 septembre i881, et s'installa au 
camp de la Manouba, qu'il quitta le i''^ octobre 
pour prendre part aux opérations actives. 

Ce jour même, la gare de l'Oued-Zargua ayant 
été incendiée et les employés assassinés, le 
lieutenant-colonel Deboro se porta dans cette 
direclion avec une colonne de secours et poussa 
jusqu'à Daja. Attaqué à trois reprises différentes 
par les Arabes, il força ces derniers à la retraite, 
après leur avoir fait subir des pertes sensibles. 

Le bataillon, placé dans la colonne du colonel 
Mennessier de la Lance, participa le 5 octobre 
à un combat d'avant-garde, et dégagea la route 
de Testour que les Arabes avaient tenté de cou- 
per. Le 6, ces derniers attaquaient le camp 
français : une attaque brusque et énergique du 
bataillon décida la fuite des Arabes vers le gué 
de rOued-Ciliaua. Dans cet engagement, le sol- 
dat GuiLLEMiNOT fut blcssé au bras. 

Le 3i octobre, le bataillon opéra sa jonction 
avec la colonne du colonel Laroque, participa à 
une série de reconnaissances et alla s'installer, 
le 24 décembre, à Tébourba, protégeant par ses 



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— 94 — 

détachements les stations voisines du chemin 
de fer de Tunis. Il y séjourna jusqu'au mois 
d'octobre 1882, époque à laquelle les opérations 
militaires proprement dites étant terminées, il 
alla camper à Eilez, et procéda aux travaux 
d'Installation du camp. 

Vers la fin de mars 1883, le bataillon reçut 
Tordre de rentrer en France, débarqua à Mar- 
seille le 16, et rejoignit Boulogne, sa nouvelle 
destination, le %l mars. 

Le 8^ avait, pendant cette campagne, tenu 
honorablement sa place dans le corps expédi- 
tionnaire composé de jeunes troupes. Il avait 
fait preuve des plus belles qualités militaires : 
esprit de discipline, dévouement et entrain, au 
milieu des plus dures fatigues. Par Ténergie 
avec laquelle il avait abordé l'ennemi, il conti- 
nuait les belles traditions de ses devanciers et 
donnait à tous confiance et espoir dans l'avenir. 



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— 9Ô — 

TABLEAU No 1 

Noms des chefs de corps de 1569 à 1889. 



Bégiment de Champagne 



1 DE GOHAS. 



2 



4 
5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 
U 

15 
16 

17 

18 

19 
20 



Il 22 



DE Sainte -Colombe, 

Jean. 
de Saints -Colombe, 

Jacques. 

Duc D ËPERNON. 

DE MONTGASSIN, JcaU. 

DE MoNTGASSiN, An- 
toine. 

Comte DE Grandpré. 

Comte DE RiEux. 

Comte DE Charny. 

Marquis d'O. 

Marquis de Montre- 
VEL, Charles. 

Marquis de Montre- 
VEL, Ferdinand. 

Arnaud du Fort. 

Marquis de Toiras. 

Marquis deV arennes, 
Charles. 

Marquis deVarennes, 
Roger. 

Comte d'Origny. 

Comte DE Broglio de 
Revel. 

Marquis de Belle- 
fonds. 

Comte DE Grionan, 
François. 

Comte DE Grionan , 
Louis. 

Marquis d'Ambres. 



1569-1573 

1573-1574 

1574-1579 

1579-1581 
1581-1585 
1585-1587 

1587-1589 
1589-1596 
1596-1601 
1601-1616 
1616-1621 

1621-1622 

1622-1624 
1624-1630 

1630-1635 

1635-1644 

1644-1648 
1648-1649 

1649-1654 

1654-1656 

1656-1657 

1657-1671 



Tué au siège de La 

Rochelle. 
Tué au siège de Dom- 

froat. 



Tué au siège de Saint- 

Jean-d'Angély. 
Tué au siège de Royan. 



Maréchal de France 

Tué à Parme. 
Tué au siège de Loa- 

vain. 
Tué au siège de Grare- 

lines. 
Tué au siège de Lérida. 



Maréchal de France. 



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96 — 



Régiment de Champagne (*uiie). 



\ 



Marquis de Monis- 

MES. 

Marquis de Mont- 
gaillard. 
Comte de Bois- David. 

Bailli DE COLBERT. 

Comte DE Sceaux - 

COLBERT. 

Marquis de Blain- 

VILLE-COLBERT. 

Marquis de Seignb- 
lay-Colbert. 

Chevalier de Tessé, 
René. 

Duc DE laTrémouille 

Marquis de Belle- 
fonds, Charles. 

Comte de Tessé, 
Charles. 

Marquis de Sallus. 

Comte de Qisors. 

Marquis de Juigné. 

Marquis de Saionb- 

LAY. 



1671-1673 

1673-1675 

1675-1678 
1678-1689 

1689-1690 

1690-1702 

1702-1712 

1712-1731 

1731-1741 

1741-1745 
1745 

1745-1749 
1749-1758 
1758-1762 
1762-1776 



Tué à Utrecht. 



Tué au combat do Wal- 

court. 
Tué à Fleurus. 

Tué à Hochstedt. 



Tué à Deaaia. 



Régiment d'Austrasie 



Vicomte du Hautoy. 
Comte d'Hoppelize. 
Marquis de Bien- 
court. 
Comte DE Chaiîbors. 



1776-1779 
1779-1782 
1782-1788 

1788-1791 



8* Régiment d*infànterie (premier de nom) 



^21 Baron db Haach. 
Ld Id'Harmbmon ville. 



1791-1792INommé général. 
1792-17931 



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— 


97 — 




8* Demi-brigade 


44 TOQNOT. 1793-17961 


45 SarRUT. 1796-1803|Nommé général. 


8* ïlégimexit de ligne (deuxième de nom) 


46 


AuTié. 


1803-1811 


Tué en Espagne. 


47 


Braun. . 


1811-1814 




48 


RUBLLE. 


1814-1815 




49 


Rapatel. 


1815-1820 


Nommé général. 


8* Régiment de ligne actuel 1 


50 


DE GrÔMETY. 


1820-1822 


Nommé général. 


51 


Comte DE Salper- 

WICK. 


1822-1830 


Démissionnaire. 


52 


Maingarnaud. 


1830-1832 


Mort en activité. 


53 


Ravi. 


1832-1840 


Nommé général. 


54 


Garrido. 


1840-1845 


Passé dans les places. 


55 


Baligand. 


1845-1847 


Nommé général. 


56 


Jamin. 


lbi7-1852 


Nommé général. 


57 


Chalon. 


1852-1857 


Nommé général. 


58 


CouRSON de lv Vil- 
leneuve. 


1857-1859 


Nommé général. , 


59 


Vaubert de Genlis. 


1859 


Tué à Solferino. 


60 


Baron Maire. 


1859-1869 


Tué à Sedan comme 
général de brigade. 


61 


Haca. 


1869-1870 


Nommé général. 


62 


Coiffé. 


1871 


Nommé général. 


63 


Regley de Kœnig- 

SEGG. 


1871-1877 


Nommé général. 


64 


Léger. 


1877-1884 


Nomméfgénéral. 


65 


Chambert. 


1884-1887 


Major de la place de 
Paris. 


