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Full text of "Le Nord de la France jusqu'à la Loire excepté Paris: Manuel du voyageur"

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M'KDK ET .N(JK\ KUJ:'. T.T LES ril-INOIPAEES LlOirvi^n a iluv^J'no LB 
DANE.IAKK. Avec UO caries, V> jdan. de villes et un petit manuel 
de curver.alion. l;>80. ^ '"^^'^^■ 

SUlSSIt. AVEC LES l'AKTIES LIMITEOFIIER DE L'ITALIE, DE 
LA Sa "OIE ET DU TtKOL, 36 caries, 10 plans de villes et 
jI panoramas Seizi^m. édition I8S7 7 marcs. 

MANUEL DE (M)\VEKSATION four le toukl^te, en 

gUATRK L..NGCKS (Jran^^a.^. alUuravd. anglais. Ualien), avec un voca- 
t>nlaire. nr. rhoix de qnestinns div^ersee, .>tc. 3 marcs. 

Septembre IHS7. 



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LA FRANCE 



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LE NORD 

■ DE 

^ LA FRANCE 

JUSQU'A LA LOIRE 

EXCEPTÉ PARIS-:.-*/;'/ 



MANUEL DU VOYAGEUR 

PAR 

K. BJEDEKER 



AVEC 9 CARTES ET 25 PLANS DE VILLES 



DEUXIEME EDITION 

REVUE ET COKSIDÉRABLEMEKT AUGMENTEE 



LEIPZIG ' 
KARL B^DEKER 

LIBRAIRE • ÉDITEUR 



PARIS 
PAUL OLLENDORFF 

28*", RUE DE RICHELIEU 



-^ 



1887 

Tous droits réservés. 



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Qui songe à voyager^ 
Doit soucis oublier. 
Dès Vaube se lever. 
Ne pas trop se charger, 
D''un pas égal marcher 
Et savoir écouter. 



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^"-'^'1'^ PRÉFACE 



Le guide du Nord de la France, qui devait d'abord être rattaché 
à celui de Paris et ses environs, n'avait pas encore reçu tout le déve- 
loppement qu'il comportait. On reconnaîtra immédiatement que 
cette nouvelle édition est en progrès sensible sous ce rapport et au 
point de vue de l'exactitude. 

L'avantage qu'il y avait pour les touristes à conserver à part le 
guide à Paris, nous a forcés de donner au mot Nord plus d'étendue 
qu'il n'en a habituellement en France. Il n'était guère possible, du 
reste, de ne pas y comprendre en entier les réseaux des chemins de 
fer de l'Ouest et de l'Est, qui s'étendent jusqu'à la Loire et jusqu'à 
la Côte -d'Or. C'est également la nécessité de se conformer aux 
■X tracés des chemins de fer qui a forcé de renoncer à des subdivisions 
rappelant les anciennes provinces: Champagne, Normandie, Bre- 
-> tagne, etc. 

^ L'auteur est toujours M. A. Delaf ont aine , de Paris, rédacteur 

c^ français de nos guides depuis 1872 et qui a su par conséquent le 
V. rédiger dans le même esprit que les autres. Il s'est proposé comme 
<îi nous de faire un guide pratique et sérieux, offrant aux voyageurs les 
renseignements nécessaires pour bien voir, sans perte de temps et 
sans trop de frais , les principales curiosités des régions que com- 
prend ce livre. 

On voyage aujourd'hui rapidement et on veut voir beaucoup de 
pays; un guide doit par conséquent, pour être pratique, s'abstenir 
de détails inutiles , ne mentionner que les choses qui le méritent 
réellement, indiquer le meilleur chemin pour les trouver et suivre 
l'ordre dans lequel elles se présentent. 

S'il est loin d'avoir réussi comme il l'aurait voulu , c'est là du 
moins ce que l'auteur a tâché de faire. Mais il est bien difficile 
aujourd'hui de faire un guide exact. Non seulement nous voya- 
geons à la vapeur , mais nous vivons pour ainsi dire de même , et, 
pour celui qui doit en tenir compte , les changements se font avec 
une rapidité désespérante. Nous sommes donc doublement obligés 
de réclamer l'indulgence du public; pour l'imperfection de l'œuvre 
et pour ses inexactitudes forcées. 

Nous avons déjà reçu des voyageurs qui se sont servi de la pre- 



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mière édition quantité de renseignements précieux , dont nous de- 
vons les remercier de nouveau. Ce n'est pas seulement à nous qu'ils 
ont par là rendu service , mais aux nomlDreux touristes qui se ser- 
vent des Guides Bsedeker. Bien que faisant tout notre possible 
pour tenir par nous-mêmes nos guides à jour, nous sommes tou- 
jours obligés de faire appel au concours bienveillant des voyageurs, 
en les priant de nous signaler les erreurs et les omissions que l'ex- 
périence leur fait découvrir dans nos livres. 

Les CARTES et les plans qui font en partie le succès de nos guides 
sont toujours l'objet d'une attention spéciale. Ce volume est aussi 
bien partagé que possible sous ce rapport. Il a fallu quelquefois 
réduire beaucoup les plans , pour ne point dépasser les dimensions 
d'un manuel; mais ils ont été faits avec beaucoup de soin, et ils 
seront -plus que suffisants pour orienter les voyageurs. Vu la manie 
des changements de noms, en province comme à Paris, il est tels de 
ces plans qu'il a fallu modifier plusieurs fois pendant la préparation 
de l'ouvrage, et il y reste toujours à faire. 

Les HÔTELS, les benseignements pratiques en général, sont 
aussi des choses dont nous nous occupons particulièrement, parce 
que les agréments d'un voyage en dépendent beaucoup. On sait que 
nos recommandations î^z-e s' achètent à aucun prix, 'pas même sous 
forme d'annonce; il ne peut par conséquent y avoir de doute sur 
notre impartialité. Mais nous prétendons encore moins sous ce rap- 
port que sous d'autres à l'infaillibilité. Ce sont en effet là surtout 
des choses sujettes à varier souvent et rapidement. La manière dont 
on est reçu et traité dans un hôtel dépend en outre de circonstances 
qu'il est généralement impossible de prévoir. On doit du reste tou- 
jours s'attendre en route , même avec le meilleur guide , à de l'im- 
prévu , à quelques ennuis , et on aurait tort de perdre pour cela sa 
bonne humeur, sans laquelle on ne saurait jouir d'un voyage. 

Pour ceux qui ne voudront pas porter tout le volume evec eux, 
le texte est divisé en trois parties brochées- séparément , mais qui 
ne se vendent pas à part: I, Au Nord de la Seine et des Vosges ; 
II, Entre la Seine, la Loire et l'Atlantique; III, Entre Paris, les 
Vosges , le Jura et la Loire. Pour en détacher une , casser le vo- 
lume au commencement et à la fin de cette partie et couper avec 
un couteau la gaze sur laquelle sont cousues les feuilles. 

E. B. 



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TABLE MÉTHODiaUE 



Introduction. 
I. Monnaie , frais , saison et plan de voyage. Bagage et 

costume xi 

II. Chemins de fer, voitures publiques et de louage, passe- 
port, douane et octroi xv 

III. Hôtels, restaurants et cafés xix 

IV. Monuments et musées xxu 

V. Poste et télégraphe. Colis postaux xxii 

VI. Aperçu historique xxiv 

VII. Aperçu géographique xxxii 

VIII. Cartes géographiques xliv 



Le Nord de la France. 

I. Au Nord de la Seine et des Vosges. 

1. De Paris à Nancy (Strasbourg) 3 

I. De Paris à Châlons-sur-Mame 3 

II. De Châlons-sur-Marne à Kancy 8 

2. De Paris à Metz 16 

A. Par Chtâlons et Frouard 16 

B. Par Châlons et Verdun 17 

C. Par Eeims et Verdun 20 

D. Par Reims et Mézières-Charleville 25 

3. De Paris à Namur (Liège, Cologne) 34 

A. Par St-Quentin et Maubeuge 34 

B. Par Boissons, Laon et Anor 41 

0. Par Soissons, Reims et Mézières 43 

4. De Paris à Amiens 47 

A. Par Creil 47 

B. Par Beauvais 47 

5. D'Amiens à Arras, à Douai et à Valenciennes (Mons) . . 52 

6. De Paris à Douai par Cambrai .63 

7. De Douai (Paris) et de Valenciennes à Lille et à Courtrai 65 

1. De Douai à Lille 65 

II. De Valenciennes a Lille 66 

III. Lille 67 

IV. De Lille à Courtrai 73 

8. D 'Arras (Paris) à Dunkerque 74 

9. D'Amiens (Paris) a Calais 79 

A. Par Abbeville et Boulogne 79 

B. Par Arras et Hazebrouek 87 

C. Par DouUens, Fre'vent, St-Pol et Anvin 89 



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YIII TABLE MÉTHODIQUE. 

10. De Paris à Beauvais et au Tréport ; 92 

I. De Paris à Beauvais 92 

II. De Beauvais au Tréport 95 

11. De Paris à Rouen et au Havre 97 

I. De Paris à Rouen 97 

II. De Rouen au Havre 110 

12. De Paris à Dieppe 116 

A. Par Rouen 116 

B. Par Pontoise et Gisors 11& 

13. Bains de mer entre Dieppe et le Havre 122 

I. De Rouen (Paris) à St-Valery-en-Caux et à Veules . . . 122 

II. De Rouen (Paris) à Veulettes. Les Petites-Dalles ... 123 

III. De Rouen (Paris) à Fécamp 124 

IV. De Rouen (Paris) à Etretat 127 

II. Entre la Seine, la Loire et l'Atlantique. 

14. De Paris à Caen et à Cherbourg 130 

I. De Paris à Caen 130 

II. De Caen à Cherbourg 138 

16. Bains de mer du Calvados 144 

I. De Paris à Trouville-Deauville. Villers-sur-Mer, Beuzeval- 

Houlgate et Cabourg 144 

II. De Caen à Luc-sur-Mer (Lion), Langrune, St-Aubin-sur-Mer 

et CourseuUes 148 

16. De Cherbourg à Brest 150 

17. De Paris à Granville. Jersey 151 

18. De Caen au Mans , par Alençon. Falaise 160 

19. De Caen à Laval, par Domfront et Mayenne 163 

20. De Paris à Brest 165 

I. De Paris à Chartres 165 

IL De Chartres au Mans 168 

III. Du Mans à Rennes . 172 

IV. De Rennes à Brest 178 

21. DeRennes àSt-Malo. Environs et excursions de cette ville. 

Le Mont-St-Micbel. Dinan 184 

I. De Rennes à St-Malo . 184 

IL Environs de St-Malo. St-Servan, Paramé, Dinard. St- 

Enogat. St-Lunaire. St-Briac 187 

III. Excursions de St-Malo. Cancale. Le Mont-St-Michel. Dinan 189 

22. De Paris à Nantes 193 

A. Par le Mans, Sablé et Angers 193 

B. Par Orléans et Tours 199 

Q. Par Sablé et Segré 202 

23. De Nantes à Brest 211 

Excursion d'Auray à Quiberon, Plouharnel, Carnac et Locma- 
riaquer 213 

24. De Paris à Tours (Bordeaux) 218 

A. Par Orléans: I. De Paris à Orléans 218 

II. D'Orléans à Tours 225 

B, Par Vendôme 230 

Excursions de Tours 237 



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TABLE METHODIQUE. IX 

III. Entre Paris, les Vosges, le Jura et la Loire. 

25. De Paris à Troyes et à Belfort 245 

I. De Paris à Troyes 245 

II. De Troyes à Belfort 253 

20. De Paris à Epinal (Vosges) 259 

A. Par Blesme, Bologne, Neufehâteau et Mirecourt .... 260 

B. Par Bar-le-Duc, îîeufchâteau et Mirecourt 261 

G. Par Pagny-sur-Meuse, Neufchâteau et Mirecourt .... 261 

D. Par Toul et Mirecourt 262 

E. Par Nancy et Blainville-la-Grande 262 

F. Par Chaumont, Neufeliâteau ftt Mirecourt 262 

G. Par Jussey et DarnieuUes 264 

27. De Nancy à Dijon 265 

A. Par Mirecourt et Chalindrey 266 

B. Par Epinal et Gray . 268 

28. D'Epinal à Belfort. Plombières 270 

29. De Belfort à Strasbourg 273 

30. De Nancy à Strasbourg 275 

31. De Lunéville à St-Dié et à Epinal 279 

32. Excursions de St-Dié dans les Vosges 281 

I. A Strasbourg, par Rothau 281 

II. A Schlestadt, par Ste-Marie-aux-BIines 282 

III. A Colmar, par Fraize et la Poutroye 283 

33. Excursions d'Epinal dans les Vosges 284 

I. A Colmar, par Gérardmer, la Sehlucht et Munster . , , 284 

II. A Mulhouse par St-Maurice-Bussang et Wesserling ... 291 

III. A Mulhouse par Cornimont et Wesserling 293 

IV. A Belfort, par le ballon d'Alsace 294 

34. De Belfort (Strasbourg) à Dijon 295 

A. Par Montbéliard et Besançon 295 

B. Par Vesoul et Besançon 297 

35. De Besançon à Neuchâtel 302 

36. De Besançon (Belfort) à Bourg (Lyon) 304 

37. De Paris à Dijon 307 

A. Par la ligne directe 307 

B. Par Troyes et Châtillon-sur-Seine 313 

38. De Dijon à Neucbâtel et à Lausanne 322 

39. Le Morvan. Auxerre, Autun, etc 325 

I. De Laroche (Sens) à Auxerre (Autun) et à Nevers . . . 325 

II. D'Auxerre à Autun, par Avallon 327 

m. De Clameey (Auxerre) à Paray-le-Monial (Moulins) . . . 330 

40. De Dijon à Nevers 332 

A. Par Chagny, Montchanin et le Creusot 332 

B. Par Chagny et Autun 334 

41. De Paris à Nevers 338 

A. Par Fontainebleau et Montargis 338 

B. Par Corbeil et Montargis 341 

C. Par Orléans et Bourges 342 

Table alphabétique 349 



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X TABLE METHODIQUE. 

Cartes et Plans. 
Cartes. 

1. Le Nord de la France^ jusqu'à Paris et à Nancy . . . avant le titre. 

2. Banlieue de Paris 2 

3. L'Ouest de la France^ du Havre à la Rochelle 129 

4. St-Malo et ses environs, de St-Briac à Caneale 184 

5. La Rance, de Dinan à St-Malo 184 

6. Vosges centrales ou moyennes, du Schneeberg au col du Bonhomme 280 

7. Vosges méridionales ou Hautes Vosges, de Fraize à Giromagny . . 286 

8. L''Est et le Centre de la France, de Nancy à Lyon et à Clermont- 

Ferrand . . . après la table alphabétique. 

9. Carte générale de la France , . • à la fin du volume. 



1. Amiens 48 

2. Angers 194 

3. Besançon 298 

4. Boulogne-sur -Mer 80 

5. Bourges 343 

6. Brest 182 

7. Gaen 134 

S. Chartres 166 



Plans. 

9. Cherbourg 140 

10. Dieppe 118 

11. Dijon 314 

12. Dinan 184 

13. Le Havre 110 

14. Le Mans 169 

15. Lille 66 

16. Nancy 12 



17. Nantes 204 25. Troyei 



18. Orléans 220 

19. Paris 1 

20. Reims 22 

21. Rennes 175 

22. Rouen 100 

23. St'Malo-St-Servan 184 

24. Tours 234 



249 



Abréviations. 

. Les abréviations employées dans ce livre sont faciles à comprendre ; 
voici celles qui se rencontrent le plus fréquemment: 

H., hôt., hôtel. N., nord. 

Gr.-H., Grand-Hôtel. 0., ouest. 

ch., chambre. S., sud.^ 

boug., bougie. dr., droite. 

serv., service. g., gauche. 

déj., déjeuner. h., heure. 

dîn., dîner. hab., habitants. 

fr., franc. kil. kilomètre. 

c, centime. o^., marc ^ pf., pfennig. 

anc, ancien. m., mètre, mort en . . 

«nv., environ. ou matin. 

E., est. min., minute. 

L'astérisque (*) a pour but de désigner les choses particulièrement 
dignes d'attention et les hôtels, restaurants, etc., relativement recom- 
mandables. . 

Un nombre entre parenthèse a la suite d'un nom de lieu ou de mon- 
tagne, par ex.: ballon de Guebwiller (1426m.), en indique l'altitude ou 
la hauteur au-dessus du niveau de la mer. 



omn., onanibus. 

p., page. 

pers., personne. 

pi., plan. 

R., route. 

s., siècle. 

s. n., sans numéro. 

St, saint, en ail. sanct. 

st., stat., station. 

V., voir. 

voit., voiture. 

chev., cheval. 



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INTRODUCTION 



I. Monnaie, frais, saison et plan de voyage. Bagage et costume. 

Monnaie. — Les pièces d'or et d'argent frappées conformément 
au système monétaire du franc, telles que celles de Belgique , de 
Suisse , d'Italie (lira) et de Grèce (drachme) , et les pièces autri- 
chiennes de 8 et de 4 florins en or, qui valent exactement 20 fr. et 
10 fr., sont les seules qui circulent légalement en France. Les pièces 
belges et suisses en nickel et en billon n'y ont pas cours , tandis 
qu'on y reçoit les pièces de bronze italiennes. Le penny et le demi- 
penny anglais, qui correspondent à 10 et à 5 c, s'y rencontrent aussi 
la circulation. Il y a des pièces françaises de 100, 50, 40, 20, dans 
10 et 5 francs en or, de 5 , 2 et 1 fr. , 50 et 20 c. en argent ^ et de 
10, 5, 2 et 1 c. en bronze. Le peuple compte encore de préférence 
par sous (5 c). 

Les billets de la Banque de France , les seuls qui aient cours 
dans le pays, sont de 5000, 1000, 500, 100 et 50 fr. 

Il est toujours possible de changer à Paris et dans les grandes 
villes l'argent étranger, mais non sans perte; il vaut généralement 
mieux le faire avant de partir. 

Les effets de commerce, de même que les quittances supérieures 
à 10 fr., doivent être munis de timbres français. On s'en procure chez 
beaucoup de débitants de tabac et au besoin chez les banquiers et les per- 
sonnes avec lesquelles on a affaire. 

En Alsace- Lori'aine ^ où l'on passera sans doute plus d'une fois en 
visitant les Vosges, c'est la monnaie allemande qui a cours légal, mais 
on ne refuse pas l'argent français, même aux guichets des chemins de 
fer, l'argent français ayant, au pair, une valeur supérieure à celle de 
l'argent allemand. Le marc, qui se subdivise en iOO pfennigs, vaut au pair 
1 fr. 25, et le franc, 80 pf. Voir le tableau au commencement de ce volume. 

Frais. — Les frais de voyage sont a peu près les mêmes en 
France que dans les pays voisins. En général, on peut se tirer 
d'affaire avec 15 à 20 fr. par jour, y compris les chemins de fer, si 
l'on ne voyage pas très vite. On aura même assez de 12 à 15 fr. si 
l'on s'arrête assez longtemps en route , si l'on ne va pas dans les 
grands hôtels, etc. D'un autre côté, les frais sont souvent en pro- 
portion plus considérables quand on voyage avec des dames , parce 
qu'on ne peut plus aller dans de petits hôtels et qu'il faut prendre 
des voitures. Il sera toutefois bon d'emporter, outre son budget 
largement calculé , quelques centaines de francs de plus , pour les 
imprévus et les achats qu'on pourrait faire en route. 

Ajoutons immédiatement qu'il importe d'avoir toujours de la petiie 
monnaie, les gens à pourboire n'ayant jamais de quoi rendre, les employés 
des musées souvent aussi quand on achète des catalogues. 

Saison. — La partie de la France dont traite ce volume, se visite 
en tout temps, mais moins en hiver que dans les autres saisons. Il 



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XII INTRODUCTION. 

faut naturellement faire exception pour les Vosges , où les excur- 
sions ne sont guère possibles ou du moins agréables qu'en été, bien 
que ce soient des montagnes de second ordre. Les ports de mer 
sont désagréables pour les étrangers, même en été, quand il fait un 
peu froid et humide. Nous avons dit ailleurs que le printemps est la 
saison préférable pour visiter Paris; les contrées décrites dans ce ma- 
nuel peuvent donc se visiter en même temps, à l'aller ou au retour. 
Plan. — On ne devrait jamais se mettre en voyage, même pour 
son agrément, sans s'être tracé un plan, un itinéraire détaillé , non 
seulement afin de ménager son temps et sa bourse, mais pour bien 
voir tout ce qui mérite d'être vu, pour passer son temps le plus 
agréablement possible et s'éviter des ennuis , comme de séjourner 
dans des endroits qui n'offrent ni intérêt ni ressource , de manquer 
une correspondance, d'arriver trop tard, etc. 

Nous ne sommes plus au temps où l'on se contentait de voir Paris ; 
un voyage n'est plus guère aujourd'hui un événement exceptionnel 
dans la vie, et l'on cherche même partout de nouvelles curiosités. 
Or il y en a plus en dehors de Paris qu'on ne le croit ordinaire- 
ment; il n'en manque pas même dans le nord de la France qui méri- 
tent un voyage spécial. Les personnes qui voyagent en vrais tou- 
ristes, c'est-à-dire en profitant de leur passage pour voir ce qu'il y 
a d'intéressant dans un pays , et non par des trains de nuit comme 
des gens qui courent à leurs affaires, se convaincront facilement 
qu'il n'est pas toujours nécessaire d'aller bien loin pour trouver ce 
que l'on cherche. La partie de la France qui nous occupe est sans 
doute moins riche en beautés naturelles que celle qui comprend les 
Alpes et les Pyrénées , mais elle l'est encore pour le moins autant 
que les pays voisins, si l'on excepte les bords du Rhin. Elle est par 
contre très riche en monuments ; c'est le pays de l'art gothique , et 
bien que Notre-Dame de Paris soit un édifice fort remarquable, il y 
a encore dans le Nord de plus belles églises. On devra surtout visiter 
celles de Bouen, dont on admirera aussi le magnifique palais de 
justice; celles à.' Amiens, Beauvais, Caen, Chartres, Tours, Or- 
léans, Bourges, Reims, Troyes, Laon, etc., etc. L'anc. ahhaye du 
Mont 'St- Michel et les châteaux de Blois et de Chambord sont aussi, 
entre autres, des monuments célèbres. Plusieurs villes ont des mu- 
sées d'une grande valeur ; celui de Lille serait digne d'une capitale ; 
Douai, Valenciennes, Caen, Rennes, Nantes, Dijon, Besançon^ etc., 
sont aussi bien partagés sous ce rapport. D'autres villes méritent 
encore d'être visitées à divers titres : le Havre, surtout pour son grand 
port marchand , un des premiers de l'Europe; Cherbourg et Brest, 
pour leurs ports militaires; Nancy, à cause de son cachet particu- 
lier, comme ancienne capitale de la Lorraine. Il y a enfin les Vosges, 
pour les amateurs d'excursions dans les montagnes. 

On suivra d'abord à peu près les itinéraires suivants ; plus tard, 
on sera suffisamment orienté pour s'en faire sans difficulté. Ils sont 
divisés par journées, et les noms des endroits à visiter sont imprimés 



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INTRODUCTION. 



XIII 



en italiques. Nous supposons qu'on ne voyage que de jour , 
commence sa journée de bon matin. 

8 JOURS DANS LE NORD-QUEST : 



Paris, Compiègne^ Pierrefonds^ St- 

Quentin. 

St'Quentin^ Tergnier, Amiens. 

Amiens , Abbeville, Boulogne. 

Boulogne, Calais^ St-Omei\ Lille. 



5. Ulle. 

6. Lille, Valenciennes^ Douai. 
1. Douai, Arras^ Amiens. 

8. Amiens, Beauvais^ Paris ou Aban- 
court, Eouen (v. ci-dessous). 



18 JOURS EN Normandie et en Bretagne : 



Paris, Rouen. 

Rouen ^ Dieppe. 

Dieppe, Rouen, le Havre. 

Le Havre. 

Le Havre , Tr outille (par mer). 

Trouville, Caen. 

Caen^ Bayeux ^ Cherbourg. 

Cherbourg ^ Coutances. 

Goutances^ Granville (?), Avran- 

ches. 



10. Avranches , le Mont - St- Michel^ 
St-Malo. 

11. St-Malo, Rennes. 

12. Rennes, Brest. 

13. Brest, Quimper. 

14. Quimper, Vannes. 

15. Vannes , Nantes. 

16. Nantes, Angers. 

17. Angers, le Mans. 

18. Le Mans, Chartres, Paris. 



12 JOUES DANS l'Orléanais, la Toueainb, le Berry, le Nivernais 
ET LA Bourgogne : 



1. Paris , Orléans , Blois. 

2. Blois , Chambord. 

3. Blois, Amboise , Tours. 

4. Tours, Ohinon, Tours. 

5. Tours, Loches, Tours. 

6. Tours, Chenonceaux , Bourges. 



T. Bourges , Nevers. 

8. Nevers, Autun. 

9. Autun , Dijon. 

10. Dijon, Besançon, Dijon. 

11. Dijon, Auxerre, Sens. 

12. 8ens, Fontainebleau, Paris. 



1. Paris, Troyes. 

2. Troyes , Ghaumont , Langres. 

3. Langres , Belfort , Besançon. 

4. Besançon, Belfort. 

5. Belfort, Lure, Aillevillers, Plom- 
bières. 

6. Plombières, Remiremont, St-Mau 
rice, Bussang. 

7. St-Mauriee, Ballon d'Alsace, St- 
Maurice, Bpinal. 

8. Epinal, Gérardmer. 



14 JOURS DANS LE NORD-EST : 

9. Gérardmer, Schlucht, Hohneck. 

10. Grérardmer, St-Dié, Lunéville, 
Nancy. 

11. Nancy, Toul. 

12. Toul, Ghâlons-sur-Marne , Eper- 
nay ou St - Hilaire - au - Temple, 
Reims. 

13. Reims, Laon ou Soissons. 

14. Laon, Soissons, Paris ou Sois- 
sons, Laon, Tergnier (v. ci-des- 
sus). 



Comme il est facile de le voir ci- dessus et sur la carte des 
chemins de fer, ces itinéraires se rattachent les uns aux autres. On 
peut naturellement aussi les suivre en sens inverse, mais il est tou- 
jours bon de s'assurer d'avance si les trains correspondent et s'il 
n'y a pas trop à attendre aux embranchements. 

Dans les visites aux ports et aux bains de mer, il importe , quand on 
ne doit pas y rester longtemps, d*y être pour les voir sous leur plus bel 
aspect, e.-à-d. lors de la pleine mer. Or la marée y a lieu à des heures 
qui varient tous les jours et pour chaque localité. Il ne nous est donc 
pas possible de donner des renseignements précis à ce sujet ^ il faudrait 
des calendriers spéciaux. Nous indiquerons du moins comment on cal- 
cule d'une manière approximative l'heure de la pleine mer. 

La marée (flux et reflux) se produit deux fois par jour dans un 
port, au passage de la lune à son méridien. Elle n'a pas lieu exactement 
toutes les 12 h., mais chaque fois avec un retard moyen de 25 min., parce 
que le jour lunaire a une durée moyenne de 24 h. 50' 5". Il suffit donc 



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XIV INTRODUCTION. 

de connaître l'heure de la haute mer le jour de la nouvelle lune et de 
la pleine lune dans un port , en d'autres termes V établissement d'un port^ 
pour pouvoir calculer l'heure de la marée dans ce port à un jour déter- 
miné. On ajoute alors à cette heure autant de fois 50 min. qu'il y a de 
jours écoulés depuis la nouvelle lune ou la pleine lune. Nous donnerons 
donc les établissements des principaux ports j mais on n'oubliera pas que 
les calculs ne sont encore avec cela que bien approximatifs, surtout à 
une époque éloignée des équinoxes. Le retard journalier de la marée 
varie de plus avec les phases de la lune et par suite d'autres influences, 
car, de fait, il s'écoule de 12 h. 15 à 12 h. 40 entre deux pleines mers 
consécutives. Une autre cause d'erreur est la diflérence entre l'heure 
moyenne et l'heure vraie, qui peut être d'env. 15 min. en plus ou en 
moins. Enfin l'heure locale n'est pas la même que celle de Paris , sur 
laquelle sont réglés les chemins de fer; elle retarde de plus en plus à 
mesure qu'on avance vers l'ouest, soit de 4 min. par degré de longitude, 
de sorte qu'il y a, par ex., une différence de près de 28min. à Brest, 
situé par 6°49'5'' de longit. 0. 



— Le hagage est l'ennemi du voyageur, surtout du 
touriste. Non seulement un excédant augmente vite , dans un long 
voyage, les frais de transport, mais le bagage cause toujours de l'em- 
barras , met en contact avec des gens plus ou moins agréables et 
entrave partout la liberté. L'idéal est de pouvoir sortir immédia- 
tement d'une gare les mains libres, sans avoir rien à attendre, rien 
à réclamer, rien à chercher, tout entier au plaisir de se dégourdir 
les membres et de jouir immédiatement des curiosités pour lesquelles 
on est venu. Et l'agrément n'est pas moindre au retour , quand on 
peut partir à sa guise, et terminer sa promenade à la gare , sans re- 
passer par l'hôtel , pour prendre l'omnibus , qui peut-être est déjà 
parti ou ne va pas au train (v. p. xxi). 

Si l'on ne peut se passer de bagage , il importe du moins d'en 
prendre aussi peu que possible. Un touriste , qui voyage pour son 
agrément et n'a pas tant besoin d'une toilette élégante et variée que 
d'ane bourse bien garnie, peut se suffire, même pour un long voyage, 
avec le contenu d'une valise et d'un sac. La valise sera pour la 
réserve et le sac pour les besoins du jour, les articles de toilette, 
et autres menus objets. La valise même devra pouvoir se porter à 
la main. On la mettra aux bagages , et on la laissera en gare le 
plus souvent possible. Le sac, que l'on gardera avec soi, sera de 
son côté mis à la consigne toutes les fois que l'on pourra s'en passer, 
par ex. aux endroits où l'on s'arrêtera entre deux trains. 

Les dames qui voyagent en touristes, c.-à-d. plus pour voir que 
pour être vues , peuvent aussi réduire leur bagage dans les mêmes 
proportions. 

Costume. — A quoi bon, du reste, tant de bagage en route? Un 
pardessus et un costume de rechange sont souvent plus que suffi- 
sants , avec les vêtements qu'on porte, même pour un long voyage. 
C'est surtout de linge qu'on a le plus besoin ; mais il est facile d'en 
faire blanchir durant son séjour dans une ville, et il est encore plus 
simple de le remplacer , au moins en partie , par de la flanelle de 
couleur. Si ce n'est dans les grandes chaleurs, rien de plus pratique 
et de plus agréable qu'une chemise de flanelle. On est maintenant 



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INTRODUCTION. XY 

habitué à voir des touristes qui. en portent , et elle peut se dissi- 
muler avec un col blanc , un plastron et un gilet montant. Il faut 
toujours donner la préférence aux vêtements de drap. La toile n'est 
point pratique et peut occasionner des refroidissements. Si l'on 
transpire et que cela soit possible , ôter durant la marcbe un vête- 
ment qu'on remettra en arrivant. Les chaussettes de laine douce 
sont aussi préférables, surtout pour les excursions à pied. La chaus- 
sure mérite une attention particulière. Il faut qu'elle soit forte, 
large et déjà faite au pied , et il importe d'en avoir une paire de 
rechange. Les pieds s'endurcissent quand on les frotte avec du suif. 
Quand on a des ampoules , on les perce en y passant un ûl de soie, 
qu'on y laisse. La coiffure devra être également pratique, c.-à-d. 
en feutre de couleur foncée, léger et souple, avec une bride si l'on 
va dans les montagnes. Un en-tout-cas de coton léger ou un para- 
pluie de soie , avec une poignée commode , sera enfin nécessaire 
durant les chaleurs comme par un temps variable. 

II. Chemins de fer, voitures publiques et de louage, passeport, 
douane et octroi. 

Chemins de fer. — Le touriste qui visite les principales curio- 
sités de la France , n'y voyage plus guère qu'en chemin de fer , du 
moins dans le Nord. Six grandes compagnies , l'Etat et quelques 
petites compagnies se partagent le réseau. La partie de la France 
qui nous occupe dans ce volume est desservie par les compagnies 
du Nord, àeVEst, d.Q Paris -Lyon -Méditerranée, de V Ouest- Qt 
à' Orléans, ainsi qu'une petite partie du réseau de l'Etat. 

L'organisation des chemins de fer est à peu près la même en 
France que dans les autres pays. On devra surtout noter que les 
trains vont toujours à gauche^ que par conséquent on monte et on 
descend à g., et que lorsqu'une gare a un côté du départ et un côté 
de l'arrivée, le premier est à g. pour celui qui part, comme le 
second pour celui qui arrive. 

Les prix des places sont assez élevés. On paie 12 c. 20 par kil. 
pour la 1^® classe, 9 c. 20 pour la 2® et 6 c. 75 pour la 3®. Il y a un 
impôt de 10 c. sur les billets au-dessus de 10 fr. ; il est compté dans 
les prix perçus pour ces billets et dans ceux que nous donnons, mais 
non dans les tableaux de l'Indicateur des chemins de fer (p. xvi). 

Il importe d'ajouter que les prix des places sont le plus souvent 
majorés aux stat. intermédiaires ou au delà du point initial, qui est ordi- 
nairement Paris, même pour des embranchements très éloignés. Les com- 
pagnies ont en effet soin de placer leurs stations ailleurs qu'aux poteaux 
kilométriques et comptent^ ainsi deux fois les kilom. où se trouvent ces 
stations, quand on s'y arrête et quand on en repart. Il y a aussi toute- 
fois des cas où des parcours faits deux fois pour la commodité du service, 
aux raccordements, ne sont comptés qu'une fois dans les prix, et d'autres 
où certaines concurrences forcent les compagnies à des réductions , etc. 
Il reste donc plus ou moins d'imprévu, pour le publie, dans les prix 
des chemins de fer, et l'on ne devra pas s'étonner si nos chiffres ne sont 
pas toujours absolument exacts. 

Les trains rapides et les express n'ont pas de tarifs plus élevés 



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XVI INTRODUCTION. 

que les trains omnibus, mais les premiers n'ont qu'une classe et les 
seconds deux, assez souvent aussi seulement une. De plus, ces trains 
ne prennent pas toujours les voyageurs qui n'ont qu'un petit par- 
cours à effectuer. Les coupés de 1^® cl. sont confortables , ceux de 
2® cl. souvent assez médiocres. Il y a 8 places dans les premiers et 
10 dans les autres. On a commencé à construire des wagons de 3® cl. 
avec banquettes rembourrées, mais ils sont encore en petit nombre, 
et les compagnies de l'Est, du Nord et de l'Ouest n'en avaient pas 
jusque dans ces derniers temps. L'hiver, les trois classes sont 
chauffées , au moins sur les longs parcours. Il y a des comparti- 
ments pour les dames et d'autres pour les fumeurs. On fume bien 
aussi ailleurs , mais ce n'est que toléré , et dans tous les cas, il faut 
que les autres voyageurs y consentent. — Si l'on n'aime pas être 
en nombreuse compagnie , fermer la portière et s'y montrer , car la 
plupart des voyageurs cherchent des compartiments libres et les re- 
tardataires se précipitent dans ceux qu'ils trouvent ouverts. 

Pour les bagages, on a droit par toute la France au transport 
gratuit de 30 kilogr., mais on paie 10 c. pour l'enregistrement. Les 
excédants se paient 25 c. pour 1 à 5 kilogr. jusqu'à 110 kilom. ex- 
clusivement, pour 5 à 10 kilogr. jusqu'à 55 kilom., 10 à 20 kilogr. 
jusqu'à 28 kilom., 20 à 30 kilogr. jusqu'à 19 kilom. et 30 à 40 kilogr. 
jusqu'à 14 kilom. puis 5 c. par 20, 10, 5, 4, 3 et 2 kHom., selon l'ex- 
cédant, comme ci-dessus. A partir de 40 kilogr., 4 c. pour 10 kilogr. 
jusqu'à 6 kilom., avec minimum de 40 c. ; puis c. 4 par kilom. — 
Aucune franchise n'est accordée sur les lignes de l'Etat belge, d'Al- 
sace-Lorraine et de Suisse. 

La vitesse des trains est de 60 à 70 kil. à l'heure pour les ex- 
press et de moins de 60 pour les trains omnibus. 

Il n'y a de buffets qu'aux stations principales , et l'on n'a pas 
toujours le temps de s'y restaurer ou de s'y rafraîchir tranquille- 
ment. Pour cette raison et parce qu'ils sont habituellement chers et 
médiocres , on fera bien de se munir de provisions ou du moins de 
s'arranger de façon à ne pas être obligé d'y prendre ses principaux 
repas. En tout cas, il n'est pas inutile de s'assurer, avant un long 
trajet, si le train s'arrêtera suffisamment pour permettre de déjeuner 
ou de dîner en route. Certains buffets tiennent prêts pour le pas- 
sage des trains des paniers contenant un repas complet froid à prix 
fixe (3 fr., 3 fr. 50 et 4 fr.). Les employés du chemin de fer repren- 
nent les paniers vides à n'importe quelle gare. 

Il y a des wagons-lits sur presque toutes les grandes lignes. La Comp. 
Internat, des Wagons -Lits a une agence à Paris, place de l'Ope'ra , 3. 
Cette compagnie a aussi des wagons - restaur. sur les lignes de Paris à 
Bruxelles, Lille, le Havre, etc.: déj., 4 fr. ; dîn., 6 fr., vin non compris; 
3 fr. 50 et 5 fr. en l^e el., 2 fr. 25 et 3 fr. 50 en 2e sur la ligue du Havre. 
1/2 bouteille de vin, 1 fr. 

On trouvera à peu près tous les renseignements dont on aura 
besoin dans V Indicateur des chemins de fer, qui paraît tous les sa- 
medis et se vend partout 75 c. Il est assez encombrant, mais meil- 



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INTRODUCTION. XVII 

leur et relativement moins cher que les Livrets Chaix, 5 livrets spé- 
ciaux, qui ne paraissent que tous les mois et se vendent séparément 
40 c. On détachera de l'Indicateur les feuilles dont on aura besoin, 
et on laissera le reste dans sa valise ou sa malle. 

Toutes les gares sont à l'heure de Paris , avec 5 min. de retard 
à l'intérieur. 

Des billets d'aller et retour se délivrent maintenant à peu près 
partout, avec 25% de réduction pour la 1^^ et la 2^ cl. et seulement 
15% pour la 3^ cl. sur le réseau du Nord, 25% pour les trois 
classes sur les réseaux de l'Est, de Paris - Lyon - Méditerranée et 
d'Orléans , 25% pour la 1'® cl. et 33o/o pour la 2^ et la 3^ cl. sur le 
réseau de l'Ouest et enfin 40% sur celui de l'Etat. 

La validité de ces billets varie aussi selon les compagnies : Nord, 
1, 2 et 3 jours, jusqu'à 105, 205 et au delà de 205 kilom. ; Est, 2, 3, 
4 et 5 jours, jusqu'à 200, 300, 400 et au delà de 400 kilom. ; Paris- 
Lyon-Méditerranée, 2 et 3 jours, jusqu'à 250 et au delà de 250 kilom.; 
Ouest, 1, 2, 3, 4 et 5 jours, jusqu'à 75, 125, 150, 250, 500 kilom. 
et au delà; Orléans, 1, 2, 3, 4, 5 et 6 jours, jusqu'à 100, 200, 300, 
400, 500 kilom. et au delà; Etat, 3,4, 5 jours, etc., jusqu'à 100, 
200, 300 kilom., etc. 

Sur les réseaux du Nord, d'Orléans et de l'Ouest, les coupons de 
retour des billets délivrés le samedi et la veille d'une fête légale, 
ou ces jours-là , sont valables au moins jusqu'au lundi ou jusqu'au 
lendemain de la fête. Ils le sont encore pour un jour de plus lors- 
qu'un dimanche et une fête se suivent ou réciproquement. Sur les 
autres réseaux , les dimanches et les jours de fête prolongent égale- 
ment de 24 et de 48 h. le délai de la validité des coupons de retour. 

Sont considérés comme fêtes légales: le 1®^' janvier, le lundi de 
Pâques , l'Ascension , le lundi de la Pentecôte , le 14 juillet (fête 
nationale), l'Assomption (15 août), la Toussaint (l'^^nov.) et Noël. 

Il sera néanmoins toujours bon de se renseigner. Les tarifs des 
billets d'aller et retour ne se trouvent pas dans l'Indicateur des 
chemins de fer, mais ils sont dans les Livrets Chaix. 

Nous ne saurions recommander les trains de plaisir, parce qu'il 
y a toujours de l'encombrement, que la société qui en profite est en 
général fort turbulente, et que surtout le trajet se fait de nuit, tant 
à l'aller qu'au retour. En outre, il n'est pas rare d'avoir de la peine 
à se loger en arrivant et de payer des prix exorbitants, qui absor- 
bent plus ou moins les économies du trajet. 

Les voyages circulaires sont au contraire jusqu'àun certain point 
recommandables. On est sans doute astreint, dans un voyage de ce 
genre, à un itinéraire fixe, avec des parties peu intéressantes ou 
qu'on supprimerait si on avait le choix , et la validité du billet est 
quelquefois trop limitée; mais, sans parler de la réduction de prix, 
on a l'avantage de s'arrêter où il plaît, de n'avoir pas toujours à se 
présenter aux guichets et de pouvoir expédier ses bagages en avant. 
Il y a des billets circulaires de 1'^ et de 2^ classe. On trouvera 

Bœdeker. Nord de la France. 2^ édit. h 



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XYin INTRODUCTION. 

tous les renseîgneinents à ce sujet et des cartes indiquant les itiné- 
raires dans l'Indicateur des chemins de fer. L'Ouest en a de bien 
combinés pour la Normandie et pour la Bretagne, le Nord n'en a 
malheureusement pas pour la France seulement, l'Est en a un pour 
les Vosges , qui serait bon si la durée du voyage n'était restreinte à 
15 jours, car nous ne conseillons pas de se borner à voir les Vosges, 
et l'on peut se trouver attardé en route, s'y plaire plus que ne le per- 
met la compagnie. Cette compagnie a toutefois organisé , à l'instar 
de celle de Lyon, et en permettant de combiner des parcours sur les 
deux réseaux, des voyages circulaires de vacances, avec itinéraires 
établis au gré des voyageurs. Les billets se délivrent du 1^^ ou du 
10 juillet au 15 octobre, pour des parcours de 300 kil. et au-dessus 
sur le réseau de l'Est, de 500 si l'on passe sur celui de Lyon. Ils 
doivent être combinés de manière à former un circuit complet. La 
validité des billets est de 30 jours pour les parcours inférieurs à 
1500 kil. et de 45 pour ceux de 1500 à 2000, et elle peut se pro- 
longer sur le réseau P.-L.-M. moyennant un supplément de 10%. 
La réduction de prix est de 20 à 35%. Elle peut être, par con- 
séquent , inférieure à celle des autres billets circulaires , mais il y 
en a pour les 3 classes. On paie pour 300 kiL 30, 22 et 16 fr.; 
pour 500 kil. , 48 , 36 et 27 fr. Les billets doivent être demandés 
au moins 5 jours d'avance. Voir aussi l'Indicateur des chemins de fer. 

Il y a souvent dans les gares un bureau de consigne, ou les voya- 
geurs peuvent déposer leurs bagages. Ils reçoivent un bulletin spécial 
et paient 5 c. par jour pour chaque colis, sans toutefois que la somme 
due puisse être inférieure à 10 c. Là où il n'y a pas de consigne, 
les employés gardent les effets moyennant un pourboire. On peut 
aussi les laisser en gare à l'arrivée; dans ce cas, on conserve le 
bulletin qu'on a reçu au départ. 

Voitures publiques. — Les diligences, de plus en plus rares, 
sont généralement mauvaises et assez malpropres. Elles ont 3 ou 
4 sortes de places: coupé, en avant; intérieur, au milieu; rotonde, 
à l'arrière, et banquette ou impériale. Celles du coupé, au nombre 
de 3, sont les meilleures et les plus chères et souvent retenues 
d'avance. L'intérieur a d'ordinaire 6 places et la rotonde, qui 
n'existe pas toujours , 4 à 6. Les plus mauvaises places sont celles 
de derrière, particulièrement à cause de la poussière. Toutefois 
elles offrent au retour , comme compensation, un dernier coup d'œil 
sur la contrée qu'on vient de visiter. L'impériale est préférable, 
quand il fait beau , pour ceux qui veulent jouir de la vue. Il est 
bon de retenir sa place d'avance; dans tous les cas, ceux qui se sont 
fait inscrire passent avant les autres , et les places sont données 
d'après l'ordre d'inscription. Les prix sont fixés par un tarif. 

Sur les parcours moins importants , les diligences sont rempla- 
cées par des omnibus , sans distinction de places ; ils ne valent pas 
mieux. Il est bon de s'assurer des prix d'avance. Quand ces voi- 
tures sont des correspondances de chemin de fer, on en trouve les 



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INTRODUCTION. XIX 

tarifs à peu près exacts à l'Indicateur , mais là où elles ne dépen- 
dent pas du chemin de fer, comme de Dieppe à St-Valery-en-Caux, 
d'Etretat au Havre, de Honfleur à Trouville, on est exposé à l'arbi- 
traire et plus ou moins rançonné si l'on ne prend ses précautions. — 
D'autre part , il y a dans les Vosges des voitures publiques fort 
avantageuses et fort agréables pour passer d'un versant à l'autre 
sans détour et que ne mentionne pas l'Indicateur des chemins de 
fer; nous avons pris soin de les faire connaître. — Quant aux omni- 
bus des hôtels et des chemins de fer, nous en parlerons p. xxi. 

Voitures de louage. — On trouve à peu près dans tous les en- 
droits fréquentés comme séjours ou comme centres d'excursions des 
voitures et des montures à louer. Une voiture coûte d'ordinaire, 
à 1 chev., 12 à 20 fr. ; à 2 chev., 25 à 30 fr. par jour, plus 1 ou 2 fr. 
de pourboire. Il est nécessaire de débattre les prix et de bien s'en- 
tendre d'avance. Les voitures de louage font d'habitude env. 50 kil. 
par jour, en s'arrêtant 2 ou 3 h. vers midi. 

Passeport. — On n'en demande plus aujourd'hui aux frontières, 
mais on demande bien aux frontières de l'est une pièce de légiti- 
mation, et il est bon d'en avoir une, de préférence encore un passe- 
port. Il n'est pas nécessaire de le faire viser. Les Français allant 
en Alsace -Lorraine ont maintenant besoin, pour y séjourner, d'un 
permis de l'autorité locale, que procurent les hôteliers. 

Douane et octroi. — La visite douanière des bagages a lieu en 
principe aux gares frontières, et l'on doit y assister. Ceux qui sont 
enregistrés pour Paris n'y sont toutefois soumis qu'à l'arrivée dans 
cette ville. Elle est assez rigoureuse, mais les employés sont polis. 
Leur attention porte particulièrement sur le tabac ; les droits sont 
de 36 fr. par kilogr. sur les cigares et 15 fr. sur le tabac turc. Les 
cigares sont tout aussi bons en France qu'ailleurs, mais seulement 
un peu plus chers. En général, n'emporter que le nécessaire en 
vêtements et en linge. 

La visite de l'octroi, à l'entrée d'une ville, a surtout pour but 
de faire payer les taxes sur les denrées alimentaires , mais les em- 
ployés ont le droit de s'informer si tel objet, imposable en douane, 
a acquitté les droits. 

Il est bon de déclarer d'avance tous les objets passibles de droits ; 
la visite est alors rapidement terminée. 

m. Hôtels, restaurants et cafés. 
Hôtels. — Les premiers hôtels des grandes villes de France sont 
naturellement bien organisés , mais il n'en est pas toujours ainsi 
des autres. Leurs lits sont sans doute encore généralement bons et 
propres, et leur table d'hôte est au moins passable ; mais ils laissent 
bien à désirer pour le reste. Même dans beaucoup de prétendus 
«grands hôtels», certaines pièces communes sont d'une malpropreté 
repoussante. La faute n'en est toutefois pas uniquement aux hôte- 

b* 



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XX INTRODUCTION> 

liers ni à leur personnel, mais aussi à bien des voyageurs, qui de- 
vraient avoir honte de se respecter si peu. 

Le mieux est donc, en province, de choisir les premiers hôtels ; 
mais il ne faut pas toujours s'en rapporter au nom, car c'est souvent 
une manie d'appeler même une auberge un «grand hôtel». Nous 
avons tâché de classer ces maisons d'après leur importance, en mar- 
qant les plus recommandables d'un astérique (*) ; mais on se rap- 
pellera ce que nous avons dit à ce sujet dans la préface. Une des 
causes principales de changement, c'est le personnel, qui se renou- 
velle souvent. 

Les prix sont un peu moindres en province qu'à Paris , surtout 
parce qu'on ne vous fait pas habituellement payer la bougie et que 
le service est souvent aussi compté avec la chambre , dont le prix 
varie de 1 fr. 50 à 3 fr. Il n'y aurait d'exceptions à faire que pour 
les grandes villes et les villes d'eaux dans la saison. Ailleurs , il 
n'y a guère de nécessité de s'informer des prix d'avance, mais là 
c'est très prudent. Le 1®' déjeuner, de café au lait, avec pain et 
beurre, coûte habituellement 1 fr.-l fr. 25; le 2® déjeuner, vers 11 h., 
2 à 3 fr. ; le dîner, vers 6 h., 2 fr. 50 à 4 fr., vin, bière ou cidre com- 
pris, sauf dans certaines villes du nord-ouest, où l'on exploite aussi 
maintenant le voyageur en comptant la boisson à part , car le repas 
revient toujours plus cher. La bière ne se sert que dans des hôtels 
de second ordre de quelques villes comme Boulogne-sur-Mer et le 
Havre, mais le cidre est à peu près la boisson ordinaire en Norman- 
die et en Bretagne. La table d'hôte n'est pas d'habitude obligatoire, 
mais on ne saurait guère, en province, être mieux servi au restau- 
rant , et on ne s'en dispense pas. Quelquefois , du reste , le prix de 
la chambre est plus élevé si l'on ne prend ses repas à l'hôtel. Aussi 
est-ce assez l'usage de compter à la journée, de 7 à 10 fr., pour la 
chambre, le second déjeuner et le dîner, ce qui accorde l'avantage 
d'une petite réduction. 

Si l'on reste quelque temps dans un hôtel et qu'on n'y prenne 
point tous ses repas ou qu'on y fasse des dépenses exceptionnelles, 
il est bon, pour éviter les «erreurs», de demander sa note tous les 
Sou 4 jours; il est plus facile alors d'obtenir des rectifications. 
Quand on doit partir de bon matin, se faire donner cette note la 
veille, sauf à ne la régler qu'au départ, quand on n'a pas besoin de 
changer un billet: c'est quelquefois à dessein qu'on vous fait at- 
tendre. Demander toujours une note détaillée et se défier des ad- 
ditions sommaires et de vive voix. 

On gardera dans sa malle son argent et ses valeurs, car les 
meubles des hôtels n'offrent pas assez de sûreté. Si l'on a de grosses 
sommes , il est bon de les confier, contre un reçu , au maître de la 
maison , ou mieux encore à un banquier ou à un ami. En arrivant 
le soir , demander par précaution où sont les cabinets et se faire 
donner des allumettes. La nuit, on fermera à la clef ou au verrou la 
porte de sa chambre, après avoir mis dehors les chaussures à nettoyer. 



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INTRODUCTION. XXI 

Les hôtels de province ont généralement des omnibus aux gares, 
ou, s'ils n'en ont pas, le service est fait par un omnibus du chemin de 
fer. Mais il y a longtemps que les hôteliers n'envoient plus leur voi- 
ture gratis, pour attirer chez eux les voyageurs. La plupart, il est 
vrai, ne comptent que 50 c. par personne; mais il y en a dont les 
maisons se trouvent si près, qu'une voiture est inutile, et tous ne 
se contentent pas de cela, même près des gares. Quelquefois l'om- 
nihus n'appartient pas à l'hôtel dont il porte le nom , mais à un 
entrepreneur , qui se fait payer en arrivant, et autant pour un colis 
à la main qu'on lui confie, que si l'on faisait personnellement 
usage de sa voiture. Et ces omnibus , qui sont prêts à vous trans- 
porter à l'arrivée, ne le sont pas toujours au départ, quand le train 
ne doit par leur amener de voyageur et que vous êtes seul. Il est donc 
bon de se renseigner d'avance à ce sujet. Le mieux serait de pou- 
voir se passer de ces voitures , en se logeant près des gares ou en 
ne s'embarrassant pas de bagages. Malheureusement il n'y a pas 
toujours d'hôtels convenables près des gares. Les propriétaires de 
ceux qui s'y trouvent ne savent pas assez profiter de la situation de 
leurs maisons , ou n'en profitent qu'à la façon de ceux qui tiennent 
les buffets , tout à leur avantage. Néanmoins , un homme seul , de 
passage, peut ordinairement y loger dans les grandes villes. Il est 
du moins facile, quand on ne fait que passer , de se débarrasser des 
ennuis du bagage, cet ennemi du voyageur. Un sac à la main , une 
petite valise, suffit pour emporter les menus objets indispensables 
et de quoi changer de linge. Laisser alors le reste à la gare, et l'on sera 
son maître pour le retour. Dans tous les câs, si l'on a des bagages à 
faire transporter, veiller bien à ce qu'ils soient réellement chargés 
sur la voiture et ne pas s'en remettre uniquement aux domestiques. 

A ceux à qui la société ne déplaît pas et qui ne sont pas trop 
exigents , nous recommandons les hôtels fréquentés par les voya- 
geurs de commerce. On les reconnaît à l'arrivée aux omnibus chargés 
de caisses d'échantillons, noires, avec garnitures de cuivre. Ces mai- 
sons sont passables, sans être trop chères, et elles ont d'habitude une 
bonne table à un prix modéré, quelquefois la meilleure table. 

Restaurant et cafés. — Il n'y a guère en province , si ce n'est 
dans les grandes villes , de restaurants qu'on puisse recommander 
aux étrangers. Les hôtels en tiennent lieu , car on peut toujours, 
sans y demeurer, s'y présenter aux heures des repas pour demander 
de déjeuner ou de dîner à la table d'hôte, et l'on peut encore s'y 
faire servir à d'autres moments. On a toujours avantage à manger 
à la table d'hôte ; les repas à la carte ne valent pas les autres et 
coûtent plus cher. Dans tous les cas , s'informer des prix s'ils ne 
sont pas marqués sur la carte, ou dire à quel prix on veut être servi. 
Eviter les buffets des gares, comme nous l'avons dit p. xvi; il y a 
souvent à côté un hôtel ou un petit restaurant qui le vaut et qui 
est moins cher. 

Les cafés sont nombreux en province comme à Paris, et dans le 



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XXII INTRODUCTION. 

même genre. Les consommations y sont d'ordinaire de bonne qua- . 
Hté ; cependant la bière laisse à désirer dans les petites villes. Le 
café est, dans la soirée, le rendez-vous de ceux qui n'ont pas d'in- 
térieur et d'autres encore , qui y viennent lire les journaux et faire 
leur partie. Il n'y a souvent pas d'autre distraction. 

IV. Monuments et musées. 

Monuments. — Les églises sont généralement ouvertes toute la 
journée, et on peut les visiter à loisir, en examiner librement les 
œuvres d'art, sans avoir à demander d'autorisation ni chercher de 
sacristain, et sans être importuné, si ce n'est quelquefois par de 
vieilles mendiantes. Ces édifices sont au nombre des principales 
curiosités de la France , et beaucoup ont été classés parmi les mo- 
numents historiques , dépendant du ministère des Beaux-Arts , qui 
les a fait restaurer presque partout de nos jours avec goût et magni- 
ficence. Les autres monuments , tels que palais , châteaux , hôtels 
etc., appartenant à l'Etat ou aux municipalités, sont souvent aussi 
publics, ou bien il est facile d'obtenir l'autorisation de les visiter. 
Les particuliers même accueillent d'habitude les étrangers avec 
bienveillance , quand ils demandent à visiter leurs châteaux , leurs 
collections, leurs parcs, etc. 

Musées. — Les musées de province sont d'ordinaire publics 
le dimanche et souvent aussi le jeudi, de 10 h. ou de midi à 4 h., 
et les étrangers peuvent partout obtenir de les visiter les autres 
jours moyennant un pourboire. 

La méthode pratique pour les faire visiter sans perte de temps, 
consiste à suivre l'ordre des salles et à mentionner les objets au 
fur et à mesure qu'ils se présentent. Mais l'auteur ne peut natu- 
rellement tout voir en même temps, et il lui arrive aussi de trouver 
des musées fermés , ce qui fait qu'il a préféré ou dû quelquefois 
suivre l'ordre des catalogues. On n'oubliera pas non plus qu'il y 
a aussi là souvent des changements , nécessaires ou non ; car il y a 
plus d'un gardien ne pensant qu'à son intérêt , comme celui qui 
nous dit à la fin d'un travail très pénible dans un musée de l'Ouest : 
«vous serez bien attrapé, car nous ferons des changements». 

V. Poste et télégraphe. Colis postaux. 

Les services de la poste et du télégraphe sont ou seront bientôt, 
autant que possible, réunis dans un même local, en province comme 
à Paris. Les bureaux sont plus ou moins nombreux, de même que 
les levées et les distributions , suivant l'importance des localités. 
Les débits de tabac vendent partout des timbres -poste, etc. Les 
gares ont des boîtes aux lettres , dont la levée se fait un peu avant 
le départ des courriers , et non seulement il y a des trains-poste au 
moins tous les soirs , mais il se trouve presque dans chaque train 
un employé des postes recevant et expédiant les lettres. 



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INTRODUCTION. XXIII 

Poste. — Le service des postes comprend en France les lettres 
ordinaires et chargées, les cartes-lettres, les cartes postales simples 
et avec réponse payée, les imprimés, les papiers d'affaires, les échan- 
tillons, les ohjets recommandés, les objets précieux, des mandats 
ordinaires, des mandats -cartes, des bons de poste, une caisse 
d'épargne, le recouvrement des effets de commerce, même avec 
protêt, et l'abonnement aux journaux. Nous ne donnerons ici que 
les renseignements essentiels avec les taxes pour la France et pour 
l'étranger. Quant au reste, s'adresser dans un bureau de poste, con- 
sulter les notices affichées dans ces bureaux et à côté des boîtes 
aux lettres ou encore l'Almanach des Postes et Télégraphes , qui se 
trouve à peu près dans chaque maison. 

Tarifs de la posie. Timbres ^ etc. 

I. France, Algérie et Tunisie (bureaux français). Lettres ordinaires: 
15 e. ; non affranchies, 30 c, par 15 gr. ou fraction de 15 gr., le poids de 
15 c. ou de 3 fr. — Lettres recommandées, 25 e. en sus. — Lettres chargées 
ou contenant des valeurs déclarées (maximum de 10(XX) fr.), le montant 
devant être inscrit en toutes lettres sur Tenveloppe et celle-ci fermée 
avec cinq cachets à la cire, outre le port ordinaire : 25 c. de droit fixe et 
10 c. par 100 fr. ou fraction de 100 fr. déclarés. — Caries -lettres , 15 c. — 
Cartes postales: ordinaires, 10 c. ; avec réponse payée, 20 c. — Journaux: 
2 c. par exemplaire jusqu'à 25 gr. et 1 c. par excédant de 25 gr., moitié prix 
pour les journaux expédiés dans le départ, où ils sont publiés et poids 
double pour ce prix , sauf dans les départ, de la Seine et de Seine-et- 
Oise. — Autres imprimés sous bandes: 1 c. par 5 gr. jusqu'à 20 gr. ^ 5 c. de 
20 gr. jusqu'à 50 gr., puis 5 c. par 50 gr. Les bandes ne doivent pas 
couvrir plus du tiers de la surface des paquets , sinon la taxe est la 
suivante. — Papiers d'affaires et échantillons: 5 c. par 50 gr. ou fraction 
de 50 gr. Les imprimés et papiers d'affaires peuvent peser jusqu'à 
3kilogr. , les échantillons 350 gr. Les dimensions ne peuvent excéder 
45 centim. pour les imprimés , les papiers d'affaires et les échantillons 
d'étoffes sur carte, et 30 centim. pour les autres échantillons. — Tous les 
envois par la poste peuvent se recommander moyennant 25 c. La garantie 
de la poste pour les envois recommandés n'excède pas 25 fr. — Mandats 
de poste, lo/o. — Bons de poste de 1, 2 et 5 fr., 5 c. en sus de la somme; 
de 10 fr., 10 c. ; de 20 fr., 20 c. — Avis de réception, sur demande, 10 c. 

II. Etranger, pays de l'Union postale universelle. Lettres ordinaires: 
affranchies , 25 c. ; non affranchies , 50 c. — Lettres recommandées et cartes 
postales, comme ci- dessus. — Cartes -lettres, 25 c. — Lettres chargées: 10, 
20 25 ou 35 c. par 100 fr. ou fraction de 100 fr. déclarés. Voir ci-dessus. 
Les timbres apposés sur les lettres chargées pour l'étranger doivent y 
être espacés les uns des autres. — Imprimés en général, 5 c. par 50 gr. — 
Papiers d'affaires: 25 c. jusqu'à 250 gr., puis 5 c. par 50 gr. — Mandats de 
poste: 25 c. par 25 fr. , pour la plupart des pays de l'Union, avec maxi- 
mum de valeur de 500 fr. % 20 c. par^lO fr. pour la Grande-Bretagne, avec 
maximum de valeur de 252 fr. „^ „^ .^ ,,= a ^ 

Timbres -posie: 1, 2, 3, 4, 5, 10, 15, 20, 25, 30, 35, 40 et 75 c, 1 fr. et 
5 fj.^ _ Enveloppes timbrées : pour lettres ordinaires , 16 c. ; pour cartes de 
visite, 5 c. 1/2- Bandes timbrées: 1 e. Vsi 2 c. Vsi 3 e. 1/3. 

Télégraphe. — Les dépêches télégraphiques doivent être écrites 
lisiblement , sans abréviations ni altérations et en caractères usités 
en France. Le tarif s'applique par mot, avec un minimum de 
10 mots dans la correspondance intérieure et sans minimum dans 
la correspondance internationale. Dans la première , toutes les ex- 
pressions françaises ne sont comptées que pour un seul mot lors- 



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XXIV INTRODUCTION. 

qu'elles figurent au Dictionnaire de l'Académie. Il en est de même 
pour les noms composés de départements, villes, communes, boule- 
vards et rues, et pour les numéros des maisons. Dans le service inter- 
national, la longueur maximum du mot est fixée à 15 caractères 
pour la correspondance européenne et 10 pour la correspondance 
extra-européenne. Un à cinq chiffres réunis dans la première corres- 
pondance et un à trois dans la seconde comptent pour un mot. Les 
signes de ponctuation ne comptent que dans les nombres. 

Tarifs des dépêches^ etc. 

I. France. Dépêche entre deux bureaux quelconques de la France 
et de la Corse, par mot, avec minimum de 10 mots, 5 c. ^ entre les mêmes 
bureaux et ceux d'Algérie et de Tunisie , 10 c. — Récépissé , sur demande, 
10 c. — Accusé de réception^ aussi sur demande, comme une dépêche de 
10 mots. — Exprès^ idem, 50 c. par kil. 

II. Ete\nger, par mot, sans minimum : Allemagne, 20 c. ; Amérique, 
divers prix^ Angleterre, 25 c.^ Autriche, 30 c.; Belgique, 10 c. (corresp. 
locale) et 15 c. ^ Danemark, 25 c. ; Espagne, 20 c. ; Grèce, 55 et TO c. (îles) ; 
Hongrie, 35 c. i Italie, 20c.: Luxembourg, 5 c. (du départ, de Meurthe- 
et-Moselle) et 12c. 1/2 i Norvège, 45 c.; Pays-Bas, 20c.; Portugal, 25c.; 
Roumanie, 35 c. ; Russie d'Europe, 60 c. ; R. du Caucase, 85 e. ; R. d'Asie 
1 fr. 95 et 3 fr. 10; Serbie, 40 c.; Suède, 45 c.; Suisse, 10 c. (corresp. lo- 
cale) et 15 c. ; Turquie d'Europe , 60 c. ; T. d'Asie et îles turques , 70 c. 
à 1 fr. 10. 

Téléphone. En province, il n'y a encore de correspondance télépho- 
nique que de Reims ^ de Rouen et du Havre avec Paris, à raison de 1 fr. 
par 5 min. de communication. 

Colis postaux. — Par suite d'une convention postale conclue 
avec les compagnies de chemins de fer, ces compagnies transportent 
les colis ne pesant pas plus de 3 kilogr., sans condition de volume 
ni de dimension, pour 60 c. ou 85 c, selon qu'ils sont livrables en 
gare ou à domicile, et contre remboursement jusqu'à 100 fr., moyen- 
nant double taxe. Ce service est même étendu , par l'intermédiaire 
des compagnies maritimes subventionnées , à la Corse , à l'Algérie, 
à la Tunisie et aux colonies françaises. 

Il existe également un service de colis postaux entre la France 
et divers pays de l'Europe: Allemagne, Angleterre, Autriche-Hongrie, 
Belgique, Danemark, Espagne, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays- 
Bas, Portugal, Roumanie, Suède, Suisse, Turquie, etc. Les tarifs 
varient selon les pays. Le poids est aussi limité à 3 kil. (1 kil. 360 
et 3 kil. pour l'Angleterre) ; le volume ne doit pas dépasser 20 décim. 
cubes et la dimension 60 centimètres. 

Ces colis doivent être remis aux gares ou aux bureaux des com- 
pagnies et non à la poste. 

VI. Aperçu historique. 
Bois de la V^ race. Mérovingiens. — L'histoire de France pro- 
prement dite commence vers la fin duv®s., avec Clovis 1^^^(481-511), 
fils de Childéric, roi des Francs Ripuaires de Tournai, qui expulsa 
les Romains du nord de la Gaule, embrassa le Christianisme et ré- 



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INTRODUCTION. XXV 

unit tous les Francs sous sa domination. La dynastie des Méro- 
vingiens , ainsi nommée de Mérovée, père de Childéric, dégénéra 
toutefois bien vite. L'Etat franc fut partagé plusieurs fois et il en 
résulta de longues guerres civiles , puis une rivalité acharnée entre 
la France de l'Est ou Austrasie et la France de l'Ouest ou Neustrie. 
La maison des Pépin, chefs des leudes d' Austrasie et maires de ce 
royaume, puis de celui de Neustrie et de la Bourgogne, en profita 
pour s'emparer du pouvoir suprême , après avoir sauvé le pays à 
Poitiers , en 732, par la défaite des Sarrasins. 

Rois de la 2® race. Carlovingiens. — Pépin le Bref (752-768) 
fut la souche de la 2® dynastie. Chablemagne (768-814), son fils, 
fonda par ses victoires sur les Arabes, les Lombards, les Saxons, les 
Avares, etc., et par son habile administration, un vaste empire qui 
n'eut malheureusement guère plus de durée que celui de Clovis. 
Après la mort de son fils , Louis I^^, le Débonnaire (814-840), le 
traité de Verdun (843) consacra le partage entre : Chables II , le 
Chauve (840-877), qui eut la France ; Louis le Germanique, qui fut 
roi de Germanie, et Lothaire, à qui échurent l'Italie, la Bourgogne 
et la Lotharingie ou Lorraine. A Charles le Chauve , incapable de 
défendre le pays contre les incursions des Normands , succédèrent 
Louis II , le Bègue (877-879), Louis III et Cabloman (879-882), 
puisCABLOMAN scul (882-884), princes non moins dépourvus d'éner- 
gie, sous lesquels la France fut à son tour morcelée par la féodalité. 
Chables III, le Gros, fils de Louis le Germanique et empereur d'Alle- 
magne, appelé en 884 à prendre la succession de Carloman, laissa 
le soin de défendre Paris à Eudes, duc de France et comte de Paris, 
en faveur duquel il fut déposé en 887. Chables III, le Simple 
(898-923), fils de Louis le Bègue, succéda à Eudes et laissa se fon- 
der le duché de Normandie. Les seigneurs le renversèrent pour lui 
substituer Robebt (922-923), frère d'Eudes, puis Raoul (923-936), 
gendre de Robert. Trois carlovingiens arrivèrent encore ensuite au 
pouvoir, Louis IV, d'Outremer (936-954), fils de Charles le Simple ; 
LoTHAiBE (954-986) et Louis V, le Fainéant (986-987); mais ils 
furent moins puissants que les ducs de France , Hugues le Grand, 
fils de Robert, et Hugues Capet. 

Rois de la 3® race. Capétiens. — Huges Capet fonde définitive- 
ment en 987 la 3® dynastie, celle des Capétiens, qui fournit à la 
France pendant huit siècles une suite ininterrompue de souverains, 
avec lesquels elle va devenir grande et indépendante. — Sous Ro- 
bebt II, le Pieux (996-1031), Henbi I^^ (1031-1060) et Philippe I^^ 
(1060-1108), la France souffre de guerres féodales et de guerres 
contre les ducs de Normandie. L'un de ces derniers , Guillaume, 
fait en 1066 la conquête de l'Angleterre. En 1096 a lieu la JT^ croi- 
sade. — Louis IV, le Gros (1108-1137), favorise l'établissement des 
communes , pour affaiblir la puissance de la noblesse , et il a pour 
ministre le célèbre Suger, abbé de St-Denis. — Louis VU, le Jeune 



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XXVI INTRODUCTION. 

(1137-1180), a le tort de quitter son royaume pour prendre part à 
la 2^ croisade (1147), et commet de plus la grande faute de répudier 
Eléonore de Guyenne, qui se remarie avec Henri Plantagenet, plus 
tard roi d'Angleterre sous le nom de Henri II, et qui lui apporte de 
grandes possessions en France. — Philippe II, Aw^rmife (1180-1223), 
entreprend la 3^ croisade avec Richard Cœur-de-Lion (1189), attaque 
à son retour les possessions anglaises en France, occupe la Nor- 
mandie, le Maine, l'Anjou, la Touraine et le Poitou, et bat à Bou- 
vines, en Flandre, les armées réunies de l'Angleterre, de la Flandre 
et de l'AUemagne (1214). - Louis VIII, le Lion (1223-1226), fait 
de nouvelles conquêtes dans le Midi. — Sous Louis IX ou St Louis 
(1226-1270), la 7^ et la 8^ croisade, l'une en Egypte, la seconde 
contre Tunis. — Philippe III, le Hardi (1270-1285), acquiert la 
Provence par héritage. — Philippe IV, le Bel (1285-1314), continue 
la lutte contre l'Angleterre. Défaite de Cowrtrai (1302). Victoire 
de JtfoTis-en-PweZ^e (1304) et conquête de la Flandre. Embarras 
financiers, exactions, altération des monnaies, différends avec Boni- 
face VIII, suppression de l'ordre des templiers et translation du 
St-Siege à Avignon. Pouvoir public substitué aux pouvoirs féodal 
et ecclésiastique. Etats-Généraux assemblés pour la première fois. 
— Puis LouisX, le Hutin ou Querelleur (1314-1316). — Philippe V, 
le Long (1316-1322) et Charles IV, le Bel (1322-1328), sont des 
administrateurs habiles, mais plus faibles devant la noblesse. Avec 
Charles IV finit la branche des Capétiens directs. 

Maison de Valois. — Philippe VI (1328-1350). Victoire de Cassel 
sur les Flamands (1328). Commencement de la guerre de Cent- Ans, 
contre l'Angleterre (1337-1453), par suite des rivalités et des pré- 
tentions résultant du second mariage d'Eléonore de Guyenne (v. 
ci- dessus). Défaite de Crécy (1346). Edouard III d'Angleterre 
maître de Calais. 

Jean II, le Bon (1350-1364), est battu et fait prisonnier par les 
Anglais à Poitiers (1337). Traité de Brétigny (1360), consacrant 
la perte des pays au S. de la Loire. 

Chables V, le Sage (1364-1380). Bataille de Cocherel (1364). 
Les Anglais sont à peu près expulsés du royaume par B. du Guesclin, 

Charles VI (1380-1422) devient fou en 1392. Victoire de JSos- 
becque sur les Flamands, commandés par Artevelde (1382). Guerre 
des Armagnacs et des Bourguignons. Les Français sont battus à 
Azincourt par les Anglais sous les ordres de Henri V (1415), qui 
occupe Paris en 4421. 

Charles VII (1422-1461). Jeanne d'Arc fait lever aux Anglais 
le siège d'Orléans (1429). Couronnement du roi à Reims , Jeanne 
brûlée par les Anglais (1431). Ces derniers ne conservent plus guère 
en France que la ville de Calais. 

Louis XI (1461-1483) dissipe la,ligue du bien public, qu'il a pro- 
voquée par des réformes trop hâtives et trop radicales. Il se montre 
ensuite plus habile, et tous les moyens lui sont bons pour porter le 



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INTRODUCTION. XXVII 

coup mortel à la féodalité. Acquisitions: Bourgogne ^ Franche- 
Comté , Artois et PrOYence. Il fait beaucoup pour l'unité admini- 
strative et surtout l'unité territoriale, dès lors assez constituée pour 
que les rois puissent songer à des conquêtes au dehors. 

Chaules VIII (1483-1498) épouse Anne de Bretagne, dont le 
duché est acquis à la France. Conquête passagère de Naples , sur 
laquelle il a des droits héréditaires (1495). 

Louis XII, le Père du peuple (1498-1515), de la première branche 
des Valois, conquiert le Milanais, sur lequel il a des droits du chef 
de son aïeule , s'empare de Naples avec l'aide des Espagnols , se 
brouille avec ses alliés à l'occasion da partage de cette conquête et 
est battu par eux sur les bords du Garigliano (1503). Bayard prend 
part à cette action. Louis XII provoque la ligue de Cambrai, ayant 
pour but l'expulsion des "Véni tiens du continent italien. Ceux-ci 
sont battus à Agnadel (1509), mais ils parviennent à rompre la 
ligue, forment la Ligue Sainte pour chasser les Français d'Italie, et 
les battent à Bavenne (1512). 

François 1^^(1515-1547), de la seconde branche des Valois, 
rentre en possession du duché de Milan par la victoire de Marignan 
(1515). Quatre guerres contre Charles-Quint, à propos de la Bour- 
gogne et du Milanais. Défaite de Pavie, où le roi est fait prison- 
nier (1525). François I^^ fait beaucoup pour encourager les arts. 
Monarchie de plus en plus absolue. 

Henbi II (1547-1559) est marié avec Catherine de Medicis. Metz, 
Toul et Verdun incorporés à la France (1556). Les Anglais totale- 
ment expulsés de France (Calais). 

François II (1559-1560) est marié à Marie Stuart. 

Charles IX (1560-1574) succède à son frère. Régence de Ca- 
therine de Medicis. Commencement des guerres de religion. Louis 
de Condé, Antoine de Navarre et l'amiral Coligny à la tête des 
huguenots , François de Guise et Charles de Lorraine commandent 
l'armée catholique. La S t- Barthélémy, le 24 août 1572. 

Henri III (1574-1590), frère des deux précédents , s'enfuit de 
Paris révolté , sur le conseiJ de Catherine de Medicis (m. 1588). Il 
périt assassiné par le dominicain Jacques Clément. 

Maison de Bourbon. — Henri IV (1589-1610) défait d'abord la 
Ligue catholique à Arques (1589), puis à Ivry (1590), se convertit 
au catholicisme (1593) et prend Paris (1594). Il met ensuite fln 
aux guerres de religion par Védit de Nantes (1598), répudie sa pre- 
mière femme, Marguerite de Valois, et épouse Marie de Medicis 
(1600). Il est assassiné en 1610 par Ravaillac. Ministère de Sully. 

Louis XIII (1610-1643) est un roi faible, sous la régence et la 
dépendance de sa mère, Marie de Medicis, et des favoris Concini et 
de Luynes, jusqu'en 1624. Le cardinal de Richelieu (m. 1642) dirige 
ensuite les affaires. Victoire de i^e (1627), sur la flotte anglaise 
venue au secours des huguenots, et prise de la Rochelle (1628). La 
France prend part à la guerre de Trente- Ans contre l'Autriche. 



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XXVIII INTRODUCTION. 

Louis XIV (1643-1715) monte sur le trône à cinq ans, sous la 
régence de sa mère, Anne d' Autriche. Ministres : Mazarin (m. 1661), 
Louvois (m. 1691), Colbert (m. 1683). Généraux; Turenne (m. 1675), 
Condé [m. 1686), Luxembourg (m. 1695). — Guerre de la Fronde 
contre la Cour et Mazarin. Défaite des Espagnols à Rocroi, en 
1643, par Condé (duc d'Enghien). — Turenne bat les Bavarois à 
Fribourg et à Nœrdlingen (1644). Victoire de Condé sur les Es- 
pagnols, à Lens (1648). Paix de Westphalie (1648), reconnaissant 
à la France la conquête de V Alsace, moins Strasbourg et Montbéliard. 

— Répression de la Fronde. Paix des Pyrénées avec l'Espagne 
(1659). Mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse (1660). — Mort 
de Mazarin (1661); le roi gouverne lui-même. — Après la mort de 
son beau -père, ÎPMlippe IV d'Espagne (1665), il fait valoir ses 
droits sur les Pays-Bas. Turenne prend une partie des Flandres et le 
Hainaut (1667): Charleroi, Tournai, Douai, Lille. Condé occupe 
la Franche- Comté. Paix à' Aix-la-Chapelle (1668), par suite de la 
Triple Alliance. — Invasion des Pays-Bas. Passage du Rhin (1672). 
Occupation des provinces d'Utreclit et de Gueldre. Victoires de 
Turenne sur les Impériaux à Sinsheim, Ensisheim, Mulhouse (1674) 
et Tûrkheim (1675). Mort de Turenne à l'affaire de Sasbach (1675). 

— L'amiral Duquesne défait la flotte hollandaise près de Syracuse 
(1676). — Victoire du maréchal de Luxembourg à Montcassel, sur 
Guillaume d'Orange (1677). Paix de Nimègice (1687). — Occu- 
pation de Strasbourg , de Luxembourg ^ etc. (1681). Révocation de 
l'édit de Nantes (1685). Dévastation à\i Palatlnat (1688). Victoires 
du maréchal de Luxembourg à Fleurus, sur les Impériaux (1690), à 
Steinkerke (1692) et à Neerwinde (1693), sur Guillaume d'Orange; 
de Catinat à la Marsaille, sur le duc de Savoie (1693). Défaite de 
l'amiral Tourville par les Anglais, à la Hague (1692). Paix de 
Ryswick (1697). — Guerre de la Succession d'Espagne (1701-1714). 
Victoire du général de Vendôme à Vittoria (1702) et du maréchal de 
Tallard à Spire (1702). Prise de Landau (1702). Victoire de Hoch- 
stedt (1703) et défaite au même endroit (1704). Défaites du maré- 
chal de Villars par le prince Eugène à Turin (1706), de Vendôme à 
Audenarde (1708) et de Villars à Malplaquet (1709). Victoires de 
Vendôme à Villaviciosa (1710), de Villars à Denain, sur les Im- 
périaux (1712). Paix d' Uifrec/i? (1713) et de i^asjfadî^ (1714). Beau 
siècle de la littérature française, illustré par Corneille, Racine, Mo- 
lière, la Fontaine, Boileau, Bossuet, Fénelon, Descartes, Pascal, la 
Bruyère, Mme de Sévigné, etc. 

Louis XV (1715-1774). Régence du duc d'Orléans jusqu'en 
1723. Mariage avec Marie Leczinska de Pologne (1725). Le roi n'a 
aucun souci des affaires publiques et mène une vie toute d'égoïsme 
et de débauche scandaleuse. La France est surtout gouvernée, après 
le Régent, par le duc de Bourbon (1723-1726), le cardinal Fleury 
(1726-1743), les créatures de la Pompadour (1745-1762), maîtresse 
du roi, le duc de Ghoiseùl (1758-1762) et les créatures de la Du- 



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INTRODUCTION. XXIX 

harry, autre maîtresse du roi. — Guerre de la Succession d'Autriche 
(1741-1748); défaite àç> Dettingen (1743); victoires àe Fontenoy, 
sur les Hollandais et les Anglais (1744); de Rocoux, sur les Autri- 
chiens commandés par Charles de Lorraine (1746), et de Lawfeld^ 
près de Maestricht, sur les alliés (1747) ; prise de Maestricht et paix 
cV Aix-la-Chapelle (1748). — Guerre maritime contre les Anglais. 
— Guerre de Sept- Ans (1756-1763); le maréchal d'Estrées rem- 
porte la victoire de Hastenbech sur le duc de Cumherland (1757); 
mais le prince de Souhise est battu la même année à Roslach, par 
Frédéric le Grand, puis à Crejeld, par le duc de Brunswick (1758). 
Défaite de Minden (1759). Victoire du maréchal de Broglie à Ber- 
gen, sur le duc de Brunswick (1760). Paix de Paris (1763), qui 
coûte à la France ses possessions de l'Amérique du Nord. — Acqui- 
sition de la Lorraine (1766) et de la Corse (1768). — Ruine morale 
de la royauté et ruine financière imminente. — Voltaire, Rousseau>, 
Diderot, écrivains les plus influents ; littérature révolutionnaire. 

Louis XVI (1774-1793), marié à Marie-Antoinette d'Autriche 
(1770). Guerre d'indépendance dans l'Amérique du Nord contre 
l'Angleterre (1778-1783). Epuisement des finances; de Vergennes, 
Turgot, Necker, de Calonne, de Brienne etNecker, pour la seconde 
fois , ministres des finances. — 1789. Ouverture des Etats-Géné- 
raux à Versailles , 5 mai. Leur transformation en Assemblée Con- 
stituante, 17 juin. Serment du Jeu de Paume, 20 juin. Création 
de la garde nationale, 13 juillet. Prise de la Bastille , 14 juillet. 
Les femmes de la Halle à Versailles, 5 oct. Confiscation des biens 
du clergé, 2nov. — 1790. Fête de la Fédération au Champ -de- 
Mars, 14 juiUet. — 1791, Emigration. Fuite du roi, arrêté à Va- 
rennes, 22 juin. Serment à la Constitution, 14 sept. Assemblée Lé- 
gislative. — 1792. Guerre déclarée à l'Autriche. 20 avril. Prise 
des Tuileries, 10 août. Arrestation du roi, 11 août. Massacres de 
septembre. .Canonnade de Valmy contre les Prussiens, 20 sept. 
Ouverture de la Convention et abolition de la royauté, 21 sept. 

l""® république, proclamée le 25 sept. 1792. Entrée de Custine à 
Mayence, 21 oct. Bataille de Jemmapes contre les Autrichiens, 6 
nov. Conquête de la Belgique. — 1793. Exécution du roi, 21 janv. 
Calendrier républicain, 22 sept.f Terreur. Exécution de la reine, 
16 oct. Culte de la Raison, 10 nov. Perte de la Belgique. — 1794. 
Victoire de Jourdan à Fleurus, 16 juin. La Belgique reconquise. 
Chute et exécution de Robespierre {9 thermidor), 27 juillet. — 1795. 
Conquête de la Hollande , par Pichegru. Traité de Bâle avec la 

f Nouveaux mois (1793-1805) : vendémiaire, du 22 sept, au 21 oet. ; bru- 
maire, du 22 oet. au 20 nov.-, frimaire, du 21 nov. au 20 dée. ; nivôse, du 
21 dée. au 19 janv. ^ pluviôse, du 20 janv. au 18 févr. -, ventôse, du 19 févr 
au 20 mars; germinal, du 21 mars au 19 avril ^ floréal, du 20 avril au 
19 mai; prairial, du 20 mai au 18 juin; messidor, du 19 juin au 18 juillet - 
thermidor, du 19 juillet au 17 août ; fructidor, du 18 août au 16 sept. Chaque 
mois a 30 jours et est divisé en 3 décades au lieu de semaines. A la fin 
de l'année, il y a à Jours complémentaires, du 17 au 21 septembre. 



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XXX INTRODUCTION 

Prusse, 5 avril, et avec l'Espagne, 22 juin. Le général Bonapartemi- 
traille les royalistes insurgés (13 vendémiaire), 4 oct. Création du 
DiBECTontE , 27 oct. — 1796. Victoires de Bonaparte en Italie, à 
Montenotte, 12 avril, et à Millesimo, 13-15 avril; au pont de Lodi, 
10 mai. Entrée à Milan, 15 mai. Siège de Mantoue. Batailles de 
CastigUone, 5 août; de Bassano, 10 sept.; d-'Arcole, 13-15 nov. — 
1797. Victoire de Rivoli, 14 janv. ; prise de Mantoue, 2févr. Les 
Autrichiens sont repoussés jusque dans le Tyrol. Paix de Campo- 
Formio, 17 oct. — 1798. Expédition d'Egypte, Victoire des Pyra- 
mides, 21 juillet; désastre naval à'AbouUr, 1^"* août. — 1799. Ex- 
pédition en Syrie. Siège d'Acre. Victoire d'AhouUr, 25 juillet. 
Armées françaises repoussées en Allemagne, en Suisse et en Italie. 
Retour de Bonaparte en France. Chute du Directoire (18 brumaire), 
9 nov. Etablissement du Consulat; Bonaparte Premier - Consul, 
24. déc. — 1800. Passage du St-Bernard, 13-16 mai; victoires sur 
les Autrichiens k Plaisance, 7 2^m] à Montehello, 9 juin; kMarengo, 
14 juin. Victoire de Moreau à Hohenlinden, 3 déc. Attentat contre 
la vie de Napoléon à Paris, 23 déc. — 1801. Paix de Lunéville^ 
avec l'Allemagne, 9 févr. Concordat, 15 juillet. — 1802. Paix d'A- 
miens, avec l'Angleterre, 27 mars. Bonaparte consul à vie, 2 août. 

1er empire. — 1804. Napoléon I^'', Bonaparte (iSOi-iSU), 
proclamé empereur par le Sénat, 18 mai, et couronné à Notre-Dame 
par Pie VII, 2 déc. — 1805. Nouvelle guerre avec l'Autriche. Capi- 
tulation à'Ulm, 17 oct. Défaite de Trafalgar, 21 oct. Bataille 
d'Austerlitz, 2 déc. Paix de Presbourg, 26 déc. — 1806. Création 
de la Confédération du Rhin , 12 juillet. Guerre contre la Prusse. 
Batailles d'Iena et à'Auerstœdt, 14 oct. Entrée à Berlin, 27 oct. 
Blocus continental. — 1807. Guerre contre la Russie et la Prusse. 
Bataille à'Eylau, 8 févr.; bataille de Friedland, 14 juin; paix de 
Tilsit, 7-8 juillet. Occupation de Lisbonne, 30 nov. — 1808. 
Code Napoléon. Guerre d'Espagne. — 1809. Prise de Saragosse, 
21 févr. Nouvelle guerre contre l'Autriche. Bataille d'Echmuhl, 
19-23 avril. Entrée à Vienne AS mai. Batailles d' iJssïm^, 21-22 mai; 
de Wagram, 5-6 juillet. Paix de Vienne, 14 oct. Abolition du 
pouvoir temporel du pape.— 1810. Mariage de Napoléon avec Marie- 
Louise, fille de François II d'Autriche, 11 mars. L'empereur au faîte 
de sa puissance. — 1812. Défaite de Salamanque, 21 juillet. Nou- 
velle guerre contre la Russie. Bataille de Smolensk, 16-17 août; 
bataille de la Moskovà, 7 sept. Entrée à Moscou, 15 sept.; retraite 
de Moscou, 19 oct. Passage de la Beresina, 26-27 nov. — 1813. 
Batailles de Lutzen, 2 mai; Bautzen, 20 mai; Wurschen, 21 mai ; 
Orossbeeren, 23 août; Dresde, 26-27 août; Katzbach, 26 août; Culm, 
30 août; Dennewitz, 6 sept.; Leipzig, 16-18 oct.; Hanau, 30 oct. 
— 1814. Batailles de Brienne, 29 janv.; laRothière, l^^févr.; 
Montmirail, 11 févr, ; Laon, 9-10 mars; Arcis-sur-Aube , 20-21 
mars ; Paris, 30 mars. Les alliés à Paris , 31 mars. Abdication de 
Napoléon, 11 avril. Son arrivée à l'île d'Elbe, 4 mai. 



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INTRODUCTION. XXXI 

Eestauration. - 1814. Louis XVIII (1814-1824), roi, 6 avril. 
1 paix de Paris, 30 mai. - 1815. Retour de Napoléon, l^'mars 
Bataille de Ligny, 16 juin; bataille de Waterloo, 18 juin 2^ entrée 
des alliés à Paris, 7 juillet. 2^ paix de Paris, 20 nov - 1820 
Assassinat au duc de Berry, 13févr. - 1821. Mort de Napoléon à 
Ste-Hélene 5 mai - 1823. Expédition en Espagne, en faveur 
de 1 absolutisme de Ferdinand Vil. 

1824. Chables X, roi (1824-1830). - 1830. Prise à^ Alger, 
5 juillet Ordonnances de St-Cloud, 25juiUet. Révolution de juil- 
let, du 27 au 29, et chute des Bourbons. 

Maison d'Orléans. - Louis - Phii.ippe (1830-1848), élu par les 

.'S^n''.^''' *^? Français, 7 août 1830. - 1832. Prise à' Anvers. 
— ltt4U. Translation des cendres de Napoléon I^'*. — 1842. Mort 
du duc d'Orléans. — Guerres continuelles en Afrique. 

2e république. - 1848. Révolution de février, 23 et 24 
Journées de juin, du 23 au 26. - Louis Napoléon, fils dé 

\^IT\^^^ .^^ï^^^^'.n'^r®'' de Napoléon I^^ président de 
la République 10 déc. - 1851. Dissolution de l'Assemblée, coup 
d Etat du 2 décembre. ' ^ 

2e empire. - 1852. Napoléon m (1852-1870), élu empereur 
par un plébiscite, 2 déc. Commencement des grands travaux de 
transformation dans Paris. - 1854. Guerre avec la Russie. Cam- 
pagne de Crimée - 1855. Prise de Sébastopol, 8 sept. - 1856 
Paix de Paris 30 mars. - 1859. Guerre avec l'Autriche. Victoire 
de Magenta, 4 juin; de Solferino, 24 juin. Paix de Villafranca, 
1 ^^^ 7..' ^"®™« de Nice et de la Savoie. Expéditions 
de ChzneQt de Syrie. - 1862. Expédition du Mexique. - 1866 

Î^«ft7 ""Tt" .^® \^ ^'"""'^ '''''* '''' ^^^'^^ ^ ^^ politique de Napoléon! 
Ao^k T; Luxembourg. Grande exposition universelle. - 

1870 Guerre avec la Prusse. Déclaration le 19 juillet. Batailles 
de Wtssembourg, 4 août; de Wœrth, 6; de Spicheren, 6; de Borny, 
^ezonvilU et Gravelotte, 14, 16 et 18; de Beaumont, 30 août; de 
Sedan, 1^^ sept. Napoléon III prisonnier. 

3e République. - Proclamation le 4 sept. Capitulations de 
Strasbourg, 27 sept.; de Metz, 17 oct. Batailles près d'Orléans, du 
i^P V. ^^^^^'^'^^^ de St-Ouentin, 19 janv. Capitulaiion 
de Pam, 28 janv. GouY^m^ment à Versailles. J.a Commune: se- 
cond siège de Paris. Paix de Francfort, 10 mai. Perte de V Alsace 
et d une partie de la Lorraine. Indemnité de 5 milliards à l'Alle- 
magne. Thiers, chef du pouvoir exécutif depuis le 17févr., nommé 
président de la République le 31 août. ^ 1873. Mort de Napo- 
T^J \r i^^'"' ,?^^^ission de Thiers, remplacé par le maréchal 
de Mac-Mahon, 14 mai. Evacuation définitive du territoire par 
les troupes allemandes, 16 sept. Prorogation de la présidence de 
Mac-Mahon pour sept ans, 20 nov. - 1875. Constitution définitive 
de la république, 25 févr. - 1877. Ministère réactionnaire du 



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XXXTI INTRODUCTION. 

16 mai (Broglie-Fourtou). — 1878. Brillante exposition universelle. 
— 1879. Démission de Mac-Mahon et M. Jules Orevy président 
de la république, 30 janv. Retour des Chambres à Paris. — 1881. 
Expédition de Tunisie. — 1882-1885. Expéditions du Tonkin et 
de Madagascar. — 1885. Paix avec la Chine, 9 juin, et paix de 
Madagascar, 17 décembre. 

VIT. Aperçu géographique. 

I. Géographie physique. — Position. — La France, non compris 
la Corse, est située entre 42° 20' et 51° 5' de latitude N., 7° T de 
longitude 0. et 5° 55' de longitude E. de Paris. Elle forme un 
hexagone, dont trois côtés sont bornés par des mers, la mer du, Nord, 
la Manche, V Atlantique et la Méditerranée, et les trois autres par 
les Fyrénées, les Alpes occidentales, le Jura, les Vosges et une ligne 
conventionnelle au N.-E. Elle a 3836 kilom. de frontières , dont 
2026 pour les côtes et 1810 pour les autres parties , et elle mesure, 
en chiffres ronds, 960 kil. du N. au S., sous le méridien de Paris; 
près de 900 de l'O. à l'E., dans sa plus grande largeur; près de 1100 
du N.-O. au S.-E. et env. 890 du N.-E. au S.-O. Sa superficie est 
de 528572 kil. carrés , et c'est sous ce rapport le troisième Etat de 
l'Europe, venant après la Russie et l'Autriche. 

Natube du sol. — La constitution physique de la France est 
une des plus variées et des plus heureuses, et elle se joint aux avan- 
tages de sa situation géographique pour en faire le pays le plus 
favorisé par la nature. Le sol y présente, en plus ou moins grande 
proportion, tous les terrains stratifiés et non stratifiés. Les plus 
abondants sont, on le comprend, les terrains tertiaires, qui forment 
presque toutes les plaines ; puis les terrains primitifs, dans le plateau 
central, et les terrains jurassiques , qui entourent particulièrement 
ce plateau. Voir aussi p. xxxvii. 

CÔTES. — Les côtes de la mer du Nord sont droites et formées 
par des dunes et des terrains bas, d'anciens marécages. Là se trou- 
vent les grands ports marchands de Dunkerque et de Calais. — Les 
côtes de la Manche présentent aussi des dunes et des falaises, des 
plages en pente douce et des parties rocheuses bordées d'écueils, 
comme ceux du Calvados. Elles forment une grande saillie dans la 
presqu'île du Cotentin, entre la haie de la Seine et la haie du Mont- 
St -Michel. Dans les baies et les anses de ces côtes sont d'autres 
grands ports marchands, comme Boulogne, Dieppe, le Havre, St- 
Malo, et le port militaire de Cherbourg. Mais ces côtes sont exposées 
à toutes les violences de la mer, qui les ronge et qui ensablerait les 
ports, sans les frais considérables faits pour les entretenir. 

V Atlantique découpe profondément la presqu'île rocheuse de la 
Bretagne, où il forme surtout la rade de Brest, avec le premier port 
militaire de France et un petit port marchand ; la haie de Douarne- 
ne%, le port de Lorient, aussi un port militaire; la haie de Quiheron 
et le golfe du Morbihan. Puis viennent des terrains bas et maré- 



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INTRODUCTION. XXXIII 

cageux, où sont la baie de Bourgneuf, les détroits ou pertuîs Breton, 
d'Antioche et de Maumusson, avec les îles de Ré et d'Oléron (v. 
■ci -dessous); le bassin d'Arcackon et le golfe de Gascogne. Les 
principaux ports de ce côté sont: la Rochelle et Jîoc/^e/o»'f (militaire), 
Nantes, Bordeaux et Bayonne, déjà dans l'intérieur des terres. 

Les côtes de la Méditerranée sont également d'abord rocheuses, 
à, l'extrémité E. des Pyrénées ; puis plates et entrecoupées à^étangs, 
dans le golfe du Lion, jusqu'au delà de la Camargue, le delta du 
Rhône. Elles redeviennent ensuite rocheuses jusqu'à la frontière 
de l'E., au delà de Menton. Les grands ports français de la Méditer- 
ranée sont: Cette, Marseille et Toulon, ce dernier le deuxième port 
militaire de France. 

Les îles qui avoisinent ces côtes sont peu nombreuses et peu 
considérables. Dans la Manche sont les îles Normandes, qui appar- 
tiennent à l'Angleterre, les principales Jersey, Guernesey et Aurigny ; 
dans l'Atlantique, les îles d'Oztessan?, de Groix, à^ Belle-Ile, de ISoir- 
moutiers, d'Yeu, à.Q Bé et d' Oléron ^ dans la Méditerranée , celles 
d'Hyères. La Corse est beaucoup plus considérable, sa superficie 
étant de 8747 kil. carrés, mais elle est à 180 kil. de la côte de France 
et seulement à 90 de celle d'Italie. 

Montagnes. — Les principales montagnes de France sont celles 
des frontières S. et S.-E.: les Pyrénées et les Alpes occidentales; 
puis les Cévennes, le Jura et les Vosges. 

Les Pyrénées, sur la frontière d'Espagne, ont env. 425 kil. de long 
en ligné droite, de l'embouchure de la Bidassoa, à l'O., au cap Creus, 
à l'E., et de 60 à 120 kil. de largeur. Cette chaîne de montagnes se 
distingue par sa régularité , qui l'a fait comparer à une feuille de 
fougère» Les plus hauts sommets sont dans les Pyrénées centrales, 
du Mo^t-Perdu au puy de Carlitte , et le principal d'entre eux sur 
le territoire français est le Vignemale, qui atteint 3290 m. (Néthou, 
en Espagne, 3404). La frontière suit à peu près la ligne de faîte, le 
Mont- Perdu et la Maladetta formant des massifs à part en dehors 
de cette ligné. Le principal écart est dans la vallée d'Aran, où est 
la source de la Garonne et qui appartient cependant à l'Espagne. 

Dans les Alpes occidentales, qui séparent la France de l'Italie 
et de la Suisse, les frontières suivent également à peu près les arêtes, 
sur une longueur d'env. 500 kil. Ces montagnes sont formées de 
leur côté de massifs projetant des rameaux dans tous les sens, comme 
les rayons d'une étoile. Elles se subdivisent en Alpes Maritimes, 
des environs du col de Tende au Mont -Yiso ; Alpes Cottiennes, du 
Mont-Yiso au Mont- Céiiis] Alpes Grées, du Mont-Cenis au Mont- 
Blanc, et Alpes Pen/ninès, dont la frontière suit seulement une rami- 
fication, entre le Chablais et le Yalais, jusqu'au lac de Genève. Le 
Mont-Blanc est la plus haute montagne de l'Europe; il atteint 
4810 m. d'altitude. Ces montagnes envoient des ramifications au 
loin dans l'intérieur de la France , la principale celle des Alpes du 
Dauphiné, où se trouvent encore des hauteurs considérables, comme 

Bsedeker. Nord de la France. 2^ e'dit. c 



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XXXIV INTRODUCTION. 

la Barre des Ecrins (4103 m.), dans le massif du Pelvoux. La par- 
tie dM Jura comprise dans la frontière est le Jura central j depuis 
le col de St-Cergues , à la hauteur de Nyon , au plateau d'Etalières, 
jusqu'à la hauteur du Locle (Suisse), avec le Chasseron comme point 
culminant (1609 m.). 

Des Vosges, il n'y a plus en France que les Vosges méridionales 
et les Vosges centrales, du reste les deux parties principales, depuis la 
trouée de ^eZ/orif jusqu'au Donon (1010 m.), avec le ballon d'Alsace 
(1250 m.), le second de leurs sommets (hallon de Guebwiller, 1426 m.)» 

Les Cévennes traversent la France du S.-O. au N.-E., sur une 
longueur d'env. 500 kil. Elles font suite aux Corhières, ramification 
des Pyrénées orientales , et elles se rattachent aux Vosges méri- 
dionales par les monts de la Côte- d'Or, le -plateau de Langres et 
les monts Faucilles, ces derniers plutôt un haut plateau que des 
«monts» , leur relief ne dépassant guère 150 m. Le plus haut sommet 
de la chaîne principale des Cévennes est le Mézenc, qui a 1754 m. y 
mais le puy de Sancy, dans la ramification qui traverse l'Auvergne 
(v. ci-dessous), atteint 1886 m. 

Les Cévennes et leur prolongement forment la ligne de partage 
des eaux et divisent la France en 2 versants inégaux, l'un au N.-O., 
l'autre au S.-E., le premier tributaire de l'Atlantique, de la Manche 
et de la mer du Nord , le second tributaire de la Méditerranée. Le 
versant du N.-O. est subdivisé en 3 versants secondaires, correspon- 
dant aux 3 mers, par de longues ramifications, dont la plus impor- 
tante est celle des monts de la Margeride, de l'Auvergne et du Li- 
mousin, etc. 

Fleuves et rivières. — La France se trouve ainsi divisée en 
6 bassins principaux, arrosés par des fleuves ; ceux de la Garonne 
ou plutôt de la Garonne et de la Dordogne réunies , de la Loire, de 
la Seine, de la Meuse, du Rhin (v. ci-dessous) et du Rhône. Les 
bassins de la Meuse et du Rhin sont partagés entre la France et les 
pays voisins; le second n'est même aujourd'hui à la France que par 
une partie de celui de la Moselle, affluent du Rhin , et par celui de 
la Meurthe, affluent de la Moselle. Ces grands bassins enclavent 
un certain nombre de bassins secondaires ou de rivières qui se jettent 
directement à la mer, dont les 14 principales sont: VAdour, la Cha- 
rente, le Blavetj la Vilaine, la Vire, VOrne, la Somme et V Escaut ^ 
dans le versant du N.-O.; le Tet, VAude, V Hérault, VArgens, 
l'Arc et le Var, dans celui du S.-E. Enfin les fleuves ont 29 grands 
affluents , qui coulent dans des bassins de troisième ordre , dont 
quelques-uns sont encore assez étendus. Les affluents de la Garonne 
sont: rive dr., VAriege, le Tarn, grossi de l'Aveyron; le Lot, la 
Dordogne, grossie de la Vézère, la Corrèze et l'Ile; rive g., le Gers, 
Ceux de la Loire : rive dr., la Nièvre, la Maine, grossie de la Sarthe; 
rive g., V Allier, U Loiret, le Cher, V Indre, la Vienne, grossie de la 
Creuse, et la Sevré Nantaise, Ceux de la Seine: rive dr., l'Aw&e^ 
la Marne j VOise; rive g., VYonne, le Loing QtVEure. La Meuse 



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INTRODUCTION. XXXV 

et le Rhin n'ont chacun qu'un affluent important en France , la 
Sambre et la Moselle, celle-ci grossie de la Meurthe. Ceux du Rhône 
sont: rive dr., VAin, la Saône, grossie duDouhs ; ÏArdèche, le Gard; 
rive g., VArve, V Isère, la Drôme et la Durance. 

La France compte env. 6000 cours d'eau , par lesquels elle est 
abondamment et régulièrement arrosée , les hauteurs de l'intérieur 
étant bien réparties et en pentes douces. Plus de 200 de ces cours 
d'eau sont navigables et forment une longueur de 7825 kil., à laquelle 
s'ajoutent 4713 kil. de canaux. 

Lacs. — Celui de Genève, sur la frontière de l'E. ; ceux à.' Annecy 
et du Bourget, en Savoie, et celui de Grand-Lieu, au S. de la Bre- 
tagne, sont à peu près les seuls à mentionner ici pour leur importance. 

Climat. — Grâce à sa situation et à sa constitution physique, 
la France jouit d'un climat des plus tempérés , mais très varié. La 
moyenne de la température est de 10 à 12° C. au N. et 13 à 15° au 
S. des monts du Limousin et de l'Auvergne. 

II. Géographie économique. — Population. — La France comp- 
tait au recensement de mai 1886, sans ces colonies (v. p. xliii), 
38218 903 hab., parmi lesquels 1115214 étrangers, surtout des 
Belges , des Italiens , des Espagnols et des Allemands. Il y avait 
une augmentation de 546 855 hab. depuis le recensement précédent, 
en déc. 1881. Bien que relativement favorable, ce résultat n'est 
rien moins que satisfaisant , si l'on compare la France aux autres 
pays, car, sous ce rapport, elle leur est inférieure à tous. L'excé- 
dant des naissances sur les décès n'y est que de 1. 7 pour 100, 
tandis qu'en Allemagne, par exemple, il atteint 11. 6. 

Agriculture. — Le sol de la France est très fertile et la végé- 
tation y est très variée. D'après des calculs récents , 94. 65 % ou 
près des 19/20 du sol sont productifs, et la valeur vénale des terrains 
est estimée à 91 684 000 000 de fr., leur revenu net à 2 645 000 000, 
soit 1880 fr. 40 en capital et 52 fr. 85 en revenu net par hectare. 
Ce revenu de plus de 2 milliards V2 paraît énorme , et il représente 
cependant moins de 70 fr. par habitant. Mais à la valeur de la terre 
s'ajoutent celle des propriétés bâties et à bâtir, qui est d'env. 43 mil- 
liards , et les ricjiesses mobilières , pour une somme de 215 à 220 
milliards , ce qui porte la fortune de la France à 317-322 milliards 
ou une moyenne d'env. 8425 fr. par habitant. 

La France se divise , par rapport aux productions du sol , en 
5 zones, caractérisées par les cultures de l'oranger, de l'olivier, du 
maïs , de la vigne et du pommier. Ces zones sont délimentées par 
quatre lignes obliques allant: la 1^®, des bouches du Rhône au cours 
du Var; la 2®, de l'Ariège à l'Isère; la 3^, de l'embouchure de la 
Charente à la frontière vers le Luxembourg ; la 4®, du golfe du Mor- 
bihan à la frontière dans les Ardennes. 

L'agriculture occupe à peu près la moitié de la population. La 
production en céréales, surtout propre aux régions du Nord, a été 
en 1886 de 105 412 377 hectolitres de blé, 5274366hect. de méteil 

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XXXVI INTRODUCTION. 

et 23 309 212 hect. de seigle. Cette production ne suffit pas ce- 
pendant à la consommation, qui doit être, pour le blé, d'au moins 
110 millions d'hectoL, dont 14 pour les semences. La culture de la 
vigne est ensuite de beaucoup la plus importante. La France tient 
pour cela le premier rang , bien qu'elle ait perdu , par suite des ra- 
vages du phylloxéra , 750 à 800 000 hectares de vignes , sur moins 
de 2500000. La production moyenne en vin éidâi auparavant de 
51 à 52 millions d'hectoL; elle n'a été que de 23063345 hectol. en 
1886. La production du cidre a aussi son importance, mais elle est 
très variable; elle est en moyenne de 11850 000 hectol., et elle a 
été de 8 300 758 en 1886, après avoir été de 19 955 000 en 1885. La 
culture des fruits est du reste en général très importante et donne 
d'excellents résultats. Les arbres fruitiers spécialement cultivés sont, 
après le pommier : l'olivier , le prunier , l'abricotier , le cerisier , le 
merisier , le châtaignier et le citronnier. La France produit aussi 
beaucoup de fraises , de groseilles , de cassis et de framboises. La 
culture des pommes de terre y occupe encore un des premiers rangs ; 
elle produit de 112 à 114 millions d'hectolitres. Celle de la betterave 
à sucre y est assez considérable dans le Nord; toutefois la produc- 
tion du sucre est descendue, depuis une dizaine d'années, de 460 à 
250 millions de kilogrammes. Ensuite viennent le tahac, le hoiMon, 
le colza, etc. 

Les forêts ont été réduites, depuis la Révolution, de 12 millions 
d'hect. à 8400000; mais l'Etat fait maintenant beaucoup pour le 
reboisement des parties du sol défrichées à tort. La production du 
bois est insuffisante pour la consommation. Les principals essences 
sont : le chêne, dans le Nord ; le châtaignier, au centre ; le chêne-liège, 
dans les Pyrénées; le pin résineux, dans les Landes; le hêtre, le 
mélèze, le charme, l'orme, le frêne, le bouleau, le peuplier, le saule, 
le tremble, l'aune, etc., répandus un peu partout. 

Animaux. — La production animale est également insuffisante, 
bien que la France ait d'excellents pâturages, surtout en Normandie. 
Les prés et les herbages couvrent près de 5 millions d'hectares. Le 
gros et le menu hetail se chiffrent par plus de 44 millions i/2 de 
têtes, dont 11 millions 1/2 de l'espèce boivine, 3 millions V2 de che- 
vaux, mulets et ânes et plus de 22 millions y 2 <1® moutons. La vo- 
laille est abondante et de première qualité ; on évalue le produit, 
avec les œufs , à 200 millions de francs. Le gibier est assez rare et 
en diminution. Les animaux sauvages sont relativement très rares ; 
on rencontre surtout, dans les Pyrénées et les Alpes, l'ours et le lynx ; 
dans les forêts, le sanglier, le loup et le renard. 

Le poisson est très abondant, et c'est une source de revenu con- 
sidérable. Principaux poissons de rivière : carpes, tanches, brochets, 
perches, bars, aloses, anguilles, truites, saumons, silures, écrevisses. 
Principaux poissons de mer: sardines, harengs, maquereaux, anchois, 
turbots, barbues, soles, carrelets, limandes, raies, rougets, mulets, 
merlans, congres, lamproies, esturgeons, huîtres, moules, homards. 



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INTRODUCTION. XXXVII 

langoustes , crevettes. Les pêcheries de mer donnent une valeur de 
90 à 110 millions. Elles occupent 86000 hommes, dont 74 000 vont 
à la morue. Les plus abondantes sont celles des sardines et des 
harengs, qui rapportent, la première de 15 à 20 millions, la seconde 
de 7 à 14. L'industrie ostréicole a pris dans ces derniers temps en 
France un développement extraordinaire ; ses divers hancs ont donné 
en 1885 près de 600 millions d'huîtres. 

Minéraux. — Les richesses minérales de la France sont de 
premier ordre. Les principales roches fournies par le sol sont: le 
granit , qui forme le noyau de la plupart des grandes montagnes ; 
les basaltes, produits des anciens volcans du plateau central; les 
porphyres, dans les Yosges, les Cévennes, etc.; les schistes, dans 
les ardoisières de l'Anjou et des Ardennes; les calcaires, à peu près 
partout et abondants, formant toutes les variétés de pierres de con- 
struction; les marbres, également très répandus et très variés; la 
craie, les grès, la pierre meulière, le gypse. 

La houille est surtout abondante dans les départements du Nord, 
du Pas-de-Calais, de la Loire et de l'Aveyron. Les mines ont fourni 
en 1885 un peu. plus de 20024000 tonnes de houille, quantité ce- 
pendant insuffisante pour la consommation , qu'alimentent aussi la 
Belgique, l'Angleterre et les provinces rhénanes, lui fournissant en- 
semble un appoint d'au moins 5 millions de tonnes. Il y a aussi 
des mines d'anthracite et des tourbières d'une certaine importance. 

Le premier des métaux qui se trouvent en France est le fer, 
qu'on extrait un peu partout , mais particulièrement dans les mon- 
tagnes. La production n'est toutefois pas en rapport avec la con- 
sommation (v. p. xxxYiii). Elle est d'env. 2 millions Vg ^^ tonnes, et 
en diminution sensible, ce qui tient en grande partie à l'éloignement 
du combustible, aux prix des transports et à ce que l'Algérie, l'Es- 
pagne et l'île d'Elbe fournissent à l'industrie française des minerais 
supérieurs. — Les autres métaux à mentionner sont: le plomb, le 
cuivre, le manganèse, et V antimoine. 

Il y a des mines de sel gemme dans les contrées du N.-E. et dans 
le Midi. On exploite encore des marais salants sur les bords de la 
Méditerranée et de l'Atlantique. Enfin la France compte un millier de 
sources à' eaux minérales, en partie utilisées en boisson et en bains. 

Industrie. — L'industrie française embrasse tous les genres et 
occupe env. Vs <1® la population. Longtemps en grande partie sans 
rivale, elle a perdu de son importance, parce que la main-d'œuvre 
est maintenant plus chère en France que dans les pays voisins, que 
les tarifs douaniers lui sont en partie défavorables et que les moyens 
de transport sont relativement trop coûteux. L'industrie française 
excelle cependant toujours dans ce qui est plutôt affaire d'art et de 
goût que de métier. Ce sont en premier lieu les articles de Paris: 
bronzes, plaqués, bijouterie, orfèvrerie, ébénisterie, tabletterie, 
librairie, instruments de musique, de chirurgie, de mathématiques 
et de physique, quincaillerie, modes, fleurs artificielles, papiers 



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XXXVIII INTRODUCTION. 

peints, ameublement, passementerie, carrosserie, etc. Viennent en- 
suite Vindustrie textile ou des tissus de soie, de coton, de laine et 
de lin, qui compte plus de 8000 manufactures, occupant env. 35 000 
ouvriers; Vindustrie du fer, qui a produit en 1884 un peu plus de 
1 855 000 tonnes de fonte , près de 878 000 tonnes de fer et un peu 
plus de 509500 tonnes d'acier; les industries alimentaires, qui 
comprennent, outre- le pain, la viande et les boissons: les pâtes 
alimentaires, les fromages, le beurre, les salaisons, les conserves 
de poissons et de légumes, le sucre, le chocolat, les liqueurs, la con- 
fiserie. Les autres industries sont surtout celles des porcelaines, 
des faïences , des poteries , de l'horlogerie , des cuirs et peaux , en 
particulier pour la ganterie; des tapis, des fils, des glaces, des 
cristaux, du verre, des savons , des huiles, des produits chimiques 
et pharmaceutiques, de la parfumerie. 

Commerce. — Le commerce de la France, après avoir été également 
des plus prospères, subit le même sort que l'industrie. Le commerce 
intérieur échappe à peu près à tout contrôle et ne peut être évalué 
d'une manière précise. On a calculé qu'il était au moins décuple de 
celui de l'extérieur. Le commerce extérieur, qui sert à compléter les 
approvisionnements et à écouler le superflu de la production, com- 
prend surtout , comme importation, les matières nécessaires à l'in- 
dustrie, en particulier les matières textiles. V exportation comprend 
particulièrement des produits fabriqués; elle est toujours inférieure 
à l'importation. Le commerce extérieur s'est chiffré en 1886 par 
une valeur de 4 234 363 000 fr. à l'importation et 3 300 230 000 fr. 
à l'exportation , soit en tout 7 534 593 000 fr. Ce commerce n'était 
encore que de 1 160000 000 en 1827 et 6763 000000 en 1864. 

Plus des 2/3 du commerce extérieur ont lieu par mer et principale- 
ment par les ports de Marseille, du Havre et de Bordeaux. Mais les 
transports se font autant et même plus par la marine étrangère que 
par la marine française. Marseille et Nantes sont les seuls ports 
où la marine française ait un trafic supérieur ; au Havre, elle n'a pas 
la moitié. L'effectif de la marine marchande française est toutefois 
en progrès; il était à la fin de 1886 de 15339 navires, jaugeant en- 
semble 1 017 679 tonneaux , dont 912 navires à vapeur, jaugeant 
471488 tonneaux, ce qui donne une augmentation de 117 navires 
et 14000 tonneaux sur 1883. 

Nous avons dit qu'il y avait à l'intérieur plus de 12500 kil. 
de voies navigables. La France est en oatre couverte d'un réseau 
d'excellentes routes et de bons chemins vicinaux , qui forment une 
longueur de 650 à 700000 kil., et le réseau des chemins de fer, 
auquel on a beaucoup travaillé depuis 1870, mesure, en août 1887, 
33750 kil. Il y a donc plus de 700000 kil. de voies de terre et de 
voies navigables à la disposition du commerce français, sans comp- 
ter plus de 1 600 000 kil. de chemins ruraux. 

III. Géographie politique. — Gouvernement. — La France est 
redevenue une république depuis le 4 sept. 1870. Le pouvoir légis- 



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INTRODUCTION. XXXIX 

latif est exercé par la Chambre des députes et le Sénat. La Chambre 
se compose de 584 membres , élus pour 4 ans , par le suffrage uni- 
versel. Le Sénat compte 300 membres , qui tous sont maintenant 
élus pour 9 ans, par des collèges spéciaux, ceux qui ont été précé- 
demment élus sénateurs inamovibles conservant leur mandat. Le 
renouvellement du sénat a lieu par tiers, tous les 3 ans. La Cham- 
bre et le Sénat réunis forment V Assemblée Nationale. Le pouvoir 
exécutif est confié par l'Assemblée à un président de la Eepublique, 
élu pour 7 ans, et l'administration supérieure est aux mains de 
10 ministres responsables, nommés par le Président. Yoici comment 
se divisent actuellement les ministères: Injustice, 2° affaires étran- 
gères, 3° intérieur, 4° finances, postes et télégraphes, 5° guerre, 
6° marine et colonies, 7° instruction publique, beaux-arts et cultes, 
S° commerce et industrie, 9° agriculture, 10° travaux publics. 

Administration. — Administration civile. — La France se 
divise d'abord en 86 départements , plus le territoire de Belfort, 
seule partie de l'Alsace qui lui soit restée depuis 1871. Les dé- 
partements se subdivisent à leur tour en 362 arrondissements, 
2871 cantons et 36 121 communes. A la tête de chaque département 
est un préfet , dans chaque arrondissement un sous-préfet et dans 
chaque commune un maire, tous assistés de conseils, comme l'ad- 
ministration supérieure: conseils de préfecture, conseils généraux, 
conseils d'arrondissement et conseils municipaux. Les cantons n'ont 
pas' d'administration civile spéciale. 

Les départements ont remplacé depuis 1790 les circonscriptions 
provinciales,-qui perpétuaient la diversité des coutumes et des mœurs, 
que séparaient des lignes de douanes intérieures et où la plus cho- 
quante inégalité était celle du droit. Les provinces , au nombre de 
32, étaient en outre de dimensions par trop inégales et souvent trop 
étendues pour être bien administrées. On a, par ex., fait 8 et 9 dé- 
partements dans les provinces du Languedoc et de la Guienne et la 
Gascogne , tandis que beaucoup d'autres n'en ont formé qu'un seul. 
Le plus petit département, après celui de la Seine, qui a 475 kil. 
car., est celui du Vaucluse, qui en a 3566, et le plus grand celui 
de la Gironde, qui en a 9740; mais la plupart ont de 5 à 7000 kil. 
carrés. Les plus peuplés, aussi après celui de la Seine, qui compte 
6234 hab. par kil. car., sont ceux du Nord, du Rhône, de la Seine- 
Inférieure, du Pas-de-Calais et de la Loire, qui ont 294, 277, 138, 
128 et 126 hab. par kil. car., et les moins peuplés, ceux des Basses- 
Alpes , des Hautes-Alpes, de la Lozère et de la Corse, où il n'y en a 
que 19, 22, 27 et 32 par kil. carré. 

Les départements correspondent seulement par à peu près aux 
provinces indiquées dans le tableau suivant comme les ayant formés. 
Leurs noms sont empruntés aux rivières qui les traversent, à leur 
situation sur le cours de ces rivières , aux montagnes qui s'y trou- 
vent ou à quelques autres particularités. Nous suivons dans le ta- 
bleau l'ordre des bassins, en commençant par le N.-E. 



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XL 



INTRODUCTION. 





Anciennes 


provinces et départements correspondants 




Prov. 


Départ. 


Capit. 


Chefs-l. 


Prov.. 


Départ. 


Capit. 


Chefs-1. j 


Alsace 


Strasbourg 


Auvergne 


Glermont-Ferrand 


1 Territoire de 


iBelfort 


Puy-de-Dôme 


Clermont-Fer. 


Lorraine 


Nancy 


Cantal 


Aurillac 




Vosges 




Epinal 


Marche 


Guéret 




Meurthe-é-Mos. 




Nancy 


\Creuse 


jGruéret 




Meuse 




Bar-le-Due 


Limousin 


Limoges 


Flandre 


Lille 


Corrèze 


ITulle 


\Nord 


iLille 


Haute- Vienne 


ILimoges 


Artois 


Arras 


Poitou 


Poitiers 


\Pas-de-Calms 


lArras 




Vienne 




Poitiers 


Picardie 


Amiens 




Deux-Sèvres 




Niort 


\Somme 


lAmiens 




Vendée 




La Roche -s.- 


Champagne 


Troyes 






Yon 




Haute-Marne 




Chaumont 


AUNIS 


La Rochelle 




Aube 




Troyes 


Saintonge-&-Ang. 


Saintes 




Marne 




Châlons-s.-M. 


Charente 


Angoulême 




Ardennes 




Mézières 


Charente-Infér. 


La Rochelle 


Ile-de-France 


Paris 


GUIBNNE-&-GA8C. 


Bordeaux 




Seine 




Paris 




Hautes- Pyrén. 




Tarbes 




Seine-&-Marne 




Meulun 




Gers 




Aueh 




Seine-&-Oise 




Versailles 




Tarn-ée-Garon. 




Montaulban 




Oise 




Beauvais 




Aveyron 




Rodez 




Aisne 




Laon 




Lot 




Cahors 


Normandie 


Rouen 




Lot-ik-Garonne 




Agen 




JSeine-Infér. 




Rouen 




Dordogne 




Périgueux 




Eure 




Evreux 




Gironde 




Bordeaux 




Calvados 




Caen 




Landes 




Mont-de-Mars. 




Orne 




Alençon 


BÉARN-ife-NAVARRE 


Pau 1 




Manche 




St-LÔ 


\Basses-Pyrén. 


|Pau 1 


Bretagne 


Rennes 


Languedoc 


Toulouse 1 




Ille-é- Vilaine 




Rennes 




Lozère 




Mende 




Côtes-du-Nord 




St-Brieue 




Haute-Loire 




Le Puy 




Finistère 




Quimper 




Ardèche 




Privas 




Morbihan 




Vannes 




Gard 




Nîmes 




Loire-Infér. 




Nantes 




Hérault 




Montpellier 


Bourbonnais 


Moulins 




Aude 




Careassonne 


\ Allier 


[Moulins 




Tarn 




Albi 


Nivernais 


Nevers 




Haute-Garonne 




Toulouse 


\mèvre 


iNevers 


Franche-Comté 


Besançon | 


Berry 


Bourges 




Doubs 




Besançon 1 


Cher 


1 Bourges 




Haute-Saône 




Vesoul 1 


Indre 


IChâteauroux 




Jura 




Lons-le-Saun. 1 


Orléanais 


Orléans 


Bourgogne 


Dijon 1 


Loiret 




Orléans 




Yonne 




Auxerre 


Eure-<è-Loir 




Chartres 




CÔte-d'Or 




Dijon 


Loir-Jt-Cher 




Blois 




Saône-&-Loire 




Mâcon 


Tour aine 


Tours 




Ain 




Bourg 


llndre-à;- Loire 


iTours 


Lyonnais 


Lyon 


Anjou 


Angers 


Loire 


St-Etienne 


\Maine-<l:-Loire 


[Angers 


Rhône 


Lyon 


Maine 


Le Mans 


Savoie * 


Ghambéry 


Sarthe 


Le Mans 


Haute-Savoie 


Annecy 


Mayenne 


Laval 


Savoie 


Chamhéry 



* Jj''Etat d'' Avignon, la Savoie et le comté de Nice n'étaient pas des pro- 
vinces françaises î le premier pays n'appartient à la France que depuis 
1791 et les autres que depuis 1860. 



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INTRODUCTION. 



XLI 



Prov. 


Départ. 


Capit. 


Chefs-L 


Prov. 


Départ. 


Capit. 


Chefs-l. 1 


Dauphiné 


Grenoble 


Comté de Foix 


Foix 


Isère 




Grenoble 


{Ariège 


iFoix 


Hautes-Alpes 
DTÔine 




Gap 
Valftnc.p. 


ROUSSILLON 


Perpignan 


Etat d'Avigîîon * 


Avignon 


[Pyrén.-Orient, 


jPerpignan 


1 Vaucluse 


lAvignon 


Comté de Nice* 


Nice 


Provence 


Aix 


lAlpes-Marit. 


|Kiee 




Bouches-du-Rh. 




Marseille 






Basses-Alpes 




Digne 


Corse 


Bastia 




Var 




Draguignan 


\Gorse 


lAjaccio 



Armée. — Au point de vue militaire, la France est maintenant 
divisée en 18 régions de corps d'armée, outre les commandements 
militaires de Paris et de Lyon. Ces 18 corps d'armée ont pour 
centres : Lille, Amiens, Rouen, le Mans, Orléans, Châlons-sur-Marne, 
Besançon, Bourges, Tours, Rennes, Nantes, Limoges, Clermont-Fer- 
rand, Grenoble, Marseille, Montpellier, Toulouse et Bordeaux. 

Le service militaire est obligatoire pour tous les Français valides, 
de 20 à 40 ans. L'armée se décompose en armée active et armée 
territoriale, chacune avec sa réserve. Sur le pied de paix, la pre- 
mière compte 523 000 hommes et la seconde 795 600 , soit en tout 

I 318 600. Sur le pied de guerre, leurs chiffres atteignent 1 030 000 
et 1 400 000 soit 2430000 d'hommes. 

Marine. — Pour la marine militaire, il y a 5 préfectures mari- 
times, à Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon. l,a,fiotte 
se composait en avril 1887 de 360 bâtiments de combat en activité 
de service et 59 en construction , mais 67 étaient appelés à dispa- 
raître dans un délai rapproché, 18 même dans le courant de l'année, 
ce qui mettrait finalement le nombre de navires portant canons ou 
torpilles à 401 au commencement de 1888. L'armée navale compte, 
avec le personnel de la flotte, 70300 hommes sur le pied de paix; 
mais elle peut atteindre 120 000 hommes sur le pied de guerre. 

Justice. — Il y a une justice de paix dans chaque canton , un 
tribunal de première instance dans chaque arrondissement , une 
cour d'assises ou tribunal criminel dans chaque département, 26 
cours d'appel, dans les principales villes, et une cour de cassation, 
à Paris. Les cours d'appel sont à: Agen, Aix, Amiens, Angers, 
Bastia , Besançon , Bordeaux , Bourges , Caen , Chambéry , Dijon, 
Douai, Grenoble, Limoges, Lyon, Montpellier, Nancy, Nîmes, 
Orléans, Paris, Pau, Poitiers, Rennes, Riom, Rouen et Toulouse. 

II existe en outre des tribunaux de commerce dans les villes où ils 
sont nécessaires, et des tribunaux spéciaux pour l'armée et la marine. 

Instruction publique. — L'Etat a fait beaucoup depuis une 
quinzaine d'années pour l'instruction publique. L'instruction est 
obligatoire, depuis 1882, pour tous les enfants de 6 à 13 ans. Le 



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XLII INTRODUCTION. 

budget des dépenses spéciales était d'env. 132 millions en 1886, 
dont près des 2/3 pour l'instruction primaire. 

L'enseignement supérieur est donné dans 17 académies universi- 
taires, dont l'ensemble constitue l' Université. 2 seulement, celles de 
Paris et de Bordeaux, ont les 5 facultés: théologie, droit, médecine, 
sciences, et lettres; 3 en ont 4, Lyon (th., méd., se. et 1.), Nancy (dr., 
méd., se. et 1.) et Lille (dr., méd., se. et 1.); 8 en ont 3, Aix (th., dr. et 
1.), Caen, Dijon, Grenoble, Poitiers, Rennes, Toulouse (dr., se. et 1.) 
et Montpellier (méd., se. et 1.) ; 2 en ont 2, Besançon et Clermont- 
Ferrand (se. et 1.), et enfin 2 n'en ont qu'une, Marseille (se.) et Rouen 
(th.). Il y a de plus des facultés de théologie protestante à Paris et à 
Montauban, et des instituts catholiques à Paris, Angers, Lyon et Lille. 

Renseignement secondaire est donné dans une centaine de ly- 
cées, qui dépendent de l'Etat, et près de 300 collèges communaux, 
parmi lesquels il y avait en 1886 14 lycées et 17 collèges de filles ; 
puis dans 370 collèges laïques et 330 collèges ecclésiastiques. Les 
lycées et les collèges communaux comptent de 90 à 95 000 élèves, 
les collèges laïques , toujours en diminution , env. 25 000 , et les 
autres de 45 à 46 000. 

L'enseignement primaire compte au moins une école dans chaque 
commune , sans les établissements libres. Il y avait au commence- 
ment de 1886 66323 écoles publiques et 13 043 écoles privées, et 
les premières comptaient 4 503 530 élèves , les secondes 1 077 857. 

Il y a un inspecteur d' académie dans chaque département et un 
inspecteur d'instruction primaire dans chaque arrondissement. 

Restent ensuite à mentionner quantité à.' établissements spéciaux 
pour toutes sortes d'enseignements , comme : le Collège de France, 
le Muséum d'histoire naturelle, les Ecoles Normales pour former 
des professeurs et des instituteurs ; l'école des Beaux- Arts, le Conser- 
vatoire de musique et de déclamation, l'école Polytechnique et diver- 
ses écoles militaires et navales , des écoles des Ponts-et-Chaussées 
et des Mines, des écoles des Arts-et-Métiers, des écoles vétérinaires, 
d'agriculture, forestière, de télégraphie, etc., etc. 

Cultes. — La liberté des cultes a été proclamée en France en 
1789. Toutefois l'Etat en reconnaît officiellement trois, les cultes 
catholique, protestant et judaïque, dont il salarie les ministres. Les 
dépenses de ce chef ont. dû être en 1886 de près de 46 350 000 fr. La 
grande majorité de la population, c.-à-d. près de 37 millions sur près 
38 millions 1/4 d'habitants , appartiennent à la religion catholique. 
Le pays est pour cette raison divisé en 84 diocèses, formant 17 ar- 
chevêchés et 67 évêchés. Les diocèses portent les noms des villes où 
résident les prélats. Ils correspondent en général aux départements, 
mais il y en a de plus étendus, et le départ, des Bouches-du-Rhône 
en comprend deux, ceux d'Aix et de Marseille. Le siège d'un arche- 
vêché et d'un évêché n'est pas toujours non plus le chef-lieu du 
département. Il y a des archevêques à Aix , Albi , Auch , Avignon, 
Besançon , Bordeaux , Bourges , Cambrai , Chambéry , Lyon , Paris, 



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INTRODUCTION. 



XLIII 



Reims, Rennes , Rouen , Sens , Toulouse et Tours. Le clergé catho- 
lique français compte plus de 55 000 membres. 

Les protestants, divisés surtout en luthériens et calvinistes, ne 
doivent guère dépasser le chiffre de 600000. Les premiers sont 
particulièrement répandus dans l'Est, les seconds dans le Midi. 
Il y en a aussi beaucoup à Paris, où siègent leur consistoire supé- 
rieur et leur conseil central. — Il en est de même des israe alités, 
seulement au nombre de 50 à 60 000. 

Finances, — Les finances de la France sont naturellement en 
rapport avec son importance agricole, industrielle et commerciale 
et sa richesse mobilière. Le budget annuel de l'Etat dépasse mainte- 
nant 3 milliards pour les recettes comme pour les dépenses. Les 
principaux éléments de revenu sont : les contributions indirectes 
qui comptaient pour plus de 1 130 600000 fr. en 1886; Venregistre- 
meiit et le timbre, pour près de 700 millions ; les contributions di- 
rectes, pour plus de 436 millions. Les plus fortes parts dans les 
dépenses sont celles des intérêts de la dette (v. ci-dessous), des mi- 
nistères de la guerre, de la marine et des colonies, de la régie d'ex- 
ploitation et de perception des impôts et des ministères des travaux 
publics et de Vinstruction. 

La dette publique, qui s'est beaucoup accrue depuis 1870, de- 
passe 25 milliards , dont la moitié pour la partie flottante. 

Colonies, 
L'aperçu qui précède ne comprend que la France proprement dite? 
le tableau suivant donnera une ide'e de l'importance de ses principales 
colonies. Elles ont ensemble env. 1028 500 kil. car. de superficie, tandis 
que la France n'en a que 528572. 



Principales colonies 



'Alge'rie 

Sénégal et dépendances . 

Réunion 

Mayotte 

Nossi-Bé 

Ste-Marie de Madagascar 
.Gabon , , 



ô< ^Martinique 

*S j Guadeloupe et dépendances 
g I Guyane française .... 
<î ISt-Pierre et Miquelon. . . 
aj rPondichéry, Karikal, Mahé, 
■«< Yanaon, Chandernagor . 
"^ ICochinchine française. . . 
.2 p^ouvelle-Calédonie . . , 
§ I Iles Marquises, de la Société, 

'g I et Tuamotu 

O l 



Superf. 



kil, car 

600000 

195000 

2511 

538 

203 

910 

990 

2 651 

77000 

210 

490 
59458 
18600 

2455 



Popul. 



hab. 
3360000 
178600 
169 600 
10000 
11300 
76 500 

169 200 

181100 

26 500 

6300 

275300 

1793500 

56 500 

25000 



Import. 



Export. 



francs 

411930000 

22 400000 

22120000 

1092000 

1783000 

298000 

7000 

26 739000 

27 000000 
8000000 

10340000 

7 321000 
44000000 
8713000 

4392000 



1028496 6170550 606 235000 387322000 



francs 

150032000 

28000000 

24000000 

2115000 

2483000 

230000 

1400000 

31685000 

42000000 

560000 

14743000 

24108000 
57 600000 
4664000 

3702000 



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XLIV INTRODUCTION. 

Le Cambodge, la Tunisie et le Tonkin, qui sont seulement sous le 
protectorat de la France, ont ensemble enr. 350200 kil. car. de superficie 
et 25 millions d'habitants. 

VIII. Cartes géographiques. 

Les meilleures cartes de France ont été jusqu'à présent celles du 
Dépôt général de la Guerre, dites cartes de V Etat-Major, Il y a en 
une à l'écbelle de 1/80 000, en 273 feuilles, mesurant 80 centim. 
sur 50, sans les marges, et une à l'échelle de 1/320000, la réduc- 
tion de la précédente, en 33 feuilles (1 pour 16 de l'autre) ou seule- 
ment 27 pour la France proprement dite. Elles ont été d'abord 
gravées; mais il en existe des reports, auparavant sur pierre et 
maintenant sur zinc. Les feailles gravées sont naturellement les 
meilleures et des chefs-d'œuvre dans leur genre, supérieures à tout 
ce qui est dû à l'initiative privée. Les feuilles en report manquent 
de clarté dans les parties montagneuses, mais ils sont plus souvent 
mis à jour. Les premières se vendent 2 fr., les secondes 50 c. 

Ces cartes étant néanmoins déjà vieilles et toutes en noir, le 
Dépôt de la Guerre en a entrepris d'autres en cinq couleurs, au 
50000^ et au 200000®, dont les feuilles ont 64 centim. sur 40 et 
correspondent, les premières à 1/4 et les autres à 4 de celles du 
80 000^ La carte au 50000® n'existe que pour une partie du N.-E., 
mais celle au 200000® comprend déjà env. le tiers N.-E. de la 
France. Chaque feuille se vend 2 fr. 

Il y a ensuite une carte de France au 100000®, aussi en cinq 
couleurs, dressée par ordre du Ministère de l'Intérieur. Elle se com- 
posera de plus de 500 feuilles, de 28 centim. sur 38 (15' sur 30'), à 
75 c. la feuille. Elle est très avancée pour les régions comprises 
dans ce volume, mais bien des feuilles sont encore sans le flgui'é 
du terrain. On pourra surtout avoir besoin , pour des excursions, 
des feuilles des Vosges, qui donnent le terrain. Voici les titres de 
celles qui ont paru : Sarrebourg , St Dié , Gérardmer , Guebwiller, 
Luxeuil, Belfort. Les feuilles correspondantes du 80 000® sont 
surtout celles d'Epinal, Colmar, Lure et Altkirch. 

Toutes ces cartes peuvent se trouver dans les endroits fréquentés 
par les touristes, mais ceux qui en auront besoin pour des excur- 
sions feront bien de se les procurer d'avance : à Paris , chez Lanée, 
rue de la Paix, 8; chez Andriveau-Goujon, rue du Bac, 4; chez 
. Dumaine (Baudoin), rue et passage Dauphine, 30; chez Hachette 
(seulement la carte au 100000®), boulevard St-Germain, 79, etc. 



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LE NORD DE LA FRANCE 



L AU NORD DE LA SEINE ET DES VOSGES 



1. De Paris à Nancy (Strasbourg) 3 

I. De Paris à Châlons-sur-Marne 3 

De Bondy à Aulnay-lès-Bondy. De Lagny à Ville- 
neuve-le-Comte. 4. — De Château - Thierry à Vil- 
lers-Cotterets ; àRomilly. 5. — D'Epernay à la Fère- 
Champenoise (Romilly). 6. 

II. De Châlons-sur-Marne à Nancy 8 

De Vitry- le -François à Jessains. De Revigny à St- 
Dizier; à Haironville; à Triaueourt, etc. 9. — De 
Bar-le-Due à Clermont-en-Argonne. 10. — De Nancy 
à Château - Salins (Vic^ Sarreguemines). 16. 

2. De Paris à Metz 16 

A. Par Châlons et Frouard 16 

De Pompey à Nomeny. 16. 

B. Par Châlons et Yerdun 17 

De Conflans-Jarny à Briey^ à Homéeourt-Jœuf. 19. 

C. Par Reims et Verdun 20 

I. De Paris à Reims, par Soissons, par Epernay 20. 22 
II. De Reims à Metz, par Verdun 25 

D. Par Reims et Mézières-Chaiieville 26 

De Bazancourt à Challerange. D'Amagne-Lucquy à 

Revigny. Apremont. 26. — De Sedan à Bouillon; 
à Lérouville (Nancy). 30. — De Montmédy à Vir- 
ton. De Longuyon à Luxembourg. 31. — De Lon- 
guyon à Nancy. 32. — Champs de bataille autour 
de Metz. De Metz à Strasbourg. 34. 

3. De Paris à Namur (Liège, Cologne) 34 

A. Par St- Quentin et Maubeuge (Mons- Bruxelles) 34 
De Chantilly à Crépy-en-Valois. 35. — De Compîègne 

à Roye; à Soissons; à Villers-Cotterets, par Pierre- 
fonds ; à Crépy-en-Valois ; à Amiens. 36.— De Chauny 
à St-Gobain; à Anizy (Couey). De Tergnier à 
Laon. 37. — De St-Quentin à Gruise; à Roisel. De 
Busigny à Somain; à Hirson. Du Câteau à Cam- 
brai; à Valenciennes. D'Aulnoye à Valenciennes. 
39. — D'Aulnoye à Hirson. De Maubeuge à 3Ions 
(Bruxelles); à Hirson. 40. 

B. Par Soissons, Laon et Anor 41 

D'Anizy à Pre'montré. 41. — De Laon à Liesse; à 

Reims. D'Hirsontà Amagne-Lucquy ; àMézières. 43. 

C. Par Soissons, Reims et Mézières 44 

Monthermé et ses environs ; valle'e de la Semoy. Roeroi. 

45. — De Dinant à Rochefort. Han-sur-Lesse. 46. 



Bsedeker. Nord de la France. 2® édit. 



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4. De Paris à Amiens 47 

A. Par Creil .47 

De Clermont à Beauvais ; à Compiècne. De St-Just à 

la Rue-St-Pierre et à Beauvais. 47. 

B. Par Beauvais 47 

D'Amiens à Tergnier. 52. — D'Amiens à Rouen. 53. 

5. D'Amiens à Arras, à Douai et à Yalenciennes (Mons) 53 

D'Achiet à Marcoing, par Bapaume. 54. — D' Arras 
à Boulogne. 56. — De Douai à Orchies. De So- 
main à Orchies ; à Péruwelz, par Anzin. 56. — 
Promenades et excursions de Yalenciennes. De 
Valenciennes à Maubeuge ; à Mons. 63. 

6. De Paris à Douai par Cambrai 63 

De Cambrai à Bavai (Dour). . D'Aubigny - au - Bac à 
Somain. 66. 

7. De Douai (Paris) et de Valenciennes à Lille età Courtrai 66 

I. De Douai à Lille 66 

IL De Valenciennes à Lille 66 

De St-Amand à Blanc-Misseron^ à Tournai (Orchies- 
Toureoing). 67. 

III. Lille .............. 67 

De Lille à Tournai-, à Hazebrouck. Armentières-Ber- 

guette? Comines. De Lille à Béthune. 73. — De 
Lille à Ypres. 74. 

IV. De Lille à Courtrai 74 

De Tourcoing à Menin. 74. 

8. D'Arras (Paris) à Dunkerque 74 

De Lens (Arras) à-Armentières; à Carvin-Libercourt. 
De BuUy-Grenay à Brias ; à Violaines. De Ber- 
guette à St-Omer. D'Hazebrouck à Ypres. 75, — 
De Dunkerque à Fumes. 78. 

9. D'Amiens (Paris) à Calais 79 

A. Par Abbeville et Boulogne 79 

De Longpré au Tréport; à Canaples. 79. — D'Abbe- 

ville à Eu; à Béthune. 80. — De Noyelles à St- 
Valery-sur-Somme ; au Crotoy. De Verton à Berck. 
81. — De Boulogne à St-Omer. 86. 

B, Par Arras et Hazebrouck 87 

De Watten à Gravelines. 88. 

a Par Doullens, Frévent, St-Pol et Anvin ... 89 
De Calais à Dunkerque. 91. 

10. De Paris à Beauvais et au Tréport (Mers) .... 92 

I. De Paris à Beauvais 92 

A. ' Par Montsoult et Beaumont 92 

De Beaumont à Creil-, à Hermès. 92. 

B. Par ChantiUy et CreU 92 

De Beauvais à Gournay. 94. — De Beauvais à 

Gris ors. 95. 

II. De Beauvais au Tréport 95 

Du Tréport à Dieppe. 9T. 

11. De Paris à Rouen et au Havre 97 

I. De Paris à Rouen 97 

De Vernon à Gisors. 99. — De Vernon à Pacy-sur- 



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Eure. Les Andelys. De St-Pierre-du-Vauvray à 
Louviers. D'Oissel à Elbeuf. 100. — Environs de 
Rouen. 109. — De Rouen à Elbeuf. 110. 

II. De Rouen au Havre HO 

De Barentin à Caudebec. De Motteville à Clères 
et à Moutérollier - Buchy. 110. — De Beuzeville- 
Bre'aute' à Lillebonne (Tancarville). De Harfleur 
à Montivilliers. 111. 

12. De Paris à Dieppe 116 

A. Par Rouen 116 

B. Par Pontoise et Gisors 116 

De Gisors à Pont - de - T Arche. 117. — De Dieppe à 

St -Valéry- en -Caux. 123. 

13. Bains de mer entre Dieppe et le Havre 122 

I. DeRouen (Paris) à St-Valery-en-Caux et à Veules 122 
II. DeRouen (Paris) à Veulettes. Les Petites-Dalles 123 

III. De Rouen (Paris) à Fécamp 124 

Yport. Valmont. De Fe'camp à Etretat. 126. 

IV. De Rouen (Paris) à Etretat 127 

D'Etretat à Dieppe. 128. 



1. De Paris à Nancy (Strasbourg). 

353 kil. Chemins de fer de l'Est. Gare, voir le plan p. 1 (C24). Traiet 
en 8 h. 45 à 10 h. Prix : 43 fr. 60, 32 fr. 70, 24 fr., impôt compris. — De 
Paris à Strasbourg: 503 kil., chemin de fer d'Alsace -Lorraine à partir 
d'Avricourt (p. 277), trajet en 12 h. à 16 h. 10. Prix: express, l^e cl., 61 fr. 
45 5 2e cl., 45 fr. 65^ trains ordinaires, 60 fr. 05, 44 fr. 25, 31 fr. 95. Billets 
mixtes, ire cl. jusqu'à la frontière, 2^01. jusqu'à destination, 58 fr. 35. 
Les secondes allemandes sont à peu près comme les premières françaises. 

Nota. Outre les trains express ordinaires , il y a tous les soirs, à 
7 h. 1/2, un express d'Orient^ composé d'un nombre restreint de wagons- 
lits et wagons -restaurants avec salons. Il fait le trajet de îTancy en 

5 h. 46 et celui de Strasbourg en 9 h. 45. Il prend des voyageurs pour 
toutes les stations où il s'arrête, mais seulement autant qu'il y a de la 
place. Les prix sont ceux des express ordinaires augmentés de 10 fr. 10 
jusqu'à Nancy (comme pour Avricourt) et de 12 fr. 50 jusqu'à Strasbourg, 
plus 2 fr. 35 pour l'impôt et 3 fr. si l'on retient sa place d'avance , à la 
comp. des wagons-lits, place de l'Opéra, 3. Dîner 6 fr., vin non compris. 

Il y a maintenant jusqu'à Vitry-le-Frangois (p. 8) une seconde ligne 
passant par Goulommiers (p. 246), plus courte de 2 kil. , mais desservie 
par des trains moins rapides : 7 h. 10 et 7 h. 40, au lieu de 3 h. 50 à 6 h. 5. 

I. De Paris à Châlons - sur - Marne. 

173 kil. Trajet en 3 h. 15 à 4 h. 45. Prix: 21 fr. 40, 16 fr. 10, 11 fr. 80. 

On passe au départ sous plusieurs rues, croise le chemin de fer 

de ceinture et traverse le canal de St- Denis et les fortifications. — 

6 kil. Pantin. Puis le canal de l'Ourcq. — 9 kil. Noisy-le-Sec, 
A g., la vaste gare du chemin de fer de Grande - Ceinture ; à dr., 
la ligne de Belfort (R. 25). — 11 kil. Bondy. 

1* 



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4 I. R. 1. MEAUX. De Paris 

Embraîich. d'intérêt local menant à Aulnay-Ves-Bondy (19 kil.), sur la 
ligne de Soissons (p. 20), par le Eaincy (v. ci-dessous) et la forêt de Bondy. 

