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Full text of "Le patois Bourbonnais, précédé d'un simple essai étymologique"

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J.-E. Choussy 



Le Patoî^ 



Bourbor{r{ai> 



PRECEDE D'UN 



SIMPLE ESSAI ETYMOLOeiQDE 



Prix : 4 Francs 




MOULINS 

IMPRIMERIE BOURBONNAISE Louis LAMAPET 

64, Rue D'Allier, 64 



n 







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ABRÉVIATIONS 



Verbe v. 

Substantif s. 

Adjectif. a. 

Adverbe adv. 

Pronom pr. 

Masculin .... m. 

Féminin f. 

Par extension par ext. 



2997 



3é^ 



PRÉFACE 




oici les quelques vers^ sans prétention aucune (1\ 
que nous adressions, il y a longtemps, à Tun de 
nos amis décédé depuis un certain nombre d'an- 
nées; et nous ne les lui faisions parvenir alors, que pour qu'il 
se rendit compte immédiatement de la grande quantité de 
mots patois qui dérivent du grec : c'est dans ce seul et 
même but, vis-à-vis du public, que nous les reproduisons 
aujourd'hui. 

Je ne sais si le vieil Homère 
A quitté le séjour des Dieux 
Pour venir inonder la terre 
De ses accents mélodieux ; 
Mais dans le plus petit village, 
Et souvent même à chaque pas, 



(1^ Ces vers, en effet, écrits sans prétention, sont semblables à ceux qu'un ami 
adresse à un ami. Mais, toutefois, nous croyons devoir prévenir le lecteur, que 
M. Ghoussy a déjà put'lié un livre de poésies qui a reçu l'approbation des 
hommes les plus compétents : « On ne peut qu'admirer avec quelle souplesse de 
talent et quelle justesse d'expression l'auteur atoide les sujets les plus ditfi- 
ciles ». {L.'Umon.) François Coppée déclare que : « C'est un tour de force poéti- 
que. » Et notre poète nioulinois, Théodore de Banville, s'exprime ainsi : 
« Livre, dont l'inspiration si noble et fci élevée est bien servie par une forme 
exquise et pure. » Etc., etc. L'Editeur. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



_ 4 — 

Ce nouvel et divin langage 
Etait pour tous si plein d'appas 
Que la plus humble ménagère 
Pouvait de l'étable au lavoir 
S'entretenir avec Homère 
Depuis le matin jusqu'au soir. 

Gouia, chantait le barde, en parlant d'eau bourbeuse. 

Quel « gouia », dit une laveuse, 

En retirant du bourbier son sabot. 

Que fait ce tout petit marmot ? 

Il se vautre dans la « patouille ». 

Patou, disait le gamin grec, 
Cherchant l'humidité pour éviter le sec. 

Faut-il donc que je fouille 
Dans leurs écrits ? Nous mangeons le « gouéron, » 
Ils croquaient le Gouéros : Nous appelons « Pelasse » 
Ce qu'ils nommaient Pela. Tel enfant sur la place, 
Patauge dans la » borbe » et s'y met à « groupton. » 
Borboros et Groupto, disait-on dans la Grèce. 
II faudrait du papier de Moulins à Lutèce 
Pour les exprimer tous à vos yeux étonnés. 
Voyez-vous ces moutons par la peur entraînés ? 
« Ooth », dit la Bergère, et l'Oios fidèle 
Accourt en bondissant à la voix qui l'appelle ; 

« Curayon » est né de Curebia. 
« Andière », d'Andreia. 
«|Mamé », pour grand'maman, a frappé mon oreille ; 
Et la langue des Grecs, à nulle autre pareille, 
Disait aussi : Mamé, pour grand'maman. 
Mais que nous dit encor la voix d'un paysan ? 
Je suis tout « tribouié », ma « tauraille » est malade » ; 

Taura, Triboien, au temps d'Alcibiade. 
Nos champs sont divisés par « Cassis » « Cassios », 
Et ceux des Grecs Tétaient par Cassis, Casséos. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



Dans la sombre forêt, tout-à-coup une branche, 
Sous l'efTort vigoureux du bûcheron, «. s'éclanche ». 

Enfin, dit-il, elle est donc « éclancha ». 
Son collègue disait : elle est donc éciassa. 
Que « tarabatez-vous » au-dessus de ma tète ? 