66 


DOPUY-MONTBRUN. 


1887 


Passé au 27* de ligne. 


67 


d'Azémar. 


1887 





Hist. 8'd'inf. 



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— 98 



TABLEAU No 2 
Morts an champ d'honneur. 

(Les noms saiyants ont seuls pu être recueillis jusqu'ici.) 



Régiment de Champagne | 


GOHAS. 


Colonel. ^ 




Demont, h. 


Cavitaine. 




Dbmont, a. 


Id. 




La Rebuffie. 


Id. 




Bioux. 


Id. 




Blaionac. 


Id. 




La Griffe. 


Id. 




La Roue. 


Id. 




Saint-Savère. 


Jd. 




Sainte-Marie, L. 


Id. 




FiGUlÈRES. 


Id. 
Lieutenant. / 


Tués au siège de La 


Bassionan. 


> Rochelle, 15 mai 
1573. 


Sainte-Marie, E. 


Id. 


Brussy. 


Id. 




Nisas. 


Id. 




Bachaux. 


Id. 




CORMAS. 


Id. 




Turc. 


Id. 




Guillem. 


Enseigno. 




MiSSART. 




BOLLEHOUTB. 


Id.' 


' 


Villeneuve. 


Id. 




DE CaBASSOL. 


Capitaine. 




d'Ivry. 


Id. 


Siège de Sancerre. 


QUERRIÈRES. 


Lieutenant. 




DE SaINTE-Co- 


Colonel. 


Domfront. ! 


LOMBB. 




1 

1 



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— 99 — 



Régiment de Champagne (Muiiê). 



D E MONTREVBL , 

Ch. 

DE MONTREVEL, F. 

Robert. 

DE RÊALS. 

La Boissonnière. 
La Condaminb. 
dutertre. 

DE VaNDIÈRES. 

La Bauve. 
Morillon. 
La Bastie. 

montepin. 

DE VaRENNES. 

Granville. 

AUHY. 

San-Salvador. 
Béthengourt. 

CORBET. 

La Basle. 
de lucinet. 

DUBUT. 

Villeneuve. 
Cambrai. 

ROLLET. 

Villade. 
Baudouin. 



Colonel. 



Cx>lonel. 
Capitaine. 

Capitaine. 

Id. 

Id. 
Lieutenant. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Lieutenant. 

Colonel. 

Capitaine. 
Id. 

Capitaine. 

Capitaine. 

Capitaine. 
Id. 

Li-colonel. 
Lieutenant. 

Capitaine. 

Id. 

Id. 

Id. 
Lieutenant. 



Saint-Jean-d'Angély. 



[Roy an. 



>Ile de Ré, 1627. 



Tournon, 1689. 
Louvain, 1635. 

Solre, 1637. 

Saint-Momelin, 1638. 
Catelet, 1638. 

Saint-Oroer, 1639. 
[Arras, 1640. 



>Aire, 1641. 



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— 100 — 



Lavaud. 
Catilly. 



Bégiment de Champagne (tutte). 

Collioure, iUf. 



DE VaRBNNBS. 

La Prune. 
La Bœssièrb. 

DE CUSSY. 
DlNART. 

Saint-Mauricb. 

DUGROG. 

Barsag. 
La Ronge. 

d'Origny. 

DE GrEY. 

Gbémonville. 

Mabbeuf. 

Marant. 

Renouard. 

Champagnolles. 

Saint-Denis. 

Dughesne. 

Du Creil. 

GiRAUD. 

Corbet. 
d'Alsan. 
de Monismes. 

La DiATHAlS. 

La Poterie. 
Saint-Orbns. 



Capitaine. 
Id. 



GoloneL 

Capitaine. 
Id. 

Capitaine. 

Id. 
Lieutenant. 

Id. 

Id. 

Id. 

Colonel. 
Capitaine. 

Id. 

Id. 

Id. 
Lieutenant. 

Id. 

Id. 

Id. 

Capitaine. 
Id. 

Capitaine. 
Lieutenanà. 
Colonel- 
Major. 
Capitaine. 
Id. 



Gravelines, idH. 
Agromont, d645. 

VBalaguer, 4645. 



>Lérida, 1646. 



Lérida, d647. 

Tortose, 1648. 
Nimègue, 1672. 
Utrecht, 4673. 

Seintzoin, 1674. 



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— 401 — 



Bégiment de Champagne (•«««). 



DE GaDAILLB. 

DE FlORIS. 
DE PlÉNÉ. 

DE GaROIS. 

DlOOINE. 

DE BrEVAL. 

Desmoulins. 
Laval. 

La Roussière. 

de coi^ert. 

Gajan. 

Vazes. 

GORE. 

DE Sceaux. 
Clément. 
Saint-Blémont. 
Masblanc. 

D ART AU. 

Du Tilleul, 
montagnez. 
Château, 
aupignon. 

Blainville. 

Belesbat. 

Briançon. 

duplessis. 

Seridos. 

montplaisir. 

Larrey. 



Capitaine. 

Commandant. 
Capitaine. 

Major. 

Major. 

Lieut.-colonei. 

Lieutenant. 
Id. 

Capitaine. 

Colonel. 
Capitaine. 

Id. 
Lieutenant. 

Colonel. 
Capitaine. 

Id. 

Id. 

Id. 
Lieutenant. 

Id. 

Id. 

Id. 

Capitaine. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 
Lieutenant. . 

Id. 



Eosheim, 1674. 

Faucogney, i674. 

Durckheim, 1675. 
Dachstein, 1675. 
Altenheim, 167S. 

Luxembourg, 1684. 

Spire, 1688. 

Walcourt, 1689. 



FleuruB, 1690. 



>Steenkerque, 1692. 



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— 102 — 



Régiment de Champagne («uife). 



La Salle. 

DURET. 

DE BoissY. 

DE CONILS. 

DE BlAINVILLE. 

d'Estouilly. 
Botteraux. 

CONDAMINE. 

DE Lige. 
d'Aunay. 
Grenant. 

de Ponèges. 

DUPLEIX. 

d'Estouilly. 

Crézonsac. 
Barrière, 
mélinière. 
Fontaine. 

BONNOT. 
LiGUEREUX. 

Margillag. 

Laghaud. 

Tesson. 

La Fbrrièrb. 
Molard. 

de montfort. 
Le Camus, 
db pontbvbz. 



Capitaine. 
Id. 

Capitaine. 

Capitaine. 

Colonel. 

Capitaine. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 

Capitaine. 

Capitaine. 
Id. 

Capitaine. 

Id. 
Lieutenant. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Lieutenant. 
Id. 

Capitaine. 

Lieutenant. 

Id. 



JFriedlingea, 1704. 



Biberach, 1703. 
Augsbourg, 1703. 
Hochsteedt. 



>Malplaquet, 1709 



Boachain, ^1fi. 



Le Quesaoy, 1712. 



)Parma, 1734. 



(Cuastalla, 1734. 



VFribourg, 1744. 



,y Google 



103 — 



DE GaRDIB. 

Vallon. 
DE Lesseux 



DE ChAMISSO. 
DE NbXON. 



Régiment de Ohampagne (•utte). 

Crefeld, 1758. 



Capitaine. 

Lieutenant. 

Id. 



Capitaine. 
Lieutenant. 