13 kil. Le Èaincy-Villemomble. Le Kaincy, à g., est une 
localité moderne composée de villas bâties dans le pare de l'ancien 
château de ce nom, qui appartenait à la famille d'Orléans et fut 
saccagé en 1848. Derrière VillemomMe, àdr., ^silQ'plateaud'Avron, 
qui joua un certain [rôle en 1870, durant le siège de Paris: les 
Français l'occupèrent pour favoriser leur sortie du côté de Cham- 
pigny, le 30 nov., mais ils durent l'abandonner les 28 et 29 dé- 
cembre. — 15 kil. Oagny. — 19 kil. Chelles, à g., jadis célèbre par 
son abbaye, détruite depuis 1790. Il y a derrière un nouveau fort. 

28 kil. Lagny {hôt. du Pont - de ~ Fer , au bord de la Marne), 
ville commerçante de 4990 bab., sur la Marne, Son église St- Pierre, 
où l'on arrive directement après avoir traversé la rivière, mérite 
une visite, bien que de peu d'apparence à l'extérieur. C'est un 
édifice du style gotb. primitif, à cinq nefs, en réalité le chœur 
d'une vaste église abbatiale qui n'a pas été continuée. Sur une 
place en deçà se voit une vieille fontaine [assez curieuse et près 
de là quelques restes de l'abbaye. 

De Lagî^y a Villeiîeuvb-le-Comte : 12 kil., petite ligne d'inte'rêt local, 
ayant sa propre gare à l'E. sur la rive g., àenv. 1/4 d'h. de l'autre (corresp.), 
par la 2^ rue à g. après le çont. Villeneuve - le - Comte est une bourgade 
peu considérable, avec une église du xiii^s. Cette ligne doit se raccor- 
der avec rembraneh. de Gretz à Vitry-le-François (p. 245). 

Ensuite un pont sur la Marne et un petit tunnel. La rivière fait 
à g. un circuit de 17 kil., que la navigation évite par le canal de 
Chalifert, qui passe aussi dans un tunnel, à dr. — 37 kil. Eshly, 
On retraverse la Marne. 

45 kil. Meaux (buffet; hôt. des Trois-Eois, rue St-Remy, près 
de la cathédrale), ville de 12291 hab., sur la Marne, faisant sur- 
tout un grand commerce de grains. 

On entre dans la ville en traversant une promenade à laquelle 
se rattachent, à g., de beaux boulevards. Les vieux bâtiments de 
l'autre côté sont des restes d'un château des comtes de Champagne 
(xiii® s.). Ensuite l'hôtel de ville et plus loin , à g. , la cathédrale. 

La cathédrale de Meaux est une belle église goth. des xii^- 
XVI® s., depuis longtemps en restauration. Sa façade, fort remar- 
quable, est malheureusement défigurée par la toiture en ardoise 
de la tour du S., restée inachevée. Celle du N., sans flèche, a 76 m. 
de hauteur (vue très étendue). Bossuet, qui a illustré Meaux, en 
fut évêque de 1681 à 1704. Il est inhumé dans cette église, et on 
lui a érigé de nos jours une statue par Ruxtiel, maintenant à dr. 
du chœur. Du côté g. se voient une jolie porte du xv® s. et le 
monument de Philippe de Castille (m. 1627), avec statue à genoux. 

A g. de la cathédrale est le palais episcopal, du xvii® s. 

Meaux a des moulins assez cui'ieux, dans le lit même de la 
Marne, derrière l'hôtel de ville. 

En repartant, on passe assez près de la cathédi'ale. On traverse 
encore ensuite plusieurs fois le canal de l'Ourcq et la Marne. 



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à Nancy. CHATEAU - THIERRY. L R. 1. 5 

51 kil. Trilport. Puis un tunnel de 672 m. — 58 kil. Changis. 

66 kil. La Ferté-sous- Jouarre, ville de 4649 hab., sur la 
Marne, renommée pour ses pierres meulières et ses meules. La vallée 
est riche et bien cultivée, les collines sont boisées ou couvertes de 
vignes. Encore deux ponts, un tunnel de 945 m. et un autre pont. 
On longe ensuite souvent la rive g. — 74 kil. Nanteuil-Saacy, — 
84 kil. Nogent-V Artaud, et encore un tunnel. A g., la ligne de la 
Ferté-Milon (v. ci-dessous). 

95 kil. Château - Thierry (hôt.: de l'Eléphant, à g. au delà du 
pont de la Marne [déj., 2 fr. 75]; d'Angleterre, en deçà du pont) 
jolie ville de 7296 hab., à env. 1 kil., sur la rive dr. de la Marne. 

^ Au delà du pont, à dr. , la statue de la Fontaine (1621-1695), 
le fabuliste, originaire de Château - Thierry , œuvre médiocre de 
liaitié. Plus loin, la tour du beffroi, du xvi® s., et une place au 
delà de laquelle on monte, par un escalier de 102 marches, aux 
ruines du château , dont l'entrée est du côté dr. Ce château passe 
pour avoir été bâti par Charles Martel pour le roi Thierry IV, en 
720. Souvent assiégé et pris, en particulier par les Anglais en 1421, 
par Charles-Quint en 1544 et par le duc de Mayenne en 1591 , il 
est aujourd'hui à peu près complètement détruit, excepté son en- 
ceinte , et le plateau qu'il occupait a été transformé en une prome- 
nade, d'où l'on a de belles vues. 

En sortant par une petite porte dans une tour de l'enceinte à 
l'opposé de l'entrée , on redescend du côté du collège. La maison 
de la Fontaine, où il naquit en 1621, est la maison voisine (n® 12), 
avec une grille. Elle renferme la bibliothèque et un petit musée. 

Plus bas est la Grande Rue, avec V église, du xv^ s., mais peu 
intéressante. Puis on se retrouve au bord de la Marne. 

De Château-Thierry a Villers-Cotterets : 61 kil. ; 1 h. 45 à 2 h. 45^ 

7 fr. 45, 5 fr. 60, 4 fr. 05. Cette ligne fait un grand circuit à l'O., où elle 
a une halte desservant la ville. Château -Thierry -les- Chesneaux. — 15 kil. 
(3^ st.) Coincy. La voie tourne à l'O., traverse VOurcq et en descend la 
valle'e, pour la retraverser 2 fois avant la Ferté-Milon. — 47 kil. (6^ st.) 
La Ferté-Milon (hÔt du Lion-d'Or)^ petite ville sur l'Oureq et le versant 
d'un coteau que couronnait un château considérable du xii^ s. , dont il 
subsiste encore un côte', avec quatre grosses tours. Il y a aussi des restes 
du mur d'enceinte de la ville au xiii© s. La Ferté-Milon est la patrie de 
Racine , le poète tragique (1639-1699) , et l'on y voit sa statue, par David 
d'Angers. — 61 kil. (8e st.) Villers-Cotterets (p. 20). 

De Château -Thierry a Romilly: 88 kil; 3 h. et 3 h. 25-, 10 fr. 90, 

8 fr. 10, 5 fr. 90. Cette ligne se détache de celle de Châlons seulement à 
la stat. suiv., Mézy (9 kil.). Puis elle remonte quelque temps les vallées 
du Surmelin et de la Dhuis. Cette dernière rivière est une de celles qui 
alimentent Paris , par un aqueduc de 131 kil. de long. — 24 kil. (4® st.) 
Pargny-la-Dhuis, d'où part cet aqueduc, — 35 kil. (6^ st.) Montmirail (hôt. 
du Vert-Galant) , ville de 2377 hab. , située sur une colline dominant la 
jolie vallée du Petit-Morin. Elle est connue par une victoire de Napoléon 
I^' sur les alliés en 1814, que rappelle une colonne à peu de distance à l'O. 
On en remarque surtout le château^ au S.-O., reconstruit avec magnificence 
par Louvoîs (xvii® s.) et qui a un vaste pare. — 55 kil. (8© st.) Esternay^ 
sur la ligne de Paris à Vitry par Coulommiers- (p. 245). — 82 kil. (12^ st.) 
Lurey-Confians. On traverse ensuite la Seine et rejoint la ligne de Paris 
a Troyes. — Romilly^ y. p. 248. 



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L^. 



6 J. 22. 1. EPERNAY. pe Paris 

Ensuite les vignobles de la Champagne. — 104 kil. Mézy. 

107 kil. Varennes-Jaulgonne. Beaucoup de cerisiers. — 117 kil. 
Dormans. Un peu avant Port-à-Binson , à dr. , Troissy , qui a une 
belle église du xvi® s. A g. , l'anc. prieuré de Binson et le plateau 
de Châtillon- sur -Marne, où l'on a érigé en 1887 une statue co- 
lossale du pape Urbain II (1042-1009), né aux environs, par 
L. Roubaud. — 126 kil. Port-à-Binson. Avant la stat. sui- 
vante, à dr., le ^château de Boursault, du style de la renaissance. — 
135 kil. Damery-Boursault. 

142 kil. Epernay (buffet, arrêts pour le déj. et le dîn. ; hôt. de 
V Europe), ville de 17907 hab., dans un très joli site, sur la rive g. 
de la Marne, au milieu de vignobles des plus célèbres , et le centre 
du commerce de vin de Champagne. Il y a de vastes caves taillées 
dans la craie, très favorables à la conservation des vins mousseux. 
La ville n'a de remarquable que ses riches maisons du faubourg 
de la Folie, à l'E., qu'on aperçoit en continuant le trajet. 

D'Epernay à Reims (lilézières ^ Metz), v. p. 22. 

D'Epeenay a la Fèke-Champenoise (Romilly) : 41 kil. ^ 1 li. 25 à 1 h. 45; 



Vertus, petite ville ancienne, qui fut chef-lieu de comté. — 31 kil. CoUigny, 
dont l'église a un très beau retable du xv® s. — 41 kil. (7© st.) La Fère- 
Ghampenoise, sur la ligne de Paris à Vitry-le-François (p. 246) d'où se détache, 
10 kil. plus loin à l'O., à Sézanne, un embranch. sur Romilly (p. 248). 

148 kil. Oiry-Mareuil. — 155 kil. Athis. — 159 kil. Jalons- 
les -Vignes. — 163 kil. Matougues. 

173 kil. Châlons-sur-Mame (buffet; hôt.: de la Cloche-d'Or, 
de la Haute- Mère- Dieu, du Renard, place de la République), ville 
de 23 648 hab. , chef-lieu du départ, de la Marne et du command. 
du vi^ corps d'armée, avec un évêché et une école des arts et métiers. 
Elle était déjà importante au iii^ s., et c'est dans le voisinage qu'eut 
lieu , en 451 , la célèbre bataille où les Huns furent défaits par les 
Romains et leurs alliés, les Francs et les Visigoths (v. p. 26). 
Châlons fait aussi un grand commerce de vin de Champagne. 

Au sortir de la gare, on tourne à g. et traverse le chemin de fer, 
puis la Marne, qui coule dans un lit artificiel creusé en 1776, et 
plus loin le canal latéral , à l'entrée de la ville proprement dite. 
La rue de Marne conduit de là directement à l'hôtel de ville. A g., 
au commencement de cette rue, est VHôtel-Dieu, dont la fondation 
remonte au xvi® s. , et derrière V école des arts et métiers. 

La cathédrale j aussi à l'entrée de la ville, à dr., est dans son 
ensemble et surtout à l'intérieur un bel édifice goth. du xni® s., 
sauf le grand portail du style classique, ajouté au xvii® s. On re- 
marque à l'intérieur des restes de vitraux des xiii®-xvi® s., le 
maître autel à baldaquin , avec 6 colonnes de marbre , et de belles 
pierres tombales. Le chœur s'avance dans la nef comme à Reims. 

Vhôtel de ville , du xviii® s., n'a rien de bien remarquable. 

Dans le bâtiment à dr. se trouvent la bibliothèque , qui compte 



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à Nancy. CHALONS - SUR - MARNE. /. B. 1. 7 

env. 30000 vol., et le musée , de création assez récente, mais déjà 
riche, grâce à l'importance du legs de son fondateur, Cli. Picot, in- 
venteur mécanicien et collectionneur (m. 1861). Il est ouvert tous 
les jours de midi à 4 ou 5 h., excepté le mercredi. -- Au 1*^' étage, à 
la suite de la bibliothèque , est la collection Picot , qui compte 
265 num. et se compose surtout de meubles , de petits objets d'art 
fort remarquables et de tableaux, parmi lesquels il y a un St Jérôme 
de 1419, deux Vieillards par Holbein, une Nature morte de 
Michel -Ange, une Vieille femme attribuée à Rembrandt, un 
Triomphe de Diane par le Primatice , etc. — Au 2® étage se voit 
une galerie de tableaux modernes français de valeur secondaire, 
quelques statues , une vieille tapisserie des Gobelins , Persée dé- 
livrant Andromède, et un vase de Sèvres. — St- Alpin est dans le 
voisinage (v. ci-dessous). 

Notre-Dame, à quelques pas à g. derrière l'hôtel de ville, est le 
monument le plus remarquable de Châlons après la cathédrale. 
Elle date des xn® - xiv® s., et elle est des styles roman et gothique. 
Elle a 4 tours , deux avec flèches à la façade et les deux autres à 
TE du transept. Cette église a de magnifiques vitraux du xvi^ s., 
surtout les deux premiers à g. Les collatéraux sont surmontés de 
grandes tribunes, et les trois chap. de l'abside précédées chacune de 
deux colonnes supportant la retombée des voûtes. On voit aussi à 
Notre-Dame de belles pierres tombales comme à la cathédrale. 

A l'extrémité E. de la ville, dans la même direction, est St-Loup, 
église du xv® s., belle et bien restaurée à l'intérieur. Elle renferme un 
St Christophe du x.\^ s. et des tableaux anciens, surtout, dans la 2^ cbap. 
de dr. , un petit triptyque , l'Adoration des mages , de l'un des Franck 
(on peut l'ouvrir). 

St-Jean^ autre église à l'extrémité de la ville, au S.-E., a une triple 
nef romane et un choeur gothique. — Notre-Dame-de-l'Epine, v. p. 8. 

Au S., près de St-Jean, s'élève la porte Ste- Croix, arc de 
triomphe de 20 m. de haut, érigé en 1770, pour le passage de 
Marie- Antoinette à son arrivée en France, et resté inachevé. — Dans 
la rue qui y conduit, à l'E. de Notre-Dame, se trouvent la prejecttire 
ou l'anc. hôtel de l'intendance, du xviii® s., et les Archives, con- 
struction moderne précédée d'un buste du vicomte de Jessalnt, 
préfet de la Marne, sans interruption, de 1800 à 1838. 

En prenant à dr. de la préfecture, on arrive au cours d'Ormesson 
et au delà, à dr., au Jard, belle promenade au bord d'un canal. 
Ce canal passe à l'autre extrémité sous le château des Archers, beau 
petit édifice des xvii®-xvin® s., en partie reconstruit de nos jours 
et servant de caisse d'épargne. La rue devant la façade ramène dans 
la ville, en passant entre une jolie synagogue du style mauresque 
et un temple plus modeste. Une rue latérale à dr., un peu plus loin, 
au delà de la poste, nous conduit à la place de la République, où 
sont les principaux hôtels. 

St- Alpin, à g., entre cette place et l'hôtel de ville, est une église 
des XII®, xv*^ et xvi® s., riche en tableaux anciens. Il faut surtout 



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8 LB,1, VITRY- LE -FRANÇOIS. De Paris 

mentionner , dans la 3® cliap. de dr., un Christ dans la manière 
de Durer, portant le nom d'Ant. Perot et la date de 1551 ; dans les 
chap. suivantes , Jésus à Emmaûs et Jésus portant sa croix. Cette 
église a aussi de très l)eaux vitraux du xvi^ s. 

Non loin de la gare, d'où l'on aperçoit ses deux tourelles, se trouve 
Tanc. propriété Jacquesson, transformée en distillerie, œalterie et brasserie ; 
il y a 11 kil. de caves creusées dans la eraie, qu'on peut visiter, en le 
demandant. 

A 8 kil. à l'E. ou du côté de St-Jean (v. ci-dessus), sur la route de 
Ste-Menehould, se trouve Notre-Dame-de-l'Epine, village qui a une "^église 
magnifique, construite de 1420 à 1529, pour y placer une statue miraculeuse 
de la Vierge trouvée par des bergers dans un buisson, et qui est devenue 
un pèlerinage célèbre. La façade a deux tours, dont les flèches ont été 
reconstruites de nos jours. Le portail est très riche. L'intérieur est a 
trois nefs, et on y remarque un jubé avec deux autels, celui de dr. con- 
sacré à la Vierge de l'Epine ^ la clôture du chœur, avec une sorte de 
forteresse dite le Trésor, un St-Sépulcre, etc. 

De Châlons-sur-Marne à Troyes, v. p. 253rga're spéciale près de celle 
de la grande lignes à Metz^ par Verdun, p. 17. 

II. De Châlons - sur - Marne à Nancy. 

180 kil. Trajet en 3 h. 10 à 5 h. 45. Prix : 22 fr. 25, 16 fr. TO, 12 fr. 30. 

La voie longe des coteaux crayeux, à dr. de la Marne, dans l'im- 
mense plaine de la Champagne pouilleuse. — 175 kil. (de Paris). 
Coolus, où s'embranche la ligne de Troyes (p. 253). — 188 kil. Vitry- 
la- Ville, qui a un château du xviii^ s., visible à dr. — 199 kil. 
Loisy. Belle église goth. du xiii® s., à g. On traverse la Marne en 
arrivant à 

205 kil. Vitry- le -François (hôt.: de la Cloche -d'Or, rue de 
Frignicourt, 44; des Voyageurs, rue de Yaux, 34), ville de 7670 hab. 
et place forte, sur la rive dr. de la Marne, fondée en 1545 par Fran- 
çois 1% pour remplacer Yitry-le-Brûlé , à 4 kil. au N.-E., détruit 
l'année précédente par Charles-Quint. Elle est de construction très 
régulière, avec une belle place au centre, la place d'Armes, où abou- 
tissent les quatre rues principales, formant la croix: la rue de 
Frignicourt, par où l'on y arrive de la gare; la rue de Yaux, son 
prolongement ; la rue du Pont , à g. , et la rue Dominé-de-Yerzet, 
à dr. de la place. Du même côté est V église Notre-Dame, grand et 
bel. édifice duxvii®s., qu'on aperçoit déjà de la gare, à g. On 
remarque à l'intérieur deux monuments de la fin du xviii^ s. Une 
petite place à dr. est décorée d'une statue de P.-P. Royer-Collard, 
philosophe et homme politique originaire des environs (1763-1845) ; 
elle est en bronze, par Marochetti. L'hôtel de ville, à l'extrémité de 
la rue Dominé-de-Yerzet, renferme un petit musée, comprenant des 
collections d'histoire naturelle et d'antiquités, ainsi que la col- 
lection de tableaux (150) , d'objets d'art et de curiosités de feu le 
vice-amiral Page. 

De Yitry-le-François à Paris par Coulommiers^ v. p. 246. 

De Vitry-le-Fbançois a Jessaius (Troyes ; Chaumont)^ 54kil. ; 2h.î 
6 fr. 50 , 4 fr. 85 , 3 fr. 50. Cette ligne suit un instant celle de Chalons, 



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à 'Nancy. BAR -LE -DUC. /. B, h 9 

puis celle de Coulommîers, après avoir traversé la Marne, et ensuite elle 
prend vers le S. — 34 kil. (6® st.) Valentigmj^ où aboutit une ligne venant 
de St-Dizier (p. 260). 

40 kil. Brienne-le- Château (hôt. de la Croix - Blanche) ^ petite ville qui 
eut une école militaire illustrée par Napoléon ler^ son élève de 1779 à 
1784, et connue aussi par un combat sanglant entre l'empereur et Blucher, 
le 29 janv. 1814. Brienne a donné son nom a une famille célèbre à plu- 
sieurs titres, dont l'un des membres, Jean, fut roi de Jérusalem en 1209 
et empereur de Constantinople de 1231 à 1237. La ville est dominée par 
un grand château du xviii® s., qu'on peut visiter et dont le parc est 
ouvert au public. Il appartient au prince de Bauflremont-Courtenay. 
Les appartements contiennent beaucoup d'ouvrages d'art, surtout dès 
portraits. L'église est du xvi^ s. et possède de beaux vitraux. Devant 
l'hôtel de ville est une statue de Bonaparte à l'âge de 16 ans, bronze par 
Rochet. — Ligne de Troyes par Piney, v. p. 253. 

La ligne de Jessains remonte ensuite la vallée de l'Aube — 46 kil. 
Dienville. On traverse VAuhe et rejoint la ligne de Troyes à Chaumont. 
— 54 kil. Jessains (p. 253). 

Le chemin de fer traverse la Marne pour la dernière fois après 
Vitry , puis il suit ou côtoie le canal de la Marne au Rhin, qui 
commence à Yitry et débouche dans l'Ill près de Strasbourg (315 kil.). 
Il a 180 écluses, 5 souterrains, mesurant ensemble plus de 9 kil. de 
longueur, quantité de ponts - aqueducs et de tranchées, etc. 

La contrée devient monotone. — 218 kil. BlesmeSaussigne- 
mont (petit buffet). Ligne de Chaumont et Epinal, v. p. 260. 

226 kil. Pargny. — 231 kil. Sermaize, petite ville sur la Saulx, 
possédant, à 10 min. de la gare, un petit établissement de bains 
(hôtel et casino) dont les eaux sont analogues à celles de Oontrexé- 
ville (p. 267). 

On traverse ensuite la Saulx, ainsi que le canal de la Marne au 
Rhin et VOrnain. — 239 kil. Mevigny- aux- Vaches. 

Embranch. de 28 kil. sur St-Dizier (p. 260). — Ligne à.'' Amagne-Lucquy 
par Ste-Menehould, v. p. 26. Lignes d'intérêt local desservant des bour- 
gades industrieuses : au S.-E., dans la vallée de la Saulx, jusqu'à Hairon- 
ville (27 kil,); au N. -E. jusqu'à Triaucourt (35 kil.), avec embraneh. , à 
Lisle-en- Bar l'Ois (23 kil.) sur Rembercourt-aux-Pots (p. 10). 

245 kiL Mussey. — 250 kil. Fains. 

254 kil. Bar-le-Duc (buffet; hôt. : du Cygne ^ du Lion-d'Or, de 
Metz ^ du Commerce, tous deux boulev. de la Rochelle), ville de 
18 860hab., ancienne capitale du duché de Bar et chef- lieu du 
départ, de la Meuse, sur l'Ornain et les hauteurs de sa rive g. C'est 
la patrie du duc de Guise et des maréchaux Oudinot et Exelmans. 
Bar-le-Duc récolte de bons vins et fait des confitures célèbres. 

La ville basse est la plus animée. Elle est traversée de TE. à l'O. 
par le boulev. de la Rochelle, la rue principale, à l'E. de laquelle se 
trouve la nouvelle église St-Jean^ magnifique édifice du style roman, 
dont il n'existe encore que le chœur, avec autel à baldaquin, très ex- 
haussé au-dessus d'une crypte, et le transept. 

En prenant à g. à l'autre extrémité du boulev., on passe devant 
le théâtre^ qui a une riche façade de la renaissance et où se trouve, 
sur le derrière, le café des Oiseaux. C'est une des curiosités de la 



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10 I. R. 1. COMMEROY. De Pans 

ville ; il a une jolie salle entourée de vitrines qui en font un musée 
d'histoire naturelle, surtout riche en oiseaux. — Quelques pas plus 
loin est la place Reggio, décorée àQ la. statue d'Oudinot, duc de 
Reggio (1767-1847), bronze par J. Debay. — Plus haut, à g., Veglise 
St -Antoine, du xiv® s., sous laquelle passe un bras canalisé de 
rOrnain. On en remarque surtout les fenêtres et les vitraux. 

La ville haute est dominée par une tour avec une horloge, reste 
du château fort de Bar, détruit au xvii® s. On peut y arriver par 
un escalier à dr. de la rue de l'Horloge, au delà de St- Antoine, 
mais elle n'a rien de curieux, et il vaut mieux aller monter plus 
loin, à dr., par la rue de l'Armurier. 

U église St- Pierre, où conduit cette rue, est le principal édifice 
de Bar-le-Duc. Elle date du xiv^s. , sauf le portail, flanqué d'une 
tour, qui est de la fin du xv^s. On remarque à l'intérieur les clô- 
tures de deux chap. du collatéral de dr. et surtout, dans le bras dr. 
du transept , une *statue fort curieuse en marbre blanc, par Ligier 
Richier, sculpteur lorrain de St-Mihiel (p. 30), qui étudia sous 
Michel -Ange. Cette statue, qui provient du tombeau de René de 
Châlons, prince d'Orange, tué en 1544 au siège de St-Dizier, re- 
présente debout un mort dont le corps est à moitié décomposé. 

Il y a encore dans la ville haute, surtout aux alentours de St- 
Pierre et particulièrement dans la rue des Ducs-de-Bar , la princi- 
pale, un certain nombre de maisons anciennes intéressantes. 

L'une d'elles , de la renaissance , à dr. en deçà de l'église , ren- 
ferme un petit musée j public le dimanche de 1 h. à 4 et visible 
aussi les autres jours. Il occupe 4 salles, renfermant une collection 
d'histoire naturelle, une petite galerie de peintures, la plupart mo- 
dernes, sauf un portr. du Tintoret par lui-même et quelques œuvres 
de l'anc. école française ; des sculptures , surtout deux bustes an- 
tiques de Trajan et d'Adrien, une partie de retable, la Mort et 
l'Assomption de la Vierge, et une belle cheminée. 

De Bar-le-Duc a Clermont-ek-Argonnb : 56 kil., chemin de fer d'in- 
térêt local, ayant sa propre gare rue St-Mihiel, au S.-E., non loin du canal. 
Elle se dirige vers le N., en traversant d'abord des vallons, puis en des- 
cendant la vallée de l'Aire. 12 stat. , la plupart peu importantes et dé- 
nuées d'intérêt. — A Rembercourt - aux - Pots (20 kil.) aboutit Fembraneh. 
de Lisle-en-Barrois (p. 9). — Clermont-en-Argonne^ v. p. 18. 

259 kil. Longeville. — 265 kil. Nançois- le -Petit. Ligne de 
Neufchâteau-Epinal, v. p. 261. On laisse sur la dr. le canal de 
la Marne, qui fait plus loin un immense circuit et passe dans la 
vallée de la Meuse par un souterrain de 4 kil. de long , tandis que 
le chemin de fer tourne à g. — 276 kil. Ernecourt- Loxéville. 
Tranchées profondes (jusqu'à 22 m.), à travers les hauteurs qui sé- 
parent les bassins de la Seine et de la Meuse. — 289 kil. Lérouville. 

Ligne de Sedan par Verdun^ v. p. 30. St-Mihiel n'est qu'à 17 kil, sur 
cette ligne. 

295 kil. Commercy (hôt. de Paris), ville de 5514 hab., sur un 
bras de la Meuse, avec un gi'and château du xvii® s., au pied duquel 
on passe un peu plus loin. Ce château, transformé en caserne, a été 



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[ 



à Nancy. TOUL. /. R. 1. 11 

habité par Stanislas de Pologne , duc de Lorraine. Statue en bronze 
de Dom Calmet (1672-1757), le savant historien, né aux environs. 
Pâtisserie renommée, les «madeleines». 

La voie franchit deux bras de la Meuse. — 303 kil. Sorcy. Plus 
loin, un tunnel de 570 m. 

308 kil. Pagny-suT- Meuse. Ligne de Neufchâteau-Epinal, R.26. 

On passe dans la vallée de la Moselle par un tunnel de 1120 m., 
et on rejoint le canal de la Marne au Rhin. — 313 kil. Foug. 

320 kil. Toul (hôt.: de Metz, rue Gambetta; de la Cloche, rue 
de la République), ville de 10459 hab., une des plus anciennes de 
la Lorraine, et place forte de 1^^ cl., qui fut obligée de se rendre aux 
Allemands le 23 sept. 1870, après 38 jours d'investissement. Elle 
est située entre le canal et la Moselle, à env. 10 min. de la gare. On 
y entre par la porte de France et les rues Thiers et Gambetta , que 
la rue de la République prolonge à dr., dans la direction de la porte 
de la Moselle, où la rivière est traversée par un pont datant de 1770. 

St-Gengoult, où l'on arrive en appuyant à g. à l'extrémité de la 
rue Gambetta , est une belle église goth. des xiii^ et xv® s. L'in- 
térieur se distingue par sa hauteur, et ses grandes fenêtres ont de 
beaux vitraux du xiii® s. La partie la plus remarquable est toute- 
fois le *cloître, à g. de la nef. Il est du style flamboyant, du xvi® s., 
et chaque côté se compose de 6 doubles arcades à colonnettes très 
légères et séparées par des colonnettes torses. Ce cloître com- 
munique avec une petite place, par où l'on sortira pour aller, par 
la rue de g., puis par celle de dr. à St-Etienne. 

*St -Etienne j l'anc. cathédrale, est un magnifique édifice , re- 
marquable surtout par ses dimensions, l'harmonie de ses proportions 
et encore plus par l'élégance de son portail , avec ses deux tours 
aériennes. Le chœur et le transept sont du xiii** s., la nef des xiv® et 
XV® s. et le portail du xv® s. Cette église a aussi, à dr., un *cloître 
très remarquable des xiii® et xiv^s., encore plus beau et plus grand 
que celui de St-Gengoult. Il forme un carré de 70 m. de long sur 
50 de large et il compte, sans la porte du préau, 22 travées à quatre 
baies , chacune avec un faisceau de quatre colonnettes et deux co- 
lonnettes isolées. — Dans ce cloître, du côté du transept, se trouve 
l'entrée d'une chapelle St-Jean, qui renferme un grand retable avec 
statues en plein relief, représentant l'Adoration des bergers. 

Près de l'église est Vhôtel de ville, construction monumentale 
du xvni® s., l'ancien évêché. 

La rue d'Inglemure conduit de St-Etienne à la rue et à la place 
de la République, où l'on remarquep* un beau café. 

De Toul à Mirecourt et à Epinal, y. p. 262, 

Belle vue à dr., au départ de Toul , sur ses deux églises et par- 
ticulièrement sur la façade de St-Etienne. On croise le canal, puis la 
Moselle. — 329 kil. Fontenoy-sur- Moselle. La rivière et le canal 
coulent parallèlement à la voie. On traverse encore la Moselle. 



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12 I.n.h NANCY. 

338 kil. JAverdun, à g., dans un beau site, avec des restes de for- 
tifications. Le canal présente ici des ouvrages d'art fort curieux, 
surtout un tunnel de 500 m. sous Liverdun, à g., et un pont-canal 
sur la Moselle, à dr., près du pont du chemin de fer. Cette con- 
trée est une des plus charmantes de tout le trajet. 

345 kil. Frouard (buffet) , village où s'embranche la ligne de 
Metz (R. 2 A). La ligne de Nancy quitte la vallée de la Moselle pour 
remonter celle de la Meurthe. — 348 kil. Champigneulles , qui a 
des forges et des fonderies. Ligne de Château -Salins, Yic, etc., 
V. p. 16. On aperçoit de loin, à g., la ville de Nancy. Du même 
côté, une ligne de ceinture passant, à l'E. de la ville, entre le canal 
de la Marne au Rhin et la Meurthe. — 353 kil. Nancy (buffet). 



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Nancy. — hôtels: de Paris Cpl- c, C4), rue de St-Dizier; de France 
(pi. a, B4), rue Gambetta; de VEurope (pi. b,BC4; déj., 3 fr. 50^ dîn., 4 fr.) -, 
du Commerce (pi. d, B3-4), rue des Carmes, 4 et 5 (ch., 2 fr. ; on s'en plaint) ; 
d'' Angleterre (pi. e, B4), près de la gare; de Metz^ à la gare. 

Cafés : les principaux sur la place Stanislas, le café de VOpéra^ à l'en- 
trée de la promenade, au delà de la porte Royale ; le café de la Comédie, 
en deçà. — Brasserie Viennoise, rue des Micbottes, 6 (pl.B3; déj., 
2 fr. 50; dîn., 3 fr.). — Buffet à la gare. 

Voitures de place: à 1 cb., simple, 1 fr. la course; avec galerie pour 
les bagages, 1 fr. 25; landau à 1 chev. et voit, à 2 ebey., 1 fr. 50; 1 fr. de 
plus à l'heure. La nuit, de min. à 6 h,, 75 c. de plus à la course et 50 e. 
à l'heure. Bagages, 15c. par colis. 

Tramways: deux lignes traversant la ville du N. au S. et de l'E. à 
rO., ou de Maxéville à Bonsecours et de Pont-d'Essey à Préville, se 
croisant et en correspondance rue St-Dizier (v. le plan). Prix: 20 c., 
25 c. les dim, et fêtes. 

Théâtres: Théâtre Municipal, place Stanislas (pl.C3), tous les jours, 
les lundi et vendredi exceptés, du mois de sept, au mois de mai ; Camio, 
rue St-Georges, tous les soirs; Eden-Théâtre, place St-Jean. 

Poste et télégraphe (pl.C4), rue de la Constitution, 9. 

Bains: hains du Casino, passage de ce nom (pi. C4). 

Nancy est une ville de 79038hab., l'anc. capitale de U Lorraine 
et aujourd'hui le chef-lieu du départ, de Meurthe-et-Moselle, sur la 
Meurthe. Les derniers ducs de Lorraine, Léopold (m. 1720) et 
Stanislas Leczinski (m. 1766), anc. roi de Pologne et beau -père 
de Louis XV, en ont fait une jolie ville, en y créant de belles places 
et de larges rues et en y élevant de magnifiques constructions. 
Nancy est le siège d'un évêché et d'une académie universitaire très 
importante ; elle a de plus une école forestière , la seule pour toute 
la France, et une station agronomique. — Spécialités de Nancy, les 
broderies et les macarons. 

Devant la gare, la place Thiers (pi. AB4), avec la statue en 
bronze de l'ancien président de la République, par E.Guilbert (1879). 
En prenant la rue dans le coîîi à g. et en tournant à dr., on entre 
par la porte Stanislas, une des sept portes en forme d'arc de triomphe 
que possède la ville. Plus loin, à dr., devant le lycée, la statue de 
Mathieu de Domhasle, l'agronome (m. 1843), bronze médiocre par 
David d'Angers. A g., l'ancienne Université, aujourd'hui la Biblio- 
thèque, qui possède 75000 vol. et 5000 ms., et qui est ouverte tous 



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Jllî^f J^ ^P laittlD 



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NANCY. /. B. 1, 13 

les jours, excepté les dim. et fêtes, de 9 h. à midi et de 2 à 5. Dans 
le fond, les vastes bâtiments du Lycée, en partie de construction 
récente. La rue Stanislas , qui descend jusqu'à la place du même 
nom , traverse ensuite la rue St-Dizier, la plus animée de la ville. 

La *place Stanislas (pi. C 3-4) , au centre de Nancy , en est la 
partie la plus brillante. Au milieu s'élève la statue de Stanislas 
Leczinski , en bronze, par Jacquot (1831). Tout autour, de belles 
constructions, par Héré; de jolies grilles en fer du xviii® s. et deux 
fontaines monumentales. A TE et àl'O., VevêcheQt le théâtre; au N., 
à une petite distance, la porte Royale (p. 14), et au S. l'hôtel de ville. 

L'hôtel de ville (pi. C4), duxvii^s., est le plus remarquable 
de ces édifices. Il a une magnifique salle de bal et de concert, et 
l'on admire aussi la rampe en fer de son grand escalier, par Lamour. 
Au premier étage se trouve un musée ouvert au public les dim. 
et jeudi de midi à 4 h. et visible aussi les autres jours pour les 
étrangers. Il se compose surtout de peintures, anciennes et modernes. 

F© salle: à dr., 77, le Guide, Mort de Cléopâtre; 33, 0. Dolci, le Christ 
descendu de la croix; 88, A. Sacchi, Sixte-Quint à la procession du «Corpus 
Dominiï ; 82, le Tintoret, le Christ au tombeau; 104, Miguel de Tobar, imita- 
teur de Murlllo, Religieux en prière; 106, le Pérugin, la Vierge, Jésus, 
St Jean et des anges; 11, P. de Corione, la Sibylle de Cumes annonçant 
à Auguste la naissance de J.-C. ; 201, Hohhema, paysage de Hollande; 204, 
Kœberger, Martyre de St Sébastien; 233, Bubens (?), la Transfiguration, 
peinte en Italie sous l'influence du Caravage; 185, A. van DycJc, la Vierge 
avec Tenfant Jésus, répétition de celle de Dresde; — 200, van Hemessen, les 
Vendeurs chassés du temple; 203, Jordaens, deux têtes de femme; 234, 
Rubens^ J.-C. marchant sur les eaux; 241, J. Ruysdael, paysage; 190, Allart 
van Everdingen, paysage; 240, /. Ruysdael, paysage: 178, G. de Graver, la 
Peste de Milan ; 79, Ribera, le Baptême de J.-C. ; — 107, A. del Sarto, Tobie 
guidé par Tange ; 225, /. van Ravestein, portr. de femme; 226, 228, Rem- 
brandt, le Bon Samaritain; portr. d'homme; 213, Massys, les Compteurs 
d'argent. Au milieu, 472, Ghaligny, statue équestre du duc Charles III, 
en bronze. 

Il© SALLE, à dr, par rapport à l'entrée, collection Poirel, beaucoup 
de petits tableaux, surtout de l'école italienne, entre* autres: ^^,A. Saccht, 
la Ste Trinité; 227, Rembrandt (9), portr. d'homme'; 30, Cignani, Moïse 
sauvé des eaux; 98, Simonini, Bataille; ^ ,Giordano, Loth et ses filles; 
215, Fr. van Mieris, Intérieur hollandais; 72, le Bassan, Jésus chez les 
saintes femmes. 

III® SALLE, à g. de l'entrée: 322, Français, le Ravin du Puits - Noir ; 
430, Zuber, Soir d'automne; s. n., Aimé Moris, Christ; Marchai, la Foire 
aux servantes; 349, Isabey, Dieppe; 396, Morot, de Nancy, Episode de la 
bataille d'Eaux- Sextiennes (Aix en Provence; 102 av. J.-C). 

IVe SALLE, de g. à dr. : 417, J.-Fr. de Troy, Diane au bain; 265, Bar- 
bier , Mort de Désilles (v. p. lo); 173, Ph. de Ghampaigne, la Charitéi 
376, Gh.-A. van Loo, Ivresse de Silène ; 273, Boucher, l'Aurore et Céphale ; 
302, E. Delacroix, Bataille de Nancy et mort de Charles le Téméraire 
(p. 16) ; 276, Gallot (?), de Nancy, Portement de croix; 214, van der Meulen, 
l'Armée de Louis XIV devant Douai; 404, N. Poussin, Entrée de J.-C. 
à Jérusalem. 

La cathédrale (pi. 04), à peu de distance derrière Fhôtel de 
ville, au delà de la préfecture, a été bâtie au xviii^ s., sur le plan 
de St- André-du-Val , à Rome. La façade présente les ordres co- 
rinthien et composite superposés, et elle est flanquée de belles tours 
terminées en dômes, avec de hautes lanternes. Il y a à l'intérieur 



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14 J. R. 1. NANGY. 

une coupole peinte par Jacquart, des tableaux et des statues d'une 
valeur secondaire, de belles grilles, etc. Le trésor est assez riche. 

La porte Boyale (pi. C3), de l'autre côté de la place Stanislas, 
est le plus beau des arcs de triomphe de Nancy. Elle a été con- 
struite en 1751 par Stanislas , en l'honneur de Louis XV, dont on 
y voit le médaillon. C'est une porte d'ordre corinthien, à trois baies, 
décorée de statues de Cérès, Minerve , Mercure et Mars , et de bas- 
reliefs représentant Apollon. — A g. est une statue de Callot , le 
graveur, de Nancy (1592-1635), bronze par Eug. Laurent (1877). 

Au delà de la porte s'étend la place de la Carrière, ainsi nommée 
parce qu'il s'y donnait jadis des tournois. A l'extrémité est le 'palais 
du Gouvernement (pi. C2), anc. résidence des intendants de la pro- 
vince , puis la préfecture et aujourd'hui le siège de la II** division 
militaire. 

La porte à dr. donne entrée dans la Pépinière (pi. D 2-3), pro- 
menade plantée de beaux arbres, qui a aussi une entrée place Stanis- 
las, au N.-E., à g. de la fontaine. Il y a concert les mardi , jeudi 
et dim., à 8 h. ^IzàM soir en été et 2 h. V2 ^n hiver. 

Du côté opposé à cette promenade, près de la place de la Carrière, 
s'élève St-Epvre (pi. C3), belle église moderne de style goth., con- 
struite par Morey, avec une tour de 87 m. de haut sur la façade et 
une flèche de 20 m. sur la croisée. L'intérieur se distingue par ses 
proportions harmonieuses et la richesse de sa décoration. On en 
remarque particulièrement les vitraux , les boiseries du chœur , le 
maître autel, avec un grand retable polychrome, garni de statues, et 
les peintures murales (inscriptions), par Art. Sublet. 

Devant l'église, une petite statue équestre de René II, duc de 
Lorraine (1473-1508) , le vainqueur de Charles le Téméraire. C'est 
une reproduction; l'original, par Lépy, de Nancy (1828), a été trans- 
féré au musée Lorrain. 

Dans la Grande-Rue, à g. du palais du Gouvernement, se trouve 
le palais ducal (pi. C2). On y remarque surtout une belle porte, 
du commencement du xvi** s., entre deux fenêtres à balcons et avec 
une niche garnie d'une statue équestre moderne d'Antoine de Lor- 
raine (m. 1544), par Viard. Ce palais renferme le musée lorrain, 
en partie détruit par un incendie en 1871 , mais qui mérite encore 
une visite. Il est public les dim. et jeudi, de 1 h. à 4, et visible 
aussi les autres jours pour les étrangers (sonner fort). 

Au rez-de-chaussée sont deux salles et une galerie contenant des an- 
tiquités, des sculptures et d'autres objets du moyen âge et de la renais- 
sance. — Au 1^^ étage, dans une petite salle à dr., qui a une cheminée 
de la renaissance, le lit d'Ant. de Lorraine et les tapisseries dites de 
Charles le Téméraire, parce qu'elles ornaient sa tente à la bataille de 
Nancy (v. ci-dessous) : elles sont du xv® s., et l'une représente l'histoire 
d'Assuérus et d'Esther, l'autre les inconvénients de la bonne chair. Dans 
la grande salle voisine, des tableaux, surtout des portraits, en partie 
avec des inscriptions; des armes anciennes, des faïences, des médailles, 
des porcelaines, etc. En revenant du côté g., vers le milieu, 803 et 283, 
un portrait et une Tentation de Callot; puis une horloge astronomique. 



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NANCY. LR.l. 15 

Au milieu, un trophée d'une fontaine de la place Stanislas; des ouvrages 
de serrurerie; une série de gravures anciennes représentant le cortège 
funèbre de Charles III de Lorraine (1608)*, encore des médailles dans 
plusieurs vitrines , des manuscrits , des miniatures , des vases religieux 
du moyen âge, des bijoux, des camées, des émaux, des sceaux, etc. 

L'église des Cordeliers (pi. C2), à la suite du palais ducal, 
dans la Grande-Rue, a été construite par René II en souvenir de sa 
victoire sur Charles le Téméraire (1477) , et elle est restée la pro- 
priété des empereurs d'Autriche, descendants des ducs de Lorraine. 
Elle n'a de curieux que les monuments qu'elle renferme ; sonner, 
pour la visiter , à g. du portail. Du côté g. sont ceux éi'Ant. de 
Lorraine (m. 1447) et de sa femme , Marie d'Harcourt (m. 1476) ; 
de Philippe de Gueldres (m. 1547), seconde femme de René II, 
avec une belle statue par Ligier RicMer, représentant la défunte en 
costume de religieuse; de Jacques Callot, du duc Charles V, une 
statue, et du duc Leopold I^. Les deux premiers monuments à dr. 
n'ont rien de remarquable. Le troisième est le mausolée fort curieux 
de René II (m. 1508). Le magnifique encadrement polychrome est 
ancien ; les statues du duc et de la Vierge OQt été refaites de nos 
jours. Ensuite le monument du cardinal de Vaudémont (m. 1587), 
Charles de Lorraine , avec sa statue par Drouin , artiste de Nancy. 
A g. du chœur se trouve la chapelle ducale, dite Chapelle Ronde, 
du XVII® s., renfermant sept sarcophages en marbre noir, érigés à la 
mémoire des ducs de Lorraine , et sous laquelle est un caveau con- 
tenant leurs dépouilles mortelles. 

La Grande-Rue , qui traverse la vieille ville , aboutit plus loin 
à la porte de la Craffe (pi. C2), ancienne porte des xiv^-xvi** s., 
avec deux tours rondes. 

La rue de la Craffe, à g., monte au Cours Léopold (pi. B 2-3), belle 
place plantée d'arbres, de 461 m. de long et 12rde large. On remar- 
que à l'extrémité N. la porte Désilles, d'ordre dorique, construite 
en 1785 en mémoire de la naissance du Dauphin, fils de Louis XVI, 
et de l'alliance de la France et l'Amérique. Son nom actuel lui a 
été donné en souvenir d'un officier qui y fut tué en 1790 , victime 
de son devoir, par des soldats révoltés. — Au milieu du Cours, la 
*statue du maréchal Drouot, une des illustrations de Nancy (1774- 
1847) , bronze par David d'Angers. Plus loin , la place de l'Aca- 
démie (pl.B3), avec une fontaine et les bâtiments modernes de 
V Académie, qui compte 4 facultés ; droit, médecine, sciences et 
lettres. La construction est due à Morey , architecte de St-Epvre. 
Il y a un beau musée d'histoire naturelle, public en été (avr.-sept.) 
de midi à 4 h. 

Un peu plus loin, nous nous retrouvons dans la rue Stanislas, 
près de la place de Dombasle (p. 12). 

JJ école forestière (pl.D4) est à l'E. de la ville, à dr. de la rue 
Ste-Catherine, qui fait suite à la rue Stanislas. Elle a d'importantes 
collections. A côté, rue Ste-Catherine, se trouve un jardin bo- 
tanique (pi. D 4). Le canal de la Marne au Rhin passe près de là. 



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16 J.B. 2. PONT -A- MOUSSON. 

Un des principaux monuments des faubourgs de Nancy, sinon le plus 
curieux, est Péglise de Bon-Secours, à env. 2 kil. au S., par la rue de Stras- 
bourg (pi. C7), où conduit le tramway qui suit la rue St-Dizier. C'est une 
église de la renaissance , fréquentée comme pèlerinage et renfermant les 
mausolées très remarquables du roi (Stanislas) et de la reine de Pologne. 

Dans la rue de Strasbourg est la nouvelle église St- Pierre (pi. 07), 
beau monument inauguré en 1885, moins riche, mais plus hardi et plus 
imposant que St-Epvre. 

C'est dans le faubourg St-Jean, à l'C, sur la gauche de la gare, que se 
trouve la modeste croix de Bourgogne ^ à l'endroit où fut retrouvé, dans 
un marais, le corps de Charles le Téméraire, après la bataille de Nancy 
(1477). — Un peu plus au N., derrière la gare, la belle église St-Léon 
(pi. A 3), dédiée à St Léon IX, évêque de Toul et pape, né à Dabo , en 
Lorraine. C'est un édifice moderne de style gothique. 

Une autre belle église gothique de construction récente est celle de 
St-Vincent-et-St-Fiacre (pi. B 1), dans le faubourg du N. 

De Nancy à Metz, v. p. 12 et ci-dessous; à Dijon, E. 27; à Epinal, 
R. 26 E ; à Strasbourg, B. 30. 

De Nancy a Chateau-Salins (Vie; Sarreguemines) : 39 kil. ; 2h. ; 4fr. bo, 
3fr. 45, 2fr. 50. On suit d'abord la ligne de Paris jusqu'à GhampigneuUes 
(5 kil.), puis on tourne à dr. et on traverse laMeurthe. — 2» kil. (7e st.) Moncel 
(buffet) , stat. frontière. Douane française. — 32 kil. Ghambrey. Douane 
allemande. — 34 kil. Burthécourt, sur la Seille , d'où un embranch. de 
4 kil. conduit à Vic-sur-Seille , petite ville avec les ruines remarquables 
d'un château fort et d'anc. salines. — 39 kil. Château-Salins, autre petite 
ville qui a aussi des salines abandonnées. — Le chemin de fer se prolonge 
sur Dieuze (p. 277) et Sarreguemines (v. les Bords du Rhin, par Bsedeker). 



2. De Paris à Metz. 

A. Par Châlons et Frouard. 

393 kil. Chemin de fer de l'Est (gare, pi. C 24). Trajet en 9 à 12 h. Prix : 
48 fr. 10, 35 fr. 95, 26 fr. 35, moins élevés par Verdun (v. ci-dessous). 

Jusqu'à Frouard (345 kil.), v. K. 1. — On retourne de là env. 
1 kil. dans la direction de Paris. — 347 kil. Pompey, qui a des 
mines de fer et des usines considérables. 

Embeanch. de 22 kil. sur Nomeny, toute petite ville d'origine ancienne, 
sur la Seille. Principale stat., Custines (2 kil.), jadis Condé, au confluent 
de la Moselle et de la Meurthe, avec deux châteaux en ruine. 

Puis on tourne à dr. dans la belle vallée de la Moselle, qu'on 
traverse et dont on suit dès lors la rive g., à distance variable, 
jusque près de Metz. Il y a un canal sur la rive g. — 351 kil. 
Marhache. — 352 kil. Belleville. — 358 kil. JDieulouard , dominé 
par un coteau où sont les restes d'un vieux château. — On voit 
de loin, à dr., la hauteur de Mousson (v. ci-dessus). 

365 kiL Pont-à-Mousson (hôt. : de France, place Duroc; de la 
Poste, place Thiers, près de la gare) , jolie ville de 11 585 hab., sur 
la Moselle. On passe par U place Thiers, l'anc. cours, et la rue 
Victor-Hugo pour arriver à la place Duroc , place triangulaire en- 
tourée d'arcades , avec Vhôtel de ville et une belle maison décorée 
de sculptures. 

Dans la rue à g. en deçà de l'hôtel de ville se trouve V église 
$t-Lq>urent, composée de deux parties , l'une basse, l'autre élevée, 



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NOVEANT. I, R. 2. 17 

avec de belles voûtes et des vitraux modernes. On y verra, à g. de 
la nef, un retable remarquable du xvi^ s.^ composé à l'intérieur de 
scènes de la Passion en bois sculpté et doré et fermé par des volets 
qui ont sur les deux faces des peintures , des scènes de l'histoire 
de J.-C. et de la Vierge. Il n'est pas fermé. 

La me à l'extrémité de la place Duroc conduit à la vieille ville, 
par un pont du xvi^ s., sur la Moselle. Près de là , à g. , V église 
St-Martin, des xiii^-xv^ s., avec deux belles tours. Elle possède 
un beau St-Sépulcre, dans le bas côté dr., et un jubé du xv^ s., 
maintenant à la tribune de l'orgue. — Plus loin au N., V église Ste- 
Mnrie, de 1705, avec une anc. abbaye transformée en petit sé- 
minaire. 

A l'E. de Pont-à-Mousson s'élève une colline (380 m.) où était le 
château de Mousson , dont ^il reste peu de chose. Il est remplacé par un 
petit village. Vue étendue au N. 

37 j kil. Vandières. — 374 kil. Pagny- sur -Moselle (buffet), 
stat. frontière, avec la douane française. Les coteaux de la rive g. 
produisent un bon vin. A 2 kil. à l'O.-S.-O., les ruines considé- 
rables du château de Preny, bâti par les ducs de Lorraine et déman- 
telé au XVII® s. — Ligne de Longuyon par Conflans-Jarny, v. p. 32. 

379 kil. Novéant, village frontière, relié par un pont suspendu 
à Corny , où se trouvait le quartier général allemand pendant le 
blocus de Metz. Douane allemande. Heure d'Alsace, en avance 
de 26 min. sur celle de Paris. — 383 kil. Ancy-sur- Moselle. On 
laisse à dr. Jouy-aux- Arches , où se trouvent, ainsi qu'à Ars , les 
restes considérables (18 arches) d'un aqueduc romain, de plus de 
1100 m. de long et 18 m. de haut, que Drusus fit construire pour 
approvisionner Metz. — 385 kil. Ars-sur- Moselle, localité considé- 
rable, avec des forges. Gravelotte (omnibus; p. 34) se trouve a 
7 kil. au N.-O., par le vallon de la Mance. On traverse ensuite la 
Moselle. A dr., le fort St-Privat et le château de Frescati. A g., 
les lignes de Verdun et de Thionville et le mont St-Quentin ; à dr., 
les lignes de Sarrebruck et Strasbourg. 

393 kil. Metz (p. 33). 

B. Par Châlons et Verdun. 

350 kil. Chemin de fer de l'Est (gare, pl.C24). Trajet en 11 h. 45 à 
13 h. 45. Prix : 42 fr. 65, 31 fr. 85, 23 fr. 30., 

Jusqu'à Châlons (173 kil.), v. R. 1. De là on retourne dans la 
direction de Paris l'espace d'env. 1 kil., et l'on prend à dr., où l'on 
traverse la Marne et le canal. — Plaines monotones et pauvres de 
la Haute - Chauipagne ou Champagne pouilleuse. — 184 kil. La 
Veuve. — 190 kil. St-Hilaire-au-Temple. Ligne de Reims (p. 26). 
On traverse la Vesle. — 196 kil. Cuperly, près du camp de Châlons 
(p. 26). — 206 kil. Suippes. La voie toui-ne à l'E. — 216 kil. 
Somme-Tourbe, à la source (<• somme») de la Tourbe. — 220 kil. 
Somme-Blonne. — 225 kil. Valmy, connu par la victoire de l'armée 
française de Dumouriez et Kellermann sur l'armée coalisée du duc 

Bsedeker. Nord de la France. 2e édit. 2 



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18 /. B, 2. VERDUN. De Paris 

de Brunswick, en 1792. Il y a un monument, une pyramide, avec 
le cœur de Kellermann , dans le haut d'un petit bois , à dr. avant 
la station. Le pays change ensuite d'aspect et devient plus fertile; 
on descend dans la vallée de V Aisne. 

235 kil. Ste-Menehould (hôt. St-Nicolas) , ville de 4442 h ah., 
sur l'Aisne, renommée pour sa charcuterie. Elle occupe en partie, 
à g., une colline où étaient le château et la vieille ville dont il 
reste surtout le mur d'enceinte et V église à cinq nefs , des xiii*^ et 
xiv^ s. La ville basse a une belle église neuve. — Ligne de Hirson- 
Amagne à Revigny-Bar-le-Duc, v. p. 26. 

La contrée est ensuite boisée et pittoresque. On traverse la forêt 
de VArgonne^ bien connue par la campagne de 1792. Tunnel de 
785 m. — 243 kil. Les Islettes, dans un site très pittoresque, et 
qui donne son nom à un défilé de l'Argonne. 

248 kil. Clermont-en-Argonne, petite ville à dr. sur un coteau. 
Ligne de Bar-le-Duc, v. p. 10; Varennes et Apremont, p. 26. 

Puis on traverse VAlre, affluent de l'Aisne. — 254 kiL Auhré- 
ville. — 262 kil. Dombasle-en-Argonne. — 274 kil. Baleicourt. 

280 kil. Verdun (buffet; hôt. des Trois- Maures^ rue de l'Hôtel- 
de-Ville; du Coq- Hardi, du Petit-St- Martin , rue du St-Esprit), 
Verodonum^ ville très ancienne, de 17 755hab., et place forte de 
1^^ cl., dans un vallon au bord de la Meuse, qui s'y divise en plu- 
sieurs bras , et entourée de hauteurs maintenant fortifiées. 

Verdun est un des trois évêehés (Metz, Toul et Verdun) dont il fut 
souvent question au commencement des temps modernes et auxquels 
r Autriche renonça en faveur de la France au traité de Westphalie , en 
1648: ils avaient été conquis dès 1552 par Henri II. Bombardée par les 
Prussiens en 1792, la ville se rendit au bout de quelques heures. Les ha- 
bitants firent alors si bon accueil aux vainqueurs, que des jeunes filles leur 
offrirent des dragées (spécialité de Verdun), ce dont les autorités révolu- 
tionnaires les punirent, après la victoire de Valmy, en les envoj'^ant à 
l'échafaud. En 1870, la résistance fut héroïque, malgré plusieurs bom- 
bardements, et la place ne capitula qu'avec les honneurs de la guerre. 

Les rues qui font suite à l'avenue de la gare traversent la ville 
dans sa plus grande étendue, du N. au S. La première à g., con- 
duit à la. porte Chaussée, porte à deux tours crénelées, en partie 
du xv^ s.-, servant aujourd'hui de prison militaire. Il y a au delà 
un pont sur la Meuse. — La rue principale, où nous revenons, 
mène ensuite à un autre pont , sur le bras principal de la rivière. 
De l'autre côté est la place Ste-Croix , décorée depuis 1855 d'une 
statue du général de Chevert (1695-1769), n^ à Verdun et qui s'il- 
lustra par la prise et la défense de Prague (1741 - 1742) , bronze 
par Lemaire. — Un peu plus loin, à g., Vhôtel de ville, assez bel 
édifice du xvii® s. On remarque dans la cour 4 canons donnés par 
l'Etat à la ville, en mémoire de sa valeureuse défense en 1870. Il 
y a ici un petit musée, public le dim. et ouvert aussi le jeudi 
(50 c.) , de 1 h. à 4 h. Le gardien demeure rue Pierre-Châtel , près 
de la cathédrale. — Une rue à dr. au delà de l'hôtel de ville aboutit 
à la belle promenade de la Digue, au bord de la Meuse. 



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à Metz, BATILLY. I. R. 2. 19 

La cathédrale, qu'on a déjà aperçue, au delà dans la ville haute, 
est une église des xi^ et xii® s., mais considérablement modifiée au 
XIV® et au XVII® s. Elle est à 3 nefs, avec transept, 2 tours latérales 
carrées et deux absides sans pourtour. C'est surtout l'intérieur qui 
a été modifié. Les nefs sont maintenant séparées par des arcades en 
plein cintre. L'abside de l'O. est occupée par l'orgue, sous lequel 
se trouve une belle chapelle. Il y a des chapelles latérales, dont la 
1^® de dr. a de beaux vitraux par Didron et une belle grille en fer. 
Le maître autel est surmonté d'un baldaquin doré à colonnes torses 
en marbre. Dans le bras dr. du transept, un haut relief de 1555, 
Notre-Dame de Verdun, une belle Vierge en marbre, etc. 

Les bâtiments attenant à la cathédrale sont Vevêché et le grand 
séminaire. Il y a plus loin une place négligée dite promenade de 
la Roche, d'où Ton domine les prairies de la vallée de la Meuse à 
rO. — Au delà de cette promenade se trouve la citadelle, où n'entre 
pas le public. 

Ligne de Sedan à Lérouville (Nancy), v. p. 30. 

La ligne de Metz traverse la Meuse et monte sur l'autre rive par 
une rampe d'où l'on a une belle vue à dr. Ensuite un tunnel de 
1190 m., par lequel en passe dans le bassin de la Moselle. — 293 kil. 
Eix -Abaucourt. — 302 kil. Etain , jolie petite ville , sur l'Orne. 
Elle doit son nom à des étangs. — 309 kil. Buzy. — 315 kil. Jean- 
delize. — 321 kil. Conflans-Jarny (buffet) , stat. près du confluent 
de l'Ornes et de l'Yron. 

Ligne de Longuyon a. Pagny - sur - Moselle (p. 32). — La première stat. 
au S. (9 kil.) est Mars-la-Tour (v. p. 32). 

Embranch. de 13 kil. sur Briey, ville industrielle de 2143 hab., sur 
une colline , et de 12 kil. sur Jlomécourt-Jœuf , se détachant du précédent 
à Valleroy (7 kil.). Jffomécourt et Jœuf sont deux villages, de 521 et 
1930 hab. , le second avec une usine, à 2 kil. au N. Env. 1 kil. plus 
loin, de l'autre côté de la frontière est un chemin de fer industriel qui 
part de Hagondange (p. 33) et dessert divers établissements, surtout les 
forges de Moyeuvre (10 kil.). 

329 kil. Batilly , ouest la douane française. On traverse en- 
suite le champ de bataille de Gravelotte (p. 34). Gravelotte est à 
env. 7 kil. au S. de la stat. suivante , tandis que St - Privât et Ste- 
Marie-aux-Chênes n'en sont qu'à 2 et 4 kil. au N. et au N.-O. 

335 kil. Amanvillers (buffet). Douane allemande. Heure d'Al- 
sace, en avance de 26 min. sur celle de Paris. Changement de train. 

On descend ensuite par la belle vallée de Monvaux , où le train 
signale son approche à 1 aide d'un énorme timbre. C'est en majeure 
partie sur les hauteurs à dr. qu'eut lieu la bataille de Gravelotte. 
A g., les forts de Plappeville et St-Quentin. — 343 kil. Moulins-lès- 
Metz. A g., la ligne de Thionville (p. 33). On traverse la Moselle 
et rejoint à dr. la ligne de Frouard (p. 17), puis celle de Sarrebruck 
et Strasbourg. 

350 kil. Metz (p. 33). 

2* 



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20 I. jK. ^. BOISSONS. Ve Paris 

C. Par Eeims et Verdun. 

377 ou 389 kil., selon qu'on va à Reims par Soîssons (ligne du Nord) ou 
par Epernay (ligne de l'Est). Trajet en 10 h. 45 et 13 h. dans le premier 
cas , en 11 li., 12 h. 30 et 13 h. 15 dans- le second. 

I. De Paris à Reims. 

a. Par Soissoîîs. 
160 kil. Chemin de fer du Kord (gare, pi. B C 23-24). Trajet en 3 à 5 h. 
Prix: 19 fr. 75, 14 fr. 85, 10 fr. 90. 

On traverse le quartier de la Chapelle et sort de Paris du côté 
de St-Ouen. — 4 kil. La Plaine, stat. où l'on quitte la grande ligne 
du Nord, avant St-Denis, et tourne à dr. — 7 kil. Auhervillers-la- 
Courneuve. — 10 kil. Le Bourget, où eurent lieu , du 28 au 30 oct. 
et le 24 déc. 1870, des combats acharnés entre les Français et les 
Allemands, combats qui se terminèrent chaque fois à l'avantage de 
ces derniers. Il y a un heau monument érigé aux soldats français, 
à l'autre extrémité du village. — On croise ici la ligne de Grande- 
Ceinture. - 15 kil. Aulnay-lès-Bondy (p. 4). A dr., la forêt de 
Bondy. On longe ensuite quelque temps, à dr., le canal de l'Ourcq. 
— 18 kil. Sevran-Livry. — 23 kil. Villeparisis. — 27 kil. Mitry- 
Claye. — 35 kil. Dammartin, petite ville à 3 kil. à g. sur une hau- 
teur. — 43 kil. Le Plessis-Belleville. A 5 kil. sur la g., Ermenon- 
ville, où est le tomheau de J.-J. Rousseau. — 49 kil. Nanteuil-le- 
Haudoin. — 56 kil. Ormoy. 

61 kil. Crepy-en- Valois, petite ville et anc. capitale d'un pays 
qui fut dès le xiv® s. l'apanage d'une branche cadette de la famille 
royale de France. 

Embranch. de Chantilly et de Compiègne, v. p. 35 et 86. 
69 kil. Vaumoise. — 78 kil. Villers-Cotterets, petite ville avec un 
château qui sert de dépôt de mendicité. C'est la patrie d'Alexandre 
Dumas père (1803-1870), auquel on a érigé une statue en 1885. 
Ligne de Château-Thierry, v. p. 5 ; ligne de Compiègne par Pierre- 
fonds, p. 36. — 90 kil. Longpont. Ruines d'une abbaye du xii s. — 
94 kil. Vierzy. Puis un tunnel de 1400 m. — 100 kil. Berzy. En- 
suite, à g., la ligne de Coriipiègne à Soîssons. 

105 kil. Soissons {buffet; hôt. de la Croix-d'Or), ville de 11850 
hab. et anc. place forte , sur V Aisne. Elle était déjà puissante du 
temps de César, comme capitale des Suessions, et elle fut rendue 
célèbre par la victoire de Clovis sur Syagrius , en 486. Plus tard, 
elle devint la capitale de la Neustrie, et elle a eu un grand nombre 
de sièges à soutenir, jusqu'en 1870, où elle fut bombardée du 12 au 
15 octobre. Soissons est le centre d'un grand commerce de blé 
pour Paris. Ses haricots sont recherchés. 

La ville est à env. 1 kil. de la gare. L'attention y est attirée de 
loin par le portail St- Jean -des -Vignes et la cathédrale. 

Le ^portail St-Jean-des- Vignes, où l'on arrive en tournant à g. 



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à Metz. SOISSONS. /. R, 2, 21 

à l'eatrée de la ville proprement dite, est la partie principale des 
ruines d'une abbaye, une magnifique façade dans le style du xiii*^s.. 
flanquée de deux belles tours des xv® et xvi® s. , mesurant , avec 
leurs flèches, 70 et 75 m. de hauteur. — On redescend de là jusqu'à 
la première rue à g. pour gagner le centre de la ville. 

La cathédrale , plus loin à dr., est une belle église romane et 
gothique des xii® et xiii® s. Sa façade, percée de trois portes et d'une 
rose gothique, est flanquée d'une tour de 66 m. de hauteur. De ses 
deux portails latéraux , le plus ancien et le plus curieux est celui 
du S., terminé en abside et flanqué d'une sacristie de forme circu- 
laire, à deux étages. — A l'intérieur, on remarque des vitraux an- 
ciens, des tapisseries du xvi® s., une adoration des bergers attribuée 
à Rubens, etc. 

La rue qui passe devant la cathédrale mène ensuite à la Grand' 
Place (théâtre), par laquelle on gagne à dr. une longue rue parallèle 
à la précédente et qui traverse toute la ville. Là se voit d'abord 
l'anc. abbaye St -Léger, transformée en petit séminaire. Il y a des 
restes de cloître des xiii® et xiv*^ s. L'église est en partie du xiii*^ s., 
avec une façade du xvii® s. 

Quelques pas plus loin en retournant vers la gare, à g., V hôtel 
de ville, du xviii*^ s. Il y a dans la cour une statue de l'avocat 
Paillet (m. 1858), en bronze, par Duret. Au rez-de-chaussée, une 
bibliothèque de 50 000 vol. et 220 manuscrits. Au 1^^ étage, un petit 
musée, comprenant des collections d'antiquités et d'histoire natu- 
relle, des tableaux, des moulages, des médailles, etc. 

Dans la même rue encore, à g., l'anc. abbaye Notre-Dame, trans- 
formée en caserne. Sur la place voisine , les restes de V église St- 
Pierre, du style roman du xii® s. On se retrouve enfin à la rue par 
laquelle on est arrivé. 

Sur la rive dr. de l'Aisne, près de cette artère principale de Soissons 
se trouve le faub. de St-Vaast et, en dehors de ce faubourg, en aval, le 
hameau de St-Médard^ jadis célèbre par son abbaye, dont l'histoire est 
même mêlée à celle des rois de la première et de la seconde race , qui 
eut jusqu'à 7 églises et qui vit venir en 1530 jusqu'à 300000 pèlerins. Sa 
ruine date des guerres de religion (1568) , et il en reste peu de chose. 
L'emplacement est occupé par un institut de sourds-muets. 

Ligne de Compiègne, v. p. 36-, ligne de Laon^ etc., p. 41. 

On laisse ensuite à g. la ligne de Laon et remonte quelque temps 
la vallée de l'Aisne. — 116 kil. dry - Sermoise. Puis on gagne 
la vallée de la Vesle, affluent de TAisne, qu'on remonte jusqu'à 
Reims. — 122 kil. Braisne, gros village à 1 kil. au N.-O., avec une 
très belle '^église du style goth. primitif (xii*^ s.), anc. abbatiale dans 
le genre des églises Notre-Dame de Laon et de Trêves. Elle n'est 
malheureusement plus entière , son portail et une partie de la nef 
ayant été détruits. — 134 kiL Fismes, petite ville, le «Fines Sues- 
sionum» des Romains. — 140 kil. Breuil- Romain. — 144 kil. 
Jonchery-sur- Vesle. — 152 kil. Muizon. Plus loin, à dr., la ligne 
d'Epernay. — 160 kil. i^eiws (buffet). Description, v. ci-dessous. 



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22 /. R. 2. REIMS. De Paris 

b. Par Epeknay. 

172 kil. Chemin de fer de l'Est (gare, pi. C24}. Trajet en 3 h. 30 à 
5 h. Prix comme par Soissons. 

Jusqu'à Epernay (142 kil.), v. R. 1. L'embraiich. de Reims 
tourne à g. et traverse la Marne et le canal latéral. — 145 kil. Ay 
ou Aï, petite ville dont les environs produisent un excellent vin 
mousseux. — 149 kil. Avenay. Pays montueux et boisé. — 157 kil. 
Germaine, Puis un tunnel de 3250 m. — 161 kil. Rilly-la-Mon- 
tagne, qui produit aussi un vin de Champagne renommé. On aperçoit 
Reims à dr., longtemps avant d'y arriver. A dr. aussi, une hauteur 
fortifiée. On traverse à la fin la Vesle et le canal de l'Aisne à la 
Marne. A g., la ligne de Soissons. — 172 kil. Reims (buffet). 



Beims. — hôtels: Grand -Uôiel (pi. a, C4), bon et pas trop cher, 
près de la cathédrale; du Lion-d'Or (pi. b, C4), bon; de la Maison-Rouge, 
(pi. e, C4; ch. et serv., 3 fr.; dîn., 4 fr.); du Commerce (pi. d, C3-4), place 
de la Cathédrale ; de V Europe, rue Buirette, 29, petit, mais recommandé 
comme bon et pas cher. — Cafés: de la Douane, place Royale; du Palais, 
rue de Vesle , en face du théâtre ; Courtois , rue Talleyrand , 24 ; café- 
brass. de Strasbourg, rue de l'Etape, 20; café-chantant du Casino, à côté. — 
Restaurants : Magnier, Déhu , également rue de l'Etape. 

Fiacres : course, de 6 h. du m. en été ou 7 h. en hiver à 10 h. du soir, 
à 2 places, 90 e. ; à 3 ou 4 pi., 1 fr.; à 2 chev. et 4 pi., 1 fr. 25; la nuit, 
1 fr. 25, 1 fr. 50 et 1 fr. 75; — l'heure, de jour, 1 fr. 80, 2 fr. et 2 fr. 50; 
de nuit , 2 fr. 50 et 3 fr. Chaque colis , 20 c. — Tramways : de la place 
Royale à la porte de Paris; de la gare à St-Remi; du faub. de Laon, au 
N., à Fléehambault (v. le plan). Prix, 10 et 15 c. par section. 

Poste et télégraphe (pi. C3), rue de Cérès. 

Reims est une ville de 97903 hab., la civitas Remorum, nommée 
déjà Rémi du temps de César. Elle est située sur la rive dr. de la 
Vesle, dans une plaine entourée de collines couvertes de vignes. 
Reims est surtout célèbre comme le lieu où étaient couronnés les 
rois de France (v. p. 24). C'est une ville très industrielle , se li- 
vrant à la préparation des vins de Champagne et possédant de gran- 
des manufactures de tissus. 

En face de la gare, dans un square, la statue de Colbert (pi. B 3) , 
ministre de Louis XIV, né à Reims en 1619; elle est en bronze, 
par Guillaume. Nous prenons à dr. par une longue place en partie 
bordée d'arcades, où s'élève la statue en bronze du maréchal Drouet- 
d'Erlon (1765-1834), aussi de Reims. Plus loin, V église St- Jacques 
(pi. BC4), du xii*^s., après laquelle nous tournons à g. dans la rue 
de Vesle, où sont le théâtre et le 'palais de justice. Nous passons à 
dr. entre ces édifices pour arriver à la cathédrale. 

La **catliédrale ou ]!^otre - Dame de Reims (pi. C 4) , son prin- 
cipal édifice , est un des ouvrages les plus nobles et les plus riches 
de l'architecture gothique de la première période , fondé en 1212 
et achevé sans interruption par Roh, de Coucy et J. d'Orhais. Sa 
superbe * façade a trois beaux portails rentrants, ornés d'environ 
530 statues, plus ou moins mutilées ou endommagées par le temps. 

Chose singulière, les tympans des portails ont des rosaces au lieu de 
sculptures, mais les côtés et les voussures en sont très richement décorés, 



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à Metz. REIMS. I. B. 2. 23 

et il y en a également aux frontons. Principales seulptures du portail du 
milieu : des deux côte's et au fronton, scènes de la vie de la Vierge ^ dans 
la voussure, les Anges, les Ancêtres de la Vierge, les Martyrs, les Con- 
fesseurs et les Vierges -, aux chambranles , les mois et les saisons, etc. — 
Portail de g. : des deux côtés, les Saints fondateurs de l'église de Reims, 
les Anges gardiens, les Sciences, les Arts; au linteau, la Conversion de 
St Paul; au fronton, dans la voussure et dans l'arcade voisine, des scènes 
de la Passion de J.-C. et l'Invention de la Ste Croix. — Portail de dr. : sur 
les côtés, les Patriarches, les Apôtres, des Anges , les Vices , les Vertus ; 
au linteau, l'Histoire de St Paul-, au fronton, dans la voussure et dans 
l'arcade voisine , la Fin du monde, d'après l'Apocalypse. 

La grande *rose, entre les tours, a plus de 12m. de diamètre. 
Il y a sur les côtés deux grandes fenêtres et cet étage est encore 
garni de sculptures: à g., J.-C. en pèlerin; à dr., la Vierge; puis 
des apôtres, David, Saiil, l'Histoire de David et de Salomon, David 
et Goliath. Au-dessus, sur toute la largeur de la façade, est une 
série de niclies avec 42 statues colossales représentant le baptême 
de Clovis, au milieu, et des rois de France, sur les côtés. Les deux 
magnifiques *tours de cette façade , percées de grandes fenêtres et 
flanquées de tourelles aériennes , ont 81 m. 50 de hauteur. Leurs 
flèclies ont été détruites en 1480 par un incendie, qui en a égale- 
ment consumé cinq autres au transept. Il en reste encore une de 
18 m. de liaut sur le chevet, ayant des statues colossales. 

Le ^portail latéral du N. est aussi fort remarquable ; il est dé- 
coré de statues d'évêques de Reims, de Clovis, etc. Il y a sur le côté 
une seconde porte bouchée dont on admire le tympan, représentant 
le jugement dernier, et surtout le Christ bénissant ou Beau -Dieu, 
chef-d'œuvre de l'époque ogivale primitive. — Le portail latéral du 
S. se trouve masqué par l'archevêché. — On remarquera encore les 
statues des niches couronnant les contreforts et la belle galerie à jour 
à la naissance du toit. 

L'intérieur, en forme de croix et à trois nefs, a 138m. 70 de longueur, 
30m. 10 de largeur et 38m. de hauteur. Le transept, qui est court, a 
aussi trois nefs. Il est plus rapproché du chevet que dans la plupart des 
autres églises du moyen âge, ce qui fait qu'on a agrandi le chœur aux 
dépens de la croisée et même de la grande nef (2 travées). Pour le reste, 
l'intérieur est plus simple que l'extérieur, excepté les bordures des portes, 
qui sont décorées de 122 magnifiques statues dans des niches. Celles de 
la grande porte représentent le martyre de St Nicaise. La plupart des 
fenêtres ont de beaux vitraux du xiii^s. — Il faut mentionner ensuite 
une très riche collection de tapisseries et divers tableaux, dans la nef et 
dans le transept. Tapisseries: ladites de Lenoncourt, d'après le donateur 
(1530), et représentant les événements principaux de la vie de la Vierge ; 
2 dites du «fort roi Clovis», données en 1573, mais plus anciennes; 2 dites 
de Pepersack (15 autres non exposées), du xvii^ s., et moins remar- 
quables, et 2 magnifiques gobelins modernes d'après Raphaël, St Paul à 
Lystre et à l'Aréopage. — Tableaux: dans le bras dr. du transept, la Na- 
tivité de J.-C, par le Tintoret; J.-C. apparaissant à la Madeleine, par le 
Titien ; le Christ aux anges , par Thad. Zucchero ; la Manne au désert , par 
Poussin; — dans le bras g., le Baptême de Clovis, par Ab. de Puj.ol; le 
Lavement de pieds , par Jér. Mutiano ; Jésus sur la croix , par Germain, 
de Reims, etc. — U'horloge à figures mobiles, à côté de ces derniers 
tableaux, est du xvi® s. 

Le trésor renferme de précieux ouvrages d'orfèvrerie, entre autres des 
reliquaires, un calice et des ostensoirs des xii^^-xiveg., le reliquaire delà 



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24 /. R. 2. REIMS. De Paris 

Ste-Ampoule, fait pour le sacre de Charles X, des vases et des ornements 
ayant servi aux sacres de divers rois, etc. 

C'est dans cette cathédrale que les archevêques de Reims, en leur 
qualité de métropolitains du royaume, couronnaient les rois de France 
depuis 1173. On choisit probablement Reims pour la solennité parce qu'elle 
possédait la Ste-Ampoule, qu'un ange était censé avoir apportée du ciel au 
baptême de Clovis par St Bemi, archevêque de cette ville, en 496. Depuis, 
tous les rois de France y ont été couronnés, sauf Henri IV, qui le fut à 
Chartres, et Louis XVIII et Louis-Philippe qui ne l'ont pas été. 

A dr. de la cathédrale est le palais archiépiscopal (pi. B 4), 
qu'on peut visiter en s' adressant au concierge. C'est un grand et 
beau palais des xv^-xvii® s. On y voit l'appartement occupé par les 
rois à leur sacre , la salle où se donnait le festin royal, et une belle 
chapelle du xiii® s., à deux étages. La chapelle basse renferme un 
petit musée lapidaire, comprenant, entre autres, un autel romain 
des quatre dieux, un bas-relief représentant un ouvrier sur un che- 
valet et surtout le *cénotaphe de Jovin , préfet de la Gaule celtique 
au IV® s. Il est fait d'un seul bloc de marbre blanc, long de 2 m. 78 
et large de 1 m. 50, et il est décoré d'un beau bas-relief représentant 
une chasse au lion. 

Une petite rue à g. du chevet de la cathédrale conduit à la jplace 
iJoi/a^e (pi. 03), d'une architecture uniforme, d'après Soufflot. Elle 
est décorée d'une statue de Louis XV, en bronze, refaite en 1818 par 
Cartellier, l'original, par Pigalle, ayant été détruit à la Révolution. 
Les statues placées au pied, la Douceur du gouvernement et la 
Félicité des peuples, sont encore de Pigalle. 

La grande rue Royale, au N., mène à la place des Marchés. Dans 
une petite rue à dr. de cette place, la rue de Tambour, n^® 18 et 20, 
la maison des Musiciens , la plus curieuse des vieilles maisons de 
Reims ; elle a cinq niches décorées de figures de musiciens assis. 

L'hôtel de ville (pi. C 3) , où conduit plus loin la rue Oolbert, 
est un bel édifice du style de la renaissance, commencé sous 
Louis XIII , mais achevé seulement de nos jours. Il est surmonté 
d'un haut campanile et le fronton est décoré d'une statue équestre 
en haut -relief de Louis XIII. Il renferme la bibliothèque^ qui 
compte plus de 60000 voL et 1500 manuscrits, et qui est ouverte 
tous les jours sauf le lundi, de 10 h. à 4 h. — Là aussi est un petit 
musée de peinture et d'antiquités, public les dim. et jeudi de 1 h. 
à 4 h. en hiver et 5 en été , mais qu'on peut aussi voir les autres 
jours. Les tableaux n'occupent qu'une galerie, et il n'a guère de 
remarquable que quelques tableaux des écoles allemande, flamande 
et hollandaise , un grand tableau à volets de l'école de Reims du 
XV® s. et diverses toiles modernes. Au 2® étage est une grande mo- 
saïque trouvée sur les promenades, mesurant 11m. sur 8 et re- 
présentant les jeux de l'amphithéâtre. 

La rue de Mars, à dr. derrière l'hôtel de ville, nous mène ensuite 
au monumentleplus important de l'époque romaine à Reims, la porte 
de Mars (pi. B 2), maintenant isolée, à l'extrémité E. de la promenade 
du côté de la gare. C'est un arc de triomphe à_trois baies, celle du 



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à Metz, REIMS. ï, B. 2. 25 

milieu plus élevée que les deux autres. On en fait remonter la con- 
struction au IV® s. de notre ère. Les restes de ses huit colonnes 
corinthiennes à l'opposé de la ville sont très beaux. On remarque 
ensuite, à dr.;, l'encadrement d'une niche vide à fronton, des bas- 
reliefs représentant des nymphes; au-dessus, deux génies; un mé- 
daillon avec une tête en haut-relief, deux caducées et deux autres 
génies. Le reste est informe , sauf quelques petits détails. 

Le faubourg de Laon, au delà du boulevard, a une église moderne 
dans le style du xiv© s. , St-Thomas^ qui renferme le tombeau du car- 
dinal Gousset, archevêque de Eeims (m. 1866), avec sa statue, par Bon- 
nassieux. 

Reims possède encore un monument très remarquable, St-Remi, 
à plus de 2 kil. au S. de la porte de Mars, par les rues qui traver- 
sent la ville à peu près en ligne dr. (tramway, v. le plan). 

*St-Eemi (pi. D 5-6) est une anc. église abbatiale, la plus vieille 
de Reims. Sa fondation remonte à Tan 852, mais elle a été en partie 
reconstruite aux xi® et xii^s. , et le portail méridional du transept 
est même de la fin du xv^s. La façade est du style gothique du 
XII® s., sauf ses deux tours, qui sont romanes. La nef est également 
romane, mais le chœur est du style goth. et la partie S, du transept, 
du style flamboyant. 

*L'iKTÉRiEUR présente un ensemble plein de majesté. Il y a des galeries 
au-dessus des collatéraux, celle de g. renfermant des tapisseries du xvi® s., 
données par Eob. de Lenoncourt, comme celles de la cathédrale. Les fenêtres 
du chœur ont encore de magnifiques vitraux des xiS-xiii^s. Le chœur 
s'avance dans la nef comme à la cathédrale. Il est en partie entouré 
d'une belle clôture en marbre du temps de Louis XIII. Les cinq chapelles 
de l'abside ont des arcades à colonnes très élégantes. Derrière le maître 
autel se trouve le Honibeau de St Remi^ du style de la renaissance, mais 
refait pour la troisième fois en 1847. C'est une sorte de temple en 
marbre de plusieurs couleurs. Au chevet se voit le saint baptisant Clovis 
et tout autour sont des statues en marbre blanc représentant les 12 pairs 
de France, les évêques de Reims, Laon, Langres, Beauvais, Châlons et 
Noyon, les ducs de Bourgogne, de Normandie et d'Aquitaine, et les comtes 
de Flandre, de Champagne et de Toulouse. — Le bras S. du transept 
renferme un St-Sépulcre de 1531 et trois hauts-reliefs de 1610, les Baptêmes 
de J.-C, de Constantin et de Clovis. — Il y a aussi quelques tapisseries 
à la sacristie. Le trésor possède une crosse émaillée du xiii© s., 30 émaux 
de Limoges , etc. Le sacristain (rue St-Remi , 6), mène à la galerie des 
tapisseries. • 

V Hôtel-Dieu^ à côté de l'église, est l'anc. abbaye de St-Remi. 
Il y a un beau cloître , en partie du style roman.- 

On peut visiter à Reims quelques caves à Champagne , en particulier 
celles de Rœderer, route de Châlons (pi. E 6), et celles de Mme Pommery, 
en le demandant rue Vauthier-le-Noir, 7, près du Lycée (pl.C4). 

n. De Eeims à Metz, par Verdun. 

(Reims - Châlons). 

217 kil. Trajet en 9 h., 11 h. et 12 h. 15. Prix: 21 fr. 50, 15 fr. 90, 11 fr. 65. 

Cette ligne suit un instant celles de Laon et de Mézières-Char- 

leville, puis tourne à dr. et fait un grand circuit autour de la ville, 

pour regagner la vallée de la Vesle , qu'elle remonte jusqu'à St- 

Hilaire. Elle traverse les plaines monotones de la Haute-Champagne. 



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26 J. B. 2. RETHEL. De Paris 

— a kil. Sillery, renommé par son vin. A dr., un château moderne. 

— 21 Ml. Thuisy. — 25 kil. Sept-Saulx. — 30 kil. Mourmelon, 
stat. à g. de laquelle s'étend le vaste camip de Châlons (12000 hect), 
très important avant 1870, mais qui ne sert plus maintenant que 
temporairement, pour des exercices. — 40 kil. St-Hilaire- au- Temple. 
où l'on rejoint la ligne de Metz par Châlons et Verdun (p. 17). Il 
est probable que c'est ici qu'eut lieu la fameuse bataille de Châlons, 
dans laquelle Attila fut vaincu par Aétius , en 451. 

D. Par Reims et Mézières - Charleville. 

(Givet et Namur; Luxembourg). 

412 kil. si l'on va à Reims par Soissons, 424 kil. en s'y rendant par 
Epernay. Trajet en 13 h. 15 et 16 h. 15 dans le premier cas, en 12 h. 50 et 16 h. 25 
dans le second. Pas de billets directs. Prix: jusqu'à Audun (frontière), 
44 fr. 20, 33 fr. 15, 24 fr. 35 ^ de là à Metz, env: 6 fr. 25, 4 fr. 35, 2 fr. 75. 

Jusqu'à Reims (160 ou 172 kil.), v. p. 20 à 22. On laisse en- 
suite à g. la ligne de Laon, à dr. celle de Yerdun-Metz, et on tra- 
verse les plaines monotones de la Haute - Champagne. — 180 kil. 
(de Paris par la ligne de l'Est, 12 de moins par celle du Nord) 
Witry -Us -Reims. — 189 kil. Bazancourt. 

Embraîîch. de 53 kil. sur Challerange (v. ci-dessous) , par la vallée 
industrielle de la Suippe, qui a surtout des filatures et des tissages de 
laine. Stat. principales: (14 kil.) Pontfaverger , (17 kil.) Bétheniville. 

200 kil. Le Châtelet. — 202 kil. Tagnon. On passe par un 
tunnel de 750 m. dans le bassin de l'Aisne , contrée un peu plus 
accidentée que les plaines de la Champagne. 

211 kil. Rethel, ville de 7432 hab., en partie sur une colline, 
à dr. de V Aisne et du canal des Ardennes ou de l'Aisne à la 
Meuse , qu'on traverse en arrivant. Elle n'a guère de curieux que 
son église principale , composée de deux églises de dimensions et 
de styles différents accolées dans le sens de la longueur , la partie 
la plus ancienne, du xiii^ s., ayant appartenu à un prieuré. Port 
important sur le canal. 

220 kil. Amagne-Lucquy. Ligne d'Hirson, v. p. 43. 

D'Amagne-Lucquy a Revigny (Bar-le-Duc) : 109 kil. ; 5 h. et 6 h. 15; 
13 fr. 50 10 fr. 15, 7 fr. 35. — 10 kil. (3^ st.) Attigny (hôt. du Cheval- Blanc), 
bourg jadis assez célèbre, sur V Aisne et le canal des Ardennes. Les rois 
de la première et de la seconde race y eurent un vaste et magnifique 
palais, construit vers le milieu du xii^ s. Witikind y fut baptisé en 786, 
Louis le Débonnaire y fit pénitence publique en 822 , et il s y tint des 
assemblées de la nation et des conciles. 11 reste maintenant peu de ebose 
de ce palais, le Dôme, une sorte de porcbe où est l'hôtel de ville. On 
remarque aussi Véglise, du xiii© s. — Le chemin de fer remonte ensuite 
la vallée de l'Aisne. — 27 kil. (7^ st.) Vouziers (hôt. du Lion -d- Or), ville 
de 3737 hab., dans un beau site, sur la rive g. de l'Aisne, avec une église 
remarquable des xv^ et xvi® s., surtout le portail. — 41 kil. (U^ st.) Chal- 
lerange. Embraneh. de Bazancourt, v. ci -dessus. 

Embranch. de 26 kil. sur Apremont , par la belle vallée de VAxre et 
Grandpré (10 kil.), qui a donné son nom à un défilé de l'Argonne, où passe 
la voie. Apremont est un village qui a des forges considérables. 7 kil. 
au S.-O. se trouve la petite ville de Varennes-en-Argonne, connue par 1 ar- 
restation de Louis XVI dans sa fuite, en 1791, et 11 kil. plus loin, Cler- 
mont-en-Argonne (p. 18). 



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à Metz. MÉZIÈRES-CHARLEVILLE. I. R. 2. 27 

60kil. (15^ st.) Vienne -la -Ville, rAxuenna de l'Itinéraire d'Antonin, 
sur la route de E-eims à Metz par Verdun. — 66 kil. Laneuville - au - Pon% 
bourg avec un pèlerinage, une chapelle moderne dans un joli site, sur 
un coteau à 1/4 d'h. à dr. de la voie. Le bourg , à g., a une église re- 
marquable des xive-xvi^s. — 71 kil. JSie-Menehould-Guise , halte au N.-O. 
de la ville. 

73 kil. Ste-Menebould (p. 18). Le chemin de fer remonte encore quelque 
temps la vallée de l'Aisne, puis celle de l'Ante, son affluent, pour gagner 
celle de TOrnain. — 109 kil. Revigny (p. 9). *- t> & 

228 kil. Saulces-Monclm, Maintenant commencent les forets et 
les montagnes des Ardennes, et le pays devient plus pittoresque. — 
236 kil. Launois. — 244 kil. Poix-Terron. — 248 kil. Guigni- 
court-sur-Vence. — 251 kil. Boulzicourt. Plus loin, à g., la grande 
poudrerie de St-Ponce. Puis, à dr., la ligne de Sedan - Thionville, 
où l'on revient après avoir été jusqu'à Mézières - Charleville. — 
258 kil. Mohon, oii sont des ateliers du chemin de fer. On tra- 
verse la Meuse, un petit tunnel et un second pont sur la Meuse, qui 
fait un grand circuit à g. 

260 kil. Mézières-Charleville (buffet; hôt., à Charleville: du 
Lion-d' Argent, rue Thiers, 20 ; non loin de la gare ; Grand-Hôtel, 
H. de l'Europe; H. du Nord, près de la gare, bon), stat. pour les 
deux villes de Mézières et de Charleville, l'une à g., l'autre à dr. au 
sortir de la gare. 

MÉZIÈRES est une ville de 6674 hab., le chef-lieu du départ, des 
Ardennes et une anc. place forte , dans la presqu'île de la Meuse 
qu'on traverse en arrivant du S. en chemin de fer. 

Les principaux événements de son histoire sont le siège que Bayard 
y soutint victorieusement en 1521, pendant 28 jours, avec 2000 hommes 
contre 35000 Impériaux , et un siège de 42 jours en 1815, contre 20000 Alle- 
mands, celui-ci suivi d'une capitulation honorable, après la pacification 
générale. La place fut encore investie trois fois en 1870 et bombardée 
du 30 déc. au 2 janv. 1871, où elle dut capituler. La citadelle et les 
fortifications sont démolies depuis peu. 

Il faut 20 min. pour arriver de la gare à Mézières , en longeant 
Charleville au S. A dr., en deçà du pont qui les réunit, le monu- 
ment des Ardennais, un groupe de soldats mourants, par A. Croisy, 
érigé en mémoire des victimes de la guerre de 1870-71. — L'église 
paroissiale, le seul édifice remarquable de Mézières, dont on aperçoit 
de loin la tour de la renaissance, est une belle église goth. des 
xv®-xvi^ s., restaurée depuis le dernier siège. On en remarque sur- 
tout le portail latéral du S., d'une grande richesse d'ornementation. 
C'est dans cette église que fut célébré, en 1570, le mariage du roi 
Charles IX avec Elisabeth d'Autriche. 

Charleville, qui compte 16 906 hab., est pour ainsi dire la 
partie industrielle et commerçante de Mézières, condamnée à rester 
une petite ville morte, dans les limites restreintes de sa presqu'île. 
Elle a été fondée en 1606 par Charles de Gonzague , duc de Nevers 
etdeMantoue, gouverneur de la Champagne. Un beau boulevard, 
qui rejoint la rue venant du chemin de fer , conduit du pont de 
Mézières au centre de Charleville, la place Ducale , place à arcades 
qui ressemble à celle des Vosges de Paris, la seule partie remarquable. 



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28 /. R. 2. SEDAN. De Paris 

La Meuse forme au N. une presqu'île dans le genre de celle de 
Mézières, mais moins considérable, où se trouve le Mont-Olympe, 
colline jadis fortifiée et maintenant propriété particulière. 

Charleville a pour spécialités la ferronnerie, la fonte moulée et 
la serrurerie. 

Ligne à'Hirson, Aulnoye^ Valenciennes^ Lille ^ Calais^ v. p. 43,40,63, 66, 
73 et 87; ligne de Givet-Namui\ p. 44. 

En continuant le trajet de Mézières-Charleville dans la direction 
de Sedan, Thionville et Metz, on revient sur la ligne de Reims 
jusque passé la stat. de Mohon (p. 27), puis on prend à g. par ]a 
vallée de la Meuse. — 266 kil. Nouvion - sicr - Meuse. — 269 kil. 
Vrigne -Meuse. Tramway pour Vrigne- aux -Bois (5 kil.), localité 
importante par ses fabriques de quincaillerie et ferronnerie. — 
272 kil. Donchery. C'est ici que l'aile g. des armées allemandes 
franchit la Meuse , dans la bataille de Sedan , pour couper la re- 
traite à l'armée française du côté de Mézières. La voie traverse le 
fleuve. Immédiatement à dr., le château de Bellevue, où Napoléon III 
se constitua prisonnier et où fut signée la capitulation de Sedan, le 
2 sept. 1870. La Meuse forme ici à g. la presqu'île d'Iges, où 
l'armée française fut retenue dix jours prisonnière après la capi- 
tulation. En face, à dr., les hauteurs de Frenois, où était le quartier 
de rétat-major allemand durant la bataille. C'est donc de ce côté 
et plus loin à l'E. que prirent position les armées allemandes, tandis 
que les Français occupaient en face les premières hauteurs autour 
de Sedan : à la fin de la bataille, ces hauteurs avaient été contournées 
par les vainqueurs , maîtres de celles qui les dominent au N. 

276 kil. Sedan (hôt.: de France, place ïurenne; de l'Europe, 
Grande-Rue; de la Croix-d'Or), ville de 19306hab. et anc. place 
forte sur la Meuse, fameuse par la bataille et la capitulation des 
1®^ et 2 sept. 1870 (p. 29). Son origine n'est pas très ancienne; 
elle appartint assez longtemps aux ducs de Bouillon (p. 30), et l'un 
d'eux ayant voulu se rendre indépendant, Henri IV l'assiégea et la 
prit au bout de trois jours en 1591. C'est une ville assez bien bâtie 
et prospère grâce à son industrie , la fabrication de draps fins très 
célèbres; mais elle offre peu de curiosités aux étrangers. Ses fortifi- 
cations sont aujourd'hui démolies et en partie remplacées , sur les 
bords de la Meuse, par de très belles maisons. La ville a subi de 
ce fait une transformation étonnante. La gare ayant été reportée 
plus au S.-Ë. , près de la Meuse, on entre maintenant d'ordinaire 
dans la ville par un quartier neuf, avant lequel on traverse le fleuve 
au-dessus de la prairie de Torcy (v. ci-dessous). L'avenue Philippo- 
teaux passe à la place d'Alsace-Lorraine, à l'extrémité S. de la ville. 
On y remarque le collège et U fondation Crussy, qui comprend un 
asile et un petit musée. De cet endroit, l'avenue du Collège conduit 
à la place d'Armes, où est V église paroissiale ^ qui n'a rien de curieux. 
C'est à l'extrémité de la ville au delà de l'église que se trouvait le 
château- citadelle, dont on n'a conservé que le donjon, du xv® s. — 



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à Metz. SEDAN. /. R, 2. 29 

La Grande-Rue, à la suite de l'avenue du Collège, aboutit de l'autre 
côté à la place Tuienne , qui est décorée d'une statue de Turenne, 
en bronze , par Goix , érigée en 1823. Le célèbre maréchal , né à 
Sedan en 1611 (m. 1675), était fils de Henri de la Tour-d'Auvergne, 
vicomte de Turenne et duc de Bouillon, qui fut mêlé à tous les 
complots de la cour contre Ricbelieu et dut céder sa principauté de 
Sedan à Louis XIII, pour avoir la vie sauve. — La Meuse, faisant 
un grand circuit à l'E. , vient passer près de cette place. En la 
traversant, on se trouve encore dans un beau quartier neuf, puis 
dans une prairie que traverse le viaduc de Torcy , Plus loin, au 
delà d'un canal de navigation, est le faubourg de Torcy, avec une 
église et un couvent modernes du style gothique. La rue qui passe 
devant l'église ramène à la gare. 

Bazeilles, village à 1 h. au S.-E. de' Sedan (stat., v. p. 31), est 
surtout l'endroit que visitent les personnes s'intéressant aux événe- 
ments de 1870-71. On n'a qu'à continuer, en appuyant deux fois à 
dr., par la rue qui forme le prolongement de la Grande-Rue au delà 
de la place d'Armes. 

C'est en eftet de ce côté et plus particulièrement aux alentours de 
Bazeilles que fut le centre de la bataille de Sedan ^ le l^r sept 1870 
L'armée de Mac-Mahon, partie du camp de Châlons (p. 26) pour se porter 
au secours de celle de Bazaine à Metz, par Montmédy (p. 31), avait été 
rejetée sur Sedan par les armées du prince royal de Prusse et du prince 
de Saxe, cette dernière déjà victorieuse le 30 août au combat de Beau- 
mont Cp. 30). Le passage de la Meuse s'était surtout efifectué du côté 
de Bazeilles, et les Français occupaient les hauteurs de la rive dr. de la 
Givonne, petit affluent de la Meuse qui passe derrière Bazeilles, soit les 
hauteurs de la Moncelle, Daigny et Givonne (p. 30), leurs lignes se prolon- 
geant à rO., par Illy et Floing^ jusque vers la presqu'île d'Iges (p. 28). Ba- 
zeilles et la Moncelle furent d'abord les points les plus disputés, depuis 
4 h. 1/2 du matin jusqu'après 10 h. ; ce furent ensuite Daigny et Givonne et 
finalement Illy, où les armées allemandes opérèrent leur jonction vers 2 h. 
du soir. Alors se terminait en faveur des Allemands une des plus impor- 
tantes batailles des temps modernes. Des considérations politiques avaient 
dicté les ordres qui forçaient Mac-Mahon à se porter vers le nord les 
chefs allemands avaient eu l'habileté de l'acculer dans le fond de Sedan 
deux changements de commandement (Ducrot, de Wimpflfen) à la suite 
d'une blessure dont le maréchal fut atteint dans la matinée, avaient amené 
de nouvelles complications , la bravoure d'une armée de 130000 hommes 
reconstituée a la hâte devait être impuissante contre deux armées déià 
victorieuses, comptant ensemble 240000 hommes. Lorsque la position 
d'Illy fut perdue, ce fut dans l'armée française une déroute complète; 
elle se porta dans le plus grand désordre vers Sedan, et une batterie 
allemande bombardant alors la ville des hauteurs de Frénois CP- 28), 
il n'y eut plus pour les vaincus qu'à périr inutilement ou se rendre! 
Napoléon III, qui se trouvait à Sedan, sans y avoir de commandement 
se constitua prisonnier, et la capitulation livra aux vainqueurs 88000 hom- 
mes, dont 1 maréchal, 39 généraux, 230 officiers d'état-major et 3000 
autres officiers, avec 10000 chevaux, 4000 canons, 70 mitrailleuses et un 
matériel énorme. Les Allemands eurent, dit-on, 10 000 hommes hors de 
combat et les Français 11000. 

A l'entrée de Bazeilles, à g. de la route , se trouve un estaminet 
ayant pour enseigne : A la Dernière Cartouche. C'est la dernière 
position défendue dans le village par l'infanterie de marine, sous 



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30 I. B. 2, ST-MIHIEL. De Paris 

le commandement de Martin des Paillères , contre les Bavarois de 
Von der Tann. C'est aussi la seule maison qui échappa à la des- 
truction et à l'incendie allumé par représailles, nombre d'habitants 
ayant pris part à la bataille. On y a organisé un petit musée, com- 
posé de toute sorte de menus objets recueillis sur le champ de ba- 
taille. Plusieurs pièces ont été conservées à peu près dans l'état 
où elles se trouvèrent après la bataille, notamment une chambre du 
premier étage, dans laquelle A. de Neuville a plac^ la scène du 
tableau dont l'estaminet a pris le titre pour enseigne. On peut 
toujours voir le musée et la chambre (pourb.). 

Le chemin à dr. de la route conduit dans le village , en passant 
près du cimetière, dont on a déjà aperçu de loin V ossuaire, avec sa 
petite pyramide. Pour le visiter , s'adresser au premier estaminet, 
dont le propriétaire est le fossoyeur (pourb.). Cet ossuaire, devant 
lequel a été rapporté un petit monument érigé à 500 Bavarois , se 
compose de deux rangées de caveaux, sur le sol desquels sont dépo- 
sés les ossements de 2035 Français et Allemands exhumés du champ 
de bataille. L'autre grand monument du cimetière n'a aucun rapport 
avec les événements de 1870. — Un monument en forme de pyra- 
mide tronquée a été érigé dans le village aux soldats français et 
aux habitants tués dans l'action. — On pourra reprendre le chemin 
de fer à la station de Bazeilles, plus bas . près de la Meuse (p. 31). 

De Sedaîî a Bouillon : 19 kil. , chemin de fer en construction , voi- 
tures publiques (2 fr.). La route monte au N.-E. par le Fond de Qivonne, 
en traversant une partie du champ de bataille de 1870 Cp. 29). — 5 kil. 
Givonne. sur le ruisseau de ce nom, alors le centre des positions françaises. 
— 8 kil. La Chapelle , où est la douane française. Ensuite la forêt des 
Ardennes. Il y a d'ici une traverse plus courte de 3 kil. — 13 kil. Fron- 
tière belge. — 19 kil. Bouillon (hôt. de la Poste)^ ville d'env. 2600 hab., ane. 
capitale d'un duché indépendant, à la France de 1795 à 1815, puis réunie 
au Luxembourg et depuis 1839 à la Belgique. Elle occupe un beau site, 
dans une presqu'île de la Semoy , affluent de la Meuse. La principale 
curiosité de Bouillon est son château , sur un rocher isolé. Il faudrait 
une journée pour descendre à pied la vallée jusqu'à Monthermé (45 a 
50 kil.). Il y a de cette localité une route qui permet d'en visiter facile- 
ment la partie la plus importante (v. p. 45). 

De Sedan a L^rouville (Nancy) : 147 kil. (205 jusqu'à Nancy) ; 4 h. 50 
et 7 h., 10; 18 fr. 15, 13 fr. 65, 9 fr. 95. — 4 kil. Pont-Maugis, ou cette ligne 
laisse k g. celle de Metz pour remonter tout le temps, par la rive g. , la 
vallée intéressante de la Meuse. Embranch. de Raucourt, v. p. 31. — 
15 kil. (4e st.) Mouzon, toute petite ville d'origine antique et qui eut une 
certaine importance politique jusqu'au milieu de xvii^ s. Elle a une belle 
église des xiii^ et xv^ s. , reste d'une abbaye fondée au x^ s. — 25 kil. 
Létanne-JBeaumont^ stat. desservant la petite ville de Beaumont, à 2 kil. au 
S -0 où le général de Failly fut battu par le prince de Saxe, le 30 août 
1870 '— 39 kil. (7© st.) Stenay, petite ville lorraine et anc. place forte du 
Pays Messin. — 52 kil. (9® st.) Dun-Doulcon^ où la vallée se rétrécit. 

92 kil. (166 st.) Verdun (p. 18). On laisse à g. la ligne de Metz et à 
dr. celle de Châlons et Eeims, en contournant la ville au S.-O. La vallée 
présente encore ensuite des parties curieuses et resserrées, qui sont for- 
ifiées. A St-Mibiel, à g., les falaises de cette ville. 

130 kil. (226 st.) St-Mihiel (hÔt. du Cygne), ville de 6003 hab., sur la rive 
dr. de la Meuse. Elle s'est formée autour d'une abbaye de St-Michel et 
elle a eu jusqu'à deux châteaux forts. A côté se voient, au bord de la 



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à Metz. LONGWY. J. B. 2, 31 

rivière, les falaises de St-Mihiel, rochers calcaires de 20m. de haut. Au 
delà du pont , à dr., Vancienne abbaye , occupée par l' administration , et 
léghse St-Miehel^ beaux e'difiees en partie du xyii^ s. On remarque dans 
l'église une très belle Vierge de Ligier Richier (p. 10), au chœur- un 
Enfant avec des têtes de morts, peut-être par Jean Richier, dans la ire chap 
a dr. ^ le buflfet d'orgue, les stalles et des vitraux modernes. L'église St- 
Ehenne, dans la vieille ville, possède un *St- Sépulcre qui est le chef- 
d'œuvre de Ligier Richier. Cette partie de la ville a encore de vieilles 
maisons intéressantes, l'une d'elles, qui fut la sienne, avec un riche 
plafond par Ligier Richier, 

147 kil. (25e st.) Lérouville^ sur la ligne de Paris à ÎTancy, à 6 kîl de 
Commercy (p. 10). 

Le chemin de fer longe encore quelque temps la Meuse au delà 
de Sedan. — 280 kil. Pont-Maugis, d'où se détachent la ligne de 
Verdun -Lérouville (v. ci -dessus) et un embranch. de 10 ML sur 
Raucmrt (bouderies). La voie traverse ensuite la Meuse pour re- 
monter la vallée de la Chiers. — 282 kiL Bazeilles (p. 29). — 
286 kil. JDouzy. — 289 kiL Pourvu- Brevilly. — 293 kil. Sachy. 

298 kil. Carignan, ville industrielle de 2149 hab., jadis fortifiée 
et ainsi nommée quand Louis XIY l'eut érigée en duché-pairie en 
faveur d'Eugène -Maurice de Soissons, fils du prince de Carignan: 
elle s'appelait auparavant Yvois. — Emhranch. de 7 kil. sur Mes- 
sempré, qui a des usines métallurgiques. 

300 kil. Blagny. — 306 kiL Margui, — 313 kiL Lamouilly. 
— 319 kiL Chauvency. On aperçoit de loin, à dr., la citadelle de 
Montmédy, sous laquelle on va passer dans un tunnel de 817m. 

325 kiL Montmédy, ville de 3169 hab. et place forte de 2®-cL, 
dans un site pittoresque, sur la Chiers. Sa citadelle occupe une 
colline rocheuse et isolée à laquelle la ville doit son nom , dérivé 
de «Mons Médius». Elle fut prise par Louis XIV aux Espagnols en 
1657. Les Allemands l'avaient déjà bombardée en sept. 1870, après 
Sedan ; ils y revinrent en décembre et ne s'en rendirent maîtres 
qu'en la réduisant en ruines. — A 7 kil. au N., Avioth , qui a une 
belle église goth. des xiii^ et xiv^ s. 

Embranch. de 20 kil., par Velosnes - Torgny (v. ci -dessous), Ecouviez 
(frontière \ douane) et Lamorteau (douane belge), sur la petite ville belge 
de Virton, qui communique elle-même, par difiérentes lignes, avec celles de 
Longuyon à Arlon (v. ci-dessous), de Namur à Luxembourg par Arlon, etc. 

332 kil. Velosnes-Torgny (v. ci-dessus). — 337 kil. Vezin. En- 
suite plusieurs ponts et deux tunnels. 

346 kil. Longuyon (buffet -hôtel), localité industrielle de 
2750 hab., dans un beau site, au confluent de la Chiers et de la Crus- 
ne. C'est le centre de la production de la fonte dans le Nord-Est. 

De Loîîguyon a Luxembourg : 56 kil. ; 4 à 5 h. ; ligne de 24 kil. plus 
courte que celle qui passe par Thionville. De Paris, il n'y a que 402 kil. 
par cette voie, tandis qu'on en compte 459 par Chalons, Frouard et Metz, 
443 ou 455 par Reims et Verdun, etc. — On laisse a dr. la ligne de 
Thionville -Metz et remonte la vallée supérieure de la Chiers, dans la- 
quelle il y a d'abord deux petits tunnels. Jolie contrée; mines de fer et 
usines métallurgiques. — 9 kil. Cons-la-Qranville ^ qui a un beau château 
de la renaissance , à dr. de la voie. — 13 kil. Rehon. 

15 kil. Longwy (hôt. : de Paris, de la Croix-d' Or) , vUle de 6811 hab. et 
place forte de 2® cl., à la France depuis 1678. Elle fut assiégée et prise 



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32 L R. 2, LUXEMBOURG. 

par les Prussiens en 1792 et en 1815, la seconde fois seulement après 
3 mois de siège, et prise de nouveau en février 1871, après nn bom- 
bardement de 8 jours. Elle a d'importantes usines et une faïencerie, 
qui se trouvent à Longwy-Bas. Longwy-Eaui^ la partie fortifiée, sur un 
escarpement dominant la Chiers , est à près de 2 kil. de la gare par la 
route (omnibus), mais il y a des raccourcis pour les piétons. Elle pré- 
sente un joli coup d^œil et Ton y a une belle vue. — Ligne de 18 kil. 
sur ViUerupt^ desservant des hauts fourneaux. 

18 kil. Mont-St-Martin^ dernière stat. française (douane), avec une 
belle église romane et des aciéries. — 24 kil. Athm^ où est la douane 
belge et où se raccordent des lignes venant de Petange (6 kil.; v. ci- 
dessous) et de Virton (24 kil.-, p. 31). — 26 kil. Messancy. — 34 kil. Autel, 
où Ton rejoint la ligne de Namur (141 kil.) à Luxembourg. A 5 kil. du 
côté de Namur se trouve ^r?on, ville de 7200 bab. —38 kil. Sterpigny. — 
39 kil. Betiingen^ 1^*^ stat. luxembourgeoise. La visite de la douane n'a 
lieu qu'à Luxembourg. On croise la ligne de Bettemhourg (Luxembourg- 
Metz) par Petange (18 kil.; v. ci-dessus), au S., à Ettelbruck (36 kil.), au N. 
Encore 3 stat. et 

56 kil. Luxembourg (hôt. : Brasseur^ de Cologne)^ ville de 16700 hab., 
capitale du grand-duché de ce nom et anc. place forte de l'empire ger- 
manique. Elle occupe un site des plus pittoresques, sur un plateau 
rocheux et escarpé au-dessus de la Pétrusse et de VAlzetie, qui coulent 
dans des ravins de plus de 60 m. de profondeur. Un viaduc grandiose, 
sur la Pétrusse, relie la gare à la ville, qui offre en elle-même peu de 
curiosités, si ce n'est de petits musées, à hôtel de ville et à l'Athénée, à 
peu près au centre, où conduit le tramway qui passe à la gare. Là aussi, 
place Guillaume , est la statue de Guillaume III, par Mereié. A g. ou 
a rO., hors de la ville, un parc s'étendant du vallon de la Pétrusse à 
celui de l'Alzette. La ville basse, de ce côté, est très industrielle. Elle 
est traversée par les lignes de Spa et Trêves , et il y a près de la gare 
un viaduc de 30 m. de haut. Pour plus de détails et pour ces lignes et 
celle de Thionville (32 kil.), etc., v. Belgique et Hollande ou les Bords du 
Rhin, par Bsedeker. 

De Loîîquyoîî a Nancy (Metz par Conflans-Jarny et par Pagny-sur- 
Moselle) : 128 kil.; 3 h. 45 à 4 h. 20; 15 fr. 85, 11 fr. 90, 8 fr. 75. —'Cette 
ligne , qui fait partie de la route desservie par le train direct de Calais 
vers Nancy, Strasbourg et le sud de l'Allemagne, par Lille, Valenciennes, 
Hirson, Mézières-Charleville , Sedan, etc., s'embranche à dr. de la ligne 
de Thionville et descend vers le S.-E., à travers un pays assez uniforme. 
~ 42 kil. (6®st.) Conflans-Jarny , aussi sur la ligne de Verdun à Metz 
(p. 19). — 51 kil. Mars -la -Tour, où eurent lieu, durant la bataille de 
Eezonville, le 16 août 1870, des combats de cavalerie acharnés. Là aussi 
se trouve, en deçà de la station, un grand monument érigé aux soldats 
français morts dans la bataille. Il se compose surtout d'un groupe en 
bronze par Bogino, représentant la France qui soutient un soldat mourant, 
dont deux enfants reçoivent les armes. Alentour sont des caveaux pour 
les ossements de 10(X)0 morts. — 66 kil. (9^ st.) Onville. Embranch. de 
11 kil. sur Thiaucourt, bourg au S.-O., dans le joli vallon du Rupt de 
Mad, que la ligne principale va suivre aussi à l'E. — 74 kil. Pagny-sur- 
Moselle (p. 17), où l'on rejoint, près de la frontière, la ligne de Metz à 
Frouard (p. 12), stat. sur celle de Paris à Nancy (p. 12). 

Après Longuyon, la ligne de ïhion ville-Metz passe par un tunnel 
dans la vallée de la Crusne, qu'elle remonte quelque temps, en tra- 
versant plusieurs fois la rivière. — 355 kil. Pierrepont , dans un 
beau site. Puis un autre tunnel. — 361 kil. Mercy-le-Bas-Main- 
bottel. — 368 kil. Joppécourt-Fillières. Ou ressort de la vallée par 
un tunnel. 

370 kil. Audun-le-Eoman , stat. frontière. Douane française. 

379 kil. Fontoy, en ail. Fentsch. Douane allemande et heure 



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METZ. J. R, 2. 33 

d'Alsace, en avance de 26 min. sur l'heure de Paris. — Encore un 
tunnel, après lequel on descend dans la vallée de la Fentsch. — 
387 kil. Hayange (Hayingen) , gros village où sont des forges très 
importantes. 

394 kil. Thionville, en ail. Diedenhofen (hôt. : Lefebvre, St- 
Hubert)j ville de 7000 hab. et place forte sur la Moselle, souvent 
assiégée et prise, particulièrement en 1643 par le prince de Condé 
et en 1870 par les Allemands, le 24 nov., après deux jours de 
bombardement. 

De Thionville à Luxembourg (p. 32) , v, Belgique et Hollande ou les 
Bords du Rhin^ par Bsedeker; à Trêves (70 kil,), à Sarrehruck^ Sarregue- 
mines, etc., v. aussi les Bords du Rhin ou V Allemagne. 

La ligne de Metz remonte ensuite, au S., la vallée de la Moselle. 
— 400 kil. Uckange (Ueckingen). — 403 kil. Richemont (Reichers- 
berg). — 405 kil. Hagondange (Hagendingen) , centre des forges de 
la partie voisine de la vallée de l'Orne, que dessert une petite ligne 
industrielle (v. p. 19). — 412 kil. Maizières. — 421 kil. Devant- 
les- Ponts, stat. de Metz, près du fort Moselle (p. 34). La voie con- 
tourne ensuite la ville à une grande distance à l'O. et traverse la 
Moselle. A dr., la ligne de Paris -Verdun , puis celles de Paris- 
Frouard et de Sarrebruck et Strasbourg. — 424 kil. Metz. 

Metz. — Voir pour les détails les Bords du Rhin, par Bsedeker. 

hôtels: Orand-Hôtel (Europe), rue des Clercs, 4; Or.-H. de Metz ^ rue 
des Clercs , 3 , de premier ordre et chers ; de Paris , de France , place de 
Chambre, au N. de la cathédrale, etc. — Cafés sur l'Esplanade. 

Metz est une ville de 54716 hab. et une place forte de premier 
ordre, sur la Moselle, qui y forme plusieurs bras. Elle était déjà 
importante sous les Romains ; plus tard elle devint la capitale du 
royaume d'Austrasie, puis ville libre impériale, et elle fut annexée 
dès 1552 à la France , qui sut la défendre victorieusement l'année 
suivante contre Charles- Quint. La guerre de 1870 l'a fait tomber 
au pouvoir des Allemands , et elle est aujourd'hui la capitale de la 
Lorraine allemande. Les ouvrages de Metz ont encore été augmentés 
depuis 1870; ils forment une enceinte de 25 kil. de développement. 

De la gare , on arrive bientôt , par la rue Serpenoise , à la jplace 
Royale , derrière laquelle est la belle promenade de V Esplanade. 
Au commencement, la statue du maréchal Ney (1769-1815), en 
bronze, par Pêtre. De l'extrémité, belle vue sur la vallée de la Moselle. 

La cathédrale, plus loin, au centre de la ville, est un très bel 
édifice goth. des xiii®-xvi^ s. Le grand portail est une addition 
disgracieuse du xviii® s., mais il y a à dr. un beau portail latéral. 
On remarque surtout à l'intérieur les vitraux anciens du cho&ur et 
ceux du transept, qui sont modernes. — A côté est la place d'Armes, 
avec la statue du maréchal Fahert (1599-1662), de Metz, qui se 
distingua dans les campagnes de Louis XIV. 

Le musée, à la Bibliothèque, dans la rue Chèvremont, qui fait 
suite à la place d'Armes, comprend des collections d'antiquités ro- 

Bœdeker. Nord de la France. 2^ édit. 3 



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34 J. JR. 2, METZ. 

maines , d'histoire naturelle et de peintures. — On arrive un peu 
plus loin à un bras de la Moselle , en amont de l'Ile où se trouvent 
l'anc. préfecture, le théâtre, etc. Près de l'autre rive, en aval, est 
la porte Chambière, par où l'on va au cimetière de ce nom, qui ren- 
ferme un monument érigé aux soldats français morts ici en 1870. — 
Le quartier de l'île Chambière a un beau temple neuf du style go- 
thique. L'autre côté de l'île est formé par le bras principal de la 
Moselle, au delà duquel est le fort Moselle, près de la stat. de 
Devant-les-Ponts (p. 33). 

Champs de bataille autour de Metz. — Al'O., sur la route de Ver- 
dun sont les champs de bataille des 16 et 18 août 1870 ou de Rezonville et de 
Qravelotte. La visite s'en fait, en 9 à 10 h., soit avec une voiture de Metz 
(env. 30 fr. \ celles des grands hôtels, les meilleures, 35 fr.), soit à pied, en 
profitant du chemin de fer jusqu'à Novéant (p. 17) ou Amanvillers (p. 19). 

La bataille du 16 août eut lieu entre 138000 Français, avec 476 bouches 
à feu et 67000 Allemands, avec 222 bouches à feu. Les pertes des Français 
ont été de 17007 hommes, dont 879 officiers, et celles des Allemands de 
15780 hommes, dont 711 officiers. — Le chiffre des troupes engagées le 
18 août fut de 180000 hommes du côté des Français et 230000 du côté des 
Allemands. Les pertes des premiers se sont éleve'es à 12314 hommes, 
dont 609 officiers, et celles des seconds à 20 159 hommes, dont 899 officiers. 

Les champs de bataille du 14 août et des 31 août et 1^^ septembre 1870 
sont à l'E. de Metz. La bataille du 14 août, dite de Borny, fut le premier 
échec de l'armée française sous Metz, le premier retard apporté à sa 
retraite sur Verdun, que les journées suivantes allaient rendre impos- 
sible. La bataille des 31 août et l^r sept, fut le premier et le plus 
énergique des essais faits par Bazaine pour rompre les lignes de l'armée 
allemande, qui le cernait depuis le 19 août. La lutte se concentra sur- 
tout autour de Noisseville, à 8 kil. à l'E., sur la route de Sarrelouis. 

La capitulation de Metz, signée le 27 oct., livra aux Allemands, outre 
la place, 179000 hommes Cy compris 20000 blessés et malades), dont 3 ma- 
réchaux, 50 généraux et 6000 officiers, avec 53 aigles, 66 mitrailleuses, 
541 pièces de campagne et 800 pièces de rempart, etc. 

De Metz a Strasbourg. — A. Par Sarrebourg : 158 kil. ; 4 h. 8/4 à 5 h. ? 
14 c/f(. 60, 9 ^. 30 par l'express, 12 ^ 80, 7 e^. 50, 5 ^ 50 par les trains om- 
nibus. — 22 kil. (3® st.) Remilly, où s'embranche la ligne de Metz a Sarre- 
bruck. — 63 kil. (9© st.) Benestroff (Bensdorf), sur celle de Nancy à Sarre- 
guemines (p. 16). — 76 kil. (12© st.) Berthelming ^ où la ligne de Metz se 
raccorde avec celle de Sarrebruck à Strasbourg. — 88 kil. (14^ st.) Sarre- 
bourg, où l'on rejoint la ligne de Paris-]S"ancy à Strasbourg (p. 277). — B. Par 
Frouard et Nancy: 205 kil. 5 pas de trains directs ^ itinéraire, R. 2A et 30. 



3. De Paris à Namur (Liège, Cologne). 
A. Par St- Quentin, Maubeuge et Erquelines. 

(Paris- Mons- Bruxelles.) 

308 kil. Chemin de fer du Nord (gare, pi. de Paris BC 23-24). Trajet 
en 6 h 30à 11 h. Prix : 35 fr., 26 fr. 25, 19 fr. 05. La ligne de Bruxelles est 
la même que celle-ci jusqu'à Maubeuge (229 kil. ; p. 40). On va toutefois 
aussi à Bruxelles par la ligne plus longue et plus chère d Amiens, Valen- 
ciennes et Mons (R. 4 et 5) , où il y a également des trains directs et un 
train express avec 2^ cl. le matin, tandis qu'il n'y en a pas sur 1 autre. 

Les trains directs ne s'arrêtent pas aux stations de banlieue 
jusqu'à Chantilly. Un peu au delà des fortifications se détache à 
dr. la ligne de Soissons, Laon, etc. (v. p. 20). — 7 kil. St- Denis. 



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COMPIEGNE. J. R, 3, 35 

On aperçoit, à dr., la tour de son église neuve et plus loin celle de 
la cathédrale. Pour les détails sur cette ville et les stations de ban- 
lieue, V. Paris et ses environs, par Baedeker. On laisse ensuite à g. 
les lignes d'Amiens et duTréportparBeauvais(p. 47 et 92). — 11 kil. 
Pierrefitte-Stains. A dr., le nouveau fort de Garches. — 15 kil. 
y illier s-le-Bel'Gonesse. — 20 kil. Goussainville. —1^\il.Louvres. 
— 30 kil. Survilliers. Puis une forêt. — 36 kil. Orry- Coye, Plus 
loin un viaduc de 39 m. de hauteur. A dr., dans le bas, sur le bord 
d'un étang , une construction goth. moderne dite le château de la 
Reine-Blanche. Ensuite la forêt de Chantilly. 

41 kil. Chantilly {hot. du Cygne), ville de 4159 hab., où ont 
lieu des courses célèbres. La pelouse est près de la gare, à côté de 
la forêt. Vers l'extrémité, à g., les écuries monumentales des Cou- 
dés (xviii^ s.), dont Chantilly était la résidence, et plus loin, leurs 
deux châteaux et le parc. Pour les détails, v. Paris et ses environs. 

De Chantilly a Crépt-en- Valois : 36 kil. -, 55 min., 1 b. et 2 h. 25 5 4 fr. 55, 
3 fr. 40, 2 fr. 50. — Cet embranch. se détache de la grande ligne au delà 
du viaduc mentionné ci-dessous et tourne à dr. — 13 kil. (3^ st.) Senlis (hôt. 
de France)^ ville de 7127 hab., sur la Nonette^ la «civitas Sylvanectensium» 
des Romains. Elle a conservé en partie son enceinte g àllo -romaine^ et 
l'on y admire une ^cathédrale goth. des xiie-xvi^ s., avec un portail à bas- 
reliefs et à statues, deux tours carrées, dont Tune est surmontée d'une 
magnifique flèche s'élevaut à 78 m. du sol, etc. A voir encore, les ane. 
églises St -Pierre (xvi© s.) et St-Framhourg (xii^ s.) et l'anc. abbatiale de 
St -Vincent (xii© s.). — 36 kil. (6^ st.) Crépy - en -Valois (p. 20). 

En quittant Chantilly , on traverse la vallée de la Nonette sur 
un viaduc de 444 m. de long et 22 de haut. Belle vue. A g., un 
beau château moderne. Puis une tranchée , dans les carrières de 
St-Maximin, qui fournissent depuis le moyen âge une excellente 
pierre à bâtir. On franchit VOise. A dr., encore un beau, château 
neuf; à g., la ligne de Pontoise-Beaumont (p. 92), l'usine et le 
village de Montataire (5376 hab.), dominés par une belle église des 
XII® et XIII® s. et un château du xv® s. : station, v. p. 93. 

51 kil. Creil (buffet), vUle de 7418 hab., sur l'Oise, et l'une des 
stations les plus importantes du chemin de fer du Nord sous le 
rapport de la circulation. 'V église est des xii®-xv®s. Il y aune 
importante manufacture de porcelaine opaque, dans les dépen- 
dances de laquelle se trouvent les ruines de St-Evremont, église 
canoniale du xii® s. 

Ligne de Pontoise-Beaumont, v. p. 92. D'ici à Amiens, etc., v. E. 4; 
à Beauvais et au Tréport, R. 10. 

La ligne de St- Quentin -Maubeuge remonte ensuite la rive dr. 
de l'Oise, en laissant à g. la ligne d'Amiens. — 55 kil. Rieux-Angi- 
court. — 62 kil. Pont-Ste- Maxence (2401 hab.). — 72 kil. Lon- 
gueil-Ste-Marie, sur la ligne de Verberie (6 kil.) à Estrées-St-Denis 
(11 kil.; p. 36). — 75 kil. Le Meux, où s'embranche la ligne de 
Compiègne à Crépy-en-Valois (p. 36). 

84 kil. Compiègne fhôt.: de la Cloche, de Flandre), ville de 
14375 hab., sur l'Oise, de tous temps un des séjours favoris des 

3* 



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36 J. R, 3. NOYON. De Pans 

souverains de France et à laquelle se rattachent pour cette raison 
bien des souvenirs historiques. Elle est aussi connue comme le lieu 
où Jeanne d'Arc fut faite prisonnière par les Bourguignons , en 
1430. — 'L^hôtel de ville, où conduit la rue à dr. au sortir de la 
gare, est un bel édifice du commencement du xvi® s., avec un beffroi 
de 47 m. de hauteur et précédé d'une statue moderne de Jeanne 
d'Arc. Il renferme un petit musée de peinture et d'objets d'art. — 
Les églises St- Jacques et St- Antoine, sont du style goth., des xii^- 
xv*^s., mais peu intéressantes. — Le palais, à g. à l'extrémité de 
la ville, près de la forêt, a été construit sous Louis XV par l'archi- 
tecte Gabriel. Il est également peu remarquable comme édifice, mais 
il est richement meublé et décoré. On peut le visiter. Il renferme 
aussi une petite galerie de peinture et des objets d'art d'un intérêt 
secondaire. — La, forêt a 14509hect. de superficie. Elle est sillonnée 
d'une quantité de routes avec des poteaux, et l'on peut y faire d'a- 
gréables promenades, v. Paris et ses environs, par Baedeker. 

Embranch. de Clermont et Beauvais, v. p. 47. — Embranch. de 36 kil. 
sur Roye (Péronne et Cambrai; p. 64). — Embranch. de 40 kil. sur Soissons 
(p. 20), par la vallée de l'Aisne, se détachant du suiv. k Rethondes (ï Mh). 

De Compiègne a Villers-Cotterets, par Pierrefonds : 37 kil.t 1 h. 5 
à 1 h. 20; 4 fr. 55, 3 fr. 40, 2 fr. 50. A Pierrefonds : 17 kil. ; 30 à 45 min. ; 

2 fr. 05, 1 fr. 55, 1 fr. 15. Cette ligne traverse rOise et contourne la forêt 
au N. et à l'E. — Pierrefonds (hôt. : des Bains^ des Etrangers) est un village 
de 1750 hab., au bord d'un petit lac, où il y a des sources d'eaux miné- 
rales sulfureuses et ferrugineuses. Mais il est surtout célèbre par son 
magnifique * château féodal ^ bâti en 1390, par Louis d'Orléans, frère de 
Charles VI, un des plus forts et des plus remarquables de cette époque, 
et qui fut assiégé quatre fois par les troupes royales. Il appartient mainte- 
nant à l'Etat, et il a été parfaitement restauré dans ces derniers temps 
par Viollet-le-Due. C'est un édifice imposant, sur une éminence escarpée 
au-dessus du village. Huit grosses tours à mâchicoulis , de 35 m. de 
hauteur, et dont les murs ont jusqu'à 5 et 6 m. d'épaisseur, s'élèvent aux 
angles et au milieu de chaque face. L'entrée est au S. On y monte 
par la petite rue à g. de la place. — Pour Villers-Cotterets , v. p. 20. 

De Compiègne a Crépy-en- Valois : 35 kil. ; 1 h. à Ih. 5; 4 fr. 25, 

3 fr. 20, 2 fr. 35. On suit la ligne de Paris jusqu'au Meux (p. 35). — 16 kil. 
Vej'herie^ petite ville où résidèrent plusieurs rois mérovingiens et earlo- 
vingiens des viii^-ix^ s., mais qui n'a rien conservé de cette époque. 
Ligne de 17 kil. sur Longueil (p. 35) et Estrées-St-Denis (Boves-Amiens ; 
V, ci-dessous). — 24 kil. (4^ st.) Orrouy ^ village à Va ïi- au N.-O. duquel 
se trouve ChampUeu^ qui a une église en ruine du xii® s. et où l'on a dé- 
couvert de nos jours des restes de constructions romaines, un camp, un 
théâtre, un temple, etc.: le gardien demeure à Orrouy. — 35 kil. (7^ st.) 
Crépp -en- Valois (p . 20) . 

De Compiègne a Amiens : 73 kil. ; 2 h. 5 à 2 h. 15 ; 9 fr., 6 fr. 75, 4 fr. 95. 
— 15 kil. (2e st.) Estrées-St-Denis^ anc. chef-lieu de seigneurie, particulière- 
ment connu par la belle Gabrielle d'Estrées, maîtresse de Henri IV. 
Ligne de Verberie, v. ci -dessus. — 37 kil. (5^ st.) Montdidier (p. 64). — 
54 kil. (76 st.) Moreuil , bourg avec des restes d'un château fort considé- 
rable et d'un prieuré de bénédictins, surtout l'église, des xiv^etxv^s.— 
65 kil. (9e st.) Boves^ où l'on rejoint la ligne de Paris à Amiens (p. 47). 

92 kil. Thourotte. — 97 kil. lUbécourt. — 101 kil. Ourscamp, 
jadis célèbre par une abbaye de l'ordre de Cîteaux, dont il subsiste 
quelques restes. 

108 kil. Noyon f/iof . du Nord), ville de 6204 hab., le «Noviodu- 



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à Namur, ST- QUENTIN. /. E, 3, 37 

num Veromanduorum» des Romains, qui eut pour évêques StM^dard 
et St Eloi, où fut proclamé roi Carloman, frère de Charlemagne, et 
où ce dernier fut couronné seul roi, en 771. Noyon est la patrie de 
Calvin, qui y naquit en 1509. — Son anc. cathédrale est un des 
plus beaux monuments de l'époque de transition, des xi® et xii^s. 
Elle n'a rien de grandiose, mais elle présente un ensemble très 
harmonieux. Le plein cintre et l'ogive y sont réunis à dessein, car 
la seconde apparaît dans certaines parties à la base, surmontée d'ar- 
cades romanes. Deux tours inachevées, hautes de 62m., s'élèvent 
de chaque côté de la façade, malheureusement très mutilée. Dans 
la nef, les piliers carrés, flanqués de colonnes engagées, alternent avec 
des colonnes rondes. Il règne au-dessus des collatéraux un beau 
triforium à arcades en ogive et à plein cintre. Les extrémités du 
transept sont arrondies en abside comme à la cathédrale de Tournai, 
Le chevet incline légèrement à dr. Des neuf chapelles absidales, 
quatre sont carrées et cinq circulaires. Les chapelles de la nef ont 
été ajoutées plus tard. — Au N. de la cathédrale et derrière le 
chœur se voient encore la salle capitulaire et les restes d'un cloître 
du style gothique. 

116 kil. Appilly. — 124 kil. Chauny , ville industrielle de 
9052 hab., renommée pour ses blanchisseries de toile. Il y a aussi 
une fabrique de produits chimiques, à la société de St-Gobain. 

Embranch. de 15 kil. sur St-Gobain^ bourg célèbre par sa manufacture 
de glaces^ fondée en 1692, la plus importante de l'Europe, 

Embranch. de 25 kil. avLr Anizy (Soiasons -^ Laon; P- 41), ip&r Folembray 
(9 kil.), où se trouve une grande verrerie, et par Goucy-le-Ghâteau (13 kil.). 
Ce village est célèbre par son ^château en ruine, du xiii^ s., dont les 
fiers seigneurs eurent pour devise ; «Roi ne suys , ne prince , ne due , ne 
comte aussy; je suys le sire de Coucy». Ce château fort, démantelé par 
Mazarin, a été un des monuments les plus remarquables de la féodalité ; 
il occupait une superficie de 10000 m. carrés. Tout y est colossal et fait 
croire a une habitation de géants. «Le donjon, dit Viollet-le-Duc, est la 
plus belle construction militaire du moyen âge qui existe en Europe. 
Auprès de ce géant, les plus grosses tours connues ne sont que des 
fuseaux.» Il a 55 min. de hauteur et plus de 30 m. de diamètre ou 100 m. 
de circonférence. Les ruines appartiennent à l'Etat, et on peut les visiter. 

131 kil. Tergnier (buffet), stat. à laquelle des ateliers du chemin 
de fer donnent une certaine importance. — Ligne d'Amiens, v. p. 52. 

De Tergnier a Laoîî (Reims): 27 kil., partie de la route directe de 
Londres-Calais en Suisse, etc. (v. p. 52) ; 30 min. à 1 h. 15: 3 fr. 45, 2 fr. 55, 
1 fr. 85. — Cette ligne prend à TE., traverse le canal Crozat (v. ci-dessous), 
celui de l'Oise et la rivière elle-même. — 5 kil. La Fère, ville de 4951 hab. 
et place forte, avec une école d'artillerie fondée en 1719. Elle a été bom- 
bardée et prise par les Allemands en 1870. — 10 kil. Versigny. Em- 
branch. de 22 kil. sur Bercy-Mortiers (p. 43) , par la vallée de la Serre, 
affluent de l'Oise. — 17 kil. Crépy-Couvron. — Laon se montre de loin 
à dr. — 27 kil. Zaon (p. 41). 

La ligne principale, quittant les bords de l'Oise, longe un instant 
le canal Crozat , qui joint l'Oise à la Somme , puis le traverse. — 
141 kil. Montescourt. On se rapproche ensuite à g. du canal de 
St-Quentin. 

154 kil, St-Quentin {buffet-hôtel; H. d'Angleterre, place de 



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38 I.B,3. ST- QUENTIN. De Paris 

l'Hôtel-de-YUle; H. du Cygne, me St-Martin), ville de 47353 hab., 
sur une colline de la rive dr. de la Somme et à la jonction du 
canal du même nom et du canal Crozat. C'est une ville très in- 
dustrielle, ayant surtout d'importantes manufactures de tissus 
de coton et de laine. 

St-Quentin est d'origine antique; c'est r«Augusta Veromanduorum» des 
Romains, qui prit le nom du saint qui l'évangélisa et devint la capitale 
du comté de Vermandois. Deux batailles perdues par des armées fran- 
çaises sont les principaux événements de son histoire. Les Espagnols 
l'assiégeaient en 1557, lorsque l'armée envoyée à son secours par Henri II 
y fut battue par celle de Philippe II, qui fit ensuite bâtir, en souvenir 
de sa victoire, l'église, le couvent et le palais de l'Escurial. La seconde 
"bataille est celle du 19 janv. 1871, où l'armée du Nord, commandée par 
le général Faidherbe, fut défaite par le général de G-œben. 

On entre dans la ville en traversant la Somme et le canal de St- 
Quentin. De l'autre côté est la place du 8 Octobre, ainsi nommée 
en mémoire de la résistance victorieuse des habitants à une première 
attaque des Allemands le 8 oct. 1870. Elle est décorée d'un beau 
monument symbolisant la défense de la ville, par Barrias. 

La rue d'Isle monte de là à la gi-and' place , au N. de laquelle 
est Vhôtel de ville, monument très remarquable des xiv^-xv^ s., 
dont la façade se compose d'une galerie à sept arcades en ogive, de 
neuf belles fenêtres flamboyantes , flanquées de niches à dais pyra- 
midaux, aujourd'hui privées de leurs statues; d'une élégante ba- 
lustrade et de trois pignons à rosaces. On remarque surtout à l'in- 
térieur la salle du Conseil , avec sa double voûte en bois et sa che- 
minée monumentale, des styles goth. et de la renaissance. 

L'église St-Quentin, à peu de distance à l'E.. de l'hôtel de 
ville, est une anc. collégiale fort curieuse , mais malheureusement 
engagée dans des maisons. Elle est du style goth., des xii®-xv® s., 
en forme de croix archiépiscopale ou à deux transepts et à trois nefs, 
de 113 m. de long et 40 m. de haut sous voûte. Le grand portail, 
maintenant privé de ses statues , est une des parties les plus an- 
ciennes. La grande nef a de magnifiques fenêtres et un joli trifo- 
rium. Des chapelles y ont été ajoutées au xiv^ et au xv®s. ; celle 
des fonts, à dr., renferme un curieux retable en pierre de l'époque 
ou un peu moins ancien. Le premier transept a aussi un élégant 
triforium, du xiv^s. On remarque encore particulièrement cinq 
grandes chapelles absidales , dont l'entrée est formée par trois ar- 
cades , que soutiennent deux légères colonnettes. 11 y a sous le 
chœur une crypte, reconstruite au xin^s., qui renferme le tombeau 
de St Quentin et de ses compagnons, St Victoric et St Gentien. 

Sur la petite place près de l'église, la statue de Quentin Dela- 
tour, la célèbre pastelliste, originaire de St-Quentin (1704-1788), 
bronze par Langlet. — La ville a, rue du Palais -de -Justice, au 
delà de l'hôtel de ville, un petit musée, où sont consei-vés 80 pastels 
et dessins de cet artiste. — A l'extrémité de la même rue, le lyce'e, 
bel édifice moderne devant lequel est la statue de Henri Martin, 



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à Namur, LE GATEAU. J. R, 3, 39 

l'historien (1810-1883) , originaire de St-Quentin , bronze par M. 
de Vasselot. 

Embranch. de 40 kil. sur Guise , ville industrielle de 76T7 hab. , que 
domine un anc. château en partie du xvi® s. , occupé aujourd'hui par 
une petite garnison d'infanterie. A visiter aussi \e familistère de M. Godin, 
établissement industriel (fonderie, fabrique d'appareils de chauffage) 
doublé d'un phalanstère: on y est accueilli avec empressement. Guise 
est la patrie de Camille Desmoulins C1Î62-1794), le conventionnel. — 
Lignes en construction sur Laon (p. 41), le Gâteau (v. ci-dessous), et 
Hirson (p. 43). 

Embraîich. de 32 kil. sur Roisel (Vélu-Bapaume-Achiet; p. 64), par 
Vermand (12 kil.), où Ton a voulu voir l'^Augusta Veromandorum», 

163 kil. Essigny-le-Petit. — 171 kil. Fresnoy-le-Grand , gros 
village industriel. — 175 kil. Bohain, ville ancienne de 6705 hab., 
qui fut assiégée et prise un grand nombre de fols , depuis le moyen 
âge jusqu'à 1814 et 1815. — 181 kil. Busigny. 

Èmbrauch. de 49 kil. sur Somain. par Caudry (10 kil. ; v. ci-dr ssous), 
Cambrai (25 kil. ; p. 65) et Bouchain (d9kil.), ville de 1859 hab. et place 
forte sur l'Escaut, dont les environs peuvent être inondés. — Somain^ 
V. p. 59. 

Embranch. de 56 kil. sur Hirson, desservant plusieurs localités in- 
dustrielles : Eireux (19 kil. ; fonderies) , Buironfosse (34 kil. i; sabots) , le 
Nouvion-en- Thiérache (28 kil.), qui a 3209 hab. et des manufactures de 
tissus de laine. — Hirson^ v. p. 43. 

Passé Busigny, on laisse à g. la ligne de Cambrai et traverse la 
vallée de la Selle, sur un viaduc de 26 m. de hauteur. 

190 kil. Le Gâteau- Cambrésis, ville de 10007 hab., sur la Selle, 
redevable de son nom à un ancien château des évêques de Cambrai 
et connue par la paix de 1559, entre la France, FAngleterre et 
l'Espagne. C'est la patrie du maréchal Mortier, à qui l'on a érigé 
une statue en bronze, par Bra. Le Câteau a d'importantes filatures. 

Du Gâteau a Gambrai: 26 kil., ligne d'intérêt local, par Caudry- 
Gambrésis (12 kil. ; 7389 hab.), d'où il y a un embranch. de 13 kil., par 
Caudry-Nord (3 kil. 5 v. ci-dessus), sur Walincourt (2482 hab.). — La même 
ligne se prolonge à l'E. du Gâteau sur Catillon (10 kil. ; 2426 hab.). 

Embranch. de 39 kil. sur Valenciennes, par Solesmes (13 kil.), ville de 
6413 hab., ayant des manufactures de batiste, de linon, etc. ; ffaussy (17 kil.), 
localité industrielle où se voient les ruines d'un château du xii^ s. et où 
l'on a trouvé des antiquités romaines, et Trith (33 kil,), qui a de grands 
établissements métallurgiques et une fabrique de produits chimiques. — 
Valenciennes^ v. p. 60. 

197 kil. Ors. On arrive dans la vallée de la S ambre. — 202 kil. 
Landrecies, ville de 4251 hab. et place forte de 3® cl., sur la Sambre 
canalisée. C'est la patrie de Dupleix, à qui elle a érigé une statue par 
Fagel. Ensuite Id. forêt de Mormalj la plus importante du départ, du 
Nord (9103 hect.) ; à g., la ligne de Valenciennes ; à dr., celle d'Anor. 
— 208 kil. Hachette (Maroilles). — 216 kil. Aulnoye (buffet-hôtel). 

D'AuLNOYB A Valenciennes (Lille-Galais) : 34 kil. ; 40 min. à 1 h. 30; 
4 fr. 25, 3 fr. 20, 2 fr. 35. — 16 kil. Le Quesnoy (hôt. du Grand-Paris), ville 
de 3765 hab. et place forte, qui iit partie du Hainaut, passa à la maison 
de Bourgogne, puis à celle d'Autriche, et ne fut acquise à la France que 

Ïtar le traité des Pyrénées (1659). Les Autrichiens s'en emparèrent en 
793 après un bombardement de dix jours, mais elle leur fut reprise 
l'année suivante. A 2 kil. au N.-E., le château de Potelle, petit château 
fort bien conservé du xiv© s. Ligne de Gambrai et de Bavai, v. p. 66. — 
24 kil. Artres, stat. après laquelle on laisse à dr. Famars (Fanum Martis) 



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40 /. R. 3. MÀUBEUGE. De Paris 

où il y eut un oppidum romain et où l'on a fait sous la restauration des 
fouilles dans lesquelles on a découvert 28000 objets, bijoux, médailles, 
etc. — 31 kil. Le Poirier. — 34 kil. Valenciennes fp. 603. 

D'AuLNOYE A HiESOîî (Mézières) : 41 kil. ^ 55 min. à 2 h. 20; 5 fr. 05, 
3 fr. 75 , 2 fr. 80. — Cette ligne est la continuation de la précédente et 
forme, avec ses prolongements à l'E. , une route directe de Calais vers 
les bords du Rhin, desservie par des trains de grande vitesse. Elle tra- 
verse un pays accidenté et pittoresque. — 12 kil. (2^ st.) Avesnes (hôt. du 
Nord) y ville de 6092 bab. et ane. place forte, plusieurs fois détruite dans 
les guerres des xv^ et xvi® s. Le principal édifice est Véglise St-Nicolas, 
des xii® et xvi^ s., avec un clocher de 60 m. de haut, renfermant un 
beau carillon. Beaucoup de filatures de laine aux environs , surtout à 
AvesnelleSy un peu plus loin à dr. de la voie. Embranch. sur Sars-Poteries 
CMaubeuge), v. ci-dessous.— 19 kil. Sains (4235 hab.). — 28 kil. Fourmies, 
bourg industriel de 14T71 hab. (filatures de laine) , où aboutit la ligne 
de Valenciennes par Maubeuge (v. ci-dessous). — 33 kil. Anor (p. 44). — 

41 kil. Hirson (p. 43). 

La ligne principale suit toujours la vallée de la Sambre, qu'elle 
traverse plusieurs fois. Tuis Bâchant et Sf- Rémi -Mal -Bâti. — 
224 kil. Hautmont, localité industrielle de 9317 hab. On laisse 
ensuite à g. la ligne de Mons (v. ci -dessous). — Grattières, Sous- 
le -Bois et Louvroil. 

229 kil. Maubeuge (buffet-hôtel; H. du Nord), ville de 18329 
hab. et place forte de 1^^ cl., sur la Sambre, fondée au vii^s. autour 
de deux monastères, longtemps la capitale duHainaut et à la France 
depuis la paix de Nimègue (1678). Elle a été as.siégée inutilement 
en 1793 (bataille de Wattignies) et en 1814, mais elle a du capituler 
en 1815. C'est une ville militaire, industrielle et commerçante. 
Etablissements métallurgiques très importants: hauts fourneaux, 
fabriques de fers à cheval , de machines outils , etc. 

Ligne de Valenciennes, v. p. 63. 

De Maubeuge a Mons (Bruxelles): 21 kil.-, 1 h. 15 à 1 h. 45. On suit 
d'abord la ligne de Paris, l'espace de 1 kil., en repassant à Louvroil; puis 
on prend la direction du ÎT, — 3 kil. Feignies (buffet) , dernière stat. 
française. — 7 kil. Quévy (buffet). Visite de la douane belge. Heure de 
Bruxelles, en avance de 11 min. sur celle de Paris. — 15 kil. Frameries. — 
19 kil. Guesmes. Houillère de Mons, les plus productives de la Belgique. 

