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Full text of "Le parler dolois, étude et glossaire des patois comparés de l'arrondissement de Saint-Malo; suivi d'un relevé des locutions et dictions populaires"

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Contribution à l'étude des Littératures orales 



TOME I" 



LE PARLER DOLOIS 

Etude et Glossaire des Patois comparés 
de l'arrondissement de Saint-Malo 



SUIVI 



D'UN RELEVÉ DES LOCUTIONS ET DICTONS POPULAIRES 



par 

Ch. lecomte 

UCHN'CIÉ EN DROIT, OFFICIER d'aCADÉMIE, 
MEMUKE DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DE l' ARRONDISSEMENT DE S'-MAL(J 



(( Ce qu'il y a de meilleur eu nous, 
c'est ce que nous gardons de la saveur 
du |«iys natal. » 

André Theuriet. 




l^ARIS' 

HONORÉ CHAMPION, Éditeur 
Librairie spéciale pour l'histoire de la France et de ses anciennes provinces 

5, quai Malaquais (V^I«) 



LE PAKLER DOLOIS 



DU MÊME AUTEUR : 



Essai sur le blason populaire de l'arrondissement de Saint-Malo 
(Publié dans les Aunairs de la Société historique et archéo- 
lof^iquc de rarrondissenieul de Saiiii-Malo, J'JOG, p. 107-206). 



EX PRÉPARATION : 

1« Contribution à l étude des littératures orales. Torne II. Le Folk- 
lore de l'arrondissement de Saint-Malo (Devinettes, jeux, (or- 
niulettes, coutumes, superstitions, etc.). 

?" Notice historique sur les rues et monuments de la Ville de Dol 
(Documents inédits). 



Contribution à l'étude des Littératures[orales 



TOME I" 



LE PARLER DOLOIS 



Etude et Glossaire des Patois comparés 
de l'arrondissement de Saint-Malo 



SUIVI 



DUH RELEVÉ DES LOCUTIONS ET DICTONS POPULAIRES 



par 

Ch. lecomte 

LICENCIÉ EN DROIT, OFFICIER d'aCADÉMIE, 
MEMBRE DE LA SOCIÉTK HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DE l'aRRONDISSEMENT DE S*-MALO 



(( Ce qu'il y a de meilleur en nous, 
c'est ce que nous gardons de la saveur 
du pays natal. » 

André TheuPwIET. 





PARIS 

HONORÉ CHAMPION, Éditeur 
Librairie spéciale pour l'histoire de la France et de ses anciennes provinces 

5, quai Malaquais (VT^) 

1910 



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P W K FACE 



Le présent ouLra(/e rciifcnni' une (jrdiulc f)arlie des mois 
et. exj>i'e.ssiotis en usafje au jxnjx <!(' I^ol cl. s\''i(irl(iii( pur 
le sens ou par lu forme de lu luiujue Irançuise litléruiic 
actuelle. 

Tous onf été entendus, sirupuleusenienl jérifiés cl trans- 
crits sans retouche. 

Est-ce à dire que tous les vocables, taules les expressions, 
tous les dictons soient donnés ici connue spéciaux à lu 
contrée étudiée ? Nous n oserions avancer une telle pré- 
tention, car il est impossible de fixer des bornes précises aux 
pcdois voisins. 

D\ine manière générale on peut considérer le Parler 
Dolois comme <( V inventaire somniaire du lanfiat/e rustirpie 
et pffpulaire de larrondiss;ement de Saint-Mulo ». l outel<ns. 
notre eiupiéte a porté prim iptdenwnl sur le « canton de 
Dot ». centre (iéo(iruphique de la circonscription. Les mois 
entendus en dehors des limites cantonales portent (entre 
parenthèses) Vindication de la commune dans laquelle ils 
sont en usage. 

Du reste, pour j)réciser autant que possible Vaire de 
charpie vocable et déterminer les frontières en dehors des- 
quelles il nest plus usité, nous avons noté ses synonymes 
ou ses équivalents dans les communes spécifiées. 

Enfin, sous chaque mot, nous avons groupé les équiva- 
lents, les variantes et les formes voisines soit des langues- 



— Vï — 

mères, soii des dialeeies et des palois diljcrents. Cela, esl-il 
besoin de le dire, sans ain une pi'éleidion seientilique, mais 
simplement pour mulliplier les éléments de comparaison, 
tant entre les diverses contrées qu entre les époques succes- 
sives. La comparaison, a-l-on dit, est lame de la linguis- 
tique. Peut-être les savants, pour qui rien n'est à dédaiqner, 
f)ourront-ils utiliser quelques do( umei}ls, inédits encore, et, 
en suivant les jils conducteurs, remonter à rétqmoloqie, 
qui nest, après tout, que la généfdoffie des mots. 

Les patois se meure jd, ils cède ni tour à hmr à la langue 
uniforme de rEtat; il est temps, selon la belle expression 
de M . Roques, « de se pencher sur leur agonie ». 

C'est ce qui nous a décidé à livrer au public le petit 
recueil qui suit, heureux si, dans notre modeste sphère, 
nous apportons quelque menu butin au trésor linguistique 
de la France. 

Nous croirions mcmquer à nos devoirs si nous n'adres- 
sions ici nos remerciements publies à tous nos collabora- 
teurs, notamment à MM. Leroy, Muriel, Raymond et 
A. Rochard fils, de Doh qui ont contribué à enrichir notre 
liste de mots spéciaux, et surtout à nos concitoyens et amis, 
M. Théophile Lemonnier, le délicat écrivain, et M. labbé 
Duine, aumônier du Lycée de Rennes, qui, mettant à notre 
service son érudition vaste et sûre, nous a encouragé et aidé 
dans la correction des épreuves. 

A tous nous disons un cordial merci. 

Ch. LECOMTE. 
Dol, le 15 mai 1910. 



INTRODUCTION 



PREMIEK^: PAKTIE 

ESSAI DE CLASSIFICATION DES MOTS PATOIS 



Alitant ({lie rétiule de notre patois nous a permis de le voir, 
il n'entre pas moins de six éléments dans sa formation. Aussi 
diviserons-nous en six classes les mots qui le composent : 
1° les vieux mots; 2° les mots détournés de leur sens français 
actuel; 3° les mots forgés; 4° les mots déformés; 5° les mots 
latins; 6° enfm les mots exotiques ou d'emprunt. 

Passons-les successivement en revue : 

N 1. — VIEUX MOTS 

Cette jiremière classe constitue comme le « noyau » de 
notre i)atois. Klle renferme une grande quantité de termes 
anciens, bannis, on ne sait pourquoi, du Dictionnaire de 
l'Académie. Notre patois est l'asile où ils se sont réfugiés, 
épaves de ce u vieux langaige » que Fénelon trouvait « si 
naïf, si hardi, si passionné d) ». Ce sont, des mots vifs, tels : 
ani, blec, courre, (ri hu1)i. préc rote, — des vocables poé- 
tiques : béruchet, brette, enimi, orine, réprée, — des termes 
pittoresques et imagés, comme : badingouinces^ charière, 
mitoux, privé, rancloux, sorgnard, touzer^ — des expressions 
énergiques, telles que : nrnngcr. boucher d, bourder, épar, 



(1) Lettre sur les occupations de VAcadémie, chap. III. 



épletter, mâcher, tracer », qui n'ont pas de synonymes en 
français et qu'on ne ])eut rendre qu'au moyen d'une péri- 
phrase. 

N 2. — MOTS A SENS DÉTOURNÉ 

Nous subdiviserons cotte classe en trois catégories : les 
mots à sens restreint, ceux à sens étendu, ceux à sens 
modifié. 

A. Sens restreint 

Appartement, en français, désigne la réunion de plusieurs 
pièces: dans notre patois, ce mot est synonyme de pièce, c'est 
la partie prise pour le tout. De même, dans la langue cou- 
rante, salade s'applique à « toute plante mangée assai- 
sonnée »; chez nous, ce terme désigne exclusivement la 
laitue, c'est prendre l'espèce pour le genre. 

Les dictionnaires français entendent par brout u la pousse 
des jeunes taillis, au printemps »: au pays de Dol, ce mot 
est l'équivalent de lierre, terme inusité à la campagne. 

Ainsi pour les mots : groseille, place, roche, etc. 

B. Sens étendu 

Ouvrez le premier dictionnaire français venu et, au mot : 
bouquet, vous lirez : faisceau de fleurs. Dans notre patois, 
ce terme sétend à chaque fleur prise séparément. On dira, 
par exemple, d'un monsieur qui a une fleur à sa boutonnière 
qu'il a un biau bouquet... 

De même : braire, bric-à-brac, bricole, cadre, comédie, 
crier, égarer, ergot, espérer, lainvalle, hardi, poupon, po- 
nasse, ont, chez nous, une acception plus -large (V. au Glos- 
saire). 

C. Sens modifié 

Cette subdivision renferme les figures de grammaire que 
la rhétorique appelle métowjmies et métaphores. 

Les mots : araignée, baratte, baye, barge, herchet, bon- 
nelle. cigogne, cloches, cordon, gousse, martyre, mécanique, 
mouche, mouton, musique, parapluie, poussif, patenôtre, 



— 3 — 

porréc, raloux^ rubans\ soiichc, teinone^ vache, entre autres, 
servent à désigner des objets ayant, avec ceux que ces termes 
représentent en français, des rapports (Vanaloylc ou de res- 
nemblance. 

Tantôt le sens passe du concret à l'abstrait, comme dans : 
baissière ^^), bricolr, (jrélc^.grézil, liarnais...: lanlot, de Tabs- 
trait au concret : laineux, puissant... (2); tantôt, enfm, le sens 
dévie sans qu'on puisse en saisir la raison ; par exemple, 
dans : abat-vent, bonnenimt. bougonner, chantepleure, 
qa.ter, harpon, margelle, saveler, tamponner, etc.. 

Enfm, on peut rattacher à cette catégorie de mots : arabe, 
bedouiner, harpie, tirés de noms propres comme les mots 
fnuiçais : juif, lambiner (Figure que les grammairiens 
appellent antonomase). 

N" 3. — MOTS FORCÉS 

Le peuple ne se contente pas de donner aux mots une 
acception nouvelle, il lui faut encore des mots nouveaux. 
Quand un terme lui manque pour exprimer sa pensée, il le 
forge aussitôt et l'impose. Le mot de Varron est éternelle- 
ment vrai : « Populus in sua potestate, singuli in illius. » 

Cette classe renferme un grand nombre de mots que l'on 
peut diviser en deux catégories, selon qu'ils sont dus à la 
dérivation ou à la composition. 

I. — Dérivation. 

Par ce procédé on obtient : a) des noms ; b) des adiectifs ; 
c) des verbes ; d) des adverbes et locutions. 

A. Noms 

Ils se forment : 

1" Avec d'aitres noms : badiolé, cerise, pommé, — bâclée, 
devantelée, plumée, siotée, ventée, verdée, vermée, — balas- 



(1) V. ce mot au Glossaire. 

(2) Mentionnons ici certains mots qui ne sont plus employés en français 
qu'au sens « figuré » et usités chez nous avec leur acception « propre ». 
« originaire » : s'abîmer, s'attraper, châsse, se chn.griner, coterie, cru 
(sens latin), démêler, dévotion, drapeau, gromé, grossier, linceul, puissant, 
récent (sens latin), tirer, gracieux (sens latin). 



— 4 — 

sicre' commcrin, lessouct. hnnnfirâ, moiiUnicr^ rouycre, trc- 
passemnit. vento}(cri\ etr... 

2'' Au moyen d'AUJ actifs : caille (lait caille), jalons été, 
mauvaisctc, — bruyant, gourmcnt, poussifs surelle, vicu- 
zerie... 

3^ A Taidr de vkriîks : brûlerie, huvance, bregeon, châle, 
cloche, coiujtrenouère. coulage, enduremcnt, languiries, 
narêes. ouillrtte. repasserie, retirance, tranglard, sièdre, pa- 
toiiillas. irau>^jK)rL trempage, prisage... 

Pour les diminutijs. V. sccl'Kn} E. 

D. Adjectifs 

Ils viennent généralement de noms auxquels on ajoute 
des suffixes : argenté, cœuru, coléré, égnenillé, emmessé, 
encidré, laitu, lochu, morteloux (p. mortieroux), poussieroux, 
querui (de cru), verri, chaponoux, gestier, gouleyant... 

Quelques-uns cependant viennent de verbes, tels : anijoux, 
breiou, cachard, jouasse, — daserant, regrettant (p. regret- 
table). 

C. Verbes 

« C'est dans les verbes surtout qu'il faut aller chercher le génie des 
langues. » (A. Leroux.) 

Ils se forment : 

i°AvEC DES NOMS ! abouter, accraser{2), aîraignasser, ajôcer^ 
anibageoler, aquiller, apieter, debilletter, empoisonner, éro- 
cher, miser er, lippauder, se dematiner..., et ceux ci-aprês, 
par métaphore : s'achienner, s'apouler, s'attainer, écuroler, 
muler. poussiner, renarder, busotter, qui tirent leur origine 
de chien, poule, taon, écureuil, mule, poussin, renard, buse... 

2'' Au MOYEN d'adjectifs ! appointiv, assotir (fr. assoler). 
fadir. nettir, rondir (v. n.), envilainir... 

Remarque. — En français, les noms donnent des verbes de la première 
conjugaison, et les adjectifs, des verbes de la deuxième. Cette règle n'est 
guère observée dans notre putois. On dit par exemple échicher (de chiche), 
mincer (rendre mince), s'afjrilonner et s'affainianter (fr. s'affainéanfir). 

Les troisième et quatrième conjugaisons sont restées stériles. 

'Deschanel, p. 60.) 

3" Avec d'aï très verbes : buvocher, coupocher, {ure- 
tonner. mourichonner, pleuveciner, fréquentatifs calqués sur 



les verbes français : bavocher, riocher, pleurnicher, dori- 
chonner, tapoter, etc.; drligottrr, d(''lizci\ dêfjacer, dérussclcr, 
désnirer, etc., formés avec la particule de, comme : délier, 
dévaser, découler... 

D. AoVERliES ET LOCLTIONS 

Ils sont assez rares. Citons cependant : censément^ liardi, 
massacrement, presqurmrnt, rudement^ houffrcment, recta- 
lement, à la vn-vite, inàche. 

Comi)ronons sons cette rubrique les adjectifs et participes 
suivants, jouant le rôle d'adverbes, synonymes de très, extrê- 
mement : rt.s\*»?/r ri, hi'uJ(\ confondu, consomma, dcf>assc^ hardi, 
incarnr, perdu, pourri, etc.. : « Il fait brûlé chaud », — « Il est 
confondu poitrinaire », — a 11 est incarné menteur », etc. 

E. DlMINlTIFS 

Voici les principaux : 

1** (Types français : sachet, maisonnette.) Appouyctte, bis- 
quel, ïiusset, étanchet, furet, vachct, — boguette, palette^ 
pochette, rochctte, tournette, tremblette, drujette, pignette i'^). 

2° (Type français : ilôt, palot-otte.) Angelot, peillot, boltiot, 
— écajotte, fugeotte, quenotte, — barot, maillot, fièrot. 

3° (Type français : sacoche.) Ilanoche, petoche (?), taloche. 

i" (Type français : anon, folichon.) Bitton, baluchon, 
chupiron, galichon, genisson, rnochon, rnotton, vachonne, 
piroton (V. aussi sous guichon). 

Remarque, ^ Mentionnons ici quelques suffixes doiniant 
une signification péjorative et dépréciative. 

1° in [en latin, idée d'origine et de descendance (Hazfeld, 
Introd., § 100)] : cafouin, clampin, galurin, gouspin, cra- 
quelin (adj.), fraichin, niichaudin, recotin, ragoustin, ri- 
goustin, sauvagin (Cf. le fr. : calotin, fretin, f)laisantin). 

2" as : avanças, balias, essuyas, cssas, épluchas, dégobilhis. 



(1) Notre patois affectionne celle désinence qu'on trouve dans : batouillel, 
iambet, caramolet, mochet, paulet, sapristolet, etc., qui n'impliquent cepen- 
dant aucune idée de diminution. 



— 6 — 

drtionadias. (luéronas. ninrvas, patouUlas, senas, scrpidas^ 
terrutnas. Pcltns\ piacluis... 

o' ard (W au Dictioiiaairt' vcrbu : blcclinrd.) [La syllabe ar, 
avec son sens dépréciât if, se voit encore dans mangearder] : 
hannard, nàcJuird, ncijdvd. plciirnicliard. rcchard. saugnard, 
tranghn (i trichard 0. 

i" aud : hinhiud. hoKnu]. mnrniid. snand. 

V. Supplément. 

II. — Composition. 

Par la dérivation, comme on vient de le voir, on crée des 
mots nouveaux, au moyen de préfixes et de suftixes; la com- 
position, elle, combine et fond deux ou plusieurs mots en- 
semble et en fait un mot nouveau, avec un sens spécial. 

Tantôt les mots sont juxtaposés simplement, les éléments 
de chacun se reconnaissant à première vue. Tels sont : bar- 
deau, bégoule, benéze. cache-cutte. chat-borgnard. chausse- 
noire, clocu, cucheri, cusouîen, grâcuit, gringaillé, grué- 
bouiUi. michaudin, migras, pateflche, suboiit, viremain, etc. 

Tantôt les éléments, un peu altérés, sont moins apparents: 
ainsi pour : boucapertu (bouche à pertuis), cagibiti (cage à 
bêtes), charpeleuse (chatte poilue), chauber (chaud-boire), 
croulevé (croûte-levée), dordun (dort d'un [œil]}, oidu (ouir- 
dur), pocrassoux (pot-crasseux), rabalet rabat-rève) (?), tri- 
iouillée (trois-fouaillées) (?). 

Tantôt, enfin, la combinaison des éléments est un<' véri- 
table '( fusion », une « crase ». En voici ffuehiues exemples : 
ndlaizi fa du loisir), adsa ^à ce soir), alla (hàte-toi), chama- 
roux ^chat-marri), émorcher fmorceau-écorcher;. margriette 
(margueniie-pdiquerette)^ noguette (nuit-guet = nox, resté 
dans nocturne), orieul (hors jeu), teurchaussé f/or^-chaussé), 
chaucroulé (chaud et cru), moche {mo lie-miche), olva (haut 
le val)... 

(V. aussi Partie ÎIL n° 3). 

Peut-être convient-il de rattacher à cette catégorie de mots les onoma- 
topées ou harmonies imitatives suivantes : ntatan, barouf, berdadan, bibi, 



1) En anglais, cette terminaison ard est également dépréciative (De Ker- 
BEUZEC, op. cit., p. ht). 



— 7 — 

hubu, berdinguetlc, c4/s.se, cocailler, cusser, liquctaille, etc., et les allusions 
aux jeux de mots : bourcoquins, biuussier, catholiques (pour coliques), 
cupécé, Marquis de la croupière, sac à diable, vire-la-lune, seni-à-bon, 
persécuteur, etc.. 

(V. aussi verbo : grenadier). 



H 4. — MOTS DEFORMES 

Le peuple ne se contente pas des mots nouveaux qu'il forge 
à Tenvi, il transforme avec une égale facilité ceux qu'il trouve 
tout faits. Nous avons vu les modifications de sens (ou tropes) 
[y 2], la présente classe renferme les modijica lions vocales 
ou « altérations phonétiques ». 

Les mots composant cette quatrième classe peuvent être 
subdivisés en trois catégories : a) les mots abrégés ; n) les 
mots augmentés ; c) les mots modi[iés lato sensu. 

NOTA. — On trouvera au chapitre « Remarque sur les Lettres » (ci-après, 
partie II), les eieuiples les plus saillants de suppressions, additions et clian- 
gements de lettres. Ici nous relevons plus spécialement les modifications 
portant sur des « groupes de lettres ». 

.1. Mots abrégés d). 

Asse (asthmalique. baisé ^baisure), bétot (bientôt), dés- 
rhumer (désenrhumer). résiper (érésipèle), trompe (trom- 
perie), etc.. 

(V. aussi in//fl, III, n° 3). 

B. Mots augmentés (2). 

Avaricieux, batouillet (battoir), caramolet (caramel), cou- 
tageu.T (coûteux), empleinir (emplir), épuceter (épucer), 
enrouiUé (enroué), jlnissement (fin), justenément, mairerie, 
minucerie, orgerie, veurier, vivacier... 



\1) Figure de rliétorique connue sous les noms de : aphérèse, syncope, 
apocope, suivant que le retranchement est initial, médiat, final. 
(2) En grammaire : prosthèse, épenlhèse, paragogue. 



8 - 



C. MuTS MODIFIÉS 
lato sensu. 

Certains mots sont tellement altérés dans leur structure 
qu'on a quelque peine à les reconnaître : coasser, ensionné, 
mentoiri\ miturusc, plcii(In\ sicudrc\ ticndrc sont pour : 
courser, soigné, menteuse, nuiqueuse (Qèvre), pleuvoir, 
suivre, tenir..., sans qu'on devine les causes ou les lois de 
ces transformations. 

D'autres semblent changés par sinulitude ou confusion : 
arche de triomphe, ombrageux (p. ombreux), forti{ication 
(p. fortifiant); Meuve est calqué sur neuve, veuve; brime est 
inlluencer par frime, ennuyant rappelle embêtant, etc.. 

En tin. chez d'autres encore, on reconnaît la passion ins- 
tinctive du peuple à tout exi^liquer, curieux exemples d'éty- 
mologie rudimentaire. « Le peuple, dit Max Mi ller, altère 
les mots pour se les rendre intelligibles. » 

(V. Deschanel, oper. cit., p. 246). 

Chaircutier ^marchand de chair cuite) ne s'explique-t-il pas 
de lui-même, comme clairté, corporance, flanibe, rneudre, 
mordure, pelurer, venant directement de clair, corporel, 
llamber, meule, mordre, pelure ? 

(V. aussi pelurer, peinturer, rabiner) (i). 

Le mot rêjection a un aspect rébarbatif. Le peuple, ne le 
saisissant pas, lui substitue un terme voisin par Tassonance 
et nous avons : faire ses réllexions pour prendre ses réfec- 
tions, se restaurer, manger. 

Pareillement, une taie d'oreiller devient, par un procédé 
identique, une tète d^oreiller, d'autant plus aisément que le 
mot tête vient naturellement à l'esprit en parlant d'un objet 
sur lequel on a coutume de la poserai). 

NOTA. — Certaines formes appartiennent au vieux langage français. 
C'est ainsi que les mots suivants -doivent plutôt être compris dans ia 
première classe 'V. ci-dessus) : agu, armaire, arouser, aveindre, bonis, 
houtaille, poussé, (romi, mêle, mouche, rouelle, suider, tabaqutère... 



(1) On dit un terrain épongeux pour un terrain spongieux. D'une per- 
sonne qui a une belle voix, on dit qu'elle chante comme une seringue (pour 
sirène, terme de mythologie inconnu dans nos campagnes). 

(2) La langue française possède des mots dus à 1' « étymologie populaire ». 
Entre auti-es : cordonnier, courle-pointe, lumignon, vaudeville (V. Dict. 
Hazfeld, Introd., p. 173;. 



9 — 



N 5. 



MOTS LATINS 



Nous mentionnons sous ce titre certains mots paraissant 
venus directement du latin. 

Noms. — Accas, acron^ ^Q^'^, ^^^iji'^, (irclie, auvaU\ bour- 
gignée, cohan, copin, custos, douiné, ingénie^ herbaude^ 
iiron, madère, merienne, miée, nacfie^ natais, pâlot, tauj\ 
tego, tiré, vaissé. 

Adjectifs. — Agroussé, alatri, angoué, aniclr, casse (et 
encassé), castain, chenu, couassi, cru, depécé, éligé {et éliges), 
lailii, juté, garre, idoine, indigne, nigeon, mucre, pachu, 
récent, sagon, superbe, ursé, vergé. 

Verbes. — Acciper, avaler, bersiller, canir, coger, dérubler, 
dclollir, éliger, empeuler, érusseler, jaîner, larlouiller, nazi- 
botter, guère, raire, saner, tollir. 

Adverbes, locutions. — En desapote, élout, de hip et de 
luip, moulu, ousque, rectalement, vère, vèremais. 

Tous ces mots sont étrangers à la langue t'riuirniso mo- 
derne (au moins racception académique). 

A côté de ces u mots latins », notons quelques formes 
patoises, intermédiaires entre le latin et le jrançais moderne. 
Ce sont, pour la plupart, des formes de Tancienne langue* 
française. 



LATIN 


PATOIS 


FRANÇAIS 


avena. 


avène. 


avoine. 


habere. 


aveir. 


avoir. 


bene. 


ben. 


bien. 


berbis. 


berbix. 


brebis. 


crescentia. 


crescence. 


croissance 


feria. 


feire. 


foire. 


(ructus. 


fru. 


fruit. 


frasea. 


frase. 


fraise. 


medi dies. 


medi. 


midi. 


necare. 


neyier. 


noyer. 


nigrum. 


neir. 


noir. 


lectum. 


let. 


lit. 


put eu m. 


pu. 


puits. 


rem. 


ren. 


rien. 



s mu. 


seau. 


iieilloL 


seille. 


tet, tect. 


toit. 


tele. 


toile. 


veir. 


voir. 


veisin. 


voisin 



— 10 — 

:>ituUl. 

sitellii. 

tectiuu. 

tcla. 

videre. 

vicinus. 

La tradition latine se reomnaît oncore dans les deux noms composés : 
souris-chaude i,chauve-souris) et (jorgc-rouge (rouge-gorge). Dans ces mots, 
le déterminant suit le déterminé, comme dans les mois latins : avis-iarda 
(fr. outarde, oiseau-lent), res-publica, etc. 

(V. Dict., Hazfeld, Introd., p. 72). 

N^ 6. — MOTS EXOTIQUES 

Dans cette dernière classe figurent les mots d'importation, 
autrement dit, les emprunts aux langues^ dialectes et patois 
étrangers parlés actuellement. 

On doit ces termes, en grande partie, au commerce. « Le 
commerce, dit M. Cli. Nisard (i), est le direct convoyeur du 
langage ». Rien de plus naturel que de trouver dans le lan- 
gage de nos pères des traces du parler des peuples avec 
lesquels ils furent en rapports constants. 

Tout d'abord, ce furent nos voisins de la Péninsule Armo- 
ricaine. Le BRETON ou dialecte celtique nous a laissé surtout 
des termes relatifs à la vie agricole et au langage rustique : 
hlosse, bondrée^ hronne, écot, cabosse^ dabon, hano, hiquet, 
orseu, quelle^ quenelle^ pillot, rabine, an..., et les verbes : 
anequiner, briffer, cutej\ équigner, maganner, pigousser, 
d'un usage courant dans nos campagnes. 

(V. aussi verbo : chomette au dictionn.) (2). 

Nos voisins de l'Est, eux aussi, vinrent de bonne heure 
au pays dolois. » Au XIP siècle, lit-on dans un manuscrit 
inédit '^), se tenaient à Dol d'importantes assemblées de mar- 



fl) Etude sur le patois de Paris, p. 5. 

(2) Le breton, du i>isle. fut parlé au pays de Dol, d'où il ne disparut 
que vers le XII« siècle, d'après le savant professeur M. Loth {UEmigration 
bretonne en Armorique, Paris, Picard, 1883, p. 109, et aussi Revue celtique, 
V.^1, p. 388;. 

(3) Chronologie des évêques de Dol, par Juhel de la Plesse, bibliothèque 
municipale de Dol. 



— n — 

chauds, (les loires, dites 8aint-Samsûn, ne duraient pas 
moins de (|iiinze jcnirs el étaieiil surtout fréquentées par les 
Normands. » 

En dehors, du reste, des relations commerciales, les Nor- 
mands tirent dans notre pays, aux l.\' el X® siècles, des 
incursions tréquentes (V. La Boroehu:, Ilist. de Brehujne, 
III, i.-)! ; Georges Saint-Mlei x, AiiiKiles Société Jnstorinnc 
Sainl-Mdlo, !'.)(«, p. :>l (D, etc.). 

C'est pourquoi on trouve, dans notre patois, des traces du 
langage normand : acca, (ic(intn\ ainder^^). amin, se bôgner^ 
canir, clunivir, chrminzc. clicnucher, essard^ lunipette, 
paricJien, péclicr (Moisv : prêcher), souqurr^ surci, lanpolte, 
(juichon, etc.. 

Remarque. La prononciation normande se reconnaît 
encore dans les formes, courantes chez nous : nccrnre^ aus- 
sitr. crctire, beire, luqncrne, tutezer, veisin. 

An Nord, la mer, Itiin d'être une borne au commerce, 
servit, au contraire, ii retendre et à le développer. 

Notre patois a sn])i de ce côté une influence double. Tandis, 
en effet, que certains mots ont été directemeid importés 
dAngieterre hhich\ craniri-'e, criquet, l<iHelonnn\ [l'ip, (loue, 
lletler, Quiinblet, hec. lioiv, haguener, cnheuder. patache, 
lierre, turne, ridelle), d'autres termes sont emi»riinl-és an 
vocabulaire des marins, au langage nautique, tels : bâclée, 
baille, blotter, bourlinqiier. calebasse, cambuse^ derUiiffnrr. 
élinqué, qalioter, morisse, poulyier, rarnarrer, souquer, 
sonlon, rirer, mots (pii ne sont guère entendus, actuellement 
encore, que dans les comnumes du littor;il (3). 

« Les maUiurins ont leur langue 
Où le verbe n'est point prison. 
L'image y scintille à foison, 
Or vierge dans sa rude gangue. » 



(Ij On peut encore consulter : Cuévremont, Les monvemenls du sol... 
On y lit, p. 293 : « Les marais de Dol furent, après le IX« siècle, repeuplés 
par des populations neustrionnes ». 

Enfin, d'après l'abbé Manet, vers 1420, « 2.5.000 mesnages normands » 
vinrent fixer leur résidence en Bretagne {Petite Bretagne, II, p. i3i^ of îi2i. 

(2) Voir ce mot au Gloss. 

(3) Cependant on les emploie couranmient dans les communes de linlè- 
rieur qui fournissent des marins: Mont-Dol, DoL P>aguer-Mor\nii. l'ior- 
guer, etc.. 



— 12 — 

;i dit le poMe .Iran l^ir.iiEPiN. (iiii a vécu au milieu des a tra- 
vailleurs de la mer », sur la (UMe d'Emeraude. 

{La Mci\ Les Gas, VI). 

L'Angleterre et la Normandie ayant été soumises à la même domination 
pendant une partie du XI» siècle et durajit tout le XII^ siècle, de nombreux 
nîots anglais sont entrés dans noire patois par l'intcn}u''diaire du dialecte 
normand (\". Moisy : Glossaire comparatii anglo-normand, I.ntroductioisO. 

L'inllueiiee all.emande semble plus problématique. Cepen- 
dant, si Ton se rappelle qu'en 1815, une armée prussienne 
[composée de 5.000 hommes] séjourna à Dol du 10 au 30 sep- 
tembre, on pourra peut-être admettre que les mots : chopper^ 
/<?//, frichequi, crompire sont restés comme des souvenirs. 
Nos ancêtres ont pu retenir les mots que les soldats du 
général de \\'rangel avaient couramment sur les lèvres, pour 
exprimer leurs besoins matériels les plus pressants (i). 

Enlin, notre patois compte des mots aux allures modernes, 
importés chez nous de Paris et des grandes villes de pro- 
vince, par nos compatriotes qu'y ont appelés soit le service 
militaire, soit les affaires commerciales. Ainsi peut-on ratta- 
cher à I'argot ou patois clr Paris les mots suivants : atout. 
barou[. housti/aille, canasson, maboule, moustic, pognon, 
triyader.... qui figurent dans les dictionnaires spéciaux (Ros- 
signol, Larguez, etc.) avec un sens voisin ou une forme 
similaire. 

Telles sont les six classes sous lesquelles on peut ranger 
les mots de notre patois. 

Cette classification, purement artificielle, n'a aucune pré- 
tention scientiliquc Xr»u.< l'avons adoptée pour apporter un 
peu d'ordre et de méthode dans Tétude de notre patois et 
préparer à la lecture, toujours forcément aride, d'un voca- 
bulaire. 



1, V. Les Prussiens dans l'lllc-et-\ Haine en 1815, par Vigxols, Rennes, 
Plihon et Hervé, s. d., et aussi Arcliives de Dol, dossier spécial. 



DEUXIEME PARTIE 

REMARQUES SUR LES LETTRES 

(Essai de phonétique) 

NOTA. — V. aussi partie I, m 4 (mots délormés). — Les mots marqués * 

figurent au Glossaire. 



Ajoi TÉ dans : *nonna, *sia p. non, si. 

Retranché dans : *bali('i\ *lleu, *hisei\ *rion^ etc., p. balayer, 

lléau, l)ais('r, rayon... Et au conniiencement des noms 

de ba})tèniP suivaids : Medée^ Melie, Nalolc. 
Devient é daii.s : ^chcibon^ *cherrue, *cgacci\ *n(n(jnée, 

*lrégon^ ielou.i\ *lierine^ négei\ verlope... 
Re.mplace i dans : *galalrv (Bos : galifre) ; u dans : *caisiye ; 

dans : *iateriau.i\ *(indoyer. 
Devient i dans : *igné (agneau). 
Remplace e dans : guarir. *racoin, sancçon. 
Prosthétiqie dans : *accoi(rsci\ *aguettei\ *avouiller. 

V. aux lettres I, 0, U. 



A.TOUTÉ dans : amicableinrnt^ finahlemcnt. 
SiPPRLMÉ dans : ostacle^ ose}n\ ostiner, sustitut... 
Pour v dans : *ch(imbre (chanvre), *cibot (cive) (i). 
Remplace p dans : *baiW\ *blosse, *bourgignei\ "dcrublcr, 



(1) Rappelons ici le mot de Scalixger : 

« Felices populi quibus yivere hibere est. » 



— l'i — 

*b<)incer variaiilc tic i>oincer) [A Rennes on dit coincer 
el. (le même, cvmjrrc p. bruyère |. Cm i.arin. 
\ . dans clunnbic. jxihot \\. clianvre, pavot. 

V. à P et V. 



Final, .\n et dans : (irniann, aspi, csloin^ui^ co (coq), nm 

^nombre 9^ Ei)i}ii<i. Saint-Suiid... 
8k prononck dans : *hi()c (fourche). 
Disparaît dans : *ijilfr ]>. gicler. 
DEVIENT g dans : ageler, *avançjei\ *bé(jasse, dijligulte, 

*(jronp, *n\(fer p. nicher), *in{jU\ *rev(in(je, scgreK^). 
Remplace t dans : *bncl(''L\ *nwc}u\ *écôner p. cstormi (V. au 

Dictionnaire). 
Dément t dans : '^<itont \\). acoup), *luté {juscus). 
PuLK g dans : *i)achu (lat. p(t(jus). 

V. à G, R, T.. 



SrppRi.MÉ dans .• cchirr}\ *ponn. *vienra p. déchirer, pondu, 

viendra. *ctu)nbon('r. 
Si ppHfMÉ au futur et au conditionnel de certains verbes de 

lii 1^ eonjugaison : fattrinrai. je comprenrais^ je join- 

rais^ je prenrai. je vieriKii. 
Aj(K 'II': d;ins rrnchcidir. 

Remarque. — " D intervocal avait pris en Gaule une prononcia- 
tion affaiblie » 'G. Pahis, Journal des Sacants, ]\nn 1000). 

Pour t dans : *(lnbon, *citi(', *ma(lèie. *loloquer et vice versa 
(V. ees mcjts). <( Les anciens Celtes changeaient souvent 
If / »Mi (l et vice versa. » (Trévolx). 

Devient gue dans c^/gue/>^/.v (cadenas). 

V. à T. 



'1 En français, on dit scgond, bien qu'on écrive second. — On dit de 
HR-me Saint-Jarjut p. .Sainl-Jacul (on trouve écrite la forme Sainct-Jagu 
au XVle siècle. — Hr.fornintions de Vévéché de Dol en 1513, p. le P. René. 
Vannes. Lafolye, 1804, p. .5). 



— 15 



SrFM'uiMi': rinns : *(lrjan(n\ fmreux, *orilh'i fl los proïKHiis 
suivants : Lisa (Elisabeth), Loïsc, Mclic^ Ticnnrtlr, 
l'ifi'ne. 

A.H)i ri': dans : *helu('tt(\ heavons^ jéverier, *leun(.\ *léoii('i\ 
*seillnn. tiiJ)elin-. h]f. par phostiièsk : *écroidcr. *érour(\ 
*é[)ns\ *éc(n'nitf'... 

Hemim.ace i dans : *clecnt<'le, *devise, *inenait, redlculc. 

])kvip:.nt i dans : *lUi('r. *si}n('llr [pis (pectus)]. 

r)EMi:.\r u dans : *fmneUc\ *lusard. 

Devient eu dans : *[euves, lieuvrr, cheur (fève, lièvre, clicz^. 

è (grave) devient é (fermé) dans : accès, *balassiére, *chu- 
liére, *civié)'e, de ces, *[oriére, frère, *gerbiére, mère 
(répondant mère {lie) se prononce grave, comme mcrc 
(mater) en français), père, *suretière, Therèze... Mes, 
tes, ces, les, prononcés en français mes, tes, ces. lès, se 
disent, en patois, mes, tes, ces, lès. 

é RE.Mi'LACK au dans : bandé, *boissè. chape. *demè, *drapè, 
*i(fnè, *moncè, pourcè, *vaissè'i). 

V. à I, U. 



Final, .miet dans : bwu. <ru. tardi (ba?uf, œuf, tardif), biè 
(bief), cer'^) (cerf), ner. Cette dernière prononciation est 
admise en français, mais an pluriel seulement. 

Ajoite dans : apprentit *sucandii (sucre-candi). 

Pori{ p dans : *l'ailli (pallidus). *lletter [to plaît), *[arlomllpr 
[perfodere). 

RE.\n'LACE I, par assimilatioji, dans : (jifie, girofle p. gifle, 
girofle. 

V. à P. 

G 

[Cette lettre provient souvent d\n v latin. Exemple : 
*garre de varius, *fjuènè de wadum^ *gremoidu (vers moulu, 
moulu par les vers)]. 



(1) On dit aussi donra p. donnera Ç\\ f. Regnif.r, satyre 1). 

(2) Vieille prononc. française. 



— in — 

Vient d'i.n g dans : *gr<ihot, de crape (V. à C). 

DisPAHAÎT dans : *innâ (gland), *nonailler (nuager), ianer 

(glaner), *iauct \\ *glfnict^ manifiqur p. magniliqne. 
Devient h dans : mon hars ]). mon gars. 
Ajolté dans : maguicrc, pagnicr p. manière, panier. 

V. à B, G, V. 

H 

Aspirée dans ions les mots figurant au Glossaire^ commen- 
çant par H. 

I 

Disparaît dans : *aigusei\ brut. *busson, *hen, *bentot, 
*co7itru^ *7nan, *}}oscU(\ *pertns^ *rnssé^ *sue^ *vra... 
p. aiguiser, bruit, buisson, bien, bientôt, contre-huis, 
main, noisette, pertuis, ruisseau, suie, vrai... 

Prusthétiqle dans : *iou (où ubi), ieux, iellc (eux, elle). 

A.iorTÉ dans : *(nraufnasse)\ fieii {filius)^ *f\lose\Ue, *se- 
mouille, *siédu, theiatre^ et dans *batiau^ *biau, Isabiau, 
* martiaux... 

Retranché dans : *diot p. idiot, Zidore p. Isidore. 

Pour a dans : // alli. il aimi, etc., ériflure p. éraflure. 

Pour o dans : *bricoli, *re/e/in. 

Pour u dans : *bnme ^i), himeur. *miseraigne, *mitueuse {mu- 
queuse), mituel^ pitois. 

Pour I dans : iapin p. lapin. *ianet p. *glan<'t. 

i prend un son nasal dans : amin, *a'mder, *chpm.inze p. ami, 
aider, chemise (Influence normande, v. p. 11). 

V. autres voyelles. 



Finale, muette dans : anima, carnava, cheva^ confessionna, 
Sougea, Miche, Hiré, fi (à coudre), imbeci, {illeu, ligneu, 
^linceu, tilleu, *chot-ecureu, etc.. 



(1) V. suprà, ch. I, C, Mots modiliés, p. 8. 



— 17 — 

I de il (proiinni) ne sk ninNoNci-: [v\s dovaiit une coiisumie : 

i va, i cmisc p. il v;i, il cause. 
Disi'AHAÎT. eu général, dans les finales en hl(\ c/r, //f, ylc, 

plr : (l'nn/ibe, risibe, artic... 
Dewew î dans : bianc, /.io?/, kicnchc, kialr p. blanc, clou, 

(denehc. clair, el dans iV//>i/i, *iabaud \\. lapin, clabaiid. 
I)i:\ iK.N r u dans : oinim-, sinuiuc j). on^le, sangle. 
Ke.mi'I.ace r dans : aiujtthi^ crlcbral, colidor, *ralemcnl, *r(ih', 

*suretih'e (inlluence de suret), lambergei^). 
De\ iivN'i' r dans •.mmarui. ^nrmcUe, carcul, coronei cnjstrrc.,. 

Dans l'indicatif présent de certains verbes en hier, lier, L devient 
sonore en changeant de place : il assembèle, il subùle (ou il sifi'lc) 
jxtur il assemble, il siffle, etc. 

(iMènio remarque pour 1'». - W à celte lettre). 

V. à I, R, \'. 

M 

Disi'AKAÎr dans : catrclilss^', *c(innr[ j,, cidiiinet. *ll(nnb{' p. 

llainnie. 
Re.mi'i.ace r dans : *ctiiluinr. 

V. à R. 

N 

SuPi'i{i>n-: dans : anjvagr, *c(ttnt. 

RE!\UM.Af;K I. u dans : *veïii)(, *h(ni (h> cIkul cnnepin, nrntillr. 

\'., [)[)\\v la vdlization, à 1. 



Retf^anché dans : //u, */</(, *répussci\ *mafje, *\nt'\able p. 

foin, loin, repousser, voyage, pitoyable. 
Pour a dans : *donger (V. ce mot). 
Pour i dans : *moche, mochet, mochon... 
Devient ou dans : *dctoiuber {\. fr. détorber), doumagc, 



(1) Dans le passage du latin au français, L devient souvent R. — V. les 
mots : apôtre, orme, titre... 



— 18 - 

*coui'éi\ *iInu)iH\ (hnduiison. *lonyc}\ *poiiche, povme, 
rousce ^i) (Dans Ciiaim«:i,.\in on trouve coiirvcc p. corvée). 

l^êciproqueinonl, OV dcvieiil O dans : corroie (lat. correoia\ croplon 
\ . rvopct. an ^\\c\.\ *i(». inincc, *iromi, loniienl... 

V. d A, 1. 



\iKNT d'in b dans *pich('l. IIhm'EAL (Idjiiic une lorini' bichct, 
dv hichctus, mesure à grains, et Bos : bichier et pichicr. 

(Comme exemple de porimilation enire le B cl le V, nippelons 
que pavillon et impUlon ont la même oi'igin(3.) 

V. à B, T, U. 

R 

Lettre Liés mobile dans toutes les langues et patois. 

Finale, mlette dans : 

P Les infinitifs de la 2^ conjugaison : courri, parti, 
nirnti... 

2" Dans les mots suivants : abreuvoir, battoir, dévi- 
doir, mouchoir, trottoir, qui se disent : ahreuvoué, 
hattoué, etc.. (Cependant on dit, dans certaines com- 
munes de l'arrondissement : abreuvouère, battouère). 

Disparaît aussi dans : ac p. acre, aiguë p. aigre, Arthu p. 
Arthur, aiitefa p. autrefois, coUc p. coffre, *cône p. 
corne, *enrpicnpr p. engrener,» du p. dur, fnid p. froid, 
pnler '2) p. parler (Ce dernier mot n'a guère cette pro- 
nonciation qu'à l'ouest de Dot {Roz-Landrieux, Plerguer, 
Miniac.) (3). 

Cette disparition de l'R est un effet de la loi du moindre effort, 
loi qui change l'R en S dans : ''-chasiiifr 'p. rharnier), ^chaise 
(p. chaire à prêcher), ^cousser (courser). 

Par contre. Vr est a.toutée dans : *bnTquet, *biscardien, bon- 



(1) .Au XIII« siècle, on écrivait Doid p. Dol (Pouillé de Rennes). — 
Au XVIIe siècle encore, Balzac avait pour devise : « Raison m'oublige ». 

(2) On trouve dans Ducange : pallaiaentum p. parlamenlum . 

(3) Dans le vieu.x français, on trouve chauve el enque 'p. chanvre et 
encre}. Notre patois les a conservés avec cette forme archaïque. 



— 19 — 

cheire, *boiiT(loNlff, *cltar(lT<Hi. cUardxonncri't, *inrâv'\n, 
*mncTe (inucidus)^ *soT(infu\ *sniiTtirei\ touriorus, usuv- 
fruit, *rrnnr(\ vctiiit'nri. 

NOTA. — ijclic addition de 11^ se constate dans les niol-s français : 
chanvre, encre, i-egistre, rustre, du latin: cannabus, encauslum, 
regesium, ruslicu^... 

Changée par métathèse dans : *herouct, bcrton, *enlerdnrc, 
hn'tvlli\ cntcrlicn, *lrHrsa^ (juernicr, keurvei\ rnequcrdi 
l>. hn'toii, enfroiduré. bretelle, rntrotioii. fresnif. gre- 
nier, crever, inereredi... 

Les indicatifs présents : il couvre, il ciilic il soiilïrc, de- 
viennent : il couvi'rr, il critère, il su[[rr('... 

Le groupe gr se change en gue dans : grésil, grenouille, gro- 
seille, gruau qui deviennent : *guersi, cjucrnouille, 
*(jurrouaz('ll(\ (jucrué [Tous mots (grenouille excepté) 
venant de l'alleniandj 'D. 

Identiquement, le groupe initial cr précédant e, o <>u u 
devient que dans : crever, croix, croisée, cruel qui se 
changent en : *querver, *queroi, *queroisée, queriid ; 
cru (mouillé) donne *querui. 

A Baguer-Pican, chaucnilé se prononce chaukerué (V. ce mot 
au dict.). 

V. aussi Partie III, n*" 2. 



Supprimé dans : Mur p. Mars, morchondie ]). marchandise. 
Remplace t dans : Irisse, jusse, par assimilation. 

V. à R, T. 



Re.nhm.ace s dans : *costonade, castrole. 

Supprimé dans : ac p. acte, *asse p. asthme. 

Ajouté dans : clouter, conchde. enfouiie^ jiniie, queriie, 

pour rite... 
Remplace q dans : quuer p. tuer, *quué p. tue {tuba). *ven- 



(1) On dit indifféremment gredin ou guerdin, grenadier ou gucrnadier. 



— 20 — 

quicz p. *ventiez, linuicrc \). liMi'FO. piqué p. pitié, cin- 
quirmr p. cintiènio... 

NOTA. — A Combourg. T Jinal sonne comme deux TT; on dit : 
Ictl lit. lu'tt inuir, nbiicott, * carnibott, gucrchott (mouchoir de 
pocho), puil, sabott... (Fleury signale celle prononciation à lile 
de Serk, Supplément, p. 31), — Celle propension curieuse à faire 
senlu" le / linul se rencontre dans certaines pailies de l'Anjou 
(V. VinniiH, II, 2(.)5). 

V. à Q, S. 

U 

Di^i'araIt dans : *(tnij p. aiiuit, depis p. di'piiis, pisque p. 

puisque, pomon p. poumon. 
Ajoité dans les participes passés : *éteindu, *goiUu^ senlu, 

de ét.eindre, goûter, sentir. On dit : il est mouiu p. il est 

mort '1). 

V. à A, E, I, N, et inlra, p. 24. 



Pehmlte souvent avec b et c (V. à ces lettres). V. aux mots : 
*garre, *gervi, *youspin, pabot, *vispi, *(juibet. 

Ajouté dans : Meuve (par analogie avec neuve). De même on 
dit : bleuvir p. bleuir. 



Se PH»>N0NCE COMME S daus : escuse, espiication, espert, 
estrëme; comme squ dans : jisque, vrsquer (fixe, vexer). 



Ajolté dans : avant-zier, *vieuzir p. avant-hier, vieillir. 

AEI — AT — Aïs — AIENT 

Deviennent a dans : Imbi^ *bigaudas, *(ersd, jamas, *vra 
p. balai, bigaudais. fresaie, jamais, vrai, et dans : Chenn^ 



(!) En ancien français, on disait de même: consenlu, repentu. V. Haz- 
FF.LD, Dict., p. 237. 



— 21 — 

Lourmas^ Loubatas p. Chènais, Lourniais, Loubatais... 

V. à man (main). 
Dans : falhis^ /> vas^ fctos p. jallais, je vais, j étais. Us tiurd, 

ils [esd p. ils auraient, ils fesaicnl. 
Deme.n.nent è dans : lésspv, jcre, firù p. laisser, faire, j'irai. 
DevienineiNT i dans : falli^ je mnnqi p. j'allai, je mangeai, et 

dans tous les passés définis de la 1'® conjugaison. 

V. III, n" 2. 

AU — EAU 

Final, se prononce comme o bref dans : *bardo, *o, couto, 
*drapo, moino^^) p. bardeau, eau, couteau, drapeau, 
moineau et, généralement tous les mots en au. 

Se pitoNONCE AUSSI iau (V. à I). 

Se prononce a. ou (accent tonique sur <i) dans : *berjnud, 
*cluiusse, *chipmidet. *mancaux. *Maraui\ jaune^ *mar- 
tiaux, *recaupii\ *siau^ *snau, *virvault, et dans les mots 
français en and, comme : chaud, artichaud, Fordaud 
(Ferdinand). 

EIL — EUR — EUX 

eil se prononce ail dans : boutaillc, oraille, solaiL parail 
p. bouteille, oreille, soleil, pareil. 

Devient oux dans les terminaisons en eui- et eux suivantes : 
*anijou:i\ *brai1Iour. *char}iaroux, *chnponoiu\ ?)i^/i- 
toux. *noroux, *nivetoux^ *no.soux^ tournoux, vendanx, 
avantage oux, hainoux, pouroux... (féminin : ouse). 

Cependant on dit : bonheur, *hiinrLn\ voyageur, *coutnrirux, 
*devotieux, *lam€ux, *gandilleux, heureux, *sourci- 
neux, *marouilleux, vieux. 

On dit de même : *rpourc p. apeuré, acetour p. à cette heure. 



(1) On dil d'un rhume tenace : 

« C'est un rhume de matelot 
Qui s'en va avec le vaisso. » 



99 



01 — or 



Moi, toi, soi font : *m<L */'/. *'^n rNormaiidie : nini. tni. sni : 

u 

Picardie : min. tin. sin]. 
[Sur oi p. 0. \'. ;i lettre 0]. 
PoiR a dans : *7}n, *pn. *vns p. noir, poil, voie. 
Dkmk.nt é «la IIS : advrt. *(lrrt. il crrL inrison, liitrijer... 
Demknt ei dans : *b('ire, *creirr, *pcisscr p. boire, croire, 

poisser...; nu'itic. voisin. })rire p. moitié, voisin, poire. 

à l'exemple et sous Inilluence du patois normand dont 

un des princiiHUix caractères est la substitution de la 

notation ei pour oî. 



THOlSlEMi: PARTIE 



MORPHOLOGIE ET SYNTAXE 



N" 1. - GENRES 

A. Noms masculins français — Féminins dans notre patois 

<,Lcs .signes V. F. signilicul : vieux pançais.) 



abreuvoir. 


coudre '2). 


hospice. 


âge. 


crabe. 


hôtel. 


alambic. 


éclair. 


incendie. 


angélus. 


*en(lret (enflroit). 


inventaire. 


arc-en-r'i<']. 


enterrement. 


légume. 


argent. 


squelette. 


ongle '-). 


arrosoir. 


étang. 


orage V. F.). 


article. 


été fi). 


ouvrage (V. F.). 


autol. 


exemple. 


poison '2). 


automne '). 


évangile. 


riulis. 


beurrée (poire). 


emplâtre. 


rail. 


bol. 


*(jorije-i-oKge. 


saille 2). 


centime. 


héritage. 


sourcil. 



Remarque. — Presque tous œs mots commencent par une voyelle ou 
ont uiif l<2rminaisoii en e muel, signes caractéristiques du féminin en 
français. 

B. Noms féminins français — Masculins dans notre patois 



clenche (V. F.). ""jd ne lier. 
commode. jaunisse. 

*e/'^ueri56C (réglisse) rouille (V. F.). 



tarière (V. F.). 
vipère (V. F.). 
vis. 



(1) Jadis féminin, devenu masculin par analogie avec printemps et hiver 
(Hazfeld). 

(2) Genre latin. 



o/. 

Pour cerkiines lormes: léminines, V. /'"' partie, 4, et 
W partie, T et V. 

V. Supplément. 

H° 2. — DES VERBES 

GÉNÉRALiTKS. — \oiis est remplacé par je : fallons, 
j'aimimes, jr ^mourirons \). nous allons, nous aimâmes, nous 
mourrons... 

Conjugaisons. 

Imparfait. — Dans la 1'"'' conjugaison, on dit : f aimas, je 
coupas... Les autres personnes sont : tu aime, il aimé, nous 
aimi4jns... ils aimas. 

Dans les trois autres, ai devient é : je finisses, je voyés, 
je rendes. 

Passé défini. — Dans la l'"^ conjugaison, l"a disparaît, 
comme dans la seconde : faimi, tu aimis, il aimit, nous 
aimimes, vous aimites. ils aimirent ; comme je finis. .. 

A la 3* personne du pluriel, r devient souvent t : ils jitent, 
allitent, reculent, renditent p. furent, allèrent, reçurent, ren- 
dirent. Rolland : « par les resnes les pristrent. » (Vers 2706.) 

FuTi R ET CONDITIONNEL. — La règle qui veut que ces temps 
soient formés au moyen de rinfinitif souffre moins d'excep- 
tions qu'en français. Le peuple admet difiicilernent les subti- 
lités des grammairiens. On dit : accourirai, accueillirai, 
apercevoirai, courirai, mourirai, payerai, recevoirai, voirai'^). 
(Sur D supprimé, V. W Partie, lettre D, p. 14). 

Subjonctif. — La caractéristique de ce temps est la pré- 
sence d'un g dans presque tous les verbes : que [auge p. que 
j'aille, que je prenge p. que je prenne, que je vienge p. que 
je vienne [Dans le vieux français, on disait : que j'alge]. A 
Avranches, on dit : que foige. (Sur la consonnification de l'i 
latin, V. Brachet, Grammaire, p. 115.) 



(1) Cependant, on dit, comme en français : préviendrai, retiendrai, saurai, 
soutiendrai, voudrai... 



— 25 — 

Souvciil ce lt'iii])s est reiiiplacé par riiidiccilif : « Je veux 
qu'il va p. (pi'il aille, pourvu quU prend p. qu'il prenne. 

Participe passé. — Notons les formes suivantes : assiedu, 
atteindu, aveindu, ceindu, consentu, éteindu^ goutu^ joindu, 
mouru, repentit, sentu, tirndu^ pnrdu, ponu... 
Infinitif : 
1^^ conjugaison, comme en français. 
2^ conjugaison, ïr disparaît : parli^ [ini. 
3® conjugaison, en ouer : apercevouér, voulouér. 
4® conjugaison, comme en français. 

Quelques verbes. 

(Les temps et personnes non donnés sont semidables au irançais.) 

Avoir (ava) 

Jeu, lias, f avons, — favas, f avions, ils avaient, — aiL 
a-yons, (i-yez, — que fége, que féqioiis, qu'ils rqent, —- 
a-ijant, a-yu, agn (ou ogu)(^). 

Ktre {ete) 

J'se, [sommes (ou fêtons), — fêtas, fêtions, ils êtà, — 
le fus, nous fûtes, — f serons, — .se, séyon. soyez, — que je 
sège, qu'ils seillent. 

S'asseoir {s'assouère) 

Je m'assis, tu Vassis, fnous assions, vous vous assiez, ils 
s'assient, — fm'asiêdais, tu fassiêdais, — fm'aseyi, ils 
s'asseient, — je m'assirai, fnous assirons, — assis-ta, 
assioiis-nous, assious, — assiyant, assiêdu. 



(1) Souvent le verbe avoir remplace le verbe être : « Je nCai promené, 
il a parti, etc. ». 

D'après Littré, cette forme patoise est plus logique que la forme aca- 
démique. 



— 26 — 

BcMUF. {hi're, houèrr) 

Je bi's, tu /)r.s\ nous hruro7}s, ils bnivrnt, — je beuvès, 
il beuvnit. nous bruvions. ils bcuvès, — je bruvis, nous beu- 
vimes, ils bcu rirent. — je bérai, fbérons^ — beu, beuvons, 
beuvez, — que je bèrr, que je beuvions, — beuvant. 

('hoir {chà) 

En français, ce verbe ne s'emploie qnà linlinitif. Dans 
notre patois, on dit : je chés, tu cbés, — je cbeyés, etc., — 
je cheroi, — (jue je cJieille, — cheyant. 

Cj)[imE (conte on coude) 

Je coudés, — ils coudent, — coudez, — eoud'int, — coudu, 
— que je cougions, — qulls coudent. 

Dire (dir) 
Vous disez. — que je diséions, — disez. 

Faire (fer) 
Je fé, j'jesons, vous [esez, ils lèsent, — lésez. 

Entrer — Montrer — Oivrir 

Ces verbes font : il entère, il niontère^ il ourère, et, à l'im- 
pératif : entère, montère, ouvère. 

Quelques infinitifs. 

Les inlinilifs fies verbes en ayer, eyer, iyer, oyer, uyer, 
lier, llcir l mouillées) se prononcent en mouillant et en 
supprimani Yr linale. Exemple : // veut balail, grasseil, pou- 
lieil, enroiel. rssuiH p. balayer, grasseyer, poliyer, envoyer, 
essuyer, etc. // luut cueill, pouill p. cueillir, pouiller... 

Pleudre^ sièdre, tiendre p. pleuvoir, suivre, tenir (cpii se 
conjugue comme prendre;. 



— 27 - 

N 3. — FORMES CONTRACTÉES 

Le peuple, nous l'avons \ u déjà, a des tendances à simpli- 
fier les mots (V. Partie /, n°' 3 et 4). Il nous reste à signaler 
une crase curieuse. Nous voulons parler de l'agglutination 
du verbe et du pronom vous quand ce dernier est le second, 
comme dans la forme interrogative. On dit ainsi : (liions^ 
aitnous, avons p. allez-vous, aimez-vous, avez-vous..., i/oits-, 
aimerons^ aurons p. irez-vous, etc.. On dit de même, à l'im- 
pératif des verbes transitifs et pronominaux : « aimons les 
uns les autres, assions, rangeons, taisons d), etc. 

Ici encore, notre patois se rapproche du « vieux français », 
ainsi que Tattestent les citations suivantes : 

« Avons mal aux dents, maistre Pierre? » 

{Maislre Pathclin, Jacoh, p. %.) 

« Avoua de tout [aict mention? » 

{Le testament de PaUœlin^ 1723, Jacob, p. 201). 

M. MoiSY (page L) cite des textes normands antérieurs au 
XVP siècle, donnant ces contractions, encore usuelles chez 
nos voisins d'uutre-Couasnon. 



(1) Jadis, au 24 juin, les domestiques avides de tourher leurs ffages 
avaient coutume de chantonner la formulette suivante, qui contient de 
cette contraction deux exemples curieux : 

Voilà la Saint-Jean, notre Maitrcj Si vous n'avez plus de fil filé, 
Que diable voulons. I Que n'en filous. 



28 — 



INDEX niHLIOi.HAPHIOUE 



OUVRAGKS CONSULTES 



1. Dictionnaires, Ouvrages de linguistique. 

Baidoin. — Glossaire de la lorêt de Clairvaux [Aube) (1885). 
Bealquier. — ^'ocabulai^e étymologique des provincialismes 

du Doubs ;1879). 
Bu.s. — Glossaire de la langue d'oïl (1891). 
Brachet. — Dictionnaire et Grammaire étymologiques. 
Brissald. — Les expressions populaires en médecine (1888). 
Comtois-François. — {Essai d'un Dictionnaire) (Besançon) 

(1755). 
GoLLABiN. — Dictionnaire des locutions de Rennes (1891). 
IJagnet et Mathurin. — Le langage cancalais (1906). 
Darmesteter. — La vie des mots (1887). 
Decorde. — Dictionnaire dû patois du pays de Dray {Ilaute- 

\ormandie) (1852). 
De.schanel (E.). — Les dé(ormations de la langue Irançaise 

(1898). 
DoTTiN. — Glossaire de Pléchdtel (1901). 
Dlmérh.. — Dictionnaire de patois normand (1849;. 
Eldel. — Locutions nantaises (1884). 
EvEiLLi. — Glossaire saintongeais (1887). 
Flei RY. — Essai sur le patois normand de la Hague. 
GÉNiN. — Récréations philologiques (1856). 
GiERLiN DE GiER. — Parler populaire de Tliaon {Calvados) 

(1901). 
Jal. — Glossaire nautique. 

Jalbert. — Glossaire du Centre de la France (1856). 
— Supplément '1869). 



— 29 — 

JoiiEL. — De 1(1 yénération des mots (1876). 

Kehcelzec [DE). — Locutions poijulaires de Dol en Bretagne 

(189 i). 
Larchey. - Dictionnaire d'anjot (1878). 
Le Gomdeg. — Vocabulaire breton. 
Le Hericher. — Glossaire anglo-normand. 
Le Ml ère de Corvey. — Mots en usage à Rennes [Société 

des Antiquaires, 182i). 
Leroux (Alcide). — Marche du patois actuel au pays de la 

Mée {Haute-Bretagne) (1886). 
Leroux (Philibert). — Dictionnaire comique (1766). 
Letournel. — Patois de Pipriac [Ille-et-V Haine) (Annales de 

Bretagne, XVI). 
Malzevin. — Dictionnaire des racines celtiques (ll)():J). 
Martellière. — Glossaire vendômois (1893). 
Maze. — Etude sur le langage du Havre (1904). 
MÉTiviEH. — Dictionnaire Iranco-normand. 
Mever. — Glossaire de l'Aunis (1871). 

MoLsv. — Dictionnaire de patois normand et Glossaire anglo- 
normand (1886-1887). 
MoNTEssoN. — \'ocabi(hiii e du Haut-Maine (1899). 
i\isARD (Ch.). — Curiosités de Vétymologie (1863). — Langage 

populaire (1872). 
Grain. — Glossaire dlllc-el-V Haine (1886). — De la vie à la 

mort. 
Paris (Gaston). — Les plus anciens mots d'emprunt ilc la 

langue jrançaise. 
PiERQuiN DE Gembloux. — Histoire des patois (1858). 
PiCHOT (E.). — Patois de Saint-Pern (Ule-et-V Haine) [Annales 

de Bretagne, XV]. 
Pluquet. — Contes, Patois de Bayeux (1834). 
QuERNEST. — Usages et règlements d'Ille-et-V Haine (1859). 
Révellière-Lepeai x. — Notice sur le patois vendéen (1868). 
Rolland. — La flore populaire. — }m faune populaire. 
Rossignol. — Dictionnaire d'argot (1901). 
Rousseau. — Glossaire poitevin (1869). 
Roussey. — Glossaire du Bournois {Doubs) (1894). 
ScHNAKEMBURG. — Tubleau des idiomes de la France (Berlin, 

1840). 
Tradition en Poitou {La) (1897). 