J Corse, 1759. 



fCABANNE. 
DE BlANQERMOMT 
DUVIVIER. 



Régiment d^Austrasie 

Lieutenant. Madère, 1780 

Capitaine. 
Lieutenant. 



DE Villeneuve, 
de dommartin. 
Patoknay. 

DE BrULON. 

d'Hamonville. 

Pkévost. 

montrouand. 



Lieut.-colonel. 
Capitaine. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 



Ea mer, 1780. 
Néga, 1782. 



SGoadelour, 1783. 



Debergub. 

Chevillard. 

Bannerot. 

AUTIÉ. 



DUPLEIX. 
COPPEL. 



Castbx 



8* Régiment de ligne (1808-1820) 

Capitaine. ) 

Sous-lieutenant. (Lubock, i806. 

Id. \ 

Colonel. (Espagne, 1811. 

8* Régiment de ligne actuel 

|^a8-lieutenant.|E^p^g^^^ I8î3. 

Capitaine. I Afrique, 1848. 



,y Google 



— 104 





8- Régiment de ligne actuel (*uUê). 






MlNOT. 

Beveraggi. 

WOLFP. 

Jannot. 
Billot. 


Sous-lieutenant 
Sergent. 
Sous-lieutenant. 
Capitaine. 
Id. 


Afrique, 4849. 
Id. 4849. 
Id. 4850. 
Id. 4854. 
Id. 4854. 






Vaubert de Gen- 


Colonel. \ 






LIS. 
DE NeUCHÈZB. 

Gaucher. 
Dévoyez. 

MiLLOT. 

Malafaye. 

Gallean. 

Colonna-Leca. 

PlÉTRI. 

Debreuil- Paulet 


Lieut.-colonel. 
Commandant. 1 
Capitaine. 

Lieutenant. Solferino, 4859. 

Id. 
Id. 
Id. 
Sous-lieutenant. 
Id. 1 






Avril de l'En- 


Commandant. ] 






clos. 

CUREL. 

Etienne. 

Arson. 

Odinet. 


8Sai^n^^--"^^'-H^^^^^ -0- 

Id. 
Lieutenant. 






Giudicelli. 
Lotte. 


Capitaine. 
Lieutenant. 


Gravelotto, 4870. 






Raffara. 


Capitaine. 


Saint-Privat, 4870. 






Roche. 


Capitaine. 


Coulmiors, 4870. 






Michard. 


Capitaine. 


Héricourt, 4870. 






Lesaulnier. 

Mauriès. 

Labayle. 


Çapit. adj.-maj. 

Capitaine. 

Lieutenant. 


Champigny, 4870. 





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— i05 — f 

TABLEAU No 3 

Officiers du 8e de ligne qui, de 1820' à 1890, ont été 
blessés ou contusiounés devant l'ennemi. 



Pixel. 


i^„«;»„î«« (Défense de Vich, f 3 1 
Capitaine. ^ai 4823. || 


Colin. 


Soas-lieutenant. 


Sidi-Mérouan, 4848. 


De Lourmel. 


Lieut. -colonel. 


Prise de Zaatcha, 36 
novembre 4849. 


Robuste. 


Commandant. jcombatd'Arba.iSmai | 


HUNOLT. 


Sous-lieutenaat. 


Beni-Mimoun, 43 mai 
4854. 


Bertheau - Du - 


Commandant. 




CHESNE. 






MouziN-Lizis. 


Id. 




Royer. 


Capit. adj.-maj. 




Garcin. 


Id. 




Desjardin. 


Capitaine. 




Dejou. 


Id. if 


Cervoni. 


Id. f 


Verdier. 


Méd.-maj. 2e cl 


Séjal. 
Arson. 


Lieu^tenant. Ssolferino, Î4 juin 4859. 


Baguet. 


Id*. 


Ganzin. 


Id. 


Carrêre. 


Porte-drapeau. 
Sous-lieutenant. 


Illaire. 


Sauffrignon. 


Id. 


Raffara. 


Id. 


Berthezène, Cé- 


Id. 


sar. 




Thermet. 


Id. 


l II 



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Gabriblli. 
d'humilly. 

BUSTIN. 

Leborgne. 

Laurent. 

Bloch. 

Lapossb. 

Vaudran. 

Landriau. 

Vaudrey. 

Colonna-d'Istria 

Lemoy. 

golonieu. 

Guïu. 

Colas. 

Dubois. 

Haca. 
Turc. 

loubeyrb^ 
Robert. 

Olubowitz. 

GiRARDOT. 

Gros. 
Trubert. 

PiCHOIS. 
ROMARY. 



— 106 — 



Lieut.-colonel. 
Capitaine. 

Id. 
Lieutenant. 

Id. 
Sous-lieutenant./ 

Id. 

Id. 

Id. 

Id. 

Commandant. 
Lieutenant. 

Id. 
Sous-lieutenant.j 

Id. 

Id. 

Colonel. 
Capitaine. 

Capitaine. 
Sous-lieutenant. 



Spickerea, 6 août i 870. 



^Gravelotie, 16 août 
1870. 



jSaint-PrJYat, 18 août 
\ 1870. 
I 

I Noiasoville, 1*' septem- 
bre 1870. 



Sous-lieutenant. pedan. l" septembre 

I 1870. 



Sous-lieutenant. 

Lieutenant. 

Commandant. 

Capitaine. 

Sous-lieutenant. 



Beaune-la-Rolande. 

La Varenne, 2 novom- 
' bre 1870. 
I 



I Bry, f 



Bry, î décembre 1870. 



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— i07 — 

TABLEAU No 4. 
Actions d'éclat. — Citations. — Récompenses. 

CoMMiNGES et PoNTis, Heulenants. — Pendant les 
campagnes de 1620, 1621 et 1624, se signalèrent 
constamment par une bravoure hors ligne qui 
les rendit célèbres dans toute l'armée. 

MuTHONis, soldat. — Au siège de Tonneins (1621), 
quoique blessé lui-même, chargea sur ses épau- 
les son lieutenant grièvement blessé, et plutôt que 
d'abandonner son précieux fardeau, se laissa 
rouler avec lui du haut en bas d'un bastion et 
réussit à regagner le camp, portant toujours 
son officier qu'il venait d*arracher ainsi a une 
mort certaine. 

ToiRAS, colonel. — En 1627, à la tête de 800 hom- 
mes seulement, soutint pendant quatre mois 
dans l'île de Ré toutes les attaques de 8,000 An- 

Flais ; refusa constamment de se rendre et sauva 
île^ dont l'ennemi finit par être expulsé après 
avoir été complètement mis en déroute. — Fut 
fait maréchal de France en récompense de ce 
haut fait d'armes. 

Pierre Lanyer dit La Pierre, soldat. — Se dé- 
voua dans l'île de Ré, pour le salut de tous, en 
franchissant à la nage, pour aller chercher des 
secours, un bras de mer de plus d'une lieue de 
largeur parcouru par des courants rapides, et 
couvert de navires ennemis. — Fut pensionné 
par le roi en récompense de son héroïque dé- 
vouement. 