21 kil. Mons (hôt. de la Couronne) , chef-lieu du Hainaut, ville de 
24 100 hab., sur le Trouille. L'édifice le plus curieux de Mons est sa cathé- 
drale gothique, Ste-Waudru, des xv^ et xvi^ s. Le chœur, qui a de fort 
beaux vitraux, en est la partie la plus ancienne. La ville est dominée 
par un beffroi, bâti en 1662. 'L'hôtel de ville est un bel édifice du xv^s., 
avec une tour de 1718. Pour plus de détails et pour le trajet de là à 
Bruxelles, v. Belgique et Hollande, par Bsedeker. 

De Maubeuge a Hirson (Cousolre) : 54 kil. ; 1 h. 30; 6 fr. 65, 5 fr., 
3 fr. 65. — 6 kil. (2^ st.) FeriHère -la- Grande. Tramway à vapeur pour 
Cousolre, bourg à 11 kil. à TE., avec des marbreries et entouré de bois 
et d'étangs. — 17 kil. (5^ st.) Sars-Poteries, d'où un petit embranch. doit 
desservir Avesnes (v. ci-dessus). Verreries - gobletteries importantes. — 
21 kil. Solre- le -Château, bourg industriel dont le château n'existe plus. 
Eglise du xv6 s., avec de beaux vitraux anciens. Mairie et maisons du 
xvi^ s. — 28 kil. Liessies, qui a une anc. église abbatiale du xvi® s. Puis 
la, forêt de Trélon, de 3000 hect. , qui a des sites rappelant les environs 
de Spa. — 35 kil. Trélon, ville industrielle de 3946 hab., avec un château 
moderne, au comte de Mérode. — 41 kil. Fourmies (v. ci-dessus). — 46 kil. 
Anor (p. 44). — 54 kil. Hirson (p. 43). 

232 kil. Assevent, — 235 kil. Recquignies. Verrerie à glaces. — 



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à Namur. LAON. /. R. 3. 41 

Puis Rocq et Marpent, — 238 kil. Jeumont (buffet), dernière stat. 
française. Douane en venant de Belgique, pour les bagages non 
enregistrés directement à destination de Paris. 

241 kil. Erquelines (buffet). Douane belge, sauf pour les colis 
enregistrés qui ne font que traverser la Belgique. Heure de Bru- 
xelles, en avance de 11 min. sur celle de Paris. La voie continue 
de courir dans la vallée sinueuse de la Sambre. 

255 kil. (5® st. belge) Thuin, petite ville bien située, à dr., sur 
une hauteur. — Encore 2 stat. sans importance. 

271 kil. Charleroi (buffet) , ville très industrielle et place forte 
d'env. 17000 hab., fondée en 1666 par Charles II d'Espagne. — 
Enfin 9 stat., toujours dans la vallée de la Sambre, et 

308 kil. mmur (p. 47). 

B. Par Soîssons , Laon et Ânor. 

315 kil. Chemin de fer du Nord (v. p. 20). Trajet en 8 h. 40 et 13 h. 30 
Pas de billets directs. Prix : de Paris à Anor, 25 fr. 30, 19 fr., 14 fr. ; d'Anor 
à Hastière, 5 fr. 50, 4 fr. 15, 2 fr. 75 ^ de Hastière à îJamur, 3 fr. 35, 2 fr. 50, 
1 fr. 70, soit en tout 34 fr. 15, 25 fr. 65, 18 fr. 45. 

Jusqu'à Soissons (105 kil.) , v. p. 20. La ligne de Laon laisse 
à dr. celle de Reims et traverse V Aisne. Beau coup d'oeil sur Sois- 
sons. — 109 kil. Crouy. — 115 kil. Margival. Puis un tunnel de 
640 m. — 119 kil. Vauxaillon. — 123 kiL Anizy-Pinon. 

Ligne de Chauny, v. p. 37. — Correspond, pour Prémontré (8 kil.), jadis 
célèbre par son abbaye, maison-mère de Tordre de ce nom, fondé en 1120 
par St Norbert. Les bâtiments qui subsistent encore sont du xvin© s. et 
transformés en asile d'aliénés. — St-Gobain (p. 37) est 7 kil. plus loin. 

130 kil. Chailvet- Urcel. Urcel, à Va t- au S., a une église fort cu- 
rieuse des xi*^ et xiii^ s. On aperçoit plus loin à dr. la ville de Laon. 
— 135 kil. Clacy-Mons. On rejoint à g. la ligne de Tergnier. 

140 kil. Laon {buffet-hôtel; H. de la Hure, de VEcu de France, 
à l'entrée de la ville haute ; H. du Nord, du Commerce, en face de la 
gare), ville de 13677 hab., chef-lieu du départ, de VAisne et place 
forte de 3® cl. Elle est bâtie, au milieu d'une vaste plaine, sur une 
colline isolée et très allongée de l'E. à l'O., recourbée à son ex- 
trémité E. vers le N. et formant ainsi le curieux vallon dont il sera 
parlé p. 43. 

C'est le Laudunum des Romains, mais elle avait peu d'importance à 
leur époque. Elle fut la résidence des derniers rois carlovingiens. Plus 
tard, son histoire est celle de l'institution de sa commune et de la lutte 
séculaire entre ses bourgeois et ses évêques. Elle fut occupée par les 
Anglais de 1410 jusqu'après le sacre de Charles VIT (1429). Elle souffrit 
beaucoup des guerres de religion et des troubles de la Ligue. Napoléon I^^ 
éprouva sous ses murs, en 1814, un échec qui le rejeta sur Soissons. Laon, 
hors d'état de se défendre en 1870, capitula le 9 sept., mais un garde du 
génie fit sauter la poudrière lorsque les Allemands entrèrent dans la 
citadelle, ce qui fît bien des victimes et de grands dégâts. 

Les voitures prennent , au bout de l'avenue qui fait face à la 
gare, une route en lacets à g. ; les piétons montent directement par 
un escalier de 260 degrés, entrecoupés de plans inclinés. L'entrée 
de la ville est à dr. dans le haut; il faut env. V4 d'h. pour y arriver. 



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42 I. B. 3. LAON. De Paris 

On atteint un peu plus loin une rue transversale, la rue du Bourg, 
où il faut tourner à g. pour aller à Notre-Dame, dont on a déjà 
aperçu les tours. 

A dr. dans cette rue est le musée , public le dimanche de 1 h. 
à 3. Ses principales curiosités sont des antiquités trouvées aux 
environs, surtout une belle mosaïque représentant Orphée au milieu 
des animaux , du ii® s. de notre ère. On y remarque aussi de petits 
bronzes et des vases antiques , et il y a un certain nombre de ta- 
bleaux anciens et modernes, un monument en marbre, qui est celui 
de Gabrielle d'Estrées (m. 1599) , maîtresse de Henri IV, etc. — 
Le même local renferme la bibliothèque de la ville, qui compte 
30 000 vol. et 500 manuscrits. — Le gardien du musée conduit les 
étrangers dans un petit jardin sur le derrière, d'où l'on a un beau 
coup d'œil de la Cuve St- Vincent (p. 43). 

Un peu au delà du musée, à g., la place de l'Hôtel- de -Ville, 
décorée d'une statue du maréchal Sérurier (1742-1819), originaire 
de Laon, bronze par Doublemard. 

La rue Châtelaine, qui fait suite à la rue du Bourg, conduit de là à 

*Notee-Dame, dite encore la cathédrale, bien que l'évêché de 
Laon ait été supprimé. C'est une des églises les plus remarquables 
du nord de la France et un monument très curieux des xii^ et 
XIII® s., parfaitement restauré depuis peu. Elle existait déjà au 
commencement du xii^s., mais elle fut incendiée en 1112, dans 
les luttes qui signalèrent l'établissement de la commune. Elle a de 
vastes dimensions , sa longueur étant de 121 m. hors d'oeuvre , sa 
largeur de 20 m. 66 à la nef et de 53 m. 33 au transept , la hauteur 
de ses voûtes de 24 m. La façade est un chef-d'œuvre du style 
goth. le plus pur. Elle est flanquée de deux tours carrées à la base 
et octogones dans le haut, avec clochetons à deux étages aux angles, 
ayant au second des figures colossales de bœufs, placées là, dit-on, 
en mémoire des animaux qui ont monté sur la colline les matériaux 
de rédiflce. Ces tours, d'une grande hardiesse et d'une grande 
légèreté, que surmontaient jadis des flèches, ont encore 56 m. de 
haut. Il y en a de plus une du même genre, mais de 59 m. 75 de 
haut, à chaque portail du transept, où il devait aussi y en avoir 
deux, et sur la croisée s'élève une lanterne carrée, qui a près de 
40 m. de hauteur sous voûte. 

L'intérieur n'est pas moins original que l'extérieur. Il est à trois 
nefs, même au transept, avec des colonnes cylindriques ayant toutes des 
chapiteaux différemment sculptés, d'où partent des colonnettes qui s'élan- 
cent jusqu'à la voûte. Au-dessus des collatéraux régnent de hautes 
tribunes surmontées d'un triforium; sur les côtés, des chapelles ajoutées 
au xiii^ s., avec des clôtures des xvi^-xvii^s. A dr. de l'extrémité de 
chaque croisillon du transept est une chapelle à^ deux étages. Le chœur 
se termine par un mur droit percé de trois fenêtres et d'une rose. Les 
portails O. et N. ont aussi des roses, tandis (^u'il n'y en a pas au S. Les 
fenêtres de ce côté et les roses ont conserve de beaux vitraux. On re- 
marque encore la chaire, en bois, de la renaissance. 

A g. du chœur est le palais de justice j l'ancien évêché, du 
xin® s., avec un reste de cloître ogival. 



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à Namur. HIRSON. /. R, S. 43 

A l'autre extrémité de la ville , où Ton arrive en revenant sur 
ses pas et suivant tout droit les rues St-Jean et St-Martin, se trouve 
V église St-Martin, anc. collégiale du style de transition, ayant près 
du transept deux tours élevées seulement au xiii® s. A l'intérieur, 
à dr. de la porte , un tombeau en marbre noir avec statue couchée, 
donné à tort pour celui d'un sire de Coucy , et à g. un autre tom- 
beau, en marbre blanc, dont la belle statue représente la veuve d'un 
sire de Coucy, morte abbesse en 1333. Une chap. au S. de la nef, 
avec clôture en pierre de la renaissance , renferme un Ecce Homo 
du XVI® s. Cette église possède aussi une belle chaire moderne. 

En descendant quelques pas en deçà de St-Martin, on a une *vue 
surprenante de l'autre côté de la colline de Laon, tout différent de 
celui qui fait face à la gare. Elle y affecte la forme d'un V, et ses 
flancs escarpés enceignent un vallon en partie boisé, couvert de 
jardins et de vignes, appelé la Cuve de St -Vincent, Belle vue et 
belle promenade au bord de ce vallon. On y voit encore une vieille 
porte goth., reste des anc. fortifications. 

Correspond, au ehemin de fer pour Liesse (hôt. du Grand-Cerf), village 
à 15 kil. au N.-E. (1 h. 45^ 2 fr. 20, 1 fr. 50) , ce'lèbre par son pèlerinage 
de Notre-Dame-de-Liesse, qui remonte au xii© s. et où venaient même les 
rois de France. L'église actuelle est des xiv© et xv^ s. Il n'est qu'à 
8 kil. de la stat. de Coucy -les- Eppes, la première (12 kil.) sur la ligne de 
Reims (v. ci -dessous), où Ton trouve aussi des voitures publiques. 

Ligne de Tergnier \ etc., la route directe d'Angleterre en Suisse, v. 
p. 37. — Ligne en construction sur le Gâteau (p. 39), par Guise (p. 39), 
et sur Mézieres-Charleville (p. 27). 

De Laon a Reims (suite de la R. de Tergnier) : 52 kil. ; 1 h. à 1 h. 30; 
6 fr. 35, 4 fr. 75, 3 fr. 50. Contrée uniforme et à peu près plate, excepté aux 
environs^ de Laon ; cinq stat. sans intérêt pour le touriste. — Reims, v. p. 22. 

La ligne d'Hirson suit d'abord celle de Reims, puis s'en détache 
à g. — 148 kil. Barenton-Bugny. — 155 kil. Dercy- Mortiers. Em- 
branch. de la Fère (p. 37). On remonte la vallée de la Serre. — 
160 kil. Voyenne, — 165 kil. Marie. On quitte la vallée de la Serre 
pour remonter un instant celle du Vilpion. — 172 kil. St-Oobert- 
Eougeries. — 179 kil. Vervins, ville de 3215 hab., avec des restes 
de fortifications et connue par le traité de 1598, entre Henri IV et 
Philippe II d'Espagne. Fabriques de vannerie et bonneterie. — 
iSl \\\. La Bouteille. — 192 kil. Origny-en-Thiérache. La Thié- 
rache était un pays ainsi nommé parce qu'il fit partie du domaine 
de Thierry , roi de Bourgogne de 596 à 613 ; il eut ï)our capitale 
Guise (p. 39). — On traverse ensuite la vallée du Thon, sur un via- 
duc de 19 m. de hauteur. 

197 kil. Hirson, localité industrielle de 5743 hab., sur l'Oise, 
connue pour sa vannerie. 

D'Hirson a Amagne-Lucquy : 62 kil. ; 1 h. 45 à 3 h. 15 ; 7 fr. 60, 5 fr. 70, 
4 fr. 15. — 14 kil. (2^ st.) Aubenton, bourg manufacturier (filature de laine) 
près du confluent de l'Aube et du Ton. — 20 kil. Rumigny, village avec 
un château du xvi© s. — 27 kil. Liart, où doit passer une ligne de Laon 
a Mézières. -- 62 kil. (10^ st.) Amagne-Lucquy fp. 26). 

D'HiRsoN a Mézières (vallée de la Meuse): 56 kil.; 1 h. 40 à 2 h. 40; 
6fr. 85, 5fr. 15, 3 fr. 75. — Cette ligne, continuation de celle d'Aulnoye 
a Anor-Hirson (p. 40) , traverse un pays accidenté, où sont des mines de 



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44 /. B. 3. NOUZON. De Paris 

fer, des carrières d'ardoises et des usines. — 6 kil. Si-Michel, bourg qui eut 
une riche abbaye, dont il reste Téglise, des xii© et xvi© s., et des bâti- 
ments du xviiie s. —35 kil. (6^ st J Le TremUois, Voit. pub. pour Rocroi 
(10 kil. ; 1 fr. 50 î p. 45). — 38 kil. Eimogne , avec les ardoisières les plus 
importantes du nord de la France. — On passe à l'arrivée entre Cfiarle- 
ville et Mézières (p. 27). 

Ligne en construction d'Hirson à Guise (p. 39). 

205 kil. Anor, localité de 4902 hab., dans un site pittoresque- 
Ligne d'Aulnoye-Valenciennes, v. p. 40. Notre ligne laisse celle- 
ci plus loin à g. et tourne vers le N.-E. — 213 kil. Momignies, 
première stat. belge (douane). — 226 kil. (5® st. belge) Chimay, ville 
d'env. 3000 bab., avec un cbâteau au prince du même nom. — 
242 kil. (9® st.) Mariembourg. Ligne de Cbarleroi (48 kil. ; p. 41) à 
Vireux (17 kiL ; p. 45). — 255 kil. (13® st.) Romerée, Ligne de 
Châtelineau - Moralmé. — 264 kil. Doische. Embranch. sur Givet 
(p. 45). — 265 kil. Agimont -Village. — 273 kil. Hastière, où l'on 
rejoint la ligne de Givet à Namur (p. 46). 

C. Par Soissons, Beîms et Mézières. 

368 kil. Chemin de fer du Nord jusqu'à Soissons, puis chemin de fer 
de l'Est jusqu'à Givet et enfin chemin de fer du Nord-Belge. Trajet en 
11 h. , "12 h. et 13 h. 30. Pas de billets directs. Prix : de Paris à Givet, 
38 fr. 50, 28 fr. 90, 21 fr. 20; de Givet à Namur, 4, 3 et 2 fr., soit en tout 
42 fr. 50, 31 fr. 90, 23 fr. 20. 

Jusqu'à Mezières-Charleville (248 kiL) v. p. 26 et 27. 

Le chemin de fer descend plus loin la *vallée de la Meuse, où le fleuve 
suit un cours des plus capricieux, et qui présente des endroits magni- 
fiques. C'est l'extrémité 0. des Ardennes, région jadis fameuse car ses 
forêts, aujourd'hui bien moins étendues, et qui présente de ce côté des 
hauteurs atteignant jusqu'au delà de 450 m. Le terrain est de formation 
ardoisière, et sur les deux rives se dressent des escai'pements boisés de 
plusieurs centaines de mètres, entre lesquels le fleuve est parfois si 
resserré, qu'il n'y a pas même de place jjour un chemin au bord de l'eau. 
Le trajet en chemin de fer y est déjà très intéressant, en particulier à 
cause des nombreux méandres de la Meuse, qui ménagent des coups d'œil 
surprenants, mais le train vous emporte souvent trop vite et les princi- 
paux tunnels sont aux plus beaux endroits. Certaines parties méritent du 
reste d'être parcourues à pied, surtout entre Monthermé et Fumay et 
aux environs de Dinant. La vallée est de plus animée par un grand 
nombre d'établissements industriels , surtout des ateliers de ferron- 
nerie et de clouterie. 

La voie repasse sur la rive dr. et coupe la presqu'île du Mont- 
Olympe (p. 28) , pour suivre la même rive jusque près de Mont- 
hermé. — 255 kil. Nouzon, localité de 6992 bab., dans un site très 
pittoresque , un des endroits les plus importants de la vallée pour 
l'industrie métallurgique. — 259 kil. Joigny-sur- Meuse, à g., à un 
détour du fleuve, qui en fait un autre immédiatement après. — 
264 kil. Braux-Levrezy, La stat. est à Levrezy; Braux est en deçà 
sur l'autre rive. Ici commence une des plus belles parties de la 
vallée. Tunnel de 518 m. dans le promontoire des rochers des 
Quatre- Fils -Aymon. — 265 kil. Monthermé- Ghât eau-Regnault- 
Bogny y stat. près des villages industriels de Château -Regnault 
(rive dr.) et de Bogny (rive g.). 



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à Namur, GIVET. /. E. 3. 45 

Monthermé (hôi. du Commerce) est à env. 3 kil. au N., mais il y a un 
tramway conduisant près de là. à Lavaldieu (2 kil. ^ i^c). C'est un bourg 
industriel comme les précédents et qui de plus exploite 8 ardoisières. 
Sa population est de 3699 hab. Il occupe un site original , à l'extrémité 
d'une boucle formée par la Meuse et non loin de son confluent avec la 
Semoy, qui s'y jette à Lavaldieu (v. ci-dessous). 

Les hauteurs de la presqu'île voisine offrent de belles vues. On peut 
aller par là, au S.-O., à la stat. de Deville (5kil.^ v. ci- dessous). Un 
chemin encore plus recommandable conduit au N.-O. à Laifour (6kil.' 
V. ci-dessous). La vallée est intéressante pour les piétons jusqu'au delà 
de Revin, encore 10 kil. plus loin. On suit la Meuse et passe d'abord, 
après Laifour, en vue des Dames de Mense (v. ci-dessous). A 5 kil. An- 
champs; 5 kil. au delà, Revin (v. ci-dessous). *' 

La vallée de la Semoy ^ dont le cours est encore plus sinueux que 
celui de la Meuse, présente de jolies parties, même jusqu'à Bouillon 
(p. 30), mais surtout dans sa partie inférieure. Il y a une route de voi- 
tures dans la partie française, par Lavaldieu^ Thilay (6 kil.) et les Hautes- 
Rivières (13 kil. ; hôt.). — Bohan (aub.) est le premier village belge, jus- 
qu'où l'on devrait au moins pousser l'excursion. 

Immédiatement après la stat. de Monthermé, un pont sur la 
Meuse et un tunnel de 800 m. , dans la presqu'île de Monthermé, 
et l'on se retrouve sur la rive g. — 269 kil. Deville, qui a aussi 
d'importantes ardoisières. La vallée est toujours magnifique. A dr., 
les rochers de Laifour. — 273 kil. Laifour. Un pont et un tunnel 
de 495 m. A g. , les rochers des Dames de Meuse. Autre pont. 
Tunnel de 390 m. 

281 kil. Eevin (hôt. St-Nicolas), ville industrielle de 4027 hab., 
occupant, avec le faubourg où est la gare, deux presqu'îles dans un 
site magnifique. Il y a deux ponts suspendus. A l'E., le mont Mai- 
gre-Tout, qui offre une très belle vue. 

Correspond. (1 fr. 50) pour Bocroi (,hôt. du Commerce), ville de 3172 hab. 
et place forte, à 13 kil. à l'O., sur une plateau élevé de 393 m. Elle est sur- 
tout^ connue par la brillante victoire de Condé sur les Espagnols en 1643. 
Il n'y a rien d'intéressant pour les touristes. Voit. publ. aussi pour le 
Tremblois (p. 44). 

Le chemin de fer franchit de nouveau la Meuse et passe à travers 
l'isthme de Revin , qui a 5 kil. de circuit et que coupe aussi , pour 
la navigation, un canal souterrain d'env. 550 m. 

288 kil. Fumay (hôt. de la Poste), ville de 5176 hab., à env. 
1/4 d'h. au N.-E., dans une presqu'île de forme ovale. Elle a diver- 
ses usines métallurgiques et surtout d'importantes ardoisières, les 
plus considérables de la vallée. Belle église moderne du style 
gothique. 

Après la stat. , un tunnel de 558 m. , au delà duquel on se re- 
trouve au bord du fleuve, près de Fumay. — 292 kil. Haybes, qui 
a aussi des ardoisières. — 301 kil. Yireux- Molhain , où aboutit la 
ligne de Charleroi par Mariembourg (p. 44). On aperçoit plus loin 
à g. les ruines pittoresques du château des Hierges. — 305 kil. 
Aubrives. Le fleuve forme encore plus loin une immense boucle 
coupée par le chemin de fer et un canal de navigation en partie 
souterrain. — Enfin un tunnel de 310 m., sous la citadelle, et 

312 kiL Givet (buffet; hôtel du Mont - d' Haur ) , ville de 
7820 hab. et place forte de 1^^ cl. , sur les deux rives de la Meuse, 



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46 I. B, 3. DINANT. 

â 8 min. à dr. de la gare. Elle est dominée à l'O. , ou en deçà de 
la voie, par la citadelle de Gharlemont, sur un rocher de 215 m. 
d'altit. 5 ainsi nommée parce qu'elle fut fondée par Charles-Quint. 
Givet appartient à la France depuis la fin du xvii® s. La ville n'a 
rien de curieux pour le touriste. Près de l'église se voit un buste 
médiocre de Méhul, l'illustre musicien, originaire de Givet (1763- 
1817); il doit être remplacé par un monument. — On a une assez 
belle vue du haut de la citadelle , où l'on monte de la ville par un 
mauvais chemin au S.-E. , du côté de la Meuse, ou de la gare par 
une route de voitures au N., après avoir traversé le chemin de fer. 

On peut aller directement d'ici à Ban-sur- Lesse (32 kil.) et à Rochefort 
(38 kil.), pour en visiter les magnifiques grottes (v. ci-dessous). Une 
voiture coûte env. 25 fr. 

Givet est la dernière stat. française. Le chemin de fer continue 
de suivre la vallée. A g., l'embranch. de Doische (p. 44). — 322 kil. 
Jïeer-Agimont. Douane belge. Heure en avance de 11 min. sur 
celle de France. Plus loin , à g. , la ligne de Hirson (p. 44). — 
326 kil. Hastière. Le chemin de fer tourne avec le fleuve. — 
332 kil. Waulsort. La Meuse est de nouveau bordée de hauts rochers 
pittoresques. A g. , le château, puis le hois de Freyr, où il y a 
une grotte à stalactites. Sur l'autre rive, Anseremme , à l'embou- 
chure de la Lesse (v. ci-dessous). Pais, du même. côté, la curieuse 
roche à Bayard et 

340 kil. Dinant (hôt.: des Postes, de la Tête -d'Or, bons), ville 
de 6400 hab., sur la rive dr., dans un site très pittoresque, au pied 
d'un rocher que couronne une anc. citadelle. 'L'église, avec son 
clocher à flèche bulbeuse , est un bel édifice du xiii® s. On monte 
derrière à la citadelle, par un escalier de 408 marches. Entrée, 

1 fr. Vue belle, mais restreinte. Environs curieux par leurs rochers. 
Pour plus de détails, v. Belgique et Hollande, par Bsedeker. 

De Dînant a Rochefort (Han): 30 kil. ,• omnibus 2 fois par jour en 
été, trajet en 4 li. 1/2, pour 3 fr. 20; voit, partie, à 1 cbev., 18 fr. ; à 2 cliev., 
25 fr.; chemin de fer projeté. — A Celles, un beau château du xv® s. — 
Bûohefort (hôt.: Byron, de V Etoile) est une petite ville célèbre par sa 
^grotte^ une des plus grandioses que l'on connaisse. Entrée, 5 fr. par pers. 

2 fr. 50 si l'on est au moins 20. — Omnibus de Rochefort à Han ; 2 fr. 
aller et retour. — Han-sur-Lesse , à 6 kil. au S.-O., a une autre ^grotte 
encore plus grandiose , dans laquelle se perd la Lesse. Entrée , 5 fr. par 
pers. , 7 fr. si l'on est seul. — Détails et ligne de Rochefort à Jemelle 
(4 kil.) et Namur (57 kil.), etc., v. Belgique et Hollande. 

Après Dinant, à g., l'anc. petite ville de Bouvigne, jadis sa rivale, 
avec les ruines du château de Crèvecœur. Pluis loin , à dr., celles 
de Poilvache, près desquelles on retraverse la Meuse. — 348 kil. 
Yvoir. A env. V2 ^ l'O. sont les ruines du *château de Montaigle, 
les plus imposantes de Belgique. — Ensuite , sur la rive g. , la 
roche aux Chauwes (corneilles). — 351 kil. Qodinne. — 354 kiL 
Lustin. Puis un tunnel et la halte de Tailfer. — 360 kil. Dave, 
avec un château. — 363 kil. Jambes. A g., la citadelle de Namur; 
à dr., la ligne de Luxembourg; un dernier pont sur la Meuse, qui 
tourne à l'E. ; à dr. encore la ligne de Liège. 



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CLERMONT - DE - L'OISE. I. B. 4. 47 

368 kil. Namur (hôt. d'Harscamp), viUe de 25400 hab., chef- 
lieu de province et place forte , au confluent de la Meuse et de la 
Sambre, que domine sa citadelle. Son principal édifice est sa cathé- 
drale, du xvin^s. Près de la gare, une statue de Léopold I^, par 
Geefs. — Pour les détails, v. Belgique et Hollande. 

4. De Paris à Amiens. 
A. Par Creil. 

131 kil. Trajet en 2 h. 10 à 3 li. 45. Prix: 16 fr. 20, 12 fr. 20, 8 fr. 85. 
Départ de la gare du Nord (pL, p. 1, BC23-24). 

Jusqu'à Creil (51 kil.) , v. p. 34-35. — 58 kil. lAancourt-sous- 
Clermont, localité industrielle de 4286 hab., où se voient les restes 
du château des ducs de Larochefoucauld-Liancourt, du xvii^s., et 
une statue du duc Frédéric -Alexandre (m. 1827), membre de la 
Constituante en 1789, économiste et agronome distingué, qui 
s'illustra également par sa philanthropie. L'église renferme deux 
monuments funèbres remarquables. 

66 kil. Clermont- de -l'Oise (hôt. des Deux-Epees)^ ville de 
5529 hab., gracieusement assise sur un coteau et dominée par un 
ancien donjon transformé en prison pour femmes. On l'aperçoit 
à g. après avoir dépassé la station. Son église Sf-Samson date des 
xiv^ et XVI® s. Son hôtel de ville, de la première moitié du xiv^s., 
mais remanié au xv®, passe pour le plus ancien du nord de la France. 

Embramch. de 58 kil. sur Beauvais, par la forêt de Hez^ la Rue-St- 
Pierre (38 kil. ^ v. ci-dessous) et Rochy-Condé (50 kil. ; p. 92). — Beauvais^ 
V. p. 93. — Embraneh. de 37 kil. sur Compiègne (p. 3o). 

80 kil. St-Just OU St-Jtùst-en-Chaussée (2488 hab.), au point 
d'intersection de deux chaussées ou voies romaines. 

Embeanch. de 18 kil. sur la Rue-Si-Pierre ^ rejoignant à cette stat. la 
ligne de Clermont à Beauvais (v. ci-dessus). — Ligne de Cambrai^ etc., v. R. 6. 

On passe du bassin de la Seine dans celui de la Somme. — 88 kil. 
Qannes. — 95 kil. Breteuil-Qare , avec un embraneh. de 7 kil. sur 
la petite ville de Breteuil (3154 hab.). — On traverse des terrains 
crayeux, continuation du banc calcaire qui prend son origine dans 
la Côte-d'Or, forme la Champagne, passe en Picardie, s'abaisse au 
fond du détroit de la Manche et se relève en falaises sur les côtes 
d'Angleterre. — A dr. avant la station suivante, les ruines de l'église 
de Folleville du xv® s., avec de beaux monuments funèbres, et d'un 
château de la même époque, dont on remarque surtout la tour du 
guet. — 105 kil. La Faloise, à 3 kil. au N.-O. de ces ruines. — 
112 kil. Ailly- sur 'Noyé. On suit la vallée de la Noyé, où il y a 
des tourbières. — 122 kil. Boves , avec un château en ruine, à g. 
sur une hauteur. Ligne de Compiègne (p. 36). — 127 kil. Longueau 
(buffet), d'où se détache à dr. la ligne d'Arras, Lille, etc. (R. 5, 

7 et 8). — 131 kil. Amiens (v. ci-dessous). 

B. Par Beauvais. 

148 kil. Trajet en 4 h. 35 , 5 h. 10 et 5 h. 45. Prix : 16 fr. 20, 12 fr. 20, 

8 fr. 85, comme par Creil. 



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48 I. B. 4. AMIENS. 

Jusqu'à Beauvais, v. E. 10. La ligne d'Amiens traverse le Thé- 
rain, laisse à g. celles de Gournay et de Gisors (v. p. 95) et remonte 
la rive dr. de la rivière. — 81 kil. St-Just- les- Marais. — 87kll. 
Fouquenies - Troissereux. — 90 kil. HercUies. — 92 kil. Milly, — 
95 kil. St - Orner - en - Chaussée. Ligne du Tréport, v. p. 95. — 
99 kil. Oudeuil'Blicourt. La voie monte sensiblement pour passer 
du bassin de la Seine dans celui de la Somme. — 107 kil. Crève- 
cœur, bourg industriel (mérinos), qu'on voit à g. avant la station. — 
114 kil. Fontaine- Bo7ineleau. — 120 kil. Croissy. — 125 kil. Co7ity 
(à g.), bourgade possédant une belle église, en partie du xv® s. et 
renfermant des sculptures des xv^ et xvi^ s. — 129 kil. Lœuilly. — 
134 kil. Prouzel. — 139 kil. Saleux, stat. avant laquelle on rejoint 
la ligne de Rouen (v. p. 53). — 145 kil. St-Roch, première stat. 
d'Amiens (v. ci-dessous). On longe ensuite les boulev. au S. de 
la ville , en passant dans une tranchée et deux petits tunnels. — 
148 kil. Amiens. 

Amiens. — Gares-, du Nord ou de Noyon (pi. G 4), la principale, où 
aboutissent toutes les lignes^ St-Roch (pi. G 4), stat. dans la direction de 
Boulogne, où s'embranchent celles de Rouen et de Beauvais (v. ci-dessus). 

Hôtels: Continental (pi. a), rue des Trois - Cailloux , 60-62 (eb. dep. 
3fr)- du Rhin (pi. b, GI), de V Univers (pi. d, G4), rue de Noyon et 
place St- Denis, de 1er ordre et ehers. H. de V Em-de-France (pi. f,G4), 
même rue, plus modeste; H. de France & d'Angleterre (pi. e,EF4), rue de 
la République, dans l'intérieur de la ville; H. du Commerce (pi. e,F4), rue 
des Jacobins-, H. de la Paix, rue Duméril (pl.E4); H. de la Croix-Blanche, 
rue de Beauvais, 44 (pi. E 4). , „„ , „ 

Restaurants : à Vhôt. Continental (Saisset-Dubois) , a V Ecu-de-France 
(v. ci-dessus)-, restaur. de VEst^ en face de la gare (petit hôtel; dîn., 3 fr. 
25 av. 1/2 bout.), etc. 

Poste et Télégraphe (pi. E3), place de THotel-de-Ville. Télégraphe 
aussi à la gare du Nord. ^ . .-« ^ «k 

Fiacres : 1 à 3 pers., course, 75 e. ; l'heure, 1 fr. 50; 1 pers. en sus, 25 e. 

Cafés - BRASSERIES : Taverne Lorraine^ à dr. à l'entrée de la rue des 
Trois-Cailloux (v. ci-dessous); Cercle des Voyageurs, même rue, 34. 

PÂTÉS DE cAKARDs, Spécialité d'Amiens, Degand (Broutin), rue de 
Noyon, 20. , r. 

. Amiens est une ville de 80288 hab., Fane, capitale de la Picar- 
die, aujourd'hui chef-lieu du départ, de la Somme et du comman- 
dement du II® corps d'armée, le siège d'un évêché, etc., sur la Somme, 
qui y forme avec ses affluents, dans la partie basse, un grand nombre 
de canaux. Le centre est entouré de beaux boulevards, qui ont rem- 
placé les anc. fortifications , dont il ne reste plus que la citadelle 
(p. 52). Amiens est une des grandes villes manufacturières de France, 
ayant surtout des filatures et des fabriques de velours de coton. 

Au sortir de la gare principale, on prend en face la rue de Noyon. 
Elle aboutit à la place St- Denis (pi. F G 4), square décoré d'une 
statue en bronze du glossateur Ducange (m. 1688), originaire 
d'Amiens, par Caudron. 

Plus loin est la rue des Trois - Cailloux , la plus animée d'A- 
miens , avec les principaux magasins de la ville , le théâtre et le 
beau passage de la Renaissance , vers l'autre extrémité , à dr. 



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Cathédrale. AMIENS. /. R. 4. 49 

La rue Victor-Hugo, à dr. de la place 8t- Denis, nous conduit 
à la cathédrale, en passant devatit le palais de justice (pi. F 3-4), 
vaste et bel édifice construit de 1871 à 1876 , avec deux façades à 
frontons d'ordre composite. 

La **catliédrale d'Amiens (pi. F 3) est un des plus beaux édifices 
gothiques de l'Europe. Elle a été construite de 1220 à 1228. Hors 
œuvre, sa longueur est de 143 m., sa largeur de 65 m. au transept 
et de 44 m. 50 au portail occidental. La flèche un peu trop grêle 
de la croisée a été reconstruite en 1529; elle s'élève à près de 
110 m. du sol ou 34 m. 50 du faîte du toit. Elle est bâtie en char- 
pente et recouverte de plomb. Les deux tours du grand portail sont 
restées inachevées; elles sont inégales et ne s'élèvent guère au- 
dessus du toit. Celle du S. , qui date du xiii*^ s. , mesure 55 m. 50; 
celle du N. , du xv® s. , 64 m. Tout l'édifice se distingue par l'har- 
monieuse unité du style, par l'élégance et le fini des détails, sur- 
tout le côté du grand portail, achevé vers la fin du xiv^ s. 

La *façade principale est percée de trois porches profonds, éle- 
vés et richement ornés de sculptures et de statues. Le tympan de 
celui du milieu représente le jugement dernier, les statues delà 
voussure, au nombre de 150, la hiérarchie céleste; les grandes sta- 
tues de chaque côté , les apôtres et divers saints personnages ; celle 
du trumeau, le *Christ , foulant un lion et un dragon , bénissant de 
la main droite et tenant de l'autre le livre des évangiles. Cette ma- 
gnifique statue est connue sous le nom de «beau Dieu d'Amiens ». 
Sur les côtés se voient encore les Vierges sages et les Vierges 
folles et dans le bas, à ce porche comme aux deux autres, une 
double rangée de médaillons représentant les Vertus et les Vices, 
divers métiers, etc. — Le porche de dr. présente la même or- 
donnance: dans le tympan, l'Ensevelissement et l'Assomption de 
la Vierge; au-dessous, une statue de la Vierge, et plus bas encore, 
Adam et Eve; sur les côtés, l'Annonciation, la Visitation, la Pré- 
sentation, la Reine de Saba, Salomon, les Mages, etc. — Le porche 
de g., aussi dans le même genre, est consacré à St Firmin, apôtre 
de la Picardie ; le tympan figure l'invention et la glorification de 
ses reliques, et sa statue, au milieu, est accompagnée de celles 
d'autres saints du pays. — Au-dessus des beaux frontons de ces 
porches, dont celui du milieu est surmonté d'un St Michel, régnent 
une belle galerie et des niches renfermant 22 statues colossales de 
rois de Juda; plus haut, une magnifique rose, de 35 m. de circon- 
férence, et au sommet, une autre galerie reliant les tours. 

Les portails latéraux sont également remarquables. Il y en a 
deux au S. , l'un dans le bas de la tour, l'autre au transept, orné 
aussi de nombreuses et belles statues , et dont la rose figure une 
«roue de fortune». Le portail du transept nord est plus simple; 
l'église manque de dégagement de ce côté. 

L'intérieur présente un ensemble non moins admirable que l'extérieur; 
il se compose de 3 nefs avec chapelles latérales, d'un transept flanqué 

Bœdeker. Kord de la France. 2e édit. 4 



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50 /. R. 4, AMIENS. Cathédrale. 

de collatéraux, et d'un chœur autour duquel sont un déambulatoire, des 
chapelles pratiquées dans le prolongement des bas cotés et 7 chapelles 
absfdales, dans le style de la Ste-Chapelle de Paris. Les voûtes atteignent 
une hauteur de 42 m. 95. Elles sont soutenues par 126 piliers a colonnes 
engagées, excessivement hardis et d'un seul jet, qui vont en diminuant 
vers le haut et font paraître ces voûtes plus larges que le pave. Autour 
de la nef principale, au-dessous des fenêtres, règne un triforium.^ 

On remarquera en outre à l'intérieur un certain nombre d œuvres 
d'art. De chaque coté de la nef majeure sont les nombes de deux éveques, 
fondateurs de l'église, excellents ouvrages en cuivre du xiii^ s. Le chœur 
et les chapelles sont fermés par de belles grilles en fer du xviiies. A 
l'entrée du chœur, deux murs avec des statues en marbre de bt Vincent 
de Paul et de St Charles Borromée ont remplacé, en 1755, 1 ancien jube. 

Les murs de clôture du chœur, à g. et à dr., sont décores al exteneur 
de magnifiques ^hauts-reliefs peints et dorés, exécutés aux xv® et xvi^ s. 
et restaurés de nos jours. Ils représentent, ceux de g. l'histoire de St Jean- 
Baptiste, ceux de dr. les légendes de St Firmin et St Saulye. 

Derrière le maître autel se trouve le tombeau du chanoine Lucas, 
exécuté au commencement du siècle dernier par Blasset. Ce monument, 
qui passe pour le plus beau de la cathédrale, est orné de la statue du 
chanoine, de celle de la Vierge, et d'un ange assis qui pleure, connu et 
peut-être un peu trop vanté sous le nom de «l'Enfant pleureur". 

Dans la partie S. du transept sont des hauts-reliefs du commencement 
du xvie s. , représentant l'histoire de St Jacques le Majeur. Au-dessous, 
des plaques avec de petits bas-reliefs modernes en marbre et les noms 
de membres de la confrérie de Notre-Dame du Puy, qui avait pour but 
d'encourager les lettres et les arts. ^ . ^ , - 

Dans la partie N. , des hauts - reliefs du même genre et de la même 
époque, représentant les marchands expulsés du temple et d'autres événe- 
ments relatifs au temple de Jérusalem. La cuve en pierre qui se trouve 
à côté, les anciens fonts baptismaux, semble être du xi^ s. ^ 

La cathédrale renferme encore divers monuments funèbres remar- 
quables, un grand Christ fort ancien, vêtu d'une robe dorée, dans la 
3e chapelle à g. de la nef, etc. Mais ce qu'on ne devra pas oublier de 
voir (s'adresser au suisse), ce sont les magnifiques '^ntalles du chœur, au 
nombre de 110. Il est difficile de voir de plus belles boiseries que ces 
chefs-d'œuvre, exécutés de 1508 à 1522 par des artistes du pays. Dix 
autres stalles ont été supprimées et une certaine quantité de statuettes 
ont été volées, mais il reste encore 3650 figures. Un certain nombre 
sont aujourd'hui assez dégradées. Les sujets, au nombre de 400, sont 
tirés de l'Ancien Testament et de l'histoire de la Vierge, des professions 
humaines, de la vie privée, etc., et les plus belles parties sont aux 
rampes des escaliers. Il y a au-dessus de ces stalles des pyramides qui 
atteignent jusqu'à 13 m. de hauteur. 

Sur la place derrière le chevet de l'église s'élève une statue de 
Pierre l'Ermite (pi. F 3) , ou Pierre d'Amiens , le promoteur de la 
première croisade, bronze médiocre par G. de Forceville. 

AuN. de la cathédrale, dans la basse ville, V église St-Leu (pl.F2), 
qui a une belle tour goth. du xv® s. — Plus dans le centre de la 
ville, à dr., Véglise St-Germain (pi. E 3), édifice remarquable de la 
même époque, ayant également une belle tour sur la façade. 

La rue qui passe devant cette église aboutit plus haut à une 
place où sont le beffroi (pi. E 3) , construction de forme bizarre du 
XVIII® s., et Vhôtel de ville (pi. E 3) , agrandi et à peu près com- 
plètement reconstruit depuis peu. C'est dans cet hôtel que fut 
signée la paix d'Amiens, le 27 mars 1802. 

Sur la façade, des statues d'illustrations picardes: au milieu, St 
Gaudefroy ou Geoffroy, évêque d'Amiens, et Louis le Gros, qui érigèrent 



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Musée, AMIENS. /. R, 4, 51 

la ville en commune en 1114; à dr. et à g. , Blairies et Lemattre, tués 
en défendant Amiens contre les Espagnols, qui s'en étaient rendus maîtres 
P^^K^®'.®" ^WIà C^abaut et Leroux, habiles administrateurs de la ville 
en 10^( et en looO. 

La rue Delambre ramène de là, à l'E., à la place Gambetta, anc. 
place Périgord , où aboutit la rue des Trois-Cailloux (p. 48). Nous 
prenons à dr. la rue de la République. 

Le *musée de Picardie (pl.E4), vers l'extrémité de cette rue, est 
un beau monument construit de 1854 à 1864, dont la façade pré- 
sente deux ordres de colonnes superposés, de petits pavillons d'angle 
et un pavillon central plus considérable, surmonté d'un campanile. 
Il est précédé d'un petit jardin avec une grille. — Le musée même 
est public les dim., mardi et jeudi et visible aussi les autres jours 
pour les étrangers, de midi à 4 h. en hiver et 5 h. en été. Il se 
compose de trois parties principales : antiquités, sculptures et pein- 
tures. Il y a des étiquettes. 

On tourne d'abord à dr., dans une salle de style roman, peinte et 
dorée, dite la Chapelle. Elle a des vitraux des xve et xvie s et des 
vitraux modernes, et elle renferme des sculptures du moyen âge et delà 
renaissance, un autel en bois sculpté, des vases sacrés, des ornements 
etc. La galerie suivante est consacrée aux objets d'art et aux curiosités 
du moyen âge. Viennent ensuite des sculptures antiques, en petit nombre 
et de valeur secondaire, sauf une statue de Diane; une belle mosaïque 
Apollon archaisant. Puis une salle consacrée aux médailles et deux autres' 
contenant des antiquités exotiques et grecques^ des faïences, etc. 

La galerie du S. renferme des sculptures modernes, dont un certain 
nombre mentent de fixer l'attention. Au milieu: sans num., Ghabrié. 
Rêverie d enfant; 10, Caudron, artiste de la Somme (m. 1848), Archimède 
bronze; sans num. Qandolfi, la Charité ; 20, Delabrière, Panthère de l'Inde 
?o ^^5^°'. ^^Oï^^e; 17, Grauk, Satyre, bronze; 44, Loison, Daphnis et Nais- 
Id, thrétten, Un suivant de Bacchus, bronze; 45, Loison, l'Ame — A dr ' 
en retournant vers l'entrée: 8, Oaudron, les Arènes d'Arles, bas-relief 
en bronze; 49, Renoir, Eve; 41, Lévêque, Amazone. De l'autre côté: 40, 
Lescorné, Clytie; 14, Glesinger, Léda. — On revient au vestibule par une 
petite salle qui contient des faïences et quelques tableaux. — Dans le 
bas de l'escalier du musée de peinture: 18, Cugniot, Corybante étouffant 
les cris de Jupiter enfant, bronze; 37, le Père, Faune chasseur, bronze. 

Le musée de peinture, qui compte près de 250 tableaux, exposés 
dans a salles,^ se compose à peu près uniquement de tableaux modernes, 
la plupart même du commencement de ce siècle, des envois ou des dons 
de l'Etat. Il y a dans le nombre beaucoup de grandes compositions, mais 
peu d œuvres de grand mérite. 

L'escalier est décoré de peintures murales allégoriques par Puvis de 
Ghavannes, et d'un plafond par Barrias, la Picardie entourée de ses quatre 
principales villes et conviant les arts à orner le musée. — Dans la salle 
du Dôme, un autre plafond par Barrias, la France couronnant les hom- 
mes célèbres de la Picardie, et des camaïeux du même artiste. Dans les 
salles voisines, des peintures allégoriques par Puvis de Chavannes, Ghauvin 
et Gastine, et un autre plafond par Crauk. 

F© SALLE de tableaux (côté O.): à g., 36, Gibot, la Charité présidant 
la reunion des différents corps d'Etat ; 1, Ab. de Pujol, Jugement de Dieu 

ne salle: a dr., 8, Becker, Oreste et les Furies; 159, Vincfion, Jeune 
Grecque en prière pour résister aux séductions d'un Turc; 43, David, Une 
dame d honneur de Marie-Louise ; 125, Restout, la Cène ; *10, Bellangé, la 
îil*?f ^S^P^JÎ^^i® à Waterloo; 66, Orolig, Naufrage de la corvette la Marne 
Uk %' T' ^' ^f^^* <^^^' ^*® Cécile; 131, Schnetz, Sac d'Aquilée par Attila; 
m, Zurbaran Oh Ste Catherine de Sienne; 32, Ganaleito CO, Souvenir de 
Venise; 143, le Titien, Vitellius. Cette salle renferme aussi des médailles. 

4* 



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52 /. R. d. AMIENS. Musée. 

me salle: *Î2, Jlesse , Séance des Etats - Généraux le 25 juin 1789, 
avec Mirabeau notifiant le relus de se séparer ; à dr. de rentrée, 42, Cri- 
velli (xves.), une Vi«rge; 38, P. de Cortone, Martyre de bt Laurent ^ lia, 
Poùrhis, fes Cinq sens^, 'm^ivarino (x^e s.) , Ste Famille, 230 R^hens^ 
Loth et ses deux filles-, 138, Teniers le Vieux, le Docteur de village-, 14b 
(au-dessus de la porte), Valentin, les Passions. 

IVe SALLE : 75, hambert, les Parasites de Diogene; 134, Smiih, Clémence 
de Louis XII; 105, ifonc/^a&Zo», Funérailles de Moïse; 136, Sieuben, Pierre 
le Grand sur le lac de Ladoga. , ^ ^r -, 

V6 salle: Chasses de Boucher et de G. Vanloo. 

Yie salle: 235, Benner, Une dormeuse-, 240, Glaize, les Fugitifs; 221, 
Lepic, Marine; 204, école bolonaise, Grégoire XIII. -.r . -«.r 

VIiesALLE : m Langlois, Diane et Endymion ; *155, B. Vernet, Massacre 
des Mamelues au Caire (1811); 112, Odier, Episode de Moscou 

Vllie salle: 110, Muller, Lady Macbeth; 61, GérÔme,\e Siècle d Au- 
guste; 64, Granet, St Louis délivrant des prisonniers ; 27, Em. Breton, Une 
iourcè; 93, le Poittevin, Naufragés; 118, Picou, Cléopatre dédaignée par 
Octave ; 101, Meynier, Phorbas présentant Œdipe a la reine de Connthe ; 
9, Bellângé, Retour de l'île d'Elbe; 130, Schnetz, Une résurrection ; 107, 
àonvoisin, Jeanne la Folle, reine de Castille; 67, Gué, Dernier soupir du 
Christ. — Au milieu de la salle, la suite des médailles. 

IX^ salle: 16 petits tableaux sur bois dans le style de Lesueur, 



flamande (1518, 1519), «Au juste poids, véritable balance» et «rre muuMr«*ui, 
pâture salutaire» , de même origine que les précédents et aujourd hui a 
l'évêché, sauf les beaux cadres de l'époque, qui sont ceux des copies; 
71, Herrera le Vieux, la Multiplication des pains. 

' Un peu plus loin que le musée se trouve la Bibliothèque Com- 
munale (pi. E4). L'édifice est précédé d'un portique où se voient 
des bustes de célébrités amiénoises. - La l^ibliothèque est ouverte 
dans la semaine de 11 b. à 4 h. et aussi , en hiver, de 6 h. a 10 h. 
du soir. Elle compte plus de 70000 volumes et 572 manuscrits. 

A l'extrémité de la rue de la République, on est sur les houle- 
vards, qui forment de belles promenades à l'E., au S. et à l'O. de 
la ville. Il y a en outre à l'O. la vaste promenade de la Hotoie 
(pi. ABC 2-3). 

Le boulevard du Mail (pi. F 4), a g. en venant de la rue de la 
République, conduit dans la direction de la gare du Nord. En 
tournant dans la première rue à g. , puis dans la première à dr. , on 
verra encore un monument dû à M. de Forceville, les Illustrations jn- 
cardes (pL F4), qui se compose d'une statue assise de la Picardie et 
de statues, de bustes et de médaillons d'hommes célèbres du pays. 
La citadelle (pLEl), qui date du règne de Henri IV (1598), se 
trouve sur la rive dr. de la Somme. C'est aujourd'hui un ouvrage 
inutile à la défense de la ville. Elle a dû se rendre au bout de quel- 
ques jours en nov. 1870, après la bataille d'Amiens, un ensemble 
de combats qui eurent lieu le 27 aux environs, surtout à YiUers- 
Bretonneux, à l'E. (v. ci-dessous), et à Dury, au S. 

D'Amiens à Boulogne et à Calais, v. R. 9; à Doullens, St-Pol, etc., p. 89. 
D'Amie«s a Tergnier: 80 kil. ; 1 h. 10 à 2 h. 10; 9 fr. 35, 7 fr., 5 fr 15 
- Cette ligne fait partie de la route directe entre Londres et la Suisse 
et l'Italie, par Calais, Amiens, Laon, Reims, Chaumont et Belfort. On suit 
d'abord la ligne de Paris, puis on la laisse à dr. et on croxse celle de 
Paris à Arras/ — 17 kil. Villers-Bretonneux, localité industrielle de 59dy hab., 



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HAM. LU. 4, 53 

où eut lieu l'un des principaux combats de la bataille d'Amiens (v. ci- 
dessus) , perdue par l'armée française du Nord. — On traverse ensuite 
le pays fertile appelé le Sanierre. — 38kil. (5^ st.) Ohaulnes, sur la ligne 
de Paris à Péronne et Cambrai (R. 6). — 47 kil. Nesle^ petite ville d'origine 
très ancienne et qu'illustrèrent plusieurs seigneurs. Son église Notre- 
Dame est en partie du stvle roman (xii® s.). — 59 kil. Ham (Mt. de France)^ 
petite ville avec un château remontant au xiii^ s. et dont la partie la 
plus curieuse est le donjon, tour de 33 m. de largeur et autant de hauteur, 
avec des murs de 11 m. d'épaisseur. Il a longtemps servi de prison et 
il renfermé beaucoup de prisonniers politiques bien connus , depuis les 
guerres de religion jusqu'à nos jours. On sait que du nombre fut le 
prince Louis-Napoléon, plus tard Napoléon III, qui y fut incarcéré après 
l'affaire de Boulogne, en 1840, et s'en évada en 1846. — Ham est la pa- 
trie du général Foy (1775-1825), à qui l'on a érigé en 1879 une statue en 
bronze, par Hiolle. — 80 kil. (9^ st.) Tergnier (p. 37). 

D'Amieks a Rouen (au Havre) : 117 kil. ; 2 h. 5 à 3 h. 45 i 14 fr. 50, 10 fr. 90, 
7 fr. 90. — On suit d'abord la ligne de Beauvais jusqu'à Saleux (8kil. ^ 
V. p. 48). — 26 kil. (5^ st.) Famechon^ village bien situé, avant lequel 
on passe dans un tunnel de 460 m. — 31 kil. Poix^ petite ville également 
bien située, possédant une église goth. des xv^-xvi^ s., avec de ricbes 
sculptures à l'intérieur. — Ensuite un viaduc courbe de 250 m. de long 
et 31 m. de haut. Belle vue. — 51 kil. (10® st.) Ahancourt. Ligne du 
Tréport (p. 95). — 57 kil. Formerie^ où un détachement de 3000 Alle- 
mands, venu pour couper le chemin de fer, fut repoussé avec des pertes 
sensibles le 28 oct. 1870. La voie redescend ensuite dans la vallée de 
Bray (p. 118). — 72 kil. (12© st.) Serqueux. Ligne de Paris à Dieppe par 
Pontoise (p. 116). — 81 kil. Sommery. Puis un tunnel de 1488 m. — 90 kil. 
Montérollier-Buchy. Embranch. de Clères-Motteville-le-Havre (p. 110). — 
On descend à la fin rapidement vers Rouen. — 113 kil. (17® st.) Darnétal^ 
ville industrielle de 6609 hab., bien située, dans un vallon. — Très belle 
vue à dr. sur Rouen. — 117 kil. Rouen^ gare du Nord (v. p. 101). 

5. D'Amiens à Arras, à Douai et à Valenciennes (Mons). 

61, 87 et 119 kil. A Arras: 61 kil.; 1 h. 15 à 1 h. 50; 7 fr. 60. 5 fr. 70, 
4 fr. 15. D' Arras à Douai : 26 kil. ; 25 à 50 min. ; 3 fr. 30, 2 fr. 46', 1 fr. 80. 
De Douai à Valenciennes : 32 kil. ; 40 min. à 1 h. 10; 4 fr. 05, 3 fr., 2 fr. 10. 

On retourne d'abord dans la direction de Paris jusqu'à Longueau 
(4 kil. ; p. 47), pour rejoindre les trains directs de Paris à Arras, etc., 
qui ne vont pas jusqu'à Amiens, ou bien, avec les trains se formant 
à Amiens , on gagne la ligne d'Arras au delà de Longueau , par un 
tronçon de raccordement. On tourne ensuite à g. et laisse à dr. la 
ligne de Tergnier. On traverse deux fois la Somme. — 137 kil. (de 
Paris, par Creil). Daours, au confluent de la Somme et de VHallue, 
rivière sur les bords de laquelle eut lieu, le 23 déc. 1870, entre les 
troupes de Faidherbe et de Manteuffel , la bataille dite de Pont- 
Noyelles, à la suite de laquelle le général français se retira sur Arras. 
— On traverse la Somme pour la dernière fois. 

140 kil. Corhie, viUe de 4594 hab., jadis célèbre par son abbaye 
de bénédictins et qui en a conservé V église, des xvi^-xviii^s., dé- 
figurée au commencement de ce siècle. On en voit bien du chemin 
de fer, à dr., le portail monumental à deux tours. — 147 kil. Mé- 
ricourt -Rib émont. 

156 kil. Albert, petite ville industrielle de 58*21 hab., avec le 
pèlerinage de Notre- Dame -Brebières. Elle est située sur V Ancre, 



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54^1. R. 5. ARRAS. D'Amiens 

qui y forme une jolie cascade, et elle en porta le nom jusque sous 
Louis XIII, qui la donna à Charles d'Albert, duc de Luynes. Con- 
cini, qui l'avait possédée précédemment, s'était appelé «le maréchal 
d'Ancre». 

164 kil. Beaucourt-IIamel. — 169 kil. Miraumont. — 174 kil. 
Achiet, où eut lieu, le 2 janv. 1871, un comhat qui précéda la ba- 
taille de Bapaume (v. ci-dessous). 

Embkanch. de 33 kil. sur Marcoîng (Cambrai), par Bapaume (7 kil.), 
petite ville qui fut témoin de l'une des plus importantes batailles livrées 
dans le nord durant la dernière guerre, le 3 janv. 1871, bataille que les 
Français et les Allemands prétendent également avoir gagnée, mais à la 
suite de laquelle les derniers se retirèrent derrière la Somme. — 17 kil. 
Vélu-Bertincourt. — Embranch. d'Epehy (p. 64). — Marcoing^ v. p. 64. 

184 kil. Boisleux. Emhranch. de 27 kil. sur Marquion, devant 
se prolonger sur Cambrai. — A g. avant Arras, les lignes deDoullens 
et de St-Pol (p. 56). On aperçoit le beau beffroi d' Arras. 

192 kil. Arras {buffet; hôt. : de V Univers, place de la Croix-Rouge; 
du Petit-St-Pol, place du Théâtre, où sont aussi plusieurs cafés ; du 
Commerce, à l'entrée de la ville), ville de 26914 hab., anc. capitale 
de V Artois, aujourd'hui chef-lieu du départ, du Pas-de-Calais, 
siège d'un évêché et place forte, sur la rive dr. de la Scarpe^ avec 
une citadelle construite par Vauban en 1670. 

Ce fut dans l'antiquité la capitale des Atrébates. Elle était déjà 
célèbre au iv^s. par ses étoffes de laine, et l'on voit encore en bien des 
endroits de ses tapisseries, dont la fabrication a cessé depuis longtemps. 
Après avoir appartenu plus ou moins complètement aux rois de France, 
elle passa avec l'Artois, comme apanage de diverses princesses, dans la 
maison de Bourgogne, dans celle de Flandre, puis de nouveau dans celle 
de Bourgogne et ensuite à l'empire d'Allemagne et à l'Espagne. Prise 
et reprise plusieurs fois dans les guerres de la France avec les ducs de 
Bourgogne et l'empire, elle ne resta définitivement à la France qu'après 
1640. Arras est la patrie des deux Robespierre et de Jos. Lebon , un 
ancien curé, qui organisa la terreur dans cette ville et se signala par 
ses cruautés. — Il se fait à Arras un très grand commerce de grains. 

On tourne à g. au sortir de la gare. A g. au delà de l'enceinte 
fortifiée, rue Gambetta, la tour des Vrsulines, jolie petite tour mo- 
derne du style de transition, dont la flèche a été renversée par un 
ouragan en 1876; c'est une imitation de celle delà Ste- Chandelle, 
qui s'élevait autrefois sur la Petite-Place. La rue St-Géry , plus 
loin à dr., nous conduit à cette place, où est l'hôtel de ville. 

La Petite-Place et la Grande-Place, un peu plus loin, se dis- 
tinguent par leur originalité. Elles sont entourées de maisons uni- 
formes du xvii^ s., du temps de la domination espagnole, ayant 
dans le bas une galerie à arcades avec colonnes monolithes en grès, 
et dans le haut des pignons à volutes et à frontons arrondis. 

L'*HÔTEL DE VILLE, du XVI® S., cst uu des plus beaux du nord 
de la France. La façade est du style goth., avec sept arcades iné- 
gales au rez-de-chaussée. Les bâtiments donnant sur les rues laté- 
rales sont de très riches constructions du style de la renaissance, 
celui de dr. élevé de nos jours. Le beffroi, terminé par une cou- 
ronne, est d'une grande élégance et mesure 75 m. de hauteur. 



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à Valenciennes. ARRAS. I. R. 5. 55 

Plus loin sont les vastes bâtiments de l'anc. ahhaye de St- Vaast, 
occupés maintenant par l'évêché , le grand séminaire et le musée. 

Le MusÉEj qui comprend une galerie de peinture et une collection 
archéologique, occupe une grande partie du rez-de-chaussée du côté 
du jardin , situé un peu plus bas (v. ci-dessous). C'est aussi de ce 
côté qu'on y entre les jours où il est public, tous les dim. de juin 
à sept, et le 1®^ dim. du mois le reste de l'année. Les autres jours, 
on s'adresse au concierge, à la grande porte du côté de la place. 

V-'^ SALLE, à l'entrée dans la semaine, à rextrémité de la galerie de 
dr. lorsqu'on entre du côté du jardin, rien de remarquable. —II® salle, 
surtout des tableaux modernes de valeur secondaire. A dr., 1 , Alaux^ 
Pêcheurs tirant leurs filets ; 193, Zieglei\ Henri IV et Marguerite de Valois ; 
13, Em. Breton^ Un ouragan; 15, Jules Breton^ Misère et désespoir; 197, 
Ziegler^ Mort du doge Foscari, en entendant ia cloche qui annonce l'a- 
vénement de celui à qui il a dû. céder la place; 7, Berthon^ Pendant la 
messe, en Auvergne; 111, Lecomte du Nouy ^ Œdipe conduit par Antî^gone 
devant le corps de Jocaste; 100, Jadin^ Relais de chiens dans la forêt de 
Fontainebleau; 195, Yvon^ César; 14, Em. Breton^ la Nuit; 149, ScJinetz, 
Esther et Mardochée ; 25, Colin^ Combat de taureaux ; 77, Qlaize^ Spectacle 
de la folie humaine; 150, Schutzenhergei\ l'Enlèvement d'Europe; 119, 
Em. Lévy^ Joas sauvé du massacre ; 112, /. Leman^ Louis XIV et Molière ; 
156, Sorieul^ Combat de Quiberon. — De l'autre côté, encore de grands 
tableaux de valeur secondaire et mal éclairés. 71, Fragonard^ les Bour- 
geois de Calais à la tente d'Edouard III, roi d'Angleterre. 

me SALLE : 75, Gérard, portr. de l'artiste ; 39, Eug. Delacroix, Martyre 
de St Etienne; 82, Gros, Hélène; 16, J. Breton, le Repos. 

Nous passons ensuite dans les cloîtres , qui renferment la collection 
archéologique, des sculptures et surtout beaucoup de fragments provenant 
de divers édifices. Dans la galerie de g. sont des copies de tableaux sans 
valeur, des plâtres d'après l'antique et un grand modèle en bois de la 
cathédrale (v. ci-dessous). On remarquera particulièrement les sculptures 
à l'extrémité du côté dr., où est l'entrée des autres salles. 

IV® SALLE: 17, van den Broeck, le Jugement dernier; 63, van DycJc, 
St Sébastien ; 6 , van Bergen , Mercure endormant Argus ; 21 , îe Ganale, 
Rentrée d'une promenade sur l'eau; 123, N. Maes, portr. d'Anne-Marie de 
Schurmans, femme d'un grand savoir; 102, Jordaens, Bacchanale; 83, Fr. 
Hais, Fête de paysans; 127, Molenaer, Intérieur de cabaret; 86, Heemskerck, 
Intérieur de tabagie; 128, Monnoyer, Vase de fleurs. 

V^ salle: 19, Bî'ueghel de Velours, le Paradis terrestre; 200, école 
^amande, le Crucifîment; 137, Jacq. Bassan, Un concert de famille; 218, 
école flamande du XIV^ s., Suzanne au bain; puis plusieurs Teniers le Jetme; 
145, Ryckaert, Intérieur flamand; 1^, Daniel de Volterre, Samson et Dalila; 
236, inconnu, la Vierge et l'Enfant; 192, 191, Watteau, Offrande à Priape; 
portr. d'enfant ; 35, G. de Crayer, Tobie et l'ange ; 30, J. Courtois, le Bour- 
guignon, Issue d'une bataille. 

Vie SALLE : 190, M. de Vos (?), l'Assomption ; 241, école flamande. Ado- 
ration des bergers; 23, Ph. de Champaigne, portr. de femme; 217, école 
flamande du XV^ s., la Mise au tombeau; 216, école florentine du XIV^ s.. 
Vierge avec des anges et des saints; 157, Snyders, Chasse au loup; 292, 
école vénitienne, le Martyre d'une reine; 133, Oudry , Chasse au renard ; 
158, Snyders, Chasse au sanglier ; 199, école flamande. Festin de Balthasar ; 
188, Verbruggen le Jeune, Enfants ornant de fleurs la statue du dieu Pan. 

Lq jardin St-Vaast est décoré de bustes en bronze d'Em. Lenglet 
(m. 1878), avocat et anc. préfet du Pas-de-Calais, par A. Millet, et 
d'Alex. Grigny (m. 1867), architecte de talent, par L. Noël. 

La cathédrale^ à l'extrémité N.-E. du corps de bâtiment, est 
l'anc. église abbatiale, des xvm® et xix^s. Elle possède des ta- 
bleaux remarquables , en particulier une Descente de croix et un 



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56 J. R. ô. DOUAI. D'Amiens 

Christ au tombeau attribués à Rubens et à van Dyck, l'un et Pautre 
dans le pourtour du chœur , et trois petits triptyques dans le croi- 
sillon de g., où se voit aussi une belle tête de Christ. Au maître 
autel, un bas-relief en bronze doré. Dans la chapelle du fond, une 
Vierge de Corot et deux monuments modernes d'évêques d'Arras, etc. 

h' église St -Jean -Baptiste (xvi®s.), près de la Petite - Place, 
possède aussi une Descente de croix attribuée à Rubens. 

La citadelle, de 1670-1674, surnommée la Belle-Inutile, est à 
l'extrémité S.-O. de la basse ville. Elle est précédée d'une prome- 
nade qui est la principale d'Arras. 

Dans la rue d'Amiens, en deçà, â dr., se voit la jolie chapelle 
des Dames du St-Sacrement , construction moderne du style flam- 
boyant, par l'architecte Crigny. 

Embranch. de 36 kil. sur Doullens (p. 89). 

D'Arras a Boulogne: 127 kil. ; 3 h. 55 à 4 h. 10; 15 fr. 70, 11 fr. 80, 
8 fr. 55. — Cette ligne suit un instant celle de Paris, puis tourne à dr. — 
14 kil. (26st.) Mont - St - Eloi ^ village sur une colline à dr., où sont les 
restes d'une abbaye, surtout deux hautes tours de son église (xviii^s.)- 
On remonte ensuite quelque temps la vallée de la Searpe. 

38 kil. (7e st.) St-Pol. Pour cette ville et la suite du trajet jusqu'à 
(49 kil.) Anvin, y. p. 89. 

62 kil. (12*^ st.) Hesdin^ petite ville sur la Canche^ fondée en 1554 par 
Charles-Quint, après la destruction du Vieil-Hesdin, situé 4 à 5 kil. plus 
haut dans la vallée. On descend plus loin la vallée de la Canche. — 
89 kil. (276 st.) Montreuil-mr-Mer, ville de3297hab., d'origine antique, et 
anc. place forte, sur une colline à 15 kil. de la mer, mais qui en était 
jadis plus rapprochée. Il reste encore des parties de la citadelle, d'où 
l'on a une très belle vue. Montreuil a une assez belle église goth. et 
un Hôtel-Dieu reconstruit de nos jours , avec une belle chapelle dans le 
style du xvi^ s. — 100 kil. (29^ st.) Etaples ^ où l'on rejoint la ligne 
d'Amiens à Boulogne (p. 81). 

Passé Arras, on laisse à g. la ligne de Calais par Béthune (R. 8) 
et descend la vallée de la Searpe. A g., les marais de Famboux, 
dans lesquels un train fut précipité en 1847. — 201 kil. Rœux. 
— 208 kil. Vitry , où Sigebert, roi d'Austrasie, fut assassiné en 
575 , par des émissaires de Frédégonde. — 213 kil. Corhehem. On 
aperçoit déjà à g. les tours de Douai, la plus haute celle de l'hôtel 
de ville. 

218 kil. Douai {buffet; hôt. : de V Europe, rue St- Jacques, près 
de la place de ce nom; du Grand- Cerf et du Commerce, rue St- 
Jacques , 20 ; de Flandre , place d'Armes) ; ville de 30 030 hab. et 
place forte de l^^cl., sur la Searpe canalisée. Comme Arras, elle 
se vit longtemps disputée , assiégée , prise et reprise par les Fran- 
çais, les Flamands, les Impériaux, les Espagnols ; Louis XIV en fit 
encore le siège en 1667 , et elle ne fut définitivement réunie à la 
France qu'au traité d'Utrecht, en 1713. — Douai est le siège d'une 
cour d'appel et un centre industriel assez important. 

En tournant à g. au bout de la rue qui fait face à la gare , on 
arrive à la belle place St- Jacques, la principale promenade de 
Douai , près de laquelle est le musée (p. 57) , puis à g. à la rue St- 
Jacques, par où l'on va à la place d'Armes. 



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à Valenciennes, ï)OUAI. /. H. 5. 67 

L'église St-Pierre, â dr. à mi-chemin entre les deux places, est 
un édifice reconstruit au xviii^s., qui n'a guère de curieux que son 
énorme tour du xvi*^ s., occupant toute la largeur de la façade. 

Notre-Dame, près des fortifications, au S.-E., où l'on va direc- 
tement en prenant à dr. de la façade de St-Pierre, est aussi en elle- 
même peu remarquable; mais elle possède le célèbre *retable 
d'Anchin, peint en 1520 par un artiste de Douai, J. Bellegamhe, 
dit le «Maître des couleurs». 11 est dans la sacristie, où l'on s'a- 
dressera pour le voir , avant midi Va ou après 2 h. 

Il se compose de 9 panneaux et représente, à Textérieur, le Christ 
sur un trône, entre la Vierge, le donateur, présenté par St Charlemagne, 
son patron, et des religieux d'Anehin , conduits par St Benoît^ à l'inté- 
rieur, l'Eglise triomphante, entourant la Ste Trinité. — A l'entrée de la 
sacristie se voit aussi une Vierge mystique intéressante du xv^s. 

Près de cette église se trouve la porte de Valenciennes, du xv^s. 
-^ Nous retournons dans l'intérieur de la ville par la rue de Valen- 
ciennes, et nous traversons la gi'ande place d'Aimies. 

L'*HÔTEL DE VILLE, de l'autre côté, est l'édifice le plus remarquable 
de Douai et un très beau monument du style goth., en partie du 
xv^s. 11 est dominé par un beffroi à cinq étages, de 40 m. de hau- 
teur, dont la partie supérieure est crénelée et flanquée de tourelles 
en encorbellement. On y entrera pour voir la cour , dont les con- 
structions sont toutefois modernes et plus simples. La salle des 
fêtes mérite aussi d'être vue. 

La rue des Foulons, la seconde à g. après l'hôtel de ville , a en- 
core des maisons anciennes remarquables, surtout le n° 20. 

Une petite rue à dr., plus loin que l'entrée de celle des Foulons, 
conduit vers la Scarpe. Le palais de justice, près de là à dr., est 
une ancienne dépendance d'une abbaye. Il n'a rien de bien curieux 
à l'extérieur , mais la première chambre de la cour d'appel , l'anc, 
salle du parlement de Flandre , a de belles peintures. La rue qui 
prend en face, place du Palais, conduit dans le quartier N.-E. de la 
ville, occupé presque tout entier par des casernes et un vaste arsenal, 
un des plus importants de France. En tournant en deçà à dr., dans la 
4^ rue latérale, la rue des Malvaux, on revient à la place St-Jacques, 
en passant à g. devant le musée. 

Le MUSÉE, pour lequel on doit construire un nouveau local mieux 
approprié, occupe le rez-de-chaussée du bâtiment à dr. de la cour 
que précède une grille, et une partie du second étage. Il comprend 
une riche galerie de peinture (env. 570 num.), des sculptures, des 
collections ethnographique et d'histoire naturelle très importantes, 
des antiquités , etc. 11 est public le dim. de 1 h. à 4 h. et visible 
aussi les autres jours pour les étrangers. Il y a des étiquettes. 

Vestibule: antiquités romaines, fragments de sculptures, bois de 
justice, etc. 

l'6 SALLE , à dr. dans le fond du vestibule. D'abord de grands tableaux 
de l'école française moderne, d'une valeur secondaire. Puis, entre autres : 
Î64, Français^ paysage-, 76Î, Gosite, J.-C. au prétoire; 77, Corot ^ paysage; 
175, Harpignies^ la Petite marine à Sorrente ; 25, J. Beltegambe le Jeune^ 



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58 J. JB. 5. DOUAI. D'Amiens 

le Jugement dernier; 476, Chataud, le Grardien du sérail ; 131, van Dycky 
Réception de St Placide et de St Maur par St Benoît, à Subiaco ; 183, Êfol- 
bein le /., portr. de Thomas Morus et de Jean Fischer; plus loin, un autre 
portr. du même artiste; 118, Dughet^ Solitude; 243, van Minderhout, ma- 
rine; 378, Vei'bruggen le J., Guirlande autour d'un cartouche. — Au milieu, 
des dessins et des estampes. 

lie salle: 283, van Orley, la Vierge et TEnfant; 228, Maes le J.^ portr. 
de femme; 140, Ficioor^ Femme en prière devant une tête de mort; 766, 
école de Giotto, le Crucifîment; 802, école italienne, St Klaise; 382, Vien, 
Moïse apportant les tables de la Loi; 237, van der Meulen, portr. équestre 
de Louis XIV; 84, de Crayer, J.-C. et la Vierge intercédant pour un pé- 
cheur; 790, Teniers le Vieux, Scène de sorcières; 181, van Helmont, Ré- 
jouissances dans un village; 197, Jordaens, portr. d'homme; 368, van Tkielen, 
Guirlande; 11, Jacq. d'Artois, paysage; 312, Ravestein, portrait; 265, van 
Noorty Adoration des mages; 258, école de Murillo, Extase de St François 
d'Assise; 758, Courbet, la Réflexion; 751, P. Véronèse, portr. d'une Véni- 
tienne; *784, Rubens, Pan et Gérés; 769, Grimou, Une pèlerine; 130, van 
Dyck, le Christ pleuré par les anges; ensuite des copies d'après Rubens; 
142, Franck le Vieux, Festin de Balthasar; 763, van Everdingen, TJn tor- 
rent; 204, Fr. Lagrenée , Elisabeth Pétrovna, impératrice de Russie; 390, 
Sim. Vouet, St Etienne en extase; 132, van Dyck ^ portrait. Au milieu: 
*23, Bellegambe VAncien, volets d'un triptyque en l'honneur de l'Immaculée 
Conception ; *408, Jîo^. van der Weyden, tableau à deux faces. Apparition de 
la Vierge à un cistercien et Jugement dernier. 

me salle: 148, Fromentin, Vue d'El - Laghouat (Algérie); 792, école 
allem^ du XV^ s., les Israélites recueillant la manne ; 241, P, Mignard, Ecce 
Homo ; 328, école de Salv. Rosa, St Sébastien ; 349, Sehnetz, Mort du général 
Aug. Colbert (1809); 164, Govaerts, St Jean-Bapt. ; 50, Brascassat, paysage. 

IV® SALLE, galerie de sculpture, beaucoup de plâtres, surtout de Tfi. 
Bra, de Douai, par ex., 630, le modèle de la statue du général Négrier 
(Lille) ; pierres tombales avec figures en relief, etc. ; 682, Desprez, l'Inno- 
cence, bronze; 816, reproduction en bronze du Mercure de Jean de Douai, 
dit Jean de Bologne, dont les autres œuvres sont aussi rej^résentées dans 
ce musée par de petites reproductions, dans deux vitrines a dr. ; 838, tom- 
beau de Charles I^r, comte de Lalaing (m. 1525), en albâtre et en marbre ; 
839, Charles II de Lalaing, statue sépulcrale en albâtre qu'on a attribuée 
à Jean de Bologne; 669, David d'Angers, Merlin de Douai, buste en mar- 
bre; 667, H. Cordier, la Nymphe des eaux, marbre. 

Nous retraversons les salles précédentes jusqu'au vestibule. En face, 

Ve SALLE, la collection ethnographique, composée d'une multitude de pe- 
tits objets classés dans l'ordre géographique, en partie avec des étiquettes. 

Vie SALLE, à g. en revenant dans le vestibule, antiquités de l'âge de 
pierre et quelques tableaux: 746, Benner, Une sérénade à Capri. 

vue SALLE, en face de la précédente: petits objets d'art du moyen 
âge, petites antiquités (bronzes et vases), meubles, sculptures, etc. 

IXe SALLE, à côté, petits tableaux anciens et aussi quelques meubles. 
A dr., 24, /. Bellegambe (?), volets d'un triptyque. Au mur: l^e rangée, 
81, Cranach le Vieux, Une sirène; 149, école de T. Gaddi, Adoration des 
mages; 126, d'après Durer, Mort de la Vierge, camaïeu, sur marbre; 3e r., 
91, Declerck, Ste Famille; 161, van der Goes (?), la Vierge et l'Enfant. 
Mur suiv. : l^e j.., 82, Cranach le V., Idelette de Bure, femme de Calvin; 
80, Craesbeeck, Scène d'intérieur; 293, Jules Romain (?), Enlèvement de 
Déjanire; 9, le Corrège (?), Mariage de Ste Catherine; 410, Wouwermans, 
Cour d'une maison hollandaise; 331, Rubens, la Vendange; 2e r., 364, 
Swanevelt, Soleil levant; 150, van Gaesbeeck, Intérieur d'atelier; 56, Callot, 
Scène de pillage; 47, Bramer, Scène d'intérieur; 296, le Bassan, Baptême 
de St Valentin; 226, Luini (?). portrait; 3e r., 375, Vanni (?), portrait; 285, 
Pacheco, Jeune bohémienne ; 384, Vinckeboons, Foire de village ; 358, Snayers, 
paysage ; 244, Mirevelt, portr. d'homme ; 362, Stevens, Marguerite de Parme ; 
307, école du Primatice, portr. de la belle Paule; 4e r., 259, école de Mu- 
rillo, la Partie de dés; 165, van Goyen, paysage; 376, Velazquez (?), por- 
trait; 16, le Guerchin, Mort de St François d'Assise; 5e r., 374, Vanni, Po- 



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à Valenciennes. SOMAIN. J. R, 5. 59 

moue; 286, Pacheco, portrait; 326, Roos, paysage; 320, Ribera, Un philo- 
sophe mathématicien. — Autre côté de la porte: *162, van der Ooes. la 
Vierge de St-Bertin ; 350, Erhard Schœn, Adoration des mages; 125 Durer m 
Crucifîment de St Pierre; 363, Sirozzi, la Vierge dans sa jeunesse; 234' 
Massys, St Jérôme méditant. Autre mur: 2e r., 346, Salvi, la Vierge et 
l'Enfant; 332, Rubens (?), Vocation de St Mathieu; 319, Ribera, Une des 
saintes femmes devant le Christ mort; 246, J, Molenaer^ Intérieur- 360 
Staveren, Vieillard; 3e r., 59, école des Carrache, l'Innocence; 86, J, 'Cuypl 
Intérieur; 192, ITMyman*, paysage ; 4e r., 30, Vaast Bellegambe (1), portrait; 
141, Fhnck, portrait; 134. école de van DycJc, Supplice de Prométhée; 182, 
van der Helst, portrait; 10, école du Corrèçe^ l'Enfant Jésus adoré par des 
anges; 5e r., 417, Zurbaran, St François d'Assise; 138, van Everdingen, portr 
de Cath. Mosselin; 158, Oiordano, St Christophe. 

A^^ ^^^ ÉTAGE est la bibliothèque publique, qui compte env. 50000 vol. 
et 1800 manuscrits, et à laquelle est réuni un médaillier. 

Au 2e ÉTAGE , la collection d'histoire naturelle , qui passe pour une 
des plus considérables de France. 

Douai a un jardin des plantes qui lui sert de promenade, vers 
l'extrémité 0., du côté opposé à la gare. 

De Douai à Lille, v. R. 7; à Cambrai et Busigny , R. 6 et n. 39; à 
Péronne, etc., B. 6. 71, 

Embranch. de 44 kil. sur Tournai, par Orchies (21 kil. ; p. 67) et 
Rumes (32 kil.), l'e stat. belge. On traverse après la l^e stat., Pont-de-la- 
Deule (6 kil.), la concession houillère de V Escarpelle , et on laisse à dr. 
les établissements de la soc. des Asturies , qui préparent et laminent le 
zinc. — Tournai , y. p. 73. 

En continuant sur Valenciennes, on suit un instant la direction 
d'Arras, puis on tourne à g. A dr., la ligne de Cambrai. — 223 kil. 
(de Paris , par Creil) Montigny, On aperçoit à g., dans les arbres, 
le beau château moderne de la famille Lambrecht , du style de la 
renaissance. A dr., l'emb ranch, des importantes mines de houille 
di'Aniches (Aubigny-au-Bac ; p. 66). 

230 kil. Somain, ville industrielle de 5796 hab. et entrepôt 
des houilles de la contrée. — Ligne de Cambrai-Busigny, v. p. 39. 

Embraîïch. de 16 kil. sur Orchies (p. 67), par la petite ville indus- 
trielle de Marchiennes (8 kil.), sur le canal de la Scarpe. 

De Somain a Pérdwelz , par Anzin : 39 kil. ; 1 h. 30 à 1 h. 40; 3 fr. 40, 
2 fr. 65, 1 fr. 85. — Cette ligne, qui prend à dr. de celle de Valen- 
ciennes, pour la croiser i^ès de cette ville et remonter de là vers le N., 
traverse le district houiller le plus important du nord de la France! 
Presque toutes les stations ont leurs mines et leurs cités ouvrières, et la 
contrée a par là un aspect curieux. — 4 kil. Abscon. On traverse la ligne 
de Cambrai à Somain (p. 39). — 7 kil. Escaudain. — 10 kil. Denain, ville 
de 17832 hab., au confluent de l'Escaut et de la Selle, redevable de son 
importance à ses mines et à ses établissements industriels, auparavant 
un simple village connu seulement par la victoire de Villars sur le prince 
Eugène, en 1712. Aciéries de la société de Denain et Anzin, distilleries, 
fabrique de sucre candi. Tramway à vapeur sur Valenciennes. Embranch. 
industriels. — 15 kil. Hérin. — 18 kil. St-Waast, localité considérable, 
avec des fours à coke et la maison de régie de la comp. d'Anzin. — 
19 kil. Anzin (hôt. SU -Barbe), localité de 10656 hab., sur l'Escaut, en 
quelque sorte un faubourg de Valenciennes (2 kil. jusqu'à la gr. place ; 
tramway), et centre de l'exploitation houillère. La comp. d'Anzin, fondée 
en 1716, occupe 14000 ouvriers et extrait 2400000 tonnes de houille. Sa 
concession a 28054 hect. de superficie. Anzin a de plus des forges, des 
ateliers de construction et des verreries. — 23 kil. Bruai, où la ligne de 
Péruwelz se raccorde avec celle de Valenciennes (3 kil.). On longe plus 
loin les forêts de Raismes (v. ci-dessous) et de St-Amand (p. 67). — 27 kil. 
Escaupont. — 28 kil. Fresnes. La première veine de houille y fut trouvée 



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6Ô /. jft. 5. TALËNCtENNËS. 

en 172(L Embrancb. de St-Amand (14 kil. ; p. 67) à Blanc-Mîsseron (9 kil. ; 
p. 63). — 30 kil. Condé-sur-PEscaut (hôt. du Grand-Cerf), ville de 5172 hab. 
et place forte au confluent de TEscaut et de la Hayne et sur le canal de 
Condé à Mons. Les principaux événements de son histoire sont aussi les 
nombreux sièges qu'elle eut à subir, surtout de la i)art de Louis XI, qui 
ne put la prendre (1477), de Turenne, du prince Eugène, de Louis XIV et 
des Autrichiens, qui s'en emparèrent successivement en 1655, 1656, 1676 
et 1793. Elle est a la France depuis le traité de Nimègue (1678). On y 
remarque surtout VHermitage, anc. château des princes de Condé, du xv^ s., 
et Véglise, pour l'originalité de son clocher, de 1608. Tramways à vapeur 
sur Vieux-Condé et sur Valeneiennes. En sortant par la porte de Tournai, 
par où l'on va au château de l'Hermitage, et traversant plus loin le bois 
du même nom, on arrive à Bon-Secours (hôt. du Grand-Logis, etc.), hameau 
moitié français, moitié belge, sur une colline sablonneuse, renommé dans 
la contrée comme séiour d'été. Il est relié par un tramway à Péruwelz.. 
— 32 kil. Vieux-Condé, dernière stat. française. — 39 kil. Péruwelz , stat. 
belge sur la ligne de Tournai (p. 73) à Mous (p. 40). 

Passé Somain, on laisse à dr. les lignes d'Anzin et de Cambrai, 
à g. celle d'Orchies. — 239 kil. Wallers. — 245 kil. Baismes, bourg 
Industriel. La forêt de Raismes, comme celle de St-Amand (p. 67), 
offre des promenades agréables et de beaux sites : Notre-Dame-à- 
Loques , la Fontaine , Suchemont , la Chaussée Brunehaut. Rela- 
tions faciles par les stat. de Bruai (v. ci-dessus) , Beuvrages (p. 66), 
Raismes-Vicoigne (p. 66) , Wallers (v. ci -dessus) et St-Amand 
(p. 67) et par les tramways. La voie tourne ensuite à dr. , rejoint 
à g. la ligne de Lille, croise celle de Péruwelz près de Bruai (v. ci- 
dessus) et se raccorde aussi à g. avec celle de Mons. 

250 kil. Valeneiennes {buffet, dont on se plaint; hôt. : du Com- 
merce^ place des Ilots; de Flandre, rue de la Halle, 2; des Princes, 
rue de la Nouvelle-Hollande, 3; du Nord, rue du Quesnay, 66), 
ville de 27575 hab. et place forte de 1^^ cl., au confluent de l'Escaut 
et de la Rhondelle. L'industrie des dentelles, qui en a longtemps 
fait la célébrité, a disparu, mais il y a maintenant des manufactures 
de batistes , de linons , etc., et des usines importantes. 

Valeneiennes est d'origine antique et fut peut-être fondée par l'em- 
pereur Valentinien. Longtemps à peu près indépendante ou incorporée au 
comté de Hainaut, elle fut vainement assiégée par Marguerite de Hainaut 
en 1254, par Louis XI en 1477 et par Turenne en 1656-, mais elle fut prise 
par Louis XIV en 1677 par les coalisés en 1793 et par Schérer eu 1794. La 
France la possède définitivement depuis le traité de Nimègue (1678). Elle 
a encore été bombardée et prise par les alliés en 1815. Peu de villes 
ont vu naître tant de personnages illustres dans tous les genres, dont les 
principaux sont représentés par des médaillons autour du monument de 
l'un des premiers d'entre eux, Jean Froissart (p. 62). Il faut encore 
particulièrement citer parmi ceux de nos jours le peintre Abel de Pujol 
et les sculpteurs H. Lemaire et Carpeaux. 

Au sortir de la gare , on se trouve à une station des tramways 
à vapeur qui desservent Anzin (p. 59), Denain (p. 59), Condé (v. ci- 
dessus), St-Amand (p. 67), etc. Un autre, menant à Quiévrain 
(p. 63) , part de la rue de Mons (p. 63). Il y a sur les glacis un 
joli jardin, malheureusement dépourvu d'eau. Nous tournons à dr. 
pour entrer dans la ville par la porte et la rue Ferrand. Cette rue 
passe devant le lycée, anc. collège des jésuites, et devant Vécole des 
Beaux- Arts, Là aussi , la bibliothèque de la ville, qui compte env. 



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VALENCIENNES. I, R. 5, 61 

25 000 vol. et 1000 manuscrits , et un musée d'histoire naturelle, 
très riche en échantillons minéralogiques. 

Sur la place Carpeaux, un peu plus loin, la statue d'Ant. Watteau, 
le peintre (1684-1721), aussi une illustration de Valenciennes. Elle 
est en bronze, par Carpeaux, et entourée de 4 personnages rappelant 
la comédie italienne. 

It'église St-Gery, sur la même place, est un édifice goth. en 
partie du xiii® s. , avec une belle tour moderne. Elle a dans le 
chœur de belles boiseries provenant de l'abbaye de St-Amand 
(p. 67) et qui représentent la vie de St Norbert, fondateur de l'ordre 
des prémontrés. 

De là on arrive, en continuant tout droit, à la place d'Armes, 
belle place régulière, avec des maisons de hauteur uniforme d'un côté 
et de vieilles maisons en bois remontant à l'occupation espagnole. 

lj'*hôtel de ville, qui s'y trouve, est la principale curiosité de 
Valenciennes. C'est un grand édifice du xvii^s., dont la façade 
monumentale a été reconstruite en 1867 - 68. Elle présente deux 
ordres de colonnes , dorique et ionique superposés , et au-dessus, 
des cariatides à gaines , une galerie à jour, un fronton avec la Dé- 
fense de Valenciennes, par Carpeaux, et un campanile à deux étages. 

Un musée de peinture et de sculpture considérable, un des plus 
riches de France en œuvres de l'école flamande , y est installé au 
second étage. Il est public tous les jours de 10 h. à midi et de 2 h. 
à 4 h. Entrée à dr. par la première porte cochère. 

I^® salle: dessins, gravures, vieille tapisserie de Valenciennes, etc. 

II® SALLE, sculptures : 352, 350, Hiolle (de Valenciennes), Aux soldats 
français morts pour la patrie, groupe colossal; Jésus tenté par le démon, 
bas-relief; 360, Lemaire (de Valenc), la Jeune fille au papillon, marbre. 

III® SALLE, suite des sculptures, collections diverses et tableaux: à 
g., 259-262, Louis-Joseph Watteau (de Valenc), le Matin, Midi, Vespres, le 
Soir; 231, Steuben, Pierre le Grand, enfant, sauvé par sa mère de la fureur 
des Strelitz révoltés; à dr., 190, Àb. de Pujol^ le Tonneau des Danaïdes; 
121, 122, Quent. de Latour^ portr. d'homme et de femme, pastels. 

IV® SALLE, du côté de la façade: 128, Jules Léonard^ le Médecin des 
pauvres ; 102, Harpignies (de Valenc), Sauve qui peut ; 220, Schnetz^ Reli- 
gieux secourant une pauvre pèlerine. — Au milieu, 373, Vasselot, Un petit 
joueur de musette, bronze. 

V® salle: 263, L.-J. Watteau^ le Congé absolu; 69, G. de Crayer, St 
Pierre pénitent ; 40, Callei^ portr. de Louis XVI ; 266, Franç.-L.-J. Watteau^ 
Menuet sous le chêne; 258, Jean-Ant.Watteau^ le «peintre des fêtes galantes», 
portr. d'Ant. Pater, sculpteur valenciennois ; 127, Louis Lenain ou J. Miel^ 
Joueurs de cartes ; 242, le Valentin^ Concert dans une taverne ; 239, de Troy^ 
portr. de Jean de Julienne, protecteur d'Ant. Watteau, dont il tient le por- 
trait; 44, Ph. de Champaigne^ portr. d'un seigneur mort; 171, J.-B. Pater 
(de Valenc.) , la Soirée ; 267 , Fr. Watteau , Bataille des Pyramides ; 257, 
Aîit. Watteau^ Conversation sous les arbres d'un parc; 61, Courtois^ dit le 
Bourguignon, Escarmouche de cavalerie ; 169, J.-B. Pater , le Nid de tour- 
terelles; 268, Fr. Watteau, Siège de Beauvais par Charles le Téméraire; 
248, Jos. Vivien, portr. du cardinal Joseph -Clément de Bavière, électeur 
de Cologne. — Au milieu, 326, C9'auk (de Valenc), l'Elégie, marbre. 

VI® salle: 149, Moucheron, paysage; 4, van Aelst, nature morte; 71, 
Lor. di Credi, la Vierge adorant l'enfant Jésus ; *222, Seghers, St Eloi aux 
pieds de la Vierge; 198, Daniel de VoUerre, le Christ mort; *255, M. de Vos, 
Adoration des mages ; 34, Brueghel d'Enfer, le Travail mangé par l'usure 



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62 L R, 5. VALENCIENNES. 

et l'Usurier mangé par le diable; *115, /. Jordaens^ le Roi boit; 109, 
J. van Hugteriburg y Attaque d'un convoi; 87, Ambr. Franck^ Entrée dans 
l'arche; 1T2, Martin Pepyn^ artiste anversois dont les tableaux sont fort 
rares (1575-1646), St Bernard triomphe du schismatique Guillaume d'Aqui- 
taine en lui présentant l'hostie ; 246, Vinckéboons^ grand paysage boisé ; 25, 
van Bloemen^ Animaux ; 72, CrivelU^ St Nicolas de Tolentino ; 225, van Slinge- 
landy Intérieur de cuisine; 173, de Pereja^ élève de Velazquez, les Bohé- 
miens ; 153, Neefs le Vieux, Intérieur d'église ; 205, Rottenhammer, Punition 
de Niobé. — Au milieu, 351, HioUe, Narcisse, modèle en plâtre. 

VU© SALLE : 139, van Mieris , Pan et Syrinx ; 35, Brueghel d"" Enfer , le 
Christ prêchant; 2, Al. Adriaenssens^ Un marchand de poissons; sans num., 
ScMdone, la Vierge, l'Enfant et Ste Catherine; 41, Calvaert, le Christ mort ; 
97, van Qoyen^ paysage ; 83, van Dyck, St Mathieu ; 111, Huysmans, paysage ; 
*214, RubenSy Descente de croix; 112, Janssens, Réunion galante; 43, 
Carreno de Miranda, portr. de don Carlos, fils de Philippe IV, plus tard 
Charles II (m. 1700); 294, école italienne du XVP s., devant d'autel; 8, Jacq. 
d'' Artois, paysage; 137, école de Massys, Un banquier et sa femme, repro- 
duction, avec variantes, d'un tableau du maître (v. la photographie). 

VIII® salle: 36, Brueghel de Velours, paysage; 209, Ruhens, Extase 
de St François d'Assise ; 55, Cornelissen , la Charité ; 184, Porhus le Jeune, 

Ïortr. de Marie de Médicis ; 33, Brauwer , Intérieur de cabaret flamand ; 
83, Porhus le J., portr. d'homme et de femme; *206, Rottenhammer , la 
Vierge, l'Enfant, St Jean et trois anges ; 105, de Heem, nature morte ; 269, 
Phil. Wouwerman, Départ pour la chasse; 229, van Son, nature morte; 
*67, de Grayer, Notre-Dame du Rosaire; 182, Porhus le Jeune, portr. de femme; 
86, Fr. Franck le VieuXy Charles-Quint prenant l'habit religieux; 3, van 
Aelst, nature morte ; 234, Teniers le Jeune, Intérieur d'une grotte ; *80, van 
Dyck., Martyre de St Jacques et de son dénonciateur converti; **210, 211, 
212, 213 (sur le revers). Prédication de St-Etienne , St Etienne lapidé , St 
Etienne mis au tombeau, l'Annonciation , admirable triptyque de 4 m. et 
4 m. 37 de hauteur, peint après la galerie du Luxembourg, en 1623, pour 
l'abbaye de St-Amand (p. 67) ; — 96, Golzius (?) , le Jugement de Paris ; 
117, Jordaens, le Jugement de Midas; *118, le Josépin, Diane et Actéon; 
140, Moreels, portrait ; 100, le Guide (?), St Pierre pleurant son péché ; 235, 
van Thulden, Ste Famille ; 254, M. de Vos , la Circoncision ; 226 , Snayers, 
paysage boisé; 28, Bosch, Tentation de St Antoine; 227, >S^«ayers, paysage ; 
271, Zuccarelli, Cascades de Tivoli; Adr. van Utrecht, Jésus chez Marthe 
et Marie ; 69, de Grayer, St Pierre pénitent ; Boolemaker, Marché aux bes- 
tiaux; 63, Goxie, Portement de croix; 68, de Grayer, Madeleine repentante. 
— 44, Garpeaux, modèle de la statue d'Ant. Watteau (p. 61). — Au milieu, 
*135, Marmion (de Valenc. ; m. 1489), panneau d'ex-voto. — En outre des 
bustes et des vases de Sèvres. 

IX® SALLE, de l'autre côté de la galerie de sculpture: 124, Lehoux, 
Bellérophon, vainqueur de la Chimère; 103, Harpignies, le Vieux noyer; 
218, Sain, Repas de noces à Capri; 94, Glaize, Ste Elisabeth de Hongrie; 
sans num., Henner, St Jérôme; Snyder s- Teniers, nature morte. — Œuvres 
de Carpeaux. 

X® SALLE, suite des œuvres de Carpeaux, pour la plupart des modèles, 
et ses carnets, remplis de croquis. 

La rue St-Géxy, dans l'angle N.-E. de la place d'Armes (à g. en 
arrivant), conduit à la place Froissarf, que décore la belle statue 
deFroissart, l'illustre chroniqueur , «natif de la bonne et franke 
ville de Valenciennes» (m. vers 1410), marbre par Lemaire. Elle est 
entourée d'un hémicycle avec 10 médaillons en bronze représentant 
d'autres personnages illustres nés dans cette ville (inscriptions). 

Plus loin , à g. de la rue St-Géry , sur l'autre rive de l'Escant, 
se trouve un vaste hôpital, remarquable comme construction. Il a 
été bâti au xviii® s, à l'aide d'un impôt de deux liards sur chaque 
pot de bière bu dans le Hainaut. 



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VALENCIENNES. I. R. ô. 63 

La rue de Mons, à dr. un peu au delà de l'extrémité de la place 
Froissart, et la deuxième rue latérale à g. nous conduisent à la place 
Verte, d'où on aperçoit Notre-Dame-du-St-Cordon. C'est l'église 
principale de la ville, une construction moderne remarquable, dans 
le style du xiii® s. Elle est déjà richement décorée et elle a de 
beaux vitraux par Lévêque. 

La rue à dr. du portail de l'église ramène à la place d'Armes. 

La citadelle est à l'O. de la ville , non loin de la porte par où 
l'on arrive du chemin de fer; elle date de 1677. 

Promenades et excursions intéressantes aux environs, en profitant 
des tramways mentionnés p. 60: pour les hommes compétents à Amin^ à 
Raismes, à Denain ; pour les touristes dans la forêt de Raismes (p. 60), à 
St-Âmand (p. 67), à Sebourg, etc. (v. ci-dessous). Pour aller aux bains de 
St-Amand, prendre le tramway jusqu'à la place de Raismes, descendre la 
rue du Marais et traverser la forêt. C'est une course d'env. 5 kil. ^ on 
poussera jusqu'au lieu dit Notre-Dame-d' Amour , sur la route de Valen- 
ciennes à St-Amand. — Sur la route de Paris, au S.-O. de Valenciennes, 
la colonne Dampierre^ érigée en mémoire du général de ce nom, tué là 
dans un combat contre les Autrichiens, en 1793. 

De Valenciennes au Câteau. v. p. 39; à Aulnoye. etc., p. 39; à 
Lille, p. 66. 

De Valenciennes a Maubeuge : 38 kil. ; 1 h. 10 à 1 h. 15 ; 4 fr. 65, 3;fr. 50, 
2 fr. 55. Cette ligne traverse l'enceinte de Valenciennes près de la ci- 
tadelle (v. ci-dessus). — 9 kil. (3^ st.) Gurgies, stat. à dr. de laquelle est 
le fort de ce nom. A 2 kil. à g. ou au N.-E. , Sebourg, qui a une église 
du xiii^ s., avec le tombeau de St Druon, et un château moderne entouré 
d'étangs et de charmilles magnifiques. Autre château près de là, au S.-E., 
à Eth, avec un parc remarquable traversé par l'Annelle. Belle vue sur 
la route, jusqu'au Mont St-Aubert, près de Tournai. On peut de là gagner 
la stat. de St-Waast (v. ci-dessous), par Bellignies, qui a aussi un château 
et des marbreries. Le pays est pittoresque. — 19 kil. (5^ st.) St-Waast- 
la-Vallée. — 28 kil. Bavai, ville qui n'a plus que 1837 hab., mais qui fut 
très florissante sous les Romains. D'abord ravagée par les Barbares, elle 
ne recouvra jamais sa première prospérité et elle fut encore saccagée, 
incendiée plusieurs fois et démantelée dans les guerres des xv©, xvi© et 
xvii^s. Il y reste très peu de chose de l'antiquité. Huit voies romaines, 
nommées plus tard, comme beaucoup d'autres dans le Nord, «chaussées 
Brunehaut», se réunissaient à Bavai, sept existent encore et y sont dési- 
gnées par une petite pyramide qui a remplacé la borne milliaire antique. 
— Ligne de Cambrai - le • Quesnoy , v. p. 66. — 38 kil. (9® st.) Maubeuge 
(p. 40). 

De Valenciennes a Mons (Bruxelles) : 33 kil. ; 1 h. 25 à 2 h. ; 3 fr. 25, 
2 fr. 45, 1 fr. 70. On suit d'abord la direction de Douai, puis on prend 
à l'E. — 7 kil. Onnaing. — 12 kil. Blanc-Misseron, dernière stat. française. 
Embranch. de St-Amand (v. p. 67). — 14 kil. Cluiévrain. Douane belge. 
Bufî'et. Encore 4 stat. sans importance. — 33 kil. Mons (p. 40). 



6. De Paris à Douai par Cambrai. 

225 kil. Trajet en 8 h. 10 et 10 h. 35. Prix (pas de billets directs): 
27 fr. 75, 20 fr. 85, 15 fr. 20. — Par la ligne directe (Amiens, Arras , R. 5): 
218 kil. ; 3 h. 25 à 6 h. 40; 26 fr. 90, 20 fr. 20, 14 fr. 85. — Départ de la gare 
du Nord (pi., p. 1, BC 23-24). 

Jusqu'à St-Just (80 kil.), v. p. 47. On prend ensuite la direc- 
tion du N. -E. et traverse un pays presque plat, qui offre peu 



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64 /. R. 6. PÉRONNE. De Vans 

d'intérêt. — 89 kil. Maignelay, qui a une belle église du xvi® s. — 
94 kil. Dompierre-Ferrièré. — 96 kil. Domfront. 

101 kil. Montdidier (hôt. de Condé) , ville de 4679 hab., sur le 
versant d'une colline au bord du Don. Son nom lui a été donné, 
dit-on, par Cbarleinagne, en souvenir de la captivité de Didier, roi 
des Lombards, qui y fut d'abord relégué. On y remarque Veglise 
St-Pierre, du xv^s., qui renferme un tombeau du xiii^s., des fonts 
duxi^ s., et un vSt-Sépulcre ; V église du St-Sépulcre, du xv®s., avec 
un portail moderne et un autre St-Sépulcre du xvi^ s. ; le palais de 
justice, où sont trois belles tapisseries du xvii® s., et une statue de 
Parmentier (m. 1813), le propagateur de la pomme de terre en 
France, qui naquit à Montdidier. 

Ligne de Compiègne et Amiens^ y. p. 36. 
110 kil. Lahoissière. — 114 kil. Dancourt. 
120 kil. Roye, ville de 3888 hab., qui fait un grand commerce 
de blé provenant du Santerre, plateau fertile que l'on traverse en- 
suite. Le principal édifice de Roye est son église St- Pierre, des 
XI® et XVI® s. Embranch. de Compiègne (p. 36). 

127 kil. Hattencourt. — 133 kil. Chaulnes, bourg à 1 kil. au N., 
patrie de Lbomond (m. 1794) , à qui on y a érigé une statue. — 
Ligne d'Amiens à ïergnier (p. 53), 

La voie descend plus loin dans la vallée de la Somme, en longe 
le canal, puis le traverse. — 139 kil. Marchélepot. — 145 kil. Pont- 
lès-Brie. — 150 kil. Péronne (la Chapelle). 

151 kil. Péronne (hôt. St-Claude), ville de 4759 hab. et place 
de guerre de 3® cl., sur la Somme. Elle appartint aux ix® et x®s. 
aux comtes de Vermandois, dont l'un y retint prisonnier et y laissa, 
dit-on , mourir de faim le roi détrôné Charles III, le Simple (929). 
Elle avait été prise trois ans auparavant par Charles le Téméraire 
lorsque Louis XI y vint , en 1468 , pour conclure un arrangement 
avec lui , y fut retenu deux jours prisonnier pour avoir excité les 
Liégeois contre le duc , et fut forcé de signer le traité de Péronne, 
encore plus désavantageux que ceux de Conflans et de St - Maur, 
qu'il refusait déjà d'exécuter. Toutefois il réussit en 1477 à re- 
prendre la ville à son rival. Péronne a beaucoup souffert de la der- 
nière guerre 5 elle fut assiégée et bombardée du 27 déc. 1870 au 
9 janv. 1871. Les seuls édifices remarquables de cette ville sont 
V église St-Jean, du xvi® s., endommagée pas le bombardement de 
1870-71 et restaurée depuis, et le château, qui n'a plus que quatre 
grosses tours du moyen âge. 

157kil. Cartigny. — 160 kil. Tincourt-Boucly. — iU kil. Roisel. 
Embranch. de St- Quentin (p. 39). — 169 kil. Villers- Faucon. — 
172 kil. Epehy. Embranch. de 20 kil. sur Velu (p. 54). — 178 kil. 
Oouzeaucourt. — 181 kil. ViUers-Plouich. On traverse VEscaut et 
son canal avant Marcoing. 

187 kil. Marcoing. Embranch. de 3 kil. sur Masnières (19o8hab.). 
Ligne d'Achiet-Bapaume (p. 54). — 189 kil. Rumilly. 



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à Douai, CAMBRAI. J. R. 6. 65 

196 kil. Cambrai (Nord), gare de la ligne de Busigny (p. 39) , à 
l'E. , où ne vont pas tous les trains. L'autre, dite de «Picardie et 
Flandre», est du même côté, mais plus près de la ville. 

196 kil. Cambrai {hôt. de France, place aux Bois), ville de 
23881 hab. et place forte de 2^ cl., sur le versant d'une colline de 
la rive dr. de l'Escaut. 

Elle fut d'abord la capitale d'une petite province dépendant de ses 
évêques, avec lesquels les habitants furent souvent en lutte. Les évêques 
en confièrent pour cette raison la défense à un châtelain, qui fut au 
xv6 s. le duc de Bourgogne et plus tard l'empereur d'Allemagne. En 1508 
se forma à Cambrai , entre l'empereur Maximilien , Louis XII de France, 
le pape Jules II et Ferdinand le Catholique, une ligue célèbre dirigée 
contre Venise, et en 1529 y fut signée pour Charles-Quint et François F^ 
la paix des Dames. Louis XIV enleva définitivement Cambrai aux Espa- 
gnols en 1677. Cette ville est le siège d'un archevêché qu'illustra Fénelon 
et qui eut aussi pour titulaire le fameux cardinal Dubois, ministre de 
Louis XV. Elle est la patrie du chroniqueur Enguerrand de Monstrelet 
(m. 1453). Au xv^ s. fut inventée ici, par un certain Baptiste (v. ci- 
dessous), la toile très fine appelée «batiste» et que les Anglais nomment 
encore «cambric» , et c'est toujours un des principaux produits de l'in- 
dustrie cambrésienne. 

En entrant dans la ville, on passe près de la citadelle, à g., et 
à l'esplanade, transformée en square et décorée d'une statue de 
Baptiste (v. ci-dessus). La même rue conduit à la place d'Armes, 
en passant à la place aux Bois , et une rue à g. en deçà de cette 
dernière place à la cathédrale. 

La cathe'drale, ou Notre-Dame, est une anc. église abbatiale du 
XVIII® s., qui fut incendiée en 1859 et reconstruite dans le mauvais 
style primitif. Il y a des monuments érigés à Fénelon et à Mgr 
Belmas, avec statues par David d'Angers. On a aussi élevé en 
1886 une statue au cardinal Régnier, par Louis Noël. 

Sur la place d'Armes , où mène encore la rue derrière la cathé- 
drale, se trouve Vhôtel de ville, grand et bel édifice reconstruit dans 
les derniers temps. 11 a un fronton dû au ciseau d'Hiolle, de 
Valenciennes. — Dans la rue St-Martin, plus loin à g., le beffroi, 
ancien clocher des xv® et xviii® s. 

Une rue à dr. conduit à la place Fénelon, où est Veglise St-Gery, 
du xvm® s., avec un clocher de 76 m. de hauteur et un dôme 
sur le transept. Elle a un beau jubé en marbre de la renaissance, 
sous l'orgue; de vieux médaillons en chêne dans le chœur, et divers 
tableaux, entre autres un Christ au tombeau attribué à Rubens. 

Sur la place Ste-Croix, près de la place Fénelon, au S., un 
monument érigé aux Cambrésiens victimes de la dernière guerre. 
Là aussi un petit musée , dans les bâtiments d'une anc. collégiale. 
Il comprend quelques tableaux de maîtres des écoles des Pays-Bas. 

Dans l'angle N.-O., de la ville, au bord de l'Escaut, se voit le 
château de Selles, qui est surtout du xv® s. 

La ville possède une bibliothèque comprenant 35000 vol. et 
1230 manuscrits, dans une anc. chapelle près de la place aux Bois. 

De Cambrai à Busigny et à Somain, v. p. 39; au Câteau, p, 39; à 
Amiens par Iffareoîng et Bapaume, v. ci-dessus et p. 54. 

Bœdeker. Nord de la France. 2e édit. 5 



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66 I.R,7. ' ST-AMAND. 

De Cambea.1 a Bavai (Dour) : 51 kil. ^ 1 h. 25 à 3 h. 15; 6 fr. 25, 4fr70, 

3 fr. 45. — 20 kil. (4© st.) Solesmes^ aussi sur la ligne du Gâteau à Valen- 
eiennes (p. 39). — 37 kil. (8© st.) Le Quesnoy (p. 39). — 51 kil. (10 st.) 
Bavai (p. 63). Cette ligne se prolonge sur Dour (19 kil.), en Belgique, 
par Roisin (7 kil. ; douane belge), etc. 

La ligne de Douai retraverse l'Escaut. — 203 kil. Sancourt. 
210 kil. AuMgny-au-Bac j où on traverse la Sensée canalisée. 
Embranch. de 15 kil. sur Somain^ par Aniches (11 kil. ^ p. 59). 
214 kil. Arleux. — 217 kil. Cantin. On rejoint ensuite la ligne 
de ValencienneSj à dr., puis celle d'Arras, à g. 
225 kil. Douai (p. 56). 

7. De Douai (Paris) et de Valenciennes à Lille 
et à Courtrai. 

I. De Douai à Lille. 

32 kil. Trajet en 35 min. à 1 h. 15. Prix: 4 fr. 05, 3 fr., 2 fr. 25. 

Douai, V. p. 56. Cette ligne, qui suit la direction du N., traverse 
l'enceinte fortifiée et le canal de la S carpe. — 3 kil. Pont-de- 
la-Deule. Eml)raucli. sur Orchies (p. 67). Importantes mines de 
houille. On traverse le canal de la Deule. — 7 kU. Leforest. Plus 
loin, à g., un embranch. venant de Lens (p. 75). — 10 kil. Ostri- 
court. — 13 kil. Libercourt^ d'où un petit embranch. dessert Car- 
vin, ville industrielle de 7808 hab., qui se trouve aussi sur la ligne 
de Lens. Correspond, à Libercourt pour Mons-en-Pevèle (10 kil. ; 
60 c; V. p. 67). — 17 kil. Phalempin. — 21 kil. Seclin , ville in- 
dustrielle de 5868 hab. — 25 kil. Wattignies. Plus loin, à g., la 
ligne de Béthune ; à dr. , celles de Valenciennes et de Tournai. — 
32 kil. Ulle (p. 67). 

II. De Valenciennes à Lille. 

48 kil. Trajet en 1 h. 30. Prix: 5 fr. 90, 4 fr. 45, 3 fr. 20. 
Valenciennes, v. p. 60. Cette ligne suit d'abord la direction de 
celle de Douai-Paris et la laisse ensuite à g. Houillières et forêts. — 

4 kil. Beuvrages. — 6 kil. Raismes -Vicoigne. On traverse les forêts 
de Raismes et de St-Amand et la concession houillère de Vicoigne. 

12 kil. St-Amand (hôt. du Nord), ville de 17 182 hab., à 1 kil. 
au N. , au confluent de la Scarpe et de l'Elnon. Elle s'est formée 
autour d'une abbaye fondée au vu® s. par le saint de ce nom. Il ne 
reste de l'abbaye que la porte et surtout la façade de V église, qu'on 
aperçoit de la gare, à dr. C'est une construction très hardie de 
la renaissance, composée d'une tour et deux tourelles, qu'on dit 
élevée sur des dessins de Rubens. Carillon. Belle vue. Uhôtel 
de ville est un édifice remarquable dans le même style. A visiter 
encore, la maison du Receveur de l'abbaye, rue de Tournai. — 
Tramway à vapeur sur Valenciennes (p. 60). 

A 3 kil. au S.-E. (V4 d'h. de Fontaine-Bouillon; v. ci-dessous) 



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LILLE. /. E. 7. 67 

se trouvent les bains de St Amand (hôt. de rétablissement] ch. dep. 
2fr. 50), bains d'eaux et de boues sulfureuses déjà connus des 
Romains, particulièrement efficaces contre les rhumatismes et les 
maladies articulaires. Ils sont bien situés et il y a un parc se ratta- 
chant; aux forêts de St- Amand et de Raismes (p. 60). Bain de 
boues , 3 fr. ; bain sulfureux, 2 fr. , etc. ; abonnement pour l'eau en 
boisson, 5 fr. 

Embrakch. de 23 kil. de St- Amand sur Blanc- Misseron (p. 63), par 
Fontaine-Bouillon (5 kil.), à 1/4 d'h. des bains de St- Amand (v. ci-dessus) 
et Fresnes (14 kil.), aussi sur la ligne de Péruwelz (p. 59). ' 

Embrakch. de 26 kil. sur Tournai (p. 73). — 8 kil. (2^ st.) Maulde- 
Mortagne^ stat. frontière française. A dr., le fort de Maulde. On passe sur 
remplacement du camp retranché d'où Dumouriez et le duc d'Orléans 
passèrent à l'ennemi en 1793. — 12 kil. Bléharies^ première stat. belge — 
On traverse ensuite Is. Pev'ele («Pabula»), une des parties les plus fertiles 
du départ, du Nord. — 18 kil. Rosult. On aperçoit à g. le château du Loir. 
monument bien conservé du xv^ s. — 22 kil, Landas. 

25 kil. Orchies, ville commerçante et industrielle de 3859 hab., où l'on 
rejoint la ligne de Douai à Tournai (p. 59). Embranch. de Somain, 
y. p. 59. Embranch. de 30 kil. sur Tourcoing (p. 74) , par Cysoing ^ statl 
à 2 kil. au N.-O. de laquelle est Bouvines^ célèbre par la victoire que 
Philippe- Auguste remporta en 1214 sur l'empereur Othon IV et ses alliés- 
puis par Ascq Cl9kil.), aussi sur la ligne de Lille à Tournai (p. 73), et 
^a.T Roubaix-Watrelos (Tp.li). 

30 kil. Nomai7i. — 33 kil. Templeicve. On aperçoit à 6 kil. à g. 
Mons-en-Pevèle ou Puelle (corresp. de Libercourt, v. p. 66), sur 
une éminence célèbre par la bataille que Philippe IV, le Bel, gagna 
sur les Flamands en 1304 Vue très étendue de cette hauteur. Il 
y a du côté 0. une cavité dite le Pas Roland. C'est là que, suivant 
la tradition , furent enterrés les guerriers flamands et français. En 
revenant de Mens à la stat. de Fretin, visiter à Tourmignies le magni- 
fique château de M. Boutry. — 37 kil. Fretin. A dr. se montre ]e 
fort de Sainghin-en-Mélantois. — 41 kil. Lesquin. On voit à g. 
quantité de moulins à vent; en 1840, il y en avait 400, la plupart 
servant à faire de l'huile. — On rejoint enfin, à dr., la ligne précé- 
dente. — 48 kil. Lille. 

III. Lille. 

HÔTELS: <ie rjF«rope(pl.a,E3), rue Basse, 30-32; de France (pl.b,E3), 
rue Esquermoise, 77 5 de Flandre et d'Angleterre (pi. c, F3), place de la 
Gare; Gr.-Hôt. de Lyon (pl.d,F4), ar.-Hôt. de Lille (pl.e, F3), tous deux 
rue de la Gare; H. du Singe-d'Or^ place du Théâtre, 36-38 Cpl. F3). Il y 
a à la gare un hôtel-buffet dépendant de l'hôtel de l'Europe (cher). 

Restaurants . Grand-Café, rue de la Gare, 2, près du théâtre ; Divoir, 
rue du Vieux-Marché-aux-Poulets, 15; Désiré, à dr. du théâtre et en face 
de la rue de la Gare, au l^r étage. 

Cafés: Grand- Café (v. ci- dessus); Richard, au Gr.-Hôt. de Lyon; 
C. du Grand-Hôtel, au Gr.-Hôt. de Lille; Bellevue, sur la Grande-Place; 
G. Continental, O. du Boulevard, au coin de la rue Nationale et duboul. de 
la Liberté. — Brasserie Alsacienne, sur la Grande - Place. 

Fiacres: course, 1 fr. 25; heure, 1 fr. 75, 1 fr. 50 la 2© heure. 

Tramways, 10 lignes, dont le centre principal est la place de la Gare. 
Voir les indications aux vitres du kiosque de cette place et le plan ci- 
joint. Il y a 2 classes et les lignes sont divisées en sections, pour cha- 
cune desquelles on paie d'abord 10 et 15 c, puis 5, 10 et 15 e. — Une ligne 

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68 J. R. 7. LILLE. De Douai 

à vapeur, avec fourgon pour les bagages, va de la Grande-Place à Rou- 
haix (p. 74): trajet en 1 h., 75 et 50 c, 1 fr. 10 et 80 e. aller et retour. 

Poste (pl.E4), boulevard de la Liberté, près de la pre'feeture. 

TÉLÉGRAPHE, place de la République (pi. E5) et à la gare, 

Lille, anc. capitale de la Flandre française et aujourd'hui chef- 
lieu du départ, du Nord^ sur la Deule, est une ville de 188272liab., 
la 5® de la France par son importance, une place foi-te de 1^® cl., 
dont la citadelle passe pour le chef-d'œuvre de Vauban; le chef-lieu 
du commandement du i^' corps d'armée, le siège d'une académie 
universitaire et d'un institut libre , dit Institut Catholique, etc. 

C'est seulement depuis le traité d'Utrecht (1713) que la ville appartient 
définitivement à la France, dont les rois l'avaient cependant prise et occupée 
plusieurs fois au moyen âge. Charles V l'ayant cédée à Louis de Maie, 
en 1369, elle passa par héritage aux ducs de Bourgogne, dont l'un, Philippe 
le Bon, en fit sa résidence, puis à l'Autriche et à l'Espagne. Louis XIV 
en fit le siège et s'en empara en 1667; elle fut reprise par le prince 
Eugène et le duc de Marlborough en 1708 et rétrocédée à la France cinq 
ans plus tard. Une dernière tentative des Autrichiens pour s'en emparer, 
en 1792, fut victorieusement repoussée par les habitants eux-mêmes. 

Lille ne comptait encore que 75000hab. en 1851. Cette aug- 
mentation considérable est due à l'industrie, à l'agrandissement de 
l'enceinte fortifiée et aux embellissements entrepris depuis 1860. 
La superficie de la ville a été doublée et de beaux quartiers, avec de 
larges boulevards, des rues bien percées, de grandes places, des 
squares, etc., y ont été créés dans la partie neuve, au S. 

Lille est une ville essentiellement manufacturière et commerçante, 
possédant surtout des filatures de lin, d'étoupe et de coton, des fabri- 
ques de fil à coudre, de tissus de laine, de toile, d'huiles, de pro- 
duits chimiques, une salpêtrerie, etc., des ateliers de construction, 
parmi lesquels ceux de Fives-Lille, qui occupent 3000 ouvriers; une 
manufacture des tabacs, etc. Bien qu'ayant joui d'une grande pros- 
périté au moyen âge, elle n'a guère conservé de monument remar- 
quable de ce temps que son église St - Maurice (p. 73) , ce qui est 
dii aux dévastations des guerres dont la Flandre a été l'objet. Mais 
sa partie moderne est digne d'une grande ville, et elle a un musée 
qui suffit pleinement à lui seul pour engager les amateurs à la visiter. 

La belle rue de la Gare mène droit au théâtre (pi. F 3). Là, tour- 
nant à g. par la rue des Manneliers, on arrive à la Grande-Flace, 
en passant le long de la Bourse (pi. F 3) , dont l'entrée est sur la 
place même. Cet édifice, commencé sous la domination espagnole, 
en 1652, est une construction en briques et en pierre, dont le rez- 
de-chaussée est occupé par des boutiques. Sa décoration consiste 
surtout en frontons triangulaires et arrondis , pilastres à bossages, 
cariatides à gaine, médaillons et guirlandes. La cour, qui n'est pas 
toujours ouverte, mais que l'on peut se faire montrer par le con- 
cierge, est entourée de galeries à arcades et décorée d'une statue 
de Napoléon 1^^ , en bronze , par Lemaire (1854). 

Sur la place même est une colonne érigée en mémoire de la ré- 
sistance victorieuse de la ville aux Autrichiens en 1792. 

En face de la rue des Manneliers , par laquelle on est arrivé , se 



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à Courir ai. LILLE. /. R. 7, 69 

trouve l'hôtel de ville (pL F 4), construit depuis 1846, dans le style 
de la renaissance. Cet édifice renferme la bibliothèque commu- 
nale, au 1^^ étage, ouverte tous les jours au public (70 à 80 000 vol.), 
et le musée de peinture^ le musée Wicar et le musée Moillet, au 
2^ étage, également publics tous les jours de 10 h. à 4 h. en hiver 
et 5 h. en été, excepté le mardi, où ils n'ouvrent qu'à midi. L'en- 
trée est à g. dans le vestibule. — Nouveau musée en construction, 
V. p. 72. 

*MusÉE DE PEINTURE. — Ce muséc, l'un des plus ricbes de pro- 
vince, compte env. 850 numéros et occupe 10 grandes salles du 
second étage. On tournera immédiatement à g. Il y a des étiquettes 
indiquant les noms des peintres et les sujets des tableaux. 

pe salle: 22, le Canaletto ^ Vue de Venise; 494, Saracino^ Fuite en 
Egypte; 179, Dughet, paysage; 518, Spada, la Chasteté de Joseph; 210, 
école de BoUicelU^ la Vierge et l'Enfant; 440, le Guide ^ Une sibylle; 233, 
le Ohirlandajo ^ la Vierge a Téglantine ; 310, Lanfranc^ St Gre'goire; 536, 
Tiarini, Renaud et Armide; 423, Léandre Bassan, Jésus chassant les ven- 
deurs du temple; 831, Solimena^ Apothéose de St Thomas d'Aquin; 545, 
André del Sarto^ la Vierge, l'Enfant, St Jean et trois anges; 99, Paul Vé- 
ronèse, le Christ au tombeau; *414, Piazzeita, Assomption de la Vierge; 
546, A. del Sarto, la Vierge, l'Enfant et St Jean; *649, Zustris, Judith; 832, 
Theotocopuli , dit el Greco^ St François; 117, Cignaroli, la Mort de Eaehel; 
sans num., A. del Sarto, la Vierge, l'Enfant et St Jean ; 422, 420, le Bassan, 
le Mariage, le Couronnement d'épines; 822, Ribera^ St Jérôme méditant; 
650, Zustris^ Apparition de Jésus a Marie Madeleine ; 500, Schiavone^ Esther 
devant Assuérus; 57, Bonifazio, St Pierre; 6, Amerighi^ St Jean méditant; 
421, le Bassan, l'Intérieur d'un ménage; 450, le Tintoret, portr. d'un vieil- 
lard; *100, *98, *101, Paul Véronèse, TEloquence, Martyre de St Georges, 
la Science; 424, Léandre Bassan^ portrait. 

ne SALLE : 41, van Bockhorts, le Martyre de St Maurice et de ses com- 
pagnons; 293, 294, J. Jordaens^ Détresse de l'enfant prodigue, des Apôtres 
(2 et 2 autres plus loin); 488, diaprés Raphaël^ vieille copie de son Bap- 
tême de Constantin; *526, Teniers le Jeune, Tentation de St Antoine; *143, 
G. de Grayer, Martyrs enterrés vivants ; *406, Paîamedesz, la Conversation ; 
*196, *195, *193, A. van Dpck, portr. de Marie de Médicis, portr. de femme, 
J.-C. sur la croix; 772, Brakenburg, Scène galante; *398, J. van Oost le 
Vieux ^ portr. d'homme; *194, A. van Dyck^ Miracle de St Antoine de Pa- 
doue (un mulet à jeun se met à genoux devant l'hostie plutôt que de 
manger l'avoine placée près de lui); *292, Jordaens^ le Christ et les pha- 
risiens ; *257, Fr. Hais, portr. de Hille Bobbe, la Sorcière ; *278, Honthorst, 
le Triomphe de Silène; *463, *464, Rubens, St Bonaventure, St François, 
en extase; 110, van Keulen le Vieux, portrait; 766, Boel, Allégorie des va- 
nités du monder 571, de Vries le Jeune, portrait; 558, Victor, Intérieur de 
basse-cour; 268, van der Helst, portr. de femme; 197, van Dyck, le Cou- 
ronnement de la Vierge; *482, Ryckaert, le Marchand de moules; 814, 
Neuchâtel , dit Luddel , portr. du mathématicien J. îTeudorfer et son fils ; 
*466, Rubens, la Providence; 543, van Utrecht, Combat de coqs; *796, Hol- 
bein le Jeune, la Charité; **460, 465, Rubens, Descente de croix, l'Abon- 
dance; sans num., Jordaens, Piqueur et ses chiens; 267, van der Helst, 
portr. d'homme 5 sans num., inconnu, portr. d'homme; 461, *462, Rubens^ 
la Mort de la Madeleine, St François et la Vierge. 

Ilie SALLE. Tout autour, dans le bas, des portraits par Boilly (m. 1874) 
et par Arn. de Vuez (m. 1720). On remarquera encore plusieurs tableaux 
de ce dernier, qui vécut longtemps à Lille. 142, Ant. Coypel, Athalide et 
Roxane (du Bajazet de Racine); sans num., Fyt, nature morte; 148, Cuyp, 
portr. de femme; 475, Ruysdael, paysage; 113, Ph. de Champaigne^ le Bon 
pasteur; 232, Claude Lorrain , marine; 808, Jfaas, portrait; sans num., 
Both, paysage : de Grayer, le Sauveur ; 231, Claude Lorrain, Vue du Campo 



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70 I. R. 7. LILLE. De Douai 

Vaeeino à Rome ; 806, Lievens le Vieux^ Salomé -, 144, au-dessus de l'entrée 
du musée Wiear (v. p. 71), de Crayer ^ la Pêche miraculeuse; 629, Louis 
Watteau, Episode du siège de Lille ; 352, Mignard, la Fortune ; 626, L. Waiteau, 
Confédération des départements du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais 
en 1790-, 879, Weeris, Légende de St François d'Assise ; 428, Poussin, Moïse 
sauvé des eaux; 537, Tilhorgh le Jeune, scène familière. — Au milieu, 
755, Sanson, Suzanne au bain, marbre. 

IV^ salle: *532, Teniers le Vieux, Arrivée du mauvais riche aux en- 
fers; *436, van Ravestein, portr. d'homme-, 359, Molenaer , Scène de car- 
naval; 771, Botfi, paysage; 434, Ab. de Pujol, Joseph expliquant les songes; 
11, 12, Jacq. d'Artois, paysages ; 689, inconnu, portr. de femme ; 153, L. David, 
Bélisaire demandant l'aumône ; 618, 620, Fr. Watteau , la Braderie (vente 
de vieux effets). Une fête au Colisée ; 625, L. Watteau, Vue de Lille ; 299, 
/. Jouvenet, Résurrection de La/are; *437, van Ravestein, portr. de femme; 
*531, Teniers le Vieux, Scène de sabbat ; 111, Ph. de G1iam.paigne, l'Annonciation. 

Ve salle: 139, Courbet, Une après-dînée à Ornans; *157, Eug. Dela- 
croix, Médée; 215, Ch. Fortin, Des chouans; 87, Jules Breton, Une planta- 
tion de calvaire; 135, Corot, Fête antique; 839, Laugée, Serviteur des 
Pauvres; 540, Troyon , paysage; 272, Eockert, Prédication dans une cha- 
pelle de la Laponie; 182, Carolus Duran (de Lille), l'Assassiné. 

VI® salle: 802, le Nain, la Chambre de la grand'mère; 114, Chardin, 
le Singe savant; 174, Donvé , portr. de l'auteur; s. num., van der Helst^'i), 
portraits de famille. 

VU® SALLE: 89, Brueghel de Velours, Repos de la Ste Famille; 557, 
Versteegh, Scène d'intérieur; 795, van der Eélst , Vénus; 564, Vinckehoons, 
Concert d'anges; 67, Boulanger, Procession du Corpus Domini; 842, école 
siennoise, Ste Catherine de Sienne ; 794bis, Heemskerck, Allégorie ; 812, Massys, 
Tarquin et Lucrèce; 780, Granach le Vieux, le Christ insulté. 

Vllie SALLE, à g. de la précédente: 847, école italienne, la Vierge et 
l'Enfant; sans num., Bellegambe, le Bain dans le sang du Christ, triptyque; 
•*846, école ital., grand tableau à plusieurs compartiments, scènes de la vie de 
la Vierge, saints, etc. ; *775, Brueghel le Vieux, Prédication de St Jean-Bap- 
tiste; *855, école de Wesiphalie, Adoration des rois, Adoration des ber- 
gers, volets; *523, Stuerbout, la Fontaine symbolique; 17, Bart. di Gentile 
da Urbino, la Vierge et l'Enfant; 'di, Brueghel le V., le Paiement des rede- 
vances; 854, ^coïe dte TTesfp/î., l'Annonciation, volets; 147, Grivelli, la Vierge 
et l'Enfant; 876, van Mecken, la Vierge vénérée par les apôtres; s. num., 
Bellegambe, la Trinité, triptyque ; inconnu, Annonciation, ^Nativité de J.-C. 
et Massacre des Innocents, triptyque; 764, H, met de Blés, dit Civetia, 
paysage, la Fuite en Egypte; 4(J0, van Orley, l'Adoration des mages, trip- 
tyque. — Au milieu, 811, Stuerbout, deux volets de triptyque. — C'est 
d'ici qu'on descend au musée archéologique (v. p. 71). 

1X6 salle: 538, van Tilborgh le Vieux, Fête de village; 511, Snyders-> 
Chasse au sanglier; sans num., Teniers le Jeune, Diseuse de bonne aven- 
ture; 508, Siberechts, Un gué; 18, Baudry , Supplice d'une vestale; 376, 
377, Gh.-L. Muller, la Folie d'Haydée, le Jeu; 151, Daubigny, Soleil levant, 
paysage; 346, Merson, la Vision; 788, Fictoor, portrait de femme; 836, 
Ant. Watteau l^), Concert; 198, van I>yc& (?), Vierge au donateur; 323, Leh- 
mann^ Sixte-Quint bénissant les Marais Pontins; 68, Jean de Boulongne, 
Soldats jouant aux dés la tunique du Christ; ^iQ^ Lebrun, Hercule assom- 
mant Caeus ; 807, Lievens, Vieillard en adoration ; 85, Em. Breton, Un étang ; 
189, Amaury Duval,'^AissB,n(te. de Vénus; i^, Carolus Duran, portrait; 342, 
Comerre, Samson et Dalila; sans num.. Merson, le Loup d'Agubbio; 30, 
Berthélemy, Naufrage du Borysthène (1865); 798, /. Jordaens, Isaac bénis- 
sant Jacob. — Xe et XI® salles (mtisée Maillet), v. ci-dessous. 

La Xlie SALLE, après le musée Moillet, est consacrée aux peintures 
du LEGS Alex. Leleux: 644, Ph. Wouwerman, Une halte de chasse; 533, 
Terburg, portr. d'une dame de qualité; 73, Brakenburg , le Lever de la 
mariée ; 297, Jordaens, Suzanne au bain ; 476, /. Ruisdael , le Coup de soleil ; 
248, Greuze, Psvché couronnant l'Amour; 258, Dirk Hais, la Partie de 
trictrac; 528, teniers le J., paysage; 481, Sal. Ruisdael, paysage; 696, 
école allemande, le Crueifîment ,' triptyque; 351, W. van Mieris, le Tam- 



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à Courtrai. LILLE. /. R. 7. 71 

bour^ 520, Sieen, Intérieur de taverne; 386, van der JVger, paysage^ 635, 
van der Werf, l'Heureux ménage; 72, £rakenburg , le Gai repas; 84, van 
Brekehlenkamp ^ Intérieur de salon; 645, Wynants^ paysage; 519, Steen^ le 
Ménétrier; 300, Th. de Keyser, portraits de famille; Ô96, Jordaens, le Roi 
boit; 480, Sal, Muisdael^ paysage; 206, école flamande ^ Ste Famille. — Au 
milieu, un marbre A''Allar^ la Tentation d'Eve (1879). 

Le MUSÉE MoiLLET, qui occupe les X® et XI^ salles, est un musée 
ethnographique assez important, composé d'armes, de costumes, de 
parures et d'ustensiles divers. La seconde salle renferme en outre 
des médailles, des tapisseries et quelques sculptures du moyen âge. 

Le *MusÉE WicAB, dont l'entrée est dans l'angle de la 3® salle du 
musée de peinture, se compose surtout de la riche collection de 
dessins légués à sa ville natale par le peintre J.-B. Wicar (1762- 
1834), qui passa une grande partie de sa vie et mourut en Italie. 

Ces dessins, au nombre de 1435, sont pour la plupart de maîtres italiens. 
Ils sont groupés par écoles et classés par ordre chronologique, dans des 
cadres en partie couverts dans la semaine, mais qu'on peut faire dé- 
couvrir par le gardien. Il y a entre autres : 6 dessins à!* André del Sarto^ 
9 de Bandineîli, 8 di'Annihal Garrache^ 2 du Corrège, 17 de G. Dolci, 2 du 
Dominiquin^ 4 du Finiguerra^ 10 de Fra Bartoîommeo^ 14 de Jacques Francia^ 
5 du Ghirlandajo ^ 7 de Giotto, 6 du Guerchin^ 8 du Guide ^ 3 de Jules 
Romain^ 3 de Léonard de Vinci ^ 2 de Mantegna^ 13 de Masaccio^ d'un fini 
remarquable; 196 de Michel-Ange, surtout des études d'architecture, des 
projets de monuments, etc.; 5 du Parmesan, 1 de Paul Véronèse^ i du 
Pérugin, 4 du Caravage, 68 de Raphaël^ en particulier les num. suiv. : 685, 
étude pour l'Ecole d'Athènes; 697, étude dans laquelle on veut reconnaître 
Dieu le Père de la fresque de la Magliana, au musée du Louvre ; 701, étude 
pour le Christ qui couronne la Ste Vierge, d'après des camarades d'atelier 
de Eaphaël; 7o7, le Couronnement de St Nicolas de Tolentino, dessin 
esquisse d'un tableau d'autel sur bois qui n'existe plus en entier; 741, une 
Ste Famille, et, au revers, 742, une lettre autographe et le fac-similé d'une 
autre lettre de Raphaël, — Puis encore 57 dessins de Salviati^ 2 du Tintoret, 
8 du Titien, les esquisses pour le tableau de St Pierre dominicain, martyr 
(864), et la Famille Cornaro (866); — 13 de Callot, 1 de Cranach, 56 de 
David, 2 de Durer, 8 de Holbein, 6 de Poussin, etc. 

Une petite salle au centre du musée Wicar renferme un *buste en cire, 
«magnifique morceau de sculpture représentant une jeune fille de 17 à 
18 ans. «Les contours du cou et les lignes du visage ont une pureté toute 
virginale ; la bouche est sérieuse, l'œil mélancolique ; la physionomie gé- 
nérale a le caractère d'une tristesse douce et résignée». Wicar l'attribuait 
à l'époque de Raphaël, l'auteur du catalogue incline à y voir une œuvre 
de l'antiquité romaine. Il y a aussi là quelques antiquités, des émaux, 
une tête en terre cuite de Donatello, etc. 

A côté de la 9® salle des peintures se trouve un escalier, qui n'est pas 
toujours ouvert, par où l'on descend à une anc. chapelle transformée 
en musée archéologique et ornée de peintures murales par A. de Vuez. 

Nous revenons maintenant sur la Grande -Place. La rue des 
Débris -St- Etienne, dans l'angle opposé , puis la rue des Prêtres, 
la rue Basse , à dr. , et la nie du Cirque , la première à g. , nous 
conduisent à l'église Notre -Dame-de-la-Treille (pLEF3), d'une 
conception grandiose , mais à peine commencée. Elle a été fondée 
en 1855 , sur le plan de MM. H. Cluton et W. Burges , de Londres, 
remanié par le père Martin. Le style est celui du xm^ s. Il n'y a 
d'achevé que la crypte sous le chœur, le chœur lui-même jusqu'à la 
naissance des ogives des fenêtres inférieures, le tout couvert et clos 



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72 /. R. 7. LILLE. De Douai 

provisoirement et servant ainsi au culte. Sur le côté s'élève une 
tour goth. en briques et en pierre. 

Nous revenons à la rue Basse. En prenant à g. , on va vers 
le lycée (pi. ES), où se trouve un musée d'histoire naturelle assez 
riche. A dr., au contraire, la rue Basse mène à la rue Esquermoise, 
une des principales de la vieille ville , aussi en partie transformée, 
par suite de l'ouverture de la grande rue Thiers. Plus loin, à la suite 
de la rue Esquermoise, la rue de la Barre et à dr., un peu à l'écart, 
Ste-Catherine (pi. E3), église du style goth. duxvi^s., en partie res- 
taurée à l'extérieur. Elle possède un magnifique tableau d'autel de 
Ruhens , le Martyre de Ste Catherine , qu'il est malheureusement à 
peu près impossible de voir, tant il est mal placé. 

Ste-Madeleine (pi. F 2), église du style grec avec un dôme, vers l'extré- 
mité IT. de la ville, possède aussi un Ruhens^ l'Adoration des bergers, et un 
van Dyck^ le Christ sur la croix, l'un et l'autre gâtés par des restaurations. 

En suivant toujours la rue de la Barre, on arrive sur le bord du 
canal de la Deule. A g. est un jardin public nommé le -parc Vauban 
(pi. D 3-4), où se donnent des concerts en été (50 c). De l'autre côté 
s'étendent, autour de la citadelle , à g. le jardin de la Citadelle 
(pi. C2), à dr. V esplanade j à l'extrémité de laquelle s'élève une 
statue du général Négrier (pi. 2), en bronze, par Th. Bra. 

Au pont près du square Vauban aboutit le beau boulevard de la 
Liberté (pi. D-F4-5), qui marque à peu près la limite entre la vieille 
ville et la ville neuve. Les rues et les constructions dans cette partie 
rappellent celles duParis moderne. Le houlevardVauhan (pl.CD5-4), 
qui longe le jardin à l'opposé du canal, passe devant le palais 
Rameau, sorte de Palais de Cristal destiné à des fêtes publiques. — 
La longue rue Soif érino, derrière ce palais, traverse la,rue Nationale, 
qui part de la Grande -Place et rejoint le boulevard Vauban à la 
place de Tourcoing (pi. C5). — Plus loin de ce côté est le jardin 
zoologique d'acclimatation (pi. AB6), de création récente (entrée, 
1 fr. ; tramway de la porte d'Isly). 

La rue Solférino passe encore aux Halles Centrales (pi. D 4-5) 
et à la place Sébastopol, puis traverse la place Philippe -le- Bon 
(pi. E 5-6). A dr. est St-Michel (pl.E6), église d'un style roman mo- 
dernisé. L'intérieur est décoré de peintures dont les sujets sont tirés 
de la légende de St Michel. A g., la Faculté de médecine et de 
pharmacie (pi. F 5), belle construction neuve en pierre et en bri- 
ques de diverses couleurs, en partie émaillées. L'académie uni- 
versitaire de Lille comprend aussi depuis peu une faculté de droit et 
une faculté des lettres. Plus loin, à dr., V Institut industriel ; à g., 
le temple protestant, du style roman. 

La rue Nicolas -Leblanc, en face de St-Michel, nous conduit 
maintenant à la place de laÉépublique (pl.EFô), du côté du square 
où se construit, pour le musée (p. 69), le palais des Beaux- Arts, 
sur les plans de Berard et Delmas. Au N.-O. s'élève la préfecture 
(pi. E 4-5), vaste et bel édifice moderne un peu lourd. 



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à Courtrai. LILLE. /. R. 7, 73 

Nous suivons le boulevard le long du square et tournons à g. 
vers l'extrémité. Là se trouve la porte de Paris (pi. F G- 5), un reste 
des anciennes fortifications. C'est un arc de triomphe élevé en l'hon- 
neur de Louis XIV, en 1682. 

La rue de Paris , de l'autre côté , ramène dans le centre de la 
ville en passant à St-Maurice (v. ci-dessous) et près de la gare. En 
prenant à dr. de la porte, on passe entre le vieil hôtel du Génie et 
un square. Tournant ensuite à g., on est bientôt à St-Sauveur 
(pi. G 5), église goth. peu remarquable à l'extérieur, avec une tour 
aujourd'hui sans flèche, mais dont l'intérieur forme un beau vais- 
seau à 5 nefs égales et dont on remarquera particulièrement le ma- 
gnifique autel moderne du style ogival, en marbre blanc, avec re- 
table , statues et hauts-reliefs. 

*St- Maurice (pi. F 4), où l'on arrive également en continuant 
tout droit par la rue St-Sauveur et les suivantes , est une église du 
style flamboyant, bien restaurée de nos jours et dont on a reconstruit 
le portail, surmonté d'une belle flèche en pierre percée à jour. Elle 
a un beau chevet et une jolie sacristie dans le même style. L'in- 
térieur se distingue aussi par la largeur de ses 5 nefs d'égale hauteur, 
la légèreté de ses colonnes rondes et sa richesse. Il y a également 
un maître autel moderne remarquable, du style gothique. 

De Lille (Calais) à Valenciennes , Aulnoye ^ JBirson , Nancy, v, p. 67-66 
39, 40, 43, 32. 

De Lille a Tournai (Calais - Bruxelles) : 26 kil. ; env. Ih.-, 2 fr. TO, 
2 fr., 1 fr. 40. — On suit un instant les lignes de Douai et de Valeneien- 
nes, puis Ton tourne à g. — 8 kil. Ascq^ aussi sur la ligne d'Orehies (p. 67) 
à Tourcoing (p. 74). — 13 kil. Baisieux ^ dernière stat. française. — 17 kil. 
Blandain. Douane belge et heure de Bruxelles, en avance de 11 min. sur 
l'heure française. — 26 kil. Tournai (hôt.: de V Impératrice ^ de la Petite- 
Nef^ de Belîevue). Pour la description de cette ville, de sa magnifique 
cathédrale, etc., v. Belgique et Hollande, par Bsedeker. 

De Lille a Hazebrouck (Calais; Dunkerque) : 45 kil. ; 50min. à 1 h, 20; 
5 fr. 25, 3 fr. 95, 2 fr. 90. — Ce tronçon fait également partie des lignes 
directes de Nancy et de Bruxelles à Calais et Londres. On laisse à dr. 
toutes les autres lignes, tourne au ÎT.-O. et traverse la Deule. — 6 kil. La 
Madeleine, localité industrielle considérable. Embranch. d'Ypres, v. ci- 
dessous. — 12 kil. Perenchies. — 19 kil. Armentières (hôt. de Paris), ville 
de 27 985 hab., sur la Lys et près de la frontière, siège d'une industrie 
très active, fabriquant surtout des toiles et du linge de table, mais dénuée 
de curiosités. Ligne de Lens (Arras), v. p. 75. 

Emhranch. de 34 kil. sur Berguette (p. 75), par les petites villes de: 
(lOkil.) Laventie, (14kil.) la Gorgue, (19 kil.) Merville&i (27 kil.) St-Venant. 
Emhranch. de 15 kil. sur Comines (Ypres; v. ci-dessous), par (2 kil.) 
Houplines et (5 kil.) le Touquet , les stat. frontières. 

Ligne d'Hazebrouck (suite). — 26 kil. Steenwerck. — 31 kil. Bailleul 
(hôt. du Faucon), jolie et curieuse ville flamande de 13335 habitants. Elle 
possède un petit musée de peinture et d'antiquités, légué par de Puydt. — 
39 kil. Strazeele. — 45 kil. Hazebrouck (p. 75). 

De Lille a Béthuke : 41 kil. ; 1 h. 15 à 1 h. 40; 5 fr. 05, 3 fr. 75, 2 fr. 80. 
— Cette ligne se détache de celle de Paris , à dr. , au delà de celles de 
Tournai et de Valenciennes , et contourne la ville au S. — 5 kil. Lille- 
Porte-d' Arras. — 8 kil. Loos, ville 7753 hab., sur le territoire de laquelle 
est une anc. abbaye de cisterciens, fondée, dit-on, par St Bernard, en 
1140, et transformée aujourd'hui en maison centrale de détention pour 
hommes. — 10 kiL Haubo'urdin (7083 hab.). — 16 kil. (5^ st.) Wavrin. Em- 



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74 /. R. 7. ROUBAIX. 

braneh. d'Armentières (v. ei-dessus). — 19 kil. Don-Sainghin. Embraneh. 
de Lens Cp.î5). — 26 kil. (8^ st.) La Bassée^ petite ville sur la ligne de 
canaux de la Deule à Aire, St-Omer et Gravelines. — 31 kil. Violaines. 
Embraneh. de Bully-Grenay (p. 75). — 41 kil. (12^ st.) Béthune (p. 75). 