— 30 — 

Tn.wois. — Glossdirr (inulols-crltiquc (1880). 

TuLiii.N. I^ictiininnirr riijniul(Hji(iuc du huigogc populaire. 

Vs et Coutumes de lu Mer (Amsterdain, 1788). 

Verrier et Omllon. — Glossuirr des purlers et des patois 

de l'Anjou (1908). 
Dietionnnires de : Ducange. 11 atzfelu-Darmesteter, Hippeau, 

L.\CO.MBE. LlTTRÉ, ROOIEFORT, TRÉVOCX, LaROUSSE, 

Laci RNE DE Saint-Palave, etc... 

B. Textes, Recueils, Divers. 

Chanson de Roland. — Poésies de Jacques Bereau (1565). 
BuNAVENTi RE DES PÉRiERS. — Coutes et joyeiix devis (1540). 
BuiRDiG.NÉ. — Légende joyeuse (1532). 
Deco.mbe. — Chansons populaires d'Illc-et-V Haine (1884). 
Dlfail (Noël). — Propos rustiques (1475). 
Esqleu. — Les jeux populaires de Venlance à Rennes (1890). 
Evangile des Quenouilles (1475). 
Jacob P.-L.). — Recueil de farces et soties. 
Grain. — Chansons de Haute-Bretagne. 
Œuvres de Joinville, Marot, Ronsard, Malherbe, Rabe- 
lais, Montaigne, La Fontaine, etc. 
"^'an Xibor. — Chansons fl889). 
MoiSANT DE BuiELX. — Œuvrcs clioisies (Caen, 1875). 

C. Publications périodiques. 

Mmanach Hachette (Les parlers de France, 1900-1905). 

Annales de Bretagne ;Et spécialement : Etude sur le patois 
de TJoI, par E. Dune, juillet 1897). 

Annales de la Société historique et archéologique de V arron- 
dissement de Saint-Malo (UH)0-1908). 

Revue des Parlers populaires. 

Revue des Traditions. 

Interinédidii r dr^ rJirrrJwurs rt rurirux (surtout année 1896). 



31 



EXPLICATION DES ABREVIATIONS 



i:r 



des signes employés dans le Glossaire 



(idi ailjeclir. 

adv adverbe. 

arg argot. 

br breton. 

Cf conférez. 

D dérivé (ou composé) 

lat latin. 

loc. adr. locution adverb'*'^ 

m mot. 

n nom. substantif. 

n. m nom masculin. 

71. / nom féminin. 

Nor Xoruiandic. 

P. p pour. 

pnt. nnr. |)atois normand. 



l'I pluriel. 

idc racine. 

rnd radical. 

s}ji} synon>nios. 

r \'oypz. 

rnr variante. 

r. a verbe actif. 

v.n verbe neutre. 

v.p verbe pronominal, 

v.fr vieux français. 

? Incertain. 

= E^f^ni étymolo^'-i(j. 

Il ( Comparaisons. 

^ syll.abe brève. 

- syllabe longue. 



N. B. — Les noms en (( capitales : Goilabin, Verrier... » 
indiquent les auteurs qui mentionnent le mot sous lequel ils 
sont cités (V. à VIndex bibliographique). 



32 — 



OBSERVATION PRELOriNAIRE 



Depuis une vin (/ tain c d'années, dans les études du patois, 
on a donné à la phonétique une place prépondérante. Voyant 
dans Ir mot le son avant tout, on a imaginé, pour la notation 
des patois, un système graphique spécial, que l'abbé Rous- 
SELOT inaugura dans la Revue des Patois gallo-romans, en 
IS87. 

Nous navons pas cru devoir recourir à ce moyen, trop 
savant pour une simple nomenclature comme la nôtre. Du 
reste, le son d'un mot offre des nuances diverses non seule- 
ment de canton à canton, de commune à commune^ mais 
encore d'individu à individu. » Uonde sonore, dit M. Antoine 
Thomas, nest pas moins perfide que Vonde liquide d), » Pour 
éviter un naufrage, nous avons préféré nous rattacher à une 
représentation des mots plus simple et les écrire tels qu'ils 
seraient orthographiés en français, méthode qui (leur laissant 
leur physionomie) met de plus sur les traces de leur origine 
et prrmet à beaucoup de lecteurs d'entrevoir plus facilement 
la provenance et Vétymologie ^2). 



(1) V. Revue des Deux-Mondes, l^r décembre 1902. 

'2^ « Les mots, dit M. Fleury, ont leur physionomie; on les comprend 
encore plus par la vue que par 1 oreille » [Supplément à V essai sur le 
patois normand de la Hague, 1891). 



GLOSSAIRE 



Ll's mois pit'cédés du sifîric •■• parui&sent plus spéciaux au pays <lo Dul 
ou ne fiLnircnl dans ;iiiruri dt\s dicl. consultés (V. Index, p. 2s . 



A 

"^Abatture, ii. f.. cluite. action de tomber, de s'ahdttrc. 

Il s'est fait une (ihatture p. il est tombé (Abatture est 
français dans le sens de foulure). V. pédasse. 

Abat-vent, n. m., p. contre-vent (Veiuueh, Moisy). 

Ce mot est français: mais avec une acception iuilrc. 

Abordant p. abordable. V. regrettant. 

A bouter, v. n., toucher à, confmer. u Cette pièce de terre 
(i boule à chemin. » 

= Had. bout qui a doimé la forme française aboulir 
(La forme du patois est plus logi(iue. \'. Introd., I, o). 
Les tenants eL les aboutissants p. les terrains voisins. 
Il Xormandie (Moisy); J.\liîert : jouter: Anjou : « les 
tenants et les abontants (Vehiueii). 

Abrier p. abriter, couvrir. 

= V. fr. (Lacombe, Bos, etc.), rad. abri. 

Notons l'étym. proposée par Lacurne qui dérive ce mot de arbre, 
« abri naturel des paysans >-. 

Il Beauqiier : avrié, abrité. 

*Abroc p. accroc. On dit de même broc \). croc (fourche de 
fer). Il Bos : broc, objet pointu. D. s'abroquer, se blesser 
en s accrochant à une épine. Y. broc. 

Aoanter, v. a., pencher. 

= Forme normande de achanter, v. fr.. incliner de 



— 34 — 

cté (Bos). Il Resté dans : siir le chamj), que logiquement 
on devrait écrire sur le chant (canthiuii). Hazfeld. 

*Accasse (d'). Ne s'emploie que dans Texpression : u La 
pluie tombe d'accassc » p. à Ilots, à torrents. 

= Bas lat. accddcre (p. accidcrc)^ tomber. V. fr. : 
ngastc. pluie subite et très abondante (Trévoux). 
Il Norm. : d\jca (Islandais : hat, averse). — Duméhil : 
ncnr. — Alaine : accas, pluie torrentielle (Montesson). 
— Anjou : abat d'eau, grande chute d'enu (Verrier). — 
Centre : de casse (Jaubert). — A'endômois : acas, grande 
pluie (Martellière). — Moisy : pluie d'abat. On dit 
aussi des accrâs d'eau p. des torrents de i)luie. V. accrus. 

Acciper, v. a., prendre, dominer une personne, exercer sur 
elle une influence. S'emploie surtout en mauvaise part. 
=^Lat. accipere. prendre, agréer. || Roquefort, Ph. Le- 
roux, Lacombe, Duméru.. V. acnicher. 

Pccords p. accordailles, fiançailles. 

Accourser, v. a., achalander. 

= V. fr. acours^ accours, affluence (Trévoux, La- 
combe), lat. ad cursum, Nicot, Goulabin, Montesson, 
Martellière, Duméril. D. desaccourser. 

Accouvassée, adj., entêtée à couver, en parlant d'une poule. 
\'errier : accouassée. 

Accrâs. \\ accasse (d'). || Dottin (Bas-Maine) : aka, pluie 
torrentielle. 

*Accràser. Deux sens : 

1° V. a., agonir, accabler d'injures, de sottises. = Fu- 
sion de accabler et écraser. V. agoniser. 

2° V. n., salir, abîmer. Les enfants qui patouillent 
accrasent leurs bardes. = Dans ce sens, ce mot est sans 
doute un composé de crasse (Cf. Jaubert (SuppL), 
crasser). 

Accreire p. accroire. = Forme normande (V. Introduction, 1). 

A ce p. ce. A ce matin p. ce matin. 

*Achaison, n. f., dégoût, mal au cœur, forte répugnance. 

Une chose fait achaison quand elle inspire un vif sen- 
timent de répugnance, de dégoût. 



— 35 — 

= Rad. ACHE [en anglais : mal, douleur; en celtique : 
tout objet sale] et désinence? aison que Ton trouve dans 
brûlaison, pâmoison, et marque Fétat. 

Achaison serait donc : état de mal. 

Hemaroue. — Dans les vieux lexles français on trouve achahonnev 
avec les sens bien différents de : vùxct (Trévoux), accuser (Bos). 

Il V. donqcr. 

"^Achaisonneur-euse, adj.. -iijel à ïachaison. 

Il En Lorraine : nurcux ou naireux (A. TuEUiUEr). Has- 
Maine : (Dottin) : nchozonc^ délicat dans le boire et le 
manger. 
*Achienner (s'), v. [n., s'enlèter, s'attacher avec opiniàtrelé 
à une personîie ou à une chose (En mauvaise part). 

Il Cf. Bos : s'achenir, s'acharner; italien : accannirr. 
CoLLAUiN. V. Introduction. 

*Acnicher, v. a., attirer, recevoir. Se dit surtout en parliint 
des volailles que Ion laisse entrer dans les maisons. 
S'emploie par analogie en parlant des personnes. « Les 
chausses-noires [V. ce mot] acnichent les amoureux. » 
A Antrain : atiauler. V. acciper. 

*Acohueler (s'), v. pr., vivre en concubinage. 

*Acousser (s'), v. pr., se lancer sur quelqu'un, en parlant d'un 
animal. || A Rennes : s'abriver (Coulaiun). V. cousser. 

*Acron, n. m., morceau de bois rugueux, débris (iiirbf(3 i)()ur 
le feu (La Boussac). 
. = Lat. acies^ pointe (d'où le français : acier) ? 

Adent, adv., face contre terre. 

= V. fr. adenz, du lat. ad dentés : du côté des dents 

{Chanson de Roland^ Jolnvu.le, etc.). 

[A noter la curieuse explication du dict. de Trévoux qui, écrivant 
adant, voit là une corruption de adorant.] 

LaCI RNE, Bos, LiTTRÉ. 

En parlant d'une chose obscure, d'une « affaire em- 
brouillée », on dit : nn comme pHr ndent (noir comme 
poêle tournée). V. boucapertu. 

*Adesapôt. V. Desapôte (en). 

Adirer (s'), v. pr.. s'égarer, perdre son chemin. 



— 36 — 

= Sens priiiiilir. Ce mot est françnis comme verbe 
fictif: il a le sens d'égarer, perdre (Jurisprudence). 

'( ... ils coiiroient connue petits gai"s qui aiiroicnt adiré leurs 

vaches. » 

(Noël DuFAiL, p. lOG.) 

\". Introduction. 

Adièzi, adj., inoceupé. uisif, et par e.xteiision espiègle, far- 
ceur, les personnes ayant du loisir étant naturellement 
portées à faire des malices. 

= La t. (i lassus, non lassé. On dit du reste d'une 
personne qui est peu occupée qu'elle est « ben dé- 
lassée ». Il V. fr. lez, loisir. Montesson : adrlaisi^ bête, 
mou, dégingandé. 

Cf. Dl GANGE : lascivus; Coulabin : adchiizi-ie, dé- 
sœuvré; MoisY : adélaisi; Verrier : adclaizi. adlèsi, oisif, 
niais. 

Admèzè. \'. denièzè. 

Adonger. V. donger. 

'Adsa p. (( ce soir ». 

= Lat. ad, vers : vers ce soir (Coulabin). Anjou : arsoir 
(Verrier). 

Adret p. adroit. V. dret (droit) (Verrier). 

Adurander, v. a. (rare), poursuivre avec opiniâtreté une per- 
sonne ou une chose. 

Affainianter (s'), v. pr.. devenir fainéant, s'acagnarder. 
l^iTTRÉ donne s'ojfainrantir. V. Introduction^ T. 

Affiches, n. f. pi., publications de mariages, feuilles annon- 
çant les projets d'union aljichées aux mairies. 

Affile (d'), adv., tout d'une traite, sans interruption. 

= Rad. file, jj A Rennes : d'à filée (Coulabin). La- 
rousse : riffilce, suite, continuité. 

'Afforionner, v. a., mettre les bestiau.x à paître sur la lisière 
d'un ctiamp. 

= [orière. V. ce mot. Dans le Marais : river. 

Affourée, n. f., ration des bêtes à cornes. V. ci-dessous 
brannée. 
Anjou : aflenage (Verrier). 



-37 - 

Affourer, v. a., donner le fourrage aux bestiaux. 

= V. fr. Trévoix). Bos : nforer. donner du fourrage: 
Hazfeld. Larousse : alfourager. Dottin : ajorrer. 

♦Affrilonner, v. n.. rendre frileux, u Ne mettez pas votre 
nfjublas (V. ce mot) avant les gelées, car çà affrilonne >k 
V. Introduction. I. 

Affublas, n. m., sorte de manteau d'hiver. 

= Lat. affibulare. de fihula. agraffe. V. fr. 

Affubler (s*), v. pr.. mettre un affublas. 

= \ . fr. Lacombe : affublier. cacher la tête sous un 

voile. 

« S'affublait d'un jupon crasseux... • 

1^\ FoNTAixE, Fables. V, G.> 

*Aget, n. m., ce qui se donne à lacheteur par-dessus le 
marché : treizain. tant pour cent. etc. 

Il A Rennes : agis (Coulabin; : Xorm. : aget. achat ; 
MoNTESSOX : ageux. pourboire. 

= Cf. lat. augere. augmenter. 

*Agober. \'. gober. 

*Agra, n. m., premier tour de bêche, fosse que fait celui qui 
bêche en commençant une planche. 

= Lat. agger. tranchée, retranchement. Il A La 
Boussac : augct. 

*Agrousse-ee, ulj. Ce terme n'a pas d'équivalent en français, 
l II enfant est agroussc quand il est en proie à une vio- 
lente crise de larmes et oppressé par les sanglots (Etat 
décrit d'une façon saisissante par M. Régnier, Elégie), 
= Lat. angor. inflammation de la gorge. V. angorîp. 
hicter ? 

Il DuMÉRU. : agoussé, renfrogné, et, dans son Intro- 
duction : agroussé. attrister, de l'islandais at krusa. 

Agu-ue, adj.. aigu. 

= V. fr. de acutus. Hippeai. 

[D'après Godefrov, aigu n'apparaît qu'au XV' siècle]. 

« ... sur Ihelme ad or agut » 

{Chanson de Roland, vers 1954.> 

Il Verrier : aguser. V. Introduction. 



— 38 — 

Aguetter, v. a., giicltor. 
= V. fr. : 

<« Va Va guetter, tosl s'abreuver en l'oiide. lu le verras... » 

(Bere.-\u, p. 147.) 
«... car il ne pouvait aguctter. » fDi:s Pérhcrs, p. 78.) 

Il L.\criî\E : (l'iiiilcr. \. luli oduction. 

Aguigner, \. a.. ^ lairi' de Tceil », regarder une personne 
d"Lni air de provocation amoureuse. 

A la campagne, on dit d'une femme axant son licliu 

de travers qu'elle u aguigne un verwier » (V. ce mot). 

== V. fr. Lacombe : aguigner^ faire signe des yeux. 

Il L.\ci RNE, GouLAPiN. Cf. équiguer; pat. nor. aguiser, 

exciter; angl. : to aguise. 

Ahonter, v. a., rendre lionteux, faire honte à quelqu'un. 

= V. fr. Ph. Leroux le signale comme déjà tombé on 
désuétude, en 1750, et le dict. de Trévoux le donne 
comme vieux (en 1771). Jaubert : ahonter. 

Aiguser p. aiguiser. Verrier : aguser (V. agu). 

Ainder p. aider. Curieux cachet de nasalisation normande. 
A Valognes on dit de même amin p. ami, venun. 
venu... (V. MoisY. Glossaire, verbo : prinse. V. ibecile. 
Il Dans rOrne : ider; Berry : aider (Toubin). 

♦AIraîgnasser, v. a., enlever les toiles d'araignée. 
Jaubert : nrantelcr. V. Introduction. 

*Ajas. adj., en jachères, terre ajas. 

= V. fr. gâtée, agater, agat, ajas. \\ Cf. Bos : guast, 
lande ; lat. vastus, désert ; Vendée : terre agatée. Ver- 
rier : en gast, en friche. 

*Ajôcer, V. a., donner une gifle. 
= jô (joue). V. ce mot. 

ff J'vas Vaiocer, comme Bouvier fit à sa vache. » Allusion à une 
histoire locale. 

Un cultivateur de Baguer-Fican, François Bouvier, de Trohel, 
frappa si fortement sa vache que la pauvre bêle en mourut sur 
le coup (1845). (?) 

Alatri-ie, adj.. battu par la pluie, en parlanl du sol, durci. 

= Lat. afjiia (?) (\'errier), Coulabin. || A La Fresnais : 

aliatri ; dans la Manche : hatri ; Anjou : aglati ; Loire- 



— 39 — 

liilÏTiiMirc : tiUlri: Dottin : (Ujisi. iW. .lAinERT (Si//)p/.) : 
l)ain (lilhitti. |»iiiii iiisLilTisimiim'iil ciiil (l^lic/ nous 
(iras cuit). 

^Altabout, 11. m., bnnl, tiiilouiii, vacarme. 
i'. \ a eu du altabont » = çà a chauffé. 
= Rad. tabiif. \' . ce mot. 

*Alvette, 11. f., personne distraite, étourdie, tète de linotte. 
= corrui)t. de nloiictte (?). 

Amain (d'), adj., mot à mot : facile à prendre avec ta nmin. 
Commode, en parlant des choses; et, par ;inalogie, aisé, 
adroit, en parlant des personnes. 

= V. fr. (Rahp:lais), Coi labin. !I Patois normand 
(MoiSY, Vehiueuj. Cf. dans le lang. hippi(iiie : <ir(nr de 
la main, se servir à propos de la bride. 

Amarrer, v. a., arranger, préparer. 

= Miirine : amarrer, mettre ramarre, d'où, i»ar méla- 
pliore : mettre en ordre. 

(Des mt'laphores idenliques enipruiilces au langage de la Marine 
ont donné en français : démarrer (partir), rompre ses ninarrcs: iillrr 
[ad nare, venir par eau] et arriver [ad ripa m). 

y. rainarrcr. Y. Introduction. 

*Ambageoler, \. a., enjôler, prendre par d(;s tlatteries. 

= Had. anittarjrs, de ambaffcoleur-ruse, adj., qui 
ambafjeole. 

Ameiller, v. n., se dit d'une vache sur le i>oint de vêler, ne 
donnant plus de lait. 

? = Lat. enulsus, tari. Cf. \'endée : incilte, pis 
de vache (Revellière-Lepeaux). D. ameillante^ qui 
ameille. 

"^Amiauler, v. a., allécher, attirer une personne par des pa- 
roles mielleuses, semblables aux miaulements intéressés 
des chats. 

Il A. Leroi X : amieller, v. a., amadouer. V. fr. : amo- 
lier, amoloyer, adoucir, lléchir quelqu'un (Lacomhe, 
Trévolx, Rorel). Co( labin, Moisy. V. Introduction. 

*Amilabis (ou Amirabis), n. m. pi., manières affectées et 
compliquées. « En fait-il des amilabis. » (En fait-il des 
manières). 



__ 40 — 

Amuionner, v. a,, niclln' un muions. V. ce mot. 

Andoyer p. uiidoyer. \'. lutrod., A. 

*An'endret, adv,. nulle part. 

= A nul endroit. Crase curieuse. Rolssev : aniheu, 
à nul lieu. \ . dret (droit). 

André de, en face de. 

= antr. || Verhieh : audrct. 

Anequiner, v. n., travailler péniblement, :sans goût ni 
entrain. 

= Bos : lieUequinci . faire le diable. || Anjou : liane- 
tiner, haneteî\ haleter (Verrier). 

•M. DE MoNTESSûN (qui écrit ce mot par une h) propose comme 
étymologie liane, mauvaise culotle. 

Bien que dans la physionomie de ces deux mots il y ait quelque 
ail* de ressemblance, nous ne pensons pas qu'il existe entre eux 
de lien de parenté. 

D'un côté, en effel, celui qui lambine ne s'expose guère à user 
ses culottes, et ceux (}ui ont de mauvais pantalons n'ont pas le 
monopole de la lenteur. 

Nous serions plutôt tenté de rapprocher ce vocable du celtique : 
ankou, peine-mort. Celui qui anequine ne meurt-il pas sur le travail? 

Dans lAnjou la Chasse Hannequin est une chasse fan- 
tastique de nuit (Verrier). 

Ange, Ji. m., papillon nocturne, phalène. 

Angelot, n. m., enfant qui j(^tte des fleurs aux processions 
de la Fête-Dieu (Verrier). 

Ch.\tealrrianu a employé angelet, petit enfant (La- 
rd us. se). 

*Angoué-ée, adj., endolori, en parlant d'un organe fatigué 
par un grand travail (La Boussac). 

Pendant la moisson, les seilloux (V. ce mot) ont, le 
soir, le poignet angoué, qui a tenu la faucille toute la 
journée. 

= La t. (wijni\ peine, fatigue (?). 

Anguille de hâs 'de haie), couleuvre. 

Ani un anet, adv., aujourd'hui. 

= V. fr. Bos : anuit [Nos ancêtres comptaient par nuits 
et non par jours]; Norm., Aunis, Poitou, Sarthe, Maine, 
Centre : anuit. LaclRxNE, Coulabi.n, anet^ anuit. 



— 41 — 

*Aniclé-ée, .idj., cliéLif. arn'h» diins sa croissance, en parlant 
d'un petit enfant. (Correspond au français raboiujri^ cpii 
Jie s'applique, lui, qu'aux végétaux. 

= Lat. nuclrus, noyau: nuclcare, se durcir en se for- 
mant en noyau. || Roussey : no (nœud); Montesson : 
u aniclei\ faire une mauvaise croissance (de nihil '!) »; 
Centre : blé aniclé, dont les grains sont réduits à rien 
(Jaiueut) (vieille form(3 : anic]nlé)\ Rennes : alanguuri^ 
cJiiatique, écale; Vendée : aqueni; Norni. : arodivé (se 
dit surtout des plantes); Vendomois : arossi. 

*Anijouet, n. m., nicliet, œuf laissé ou mis au nid pour 
engager les poules à y pondre. 

= nicher (V. Introd., C). |! Maine, Centre, Aunis, 
Poitou, Jura : ninu ; Vendomois : yniot; Eure : niet ; 
DuMÉRn> : nieu^ niol ; Verrh^r : niait;. 

*Anijoux de poules, nom que Ton donne à un individu sot 
et incapable. Sans doute parce que le fait de mener les 
poules coucher est une occui)ation aussi peu considé- 
rable que peu considérée. 

On dit dans le même sens : « Pau\ r*' Jacques Dwa: (?) 
qui mène les poules p ». 

Il Di FAiL, anichcar de [joules {Contes, XVI); Trévoux : 
talepoule; Norm. : powit, coroponette; Nantes : nijotar. 

Anordie, n. f., pluie du nord et durant 't8 heures au plus 
(Li 11 oral). Hazfeld : vml du nord. 

*Antimancher, manigancer. 
= mal emmancher. 

Anvain p. orvet, reptile (Verrier). 

= armoricain : anv, même sens (?). 

Apercher p. approcher. 

*Apietter, v. a., mettre des Heurs tige à tige pour faire un 
bouquet. 
Aploné-ée, adj., d'aplomb, suivant la verticale. 

"^Apointir, v. a., rendre pointu. 

li Jaubert : apointaser; A. Lerolx : appointuclier. 
= Mot forgé (V. Introduction, 3). 

*Apouler (s'), v. pr., s'accroupir, comme une poule s'abais- 
sant sur ses pattes. 



— 42 — 

Il Fougères : s\icoucrr: Norm. : s'accoufer, s'apouni- 
cher; Anjou : s^ijupir (Verrier); BEArooiN : s\dccouvev; 
Francho-Gomté : se iiwttvc à crcpreton. V. Introduct., 
I, 3. 

Apparaissance p. apparence. 

« Les récoltes ont belle apparaissance. » 
= La t. popul. apparescere (Hazfelu). || Bos : apparis- 
sance. Coulauin. 

Appartement. En français a logement de plusieurs pièces 
de suite ». 

Dans notre patois, le sens est restreint, ce mot ne 
désigne plus qu'une pièce séparée. V. Introduction, I, 2. 

Appliquant, adj., qui exige beaucoup d'application. Travail 
appliquant. 

*Appouyette, n. f., appui, tuteur. Perche que Ton met en 
dessous des branches trop chargées de fruits. 
= appuyer, prononcé dans le patois appouiller. 
Il Dans les marais de Dol : appougette ; Norm. : 
appoijas. 

Approprir, v. a., rendre propre, nettoyer. 

Aquiller, v. ii., tirer sa place au jeu de pitaux (V. ce mot). 
RtjQLEFORT : quiller, tirer la primauté au jeu de quilles; 
Verrier : équiller. 

'Aquinteler, v. a., mettre le froment en quinteaux (V. ce mot). 
Arabe, pingre, regardant. Argot : arbi (arabe) : sobre. 

'Araignée, n. f., fleur annuelle, nigelle de Damas. 
il Norm. : niole (Rolland). 

*Arche, n. f., cercueil, bière. 

= Lat. arca, bière, tombeau. || Cf. Breton : arch, coffre. 
Bos : arche, coffre. V. châsse. 

Arconduire p. reconduire. 

Ardrie, n. f., terre jaune employée pour la construction 
i Pleine-Fougères). 

= argile. Ducange : ardilha, graphie ancienne d'aryila. 
Il Lacurne, Jaubert : ardille. 

Argenté-ée, adj., riche, qui a de l'argent. 



— 43 — 

= V. fr. Amyot, Tf\kv()LX (couvert d'argent); Dimérii., 
Vrhhikh, à Nantes : inijcntu. 

Armaire i). armoire. 

= V. fr. {anndiiiuiij Laclkne, Ijottin. 

Armelle, ii. 1"., lame de couteau. 

= V. Ir. aliinicUc^ aleiaêle (Trévoux, Loiuneat, 
Bos, etc.); du lat. lamcllu^ objet tranchant. 

Nota. — On retrouve ar p. al dans : armanach. 
*Aroiseler, v. a., mettre le foin fauché en lignes parallèles 
joiscUes). V. ce mot. 

*Arrètâs, n. m. pL, ce qui arrête : « Il est en retard, il a eu 
des arrêtas. » 

Arrouser p. arroser. 
= V. fr. : 

« Le maresclial pour son feu augmenter le fait d'eauc arrouser. » 

(Texte cité par Gemx, II, 242.) 
« Ses villes mettre à sac et la tei-re arrouser. » 

(Jac. Bfrf.au, La complainte de France.) 

Laclrne, etc. et. pat. nor. arrouser. l). arrousoir. 

Arsion, brûlure (Pleine-Fougères). Inusité à Dol. 
= V. fr. (Lacl une). 

Asile p. salle d'asile, école maternelle vt)ol). 

Assaquer, v. a., tirer à soi. V. sacquer. 

*Asse p. asthmati(iue. on domie au malade le nom de la 
maladie (Verriei^). 

La lorme logique serait asthme. V. Introd., à T. 

Assemblée, n. f., fête annuelle d'une commune. L'assemblée 
est généralement le dimanche et une foire a lieu le len- 
demain. 

Assembelle p. assemble, du verbe assembler, qui se con- 
jugue comme appeler. \'. resseiiibelle^ srmhrUc. 

^Asseyâs, n. m., ce qui sert pour s'asseoir. Vers Traiis : 
assias. 

Assotir, V. a., rendre sot, assommer. 

Laclrne, Hazfeld : assoter. La forme patoise est 
plus régulière. V. Introduct. || Dans Goulauln : assotir, 
assommer. 

4 



— 44 — 

Astour, ;ulv.. à ('(MIc litMiro. mainU'iianl. (lui l.mux : astiire. 

* Assuré, loc. adv. : //•/•>. marque le superlatif. 

« Il est assuré bon » (très bon). 

On dit aussi : con/oiniu. consomc\ lianli^ iuouhi^ dans 
le même sens (V. ces mots). Introii., 1, 3, D. 

*Atatan, exclamation maninaiit la défense, dans le langage 
enfantin. « Atatan, veux-tu laisser ça. » 
= onomatopée. 

*Atillonner, v. ;i.. se montrer tillon (V. ce mot), attirer ]»ai' 
des caresses. 

Atout, n. m., coup, blessure (Verrirr). 
= Peut-être pour acoup. 

11 existe d'autres exemples de T pour (^. Ainsi bâclée 
p. batlér, juté lOpaque) de juscus... Araot. \. Introduc- 
tion. I, (3. 

*Atta (it-t(i). interjection : vicjis vite. 

= Hate-^/. Il G0LLAF31X : hatta. A Dinan : u Viens va 
donc ! » Cf. fr. : aga, regarde. Hazfeld. 

Attainer (s'), v. iir.. s'acharner à un ouvrage, à une chose... 

= Rac. taon, s'attacher à un travail avec la ténacité 

du taon s'acharnant sur les bestiaux, jj Hippeau, Tios, 

Jalbert : nttdinev. dtahirr, agacer, harceler, obséder ; 

Healdoix ; v. fr. : ntainer, irriter, obséder. V. attarinev. 

Attaque (d'). In honmie d'attaiiue, c'est un homme solide, 
pi et a l'nttnque. 

En argot : liommr (t'attaque^ homme d'action. 

« Comme on n'était d'attaque... » 

(A'anx Nibor, Le vœu du mousse.) 

V. nmuin (d'). 

*Attariner, v. a., obséder, comme attainer (V. ce mot). 

(?) = de tarin, oiseau qui s'attaque avec âpreté aux 
bourireons des arbres fruitiers. 

Atlèle, II. !.. morceau de brijs fendu, pour mettre an feu, 
éclisse. 

= \'. fr. astèle, morceau de bois, latte (Bos). 

En chirurgie, attela est resté avec le sens de latte. 
Coui.ABix. Orne Diméril). 

* Attiser, v. a., exciter un chien. Xorm. : horei. houler. 



— 45 — 

*Attraper (s'), \ . pr., se blesser (On dit aussi s'abroqucr). 

Sr\\> priiiiilil" de ce verbe pris aujourd'hui daiis une 
acrei)tion plus élendue et ne signiliait uriginaireniciit 
que « prendre à la trappe ». V. Introduction^ 2. 

*Aubiche, n. f., adresse, habileté. Ne s'emploie guère ({u'avec 
une négation. 

(( 11 ifii guère (Vaulyichc. » 

= r^at. Iidbilis^ (jui a de la disposition, de la capacité 
pour une chose (?). 

Augeart p. hangar. Usité à Bain (Grain). 

Auget, n. ni., fosse que fait celui qui bêche en commençant 
i^La Boussac). 

= Lat. (ilveus^ fosse. V. agra. 

Au jour d'aujourd'hui, de nos jours. Pléonasme double dont 
L\\i.\i{TiNE a fait un heureux usage : 

« Et nous n'avi^MS a nous que le jour d'aujourd'liui. » 

Médilations : I.'IloMMr:. 

Aulmont, amont. 

= V. ïv. à la montagne. 

Aurif-ive. \ . o/i/. 

^Autant, Ji. m., copie, expédilion ou grosse d'un acte notarié. 

Dans une délibération de la conniiunauté de Dol, en dale du 
23 octobre 1792, on lit : 

« Quarante sous pour avoir écrit un autant de l'inventaire des 
Bénédictines. » 

"^Auvale, n. f., auge, pierre ou pièce de bois creusée où 
mangent et boivent les animaux domesticjues. 

= Lat. olveus^ auge. || Bos donne aire, forme intermé- 
diaire. V. Introduction. 

Auveo p. avec. 

= anc. forme (FbppEAL), VERiUEii. V. aveuc, ové. 

Ava, 11. m., ensemble du gros bétail composant la monture 
d'une ferme. 

Autrefois la place des Halles, à Dol, éiait connue .^niis 
le nom de Champ à Vava. On y vendait alors les l)cs- 
tiaux. 

= Avoir. GouLABiN. 

* Avanças, n. in., enfant qui naît moins de 7 mois après le 
mariage. A La Boussac : avançon. 



— 4n — 

Avanger, v. a. cl n. Ce vtM'bc ii'.i pas (réquivalent on français. 
11 siguilie h ciilrt'iciiir de besogne ». aller aussi ]M'omp- 
tenient que. Il implique l'idée de eomparaison. 

Par exemple, le manœuvre qui apporte aux maçons 
des pierres et du nuirtier au fur et à mesure de leurs 
besoins, les (ivnnfir. 

= \ . fr. avange)\ avancer (Rabelais). Verrier, qui 
donne aussi comme synonyme fournir. 

Avaricieux-euse p. avare. On dit de même dcvotieux p. dévot 
^V. ce mot). 

*Avaumur, n. m., faîte d'un mur, en plan incliné. Ce que le 
Code civil appelle chaperon (art. 6.54). 

Aveindre p. atteindre. Part, passé : aveinchi (V. Introd.). 
= V. fr. HiPPEAi. 

Le dicL. de Trévoux (1743) dit, sous ce terme : « ce mot devrait 
être relégué dans le peuple ». 

Doubs : av enter; Champagne : avainder (Beauquier). 

Avenir, v. n.. seoir. N'est guère usité qu'aux temps suivants : 
ça avient, ça avenait. que ça avienge (subjonctif). 

*Avoler, v. a., mettre en mouvement, avoler une roue; avaler 
une porte, la fermer rudement. 

* Avoler (s'), v. [ir.. prendre son élan, s'élancer, s'avoler sur 
quelqu'un. 

= Lat. ad volare. Cf. le fr. volant. \\ Norm. : s'écueAllir. 
Doubs : ernhruer HrvMoi ier); Comtois : vomber. 

Aveuc p. avei*. = V. fr. 

«( Aveuc vo fille, sire, la meleris » (Huon de Bordeat:x, XII^ siècle). 
(Cité par G. Paris, Poèmes et légendes, p. 57.) 

Bealdoin : aiveu. 

Avouilier. V. vouiller. Fr. : ouiller. 

*Avu, ennj.. au lieu que, en comparaison de : 

« Jean est grand avu Paul », c'est-à-dire vu In taille 
de Paul. Il CouLAiîiN. Bos, Lacomre. Trévoi x : avers; 
VerrU'ZR : envers. 

Cf. le bret. : évid = « Gwell éo karantez leizanndorn, Evid madou 
leiz ar forn >- (BRizr.ex}, 

[Mieux vaut de lamour plein la main, n vu de l'argent plein 
le four.] 



i7 



B 



*Bachon, n. m., nasse, rùnv d'osier li.\(' ;iii.\ a pècheri(!S ». 

= Fr. bûche, lilet en IVinne de poche servant ù prendre 
le poisson CLittoral). 

'''Bâclée, 11. r. , lapée, i^iando qiuudilé : u L'iic bâclée lU' 
vaches. » 

= p. hatlrc\ conh'iin diin h;deau. H Laclunk : hais- 
s('lc(\, tonte nno f.nnillc. tonl un vaisseau. V. à T {Indro- 
(hiction) {V. les synon. : hoiirgifpirc. (h'dcJrr, j'Ioltc 
jloppcr, Itarias, luirnais. poclietcc, secouée, tripotée, 
vaisselée). 

Badingouinces, a. 1. i»!.. les lèvres. 

= \'. Ir. Lacomhe : badirjouinces (et Vt:iU{ii:iO. 

*Badiolerie, n. t.. marché à la badiou (V. ce mot). 

(le marché se tient à Dol. h an temps des cerises », 
de 'i à 5 heures dn matin, sur le pavé dit Dosdurie^ nii 
peu à l'ouest de la mairie. 

*Badiolé, n. m., marmelade de badious {V. ce mot). 
ii A Rennes : îohon. Y. cerisai. 

*Badiou, n. f., cerise douce, bigarreau. 

Il Heimes et Dinan : badie ; Normandie : bfujiiiolle. 
l)etite cerise sauvage ^Mnisv). Dottin : bndiole. 

= VA. breton : bab\L même sens ; lai. badins^ brnn : 
Jersey : biujais, cerise. V. bnlinlerie, badiolé. 

^Badolier, n. m., cerisier, arbre (pii produit la badiou \. ce 
mot). 

A La Bonssac, plusieurs pièces de terre portent ce 
nom au cadastre. 

*Bagé, n. m., espèce de gâteau azyme de fornu' ovale fabriqué 
à Saint-Ouen-la-Rouërie. près Antrain, et vendu aux 
marchés, assemblées et foires des environs (Dol, Gom- 
bourg). V. barre, connu.r. sirnerni. 
= Lat. : bncuhim (?). 

Bagnole, n. f., mauvaise voiture. 

= Beauquier, banniole, de banne. 



— 48 — 

Bagoty 11. 111., bâton (vers Cnmbnnrg). 
= Lat. : bacuJum. 

Baille, n. f., cuve (Littoral). 

= V. fr. (Trévoix). Il Cf. anirlais : pail (seau); danois : 
balle, bcllic: Scandinave : bolja ^Bos), Maze, X'errier. 
V. Introduction. 

Baire p. boire. Je l»oirai, beuvons (Xorinandie). 

Baisé, n. m., baisure, côté par lequel deux pains se sont 
touchés dans le four. 

"^Baissière, n. f. Ce mot français s'emploie au ligure dans la 
typi(]ue expression suivante : « La messe ne fait pas 
baissière », ce qui signifie qu'on n'est pas obligé d'être 
au commencement, la fin de l'office valant le début. 
(Justification que donnent les retardataires.) 
Il Bas-Maine : bésiré (Dottin). 

*Balassière, n. f.. nom que Ton donne à la locomotive qui 
remorque les trains de ballast. 

""Baliâs, n. m. pi., balayures. 
Il CouLABiN : balinres. 

Balier p. balayer. 

Sur la chute de 1'^/, voir rio7i et Introduct. Même pro- 
nonciation en comtois (1755). 

Ballière, n. f., petit matelas fait de balle. 
Il Bos : baline: Joihert : baUin. 

Baluchon, n. m., paquet d'habits. On dit aussi « soulever 
Je baluchon p. fiche son pied au derrière. 

Bancelle, n. f., long banc de table. 

= V. fr. Trévoux : bancel, n. m., petit banc long et 
étroit qu'on met aux tables des cabarets (Verrier). 

Bannies, n. f. pL, publications des promesses de mariages 
à réglise. 

= Fr. ban, proclamation. || Goilabin : bannir, publier 
les promesses de mariage à l'église. 

Barassiaux, n. m' pi., barreaux de chaise. V. roUons. 

*Baratte, n. f.. nénuphar à fleur blanche {Nijphœa alba). 
V. volet. 



— 49 — 

= la baie du iHMiiijjhar affecte un peu la forme d'une 
baratte. H Bas-Maine (Dottin) : barat. nénupliar blanc ; 
Doubs : Diane des étangs (Beauquieh). 

Barattée, n. f., lait contenu dans la baratte. 

""Barbes, n. m. pi., boutons dans la gorgv des jeunes veaux. 
Il Llôie-<rr)[' : haibrrons fR(n,i,\Mt^ 

*Bardeau, n. ni., barrage, sorte de digue pour releinr icau 
d'une rivière. 

= Barre d'eau. Français bàlardeau ^que Roqlei"<»i{t 
tire (le bàlon d'eauj\ Normandie : pérre. V. Introduc- 
tion, 3. 

Barder, \ . n. Dans l'expression ça va barder = ça va chauffer. 

Barge, n. t.. meule de paille allongée. 

= Bas lat. barca, bargia (Bos;, jjarque (dans .Ii un- 
vu. le ; barge). 

Co mot, désignant à l'origine une embarcation, est devenu, par 
métaphore, synonyme de meule. Une barge de paille affecle la 
forme d'une barque renversée. 

[Ainsi, en français, on dii la nel d une cathédrale, du lat. navis.] 

TrÉVOLX, fiiPPEAL', Bos. 

*Barot, n. m., petit baril dans lequel les cultivateurs portent 
leur cidre dans les champs. 

Barouf, n. m., bruit, vacarme. 

{\v uinl sent l'argot parisien, (pii a déjà les synonymes : 
boucan, t)ousin. etc. (Lahcuev). 
= Onomatopée : brtioul. 

Barquet p. baquet. Bas-Maine (Dottin). Sur Taddition de ïr. 
v. lardrin, etc. Introduction, p. 18. 

*Barre, n. f.. sorte de pain azyme en forme de l)arre et vendn 
un sou dans les marchés. 

= Analogie de forme. \'. bat/r. 

Bas-cul, n. m., nain, nabot (Verrier). 

*Basse-réciée, n. f.. soirée. V. réciée. 

*Bastal. adj.. juste, égal. Quand les plateanx d'une balance 
sont bien en équilibre, on dit : u c'est bastal ». || Tré- 
voux : baster. être convenable. 
= bene stare (Ducange). 



— 50 — 
Bassin d'or, petite reju)iunil<> jaune rustique. = V. fr. 

« Parmi nos chnnis tnvt est pfain de fleurettes, 

ne HASSINETZ... » 

(J. Bereau, Eglogues, IL) 
Dans le Dnubs, un appelle chaudières tous les renon- 
cules jaunes (Beaiqlier). 

Bastien p. Sébastien, ju-énom crhoninie. 

*Batiaux, n. m. i>l., vieux meubles usés et sans valeur. 

Il Dans le centre et le sud de riUe-et-Vilainc : baras- 
siriiir (qui a en outre un sens autre). V. ce mot. 

A Hédé : subonts ; Vendômois : hntiniu: (Mariei.- 
lièhe) ; Anjou : harcaiUons (Verrteh) ; Perche : bilba- 
ti(nix) ; Norm. : agobilles (Duméru., Moisy) ; Doubs : 
chdvcin (Beauquier). Du.méril dit que le sens de ce mot 
indique une population maritime peu riche (?). 

""Batouillet, n. m., battoir pour le linge. 

= Analogie avec patouiller (V. ce mot). Ce mot est du 
vieux dolois. 

Relevé dans un compte de l'Hôpital (année 1721) : « achclé un 
batouyé 3 sols ». 

Il A Saint-Malo : mâs (et à Saint-Pern, Pichot); Haute- 
Xorm. : batteux: Aunis, Loire-Infér. : badra (bat, drap); 
Verrier : badras. 

Batterie, n. f., battage des blés. V. parbatte. 

Beauceron, ouvrier qui va pour la moisson en Beauce. 

"^Béchaud, adj., mi-chaud. 

Le préfixe be, bis a une acception dépréciative, 

*Bedou (prononc. bdoue). V. beriauder. 

= Espèce de roseau poussant dans les marais de Roz- 
Landrieux. Carex, plante de la famille des Cyperacées. 
Il Cf. Bessin : bdau, gros foin; Duméru. : bedou, blai- 
reau 'fait de roseau). 

Dans un titre de 17.51, on voit mentionner à Dol, " rue et paroisse 
de l'Abbaye, une maison couverte de Hos, paille et bedoûe ». 

*Bedouiner, v. n., marcher lentement, lambiner. 

= Allusion aux Bédouins que nos paysans prennent 
comme le type de l'indolence. || Cuulabin. V. arabe. 



— 51 — 

'*'Bedrîn, n. m., pou du mouton. Verrfrh : bcrziii. 

Bégasse p. I)écasse. 

Le c rcuiplace souveiil It- (j. V. f//'^>'/i>, />'f//'', et page l'i. 

Begaud, n. m., prancl chandelier de buis pour la résine. 

Il Xui-ni. : h(';</àt; Coulabin : hefjat; \eiu\]VA\ : icannot, 
baillaud. V. (jlancl. 

*Bégoule, adj., imbécile. 

= Oui reste en extase, la (joule bée. Cf. le fr. béoui'ulc^ 
qui a un sens dérivé. || Rennes : bagoide (de bcujou). 
V. ébobé. 

Béguer p. bég-ayer (Bus). 

Beire p. boire. Forme normande. \'. InlrocL, Verbes, 111. 

Bel-et-ben, loc. adv. : 

1° Beaucoup (Coilabin). u II y a des pommes bcl- 
ct-ben. )) DoTTiN. 
2"^ Volontiers (plus rare). « J'irai brl et ben le voir. » 

"^Belonger, v. n., allonger, en parla id d'vme étoffe qui se 
détend. 

Béluette. Epenthèse p. la bluette. Comparez berbis (Cou- 
labin). 

Ben p. bien.' 

^Bénédiction (à), à profusion. S'emploie surtout dans l'ex- 
pression : (( La pluie tombe à bénédiclion », c'est-à- 
dire abondamment, comme l'eau bénite de Taspersoir 
V. (iccasse (cT). 

Benéze, adj., content. 

= ben aise. Crase. 

Bénie. V. menie. 

^Benlangué-ée, adj.. bavard, qui a une bomie langue. || ïré- 
\()i X : langard (et Bos). 

Ber, Aphérèse de berceau. 

« Ce qu'un apprend au ber 
Dure iusqu'au ver. » 

{Dicton ancien.) 

Berbis p. brebis. 

= V. fr. berbis, du lat. berbix. 



— 52 — 

"^Berchet, n. m., polil oscalicau à :> pieds sur ItMiurl on s'assied 
pour traire les varhos. A La Fresnais : jumené. 

Berdadas, exclamai ion que l'on pousse pour imiter le bruit 
d'un ol)jel tombant avec fracas. On dit aussi : bevdi- 
bcvdiidas. 

= Onomatopée : français : patatras: II Montesson : bcr- 
d'uhi^: l)i:\inMi\ ; bcurdi-beiinhf. \. Introduction. 

Berdasse, adj.. i>avarde (Le masculin bcrda^sier est d"uii 
emploi ])lus rare). 

Il Doubs : brcdasse, folle, évaporée (Beauqlieu). 

D. bcrdasser (bavarder). Coulabin. V. Irabasse. 

*Berdinché, adj., tourné, en parlant de lait. 

= Semble avoir quelque analogie avec bcnache, qui 
désigne, dans le Haut-AIaine, le vin doux, et que M. Mon- 
tesson tire du celtique bren, résidu (d'où bran). 

Berdinguette, clochette. 

= Onomatopée. || Dotïin (Bas-Maine). V. Introduction. 

Bère, v. n., boire. 

= Patois normand (Duméril : bère la boisson); du bon 
bère : de bon cidre (Manche). 

« Il est du iour Saint-Hilaire (14 janvier), 
Il aime mieux manger que bère. » 

Proverbe normand.) 

*Beriauder, v. n.. parler à tort et à travers, divaguer. 

= La forme berlander^ usitée à Pontorson, peut con- 
duire à l'explication suivante : 

Ber. particule péjorative marquant la fausseté, lirré- 
gularité, le désordre, comme dans les mots français : 
bévue, berlue et dans les vocables suixants, aujourd'hui 
inusités : 

Bestorner, tourner de travers (Lacoauu:; ; bertoser, 
tondre irrégulièrement (Bos). 

Cf. français : bretaudrr, perdre son temps à des futi- 
lités (Hazfeld). V. biscain. 

Laider. lodpT. h)ër, dire, parler fBos). 

Berlauder serait à proprement : parler de travers. 

Il Decorde : berlander. flâner: Roussey : berlander^ 
lambiner, lanner, radoter ; Coulabin : berlanderie, 
propos insignifiants. 



— 53 — 

*Bérie, n. T., envie de boire. 

(( Ne pas être dans ses bcries », n'être pas disposé à 
boire. 

"^Berlinge, n. m., étoffe de laine à cbaînc de lil fabricinéc en 
Bretagne. 

Il Cf. JIazfei.u : hrelnche, sorte de serge en lil de laine 
(Normandie); Grain : bclinge. 

^Berouée, n. f. Denx sens dilïérents : 

1° Moment. « il ma causé une berouée. » 
2° Averse, pluie subite. 

A Plerguer. on appelle « bcruucc an coucou » les 
giboulées du mois de mars. 

« les brouées et frimas. » 

(DUFAIL, p. 145.) 

"^Berouet, u. m. (ou Berouette, n. f.), écume. 

= Cf. fr. brouet, et surtout allemand brodeln, bouil- 
lonner, qu'HAZi'ELD cite sous broiirt. V. breu au Suppl. 

"^Bersiller p. briller. 

= Lat. po}). beriUaro, briller, fornu^ intermédiaire 
entre le latin classique et le français. A Bain : rélu- 
scïller. V. Introduction^ 5. 

"^Béruchet, n. m., roitelet, le roi des petits oiseaux. 

= \'. fr. Il Haut-Maine : berrichon; Bas-Maine : béru- 
clicl: \'i:riui:k : boiriclum: Lacirne : bcrichet (Monet 
et Nu;ot); IIazfeld : brrichot fPirjro'r); Gennes : béru- 
cJiot. 

*Besisigne, n. f., sorte de mésange. 

= Gnomatopée. V. Introduction, o. 

Bestial p. bétail, n. m. 

= Lat. bestia^ d'où le v. fr. bestc, conservé dans le 
pi. bestiaux. V. fr. : 

c( Les loups ne mangeaient point le Jjestial. » 

(Des Péhiers, p. 05.) 

Bétier, v. n. ^se <'onjugue comme appeler : le lait betelle), 
épaissir, cailler en parlant du lait. Verrier. Coilabin : 
bételer. V. better. 

Bétot p. bientôt. 



— 54 — 

*Better, v. n.. se roairiiliM', geler on parlant d un liquide. 

— \\ fr. Il Ros : brtrr (?), se liger, se geler en parla ni 
de la mer. Laci km-: (qui eu tire béton). D. : débet ter 
(V. débet). 

Dans le Doubs on dit : ?7 serre, il desserre p. il gèle, 
il dégèle (Beaiouei^). 

Eézer, \. a., batlri', ex[»ressiou mal sunnanlc 

.^ = Al)réviatiou de bésiller, v. fr. siguilianl hier, 
massarrer (Bos). 

*Biard, adj.. bai loneé. Se dit de la robe d'un eheval. 
Biau p. beau. 

= \'. fr. (Lacombe). V. Introduction, 4. 

Bibi p. bobo, mal douleur physique (enfantin). 

= V. fr. de bibus, de rien, de peu d'importance 
(Ph. Leroux). || A Rennes : bubu (Coi i.abin). V. ce mot 
qui a une autre signification chez nous. 

Bibitte, n. f., petite bète (terme enfantin). \'eiuuer .bebète. 

Bicaillon, n. m., cheval de peu de valeur. 
Il Nor. bidaillon (Moisy). 

*Bidet, n. m., numéro un au tirage au sort, celui qui avait 
amené ce numéro. 

Ce nom peut venir d'un usage ancien. Hn Bourgogne, 
le titulaire du numéro le plus bas était contraint de se 
promenor // cheral toute la journée. 

Lectures pour tous, l'évjici' 11)0(). 
= RoissEY, Veriuer. — V. souche. 

Blénaise p. bien-être. 

« Donnons-nous du bienaisc. » 
V. Introduction, 4. 

^Bigaille, n. f.. monnaie de billon et. par extension, chose 
de peu de valeur. Argot. 

Au jeu de la Luette on appelle bujnilles les basses 
cartes. 

^Bigaudas, n. m., cerise douce cramoisie. ]). hifjouddis. 

= Labbé Lecarlatte tire ce nom de la ferme de la 
Bifjaudais, en Baguer-Pican (Essai histoririue sur Dol, 
18&4). 



— 55 — 

*Biller, V. IL. iVappcr ;i (•(mij)s ilc coriK's, en p.'irlaiU de l;i 
l'Ucc lMt\iiie. Kiilcinhi .iiissi : hirrci-, en tV. : cesser. 

= Aii.u'. /o />///. lr;i|)per du bec (?). 

u S'il avait des cnncs (cornes) quil hillrrail dur », 
dit-on de (inckjiiiiii pm coinniode, s"d le pouvait. 

V. da(juei\ ainrr. 

^Binette, n. f. : 

I" Soflc de l);nin(' prxir la pâte. 

= P. baniicltc. Puin dr hiiwtte^ gros pain. Iji Nor. • 
pain de cuisson on de cuisse ; vers Vitré : barucJir. 
2° N'eidrc. En Normandie : bin<\ binot, ruche à miel. 

Binu-e, adj., qui a du vcidrc 8\ii. ; beiila (V. Supph'incnt). 
= binette. 

Bique, n. !.. pécore, vieux et mauvais cheval. V. ci-après. 

Biroque, liandc^lie, rosse, mauvais cheval, pécore. 

^ bis, rosse, double rosse. Il Doubs : havot-' \\(un i> 
F(»ht): (iratr '(l'n]^rès Bkacqi iEn\ A'. bi(i\u\ 

Biscardien ]>. biscaïen. INnii- laddition de !"/■. \'. jardriii. clc 

*Biscation, ji. f., seidimcnl dr dépit et dCiivie. jalonsic. 
= Fr. bisquer. 

Ne s'emploie guère que dans l'expression << avoir de la ialouseté 
et de la biscation. » 

V. Ialouseté. 

Biscant-te, adj.. e]mn\tMi.\, ipii l'ait Ijisqner. 

*Biscoin (de), loc. adv., de travers, en fausse équerre. 

= bis, préhxe indiquant Tirrégularité (V. au mot 
heriaudei\ et coix, dans le sens d'angle. || Doubs : car 
en coin (Bealqlier). 

Biser [). baiser, donner un baiser. 

11 VERRn:R : biner; Moxtessox : biser. 

^Bisquet, n. m., pâtre. 

= Oi'i garde les ])i(iiics. || Haut-Maine : biquart ; 
Aunis : bistrou : Anjou : biqu(nt. 

Biter, v. a., toucher, porter la main sur. 

= Angl. to bit. pincer, prendre. 1| Xormandie : biter, 
abiter, même sens. Orain, Pichot. 



— 50 — 

''Bitton, 11. iiL, chevreau, petit de la elièvre (Le féininiii est 
biqucltr). 

''Blak, n. ni., ii-oiulron. 

= Angl. bhick, noir. 

On dil de inènii^ une crrtc p. une al)sinthe, etc. Cf. 
guélot, en pat. nor. moutarde sauvage, de i'angl. y('llou\ 
jaune. 

''Biec, ;iilj.. capot, qui a (oui perdu au jeu. 

= \ . \'v. blos, privé de (Bos). || Cf. angl. bied, saigné, 
vidé: blcquc, mou. vide, mot normand (Ménage). D. : 
bléquci . y. blucer. 

*Bléchard-arde, adj.. traître, blècJic. V. ce mot. 

La terminaison ard implique une idée de dépréciation. V. cachard, 
calard, niangearder, ueyaîd, rechard, saugnard, tricliard. 

11 en est ainsi en breton, exemple: akr : hideux; haujard : fan- 
faron ; dishcgar : inhumain ; iallakv : infâme ; goular : insipide ; 
turbard : pei'lide (Voir page G). 

BIèche, adj. verbal, traître, qui aime à faire souffrir, cruel. 
= \'. Ir. blécliicr pour blesser (Bos). || Lacombe : 
blniche. mou, paresseux. \'errier. 

*Blette, 11. 1.. (erre. Etre sous la bIcLie, être mort, sous terre. 
= Bus : bleste, blosle, monticule, motte de terre ; 
Jersey : biailc. Pat. normand. 

Blosse, n. t., petite prune sauvage, fruit de Tépine noire. 
= Breton ijolos, prune sauvage; Dlcange : balosius. 
11 Jura : jwlosse; Beaidoix, 6/oc/ie, prune; Rennes : poire 
du bon Dieu; Norm. : chinellc ; Picardie : grevuchon ; 
Vendée : senelle ; Centre : pain dUdouette ; Dufah. 
beLlociér, prunier sauvage {Contes, XVIII) ; Hippeau 
beloce; Laclrne : belloce {Roman de la Rose)] Dottin 
babyol^ petite cerise. 

•Blotter, V. a., caler, assujettir un objet pour le rendre 
immobile. 

= Lang. nautique, de blot (Trévoi xj. || Di méril : 
ablo, morceau de bois, cale ; Moisy : abloc ; Anjou : 
acorer (Verrier). 

*Blucer, v. a., gagner au jeu sur toute la ligne. 
= Lat. : blutare. V. blec. 



— 57 — 

^Bluner, v. ii.. avDir un li-oiihlc visuel, avoir la berlue. « La 
\ ne me Ifltinr. » 

= Bis luccni (?j. Il Cl". Dkcordk : hrilin(jnri\ vaciller, 

en {larlaiil de la \iie. 

Bleuve p. bleue. « La nier est bleuve. » 

Kii voyant les fusées d'un feu d a ri i lice, on dit : u (Jli 
In belle bleuve. » 

^Biutonner, v. n., remuer les épaules quand mi a des déman- 
geaisons, des puces. 

Il Orne : l'hiber: Lmàrw-: : beluter, se remuer. 

Bœux, n. m. pi.. Iniils de Té^lantier; français : gralte-cul 
(IIazfelu). 

= Rapprocher de bacca, baie, comme feuve p. fève (?). 
Il CniLAiiix : bd'iils « à cause de la couleur sang de 
bœuf. » Norm. : eochonnets: Rolland : beu (Jersey). 

*Bôgner (se) : 

l" Se couvrir la lète. ou simplenu'nl les \(Ml\. 

2" Se couvrir d*^ images, s'obscurcir, en parlant du 
cieL 

(?) = Rac. : borgne, jiresrfiie aven.i^le. !| rsib' en Nor- 
mandie, sens l*". 

"^Boguette, il f.. cliàlaigne bouillie avec sa pelure. 

= Boifue. enveloppe de la chrdaigne. !| P)OS : bolcfe, 
Inxje^ bourse, sac de cuir; Do-i-iix : boijct. \. suc'uiu. 

*Boincer, v. a., battre, frapper, donner une correction. 

= (^o( LABLN : coincer, acculer dans un coin. Entendu 
aussi : poincer. V. Introd., page 14. 

"^Boissé ji. boisseau, mesure ancienne poin- les grains. 

A Dol, le boisseau valait : 

Pour le froment 72 livres. 

— blé noir 64 — 

— seigle 56 — 

{Archives municip.) 
V. demean. 

"^Boitiot, n. dl, espèce de boîte en bois servant aux écoliers 
à porter leurs livres. V. vache. 

*Boize, IL f.. maladie des poussins et enflure de Tarrière- 
train. 



— 58 — 

D. bnizanl qui a In hoize, la foire, la frousse (Com- 
boiirg;. Xorni. : huilh\ niétéorisine des animaux. Pleine- 
Fougères : besace. 

Bonde, n. f.. regard, ouverture dans une conduite d'eau. 

= \ieux (W procès-verbal, 15 décembre 1821. Dol, 
archives'. \\ pot d). 

Bondrée, n. f.. buse, oiseau de proie. 

= Brit. bonfIrack\ espèce de grive. 

<< Entre Noël et Carnava 

La Bondrée vaut du canard. » 

Dicton de Liffré,|| Bas-Maine (Dottin). 

^Bonhomme, u. ui.. rùté de la figure dans une pièce de 
monnaie. 
Jeu de pie ou face (V. pie). 

*Bonnelle, n. f.. ruche pour les abeilles. Protecteur en paille. 

= sans doute de bonnet, la bonnelle (( coiffant » la 

ruche. || Saint-Remy-du-Plein : niet ; Xorm. : bine ; 

Jalbert : borgnon. Cf. vendéen : bornea^ ruche (Revel- 

lière-Lepeaix). \'. chapelle. 

Bonnement, adv., marquant la surprise, correspond au 
français « vraiement. » Souvent interrogatif. 

(En français, sens différent de : naïvement, avec sim- 
plicité). 

^Bonnet carré, nom du fusain rustique. 

= A cause de ses baies affectant la forme d'une bar- 
rette. Il Manet : chapeau iVévêque; Jaubert : {Supplé- 
ment) : garais. 

*Bontif, adj. verbal, bon et crédule. En fr. bonasse. 

Botter, V. pr.. emporter de la terre ou de la neige avec sa 
chaussure. 

Il Rennes, Anjou (Verrier); Poitou : se pater; Beai- 
DOIN : s^empater. 

*Boucapertu, loc. adv., sens dessus dessous. 

= bouche à prrtu (?). || A Nantes : boucanadent ; 
Doubs : à bouclton (Beauqiier) ; Anjou : J)Oucadent. 
V. bougevel. 



— 59 — 

Boucard, m. m., lioyau, Ikhk^ ;ï deux fourchons pour romuor 
l;i Icnc. Fv. binorhe. 

= Allusion aux deux cornes du bouc (Collabin). Nor- 
mandie. V. Introduction. 

*Boudet-ette, adj., mignon, gentil; se dit surtout en parlant 
des enfants. Très usité à Dol. 

= Ce mot semble venir d'un radical, non, désignant, 
d'après îjttré, quelque chose d'arrondi, de potelé, 
comme dans boudiné, boulot, et le v. Ir. : bode (ventre). 

(^)uant à la terminaison, on la retrouve dans les mots 
français : aigrelet, doucet, mollet. || Cf. les mots : bedet 
(Aunis), boudet (Poitou), bodi (Centre), bodine (Loiret), 
termes du langage enfantin pour désigner une vache. 

"^Boudiné, n. f., vessie de porc. 

= Rad. })od (Y. boudet). On dit aussi : bousine. 

*Bouèdre p. bouillir. LJos : bodre, boudie. 

Bouéner, v. n., perdre son temps à ne rien faire de bon 

Bouffe, adj., l)oufii, enilé des joues. 

Il Laclrne : bon/le, enllure, boul/issure. 

*Bougevel, adv.. lète à pied, sens dessus dessous. 

\'. fr. : bccliecet; lit à béchevet, à deux chevets, Tnn 
ayant la tète à côté des pieds de l'autre, il Rauelais : 
tête besclievel; Aunis : tête bêche; Norm. : beluet; Jai- 
BKRT : // baucheton: Jura : de béchouet, renversé (Heai - 
Qi lEU); lr\ri)oi\ : boicjevot. \ . boucapcrtu. 

Bougon-one, adj., c[lu l^ougonne. V. ce mot. 
Il CoLLAinx : bougon, grondeur. 

"^Bougonner, v. n. 

En français : maugréer, gronder entre les dents. Dans 
notre patois, ce verbe se dit i)lutot d'une personne tra- 
vaillant machinalement et sans goût, en rechignant. 

Bougre, bougrène, formes de jurons. 

*Bouillassoux-ouse, adj., qui a de la chassie aux yeux. 

Il Rennes : boguilloux; Doubs : biganoux (Beaiqlieh): 
Beaudoin : bignouj:; Verrieii : boguilloux. V. mitou.i . 

Bouillon, n. m., boue. 

5 



— GO — 

= \'. fr. : bouille^ de bulis (Dicanlîe), boue, bourbier, 
fondrière. !| IIiim^eau : houHb\ hoiùllon. 

" Elle chcil liaiis le bouillon 
Bon, bon, le bon cresson. » 

(Orain, Chansons, p. 139.) 

Vers FuLigcres : tabol. W mortier^ tabot. 

Bouillonnoux-ouse, adj., boueux, crotté. 

= \ . bouillon. Lacurne : boiiillonncu.r^ couvert de 
boue. 