La Mothe-Vedel, lieutenant-colonel. — Assiégé 
en 1632 par toute l'armée ennemie dans la petite 
place de Miradoux, et sommé de se rendre avec 
menace, s'il tardait trop, d'être traité sans merci, 
répondit fièrement : « Je m'en f.... ! » se défen- 
dit avec acharnement et permit à l'armée de se- 
cours de venir le dégager. 



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— i08 — 

De Chenevières, capitaine. — Posté avec sa 
compagnie dans un hameau, il v tint tête le 
17 octobre 1683, à 2,000 Autrichiens, et ne se 
rendit, quoique blessé deux fois, que lorsque 
toutes ses munitions furent épuisées et qu'il eut 
obtenu les'plus honorables conditions. 

Lagorce, soldat. — Se signala d'une façon toute 
particulière dans cette même affaire, à la suite- 
de laquelle il fut fait ofiRcier; se signala de nou- 
veau à la bataille de Steenkerque, où il tua de 
sa main l'un des généraux de 1 armée ennemie. 

Bienvenu, sergent. — Posté avec quinze hommes, 
dans une tour en ruines, protégea à Deckendorf 
la retraite de son bataillon, puis, sommé par le 
général en chef autrichien de se rendre, exigea 
et obtint qu'on laissât lui et ses hommes re- 
joindre leur drapeau. 

D'Amère, capitaine; de Launay, aide-major. — 
En 1746, au siège de ^amur, sautèrent en plein 
jour, avec deux officiers d'artillerie, par dessus 
les retranchements du fort Ballard, et, à eux 
quatre, firent mettre bas les armes à la garni- 
son, qui les supposait suivis. 

De Geoffre, capitaine. —Le 25 mai 1761, esca- 
lada, avec quelques hommes de bonne volonté, 
sous une grêle de balles et de pierres, les 
400 marches de la cascade de Cassel, défendue 
par une compagnie anglaise, dont il abatttit, d'un 
coup d'épée, le capitaine, et à laquelle il fit met- 
tre bas les armes. 

Aubert, grenadier. — Le 25 août 1800, à Griessen, 
a fait preuve d'une bravoure chevaleresque dans 
un combat singulier contre un soldat autrichien 
du corps des Manteaux-Rouges. — A obtenu 
un fusil d'honneur. 

Barath, sergent. — S'est maintes fois signalé par 
sa bravoure pendant la campagne de 1800. — 
A reçu un sabre d'honneur. 

Thulot, sergent. — A enlevé un canon à l'ennemi 



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— i09 — 

à la bataille d'Hobenlinden. — Â reçu un sabre 
d'honneur. 

Bourgogne et Jarry, soldats. — En 1801 , ont 
fait preuve de la plus grande intrépidité devant 
Boulogne. — Ont reçu Tun et l'autre un fusil 
d'honneur. 

Baudin, sergent. — S'est signalé par son énergie 
et sa bravoure devant Boulogne en 1801. — A 
reçu une grenade d'honneur. 

AuTiÉ, colonel. — Le 5 novembre 1806, à la tête 
des grenadiers du régiment montés sur de sim- 
ples barques, attaqua trois batail'ons suédois 
qui descendaient la Trave en bateaux et les , 
força de se rendre à discrétion. 

8e RÉGIMENT DE LIGNE. — A été cité dans le llô 
bulletin de la Grande Armée, pour sa brillante 
conduite au combat de Halle, le 17 octobre 1806. 

8® Régiment de ligne. — A été cité dans le 
29e bulletin de la Grande Armée, pour son en- 
train et sa vigueur au combat de Brewitz, le 
4 novembre 1806. 

Aymard, chef de bataillon. — A la prise de Lu- 
beck, le 6 novembre 1806, escalada à la tête de 
son bataillon la tour de Muhlen, s'empara des 
nombreux canons dont elle était armée et fit 
prisonnier le régiment prussien qui la défendait. 

8e Régiment de ligne. — A été cité dans le 
54e bulletin de la Grande Armée pour la valeur 
inexprimable avec laquelle, au combat de Moh- 
rungen (25 janvier 1807), il se précipita sur une 
division russe qu'il mit dans une déroute com- 
plète et qu'il poursuivit pendant plusieurs lieues. 

Gouffé, capitaine ; Baldram, lieutenant ; Vidal, 
sous-lieutenant ; Marro, sergent. — Ont été 
cités pour leur belle conduite au combat de 
Castel-Tessol (17 mai 1823). 

RoY, voltigeur. — Au combat de Castel-Tessol 
(17 mai 1823), est entré le premier dans fine 
ferme occupée par l'ennemi, et malgré la vive 
fusillade de ce dernier, a dédaigné de s'abriter, 



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— HO — 

afin de pouvoir mieux riposter à ses coups. — 
A été cité à l'ordre du jour et décoré. 

COPPEL, sergent. — Dans une échauflfourée aux 
portes de Vich, le 25 mai 1823, tua de sa main 
le commandant de la cavalerie ennemie. — A 
été cité à l'ordre et décoré. 

Igonet, voltigeur. — Dans cette même échauf- 
fourée, alla tranquillement reprendre, sons le 
feu de l'ennemi, sa baïonnette qui était restée 
dans' le corps d'un soldat espagnol qu'il avait 
tué quelques instants auparavant. 

Le Blanc, commandant ; d'Huslaborde et Thi- 
bault, capitaines ; Baldram et Onfray, lieute- 
nant ; Bâclé, Fédé et de la Jarriette, sous- 
officiers : MouNAC, caporal. — Se sont particu- 
lièrement distingués au siège d'Urgel (septem- 
bre 1823). 

Richard, commandant ; Campion, Chambellan, 
Raffin, Simon, Saint-Saintain, capitaines ; 
Me fpren, Perrioud, de Malleyrand, lieute- 
nants ; Charco, Faurb, Ribrocchi, sous-lieute- 
nants; Paraud, Chiffaut. Lefebvre, Poqub, 
AzAis, BoRDiBR, sous-ofïiciers ; Couturier, 
Ollivier, Faustin, Amagat, caporaux ; David, 
6 INET et Moulins, soldats — Se sont fait re- 
marquer aux combats de Llado (15 et 16 septem- 
bre 1823). 

Baudisson, commandant: Destaing, Millo, Cous- 
TON, Mbipfren, capitaines : Caffani, sous-lieu- 
tenant; JOUSSERAND, BeLIN, DeSNOYERS, BoU- 

tairb, Fournier, sous-officiers ; Catté, Giaco- 
MBTTi, Baillot et Lambert, soldats. — Se sont 
signalés par leur bravoure pendant le siège 
d" Anvers (1832). 
Massiaux, fourrier; Petit, soldat. — Le 6 décem- 
bre 1832, pendant que la flolte hollandaise bom- 
bardait nos lignes, ces deux braves militaires, 
(fui avaient été placés en observation sur une 
digue, donnèrent Texemple du plus énergique 
courage et furent grièvement blessés tous les 



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— lil — 

denx pa^ le même boulet. — Ont été cités à 
Tordre du jour. 

Robuste, commandant; Colin, sous-lieutenant; 
Marge LLOT, caporal. — Ont été décorés pour 
leur belle conduite pendant l'expédition de Sidi- 
Mérouan (août et septembre 1848). 

D*AUBmssoN, capitaine adjudant-major. — A été 
cité pour s» belle défense du camp d'El-Arouch 
(29 avril 1849.) 