De Lille a Ypres : 36 kil. ^ 1 h. 35^ 3 fr. 85, 2 fr. 85, 2 fr. — Ligne de 
Hazebrouck jusqu'à la Madeleine (6kil.^ v. ei-dessus). — 10 kil. (3® st.) 
WambrecMes. On retraverse la Deule. — 14 kil. (5® st.) Le Quesnoy - sur- 
Deule (5064 bab.). — 21 kil. (7© st.) Gamines (France) , ville de 7035 bab. 
et dernière stat. française. C'est la patrie du célèbre chroniqueur Pbil. 
de Comines (1445-1509). Elle est située sur la Lys, qui forme la frontière. — 
23 kil. Comines (Belgique). Douane. — 36 kil. Ypres (p. 76). 

IV. De Lille à Courtrai. 

28 kil. Trajet en 1 b. à 1 b. 10. Prix: 2 fr. 85, 2 fr. 15, 1 fr. 65. 

Nota. En dehors des trains ordinaires, il y a sur cette ligne, jusqu'à 
Tourcoing, des trains tramways, desservant une plus grande quantité 
d'endroits: Fives-St-Maurice , Pont-du-Lion-d'Or, Rougebarre, Wasquehal, — 
Croix - Wasquehal , V Allumette , — Rouhaix , Boulevard-d'' Halluin, la Tossée et 
Tourcoing. Ces trains n'ont qu'un nombre de places limité et ne pren- 
nent pas de bagages. — Tramway de Lille à Roubaix, v. p. 68. 

La ligne de Courtrai laisse à g. en dehors des fortifications celles 
. d'HazehroTick et d'Ypres, à dr. celles de Tournai, de Valenciennes, 
de Paris et de Béthune, et prend la direction du N.-E. Elle traverse 
ensuite le canal de Roubaix. — 6 kil. Croix - Wasquehal. 

8 kil. Roubaix (hôt. Ferraille), ville manufacturière très prospère 
de 100299 hab., qui n'en avait encore que 8724 en 1806. Elle est 
située sur un canal qui la relie à l'Escaut et à la Basse - Deule et 
qui traverse à peu de distance, du côté de Croix, un tunnel de 
2316 m. de longueur. Son industrie a pour spécialité les tissus de 
laine. Elle n'a rien de curieux en dehors de ses manufactures et des 
établissements qui s'y rattachent: musées d'objets d'art et d'échan- 
tillons, école professionnelle de tissage, etc. — Wattrelos, qui est 
comme un faubourg de Roubaix, 4 kil. à l'O. (tramway), est une stat. 
de la ligne d'Orchies (p. 67) à Tourcoing. 

11 kil. Tourcoing (hôt. du Cygne), autre ville manufacturière 
très prospère, de 58008 hab., qui n'en avait qu'env. 10000 au com- 
mencement de ce siècle. Jourdan et Moreau remportèrent en 1794 
à Tourcoing une victoire sur les coalisés. 

Embrakch. de 14 kil. sur Menin, suite de celui d'Orcbies. — 3 kil. Tour- 
coing-les-Francs. — 7 U\. Roncq (6104 bab.). — 12kil. Halluin (14678 bab.), 
dernière stat. fi*ançaise. — 14 kil. Menin, ville belge d'env. 10 000 bab. et 
anc. place forte, sur la ligne d'Ypres - Comines à Courtrai. 

Tourcoing est la stat. frontière. — 48 kil. Mouscron (buffet), 
siège de la douane belge. — 54 kil. Lauwe. — 60 kil. Courtrai 
(hôt. du Lion-d'Or). On en remarque surtout l'hôtel de ville. Voir 
Belgique et Hollande, par Bsedeker. 

8. D'Arras (Paris) à Dunkerque. 

113 kil. Trajet en 2 b. 10 à 4 b. 15. Prix : 14 fr. 10, 10 fr. 65, 7 fr. 70. 

Arras, v. p. 54. Cette ligne suit pendant quelques instants 

celle de Douai (p. 56), puis s'en détache à g., pour traverser la vallée 



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LENS. /. R. 8. 75 

de la Scarpe sur des remblais et un viaduc. — 11 kil. Farbus- Vimy, 
Ensuite, à dr., l'embrancli. de Carvin, etc. (v. ci-dessous). 

20 kil. Lens (hôt. de la Pomme-d'Or), ville de 11 780 Lab., sur 
le Souchez ou la Deule, anc. place forte qui fut souvent prise et re- 
prise dans les guerres des xv®-xvn® s. Condé remporta aux environs, 
en 1648, une victoire signalée sur les Espagnols. Lens est le centre 
du bassin houiller du Pas-de-Calais, qui a une superficie de 49 792 
hect. et qui occupe 25 000 ouvriers, extrayant 5 millions de tonnes 
de bouille par an. Ce bassin est desservi par des embranch. spéciaux. 

De Lens (Akeas) a Armentières: 32 kil.; 1 b. 10 à 1 h. 45; 3 fr. 95, 
3fr. , 2fr. 25. — 6 kil. (3est.) Pont-à-Vendin. Ligne de 9 kil. de Ven- 
din à Violaines (p. 74). — 11 kil. (5® st.) Bauvin - Provin. Embranch. 
d'Hénin-Llétard , v. ei-dessous. — 16 kil. Don - SaingMn (p. 74). — 19 kil. 
Wavrin (p. 73) — 32 kil. Armentières (p. 73). 

Embranch. de 19 kil. de Lens à Libercourt (p. 66). Il se bifurque 
à Hénin-Liétard (9 kil.) ., ville ancienne de 7848 hab. , sur Bauvin-Provin 
(16 kil. ; V. ei-dessus), par Cowrrîères (7 kil.), dont l'église renferme un magni- 
fique tombeau d'un Montmorency, et par Carvin (12 kil. ; p. 66). 

27 kil. Bully-Grenay, où il y a d'importantes mines de bouille. 

Embranch. de 31 kil. sur Brias (St-Pol-Abbeville ; p. 80) et de 10 kil. 
sur Violaines (p. 74). 

33 kil. Nœux. On rejoint la ligne de Lille à Bétbune. 

38 kil. Béthune (hôt, du Nord), ville de 10 917 hab., sur la 
Brette et à la jonction de deux canaux, anc. seigneurie et anc. place 
forte de l'Artois, qui en subit également le sort jusqu'à son annexion 
définitive à la France, par le traité d'Utrecbt (1713). On y remarque 
un beffroi du xiv^s. et une église St-Vaast du xvi^s. — Lignes de 
Lille (p. 73) et d'Abbeville (p. 80). 

41 kil. Fouquereuil , où aboutit la ligne d'Abbeville. — 44 kil. 
Chocques. — 51 kil. Lillers , ville de 7473 bab., ayant une église 
curieuse de l'époque de transition. — 57 kil. Ber guette. 

Embranch. d'Armentières , v. p. 73. 

Embranch, de 27 kil. sur St-Omer , plus court de 9 kil. que la ligne 
par Hazebrouck, mais que ne suivent pas les trains venant d'Arras. — 7 kil. 
Aire-sur-la-Lys (hôt. de la Clef-d^Or)^ ville de 8375 bab. et place forte, au 
confluent de la Lys avec trois autres rivières et à la jonction de trois ca- 
naux. Son principal édifice est St - Pierre ^ des xv^-xyiii© s., qui a une 
belle tour et qui est très richement décoré à l'intérieur. — 17 kil. (4® st.) 
Arques i où l'on rejoint la ligne de Boulogne à St-Omer (p. 86). 

On traverse ensuite deux canaux. — 62 kil. Thiennes. — 66 kil. 
Steenbecque. Puis on passe dans la forêt de Nieppe. Près de Haze- 
brouck, à dr., la ligne de Lille à Calais. 

73 kil. Hazebrouck {buffet-hôtel à la gare), ville de 11 332 bab., 
sur la Bourre, importante seulement comme point de raccordement 
des lignes d'Arras , Dunkerque , Lille (p. 73) , Calais (p. 87) et 
Ypres. On en remarque toutefois V église, du xvi^s., qui a un beau 
clocher de 80m. de haut, avec flèche en pierre, visible de loin à g. 

D'Hazebrouck a Ypres: 32 kil. : 1 h. 20; 3 fr., 2 fr. 25, 1 fr. 55. — Cette 
ligne suit d'abord la direction de Lille et tourne ensuite à g. — 7 kil. 
Caëstre. — 12 kil. Godetca'èrsvelde ^ dernière stat. française, au pied du 
monis de Cais^ où se trouve un couvent moderne de trappistes. Après la 
visite de ce couvent, où l'on peut loger, faire une excursion au mont Noir 
et au mont de Lille ^ collines sablonneuses et boisées sur la frontière. — 



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76 J. R. 8. DUNKERQUE. 

15 kil. Abeeîe, première stat. belge. Douane. — 21 kil. Poperinghe. — 
28kil. Vlamertinghe. — 32 kil. Ypres (hôt. de laTête-d'Or). Halle aux draps 
et cathédrale très remarquables. V. Belgique et Hollande^ par Bsedeker. 

Laissant celle de Calais à g., la ligne de Dunkerque se dirige 
vers le N.-O. A di*. se voit déjà la colline de Cassel. 

82 kil. Cassel (hôt. du Sauvage), ville de 3839 hab., située à 
3 kil. Va au N. - E, par la route , mais à moins de 1 kil. Va P^ï 1® 
chemin direct, sur le Mont- Cassel (157m.) , qui a dû. son nom à 
une forteresse romaine, le «Castellum Morinorum». Cette situation 
même, sur une colline isolée et assez escarpée, en ont fait jusqu'à 
son annexion définitive à la France, par le traité de Nimègue (1678), 
\ine place dont s'emparèrent aussi pour son malbeur de trop nom- 
breux conquérants. Elle a surtout donné son nom à trois grandes 
batailles, celle de 1071, dans laquelle Philippe I^**, roi de France, 
fut vaincu par Robert le Frison, comte de Hollande; celle de 1328, 
où Philippe VI, de Valois , vainquit les communes de Flandre ré- 
voltées contre Louis I^^ de Nevers, leur comte, et celle de 1677, une 
victoire du duc d'Orléans, frère de Louis XIV, sur Guillaume de 
Nassau, prince d'Orange. Cassel est la patrie du général Vandamme 
(1771-1830). — La ville est à peu près sans intérêt, mais elle a de 
loin un aspect original avec ses nombreux moulins à vent. On a 
une très belle vue de la terrasse de son ancien château , d'où l'on 
peut découvi'ir, dit-on, jusqu'à 32 villes et 100 villages. Il y a un 
petit musée à l'hôtel de ville. 

89 kil. Arneke. — 96 kil. Esquelhecq^ qui a encore des restes de 
fortifications. Bergues se voit de loin, d'abord à g., puis à dr. 

105 kil. Bergues {hôt. de la Tête - d'Or) , ville de 5435 hab. et 
place forte , à la jonction de trois canaux. Elle fut également bien 
des fois assiégée et prise par les Français, les Anglais, les Espagnols, 
les Hollandais, mais elle résista victorieusement aux Anglais en 1793. 
La plus grosse des tours qui attirent l'attention du voyageur est 
celle de St-Martin, église goth. en briques, reconstruite au xvii^s. 
et qui renferme des tableaux et un maître autel assez remarquables. 
L'autre tour, qui est fort belle, est le beffroi, également en briques, 
du style goth. duxvi^s. L'hôtel de ville , dans le style espagnol 
du xvii^s., renferme une petite galerie de peinture, qui comprend un 
Ribera, un van Dyck, un Brueghel et un Metsu. 

Notre ligne rejoint enfin celles de Furnes et de Calais. 

113 kil. Dunkerque. — hôtels : Grand-Hôtel^ E. de Flandre^ rue des 
Capucins, 18 et 16 ; H. du Chapeau-Rouge^ rue St-Sébastien, 5, recommandé 
(cb., 2 fr. 50; dîn., 3fr.)-, H. de la Paix, rue David -d'Angers. — Cafés 
ET RESTAUR. : placc Jean-Bart, rue des Capucins, près de celte place; 
rue du Quai, près du bassin du Commerce-, à la gare, etc. — Tramway 
de la gare aux bains (p. 78) par le centre de la ville et les quais. — 
Bateau a vapeur pour Londres , par la Tamise, 2 fois par semaine, à 
heures variables: v. l'Indicateur Chaix. Etablissement du port (v. p. xiv), 
12 h. 13. Longit. E., 1' 41". 

Dunkerque est une ville de 38 025 hab., un port de commerce 
considérable sur la mer du Nord et une place forte de 1^® cl., surtout 



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DUNKERQUE. I. R. 8. 77 

par sa situation dans les Watteringues , pays desséché à l'aide de 
canaux et de digues, qui peut s'inonder jusqu'à Bergues (p. 76). 

Son origine ne remonte guère au delà du x^s. Elle de'pendit d'abord 
des comtes de Flandre, auxquels les rois de France la disputèrent dès la 
fin du xiii® s. Un de ses principaux sièges fut celui de l646, qui la fit 
tomber entre les mains du prince de Condé. Les Espagnols la reprirent 
toutefois en 1652, mais la victoire des Dunes, gagne'e par Turenne, la rendit 
aux Français en 1658. Louis XIV l'abandonna ensuite, il est vrai à 
Cromwell, qui l'avait aidé à s'en emparer, mais il la racheta de Charles II 
en 1662. Dunkerque devint dès lors un port considérable, renommé par 
ses hardis navigateurs et par ses corsaires , qui infligèrent de grandes 
pertes aux marines ennemies ; aussi les Anglais imposèrent-ils à la France 
comme condition de paix, à Utrecht (1713) et à Paris (1763), le désar- 
mement de Dunkerque et la destruction de son port. Le dernier fait im- 
portant de son histoire est le siège de 1793, qu'elle soutint bravement 
et auquel mit fin la victoire gagnée à Hondsehoote^^sur les Anglais. 

Dunkerque est une ville propre et bien bâtie , mais pauvre en 
curiosités. Le port sera la principale pour beaucoup de visiteurs • 
on y va par la rue en face de la gare et en tournant à g. après avoir 
traversé un canal. En continuant tout droit, par la rue ïhiers, on 
irait à la place de la République , d'où part, dans l'angle opposé, la 
rue des Capucins , conduisant à la place Jean-Bart (v. ci-dessous). 

Le quai qui longe le canal mène à V arrière-port à flot, près du 
parc de la Marine, la plus belle promenade intérieure de la ville. 
De l'autre côté de l'arrière-port est le bassin de la Marine. Plus loin 
vient le bassin à flot du Commerce-, puis ce sont, dans la direction 
du N.-O., le port d'échouage, Vavant-port et le chenal, formant une 
longueur de 2200 m. , et au delà desquels l'agrandissement de l'en- 
ceinte fortifiée a permis de creuser de nos jours le grand bassin de 
Freycinet, inauguré en 1883, et un vaste bassin de chasse, auquel 
on doit encore ajouter quatre autres bassins. Le port de Dunkerque 
fait surtout le commerce des bois, des grains et des laines. 

Près du bassin du Commerce, V église St- Jean- Baptiste, du 
xviii^s., renfermant divers tableaux remarquables, surtout le Christ 
au roseau de van Dyck et une Ste Famille du Guide. 

St-Eloi, noiî loin de là, dans l'intérieur de la ville, est une église 
gotb. à cinq nefs du xvi® s., trop courte parce qu'on en a retranché 
les premières travées. Il n'y a pas de portail, mais on doit en 
construire un. Elle a de beaux vitraux modernes. — Le beffroi, qui 
s'en trouve maintenant séparé par une rue, en était le clocher. C'est 
une grosse tour carrée en briques de 90 m. de haut. 

La place Jean-Bart, à côté de l'église, est le centre de la ville. 
Elle est décorée de la statue de Jean Bart, le plus fameux marin et 
croiseur de Dunkerque (1651-1702), en bronze, par David d'Angers. 

En retournant du côté de l'église et prenant plus loin à dr. la 
rue Jean-Bart, nous arrivons à la place du Théâtre et au musée. 

Le musée, au coin de la place et de la rue Benjamin-Morel , est 
public , du l^'' juin au 30 sept. , tous les jours de midi à 5 h., sauf 
le yendr. ; du 1^^ oct. au 31 mai , les dim. et jeudi de midi à 4 h. ; 
mais il est visible aussi les autres jours pour les étrangers. 



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78 I. B. 8. DUNKERQUE. 

P© SALLE: modèles de vaisseaux, etc. — II® salle, à dr. : collections 
diverses , surtout des médailles , des armes , une petite collection ethno- 
graphique. A dr. , à la 4® fenêtre , une tête en cire de Jacques II d'An- 
gleterre, coiffe'e du bonnet qu'il avait en mourant. — III® salle : petite 
collection d'histoire naturelle. 

lye-vie salles, peintuees. — IV® s. : à dr., 248, Baadei\ Washington, 
élu président des Etats-Unis, fait ses adieux à sa mère-, 255, Emm. de 
Wiite , Samuel emmenant prisonnier devant Saul le roi des Amalécites \ 
33l)is^ Besmit (de Dunkerque), Jean Bart capturant une frégate; 240, C. 
Vanîoo, portr. de l'auteur; 256, Rokes^ dit Sorgh, Intérieur de ferme; 253, 
d'après Velazquez, les Buveurs; sans num., Schoutteten, Crépuscule ; 2, Barker, 
Nature morte ; 207, Ziegler, Vision de St Lue ; 250, le Titien (?), Raphaël et 
son maître, le Pérugin; 31, P. de Goninck^ Supplice de Brunehaut ; 206, Détaille^ 
Colonne d'infanterie allant tenter un coup de main (1870-71); 209, la Ri- 
vière^ Jésus portant sa croix; 32, Dehodencq^ Mariage d'une juive au Maroc; 
205, Jadin^ l'Hallali du sanglier ; 228, Detouche^ Derniers moments de Char- 
les IX. — Au milieu, 42, Tony No'êl^ Roméo et Juliette, marbre. 

V® salle: sans num., L.-G. Pelouze^ paysage; 234, Gagnacci^ Judith; 
277, Rubens (?), Achille se trahissant devant Ulysse; 259, le Parmesan, le 
Christ attaché au poteau; 233, ZicccàrelH, Adoration des mages; 235, 
Durer (?), St Jérôme; 236, Brueghel (?), Joueur de vielle. — Au milieu, 
24, Lemot, buste de Jean Bart. 

VI® salle : 98, Paiel , paysage ; 18 , 19 , P. Garto , le Christ en croix. 
Ensevelissement du Christ; 109, le Guide, Madeleine; 211, Jacq. Bassan, 
le Marchand de poissons; 224, Salv. Rosa, Choc de cavalerie; 146, le 
Valentin, Joueur de guitare; 131, Snyders, Fruits, fleurs et figures; 216, 
Heemskerck, Un médecin visitant un malade ; 120, i2i6er a (?), portr .^d'homme ; 
71, Holbein le Jeune, portr. de Luther ou de Mélanehthon (?); 225, le Guide, 
Cléopatre; 10, Mme Lebrun, (?), portr. de femme; 57, le Giorgion, Un re- 
ligieux; 85, Luini (?), Deux enfants; 170, inconnu, Nature morte; 4, Bloe- 
maert. Jeune homme soufflant sur un tison; 121, Rigaud, portrait; 96, 
Adr. van stade , Intérieur; 156, Martin de Vos, portrait; 215, d'après le 
Dominiquin, Martyre de St André; 55, /. Fyt, Nature morte; 72, Abr. 
Janssens , Une femme que l'on veut contraindre à sacrifier aux idoles ; 
56, J. Fyt, Nature morte ; *103, Fr. Pourbus, Martyre de St Georges, grand 
triptyque regardé par Michiels comme le chef-d'œuvre de l'artiste; 106, 
Er. Quellin, Ste Famille; 94, P. Neefs, Intérieur de cathédrale; 74, Vict. 
Janssens, Assemblée devant un palais ; 95, J. van Oost le Vieux, Joueurs de 
cartes; 135, Teniers le Vieux, Tentation de St Antoine; 136, 137, 138, 
Teniers le Jeune , Réunion de villageois, etc. ; 75, Bans Jordaens, Combat 
d'Amazones; 73, F. Janssens, J.-C. accueillant les enfants; 276, Teniers le 
Jeune (?), Fête villageoise; 125, 126, Rubens, le Mariage de la Vierge, la 
Réconciliation de Jacob et d'Esaii; 108, Jean-Er. Quellin, Ste Hélène dé- 
couvrant la vraie croix; 124, Rubens, St François; 107, Er. Quellin, Ste 
Famille; 217, ff. Jordaens^ l'Arche de Noé, triptyque, 181, vieille école 
^amande Vierge à la chaise; 8, Brueghel le Vieux, les Feux de la St- 
Jean; 144, Th. van Thulden, la Charité romaine; 213, école du Giotto , la 
Vierge et l'Enfant; 90, Mignard (?), portr. de Louis XIV. 

Dunkerque possède deux établissements de bains de mer, à 
Rosendaè'l, au N.-E., en dehors de la nouvelle enceinte, à 45 min. 
de la ville et reliés avec elle par le tramway. Il y a des hôtels 
(du casino & des Bains, de Dunes), un magnifique Kursaal, de jolies 
villas, des maisons meublées, des cafés, etc., ouverts dans la saison. 

Chemin de fer de Dunkerque à Gravelines et à Galais, v. p. 91. 

De Dunkeeque a Ftjrîîes (Gand, etc.): 26 kil. ; env. Ih. 15; 2fr. 75, 
2 fr. 10, 1 fr. 50. — Cette ligne se détache à g. de celle d'Hazebrouek (p. 75), 
traverse plusieurs canaux, contourne la ville et longe les dunes. — 14 kil. 
(4est.) Ghyvelde, dernière stat. française. — 21 kil. Adinkerke. Douane 
belge. — 26 kil. Fumes (v. Belgique et Hollande, par Bsedeker). 



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79 

9. D'Amiens (Paris) à Calais. 

A. Par Âbbeville et Boulogne. 

166 kil. Trajet en 2 h. 40 à 5 h. 30. L'ouverture d'un nouveau raeeor- 
dement à Boulogne doit bientôt abréger de 20 min. le trajet des trains 
directs. Prix: 20 fr. 65, 15 fr. 55, 11 fr. 40. — 123 kil. iusqu'à Boulo'^ne- 
ih. 50 à 3h. 15; 15fr. 35, llfr.50, 8fr. 40. ^ " ' 

Amiens, v. p. 48. — Cette ligne longe les boulevards au S. de la 
ville, dans une tranchée et en passant dans deux petits tunnels. — 

2 kil. St-Boch, la seconde gare d'Amiens (p. 48). La ligne de 
Doulleris (p. 89) longe encore quelque temps la nôtre à g. , passe 
en dessous et se dirige vers le N., tandis que nous gagnons la vallée 
de la Somme, qui est entrecoupée de tourbières. — 7 kil. Dreuil. 
— 9 kil. Ailly-sur-Som,me. 

14 kil. Picquigny, petite ville à g., où se voient les ruines d'un 
château fort du xvi® s. — A 3 kil. au N.-E. se trouve le camp de 
Tirancourt OM Grand -Fort, anc. camp retranché des Romains, à 
l'angle formé par deux vallées au bord de la Somme. — 21 kil. 
Hangest. — On passe sous la ligne de Canaples. — 27 kil. Long'pve', 

De Longpeé au Teépoet : 57 kil. ; 2 h. 15 à 2 h. 20; 7 fr. 15, 5 fr. 30, 

3 fr. 90. — 7 kil. Airaines^ bourg sur la rivière de ce nom. — 19 kil. 
(4^ st.) Oisemont. A 5 kil. à dr. est l'important château deRamhures^ for- 
teresse du moyen âge très bien conservée. — 40 kil. (8^ st.) Longroy - Ga- 
macheSj où Ton rejoint la ligne du Tre'port par Beauvais (p. 95). 

Embranch. de 18 kil. de Longpré à Canaples^ se raccordant avec la 
ligne d'Amiens à Doullens, Frévent, etc. (p. 89). 

36 kil. Pont-Eemy, gros village industriel, avec un château en 
partie du xiv® ou xv® s., qui a joué un certain rôle dans la guerre 
de Cent-Ans. On passe sous la ligne de Béthune. A dr., les tours 
de St-Vulfran d' Abbeville. 

45 kil. Abbeville (hôt. : de la Tête-de-Bœuf, rue St-Gilles ; de 
la Gare, bon), ancienne place forte et ville manufacturière de 
19837 hab. , sur la Somme , qui y forme un petit port où la marée 
se fait encore sentir. Cette ville a aussi joué un rôle dans les guer- 
res entre la France et l'Angleterre ; elle a été témoin du mariage de 
Louis XII et de Marguerite d'Angleterre , et elle a reçu la visite de 
plusieurs autres rois de France dans des circonstances importantes. 

St-Vulfran en est le monument le plus remarquable. Cette 
église se trouve à dr. de la rue qui part de la gare et traverse un 
canal, puis la Somme. C'est un édifice goth. des xv®-xvi^s.;, mais 
achevé sur une plus petite échelle au xvii^s. La partie la plus 
remarquable est la façade , flanquée de deux tours à plates-formes 
et percée de trois portails richement décorés , avec de belles portes 
de la renaissance, mais qui n'ont plus qu'une partie de leurs statues. 
La nef a des arcs-boutants et des contreforts élégants, deux galeries 
à balustrades et des frontons découpés au-dessus des fenêtres. Il y 
a au N. une tourelle adossée à un mur qui, dans le plan primitif, 
devait faire partie du transept. — L'intérieur ne répond pas tout à 
fait à l'impression produite par la façade. La nef est étroite et l'on 



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80 J. i?. 9. ABBEVILLE. D'Amiens 

a dû en étayer les voûtes , dont la mobilité du sol a compromis la 
solidité. Le chœur est la partie la moins ancienne, du xvii^s. 
On remarque surtout la chapelle Notre-Dame-des-Merciers , à l'ex- 
trémité du bas côté de dr. , qui a un grand baldaquin goth. tout 
doré , devant une niche avec une statue de la Vierge sur des nues 
et entourée d'anges. Il y a de beaux retables dans la 3® chap. du 
même côté et dans les deux premières du côté g., etc. 

Plus loin , sur la place qui porte son nom , doit être érigé le 
monument de V amiral Courbet (m. 1885), originaire d'Abbeville- 
il sera par Falguière et Mercié. — Sur la place d'Armes, au delà, 
à g., la statue de Lesueur, le compositeur de musique (m. 1837), 
né aux environs , bronze par Rochet. 

Dans la rue Boucher - de - Pertihes , la première à g. en revenant 
de cette place, est le petit musée Boucher-de-Perthes , dans l'anc. 
hôtel du savant géologue et antiquaire de ce nom (m. 1868). Il se 
compose surtout de ses collections; tableaux, sculptures, meubles, 
faïences et porcelaines, herbier, bibliothèque et beaucoup de haches 
en silex et d'ustensiles en os des temps préhistoriques. 

St- Gilles, à l'extrémité de la rue du même nom , qui commence 
à la place Courbet , a un beau portail du style flamboyant. 

Il y a eu au S. d'Abbeville, aux monts de Caubert ^ un camp romain 
capable de contenir quatorze légions^ il n'en reste plus rien. 

Embraîîch. de 35kil..sur Eu (p. 95) et la ligne du Tréport (p. 96). 

D'Abbeville a Béthtjî^e: 94 kil. ^ 2 h. 30 à 4 h. 45; 11 fr. 70, 8 fr. 65, 
6 fr. 35. — Cette ligne traverse celle d'Amiens et fait un grand circuit 
pour revenir passer le long des remparts d'Abbeville au S.-E., près de 
St-Gilles. — 13 kil. St-Riquier ihôt. de V Ange-Gabriel) , petite ville déchue, 
mais autrefois très célèbre par son abbaye, fondée vers la fin du iv^ s. 
et que Dagobert, Charlemagne et Hugues Capet prirent particulièrement 
sous leur protection. Ruinée un grand nombre de fois, par les Normands, 
des seigneurs de la contrée, les Bourguignons, les Français, les Impériaux, 
les Anglais, la ville a fini par ne plus se relever. L'abbaye, reconstruite au 
XVIII® s., à la suite d'un incendie, et maintenant occupée par un petit 
séminaire , est peu intéressante. Mais la grande église St-Riquier qui l'a- 
voisine, est un monument remarquable du style goth. des xv®-xvi^ s. Si 
elle est fermée, s'adresser au cordonnier à côté du beffroi, sur la place 
voisine. La façade et la tour qui la couronne sont très riches en sculp- 
tures, malheureusement dégradées par le temps. L'intérieur présente un 
beau vaisseau à trois nefs , dont on remarque particulièrement les voû- 
tes. Diverses statues, les fonts et les bas-reliefs placés à côté, les stalles, 
un grand Christ en bois par Girardon, sur le maître autel, et cet autel 
lui-même, etc., méritent aussi l'attention. La salle de la Trésorerie est 
décorée de 10 peintures à fresque relatives à StRiquier, avec des in- 
scription en vieux français, et d'une espèce de danse macabre duxvi^s., 
dite «les 3 morts et les 3 vifs». Le trésor est encore assez riche. 

32 kil. (3® st.) Auxi-le-GhâteaUy bourg sur l'Authie. 

46 kil. (5® st.) Frévent. Pour cette ville et jusqu'à St-Pol, v. p. 89.. 
62 kil. (7® st.) St-Pol, aussi sur la ligne d'Arras à Boulogne (v. p. 89). — 
69 kil. Brias. Embranch. de Bully - Grenay (p. 74). On descend enfin 
dans la vallée de la Clarenee. — 92 kil. (12® st.) Fouquereuil, où l'on re- 
joint la ligne d'Arras à Calais à 2 kil. au delà de Béthune (p. 75). 

On traverse ensuite la Somme, qui est canalisée. — 53 kil. Sort- 
ie- Grand. Plus loin, à g., la vaste baie de la Somme, que traverse 
le petit embranch. de St -Valéry. On aperçoit le Crotoy (v. ci-des- 
sous). — 58 kil. Noyelles. 



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à Calais. BOULOGNE- S. -M. L R, 9, 81 

EuBRAitcH. de 6 kil. sur St-Valery. Cet embranch. est établi sur des 
remblais et une estacade de 1367 m. de long, que la mer bat à marée haute. 
St-Valery-sur-Somme <%<?<. de France) est une ville de 3462 hab. et un petit 
port de mer, d*où Guillaume le Bâtard partit en 1066 à la conquête de 
TAngleterre. Elle a eneore une partie de ses anciennes fortifications. — 
Correspond, pour Cayeux (14 kil. ; 1 fr. 50) , bains de mer peu agréables, 
mais assez fréquentés, que doit bientôt desservir un chemin de fer. 

Embranch. de 8 kil. sur le Crotoy ihôt. du Casino ^ etc.), qui a des bains 
de mer simples, mais bien fréquentés. C'est une petite ville déchue, avec 
des restes de remparts et un port de peu d'importance. 

67 kil. Rue, petite ville déchue par suite des atterrissements de 
l'Authie et de la Maie. On y voit, à côté de l'église, une belle cha- 
pelle du St-Esprit, reste d'une autre église des xiii® et xv® s. 

78 kil. Conchil' le -Temple, où il y eut jadis des templiers. — 
85 kil. Verton. 

Correspond. (7 kil., lfr.25) pourBerck (hôt. : deBerck^ de la Plage, etc.), 
ville de 5187 hab., sur des dunes au bord de la mer, renommée par la 
salubrité de sa situation, qui a décidé la ville de Paris à y construire 
un grand hôpital maritime pour les enfants scrofuleux. Il y a aussi des 
bains de mer^ simples et paisibles. 

90 kil. St-Josse. Puis on franchit sur un viaduc la baie de la 
Canche , et l'on a à g. un beau coup d'œil sur la mer. 

96 kil. Etaples, ville de 3342 hab., avec un port. Ligne d'Arras 
par St-Pol (p. 56).. On passe quelque temps en vue de la mer. — 
234 kil. Dannes- damiers. — 109 kil. Neufchâtel, avec une fabrique 
de ciment de Portland. Plus loin, un petit tunnel. — 114 kil. Hes- 
digneul. Ligne de St-Omer (p. 86). Puis on descend la vallée de 
la Liane. — 118 kil. Pont- de- Briques. On aperçoit ensuite à dr. la 
ville de Boulogne , bâtie sur une colline de la rive dr. de la Liane, 
et dans le bas les ponts de la ligne de Calais. 

123 kil. Boulogne -sur -Mer. La grande gare est sur la rive g., 
près de l'arrière -port, et il y a plus loin une gare maritime, pour 
le service de la correspondance avec l'Angleterre. 



Boulogne-Sur-Mer. — hôtels. I. Près de rétablissement de bains: 
H. du Pavillon et des Bains de Mer (pi. a, D 1) , H. de la Marine (pi. b, D 2), 
tous deux boulevard Ste-Beuve 98 et 40^ H. de Folkstone (pi. c,D2), H. de 
Paris (pl.d,D2) et H. Windsor (pl.e,D2), quai Gambetta, 74, 66 et 62. — 
II. Dans la ville même: H. des Bains et de Bellevue (pi. f,E3), quai des 
Bains et rue Victor-Hugo , 69 j H. Christol (pi. g,E3), place Frédéric-Sau- 
vage, 14, le plus rapproche de la gare, de l^r ordre; H. de V Univers 
(pi. h,E3), Meurice (pi. i,E2), du Nord (pi. k,E3), rue Victor -Hugo, 26, 
35 et 25; British H. (pl.l,E3), rue Faidherbe, 27; H. Dervaux (pi. m, F 3), 
Grande-Rue, 75, en face du musée; H. Canterbury (pi. n,E3), du Lion-d' Ar- 
gent (pi. o,E3), du Commerce, rue Adolphe-Thiers , 26, 33 et 27. — Il y a 
aussi des pensions bourgeoises. 

Restauraîïts , dans un grand nombre d'hôtels: au casino (déj., 4fr. ; 
dîn. , 5fr. , vin non compris); à V hôtel de Flandre, quai Gambetta, 52, 
bon (déj., 2 fr.; dîn., 2 fr. 50); Café Eingelin, rue Monsigny, 4, près du 
théâtre, etc. — Buffets aux deux gares. 

Cafés: Grand-Café de Boulogne, rue Adolphe-Thiers, 63; Wallon, id., 53. 

Fiackes: la course, à 1 chev. ou 2 chev., le jour, 1 fr. 50; la nuit, 
2 fr.; à l'heure, à 1 chev., 2 fr. et 2 fr. 50; à 2 chev., 2 fr. 50; — pour la 
campagne, à 1 chev. ou 2 chev., 2 fr. 50 l'heure. 

Teamwat desservant les bains : 10 c. du Coin-Menteur (pi. E 3) , 20 c. 
de la place Dalton (pi. F 3). 

Bœdeker. Nord de la France. 2« édit. 6 



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82 /. R. 9. BOULOGNE - S. - M. D'Amiens 

Poste & télégraphe : rue Victor-Hugo , 25 (hôt. du Kord) , et sur le 
derrière, rue du Pot-d'Etain, 12. 

Etablis8Emeî«t de baius de mer de l^r ordre, sur la plage de la rive 
dr. (v. p. 83). Bain, avec voiture, baignoire et linge ou sans linge, 1 fr. ;. 
école de natation , 50 c. ; pour 12 bains , 9 fr. et 5 fr. 60. — Entrée au 
casino: dans la matinée, 50 c.; Taprès-midi, 1 fr. ; le soir, 1 fr. ; la jour- 
née entière, 3 fr. Abonnement: 1 pers., 8 jours, 10 fr,; 15 jours, iTfr. ; 
un mois , 29 fr.-, saison, 58 fr. ; 2 pers., 15, 25, 41 et 82 fr. ; 3 pers. , 20, 
83, 53 et 106 fr., etc. — Pour plus de détails, v. les tarifs que 1 adminis- 
tration remet gratuitement aux abonnés. 

Bateaux A- VAPEUR pour Folkstone, 2 fois par jour, à des heures 
variant avec la' marée (v. l'Indicateur des chemins de fer), traversée d'en- 
viron 2 h. — De Paris à Londres par Boulogne et Folkstone : service de 
jour par trains express de 1^® et 2^ cl., en 9 h. 1/4 i service de nuit par 
trains ordinaires (2® et 3® cl. sur le bateau). Prix: service de jour, 
billets simples, valables pour '8 jours, 70 fr. ou 52 fr. 50 (75 et 56.25 par 
Calais et Douvres).; billets d'aller et retour, valables pour 1 mois, 118 fr. 
75 ou 93 fr. 75 (aussi par Calais), plus 1 fr. 25 de droit pour l'embarque- 
ment et pour le débarquement au profit du port (aussi à Calais); — 
service de nuit, billets simples, valables jpour 3 jours, 39 fr. 35 et 26 fr: 25; 
billets d'aller et retour, valables pour 14 jours, 58 fr. 75 et 39 fr. 35 (mêmes 
prix par Calais). Excédants de bagages au dessus de 25 kilos, 1 fr. 85 par 
5 kilos. Service de Paris à Londres par Boulogne et la Tamise, v. l'In- 
dicateur. Pour Londres et l'Angleterre , v. notre guide spécial. 

Chaîîgetjes: Société Générale ^ rue Faidherbe, 73; Adam & (?**, rue 
Victor-Hugo, 6. 

Coîîsulats: Allemagne^ rae St-Louis, 50; Angleterre^ Grande-Rue, 67; 
Autriche^ Belgique, Brésil, Danemark, Espagne, Grèce, Pays-Bas, Portugal, etc., 
rue Victor-Hugo, 6; Etats-Unis, rue de la Gare, 8; Italie, quai Gambetta, 68; 
Russie, rue St-Nieolas, 5 ; Suède & Norvège, rue du Temple, 15. 

Temples peotestaîîts : français , rue Basse-des-Tintelleries ; anglicans, 
rue Nationale, 136 ; place des Q>h^ucins;wesleyen, rue de l' Ancienne-Comédie. 

Synagogue, rue Charles -Butor, 33. 

Etablissement du port (v. p. xiv), 11 h. 26. Longit. O., 43' 25". 

Boulogne -sur- Mer est une assez belle ville de 45 916 bab., 
située sur la Liane, dont l'emboucbure y forme un port de mer d'une 
réelle importance (v. p. 83) , déjà le plus considérable de la Gaule 
occidentale du temps des Romains, qui s'y embarquaient de préfé- 
rence pour la Grande-Bretagne et le nommaient Oessoriacum, 
Bononia à partir du iy® s. L'élément anglais entre , dit-on , pour 
un cinquième dans la population de Boulogne. Le nombre des 
voyageurs qui passent par son port est de 125 à 130000 par an. 

On la divise en basse ville et haute ville. La première partie 
comprend de fait , non seulement le port et les rues avoisinantes, 
mais encore le versant de la colline , l'autre n'étant que la vieille 
ville avec une petite enceinte fortifiée , dans le haut à l'E. 

Boulogne n'est guère intéressante que comme port de mer, comme 
ville de bains fréquentée par la haute société , et par son site. 

Au sortir de la gare (pi. DE 4), on a devant soi le port: à dr., 
V arrière-port et le port d'echouage, séparés par un pont qui con- 
duit vers le centre de la ville; à g., un bassin à flot, séparé du 
port d'échouage par un quai sur lequel passe la ligne de raccor- 
dement du chemin de fer, allant à la gare maritime, où est l'em- 
barcadère des bateaux à vapeur pour l'Angleterre. Le port d'é- 
chouage assèche à marée basse, tandis que le bassin à flot, creusé 



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à Calais. BOULOGNE -S. -M. /. R. 9. 83 

en 1803 pour la flottille qui devait servir à Texpédition d'Angle- 
terre, et amélioré de nos jours, conserve en moyenne 9 m. d'eau. 
Il a 388 m. de longueur et 192 m. de largeur. Plus loin sont des 
cales de construction^ des batteries, qui défendent l'entrée du port, 
et la jetée de V Ouest, actuellement la plus longue, s'avançant à 
700 m. dans la mer, tandis que l'autre n'a que 519m. La partie 
de la ville située sur la rive g. porte le nom de Cape cure. V église 
St - Vincent'de-Faul (pi. D 4-5) est une construction moderne dans 
le style goth. du xni® s. 

Des travaux considérables ont été entrepris de ce côté depuis 
1879, afin d'agrandir le port de Boulogne ou plutôt afin d'y créer en 
quelque sorte un nouveau port (pi. AB). Il s'agit en effet d'obtenir 
un port en eau profonde d'env. 300 bect. de superficie, par la con- 
struction de deux môles curvilignes de 1100 m. de long, partant de 
l'extrémité de la jetée de l'Est (v. p. 83) et de la côte au S., et d'une 
digue transversale de 300 m. de long en avant de ces môles. La 
ville, qui a entrepris ces travaux, doit y consacrer 35 millions. 
Notre plan donne une idée des dimensions de ce vaste port; sur 
deux terres -pleins seront la nouvelle gare maritime et les docks. 
Les digues sont construites par enrocbement de cubes de maçon- 
nerie, faits sur place avec des pierres extraites des falaises voi- 
sines. On ne regrettera pas d'avoir poussé sa promenade jusque-là. 
Ces agrandissements sont nécessités par l'importance croissante du 
port de Boulogne, qui est déjà le quatrième de France pour le 
mouvement de la navigation, après Marseille, le Havre et Bordeaux. 

Revenant au pont près de la gare principale, nous passons sur la 
rive droite. De l'autre côté s'élève' depuis 1880 la statue de Frédéric 
Sauvage (pi. E 3), qui appliqua l'bélice aux bateaux, bronze par La- 
france. — Nous continuons notre promenade le long du port, par le 
quai des Bains. Un peu plus loin à dr., la Halle (pl.E3) ou lemarcbé 
au poisson, toujours intéressant dans la matinée, quand les bateaux 
rentrent de la pèche et que se fait la vente en gros. C'est Boulogne 
qui expédie le plus de poisson à Paris, de 3900000 à 4000000 de 
kilogr. soit env. Vs de sa consommation. — Sur la petite place 
voisine, une statue de Jenner, l'inventeur de la vaccine. Plus loin, 
la Douane (pi. D2), où se trouve un entrepôt de sel. La partie 
suivante du quai présente une grande animation , et elle est tou- 
jours encombré de marchandises. 

L'établissement de bains , qui occupe, avec son jardin et son 
beau casino (pi. D 1-2) , le reste de l'espace compris entre le quai 
Gambetta et le pied des falaises , est un des plus importants de la 
Manche. Le jardin et la digue longeant la plage sont publics , ex^ 
cepté lorsqu'il y a concert. A l'heure des concerts , les personnes 
qui ne sont pas abonnées paient 20 c. d'entrée. Pour l'abonnement, 
V. p. 82. Le casino, parfaitement organisé, a une salle des fêtes de 
400 m. carrés de superficie, des salons de conversation et de lecture, 
des salles de bal, de jeu, de biUard, un café-restaurant (p. 81), etc. 

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84 LR,9. BOULOGNE- S. -M. D'Amiens 

L'entrée des bains est du côté opposé à la jetée; la plage, en pente 
douce, ne se compose que de sable fin. L'établissement a deux 
bassins de natation , qui permettent de se baigner même lorsque la 
mer est mauvaise. — Entre la plage et les falaises s'étend le boule- 
vard Ste-Beuve, ainsi nommé en l'honneur de l'illustre écrivain, 
né à Boulogne (1819-1855). 

La jetée de l'Est (pL BC 2-1) est la promenade la plus fréquentée de 
Boulogne, et comme toute promenade sur le bord de la mer, elle offre 
un spectacle toujours nouveau et toujours attrayant pour les étran- 
gers. Elle est surtout animée lors de la pleine mer (v. p. xiv et 82), 
dont les bâtiments profitent pour entrer ou sortir. Le port est éclairé 
par un feu fixe, dans une petite tour sur cette jetée, et deux feux de 
marée sur l'autre jetée. La nuit, on voit briller à dr., à 16kil. de 
distance, le phare du cap G-ris-Nez 5 on voit même souvent, dit-on, 
la lumière de celui de Douvres, en Angleterre. On aperçoit à dr. 
sur la falaise une statue médiocre de Napoléon I^^, érigée par un 
Anglais sur l'emplacement de la baraque de l'empereur au camp 
de Boulogne (v. p. 86). Près de là sont les ruines de la tour d'Odre 
(«turris ardens» ; pl.I) 1), phare romain élevé sous Cali^ula, l'an 40 
de notre ère. — St -Pierre - des -Marins (pi. E 2) , dont le clocher 
domine le port, est une église moderne dans le style goth. du xiv® s. 
— Nous revenons sur nos pas pour visiter la ville. 

La rue Victor -Hugo (pl.E3), qui aboutit au quai et qui est à 
peu près parallèle au port , est une des principales de Boulogne, 
avec son prolongement, la rue Nationale. La rue Adolphe -Thiers 
(pl.E3), aussi parallèle au port, un peu plus haut, est également 
très fréquentée. Au bout de cette rue et au commencement de la 
Grande-Rue, qui monte à la ville haute, se trouve la place Dalton, 
avec V église St- Nicolas (pi. F 3), édifice des xvii® et xviii® s., qui 
n'a rien de remarquable. 

Plus haut, du même côté, le musée (pi. F 3), établi dans un ancien 
séminaire. Il est public tous les jours, sauf le mardi, du 1®^ juin au 
1^^ nov., et les dim., jours de fête et jeudis le reste de l'année, de 
11 h. à 4 h. dans la semaine et de 10 h. à 4 h. le dimanche. Il se 
compose d'un cabinet d'histoire naturelle, surtout riche en oiseaux, 
en insectes et en reptiles ; d'un important cabinet d'ethnographie, 
de diverses petites collections d'antiquités , d'une collection de mé- 
dailles et monnaies, d'une petite galerie de peinture, etc. Il y a par- 
tout des étiquettes. Grâce à l'égyptologue Mariette-Bey , originaire 
de Boulogne (1821-1881), ce musée possède diverses antiquités 
égyptiennes remarquables , entre autres une momie de prêtre , plus 
curieuse même que celles du Louvre. La galerie de peinture, qui se 
compose principalement de tableaux modernes de valeur secondaire, 
renferme des œuvres d'artistes nés à Boulogne ; Jeanron, Bédouin, 
etc. On y remarquera l'Appel des Girondins, de Flameng^ puis 
l'Homme ivre, d'André Gilles; la Femme aux épaves, de Tattegrain; 
En octobre, par Laugée; des paysages, par Aly, etc. 



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à Calais, BOULOGNE -S. -M. /. R. 9, 85 

Au second étage de l'ancien séminaire se trouve également la 
bibliothèque de la ville, qui compte environ 50 000 volumes et 250 
manuscrits , provenant pour la plupart de diverses abbayes. Elle 
est ouverte ordinairement tous les jours de 10 h. à 4 h. 

La Grande-Rue aboutit au pied de la ville haute, en face de la- 
quelle se voit, à g., la sous-préfecture (pi. F 3), précédée d'un joli 
square, dans lequel est un buste de Henri II, roi de France, d'après 
David d'Angers , érigé en mémoire de la restitution de Boulogne à 
la France par l'Angleterre, sous le règne de ce roi, en 1550. Au 
delà du square s'étend le boulev. Mariette, avec la statue de Mariette 
(pi. G 2), en bronze, par Jacquemart , sur une petite pyramide de 
granit. Plus bas à g. se trouve une promenade publique dite le? 
Tintelleries (pLF2), où se donnent des fêtes en été. 

La haute ville (pi. F G 2-3) est renfermée dans une enceinte de 
vieux remparts du xm®s., de 400 m. de long sur 325 de large, flanquée 
de demi-tours rondes et haute de 17 m. Elle avait autrefois quatre 
portes; celle du S.-O. a été supprimée en 1588 et il n'y a plus que 
la porte des Dunes, du côté de la sous-préfecture ; la porte Gayole, 
à l'opposé, et la porte de Calais, au milieu du mur de la partie 
supérieure, du côté du château. Nous entrons par la porte des 
Dunes , entre deux grosses tours rondes. Presque à côté se trouve 
le palais de justice (pi. F 3) , construction dans le style classique 
élevée en 1852. Quelques pas plus loin , Vhôtel de ville (pi. G 3), 
qui date surtout du xviii^s., et qui s'élève, dit-on, sur l'emplacement 
du château où naquit, en 1065, Godefroi de Bouillon, le chef de la 
1^® croisade , fils du comte Eustache III de Boulogne. 

La rue de Lille nous conduit de la place de l'Hôtel-de- Ville dans 
la direction de la porte de Calais. Avant d'y arriver, on voit à g., 

Notbe-Dame (pi. G 2), l'église principale de Boulogne, recon- 
struite de 1827 à 1866. C'est un édifice d'un style gréco-romain sans 
proportion et de mauvais goût. La façade est flanquée de tours sur- 
montées de dômes , et sur la croisée s'élève un grand dôme allongé, 
avec une colonnade corinthienne, percé de jours en croix et d'étoiles 
rayonnantes, et que termine une lanterne avec une statue de la 
Vierge. — L'intérieur est encore plus laid que l'extérieur. Les 
voûtes sont percées de jours ovales et les murs sont couverts d'in- 
scriptions et de grisailles sans valeur. Le maître autel au contraire, 
en marbre , en mosaïque et en bronze , est une œuvre d'art remar- 
quable , exécutée à Rome pour le compte de la famille Torlonia. 
Derrière cet autel se voit le beau monument de Mgr Haffreingue, 
chef d'institution qui a construit l'église. Dans le fond est le sanc- 
tuaire^ de la Vierge , qui est un pèlerinage très fréquenté dans la 
dernière quinzaine du mois d'août. Six chapelles latérales sont 
décorées de fresques par Soulacroix; les sujets, tirés de l'histoire 
de la Vierge, sont expliqués par des inscriptions. — Il y a sous 
l'église une vaste crypte, dont une partie remonte au xn® s. et ren-, 
ferme des tombeaux anciens. Elle est aussi décorée de grisailles et 



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86 I. R. 9. BOULOGNE -S. -M. D'Amiens 

l'on y a réuni des antiquités trouvées dans les fondations de l'édi- 
fice actuel. On paie 1 fr. pour la visiter, de même que pour monter 
au dôme, d'où la vue est très étendue: s'adresser au gardien, sous 
le portail latéral de dr. 

Le château (pi. 02) , dans l'angle N.-E. de la ville haute, est 
une construction massive de 1231, comme l'indique une inscription 
au-dessus de la porte. Il est occupé par des magasins d'artillerie 
et des casernes, et il n'est pas ouvert au public. 

Il y a encore à mentionner deux églises modernes du style goth. 
(xin^ s.) , St -François -de- Sales (pi. 4) et Notre -Dame -du- St- 
Sang (pi. 05). 

En 1804, Napoléon I^^ concentra sur le plateau au N. de Boulogne 
une arme'e composée de 172 000 hommes d'infanterie et 9000 hommes de 
cavalerie, placés sous les ordres des maréchaux Soult, Ney, Davout et 
Victor. Il réunit en même temps dans la rade une flottille de 2413 em- 
barcations, grandes et petites, montées par 16 738 hommes. Tout ce for- 
midable appareil avait pour but une descente en Angleterre, motivée par 
la rupture de la paix d'Amiens. Les troupes étaient parfaitement exer- 
cées et ce projet hardi devait être exécuté dès que les flottes d'Anvers, de 
Brest, de Cadix et des ports de la Méditerranée, qui se construisaient dans 
ce but depuis des années, seraient réunies pour protéger la flottille de 
débarquement; la défaite de Trafalgar, le 22 oct. 1805, en empêcha l'exé- 
cution, et la 3® coalition força l'empereur de lever le camp de Boulogne. 
Un monument, la colonne de la Grande - Armée , consacre depuis 1841 
le souvenir de ce camp. Elle est située à 2 kil. 1/2 des remparts de la 
ville haute, à g. de la route de Calais (v. pi. G 2-1). C'est une colonne 
d'ordre dorique, en marbre des environs, de 4m. de diamètre et 53m. 
à-e hauteur. Elle est couronnée par une statue en bronze de l'empereur, 
due à Bosio. On monte au sommet. — On peut rentrer en ville par les 
falaises, d'où l'on a de beaux coups d'œil et où sont la statue de Napoléon 
et les ruines de la tour d'Odre mentionnées p. 84. 

De Boulogne k St-Omee: 65 kil.; 2 h. 5; 6fr. 65, 5 fr., 3 fr. 65. — 
Cett« ligne se confond avec celle de Paris jusqu'à la 2® stat., Hesdtgneul 
(9 kil : p. 81), puis elle tourne à g. et remonte encore quelque temps la 
jolie vallée de la Liane. — 16 kil. Samer (2158 hab.). — 25 kil. Desvres, 
petite ville jadis fortifiée (4487 hah.). Passage pittoresque; on côtoie 
des collines. — 32 kil. LoUinghem. Extraction de phosphates pour en- 
grais. — 46 kil. (7® st.) Lumbres. Ligne d'Anvin à Calais (p. 89). — 
60 kii. (9® st.) Arques. Ligne de Berguette (p. 75). On rejoint encore 
avant St-Omer la ligne de Calais par Arras. — 65 kil. St-Omer (p. 87). 



Les trains directs de Calais n'iront bientôt plus jusqu'à la gare 
de Boulogne , mais traverseront immédiatement la Liane en deçà 
de la ville. De Boulogne même, on retourne un instant dans la 
direction d'Amiens , tourne à g. et franchit la Liane sur un long 
viaduc courbe. Puis on traverse dans la ville un petit tunnel, une 
tranchée, un petit viaduc, un autre tunnel de 880 m., et on arrive sur 
le plateau du camp, où l'on voit la colonne de la Grande-Armée , à 
dr., etla mer, à g. — 130 kil. (d'Amiens). Wimille-Wimereux, 
Napoléon I®^ fit creuser à Wimereux en 1803 , par un détachement 
de l'armée du camp de Boulogne , un port maintenant en ruine. Il 
y a de petits bains de mer paisibles, avec un hôtel. — On s'éloigne 
ensuite de la mer. — 140 kil. Marquise, petite ville ayant d'impor- 



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à Calais: ST-OMER. J. ^. ^, 87 

tantes carrières de marbre, dans la «vallée Heureuse», où l'on va en 
excursion. — • 147 kil. Caf fiers. Belle vue à dr., avec St-Pierre-lès- 
Calais à l'horizon. — 156 kil. Frethun, On rejoint enfin la ligne 
d'An vin à Calais (p. 89). — 164 kil. St-Pierre-lès- Calais (p. 91) et 
son beau clocher, à dr. 

166 kil. Calais- Ville (p. 90). La gare, actuellement au N., doit 
être reportée au S. Les trains faisant le service de la correspondance 
avec l'Angleterre vont jusqu'à l'embarcadère ou à la gare maritime 
(buffet), par un tronçon qui passe au nouveau port (v. p. 90). 
» 

B. Par Ârras et Hazebrouck. 

196 kil. Trajet en 4 h. 30 à 7 h. 30. Prix: 20 fr. 65, 15 fr. 55, 11 fr. 40, 
eomme par Boulogne. 

Jusqu'à Arras (61 kil.), v. p. 53-54; d' Arras à Hazebrouck (73 kil.), 
p. 74-75. — La ligne de Calais tourne à cet endroit du N.-E. à l'O. 
et laisse à dr. celle de Dunkerque. — 143 kil. Ebbllnghem. Avant 
St- Orner débouche à g. la ligne de Boulogne -sur -Mer (p. 86). 

154 kil. St- Orner (hôt. : de la Porte- d'Or et d'Angleterre, rue 
St-Bertin, 13; de France, sur la Grande-Place), ville industrielle 
et commerçante de 21 266 hab. et place de guerre aujourd'hui sans 
importance, dans un pays marécageux et sur l'Aa, qui se réunit sous 
ses murs au canal de Neuf- Fossé. Elle fut fondée au vn^s. par 
St Audomare ou Omer, évêquè de Thérouanne (v. ci-dessous), et elle fit 
longtemps partie du comté de Flandre. Elle eut aussi à subir bien 
des sièges , des pillages et des incendies ; mais elle se signala en 
repoussant avec succès bon nombre d'attaques, notamment deux des 
Anglais et huit des Français. Louis XIV parvint toutefois à s'en em- 
parer en 1677, et elle appartient à la France depuis cette époque. 
Comme Beauvais (p. 93)^ elle a eu au xvn^ s. son héroïne , Jacque- 
line Robin, à laquelle elle a érigé en 1884 une statue en marbre, 
par Lormier. 

Nous prenons à dr. au sortir de la gare. La rue de Dunkerque 
mène tout droit à la Grande-Place , à l'autre extrémité de St-Omer. 
Près de la rue du St-Sépulcre , en deçà à dr., se trouve Veglise du 
St-Sepulcre, des xiii® et xiv® s., qui a un clocher avec flèche en 
pierre de 52m. de hauteur et qui renferme, dans une chap. à g., 
un Ensevelissement du Christ par Gasp. de Crayer. 

Sur la Grande -Place est Vhôtel de ville, construction moderne 
qui comprend aussi le théâtre et renferme la petite galerie de pein- 
ture du musée. Le musée proprement dit est l'ancien hôtel du 
bailliage, du xvin^s., à dr. un peu plus loin sur la même place. Il 
y a, au rez-de-chaussée des sculptures anciennes et modernes, sur- 
tout une statue en bronze du duc d'Orléans, fils de Louis-Philippe, 
par Raggi, auparavant sur la Grande-Place ; au 1^^ étage, des collec- 
tions diverses , de petits objets d'art et d'autres ; au 2*^ étage , des 
collections d'histoire naturelle. A signaler aussi , une curieuse col- 
lection de faïences. 



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88 I. B. 9. ST-OMER. D'Amiens 

Notre-Dame, où nous arrivons en prenant à g. à l'extrémité de la 
Grande-Place, est une grande et belle église datant surtout des xiii®- 
XY® s. Elle a quatre portails , un à l'O., où s'élève une grosse tour 
de plus de 50m. de haut; un près de cette tour, au N., et un à chaque 
extrémité du transept. Le plus remarquable est le portail latéral du 
S., dont le tympan représente le Jugement dernier. 

Cette église est encore riche en œuvres d'art, dont nous citerons les 
principales. La nef est bordée de chapelles qui ont de lourdes clôtures- 
des XVII® et xviii® s. et qui renferment des tableaux et des bas -reliefs. 
Dans le bas côté de dr. se voit d'abord un groupe du xiii® s., le Christ 
entre la Vierge et St Jean, dit le Grand-Dieu de Thérouanne^ parce qu'il 
provient de la cathédrale de cette ville (i6kil. au S.), qui fut détruite 
par Charles-Quint en 1553. Là aussi se trouve une descente de croix de 
Rubens, mal restaurée, et plus loin deux monuments modernes de curés 
de l'église. Dans la nef majeure, à g., le tombeau de St Orner, avec 
des bas -reliefs, du xiii® s.\ à dr., celui d'Eustache de Croy, évêque 
d'Arras (m. 1538): la statue et ses ornements sont très remarquables. 
Le buffet d'orgues, du xviii© s., mais restauré, est aussi très beau. L'atten- 
tion sera surtout attirée par la chapelle Notre-Dame des Miracles, dans le 
croisillon S., qui a un grand autel entièrement doré, du xviii® s., avec 
une Vierge en bois du xii® s. A dr., un tableau de Ziegler, St Georges 
victorieux. En face de l'autel, un grand tableau de van Opstal, le Christ 
devant Pilate; au-dessous trois petits hauts- reliefs peints et dorés, etc. 
A dr. du chœur, contre la clôture, un tableau de van Dyck, le Denier 
de César. Plus loin, à un pilier, l'ex-voto du doyen de Lalaing (m. 1533), 
bas-relief en albâtre et en pierre, peint et doré, représentant la scène de 
la fournaise ardente. Il y a encore d'autres ex-voto de ce genre, notam- 
ment celui de Delibourg, en face de la chap. absidale, Jésus descendant 
de la croix sur l'autel pendant le saint sacrifice. Contre la clôture du 
chœur du côté g., le tombeau de St Erkembode, du vu® ou du viii® s. 
Dans le croisillon N., des monuments et des hauts-reliefs peints et dorés 
comme de l'autre côté, une horloge du xvi® s. et un calvaire. 

De Notre-Dame, nous gagnons, par la rue à dr. du chœur et en 
appuyant ensuite à dr., la longue rue St-Bertin, qui nous mène aux 
ruines de ce nom. A g. vers le milieu de la rue se montre l'église 
St -Denis, reconstruite au xviii^s., mais qui a conservé sa tour du 
xiii^s. Plus loin à dr., le collège St-Bertin, belle construction mo- 
derne en briques , du style gothique. 

Les ruines de St-Bertin, à l'extrémité de la rue, se composent 
de l'énorme tour, haute de 58m., et de neuf arcades d'une église 
reconstruite de 1326 à 1520, les seuls restes de la puissante abbaye 
fondée en 640 par St Bertin, moine de Luxeuil. 

De St-Omer à Boulogne, v. p. 86^ à Berguette, p. 75. 

Ensuite un pays marécageux avec des canaux. — 163 kil. Watt en, 

Embbanch. de 21 kil. sur Gravelines (p. 91), rejoignant à Bourhourg 
(15 kil. -, p. 91) la ligne de Calais à Dunkerque. 

174 kil. Audruicq. — 182 kil. Pont-Ardres , stat. à 5 kil. au N. 
de la petite ville à'Ardres (correspond.), que dessert aussi le chemin 
de fer d'Anvin à Calais (p. 89). A dr. se voit le pont Sans-Pareil^ 
pont à quatre branches construit en 1752, sur les canaux de St-Omer 
à Calais et d'Ardres à Gravelines. Le chemin de fer traverse le se- 
cond canal et longe le premier , traverse encore celui de Guînes et 
rejoint la ligne de Boulogne. — 193 kiL St-Pierre-lès- Calais (p. 91). 

196 kil. Calais -Ville (p. 90). — Gare maritime, v. p. 87. 



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â Calais, DOULLENS. /. B. 9. 89 

C. Par Doullens, Frévent, St-Pol et An vin, 

184 kil. Trajet en 9 11. 45. Pas de trains ni de billets directs, la ligne 
d'Anvin à Calais (94 kil.) , qui fait suite à celle d'Amiens , n'appartenant 
pas à la compagnie du Nord. 

Cette ligne prend par la gare St-JRoch, quitte plus loin celle de 
Boulogne, après avoir passe en dessous, et traverse la Somme, — 
6 kil. Longpre- lès -Amiens. La voie serpente dans des plaines 
dénuées d'intérêt. — 11 kil. Bertangles -Poulainville. — 16 kiL 
Flesselles. — 21 kil. Vignacourt, bourg industriel, dont on re- 
marque l'église moderne, du style gothique. Plus loin, à g., l'em- 
branch. de Longpré (p. 79). — 27 kil. Canaples. On monte ensuite 
la vallée accidentée de la Fieffé. — 31 kil. Montrelef, — 35 kil. 
Fienvillers-Candas, Puis on redescend vers la vallée de l'Autliie, 
— 40 kil. Gezaincourt. On traverse plus loin VAuthie et contourne 
Doullens à g. 

44 kil. Doullens (hôt, des Quatre-Fils-Aymon), ville industrielle 
de 4378 hab., sur FAuthie , et anc. place forte , dont la citadelle, 
convertie en maison centrale de force et de correction pour femmes, 
passe pour l'une des plus belles de France. — Ligne d'Arras, v. p. 56, 

La voie remonte pour passer de la vallée de l'AutMe dans celle 
de la Canche. — 53 kil. Bouquemaison. 

63 kil. Frevent, ville de 4232 hab., sur la Canche, Ligne d'Abbé- 
ville , V. p. 80. On se dirige de nouveau de la même façon vers la 
vallée de laTernoise, affluent de la Canche. — 70 kil. Fetit-Houvin, 

79 kil. St-Pol {hôt, d'Angleterre), ville de 3788 hab., sur la 
Ternoise. Ce fut une place forte qui eut beaucoup à souffrir des 
guerres du xvi® s. et qui ne fut réunie à la France que par le traité 
des Pyrénées, en 1659. Lignes d'Arras-Boulogne (p. 56), de Bully- 
Grenay-Lens (p. 75). 

On descend ensuite la vallée de la Ternoise. — 85 kil. Wavrans. 

90 kil. Anvin, Ligne de Boulogne, v. p. 56. — 94 kil. Bergue- 
neuse. — 95 kil. Equirre. — 100 kil. Verchin. — 105 kil. Fruges, 
bourg ancien de 3172 hab. — 108 kil. Coupelle -Vieille. — 112 kil. 
Rimeux-Gouriiay, 

119 kil. Fauquemhergue , bourg sur VAa, avec une belle église 
des xii% xiii® et xv® s. — On descend ensuite la vallée de l'Aa. — 
122 kil. Merck-St-Liévin , qui a aussi une belle église, des xni% 
xvi^ et XVII® s. — 125 kil. Cuve. — 128 kil. Remilly - Wirquin. 

134 kil. Lumhres, où l'on croise la ligne de Boulogne à St-Omer 
(p. 86) et quitte la vallée de l'Aa. — 140 kil. Acquin. — 144 kil. 
Bouvelinghem, — 149 kil. Journy. — 154 kil. Bonningues, — 
158 kil. Tournehem, sur le Hem. — 163 kil. Louches. 

167 kil. Ardres, petite ville et anc. place forte desservie aussi 
par la ligne d'Arras à Calais , dont elle est toutefois éloignée de 
5 kil. (p. 88). Elle est reliée à Calais par un canal. 

170 kil. Balinghem, où eut lieu, en 1520, la fameuse entrevue 



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90 L R, 9. CALAIS. 

du camp du Drap -d'Or, entre François I^^ de France, qui avait 
son logis à Ardres , et Henri VIII d'Angleterre , qui avait le sien 
à Guînes (v. ci-dessous). — 172 kil. Andres. 

175 kil. Guines (Kôt. de la Ville-de-Galais) , ville de 4374 hab., 
anc. chef-lieu de comté et anc. place forte , ravagée dans plusieurs 
guerres. Un canal la relie aussi à Calais. Au S. est une grande forêt. 

177 kil. Banc-Valois. — 179 kil. V Ecluse- Carrée. — 182 kil. 
Coulogne. A dr., les lignes d'Arras et de Dunkerque; à g., celle 
de Paris par Boulogne. — 183 kil. Calais- Fontinett es. — 184 kil. 
Calais-St-Pierre (p. 91). 



Calais. — hôtels: Meurice^ rue de Guise; Dessin^ rue Neuve; Sau- 
vage, rue de Guise-, du Commerce, rue Royale, 51; de Londres, rue de la 
CloclLe. — Cafés: Bellevue, de France, du Globe, place d'Armes. 

Bateaux a vapeur pour Douvres (traversée en 1 h. 1/2)1 3 départs par 
jour, à heures fixes, deux l'après-midi (1^® et 2® cl.) et un dans la nuit 
i2^ et 36 cl.). Le trajet de Paris à Londres, par les 3 trains rapides, dure 
9 h. 35, et les prix sont : l^e cl., 75 fr. ; 2e cl., 58 fr. 25, 5 fr. et 3 fr. 75 de plus 
que par Boulogne. Au seeond train de nuit, à prix réduits, la 2^ el. coûte 
39 fr. 35 et la 3^ 26 fr. 25 , comme par Boulogne. On paie aussi 1 fr. 25 
de droit pour l'embarquement et pour le débarquement, comme à Bou- 
logne. Billets d'aller et retour de Paris à Londres, comme par Boulogne- 
(p. 82). Même remarque pour les excédants de bagages. 

Etablissement du port (v. p. xiv), 11 h. 49. Longit. 0., 29' 2". 

Calais est une ville d'env. 14000liab., de 58969 avec St-Pierre- 
lès-Calais (p. 91) , qui s'y trouve réuni depuis 1885. C'est une 
place forte de l^*^cl. et un port de mer considérable, sur le détroit 
auquel elle a donné son nom. Elle n'a précisément d'importance 
que par suite de cette situation, qui en fait le port le plus rapproché 
de l'Angleterre, celui de Douvres n'en étant qu'à 28 kil. , et le plus 
fréquenté du continent par les voyageurs (210 à 215000 par an). 
Les seuls faits notables de son histoire sont relatifs aux luttes dont 
elle fut l'objet entre la France et l'Angleterre. Celle-ci s'en empara 
en 1347 , après uji siège de onze mois , à la suite de sa victoire de 
Crécy , et la garda jusqu'en 1558 , où le duc de Guise la reprit en 
sept jours. Les Espagnols s'en rendirent aussi maîtres en 1596, 
mais elle fut définitivement assurée à la France en 1598 , par le 
traité de Vervins. 

Le port de Calais n'a pas seulement l'avantage de sa proximité 
de l'Angleterre , mais encore celui d'être accessible à toute heure, 
indépendamment de la marée. Les progrès considérables de son 
commerce, qui a surtout poui* objets les bois du Nord et les char- 
bons, l'avaient rendu insuffisant, et sa superficie sera doublée après 
l'achèvement des grands travaux qu'on y a entrepris il y a des an- 
nées et qui sont maintenant très avancés. Ces travaux ont surtout 
pour but de créer, au N. et à l'E., en profitant des terrains laissés 
libres par l'agrandissement de l'enceinte fortifiée, un avant-port, un 
nouveau bassin à flot d'env. 8hect. et un bassin de chasse de 80hect. 
On en verra une partie en se promenant sur la jetée à dr. du chenal, 



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CALAIS. I. R, 9. 91 

d'où l'on se dirigera ensuite facilement , pour voir les ouvrages in- 
téressants à l'E. 

lu hôtel de ville, sur la place d'Armes, à peu près au centre, a 
été reconstruit en 1740, mais il a un beffroi plus ancien, du xv^s., 
achevé en 1609. On voit sur le devant les bustes du duc de Guise, 
«libérateur de Calais en 1558», et de Richelieu, «fondateur de la 
•citadelle et de l'arsenal» ; ils ont été érigés en 1636. Au balcon, le 
buste d'Eustacbe de St-Pierre , un des bourgeois qui se dévouèrent 
pour la ville en 1347 et auquel on doit ériger un monument. — 
A g., une tour de guet, construction massive de forme carrée, dont 
la fondation remonte , dit-on , à 810 , et qui a servi de phare jus- 
qu'en 1848. 

Notre-Dame , où conduit la rue de ce nom , à l'E. de la place 
d'Armes, n'a rien de monumental à l'extérieur. Le bas est en partie 
masqué au N. par un réservoir d'eau , et la flèche est fort disgra- 
cieuse. A l'intérieur , on remarque surtout le maître autel , avec 
son grand retable du commencement du xvii® s., en marbre d'Italie, 
décoré de statues, de hauts-reliefs et d'une Assomption de Seghers ; 
la grille en fer du chœur 5 une Descente de croix de Rubens (?), dans 
le croisillon dé g., et plusieurs autres tableaux ; le buffet d'orgues, 
la chaire, les vitraux , etc. 

Au bout de la rue de Guise , qui commence à g. de l'hôtel de 
ville, est l'anc. hôtel de Guise, du xiv*^s., fondé après la conquête 
par Edouard III, comme entrepôt, sous le nom d'Etape des laines. 

Le musée construit de nos jours dans la rue Royale, à dr. au 
delà de l'hôtel de ville, est resté inachevé. 

Calais a un établissement de bains de 7nei\ situé au delà du vieux port. 
Pour s'y rendre, on prend à g. derrière la gare de la ville, passe entre 
le port d'éehouage et le bassin à flot et traverse, sur un pont, le bassin de 
chasse actuel. 11 faut aller très loin pour se baigner à marée basse. 
Entrée du parc, 10 c. -, abonnement, 10 fr.; bain, 1 fr. 

St-Piebbe-lès- Calais (stat, p. 87, 88 et ci-dessous), au S., où 
conduit la rue Royale , est la partie industrielle et commerçante, de 
Calais, à laquelle elle est maintenant réunie et dont elle forme plus 
des trois quarts. Sa prospérité, qui ne date que du commencement 
de ce siècle, est due surtout à la fabrication du tulle. On en remar- 
que V église 'paroissiale , de 1862-1870, dans le style du xiii® s. , et 
Vhôtel de ville, l'un et l'autre place Crèvecœur. 

De Calais a Dunkerque: 48 kil. -, 1 h. 1/2; 5 fr. 90, 4 fr. 45, 3 fr. 20. — 
Cette ligne suit d'abord la direction de Boulogne jusqu'à St -Pierre-lès- 
Calais (p. 87), laisse à dr. cette ligne et celle de St-Omer et contourne la 
ville, où il y a encore la halte de St-Pierre. — Pays plat et canaux. — 
24 kil. (Ô^st.) Gravelines (hôt. des Messageries).^ ville de 5943 hab. et place 
forte, avec un port sur r.4a, près de son embouchure dans la mer du 
Nord. Elle appartint au moyen âge aux comtes de Flandre ; les Français 
y furent défaits en 1558 par les Espagnols, que commandait Egmont, la 
prirent une première fois en 1644 et définitivement en 1658. La ville 
n'offre pas de curiosités. — 30 kil. Bourbourg ^ petite ville où aboutit la 
ligne de Walten à Gravelines (p. 88). Encore 2 stations. On rejoint la 
ligne d'Hazebrouck (p. 76). — 48 kil. Dunkerque (p. 76). 



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92 

10. De Paris à Beanvais et au Tréport (Mers). 

I. De Paris à Beauvais. 

A, Pae Montsoult et Beaumont. 

79 kU. Trajet en 1 h. 50 à 3 h. 15. Prix : 9 fr. 70, 7 fr. 30, 5 fr. 30. Billets 

de retour valables pour les deux lignes. Départ de la gare du Nord 

(pi. , p. 1, BC23-24). Voir aussi la carte p. 2. — Mers est desservi par 

des omnibus à la gare du Tre'port (30 c.). 

Jusqu'à St -Denis (7 kil.), v. p. 34; v. aussi pour les détails, 
jusqu'à Beaumont, Paris et ses environs, par Baedeker. On laisse 
à dr. la ligne de Creil et l'on passe au fort de la Bricbe. — 10 kil. 
Epinay. On traverse la ligne de Grande-Ceinture et on laisse à 
g. celles d'EngMen, Pontoise, etc. (p. 116). A g., les hauteurs de 
Montmorency et sa forêt. — 12 kil. Deuil- Montmagny. — 14 kil. 
Groslay. — 15 kil. Sarcelles- St- Brice, 

18 kil. Ecouen-Ezanville, Ecouen, sur la colline à dr., a un beau 
château du xvi® s., transformé en maison d'éducation de la Légion 
d'honneur, comme l'anc. abbaye de St-Denis. — 21 kil. Domont. 

25 kil. Montsoult, Embranch. de 11 kil. sur Luzarches. — On 
descend ensuite dans un joli vallon , en traversant un coin de la 
forêt de Carnelle. A dr., le château de Franconville, une magnifique 
construction moderne. — 32 kil. Presles. — 34 kil. NointeL Puis 
on traverse l'Oise et rejoint la ligne de Paris par Pontoise (p. 116). 

37 kil. Persan- Beaumont, Persan est un village industriel à g, 
Beaumont (hôt. des Quatre-Fils-Aymon) est une ville de 2991 hab., 
sur l'Oise , dominée par une belle église du xiii® s. et les restes 
d'un château, aussi sur la hauteur, à l'opposé de l'église. 

De Beaumont a Creil, 21 kil., suite de la ligne de Paris par Pontoise, 
sur la rive dr. de l'Oise. — 14 kil. (3® st.) St-Leu-d' Esserent, dominé par une 
belle église en grande partie du xii^s., à 8 tours, la principale du style ro- 
man. On rejoint la ligne de Creil par Chantilly. — 21 kil. Creil (p. 35). 

Embranch. de 32 kil. de Beaumont à Hermès (p. 93) , desservant un 
pays industriel, mais sans intérêt pour le touriste. 

41 kil. Chambly. — 46 kil, Bornel -Fosseuse, — 50 kil. Esches, 

— 53 kil. Meru, ville bien située, de 4344 hab., et siège d'industries 
qui prospèrent du reste dans toute cette contrée, la fabrication des 
boutons, la brosserie et la tabletterie en général. — 60 kil. La 
Boissière-le-Deluge. Ensuite un tunnel de 1455 m., et l'on redes- 
cend dans la vallée du Therain, qui offre une assez belle vue. — 
67 kil. St-Sulpice. — 73 kil. Warluis, — 76 kil. Villers-sur-Thère, 

— On traverse le Thérain, affluent de l'Oise, et rejoint la ligne de 
Beauvais par Creil (v. ci-dessous). Plus loin se voit à dr. la masse 
imposante de la cathédrale de Beauvais. 

79 kil. Beauvais (v. ci-dessous). 

B. Pab Chantilly et Creil. 
88 kil. Trajet en 2 h. à 2 h. 30. Prix: 10 fr. 90, 8 fr. 10, 5 fr. 90. 
V. ei-dessus. 

Jusqu'à Creil, v. p. 34 et 35. On reprend pour un instant la 
direction de Paris, puis on tourne à dr., dans la vallée du Thérain, 



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BEAUVAIS. I. R. 10. 93 

qu'on traverse nombre de fois. — 54 kil, Montataire (p. 35). — 
56 kil. Cramoisy. Il y a dans les environs d'importantes carrières 
de pierre à bâtir. — 60 kil. Cires- lès -Mello. A dr., sur la hau- 
teur, le château de Mello, du xviii® s. — 63 kil. BalagnySt-Epin. 
— 66 kil. Mouy-Bury, — 71 kil. Heilles-Mouchy. Mouchy, à 1 kil. 
à g., a un beau château de la renaissance. — 74 kil. HeiTnes, Em- 
branch. de Beaumont, v. ci-dessus. — 81 kil. Rochy- Conde. Em- 
branchi de Clermont (Soissons, Compiègne) et de St-Just, v. p. 47. 
A g. , sur la hauteur, le château de Merlemont, en partie du xvi® s. 
On rejoint ensuite, à g., la ligne précédente. 

88 kil. Beauvais {buffet-, hôt. : de France ^ d' Angleterre , rue 
de la Manufacture, près de la gare ; du Cygne, place de l'Hôtel-de- 
Yille; café du Chalet^ même place), ville industrielle de 18441 hab., 
chef-lieu du départ, de VOise et siège d'un évêché, sur le Thérain. 

C'est r ancienne capitale des Bellovaques^ soumis par César. Son nom 
figure assez souvent dans l'histoire de France, et ses habitants se sont 
notamment signalés, en 1472, par leur résistance victorieuse à Charles le 
Téméraire, surtout les femmes, sous la conduite de Jeanne Hachette, qui 
enleva aux Bourguignons un drapeau, conservé à l'hôtel de ville. L'in- 
dustrie locale a surtout pour objets les tapis, les couvertures de laine, 
les draps pour l'armée, la passementerie, les boutons, les brosses. 

De la gare, on traverse les boulevards, belle promenade qui a 
remplacé les remparts , et l'on va tout droit , en passant à g. à la 
manufacture de tapisseries, la seule succursale des Gobelins, qui a 
la spécialité des tapisseries pour meubles: on peut la visiter , les 
jours non fériés, de 8 h. à midi et de 1 h. V2 à 5 h. 

IJ église St-Etienne, un peu plus loin, est un édifice assez re- 
marquable des styles roman et goth. des xii®, xni® et xvi®s. , avec 
une grosse tour sur la façade et une rose ornée d'une belle roue de 
fortune, au croisillon du N. L'intérieur se distingue surtout par ses 
belles voûtes et ses vitraux. 

La rue qui passe devant le portail conduit au N. à la héïle place 
de l'Hôtel-de - Ville, qui a encore de vieilles maisons en bois, à pi- 
gnons sur la façade. Elle est décorée d'une statue de Jeanne Hachette, 
en bronze, par Yital Dubray (1851). L'hôtel de ville est du xviii® s. 

La *CATH]ÉDEALE, plus loin au N.-O. de la place, est un des plus 
beaux édifices gothiques de France, bien que se composant seule- 
ment d'un chœur et d'un transept. C'est en outre la plus élevée 
qui ait jamais été construite ; sa hauteur extérieure, jusqu'au faîte, 
est de 68 m.; celle des voûtes, de 46 m. 77, ou même de 48m., 
selon certaines données. Cette église a été bâtie sur un plan gigan- 
tesque et hardi jusqu'à la témérité ; les voûtes se sont écroulées deux 
fois , parce que les piliers et les contreforts étaient trop faibles et 
trop écartés ; une flèche à jour qui s'élançait sur la croisée à la hau- 
teur vertigineuse de 153 m. s'est également effondrée en 1573, parce 
qu'elle n'était pas contre-boutée à l'O. par une nef. 

Elle a été commencée en 1180 et les travaux, interrompus plu- 
sieurs fois, ont été poursuivis jusqu'en 1555. Les façades princi- 



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94 /. R, 10. BEAUVAIS. De Paris 

pales de bien des cathédrales n'ont pas les dimensions ni la magni- 
ficence du portail latéral du S., malheureusement privé de ses 
statues, mais riche en sculptures de la plus grande finesse, avec une- 
grande rose, une double galerie à jour, un beau fronton deux con-^ 
treforts en forme de tourelles et de belles portes en chênes sculpté. 
Lq portail du N, est moins grand et moins riche, mais cependant 
encore magnifique. Ses portes sculptées n'ont pas été mutilées 
comme celles du S. 

A l'intérieur, on admire surtout le chœur, qui a donné naissance au. 
dicton que «le cliœur de Beauvais, la nef d'Amiens, le portail de Reims 
et les clocliers de Chartres feraient la plus belle église du monde». .II 
est facile de voir que des piliers ont été ajoutés pour le consolider. Il 
a plus de 35m. 50 de long, et les fenêtres ont 16 à 17m. de haut. Il y 
a un déambulatoire bordé de chapelles. La première à dr. est ornée^ 
d'une peinture murale moderne par A. Grellet, représentant la délivrance 
de la ville par Jeanne Hachette 5 celles de l'abside, de grisailles et de vi- 
traux modernes dans le style du xiii® s. Près de la sacristie , à g, du 
chœur, une statue en marbre du cardinal Forbin-Janson , par Coustou 
(1738), une horloge du xvi^ s,, qui joue des hymnes, et des tapisseries de 
la même époque. Il y en a d'autres du xvii® s. , d'après les cartons de 
Raphaël, dans le transept. Enfin la chap. à g. du chœur renferme une 
^horloge astronomique par Vérité, de Beauvais. C'est la plus grande et la 
plus complète de ce genre. Elle a 12m. de haut, 5m. de large, 2m. 
de profondeur et 55 cadrans , donne 80 indications différentes et compte 
90000 pièces. Il y a comme toujours un grand nombre de statuettes qui 
s'animent lorsque l'heure sonne, et le meuble de l'horloge est également 
fort remarquable: s'adresser au sacristain (25c.). 

A rO. de la cathédrale se trouve une autre église restaurée, dite 
la Basse-Œuvre, construction romano-byzantine qu'on reporte au 
viii^ et même au vi^ s., sauf la façade, qui serait du x® ou du xi® s. 

Les deux grosses tours en poivrière du même côté appartiennent 
au palais de justice, autrefois l'évêché. Il date du commencement 
du XVI® s., mais il est bâti sur des soubassements gallo-romains, 
provenant des murs de la ville. Il a une belle tour romane restaurée, 
sur le derrière , on l'on arrive en tournant à g. 

Derrière la Basse -Œuvre est un petit musée, dans de vieux 
bâtiments qui ont un reste de cloître gothique. 

Il n'a guère d'importance que pour les archéologues , par ses anti- 
quités gallo-romaines, surtout un Mercure barbu (stèle), dans la seconde" 
salle, où l'on remarque aussi particulièrement un dessus d'autel en bois de 
la renaissance, surchargé de sculptures, un St-Nicolas du xiv^ s. et diverses 
autres sculptures. Il y a aussi des tableaux, des collections d'histoire 
naturelle et, dans le cloître, de beaux fragments d'architecture, etc. 

Le faubourg de Marissel, au N.-E., a une belle église avec une tour 
romane, un chœur du xii^ s., un portail et une^nef gothiques du xvi^ s., 
ainsi qu'un magnifique retable en bois de la même époque. 

De Beauvais à Amiens^ v. p. 48; à Clermont, Compiègne et SoissonSf 
p. 47 5 à St-Just, Péronne et Cambrai, p. 47 et R. 6. 

De Beauvais a Goxirnay (Dieppe) : 29 kil. ; 50 min. à 1 h. 35 ^ 3 fr. 65, 
2 fr. 75, 2 fr. — Cette ligne se confond quelque temps avec celles 
d'Amiens et du Tréport, puis remonte à g. la vallée de Bray (p. 118). — 
22 kil. (3® st.) St-Qermer. Le village de ce nom, à 2 kil. au S.-O., a une 
anc. église abbatiale fort remarquable, du style de transition, en partie 
remaniée plus tard et à laquelle fut ajoutée au xiii^s., à l'abside, la 
*8ie-Ghapelle, magnifique construction imitée de la Ste-Chapelle de Paris, 
mais plus petite (24 m. de longueur). — 29 kil. Gournay (p. 118). 



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au Treporf. EU. /. R, lO, 95 

Db Bbauvais a Gisors: 35 kil. ; 1 h. 10 à 1 h. 30; 4 fr. 25, 3 fr. 20 
2 fr. 35. — CeUe ligne se détache de la pre'ce'dente au delà de la ville e{ 
sort de la vallée par un tunnel de 1200 m. — 27 kil. (7e st.) Trye-Château. 
aussi sur la ligne de Dieppe par Pontoise (p. 117). — 35 kil. Qisors (p. 117). 

II. De Beauvais au Tréporfc. 

104 kil. Trajet en 2 h. 15 à 5 h. 25. Prix : 13 fr., 9 fr. 65, 7 fr. 05. 
On suit la ligne d'Amiens jusqu'à St-Omer-en- Chaussée (p. 48). 

— 98 kil. (de Paris, par Beaumont) Achy, — 101 kil. MarseUle-le- 
Petit, — 108 kil. Grez-Gaudecharf. — 112 kil. Grandvilliers. — 

— 120 kil. Feuquières-Broquiers. — 123 kil. Moliens. 

126 kil. Ahancourf (buffet) , stat. avant laquelle on rejoint la 
ligne de Rouen à Amiens (p. 53) , qu'on quitte un peu après. 
Ensuite une descente rapide. — 132 kil. Gourchelles. 

137 kil. Amnale (hôt. de France), petite ville bien située, sur 
la Bresle, dont la voie descend ensuite la jolie vallée. La Bresle 
formait autrefois de ce côté la limite de la Normandie. Henri IV 
fut blessé ici et faillit être pris par les ligueurs, en 1592. Le princi- 
pal édifice est V église St-Pierre-et-St-Paul, qui fut reconstruite de 
1508 à 1610, après avoir été détruite par Charles le Téméraire en 
1472 î elle a de beaux portails et l'on y remarque des vitraux de 
l'époque, la chaire, du xvn® s., un St-Sépulcre, etc. 

145 kil. Vieux-Rouen. — 150 kil. Senarpont. — 155 kil. Nesle- 
Normandeuse. — 159 kil. Blangy (hôt. de la Poste), bourg in- 
dustriel, sur la Bresle. — 163 kil. Monchaux. 

167 kil. Longroy-Gamaches, où aboutit un embranch. deLongpré 
(p. 79). Gamaches, à dr., est une petite vUle ancienne, ayant une 
église remarquable des xn®, xni® et xv® s. — 172 kil. Incheville, 

— 177 kil. Ponts -et- Marais. — 179 kil. Eu -la -Mouillette, On 
passe ensuite sous la ligne de Dieppe (p. 97). 

180 kil. Eu (hôt. du Cygne), viUe de 4989 hab., à g., sur la 
Bresle , connue sous Louis-Philippe comme une de ses résidences 
favorites. — Le château, qui appartient aujourd'hui au comte de 
Paris, a été construit au xvi® et au xvn® s. et modifié de nos jours. 
Sa chapelle a de riches vitraux exécutés à Sèvres d'après Paul De- 
laroche et Chenavard. Le parc, dessiné par le Nôtre, est magnifique 
et offre de beaux points de vue s'étendant jusqu'à la mer. — V église 
St -Laurent, est un bel édifice goth. des xii® et xin® s. Comme 
particularité , on y remarque de doubles arcades reliant les piliers 
de la nef. Il y a dans une chap. basse à dr. un St-Sépulcre et une 
tête de Christ du xvi® s. La Yierge de la chap. absidale passe pour 
une des premières œuvres de l'un des frères Anguier , qui étaient 
d'Eu (xvn^s.). — La chapelle du Collège, construite par les jésuites 
de 1622 à 1624, renferme le monument de Henri de Guise, le Balafré 
(m. 1588), et d'Anne de Clèves, sa femme, avec leurs statues et des 
bas-reliefs de l'époque. — Au S.-O. est la. forêt d'Eu, où l'on fait 
des excursions. — Ligne de 35 kil. sur Abbeville (p. 79). 



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96 /. B, 10, MERS. 

Puis un bas-fond marécageux , entre des collines. On passe à 
dr., en arrivant au Tréport, près de Mers (v. ci-dessous). 

183 kil. Le Tréport. — Hôtels: de la Plage, de France, avec vue de 
la mer (pens. dep. 8 fr., vin non compris) \ de VEurope, moins bien situé 
et médiocre (ch. dep. 3fr.)5 de Calais, dans la ville baute, loin de la 
plage (6 à 9 fr.). —Bains de mer: cabine, 30 c. 5 costume complet, 70 c.; 
pantalon et blouse, 40 e.-, peignoir, 25 c; caleçon, 15 c.; serv., 10 c. ; 
euide, 50 c. — Casino: 1 jour, 1 fr. 25; 15 jours (abonn.), 12 fr.; 1 mois, 
19 fr , etc. ; 2 pers. , 19 et 32 fr. ; 3 pers. , 25 et 40 fr. — Etablissement du 
fort' (y. p. XIV), 11 h. 11. Longit. 0., 0° 58'. 

Le Tréport est une ville de 4467 bab., avec un petit port, à 
l'emboucbure de la Bresle et adossée au S.-O. à une baute falaise. 
Elle n'a rien de curieux , et son port, dont l'entrée est obstruée par 
un banc de galets, mais qu'on améliore, n'a guère d'importance que 
pour la pêche. Son établissement de bains de mer est au contraire 
très fréquenté, à cause de sa proximité de Paris. La plage, couverte 
de galets, est petite et peu agréable, en grande partie accaparée par 
le casino, construction vulgaire en planches. L'espace entre la 
falaise et la mer étant très restreint , les rues et les maisons s'en 
ressentent, et il n'est pas agréable de demeurer en garni dans la 
ville. L'étranger y est de plus en contact immédiat avec les pêcheurs 
et le port dégage à marée basse une odeur fort désagréable. A part 
celles des bains et de la jetée, et encore celles du casino, pour ceux 
qui les aiment, il n'y a guère d'autres distractions locales que les 
promenades à Eu (v. ci-dessus) et à Mers et l'ascension de la falaise, 
où des spéculateurs ont voulu créer un quartier nouveau et n'ont 
fait que de grands escaliers de 350 à 400 marches et des rues sans 
maisons. Le reste est encore plus surfait que «Tréport-Terrasse», 
et pourtant les autres bains de mer ne sont pas tous aussi bien 



Dans la vieille ville , il n'y a à mentionner que Vhôtel de ville, 
dans une tour du xvi® s., transformée depuis peu; une maison en 
bois de la renaissance, plus haut, à dr. en face de l'église, et V église 
elle-même , qui domine le port. Elle est aussi du xvi® s. On y 
remarque une Vierge, à l'entrée; les clefs de voûte, des vitraux 
modernes, de Lusson; les autels, une Descente de croix, en pierre 
peinte ; une piscine, dans une chapelle à dr. du chœur, etc. 

Mers. — Hôtels: Gr.-H. du Casino (déj., 3 fr. 50; dîn., 4fr., vin com- 
pris; pens., 7 fr. 50 à 12 fr.); H. des Bains (6 fr. à 9 fr. 50, tout compris); 
M. Petit ou de la Plage. — Bains de mer: cabine, 30 c.; costume complet, 
60 c.; pantalon et blouse, 35 e.; peignoir, 20c.; caleçon, 15c.; serviette, 
10 e. ; guide, 40 c. - Casino: 1 jour, 60 c.; 8 jours 4 fr. ; lo i., 6 fr. 75; 
1 mois; 12 fr., etc. ; 2 pers., 7, 12 et 20 fr. ; 3 pers., 10.80, 18 et 31 fr. 50. - 
Omnibus de la gare du Tréport, 30 c. 

Mers, qui en est à env. V4 d'h., est pour ainsi dire un faubourg 
du Tréport, sur la rive dr., mais à quelque distance de la Bresle et 
par conséquent sans port, ce qui fait qu'il n'y a pas de mauvaise 
odeur. Ce village est aussi au pied d'une falaise , mais il n'est pas 
à l'étroit comme le Tréport entre la sienne et l'embouchure de la 



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POISSY. 



/. É. IL 97 



rivière. Les baigneurs y ont de plus l'avantage d'avoir un beau 
quartier à part, sur une grande plage, avec moins de galets. Le 
casino est dans le genre de celui du Tréport, mais plus petit. Le 
village même n'a rien d'intéressant. La promenade au Tréport est 
plus intéressante pour les baigneurs de Mers que la promenade à 
Mers pour ceux du Tréport. 

A env. 9 kil. du Tréport, par Mers, se trouve le Bourg-d'Ault (hôt.: 
St-Pierre^de France)^ petit bain de mer plus modeste, à l'extrémité d'un 
vallon ou il n'y a cependant pas de port. C'est un séjour monotone. 
Correspond, à la gare du Tréport en été ; prix, 1 fr. 

Du Trkport a Dieppe: 46 kil.; 1 h. 35 à 1 h. 50; 5 fr. 65, 4 fr. 20, 
3 fr. 10. On retourne d'abord dans la direction de Paris jusqu'à Eu 
(4 kil.), puis on contourne cette ville à l'E., en passant au-dessus de 
celle de Paris. Ensuite on monte dans un coin de forêt et de grandes 
tranchées. Vue bornée. — 10 kil. St-Remy-Boscrocourt. On redescend ra- 
pidement. Viaduc sur l'Yères. — 15 kil. Touffreville-Crîel. Criel (hôt. de 
Rouen) , à 3 kil. au N.-O. , est une station balnéaire à peu près aban- 
donnée. — 23 kil. St- Quentin - Bailîy - en - Rivière. Puis vue étendue à g. et 
une nouvelle descente , vers la vallée de l'Eaulne. — 30 kil. Envermeu^ 
bourgade avec une belle église du xvi^ s. , dont on remarque particu- 
lièrement le clocher, à g. de la voie. — 34 kil. Sauchay - Belîe7igreville. — 
39 kil. Martin- Eglise -Ancourt. — 42 kil. Rouxmesniî^ où l'on rejoint la 
ligne de Paris par Pontoise (p. 119). 



11. De Paris à Rouen et au Havre. 

I. De Paris à Bouen. 

136 kil. Chemin de fer de l'Ouest rive droite; gare St-Lazare (pi. p.l 
C18). Trajet en 2 h. 40 et 4 h. Prix: 16 fr. 85, 12 fr. 60, 9 fr. 20. Beaux 
points de vue à dr. jusqu'à Rouen. Voir aussi la carte p. 2. 

Cette ligne se confond d'abord avec celles de banlieue, mais 
on ne s'arrête pas à leurs stations de Clichy-Levallois , Asnières et 
Bois -de -Colombes. On passe sous la place de l'Europe, un vaste 
pont , puis dans un petit tunnel ; on laisse à g. le chemin de fer de 
ceinture, traverse les fortifications et la Seine, après laquelle s'em- 
branchent, à g., la ligne de Versailles. Ensuite, à dr., celle d'Ar- 
genteuil et Pontoise; à g., celle de St-Germain-en-Laye (v. Faris et 
ses environs, parBaedeker). Du même côté, leMont-Valérien. Adr., 
Argenteuil et les hauteurs de Montmorency, de Sannois et de Cor- 
meilles. Plus près , la nouvelle prison de Nanterre, destinée à ren- 
fermer 2500 détenus. On franchit de nouveau la Seine. 

13 kil. Houilles. On voit à g. St-Germain et sa terrasse. La ligne 
de Grande-Ceinture de Paris rejoint la nôtre à dr. Encore un pont 
sur la Seine. A dr., le château de Maisons. 

17 kil. Maisons ou Maisons -Laffitte, qui a un beau château 
construit au xvii® s. par Fr. Mansart. On traverse ensuite la forêt 
de St-Germain. 

22 kil. Achères. A dr., la ligne de Dieppe par Gisors (p. 116); 
celle de Grande- Ceinture nous croise et nous quitte plus loin à g. 

27 kil. Foissy {buffet; hôt, de Rouen, à la gare, près du pont), 
ville de 6403 hab., sur la rive g. de la Seine, desservie aussi par 

Bœdeker. îîord de la France. 2^ édit. 7 



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98 I. B. IL MANTES. De Pans 

la ligne de Grande- Ceinture, dont la station est à 20 min. au S.~E., 
par la rue de Paris (v. Paris et ses environs). C'est à Poissy que 
naquit St Louis (1226), et cette ville est encore connue par le col- 
loque de 1561, entre les catholiques et les calvinistes, qui n'ahoutit 
qu'aune profession de foi ambiguë, condamnée parla Sorbonne. 
Elle est mal bâtie et n'a de curieux que son église, où l'on arrive 
en quelques min. de la gare , en prenant à dr. C'est un édifice du 
style de transition (xii^ s.) , remanié aux xv^-xvi^ s. et restauré de 
nos jours à l'intérieur. Il y a au centre un clocher bien conservé, 
avec une haute flèche en ardoise, et à l'O. une tour carrée, terminée 
par un étage octogone et une petite flèche en pierre. L'entrée est 
au S., par un double porche fort élégant du xvi^ s., mais dont les 
sculptures sont mutilées. L'intérieur, à trois nefs, sans transept, 
est particulièrement intéressant pour les archéologues. La grande 
nef et une partie du chœur ont des arcades romanes et gothiques et 
des voûtes à nervures dont les travées sont séparées par des arcs 
doubleaux, comme dans les voûtes en berceaux. Au-dessus des bas 
côtés règne un triforium à arcades géminées. Il y a encore dans 
ces bas côtés, au pourtour, des voûtes d'arête, et près du chœur 
sont des absidioles à voûtes domicales ou surhaussées. L'abside, 
refaite de nos jours, est éclairée par cinq roses. 

Les bords de la Seine présentent un beau coup d'œil en aval, 
surtout du pont, où il y a encore de vieux moulins, maintenant 
abandonnés. 

Le chemin de fer suit désormais presque toujours les sinuosités 
de la Seine, sur la rive g. — 30 kil. Villennes, — 35 kil. Triel, loca- 
lité considérable au pied des coteaux de la rive dr., avec une église 
curieuse du xiii^s. — 41 kil. Meulan. — 49 kil. Epone. A dr., 
avant Mantes, se voient les belles tours, tout à jour, de son église 
Notre-Dame, et la tour St-Maclou. 

58 kil. Mantes {hôt. du Grand-Cerf, place de la République), ville 
de 6607 hab. , sur la rive g. de la Seine. Elle a deux stations : 
Mantes- Ville , où s'arrêtent seulement quelques trains , et Mantes- 
Embranchement (buffet) , d'où part l'embranch. de Caen et Cher- 
bourg (R. 14). On l'a surnommée la Jolie, et elle l'est encore assez 
pour une petite ville. Elle a de larges rues, en particulier l'avenue 
de la République, par laquelle on arrive de la gare principale sur la 
place du même nom, et la rue Nationale, qui descend de là jusqu'à 
la Seine. C'est de ce côté que sont les monuments déjà mentionnés. 

La tour St-Maclou, à g. de la rue, près de la place qui s'étend 
devant l'hôtel de ville, est une belle construction des styles goth. 
et de la renaissance, tout à jour dans le haut, avec de jolies niches 
pour des statues. Elle dépendait d'une église qui n'existe plus. — 
Ij hôtel de ville et le tribunal, qui en est voisin, sont anciens, mais 
peu remarquables. Entre les deux est une fontaine de la renais- 
sance. 

V*église Notre-Dame, près delà Seine, à dr. de la rue Nationale, 



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au Havre. VERNON. /. R, u. 99 

est un magnifique édifice gotb., qui rappelle beaucoup Notre-Dame 
de Paris. Il y en avait déjà une à cet endroit quand la ville fut 
prise et incendiée, en 1087, par Guillaume le Conquérant. Ce prince 
s' étant fait alors, en tombant de cbeval, la blessure dont il mourut 
peu après à Rouen, légua une forte somme pour la construction 
de l'église actuelle. Elle est de la fin du xii'^s., mais elle a été 
remaniée aux xiii*^ et xiv® s. et restaurée de nos jours, où l'on 
a remplacé un mur, dans le baut des tours, par une galerie très 
élégante, formée de deux rangs de colonnettes superposés. La 
façade présente encore sans cela une belle rose à colonnettes et 
trois portails ricbement sculptés, mais dégradés, celui de dr. re- 
construit au XI v^ s. — L'intérieur, à trois nefs, sans transept, est 
un vaisseau admirable, seulement trop clair, par suite delà des- 
truction des vitraux. Des piliers ronds y alternent avec des fais- 
ceaux de colonnes, celles de l'intérieurs'élevantd'unseul jet jusqu'à 
la voûte de la grande nef, qui est très élevée. On admire surtout 
les piliers qui terminent le cbœur et qui supportent des ogives sur- 
haussées. Il y a sur les bas côtés de grandes tribunes, en partie 
avec des voûtes en berceau brisé et œils-de bœuf. Les tours sont 
à jour de ce côté, depuis la voûte des bas côtés jusqu'à celle de la 
grande nef. Les 5 chapelles de l'abside et la grande chapelle de dr., 
avec un pilier central, ont été ajoutées au xiv^ s. 

Il y a de jolies promenades sur le bord de la Seine. Le fleuve 
y forme une île reliée à la ville et à Limay, sur l'autre rive, par de 
beaux ponts modernes. De l'autre côté, à dr. , est un vieux pont 
des XII® et xv® s. 

Ligne de Caen et Cherbourg^ v. R. 14. 

63 kil. Rosny, qui a un beau château où naquit Sully, ministre 
de Henri IV, et que la duchesse de Berry habita de 1818 à 1830. 
— Ensuite un tunnel de 2 kil., coupant la grande courbe que la 
Seine fait à cet endroit. — 69 kil. Bonnières. Le château de la 
Roche-Guyon (v. ci-dessous) est à 8 kil., sur la rive dr. Raccorde- 
ment avec la ligne de Gisors (v. ci-dessous). 

80 kil. Vernon (fiôt, d'Evreux), jolie ville de 8164 hab. , jadis 
fortifiée et qui a conservé une tour de son enceinte. Son église est 
un édifice curieux des xii^-xv® s. , possédant diverses œuvres d'art 
remarquables. Belles promenades. Ateliers de construction du train 
des équipages. Au S. , la forêt de Bizy ; sur la rive dr. de la Seine, 
Vernannet (v. ci-dessous), et la forêt de Vernon. 

De Vernon a Gisors : 43 kil. ; 1 h. 25 à 2 li. 20; 5 fr. 25, 3 fr. 95, 2 fr, 90. 
On traverse la ligne de Rouen et la Seine. — 4 kil. Vernonnet^ qui a de 
grandes carrières de pierre. Puis on gagne à TE. la vallée de l'Epte, 
(lu'on remonte jusqu'à Gisors. — 14 kil. (4^ st.) Oasny. A environ 20 min. 
à TE., sur la rive dr. de la Seine, la Roche-Quyon^ avec les restes d'un 
beau château des xiie-xvie s., un château en partie moderne, aux Laroche- 
foucauld, et une maison de convalescence pour les hôpitaux de Paris. — 
20 kil. (6^ st.) Bray-Ecos. Bray, où se trouve la stat., a une fonderie de 
zinc. A Eeos, plus de 1 h. à PO., se voit le beau château du Chesnay^ *del 
xve-xvi®s., mais reconstruit en grande partie de nos jours et richeioeiït».^ 

7* • . . • ^ 



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100 I. R. n. ELBEUF. De'Paris 

décoré de sculptures et de peintures par le propriétaire lui-même, M. de 
PuUigny. — 29 kil. (11^ st.) Bordeaux- St-Glaii\ où sont les ruines d'un 
château fort du xii^ s. — 33 kil. (13® st.) Dangu^ qui a un château du 
XVI® s., avec un vaste parc anc. propriété du comte de Lagrange, bien 
connu des sportsmen. Il y a aussi une usine travaillant le zinc et le cui- 
vre. — On rejoint la ligne de Pont-de-l'Arche (p. 117). — 42 kil. (14® st.) 
Qisors-Ville. — 43 kil. Gisors- Transit (p. 117). 

De Vernon a Pacy-stjr-Edre, 17 kil,, ligne sans intérêt pour le tou- 
riste, prolongement de la précédente, se raccordant à Pacy avec celle de 
Bueil à Elbeuf (p. 131). 

94 kil. Gaillon, ville de 3198 hab., à 2 kil. sur la g. On n'y voit 
plus que quelques restes du magnifique château bâti en 1500 par le 
cardinal Georges d'Amboise et dont le portique est dans la cour de 
l'école des Beaux-Arts à Paris. L'emplacement est occupé par une 
grande maison de détention , qu'on voit au loin à g. 

CoRRESPONDA^'CB (1 fr.) pour les Andelys {hôt. du Grand-Cerf, maison 
curieuse, au Grand - Andely) , deux localités, le Petit et le Grand-Ândely, 
à 8 et 10 kil. à TC, sur la rive dr. de la Seine, formant ensemble une 
ville de 5423 hab. On arrive d'abord au Petit - Andely , qui a de vieilles 
maisons et une magnifique église du xm® s., renfermant un autel et des 
tableaux remarquables, celui de l'autel par Phil. de Champaigne. Sur une 
hauteur voisine sont les ruines considérables du château Gaillard, puis- 
sante forteresse construite en 1197 par Richard Cœur -de -Lion, avant- 
dernier due de Normandie. Cela n'empêcha pas Philippe -Auguste de 
s'emparer du duché en 1204. Le château, transformé en prison, ne fut 
démantelé que sous Henri IV, en 1603. Il avait trois enceintes, avec dix- 
sept tours et des murailles de 8 «à 14 pieds d'épaisseur. Le donjon est 
la partie la mieux conservée. — Le Orand-Andely a aussi une église du 
XIII® s., avec des autels, des vitraux, de nombreux tableaux^ un St-Sépulcre 
et des stalles remarquables. Sur la place du Marché s'élève la statue de 
Nie. Poussin, en bronze, par Brian (1851) , et l'hôtel de ville renferme un 
magnifique tableau (Coriolan) par le grand peintre, né aux environs en 
1594 et mort à Rome en 1665. — Les Andelys sont aussi desservis par 
une voit, de la stat. de Saussay- les -Andelys (p. 117). 

Puis un tunnel de 1720 m. et un autre de 399 m. La Seine va 
tourner jusqu'aux Andelys, mais on la retrouve avant la station 
suivante. — 107 kil. St - Pierre -du- Vauvray. 

Embranch. de 8 kil. suTlAOuvier^ (hôt. du Mouton), ville de 10553 hab., 
bien située sur l'Eure et la ligne d'Elbeuf à Bueil et Dreux (p. 131). Elle 
est surtout connue et très importante par ses manufactures de draps, et 
elle a pour spécialité les «nouveautés». Son principal édifice est Véglise 
Notre-Dame , du style goth., ayant au S. un magnifique porche du xv® s. 

La voie s'écarte ensuite un peu du fleuve, longe VEure à g. 
et traverse la Seine à l'emboucîiure de cette rivière. A dr., le grand 
barrage de Poses et la ligne de Gisors (p. 117). — 119 kil. Pont-de- 
l' Arche. Beau pont en pierre. Eglise du xv® s. ayant de belles sculp- 
tures en bois. — La Seine fait un grand circuit à g. Encore un tunnel 
et deux ponts. Belle vue à dr. — 126 kil. Oissel. Changement de 
voiture pour Rouen-St-Sever (v. ci-dessous). 

Embranch. de 9 kil. sur "Elheuf (Grand-Hôtel, place de la Mairie, H. de 
r Univers, etc., près de là, rue de la Barrière), ville de 22 104 hab., sur 
la rive g. de la Seine , célèbre comme Louviers par ses manufactures de 
draps. Ses deux églises St-Jean et St-Etienne^ qui datent de la renaissance, 
sont remarquables pour leurs vitraux des xv® et xiv® s. La première 
est près de la place de la Mairie, à l'O.; la seconde, à 5 min. de là au 
S.-Ô., dans la direction de la rue de la Barrière. — La gare de l'Ouest 
•estioin de la ville, sur la rive dr. de la Seine, à env. II2 h. de celle de 



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au Havre. ROUEN. /. R. 11. 101 

la ligne de Rouen à Dreux, Chartres et Orléans Çp. 131), situe'e du côté 
opposé. — L'embranch. d'Oissel se prolonge au delà d'Elbeuf jusqu'à Glos- 
Montfort (31 kil.), où aboutit celui de Serquigny et d'où part celui de Pont- 
Audiner (v. p. 132). 

On aperçoit déjà de la station d'Oissel, à dr., l'église de Bonse- 
cours, près de Rouen (p. 109). — 130 kil. St-Etienne-du-Eouvray, 
Belle vue à dr., puis à g. sur Rouen. — 134 kil. Sotteville. On 
franchit encore la Seine , passe dans un tunnel de 1040 m. sous la 
côte Ste - Catherine (p. 109), sur un viaduc au-dessus du chemin 
de fer d'Amiens et dans un dernier tunnel de 1460 m., avant la gare 
de Rouen de la rive dr. ou de la rue Verte (136 kil.). 



Boaen. — Gares-, de V Ouest rive droite ou de la rue Verte (pi. Cl), 
la principale (buffet), pour tous les trains des lignes du Havre et de 
Dieppe \ de V Ouest rive gauche ou de St-Sever (pi. D E 5) j du Nord (pi. G 2), 
pour la ligne d'Amiens (p. 53); d'Orléans (pi. CD 5), pour celle d'Elbeuf, 
Dreux, Chartres et Orléans (p. 110). 

HÔTELS: *Gr.'H. d'Angleterre fpl. a, CD 3-4), cours Boïeldieu, 7 et 8 
(dîn. , 4 fr. 50); d'Albion (pi. b, C4), quai de la Bourse, 16 (dîn. , 4fr.); 
du Nord (pi. c, 03), rue de la Grosse-Horloge, 91; de Paris (pi. d, D4), 
quai de Paris, 51; *de France (pi. e, D2), rue des Carmes, 99, tous de l^r 
ordre et chers (ch., 2 fr. 50 à 12 fr. ; boug., 75 c. à 1 fr. ; serv., id. ; déj. à 
la carte; dîn., 3 fr. 50 à 4 fr. 50 sans le vin): on est pour ainsi dire obligé 
de prendre ses repas à l'hôtel, ou bien le prix de la chambre est plus élevé, 
et il est bon de faire ses conditions d'avance. Plus modestes: ff. de la 
Poste fpl. f, C2), rue Jeanne d'Are, 72 (ch., 2 fr. ; serv., 50 c.); H. de W 
ëôte-de-Baleine (pi. g, D3), rue du Bac, 18 et 20; H. de Lisieu x (pi. h, D3), 
rue de la Savonnerie, 4; H. d'Espagne (pi. i, D3), plac^^Uftrtfa République, 
simple et bon; H. de Dieppe (pi. j, Cl), près de la gare de la rive dr. 

Restaurants: Moulin (Menneehet), rue Jacques -le-Lieur, 10, derrière 
l'hôtel d'Angleterre, à la carte, très bon, mais assez cher; Pomet, quai de 
Paris, 34 , aussi à la carte ; Guilmet^ rue des Charrettes, 46, aussi derrière 
l'hôtel d'Angleterre (déj., 1 fr. 50; dîn., 1 fr. 75 et 2 fr.); restaur. de Paris, 
rue de la Grosse-Horloge, 95 (mêmes prix). 

Cafés: Thillardy cours Boïeldieu, 5; Michaud et Victor, au théâtre; 
Boudard, quai de Paris, 58; Drieux, place Îfotre-Dame, etc. 

FiACEES (citadines): course, 1 fr. 50 le jour, 2fr. 50 la nuit (après min.); 
l'heure , 2 et 3 fr. ; bagages , 20 c. par colis. 

Tramways, dans les grandes rues et pour la banlieue (v. le plan). 
Prix: 1^**^ cl., de 15 à 50 c.; 2© cl., de 10 à 35 c, selon le nombre de sec- 
tions parcourues.^ — Omnibus pour Bonsecours, du pont de pierre, 60 c. 

Poste et télégraphe, rue Jeanne d'Arc, 45 (pi. C 2); place de l'Hôtel- 
de- Ville, 52; gare de la rive dr., etc. 

Bateaux a vapeur: pour la Bouille (p. 109), plusieurs fois par jour; 
prix: 90 c.; pour le Havre et Honfleur, i fois par jour en été; trajet en 
6 à 7h.; prix: 6 fr. 60 et 5 fr. 50; escales à Duclâir (p. 110), la Mail- 
leraye, Villequier (p. 110) et Quillebœuf (Tancarville, v. p. 111). Déj. 
à bord, 4fr. ; dîn., 5 fr., vin compris. 

Rouen, anc. capitale de la Normandie, auj. chef-lieu du départ, 
de la Seine- Inférieure et du commandement du m® corps d'armée, 
le siège d'un archevêché, etc., est une ville de 107163 hab., bien 
située sur la rive dr. de la Seine, et la plus remarquable de France 
pour les monuments du moyen âge. Cependant son aspect a changé 
considérablement depuis un quart de siècle; beaucoup de ses rues 
tortueuses et pittoresques , mais malsaines , ont été remplacées par 
de grandes rues dans le genre de celles de Paris, et il y reste peu 
de ces vieilles maisons autrefois si caractéristiques. Ces modifl- 



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102 /. R, 11. ROUEN. De Paris 

cations, imposées par le temps, sont aussi la conséquence de la pros- 
périté industrielle et commerciale de cette grande ville, due sui'tout 
à ses manufactures de cotonnades, dites «rouenneries», et au trafic 
considérable qu'elle fait par la Seine. 

Rouen est le Rotomagus des Romains , ville importante à la fin de 
l'empire comme capitale de la 11^ Lyonnaise et par son port. Les Nor- 
mands, sous la conduite d'Ogier le Danois, s'y arrêtèrent en 841 dans leur 
première invasion en France. Ces pillards y revinrent plus nombreux 
en 876, sous Rollon^ en faveur de qui le pays fut e'rigé en duché' indépen- 
dant en 912. Les anciens dévastateurs devinrent dès lors les bienfaiteurs 
de la Normandie, et ils furent assez puissants un siècle et demi plus 
tard pour conquérir l'Angleterre, sous Guillaume le Bâtard ou le Conqué- 
rant (1066). Il y eut encore ensuite 6 ducs, dont le dernier fut Jean sans 
Terre, qui assassina à Rouen son neveu Arthur de Bretagne et qui fut 
dépossédé par Philippe - Auguste, en 1204. La ville fut reprise en 1419 
par les Anglais, qui y brûlèrent Jeanne d'Arc en 1431 et y restèrent jus- 
qu'en 1449. Elle eut ensuite beaucoup à souffrir des guerres de religion; 
catholiques et calvinistes y dominèrent successivement et rivalisèrent de 
cruauté. Elle résista victorieusement à Henri IV en 1592, mais lui ouvrit 
ses portes en 1596, lorsqu'il eut abjuré le calvinisme. Rouen souffrit en- 
core de diverses calamités et particulièrement de la révocation de l'édit 
de Nantes, mais l'esprit entreprenant du Normand a toujours fini par y 
avoir le dessus. Parmi les hommes qu'a vu naître cette ville, il faut 
surtout mentionner Pierre Corneille (1606-1684) et son frère Thomas (1625- 
1T09), Jouvenet (1647-1717), (îéricault (1791-1824) et BoieUieu (1775-1834). 

De la gare de la rive droite (pi. Cl), on tourne à g. et traverse 
les boulevards qui ont remplacé les anciens fossés de la ville. La 
grande et belle rue Jeanne- d' Arc descend de là jusqu'à la Seine. 
Au carrefour, la statue d'Armand Carrel, le publiciste (1800-1836), 
bronze par Lefeuvre (1887). A g., la tour de Jeanne-d'Arc (pi. G 1), 
donjon du château fort construit par Philippe- Auguste lorsqu'il eut 
pris la ville aux Anglais, en 1204. Ce n'est pas toutefois la tour où 
fut enfermée la Pu celle, car on l'a détruite en 1809, mais elle y 
subit au moins un interrogatoire. — Plus loin, à g., le square Solfé- 
rino (pi. C2)^ près duquel est le musée (p. 108) ; puis le 

*Palais de justice (pL CD 2-3) , magnifique monument du style, 
ogival, dû aux architectes Roger Ango et Roland Leroux. Il a été 
commencé à la fin du xv^ s. , pour l'Echiquier ou Parlement de 
Normandie, et fini dans le cours du xvi® ; mais l'aile droite a été 
reconstruite de nos jours, et l'on a aussi refait depuis dans le style 
primitif la partie du côté de la rue Jeanne-d'Arc, devant laquelle 
doit être placée une nouvelle statue de la Pucelle. Le bâtiment du 
centre, sur le devant duquel est une tourelle octogone, est d'une 
richesse d'ornementation excessive, mais cependant du meilleur 
goût , avec ses piliers aux niches élégantes , ses fenêtres aux riches 
encadrements , ses grandes lucarnes à clochetons et la galerie sur- 
montée de statues qui règne dans le haut. L'autre façade mérite 
aussi d'être vue. L'aile à g. de la cour comprend une salle longue 
de près de 49 m. et large de plus de 16, dite salle des Procureurs 
ou des Pas- Perdus j dont l'immense voûte en bois n'est soutenue 
par aucun pilier. Les salles sont ouvertes au public durant les au- 
diences ; en d'autres moments on s'adresse au concierge , dans l'aile 



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au Havre. ROUEN. I. B, 11, 103 

de dr. (pourb.)- La décoration intérieure du palais, d'une grande 
richesse , est à peu près toute moderne. La salle des assises a un 
plafond à caissons en bois sculpté extrêmement remarquable. 

Au sortir du palais , nous suivons plus loin la rue aux Juifs, 
qui passe devant la grille, et nous descendons à dr. jusqu'à 

*Notre - Dame , la cathédrale (pi. D 3) , un des édifices les plus 
grandioses de la Normandie, datant surtout du xiii® s. , mais ache- 
vée seulement au xvi^s. Elle est malheureusement encore en 
partie masquée par des maisons. La * façade, du xvi*^ s., est vrai- 
ment grandiose et aussi d'une très grande richesse , mais les sculp- 
tures en sont fort dégradées. Elle est flanquée de deux tours isolées 
qui en gâtent un peu l'effet, par leur différence de style et en lui 
donnant trop de largeur. Celle de g., la tour St- Romain, dont la 
partie inférieure est restée d'une église plus ancienne détruite par 
un incendie , est assez simple et n'a que 75 m. de hauteur , avec sa 
toiture. Celle de dr. , nommée la Hour de Beurre, parce qu'elle a 
été construite avec l'argent payé par les fidèles pour obtenir la per- 
mission d'user de beurre durant le carême , est de la fin du xvi® s., 
de proportions beaucoup, plus considérables et très riche comme 
ornementation, mais sans flèche. Elle mesure 77 m. de hauteur. Il 
y a eu jusqu'en 1822 une tour en pierre avec une belle flèche sur 
la croisée , mais elle a été détruite par la foudre et remplacée de- 
puis parune pyramide disgracieuse en fonte , qui s'élève à la haut 
teur prodigieuse de 148m. Les deux portails latéraux, du xv^s., 
sont de toute beauté, surtout celui du N., dit ^portail des Libraires, 
parce qu'il y avait autrefois aux abords des boutiques de libraires. 
Il faut, pour le voir, faire le tour par la rue St- Romain, ou y aller 
de l'intérieur. Il est précédé d'un avant-portaiL Les sculptures 
du tympan, incomplètes, représentent la résurrection et le jugement 
dernier , celles de l'archivolte , des anges et des saints , les autres, 
des sujets grotesques. Le portail latéral du S. ou portail de la Ca- 
lende, ainsi nommé, dit-on, d'une confrérie qui s'assemblait au 
commencement de chaque mois ou aux «calendes» , fait face à une 
rue où nous descendrons en sortant de l'église. Les sujets des sculp- 
tures du tympan sont tii'és de l'histoire de la Passion ; les autres 
sont analogues à ceux du portail N. 

L''iisTÉKiEUE de l'édifice est encore plus remarquable que Textérieur ^ 
l'ensemble en est majestueux et plein d'harmonie. Il est en forme de 
croix et mesure 136 m. de longueur , 32 m. 30 de largeur dans la nef, 
51 m. 60 au transept, et 28 m. de hauteur. Il y a trois nefs jusqu'au tran- 
sept et 'cinq de là aux chapelles absidales. Les collatéraux se prolongent 
dans les bras du transept. L'axe de l'édifice est sensiblement incliné au 
chevet. Des chapelles ont été ajoutées aux collatéraux. Les piliers de 
la nef sont reliés entre eux par des arcades et une petite galerie qui 
en fait le tour, sur des colonnettes. Les trois portails sont surmontés de 
roses d'un riche dessin. Les fenêtres ont encore une partie de leurs pré- 
cieux vitraux des xiii^-xvi^^ s. La première chapelle à dr. de la nef, 
dans la tour de Beurre, a un grand retable, le Crucifîment de J.-C. et la 
Lapidation de St Etienne, et on y voit des tombes des xiii® et xiye s., le 
tout nouvellement restauré. La dernière chapelle de ce côté renferme le 



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104 J. R. U, ROUEN. De Paris 

tombeau de Rollon (m. 927), premier due de Normandie ^ la dernière de 
g., celui de son fils Guillaume Longue-Epée (m. 943). 11 y a dans le bras 
îf. du transept un joli escalier gothique du xv^ g. , donnant accès à la 
bibliothèque du chapitre, et dans la nef une belle chaire moderne. 

Le chœur est précédé d'un mauvais jubé du xyiii^ s. Les grilles du 
pourtour sont fermées en dehors des offices, et il faut s'adresser au suisse 
pour y entrer et pour voir la chapelle de la Vierge (pourb.) A dr. du 
chœur est le tombeau restauré de Richard Cœur -de -Lion (m. 1199) et de 
l'autre côté, celui de Henri II (m. 1189), tous deux rois d'Angleterre. 

^ La *CHAPELLB DE LA ViEKGE, déjà fort remarquable en elle-même, et 
qui n'a pas moins de 29 m. de longueur, mérite surtout la visite des 
étrangers à cause des magnifiques monuments qu'elle renferme. Le pre- 
mier , à g. , est le tombeau de Pierre II de Brézé (m. 1465) , sénéchal de 
Normandie. Il est du style gothique et se distingue par l'élégance de ses 
proportions. Il forme comme une petite chapelle dans laquelle étaient 
des statues, détruites à la Révolution. A côté s'élève le *tombeau de Louis 
de Brézé (m. 1530), fils du précédent et aussi sénéchal de Normandie, Il 
fut érigé par sa veuve, la trop fameuse Diane de Poitiers, maîtresse de 
Henri II. Il est en marbre blanc et noir et attribué à Jean Cousin et à 
Jean Goujon. Le défunt y est représenté dans le bas gisant sur un sar- 
cophage, entre la Vierge debout à ses pieds et Diane à genoux à sa tête, 
et dans le haut à cheval et tout armé. Sur les côtés sont des colonnes 
et des cariatides représentant des vertus. — Puis vient le tombeau du car- 
dinal de Croy (m. 1844) , érigé en 1857, avec une statue du défunt par 
Falconis. — Mais le plus remarquable de tous est le **tombeau des car- 
dinaux d'Amboise^ archevêques de Rouen, à dr. , en face des précédents. 
C'est une des plus magnifiques œuvres de la renaissance, datant de 1518- 
1525, aussi en marbre blanc et noir, par Roland Leroux^ «maître maçon» 
de la cathédrale et du palais de justice. Au milieu sont les statues" des 
cardinaux, agenouillés sous un baldaquin richement décoré ; derrière ces 
statues, un bas-relief sur fond doré, St Georges terrassant le dragon, et huit 
statues, deJ.-C, la Vierge et des saints; dans le bas, six charmantes sta- 
tuettes représentant des vertus, et dans le haut des statuettes des apôtres 
placées deux à deux dans des niches fort élégantes. On remarquera la 
finesse de toutes ces sculptures et des petites figures de moines enca- 
puchonnés, aux pilastres du bas. Ce monument a 6 m. de long et 8 m. de 
haut. — Malgré sa lourdeur, il faut encore mentionner le retable doré de 
l'autel, avec un tableau de Phil. de Champaigne^ l'Adoration des bergers. 
On peut monter au sommet de \b. flèche du transept de l'église -, s'adresser 
au concierge du portail des Libraires ; 2 fr. pour une ou plusieurs per- 
sonnes. La vue y est dans le genre de celle de l'église de Bonsecours 
(p. 109), mais plus complète. 

En face du grand portail de la cathédrale se voit un beau reste 
d'édifice du xvi® s., dit le bureau des finances. 

Nous passons maintenant à dr. de la cathédrale, pour descendre 
en face de son portail de la Calende (p. 103). Le vaste corps de bâti- 
ment derrière l'église est Varchevêche, dont certaines parties remon- 
tent au xv^s. En allant de ce côté, on arriverait à la rue delà 
République, près de St-Maclou (p. 106). Nous descendons à g. en 
face du portail, par une petite rue du vieux Rouen , jusqu'aux an- 
ciennes halles (pi. D 3) , où se voit un monument curieux de la re- 
naissance, dit chapelle St-Bomain. C'est un édicule ouvert, sous 
lequel est un passage voûté. Tous les ans avait lieu ici, à l'Ascen- 
sion, par un condamné à mort qui obtenait ainsi sa grâce, la «levée 
de la fierté» ou châsse de St Romain. Nous passons sous la voûte 
pour arriver un peu plus bas sur les quais. 

Les quais de Rouen , longs de plus de 2 kil. , sont beaux et très 



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au Havre. ROUEN. /. R. 11. 105 

animés. La Seiiie, qui subit jusqu'ici riiiflueuce de la marée , bien 
qu'à 126 kil. de son embouchure , y forme un bon port , grâce aux 
améliorations entreprises de nos jours. Pour lui donner plus de 
profondeur, on a endigué et rétréci considérablement le lit du fleuve. 
Il y a une île assez importante en amont, traversée par un beau pont 
de pierre, au milieu duquel est une statue de P. Coriieille (pi. D4), 
le grand poète, bronze par David d'Angers. 

De l'autre côté est le fauboui'g considérable de St-Sever, avec la 
gare de la rive gauche (p. 101 5 pi. DE 5). Il y a plus bas un pont 
neuf , remplaçant depuis peu un pont suspendu. Près de là, aussi 
dans le faub. St-Sever la gare d'Orléans (p. 101 ; pi. CD 5), et devant 
cette gare , le monument de l'abbé de la Salle (m. 1719) , fonda- 
teur de l'institution des frères de la Doctrine chrétienne. C'est un 
groupe en bronze sur une fontaine, avec des statuettes d'enfants 
aux angles , par Falguière (1875). 

Parallèle au quai de la Bourse, qui commence au pont neuf, 
se trouve la petite promenade très fréquentée nommée Cours Boïel- 
dieu. Au commencement s'élève le théâtre des Arts (pi. D 3-4), recon- 
struit depuis 1876, à la suite d'un incendie. A l'extrémité, la statue 
de Boïeldieu, le compositeur, bronze d'après Dantan jeune. Un peu 
plus loin , la Bourse (pi. C 4) , édifice du xvin® s., près duquel se 
donnent des concerts en été. Puis la rue Jeanne-d'Ai-c et, à l'extré- 
mité du quai de la Bourse , Vhôtel de la Douane (pi. C 4), construit 
en 1838. 

Nous montons maintenant dans la rue Jeanne-d'Arc. A quelque 
distance, à g., la petite église St -Vincent (pi. C3) , bel édifice go- 
thique du xvi^s., avec un clocher du xvii^ Les parties les plus re- 
marquables sont le grand portail , avec un joli porche , le portail 
latéral du S. et les vitraux. 

Plus haut du même côté, dans la rue Jeanne-d'Arc, la belle tour 
St- André (pi. C 3), reste d'une église des xv^ et xyi^s., qui rappelle, 
avec son square, la tour St-Jacques de Paris. Belle vue du sommet, 
où l'on arrive par un bon escalier, toujours ouvert (pourb.). On a 
reconstruit à côté, dans le square, xjhïq façade de maison en bois, 
du xvi^^s. — Nous prenons la rue à dr. de la tour et plus loin 
une seconde rue, qui conduit à la petite place de la Fucelle (pi. C3), 
décorée d'une fontaine avec une statue ridicule de Jeanne d'Arc, par 
P. Slodtz. Il est reconnu aujourd'hui que ce n'est pas ici que fut 
brûlée la Pucelle d'Orléans , mais un peu plus haut , sur la grande 
place du Vieux- Marché {^\. C3) , à l'endroit, dit-on, où s'élève le 
Théâtre-Français, qui date de 1793. La maison de Corneille est au 
n^ 4 de la rue qui porte son nom, au delà de cette place (pi. B 3). 

A l'O. de la place de la Pucelle, n° 6, V*hôtel du Bourgthéroulde 
(pi. C 3), dont l'entrée a été dégradée et en partie reconstruite, mais 
qui présente encore dans la cour des parties très curieuses, du xv® s. 
Cet hôtel est aujourd'hui occupé par le Comptoir d'escompte, et l'on 
peut y entrer librement dans la semaine j les dimanches et fêtes, on 



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106 /. R. 11. ROUEN. De Paris 

s'adresse au concierge (pourb.). Le bâtiment du fond, qui a une tou- 
relle hexagone à trois étages , tout couverts de sculptures , et deux 
jolies lucarnes, est décoré de bas -reliefs représentant des scènes 
champêtres et pastorales. L'aile de g., plus dégradée, a encore cinq 
bas-reliefs représentant l'entrevue de François I^^ de France et de 
Henri VIII d'Angleterre au Camp du Drap d'or , en 1520 (p. 190), 
et quatre autres bas-reliefs composés de sujets symboliques. 

Au Vieux-Marché (v. ci-dessus), nous tournons à dr. dans la rue 
de la Grosse-Horloge, qui traverse plus loin la rue Jeanne-d'Arc, et 
dans la'quelle nous apercevons bientôt, à dr., la tour de la Grosse- 
Horloge (pi. C 3), le beffroi de Rouen, de la fin du xiv^ s. Il y a à 
côté une espèce de porte du xvi^s., dans laquelle est l'horloge, qui a 
deux grands cadrans sculptés. Dans le bas de la tour , une fon- 
taine du xviii^ s., avec une niche où se voient Alphée et Aréthuse, et 
sous la porte , des bas-reliefs représentant le Bon pasteur. 

De l'autre côté, à g., V ancien hôtel de ville, aussi du xvi® s. 
La rue aboutit presque en face de Notre-Dame (p. 103). Nous pre- 
nons la rue St-Romain , qui passe devant le portail des Libraires 
(p. 103) et longe l'archevêché (p. 104), pour arriver à la rue de la Ré- 
publique. Quelques pas plus loin s'élève 

*St-Maclou (pl.E3), petite église fort remarquable du xv®s., ayant 
sur la croisée une joliQ flèche reconstruite de nos jours et haute de 
78m. Son ^portail, non encore restauré, est très riche et précédé 
d'un porche pentagone. Il a deux *portes en bois bien conservées, 
avec de magnifiques sculptures attribuées à Jean Goujon et dont les 
sujets sont tirés de la Bible. Ces portes ont été comparées à celles 
du baptistère de Florence par Ghiberti. A l'intérieur , nous signa- 
lerons surtout l'escalier goth. de l'orgue, du xvi^s., les vitraux, des 
XV® et XVI® s., et des boiseries, en particulier celles de l'orgue. 

A quelques pas de l'église, à g., rue Martainville, 188, se trouve 
Vaître de St-Maclou, ancien cimetière entouré de murs, sur lesquels 
se voient des restes de sculptures représentant une danse des morts. 
Il y a maintenant une école. 

La rue de la République, une des grandes rues neuves de Rouen, 
parallèle à celle de Jeanne-d'Arc, conduit plus haut à 

**St - Ouen (pi. D E 2) , ancienne église abbatiale , qui surpasse 
encore Notre-Dame par ses dimensions et surtout par la pureté de 
son style. Elle a été construite en grande partie de 1318 à 1339, 
par Alex. Berneval; mais le portail, avec ses deux tours de 86 m. 
de hauteur, n'a été bâti que de nos jours, et il est malheureusement 
un peu trop petit. Il y a au transept une Hour centrale élégante, 
s' élevant à 82 m. et flanquée de jolies tourelles. Elle n'a pas de 
flèche, mais elle se termine par une plate-forme entourée de cloche- 
tons, dite la «couronne de Normandie». Cette église n'a pas de por- 
tail latéral au N., où est l'hôtel de ville (v. ci-dessous) , mais elle 
en a un magnifique au S., nommé le "^'portail des Marmousets, avec 
un porche à pendentifs. Le tympan au-dessus de la porte représente 



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au Havre, ROUEN. I. R, 11. 107 

la mort de la Vierge , son assomption et son entrée au ciel. Au- 
dessus du porche est une petite salle destinée à une bibliothèque. 
La rose de ce portail est aussi très remarquable. 

L'inTÉRiEUK de St-Ouen est peut-être le plus remarquable dans son 
genre, par la grandeur des proportions, la régularité de l'ensemble, l'har- 
monie des parties et la pureté des lignes. Il est en forme de croix et 
mesure 138 m. de longueur, 26 m. de largeur dans la nef, 42 m. au transept 
et 32m. 50 de hauteur. Le vaisseau est divisé, eomme celui de la cathé- 
drale, d'abord en 3 nefs, puis en 5 au delà du transept. Il n'y a pas de 
chapelles le long des collatéraux. Les piliers et les voûtes sont d'une 
grande légèreté, et les murs ne se composent, pour ainsi dire, que des 
meneaux des 135 fenêtres, garnies d'anciens vitraux. L'air svelte et dé- 
gagé de cet édifice est en partie dû à l'absence d'ornements étrangers ^ 
il renferme donc peu d' œuvres d'art et aucune qui mérite particulière- 
ment d'être signalée, sauf peut-être les tombeaux de deux abbés de St- 
Ouen, dans la chapelle de la Vierge. On remarquera, comme curiosité, 
que l'église se reflète dans un grand bénitier à dr. de l'entrée. 

A g. de St-Ouen se trouve Vhôtel de ville (pi. E 2), qui est l'ancien 
dortoir de l'abbaye dont dépendait l'église. Il renferme la bibliothèque 
publique, riche de 118 000 vol. et 2500 manuscrits. La place qui 
le précède est décorée d'une statue équestre de Napoléon I^, œuvre 
médiocre de Yital Dubray. Derrière l'hôtel de ville et St-Ouen se 
trouve un 'bea.n jardin public, renfermant quelques statues et d'où 
l'on voit , dans l'angle formé par les deux édifices , une petite tour 
romane du xi® s., dite la Chambre aux Clercs. 

La grande rue Thiers, en face de l'hôtel de ville, passe à côté 
du musée , dont il sera question plus loin , puis à côté du square 
Solférino (p. 102) , et elle s'étend, au delà de la rue Jeanne-d'Arc, 
jusqu'aux boulevards. 

Nous continuons de remonter la rue de la République , en pas- 
sant devant le lycée Corneille (pL D 1), qui a une chapelle duxvn^s., 
la façade rue Bourg-l'Abbé. A l'extrémité supérieure de la rue de 
la République s'élève, depuis 1879, la grande fontaine Ste-Marie 
(pi. D 1), par Falguière. C'est une sorte de château-d'eau surmonté 
d'une statue de la Ville , assise sur une nef antique et entourée de 
génies et de groupes symboliques. 

Les bâtiments à g., un ancien couvent, précédés d'un petit jardin 
où sont divers débris de sculptures , renferment le musée d'anti- 
quités ET DE CÉBAMiaUE et le MUSÉUM d'hISTOIBE NATURELLE (pi. Dl). 

Le musée d'antiquités, dont l'entrée est la première porte à g., surmon- 
tée d'une belle statue de Diane, est public les dimanche et jeudi de midi 
à 4 h. et visible aussi les autres jours pour les étrangers. Il est installé 
dans le cloître de l'anc. couvent et les salles voisines, et il se compose 
principalement de sculptures et^ de débris de sculptures en pierre et en 
bois, datant surtout du moyen âge; de vitraux, d'une quantité d'objets 
de toute nature provenant d'églises ou de maisons démolies; d'antiquités 
romaines, parmi lesquelles figurent des mosaïques; d'armes, d'ouvrages 
de serrurerie d'un travail admirable, de monnaies, de médailles, etc. 

Le musée de céramique, qui occupe un côté des cloîtres, comprend sur- 
tout une riche collection de faïences de Rouen, des xvii^ et xvm^s. 

Le muséum d'histoire naturelle, dont l'entrée est un peu plus bas que 
celle du musée d'antiquités, est ouvert tous les jours, sauf le samedi, de 
midi à 4 ou 5 h. Il a une très belle collection d'oiseaux au second étage. 

Près du muséum passe la rue Beauvoisine ; nous la descendons 



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108 J. B. IL ROUEN. De Paris 

jusqu'à la troisième à dr., où nous tournons pour aller voir, à g., 
St-Godard (pi. D 2). C'est une église en partie du xvi^s. , à trois 
nefs d'égales dimensions et sans voûtes , celle du milieu terminée 
par une abside à trois pans. On en remarque surtout les ^vitraux, 
la plupart modernes ou restaurés. Il y a une verrière du xvi® s. dans 
la chapelle à dr. du chœur et une autre dans celle de g. Le chœur 
lui-même a des peintures murales par le Hénaff , et l'on remarque à 
l'autel un baldaquin doré. 

Un peu plus bas se voient encore les restes de St-Laurent (pi. D2), 
des xv^ et xvi^s., aujourd'hui un magasin. La tour en est la partie 
la plus curieuse et la mieux conservée. 

Le musée (pi. C2) , de construction récente et encore inachevé, 
entre St-Laurent et le jardin Solférino, est destiné à réunir tous les 
musées et la bibliothèque de la ville. Contre la partie achevée , du 
côté de la rue Thiers, le monument de L. Bouillet, poète et auteur 
di-amatique (1821-1869), par Eug. Guillaume. Cette partie ren- 
ferme le musée de peinture, ouvert tous les jours sans exception, de 
10 h., le lundi de midi à 4 ou 5 h. 

I^r Étage. — l^ous traversons la grande salle en face de l'escalier 
provisoire et commençons par celle de g. — l^e salle, de dr. à g. : 344, 
Palma, Ecee Homo; 345-347, le Pérugin ^ Adoration des mages, Baptême 
et Résurrection de J.-C, trois tableaux provenant de Pérouse, où ils déco- 
raient un autel, avec une Ascension aujourd'hui à Lyon; 360, Paul Véro- 
nèse, St Barnabe guérissant les malades; 499, le GuercMn^ tête d'homme; 
355, Tiepolo ^ Partie de cartes; 324, Âug. Garrache^ Jésus apparaissant à 
Ste Madeleine; 340, 341, Michel-Ange des Batailles, natures mortes; 327, 
Farinaio, Adoration des mages; 484, 485, vieille école iialienne, Annoncia- 
tion, Présentation de la Vierge; 316, Ze jB«ssaw, Intérieur d'une ferme; puis 
des portraits de l'école espagnole, dont un Ribera; 323, Anii. Garrache, 
St François d'Assise; 357, le Titien, portr. d'homme; 353, Ribera, le Bon 
Samaritain; 336, Lanfranc, St Nicolas; 321, le Garavage, Un philosophe; 
334, le Guerchin, la Visitation (1632); 354, Solimena, Christophe Colomb 
recevant les bulles du pape au moment de retourner en Amérique; 322, 
le Garavage, St Sébastien soigné par Irène. — 2^ salle: 686, Patrois, Jeanne 
d'Are conduite au supplice ; 550, Gorot, Etangs de Ville-d'Avray; sans ijum., 
Flameng, les Vainqueurs de la Bastille; 535, Daubigny, les Bords de l'Oise; 
571, Sorieul, Episode de la retraite de Moscou; 4, Bellangé, Charge de 
cavalerie à Marengo; 489, Court (artiste rouennais), Boissy d'Anglas pré- 
sidant la Convention le l^r prairial an III; s. n., Gorot, Vue de Ville- 
d'Avray; 22, Ribot, Supplice d'Alonzo Cano; 552, Ziem, paysage; s. n., Glai- 
rin. Massacre des Abencérages; 37, Delacroix, la Justice de Trajan; 284, 
Stevens, Un métier de chien; 558, Ingres, la Belle Julie; s. n., Glaize, la 
Pourvoyeuse Misère ; 12 (au-dessus de la porte), L. Boulanger, Supplice de 
Mazeppa. — 3^ salle, tableaux de peintres français du xvii^s. : la Hire, 
Deshayes, Poussin, Lemonnier, etc. ; 519, 63, Poussin, Vénus et Enée, St Denis 
couronné par un ange ; 542, Lesueur, le Songe de Polyphile ; 145, Mignard, 
Ecce Homo ; 196, G. Vanloo, la Vierge et l'Enfant. 

Nous revenons sur nos pas et visitons les salles du pourtour, en com- 
mençant du côté du square Solférino et tournant à dr. — 4^ salle : 112, 
Merson , St Isidore Laboureur. — 5^ salle '• dessins de Géricault , peintre 
natif de Rouen. — 6^ salle: 231, Phil. de Champaigne, Chœur d'Anges; 
255, Honthorst, Jésus devant Pilate; 259, Jordaens, Jésus chez Marthe et 
Marie. — 7® salle: 253, Hoet, Cléophas présente le vin à Alexandre après 
la prise de Mazaga; 243 (de l'autre côté de la porte), Franck, Jésus mon- 
tant au calvaire; *285, Tilborg, Un banquet villageois; 257, Huysmans, 
paysage; 269, Moucheron, paysage; 304, inconnu. Leçon de musique; *258, 



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mt Havre. ROUEN. J. R, //. 109 

Jordaens^ tête de vieillard 5 232, Coninxloo^ la Circoncision-, *301, Gérard 
David de Bruges^ la Vierge présidant une réunion de saintes; 286, 287, 
van Thulden^ Albert, archiduc d'Autriche, et sa femme Isabelle; 283, Sieen, 
le Marchand d'oubliés ; 305, inconnu^ Nature morte ; 223, Berghem^ Concert 
dans un jardin; 282, Snyders, Chasse au sanglier; 278, école de Eubem, 
Adoration des bergers. — 8^ salle: s. n., Boilly^ Scène de la vie publique; 
162, Oudry^ Chevreuil poursuivi par des chiens. — 9<^ salle, rien de sail- 
lant. — 10e salle: 195, Démarest, Voyage in extremis; s. n., LuminaiSy 
Retour de la chasse. — 11^ salle: 148, Sautai, Dante exilé; s. n., Lesrel, 
Partie de cartes; 538, Ziem, Constantinople; 112, Cabat, paysage; 521, Court, 
esquisse du tableau de Mirabeau et de Dreux-Brézé. 

ne ÉTAGE. — ire SALLE (à dr.) : 68-90, tableaux de Jouvenet^ qui était 
originaire de Rouen. — 2© salle, rien de saillant. — 3e salle : 35, L. David, 
portr. de Mme Vigée Lebrun; 761, Diéterle, Devant le reliquaire de St 
Georges ; 107 , Mme Lebrun , portr. de la cantatrice Grassini. — 4e salle : 
28, Cibot, Mort de Prétextât, évêque de Rouen; s. n., Benner, Baigneuses; 
386, Lehmann, Michel- Ange au lit de mort de Vittoria Colonna; 152 (à g.), 
iforei-Z'afîo (aussi de Rouen), Combat du vaisseau le Vendeur; s. n., Lau- 
gée. Truand. — 5e salle: grands tableaux de valeur secondaire; Ch. Le- 
jfèvre. Mort de Guillaume le Conquérant. — 6e-8e salles : dessins et pastels. 
— 9e salle: grands tableaux de la Hire, Lemonnier, Halle ^ etc. 

Un monument qui mérite encore particulièrement d'être signalé 
est l'ÉGLiSE St-Patrice (pi. C2), dans la rue du même nom, de l'autre 
côté de la rue Jeaiine-d'Arc. Elle est peu remarquable comme édi- 
fice , mais c'est la plus célèbre de Rouen pour les *vitraux. La 
plupart sont anciens, des xvi^-xvii® s., et de toute beauté. On 
vante en particulier la fenêtre au fond du collatéral de g., attribuée 
à J. Cousin, et dont le sujet serait le triomphe de la loi de grâce. 

St-Gervais (pi. A 1), env. 1200 m. plus loin à l'O., est une église 
romane qui a une vieille crypte intéressante pour les archéologues. 
Elle dépendait du prieuré où mourut Guillaume le Conquérant 
(1087). 

Les ENVIRONS DE RoTJEN Offrent de charmantes promenades. Il 
n'est guère d'étranger visitant cette ville qui n'aille à Bonsecours, 
localité à 3 kil. à l'E. de la ville (voiture, v. p. 101). Le chemin 
qui y conduit part du quai de Paris, longe la côte Sfe- Catherine et 
gravit à g. la hauteur voisine, d'on l'on a un beau coup d'œil sur la 
ville et la vallée. Mais la *vue est surtout magnifique de l'église, 
située sur la dr. et qu'on aperçoit déjà de Rouen. Cette église (150 m. 
d'altit.) , un pèlerinage très fréquenté, est un bel édifice du style 
ogival du xïii® s., richement décoré à l'intérieur de peintures poly- 
chromes , et dont les fenêtres sont garnies de vitraux dans le style 
du xiu® s. On en remarque aussi le maître autel, en bronze doré; 
les peintures du sanctuaire, les stalles du chœur, la chaire, etc. — A 

Plusieurs restaurants avec jardins, pas chers, en particulier A ma à 

Campagne, recommandé. 