Bouis p. buis. 

= V. fr. RuiiELET (1680). Lacurne, Trévoux (Dans 
TEure, on appelle le jour des Rameaux le dimanche 
des bonis). 

Bounet p. bonnet. 

Bouquet : 1° n. ni., grosse crevette. 

Bouquet : 2'' n. m., lleur cultivée sur pied, et non, comme en 
français, seulement un faisceau de Heurs. « Dans son 
jnrdrin y a tout plein de biaux bouquets. » 
Verrier. Beaudoin. V. Introduction, page 2. 

"^Bourcoquins, pois, haricots, dont se bourrent le ventre les 
gens peu fortunés. (^Coquin avec le sens ancien de 
gueux.) 
Centre : banegueule. 

Gentn appelle ce légume gon[legueux, terme tout à fait similaire, 
el raconte à ce propos la curieuse anecdote suivante : 

Un botaniste du nord de la P'rance, voyageant dans le Midi, un 
jour qu'il se trouvait dans la cuisine de son auberge, entend parler 
d"un légume appelé gonfla-gus, des <f gonflegueux » en patois. Vite 
il s"empresse d'insérer dans sa nomenclature une nouvelle variété 
de haricots : Phaseolus gomphlagus. 

{Récréations philoL, I, 79.) 

Bourder, v. n., rester embourbé dans son chemin. 

= V. fr. Dans Bos : behordei\ bourdei\ s'ébattre dans 
un tournoi, tel le charretier qui fait de vains efforts pour 
sortir des ornières son attelage embourbé (Verrier). 

Bourdonnière, u. f.. nid de bourdons. 

'Bourdouf, n. f.. ampoule, bouffisure. Trace des puces sur 
la peau. 



— 61 — 

Il C(u [.ARiN : brdoiiffc : .Iathert : hondiUc. I). : ahr- 
(InJiJlr, {\[\[ a des bourihmjjs. 

*Bourgignée (uu Pourgignée), ii. [., tapée, grande quantité. 
u Elle a une bourgignée d'enfants. » 

= Lat. progenics, descendance, progéniture, d'où le 
V. Ir. progieigne (Bos). jj Norm. : pouckinée (poussinée), 
couvée d'une poiilo. Goulabin : ponée (V. les synon. : 
Ixiclée^ conlusion. dégelée^ }'lottc\ [loppcc\ }iarnais\ p<i- 
clietée^ src()ué(\ tripotée^ oaisselée). 

Bourlinguer, v. a., maltraiter, sabouler. 

= Terme de ^narine. || Jal. : rester longtemps en 
parlant dun navire dans le même parage en courant 
de bord sur bord. Cf. français : bourlinguer, v. n., faire 
un travail pénible (Hazfeld). V. Introduction. I, 6. 

*Bourri, n. m., caneton. 

= bourri, bourri, cri pour appeler les canards (dits 
boures sous Avranclies) (?). ji Bos : bor, boure, canard. 
V. gouri. 

"^Bousine, n. f., vessie de porc : on dit aussi : boudiné. 
V. ce mot. 

Boustîfaille, n. T., mangeaille. 

= Ce qui se bojifle (Argot : bouffer, manger). 

Co que Dlfail apr>elle « artillerie de gueule » et \.\ Fontaine 
" tout lattirail de la goinfrerie. » 

Boutaille p. bouteille. 
= V. fr. 

« ... pour boire une boutaille. » 

{La Farce du Munycr, 1496.) 

V. oraille, orta. — V. Introduction, p. 8. 
*Bout-ci-bout-la, loc. adv., bout pour bout. 

Boursoule, n. f., brouette munie d'un cadre mobile formant 
caisse. 

(( C'est engendré de boursoule, ça ne va que comme 
on le pousse », dit-on de quelqu'un qui ne marche qu'ai- 
guillonné. PiCHOT : boutesoule ; Verrier : boursoule. 
vieille voiture. V. brisquine. 

Bousée, n. f., fiente de vache et, par extension, selle abon- 
dante. 



— 62 — 

= Fv. boiiso. \'. Inhoiluction, p. 2. 

*Bout de temps (un), im iiiunu'iil. V. posr (une). 

Bouyau p. l)oyau. 

D. ccrabouillcr. \'. ce mot. 

Braguigner, v. n., lésiner, marchander. 

= V. Ir. berguigncr (Rabelais). Dlîcange : barcaniare. 
V. chipoter. 

Brâe, u. 1".. broie, brisoir pour le chanvre et le lin. On dit 
d'une personne douce de pieds démesurés, qu'elle a des 
pieds de bvae, par allusion aux supports à large base 
de cet instrumenl. 

= broyer. A. Leroux : mailloir. V. Introd., AI. 

Braire, v. Ji., p. pleurer. En Irançais moderne, ce verbe ne 
désigne que le cri de ràne. 

Dans notre patois, il se dit aussi bien de Ihomnie que 
de maître Aliboron, conservant du reste le sens général 
qu'il avait anciennement. 

« Cet enfant brait haut » (pleure bruyamment). La- 
COMBE : braii. il crie, il brait, clamât. — D. brcijoux, 
publicateur, crieur public. 

Branchins, n. m. pi., mancherons d'une charrue. V. crier. 

*Brangé-ée, adj., mouillé de sueur. 

{]) = Lat. Irançjor, être brisé, abattu. La sueur est un 
indice de fatigue, de faiblesse. Collabin : brangé, 
mouillé, d'une façon générale.* Cf. pat. nor. : bringé, 
tacheté. Moisy. 

Branné-ée, arlj.. crotté ilittoral). 

= \'. fr. braij, boue, que M. Darox tire du grec 
archaïque {Inter.. XLIV, 87'i). H A Dol, on dit plutôt : 
crottoux^ morteloud. mortelassoux (V. ces mots). Bas- 
Maine, Norm. : badé (Duméril, Dottix). Cf. Dottin : 
biPiinr. sali par les aliments. 

Brèche, adj.. qui a perdu une ou plusieurs dents de clevant. 
Fr. : bréche-dent. 

*Bregeons, n. m. pi., courts-sillons. 

= Sillons abrégés. \\ Antrain : bougons; Norniniiflio : 
bieurgeons; Anjou : bergeon ^Verrier). 



— 63 — 

Brette, acij., bretonne, usilé surloul vers les eoiilins de la 
Norinaiulie. 

= \ . Ir. Borel). RoQi i^i'oiiT. Du Ifinps <le Dugues- 
clni, il existait à l'uJilorson les (( Tuur^ bicttcs ». 

*Bric-à-brac, aclj., étourdi, sans eerv<>lle. 

Bricole, n. f.. etiose tnlilc. de peu de v;deur. 

= bncol(\ iiarlie secondaire duii harnais. l)i;\i n<n\. 
— I). bricoler, bricoleur. V. Introd., 1, A. 

Bricolin p. brocoli, ehoux 'dont les rejetons soid lions à 
nianfi"er) qui vieinient d'Italie, avec leur nom. 

Brifer, v. n., manger beaucoup et goulûment. 

= Brei. briia, même sens. || Bos : brijn\ être gloulon; 
Lacl UNE : brijer, manger avidement. Tiu':v(h x. DrFAU., 
Propos, \II. Rossignol. V. Introduction^ 1, G. 

'^'Brigau p. bigorneau, coijui liage comestible {Turbo litto- 
reus). 
Il Rennes : bcrlinffot; à Granville : hrifjenu. 

Brimbaler, v. a., dissiper lollemenl sa forlune. 
= \ . Ir. Rahelais, Trévoix. 

Brime p. brume. 

= L'M devient i sous rintluence de frime. Trévolx : 
bruine, ])luie liiie. \'. /rime. 

*Brimer ,ou brimasser), v. n.. pleuvoir légeremenl. 

Il Fougères ; berouiiicr : Xorjn. : crnssiner, lurianer. 
= brime. \' . iitriirrclnrr V. ce mot). 

Brindelle p. brindille. V. brosille. 
*Brise-brague, n. m., cidre capiteux. Xorm. ; joui-bas. 

*Brisquine, n. t., brouette à claie. 

Ne pas confondre avec la boursoulc, brouette à parois pleines 
et à bords mobiles. 

= A Saint-Remy-du-Plein : un brik. V. boursoule. 

Broc, 11. f.. bident. fourche en fer à deux dents (prononcez 
brock). 

= croc. V. nbroc. \\ Bos : broc, fourche. Collahix. 
Bealdoin : broque, dent de fourche: Xorm. .fourche t. 

"^Bronnes, n. f. pl.^ mamelles de la truie. 



— 64 — 

= Bret. : bronn, iiianielUs Anjou : abron, tétine (Ver- 
rier). V. Introd., I. 6. 

Brosille, n. f., brindille, menue branche. 

CoLLABiN. ii Etre chiche de ses brosilles, être avare. 

*Brot, n. m., piquant de Tépine. 

Dans la Mayenne, on appelle le pnniellier bro nev, 
buisson noir. Rolland. V. piquet. 

Brou, n. m., lierre. 

En français : brou, jeune pousse d'arbre. Dans TOrne 
on appelle brou de bique le chèvrefeuille (Rolland). 
Dans le Doubs, brout se dit du gui (Beauquier), et aussi 
dans l'Aube (Baudoin). V. hitroduclion, 1, page 2. 

Brousse, n. f., buisson, broussaille, hallier, ne s'emploie 
guère qu'au pluriel. 

= V. fr. brosse, buisson, que l'on retrouve dans 
brosser, courir à travers les buissons, et brosse, à pro- 
prement parler, touffe de brindilles. 

Broussée, n. f., fagot de brousses. V. ce mot. 

*Broussier, n. m., bâtard, enfant des brousses, originaire des 
bois. 

= Cf. le fr. (( enfant de la balle. » NornL : enfant de la 
mate, voleur (Moisy). V. troptotfait. V. Supplément. 

Bru, n. f., la mariée, le jour des noces. 

Le dictionnaire Trévoux tire ce mot de l'allemand 
braut, bruyt, qui signifient Vépousée. Usité dans l'Eure. 
V. bruman. 

*Brulé p. très, marque le superlatif. 

<( Brûlé bon. » On dit aussi bien hrvlr froid que brûlé 
chaud. V. assuré, confondu, etc. 

'Brûler, v. n., approcher du but, au jeu (terme enfantin). 
Doubs : borner ^Beauquier). 

Brûlerie, n. f., incendie. 

Il Loire-Inférieure : un brûlis. 

*Bruman, n. m., le marié (et non, comme dans Orain, fiancé, 
promis). 

= Anglais : bru man, homme de la bru. V. bru. 



— 65 — 

"'"Bruyant, il m.. liaiiiK'Inii nn dit aussi Inuiiuin . 

= Allusion à suii vol bruijant (?). |i Norni. : biujdiit 
iDiMKmi.). A ('.oinbourg : radie de clicnè. 

*Bruyère (La), nom «lt'> plain.'s s'tMcndaiil au iionl <lo Hoz- 
LaiulricLix. 

= Brie, marais loiirbcux. 

Bubu, II. m.. Icii laiiLîîi.iic cnranlinj. \ . Imlnhainc. 

Bûchette, n. t.. hriiidillc \'. brosUlc. 

"^Budaud, sunioni dos habitants de Roz-Laiulrieux. 
Compare/ maraud (V. Introd., V Partie). 

Buie, II. 1.. criiclie à anse, jarre. 

= \ . Ir. buire, d'où le Ir. moderne bure lie p. buireUe. 

*Bulalaine, exclamation que Ton poussait en laisant tourner 
un tison allumé, pour amuser les enfants (Vieux). 

.( Bulalaine, Bulalaine, 

Les muutons sont dans la plaine... 



Busson p. buisson. On dit de même bésson p. boisson. 
"^Busotter, v. n., lambiner, s'occuper à des vétilles. 

Il Cf. anglais : to buse, s'occuper; Jorel : busenoter, 
se livrer à une occupation avec nonchalance; Hazfelu, 
L.\R0LSSE : buser, poursuivre nonchalamment (terme de 

chasse). 

Il Norm. : frusoquer (Dl .\n':uiL); Vendomois : mulotler; 
Anjou : bouriner (Vkriueh^; t^rovins (Seine-et-Marne) : 
Ifusoïiner. 

^Buvance, n. !".. breuvage, ce qui se boit. 

On trouve beuvande dans les Us et Coulurnes de la 

mer (p. 28). 

Buvocher, v. n., boire très souvent, faire de trop fréquente- 

libations. 

= Fréquentatif de boire (comme bavocher, de baver). 

Cf. français buvoter, boire à petits coups et souvent (en 

saintongeais : brevocher) ; Doubs : beuvasser (Beau- 

quier). V. coupocher. 

*Bzon, n. m., partie mobile du rouet sur laquelle on enroule 

le m. 



— 66 — 



c 



*Cabosse, n. f., grosse bosse au front par suite d'un choc, 
bigne. 

= Bret. kab, lète, bosse à la tête. b]mployé par Rabe- 
lais. Usité dans (ouïe la région oue.-l de la France. 
Coui.ABiN. — D. : cabosser^ bossuer, faire une cabosse. 
V. carabosse. 

*Cachard-de, adj., dissimulé, qui cache sa pensée. 

NOTA. — \"oii* sur terminaison ard : bléchaid, elc, et Introduc- 
tion, I, 3, E. 

Cache-cutte, n. f., jeu de cache-cache ou cligne-musefte. 
= cutter, cacher (A', ce mot). || Rabelais : cutte-cache^ 
et Bas-Maine (Dottin). 

"^Cachemute (en), loc. adv., en cachette, à la dérobée. 

Il CoLLABLN : cachemuterie pour cachotorie; Lacombe : 
cachement, en cachette. 

Dans VEvangile des Quenouilles : à cache-couche (I, 16) et en 
muchette (IV, in [ine). 

*Cafom, n. m., café de qualité inférieure. 

Norm. : cafiot; Jalbert : cafetiau {Supi)L). V. Intro- 
duction, p. 5. 

Cagibite, n. m., ou cagibiti, n. m., refuge pour les animaux. 
= cage à hétes. || Coi labin : cagibiti. V. întrod., I, 3. 

*Cailles, n. f. pL, lait caillé. 

Caisse p. cuisse. V. écaisser. 

« Et le gros os de la qucsse 
Pour faire un chalumiau. » 

(Decombe, 190.) 

Il Dans Coulabin : quette. V. ce mot. 
*Calard-de, adj., peu brave, qui cale. V. ce mot. 

NOTA. — Sur la terminaison ard, v. bléchard, etc., et Introduc- 
tion, I, 3, E. 

Il Argot : caneur. qui recule devant le danger. 

*Caler, v. pr.. reculer devant le danger. 

= Terme nautique. Cf. culer, aller en arrière (Tré- 
voux). V. Introduction. 



— 67 — 

"^Caliberdàs, ii. m., renirecuisse. 

Il Pu. Lerol'x donne calihistri cUms un sens voisin. 
V. lourchet. 

Calorgne, adj., lonrlie, dont les yeux ont une direction 
différente. 
= P. caliborgnc, usité dans le Berry i quasi-borgne). 

« Les patois français et i-omans confondent perpétuellement les 
idées de louche et de borgne » (Darmi^steter, p. 105). 

V. dordun. 

Caneter, v. n., aller à la selle. 

il Argot : canei\ même sens (Lakcuev). 

*Canette, u. !.. petite bille de pierre avec laquelle les enfants 
s'amusent. 

= V. fr. .Trévoix) ; Bas-Maine (Dottin) ; Centre : 
chique ^i), gobille ; Norni. : boulet (Glerlin de Guer) ; 
Doubs : baliste, bailliste (Beauqiier). 

Un des 52 îlots qui composent Chausey porte ce nom. 
V. canique. 
Canique, u. f.. p. caneltc (Plerguer), en fr. bille. 

A Saint-Briac existe le Port es caniques, ainsi appelé parce qu'on 
y trouve des galets affectant la forme des billes. 

*Canir, v. n., moisir, vieillir. 

= Lat. cancre, blanchir. || Norm. : cltniiir. ranir: Ven- 
doniois : cluindir. \ . liitrod., 5. 

*Canne-petoire, n. f., clifoire, petite seringue en sureau ser- 
vant aux enfants à lancer des balles de filasse. 

= canne (roseau) qui pette, à cause du bruit que fait 
la balle en partant. Trévoi x. jj Normandie, Bourgogne : 
taperelle; Di méru. : sallebute. V. ci-dessous. 

*Canonnière, n. f.. clifoire, synonyme de conne-petoirr. 

Canot, n. m., godet pour recevoir la farine sous un « moulin 

à bras. » 

= V. fr. cane, objet creux. 

"^Carabosse p. cabosse. V. ce mot. 



(1) Vieux terme, dans le Dictionnaire de Trévoux. 



— 08 — 

*Caraboston, n. m., lumiiuo mal Inil, bossu. 
— cabosse, carnbossc. \. ces mois. 

*Caramolet, n. m. ^Vioiix moj dolois disparu vers 1880). 
Caramel, bâton de sucre fondu. Y. hitroil.^ I, ;i 

Carnibot, ii. m., ihuiuc d"eau sale, bourbier (Boimemaiu). 
Il Xurm. : raribnt. petit bourbi(>r (Tilre du WIP siècle) 
PiriKi'i- : cdiiiibot d'icau. 

Cartel, adj.. l>esson. jumeau, jumelle (Dottln). 

Carvane, n. T., charogne, animal crevé, en puLrélaclion. 
I! CoiLABiN. Fougères : carvinne; Verrier : digane. 

Cas moins p. à moins que. 

*Casse, adj., creux en parlant du sol. 

= Lat. cassus, vide, creux. || Norm. : cassis^ lossé 
pour les eaux pluviales. V. encassé. 

"^Cassis-fleur, n. m., groseiller d'ornement [Bibes sangui 
neum). 

*Casson, n. m., tiroir. 

= Lat. capsa, coffre, tiroir (Horace). || Picuot : prêlcr 
son casson, venir en aide. V. chasse. 

*Castain, nom de cheval. 

= Lat. castaneus^ couleur châtaigne, vieille forme de 
châtain. 

Castilie, n. f., groseille à grappe. 

Aunis, Bas-Maine (Dottix) ; Norm. : gradillc ; dans 
CoTGRAVE : castilier. groseillier sauvage. 

Castonade p. cassonade ^\ube). 

*Castret, n. m., loge mobile couverte en paille, dans les 
champs (La Fresnais). 
= castra, camp. 

Casuel p. cassant, fragile. 

*Catau, M. m., petit cochon. 

= Lat. catellns, petit chien, et, eji général, petit 
animal. 

Catéchime p. catéchiste. 

« Il esf comme le Bon Dieu du catéchime, il n'a ni corps, ni 
figure. » (Dicton.) 



— G9 — 

Catiole, n. f., coiffure de feinnie affectant la forme trian- 
gulaire et surtout portée au sud do Dol (Conibourg, 
An train). 

= Analogie avec la Heur de digitale, appelée catiole 
dans le sud de riUe-et-Vilaine. 

^Catholiques p. coliques, jeu de mots. On dit de môme per- 
sccuteur [). percepteur. 

*Caunet ou cônet, n. m., grosse i)ipe dans laquelle les 
paysans fument le tabac « de fraude » et qu'on allume 
au moyeji d'une cône (V. ce mot) remplie de braise. 
Cf. calumet. 

^C^vaci, exclamation pour chasser les chiens. Golladin : 
adsi. 

Cer p. cerf-volant, lucane, insecte ailé. 

^Cerisai, n. m., confitures de cerises. 
Il A Rennes : lohon. V. badiolet. 

^Chagriner (se), v. pr., se couvrir, en parlant du ciel, qui 
devient nuageux. Moisy : se déhauclier. 

Chalander, v. a., faire des prévenances, câliner. V. recher- 
cher. 

*Chalandier : 1° N. m., lit d'un cours d'eau à sec, dans la 
Bruijcre (V. ce mot). 

Chalandier : 2'' N. m., qui conduit un chiiland (bords de la 
Rance). 

*Chalourette, n. f., poudre cantharide, pour mettre les vaches 
en chaleur. 

"^Chamaroux-ouse, adj. (rare). Se dit du ciel u moutonné » 
de nuages, présage de pluie. Vers Bà/ouges : calarroux. 

Chambre p. chanvre (lat. cannabu.s). V. Introd., à B. 

Chamillard, n. ni., hydromel. 

Il A Rennes : chamillard, cidre chaud et eau-de-vie 

mêlés ; Norm. : miolle. miollet. Usité dans les Côtes- 

du-Nord. 
Champagne, n. f.. plaine, lande. « La Champagne de Roz », 

plaines près Roz-Landrieux. 



— 70 — 

= V. fr. cJnini]Hdg)u\ cluniipagne, d'où campagne. 
Cf. angl. champaign, pays plat. 

Chandelle. \'. au Suppl. 

Chaner, v. n., partir, décamper. « Vas-lii ben chaner. » 

= Argot : C(inci\ avoir peur, reculer (Larchey). 
\'. cnjcr. 

*Chânier, n. m., pot ou baril dans lequel on conserve la 
viande salée. 

= cliarnier. V., pour l'adoucissement de Yi\ cônillc. 

^Chanolle, n. f., Téchine du cou. 

Chantepleure, n. f., robinet de bois pour les fûts. 
Fr. : cannelle. 

Ce mot est français, mais ii a une signification différente. Les 
dictionnaires définissent chantepleure : entonnoir percé de trous, 
arrosoir. 

Roquefort tire ce mot de chanter et pleurer, « le bruit fait ie 
chant et l'eau sortant en gouttelettes représente les pleurs ». 

\'. Introduction, I, 2. 

Chapelle, n. f., espèce de protecteur en i)aille que Ton met 
sur les ruches d'abeilles. V. bonneUe. 

*Chapitret, nom du porche ouest de la cathédrale de Dol 
(restauré en 1905), dit aussi Grand Chapitret. 

Il DoTTiN (Bas-Maine) : cliapilrrt^ porche d'église ; 
MoiSY : chapitle. 

^Chapon, n. m., titre donné ironiquemeni à un homme marié 
sans enfant. 

= Analogie... H Rennes : baron. Cii. le fr. : capon. 

*Chaponoux-ouse, adj., timide, honteux comme un chapon, 
qui a perdu les attributs de la virilité. 

"^Charaigne, n. f.. animal maigre et dégoûtant. 
= Charogne. V. eqnerjot, écaté. 

Chardron p. chardon. V. page 18. 

Chardronet p. chardonnet. V. à jardrin. 

^Chardronette, n. f.. séneçon, plante recherchée des char- 
dronets. 

Charière, n. m., chemin rural praticable aux charrettes. 
= V. fr. (Beauquier). \\ cher a. 



— 71 — 

Charpeleuse, 11. f., c-hcnillo poilue. 

= Lai. Cdius i)il<)sus (t'Iialte poilue). 
NOTA. — f.e mot fi"inrais chenille signilie petite chienne. 
Nonii. : clmlU'ix'Ieusc^ carjicirnse, canepleusc; angl. : 
caterpilar: Trénolx : chtitepelcuse; Coulami.n : cliarpe- 
louse. 
*Charte nu cherté p. charrette. 
^Chasse, ji. 1'., cercueil. \'. arche. V. Inlroduction, 2. 

^Châtains, n. m. pi., poinuics tombées avant iiinliirité. 
Il A Saiiit-Reiiiy-du-Pieiii : achaics. V. (luctiae. 

*Chat-borgnard, u. m., jeu de colin-mailiard. 

Il A Rennes : Laiuiietle-bandêe (Gollabin) ; Doubs : 
boacliciot. 
''Châte, n. f. Ce mol exprime, d'une laçon générale, ce qui 
choit. 
Voici deux exemples où on le rcncoiilre ;iv.m' des 

acceptions différentes : 

1° On va aooir de ht châle, dit-on. cpiand le ciel nua- 
geux annonce pluie ou neige. 

2"* On en verra la châte ou la levée. Ceci se dit cpiand 
on sème des graines avec quelques doutes sur leur 
réussite. 

Le droit de chute cl moiirine est la faculté laissée au lermier 
de disposer des poniuiiei-s tombés et morts (Dans Moisy, Gloss. 
anglo-normand : morinc, animal mort de maladie). 

[En Norm., on appelle lombes les pommiers lombes sous l'action 
du vent.] 1| A La Boussac : Les « châles et les saichcs. » 

Chat-écureuil p. écureuil. V. Introd., I, 4. 
^Châtelain, n. m., nom donné aux ouvriers employés par 
ïAssocialion des Digues et Marais à curer les biez de 

« l'enclave. » 

= Vieux mot. Ces châtelains veillaient à la conserva- 
tion des biens du seigneur (Trévoux). 

""Chatons (à), loc. adv., à quatre pattes. 

Aller à cliatons, à la manière des chats. 

Chattier-ière, adj., qui aime les chats. 
Chauber, n. m., rhume de cerveau (sud de Tarrondisse- 
mentj. Inconnu à Dol (^Prononcez : chau-bère). 



— 72 — 

= cJiuKiI boire. Le poiiplo, en général, voit surtout les 
effets. La cause, le rhume, étaut un refroidissement, il 
faut le (raiter [contraria contrariis curantur) par un 
breuvaire chaud. Ii Orne (Dlméhu.). 

*Chaucràlé-ée, adj.. tiède, en parlant du potage. A Pleine- 
Fougères : chaugrulé. 

= chaud, cru. \\ Introd.^ G. 

"^Chaudin-ine, adj., prestpie ivre, cchauHé par la boisson. 

*Chaumir, \. int.. brûler par la sécheresse, u Les plantes 
ont chaumi cet été. » 

Il Le IIericuer : cliaumoni, desséché {Hist. de 2 pré- 
fixes.) 

Chausse, n. f., bas, vêtement des pieds. 
= V. fr., resté dans chaussette. 

*Chausse-noire à Gancale : cotte-verte)^ nom des 2 genres, — 
personne qui négocie un mariage ou met en rapport 
deux amoureux. 

Jadis, les tailleurs qui avaient la spécialité, la fonction, portaient 
des chausses noires. 

V. Her PL\ : Noces et baptêmes (1904). 

Il Ce type existe dans toutes nos provinces de France 
avec des noms différents : en Basse-Bretagne : bas- 
volants ; Norm. : badochets ; Maine : r ouche- croûte s ; 
Centre : cJiat-burr, rncn,ouf<, tête de loup; Bresse et Jura : 
trouille-bondons . 

V. D'Almeras, Le mariage chez tous les peuples (Paris, Rein- 
walt, 1003). 

Chauvire, v. n., sourire, rire en dessous (? calvere, tromper). 
GouLABiN. Orain : cliaurire; Norm. 

Chéche, sèche, f. de sec. 

Cheminze p. chemise. 

= Influence de nasalisation normande. 

Chemin-messier, sentier, chemin dans les champs. Grain. 
= Lat. messis, moisson (?). Verrier : chemin de 
messe. 

*Cheni (pommes de), fruits du pommier non greffé. 

Il Le pommier sauvage se nomme, dans le Doubs, 






buclimii'r (Bi-:.\i oi'iKu); m Picfiiics : [xtRime de. cht'riti 
(Col i.\i;i\}. \'. snifl, 

Chenu-e, adj., bon. \w. scinpluic (lu'avcc ironie ou négation 
(Coulabin). 

= Lat. canus^ vieux, vénérable, bon; Norni. l'b. Le- 
roux. 

"^Chenucher, v. n.. i)leurer légèrement (enfantin'. Pronone. : 
cli'nuclirr. 

Il Norm. : clirmiclirr ; Aunis : cliennsser^ vagir; h 
Sainl-Malo : clionucher {cli'iniiclter). \ . queniichc. 

*Chera ou chara, n. m., chemin rustique où peuvent passer 
les voitures. 
H Letournel. Dans Rabelais : carroy. 

Cherbon p. charbon. \. chenue, vciiopc, etc. 

*Cherfin p. cerfeuil. 

= Cf. anglais : chervil. 

Chérée, n. i'.. terreau, fumier en poussière. 
== Fr. : charrée, cendre pour engrais. 

Cherrue p. charrue. 

Cheu i>. cher, d'ini prix élevé. 

*Cheutrin, n. m., bon ami, camarade, compagnon de travail. 
V. (Inujetle. 

Chevesse, n. f., lien pour les cheviuix. 

= V. fr. chevèce. hcol Ros, Laclhxr. Hooiefort). 

Chèvre, n. f.. grosse sauterelle verte. 

"^Chicon, n. m., gros morceau de pain, chanteau. 

= Fr. : quignon. La forme intermédiaire cliitjnon se 
trouve dans Moxtessox. X. taloche. 

"^Chie-nouvelles, rapporteur. Langage enfantin. 
Verrier : porte-nouvelles. 

*Chincher p. priser du tabac. 

= \'. fr. tabac à cliincher. 

Chinau (prononcé cJiinaoult), François, prénom. 

Chiner, v. a., obséder, ennuyer. 

*Chiot à chiot, loc. adv., petit à petit, chiquet à chiquet. 



— 74 — 

*Chipaudet, n. m.. Itlague on peau pour le tabac. 

Il Noriii. : chicitt'ui ^ où on met les chiques (?). 

*Chîquette (en), lue. adv., eu morceaux. 
\ . briudillr et laviot. 

*Chouairer, v. u.. faire le malade, plaindre. D. cJiouairoux. 

*Chouan, n. m., godet de bois avec un long manche dont on 
be sert pour faire la lessive (Dans Grain : vouillot). 

Il Xorm. : c<Kin, <jo]inn, vase en terre avec anse ; 
Antrain : vouillctte ; llaut-iMaine : chouart, godet ; 
Centre : chaion (^chahuant), instrument en terre cuite 
de la forme d'un oiseau, dans lequel on souille pour 
imiter le cri de la chouette (Jalbeht). 

*Chomette, n. l., sorte de banc à roulettes ou à coulisses 
dans lequel on place les enfants ne marchant pas encore 
seuls. 

= Bref, chom i), rester tranquille ; Verrier : bour- 
Q not : J XL UERT : celle; Poitou : glissière. \. Introduction. 

•Chose de bien et manque d'haleine, expression servant à 
désigner quelqu'un dont on ne se rappelle pas le nom, 
ou la première personne venue. 

A Combourg : « chose de bien; — oreille de chien; — qui n'a 
pas de nom ». — A Sens : « chose de bien; — habillé de peau 
de chien «. 

*Choper, v. n.. faire un somme, dormir. Dottin. 

= Allemand : schlafen, dormir. On dit aussi : aller 
à sclilol, pour aller se coucher. V. Introd., 1, 6, p. 

*Chuler, v. n., boire, surtout dans le sens fréquentatif. 

Chupiron, n. m., sommet de la chuppe (V. ce mot), et, par 
extension, couronnement, partie supérieure d'un objet 
quelconque. 

Il Bas-Maine : cfiupron, faîte d'une meule (Dottin) ; 
Verrier : reste de cheveux. 

Chuppe, n. f.. coiffe dite aussi (( cancalaise. » 

= Huppe. On appelle chuppée une femme portant la 



(1) I.e mot français chômer vient plus vraisemblablement de là que de 
caurna, que Ion confond avec chaumer {Intermédiaire, XXXII, p. 362). 



— iO — 

chuppc. Il A Nuiilcs (III appellt; chyppc la cînie. d'un arbre 
(dans nuire patois : coupelle). \\ Imbi. 

"^Cibot p. ciboule, cive. 

= Dans l'expression (( frais connue un cibot ». \va\- 
KiER : cibot^ lézard vert. 

♦Cigogne, n. f.. manivelle. 

= Allusion à l'oiseau « au long cou emnienclié d'un 
long bec » dont la manivelle affecte la forme (?). || Norm. : 
souainoUc: Franche-Comté : s'ujnolv. \ . Introd., 1, 3. 

Ciner. \ . siner. 

CItre j). cidre. Barbarisme. 

MoisY donne cette forme comme usitée dans cpielques 
cantons de la Normandie {Glossaire). 

"^Civière, n. I., brouette servant à transporter les fardeaux, 
dans les champs. V. boursoulc, brisquine. 

Pour la distinguer de la civière ordinaire (en fr. brancard), on 
appelle celle-ci civière à bras. 

Clampîn, n. m., bambin, « gosse ». 
V. vis pi, gouspin. 

Claquer, v. n.. trépasser, mourir. 

Il En Norm. : clamecer. Vekrieh, 

Clavure, n. f.. serrure. 

= Lat. clavis, barre, verrou. V. Introd.. I. 5. 

Cléentèle p. clientèle. 

V. Introd.. II. lettre G. 

*Clef du four, n. f., on appelle ainsi une tache noire que 
Ion se fait à la figure au contact d'une casserole ou 
autre ustensile couvert de suie. 

Il A Sens : la clef de la marmite ; Loire-Inférieure : 
la queue de la poêle. 

Clérin, n. m., coiffe de Saint-Servan. 

Clisse, n. f., foire, cours de ventre. 

= Onomatopée. j| Norm. : cliché. V. devi(ouiche 

Cloche, n. m., boiteux, qui cloche. 

= V. fr. clop, boiteux, estropié (Bos). V. Introd., I, :5. 

Cloches, n. f. pi., ancolie {Aquilegia vulgaris). 
Il A Bain : veuves (Oraln). 

6 



* 



76 



*Clocu, 11. m., c-iilul, le deniRT-iié d'une eoiivée et, par exten- 
sion, le dernier des enfants, le plus jenne. 

= Vocable très ancien. On le trouve dans Ménage et 
Trkvoix, qui récrivent closcu. Oudin ortliographie cul 
clos. L'étvnioloiiie se saisit d'elle-même. 

Il A Rennes : cclosé : à Bain : dosé ; Saint-AIéen 
croupion: Nantes : laconi; Aunis : cluncaillon; Centre 
cluicroi ; Xorm. : hrdot. hcsot ; Vendômois : clocha: 
Bourgogne : queulot: Orne : niio (Dlmkiui.): Bas-Maine 
('COCU Dottin) : Doubs : chienlit ^Roussey) ; \'ehrieu 
chopiot. beziot. 

*Cobéche, n. 1"., écobue. instrument de jardinage en forme 
de houe d'un côté et de hovau de Tautre. 
Il Verrier. Environs de Paris : scrlouette. 

*Cocailler, v. n.. caqueter, en parlant de la poule qui vient 
de pondre. 

= Onomatopée. || Nantes : quidasser: Norm. : cacoiser; 
Maine : cacailler. Cf. français : courcailUn\ crier, en 
parlant de la caille. Laclrxe : cacailler. V. écocailler {s'). 

Cocar, 11. m., œuf, dans le langage enfantin. 

Il RoQLEFORT : coquart^ œuf ; Bescherel : coquart, 
terme dont on se sert avec les enfants, pour désigner 
un œuf à la coque: argot : coco, œuf de poule (Larchey). 
\'. Introd.. 1. 6. 

Cocolico p. coquelicot. Fleur des champs. 

il Loire-Inférieure : pabot (A. Leroux). 

Cocos, n. m. pi., souliers des petits enfants. 
Il A Redon : cocar fORAix). 

Cœuru-e, adj.. qui a du cœur, ou qui en donne. « Un homme 
coniru. du cidre cœuru. » 

S'emploie le plus souvent avec la négation : « Il n'est 
guère c(puru any. » 

J! (>)ri.AFîiN. Bos : coru. cueru. courageux. Dottix. 

Coger, V. ri., corriger, maîtriser. 

= Lat. cogrrr. forcer, contraindre. || Bos : coqpr. 
forcer. Verrier. 

Cogner, v. n.. pencher la tête constamment. 

Il CoLLABix : côqnf. personne qui a le cou de travers. 



— 11 — 

*Cohan, ii. m. on (ioiinc ce nom à l'homme chargé de 
r.'inH'iicr lu liiigi' de- hueuses (La Boussac). 

<Jii rencontre les variantes : (lofuird (Mont-Uijl, Plrr- 
guer), pohon (Gnrl'nntain). 

= Toutes ces formes s^'iiiblent avoir, avec le français jobard, 
et les vieilles formes iobck'l, jubcler, du bas latin inbagn, esclave 
de bcus étage. (Gém\, lerbo jobard.) 

CI". C.ancale : (jolion, cruche (Matiii i;i.\ et l)A(iri:T). 

*Coin, II. m., morceau, motte. « Lu coin do beurre. » 
\ . nioclie. 

Coleré, coléreux, adj., qm est en colère. 

Colle, n. !.. long levier, sorte d'anspect. V. rotoné. 

*Comedie, n. 1. <»ii ai>pelle de ce nom toutes exhibitions 
foraines : cirques, théâtres, arènes, etc. 

*Comedlen-ne, saltimbanque. 

Comme tout, superlatif, u 11 est joli connue toid. » 

Commérin, n. m., repas de baptême. Roussey. 

Il Loire-lnter. : commérage; Doubs : bec-piync (Bi<:al- 
Qi 1ER)- = F'r- '■ conmière, marraine. 

*Compère, n. m., sorte de jupon autrefois en usage à Dol. 

Ce mot ligure dans une délibération des Hospices de Dol, du 
12 juin 1768. 

^Comprenouère, n. t., intelligence, faculté de comprendre. 

t( .Vvoir lit coiiiprenoiirre bouchée. » \ . hitrod.. 1. 3. 

Cône, n. t., corne (V. cônillr), 

« Lima, lima, manière les cônes. 

T'auras des souliers neufs à la Pentecôte. » 

(( Avoir la cône dans le fmmhn » fV. ce mot), ne pas 

être fier, être piteux. 

A Saint-Malo, le long de la Chaussée verle, près la Maison 
liouge, est le Chemin des Cônes, que l'on pourrait, pour rester 
dans la couleur locale, appeler chemin jaune. 

On appelait jadis de ce nom le pelil récipient (en corne le plus 
souvent) dans lequel les fumeurs mettaient l'amadou pour allumer 
la pipe. On disait aussi caunel iV. ce mot). 

*Côneau, n. m., sorte de gâteau à i cornes, fabriqué à Evrmi. 

près Dinan (Gôtes-du-Xord). 

*Côner p. corner. Dans Lexpression : Les oreilles m<' cnnmt. 
cest-à-dire me tintent. 



— 78 — 

Dans Pli. Ij:i{t»i \, h on dit d'un homme qui a mal 
entendu (juc les oreilles lui curîicnt. » 

*Confée, n. 1.. eunsoude, plante vulnéraire [Syniphitum oUi- 
ciudlc), dite aussi « oreille d'àne. » 

Confondu, loo. adv., très, marque le superlatif. 

u Confondu poitrinaire ». ^'EHRIER. \\ assuré, etc. 

^Confusion, n. 1'.. tapée, trrande quantité. 

^\'. les s\n. : bâclée, bourgignée, dérjclée et autres 
au mot bâclée). 

Cônille, n. f., corneille, espèce de corbeau. 

= Lat. cornix (corneille vient de cornicula, qui est 
petite corneille). 

L'adoucissemenl de ïr se retrouve dans chaise p. chaire, — chanier 
p. charnier, — cône p. corne, etc. 

\'. Intiod., II. 

Conséquent, adj.. important, grand, puissant. Très usité. 

*Contru, n. m., partie inférieure d'une porte en deux moitiés 
superposées. 

= contra-ostium. \\ Normandie iMoisy) ; Collabin, 
A. Lerolx : hussel; Maine : haisiau (Coli.abin); Centre : 
barriau (Jai bert). V. husset. 

*Copin, n. m., sorte d'écuelle de bois munie d'un manche 
vertical et servant à prendre le lait dans la baratte. 

= Lat. CLipa, coupe (V. Introd., I, 5). || Cf. le français 
« écope », pelle creuse pour enlever leau d'un bateau. 

A Plerguer, on appelle de ce nom, Vumbiiicus Veneris, une plante 
grasse qui en affecte la forme et connue à Dol sous le nom de 
parapluie (V. ce mot;. 

V. les synonymes hano et pinjotte. 

Coque, ji. f.. cosse. \'. écoquer. 

"Coquette pour clochette (la Heur affectant la forme d'une 
cloche), nom de la digitale. 

Ij \'errier : clocone. gandis; Doubs : dé de la Vierge 
Béai ni 1ER): Norm. : gantelée; Saint-Brieuc : berbue; 
Dinan : cotisoire. V. 

*Coquiner, v. n., essayer de mordre, en parlant d'une bète 
de somme coquine. W couicher. 



— 79 — 

Corbet, ii. m., pieu en l»(»is on en pierre soiitruanl le niaii- 
teau de la cheiiiiiiée. 
Il Fr. : eorbeau. 

"^Corde, n. !.. aiieit'iuic iiie^ui'e iigniir-c correspuiidaiil, à 1J(»1, 
à (ju eeii tiares. 

''^Cordiaux, n. m. pi., .lî-iiides. 
= Curde. 

*Cordon, n. m., clieiiiin h' luiig duii birz. 

« Le Cordon du mitau », chemin dans la Ri-iiycre ^pivs l'o/- 
Landricux). 

Core p. tMieore (Con.Ain.N . W InfrodurlKm. I. 'i. 

*Corporance p. corpulejîce. 
= Fr. corporel. 

Coterie, n. m., eoinpaiiiioii iiiaron. 

Il HKViiLLiÈRE-LÉPEArx : coterie, niaron ; \i:i{1iii:k : 
coterie, ami intime. DrcrTix. 

Cotir, V. n.. éelater, se rendre en faisant du bru il. « Le verre 
cotit à la gelée. » || Coulahin. 

L.MiOus^K relève ce mut comme iisilé en Bretagne avec le sens 
de « pétiller, faire des bruits successifs et rapprochés ». Cette défini- 
tion est très exacle, appli(}uée à notre patois. 

^Couailler, v. a., secouer la herse. Les coiiailles. nom de 
])ièces tle terre. 

Il Normandie : coiter. 

*Couane, n. I'.. liente de cheval. 

Il Vi:Hi{n:ii : cowinée. l)oi un. 

Couapiau, n. m., copeau. 

il Dans Rabelais : coiippi'nii. \'er- \'ilré : escoipidu.r. 

*Couassi-ie, adj., durci, en parlant du sol ou du linge gel»'. 
= Lai. coassus. condensé, serré. || A La Friîsnais : 
casse; Vendômois : aiassi, durci. \'. Introd.. 5. 

"^Coucou, n. m., nasse, coquillage univalve en forme de 
cornet, très commun sur nos côtes bretonnes. 

(La poulette buccin] n'en diffère que par Técaille : rugueuse chez 
le coucou, lis.se chez la poulette.) 

*Coudré-ée, adj.. presque sec, en parlant du linge étendu 
au hàle. 



— 80 — 

= Terme de tannerie. \'. carteiUer. 

(Le commerce de la tannerie était jadis très florissant à Dol.) 

Coue p. queue. 

= W fr. CGC. coitc i^Busj. 

M Quand on cause du loup 
On m voit la coue. » 

(Dicton.) 

*Couée, n. f.. tapée, grande quantité. 

= Lat. cnudn qui a donné coue (V. ce mot). En fr. 
queue, suite de monde. || A. Ij:i{nrx : bouce; Veriuer : 
boucc. V. bâclée. 

*Couéniboter, v. n.. baragouiner, parler pour ne rien dire, 
en insensé. V. balouiller. 

*Couéron, n. m., bois noir que l'on trouve dans les marais 
de Dol et provenant de la forêt de Scissy (engloutie (?) 
en 709). 

= Celt. coët. bois, forêt, et ron^ rann, fragment 
Maximilien Raoil, JJist. <ln Mont-Saint-Micliel). 

Couicher, v. n., remuer les oreilles en signe de méconten- 
tement, en parlant d'un cheval méchant. 
W cociuiner, richonner. 

Couillard, cheval auquel il manque une partie des attributs 
de rétalon. 

= Lat. coleus. \ . comllet. 

^Couillet, 11. m., corne que les faucheurs suspendent à la 
ceinture et dans laquelle ils mettent la pierre à aiguiser. 

= Lat. coleus { ). Le Trévoix donne coyer, de 

cote.s, pierre à aiguiser. || Ce petit instrument a les noms 
les plus variés. A Rennes : courjet ; Norm. : buhot ; 
Maine : cossiau; Centre : coui; Dinan : cofjin; Vendée : 
couaé (Revellière-Lepeai x) ; Duméril : couée, n. f. 
V. couillard. 

Couiner, v. n.. plaindre. 

= ToLBiN le tire de lallemand ireinen, pleurer. Cf. 
« couinement », cri de douleur du lièvre (Larousse;. 
li Verrier. Béai muer : couiner, chouiner. imiter le cri 
de la chouette. D. comnouc. douillet. \'. chouoirev. 

Coumerce p. commerce. 



— 81 — 

Coupelière (Chorrueix). tige criiiie plant<' et, par extension, 
qneu(^ rl'un animal. 
=-- \'. ni(»t ci-après. 

"^Coupelle, 11. 1., cînie dun arl)r('. 

= X'iciix mot rr;m(;ais. Hadic.il (utp-cniip '\;\\. cnyul); 
GoDKKKov ; coui)l('t, C(ti>lri, coujx'lh': I^oniKKoirr : cou- 
IK'du. cîmc duii aiiu'c: Hns ') : copi', capcl, copct. cîmc. 
faite : lln'PKAi : couplet, haut de la tète ; angl. : co/>r. 
cliaperon: llamand : copprl. || A Remies : cruche; Loirc- 
Iiil. : (lnhe. chuppe : Roissev : coilot; D. écoupclei. 
enlever la eoupelle: Moisv : éconpellcs, émondes. 

*Coupocher, v. a., eonper malproprement. 

= Frécpientatif de couper. || Vendômois : liroïKiney. 
y. Jmvocher. 

Courée, n. T.. intestins, entrailles d"un animal, fressure, mou 
de veau. Coi i.aiîin. N'eruikii. 

= LiU. coi\ cœur (ventricule gastrique). || Bos : corée. 
intérieur de la poitrine. Bonaventihe des Péruchs, 
]). 171. 

*Courgée, n. f.. Ixml de ficelle à rextrémité d'un f(jnct. 
mèche. Pat. nor. : curgiée^ fouet à plusieurs lanières 
(Moisy). 

= Lat. corrufia, attache. || Veriuer : couKje; Trévoix. 
IIji'imvM : covdie. sangle de cuir ; Laco.nuîe : cour<j\e. 
fouet. A IU'nn(\>^ : coulisse (Cmi larin) : Norm. : cache, 
chasse; Vendômois : émince; Doubs : chassoire (Beai- 

oriER). 

Courre p. courir. 
= V. fr. : 

« Si toi (pie le le vis, je voulus coirre apprès. » 

(Ronsard. Les .4mouts, II, 3.) 

<' Aius't Atnuur pousse pique et lait courre. » 

/.T. Bereals Le Ravissement dllylas.) 

Resté dans « chasse à courre », courre le cerf. 

(Revelliêre-Lepeaux.) 

« Des lieues de chien, pus à courre qua trotter. » 
Pour dire des lieues... de 5 kilomètres. 



tl) Et aussi : colpel. coupel, ce que Ion lague des arbres colper). 



— 82 — 

*Courroux de pouchées, surnom du garçon meunier, qui 
courre les campagnes pour transporter les sachées 
(pouchées) de farine. Cotlahin. V. jarinet. 

Courtine (faire), relever ses jupes par devant pour se 
chauffer. 

= Lat. corlinn. (nivité, tapisserie. Vrurirh. || A Rennes 
{et à Paris) : fairr cJ^aprUr. N'cndùmois : à jaspa. Ver- 
rier, MoiSY, DiMÉRH., même exi)ression. Cf. l'expres- 
sion fr. (( faire tapisserie. » 

Courton, n. m., poulain de 6 mois. 
*Cousser, v. a., poursuivre, courir après pour atteindre. 

= Corruption de coursrr. Vendômois : courser^ pour- 
suivre. V. accousser {s'). 

*Coutage, n. m., dépense, frais. « C'est du coulage d'aller 
se promener. » 

Il Normandie, Saintonge : coutement ; Baidoix : cou- 
tance; Coulabix : coutaigc. 

Coutageux-euse, adj.. coûteux, qui occasionne du coûtage 
(V. ce mot). 

D'après Victor Hugo, ce mot était usité à Jersey (Les travailleurs 
de la Mer, I, xiv). 

Coûté p. couteau. 

*Coutume (la). On appelle ainsi, à Dol, le droit d'entrée des 
comestibles, les jours de marché. 

Couvert p. couvercle. Confusion avec couverte, de couvrir. 

"^Cramailler, v. n.. agiter fortement le crouillc ou verrou d'une 
porte. On dit aussi : cricrailler. 

^Cramas, n. m., chevelure. « Je vais le prendre par le 
cramas. )> 

= V. fr. crans, cheveux (Lacombe). V. crignasse. 

^Cranière, n. f., méchante maison, masure. 

= crena, fissure. Il Beauquier : chasal, maison en 
ruines. V. maisière. 

*Crapaudiau, n. m., rancher. crapaudine, bague de fer à une 
charrette pour recevoir les épigasses. les grayures. 

'Craquelin, adj., frêle, de faible consistance. 
= « Faible comme un craquelin. » 



— 83 — 

Créon p. crayon. 

= W fr. (Laco.mme). GuDEKiun' : croion. \\ Eure : crion. 

Crère p. croire. 

= Lat. crcdcrr. V. Inlruduct.^ 5. 

*Cressonnette, n. 1'.. cresson aléiiois ou cresson de jnrdin 
(Lrpidium sativuin). \\ Ohain. Manche : cressonnct (Rol- 
f.and). 

Cri p. quérir {crir). 

Cricrailler, comme cramaitlcr (V. ce mol). 

Crier, v. n., pleurer. 

Kn français, crier est plutôt jeter des cris. Dans notre 
l»atois, jeter des cris s'exprime par : braire (V. ce mot). 
Beaudoin. 

Crignasse, ii. f.. chevelure. VERK^^Il. 

« Je le pris par la crlniasse, 
Dans mon courtil le trainis. » 

[Mon mari malade. Vieille chanson. Orain, p. 9G.) 

V. cramas. 

^Criquet, n. m., grillon. 

Il Cf. anglais : cricket. V. guerzillon. 

Crochetée, n. f.. branche garnie de fruits. Trochée. 
Il Verrier : trochée, troquet. 

"^Crochette, n. f., denl. langage enfantin 
Il Hure : cri quel te. 

Croisé, n. m., bifurcation de routes. 
Le Croisé-Joint, en Mont-Do] . 

'*'Crompire, n. in., pomme de terre. 

= Ail. griwhi})!. poire de terre (Souvenir de 1815) (?). 
Il Toi'BiN. Beauqifer : crompirr. pomme de terre Voir 
Jntrod., I. 6. 

*Cropet, 11. m., excrément d'enfant. 

= Diminutif du v. fr. crope, protubérance. || Verrier. 
Bos : cropei. monticule; Oraix, petit tas se terminant en 
spirale. 
Cropion p. croupion. Oraix. 
Crottoux-ouse, adj., crotté, couvert de boue. V. branné. 



— 8i — 

* Grouille, ii. m., verrou do porte. 
= W fr. : 

'■ En poussant le crouiHct » 'Runs.\iu., Eglogues). 

'! ^'eIldùn]ois : ctnu kiij, verrou. 

*Croulevé-ée, adj.. d(uit la surface forme des reiiflemeuls. 
8e (ht surtout du pain insuflisanimeut cuit et dont la 
cmntr se soulrre. 
Il Picardie : douj-levé. pain insulTisamment levé. 
Croûtes p. planches. \'. nu Supidcmcnt. 

Cru-ue, a<lj.. mouillé, en parlant des personnes et des choses. 

CoiLAHi.N dit que <( ce mot n'est pas de notre cru. » 

Il ne ligure dans aucun des dictionnaires consultés. Cf. 

crudus. sens originaire de saignant. || Grain. \'. querui, 

écrit. DoTTiN : cru. mi-sec. 

*Cuoheri-ie, adj., le préféré des enfants. 

= cul-chéri. Sains : cul-cJiouillé (chuye^ : Keiines : 
bénoni, chinchon: Fougères : chiodé: Hédé : chériton; 
Haut-Maine ; dabot; Xorm. : benoni Di .nhchil;. \'. cu- 
s ou tin. 

Cuerver p. crever. 

« Xe me conte point tes douleurs, 
Car tu me fais cuerveh le comr. » 

(Orai.v, Chansons, p. 314.) 
Cuire, v. n., fermenter, en parlant du cidro qui bout comme 
un mets qu'on cuit. 

Du cidre cuit. || Dans le pays de Coutajices, on dit du 
cidre paré. 

*Cuisinier-maunet, n. m., cuisinier malpropre, marmiton. 
= Mal net (Tolbin). 

*Culepette uu querrepette, n. f., culbute. Faire la culpcttc, 
se planter sur la tète et lever les jambes en arrière de 
façon à retomber, de l'autre côté, sur le dos. 

Il Rennes : [aire le saut-de-vesne (Gollabin). Maine : 
pie-percée. 

'Culot, n. m., pipe que Ion culotte. 

*Cunier, cunassier, adj.. lubrique. 

= De cune, vieux terme, pour chien, venu du grec et 
resté dans <« cynique. » 



— 85 — 

*Cupécé, s(tbri(iii('t des cordonniers. 
= ciil-poissc. y. eu phi t. 

*Cuplat, SLirnoui des curdunniers. \'. ciniécr. 
\ . Introd., I, 6. 

*Cure-oreille p. prre^'-oreille, forlicnle, inseele. 

^Curette, n. 1'.. huigue perelie doiil mi <<> sert pour sunlvr 
diin lM)rd d'un fossé à Tantre. 

= Marine : curcltr. uraj^pc ù lon^-- niaiidie. 

Cusser, v. n., bisquer. 

= Sorte d'onomatopée. Oi'^t''"! mi eidant IxMide, ses 
eamaradt^s, en tïoltaid un doigt sur un autre, disent : 
kis<;, kiss... 

Custos, n. ni., bedeau. 

Cf. Irs mots français custode cl cuislre. 
= Lat. custos, gardien. V. pivndhic. 

*Cusoutin, n. m., enfant gâté. 

= cul-s(,ulr}}ii (W soutin). \. cuchcri. 

Cuté, n. m., couteau. 

= Forme ancienne de couteau ; cutcllus, coltcl, 
cousteL 
Il Cf. celtique : cutcl. 

Cute, n. f., cachette. 

= \'. mot ci-après. 

*Cuter, V. a., cactier. 

= On^t. hvz. cachett<'. || Bos. Lobinkai . l). .se cutrr, 
V. pr. Cacfic-cutte ;\'. ce mot). \'. Intvod.. 1. 6. 



D 



Da p. doigt. \'. de et deillot. 

"^Dabon, n. m., pièce grossièrement cousue à nn vêtement, 
rapiécetage ^H\zrKi.i> : tnpon p. tampon). 

= Breton : takon, pièce à un vêtement. Pour t deve- 
[nant] d. \. )n<idère. \\ Cf. angl. dnh. morceau; Xorm. : 
tapon; Anjou ; dabon, tnpon; Loire-lnf. : tnpon; X'endô- 



— 80 — 

mois : tacon; Gon.AHiN : liaUxidon. mauvais ouvrier. — 
D. radnbonncr, rapiécer grossièrement. 

^Dagonner, v. ii., frapper avec les cornes, en parlant rl'nne 
vaclie, cosser. 

= daffûih grosse dague (Bos). La vache se sert de ses 
cornes comme de (lagon. Y. bîllci\ darfuer. 

*Daguer, v. n. Comme d(ujonner. 

Il I^K.MDoiN : daduer, action du chien qui tire la langue: 
\'i:i{H[i:h : digiicr. dogucr. 

D'alexprès, adv.. exprès, à dessein. 

D'amèche, adv., de connivence. Très comnum. 

Danse à l'ombre, surnom ancien des tisserands ou « tis- 
siers » qui exercent leur métier « à Tintérieur. » 

D'à- rang p. de rang. 

Darée, n. f.. « pissée » d'enfant, plutôt copieuse. 

= dalle, évier. || En Anjou, on dit. pour uriner, faire 
une datée, c'est-à-dire couler comme une dalle. Evkillk : 
dalée, quantité d'urine répandue en une fois. Collabin. 

*Daserant-te, adj., d'accord, qui veut bien. 

= Désirant. Il Haut-Maine : daquedent. daquident. 

Date, n. m., urine (rare). ' 

= V. fr. (Bos). Il AIoiSY : dater, uriner. 

De, préposition employée explétivemenl. 

f (' C'est pour de rire », « c'est pour de bon », u comme 
de juste », « comme de ben entendu », — « jouer pour 
de bon », c'est quand il y a un enjeu. 

Dé p. doigt. V. da et deillot. 

'Debertoquer, v. n., onvrir des yeux luut grands. 

*Debet, n. m., dégel. 

= Préfixe de, marquant l'opposition, et hettei\ geler 
(V. ce mot). Dlmékil. 

^Debilletter, tirer au sort. V. bidet, souche. 

"^ Déblâme, n. f., excuse (très employé au pays de Dol). 

Donner pour deblarae, dire pour s'excuser. |1 Vendée, 
Anjou (Verrier). 



— 87 — 

*Déblâter p. (Ii'hl.ilt'fcf. v. il. parler (mmiIi'c (nul le luorido. 

*Debôgner (se), v. pr.. >.■ <lriH»uvrir, en parlmit du (*i(3l. 
V. boy lier {se). 

Déboguer, \. a., sortir les ehàt.iignes rie leur enveloppe 
piiiuantc. 

An lignré, on dil : h Ih'bofpicr dos yni.r comme une 
chatte qui avorte. » || Veuiurk : déchausser. 

Debord, n. m., cours de ventre, diarr]ié(\ 
= Vieux mut. W . clisse, deriloûicJie. 

Debout, adj. ("c mot est adverbe en français ; dans notre 
patois, il est adjectif, comme droit. <( Elle reste toujours 
déboute. » \'. sub(tut. 

Debrasser, v. a., relever les dra])s d"un Ht ])onr se (■(luclier. 
Il Anjou : débrasser, se découvrir les ijras quand on 
est an lit (Verrier). Dottin. 

Debrouiiloir, n. m., démêloir, peigne à grosses dents. 

"^Deça, adv.. à la suite, ;iî»rès cela. Surtout dans les récits. 

"^Décapler, v. n., mourir (on dil aussi décaper). 

= l^asser le cap. Terme Jiautique. \'. InlnKl.. 1. <;. 

*Décesser, j). cesser. Ne s'emploie guère qu'avec une négn- 
tion : (( La pluie n'a pas décessé de la jonrnée. » 

l'ji Normandie, on dit de irièine : déj'mir p. iiuii' {\)\ - 

MÉRH.), 

Dèche, II. f.. mot d'argot répandu un peu partout. 

(Mie/ nous, on dit J)tittre hi dèche ponr être dans la 
débine. 

Déclencher, v. a., dévoiler un secret. 

= Métaphore. Enlever le clenche au secret. 

*Déclinquer, v. a., démolir, démonter, désarticuler. 

= iMot du vocabulaire nautique. Fr. : détraquer. 
V. desocter. 

"^Découdre (en), dépenser son argent inconsidérément. 

Découvasser, v. a., empêcher une poule de couver. 
V. accouvassée. 

Déculer, v. a., chasser une personne et prendre sa place. 
S'emploie au propre et au figuré. 



— 88 — 

Déduit, 11. m., exercice, mouvement. Se donner du déduit. 
= \ . Ir. ,Pli. Lkhoix). 

Défluxion p. lluxioii. X'icux mot (Trévoux). 

" 11 no craint ni les donts, ni les défluuions. » 

(Rf.g.nu:^, Satyr., XIV.) 

*Defoueré, adj.. qui s'en va de la fouère (foire). 

*Defouétracer, v. a., déraciner, enlever du sol des racines 
tenaces. 
Il Cl. OuAiN : ch'/oulraïUcr. mettre en désordre. 

*Defouir, v. a., arracher de terre les tubercules enlouis. 

*Defruner, ^ . n., dépérir, s'affaiblir graduellement, en par- 
lant des personnes et des animaux malades. 
Il Verrier : délréner. 

*Défuter, v. n.. changer, varier. 

u Faire maigre de temps en temps, ça cl élut e. » 

*Défuter (se), v. pr. : 1^ se divertir (V. dêfuter). V. dégacer; 
'2" se défâcher ^V. [uter). 

Degacer, v. n., même sens que déluier (V. ci-dessus). 
= Antonyme de agacer. 

^Dégaurer, v. a., attraper, tromper. 

*Dégelée, n. f., grande quantité (rare). 
\'. les svn. au mot bâclée. 

*Dégobillas, n. m., degobillis. Ce que Ton vomit. 
Il GouLABix : défjohillure. 

*Dégonachas, n. m. pi., restes de fruits mâchés. 

= Degobiller, màchures. || Cf. Fougères : gonacher, 
promener des aliments dans sa bouche longtemps avant 
de les avaler (Dagxet). V. piachas. 

*Dégouèner, v. n., dire quelque chose d'une manière em- 
brouillée. <' Qu'est-ce que tu dégouènes ? » 

Dégoût, n. m., ce qui dégoutte. Eau de dégoût. 

= V. fr. dégoût, ce qui coule. || Laclrne : dégoult, 
égout. 

Dégouttière, n. f.. gouttière. 

= dégoût 'V. ce mot; (Verrier). \'. nnc. 



* 



— 89 — 

Dégramatiser, v. n., (léliiirc <mi dcMrrioraiit. || (Coii.amin). 
I'jil('\('i' les joiiils (l'un iiuii\ <>r\i\. 
= J..'i(. (î/' (iniinrit ".') \'. déloiuhnjrr. 

'Dégrever, v. a., sortir des récoltes des rheiTiins boueux et 
les déposer en un endroit solide où les voitures puissent 
venir les prendre. 

= Sortir d'un terrain mou conmie la L:rèv<\ 

Notons que clans le vieux français, (irùve, grave, avaient le sens 
• le boue. — A Paris, la plaec de la Grève, c'est la placo de la boue 
(In ter., XI.IV-874). 

^Déguiser, v. n., déparer, nuire au coup (TomI. au bon goût. 
« Cette plaidation dérpiise. » || Aunis : déffuisfint^ qui 
dépare, qui dé ligure. 

Déhait, n. m., peine, chagrin. 

= V. Ir. PHn.iBERï Leroux donne ce mot comme « déjà 
tombé en désuétude en 1750. » || Lacombe, Bos : drshait, 
maladie, peine, tristesse. Tiifa'oi x. — Y. Imih'r, 

*Dehaler (se), v. pr.. sortir. 

(( D'où que tu tr drhales ? » iV. luder). \\ Intvod., (>. 

Déhanner, v. n., oter ses iKinnrs (V. ee mot). 

On dit d'un mari qu'il est drlifinnr quand <a IVnune 
« porte les culottes. » 

Deillot, n. m., lin.i^;' (pii envelopp-.' un tloifjt malade. 

Il \'eiuueii : doijdu; Rennes : peillot; drnjot (Goilarin); 
Has-Maine (Dottin) : dcyot. \. prillot. 

Dejointoyer, v. a., enlever les joints d'un mur. W drffVd- 
malLscr. 

Déjuner p. déjeuner. 

== V. tr. Aux \P et XIP siècles, heure s'écrit et se 
prononce hurr. An W'^ siècle, Montaigne écrit nsture 
p. à cette heure. 

*Délecher (se), se lécher les lèvres après avoir mangé un 
mets à son goût et. par analogie, se régaler. \'. liche. 

*Déligotter, v. a., délier. 

= I^'r. délicoter, défaire le licou. \'. Hrjollcr. 