Berthezène, sous-lieutenant. — A été cité pour 
le courage et le sang-froid qu'il avait montrés 
dans l'affaire d'El-Arbuch. 

PiERRARD, caporal. — Dans une rencontre avec 
les Arabes du Zouagha (juillet 1849), éT fait 
preuve d'une grande bravoure en luttant corps 
a corps avec plusieurs adversaires dont deux 
sont restés snr le carreau. 

De Lourmel, lieutenant-colonel. — A l'assaut de 
Zaatcha, le 26 novembre 1849, blessé dès le 
début de l'action, resta quand même jusqu'au 
bout à la tête de sa colonne qu'il électrisa par 
son intrépidité, et à laquelle son sang-froia et 
sa présence d'esprit épargnèrent de grandes 
pertes. 

Beveraggi, sergent. — Blessé trois fois, le 7 octo- 
bre, dans la première attaque contre Zaatcha, 
il miitla l'ambulance avant d'être complètement 
guéri afin de pouvoir prendre part a l'assaut, 
généraf; il fit preuve, pendant ce dernier, de la 
plus grande bravoure et y fut mortellement 
atteint. 

Carrieu, commandant; Jarrot, de Lartigue, 

• Barrois, d'Aubuisson, Tacussel, capitaines; 
Pastoret, médecin- major; Dévoyer, de la 
Barre, Mareux, lieutenants; Vidal, adjudant; 
Génin. tambour-major; Blanc, Cottoni, Dupré, 
Trpuillet. sous-officiers; Gouourrchon, Vi- 
gnolles, Coquillard, soldats. — Se sont par- 
ticulièrement distin^^ués au siège de Z.atcha. 

D*AuBuissoNj commandant; Barrois, adjudani- 



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■— li2 — 

major; de Lartigue, d'Aonbl de Bourbon, ca- 
pitaines; Odon, lieutenant; Maestracci, Pélis- 
siER, HuART, sous-officiers; Pauvert, caporal; 
Biesse, Martin, soldats. — Se sont signalés au 
combat de Narah (5 janvier 1850). 

Berthezènb, sous-lieutenant. — S'est signalé de 
nouveau dans une rencontre avec les JBeni-Mi- 
mouan, en luttant corps à corps avec plusieurs 
Kabyles. 

Jamin^ colonel. — Nommé commandeur de la Lé- 
gion d'honneur à la suite des expéditions dans 
la Grande Kabylie (1851). 

Robuste, commandant ; Boisliveau, capitaine. — 
Nommés officiers de la Légion d'honneur à la 
suite des expéditions dans la Grande Kabylie 
(1851). 

Barrois, d'Agnel de Bourbon, Grébus, capi- 
taines; Pastoret, médecin-major; Branger, 
lieutenant ; Maestracci , Audouy , sergents ; 
Davou, Baux, soldats. — Nommés chevaliers 
de la Légion d'honneur à la suite des expédi- 
tions dans la Grande Kabylie (1851). 

Carrieu, commandant ; de Lartigue (depuis gé- 
néral), Nicot, Grébus, Caudier, Priant, capi- 
taines; Péquignot; Hunolt, Royer, Châte- 
lain, lieutenants; Philebert (depuis général). 
Drapeau, Berthezène. sous-lieutenants. — Se 

^ sont particulièrement distingués pendant les 
expéditions dans la Grande Kabylie (fB5l). 

Guyonnet, Baguet, Petit, Vidal (aîné), Vidal 
(cadet), TiNEL, Pélissier, sous-offlciers ; Mer- 
cadier, Etienne, Beylac, Morel, Surlope, 
caporaux; Coutan, Donjon, Albou, Picot,- 
MoNAVON, HiGONNET, Soldai S ; Biolet, clairon; 
Baghet, tambour. — Se sont particalièrement 
distingués pendant les expéditions dans la 
Grande Kabylie (1851). 

Billot, capitaine; Trouillet, Carol, Aulagny, 
Chouchou, sous-offlciers; Ratier, Robinr, 
Garbay, Cabaillc, Beucheii, soldats. — Se 



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— U3 — 

sont signalés pendant Texpédition contre les 
Ouzellaguen (1851). 
Mouzin-Lysis, commandant; Pigeon, capitaine. 

— Nommés officiers de la Légion d'honneur à 
la suite de la campagne d'Italie (1859). 

Cervoni, GARciiir, Royer, Dbjou, capitaines; 
Verdier, médecin aide- major ; Baouet, lieute- 
nant ; Saupfrionon, Termet, Dedreuil-Paulet, 
Carrère, sous-lieutenants; Meyssin, tambour- 
major; Carol, sergent-major; Alabonne, sol- 
dat. — Nommés chevaliers de la Lésion d'hon- 
neur à la suite de la campagne d'Italie (1859). 

LaBBÉ, NOBILl, DUBURG, MOLLARD, BÈNB, FOR- 

TOUL, Mérendier, Pelletier, Vignot, La- 
pierre, sous-officiers; Blandin, Colson, Plan- 
CHON, caporaux; Casanova, Angely, Thomas, 
Vanuxem, Bizkt, Aninat, Failloux, AvOINE) 
Saudubray, Buthy, soldats ; Guérin, tambour. 

— Médaillés à la suite de la campagne d'Italie 
(1859). 

Gabriellï, lieutenant-colonel. — Au combat de 
Spickeren, le 6 août 1870, a fait preuve des 
plus brillantes qualités militaires; a été, à la 
tête du régiment, atteint de plusieurs blessures 
^aves dont l'une a nécessité l'amputation de la 
jambe droite. — A été cité à l'ordre de l'armée. 

Colonna d'Istria, chef de bataillon. — A fait 
preuve d'autant de fermeté que d'intelligence, 
au combat de Spickeren, dans les mesures qu'il 
a prises en commandant, à la fin de la journée, 
les 2^ et 3^ bataillons sous ses ordres ; a montré 
les mômes qualités, le 16 août, à la bataille de 
GravelottCj en portant son bataillon sur les hau- 
teurs de Vionville, où il a été grièvement blessé. 

— A été cité à l'ordre de l'armée. 

Arson, capitaine. — A donné, le 6 août, au com- 
bat de Spickeren, des preuves de la plus bril- 
lante bravoure en portant sa compagnie à l'at- 
taque à la baïonnette contre l'ennemi, a plusieurs 
reprises jusqu'au moment où, dans une dernière 
Hist. 8' d'inf. 8 

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— 114 — 

charge, il est tombé mortellement atteint de 
plusieurs blessures graves dont deux en pleine 
poitrine. — A été cité à l'ordre de l'armée. 

Desruort, caporal. — A Spickeren, a montré le 
plus grand courage en se défendant seul contre 
cinq Prussiens; en a tué deux et a forcé les 
autres à prendre la fuite. — A été cité à l'or- 
dre de l'armée. 

GuÉNiN, caporal. — Au combat de Spickeren, a 
chargé des premiers l'ennemi à la baïonnette; 
se voyant bientôt qnveloppé de toutes parts, a 
continué, quoic[ue blessé, à combattre, et a 
réussi à se faire jour. — A été cité à l'ordre 
de l'armée. 