On va encore beaucoup, pour la vue, en bateau à vapeur à la Bouille 
(v. p. 101), dans un site charmant, à 20 kil. en aval de Rouen. Le trajet 
est très intéressant, — Bateau pour le Havre et Ronfleur, y. aussi p. 112. 

A 7 kil. à VO. de Rouen, sur la route du Havre, se trouve Canteleu^ 
dans un joli site et avec un château bâti par Mansart. — 3 kil. plus loin, 
St-Martin-de-Boschervilley ou se voient les restes de la magnifique abbaye 
de St-Oe&rges-de-Boscherville, des xie-xiies. 'L'*église est bien conservée et 
elle a même encore des peintures murales du xiie s., ainsi que des vitraux 



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110 I. R. 11. CAUDEBEO. 

du commencement du xvi^ s. La salle capUulaire subsiste également, mais 
avec des additions du xvii^ s., et il y a encore des restes d'autres bâtimenls 
de l'époque. — A 8 kil. 1/2 d® St-Martin est Duclair (v. ci-dessous). 

De Rouek a Elbbuf (Dreux, Chartres, Orléans) : 23 kil. ^ 30 à 50 min. -, 
2 fr. 20, 1 fr. 50 , 85 e. Cette ligne part de la gare d'Orléans (p. 101) et 
longe à quelque distance la rive g. de la Seine, sur les bords de laquelle 
on a à dr. une jolie vue. — 9 kil. (8^ st.) Petit- Couronne, où Corneille avait 
une maison, transformée en musée. — 15 kil. (5^ st.) Moulineaux ^ localité 
avant laquelle on a aussi en arrière une belle vue de Rouen. Ensuite 
trois tunnels d'env. 500 à 1500 m., un viaduc où passe le tronçon de rac- 
cordement avec la ligne d'Elbeuf-Serquigny (p. 131), et l'on se retrouve 
sur la rive g. de la Seine, après avoir contourné l'espèce de presqu'île 
qu'elle forme en face de Rouen. — 23 kil. (8e st.) Elbeuf (p. 100). 

De Rouen à Amiens, v. p. 58; à Dieppe, p. 116. 

II. De Eouen au Havre. 

92 kil. Trajet en 1 h. 40 à 2 h. 55. Prix: 11 fr., 8 fr. 25, 6 fr. 05. 
Départ de la gare de la rive dr. (l'ue Verte). On se mettra à g. pour 
jouir du joli coup d'oeil que présente Rouen au sortir des tunnels. 

D'abord deux tunnels, de 1134 m. et de 30 m. Belle vue en 
arrière, à g., sur Rouen et la vallée. — 146 kil. (de Paris) Maromme, 
bourg industriel de 3359îiab., que dessert aussi un tramway de Rouen. 

149 kil. Malaunay , qui a des manufactures de cotonnades. 
Ligne de Dieppe, v. p. 116. On la laisse à dr. après un viaduc. 
Puis viennent une tranchée, un tunnel de 2200 m. et un viaduc 
courbe de 500 m. de longueur et 33 m. de hauteur, d'où l'on a une 
belle vue. 

157 kil. Barentin (à g.), ville manufacturière de 4275 hab., des- 
servie aussi par la ligne de Caudebec (v. ci-dessous). Elle a une 
belle église neuve du style roman. 

De Barentin a Caudebec: 29 kil. ; 1 h. 15 à 1 li. 50; 8 fr. 65, 2 fr. 75, 
2 fr. — 2 kil. Pavilly -Ville (v. ci -dessous). — 5 kil. Barentin -Ville (v. ci- 
dessus). — 15 kil. (56 st.) Dîiclair, localité de 1932 hab., avec un petit port 
sur la rive dr. de la Seine, où font escale, en été, les bateaux à vapeur 
de Rouen au Havre (p. 101). — 19 kil. Tainville-Jumièges. A 3 kil. au S. 
se trouve, dans une des presqu'îles formées par les méandres de la Seine, 
le village de Jumièges (hôt. de l'Abbaye), que desservent également les 
bateaux à vapeur. On y visite les ruines majestueuses et pittoresques 
de sa fameuse abbaye^ fondée au vii^ s. et qui subsista jusqu'en 1790. — 

28 kil. (9® st.) St-Wandrille, où se voient les restes considérables d'une ma- 
gnifique abbaye, fondée au vii^ s., mais rebâtie à partir du xiv^ s. — 

29 kil. Caudebec (hôt. de VAigle-d'Or), petite ville déchue, sur la rive dr. de 
la Seine. Elle fut jadis capitale du pays de Caux et elle joua un rôle 
assez considérable dans les guerres entre la France et l'Angleterre. Elle 
a une très belle église des styles goth. et de la renaissance, dont la partie 
la plus curieuse est le *eloeher, haut de 101 m. On remarque aussi parti- 
culièrement le grand portail, la balustrade formée de lettres goth. qui 
règne dans le haut de l'édifice, les trois couronnes de fleurs de la flèche, 
les vitraux, etc. — Caudebec est encore desservi par les bateaux à vapeur 
de Rouen au Havre (p. 101). — Excursion intéressante le long de la Seine 
à Villequier, village de pêcheurs dans un joli site, 1 h. en aval de Caudebec. 

Le plateau qu'on parcourt ensuite est le fertile pays de Caux. — 
159 kil. Pavilly , à dr., petite ville manufacturière desservie aussi 
par la ligne de Caudebec. Elle a un vieux château restauré. Petit 
tunnel. — 170 \\\. Motteville. Ligne de St- Valéry, v. p. 122. 

Embeanch. sur (26 kil.) Clères^ où la ligne du Havre se raccorde avec 



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HARFLEUR. I. B. 11. 111 

celle de Rouen à Dieppe et sur (43 kil.) MoniérolUer-Buchy^ où l'on reioînt 
celles de Rouen à Amiens et à Dieppe (v. p. 53 et 116). 

178 kil. Yvetot, à g., ville de 7972 hab., jadis à un seigneur qui 
porta le titre de roi et que Be'ranger a immortalisé dans sa chanson : 

«Il e'tait un roi d'Yvetot, Dormant fort bien sans gloire 

Peu connu dans l'histoire, Et couronne' par Jeanneton 

Se levant tard, se couchant tôt, D'un simple bonnet de coton,« etc. 

189 kil. Foucart-Alvimare. — 197 kil. Bolbec-Noinfot. Voit, 
publ. pour Bolbec (50 c.) , qui est aussi desservi par la ligne, de 
Lillebonne (v. ci-dessous). Puis encore un viaduc, de 35 m. de hau- 
teur, d'où Ton a une belle vue. On passe au-dessus de la ligne de 
Lillebonne. De l'autre côté , celle de Fécamp. 

203 kil. BeuzeviUe-Bréaute {hnÏÏQt 'y hôtel à la gare). Ligne de 
Fécamp (Etretat), v. p. 124. 

I>E Beuzeville-Beeauté a Lillebonne: 14 kil.; 30 à 50 mîn.; 1 fr. 85 
t/^-^Îv^* ~ ^ ^^^- ^^^^^^ (hôt. de Fécamp), ville industrielle de 
12 007 hab., dans un assez joli site. On y remarque deux belles fontaines 
provenant des jardins de Blarly. — 9 kil. Gruchet-îe- Valusse^ dont l'e'glise 
a de très belles stalles et où se voit une anc. abbaye des xn^-xviie s — 
14 kil. Lillebonne (hôt. de France), petite ville, où l'on a découvert des 



les ruines imposantes du *château de Tancarville, qui date surtout du xiii« s 
Elles dominent le fleuve sur un rocher de près de 50 m. de hauteur et 
il y a encore des tours de 20 et 21 m. d'élévation , avec des murs attei- 
gnant jusqu'à 6 m. d'épaisseur. 

211 kil. St-Romain. — 222 kil. IlarfLeur (à g.), petite ville déchue 
(2467 hab.), sur la Lézarde , autrefois le principal port de la Nor- 
mandie, et dont les fortifications commandaient l'embouchure de 
la Seine. Ce sont les atterrissements de la rivière qui ont comblé 
son port. Henri V d'Angleterre ne s'en empara en 1415 qu'après un 
siège de 40 jours. La construction de son église et de son beau 
clocher est attribuée sans preuve à ce souverain. 

Embranch. de 4 kil. sur Montivilliers, petite ville industrielle, aussi sur 
la Lézarde , avec une ancienne église abbatiale des xi^ et xvi^ s. 

On aperçoit l'embouchure de la Seine à g. un peu après HarHeur. 

228 kil. Le Havre. — hôtels: G7\.ff. Frascati (pl.B4), sur la plage 
loin du centre de la ville et plutôt pour les personnes venant aux bains 
de mer (ch. depuis 3 fr., boug. 75 c.^ serv., 1 fr. : déj., 4 fr. : dîn., bir)- 
*B. de VFîirope (T^l. e^G3). rue de Paris, 121; H. de Bordeaux (pi. d,C3)' 
place Gambetta (déj., 3 fr. 50; dîn., 4 fr., vin compris): Gr.-2I. de Nor- 
mandie (pi. e,C3), rue de Paris, 106 et 108 (ch., 2 à 8fr.); H. d'Angle- 
terre (pi. f, C2), même rue, 124 et 126 (ch., 2 à 5 fr.; déj., 2 fr. 75; dîn , 
3 fr. 75, vm compris; pens., 8 à 10 fr.); H. Continental (pi. b, C4), en face 
de la jetée; &i\-H. Richelieu (pi. h, C3), place Richelieu (bureau des omni- / , 
DUS du chemin de fer); H. de V Amirauté et de Paris réunis (pi. i, C4) /h/*^ 
Grand -Quai, 41-45, avec vue sur le port; B. Tortoni (pi. g, 03), place' 
Gambetta, au-dessus du café (v. ci-dessous); H. de VAigle-d' Or (pLj 04) 
rue de Paris, 32 et 34, médiocre (ch., 2 fr. 50; déj., 3 fr. 50; dîn., 3 fr. 50)- 
//. des Armes de la Ville (pi. k, 04), rue d'Estimauville, 29. ' 

Kestaubants: ff, de Boi^deaux (v. ci-dessus), à la carte; Tortoni^ sous 
les arcades de la place Gambetta (déj., 3fr.; dîn., 4fr., vin compris); 
Plat-d Argent, dans un petit hôtel, place Richelieu (déj., 1 fr. 75; dîn., 
2 fr. 2o, avec du cidre ou de la bière). 



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112 T. n, 11. LE HAVRE. 

Cafés: Tortoni (belle salle), G. de l'Opéra^ sous les arcades de la 
place Gambetta^ Ouillaume-Tell^ place de l'Hôtel-de-Ville , etc. — Ca/é- 
chantant de VAlcazar (pl.C2), rue Thlers, 17 (75 e. à 1 fr. 50). 

Fiacres : en ville, 1 fr. 25 la course , 2 fr. l'heure dans le jour, 2 fr. 
et 2 fr. 50 la nuit (après min.) ; du centre de la ville (pi. de l'Hôtel-de- 
Ville et Gambetta) à la gare, aux docks, aux Magasins Généraux ou aux 
Transatlantiques et vice versa, 1 fr. la course-, pour les faubourgs, 2 fr. 
la course, 2 fr. 25 l'heure. „ « .^ ^ , v. 

Tramways, 3 lignes (v. le plan): 1, de Frascati (pl.BC4) a la bar- 
rière d'Or, par la rue de Paris, l'hôtel de ville (section) la rue Thiers et 
le Rond-Point, extrémité N. du cours de la République (sect. ; pi. Gl); — 
2, du Rond -Point (pi. G 2) à Ste-Adresse, par le coiirs de la République, 
l'hôtel de ville (sect.), le boul. de Strasbourg, la rue St-Roch, la rue 
d'Etretat, les Quatre - Chemins (sect.), etc.: — 3, de la place Gambetta 
(pl.C3) aux Abattoirs (pl.G4), par le boul. de Strasbourg, la gare (sect.), 
la rue Lafitte, etc. Prix: 10 e. par section^ l^e el. , 5 e. de supplément 
pour la l'6 section. 

Poste et télégraphe: bureaux principaux, boulevard de Strasbourg, 
108 et 110 (pi. CD 2) ; bureau auxiliaire, rue de Paris, 1, près de l'avant-port. 

Bateaux a vapeur. Par la Seine, du Grand-Quai, tous les jours a 
la marée: 2 fois pour Ronfleur (p. 144), trajet en 3/4 d'h., 2 fr. à la passe- 
relle , 1 fr. 10 en l^'^ et 60 c. en 2^ (arrière) ; 1 fois en été pour Rouen 
(v p 101) — Par mer, du même quai: 2 fois dans la saison pour Trou- 
mile (p. 44) , en 1 h. env., 3 fr., 1 fr. 50 et 75 c. ; 1 fois pour Caen (p. 133), 
3 à 4 h., 6 et 4 fr. î 8 et 6 fr. aller et retour. — Service international : du 
même quai pour Southampion (Londres) , les lundi, mercr. et vendr. à 9 h. 
du soir, en 8 à 9h.î 26 fr. 25 et 18 fr. 75; — du bassin de l'Eure, pour 
New- York, tous les samedis, en 8 à 9 jours, 500, 600, 1000, 1500 et 2000 fr. 

Omnibus pour Etretat (p. 127), de la place du Vieux-Marché, à 7 h. du 
matin î 3 h. à 3 h. 1/2 de trajet; prix, 3 fr. 10. Voir cependant p. 128. 

Bains de mer. Frascati: homme, avec caleçon et linge, 60 c.; dame, 
simple, 50 e. ; avec le costume, 1 fr. A côté, les bains Decker^ plus simples. 

Casino de l'hôtel Frascati : entrée ordiu., Ifr. -, le sam., 2 fr. ; abonn., 
25 fr. ; 2 pers., 40 fr. .... ,. , 

Consulats: Allemagne, boul. de Strasbourg, 111; Angleterre, boul. 




Mexique, rue Foache, 8; Pays-Bas, rue Fontenelle, 36; Russie, rue 
Mexico, 17; Suède et Norvège, quai d'Orléans, 59. 

Changeur: Chevallier, rue de Paris, 64. 

Etablissement du port (v. p. xiv), 9 h. 18. Longit. O., 2° 13' 45". 

Le Havre, qui est aujourd'hui le port de commerce le plus im- 
portant de France sur l'Atlantique, et qui compte il2 074hab., a 
été fondé seulement en 1509, par Louis XII, dans des marais salants 
sur la rive dr. et à l'embouchure de la Seine. Sa prospérité ne date 
même que du règne de François I^^, qui y fit creuser un port, lui 
accorda des privilèges et le fortifia. Cette prospérité ne fut pas sans 
exciter la jalousie des Anglais , qui bombardèrent même le Havre, 
comme Dieppe, en 1694. Mais c'est surtout de nos jours que la 
ville et son port ont pris des développements énormes. 

Le Havre est donc une ville toute moderne , bien bâtie , avec 
de grandes et belles rues, mais pauvre en monuments. Par contre, 
son port est un des plus intéressants que l'on puisse voir , et l'on 
ne saurait trop recommander le voyage du Havre à ceux qui n'ont 
pas encore vu un grand port de mer. 



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LE HAVRE. /. R. 11. 113 

De la gare (pi. F 2), on se rend dans la ville par le grand et beau 
boulevard de Strasbourg , qui a près de 2 kil. de longueur et com- 
mence presque en face de la gare, pour se prolonger jusqu'à la mer 
(tramway, v. ci-dessus). Il passe à g. devant la grande caserne de 
Strasbourg (pl.EF2) et une nouvelle caserne d'artillerie. Plus loin 
à dr., le palais de Justice (pi. E2) , construction neuve dans un style 
classique bâtard, avec une belle salle des pas-perdus. Puis, a dr., 
la sous -préfecture (pl.D2); à g., une place qui précède la. Bourse 
(pi. D 2-3) , grande et belle construction neuve du style de la re- 
naissance, avec six dômes, par L. Lemaître. Elle aune autre façade 
sur la place du Commerce, du côté du bassin du même nom. 

Le boulevard de Strasbourg passe ensuite devant Vhôtel de 
ville (pi. 02), autre édifice moderne remarquable dans le style de 
la renaissance, et plus loin devant Iq jardin St-Roch (pi. B2), où 
il y a un aquarium (50 c). 

L'hôtel de ville est précédé d'un beau jardin public. Nous y 
prenons la rue de Paris (pi. C 2-4), qui descend à l'avant-port. Elle 
traverse à peu de distance la place Gambefta (pi. C 3) , anc. place 
Louis XVI, bornée à l'O. par le Grand-Théâtre et à l'E. par le bassin 
du Commerce. Nous réservons pour plus tard la visite des bassins 
et nous suivons la rue de Paris. Vers son extrémité, à g., Notre-Dame 
(pi. C4) , église du xvi^ s. dans un style marquant la transition du 
gothique à la renaissance. Le clocher, autrefois plus élevé, est un 
ancien phare fortifié. Le portail du N. a de jolies balustrades figu- 
rant des lettres gothiques. On remarque à l'intérieur le buffet de 
l'orgue , de 1630 , et de beaux vitraux modernes , par Duhamel- 
Marette, d'Evreux. 

Arrivés sur le quai, nous tournons à dr., où est le musée (v. ci- 
dessous). L^avant-port, le long duquel nous nous rendons à la 
jetée, a été considérablement agrandi depuis 1870. C'est surtout 
à la pleine mer, lorsque les grands vaisseaux, les steamers, les 
paquebots entrent au port ou en sortent, que cette partie est curieuse 
à visiter. La^'c^ee du Nord (pi. B5) est du reste en tout temps une 
promenade intéressante et très fréquentée. La vue de la mer et de la 
vaste embouchure de la Seine est un spectacle dont on ne se lasse 
guère. Près de la jetée, à dr., le grand et magnifique hôtel Frascati 
(p. 111) , en même temps le casino des bains de mer; des batteries 
défendant l'entrée du port, puis la côte de Ste- Adresse (p. 115), sur 
laquelle sont les deux phares de la Hève (p. 116). AuS.-E. , au 
delà de l'embouchure de la Seine : à g. , Honfleur (p. 144) ; en face, 
Villerville (p. 146); à dr., Trouville et Deauville (p. 144 et 146). 

Le MusjÉE-BiBLiOTHÈQUE (pi. C 4) , devant lequel sont les statues 
en bronze de deux illustrations du Havre, Bernardin de St- Pierre 
et Casimir Delavigne , par David d'Angers , est ouvert au public 
les dimanche, mardi et jeudi, de 10 h. à 4 ou 5 h. 

Le HBZ-DB-CHAUSSÉE contient les sculptures, parmi lesquelles il n'y a 
guère que 3 originaux: à dr., 50, Psyché endormie, par Oudiné; à g., 51, 

Bœdeker. Nord de la France. 2e édit. 8 



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114 I. R. 11. LE HAVRE. 

Madeleine, par Gayrard; 32, Terpsichore , par Peau. — Dans le sous-sol 
est une petite collection archéologique sans importance. — A I'bîjtresol, 
galerie de dr., le commencement du musée de peinture, peu de tableaux 
importants: 178, /SoZano, Mater dolorosa ^ 252, Laurens^ l'Interdit au xi^ s, -, 
27, Jacquand, Christophe Colomb demandant à être enterré avec les chaînes 
qu'il a portées dans sa disgrâce. La galerie correspondante, de l'autre 
côté, renferme surtout des dessins, des pastels et des gravures : 63-69, Yvon^ 
les Sept péchés capitaux, dessins; 70, Galbrund^ la Quêteuse, pastel. 

ler ÉTAGE. — Dans I'escalier : 116, Yvon^ Jésus chassant les vendeurs 
du temple -, 117, Lafosse^ Consécration de la Vierge ; 264, Roll, Inondation 
à Toulouse en 1875-, puis quelques curiosités. — Saloî? de peinture: 
à dr., 35, Molenaer^ Scène d'hiver-, 118, Steen, Intérieur-, 119, 68 (plus loin), 
van de Velde, marines ; 262, inconnu., Intérieur d'estaminet ; — 11, Murillo^ 

gortrait , 88, Séb. del Piombo, la Vierge et l'Enfant ; 29, Bubens, l'Automne ; 
, 8, VAlbane^ Moïse sauvé des eaux, Jacob protégeant Eachel; 224, So- 
limena.^ Chute de Simon le Magicien; 131, 132, Gastilli .^ l'Annonciation, 
Martyre de Ste Cécile ; 61, le Corrège, St Jérôme ; 65, Sassoferrato, la Vierge ; 
66, Guardi, la Place St-Mare, à Venise; 158, Franck, le Portement de 
croix; — 13, Galbrund, l'Ecolière, pastel; 51, Verlat, Deux chiens jouant; 
273, Jordaens, les Evangélistes ; 31, Jléreau, Eéeolte du varech en Bretagne ; 
108, 136, Huysmans, paysages; 86, Gabat, les Pèlerins d'Emmaûs; — 4, le 
Guide, Ste Catherine ; 3, A. del Sario, Ste Famille ; 2, Ribera, St Pierre re- 
pentant; 6, Guyp ., Petite fille conduisant une chèvre; — s. n. , Jordaens, 
Caton se donnant la mort. — La galerie à dr. du salon de peinture con- 
tient la bibliotlièqtie^ qui compte env. 30000 volumes. Celle de g. est consa- 
crée aux curiosités, parmi lesquelles on remarquera surtout un magnifique 
bureau de Boule, en écaille et en cuivre, et une cheminée du xvi© s. 

Le *poiiT (pi. C-G-, 2-5) que nous allons visiter maintenant en 
suivant les quais, se compose de Vavant-port, dont il a déjà été 
question, et de 9 bassins à flot, avec 16 écluses. A g. de l'avant-port 
est le bassin du Roi, le plus ancien de tous, creusé en 1669 et ap- 
profondi de nos jours. Sa superficie est de 12000 m. et il a 405 m. 
de quai. Il communique au N. avec le bassin du Commerce, déjà 
mentionné, qui a 55000 m. de superficie et 1300 m. de quais. Nous 
passons à l'une des extrémités du bassin du Roi, pour voir de 
l'autre côté le bassin de la Barre, qui communique avec l'avant- 
port, le bassin du Commerce et le bassin Vauban. Il a 52000 m. 
de superficie et 1095 m. de quais. Le bassin Vauban, de forme 
très allongée et dans lequel débouche un canal, dit canal de Ron- 
fleur , a 75 000 m. de superficie et 1620 m. de quais. Il longe au 
N.-O. les bâtiments des docks- entre-pots, qui couvrent 23 hectares, 
dans l'intérieur desquels est encore un bassin- dock, et que com- 
plètent au N.-E. d'immenses magasins généraux. 

Mais le plus important de tous est le *bassin de VEiore, creusé 
de 1846 à 1856 , qui s'étend du bord de la Seine et de l'avant-port 
aux docks. . Il a 213 000 m. ou plus de 21 hect. de superficie et 
1245 m. de quais. C'est celui où s'amarrent les grands paquebots 
transatlantiques , qu'on peut visiter lorsqu'ils ne sont pas en char- 
gement, ce que devront faire les personnes qui n'en ont pas encore 
vu (pourb.). Entre ce bassin et celui de la Barre est le bassin de 
la Citadelle, qui a remplacé de nos jours la citadelle construite 
par Charles IX; il a 60000 m. de superficie et 1255 m. de quais, 
avec plusieurs formes de radoub du côté de l'avant-port. Plus 



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LE HAYRE. /. R. 11. 115 

récemment encore on a créé le petit bassin de Mi-Marée^ dans une 
partie de l'ancien bassin de la Floride, dont le reste a servi à 
l'agrandissement de l'avant -port, et l'on achève maintenant un 
neuvième bassin, au delà de celui de l'Eure, le bassin Bellot, à peu 
près aussi grand que ce dernier. Il a 1050 m. de long , 220 m. de 
large et 2800 m. de quais. Il est établi en majeure partie, à l'aide 
d'une digue colossale, dans une anse que la Seine formait à cet 
endroit. Une digue transversale le [divise en deux darses. On a 
entrepris en même temps le canal de Tancarville, dérivation de la 
Seine d'env. 25 kil. de long , 50 m. de large et 4 m. 40 de tirant 
d'eau, aboutissant au bassin de l'Eure et au bassin Bellot. Ce canal, 
inauguré en juillet 1887 , est destiné à mettre le fleuve en com- 
munication directe avec le port, en mettant de plus les bateaux 
à l'abri des dangers que son embouchure présente à cause de la 
«barre» , vague puissante qui la remonte sous l'action de la marée. 

Tels sont les bassins qui forment le vaste port du Havre, néan- 
moins à peine suffisants , comme on pourra le constater dans une 
promenade, un peu fatigante si l'on veut aller partout , mais exces- 
sivement intéressante. Quiconque n'a pas encore vu un grand port 
marchand ne saurait se faire une idée de la physionomie que pré- 
sentent ces bassins et ces quais , de la vie , de l'animation extra- 
ordinaire qui y règne au milieu de la journée. Et c'est un spectacle 
toujours varié, qu'on ne saurait non plus décrire. Le Havre, qui est 
pour ainsi dire le port de Paris, est en relation avec le monde 
entier. Son commerce forme envwon le cinquième de tout le com- 
merce d'importation et d'exportation de la France. C'est dire que 
ce commerce comprend à peu près , d'une part tous les genres de 
produits étrangers et de matières premières , d'autre part tous les 
articles de l'industrie française et même des produits tels que co- 
mestibles, vins, vinaigres, liqueurs, etc. Le mouvement du port 
du Havre s'est chiffré en 1885 par près de 4 millions de tonneaux, re- 
présentant une valeur de près de 1 370 000 000 de fr., soit 744 000 000 
à l'importation et 623 000000 à l'exportation. Le port de Marseille 
lui est cependant encore bien supérieur: près de 7711000 ton- 
neaux et 1 724000000 de fr. la même année. 

Le Havre est en outre un centre industriel d'une certaine im- 
portance , ayant surtout de grands chantiers de construction , des 
corderies renommées, des raffineries de sucre, etc. 

La plus belle promenade hors de la ville est sur la côte d''IngouviUe^ 
au N., où l'on a une vue magnifique au coucher du soleil et le soir, quand 
le gaz est allumé par toute la ville et dans le port. Malheureusement des 
villas et les murs de leurs jardins masquent trop souvent la vue. 

Ste-Adresse {Gr.-H. des Phares; casino Marie - Christine ; entrée, 1 fr.), 
4 kil. au N.-O. du Havre, sur la côte, est un but de promenade agréable 
et un endroit fréquenté pour les bains de mer (hommes, 50e. avec ca- 
leçon; dames, 50e., 75 avec le costume). Les personnes qui prendront 
le tramway (p. 112) noteront qu'il est inutile d'aller jusqu'au bout de la 
ligne de Ste-Adresse, où il n'y a rien de curieux ; elles descendront à l'ex- 
trémité de la première section à partir de l'hôtel de ville (Quatrc-Chemins \ 
pi. Al) ou un peu plus loin à la rue des Bains. 

8* 



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116 /. R. i2. PONTOISE. 

On monte de Ste-Adresse en 15 à 20 min. aux phares de la Hève^ d'où 
la vue est splendide. A mi-côte, un monument en pain de sucre érigé au 
contre-amiral Lefèvre-Desnouettes (m. 1824). Dans le haut, éviter de s'ap- 
procher trop du bord de la falaise, à cause des éboulements. 



12. De Paris à Dieppe. 

A. Par Eouen. 

201 kil. Chemin de fer de l'Ouest rive dr.. gare St-Lazare (pi., p. 1,018). 
Trajet en 3 h. 51 à 7 h. 20. Prix: 20 fr. 75, 15 fr. 60, 11 fr. 45. Les trains 
en correspondance avec le bateau de îîewhaven vont jusqu'au quai d'em- 
barquement (v. p. 119). 

JvLsqn'à Rouen (136 kil.) efà Malaunay (149 klL), v. p. 97-101 
et 110. On laisse à g. la ligne du Havre, après un petit viaduc. — 
155 kil. Monville. — 166 kil. Clères, où l'on croise la ligne de Motte- 
ville à Amiens (p. 110 et 53), par laquelle la ligne de Dieppe com- 
munique avec celle du Havre (p. 110-111). Belle vue à dr. et à g. 
Ensuite un haut remblai et une profonde tranchée. — 171 kil. St- 
Victor. — 175 kil. Auffay, sur la Scie^ rivière qu'on traverse ensuite 
nombre de fois. — 184 kil. Longueville. — 194 kil. St- Aubin- Offr an- 
ville. Plus loin, un tunnel de 1643 m., et l'on aperçoit un peu après 
la ville de Dieppe. — 201 kil. Dieppe (p. 119). 

B. Par Pontoise et Grisors. 

168 kil. Trajet en 4 h, à 5 h. 30. Prix, comme ci-dessus. Vue à dr. 

Jusqu'à Achères (22 kil.), v. ]gP97. A g., la ligne de Rouen. On 
traverse une dernière fois la Seine , sur un pont à treillis près de 
son confluent avec VOise, qui est à g. — 26 kil. Conflans-Andrésy. 
Belle vue à dr. — 30 kil. Eragny- Neuville. Plus loin, à dr., la ligne 
de Paris par Argenteuil. On traverse l'Oise. Belle vue à dr. sur 
Pontoise. 

32 kil. Pontoise (hôt. : de la Gare, de Pontoise, à la gare), ville 
de 7192 bab., que domine une église des xii® etxvi^s., bâtie sur 
un rocher. Elle renferme un St- Sépulcre et des vitraux remar- 
quables de la renaissance. Pour plus de détails et pour les lignes 
de Paris par Ermont et de Creil par Beaumont, v, Paris et ses en- 
virons et p. 92. 

On remonte ensuite quelque temps la vallée delà Viosne, affluent 
de l'Oise. — 35 kil. Boissy -V Aillerie. — 40 kil. Us- Marines. — 
44 kil. Santeuil. —48 kil. Chars. Embranch. de 13 kil. sur Magny, 
localité industrielle. — 55 kil. Liancouri - St- Pierre. La voie des- 
cend et l'on a à dr. une belle vue, très étendue. 

61 kil. Chaumont-en- Vexin , du même côté , bourg sur le ver- 
sant d'une hauteur où les rois de France élevèrent, dans leurs luttes 
avec l'Angleterre pour la possession de la Normandie , un château 
fort dont il subsiste fort peu de chose. On y remarque une belle 
église des xv® et xvi^ 

66 kil. Trye - Château , village avec les restes d'un château fort 



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GISORS. J. R. 12. 117 

et une église goth. ayant de très belles sculptures. Dans le bas , à 
dr. , la ligne de Beauvais à Gisors (p. 95) , qui dessert aussi cette 
localité. Puis, à g., la ligne de Pont-de-l'Arcbe (Vernon). 

69 kil. Gisors (buffet; hôt, de VEcu de France, dans la rue 
principale, au pontj; ville de 4359 hab., sur VEpte et deux de ses 
affluents, ancienne capitale du Vexin normand , q^ue se disputèrent 
souvent au moyen âge les Français et les Anglais. 

Outre la grande gare de l'Ouest, cette petite ville a, presque à côté 
de la précédente, une petite gare dite de Gisors - Transit ^ pour la corres- 
pondance avec celles de Beauvais et Pont -de- l'Arche et Vernon, et au 
S. ou à g., assez loin de la rue du Bourg, une autre dite de Gisors- Ville^ 
d'où partent ces lignes. 

La ville est divisée en deux parties par une grande artère, nom- 
mée rue de Cappeville jusqu'à FEpte, puis rue du Bourg. Dans la 
rue du Fosse-des-Tanneurs , à g. en deçà du pont , n° 20 , se voit 
une maison de la renaissance, à façade en bois sculpté. Plus loin, 
Vhôtel de ville, un ancien couvent, plus remarquable de l'autre 
côté (on peut le traverser). Il renferme un petit musée. A quelque 
distance de là , sur le derrière , un grand et bel hospice moderne, 
en briques. 

L'église, à g. de la rue du Bourg, est un grand édifice, remar- 
quable surtout par ses sculptures et par certains détails architec- 
toniques. Elle a 5 nefs , et elle date des xiii® - xvi® s. Son grand 
portail et ses tours sont un composé bizarre des styles goth. , grec 
et renaissance. Le portail N. est au contraire d'un beau-style goth. 
fleuri. Tous deux ont de belled^ortes en chêne sculpté. L'inté- 
rieur atteste aussi beaucoup de recherche et de mauvais goût. Les 
principales curiosités sont : des piliers tors et sculptés, du côté dr. ; 
des vitraux anciens, la tribune de l'orgue, un grand arbre de Jessé, 
dans une chap. fermée, au commencement du même côté ; une statue 
représentant un mort, attribuée à Jean Goujon, dans la 3^ chap., etc. 

La rue du Bourg monte plus loin à une petite place où se trouve, 
à dr. , la statue du général de Blâmant (1770 - 1846) , de Gisors, 
par Desbœufs. Derrière est une jolie promenade, autour de l'en- 
ceinte du château. 

Le châteati occupe à dr. le sommet de la colline à laquelle est 
adossée la ville. Il est depuis longtemps en ruines , et il en reste 
peu de chose , à l'exception de son enceinte , transformée aussi en 
promenade. C'était un château fort du moyen âge. Le mur d'en- 
ceinte est entouré d'un grand fossé et flanqué de 12 tours rondes. 
Le donjon est encore debout au milieu , sur un tertre. Près de là, 
la grosse «toux du Prisonnier», ainsi nommée parce qu'elle renferme 
des sculptures qu'un prisonnier fit avec un clou. Du même côté, 
une petite cour, entre une grosse tour ronde et une tour carrée. 

De Gisors à Beauvais, v, p. 95; à Vernon, p. 99. 

De Gisoes a Pont-de-l'Akche (Rouen) : 54 kil. ; 2 h. et 4 h. 30; 6 fr. 65, 
5 fr. , 3 fr. 65. Gares, v. ci-dessus. Cette ligne laisse à g. celle de Ver- 
non et parcourt un pays uniforme, mais industriel (filatures, tissages). 
— 24 kil. (6^ st.) Saussay - les - Andelys , à 14 kil. des Andelys (corresp., 



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118 1. R. 12. aOURNÀY. 

1 fr. 50; V. p. 100). — 29 kil. Lisors. Restes pittoresques d'une abbaye du 
XII® s. On descend ensuite dans la valle'e de TAndelle. — 40 kil. (11® st.) 
Radepont^ village avec un château du xviii^s. et un château fort en ruine. 
— 54 kil. (156 st.) Pont-de-r Arche (p. 100). 

Ensuite la vallée de l'Epte. — 72 kil. Eragny. — 77 kil. Serifon- 
taine. Pays accidenté et pâturages. — 81 kil. Amécourt- Talmon- 
tiers. — 86 kil. Neuf marché. 

94 kil. Grournay ( hôf. du Nord , place Nationale ) , ville de 
3818 hab., centre à.Vi pays de Bray, couvert d'excellents pâturages 
et qui produit du beurre très estimé. 

La ville est à g. en arrivant. On traverse nn faubourg , et l'on 
arrive bientôt^ à dr. , à Véglise, bel édifice du style de transition, 
nouvellement restauré. Il y a à l'intérieur des boiseries remar- 
quables. — La rue en face conduit à la place Nationale , qui a une 
fontaine du xviii® s. L'Hôtel de Ville, plus loin , n'a rien de cu- 
rieux, mais en tournant là à g. , on rejoint bientôt d'assez jolis 
boulevards , par lesquels il est agréable de retourner à la gare. — 
Ligne de Beauvais (St-Germer), v. p. 94. 

101 kil. Gancourt-St- Etienne. — 109 kil. S aumont-la- Poterie. 

116 kil. Forges -les -Eaux. — hôtels: Gr.-H. de v Etablissement^ 
nouveau; H. des Thermes^ Louis XIII ^ près de là, petits^ H. du Mouton 
(dîn., 2 fr. 50), du Livn-d''07\ l'un et l'autre dans le bourg. — Etablisse- 
ment: entrée, 1 fr, ; 25 fr. pour 30 jours; bain, 2 fr. , linge compris-, 
douche, 1 fr. 25. — Omnibus de l'hôt. du Mouton pour Serqueux, 30 e., 
moins cher que le chemin de fer. 

Forges est un bourg possédant;' des eaux minérales ferrugineuses 
crénatées froides, qui ont dû leur réputation au séjour qu'y fit Anne 
d'Autriche , devenue à la suite mère de Louis XIV, mais qui sont 
aujourd'hui relativement peu fréquentées, h^ établissement^ où l'on 
vient de construire un casino et un bôtel monumental , se trouve 
à g. à l'opposé de la gare, à env. 25 min. de distance, dans un petit 
parc au fond d'un vallon. Il n'a en somme rien de curieux , non 
plus que les alentours , et l'entrée qu'il faut payer même pour le 
voir n'est pas faite pour y. attirer le monde. Sur la grande place 
du bourg, qui porte son nom, le huste de Brevière (1787- 1869), le 
graveur. Non loin de là, du côté de l'établissement, une belle église . 
moderne, du style gotb. du xiii^ s. 

119 kil. Serqueux, aussi sur la ligne d'Amiens à Rouen (p. 53), 
en correspondance avec la ligne du Tréport (p. 95). — On redes- 
cend vers la vallée de la Béthune. — 128 kiL Nesle- St- Saire. 

134 kil. Neufchâtel-en- Bray (hôt. du Grand - Cerf) , ville de 
3832 hab. , célèbre par ses fromages. Elle a une belle église des 
xii®-xvi® s. et un petit musée. 

139 kil. Mesnières, où l'on voit, à dr. , un beau château de la 
renaissance. — 143 kil. Bures, localité jadis plus importante, qui a 
une belle église goth. des xn® et xiii® s., renfermant des sculptures 
remarquables, notamment un St-Sépulcre du xvi^s. — 150 kil. St- 
Vaast-d' Equiqueville. — 157 kil. Dampierre-St-Nicolas. 



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ARQUES. /. i?. 1^' 119 

162 kil. Arques (hôt. : du Château.; Henri lY, simple et l)Oii), 
bourg au confluent de la Béthune et de l'Arques, célèbre par la victoire 
décisive que Henri IV y remporta en 1589, avec 4000 bommes , sur 
30 000 ligueurs commandés par le duc de Mayenne. Il possède un 
château en ruine d'aspect imposant, qu'on visite beaucoup de Dieppe. 
Ce cbâteau, fondé au xi^s., par un seigneur d'Arqués, sur les confins 
de la Normandie , cbangea maintes fois de maîtres dans les guerres 
dont ce pays fut l'objet. Il appartint définitivement à la France àpar- 
tir de 1449, mais sa ruine ne date que du xviii® s. Il est aujourd'hui 
à l'Etat, et on peut toujours le visiter. Il a deux enceintes, et il 
est entouré de fossés, bien que bâti sur une hauteur. La première 
enceinte, flanquée de quatre gi-osses tours en brique et en pierre a 
été construite sous François I^"". Le donjon est une des parties les 
plus anciennes. Belle vue du haut du Pavillon , à g. — Arques a 
une belle église du xvi^ s., avec un jubé , des statues et d'autres 
sculptures de la même époque. La forêt d'Arqués, au N.-E., est 
aussi fréquentée par les promeneurs de Dieppe. 

164 kil. Rouxmenil, où aboutit le ligne du Tréport (p. 97). 

168 kil. Dieppe. — hôtels. Grandes maisons ouvertes seulement 
dans la saison des bains, bien situées, mais fort chères, rue Aguado, 
sur la plage (pi- C-E 1) : H. Royal (pi. a), S. de Bristol (b), H. de la Plage 
(e), Or.-H. des Bains (d-, déj., 4fr.î dîn. , 5fr., vin non compris), H- dît 
Rhin et de Newhaven (e), Gr.-ff. Français (é; déj., 4 fr. ; dîn., 5 fr.), B. des 
Etrangers (î) 6r. -Hôtel (g). — Beaucoup à.' appartements meublés aussi rue 
Aguado. — Moins prétentieux, dans la ville: Gr.-H. du Nord et Victoria 
(pl.h,E2), Gr.-H. de Londres (pl.i,D2), quai Henri IV, sur le port, près 
de l'embarcadère des bateaux à vapeur^ H. de Za Paza: (pi. j,C 2), Grande- 
Rue, 212; ^. de i2o«en (pi. k,C 2), rue de la Barre, en face du précèdent; 
H. du Ghariot-d'Or (pi. 1,0 2), même rue, un peu plus loin; H. de Fans 
(pi. m, Cl), place de la Comédie; K de Commerce (pi. n,D2), place l^a- 
tionale, boi (dîn., 3 fr. 50); JI. du Globe (pi. o, D 2) , rue Duquesne, non 
loin de la plage. — Il est prudent de s'informer d'abord des prix. 

Restauraîîts : café-restaurant du Casino; Au Faisan Doré^ Grande-Rue, 
74 (déi., 2 fr. • dîn., 2fr. 50) ; au petit hôtel des Arcades^ arcades de la Bourse, 
1, à côté de la Poissonnerie (déj., 1 fr. 75; dîn., 2 fr. avec du cidre, ou le 
vin en plus) ; buffet à la gare maritime. 

Cafés: C. Suisse, Grande -Rue, 1, et sous les arcades; C de Rouen, 
C. des Tribunaux, à l'autre extrémité de la Grande-Rue. 

Fiacres: à 2 places, la course, 1 fr. 25 le jour, 2 fr. la nuit (après 
min.); à Th., 2fr et 2fr.50; - à 4 pi. , 1 fr. 50 et 2 fr. 50 ou 2 fr. 50 
etSfr. . , ,. 

Petit tramway sur la plage, entre le casino et la jetée, 10 c. 

Poste et télégraphe (pi. 14), bureau central, quai Bérigny. 

Dieppe est renommée pour ses dentelles et ses ouvrages en ivoire. ^ 

Etablissement de bains de mer (v. ci-dessous). Bains de mer : bain 
et tente seulement, 75 c, 3 fr. 60 pour 6 fois par abonnement; moins cher 
pour les enfants. Costume complet, 50 c. ; peignoir, 25 c. ; serviette, 15 c. ; 
sandales, 15 c. Guide, 50c. - Bains chauds (pl.l,Cl), d'eau douce et 
d'eau de mer, dans l'annexe à côté de la place de la Comédie. -- Casino : 
50 c. jusqu'à midi, 1 fr. de midi à 6 h. du soir et ensuite 3 fr., de même 
nue pour une iournée entière. Abonnement: pour 1 pers-, 7 jours, 1^ tr. ; 
15j., 20fr.; 1 mois, 35 fr. ; saison, 60 fr. ; 2 pers., 22, 36, bO et 110 fr.; 
B pers., 30, 50, 80 et 160 fr., etc. ,^, , ^ . 

Bateaux a vapeur pour Newhaven, 2 fois par jour en ete, 1 tois en 
hiver, à des heures variant avec la marée (v. l'Indicateur des chemins de 
fer). Traversée d'env. 6 h. De Dieppe à IS^ewhaven : l'^ cl., 21 fr. do ; 2^ cl,. 



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120 /. R. 12, DIEPPE. 

15 fr. 75; aller et retour, 35 fr. 75 et 26 fr. 35. De Paris à Londres par 
Dieppe et Ne whaven: billets simples valables pour 7 jours, ired., 42fr.60; 
2^ cl., dl fr. 35 : 36 cl. (bateau de nuit), 22 fr. 60; aller et retour, valable 
pour un mois, 71 fr. 35, 51 fr. 35, 40 fr. 10. — Le ehemin de fer conduit ius- 
qu au bateau (buffet). — Changeur, Louis Delarue, quai Henri IV, 21. 
Etablissement du port (v. p. xiv), 11 b. 8. Longit. 0., 1° 15' 15''. 

Dieppe est une ville de 23 050 hab. et un port de mer sur la 
Manche, à l'emboucliure de V Arques, dans un vallon encaissé entre 
de hautes falaises. La rivière portait autrefois le nom de Deep, qui 
signifie en anglais « profond » et d'où dérive celui de la ville. Le 
port de Dieppe est en effet profond et sûr, et il ne manque pas 
d'une certaine importance , malgré le voisinage du Havre. Il fait 
surtout le commerce des charbons d'Angleterre et des bois du 
Nord.^ Dieppe est en outre une ville de bains de mer à la mode 
et chère, très fréquentée par les Parisiens et les Anglais. La ville 
elle-même, bien que fort ancienne et importante jusqu'au xvii^s., 
est pauvre en curiosités. Prise et dévastée plusieurs fois durant 
les guerres entre l'Angleterre et la France , puis durant les guerres 
de religion, elle fut encore ravagée par la peste de 1668 à 1670 et 
Incendiée par la flotte anglo-hollandaise, qui la bombarda, en 1694. 

Au sortir de la gare (pi. G 3), nous passons à dr. entre le bassin 
Berigny et le bassin Duquesne, jusqu'à présent les deux plus im- 
portants du port. On a inauguré en juillet 1887, au delà du bassin 
Duquesne, un nouveau chenal, un nouvel avant-port et un bassin 
de mi-marée, à la suite duquel se construit encore un bassin à flot, 
et l'Arques aboutit maintenant dans le nouvel avant-port par un 
canal souterrain. Le nouveau chenal a été percé dans le faubourg 
du Follet («port de l'Est»; pl.E3), exclusivement habité par des 
matelots, qui composent une population particulière et passent pour 
descendre d'une colonie vénitienne. 

A la suite du quai Duquesne vient le vieil avant-port, à g. du- 
quel est la Poissonnerie (pl.D2), toujours très animée dans la 
matinée. Ensuite le quai Henri IV, où se voit le collège (pl.D2), 
construit au commencement du xviii^ s. Puis la gare maritime 
(pi. E 2) et l'embarcadère des bateaux à vapeur , et nous longeons 
le vieux chenal pour aller jouir du beau coup d'oeil de la jetée. 
Sur la falaise de l'autre côté, l'église moderne de Notre- Dame- 
de- Bon-Secours (pi. F 2), du style gothique. 

A l'O. de la jetée s'étend la Plage (pi. C-E 1), pelouse d'environ 
1 kil. de longueur, formant dans la bonne saison une belle promenade 
sur le bord de la mer, et bornée au S. par la rice Aguado, avec ses 
somptueux hôtels. Les hautes cheminées qu'on y voit sont celles 
de la manufacture des tabacs (pi. 9), qui est très importante. 

Le CASINO (pi. Cl), ou établissement de bains, que domine le château 
(v. ci-dessous) , à l'extrémité de la Plage , est un des plus grands et 
des plus beaux de ce genre. Il se compose d'un bâtiment en fer et 
en verre dans le style du Palais de Cristal, construit en 1857 et auquel 
on a ajouté depuis, du côté de la ville, un bâtiment en brique 



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DIEPPE. J. R. 12. 121 

et pierre dans le style oriental, contenant le théâtre. Rien ne manque 
au casino de tout ce que Ton demande d'un établissement de ce 
genre: théâtre, salle de bal, salon du Cercle des Bains, salles de 
billard , salons de lecture et de conversation , salles de toupie hol- 
landaise, tir, gymnase, café-restaurant, etc. Il se donne des concerts 
sur la terrasse du côté de la mer, où sont les cabines pour les bains, 
et l'établissement est entouré d'un joli jardin. 

A l'endroit du casino existait encore à la fin du xiv^ s. un port, 
que rappelle la porte du Port-d' Ouest (pi. 13, C 1), porte à deux tours 
rondes , au S. De l'autre côté est la place de la Comédie , avec le 
théâtre (pi. 16, 02). Près delà, à g., les bains chauds, lemusee, qui ne 
contient guère que des antiquités des environs , et Vhôtel de ville 
(pi. 8, Cl-2), qui n'a rien de remarquable. 

La rue Sygogne (pi. B 1-2), à l'O. au pied de la colline du château, 
est maintenant une des plus belles de Dieppe. Elle a été en grande 
partie transformée dans ces derniers temps par M. Frosmont. Contre 
la dernière des jolies maisons qu'il y a fait construire , s'élève la 
belle fontaine Frosmont, dans le style de la renaissance. Les rues 
qui montent à dr. conduisent au château et à la falaise. 

Le CHATEAU (pi. B 1-2), plus remarquable par sa position que par 
son architecture, a été construit en 1435 pour défendre la ville 
contre les Anglais , mais il a subi diverses transformations. L'une 
de ses tours , de forme carrée , a des arcades aveugles du style go- 
thique. Il sert maintenant de caserne , et on ne peut plus le tra- 
verser pour monter sur la falaise , qui offre de jolis points de vue, 
mais il y a plus loin d'autres chemins qui y conduisent. 

Nous rentrons dans la ville par la rue de la Barre, prolongement 
de la Grande-Rue , qui part du quai Henri IV. 

St-Eemy (pi. 5, 02), à peu de distance sur la g., est un édifice de 
style bâtard, des xvi^ et xvii® s. L'intérieur est cependant un assez 
beau vaisseau , soutenu par d'énormes piliers ronds , dont ceux du 
chœur ont de curieux chapiteaux. On y remarque encore de belles 
sculptures, dans la chapelle de la Yierge et à l'entrée de la sacristie, 
à g. du chœur, ainsi que des vitraux modernes, parLusson, et l'orgue, 
du xviii^ s. 

St-JacquesiplAj(jD2), plus loin, au centre de la ville, est beau- 
coup plus remarquable. Cette église date des xii^-xvi^ s. Elle a un 
beau portail du xiv® s. , flanqué de tourelles avec niches garnies de 
statues , et d'une tour sans flèche du xvi^ s. L'intérieur présente 
également une belle nef. Il y a des clefs pendantes au chœur et 
dans plusieurs chapelles et de riches sculptures du style ogival 
et de la renaissance: balustrade du chœur, clôture de la première 
chapelle de dr. , qui renferme un St- Sépulcre moderne; clôtures 
d'autres chapelles et magnifiques arcatures à g. du chœur. Mais 
on remarquera surtout la *chapelle de la Yierge, avec ses niches, 
où sont sculptés des tableaux du rosaire, et ses verrières, aussi par 
Lusson , représentant la mort et le couronnement de la Vierge , la 



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1^2 I. R. 12. DIEPPE. 

vision de St Pie V et le Triomphe de Don Juan après la bataille de 
Lépante , la prise du Pollet par Louis XI en 1443 et la procession 
qui suivit. A voir encore: un très bel escalier en bois dans la 
sacristie , le buffet d'orgue et la chaire. 

A côté de St-Jacques est la place Nationale, sur laquelle s'élève 
la statue de Duquesne (pi. 15, D 2), natif de Dieppe, un des amiraux 
les plus célèbres de France, qui vainquit l'amiral hollandais de 
Ruyter en 1676. Cette belle statue en bronze est de Dantan aîné. 

L'endroit le plus intéressant des environs est le bourg d'Arqués^ avec 
son château et sa forêt. On y va par le chemin de fer (v. p. 119) -, mais 
il y a aussi des omnibus qui y conduisent pour 2 fr. aller et retour. 

On peut aussi faire de belles promenades sur les falaises^ à Varange- 
ville (manoir d'Ango, du xvi® s.) et au phare d'Aillp^ 6 et 8 kil. au S.-O. î à 
Puys, à la cité de Limes et à Berneval au N.-E. — Puys (bot. Bellevue) est un 
joli bain de mer, avec de belles villas, à 2 kil. par la plage, mais desservi 
aussi par des voit. (75 c). — La cité de Limes ou camp de César ^ un peu 
plus loin , passe pour un ancien oppidum gaulois. — Berneval est encore 
un bain de mer , à 10 kil. de Dieppe et desservi par une correspond, du 
chemin du fer (1 fr.). 

Ligne de Dieppe au Tréport^ v. p. 97. 

De Dieppe a St Valéry- en -Caux: 32 kil. , route évitant un grand 
détour, en attendant la construction du chemin de fer qui doit pro- 
longer vers le Havre la ligne du Tréport à Dieppe. Voiture publique 

3 fois par sem. , tous les jours en août et en sept. , excepté le dim. , a 

4 h. du soir, du petit hôt. de Normandie, à g. vers l'extrémité de la rue 
de la Barre; trajet en 40 h. \ prix : susceptible de varier (v. p. xviii), 3 fr. 50. 
— Par le chemin de fer, 94 kil. et un seul train en correspondance, le 
matin , permettant de faire le trajet en 2 h. 1/2 ; prix : 11 fr. 70, 8 fr. 65 
et 6 fr. 35. — Côtes fort raides sur la roule au départ et a l'arrivée, 
comme sur plusieurs autres points du parcours. Localités principales: 
Ouville (13 kil.), village qui a des filatures; le Bourg-Dun (19 kil.), qui a 
une belle église romane et goth., dont on remarquera les fonts, et Veules 
(24 kil.; V. p. 123). — St-Valery^ v. ci-dessous. 



13. Bains de mer entre Dieppe et le Havre. 

Nota. Pour visiter successivement ces divers endroits, il vaut mieux 
suivre l'ordre inverse, les trains se correspondant mieux dans ce sens. 

I. De Eouen (Paris) à St-Valery-en-Caux et à Veules. 

66 kil. de chemin de fer jusqu'à St- Valéry. Trajet en 2 à 3 h. Prix: 
8fr 35, 6fr. 25, 4 fr. 60. - De Paris: 202 kil.; 4h. 45 à 8h.; 24 fr. 95, 
18 fr. 70, 13 fr. 75. — 8 kil. de bonne route de St -Valéry à Veules. Cor- 
respond. 2 fois par jour au chemin de fer. Prix: l fr. ; officiellement, 
75 c. le jour (v. p. xviii). 

Jusqu'à Motteville (54 kil.), v. p. 110. — 40 kil. Gremonville. 

— 46 kil. Doudevitle. — 54 kil. St - Vaast - Bosville. Il y a un 
petit café-aub. à l'entrée de St-Vaast, situé à 5 min. à dr. de la voie. 

— Embranch. de Cany (Veulettes ; les Petites -Dalles), v. p. 123. 
Plus loin, on aperçoit un instant la mer à g. 

61 kil. Neville, gros village qui a une église assez intéressante. 

66 kil. St-Valery-en-Caux. — hôtels : de la Paix & du Grand-Cerf, 
au pont; de la Plage; des Bains, place de l'Hôtel -de -Ville; de France , de 
Paris, au port. — Bains de mer : bain et cabine, 40 c. ; costume, 20 et 30 c; 



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ST -VALERY- EN - CAUX. I. R, 13. 123 

peignoir, 20 c.; serviette, 10 c-, guide, 40 e. — Casiko: entre'e, tous les 
jours jusqua 6 li. du soir, 50 c.; toute la journée ou dans la soirée les 
lundi, mercr.. vendr. et sam., 75 c.; les dim., mardi et jeudi Ifr 25- 
??*^ n^' J^^"* \^^^^- ' ^ J^^^s . 7 fr. ; 15 j. , 12 fr. ; saison , 25 fr. ; 2 pers.! 
13, 20, 28 et 38 fr.; 3 pers. , 19, 26, 35 et 50 fr., etc. - Etablissemmt du 
port (v. p. XIV), 10 h. 48. Longit. O., 1° 37' 25^'. 

St -Valéry- en ~C aux est une ville de 4103 hab. , avec un petit 
port, dans un vallon entre des falaises. EUe se compose de deux 
parties, une vieille ville, à dr. de la gare, et une nouvelle ville, env. 
10 min. plus loin, au port, où l'on arrive en longeant à dr. le bassin 
de retenue , qui se trouve en face de la gare. La vieille ville a une 
église des xv® et xvi^ s., la nouvelle n'a pour édifice religieux qu'une 
anc. chapelle indigne d'une ville. On remarque au delà du pont 
qui sépare la retenue du port une maison du xvi^ s. V établissement 
de bains de mer, où l'on n'arrive de la ville que par de vilaines 
rues étroites, n'a rien de particulier et manque de dégagement et de 
promenades. Plage de galets, comme partout sur cette côte. 

De St -Valéry à Dieppe, v. p. 122. Départ de l'hôt. de Bains, à 6 h. 
du matin. — Il y a moins de 9 kil. de St-Valery à Veulettes , mais pas de 
voit. publ. ; 29 kil. par le chemin de fer et la correspond, (v. ci-dessous). 
-- Voit. publ. de St -Valéry pour Fécamp (32 kil. ; p. 125) , par Cany 
(12 kil. ; p. 124), les lundi, mercr. et sam., de Thôt. de la Providence, 
place de THôtel-de- Ville, à 6 h. du mat. ; trajet en 4 h., pour 3 fr. 

La route suivie par la voiture de Yeules passe par le vieux St- 
Valery (v. ci-dessus) et traverse de jolis vallons. — 4 kil. Manne- 
ville, qui a un château du xvi^ s. 

8 kil. Veules. — hôtels: de Rouen, de la Place, à côté de l'église, 
le second avec le bureau des voit. ; d'' Albion, dans la grande rue, avec un 
petit café dans un jardin (déj., 2 fr. 50; dîn., 3 fr.). Beaucoup de maisons 
'^loD ^®^^' malheureusement pas d'hôtel sur la plage. — Bains de mer 
(1886): bain, 25c., 75c. avec costume et linge; guide, 25c. — Casiko- 
1 jour, 50 e. ; 15 jours, 6 fr. ; 1 mois, 10 fr. 

Veules est un gros village dans un joli vallon, avec un bon 
établissement de bains de mer, un peu à l'étroit sur sa petite plage 
entre deux falaises, mais que le site rend très agréable. Il y a quan- 
tité de belles villas. Un ruisseau limpide naît dans le village même, 
au bord de la route de St-Valery. Sa source est curieuse à voir, et 
il y a près de là des cressonnières renommées. Ce ruisseau est assez 
fort pour faire tourner immédiatement plusieurs moulins. Il y en a 
même un au bord de la mer, à côté des bains et qui se trouve arrêté 
par la marée. Une ruelle forme une promenade ombragée le long 
de ce ruisseau, et il y en a d'autres du côté de la source. Veules 
est donc un bain de mer recommandable, un peu d'artistes, dans le 
genre d'Etretat (p. 127), mais moins prétentieux. 

La route de Dieppe passe à l'extrémité du village (p. 122). 

II. De Rouen (Paris) à Veulettes. 

Les Petites -Dalles. 
71 kil. Chemin de fer jusqu'à Cany (61 kil.). Trajet en 2 à 3 h. Prix: 
7 fr. m, 5 fr 70, 4 fr. 15. — De Paris à Cany: 197 kil. ; 4 h. 40 à 7 h. 50; 
24 fr. 3o, 18 fr. 30, 13 fr. 45. — Route de Cany à Veulettes (10 kil.) et 



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124 I. R. 13, VEULETTES. 

correspond. 4 fois par jour dans la saison^ prix, 1 fr. — Correspond, 
aussi à Cany pour les Petites-Dalles (v. ci-dessous). 

Jusqu'à St-Vaast -Bosville (54 kil.), v. p. 122. On laisse ensuite 
à dr. la ligne de St-Valery (p. 122). 

61 kil. Cany (hôt. : du Commerce, de France, sur la place), toute 
petite ville, sur la rive dr. de la Durdent. — D'ici aux Petites- 
Dalles, V. ci-dessous. Voit, de St-Yalery à Fécamp, p. 123. 

La route de Veulettes suit au N. la jolie vallée de la Durdent. 
— 4 kil. Yittefleur. — 5 kil. PalueL La vallée s'élargit ensuite à g., 
en formant une large prairie , autrefois inondée par le reflux de la 
rivière, qui débouche maintenant dans la mer par un canal sous 
les galets , à dr. du pont que la route traverse à son extrémité pour 
gagner Veulettes (10 min.). 

10 kil. Veulettes. — Hôtels: Gr.-H. de la Plage, recommandable 
(pens. dep. Tfr.)^ II. des Bains, à côté. — Baiî^s de mer: 40c., 30 pour 
les abonnés du casino ; maillot, 25 c.-, costume complet, avec peignoir, 
50 c.: serviette, 10 c, etc.-, guide, 40 c. — Casitso: entrée, le jour, 30 c. ^ 
le soir, 50 c. ; 1 journée, 70 c. ^ 8 jours, 5 fr. 50 ^ 15 j., 10 fr. -, 1 mois, 15 fr. ; 
2 pers., 10, 15 et 20 fr.; 3 pers., 18, 18 et 24 fr., etc. 

Veulettes n'est qu'un petit village, à env. 10 min. de la mer, 
dans un vallon à l'O. de celui de la Durdent, avec une église assez 
remarquable; mais ses bains de mer, où il y a de grands hôtels et 
de jolis chalets capricieusement épars sur les flancs des falaises, sont 
en somme une station agréable. La plage, naturellement aussi cou- 
verte de galets , est néanmoins trop découverte. Les environs sont 
aussi un peu nus, et il faut aller assez loin pour trouver une prome- 
nade ombragée. 

Les Petites - Dalles sont à 6 kil. au S.-O. de Veulettes, mais il n y a 
pas de voit. publ. d'ici pour cette localité, non plus que pour St-Valery 
(p. 123J. 

De Cauy aux Petites -Dalles: 12 kil., correspond, seulement 1 fois 
par jour, dans la saison, l'après-midi (v. l'Indicateur), pour 1 fr. 25. Cette 
localité est mieux desservie de Fécamp (p. 125). — De Cany on suit la 
route de Fécamp, à TO., jusqu'à, Anneville (T kil.), puis on tourne au N., 
par Sassetot'le-Mauconduit (10 kil.). 

Les-Petites-Dalles (Or. -H. des Bains, Gr.-H. des Petites-Dalles) sont un 
hameau de pêcheurs avec des bains de mer encore plus simples que ceux 
de Veulettes, à l'extrémité d'un vallon, qu'abritent des falaises et des 
rochers et qui offre des promenades ombragées. 

Parallèlement à ce vallon, à l'O., se trouve celui des Grandes-Dalles 
(20min.), et à 2 kil. de là St-Pierre-en-Port (hôt.: des Terrasses, de la 
Plage) , bain de mer à 12 kil. de Fécamp et qui est desservi de là 2 fois 
par jour dans la saison. 

III. De Rouen (Paris) à Fécamp. 

86 kil. Traiet en 2 h. à 3 h. 20. Prix: 10 fr. 90, 8 fr. 10, 5 fr. 90. — De 
Paris : 222 kil. : 4 h. 35 à 8 h. 25^ 27 fr. 40, 20 fr. 60, 15 fr. 15. — Du Havre : 
44 kil. ; 1 h. 30 à 2 h. 5^ 5 fr. 65, 4 fr. 20, 3 fr. 10. 

Jusqu'à BeuzevUle-Bréauté (67 kiL), v. p. 110-111. — 73 kil. 
Grainville-Goderville. — 79 kil. Les Ifs, où l'on voit, à dr., un beau 
château duxvi^s. — Correspondance pour Etretat, v. ci-dessous. — 



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FECAMP. /. R, 13. 125 

On descend ensuite dans une vallée boisée et l'on passe enfin dans 
deux petits tunnels , sous Fécamp , qui se montre à g. 

86 kil. Fécamp. — hôtels: d€S Bains (pens. dep. 8fr.), du Casino^ 
de la Plage, d'Angleterre^ tous sur la plage; du Chariot-d'Or, dans la ville 
place Thiers, où il y a aussi des cafés. — Bains de mer: bain avec 
cabine, 35 e.; costume, 25 c.; peignoir, 15 c. ; serviette, 10 c, etc.; guide- 
baigneur, 40c. — Casino: entrée, 25c. jusqu'à midi, 50e. l'après-midi- 
8 jours (abonn.), 11 fr. ; 15 j., 18 fr.; 1 mois, 34 fr.; 2 pers., 18, 32, 54 fr. • 
3 pers., 26, 42, 64 fr., etc. — Poste et télégraghe, près du cbemîn de 
fer. — Voitures publiques: pour les Petiies-Dalles (18 kil.; p. 124), 8 fois 
par jour dans la saison, 1 fr. 75; pour St-Pierre-en-Port (12 kil.; p. 124) 
2 fois, 1 fr. 50; pour St-Valery-en-Gaux (32 kil.; p. 123), les lundi, mercr! 
et sam. à 4 h., 3 fr.; pour Yport^ pour Valmont et pour Etretat, v. p. 126 — 
Etablisse77ient du port (v. p. xiv), 10 b. 44. Longit. O., 1° 58' 28''. 

Fécamp est une ville de 13 247 hab. , avec un port et des bains 
de mer assez importants. Elle est située au S. ou à g. du vallon à 
l'extrémité duquel se trouve son port, et elle s'étend jusqu'à plus 
de 2 kil. de la plage. Sa situation et son port, sur la Manche, lui 
ont fait jouer un certain rote dans l'histoire de la Normandie et 
dans les guerres entre l'Angleterre et la France , et elle eut encore 
à souffrir des guerres de religion. Elle a aussi dû une certaine im- 
portance à son anc. abbaye de bénédictins , dont elle a conservé la 
belle église. 

De la gare, on aperçoit à g. V église St-Etienne, la seconde de 
la ville. Elle est du xvi® s. , et elle a du côté dr. un beau portail 
latéral. L'intérieur est nouvellement restauré et l'on reconstruit la 
tour de la façade. Elle a de beaux vitraux modernes par J. Bou- 
langer, de Rouen, et un tableau par Lemettay, la Flagellation, dans 
le chœur. 

Un peu plus haut, la place Thiers, auparavant du Yieux-Marché, 
le centre de la ville. Nous prenons de l'autre côté, à g., la rue 
Alex. Legros. 

Jj église de V Abbaye, à peu de distance de ce côté, est un mo- 
nument remarquable des xi®-xvi®s. Elle est d'assez peu d'appa- 
rence à l'extérieur , mais elle a cependant à dr. un beau porche du 
XIV® s. L'intérieur produit au contraire un très bel effet par ses 
dimensions et avec ses tribunes sur les bas côtés , la lanterne de la 
tour centrale, etc. 

On remarque d'abord dans la nef une très belle chaire neuve, en 
chêne sculpté, avec quantité de statuettes, et le banc d'œuvre. Le choeur 
a deux autels, le premier avec un grand baldaquin doré de mauvais goût, 
le second avec de bas-reliefs qu'on verra du pourtour. Tout autour, une 
belle grille. Aux deux piliers qui précèdent le chœur, des statues et des 
hauts-reliefs mutilés , dans de riches encadrements. Dans le bras dr. du 
transept, la Mort de la Vierge, entourée des apôtres, beau groupe de statues 
peintes, exécuté par un moine en 1519. A côté, des groupes plus petits 
de personnages en prière, une sorte de tabernacle dégradé, du xv^ s. , et 
une jolie crédence gôth. a clocheton. Les chapelles du pourtour ont de 
très belles balustrades de la renaissance, de jolies arcatures, etc. 3^ chap. 
de dr., frise composée de 16 hauts-reliefs du xi^ s., des scènes de la vie de 
J.-C. et de la Vierge. 4e et 5® chap., tombeaux goth. d'abbés de Fécamp, 



retable moderne. 6^ chap., celle de la Vierge: vitraux des xivC-xvié s., 
itel, belles boiseries, où l'on cite comme curiosité un 



bas reliefs à l'aut» 



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126 /. B. 13. FECAMP. 

Christ voilé, sous la l^e fenêtre de dr. 7© chap., belle porte du xvi^ s. 
Derrière le maître autel est un tabernacle en marbre du xvi® s., renfer- 
mant, dit-on, une partie du «précieux sang» , venue miraculeusement par 
mer dans cette ville et qui attire toujours beaucoup de pèlerins. Dans 
les autres ebapelles, encore des tombeaux d'abbés, un retable moderne, 
etc. Dans le pourtour, un bel enfeu de la renaissance.^ Bras g. du tran- 
sept: calvaire, tombeau et représentations naïves de scènes de la vie de 
J.-C, borloge astronomique de 1667, etc. 

■ L'église touche au N. à Vhôtel de ville, qui occupe les restes de 
l'abbaye , du xvii® s. Il y a un petit musée - bibliothèque , ouvert 
en été les lundi , jeudi et sam. , de 2 h. à 5 h., en hiver seulement 
les jeudi et sam. , de 2 h. à 4 h., et toujours les dim. et fêtes, de 
9 h. Va à midi et de 2 h. à 4 ou 5 h. 

Au n^ 108 de la longue rue Théagène Bouffart, qui conduit de 
la place Thiers à la plage, se trouve la distillerie de la Bénédictine, 
liqueur renommée que fabrique maintenant une société. Son établis- 
sement est une construction moderne , d'aspect assez monumental, 
dont la tour renaissance domine le port. Il y a un petit musée 
de sculptures, de meubles, d'objets d'art et de curiosités pro- 
venant en partie de l'anc. abbaye. Ce musée est visible tous les 
jours de 2 h. à 6 h. 

Les bains de mer occupent une grande plage, assez loin du port. 
Cette plage , toute de galets , est précédée d'une terrasse et d'une 
voie carrossable. Elle n'est pas encombrée comme d'autres par le 
casino , qui est près de la falaise de g. Il y a de jolis chalets au- 
dessus , mais les rues voisines n'ont rien d'agréable et les alentours 
sont dénudés. Les bains du casino et ceux qui se trouvent en deçà 
sont sous la même administration. 

Le port, agrandi et amélioré depuis peu, comprend maintenant 
l'anc. avant-port, avec des chantiers de construction; le bassin 
Bérigny , du côté de la ville , un nouvel avant-port , parallèle à ce 
bassin; un bassin de mi-marée et un bassin à flot inachevés, à la 
suite du nouvel avant-port. Le port de Fécamp est toujours acces- 
sible aux navires tirant 6 m. d'eau. Il est le plus important de 
France pour la grande pêche , et il fait un commerce assez actif de 
bois du Nord et de houille. 

A 5kil. au S.-O., à dr. de la route d'Etretat, se trouve Yport (bot.: 
de la plage, des Bains, TougarO), gros village avec un petit port d'échouage 
et des bains de mer dans le genre de ceux de Fécamp, mais peu agréables, 
peu propres et peu fréquentés. Correspond. 2 fois par jour dans la saison 
de Fécamp (1 fr.) et 1 fois des Ifs (p. 127). 

Excursion intéressante de Fécamp a Valmont (Mt. du Commerce; omn., 
90 c ) village à 11 kil. à l'E., dans la vallée qui vient aboutir au port. 
On y Visite un château des xi^, xv^ et xvi^ s. et les ruines d'une église 
abbatiale, en partie du xvi^ s., surtout la ehap. de la Vierge, qui ren- 
ferme encore des tombeaux de Tépoque. 

De Fécamp a Etretat: 17 kil., correspond. 2 fois par jour; coupe, 
1 fr 50- intér. et banq., 1 fr. 25. La voit, part de la gare après 1 arrivée 
des premiers trains du matin et du soir, où il vaut mieux la prendre 
T)0ur avoir une bonne place ; puis elle va à son bureau en ville, rue 
Leeros, d'où elle repart 1/2 b. plus tard, pour redescendre du cote de la 
eare puis passer par les bains. Elle monte de là une route qui s écarte 
de la côté. — 3 kil. Si-Léonard, village après lequel on laisse a dr. la 



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ETRETAT. 7. E. 13. 127 

route d'Yport^ (20 min. ; v. ci-dessus), — 7 kil, Froberville. Puis le beau 
parc et le château d'Hainneville. — 11 kil. Les Loges^ où l'on rejoint la 
route des Ifs (v. ci-dessous). — 17 kil. Eireiat (v. ci-dessous). 

IV. De Eouen (Paris) à Etretat. 

94 kil. Chemin de fer jusqu'aux Ifs (79 kil.). Trajet en 1 h. 50 à 3 h 
Prix : 9 fr. 95, 7 fr. 45, 5 fr. 50. De Paris aux Ifs : 215 kil. -, 4 h. 20 à 8 h. 10; 
26 fr. 60, 19 fr. 95, 14 fr. 65. Route des Ifs à Etretat (15 kil.) et corres- 
pond. 2 fois par jour ^ coupe', 2 fr. 50, intér. et banq., 2 fr. — Correspond, 
aussi pour Yport (env. 8 kil. 5 v. ci-dessus), 1 fois par jour dans la saison ^ 
1 fr. 25. De Fécamp à Etretat v. ci-dessus ^ du Havre, v. p. 112. 

Jusqu'aux Ifs (79 kil.) , v. p. 124. Buffet- hôtel à la gare. La 
route se dirige de là à l'O. — 81 kil. Epreville, où on laisse à dr. 
la route d' Yport (v. ci-dessus). — 83 kil. Maniquerville. — 88 kil. 
Les Loges, où l'on rejoint la route de Fécamp (v. ci -dessus). — 
90 kil. Bordeaux -en- Caux. — 92 kil. St - Clair. 

94 kil. Etretat. — hôtels: Blanquet^ Hauville, sur la plage à l'ex- 
trémité de la rue Alph. Karr^ des Bains ^ dans cette rue, avec le bureau 
des voit, (bon, mais faire les prix); H.-Rest. Drouet^ rue du Havre, près 
de la mairie (déj., 2 fr. 50; dîn., 3 fr.). — Beaucoup de villas, de maisons 
et d'appartements à louer. — Baiîîs de mer. Au casino: bain, bain de 
pied et baigneur, sans abonn., 90 c.; avec abonn., 12 cachets, 7 fr. 20; 
25 cachets, 14 fr. 40: costume, 30 c.; peignoir, 25 e.; serviette, 10 c. Aux 
Roches - Blanches , du côté de la falaise: bain simple, 75 e.; complet, 
1 fr. 50. — Casino : entrée, 50 c. ; 1 journée, 1 fr. ; 7 jours, 10 fr. ; 15 jours, 
20; 1 mois, 31; saison, 50 fr.; 2 pers., 19, 36, 54 et 80fr.; 3 pers., 26, 50, 
72 et 105 fr., etc. En outre, «rétribution supplémentaire» variable pour 
les concerts et représentations ordinaires à partir du 25 juillet, et les 
abonnements sont suspendus, comme ailleurs, aux fêtes extraordinaires. — 
Etablissement de la marée (v. p. xiv), 10 h. 27. Longit. 0., 2° 8' W. — 
Poste et télégraphe, à la mairie. — Voitures publiques : pour Fécamp 
(v. p. 126), à 8 h. 1/2 du matin et 7 h. du soir; pour les Ifs (v. ci-dessus), 
à 7 h. 1/2 du m. et 8 h. du s. ; pour le Havre (v. p. 112), à 4 h. 1/2 du soir. 
C'est surtout ici qu'il faut se rappeler ce que nous avons dit p. xviii. 

Etretat est un bourg de 2131 hab., situé sur le bord de la mer, 
mais sans port , entre des falaises de 90 m. de hauteur , les plus 
curieuses de ces parages, ce qui en a fait de nos jours un des bains 
de mer les plus fréquentés de la Manche, surtout par les artistes et 
les gens de lettres. Il y a quantité de jolies villas , de riches pro- 
priétés , et la localité , qui n'était naguère qu'un petit village de 
pêcheurs, a maintenant l'aspect d'une petite ville. Mais elle ne le 
doit pas seulement à la beauté relative et à la curiosité de son site ; 
la mode y est aussi pour beaucoup. La vie y est naturellement 
chère, bien qu'on n'y trouve qu'un confort relatif, dans des hôtels 
aujourd'hui inférieurs à ceux de bien des plages moins prétentieuses. 

La plage d'Etretat est formée par un espèce de digue de galets, 
sur laquelle il y a une terrasse pour les promeneurs et où s'élève 
un grand casino , qui masque en partie la vue de la mer aux deux 
hôtels voisins. Les bains sont du côté droit. La partie de gauche 
est réservée aux pêcheurs , qui hissent leurs barques sur les galets 
et qui se servent des vieilles pour y établir des magasins dits «ca- 
loges». A marée basse, les femmes y lavent plus loin leur linge 
dans l'eau d'un ruisseau qui passe maintenant sous la digue. 



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128 /. E. 13. ETRETAT. 

Les falaises, nommées, celle de dr. falaise d'Amont, celle 
de g. falaise d'Aval, sont percées de 'portes, produites par les 
érosions de la mer et près desquelles se voient encore des aiguilles 
ou pyramides, taillées aussi par les flots dans les rocliers de la côte. 
L'ascension en est assez pénible, surtout quand il fait chaud, mais 
ce sont néanmoins les principaux buts de promenade près de la ville. 
On peut y arriver , à marée basse , par la plage , bien que celle de 
g. soit d'an accès difficile. Il vaut mieux , si l'on veut y passer 
et que cela soit possible, prendre par là au retour. 

On monte à la falaise d'Amont par un grand escalier à côté des 
bains des Roches-Blanches. Il y a dans le haut une chapelle mo- 
derne et plus loin un sémaphore. Un sentier pittoresque, mais 
scabreux, en deçà, à g., descend vers la mer. Il aboutit à un petit 
tunnel communiquant avec la plage, par une échelle de fer à l'autre 
extrémité. Les dames ne sauraient descendre par cette échelle. ^ 

Pour monter à la falaise d'Aval, on prend derrière l'hôtel 
Blanquet et suit la rue de la Valette , puis le télégraphe. On a une 
très belle vue de cette falaise, à l'O. jusqu'au cap d'Antifer. La 
«chambre des Demoiselles» , au sommet de l'une des aiguilles les 
plus rapprochées d'Etretat, est une petite grotte insignifiante. Si 
l'on revient par en bas , on verra près de la porte une autre grotte 
dite «trou à l'Homme». En 15 à 20 min., on arrive d'Etretat par 
la falaise en vue d'une autre porte , la Manneporte , où l'on peut 
descendre en 5 min. par un escalier en lacets. Il est des personnes 
qui préfèrent venir se baigner là en liberté, plutôt que de payer 
pour s'enfermer dans des cabines où l'on étouffe. 

L'eV^^se d'Etretat est un édifice remarquable à l'intérieur, des 
styles roman et goth., avec des arcades ornementées et une belle 
lanterne. 

D'Etretat au Havre: 27 kil., route et voit, publique 1 fois par jour 
dans la saison, à 4 h. 1/21 de l'hôtel des Bains, en 1886 pour 3 fr. 10. — 
D'abord une longue montée. — 3 kil. Le Tilleul — 5 kil. La Poterie, à 
2 kil. de Bruneval-les- Bains (pas d'hôtel). — 9 kil. Goubert, à 2 kiL de St- 
Jouin (hôt. de Paris), un village de pêcheurs et un rendez-vous d'artistes 
(souvenirs à l'hôtel). — 14 kil. Gauville. — 19 kil. Ocieville,^ bourg avee 
une église du xiii® s., dont on remarque le clocher. — 25 kil. Sanvic, 
gros bourg qui annonce la proximité du Havre. Belle église neuve en 
briques, du style roman. A dr. est le fort de Ste-Adresse. Enfin une 
longue descente, par laquelle on passe à l'extrémité de Ste-Adresse (p. 115). 
— 27 kil. Le Havre (p. 111). 



.^i^.- 



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II. ENTRE LA SEISE, LA LOIRE ET L'ATLANTIQUE 



14. De Paris à Caen et à Cherbourg 131 

I. De Paris à Caen 131 

De Bueil à Elbeuf ; à Dreux. 131. — D'Evreux à Lou- 
viers; à Glos-Montfort. De Conches à Laigle. De 
Serquigny à Elbeuf, Oissel et Rouen. Pont-Audmer. 
132. — De Bernay à Ste-Gauburge. De Lisieux à 
la Trinité - de - Reville. Du Mesnil-Mauger à Ste- 
Gauburge. 133. — De Mézidon à Trouville. 134. — 
De Caen à Dozulé; à Vire, 138. 

II. De Caen à Cherbourg 138 

Asnelles; Arromanehes; Port-en-Bessin. De Lison 
à Coutances. De Neuilly à Isigny. De Valognes à 
Barfleur. 140. 

15. Bains de mer du Calvados 144 

I. De Paris à Trouville-Deauville, Yillers-sur-Mer, 

Beuzeval-Houlgate et Cabourg 144 

De Pont-TEvêque à Honfleur. 144. — Villerville. 
Château d'Hébertot. 146. — Le Home. 148. 

II. De Caen à Luc-sur-Mer (Lion) , Langrune , St- 
Aubin-sur-Mer et Courseulles 148 

16. De Cherbourg à Brest 150 

17. De Paris à Granville. Jersey 152 

De Dreux à Chartres; à Maintenon. De Verneuil à 
Damville. 154, — De Laigle à Connerré. De Ste- 
Gauburge à Mortagne. 155, — De Briouze à Cou- 
terne. De Montsecret à Sourdeval. 156. — De Vire 
àMortain. 157. — De Granville au Mont-St-Michel; 
à Jersey (Guernesey; Aurigny). 158. 

18. De Caen au Mans, par Alençon. Falaise .... 160 

De la Hutte-Coulombiers à Mamers; à Sillé-le-Guil- 
laume. 163. 

19. De Caen à Laval, par Domfront et Mayenne . . . 163 

De Berjou-Cahan à Falaise. 163. — De Mayenne à 
Pré-en-Pail^ à la Selle-en-Luitré (Fougères). 164. 

20. De Paris à Brest 165 

I. De Paris à Chartres 165 

De Chartres à Dreux; à Auneau; à Orléans; à Sau- 
mur. 167. 

II. De Chartres au Mans 168 

De Condé à Domfront. De Kogent-le-Rotrou à Or- 
léans. De Connerré à Mamers et à St- Calais. 168. — 
Du Mans à la Chartre; à Tours. 171. 

III. Du Mans à Rennes 172 

De Sillé- le -Guillaume à la Hutte - Coulombiers ; à 

Sablé. D'Evron à Jublains 172. — De Laval à 

V Gennes-Longuefuve. 173. — De Vitré à Pontorson 



Bsedeker. Iford de la France. 2^ édit. 



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130 



CMont-St-Michel). 174. — De Vitré à Martigné-Fer- 
chaud. 175. — De Rennes à Redon. 178. 

IV. De Rennes à Brest 178 

De la Brohinière à Ploermel. De Lamballe à Mont- 
contour. 178. — De St-Brieuc à Binic, Portrieux et 
St-^uay ; à Auray. 179, — De Guingamp à Paimpol 
et à Tréguier. De Plouaret à Lannion. 180. — De 
Morlaix à Roseoff. Bodilis. Folgoët. 181. — Plou- 
gastel. 182. — Excursions de Brest. 184. 

21. DeRennesàSt-Malo. Environs et excursions de cette 
ville. Le Mont-St-Micliel. Dinan 184 

I. De Rennes à St-Malo 184 

II. Environs de St-Malo 187 

St-Servan. 187. — Paramé. Dinard. St-Enogat. St- 
Lunaire. St-Briac. 188. 

III. Excursions de St-Malo 189 

A Caneale. Au Mont-St-Miehel. 189. — A Dinan. 190. 
— De Dinan à Dinard. 193. 

22. De Paris à Nantes 193 

A. Par le Mans et Angers 193 

De la Suze à Saumur par la Flèclie. 193. — De Sablé 
à Solesmes; à la Flèche. 194. — D'Angers à la 
Flèche^ Segré-, à Loudun. 199. 

B. Par Orléans et Tours 200 

De Saumur à Thouars. Des Rosiers à Gennes. De la 
Possonnière à Bressuire. 201. 

C. Par Sablé et Segré (St-Nazaire. Lorient-Quimper) 202 
De Chemazé à Craon. De Segré à St-Nazaire. 203. — 

De Nantes à Paimboeuf; à Pornic; à St-Nazaire ^ 
au Croisic et à Guérande. 210. 

23. De Nantes à Brest 211 

De Questembert à Ploermel et la Brohinière. 211. — 
Josselin. 212. — D'Auray à Quiberon, Plouhamel, 
Carnac et Locmariaquer. 213. — Belle-Ile-en-Mer. 
214. —Le Morbihan. 215. — Port-Louis. IledeGroix. 
De Rosporden à Concameau. 216. — De Quimper 
a Pont-l'Abbé; à Douarnenez, etc. 218. 

24. De Paris à Tours (Bordeaux) 219 

A. Par Orléans: I. De Paris à Orléans .... 218 

De St-Michel à Montlhéry. 219. — Source du Loiret. 
D'Orléans à Montargis. 224. — D'Orléans à 
Gien. 225. 

IL D^Orléans à Tours 225 

De Blois àChambord. 228. — DeBlois à Beauregard 
et à Cheverny; à Pont-de-Braye, par Vendôme; 
à Villafranche-sur-Oher, parRomorantin. 229. — 
Château de Chaumont. 230. 

B. Par Yendôme 231 

Chenonceaux. 238. — Chinon. 239. — Loches. 240. — 
De Tours à Vierzon (Bourges). 241. — De Tours à 
Châteauroux. 242. 



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r 



131 
14. De Paris à Caen et à Cherbourg, 

I. De Paris à Caen. 

239 kil. Chemin de fer de TOuest rive dr., gare St-Lazare (v\.,r> 1 C18") 
Trajet en 5 h. à 8 h. 1/2- Prix : 29 fr. 50, 22 fr. 20, 16 fr. 25 VoV aussi 
la carte p. 2. 

Jusqu'à Mantes (58 kU.), v. R. 11. Notre ligne se détache de 
celle de Rouen à la seconde stat. de Mantes (buffet). Nous quittons 
la vallée de la Seine et parcourons une contrée uniforme. Tunnel 
de 1 kil. de long. — 71 kU. Breval. — 81 kil. Bueil. 

De Bueil a Elbeuf : 64 kil. ; 1 h. 10 à 2 h. 40 ; 7 fr. 60, 5 fr. 70, 4fr. 15. 
Cette ligne descend jusqu'à Louviers la valle'e de VEure'. Contrée et 
stat. généralement peu intéressantes. — 11 kil. (3est.) Paq/sur-Eure, toute 
petite ville d'origine ancienne, que dessert encore un embranch. de 
Vernon (p. 100). — 35 kil. (lO^ st.) Acquigny, où aboutit une ligne venant 
d'Evreux (p. 132). — 40 kil. Louviers, aussi avec un embranch. de la 
ligne de Rouen (v. p. 100). — 60 kil. (ISest.) Elbeuf (p. 100), 

De Bueil a Dreux : 30 kil. 5 1 h. à 1 h. 40; 3 fr. 65, 2 fr. 75, 2 fr. Conti- 
nuation de la ligne précédente, dans la vallée de l'Eure. — 5 kil. Ivry-la- 
Bataille, village connu par la victoire de Henri IV sur les ligueurs, en 
1590. Une pyramide en perpétue le souvenir. Ruines d'une abbaye du 
xies. — 9 kil. Ezy-Anet. Anet, à 20 min. au S.-E., n'a conservé que 
quelques parties de son illustre château^ construit de 1548 à 1552 par 
Philibert Delorme , sur les ordres de Henri II, pour Diane de Poitiers: 
la porte d'entrée et ses dépendances, une aile, qui forme le château actuel, 
et la chapelle, encore décorée de sculptures de Jean Goujon et d'une 
mosaïque de marbre. Il y a une seconde chapelle que Diane fit bâtir 
plus tard pour y être inhumée ; son monument a été détruit. — 13 kil. 
Croth-Sorel. — 17 kil. Marcilly-mr-Eure, avec les ruines d'une abbaye du 
xiie s. — 22 kil. St-Qeorges-sur-Eure. — 30 kil. Dreux (p. 152). 

On traverse ensuite VEure. — 92 kil. Boisset-Pacy. Puis un 
petit tunnel. Belle vue à dr. sur Evreux. 

108 kil. Evreux (hôt. : du Orand-Cerf, bon; du Cheval- Blanc), 
ville de 16 755 hab., chef-lieu du départ, de VEure et siège d'un 
évêché , sur Vlton. Elle est d'origine fort ancienne , et l'on y voit 
encore des restes de l'enceinte romaine. Elle fut longtemps le chef- 
lieu d'un comté , et elle eut beaucoup à souffrir des guen-es dont la 
Normandie fut l'objet entre la France et l'Angleterre. 

La cath:édrale, où l'on arrive bientôt en descendant directement 
de la gare, est un monument de tous les styles, depuis le xi®s. jus- 
qu'au XVIII®, mais cependant fort remarquable. Elle n'est pas com- 
plètement dégagée. Le grand portail est de la fin de la renaissance, 
et il a deux tours d'inégale hauteur. Le portail latéral du N. est du 
XVI® s.; c'est la partie la plus remarquable de l'extérieur. Il y a 
sur la croisée une belle tour goth. avec flèche à jour. L'intérieur 
forme un ensemble imposant. La partie inférieure de la nef est ro- 
mane, le reste du style goth., des xiii®-xvi®s. On remarque parti- 
culièrement les magnifiques clôtures en bois des chapelles du chœur 
et du pourtour, de la renaissance 5 les stalles, les ouvrages de serru- 
rerie du chœur et de la chapelle du trésor, au S., du xv®s., mais 
surtout les '^vitraux de la grande chapelle de la Vierge , à l'abside, 
aussi du xt®s., et ceux du transept, du xvi® s. 

9* 



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132 //. R. U. BERNAY. De Paris 

A côté de la cathédrale sont les restes d'un cloître goth., avec 
un petit musée éplgrapMqne, et Vevêche", du xyi^ s. Non loin d'ici, 
au N., la tour de l'Horloge, beffroi du xv^s., avec une belle flèche. 

A l'angle de la rue de l'Horloge et de la place de l'Hôtel-de- 
Ville se trouve le musée, de construction récente. Il possède des 
antiquités provenant du Vieil-Evreux, surtout un Jupiter en bronze, 
un Hermaphrodite, un Amour ailé, une chevrette, un cheval aux 
yeux incrustés d'argent, un Bacchus, un Sylvain, etc. Il y a aussi 
un certain nombre de tableaux de l'école française moderne, des 
objets du moyen âge, etc. 

La place de l'Hôtel -de -Ville est décorée d'une fontaine avec 
statues symboliques par Decorchemont. 

A l'extrémité 0. de la ville, où conduit la rue presque en face du 
grand portail de la cathédrale, se trouve St-Taurin, anc. abbatiale 
du style roman du xi^s., mais avec des parties gothiques. Elle a une 
crypte, des vitraux anciens et de belles boiseries modernes. La rue 
qui y conduit passe devant Id. 'préfecture et plus loin devant une an- 
cienne église de la renaissance, transformée en tribunal. 

Embrauch. de 26 kil. d'Evreux à Louviers (p. 100) par la vallée de 
riton, rejoignant la ligne de Bueil à Aequigny (v. p. 13i). — Embraueh. 
en construction sur Glos - Montfort (47 kil, ; v, ci-dessous) , ^par le Neu- 
bourg (24 kil.), petite Aille où se voient les restes d'un château fort et 
la statue de Dupont de l'Eure (1767-1865), bronze par Decorchemont. — 
Autre embraneh. en construction sur Damville (Verneuil; p. 154). 

Ensuite une contrée couverte de pâturages remplis de pommiers, 
et un petit tunnel. — 117 kil. La Bonneville, 

126 kil. Couches, petite ville sous laquelle on passe dans un se- 
cond tunnel. Elle a une belle église, Ste-Foy, du xv® s. , avec de 
magnifiques vitraux par Aldegrever, et l'on y voit encore les ruines 
d'un château fort du xi^ s. 

Embrakch. de 33 kil. sur Laigle(ç. 154), par la jolie vallée de la Kille. 

id^WL Ro7nilly-la-Puthenaye. — 144 kiL Beaumont-le-Roger, 
qui a des ruines d'un prieuré des xn^-xiii® s. et une église remar- 
quable des xiv^-xv® s. 




p. 100 { 

et passant à la petite — 

trouve' des antiquités romaines. — A Glos - Monifort s'embranche a son 
tour la ligne de Pont-Audmer (16 kil.), qui est la continuation de la 
précédente dans la vallée de la Rille et doit se prolonger jusqu'à Ron- 
fleur. — Pont-Audmer (hôt. du Lion- d'Or) est une ville industrielle de 
6163 hab., dans unsite pittoresque, sur la Rille. Son principal e'difice est 
St-Ouen^ e'glise des xi^, xv© etxvi^s., avec de beaux vitraux et des sculp- 
tures remarquables. St-Ger main date aussi duxi^s. Belles vues des hau- 
teurs voisines de la ville. — De Pont-Audmer au Havre, bateau à vapeur 
sur la Rille, tours les jous: 19 kil. -, 2 h. 172; ^ fr- 50. v^j 

159 kil. Bernay (hôt. du Cheval-Blanc), ville manufacturière 
et commerçante de 8310 hab., sur la rive g. de la Charentonne. Son 
église Ste- Croix, des xiv® et xv®s., a une belle tour et renferme lîn 
beau maître autel en marbre rouge, de 1685, ainsi que des sculptures 



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à Cherbourg. LISIEUX. II. R. U. 133 

remarquables, surtout un Enfant Jésus, sur le tabernacle de l'autel, 
attribué à Puget. Uahhaye. autour de laquelle la ville s'est formée 
au xi^s., existe encore en partie, de même que Véglise abbatiale; la 
première sert de sous-préfecture, d'hôtel de ville, de tribunal, etc.; 
la seconde sert de halle. En dehors de la ville, sur un coteau à g. 
du chemin de fer, est la belle église de Notre- Dame- de-la- Couture, 
des xiv^-xvi^s. Il se tient à Bernay, dans la 5^ semaine de carême, 
une foire aux chevaux qui est la plus importante de France. 

Embrakch. de 53 kil. sur Ste-Gauburge, en partie par la vallée de la 
Charentonne. Il rejoint à la Trinité-de-Réville (16 kil.) celui de Lisieux 
(v. ei-dessous) et se confond à Echauffour (47 kil.) avec celui du Mesnil- 
Mauger-Ste-Gauburge (v. ci-dessous). 

Ensuite un petit tunnel. — 173 kil. St-Mards-de-Fresne. 

191 kil. Lisieux {buffet; hôt. : de France, cher et médiocre; de 
Noi-mandle, de la Gare), l'antique capitale des Lexoviens, ville 
manufacturière (toiles) et commerçante de 16 267 hab., sur la Tou- 
ques. La rue de la gare et la suivante conduisent en 10 min., à g., à 

St-Pierre, une ancienne cathédrale. C'est un édifice imposant, 
qui date surtout des xii^ et xiii® s. Il est engagé entre des maisons 
et l'ancien évêché, et la façade en est simple et sévère. La tour du 
S., la seule qui ait une flèche, a été reconstruite au xvi® et au 
xvii^s. Mais il y a un beau portail original au S., qu'on verra en 
sortant de ce côté. La nef, la partie la plus ancienne, à laquelle 
on a'toutefois ajouté plus tard des chapelles, a été bâtie d'un seul 
jet et se fait remarquer par ses proportions harmonieuses. Il y a 
sur le transept une tour formant lanterne. La chapelle de la Vierge, 
du xv^s., est un monument expiatoire érigé par l'évêque Cauchon, 
un des juges de Jeanne d'Arc. On y voit un bel autel moderne , et 
l'on remarquera encore un autre autel moderne, en argent repoussé, 
dans la 3^ chap. latérale de dr. ; la chaire , les stalles du chœur, 
refaites dans le style du xiv^s. ; six grands tableaux de Lemonnier, 
élève de Vien (vies de St Pierre et de St Paul) , dans les chapelles 
de la nef, etc. 

L'ancien évêché, des xvii® et xviii^s., sert de tribunal. Il y a 
sur le derrière un beau jardin 'public et à dr. de ce jardin un petit 
musée, possédant, parmi ses tableaux, un très beau Carrache, les 
Pestiférés: il est ouvert les jeudi et dimanche de 11 h. à 4 h. 

St-Jacques, à peu de distance au S., est une église de la fin du 
xv^s. L'extérieur n'a de remarquable que la balustrade qui en 
fait le tour. A l'intérieur il faut surtout mentionner les vitraux, 
de vieilles peintures et les boiseries. 

Lignes de Trouville et Honfleur^ v. p. 144. — Embeanch. de 32 kil. sur 
la Trinité-de-Réville^ par la petite ville d'Orôec (19 kil.). 

Plus loin, un tunnel de 3 kil. — 209 kil. Le Mesnil-Mauger. 

Embra>-ch. de 63 kil. sur Ste-Gauburge (p. 155), par Livarot (15 kil.), 
célèbre par son fromage: Vimoutiers (24 kil.), petite ville avec des 
blanchisseries de toile, et Echauffour (57 kil.), où aboutit rembranch, de 
Bernay (v. ci-dessus). 



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134 II. B. 24. CAEN. De Paris 

On traverse ensuite la Dives. — 216 kil. Mezidon (buffet). 
Ligne de d'Argentan, etc., p. 160. 

De Mézidok a Trouville. par Cabourg, Beuzeval-Houlgate et Villers- 
sur-Mer: 51 kil.; 2 h. 1/2; 6 fr.' 25, 4 fr. 70, 3 fr. 45. Il y a d'abord une 
halte à Mézidon , puis on descend dans la vallée d'Auge , arrosée par la 
JXves et renommée par ses pâturages. — 14 kil. (6® st.) Hotiot^ qui a une 
église intéressante du xv^ s., avec une très belle tour de la renaissance, 
et un petit château de la même époque. — 16 kil. Beuvron^ bourg aux mai- 
sons pittoresques. — 20 kil. Dozulé^ où aboutit une ligne venant de Caen 
(p. 138). — 28 kil. (lOest.) Cabourg, etc. (p. 147). 

225 kil. Moult- Ar g en ces. — 232 kil. Frenouville-Cagny. On 
aperçoit enfin à dr. la belle ville de Caen (239 kil.). 

Caen. — Gares: de V Ouest (pi. F 5), la principale (buffet), au S.-E., 
pour toutes les lignes, même celle de Caen à la mer, avec laquelle il y 
a un tronçon de raccordement (v. cependant p. 148); St-Martin ou de la Mer 
(pi. B2), au N.-O. — Omnibus de la gare de l'Ouest: au bureau, 30 c. le 
jour et 50 c. la nuit, à domicile, 50 et 70 c., plus 20 c, par 30 kilos de 
bagage, 25 c. la nuit à domicile. Les hôtels n'ont pas d'omnibus. 

Hôtels: d'Angleterre (pi. a, D3), rue St-Jean, 77-81; d'Espagne (pi. b, 
D3), même rue, 71 et 73; (ch., 2 fr. 50 à 5 fr. ; déj., 2 fr. 50; dîn., 3 fr.); 
de la Place-Royale (pi. e,C3), place de la Eépublique, en face de l'hôtel 
de ville et du musée (déj., 2fr.75; dîn., 3fr. 25); St- Pierre (pi. d, C3), 
rue St-Pierre, 42 (eh., 2 fr. ; déj., 3 fr. ; dîn., 3 fr. 50) ; de France (pi. e, E5), 
près de la gare. 

Cafés: du Grand-Balcon^ rue St-Pierre, 50; dfe ïa Bourse^ rue St-Jean, 
28 (jardin); de Madrid^ id., à l'hôtel d'Espagne (jardin), etc. 

Fiacres: 1 fr. la course, 2 fr. l'heure, dans le jour; 50 c. de plus la 
nuit, de 11 h. à 7 h. 

Poste, à l'hôtel de ville (pl.C3), rue de l'Hôtel-de- Ville. 

Paquebot a vapeur pour le Havre (pl.F4), tous les jours (v. p. 112). 

Caen (pron. «Can») est une ville de 43 809 hab., le chef-lieu du 
départ, du Calvados, sur VOrne, à 15 kil. de la mer, avec laquelle 
elle est reliée par un canal et un chemin de fer (p. 148). Son im- 
portance ne date que du temps de Guillaume le Conquérant (xi® s.), 
où furent construits le château et les deux abbayes dont on admire 
encore les églises. Elle ne fut définitivement à la France, dans ses 
luttes avec l'Angleterre, qu'à partir de 1450. Caen souffrit beaucoup 
des guerres de religion et fut ruinée par la révocation de l'édit de 
Nantes. Mais deux siècles d'existence assez paisible en ont refait 
une ville commerçante et prospère , et ses monuments en font la 
ville la plus curieuse de Normandie après Rouen. Le port de Caen 
fait surtout le commerce des bois du Nord. 

De la gare (pi. F5) , on prend à dr., passe à dr. sous la voie, 
traverse l'Orne canalisée, suit le quai à g. jusqu'à la place des Ca- 
sernes, traverse cette place à dr. et continue par la rue St-Jean. 

'L'église St-Jean (pi. D4), à dr., est un assez bel édifice du style 
goth. tertiaire, malheureusement engagé dans un pâté de maisons et 
dont le joli portail a été défiguré par une mauvaise restauration. 
Elle est surmontée d'une tour fort élégante, mais inachevée. 

La rue St-Jean aboutit au boulev. St-Pierre, où se trouve 

*St-Pierre (pi. D 3). Bien que de diverses époques , cette église 
est un monument très remarquable de l'art goth., duxiii® auxvi^s., 



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à Cherbourg. CAEN. II. R. U. 135 

avec des additions de la renaissance , les chapelles et la tourelle 
de V abside, dont la décoration est d'une richesse extraordinaire. 
On admire surtout la Hour, à dr. du grand portail, avec ses hautes 
fenêtres , sa flèche découpée à jour et entourée de huit clochetons, 
chef-d'œuvre de hardiesse et d'élégance du commencement du 
XIV® s. : sa hauteur est de 78 m. Il y a un portail latéral dans 
cette tour , mais l'église n'a pas de transept. L'intérieur présente 
un ensemble fort harmonieux. La nef a des piliers massifs avec des 
chapiteaux historiés , qui offrent un singulier mélange de sujets re- 
ligieux, profanes et grotesques, surtout celui du 3® pilier de g. Elle 
a aussi, dans la seconde moitié , de helles voûtes à pendentifs. Les 
*5 chapelles absidales sont également très riches ; elles ont d'énormes 
pendentifs et de magnifiques vitraux modernes, par Marette d'Evreux. 
Très belle chaire moderne du style goth. fleuri ; beau buffet d'orgue. 

Parmi les maisons en face de l'église du côté de la tour se trouve 
la Bourse, hôtel du xvi® s., dont l'extérieur est maintenant peu re- 
marquable , mais qui a une jolie couj. 

Sur une éminence au delà de la petite place devant le portail de 
St - Pierre sont les restes du château (pi. C D 2) , construit par 
Guillaume le Conquérant au xi^s., plusieurs fois modifié et au- 
jourd'hui peu intéressant; il sert de caserne. 

La rue à g. de l'église en revenant du château monte à l'extré- 
mité E. de la ville, en passant à Va7ic. église St-Gilles (pl.E2), de l'é- 
poque de transition à la renaissance: elle est à peu près en ruine. 

*La Trinité (pL EF2), ou V église de V Abbaye - aux- Darnes^ un 
peu plus loin, fut fondée en 1066 par la reine Mathilde, femme de 
Guillaume le Conquérant, en même temps et dans le même but que 
ce dernier fondait celle de l'abbaye aux Hommes (p. 136), c.-à-d. en 
expiation de la faute qu'ils avaient commise en se mariant malgré 
l'empêchement résultant de leur proche parenté. C'est un magni- 
fique édifice roman , sauf une chapelle du style de transition, à dr. 
du chœur. Elle a été parfaitement restaurée de nos jours. Il y a deux 
tours carrées au portail et une sur le transept , toutes trois depuis 
longtemps privées de leurs flèches et avec des balustrades du xvni® s. 
L'intérieur n'est pas moins remarquable que l'extérieur, dans sa ma- 
jestueuse simplicité. Il y a de petites galeries sur les bas côtés et 
une crypte sous le chœur. Ce dernier, qui renferme le modeste tom- 
beau de la reine Mathilde, est réservé aux religieuses qui desservent 
l'Hôtel-Dieu et fermé au public ; mais on le voit, ainsi que la crypte, 
en visitant l'hospice. 

ïu Hôtel' Dieu (pi. F 2), à côté de l'église, est l'ancienne abbaye, 
reconstruite au xvm® s. Il a un grand parc, d'où l'on a une belle 
vue. On peut le visiter en le demandant ; on donne quelque chose 
pour les pauvres. 

En redescendant par le même chemin, on aperçoit à l'autre ex- 
trémité de la ville les tours de St-Etienne (v. ci-dessous). Nous con- 
tinuons tout droit au delà de St- Pierre, par la rue du même nom, 



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136 IL R. U. CAEN. De Paris 

où il y a d'abord deux maisons remarquables en bols sculpté, à dr., 
num. 52 et 54. Plus loin , St-Sauveur (pi. C 3) , qui se compose de 
deux églises accolées l'une à l'autre et formant une vaste nef , du 
style gotb. , avec un très beau clocber du xiv® s. et une abside fort 
riche des xv® et xvi^ s., ayant encore ses anciens vitraux. 

La rue Froide, qui longe cette église, conduit plus loin à VUiii- 
versité {pi. C2). Caen est le siège d'une académie universitaire assez 
importante. .Le palais, qui date en partie du xviii^s., mais vient 
d'être considérablement agrandi , renferme un musée d'histoire na- 
turelle. On voit sur le devant, rue de la Chaîne, les statues en bronze 
de deux illustrations de Caen et du Calvados , le poète Malherbe 
(1555-1628), par Dantan aîné, et le géomètre la Place (1749-1827), 
par Barre. — Plus loin, dans la direction de la rue Froide, se trou- 
vent Veglise des Bénédictines, belle construction goth. moderne dé- 
pendant d'un couvent, et lo, promenade St-Julien. — A l'extrémité 
de la rue de la Chaîne, au delà de l'Université, la place St-Sauveur, 
avec une statue d'Elie de Beaumont (1798-1874), le géologue, né 
dans le Calvados, bronze par L. Rochet, et Vane. église St-Sauveur 
(pi. B2-3) , des xii®, xiv® et xviii® s., transformée en halle au blé. — 
De l'autre côté, lepalais de justice, construction médiocre duxviii^s. 

A ce palais aboutit la rue Ecuyère , prolongement de la rue St- 
Pierre, par où l'on va à 

*St-Etienne (pi. A B 3), ou Veglise de l'Ahbaye- aux -Hommes, 
de la même époque que là Trinité, comme il a été dit ci-dessus, et 
du même style , mais plus grande et modifiée au xii^ s. , où l'on a 
reconstruit le chœur dans le style ogival. A ce défaut d'unité, l'édi- 
fice joint encore l'inconvénient d'être engagé dans des bâtiments qui 
empêchent de le bien voir. La façade surprend par sa simplicité. 
Elle est flanquée de deux belles tours du xii^s. , hautes de 90 m. 
L'intérieur se distingue , comme à la Trinité , par une simplicité 
grandiose. Il y a aussi des tribunes sur les collatéraux. Une grande 
chapelle goth. a été ajoutée aux xiv^ s. à celui de gauche. Les bras 
du transept sont courts et sans portails. Sur la croisée s'élève une 
lanterne du xvii® s. . remplaçant une pyramide qui avait 124 m. de 
hauteur. Une dalle de marbre noir devant le maître autel désigne 
l'endroit où était le tombeau de Guillaume le Conquérant (m. 
1087). On voit un vieux portrait de ce prince dans la sacristie, 
qui est aussi un beau morceau d'architecture. A remarquer encore les 
stalles, les boiseries de l'horloge, dans le bras g. du transept, la 
chaire et le buffet d'orgue, soutenu par des atlantides colossales. 

A côté de St-Etienne est le lycée (pi. A 3), l'anc. abbaye aux ■ 
Hommes , reconstruite au xviii® s. La façade est de l'autre côté, où 
nous arrivons en retournant sur nos pas jusqu'au palais de justice 
et prenant ensuite à dr. Là se trouve, sur la place du Parc, une 
statue de Louis XIV, en bronze, par Petitot fils. 

Dans la rue de Caumont, à g., ainsi nommée en mémoire du 
célèbre archéologue de ce nom (p. 140), Vanc. église St-Etienne 



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à Cherbourg. CAEN. //. R. U. 137 

(pi. B 3), du XV® s. — Presque en face, n*^ 33, le musée des anti- 
quaires (pi. B3), dans un anc. collège des jésuites. Il est public les 
dim. et jeudi de 2 h. à 4 et visible aussi les autres jours. 

Il n'est pas très riche, mais il possède cependant des objets remar- 
quables: trépied antique en bronze, bijoux mérovingiens trouvés dans 
une sépulture près deCaen^ coupe dite de Guillaume le Conquérant, tra- 
vail italien de la fin du xv^ s. ; broderies (chasubles) du xvie g., etc. 

Le boulev. Bertrand, qui part de la place du Parc (v. ci-dessus), 
longe les Prairies, où se trouve un champ de courses (p. 138). Il 
passe derrière V église Notre-Dame (pi. C 3) ou de la Gloriette, bâtie 
au XVII® s. par les jésuites, et il aboutit à la place de la Préfecture. 
Là préfecture et la gendarmerie (pi. C4), de l'autre côté de la place, 
sont des édifices modernes somptueux , mais peu remarquables. 

A côté de la préfecture est l'hôtel de ville (pi. C 3), dans un an- 
cien séminaire. L'entrée est à l'E. , du côté de la place de la Ré- 
publique (pi. C3), où l'on a érigé en 1883 une statue d'Auber, le 
compositeur, né à Caen (1784-1871), marbre par Delaplanche. — 
Le *MusÉE , qui est installé à l'hôtel de ville , est public les dim. 
et jeudi de 11 h. à 4 et visible aussi les autres jours pour les étran- 
gers. Il occupe 6 salles du premier étage, à g., et une salle supplé- 
mentaire au rez-de-chaussée. Il y a des inscriptions. 

Dans l'escalier, un grand tableau de lï.-J. Forestier, représentant les 
funérailles de Guillaume le Conquérant, auxquelles s'oppose l'anc. pro- 
priétaire du terrain, dépossédé par Guillaume. 

pe salle: à la porte, 1, Vital de Sologne, la Vierge, l'Enfant et un 
ange; à dr. , 219, Fr. Gérard, Mort de Patrocle, inachevée; 266, Odier, 
Episode de la retraite de Eussie; 88, Franck le Jeune, Mort des onze mille 
vierges; 285, Giraud, Procession de la Circoncision au Caire; 284, Lanoue, 
Vue du Tibre; 287, PMI. Rousseau, Marché au xviii^s.; 286. Morel-Faiio, 
!Naufrage. 

ne SALLE : 131, Hondekoeter, Une poule avec ses poussins ; *151, Durer (?), 
la Vierge et trois saintes; 33, Feii, Naissance de la Vierge; 102, Quellin 
le Père, la Vierge donnant une étole à St Hubert; **3, le Pérugin, le Ma- 
riage de la Vierge, œuvre capitale de l'artiste, provenant de la cathédrale 
de Pérouse; 85, Ruhens, portr. d'homme; 83, Calvaert, St Sébastien; 153, 
Denner, tête de vieillard; 96, /. van Oost, la Vierge et l'Enfant; 294, 
J. Bertrand, Cendrillon ; — 132, Zustris, Baptême de J.-C. ; 133, Moyaert, 
Continence de Scipion; 92, Momper, paysage; 134, Ferd. Bol, portr. d'un 
magistrat; 179, Coypel et Fontenay (fleurs), 3Ime de Parabère. 

Ilie salle: 200, H. Vernet, portr. du frère Robustien; 81, Fr. Floris 
ou de Vriendt, portr. de femme ; 110, van Dyck (?), la Communion de St Bo- 
naventure; 150, Moucheron, paysage; 63, Ribera, Tête de St Pierre; 145, 
Lairesse, la Conversion de St Augustin ; 130, Brakenburg, Scène d'intérieur ; 
94, Teniers le Vieux, Intérieur; 206, Lesueur, Salomon devant l'arche; 273, 
Zuminais, Pâtre breton; 236, d'après Gérard, portr. de Louis XVIII; 275, 
Legrip, îf. Poussin à Paris; 187, H. Rigaud, portr. de Fr. de Neuville, 
duc de Villeroy; 290, Ribot, l'Huître et les plaideurs; 103, Bosschaert, 
portr. de femme; 101, Pk. de Champ aigne. Tête de Christ; — 263, 262, De- 
bon, la Bataille d'Hastings, Guillaume le Conquérant; 169, J. Courtois, le 
Bourguignon, Suites d'un combat; 64, Ribera, tête de St Pierre; 291, Thi- 
rian, St Séverin distribuant des aumônes; 109, Flemalle, Adoration des 
bergers; 36, le Guerchin, Didon abandonnée; 136. Koning, portr. d'un mé- 
decin; 98, 99, Ph. de Ghampaigne, le Vœu de Louis XIII, l'Annonciation; 
166, Lebrun, Baptême de J.-C. ; — 186, H. Rigaud, portr. de la femme du 
sculpteur Desjardins. — Au milieu, Gayrard, Daphnis et Chloé, marbre; 
Rivière, la 3Iusique. 

IVe SALLE: 7, A. del Sarto, St Sébastien; 111, attribué à van Dyck, .Jésus 



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138 //. B. U. CAEN. De Taris 

couronné d'épines ; 38, école napolitaine^ Un homme faisant la figue; 5, Léon, 
de Vinci., la Vierge aux rochers, réduction de celle du Louvre; 192, Toiir- 
nières. Chapelle et Racine ; 26, Strozzi, Mercure et Argus ; 190, Toumières, 
portr. d'un magistrat; 53, Panini, Réception des cordons bleus; *84, Ru- 
bens, Melehisédech offrant le pain et le vin à Abraham; 229, Rob. Lefèvre, 
portr. de Mlle Caffarelli; 48, LautH et Bibiena (architecture). Retour de 
l'enfant prodigue; 28, Strozzi^ Faunes et bacchantes; 129, Cornelis^ Vénus 
et Adonis; s. n., Murillo^ le Sauveur ; — 42, Sassoferraio^ la Vierge et l'En- 
fant; 173, Jouvenet, St Pierre guérissant les malades; s. n., Cima da Cone- 
gliano^ triptyque, la Vierge, St Jacques et le donateur; 138, van der Helst^ 
portr. de femme; 100, Ph. de Champ aign e , la Samaritaine; 12, le Tinioret, 
Descente de croix; 97, Jordaens, Buste d'un mendiant; 56, Tiepolo, Eece 
Homo; 14, 16, 15, Paul Véronèse, Judith; Episode de la fuite en Egypte; 
Tentation de St Antoine; 4, le Pérugin, St Jérôme dans le désert; 17, 
P. Véronèse^ Jésus donnant les clefs à St Pierre; 62, Ribera, le Couronne- 
ment d'épines; 172, Jouvenet^ Apollon et Téthys. 

Ve SALLE : 90, 89, Franck, Ste Ursule , Adoration des bergers ; copies 
d'après les anciens maîtres; toiles modernes de valeur secondaire. Au 
milieu, Schœnewerk, l'Enfant à la tortue, marbre. — A côté se trouve la 
collection Mancel, comprenant une bibliothèque, des tableaux, des objets 
d'art et des estampes. 

VI6 SALLE : 87, Franck le Jeune., les Esclaves des fureurs de l'Amour ; 
61, école italienne., St Sébastien; 66, P. Bi'ueghel, le Vieux, Fête flamande; 
— 194, Oudry, Chasse au sanglier; — 105, P. de Vos, Cheval dévoré par 
des loups; 141, Sal. Ruisdael, paysage; 91, Snyders, Intérieur d'un office; 
142, Sal. Ruisdael, paysage; 120, 119, /. van Bloemen, id.; 104, P. de Vos, 
Chasse aux ours; 272, Melin, Valet de chiens donnant un relai. 

Le LEGS MoNTARAN, daus la salle du rez-de-chaussée* comprend 
60 tableaux , la plupart assez petits, parmi lesquels on remarque surtout 
une Ste Famille de L. Carrache et une de Franck et Brueghel de Velours 
(7 et 13), un portr. d'homme de van Dyck (10) ; 21 marines et autres vues 
de Gudin (15 à 35) ; un Enfant du Ouide (37) , un portr. de femme de van 
der Helst (38), un Moine de Zurbaran (58), etc. 

La bibliothèque .1 aussi à l'hôtel de ville, en partie dans l'an- 
cienne chapelle du séminaire, compte plus de 80 000 vol. et 250 ma- 
nuscrits. On y voit en outre des portraits d'hommes illustres du pays 
et une copie de la célèbre tapisserie de Bayeux (p. 139). 

La rue de la Préfecture conduit au S. à la belle promenade du 
Cours la Reine (pi. CD 4-5), près de Vhippodrome ou champ de 
courses. 

A 1 kil. à l'E., près du canal , est le Manoir des Gens-d' Armes 
(pl.G3), ruines pittoresques d'un édifice du commencement duxvi^s., 
ainsi nommées à cause de deux statues d'hommes d'armes qui en 
décorent la tour principale. Les deux tours et les créneaux du mur 
qui les relie sont couverts de médaillons originaux, la plupart bien 
conservés, et la grande tour a encore une belle fenêtre grillée. 

Caen possède un beau jardin des Plantes (pi. B 1), avec de nom- 
breuses serres, dont une monumentale, et une promenade bien om- 
bragée. Malheureusement il est un peu loin du centre de la ville, 
au N., à dr. de la ligne de CourseuUes. Il est public toute la journée. 

Embraîîch. de 25 kil. de Caen à Dozulé., rejoignant celui de Mézidon 
à Cabourg, Dives, Beuzeval-Houlgate, Vill ers -sur-Mer et Trouville (p. 134). 

De Caen a Viee, env. 77 kil. , ligne construite seulement jusqu'à 
Aunay-sur-Odon (34 kil.). Il v aura 20 kil. plus loin un embranch. sur 
St-Lô (23 kil.; p. 140). — Vire, v. p. 156. 



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à Cherbourg. BAYEUX. //. n. 14. 139 

II. De Gaen à Cherbourg. 

132 kil. Trajet en 3 h. 5 à 5 h. 25. Prix: 16 fr. 45, 12 fr. 35, 9 fr. 
Un peu^ au delà de Caen , la voie ferrée traverse l'Orne. Belle 
vue en arrière sur la ville. A dr., le raccordement avec la ligne de 
Caen à la Mer; à g., la ligne de Laval; plus loin à dr., la Maladrerie 
(p. 148), avec la maison de détention. — 247 kil. (de Paris) Carpi- 
quet. — A dr. et à g., les beaux clochers de Brette ville et de Norrey. 
— 253 kil. Bretteville-Norrey. — 259 kil. Audrieu, à g., avec une 
belle église des xiii® et xiv^ s. 

269 kil. Bayeux (hôt.: Gr.-H. Achard, rue St-Jean, 46; H. du 
Luxembourg, rue des Bouchers, Tun et l'autre loin de la gare), ville 
de 8347 hab. et siège d'un évêché , à dr. de sa station. Elle était 
déjà florissante sous les Romains, comme capitale des Bajocasses. 

La ^cathédrale ou Notre-Dame de Bayeux, à 10 min. de la gare 
d'où on la voit, est un édifice goth. fort remarquable, des xii^-xv^s! 
Son extérieur présente un aspect très imposant, avec les deux tours 
romanes à flèches goth. du grand portail, la tour du transept, du 
style flamboyant, mais dont le dôme est moderne , et les clochetons 
de l'abside et des portails latéraux. Bien que les sculptures aient été 
mutilées, l'ornementation en est encore très riche. On n'est pas 
moins frappé des proportions majestueuses de l'intériem*. La nef a 
des arcades romanes , restes d'une église du xii^ s. ; elles sont cou- 
vertes de beaux ornements , ainsi que les murs au-dessus. On ad- 
mire surtout l'abside , du xiii® s. , avec des arcades ogivales de la 
plus grande élégance. Les fenêtres de cette partie du monument 
manquent seules d'effet, à cause de leur petitesse, tandis que celles 
du transept et de l'orgue sont fort belles et de grandes dimensions. 
L'église a 22 chapelles , tant aux collatéraux qu'autour du chœur, 
et une vaste crypte des viii®-xi® s., sous le sanctuaire. Il y a un 
magnifique retable en pierre dans la 1^® chap. de g., de très belles 
stalles et 4 sièges remarquables dans le chœur. 

La rue de la Maîtrise , en face du grand portail , conduit à la 
belle place du Château ou St-Sauveur, où se trouve, à dr., la biblio- 
thèque publique, avec un petit musée, dont la principale curiosité 
est la fameuse "^tapisserie de Bayeux, surtout importante comme 
document historique. C'est en réalité une broderie, sur fond blanc, 
de 70 m. 34 de long et 50 centim. de haut, représentant la conquête 
de l'Angleterre par Guillaume , duc de Normandie , et considérée 
comme l'ouvrage de la reine Mathilde, sa femme. 

Elle est exposée dans une grande vitrine de la 2© salle, et la première 
scène est au milieu du côté g. L'histoire commence au départ d'Harold, 
envoyé par Edouard à Gruillaume, pour lui annoncer qu'il sera roi d'Angle- 
terre, et se termine par la bataille d'Hastings. Il y a 58 scènes, expli- 
quées par des inscriptions latines. Le dessin est grossier, et l'on n'a 
guère attaché d'importance au choix des couleurs, mais il y a de l'ex- 
pression dans les sujets. Le nu est seulement représenté par des contours 
en laine et quelques traits du dessin, en jaune. La bordure contient des 
animaux, quelques scènes tirées des fables d'Esope, etc. 

La salle d'entrée et celle de la tapisserie contiennent aussi quelques 



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140 II.R.U. ST-LO. De Paris 

tableaux remarquables: la Cour de Charles de IX, par Porbus; une Vierge 
au raisin de Mignard; une Cléopâtre de Vécole italienne^ etc. 

L'hôtel de ville, qui avoisine la cathédrale, a du côté de la rue qui 
passe derrière l'église un jardin renfermant la statue d'A. deCaumont, 
l'archéologue (1802-1873), deBayeux,niarbre par leHarivel-Durocher. 

Bayeux a encore beaucoup de vieilles maisons intéressantes. 

CoRRESPO>'D. pour les petits bains de mer ô^Asnelles (14 kil. ^ Grand- 
Hôtel, etc.), à.''Arromanches (12 kil.; H. du Chemin de fer, etc.) et de Port- 
en-Bessin (10 kil. \ H. de TEtoile-du-Iford, etc.). — A Courseulles, v. p. 150. 

278 kil. Crouay. — 283 kil. Le Molay-Littry. — 296 kil. 
Lison (buffet). 

De Lison a Coutakces (Granville, Avranches, etc.) : 48 kil.; 1 h. 25 à 
2 h. 45-, 5 fr. 55, 4 fr. 15, 3 fr. On gagne la vallée de la Vire, qu'on 
remonte jusqu'à St-Lô. Vue à dr. 

19 kil. (I^st.) St-Lô (hôt. du Cheval - Blanc) ^ ville très ancienne de 
10580hab., chef-lieu du départ, de la Manche^ d'aspect pittoresque et 
dans un beau site, à g. sur une colline de la rive dr. de la Vire. Son nom 
de'rive de celui de Laudus, Tun de ses premiers évêques. Elle fut for- 
tifiée par Charlemagne et prise par les Normands, puis plusieurs fois 
par les Anglais. Son principal monument est Notre-Dame , l'anc. cathé- 
drale, du xivC s. et restaurée au xyii^s,, avec deux belles tours. Elle 
a une chaire goth. en pierre à l'extérieur, à g. du chœur. — Un peu plus 
loin est Vhôtel de ville^ belle construction moderne, sur une place où sont 
aussi le palais de justice et la préfecture. Dans le vestibule de l'hôtel de 
ville, à dr., se voit un piédestal antique avec une importante inscription 
de correspondance administrative, dit le «marbre de Torigny . Le buste 
qui est dessus est celui de l'astronome le Verrier (1811-1877) , de St-Lô, 
I)ar Pradier. — La halle, dans la rue basse à dr., renferme un petit mu- 
sée, public le dim. de midi à 3 h. et le jeudi de 1 h. à 4. La salle prin- 
cipale contient des tableaux, la plupart de peu de valeur (un Jordaens), 
divers objets d'art (triptyque avec 5 grands émaux), des antiquités, des 
médailles, etc. Dans une salle basse, où l'on descend du 1^^ étage, 9 vieil- 
les tapisseries et des sculptures; dans l'autre salle du 1^^, une collection 
d'histoire naturelle. — Ste-Groix, plus loin à g., derrière le palais de jus- 
tice, est une belle église moderne du style roman, ayant des autels très 
remarquables et un beau vitrail à la grande fenêtre du chœur. 

De St-Lô à Coutances, on traverse aussi un pays accidenté. Belle 
vue à g. — 48 kil. (9^ st.) Coutances (p. 150). 

Ensuite, à g., VElle, affluent de la Vire. — 302 kil. Neuilly. 

Embeaîv'CH. de 8 kil. sur Isigny ^ localité de 337 hab. , avec un petit 
port et renommée par son beurre, dont il s'exporte une grande quantité 
en Angleterre. — Correspond, à Isigny pour (?ran<fca»ip" (10 kil. ; 1 fr. ; 
hôt. de la Plage, etc.), bourgade qui a une belle plage. 

On traverse la Yire, et l'on arrive dans le Cotentin, pays plat et 
marécageux, célèbre par ses bœufs. 

314 kil. Carentan (à dr.), ville de 3232 hab. et petit port sur la 
Taute canalisée. Elle a une église assez remarquable du xv^ s. — 
326 kil. Chef-du-Pont — 332 kil. Fresville. 

335 kil. Montebourg, stat. à env. 4 kil. au S.-O. du bourg de ce 
nom, que dessert du reste un embranch. allant rejoindre 4 kil. plus 
loin la ligne de Yalognes à Barfleur (v. ci-dessous). 

343 kil. Valognes (hôt. du Louvre), petite ville déchue de 5718 hab., 
à dr., avec une église en partie du xv^ s. 

De VALOG^'ES a Barfleur: 36 kil.; 2 h.; 4 fr. 45, 3 fr. 20, 2 fr. 40. 
Cette ligne, en communication avec celle de Cherbourg, mais qui n'ap- 
partient pas à la comp. de l'Ouest, a une gare spéciale de l'autre côté 
de la ville. — 9 kil. St- Martin -d'Audouville-Vaudreville. Embranch. de 



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à Cherbourg. 



CHERBOURG. 



//. R. 14. 141 



Montebourg, v. ci-dessus. — 14kil. Lestre - QuinéviUe ^ stat. desservant le 
petit village de Quinéville (hôtel), qui a des bains de mer, sur une belle 
plage. — 22kil. (6^ st.) Queitehou (1297 hab.). — 24kil. St - Vaast - de - la- 
Hougue (hôt de Normandie), ville de 2844 hab., avec un port prOte'gé par 
les forts des îles Tatihou, au If., et de la Hougue ou la Hogue, au S. Cet 
endroit est connu par la de'faite de Tourville par les Anglais et les Hol- 
landais, en 1692. Il y a des bains de mer. — 36kil. (Ile st.) Barfleur 
(hôt. Foucher), bourg avec un petit port et des bains de mer. Ce fut une 
ville importante au moyen âge. 4kil. plus loin est le phare de Gatteville, 
baut de près de 75 m., à la pointe de Barreur ou Baz de Gatteville, extré- 
mité' E. de la presqu'île du Cotentin. Il y a 27 kil. de route et une voit, 
publ. de Barfleur à Cherbourg. 

353 kil. Sottevast, village situé à g., avec un château du xvii® s. 
Ligne Coutances , etc., v. p. 150. — 360 kil. Couville. On traverse 
de nouveau un pays accidenté. — 365 kil. Martinvast. Château et 
haras Schickler. Un petit tunnel en arrivant à Cherbourg. A dr., 
la montagne du Roule (p. 143). 

371 kil. Cherbourg. — hôtels -. de v Amirauté et de V Europe (pi. a 
E 4), quai de Paris ; de V Aigle et d'Angleterre (pi. b, E 4) , place Bricque- 
ville, 42 et 44; de France et du Commerce (pi. e, E4), rue du Bassin; des 
Bains (pi. d, E3), de l'autre côte' de l'avant-port du commerce, bien, mais 
convenable seulement pour les baigneurs. 

Cafés : quai de Caligny et au nouveau théâtre. 

Barques pour excursions dans la rade, jusqu'à la digue (v. ci-dessous 
2b. aller et retour), ordinairement 10 fr. pour 5 personnes: prix à débattre 

Bateaux a vapeur pour Weymouth, tous les jours excepté le dimanche 
pour Southampion^ les mardi et vendredi. 

Bains de mer, sur une belle plage, à l'E. au delà du port marchand 
50 c, 75 e. avec costume et linge. 

Etablissement du port (v. p. xiv), 7 h. 58. Longit. O., 3° 57^ 39''. 

Cherbourg est une ville de 37013 hab., une place forte de l^^cl. 
et le 3® port militaire de France. Elle doit son importance à sa po- 
sition , à l'extrémité de la presqu'île du Cotentin et dans une baie 
formée par le cap Lévi à l'E. et le cap de la Hague à l'O., en face 
de l'Angleterre , qui s'en est emparée plusieurs fois. 

La ville elle-même offre peu de curiosités ; elle est en grande 
partie moderne, bien bâtie et propre. On se trouve au sortir de la gare 
(pl.E5) à l'extrémité àvi port marchand, à l'embouchure de laDivette 
et du Trotebec. Ce port, d'une importance secondaire , se compose 
surtout d'un bassin de 408 m. de long sur 127 m. de large , d'un 
avant-port et d'un chenal de 600 m., entre deux jetées en granit. 

La ville est du côté 0. ou à g. en arrivant. De ce côté, non loin 
du bassin du commerce, est le nouveau théâtre (pi. 10, E 4), bel édi- 
fice dans le style classique, richement décoré à l'intérieur. 

Sur une petite place bordant l'avant-port se voit le buste de 
Bricqueviîle , colonel du premier empire, en bronze, par David 
d'Angers. Plus loin, à g., la. place Napoléon (pl.D3), où s'élève 
une statue équestre de Napoléon I^^\ en hronze. par A. le Véel, avec 
l'inscription : «J'avais résolu de renouveler à Cherbourg les mer- 
veilles de l'Egypte». 

La BADE, sur le bord de laquelle s'étend cette place, n'a pas moins 
d'un millier d'hectares de superficie, mais elle a des parties inacces- 
sibles aux grands navires à marée basse, de sorte que leur mouillage 



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142 IL R. 14, CHERBOURG. 

réel n'en comprend guère que le cinquième. Cette rade est exposée 
à toute la violence des vents du nord, et la nature semblait opposer 
des obstacles insurmontables à l'établissement du port militaire 
qu'avait projeté Yauban. Il s'agissait d'abord de l'abriter par une 
*digue , à env. 4 kil. de la ville , et les travaux qu'on y fit furent 
deux fois détruits par les vagues. C'est seulement de nos jours 
qu'on est parvenu à leur opposer une barrière qui paraît devoir leur 
résister. C'est une jetée de 3780 m. de longueur et 150 à 200 m. de 
largeur à la base , composée de cubes de granit jetés en enroche- 
ments et s'élevant en talus jusqu'au niveau de la basse mer, où elle 
a encore 60 m. de largeur. Sur cette jetée a été construite une mu- 
raille de 9 m. d'épaisseur et plus de 9 m. de hauteur , devenue , par 
l'emploi des ciments hydrauliques, un monolithe gigantesque. Les 
travaux ont coûté 67 millions. Quatre forts et douze batteries sont 
établis sur la digue. Le public est toutefois admis à la visiter , et 
c'est une des principales curiosités de Cherbourg (barques , v. ci- 
dessus). On fait de plus en s'y rendant une belle promenade dans 
la rade , et on a l'occasion de voir les vaisseaux de ligne qui s'y 
trouvent. Du fort central, on visitera la digue de préférence du côté 
0., d'où la vue est plus belle. La passe de l'O. et la passe de l'E. 
sont aussi défendues par des forts sur la côte , et il y a encore dans 
chacune d'elles un fort isolé sur un îlot. La défense du port est com- 
plétée par des forts détachés sur les hauteurs environnantes et le 
port militaire est entoui'é d'une enceinte continue. 

V église de la Trinité {-çhB 3-4), au S. de la place Napoléon, date 
du XV® s. La nef est décorée de peintures polychromes , et l'on y 
voit au-dessus des arcades des scènes de la Passion et une Danse 
macabre en hauts-reliefs peints et dorés. 

L'hôtel de ville (pi. 6, D 3) , à dr. sur la place d'Armes , près de 
la place Napoléon , est une construction insignifiante ; mais il ren- 
ferme un MUSÉE d'une certaine importance. Ce musée est public le 
dim. de midi à 4 h. et visible aussi les autres jours de midi à 2 h. 
Il comprend surtout beaucoup de petits tableaux anciens , qu'il est 
souvent impossible d'apprécier, parce qu'ils sont placés trop haut, 
dans une salle insuffisante. 

Salle principale, de dr. à g. : *76, Roger, Jésus descendu de la croix, 
la Vierge, St Jean et les saintes femmes ; 66, Qu. Maisys, Paysans -, 42, Bril, 
paysage^ 83, Tenter s, Singes au cabaret; 50, van Eyek, la Vierge: 2, VAlhane, 
la Circoncision ^ 47, Dietrich , portrait ^ 75, Rochman, paysage ; 139, Poussin, 
Pyrame et TMsbé; 52, Fyt, tableau de genre; 35, Murîllo, Jésus tombant 
sous la croix ; 198, Leleux, Un grand-père ; 17, le GuercMn, Tanerède blessé 
secouru par Hermînie; 5, le Bassan, l'Automne et l'Hiver; 61, Jordaens, 
Adoration des mages; 88, Wyclc, Intérieur; 8, école florentine du XIV^ s.. 
Un ermitage ; 135, Oudry, Aigle saisissant im lièvre ; 37, Rîbera, Un philo- 
sophe; 12, VAngelico, Mise au tombeau; 157, J. Vernet, paysage; 60, Hon- 
dekoeter. Singe et perroquet; 45, Granach, Frédéric III et Jean, électeurs 
de Saxe ; 79 , Rottenhammer , la Vierge et l'Enfant servis par des anges ; 
228, école de Sienne, Madone ; 7, le Caravage , Mort d'Hyacinthe ; 51, Franck 
le J., la Femme adultère ; 1, VAlhane, la Salutation angélique ; 14, Galbiani, 
Madone; 148, Lesueur, la Justice; 11, Fontana , Aàorz.Mon des mages; 101, 
Coypel, sujet tiré du Don Quichotte; 96, Bourguignon, Choc de cavalerie; 



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CHERBOURG. IL B. 14, 143 

70, van Mol, Apprêts de la sépulture de J.-C; 65, J. van Loo ^ la Me'lan- 
colie-, 123, Lafosse, la Présentation^ 216, Léon, de Vinci^ son portrait; 180, 
Flinck, St Jérôme; 143, Rigaud^ portraits; 147, Lesueur, Prédication de 
J.-C; 211, Soye7\ Une sacristie; 27, 28, Schiavone, Joseph expliquant les 
songes et ses envoyés cherchant la coupe; 39, 80, Aelst^ Ruysch, Fleurs; 
138, Poussin, Pietà;' 16, Giordano, St Pierre; 74, Fr. Porbus, portr. de Fran- 
çois II de Médieis et de sa fille , plus tard femme de Henri IV. Au mi- 
lieu : école fiamande. Présentation de la tête de St Jean-Baptiste ; Lefèvre, 
Marguerite à l'église, marbre. 

Le PORT ivaLiTAiBE ou arsenal (pi. B C 1 - 3) forme comme une 
ville à part au N.-O., avec son enceinte païticulière. L'entrée est au 
S., par la rue de l'Abbaye, au delà d'une caserne. On peut le visiter 
tous les jours , sauf les dim. et fêtes , de 1 h. à 4 h., 5 h. ^/g en été, 
avec une autorisation qui se délivre à la Majorité , à g. en entrant, 
de 1 h. à 3 h. L'autorisation ordinaire, qui exclut la visite des ate- 
liers, s'obtient facilement; on vous demande seulement votre nom 
et l'on vous fait accompagner par un matelot qui vous sert de guide. 
La visite demande env. 2 h. 

Ce port, qui a une superficie totale de 22 hect., a été commencé 
sur les ordres de Napoléon I^'', mais seulement terminé en 1858, où 
il fut inauguré par Napoléon III , en présence de la reine d'Angle- 
terre, juste cent ans après la dernière descente des Anglais, qui alors 
pouvaient encore s'emparer de Cherbourg sans coup férir, brûler les 
vaisseaux qui s'y trouvaient, etc. Outre des ateliers, des magasins, 
des hangars de toute sorte, un grand nombre de cales, des casernes et 
des bassins secondaires, il comprend trois bassins principaux creusés 
dans le roc, où peuvent mouiller commodément 40 vaisseaux de ligne, 
toujours à flot, ces bassins ayant encore plus de 9 m. d'eau par la marée 
la plus basse Ce sont : Vavant-jtort^ le premier à dr., V arrière-bassin, 
un peu plus loin à g., et le bassin à flot, à dr. au delà du premier. 

Entre ce dernier bassin et la mer se trouve la direction de l'Ar- 
tillerie (pi. B 1), avec une vaste salle d'armes qu'on peut visiter. C'est 
pour le simple visiteur la partie la plus curieuse de l'arsenal. Il y a 
jusqu'à 50 000 armes, dont 20 000 fusils, le tout disposé avec beau- 
coup d'art, combiné de mille façons, pour former toute sorte de figures 
géométriques , des portiques , des palmiers et autres plantes , des 
lustres , des corbeilles , etc. On vous fait aussi voir l'intérieur d'un 
ou de plusieurs vaisseaux de guerre, moins intéressants à l'arsenal 
qu'en rade, parce qu'ils sont désarmés ; l'ancien yacht impérial, qui 
est magnifique, et la petite salle des modèles, intéressante seulement 
pour les hommes compétents. 

Au S. de la ville se trouve encore une église moderne remar- 
quable, Notre-Dame- du -Vœu {i^l. Do), du style roman , à trois 
nefs, avec transept et deux tours a flèches en pierre sur la façade. 

La montagne du Roule (pi. F 5), au S.-E., au delà du chemin 
de fer , offre une belle vue de la ville et de la rade. On y monte en 
^^4 d'h. par un sentier en lacets. Il y a au sommet un fort dont 
l'entrée est interdite au public. 

De Cherbourg à Couiances, Follîgny (Granville), Poniorson (Tlont-St- 
Michel), Dol (St-Malo) et Brest, v. R. 16. 



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144 

15. Bains de mer du Calvados. 

I. De Paris à Trouville-Deauville , Villers-sur-Mer, 
Beuzeval-Houlgate et Cabourg. 

(Mézidon-Caen.) 

220 kil. Trajet en 4 h. à 8 h. 30. Prix: 27 fr. 20, 20 fr. 45, 15 fr. — De 
Trouville à Villers-sur-Mer: 11 kil. ; à Beuzeval-Houlgate, 20 kil. ^ à Ca- 
bourg, 23 kil.-, trajets de 15 à 30 min., 30 à 50 min., 1 h. à 1 h. 10; prix: 
1 fr. 35, 95 et 75 c, 2 fr. 45, 1 fr. 85 et 1 fr. 35, 2 fr. 85, 1 fr. 10 et 1 fr. 50. — 
Autre route, v. p. 134. 

Jusqu'à Lisieux (191 kil.), v. II. 14. On laisse à g. la ligne de 
Caen, traverse un tunnel de 1 kil. et descend la vallée de la Touques. 
— 4 kil. Le Grand- Jardin. — 10 kil. Le Breuil-Blangy. 

17 kil. Font-V Evêque, petite ville sur la Touques. 

Be PoKT-l'EvÉQUE K Honfleur: 25 kil.; 40 à 50 min.; 3fr. 15, 2 fr. 40, 
1 fr. 75. Cet embranch. passe plus loin dans un tunnel de 3 kil. — 12 kil. 
Queiteville. Château d'Hébertot, v. p. 146. Ou longe à la fin la Seine. 

25 kil. Honfleur (liôt. : du Cheval- Blanc .^ à l'avant -port; de la Paix.^ 
presque à côte', à g. :. liôt.-pens. Maison du Moni-Joli, recommande), ville 
de 9(26 h ab. et port de mer, dans un site pittoresque, sur la rive g. et 
à remboueliure de la Seine , entretenant avec le Havre un service régu- 
lier de bateaux à vapeur (v. p. 112). 

Honfleur est une ville déchue depuis la fondation du Havre et aussi 
parce que son port s'envase. Néanmoins on a beaucoup fait dans les der- 
niers temps pour Taméliorer, en y créant un quatrième bassin et une vaste 
retenue. Ce port fait surtout un grand commerce de bois et une grande 
exportation d'oeufs, de volailles, de légumes et de fruits pour l'Angleterre. 

La gare est près du port. A Pavant-port, Vhôiel de ville, qui n'a rien de 
curieux, mais renferme un petit musée, et la, Lieutenance , avec une porte 
du xvi© s. Tout près de là, V église Ste-Gatherine, en bois, à deux neufs et 
avec bas côtés, de la fin du xv^ s. Elle est en restauration. On remarque 
particulièrement à l'intérieur la tribune de l'orgue et deux tableaux au 
fond des nefs : un Christ au Jardin des Oliviers, par J. Jordaens , et un 
Portement de croix, par Erasme Quellyn. On visite surtout ici, à l'O. 
du port, la côie de Grâce, ainsi nommée d'une chapelle qui est un but de 
pèlerinage. On y a une belle vue sur l'embouchure de la Seine, et le 
plateau forme une belle promenade ombragée. Il faut 1/4 d'h. pour y 
monter, en passant à g. de Ste-Catherine et en prenant ensuite à dr. la rue 
de Grâce, puis un chemin à g. d'un bureau d'octroi. Il y a dans le 
haut un hôtel-restaurant. Dans le bas, sur la route de Trouville, sont 
des bains de mer peu agréables (vase) et peu fréquentés. 

Voit. publ. pour Trouville, de l'hôtel du Cheval-Blane, 3 fois par jour 
dans la saison, à 8 h., 11 h. et 4 h.; trajet en 1 h. 30 à 1 h. 45 (16 kil.); 
prix: 1 fr. 60 à l'intérieur, 2fr. 10 à l'extérieur. La route est en partie 
ombragée et encaissée jusque près de Criquebœuf (S liil.)^ dont l'église est 
couverte de lierre. Ensuite la vue se dégage. 2 kil. plus loin, Viller- 
ville, etc. (v. p. 146). — Trouville, v. ci-dessous. 

26 kil. Touques, village et petit port à 4 kil. de l'embouchure 
de la rivière du même nom. Puis, à g., la ligne de Cabourg (p. 146) 
et le champ de courses de Deauville (p. 146). 

29 kil. Trouville. — HÔTELS : //. des Roches- Noires, maison grandiose, 
à l'extrémité IST.-O. de la plage et de la ville; H. de Paris, aussi de 
1er ordre, mieux situé, près du casino; H. Bellevue (déj., 4 fr.; dîn., 5 fr.), 
de la Mer, du Helder (déj., 2 fr. 50; dîn., 3 fr. 50), de la Plage (mêmes prix), 
place de l'Hôtel- de-Ville, non loin de la plage; M. Tivoli, avec jardin, à 
l'extrémité de la rue de la Mer, ouvert toute l'année; JI. d'Angleterre, rue 
de la Plage; H. Meurice, rue des Dunes, l'un et l'autre derrière le casino; 
H. du Bras-d'Or, R. du Plat-d'Or, rue des Bains ; H. de France, assez près 



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TROUVELLE. IL B. 15, 145 

de la gare, qui est loin de la plage, modeste (ch., 1 fr. 50: serv , 50 c • 
déj., 2 fr. 50; dîn., 3fr.); H. Frascati , à la gare. — Beaucoup de maisons 
et d'appartements meublés à louer. — On est importuné à l'arrivée par des 
offres dont il faut se méfier. 

Bains de mbe, au casino et à Thôtel des Eoches- Noires: cabine de 
luxe, 2fr. ; cab. à flot, Ifr.; cab. ordinaire, 60 c., bain de pieds com- 

Îris; costume simple, 50c.; peignoir, 25c.; caleçon, 20c.; serviette 
Oc; guide, 50 c. ' 

Casino : un iour, 2 fr., 3 fr. du 16 juillet au 16 sept.; 15 jours, 1 pers., 
30 fr. 5, 2 pers., 50 fr. ; 1 mois , 40 et 60 fr. ; demi-saison , du l^r juillet au 
10 août et du 10 août à la fermeture, 50 et 75 fr.; 3 mois, 60 et 100 fr. 

Voitures de place: à 1 chev., de 6 h. du m. à min., course, 1 fr. 50, 
bagages compris; heure, 3fr,; à 2 chev., 3 et 4fr.; la nuit, le double. 
Moyennant ces prix , les voyageurs sont conduits à leur arrivée jusqu'à 
ce qu'ils aient trouvé un logement. 

Poste et télégraphe : rue Pellerin , 7, 3^ rue à g. de la rue de la 
Mer, en venant du port. 

Bateau a vapeur par le Havre ^ tous les jours dans la saison, à la 
marée; v. p. 112, 

Omnibus pour Honfieur^ 2 et 3 fois le jour dans la saison, de la rue 
des Bains, 40, en face du bureau du chemin de fer; 2 fr. 10 et 1 fr 60 
(v. p, 144). 

Etablissement du port (v. p. xiv), 9 h. 40. Longit. O., 2° 15' 47''. 

Trouville est un jJetit port de mer et l'un des endroits les plus 
fréquentés sur la Manche pour les hains de mer. Sa population est 
aujourd'hui de 6308 hab., tandis que ce n'était encore il y a une 
quarantaine d'années qu'un pauvre village de pêcheurs. Le joli site 
qu'elle occupe au bord de la mer, à l'embouchure de la Touques, 
sur le versant d'une colline , et sa plage composée d'un sable com- 
pact et sans galets , y attirent maintenant chaque année , la vogue 
s'en mêlant , un nombre de baigneurs de plus en plus considérable, 
surtout du monde élégant. Aussi la plage et la colline se sont elles 
couvertes d'une multitude de jolies et de splendides villas. 