*Délibéré ]). libéré. Se dit surtout (fun jeune homme quitte 
du service militaire. 



— 90 — 

"^Délizer, v. ;i., stM'Iir i]c la Itoiic ce qui est enlizé. 

Démarcher, v. n., marcher en chancelant, en parlant des 
enfants qui font leurs premiers pas. 
= Démarrer, marcher (Goilabin). 

Dematiner (se), se lever de bon matin. Dottln. 

*Demeau prononcez ch'mo)^ n. m., mesure ancienne pour 
les grains, dont la cajuicité variait entre 2 et 'i déca- 
litres. 

A Dûl, le deineau était, pour le froment, la moitié, et pour le 
blé noir, le cinquième du boisseau. 

Il y avait à la Mairie de Dol un demeau en cuivre servant d'étalon. 
Ce récipient fut envoyé à la préfecture le 20 janvier 1807 (Archives). 

= « De dême, dêmer, parce que le demeau servait à 

prélever la dime, à dîmer. » (Verrier . \'. boisseau. 

Démêler, v. a., délayer, démêler de la bouillie. Goilabin. 
= mêler. \\ Verrier : hxdroUler. 

*Démêzé, adv., désormais. t 

= V. fr. maislnii, dès aujourd'hui, à Tavenir (Bo.s). 

Demi-frère p. frère consanguin ou utérin. 

*Demi-heure i). midi cl demie, minuit et demie. 
Expression spéciale au littoral (Le Vivier). 

Demi-sœur p. sœur consanguine (»u utérine. 

Dempez p. depuis. 

= V. fr. dempuis. V. depeu. 

Dena, n. m., ruisselet pour l'assèchement des terres (Pleine- 
Fougères). 

*Denayer, v. n., assécher un terrain au moyen de canaux. 

Depassé-e, adj.. marquant le superlatif dans les expressions 
dépassé, riche, dépassé, gaie. V. Introd., I, 3, D, 

* Dépecer, v. a... attraper, jouer un tour à quelqu'un, mys- 
tifier. 

Dépeu p. depuis. \'. dempez. 

'Dépocher, v. a., tromper, attraper, laisser en plan. 
= Bos : despossei\ déposséder. V. fr. 

Depouf rîr, v. a., enlever un enduit, du plâtrage. 
= V. fr. pourlrire^ enduire. 



— 91 — 

*De qua Mi' <(iioi), qiK'hfiic chose. « Elle ne fait pas grand 
qud n lin », elle ne lait presque rien, dit-on d'une p(T- 
sonne peu laborieuse. 

De quoi, de l'argent. 

« Maman fvcux un mari 

Et qu'il ail de quoi devant li. » 

(Vieille chanson.) 

"^Déquinteler, v. a., enlever les quinleaux (V. ce mot). 

Desrhumer |). déseiuliuiuer. XKuiuiiH {Suijplément). 

*Déris, n. m., eau de crue. 

= De dériver. \\ Norni. : crétine; J.\lbert : dcribc 
(Dottin) : Bas-Maine : déri^ débordement. PiciioT. 

*Dérifouiche, n. T., cours de ventre. 

\ . deburd, devouilletle^ disse... 

*Dérou\ne, n. f., patraque, machine usée, el, par extension, 
chose de peu de valeur. 

*Dérubier, v. n., dégringoler, tomber en roulant. 

^?) = De rupem, rocher. H Lamballe : dehonicroulrr. 

« Tout le gros sel qui lestait la cale 
Dcnible entièrement du même bord. » 

(Yann Nibor, Le vœu du mousse.) 

"^Dérusseler, v. n., couler à pleins Ilots, en parlant d'un tor- 
rent, d'un ruisseau. V. russe. 

Désaccourser, v. a., désaclialander. 

= \'. fr. accours, afiluence (LACOMnE). |1 Cm lap.in : 
accourser, achalander. 

^Désairer, v. n., changer d'aire {area). Se dit quand, au 
battage des récoltes, on nettoie l'aire pour clianger de 
céréales, ou de propriétaire. 

"^Desapôte (être en) ou en dcsapôt. Expression bien doloise. 

Etre en desapote d'une personne, c'est la regrett'.T, 
pleurer son départ, ne pouvoir se faire à son absence 

(?) = Lat. aporid, état de celui qui ne voit pas jour ;'i 
sortir d'embarras (Qi icherat). || Norm. : laire (ip<)s. 
s'ennuyer, regretter ; Haut-Maine : être étonné De- 
corde); Janzé : être alezi. 

'*'Désaqué-ée, adj., vôtu avec soin, « tiré à quatre épingles .>. 
comme on dit en français. 



— 92 — 

C.elte expression est l'opposé d'cinpoiicfié^ vêtu sans • 
goût, comme dans une potiche (poche). = Desaqué^ qui 
n'est pas eni^aché i^sac pour pouchc). 

\. ossoq\ici\ sacquer. 

*Désempeuler. \'. cnipeuler. 

*Désor\ner, v. n., dégénérer. 

= \'. fr. ovine (origine). V. orine. 

*Dessocter, v. a., désarticuler un ol)jel formé de pièces diffé- 
rentes. V. déclinquev. 

Dessur p. dessus. 

« Dessur le Ponl de Nantes 
Le bal est a-isigné. » 

{Vieille chanson.) 

Détamé, adj.. qui a besoin d'être rétamé. 

*Detiédir, v. a., chauffer légèrement un liquide, le rendre 
tiède. 

Détollir, V. a. : 1° enlever. « Je ne veux point laisser deioU'ir 
mes drets (mes droits). » 2'' Blâmer. 
= Lat. toUere, enlever. \'. toliir. 

Detourber, v. a., détourner une personne de son travail. 
Il Norm. : detourber; Centre : detorber; Rolssey : dé- 
torber. 

= V. fr. destorber (Bos), troubler, empêcher; lat. dis- 
tu rbare. resté dans le pat. nor. fMoisv). 

•< Aler voelt, mais il ad desturbier » [Chanson de Roland, vers 2548). 
*Détrlmer, v. a., détourner, dégoûter une personne d'une 
autre qui Tattire. 

= Lat. deterrere, môm.e sens (?). 

Deul, n. m., peine, chagrin, misère. 

= Ancienne forme de deuil, du lat. dolere, souffrir 
(Hippeal). Verrier. 

« Je me deiils quand je vois ces ignoranle-s bestes. » 

(Ronsard, Bocage royal, II.) 

Il Orain. Coulabin : deuil, peine, chagrin ; Norm. : 

douter, se plaindre ; Loire-lnf. : deuler. même sens : 

Perche : deu. chagrin (Martellière). 

*Devallée, n. f., descente rapide sur une route. 



— 93 — 

Devantetée, n. I'., conleuu (rime dcDonticre. 

Il Bus : devantéc^ devanlelée^ contenu d'un tablier ; 
Beauqlieu ; deventvéc. 

Devantière, n. f., tablier de paysanne. 

= V. ir. : devdtftail (Bos). Lacombe, Roquefort, Ra- 
belais... 

Devarinade, n. t., noce, fïtre en deoarinade^ se dit d'une 
personne qui laisse son travail pour courir les auberges; 
ainsi les ouvriers lèlant saint Lundi. 

Il En argot : en bombe ; Verrier : en décade ; (mv- 
LAUiN : devarinade^ partie fine. Dottin. 

'^'Dévenimer, v. a., rendre moins froid. 

Ijuand le temps est rude et couvert, en hiver, on dit : 
« Y n'a qu'à tojiiber de la clidte, ça va deve.ximer le 
temps. » V. vlin. 

Devietter, v. n., dévier, sortir du droit chemin (sens propre). 

'''Devinaille p. devinette, énigme populaire. 
= V. ïr. D'après Frédéric Godefroy. 

On disait autrefois : au XIP siècle, devinaille; au XIII^, devinai; 
aux XlVe et XV®, adi inallle, advincau. — Les Adevincaux amoureux 
(Bruges, XVe siècle). || Normandie : devinade; Morbihan : dévinadel; 
Centre : dévinouer ; Est : devinotte (Beauqujer) ; Bos : devinage ; 
Beaudoin : devingnolle. 

La Revue des Traditions populaires a publié loute 
une série de devinailles de notre pays. V. X\ I, p. 515; 
XVIII. 288, 395; XIX, 168 (MM. Duine et Charlec) ; 
XX. 'lO et 502 (H. de Kerbei zec). 

^Devigogner, v. n., marcher en remuant fortement les reins, 
comme une personne dégingandée, ce que le bon Ra- 
belais appelle baritoner du c... 

(?) = Qui va par saccade comme une cigoane (V. ce 
mot). 

*Devirée (à quelque), loc. correspondant à Texpressioii Iraii- 
çaise u une bonne fois », un jour ou l'autre. « Il se tuera 
à quéque devirée. » 

*Devirer, v. a., tourner à Tenvers. Pour laver un paiit;i]r)ii 
on le devire. 

= virer^ tourner (marine). 



— 94 — 

Oeviroier, v. a., dérouler (Bai uoi.n). 

*Devise, n. l"., lM)rii(', ligne séparative entre deux « héritages.» 
= division. Dans le Cotent iu : limes (lat. limes). 

*Devouiilette, n. !., devoienient, cours de ventre. 

= vouillcr (V. ce mot). Grain. V. clisse^ deriSouiche. 

Dévotieux-euse, adj., dévot, pieux. 

= \'. Ir., employé par Des Prriehs, p. 169. Ronsard 
a dit de même piéteux. V. (wavicicux 

*Dévotion, n. l'.. intention. 

= Sens primitif (Darmesteter). « J'ai dévotion d'aller 
à Saint-Malo mardi. » V. Introduction, 1. 

* Diffamer, v. a., salir, abîmer. « Diffamer ses vêtements. » 

Ce mot, qui ne seiiiploie plus en français qu'au figuré, était 
usité jadis dans un sens concret (Bonaventure Des Périers, p. 114). 

\'. Ronsard. Trévoux, etc.; Bas-Maine (Dottin). V. 

Introduction. L 2. 

Dinguer, envoyer dinguer, c'est envoyer au diable. V. bcdlcr. 

Diot-te, adj.. sot. imbécile. 

= Aphérèse de idiot. Introd., I, 4. 

^Dique à p. jusqu'à, k Dique à Jean qu'a été dique à Paris. » 

(G0LL.\BINj. 

Dire. En français, ce verbe est actif. Dans notre patois il est 

neutre avec deux sens spéciaux. Il signifie : 

i*' Parler, bavarder longuement : » C'est une femme 

rnninjante. elle dit tout le temps. » 

2° Emettre un son, en parlant d'un instrument de 

musique ou de celui qui en joue. 

« Ecoute comme ça dit ben », dit à son enfant le campagnard 
qui l'a mené entendre la musique. 

Disputer, v. a., gronder. En français, n'est employé que 

comme verbe intransitif. 

Doche, II. f.. parelle, plante qui croît dans les terrains 
maigres et ressemble à l'oseille. 

= Angl. dock, parelle. || Pat. nor. (Moisy). 

Donaison p. donation. V. donne. 

*Dongé >ou adongé; [donger est la forme altérée sous l'in- 
iluence de danger (péril)]. 



— 95 — 

Crlti [ail d()îi(jL\ dit-uii ni voyant une chose qui ins- 
pire du dégoût, de la répui^iiance, et surtout ijui porte 
à vomir. 

= lîrcl. donjcr, répugnance. || Ltttiu': : avoir danger, 
avoir déiioùt, d'où rapiJi-ochcnient entre les idées de 
répugnance cl de pi'-ril. \ . achaisoti. 

Donne, n. f., distrihulion de j)aNi ;iiix p;invres. 8e dil aussi 
poiii' dnnation. \'. (Ii)nnis(ni. 

"^Dorichonner, v. w.. dc^rloller. soigner avec lendresse et solli- 
citude. 

*Dordun, -ohrKjuet des j)ersoniies borgnes. 
= Dort d"un n>il. 

Dormailler, dornnr à demi (Normandie). 

Douet, H. m., lavoir naturel, mare. Prononcé souvent 
dc-()U('t. 

= doua, douve, tossé ^LoniNKArj ; bas-latin : dorj'i. 
conduit (Hazfeld). || Norm. : douct, aqueduc, ductus 
(Trévoux): Vendomois : duit, source à laquelle on lave. 

Dougé-ée, adj., ténu, lin, délicat. 

= Lat. délicat us, tendre, doux, d'où les vieilles formes 
françaises : delgé, deueje, dougié (Bos); delgie (Hippeau), 
et le français moderne : délié, délicat (Menace, Tué- 
\oi \ : srI dougé, sel lin (La Fresnais). Cf. fr. douillet. 

" I/herbe de l'canip qui ost verte et delgre. » 

(Roland, vers 3389.) 

Il Haut-Maine : drngr: P)as-Maine : dougé: .Iai bert : 
deugnet. dognoL dougnot . Xeiuuer. Moisant, p. I'i2. 

Remarque. — Les cheveux, si souples, si fins, sont 
appelés douilles en argot. 

*Doumé, u. m., espèce, qualité. « Us sont du même dominé ». 
cjusdem [arinie. 

= Lat. domiis. maison, famille, rare. V. Introd., I, 5. 

Doutance, n. f.. doute. Veriuer. « Avoir de la doutance », 
se méfier Baudoin). 

Doutois. Crase, pour deux ou trois. 

= V. fr. dons pour deux {duos). Fr. adoué. qui s'est 
accouplé. Verrier : dessetrois. 
Il Verrier : dessetrois. 



* 



— 96 — 

nouvelle, 11. f., douvo, plaiirlie courbée formant les parois 
d'un tonneau. 

Cf. le fr. iI(H(cllc [(.\e doue, ancienne forme de douve) 
pour parement d'un voussoir. V. madcre. 

'Douvét, n. m., maladie de l'oie, du mouton. 
= Douve, ver intestinal. 

Drache, n. f.. sciure de bois (La Boussac). 

= Rad. drcs ou drns, avec le sens de rrsidu, poussière, 
cl qu'on trouve dans il : Tanc. fr. : drascJic, orge con- 
cassé (Bos) et cosse de légume ^Hazfeld); langl. : drafi, 
rebut, restes: le l)reton : drraz^ sabl<' fm; le fr. moderne : 
drrchr. résidu d'orge, pour : de la moulée. 

Drapeau, n. m., lange d'enfant. Sens primitif (prononcé dra- 
[nau ou drapé). 

Usité dans tout le nord-ouest de la France. Trévoux, 
Dict. de Mo.NET (1780). 

Drémont, adv., au delà. 

= Bret. : drez, par. V. drès-la. 

Dré-nœud (à), à droit nœud. 

= \\ fr. V. Ernrïcjile des Quenouilles (1475). 

*Drenne, n. f. Encore un mot qui n'a pas de synonyme en 
français et qu'il faut définir par des exemples. 

Avoir la drenne d'une chose, c'est en avoir la manie 
(CouLABTN : drenner). Répéter toujours la même drenne, 
dire toujours la même rengaine. 
Drès-ça, adv., ici (Vieux). 

Drès-la, adv., là-bas. 

= Breton : dré-zé, par là. 

Dret-te, adj.. droit. 

= V. fr. : 

« Si le Bon Dieu voulait 

Les teux iraient dret. 

Mais le Bon Dieu ne veut pas, 

Les teux vont haut et bas. » 

(Dicton.) 

Dretement, adv., précisément. V. dret. 

Dreute p. droite. 

*Drieul, n. m., coqueluche. 

li Cf. bret. : dreo. coqueluche. A Pleine-Fougères : 
drie; à Sens : cahot. 



— 97 — 

*Drié-la-lin \>. là-ljas W dirs-hi). 

*Drimer, \. n.. ;iller ;'i laveiiUire. Comiiio drofim'i. 

*Droguer, v. m.. IIAiilt, rester à bavarder «mi roule 
I). (h o(inii-('usc. 

Drujette, n. f.. ;inii('. rnmi)nirii('. iiwuli'csse. 

Il Laci'hnk : (Irur. ;mii(\ niaîlrcssc: Xor. : ilriK/rr. folâ- 
trer. \'. rhrulrin. DoTiiN : jeune lill<' un peu légère. 

Du, <lur. udj. — Féni. diiiise. 

Dumet )). duvet. Moisv. 

= Ancienne forme du Irdin (lumctiiin. 



E 



"^Ebahissant-te, ndj.. (pii cause de Tennui, de l'iiuiuiélude, 
de rdTroi. » Une corvée ébahissante. » 

Ebahir implique moins, dans notre patois, ridée d'étonnciiienl 
(comme en français) que lidée de crainte, de découragement. 

^Eblucer, v. a., élever, nourrir une famille. « La pauvre 
femme a bon du deul à rbhicer ses tras poupons. » 

= Lf IlÉR[f;nFR voit dans ce mot une comparaison avec les 
jeunes poulets qui s^épluchcnl, se bécolent les plumes pour enlever 
les salelôs qui s'y trouvent. — Nous donnons celte élym. à litre 
(luciiineiilaire. V. Sitpplt'^mcnt. 

Il Mar'IKLIJKHK : éliichn. ahicJwr. de alcrc, jioniiir. 

Kure : rliJoclu'r; Dl.\h':ril : idbidicv, nourrir. 

"^Ebluçon, 11. m., petit enfant, petit d'un animal. Pris en mau- 
vaise part. 

"^Eblution, n. f., éruption cutanée. 

Ebobé, adj.. ébaubi. Coi laiun. 

Eboguer, v. a., ôter la bogue des châtaignes. Veriueu . 
rbogirr. 

Ebouilleler (ou éboilerj, v. a., éventrer. enlever ou mutiler 
les boyaux d"un animal. 

= boyau (prononcé bomUcau)\ || Jaibert : ébouiller; 
MoNTESSON : éboedier; Lacomre. Bos : boëler. de boël, 
boijel. vieilles formes de boyau: Hazfeij) : esbouiller, 



-98- 

vieille forme de écraboiiiller ; Nord : éboudiner (Cou- 
labin). 

Eboulé-ée p. ébouriffe, en désordre, en parlant des cheveux. 
Il Eldel {Locations nantaises). Dottin : décliné. 
= Métaphore. ^^ Introduction, I. 

*Ebrmsté, adj., écorné. V. écoinsté. 

*Ecageotte, n. f., sorte de cage pyramidale servant à prendre 
les oiseaux (Vieux), mauvais poulailler. 
Il Verrier : tombereau. 

Ecaisser, v. a., casser les cuisses. V. caisse. 

*Ecaler (s'), v. pr., ouvrir les jambes, faire le grand écart. 
Il Norm. : s'égasiller; Anjou : écarbeiller (Verrier). 

Ecarrure p. carrure. 

*Ecâté, n. m., animal maigre et chétif, de triste apparence. 
V. équerlot, charaigne. 

Echaffourée p. échauffourée. 

Echafer, v. a., écaler, enlever Técale des noix (Goulabin). 

*Echamé, n. m., pierre plate placée sur le champ, à l'entrée 
d'un cimetière de campagne, et que l'on enjambe pour 
passer. 

= V. fr. eschamel (Lacombe, Bos), marche-pied, du 
lat. scammum, même sens. || Laci rne : escamel, petit 
l)anc; Duméril : cscatne, barrière de cimetière. 

*Eché p. écheveau. 

*Echicher, v. n., agir en chiche, donner parcimonieusement. 

Echirer, aphérèse p. déchirer. 

*Echigner (s'), v. pr., se fatiguer, se casser rechigne, c'est 
largot : s'esquinter (Larchey). 

Ecli, n. m., long éclat de bois, éclisse. On donne principa- 
lement ce nom à un petit éclat de bois qui pénètre dans 
la chair, sous un ongle de la main. En fr. : écharde. 
= V. fr. fHAZFELD). Il Franche-Comté : échaille. 

'^'Eclié-ée, adj., brisé en morceaux, en parlant d'un os. 

= V. fr. : esclier, casser en morceaux. !| (Bos). A Ba- 
zouges : éclivé. 



— 99 — 

"^Ecocailler (s'), v. pr., s'écrier, coiiimr une poule qui cocaillc 
(V. ce mot). 

*Ecoinsté-ée, adj., écorné, qui a un angle, un coin cassé. 
V. ebrinsté. 

*Ecôner, v. a., faire un bruit à casser les oreilles, crier à 
tue-tète. 

= (?)V. fr. : cstomiir, faire un grand fracas. 
Sur la permutation <lu / et du c, V. Introd., 11^ Partie, 
lettre C. 

*Ecoquer, v. a., enlever la coque (cosse). 

Ecot (1), n. m., tige de récolte coupée et laissée en terre. 
(( Des écots de blé. » Pluriel des écôs. Fr. : éleule. 

= Bret. ek, pointe (?). Il Norm. : éto, étau (Moisy) : 
Avranches : éteide, étouble (Le Herichek). D. écoter, 
labourer un champ où sont des écots. 

*Ecot (2), n. m., champ où les » écots » sont restés. 

*Ecossons, m. pi., a écots » de la plume d'une volaille qu'on 
fait disparaître en la flambant. 

*Ecoter, v. n., déchaumer, débarrasser, par un labour super- 
ficiel, le sol des « écots » aussitôt après la moisson. 
V. feroiser. 

Ecrouler p. crouler. 

= V. fr. : 

« La flatterie est une mine que creuse le vice pour faire écrouler 
la vertu « (Chevalier D'Ane, 1756). 

Ecru p. cru, non préparé. Toile écrue. 

*Ectonner, v. n., parler avec peine et en hésitant, ânonner. 
Il Trans : actonner ; Montesson : loctonner, avoir le 
hoquet. 

= Avoir le hoquet. 

Ecumette p. écumoire. V. Iriquctte. 

Ecuroler, v. n., espionner, se cacher pour surprendre une 
conversation 'rare). 

= écureuil On dit en français : « Vif, agile comme 
un écureuil. » Il Dottin (Bas-Maine : ecuroler, flâner en 
épiant); Baudoin : évoiller. 



— UX) — 

Etant p. enfant. 

= \". fr. Laci RNt: : cnaut, enfant. 

Effondrer, v. a., vider une volaille ^Trévoux. \'EimiER;. 

*Efourneau, n. ni., feu allumé dans les champs pour con- 
sumer les mauvaises herbes et les déchets. 

Il Norm. : fourneau ; Jura : fournache (Bealqi ier) ; 
Lojro-Inf., X'endér : brnU<:, brûlai: \'i:p.rikr : tanpincau. 

Egacer p. agacer. 

Sur r pour a, \ . Intmd.. II, A. 

Egare-ée, adj.. perdu. Dans l'expression pays égaré, pays 
perdu, désert. 

= V. fr. Des Périers. p. 223. 

* Egailler, v. a., étendre, étaler. « Egailler des tas de fumier 
sur un champ. » 

= y. fr. Bos : égaillier, égaliser, étendre également. 

Dans l'ancien droit, on appelait égailleurs les répartiteurs chargés 
de faire rentrer les impôts directs. 

Cf. fr. : régalement, travail pour égaliser un terrain, et, au fig., 
répaiiition équitable dune taxe. 

II Rapprocher l'expression poitevine : aiguaiUcr la 

place, arroser la place, et aiguail rosée, sans doute dr 

aiguë, eau 'agua). 

*Egaurumer (s'), v. n.. tousser volontairement pour se débar- 
rasser la gorge. 
Il A. Leroix : s'ebaler. 

Eguenillé-ée, adj., en guenilles. 

*Egravé, adj.. qui a un gravier dans le pied, en parlant sur- 
tout d'une vache. 

•Egrettes, n. f. pi., poussier du chanvre broyé. 
Il Rennes : greffes (Goul.\bin). 

*Egrune, n. f., petit morceau d'une chose, miette. <( Pas une 
égrune », c'est-à-dire : pas un brin. 

= Grumeau. V. gnimelle. || Grain : égraine. 

*Egruner, v. a., émietter, frotter du pain ou des graines entre 
les deux mains pour les réduire en égrvnes (V. ce mot). 
Il A Lamballe : effreuser. 

Egrougeoir, n. m., carde pour le chanvre et le lin. 
= Piac. graine (?). 



— 101 — 

*Eligé-ée, adj., fléluré. dé^'-ourdi. Très usité à Dol. 

= Lat. deligatus, délié, et, par métaphore : qui ne se 
laisse point prendre, comme déluré, qui ne se laisse 
point leurrer. \". Inlvod., 1. 5. 

*Eliger, v. a., Fuettre en réserve, ramass^T de l'argent. 

= Lat. eliyerc\ choisir, trier, mettre à part. || Bos : 
csligier, dégager, payer. 

*Eliges, n. f. pi., économies. 

^ Argent éligé (V. éliger;. On dit aussi éligenn'nl. 
II Bos : esligeinent. 

*Elingué-ée, adj., mince, effilé, lluet. 

= Marine : élingue, cordage menu. 

*Elocer, v. a., détacher d'un arbre une bninche en tirant 
dessus. 

= V. fr. eslocltin\ tordre, ébranler un arbre. Nicor 
tire ce mot du lat. ej-locare^ disloquer. || Coulabin : 
élosser; LACONUii-: : élocher, ébranler fortement un*- 
plante; Bos : élochier, disloquer: Aunis : cssoUer. casser 
une branche: Métivier : éloqucr {ex-locare): Verrier : 
clocher, ébranler une plante. 

Emballes, n. f. pL, embarras, grands airs. « Faire des 
emballes. » Il Coulabin. 

= Expression venant de Targot. Montesson : emballé, 
adj., faiseur d'embarras. V. esbrouffes. 

Embeteries, n. f. pi., eniniis, tracas. 

*Eminette p. en train. Etre en éminette, c'est être dispos, 
éveillé comme un minet. Y. émistouné. 

"^Emistonné-ée, adj., éveillé, déluré, comme un mislon ou 
jeune chat toujours en jeu. V. éminette (en). 

*Emmancherie, n. f., chose confuse, difficile à comprendre, 
inextricable. Terme vague. 

*Emmessé-ée, adj.. qui a entendu la messe. 

== V. fr. Hippeat;. |1 Verrier : messe: Dottin : mésu. 

Emmi, prép., parmi. 

= V. fr. de in medio (Lacombe). 

*Emorcher, v. a., enlever un morceau. « Emorcher une 
moche de beurre. » 



— i02 — 

= Morceau, écorcher. II Cori adin. Vkrrier donne 
é)norc}ic}\ paître, de )aorsarc. 

*Emoucher, v. a., chasser les mouches. V. moucher. 

*Empentouré-ée, adj.. i|iii a la figure eniinilounée. 
= (?) En pantoufle. 

^Errperouilier (s'), v. pr., s'empêtrer, être pris dans des 
épiiie>. (les lianes, une corde... 
Il Centre : s'nnpiger, s'enfarger; Doubs : s'empdimcr. 

* Empiéter, v. n., commencer une grossesse. 

Il A Combourg : pruner (V. ce mot) ; à Fougères : 
pécher. \. fr. : enceintei\ v. n. 

Dans le vieux français, on trouve empiéter, avec le sens de saisir, 
prendre avec violence. 

« Un voleur, afin d'empiéter ta bourse et ton trésor. » 

{Sonets, I.) 

"^Empeulé-ée, adj.. envahi par les mauvaises herbes tenaces. 
(?) = Lat. in puUare. pousser des rejetons. || Roussey : 
ampelsené. D. : desempeuler. 

*Emplénir p. emplir. 

= Influence de plein. 

(t Mai cru. juin chaud, 

Emplenit la grange jusqu'au haut. » 

Il Comtois : empler. 

* Empoisonner, v. n., puer, infecter. 

= Répandre une odeur de poisson corrompu, comme 
empester c'est répandre une odeur df peste. 

*Emposer p. empêcher. 

ii Cancale : empeser. 

Enoaler, v. a., enjamber, passer par dessus. 

= Marine : passer sur la cale. V. Introd., 6. 

*Enoassé-ée, adj., creux, profond. 

= Lat. cassus, creux. V. casse, adj. 

""Encidré, adj., ivre, par excès de cidre. 

*Enclseler, v. a., inciser, faire une coupure. « Enciseler un 
panaris. » Verrier. 

*Encônâs, n. m. C'est Tencornet ou poulpe commun. On dit 



— 103 — 

(l'une chose dure (surloni d'un coniestiblc), dure comme 
des encônas. 

« La chair de ces mollusques, dit lïibbé Maxet, est dure, coriace, 
et pour ainsi dire ind<}stj'uctib]e sous la dent. » 

{Etat de la Baie de Cancalc, p. 21.) 

Sur la désinence dépréciative as, \. Introduction, 

F' Partie, E. 

Encourir (s'), v. pr., se sauver, fuir. 

= V. fr. : 

« ... le pauvre homme 

S'en courut chez celui qui ne reveilloit plus. » 

(La Fontaine, Le Savetier et le Financier.) 

Encourailler, v. a., brider des sabots (Bonnemain). 
Il A Dol : enquérer (V. ce mot). 

*Encrouiller, v. a. Deux sens bien différents : 

l*" Enfermer quelqu'un à clef (V. crouiUer). 

2° Accrocher un objet dans les branches d'un arbre. 

= incrocare (Ducange). 

Sous croix, Roquefort donne encroué, arbre embarrassé dans 
les branches d'un autre par sa chute, et Trévoux bois encroué, 
même sens. 

Il Bazouges : acrouiller ; Norm. : encrucher ; Mol^y : 

encîouer, encrucher. Duttin. Fr. : encrouer. 

"^Endamné-ée, adj., endiablé, entêté comme un danmc. 

^Endechat, en rul, en parlant des vaches. 

= En chaleur (chaud se prononce chdoult chez nous). 

Endurement, n. m., patience, endurance. 

*Enferduré-ée, adj., qui a froid, pour enfroiduré. 
Il Verrier. 

'^'Enfiume, n. f., état de gontlement, d'enllure. 

^Enguener (prononcé eng'ner), agiter le grain dans la trémie 
dun ventilateur. 

= Engrener (corruption). 

^Enheuder, v. a., mettre des entraves aux pieds d^un animal. 
Enheudé d'une patte, fiancé. 

= heude, attache, de l'angl. hide, cuir, courroie. 

'^'Ennouiller p. ennuyer (Var. : enouger). 
= {in odio habere) (?). 
Sur la chute du d, V. Introd. et Darmesteter, § 415. 



— 104 — 

*Enquérer, v. a., nieltrc à des sabots la bride de cuir qui 
retient le pied. 

= quer p. cuir. || A La Fresnais : cntuirer ; à La 
Boussac : enqucrcttcr: à Conibourg : encourailler; Orne : 
arconncr. V. encourailler. 

*Enquettée, coninie suivant. 

*Enquillée, n. f., enjambée. D. enquiller^ enjamber. 

"^Enquinequiner, v. a., ennuyer, taquiner. 

= P. enguignonné, qui a du guignon (Hazfeld), de la 
guigne. 

Enrouillé-ée, adj., enroué. 

= \'. fr. : enrauclier. \\ Roussey. 

Ensement, adv., pareillement. 
= V. fr. pour censément. 

u Blanche ad la barbe ensement eune flur. » 

{Roland, vers 3173.) 

Ensemblement, ensemble. 
= V. fr. : 

« Nous voici tous doux ensemblement ». 

(Jac. Bereau, Eglogues, IV.) 

Ensuivant, suivant. « Dimanche et les jours ensuivants. » 
= V. fr. (H.\zfeld). 

« Et eiant achevé sa vie le jour en suivant. » 

(Amiot, Vie de Pompeivs.) 

*Ensionné-ée, adj.. solide, consolidé, bien arrangé. (( Cette 
roue a des jantes ben ensionnées. » 
= P. ensoigné. 

*Entamement, n. m., entamure, premier morceau d'un pain. 

*Entourlier, v. a., entortiller, lier autour. 

Entreprendre, v. a., actionner en justice. 

li GOULABIN. 

*Entre-voir (s'), lutt^^r, en venir aux mains. 

Envaler p. avaler, confusion avec le terme de pêche envaler. 

Envilainir, v. n., enlaidir, devenir vilain. 

Epar, n. m. et f., éclair sans tonnerre, éclair de chaleur. 

= V. fr. espari, éclair (Bos), Lacombe, Hippeau, 



— m 



j 



IfAZi'ELi» : rptiii iiiariiic). Il Aiiiiis : clidlin: ù Niuites : 
il éparl, il lait «If petits éclairs (Euuel). 

Epargne, n. t., Incarne, fenêtre économique sur un toit. 

'Epeillasser, v. n., enlever avec un râteau les mauvaises 
herbes de la terre. En l'r. : dégramer. 

= (?) E-paille {palea^ tige sèclie). Usité en Normandie. 
Il A 8aint-Reniy-(lii-lMein : etcvjnasser (V. ld(jne).V. rm- 
peuler. 

Epiautrer, v. a., enlever la peau, dépouiller un animal. 

Il COULABIN. 

^Epibocher, v. a., égratigner, gratter avec les ongles un 
endroit qui démange, un bouton. 

= cpinoclic, épine, piquant qui vient sur Tépiderme. 
Il Veruieh : écaigner et épilocher p. épibecher, s'éplu- 
cher avec le bec (se dit des poules). G en nés : cpiijachcr. 

^'Epigasse, n. t., montant pointu ({ue l'on liche au cIhiiHI 
d'une charrette pour retenir les bottes de p;iille et de 
foin. V. cvapaudiau. 

^Epigasser, v. n., taquiner. V. épivassrr. 

Epille, n. f., épingle. 

= \'. fr. espil, espieu, dard, lance. V. épiloucl. 

*Epilouet, 11. m., étui à aiguilles, à rpilles. 

Il Rennes : poquettc; Norm. : cassai; Maine : (jdiilh'l. 

*Epivasser, v. a., agacer, taquiner. 

= Taciuiiier avec une épiyasse (V. ce mot). V. équi- 
gner. 

Epletter, v. n., aller vite, avancer à la marche, à l'ouvrage. 

= V. fr. e3:pleitei\ travailler avec ardeur, du lat. expli- 

care, achever, terminer (Bos, Hippeai ) ; Chanson de 

Roland, vers 395 et 3657. || Dottin Bas-Maine) : rpielter. 

V. poster. 

'*'Epluchas, II. m. pi., épluchures de laine. 

Epouré-ée, adj.. effrayé, qui a peur. Ne s'emploie guère 
qu'avec une négation. 

(( C'est une fdle qui n'est point épouréc », dit-on d'une 
personne qui n'a pas froid aux yeux^ 



— 106 — 

*Eprendre (s'), v. n.. s'nlluîner, en parlant du feu, prendre. 
- \'. fr. 

"^Epris-se, prothèse de pris, u Le temps est épris », pour : le 
temps s'est pris, est à la pluie durable. 

Epuceter p. t'^pucèr. chercher les puces. 
il \eiu{ier. \'. hUrod., I, 4. 

"^Equerjot, n. m., enfant chétif et de mauvaise mine. 
= ccorcheux. 

On appelait jadis écorcheux des brigands qui parcouraient les 
campagnes, dépouillant les malheureux qu'ils rencontraient sur 
leur route. 

Il Cf. écueuriou, écorjou, esquirni\ escairi. Gh. Nisard, 
p. 259 et 268. A Plerguer : abzotas. 

*Equeroilé, adj., entamé, en parlant d'un fruit. Pommes 
équeroilécs. V. guciouas. 

*Equigner, v. a., agacer, exciter. « Il ne faut jamais équigner 
les chiens. » 

= Bret. : hek, agacement, il A. Leroux : aguigncv, 
agacer (un animal) de manière à produire la colère ; 
Rousseau : aguigner. exciter à se battre. Cf. aguigner. 
V. épivasser. 

Equipé-ée, adj., paré, habillé. S'emploie plutôt ironique- 
mt^iit. (( Est-elle bien équipée », pour mal attifée. 

iMétaphore empruntée au langage nautique, partant, 
usitée surtout vers le littoral. A Combourg, on dit : 
fKjuintelce. V. quinteau. 

Dans Noël Dufail : « Il étoit en bon équipage » p. bien accoutré. 

[Baliverne ries, V.) 

Eraignée p. araignée. 

Sur 6 pour «, \'. égacer^ etc.. 

* Ergot, n. m., gros doigt de pied; plur. des ergôs. 
D. s'esercoter. se casser l'ergot. 

Erguelisse p. réglisse (masculin en patois). 

Bois d'rrguelisse, racines de réglisse. Le réglisse en 
pâte s'appelle fus. 

= V. fr. HIPPEAU. Il Verrier. 

Eriflure p. éraflure. 



— 107 — 

*Erocher, v. n.. lapider, frapper av(H*, des radies (V. ce mot). 
^ \ . Ir. (HipPEAi). Bos : rochiei\ lancer des pierres. 
Il Bealqi:ier, Dottix : nrnchrr. 

Eronce p. ronce. 

Il IVxuDOiN : aironcr. V. Introduction. 

"^Erusseler, \ . a., arracher les feuilles d'une branche en glis- 
sant la main le long de la tige. 

= Lat. cruere^ arracher. I| Rennes, Normandie, Anjou : 
crusser; Baiooin : cirer. 

Es p. aux. 

= V. fr. 

<( La foire es ânes a lieu à Châleauneuf, le 11 mai. » 
Esbrouffes, n. f. pi., fanfaronnades, embarras. V. emballes. 

"^Escaillant-te, adj.. plaisant, enjoué (rare). 
Il V. fr. yaier, se réjouir (d'où galant). 

*Esergoter (s'), v. pr., se casser ïergot (V. ce mot). 

Espérer (En français : attendre un événement avec espé- 
rance, c'est-à-dire un événement heureux). Dans notre 
patois, ce mot a un sens beaucoup plus large. 

D'abord, il s'appli(iue aux personnes aussi bien rpTaux 
choses. On dit : espérer quelqu'un (l'attendre). 

De plus, il s'emploie en parlant d'un événement quel- 
conque, sans éveiller Tidée d'espérance. On dit espérer 
un malheur, un châtiment, la mort. 

En latin, sperare avait ce sens large : « potui lanluni sperare 
dolorem » (Virgile, Enéide, IV). 

V. Introduction, I, 2. 

*Essai, n. m., canal, bief, dans les marais de Dol. 

= essever (V. ce mot). Bos : esseu, essou, gargouille, 
canal. 

Essard, n. m., hâle (Pleine-Fougères). 
= Patois normand. V. essarder. 

Essarder, v. a., essorer, mettre à l'air pour faire sécher. 
= essard. 

*Essâs, n. m. pi., restes de viande, rogatons, reliefs. 
= restes, restas, essas. 

s 



— 108 — 

*Essemillé-ée, adj.. dispersé, étendu çà et là. comme ini 
essaim. 

Esséver, v. a., enlever l'eau, étancher. 
= ève, V. fr. eau. V. essai. 

*Essillé-ée, adj.. en guenilles. Se dit surtout d'une étoffe usée, 
râpée, eflilochée. 

« Esillé comme un pez gare » (bariolé comme un pois bicolore). 

Essorbé-ée, adj.. abasourdi, slupide, hébété. 
= Absorbé. 

Essuer p. essuyer. 
= V. fr. 

"^Essuyas, n. m., cssuie-niains. linge pour s'essuyer. 

"^Etanchet, n. m., Oaque d"eau, mare. 
= P. petit étang. 

*Etaurer, v. a., lotir. Pris toujours en mauvaise part. 

On dit d'une personne qui a fait une mauvaise em- 
plette, ironiquement : u La via bon étaurée. » 

"^Eteindu-ue pour éteint, u Le feu est éteindu. » 

On dit de même attnndu p. atteint. \'. Introd., III. 

Etouper, v. a., boucher une brèche au moyen de branches, 
de brosilles. 

Lacurne donne atouper et cite ce passage de la coutume d'Or- 
léans : « qui atoupe chemins doit 60 sols ». 

Il Verhiei\. Dottin (Bas-Maine). 

Etout, adv.. pareillement, aussi. « Il est allé à Saint-Malo 
étout. » 

= Lat. etiam. V. itout. 

*Etulé-ée, adj.. étiolé. Se dit des plantes privées d'air ou de 
lumière et qui grandissent sans prendre de vigueur. 

= Vient, avec le fr. éteule (chaume sur pied), du latin 
stipula, paille. Les plantes étulées ressemblent à un 
chaume. L'antonyme est râblé (V. ce mot). 

Dans TAvranchin, on appelle éteule le chaume resté debout, 
quand on a coupé l'épi Le Hericher). 

V. écot. 

Eugen p. Eugène Tleine-Fougères). V. Ugène. 



— 109 — 

E vacher (s') [ou avacherj. v. pr., s't^bouler, en parlant d'un 
talus, d'une tombe de terre. 

= Roman ovail, éboulement. || A Nantes : évailler. 
Verrier : nvncher. 

Remarque. — « Ebouler » se dit en parlant dos cheveux do femme 
tombant en désordre. 

^Exposition, n. f., danger, où on est exposé à un danger, à 
un accident. 

Dans une conmiune de l'arrondissement de Saint-Malo, il y a 
quelques années, un brave conseiller municipal, signalant les dan- 
gers occasionnés sur un chemin vicinal par l'éboulement d'une 
banquette, s'écria que c'était une véritable exposilion. 

Une commission fut même nommée pour aller voir Vexposition. 

{Journal de Dol, 3 décembre 189G.) 

*E-you, où. \'. /y ou. u Je ne vois pas eyou qu'il est. » 

Il Verrier : anijou. 



Fa p. fois. 

« Les gas de Songea (Sougeal) 
Qui regardent à deux fas. » 

Ma la vère (ma l'ois oui), peut-être bien, plutôt. On 
dit aussi : ma fa sia (V. ce mot); ma fa y an V. [inc (ma). 

*Fabiot, n. m., petit morceau, et, au iiguré, ranlreluche, 
bagatelle. 

En laviots^ en morceaux. V. les synonymes : brin- 
dille et chiquette. 

*Fadir, n. m., devenir lade. « Le cœur me (adil », je sens 
mal au cœur. V. Introd., I. 
Il Cf. fr. : ajladir. 

*Faiili-ie, adj., pâle, faible, et, par extension, sans vigueur 
ni valeur, faible. <( l'n failli cheval » (En Normandie, 
un méchant chevalj. 

= Lat. pallidiis (?), pale, blême. 

La pâleur est souvent l'indice de la faiblesse. On trouve iailli, 
avec le sens de manqué, perdu, dans l'Evangile des Quenouilles 
(XVe siècle). V. Supplément. 

*Faimvalle, n. f., faim excessive, boulimie. 

= Famés caballi, faim de cheval, comme boulimie 



— 110 — 

veut dire : faim de bœuf. Ce mot est français, mais ne 
se dit que de la boulimie des chevaux. || Norm. : jrin- 
valle; Anjou : (uincaUe. \). la'uKjdlier-ier, adj., qui a la 
faimvalle. 

*Fainer, v. a., porter malechance. 

= Lat. (ascinare, ensorceler, d'où la forme savante 
française fasciner. 

^Falabin, n. m., terme injurieux des plus graves (^Littoral). 
= Cf. breton : jallaki\ scélérat (?). 

Falle, n. f.. poitrine de l'homme, jabot des oiseaux. 

= Allemand : hais, gorge et cou (Di.méru.). Trévoux : 
jale; Bos : {aide, giron. Il Dottin (Bas-Maine). V. lallu- 
rons. 

*Fallé-ée, adj.. repue, en pariant d'une uie, d'un canard 
(Cherrueix). 

= Qui en a plein la falle. 

Fallée, n. f.. le plein d'un jabot. V. labotée. 

Falletonner, v. n.. respirer avec force par suite d'essouf- 
flement. 

= Angl. to faltei\ hésiter, chanceler, défaillir. — Nor- 
mandie. 

Failue, M. f.. espèce de brioche fabriquée par les boulangers 
du littoral (Saint-Benoît-des-Ondes). 
Il Dlméru. : falue, galette lourde (de fallum, étain). 

* Fallu rons, n. m. pi., mamelles. V. hronnes. 

Fameux-euse, adj., fort, vigoureux. Sens dérivé. 

Il GoLLABiN, Normandie, Verrier. V. Introduction, 1. 

Fanchette, Françoise, prénom de femme. V. Fanchon. 

* Fanchon (1), n. f., coiffure des paysannes, cravate ou fichu 

jeté sur la tête et noué sous le menton. 
Il Doubs : doublât (Beauqiier). 

Fanchon 2,. l'^rançoise, prénom féminin. \. lùmchcttc. 

Fanerie p. fenaison. Cependant on dit : 



« Belles Rogations, 
Belle FAN'Aisox. » 



Fanny. \'. Phanie, 



— 111 - 

Farcer, v. ii., plaisanter, se diveiiir, faire des farces. 

= \ . h'. \\ Lacombe : farcer, se moquer de quelquun. 

*Farinet, n. m., garçon meunier qui va à domicile chercher 
le blé et porter la jdrine. i)n l'appelle aussi le courrour 
de poucltées (V. ce mot). 

Il La Boussac : h' handet ; dans le Nord : chasse- 
Diaunee; Midi : /ariiirl; Anjou : larmier. 

Faucheux i^. faucheur, araignée des champs. 

*Faunilles, n. f. pi., bourrées, fagots de menus branchages 
et principalement de ronces servant à chauffer le four. 
= Fr. : fascines. 

*Fauter, v. n.. commettre une faute et principalement avoir 
un enfant naturel (Se dit d^me fille-mère). 
Il Norm. : chuter. 

Faux-cresson, cresson des prés ou cardamine. 
Faux-mouchet. C'est le nom populaire de Tépervier, oiseau 
de proie. 

*Fel, adj.. colérique, facile à faire fâcher. 

= Angl. lell, cruel. V. fr. Il Bos : />/, perfide, méchant, 
traître. Trévoux. 

*Felé-ée, adj., fâché. 

= jrel (V. ce mot). 

Femelier, adj.. coureur de fennnes. V. ftimelle. 

Fère A-ar. fouère, p. foire. 

= Lat. leriœ. Patois normand. D. déloaeré. 

Ferdaux p. Ferdinand (Pleine-Fougères). 
*Ferolser, v. tr., donner au sol un premier labour pour une 
récolte, après Thiver. 

= Fr. vieilli « feurre ». paille. V. écoter. 

Fessouet p. les fesses (Plerguer). 

Il Dans Rabelais : fessier. V. jouasse. 

*Feurte, n. f.. gaule, perche. 

= Bos : frète, pieu, grillage, doù le fr. : frettc, ba- 
guette (terme de blason). 

*Feuvâs, n. m. pi., tiges sèches des pommes de terre et des 
pois, fanes. 



— 112 — 

= feuve, patois de fève ^V. ce mot). || Vitré : lanils ; 
Xonii. : favas : Loire-lnfér. : qâles ; Centre : chains, 
jehiches ; Maine : hesas ; Littré : pesât, tige de pois 
séchée, et Hazfeld. 

Feuve p. fève. De même, autrefois, on disait leuvrier pour 
février [Annales Société de Saint-Malo. 1903, p. 82 
et s...). 

« Lettues et choux, feulves et oignons. » 

(J. Bereau, Eglogues, III.) 
Fi p. III. 

= \'ieille prononciation. 

Fiasquer, v. a., aller à la selle. Larchkv : Haquer. 
= Onomatopée (?). 

Fiérot, adj., un peu fier. 
Fr. : faraud. 

Filoseille p. filoselle. 

File, n. m., /me Champagne. 

Il Cf. Normandie : fil, eau-de-vie de choix. 

Fin p. foin. 

De même lin p. loin. Verrier : {fin. 

*Fine (ma), loc. adv., ma foi. On dit aussi ma la. 

*Finissement, n. m., la fm. ^^ Introd., I, 4. 

*Fion, n. m., jeu d"cnfants connu dans les villes sous les 
noms de » cheval fondu » ou « saute-mouton. » 

En Normandie, ce jeu est appelé « la casquette » ou 
« saute-augule » (saute-au-c...). 

•Flaite p. flétri. 

= V. fr. : flaistre, fané, flétri (Bos). 

Flambe p. flamme. Nom verbal régulier de tlamber. 

*Flatin. Ce mot ne s'emploie que dans l'expression ni feu ni 
ilntin, ni feu ni étincelle, redondance comparable à « ni 
sou ni maille. » 

Il En fr. : ni feu ni flamme. Dlméril : fouatine, feu 
clair. 
Flauper, v. a., battre, frapper, et aussi vaincre, rouler. 

M. CouLABiN voit dans ce mot une parenté avec fléau (?) 
= Angl. to flog, fouetter. Lat. volntare. \\ Ph. Leroux . 
flauber, rosser; Norm. : feloper, veloper (Duméril). 



— 113 — 

Fléger j). W'^xw. Très L'iiii>luyé. 

*Fletter, v. .1.. tresser, 

= Aiigl. to pliât, même sens. La permutât ion de p 
avec / est Iféciueiite (V. laUli). VA. le fr. : Iretter, garnir 
d'une virole. 

Fleu |i. fU'ciu. 

Autrefois fléau ne se prononçait qu'en une seule syllabe, en 
français 'THÉvorx-MK.vAGi;^ 

On clisail flan, comme actuellement dans le Centre et le Maine. 

Dans la Nièvre, ou dit flô. 

Fleurette, n. I'.. petits points hlan-'s à lu surface du cidic, 
du vin ({uj aigrit. 

*Flipe, II. m., boisson chaude composée d"eau-de-vie et de 
cidre. 

= Angl. : jlipiK cordial, lait de poule. || Dotti.n, à 
Rennes : chamillard (V. ce mot). 

* Floue, n. f.. farine 'Plerguer). 

= Angl. Iloiir, farine; pat. nor : jh'u. 

Floppée, n. f.. grande quantité (V. ci-après). 
V. flotte, bourfi ignée, etc. 

Flotte, n. f.. tapée, grande quantité, u Y avait-il du monde 
à Vasseinblée ? — Une [lotte. » 

Il Bos : Ilote, troupe, multitude. Cf. pat nor. : (loltc 
grand nombre. V. les syn. à hnclêe. 

Fluxia p. fuchsia, plante d'ornement. 

*Foin, adj.. facilement irritable. « Un enfant loin. » 

Folailler p. folâtrer, faire le fou. 

* Fond-once, adj.. profond. 

Il Norm. : foneu, lonçue (Moisy). 

Fondement, n. m., anus. Brissaid. VERRnm. 

Forces, n. f. pi., grands ciseaux pour tailler les haies. Bos. 

Forière, n. f.. partie dun champ compri.se entre Tespace 
cultivé et les fossés ou talus. 

= Lat. [oris, en dehors. Les forières sont en dehors 
du champ proprement dit. || Bos : forière, lisière d'un 
bois; A. Leroix : folière, bordure ménagée autour d'un 



— 114 — 

clianip pour la circulation. Trkvoux. Norm. : traverse, 
blouse (Moisy) ; Anjou : cheinte : Centre : rebourgeon ; 
PiCHOT : foryère, fossé d'un champ. W aflorionner. 

*Fort, adv., vite. « Courir fort. » 

* Fouine, n. f., faîne, fruit du hêtre. 

= \'ieille forme. || Bos : (aine, foine, fouine. 

* Fouiner, v. n., chercher quelqu'un uu qiieltiue chose en se 

faufilant comme une fouine. 

En fr. jouiner, fuir en poltron. Notre sens patois est 
plus conforme à Tétymologie. \". Introd.. 3. 

*Fourchet, n. m., angle formé par les deux jambes ou deux 
branches d'arbre. 

= Fourche. Le fourchet a la forme d'une fourche. 
Il RoussEY : fourchu. \ . caliberdas. MoiSY. 

Foussé p. fossé. 

= Vieille forme. 

« En ung foussé qui était la auprès » (Faifeu, XV). 

*Fraichin, n. m., odeur de relent que prend la viande en 
temps humide et chaud. 
Il Beauquier : fraichun, odeur de viande faisandée. 

Fraisier sauvage, potentille (PotentiUa reptans). 

*Framba, n. m., fumier. 

= V. fr. f ombrai, fambraije, fainbayer (Hippeau). 

On dit d'une personne qui n'est pas à son aise qu'elle a la cône 
dans le fraraba. — Allusion aux bêtes à cornes qui baissent la 
tête dans l'étable, quand elles n'ont rien à manger ou sont malades. 

D. frambayer, étendre du fumier. || Manche : màlée ; 
Côtes-du-Nord : fiant; Verrier : fambray, fumier. 

Franchi p. affranchi, castré. Se dit surtout du cheval. 

Francin p. François. 

Francine p. Françoise. 

Frase p. fraise (Surtout p. fraise de veau). 

= Lat. /ro^um.. Dans le Trévoux : frase p. fraise 
(fruit). 

Frégon p. fragon. houx sauvage. 

= Bos : frégon, houx. Hazfeld. 



— 115 — 

*Frélé p. fêlé (Sur raddition dr Yr. V. jnrrlnn. etc.). 

Frélonnière, ii. I'., nid de firlons. 

FrelucheSy n. r. pi., cupcuux milices (jui iiortenl do la var- 
lope (Inusité à Dol). V. rubans. 

*Frénelle, n. f.. berce, plante à tige creuse [Ucrdclaumi s pon- 
du iium). 

VERRn<:R : Ircgncllc : h Monlfort : {risée (Rolland). 
Se curer comme une lrénell(\ c'est-à-dire rendre tout 
ce qu'on a dans le corps. 

^Frichequi, n. m., repas fin. u Gueuleton. » 

= Allrrn. : fn'distûck. \\ Verrucr. V. Introd., I, 6. 

*Frimailloux, adj., brumeux. Temps frimailloux. 

Frime, n. f., frimas. Cf. anglais rime, même sens. V. Irume. 

Friquette, n. f., écumoire. 

= V. fr. (Trévoux). V. écumette 

Fromer p. fermer. 

Il Cf. fromi, v. fr., et {roumi de notre patois. 

Fromi p. fourmi. 

= Métathèse de formi, forme primitive de fourmi 
(lormica). 

« La iromi est aimée d'autres fromis. « 

(.T. Bereau, Ef)logves, I.) 

*Frottoué, 11. m., sorle de bouchon enduit de graisse avec 

If^quel lês ménagères frottent la tuile ;'i gidettr. Vers 

X'itré : fritou. V. le synonyme galopinette. 

Frume p. frimas. 

= Brume, [rime. 

*Fumas, n. m., fumeron, charbon (nmant. 
Il Reai QuiER : rnoiichnt. 

Fumelle, n. f., femme. Terme de mépriê. 
= Femelle. VerrU':r. V. femelier. 

Furetonner, v. n.. fureter, chercher partout. 

Fusée, n. f., jouet d'enfant fait avec un noyau traversé par 
une tige autour de laquelle s'enroule une ficelle et 
portant à l'extrémité inférieure une pomme de terre 
(Vieilli). 



— 116 — 

Futé-ée, adj., sali, iviulii opaque, en parlant d"un carreau. 
= Lat. fuscus, noirci, obscurci. Dans notre patois. 
c et t permutent souvent yV. bâclée^ etc.). 

Futer (se), v. pr., se fâcher. 

Il Bos : cire fustc. être ballu, laliiiué, eiuiuyé (lalin : 
fu!>tis, bâton) : fr. fustiger ; Orne : [utcr, ennuyer ; 
DoTTiN ; se flouer. 



G 



Gabelle, n. f., girouette. « Terme emprunté au patois nor- 
mand » (Trévoux). 

= Lat. gabalus, potence, gibet, pignon, d'oîi le v. fr. 
gable, objet qui surmonte un toit (Bos). || Cf. angl. gable, 
pignon; Hippeal : gable, fronton; Moisy : gable, pignon. 

D'après Hazfeld, gabet, admis par l'Académie en 1604, fut rayé 
du Dictionnaire en 1798. 

Il CouLABiN. W MoisV : gable. V. IntrotL, I, 6. 

*Cabio, n. m.. Testomac. 

= Fr. gabion, grand panier rond. 

"^ Gche, n. f., pain de fantaisie, dans lequel on met des 
pommes, et qui se mange généralement chaud. 

"^Gachoué, n. m., tuile à galette. 

= gâche. V. le synonyme goltier. 

Galafre, adj., gourmand, glouton. 

= V. fr. Il CouLABiN. Bos : galifre. galalre. glouton. 
vorace; Roquefort : galiffre, glouton (de gueule). 

*Galichon, n. m., dernière galette de la cuisson, dans laquelle 
on met des pommes hachées. 

Il A Nantes : galeton; Le Hericher {Histoire de 2 pré- 
fixes) : gaumiélou. galette aux pommes. 

*Galioter, v. n. Se dit d"un liquide qui clapote quand le réci- 
pient dans lequel il est se trouve remué. 

= Terme emprunté au langage nautique. La galiote 
était une espèce de galère portant des bombes et, par 
suit-e exposée à des oscillations continuelles. Témoin ce 
passage de Balzac {Les Chouans) : 



— 117 — 

« ... les pauvres camarades ne seraient pas là (dans la rivière) 
potlant comme des gnUoles... » 

Il Dans .I.VL'HERT : lUujoter. 

*Calopinette, n. f., bouchon d'éloffe enduit de graisse et 
dVeufs servant à nettoyer la Inile h galette. 
\'. le synonyme frottoué. 

"^Caltier, n. ni., luilc à galette. 

Dans A. Leroux : (jalrttirre, n. t., et (jalletoire. \\ A 
Sens-de-Bretagne : pierre n galette, ce qui laisse sup- 
poser que jadis cvt ustensile était en pierre au lieu d'être 
en fer comme de nos jours ; à Lamballe : gaulerouê. 
V. gachoué. 

*Cammer, v. n., bisquer, éprouver un fort dépit. 

= gamme, pris métaphoriquement. On dit en franc. : 
« chanter gamme à quelqu'un » pour : le chicaner. 

Campas, n. m. pi., enveloppes des graines de céréales 
(Marais). 

= DucANGE : ivaspaïium (?)., 

On appelle sur nos côtes la Marée des Campas, celle de septembre. 
— Autrefois, on exposait sur la grève le froment battu et le vent 
faisait office de venloire en enlevant les garnpas. 

Il DuMÉRiL : gapas, balles d'avoine ; Verrier : égd- 
piller, égailler. V. grabots. 

Candilleux-euse, .kIj. Ce mot a deux sens hirw flilîérents. 
Il signifie ; 

1° Délicat, épineux. « Une affaire gandUleuse. » || Goi - 
L.\Ri\, Verrier. 

2" Indécis, douteux, en parlant du temps. 

Dans Lacur.ne de Saint-Palave : gandie. tromperie. 
Il Vendômois : catéreux. V. Supplément. 

*Capi-ie, adj., vermoulu, pourri. Bois gapi. 
= Angl. : gap, troué (?). Goilarin. 

*Capir (se), se tapir. 

Dans Jaurert : se capir. Dans notre patois, la lettre / 
est souvent remplacée par une autre. V. Introduction. II. 

Carir p. guérir. 

= Vieux. H Je l'ai pansé, Dieu l'a gari. » (Devise d'Am- 
broise P.\ré). 



— 118 — 

*Carir (se), v. pr., se couvrir, en parlant du ciel, devenir 
sombre. <( Le temps se (pirit » (On dit aussi le temps se 
chagrine) (V. garrr). 
!l Moisv : s'engraisser. 

*Carre, adj., de deux couleurs, en iiarlant de la robe d'un 
animal. En fr. : pie. 

= Lat. : raiius, d'où le fr. : bigarre (Pour le v latin 
devciiaid g. \\ les mots français gué, guêpe, gui..., de 
railuw. vespn. visc^un. Pois garre, haricot bariolé (et 
Mayenne. Rolland). || Verrier. Gf. Toubtn : vair, four- 
rure blanche et grise; Trévoux : u Vair signifiait autre- 
fois une fourrure blanche et grise ». V. garir (se), caillé, 
vergé. 

*Carrot, n. m., espèce de pain azyme à quatre cornes vendu 
dans les foires et marchés. 

= Gf. le fr. garrot. 

Il DuMÉRiL : garot (Orne), petit pain de blé. V. hagé 
= cauneau. 

Cater, v. n.. répandre un liquide. Gâter de Veau, uriner. 

= V. fr. Bien que ni Lacombe ni Lacurne de Saint- 
Palaye ne donnent ce verbe avec cette acception, on le 
trouve dans un vieil auteur français originaire de Bour- 
gogne, Bonaventure Des Périers : 

« /[ n'eût rien de plus près que de metire son doiyl nii-devanl 
>' du pertvis du tonneau, car il ne vouloil pas laisser gaster 
» son vin. » 

(Contes et devises, XLVII.) 

Nota. — Le mot français gâteux pourrait venir de là : 
celui qui laisse aller sous lui. 
Il Usité en Normandie et dans le Maine. 

*Cauche-en-dète (mettre), mettre le pied gauche dans le 
soulier droit et vice versa. On dit aussi : terchausser. 
Roussey : à reculons. 

*Caurer, v. n., rester immobile, la bouche entr'ouverte, 
comme une vache repue. 

[Dans GouLABiN : gaurer. castrer]. || A Bazouges : iorer 
'W . ce mot avant un sens voisin). 

Célique p. Angélique, prénom de femme. 



— 119 — 

*Celotter, v. n., g'elcr légèrtMiiciil. 

*Cénisson, n. m., petit(; génisse. 

Ce mol ligure dans un inventaire dressé à Dol en 1793. 
Il Norm. (Moisy). 

Cenouet p. genou. 

= Cf. l'ancienne forme genouil. 

« Sa culotte percée 

Laissait voir ses genouets. » 

(Chanson de sabotiers, Orain, p. 04.) 

"^Cerbeau, n. ni., glue, ]);ulle en gerbe, battue au Uéau, ser- 
vant pour les toits en chaume et la fabrication du cidre. 
On dit aussi « paille élue. » V. souba. 

Cerbière, n. f., fenêtre d'un grenier par laquelle on passe 
les gerbes. 

Il GoiLABiN. Norm. : gucrbière; A. Leroux : abat-loin. 
Mot d'un usage courant. 

*Cervi-ie, adj., moisi, qui sent riiumidité. 

= Ver (V. Introd., IL, lettre V). V. tavelé. 

*Cestier, adj.. qui s'amuse, qui plaisante. 

Geste est peut-être pris ici dans son acception iin- 
cienne de : fait mémorable, exploit 

Il Montaigne emploi(i la forme analogue parlier, de 
parler. C[. Tangl. : gester, plaisant, diseur de bons mots. 

*Cigourdenne, n. f., personne sotte et sans tournure. « Grande 
gigourdenne va ! » 

= Gigue, V. fr., grande fille dégingandée (Trévoux). 

Cilette, .In tienne, prénom de femme. V. Gilon. 

Ciler, V. a. et n., lancer un liquide en jet. 

Il Bos : gicler, faire jaillir; Verrier : ciler. \. guilée. 

Ciion, .Julienne, prénom féminin. V. Gilettc. 

*Clanet (prononcé ianet), n. m., pince tenant la chandelle, 
sur un begaud (V. ce mot). 

Il DoTTiN : grichedent ; Goulabin : glénet ; Poitou : 
lioube. 

Glas à bouillie, sonnerie des cloches pour un baptême 
(Trans). 



— 120 — 

Clas d'emprunt. A La Boiissac on appelle de ce nom le glas 
sonné puur aiiiionciM- le trépas (rnne persoinie décédée 
hors de la paroisse. 

Il A \'itré : glas d'li07}neui\ 

Glissade j^. glissoire. 

*Cniogniotte, n. I'.. ehose de pen de valeur, bagatelle. « C'est 
de la gniogniotte. » 

= En patois normand : (jno(jnoUi\ l'ruit de Taubépine 
(Joret). 

Gnon, nion, n. ni., coup de poing (Beaiquer). 