Tarassate, l'écho répète. 
Et ce gros « pansigot » qui marche pesamment, 
Nous vient de Pansthénès, tout naturellement. 
Regardez ces poussins que l'orfaie « épivasse » ; 
Epifabas, en grec. Entendez la « Jacasse » 
Etourdir la terre et le ciel 
De son babil simpiternel ; 
laçasse. Nos gens, comme du temps d'Homère, 
Se servent du marron pour remuer la terre. 
Rogué créa « roquer », « Bramer» vient de brazo 
(( Embouni », d'embioun ; « Sabat », de sabazo. 
J'en passe mille et mille, et si je ne m'abuse, 
A de nouveaux labe urs ma plume se refuse ; 
Et ma plume a raison : Je suis « acabassa », 
Homère, en souriant, me répond : Cabassa ! 




LE PATOIS BOURBONNAIS 













SIMPLE ESSAI ÉTYMOLOGIQUE 



DU 



Patois Bourbonnais 



Monsieur le Président de la. Société d'Emulation 
et honorables collègues, 

Un archiviste de l'Allier, M. Ghazaud, notre ancien collè- 
gue, avait eu l'heureuse idée, vers 1875, de donner au 
pubhc un glossaire bourbonnais, et il s'était adressé à tous 
les membres de la Société pour obtenir des renseignements. 
Beaucoup d'entre nous avaient répondu à son appel, mais 
une mort prématurée ne lui a pas permis de voir se réahser 
son projet. 

Nous nous étions occupé personnellement du canton de 
Varennes et nous allons publier aujourd'hui le résultat de 
nos recherches. Nous tenons à faire observer tout d'abord 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 8 — 

que ce que nous appelons patois est plutôt une déformation 
de la langue française qu'une langue originale. 

Ce qui vous frappera tout d'abord, Messieurs et honora- 
bles collègues, comme nous l'avons été nous- même, c'est 
cette grande quantité de mots qui dérivent du grec, comme 
vous allez en j uger par un essai étymologique. S'il n'y en avait 
eu qu'un nombre restreint, on rejetterait ce fait sur le 
hasard, mais le nombre en est si grand qu'il existe une 
cause ; et quelle est-elle ? 

Ici notre embarras est immense, et nous avouons sans 
détour que nous renoncerions à chercher une solution, si 
nous ne connaissions pas les bons sentiments qui doivent 
exister parmi les membres de toute Société littéraire les 
uns envers les autres, et si nous ne savions pas que 
vous êtes tout disposé à nous accorder un généreux 
pardon, si nos recherches ne parviennent pas à faire 
sortir la vérité à travers les voiles épais qui la dérobent à 
nos regards. 

En résumé, bien loin de soutenir une thèse, nous sou- 
mettons, en tout et pour tout, de simples essais à vos 
lumières. 

Gomme il n'y a pas d'effet sans cause, si nous trouvons 
tant d'expressions dérivées du grec et parfois complète" 
ment grecques, on est forcé, sinon d'affirmer, du moins de 
supposer, bon gré mal gré, que notre pays a été habité 
autrefois, plus ou moins longtemps, par une colonie des- 
cendant des Pélasges. 

« On sait que Marseille a vu quatre colonies phocéennes 
consécutives se succéder et séparées par l'intervalle d'un 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 9 — 

an, et les deux dernières séparées de cinq ans. » (Raoul 
Rochctte, t. III, p. 416). 

Comme Strabon nous dit que cette contrée était plus 
propre à la culture de la vigne et de l'olive qu'à celle du 
blé, ils durent « chercher de bonne heure à s'enrichir par 
le commerce et les expéditions maritimes ». Mais comme 
avant tout il faul vivre, ils allèrent à la recherche du blé. et, 
en remontant les deux rives du Rhône, ils arrivèrent 
d'abord à Lyon, et l'on sait que les Rhodiens, issus des 
Phocéens, « ont donné à cette ville une origine rhodienne ». 
Voilà donc une colonie déjà assez rapprochée du Bourbon- 
nais ; et, en descendant les rives de l'Allier et de la Loire, 
les Phocéens, ou Rhodiens ou Ibériens, issus éj^alement 
des Phocéens, en poursuivant le cours de leurs exploits et 
de leurs recherches alimentaires, durent nécessairement 
s'arrêter dans les plaines si fertiles de la Limagne ; et on 
sait que la Limagne n'est pas restreinte seulement à 
l'Auvergne, mais qu'elle s'étend jusque dans l'arrondisse- 
ment de Lapalisse, dans les plaines de Montaigut, de Boucé 
et pays circonvoisins du canton de Varennes : des cartes 
géographiques attestent au surplus l'exactitude de nos asser- 
tions. 