La gare est sur la rive g., entre Deauville et Trouville. On passe 
sur un pont à dr. pour aller à Trouville. Le port, qui fait surtout 
le commerce des bois du Nord et qui est important pour la pêche, 
se compose d'un bassin à flot, d'un avant-port et d'un chenal, à dr. 
duquel est la plage. A dr. du port , sur la colline , se voit Notre- 
Dame-des-Victoires , église moderne qui n'a guère de curieux que 
son site. Vers l'extrémité du quai, la Poissonnerie, intéressante à 
l'arrivée des pêcheurs. Là aboutit l'importante rue des Bains, à 
l'autre extrémité de laquelle est Notre-Dame-de-Bon-Secours, petite 
église neuve avec un beau portail surmonté d'un clocher du style 
de la renaissance. Un peu plus loin que la Poissonnerie, Vhôtel de 
ville, du style Louis XIII, et, à côte de l'hôtel Bellevue, la rue de la 
Mer, également importante. 

La *plage de Trouville est une des plus belles de France et 
peut-être la plus belle qui existe, par le nombre, la variété et la 
magnificence de ses villas. Elle n'a pas moins de 1200 pas de 
longueur, du chenal à l'hôtel des Roches - Noires , et elle présente 
sur presque toute son étendue une large promenade planchéiée ou 
pavée. Aussi est-ce le rendez-vous des baigneurs et surtout des 

Bœdeker. Nord de la France. 2© édit. 10 



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146 J/. B. 15. DEAUVILLE. Bains de mer 

baigneuses, qui y paradent et y campent la plus grande partie de la 
journée sur le sable: c'est le boulevard d'été de Paris. 

Le casino , dit le salon , se trouve dans la première partie , et 
il a une entrée spéciale du côté de la ville , rue de la Plage. C'est 
une grande construction en briques et en pierre , sur une terrasse 
dominant la plage. Il offre toutes les ressources propres à ces sortes 
d'établissements et il y règne un grand ton. 11 a 7 salles ou salons, 
dont une grande salle de fêtes , de concerts et de théâtre , une salle 
réservée au cercle de l'Union-Club et une pour le cercle Trouvillais. 
Il y a concert 2 fois par jour, à 41i. Va «* 8h. Va du soir. Représen- 
tations théâtrales deux fois par semaine; grand bal le dimanche, 
bals d'enfants, etc. 

Deauville. — hôtels: g. -H. du Casino; H. de la Terrasse, au bord 
de la mer, près du chenal de Trouville; H. de V Europe et Frascati, près 
de la gare. — Bains, à peu près comme à Trouville. Maisons et apparte- 
ments meublés à louer. — Casino: 1 jour, 1 fr., 2 fr. les jours de bal et la 
semaine des courses; 7 jours, 1 pers., 10 fr., 2 p., 15; 3 p. 24fr.; 15 jours, 
16, 25, 34 fr. ; 1 mois, 25, 40, 52 fr., etc. 

Deauville, desservi par le chemin de fer comme Trouville et où 
l'on passe de la rive dr. du port par un bac (10 c.) ou par le pont 
près de la gare, est une bourgade moderne , avec de larges et belles 
rues tracées au cordeau , mais maintenant stationnaire et ressem- 
blant à un vaste canevas à moitié rempli. C'est aussi en vue de 
bains de mer qu'a été créée cette localité, mais la plage y est 
inférieure à celle de Trouville; elle est trop large et sans relief; le 
flot s'y retire trop loin à marée basse. La terrasse est une route 
longeant de belles maisons un peu trop espacées et un grand casino 
qui n'a sans cela rien de particulier. — La plage est reliée par 
un tramway à Tourgéville (v. ci-dessous ; 25 c). 

Deauville a un champ de courses, près du chemin de fer, où il y 
a des «réunions» très suivies pendant une semaine au mois d'août. 

A 6 kil. au N.-E. de Trouville, sur la route de Honfleur, se trouvent 
encore les bains de Villerville. Omnibus, 1 fr. ; voit, partie, prix à dé- 
battre. La route monte une côte fort raide en passant, à g., au magni- 
fioue chalet Cordier. On remarquera du reste de jolies villas jusqu'à 
Hennequeville (3 kil.). — Villerville (hôt. : de Paris, de Bellevue, des Bains, 
etc.) est un village avec des bains de mer moins prétentieux que ceux 
de Trouville et de Deauville, dans un assez beau site, au pied d'une fa- 
laise. Il y a des villas et des chalets. 

Promenade recommandée de Trouville au château d'Hôbertot, du 
xvii® s., dans un joli site, à 16 kil. par la route, qui traverse une partie 
de la belle forêt de Touques et passe à St-Oatien (8 kil.) et St-Benoît-d'Hé- 
hertot (15 kil.). Le château, à St-André-d'Hébertot, se trouve à 4 kil. au 
S.-O. de la stat. de Quetteville (p. 144). 

De Trouville au Havre, v. p. 112; a Honfieur, p. 144. 

La LIGNE DE Caboubg s'cmbrauche à dr. de celle de Lisieux- 
Paris. A dr., le champ de courses de Deauville. — 6 kil. Tourgé- 
ville. A dr., le mont Canisy (100 m.), où il y a des ruines. On 
visite aussi à Tourgéville le château de Qlatigny, qui est des xvi - 
xvn^ s., avec une façade en bois sculpté. — 8 kil. Blonville, où l'on 
remarque quelques villas. Plus loin, à dr., se montre Yillers. 



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du Calvados. CABOURa. //. E. 15. 147 

11 kil. Villers-Sur-Mer. — hôtels: du Bras-d'Or^ au centre ^ des 
Herbages^ sur la plage ^ de Paris, près de là; du Casino, près du Bras-d'Or. 

— Bains: 1). complet, 1 fr. 50; cabine avec bain de pied, 60 c. ; costume 
50 c. ; peignoir, 25 e. ; serv., 10 c. ' 

Villers-sur 'Mer est une bourgade dans un assez joli site, avec 
des bains de mer rappelant ceux de Trouville. Les alentours sont 
accidentés et boisés 5 la plage , à 20 min. du chemin de fer, est très 
étendue , toute de sable et bordée de belles villas. Le casino , re- 
construit trop loin du côté gauche, était fermé en 1886 et remplacé 
par une baraque. L'église , dans le haut du même côté , a été en 
partie reconstruite, dans le beau style goth. du xin® s., avec de beaux 
vitraux par Duhamel-Marette. 

Le chemin de fer monte ensuite beaucoup, à travers un pays 
boisé, où est la halte de St-Vaast, 

20 kil. Beuzeval-Houlgate. — hôtels. A Eoulgate, à dr. en arri- 
vant du côté de Trouville : Gr.-H. d'Houlgate, grande maison de l^r ordre 
rue Baumier, avec vue de la mer et précédée d'un jardin, qui la sépare 
du casino j JS. Beauséjour, H. Bellevue, dans la rue des bains, qui fait 
suite à la précédente du côté de Beuzeval. — A Beuzeval: Gr.-H. Imher, 
H. de la Mer, sur la plage. — Bains, à peu près les mêmes prix des deux 
côtés: cabine, eOc.j costume, 40c.; peignoir, 30c., etc. — Casinos. A 
Houlgate: entrée simple, 50 c. ; 7 jours, 12 fr. i 15 iours, 20 fr.; 1 mois 
30 fr. pour 1 pers.; 20, 30 et 50 fr. cour 2 pers., etc. — A Beuzeval, dans 
une baraque plus que modeste: 15 jours, 14 fr.; 1 mois, 25 fr., etc. 

Beuzeval et Houlgate ne sont que deux parties d'une même 
bourgade, composées surtout d'une longue rue au-dessus d'une belle 
plage de sable. La seconde est de création récente et surtout com- 
posée de beUes villas, avec des jardins ombragés. Beuzeval, que 
traverse le chemin de fer, s'étend jusqu'à env. 5 min. de l'extrémité 
E. de Dives et à peu de distance de Cabourg (v. ci-dessous). 

La voie se rapproche ensuite de la mer et passe entre les der- 
nières maisons de Beuzeval et sa plage. Plus loin, à dr., l'embou- 
chure de la Dives, avec un tout petit port, où les promeneurs pas- 
sent en bac pour gagner directement Cabourg. 

22 kil. Dives (hôt. Guillaume-le- Conquérant), jadis une ville 
assez importante. C'est de son port que Guillaume le Bâtard partit 
d'abord pour la conquête de l'Angleterre, en 1066 (v. p. 81). Une 
colonne moderne, sur la hauteur voisine, rappelle cet événement. 
Li'hôtel, sur la route, est une construction ancienne assez curieuse. 
On verra V église, où conduit la rue à dr. de là. Elle est des xiv® 
et XV® s. Au portail , à l'intérieur , ont été inscrits de nos jours les 
noms encore connus des compagnons de Guillaume le Conquérant. 
Les halles, près de là, à l'E., sont en bois et en partie du xiv® s. Des 
baigneurs de Beuzeval se logent à Dives. Cabourgn'en est qu'à 1200 m. 

23 kil. Cabourg. — hôtels: Gr.-ff. de la Plage, à l'extrémité de 
l'avenue de la Mairie et à côté du casino; H. des Ducs de Normandie, 
aussi sur la plage; H. du Casino, H. du Nord, avenue de la Mairie; H. de 
la Mairie. — Bains : 5 classes, à 2 fr. 20, 1 fr. 90. 1 fr. 50, 1 fr. 40 et 1 fr. 

— Casino : entrée, 1 fr. ; 8 jours, 7 fr. ; 15 j., 12 fr.; 1 mois, 22 fr. pour 
1 pers., 12, 22 et 40 fr. pour 2 pers., etc. -^ ' ' ^ 

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148 II.R,15. LUC -SUR -MER. 

Cabourg , dont la stat. se trouve à peu près à mi-cîieiniii de 
Dives, est un bourg moderne, du moins la partie des bains de mer. 
Il est bâti en éventail, sur un grand plan, qui est loin d'être rempli, 
comme à Deauville. Il y a de belles avenues, mais les abords de la 
mer sont dénudés. Tlage immense et toute de sable, dominée par 
un casino monumental, que précède une terrasse. 

A 4kil. à rO. (omn., 1 fr.), où on l'aperçoit de la plage, se trouve 
le Home (hôt. : Grand-Hôtel , H. Ste-Marie)^ petit bain de mer avec des 
villas. 

Le cbemin de fer, s'éloignant de la mer, se prolonge au S. vers 
Dozulé (8 kil.) où il se bifurque dans les directions de Mézidon et 
de Caen, à 28 et 32 kil. de Cabourg (v. p. 134 et 138). 

II. De Caen à Luc-sur-Mer (Lion), Langrune, St-Aubin-sur-Mer 
et Gourseulles. 

23, 24, 26 et 31 kil. de la gare de r Ouest, d'où partent plusieurs trains, 
en correspondance avec la grande ligne , 7 kil. de moins de la gare St- 
Martin (v. p. 134), d'où il y a des trains spéciaux (v. l'Indicateur). Tra- 
iets en 1 b. 10, 1 h. 15, 1 h. 20 et 1 li. 30, 30 min. de moins dé la gare St- 
Martin. Prix : 2 fr. 45, 1 fr. 85 et 1 fr. 35, 2 fr. 55, 1 fr. 90 et 1 fr. 40, 2 fr. 75^ 

2 fr. 05 et 1 fr. 50, 3 fr. 30, 2 fr. 45 et 1 fr. 80 de la gare de l'Ouest, 75, 5o 
et 40 c. de moins de la gare St-Martin. — Correspond, à Luc-sur-Mer pour 
Lion-sur-Mer : 3 kil., en 25 min., pour 80 (coupé) et 60 c. le jour, 1 fr. et 
75 c. la nuit. 

Caen, v. p. 134. En partant de la gare de l'Ouest, on suit un 
instant la ligne de Cherbourg (p. 139) , puis on contourne la ville à 
une grande distance à l'O., en passant à la stat. de la Maladrerie, 
et l'on gagne la gare de St-Martin, où l'on change de train (buffet; 
8 min. d'arrêt). On repart dans la direction du N. ; dernier coup 
d'oeil en arrière sur la ville, à dr. — 10 kil. Couvrechef. — 12 kil. 
Cambes. — 15 kil. Mathieu. — id 'kil. Douvres -la- Délivrande, 
dont on aperçoit à dr., avant la station, le beau clocher du xii*^ s., 
avec sa flèche en pierre tout à jour et entourée de clochetons. — 
20 kil. Cha'pelle-de-la-Délivrande, hameau avec le célèbre pèlerinage 
de Notre-Dame-de-la-Délivrande, dont la belle église moderne, du 
style du xni® s. et avec deux clochers en pierre, se trouve à g. près 
de la station. 

23 kil. Luc-sur-Mer. — hôtels: de la Belle-Plage (déj., 3 fr. 5 dîn., 

3 fr 50), du Petit-Enfer, Ste-Hélène, tous sur la plage. — Bains: b. complet, 
1 fr. 90 et 1 fr. 40^ cabine, 40 c; costume, 60 c.^ maillot, 30 c; peignoir, 
40 et 30 c. : serviette, 10 c, etc. — Casino : 1 jour, 50 e. en juillet et sept., 
1 fr. en août^ 8 jours, 3 fr. 50 et 7 fr.^ 15 jours, 6 et 15 fr.^ 1 mois, 18 et 
20 fr. ^ réductions aux familles. 

Luc-sur-Mer est un bourg avec un tout petit port et des bains 
de mer, les premiers de ce côté, mais moins prétentieux que ceux 
de Trouville, Deauville, Houlgate et Cabourg. Toute cette partie 
de la plage du Calvados est néanmoins favorable pour les bains, 
quoi qu'il y ait un peu de galets. La côte est assez élevée par en- 
droits, mais dénudée. Sur certains points, sinon à Luc, on est fort 
incommodé vers la fin de la saison par l'odeur des algues , que la 
mer rejette en grande quantité et que les paysans ramassent comme 



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COURSEULLES. II. R. 15, 149 

engrais, mais non assez vite pour empêcher la fermentation. Il n'y 
a guère ici d'autre distraction que la mer et la vie sur la plage ; 
aussi les caT)ines des bains sont-elles généralement assez grandes 
et disposées pour être occupées dans la journée (depuis 25 fr. par 
mois). Luc a néanmoins un casino assez important. — La faculté 
des sciences de Caen possède un laboratoire maritime à l'extrémité 
E. (dr.) de la plage , du côté de Lion. 

Les piétons ont plus court d'aller à Lion-sur-Mer par la côte (8/4 d'h.) 
que d'aller prendre la route à la gare, qui est à 500 ou 600 noi. de la 
plage. Il en est de même pour Langrune et St-Aubin, qui sont à 14yOO m. 
et 3200m., à l'opposé de Lion. Voit. publ. et chemin de fer, v. p. 148 
et ci-dessous. 

Lion-sur-Her (hôt. : du Calvados^ de Bellevue^ de la Plage) est un village 
avec des bains de mer de famille, sans casino et par conséquent plus 
simples et moins chers que ceux de Luc. La plage est également belle, 
mais on rencontre malheureusement dans le voisinage des tas de varech 
en fermentation. Il y a un café sur la plage. Cabine pour le bain, 20 c. 

Le chemin de fer longe ensuite la mer d'assez près jusqu'à 
Courseulles. 

24 kil. Langrune. — hôtels : du Casino^ sur la côte , en dehors du 
village, à mi-chemin de St-Aubin (v. ci-dessous)^ de Bellevue (dîn,, Sfr.); 
de la Mer (café), etc. — Cabine pour le bain, 30 c. — Pas de casino; on 
va à Lue ou à St-Aubin. 

Cette station balnéaire est dans le genre de Lion , sans préten- 
tion, dans un village, mais avec le chemin de fer en plus et à proxi- 
mité de Luc et de St-Aubin , situés à 1400 et 1800 m. par la côte. 
U église est remarquable; elle est surmontée d'une belle flèche en 
pierre des xni® et xiv® s. et elle a une belle chaire , aussi en pierre. 

26 kil. St-Aubin-SUr-Mer. — hôtels : du Casino, le même que pour 
Langrune (v. ci-dessus); St-Aubin, Bellevue, bien situés, sur la plage; de 
la Marine, dans le voisinage. — Bains, comme à Langrune. — Casino, dit 
le salon des Familles, une villa ordinaire, vers l'extrémité E. de la plage: 
entrée, 50 c, et 1 fr. ; abonnements. — Café de V Univers, aussi sur la plage 
et moins éloigné. 

Ce n'est non plus ici qu'un village, mais il est supérieur à 
Langrune comme bain de mer, malgré une certaine quantité de 
galets. Il a une longue terrasse, avec de belles villas , dominant la 
plage. On en remarque aussi V église, qui est moderne, dans le style 
goth. du xiii^ s., avec un clocher tout en pierre. 

28 kil. Bernières (hôt. de la Mer) , village à g. de la voie et qui 
a quelques cabines de bains sur la côte , à dr. Eglise remarquable, 
surtout le clocher , du xin® s. 

31 kil. Courseulles (hôt. : des Etrangers ; de Paris , sur la plage 
et à côté de la gare) , bourg à l'embouchure de la Seulles, ayant un 
petit port , qui fait un grand commerce d'huîtres. Il y a aussi des 
bains de mer, les plus primitifs de cette série , et les moins recom- 
mandables à cause des amas de varech. La localité est à quelque 
distance de la côte et la plage est encore informe. Il y a des parcs 
aux huîtres entre la gare et le port. 

A 9 kil. dans la vallée de la Seulles, Creully, qui a un beau château 
des xii^-xvi© s. ; 2 kil. 1/2 plus loin, les ruines du prieuré de St-Oabriel, des 
XI®, XIII® et XV® s. 



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150 IL R. 16. COUTANCES. 

On peut aller de Courseulles en omnibus à Ver-sur-Mer (hôt. Pélin), 
village avec des bains, à 11 ou 12 kil. (1 fr.); à Asnelles (p. 140^ 2 fr.)-, à 
Arromanches (p. 140^ 2 fr. 50). . 

16. De Cherbourg à Brest. 

(Granville, le Mont-St- Michel, St-Malo). 

419 kil. Trajet en 13 h. i/a- Prix: 51 fr. 95, 38 fr. 95, 28 fr. 60. — A 
Granville, en changeant de ligne à Folligny (p. 157): 135 kil. ; 4h. 25^ 
16 fr. 95, 12 fr. 75, 9 fr. 25. — Au Mont-St-Michel : 160 kil. ou 5 h. 1/2 de 
cbiemin de fer, jusqu'à Pontorson (p. 151), et 9 kil. de route. Prix : chemin 
de fer, 19 fr. 96, 14 fr. 95, 10 fr. 95; omnibus, 2 fr. 50 (correspond.) et 
2 fr. (hôt. Poulard), aller et retour. — A St-Malo, en changeant de ligne à 
Dol (p. 185) : 204 kil. ; 9 h. 25, dont 1 h. 40 d'arrêt à Dol ; 25 fr. 45, 19 fr. 10, 
13 fr. 05. 

Cherbourg, v. p. 141. On suit la ligne de Paris jusqu'à Sotte- 
vast (18 kil., p. 141) , puis on prend au S., à travers un pays acci- 
denté et boisé. 

26 kil. Bricquebec (hôt. du Vieux- Château) ^ petite ville où se 
voient les ruines imposantes d'un château des xiv®-xvi® s., et qui a 
une église romane et goth. assez intéressante. Près du château est 
la statue du gênerai Lemarois (1776-1836), de Bricquebec, bronze 
d'après Canova. 

36 kil. Néhou. — 40 kil. St-Sauveur-le- Vicomte , bourg pitto- 
resque , dominé par les restes d'un château et d'une abhaye qui re- 
montent jusqu'aux xi® et x® s. 

47 kil. St - Sauveur -de- Pierre - Pont. — 53 kil. La Haye-du- 
Puits, dont l'ancien château est en grande partie détruit. — 59 kil. 
Angoville-sur-Ay. 

62 kil. Lessay, qui a une belle église abbatiale du xi® s. — 69 kil. 
Minières. — 72 kil. Périers, dont l'église, des xiv®-xvi®s., est égale- 
ment remarquable. — 78 kil. St-Sauveur-Lendelin. On rejoint en- 
suite la ligne de Lison (p. 140). 

92 kil. Coutances (hôt. de France), ville de 8107 hab. et siège 
d'un évêché, dans un beau site. Elle est d'origine très ancienne et 
elle fut probablement fortifiée par Constance Chlore , à qui elle de- 
vrait son nom. Elle eut fort à souffrir des dévastations des Nor- 
mands et des guerres entre la France et l'Angleterre. Elle est do- 
minée par une ^cathédrale goth., en grande partie du xni® s., avec 
deux tours remarquables à la façade et une Hour des plus hardies 
sur le transept , formant une très belle lanterne a l'intérieur. On 
en fait l'ascension pour la visiter et pour jouir de la vue du som- 
met , qui s'étend jusqu'à St-Malo et à l'île de Jersey. A l'intérieur 
de l'église, on remarque le triforium et les jolies rosaces de la nef; 
le double pourtour du chœur, à colonnes accouplées; le maître 
autel, du xviii® s.; des bas -reliefs goth. dans la dernière chap. 
à dr. avant le chœur, etc. — Un peu plus bas, au S.-E. de la cathé- 
drale, est V église St-Pierre, édifice goth. remarquable des xv®-xvi®s., 
achevé au xvii^s. — Coutances a un 'besiu. jardin public , derrière 
le palais de justice, au N.-E. de la cathédrale. On y voit la statue 



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AVBANCHES. IL R. 16. 151 

de Lébrurij duc de Plaisance, né aux environs (1739-1824). Al'O. 
de la ville sont les restes d'un aqueduc du xin® s., restauré auxvi®. 

Belle vue sur la ville au départ. — 99 kil. Orval-Hyenville. — 
104 kil. Quettreville, On tiaverse la Sienne. — 108 kil. Cerences. 
— 114 kil. Hudimesnil. 

120 kil. Folligny, sur la ligne de Paris à Granville (R. 17). 

125 kil. La Haye-Pesnel. — 131 kil. Montviron-Sartilly. Belle 
vue à dr. On aperçoit ensuite un instant, à dr., à l'horizon, le Mont- 
St-Michel. On traverse la See en deçà d'Avranches, qui est à g. 

138 kil. Avranches (hôt. : de Londres, cher; d'Angleterre, moins 
prétentieujs: ; Bonneau, à la gare, pas cher et recommandé), ville très 
ancienne de 8000 hab., dans un site pittoresque, sur une colline de 
la rive g. de la Sée et d'où l'on a une vue superbe de la haie de 
St- Michel. Les piétons prennent nn chemin direct à dr. de la gare, 
les voit, font un détour à g. (omn., 50 c, même seulement pour un 
sac à la descente!). Avranches avait une cathédrale romano-gothique; 
elle s'est écroulée en 1790 et il n'en reste plus que quelques débris 
informes, devant la sous-préfecture, à g. en arrivant. C'est le meil- 
leur endroit pour jouir de la vue. Une inscription sur un tronçon de 
colonne, à quelques pas de là, indique l'endroit où, en 1172, Henri II 
d'Angleten-e , duc de Normandie , fit à genoux amende honorable 
pour le meurtre de Thomas Becket. Plus loin à dr. est le beau Jardin 
de l'evêche, avec une statue de Valhubert, général né à Avranches 
(1764-1805), marbre par Cartellier. L'ancien évêche, du xv® s., est 
transformé en tribunal et renferme un petit musée d'antiquités , de 
peinture et d'histoire naturelle. A peu de distance à dr. ou au S. est 
Notre- Dame- des- Champ s, aujourd'hui l'église la plus remarquable 
de la ville, reconstruite depuis peu dans un style goth. mélangé des 
xiii^ et XIV® s. Elle a de beaux vitraux. A l'O. de la place qui la 
précède se voit l'entrée du jardin des plantes, qui est curieux et 
jouit d'une belle vue. St-Saturnin , à quelques pas à g. derrière 
Notre-Dame, a été aussi reconstruit dans le même style. L'autre 
église, St-Oervais , plus dans le centre de la ville, est dans le style 
du XVII® s. et peu intéressante. 

Le chemin de fer retraverse ensuite la Sée. — 145 kil. Pontau- 
hault. Puis un haut pont sur la Sélune. — 153 kil. Servon-Tanis. 

160 kil. Pontorson. Pour cette petite ville et le Mont-St-Michel, 
V. p. 189. 

Ligne de Fougères et Vitré, v. p. 174, 

On traverse ensuite la ligne de Vitré et le Couesnon. — 122 kil. 
Pleine- Fougères. — 129 kil. La Boussac. 

138 kil. Bol (buffet), sur la ligne de Rennes à St-Malo (v. p. 185). 

146 kil. Plerguer. — 151 kil. Miniac. Embranch. de la Goues- 
nière, v. p. 191. — 156 kil. Pleudihen. On traverse près de la stat. 
suiv. la jolie vallée de la Rance (p. 191), sur un viaduc de 33 m. de 
haut. — 160 kil. La Hisse. 

166 kil. Dinan (p. 192). 



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152 //. R. 17. DREUX. De Paris 

175 kil. Cor seul ^ point important occupé par les Romains, la 
capitale des Curiosolites ou le Fanum Martis de la table Théodo- 
sienne. — 184 kil. Plancoët, bien situé à dr. dans la vallée de l'Ar- 
guenon, que l'on traverse. — 192 kil. Landébia. Ensuite une forêt. 

207 kil. Lamhalle. Pour cette ville et le reste du trajet, v. p. 178. 

17. De Paris à Granville. 
Jersey. 

328 kil. Chemin de fer de l'Ouest rive g., gare Montparnasse (pl.,p.l, 
G 16). Trajet en 7 h. 45 à 11 h. 30. Prix: 40 fr. 50, 30 fr. 40, 22 fr.m De 
Granville au Mont-St-Micbel , v. p. 158. On peut aller directement au 
Mont -St- Michel en descendant à Folligny, où s'embranche la ligne de 
Pontorson, 15 kil. en deçà de Granville. — Voir aussi la carte p. 2. 

9 kil. Bellevue, la seule des stat. entre Paris et Versailles où s'ar- 
rêtent quelques trains. Vue à dr. 

18 kil. Versailles. Voir, pour les détails, Paris et ses environs, 
parBaedeker. On traverse un tunnel, puis on voit à dr. le château et 
le parc de Versailles. A g. , le plateau fortifié de Satory. A dr. , la 
ligne de Grande-Ceinture de Paris (St-Germain-en-Laye). 

22 kil. St-Cyr, avec sa célèbre école militaire, établie en 1806 
dans l'ancienne maison d'éducation de jeunes filles nobles fondée 
par Mme de Maintenon, pour laquelle Racine composa «Esther» et 
«Athalie». On la voit bien en passant, à dr. L'école compte 6 à 700 
élèves de 16 à 20 ans. Il en sort annuellement env. 350 officiers. 

Ligne de Bretagne, v. R. 20. A g., le fort de St-Cyr. 

29 kil. Villepreux-lès-Clayes. — 33 kil. Plaisir- Grignon. A 
Grignon, à di*., un Institut agricole renommé, établi dans un beau 
château du xyii^s. — 40 kil. Villiers-Neauphle. 

45 kil. Montfort-rAmaury, stat. pour la petite ville de ce nom, 
à 3 kil. à g. On y voit une église remarquable des xy® et xvi^ s., et 
les restes du château de ses comtes (x^ s.), où naquit Simon de Mont- 
fort, chef de la croisade contre les Albigeois. — 49 kil. Garancière- 
la-Queue. — 56 kil. Tacoignières. 

63 kil. Houdan, petite ville où les comtes "de Montfort eurent 
aussi un château, dont il reste le donjon, tour ronde flanquée de 
quatre toureUes, de 1105-1137. Eglise goth. du xi® s. — 70 kil. 
Marchezais-Broué. Puis la vallée de VEure, qu'on traverse. A g., 
la ligne de Maintenon; à dr., celle de Rouen. Dreux est à dr. et on 
voit de loin la Chapelle Royale, qui le domine. 

82 kil. Dreux {hôt. du Paradis, dans la Grande Rue), ville très 
ancienne de 8719 hab., sur la Biaise, affluent de l'Eure, et au S. de 
la colline où sont les restes de son château et la Chapelle Royale. 
Les catholiques remportèrent aux environs , en 1562, une victoire 
sanglante sur les protestants. Henri IV assiégea la ville en 1590 et 
en 1593, et c'est du second siège que date la destruction du château. 

On descend en quelques min. à la. place Meiezeau, en deçà de 
laquelle on traverse la rivière. Cette place est ainsi nommée en 



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à Qranville. DREUX. //. R, 17. 153 

l'honneur des Métézeau, architectes originaires de Dreux(xvi^-xvii®s.). 
De l'autre côté se trouvent l'église St-Pierre et l'hôtel de ville. 

Uéglise St -Pierre est un édifice goth. des xin®-xv® s., auquel 
travaillèrent les Métézeau. Elle a deux toui'S, dont une seule ache- 
vée, au XVI® s. L'extérieur est très dégradé. L'intérieur présente 
trois larges nefs. On y remarque de beaux vitraux anciens, restaurés 
de nos jours , dans les chap. des bas côtés et particulièrement dans 
celle de la Vierge , à l'abside. Elle a aussi un beau buffet d'orgue, 
fait à Dreux en 1614, d'après un dessin de Clément Métézeau, qui 
s'illustra par la construction de la digue de la Rochelle. 

Vhôtel de ville, qui ressemble à un donjon carré, est un monu- 
ment du style de transition du moyen âge à le renaissance, élevé 
de 1502 à 1537. Il a, du côté opposé à la place Métézeau, une belle 
façade avec deux tourelles, d'angle en encorbellement, de jolies ar- 
catures et de riches sculptures à la porte , aux fenêtres et aux lu- 
carnes. A l'intérieur, on remarque surtout l'escalier et les voûtes. 
Il y a aussi quelques curiosités, en particulier une cloche du xvi^ s., 
quelques œuvres d'art et une petite bibliothèque. 

Nous prenons maintenant, pour aller à la Chapelle Royale, par 
la place devant l'hôtel de ville, où se voit, à g., la chapelle de l'hô- 
pital, du XVII® s. ; par la Grande Rue, par la rue des Tanneurs, à g., 
menant au palais de justice, qui est moderne; puis par la rue à dr., 
une ruelle derrière le palais , et une petite porte à g. Les restes du 
château, dont on voit une partie à la montée, sont peu considérables. 
La chapelle en occupe l'enceinte, transformée en une belle prome- 
nade, toujours ouverte au public. 

On fera bien d'aller d'abord voir l'extérieur du monument avaut de 
demander, à la grille, la personne qui en montre l'intérieur (pourb.). 
Pour la visite, on prendra bien son temps, d'autant plus qu'on ne re- 
vient pas dans la nef, mais sort par une porte latérale du caveau. 

La **Chapelle Royale ou chapelle St-Louis est un édifice im- 
portant et fort remarquable, bien que présentant un mélange de tous 
les styles. Elle a été commencée en 1816, par la duchesse douairière 
d'Orléans, mère du roi Louis - Philippe , agrandie et terminée par 
son fils pour servir aux sépultures de la famille d'Orléans. La partie 
principale et la plus ancienne est une rotonde , haute de 25 m. et 
dont la coupole a 13 m. 20 de diamètre. La nef, la chapelle absidale 
et le transept, qu'on y a ajoutés, sont très courts. Quatre balustrades, 
aux divers étages et au sommet du dôme ajoutent encore à l'origi- 
nalité de l'extérieur. Le portail est flanqué de deux tourelles octo- 
gones ajourées. La décoration en est de plus très riche. On y re- 
marque surtout l'Ange de la Résurrection et d'autres sculptures 
représentant le Père Etemel, l'Ecce Homo, St Louis sous le chêne 
de Vincennes, les Apôtres (porte), etc. 

L'intérieur est encore plus riche que l'extérieur, trop riche même 
pour ses dimensions. Ce qu'on remarque d'abord, dans la partie qui 
sert au culte, ce sont de splendides **vitraux: dans la nef, à dr., Jésus 
au jardin des Oliviers et St Arnould lavant les pieds aux pèlerins; à ^., 
Jésus mort sur la croix et Ste Adélaïde distribuant des aumônes, d'après 



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154 II. R. 17. LAIGLE. De Taris 

Larivière; au transept, 12 saints et saintes d'après Ingres; à la coupole, 
la Descente du St-Esprit, aussi d'après Larivière. Il y a en outre quantité 
de scutptures de valeur, mais qu'il est difficile de bien voir, des statues, 
des bas-reliefs, les stalles. L'orgue est un des bons ouvrages de Cavaillé- 
CoU. — On descend par des escaliers derrière l'autel dans l'abside et 
le pourtour, où sont les monuments. C'est d'abord celui de Louis-Philippe 
(m. 1850) et de la reine Marie-Amélie (m. 1866), avec un groupe qui les 
représente debout, œuvre récente de Mercier. A dr,, le tombeau de la 
princesse Marie (m. 1839), duchesse de Wurtemberg , avec l'Ange de la 
Résignation, sculpté par elle-même^ puis celui du duc d'Orléans (m. 1842), 
avec statue par Loison, d'après Ary Scheffer^ et celui de la duchesse d'Or- 
léans., Hélène de Mecklembourg-Schwérin (m, 1858), avec statue par Chapu. 
A g. de l'autel, le tombeau de Mme Adélaïde (m. 1847), sœur du roi, avec 
statue par A. Millet (1877) ^ ensuite celui de la duchesse douairière d' Or- 
léans (m. 1821), fondatrice de la chapelle , avec statue par Barre fils. Il 
y a encore dans l'espèce de crypte du pourtour d'autres tombeaux, avec 
ou sans statues et quelques-uns inoccupés. On remarquera aussi parti- 
culièrement les statues de deux jeunes princes de Montpensier, par 
A. Millet; un groupe charmant, par Franceschi^ sur la tombe de deux en- 
fants du comte de Paris, deux marbres de Pradier sur celles du jeune 
duc de Penthièvre et d'une jeune princesse de Montpensier , etc. — Des 
escaliers de chaque côté conduisent dans les cryptes proprement dites. 
On y voit 4 **vitraux magnifiques, dont les sujets sont tirés de la vie de 
St Louis et peints d'après Rouget, Jacqvant, E. Delacroix, E. Waitier, H. Ver- 
net, Bouton et H. Flandrin. Enfin il y a encore 5 **vitraux non moins 
remarquables aux couloirs du bas, des scènes de la Passion , la plupart 
d'après Larivière, des glaces de 1 m. 70 sur 1 m. 50. Tous ces vitraux ont 
été exécutés à la manufacture de Sèvres. Il y a une grande crypte sous 
la coupole et une petite sous le sanctuaire; elles renferment encore des 
tombeaux et des urnes, mais rien de curieux pour le visiteur. 

Après avoir fait le tour de la promenade et joui des beaux coups 
d'œil qu'elle offre, il ne restera plus guère à voir à Dreux que la 
statue deRotrou, le poète dramatique, originaire de cette ville (1609- 
1650). Elle est sur une place à l'extrémité de la rue qui porte son 
nom, au N. de l'église St-Pierre. C'est une statue moderne, en bronze, 
par J.-J. Allasseur. 

De Dreux à Bueil (Mantes ; Evreux) et Rouen, v. p. 131; à Chartres (Or- 
léans), 42kil. , par les plaines uniformes de la Beauce; k Maintenon, 
26 kil., ligne en construction, par la vallée de l'Eure. 

91 ML St-Germain-St-Remy. On traverse l'Arve , affluent de 
l'Eure. Prairies ; établissements industriels. — 97 kil. NonancouT^ 
bourg sur l'Arve , dans un fond à g. — 1 08 kil. raz^ères7lïïss^sur 
l'Arve, à dr., dans un joli vallon. " ^~- — 

118 kil. Verneuil, ville de 4200 hab., jadis fortifiée et qui a con- 
servé un donjon de 25 m. de haut. Son église de la Madeleine a une 
belle tour du xvi® s., la plus haute, qu'on voit à g. avant la gare. 

Embranch. de 28 kil. sur Damville (1201 hab.) , devant se prolonger 
iusqu'à Evreux (env. 20 kil. -, p. 131). — 15 kil. Breteuil (2084 hab.). — 
20 kil. Gondé-sur-Jton , qui a un beau château du xvi® s. 

127 kil. Bourth. Plus loin, la forêt de Laigle; à dr. et à g. les 
embranch. mentionnés ci-dessous, et on traverse la Rille. 

141 kil. Laigle (buffet), ville industrielle de 5155 hab., sur la 
Rille, avec deux églises goth., l'une d'elle, St-Martin, ayant une 
belle tour du xii^ s., qui se voit près du chemin de fer, à g. Laigle 
a aussi un château remarquable , du xvii® s. Fabriques d'épingles, 
aiguilles, agrafes, etc. Embranch. de Couches (Evreux) , v. p. 132. 



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à Granville. ARGENTAN. II. M. 17. 155 

De Laigle a Conkerbé, par Mortagne et Mamers : 124 kil. ; 5 h. 25 et 

5 h. 45; 15 fr. 35, 11 fr. 50, 8 fr. 40. Cette route emprunte plusieurs tron- 
çons de voies secondaires, desservant des stat. de peu d'importance et un 
pays peu intéressant. — 40kil. (T^st.) Mortagne^ ville ancienne, mais déchue, 
de 4541 h ab., avec une église des xv® et xvi^ s. — 59kil. (lie st.) Beîlême^ 
autre petite ville déchue, avec quelques constructions anciennes. — 79 kil. 
(16® st.) Mamers^ ville de 6478 hab., renommée pour ses toiles. Embranch. 
de la Hutte-Coulombiers (p. 162). — 107 kil. (22^ st.) Bonnétàble . ville de 
4440 hab., avec un château du xv® s. — 124 kil. (25® sf) Connerré (p. 168). 

On remonte quelque temps la vallée de la RlUe , qu'on traverse 
encore deux fois. — 147 kil. Rai- Aube. — 152 kil. St-Hilaire- 
Beaufai. — 157 kil. Ste-Gauhur^e^s^ 

Embrakch. de 35 kil. "isur Mdrfagne (v. ci-dessus), par Soîigny-la- Trappe 
(18 kil.) , village à 4 kil. au N.-E. duquel est le monastère de la Trappe, 
dans un site sauvage, mais dont les bâtiments, en grande partie modernes, 
n'ont rien d'intéressant. — Embranch. de Bernau et du Memil-Mauger. 
V. p. 133. 

168 kil. Le Merlerault, petite ville bien située. — 173 kil. 
Nonant-le-PinJ stat. avant laquelle on passe, à dr., devant St-Oer- 
"^ffiàin-de- Clairefeiiille , qui a une église des xiv® et xv^ s. renfer- 
mant de magnifiques boiseries mutilées et des peintures anciennes 
sur bois. — 182 kil. Surdon (buffet). Ligne d'Alençon, etc., v. R. 18. 

186 kn. Almenèches. Correspond, pour Mortrée, bourgade à 

6 kil. au S., aux environs de laquelle sont le magnifique château d'O, 
en partie de la renaissance, et le château de Clerai, aussi remar- 
quable, mais un peu moins ancien. — On traverse ensuite VOrne, 
Plus loin, à dr., Argentan, dominé surtout par son église St-Germain. 

197 kil. Argentan {buffet; hôt. : des Trois -Marie, rue de la 
Chaussée^ de V Ouest , à la gare, modeste, mais bon), ville de 6285 
hab., sur l'Orne. Son église St-Germain, où conduit la rue de la 
Chaussée, la principale, est un bel édifice de la fin de l'époque ogi- 
vale et de la renaissance , à deux tours , celle de l'O. avec un dôme 
de la renaissance. L'intérieur est à trois nefs, avec une double 
galerie, dont on remarquera les balustrades. Le transept se termine 
par des absides. Le pourtour du chœur est de la renaissance. La 
tour du transept forme une belle lanterne. On remarquera aussi 
les voûtes, la grille du chœur , son grand retable , celui du bras dr. 
du transept et l'orgue. 

Près de cette église, au S., se trouve Vhotel de ville, derrière 
lequel s'étend une vaste place. A quelques pas en deçà , à dr. , les 
restes du donjon et près de là, à g., l'ancien château^ du xv®s., 
transformé en palais de justice. Devant, un petit square avec un 
monument en l'honneur de Me'zerai (1610-1683), l'historien; de 
Jean Eudes (1601-1680) , fondateur des Eudistes, et de Ch. Eudes 
d'Houay (1611-1699), chirurgien. A dr. du palais, l'anc. église 
St- Nicolas, du style goth. ; à g., le cours, une promenade. 

La rue du Griffon , qui se détache de la rue de la Chaussée en 
deçà de St-Germain , conduit dans l'autre partie de la ville. Là se ^ 
trouve, à dr., la tour Marguerite, grosse tour ronde à toiture tn* 
poivrière, reste des anc. fortifications. Plus loin, V église St-Marttn^* , 



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156 IL R. 17. TIRE. 

du style goth., sauf la galerie et les balustrades sous les fenêtres, 
qui sont de la renaissance. 

Ligne de Caen (Falaise) à Alençon et au Mans^ v, R, 18. 

La voie traverse encore une fois FOrne, dont elle quitte la vallée. 
— 207 kil. Ecouché. A la plaine monotone succède maintenant un 
pays agréable et accidenté , des pâturages et des bois. Jolie vue, 
très étendue , à g. — 218 kil. Les Yv et eaux- Fr ornent él, — 226 kil. 
Briouze, bourg faisant le commerce des bestiaux et du granit. 

De Briouze a Couterne: 30 kil. ; 1 h. 10 à 2 h. 40; 3 fr. 75, 2 fr. 85, 
2fr. 05. — 7 kil. Lonlay^ avec une ane. église abbatiale des xi^ et xvi® s. — 
14 kil. La Ferté-Macé^ ville manufacturière de 8908 hab., fabriquant des 
coutils, — 22 kil. Bagnoles- de -l'Orne (hôt. : Sie- Lucie ^ Ste- Marguerite)^ 
hameau situé sur la Vée, affluent de la Mayenne, dans une gorge pro- 
fonde et entourée d'énormes rochers. Il a 3 sources minérales^ nne sulfu- 
reuse à 27° 5 et deux ferrugineuses froides. Ces eaux, particulièrement sé- 
datives, sont utilisées en boisson et en bains. Il y a un casino, un parc 
et un lac. Belles promenades aux environs. — 30 kil. Couierne (p. 168). 

238 kil. Messei, aussi desservi par la ligne de Domfront (p. 163), 
qu'on rencontre plus loin à g. 

243 kil. Fiers {huffet; hôt. : de l'Europe, de l'Ouest, de la Garé), 
ville moderne manufacturière de 14013 hab., fabriquant des coutils. 
Elle occupe un site agréable, sur un coteau à dr., et elle a une belle 
église du style roman. Il y a dans le voisinage un château en 
partie du xv® s. 

Ligne de Caen à Domfront^ Mayenne et Laval ^ v. R. 19. 

248 kil. Caligny, aussi sur la ligne de Caen. Puis, à g., l'em- 
branch. de Sourdeval (v. ci-dessous). — 254 kil. Monsecret. 

Embranch. de 26 kil. sur Sourdeval par (8 kil.) Tinchebrai^ petite 
ville industrielle, ayant la spécialité de la quincaillerie. Sourdeval est 
une petite ville industrielle du même genre, qui sera également desser- 
vie par la ligne de Vire à Mortain (v. ci-dessous). 

264 kil. Viessoix. Belle vue à g. en arrivant à Vire. 

271 kil. Vire (bot.: du Chemin- de- Fer , près de la gare, grande 
maison neuve; St-Pierre, rue du Calvados; du Cheval- Blanc , un 
peu plus haut), ville de 6736 hab., dans un site pittoresque, sur une 
bauteur que contourne la rivière du même nom , à l'opposé de la 
gare. C'est un centre industriel assez important par ses manufactures 
de tissus de laine et de bonneterie, et elle fait le commerce du granit 
renommé des environs. 

On monte dans la ville par la longue rue du Calvados , à dr. au 
sortir de la gare. Arrivé dans le haut, on voit à dr., rue aux Fèvres, 
la tow de l'Horloge, tour carrée avec une porte goth. du xiii® s., 
entre deux tours rondes à créneaux en partie masquées. 

U église Notre-Dame, de l'autre côté, vers l'extrémité de la rue 
de la Saulnerie, à g., est un édifice goth. des xii^-xv® s., à 5 nefs et 
avec une tour sur le transept. Elle est bâti en granit, comme le reste 
de la ville. On y remarquera particulièrement une jolie porte goth. 
à g. du chœur , le maître autel , en bronze doré et garni de statues ; 
y l^utel du bras g. du transept , aussi avec des statues et des bas- 
•,'^ ^reliefs; celui du bras dr., avec unePietà; le retable à colonnes torses. 



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GRANVILLE. //. R, 17. 157 

peint et doré d'une grande chap. à dr. du sanctuaire, où sont aussi 
les fonts , entourés d'une belle balustrade , et deux tableaux assez 
importants ; les peintures polychromes du chœur et deux colonnes 
en bois sous l'orgue. 

La place voisine, dite place Nationale, est ornée d'un buste de 
Chênedolle (1769-1833), le poète, de Vire, par Leharivel-Durocher. 

Les ruines du château, qu'on aperçoit de là, sont peu con- 
sidérables, mais elles sont dans un joli site, à l'extrémité d'une 
promenade et d'une presqu'île rocheuse dominant le charmant vallon 
de la Vire. C'est là que vécut au xv® s. le foulon Olivier Basselin, 
célèbre par ses chansons bachiques connues sous le nom de «Vaux- 
de-Vire», dont on aurait fait «vaudeville». Belle vue aussi à g. 
sur la ville basse. 

Nous descendons dans ce quartier, nommé le Valhérel. Il a 
une belle église neuve, Ste-Anne, du style roman, avec une tour 
sur le transept. Le chœur est décoré de peintures et de statues, 
dont 25 dans des arcades sous les fenêtres du rond-point. 

La Grande-Rue, qui passe devant cette église, nous ramène dans 
le haut de la ville. Elle traverse la place de l'Hôtel-de-Ville , où 
se trouve la statue de Castel (1758-1832), autre poète de Vire, bronze 
par Debay. Derrièi'e se voit encore une tour à créneaux, en partie 
défigurée et masquée. 

Embraîïch. de 28 kil. en construction sur Mortain , par la vallée de 
la Vire et Sourdeval (p. 156). — Mortain^ que dessert jusqu'à présent une 
voiture dé correspond, de Sourdeval (11 kil. ; 1 fr. 25), est une toute petite 
ville dans un site pittoresque, sur une hauteur rocheuse au bord de la 
Canee, dont la vallée est intéressante. L'église est un curieux monument 
du style de transition. — Voit. publ. pour Domfront, Vire, Avranches, etc. 

La ligne de Granville franchit ensuite la Vire. Vue toujours 
étendue et belle à dr. — 280 kil. Mesnil - Clinchamps. — 285 kil. 
St-Sever, à g., avec une anc. église abbatiale en partie du xiii® s. — 
290 kil. St -Aubin - des - Bois. — 298 kil. Villedieu - les - Poêles, 
petite ville, dans un fond à dr., sur la Sienne, avec de nombreux 
ateliers de chaudronnerie. Elle a une église des xv^-xvi® s. En- 
suite un haut remblai courbe, à dr., un viaduc sur le joli vallon 
de l'Airou et la ligne d' Avranches à g. — 313 kil. Folligny. 

Ligne de Coutances^ de Pontorson (Mont-St-Michel), etc., v. p. 150, 

320 kil. St-Flanchers. On descend enfin la vallée du Bosq. 

328 kil. Granville — hôtels: Gr.-E. du Nord écdes Trois-Oouronnes, 
dans la ville basse, près du port, cher (ch., ordinaire, 4fr. ; serv. et 
boug., 75 c.; dîn., 4 fr. ; omn., 75 c.); Grand- Hôtel , H. ffoullegatte, nou- 
veaux; H. de Pans (ch. dep, 2 fr.; déj., 2 fr. ; dîn., 2 fr. 50); E. des Bains, 
plus près de la plage, etc. — Baiks: cabine, 30c.; costume, 50c,; cale- 
çon, 20 c.; peignoir; 20 e.; serviette, 10 c. — Casino: entrée, Ifr. ; 20 fr. 
pour la saison, réduction aux familles. — Voiture publique pour le Mont- 
St-Michel et bateau pour Jersey, v. ci -dessous. — Etablissement du port 
(v. p. xiv), 6 h. 13. Longit, O., 3° 56^ 32^'. 

Granville est une ville de 11 620 hab. et un bon port fortifié, à 
l'embouchure du Bosq dans la Manche. Elle se compose de deux 



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158 //. K. 17. JERSEY. 

parties bien distinctes, la ville basse , la plus considérable, entre la 
gare et le port, et la ville haute , sur un rocher très escarpé, s'avan- 
çant dans la mer et entouré de vieilles fortifications. La rue qui 
part de la gare conduit au cours Joinville, d'où l'on va au port à g., 
par la rue Lecampion. En suivant le cours et tournant à g., on irait 
à la plage (v. ci-dessous). Le port est assez commerçant et important 
pour la pêche. Il a deux bassins , outre l'avant-port. 

On monte directement du port à la ville haute, qui est petite et 
n'a de curieux, en dehors de sa situation et de la vue dont elle jouit^ 
que son église Notre-Dame, du style goth. des xv® et xvi®s. Elle 
a de beaux vitraux modernes. Un sentier au N.-E., en dehors de 
l'enceinte, descend vers la plage, située à l'opposé du port. Il 
passe à la fin sur une passerelle entre deux rochers, la «tranchée aux 
Anglais», par où l'on accède à cette plage, qui n'a pas de galets. Il 
y a un établissement de bains , avec un petit casino. 

Il y a aussi des bains à St-Pair (voit, à la gare ; 75 e.), bourg dans un 
beau site à 3 kil. au S. 

De GEANviLiiE AU Mont-St-Michel : 55 kil. de ebemin de fer jusqu'à 
Pontorson et 9 kil. de route; trajet direct en 4 h. environ. Prix: chemin 
de fer, 7 fr., 5 fr. 25, 3 fr. 85; omnibus, 2 fr. 50 (correspond.) et 2 fr. 
(hôt. Foulard) aller et retour. — Jusqu'à Folligny (15 kil.) , v. ci-dessus ; 
de là au Mont -St- Michel, p. 151 et 189. — Voit. publ. directe, dans la 
saison, 5 fr. aller et retour. 

De GrBANVILLE A JeBSEY. 

45 kil. , excursion recommandée. Bateaux à vapeur 2 fois par sem., 
les lundi et jeudi, 3 fois au cœur de l'été, les lundi, mercr. et.vendr. (v. 
l'Indicateur); départs du grand bassin, à heures variables, trajet en 3 h, 
env. ; prix : 10 fr. et 6 fr., 15 fr. et 9 fr. aller et retour. De Jersey à Gran- 
ville, les mercr. et sam. et les mardi, jeudi et samedi. Les billets d'aller 
et retour sont valables pour un mois et donnent le droit de revenir par St- 
Malo (p. 185). — Les voyageurs pressés peuvent voir en un jour, avec 
une voiture, les principales curiosités de l'île, notamment le Trou du 
Diable et les Caves de Piémont. On peut aller en chemin de fer de St- 
Hélier à Gorey et visiter le château de Montorgueil entre deux trains ; 
le tout ne prend alors qu'une couple d'heures. Il est donc possible de 
repartir le surlendemain par St-Malo, c'est-à-dire de faire l'excursion en 
3 jours. 

On passe à mi-chemin en vue des îles de Chausey, groupe de 
52 îlots français, stériles et inhabités, sauf le principal, la Grande 
Ile, remarquable au contraire par sa végétation luxuriante. Des 
bateaux à vapeur y conduisent le dim. de Granville, pour 3 fr. 
aller et retour. 

Jersey est la plus grande des îles anglo - normandes (Jersey, 
Guernesey^ Aurigny, SerTc, Herm, etc.), restées â l'Angleterre, bien 
que beaucoup plus rapprochées des côtes de France. Elle a env. 
19 kil. de long sur 6 de large. Elle mérite d'être vue pour ses 
beautés naturelles, et les plus belles parties sont ses côtes, aux 
falaises sauvages et grandioses , surtout au N.-O. Le climat en est 
plus doux que celui des parties voisines du continent , et le sol est 
fertile. Le français est la langue généralement parlée et officielle. 

St-Héliejr (hôt. franc. : H. de l'Europe, de la Pomme-d'Or, du 



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GUERNESEY. IL B, 17, 159 

Calvados, du Palais- de- Crist al , avec café-rest., etc.; hôt. anglais: 
Yacht Club, Bree's Stopford Hôt. , United Service, etc.), capitale de 
l'île de Jersey, où abordent les bateaux à vapeur, est une ville de 
31 000 hab., dans une baie au S., entre des collines et défendue par 
le fort Régent, à l'E., et le château Elisabeth à l'O. 

Du port , on arrive bientôt à une place d'où partent deux rues 
importantes; à g., l'Esplanade, par où l'on va à la gare St- Aubin; 
à dr., Mulcaster- Street, où est l'hôtel de l'Europe et dont le pro- 
longement conduit à la gare de Gorey. De ce côté aussi se trouve 
V église 'paroissiale, des xiv® et xvi^ s., avec une tour à créneaux. 
En tournant ensuite à g., on est à la, place Royale, où se voient une 
statue de George H (1683-1760) et la Cour Royale ou palais de 
justice, dite aussi «la Cohue». Traversant enfin cette place, on 
gagne par une petite rue l'artère principale de la ville, Queen-Street 
et King-Street. C'est là que sont les principaux magasins , et il y 
règne une grande animation le soir. 

Il y a aux environs de St-Hélier quantité de villas et des bains 
de mer, sur deux belles plages à 1 kil., à George- Town, à l'E., et à 
Cheapside, à l'O., premières stat. des lignes de Gorey et de St- Aubin. 

Gorey (Restaur. Français), à 9 kil. à l'O. et desservi par un chemin de 
fer qui a un train toutes les heures au milieu du jour, à la 1/2, est un 
petit port où les touristes vont surtout visiter le château de Montorgueil, 
château fort pittoresque datant du moyen âge. On a une belle vue du donjon. 

St-Aubin Qiét. -restaur. à la gare) , à 6 kil. à l'O., par le chemin de 
fer, est l'anc. capitale de l'île et un petit port de mer sans inte'rêt pour 
le touriste, La voie ferre'e se prolonge jusqu'à la Corbière (hôt. la Moye), 
d'où l'on visite le chaos de rochers de la pointe de ce nom. 

Excursions. — Des voituriers ont organisé à Jersey des excursions 
qui se font dans des chars à banc à l'anglaise et qui comprennent trois 
tournées, du lundi au mercredi, ou du jeudi au samedi. On part chaque 
fois de St-Hélier et paie chaque fois 3 fr. 25 (2 sh. 1/2) par personne. 
De fait, il n'y a de bien curieux que les caves de Piémont, qui se visitent 
le l^rjour, le trou du Diable et jusqu'à un certain point la grève de Lecq, 
réservés pour le 2^ jour, le château de Gorey et encore la baie de Rozel, 
qui sont mis au Séjour. «Le reste est une vaste plaisanterie destinée à 
retenir Iss voyageurs pendant trois jours». 

Nous avons déjà dit, qu'en profitant du chemin de fer, 2 h. suffisent 
pour l'excursion à Gorey. ILa, baie de Eozel, qui n'est pas autrement eu- 
rieuse, n'est qu'à 5 kil. au N. de là. Les autres points mentionnés ci- 
dessus, qui se trouvent à la côte N., peuvent se visiter en une journe 
avec une voiture, dont il faut d'abord fixer le prix. Une Victoria à 
1 chev. se loue d'ordinaire 15 fr., un break à 2 chev., pour 10 ou 12 pers., 
30 fr. Si la marée permet de commencer par là (v. ci-dessous), on se 
fera d'abord conduire à la grève de Lecq (15 kil. ; hôtel), en deçà de la- 
quelle est la curieuse grotte dite trou du Diable ou creux de Vis. Ensuite 
on ira, à l'O., à la pointe de Piémont (hôtel), le plus bel endroit de l'île, 
vers l'angle K.-O. Elle a des falaises de 100 m. de haut, dans lesquelles 
se trouvent des grottes très curieuses , dites caves de Piémont, accessibles 
seulement à marée basse, ce qui pourra obliger de commencer par là 
l'excursion. Il y a 14 kil. de Piémont à St-Hélier. 

Un bateau à vapeur va tous les jours, sauf le dimanche, de Jersey 
a Guernesey, la deuxième île, 48 kil. au N.-O. Elle est env. de moitié 
moins grande, mais elle présente le même caractère. La ville principale 
est St- Pierre- Port (hôt. Royal, etc.), qui a 16500 hab. Dans le quartier 
O. est «Hauteville-House», la maison de Victor Hugo durant son exil. — 
Voitures d'excursions comme à St-Hélier. 



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160 IL R. 18. FALAISE. 

Parmi les autres îles anglo-normandes, celle à'Aurigny mérite encore 
une mention spéciale, mais seulement par suite de sa position et à cause 
de son port militaire, assez rapproché de celui de Cherbourg. 



18. De Caen au Mans, par Alençon. Falaise. 

167 kil. Trajet en 3 h. 40 à 5 h. 30. Prix : 20 fr. 65, 15 fr. 55, 11 fr. 40. 

— A Alençon : 111 kil. ; 2 h. 30 à 3 h. 40-, 13 fr. 90, 10 fr. 40, 7 fr. 55. — A 
Falaise: 49 kil.-, 1 h. 35 à 2 h. ; 6 fr. 05, 4 fr. 50, 3 fr. 30. 

Caen, v. p. 134. On suit la ligne de Paris jusqu'à Mézidon 
(24 kil. ; p. 134) , et l'on tourne ensuite au S. , dans la vallée de la 
Dives. — 31 kil. St-Pierre-sur-Dives, bourg situé à g. Il a une 
anc. église abbatiate goth. , avec trois belles tours , l'une d'elles ro- 
mane, reste d'une construction antérieure. — 37 kil. Vendeuvre-Jort. 

— 43 kil. Coulibœuf. Suite de la ligne du Mans, v. p. 161. 

Embraîïch. de 6 kil. sur Falaise, s'y raccordant avec un autre de Berjou 
(30 kil. ; V. p. 163). 

Falaise (bot. : de Normandie, rue Amiral-Courbet, à g. de la rue 
principale; du Grand- Cerf, plus loin, au delà de la place), ville de 
8518 hab. , occupe un site pittoresque, en partie sur une hauteur 
rocheuse de la rive dr. de l'Ante , petit affluent de la Dives. C'est 
la patrie de Guillaume le Conquérant, qui y naquit en 1027, de Ro- 
bert le Magnifique ou Robert le Diable, sixième duc de Normandie, 
et de la fille d'un pelletier de Falaise, et qui s'appela d'abord Gruil- 
laume le Bâtard. Ses héritiers , les rois d'Angleterre, furent plus ou 
moins paisibles possesseurs de la ville jusqu'en 1450, où elle leur 
fut définitivement reprise par Charles YII de France. Henri IV dut 
cependant l'assiéger encore une fois, pour la rependre aux ligueurs, 
en 1590. 

La ville est située à dr. en venant de Coulibœuf; à g. est le faub. 
de Guibray (v. p. 161). La rue d'Argentan descend directement vers 
la place St-Gervais et la rivière. Veglise St-Gervais est des styles 
roman et gothique. Elle a une belle tour romane sur le transept, 
de beaux pendentifs dans les chap. et dans le chœur, une balustrade 
remarquable aussi sous les fenêtres du chœur et de très belles niches 
dans le pourtour. V église de la Trinité, où conduit la rue de ce 
nom, de l'autre côté de la place St-Gervais , est un bel édifice goth. 
à 3 nefs, avec un portail de la renaissance, un ancien porche trian- 
gulaire transformé en chapelle, à l'O., et dont on remarquera le 
tympan, à l'intérieur; une jolie galerie et une balustrade, sous les 
fenêtres du chœur, comme à St-Gervais. — Quelques pas plus loin, 
la * statue de Guillaume le Conquérant (1027-1087), statue équestre 
en bronze , par Rochet (1851). Le piédestal est de plus entouré des 
statues des 6 premiers ducs de Normandie, ancêtres de Guillaume, 
aussi en bronze. Sur cette place aussi est l'hôtel de ville, à dr. 
duquel on passe pour monter au château, mais 11 vaut mieux pren- 
dre d'abord à g. pour en aller voir l'extérieur. 



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SEES. IL R, 18. 161 

Le château de Falaise, qui remonte au x® s. et fut très important 
au moyen âge, est bâti sur une sorte de promontoire de la vallée, eu 
face d'une autre hauteur rocheuse nommée le Mont-Mirat. Il n'en 
reste plus guère que l'enceinte pittoresque, flanquée de tours rondes, 
du XII® s. ; le donjon , masse carrée de 20 m. de côté et autant de 
hauteur, et la tour Talbot, tour ronde de 40 m. de haut, qui y fut 
ajoutée par les Anglais au xv® s. Une partie de l'enceinte est oc- 
cupée par le collège. A l'extrémité de la partie dégagée, du côté de 
la promenade, où il y avait un fossé, se voit la brèche par où passa 
Henri IV. L'intérieur du donjon, que fait voir le concierge , n'a 
rien de bien curieux. Ses voûtes n'existent plus, mais la tour Talbot 
a deux salles voûtées. Il n'est plus permis de monter au sommet, 
qui offre une assez belle vue. 

Revenu à la place St-Gervais, on descendra la grand'rue jusqu'au 
pont, pour jouir du coup d'œil pittoresque de la ville basse et du 
château. 

Le faubourg de Guibray, au delà du chemin de fer , est célèbre 
par la grande foire aux chevaux qui s'y tient depuis le xi® s., du 10 
au 25 août. Il a une église remarquable, en majeure partie romane, 
et dont le maître autel est décoré d'une belle Assomption par un 
sculpteur inconnu. 

Ligne du Mans (suite). — 47 kil. Fresné-la-Mlre. — 38 kil. 
Montabard. Ensuite, à dr., la ligne de Granville (R. 17). 

67 kil. Argentan (p. 155). Puis on suit la direction de Paris 
jusqu'à Surdon (23 kil. ; p. 155) , où l'on tourne de nouveau à dr. 
A g. se montrent les tours de Sées. 

89 kil. Sées (pron. «Sais»; hôt. du Cheval - Blanc ) , ville de 
4672 hab. et siège d'un évêché. Elle est d'origine très ancienno, 
mais elle a été plusieurs fois ravagée et rebâtie. 

La rue principale conduit directement à la place de la cathé- 
drale, où se trouvent aussi Vhôtel de ville, jolie construction mo- 
derne, et la statue de Con^e' (1756-1805), homme d'un génie uni- 
versel né aux environs, bronze par Jules Droz. 

La cathédrale est un bel édifice goth. des xin® et xiv® s. Son 
portail, entre deux tours dont les flèches en pierre ont été restaurées 
de nos jours, présente un porche avec une assez belle grille en fer, 
mais dont les sculptures sont détruites. Le chœur est en restaura- 
tion et bouché. La nef a des piliers ronds , supportant de larges 
arcades, et un beau triforium à colonnettes. Il y a des areatures du 
même genre aux bas côtés, de belles roses au transept, un beau 
tympan et un monument modernes dans le croisillon de g. On a 
retrouvé au chœur, à dr., un puits qu'on a entouré d'une margelle. 
Le maître autel , à deux faces , a deux bas-reliefs remarquables en 
bronze et en marbre. Dans les boiseries voisines, 4beaux bas-reliefs, 
des scènes de la vie de la Vierge. 

99 kil. Vingt-HanapSj village dans un beau site. Plus loin, 

Baedekep. îî^ord de la France. 2^ e'dit. 11 



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162 //. R. 18. ALENÇON. 

à g. et à dr.j les lignes de Condé-sur-Huisne (Chartres, Paris) et de 
Domfront (p. 168) et Mayenne (p. 164). 

110 kil. Alençon (hôt. : du Qrand-Cerf, rue St-Blaise, 13, cher; 
de France, même rue, 1), ville de 17550 hah., chef-lieu du départ, 
de VOrne, au confluent de la Sarthe et de la Briante. Elle fabrique 
beaucoup de toile et surtout des dentelles de lin dites «point d' Alen- 
çon», estimées les plus belles de toutes. 

On arrive directement dans le centre de la ville par la rue de 
la Gare, la rue St-Blaise, où est la 'préfecture (xvn® s.), et la Grande- 
Rue. Dans cette dernière, Véglise Notre-Dame, du style ogival flam- 
boyant. Elle a un magnifique porche à trois baies, flanqué de deux 
jolies tourelles. Le fronton de la baie du milieu est tout à jour et 
décoré de statues représentant la Transfiguration, avec Dieu le Père 
dans le haut et St Jean dans le bas, vu de dos, la figure tournée vers 
le Christ, qui est au-dessus. Il y a aussi à l'extérieur de belles ba- 
lustrades. Al'intérieur, on remarque les voûtes, des vitraux du xvi^s., 
le buffet d'orgue, de la renaissance; le maître autel, à baldaquin, et 
la chaire. 

En prenant plus loin, à dr., la rue aux Sieurs, on arrive d'abord 
à la halle au blé, une vaste rotonde ; puis , en passant à dr. à une 
grande maison moderne avec une belle façade de la renaissance, à la 
place d'Armes, où sont les restes du château, transformés en prison, 
surtout la porte, flanquée de deux tours, et une autre tour du xiv^ s. 

Là aussi se trouve Vhotel de ville, qui est de la fin du xviii^ s. 
Il renferme un petit m,usée, public les dim. et fêtes de midi à 4 h. 
et visible aussi les autres jours pour les étrangers. 

Outre une petite salle d'histoire naturelle, il y a 3 salles contenant 
des peintures et des dessins. — Dans Tescalier, un retable de Vécole 
italienne du xv^ s. — Dans la salle d'entrée , surtout : 140, Paul et Vir- 
ginie de Landon; 153, la Trinité, attribuée à Phil. de Champaigne^ et 
beaucoup de portraits. — Salle Godard: 119, lo Spagna, Ste Famille; 
78, Legros^ Vocation de St François ; 162, Bovy, Ville normande ^ 138, école 
italienne, Ste Famille ; 166, Collin , Dapbnis et Chloé ; 99, Court, Charlotte 
Corday ^ 102, Meinier, Ney à l'hôpital d'Inspruck : 179, école française, portr. 
de François, duc d'Alençon, frère de Charles IX ; 177, Oudry, nature morte. 
— Grande Salle: 8, J. Dumont, St François d'Assise en prière; 64, école 
'hollandaise, Judith et Holopherne ; 14, Léman, les Loisirs de Virgile; s. num., 
la Touche , Ste Famille ; 12, le Dominiquin , Loth et ses filles ; 123, Ch. Le- 
fèbre, le Jugement dernier; 134, Courbet, paysage; 148, Qautherot, St Louis 
au camp de Mansourah; 106, Ribera, Jésus portant sa croix; 17, Ouvrié, 
le Château de Heidelberg; 105, Court, îfymphe et faune au bain; 9, Restout, 
St Bernard et le duc d'Aquitaine; 2, Ph. de Cfiampaigne, l'Assomption; 
149, J.-P. Laurens, le Due d'Enghien ; 1, Jouvenet, le Mariage de la Vierge. 

Il y a une belle promenade derrière l'hôtel de ville. De là on 
aperçoit à g. Véglise St-Léonard, qui est à l'extrémité de la Grande- 
Rue. Elle est du xv® s. , mais nouvellement restaurée. On y re- 
marque de beaux autels, la chaire, une grille et des vitraux modernes. 

D'Alençon à Condé-sur-Huisne (Chartres) et à Domfront, v. p. 168. 

La ligne du Mans traverse ensuite la Sarthe. — 119 kil. Bourg- 
le-Roi. Ruines considérables d'un château du xn® s. — 125 kil. La 
Hutte- Coulomb 1er 8, 



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DOMFEONT. IL R. 19. 163 

Embranch. de 25 kil. sur Mamers (p. 155) et de 29 kil. sur Sillé-le- 
Guillaume (p. 172). 

On se retrouve ensuite dans la vallée de la Sarthe, au cours très 
sinueux , et on la retraverse une première fois. — 130 kil. Piace- 
St'Germain. — 136 kil. Vivoin-Beaumonf, Vivoin, à env. 1 kil. à 
g. de la voie, sur la rive g., est une bourgade où se voient les restes 
d'un couvent et une église intéressante du xiii® s. Beaumont-sur- 
Sarthe, à peu près à la même distance à dr., est une toute petite 
ville dans un joli site, sur la rive dr., avec les restes d'un château. — . 
Encore un pont sur la Sarttie. — 141 kil. Maresche. — 146 kil. 
Montbizot, — 150 kil. La Quierche. — 156 kil. Neuville. On retra- 
verse une dernière fois la Sarthe et rejoint la ligne de Rennes (R. 20). 

167 kil. Le Jtfans (p. 169). 



19. De Caen à Laval^ par Domfront et Mayenne. 

157 kil. Trajet en 5 h. à 7 h. 15. Prix : 19 fr. 45, 14 fr. 60, 10 fr. 70. 
A Domfront : 89 kil. ^ 3 h. à 4 h. 30 ; 11 fr., 8 fr. 25, 6 fr. 05. — A Mayenne : 
126 kil. 5 4 h. 15 à 5 h. 10; 15 fr. 60, 11 fr. 75, 8 fr. 50. 

Caen, v. p. 134. On suit d'abord un instant la ligne de Cher- 
bourg (p. 139) , qu'on laisse à dr., ainsi que celles de Courseulles 
(p. 148) et d'Aunay (Vire; p. 138), pour remonter la vallée de 
VOrne, qu'on retraverse bientôt. — 9 kil. Feuguerolles-St- André, 
On franchit encore ensuite nombre de fois l'Orne. — 14 kil. Mu- 
trécy-Clinchamp». — 22 kil. Grimhosq. Puis un petit tunnel. — 
28 kil. Croisilles-Har court. — 34 kil. SURemy. — 42 kil. Clécy, 
stat. après laquelle on traverse l'Orne une dernière fois et en quitte 
la vallée, par un tunnel de 1744 m., pour remonter celle du Noi- 
reau. — 46 kil. Berjou-Cahan. 

Embrakch. de 30 kil. sur Falaise Cp. 160), en partie par les vallées du 
Noireau et de POrne. 

La vallée du Noireau est pittoresque. On le traverse bientôt 
plusieurs fois. — 51 kil. Pont-Erambourg. 

53 kil. Condé-sîcr- Noireau, ville manufacturière de 7252 hab., 
ayant de nombreuses filatures. C'est la patrie de Dumont d'Urville 
(1790-1842), et on lui a érigé une statue en bronze, par Molchnet. 

61 kil. Caligny, où l'on rejoint la ligne de Granville (R. 17). 

66 kil. Fiers (p. 156). On suit encore quelque temps la grande 
ligne dans la direction de Paris , puis on tourne à dr. — 71 kil. 
Messei, stat. plus rapprochée du bourg de ce nom que celle de la 
ligne de Paris. Il y a des ruines considérables d'un château du x®s. 
— On descend la vallée de la Varenne, qu'on traversera plusieurs 
fois. — 76 kil. ie Châtellier. — 79 kil. St -Borner -Champsecr et, 
stat. desservant deux villages qui ont des forges et des usines, à 4 
et 6 kil. à dr. et à g. de la voie. — Beau coup d'oeil à dr., à l'arrivée, 
sur Domfront. 

86 kil. Domfront (hôt. : H. Trouillard, bon ; H. du Commerce, 

11* 



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164 IL R. 19, MAYENNE. 

tous deux au centre) , ville ancienne de 5076 hab., dans un site 
pittoresque, sur une hauteur escarpée du côté de la Yarenne. L'im- 
portance de sa situation en fit une place forte de la Normandie, 
souvent assiégée par les Français et les Anglais, puis dans les guerres 
de religion, jusqu'en 1574, où Montgommery y avait cherché un 
dernier refuge. 

Il faut env. 1/4 d'h. pour monter dans la ville par la route ; les 
piétons trouvent des raccourcis à g. Dans le has, près de la gare, 
est la petite église Notre-Dame-sur-r Eau, du style roman du xi^s. 
Le château, à g. dans le haut, est en ruine depuis le xvi^ s., et il 
en reste peu de chose en dehors du coin de mur pittoresque domi- 
nant la vallée. Son enceinte est transformée en une promenade d'où 
l'on a une très helle vue. Une rue conduit de là à Vhôtel de ville, 
grande construction moderne sans caractère, et à V église St-Julien, 
qui n'a non plus à peu près rien de curieux. Derrière se trouvent 
des restes de fortifications hien conservés. 

De Domfront à Alençon, etc., v. p. 168. 

Le chemin de fer traverse encore plus loin un pays intéressant. 
— 96 kil. Toi'champ. — 100 kil. Ceaucé. — 111 kil. Amhrières, 
hourg avec un château en ruine. On arrive ici sur les bords de la 
Mai/eii^ifi; qu'on traverse immédiatement. — 114 kil. St-Loup-du- 
Gast. — 119 kil. St-Fraimbault-de-Prières. 

126 kil. Mayenne (hôt. ; de V Europe, rue St- Martin, non loin 
de la gare; Qrandguillot , sur le quai), ville ancienne et manu- 
facturière (toiles) de 11 106 hab., sur la rivière du même nom. C'était 
une seigneurie défendue par un château très fort et souvent assiégé 
au moyen âge , érigée en marquisat en faveur de Claude I^^, duc de 
Guise, et en duché-pairie pour Charles de Lorraine (1573), qui prit 
le titre de duc de Mayenne. 

De la gare, on tourne d'abord à dr., puis à g., dans la rue St- 
Martin, qui descend à la rivière. La Mayenne est déjà ici large et 
navigable. On a, en y arrivant, un beau coup d'oeil sur l'autre rive, 
où est la ville proprement dite, avec Notre-Dame et le château au 
premier plan. La vue est également belle en amont et en aval. 

V église Notre-Dame, du xii^s., a été en grande partie recon- 
struite dans le style goth. de cette époque, et la partie moderne, du 
côté de la rivière, est vraiment remarquable. 

Le château, où l'on arrive par les rues à g. au delà du pont, est 
transformé en prison, mais il y a derrière une partie de son enceinte 
accessible au public, une promenade , d'où l'on a a une belle vue. 

Dans le haut de la rue principale, qui part du pont, se trouve 
Vhôtel de ville, qui n'a rien de curieux. Derrière, sur une place, la 
statue de Jean de Cheverus (1768-1836), évêque de Boston et de 
Montauban et archevêque de Bordeaux , né à Mayenne ; elle est en 
bronze et avec bas-reliefs, par David d'Angers. 

A 11 kil. au S.-E. de Mayenne est JuUains (p. 172). 

Embrakch. de 46 kil. sur Pré-en-Pail (Alençon; p. 168). 

Embranch. de 48 kil. sur la Selle - en - Luiiré (Fougères; p. 174), par 



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RAMBOUILLET. //. R, 20, 165 

Ernée (30 kil.) , ville industrielle de 5175 hab., qui a un beau château 
du xvi^ s. 

Plus loin, un viaduc de plus de 24 m. de haut, sur la vallée d'un 
affluent de la Mayenne. — 133 kil. Commer. — 139 kil. Martigné- 
Ferchaud. 

146 kil. La Chapelle -Anthenaise, où l'on rejoint la ligne de 
Paris par le Mans (R. 20). — 152 kil. Louverné. 

157 kil. Laval (p. 172). 



20. De Paris à Brest. 

610 kil. Chemin de fer de l'Ouest rive g., gare Montparnasse (pi., p. 1 
G 16). Trajet en 13 h. 30 à 18 h. 15. Prix : 75 fr. 20, 56 fr. 45, 41 fr. 45: 

I. De Paris à Chartres. 

88 kil. Outre ceux de la gare Montparnasse , il y a pour cette desti- 
nation et jusqu'au Mans 1 train direct le matin et 2 le soir partant de 
la gare St-Lazare (pi., p. 1, C 18). Trajet en 1 h. 45 à 2 h. 35. Prix : 10 fr. 90 
8 fr. 10, 5 fr. 90. Voir aussi la carte p. 2. 

Jusqu'à St- Cyr (22 kil.), v. p. 152. On laisse à dr. la ligne de 
Cherbourg, le fort de St-Cyr et l'étang de St-Quentin, un de ceux 
qui alimentent Versailles. — 28 kil. Trappes. C'est à 1 h. au S. 
d'ici que se trouvait Vahhaye de Port-Royal^ anc. couvent qui servit, 
de 1625 à 1656, de retraite à de pieux et savants solitaires, réunis- 
sant autour d'eux quelques jeunes gens d'élite , tels que Racine et 
Pascal. Leur attachement au jansénisme fit fermer et démolir la 
maison, dont il reste fort peu de chose. — 33 kil. La VerHère. — 
38 kil. Les Essarts-le-RoL — 42 kil. Le Perray. 

48 kil. Bambouillet (hôi. duLion-d'Or), belle ville de 5633 hab., 
avec un ancien château des rois de France, où François I^^ mourut 
en 1547 et où Charles X signa en 1830 l'acte de son abdication. Il 
y a de beaux jardins dessinés par le Nôtre, et un parc de 1200 hect, 
au milieu duquel est une ferme modèle, qui servit au dépôt des 
premiers mérinos importés d'Espagne en France , par Napoléon I^^. 
Au N. s'étend la forêt de Rambouillet. 

61 kil. Epernon, petite ville ancienne, contre une colline, à dr. 

69 kil. Maintenon, petite ville à 1500 m. sur la droite. Il y a 
un beau château des xvi® et xvii^s., qui donna son nom à Françoise 
d'Aubigné, veuve de Scarron, devenue en 1684 l'épouse de Louis XI V^, 
à l'âge de 49 ans. A dr., au delà de la stat., les ruines de l'énorme 
aqueduc que le roi fit commencer pour conduire les eaux de l'Eure 
à ses jardins de Versailles. 30000 hommes, principalement des 
soldats, y travaillèrent de 1684 à 1688 5 mais il resta inachevé et 
Louis XV employa une partie des matériaux à construire pour Mme 
de Pompadour un château qui n'existe plus. — A Dreux, v. p. 154. 

Ensuite un viaduc sur la vallée de la Voise, et on remonte la 
vallée de VEure. — 78 kil. Jouy, - 82 kil. La Villette-St- Prest. 
On découvre à g. les clocbers de Chartres et on franchit l'Eure. 



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166 IL R 20, CHARTRES. De Paris 

88 kil. Cliartres. — hôtels : du Duc-de-Chartres^ bon ; du Grand-Mo- 
narque^ de France^ tous trois place des Epars (pi. a, b, c, A 4-5). — Cafés 
sur la même place. — Bdffet à la gare (cher). 

Chartres, ville de 21 903 hab. et chef-lieu du départ, à^ Eure-et- 
Loir , sur la rive g. de l'Eure, est une des plus anciennes villes de 
France, fondée par les Carnutes 600 ans av. J.-C. et le siège du col- 
lège des druides. Ce fut jadis la capitale de la Beauce, pays fertile 
en céréales, dont elle fait toujours un grand commerce. 

La **CATHÉDBALE, Notre-Dame (pl.B3), est un des plus beaux 
édifices goth. de France. Elle est dédiée à la Vierge et elle passe pour 
avoir été bâtie au-dessus d'une grotte où les druides auraient rendu 
un culte «à la Vierge qui devait enfanter». Toutefois la crypte n'est 
que du commencement du xi^s., et l'église même des xii^ et xiii® s., 
sauf encore une grande partie du clocher principal, réédifiée de 1507 
à 1514. Les vastes dimensions, les gros blocs de pierre employés 
dans sa construction , la simplicité de son style , tout contribue à 
donner à cette église un caractère imposant. 

La *façade est d'un aspect sévère , mais remarquable par l'am- 
pleur de ses proportions et célèbre par ses deux clochers. Elle a 
trois portails décorés d'innombrables statues et statuettes représen- 
tant surtout des scènes de la vie de J. - C. Au - dessus de chaque 
porte est une fenêtre , celle du milieu plus élevée que les autres 
et surmontée d'une belle rosace, et plus haut règne une galerie avec 
16 grandes statues. Le tout se termine par un pignon renfermant 
une statue de la Vierge entre deux anges et couronné par une statue 
du Christ bénissant. La partie inférieure est du xii^s., la rosace du 
XIII® et le haut du xiii® et du xiv®. Les statues du bas rappellent 
la raideur du style byzantin ; les figures en sont aplaties , les bras 
courts, les corps démesurément allongés et les draperies grossières. 
Les * clochers sont de différentes hauteurs, celui de dr., le plus an- 
cien, mesurant 106m. 50, celui de g. 115 m. Ce dernier a une flèche 
beaucoup plus riche. 

Les ^'portails latéraux sont aussi beaucoup plus ornés. Us sont 
du XIII® s. et précédés de porches du xiv®. Celui du N. est consacré 
à la vie de la Vierge, celui du S. au jugement dernier (crypte, v. ci- 
dessous). Le beau style des grandes statues, l'expression étonnante 
des statuettes , la variété et la vie des bas - reliefs , le fini des mou- 
lures, tout concourt à faire de ces portails de magnifiques modèles 
de sculpture monumentale. Tout l'extérieur se distingue du reste 
par son originalité et sa décoration. Il y a encore deux tours à cha- 
cun des portails latéraux et une de chaque côté à la naissance de 
l'abside, mais elles sont toutes inachevées. 

L'intérieur excite également la plus vive admiration et produit une 
impression profonde par ses proportions, la pureté des détails et la ma- 
jesté de l'ensemble. Il est à 3 nefs, même au transept, et il a près de 
131 m. de long, 32 m. 35 de large dans la nef, 46 au transept, et 36 m. 55 
de haut. On en admire les superbes *viiraux^ la plupart du xiii^s., sur- 
tout ceux des trois roses, qui ont plus de il m. 50 de diamètre. Il y a 
de belles galeries au-dessus des arcades de la nef, et les fenêtres, larges 



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à Brest. CHARTRES. II. E. 20. 167 

et hautes, ont des meneaux d'une étonnante légèreté. Le ehœur a un 
double pourtour et 7 chap. rayonnantes. La ^clôture du chœur est décorée- 
de magnifiques sculptures découpées à jour, des xyie-xYiii^s. Elles re- 
présentent, à jpartir du côté dr., des scènes de la vie de la Vierge et du 
Christ. Du coté g. est une Vierge au Pilier du xv^ ou du xvi®s., qui 
est l'objet d'une grande vénération. 

La crypte^ qui s'étend de chaque côté sous les collatéraux, est très 
sombre et peu intéressante pour le simple touriste. Ses peintures murales 
sont fort médiocres. Elle est ouverte le matin jusqu'à 9 h., et Ton y des- 
cend alors par un escalier à côté du portail latéral du N, Plus tard, il 
faut s'adresser, pour la visiter, à la maison des Clercs, à dr. du chœur. 

Chartres est sans cela pauvre en curiosités , et les rues en sont 
étroites, tortueuses et même escarpées. En prenant la rue St-Eman 
à dr. au delà de la maison des Clercs, et plus loin la rue du Bourg, 
qui descend à g., on arrive à la. porte Guillaume (pi. D4), reste assez 
curieux des fortifications de la ville au xiv^s. 

Traversant le fossé et suivant le boulevard, à dr., jusqu'au premier 
pont, on remontera de là à St -Pierre (pi. CD 5). C'est une belle 
église des xi®-xin^ s. ; mais elle mérite surtout une visite à cause des 
'^ émaux magnifiques de la chap. du fond , par Léon. Limosin , pro- 

\ venant de la chap. du château d'Anet (p. 131). Il y en a 12, repré- 

sentant les apôtres, et ils ont 61 centim. de haut sur 27 de large. 

La rue St- Pierre, en face de l'entrée de l'église, au N., passe 
derrière St-Aignan (pi. C4-5), édifice des xiii®, xvi® et xvn^s. 
Près de là, au S.-O., est Vhôtel de ville (pi. B C5), du xvn®s., qui 
renferme un petit musée, public les dim. et jeudi de 1 h. à 4 h. 

I et visible aussi les autres jours. 

j En continuant enfin tout droit on arrive aux boulevards et à la 

^ place des Epars (pi. A 5), qui est décorée d'une statue de Marceau, 

le héros de Chartres (1769-1796) , bronze par Préault. Les boule- 
vards forment de belles promenades , surtout celui de la butte des 
Charbonniers (pi. AB2-3), au N.-O. A dr. se voient encore des 
restes des anciennes fortifications. 

LiGTSTES de 42kil. sur Dreux (Rouen ^ p. 152), de 29 kil. sur Auneau 
(p. 231) et 76 kil. sur Orléans (p. 221), toutes par les plaines uniformes de 
la Beauce (p. 220). Cette dernière ligne, suite de la précédente (express 
depuis Rouen), croise à Voves (25 kil.) celle de Tours par Vendôme 
(p. 231) et touche à Patay (52 kil. 5 ligne de Nogent-le-Rotrou à Orléans, 
p. 168), où Jeanne d'Arc et Dunois défirent les Anglais en 1429, et qui fut 
encore témoin de combats acharnés en 1870. 

De Chartres aSaumur: 200 kil., ligne de l'Etat de Pans h, Bordeaux; 
4 h. 30 à 5 h. 30; 22 fr. 75, 17 fr. 25, 12 fr. 55. — D'abord une plaine peu 
intéressante. — 26 kil. (4© st.) Illiers , petite ville sur le Loir. — 38 kil. 
(6® st.) Brou^ petite ville sur l'Ozanne. Ligne de la Loupe, v. p. 168. — 
39 kil. Arrou^ où aboutit l'embranch. de Nogent-le-Rotrou (p. 168). — 55 kil. 
Gourtalain-St-Pellerin. Ligne d'Orléans, v. p. 168; ligne de Connerré, p. 168. 
Courtalain, au S.-E., a un château du xv^ s. — 77 kil. (12e st.) Mondou- 
bleauy qui a des restes d'un château des x^-xv^ s. On descend plus loin 
la vallée de la Grenne, puis celle de la Braye. — 98 kil. (14® st.) Besié- 
sur-Braye^ bourg industriel où aboutit la ligne de Connerré par St-Calais 
(p. 168). — 108 kil. Le Pont-de-Braye, où aboutit la ligne de Blois par Ven- 
dôme (p. 229) et la belle vallée du Loh\ qu'on va descendre quelque 
temps. Dans cette vallée, à dr., le château de la Flotte^ du xv© s.; puis 
celui de Poncé. — 111 kil. Ruillé-Poncé. — 115 kil. La Chartre. Tramway 
à vapeur du Mans, v. p. 171. — 131 kil. (21® st.) Ghâteau-du-Loir ^ petite 



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168 IL R. 20, NOGENT - LE - ROTROU. De Paris 

ville aussi sur la ligne du Mans à Tours Cp. 171). On traverse ensuite 
le Loir et en quitte la vallée. — 150 kil. (24^ st.) Châieau-la-Vallière, bourg 
sur la Fare^ qui y forme un grand étang. Ligne de Châteaurenault à 
Port-Boulet, v. p. 234. — 180 kil. (29^ st.) Vernantes, bourg avec une vieille 
église intéressante. — 192 kil. (31© st.) Vivy. Ligne de la Flèche, v. p. 193. — 
200 kil. Saumur- Orléans, stat. sur la ligne de Tours à Nantes. — La ligne 
de l'Etat a sa propre gare de l'autre côté de la ville, jusqu'où vont tous 
les trains, en faisant un grand détour à l'E. et traversant la Loire, sur 
un pont de 1050 m., puis un tunnel de 1040 m. — Pour la ville, v. p. 200. 

II. De Chartres au Mans. ' 

123 kil. Trajet en 2 h. 20 à 3 h. 20. Prix: 15 fr. 35, 11 fr. 50, 8 fr. 40. 

99 kil. (de Paris). St-Aubin-St-Luperce. — 106 kil. Courvîlle. 
La vole s'est rapprochée de l'Eure, dont elle remonte quelque temps 
la vallée, et aux plaines de la Beauce succèdent les pâturages du 
Ferche, pays renommé par ses excellents chevaux de trait, les 
«percherons». — 114 kil. Pontgouin. — 124 kil. La Loupe. Em- 
branch. de 42 kil. en construction sur Brou (p. 167). — 135 kil. 
Bretoncelles. — 141 kil. Condé- sur - Huisne. 

De Condé a Domfront, par Alençon: 136 kil. 5 li. à 5 h. 20. Cette 
ligne remonte d'abord la vallée de VHuisne à travers un pays assez 
accidenté. — 29 kil. (4e st.) Mortagne (p. 155). Lignes de Laigle, Mamers, etc., 
et ligne de Ste-Gauburge, v. p. 155. — 67 kil. (11^ st.) Alençon (p. 162). Ligne 
de Surdon (Caen) au Mans, v. p. 160-163. — 95 kil. (16e st.) Pré-en-Pail, 
petite ville d'où se détache un embranch. de 46 kil. sur Mayenne (p. 164). — 
113 kil. .(19e st.) Couterne, où aboutit l'embraneh. de Briouze-la-Ferté- 
Maeé (p. 156). — 123 kil. (2ie st.) Juvigny-sous-Andaine , où se trouve une 
vieille enceinte fortifiée, sorte de poste d'observation dit le phare de 
Bonvouloir. — 136 kil. (24e st.) Domfront (p. 163). 

Notre ligne traverse VHuisne et en descend la vallée j usqu'auMans. 

149 kil. Nogent-le-Rotrou (hôt. du Dauphin), ville de 8372hab., 
dominée par un beau château des xi^, xiii® et xv^s. Sully, ministre 
de Henri IV, fut un des propriétaires de ce château, et l'on voit à 
l'Hôtel-Dieu son tombeau remarquable, datant de 1642. 

De Nogent-le-Roteou a Orléans : 116 kil. ; 4 b. 10; 13 fr. 75, 10 fr. 45, 
7fr. 55. — 42 kil. (Test.) Arrou (p. 167). — 45 kil. Gourtalain-St-Pellerin. 
— 63 kil. (lie st.) Ghâfeaudun (p. 231). — 92 kil. (15e st.) Patay (p. 167). — 
116 kil. (18e st.) Orléans (p. 221). 

159 kil. Le Theil. — 170 kil. La Ferté- Bernard, petite ville 
à g., ayant une belle église de l'époque de transition du goth. à la re- 
naissance, avec de curieuses galeries et de riches sculptures. L'hôtel 
de ville est établi dans une ancienne porte du xv*^ s. — 179 kil. 
Sceaux. — 187 kil. Connerre. 

Embeanch. de 45 kil. sur Mamers (p. 155), de 54 kil. sur Gourtalain 
(p. 167) et de 32 kil. sur St- Calais, petite ville avec une ane. église ab- 
batiale des xive-xvie s. et un ebâteau en ruine. Un embranch. du réseau 
de l'Etat (12 kil.) la relie à Bessé avec la ligne de Chartres à Saumur 
(p. 167). 

Plus loin, à dr., le château de Montfort-le-Botrou, reconstruit en 
1820, dans le style italien. On retraverse l'Huisne. — 194 kil. Font- 
de-Gennes. — 198 kil. St-Mars-la-Brière. Puis des plantations 
de pins maritimes. — 203 kil. Yvre-rEvêque. Ces dernières stat. 
sont connues par la bataille du Mans, en 1871 (v. ci-dessous). Sur 
le plateau d'Auvours, au dessus d' Yvré-l'Evêque , se trouvent une 



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à Brest. LE MANS. H, R, 20. 169 

colonne commémorative et le tombeau du général Gougeard 
(m. 1886) , un des héros de cette bataille. On traverse ensuite le 
bourg industriel de Pontlieue, où il y a aussi un monument com- 
mémoratif. Il est desservi par le tramway à vapeur de la Chartre 
(p. 171). A g., la ligne de Tours (p. 171) ; à dr., le Mans (211 kil.). 

Le Mans. — hôtels: Grand-Hôtel (Boule-d'Or), ff. de France^ du Sau- 
mon^ place de la République Cpl. a, b, e, B3); de Paris, à la gare (pi. d 
Bo). — Cafés, places de la République et des Jacobins. — Buffet à la gare' 

Voitures : à 1 ehev., 1 fr. 25 la course, 1 fr. 75 l'heure; la nuit 1 fr 75 
et 2 fr. 255 à 2 chev., 1 fr. 60 et 2 fr. 25, 1 fr. 75 et 2 fr. 25. 

Poste ^pl. C2), rue Bourgeoise, 9. — Télégraphe, à la préfecture (pi. C3). 

Le Mans est une vieille ville de 57591 bab., l'anc. capitale du 
Maine, auj. le chef-lieu du départ, de la Sarthe et du commandement 
du iv^ corps d'armée , le siège d'un évêché , etc. , sur la Sartbe et, 
pour la plus grande partie, sur une colline de la rive gauche. 

Elle existait déjà lors de la conquête romaine comme capitale des 
Aulerces - Cénomans. Prise par Guillaume le Conquérant au xi© s., elle 
eut, comme les villes de Normandie, beaucoup à souffrir des luttes entre 
la France et l'Angleterre. Les Vendéens s'en étant emparés en 1793, y 
furent défaits trois jours après et en grande partie massacrés par les 
troupes de Marceau, malgré les efforts d'une partie de leurs chefs pour 
protéger les vaincus. Le 11 janvier 1871, cette ville fut encore témoin 
d une grande bataille , perdue par la deuxième armée française de la 
Loire, qui perdit en même temps toute possibilité de délivrer Paris. 

L'avenue Thiers, longue rue percée de nos jours, monte di- 
rectement de la gare vers le centre de la ville. Dans le haut, à dr., 
la préfecture, l'anc. abbaye de la Couture, rebâtie au xvm® s., et 

Notre-Dame-de-la-Couture (pl.C3). C'est une église datant sur- 
tout des XII® et xiv® s., à une seule nef, mais avec pourtour et chap. 
au chœur. La plus belle partie est la façade, flanquée de deux tours 
inachevées. Le *portail , précédé d'un porche , est décoré de très 
belles sculptures, surtout les statues des apôtres, le jugement dernier 
du tympan et les statuettes de saints de la voussure. La nef, du 
style goth. primitif, a des voûtes curieuses en coupole surbaissée, 
comme à St- Maurice d'Angers (p. 195). Le chœur est encore plus 
ancien (roman dans le bas), et il y a en dessous une crypte. On 
voit dans la nef des tableaux remarquables : de dr. à g., Phil. de 
Champaigne, le Sommeil d'Elie ; Gér. Seghers, la Mise au tombeau ; 
Restout, Abraham et les anges; Th. vanThulden, la Pentecôte; 
Bart. Manfredi, le Crucifîment ; L. Carrache, Ste Véronique. Il y a 
de beaux autels du xviii^s., en marbre et avec retables, dans les 
grandes chapelles aux bas côtés du chœur. Maître autel moderne 
assez riche. Beau vitrail moderne dans la chap. de la Vierge, à dr. 
du chœur. On conserve à la sacristie le suaire de St Bertrand, 
évêque du Mans au vi®s., fait d'une étoffe orientale. 

Dans le bâtiment de la préfecture parallèle à l'église est établi le 

musée de la ville (pi. C4), ouvert t. les j. de midi à 3 h., excepté le 

lundi. On entre par la grille et la porte en face, et l'on tourne à dr. 

D'abord une galerie comprenant une partie des collections d'histoire 

naturelle, des estampes et des tableaux de valeur secondaire, une momie 



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170 IL R. 20, LE MANS. De Paris 

et des couvercles de sarcophages égyptiens. — A g., une autre galerie 
consacrée à l'histoire naturelle. A la suite de la 1^® galerie, une salle 
contenant aussi des tableaux de peu de valeur et VHmail de Geoffroy 
Plantagenet (m. 1151), plaque d'émail champlevé, de 64 cm. de haut sur 34 
de large, représentant le comte d'Anjou, tige des Plantagenets, rois d'An- 
gleterre, et provenant de son tombeau à la cathédrale. A la fenêtre, un 
portrait de Scarron. — Salle de dr. : tableaux, curiosités et objets d'art. 
Dans une vitrine sous des portraits par L, David: un couteau richement 
ciselé et émaillé, aux armes des ducs de Bourgogne (xv^s.)i nne châsse 
duxiii^s., la plaque tombale d'un chirurgien du Mans (xvi^s.); des mé- 
dailles, etc. A la fenêtre: 145, Eeemskerck^ Un alchimiste; 186, d'après 
Qu. MaUys^ St Jérôme; s. n., Moreau de Tours^ Blanche de Castille. 

Graî^db galerie, de dr. à g. : 21, Fil. Lippi., Vierge; tableaux de 
maîtres inconnus, en particulier de V école française du xv^s.-^ 10, école 
de Sienne du xiv^ s.^ Vierge; 66-69, école des Clouet^ portraits; 29, école 
flamande du xr^ s.^ Vierge; 204, Fourbus^ portr. de la duchesse de Guise; 
252, école de Léon, de Vinci ^ la Vierge aux balances, copie ancienne; 245, 
van der Ilelst, portrait; 229, Schalken, portrait; 228, Santerre^ portr. de Mlle 
des Essarts, actrice du xviii^s.; 120, Frans Floris^ le Jugement dernier; 
150, Al. liesse, Germain Pilon ; 183, Marilhat, Paysage pastoral; s. n. Tide- 
mand. Toilette de mariée en Norvège ; 225, école de Ruhens, portr. d'un in- 
connu; 200, Palma le Vieux, la Vierge, St Jérôme et St Antoine; 51, L. Bou- 
logne.^ Jupiter et Sémélé; 39, le Baroche.^ Mise au tombeau, esquisse du 
tableau de Rome; 206, Poussin, Rébecca; 182, attribué & Luini, Ste Cathe- 
rine; 55, Bronzino, portr. de femme; 104, Cuyp (?), portr. de femme; 154, 
K. du Jardin, portr. d'un magistrat; 257, le Dominiquin, paysage; 159, Jou- 
venet, la Présentation de Jésus au temple; 161, Kalf, Armures, vases et 
instruments de musique; 38, le Guerchin, Orphée et Eurydice; 179, Le- 
sueur, la Chasse de Diane; 41, P. de Cortone, Réconciliation de Jacob et 
de Laban; 33, Amerighi, l'Enfant prodigue; 116, van Dyck, St Sébastien; 
221, Ribera, Jésus livré aux bourreaux. Au plafond, Riss,^ Assassinat d'un 
archevêque russe, grande toile encore repliée de 1 m. 

A la préfecture se trouve aussi la bibliothèque publique, ouverte 
tous les jours de 11 h. à 4 h., excepté les mercr., dlm. et fêtes. Elle 
compte 50 000 vol. et 700 manuscrits. 

La rue des Minimes, au carrefour en deçà de la préfecture, mène 
à la place de la République (pl.B3), où l'on a érigé en 1885 le 
^monument de Chanzy et de F armée de la Loire, composé d'une 
statue en bronze du général en chef de l'armée de la Loire à la ba- 
taille du Mans, le 11 janv. 1871, et deux groupes aussi en bronze, 
autour du piédestal, l'Attaque et la Défense. La statue est par 
Crauk; les groupes, plus remarquables, sont par Croisy. 

A rO. de la place, le palais de justice et V église de la Visitation, 
duxviii^s., l'un et l'autre ayant fait partie d'un couvent de ce nom. 

La rue Gambetta, qui descend de là vers le Grand Pont, passe entre 
Vhôpital général (pi. AB,3), du xvii® s. (belle chap.), et la place de 
l'Eperon, où plus de 5000 Vendéens furent tués ou blessés en 1793. 

La rue Dumas, à côté du Grand-Hôtel, et les rues Marchande, 
St-Dominique et des Jacobins, qui y font suite, nous conduisent à 
la place des Jacobins (pi. C2), où se trouve le théâtre, construit en 
1842 sur l'emplacement d'un amphithéâtre gallo-romain et entouré 
d'une belle promenade. Le sous -sol contient un petit musée des 
MONUMENTS HISTORIQUES, public los dim. ct mardi de midi à 4 h. et 
visible aussi les autres jours. L'entrée est à dr. Il comprend des 
antiquités et des objets d'art du moyen âge et de la renaissance, 



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à Brest, LE MANS. Il, R, 20. 171 

entre autres des vases antiques, des poteries, des faïences, de beaux 
émaux ; des monuments funèbres, un ancien plan relief de la ville, 
etc., et aussi un buste colossal du général Négrier, originaire du 
Mans et tué à Paris dans l'insurrection de juin 1848. 

A 5 min. à dr. de la promenade est un jardin d'horticulture 
(pi. D2). — A rO. de la place des Jacobins se voit la cathédrale et à 
g. un tunnel moderne, par où l'on descend à la Sarthe (v. ci-dessous). 

La ^cathédrale (pi. Cl-2), dédiée à St Julien, l'apôtre du pays 
au ni® s., présente deux parties principales bien distinctes: la nef, 
des XI® et xii® s., bâtie dans le style roman et modifiée à certains en- 
droits dans le style de transition; le chœur et le transept, reconstruits 
sur une plus grande échelle à partir du xiii® s. , le premier dans le style 
ogival primitif, le second en partie dans celui du xv®s. C'est 
néanmoins l'une des églises les plus importantes de France et un 
monument dont l'ensemble est plein de noblesse. Le grand portail, 
du XI® s., est fort simple et sans tour. Entre deux contreforts à dr. 
se voit une pierre qui passe pour un menhir. Il y a à dr., au milieu 
de la nef, un portail latéral dans le style de transition du xii® s., 
avec un porche crénelé et décoré de belles statues dans le genre de 
celles du grand portail de Chartres. Le transept se termine de ce 
côté par une tour dont la base est romane et le reste des xv® et xvi®s. 

L'intérieur présente le même contraste que l'extérieur , mais chaque 
partie est également remarquable en son genre. La grande nef a cinq 
travées dont les voûtes se rapprochent du dôme, et les bas côtés ont dix 
travées à voûtes d'arête. On en remarque aussi les chapiteaux historiés. 
Le transept, plus élevé de voûte que la nef, a un triforium à jour et, 
au bras g., une magnifique fenêtre à rose, avec des vitraux anciens comme 
au chœur. Le *chœur^ à double pourtour, est du style goth. le plus pur 
et embelli par des ^vitraux splendides des xiii^ et xiv® s. Il faut ensuite 
mentionner, dans le collatéral de g., 5 tapisseries des xv^-xvie s. ^ dans 
le bras du transept du même côté, le tombeau de Mgr Bouvier (m. 1854), 
du style du xiii^ s. : dans une chap. en face , deux tombeaux de la re- 
naissance; dans l'autre bras du transept, le tombeau de la reine Béren- 
gère, veuve de Richard Cœur-de-Lion , du xiii^s., auparavant dans une 
abbaye des environs; le buffet d'orgue, de la renaissance; dans la chap. 
voisine, un St-Sépulcre en terre cuite, peint et doré, de 1610; dans le 
pourtour, la porte de la sacristie, faite des débris d'un jubé, de 1620. 

En face de la cathédrale est une construction de la renaissance, 
, Vhôtel du Grahatoire^ anc. infirmerie des chanoines. Une rue en face 
du portail latéral nous conduit au tunnel, d'où nous descendons à la 
Sarthe, que nous traversons sur le pont Yssoir. 

Notre-Dame ou St-Julien-du-Fr.e {çl. B 1), de l'autre côté à g., 
est une église intéressante en grande partie romane, des xi® et xii®s., 
avec une crypte. Bas-relief du xvi® s. dans le collatéral de dr., 
une Procession. Fresques modernes , par Andrieux et Jaffard. 

Du Mans à Angers et à Nantes^ v. R- 22A; à Alengon^ etc., R. 18. 

Du 3IANS A LA Chàrtre : 48 kil. ; tramway à vapeur ; 3 h. ; 3 fr., 2 fr. 25. 
Principales stat. : 2 kil., Pontlieue (p. 169); 7 kil., Changé; 14 kil., Parigné; 
19 kil., Challes; 31 kil. , Grand- Lucé^ petite ville quia un château du 
xviiiGs. ; — 34kil., St -Vincent- du -Lorouer; 38 kil., St-Pierre-du-Loroner ; 
41 kil., Courdemanche ; 48 kil., la Chai'tre (p. 167). 

Du Maiîs a Tours î 99 kil. ; 2 h. 35 à 3 h. 40; 11 fr. , 8 fr. 25, 6 fr. 05. 



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172 IL B. 20, LAVAL. De Paris 

Cette ligne suit un instant celle de Paris, tourne au S. et traverse 
l'Huisne. — 8 kil. Arnage , où on quitte la vallée de la Sarthe. — A dr 
et a g., plusieurs châteaux. — 38 kil. (5^ st.) Aubigné. Embranch. de 
33 kil. sur la Flèche (p. 193), par le Lude (12 kil.), petite ville où se voit 
un magnifique château des xve-xyues. _ 42 kil. Vaas^ gros village sur 
le Loir^ aux environs duquel sont plusieurs châteaux inte'ressants. — 50 kil. 
Ghâteau-du-Loir^ aussi sur la ligne de Chartres à Saumur (p. 167) . — On 
traverse le Loir et remonte la vallée de l'Eseotais. — 71 kil. (10^ st.) 
Neuillé- Pont-Pierre. Ligne de Châteaurenault à Port-Boulet, v. p. 234. — 
78 kil. St- Antoine -du -Rocher, stat. à 3 kil. à l'O. de laquelle est Sem- 
blançay, avec les belles ruines d'un château des xii^ et xiii^ s. — 86 kil. 
Mettray^ connu par sa colonie agricole de jeunes détenus acquittés comme 
ayant agi sans discernement. — On rejoint la ligne de Paris à Tours par 
Vendôme (p. 234). — 91 kil. Fondettes-St-Cyr. On traverse la Loire et re- 
joint la ligne de Nantes (R.22B). — 99 kil. Tours (p. 234). 

III. Du Mans à Bennes. 

163 kil. Trajet en 3 h. à 5 h. 1/4- Prix: 20 fr. 25, 15 fr. 25, 11 fr. 20. 

On traverse la Sarthe. Beau coup d'œil à dr. sur le Mans. A g., 
la ligne d'Angers (R.22A) ; plus loin à dr., celle d'Alençon (R. 18). 
— 223 Ml.^ (de Paris). La Milesse. — 232 kil. Domfront. — 235 kil. 
Conlie, où il y eut en 1870-71 un camp de mobilisés bretons. — 
241 kil. Crisse. 

247 kil. Sillé-le- Guillaume , ville de 3285 h ab. ; où se voient 
les restes d'un château du xy® s., dont le donjon a encore 38 m. de 
haut, et une église goth. avec un beau portail du xiii® s. 

Embranch. de 29 kil. sur la Hutte - Couîombiers (p. 162), par Fresnay- 
sur-Sarthe (22 kil.), petite ville sur une colline rocheuse et escarpée, avec 
les restes d'un château fort et une église de l'époque de transition. 

Embeakch. de 52 kil. sur Sablé (p. 194) , par Loué (25 kil.) et Brûlon 
(32 kil.). 

253 kil. Rouesse- Vasse. — 261 kil. Voutre. — 270 kil. Evron, 
petite ville avec une église remarquable des xii^ et xiv® s. 

Correspond, pour Jublains, village à 14 kil. auN.-O., occupant l'em- 
placement du Neodunum des Romains, dont il reste des ruines considérables, 
surtout celles du castellum ou forteresse, dont les murs ont encore 4 à 5 m, 
de hauteur. La voit. publ. continue sur Mayenne (11 kil.; p. 164). 

276 kil. Neau. — 282 kil. Montsurs. — 289 kil. La Chapelle- 
Anthenaise. Ligne de Oaen par Fiers, Domfront et Mayenne, 
V. R. 19. — 295 kil. Louverne. 

301 kil. Laval (buffet j hôt. : de Paris, de l'Ouest, rue de la PaixJ, 
ville de 30627hab. , chef -lieu du départ, de la Mayenne, sur la 
rivière de ce nom, avec nn évêché. C'est le centre d'une fabrication 
importante de coutils pour modes et literie. La partie ancienne, 
étagée sur la rive dr., où conduisent la rue de la Gare, la rue de la 
Paix et le Pont Neuf, présente de ce pont, comme du viaduc du. 
chemin de fer (v. ci-dessous), un très beau coup d'œil, auquel ne 
répondent pas ses vieilles rues. Elle est dominée à g. par sa cathé- 
drale et son château , ses deux principaux édifices. 

De l'autre côté du pont, la place de l'Hôtel-de-Ville, décorée d'une 
statue d'Arribroise Paré, le rénovateur de la chirurgie, né aux en- 
virons vers 1510; elle est en bronze, par David d'Angers. 

La cathédrale est une construction peu monumentale des xii® et 



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a Brest VITRE. IL R. 20. 173 

XIV® s. , de forme irrégulière , engagée dans des maison et n'ayant 
que deux portails latéraux , celui du S. du style roman , avec une 
tour inachevée , celui du N. de la renaissance. On la restaure et on 
doit la dégager. L'intérieur est plus remarquable que l'extérieur et 
présente maintes parties intéressantes. Il y a jusqu'à cinq chapelles 
derrière le chœur. 

Sur la place au S.-O. de cette église est une vieille porte de la 
ville, la porte Beucheresse, du style goth. et flanquée de deux tours. 

Le château se composait de deux parties : le «vieux» et le «nou- 
veau château». Le premier, une sombre forteresse transformée en 
prison, dont on peut cependant visiter la cour, le donjon et la cha- 
pelle , doit surtout être vu de la rue du Val-de-Mayenne , près de la 
rivière. Le donjon, la partie la plus curieuse, est duxii^s., la cha- 
pelle du XI® s. Le «nouveau château», à g. en venant de la cathé- 
drale , sert de palais de justice ; il date en partie de la renaissance. 

Place de la Bibliothèque, entre la cathédrale et la place de l'Hôtel- 
de-Ville, se trouve un bâtiment moderne dit le muséum, contenant 
la bibliothèque et un petit musée archéologique. — A g. de la rue 
Joinville , qui part de la place de l'Hôtel-de-Ville , l'église Notre- 
Dame , des XIV® et xv® s. , possédant de beaux autels en marbre du 
xvn® s. 

De Laval à Mayenne^ Domfront, Fiers et Caen^ y. R. 19. 

Embeanch. de 22 kil. sur Gennes-Longuefuye (Sablé 5 Angers; p. 202). 

En quittant Laval , on traverse la Mayenne sur un viaduc de 
28m. de haut, d'où l'on a, à g., une très belle vue de la ville. — 
310 kil. Le Qenest, — 318 kil. Bort-Brillet , au bord d'un étang, 
situé à g. — 322 kil. St- Pierre-la- Cour, 

336 kil. Vitré (hôt. ; H. des Voyageas, bon ; H. de France, tous 
deux à la gare), vieille ville de 10447 hab., dans un site pittoresque, 
sur la rive g. de la Vilaine , ayant encore une partie de son en- 
ceinte fortifiée , des restes d'un château fort et beaucoup de vieilles 
maisons, qui en font, sous ce rapport, une des villes les plus 
curieuses de France. 

De la gare, on ira d'abord à g., pour voir l'extérieur de la ville 
sous son côté le plus pittoresque, au N., où les remparts subsistent 
encore. Le château, au pied duquel on se trouve bientôt, présente 
de là un aspect imposant. Il date surtout des xiv® et xv® s. Il n'en 
reste plus guère que l'enceinte, garnie de tours crénelées, et le don- 
jon, restaurés de nos jours. L'entrée, qu'on verra dé la ville , est 
également remarquable. Une partie de l'intérieur est transformée 
en prison, mais on peut, en s'adressant au concierge, visiter le reste 
et y voir le petit musée de la ville. Là aussi est la bibliothèque. 

Revenant ensuite sur ses pas, on tournera à g. dans la rue d'Em- 
has, une des plus curieuses du vieux Vitré, avec la rue Poterie, qui 
y fait suite (v. ci-dessous), et la rue Beaudrairie , qui monte entre 
les deux. C'est un étrange pêle-mêle de vieilles et sombres maisons 
en bois et en pierre , avec des galeries , des saillies , des auvents et 



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174 IL R, 20, FOUGERES. De Paris 

des porches de toutes formes, sur des ruelles étroites et tortueuses. 
La première rue à g. de la rue Beaudrairie mène à l'entrée du château. 

V église Notre-Dame, dans le haut de la ville, à l'extrémité de 
la rue de ce nom , où ahoutit la rue Beaudrairie , est un hel édifice 
goth. des XV® et xvi^s., avec une flèche en pierre sur le transept, re- 
construite de nos jours. On remarque au dehors, à dr. , une belle 
chaire du xvi® s. (tête à 3 faces). A l'intérieur, il faut mentionner: 
deux bénitiers en marbre, la chaire, qui est moderne; les vitraux, 
aussi modernes, sauf un du côté dr., qui est de la renaissance; deux 
tombeaux du xv® s., dans la 1^*® chap. à g.' et dans la chap. de la 
Vierge ; un tombeau moderne à g. du chœur, et surtout un triptyque 
composé de 32 émaux de Limoges, de 1544, dans la chap. à dr. à 
l'entrée du chœur. 

La rue à dr. de l'église conduit à la place de la Halle, qui a 
encore des maisons fort curieuses, à auvents et escaliers extérieurs. 
Il y a aussi une vieille tour ronde, reste des fortifications. On re- 
viendra de là par la rue Poterie, parallèle à la précédente. 

A 6 kil. au S., 4 kil. au N. de la stat. d'Argentré (v. ci-dessous) se trouve 
le château des Rochers^ du xv^s., que Mme de Sévigné habita quelque 
temps et d'où elle a daté quantité de ses lettres. Il renferme une galerie 
de portraits du xvii^ s. et conserve des souvenirs de l'époque. 

De Vitré a Pontorson ( Mont -St- Michel): 78 kil.; 3h. 5 à 3h. 30; 
9 fr. 60, 7 fr. 20, 5 fr. 25. On passe en vue du château de Vitré, à dr., 
traverse la Vilaine et remonte quelque temps au N. la vallée pittoresque 
de l'un de ses affluents, la Cantaehe. — 19 kil. (2e st.) Châtillon-en-Ven- 
delais, A g., un grand étang, — 31 kil. (6^ st.) La Selle - en - Luitré. Em- 
branch. de Mayenne (p. 164). 

37 kil. Fougères (hôt. : des Voyageurs^ St- Jacques^ tous deux dans le 
haut, près de la place d'Armes), ville industrielle (chaussures) de 15578 
hab., dans un site pittoresque, avec des restes de fortifications et d'un 
château fort important. 

Comme d'habitude, le quartier de la gare est neuf et ne donne pas 
une idée du site pittoresque de la ville, qu'il faut aller chercher du côté 
opposé. L'avenue à dr. en venant de la gare monte à la place d'Armes, 
d'où l'on gagne à dr. la petite place où l'on a inauguré en 1886 un nou- 
veau théâtre. A g. est la rue Nationale (v. ci-dessous). Nous descendons 
à dr., par la vieille rue de la Pinterie et la rue de la Fourchette, à g., 
à la porte St-Sulpice^ reste des fortifications du xv® s., surtout fort pitto- 
resque du côté opposé à la ville et qui se rattache à dr. à l'enceinte du 
château. On a aussi de là une belle vue de la ville haute. Un peu plus 
loin, l église St-Sulpice^ des xv^-xvme s. On remarque particulièrement 
à l'intérieur des boiseries du xviii® s., le tabernacle du maître autel, la 
chaire, etc., et une sorte de retable en granit, à la chap. du bas -côté 
droit. — Le château^ sur un rocher dont on peut faire le tour, est depuis 
longtemps en ruine, mais présente encore une enceinte imposante et pit- 
toresque, flanquée de 11 tours et en partie couverte de lierre. Elle date 
des xii®-xvi6 s. Le commandant qui en occupe la partie habitable ne 
permet pas la visite de l'intérieur, où il y a du reste peu de chose à 
voir. — On peut monter directement, par le flanc g., de la vallée sur la 
colline, où il y a une promenade^ qui ofi're une très belle vue. Là aussi 
est Véglise St-Léonard^ des xv^-xviie s. , avec un portail moderne, qui a 
une belle rose flamboyante. Il y a au commencement de la nef et dans 
les deux chap. à l'entrée 6 grands tableaux d'Eug. Devéria. Dans celle 
de g. aussi un monument érigé aux mobiles d'Ille - et -Vilaine morts en 
1870. — La rue Nationale^ qui ramène de là au théâtre, a encore quelques 
vieilles maisons fort curieuses , et il y en a aussi dans la rue Chateau- 
briand, qui lui est parallèle. 



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à Brest. RENNES. IL R, 20. 175 

Le ehemin de fer passe ensuite sous la ville dans un petit tunnel. — 
68kil. (14® st.) Anirain près du confluent de l'Oysance et du Couesnon. — 
78 kil. Pontorson (p. Iw). La ligne se prolongeait encore en 1886 3 kîl. 
plus loin, jusqu'à la petite stat. de Moidrey-Mont-Sl-Michel, qui n'est plus 
desservie. Pour le Mont-St-Micliel, v. p. 189. 

Embrakch. de 41 kil. de Vitré à Martigné-Ferehaud (Châteaubriant^ 
Nantes). — 11 kil. Argentré^ où se voit un château du xv^ s. et à 4 kil. au 
S. de celui des Rochers (v. ci-dessus). — 25 kil. (3® st.) La Guerche-de- 
Bretagne, ville de 4877 hab., avec une anc. e'glise collégiale intéressante, 
en partie du xiii® s. — Martigné-Ferehaud, v. p. 165. 

Le chemin de fer descend ensuite la vallée de la Vilaine, 
en laissant à dr. la ligne de Pontorson. — 345 kil. Les Lacs. — 
353 kil. Châteauhourg, dominé par un château moderne. — 358 kil. 
Servon, — 363 kil. Noyal-Acigné. — 374 kil. Rennes. 

Bennes. — hôtels: * Grand- mtelCvi- a, A 3), rue de la Monnaie, 17; 
Jff. de France (pl.b, B2), même rue; Lemoine (pi. e, AB3), quai de Ifemours-, 
de Bretagne, en face de la gare (déj., 2 fr.). — Cafés: rue de la Monnaie, 
place du Palais et au théâtre. — Buffet à la gare. 

Voitures : 1 fr. 25 la course, 1 fr. 75 l'heure; 1 fr. 50 et 2 fr. 50 la nuit. 

Poste (pi. B3), quai de Nemours, 3. 

Rennes est une ville de 66 139 hab., l'anc. capitale de la Bre- 
tagne et auj. le chef-lieu du départ. d'Ille-et- Vilaine, au confluent 
de Ville canalisée et de la Vilaine, le siège du commandement du 
X® corps d'armée, d'un archevêché, d'une académie universitaire, etc. 
Elle est d'origine très ancienne , car elle était déjà , lors de la con- 
quête romaine, la capitale des Redones, peuple de l'Armorique. Elle 
conserva encore plus tard son importance comme capitale du duché 
de Bretagne, jusqu'au jour où 11 passa à la France par le mariage 
d'Anne de Bretagne avec Charles VIII (1491), puis avec Louis XII 
(1499). Mais c'est maintenant une ville déchue, sans vie, malgré le 
chiffre de sa population , et à peu près sans industrie et sans com- 
merce. Elle n'a même plus le caractère particulier qu'on s'attend 
à trouver dans la capitale de la vieille Armorique , un terrible in- 
cendie, qui dui-a sept jours, ayant détruit en 1720 une grande partie 
de la ville, reconstruite alors sur un plan régulier. 

Un quartier moderne, très bien bâti, sépare la gare (pi. D 5) de la 
ville proprement dite, située sur la rive g. de la VUaine. A g., dans 
le bas de l'avenue de la Gare, le lycée (pi. C 3) , construction impo- 
sante dans le style du xvii^s., avec une belle chapelle. Ensuite, sur 
le quai, le palais universitaire, autre édifice moderne monumental. 

Le *musée (pi. C 3) qui occupe une partie de ce palais , est une 
des principales curiosités de Rennes. Il est public les dimanche et 
jeudi, de midi à 4 et 5 h., et visible aussi les autres jours pour les 
étrangers. L'entrée principale est sur le quai, mais quand le musée 
n'est pas public, on entre par derrière. II y a des inscriptions. 

Rez-de-chaussée — Sculptures. — Au milieu, Captier, Hébé; Boisseau, 
le Génie du mal; Quinton, la Défense du territoire. De dr. à g. : Marochetii, 
figures du tombeau de Mme de la Riboisière, à Paris, plâtres i Barré, la 
Madeleine, Graziella j Coyzevox, bas-reliefs en bronze de l'anc. monument 
de Louis XIV sur la place du Palais Cp- 177) , la France triomphante sur 
mer et la Bretagne oflrant au roi le projet de sa statue*, Quinton, Mort 



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176 IL R. 20. RENNES. De Paris 

de Dîagoras^ Lanno^ Lesbîe; inconnu (ouvrage florentin), Jeune fille cares- 
sant un lévrier; MalknecM^ dit Molchnet^ statue colossale de Louis XVI. — 
Autour de cette salle sont des galeries contenant des collections d'histoire 
naturelle. 

1er étage, — Peintures. — Dans l'escalier et la F® salle, des es- 
tampes^ et une riche collection de dessins. — II® salle, celle du fond à 
g., rien de saillant. 

m® salle: de dr. à g., *84, de Crayer ^ l'Elévation en croix; 144, 
SchwartZy Jésus en croix; 21, Giordano^ Martyre de St Laurent; 29, Panni- 
ciati (?), l'Arrivée des mages; 271, Jouvenet^ Jésus au jardin des Oliviers; 
38, Ricci., Ste Barbe; 31, le Hassan, Pénélope; 23, le Pordenone (?), Totila 
visitant St Benoît; 105, van Kessel, l'Entrée dans l'arche; 85, de Crayer, 
la Résurrection de Lazare; 15, L. Carrache., St Philippe; 104, van Kessel, 
le Paradis terrestre ; *101 , Honthorst , St Pierre reniant J. - C. ; — 4 , le 
Guerchin, Pietà; 89, van DycTc (?), Ste Famille; *103, Jordaens, le Christ 
en croix; 17, Cerquozzi, Fleurs et fruits; 81, de Champaigne, Madeleine 
pénitente; 139, Rubens (?) et Snyders, Chasse aux tigres et aux lions; 184, 
école allemande, nature morte ; *10, P. Vé7'onèse, Persée délivrant Andromède. 

IV® salle: 165, P. Wouwerman, Marché aux chevaux; 146, Snyders^ 
Dogue blessé ; 296, le Nain, le Nouveau-né ; 255, Claude Lorrain, paysage ; 
311, Quesnel, portrait d'Eléonore Graligaï, maréchale d'Ancre; 87, Conr. 
Decker (?), paysage ; 305 , Poussin , Ruines d'un are de triomphe ; — 80, 
Brueghel de Velours, paysage ; 98, de Heem, nature morte ; 239, Ant. Coypel, 
Vénus apportant des armes àEnée; 111, Maas, portr. d'un magistrat; 282, 
C, Vanloo, portr. de femme; 166, Wynants, paysage; 96, Franck le Jeune, 
Jésus chez Simon le Pharisien ; 167, Wynants, paysage ; 132, W. van Mieris, 
Dame à sa toilette; 153, Teniers le J., Intérieur de cabaret; *237, Jean 
Cousin (?), Jésus aux noces de Cana, grand tableau provenant de l'église 
St-Grervais, à Paris; 134, Mytens, Une fête; 297, le Nain, la Vierge, Ste 
Anne , l'enfant Jésus et des anges ; *159 , van Toi , Intérieur hollandais ; 
109, Leermans, le Trompette et la servante; 99, van JJerp , la Vierge au 
chardonneret; 95, Léon, de France, Buveurs dans une grange; *161, van 
Veen, dit Heemskerck, St Luc peignant la Vierge. 

V® salle : 331, école française. Un bal à la cour des Valois ; 131, F. van 
Mieris, portr. de ses deux fils ; 243, Arn. de Vuez, St Bonaventure prêchant 
dans un concile; 14, L. Carrache, Martyres de St Pierre et de St Paul; 
276, Lebrun, Descente de croix; 238, N. Coypel, la Résurrection de J.-C. ; 
242, Desportes, Chasse au loup; 213, L. Boullongne, la Femme guérie en 
touchant les vêtements de J.-C. ; 39, le Tintoret, le Massacre des Innocents ; 
298, Natoire, St Etienne prêchant l'évangile. 

VI® salle: s. n., Lehmann, Consolatrix afflictorum; 264, Jacquand, le 
Comte de Comminges reconnaissant Adélaïde sous le costume des trappistes 
(mémoires du comte). 

VII® salle : 287, Marquis, St Louis sort du Châtelet avec la reine Blanche ; 
234, Couder, Tanneguy Duchâtel enlevant le Dauphin (Charles VII) de Vin- 
cennes, pour le soustraire aux attaques du duc de Bourgogne (1418); 260, 
Guérin, Ulysse en butte au courroux de Neptune; 316, Serrur, Tobie ense- 
velissant les morts ; 295, Mouchot, le Bazar des tapis, au Caire ; 262, Guille- 
mot, les Amours de Sapho et de Phaon ; 196, Abel de Pujol, Noëmi quittant 
la terre de Moab. 

II® étage. — Musée AROHÉotOGiQUE: antiquités diverses, vases, mé- 
dailles, peintures de l'anc. école italienne, entre autres un triptyque 
attribué a Giotto, un autre attribué à René d'Anjou, la Mort; armes, mou- 
lages de bijoux antiques et autres objets précieux trouvés dans le pays. 
Dans un cabinet, une collection céramique, etc. 

A peu de distance derrière le palais universitaire se trouve V église 
de Toussaints (pl.C3), anc. chapelle du collège des jésuites, duxvii^s. 
On en remarque surtout le maître autel , qui est très riche et qui a 
un retable en grande partie doré, et la chaire, également fort belle. 

Nous retournons au quai de l'Université. A l'extrémité, à g., 



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à Brest RENNES. IL M. 20. 177 

sur la cale du Pré-Botté , se voit le nouveau palais du Commerce, 
grande construction neuve du style de la renaissance, avec un dôme 
au centre. 

Le pont de Berlin, à dr. du quai de l'Université, et la me qui y 
fait suite, mènent à la place du Palais (pi. B C 2-3), une des princi- 
pales de la ville, avec un beau jet d'eau. 

Le palais de justice (pi. C 2) , en face , en est aussi un des prin- 
cipaux monuments. Il fut constiiiit de 1618 à 1654, pour le parle- 
ment de Bretagne, sur les plans de Jacques Debrosse, l'architecte du 
Luxembourg , à Paris. Sa lourde façade est précédée des statues de 
quatre jurisconsultes de Bretagne: d'Argentré (1519-1546), la Cha- 
lotais (1701-1785), Gerbier (1725-1788) et Touiller (1752-1835). 
Plusieurs salles sont décorées de peintures d'artistes bien connus : 
Coypel , Jouvenet (Christ de la 1^® chambre) , Jobé-Duval. 

A dr. un peu plus bas , en revenant du palais , se trouve une 
autre belle place , la place de la Mairie (pi. B 3) , avec l'hôtel de 
ville et le théâtre, h^kôtel de ville (pi. B 3) a été construit après 
le grand incendie, sur les plans de Gabriel, architecte de Louis XV. 
Il se compose d'un bâtiment en hémicycle entre deux pavillons, 
avec un beffroi terminé par un dôme bulbeux. Le théâtre (pi. B C3), 
au contraire , qui ne date que de 1835 , forme en face une demi- 
rotonde en saillie sur la place. La façade est couronnée des statues 
d'Apollon et des Muses. Il y a sous les arcades de ce vaste édifice 
des cafés et de beaux magasins. 

Prenant maintenant à dr. de l'hôtel de ville, nous arrivons à 
V église St- Sauveur (pi. B3), qui est du xvin^s., mais renferme 
quelques œuvres d'art remarquables : maître autel à baldaquin , ta- 
bleaux anciens, belle chaire, bas - relief représentant le mariage de 
la Vierge , à l'autel de dr. , statues de St Pierre et St Paul , beaux 
vitraux modernes, etc. 

Un peu plus loin est la cathédrale (pi. A^3) , de fondation très 
ancienne, mais reconstruite au xvin® s., avec un portail dans le style 
classique. Elle est très richement décorée à l'intérieur , surtout de 
peintures par le Hénaff et Jobé-Duval. Dans la dernière chapelle 
du bas côté de dr. , un très beau et grand retable , en bois peint et 
doré , du xv® s. Dans le bras g. du transept, un monument érigé en 
1883 au cardinal St-Marc, par Valentin. 

Dans une ruelle en face de la cathédrale , la porte Mordelaise, 
reste des fortifications du xv^s., enclavée dans de vieilles maisons. 
Les ducs et les évoques faisaient par là leur entrée dans la ville. 
Il y a au jambage de g. un fragment d'inscription romaine du m® s. 

Nous revenons à la place du Palais, à g. par la rue de la Monnaie, 
qui passe devant la cathédrale. La rue Victor -Hugo, de l'autre 
côté, mène à la promenade de la Motte (pi. C2); la rue Gambetta, 
à g. en deçà, à la place St-Melaine. Là est V église Notre- Dame-en- 
St-Melaine (pi. D2), anc. abbatiale desxi®-xin®s., avec un clocher 
sur lequel on a placé de nos jours une statue de la Vierge. Il y a un 

Bœdeker. lî^ord de la France. 2© édit. 12 



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178 ILR.20. ST-BRIEUC. De PaHs 

beau monument funèbre moderne à l'entrée, par Valentin, et à l'in- 
térieur un maître autel et une clôture gothiques en bols , également 
modernes et remarquables. — Un peu plus loin , à dr. , le Thdbor 
(pi. D %, la principale promenade de Rennes , décorée d'une statue 
moderne de Duguesclin , qui naquit aux environs de cette ville en 
1314 ou 1320, et d'une statue de la Liberté^ sur une colonne. — 
Enfin à la suite de cette promenade est un jardin des Plantes 
(pi. D 2), toujours ouvert au public et d'où l'on a une belle vue. 

De Rennes à Si-MalOy au Mont- St- Michel ^ à Dinan^ etc., v. R. 21; à 
Châteaubriant (Angers), embraneh. de 61 kil.. rejoignant à Martigné- Fer- 
chaud (46 kil.) celui de Vitre' (p. 175). — Châteaubriant, v. p. 203. 

De Rennes a Redon : 71 kil. ; 1 h. 55; 8 fr. 85, 6 fr. 65, 4 fr. 85. Cette 
ligne tourne au S. et rejoint la Vilaine après Bruz (10 kil.), la première 
station. La vallée de cette rivière, qu'elle suit dès lors plus ou moins 
jusqu'à Redon et traverse plusieurs fois , présente de jolis paysages , des 
collines boisées et des rochers escarpés avec des châteaux. — 21 kil. 
(2® st.) Guichen-Bourg-des-Comptes. Puis un tunnel. — 30 kil. Bain-Lohéac. 

— 37 kil. Messac. On passe plus loin sur un viaduc de 22 m. de haut, puis 
dans un tunnel de 700 m. — 48 kil. Fougeray-Langon. — 52 kil. Beslé. On 
traverse des marais et le lac de Morin. — 58 kil. Massérac^ où l'on rejoint 
la ligne de Sablé par Châteaubriant (p. 219). — 64 kil. Avessac. — A g., la 
ligne de Nantes. — 71 kil. Redon (p. 233). 

IV. De Reunes à Brest. 

236 kil. Trajet en 5 h. 25 à 8 h. 15. Prix: 29 fr. 30, 21 fr. 95, 16 fr. 15. 

A g., au départ, les lignes de Châteaubriant et de Redon. On tra- 
verse la Vilaine. A dr., la ligne de St-Malo (R. 21). — 386 kil. (de 
Paris). L'Hermitage-Mor délies. — 396 kil. Montfort-sur-Meu, 
bourg avec des restes de fortifications, surtout une tour du xv® s. — 
406 kil. Montauban-de- Bretagne, qui a un château des xiv®-xv® s. 

— 411 kil. La Brohinière, 

EsiBRANCH. de 42 kil. sur Ploërmel^ se raccordant avec l'embranch. de 
la ligne de Nantes à Brest qui dessert aussi cette ville (v. p. 211). 

On remonte ensuite la vallée du Garun et traverse la Rance. — 
420 kil. Caulnes. — 428 kil. Broons. — 439 kil. Plenée-Jugon. 

442 kil. Lamballe (hôt. de France) , ville de 4429 hab., à dr. 
dans un site pittoresque, dominée par sa belle église Notre-Dame, 
des xni^-xv® s., l'anc. chapelle du château, qui n'existe plus. On en 
remarque encore V église St- Martin, des xi^, xv® et xvi® s., dans un 
faubourg. — Ligne de Dinan, Pontorson, etc., v. R. 16. 

Correspond, pour Montcontour, à 16 kil. au S.-O. (1 fr. 75). Son église 
St-Mathurin y qui possède de magnifiques vitraux du xvi© s., est un pèle- 
rinage célèbre dans toute la Bretagne, et il y a un grand «pardon» le lundi 
de la Pentecôte. 

452 kil. Yffiniac. Ensuite un remblai de 38 m. et un viaduc de 
39 m. 50 de haut. 

462 kil. St-Brieuc (buffet; hôt. : de la Croix- Blanche, de France), 
rue et place St-Guillaume) , ville de 19240 hab., chef-lieu du dé- 
part, des Côtes -du -Nord et siège d'un évêché, sur la rive g. du 
Gouét, à 1 kil. V2 de son embouchure dans la Manche. C'est une 
ville qui s'est formée autour d'un monastère fondé par le saint de 



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à Brest, PONTIVY. //, B, 20, 179 

ce nom, et son existence fut toujours assez paisible, sauf à la Ré- 
volution, où la lutte y fut continuelle entre les Chouans et les Bleus. 

En suivant la rue aux Chèvres , en face de la gare , et tournant 
à dr. dans la rue St-François, on arrive bientôt au Champ-de- Mars, 
puis à un boulevard décoré d'une statue de du Guesclin. De l'autre 
côté du Champ-de-Mars est St - Guillaume , église du xiii^ s. réédi- 
flée de nos jours. A la suite du boul. du Guesclin vient la Grande 
promenade, avec le palais de justice, et plus loin St-Michel, église 
moderne dans le style classique. En prenant la rue en face et la 
suivante , on va dans le centre de la ville , à la place de la Préfec- 
ture. La, prejecture n'a guère de remarquable que son parc. — La 
cathédrale, en face, est un édifice de peu de valeur des xiii®-xv®et 
XVIII® s. Elle renferme quantité de tombeaux, la plupart de ses 
évêques et modernes. On en remarque particulièrement trois par 
Ogé, de St-Brieuc, dans le bas côté et dans le croisillon de dr. — 
V hôtel de ville, à côté de la cathédrale, renferme un petit musée, 
ouvert les dim. et jeudi de 2 h. à 4 h. — Vevêché, à côté de la pré- 
fecture , est en partie du xvi® s. La rue qui passe devant ce palais 
conduit à Notre -Dame -d'Espérance ou St- Pierre, autre église du 
xm® s. reconstruite de nos joui-s. C'est un pèlerinage, et il y a un 
calvaire. La rue transversale un peu au delà, à g., ramène au 
Champ-de-Mars. — St-Brieuc a encore de vieilles maisons inté- 
ressantes , malgré les grandes transformations que la ville a subies 
dans ces derniers temps. 

On a de difierems endroits une belle vue de la vallée du Gouët et 
de la baie de St-Brîeuc, en particulier de rextrémité K du boul. du 
Guesclin, du calvaire dit croix de Santé,, au N.-E. de la Grande Prome- 
nade, et du tertre de Bué^ au N.-O., où il y a une Vierge par Ogé. 

Le port de St-Brieue est au Léguée 1500 m. au N., desservi maintenant 
par un embranch. de chemin de fer. Env. 2 kil. plus loin est la tour de 
Cesson^ de 1395 et en ruine depuis 1598. 

De St-Brieuc a Binic, Poeteieux et St-Quay: 12, 18 et 20 kil., cor- 
respond., 1 fr. 75 et 3 fr. — 6 kil. Ste-Croix. — 8 kil. Pordic. — 12 kil. Binic 
(hôt. de Bretagne),^ bourg avec un petit port armant pour la pêche à la 
morue. Il occupe un joli site et il y a des hains de mer. — 16 kil. Etahles. 

— 18 kil. Portneux (hôt. de la Plage,, etc.), village qui a un bon port de 
refuge et de jolis haim de mer, assez fréquentés. — 20 kil. St-Quay (loge- 
ment au couvent) , bourg qui a des hains de mer particulièrement fré- 
quentés nar le clergé. — La route se prolonge sur Paimpol (24 kil.), par 
Plouha (8 kil.), Lanloup (5 kil.), Plouézec (5 kil.) , Kérity (2 kil.) et les 
ruines de Vabhaye de Beauport (ikil.), du xiii^s., dans un site magni- 
fique, à 3 kil. de Paimpol (v. ci-dessous). 

De St-Brieuc a Auray: 128 kil. ; 5 h. 55^ 15 fr. 95, 12 fr. , 8 fr. 70. 

— 19 kil. (S^st.) Quintin, petite ville dans un site pittoresque, sur le 
Gouët, avec un château des xvii® et xviii© s. Il s'y fabrique des toiles 
renommées dites «toiles de Bretagne». — 23 kil. Le Pas,, avec un haut- 
fourneau. Puis la forêt de Lorges ('J676 hect.), et le château de Lorges, à g. 

— 50 kil. (86 st.) Loudéac, autre petite ville aussi connue par ses toiles et 
dont dépend une grande forêt (2700 hect.). — On traverse ensuite l'Oust et 
le canal de Brest à Nantes. — 63 kil. JSt-Gérand. 

73 kil. Pontivy (hôt. Grosset), ville de 9466 hab., sur le Blavet. Elle se 
compose d'une partie ancienne, Pontivy proprement dit, et d'une partie 
nouvelle, Napoleonville,, qui a donné son nom à toute la ville sous le pre- 
mier et le second empire. Dans la vieille ville sont les restes consi- 

12* 



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180 //. R. 20, MORLAIX. De Paris 

dérables cl*un château du xv^s., transformés en couvent, et une église 
Notre-Dame-de-la-Joie<, de la même époque. Napoléonville, eomposé surtout 
de casernes , fut créé à partir de 1805 , pour tenir la contrée en respect. 
88kil. Si- Nicolas^ ou se trouve une chap. St-Mcodème du xvi® s., 
but de pèlerinage. Il y a des fontaines où Ton amène processionnellement 
les bœufs des environs le jour du pardon, le 1®^ samedi d'août. — Ensuite 
2 petits tunnels. — 102 kil. Baud^ stat. à 5 kil. à l'O. de la petite ville 
de ce nom. Plus loin, la. forêt de Camors. — 116 kil. Pluvignier^ ville de 
4984 hab., à env. 1/4 'l'^* ^ g- ^Q rejoint la ligne de Brest à Nantes. — 
128 kil. Auray Cp. 213). 

Passé St-Brieuc, on traverse la vallée du Gouët sur un viaduc de 
59 m. de haut. — 472 kil. Plouvara- Plerneuf. — 479 kil. Châte- 
laudrerii Cette localité, à 1 kil. auN., a une chapelle avec des lambris 
couverts de peintures remarquables du xv^ s., 72 scènes de la Bible. 

492 kil. Cruingamp (hôt. : de V Ouest, de France), ville de 8744 hab., 
dont V église Notre-Dame-de-Bon-Secours , des xiii^-xv^s., est un 
des principaux pèlerinages de Bretagne. Le pardon ou la fête a lieu 
la veille du 1®^ dlm. de juillet, et c'est un spectacle curieux pour les 
personnes étrangères au pays. On y voit aussi une belle fontaine, 
refaite dans le style du xv^ s. A 2 kil. V2 à l'O., le villages de Grâces, 
avec une jolie chapelle goth., de 1507-1521 , remarquable par ses 
sculptures. 

Correspond, pour Paimpol (33 kil. ; 3 fr. 50), par Pontrieux (20 kil.), 
bourg dans la vallée du Trieux, qui y forme un petit port. De là à Tré- 
guier, V. ci-dessous. — Paimpol (hôt. Michel) est une ville de 2211 hab., avec 
un port au fond d'une baie, important surtout pour la pêche à la morue. 

— A env. 8 kil. au N., 2 kil. de la côte, se trouve Vile Bréhat^ qui forme 
un bon port de refuge, même pour les vaisseaux de guerre. — Paimpol 
est relié par une route et des voit. publ. à Lannion (v. ci -dessous). A 
5 kil. dans cette direction, Lézardrieux^ bourg avec un petit port sur le 
Trieux. 10 kil. plus loin est Tréguier (v. ci-dessous). 

Correspond, aussi à Guingamp pour Tréguier (35 kil. ; 3 fr. 30), par 
Pontrieux (v. ci-dessus) et la Roche-Derrien (29 kil.) , bourg où se voient 
les ruines d'un château remontant au xi© s. et une église intéressante. 

— Tréguier (hôt. du Lion d''Or) est une jolie ville de 3193 hab., en partie 
sur des coteaux, au confluent de deux rivières qui forment le Tréguier, et 
avec un petit port de pêcheurs. Elle a une anc. cathédrale fort remar- 
quable, des xiv^ et xv^ s., dont le transept a 3 tours et à côté de la- 
quelle est un cloître de la même époque , où l'on entre du croisillon de 
gauche. 

Le chemin de fer contourne Guingamp. Très beau coup d'oeil sur 
les environs. — 507 kil. Belle-Isle-B égard. — 518 kil. Plouaret. 

Embranch. de 17 kil. sur Lannion (hôt. de France)^ ville de 6205 hab., 
avec un petit port de pêcheurs , sur le Léguer.^ dont la vallée pittoresque 
mérite une visite : on y rencontre les ruines du château de Coëtfrec , à 
4 kil. en amont; la chapelle de Ker/ons, de la renaissance, 8 à 4 kil. plus 
loin, et les ruines du château de TonquédeCy à env. 5 kil. de là. 

527 kil. Plounérin. — 541 kil. Plouigneau. On passe en arri- 
vant à Morlaix sur son grand viaduc (v. ci-dessous). 

550 kil. Morlaîz (hôt.; de l'Ewope, de Provence), ville de 
16 013 hab., avec un petit port, à 7 kil. de la Manche. Ce port est 
à di'. du viaduc en arrivant , tandis que la ville s'étend à g. dans le 
bas. La rue Gambetta, qui y descend de la gare, fait un assez long 
détour ; les piétons la quittent à un escalier à g. et la rejoignent 



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à Brest. LANDERNEAU. II. B. W. 181 

dans le bas. En continuant par la rue du Pavé, on passe à dr. à la 
rue du Mur et à la Grand' Rue , qui ont de vieilles maisons^ curieu- 
ses par leur -distribution intérieure. Le reste de cette partie de la 
ville n'a rien de bien remarquable. De l'autre côté de la rue du 
Pavé est Vhôtel de ville, d'où Ton arrive, par la place Thiers, au 
"^viaduc. Il a 284 m. 50 de long et 58 m. de haut, et il est à deux 
étages , le premier avec un passage pour les piétons. Près de là est 
St-Melaine^ église qui date surtout du xvi® s. On y remarque les 
fonts et des sculptures grotesques. 

Le part est formé par le Jarlot et le Queffleut, qui se réunissent 
à Morlaix même, dans un canal voûté sous l'hôtel de ville et la place 
Thiers , et prennent là le nom de rivière de Morlaix. Il y a deux 
petits bassins séparés par une écluse, accessibles aux navires de 
400 tonneaux. Ce port est particulièrement en relation avec le nord 
de l'Europe et fait un grand commerce de grains et graines oléagi- 
neuses, légumes, beurre, porc salé, suif, miel, cire, cuirs, toiles, fils, 
chevaux, etc. Les grands bâtiments à g. du bassin à flot sont une 
manufacture des tabacs. 

De Morlaix a Roscoff : 28 kil. ; 50 à 55 min. ; 3 fr. 55, 2 fr. 65, 1 fr. 95. 

— 11 kil. TauU - Henvic. On traverse ensuite la ï*enzé, sur un viaduc de 
30 m. de haut. — 17 kil. Plouénan. On aperçoit de loin St-Pol- de-Léon. — 
22 kil. St-Pol-de-Léon (hôt. de France), ville de 7480 hab., à 1 kil. de la 
mer, où est son petit port de Pempoul. Elle a une anc. cathédrale^ partie 
romane et partie gotb., des xm^ et xiv® s., avec deux clochers ayant de 
magnifiques flèches, plusieurs tombeaux et d'autres oeuvres d'art à Tin- 
térieur. Mais on y remarque encore davantage la *chapeUe de Creizher^ 
surtout des xiv© et xv® s., dont le clocher passe pour une merveille. 
Curieux cimetière avec des ossuaires goth. et une anc. église du xv^ s. — 
28 kil. Roscoff (7i<î*. des Bains-de-Mer), ville de 4365 hab. et petit jjort faisant 
le commerce des excellents légumes que^produisent, ses environs, très fer- 
tiles et particulièrement favorisés par le Gulf- Stream. A 4 kil. est Vîle 
de Baiz. 

559 kil. Fleyber-Chnst. — 565 kil. St - Thegonnec. La petite 
ville de ce nom, à 3 kil. au N., a une belle église de la renaissance 
et , au cimetière , un curieux arc de triomphe et un ancien ossuaire 
de la même époque , avec un calvaire et un St-Sépulcre. Costumes 
originaux. — On traverse ensuite la Penzé, sur un viaduc de 32 m. 
de haut, en laissant à dr. le bourg de Gimiliau, qui possède l'un des 
calvaires les plus curieux de Bretagne , avec quantité de statues et 
statuettes, de la fin du xvi® s. — 576 kil. Landivisiau, petite ville 
industrielle à 2 kil. à dr. ou au N. On descend la vallée de VElorn, 

— 586 kil. La Roche. 

6 kil. plus loin, au N.-O., Bodilis, qui a une très belle église de la 
renaissance, et à 7 kil. de là, à g. de la route, les ruines fort remar- 
quables du château de Kerjean^ du xvi^ s. 

591 kil. Landemeau (buffet; hôt. Raould), ville manufacturière 
(toile) de 8927 hab., où abouit la ligne de Nantes (R. 23). 