*Gober, v. a. Ce verbe a trois sens différents. 11 signilie : 
1" Aimer, avoir une inclination pour (Argot). 
2° Attraper, duper (Coulabin). 

S** Saisir avec la main un objet lancé en Tair (Dans ce 
sens on dit aussi agober). V. guimer. 

*Gobiilon un obillon), n. m., chose accessoire ajoutée à une 
autre. 

Quand dans un mie, par exemple, l'alcool a réduit le 
café à une quantité mfmitésimale, on redemande un peu 
du noir breuvage, et c'est ce supplément que l'on appelle 
un petit gobillon. 

= Cf. angl. : gob, peu : Coilabin : gobillon, petite 
quantité. En Normandie, on dit plutôt réssucée, mot 
sentant l'argot. Roussey : rambur; Verrier : crêssion. 

*Godet, n. m., panier spécial pour la cueillette des cerises, 
généralement cylindrique et fabriqué avec de l'écorce 
de cerisier (Plerguer). 

= Lat. guttus, vase, récipient. Le français godet vient 
peut-être de là. Cf. breton god, poche. V. Introd., sous 
lettre D. 

*Gohard, n. m. V. cohan ^Forme usitée vers Plerguer). 

Con, n. m., espèce de charançon, coléoptère du blé. Cou- 
labin. (( Ce pain ne vaut rien, il a goût de gon. » 

* Gorge-rouge i». rouge-gorge. 

De même souris-chaude p. chauve-souris. V. Intro- 
duction, I, 5. 

Gouèpe, n. f., canaille, vaurien. 



— 121 — 

= Brct. : ijiccz^ saiivii.yt', ^lii'ossicr; en iirj^ol : oonapr, 
gourpt'ur, vagabond (IIabassk, Lahchey). Vkriiiek. 

Coule, 11. I'., bouche. 

= V. fr. Du latin rjula, qui a donné gueule. Bos : fjole, 
gouh\ bouche, ouverture (Lacomiu:, Ph. I^hroix). 

Coule-teuse, puirelauie, coquillage (St-Bc^ioit). Y. \)UC('la(jc. 

Coule-sucrée, n. m., personne difficile, qui fait la dégoiHée 
et mange du \nn\[ des dents. 
Il Vkuiuku : piâchc à (jaaclir. 

Couleyant-ante, ;idj.. savoureux, qu'on avale à. petites 
youlccs, pour mieux déguster, appétissant. Collabin, 
Verrier. 

« Cidr<' bcn rj<nil('ijanl. » V. (foiitcr. 

Courgane, n. 1., lève. 

= V. fr. RlGHELET (1G80). 

*Couri, n. m., petit de la cane. V. bourri. 

'*'Courment, n. m., drageon, tige d'un arbre sur la racine, 
talle. 

= Synecdote : le dracjcon, comme un (jourmand, 
prend la sève au détriment de la tige priiKupale. C'est 
ce que N. Difau. appelle surgeon. Verrier : yuesson. 

^Couspin 'féminin gnnspinr), petit enfant. Généralement en 
mauvaise part. 

= Vieil argot : gosselin (Harasse), jeune homme, d'où 
l'argot moderne : gosse. Oraîn, Coilabin, RossuiNOL. 
V. vispi. 

*Cousse, 11. f., mèche de cheveux. 

= Analogie : une mèche de cheveux affecte la forme 
d'une gousse de pois. 

*Coutire p. goûter, part, passé gouti. V. goûta. 

Nous ne connaissons pas d'autre exemple de verbe 
passant de la r^ à la 4^ conjugaison. 

*Coutte, n. f., nom que Ton donne, dans les Marais de Dol, 
à des ponceaux facilitant l'écoulement des eaux. 

Un arrêt du Parlement de Bretagne, du 27 août 1736, 
ordonne une levée dans le Marais, pour la réparation 
des ponts et gouttes, {Digues, et Marais, Archives.) 



190 

Coutu-ue, adj.. goût^, appétissant. V. goulezant. 

Coi i.Ain.N : gouié-vc: Noriii. : « Goulu comme les navets 
de Foiiteiiay (Orne) ». Cankl {Blason populaire, I, 126). 

MOISY. 

*Crabotte, n. f.. résidu du blé vanné. 

= Grapcrium (Dlcange). H Bos : crape, criblure du 
blé; HIPPEAL : cvapin; Letournel : grabot, enveloppe de 
la graine du lin; Maine : grubcau.r, gribcaux; Rennes : 
cassons; Anjou : bigauj (Verrier); JAir.ERT : groboter, 
séparer du blé vaiuié les ordures avec une plume ; 
Moisv : crappes, débris de gerbes; sur le littoral : gampas 
(V. ce mot). 

^Gracieux, adj., agréable, doux à boire, en parlant du cidre. 
= Lat. gracia, saveur agréable (Pline). 

*Crascuit-te, adj., mal cuit. Se dit du pain. 

H Anjou : acoussi (Verrier) ; Centre : maucuit (Jau- 
bert): Maine : accui. 

Créer, v. a., pourvoir du nécessaire une personne. 

= Terme emprunté à la marine. Dans le langage nau- 
tique, gréer un navire, c'est le pourvoir de tous les objets 
nécessaires. D. greyures (V. ci-dessous). 

Greffier, n. m., chat. 

= Arg. bret. : grcj\n\ jeu de mots par comparaison 
avec griffe. Qlei i.ien. 

Grêle, n. f.. corbeille dont les repasseuses se servent pour 
porter le linge. Coulabin. V. Supplément. 

*Grêle-ée, adj.. antonyme de cossu, panne. 

= Expression empruntée, comme cossu, au règne 
végétal. De même que cossu signifie qui a beaucoup de 
cosses, grêlé veut dire déchiqueté par la grêle. 

Par extension, on dit d'une personne peu vêtue l'hiver 
qu'elle est grêlée. V. Introd., I, 3. 

*Grémoulu-ue On dit aussi : guermoulu) (V. Introd., G), adj., 
vermoulu. Sur le v pour le g, V. Introd., II. 

"^ Grenadier, n. m., pou. « 11 a la tête couverte de grenadiers. » 
= Racine grain. Nos paysans disent des enfants por- 
tant de longs cheveux : quand il y a de la paille, il y a 



* 



* 



— 123 — 

du grain (des poux). (Idh* drn(tniinnliuii .^explique aussi 
de la manière suivante : les grenadiers étaient des sol- 
dats (Télite se tenant toujours // la tête du régiment. A la 
ville, on appelle de même les punaises des <( troupes de 
eouverture ». — Nos jjaysans ont leur esprit comme les 
autres (\'. IntvoiL, I. 3j. 

"^Grésiller, \. n., ln-rilcr en erépitant. (( Le laurier (jrrsUlc 
dans le feu. » 

Creyure, n. !".. ridelle, eûtes mobiles à dayonnage d'une 
charrette. W cvapaudiaii. 

Crézil, n. m.. i)ruit. nouvelle. <( J'ai ouï de cela quelque 
grézil. » On dit aussi (juevzi (V. Introd., G). 

Dans une enquêta' relative à un vol de pierres à Tancien 
collège de Dol, en 1791, on trouve cette expression 
relatée [hrlibcralions, 1791). 

Crichu-e, adj.. grincheux. Goulabin. 

= Bos : çjrvjiKinl. ({iii montre les dents. 

Crilleaux, n. m. ])]., créions. Résidu de la fonte de la graisse 
des animaux (Sud de Dol). 

Crimacher, v. a. et n.. gronder. 

Cringaillé-ée, adj., qui a le plumage tacheté, en parlant des 
poules. 

Il JoREi. : bri(jaUlé. V. bigarre. 

Cripoire, n. f., femme qui préside aux accouchements. 
Mrre-fjripoire^ sage-femme. 
= Gripper, saisir. 

Grippe (à la), adv., à la volée. 

Gromé, adj.. rengorgé, qui se tient droit pour faire valoir 

sa tournure. 

= gounner^ sens primitif de se rengorger (Ph. Li:- 

ROLX). V. Introd., G. 

Grosse, n. m., grosse farine de blé noir avec les cosses, uti- 
lisée pour les brannées des porcs. 

Grossier-ière, adj.. gros, corpulent. Goulabin. 

= Sens primitif, propre. V. Introduction, 1. 

Grouger p. gruger, manger vite et avidement. 

Group p. croup. Sur le pr. c, V. bégasse, 

9 



— 12'. 



*Crué bouilli. AUn () son y nié bouilli, c'est aller fi son 

ménage, u Tu leras eonnne lu voudras quand tu seras 

à ton grur bouilli ». dit une mère à sa lille. 

(A rapprocher de ce passage de Loisel [Coutumes] : « Enfans 
mariez sont tenus pour hors pain et pot ».) 

= Le gruau bouilli, c'est le pain au pot, le trempage 

(potage), base de ralimentation des pauvres gens de nos 

campagnes. Goulabin : gruau bouilli; Roi ssey : laire 

pain seul. \. Introd., 11, G. 

*Crumelle, n. f.. petite partie dune chose, miette. 

= Grumeau. En Normandie : gremêllou. V. égrunc. 

*Cuéne, n. f., boue. 

= La forme normande guedé, crotté, indique peut- 
être une parenté avec le latin vadum, gué, marécage, 
endroit vaseux (Sur v devenu g, V. garre). Gf. breton : 
geun, marécage. Goulabix : se guener. \\ guené. 

*Cuené-ée, adj.. crotté. 

= V. guéne. Norm. : guedé (M. Marteijjère tire ce 
mot de guenille): Doubs : gône (Beaiqiier): Verrier : 
guener, mouiller. 

Cuénot, n. ni., guenille, chiffon pour essuyer. 
Il Gf. Gentre : guenas. 

Cuerdi-ie, adj.. garni. Gredi de puces. 

*Cuernette, n. f.. grenouille. 
= GREnouille-rainETTE. 

*Cuerouas, n. m. (p. guerouas)^ trognon, ce qui reste d'un 
fruit rongé, curé, rouché. 

Vendômois, Gentre : curon; Verrier : cureau; Dottix : 
teroin (usité aussi à Bazouges) ; Normandie : rouchon, 
rouchas. rotillon ; Duméril : raquillon (Valognes) ; 
Nantes : croc (de croquer). 

Cuerouazelle p. groseille (à maquereau). 

Vers Vitré : guernezelle ; à Jersey : guerouaisiau 
(Moi.sy) ^\'. Introd.. II. G): Verrier : groisellr, guéroi- 
selle. 

*Cuerzi, n. m., petit bruit sourd. Au figuré : vent, connais- 
sance d'une chose, d'une nouvelle. V. grezil. 

^Cuerziller, v. n.. abonder. « Ça guerzille, ça foisonne. » 



— 125 — 

*Cuerz\\\on p. iîrillon. N'euuikii. Surnom des habitanis de Tré- 
iiieheuc (canton de (Jonibuurg). 

= Bos : grezillon [X . criqurt). V. Introd., G. 

Cuezon, n. m., argent; de la galette^ comme on dit en argot. 

Cuibet, 11. m., sorte de moucheron. Vkrrier. 

= liret. l'ibu, jubu, moucheron; Bus : wibet, guibct^ 
moucheron, cousin; Norni. : bidet (Gotorave, etc.); Ven- 
dôniois : ijuiblet; Dlrois [Glossaire normand) fait venir 
bibet de bibere, cet insecte suçant le sang. 

*Cuichon, ii. m., bol en bois pour boire (( au c. du ton- 
neau. » [Patois normand.) 

= V. fr. huche^ récipient en bois. Pour g substitué à /', 
V. lutrod. (V. Inlrod.^ 1'^ Partie, 3, E). 

'^'Cuichonnée, n. 1"., contenu d'un guichon. 

Cuilée, n. 1., pluie soudaine et durant peu de lemps (Nor- 
mandie). TOUBIN. 

= Cf. anglais : ivhisk, rafale. V. harée, anordie. 

Cuimblet, n. m., petite vrille. Hippeai;, Bos. 
= Aiigl. : gimblet, vrille. 

*Cuimer, v. a., recevoir avec les mains un o])j('t lancé en 
l'air (La Boussac). 

Anjou : acciper (Verrier); Maine : récéper; Dottin, 
MoNTESsoN. V. gober. 

*Cuinée, n. f., porcelaine, cocfuillage univalve dit ailleurs 
aussi (( coquille de Vénus » et pucelage (\. ce mot). 

= (( Dans la Guinée, ce coquillage sert de monnaie. » 
(Trévoux). 

^Guinguette (à la) ou glinglette). Porter à la guinguette un 
enfant, c'est le tenir à deux sur les mains croisées. 

Il Rennes : à la gredindrlle; Fougères : à la guihannée; 
Bazouges : chaire à cocou ; Doubs : à cliaire-chairottc 
(Bealquier); Donix : char au roi; Rolssey [SuppJ.) : 
à la balle à cornagnin. 

Cuitan, n. m., poisson de mer de la famille des gâdes et 
ressemblant au merlan. 

Custau (prononcez gustault), Auguste, prénom masculin. 

Custin, Augustin. 



H 

Remarque. — Cette lettre est aspirùe dans les mots ci-après : 

Hâe p. haie. — Verrier : hd. 

« A la Saint-MaLhias (24 février) 
Les vlins sortent de la hôc. » 

*Haguener, v. a., gauler, battre un arbre avec une perche 
pour faire tomber les fruits. 

= Cf. anglais hack, coup. \'. ober. 

Haiche, n. f. (ou haichalier, n. m.\ barrière à claire-voie 
pour fermer un enclos. 
Il CouLAHiN. = Xorm. : haise. V. hoc. 

Haiter, v. n., plaire, convenir. Verrier. 

= \'. fr. Bos : Juiit, joie, plaisir. V. déliait. 

*Hamer, v. n. : 

l'' Aboyer (Vieux). 

2° Prendre avec la gueule un os lancé, en parlant d'un 
chien. 

= Lat. luunare, saisir (d'où hameçon). 

*Hamoux, nom que l'on donne dans nos campagnes aux per- 
sonnes qui vont, le soir, à une noce, pour danser, sans 
invitation spéciale. 

= hamer, aboyer, quémander, saisir au passage. 

*Hannard. On appelle petit hannard l'enfant qui a ses pre- 
mières hannes (culottes). 

Il Norm. : liannot; Trévoux : culottin: Centre : culottin 
(Jalbert. Siippl.). Hazkeld. idem. 

*Hanne-de-trembIe, adj.. poltron. 

= Qui tremble, dans ses hannes. Antonyme de « qui 
n'a pas froid aux yeux. » 

Hannes, n. f. pi., culottes. Vieux mot. 

\ers 1820, il y avait, à Rennes, une rue des Petites hannes. 

(Le xVIrERE DE CORVAY.) 

*Hano, n. m., écuelle de bois munie au centre d'un long 
manche vertical, servant à puiser le lait dans la baratte. 
Il Cf. Bos, Lacurne : Jianap. coupe, écuelle. 



- 127 — 

= Bret. : finruip, jnfto, ron})o. A Ha/.(uiges : Jnhio. 
V. copin. 

*Hanoche, m. T.. I.igot de gros bois. Petih* lifitrllc 
Il Moisv : hanochc, iKiMid h une branche. 

"^Haquin, )i. m., graliuge, différend (On «lil anssi lir(iiiiu). 
= Bret. : ]irh\ rhicriuo (?). 

Harasse, n. f., espèce de grand panier à claire-voie .servanl 
pour emballer la vaisselle. 

= V. Ir. : harasse, bouclier percé, et, i)lus tard, i>ar 
métaphore, tout objet à claire-voie. 
Il Cf. Bos : liaracc (2). bouclier, panier. 

^Harasser, v. a., griller des chàt.iignes dans une harassoirc 
(V. ce mot). 
Il GouLABiN, \'ehhier : (jiéler. 

"^Harassoire, n. 1'.. espèce d' poêle à trous ser\anl à griller 
les châtaignes. 

= harasse. \\ Verrieiî : rjrêloire. 

Co lernie est usité en Normandie {Annuaire de l'Orne, 18{>9, p. 20). 

(Duméril). 

* Hardi, adv., beaucoup, très. 

(( Il y a hardi de pommes, mais elles sont liardi 
petites. » — « Y ne fait pas chaud, y s'en manque hardi. » 
11 GoLLABiN. V. rudement. 

Harée, n. T., averse, pluie subite et de peu de durée, 
giboulée. En mars vienixMil les harée s au coucou. 

= S'il faul en croire Estik.wk et Roqukfort, horre (prononciation 
normande) viendrait de ce que cette pluie ne dure qu'une heure. 

V. guiléc, bérouée et hoiizée. 

*Harias, n. m., tapée, grande quantité. 

(?) = Bos : harpe, troupe, troupeau. \'. harnais, etc. 

Haricoter, v. n., lambiner, travailler lentement et sans goût, 
bricoler. 

= Cf. V. fr. : halifjot, harignl. loques, chiffon, gue- 
nille (?). 

Il MoTSY : harin. vieux cheval. — D. haricotier. qui 
haricote. et. par extension, commerçant de bas étage. 

GOILABIN. DOTTIN. 



— 128 — 

Harle nu hérie, n. f.. héritasro, succession. 1| Coulabin. 

^Haripette ou heripette, n. f., haridelle, mauvais cheval. 

Il Norm. : Jiouri, liourin, petit cheval de peu de valeur. 
Lrs hourins du Pin, près x\rgentan (Calvados) [Canel, 
Blason normand], — Moisy : harin^ harique, rosse. 

"^Harnais, n. f., tapée, grande quantité, ribambelle. « Il a une 
harnais d'enfants. » 

= Métaphore de harnais, équipement complet (V. les 
synonymes sous bâclée). 

Harpon, n. m., scie à large lame, munie de deux manches, 
servant surtout à débiter les arbres, et dites, dans le 
commerce : scie passe-partout. 
Il Centre : sciton. 

Marier, v. a., tourmenter. 

= V. fr. : harer^ hariei\ exciter. Bos, Lacombe. 

Hatelle. V. attèle. 

*Hau, adv. Comment? Quoi ? (pronon. haoïvx). 

= C'est l'angi. how, même signification. V. Introd., 6. 

Hec, n. m., barrière, claire-voie. 

A Rennes et à La Boussac, on appelle de ce nom 
l'espèce de claire-voie sur laquelle on laisse refroidir la 
galette (Instrument connu à Dol sous le nom de râteau 
à galette). Coulabin. 

On appelle les habitants de Saint-Symphorien. près Hédé, -< Les 
hecs à galette » (Sébtt.t.ot, Blo^on 'populaire dlHe-et-Vilaine). 

= Patois normand. || Cf. angl. : heck, porte coupée 
(Moisy). V. haiche. 

*Heignolé, adj., dégingandé. V. devirjogné. 

Hélier, n. m., mauvais sujet, voyou. <( C'est un grand helier. » 
V. herquelier. 

Héoule, n. f., pot à beurre. 

Il Bos : oie, osle, houle, pot, marmite. Coulabin : 
houle, vase en terre. 

"^Herbaude, n. f.. femme méprisable. 

= V. fr. employé par Noël du Fail (Propos rus- 
tiques, IX). 



- 129 — 

Il HiPPEAi' : Jian('h(uiiLL\ lillu uu l'iMniiie débauchée ; 
DicA-NGE : hcrebannum, même sens. 

*Herbolu-e, ;i<lj.. raboteux, qui a des aspérités, s'applique 
surtout au sol des cliemius ruraux. V. rabolu. 

*Herpie, adj., revèche, bourru. 8e dit surtout d'une fennu»' 
acariâtre. 

= Corruption jinibable de llarijies, monstres nutho- 
logiques au visage d<^ IVnune. jj Dottix : hrrpyé. 

Herquelîer. Même sens (juc hrlirr, mauvais ouvrier, jj Cou- 

LABI.N. 

= Xorm. : hcrqurlcr^ obséder. 

"^Hié-la-lin, adv., là-bas. 
= Lat. : liic. 

*Hicter, v. n.. avoir le hoquet. 

Il Bos : lioquetrr : Norm. : Inictcr, hecter (Dlméhil) ; 
Naii("s : iiqiicr; Laval : [icter (Dottix). V. hiquet. 

Hinche, n. C, haine, viudicle. 

Il Xoruinndie. DrMRinf,. Moisv. Coilaiux. 

*Hip et de hap (de), loe. adv., à la hâte. 

= Lat. Jiic et hac, ici et maintenant. 

Hiquet p. hoquet. 

= Breton : hic. \ . lùclrr. 

Hober. \\ nber. 

*Hogner, v. n.. plaindre, gronder. 

= llippEAU : Jioigncr, grommeler. 

*Hotte. Dans Texpression porter à la hotte. Porter sur son 
dos un enfant qui passe ses bras autour de votre cou. 

Il Beauqlier : à coucou bnrUlot ; Dottix : à pétichi ; 
Letolrxel : à balet; Verrier : à la malette; Morvan : 
au petit poulain. 

Mouette, n. f., houe, instrument de fer pour remuer la terre. 
Il MoisY : hoette. 

*Hourdiée, n. !.. raclée, volée de coups. 

= V. fr. : horder. bourrer, remplir. V. roustêe, plumée. 

*Houssé-ée, adj., habillé. Ne s'emploie qu'avec la négation 
ou ironiquement. Correspond au français « fagoté. » 
« Il est mal housse. » — « Te voilà bien houssée. » 



— 130 — 

*Houteau, ii. ni., ràk-aii do for." 

*Houter, v. a., travailler avec la hoiielto. En fr. : houer. 

*Houzee, il 1., averse, ondée (Littoral). 

ii \ i:RHn:R : ousc(\ averse. V. fwréc. 

*Hubi-e, adj.. qui a le poil dressé. « lliBi comme fa (geai) 
de prricr (poirier . » 

= V. fr. Dans L\coMnic : Jnihir. hérisser la peau. 

Il Bos rattache hiihir à fuivc, l)onnet, crête. DiMÉan. : 
huhi. qui a les plumes hérissées. Dans Moisv : sr l)ubii\ 
se tenir ferme jinur résister à une attatfue. V. cimppr. 

*Hucher, v. n.. monter sur un objet élevé. » Etre haut huche. » 
= P. jucher. 

Hunnes, n. m. pi., rhumatismes, douleurs dans les membres. 
Il Letolrnel : liul: \'errier : heune, hume, 'hulne. 

*Husset, n. m., partie supérieure d'une porte (le bas s'appelle 
contru). 

= V. fr. : huis, porte. 

Hussiaux, n. m. pi., portes à coulisses. Lit à hussiaux. 
V. husset. 

*Huyo, n. m., cheval. Terme enfantin. 

= Hue, huhau. cri des charretiers pour exciter les 
chevaux. 



*labaud p. clabaud, petit chien aboyant sans cesse. 

lanet p. glanet (V. ce mot). 

*lanjoux, adj.. gluant. Se dit d'un mets qui colle à la langue. 
= Langue (?) (V. Introd.. W Partie). 

lapin p. lapin. 

lau p. eau. Verrier ^V. Introd.). 

Ibécile p. imbécile. 

De même, dans l'Orne, on dit : ider pour aider (A Dol 
on dit ninder). 

*lchen, jci. V. par ichen. 



— 13L — 

*ldoine, adj., ph'in cralTcrfioii, idolâtre. « La iiicrc est idoine 
de son enfant. » 

(?) = Lat. : iilonrus^ digne, méritant. Un dit aussi : 
douane. 

Ignet p. agiiciui. 

= V. fr. (Kjnei (Beau ce). 

Incarné, adj.. très. Incarné mauvais. \'. hrùl('\ confondu, etc. 

^Ingénie, ii. t.. sairiicit«'. linesse. 

= Lat. uujenivtn. habileté, adresse. Moisy : \n(jey\\ou. 

Inventaire, ii. m. Bien laissé à ses enfants par le premier 
mort des époux et constaté par un inventaire. C'est pour 
ainsi dire le contenu pris pour le contenant. 

Itout, ad\ .. aussi. 

= Dapivs Tabbé Corblet, ce mot 'qui semble venir du latin ila, 
ctiam] dériverait du vieux français et tout, qui signifiait avec — 
et est du reste encore usité dans notre patois. 

Il COLLAIUN. M(tISV. 



Ja p. geai. « Hubi comme ja de perier (poirier). » 

*Jabotée, n. t.. le contemi d'un jabot. V. /allée. 

*Jacdalle, n. m., homme naïf, dont la femme fail sii risée. 

Jalousie. Nom populaire de Foeillet à bractée {Diantlnis har- 
hatiis) dit aussi OEillet de Poète d) et Bouquet parfait. 

== Bon Jardinier, an XIII (Roi. i. and). || Doubs : bouquri 
tout fait (Beaioiier): Haute-Normandie : OEillet à tou- 
fjettes (Delboule). 

Jalouseté p. jalousie. V. biscation. 

Jalies, n. f. pL, engelures. 
Il MoxTESSON : chale. 

*Jambet, n. m., douleur dans les jambes à la suite de danse. 
Le lendemain d'un mariage, on ne manque pas. à la 



(1) Est-ce une allusion au « genus irritabite vatum » d'Horace? 



cainpaiin»,', de dein.'iiulcr aux noçous : avez-vous le 
jambot ? 

= Jambe. || Nkiihikh ; fdmbiou. 

*Jambinet, ii. m., luélaniic de calé, sucre eL caii-de-vie chaulïés 
ensemble (incoiimi ;iv;int 1880). 

= Xorni. : Jm)} liinrt (Mazr); Verhikk : maquereau. 

Jan, II. m., ajonc épineux très commun dans les landes. 
Vlci europivu.'i (Rolland). 

D. jrauuairs, lieux rouverts de fans (GonEFiiOY). Nor- 
mandie : janirr. « La Jeannaie », hameau situé entre Do] 
et Baguer-Pican. Il Jersey : jon (Rolland); Norm. : rpii- 
(jinon (Saint-Père. Manche). 

*Janotte, n. f.. terre-noix. Petite plante sauvage dont les 
enfants mangent le tubercule {Carum denudatum). 

= V. fr. giernote (A. Thomas, Bomania, i900, p. 177). 
Il A Nantes : abcrnotte, et Anjou (Verrier): Redon : jar- 
notte. 

'Jardrai, il m., sorte de vesce sauvage poussant dans les 
champs de céréales [Lathyrus aphaca). 
Trévoux : gerzeau. \\ Verrier : pois -lierre. 

Jardrin p. jardin. 

= I^'addilion de la lellre H psI fréqiienlc (l;iris notre pmIdjs, (iiii a 
un faible pour las liquides. 

W Jiitrod.. TT, p. 18. 

Jarteler (se), v. pr.. mettre ses jarretières. Goularin. 

Jateriaux 'Var. joteriaux;. n. m. pi., oreillons. 

= iode, jote, joc, anciennes formes de joue. Les oreil- 
lons sont remarquables autant par le gonflement des 
joues que par la douleur des oreilles. V. jotte. 

Jaupitrer, v. n.. folâtrer, s'amuser. 

*Javart, n. m., maladie des gencives. 

Jeannotin, n. m. Lutin des chevaux. Dans le Morvan : 
Pacolet. 

Jelien i». Julif^n. prénom masculm. 

* Jeudi-go, nom donné à Dol au dernier jeudi avant le Carême. 
= V. fr. gode, joie. 



— 133 — 

Autrefois, à Dol, spécialement au dcmé du Pertu Chaud, les lavan- 
dières fêtaient ce jour pai- des jeux entremêlés de libations copieuses. 

« C'est le jour de jeudi-go 

Oui n'a pas de poule tue son co (coq). »> 

(]ette coutume a disparu vers 1870. 

Jôe j). joue. 

= V. fr. 

« La désire joe en ad toute sanglante. » 

[Roland, vers 3922.) 
V. ajocer. 

Jober (var. lober, comiiio iapin, iapin p. lapin), v. n., attendre 
longtemps, croquer le marmot. 

= Faire le jobard. || Noël Difail : /o^r, niais [Propos 
rustiques^ W). Norni. : bâtira b' job, ne rien Taire (Pll- 

giET, DUMÉRH.). GOULABIN. 

Joliment, adv., beaucoup. Gouladin. 

*Jôrer, \ . n., se corrompre, en parlant de Teau croupissante. 
= Bos : (jort. Iron rempli d'eau, il Dans A. Leroix : 
joiirh\ séjourner, croupir (en parlant de Feau). 

José, Joson p. Joseph. 

Joteriaux. \'. jateriaus. 

"^Jotte, n. f., nom de la citrouille (dans le sud-est de Tarron- 
(lissfMncnt). « Pourri comme nne jotte. » 

^ Bos : jotp. f)f»irp<'. légume, cji ,uéiiér;il. 1| N'erriek : 
jod. potiron. 

* Jouasse, adj., qni aime à jouer, à plaisanter. 

Il Orne : jouaillon; Verrier : jouasse. jouaîUon. 

Jour, journal, mesure agraire, valant, à Dol, 'i8 ares. 

= Ce quon peut labourer en un jour. Dans Bos : bovie 
(de bœuf). 

" Est certus modus terra?, forte jugum un iuurnau quod juncti 
boves uno die exarare possint. » 

iVictonniis, cité par Lat'Rière, Glossaire du droit [ranrais.) 
Il Vers Laval, le jour équivaut à 52 ares 72 cent. (Dottin, Bas-Maine.) 

Journal-ale, adj.. d'un jour, journalier. 

= V. fr. — Employé uniquement dans le dicton : 

« Pluie matinale 
N'est pas iournale. » 

"^Jugeotte, n. f., intelligence, entendement, faculté de juger. 



— 134 — 

Juner p. joiiner. 

= \'. fr. IIiPi'KAi ). Lk Pei.etikh atlostc qu'on pro- 
nonce. /u/jr/- ]>. jinnicr an WP siècle. — V. Introd. 

Jus, 11. ni., réglisse en bàlun. Pectoral. V. ciijucii^ne, 

'Justenément. Epenthès(^ cW jnstonient. W introd. 

Juter, v. 11.. doniKM' du jus, suinter. Dlméiui.. 

K 

V. à G et à Q. 



Laitu-e, adj.. qui a beaucoup de lait. « Une vache ben laitue. » 

* Lait-marri, n. m., lait doux bouilli auquel on ajoute de la 
farine, du lait baratté, et, au besoin, des œufs. 
Il Manche : r/ororin. 

Lamberge, n. f.. mercuriale ainiuelle. Ramberge. 
Il Centre : foirclle. 

Lançon, n. m., petit poisson de mer. En fr. esquille. 

= Ce poisson est fort efhlé et affecte la forme d'une 
lance. 

« Le lançon argenté qui glisse. » 

(Lamennais, Voix de prison, 12. j 

Une plage norri de Jersey s'appelle « Grève aux Lan- 
çons. » 

'Landon, n. m., corde pour attacher les bestiaux. 

= Bos : landon. laidon. bâton pour entraver les bêtes 
aux champs. 

*Langeuls, n. m. pi., langes, pour emmailloter les enfants. 
= Vieux, déjà dans Trévoux. 

Languirie, n. f., ce qui fait languir. Mot expressif entre tous. 
« On n'avance pas à cette besogne, c'est une languirie. » 
^En argot, on dirait « c'est une scie. ») Coll.\btn. 

Lascar, n. m. Terme très vague. Sert à désigner un individu, 
un typp. Pris souvent en mauvaise part. 



— 135 — 

Il Aiyol : hiscnr. r.'iiit.'jssin ^^I.xiiriir.Y): matelot iiKiion 
(Tnl i:i\ . 

« Tu ni'.'is l'nir d'un lascar 
Ilouif'ux d'ôlio au monde. » 

^Yann Xinon. f.c prnnicr di^part du mmissr.'^ 

"^Lauder, v. n.. battre, corriger. 

Il \'. Ir. }uni(lci\ hîiltre. l'aligner (Hippeal). Moisy : 
pelanrirr, pI/iiKh-r i pcllis hvderc): Chapelain : \)rhiu(l('i\ 
battre*. 

Léïon )). Léon. 

Léouer p. louer [locorc et laudare). 

Léouis p. Louis. Les niarcbandes de sardines fraîches crient, 
à Dol : 

<< Au Port Léouis tout frais ! » 

[Les sardines de Port-Louis, près Lorient, sont les plus 
réputées de la contrée]. 

= Pour Jr Oiiis; de môme hi Ouis:e p. Louise. 

Let p. lit. 

= C'est le latin locinm. 

Leune p. lune. 

*Lever, v. a., altraper, tromper, voler. Coi f.Anix. 

= Lat. : Jrrnr(\ alléger, enlever quelque chose. 

Li p. lui. Pronom pers. (Vieille forme). 

Lian p. lien. Bas-Maine (Dottix). 

Liche ou lèche, n. f.. friandise, dont on se Uclie les doigts. 
Il RoijLEFop.T : Jrchrrirs, friandises. D. sr drlrchrr. 

Liçon, M. ni., chien, maie de la lice. 

LIger p. léger. 

'< Marchons ligère, ligère, 
Marchons Ugèremenl. » 

((Chanson de conscrits de Dol, délais.sée vers 1880.1 

Il Cf. pat. norm. : l\(j<'i\ Urjier (Mofsy). 

Ligotter, v. a., lier. 

= Racine : licou, licol (Hazfelf)). V. delifjottcr. 

Lima, n. m., limaçon, que M. Ch. Nisard appelle avec ori- 
ginalité (( hélice terrestre à coquille. » 



* 



— 136 — 

= V. fr. MoiSANT DE Brieux, p. 247. Trévoux. 

On dit ironiquement d'une personne lenle, qu'elle est « prompte 
comme un lima dans du bran ». — Au pi. : des limas. 

Limero p. numéro. Verrier. 

Lin p. loin. — V. fin (pour foin). 

* Linceul, n. ni. En français, ce mot désigne la toile dans 
laquelle on ensevelit les morts. 

Dans notre patois il a un sens plus large; il signifie : 
drap de lit. 

= En vieux franc., ce mot, ainsi que Tatteste du reste 
son origine {drap de Un), avait cette acception étendue. 

NOTA. — Egalement suaire, drap pour s'essuyer, est devenu drap 
pour ensevelir. 

*Lippauder, v. n.. boire avec excès. 
=:= lippe, lèvre (V. fr.). 

Lirette, n. f., jeune fille coquette et <( tête de linotte. » 
Il CouLABix. MoisY : lirette, caneton. 

*Liron, n. m., espèce de bourrelet que les femmes de la cam- 
pagne se passent autour de la taille pour retenir leurs 
jupons. Tend à disparaître. 

= Lat. ligare, lier (comme lire, de légère). \\ Jaubert : 
un chien. 

Loche, n. f., limace. Verrier. V. locliu. 

Lochu-ue, adj.. bien portant. Gras comme une loche. Ne 
s'emploie guère qu'avec une négation, a II n'est pas 
lochu any. » 
Il CouLABix : lochu, enfant gras. V. vioge. 

*Loge, n. f.. maisonnette de planches, mobile, dans laquelle 
couchent les domestiques préposés à la garde des che- 
vaux aux pâturages. 

Il Aunis : lavarit. V. castret. 

Lostan, adv., lors, lorsque, du moment que. 

Lotie, n. f., lot, portion d'un héritage. 
Il Bos : lotie, lot, part. = lotir. 

Louchard-de, adj., qui louche. Goulabin, 
\'. lunaud et vire-la-lune. 



— 137 — 

'''Loue p. leur. 

Il Midi : Hou. 

Loup-de-brousse, individu grossier et sans éducation. 
Lu p. lui. 

*LuGet, n. m., airelle, piaule forestière (Vaccinium myrtillus). 
= îucus^ bois. Il Norm. : moret^ mouret (de morulus, 
noir. CA. bret. : luz (Lannion) (Rolland, VTI, 235). 
« Noir comme un lucet. » 
*Lunaud, adj., qui lune (V. ce mot), et, par extension, louche. 
V. Introd., /'"" Partie. 

*Luner, v. a., regarder effrontément, épier ce qui se passe 
chez le voisin. 

Luquerne i). lucarne. Prononciation normande. 

*Luzard p. lézard. 

— D. Les Luzardières , ferme de Carfanlain, dans des carrières 
peuplées do léznrds. (Sud de la commune de Dol.) 

Il Lacirne : liaard, lézard. 



M 



Ma (1°) p. moi. a Donne-înrt z'en » p. donne m'en. Coulabin. 

*Ma (2'') p. mai. 

« Ne prenez point femme 
Dans le mois de MA (1). » 

Le coucou de Mai. 
(Decombe, Chansons d'Ille-et-Vilaine.) 

Cependant, exceptionnellement, on dit mai dans le 

proverbe suivant (La rime est une esclave, etc.) : 

« Dans le mois de MAI, 
La pie bat le geai. » 

Ce qui veut dire : les unions contractées en mai ne 

sont pas ordinaires, c'est la femme qui « porte les 

culottes. » 

Maboul, fou, qui dit et fait des extravagances. 

= Qui a perdu la boule (tête) (argot). V. Jntrod., I, 6. 



(1) a tort ou à raison, le mois de mai a toujours élé considéré comme 
funeste au mariage. Les anciens disaient : rnaliim MAIO mense nubere. 



— 138 — 

*Mache, iKiinl [U bref conimo dans vache), u II est sourd, il 
ireutend mncltc. » iVesl cf que NoniKu appelle un « suIjs- 
tantif adverbilorine. » 

= (?) pour mrchi\ chose peu volumineuse. 

« On a choisi, dil Gkmn, tous les objets les plus minces, les plus 
>' légers, dont on a fait des termes de comparnison; puis, y attachant 
» la négation, on est parvenu à diminuer, à dégrader l'idée de l'autre 
» lerme. de ia chose comparée. C'est, en français, un pas, un point, 
•> une /N/f, une (joutic, un hrin >> (tome II, p. 147). 

Ajoutons, dans notre palois : mèche, que Ion trouve dans l'ex- 
pression populaire « il n y a pas mèche ». 

Mâcher, v. a., meurtrir un Iruit. 

= V. fr. Bos : maschirr, meurtrir, il Lacomhe : maca, 
même sens. Gollabix. Jal beht : cobir; Verrieh : mou- 
çirir. 

*Madère, ii. !.. bois servant à faire les douves d'un tonneau. 
= Lai. : matrrui. l)ois, ouvragé ou non. Fr. : madrier. 

*Maganner, v. a., remuer avec vivacité, brutaliser. 

= Celt. : lUdchdnd. estropier, mutiler. || Bos : magnan, 
maionan, artisan, chaudronnier. On dit aussi -.saganner. 

Mahaud, adj., bas-breton. 

Il Cf. Lacombe : Mahom, Mahomet. \\ nigoiisse. 

*Maigrechine, adj., maigre, lluet. 

= Maigre-échine. Intrud., I, :j. 

Maillette, n. f.. petit clou à large tête que l'on met sous 
les .sabots. || Goii.aiux. A. Leroix. Langage nautique. 
V. IntrofL, 6. 

Maillot p. maillet f\ord). V. mas. 

Mairerie. Epenthèse de mairie (Partout). V. orgerie. 

*Malsière, n. f.. masure, bicoque (Var. masière). 

Le 8 vend, an IV, le District de Dol autorise la commune d'Antrain 
à démolir une chapelle « tombée en mazière ». 

{Le District de Dol, par P. Delarue, I, p. 30.) 

Il Vers Bazouges : masirre. 

Maisonnette, n. f., maison de garde d'un « passage à niveau » 
sur les voies ferrées. 

Mal-commode, adj.. maussade, bourru. 

Mal-endurant, adj., môme sens que le précédent. 



— 139 — 

*Malement, adv., mal. (( P'airc un ouvrage malemcnt, c'est- 
à-dire sans goût. )) 

Maline i». maligne (lémmin de malin). V. Supplément. 

*Man p. main (Rare, maintenant). 
= La t. : manus. 

*Mancaux (en), en amour, en parlant des chattes. 

= Ont )matopée. Cris des chats : mavuaaux, nnuaudu.i . 
Il Rennes, Fougères : raiicaux (en); Deux-Sèvres : en 
ravau; N'eruieh : en racau. 

"^Mangearder, v. a., tarabuster, importuner par des reproches. 
= Rac. : manger. 

La syllabe ard implique toujours une idée de dépréciation (V. ble- 
chardj. 

*Manquette, n. f., fennne qui ne peut allaiter que d'un sein. 

— Vache qui a un ou plusieurs pis stériles. 

Il Verrier. Aunis : mèche. 

* Maraud, nom donné aux habitants du Marais de Dol (Par 
opposition aux Tenumas^ gens du « Terrain. » 

V. notre Essai sur le Blason populaire de Vavrondissemenl de 
Saint-Malo [Annales de la Soc. hist., 1906). 

V. Ventres jaunes. 

Marc, n. m., ensemble des ponmies pilées, sur le pressoir. 

Marcou, n. m., matou, chat. 
Il Beauquier : margou. 

Marga, n. L, boue. 

= Lat. : marga (d'où est venu marne). || Goulabin : 
margarine^ poudrette. 

"^Margate, n. 1"., seiche, mollusque de mer, ou, plus généra- 
lement, la lame calcaire friable dit « os de seiche. » 

=: Bret. : mor. mer ; gad^ lièvre. Usitée en Vendée, 
d'après M. Marcel Baidoin, qui donne cette étymologie. 
Intermédiaire, LIV, 99<). 

On appelle les habitants de Clierrueix : Ventres de margate. 
Margelle, n. 1. En français, c'est la pierre formant le rebord 
d'un puits. Dans notre patois, on appelle de ce nom 
l'auge de pierre attenant au puits et servant à abreuver 
les bestiaux. 

10 



* 



— 140 — 

On dit aussi mardelle, mardreile [Nicut (1806) donne 
mm délit']. \' . Introd., L '2. 

Margriette, n. l"., marguerite des prés ou pâquerette. 
= MAROuerit^-pàqueRETTE. 

Sur cette Heur poétique, oracle des amoureux (1), a été faite la 
jolie devinette suivante : 

<« \ crte au pied, rouge au tour. 
Dis-moi le secret de mes amours. » 

Il Eure. Orne : rnarijurrieîte; Nord : inargretèle. Moisv. 

•Marias, n. m., mariage qui prête à rire, noce de gueux. On 
dit aussi : mariage de rikiki. 

*Marlé, adj.. tache de rousseur. 

= Breton : marella, marbrer. V. rousté. 

Marouilleux-euse, adj.. sale, boueux Pleine-Fougères). 

= iiKirga V. ce mot). || Bos : margouillis. bourbier ; 
Martellikre : nuuouiUer. troubler leau en l'agitant 
(Dans notre patois : patouiller]. Jaubert : margoillier, 
patauger. 

*Marquis de la Croupière, surnom des bourreliers (prononcer 

bûUr-ll-ciS). 

*Marrir (se), v. pr.. se fâcher, et. au figuré, se couvrir, de- 
venir pluvieux, en parlant du temps (^On dit aussi : le 
temps se cliogrinc). 
\\ Verrier : « le temps s'urnave. » V. garir {se). 

*Marteaux, n. m. pL, grêlons. 
= Métaphore hardie. 

De même, on disait jadis, il peut des carreaux ^traits) et encore 
aujourd'hui : il pleut des hallebardes (Hazfeld). 

'Martyr, n. m., petit morceau de bois sur lequel les fumeurs 
hachent le tabac, dans les auberges. 

(Dans les fermes, on se sert plutôt du souffret pour 
rf'Ue opération). V. Introd., I, 3. 

*Mâ8 1' . n. m., maillet de bois servant aux (( casseurs de 
bois. » 



Il « La marguerite belle est la (leur de m'amie, 
El elle en mon iardin dessus toutes me plaist. » 

^EREAU, Eglognes, V.) 



_ 141 — 

Eji français : mail. \\ Verrier : mail. V. maillot. 

Remarque. — A Suint-Malo, on appelle mas le battoir des 
laveuses, nommé à Dol : batouillet (V. ce mot). 

*Mâs (2°), II. f., tas de paille, de foin, de fagots. 

=^ Lat. meta. || Bus : moie., moiel^ tas, meule de paille, 
de foin, de blé. Lacomre : moye^ moyis, amas, monceau. 
V. barge. 

"^Massacrant-te, adj., excessif. Surtout dans l'expression : 
(( Etre d'une humeur massacrante », d'une humeur 
détestable. 

"^Massacrement, adv., beaucoup, très. « Il fait massacremcnt 
chaud. » — « Il y a des poinnies massacremcnt. » 

Materaux p. matériaux. Moisv. 

Mathelin, nom liypocoristique de Mathurin. 

* Maton, n. m., sorte do brique plate servant surtout pour le 
carrelage. 

Il Dos : mati% fromage, et brique par similitude de 
forme. V. motion. 

*Matté-ée, adj.. lassé, exténué. 

V?) = Lat. mactatus^ accablé de malheurs, qui a donné 
le vieux français mat, humilié, vaincu (Bos). 

« Les hommes maladifs ou matés de vieillesse 
Doivent être constants. » 

(Ronsard, Amours, II, 8.) 
Il Verrier : mdtrc. matrir, desséché, flétrir. [Hippeai; 
voit dans ce mot un terme emprunté au jeu d'échecsj. 
Cf. Bealqlier : met, mette, mou, faible; AIuisy : matté, 
subjugué, écrasé. 

Mauvaiseté p. méchanceté. 

= Vieille forme dont La Bruyère constatait déjà la 
disparition en 1687 {Caractères, chap. XIV, in line). Dans 
Régnier : mauvaité {Elégies, I). 

"^Mécanique (1°), n. f. Sous ce nom, on entend toute espèce 
de machines, et particulièrement les locomobiles pour 
battre les blés. 

= Breton : mekaniko, machine à battre. 



— 142 — 

— Dans les grèves de Chernieix, la pêcherie la plus orientale 
est appelée la im^caniquc, pRvoo qu'elle fut troquée contre une loco- 
niobile. 

— En la conimune de Conibourg, à un kil. sur la route de la 
Chapelle-aux-Filzméens, un ancien moulin a donné au sol le nom 
de La Mécanique. 

Mécanique ^2''), frein ^à vis) de voiture (Vekrier). 

Medrange p. mésange. 

Meilloux p. meilleur. 

*Mêle ;l°) p. merle. 

Mêle ;2'\\ n. m., nèlle, fruit du « Mespihis germanicus. » 

= V. fr. {mespilum) (Trévoux, etc.). Très répandu 
dans tous les patois ^Normandie, Centre, Maine, Aunis). 
D. meslie)\ néflier. 

*Meleiller p. mélanger, mêler. Se conjugue comme éveiller. 

« \'ie7is-tu MÉLEiLLLR tcs iaiiibes o mes ïambes 

Viens-tu méleiller 

Tes ïambes o mes pieds. » 

(Chanson du pays.) 

Il CouLABiN : méleillard, mélange, en agriculture. On 
dit de même : gauleiller p. gauler. 

*Melton, n. m., sorte de prune sauvage ressemblant à la 
u Reine-Claude ». d'aspect, non de goût. 

= Bas-latin : melum (Di.méru.) ; prune à cochons 
(Rolland). 

Menie, n. f., patelle, coquillage univalve s'attachant aux 
rochers [Venus decussata). 
Il A Saint-Benoît-des-Ondes : cuve. 

* Menée, n. f., eau qui a ,servi à mener la lessive. 

Menette p. main. Terme enfantin. 

= Verrier : menettes au bon Dieu, chèvrefeuille. 

*Menoque, n. f., liasse de tabac composée de 25 feuilles. 

Une Italie se compose de 20r) menoques. IIazfeld : ma- 
nofjue. 

Mentiries, n. f. pi., menteries (Verrier). 

Mentoire p. menteuse. Coulabin : mentouse. V. Supplément. 

Menu-massé, n. m., mélange de paille et de terre employé 



— 143 - 

pour faire des murs à la cauipaguc sud-est de l'arruu- 
disseiiientV Inconnu à Dol. 

En fr. ; housillage^ pisé. 

= Mot empruidé au patois normand. V. Introd., 1, 0. 

Ménuit p. minuit. 

« via la messe de nu^nuit qui sonne. » 

("^ ANN .\inoR, Les quatre sahols de \oH.) 

*Merde de coucou, .yomme sécrétée par le cerisier. 

Il Manche : pâte colleuse (Roi.lano, V, p. 33i); Vi:u- 
nu<:R : }ncrdc aux cocus. 

Mère, n. f.. matière mucilagineuse qui se dépose au fond 
des récipients dans lesquels du cidre a séjourné. 

= I^at. iiierum, vin juir. La mère (comme le marc) 
est le résidu, le principe de (( la purée sept embraie ». 
comme dit RAnp:LAis. V. Introd., E. 

Merienne, n. f., sieste du midi. 

= Lat. : meridies. midi, jj Cori.Aiii.x : mériennée. 

Merrain, n. m., vieux meubles. 

= V. fr. marrain, bois de charpente, gros bois, maté- 
riaux (Bos). TouiUN : merrain. bois de construction. 

Métivier, n. m., ouvrier qui bat le grain en grange. 
= Vieux mot. Inusité aujourd'hui. 

Meudre p. moudre. 

= Forme plus voisine de meule. 

Mèzé MU demèzéj, adv., désormais. 

= V. fr. : mais {magis), plus, désormais. || Bos, L\- 
co>niE. RAnEr.Ais : mesouen; Huteat : maisouan. 

*Miacher (ou piacher), v. a., pignocher, mâcher des morceaux 
sans les avaler. V. piacher. 

"^Michaudin-ine, adj., entre deux vins. 
= Mi-chaud, à moitié échauffé. 

*Mic nu micamo (i>), n. m., tasse de café. 

A Dol, le mie se distingue du café en ce qu'il se sert 
sucré et sans soucoupe. 



(1) En Basse-Bretagne, on appelle micamo le « café salé avec de l'eau- 
de-vie » (A. Le Braz, La légende de la Mort, I, 164). 



— 144 — 

= (?) Apocope de micmac, mélange. = Dlmkril ; ynica- 
mot, tasse de café, peut-être pour mi-moka (demi-moka). 
^' GoLLABiN, verbo : micamo. 

*Miee (i"), n. f.. mélange de pain émietté et de lait. 

= Lat. mica, miette, d'où le fr. mijoter. \'errier : 
millot. H TRÉv«ax. B«^s : mouée. pâtée, soupe des chiens. 

Miée ^2^}, n. f., multitude. « Une miée doiseaux. » 
= p. muée (? de nuée). 

Mié p. miel. 

Mouche à mié. abeille. 

MIer, V. n.. foisonner. 
= Miée. 

* Migras, n. m., surnom des hommes maigres. 
= Demi-sras. 

*Min (dire). Dire min. c'est donner un baiser, dans le lan- 
gage enfantin. 

= Minologisme. Onomatopée du bruit du baiser, tou- 
jours sonore, des jeunes enfants. || Coulabin : faire main: 
Orne : faire mi: Aube : faire bi (Beat dotn). Dans l'Eure, 
on dit dans le même sens : faire un bec. Br^t. nùn. bec. 

Mincer, v. a., briser en minces parcelles. 
1 A Trans : misser. 

Minucerie p. minutie. \'. Infmr],, i. 4. 

*Miot, n. m., gros morceau, «f Avoir le gros wiot -. la plus 
grosse part. 

Miroué, miroir, glace. 
= V. fr. 

« Un mirouère ne sait mentir. « 

(Géni.v, il p. 252.' 

•Mirlikodin-ine, personne naïve et cocasse. 

Miseraigne p. musaraigne, souris des champs. 
•Misérer, v. n. Traîner misère, c'est rnisérer. 

MIstanflute (à la). V. au SuppJpm. 

Mlston-one, adj.. gentil, mignon. Terme damitié. norn de 
chat Dans Duez. miton = chat). 



— 145 — 

= V. fr. : miste, joli, élégant Bos . Lat. : mitis. doux, 
tranquille. || Lacombe : miton, mitis, gros chat. Jura : 
misti, joli. paré. 

Mltan, n. m., milieu, centre. 

= \\ fr. Bescueref.. Bos. Lacomiîe. 1| Usité dans un 
grand nombre de patois. A. Leroux voit dans ce mot 
une corruption de mi-temps Cf. mi lieu et le français 
mitoyen}. — Dans « la Bruyère » de Roz-Landrieux est le 
Cordon du miton. chemin central. 

Mité, adj.. mangé par le= mites. 

*Mitoux-ouse, adj., chassieux. 

Il A Cancale : sirour: à Rennes : boguillouj. qui a 
des mit^s aux veux. \'. bouillassous. 

Mitueuse p. muqueuse. « La fièvre mitucuse. » 
îi En Xorm. : fièvre moqueuse. 

* Moche, n. f.. morceau de beurre, généralement de forme 
cylindrique. 

= Miche, motte. Pusion de ces deux mots. \'. coin. 

Mochet-te, adj.. potelé, grassouillet. Ne se dit guère qu'en 
parlant des personnes. 
!l CoLLABix : moché-ée. 

Mochon, n. m. Deux sens : 

1" Grande quantité. En r.Kii il y avait des pommes un 
mochon fPleine-Fougères). 
2*' Tas. monceau. Un mochon de poires, de pommes... 

(COULABINj. 

= Moche V. ce mot). 

*Moincre, adj.. odeur que donne l'humidité aux objets privés 
dair. \". mucre. 

Moinet p. moineau. 

= \\ fr. : moinel. moisnel. moisnet. monel vBos). 

*Moisie, vache qui a la robe mêlée de poils blancs, noirs et 
rouges. Correspond au « rouan » pour les chevaux. 

*Mois de Marie. Cette expression désigne tout à la fois la 
cérémonie quotidienne de mai et Vautel élevé en l'hon- 
neur de la Vierge. 



— 146 — 

« Aller au mois de Marie. » — « Le mois de Marie 
est bien arrangé. » (V. hitrnrl., î. 2). 

*Moltlères, ii. f. pi., espèces de giiôtres protégeant les mollets. 

Mon hard p. mon gars. Sur la côte : mon gâs. V. Introd., 
II, G. 

Monier p. meunier. 
= V. fr. 

« Qui est le plus privé larron qui soit? 
— C'est un monnier. » 

[Adevinaux amoureux.) 
Sur o pour eu, V. orif. 

Monnaie du pape. Plante {Thlaspi Bursa pastoris), bourse à 
pasteur, ij Haut-Maine : bourse de Judas et monnaie de 
curé (V. Rolland). 

Moque, n. f., bol dans lequel on sert le cidre. || Roquefort : 
moque, gobelet de fer-blanc. Duméril : tasse sans anse. 
= Celt. mog, tasse (Verrier). 

'< Surcouf et Potier allaient boire leurs moques, à Saint-Malo, 
au café Caderas. » 

(Paul FÉVAL, Superstitions et légendes.) 

Mornifler, v. a., donner une mornifle. V. aiocer. 

*Morteloux-ouse, mortelassoux, adj., boueux. 

= Couvert de mortier. \\ Verrier : gadrilloux. 

Mortier, n. m., boue. Très employé. 

= V. fr. 

" Ole d'autour de chaque roue 
Le malheureux mortier. » 

(La Fontaine, Le charretier embourbé.) 

*Morva8 ^on morve), n. m., morve, matière sortant du nez. 

Motton, n. m., grumeau de farine mal délayée. 
= Fr. motte. 

Moucé p. monceau. 

= V. fr. moncel. V. rnmouceler. 

'Mouche, n. f., guimbarde. Petit instrument de musique en 
forme de clef. 

= Le son de cet instrument imite le bourdonnement 
des mouches. Il En Normandie : épinette. 



— 147 — 

^Moucher, v. ii., courir çà et là, on parlant dos vaches 
taquinées par les mouches. Verrier. 

Celle expression était employée en Bretagne dès le XV» siècle. 
V. une ordonnance de 14(37 citée par M. Aurelien de Coirson 
[Essai sur Vhistoire de la Bretagne armoricaine, p. 422j. 

Le jour Siiiiit-Sylvcstre, on touze les vaches entre les 
cornes pour les empêcher de moucher Tannée suivante. 

[Les farceurs disent que cette opération les empêche 
de moucher le restant de i année]... 

Il Normandie : heser (Trévoux, Moisy). 

Moucle, moule, mollusque bivalve très commun sur nos 

côtes. 

= Muscuhis, devenu successivement : moscle, 

mouscle, moule. 

*Moulinier, n. m., celui qui fabrique des moulins à main pour 
le blé-noir, et, en général, la vaisselle de bois (Spécialité 
d'Epiniac). 

Moultiner, v. n.. marcher en se déhanchant, comme une 
personne actionnant une meule. 

'''Moulu, adv., très. « C'est mouln-hon. » 

= V. fr. moult (de multum, beaucoup). 

*Mourichonner, v. n., s'éteindre lentement, en parlant du feu. 

^Mourine. \'. à châtr. 

Mourira p. mourra. 

" Ding dang, dong, 

Cloche frélée (fêlée). 
Ma grand-mère est enterrée 
Entre les choux et la porée. 
Quand la porée mourir \ 
Ma grand'mère ressuscitera. » 

(Formulette enfantine.) 

Mousse, n. m., jeune garçon, enfant. 

Notre patois se rapproche plus que le français de 
racception véritable du mot. En effet, en Italie, son pays 
d'origine, ce mot n'est pas, comme en France, spécial 
à la marine. 
Il Trévol^ : mousqiie, petit garçon éveillé. 

Moustie, n. f.. excrément humain. 



— 148 — 

= Arijot ; mousse, même sens. || (Larchey) : mous- 
caille (Rossignol). Eure. 

Mouton, n. m., ver de la cerise (Goulabin). 
= Pour luilon. de mite (?). 

*Muce (en), loc. adv.. en cachette, en fraude. » Vendre en 

nnice. c'est vendre des liquides sans patente ni licence. » 

Kr. : // }}\usse pot. ou mucliepot, que Roquefort écrit : 

inuce pot. 

En 17'Ai. la nninicipalité de La Boussuc prit des mesures de 
police contre les muspoiiers du bourg (Archives). 

Mucre, adj.. humide, moite. 

= Lat. : mucidus, moite, moisi. V. fr. : Trévoux, La- 
combe, Bos, etc. D. : mncrir^ devenir mucre. V. moincre. 

Muée, n. f.. tapée, multitude, nuée. 

Cf. mouée (Rabelais, Aunis, etc.). 

*Muler, V. n., bouder. 

On dit : entêté comme une mule. \ . Intiod.. I. 3. 

*Mulon, n. m., grosse meule de foin, dans les champs. 
= V. fr. : moilon, molon, muilon, rnulon (Bos). 
Il Anjou, Maine : mulot (Verrier). Hazfeld : meulon. 

Un arrêt du Parlement de Rennes, en date du 11 mars 1752, 
<< enjoint aux personnes qui ont des grains en muions, de les 
faire battre incessamment et porter aux Marchés publics. (Chercheur 
des Provinces de VOuest, 3^ année, p. 110.) 

* Musée, n. f., bavardage long et futile. 
= Muser. V. narées. 

"Musique, n. f. On désigne de ce nom tout instrument de 
musique, à vent principalement. V. Introd., I, 2. 

Musser (se), se blottir dans son lit. 

= V. fr. : musser, cacher. 1| Cf. anglais : to muUle, 
emmitoufler. 



N 



Na p. noir. Dottin. 

On appelle le sarrazin blé-na (blé-noir). 

Nâchard-de, taquin, mauvais plaisant. V. naquin. 



Nache, n. f., cord»' servant à attacher, ù rétaljie, les bcMes 
à cornes. Collabin. 

= Lat. naccus. h-iriiais. Dottin. \ . pâlot. 

Nannin (prononc. nàn\n\ non, particule négative. 
= V. fr. 

« El je (lis que nanin. » 

(JoiNviLLE, Histoire de saint Louis, XL\'.) 

« Le bon Nonnin fNormandi 

.Ve dit jamais rii vère ni nannin. » 

(Dicton ancien.) 

Il CoL'LABiN : nan-m. V. nenny. 
"^Naqufn, n. ni., taquin, mauvais plaisant. V. nacJiard. 

Nârées, n. f. pi., bavardages, cancans. « En v'ia t'y des 
narées pour rin. » 

= Fr. narrer, raconter. Verrier. V. musée. 

*Natais Ou nata), n. m., prairie marécageuse. Les Natais. 
gués à lest de Dol. — Le Nata, près Roz-Landrieux. 
= natare, être inondé. |1 V. fr. : arje, eau: bret. : aiva. 

« I.e cours de Guilloul, plus élevé que le sol environnant, déverso 
ses eaux et donne lieu à des marécages appelés dans le pays 
N.VTAIS. » [Comité d'hygiène et de salubrité du canton de Dol, 
18 décembre 1846.) (Archives de Dol.) 

V. noë. 
'*'Naziboter, v. n.. nasiller, parler du nazot (V. ce mot). 

*Nazot )>. no/. 

= Lat. nasus. Drus Chapelain on trouve nasinerie 
odeur du nez) (Favre, Lexique de la larujue de Cfuipe- 
lain). 

Nenny p. non. 

= V. fr. (du latin : non illud, qui devint nenil). 

Ampère. 

« Cet amoureux desdain, ce nenny gracieux. » 

(Ronsard, Sonnets, VII.) 

V. nannin. 

*Nennaine, marraine. Langage enfantin. 
Il Verrier : naine. 

*Nettir, v. a., rendre net. polir. 
Il Nord : nétier, nettoyer. 



— 150 — 

Neu p. nuit, u Qirest-ci* qui osl iin lo jour cl blanc la neu ? » 
Réponse : un prcMrc {Devincltc du pays). 

Neyer p. noyer, nccare. 

*Neyard-de, adj., lambin, ({ui n'avance jias à Touvrage. 

(?) = La négation et Tangiais yard, preste. Sur ard, 
V. hlrclhird. — Dottin. — Cf. Vehuieiî : nachard, 
indolent. 

"^Niclaud, ndj. Tenue d'injure : propre à rien. 

*Nicton-one, adj.. tatillon, travailleur minutieux et maniaque. 
= nuyH\ frivolit-és (?). I! Norm. : niyon. V. nijon et 
nivetoux. 

Nigeau, n. m., ce qui se garde. On appelle pommes de 
nigeau celles que Ton conserve l'hiver au fruitier. 
!| En Normandie : nijaut. 

= Le Héricher voit dans ce mot une corruption de michaud, les 
fruits se cueillant à la Saint-Michel. 

Peut-être est-ce simplement un dérivé de nicher, au sens commun 
de loger, ramasser, mettre de côté. 

Il Verrier : marjau, meriot. 

Nigousse, bas-breton. 

= Mot d'une chanson bretonne. V. maliaiid. 

*Nijon-one, adj.. minutieux, en parlant des choses. Travail 
délicat à faire. 

= nugse, futilités ; nuyari. folâtrer. || Cf. Lacombe : 
niyer, jouer; Verrier : nigeaut; Montesson : niyeot, 
ouvrage long et minutieux; Dottin : niion, lent; Cou- 
LAHix : nijon, délicat, difficile; Moisy : nigoneries, futi- 
lités. \\ nicton. 

Nipon-one, adj.. nain. En mauvaise part. 

*Nisco (faire) p. faire l'imbécile. 
= Pour Nicodème, nigaud. 

Niveter, v. n. Voir mot suivant. 

*Nivetoux-ouse, adj., travailleur lent et méticuleux. 

Il DoTTix : niftou, minutieux. Cf. normand niveler 
(Moisy). V. nicton, 

*Noc, n. m., chêneau, petit canal en zinc qui reçoit les eaux 
d'un toit. 