Ferrand, soldai. — A Spickeren, a fait preuve 
de beaucoup de bravoure et de dévouement en 
allant chercner, sous le feu de l'ennemi, le corps 
de son commandant qui venait d'être mortelle- 
ment frappé. — A été Qité à l'ordre de l'armée. 

Haca, colonel. — Nommé commandeur de la Lé- 
gion d'honneur à la suite du combat de Spicke- 
ren, le 6 août 1870. 

CoLONNA d'Istria, Commandant. — Nommé offi- 
cier de la Légion d'honneur à la suite du com- 
bat de Spickeren, le 6 août 1870. 

Arson, Etienne, capitaines; Odinet, Leborgne, 
lieutenants; Laurent, Landriau, Michard, 
sous-lieutenants. — Nommés chevaliers de la 
Légion d'honneur à la suite du combat de 
Spickeren, le 6 août 1870. 

Blaise. Argout, Soyer, Fouquet, Aumont, 
Labet, sous-officiers ; Bodin, Desronces, Béarl, 
caporaux; Guyot, Kbrmann, Leduin, soldats. 
— MédaiiJés à la suite du combat de Spickeren 
(6 août 1870). 

Francot, Loubeyre, capitaines; Mulot, méde- 
cin-major. — Nommés officiers de la I^égion 
d'honneur à la suite des combats livrés sous 
Metz (août et septembre 1870). 

Tadieu, Lacapelle, Belladen, Marchand, Fri- 



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— il5 — 

RioN, capitaines; Lotte, Colonieu, Dubois, 
Robert, lieutenants. — Nommés chevaliers de 
la Légion d'honneur à la suite des combats 
livrés sous Metz (août et septembre 1870). 

CONPÉ, BONNIFAY, ThOMAS, RiBLET, BoURRAS, 

Peyras, sous-officiers; Arnaud, Parmentier, 
Partant, caporaux ; Voisin, Mijeon, Vauthier, 
Mathis, Bachmann, Pelleg, Faron, Garçon, 
Marcellin, Scheser, Edoux, Jeansonné, Ro- 
yer. Raboisson, Ramenatte, Ferrand, soldats. 

— Médaillés à la suite des combats livrés sous 
Metz (août et septembre 1870). 

Decker, sergent; Choisnel,. caporal. — Le 
2 décembre 1870, seconde journée de la bataille 
de Champigny, ces deux braves militaires 
défendirent en désespérés une barricade située 
à l'entrée du village de Bry que les Allemands 
avaient inopinément attaqué à l'aube et périr i- 
rent ainsi aux renforts d arriver à temps pour 
repousser l'ennemi. — Ont été nommés Tun et 
l'autre chevaliers de la Légion d'honneur. 

Trubert, commandant; Combes, médecin-maior. 

— Nommés officiers de la Légion d'honneur à la 
suite des combats livrés pendant le siège de 
Paris 1870-71. 

Lebeau, Rouff, Raynaud, capitaines; Gros, 
lieutenant; Romary, sous-lieutenant; Avige, 
médecin-major de 2e classe. — . Nommés cheva- 
liers de la Légion d'honneur à la suite des com- 
bats livrés pendant le siège de Paris t870-71. 

Carteron, Chaumont, sous-offioiers ; Sauzède, 
Pêtretot, Larget, soldats. — Nommés cheva- 
liers de la Légion d'honneur à la suite des 
combats livrés pendant le siège de Paris 1870-71. 

Ravillon, sei^nt ; Léger, caporal ; Robinet de 
Cléry, Lequerré, Ledot, Potiiier, Romescamp, 
Laurent, soldats. — Médaillés à la suite des 
combats livrés pendant le siège de Paris 1870-71. 

Perettî. adjudant. — Décora de la médaille mili- 
taire, le 5 mai 1871, pour la vigueur et le sang- 



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— lie — 

froid au'il avait déployés le 17 avril 1871, en 
empêcnant, à la tête du poste de police, un 
groupe d'émeutiers de forcer l'entrée de la 
caserne. 

Dessaint, soldat. — Etant- de passage à Ham, le 
10 octobre 1873, a sauvé un homme tombé dans 
un puits, et, à la demande qui lui était adres- 
sée dans le but de connaître son nom, a répondu 
qu'il n'avait pas d'autre nom que t 8® de ligne • 
et que tous ses camarades auraient agi de même 
en pareille circonstance. — A été cité à l'ordre 
de la division. 

Truitard, soldat. — En 1873, à Calais, a terrassé 
et ^ésarmé un matelot qui cherchait à frapper 
à coups de couteau un de ses camarades. — 
Cité à l'ordre de la place. 

Chevalier et Bouchart, soldats de 2e classe. — 
Le 26 octobre J1873, à minuit, se sont jetés, tout 
habillés, dans les fossés pleins d'eau et de vase 
de la place de Calais et en ont retiré, sain et 
sauf, un matelot anglais qui y était tombé. — 
Ont été, pour ce fait, cités à l'ordre du régi- 
ment et nommés soldats de l>*e classe. 

Bastien, clairon. —A reçu, le 18 avril 1876, une 
médaille d'honneur en argent pour le courage et 
le dévouement dont il a fait preuve, le 17 octo- 
cre 1875, en cherchant à arrêter un fou furieux 
réfugié au haut d'une tourelle, et qui le blessa 
grièvement d'un coup de pierre. 

Pierre, sapeur. — Le 13 février 1877, dans la 
soirée, a secouru et dégagé un gendarme de la 
brigade de Saint-Omer aux prises avec plusieurs 
individus qui voulaient délivrer un de leurs 
camarades que ce gendarme conduisait en pri- 
son. — Cité à l'ordre de la placé. 

Alexandre, soldat de |ro classe. — Le 19 juin 1877, 
s'est jeté résolument, au péril de sa vie, dans le 
canal de la citadelle de Calais, pour sauver un 
enfant de 13 ans q^i s'y noyait. — Cité à l'ordre 
de la subdivision. 



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* * — ii7 — 

MiROUEL, sergent. — Etant de ronde, à Boulogne, 
dans la nuit du 27 au 28 février 1878, fut brus- 
c[uement assailli, d'abord par trois, puis par six 
individus qui essayèrent de le désarmer et de 
lui faire un mauvais parti, mais il leur tint 
énergiquement tête en se servant à la fois de 
son sabre, de ses pieds et de ses dents jusqu'au 
moment où il fut secouru et dégagé par deux 
soldats du régiment. — A été cité à l'ordre de 
la division. 

Dbmailly et DivARBT, soldats de 2« classe. — 
Dans la nuit du 27 au 28 février 1878, à Boulo- 
gne, ayant appris par un civil, qui les rencontra 
regagnant le quartier^ qu'un sergent du 8e était 
aux prises avec six mdividus, se précipitèrent 
vers le lieu de la lutte, et, entendant à leur 
arrivée que la vie du sergent était menacée, 
tombèrent à coups de baïonnette sur les agres- 
seurs qui essayèrent alors de se sauver, mais 
qu'ils contraignirent, sous menace de mort, à 
les suivre chez le commissaire central. — Ont 
été cités à l'ordre de èa division et nommés 
l'un et l'autre soldats de 1>* classe pour leur 
belle conduite dans cette circonstance. 