CoRHESPOîiD. TpovLT Lesneven (16 kil.; 2fr.), localité à 2 kil. au S.-O. 
de laquelle est le pèlerinage du Folgoët, qui a une église très remarquable 
du xve s., renfermant un magnifique *Jubé de la même époque. — il kil. 
plus loin, Brignogan^ hameau où il y a des bains de mer (hôtels). 

On suit encore quelque temps la vallée de l'Elorn , puis on tra- 



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1Ô2 IL É. 20, BREST. 

verse une forêt et on aperçoit à g. Vanse de Kerhuon, qu'on franchit 
sur un viaduc de 200 m. de long et 39 m. de haut. C'est le dépôt 
de bois de construction de la marine militaire. — 602 kil. Kerhuon, 
Sur la pres^u''île située en face, où l'on peut passer en bac, se trouve 
Plougastel, célèbre par les anciens costumes de fête de ses habitants et 
par son pardon de la St-Jean, le 24 juin; on y va aussi alors en bateau 
à vapeur de Brest. Son cimetière renferme en outre un calvaire monu- 
mental très curieux, avec un grand nombre de statuettes et de bas-reliefs, 
de 1602-1604. 

605 kil. Le Rody, aussi sur une anse. Vient ensuite la rade de 
Brest, aux rives boisées et qui offrent de beaux coups d'oeil. On 
passe enfin dans une grande tranchée et près du port de commerce 
de Brest. La gare est en dehors de l'enceinte (pi. E 3). 

610 kil. Brest. — hôtels: Grand-Hôtel, place du Champ-de-Bataille 
(pi. D3); H. Continental^ nouveau, place de la Tour-d'Auvergne (pi. D3), 
recommandé; H. de la Bourse, place du Champ-de-Bataille; H. des Voya- 
geurs , rue de Siam , 16. — Cafés , rue d'Aiguillon , près de la place du 
Champ-de-Bataille. — Voitures: à 2 places, 1 fr. 25 la course, 1 fr. 75 
l'heure; à 4 places, 2 fr. et 2 fr. 50. — Poste, rue Traverse, 5. — Etablisse- 
ment du port (v. p. XI v), 3 h. 46. Longit. O., 6° 49' 5''. 

Brest est une ville de 70 778 hab. , le 1^^ port militaire de France 
et une place forte de 1^® classe, au N. de la rade du même nom, vers 
l'extrémité du Finistère , la partie la plus occidentale de la France. 
Elle a aussi un port marchand , mais toute son importance est dans 
son port militaire et les établissements qui en dépendent , et son 
histoire se résume dans celle de ce port , à la France depuis 1532, 
comme le reste de la Bretagne (v. p. 175). Les grands travaux y furent 
commencés par Richelieu et elle fut fortifiée par Vauban. Ce der- 
nier parvint à faire échouer en 1694 une tentative des Anglais et 
des Hollandais pour s'en emparer, mais la flotte française, sous les 
ordres de Villaret de Joyeuse, y fut battue en 1794 par la flotte an- 
glaise, que commandait Rich. Howe. 

A g. de la gare (pi. E 3) est le nouveau 'port de commerce, in- 
achevé. Il a plusieurs bassins fonnant une superficie de 41 hect., 
avec deui môles et un brise -lames transversal de 1 kil. de long. 

La ville proprement dite est bâtie sur une colline entre ce port 
et le port militaire , de l'autre côté duquel est le quartier de Re- 
couvrance, occupant aussi une colline. On monte directement à la 
ville par des rampes menant à la place du Château ou par un es- 
calier aboutissant au cours Dajot (pi. C D 4). Ce cours est une 
belle promenade créée en 1769 et décorée de statues en marbre de 
Neptune et de l'Abondance , par Coyzevox. On a de là une *vue 
magnifique de la rade. 

La BADE de Brest, où mouillent ordinairement un certain nombre 
de* vaisseaux de guerre, est une double baie d'env. 22 Ml. de long, 
sur 11 de large, en grande partie fermée par un promontoire qui ne 
laisse qu'une passe de 300 m. de long sur 650 m. de large , dite le 
Qoulet. L'entrée en est pour cette raison difficile , mais la rade est 
la plus sûre et la plus vaste de l'Europe ; 400 vaisseaux de ligne 



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BREST. //. R. 20. 183 

peuvent y trouver un bon mouillage. Elle est défendue par des 
batteries formidables, pour la plupart à fleur d'eau, couvertes elles- 
mêmes par un vaste système de fortifications , qui défend aussi le 
port et la ville. La presqu'île de Plougastel (p. 182), au S.-E., divise 
cette rade en deux bras principaux , se ramifiant en une quantité 
d'anses. Le plus rapproché est le bras de Landerneau, dans lequel se 
jette la rivière de ce nom ou l'Elorn; l'autre est le bras de Cbâteau- 
lin (p. 218) , recevant aussi la rivière du même nom ou l'Aulne. 

A l'O. du cours Dajot, sur un rocber à l'entrée du port, est le châ- 
teau (pi. C 4). C'est une construction militaire très considérable, 
en grande partie du xni^ s., mais modifiée par Vauban. On peut le 
visiter en s'adressant au casernier, à g. dans la cour (pourb.). Il est 
affecté à divers services militaires et n'a rien de bien curieux à l'in- 
térieur , mais on a une *vue superbe de la tour de Brest , la plus 
rapprochée de l'entrée du port. Il y a, avec le donjon, huit tours, 
dont Vauban fit remplacer les toits coniques par des plates-formes, 
pour y mettre de l'artillerie. On vous montre surtout à l'intérieur 
des cachots et des oubliettes, sur lesquels on ne manque pas de vous 
raconter des faits horribles. 

Le *POET MILITAIRE (pi. B 4-2) cst une sorte de canal de 5 kil. de 
longueur, 100 m. de largeur moyenne et 10 à 13 m. de profondeur, 
creusé en grande partie dans le roc vif, à l'embouchure d'une petite 
rivière nommée la Penfeld. On a entrepris de nos jours de le rendre 
accessible du côté du château, en nivelant le terrain. De l'intérieur 
de la ville, on y arrive surtout par la rue de Siam (pi. 04). 

Le *pont tournant (pi. B 4), où mène cette rue, est une des princi- 
pales curiosités de Brest et un des plus grands qui existent. Son tablier 
est à une hauteur moyenne de plus de 21 m. et sa longueur est de 
117 m. Il se compose de deux volées en fer, établies sur des piles 
en forme de tours , sur lesquelles quatre hommes les font aisément 
pivoter : 10 min. suffisent pour l'ouvrir ou le fermer. Rien de plus 
hardi et de plus léger comme construction que ce pont , qui réunit 
depuis 1861 les deux collines de Brest et de Recouvrance. Un pont 
flottant, pour les piétons, en relie au - dessous les parties basses. 

Bien qu'on ne puisse le voir dans son ensemble , parce qu'il 
forme plusieurs courbes masquées par des hauteurs , on ne saurait 
avoir un meilleur coup d'œil du port militaire que du haut du pont 
tournant. La variété et l'animation du spectacle d'un port de cette 
importance ne sauraient se décrire ; la configuration des deux rives, 
sur lesquelles s'alignent et s'étagent d'immenses bâtiments, y ajoute 
encore beaucoup. Ces bâtiments n'ont d'importance que par leurs 
dimensions ; ce sont des ateliers , des magasins de toute sorte , des 
casernes, etc. On ne devra pas manquer de descendre sur les quais, 
ni de demander la permission de visiter les curiosités du port, dont 
les personnes étrangères aux constructions navales et aux armements 
ne sauraient se faire une idée. Il occupe 8 à 9000 ouvriers. Les per- 
missions s'obtiennent de 11 h. à 2 h., excepté le dimanche, dans les 



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184 IL E. 20. BREST. 

bui'eaux de la Majorité, au quartier de la Marine, qui domine le port 
au N.-E. (pi. C2). Les visiteurs sont accompagnés par un matelot, 
qui leur donne les explications nécessaires. L'entrée est sur la rive 
g., à l'extrémité de la Grande-Rue. 

C'est là que se trouve, devant le magasin général, la Consulaire^ pièce 
de canon d'origine vénitienne , qui était à Alger lors du siège de cette 
ville par Duquesne, en 1683. Le consul de France, Levaeher, ayant été 
envoyé à ce dernier par le dey, sans pouvoir obtenir la cessation du bom- 
bardement, fut placé à la gueule du canon, qu'on déchargea contre les as- 
siégeants. — Là aussi se voit, sur une fontaine, une statue d'Amphitrite par 
Coyzevox. 

La ville elle-même offre peu d'intérêt, à côté du poi-t et lorsqu'on 
a vu le château et le cours Dajot. L'église principale, St- Louis 
(pi. C 2) , a été commencée en 1688 et achevée seulement de nos 
jours. A côté est V établissement des pupilles de la marine, un an- 
cien séminaire , construit par les jésuites en 1686. Il est destiné à 
recevoir des orphelins, qui y restent de 7 ans à 13 ans et qui passent 
ordinairement de là à l'école des mousses, sur «l'Austerlitz», en rade ; 
puis sur les bâtiments de l'Etat ou, à l'âge de 16 ans, à l'école des 
novices, sur «la Bretagne» , également en rade. V école navale s'y 
trouve aussi, sur «le Borda». Il y a un petit musée à la halle aux 
blés (pi. C 3) , où se trouve aussi la bibliothèque de la ville. Le 
jardin botanique (pi. C2), au delà du quartier de la Marine, mérite 
une visite; il est ouvert le jeudi, en été, de 2 h. à 3 h. Il a un 
musée d'histoire naturelle. A côté est le vaste hôpital de la marine, 
qui compte 1200 lits. Le faubourg de Bel-Air, au N.-E. en dehors 
de l'enceinte, a une belle église St -Martin (pLEl), construction 
neuve dans le style goth. du xii® s. 

Outre celle de Plougastel^ mentionnée p. 182, les touristes qui en 
auront le loisir pourront faire de Brest diverses excursions dans la rade 
et aux environs ; il y a des services de bateaux et de voitures publiques, 
et l'on trouve aussi à louer de petits bateaux à vapeur. Le Conquet^ un 
petit port, et la. pointe St- Mathieu^ le cap extrême à l'O. du Finistère, 
avec les ruines d'une église abbatiale, sont peut-être les endroits les 
plus intéressants et offrant la vue la plus grandiose. Ils sont à 22 et 
23 Icil. par la route, qui part de Recouvrance. — Uile d'Ouessant^ à 22 kil. 
du continent, desservie par des bateaux de Brest et du Conquet, est une 
île de pêcheurs offrant peu d'intérêt. 



21. De Eennes à St-Malo. Environs et excursions de 
cette ville. 

Le Mont -St- Michel. Dinan. 
I. De Bennes à St-Malo. 

81 kil. Trajet en 2 h. 10 à 5 h. 15. Prix: 10 fr. 10, 7 fr. 55, 5 fr. 55. 

Rennes, v. p. 175. On laisse à g. les lignes mentionnées p. 178, 
traverse la Vilaine et gagne les bords de Ville canalisée, dont on re- 
monte la jolie vallée , en la traversant plusiem*s fois jusqu'à Mon- 
treuil. — 13 kil. Betton. — 20 kil. St-Qermain-sur-llle. — 24 kil. 
St-Médard-sur-Ille. — 28 kil. Montreuil-sur-Ille. — 33 kil. Le 



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ST-MÂLO. ILR,21. 185 

Pas'd'llle. — 42kil. Combouvg , petite ville à V4 d'h- sur la g., 
avec un château datant surtout des xiv^ et xv^ s. , à la famille de 
Chateaubriand, et où le célèbre écrivain passa une partie de son 
enfance. — 49 kil. Bonnemain. 

58kil. Dol (buffet-hôt.; H. Notre-Dame) , ville de 4524 hab. Elle 
a une anc. cathédrale très remarquable des xin® et xvi® s., qu'on 
aperçoit à g. après la station. La façade principale, flanquée de 
deux tours , du xin® s. et du xvi® s., est fort simple, mais il y a au 
S. de la nef un beau portail du xv^ s., avec porche. Il y a aussi une 
tour sur le transept et un portail au croisillon S. , mais il n'y en a 
pas au N. , où l'église touchait aux remparts et où les chap. sont 
garnies de créneaux. Le chœur se termine par un mur droit avec 
une immense fenêtre garnie de magnifiques vitraux du xiii® s. Il 
faut signaler aussi particulièrement , dans le bras N. du transept, le 
tombeau de l'évêque Thom. James (m. 1503), par Jean Juste, l'au- 
teur de celui de Louis XII à St-Denis : il est malheureusement dé- 
gradé et privé de sa statue. Belle chap. St-Samson à l'abside. — 
Dol a encore de curieuses maisons du moyen âge. — Aux environs 
se trouve une digue en partie du xii® s., protégeant 15 000 hect. de 
marais ou d'anciens marais desséchés. — A 2 kil. au S.-E., près de 
Garfantain, se trouve la pierre de Dol ou du Champ- Dolent, menhir 
d'env. 10 m. de hauteur au-dessus du sol et surmonté d'un calvaire. 

Lignes de Pontorson (Ittont-St- Michel) et de Dinan, etc., v. p. 151. 

On traverse ensuite le marais de Dol. — 67 kil. La Fresnais. 
— 72 kil. La Oouesnière-Cancale. Correspond, pour Cancale (11 kil. ; 
V. p. 189). A g., en arrivant à St-Malo, se voit St-Servan, desservi 
de la gare par un omnibus (v. p. 187). 

81 kil. St-Malo. — Hôtels, tous près du château : Franklin^ rue St- 
Thomas (pens., 12 fr. en été, 10 fr, en hiver); de France^ place Chateau- 
briand (les chambres de derrière ont vue sur la mer); Continental^ même 
place, plutôt un hôtel meublé; de V Univers, même place; du Commerce, 
rue St-Thomas (eh. et serv., 2 fr. 50 c; dîn., 3 fr.), etc. 

Cafés: Continental, des Voyageurs, etc., place Chateaubriand. 

Voitures de place, à la porte St-Vincent (château), où leur tarif est 
affiché: course ordin., Ifr. 25; 1^^ heure de jour, 2fr. 25; heure suiv. 
(par 1/4 d'h.), 2 fr. — Omnibus pour Paramé et Cancale, v. p. 188 et 189. 

Bains de mer: cabine, costume et linge, 1 fr. 

Casino, abonnement: 1 pers., 15 jours, 30 fr.; 1 mois, 40 fr.; saison, 
50 fr. ; 2 pers., 35, 50 et 70 fr.; 3 pers., 40, 60 et 80 fr., etc. 

Pont roulant, entre St-Malo et St-Servan (p. 187): départs très fré- 
quents; 10 et 5 c, 20 et 15 c. le soir après 8 h., 25 et 30 c. après 10 h. 

Bac a vapeur de Dinard : de 6 h. du m. à 8 h. du s. dans la saison ; 
départ de la cale de Dinan, dans Tavant-port , du Grand-Bey (p. 186) ou 
du Petit-Bey , selon la marée , toutes les heures , à la 1/2, avec interrup- 
tion à midi 1/2; à l'heure de Dinard, avec interruption à midi; trajet 
en 10 min. ; 5(J, 25 et 15 c. 

Bateaux a vapeur: pour Dinan^ v. p. 190; pour Vîle de Jersey^ 3 fois 
par semaine dans la saison (v. l'Indicateur), aux mêmes conditions que 
de Granville, par où l'on reviendra, si l'on est pressé (v. p. 158); — pour 
Southampton, les lundi, mercr. et vendr.; 28 fr. 75 et 21 fr. 25; 43 fr. 75 et 
31 fr. 25 aller et retour (2 mois) ; — quelquefois aussi pour les îles de la 
baie, Cancale, le Mont-St-Michel , Granville, etc. (v. les affiches). 

Poste et télégraphe, en face du portail de l'église. 

Etablissement du port (v. p. xiv), 6b. 5 ou 6 h. 10. Longit. O., 3° 21' 47''. 



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186 IL R. 21. ST-MALO. 

St-Malo est une ville de 10500 hab. et un port de mer fortifié, 
dans un site excessivement pittoresque, sur un rocher entre son port 
et l'emboucliure de la Rance, avec St-Servan à g. et Dinard sur 
l'autre rive. 

Elle doit son nom au premier évêque du pays, St Maclou, mais 
son importance, autrefois beaucoup plus considérable , ne date que des 
temps modernes , des expéditions de ses hardis navigateurs. Ce fut un 
Malouin, Jacques Cartier, qui découvrit le Canada, en 1534. Ses arma- 
teurs vinrent en aide à Louis XIII dans le siège de la Rochelle , ^ et son 
commerce, très prospère au xvii® s., lui permit de fournir à Louis XIV, 
dans la guerre de la succession d'Espagne, un secours de 30 millions. Le 
célèbre amiral Duguay-Trouin, qui s'était d'abord illustré comme croiseur, 
était de St-Malo, de même que la Bourdonnais, qui prit Madras aux 
Anglais, de même que le fameux corsaire Sureouf. Aussi cette ville fut- 
elle bombardée plusieurs fois par les Anglais, qui toutefois ne purent 
jamais s'en emparer. St-Malo a encore vu naître Maupertuis (1698-1759), 
Lamettrie (1709-1751), Chateaubriand (1768-1848), Broussais (1772-1838), 
Lamennais (1782-1854), etc. 

La gare est située dans le faub. de Rocahey, près du port, entre 
St-Malo et St-Servan , à env. V4 d'h. d'une ville comme de l'autre. 
St-Malo est en face, de l'autre côté du port, et il faut pour y arriver 
tourner d'abord à dr., puis à g. par le Sillon, digue de 200 m. de 
long et env. 45 m. de large , qui relie à la terre ferme le rocher de 
la ville, jadis une île. 

Le port actuel, établi dans une anse entre St-Malo et St-Servan, 
n'est achevé que depuis peu. Il comprend surtout un avant -port, 
un port de marée, 2 bassins à flot et un réservoir intérieur. L'avant- 
port et les bassins ont ensemble 42 hect. de superficie et 4800 m. 
de quais , avec 6 m. 50 à 7 m. 50 d'eau en temps ordinaire. Ce 
port, le douzième de France, importe des bois du Nord et du 
charbon , exporte toute sorte de denrées pour l'Angleterre et arme 
pour la pêche de la morue à Terre-Neuve. 

A l'extrémité du Sillon du côté de la ville, à dr., le modeste 
casino des bains de mer, et devant ce casino, la statue de Chateau- 
briand^ en bronze, par Millet. 

En face, le château, des xiv^ et xv^ s., et qui sert maintenant 
de caserne. Il se compose surtout de quatre tours, sur lesquelles on 
peut obtenir de monter pour jouir de la vue. Mais la vue est presque 
aussi étendue et plus variée des ^remparts, qui datent surtout du 
XVI® s. On devra y monter et y faire le tour de la ville , afin de 
jouir du coup d'œil original qu'elle présente et surtout à cause de 
la vue du golfe, toujours des plus variées et superbe à la marée mon- 
tante. Il est semé de plusieurs îlots fortifiés , dont l'un , le Orand- 
Bey, à 500 m. de la ville, renferme le tombeau fort simple de Cha- 
teaubriand (m. 1848). Les marées sont ici telles, qu'elles montent 
ordinairement de 7 à 8 m., de 15 m. aux équinoxes, et qu'à la basse 
mer, la grève se trouve découverte sur une immense étendue, au 
point qu'on peut aller à pied sec au Grand -Bey et au delà. On 
aurait donc une idée imparfaite de St-Malo si Ton n'y venait qu'en 



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ST - SERVAN. II. B, 27. 187 

passant et n'y voyait pas la pleine mer (v., ci-dessus, l'établissement 
de la marée). 

La ville est étroitement resserrée dans ses remparts et n'a guère 
que des ruelles escarpées et tortueuses. Le rendez-vous des étrangers 
est la petite place Chateaubriand , devant le château. On monte de 
là dans le centre de la ville par la rue St-Thomas ou par la rue St- 
Vincent, en face de la porte, puis en tournant à g. 

L'église paroissiale, une anc. cathédrale^ dont la helle flèche 
moderne attire l'attention, a quelques parties du style de transition, 
mais elle est surtout du style goth. du xv^ s. et de la renaissance. 
Le plus remarquable à l'intérieur est le chœur , avec son beau tri- 
forium et les trois fenêtres du fond , aux vitraux modernes. Il y a 
aussi de belles sculptures à mentionner , des statues , un Christ en 
ivoire, en face de la chaire; un tombeau moderne, au fond à dr., et 
divers tableaux de valeur, mais il est difficile de les bien voir. 

La rue presque en face du portail mène à une autre petite place 
où se voit la statue de Duguay-Trouin, marbre par Molchnet, érigé 
en 1829. — Là aussi est Vhôtel de ville, avec un petit musée, public 
les dim. et jeudi de 1 h. à 4 h., et la bibliothèque, ouverte les autres 
jours aux mêmes heures. 

U établissement de bains de mer est à l'E. de la ville, derrière 
le château. La plage est en pente douce et couverte d'un sable fin; 
aussi est-elle très fréquentée, même par les Anglais, ce qui fait que 
les hôtels sont souvent combles et chers en été. 

I. Environs de St-Malo. 

Voir le plan et la carte à droite de ce plan. 
St - Servan (hôt. : de V Union, rue Dauphine, 21 et 23, sur la 
plage; du Pélican, Grande-Rue), autrefois un faubourg de St-Malo, 
est une ville moderne de 12163 hab. , sans caractère et peu inté- 
ressante. On s'y rend par la route de la gare ou mieux par le pont 
roulant à l'entrée du port. Ce pont est établi sur des rails posés 
au fond de l'eau, mais son tablier en est à 12 m. , hauteur que peu- 
vent atteindre ici les fortes marées. Il est mû par une machine fixe. 
Tarif, v. p. 185. Outre le port de ce côté, qui lui est commun avec 
St-Malo, St-Sei-van a encore au S.-O., à l'embouchure de la Rance, 
un petit port militaire qui n'est guère utilisé. On y voit une belle 
tour du XIV® s., dite tour Solidar, Il y a un fort à l'extrémité de 
la presqu'île rocheuse qui sépare de ce côté le second port de l'anse 
de St-Malo. Il occupe l'emplacement d'une anc. ville de nom 
à^Aleth, dont il reste une église en ruine. St- Servan a un petit 
établissement de bains de mer, avec un casino, dans l'anse des Bas- 
Sablons , du côté de St-Malo. Il y en a même un second , encore 
plus modeste, en dehors de la ville, du côté de la Rance. — Vhôtel 
de ville, dans le haut de la Grande-Rue, qui part du port marchand, 
est une belle construction moderne. On aperçoit de là, à dr. en 
arrivant, V église Ste- Croix, qui est du xviii^ s. Elle a une très 



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188 //. n. 27. DINARD. 

belle chaire moderne en pierre sculptée , des peintures murales par 
Duveau, etc. 

Faramé. — Hôtels. Au Nouveau Paramé, à env. 1500 de St-Malo 
par le Sillon (omn., 30 c.): Grand- Hôtel^ à côté du casino, de l^r ordre (eh. 
dep. 3fr. ; déj., 3 fr. î dîn., 4 fr.). — A la plage de Rochebonne, env. 
1500 m. plus loin: JJ. Quic-en-Oroigne^ H. de la Plage ^ au bord de la mer^ 
H. Continental y non loin de là. — Bains de mer: à peu près comme à 
St-Malo à la nouvelle plage, moins cliers à l'ancienne. — Casino, à la 
nouvelle plage: entrée, 50 e. le matin, 1 fr. de midi à 6 li. , 1 fr. 50 le 
soir ou 2 fr. pour une journée; 3 jours, 5fr.; 7 jours, 10 fr. ; 15 j., 17 fr.^ 

1 mois, 29 fr. pour 1 pers., 10, 19, 32, 54 fr. pour 2 pers., etc. 

Faramé se compose maintenant de deux et même de trois par- 
ties distinctes : un nouveau quartier , qu'on a aussi dénommé Fa- 
ramé-les-Bains , un quartier également de création récente, dit la 
plage de Rochebonne , et le village de Faramé, situé à une petite 
distance de la mer, sur la route de Cancale (v. ci-dessous). Les 
derniers bains sont sans prétention et assez agréablement situés. 
Les premiers se composent surtout de Tliôtel et du casino, sans 
doute deux constructions monumentales, avec une terrasse pavée 
et une plage de sable, mais dans un endroit plat, sans promenade, 
autre que celle de la terrasse, et sans ombrage. 

Binard. — Bac a vapeur de St-Malo, v. p. 185. 11 y en a aussi un 
entre St-Servan et Dinard, dont les départs alternent avec ceux de l'autre. 
— Chemin de fer de Dinan, v. p. 193. La gare est à l'O., du côté de St- 
Enogat (v. ci-dessous). — Hôtels : Grand-Hôtel^ avec vue de la mer, mais 
à quelque distance de la plage; H. du Casino^ de la Plage^ plus près de la 
mer-, H. des Bains^ dans la localité ; H. de Provence^ non loin du casino (déj., 

2 fr. 50; dîn., 3 fr.); H. de la Vallée, au quai (pens. dep. 7 fr. par jour). — 
Bains de mer: b. complet, 1 fr. ; par abonn., 70 c. au principal établisse- 
ment, un peu moins cher à l'autre. — Casino, abonnement : 1 pers., 8 jours, 
17 fr. ; 15 j., 25 fr. ; 1 mois, 35 fr. ; saison, 55 fr. ; 2 pers., 30, 45, 65 et 95 fr., 
etc. — Bateau a vapeur pour Dinan, comme de St-Malo ; départ 1/4 d'h. 
plus tard. 

Dinard est une jolie bourgade moderne, dans un site pitto- 
resque , sur un promontoire rocheux de l'embouchure de la Rance, 
rive gauche, en face de St-Malo et de St-Servan. Elle a deux plages 
avec des hains de mer, les principaux et le casino dans une petite 
anse du côté de la mer ou à l'opposé du débarcadère, entre des 
hauteurs couvertes de villas et de verdure , d'où l'on a une belle 
vue de la baie de St-Malo, avec ses îles et ses récifs. L'autre 
établissement est sur l'anse de Dinard , par où l'on arrive de St- 
Malo. Dinard est préférable , comme séjour , à cette dernière ville ; 
il y a des promenades ombragées. 

St-Enogat (hôt. de la Mer ; villas meublées)^ gros village à env. 1500 m., 
au delà du second promontoire formant la petite anse de Dinard du côté 
de la pleine mer, est aussi maintenant fréquenté pour les bains. Il en 
est de même de St Lunaire {Gr.-H. de la Plage^ etc.) et de St-Briac (Gr.-H. 
de Panoramas, etc.), bourgades de 1317 et 2371 hab., dans des sites ana- 
logues, 3 et 6 kil. plus à l'O. Ces localités sont desservies par des voit, 
publ. partant du débarcadère de Dinard. La vie y est plus simple, mais 
n'y est peut-être guère moins chère qu'à Dinard et à St-Malo, parce qu'il 
y a moins de ressources; dans tous les cas, on fera bien de ne pas y aller 
directement et de s'y renseigner d'abord. 



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LE MONT - ST - MICHEL. //. R. 21. 189 
III. Excnrsions de St-Malo. 

Voir les cartes à dr. et à g. du plan p. 186-187. 

A Cancale: 14 ml 5 omn., 1 fr. 50, 2fr. aller et retour; corres- 
pond, de la Goiiesnière (p. 185) , 1 fr. Des l)ateaux à vapeur y 
mènent quelquefois dans la saison ; prix, 3 fr. aller et retour. 

La route passe par Paramé (v. ci-dessus) ^i St- Coulomb (lOkil.). 

Gancale (hôt. : de l'Europe, au port; du Centre) est une ville de 
6721 hab., dans un site magnifique, sur une hauteur de la baie du 
même nom ou de St-Michel, avec un petit port, dit la Houle, à 1 kil. 
au S. La principale industrie de cette ville est la pêche et l'élève 
des huîtres (très renommées), dans de nombreux ^arcs, d'une super- 
ficie totale de 172hect. Les rochers de Cancale forment un îlot 
qu'on voit déjà bien près de la ville. *Vue superbe aussi de la 
hauteur sur la baie. 

*Au Mont-St-Michel. — 46 kil. de chemin de fer jusqu'à Pon- 
torson et 9 kil. de route. Trajet direct, en 3 h. V4 à 3 h. Va* Prix: 
chemin de fer , 5 fr. 75 , 4 fr. 30 , 3 fr. 15 ; omnibus , 2 ft\ 50 et 2 fr. 
(Poulard), aller et retour. — Des bateaux à vapeur y mènent aussi 
quelquefois dans la saison ; prix , 7 fr. aller et retour. 

Jusqu'à Dol (24 kil.), v. p. 185, trajet en sens inverse. — On 
change de voiture. — 32 kil. La Boussac. — 39 kil. Pleine- Fou- 
gères. — On traverse le Oouesnon et la ligne de Vitré. 

45 kil. Pontorson (hôt. : de l'Ouest, de Bretagne), ville de 2483 hab. 
et petit port à l'embouchure du Couesnon^ qui est canalisé. 

Lignes à.''Avranches (Granville; Cherbourg) et de Vitré, v. p. 151 et 174. 

La route du Mont-St-Michel, longue de 9kil. , traverse une 
partie de la ville et prend à dr. à une fontaine publique. La der- 
nière partie passe sur une digue de plus^de 1500 m. de longueur, 
de construction récente. 

Le Mont-St-Michel (hôt. : "^ St-Michel ou Poulard; du Lion-d'Or 
ou Bidel) est un petit village de 211 hab. , bâti sur un rocher isolé 
au fond de la vaste baie du même nom, à 50 m. au-dessus de l'Océan 
et à 2 kil. de la côte. Il a une * enceinte militaire, d'épaisses et hautes 
murailles flanquées de tours et de bastions , qui datent surtout du 
xv^ s., et au-dessus, au sommet du rocher, est l'antique abbaye, 
dominée elle-même par son église : c'est un tableau des plus pitto- 
resques et unique en son genre. 

L'*ABBAYE, fondée en 709 par St Aubert, fut occupée jusqu'à la 
Révolution par des bénédictins , puis transformée en prison. Elle 
appartient maintenant à l'Etat, qui la fait restaurer. Elle est ouverte 
aux visiteurs de 8 h. à 11 h. et de midi ^/g à 4, 5 ou 6 h. selon la 
saison : pourb. au gardien qui sert de guide. On y parvient par un 
escalier dans le haut du village ou mieux par les remparts , en y 
montant en face de l'hôt. Poulard. Il faut V4 d'h. , et il y a en tout 
662 marches. Les bâtiments sont de différentes formes et ont été 
construits les uns après les autres , mais ils remontent en grande 



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190 IL B. 21. LE MONT -ST- MICHEL. 

partie aux xii® et xiii® s. Le principal et le plus remarquable est 
la Merveille, à dr., par où se termine ordinairement la visite. 

On entre par le Châtelet, haut donjon du xv® s., flanqué de deux 
tourelles à encorbellement, et l'on commence par la salle des Gardes. 
De là, le gardien vous fait monter à V église. Commencée en 1020, 
dans le style roman, elle a subi bien des modifications, et l'on y 
travaille encore actuellement. Le chœur est du style goth. du xv® s., 
la tour a été refaite au xvii® s. et la nef se trouve raccourcie de trois 
travées, qu'on doit reconstruire. L'intérieur a conservé peu de chose 
de sa riche décoration d'autrefois. On remarque particulièrement, 
dans une chapelle à g. du chœur, un bas-relief en albâtre badigeonné, 
du xin® s. Dans une autre, une statue moderne argentée de St Michel 
(pèlerinage). Dans le chœur, des stalles du xv^s. On monte à la 
plate -forme de la tour, pour jouir de la vue: elle était autrefois 
couronnée d'une statue dorée de St- Michel. Sous l'église est la 
crypte des Gros-Piliers, qui a 19 colonnes de 4 m. d'épaisseur; on y 
descend plus tard, après avoir vu l'étage voisin de la Merveille 
(v. ci-dessous) , diverses salles basses, des cachots, etc., aussi en 
partie sous l'église. 

La * Merveille, qu'on visite d'habitude en commençant par 
l'étage supérieur , c.-à-d. par le cloître et le dortoir , se compose de 
trois étages. Dans le bas sont Vaumônerie et le cellier, dits Mont- 
gomeries , en souvenir d'une attaque infructueuse du sire de Mont- 
gomery , chef des calvinistes. Au-dessus , la '^salle des Chevaliers, 
admirable morceau d'architecture du xii^ s. , de 28 m. de long , à 
voûtes surbaissées et à trois rangs de colonnes; le ^réfectoire, un 
des plus beaux vaisseaux goth. qui existent en France, aussi du 
XII® s., et divisé en deux par des colonnes. A l'étage supérieur, le 
dortoir, duxiii®s. , etle*do2^re, autre chef-d'œuvre de la même 
époque , un carré de 25 m. de long sur 14 de large. Il a 220 co- 
lonnettes de granit poli, dont un cent contre les murs et le reste for- 
mant de doubles colonnades , avec de belles voûtes , des rosaces, 
toutes sortes de sculptures, une jolie frise et des inscriptions. 

On ne peut faire le tour du Mont - St - Michel sans passer dans l'eau 
près de la digue. Pour s'y promener, on s'informera d'abord des heures 
de la marée et on n'oubliera pas que, sur cette plage horizontale, la mer 
arrive très rapidement au pied des rochers, plus vite qu'un cheval au galop. 
— Etablissement de la marée (v. p. xiv), 6 h. 30. 

A DiNAN. — A. Far la Rance. 28 kil. Bateaux à vapeur dans 
la saison, du quai non loin de la porte St -Vincent, tous les jours 
à la marée (heures affichées dans la ville) ; trajet en 3 h. Prix: pas- 
serelle, 3 fr.; 1^^ 2fr. 50; 2®, 2fr.; 3^ 1 fr. 50. Aller et retour, 
quand la marée le permet, 2 fr., 1 fr. et 50 c. de plus. 

C'est une jolie excursion, à recommander surtout aux personnes qui 
n'en ont pas encore fait sur quelque belle rivière. La réclame locale 
fait néanmoins trop valoir les bords de la Rance. Ils sont beaux , mais 
ils manquent de relief relativement à la largeur de la rivière, sauf du 
côté de Dinan, et s'ils sont découpés d'une façon très capricieuse, l'en- 



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LA RANGE. //. B. 21, 191 

semble est trop uniforme. On ne saurait donc conseiller Palier et retour 
par la Bance, le trajet simple étant déjà long et suffisant. 11 arrive aussi, 
avec l'aller et retour, qu'on n'a pas assez de temps pour voir la curieuse 
ville de Dinan, ou que le retour a lieu en partie la nuit. Enfin il ne faut 
pas oublier que les bateaux ont souvent du retard. 

On va d'abord toucher à Dinard (p. 188). Belle vue en arrièie 
sur St-Malo, puis, à g., sur St-Servan, avec son fort, sa tour So- 
lidor, sa rade, diverses petites anses, etc. — Plus loin à dr., la 
Richardais, la, pointe de Cancaval et Mont -Maria. — Dans la 
rivière, la petite tour des Zèbres. Un peu au delà, àg. , VEgorgerie, 
maison ainsi nommée parce que toute une famille y fut égorgée. 
Baies pittoresques 5 vaste haie de St-Jouan, à g. Du même côté, 
St'Suliac , dans une petite baie abritée , avec une église assez cu- 
rieuse du xiii*^ s. A dr., en arrière, le Minihic. A g., la pointe du 
Garrot et, sur la hauteur suivante, la Ville-ès-Nonais. 

Le lit de la rivière se rétrécit beaucoup à la pointe St-Jean, qui 
est à peu près à mi-chemin et en face de laquelle se trouve, à dr., 
le château de la Roche, peu important, mais dans un joli site. En- 
suite encore une large nappe d'eau. Au loin, à g., l'église de Pleu- 
dihen, stat. de la ligne de Dol à Dinan. A dr. , au-dessus d'un 
moulin, Ploué'r; puis la tour moderne du Chêne-Vert, qui présente 
un coup d'oeil pittoresque, quand on l'a dépassée. A g., Mordreuc. 
La vallée se rétrécit définitivement et devient plus boisée. A g., le 
joli petit vallon du Prat. Beau coteau boisé en face; coteaux ro- 
cheux en arrière. A un détour se montre, sur la rivière, l'imposant 
viaduc du chemin de fer de Dol à Dinan, haut de 33 m. Jolie vue 
en arrière et à g., sur des rochers. 

A env. 2 h. de St-Malo , un peu après le viaduc , V écluse du 
Châtelier. Le trop -plein de la rivière se déverse quelquefois à g. 
en une jolie cascade. Le lit de la Rance est ensuite bien plein , et 
ses bords sont encore plus uniformes. — A g., le beau château de 
Grillemont; à dr., des rochers; en face, Dinan; à g. encore des ro- 
chers boisés et une vue très pittoresque de la ville, avec son viaduc. 

Dinan, v. p. 192. Omnibus pour la gare , de l'autre côté de la 
ville, 1 fr. 

B. Par le chemin de fer. 52 kil. Trajet en 2 h. Prix : 6 fr. 50, 
4 fr. 85, 3 fr. 55. 

Nota. Il y a un tronçon de raccordement, plus court de 15 kil., entre 
la Gouesnière ' Cancale , la première stat. (p. 1^) et Miniac (v. ci-dessous), 
mais il n'y a pas de difierenee dans la durée du trajet ni dans les prix. 
On passe par là à CMteauneuf^ où se voient les ruines d'un château fort. 

Jusqu'à Dol (24 kil.), v. p. 185. La ligne de Dol à Dinan 
(Lamballe) est le prolongement de celle de Pontorson (p. 189) àl'O. 
— 32 kil. Plerguer. ~ 37 kil. Miniac. Embranch. de la Goues- 
nière, v. ci-dessus. — 42 kil. Pleudihen. On traverse avant la stat. 
suiv. la jolie vallée de la Rance, sur le viaduc de 33 m. de haut 
mentionné ci-dessus. — 46 kil. La Hisse. Encore un viaduc , sur 
un beau vallon. 



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192 IL B. 21, DINAK. 

52 Ml. Dinan (hôt. : du Commerce, de la Poste, place duGuesclin ; 
de Bretagne j place du même nom ; d'Angleterre, plus près de la 
gare), ville très ancienne de 10 105 hab,, qui occupe un site pitto- 
resque, sur une hauteur de la rive g. de la Rance, du côté opposé 
au chemin de fer. — Voir le plan à g. de celui de St-Malo-St-Servan. 
De la gare, on arrive par la rue Thiers, à g., à une rue transversale 
qui a malheureusement fait disparaître une partie de l'ancienne ville. 
A g. est la belle promenade des Grands -Fosses et plus loin à dr., 
après la petite place de Bretagne , celle des Petits-Fosses. On voit 
encore des deux côtés des restes considérables des remparts des xiii 
et XIV® s. Vers l'extrémité des Petits-Fossés est le château, dont il 
sera question ci- dessous. Dans le faubourg à dr. est établie une 
colonie anglaise qui compte , dit-on , 1200 personnes , attirées ici 
par le commerce et par les charmes des environs. 

Du port, on montera d'abord au viaduc, d'où l'on pourra gagner 
le centre de la ville, comme il est dit ci-dessous, pour terminer 
par la visite des promenades et du château. 

Sur la place de Bretagne est V hôtel de ville, de construction mo- 
derne. Il renferme un petit mitsee, comprenant toutes sortes d'ob- 
jets: antiquités (médailles), monuments funèbres, curiosités, sou- 
venirs et collections d'histoire naturelle. — La rue à g. conduit 
à la 'place du Ouesclin. Elle est décorée d'une mauvaise statue 
moderne du connétable, qui reprit la ville aux Anglais en 1359 
et défit sur cette place, en combat singulier, un de leurs che- 
valiers , nommé Thom. de Cantorbéry. — Plus loin dans la même 
direction, à dr., est le château, qui sert de prison, mais qu'on peut 
cependant visiter en s'adressant au gardien. Pour juger de l'exté- 
rieur, il faut descendre, un peu au delà, sur la promenade desPetits- 
Tossés. Il est en partie enclavé dans l'anc. enceinte et date de la 
même époque (xiv® s.). Le donjon a 34 m. de hauteur. 

La rue du Château descend vers la plus belle partie de la ville, 
en passant au pied de rochers escarpés, jusqu'aux bords de la Rance, 
qui coule dans un ravin boisé offrant de jolis coups d'oeil. La rivière 
est traversée par un ^viaduc grandiose en pierre, de 250 m. de long 
et 40 m. de haut. 

De là on peut remonter directement dans l'intérieur de la ville, 
dont les rues sont étroites et où se voient encore beaucoup de vieilles 
constructions assez curieuses. 

St-Sauveur, dans le voisinage, à g., est une église intéressante, 
romane dans la partie de dr. et ogivale dans celle de g. Le portail, 
du style roman , est malheureusement fort dégradé. Le mur de dr. 
présente à l'extérieur des arcatures et des modillons et à la 3 travée 
une jolie chapelle goth. ajoutée au xv®s. Il n'y a qu'un bas côté, 
la partie goth. de la nef. Le chœur est également gothique. A g. 
de l'entrée, un bénitier à cariatides, du xn^s. Dans le croisillon 
de g., le cénotaphe de B. du Gruescliu ; dans une chap. du pourtour 



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LA FLECHE. IL B. 22. 193 

du même côté, deux jolies crédences goth. ; de l'autre côté, un tom- 
beau moderne en granit. 

En prenant en face de cette église , nous arrivons à la rue de 
l'Horloge, près de la tour de l'Horloge, qui est du xv® s. Plus loin, 
un peu à g., la place des Cordeliers; puis la Grande -Rue, qui ra- 
mène à l'hôtel de ville. 

St-Malo^ à dr. en deçà, est une grande église du xv®s., dont la 
nef a été reconstruite de nos jours. A l'entrée, un grand tableau mo- 
derne par Arcbenault, le Christ victorieux de la Mort et du Péché. 
Beau maître autel moderne , avec bas-relief représentant la légende 
de St Malo et la statue du saint, par Savary. Tombeau du xv^s. 
dans la chap. du chevet. Belle chaire ancienne. Bénitier du xv^ s. 

Bateau à vapeur de Dinan à St-Malo, dans la saison, au port, près du 
vieux pont. Les départs, qui se règlent sur la marée, sont affichés dans 
la ville. Ce sont les bateaux de St-Malo, qui repartent d'ordinaire peu 
après leur arrivée, c'est-à-dire env. 3 h. après avoir quitté St-Malo, 
quelquefois dans la soirée, quand ils ont pu partir à bonne heure 
quelquefois aussi le lendemain matin. Itinéraire, v. p. 190. ' 

A 1 kil. au S.-E. de Dinan, Lékon^ où on voit un château en ruine, des 
xiiC-xiiie s., et les restes d'un prieuré, surtout l'église, du xm© s. —A 1 kil. 
à l'E., le château de la Coninnais^ du xv^ s., dans un site pittoresque. 

Ligne de Lamhalle^ se raccordant avec celle de Brest, v. p. 152. 

Embrakch. de 21 kil. de Dinan à Dinard (p. 188), par St-Samson^ Ples- 
lin-Plouër (1459 et 3582 hab.) et Pleurtuit (4170 hab.). 

22. De Paris à Nantes. 

A. Far le Mans et Angers. 

396 kil. Chemin de fer de l'Ouest rive g., gare Montparnasse (pi., 
p. 1, G16), excepté pour le train rapide du matin et l'express du soir, qui 
partent de la gare St-Lazare ou de la rive droite (pi. C 18). L'express du 
matin peut encore se prendre en partant de la gare St-Lazare. Traiet 
en 7 h. 40 à 15 h. 20. Prix : 48 fr. 85, 36 fr. 60, 26 fr. 80. 

I. De Paris à Chartres, p. 165. — II. De Chartres au Mans, p. 168. 

m. Du Mans à Angers. 
97 kil. Trajet en 1 h. 50 à 3 h. 40 jusqu'à la gare principale (v. p. 194) 
— Prix : 12 fr. 20, 9 fr. 05, 6 fr. 65. i ^ P ^'^J 

On traverse la Sarthe et laisse à dr. les lignes de Rennes et 
d'Alençon. Beau coup d'oeil sur la ville. — 224 iil. (de Paris). 
Voivres. Puis un second pont sur la Sarthe. — 230 kil. La Suze. 

De la Suzb a Saumur par la Flèche (Angers), 85 kil., ligne ouverte 
seulement jusqu'à la Flèche (31 kil.-, 1 h. et 1 h. 30; 3 fr. 75, 2 fr. 85 
2 fr. 05). — 20 kil. (3^ st.) Villaines^ village après lequel on rejoint, à dr ' 
un emhranch. venant de Sablé (v. ci-dessous). — 26 kil. Verron. Puis' 
à dr., la ligne d'Angers (p. 199). — 31 kil. La Flèche (hôt. de la Belle-Image)] 
ville de 9841 hah., sur le Loir ^ surtout connue par son Pryianée^ collège 
militaire pour des fils d'officiers , qu'on y prépare à l'école de St - Cyr et 
autres écoles du gouvernement. C'est un ancien collège des jésuites, fondé 
par Henri IV en 1604. Sur la place publique se trouve une statue de 
Henri /F, en bronze, par Bonnassieux. — De la Flèche à Angers, v. p. 199- 
à Aubigné (Tours), p. 172; à Sablé, ci-dessous. — Stat. principales de la 
ligne en construction sur Saumur: (20 kil.) Baugé^ petite ville sur le 
Couesnon, avec un ancien château du xve s. ; (39 kil.) Longue^ autre petite 
ville après laquelle on rejoint la ligne de Chartres à Saumur (p. 167). 

Bœdeker. Nord de la France. 2e édit. 13 



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194 IL R, 22. ANGERS. De Paris 

On retraverse la Sarthe. — 240 kil. Noyen. — 248 kil. Avoise. — 
254 kil. Juigne-sur-Sarthe, qui a un beau château du xvii® s. 

259 kil. Sablé (hôt. Notre-Dame), jolie viUe de 6183 hab., fort 
bien située, sui- la Sarthe. Château du xviii® s. et ruines d'un château 
du moyen âge. Carrières de marbre noir aux environs. 

A 3 kil. au N.-E. (omn.) se trouve Solesmes, bourg célèbre par son 
ahbaye de bénédictins, fermée par l'autorité en 1880, comme les autres 
couvents non reconnus , et qu'on ne peut plus visiter. Elle n a en elle- 
même rien de remarquable, mais son église renferme des chefs- d œuvre 
de sculpture de la l^e moitié du xviSs. : la *Sépulture du Christ et la *Se- 
pulture de la Vierge, deux grottes avec des groupes de 8 et de 15 person- 
nages de grandeur naturelle, divers personnages accessoires, des bas-reliets, 
etc., certaines figures, surtout celle de Madeleine, admirables d expression. 

Ligne de Nantes par Segré^ v. p. 202. ^ . i,. ' 

Embraîîch. de 32 kil. sur la Flèche, se prolongeant de la sur Aubigne 
et Château-du-Loir (Vendôme ^ Tours; v. p. 1T2). — Tunnel et pont sur 
la Sarthe — T kil. La Chapelle-du-Chêne, qui doit son nom a une chapelle 
reconstruite de nos jours, mais où il y a un pèlerinage de la Vierge de- 
puis le commencement du xvie s. - 27 kil (3e sUTerro/» village avant 
laquelle on rejoint la ligne de la Suze (p. 193). - 27 kil. La Flèche (p. 193). 

La ligne d'Angers franchit une dernière fois la Sarthe après 
Sablé, mais continue d'en suivre la vallée. — 268 kil. Pincé-Pré- 
cigné. — 274 kil. Morannes. — 284 kil. Etriché-Châteauneuf. — 
288 kil. Tiercé, à g., avec une belle église moderne du style goth. 
du XIV® s. — On traverse le Loir, affluent de la Sarthe. — 297 kil. 
St- Sylvain -Briollay. — 302 kil. E confiant , au confluent de la 
Sarthe et de la Mayenne , qui forment la Maine . Changement de 
voiture pour Segré et la gare d'Angers-St-Serge (v. ci-dessous). Vue 
à dr. sur la ville; surtout les tours de St-Maurice et de St-Joseph. 

— 307 kil. La Maître-Ecole, gare de l'Etat (v. ci-dessous). On 
rejoint enfin la ligne d'Orléans (p. 200-201). - 308 kil. Angers. 

Angers. — Gaees: St-Laud (pi. E5î buffet), la principale, au S., 
appartenant à la comp. d'Orléans, mais jusqu'où vont les trains de l'Ouest 
Cv. ci-dessus): St-Serge (pl.Dl), auN., a la comp. de 1 Ouest et spéciale 
pour la ligne de Segré-Laval; la Maître-Ecole (v. marge du plan, G 3), a 
l'E à peu près à la même distance que les autres du centre de la ville, 
spéciale pour la ligne de l'Etat Loudun- Poitiers (p. 199) et aussi sur la 
ligne de l'Ouest (v. ci-dessus). , ^ „. ^ x j 

HÔTELS- Grand-Hôtel (pi. a,E3), place du Ralliement, au centre de 
la ville- H. du Cheval-Blanc (pi. b,E4), rue St- Aubin, plus près de la gare; 
d'Anjou Cvl- c,C4), place de Lorraine; de Londres (pi. d,C4), quai Ligny; 

— de la Gare] en face de la gare St-Laud. - Cafés: Sertn, rue Haute- 
St-Martin, 18: d'autres place du Ralliement, au Grand-Hotel et au tlieatre. 

VoiT?uKES: 75 c. et 1 fr. la course, selon la voiture, 1 fr. OU 1 ^eure. 

Poste, place du Ralliement. — Télégeaphe, à côté de la préfecture. 

Angers est une ville très ancienne et prospère de 73044 hab.. 
VAndegavia des Romains, plus tard capitale de V Anjou et aujour- 
d'hui chef-lieu du départ, de Maine-et-Loire, bien située, sui' la 
Maine, rivière navigable qui se jette 8 kil. plus loin dans la Loire. 
La ville proprement dite est sur la rive g. ; sur la droite est le quar- 
tier de la Doutre. Angers était auparavant une ville mal bâtie et 
que son aspect avait fait surnommer la «ville noire» ; elle s'est pres- 
que complètement transformée de nos jours ; ses vieux remparts ont 



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à Nantes, ANGERS. II. R. 22. 195 

été remplacés par de beaux boulevards , bordés de quartiers neufs ; 
de nouvelles rues ont été ouvertes , d'autres redressées , de grands 
édifices, des quais et des ponts construits, etc. 

L'histoire d'Angers se confondit longtemps avec celle de l'Anjou, qui 
fut d'abord un comté illustré par Robert le Fort (m. 866), vaillant ad- 
versaire des Normands et tige des Capétiens ^ par Foulques Néra (m. 
1040) et Foulques V. qui devint roi de Jérusalem (1131). 11 passa à l'Angle- 
terre sous le petit-fils de Foulques, Henri II Plantagenet, mais fut réuni 
à la France dès 1204, par Philippe - Auguste , qui le confisqua sur Jean 
sans Terre. La province fut ensuite donnée par St Louis à son frère 
Charles (1246), plus tard roi des Deux-Siciles, passa à la maison de Valois, 
fut assignée comme apanage à Louis, fils du roi Jean II (1356), et revint 
à René d'Anjou (p. 197), à la mort duquel elle fut définitivement annexée 
par Louis XI (1480). Angers devint dès lors une simple commune, qui eut 
particulièrement à souffrir des guerres de religion (1560-1598), de la Ligue 
(1582) et de la Vendée (1793), mais ne joua sans cela aucun rôle bien im- 
portant. Cette ville fait un grand commerce d'ardoises. C'est la patrie 
de l'illustre sculpteur David, dit David d'Angers (1788-1856; p. 1%). 

La gare principale (St-Laud ; pi. E 5) est au S. de la ville. Prenant 
la grande rue qui part de là et celles qui la prolongent à dr., nous 
traversons le boulev. du Roi-René (p. 197) et nous passons entre la 
tour St- Aubin et la préfecture, l'une et l'autre des restes de l'abbaye 
bénédictine du même nom. La tour St- Aubin (pi. E4); à g., est 
encore un beau spécimen du type de clocher propre au S.-O. de la 
France au commencement de la période ogivale, c.-à-d. à base carrée 
surmontée d'un étage octogone à quatre clochetons à la naissance de 
la flèche. La 'préfecture (pL E4) a dans la cour, où l'on entre par 
la rue à dr., de belles arcades des xi®-xii®s., décorées de sculptures 
et de peintures. Le reste des bâtiments est du xvn^ et du xix® s. 

De la rue St- Aubin , rue transversale qui descend un peu plus 
loin, à g., à la cathédrale, part la nouvelle rue Voltaire, qui aboutit 
derrière le théâtre et par conséquent près de la place du Ralliement, 
le centre de la ville (p. 199). 

La *catliédrale , St- Maurice (pi. D 3-4), est un curieux édifice 
roman et goth. des xi^-xiii^ s., sauf les flèches des deux tours de la 
façade et une troisième tour à dôme octogonal ajoutée entre les deux, 
qui datent seulement du xvi^s. La façade, déjà un peu étroite, a 
été gâtée par l'addition de cette tour ; mais elle est décorée de sculp- 
tures remarquables du xii^s., restaurées ou refaites de nos jours, 
comme diverses autres parties du monument. Les huit statues de 
guerriers de la tour du milieu sont aussi du xvi^ s. 

L'intérieur ce compose d'une longue nef sans bas côtés, d'un efi'et 
majestueux et d'architecture originale. Cette nef a des voûtes domicales 
ou en coupole surbaissée, qui marquent pour ainsi dire la transition du 
dôme byzantin à la voûte d'arêtes. On remarquera ensuite les vitraux^ 
œuvres magnifiques des xii^, xiii® et xvi^s., des tapisseries des xiv^ et 
xviii^s. ; dans une chap. à g., un calvaire par David d'Angers ^ derrière 
le chœur, une Ste Cécile du même; la chaire^ le buffet d'orgue avec des 
cariatides, du ivi^s. A g. dans la nef, le monument de Mgr Angebault 
(m. 1876), avec une statue en marbre par Bouriché. A g. de l'entrée, 
un bénitier en vert antique, supporté par deux lions en marbre blanc, 
exécuté dit-on à Byzance. 

h'evêché, auN. de la cathédrale, a été bâti sur l'emplacement d'un 

13* 



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196 IL R. 22. ANGERS. De Paris 

ancien château des comtes. Nous descendons la rue et tournons 
à dr. pour en voir la partie postérieure , qui est fort remarquable. 
Dans la même rue, à g., deux vieilles maisons en bois sculpté. Il y 
en a encore une plus liaut, au coin de la rue de dr., derrière la ca- 
thédrale. Nous continuons de là tout droit, par une rue tortueuse, et 
nous prenons plus loin, à g., la petite rue du Musée. 

Le *musée (pi. DE 4) est installé, à dr., avec la hihliothèque de 
la ville, dans une maison curieuse de la fin du xv^ s., dite le logis 
Barrault, du nom du trésorier de Bretagne qui la fit construire : il y 
a dans la cour des parties goth. et de la renaissance. Ce musée, qui 
comprend des galeries de sculpture , de peinture et d'histoire natu- 
relle, est public les dim. et jeudi de midi à 4 h. et visible aussi 
les autres jours pour les étrangers. 

Rez-de-chaussée. — Sculpture. — Vestibule : plâtres d'après l'antique 
et plâtres modernes. — Sa-llb a dr. : suite des plâtres (inscriptions) i mo- 
dèle du fronton du Panthéon de Paris, par David ^ 75, Maindron (d'Angers), 
Jeune berger piqué par un serpent ; 54, Eoudon^ buste de Voltaire -, 99, Canova, 
buste de Bonaparte^ 51, JEt. Falconet, buste du médecin Cam. Falconet. 

Salles a gauche du vestibule : encore des plâtres et des dessins (salle 
à dr.). — Ensuite le *musée David, au commencement duquel se trouve 
le modèle de la statue érigée à l'artiste sur la place de Lorraine (p. 199). 
Cette galerie comprend, avec quelques originaux, les modèles ou des re- 
productions de la plus grande partie des œuvres du sculpteur, aussi illustre 
que fécond, qui se composent de 55 statues, 150 bustes, 70 bas -reliefs, 
20 statuettes, 500 médaillons et d'innombrables dessins. Il y a des ins- 
criptions. Les principales œuvres sont dans la 3® salle, une longue ga- 
lerie. — 1^6 salle: 73-75, bas-reliefs du monument de Gerbert (Sylvestre II) i 
3, Mort d'Epaminondas , premier grand prix de Rome; 4, Ulysse, buste, 
premier marbre de l'artiste ; 42, Réception du due d'Angoulême aux Tui- 
leries après la guerre d'Espagne, et encore des bustes. —26 salle: dessins-, 
bustes ; 28, statue de Biehat ; 153 , 120 , têtes de Riquet et de Corneille ; 
9, stat. de Fénelon; médaillons en bronze; 13, 12, 19, stat. de Gouvion- 
St-Cyr, de Talma, d'Armand Carrel; 33-35, bas -reliefs du monument de 
Fénelon; 45, Bataille de Fleurus, bas-relief; 61-64, Œdipe-Roi, le Cid, 
les Nuées, Tartufe, bas-reliefs. — 3^ salle, beaucoup de bustes, entre 
autres, à dr,, vers le milieu, 155, Lamennais. Au fond et de l'autre 
côté: 24, Jean Bart, statue; 51-54, Bienfaits de l'imprimerie, bas-reliefs 
du monument de Gutenberg, à Strasbourg; 20, 27, 8, Ambroise Paré, 
Bernardin de St-Pierre, le Roi René, statues ; 41, Convoi du général Foy, 
bas-relief; 10, le Général Foy, statue; 39, 40, autre bas-relief du monu- 
ment de Foy; 128, Paganini, buste en bronze; 17, Cuvier, statue; 85, 174, 
Volney, Ollivier d'Angers, bustes en bronze; 7, le Grand-Condé, statue; 
69-72, bas-reliefs du monument du général Gobert; 119, L. Proust, chi- 
miste, buste en bronze; 22, Biehat, statue; 97, Béclard, buste en marbre; 
23, Mgr de Cheverus, évêque de Boston et archevêque de Bordeaux; 57-60, 
bas-reliefs de son monument; 21 Gutenberg, statue; 25, Larrey, statue; 
65-68, bas-reliefs du monument. Au milieu: 11, la Jeune grecque au 
tombeau de Marco Botzaris ; 743, buste en marbre de David, par Toussaint, 
sur un autel de la Patrie, en bois, sculpté par le père de David; 18, 26, 
le Jeune Barra, le Général Gobert, statues. 

I^r étage, — Muséum d'histoieb naturelle, surtout riche en oiseaux 
et curieux pour l'étude de la minéralogie du pays. 

ne étage. — Peinture. — Escalier: cartons de Lenepveu, artiste 
originaire d'Angers, entre autres, 267 et 268, ceux des plafonds du Grand- 
Opéra, à Paris, et du théâtre d'Angers (p. 199). — I^e salle, à dr. : 178, 
Vincent, Combat des Romains et des Sabins ; 167, de Troy , Bethsabé au 
bain. — II^ salle : 228, Ingres , Œdipe et le Sphinx ; 131, Ménageai , As- 
tyanax arraché des bras d'Andromaque ; 175, Vien, Retour de Priam avec 



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à Nantes. ANGERS. //. R, 22. 197 

le corps d'Hector 5 132, Ménageot^ Cléopâtre au tombeau de Marc -Antoine ; 
252, Lenepveu, ïfaladie d'Alexandre; 50, Devéria^ Mort de Jeanne d'Arc ; 
251, Lenepveu, Jésus dans le prétoire, œuvre de jeunesse comme le n°2525 
65, Gérard^ Joseph reconnu par ses frères; 9, de Bay^ Philoetète-, 73, 
Oirodet Trioson^ Mort de Tatius; 110, Lehmanny Jérémie. — III® salle, 
à dr. de la précédente : petits tableaux de valeur secondaire. — IV® salle : 
25 , Mme Lebrun , l'Innocence se réfugiant dans les bras de la Justice, 
pastel; 351, MurillOy Jeune homme; 32o, Giunta Pisano (xiii^s.), la Vierge 
sur un trône; 153, Restout, le Bon Samaritain; 338, école lombarde du xrfs.^ 
Ecce Homo; 319, Qiordano ^ Adam et Eve; 312, le GuercMn. le Temps 
amenant la Vérité; 310, le Caravage^ les Disciples d'Emmaiis; 353, Ribera^ 
Un vieillard; 332, Solimena^ l'Annonciation; 380, van Thulden^ l'Assomp- 
tion; 336, le Dominiquin^ St Charles Borromée; 137, Mignard^ la Vierge, 
l'enfant Jésus et St Jean; 46, Deshays^ Ste Anne instruisant la Vierge; 
367, JordaenSf François Flamand; 363, de Ghampaigne^ Jésus parmi les 
docteurs; 366, Jordaens^ St Sébastien; 358, Rottenhammer ^ le Festin des 
dieux; 316, Lor. di Credi^ Ste Famille; 37, Michel Corneille^ la Vierge, 
l'enfant Jésus et St Jean ; 272, Raphaël^ Ste Famille, fortement restaurée ; 
91, Lagrenée^ Mort de la femme de Darius; 329, école de Raphaël ^ tête de 
Vierge; 183, Wille^ Vieillard; 277, école des FrancTc^ les Vierges sages et 
les Vierges folles; 416, école anglaise du xri^ s.^ portr. de femme; 399, 
IV. van Mieris^ l'Enlèvement des Sabines; 405, Ruisdael, paysage; 47, 
Desportes^ Chasse au renard; 393 d'après Gér. Dov, le Médecin des urines; 
374, Snyders, Chien écrasé; 376, Tejiiers le Jeune ^ le Tête-à-tête; 182, 
Watteau, Fête de campagne; 324, Maratta^ la Vierge adorant l'enfant 
Jésus; 377, Teniers le /., la Mère difficile; 121, J.-B. van Loo ^ Renaud et 
Armide; 17, Boucher^ les Génies des arts; puis des tableaux de Le- 
prince^ Pater et Lancret; 364, de Champaigne, les Disciples d'Emmaiis ', 38, 
Ant. Coypel, l'Olympe; 74, Qreuze^ Mme de Porcin, — V® salle, à g. de 
l'entrée: 253, Lenepveu, Martyre de St Saturnin; 66, Gérard et van Spaen- 
donck, la Reveillère - Lepeaux ; 53, Feyen-Perrin, Episode du naufrage de 
l'Evening-Star; 48, Desportes, Animaux, fleurs et fruits; s. n., Ary Scheffer, 
portr. du marquis de Las-Cases; E. Scheffer , portr. du colonel de Sèvre; 
Wencker ^ Saiil consultant la Pythonisse; 145, Pairois, Jeanne d'Arc in- 
sultée dans sa prison. — VI^ salle: objets d'arts de diverses sortes, 
petites sculptures, émaux, médailles, estampes, tableaux, entre autres 
Françoise de Rimini, dTngres; petites antiquités, vases antiques. 

Dans la rue Toussaint, qui fait suite à celle par laquelle nous 
sommes venus de la cathédrale, se trouvent les ruines remarquables 
de Vanc. église Toussaint, qu'on peut visiter en s'adressant au gar- 
dien du musée. Elle dépendait d'une abbaye et fut bâtie au xiii^ s. 

Le *château (pi CD 4), où conduit plus loin la rue Toussaint, est 
encore extérieurement un des plus imposants que l'on puisse voir, bien 
que ses 17 tours aient été en partie rasées et que le percement d'un 
boulevard au S. en ait fait disparaître un bastion et l'immense fossé. 
Ce puissant castel féodal date surtout du xiii^ s. ; il a la forme d'un 
pentagone et occupe un rocher qui domine à l'O. le cours de la 
Maine. On ne peut visiter l'intérieur, qui sert de poudrière et où il 
n'y a du reste à peu près rien de remarquable. 

Entre le boulev. du Roi -René et le boulev. du Château s'élève 
la *statïie du roi Bené (pi. D 4-5), en bronze, par David d'Angers. 

René (1408-1480), deuxième fils de Louis II d'Anjou, devint maître du 
duché et de la Provence par la mort de son frère Louis III, et fut quelque 
temps roi de Naples, par suite du testament de Jeanne II- Il cultiva parti- 
culièrement les lettres et les arts et mérita le surnom de «bon roi». — Le 
piédestal est entouré de 12 statuettes , aussi en bronze et par David, re- 
présentant : Dumnacus, défenseur des Andegaves contre César ; Roland, le 
paladin; des hommes illustres des maisons d'Anjou, comme Robert le Fort, 



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198 IL R. 22, ANGERS. De Paris 

Foulques ISTéra, Foulques V, Henri II Plantagenet Cv. p. 195) •, Philippe-Au- 
guste, Charles d'Anjou, Louis I®^ d'Anjou; Isabelle de Lorraine et Jeanne 
de Laval, femmes de René; Marguerite d'Anjou, reine d'Angleterre. 

Au S., la belle église St-Laud (pi. D 5), reconstruite de nos jours 
dans le style roman angevin, à trois nefs aux colonnes très légères, 
avec transept, déambulatoire, chapelles latérales et crypte sous le 
chevet. Elle a de beaux autels décorés de sculptures. 

Nous descendons à l'O. le boulev. du Château, qui aboutit à la 
Maine. Le pont de la Basse -Chaîne (pi. B C4) qui y fait suite, a 
remplacé un pont suspendu qui s'effondra en 1850 , au moment où 
passait un bataillon d'infanterie , dont 223 hommes furent tués ou 
noyés. Le pont suivant en amont est le pont du Centre, et le troisième 
le pont de la Haute-Chaîne, avec la vieille tour du même nom. On a 
sur l'autre rive une belle vue de la ville, notamment de la cathédrale. 

Dans la rue qui part du second pont, où l'on voit aussi, à g. près 
de l'église, une maison curieuse en bois, se trouve la Trinité (pi. B 3), 
autre édifice remarquable du style roman, avec un beau clocher 
dont le couronnement n'est toutefois que du xvi® s., et, à l'intérieur, 
un magnifique escalier en bois de la renaissance, un Christ de Main- 
dron, etc. — A côté, les ruines de Vanc. église du Ronceray, en par- 
tie du XI® s., et la vaste école des Arts et Métiers (pi. B 2-3), dans 
l'anc. abbaye du Ronceray, spécialement agrandie et transformée. 

Plus loin, sui' le quai en deçà du pont de la Haute-Chaîne, Vanc, 
hospice St-Jean (pi. B 2), où est installé un musée akohéologiciue, 
ouvert aux mêmes heures que l'autre musée (p. 196). Il occupe une 
grande et belle salle goth. à trois nefs égales, de la seconde moitié du 
XIII® s., un des premiers édifices goth. qui aient été construits. 

Peu d'antiquités, mais beaucoup d'objets du moyen âge et de la 
renaissance, et bon nombre de peu de valeur. On y remarquera surtout 
une urne antique en porphyre, avec deux masques de Jupiter, qui a 
passé pour une des urnes de Cana; une très belle statue d'homme à 
genoux devant un prie-Dieu, plusieurs statues tombales, de belles boiseries 
d'un autel de la renaissance et quantité d'autres boiseries, des bahutg, 
sur lesquels sont des vitrines renfermant des objets de moindre dimension, 
un coffre fort à serrure très compliquée, etc. Il y a des étiquettes. 

L'hospice St-Jean a été remplacé par V hospice-hôpital Ste-Marie 
(pi. ABl); situé à g. au delà du pont, et qui est de dimensions 
grandioses (1500 lits). La chapelle est décorée de fresques par 
Lenepveu, Appei-t et Dauban, artistes d'Angers. 

Nous traversons le pont et suivons les boulevards. A g., la gare 
St -Serge (pi. D 1 , p. 194) , et au delà, près du séminaire, 

St - Serge (pi. E 1). C'est une ancienne église abbatiale , qui a 
une assez belle nef du xv® s., mais dont les parties les plus curieuses 
sont le transept et le chœur, dans le style de la cathédrale, avec des 
voûtes domicales. Il y a des piliers énormes dans la nef, mais des 
colonnes de la plus grande légèreté dans le chœur. On remarque 
aussi le plan du chœur , qui a d'abord cinq nefs , puis trois et enfin 
une seule , les deux premières terminées en absides , les autres par 
des mm*s dioits. 



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à Nantes. ANGERS. IL R. 22, 199 

Nous continuons maintenant de faire le tour de l'ancienne ville 
par les boulevards. Il y a près de celui des Pommiers, à g., un jardin 
botanique (pi. EF 1), qui est très riche et qui forme une belle pro- 
menade: sa fondation remonte à 1777. 

Le boulev. de la Mairie longe plus loin à g. le Champ de Mars 
(pi. F 2), où s'élève le palais de justice, construction moderne avec 
une colonnade d'ordre ionique , en partie masquée par des maisons. 
A côté, le jardin du Mail (pi. F 2-3) , créé en 1859, derrière lequel 
est la promenade Mail, plantée en 1796, et où il y a concert les dim. 
et jeudi. A dr., Vhôtel de ville, un ancien collège, de 1691. Ensuite 
vient la place de Lorraine , décorée depuis 1880 d'une statue de 
David d'Angers, bronze par Louis Noël (pi. F 3). 

La rue d'Alsace, un peu plus loin à dr., descend à la place du 
Ralliement (pL E 3), le centre de la ville. On y remarque le théâtre, 
bel édifice reconstruit de 1865 à 1871 et décoré de peintures par 
Lenepveu et Dauban, et le Grand-Hôtel, encore plus moderne. 

Dans la rue de Lespine (pl.D E3) est r*liôtel Pincé ou d'Anjou, 
de la renaissance, une des plus belles constructions particulières 
qui existent encore à Angers. Il appartient maintenant à la ville, 
qui l'a fait restaurer. 

Des omnibus permettent de faire d'Angers des excursions aux Ponts- 
de-Cé (5 kil. ^ v. ci-dessous) et aux ardoisières de Trélazé (6 à 7 kil. ; p. 201). 

D'Angers à Tours^ etc., v. ci-dessous -, trajet en sens inverse ; à Niort, p.201. 

D'Angebs a la Flèche, 49 kil., de la gare St-Laud. Principale stat,, 
Durtal (34 kil,), petite ville sur le Loir, avec des restes de fortifications 
et un château remarquable du xvi^ s. On traverse ensuite le Loir et 
rejoint les lignes de la Suze et Sablé (p. 193 et 194). — La Flèche, v. p. 193. 

D'Angers a Segré (Laval; Rennes; Redon), 38 kil., de la gare St-Serge 
(p. 194). Principale stat., le Lion -d'' Angers (24 kil.), qui a une curieuse 
église des x^ et xi® s. — Segré, etc., v. p. 203. 

D'Angers a Loudun (Poitiers) : 87 kil. ; 2 h. 50 à 3 h. 30; 10 fr. 45, 
7 fr. 90, 5 fr. 75. Les trains partent de la gare St-Laud (p. 194), mais vont 
passer à celle de la Maître -Ecole (p. 194). — 7 kil. La Pyramide. On tra- 
verse la Loire. — 10 kil. Les Ponts-de-Cé, ville de 3600 hab. , bâtie sur 
3 îles de la Loire, reliées par 4 ponts qui se suivent et forment avec les 
chaussées une longueur de 3 kil. Ces ponts , reconstruits de 1846 à 1866, 
sont d'origine très ancienne («pons Saii») et bien des armées se les sont 
disputés depuis le temps des Romains. — 13 kil. Juigné -sur- Loire. — 
20 kil. Quincé - Brissac. Brissac, qu'on dépasse à dr. avant la stat., a un 
magnifique château , reconstruit au xvii© s. , mais avec des parties des 
XIII® -XV® s. — 30 kil. Thouarcé - Bonnezeau. Thouarcé a 2 sources ferru- 
gineuses maintenant exploitées. — 33 kil. Perray - Jouannet. Jouannet a 
aussi des bains , avec 3 sources ferrugineuses et une source sulfureuse. 
Embranch. de la Possonnière - Chalonnes (p. 201). — 34 kil. Jouannet - 
Ghavagnes. — 37 kil. Martigné - Briand , qui a un beau château de la re- 
naissance. — 51 kil. (12® st.) Doué -la -Fontaine, petite ville qui a de 
belles fontaines. — 58 kil. (14® st.) Le Vaudelenay. A 3 kil. au S.-O., sur 
une colline, est le Puy - Notre - Dame , qui a une belle église du xiii® s., 
avec un clocher du xv® s. — 64 kil. Montreuil - Bellay , petite ville avant 
laquelle on traverse le Thouet, affluent de la Loire. Il y a un château 
du XV® 8. , avec des restes d'un château fort détruit par Geoffroy Plan- 
tagenet en 1148. Ligne de Saumur, v. p. 201. — 87 kil. (19® st.) Loudun 
(v. le Midi de la France, par Bsedeker). 

IV. D'Ani^ers à Nantes, v. p. 201. 



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200 IL R. 22. SAUMUR. De Paris 

B. Par Orléans et Tours. 

427 kîl. Cliemin de fer d'Orléans (pl.,p.l, G25). Trajet en 9 h. 10 à 
16 11. 50. Prix: 48 fr. 85, 36 fr. 60, 26 fr. 80, eomme par Angers. 

I. De Paris à Orléans, v, p. 219. — II. D'Orléans à Tours, p. 225. 

III. De Tours à Angers. 

105 kil. Trajet en 2 h. 35 à 3 h. 25. Prix: 13 fr. 10, 9 fr. 75, 7 fr. 20. 
— Les voyageurs en train express et avec billets directs ne vont pas 
jusqu'à Tours, mais directement de St-Pierre-des-Corps (p. 230) à Savon- 
nières. Vue surtout à g. 

Au départ de Tours , on laisse à g. les lignes d'Orléans et de 
Bordeaux, passe sous celle des Sables-d'Olonne et laisse à dr. celles 
de Vendôme et du Mans. Du même côté est la Loire ; le Cher est 
à g. — 245 kil. (de Paris). Savonnières, où sont des grottes assez 
curieuses dites caves gouttières, qu'on peut visiter (2 fr. pour 1 à 
4 pers.). On traverse ensuite la Loire non loin de son confluent 
avec le Cher. A dr., les tours de Cinq-Mars. 

252 kil. Cinq- Mars y village dont beaucoup de maisons sont 
taillées dans le roc, comme il y en a encore à plusieurs endroits sur 
cette ligne. On y voit les ruines du château du marquis de Cinq- 
Mars, favori de Louis XIII, qui fut décapité à Lyon en 1642, 
avec son ami de Thou, pour avoir conspiré contre Richelieu. A 
env. 1/4 d'il- à l'E. se trouve la jnle de Cinq-Mars, sorte de tour 
pleine de 29m. de haut, 5 et 4m. de large, et couronnée par 
4 petites pyramides ; elle est peut-être d'origine romaine et l'on a 
supposé que c'était un monument funéraire. 

La voie continue maintenant de suivre , à distance variable, la 
rive dr. de la Loire. — 257 kil. Langeais. Il y a un beau château 
du XV® s., renfermant d'intéressantes collections artistiques et près 
duquel sont les ruines d'un donjon des x^-xi^s. — 266 kil. St- 
Patrice. — 273 kil. La Chapelle-sur- Loire. 

278 kil. Port-Boulet. Embranch. de 42 kil. sur Château-la-Val- 
lière (p. 168) et de 15 kil. sur Chinon (p. 239). 

286 kil. Varennes- sur- Loire. Avant Saumur, à g., sur la Loire, 
le pont du chemin de fer de l'Etat (p. 168), long de 1050 m. 

295 kil. Saumur (buffet; hôt. : Budan; de Londres, bon et pas 
cher; d'Anjou), ville de 14187 hab., sur la rive g. de la Loire, do- 
minée par son château, des xi®, xiii® et xvi® s., qui est peu curieux 
et sert maintenant d'arsenal, mais d'où l'on a une très belle vue sur 
la vallée de la Loire. — De l'autre côté du double pont qui relie la 
gare à la ville se voit un beau théâtre, construit en 1864. Derrière, 
Vhôtel de ville, en grande partie du xvi® s., avec un petit musée; 
près de là, la jolie chapelle St-Jean, du style goth. ; plus loin à dr., 
V église St-Pierre, des xii®, xv® et xviii® s. ; vers l'extrémité S., Notre- 
Dame- de- Nantilly , des XI® et xv® s., etc. 

Saumur fut un des principaux foyers du protestantisme en France 
à la fin du xvr® s. et eut même une université protestante, jusqu'à la 
révocation de l'édit de Nantes (1685). Elle a eu depuis 1768 un 



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à Nantes, TRÉLAZÉ. //. B. 22. 201 

retour de prospérité, grâce à sa grande école de cavalerie, dont on 
voit la belle caserne non loin de la Loire, en aval. 

A 2 kil. au S. de la ville, à g. au delà du Thouet, se trouve le grand 
dolmen de Bagneux^ un des plus grands qui existent. Il a 20 m. de longueur 
et 7 m. de largeur sur 2 m. 85 de hauteur moyenne, et il se compose de 
16 pierres verticales et 4 horizontales, formant la couverture. Il y a aussi 
près de là un petit menhir, de 2 m. 50. 

De Saumur à Cîiartres (Paris), v. p. 168-167. 

De Saumur a Thouars (Niort), suite de la ligne précédente (Paris- 
Bordeaux), réseau de l'Etat: 39 kil. de la gare d'Orléans, 32 de la gare 
spéciale, au S. de la ville; 45 min. à 1 h. îS. De la gare d'Orléans, on 
passe sur le pont, puis dans le tunnel mentionnés p. 168. On ne va pas 
alors à la gare de l'Etat; le raccordement se fait a Nantilly. Ensuite la 
ligne remonte la vallée du Thouet. — 9 kil. (2e st.) Brézé - St - Cyr - en- 
Bourg. Brézé, à 1 kil. au S. -E. , a un beau château du xvi^ s. A 
env. 10 kil. à TE. se trouve la petite ville de FontevrauU^ avec les restes 
de la célèbre abbaye de ce nom, fondée au xi^ s. par Eob. d'Arbrissel et 
qui comprenait un couvent d'hommes et un couvent de femmes de l'aris- 
tocratie, ayant à leur tête une abbesse. Elle est convertie en maison de 
détention et on ne peut la visiter, si ce n'est une partie de son église, 
bâtie de 1101 à 1119, dans le style de cathédrale d'Angoulême, mais qui 
n'a plus qu'une coupole, de cinq qu'elle avait précédemment. Elle ren- 
ferme encore 4 belles statues du xiii^ s., de Henri II Plantagenet, Eléo- 
nore de Guienne, Richard Cœur-de-Lion et Isabelle d'Angoulême. Il y a 
aussi un cloître du xii^ s., mais remanié plus tard , et une tour fort cu- 
rieuse de la même époque. — 19 kil. Montreuil- Bellay (p. 199). — 37 kil. 
(6® st.) Thouars (v. le Midi de la France., par Bsedeker). 

Le chemin de fer longe au delà de Saumur la levée de la Loire, 
digue de plus de 60 kil. de longueur, qui n'a pas toujours protégé 
le pays contre les terribles inondations du fleuve : elle a été d'abord 
construite du ix® au xrn^s. — 303 kil. St- Martin -sur -Loire. — 
307 kil. St- Clément- desr- Levées. — 311 kil. Les Rosiers. 

Correspond, pour Oennes (4 kil. ; 30 c), village de la rive g., à 3 kil. en 
amont duquel se trouve Cunault^ qui a une magnifique église romane, aux 
riches chapiteaux et toute décorée de bonnes peintures murales. Trêves^ 
1/4 d'h. plus loin, a encore un superbe donjon de plus de 30 m. de hauteur. 

316 kil. La Ménitré. — 320 kil. St-Mathurin. Le chemin de 
fer s'éloigne maintenant beaucoup de la Loire pour gagner Angers. — 
327 kil. La Bohalle. 

332 kil. rre7a2;c (5944 hab.), où sont les plus importantes ar- 
doisières des environs d'Angers, assez intéressantes à visiter. On 
aperçoit plus loin à dr. les tours de la cathédrale, et l'on rejoint la 
ligne de Paris par le Mans. — 339 kil. Angers (p. 194). 

lY. D'Angers à Hantes. 
88 kil. Trajet en 1 h. 35 à 3 h. Prix : 11 fr. , 8 fr. 25, 6 fr. 05. Vue 
surtout à g. 

On descend d'abord la vallée de la Maine , qu'on traverse avant 
la première station. — 8 kil. La Pointe, près de l'embouchure de 
cette rivière dans la Loire. La voie suit désormais la rive dr. du 
fleuve. Belles vues sur la rive g. — 12 kil. Les Forges. Après la 
gare, à dr., un magnifique château moderne, dans le style d'un 
château d'Irlande. — 16 kil. La Possonnière (buffet). 

De la Possonnière a Bressuirb (Niort): 90 kil.; 2 h. 20 à 2 h. 30: 
10 fr. 80, 8 fr. 10, 5 fr. 50. — On traverse la Loire. — 6 kil. Chalonnes, ville 



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202 IL R. 22. CHATEAU -GONÏIER. 

de 4811 hab., à 2 kil. à rO. Embraneh. de 27 kil. sur Perray-Jouannet (p. 199). 

— 20 kil. (3e st.) ChemiUé, ville manufacturière de 4515 hab. 

42kiL (56 st.) Cholet (hôt. de V Europe), ville de 16 855 hab., bâtie en 
amphithéâtre sur une colline. Elle a été complètement ruinée dans les 
guerres de la Vendée, mais elle est redevenue depuis longtemps très pros- 
père. C'est un centre industriel très important pour la fabrication des 
tissus de toile et de coton et particulièrement des mouchoirs, et elle fait 
un grand commerce d'animaux gras très estimés. Elle n'a guère d'édifice 
remarquable que son église Notre-Dame, construction moderne dans le style 
angevin. — Embraneh. de Clisson (v. le Midi de la France, par Bsedeker). 
Ensuite un pays assez accidenté, mais dont les stat. offrent peu d'intérêt. 

— 90 kil. (lOe st.) Bressuire (v. le Midi de la France). 

21 kil. St-Georges. La localité se trouve à 3 kil. au N. A V4 d'h, 
de là au N.-E. est le château de Serrant, un des plus beaux de la 
contrée, où ils sont nombreux ; il date des xvi®-xviii® s. La chapelle 
renferme le monument de l'un des anciens propriétaires, le marquis 
de Vaubrun , avec des statues très remarquables par Coyzevox. — 
29 klL Champtoce. On voit plus loin à dr. les ruines de son château 
du XV® s., qui appartint à Gilles de Laval, seigneur de Retz, fameux 
par ses prodigalités et ses cruautés, et qui passe pour le type du conte 
de «Barbe Bleue» : il finit par être pris et exécuté à Nantes, en 1440. 

— 34 kil. Ingrandes-sur-Loire, Puis on passe sur une île de la 
Loire, où l'on reste jusqu'après Anetz. — 42 kil. Varades. Corres- 
pond, pour St-Florent-le- Vieil {2^11.) j où se voit le monument très 
remarquable du chef vendéen Bonchamps (m. 1793) , par David 
d'Angers. — 48 kil. Anetz. 

55 kil. Ancenis, ville de 5544 hab., ayant un château du xvin® s., 
avec quelques restes du xv® s., à g., sur le bord de la Loire. — 64 kil. 
Oudon, qui a conservé de son château un très beau donjon des xiv®- 
XV® s., restauré de nos jours, et qu'on voit à dr. La vallée de la Loire 
devient plus accidentée et la voie traverse 3 petits tunnels. Sur une 
hauteur de la rive g., le château de la Varenne. — 67 kil. Clermont- 
sur -Loire. — 73 kil. Mauves. — 78 kil. Thouare. — 81 kil. Ste- 
Luce. En arrivant à Nantes (88 kil.), on passe sous la ligne de Paris 
par Segré (v. ci -dessous) et l'on, a à g. la ligne de la Roche-sur- 
Yon et ses deux ponts, à dr. celle de Châteaubriant (p. 210). 

C. Par Sablé et Segré. 

(St - Nazaire. Lorient - Quimper.) 

397 kil. Départ de la gare St- Lazare, excepté par le train omnibus 
du soir. Trajet en 9 h. 10 et 9 h. 50. Prix comme par Angers et Orléans. 
On arrive à liantes à la gare de l'Etat (p. 203) et non à celle d'Orléans. 
C'est par Segré que passent les trains directs de St-Nazaire et de Lorient- 
Quimper (v. p. 210 et R. 23). 

Jusqu'à Sa&^e (259 kil.), v. p. 193-194. On laisse à g. la ligne 
d'Angers. — 267 kil. Les Agets-St-Brice. — 272 kil. Bouere. — 
275 kil. Grez-en-Bouère. — 282 kil. Gennes-Longuefuye, où aboutit 
une ligne venant de Laval (p. 173). 

290 kil. Château -Gontier {hôt. de V Europe, sur le quai), ville 
de 7334 hab., bien située, sur la rive dr. de la Mayenne. Il ne reste 
plus de son château que V église St-Jean, du style roman du xi® s., 



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NANTES. IL R. 22. 203 

mais fortement restaurée. Il y a un établissement de bains, exploi- 
tant plusieurs sources d'eaux ferrugineuses froides. 

La voie traverse ensuite la Mayenne. A g., le château de St-Ouen, 
du XV® s. — 299 kil. Chemaze. 

EMBRA^'C^. de 14 kil. sur Craon (pron. Cran; hôt. Monnier)^ petite ville 
sur rOudon, avec un très beau château dé la fin du xviii® s. 

308 kil. La Ferrière. On traverse VOudon près de Segré. 

314 kil. Segré (hôt. de la Gare), ville de 3414 hab., où aboutit 
une ligne venant d'Angers et où s'embranche la ligne directe de St- 
Nazaire. 

De Segré a St-Nazaire (Lorient-Quimper): 133 kil.-, 4 h. 10 à 5 h.; 
16 fr. 60, 12 fr. 45, 9 fr. 05^ — 26 kil. (4^ st.) Pouancé, ville de 3502 hab., 
sur la Verzée , avec un château en ruine des xiii^ et xiv® s. et un beau 
château moderne. 

42 kil. (6e st.) Châteaubriant (hôt. de la Poste), ville de 61T7 hab., sur 
la Chère, connue par un édit de Henri II contre les protestants (1551). 
Elle a un château remarquable, composé des restes d'un château du 
moyen âge et d'un autre élevé de 1524 à 1538, maintenant le tribunal, la 
gendarmerie et la prison. Eglises romane et gothique remarquables. 
Petit musée à l'hôtel de ville. Belle promenade. — Lignes de vitré et 
de Reunes, v. p. 175 et 178; ligne de Nantes, p. 210. 

54 kil. (8© st.) St-Vincent-des- Landes (2148 hab.). — Embranch. de 48 kil. 
sur Redon (p. 211), par Masserac (34 kil.), où aboutit un embranch. de 
Rennes. C'est la voie la plus courte de Paris à Lorient et Quimper (R. 23). 

70 kil. (10® st.) Nozay, qui dessert l'école d'agriculture et la ferme- 
école de Grand-Jouan, à 3 kil. au N. — 86 kil. (12® st.) Blain, où se voient 
les restes d'un château des Clisson et des Rohan. — On traverse le canal 
de Nantes à Brest. — 104 kil. (14® st.) Campbon. On croise plus loin la 
ligne de Nantes à Brest. — 126 kil. Besné - Pont - Château ^ d'où il v a un 
raccordement avec cette ligne à Pont -Château (4 kil. 5 p. 211). — 127 kil. 
Montoir , où l'on rejoint la ligne de Nantes à St - Nazaire. — 133 kil. St- 
Nazaire (p. 210). 

^I^Wl. Chazé-suT-Argos. — 329 kil. Angrie- Loire. Angrie, 
à g. de la voie, a un beau château moderne. — 335 kil. Cande, petite 
ville sur l'Erdre, dont on va suivre quelque temps la vallée. — 
342 kil. Freigne. — 347 kil. St - Mars - la - Jaille, qui a un château 
des XIV® et xvni® s. — 354 kil. Fannecé-Riaillé. — 358 kil. Teille. 

— 361 kil. Teille -Mouzeil. Mouzeil a des mines de charbon. — 
367 kil. Ligne. — 374 kil. St -Mars -du -Désert. — 384 kil. Car- 
quefou. — 392 kil. Doulon, que dessert aussi un tramway de Nantes. 

— On croise ensuite la ligne d'Orléans-Tours à Nantes , rejoint le 
tronçon de raccordement entre la gare d'Orléans et celle de l'Etat, 
croise la ligne de la Roche-sur-Yon, traverse un des bras de la Loire, 
d'où l'on voit Nantes à dr., et rejoint encore en gare, à g., la ligne 
de Pornic et Paimbœnf (p. 210). 

397 kil. Nantes, gare de l'Etat (v. ci-dessous). 



Nantes. — Gares: Grande gare ou gare d"" Orléans (pi. G 4; buffet), 
la principale, à l'O.^ gare de la Bourse (pl.D3), sur le prolongement de la 
ligne d'Orléans dans la direction de Brest, plus près du centre de la ville, 
mais qui ne délivre des billets et n'enregistre des bagages que pour la 
ligne de St-Nazaire, Guérande et le Croisic et pour celle de Brest jusqu'à 
Redon ^ gare maritime (pi. AB3), plus loin encore sur la même ligne, une 
gare aux marchandises i gare de VEtat (pi. CD 5), au S., pour la ligne de 
Bordeaux et ses embranch. et celle de Paris par Segré. Cette dernière 



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204 IL E. 22, /NANTES. 

gare est toutefois relie'e à celle d'Orléans par un tronçon de raccordement, 
et, selon la direction, les trains partent de l'une ou de l'autre. 

HÔTELS : de France (pi. a, D 3), place Graslin, bien situé, mais loin des 
gares (ch., 2 à 6fr.)-, de Bretagne (pi. b,F3), rue de Strasbourg, 23; des 
Voyageurs (pl.c,D3), rue Molière 4; du Commerce (pi. d,D3), rue Santeuil, 
12; de la Duchesse - Anne (pi. e, F3}, place du même nom, bon hôtel de 
famille; de Paris (pi. f, D3); rue Boileau; de Genève (pl.g,E3), place de 
l'Ecluse, 5. — Capes et restaur. : place Graslin, passage Pommeraye, rue 
du Calvaire, 12, etc. 

Voitures: fiacres, à 1 chev., 1 fr. 75 la course, 2 fr. l'heure, de 6 h. 
du m. à min. ; 2 fr. 25 et 2 fr. 75 la nuit ; à 2 chev., 2 fr., 2 fr. 25 et 2 fr. 75 ; 
voitures de remise, 25 c. de plus. 

Tramway à air comprimé deDoulon, à l'E., à Chantenay, à l'O., par 
les quais de la rive dr. : 10, 20 et 30 c. pour 1, 2, 3 et 4 sections. D'autres 
lignes sont concédées. 

Bateaux a vapeur, de la Douane: Pyroscaphes ^ allant à St-Nazaire 
par Basse-Indre (p. 211), Indret (p. 211), Couëron (p. 211), le Pellerin et 
Paimbœuf (p. 210); Rapide^ allant à St-Nazaire sans escale. — Bac à vapeur 
à l'extrémité de l'île Gioriette (C4). 

Théâtres: Qrand-Théâtre(j^\.'D^)^ place Graslin; Th. de la Renaissance 
(pi. D 1-2), place Brancas; Th. des Variétés (pi. DE 2), rue Mercœur. 

Poste et télégraphe (pi. E 3), rue la Peyrouse, près du quai Brancas. 

Nantes est une ville de 127482hab., le chef-lieu du départ, de 
la Loire - Inférieure et du commandement du xi^ corps d'armée, 
le siège d'un évêché, etc. Elle est située en majeure partie sur 
la rive dr. de la Loire, qui s'y divise en 6 bras, et y reçoit VErdre 
et la Sèvre- Nantaise, celle-ci débouchant au S. au delà des îles, 
celle-là venant du N. et traversant la ville. Son commerce et son 
industrie ont fait depuis longtemps de Nantes une des villes les 
plus florissantes de France, aujourd'hui la septième par sa popu- 
lation, mais cependant son port a perdu beaucoup de son impor- 
tance, parce que les grands navires n'y peuvent plus arriver, et l'on 
a entrepris en 1881 la construction d'un canal latéral destiné à la 
replacer au rang qu'elle a perdu. Les sucres sont le principal article 
de commerce de Nantes, et il y a des raffineries et des fabriques de 
conserves alimentaires, surtout de sardines; diverses sortes d'usines, 
des chantiers de construction, une grande manufacture des tabacs, etc. 

La fondation de Nantes est antérieure à la conquête romaine, mais 
son histoire se résume à peu près, jusque vers la fin du xv^s., dans 
l'histoire des luttes qu'elle soutint bravement pour son indépendance et celle 
de la Bretagne , contre les Romains , les Normands , les Anglais et les 
Français. C'est au château de Nantes qu'eut lieu, en 1488, le mariage 
d'Anne de Bretagne avec Louis XII, par lequel le duché fut réuni à la 
France (v. p. 175). Nantes essaya cependant encore de s'affranchir sous 
Henri III, durant la Ligue, mais elle se soumit en 1598 à Henri IV, qui 
y donna son fameux édit, accordant aux protestants la tolérance et des 
places de sûreté. Favorable dès le principe à la cause de la Révolution, 
elle résista victorieusement en 1793 aux Vendéens ; néanmoins le comité du 
Salut Public y délégua, pour réprimer le soulèvement, un homme qui fut 
le féroce Carrier. Ce monstre, qui n'avait reçu que des ordres de ré- 
pression sévère, fit exterminer sans jugement tous ceux qu'on avait in- 
carcérés, et trouvant que la hache du bourreau , les fusillades en masse 
étaient des moyens trop peu expéditifs, il inventa les noyades^ à l'aide de 
bateaux à soupapes: 6 à 9000 personnes, sinon davantage, périrent par 
ses ordres dans cette seule ville en moins de 4 mois, jusqu'au jour où une 
dénonciation courageuse le fit rappeler et envoyer à son tour à l'échafaud. 



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NANTES. //. R, 22. 205 

Nantes est aujourd'hui une belle ville moderne , mais où l'in- 
suffisance des grandes artères rend l'orientation un peu difficile 
pour l'étranger. Les nombreux ponts qui traversent les différents 
bras du fleuve et l'Erdre, son port et les belles maisons du xvm® s. 
qui bordent les quais, lui donnent une physionomie particulière. 
Elle est toutefois relativement assez pauvre en monuments. 

Le chemin de fer d'Orléans se prolonge le long des quais vers 
la Basse-Bretagne (R. 23). A peu de distance de la gare se trouve, à 
dr., la. place Duchesse- Anne (pi. F3); où commencent les promenades 
du cours St-Pierre et du cours St- André, dont il sera reparlé p. 209. 

Le château (pi. F 3) , qui vient ensuite , est un monument im- 
posant , de fondation très ancienne , mais qui date surtout de la fin 
du XV® s. 11 avait sept tours; il n'en a plus que six, l'une d'elles, 
qui servait de poudrière, ayant sauté en 1800. L'intérieur, qu'on 
peut visiter en s'adressant au concierge, du côté g., est encore plus 
intéressant que l'extérieur, surtout le grand logis, bâtiment de la 
renaissance, qui a été restauré. On y voit aussi des salles d'armes et 
un grand puits , dont on remarque la fenneture. 

Nous continuons de suivre les quais , en passant à l'extrémité 
de la me de Strasboui'g (p. 208) , et nous traversons VErdre cana- 
lisée , à son embouchure dans la Loire. Plus loin , place du Com- 
merce, est la Bourse (pi. D 3), édifice datant de 1792-1812. A g., 
la petite île Feydeau ; puis la gai^e de la Bourse (pi. D 3), déjà men- 
tionnée, et le quai de la Fosse, le long du port, où l'on pourra se 
promener à loisir après avoir visité l'intérieur de la ville. On y re- 
marque particulièrement les maisons num. 5 et 17. C'est, dit-on, 
dans la première, la maison des Tourelles, que fut siarné l'édit de 
Nantes (p. 204). 

La rue J. - J. Rousseau, qui part du quai entre la Bourse et sa 
station , nous conduit maintenant à la place Graslin (pi. D 3) , qui 
est comme le centre de la ville. Là s'élève le Grand Théâtre^ con- 
struit en 1788, mais plusieurs fois restauré depuis. Il a une colon- 
nade corinthienne et dans le haut 8 statues de Muses. La salle a 
depuis^ 1881 un beau plafond par Hipp. Berteaux. 

Près de cette place, presque en face du théâtre, s'étend le cours 
Cambronne (pi. CD 3), promenade décorée depuis 1848 d'une statue 
de Cambronne, en bronze, par Jean Debay, de Nantes. Le général 
Cambronne (1770-1842) était des environs de Nantes. Sur le 
piédestal se lit la réponse qu'il fit à Waterloo : « La garde meurt et 
ne se rend pas ! » 

La rue à dr. à l'extrémité du cours aboutit à la rue Voltaire (pi. C 3). 
Là se trouve, à dr., Vécole des Sciences, qui a de l'autre côté, place 
de la Monnaie, une belle façade dans le style classique, avec un fronton 
sculpté. Cet édifice, qui date de 1821 , a d'abord servi d'hôtel des 
monnaies, puis de palais de justice. Outre les salles des cours, il y a 
un important muséum d'histoire naturelle (pi. C 3), public les dim. et 
fêtes, les mardi et les jeudi de midi à 4 h., sauf en septembre. 



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206 IL 2?. 22. NANTES. 

On entre au muséum par la place de la Monnaie. — Au rez-de-chaussée^ 
une vaste galerie et une grande salle sont eonsaere'es à la géologie, la miné- 
ralogie et la paléontologie. Il y a des étiquettes. — Au 1^^ étage^ la zoologie. 
Dans une vitrine à g. de l'entrée, entre une momie et le squelette d'une 
momie, la peau tannée d'un soldat tué par les Vendéens en 1793. Avant 
de mourir, il dit à ses camarades : «J'ai fait peur pendant ma vie aux bri- 
gands, les royalistes, je veux leur faire peur encore après ma mort ^pro- 
mettez-moi de vous faire un tambour de ma peau» : son désir ne fut réalise 
qu'à moitié. Riche collection de poissons. Dans des galeries hautes, les 
oiseaux, les insectes, les coraux, les madrépores, les crustacés, etc. Dans 
des salles latérales, un riche herbier, des échantillons de bois, etc. 

La rue Voltaire nous conduirait plus loin , à l'O. , vers Notre- 
Dame (p. 209) ; à l'E., elle ramène à la place Graslin, et nous prenons 
à dr., près du théâtre, la rue Crébillon. A dr., au premier carrefour, 
le PASSAGE PoMMEBAYE, beau passage fort animé, qui se distingue des 
autres de ce genre en ce qu'il est à trois étages, communiquant entre 
eux par des escaliers, les rues qu'il relie n'étant pas au même niveau. 
Il est orné de statuettes par J. Debay et de médaillons par Grootaers, 
de Nantes. Il aboutit de l'autre côté à la rue de la Fosse , non loin 
de la Bourse. 

La rue Crébillon nous conduit plus loin à la place Royale (pi. DE3), 
aussi très fréquentée. Elle est décorée d'une '^fontaine monumen- 
tale moderne, en granit, par DHollet, avec une statue en marbre 
blanc et treize statues et statuettes en bronze , par Ducommun et 
Grootaers. La statue en marbre debout au sommet est celle de laVille 
de Nantes ; les autres, au-dessous dans la vasque, représentent la Loire, 
assise sur un trône; la Sèvre, l'Erdre, le Cher et le Loir, ses princi- 
paux affluents, et des génies assis sur des dauphins. 

Dans le voisinage s'élève St-Nicolas (pl.E 3), belle église moderne 
du style gotli. du xiii® s., à 5 nefs, construite par Lassus, avec un ma- 
gnifique clocher de 85 m. de hauteur. On remarque à l'intérieur le 
triforium, au-dessous duquel règne une jolie guirlande de feuillage ; 
le maître autel en marbre blanc, avec des bas-reliefs et un tabernacle 
terminé par une haute pyramide; la grille dorée du chœur, les ta- 
bleaux des chap. du transept, par Delaunay; les vitraux, dans le 
style de l'église, et l'autel de la chap. de la Vierge. 

Derrière cette église se trouve , dans une ancienne halle restau- 
rée, le *musée de peinture (pl.E 3), ouvert tous les jours de midi à 
4 h.' Il compte plus de 1000 tableaux, qui ne sont toutefois pas tous 
exposés, faute de place. 

ire SALLE Au-dessus de l'escalier, 959, Ziegler, Daniel dans la fosse 
aux lions. Puis, de dr. à g. par rapport à l'entrée : 758, Giraud, Enrôle- 
ments au xviiiSs.; T47, Gh. Fortin, Intérieur breton^ s. n.. Sautai, St Bo- 
naventure auquel on apporte le chapeau de cardinal; 692, Courbet, les 
Cribleuses de blé-, 890, Sug. Roger, le Corps de Charles le Téméraire re- 
connu après la bataille de Nancy; 702, Dçubigny, les Bords de la Seine; 
766, Hamon, l'Escamoteur; 929, Toulmouche, la Leçon de lecture; 750, Ifro- 
mentin. Chasse à la gazelle en Algérie; 893, Th. Rousseau^ paysage; 812, 
Lenepveu, la Vierge au calvaire ; 892, Phîl. Rousseau, la Recherche de 1 ab- 
solu- 755, Gérôme, la Plaine deThèbes; 952, Vollon, Intérieur de cuisine; 
s n Wagrez, Persée; le Blant, Mort du général d'Elbée. En outre des 



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NANTES. //. R. 22. 207 

sculptures: Aizelin^ l'Enfant au sablier ^ Dieudonné^ J.-C. au jardin des 
Oliviers, marbres: Jacquemart^ Arabe sur un chameau, bronze. 

lie salle: 154, Salv. Rosa, paysage; 440, Matsps (?), St Jérôme; 856, 
Parrocel, Moines guérissant des possédés ; 883, ^ïV«"<^» portrait; s. n., De- 
launay^ le Supplice d'Ixion; 695, Ant. Coypel^ Didon apercevant dans le 
temple Enée et Acbate; 83, BotticelU^ la Vierge; s. n., Delaunay, David 
vainqueur de Goliath; 38. 41, P. Véronèse^ portr. d'une princesse, anc. copie 
des Noces de Cana; 1»8, 189, Strozzi^ Guérison du paralytique. Conversion 
de Zachée; 389, Denner (?), Ste Famille; '19, le Ouerchin^ Phocion refusant 
les présents d'Alexandre; 405, Franck le Vieux y Jésus en croix; 127, le 
Bassan^ l'Annonce aux bergers; 439, Maryn, Un banquier et sa femme, 
reproduction, avec variantes, d'un tableau de Matsys qu'on voit au Louvre: 
il y en a aussi à Valeneiennes, à Dresde et à Madrid. 

Ilie salle: 525, 526 (autre côté de la porte), Sim. de Vos, portraits; 
140, le Ckiide, St Jean-Baptiste ; 48, le Canale, Place Navone, à Rome ; 350, 
Bloemaert, Madeleine repentante; 8o2, Oudry, Chasse au loup; 941, Valeniin, 
Souper d'Emmaiis ; 359, Bouts, Un moulin à eau ; 400, Flinck, l'Enfant pro- 
digue; 2, VAlbane, Baptême de J.-C; 859, Pater, Partie de plaisir; 851, 
Oudry, Scène rustique; 110, Maratta, St Philippe de Néri; 468, Porbus le J., 
Maurice, prince d'Orange; 408, Franck le F., Elévation de la croix; 649, 
Bin, Démence d'Hercule ; *203, *202, le Pérugin, Isaïe et Jérémie ; 28, P. de 
Cortone, Josué arrêtant le soleil; 355, Boeyermans, les Vœux de S t Louis 
de Gonzague ; 47, le Canale , Vue de Venise ; 247, école italienne du xri^ s.. 
Vierge; 5, le Caravage, portr. de l'artiste. Au milieu, à g., 360, Brakem- 
burgh. Kermesse. 

ive SALLE : 784, Lafosse, Vénus demandant des armes à Vulcain ; 587, 
Murillo, la Vierge; 914, Sigalon, Athalie faisant massacrer les princes de 
la race de David; 602, Velazquez, portr. d'un jeune prince; 783, Lafosse, 
Déification d'Enée; 585, Herrera le F., Deux moines; 472, Quellyn, Inté- 
rieur; 691, Corot, paysage; 957, Watteau, Arlequin, Pantalon, Pierrot et 
Colombine ; 183, Solimena, la Vierge, l'enfant Jésus et des saints ; 100, Séb. 
del Piombo, Jésus portant sa croix; 916, Stella, l'Assomption; 790, Lancret, 
Dame dans une voiture traînée par des chiens; 91, 90, Guardi, Carnaval 
de Venise, Assemblée de nobles Vénitiens au palais ducal; 705, Debay, 
Lucrèce sur la place de CoUatie; 469, Porbus le V., portr. de femme; 789, 
Lancret, Bal costumé; *588, Murillo, le Joueur de vielle. — Au milieu: à 
dr. de l'entrée, 541, école allem. du xri^s., la Demande en mariage; 800, 
Laurens, le Pape Formose et Etienne VII; 367, 368, Brueghel de Velours, 
paysages ; 510, Teniers le J., Ste Thérèse ; 493, Ruisdael, paysage ; 393, Durer, 
St Christophe; 503, Swanevelt, paysage; 369, Brueghel le F., Effet de neige; 
*340, *339, Altdorfer, Repas chez Simon, Conversion de St Mathieu ; *241, 
école ital. du xrj^s., l'Annonciation; 441, van der Meulen, Investissement 
de Luxembourg. 

V6 SALLE : 162, Rosselli, Judith ; 130, le Bassan, Moïse frappant le rocher; 
693, Courtois, dit le Bourguignon, Champ de bataille; 481, Rubens, Triomphe 
d'un guerrier; *98, Lor. Lotto, la Femme adultère; 16, le Giorgion, portr. 
d'un Vénitien; 124, Panini, Ruines; 148, le Tintoret, Dédicace du Temple, 
esquisse; 86, attrib. au Ohirlandajo, la Vierge, l'enfant Jésus et St Jean; 
786, laHire, Ste Famille; 596, Rihera, Jésus au milieu des docteurs; *198, 
André del Sarto, la Charité, peut-être la première épreuve du sujet, que 
l'artiste répéta trois fois; 132, Léandre Bassan (?), Nativité de la Vierge; 
*385, de Crayer, Education de la Vierge ; 136, le Galabrèse, Jésus guérissant 
l'aveugle; 5139, Murillo, l'Annonce aux bergers; 429, Honthorst, Adoration 
des bergers. S. n., une belle Vierge de l'anc. école italienne. 

Vie salle: 881, Rémond, le Pont de la Crévola, au Simplon; 776, In- 
gres, portr. de femme; 664, Brascassat, Taureau (d'autres plus loin; le 
musée possède 12 tableaux de l'artiste); 918, Steuben, la Esmeralda; 948, 
Hor. Vernet, les Morts vont vite; 756, Oérôme, le Prisonnier; 913, Schneiz, 
Funérailles d'une j eune martyre : 700, Curzon, la Jeune mère ; *473, Rem- 
brandt, portr. de sa femme (?); 641, Baudry, Charlotte Corday; 654, CL Bou- 
langer, la Procession des ardents; 640, Baudry, Madeleine pénitente; 704, 
Deibay, Episode de 1793 à Nantes; 706, Delacroix, le Caïd arabe; 725, Des- 



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208 IL R. 22. NANTES. 

touches^ le Départ pour la ville; 532, PMI. Wouwerman^ le Départ des ca- 
valiers -, 764, Gros, Combat de îî'azareth, esquisse ; 912, Ary Scheffer^ l'En- 
fant charitable, d'après Gœthe. Au milieu : 14, de Bay, Mercure et Argus ; 
31, Etex^ Héro, bronzes. 

vue SALLE : 522, van Vîiet^ tête d'homme ; 770, Hesse^ Concert vénitien ; 
51Q, inconnu, Frédéric II, pastel; 919, Steuben, Une odalisque ; 947, £f. Ver- 
net, Abraham , Agar et Ismaël ; 740, Eipp. Flandrin , la Rêverie ; 425, van 
der Helst, portrait; 761, Qreuze, portrait; 713, 711, 712, Delaroche, études 
pour l'hémicycle de l'Ecole des Beaux-Arts, à Paris (autres plus loin) ; 732, 
Dubufe, portr. de la duchesse de Feltre (cette salle renferme la collection 
du maréchal Clarke, duc de Feltre) ; 884, Léop. Robert, l'Ermite du mont 
Epomeo; 762, Oreuze, portrait; 168, Sassoferrato, tête de Vierge; 709, De- 
laroche. Enfance de Pie de la Mirandole; 922, Subleyras, l'Ermite; 886, 885, 
Léop. Robert, les Petits pêcheurs , les Baigneuses ; 741, Eipp. Flandrin, Jeune 
fille, étude; 778, Jacquand, Un cardinal venant chercher Riber a; 742, Paul 
Flandrin, portr. de l'artiste et de son frère (avec un album) ; 779, Jacquand, 
Marie de Médieis dans l'atelier de Rubens ; 719, Delaroche, Un apôtre ; 920, 
Steuben, Une liseuse; 768, Hesse, Jeune fille portant des fruits; 736, Fa- 
ire, portr. du duc de Feltre; 769, Hesse, Moissonneuse; 519, Verschuuring, 
Choc de cavalerie; 815, lePoittevin, marine; 393, Dietrich, Un moine ; 848, Nat- 
iier, la Camargo. Au milieu, Duret, modèle du St Michel de la fontaine de ce 
nom, à Paris. 

Cabinet du fo»d: Ducommun (de Nantes), Cléopatre, statue en marbre. 

L'édifice qu'on aperçoit au loin, dans le haut de la rue à dr. au 
sortir du musée est le temple protestant (pi. C2). 

A une certaine distance au N.-O., derrière le musée ou à l'ex- 
trémité de la rue Lafayette, se trouve le palais de justice (pl.D2), 
grand et beau monument qui date de 1845 - 1853. On en remarque 
surtout la façade, qui a au centre une colonnade surmontée d'une 
arcade, avec un beau groupe par Suc, de Nantes, la Justice protégeant 
l'Innocence contre le Crime. 

Nous revenons maintenant à l'église St-Nicolas et nous descen- 
dons vers l'Erdre, que nous traversons, pour prendre sur l'autre rive 
la Basse-Grande-Rue. A quelques pas à dr. est V église Ste- Croix 
(pi. E 3) , du xvii^ et du xix^ s. Sur sa tour a été placé l'ancien 
beffroi de la ville, en plomb, avec des génies sonnant de la trompe. 
La rue de la Baclerie, à g. de l'église, et la rue de la Juiverie, qui 
y fait suite, ont de vieilles maisons intéressantes. De ce côté ou 
par la Grrande-Rue on croise la belle rue de Strasbourg (pi. F 2-3), 
de création moderne, qui traverse en ligne droite toute la partie E. 
de la ville. 

La cathédrale , St-Pierre (pi. F 3), se trouve un peu plus haut. 
Cette église, qu'on a entrepris de reconstruire pour la seconde fois 
auxvi^s., était restée inaclievée , avec un petit chœur duxii^s., 
mais les travaux ont été repris dans ces derniers temps et seront 
bientôt terminés. La façade, qui a deux tours, est assez remar- 
quable, et les portails sont richement décorés de sculptures. 

La nef, avec deux collatéraux, produit un très bel eflfet. On en re- 
marque surtout le triforium. Sous l'orgue sont des hauts - relief s et des 
statues duxv^s., mais restaurés de nos jours; ils représentent des scènes 
de la vie des premiers patriarches, des évêques et un duc de Bretagne. 

Lés principales curiosités de l'intérieur sont toutefois les tombeaux 
du transept. Dans le bras droit est le «tombeau de François II^ dernier 
duc de Bretagne, et de sa femme Marguerite de Foix, ouvrage très riche, 



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NANTES. IL B. 22. 209 

uans le style de la renaissance, exe'euté en 1507 par Michel Colomb. C'est 
dn cénotaphe en marbre noir et marbre blanc, avec les statues coucbe'es 
des défunts, des statues de la Justice, la Sagesse, la Prudence et la Force 
aux angles, et deux rangs de seize niches contenant des statuettes des apôtres! 
de saints et de pleureuses. La Justice, à dr., a les traits d'Anne de Bretagne 
fille des défunts, qui leur fit ériger ce monument ; la Sagesse, à g., a deux 
visages, celui d'une jeune femme et celui d'un vieillard. — Le pendant, 
de l'autre côté du transept, est le *tombeau de Lamoricière, originaire 
de Kantes (1806-1865). Ce superbe monument moderne est l'œuvre de 
l'architecte Boitte et du sculpteur Paul Dubois. Le général est représenté 
par une statue en marbre blanc, couchée sous un baldaquin; aux angles 
sont les statues en bronze de l'Histoire, de la Charité, du Courage militaire 
et de la Foi, et dans les intervalles des bas-reliefs. 

A l'extrémité de la rue Royale , qui aboutit au N.-O. à la place 
St-Pierre, se voit la préfecture (pi. F 2), édifice peu remarquable du 
xviii^ s. En prenant à dr. de la rue Royale, nous arrivons à la place 
Louis XVI (pi. F 3). Au milieu s'élève une colonne de 28 m. de baut, 
surmontée d'une statue de Louis XVI, par Molchnet. Cette place 
est entre le cours St -André et le cours St-Pierre, promenade créée 
en 1726 et décorée d'autres statues médiocres par Molcbnet. Le 
cours St- André s'étend à g. jusqu'à l'Erdre, tandis que le cours 
St-Plerre descend à dr., en passant derrière le nouveau chœur de la 
cathédrale, vers la place Duchesse- Anne et le quai de la Loire, près 
du château, (p. 205). De l'autre côté de la place Louis XYI est la 
rue St-Clément, où l'on pourra visiter St-Clément (pi. G 2-3), belle 
église neuve dans le style goth. du xiii® s. Le couvent de la Visi- 
tation (pi. G- 2), un peu plus loin a g., a dans sa chapelle des pein- 
tures remarquables par Elle Delaunay. 

Une ancienne église sans valeur architectonique, à g. du cours 
St- André, renferme le musée d'archéologie (pi. FG 3), public les 
dim. et jeudi de midi à 4 h. 

Il comprend des fragments d'architecture et de sculpture de l'anti- 
quité et surtout du moyen âge, des inscriptions, une statue et deux 
bustes antiques de la collection Campana, un plan-relief de N'antes avec 
ses ane. fortifications, des antiquités égyptiennes, des faïences, etc. Dans 
les vitrines du milieu, des bijoux et des médailles, des vases antiques, 
des armes gauloises, etc. 

La rue du Lycée, à dr. de ce musée, conduit au Jardin des 
Plantes (pi. G 3-4), qui a une partie très remarquable comme pro- 
menade publique, avec lacs, cascades, rochers, grottes, etc. On y 
entre aussi du boulev. Sébastopol, du côté du chemin de fer. . Il y a 
concert le dimanche. 

Dans la promenade qu'on fera sur le quai de la Fosse , le long 
du port, on poui-ra encore visiter Notre- Dame- de- Bon- Port (pl.BC3), 
église construite de 1846 à 1858, avec un dôme et richement décorée 
de sculptures et de peintures ; Cène par Picou , pendentifs par le 
Hénaff, Annonciation par Chalot, Descente de croix et Assomption 
d'après Jouvenet et Murillo, etc. 

Après le quai de la Fosse viennent les quais des Constructions, 
d'Aiguillon et St-Louis. A dr. du quai d'Aiguillon, où le chemin 
de fer quitte le bord de la Loire, se trouve une avenue par laquelle 
on monte à Ste-Anne (pi. A 3. marge), église moderne dans le style 

Bsedeker. Nord de la France. 2^ édit. 14 



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210 II. B. 22. ST - NAZAIRE. 

duxv^s., que précède un escalier, dit des Cent -Marches, décoré 
d'une statue colossale de la sainte, en fonte, par Am. Ménard. On 
a de là une belle vue. L'église est un pèlerinage. 

De Nantes à Brest, v. E. 23^ à Bordeaux, v. le Midi de la France, par 
Bœdeker. 

Embkakch. de 61 kil. sur Châteaubriant (Vitré ^'Rennes ; v. p. 203), par 
la belle valle'e de l'Erdre jusqu'à Nort (26 kil.). 

De ISTantes a Paimbœuf: 59 kil., chemin de fer de l'Etat^ 2 h. 45 
à 3 h. de la gare d'Orléans, où se forment les trains (v. p. 203) 5 4 fr. 65, 
3 fr. 50 , 2 fr. 55. Selon la gare d'où l'on part, on traverse un ou plu- 
sieurs bras de la Loire. — 15 kil. (5^ st.) Bouaye. A g. s'étend le lac de- 
Grand-Lieu^ de forme à peu près ovale et de 9 kil. de long sur 6 de large, 
mais peu profond , au milieu de prairies qu'il inonde l'hiver. — 27 kil. 
(7^ si.) Ste-Pazanne, où l'on quitte la ligne de Bordeaux. — 31 kil. St-Hilaire- 
de-Chaléons, où s'embranche la ligne de Pornic (v. ci-dessous). — 50 kil. 
(lie st.) St-Père-en-Retz (8010 hab.). — Belle vue sur l'embouchure de la 
Loire et St-ÎNfazaire (v. ci-dessous). — 56 kil. St-Viaud. — 59 kil. Paimbœuf 
(hôt. Tremblet), ville déchue, de 2399 hab., sur la rive g. de la Loire, long- 
temps assez importante comme avant-port deîTantes, mais supplantée par 
St-Î5[azaire, par suite de l'ensablement de sa rade. On y va aussi par la 
ligne de St-Nazaire et le bateau de Donges (v. ci-dessous), et elle est égale- 
ment en correspondance par hateattx à vapeur avec Nantes et St-Nazaire. 

De Nautes a Porkic : 57 kil. , ligne de l'Etat comme ci-dessus ; 2 h. 
à 2 h. 1/2 i 6 fr. 35, 4 fr. 75, 3 fr. 50. — Jusqu'à St-Hilaire-de-Chaléons (31 kil.), 
V. ci-dessus. — 42 kil. Bourgneuf, stat. pour le petit port de ce nom, à 2 kil. 
à l'O., sur une baie peu sûre. On y arme pour la pêche, et il y a des 
marais salants. Correspond, pour Noirmoutiers (42 kil. -, v. le Midi de la 
France^ par Bœdeker). — 46 kil. Les Moutiers. — 49 kil. La Bernerie, petit 
port, avec bains de mer peu agréables. — 54 kiL Le Clion. — 57 kil. Pornic 
(hôt. : de la Plage, de France, etc.), petite ville et port dont les hains de mer 
sont, avec ceux du Croisic et de Pornichet (v. ci-dessous), les plus fré- 
quentés de ces parages. Elle est bâtie sur le versant d'une colline, d'où 
l'on a une belle vue, et elle a un château du xiii® ou du xiv© s., une source 
ferrugineuse, de jolies villas, etc. Plusieurs plages agréables, couvertes 
d'un sable fin , dans de petites anses abritées. — A 9 kil. à l'O. est Pré- 
failles (hôt. Ste-Marie), que dessert une correspond, du chemin de fer 
(1 h. -, 1 fr. 50). Il y a aussi des bains très fréquentés par les familles 
nantaises. La plage y est caillouteuse et la lame forte. Dans le voisi- 
nage, Quirouard, qui a une source ferrugineuse. 3 kil. plus à l'O., à 
l'embouchure de la Loire, la Pointe de St-Gildas, en face de celle du 
Croisic (v. ci-dessous). 

De Naîîtes a St-Nazaire (le Croisic; Guérande): 64 kil.; 2 h. 10 à 

2 h. 30; 8 fr., 5 fr. 95, 4 fr. 40. — Jusqu'à Savenay (39 kil.), v. ci -des- 
sous, R. 23. La ligne de St-Nazaire tourne à g. et se rapproche de la Loire. 
De l'autre côté, sur la rive g., se montre Paimbœuf (v. ci-dessus). — 50 kil. 
Donges. Bateau pour Paimbœuf (40 et 25 c). — 58 kil. Montoir, où aboutit 
la ligne directe de Paris par Segré et Châteaubriant (p. 203). — 64 kil. 
St-Nazaire (buffet; hôt. des Messageries) , ville florissante de 25575 hab., 
à l'embouchure de la Loire, aujourd'hui l'avant-port de Nantes et qui a 
gagné en importance une partie de ce qu'a perdu cette dernière ville. 
Son port est de création moderne; il se compose surtout de deux bassins 
creusés depuis 1842 et qui ont ensemble une superficie de 33 hect., avec 
plus de 4 kil. de quais. C'est de St-Nazaire que partent, le 21 de chaque 
mois, les bateaux de la Comp. Transatlantique de la ligne de Vera-Cruz. 

De St-Nazaire au Croisic et a Guéraîîde : 26 et 22 kil. ; 1 h. à 1 h. 1/4 î 

3 fr. 30, 2 fr. 45, .1 fr. 80 et 2 fr. 85, 2 fr. 10, 1 fr. 50. — 12 kil. (2e st.) 
Pornichet [hôt. des Bains, etc.), bains de mer avec une belle plage, ^ des 
plus en vogue dans cette région. Beaucoup de poussière et pas d'om- 
brages. — 16 kil. EscouUac-la-Bôle , d'où part l'embranch. de Guérande 
(7 kil. ; V. ci-dessous). La Bôle (hôt. des Bains) , a aussi des bains de 



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REDON. //. R. 23. 211 

mer et de plus une forêt de pins. Ensuite de vastes marais salants, qui 
s'étendent, à dr., jusqu'aux environs de Guérande (1600 heet.). — 19 kil. 
Le Pouliguen^ petit port de pêcheurs, avec des bains de mer modestes, 
sur une plage encombrée d'herbes, mais près de laquelle est un bois 
agréable. — 23 kil. Batz^ bourg qui a des marais salants. Il est connu 
par les costumes originaux et les usages particuliers de ses habitants. — 
26 kil. Le Croisic (hôt. de V Etablissement^ etc.), ville et port de 2459 hab., 
une des stations de J>ains de mer les plus fréquentées de la Basse-Bretagne. 
Elle occupe un beau site , sur une petite baie et vers l'extrémité d'une 
presqu'île. Il y a des promenades ombragées, de jolies villas, un ca- 
sino , etc. Sa plage n'est pas abritée comme celles de localités précé- 
dentes et la lame y forte. 

Guérande (hôt. Paqueîei) est une ville de 7062 hab., qui a conservé ses 
murailles du xv© s. et une église curieuse des xii^-xvi® s. 



23. De Nantes à Brest. 

357 kil. Trajet en 10 h. 20 et 12 h. 15. Prix: 44 fr. 30, 33 fr. 25, 24 fr. 40. 
Départ de la gare d'Orléans ou de la station de la, Bourse (v. p. 203). 

Nantes j v. p. 203. — On traverse la ville en longeant la Loire. 
— 1 kil. Vg- -^^ Bourse. — Beau coup d'œil à g. sur le port. — 4 kil. 
Chantenay. Tramway de Nantes (p. 204). La voie s'éloigne ensuite 
du fleuve. 

10 kil. Basse- Indre, dont dépend Indret, qui a des usines 
célèbres, dans une île à g. — 15 kil. Coué'ron, qui a une impor- 
tante verrerie et une usine traitant le plomb argentifère. — 23 kil. 
St- Etienne- de- M ontluc, — 28 kil. Cordemais. 

39 kil. Savenay (buffet). Ligne de St-Nazaire, v. ci-dessus. Les 
Vendéens furent battus à Savenay en 1793, par Kléber et Marceau. 

53 kiL Pont - Château. Embranch. de St-Nazaire, v. p. 203. 
Puis un petit tunneL — 59 kil. Dreffeac. — 63 kil. St-Gildas. 

68 kil. Severac. On traverse , puis on longe le canal de Brest à 
Nantes. A dr. , les lignes de Rennes (p. 178) et de Sablé (p. 203). 
On traverse la Vilaine. 

81 kil. Eedon (buffet ; hôt. de France, à la garej, ville de 6428 hab., 
sur la Vilaine et le canal de Brest à Nantes. La voie passe, à g., à côté 
de V église St- Sauveur, des xii®-xiv®s., avec deux toui's, l'une sur 
le transept, du xn® s., et l'autre isolée à la façade, du xiv® s. 

On traverse de nouveau le canal et VOust, affluent de la Vilaine. 

89j_kil. St-Jacut. — 98 kiL Malansac. — 110 kil. Questemhert. 

Embrakch. de 33 kil. sur Ploërmel, se raccordant là avec un autre de 
la Brohinière (p. 178). Pays peu intéressant (landes), mais riche en mo- 
numents mégalithiques. — Ploërmel (hôt. de France) est une ville de ^81 hab., 
ayant encore une partie de ses murs du xv® s. et une église St-Armel recon- 
struite au xvi6 s., avec un magnifique portail latéral, de superbes vitraux 
duxvi^s. , un monument du xiv© s,, décoré de statues, et un retable 
du xvn© s. 

Une route (12 kil. ; omnib., 1 fr. 50) conduit à l'O. de Ploërmel à Josse- 
lin. A mi-chemin, à g., se voit une pyramide moderne rappelant le fameux 
combat des Trente^ dans lequel 30 Bretons, commandés par Jean de Beau- 
manoir, se mesurèrent en 1351 avec 30 Anglais, sous les ordres de Bembro, 

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212 IL R. 23. VANNES. De Nantes 

et les vainquirent après une lutte meurtrière. — Josselin (hôt. de la Groix- 
cfOr) est une petite ville, sur l'Oust, dominée par un château remarquable 
des xiv^-xv^s. Il a appartenu au connétable deClisson, qui y mourut 
en 1^9. H'église Notre-Dame renferme le tombeau du connétable, céno- 
taphe sur lequel sont sa statue et celle de sa femme, en marbre blanc, et 
qu'entourent des statuettes de moines. Cette église, où a lieu un pèleri- 
nage célèbre, le mardi de la Pentecôte, est en partie du xv© s., et elle a 
des restes de peintures murales anciennes. 

124 kil. Elven, stat. pour la petite ville de ce nom, à 6 kil. 
au N. (corresp. , 50 c). A 2 kil. au S.-O. , les ruines d'un château 
des XIII® et xv^s., surtout deux tours, de 20 et de 40 m. de hauteur. 

135 kil. Vannes (hôt.: de France, rue Billault; du Commerce, 
rue du Mené) , ville de 20036 hab., chef-lieu du département du 
Morbihan, à 5 kil. du golfe de ce nom (v. p. 215) , avec un petit 
port sur le Conteau. Ancienne capitale des Vénètes , les ennemis 
les plus acharnés des Romains dans l'Armorique, elle joua long- 
temps un rôle considérable dans l'Mstoire .du pays; aujourd'hui, 
c'est une ville déchue , sans apparence et mal bâtie, au moins dans 
la partie ancienne , à près de 1 kil. de la gare. 

La cathédrale, où l'on arrive directement par l'avenue de la 
Gare et la rue Billault, est un édifice du xiii® et des xv®-xviii® s., 
dont le grand portail, flanqué de tours inégales, a été reconstruit 
de nos jours. La chapelle de l'abside est consacrée au dominicain 
St Vincent-Ferrier , né à Valence, en Espagne (1357), mais mort à 
Vannes, en 1419. Sur les côtés, deux tombeaux d'évêques des 
xvii® et xvin® s. Il y en a un autre dans la 3® chap. de dr., et celui 
du saint est dans le croisillon de gauclie. 

Vannes a conservé une partie de ses remparts des xiv^-xvii® s., 
dont la partie principale est du côté E., où l'on descend à dr. de la 
cathédrale. C'est d'abord la porte St-Patern, ainsi nommée de 
l'église voisine , qui offre peu d'intérêt. En faisant le tour de la 
vieille ville à dr. (à g., le parc de la préfecture), on remarque encore 
particulièrement la tour du Connétable, du xiv®s., ainsi nommée 
parce que le connétable de Clisson y fut enfermé en 1387, par ordre 
du duc de Bretagne , au moment où il se préparait à une descente 
en Angleterre pour le compte du roi Charles VI. 

En tournant ensuite dans la première rue à dr., on arrive à la 
place des Lices, où se trouve , n° 8, le musée archéologique, public 
le dim. de midi à 3 h. et visible les autres jours moyennant 50 c. 
Il occupe 3 salles, comprenant: la 1^®, des objets préhistoriques et 
diverses antiquités; la 2^ des antiquités gallo-romaines qui té- 
moignent de l'importance de la cité de Vannes; la 3% des objets 
du moyen âge et de la renaissance. Il y a aussi un musée d'histoire 
naturelle. 

La rue St- Vincent mène de cette place au port, qui n'est acces- 
sible qu'aux navires de 150 tonneaux. A dr. est la promenade de 
la Bobine. La rue du port, où l'on remarque une vieille maison, 
et la rue Thiers , qui y fait suite , longent l'autre côté de la vieille 



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à Brest. AURAY. II. R. 23, 213 

ville. Sur une grande place à g. est le palais de justice, reconstruit 
en 1872, et sur une autre à Textrémité de la rue Vhôtel de ville, bel 
édifice achevé en 1886. A côté, le collège et sa chapelle, des xvi^- 
XVII® s. — La rue du Mené , à côté , ramène à l'avenue de la Gare. 

La vieille ville a encore des maisons anciennes remarquables. 

Correspond, pour Sarzeau (24 kil. ; |2 fr. et 1 fr, 50; v. p. 215). — 
Bateau pour Zocmariaquer (20 kil. ; p. 215) , par le Morbihan (p. 215; ex- 
cursion recommandée) , 12 à 15 fr. 

151 kil. Ste-Anne , à 3 kil. au S. duf pèlerinage à.Q Ste-Anne^ 
d'Auray{om.Ti.^ 50 c.; hôt.: de France, du Lion- d'Or). C'est un 
des plus fréquentés de la Bretagne, surtout la semaine de la Pente- 
côte et le 26 juillet, et l'on y voit alors toute sorte de costumes in- 
téressants, n y a une très belle église neuve du style de la renais- 
sance, par de Perthes, avec une tour que couronne une statue de 
la sainte. Chemin d'Auray, v. ci-dessous. 

154 kil. Auray (buffet; hôt: du Pavillon, de la Poste) ^ ville 
de 6392 hab., sur le Loch, avec un petit port, à env. 2 kil. au S.-E. 
de la gare. Elle n'a à peu près rien d'intéressant pour le touriste, 
mais c'est un des principaux centres de l'industrie ostréicole en 
France. Son bassin , dont le produit a décuplé depuis une dizaine 
d'années, a donné en 1885 70 millions d'huîtres, mais les prix ont 
aussi énormément diminué. 

Près de la gare, au N.-O., se trouve l'aneienne chartreuse d'Auray^ 
maintenant une institution de sourdes -muettes. A côté de l'église est 
une chapelle sépulcrale élevée de 1823 à 1829 en mémoire de 952 émigrés 
faits prisonniers à ^uiberon en 1795 (v. ci-dessous) et passés par les armes 
un peu plus loin, a un endroit désigné par une chapelle expiatoire. La 
première de ces chapelles, qu'on peut visiter, renferme un monument, 
avec une statue de la Beligion, les bustes des chefs de l'expédition, des 
bas-reliefs , etc. — La route qui passe près de la Chartreuse et à la 
chapelle expiatoire, où il n'y a rien de curieux à voir, conduit en 1 h. à 
Ste-Anne-d'Auray (v. ci-dessus); elle est assez intéressante. 

Suite de la ligne de Brest ^ v. p. 215. — Ligne de St-Brienc^ par Pon- 
tivy, p. 179. 

EXCTJBSION d'AuKAY A QuiBEBON, PlOTJHAENEL, CaBNAC ET 
LOCMAEIAQUEB. 

28 kil. de chemin de fer jusqu'à Quiberon, trajet en 50 min. à 1 h., 
pour 3 fr. 45, 2 fr. 55 et 1 fr. 85. — 14 kil. seulement par la même ligne 
jusqu'à Plouharnel, q^ui dessert aussi Carnac (4 kil. 5 omn., 50 e.). —Voi- 
ture à volonté de là a Locmariaquer , 13 kil, plus loin à l'O., env. 12 fr. 
On pourrait y aller directement en barque d'Auray (16 kiL, env. 2h. ^ 10 
à 12 fr.). 

7 kil. PlœTïiel. — 14 kil. Plouharnel- Carnac, stat. avant laquelle 
on aperçoit, à dr. , les menhirs du Vieux - Moulin. Le bourg de 
Plouharnel est à env. 5 min. à g. du chemin de fer (v. ci- dessous). 

On arrive ensuite dans la jtresqu-île de Quiberon (10 kil.), dont 
Tisthme est défendu par le fort Penthièvre. — 23 kil. St-Pierre, qui 
a des alignements de menhirs et des dolmens. 

28 kil. Quiberon (hôt. : de France, Penthièvre), viUe de 2922 
hab., avec un petit port, vers l'extrémité de la presqu'île fameuse 



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214 IL B. 23. CAKNAC. De Nantes 

par le désastre des émigrés, qui y débarquèrent en 1795, sous la 
protection de canonnières anglaises, et y furent battus par Hoche. 

La haie de Quiberon est nn excellent mouillage. Outre Port- 
Maria, le port de Quiberon (bains de mer) , il y a encore Port-Ha- 
liguen, à 1/4 d'h. à l'E. de la presqu'île. 

Bateaux à vapeur 2 fois par jour de Port -Maria à Belle - Ile - en - Mer 
(i6kil.-, Ih.-, 3fr. et 2 fr. 50), la principale. île du S. de la Bretagne, 
longue de 18 kil. et large de 4 à 10. La localité principale est le Palais 
(hôt. de France^ etc.), ville de 5126 hab., avec deux enceintes fortifiées, 
une des xvi^-xvii® s. et une moderne. Pêcbe de la sardine, etc. ? fabriques 
de conserves alimentaires. Colonie de jeunes détenus. Grottes curieuses; 
côtes pittoresques : lo. pointe des Poulains^ 11 kil. au Îs^.-O., par Port-Philippe 
ou Sauzon (6 kil. -, 1704 bab.), et' la Mer Sauvage^ à l'O. 

Plouliarnel {hôt. du Commerce, recommandé; déj., 2 fr. 25 ; dîn., 
2 fr. 50) est entouré, comme Carnac, d'un certain nombre de monu- 
ments mégalithiques , la plupart au N. , épars des deux côtés de la 
voie. Les plus rapprochés, les dolmens de Bondossec, sont à dr. 
de la route en allant au village. Le propriétaire de l'hôtel, M. Gail- 
lard, archéologue distingué et complaisant, a chez lui un petit 
musée, fait avec les produits de fouilles faites dans les monuments 
des environs. Il organise des excursions à 3 , 4 et 5 fr. pour 1 à 
5 pers. , selon l'itinéraire. Les monuments les plus curieux , avec 
ceux de Rondossec, sont le dolmen de Bunesto et ceux de Mané- 
Kerioned, à peu de distance au N.-E. , à g. et à dr. de la route 
d'Auray. De l'autre côté du chemin de fer, route de Belz, où l'on 
ira d'abord, si l'on veut continuer sur Carnac, à dr., les menhirs 
du Vieux -Moulin; puis, à 1 kil. de la route et 2 kil. ^/g de la stat., 
Crucuno et son grand dolmen. Plus loin encore, sur la route, à 
2 kil. du chemin de Crucuno, les alignements d'Erdeven, 1030 
menhirs dans le genre de ceux de Carnac (v. ci-dessous). 

Carnac (hôt. des Voyageurs), à 3 kil. au S.-E. de Plouharnel, est 
également célèbre par ses monuments mégalithiques. Il y a aussi 
un musée (entrée, 50 c), organisé par l'archéologue Miln (m. 1881). 
Plus loin, à g. de la route de Locmariaquer , le Mont- Sf - Michel, 
galgal ou tumulus de 20 m. de hauteur et 80 m. de diamètre, com- 
posé surtout de pierres amoncelées sur un dolmen. Belle vue du 
sommet, d'où l'on aperçoit les alignements. Les fameux aligne- 
ments de Carnac, à env. 1 kil. au N. du bourg, sur les côtés de la 
route d'Auray, présentent surtout deux groupes de 800 à 900 men- 
hirs (il y en a eu, dit-on, de 12 à 15 000), placés en quinconce dans 
une lande et formant jusqu'à 9 ou 10 avenues. Ces pierres levées 
ont toutes l'extrémité la plus petite dans la terre ; certaines d'entre 
elles atteignent 5 m. de hauteur et il y en a qui doivent peser plus 
de 400 quintaux métriques. 

En continuant sur Locmariaquer (voit., v. p. 213), on passe à la 
Trinité-sur- Mer (7 kil.), un petit port qui a des parcs aux huîtres ; 
puis on traverse en bac , à Kerisper (1 kil.), la rivière de Crach , et 
l'on tourne plus loin dans la presqu'île de Locmariaquer, qui forme 
un des côtés du Morbihan (v. ci-dessous). 



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a Brest. LORIENT. IL jR. 23, 215 

Locmariaq[uer (hôt. Marchand), "bourg avec un petit port, sur 
le Morbihan, a peut-être les monuments mégalithiques les plus 
curieux de la Bretagne et de France , surtout , en deçà du bourg : le 
Mané-Lud, dolmen particulièrement remarquable par ses dimen- 
sions et dont l'intérieur mérite aussi d'être vu; le Men-er-Hroeck, 
menhir renversé et brisé, qui avait 21 m. de haut; le Dol-ar- 
Marc'hadouiren , le Mané-Butual, encore des dolmens; au delà, 
le Mané-er-Hroeck, tumulus avec une grotte (clef à la mairie), etc. 
— On a trouvé des antiquités romaines à Locmariaquer. 

Le Morbihan («petite mer«), est un golfe de 10 kil. de long et 18 de 
large, formé par la presqu'île de Locmariaquer et celle de Rhuis, qui ne 
laissent entre elles qu'un passage d'env. 1 kil. de largeur. U y a une 
quantité d'îles généralement fertiles. La plus connue, mais non la plus 
grande, est Vîle de GavrHnis^ à 4 kil. de Locmariaquer; elle renferme 
aussi un tumulus avec une grotte. — La grande presqu'île de Rhms jouit 
d'un climat d'une douceur extraordinaire. La localité principale est Sar- 
zeau (hôt. le Sage), ville de 5563 hab., au centre, la patrie de le Sage. 
Elle est desservie par une voit. publ. de Vannes (p. 213). A 6 kil. au 
S -O est St-Gildas-de-Rhuis (hôt. Giquel), sur la côte, avec une ane. église 
abbatiale et un couvent. A 9 kil. à l'O., vers l'extrémité, PoW-iVamîo, 
l'endroit le plus rapproché de Locmariaquer, dépendant à. Arzoïi , et non 
loin de là, le grand tumulus dit hutte de Tumiac. 

Ligne de Bbest (suite). — 167 kil. Landévant. Plus loin un 
viaduc de 25 m. de haut, sur le Blavet, dont les bords offrent une 
jolie promenade. 

180 kil. Hennebont (hôt. de France), ville de 6519 hab., sur le 
Blavet et avec un petit port. Elle est bien située et possède une 
belle église goth., Notre-Dame-de-Paradis, duxvi^s. Il y a encore 
quelques restes de fortifications, en particulier une porte goth., par 
laquelle on entre dans la Ville-Close, quartier ancien qui a de cu- 
rieuses maisons en bois des xvi® et xvii^ s. 

On voit ensuite à g. Lorient et son port, et on traverse le Scorff. 

189 kil. lorient {buffet; hôt. : de France, place d'Alsace-Lor- 
raine ; de Bretagne, rue du Marché), ville de 40 055 hab., sur le Scorff, 
près de son confluent avec le Blavet, et port militaire. C'est en même 
temps une place forte de 2® cl., et il y a aussi un port de commerce. 
La fondation de Lorient ne remonte qu'au xvii^s., où des chantiers 
de construction y furent créés par la puissante C^® des Indes, qui la 
nomma l'Orient. La compagnie ruinée, à la suite de la prise du Ben- 
gale par les Anglais (1753) , qui avaient en vain tenté de s'emparer 
de Lorient en 1746, ses établissements furent acquis par l'Etat. 

La ville elle-même est bien bâtie, mais elle offre peu de cu- 
riosités. De l'entrée, où nous conduit le cours Chazelles (500m.), 
qu'une rue prolonge directement jusqu'à St-Louis, nous prenons à dr. 
la rue du Marché, qui nous mène à la place d'Alsace -Lorraine, la 
plus importante de Lorient. De là nous gagnons par la rue des Fon- 
taines, dans l'angle de g., les deux petites places où se trouvent 
r église St-Louis, du xvm® s., et la statue de Bisson, en bronze, par 
Gatteaux. Bisson est un enseigne de vaisseau qui se fit sauter 



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216 IL B. 23. QUIMPERLÉ. De Nantes 

avec son brick, en 1827, pour échapper à des pirates grecs. Lorient 
doit aussi bientôt ériger une statue à Victor Massé, le compositeur 
(1822-1884). 

Il y a à g. de St-Louis un petit mwsee municipal, ouvert les dim. 
et jeudi de midi à 4 ou 5 b. et visible aussi les autres jours. Le 
cours de la Bove, à dr. de l'église, mène au port de commerce (v. ci- 
dessous), la rue à g. du musée et la première à dr. au port militaire. 

Le port militaire, ne peut se visiter, sauf la partie toujours 
ouverte autour de la place d'Armes, qu'avec une permission delà 
Majorité, dont les bureaux sont sur cette place. On est accompagné 
par un matelot, qui donne les explications nécessaires. A l'entrée 
près de la place d'Armes est une tour à signaux, de 38 m. 33 de hau- 
teur. L'arsenal, moins important que celui de Brest est néanmoins 
encore fort intéressant. Outre les ateliers, on y visite une salle 
d'armes, artistement disposée, comme dans la plupart des arsenaux. 
Il y a aussi des ateliers sur la rive g. du Scorff, à Caudan, où l'on 
passe de la rive dr. par un pont flottant. 

Le port de commerce est à l'extrémité du port militaire opposée 
au chemin de fer ou au S., entre la ville proprement dite et un quar- 
tier neuf; il y a un port d'échouage et un bassin à flot. Son prin- 
cipal trafic a pour objet les approvisionnements de l'arsenal. 

La rade, au delà des deux ports, est formée par une baie profonde 
et assez sûre, de 6 kil. de longueur, avec une île fortifiée au milieu. 

Le quartier neuf a dans la 3^ rue transversale ou rue de Brest, 
dans la partie de g. en venant du pont tournant, un musée de pein- 
ture dit musée Dousdehès, du nom de l'amateur qui l'a légué à la 
ville. Il comprend de bons tableaux de maîtres anciens. 

A 2 kil. en deçà de l'extrémité de la rade, sur l'autre rive, est la 
pelite ville de Port-Louis^ également moderne et fortifiée. Des bateaux 
a vapeur y conduisent toutes les heures, en 15 à 20 min., pour 30 et 20 c. 
Il y a des bains de mer peu agréables, mais très fréquentés par les gens 
du pays. — A 14 kil. de là Vîle de Groix^ qui a env. 7 kil, de long sur 
3 de large. Elle renferme des monuments druidiques et elle est entourée 
de falaises avec des grottes. Bateau à vapeur de Lorient: 1 fr. 80 et 
1 fr. 30, 2 fr. 80 et 2 fr. 20 aller et retour. 

198 Ml. Gestel. Ensuite un viaduc de 33 m. de haut sur la Laïta. 

209 kil. Quimperlé (hôt. de France ^- d'Angleterre), ville de 7156 
hab., dans un site magnifique, à dr., au confluent de deux rivières 
qui forment la Laïta. Elle est dominée par une belle église goth., 
St-Michel, des xiv® et xv®s. L'autre église, Ste-Croix, sur le modèle 
de celle du St-Sépulcre à Jérusalem, a été reconstruite dans les der- 
niers temps. On y remarque un ancien jubé du xvi® s. 

223 kil. Bannalec. On traverse ensuite un vaste étang. — 
234 kil. Rosporden. 

Embeanch. de 16 kil. sur Concarneau (hôt. des Voyageurs)^ ville de 
5684 bab. et 'bon port ^ dans un site pittoresque, à l'E. de la baie de la 
Forest ou de Fouesnant, La partie ancienne, la Ville-Close ^ est sur un 
îlot entouré de remparts^ qui remontent en partie auxv^s. La principale 
industrie est la pêelie, surtout la pêche de la sardine, et la préparation 
des conserves de ce poisson. Il y a à l'entrée du port un aquarium^ en 



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à Brest. QUIMPER. IJ. R. 23, 217 

communication directe avec la mer, où l'on élève et conserve particulière- 
ment de grandes quantités de turbots, de langoustes et de homards pêches 
dans la baie. A cet aquarium, fondé par Coste, professeur au Collège de 
France (m. 1873) se rattache un laboratoire de zoologie et de physiologie 
maritimes. 

254 kil. Quimper (hôt. : de l'Epee, du Parc, rue du Parc, quai 
près de la cathédrale), YlUe de 17 171 hab., cbef-lieu du départ, du 
Finistère et siège d'un évêcbé, bien située, au confluent du Steir 
et de VOdet. 

Sa *CATHÉDBALE, St-Corcntin, où l'on arrive en suivant le quai 
de la rive dr., et en tournant à di*., est un des plus beaux édifices 
goth. de la Bretagne, des xni^-XT® s., et cependant remarquable par 
l'unité du plan. Les portails sont richement décorés, mais dégradés ; 
les belles flèches des deux tours sont modernes. A l'intérieur, le 
chœur est la plus belle partie, bien que l'axe en soit fortement 
dévié. On remarquera ensuite les vitraux , tant anciens que mo- 
dernes, le *maître autel, ouvrage moderne magnifique en bronze doré, 
avec des statuettes, des hauts-reliefs, un baldaquin en bois peint et 
doré, etc.; quantité de peintures murales et de tableaux remar- 
quables, par Yan' Dargent, peintre breton moderne ; des retables 
et des statues des xiv® et xv®s., des tombeaux d'évêques, etc. 