— 151 — 

= CI. lirctoii : mi'd .«^oiilliiTe, || Dicanur : noccus ; 
Bos : noc, noë, cniial. Duttin. W Ir. : noc, canal eu bois 
pour r(''COiil('iii(Mil dos eaux d'un moulin TuÉvoix. etc.). 

.. 11 est forniellement défendu d'établir des noues eX goultières en 
saillie sur la voie publi(iue » (An été de police de Dol, 15 nov. 1860^ 

— Avant 1752, il existait sur les Digues, près les « Quatre Salines », 
en Hoz-sur-Couasnon, un pont dit « Pont du Noc » {Digues et Marais. 
Nivellement de 17*J3). 

V. noue. 

Noces, II. f. pi., bouillie d'avoine. 

Aux archives de Dol se trouve une lettre en date du 9 fructidor 
an IV [21 août 179(ij par laquelle la communauté de Miniac retrace 
les misères des habitants « obligés de manger des noces, faute 
de pain ». 

Il Noriii. : jolies. 

Noçoux-ouse, adj., qui est à un mariage, à une noce. 

Noë prononc. nos), n. f.. terre humide et partant peu fertil;-. 
En fr. : noue. 

Belle-Soë, village à o kiloni. sud-est de Dol. — \(>ë- 
Blnnche, en Saint-Brieuc-des-Ifs, près Hédé. — La .Voc- 
du-Chàtrl, en Dingé, etc., etc.. 

= Ce mot paraît venir de nautare, pour nattirc, ùivr 
humide (V. notais). Roqiefort, Litthé {vrrho : noiir). 

Notons deux étymologios autres : 

Celle de M. Hazield, qui lire noue d'un latin populaire nauda, 
et celle de M. Darox, qui dérive noë du grec archaïque nao, eau, 

fontaine, source. 

{Intermédiaire des Ctiercheurs^ XÎJV, 871.) 

Noguer (se) p. se noyer (V. nouger p. noyer) {nucarium). 

Noguette. C'est le u couvre-feu ». vieu.x souvenir du guet 
de nuit réglementé sous François ^^^ 

On ne sonne plus noguette à Dol depuis le l^"" janvier 1805. 
On l'entend encore à Saint-Malo et dans la plupart des bourgs 
de l'arrondissemenf. 

il Xorm. : botnmé (Moisy). 

*Nonfé p. non. 

= Pour non fait, le contraire de si fait. 

Mono p. noisette. Terme du langage enfantin. 

Nonna, non. Coulabin. 



— 152 — 

Norine i». Honorine. 

Nosette p. noisette. \'. nuzettc. 

""Nosoux-ouse, adj., tnnide, lionteux. 

= ^»ui n'ose pas. || Gollabin, Veruier. Maine : nou- 

SCUX, DOTTIN. 

Notairerie, n. 1., étude de notaire. 

*Nouailler, v. n. h Alenacer » de pleuvoir, en parlant du 
temps. Se couvrir de nuages. 

= Nuage. Il En Norm. : « Le temps diore ». Sur la 
côte : le temps se bénue. Dans le Bas-Maine : le temps 
arnayc (Dottin). 

Nouger p. noyer {nucarium). V. noguer {se). 

Noue, n. 1'., gouttière, tuyau vertical ou oblique qui conduit 
à terre Teau d'un toit. V. noc. 

Noué p. noix. 

Il Manche : noua, noisette. 

*Noyé, adj. A la pluie, en parlant du temps. » Le matin, 
quand il pleut et que cela semble devoir continuer, on 
dit : « le temps est noyé. » — « Un hiver noyé (humide) », 
comme celui de 19U9-1910. X. pourri. 

Nozette i». noisette. 

*Nunu ,1°). nom populaire de la digitale. 

Il Celtique : biirlu; à Saint-Brieuc : berlue; Norm. : 
(jantelée; Dottin : pétiole. Vers Redon : catiole. 
V. coquette et catiole. 

*Nunu 2'*), n. m., mirliton. Dottin. 

Dans GouLABiN, nunu a un sens tout différent. Il est 
adjectif et est synonyme de pointilleux. 
Il Rennes : rov toutou (Goulahin). 



0, prép., avec. 

Quand il y a mouvement, on dit plutôt quant et. 
« Manger du pain o du beurre. » — « Aller au marché 
quant et une personne et dîner o ielle. » 
= V. fr. : o, o6, ot (avec), de ubi. V. otout. 



— 153 — 

*Ober, V. a., al)attre les I ru ils d'un arbre en h; secouant avec 
les mains. 

Il Coi LAiîi.N : obet\ secouer; Bns : }tcihri\ rrrmu'r. 
y. (jduln- et JuKiacncr. 

*Obillon p. gobiUon (V. ce mot). 

*Ognon de lys p. lys. 

Ogu (1°) p. au (à le), rare de nos jours. 

Ogu (2**) p. eu (de avoii'). » La belle at u(jn sàe ». Revellièhe, 
p. 58. \'. oaiu. 

Ohie, n. 1"., défaut, tnre. « IMs de vache à la foire sans o]iii\ » 

= V. fr. : o\\'\(\ maladie (Lacombe). || A. Leikh.x : o}n, 

mauvais sang, humeurs: Coii.abin : oie, oijc, inlirmités. 

misères; Vendômois : ohie^ défaut; Xorm. : oliïn. ii. m. 

(Moisy). 

"^Oidu-ue, adj., qui a Toreille paresseuse. Oui <'nteiid [cmic] 
dur, diftlcilement. 
Il Letoi RNEL : chodu. 

"^Oiseau, n. m., planchelte servant à dresser un mure [\(nv 
ce mot). 

*Olva, loc. adv.. le long de» 
= Haut le val. 

Once, ancienne mesure pour les liquides. V. [iot. 

Onière p. ornière A', rouyrre). 

Onk p. oncle. 

Il En Picardie on dit de même : oriq}i(\ baqiir p. ongle, 
bague. 

Op (Var. oup), mterj.. debout ! (enfantin). 
= Angl. up, même sens. V. ouste. 

Opposer, V. a., empêcher. 
= Mettre opposition. 

Oraille p. oreille. V. orta. V. Inlroduciion. 

*Oreille de prêtre, n. f.. poisson de mer, sorte de raiteau. 

*Orjeul (hors jeu), cri de trêve dans les jeux d'enfants. 
Il Centre : olu; Aunis et Poitou : cœur et âme. 

Orgerie p. orgie. V. mnirprie. Nom de lieu. 



— 15'i — 

Orgeul, n. m., orgel«^t, maladie dos paupières. Collauin. 

*Orif-ive, adj.. hàlil, précoce, en parlant des fruits et prin- 
cipalement des ponunes (Dans les légumes : prime). 

I! Norni. : hcuribir. ^ Qui vient de bonne heure. Cf. 
angl. : early^ précoce. Pomme de terre carhj. 

L'étym. semble indiquée par la forme normande (dont la nôtre 
s'écarte sensiblement). Hemarquons du reste que cetle substitution 
de o à eu est assez fréquente dans notre patois (comme dans l'ancien 
français). 

Nous avons déjà rencontré monier. Dufail dit de même plorer 
pour pleurer [Contes, XX\ II.) 

V. Introduction. 

Oriiler p. oreiller. Forme répandue dans plusieurs patois. 

Orine, n. 1., espèce, race, qualité. 

= \. fr. Trévoux, Ducanue, Bos, Rabelais. || Dottin : 
orin. — Verrier. 

Ormais, n. m., mollusque bivalve dont la coquille est nacrée, 
llaliotis ou oreille de mer. 
Il Guernesey : ormer. 

Orseu, n. m., vase et. en général, tout récipient. 

= Bret. : orsel^ burette; lat. : urceus^ vase; pat. nor. : 
urcel^ petit vase (Moisy;. || Dottin : orceuiL V. Intro- 
duction^ 1, 6. 

Orta p. orteil ^On dit aussi ergot). 

Jadis eil devenait souvent a : boutaille (bouteille), 
soula, sola (soleU), oraille (oreille), parail (pareil)... 

*Ortiriale, n. !.. valériane, dite aussi : herbe aux chats. 

Otout, prép., avec. 

Xe s'emploie qu"à la fin de la phrase. « Du pain et du 
beurre otout. » Dans Pathelin : à tout. 

Oua, particule négative, non. Coulabin. Dans Cotgrave, 
o niche, interjection pour imposer silence. 
= Onomatopée comme : ouis, pouah. 

*Ouigner, v. n.. se plaindre, pousser un cri, faire entendre 
un bruit. « L'enfant ouigne. » — « Les souliers neufs 
ouignent dans les pieds. » 

= Angl. : tu whine, se plaindre, jj Verrier. 



— 155 — 

Ouiliette, n. f., enlunnoir (I^a Boussac). 
= Instrument qui sert à ouillor. 

Oup. \'. op (V. ce inutj. 

'Ousque p. où avec interrogation. 

= Vaque, jusqu'où ? — Ousquil est ? (Où est-il ?). 

Ové, ovec p. avec. 

= Bos : oiurc. || Dottin : ové. V. auvec. 

'Oyu ^(iii yu, p. eu (de avoir). Dottin. 

« J'avais OYu si grand honte 

Que fm'en all'ts comme un nigaud. » 

[Vieille chanson.) 

V. OQU. 



*Pa (1"), poil et, plus généralement, la chevelure. 

« Beau pa, bonne bête 

C'est le rouge qu'est le mête (le maître) » 

dit-on en parlant d'une personne aux cheveux rutilants. 
Il GouLAiiiN : ()tiH. V. paya., pélu. 

*Pa (2°) p. poix. 

*Pachu-e, adj., rustre, peu civilisé. 

= Lat. : payas, village. || Dottin : pahu; Jaubert : 
pacanuche, homme grossier ; Toubin : pacau, pcujan ; 
Muisv : pofjul. \ . pelletas. 

Padefiche. V. pute (ic lie. 

Paf, adj., ivre. 

= Argot anglais : jap, même sens. 

Pagail (en), adv., en désordre, pèle-môle. 

= Brel. : pak, paquet, et égailler (V. ce mot). 

« Amène tout en pagaille, vingt gueux ! » 

(Yann Nibor, Les sabots de Noël.) 

Il A. Leroux : tomber en pagaie, en s'éparpillant. Le 
Héricher [Glossaire anglo-normand) donne : pail-inail, 
mêlé dans la poche. 

*Pagu, adj.. poilu, qui a beaucoup de pa (V. ce mot). 

11 



— 156 — 

*Paill, n. m., ensemble des mauvaises herbes, telles que : 
chiendent, patenôtres... 

*Palre de noces p. noce, cérémonie du mariage. 

Paisu, part, passé du verbe paître, qui n'en a pas en français. 
(En fauconnerie, on dit pu), h La vache a paisu. » 

*Paître, mander, dans le dicton : 

.< Pour passer le mal de tête. 
Il faut dormir ou paître. » 

Pâli, n. m., bêche des jardiniers. 

= Bret. : pai bêche. Poitou : pâli (et Dottin). 

*Palot, n. m., pieu auquel on attache les vaches à Tétable. 

= La t. pdlus, pieu (d'où le français : pal). V. nachc. 

Pancalier, chou dégénéré. \'u..\ï<»uin : milan pancalier de 
Touraine. 

*Pantoué, n. m., bois en forme de V ouvert, servant à pendre 
les porcs pour le dépeçage. 
Il Norm. : jambirr; Verrier : pantoue; Rolssey : cruhc. 

*Paradis, n. m., espèce de crèche que Ton fait à l'église, de 
Noël à la Chandeleur. 

*ParapIuie, nom populaire, à Dol, de YUmbiUcus veneris ou 
gobelet, cette plante grasse que Ton trouve sur les vieux 
nnu's et qui affecte la forme d'un parapluie retourné. 

Il A Combourg : chapeau d'eau; Plerguer : copin (V. ce 
mot) ; Fougères et Normandie : hirondelh' (pour ron- 
delle), usité à Châteaubourg. Rolland ne donne aucun 
de ces noms. 

*Paravire, n. f.. gille, soufllet. V. toque. 

*Pari, formule interrogative répondant au français : « n'est- 
ce pas ? » 

Surtout en u.sage à l'ouest de Dol : « .J'vas allé qiumt é 
vous, pari ? » 

Pare-batte, n. T., dernière journée du battage des grains. 
V. ci-dessous. 

Pare-seille, n. f.. dernière journée du « sciage » des céréales. 
Il Norm. : pare-scie; Centre : (jerbaude. 



— 157 — 

= On dil de même : pare-ramasse (fin de la rentrée des récoltes); 
pare-pilc (fin de la pileiie [v. ce mot]). 

V. paré. 

Paré-ée, adj., prêt, quitte, qui a fini. 

= P(ir correspond au latin pei\ qui sigiiifiait « jus- 
qu'au bout » (IIazpelu) et marquait le plus haut degré, 
le nec plus iiltra^ la fin. 

Gomme en français : panicfirvei\ parlaire. A Cou- 
tances : cidre paré, cidre cuit (V. cvire). V. pare-baltc 

*Par-ichen p. par ici. 

= Normandie : ichrn, ici. 

*Paresse, ii. f., paillasson circulaire sur lequel on paresse. 

Parlance. Dans l'expression : il en est parlance p. il en est 
(juestion, on en parle. 

*Paronne, n. f., sorte de collier en roseau pour les bètes de 
somme. Norm. : pavée. 

= Le roseau est le sparganium (?). 

*Parpaillot, ([ui a le poil long. Se dit d'un chien. 

= Par i'prélixe superlatif) et pail, peil^ vieille forme 
de poil. W pa, parjn, pnllot. 

Parpied, n. m., pas, empreinte d'un pied sur le sol. Coi labin. 

*Pas-guère, pas beaucoup. 
= V. fr. 

*Pas-moins, adv. A deux sens distincts. Il signifie : 

1° Pourtant, enfin. « Le via arrivé pas moins. » |1 Ver- 
rier. 

2° Néanmoins, quand, même. « Il ne veut pas de ma, 
j'irai pas moins. » |I Dottin : pas mée ; Verrier : pou- 
moins ; Orain : pasmen. 

Passager-ère p. passant, où il passe beaucoup de monde. 
(( Un chemin passarjer. » 

Barbarisme dun emploi très fréquent, même en ville. 
*Passée, n. f., période, série. « Une passée de beau temps. » 
li GoLLABix : passée, veine bonne ou mauvaise. 

Patache ou patate, nom populaire de la pomme de terre. 

= Angl. : potato : espagnol : patato. \\ Dottin. — Dans 
Manet : patate. V. crompire. 



— 158 — 

Patefiche \'. pdde/iclK'), croclid en fer ù tête plate. 
= Patte, liclier. 

*Patenôte, n. f. C'est ÏAvena prccatorin. plante nuisible et 
qui a des racines en c]ifi])rlrts. 
Il Norm. : noléc. 

*Patouillâs, n. m., bourbier, endroit rempli de boue. 

Il A. Leroix : patouUle^ boue liquide des chemins de 
traverse. V. patouiller. 

Patouilier p. patrouiller, patauger. Vehhikr (De patte). 

= V. fr. Bos : patoière, patiner, remuer malpropre- 
ment. II Béai QLiEK : cacouiUcr. 

*Patouille, n. f.. écouvillon. balai pour nettoyer le four. 
Rennes : nâ. Dottin : nay. 

= V. patouilier. \\ A Rennes : nâs; Anjou : nette, nippe 
(Verrier): Nantes : nippe; Centre : écouette ; Norm. : 
vatrouille. vaudrée (Dlméru^). 

Patouilioux-ouse, adj., où Ton patouille. 

A Paramé, rassemblée d'hiver est dite « La Patouillouse ». 
Patour, n. m., pâtre. 

= Lat. : pastor. \\ Coulabin : patou. V. Introd., J, 5. 

*Paulet, n. m., sangle pour les fardeaux. 
= Epaule (?). 

Pautron, n. ni., poche mobile que les femmes de la cam- 
pagne s'attachent à la ceinture, sous leur cotillon (Pleine 
Fougères) (Vieux). 

*Pec-éque, adj.. revêche. à l'abord rude. 

(?) = Bos : pec. bête (de pecns ?); Di'MÉRn> : pec, sot, 
méchant. Même origine que pécore. 

On dit du cidre qu'il est pècre quand il a un goût 
d'aigre prononcé. 

*Péceron, n. m., bardane {Artium lappa). plante rustique ii 
ilrurs rouges, s'accrochant aux vêtements. 
Il Rennes et Côtes-du-Nord : pésard; Vitré : pécerevx. 
= Pecer (V. ce mot). 

*Péchard, nom de cheval, très répandu, se donnant surtout 
à ceux avant une robe rousse blanche. 
= Couleur fleur de pêcher (Littré). 



— 159 — 

*Pêcher, v. ii.. proiidn' de l'eau dans ses rhaiissures. 

Il DoTTiN, CoL'i.AHiN. Hall te-Nonu. : c}n}}Hr; Bf:.\i duin : 
puchrr; RorssEV : /ii/.^er; Vendôniois : puiser. — Cf. nor- 
mand : i)uch('i\ puiser, prendre de Teau. Vkurieu : 
doffucr. 

*Pechaille, n. T.. ix'lil |)(>i<snn (!<• nulle valeur. 
Il iJoi'iiN : hoddij. \ . hoailh'. 

*Pecer, v. n.. être collant. Se dit dniic luiitière gluante. 

= Lat. : làcrtfi, \n)\\ poin- poisser. On dit de nièune : 
peison p. poisson, (hi dit aussi, à I)ol. pecei pour geler. 
<( 11 va ix'ccr dur cette nuit. » (\'. [tiquer). 
Il Veriueh : poisser. 

*Pedasse, n. T.. chute. Se dit surtout en parlant des enfants 
ipn fondjent à t-erre. 

Il VEiU{u:ii : prtnissée, chute violente. V. nhultuvc. 

*Peil ]). pays. Le haut peil, le « Terrain » par opposition au 
« Marais. » 

*Peillot, n. ni.. chitTon. étoffe de rebut. On dit aussi pillot. 

= Lat. pihis. poil (en v. fr. : peil). Les étoffes usées 
s'eflllochent et ressemblent à du poil. Cf. breton : pill. 
chitfon. IIazfeijj : penaille. 

Le conl^eil général de la cornniunaulé de Dol, à la date du 28 flo- 
réal an H (18 mai 1794). ■enjoint à tous les ciloyens de « fournir 
une livre (\e chiffons ou peillols ». 

1). priUoion.i, (^ui lait le commerce (Ui détail des 
])('ill(>ls. Breton : pilhiourr. 

Peisson p. poisson (V. fr.). 

Pèle p. poêle, ustensile de cuisine. 

= V. fr. Bos : paèle, paësle, poiele; Trévoux : peille. 

chiffon. 
*Pélette, n. t.. petite casserole à long manche dont on se 
sert pour faire la bouillie aux enfants. 

Pelletas, n. m., marin morutier. 

Il Cf. Verrier : pelas, butor: Nantes : petra, brute, 
individu grossier. V. Supplémenl. 

Pelu-ue, poilu. On dit aussi parju (V. ce mot). 
= V. fr. (Patois picard). 



— 160 — 

*Pelurer, v. a., peler, enlever la pelure. 

Perayer, v. a., cherehor avec la main un objet perdu dans 
l'eau (La Boussac). 

*Perdu, adv., très. Un homme perdu saoul. 
V. consommé, etc. 

*Peri-ie, adj., endolori. Se dit d'un membre qui a des con- 
tractions douloureuses. 

= Sens affaibli de périr. V. angoué, 

Péré p. poiré. 

- V. fr. 

« Je ne veux ni cidre ni pp.ré. » 

(Le testament de Pathelin.) 

Il Cf. le breton : pér (poire). 

Périer p. poirier. 

On dit d une chose hérissée : hubie comme ja (geai) 
de périer. 

Père p. poire. 

= Lat. : pirum, d'où le v. fr. peire (Hippeau, Bos). 
V. Introd., I, 5. 

Perrine, Perrotte, Pierrette, prénom féminin. 

*Pertintaille, n. f., ferblanterie, tout ce qui fait du bruit. 
V. tiquetaille. 

Pertu, n. m., trou. 

= V. fr. : pertuis. 

Le Pertu chaud, lavoir près Carfantin, ainsi nommé parce que 
re<iu n'y est jamais froide. 

On peut rattacher à ce mot l'expression métaphorique curieuse : 
rester les 7 perlus ouverts (yeux, oreilles, nez, bouche), qui expriment 
le comble de l'étonnement. 

V. Introd., L 

*Pertuser, v. a., percer, faire un pertus. a A peine milres les 
prunes sont pertusées par les bêtes. » 
Il Bos : pertuiser. 

Péteux, adj., confus, qui a honte, piteux (V. pitoux). 

« Chassé comme un péteux d'église. " 

(Régnier, Satyre, XIV,) 

Petoche, n. f.. chandelle. Ce mot sent l'argot, 
il PiCHOT : petoche^ chandelle de résine. 



— llll — 

Peule p. pelle. 

Pevré-ée, adj., poivré 

Phanie p. Stéphanie. 

*Philomie, n. I'.. \\guu\ visage (Fiine personne. 

= Syncope de physionomie. VEURncii : phanomic. 

Piachas, n. m., restes de frnils miachés (V. pùichn; dctjo- 
Hdclias). 

*Piacher (Var. miacher). pii^nioeher. nuicher malpropreinenl. 
avec diflicnllé, lentement. (( Se pas piacher duUaùjnr 
à quelqu'un, c'est ne pas lui ménager les termes, lui 
dire nettement et sans hésitation sa vérité. » 
I) A Rennes : piacher (Collabin). V. pinache. 

♦Piailler, v. a., demander avec insistance. » Les mandiants 
piaillent toujours. » 

♦Piapia, n. f., grosse grive. 

= Sorte d'onomatopée. 

Piau 1». peau. 

= \'. fr. — D. dépiauter, enlever la peau. 

*Pic, n. m. Ce mot n'est usité que dans l'expression salé 
comme du pic, appliquée à un mets fortement assai- 
sonné. 

= I>at. piper (poivrei? ou ce qui pique le palais. — « Les Bohé- 
luiens de la Perse n'ont pas cVexpression pour dire sel Ils diseni 
lacre, ce uni pique. (Mérimée, Lettres. Revue des Deux-Mondes, 
lô octobre 1002.) 

Il DoTTiN : pik. chose salée. Dans l'Eure on appelle pee 
le hareng fraîchement salé. 

Pichet, n. m., pot à cidre (Hazfeld). 

= DucANGE : picarium. || Cf. Bos : pichier; breton : 
picher, pot à eau: Dottin : piché; Poitou : piche; Col- 
labin : pichet. V. Introd., sous P. 

Picoté-ée, adj., marqué de taches au visage. 

Il Jalbert, Roquefort, V^errier. V. piglé, rousté. 

Picron-one, adj.. revèche, hargneux. 

Pie, n. f.. pile, côté d'une pièce de monnaie opposée à la 
face. V. bonhomme. 



— 162 — 

Piger, V. a., prendre, attraper, duper. Collabin. 
= Piège. Il H. -Maine, Centre. 

Piglé-ée, iidj.. qui a h' visage tacheté de rousseur. 

= Lat. pica, pie. d'où l'adj. fr. : pie, de 2 couleurs. 

Il CoiLABiN. A. Lhroix : pivelé (et Letolrnel): Ph. Le- 

Rorx : piolc; Bos : picler, piolcr, tacheté comme une pie; 

Poilou : bâtoi} pivelr. décoré de dessins au fer chaud 

Revue des Trad.. XXI. 2io). A', picoté, rousté. 

*Pigner, v. n.. grincer, et. par extension, se plaindre. « Qui 
piiine vit. » (Proverbe). 

Il A. Leroi X : pignocher : Bealdoin : vionner. 

*Pignette, n. f., femme qui se plaint constamment. 
= Pigner (\'. ci-dessus). 

*Pigousser, picoter, becqueter. 

= Corruption de pignocher. || Cf. le breton : pigosa. 
picoter. Entendu dans la Manche : pégasser. 

*Pilage Var. pilerie . n. m., temps pendant lequel on fait le 
cidre. V. parepile. 

Piler, V. a., marcher sur, piétiner. 

= Fouler comme avec un pilon. Normandie, Centre. 

'Piloter, V. a., battre un terrain avec les pieds. Fréquentatif 
de piler. 

*Pinache, adj.. qui mangf' lentement (Pleine-Fougères). 
V. piocher. 

*Pinjotte, n. t.. louche pu boi^^. émelle à laquelle on met un 
manche. 
V. MoiSY : pinger, puiser. \ . copin. 

Pionne p. pivoine. Ancienne forme (Usitée en Picardie). 

= Cf. angl. : piorniij. Guernesey : pionne ^Métivierj. 
Il Normandie : piole Ruf.AXD). CoT(iRAVE : péone, pienne. 

Plot, n. m., cidre. Hazfeld : piot, boisson. 

= V. fr. : piot. vin. Ph. Leroi x. Lacombe, etc. Dottin. 
V. pioter (se). 

Pioter (se), v. pr., s'enivrer. 
= Piot. 

*Pipi A'ar. pirlipipi^, jeu d"enfant consistant à faire sauter 



— inn — 

avec un bâton un ninn-rau do bois appoint i dos oxtré- 
mités. 

Il Ronnos : (luillrt; Paris : hàUmnet; Norm. : pirli, h(i- 
culnt (Eure) : Vondoniois : bisto(iiirt : Doubs : jiolet, 
quénet fBKAi Qi ier). 

*Pique du jour, le |)oint du Jour, laubo. 

Pdl. uonu. : criqnr du jour: \\o]^Y : hnrrc du jimi- 
(Eure). 

Piquer, geler. « Ça va repiquer », le temps va se remottre 
à la gelée, dit-on après un mauvais dégel. V. pccer. 

Piquet, n. m. Deux sens : 

1° Plantoir, instrunuMit aratoire. Rennes : picot (Coi - 
i.abin); Jaubert : piquot; Verrier : diguet. 

2** Pointe piquante de certaines plantes. « Avoir un 
piquet dans la main. » Rennes : piqueron (Coulabin). 

*Piquette, u. f.. petit tas de blé-noir dans les champs. 

B.-Norin. : demoiselle (Decorde) ; Pontorson : pirot ; 
A. Leroix : quinteau; Dottin (Bas-Maine) : poulette. 

*Pirlipipi. V. pipi. 

A Rennes : guillet (Coulabin). 

*Pîroton, n. m., petit de l'oie. 

Piscantin, n. m., mauvais cidre. 

— Pal. normand : hiscfintine, inéchanio boisson. 

Pissequette, n. t.. fcunnc précieuse et peu considérée. 

Il Grain : pisquette^ petit-<' fille. Cf. argot : pisseuse, 
femme; Ph. Leroi x : pisseuse, mot burlesque pour dire 
tille ou femme. 

Pitiable adj., cpii fnil |)itié cl ([ui a i)itié. 

Pitaux, n. m., jeu de bouchon. Dottin : pihnu. \ . taux. 

*Pitiasser, v. n., ètro boueux, en parlant du sol. « La pluie 
fine ne lave pas les routes, quand il pleut légèrement, 
ça pitiasse. » Terme qui tend à disparaître vite. 

*Pitoux-ouse, adj.. piteux, sens de penaud. V. péteux. 

*Piverté-ée, adj.. de deux couleurs. 
= Allusion au pivert. 

*Piverdène, surnom du bedeau (Dol). Surtout vers 1870. 
= Piverté (V. ce mot). V. custos. 



— 164 — 

*Pivolle. 

1" Petit coléoptcrc toiujc écartatc qui se trou\e surtout 
dans les lys. — Les savants rappellent du nom barbare 
de crioccris merdiycra. 

2° Jeu de société consistant à lever le doigt quand une 
tierce personne prononce le nom d'un volatile quel- 
conque (Pie-voie). 

= Petite viole (?). || Pays messin : violon, et en Ille-et- 
\ilaine : petit violon, d'après Paul Sébu^lot, cité par 
Rolland ^^K 

Place, n. f. 

P Sol, plancher d'une maison. 

« C'est demain dimanche 
La fête à ma tante 
Qui balte (balaie) sa place 
Avec une orange... » 

(Formulette enfantine.) 

2° A DoL on appelle aussi La Place le marché aux 
moissonneurs qui se tient tous les jours, à l'aube, place 
Touiller {olini, de TEperon), en juillet-août. [Dans le 
Centre : affeurage. du v. fr. : feur, place publique, forum. 
Jaubert, Suppl.]. 

*Placeron-one, ouvrier loué à La Place. V. Place (2°). 
*Platln, n. m., ensemble des poissons plats, tels que soles, 
plies Gherrueix). Le terme savant est « pleumonectes. » 

Plée p. pluie. V. pu (2°). 

Il CouLABiN. = Verrier : piée. 

Pleudre p. pleuvoir. « 11 va pleudre amj. » 

Pleume p. plume. 

Pleurnichard-de, adj., pleurnicheur. 

Il A Rennes : hannard (Goulabin). 

Pleuvasser, Comme ci-après. 
Il Verrier : pleuviasser. 

*PIeuveciner, v. n., diminutif de pleuvoir. On dit aussi pleu- 
vasser. 



(1) A Lisieux, on nomme pinvolle le hanneton (Le Hericher). 



— 165 — 

Il A Fougères : berouiner: Norni. : crossincr, heronincr 
(Eure). V. brimer, brumasser. 

Plombé, acij., livide. Se dit d'une personne qui a la ligure 
cramoisie. 

= Hazfelu : ijlombcr, rendre couleur plomb. 

Plorer }). pleurer. 

<< La pauvre Hélène 

Elle s'est mise à plorer. » 

{Le Pont de Nantes, Decombe, 222.) 

Ployer p. plier. V. Introd., 3. 

*Plumas p. plumeau. 

= \. fr. : plumail. Lsilé dans tout le nord-ouest. Coi- 

LABIN. 

Plumée, n. !., volée de coups. 

= Allusion aux luttes des volatiles qui s'arrachent les 
plumes. 

*Pooher, v. n. Etre trop ample, en parlant d'un vêtement trop 
ilottant. 
Il Eure : gader. 

*Poohetée, n. f., grande quantité, nichée. On dit d'une per- 
sonne à Tair lutin : « Eveillée comme une pochetée de 
souris. » 

= Poche. Il Dans Ph. Leroux : « Eraté comme une 
poire de souris » {Verbo : souris). En avoir une pochetée, 
être ivre (V. les syn. sous bâclée). 

Pocrassoux-ouse, adj., sale, crasseux. 

ji = Pocre (main) crasseuse. Marne : pocrassier, qui 
touche à tout ; Saint-Lo : pocrincr. manier salement : 
Verrier : pocrasson. entant malpropre. 

*Pocton-one, adj., manchot. 

= Pote, main gauche (Bosj. In pocton est maladroit 
comme une personne se servant de la main gauche. 
Il MoNTESSON : pocaud; Duméril : poqueton, homme qui 
se sert maladroitement de ses mains. Ce dernier sens, 
dérivé, est aussi entendu dans notre patois. Orain : 
pocton, maladroit de ses mains. Cf. Coi labin : épocanté. 
infirme, impotent. V. poque. 



— 166 — 

* Pognon, n. f.. épilliMt^ iiijuri(^u?e adressée surtout aux 
vieilles femmes. 
Il Verrietx : jxKjnoii. 

*Pohon, 11. m. (\\ cohan). 

*Poinclos, 11. ui.. gros crabe poilu dit tourteau ou poupart. 

Polka, 11. t.. coilTure des paysauues de Renues. Dottin. 

Pomme d artichaut p. artichaut vie fruit). 
- \'. ir. 

Pomme d'orange p. orange. 

= V. fr. 

*Pommé, n. m., conliture faite avec du cidre et des morceaux 
de pommes. 
Il Nantes : résiné; Baveux : mascapié; Dottix : poumé. 

Pomon p. poumon. 

Cette forme (plus voisine de l'étymol.) est recommandée comme 
ia plus française en 1755, par le Dict. Comtois (V. Index). 

Ponasse, n. f.. derrière d'un animal et. par extension, de 

rtiomme. 

= Pondre (par où les poules pondent) (Dans notre 

patois, on dirait : » les poules ponent »). Ph. Leroux : 

ponant, le derrière. V. fessouet. 

*Ponu p. pondu. 

= V. fr. NiSAun [Langage populaire, p. :3'33). 

*Popotte, n. f.. soupe pour les enfants, faite de pain eu 
i)Ouillie. Panade. V. tnrJnpine. 

Poque, n. f., main. 

il Cf. argot : poigne, pogne, main; Moxtessox : pocre, 
grande griffe, main. V. pocrassoux. 

Porée, n. f.. poireau, légume. 

= \\ fr. : porrel, primitif de poireau. 

*Porchet, n. m., mets célèbre au pays dolois. Il est composé 
de restes de porcs cuits au four dans une terrine et se 
vend le dimanche matin. 

Il A Rennes, il y a la casse qui s'en rapproche beaucoup. Cepen- 
dant elle se distingue du brouet dolois par Tadjonction de veau et 
de fromage (Coul-Abin). 

En Normandie, on appelle porchet un morceau de porc frais 



— 167 — 

(MoiSY). Vers Sainl-Malo, on entend par porchel le lard rôti vendu 
dans les assemblées, 

A Laniballe : fricot de cochon. 

*Porion, ii. m., glaïeul jaune des prés. 

= Porus, poireau. || Normandie. Bos ; poirion^ poi- 
reau; \'eiuueh : [Kjrilion, narcisse des bois. 

Porté pour, favorable à. 

Portion p. potion. 

= Confusion avec le Irançais porliun, part. 

*Portouère, feinelle qui a on a eu une portée de petits. Se 
dit surtout de la tniie. V. rupine. 

Pose (une), un espace de temps assez long. » .le me suis 
bien annisé, mais en voilà pour vnr po^e. n 

♦Posson, n. 1".. petits grains moulus en mélange., 

*Poster, V. a., poursuivre en courant, et v. n.. aller vile 
comme « la poste. » Verrteu. V. rpU'ttcr. 

*Pot (1). n. m., regard, ouverture dans une condnite d'eau. 
V. bonde. 

Pot (2). n. m., petit trou creusé dans la terre pour le jeu 
de canettes ou de tèque, fossette. 

Il Norm. : patte, petite fosse (Duméru.); A unis : cloc; 
Ras-Maine : épot (Dottin). V. patène. 

Pot (3), n. m., ancienne mesure pour les liquides. 

D'après des « papiers du temps », le pot de Dol valait 72 onces 
ou 4 livrer (1 litre 97(3, daprès Quernest). 

Pot (4) p. poteau. Se trouve dans les vieux textes. Au plur. : 
des pas. 

= A Combourg : un patt. V. Introd., p. 20. 

*Potène, n. f., bourrelet de terre pour enchâsser les racines 
d'un arbre au fond dn creux dans lequel on le plante. 

*Potiron p. pot-au-feu. 

Pouche, n. f., sac. 

Jouer chacun pour sa pouche, chacun pour soi (V. 
verho : torche). — Quand la pluie tombe drue, on dit : 
(( la pouche est déliée. » — « Au plus fort la pouche », 
c'est le plus fort qui l'emportera. V. arouser. rousée. 



— 168 — 

*Pouchette, ii. I'.. porhe dlialHl. Cf. anglais : pnckrt^ poche. 

Poue p. peur. Collabix. 
Il Maine, Vendée. 

*Pouée p. pou (Rabelais!', a II n a pas de puc(^s, les pouées 
les mangent. » 

*Pouées, n. m. pi., plante à Heurs blanches qiu pousse sur 
les talus {Stcllaria). 

Il A Plerguer : cotisette ; sur la côte : coucou; Nor- 
mandie : toctoc, toquard, toquet. 

Poulller, V. a., endosser un vêtement à manches. 

= Même origine que dcpouiller, son antonyme. Tré- 
voLX le donne comme vieilli déjà. 

Poule-grasse, n. f., plante qui a des propriétés émollientes 
^Lapsana communis). 
Nom très répandu dans les patois. 

Pouleté-ée, adj.. qui a des ampoules. [V. poulette {2'')]. 
Il JoREL : riboulé; Goulabin : poulette, ampoule. 

*Poulette (1°), n. f., buccin, petit coquillage en forme de 
cornet. V. coucou. 

Poulette 2''), n. f.. ampoule, poche liquide sous-épidermique 
produite par le frottement. Anjou. V. pouleté. 

Poulichon, n. m., jeune poulain. 

*Pouliyer, v. a., expédier, se débarrasser rapidement d'un 
gêneur. 

= Poulie. Terme nautique. V. Introd., 6. 

Poupette p. poupée. Petite fille (en mauvaise part). 

*Poupon. Ce mot désigne en français les enfants tout jeunes, 
(^hez nous, il se dit des enfants n'ayant pas 10 ans. 

*Pouponner, v. a., tenir dans ses bras, dorlotter un petit 
enfant, un poupon Coulabin. 

Pour autant, loc. conj.. cependant [VieuxJ. 

« J'en aurai, dit le loup, pour un mois, 
Pour aviant... » 

(La Fontaine, Fables, VIII, 27.) 

Pourceiier, n. m., marchand de porcs. 



— 169 — 

Pouroux-ouse, adj.. iieurcux. (lot i.ai'.in. 

= W ir. 

« Comme un lièvre poureux. » 

[i. Bereau, Eglogues, IV.) 

*Pourri, aclv., très, marque le superlatif. 

*Pourri, adj., humide, dans Texpressiuii : un liiccv pourri^ 
où tout pourrit dehors. V. noyé. 

Pourrite p. pourrie, u l'ue juimme pourrite ». V. [inilr. 

Poussant (temps), temps propice à la végétation. V. venant. 

*Pousser, v. a., continui.T ses études, les pousser, en vue de 
la prêtrise. Gollabin. 

Poussier, n. m., bran du hlé-noir. 

Il A Avranches : pouls de sarrazin. V. br(in. 

*Poussif, ii. m., soufllet. 

A Dourdain on dit : le yci(jiund ^Uiiai.n). V. ralour. 

*Poussiner, v. a., dorloter, dodiner. 

= Traiter comme la poule ses poussins. 

*Prâe, 11. 1.. méchante l'ennne. Injure. 

Prêcher, v. n., pérorer, discourir (Vekrier). 

Prée {). prairie. V. fr. 

Premier que p. avant que. 

* Prime, adj., hàtif. Des pommes de terre prirnes. 

= Lat. : priinus, resté dans primevère, prime-saut. 
Dans le v. Ir. : priinc, nombre cardinal, équivalant à 
premier. V. onj. 

*Prisage, n, m., inventaire. Acte authentique. 
Il Trévoux : prisage, prisée. 

Privé-ée, adj., apprivoisé, en parlant d\ni oisean. 

- V. fr. 

« Ayant crevé les yeux à un corbin (corbeau) privé. » 

(Noël DuFAiL, Eutrapel, XXI.) 

Il Veruieh : (ippricer, domestiquer. 

Profiter, v. n., croître, prendre de la force. Se dit des per- 
sonnes et des choses. V. pruncv. 
*Pruner, v. a., commencer une grossesse (sud de l'arrondis- 
sement). 



— 170 — 

Il Le Mière : iHunri\ fairo des enfants. A Dol, on dit : 
empietter (V. ce mot). || Cl". Verrier : poiimer (pour 
pommer). V. Supplcii}n}t. 

'Ptit (un), adv., un peu. 
= V. fr. 

« Tu as un petit le tinet brun. » 

(J. Bereau, Eglogues, V, I.) 

Pu (1°) p. juiits (Usité dans le nord de la France). 

= Lat. putens. Bos : puch; Decorde : puchei\ puiser 
(Picardie et Normandie). 

Sur ni p. u, V. contru, pertu. \\ Orne : pi; Cancale : 
puk. 

Pu 2") p. pluie (Vers Plerguer, on dit plutôt de la plée). 

Pu 3°) p. plus, adverbe. Pu bon, meilleur. 

Pucelage, n. m., porcelaine, coquillage univalve. V. guinée. 
Trévoux : pucelage, coquille de Vénus. V. goule-teuse. 
V. au Supplément. 

Puron, n. m., petit bouton sur la peau, pustule. 

= W fr. : porion, poneau, verrue (Bos). || Jauhert, 
Montessox, Goulabin. 

Q 

Quand c'est que p. lorsque, quand. 

Quant et, prép.. avec, en même temps que. S'emploie de 
préférence quand il y a mouvement. 
= V. fr. 

« La débauche, le jeu, la paresse attirent et tiennent à la chaîne 
iiuant et eux la misère et lextrênie pauvreté. » 

{Us et coutumes de la Mer, p. 287.) 
Jouer du pied quant el la ilûte, pour exprimer un accord parfait. 

V. o. 

Quart-moins (le) p. moins le quart. » Le quart moins de 
neuf heures », 8 h. -45. Les Anglais disent de même : 
a qwnter to. 

'Quartiers, n. m. pi., les membres inférieurs. Ne s'emploie 



— 171 ~ 

guèro que dans l'expression : se chaulfer les quartiers, 
pour (lire se chauffer les jambes à une grande llanibé^*. 
Il Cf. Jaubeht : se chauHer les acquêts. 

Quée-quée, cri pour appeler le cochon. 

Quenaille, n. f.. petit enfant. Pris surtout en mauvaise part. 
VERKn:R. 

= \'. f. <c Les puces et les poux et telle autre quenaille » (Régnier, 
Satyre, X). 

V. qaenuche. 

^Quenelle, n. f., bobine. 

= Celt. : kanel^ bobine. 

*Quenot, n. m., enfant. En mauvaise part. 

RoLSSEY : quegnot, bâtard; Dottin : kelot. 

Quenotte, n. [., dent. Terme enfantin. Hazfeld. 
Il Bealdoin : broquotte. 

"^Quenuche, n. f., enfant. 

= Chenucher (V). V. quenaille^ quenot. 

*Quère (!*') p. cuire. 

= Lat. : coquere. « Quère au même jour », être amis 
intimes. \'. querti. 

* Quère (2°) p. tiers (V. ce mot). 

Queroi p. croix. V. Inliod.^ C. 

Queroisée p. croisée. 

^Querouas. V. querouas. — V. Introd.^ G. 

Querre i). quérir. 
= V. fr. 

*Querti-ie, adj., rissolée à Texcès, en parlant de la viande 
desséchée (V. quère p. cuire). Fr. : havi. 
De même le dérivé : queroisée (croisée). V. Introd., fi. 

'*'Querui-ie, adj., mouillé, ruisselant d'eau. 
= Cru (V. ce mot). — V. Jntrod. 

Quécause ? (qu'est cause ?), pourquoi ? pour quelle cause ? 
= Crase. 

*Quette (1°), pas. « Il n'entend quelle. » 
= Breton : ket, pas (négation). 

12 



— 172 — 

Quette (2"), ii. f., jambe. 

Quetine, u. l., poiniiu' tombée avant maturité (Pleine-Fou- 
gères). 

(?) = Quère (cuire). Les pommes sont cuites {queutes) 
par le soleil. || Patois normand. Diméhu.. V. châtains, 

Quétrons, n. m. pi., traverses de bois servant à « charger » 
les pressoirs. 

Queuque p. quelque. 

*Quinepette. \'. cuJpctte. 

^Quinteau, n. m., amas de gerbes, dans les champs. 

= De quinte, v. fr., pour quinze. Les quinteaux se 
composaient originairement de 15 gerbes. || Normandie : 
dizain, mot d'origine analogue ; demoizelle (Pli quet) ; 
Jalbert : triot; H. -Maine : nombre (Montesson). V. pi- 
quette, deqnintelrr. 



E 



Râ p. raie. Double acception de poisson et de ligne. 

*Rabalet, n. m., auvent, petit toit au-dessus d'une porte, et, 
par extension, partie inférieure du toit et ce toit lui- 
même. 

= Rabat Tève (?). 

[Eve, eau (aqua'} est encore usité dans un grand nombre de palois 
(sud de ri]le-et-\'ilaine, Aunis...). Il reste dans le français évier.] 

Il Verrier : balet, vieux mot angevin p. auvent. 

Rabat-lait, n. m., anneau en bois, dans une baratte, empê- 
chant le lait de sortir par le trou du ribot, 

Rabine, n. f.. avenue, petit bois dans un ravin. Usité dans 
toute la Bretagne. 
11 Aunis : rahinée. longue suite d'objets. 

""Rabiner, v. n., voler des fruits dans les champs. 

= Rabine (V. ce mot). Influence de rapiner. Usité à 
Bazouges. 

*Rabolu-ue, ndj.. raboteux. V. hrrbolu. 

Rabouter, v. a., rallonger, mettre un bout à une corde. 



— 173 — 

"^Raccourci, n. m., choniin de traverse (Moisy). 

*Race (en), adv., avec ténacité, obstination, emportement. 
(( 11 marchait si en race. » 
Il Cf. Verrier : rade^ colère. 

Râche, n. f.. maladie éruptive de la tête. 

= M. Meyer dérive ce mot de l'italien raschia, gale. 

* Raccommoder (se), v. pr., se remettre, rétablir sa santé. 

V. ramarrer\ recaupir (se), repiquer (se). 

Racoin p. coin. « Dans les coins et racoins. » V. rntonr. 
Il Verrier. 

Racrotichonné-ée, adj., rabougri. 

^Radabonner, v. a., rapetasser, raccommoder grossièrement 
de vieilles bardes (On dit aussi ratnbonner). 

= TUihon (V. ce mot). I! Orne : rasonater; Aunis : nihov- 
signer: Goulabin : dabonner. 

* Radeau, n. m., pomme dite aussi Reinette d'Angleterre. 

= P. drap d'or (Rolland). Pyrus malus saliva. 

Radoubler, v. n.. revenir sur ses pas. Basse-Normandie. 

Rafalé-ée, adj., râpé, antonyme de cossu. || Goulabin. 

= Langage nautique. Gf. « Frappé du vent de bise- 
ruine. )) Ph. Leroix. V. grêlé. 

*Raflâtrer, v. a., cajoler une personne pour rentrer dans ses 
bonnes grâces. 

= Flatter de nouveau (?). 

Ragolle, n. f.. vieil arbre dont on a coupé la cime. Têtard 
(Verrier : tètaud). 

= Fr. : ragot. \\ Goulabix : ragosse: Verrier : ragossr, 
souche; Norm. : tocard. 

*Ragoustin, n. m., sorte de ragoût (Verrier). 

Ne pas confondre avec Tadj. : rigoustin (V. ce mot). 

*Raire ^V. rayonner), en parlant du soleil, du feu. thriller. 
= Lat. : radiare. 

« Une rayée de soleil 

Par le sainct soleil qui roye. >» 

{Pathelin. Jacob, p. G6.) 
Il Doubs : clair er. 



— 174 — 

Râle p. rare, adj. Dottin, Verhieu. — Nord. 

*Raloux, II. m., soufflet. 

= Le bruit du soufflet imite le râle. V. poi/.ssi/. 

Ramarrer, v. a., réparer, raccommoder des hardes. 

= Terme empruulé au langage nautique, et, partant, 
usité surtout sur le littoral. V. rudubonnev. 

Ramarrer (se), v. pr., se remettre, rétablir sa santé. 

\'. raccommoder {se), rccdupir (se) et repiquer {se). 

*Ramasser (se), v. pr., rentrer chez soi. 

* Ramer, v. a., doubler les talons des bas. V. renier. 

^Ramouceier, v. a., amonceler, mettre en monceau. 
= Moucé (V. ce mot). Verrier. 

Ramu-ue, adj., rameux, qui a beaucoup de rameaux. 

Il Bos : ramé, ramu, ramier^ branchu, touffu. Eveillé : 
ramé. 

"^Rancloux-ouse, adj.. suppurant, qui rend du pus. 

= V. fr. : ronde, plaie. || Bos : drnoncle, drancle^ 
raoncle. ronde, plaie suppurante; Jalhert : gitoui. 

Rangeau, n. m., seau à eau (Comboirg, où on prononce 
rangeotti. 

Il Vendômois : ringean. vase dans lequel on donne la 
nourriture aux animaux: Anjou : rangeot, baquet sans 
anse (Verrier). 

Rapasser, v. n.. revenir. Atre de retour, être repassé. 

Rapport, ]i. m., éructation (Verrier). Renvoi. 

Rapport à p. à cause de. 

Rarriver, revenir. 

^Raserie, n. f., boutique de perruquier. 

Raté p. râteau. 

" Je me peignais tous les dimanches 
O iun rati', sapergùuenne. >> 

(Decombe, 85.) 

*Ratour, u. m., tour. « Tours et ratours. » 
Il DuMÉRiL, Verrier. V. racoin. 

*Ravenelle, n.- f.. nom populaire de la giroflée jaune {Chei- 
ranthus cheiri). Manet : ravenelle ou violier jaune. 



— 175 — 

= CoTGHAVE : rnrancl. A lU'nnes on noninie cette fleur 
raïnoneHi\ sans doute parce qu'elle vit souvent sur les 
cheminées. Il Ramrnelle (Saint-Brice). Ro[.la>d. Vendô- 
mois : canifrr: Pas-de-Calais : muret (RotJ.ANn). 

NOTA. — Dans les Côles-du-Nord, on appelle de ce nom la 

moutarde sauvage dite russe chez nous (.Rolland). 

V. liusse. 

*Rayé (pronon. râjuc), sorlc de litos drap raye. 

« Ne scay quel veslre de rayr. » 

(Pathelin. Jacob, p. 82. j 

Rayée de soleil, éclaircie pendant laqurile le soleil rail 

(ou rit). 

= Raire ;V. ce mot). Bealdoix. 

*Rebinetter, v. n.. recommencer. i)ren(lre surtout un second 
verre. V. rccopiner. 

"^Rebisquette (être en), être de bonne humeur, plein d'en- 
train. 

= Se rebilTer. || Bennes : en quet-quet (Goulabin). 

* Rebotter, v. a., butter des légumes. 

Il RoussEY : rechausser; Verrier : asseUlonncr. 

Rebourser p. rebrousser. 

Cette métathèse vient sans doute de raflinité de sens 
avec rebours, V. Introd.^ \. 

"^Recaupir (se), v. n., se remettre, revenir à la santé, en par- 
lant dun malade. 

Il CouLABiN : se recopir (V. rccopiner). Cf. Montesso:<î : 
requépir. requeupir. voisins de récrépir ; Maze : reco- 
(juiUer {se), se regaillardir; Normandie : résunjir (resur- 
qere). V. repiquer (se). 

*Récent-ente, adj., sain d'idées, qui n'est pas ivre. 

= Sens propre. De même, en latin, reçens est syno- 
nyme de integer (Quicuerat. Thesa^irus); Maze propose 
rectus sensu. V. Introd., p. 9. 

*Rèchard-de, adj.. revêche. rèche. 

Sur la syllabe dépréciative ard. V. bléchard, etc. 

*Rechéver, v. n.. retomber, en parlant d'un malade qui cesse 
d'aller mieux. 

- Fr. rechoir, jj Vendômois. Verrier : rechiver. 



— 176 — 

Réciée, n. f., après-dîner. » Le tantôt », comme on dit main- 
tenant. 

= Lat. : rc-cœnarc, redîner. A Toriginc, ce mot s'appli- 
quait exclusivement à la collation de 4 heures. Rabelais. 

Il Thévoix : rècmci\ colla tionner ; Lacombe : id. ; 
Lacirne : r échiner; Verrier : ressiéc^ après-midi, res- 
sion, collation; Moisy : récine, collation: Montesson : 
reissicr^ collationner; Martellière : réciner, faire colla- 
tion; Jalbert : ressie; Orain : ression^ r es siée; Dottin : 
résyé, resyoner. 

*Recopiner, v. n., faire à nouveau, recommencer. 

Il Verrier : recoper, recommencer. V. rebinetter. 

"^Recotin, n. m., enfant né longtemps après les autres. 

= Recopiner (V. ce mot). || H. -Maine : recoqué^ rcco- 
quuau ; H. -Normandie : tardillon (Decorde) ; Anjou : 
repichon (Verrier); Dottin : rekoker, avoir un enfant 
longtemps après ses frères et sœurs. 

*Rectalement, adv., recta, droitement. 

*Redarer (se), se pavaner, faire le beau, se requinquer. 

On dit d'un arrogant qu'il « se redare comme un pouée 
(pou) sur un évêque. » 
Il Coulabin. V. repiquer (se)^ etc. 

^Redoubler, v. n., s'en aller, retourner d'où on est venu. 

= Faire le chemin doublement. On dit aussi radoubler. 

^Réflections p. réfections. Dans l'expression prendre (ou 
faire) ses réflections p. se restaurer, prendre son repas, 
sa réfection. V. Introd., 1, 4 p. 

Régenter, v. a., corriger, donner la fessée à un enfant. 

* Regrettant p. regrettable. 

Dans un sens autre, on dit être regrettant p. regretter, 
avoir du regret. V. abordant. 

Reinette p. Reine, prénom de femme. 

*Rejetin, n. m., rejeton, principalement de chou brocolis. 
Il Doubs : brondons (V. fr.) (Beaiquier); Normandie : 
chimette, 

*Relle p. raie, ligne. 

Dans Bos on trouve les formes : rai, rei, roi, ré, p. raie, trait, 
et reille, barre. 



i l — 

*Remée, n. f., saindoux. 

Il Bos : remes UW reniai iidry), ce (jui reste après le 
dépeçage d'un animal, abattis, suif, graisse. 

Remettre (se) p. se rappeler. « Se remettre d'une personne. » 

Ren p. nen. 

= LaL : rent. 

*Renardsr, v. n.. iK'siler w prv-ndre une décision. 

*Rendoublé, très, niarqu*' le snperlatil'. » Hendoublé coquin », 
doublement coquin. 

* Renforcé. Même sens que r<'ndoublé. 

"^Renoçon, n. m., repas que les pareids offrent aux mariés 
le dimanche qui suit la noce. \'. retour de noces. 
Il Loire-Inf. : rcnduilles;. 

Renonci, n. m., renonciation, acte par lequel on renonce à 
un droit. 
Ce mot était, à Dol d'un usage courant au XVIIP siècle. 

Il COILABIN. 

Renter, v. a., rallonger des bas. 

Il Verrier : enter. V. romer. 

*Repîquer (se), \ . pr. 

1** Se remettre d'une maladie. V. recaupir (se), raccom- 
moder {se), ramarrer (se), 

2" Se requiuipier. \'. rr durer {se). 

^Repiquer, geler à nouveau. \'. piquer. 

Reprocher, v. n.. domier des nausées, en parlant des ali- 
ments absorbés et dont le goût revient désagréablement. 
Il Veriuer : reproches, renvois de Testomac. Eure : 
venir au reproche, avoir des éructations désagréables. 
\'. rapport. 

*Repuce, n. m., crochet auquel on met le seau, espèce de 
porte-mousqueton qui termine la chaîne d'un puits (La 
Boussac). 

^Repusser, v. n.. revenir sur soi, par choc en retour, en par- 
lant d'un objet lancé ou pressé, rebondir. 
Il Verrier. Duméril : redinguer. 

^Requinquée, nom de Taster, fleur vivace à tige rigide. 



— 178 — 

= Se requinquer, se redresser, faire le beau. || Patois 
iiorm. (Moisv): \'erriek : requincler, v. a., vêtir avec 
recherche. 

Réseau p. résille. 

Résipère p. érésipèle. 

Resource p. source. Prosthèse coniniuiie. <( De l'eau de 
resource ». \'. Introd.. I, \. Contusion avec ressource. 

*Réserve p. excepté. « Prenez tout réserve celui-ci. » 

Resourdu-ue, ad.j., bouffi, enflé, eu parlani du ventre. 

« (juand on n'a rien à se mettre sous la dent », on n'est pas 
rcsourdu, c'est-à-dire : quand on n'a rien à manger, on n'a pas 
le ventre gonflé. 

(( La pâte ressourdue », prend du volume. Pat. norni. 
(Moisy). 

Respect de vous p. sauf votre respect. Formule de politesse. 

Ressembeier p. ressembler. Se conjugue comme appeler. 
« I se ressembellent comme deux gouttes d'iau », 
V, assembeler, sernbeler. 

Retirance, n. f., ressemblance. 

= Retirer à, pour ressembler, autrefois d'un usage 
général et employé encore dans un grand nombre de 
patois. 

Retorner p. retourner. 

= Lat. : tornare. , 

*Retouiller, v. n., remporter du marché une marchandise 
invendue. Ne pas étrenner oblige à tout retouiller. 

Retour de noce, n. m., repas offert, peu de temps après un 
mariage, aux nouveaux époux par des invités. 
Il CouLABix. V. renoçon. 

* Retraite à porcs, n. f., étable pour les cochons. V. soue. 

*Retreint-einte, adj., constipé = restreindre. 

Revange p. revanche. V. bégnsse. 

Revoyure (à la), au revoir. Verrier. 

Ribon-ribaine, adv.. bon gré mal gré. 

Notons l'explication de Le Hertcher : « Ecrivez RIS BON RIS 
BEN (BIEN), vous obtenez : ris bon, ris bien, que tu ries, cela 
se fera malgré ton rire ». (?) 



— 179 — 

*Ribot, n. m., rondelle de bois, munie d'un long manche, 
servant à remuer le lait dans la baratte. 

= Bret. : ribot, barntte (à Pipriac, ribot a le sens de 
baratte. || Letournel (Oratn). Roissey : beuluro ; Nor- 
mandie : barntoti 'Moisy). 

*Riboter, v. n.. baratter. 

= Agiter le ribot (V. ce mut). 

*Ricardeau, n. m., mollusqn(.' bivalve dit aussi coquille de 
Saint-Jacques (genre peigne). 

Il A Saint-Cast (Côtes-du-Nord), on donne ce nom à la 
coque. La coquille Saint-Jacques y est appelée dahin 
fRuLLANu). Norm. : vanel. 

"^Richonner, v. n., rire u en dessous », rire jaune. 

Il A La Boussac : couichcr (V. ce mot). Cf. celtique : 
rinkin, ris moqueur [Le Gonidec) ; Verrier : riocher. 
V. réchnrd. 

"^Rideau, n. m., crible à blé. 
= Bret. : ridel, crible. 

"^Rideler, v. a., passer au crible (V. rideau). 

D'une délibération de la municipalité de Dol, du 13 fructidor an II, 
il résulte que les boulangers de la ville se plaignaient que « les 
paysans ne se donnaient pas la peine de rideler le blé apporté au 
marché ». ' (Dol, Archives.) 

Rigoustin-ine, adj.. guilleret, enjoué. 
Il Rennes : vccfoustin (Coulabin). 

Rikiki, n. m., friandise. « Un petit verre de rikiki. » 

^Ringant, adj., reluisant. « Des souliers rinqnnls neufs. » 
Il CoiLAHiN : riganf. 

*Rion p. rayon, petit sillon où Ton sème les graines. 

*River, v. a., mettre les bestiaux à paître sur la lisière d'un 
champ (Marais). 

= Rive, bord d'un fossé, limite naturelle des pro 
priétés. V. nfforionner. 

"^Rocambois, n. m., oiseau, espèce de petit pivert. 

Il Verrier : roque-en-bois, oiseau, sorte de traquet. 

Roche, n. f., pierre, caillou. 

= Synecdote (V. Introd.). 



— 180 — 
•Pochette, n. f., noyau (\c corise. 

« (Juand la rocheUe est au bois, 
Le pépin n'y est pas. » 

Proverlu' \uulaiit dwv : quand il y a des cerises (l'ruils 
à noyau) il iiy a pas de pommes (fruits à pépin). 

Un appelle les gens d l::piniac ventres de rochettes (V. Annales 
de la Sin-. histnr. de ^ninl-Mnlo, 10(K), notre Essai sur le Blason 
pojtutai't . 

I! Les noyaux de eerises s'appelk-id coques à Aiilraiii. 
X'UMU. : cdilloii (Moisv). pierre (RfUJ.AM) et Moisv). 

*Roiner, v. a., roncrer (pronon. rouèner). V. roncher. 

*Roiselle, n. f.. ligne de Therbe coupée laissée par la faux. 
— D. aroiseler [\ . ce mot). 

Roler p. rouler. 

[Roler ne s'emploie pour rouler que dans le sens de 
mettre en rouleau (une feuille de papier, etc.). Dans les 
autres acceptions, on dit rouler, comme en français. 
Exemples : « Pierre qui roule n'amasse pas mousse »; 
— « Rouler du blé ». passer un rouleau dessus]. 
= V. fr. : rôle, rouleau de papier. 

*Rollon, n. m., barreau de chaise. 

Il A Rennes : baraciau.r (de Corvey), rollet (Coulabin). 
\'errier. 

*Rondir, v. n., s'arrondir, devenir rond, et, par extension, 
devenir enceinte. 
Il Cf. ranglais to round. 

Ros p. roseau. Maison couverte en vos. 

•Rosière, n. f.. plaine, bruyère. 

il Cf. LoBiNEAU : ros^ vieux breton : plaine humide. 
Ln n osier e. grande plaine entre Plerguer et Lillemer. 

•Rossée, n. f.. volée de coups. 

= Rosser. V. roustée et ses synonymes heurdiée. 
plumée... 

*Rossoné-ée, rissolé. V. Introd., I, 4. 

Rote, n. f.. sentier. 

= V. fr. : rote, de ruptn. || Vers Trans : rote messière, 
sentier rustique. Bos, Laci rne. V. Introd., I. 



— 181 — 

*Rotie, n. f., tranrhe do pain grilléf; treinpéo dans du ridrr. 
Il En Franche-Comté, des rihlrtles. 

"^Rotoué, 11. III.. Icvici- rn bois (iiii sert pour tuiirner le ca- 
b<.\stan niaiiilciiant les boites de paille et de loin sur une 
charrette (Hazfkld : tortoir). 

= Rotarc^ loiinicr. || Norm. : vniuiiuc; Aunis : taDcilc; 
Hfm i)(>i\ : rnic, hai'l pciir- lier les fagots. V. colle. 

"^Rouache, adj., dur au touelicr. et,, au ligure, boni ru, revôche. 
= Angl. ; roiujli, rude, raboteux. 

A comparer au franrais rèche, que Roquefort et Braciœt tirent 
de l'allemand et que Nodier comprend dans son Diclionnaire des 
Onomatopées. 

Il G0LLA13LN : rdclioux. 

"^Rouchements, n. m. pL, coliques, douleurs au ventre. 
Il CoLLAUi.N : rouciieries. 

"^Roucher, v. a., ronger, manger quelque chose de dur. Aunis : 
rouger. Verrier. 

= Corrui)tion de ronger. V. roiner. 

*Rouéner. \\ roiner. 

Il Cf. le fr. : rouanne, tarière. 

Rouelles, n. f. pi., roues et âge de la charrue. 

= V. fr. Bos : roèle ; Lacombe : roée. \\ Collabin : 

rouelle, petite roue <rune voiture. Cf. angl. : rowel, 
cer('l«\ 

Rouet, 11. m., roue de brouette. V. rouelle. 

Rouget, n. m., variété de pomme acide cultivée surtout pour 
lexportation {Pgrus malus satwa). 

Rougeule p. rougeole. 

'''Roulif, adj. Se dit d'un pied d'arbre dont les couches concen- 
triques se détachent les unes des autres. 

Roupion, 11. ni., i)etite protubérance à la partie supérieure 
d'une toupie. 

Il CoiLABi.N : moine. 

Rousée p. rosée. 

Sur ou p. o, V. arouser, pouche, etc.. 

Rousine p. résine. 



— 182 — 

*Rousté-ée, adj.. taché do rousseur. 
= russus, roux. W marié. 

*Roustée, n. f., volée de coups. V. rossée. 

*Rouyère, u. f.. ornière. 