BuYS, soldat de 1"^ classe. — Le 30 août 1878, s'est 
jeté tout habillé dans le canal de la Citadelle, à 
Calais, et en a heureusement retiré un ouvrier 
qui y était tombé du haut d'un échafaudage. — 
Le soldat Buys comptait déjà de nombreux actes 
de dévouement qui lui avaient valu une médaille 
d'honneur et sa nomination de 1*^ classe. 

Bellet, soldat. — Le 6 juillet 18»^, à Saint-Omer, 
s'est jeté tout habillé dans la rivière de l'Aa et 
en a retiré, sain at sauf, un enfant de 7 ans qui 
y était accidentellement tombé et avait déjà dis- 
paru sous l'eau. — A été cité à l'ordre de la 
subdivision. 

Lamuré, soldat de 2e classe. — Etant en faction 
devant une poudrière, à Boulogne, dans la nuit 
du lei* au 2 janvier 1881, a repoussé, d'un coup 



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— 118 — ♦ • 

de baïonnette, un individu qui s'était brusque- 
ment jeté sur lui pour le désarmer ; puis, com- 
me cet individu revenait à la change, Va tenu en 
respect en le prévenant que s'il laisait un pas 
de plus il lui brûlait carrément la cervelle. — 
A été cité à l'ordre du régiment et nommé sol- 
dat de Ire classe pour son attitude énergique et 
son sang-froid dans cette circonstance: 

2e BATAILLON DU 8© DB LIGNE. — A été cité àl'ordrc 
de la subdivision, le 25 janvier 1881, pour le dé- 
vouement et l'énergie dont il avait fait preuve 
pendant plusieurs iours dans l'exécution des 
rudes travaux de déblaiement nécessités sur les 
voies ferrées à la suite de violentes tourmentes 
de neige. 

VoiSAR, soldat. —Le 11 juillet 1881, s'est jeté dans 
le canal de Clairmarais et en a retiré un enfant 
qui, sans son secours, s'y serait infailliblement 
noyé. — A été cité à l'ordre du régiment et 
nommé de 1^ classe pour cet acte de dévoue- 
ment. 

Mazb, clairon, et M. Fbambnt, sous-lieutenant. — 
28 mai 1883. Le premier a retiré inanimé de la 
mer un enfant de 5 ans, le deuxième a rap- 
pelé cet enfant à la vie par des soins qui n'ont 
pas demandé moins de deux heures d'efforts 
persévérants. — Ont été cités à l'ordre du régi- 
ment. 

Vermesgh, soldat musicien. — 4 octobre 1885. 
A arrêté un cheval emporté attelé à une voiture 
dans laquelle se trouvaient une femme et des 
enfants. — A été cité à Tordre du régiment. 

Bâillon, caporal, — 31 mars 1887. S'est jeté 
au-devant d'un cheval débridé qui traînait, ^ 
une allure desordonnée, une voiture renversée 
et oui pouvait occasionner les plus grands 
acciaents.— A été cité à l'ordre du régiment et a 
reçu une mention honorable. 

RoussBL et Baderbagh, soldats. — 1er juillet 1887. 
Un commencement d'incendie s'étant déclaré 



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dans une maison, en ont fait onvrir les portes, 
et ont pénétré résolument, au risque d'être 
asphyxiés, jusqu'au foyer de l'incendie dont ils 
ont pu, non sans danger, arrêter le développe- 
ment qui aurait mis en péril la vie de plusieurs 
personnes.— Ont été cités à l'ordre du régiment. 



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— 120 — 

TABLEAU N» 5 
Campagnes et expéditions. 



(Ce tableau ne comprend que le^ campagnes el expéditions faites 
par les corps ayant effectivement porté le n* 8.) 



Premier 8« régiment de ligne 

Moselle 1791-1792 1 Rhin 1793-1794 

Kord et Hotelle. . 1792-1793 Hollande .... 1794-1795 



S^ Demi-brigade 



Rhin........ 1796-1798 

Hollande .... 1799 



Allemagne... 
Devant Boulogne. . 



1800 
1801 



Second 8« régiment de ligne 



Autriche .... 1805 

Prusse 1806 

Pologne 1806-1807 



Prusse . 



1807 
. 1808-1813 
France 1814-1815 



8« Régiment de ligne actuel 



Espagne 1823 

Morée 1828-1829 

Belgique 1831 

Belgique 1832 

Afrique 1847-1852 



Italie 1859 

Armée da Kbin . . 1870 

SiègedeParis 1870-1871 

Tunisie 1881-1883 



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— i21 — 

TABLEAU No 6 
Officiers généraux ayant servi dans le 8<> de ligne actuel. 



De Gromety ( Colonel du 8e. 
LJEtiROMETY {Général 



Ravi, 



De Chargère. 



Baugand. 



i Colonel du 8e 

' (Général «... 

Lieutenant au 8e.... 

i Capitaine 

) Chef de bataillon. . . 
j Lieutenant-colonel . . 

f Colonel 

[ Général de brigade. 

( Colonel du 8e 

' \ Général 



DbLartioue. 



Jamin. 



COUSTON. 



/ Capitaine au 8^ 

l Chef de bataillon 

I Lieutenant-colonel 

. < Colonel 

i Général de brigade 

f Général de division 

\ Commandant du 12e corps. 

/ Colonel du 8e 

, J Général de brigade 

( Général de division 

i Capitaine au 8e 
Chef de bataillon 
Lieutenant-colonel 
Colonel , 
Général , 



Chalon. 



( Colonel du 8©. 
' (Général 



courson de 
Villeneuve. 



/ Colonel du 8e 

^^ j Général de brigade. 
• • • ( Général de division., 



1820 
1822 

1832 
1840 

1835 
1840 
1845 
1852 
1855 
1856 

1845 
1847 

1845 
1851 
1854 
1855 
1860 
1870 
1874 

1847 
1852 
1859 

1823 
1840 
1847 
1850 
1853 

1852 
1857 

1857 
1859 
1863 



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— in — 



(Lieutenant-colonel au 8®... 1847 

Colonel 1849 

Général 1852 

Maire ( Colonel du 8e 1859 

^^^^^ (Général 1869 

! Lieutenant-colonel du 8« . . . 1859 

Colonel 1862 

Général de brigade 1870 

Général de division 1877 

Commandant lé 18© corps.. 1879 

/ Lieutenant-colonel du 8». . . 1865 

De la Mamouze. . \ Colonel 1869 

( Général 1 870 

f Colonel du 8e 1869 

Général de brigade 1870 

Général de division 1880 

/ Colonel dti 8e 1871 

Cmvxri J Général de brigade 1879 

^°^^^^ JGénéral de division 1885 

( Commandant le 4e corps. . . 1889 

«•-^--«-•{g^Sttigidë.::::::: îl?^ 

Capitaine au 8e 1858 

Chef de bataillon 1868 

pHt-BBHT jStrîr.'°"!?::::::::: \fiî 

j Général de brigade 1880 

[ Général de division 1888 

^^^^^* l Général de brigade 1887 

Lecer (Colonel du 8e 1877 

^^^^^ ( Général de brigade 1884 

Chambert (Colonel du 8e 1884 

UHAiiBERT ^ Général de brigade 1889 



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4Î3 — 



* * 



Vous connaissez maintenant^ soldats du 
8® de ligne, Thistoire de la noble famille 
dont vous avez Thonneur de faire partie. 