La place à g. de la cathédrale est décorée d'une statue de Laèn- 
nec, célèbre médecin originaire de Quimper (1781-1826), qui dé- 
couvrit l'auscultation. Sur la même place, Vhôtel de ville, où est la 
bibliothèque. 

Le MUSÉE, dans un bâtiment voisin , est public les dim. et fêtes 
et le jeudi de midi à 4 h., et les étrangers peuvent toujours le visiter. 
— Au rez-de-chaussée se trouvent, dans 2 salles, une collection 
archéologique intéressante et une collection de costumes bretons, 
44 personnes artistement groupées à une noce. — Au 1^^ étage, 
dans 5 salles , une galerie de peinture, qui comprend quantité de 
copies, des portraits, des paysages, des fleurs et des natures mortes 
de valeur secondaire, mais aussi bon nombre de tableaux remar- 
quables de maîtres anciens, surtout des œuvres des écoles flamande 
et hollandaise. Le plus important est un Alonzo Cano, la Vierge 
donnant à St Ildefonse une chasuble qu'elle à brodée, dans la 
1^® salle à g. de celle de l'entrée. Il y a aussi des sculptures et une 
riche collection de gravures. 

En allant un peu plus loin dans la direction dans lac[uelle on 
est venu, on arrive au lycée, ancien collège des jésuites transformé, 
mais dont la chapelle, des xvn^-xviii^s., a été conservée et isolée. 

La rue en face de la cathédrale traverse le Steir , affluent de 
rOdet. Véglise St-Mathieu, de l'autre côté, est du commencement 
du XVI® s., sauf son clocher qui est moderne. 

Les archéologues verront encore, dans la partie S.-O. de la vUle, 
sur la rive g. de l'Odet, Véglise de Locmaria, des xi® et xv®s. Il 
n'y a pas de pont au delà du confluent des deux rivières , mais un 
bac, non loin de l'église. 



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218 IL B. 23. CHATEAULIN. 

De Quimper a Pont-l'AbbÉ (Penmareh) : 22 kil. ^ 50 min. à 1 h. ; 2fr. 85, 
2 fr. 10, 1 fr. 50. — Cette ligne se détache de celle de Brest au delà du 
tunnel (v. ci-dessous). — 16 kil. (2^ st.) Combrit-Tréméoc. A env. 1 h. au 
IN.-O., sur la rive dr. de l'Odet, se trouvent les restes intéressants de la 
villa romaine du Pérennou. — 22 kil. Pont-1'Abbé (hôt. Duhamel)^ ville de 
5729 hab., sur la rivière du même nom. L'ancien costume de ses habi- 
tants est un des plus curieux de la Bretagne. LM^Kse est des xiv^-xvi^ s.; 
elle dépendait d'un couvent dont les bâtiments existent encore. 

Une route de 12 kil. conduit de là au S.-O. à Penmareh, bourg de 
3238 hab., reste d'une ville, dont les ruines sont dispersées sur une grande 
étendue, jusqu'à la pointe du même nom, au bord de la mer (2 kil.). 
Cette ville a du compter 10000 hab. au moyen âge. C'était un port con- 
sidérable et très prospère , grâce à la pêche de la morue. La découverte 
de Terre-Î^euve , les ravages de la mer, la disparition du poisson et la 
guerre en ont amené au xvi^s. la décadence et la ruine. Il y avait six 
églises ^ la plus importante est St-Nonna, du xvi^ s. 

De Quimper a Douarnenez (pointe du Raz): 24 kil. ; 1 h. à 1 h. 5; 
3fr. 05, 2 fr. 30, 1 fr. 70. On suit la ligne de Brest l'espace de plus de 
5 kil. Tunnel; 2 stat. sans importance. — Douarnenez (hôt.: des Voya- 
geurs, du Commerce) est une ville de 10 985 hab., sur la belle baie de ce 
nom, très importante pour la pêche et la préparation de la sardine. 

Une route, desservie par une voiture publique, conduit de Douarne- 
nez à (15 kil.) Pont-Croix (2666 hab.), qui a une anc. église collégiale re- 
marquable. Notre -Dame- de -Roscudon^ des xiii© et xv^s., et à (21 kil.) 
Audierne.^ ville importante au moyen âge, comme Penmareh (v. ci-dessus), 
mais qui n'a plus que 3050 hab. — Il y a encore 15 kil. de là à la pointe 
du Raz^ cap a l'extrémité du Finistère, où la mer est grandiose et ter- 
rible dans les tempêtes. On ne devra pas s'y aventurer au N., du côté 
de V Enfer de Plogoff et de la 1)aie des Trépassés, sans renseignements et 
précautions, ni même sans guide. 

Le chemin de fer traverse ensuite l'Odet et un tunnel, puis tourne 
au N., où il remonte la vallée du Steir, qu'il franchit un grand 
nombre de fois , et où il y a encore un tunnel. — 272 kU. Quémé- 
neven. — Quittant ensuite la vallée, on redescend en passant sur 
un viaduc de 25 m. de haut. 

284 kil. Châteaulin {hôt. de la Grand' Maison) ville de 3656 hab., 
sur V Aulne, qui est navigable et même desservie par un bateau à va- 
peur de Brest (5 h.). Cette ville occupe un site pittoresque, à ^/^ d'h. 
à dr. de la voie. Elle est le centre d'ardoisières importantes. Il ne 
reste plus de son château que la chapelle, Notre-Dame , des xv^ et 
XVI® s., sur un rocher de la rive g. de l'Aulne. 

On traverse ensuite la rivière sur un viaduc de 357 m. de long 
et 49 m. 50 de haut. Pays accidenté. Un autre viaduc, de 40 m. de 
haut. — 298 kil. Quimerc'h. Puis un tunnel de 430 m. et, â g., la 
rade de Brest. — 310 kil. Hanvec. — 320 kil. Daoulas , où sont 
des restes d'une abbaye du xn^s., surtout des parties importantes 
de l'église et du cloître. — Contrée toujours pittoresque. Encore 
un viaduc de 400 m. de long et 37 m. de haut. — 327 kil. Dirinon. 
Le chemin de fer descend enfin vers l'Elorn et le traverse. 

338 kil. Landerneau, où on rejoint la ligne venant de Paris par 
Rennes (p. 181). 



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219 

24. De Paris à Tonrs. 

A. Par Orléans. 

234 kil. Trajet en 4 h. à 9 h. 15. Prix: 28 fr. 90, 21 fr. 70, 15 fr. 90. 
Départ de la gare d'Orléans, près du Jardin des Plantes (pl.,p. 1, G2o). 
I. Se Paris à Orléans. 

121 kil. Trajet en 1 h. 55 à 4 h. 30. Prix: 15 fr. , 11 fr. 25, 8 fr. 15. 
Les trains express ne touchent pas à Orléans : v. p. 220, les Aubrais. Voir 
aussi la carte p. 2. 

3 kil. Orléans-Ceinture, stat. où Ton passe sous la ligne de cein- 
ture avant de sortir de Paris. A dr., Ivry et son grand hospice dea 
Incurables (2029 lits). — 6 kil. Vitry. On se retrouve sur le bord 
de la Seine à Choisy. 

10 kil. Choisyle-Roy , ville riante de 7853 hab., ainsi nommée 
depuis que Louis XV y fit construire, pour s'y livrer à la débauche, 
un château dont il ne reste que peu de chose. La rue du Pont, un peu 
en deçà de la gare, passe à g. près des anciens communs du château, 
occupés, comme ce qu'il en reste à l'extrémité de l'avenue de Paris, 
par une manufacture de porcelaine. Plus loin , à dr. de la rue, la 
mairie et V église, deux constructions de la même époque que le 
château. On aperçoit de loin la statue de Rouget de Vlsle, l'auteur 
de la «Marseillaise» , qui mourut à Choisy en 1836. Elle est en 
bronze , par L. Steiner, et elle s'élève au carrefour que la rue du 
Pont et la route de Sceaux forment avec la magnifique avenue de 
Paris, Cette avenue se termine un peu plus loin à côté de la grille 
de l'ancien château, à laquelle aboutit aussi une avenue de Ver- 
sailles. Il y a de jolies propriétés dans ce quartier neuf de Choisy, 
qui est relié directement à Paris par un service d'omnibus (18 dé- 
parts; 60 c). 

On croise plus loin la ligne de Grande -Ceinture de Paris. — 
15iil. Ablon. On revoit la Seine à g. — 17 kil. Athis-Mons, A 
dr., avant et après la station suivante, des hauteurs boisées avec de 
jolies maisons de campagne. A g., la ligne de Montargis par Cor- 
beil (p. 341). 

20 kil. Juvisy, stat. commune aux deux lignes. La voie remonte 
maintenant la vallée de l'Orge, sur laquelle on aperçoit à dr., un 
peu après la stat. , les deux ponts superposés dits pont des Belles- 
Fontaines, du XVIII® s. 

22 kil. Savigny-sur-Orge, qui a un beau château du xv® s., à g. 
en arrivant. Un peu plus loin , â dr., un tronçon de la Grande- 
Ceinture de Paris, dans la direction de Palaiseau (Versailles). 

24 kil. Epinay-sur-Orge, précédé et suivi d'un viaduc, dans un 
joli site. A dr., au loin, la tour de Montlhéry (v. ci-dessous). 

26 kil. Perray- Vaucluse, stat. desservant le grand asile d'aliénés 
de Vaucluse, dont les nombreux bâtiments neufs s'étagent sur une 
colline à dr.: il appartient à la ville de Paris. — 29 kil. St-Michel. 

Correspondance (30 c.) pour Montlhéry (3 kil.), bourg célèbre par les 
ruines de son château féodal, dont la tour, de 32 m. de haut, sur une 
colline, s'aperçoit de fort loin. Cest l'ancien donjon, du xiii^ s. On y peut 



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220 IL B. 24. ÉTAMPES. . De Paris 

monter pour jouir de la vue, qui du reste est déjà fort belle de la colline. 
Montméry est en outre connu par la bataille que s'y livrèrent, en 1465. 
Louis XI et les seigneurs de la ligue du Bien publie, et qui resta inde'eise. 
— A dr. de la route de Montlhéry se voit Longpont^ village dont Véglisey 
de'pendant jadis d'un prieuré, est un [curieux édifice roman, en grande 
partie reconstruit dans le style primitif. 

32Ml.J5re'%7i2/;qTi'ilnefautpasconfondreavecla localité du même 
nom, à9 kil. au S.-E. de Chartres, où fut signé le traité de 1360, entre 
la France et l'Angleterre. — Ligne de Tours par Vendôme, y. p. 231. 

37 kil. Marolles. — 40 kil. Bouray. — 43 kil. Lardy. — 46 kil. 
Chamarande, qui a un château bâti par Mansart. — 49 kil. Etrechy. 
A dr., en arrivant à Etampes, les ruines de la tour Guinette (27 m.), 
restes d'un château fort du xii® s. 

56 kil. Etampes (buffet; hôt.'du Grand- Monarque, rue du 
CbâteauJ , ville de 8461 bab. , dans un vallon à g. et que l'on voit 
très bien du chemin de fer. Elle fait un grand commerce de grains 
et trois petites rivières y font tourner des moulins importants. 

La rue du Château, en face de la gare, coiid.mt à V église St-Basile, 
qui est surtout des xv® et xvi® s. Elle a une tour du xii® s. et un 
beau portail roman. Oji remarque à l'intérieur des retables anciens 
et des vitraux anciens et modernes. A dr. de l'église, l'anc. hôtel de 
Diane de Poitiers, du xvi^s., dont la cour a encore de jolies sculp- 
tures : c'est maintenant la caisse d'épargne. Un peu plus bas que 
St- Basile, à g., Ve'glise Notre-Dame, du xii® s., avec des créneaux 
et une belle tour surmontée d'une flèche en pierre. Prenant ensuite 
par la place voisine, la rue à dr. et la première à g., on arrive à Vhôtel 
de ville, jolie construction à tourelles du xvi^s. , agrandie de nos 
jours. A côté se voit l'anc. hôtel d'Anne de Pisseleu, du xyi^ s., 
aujourd'hui une épicerie. La rue qui monte au delà, à g., ramène à 
St-Basile. En tournant encore là à g., dans la rue St-Jacques, on 
passe à la place du Théâtre, où est la statue de Geoffroy-St-Hilaire, 
le naturaliste (1772-1844), en marbre, par El. Robert. Plus loin se 
trouve Véglise St-Gilles, des xii® et xvi^ s., et plus loin encore, dans 
un faubourg, à env. 20 min. de St-Basile, Véglise St -Martin, édifice 
remarquable du xii^ s., avec une tour de la renaissance qui penche 
fortement et un portail moderne dans le style du xiii® s. 

Au delà d'Etampes, la voie gravit une forte rampe, montant de 
55 m. sur une distance de 6300 m. La contrée est ensuite très mo- 
notone; de vastes champs, presque sans arbres et sans maisons, 
s'étendent à perte de vue: on est sur le plateau de la Beauce, dont 
le sol très fertile produit surtout un blé excellent. — 70 kil. Mon- 
nerville. — 75 kil. Angerville. — 81 kil. Boisseaux, — 89 kil. 
Toury. — 95 kil. Château-Gaillard, — 102 kil. Artenay. — 108 kil. 
Chevilly, où le prince Frédéric-Charles battit le général d'Aurelles 
de Paladine, le 3 déc. 1870. — 113 kil. Cer cottes. La contrée de- 
vient plus riante ; on traverse des vignes. 

119 kil. Les Auhrais (buffet), où les trains express déposent les 
voyageurs à destination d'Orléans, qui y sont transportés par un 



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à Tours, ORLEANS. //. B, 24. 221 

train spécial. Les trains omnibus vont directement jusqu'à Orléans. 
— 121 kil. Orléans. 

Orléans. — hôtels : St-Aignan (pi. a, C 1), non loin de la gare, en face 
de la rue Bannier, très fréquenté et pas cher 5 Gr.-H, d'Orléans (pl.b, C2), 
rue Bannier, 118, bon^ Gr.-H. du Loiret (pl.c, 02; déj., 3 fr.), même rue, 
18; H. de Constantine ^ place du Martroi, modeste (dep. 5 fr. par jour). — 
Chambres garnies rues Bourgogne, Ste- Catherine, des Pastoureaux, etc.; 
30 à 40 fr. par mois. 

Cafés et restaur. place du Martroi 5 restaur. à Thôt. St-Aignan; pour 
un séjour prolongé, Charpentier^ rue Bourgogne, 215 (dep. 70 fr. par mois). 

Fiacres: la course, 1 fr.75; l'heure, 2 fr. 25; 2 fr. et 2 fr. 75 la nuit. 

Tramway des Aydes, au N., à la barrière d'Olivet, au S., par la rue 
Bannier et la rue Royale, etc.: 15 et 10c. de la place Bannier au pont, 
25 et 20 c. jusqu'à Olivet (source du Loiret, v. p. 224). 

Poste et télégraphe (pi. E 4), rue de Bourgogne, 187. 

Orléans, anc. capitale de V Orléanais, auj. chef-lieu du départ, 
du Loiret et du command. du v® corps d'armée , siège d'un évêché, 
etc., est une ville de 60826 hab., sur la rive dr. de la Loire ^ assez 
bien bâtie, mais manquant d'animation. 

Orléans a remplacé la ville gauloise de Oenabum, détruite par César, 
et doit surtout, dit-on, son existence à l'empereur Aurélien, qui luit 
aurait donné son nom, Aurelianum. Sa situation en a toujours fait un 
point d'une grande importance stratégique. Elle fut assiégée par Attila 
et sauvée parStAignan, son évêque, en 451. Clovis s'en empara en 498, 
et elle devint après sa mort la capitale d'un royaume qui dura jusqu'en 
613 et fut alors réuni à celui de Paris. Orléans fut une des villes les plus 
importantes de l'ancienne France. L'événement le plus considérable de 
son histoire fut le siège qu'elle subit en 1428-1'^ de la part des Anglais, 
alors maîtres de la plus grande partie du royaume, et auquel mit fin 
Jeanne d'Are, la Pueelle d'Orléans, à qui la France dut son salut. Or- 
léans joua aussi un rôle dans la guerre de 1870-71; elle fut prise par les 
Allemands le 11 oct. 1870, reprise par les Français un mois après et réoe- 
cupée par les Allemands du 5 déc. 1870 au 16 mars 1871. 

En sortant de la gare (pi. D 1), nouvellement reconstruite, on se 
trouve sur de beaux boulevards, où l'on tourne à dr., et Ton va jus- 
qu'à la place Bannier (pi. C 1) , pour descendre à g. par la rue du 
même nom. A g., V église St- Paterne, en partie reconstruite dans 
le style goth. du xni® s. et qui doit l'être entièrement : ce sera alors 
un monument fort remarquable. 

La place du Martroi (pi. C 3), à l'extrémité de la rue, est le centre 
de la ville. Elle est décorée depuis 1855 d'une statue équestre de 
Jeanne d'Arc, en bronze, par Foyatier, avec 16 hauts - reliefs par 
Vital Dubray. L'intention de l'artiste, qui l'a mal exécutée, a été 
de représenter la Pueelle rendant grâce à Dieu pour la victoire. Les 
hauts-reliefs rappellent les principaux événements de sa vie. 

De l'autre côté de la place est la rue Royale, qui descend jusqu'à 
la Loire. Nous prenons immédiatement à g. la rue Jeanne-d'Arc, 
qui conduit à Ste-Croix, en passant à g. devant le lycée et à dr. à 
une petite place où s'élève une statue de la République, en bronze, 
par L. Roguet (1850). Pour le musée, près de là, v. ci-dessous. 

*Ste- Croix, la cathédrale (pi. E3), est un édifice de la déca- 



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222 IL R. 24, ORLEANS. De Paris 

dence de l'art goth. , malgré le caractère imposant de sa façade. 
En effet, ayant été détruite en 1567 par les calvinistes, elle a été 
presque complètement reconstruite de 1601 à 1829, la plus grande 
partie avec assez de succès dans le style ogival tertiaire, la façade, 
due à Gabriel , l'arcMtecte de Louis XV, dans un style bâtard qui 
ne manque pas cependant de noblesse. Cette façade , d'une riche 
ornementation , est flanquée de deux tours de 87 m. de baut , sans 
flèches, et présente d'abord trois portails, ceux des côtés avec doubles 
portes, puis trois rosaces et une galerie à claire-voie, au-dessus de 
laquelle les tours ont encore trois étages , le premier avec des es- 
caliers en spirale aux quatre angles et des statues , les deux autres 
avec de légères arcades et terminés par une galerie en forme de cou- 
ronne. Entre ces deux tours se voit la jolie flèche du transept, re- 
construite en 1859. Tout l'édifice a 148 m. de longueur. — L'intérieur 
a également un aspect grandiose ; il est à 5 nefs et mesure 33 m. de 
hauteur. Le style en est supérieur à celui de la façade ; les onze 
chapelles de l'abside sont les chapelles primitives , épargnées par 
l'incendie de 1567. Les œuvres d'art y sont peu nombreuses et pres- 
que toutes de ces derniers temps : un grand chemin de croix sculpté 
dans des arcades sous les fenêtres, par Clov. Monceau; de grands 
autels goth. en bois aux extrémités du transept, des vitraux, etc. 
Le monument de Mgr Dupanloup (m. 1878), par Chapu, doit être 
placé dans la chap. du Sacré-Cœur, à g. du transept. 

A côté de la cathédrale, au N., se voit la statue de Roh. Fothier 
(pLE3), jurisconsulte originaire d'Orléans (m. 1772); elle est en 
bronze, par Yital Dubray (1859). Un peu plus loin, à g., 

L'hôtel de ville ou la mairie (pi. D3), joli édifice en briques et 
en pierre , élevé en 1530 , restauré et agrandi en 1850-1854. Il se 
compose d'un bâtiment principal et de deux ailes en retour, avec 
des niches renfermant des statues d'Orléanais célèbres. Les caria- 
tides des balcons sont attribuées à Jean Goujon. Dans la cour est 
une statue de Jeanne d'Arc, en bronze, d'après le marbre de la prin- 
cesse Marie d'Orléans , qui est à Versailles. On visite le premier 
étage, qui a des pièces remarquables, décorées dans le style duxvi^s. 
(s'adresser au concierge). La salle des Mariages a une belle cheminée, 
la salle du Conseil un beau plafond. Le grand salon renferme un& 
statuette équestre de Jeanne d'Arc, avec un Anglais blessé à mort 
sous les pieds de son cheval, aussi par Marie d'Orléans. 

Nous revenons maintenant sur nos pas par la rue Jeanne- d'Arc^ 
jusqu'à la place de la République (v. ci-dessus). Là se trouve Va7i- 
cien hôtel de ville, édifice dégradé du xv^s., avec une tour goth., et 
qui a une seconde entrée de l'autre côté, dans la rue Ste-Catherine. 
11 renferme les musées de la ville (pi. D 3), sauf le musée historique 
(p. 224). Ces musées sont publics les dim. et jeudi de midi à 4 h. et 
visibles aussi les autres jours pour les étrangers, excepté aux grandes 
fêtes et durant les vacances, du l®'* sept, au 1®^ novembre. 

Rez-de-chaussée. — Musées de peinture et de sculpture, sauf dans la 



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à Tours, ORLÉANS. IL R. 24. 223 

ire salle , qni contient une partie du musée d'histoire naturelle (zoologie). 
Les 2 petites salles suiv. renferment des tableaux de valeur secondaire 
et des plâtres. Notons cependant, dans la 2® salle, 253, un portrait de 
femme, par Mirevelt; sans num. , une Vierge de Crivelli; une femme 
affaissée dans la neige, par Antigna; 264, Un apôtre de Murillo; dans la 
3^, 353, 354, des copies de la Kermesse et d'une Fête à Vénus par Rubens; 
455 (26 fen.), une Adoration des mages de Vécole italienne; 349, une Ste 
Famille de Rottenhammer ; s. n., le Bon Samaritain, 'gB.r Boutet de Monvel. 
Dans le couloir menant à la grande salle, un Jeune équilibriste , statue 
en bronze par /. Blanchard; 479, à dr. de la porte, un triptyque de la 
tieille école française; 469, Histoire d'Enée et de Didon, de Vécole de 
Sienne du XT^ s. 

Salle principale, beaucoup de grands tableaux de Técole française. 
Au-dessus de la porte: 352, Rubens^ le Génie de la gloire et des arts; 
à dr., 362, Sacchi^ la Résurrection de Lazare; 156, Giordano, la Charité 
romaine; 145, 146, Fréminet, St Augustin, St Jérôme; 398, Fr. de Trop, 
portr. de la duchesse du Maine, qui tint longtemps une cour brillante à 
Sceaux, sous Louis XV; 65, Phil. de Champaigne, St Charles Borromée; 
60, Luc Cambiaso (m. 1585), les Israélites au pied du serpent d'airain; 
71, Mich. Corneille (m. 1664), Esaii cédant son d'aînesse à Jacob; 267, iVe- 
grone (m. 1565) , St Pierre et St Jacques le Mineur en prière devant la 
Vierge tenant le petit St Jean; 141, 144, Fréminet, St Mathieu et St Jean; 
155, Fr. Gérard, Jésus descendant sur la terre et dissipant les ténèbres, 
dernier tableau de l'artiste, achevé par une élève; 329, Restout, la Salu- 
tation angélique; 86, 84, Deruet (m. 1660), le Feu et la Terre; 229, C. van 
Loo, portr. de Louis XV; 93, Deshays, St Benoît recevant le viatique; 230, 
G. van Loo, portr. du Pégent (?); 166, ffallé., la Fuite en Egypte; 85,87, 
Deruet, l'Air et l'Eau; 142, 143, Fréminetf StMarc, St Luc; 437, le Dominiquin, 
Ste Cécile; 2i0, Lancret, le déjeuner au jambon; 375, Segher s, ^i&Vs,mi\\& 
dans une guirlande de fleurs; 273, Norblin, Mort d'Ugolin; 175, Holfeld, 
d'après Murillo, la Ste Famille ou plutôt la Ste Trinité, original à Londres ; 
147, 148, Fréminet, St Grégoire, St Ambroise; 241, 242, Maratta, Psyché 
admise dans l'Olympe, fies Noces de Psyché; 79, Decker, paysage. — Au 
milieu de la salle, des statues: 648, F. Villain, Hébé; 601, Malknecht, 
dit Molchnet, Vénus sortant du bain; 630, Pradier, Vénus surprise au bain, 
marbres; 646, Tournois, le Joueur de palet; 573, Captier, Faune dansant; 
s. n. Lanson, Jason, bronzes. 

Salle de dr., œuvres modernes: 112, P. Dupuis, Zénobie soignée par 
des pâtres; 125, P. Flandrin, paysage; 293, de Pignerolle, Pèlerinage à 
Notre-Dame- de -Lorette; 937, Couder, Retour des champs; 943, Laurens, 
Sodome ; 25, Bertrand, les Chaussards émigrant, abandonnant la campagne 
de Rome pendant la saison des fièvres; mi, M. de Vaines, Derniers mo- 
ments d'Eustache Lesueur. — Dernière salle: 944, C. Lefebvre, Jacob et 
Joseph; 295, van der Plas, tête de vieillard; 952, Jos. Vernet, Rochers avec 
cascade; 232, Lucatelli, Cabaret italien. — Suite du musée de peinture, 
V. ci-dessous , 1®' et 2e étages. 

I^r ÉTAGE. — Musée d'histoire naturelle, géologie et minéralogie, 2 salles. 
— Musée Jeanne d'Arc, l^^e salle: tapisseries de Beauvais, d'après la 
"Pucelle" de Chapelain; anc. bannière des processions de la fête de Jeanne 
d'Arc, plâtres des statues de la Pucelle par Gois (p. 224), par Chapu et 
par Marie d'Orléans (statue équestre; p. 222); divers portraits de Jeanne 
d'Arc; dans le fond, à dr., un St-Georges, neinture allemande longtemps 
prise aussi pour un de ses portraits. — 2^ et 3e salles : statuettes, gravures, 
bas-reliefs, souvenirs du siège d'Orléans, modèle de statue équestre, etc. 
La 36 salle, qui est voûtée, a une belle cheminée. 

Suite du musée de peinture, dans des salles parallèles au musée de 
Jeanne d'Arc : petits tableaux modernes ; Annonciation de l'école flamande, 
la Reine de Saba visitant Salomon, de la vieille école française, etc. 

lie Étage : aquarelles, dessins et gravures, dont beaucoup représentant 
"la Loire et ses bords», et le reste des peintures, en particulier une Vierge 
sur fond d'or, style italien; un Vieillard méditant sur la mort, de l'école 
allemande. 



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224 IL R. 24. ORLEANS. De Paris 

Nous sortons par la rue Ste - Catherine que nous remontons un 
instant, et nous tournons à g., dans la petite rue des Albanais, où 
nous voyons un belle petite construction du xvi^s., Vhôtel Càbut, 
souvent nommé à tort «hôtel de Diane de Poitiers». C'est là que se 
trouve le musée historique (pi. D 3) , qui est visible comme les 
autres musées de la ville (v. ci-dessus). Le concierge demeure sur 
le derrière, rue Neuve, 22. Il y a des inscriptions. 

Au REZ-DE-CHAUSSÉE, quelques sculptures antiques. — 1®^ étage : 
parures en or de Chypre, bronzes gallo-romains (cheval et sanglier trouvés 
aux environs), verres, vases et terres cuites antiques; quelques petites 
antiquités égyptiennes, haches en silex. Dans une petite salle à g., des 
faïences et des curiosités de l'Orléanais. — 2^ étage : meubles, surtout des 
bahuts à personnages (xv^ et xvi^s.); bénitier en fonte du xiii®s., bas- 
reliefs en albâtre , belle cheminée du xvi^ s. — Salle à g. dans la cour : 
faïences de Rouen, de Delft et de îfevers; verres, médailles; très belle 
cheminée duxvi^s., avec bas-reliefs peints (légende de St Jean-Baptiste); 
porcelaines, petits objets d'art, ivoires, ^bonbonnières, montres, statuettes, 
etc. ; calvaire en ambre fort curieux. 

La rue des Albanais nous ramène'plus loin â la rue Royale , la 
plus remarquable d'Orléans. Dans la rue du ïabourg (pi. C3), la 
première à dr., se trouve, n*^ 15, la maison dite d'Agnès Sorel, de 
la renaissance. Le visiteur qui aura le loisir de parcourir la ville, y 
rencontrera encore nombre de maisons intéressantes. 

Un beau pont du xviii® s. (pi. C 5) traverse la Loire, dont le lit est 
souvent en grande partie à sec. De l'autre côté est le faubourg St- 
Marceau , à l'entrée duquel se voit une statue médiocre de Jeanne 
d'Arc, par Gois, auparavant place du Martroi. 

Près de la rive dr., à 300 m. en aval, se trouve Notre- Dame- 
de-Eecouvrance (pi. C4), du style de la renaissance, construite en 
mémoire de la délivrance de la ville par Jeanne d'Arc. On y re- 
marque surtout des peintures mui'ales par jH. Lazerges. — A env. 
1 Ml. de là en amont, St-Aignan (pi. ¥4), du xv^s. Il n'en reste 
que le chœur et le transept, très dégradés à l'extérieur. — Au N.-E., 
près des boulevards, St-Euverte (pi, G 3), des xn^etxv^s. On y entre 
par une porte latérale à dr. Il y a près de 1 kil. V2 ^® 1^ à la gare. 

Jolies promenades sur la rive dr. de la Loire , jusqu'au château de 
St-Loup., à 3 kil, en amont, et jusqu'à la chapelle St-Mesmin ^ à 4 kil. en 
aval. Omnibus, dans la journée, pour le retour de la chapelle à Orléans. 

Jolie excursion recommandée à la source du Loiret, en voiture parti- 
culière ou par le tramway (p. 221) jusqu'à Olivet (restaur. de l'Eldorado), 
bourg d'où il y a encore 1500 m. jusqu'au château de la Source. On peut 
aussi faire, les dim. et jeudi, une partie de ce chemin en hateau à va- 
peur. Il y a en réalité deux sources, V Abîme et le Bouillon^ remarquables 
par l'abondance et la limpidité de leurs eaux. Elles communiquent, dit- 
on, sous terre, avec la. Loire. Le château a de beaux jardins. 

D'Orléans à Tours^ v. ci-dessous; à Bourges^et Nevers^ p. 342; à Males- 
herhes et à Bourron (Moret), p. 341; à Chartres^ p. 167. 

D'Orléaîïs aMontargis: 76 kil.; 2 h. 15 à 2 h. 45; 9 fr. 35, 7 fr., 
5 fr. 15. — 2 kil. Les Aubrais (p. 220). On longe et traverse en partie la 
forêt d'Orléans. — 20 kil. (4® st.) Donnery. — 23 kil. Fay-aux-Loges.^ sur le 
canal d'' Orléans., reliant la Loire au Loing. — 51 kil. (lO^st;.) Bellegarde- 
Quiers, aussi sur la ligne de Beaune-la-Rolande à Bourges (p. 342). — 59 kil. 
Ladon , où une bataille eut lieu le 24 nov. 1870 (monument). — 76 kil. 
(16e st.) Montargis (p. 338). 



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à Tours, BEAUGENCY. JI. R. 24, 225 

D'Oeléans a Gieh: 65 kîl. î 2 h. 10 à 2 li. 15; 8 fr. , 5 fr. 95 , 4 fr. 40. 
— Cette ligne remonte la vallée de la Loire, à une certaine distance du 
fleuve. — 6 kil. St-Jean-de-Êraye. — 11 kil. Ghécy-Mardié. On traverse le 
canal d'Orléans (v. ci-dessus). — 19 kil. St-Denis-Jargeau. La petite ville 
de Jargeau , sur la rive dr. de la Loire , est connue par une victoire de 
Jeanne d'Arc sur les Anglais, en 1429. — 26 kil. GhâUauneuf - sur - Loire, 
petite ville avec les restes d'un vaste château reconstruit au xviii© s., et 
des jardins dessinés par le Nôtre. Voit. publ. pour St-Benoît-sur-Loire 
(10 kil, ; y. ci-dessous) , par Qermigny -des-Prés (4 kil. I/2) , village connu 
par son église de l'époque carlovingienne, qui a été reconstruite dans le 
même style. Elle renferme le tombeau du duc de la Vrillière (1672-1718), 
ministre de Louis XIV, avec un beau groupe en marbre. 

34 kil. St- Benoît- SU Aignan. — St-Benoit-sur-Ioire , à 4 ou 5 kil. au S., 
doit son origine à ime célèbre et riche abbaye de bénédictins , fondée en 
6^, qui eut des écoles comptant jusqu'à 5000 élèves, et qui fut pillée et 
saccagée en 1562 par les calvinistes, sous Louis I®^ de Condé. Il n'en reste 
plus que V^église^ une des plus anciennes et des plus curieuses de France. 
Elle a été construite de 1026 à 1218, dans le style de transition. Elle a 
deux transepts à TE., lui donnant la forme d'une croix double. A l'O. 
est un porche à 2 étages, 3 nefs et 3 travées, dont les colonnes ont des 
chapiteaux très remarquables, et au N. une porte latérale flanquée de 
six grandes statues mutilées, avec un tympan où est représentée la trans- 
lation des reliques de St Benoît du Mont-Cassin à l'abbaye. Les transepts 
n'ont pas de portails latéraux, mais des absidioles à l'E. Il y a une tour 
carrée sur l'intertransept. A l'intérieur, on remarque, sous cette tour, le 
tombeau de Philippe I®^, roi de France (m. 1108), avec sa statue couchée, 
du xii^ s. ; les chapiteaux des colonnes, les stalles, du xv® s., etc. Les 
personnes qui voudront visiter d'ici Sully (v. ci-dessous) auront plus court 
d'y aller directement de St-Benoît, par la rive dr. de la Loire. — G-ermigny- 
des-Prés est à 5 kil. V2 8',^ N.-O. (v. ci-dessus). 

41 kil. Les Bordes y où l'on croise la ligne de Beaune- la -Rolande à 
Bourges. Sully est la première stat. de cette ligne au S. des Bordes 
(v. p. 342). — 50 kil.. Ouzouer-Dampierre. — 65 kil. Qien (p. 339). 

II. D'Orléans à Tours. 

113 kil. Trajet en 2 h. 1/4 à 3 h. 40. Prix: 14 fr. 35, 10 fr. 70, 7 fr. 80. 
La vue est généralement plus belle à g. 

On retourne à la gare des Auhrais (p. 220) , pour les trains ex- 
press et directs, et l'on change de voiture , tandis qu'on suit par les 
trains omnibus une ligne de raccordement qui ne passe pas aux 
Aubrais. A dr., la ligne de Chartres (p. 167). La voie suit la vallée 
de la Loire. — 127 kil. (de Paris) La Chapelle-Sf-Mesmin. — 133 kil. 
St-Ay (pron. «St-Y»). 

139 kil. Meung- sur -Loire, viUe de 3489 hab. , à g. , avec une 
belle église goth. du xii® s. et une porte du xvi® s., reste de ses for- 
tifications. A 5 kil. à l'E., Cléry , qui a une église remarquable du 
XV® s., avec le tombeau de Louis XI. Long viaduc avant Beaugency, 
qu'on voit à g. 

147 kil. Beaugency (/iô^. de l'Ecu-de- Bretagne, place duMartroi), 
ville ancienne de 4544 hab., jadis fortifiée et souvent assiégée au 
moyen âge et dans les temps modernes. Elle offre encore diverses 
curiosités. On va directement de la gare à la grande place duMartroi. 
En descendant de là à g., on arrive à la tour de l'Horloge, une anc. 
porte de la ville , à l'entrée de la rue du Change. Plus loin dans 
cette rue, Vhôtel de ville, qui a une jolie façade de la renaissance, 

Bœdeker. Nord de la France. 2^ édit. 15 



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226 IL E. 24, BLOIS. I)e Paris 

malheureusement fort dégradée. Plus loin , n° 3, une maison avec 
une porte du style gothique. La rue à dr. monte à une place où est 
la tour St-Firmin, reste d'une église du xvi® s. Près de là, le don- 
jon de l'anc. château, énorme tour carrée. Le château, du xv® s., a 
été transformé en dépôt de mendicité et n'a plus que quelques parties 
intéressantes. A côté, V église Notre-Dame y anc. abbatiale surtout 
du style roman du xi® s. et plusieurs fois restaurée. Un peu plus bas, 
la vieille tour du Diahle, des restes de Vahhaye, des xvii^-xviii®s., 
et la Loire, avec un 'pont de 440 m. de long, qui a encore des arches 
gothiques. 

159 kil. Mer, à g. Chambord est à 12 kil. au S., et l'on aperçoit 
son parc (v. p. 228). 

164 Ml. Suèvres, qui a deux églises du xi® s. Cet endroit n'est 
qu'à env. 6 kiL de Chambord (bac sur la Loire). 

169 kil. Menars, qui a un château de la seconde moitié du xvii® s. 
On passe avant Blois au-dessus de la ligne de Romoraiitin (p. 229) 5 
puis on aperçoit à g. la ville et le château de Blois. 

178 kil. Blois (buffet; hôt. : Or, -H. de Blois, non loin du château ; 
Gr. -H. d'Angleterre, sur le quai ; H. du Château)^ ville de 22 150 hab., 
chef-lieu du départ, de Loir-et-Cher, sui- le versant d'une colline de 
la rive dr. de la Loire. Son site est pittoresque , quand on la voit 
des bords du fleuve, mais la ville haute est mal bâtie. Beaucoup de 
rues y sont étroites et y ont des escaliers. En arrivant par le chemin 
de fer , on aperçoit surtout le château et la cathédrale. 

Blois n'est bien connue que depuis la fin du xiv® s., où Louis I^^ 
d'Orléans, fils de Charles V, acheta le cbâteau de ses comtes, et elle acquit 
ensuite pour un temps une grande importance, Louis II, petit-fils de 
Louis I^r, étant devenu Louis XII de France. Le roi habita souvent le 
château, qu'avait embelli son père ; François I^^* surpassa encore ses pré- 
décesseurs par les travaux qu'il y fit exécuter, et il y reçut Charles-Quint \ 
Henri III en fit particulièrement sa résidence et y assembla deux fois 
les Etats-Généraux, en 1576 et en 1588, etc. (v. ci-dessous). Blois perdit 
ensuite de la faveur dont elle avait joui; Henri IV ne l'habita qu'un temps, 
Louis XIII y relégua sa mère, Marie de Médicis, et donna enfin le château 
à son frère Gaston d'Orléans, après lequel il ne fut plus guère occupé ni 
témoin d'événements importants. 

Le *CHATEATJ, où l'ou arrive en 5 min. de la gare, est un des plus 
remarquables de France. La partie devant laquelle on se trouve en 
arrivant est V^aile de François I^^, la plus belle et un chef-d'œuvre 
de la renaissance. Il sera question plus loin de la façade qui donne 
sur la cour. La façade extérieure, à quatre étages, est richement 
décorée et d'un aspect original, avec ses jolies tourelles à pans et 
sa galerie du haut. Le lourd pavillon de dr. date du temps de 
Gaston d'Orléans, qui avait entrepris de tout reconstruire. Entre les 
deux se voit la tour des Oubliettes , qui est du xiii® s. L'entrée du 
château est dans le haut, à g., par la galerie Louis XII, partie con- 
struite en pierre et en briques et achevée en 1501. La porte est 
surmontée d'une belle niche avec une statue équestre de Louis XIL 
Le public est toujours admis à visiter le château (pourb.). On vous 



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à Tours. BLOIS. II. R, 24, 227 

conduit d'abord, pour l'ordinaire, à la chapelle, a g. Elle date aussi 
du temps de Louis XII, mais elle a été restaurée et en partie re- 
faite de nos jours. Elle est décorée de peintures et elle a des vitraux, 
dont l'un représente les fiançailles de Louis XII avec Anne de Bre- 
tagne (v. p. 175). — Dans le fond de la cour est Vaile de Gaston, 
construite par Mansart et où l'on remarque surtout la cage de l'es- 
calier. — On passe ensuite à V*aUe de François I^^, encore plus 
riche de ce côté qu'à l'extérieur. Elle a été complètement restaurée 
de nos jours, comme presque tout le reste du château. On admire 
surtout son *escalier, dans une tour pentagone en saillie et à jour, 
chef-d'œuvre d'architecture et de sculpture au dedans comme au 
dehors. La salamandi'e qui se mélange partout aux ornements est 
l'emhlème de François I®^, comme le porc-épic, ailleurs, est celui de 
Louis XII. Les appartements ont été aussi restaurés; ils sont remar- 
quables par leur décoration , mais ils ne sont plus meublés. — On 
visite au f^ étage les salles des Gardes de la Reine, la première 
avec deux cheminées dorées ; puis la galerie de la Reine , le cabinet 
de toilette de Catherine de Médicis, la chambre où elle mourut en 
1589 et dont on remarquera les jolies poutrelles; son oratoire, en 
partie dans une des tourelles en encorbellement; son cabinet de 
travail, qui a env. 250 panneaux en bois sculpté , tous différents, et 
dans lequel on montre la fenêtre par où s'évada Marie de Médicis, 
qui était retenue au château par ordre de Louis XIII, son fils. A la 
suite se voit une partie de la tour des Oubliettes, ou du donjon, et 
le cachot où fut assassiné le cardinal de Guise, frère du Balafré 
(v. ci-dessous). — Au 2^ étage était l'appartement du roi : deux salles 
des Gardes, avec de belles cheminées ; la galerie du Roi, son cabinet 
de travail, sa chambre à coucher, où vint mourir le duc de Guise, 
dit le Balafré, assassiné ici en 1584, par ordre de Henri III, dont 
il était le rival; l'amère- cabinet où il reçut les premiers coups, le 
cabinet de toilette et la garde-robe, où deux moines priaient pendant 
l'assassinat, «pour la réussite d'un grand projet». — Le 3^ étage est 
plus nouvellement restauré. On a de la galerie une vue qui s'étend, 
à l'E. , jusqu'à Chambord (p. 228). On redescend par un escalier 
à l'extrémité de la galerie de Louis XII , d'où on visite la salle des 
Etats, qui remonte jusqu'au xiii^ s., comme la tour des Oubliettes. 
Elle est divisée en deux par huit colonnes. 

A l'autre extrémité de la galerie Louis XII se trouve encore un es- 
calier qui conduit à un musée peu important, public le dim. de midi à 
4 h. et qu'on peut aussi toujours voir moyennant un second pourboire. 
11 possède toutefois, dans la 5® ou dernière salle du 1®^ étage, deux ta- 
bleaux authentiques et précieux, des Moutons de Rosa Bonheur et Co- 
lombine de Léonard de Vinci. La plupart des salles ont de belles che- 
minées de l'époque de Louis XII. Ce musée se continue au 2® étage, 
où sont également des peintures et des sculptures, moins remarquables, 
une collection d'histoire naturelle et des gravures. Joli coup d'œil de la 
première salle. 

Une ruelle avec des escaliers, à dr. en sortant, descend derrière 
le château vers St- Nicolas, la plus belle église de Blois, anc. 

15* 



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228 //. R. 24. CHAMBORD. De Paris 

abbatiale construite de 1138 à 1210. Elle a tme façade fort remar- 
quable à deux tours, restaurée et complétée de nos jouj's. Il y a sur 
la croisée une tour disgracieuse à l'extérieur , mais qui forme une 
belle lanterne à l'intérieur. A g. du chœur, près du transept, se voit 
un retable du xy^ s. , retraçant la vie de Ste Marie l'Egyptienne. 

St-Nicolas est dans le voisinage de la Loii-e ; nous remontons la 
rive dr. jusqu'au pont. Sur l'autre rive est le faubourg de Vienne, 
On aperçoit du pont, dans le haut de la belle rue qui part de là, la 
statue de Denis Papin (v. ci -dessous). Nous montons d'abord en 
deçà, à dr., par la rue du Roi, à la cathédrale. C'est un édifice 
d'un style goth. bâtard, reconstruit par Mansart à partir de 1678. 
La façade est postérieure et de style néo - classique. A l'intérieur, 
on remarque, dans la 7^ chap. de dr. , deux bas -reliefs en marbre 
par Lerambert (1660), la Mémoire et la Méditation, provenant du 
tombeau de la mère de Stanislas, roi de Pologne, auparavant dans 
l'église de l'Immaculée -Conception, au square près du cbâteau. — 
Derrière la cathédrale est Vevêché, à peu près de la même époque 
et qui a une belle terrasse d'où l'on a une jolie vue. 

La rue du Palais, à dr. eu revenant, passe devant le palais de 
justice. Descendant de là à g., on arrive derrière la statue de Denis 
Papin (m. 1710), le célèbre physicien, originaire de Blois. C'est 
une statue en bronze, par A. Millet, érigée en 1879 et placée au 
sommet d'un escalier de 122 marches, d'où l'on a un beau coup 
d'œil. — Continuant de descendre tout droit, par la rue St-Honoré, 
on passe, au n*^ 8, devant la plus belle des maisons anciennes de 
Blois, Vhôtel d'Alluye, de la renaissance. Appuyant ensuite à g., 
puis à dr., on se retrouve au square près du château. 

Excursions. — À Chambord : 18 kil. par la levée .ou digue de la rive 
g. de la Loire, 16 kil. par la vallée du Cesson. Voitures, à la gare et 
dans les bôtels : à 1 cbev., 10 fr. ; à 2 chev., 15 fr. aller et retour, pour i a 
3 personnes. Les promeneurs qui ne craignent pas d'aller à pied peuvent 
également s'y rendre des stations de Suèvres (p. 226) et de Mont-pres- 
Chambord (p. 229). Enfin l'on peut, avec une voiture à la journée (18 et 
25 fr.), visiter en une fois les châteaux de Chambord, Cheverny et Beau- 
regard (v. ci-dessous). Il y a un bon hôtel près du château de Chambord. 
Le *château de Chambord, qui s'élève au milieu d'un parc de 5407 heet., 
entouré de 31 640 m, de murs, est un des plus beaux châteaux de la renais- 
sance et un édifice à peu près unique en son genre. Il a été construit en 1526, 
par Pierre Nepveu, pour François 1^^, qui en fit sa résidence favorite. Des 
artistes comme Cousin, Bontemps, Goujon et Pilon travaillèrent à sa dé- 
coration. Toutefois bien des changements y ont été faits plus tard, d abord 
par Louis XIV, puis par le maréchal de Saxe, auquel il avait été donne. 
Napoléon lei* le donna aussi à l'un de ses maréchaux, à Berthier^t la 
veuve de ce dernier l'ayant mis en vente en 1821, il fut acheté 1542000 fr., 
au moyen d'une souscription nationale, pour être offert au duc de Bor- 
deaux, feu le comte de Chambord. Ce château, dont la partie N. est seule 
achevée, se compose de deux carrés de bâtiments, un de 156 m. de long 
sur 117 de large, dans lequel est compris un autre carré plus petit, dont 
la façade N. se confond avec celle de l'autre. Chacun de ces carres de 
bâtiments a aux angles quatre grosses tours rondes, à toits en poivrière 
terminés par des lanternes, et la façade principale présente par conséquent 
quatre de ces tours. Il y a de plus dans la partie centrale une profusion 



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à Tours, ROMORANTIN. 11. tt. n. 229 

inconnue ailleurs de lucarnes, de tourelles, de cheminées, de pinacles, avec 
des découpures dentelées et des sculptures sans nombre, le tout dominé 
par la double lanterne de la cage de l'escalier central. Cet *escalier est 
la principale curiosité de l'intérieur, qui est à peu près vide et sans dé- 
coration. Il a env. 10 m. de diamètre et il se compose de deux rampes 
tournant en sens inverse, de sorte que deux personnes peuvent y monter et 
en descendre en même temps sans se rencontrer. Le château compte jusqu'à 
440 pièces et il a des écuries qui peuvent contenir, dit-on, 1200 chevaux. 

A BEA.UREGA-RD ET A Cheverny : 15 à 16 kil., voit. comme pour Cham- 
bord. On suit en grande partie la route qui traverse le faubourg de 
Vienne, puis le village de St-Gervaîs^ célèbre par sa crème, et la forêt de 
Russy. On peut profiter du chemin de fer de Blois à Romorantin, qui 
facilite beaucoup cette excursion (v. ci-dessous). — Le château de Beau- 
regard^ à env. 8 kil. de Blois, passe pour avoir été construit par Fran- 
çois I®^, comme rendez-vous de chasse, mais il a été en partie reconstruit 
et modernisé. Il renferme une galerie de 363 portraits du xvii^s., par 
Ardier, de beaux plafonds et un carrelage représentant une armée en 
ordre de bataille. — Le château de Gheverny^ env. 8 kil. plus loin, est une 
magnifique construction du xvii® s., en partie dans le style de la renaissance 
et nouvellement restaurée. Beaucoup de salles ont encore leur décoration 
et leur ameublement primitif bien conservés. Une partie des bustes des 
frontons sont antiques. Les peintures mythologiques (histoires d'Adonis, de 
Persée de Théagène et Chariclée), sont de Mosnier, un artiste du pays. 

A 10 kil. à l'O. de Blois se voient les ruines du château de Burpy 
édifice fort remarquable du commencement du xvi^ s. — Château de Chau- 
mont^ V. p. 230. 

De Blois au Pout-de-Brâye, par Veudôme: 67 kil.; 2 h. 15 à 6 h. 25; 
8 fr. 25, 6 fr. 65, 4 fr. 85.-7 kil. Fossé-Marolles. On traverse la Cisse. — 
13 kil. La Chapelle -Vendômoise^ où se trouve un des principaux dolmens 
de France. Il y en a encore d'autres dans la contrée. — 16 kil. Ville- 
francœur. — 23 kil. Selommes. — 27 kil. Villetrun-Coulommiers. On traverse 
le Loir et rejoint la ligne de Châteaudun. — 35 kil. Vendôme (p. 232). 

On retraverse ensuite le Loir, pour en descendre la vallée accidentée 
et très sinueuse. — 44 kil. Thoré-la-Rocheite. La Rochette, où est la stat., 
a quantité de grottes habitées , comme bien d'autres localités de la vallée : 
on en retrouve même encore ailleurs dans la contrée, sur les bords de 
la Loire (p. 200), de la Vienne (p. 239), etc. Sur l'autre rive, au N.-O. 
de Thoré, sont les grottes du Breuil, en partie fort anciennes et pareille- 
ment habitées. Ensuite un tunnel de 510 m. — 48 kil. St-Rimay. A 2 kil. 
à l'O., les Roches^ autre village connu par ses grottes. On traverse de 
nouveau le Loir. 

53 kil. Montoire-sur-le-Loir Qioi. des Trois-Rois) , petite ville dominée 
par les ruines d'un château dont le donjon remonte au xn^s. — A 3 kil. 
au S.-E., sur la rive g. du Loir, se trouvent les ruines pittoresques du 
vaste château de Lavardin^ des xii^-xv^ g. 

59 kil. Troo^ qui a des grottes particulièrement remarquables. Eglise 
romane du xii© s. ; ruines , tumulus. — 65 kil. Sougé-sur-Braye. — 67 kil. 
Le Pont-de-Braye (p. 167). , 

De Blois a Villefranche-sur-Cher (Vierzon), par Romorantin : 57 kil. ; 
1 h. 55 à 2 h. 15; 7 fr. , 5 fr. 20, 3 fr. 85. Cette ligne longe d'abord a g. 
celle d'Orléans, sous laquelle elle passe après la stat. de la Chaussée- St- Victor 
(4 kil.); puis elle traverse la Loire. — 9 kil. Vineuil-St- Claude. — 15 kil. 
Mont-près-Gharribord .^ sur la lisière S. de la forêt de Boulogne, qui se rat- 
tache au pare de Chambord, mais à env. 8 kil. du château. — 21 kil. Cour- 
Cheverny^ gros village à env. 1/4 d'b. au N. de Gheverny et de son château 
(v. ci-dessus). Le pays marécageux qu'on traverse ensuite fait partie de 
la Sologne (p. 342). — 29 kil. Fontaine-Soings. On passe non loin du château 
de la Morinière, du xv© s. — 37 kil. Mur-de- Sologne. — 49 kil. Romorantin 
(hôt, du Lion -d'Or)., ville industrielle de 7545 hab., sur la Sauldre, ayant 
surtout des manufactures de tissus de laine. Elle est connue par l'édît de 
1560, qui empêcha l'établissement de l'Inquisition en France. — 57 kil. 
Ville/ranche-sîir-Cher^ stat. de la ligne de Tours à Vierzon (p. 242). 



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230 II. R. 24. AMBOISE. De Paris 

Au delà deBlois, on passe dans une tranchée après laquelle on a 
unehelle vue, àg., sur la Loire. — 188 kil. Chouzy. — 193 Ml. Onzain. 

A 20 min. de la stat., sur une colline de la rive g., se trouve le 
château de Chaumont, des xv© et xvi© s., composé de deux corps de bâti- 
ments ayant des tours à mâchicoulis aux angles et aussi deux tours du 
même genre à l'entrée. On remarque particulièrement la décoration de 
cette entrée. Le bâtiment qui fermait le carré au fond de la cour ayant 
été démoli, on y a une *vue splendide sur la vallée de la Loire. On 
peut ordinairement visiter l'intérieur du château, dont les diverses pièces 
renferment des œuvres d'art remarquables, des peintures murales et autres 
(3 Murillo) , des tapisseries des Gobelins et de Beauvais , etc. On y re- 
trouve des souvenirs de Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis, 
qui ont possédé le château. — A Chaumont^ situé en deçà, l'hôtel de 
l'Avenue du Château. 

Le château de Chaumont se voit à g. après Onzain. — 198 klL 
Veuves. — 205 kil. Limeray. Au loin à g., le château d'Amboise. 

211 kil. Amboise {hôt. du Lion-d'Or; faire les prix), ville de 
4592 hab., en partie sur une hauteur, où se dresse son fameux *châ- 
teau, auquel ses hautes murailles de soutènement et ses remparts avec 
trois grosses tours rondes donnent un aspect imposant. Ce château, 
qui appartint à la couronne de 1434 à 1762 et qui est maintenant au 
comte de Paris, fut rebâti au xv® et au xvi®s., mais il a été mutilé au 
commencement de notre siècle et il est en restauration. Son nom 
éveille immédiatement le souvenir de la conspiration de 1560, formée 
par la noblesse et les calvinistes pour soustraire le roi François II à 
l'influence toujours croissante des Guises. Elle se termina par la dé- 
faite des conjurés, dont un grand nombre, 1200, dit-on, furent mas- 
sacrés au château, en présence de la cour. Le même château a servi 
longtemps de prison d'Etat, en dernier lieu à Abd-el-Kader, de 1847 
à 1852. Ce qu'on montrait jusqu'à présent de plus curieux à l'inté- 
rieur c'était l'escalier de la grande tour, haute de 40 m., dans la- 
quelle une voiture pourrait monter. Mais il y a à l'O. du jardin une 
très belle chapelle St- Hubert, du style goth., restaurée de nos jours. 
Elle a dans le tympan de la porte de magnifiques bas -reliefs, dont 
les sujets sont tirés de la vie de St Hubert. Les restes de Léonard 
de Vinci, mort en 1519 à Amboise, où l'avait appelé François I®^, 
ont été transférés dans cette chapelle en 1874. Il y a dans la cour 
du château un cimetière arabe , où sont inhumées des personnes de 
la suite d'Abd-el-Kader, et dans les rochers un tunnel moderne 
et des souterrains du xvi®s. — D'Amboise à Chenonceaux, v. p. 237. 

21 7 kil. Noizay. — 220 kil. Vernou. Les vignobles de la contrée 
produisent des vins blancs estimés. — 223 kil. Vouvray. On tra- 
verse la Loire. — 224 kil. Montlouis, sur un coteau où sont de 
nombreuses grottes qui ont servi d'habitations. Ensuite, àg. , la 
ligne de Chenonceaux- Vierzon (p. 237 et 241). 

231 kiL St- Pierre- des- Corp s (buffet), stat. comme celle des Au- 
brais (p. 220), c.-â-d. où descendent des trains express les voyageui's 
à destination de Tours : les trains omnibus y conduisent directement. 
On aperçoit la ville à dr., traverse le canal de jonction du Cher à la 



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à Tours. CHATEAUDUN. IL JR. ^4. 231 

Loire , après lequel on voit , à g., le joli château de Beaujardin ; 
laisse du même côté la ligne de Bordeaux et un raccordement de 
cette ligne, rejoint celle de Nantes, etc. 
234 kil. rowrs (p. 234). 

B. Par Vendôme. 

245 kil. Trajet en 6 h. à 7 h. 15. Prix, comme par Orléans. 

Jusqu'à Bretigny (32 kil.) , v. p. 219-220. On laisse à g. la ligne 
d'Orléans, et la voie monte sensiblement. — 37 kil. Arpajon. — 
41 kil. Breuillet, A 4 kil. env. au S., St-Sulpice-de-Favières , qui 
a une très belle église ogivale du xiii® s. — 47 kil. St-Cheron, village 
aux environs duquel on peut faire de belles promenades, par ex. aux 
huttes de Bâvïlle, dans le parc du château de ce nom (xvn® s.), qui 
est à 2 kil. à l'O. — Ensuite un joli vallon boisé. 

56 kil. Dourdan (hôtel- café du Croissant), ville de 3193 hab., 
où Philippe- Auguste fit bâtir un château fort, dont les restes se 
voient au bout de la rue à g. à l'extrémité de celle qui part de la 
station. Ils se composent surtout d'un gros donjon cylindrique et 
d'une enceinte flanquée de neuf tours plus petites et plus basses, 
qu'entoure un grand fossé. V église, à côté, est un curieux édifice 
des xii^-xv® s. A signaler à l'intérieur, les colonnettes du triforium 
et les clefs de voûte des chapelles latérales , puis la chaire et une 
grande peinture murale, qui sont modernes. Plus loin dans la même 
direction, le Parterre, belle promenade derrière la mairie. 

61 kil. Ste 'Mesme, On arrive dans, la Beauce (p. 220). — 70 kil. 
Ahlis-Paray. 

77 kil. Auneau, stat. à 2 kil. de la petite ville de ce nom, qu'on 
aperçoit à dr., avec le donjon de son ancien château. Elle est des- 
servie par une ligne de Chartres (p. 167), du réseau de l'Etat, qui 
s'arrête à cet endroit, mais doit être prolongé jusqu'à Paris. 

84 kil. Santeuil. — 93 kil. Allonnes-Boisville. — 100 kil. 
Voves. Ligne de Chartres à Orléans (p. 167). — 110 kil. Gault- 
St-Denis. 

120 kil. Bonneval, ville de 3631 hab., sur le Lo*r, avec des 
restes de fortifications , surtout une porte, qu'on aperçoit à g. après 
la station; une église intéressante du xn®s., avec un beau clocher 
en partie reconstruit au xvi®, et une ancienne abbaye du ix s., 
transformée en asile d'aliénés. 

On traverse immédiatement le Loir et on en descend la jolie 
vallée, où l'on a une jolie vue, très étendue, à dr., et Châteaudun 
se présente bientôt sous un aspect très pittoresque. 
, 134 kil. Châteaudun (buffet; hôt. : de la Place; du Bon-Labou- 
reur, nie Gambetta), ville de 7284 hab., sur la rive g. du Loir. Elle 
est d'origine fort ancienne, mais elle a été plusieurs fois incendiée, 
en dernier lieu par les Allemands en 1870, et elle a été reconstruite 
sur un plan régulier. 

L'avenue en face de la gare et la rue de Chartres, à g., conduisent 



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232 IL R. 24. VENDÔME. De Paris 

à la place du 18 Octobre, où est Vhôtel de ville, qui renferme un 
petit musée, et au milieu de laquelle s'élève une belle fontaine mo- 
derne dans le style de la renaissance, par Gaullier. 

Le *CHÀTEAu, au bout de la rue de Luynes, qui part de la place, 
à dr. de l'hôtel de ville , est un édifice très remarquable , datant de 
plusieurs époques. Ce fut d'abord un château fort, sur des rochers 
à pic au bord du Loir , où l'on devra descendre (à g.) , pour jouir 
du coup d'œil imposant qu'il présente de ce côté. Sa fondation re- 
monte au x^ s., mais le donjon, l'énorme tour ronde à g. de la cour, 
de 48 m. de haut , a été rebâti au xii® s. La chapelle et la façade 
voisine l'ont été au xv^s., par le célèbre Dunois, et la façade du 
côté dr. au commencement du xvi® s. Cette partie est d'une grande 
richesse d'ornementation à l'extérieur. On peut visiter le château 
en s'adressant au concierge; l'intérieur offre peu de curiosités. 

Il y a à côté un petit square avec des ruines d'une chapelle goth., 
et l'on verra plus loin, en descendant de l'autre côté du château, 
des maisons anciennes qui ont des parties intéressantes. La rue du 
Château, en deçà du square, aboutit en face d'une maison à façade 
en bois de la renaissance. Il y en a encore une de la même époque, 
en pierre, à dr. à l'extrémité de la rue suivante. 

V église de la Madeleine, au même endroit, dépendait d'une 
abbaye , dont faisaient aussi partie l'hospice et le palais de justice, 
de chaque côté du square qui la précède. Elle date surtout du xii^ s. 
On remarque à l'intérieur de belles arcatures romanes , dans le bas 
côté de dr., et les stalles du chœur. 

La rue de la Madeleine ramène à la place du 18 Octobre, d'où 
l'on aperçoit à dr., rue Gambetta, la flèche en pierre de V église St- 
Valerien. Cet édifice, du xii^s., a un portail latéral du style ro- 
man. A l'intérieur, sous l'orgue, une fresque du xiv^ s., très dé- 
gradée. — La même rue, par laquelle on peut retourner au chemin 
de fer, mène au cimetière, où il y a une chapelle goth. en ruine et 
un monument érigé aux victimes du 18 octobre 1870. 

Ligne de Nogent-le-Rotrou-Courtaîain à Orléans, v. p. 168. 

En repartant de Châteaudun, on voit à dr. son cimetière, avec la 
chapelle en ruine. Plus loin, à dr. , un château du xv® s. 

146 kil. Cloyes, bourg qui a un beau clocher du xv® s. Vue 
étendue à dr. — 155 kil. Morée-St-ffilaire. — 160 kil. Freteval, 
qui a un château en ruine du xi^ s., à g. de la voie. On aperçoit 
déjà dans les coteaux des grottes comme il y en a beaucoup dans la 
contrée, sur les bords du Loir, une partie servant encore d'habita- 
tions (v. p. 229). — 166 kil. Pezou. 

177 kil. Vendôme (hôt. : Jonquet, Grande-Rue; du Lion -d' Or ^ 
près de la Trinité) , ville de 9325 hab., sur le I^oir, à env. V4 d'h. 
au S.-E. de la gare, dont elle est séparée par un faubourg. En con- 
tinuant tout droit au delà d'un premier bras de la rivière, on passe 
derrière la chapelle du lycée, du style ogival flamboyant. Le lycée 
lui-même, anc. collège fondé par César de Vendôme, dat^ de 1623- 



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à Tours, VENDOME. IL R. 2d. 233 

1639. — Plus loin, on arrive à la place St- Martin, où s'élève une 
assez belle tour, reste d'une église de la renaissance. On y remarque 
aussi, à dr., une maison en bois du xv® s. 

L'*ÉGLisE DE LA Tbinité , à g. de la rue , est un monument fort 
remarquable des xn®-xv® s. Elle dépendait d'une abbaye , dont on 
verra encore de beaux restes , du style roman (xii^s.), sur la petite 
place qui la précède. Devant le portail se dresse un magnifique 
*clocher du style de transition (xii^s.), avec flèche en pierre. L'in- 
térieur en est aussi particulièrement intéressant pour les connais- 
seurs , par sa grande salle du bas et l'étage du beffroi dont la dis- 
position est unique. La *façade de l'église est du style flamboyant 
et d'une grande richesse d'ornementation. 

L'intérieur, à trois nefs, des xiv® et xv®s., forme un ensemble 
majestueux. Le triforium et les fenêtres se font remarquer par 
leurs dimensions. Les bras du transept, du xiii^s., sont plus bas 
et voûtés dans le style angevin (domical). Le chœur a des restes 
de vitraux anciens, 32 "^stalles des xv^-xvi® s. et un autel en marbre 
dans le style du xv** s. On remarquera encore la clôture du sanc- 
tuaire, du commencement de la renaissance -, deux retables duxvi® s., 
dans les chapelles à dr. et à g. de celle de l'abside ; la ^chaire, 
ouvrage moderne dans le style des stalles, et les fonts , du style de 
la renaissance, dans la première chapelle à g. de la nef. Il y a des 
restes de cloître des xiv^ et xv®s. à dr. de la nef, communiquant 
avec elle par une porte du xvi^s., à la dernière travée. 

Entre l'église et le bras principal du Loir, au S., est un grand 
bâtiment de l'abbaye, du xvii®s., transformé en caserne. En traver- 
sant le pont voisin, on voit sur la hauteur de la rive g. les ruines 
du château, qui remonte jusqu'au xi^s. Il subsiste une partie de 
l'enceinte , avec une dizaine de tours en partie détruites , la mieux 
conservée au point culminant, où l'on a libre accès , par la rampe 
à dr., et d'où l'on jouit d'une belle vue. La destruction date de 
1589, où Henri IV prit ce château aux ligueurs. 

'Vhôtel de ville de Vendôme est une ancienne porte des xiv® et 
XV® s., au pont suivant, à l'extrémité de la rue Potterie , où l'on 
peut aller par la rive g. ou par la rue en deçà de la place St-Martin, 
la rue Gruesnault , et la suivante , la rue Saulnerie , où se voit une 
maison du xvi®s. La façade de l'hôtel de ville est du côté du 
pont. Les créneaux ont été décorés de médaillons au xvi® s. 

Dans la rue Potterie se trouve encore le musée, belle construc- 
tion moderne en briques, précédée d'une statue de Ronsard (1524- 
1585), le poète, originaire du Vendômois, bronze moderne par 
Irvoy. Le musée est ouvert le dim. de midi à 3 h. et visible aussi 
les autres jours. 

Rez-de-chaussée. — Salle de dr. : sculptures provenant de tombeaux 
et de monuments divers; collection préhistorique. — Salle de g.: plans, 
dessins et vues de monuments. 

1®' ÉTAGE. — Salle d'entrée: collections d'histoire naturelle; momie 



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234 IL R. n. TOURS. 

péruvienne \ tableaux. — Grande salle : collection archéologique , antiquités 
locales, en particulier des bijoux romains en or (num. 750, 751, 780), des 
armes et des poteries franques , une chasuble de la renaissance (n® 51), 
des objets relatifs au culte de la Ste- Larme, anc. relique de St-Etienne; 
curiosités ethnographiques-, médailles ^ peintures. 

Plus loin enfin est V église de la Madeleine, qui a une belle 
flèche du xv^s., un grand vitrail de 1529, à la fenêtre du fond; des 
vitraux et des peintures modernes. — La rue à dr. ramène au lycée. 

Ligne de Blois au Pont-de-Braye, v. p. 229. 

Le chemin de fer quitte la vallée du Loir. — 191 kil. St-Amand- 
de - Vendôme. — 198 kil. Villechauve. 

207 kiL Châteaurenault , ville de 4203 hab. , avec un château 
du XIV® s. et le donjon d'un autre plus ancien. Embranch. de 
42 kil. sur Neuillé-Pont-Pierre (p. 172). 

214 kil. YHledomer , Yiaduc de 27 m. de haut. Belle vue. — 
220 kil. Monnaie. — 228 kil. Notre - Dame - d' Oé. Plus loin , la 
ligne du Mans (p. 172). — 239 kil. Fondettes-St-Cyr. On traverse 
ensuite la Loire; on aperçoit à g. les restes peu importants du 
château de Plessis -lès -Tours (p. 237), et on rejoint la ligne de 
Nantes, par Angers (p. 200). — 245 kil. Tours. 

Tours. — Gares: gare d'Orléans (pi. D 3-4), pour toutes les lignes des- 
servies par la comp. de ce nom, excepté celle de Loehes-Châteauroux- 
Montluçon (p. 242) -, gare de VEtat (pi. D 4), à côté de la précédente, pour 
cette dernière ligne et le réseau de l'Etat, entre celles de Bordeaux par 
Poitiers et de Nantes par Angers. 

Hôtels: Gr.-H. de V Univers (pi. a,D3), boulevard Heurteloup, près de 
la gare d'Orléans, bon, mais cher^ de Bordeaux (pi. b,D3), presque en 
face de cette gare, à dr. en sortant (ch., 2 fr. , le double si l'on prend 
ses repas au dehors; déj., 3fr.; dîn., 4fr.; serv., 50c.); H. du Faisan 
(pi. c, C2), bon et pas cher (déj., 2 fr. 50) ; de la Boule-d'Or (pi. d, C2-3), 
de Londres (pi. e,C2), tous trois rue Nationale, 17, 29 et 25-, H. du Com- 
merce (pl.f;C4), place de la Porte-de-Fer. 

Cafés : Besnard, du Commerce^ de la Ville^ rue Nationale, 12, 32 et 4b. 

Voit, de place: à 1 chev., course, 1 fr. ; heure, 1 fr. 50; à 2 ehev., 
1 fr. 50 et 2 fr. — Tramways, v. le plan. 

Poste et télégraphe: (pi. C3), rue de Cloeheville, 16. 

Bains: B. de la Touraine, boulevard Béranger. 

Tours est une ville florissante de 59 585 hab., Tanc. capitale de 
la Touraine, auj. le chef-lieu du départ, à' Indre-et-Loire, du com- 
mand. du ix^ corps d'armée, le siège d'un archevêché, etc., dans une 
plaine fertile sur la rive g. de la Loire, et s' étendant par ses fau- 
bourgs jusqu'à la rive dr. du Cher, à près de 3 kil. du fleuve. C'est 
une ville agréable , en partie grâce à la douceur de son climat , et 
nombre d'étrangers, surtout des Anglais, y séjournent volontiers. 

C'est l'ancienne ville des Turons^ transportée par les Romains des co- 
teaux de la rive dr. dans la plaine de la rive g. Elle s'appela d'abord 
Gœsarodunum et elle devînt le chef-lieu de la 3® Lyonnaise. Vu son im- 
portance et sa situation, elle eut souvent à souffrir des invasions et des 
guerres qui désolèrent la France. De nos jours encore, elle a joué un 
certain rôle, étant devenue, le 13 sept. 1870, le siège de la délégation du 
gouvernement de la Défense Nationale, qui y resta jusqu'au 9 décembre. 
Les Allemands n'attaquèrent toutefois la ville que le 21 et ne l'occupèrent 
qu'à partir du 19 janvier, jusqu'au 8 mars. 



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TOURS. II. B, n. 235 

De la gare d'Orléans, on prendra à dr. pour arriver, à quelques 
pas de là, sur les l)eaux boulevards qui séparent la ville proprement 
dite de ses faubourgs. Un peu plus loin à g. est une belle place 
devant le palais de justice (pi. C 3) , grande construction du style 
dorique élevée en 1840. — La rue Nationale (pi. C 3-2), qui descend 
à dr. jusqu'à la Loire, est la plus grande et la plus belle de Tours. 
Dans la troisième rue à g., la rue de l'Oratoire, se trouve la grande 
imprimerie Mame (pi. 03). La troisième rue de dr., la rue de l'Ar- 
chevêché, nous mène à un square où est Varchevêche (pi. D2), pré- 
cédé d'un portail d'ordre ionique. 

La *cathédrale (pi. D 2) , sur la place voisine , à g. , est dédiée à 
Sf Gatien, premier apôtre de la Touraine, et remplace deux autres 
églises qu'ont illustrées St Martin (m. 397) et Grégoire de Tours (m. 
595), bien connu par son Histoire des Francs. Elle a été construite 
lentement, de 1170 au milieu du xvi® s., mais il règne un heureux 
accord entre toutes les parties, et c'est un des principaux édifices 
goth. de France. La ^façade, construite en dernier lieu, est du style 
flamboyant et d'une grande richesse de décoration, ce qui fit dire 
à Henri lY que c'était un bijou auquel il ne manquait qu'un écrin. 
Elle est flanquée de deux tours de 66 et 68 m. de hauteur, terminées 
par des pyramides tronquées que surmontent de doubles dômes de la 
renaissance. Les trois portes ont des tympans et des frontons dé- 
coupés à jour, et au-dessus règne une belle rose. — A l'intérieur, 
on reconnaît bien les diverses époques de la construction : plusieurs 
travées de la nef sont encore du style flamboyant, les dernières et 
le transept, des xiv® et xvi^ s., et le chœur, plus large et plus re- 
marquable, du XII® s. Les fenêtres ont conservé les '^vitraux splen- 
dides de l'époque de leur construction. Dans la première chapelle à 
dr. du chœur se voit le tombeau des fils de Charles VIII, en marbre 
blanc , par Jean Juste (1506). — Une petite porte à g. du transept 
donne entrée dans la *psallette ou maîtrise, construction des xv® et 
XVI® s., avec de jolies sculptures et un escalier fort remarquable. — 
Il y a aussi un curieux escalier dans la tour du N. 

La rue de la Scellerie, à dr. du square de l'Archevêché, nous 
ramène à la rue Nationale. Elle passe devant le théâtre (pi. CD 2), 
magnifique édifice achevé en 1872 et incendié dès 1883. 

Arrivés à la rue Nationale, nous continuons tout droit, par la rue 
de l'Ancienne-Intendance. A l'extrémité s'élèvent deux tours dites, 
celle de dr. tour Charlemagne (pi. C3), celle de g. tour St- Martin 
(pl.BC3). Ce sont les restes de la célèbre basilique de St- Martin, 
vantée déjà par Grégoire de Tours et qui fut reconstruite encore avec 
plus de magnificence aux xii® etxni^s. Elle fut ravagée par les calvi- 
nistes durant les guerres de religion et démolie en 1802 pour le pro- 
longement de la rue. La tour Charlemagne, ainsi nommée parce que 
Luitgarde, troisième femme de Charlemagne, était enterrée au pied, 
se trouvait au croisillon N. de l'église ; la tour St-Martin , dont le 
sommet a été refait au xviii® s., était à dr. du portail. 



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236 IL R. 24. TOURS. 

Non loin de ces tours se voit encore St-Clément (pi. B 3), belle 
église en ruine des xv® et xvi® s., servant aujourd'hui de magasin. 
En prenant là à dr. et ensuite à g., on arrive à Notre-Dame-la-Eiche 
(pi. B2-3), église du xii® s., en grande partie reconstruite au xvi® s. 
et restaurée de nos jours. Elle a un très beau portail au S. et deux 
superbes vitraux du xvi® s., par Pinaigrier. 

Nous descendons de cette église jusqu'à la Loire et nous suivons 
le quai à dr., en passant devant un pont suspendu (pi. B2). Belle 
vue sur les coteaux de l'autre rive. Il y a plus loin un beau pont 
en pierre, Iq pont de Tours (pi. C2-1), construit de 1765 à 1777 et 
au delà un second pont suspendu. En deçà du pont de pierre, à dr. 
à peu de distance, est St-Saturnin (pi. C2), église du xv^ s. 

La place de l'Hôtel- de- Ville (pi. 02), devant le pont, à l'extré- 
mité de la rue Nationale, est décorée de parterres renfermant, à g., la 
statue de Rabelais, par Dumaige; à dr., la statue de Descartes, par 
le comte de Nieuwerkerke, l'une et l'autre en marbre et modernes. 

Uhôtel de ville^ à dr. sur la place en revenant du pont, est un 
bâtiment insignifiant du xviii® s. 

Le musée (pi. C 2), qui lui fait pendant de l'autre côté de la rue Na- 
tionale, contient, au 1®^ étage, une galerie de 475 tableaux, la plupart 
de valeur secondaire et près de la moitié d'artistes inconnus , puis 
quelques sculptures antiques , des sculptures modernes , des émaux 
et divers autres objets d'art; au 2^ étage, des antiquités et une col- 
lection d'histoire naturelle. Ce musée est public les jeudi, dim. et 
fêtes de midi à 4 h. et visible aussi les autres jours pour les étrangers. 

Musée de peiîïtueb. — F^ salle: à dr., 6, Berthélemy ^ Manlius Tor- 
quatus condamnant son fils à mort; 49, vieille copie de la Joeonde de 
Léon, de Vinci; 200, Providoni^ Martyre de St Jude? 43, Micîi. Corneille^ le 
Massacre des Innocents ^ 199, Providoni^ Martyre de St Mathias ; 332, école 
flamande. Mariage mystique de Ste Catharine ; 78, /. Jouvenet^ le Centenier 
aux pieds de Jésus; 307, 283, école flamande ., Jésus en croix, St Famille; 
99, Lépicié^ Matathias punissant des impies ; 211, au-dessus de la porte de 
la 2® salle, copie française, du xvii^ s., de la Mise au tombeau du Titien 
(Louvre). Au milieu: '518, L. Schrœder., la Chute des feuilles, marbre. — 
lie SALLE, à g. de la l^'©: côté dr., 326, école italienne, St Jérôme; 162, 
Valentin., Soldats jouant aux dés; 293, école flamande, Résurrection de La- 
zare; 231, école de Rembrandt, portr. de femme; 226, copie anc. d'après 
Fr. Hals^ Descartes ; 52, Eug. Delacroix, Comédiens ou Buffons arabes; 
202, Mignard, d'après Raphaël, Ste Famille; 149, H. Rigaud, Louis XIV; 
148, Restout, PMlémon et Baueis recevant les dieux; 183, attribué à Eus. da 
S. Giorgio, Adoration de l'enfant Jésus; 67, Qlaize, les Cendres; 16, Boul- 
longne, lo changée en vache. — IIF salle: ôi,^Delaunay, Serment de 
Brutus; sans num., Français, .le Soir; Lansyer, Château et parc de Ménars; 
161, Thirion, Judith; G. Moreau de Tours, un Egyptologue; 65, Eug. Oi- 
raud. Femmes d'Alger. Au milieu: 520, A. Laouste, Amphion, marbre. — 
IVe salle: 113, B.Masson, les Fleurs; 287, école flamande, St Joseph et la 
Vierge ; 127, Muraton , de Tours , le Moine fossoyeur ; 295, école flamande, 
la Cène; 338, école flamande , le Jugement dernier, imitation du tableau 
de Fr. Floris au musée de Bruxelles; 126, Muraton, l'Accueil charitable; 
7, Em. Bin, Persée délivrant Andromède ; table en mosaïque du xviies.; 
faïences genre Palissy. — V^ salle , de l'autre côté de la salle d'entrée : 
48, Ant. Coypél, Colère d'Achille; 601, école du Guide, Pietà; 48bis, A. Goy- 
pel , Adieux d'Hector et d'Andromaque ; 1, Allegrain, Apollon et la sibylle 



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TOURS. //. B. n. 237 

Déiphobé; 278, école flamande^ Adoration des bergers; 215, copie re'duite, 
du xvi® s., de la Descente de croix de Daniel de Volterre à la Trinite'-du- 
Mont , à Eome ; divers portraits par des artistes inconnus ; 249, école du 
Parmesan^ Jugement de Paris. — VI© salle: 92, Lebrun^ portr. du duc de 
Richelieu^ 102, Lesueur^ St Sébastien; 598, école de J. Bellini, l'Enfant 
Je'sus et la Vierge; 194, Mantegna^ la Résurrection ; 188, le Guerchin^ Cléo- 
pâtre mourante; 13, Boucher^ Amyntas revenant à la vie dans les bras de 
Silvia (le Tasse); 223, Ruhens^ Ex-voto, portr. d'Alex. Goubeau et de sa 
femm e ; 12 , Boucher^ Silvia fuyant le loup qu'elle vient de blesser ; 222, 
Ruhens^ Mars couronné par la Victoire ; 193, Mantegna^ Jésus au jardin des 
oliviers ; 210, Elisabeth Sirani^ Mariage mystique de Ste Catherine ; 187, le 
Guerchin (?), Cépbale et Procris ; 218, Fr. Franck , Enlèvement d'Hélène ; 
279, école flamande^ Adoration des mages ; 277, école de Fiesole ou de Sienne 
du xr^ s.^ l'Annonciation; 244, van Goyen^ marine; 11, Boucher^ Apollon 
visitant Latone; 206, le Guide (?), Enlèvement d'Europe, répétition ou 
vieille copie. Au milieu: 519, J. Renaudot^ Naïade, marbre, et une repro- 
duction en bronze de la Diane de Houdon. — VII^ salle: 14, Bon Boul- 
longne^ le Triomphe de Neptune et d'Ampbitrite ; 216, P. de Moya^ Ex- 
voto, un jeune homme assisté par un franciscain; 107, Lohin^ directeur 
de la manufacture de vitraux de Tours, d'après Ribera^ Martyre de St Bar- 
thélémy ; 147, Restout, Mort de Ste Scholas tique ; 599, école du Caravage, 
St Sébastien ; 38, Phil. de Champaigne, le Bon Pasteur ; 146, Restout, Extase 
de St Benoît. Dans la même salle, quelques beaux meubles des xv®- 
XVII® s. et des vitrines où sont exposés des émaux, la plupart de /. Lau- 
din^ notamment, 486, la Femme mal dressée; un petit diptyque en ivoire 
du XV 6 s. (540) ; des grès et de faïences, etc. 

En revenant par la rue Nationale, on verra encore à g., près de la 
place de rHôtel-de-Yllle, St- Julien (pi. C2), anc. église abbatiale 
du XIII® s., sauf la tour romane de la façade, qui est d'une église 
antérieure , de la fin du x® s. La nef a deux collatéraux tandis que 
le chœur en a quatre, les deux extrêmes terminés par des absidioles 
du XVI® s., en saillie sur les autres et sur la partie centrale, qui se ter- 
minent par un mur droit percé de grandes fenêtres. Il y a des vitraux 
et des peintures murales modernes, par Lobin et Douillard. 

Il reste peu de chose du château de Plessis-lès-Tours^ bâti et habité par 
Louis XI (m. 1483), à 1 kil. au S.-O. de la ville (v. p. 234), et de la célèbre 
abbaye de Marmoutier^ à 2 kil. 1/2 a-u N.-O. du pont de pierre, sur la rive dr. 

Excursions de Tours. 

I. A Chenonceaux. — Ligne de Vierzon (v. p. 241): 32 kil.; 50 min. à 
1 h. ; 3 fr. 45, 2 fr. 55, 1 fr. 85. Correspondance pour Chenonceaux , 40 c, 
10 e. quand on prend un aller et retour. Voiture d'Amboise ou pour 
cette ville, 12 fr. Plusieurs personnes voyageant ensemble et venant de 
la direction d'Orléans ou s'en retournant de ce côté, peuvent avoir avan- 
tage à ne point passer deux fois par Tours et à prendre une voiture 
particulière. Amboise (p. 230) est a 12 kil. au N.-O. de Chenonceaux, 
par la forêt d'Amboise. 

On suit quelque temps la ligne d'Orléans , puis on remonte la 
vallée du Cher. — 6 kil. St-Pierre-des- Corps (p. 230). — 12 kil. 
Veretz , à 2 kil. duquel est Larçay , remarquable par son castellum 
romain, dont le côté S. a encore quatre tours. — 18 kil. St -Martin- 
le -Beau. 

25 kil. Blere- Lacroix, J5ZeVe est une ville de 3599 hab., à 1 kil. 
au S. , possédant une joli chapelle du xvi^ s. Le château de Che- 
nonceaux se voit à dr. avant la station de ce nom. 



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238 ILR.24, AZAY- LE -RIDEAU. Excursions 

32kil. Chenoneeaux {hôt. du Bon- Laboureur ^ déj., 2fr. 50 et 
3 fr.), village célèbre par son ^château, de l'époque de transition 
entre le style goth. et le style italien de la renaissance. Ce qui le 
rend encore plus curieux , c'est qu'il est construit en grande partie 
sur un pontj dans le lit du Cher. On est toujours admis à le visiter, 
au moins en partie. Il fut fondé en 1515 par un receveur général 
des finances, Thomas Bohier, mais il fut abandonné par son fils à 
l'Etat, en 1535. François I*^^ y vint souvent, mais Henri II le donna 
à Diane de Poitiers, qui dut le céder ensuite à Catherine de Médicis, 
en échange de celui de Chaumont (p. 230). La reine veuve l'agran- 
dit et l'embellit beaucoup et le légua à la veuve de Henri III, Louise 
de Lorraine -Yaudemont. Il a été ensuite vendu à divers parti- 
culiers , dont le plus connu fut l'ancien fermier général Dupin , et 
il appartenait en dernier lieu à Mme Pelouze et à M. "Wilson, gen- 
dre de M. J. Grévy. — Pour y aller de l'hôtel, où s'arrête l'omnibus, 
on continue jusqu'au bout du village, d'où l'on descend à g., par une 
avenue que traverse le chemin de fer. On passe dans une première 
cour, où sont les écuries, et l'on s'adresse à dr. à la concierge, dans 
le donjon, reste d'un château antérieur, du xv® s. hà façade du 
château actuel a été remaniée ; ce qu'elle a maintenant de plus curi- 
eux , c'est son balcon et ses lucarnes , mais elle avait auparavant 
quatre cariatides de Jean Goujon , qui ont été enlevées et trans- 
portées dans le parc. A g. de la façade se voit la chapelle. On visite 
particulièrement, au rez-de-chaussée, la salle à manger, l'anc. salle 
des gardes, meublée dans le style Henri II, et, à côté, la chapelle, 
qui a des vitraux anciens. De là on descend à Vofjice et à la cui- 
sine, établis dans deux grosses piles d'un pont qui supportait primi- 
tivement un moulin. A la suite vient un pont moins ancien , avec 
une aile à deux étages, qui s'étend jusqu'à la rive g. du Cher et par 
où l'on va au parc. Il faut sortir à l'autre extrémité pour voir cette 
partie du château, du temps de Diane de Poitiers, surtout remar- 
quable par son originalité. La galerie du bas renferme un certain 
nombre d'objets d'art et il a été question d'ouvrir au-dessus une 
galerie de peinture. Les chambres du 1^^ étage, souvent occupées, 
se visitent assez rarement. 



II. A Ohinon. — Ligne de Sables - d'Olonne : ôOkil.-, 1 h. 20 à 1 h. 355 
6 fr. 15, 4 fr. 60, 3 fr. 40. Départ de la gare de l'Etat (p. 234). 

On passe au-dessus de la ligne de Nantes et traverse le Cher, 
puis des bas-fonds. — 6 kil. Joue -lès- Tours, où on laisse à g. la 
ligne de Loches (p. 240). — 10 kil. Baïlan, Le pape Martin IV 
(Simon de Brion , m. 1285) naquit aux environs , au château de la 
Carte, dont la chapelle a de beaux vitraux du xvi® s."— 17 kil. 
Druye. — 22 kil. ValUres. 

26 kil. Azay - le - Rideau (hôt. du Grand - Monarque) ^ ville de 
2126 hab., avec un *château très remarquable de la renaissance, 
qu'on peut visiter. 



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de Tours. CHINON. IL R. 24, 239 

La voie franchit immédiatement Vhidre. — 33 kil. Rivarennes. 
Puis la forêt de Chinon. — 44 kil. Huismes. Un tunnel de 920 m. 
précède Chinon, qu'on aperçoit à dr. 

50 kil. Chinon (hôt. : de France, place de l'Hôtel-de- Ville ; de la 
Boule-d'Or, sur le quai), ville de 6205 hah., dans un joli site, sur 
les collines de la rive dr. de la Vienne , célèbre par les événements 
historiques qui s'y rattachent et par son château. Elle a un beau 
quai, mais elle n'est guère composée sans cela que de rues étroites et 
tortueuses, où l'on voit encore des maisons des xv® et xvi® s. C'est 
une ville commerçante, ayant des foires considérables. 

Chinon existait déjà du temps des Romains, sous le nom de Caîno. 
Vu sa position importante, ils y avaient construit un castrum (v. ci-dessous). 
Plus tard, elle fut occupée par les Visigoths, appartint aux royaumes de 
Paris et d'Austrasie, puis aux comtes de Touraine et à Henri II d'Angleterre, 
qui aimait à l'habiter et y mourut en 1089. Re'unie à la France au com- 
mencement du XIII® s., après un an de siège, elle changea encore plu- 
sieurs fois de maître, jusqu'au commencement du xv®s. C'est ici que 
Jeanne d'Are vint trouver Charles VII en 1428, pour le décider à marcher 
au secours d'Orléans. 

On suivra d'abord le quai, le long de la Vienne, considérable à 
cet endroit, à 15 kil. de son embouchure dans la Loire. A g., en 
deçà du pont qui relie la ville à son faubourg, est une statue de 
Rabelais, né à Chinon ou aux environs, vers 1495, bronze moderne 
par Em. Hébert. En face, la place de l'Hôtel -de -Ville, où l'on 
prendra à dr. la rue St-Etienne pour arriver, à g., à la rue du Pay- 
des-Bancs, la montée principale du château, où l'on voit des grottes 
encore habitées. 

Le CHATEAU de Chinon se composait en réalité de trois châteaux 
distincts: le château de St- Georges, le moins ancien, dont il ne 
reste que les soubassements du mur d'enceinte , à dr. à l'entrée des 
deux autres ; le château du Milieu et le château du Coudi-ay. Le 
plateau où en sont les ruines est transformé en une promenade 
ouverte au public du l^'* avril au 1®^ nov., les dim. et fêtes, de midi 
à la chute du jour. En d'autres moments , sonner à la porte. Le 
château du Milieu fut bâti sur l'emplacement du castrum romain 
dès le XI® s. , mais souvent remanié. Ses parties les plus impor- 
tantes sont: le pavillon de l'Horloge, à l'entrée; le Grand-Logis, où 
une inscription indique la salle dans laquelle Jeanne d'Arc vint re- 
connaître Charles VII, et le donjon, la partie la mieux conservée. — 
Le château du Coudray, relié au précédent par un pont sur un fossé 
très profond, a encore, à g., une belle tour avec une chapelle du 
XIII® s. et deux tours rondes. On a une belle vue de ce château sur 
la ville et la vallée de la Vienne. 

Près du commencement de la montée du château se trouve V église 
St-Etienne, du xv® s., qui a un joli petit portail, une large nef, une 
tribune moderne en pierre du même style, de beaux vitraux mo- 
dernes, par Lobin , et un autel à retable. Elle possède encore une 
chape dite de St-Mesme, qui date du x® ou du xi®s. Plus loin, dans 



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240 //. B. 24. LOCHES. Excursions 

le prolongement de la rue St-Etienne, les restes de St-Mesme, sur- 
tout deux tours romanes et gothiques. A côté est une jolie chapelle 
goth. moderne. 

Dans l'autre partie de la ville, à l'extrémité de la rue St-Maurice, 
qui part également de la place de l'Hôtel-de- Ville et où se voient de 
vieilles maisons intéressantes , V église St - Maurice , au pied du 
château. C'est un édiflce des xii®, xv^ et xvi^s., avec un clocher en 
partie roman et de grandes et belles voûtes. On y remarque aussi 
une grande fresque par Grandin et quelques tableaux, en particulier 
une Vierge attribuée à Sassoferrato, au dernier pilier à dr. 

On redescendra enfin sur le quai pour voir de là le château. 

Embranch. de Port -Boulet (Saumur), v. p. 200. Autres lignes, v. le 
Midi de la France^ par Bsedeker. 



III. A Loches. — Ligne de Càâteauroux (v. p. 242) : 47 kil. ; 1 h. 20 
à 3 h. î 5 fr. 75, 4 fr. 30, 3 fr. 15. Départ de la gare de l'Etat (p. 284). Ex- 
cursion très recommande'e. 

On suit la ligne de Chinon jusqu'à Joué -lès -Tours (6 kil.), la 
première station (p. 238). Puis on passe au-dessus de la ligne de 
Bordeaux, et l'on monte sur un plateau boisé. 

17 kil. Monthazon , bourg sur V Indre, dominé par l'énorme 
donjon carré d'un château qui datait du xi^ s. Il y a au sommet 
une statue moderne de la Vierge. 

La voie remonte ensuite la vallée de l'Indre. — 22 kil. Esvres. 
On traverse l'Indre. — 27 kil. Cormery, qui eut une abbaye de 
bénédictins fondée au viii^s., dont il reste surtout un très beau 
clocher. — 34 kil. Reignac. — 40 kil. Chambourg. Beau coup d'oeil 
à dr., en y arrivant, sur Loches et son château. 

47 kil. Loches {hôt. de la Promenade, place de la Tour), ville de 
5141 hab., dans un site très pittoresque, sur des coteaux de la rive 
g. de l'Indre , et fameuse par son château , prison d'Etat dès 1249, 
mais surtout sous Louis XI (m. 1483). 

A quelques min. de la gare , sur la place de la Tour, se voit la 
grosse tour St -Antoine, beau reste d'une église du xvi^s. — En 
continuant tout droit par la rue de la Grenouillère, on voit bientôt 
à g. la porte Picoys, du xv^ s., par laquelle on passe , et qui touche 
à V*hôtel de ville, jolie construction de la renaissance, du milien 
du XVI® s. — Un peu plus loin à dr. est la rue du Château, qui a 
encore de belles maisons de la renaissance, num. 10, 12, 14 et 23. 

Le château avait une enceinte de murailles et de fossés de 2 kil. 
de développement, qui subsistent en grande partie. Il y a mainte- 
nant comme une petite ville dans cette enceinte. En tournant dans 
la première rue à g., on arrive d'abord à I'bglise St-Oubs, une an- 
cienne collégiale, en grande partie du xii® s., et un édiflce des plus 
curieux. Le vaisseau se compose surtout d'un porche surmonté d'un 
clocher, de deux travées carrées, dont les voûtes sont d'énormes 
pyramides creuses, formant toiture et sans aucun jour, et d'un tran- 



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de Tours. LOCHES. II. J?. 2d. 241 

sept que couronne également une tour avec pyramide. Le chœur n'a 
rien de particulier. La porte est remarquable par les sculptures de 
l'archivolte. Il y a sous le porche qui la précède un bénitier fait 
d'un autel antique , en forme de tronçon de colonne ronde , orné de 
sculptures. On remarquera aussi, à l'intérieur, les premières stalles 
du chœur, du xvi® s., et le tabernacle, du xvn® s. 

A côté de l'église est l'anc. château koyal, habité par Charles VII 
(m. 1461), Louis XI (m. 1483), Charles YIII (m. 1498) et Louis Xlt 
(m. 1515), et qui sert maintenant de sous -préfecture. Il date des 
XV® et XVI® s. et il a du côté de la vallée une belle façade , qu'on 
peut voir en s'adressant à la concierge, ainsi que le tombeau d'Agnès 
Sorel (m. 1450) , favorite de Charles YII. Ce tombeau , maintenant 
dans une des tours de la façade, est surmonté d'une statue du xv® s. 
On visite aussi, dans la partie la plus ancienne, le joli oratoire 
d'Anne de Bretagne, femme de Charles YIII et de Louis XII. 

Le *DoNJON ou plutôt l'anc. château fort, à l'autre extrémité de 
l'enceinte, où l'on va en prenant à dr. de l'église, est encore la 
partie la plus intéressante. On le visite sous la conduite du gar- 
dien, qui donne les explications nécessaires. A g. de l'entrée est le 
donjon proprement dit, une tour rectangulaire du xii® s., de 25 m. 
de long sur 14 de large et 40 de haut. Il n'en reste plus que les 
quatre murs. Il y a à côté, à g., une autre tour de même forme, 
mais de moitié moins grande et beaucoup plus ruinée. A dr. du 
donjon, le Martelet, où étaient les cachots, et où Ludovic Sforza 
(m. 1510), qui y fut enfermé neuf ans, a laissé des inscriptions et 
son portrait. Il y a encore d'autres inscriptions curieuses. Plus 
à dr. enfin, la tour Ronde ou tour Neuve, construite par Louis XI. 
C'est là que se trouvaient, dans une salle basse, les fameuses cages 
de fer où furent enfermés le cardinal de la Balue, l'inventeur; 
l'historien Comines, etc. 

Au retour , on prendra à dr. en dehors de l'enceinte , pour en 
voir l'extérieur, et l'on reviendra à la place de la Tour par la rue 
du bas, d'où l'on verra encore la porte des Cordeliers, anc. porte de 
la ville du xv® s. 

Sur l'autre rive de l'Indre, en amont, se trouve BeauUeu, qui a une 
église abbatiale remarquable du style roman, en partie en ruine et en 
partie reconstruite au xv© s. 



De Tours a Vierzon (Bourges): 113 kil.-, 2 h. 40 à 3 h. 30^ 13 fr. 40, 
9 fr. 95, 7 fr. 30- — Jusqu'à Ghenonceaux^ v. p. 237. — 39 kil. Hontrichard, 
petite ville qui a un donjon datant peut-être du commencement du xi© s. 
et entouré d'une enceinte des xiii® et xve s. A l'O., dans un faubourg, 
est la belle église de Nanteuil^ du xiii^ s., avec une chapelle de la Vierge 
à deux étages (pèlerinage), ajoutée au xv^ s. Cette église se voit bien 
du chemin de fer après la station. — On passe ensuite deux tunnels. — 
44 kil. Bourré. — 50 kil. Thésée.^ où sont les ruines d'un monument gallo- 
romain inexpliqué. 

57 kil. St-Aignan-Noyers. St-Aignan (hôt. de la 6erhe-d'0r) est une ville 
de 3471 hab., à 2 kil. au S., avec un château.^ des xiii®-xvie s., la partie 

Bsedeker. Nord de la France. 2e édit. 16 



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242 IL R. 2à. FALLU AU - ST - GENOU. 

ancienne depuis longtempB en ruine. Parmi les objets d'art qu'il ren- 
ferme, il faut surtout citer un sarcopliage antique en marbre, avec bas- 
reliefs et inscription grecque. Véglise est aussi un monument curieux, 
de la fin de la période romane. 

71 kil. Selles-sur-Ghei*^ autre petite ville avec une église remarquable 
des xii®-xv6 s. _ 80 kil. Ghabris-Gièvres. Chabris , à 4 kil. an S. , a aussi 
une église curieuse, qui remonte jusqu'au x® s. — 88 kil. ViUefranche-sur- 
Cher. — Ligne de Rombrantin-Blois (p. 229). — 97 kil. Mennetou-sur-Chei\ 
bourgade qui a des remparts du xiii^ s. — 102 kil. Thénioux. — 113 kil. 
Vierzon (p. 343). 

De Touks a Chatkauroux : 118 kil. ^ 3 h., 4 h. et 9 b. 45; 14 fr., 10 fr. 65, 
7fr. 70. — Jusqu'à Loches (7^ st.), v. p. 240. Belle vue sur la ville et, 
plus loin, sur son donjon. Puis, à g., le beau clocher de Beaulieu. On 
traverse encore plusieurs fois l'Indre. — 68 kil. (10® st.) Ghâtillon-sur- 
Inâflre^ qui a un château en ruine, avec un donjon du xii® s. — 76 kil. 
Glion^ ou se voit, à g., le château de l'Ile -Savary. 

84 kil. Palluau-St-Oeiiou. Palluau (1706 hab.), sur la rive dr. de l'Indre, 
a un vieux château en ruine, qu'on aperçoit au loin, à g. Si -Genou 
(1264 hab.), à 2 ou 3 kil. au S.-E., a une anc. église abbatiale fort curieuse 
du xi^s. — 118 kil. (17® st.) Ghâteauroux y à g. (v. le Midi delà France^ 
par Bœdeker). 

De Tours au i/o»s, v. p. 171-172; à Angers ^ à Bordeaux ^ aux Sables 
d^Olonne^ v. le Midi de la France^ par Bsedeker. 



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m. ENTEE PARIS, LES VOSGES, LE JUEA ET 
LA LOIRE 



25. De Paris à Troyes et à Belfort 245 

I. De Paris à Troyes 245 

Ferrières. De Gretz - Armainvillers (Paris) à Vitry-le- 
François. 245. — De Longueville à Provins. 246. — 
De B-omilly à Sézanne. 248. — De Troyes à Châlons- 
sur-MarnCi à Brienne. 253. 

II. De Troyes à Belfort 253 

De Chaumont à Châtillon-sur-Seine. 254. — De Langres 
à Poinson - Beneuvre ; à Andilly. De Chalindrey à 
G-ray. De Vitrey à Bourbcnne-les-Bains. 256. — De 
Belfort à Porrentruy (Bâle). 259. 

26. De Paris à Epinal (Vosges) 259 

A. ParBlesme, Bologne, Neufchâteau et Mirecourt 260 
De St-Dizier à Brienne-, à Doulevant. D'Ancerville- 

Crué à Naix-Menaucourt. 260. 

B. Par Bar-le-Duc, Neufchâteau et Mirecourt . . . 261 

C. Par Pagny-sur-Meuse , Neufchâteau et Mirecourt 261 

D. Par Toul et Mirecourt 262 

JE. Par Nancy et Blainville-la-Grande 262 

De Charmes à Rambervillers. 263. 

F. Par Chaumont, Neufchâteau et Mirecourt . . . 263 
De Neufeliâteau à Merrey^ à Toul. 263. 

G, Par Jussey et Darnieulles 264 

27. De Nancy à Dijon 266 

A. Par Mirecourt et'^Chalindrey 266 

B. Par Epinal et Gray 268 

De Gray à Besançon. 270. 

28. D'Epinal à Belfort. Plombières 270 

D'Aillevillers à Plombières. 270. — De Plombières à 
Remiremont. D'Aillevillers à Faymont. 272. 

29. De Belfort à Strasbourg 273 

De Mulhouse (Paris - Belfort) à Bâle. De Bollwiller à 
auebwiller.] 274. 

30. De Nancy à Strasbourg 275 

De Mont - sur - Meurthe à Gerbéviller. 276. — D'Igney- 
Avrîcourt à Cirey. De Deutsch-Avricourt à Dieuze. 
De Lutzelbourg à Phalsbourg. Excursions de Saverne. 
De Saverne à Haguenau -, à Schlestadt. 277. 

31. De Lunéville à St-Dié et à Epinal ...... 279 

De Raon-l'Etape à Schirmeck. D'Etival à Senones. 
279. — Montagne d'Ormont. Côte St-Martin. 280. 

32. Excursions de St-Dié dans les Vosges 281 

I. A Strasbourg, par Rothau 281 

Climont. D'Urmatt à Niderhaslach et dans la vallée 
du î^^ideck. 281. — Château de Guirbaden. 282. 



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244 



II. A Schlestadt, par Ste-Marie-aux-Mines . . . 282 
Château de Hohkœnigsbourg. Kintzheim, etc. 282. 

III. A Colmar, par Fraize et la Poutroye 283 

Be Plainfaing au Valtin et à la Schlucht. Lac Blanc. 
283. — Bressoir. Orbey. 284. 

33. Excursions d'Epinal dans les Yosges 284 

I. A Oolmar, par Gérardmer, la SchlucM et Munster 284 

Valle'e de Granges. 285. — Promenades et excursions de 
Gérardmer. De Gérardmer à la Bresse. 286. — Lacs 
de Longemer et de Retournemer. 287. —De la ScWucht 
au Holineck. 288. — De la Schlucht au lac Blanc 5 à 
la Bresse. 289. — De Munster à Metzeral. Kahlen- 
wasen. 290. — De Turckheim aux Trois -Epis; au 
château de Hohlandsberg. 291. 
IL A Mulhouse par St-Maurlce-Bussang et Wésserling 291 

Vallée des Charbonniers, lac de Bers, Gresson, etc. 
Ballon de Guebwiller. De Cernay à Massevaux. 292. 

III. A Mulhouse, par Cornimont et Wesserling . . 293 

IV. A Belfort, par le ballon d'Alsace 294 

Ballon de Servance. 295. 

34. De Belfort (Strasbourg) à Dijon 295 

A. Par Montbéliard et Besançon 295 

De Montbéliard à Délie; à St-Hippolyte. 296. 

B. Par Vesoul et Besançon 297 

35. De Besançon à Neuchâtel 302 

Del'Hôpital-du-Gros-Bois à Lods. 302. — Col des Eoches. 
Lac des Brenets. Saut du Doubs. 303. 

36. De Besançon (Belfort) à Bourg (Lyon) 304 

De Mouchard à Salins. 304. 

37. De Paris à Dijon 307 

A. Par la ligne directe 307 

De Sens à Troyes (Châlons). 311. — De St-Florentin à 
Pontigny. De Nuits- sous -Ravières à Châtillon-sur- 
Seine. Mont-Auxois et Alise. 312. — Château de 
Bussy-Rabutin. Sources de la Seine. 313. 

B. Par Troyes et Cbâtillon-sur-Seine 313 

Excursions de Dijon. De Dijon à St-Amour. 321. 

38. De Dijon à Neuchâtel et à Lausanne 322 

D'Auxonne à St-Jean-de-Losne (Chagny). De Dole à 
Chalon-sur-Saône (Chagny) ; à Poligny. D'Andelot à 
Champagnole. 323. 

39. Le Morvan. Auxerre, Autun, etc 325 

I. De Laroche (Sens) à Auxerre (Autun) et à Nevers 325 

n. D'Auxerre à Autun, par Avallon 327 

D'Avallon aux Laumes. 328. — D'Avallon à Vézelay^ 
à Chastellux; à Quarré-les-Tombes. 329. — De Sau- 
lieu à Montsauche. 330. 
III. DeClamecy (Auxerre) à Paray-le-Monial (Moulins) 330 
De Corbigny à Lormes. De Vandenesse à St-Honoré- 
les-Bains. 331. 



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245 



40. De Dijon à Nevers 332 

A. Par Chagny, Montchanin et le Creusot .... 332 
Abbaye de Cîteaux. 332. — De Montchanin à Paray-le- 

Monial. 333. 

B. Par Chagny et Antun 334 

D'Autun à Château-Chinon. 337. 

41. De Paris à Nevers 338 

A. Par Fontainebleau et Montargis (ligne de Lyon 

par le Bourbonnais) 338 

De Montargis à Sens; à Clamecy (Morvan). De Grien 

à Argent; à Auxerre. 339. 

B. Par Corbeil et Montargis 341 

De Malesberbes à Orléans. 341. — De Beaune-la-Eo- 
lande à Bourges. 342. 

C. Par Orléans et Bourges 342 



25. De Paris à Troyes et à Belfort. 
I. De Paris à Troyes. 

167 kil. Chemin de fer de l'Est, bureaux à g., au fond de la gare Cpl. 
p. 1, C24). Trajet en 2 h. 45 à 6 b. Prix: 20fr. 65, 15 fr. 55, 11 fr. 40. — 
Voir aussi la carte p. 2. 

Jusqu'à Noisy-le-Sec (6 kil.), v. p. 3. — 13 kil. Eosny- sous- 
Bois. A dr., le fort du même nom ; à g., le plateau d'Avron (p. 4). 
— 17 kU. Nogenf -sur- Marne, localité de 12 972 hab., s'étendant à dr. 
jusqu'au bois de Vincennes, où elle est aussi desservie par le chemin 
de fer de ce nom (v. Paris et ses environs, par BsBdeker). Beaucoup 
de maisons de campagne. On traverse ici la Marne sur un viaduc 
courbe à 34 arches, de 827 m. de long et 28 m. de haut. On laisse 
ensuite à dr. le chemin de fer de Grande-Ceinture de Paris, passant 
à Champigny, localité connue par les batailles des 30nov. et2déc. 
1870. — 21 kil. Villiers-sur- Marne, village que les Allemands occu- 
paient pendant les batailles de Champigny. 

Puis le plateau de la Brie; A g., le fort de Yilliers-sur-Marne. — 
28 kil. EmerainvUle-Pontaidt. — 33 kil. Ozouer-la-Ferrière. 

Correspondance pour Ferrières, à 5 kil. 1/2 au N., où se trouvent une 
belle église du xiii® s. et le magnifique château moderne de ce nom, dans 
le style de la renaissance italienne, au baron Edm. de Rothschild. C'est 
là qu'eurent lieu, les 19 et 20 sept. 1870, entre M. de Bismarck et Jules 
Favre, des pourparlers en vue d'un armistice, qui demeurèrent sans résul- 
tat. Il faut une permission pour visiter le château. 

On traverse une forêt. A dr. à la sortie , le magnifique château 
Pereire , également moderne , dans le style du xvii** s. — 39 kil. 
Gretz-ArmainvUlers. 

De Gretz-Armàinvillers (Paris) a Vitrt-le-François : 164 kil. : 6 h. 
20 ; 20 fr. 25, 15 fr. 25, 11 fr. 20. — 13 kil. (3e st.) La Houssaye-Crèvecœur. 



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246 ///. R. 25, PROVINS. De Paris 

La Houssaye, à g. de la voie, a un château du xvi®s., avec un ibeau 
parc. — 17 kil. Moricerf^ où doit aboutir la ligne de Lagny-Villeneuve- 
le- Comte (p. 4). — 23 kil. Guérard, village qui a un beau château, à 
1/4 d'h. à g. La voie passe du même côté près de la Celle , où sont les 
ruines d'une abbaye. On arrive dans la valle'e du Grand-Morin ^ qu'on 
va remonter jusque près de Sézanne (v. ci-dessous). 

32 kil. (8e st.) Coulommiers (hôt. du Soleil-Levant), ville de 6218 hab., 
sur le Grand - Morin. . Elle est d'origine ancienne, mais elle offre très 
peu de curiosités: une église (St-Denis) des xiii® et xvi® s., avec des vi- 
traux du xvi^ s. ; quelques restes d'un château du xvii® s. , et une statue 
de Beaurepaire , le commandant de Verdun en 1792, qui se tua pour ne 
pas rendre la place : cette statue, érigée en 1884, est en bronze, par Max, 
Bourgeois. Sur une hauteur au !N. , une anc. commanderie de VEÔpital, 
maintenant une ferme. 

40 kil. (116 st.) Jouy-sur-Morin-le-Marais , où il y a d'importantes pa- 
peteries. — 43 kil. La Ferté-Gaucher, petite ville. 

77 kil. (16^ st.) Esternay, aussi sur la ligne deMézy (Château-Thierry) 
à Eomilly (p. 5) et où doit aboutir celle de Provins (v. ei-dessous). — 
85 kil. Meix-St-Epoing. On sort de la vallée du Morin par un tunnel de 
540 m. de long. 

93 kil. Sézanne (hôt. de France), ville de 4998 hab. , dans un joli site, 
sur un plateau où une brèche donne passage à un bras du Morin qui 
s'écoule au S.-E., vers l'Aube, tandis que l'autre est un affluent de la 
Marne, à l'O.-N.-O. Belle église du xvi^s. — Ligne de Romilly, v. p. 248. 

114 kil. (21© st.) La Fère - Champenoise , où l'aile gauche de l'armée 
française fut défaite par les forces supérieures des coalisés, le 25 mars 
1814. — Ligne d'Epernay, v. p. 6. — Plaines monotones et peu fertiles 
de la Champagne pouilleuse (p. 253). — 131 kil. (23® st.) Sommesous, aussi 
sur la ligne de Troyes à Châlons (p. 253). — 160 kil. (26^ st.) Huiron. 
Puis à dr. la ligne de Valentigny (p. 9 et 260) et à g. celle de Paris par 
Châlons (R. 1). — 164 kil. Vitry-le-François (p. 8). 

44 kil. Villepatour. — 49 kil. Ozouer - Ze - Voulgis. Joli vallon 
boisé. — 53 kil. Verneuil-Chaumes. — 59 kil. Mormant, où les 
Autrichiens furent battus en 1814. — 65 kil. Grand-Puits. — 70 kil. 
Nangis, petite yiUe à dr., avec une église remarquable du xiv®s. et 
les ruines d'un château. — 80 kil. Maison-Rouge. Un petit tunnel, 
après lequel on voit à g. la belle église de St-Loup-de-Naud , des 
styles roman et goth. , avec un riche portail , bien conservé. Puis 
un viaduc courbe de 416 m. de long et 20 m. de haut, sur la Voulzie. 
— 89 kil. Longueville (buffet). Suite de la ligne de Troyes , v. ci- 
dessous. 

De Longueyille a Provins, embranch. de 6 kil. , par la vallée 
de la Voulzie, devant se prolonger vers Esternay (v. ci-dessus). Belle 
vue à g., à l'arrivée, sur Provins, avec son donjon et St-Quiriace. 

Provins (hôt. : de la Boule d'Or, rue de la Cordonnerie; de la 
Fontaine, rue Victor- Arnoul), vieille ville fort curieuse de 8240 hab., 
sur la Voulzie et en partie sur une colline escarpée. 

Cette ville fut très importante au moyen âge, où elle a compté, 
dit-on, plus de 80000 hab., parmi lesquels '60 000 ouvriers. Elle appar- 
tenait alors aux comtes de Champagne , et elle ne fut définitivement 
réunie au domaine royal qu'en 1433. Sa décadence était déjà alors à peu 
près consommée, surtout par suite des guerres avec les Anglais ^ elle le 
fut définitivement dans la guerre de religion , quand Henri IV dut l'as- 
siéger pour la soumettre, en 1589. 

De la gare, on arrive d'abord dans la ville basse, la partie moins 



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à BelforU PROVINS. IIL R. 25. 247 

ancienne, en traversant la Vonlzie, et par plusieurs rues qui se 
suivent, à St-Ayaul, église goth. avec des parties romanes, des 
xii®-xvi® s. Il y a au maître autel un grand et beau contre-retable, 
par Nie. Blasset , avec un tableau de Stella , Jésus parmi les doc- 
teurs. Dans la cbap. de la Vierge , à dr. , d'autres sculptures par 
Blasset, et dans celle des fonts, à g. de l'entrée, deux statues de Ste 
Cécile, du xvi® s. — A dr. de St-Ayoul est la sous-prejecture , un 
anc. convent de bénédictins, et à g. de la place la belle tour de 
Notre- Dame-du' Val, qui dépendait d'une autre église, du xvi® s. 

En retraversant la place St - Ayoul et suivant tout droit la rue 
de la Cordonnerie, puis la rue du Val, on passe, à dr., près de Ste- 
Cfoix, église des xin®, xv® et xvi® s. , qui a des œuvres d'art inté- 
ressantes : des vitraux du xvi® s. (grisailles) , des fonts à hauts- 
reliefs mutilés de la même époque , le lutrin , etc. La Descente de 
croix du maître autel est une copie d'après Jouvenet. — Dans le 
voisinage est la villa Garni er (v. ci-dessous). 

La rue St-Tbibaut, à la suite de la rue du Val , mène à la ville 
haute. Dans le bas, à g., V Hôtel- Dieu, qui a des parties du xiii^ s. 
On pourra encore voir , à peu de distance dans la rue à g. avant cet 
édifice, une maison du xiii® s., Vhôtel de Vauluisant. La rue à g. 
au delà de l'Hôtel-Dieu, monte à St-Quiriace, en passant devant le 
collège, qui a remplacé le palais des comtes de Champagne, dont il 
subsiste encore des restes, du xn® s. 

St-Quiriace, attire de loin l'attention, à cause de sa situation 
et par le dôme moderne qui le défigure. C'est pour le reste un 
édifice remontant à 1160, avec un très beau chœur à galerie, du 
style de transition. 

La *Grosse Toijb , un peu plus loin que l'église et qui lui sert 
de clocher , est , avec les remparts (v. ci-dessous) , une des princi- 
pales curiosités de Provins (gardien dans l'enceinte). C'est un an- 
cien donjon du xn® s. , auquel les Anglais ont ajouté au xv® s. 
l'enceinte circulaire où il se trouve. La base est carrée , avec des 
tourelles rondes aux angles , et la partie supérieure octogone. Le 
couronnement et la toiture ne datent que du xvii® s. Il y a encore 
à l'intérieur deux salles voûtées, celle du haut avec plusieurs cel- 
lules qui ont dû renfermer des prisonniers. Il y avait auparavant 
quatre étages. On a une belle vue du chemin de ronde qui fait le 
tour de l'octogone. 

Plus loin, à dr., la. place du Châtel, où l'on remarque une vieille 
croix et un vieux puits. La rue en face conduit de là à la porte de 
Jouy (v. ci-dessous). A g. de cette rue, à quelques pas de la place, 
la me St-Jean, avec une anc. grange des Dîmes, du xni^ s. Elle 
a un sous-sol en communication avec de vastes souterrains. 

En continuant de suivre la rue St - Jean , on arrive à la porte 
St-Jean, à moitié en ruine, et en tournant à dr. en dehors, on 
longe les *iiempaets, dans leur partie la mieux conservée. Ce sont 
encore les remparts du moyen âge, avec tours rondes et carrées 



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248 IIL R. 25. ROMILLY. De Paris 

et précédés d'un fossé. Ils tournent plus loin à angle droit, et 
l'on voit de ce côté la brèche aux Anglais, faite en 1432, puis la 
porte de Jouy. On y descendra par un sentier dans le fossé pour 
gagner le Trou au Chat, une poterne dans une tour. Il y a là deux 
murs d'enceinte, l'un fermant la ville haute, l'autre descendant 
jusqu'au Durteint, affluent de la Voulzie, à env. 200 m. de là. 

La ville basse avait des remparts moins considérables, en partie 
détruits. Ils étaient bordés d'un fossé plein d'eau encore existant, 
que longe une belle promenade de 1 kil., les remparts d'Aligre, 
où l'on a érigé en 1887 un monument aux victimes de la guerre de 
1870-71 , avec un beau groupe en bronze par Longepied. Sur un 
coteau à g., V hôpital gênerai, qui a remplacé un couvent du xiii® s. 
(cloître). 

Plus loin, au bord de la promenade , un joli petit e'tahlissement 
hydrominéral, aux eaux ferrugineuses acidulés froides, peu miné- 
ralisées et malheureusement fort pauvres en acide carbonique. On 
y traite particulièrement la chlorose et l'anémie : boisson, 25 c. par 
litre ou par jour ; bain, 1 fr. Outre la promenade des remparts , il 
y a en face un charmant ^'ardm public, avec la villa Qarnier , l'un 
et l'autre légués à la ville par un habitant. La villa contient la 
bibliothèque et un petit musée, qui est public les jeudi et dim. de 
midi à 4 h. En sortant de l'autre côté , par la rue de la Biblio- 
thèque, on retourne dans la rue du Yal et à g. à St-Ayoul. 

Ligne de Tboyes (suite). — On traverse ensuite de jolis val- 
lons boisés. — 93 kil. Chalmaison. La voie, redescend dans la val- 
lée de la Seine. — 96 kil. Flamboin-Oouaix (buffet). 

Embrakch. de 30 kil. sur Monter eau (p. 309). 

100 kil. Herme. — 105 kil. Melz. 

111 kil. Nogent-sur-Seine , ville de 3652 hab., qui n'a de re- 
marquable que son église St-Laurent, des xv® et xvi®s., avec une 
tour élégante, dont le couronnement, à colonnettes, figure un gril. 
On remarque à l'intérieur le buffet d'orgue, du xvi® s. , et plusieurs 
tableaux. — C'est près de Nogent que se trouvait l'abbaye du 
Paraclet, fondée en 1123 par le célèbre Abélard, qui y fut inhumé 
avec Héloïse ; il n'en reste plus que le caveau vide. 

On traverse ensuite la Seine et on en remonte la vallée jusqu'au 
delà de Troyes. — 119 kil. Font-sur-Seine, village avec le châ- 
teau moderne de M. Jean-Cas. Périer, à dr. avant la station. Il y a 
dans le voisinage une grotte à stalactites de 2 kil. de longueur. 

129 kil. Romilly, localité industrieuse de 6938 hab. 

Ligne de Château- Thierry -Mézy ^ par Esternay, v. p. 5. — Embranch. 
de 30 kil. sur Sézanne (Epernay), par Anglure (11 kil.), sur l'Aube: v. p. 246. 

133 kil. Maizières. — 141 kil. Mesgrigny. — 147 kil. St- 
Mesmin. — 152 kil. Savières. — 155 kil. Payns. — 158 kil. St- 
Lyé. — 161 kil. Barberey. — A dr. et à g., les lignes de Sens et de 
Châlons (v. p. 253). — 167kiL Troyes, 



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à Belfort. TROYES. ///. R. 25. 249 

Troyes. — hôtels-, des Courriers (pi. a, B2), rue de THôtel-de- Ville, 
55, recommandé aux touristes; du Mulet (pi, œ, A3), place de la Bonneterie-, 
du Cow»m«rc« (pi. b, B 3), rue Notre-Dame, 35; St-Laurent (pl.c, C3), même 
rue, 11. — Cafés: de Paris, du Nord, place de la Bonneterie. — Buffet à 
la gare. — Voitures : la course, à 2 places, 1 fr. 50; à 4 pi., 2 fr. ; l'heure, 
2 fr. et 2 fr. 50. — - Poste et télégeaphe (pi. 7, B 2), rue Charbonnet. 

Troyes est une ville très ancienne de 46972 hab., jadis capitale 
de la Champagne, auj. chef- lien du départ, de VAube et siège 
d'un évêché, sur la Seine, qui s'y divise en plusieurs bras, dont 
l'un est canalisé. C'est une des villes les plus curieuses de l'est de la 
France, par ses monuments et par l'aspect original que lui donnent 
ses vieilles rues étroites et tortueuses, aux maisons de bois. Troyes 
a pour spécialité la bonneterie, et sa charcuterie est renommée. 

Cette ville était la capitale des Tricasses à l'arrivée des Romains, qui 
la nommèrent Augustohona, puis Trecœ. St Loup, un de ses premiers 
évêques , détourna d'elle Attila au v® s., mais elle fut saccagée par les 
Normands en 890 et 905. Elle eut plus tard des comtes, dont le plus 
connu est Thibaut IV, le Chansonnier (1201-1258). Puis elle fut réunie à 
la couronne par alliance; mais elle tomba au pouvoir des Bourguignons 
et des Anglais durant la démence de Charles VI, et c'est alors que fut 
signe', à Troyes même, en 1420, le honteux traité qui reconnaissait Henri V 
d'Angleterre régent de France et déclarait bâtard le dauphin , plus tard 
Charles VU. Le protestantisme y eut vite de nombreux partisans et la 
révocation de l'édit de Nantes fit beaucoup de tort à son industrie. Placée 
au milieu des opérations stratégiques en 1814, Troyes eut fort à souffrir 
de la guerre. — Cette ville est la patrie du trouvère Chrestien, du pape Ur- 
bain IV, du peintre Mignard, des sculpteurs Girardon, Simart, etc. 

A quelques min. de la gare sont les boulevards qui entourent 
une partie de la vieille ville. Tournant à dr. , nous rencontrons à 
quelque distance, àg. , St-Nicolas (pi. 3, A 3) , église goth. datant 
seulement du xvi® s., avec porche du xvii® s., depuis quelque temps 
en restauration. Elle n'est guère remarquable à l'extérieur. L'inté- 
rieur présente d'abord, comme curiosité, une belle chap. au-dessus 
du porche de la façade, dite chapelle du Calvaire, avec des pein- 
tures murales par Nie. Cordouanier et un Ecce Homo par Gentil, 
deux artistes de Troyes du xvi® s. A g. de la nef est un St-Sépulcre 
fermé, surmonté d'un Christ du xvi® s. Devant ce St-Sépulcre , des 
fonts de la renaissance et une belle sculpture de la même époque, 
l'Adoration des bergers. Les bas côtés ont des vitraux remarquables 
du XVI® s. Dans une niche sous un escalier, à g. du chœur, se voit 
une sculpture peinte, St Jérôme en prière, et au delà une vieille 
peinture sur bois. 

Derrière cette église sont la halle et la place de la Bonneterie, 
et plus loin commence la rue Notre-Dame, la principale de la ville. 

St-Pantaléon (pl.4,AB3), à quelques pas à dr., est aussi une 
église goth. des xvi^-ivii® s., avec façade dans le style du xvni® s. 
A dr. de la nef, un grand calvaire fort curieux par Gentil, avec 
scènes accessoires , même deux personnages à un balcon , et où l'on 
remarque surtout le groupe des Stes Femmes. Dans la chap. voisine, 
St Crépin et St Crépinien, groupe intéressant du même artiste. Les 
fenêtres du bas côté dr. sont garnies de belles grisailles du xvi® s. 



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250 m. R. 25, TROYES. De Paris 

Les piliers de la nef ont chacun deux statues superposées , abri- 
tées de dais , qu'on attribue à Gentil et à son associé Dominique. 
La YOÛte , en bois , avec un beau pendentif dans le cbœur, a 22 m. 
70 de hauteur. Dans les arcades sont placés 8 grands tableaux, six 
de Carré , élève de Lebrun , représentant la vie de St Pantaléon, 
médecin né à Nicomédie et martyrisé vers 305, et deux d'Herluison. 
représentant la Nativité et le Christ au tombeau. Des bas-reliefs en 
bronze, par Simart, décorent les panneaux de la chaire. 

En face de cette église se trouve Vhôtel de Vauluisant (pi. 6, A 3), 
édifice particulier de la renaissance, maintenant assez dégradé. — 
Il y a encore non loin d'ici une maison remarquable du xvi^ s., 
Vhôtel de Mauroy, dans la rue de la Trinité, la première au delà 
de celle du Dauphin. 

Revenus à la rue Notre-Dame, nous la suivons jusqu'à la 6^ rue 
à g., où nous tournons pour visiter St-Jean (pl.2,B 3), église des xiv® 
et XVI® s., englobée dans des maisons et de peu d'apparence à l'ex- 
térieur, mais qui possède aussi des œuvres d'art remarquables. Une 
partie des fenêtres des bas côtés ont de riches vitraux du xvi® s. 
Au maître autel, dans un contre - retable de Girardon, du style 
corinthien , deux tableaux de Mignard , le Baptême de J.-C. et le 
Père Eternel, masqués par des rideaux: s'adresser au sacristain, 
dont la sonnette est à dr. à l'entrée du chœur. Dans la chapelle 
derrière le chœur, un ^retable avec des hauts -reliefs et des bas- 
reliefs magnifiques en marbre, par Gentil, complétés par Girardon, 
représentant des scènes de la Passion. Dans une chap. à dr. du 
chœur, la Yisitation , groupe du xvi® s. Dans une autre du côté g., 
près de la sacristie, à l'autel, une Mise au tombeau de xv® s. 

A peu de distance à g. au delà de St - Jean se trouve Vhôtel de 
ville (pi. B 2) , construction peu remarquable et en mauvais état, du 
XVII® s. Il y a dans la façade une niche qui contenait primitive- 
ment une statue de Louis XIV et où se voit aujourd'hui une statue 
de femme ; c'est une Liberté datant de 1793 et dont la Restauration 
a voulu faire une Minerve. La grande salle du premier étage ren- 
ferme une des œuvres principales de Girardon, un médaillon en 
marbre représentant Louis XIV. 

*St-Urbain (pi. C 2) , où nous conduit un peu plus loin , à l'E., 
la rue de l'Hôtel - de -Ville , est le monument le plus remarquable 
de Troyes pour la pureté du style. C'est une petite église du xm® s., 
aujourd'hui en restauration , un chef-d'œuvre de l'architecture ogi- 
vale, dans le genre de la Ste-ChapeUe de Paris. Elle a été fondée 
en 1263 par le pape Urbain IV, né à Troyes et fils d'un cordonnier ; 
mais elle est restée inachevée , la nef n'ayant que trois travées. Il 
y a de jolis portails latéraux précédés de porches. La nef a 26 m. 
de hauteur sous voûte. Les fenêtres sont admirables de légèreté et 
en partie précédées d'arcades à colonnettes très fines. Elles étaient 
garnies de vitraux des xiii® et xiv® s., enlevés provisoirement. 

A quelques pas à dr., la grande halle au blé, en pierre, et la 



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àBelfort. TROYES. III. B. 25. 251 

préfecture, près du canal de la Haute-Seine, que nous traversons 
pour visiter la ci^e' De l'autre côté du pont, à dr., V Hôtel -Dieu 
(pi. 2), du xvm® s., avec une belle grille de l'époque. 

La *catliédrale, St-Pierre (pi. D 2), à dr. de la même rue, est un 
monument imposant et fort remarquable, malgré le manque d'unité 
dans le style, sa construction ayant duré du commencement du 
XIII® s. jusqu'au xvn®. Elle a été complètement restaurée de nos 
jours. La pajrtie la plus ancienne et la plus belle est le cbœur ; 
la plus récente est le grand portail, qui offre toute la richesse de 
décoration qui caractérise l'art voisin de la renaissance: sa rose est 
magnifique. Ce portrail est flanqué de deux tours, dont une seule, 
celle du N., a été achevée dans le style du xvii® s. : elle a 74 m. de 
hauteur. Il y avait autrefois sur la croisée une flèche qui atteignait 
60 m. L'intérieur de l'église, à 5 nefs jusqu'au transept, se distingue 
par ses belles proportions. On en remarque surtout les superbes 
^vitraux, du xm® s. Dans la 1^® chap. à dr. de la nef se voit un 
groupe polychrome du xvi® s. , le Baptême de St Augustin par St 
Ambroise; dans celle de la Yierge, une Yierge avec l'enfant Jésus, 
de Simart. Le trésor de la cathédrale, à dr. du chœur, possède beau- 
coup d'émaux anciens. 

Continuant de suivre la rue de la Cité , nous arrivons bientôt à 
St-Nizier (pi. D 2), église goth. du xvi® s., avec un portail latéral 
de la renaissance au N. Son principal ornement consiste aussi en 
vitraux du xvi® s. 

Revenant maintenant sur nos pas jusqu'à [la cathédrale , nous 
prenons à dr. de la place la rue St-Loup, qui passe devant la 
bibliothèque et le musée (pi. 1,D2), établis dans l'anc. abbaye de 
St-Loup. — La bibliothèque est ouverte, dans la semaine de 10 h. 
à 3 h., excepté le mercr. , les jours fériés et le temps de vacances, 
du 20 août au 1®^ oct. ; le dim. de 1 h. à 5 h. en été et de midi 
à 4 h. en hiver. Elle compte plus de 110000 vol. et près de 
2500 manuscrits. 

Le musée est ouvert les dim. et jours fériés de 1 h. à 5 h. en 
été et de midi à 4 h. en hiver. Il comprend surtout des collections 
de sculpture, d'histoire naturelle et de peinture. 

Sculptures- Dans une galerie ouverte le long du bâtiment principal, 
où est la collection d'histoire naturelle, des débris d'architecture et des 
sculptures du moyen âge et de la renaissance, dont beaucoup de morceaux 
curieux, par ex., vers l'extrémité de g., une cheminée du xvi© s., avec 
de très belles scènes de la Bible. Là se trouve l'escalier de la biblio- 
thèque et de la galerie de peinture et à g. l'entrée de la salle des sculp- 
tures. — Cette salle est surtout Intéressante parce qu'elle renferme les 
modèles, quelques moulages et quelques originaux des œuvres de SimarL 
le sculpteur, originaire de Troyes (1806-1857J. Il y a 91 num., de 78 a 169, 
dont seulement deux marbres, presque tout le reste étant des plâtres, 
Les principaux sont à peu près les suiv. : 85, statue de Coronis mourante; 
92, statue d'un lanceur de disque; 100, statue d'Oreste réfugié à l'autel de 
Minerve; 114, statue de Napoléon I^^ à son tombeau aux Invalides; 
116-130, bas -reliefs de ce tombeau, rappelant les institutions de l'em- 
pereur; 141, fronton du pavillon Denon, au Louvre, le Réveil des arts, 
de l'industrie et du commerce, avec î^fapoléon III au centre; 150, statue 



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252 III, R. 25. TROYES. 



De Paris 



de Minerve restitue'e d'après les textes et les monuments figurés à la- 
quelle se rapportent encore les num. 151 à 160 ? 166, groupe repre'sentant 
1 Art et la Poésie. —Nous citerons ensuite de l'autre grand sculpteur de 
Troyes, Gtrardon (1628-1715) : 45, un buste de Louis XIV; 46, un buste de la 
reme Marie -Thérèse; des reproductions et des bas-reUefs. Il y a aussi 
des modèles d oeuvres bien connues de Paul Dubois, sculpteur moderne 
originaire de l'Aube CN'ogent- sur -Seine), et aussi de son monument de 
Lamoriciere a Nantes; de Beplard, 13, une statue en bronze deMéléagre: 
Ramus, 71, David combattant Goliath, 73, Une idylle; Vassé, 174 175 
des bustes de Mignard et de Girardon. ' ' 

Pbintuees, au 1er étage. 136 (à dr.), Vasari, la Cène; W, -inconnu. 
Jugement dernier, sur fond d'or ; 53, A. van Dyck^ portr. de Snyders ; 83 
Mignard Mme de Montespan; 11, Biennoury , Esope et son maître Xan- 
thus ; 142, 143, Watteau, l'Enchanteur, l'Aventurière ; 22, Brueguel de Ve- 
lours, paysage; 9, 10 Biennoury^ le Mauvais riche, Apelles peignant le 
jugement de Midas; 38, Cima da Conegliano, la Vierge, l'enfant Je'sus et 
des saints; 35, Ph. de Gkampaigne, portrait; 61. ffesse, portr. deGirardon- 
46, Daverdoing, portr. de Mignard; 78, 79, Maltese, Natures mortes; 174' 
M%erevelt, portr. d'enfant ; 15 , L. Boulanger, Assassinat du due Louis 
d Orléans, a Pans, en 14D7; 34, Ph. de Champaigne, Louis XIII recevant 
Henri II de Longueville chevalier du St-Esprit; 149, fragments de pein- 
tures de Pompéi; 14, Boucher, les Ge'nies des Beaux-Arts; 126, Tassel, 
1 Arbre de Jesse'; plus 15 Natoire, etc. Au milieu de la salle: 71. Lehoucc, 
Samson rompant ses liens, et des tableaux de maîtres inconnus. 

Puis un Apollon antique, en bronze, découvert en Champagne en 1813, 
et des vitrines contenant des antiquités, des objets du moyen âge, des 
émaux, des armes ^ des bijoux, présumés ceux de Théodorie Fr roi des 
^^^il^î,^®' *"® * Chalons en 451, également trouvés en Champagne (Pouan) 
en 1842 ; des médailles, etc. : il y a des inscriptions. 

Nous regagnons maintenant le centre de la ville par la rue 
Hennequin, à g., au delà du musée, et nous retraversons le canal à 
dr. pour aller à St-Eemi (pi. C 2) , église du xiv®s. , dont la haute 
flèche se voit de loin. On y remarque surtout un Christ en bronze 
par Girardon, au maître autel ; des peintures sur bois très curieuses, 
du xvi^ s. , dans les deux bras du transept et dans une chapelle à 
côté du bras droit; de beaux vitraux modernes, etc. 

La Madeleine (pi. B2) , plus loin dans la même direction, mé- 
rite encore particulièrement une visite. C'est une église du style 
de transition du xii^s., agrandie au xvi®. Ce qu'elle a de plus cu- 
rieux est un */it66' magnifique du commencement du xvi^s., du à 
Jean Gualdo. Il est comme suspendu entre deux piliers et les or- 
nements en sont d'une richesse et d'une délicatesse extraordinaires. 
Cette église a aussi de beaux vitraux du xvi^s., l'un d'eux, dans 
la chapelle du fond représentant la création du monde d'une façon 
très naïve. On remarquera encore plusieurs tableaux, à la porte 
principale, dans le croisillon de g. et dans la chapelle du fond. 

A dr. du grand portail de cette église se voit une porte du xvi^ s., 
reste d'un cloître qui en dépendait. Près de là , à un coin de rue, 
Vhôtel de Marisy, du xvi® s., avec une jolie tourelle et de curieuses 
grilles à deux fenêtres. — A peu de distance au N. est le boulevard 
Gamhetta {]^IA-C2), le plus beau de la ville, aivec Iq théâtre , le 
lycée et un cirque. Il aboutit à l'O. près de la gare. 

On recommande la visite des pépinières Baltet, dans le faubourg de 
Groneels (pi. AB4). 



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à Belfort, CLAIRVAUX. III. R. 25, 253 

DeTroyes h Sens, 69 kil., v. p. 311; à Dijon, par ChâtiUon-sur-Seine, 
p. 313. 

De Tkoyes a Chalons-sue-Maeîîe : 94 kil. ; 3 à 4 h. -, U fr. 70, 8 fr. 65, 
6 fr. 35. Cette ligne , continuation de celle de Sens , traverse au N. les 
plaines monotones de la Champagne pouilleuse (v. ci-dessous). Elle quitte 
ceUe de Paris à Troyes-Preize (2 kil.). Ensuite deux localités qui ont de 
belles e'glises du xvie s., PonUSte-Marie (5 kil.) et Créney (8 kil.). — 38 kil. 
(9^ st.) Arcis- sur -Aube (buffet; hôt. de la Poste), ville très ancienne de 
2922 hab., sur VAube, patrie de Danton (1759-1794), un des chefs de la 



des projectiles de la bataille de 1814. IJ'égliiSe, duxv^s., a un joli portail. 
Arcis est le centre de la Champagne pouilleuse, autrefois stérile, aujourd'hui 
incomplètement recouverte de bois d'essences résineuses , pin sylvestre, 
noir d'Autriche. — 65 kil. (13® st.) Sommesous, aussi sur la ligne de Gretz- 
Armainvillers à Vitry-le-François (p. 246). — 88 kil. (17® st.) Coolus, où l'on 
rejoint la ligne de Strasbourg, à TE. de Châlons. — 94 kil. Châlons-sur- 
Marne (p. 6). 

De Troyes a. Bribn>'B, 42 kil., nouvelle ligne, par Piney (25 kil.), se 
raccordant à Brienne avec d'autres de Vitry-le-François et de St-Dizier 
(v. p. 8 et 260). 

Une nouvelle ligne doit aussi bientôt relier Troyes à /Si-Florentin (Ton- 
nerre ; p. 311). 

II. De Troyes à Belfort. 

276 kil. Trajet en 4 h. 35 à 8 h. 20. Prix : 34 fr. 20, 25 fr. 65, 18 fr. 85. 

Passé Troyes, la ligne de Belfort laisse à g. celle de Brienne, tra- 
verse la Seine pour la dernière fois et en quitte la vallée. — 175 kil. 
Rouilly-St'Loup. — 182 kil. Lusigny, — 189 kil. Montieramey. 
Yiaduc considérable sur la Barse. — 199 kil. VendeuvrCj bourg qui 
a un château des xii®, xvi® et xvn® s. et une église de la renaissance, 
avec un beau portail et des œuvres d'art remarquables. 

210 kil. Jessains, où l'on arrive dans la vallée de VAuhe. Belle 
vue de la gare. — Ligne de Yitry, v. p. 8. 

La voie remonte maintenant la vallée de l'Aube, qui présente 
un aspect assez pittoresque, et traverse plusieurs fois la rivière. — 
216 kil. Arsonval-Jaucourt. 

221 kil. Bar-sur-Auhey ville ancienne de 4636 hab. Ses princi- 
paux monuments sont une église St-Pierre, des xii® et xiii® s., une 
église St-Maclou, des xii®-xiv®s., et un pont avec une chapelle 
du XV® s. 

229 kil. Bayel. La vallée est particulièrement belle jusqu'à la stat. 
suivante. — 233 kU. Clairvaux. Le village , où St Bernard fonda 
en 1115 la célèbre abbaye de ce nom, est à 2 kil. à dr. dans la 
vallée. Le monastère, reconstruit au xviii®s. et qui n'a plus rien 
d'intéressant , est transformé en maison centrale de détention. 

On quitte ensuite la vallée de l'Aube. — 240 kil. Maranville, — 
250 kil. Bricon, où s'embranche la ligne de Châtillon-sur-Seine et 
Nuits- sous -Ravières (v. ci-dessous). — 257 kil. Villiers-le-Sec. 
Plus loin à g., les lignes de Blesme et Neuf château (p. 261), et 
ensuite le grand *viaduc de Chaumont, sur la vaUée de la Suize. 



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254 m. R. 25. CHAUMONT. De Paris 

Il a 600 m. de long, 2 et 3 étages d'arcades, avec galeries sous la voie 
ferrée, et jusqu'à 50m. de hauteur. Belle vue à g. sur la ville. 

262 kil. Chaumont (buffet; hôt, de France et des Postes), ville 
del2852lia'b., anc. chef-lieu duBassigny etauj. chef-lieu du départ, 
de la Haute -Marne, sur une hauteur aride («Calvus mons») entre 
la Suize et la Marne. Les souverains alliés y conclurent en 1814 un 
traité d'union pour réduire la France à ses limites de 1789. 

Son principal édifice est St-Jean, l'église dont les deux tours 
s'aperçoivent de loin et que l'on trouve facilement en suivant la 
rue en face de la gare. Elle date du xm® s. , mais le chœur a été 
reconstruit au xvi^s. Elle a un magnifique portail latéral au S., 
avec une helle double porte du style goth. fleuri. On remarquera 
aussi celle du portail de l'O., delà renaissance. Les parties les plus 
curieuses à l'intérieur sont le transept et le chœur, qui ont de ma- 
gnifiques triforium à arcades trilobée's et à réseaux flamboyants. Ce- 
lui du transept a des corniches d'une grande richesse, faisant le 
tour des piliers sur des balcons en encorbellement et aboutissant 
à g. à une tourelle d'escalier , le tout également très riche et très 
varié d'ornementation. La chap. de la Vierge a des peintures mu- 
rales anciennes, la chap. à g., un arbre de Jessé sculpté dans le mur. 
Cette église possède beaucoup de vieux tableaux intéressants. Une 
chap. fermée, à g. de la nef, renferme un St-Sépulcre remarquable de 
1460. La chaire et le banc-d'œuvre sont de Bouchardon, le père du 
sculpteur , qui était de Chaumont. 

Une grosse tour carrée qu'on aperçoit en allant de la gare à l'é- 
glise , la tour Hautefeuille ou du donjon , du x® s., est un reste du 
château des comtes de Champagne à Chaumont. 

La rue Decrès, qui monte à l'église, et la rue de Brabant , à dr., 
conduisent au petit musée de la ville, dont la principale curiosité 
est une magnifique tête de Christ par Durer. 

On a érigé en 1887 devant l'hôtel de ville la statue de Philippe 
Lehon (1767-1804), inventeur de l'éclairage au gaz , natif du dé- 
partement; elle est en bronze, par Péchiné. 

Ligne de Blesme (Calais-Amiens-Laon-Reims-Châlons) , v. p. 261-260. 

Embkanch. de 56 kil. sur Ghâtillon-sur- Seine (p. 314), se reliant à cette 
ville avec ceux de Troyes-Bar-sur-Seine et Nuits -sous- Ravières. Il se 
détache de la ligne de Paris à Brieon (12 kil.^ p. 253). 

On remonte ensuite la vallée de la Marne. — 274 kil. Poulain. 
Puis 2 tunnels. — 281 kil. Fesai^rwes. — 287 kil. Rolampont. Lan- 
gres se voit de loin à dr. 

297 kil. Langres- Marne (buffet), stat. à 1800 m. auN. de la ville. 

Il y a une seconde stat., Langres ■■ Ville ^ au S., du côté de la porte 
des Moulins (p. 256), sur Tembranch. de Poinson - Beneuvre (v. p. 256), 
qui la contourne à l'O. et qui a, des trains supplémentaires en corres- 
pondance avec ceux de la grande ligne (6 kil, ; 15 et 26 min. ; 50 , 30 et 
20 c). C'est à la seconde gare qu'on trouve les omnibus du chemin de 
fer (30 c). 

Langres {hôt. de l'Europe, grand'rue, près du collège) est une ville 
de 11 189 hab., une place forte de 1^® cl. et le siège d'un évêché, sur 



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à Belfort. LANGEES. ///. R. 25. 255 

un plateau formant promontoire au K , à 473 m. d'altitude. C'est 
une des plus anciennes villes de France ; elle était déjà importante 
à la conquête des Romains, comme capitale des Lingons, et elle fut 
soumise après la défaite de leui- fameux clief Sabinus. Ravagée 
plusieurs fois par les barbares , elle ne se releva que lentement et 
ne joua plus qu'un rôle secondaire dans l'histoire du pays. Elle 
fut occupée par les Autrichiens en 1814 et en 1815, mais elle ne l'a 
pas été par les Allemands en 1870-71. — Langres a pour spécialité 
la coutellerie. — C'est la patrie de Diderot (1713-1784), à qui l'on 
y a érigé une statue en 1884. 

De la stat. principale, une. route contourne le promontoire à l'O. ; 
à pied , on monte par un chemin plus court , conduisant à la cathé- 
drale. La petite chap. sur un mamelon, avec une Vierge, a été érigée 
par les habitants en reconnaissance de ce que la ville fut épargnée 
par la dernière guerre. Les grands bâtiments à g. dans la ville, avec 
un dôme, sont un couvent de dominicaines. 

La *CATHÉDKALE, St-Mammès , est un très bel édifice du style 
de transition (xii^ s.), où le plein cintre et l'ogive sont heureuse- 
ment combinés ; mais le portail, avec ses tours^ a été reconstruit au 
xviii*^ s. On remarque particulièrement à l'intérieur, outre l'harmo- 
nieux ensemble du monument , les colonnes monolithes du chœur, 
avec leurs beaux chapiteau:»:, et les chapiteaux des piliers: au maître 
autel et dans une chap. à g. de l'entrée, des reproductions du cruci- 
fix de l'église St-Martin (v. ci-dessous) ; dans le bras dr. du tran- 
sept, un calvaire avec des statues remarquables , en marbre , de la 
Yierge, St Jean et la Madeleine; une belle Vierge du xiv^s., dite 
Notre-Dame la Blanche; dans le bras de g., une statue moderne de 
St Mammès, par H. Bertrand, de Langres; da,ns le pourtour du 
chœur, de petits monuments avec bas -reliefs et surtout, à dr., la 
porte richement décorée de la salle du chapitre , qui est elle-même 
également remarquable et renferme sept tableaux de Tassel, de 
Langres , la Parabole de l'enfant prodigue. Il y a encore au S. de 
l'église un cloître du style ogival primitif. 

En prenant à dr., de l'autre côté de la place de la cathédrale, on 
arrive au musée, établi dans l'anc. église