= Roue. Il Norui. : rcuHcre (Moisy); VERRum : rouère; 
à La Fresnais : brcji. On dit aussi osnière (Roz-Lan- 
drieiix). X. onicrc. 

"^ Ruban, n. ni. pi., bandelettes de bois enlevées par le rabot 
et enroulées comme des rubans. 

H Rennes, Saint-Malo, Dinan : freluches^ jerluclies ; 
Norni. : rolels, frisons (Moisy); Dottin : parots; Aunis : 
ripes; \'endômois : vrillons; Gh. Nodier : {lie {Dict. des 
onomatopées). V. Introd.^ 4. 

^Rudement, adv., beaucoup, très. 

(( C'est rudement beau. » — « 11 a rudement du 
toupet. » 

Ruffi-ie, adj., usé. Se dit d'une personne « bonne à faire 
un mort. » (Bonnemain). 

*Runger, v. n., ruminer. 

= V. fr. Bos : runer^ rongier^ ruminer. 

*Rupine, n. f.. truie-mère. V. portouère. 

*Russe, moutarde sauvage [Sinapis arvensis). 

= Lat. ei'uca (Collmelle, Eruca salax, De Re Rustica, 
\, 372). Il Norm. : (juélot (Moisy); Joret : rucJie^ érussé. 
V. ravenelle. 

Russe p. ruisseau (V. Inirod., lettre J). V. dérusseler. 

s 

Sa p. soif. 

Saboter, v. n.. faire du bruit on marchant avec des sabots. 
Il Verrier : cramailler. 

*Sabre, n. m., iris bleu qui vient sur les toits. 

= Analogie de forme. De même glaïeul en français, de 
gladiolus, petit glaive. || Centre : flambe (Jai^bert). 
Supplément. — V. porion. 



— 183 — 

*Sac-à-diable, suriiojii doniié à une pcrsuime liardio ol clt''Vt'r- 

guiidée. Femme ;iii.\ allures masculines. 

= V. fr. 

« Je vis bon sac à guiable. » 

[Lettres de Montmartre, p. Jeannot Georgin (1750), 
cité par Cn. Nisard, Lany. popuL, p. 382.) 

Sacquer, v. a., tirer à soi. 

= Tirer du sac. || Bos : sachic)\ saquer; Normandie. 
Hazfeld : » saquer », forme normande-picarde, pour 
sacher. V. assaquei\ dessaqué. 

Sacre, ii. m., la Fête-Dieu. La première procession a lieu le 
matin et est appelée grand sacre; la seconde, dite petit 
sacre, se fait l'après-midi (Oual\). 

'''Sacrement, n. m., Elévation. Moment de la messe où le 
prêtre élève Thostie pour la consacrer. V. introduction. 

Sade p. fade. || Norm. : sade, agréable au goût. 

= V. fr., du la t. : vapidus, sapidus, qui a de la saveur. 

Saf, adj., aride, desséchant. « 11 fait un temps saj. » 

= Dans GoDEFROY on trouve salir e avec le sens de vif, 
ardent, vigoureux. || Goulabi.n : salre ; Poitou : arc; 
PnnjBERT Leroux : saHre, envieux, rude, colère. V. sapé. 

Saganner. V. maganner. 

*Sagoin, adj.. terme d'injure. V. ci-dessous. 

*Sagon, n. f., femme sale et dégoûtante. 

(?) = Lat. : saga, sorcière, entremetteuse. || Beaidoin : 
saga, souillon. 

"^Sainter, v. n., souffrir au moral, s'impatienter, en attendant 
ou en entendant quelqu'un. 

= Saint (On dit couramment : « la patience fait les 
saints. ») (?). 

"^Salade, n. f., laitue. On prend ici le genre pour l'espèce. 
Dans nos campagnes, la laitue est la seule salade 
cultivée. 

*Sane-chien, n. m., mauvais couteau. 
Il \^ERRiER : senard. V. ci-après : 

*Saner, v. a., châtrer. 

^ Lat. : sanare, guérir. Jadis, cette opération était 



— 18'i — 

pratiquée par les vétérinaires de campagne, dits gué- 
risseurs. Il Bos : sener^ guérir ; Anjou, Aunis, Maine, 
Centre : scner^ châtrer. 

Sangle, n. 1\ C'est le zona, dit ailleurs cindre^ éruption cir- 
culaire du ventre. 

= Mot formé comme zona, qui veut dire ceinture. 

Sap, apocope de sapin, u En bois de sap. » 

Sentir le sap, sentir le cercueil, sentii' la mort. 

Sapé-ée, adj., revèche, sec. Coulabin. V. sal. 

^Sapristolet p. sapristi. Juron. \'. hongre, bougrine. 

*Sarcet, n. m., maladie de peau des enfants. 

""Satisfaire, v. n., faire son service militaire. 

*Saucée, n. f.. pluie pénétrante. V. trempée. 

Saucet, n. m., petit trou pour le beurre, dans la bouillie. 
= Où l'on sauce chaque cuillerée. || Verrier : œuf à la 
saucette (à la mouillette). 

^Saugniard, adj., sournois, dissimulé, qui n'est pas franc. 

= \'. fr. : qui songe. Evangile des Quenouilles (1475) : 

songnart. 

« Songears maudits, plains de mélancolye. » 

,Faifel', Légende [oyeuse, « Ballade aux Lysans », vers 5.) 

= Cf. Vendée : seugnaer, être sombre et pensif (Rével- 

lière-Lepeai x). Il A Plerguer : sorgniard; Coulabin. Sur 

Ja désinence ard, V. bléchard, etc. Vendée : seugnaer, 

être sombre et pensif (Revellière-Lepeaux); Bas-Maine : 

sognard (Dottin) ; Verrier : songeard; Antrain : son- 

gnard. Cf. provençal : sorn; Hazfeld {verbo, sournois). 

Sauvagin, n. m., nom servant à désigner les animaux sau- 
vages qui pillent les poulaillers (martres, fouines, putois, 
renards, loutres) (Quernest). || Hazfeld : sauvagine. 

Sava p. savoir. 

*Saveter, v. a. En fr. : gâter un ouvrage en le faisant ou en 
le réparant mal. Dans notre patois : salir, détériorer. 

"^Secouée, n. f., tapée, grande quantité. Verrier (V. les syno- 
nymes à bâclée). 

Secoupe p. soucoupe. 



— 185 — 

Seguë |i. ciguë. 

*Séguin-ine, adj.. al<^rtp, dispos. seinillmU. 

« Elle est beii srguine », id est : elle a la joue sous 
l'œil. Se dit d'une jeune fille à l'air éveillé. 

Seillon p. sillon (CoTCiH.WK}. V. seuillon. 

Seillot, M. m., seille, seau en bois. 

= \'. fr. Lac( RNE : seillau: Rarei.ais : seillau (lat. : 
sitelhi. de situlai. || Vers ConibourR : ranrjeau. (site en 
Franche-Comté. \'. siau. 

Selllotée, n. !.. cont''nu d'un seillot [\. ce mot;. On dit éga- 
lement siotée. \ . siau, siotée. 

Sembefer p. sembler. Se conjugue comme appeler. V. assem- 
hi'lei\ ressembeler. 

Semouille p. semoule. 
= V. simerai. 

Senâs, n. m., mauvais lit. 

= Par analogie au grenier à foin -Al. Leroix : ornas), 
où couchent les journaliers, dans les fermes. || Col- 
LABiN : senas. grenier à foin: Montessox : smard, senas, 
mauvais plancher : Fr. (jodefr«)V : chcnnil. grenier. 

DlMÉRU.. 

*Sent-à-bon, n. m., tout ce qui a une odeur agréable. 
L'eau de Cologne est du sent-à-bon. 

Sente, n. f.. odeur. A Jersey on dit : sent. n. m., d'après 
Victor-Hugo Les Tidrailleuis dr lu mei\ 1. Xl\'). 
= Sentir. 

Sentu p. senti, participe de sentir Trévoux). 

*Serpidâs, n. m., femme méchante et bourrue. 

= ?, Serpent. Dans Fmfel on lit. chap. VIII : 

ce 11 y a voit en la \ille d'Angers 
Ung lorpidum... une vieille bigote'». » 

Serpidas. lorpidum. loripes (qui a les pieds tortus), 
pourraient bien avoir une commune origine. Il Cou- 
LABiN. Verrier : snpia: Orain : serpidns. femme haute 

et déhanchée. 

Seuillon p. sillon. 

li DoTTiN : seyon; Beaudoin : seillon. V. seillon. 



— I8() — 

Seyer, v. a., scier des céréales avec la faucille. 
Sez p. chez. DoTTiN. 

Si. Cette conjonction donne lieu au dicton suivant : 

« Si mon c... était fontaine, 

Tu bérez ^boirais) à longue iialeine. » 

*Sia p. SI. 

(( Vous ne voulez pas ? — Sia », c'est-à-dire : « si, je 
veux. » — « Ma (a sia », loc. adv. : ma loi oui. 

= Bret. : ia, oui (A. Leroi x). || Orain donne sia avec 
le sens de oui. 

Siau p. seau. 

= Lat. : silula. Forme plus voisine du latin que le 
français seau. Sur i pour e, V. liger^ simcile. — V. siotée, 
seillot. 

*Sicot, n. m., ce qui reste d'un arbre mort, d'une dent. Pr. : 
chicot. 

= Lat. : siccus^ sec, sans sève (?). 

Sièdre p. suivre. 

Le part, passé siédu est très employé (V. sieudre). 

^Siédu (1°), n. m., seuil de porte, où l'on s'assied à la cam- 
pagne, le soir, en mangeant la soupe. 

= Lat. : sedes^ siège (V. 2*"). Letournel. || Gollabin : 
seule, f. Cancale : séglu (M. AIaïuurin et Dagxet). 

""Siédu (2''), part, passé de sièdre ou sieudre. 

Sienne (la) p. celle. Usité à Jersey. 

*Siens (les) p. ceux. « J.cs siens qui ne sont pas contents 
qu'ils s"en aillent. » 

Sieudre p. suivre. 

Il GouLABiN. V. sièdre, siédu (2°). 

Sieute p. suite. 

*Signe p. signature, a Mettre son signe. » 

Simelle {). semelle. Sur i p. e, V. liger, siau. 

Simerai ^ou sumeriau), espèce de gâteau azyme vendu aux 
marchés et aux foires 10, 15, 20, 30 et 40 centimes, 
fabriqués à Pleurtuit, Saint-Solen et à 1' « Asyle », près 
Dinan. 



— 187 — 

.= Lai. : simila, fleur do farine. 

\". la très intéressante étude de M. Georges Saint-Mleux sur 
Quelques pâtisseries rnalouines, dans V Hermine du 20 mars 1904. 

V. bagé, barre, canaux. 

*Siner (1°) p. signer, mettre son signe (V. ce mot). 

*Siner (2°), v. a., frapper avec les cornes, en parlant de la 
chèvre. Fr. : cosser. 
V. biller, daguer. 

Sinon que p. sans que, si ce n'était que. 

*Siotée, II. f., contenu d'un seau. On dit aussi seillotée. 
V. siau, seillot. 

"^Snaud, terme de mépris. « Vilain snau. » (V. Inlrod., F® et 
IP Partie). 

Prononc. : snâault. \\ Cf. Toubin : senau, bateau de 
course. 

*Sôgnard. V. saugnard. 

*Soleil p. soulier. 

= Lat. solea, sandale. V. Introd.^ I, 5. 

Soldar p. soldat. 

= V. fr. 

« Ta maison et tes biens saccagez des soldars. » 

(Régnier, Discours au roi.) 

*Solu-ue, part, passé, p. vendre (Vieux). 

= Lat. : solutus, de solvere (payer). Le paiement est, 
en effet, le complément de la vente. Ici l'effet est pris 
pour la cause. 

*Somme, n. f., ancienne mesure pour les grains. A Dol, celte 
mesure valait : 

Froment 320 livres. 

Seigle 260 — 

Orge, sarrasin, paumelle 240 — » 

Avoine 324 — 

(Archives, Mercuriales, 13 ventôse X, note.) 

V. boissé, demeau. 
*Souaquin-ine, adj., celui ou celle qui souaquine (W. ce mot). 
*Souaquiner, v. n., s'aider mutuellement pour les travaux 



agricoles. 



13 



— 188 — 

Il QrKRNEST : souhaiter : Hte-Norm. : se clmconncr ; 
DiMÉRii. : sowttcr: Béai doin : smtier. 

Aux archives de Dol figure un tableau des « harnais, soit entiers, 
soit par soiiatinage » (22 janvier 1814). 

= Moisv donne soitatri\ qu'il lire de soloi\ soulager. 

Souba, n. m., giui, paille battue à la main (Rennes, Pleine- 
Fougères). 

Il Breton : soûl, chaume. A Dol. on dit gerheay (Voir 
ce mot). 

Soubriquet p. sobriquet. 

= \. fr. Des Périers, p. Ii6. 

*Souche, II. f.. numéro le plus élevé au tirage au sort. 
Il Bourgogne : laurier (V. bidet). 

^ Soue, n. f.. étable à porcs. 

= Lat. : suile, étable à cochons. || Dottln, Bealdoin. 
V. retraite à porcs. Guernesey : soute (Moisy). Cf. le fr. 
souiller. 

Souie, n. f.. taie d'oreiller. 

Il A. Leroux : souille, taie d'oreiller. On dit communé- 
ment « tête d'oreiller. » (V. Introd., I, 4). 

Soula p. soleil. 

» Avoir du bien au soula ». être riche. 

Soune p. son, devant une voyelle ou une It muette, a Soune 
homme », — u Soune enfant. » 

*Souquer, v. a., serrer, faire un nœud à une corde. 

= Terme de marine, jj Jal (Dict. nautique). » serrer 
fortement un amarrage. » Verrier). 

*Sourciner, v. n.. couler de source. V. sous le mot suivant. 

*Sourcineux, nrlj.. où les sources abondent. — Eure. 

Carfantain près Dolj est un pays foncièrement sourcineux (comme 
du reste, l'indique létymologie : A'er, village; ioutein, source). 

RoN.sARD a employé sourcer : 

« Faire parler Thespis et sourcer sa fontaine. » 

{Bocage royal.) 

Il MoiSY : sovrcin. source peu profonde : Verrier : 
sourceux, inacroux. 



— 189 — 

"^Sourgoulier-ère, adj., qui a un double menton. 

"^Soursoubler, v. a., troubh.T, agiter une personne, la nieLtre 
hors d'elle-même. 
= Surtroubler. 

Sourtîrer p. soutirer. 

Sur Taddition de IV, V. Inlrod. On dit aussi transmdev. 

"^Soutint p. soutenu (de soutenir). V. cusoutint. 

"^Souton (Var. sauton). n. ni., homme dissimulé et sournois. 
= Marine : soute; un soutou est somijre comme unti 
soute à charbon (?). V. saiigniard. 

Souviendre (se), se souvenir. 

Su p. sureau. Employé par Rabelais. 
Il BuREL et Trévoux : seu. 

Subler, v. n., sifller. 

V. fr. (Rabelais). || Bos : sibler, subler. Verrier : 
sibler. V. Introd., 4. 

= Lat. : sibilare (Hazfeld). 

Sublet p. sifflet. 

= V. fr. Lacombe. Jadis il y avait, à Saint-Malo, la 
[aire aux sublets. 

Subout p. debout. 

Il DoTTiN, Oraln. Dans le v. fr. on trouve subout^ inter- 
jection. « Subout^ qu'on quitte. » (J. Bereai, (>t/r.v, VI). 
V. debout. 

Sucandif [>. sucre-candi. V. lettre P {Introd., II). 
^Suciau, 11. m., chataig-ne bouillie avec sa pelure. \\ bogurttr. 

Sucré-ée, adj., fat, vaniteux. 

'*'Sumerai. V. simerai. 

Superbe, adj., arrogant, orgueilleux. 
= Lat. : superbus, même sens. 

Supper, V. n., aspirer, humer, avaler un liquide en retirai d 
son haleine. 

= Angl. to sup, même sens. Vieux terme. 

(Notons l'explication du bon Ménage qui voit dans ce mot « humer 
de la soupe » (V. Hazfeld : souper). 

Il LacOxMbe : supper, humer; pat. norm. (Moisy). 



— 190 — 

'Support (en), indécis, en parlant du temps. 

= Le temps a du mal à se supporter. V. gandillcuj . 

Surelle, n. f.. oseille sauvage. 

= S{t/', aigre (Moisy). || Nord. Le Trkvoi x le donne. 
Patois normand : vinette (Moisy). 

'Suret, n. m., sauvageon, jeune pommier non greffé. Fr. : 
égrin (Hazfeld). 

= Sur, aigre. |I Donbs : buchcnier (Béai quier); Anjou : 
agrasya ^Verrier). 

Les fruits des surets ont un goût acide très prononcé 
^V. cheni). || Norm. : hoquet; Loire-Inf. : marotte (merus^ 
pur, intact). 

'Suretière, n. f.. pépinière, lieu où sont les surets (V. ce mot). 
On dit aussi suletière. 

Survenir p. subvenir. 

= V. fr. Amyot (V. NiSARD. Lniu}. popuL, p. 198). 
Il Norm. : suvenir (Moisy). 



Ta p. toi. GouLABiN. 

Taban, n. m., sorte de manteau de femme (La Fresnais). 
il Bos : tabar, manteau. 

Tabaquière p. tabatière. \'. que p. tué. Forme plus conforme 
à rétymologie. 

'Tablet, n. m., sorte d'établi à l'usage des lavandières. 

Tablette, n. f.. pierre plate sur laquelle repose la rucbe 
d'abeilles. 

Tabot, n. m., boue. 

= Cf. lat. : tnhes, neige fondue. 

D. tabotoux, boueux (Trans). V. bouillon. 

Tabut, n. m., tintouin, tracas. 

= V. fr. Il Lacombe : tabut, noise, querelle; Bos : tnbus, 
tabust, tapage, bruit de tambour (tnbor. tobnur, tabur, 
tambouret). Cf. bret. : tabut, bruit, dispute, querelle. 
Collabin. V. les dérivés : aJtnbout et trabasse. 



— 191 — 

Taït, n. ni., élable. 

= V. fr. : têt, toit {ieclum). Très commun dans les 
patois. Il 7V'^ clans Jaubert, Martellière, Meyer, Mon- 

TESSON. 

Taiard, n. m., bulle de vase dans les anses de la Rance. 

= Brct. : tal, Iront. H Talai\ sillon de front (Le Oo- 

MDEC). 

Dans ce sens on dit a IJuzouges ai oir les yeux sous le Itilar 
pour : froncer les som-cils. 

*Talma, n. m., grand manteau que les paysannes cossues 

portent quand elles sont « sur leur 31. » 

*Taloche, n. 1'., quignon, gros morceau de pain. 

= Talon. Cf. A. Leroux : talot^ homme fort et court. 

^Tambouille, n. f., mets, fricot (Sens ironique). 

(( Je no voudrais pas manger de sa tambouille », dit-on 
d'une femme qui manque de tenue. 
Syn. : poboinlln^ ratatouille . 

*Tamponner, v. a., toucher quelque chose malproprement. 
Ce verbe est français, mais avec un sens autre. 

Tantine p. tante (Enfantin). 

Egalement usité à Rennes (Coulabin). 

Tantouiller, v. a., tremper du linge dans Teau en Tagitant. 
= W fr. : toailler, toeiller, tremper, frotter. || Cou- 
labin, Verrier : éguézicr. V. perrayer. 

^Tarasque, n. t., bosse causée par les larmes des œstres sur 
le dos des bœufs. 
= Cf. tare, laroupe (?). 

*Tatouille, n. f., volée de coups. 

= Onomatopée. 

*Taumier, n. f., enfant gros et potelé. « Un gros taumier. » 
Il Le Trévoux et Godefroy donnent ce mot comme 
terme injurieux, sans le définir; Grain : toquart. V. tour- 
loure. 
Taupette, n. f., petit carafon à eau-de-vie. 

= MM. Jaubl;rt et Martellière (ce dernier dans [Intermédiaire, 
XXXIII, 469) écrivent tapette et rapprochent ce mot de l'anglais 
to tope, trinquer. Il nous parait plus conforme à la sémantique de 
le rapprocher du vieux mot de la langue d'oil, topin, pot, que Bos 
dérive de l'allem.and topf, même sens. 



— 192 — 

Il Patois normand, N'endômois : topctte, petite bou- 
teille; Languedoc : tapi, pot; Verrier : tope, bouteille. 

*Taupiner, v. a., giller. 
= Tape. 

*Taurelière, n. f., génisse stérile. 

il A Rennes : aloyée. = Pr. : taure, génisse. 

*Taux, n. m., jeu de bouchon ou galoche ou palet. Le bou- 
chon lui-même. 

= Lat. : talea, branche d'arbre, cheville (?). Le taux 
est le plus souvent un morceau taillé dans une branche 
d'arbre. || Anjou : gade (Verrier); Doubs : galline (Beau- 
quier). V. pitaux. 

*Tégo, n. m., tesson, têt. 

= Tegula, synon. de testa, tuile, vase, jl Le Mière : 
tingo; Vendômois : tegro; Verrier : tégot, teugot. 

*Téguer, v. n., tousser (Devient rare). 

= V. fr. Il H.-Norm. : teigler, tousser (Decorde). Mon- 
ïESSON : teuiller, tousser avec force et sans cesse; Ver- 
rier : teuyer. Syn. : loudre. 

Teigne, n. f., cuscute, plante parasite qui rampe dans la 
luzerne (Lloyd, Flore de VOuest). Verrier : cirounette, 
jil-d' alouette. \\ Maine, Centre. Doubs : {il (Beauquier). 
V. Introd. et verbo : épeillasser. 

*Tèner (se), v. pr., se cacher en se tapissant. 

Tèque, n. f., pelote en cuir ou en caoutchouc pour amuser 
les enfants. 

= V. fr. : tekque, écaille (Lacomre). On donne égale- 
ment ce nom au jeu de pelote. Jourî- à la tèque à cheval, 
à la tèque aux pots (V. ce dernier mot). H Goulabin, 
Pluquet. 

Teraspl p. thlaspi, fleur. 

*Teriant, n. m., trayon, bout du pis d'une vache. 
= Tirer (V. ce mot). 

*Terrumas, nom des habitants du Terrain (par opposition à 
'( Marauds », nom sous lequel on désigne les gens du 
Marais (V. maraud). 



— ion — 

*Téte d'oreiller p. t;iie d'on'ilh-r. \'. hiirod.^ T. 'i. 

Tetté, n. m., niamellc. 

= Fr. : lette, bout de sein. 

Tettés de souris, ui|iin. ijclitc crassulacée qui croît sur les 
vieux murs. 

= Analogie avec Iclté (V. ce mot). Veiuuku : irùne 
de souris, bdbette. misi're. 

Teursé-ée, adj.. tordu. 

Il Veriuf:r : torscr, tordre. 

*Teurchaussé, adj., qui a son pird di'oit dans un soulier 
gauche et vice versa. 

Il Veiuukk : (( se chausser à pied-colin. » V. fjancheïi- 
de te. 

Teurte, n. t., tourterelle. Montesson : turte. 

Il Trévoux : tourte, vieux mot p. tourterelle. 

*Teux-euse, adj., tors. et. par extension, boiteux. 

« Si le Bon Dieu voulail 
Les teux iraient diet. 
Mais comme il ne veut pas, 
lis vont haut et bas. » 

[Dicton populaire.) 

V. çfoule-teuse, tortillon (au Supplément). 

Tiasser, v. n.. demander avec insistance et en pleurnichanl. 

^ La forme primitive f.e ce mot doit être piassci, 

de pbnujere, plaindre, et ((uV)n retrouve dans un grand 

nombre de patois. Il Jalhert : piasser, piauler; Mon- 

TESSON : piancer; Decorde : piauler. 

*Tiendre p. tenir. Part, passé : tiendu. 

Il Jaubert, Marteijjèi\e, etc. Les autres temps comme 
en français. 

Tiennette p. Etiennetto, prénom. 

*Tiers Var. quière . n. m., pieu de fer que l'on fiche en terre 
et auquel on attache les animaux dans les champs. Ne 
pas avoir son tiers long », être peu libre. 

= Angl. : to tie, lier, attacher. || Normandie, Centre 
et Maine : enfarge, enlerge ; Moisy : thier ; Duméril : 
quaire; Revellière-Lepeaux : tières, fers et liens. 



— 194 — 

*Tillon-one, adj., doux, affable. Ne s'emploie guère qu'avec 
la négation, k T1 n'est pas tillon », dit-on d'un homme 
peu aimable. Verrier. 
D. atillonnrr (cajoler). 

*Tiquetaille, n. f., ferblanterie. Tout ce qui sonne. 
= Onomatopée. V. pertintaille. 

Tiraille, n. f., tendons, partie dure de la viande de boucherie. 

Tiretaine, n. f., cidre moitié pommes, moitié poires (vers 
Trans). 

= Tiretaine, étoffe mixte. 

Tirer, v. a., traire. 

Dans notre patois, à rencontre du français, traire a conservé 
son sens primitif et large de tirer, et inversement tirer s'est restreint 
au sens spécial d' « extraire du lait ». 

V. tenant. 

*Tollir, V. a., louanger. 

= Lat. : tollere, même sens. V. détollir. 

*Toloquer, v. a., dorloter. S'emploie souvent ironiquement. 
« Comme il est ben toloqué. » 

Toque, n. f., gifle, tape. 

Ce mot, synonyme de u calotte », au sens de coiffure, 
a pris comme lui la signification de soufflet. V. paravire, 
taupiner. 

* Torche, n. f., couche de marc, retenu par du gerheau sur 
la table du pressoir. 

= Faire torche à part, faire pour soi seul. V. pouche. 

Torohonnée, n. f., repas emporté dans un torchon par un 
ouvrier qui va travailler au loin. Coulabin. 

"^Tortillon-one, adj., qui a les jambes tordues., bancroche. 
= Fr. tortiller. || Norm. : tortillard (Moisy). 

*Tossée, n. f., coup, trace d'un coup, meurtrissure. « Il est 
tombé et a reçu une bonne losséc. » 

Il Coulabin : se tosser, se frapper la tête contre un 
corps dur.. V. pédasse. 

Touar, n. m., animal imaginaire. On mène les naïfs à la 
chasse au touar. Dottin. 



— 195 — 

*Touine, n. I., vèlenieiit pour eiifuiit, sorte de sarrau (Vieux). 
= Lai. : tunica (?). 

Touné p. tonneau. 

Sur devenant ow, V. donné, lougvr, rousée, etc. 

Touner i». tonner (V. ci-dessus : touné). 

Tourjour p. toujours. 

Exemple curieux de niétathèse de IV. 

*Tourloure, n. f., feunne de forte corpulence. On dit une 
grosse towioure^ un gros taumier (V. ce mot). 

Tournette, n. f., petite pelle servant à tourner la galette. 

Tournoux, n. m., sorte de panaris qui tourne autour de 
Tongle. 

Il Verrier : torgnolc; Brissauu : tourniolc; Beauquier : 
vire, enver. 

*Tournure, n. f., présure de la vache servant à faire tourner 
le lait. 

*Touron, n. m., veston. 
= Tout rond. 

*Tout-à-rheure, maintenant, présentement. 

*Tout comme, conj., quand même, encore que. « On ne veut 
pas que j'aille, j'irai tout comme. » 

Touzer, V. a., tondre, couper les cheveux. 

= V. fr. Lacomue : touzé, tondu, tonsus. (][. brel. : 
touza, tondre, raser; l^LuguET : touzé, qui a lu t(Me rasée. 

*Trâ, II. f., sorte de grive. 

= Bret. : drask, grive; Hazfeij) : trdle. 

*Trabasse, n. f., femme bavarde et qui obsède. 
= Tracasser. 

Tracer, v. n., traverser en marchant. « Tracer pour avoir 
moins de route à faire. » 

= V. fr. : trac, route, trace, chennn (Lacombe). Cou- 

LABIX. 

*Traisse, n. f., quantité de laif que donne une vache chaque 
fois qu'on la trait. Verrier. V. Supplément. 

"^Tranglard, espèce de poire sauvage dont le goût prend à la 
gorge {Pyrus sativa). 



— 196 — 

= Etrangler. \. sur nrcl^ hirchnrd. 

*Transport, n. ni.. vestil)uU\ ai)parteineiit de décharge. 
= Où on transporte les choses embarrassantes. 

*Transvider p. transvaser, soutirer. 

*Traquet, n. m., crécelle, moulinet de bois qui produit un 
bruit strident et sert de jouet aux enfants. 

Travoué, n. m., dévidoir. 

= V. fr. Resté dans plusieurs patois. H Br»s : troUtier, 
dévider; Martellière : tramoué. 

Trée l"^ p. truie. 

*Trée (2°), n. f.. ancien jeu. Il consiste à déloger d'un pot un 
morceau de bois de la grosseur d'une bonde de tonneau, 
au moven d'un bâton terminé en crosse. 
= Truie (Rabelais, Froiss.\rd). 

Ce nom \ient sans doute de l'analogie avec lïnslrument de guerre 
du même nom. 

M. Ch. NiSARD {Curiosités, p. 101), cependant, propose une expli- 
cation fort vraisemblable. Il voit une analogie entre la bonde allant 
et venant sans cesse et la truie continuellement on mouvement avant 
de rentrer dans sa soue (V. ce mot). 

Ce jeu était connu, jadis, sous dilférents noms : mail, crosse, 
soûle, truotte, pelotte. 

A Moigné, les mariés de l'année devaient, à l'Epiphanie, le droit 
de soûle au seigneur de Chevillé (Pouillé, v. p. 2î-2). 

Consulter : Orain, I, 59; — E. FouR^■Tl;I^ Ilisloirc des jouets et 
des feux, p. 147; — Ca.nel, Blason populaire de la Narwandie, 
II, p. 28. 

*Trée (3°). n. f., cloporte, petit crustacé (|ui se plaît sous les 
pierres. Ménage (1750). 
Il Norm. : cochon, trée-pelée (Moisy). 

Tremaine, n. f., trèfle rose. 

= \\ fr. : tramaine, tranelle, trètle (Godefroy). 

*Trémard (Blé), blé que l'on sème au printemps. 

= Trois mois de blé n'est que 3 mois en terre [avril, 

mai, juin]). 

Bos : Idé trémois. Le changement de la désinence oir en ard 
vient sans doute d'une confusion avec mars, mois où se sème ce 
blé et qu'on prononce mar, dans notre patois (Trévoux). 

Il DoTTiN : terma. 



-- 197 — 

*Tremblette, ji. f., graininée dont les épis (rcmblent au 
iiioiiidre vent {Briza média). 

Il Grain : amourette; Normandie : brnnlette^ branlot 
(Moisy); Vehrieh : Jean qui branle. Pain d oiseau. 

Tremée p. trémie. 

= V. fr. : tremuie (Nicot, 1600). 

Trémontade i>. tramontane (Perdre la trémontade). 
= V. Ir. tresmontaine (Hazfelu). 

Trempage, n. m., potage, soupe. 

Donner le trempage à une personne, c'est arroser de 
bouillon le })ain qu'elle apporte dans une écuelle, ou, 
plus généralement, donner le potage. 

Trempée, n. f., forte averse, qui trempe le sol. 

Il Jalheht : trempe. j)luie bienfaisante. \'i:hrier. 

*Trepassement, n. m., glas funèbre. A Dol, on sonne 6 coups" 
puur une femme, 9 pour un homme, 12 pour un prêtre. 
Il A Plancoët : remembrée: Norm. : Uns: Centre : 
lointes. 

[Le 9 avril 1791, la municipalité de Dol fit sonner le « trépasse- 
ment » de Mirabeau (Archives).] 

Il Moisv : tin (7 coups pour une femme et 9 pour un 
homme). 

Tretous, tertous, tous. 

Trévoux : tréfous^ tous. Vieux mot. 

*Treuler, v. n. Deux sens différents : 

i*" Traîner les pieds, marcher lentement. 

= Cf. français u troler », colporter çà et là (Hazfeld). 
Il Loire-Inf. : liignocher ; Bourgogue : quenetter. \'er- 
rier: Martellière : traîner les rues. 

2° Lâcher un vent (La Boussac). 

Il L'abbé Decorde : « treuler, faire un vent en point 
d'orgue. » (sic). 

Treuver p. trouver. Jaubert. 

*Tribar, n. m., espèce de claie en bois sur laquelle on étend 
le tabac en feuille à sécher. 
= Trois barres. 

Trichard-de, adj., qui triche au jeu. On dit aussi trifouillard. 
Sur ard, V. bléchard. 



— 198 ~ 

*Trlcoter, v. a., abattr»^ des châtaignes avec un tricot. 

*Trifouillée, n. f.. fouaillcc, tripotée. 
= Tri-fouaillée, triple l'ouaillée. 

♦Trigader, v. n., aller çà et là. 

= Cï. argot : trinuirder. Vieux mot. Trkvolx : « tri- 
OaviJci\ employer des détours, n'agir pas franche- 
ment. » 

*Trimballer, v. a., malmener, secouer. Ne s'emploie pas au 
ligiiré, comme malmener, mais toujours au propre. 
= Bos : triblei\ Iriboler, tribuler^ frapper. 

Trimousser, v. n.. se donner du mouvement, se remuer, 
trimer. 

= Fr. trémousser. 

Trjpaille, n. f., intestins des animaux, vidés pour la cuisine. 
\'errier. 

Tripelure, n. f., étoffe de coton servant à donner de la rai- 
deur au jabot d'une chemise d'homme. 

Tripotée, n. f.. tapée, grande quantité (V. les synon. sous 
bâclée). 

*Trompe p. tromperie. Ne s'emploie guère que dans l'expres- 
sion il y a de la trompe^ il y a erreur. 

*Trop-tôt-fait, n. m., bâtard (La Fresnais). V. avanças, 
boursier, broussier. 

*Troquet, n. m., sabot de bois dit aussi sabot breton à bout 
recourbé et pointu. 

Trou de chou, n. m., tige de chou. 

= \'. fr. : trou, tronc (Rabelais). || Beaudoin : tronc 
de chou: Moisy : trifjot de chou. 

*Tué, n. m., tube de fer qui s'adapte au cuvier à lessive. 
MoiSY : tuele, tuel. 

= Bas-lat. : tuellum p. tubellum, d"oîi tuel et tuau, 
puis, avec semi-vocalisation de Ve, tu-yeau, comme 
chapel. chapeau. Il Dottin : kernel. 

Tué, adj., altéré à l'air-. Se dit du cidre qui noircit et du sang 
qui se coagule (Orajn). Dottin. 



— 199 — 

*Tuile, 11. r.. plaque de IVr sin* l.uiiiclle on cuit la galette. 

Un dit plus souvent, à la cani pagne : galtier (V. ce 
mot). 

Turiche p. Mathurnie, prénom de femme. 

Turlupine, n. f., espèce de potage composé de pain bouilli 
avec des pommes de terre, appelée aussi ripopée. 
V. popotte. 

Turne, n. 1"., cabane, chaumière. Pris en mauvaise part. 

Il Norm. Coui.AHiN. = Angl. : turii. loiir: pièce sombre. 



u 



*Ubi. V. Jiub'L 

*Ucher, v. n.. percher. 

= V. Ir. : luchicr, percher (Bos). D'où : joc, perchoir 
à poules (GouLABix, Roquefort) : jue (Jai bert) ; jup 

(Montesson). 

Ugène, Eugène. 

= Ou Eugen, curieuse forme entendue n Pleine-Fou- 
gères. Il Grain donne de même UmUc p. Kinile, forme 
inconnue au pays de Dol. 

Ureux p. heureux. 

Ursé-ée, adj., brûlé. Se dit surtout des laitages laissés Iroi) 
longtemps au feu et qui prennent un goût sui generis. 
Verrier. 

= Lat. : ustum, brûlé. || A Bazouges et à Combourg : 
ussé; Goulabin : urcer, brûler. 

Usancé, n. f., usage tournant à l'usure. 

Employé pour usage par Rabelais. Pantagruel^ II, 8. 

Usurfruit p. usufruit. 

Sur Fadj onction de l'r, V. drémrud, soUîar et Intro- 
duction, II. Il Jaubert, Beaudoin, Verrier. 

Uyau, n. m., cheval, en langage enfantin. 

= De hue, huiot, exclamation pour faire partir un 
cheval. Le français a le mot similaire dada, de dia. 



— 200 — 



V 



*Vache, ii. f., musette, sac d'écolier, en peau de vache. 

= Dans Hazfeld : « vache, coffre recouvert de cuir 
qu'on place sur une voiture de voyage. » V. boitiot. 

*Vachet, u. m., jeune bœuf, veau. 
Il Nord : velot. V. grnisson. 

*Vachonne, ji. l".. vache (langage enfantin). 

H A. Leroux : vichon (V. verbo : baudet). 

Vagabonner p. vagabonder. Trévoux. 

Vaissé [i°) p. vaisseau (navis). 

*Vaissé (2°), n. m., ruche d'abeilles. 
= Lat. : vas, même sens. 

Dans CoLUMELLE : « Ex ferulis commode vasa textuntm'. » 

(D'après De Wailly.) 

Il Garder le vaissé. Se dit d'un mari restant auprès de 
sa femme sur le point d'être mère. 

*Yaisselée, n. f., grande quantité. 

= Contenu d'un vaisseau (V. les syn. à bâclée). 

Valenteur p. valeur. 

Vannet p. vanneau, oiseau de Tordre des échassiers. 
« Courir comme un vannet », aller vite. 

*Vâs, n. f., voie, chemin. Ne s'emploie que dans l'expression 
doloise : être dans la vds, pour obstruer la voie, gêner 
quelqu'un, être un encombrement. 
I! Patois normand : vaie. Coulabln : vas, uaie. Verrier, 

Va-vite (à la), loc. adv.. rapidement, à la galope. 

Vèci p. voici. 

Veille p. vieille (féminin de vieux). On dit aussi veuille. 

Ce mot, souvent confondu avec son homonyme {vigilium) donne 
lieu à la devinaille suivante : 

« Galette faite de la veille 
Beurrée demain 

Et mangée chaude aufourd'hui. » 
(Galette faite par une vieille femme, beurrée avec la main, etc.). 



— 201 — 

Veilioche, n. T., petit liis de loin <iue les l;m(;iii's font hi soir. 
Il iVlAiiTELiJÈm:. Vekiueii. Pdilun d Haz : veillolc : 
Sdint-Perii : /;ri//c (Picmot); iNonii. : balot. \. mulon. 

"^Veilioiser (ou viloiser<, veiller en niant et en causant. 

Usage ancien qui lend à disparaître. Autrefois, du temp.s de 
RoNSAUD, les vieilles femmes du peuple se réunissaient « le soir, 
à la chandelle, devisant et filant ». 

Un curieux ouvrage du XV» siècle, \'L!rangHe des Quenouilles, 
est la reproduction des contes d'une de ces acadéinias, connue.s 
sous le nom LVccreigncs, dans certaines provinces (V. Index biblio- 
graphique). 

Veisin p. voisin (lat. : vicinum). 
= Normandie. 

Venant (temps), temps favorable à la végétation. 
V, poussant {temps). 

*Yeni-goutte ta), à tâtons. 

= N'y voit goutte. Dottin. || Norm. : // rrii-goatle 

(Moisy). 

Ventée, n. f.. rafale, tempête, coup de vent. 

Ventiez, adv., peut-être (Var. venquiers). 

= Crase de volontiers. 

Dans li\BELAis on trouve volentiers. Ce mot est devenu, dans le 
langage courant, voentiers, puis ventiers. La lettre L s'envole facile- 
ment. Notre patois nous en offre de nombreux exemptes. Ainsi, 
on dit : anima (animalj, linccu ilinceul), labe (table), caunet ^calu- 
met;, etc. 

Quant à la forme venquiers p. ventiers, elle s'explique aisément. 
Le Q et le T sont souvent, chez nous, pris l'un pour l'autre. Ainsi 
on dit quiens p. tiens; — labaquière p. tabatière; — que pour tué 
(V. ce mot), et réciproquement : cinticme p. cinquième... 

Du reste, en 1772, le chevalier de Sanseuil signale cette parti- 
culai'ité dans son Analysis 0/ the [rencli orthograpUy (tome I, p. 64) : 

« The inhabitants of certain villages in the neighbourhood of 
» St-Malo say still at this lime « je kiens (je quiensj instead of : 
» je tiens ». 

{Intermédiaire, XL VIII, 263.) 

On dit souvent : venquében. A Gennes (Ille-et-Vilaine), 
on dit : menquébrn (Or.\in). [j Verrier. Martellière : 
vanqué, peut-être; Poitou : rantaie. 

*Ventouère (Ventoire), n. f.. tarare, moulin à vanner le grain. 
Il Normandie : vannette. 



— 202 — 

*Ventres jaunes. Surnom donné anx liabitants des marais 
de Dul. \'. sous maraud. 

Véprée, n. f., après-midi. 

= W fr. Lat. : vesper, soir. Employé par Ronsard. 

*Verdée, n. f.. contenu d'un verre. « Une verdée de cidre 
remet le cœur en place. » 
Il A Rennes : vcrdée^ fessée (Coulabin). 

*Vère, oui. 

= Lat. : vere, vraiment, oui. Cf. angl. : very. Norm. : 
veire (Moisv). Dans la région est de Dol on dit plutôt : 
ijan. Il Poitou : vaic. 

*Vère-mais, mais oui. 
= Vere-7nagis. 

Vèrette, n. f.. variole, fièvre éruplive. Usité à Rennes (Gou- 
labin). 

*Yergé-ée, adj. Se dit d'une vache qui a la robe brune avec 
raies foncées. Cf. le français : papier vergé, vairon. 
= Varius (?). || Côtes-du-Nord : vergclée. V. garrc. 

*Yeri-ie, adj.. piqué des vers, en parlant des fruits, et, par 
extension, moisi. 

Il MoNTESSON : vérin, être piqué des vers : Martel- 
mère, même sens. Dans Roussey : varir. changer de 
couleur, en parlant des raisins qui passent à maturité. 
= Sans doute de variu.^. V. garre. 

Verlope p. varlope. 

Il Rabel.\is : vrelopcr. 

Pour e en place de o, cf. cherhon, cherrue, chera, etc. 

*Vermée, n. f., grappe de vers attachée à une ficelle pour la 
pêche à l'anguille. 
Il A. Leroux : Hgwmée; à Pontorson : moche. 

Verrure p. verrue (Verrier). 

Pour Laddition de IV, V. jardrin, etc. 

Véser p. verser (vers Plerguer). 

Après les orages, en juin-juillet, les blés sont souvent 
vêsés. 



— 203 — 
Yeuvier p. veuf. 

La langue anglaise a do môme deux mois différents pour les 
deux genres : widoicer, veuf; widow, veuve (Coulabi.x, Letouhnkl). 

*Vèze, II. f.. cornemuse. 11 y a une vingtaine d'années, pas- 
saient périodiquemciil à i)ol des musiciens jouant des 
vèzes à Bourdas (?). 
Il DoTTiN, Rahklais : vize; Gotgrave : véze. 

Viage, n. m., voyage et surtout pèlerinage. 
Il Cf. le normand et l'anglais. 

Viande, adj., bien en chair, gros, en parlant d'un animal de 
boucherie. 

Yiau p. veau. « Mourir le viau sous la gorge », mourir avec 
des enfants tout jeunes. 

Se dit surtout des hommes mariés « sur le lard » et 
laissant une fenmie, avec des enfants à la mamelle. 

Coudre la vache o Ir viau. Se dit d'une couturière qui 
prend, avec son aiguille, ses vêtements, sur lesquels est 
son ouvrage. 

Vidange, n. f., débris de démolitions. 

*Videlle, n. f.. li^oron, plante rampante et grimpante. 

= Anglais : to icind, rouler (?). Cf. lat. : vidua vitis, 
vigne sans soutien, sans appui. 

Vienra p. viendra, de venir. 

*Vieuzerie p. vieillerie. Tout ce qui est vieux. 

*Vieuzir p. vieillir. 

= influence de vieux. 

*Villotin-ine, adj., habitant de la ville. Verrier : viUaquin. 

Vinette, n. f., oseille (Coulabin). V. surelle. 

*Vioge. Ne s'emploie que dans l'expression : nèlre pas vioge, 
n'être pas bien portant (La Boussac). 

Il Vendée : vriougc, vigoureux (Revelukre-Lepeaix). 
CouLARiN dérive ce mot du latin vita (?). 

Violette de coucou, violette sauvage, sans odeur, dile aussi 
« violette de chien. » Viola canina. 

*Violier, n. m., giroflée vivace à feuilles violettes, générale- 
ment. 



— 204 — 

Celte Heur, sœur de la raicncUc (v. ce mol), est très estimée au 
pays de Dol. 

Jadis, à la célèbre procession des reliques, les fonctionnaires 
portaient de « grandes branches de violiers » (T. Gautier, Dol et 
ses alentours, 1854, p. 8j. 

Il Thkvoix : riolie}\ girotlier. A Rennes, autrefois, il y 
avait une rue des Violiers (actuellement rue Gambetta), 
devant la caserne Saint-Georges. 

*Vionner, v. n.. bruire, en parlant d'une toupie qui tourne. 
Rennes : bufjcr (Gollabln). 

li Realuoin : vionncr, jouer du violon, grincer, en par- 
lant d'une port^, d'une chaussure neuve; X'ekiueii : iroi- 
gnei\ se dit d'une voiture dont les roues crient. 

*Vire-ia-lune, surnom que Ton donne aux persoinies qui 
louchent. 

A Saint-Rémy-du-Plein, on dit d'une personne allligée 
de cette infirmité qu'elle u trempe la soupe d'une main 
et renverse la bouillie de l'autre. » 

•Vire-main, n. m., instant, clin d'œil. 

= Le temps qu'il faut pour tourner la main. V. virer. 

Virer, v. n., tourner. « Virer d'un bord et de Vautre », allor 
d'un côté à l'autre. 

= Terme de marine, u Tourner et virer », se remuor 
sans cesse. Razfeld. 

*Virvault, n. m., treuil à \ poignées servant à descendre et 
à monter le seau d'un puits. A La Fresnais on prononce 
virhault. , 

= Marine : virevau. cabestan horizontal. 

Il Norm. : trail. Sur ce mot a été faite la devinaille 

suivante : 

" Qu'est-ce qui a la corde au cou 
Et qui va comme un fou? » 

A Sens : tour. 

*Visse-vîsse, sorte de jeu de cache-cache. 

Vispi, n. m., petit garçon. •( Attends va, petit vispi. » 
V. gouspin. 
= Lat. : vespa, guêpe. 

Vivacler-ière, adj., vif. emporté. 



— 205 — 

VIvrement p. vivement. 

8 m- 1'/' ajoutée, V. jardrin, etc. 

*Vlin, II. m., toute espèce de reptile. 

^<. A la Saint-Mathias (24 février) 

Les vLiNs sortent de la « hde » (haie). » 

Il Beaudoin : velin, venin. V. dévenimer. 

Voira-voirez p. verra, verrez. 

= V. fr. Cette formule se Irouvc dans une ordonnance 
du duc Jean IV (lil6). 

« Vous voèirez faire un tour. » 

(Faifeu, chap. XIV.) 

*Volé-volé, inlerjection pour appeler les vaches à Tabreuvoir. 
Il A. Lkhoi X et Bos : vaté, vaiée^ à la volée, ci la rivière. 

Volet, 11. m., nénuphar jaune. Nympha'a lutea. 

= V. fr. : volet^ qui tlotte au vent (Hy\zi-ELu) (?). 
Il DoTTiN : vole, Heur du nénuphar. Orain. Verrier • 
parieUe. V. baratte. 

*Vouiller, v. a., jeter la lessive sur le linge. 

= Cuiller, remplir jusqu'à la bonde. || Verrier : 
aouiller. On dit aussi : avouiller. V. le dérivé devouil- 
lette. 

Vrague (en), en tas, pèle-môle. « Loger du foin en vrague », 
c'est-à-dire sans qu'il soit bottelé. 

Hazfeld : vrac, pêle-mêle. || Du.méril : vrac, même 
sens. 

= Pat. norm. : vrac, varech. En vrac, id est en tas, 
comme le varech jeté sur le littoral (Moisy, Gloas. anglo- 
normand). V. aussi Manet, Hist. de la Petite-Bretagne, 
I, p. 111. Cf. le danois vrag et le suédois vrak, ce qui 
est rejeté (Hazfeld). 



*Yan, oui. 

= Bret. : ia, oui. Ma (a yan, loc. adv., ma fois oui. 
Dans le canton de Pleine-Fougères, on se sert plutôt de 
vère (V. ce mot). 



— 206 — 

Yanet. \\ nlanet. 
*You, on ;Var. éuou). Vehhieh : mnjou. 



*Zaguer, v. a., lancer une bille en la poussant du pouce. 
Il MoNTESSON : zo(inei\ « queuter » au billard. 

*Zibouin, ii. m., grosse toupie taillée au couteau. 
il A Plerguer : pirot; Vehiuer : cldbot. 

*Zigzag, n. m., pellicule ligneuse qui sépare les A « cuisses » 
d'une noix. 



SUPPLEMENT 



I. — A rintroductJon. 

IIP [);irli(' : noms masculins en français, féminins dans 
notre patois. A la Iist(* de la \mgv 23 il y a lieu d'ajoulvr : 
diaud, [roid, hôpital^ omnibus. 

Dr FK.NUMN DES ADJECTU'S ET PARTICIPES 

En général, le féminin se forme comme en français. Cepen- 
dant notons les formes suivantes qui sont des dérogations 
curieuses à la règle : hlPiive (p. bleue), dusse (p. dure), 
maline (p. maligne), viruillc [\). vieille). On dit aussi /once 
(p. prolonde) et chéche (p. sèche). Blec, bontif, saj et sap sont 
invariables. Enliii on dit jinite, inarrite^ pourrite p. finie, 
marrie, pourrie, surtout vers Combourg où, comme on Ta vu. 
on a une propension remarquable à faire sentir le t final 
(V. p. 20). 

Adjectifs pris d'ine manièi^e absolue 

On dit couramment : Vamer (p. ce qui est amer), Vaiffre, 
le doux, le fade, le raide, le sur (acidité), le tendre, le dur, 
trouver son bon (son avantage). 

Nota. — Pareillement on emploie les substantifs verbnur 
suivants : le nournA^) (l'ensemble des aliments pour les ani- 
maux), le pourri, le roussi, le vieilli « Ça sent le vieilli », 
dit-on d'une chose antique. Gomme dans les mots français : 
arrachis, éboulis, semis, taillis, la signification est générale- 
ment collective. 



(1"* En Normandie, on entend par nouriture l'ensemble des jeunes bêtes 

l'rin plfiT'p 



qu'on élève 



— 208 — 
ÎI. — Supplément au Glossaire. 

Les mots nouveaux sont, marqués d'un *. — Les autres figurent 

déjà au Glossaire. 

•Abzotas, II. m., enfant noué, arrêté dans sa croissance, et, 
par extension, rachitique (Ouest du canton de Dol). — 
S\ibZ'Otej\ dépérir. 
\'. au Glossaire : aniclé, cqucrgeot. 

•Aculement, n. m., avaloire, bande de cuir sur laquelle le 
cheval s'appuie pour aculer. 

*Aculer p. reculer, aller en arrière. 
= A cul. 

♦Affiner, v. n., devenir plus fin (figuré seulement). Employé 
comme verbe actif (sens de : tromper) avant le 
XVIP siècle. 

*Agueuslr, v. n., devenir gueux, pauvre. « La chaux enrichit 
le père et engueusit le fils ». Dicton qui doit s'entendre 
que les propriétés de la chaux, en agriculture, sont d'une 
efficacité peu durable. 

*Ahaut 'prononcé accent tonique sur l'fl), le grenier. 
= La pièce d'en haut (La Boussac). 

*Ajoliver (s'), vivre maritalement, pratiquer 1' <( union libre. » 
On dit aussi, dans le même sens : s'acohucler (V. ce 
mot). 

*Aveuille p. aveugle. « L'amour est aveuille. » 

^Baguette dorée (la), jeu (?) qui consiste à bander les yeux 
a un « novice » et à lui faire toucher une baguette 
trempée dans l'or. ..dure. 
Il TouBiN, Le Musicien aveugle. 

*Banche, n. f., canal d'écoulement dans les marais. 

D'après Ogée, les hanches étaient des travaux faits par corvée, 
romme les prestations en nature. 

* Banquier, n. m., marin allant à la pêche à la morue sur les 
bancs de Terre-Neuve (Gancale). V. Pelletas, Terrumas. 

*Beillu-e, adj.. ventru. 

= V. fr. beille, ventre. Dottln, Moisy. il Goulabin : 
beillo'ux. 



— 209 — 



*Berouette p. brouette. 
= Vieille forme. 



*Bésson p. boisson. En Normandie on appelle bcsson Iv petit 
cidre. 

^Bijoutier, n. m., surnom des casseurs de pierres et des 
cantonniers (Pleryuer). 

II Argul : bijoutier en cuir : savetiei', = brisuu (bri- 
seur) (?). 

.louant sur los mots, on dit ((uc les cantonniers ont le plus de 
plaisir, car ils rujulent tous les jours. 

*Bitocher, v. n.. touclier sans cesse. Fréciuentatif de bitcr. 
= biier + toucher. 

*Blavin, n. m., toute étoffe blanche. Jadis, on appelait « mar- 
chands de blavin » les commerçants vendant des mou- 
choirs, bonnets, etc. 

= \\ fr. : blave, bloie, de couleur claire (Bos), d'où 
l'argot : blavc (cravate), Rabasse ; blavin (mouchoir). 
Lauchey, Rossignoi.. Vehuiei{ : bhivin. mouchoir. 

"^Bôgnas, n. m., planche qu'on suspend sur les yeux des 
vaches méchantes. V. bôfjner 1. 

*Bonhomme, vieillard. Terme enfantin. Au pluriel : des 
bonhonnnes. 

"^Bouaille, n. f., fretin, poisson de peu de valeur. 

li Wv/JVAA) : broiinillrs, entrailles de poisson. V, (c- 
c h aille. 

"^Boucau, n. m., merlan, poisson de mer (Cherrueix). 
V. fjiiitan. 

*Bouc du génie, ouvrier des « Digues et Marais de Dol » 
(Entendu à Saint-Benoît). V. châtelain et roupion. 

Boudet-te, adj. Il Cf. le fr. boursouftler. qu'HAZFELD « tire 
d'un radical bond, indiquant gontlement. » 

*Bouquer, v. n. et a., bouder, faire grise mine. 

= Bouc, mâle de la chèvre, dont le caractère est essen- 
tiellement « capricieux ». Il Lorraine : boiiquer ; Sain- 
tonge : se bouqner, faire la moue; Verrier : bouquer^ 
bouder. V. muler. 



— 210 — 

*Bourgeois, n. m., mari. Tiir fommo dit, en parlant de son 
époux : mon bourgeois, le bourgeois. 

^Bourgeoise, n. f., épouse. Sens analogue à bourgeois ci- 
dessus. 

*Bouriquer, v. n., travailler sans soin, faire un travail grossier. 

*Bragouillard-arde, adj.. qui bredouille. 

= Baragouin (Mot d'origine bretonne). 

*Brayer p. broyer. 

Il Brailles, balles de blé (Lorraine). Hazfeld. V. brâe. 

*Breu, n. m., creux dans un chemin, ornière. 

= Cf. bret. bero, angl. brotli, v. fr. brou, breu (Bos). 
Cf. le fr. boue. 

*Broc, n. m., goémon (Cherrueix). 

Broussier. Le synonyme français « bâtard » a une origine 
analogue. Il signifie « engendré sur le bât », comme 
broussier, engendré dans les brousses. 

Il Dans le Berry, on dit de même : champis (de champ), 
enfant trouvé et bâtard. 

*Bulot, n. m., coquillage, buccin. Dit à le Vivier Coucou. 
= Cf. pat. norm. : buhotc, limace, buhot, étui. 

*Cadre, n. m., non pas seulement bordure d'un tableau, 
connue en français, mais : tableau encadré en entier. 
= C'est le tout pris pour la partie. V. p. 2. 

*Carreau, n. m., maquereau blanc {Cnran.c iracurus) (Cher- 
rueix). 

•Casaque, n. f., os de sèche (aussi appelé mxirgatte) (Cher- 
rueix). 

'Chaire p. chaise. 
= V. fr. 

'Champion, Comme rovpion. (V. ce mot au présent Supplé- 
ment). 

'Chandelle, n. f. : r grain soyeux du pissenlit; 2" aiguille de 
glace pendant dfs toits; 3° filet de morve découlant du 
nez d'un enfant malpropre. 

^Chausser, v. a., couvrir, saillir. 



— 211 — 

= V. fr. Chduccr (do calcare^ fonlorj, d'où le fr. : 
cocher. || Verrier : chmirhrr^ coïter. 

*Chèvre, ii. f.. fnontanl du bois que niett(!nt los maçons pour 
tendre les cordeaux (|iii règlent répaisseur d'un mur. 
Il HAZFEfj) : lioche. 

"^Chialer, v. a., abandonner, laisser quelqu'un et aussi capi- 
tuler. 

*Chie-en-bonnet, n. m., surnom de riiomnic qui épouse une 
fille déji^ mère ou sur le point de Têtre. 

*Chou de ^eur p. chou-fleur. 

*Ciguë, n. f.. méduse, poisson de mer (Cancale). V. ei-a]très 
ininar. 

= Cf. V. fr. : coquccigruc (Ménage). 

*Combourin-ine, adj., de Combourg. 

= Cette forme est plus régulière que comboiirgeois. Le r/ a été 
ajouté par confusion de bour avec bourg. On trouve dans les vieux 
textes : Comburnium, Combor (Fouillé). 

Couète p. coutil (Ressemble plus à couette, d'où il dérive). 

Copir-copicher, v. n., cracher. Goli.abin : copier. 

Coque, H. f., coitlure de linge en usage vers Plerguer. 

= En forme de coquille, de coque. « Coquille était 
une sorte de chaperon ou coiffure de femme faite en 
riiî-MK' de coquille. >« MoisAN'i' DK Bun-:! X, p. o(>. 

*Cotatibî, proratii. Partager colaiibi les déi)enses, c'est les 
diviser proportionnellement. 
= Cf. fr. quote-part, cote à toi. 

^Cramaillère p. crémaillère. 

= Lat. : cranuiculus (d'où le fr. cramait). Moisy. Ver- 
rier. Il Jaubert : cramaillon, attache de la crémaillère. 
V. crrunaillrr. 

*Croutes, n. f. pi., parties de l'aubier d'un arbre détachées 

par la scie, à l'équarrissage. 

^ Analogie qui s'expliqw d'autant mieux que les planches diles 
croûtes sont tirées de l'écorce qui est à l'arbre ce qu'est au pain la 
croûte, et qu'elles sont de nulle valeur en menuiserie, comme en 
peinture les toiles appelées du même nom. 

*Dabonnée (à la), loc. adv., à poignée, à la volée (La Boussac). 



— 212 — 

*Debouquer (se), resser do honqiirr (V. ce mot). 

"^Débrider, v. n.. ninnir«M* rriin appétit débride. 
Il Cf. bret. : debri. dibri, manger. 

* Déconnaître, v. a., mccnnnaîlre, cesser do connaître. 

*Déconnu-e, adj.. désoriente, m pn\s înconnn. 

*Découdu p. décousu. Coudre donne généralement cousu. 

*Degotter, v. n. Kn français : déplacer, remplacer. Chez 
nous : représenter. « marquer bien », en imposer par 
une belle prestance. 

= De-gort. non grossier. « Sur le gourt », en habits 
de fêtes (Bos). 

* Déjouer (se), se hâter, jouer des jambes. 

*Dematiner (se), être matineux. Goulabin. Dottin. 

"^Déquerrer, v. a., enlever le cuir, la bride d'un sabot. 
Il Dottin : décuroter. 

* Dérompre et déromper), v. n., discontinuer. « Le chien n'a 

pas derompé daboyer cette nuit. » « 11 a fait la route 
sans dérompre », sans s'arrêter, d'une haleine. 

= Lat. : derompere p. diriimpere, interrompre. Il Du- 
MÉRiL donne ce verbe comme de la Manche. 

*Détollir, V. a., enlever. « Détollir des droits. » 
= Lat. : detollere. même sens. 

Détourber. Moisant de Briei x cite ce vieux proverbe : 

'< Entre la bouche el la cnillier, 

Il arrive souvent du dctourbier » dfiangenient . 

•Détrempe, n. f., pluie abondante qui détrempe le sol. 

Dormant, n. m., torpille, poisson de mer. genre raie {Rf^ia 
torpédo) (Gherrueix). V. marmorenne et tremblou ci- 
après. 

*Doux-auvèque, espèce de pommes à cidre douce et savou- 
rtîuse très répandue au pays de Dol. 

= Non " chérie de levêque », comme on la dit et répété, mais 
plus vraisemblablement « pommage doux aux vépes » (guêpes, 
rcspa , qui sont très friandes de ces fruits (Moisy). 

* Douzaine, n. f., mesure de longueur employée dans les 

marchés de bois, de planches surtout, et qui correspond 
à cent pieds (33 mètres 33). 



— 213 — 

Eblucer. Josel propose comme étyniologie le latin exlricnre, 
se cléprtnT [Annales de Bretofjnc, \1). 

*Echaffourer p. effarouclu.M-. (Confusion avec échauffouréc. 

*Echaler p. écaler (dos noix). Forme plus correcte que la 
forme française (Hazfeld). 

"^Ecourtiné-ée, vêtu d'habits trop courts. 

Il Hazfeld : encourtiner, garnir de tentures. 

*Egrains, n. m. pi., grains qui s'échappent eux-mêmes des 
épis quand on remue les gerbes. 

= Egrainer. || Xorm. : égrouains (Moisy). 

"^Engueuser, v. a., du^xT, attraper, prendre par ruse. 

'*'Ennaller (s'), mourir, aller ad patres. 

Il Fhancisqi'e Michel : aller à Patras ; Trévoux : s'en 
aller mourant. 

*En position p. enceinte, en position « intéressante. » 

*Envilainir, v. n., enlaidir, devenir de plus en plus vilain. 

'^'Epanchement, n. m., méningite, épanchement au cerveau. 

*Erâoher, n. f., partie non utilisée de Técorce des arbres, 
qu'on gratte avant d'utiliser celle-ci. 
= Lat. : eradere, racler. 

"^Etêtoir, n. f., carde pour le gerbeau ou glui (Saint-Benoît- 
des-Ondes). 

Il A Dol : rV//'o?/f/coir. 

♦Fautrer, v. a., remuer le blé-noir dans un sac, au moyen 
des pieds, pour le nettoyer avant de le moudre. 

= V. fr. : faltrer. Iialtre (même origine que filtre et 
feutre). Il Cf. bret. : fouit ra, éparpiller. 

*Faux-martin, n. m., sorte de guitan dont la morsure est 
redoutée des pêcheurs (Saint-Benoît). V. quilleri. 

*Fichet, n. m., poche à un vêtement de femme. 

*Flâe, n. f.. sorte de raie (Saint-Benoît-des-Ondes). 

*Flinte, n. f.. alose, poisson de mer (Saint-Benoît-des-Ondes). 

V. Iretiau. 

*Fretiau, n. m., alose (Cherrueix). 
= Fretin (?). 



— 214 — 

*Fringaler. Se dit d'une voiture à -'i roues dont l'avant-train 
est trop mobile ou qui saute sur ses ressorts fortement. 
= Lat. : pinocrc, sauter, resté dans le fr. fringucr 
(^rambader). H Moisy. 