Cette famille a, comme vous l'avez vu, 
un passé des plus glorieux; — dans nos 
jours de triomphe comme aux heures de 
nos plus grands malheurs et de nos plus 
affreux revers, elle s'est toujours montrée 
dévouée au pays, fidèle à ses devoirs et 
constamment à la hauteur de sa vieille et 
glorieuse réputation. 

Efforcez- vous donc, à votre tour, durant 
votre séjour sous les drapeaux, de vous 
montrer sans cesse les dignes héritiers de 
ces brillantes traditions et n'ayez jamais, 
auoi qu'il advienne, qu'une pensée et qu'un 
aésir : fortifier et accroître le beau renom 
du régiment. 

Puis, quand vous serez de retour dans 
vos foyers, montrez-vous aussi bons ci- 
toyens que vous aurez été bons soldats; ho- 
norez l'habit du travail comme vous aurez 
honoré l'uniforme; respectez l'autorité ci- 
vile comme vous respectez l'autorité mili- 



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— i24 — 

taire ; conservez ces habitudes d'ordre, cette 
dignité humaine, cette fierté personnelle, 
ce dévouement aux devoirs que vous ensei- 
gne la discipline ; soyez dans les ateliers, 
dans les champs, partout, de braves cœurs ; 
n'oubliez pas que Ton peut encore servir 
la France ailleurs que dans l'armée. Ai- 
mez-la, cette noble France mutilée par des 
mains impies ; aimez-la de toutes vos forces, 
de toute votre âme et soyez toujours prêts 
à la défendre. Quand vos jeunes frères, vos 
fils, viendront à leur tour prendre place 
dans nos rangs, votre nom seul, votre sou- 
venir les protégeront. 

Aux mauvais Français, qui déclament 
sans cesse contre la société, montrez l'his- 
toire d'un régiment ; ils verront que la gloire 
est populaire ; ils verront que le travail, la 
bonne conduite, le mérite, sont récompen- 
sés, et que sans nom, sans fortune, le sim- 
ple soldat peut parvenir aux plus hauts 
grades et recevoir les récompenses les plus 
enviées; ils verront que si l'égalité, la jus- 
tice, la fraternité, le dévouement, l'abné- 
gation, l'amour de la patrie, le vrai cou- 
rage, régnent encore en France, c'est dans 
l'armée surtout qu'ils se conservent. 



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TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Avertissement '5 

Liste des principaux ouvrages d'où ont été 

extraits les éléments du présent Livre d'or. 6 

Avant-propos 7 

Généalogie du régiment 9 

RÉGIMENT DE CHAMPAGNE 

Origine du régiment 11 

Formation du régiment 13 

Traits de bravoure du lieutenant-colonel 

Saint-Colombe 13 

Brillant prestige du régiment 14 

Hardi stratagème du lieutenant-colonel Pi- 

geolel 14 

Lelieutenant Comminges et l'enseigne Pontis. 1 5 

Admirable dévouement du soldat Muthonis.. 16 

Hardi coup de main du colonel Arnaud 17 

Champagne s'immortalise dans l'île de Ré. . 18 

Héroïque dévouement du soldat Pierre Lanyer. 21 

Déroute des Anglais 22 

Mordantes ripostes aux Espagnols 23 

Origine de la devise du régiment 24 

Le capitaine Chennevières, le soldat Lagorce. 24 
Champagne se couvre de gloire à Steen- 

kerque 25 

Batailles d'Hochstedt et de Malplaquet 26 

Champagne en Italie 27 

Encore un contre dix 27 

Le sefgent Bienvenu 28 

Merveilleux traits d'intrépidité 29 

Dédoublement du régiment de Champagne. . 30 



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— 12« — 

BÉGIMENT D'AUSTRASIE 

Pages. 

Austrasie s'illustre dans llnde 31 

Combat de Gondelour 32 

PREMIER 8e RÉGIMENT DE LIGNE 

Le régiment contribue glorieusement à sau- 
ver la patrie en danger 34 

8e DEMI-BRIGADE 

Le grenadier Aubert 36 

La 8e demi-brigade à la bataille de Hohen- 

linden 36 

Trois braves 38 

Récompenses nationales accordées à la 8e 

demi-brigade * 39 

SECOND 8e RÉGIMENT DE LIGNE 

Le 8e de ligne à Austerlitz 40 

Campagne de 1806 41 

Le régiment se dislingue au combat de Halle. 41 

Le 8'î de ligne à l'abordage 42 

Prise de Lubeck 42 

Campagne de 1807 44 

Admirable trait de dévouement du soldat 

Vallé 44 

Le 8e de ligne en Espagne 43 

Campagne de France (1814) 46 

8e RÉGIMENT DE LIGNE ACTUEL 

Campagne d'Espagne (1823) , 47 

Combat de Castel-Tessol * 47 

Défense de Wich 48 



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— 127 — 

Pages. 
Beau trait d'intrépide sang-froid du voltigeur 

Igonet 49 

Siège d'Urgel 49 

Combat de Llado 50 

Expédition de Moréb 51 

Campagne de Belgique 51 

Siège de la citadelle d'Anvers 52 

Combat de Doël 53 

Citations 55 

Campagnes d'Afrique 55 

Expédition de Sidi-Mérouan 55 

Affaire d'El-Arouch 56 

Expédition de Zouagha 57 

Sièçe et prise de Zaatcha 58 

Le lieutenant-colonel de Lourmel 60 

Citations 61 

Affaire de Narah 63 

Expédition contre les Nemanchas 63 

Colonnes dans la Kabylie 63 

Combat du col de 1* Arba 64 

Combat de Diijelli 65 

Expéditions de l'Oued-Sahel 65 

Citations 67 

Colonne de la neige ^. 68 

Rentrée en France. — Ordre du jour 69 

Campagne d'Italie (1859) 70 ' 

Le 8® de ligne à Solferino 71 

Récompenses accordées au 8® de ligne 74 

Campagne contre l'Allemagne 74 

Le 8e de ligne se signale au combat de Spic- 

keren '. . 76 

Pertes du régiment à Spickeren 78 

Citations à l'ordre de l'armée 79 

Le 8e de ligne à Gravelotte 80 

Bataille de Saint-Privat 82 

Combat de Noisse ville et Servigny 85 

Affaire de Peitre 86 

Le 4o bataillon du 8^ de ligne à Sedan 88 



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— 128 — 

8e RÉGIMENT DE MARCHE 

108e DE LIGNE 

Pages. . 

Formation du 8e régiment de marche 90 

Le 108e de ligne au combat de Bry 90 

Fusion du 108e et du 8e de ligne 91 

Campagne de Tunisie 92 

tableau no 1 
Noms des chefs de corps (de 1569 à 1889).. 95 

TABLEAU NO 2 

Morts au champ d'honneur 98 

TABLEAU NO 3 

Officiers blessés ou contusionnés 105 

TABLEAU NO 4 

Actioift d'éclat. — Citations. — Récom- 
penses 107 

TABLEAU NO 5 ^ 

Campagnes et expéditions 120 

TABLEAU NO 6 

Officiers généraux ayant servi dans le 8e de 
ligne actuel 121 

^ /. 123 



Paris et UmogeR. — Imp. milit. Henri Chàrlbi-Lavadzbllb. 

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