*Futé (cidre), qui a goiit de fût. 

Il en. langl. : to (ust^ se moisir. 

^Calanciner, v. a., balancer un tonneau qu'on lave en lui 
iuquMinant un mouvement de va-et-vient. 

*Calopée, n. f.. poursuite, chasse au galop. 
Il Cf. le fr. galopin. 

"^Cauleiller, v. a., gauler, faire tomber des fruits au moyen 
d'une gaule. V. mdeiller p. mêler. 

^Cuerzotter, v. n., s'arrêter, en parlant d'une toupie qui meurt 
(Plerguer). 

= Guerlotter (Moisy); guernotter (Duméril), grelotter. 

*Crenier-à-foin, cheval auquel il faut force nourriture. 
Il Ph. Leroux : « coffre à avoine. » 

*Crelot, personne bavarde. 

Il Rossignol : « Celui qui parle beaucoup a le grelot 
bien attaché. » 

^Cuilleri, poisson de mer (Cherrueix). V. faux-martin. 

*Cuitan, n. m., merlan, poisson de mer (Ch(Trueix). 
\ . houcau. 

= Angl. : ivhiting. 

'Hachin, n. m., varech, plante marine Cherrueix). 

Il Hazfeld : hachisch, foin, herbes qu'on fume dans 
l'Inde. 

* Happer j». lutter. Quand on demande à un farceur si la 

foire était forte, il répond : J'ai pas happé (Vo ielle. 

* Harangue, n. f., sardine de moyenne taille, entre les petits 

minettej et les grands (molière) (Cherrueix). 

*Hirache, n. f.. encornet ou calmar (Cherrueix). 

* Huître, n. f.. crachat copieux et gras. Moisy. 

Il CouLABiN : capias. V. copir, ci-dessus. 

*Homelette, n. f., petit garçon chétif, gringalet. « Failli home- 
lette », sorte d'injure adressée à un homme peu fort. 



— 215 — 

= Lat. : lioinullus, [)('ti( iHniiiiif. Confusion avec h' 
mot oinclelte. 

*Hotel. Ce nom est l'éminiii chez nous et conserve son sens 
étymologique de maison pour voyageurs. Le sens dérivé 
de demeure somptueuse et de maison sont inconnus. 

"^laigre \). aigre. 

*laume p. Guillaume, prénom. — laumc Balzeux, nom de 
fantaisie dans le genre de Frise-Poulet... (Battre les œvls 
étant un ouvrage ultra simple). 

Il VEJUiiER : Mcotds V esse dru. V. au Gloss. aniloux de 
punies. 

^Jardin à pot p. jardin potager (Vieux). 

(( Inventaire ferme de Languenau, en Baguer-Pican, 
175^. » Dol [Arcliives). 

"^Jordonne, n. f.. mijaurée. Personne se donnant des airs de 
grandeur. Petite fille autoritaire. 

= P. majordome, intendant. Confusion avec « J'or- 
donne. » Cf. le fr. matador, homme conséquent, cl 
TorinN : M ar[e-J ordonne. 

"^Lenteur, n. f., pour langueur, avoir une maladie de lenteur. 
= La mort vient lentement. 

"^Libogne, personne peu intelligente (Pleine-Fougères). 

Liborion, qui aime les livres. 

H. DE Kehbeuzec propose connne étymologie liber. 

*Louchard-e, adj., qui louche, 
y Hazfei.d : louchon. 

"^Loup de brousse, honmie rustre et grossier, lourdaud. 
'*'Luisamer, luire faiblement. Kmployé dans le dicton ci-des- 
sous : 

Soleil qui luisarne au matin, 
Femme qui parle latin 
Et enfant nourri de vin 
N'ont jamais bonne fin. 

Mahaud Dict. p. 138). Verrier : meillaud, vagabond. 

= Mahomet (?). 

*Maigriot-ote, adj., maigrelet, un peu maigre. 
Il Hazfeld : maigrichon, mingrelet. 



— 216 — 

*Maguilloner, v. a. Se dil d'un jeune animal qui mord sans 
cesse en jouant. 
Il MargouiUcr, mâchonner (Moisy). V. mordailler. 

*Mal-hardi, adj.. timide ^malade vient de même de maie 
h(ibere). Cf. le v. fr. ; malsage (peu sage). 
\'. iiKil-commodc et mal-endurant. 

^Marjolaine, n. f. Forme féminine du fr. marjolet. Femme 
frivole. V. pissequette. 

*Margonde, n. f., poulpe-méduse. 

il Norm. : niargadc. V. minar. 

*Marmorenne, n. f., torpille, poisson de mer (Saint-Benoît). 
li A Cherrueix : donnant. 

"^Marie-tapette, n. f.. femme bavarde et médisante. 

Il Moisv : Marie-bon-bec. Cf. le fr. : Marie-salope, 
y. infra : tapette. 

*Minar, comme margonde, ci-dessus. 

* Minette, Ji. f., petite sardine (Cherrueix). V. harangue, mo- 

lière. 

*Moistron, n. m., moineau. Moisy : moisson, et Evangile des 
Quenouilles. 

*Molière, n. f., grosse sardine (Cherrueix). V. minette, mo- 
lière. 

^Mordailler, mordiller. V. supra : maguilloner. 

*Moret, n. m., bouillie de poussière de charbon de paille dont 
les charpentiers enduisent leur cordeau pour marquer 
le bois. 

= Lat. : morus. noir. || A. Leroux : moret, cambouis. 

*Mouciau p. monceau. V. moucé au Gloss. 

* Mouillas, n. m., endroit marécageux, bourbier. V. patouillas. 

DOTTIN. 

^Notarial, n. m., étude de notaire. V. notairerie. 
*Nouas, n. m., cordon, lacet, tout ce qui sert à nouer. 

* Nourri, n. m., produits servant à la nourriture des animaux 

domestiques. Dottin. 

* Œuf-mollet, atuï pondu sans coquille. Buffon : hardé. 



— m — 

*Ouazurier, ii. m., avare, usurier. 

Il A La Fresiiais, sens tout diiïérent de : «jui riMiLre 
tard le soir, ribleur. » iKjctainlnde. » 

Pelletas Dict. p. 1.^9). 

D'après Veriukii : (verbo : pctras). M. de i.a Vili.e- 
MAUQLÉ cite une chanson où pelni est appli(iué aux Bas- 
Bretons. 

*Pétard-arde, adj.. (|ui casse comme du verre. Se dit des 
bois cassants. 

Saade pctardc. saule blanc {Salis alha). Verrier : 
peticr. V. saudc et peler, ci-dessous. 

*Peter, v. n., éclater im fnisant du t)ruit. a l/(M'ueJle a pété 
au l'eu. » 

*Petronille, n. !.. péronnelle, personne sotte et sucrée. 
= Lai. : pctrondla. 

*Pibot, n. 111.. sorte de petite toupie faite (Pun boiitmi. tr)ff)ii. 
Il A Rennes : piroueUe. 

*Pied-de-coq, nom méta])liori(iue de la renoncule des cbnmps 
[H. acris). Grain. 
= V. fr. (Rolland). 

Pignon, il. m., coilïure de paysanne, formant toit en avant. 

*Plle, 11. f.. auge dans laquelle on pile les pommes. Norm. 

= Lat. : pila, mortier. V. ci-dessous. 
*Pller, V. a., pressurer les puinmes. \'. au Dict. : pilatje, piler. 

Pat. norm. 

*Pirette, jeu de la marelle. 

= Pierrette, anc. fr. : perrete. 

*Platir, V. n. Se dit du cidre qui devient moins fort quand le 
fut va se vider. 

*Pobouille, n. f., cuisine, pot-au-feu et, en général, tous ali- 
ments cuits. 
11 Verrier : potemhouille. V. tambouille. 

*Polnclos, n. m., crabe poilu (Cancer pagurus). 

*Pommage, n. m., cru des pommes à cidre. Molsy. 



— 218 — 
*Pommeux-euse, adj.. fécond on pommes. 

•« Année venteuse, 

Année ponniieuse » (Dicton). 

Une contrée pommeuse^ un champ pomineux, où il y 
a abondance de pommes chaque année (Moisy). 

*Pommes de lune, ponnnes volées dans les champs, au clair 
de la lune. 
Il Cf. Verrier : vin de lune. 

*Pràte, II. f., sardine sans écaille (Saint-Benoît) (Clupra 
iiprattus). li Angl. : sprat. 

Pruner ^Dict.. page 169). Correspond au français provigner 
(multiplier par des provins ou marcottes), de propa- 
(jinem. 

Il Cf. les formes dialectales : promner (Montesson, 
J ALBERT): progner (Berry); prungner (Bourbonnais). 

Pucelage .coquillage) ^Dict., p. 170). Comme son synonyme 
français porcelaine, ce mot vient d'une assimilation de 
forme (W Hazfeld, verbo : porcelaine). 

*Quercoles, n. f. pi. Ce mot n'est plus guère entendu que 
vers le sud-est de l'arrondissement. On désigne sous 
ce nom les 3 derniers jours d'avril et les 3 premiers 
de mai. 

On prétendait que les œufs mis à couver pendant cette période 
donnent des poulets colés par les pattes. 

^Quillet, n. m., clayonnage inférieur des pêcheries, à Saint- 
Benoît. 
= Quille. 

* Relier, v. a. (relier un tonneau), changer ses cercles ou l'osier 
qui les lie. 
= Re-lier. 

*Rencherdir p. renchérir. <( Le pain a rencherdi. » 
ii Moisv : raidir. W IntroducL, p. 14. 

*Retas, n. m., petit cidre, i)roduit du marc retaillé^ arrosé 
copieusement d'eau. 
Il Norm. : besson. 

'Rossignol à glands. On appelle plaisamment ainsi le verrat, 
autrement dit « habillé de soie. » 



— 219 — 

On (lit do iiK^mo ross'Kjno} dWicad'u' p. Ane (Toirin). 

"^Roupion, 11. ni., préposô au curage des biez dans Tassocia- 
tion des Digues et Marais de iJul. V. cJiatelain. 

"^Ruchon, II. ni., poisson de nier, espèce de raie {Raja lullo- 
nica). 

*Sacque-à-la-lignette, surnom des cordonniers. 
= Tire sur le ligneul. 

*Saude p. ^aule. I'\''niiiiiii cuiiiine en laliii oL en vieux français. 

*Serigue, n. f., crabe bleu {Cancer moenas) (Gherrueix). 

"^Seringue p. sirène (Car nos paysans ne comprennent pas 
]»' langage mythologique. « Chanter comme une se- 
ringue. » 

= L'ancien français disait de même, pour sirène, 
sereine^ par confusion avec Tadjectif serein. V. Intro- 
duction^ p. 8. 

*Soles de guéret, tranches de bouillie fricassées. 
= Métaphore. 

*Sourdent p. surdent. 

= \'. fr. sordent. 

*Tapette, n. t.. langue (en mauvaise part). « Avoir une bonne 
tapette. » 

= tapette^ palette pour enfoncer les bouclions; Ana- 
logie de forme. || Dottin : platine, qui stmt Targot comme 
bavette. V. supra : Marie-tapette. 

*Taqueter p. claquer des dents. 
= Onomatopée. 

*Teillei', v. a., briser en morceaux. 

= Faire des têts (tessons) ou briser comme le chanvre 
qu'on teille (?). V. inincer. 

*Teursée, n. f., gaule fourchue au moyen de laquelle on tire 
de Teau les herbes pour prendre les anguilles qui s'y 
trouvent. 

Un nid de teursée, 

On prend les petits à poignée. 

Facétie. On propose à un enfant de lui montrer un nid 
d'oiseau et on le mène à des lieux peu odoriférants. 

15 



— 220 — 

*Torquette, ii. f.. pain ou forme de couroniio. En fi-. : toiu-ie. 
= Lai. : torques, couronne. H Moisv : teurquette. 

*Tortillon ou tortillard), bancroche. 

= Cf. le fr. tortillon, chose tortillée. || Jaubert : 
bigotu. V. teux. 

*Tortillonner p. tortiller, marcher en se balançant, « en bari- 
tonant du c... », connue dit Rabelais. 

*Tout-de-suite, en ce moment. « Je suis enrhumé tout-de- 
suite. » V. tout à l'heure au Gloss. 

*Trainasser, v. n. Se dit d'une personne mal portante qui se 
traîne péniblement et languit, a II est resté malade, aussi 
depuis quelque temps il trainassoit. » V. lenteur. 

Traisse JJict., p. 195), par extension : pissée copieuse. 
V. durée . 

*Tremblou, n. m. (trembleur), poisson de mer, genre raie 
^Cherrueix). V. dormant. 

*Tripot, n. m., soins domestiques d'un petit ménage. 

*Trlpoter, v. n.. faire son tripot, et v. a., patiner, tamponner. 

*Va-ci-va-là, n. m., traintrain, marche d'une maison, occu- 
pation de la ménagère. 
= Cf. va-et-vient. 

*Venelle, n. f., côté du lit touchant le mur ou la cloison. 

= Lat. : vena, partie intime. Cotgrave : passage étroit. 

*Venue, n. t.. grande quantité, tapée. V. bâclée. 

*Vlin Dict.. p. 205). Dans lexpression : « Le vent est vlin » 
(froid), il y a peut-être un rapport avec le franc, revolin 
(répercussion du vent) qui donne en Anjou : r'vélin, vent 
froid (Verrier). 



APPENDICK 



A. — Locutions vicieuses. 



(Barbarismes, Expressions à pléonasmes, etc.). 



On dit : 

A ce quils disenl. 

A cette heure-ci. 

Allons ? 

Au coup comme au coup. 

Aussi bon temps. 
A qui que c'est ? 
A qui que tu causes ? 
A tous coups. 
Appuyer (s') 3 lieues. 
Avoir été né à Dol. 
Avoir du jeu. 

Avoir du raport à A... 

Bashoura (à). 

Ben pus pir. 

Ça fait de quoi. 

Cas moins. 

Ce midi. 

Cen cest. 

Cti-ci. 

Cest-y biau ! 

Demander excuse. 



Demain n'a matin. 



Au LIEU DE : 

On dit, dit-on. 

En outre, au surplus. 

Allez-vous ? 

Soudainement, tout à coup, et 
aussi tout d'un coup. 

11 est préférable de. 

A qui est-ce ? 

A qui causes-tu ? 

Aussi bien (sens vague). 

Faire 3 lieues. 

Etre né à Dol. 

S'amuser, avoir du plaisir eu 
jouant. 

Ressembler à X... 

Tard, dans la fin de la journée. 

Bien pire, pis. 

Ça impressionne. 

A moins que. 

Aujourd'hui à midi. 

C'en est. 

Celui-ci. 

Est-ce beau ! 

Demander pardon (Très em- 
ployé partout). V. GÉNiN, I, 
336. 

Demain, au matin. 



— 222 — 



On dit : 

De qua que Vas ? 
En effet de. 
Envoyer nouvelle. 

Envoyer un mot comme par 

lequel. 
Etre d^une âge avec Jean. 
Faut aller travailler. 
1 jousent de la musique. 

I a pas pour qua. 

II faut que fauge. 
Il n'y a pas choix. 
Il s'en va venir. 

Je sommes ti hentôt rendus? 

Je sais^ — je sieu. 

Je m'ai... 

Je veu.i qu'il va. 

J'ai tombé dans n'un foussé. 

La moindre des choses. 

Les siens de chez nous. 

Mistanflute (à la). 



Où dans les phrases ci-contre 

Par là. 

Par sur. 

Pas mais. 

Plus bon. 

Pas que. 

Pierre de sucre. 

Pourvu que je vège. 

Porter jeune^ vieux. 

Que que c'est ? 



Au LIEU DE : 

Ou'as-tii ? 

En fait de. 

Envoyer un mot pour informer 
quelqu'un. 

Envoyer un mot pour informer 
quelqu'un. 

Etre du môme âge que Jean. 

Il va falloir travailler. 

On joue de la musique. La mu- 
sique se fait entendre. 

Il n'y a pas de quoi (Réponse 
à des remerciements). 

Il me faut aller. 

Peu importe. 

Il va venir (V. fr.). 

Sommes-nous bientôt rendus? 

Je suis, — sequor. 

Je me suis... (Verrier). 

Je veux qu'il aille. 

Je suis tombé dans un fossé. 

Très peu. Une infime quantité. 

Ceux de chez nous. Nos gens. 

A la va-vite (Nouveau La- 
rousse : mistenflute^ enfant 
faible et délicat). 

Des choses où on ne comprend 
rien. 

La pierre où j'ai frappé. 

La tasse où j'ai bu. 

Environ. « Il a 20 ans, par là. » 

Par dessus. 

Pourtant. 

Meilleur. 

Parce que. 

Morceau de sucre. 

Pourvu que je voie. 

Avoir l'air jeune, vieux. 

Qu'est-ce ? 



223 



On dit : 

Que que ka. 

Que vlous. 
Qui que c'est. 
Quoique cela, 
Raport à. 

Regarder bien adret. 
Se [aire causer. 

Se jeter à bas. 

Sentir à bon. 

Se parler. 

Si qu'on allait. 

Tant que. 

Un petit peu. 

Un p^tit pour chaque. 

La veuve de Durand. 

Pas de trop. 

Pour de qua ? 



Au LIEU DE : 

Quelque chose. 
Que voulez-vous. 
Qui est-ce ? 
Malgré cela. 
A cause de. 

Regarder bien attentivement. 
Poire causer de soi (en mau- 
vaise part). 
Tomber. 
Sentir bon. 

I^arler avec affectai ion. 
Si on allait. 

Pendant tout le temps que. 
Un peu. 

Un peu pour chacun. 
La veuve Durand. 
Pas trop. 
Pourquoi ? 



Pour éviter un double emploi, nous n"avons pas compris 
dans la liste ci-dessus les mots et locutions suivants, dissé- 
minés dans le Glossaire : A ce matin, — Adsa, — Al[ile (d'), 
— Aniain (d'j, — Anendret, — Avu, — Bel-rt-ben, — Biscoin 
(de), — Bonnement, Bouge vel, — Bout de temps, — Bout- 
ci-bout-là, — Cachemvte (en), — Chiotte à chiot, — Chiquette 
(en), — lyamèche, — IJ à rang, — Dique à, — Drié-la-lirt, — 
Endechat, — Ensement, — Ensuivant, — Faviots (en), — 
Fine (ma), — Fort, — Grippe (à la), — IHp et hap, — Mèzé, — 
Muce (en), — Ousque, — Pas guère, — Premier que, — 
P'tit (un), — Sinon que, — Subout, — Tout à Vheure, — 
Veni-goutte (à), — Ventiez, — Vère, — Mais. — et, au Sup- 
plément : Cota-tibi et Dabonnée (à la). 



B. — Expressions populaires et Locutions proverbiales. 

Les mots précédés dun * figurent au Glossaire. 

Outre les ouvrages cités fp. 28-30), nous avons spécialement 
consulté, pour cette partie : Elie Blanc, Dictionnaire analo- 



— 224 — 

gique; Didier Loubens, Proverbrs et Locutions de la Lanqve 
française; Ch. Rozan, Petites ignorances de la Conversation: 
Francisque Michel, Dict. d'argot. 

Abattre (s') la *bancellc sur les jambes. Se faire Tartisan de 
son propre malheur. Courir à sa perle. 

Min au dinblr bonUl'i. C"est aller au diable, au diable Vau- 
vert. 

Peut-ôtre celte expression repose-t-elle (comme tant d'autres) sur 
un jeu (le mots. Rien d'impossible qu'un farceur, fatigué d'entendre 
toujours parler du Diable au Vert 'p. \auvert. Rozan, 303; Lot bens, 
(iO), ne se >oit avisé de sutystituer au diable vert (cru) un diable passé 
à sa propre chaudière et ne l'ait servi cuit ou. plus e.xaclement, 
houilU (Entendu à Rejines : au diable rôti). 

Cette explication, hasardée dans V Intermédiaire des Chercheurs 
en 1903, n'a pas, jusqu'ici, été réfutée. 

Cette e.xpression figure dans « Histoire comique » d'AN\TOLE France 
(p. 204). 

Aller à schloff. Aller se coucher (Sent l'allemand. V. p. 12). 

Aller à Rouen = Ronfler (?). 

Aller à Versailles. Verser, tomber sur le côté. Jeu de mots. 

OUDIN. 

II Cf. l'argot : aller à \iort, nier, être de la Chine^ etc. 

Aller du corps. Avoir la diarrhée. 

Avoir bonne écoute. C'est être indifférent ;iux reproches. 
« Vous pouvez dire, il a bonne écoute. » 

Avoir de la *bincbe. Voric haine. Moi.SY écrit : bainge. bain- 
gue. 

Avoir du clou battu. Correspond à « du pain sur la planche », 
des économies. 

Avant le XVI» siècle, les monnaies étaient faites au marteau, 
tandis que les clous étaient découpés. On appelait l'argent clou 
battu, par opposition aux autres clous, dits d'épingles, faits à l'em- 
porte-pièce. 

Avoir le corps dérangé. Avoir la diarrhée. V. Aller du corps. 

Avoir du fil en quenouille. Avoir de l'occupation, de l'ouvrage 
par sur les bras. Cf. fr. : du fil à retordre. 

Avoir du blé en javelle. Avoir quelque projet en tête. Une 
jeune fille qui insiste pour aller à une fête malgré ses 
parents a a du blé en javelle. » 



— 225 — 

Avoir 1rs *côjirs iltiiis le Irainha. 1^1 ic ciiiiu^c, cmbèlé. 
\'. cône. 

Avoir le joie blanc. On dit dune feninu; (lui devient veuve 
deux ou trois lois qu'elle a If l'oie blanc (?). 

Avoir le inouvrt. Se dit d'une personne ne pouvant rester 
tranquille, tenir en place. On dit aussi a elle se remue 
comme une puce dans un panier. » 

Avoir les deux pouces ddris le c... iN'avoir jamais été parrain 
ou marraine. 

Avoir le paquet. Etre enceinte. Se dit surtout d'une fille. 

Avoir ses chasses-courantes. La bride sur le cou. 

Avoir une bonne 'Hapelte. Avoir une bonne langue. 

Avoir une bonne case. Etre d'une constitution solide, d'un 
fort tempérament. 

\e pas avoir de porte de derrière. Etre franc, sans échapp.i- 
toire. 

Battre la dècJie. C'est l'argot : Etre dans la purée, dans la 
débine. 

Il Francisque Michel voit dans dèche l'apocope de 
déchet. 

Battre sur son blé. Etre enceinte, sur le point de rester. 

BécJter le navel. Tomber sur le nez. Verrier : bûcher un 
naviau. 

*Biser grand'mère. Tomber par terre. La trrrc est considérée 
comme la Mère i)ar excellence. 

Boutique (la) de oui, on y trouve de tout. Se dit d'une maison 
de commerce oi^i on vend un peu de tout. 

Causer à rajot. Faire des commérages, parler à tort et à tra- 
vers. Trévoux : ragot, style de conversation. 

Connaître midi à sa porte. « Chacun connaît midi à sa porte », 
c'est-à-dire chacun sait (mieux que personne) ce qu'il a 
à faire. 

Coudre à points de Jésus. Coudre à grands points, comriïe 
pour fauhlcr. On dit aussi : « Du 30 à l'aune, à tous les 
échaliers un point. » (Trans). 



— 2-26 — 
Coudre hi vnchr et le ^v'uni. \ . au Gloss. : vitni. 

Couper la *verrure. Faire une opération spéciale à une vache 
qui n'a pas u retenu. » 

Courir peste et peste. Courir trè< vite, courir comme la poste. 

Courir jambe de tous les diables. Courir à toute vitesse. 

Courir riyade. S'amuser, rigoler. Lacombe : en rigale^ en noce. 

Crier au vinaifire. Crier très bruyamment. 

Il Argot, Francisqle Michef.. crier au vinaigre, crier 
au voleur qui donne du vin-aigre. 

Diable le, bat sa femme... et marie sa lille. Se dit quand il 
fait en même t4?mps de la pluie et du soleil. 

Le plus souvent on ne dit que la première partie de l'expression, 
ce qui n"a pas de sens, car la seconde marque le contraste de la 
peine et de la joie, comme de la pluie avec le beau temps. 

Il Dans l'Anjou, on cliantonne (Verrier) : 

« La Sainte Vierge qui boulange ili, 
Du pain pour les anges. » 

Ce qui est plus poétique. Comme chez nous, toutefois, on ne dit 
généralement que la moitié du distique. — Dans l'antiquité, on 
disait en pareil cas : .lupiter se bat avec Junon. — Toujours on a 
usé d'images pour poindre cette antithèse atmosphérique. « Jadis 
Ihonime. poui' expliquer les phénomènes, voj'ait une noce céleste 
dans la gaieté d"un rayon de soleil au milieu d'une averse... » 
A. Boghakr-Vacué, Intcnn., XXXMII. 219. 

Diable (lej bouilli. V. aller au... 

Diable (le) et ses rabots ou (ragots) [cancan, jMontesson] p. 
le diable et son train, sa suite... 

Débrider son dne. Quand, dans une réunion où. chacun se fait 
prier pour chanter, l'un des assistants commence, un 
autre suit et dit du premier qu'il a débridé son âne. 

Devenir à rien. Se réduire à sa plus shiiple expression. « La 
saucisse laissée trop longtemps sur le feu devient à rien. » 
Il Trévoux. 

Dur de la desacque. Avare, dur à la détente, dur à sortir 
l'argent du sac. 



(1) Ce qui peut s'expliquer : " Le pain exige à la fois de Veau pour pétrir 
la farine et de la chaleur pour le cuire. » 



— 227 — 
Emmenchf'i la petite hache. Faire des vétilles, du travail vain. 
En être. Etre du vice (V. ci-après). 

Eteter les choux. Se marier avant ses frères et sœurs aînés. 
Verrikh (S'applique spécialement aux filles). 

li Rennes efleinller les choux; Tinténiac : ecrucJieter 
les choux; Savenay : choler les choux par la tête. 

Etre aux cent coups. Etre dans rembarras. Ne savoir où 
donner de la tète. 

Etre au mouroir. A l'agonie, à « larticle de la mort. » Ver- 
rier, GOULABIN. 

Etre ^ben échelé. Bien attrapé, par un événement subit. 

Etre chaussé à lliôtel de Saint-Crépin. Avoir une chaussure 
trop étroite. 

Etre comme chez son grand-père au Marais. Etre bien soigné. 
Autrefois, les habitants du marais de Dol avaient la 
réputation d'amis de la bonne chère. 
Il LiTTRÉ : « Comme le porc à l'auge. » 

Etre dans ses bonnes. Etre de bonne humeur, bien disposé. 
H Vendée : aestre dans ses bons. V. érainette. 

Etre dans le cas de. Capable. « Il est dans le cas d'aller à Dol. » 

Etre dans ses joueries. En train de jouer 

Etre dans son poirier de Liban, de Mignonette. Etre à son 
affaire. 

Etre dune grande vie. Manger beaucoup. 

Etre en li. En rut = En feu. V. rebisquette. 

Etre en *emminette. V. ce mot au Glossaire. 

Etre du fiarnais. Porté sur la luxure. 

Etre du vice. Porté sur la luxure. 

Etre de la conlrérie des chats. Ne jamais avoir été parrain 
ou marraine. 

Il A Saint-Remy-du-Plain : « De la frarie des chiens et 
des chats. » V. avoir les deux pouces dans le c... 

Etre en vin de chien. De mauvaise humeur, après boire. 

Etre en rebisquette. V. rebisquette au Gloss. 

16 



— 228 — 

Etre enire de lu vertes et une mûre. A moitié ivre (La Boussac). 
Il Dans Ph. Lkhoix. sons dilïérent. 

Etre en position. FAve oiiceinle. 

Etre sur le l)on ton. Ktre cnreinte. 

Etre sur le Ixni bord. Etro enceinte. 

Etre juif mourir. Etre mis n mort et surtout guillotine. 

Faire binette. Faire faillite. 

= Dans Trévoux, économiser la chandelle en la met- 
tant sur le binet. D'où aussi : u une économie de bouts 
de chandelles. » 

Faire bobine. S'endormir sur place. V. cbobé. 

Faire cent sauts pour une prune. Se donner un grand mal 
pour peu de chose. 

Faire de l'acquit. Faire de l'usage. Durer longtemps. Se dit 
d'une étoffe qui s'use dif licitement. Orain, Dottin. 
Il Verrier : faire du retour. 

Faire du raye. Dire tantôt tu. tantôt vous. \\ Cf. la locution théâ- 
trale : faire de la toiU\ perdre le lil de son discours, 
improviser. 

Faire fronce. Réussir dans ses entreprises. Cité comme de la 
Haute-Bretagne par H. riAn)oz et P. Sébillot (Blason 
populaire de France). 

Faire goule de *veuillp. Mauvais visage. Figure de vieille 
femme. 

Faire la reu. Regarder de travers. 

Faire long feu. Durer. Tolbin. 

Il Verrier : faire du retour. 

Faire le rochouan. Bouder, faire mauvaise figure. 

Faire un rjrand récit. Faire grand cas. 

Faire de l'eau, de la pluie. Pleuvoir. Verrier. 

Faire râle de bidet. Enlever tout, rafler. 
Il Xorm. : faire rapiarnus. 

Faut pas tant de beurre pour faire un quarteron. U ne faut 
pas tant d'explications. Se dit à quelqu'un qui n't'n fin il 
pas de parler. 



— 229 — 

Faucher In riolcttc. Se dit cVniw vache (|iii marche de travers. 
= La violette pousse sur les bords des routes. 

Feu de recule. Keu tellfuicnl ardrut (|n"il oblige a s'en reculer. 

Filer courut r. l^'ilcr par la tangente. K\\ argot : plaquer : à 
Plerguer : coulisse. 

Il Ph. Leuoix : (jtifjner lu colline. 

Filer d'un sir. Maïupa-r à un cngagi-niciit, à un rendez-vous. 

Fourrer par en dessous. Fournir en cachette des aUnients ou 
des subsides à une personne. 

Garder le *vaissL'. Se dit dini homme qui reste auprès de sa 
femme, sur le point d'accoucher. 

Gâter de Veau, l'riner. \\ au Gloss. : gâter. 

Gâter la majesté. Faire un pas de clerc. 

Gâter la sauce. Tout perdre. Sens identique à (jâter la majesté. 

Ju(jé (rester tout). Tout interdit, étonné. 

Jouer du pied Equant et la llùte. Se dit de deux personnes 
ou de deux choses qui s'entendent, s'accordent parfai- 
tement. 

Lever une prée. Convertir une prairie en labour. 

= Trévoux : « Lever les guérets », donner un labour 
aux terres à repos. » 

Lieues de chien, plus à 'courre quà trotter. Des lieues 
grandes. Quand on dit, par exemple, qu'il y a 2 lieues 
alors qu'en réalité il \ a 9 et 10 kilomètres. 

Les lettres en sont grosses. Se dit de choses faciles à 
apprendre. Allusion à l'alphabet en gros caractères que 
les enfants déchilfrent plus vite. 

M'intjcr sa barque. Manger son fonds, se ruiner. La barque 
prise ici comme fortune des pécheurs. En français, on 
dit de même « bien conduire sa baripie. » 

Manger des marrons. Maronner, marmotter, i)arler entre ses 
dents, (( ronchomicr » d'un air de mécontentement. 

Manger du pain de *hinette. Etre en prison. 

Il Norm. : bisette, pain bis. Moisy. Duméru.. 

Mot rond (dire le). Terme de marché. Par exemple, quand 



— 230 — 

on offre cFune marchandise 19 francs, le vendeur dit 
« Mettez le mot rond », c'est-à-dire 20 francs. 

Mettre à garder la parée. Mettre sa femme à coucher dehors. 
Lui fermer le soir la porte au nez, la laisser passer la 
nuit dans le jardin. 

Mettre le beurre du côté de sa langue. Se garder la bonne 
part. « Attirer à soi la couverture. » 

Mettre sous la cuve. Quand une ménagère ressent les pre- 
mières douleurs de Tenfantement, on dit aux « gosses » 
qu'on va les mettre sous la cuve. 

Mettre tout à cuire et à houiUir. Faire un festin superbe. 

Il En franc. : « mettre les petits plats dans les grands. » 

Mettre quelqu'un pire quune cheminée. Le noircir comme 
une cheminée. Entacher sa réputation. 

\ette comme torchette. Expression très répandue et citée par 
MoiSY et Ch. Nisard. Ce dernier la considère comme 
ironique et donne la forme primitive « Net comme tor- 
chon ». I, 233. 

Ne pas avoir la gale aux dents. Avoir bon appétit. Manger 
« à belles dents. » 
Il Norm. : « Ne pas bouder contre son ventre. » 

Ni [ait ni à faire. Se dit d'un ouvrage mal fait, sans soin. 

Ni ieu ni "-^llatin. V. Glossaire. 

Ni sou ni maille. Redondance. « Pas un rouge liard. » 

Ni tenon ni menon. Sans initiative. Qui ne sait pas com- 
mander; dire ni « tenons ni menons » (?). 

Ni vu ni connu, je V embrouille. Quand on se flatte d'avoir fait 
un tour sans être vu, on ajoute : a Ni vu ni connu, je 
t'embrouille. » 

.Ve pas s'ennaller en écornilloux. Celui à qui il a été offert 
une ou des consommations, au café, tient à payer sa 
(( tournée », pour ne pas s'ennaller en écornifloux. 

Il Cf. TouBiN : ècornilleur, celui qui vit sur les cornes, ou sur les 
biens des autres. 

On en verra la châte ou la levée. V. à châte au Glossaire. 



— 231 — 

Os (les) ne lui {ont plus de mal. Se dit d'une personne morte 
depuis longtemps déjà. 

On li fendrait la peau de V ongle. Se dit d'une personne grasse 
dont la peau ne fait pas un pli. 

Parent du côté du dos. Parent du côté du dos, non parent. 
li RoussEY : parent de la côte d'Adam. 

Pas plus que de perruque à la broche. Pour dire : rien. Per- 
ruque est sans doute pour perruche (?). 

Planter un rosier. Paire une dette qu'on ne paiera pas. 

Il Verrier : être logé aux Rosiers. « Le rosier a la fleur 
de l'espine. La fleur est au prester, Tespine est au 
rendre. » Rossignol : planter un drapeau, faire un pouf. 

Pisser dans les rotes. On dit d'une personne qui a les yeux 
rouges qu'elle a pissé dans les rotes (Vieux). « Pour 
pissier entre deux maisons on gaigne le mal des yeulx » 
{Evangile des Quenouilles, III, 1). 

Prendre du pot pour mettre dans la jatte . Emprunter à X... 
pour rendre à Z... (Vers Trans). 

Queue au loup (à la) p. à la queue leu-leu. V. fr. 

Rabattre ses chattes, — ses quinquets, — ses 4 mercredis ^^K 
Froncer les sourcils en guise de mécontentement. 
Il Centre : faire les usses (Jaubert). 

Raccommoder la cotte à Jeanne. Réparer une bévue, revenir 
d'accord. Réconcilier deux amis brouillés (V. ra flairer 
au Glossaire). 

Relever son pignon. C'est faire ses relevailles. Se dit d'une 
femme qui va à l'église en relevant de couches. 
Il Verrier : amesser. 

Renable (Prendre son). Prendre le nécessaire. 

Rester les 7 *pertus ouverts. C'est le comble de l'ébahisse- 
ment, qui fait ouvrir la bouche, les yeux et les 4 autres 
trous de la tête. 



(1) Cette originale expression ne viendrait-elle pas de l'antique cérémonie 
du « rabat des mercredi et jeudi saints » ou « rabat des cordeliers », dans 
laquelle les entants avaient un rôle important (V. Nisard, p. 275). 



— 232 — 

Revenir sur les buts de derrière. Revenir sur ce qu'on a dit. 
Il Verrier : u retourner sur les buttes de derrière. » 

Se chouj/er les *quartiers (V. ce mot au Glossaire). 

Se coucher de près. Se passer d'une chose. 
Il Tré\olx : couchez-rous auprès. 

S\'nn<dler la goule en haut. Tomber de mal. 

Sien de chez nous (le). Une femme dit a le sien de chez nous », 
en parlant de son mari. 

Si elle avait des *cônes, qu'elle *billerait du (dur) p. si elle 
pouvait qu'elle ferait du mal. 

Sif/ler la rôtie (et) soûl [1er ^^' rôtie. Devenir rouge après boire. 
Expressions relevées par Francisque Micfiel. 

Taupin vaut *ben Moret. Expression équivalent à » bonnet 
blanc et blanc bonnet ». l'un vaut lautre. « Taupin et 
Moret veulent dire également : noir (Verrier, Duméril). 
Ce dernier mentionne cette locution comme rennaise. 
GouLABiN propose : « Toupie vaut bien marelle », jeux 
des enfants (?). 

Tenir en place comme un pet dans un panier (La Fresnais) 
(Ironique). Ne pas pouvoir rester tranquille. 

Tirer (se) le c... de presse. Se sauver heureusement d'un 
danger. Blaxc a Se tirer de la presse. » 

Tout craché. « C'est son père tout craché. » Id est : il res- 
semble parfaitement à son père. = P.-L. Jacob propose 
tout craché pour tout tracé (P. 28). 

Trembler la berne, empiéter, pruner (V. ces mots) (Saint- 
Domineuc). 

Tripoter (se) tout seul. Faire seul son tripot (V. ce mot au 
Glossaire). 

Vendre du sel. Aller lentemont, en s'arrêtant de porte en 
porte à bavarder. 

Vendre la calebasse. Vendre la mèche, dévoiler un secret. 
CouLABix, Verrier. Toibin l'explique : indiquer l'en- 
droit où est cachée la liqueur. 

Vendre rie et rac. Vendre cher. Cf. fr. : ric-à-ric. 
Il Verrier : ric-à-rac. 



~ 233 — 
Vider 'sej coniinr une "^frenelle (V. ce mot au (Uossaire). 

Vivre à cogne sabol. Se dit d'un ménage d'enfer, où les éponx 
se battent à « coups de sabot. » 

C. — Adages et comparaisons. 

Ço lui *avient comme à une -'trêe à ramer des pois (Ironi(}ue). 

C'est comme l'Ascension, ça ne hausse ni ne baisse. Cette lèlu 
est invariablement iO jours après Pâques. 

Bouffir (se) comme un ^pouée sur une assiette. 

En chair et en os comme saint Amadou (?). 

'^Dehoguer des yeur comme une cJiatte qui arorte \' . Gloss. : 
déborjuer). 

Frapper comme un co (coq) borqne. Frapper à coups redou- 
blés. 

Se marier comme J'éperrier, le c... le premier. Se marier à 
raveuglette. 

Se redorer comme un *pouée sur un évéque. 

Regarder en dessous comme une poule qui perce un sas. 

Adret connue un cochon de sa queue ^ironique). = Beau c. 
le jour, c. un page = Bon c. du bon pain. = Béte c. une oie. 
= Curieu.r c. un jeune prêtre. = *Crier c. un blaireau. = 
Bavard c. une pie borgne <i). = Brûler c. des allumettes (?). = 
Courir c un ératé (courir très vite), c. un *vannet fvanneau). 
= Dur c. des *enconas. = *Essillé c. un *pis *garre 
(V. Glossaire, à essillé). = Entête c. un *bedrin (V. ce mot). 
= Enflé c. un *tac (V. ce mot). = Eveillé c. une *pochetée de 
souris (V. pochetée). = Face c. les fesses d'un pauvre homme 
[Figure large c. un platj. = Fier c. un Ecossais [d'après le 
Trévoux, les Ecossais étaient accusés d'être « fiers et 
curieux ^)]. = Fier c. un coq <2). = Frisé c. un petit Saint-Jean. 



(1) On dit aussi d'une bavarde : « Elle est remplie de paroles, comme la 
vache à X... qui avait ^envalr un bréviaire. » 

(2) « Le coq. dit M. Nisard p. 24.3), a cet avantage qu'il ne règne pas 
seulement sur les poules et ne trône pas seulement sur le fumier. Du haut 
du clocher où il se pavane, il ét^nd vsa domination sur les villages, les 
bourgs et même les cités. » 



— 234 — 

= Frais c. un *cibot (V. ce mot). = Frais c. un œuf couvi, un 
pain do semaines (ironique). = Frapper c. un coq borgne 
(avec acliarnement, comme un coq de combat qui a perdu un 
œil. = Coiflé c. Saint-Roch de travers). = *1Jubi (V. ce mot). 
= Heurrux c. le corps du roi. c. le coq sur le tas (fr. : coq en 
pâte). = Jaune c. un *porion (V. ce mot). = Jaloux c. une 
teigne (?). = Mauvai'^ c. la gale. = Méehant c. la Jeannas (?). 
= Maiçire c. les fesses à Latus (?). =^ Peureux c. un lièvre. 
= Plat c. une feuille de contribution. = Plein c. un a^uf, un 
bar (ivre). = Pourri c. *jotte (V. ce mot). = Prompt c. un 
*lima dans du *bran (ironique). ■-= Raide c. la justice. = 
Regarder en dessous c. un chnt qui boit du lait, une poule 
qui perce un sas. = Reehigné c. un *pouée de *trée. = Sacré 
c. la patte du loup. = Sain c. un *bouis. une tasse d'argent. 
= Salé c. du *pik {Y. ce mot). = Sec c. le vent du Nord. = 
Sot c. un prunier (Pu. Leroux). = Tendre c. un poulet. = 
*Ventru c. un *viau *nevé. = Vilain c. un c... srratté. = Se 
ridrr c. une *frénelle (V. ce mot au Glossaire). 

Tout à la douce comme les marchands de ^badious. 

Comme les petits poulets, ils suivent leur mère. Se dit des 
enfants naturels. 

Quand il y a une bonne « celierée » de cidre^ le pain a patience. 
Quand les caves sont bien garnies, on mange moins (car 
on boit davantage). 

Nez de femme, queue de chien et c... de chat 
Sont froids comme du verglas, 

in lien d argent, qui dure longtemps. 

Un lien d'or, qui dure jusqu'à la mort (Sur les bagues). 

D. — Proverbes et Dictons. 

Consulté : P. Cahier : Quelque six mille proverbes. 

1. A qui la béte fait le prix. C'est au vendeur à faire son prix. 

(( Qui vend la vache dit le mot. m 

2. Beauté sans bonté 

Ce nest rien a compter. 



— 235 — 
3. Bon */v/, bonne bêl(\ de... (V. pa au Glossaire). 

1. Bon Dieu (le) donne des ^cônes à Biquette comme elb 
peut les porter. 

Dieu ne nous envoie que les maux que nous pouvons 
supporter. « A brebis tondue, Dieu ménage le vent. » 
(Cahier, 2H2). 

5. Changement de pâture donne appétit aux veaux. 

La nouveauté — grata novitas — est un charuje, un 
(( ragoilt », connne disaient nos pères. H Pu. I.rholx : 
(( Changement dv. corbillun, appétit de pain bénit. » 
Fr. : (( Tout nouveau, tout beau. » 

C). Il est avis à mnngeoux d'œiijs que tout le monde ont In 
(joule jaune. 

Il Cahfeu : « II est avis au renard que chacun mange 
poule connue lui » (1518). On est tenté de mesurer les 
autres à son aune. 

7. // ne laut pas (aire le *lian avant d'avoir le viau. 

C'est le proverbe latin : « Antiquam viceris ne trium- 
phem pares » et le vers de Molière : « Laissons venir la 
fête avant de la chômer. » 

8. Quand il naît un poulain 

Il vient une chartée de foin. 

C'est le proverbe français : « Dieu envoie le froid 
selon le drap. » Se dit souvent quand il naît un nouvel 
enfant dans une fn mille pauvre déjà nnnibreuse. 

9. Un rhume de matelot 

Il s'en va avec le vaisso. 

Se dit d'une maladie qui ne quitte qu'avec la vie. 

10. On ne peut avoir la bûchette et le c... chaulé. On ne peut 

avoir tous les bonheurs à la fois. 

11. Si on savait les coups^ on prendrait les loups. Si on 

connaissait l'avenir, on ferait bien des choses qu'on ne 
peut faire. 

12. Beau pa, bonne bête, 

Cest le rouge qu'est le mêle (maître). 

Le rouge était jadis l'indice de la malice. Cotgrave 
cite ce proverbe : « Les plus rouges y sont pris. » Moi- 
SANT, p. 22. 



— 236 — 

IM. hnnner du tJtyn, 

C'est foire l'airKnu' sans fin. 

11. Jji eliance e.^t en l'air, elle tombe sur la canaille. 

ii C'est le français : « Chance vaut mieux que bien 
jouer » (CAnU':H. -JDO). 

15. Marchandise offerte a le pied coupé. Ce qu'on offre trouve? 
j»lus (lifiicilenient acheteur. 

h). Marchandise chère a la queue lonijue. Quand une niar- 
ciiandise est chère en un lieu, bient(M elle y abonde. 
Vv. : « Cherté foisonne. » Cahier. 331. 

17. Tellr n\ère, telle fille ; 
Trllr vie, telle fin; 
Telle bouUlic. tel rjratin. 

18. On ne peut faire un gros nœud sur une petite corde. On 

ne peut pas faire grand avec des petites choses. 

19. Quand la ^rochette est au bois^ le pépin n'ij est pas. 

\. Glossaire, ^u moi roche tte. 

2u. De l'orvale 

Qui (juérit et qui halri"^). 

21. }'ive femme debout, tonneau couché. 

22. Lait sur vin, 
C'est du venin ; 
Vin sur lait 
Rend le cœur net. 

23. On ne va pas avec la beauté de sa femme au moulin. « La 

beauté ne fait pas vivre, ne remplace pas le pain. » 

24. Gars de paille vaut fille dor. 

Il RoLSSEY : « l'n homme de paille vaut une femme 
de foin. » Se dit généralement en parlant d'un mariage 
d'un homme pauvre, mais travailleur, avec une fille 
riche (qui a le c... terroux^^), comme on dit). 

2.J. // vaut mieux courir après sa bête que de li lever la queue. 
Il est préférable d'avoir un âne qui courre bien, jeune 



Ij L'orvale ou toute-bonne est une plante médicinale aux propriétés réso- 
lutives. 
(2) Qui a des biens, de la terre. 



— 237 — 

et vipoiirciix, qu'un vioux baudet qu'on est obligé dp 
pousser pour le faire aller. ()ii fait ordinairement cette 
réilexion en parlant d'une union de deux époux d'âges 
disproportionnés. 

20. // lait comme les Irtcs de boucs, il rit de son mrdheur. 

Se dit de celui (fui l'nit contre mauvaise fortune bon 
cœur. 

27. Quand le ventre *quel cuit) la chemise est bien cliande. 

Quand une chose arrive, les conséquences s'ensuivent 

vite. 

Uuand un ciel croit) *querre (cuircj le iuur chel ^clioit). 

Ouand on croit toucher la prospérité, le malheur sur- 

vieid. 

2S. C'est aujourd'hui le jour Saint-Lambert^ 
Qui (juitte sa place la perd. 

Se dit (juand on prend la place d'une personne qui 
s'est absentée un moment. Vieux proverbe faisant allu- 
sion aux malheurs conjugaux du marquis de Saint- 
Lambert, d'après le Dict. de V Amour (i820). 

29. Langage des {leurs rustiques : 

De la *ravenelle, ma mie est belle, 
Du laurier, ma mie, je Taurai, 
Du thyn, ma mie ne vaut ren (rien), 
Du lilas, ma mie est là. 

30. Dois vert, pain irais et belle [ille, sont la ruine d'une 

maison (D. 

31. FUle qui su (siflle) 
Vache qui bu (beugle) 

Poule qui (( chante le co » ^coq) 
Cest 3 bêtes de trop. 



(1) (No 30). Il est (le ce dicton plusieurs variantes : 

I. Belle fille, pain frais, bois vert, 

Met la maison à désert. 
II. Bois vert, pain chaud et cidre nou\eau. 

Mettent la maison à vau-l'eau. 
III. Dans Ph. Leroux : 

Jeune femme ou vin doux, pain tendre et bois vert, 
Mettent la maison en désert. = (Au mol vert). 



— 238 — 

32. Foumc de ïnaviii. 
Femme de elnKjriu. 

33. // y (I (fssez iriine fiinmc par )naison : autant que de 

baratte. 

3i. Femmes^ moines rt pigeons^ 
AV savent où ils cont. 

3."). ['ne femme, une eJièvre et un pis (puits), 
C'est pour (jàter tout un pays. 

30. Mouche-chandelle et (jratte-tisons 
(( M( I ') la ruine en ta maison. 

37. C'r.s/ marier la faim avec la soif. Se dil (.run mariage 

irindigents. 

38. On dit d'un cheval maigre : H mange des écoutes et est 

couvert o des échelles (Trans). Il vit de « l'air du 
temps » et a les côtes comme des barreaux d'échelle. 

Dictons sur ie temps, les saisons, etc. 

a. Quand Pâques marsine^^), il ij a guerre, peste ou famine. 

b. Temps blanchas, 
Chien cour tas, 
Fille dévote. 
Foutre qui s'y frotte. 

c. Feurrier \v court, le pire de tous. Les marins Sardes 

ap])ellent ce mois : double face. 

d. Jamais le mois de mai ne quitte sans voir le l)lé épié. 

e. Tonnerre en janvier, 
Cimetière bosselé. 

f. A la Chandeleur 

La chandelle pleure. 

A la Chandeleur, les jours commencent à rallonger, 
il faut moins de lumière. 

g. Dans le mois de mai, 

La pie bat le geai. V. Glossaire, au mot ma, IL 

V. aussi « Les Proverbes et Dictons agricoles de la 
France » (Berger-Levrault. 1872). 

'1) Est dajis le mois de mars, comme cette année (1910). 



— 239 — 

Ë. — Quelques métaphores. 

Boire la lavure de ses fesses (se noyer). — 'Ulos a bouillie 
^sonnerie d'un baptême) (^Traiis). — Gars fendu à la gelée 
(une mie). — Halé quant et le *tourté ^tiré du luur en même 
temps que le tourte, qui est peu cuit, pas trop lin). — Manger 
des noces (assister à un repas de mariage). — Perdrix coiffée 
(femme. Ii Argot : caille coiiîée). — Mourir le "^viau sous 
la gorge iD (V. au Glossaire : viau). — Mourir la main sur la 
pommette du *ber (mourir avec des enfants au berceau). — 
Le ménage a la goule grande (Trévoux : il faut beaucoup de 
choses pour le faire subsister). — Incendier de sottises (acca- 
bler d'injures). — Porter sa mouture au moulin palier à con- 
fesse). — *Quère au même four ^cuire au même four : être 
très bien ensemble, intmie). — Vendre aux défunts ^se dit 
d'un commerçant qui a peu de clients). — Un chien coiffé 
(en parlant d'une fille qui veut se marier et épouserait le ]>re- 
mier venu, on dit u elle prendrait un chien coiffé). — B(m 
partout ,dun poupon dont on vante la grosseur, on dit qu'il 
a un bon partout : il est gros et gras de partout,. — .S** 
ramasser (rentrer). — On dit que la terre fleurit quand, 
remuée par la charrue ou la bêche, elle se couvre vite d'une 
couche de poussière, au soleil. 

SiR LE TEMPS. — Le temps est noyé ^noyé. très pluvieux). 

— Le temps menace (il va pleuvoir). — Le temps va p 

sous H ^il va faire de la pluie). — Le beau temps tombe par 
morceaux il pleut). — Il tombe des *marteaux (il grêle). — 
Enlni le temps est maigre et *saf quand il est sec et froid. — 
*Vlin, *chamaroujc, en *support (V. ces mots au Glossaire)^ 
*ganddleiix w. 

La gelée blanche (vers Goutances : blanche-gelée)^ c'est la 
grande jument blanche^ et la neige : les papillons blancs. 



1) Celte expression, comme la suivante qui lui équivaut, s'emploie sur- 
tout en parlant d'un homme sil se marie déjà âgé. « sur le tard », et qui 
est exposé à mourir laissant de tout jeunes enfants. 

(2) Quand le temps est indécis, on dit qu'il est zig-zag, expression corres- 
pondant à la locution française aussi imprécise : « 11 fait un drôle de 
temps. » 



— 240 — 

F. — Le Cidre. 

Le vin. a-t-on dit. esl la littérature du peuple. Le mot est 
piquant et ne manque pas de justesse. Appliqué plus parti- 
culièrement à rhonmie de la glèbe, on pourrait ajouter qu'il 
en est l'esprit, qu'il en est Tàme. 

Chez nos paysans, pour lesquels le « jus de la treille » est 
un luxe, c'est la « purée septembrale », cette belle liqueur 
d'or, mousseuse et pétillante, (pii tient en effet la place 
d'honneur, et leur amour pour la boisson préférée est inexpri- 
mable... Aussi, les épithètes (]ui se rattachent au cidre, au 
sirop de potnmes, forment-elles un vocabulaire spécial, aussi 
riche que pittoresque. 

A rinstar de leurs « *veisins » les Normands d), nos culti- 
vateurs ont leur (jro.s et leur petit cidre : le premier, de 
« cuvée de choix », le second, de qualité et de degré infé- 
rieurs. Celui-ci provient le plus souvent du *retas {V. ce mot 
au SuppL): il est fortement étendu d'eau, '""naijé (noyé), trop 
(( baptisé ». on a trop monté dessus. On rappelle cidre à 
quatre chevaux [La Boussac : de 4 iwmines] (trois pour 
apporter l'eau, le quatrième pour amener les pommes). Ses 
remarquables propriétés diurétiques lui ont valu les noms 
suggestifs de sacque à la braque et pisse au piqrion (La 
Boussac). — L'autre, le pur jus^ dit aussi de première, a droit 
aux qualificatifs les plus aimables, les plus tendres : c'est le 
bon *piot, ^^qracieu.r, *goutu^ *qouleyant (ou goulichant)^ 
dret en goût, [ort et ben '^cœuru; il réchauffe, *recaupit, 
(( remet le cœur des gens » et porte à la joie: c'est du cidre à 
chansons. Comme des meilleures choses, il ne faut pas en 
abuser, car il est fort et si on veut *^happer do /^ il [oui 
à bas. C'est plutôt du cidre à beire la net (boire la nuit) car 
il fait perdre l'équilibre et. de neutée (de nuit), tout en en 
sentant pareillement les vertus, on en trahit moins les effets... 

Le cidre doux, sortant du pressoir, tape au c..., il a des 
effets purgatifs réels. Entonné, il bout, '-'cuit en se dépouil- 
lant, et devient kijé (clair) comme de l'eau de roche. Cepen- 
dant, il noircit parfois, peu de temps après avoir été tiré du 
tonneau: on dit alors qu'il se ^tue. S'il perd sa force, on dit 

(1) V. MOISY, I, p. LXIV. 



— 241 — 

qu'il platit. Lorsqu'il devient niyrelet, il est "^besuifjrc. Eiiliii, 
quand il contracte un goût u sui genrns » dans un tonneau 
malpropre, il est jutr. il a (joùt de jùt. 

Ajoutons que le cidre dans la composition duiiucl entrent 
des poires est appelé de la **lirhnn(' et (jue celui fabricpié 
avec des fruits volés reçoit les qualilicatils de cidir ,lc hnic^ 
de *ponuiiCs de lune, de pommes de chi'ir dr lune. 

G. — Mots concis remplaçant des circonlocutions. 

Certains termes de notre patois n'ont pas de synonymes 
ni d'équivalents en français et ne peuvent se rendre qu'au 
moyen d'une périphrase. Rappelons ici cenx iigurant au 
Glossaire. 

(Les mots en italiques se trouvent au Supplément). 

Verbes. — A/finei\ avanger, bitocJier, blutonner, cogner, 
déguiser, demntiner ^se), empietter, épletter. fauter, lantrer. 
iringaler. (jahinciner^ galioler, gaurer, jober, miserer, niizi- 
boter, pécher, perayer, pruner, retouiller, rondir, satisfaire, 
trigader, zieuter... 

Noms, adjectifs, adverbes, etc. - Ahzohis, aget, avanças, 
bôgnas, boucapertu. l)Ougevel, brangé, cafoin, equerjol, 
écouvtmî\ jambet. jouasse, moret, parpaillot, qiiercole, ran- 
cloux, récent, sent-à-bon, sourcmeux... 

En outre, quelques verbes évoquent, em[)]oyés seuls, une 
idée toujours sous-entendue. C'est ainsi que : approcher, cest 
communier (approcher de la Sainte-Table), — '•'pousser, c'est 
étudier en vue de la prêtrise, — promettre, se dit d'une femme 
qui a quelque espoir de maternité. — Un honmie qui a fait 
son service militaire, a son congé, a satisfait. — Quand on dit 
que Jean a tué aujourd'hui, cela signifie qu'il a mis à mort... 
un cochon, tout simplement... 



Nous accueillerons avec empressement les rectilications 
et additions que Ion voudra bien nous adresser sur ce pre- 
mier volume; nous les utiliserons dans le second, qui sera 
consacré au Foll{-lore et à la Tradition. 

FIN DU PREMIER VOLUME 



TABLE DES MATIÈRES 



Introduction : 

Pages 

I. — Essai de classification des mots 1 

IL — Remarques sur les lettres 13 

III. — Morphologie et Syntaxe 23 

Index bibliographique 28 

Glossaire 33-206 

Supplément : 

I. — A rintroduction 207 

IL — Au Glossaire 208 

Appendice : 

A. — Locutions vicieuses 221 

B. — Expressions populaires et Locutions proverbiales. 223 

C. — Adages et Comparaisons 233 

D. — Proverbes et Dictons, etc 234 

E. — Quelques métaphores 239 

F. — Le cidre 240 

G. — Mots concis 241 



Imprimerie Oberthur, Rennes (4482-09;. 



A la même librairie, H. CHAMPION, éditeur, 5, quai Malaquais 



OUVRAGES DE M. ANATOLE LE BRAZ 

Tryphina Keranglaz. Poème. 1692, ia-12. 3 fr. 

Ces poèmes chM-mante forent le début de M. i-o iiraz uauo les lettres. 

La Légende de la mort chez les Bretons armoricains. Nouvelle édiLiun avec des iiolcà sui- icb 
croyances analogues chez les auU-es peuples celtiques, pur Georges Dottin, professeur 
adjoint à rUnIvei-sité de Rennes. 1899, Z forts vul. in-12 10 fr. 

Textes bretons inédits poui- servir à l'histoire du théâtre ceilique. iyu4, iii-6'> 1 fr. 

Cognomerus et sainte Tréfine. Mystère breton en deux journées. Texte et traduction. 190i, 

mS^ ■ * ^^■• 

Vieilles liistoues au pays Ijreion. i^uo, in-iû ^^A' ^P 

I. Vieilles fttsioiri's hrPtoi,nes. La Charlezeini. — Le bùtîurd du roi. — Histoire Pascale. — La légendo 

de Margeot. 

H. Aux vedlvei ut î\<Jti. >«c'aen:i;iv. — -Novi uc tliouaiiÊ. — La Nûël de Jean Rumengol, — A bord de la 
a Jeanne-AHi/xistine ». — La chouette. — Le puits de Saint-Kado. — Le forgeron de Plouzélambre. — 
En « Alger d'Afrique ». ^ tx ^i 

m. Récits d» passants. Lee deux amis. — La liaclie. — Le péché d'Ervoanio Prigent. — Humble amour. 

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F.-M. LuzEL. avec la collaboration de M. A. Le Braz. Soniou (Poésies lyiiques), 1690, 2 vol. 
in-8o - .....r.r; :.....^, .-...,.,. 16 fr. 

T. I. ClianBons enfantines; sentimentales, — T. il. Mariage; chansoas humoristiques et satiriques; métiers; 
chansons de soldats et chansons de bord; Noëls et chansons religieuses. 
La traduction française est en regard du texte breton. Importante introduction d'Anatole Le Braz. 

Vient de paraître : 

AU PAYS D'EXIL DE CHATEAUBRIAND 

a Les années d'exil de Ch. en Angleterre étaient jusqu'à présent assez mal connues. M. A. Le B. s'est 

efiforcé de nous les faire mieux connaître, et il y a très heureusement réussi. Sans vain étalage, mais avec 

.^des « dessous » très" solidee d'érudition, il s'est attaché à reconstituer, d'après les traditions du pays et de; 

^ documenta recueillis sur les lieux mêmes, la vie de l'émigré à Beccles, puis à Bungay. Il nous prouve que 

Gh. a rempli en Angleterre les fonctions de professeur de français, et, en éclairant l'une par l'autre l'œuvre 

-et la biographie du poète; il établit Ja chronologie de son labeur d'écrivain. Surtout ii nous raconte le 

-tt roman de Charlotte » et il suit dans l'œuvre postérieure de llené la trace ineffaçable de cette aventure de 

jeunesse. Tous ces récits s'égaient de piquants et pittoresques tableaux de la vie anglaise au XVIIIe siècle, 

souvenirs personnels rapportés par l'auteur de son pèlerinage romanesque u au pays d'exil de Chateaubriand. » 

(Revue des Deux-Mondes, 1er juin 1909.; 

e derniei' ouvrage forme le tome VI de La Bretagne et les Pays celtiques, série de beaux 
volumes in-12 3 fr. 50 

Ouvrages précédemment parus : 

L Ch. Le Goffic. L'Ame bretonne, première série. ln-L2 3 fr. 50 

II. A. Le Braz. Vieilles histoires du Pays Breton. In-12 3 fr. 50 

m. TiERCELLx. Bretons de lettres, ln-12.... : 3 fr. 50 

IV. G. DoTTiN. Manuel pour servir à l'étude de Tantiquité celtique. In-lji 5 fr. " 

V. Ch. Le GoiFic. L'Ame bretonne, deuxième série. In-12 3 fr. 50 

\'il Léon DuBRELiL. La Révolution dans le département des Côtes-du-Nord (études 
et documents), avec une préface de M. H. Sée, professeur d'Histoire moderne 
à la Faculté des Lettres, Docteur es letU^es. Un fort volume in-12 de plus de 
300 pages ..■•■•••• • • •••••• 3 fr. 50 



Haizb. Une commune bretonne pendant la Révolution. Histoire de SaintrSei-van de 1789 à 1800. 
Lettre-préface de Mgr Duchesne. 1907, in-8« :"-j-u^- ^Ai' 

— Inventaire sommaire des archives communales de SaintrServan antérieures a 1790. 1908, 
in-40 ;•• * ^^• 

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PltOFliSSEUtt A L'UNIVERSITÉ DE RENNES 

Vocabulaire vieux-breton avec commentaire, contenant toutes les gloses un Moux-breton, gallois, 

cûi-nique, armoricain connues. Précédé d'une intr-oduction sur la phonétique du vieux-breton 

: et sur l'âge et la provenance des gloses. 1884, gr. in-8o 10 fr. 

— Chrestomâthie bretonne (armoricain, gallois, comique), l^e partie : Breton- Armoricain. 1800, 
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— Remarques et corrections au iexicum ccrnu-britannicum de \Villiams. 1902, in-S» 2 fr. 

— L'année celtique d'après les textes irlandais, gallois, bretons et le calendrier de Coligny, 
1904. in-S^ • -'-^ 3 fr. 

— ttontribution à la lexicographie et l'étymologie celtique. 1006, in-S*^ 2 fr. 
:— Les Langues romane et bretonne en Armorique. 1908, in-8«, 30 pages 2 fr. 

— Les noms des saints bretons. 1910, in-8'^ 3 fr. 




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Lecomte, Charles 
Le parler dolois 






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