Mais, nous dira-t-on immédiatement : Pourrez-vous citer 
quelques légères traces matérielles de leur passage ? Oui, 
c'est possible, mais le nombre évidemment ne peut pas 
être considérable, surtout après tant de siècles, où diverses 
hordes plus ou moins barbares se sont succédé les unes aux 
autres, s'acharnant à détruire de fond en comble tout ce 
qui leur tombait sous la main, afin de ne rien laisser subsis- 
ter des œuvres de leurs prédécesseurs. Il faudra donc nous 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 10 — 

contenter de quelques vestiges, qui à eux seuls, toutefois, 
dans des circonstances aussi peu favorables, seront d'un 
puissant secours pour coordonner nos idées et nous fourni- 
ront des preuves absolument plausibles et quelques-unes 
peut-être péremptoires. 

Et qui sait, si parmi tant d'objets recueillis depuis long- 
temps et classés comme provenant des Romains, puisque 
l'on ne se doutait pas de l'existence d'une colonie grecque 
dans nos pays), qui sait s'il ne s'en trouverait pas quelques- 
uns qui pourraient être attribués aux Peslages ? 

Vous ne serez nullement surpris de voir figurer dans les 
preuves que nous allons vous soumettre, deux noms de nos 
compatriotes qui font autorité parmi nous, M. Bertrand et 
M. Francis Pérot, et auxquels nous adressons tous nos 
remerciements. Nous en devons également à M. Ernest 
Olivier, dont les savantes publications sont justement appré- 
ciées par les hommes de valeur ; il en est de même pour 
les très intéressants manuscrits patois de MM. Lacouture- 
Maillat, instituteur à Archignat, et Aupetit, instituteur à 
Laugy. Nous avons rencontré dans les ouvrages si estimés 
de M. Levistre, des appréciations conformes à celles de 
M. Pérot. 

« Le Thau caractère hébreu, phénicien ou grec) (1), 
se voit sur plusieurs Mégalithes de l'Assise, aux Places, à la 
Pierre des Bénitiers La Ghabanne). (P) 

On le ti'ouve aussi sur « une pierre à rigoles, située entre 
les Rocs Vagnons et le hameau de la Roussille (Ghateldon), 



(1) « Il est évident, disent nos savants ètymologistes. que les Phéniciens appe- 
laient leurs letlres des mêmes noms que les Hébreux. » Nous n'avons vu par 
nous-même autiun des monuments dont nous allons vous entretenir. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 11 — 

ainsi qu'au Ré des Fourches et sur le dolmen de Saint- 
Martin à Ferrières. » (U. 

« Le Ghimel (lettre phénicienne ou grecque), est gravé 
sur le monument de l'Assise. » (La Ghabanne.) (P.) Ce fait 
est confirmé par iVI. Levistre. 

« Sur une pierre de La Ghabanne, est le mot Gai phéni- 
cien ou grec. » (P.) Et M. Levistre nous dit : « Les carac- 
tères tracés sur le dolmen de l'Assise, le Ghimel et le Lameth 
donnent le mot Gai, qui en Phénicien signifie tumulus, 
monceau. » (Société d'Emulation, 1901, p. 19.) 

On croit également le voir près de la Pierre Taillée (La 
Ghabanne), et on le retrouve un peu plus loin sur un dol- 
men phénicien au domaine d'Arnon. (L.) 

Enfin, sur les Pierres gravées de Ghargros (Ghâtel-Mon- 
tagne), les caractères qu'on y voit sont absolument phéni- 
ciens ou grecs : ce sont les lettres r, q, ts, p, /, E, n, A. (L.) 

Le Thau domine parmi toutes les lettres que nous venons 
d'énoncer : c'est assez naturel quand on sait que cette lettre 
était revêtue d'un caractère sacré. N'en serait-il pas de 
même du Ghimel, tout à la fois, hébreu, phénicien et grec, 
qui représentait chez ces anciens peuples une idée de puis- 
sance, de grandeur et de gloire, et que l'on plaçait sur les 
tombeaux ? 

« Tous les médecins oculistes dont les cachets ont été 
trouvés en Gaule, sont grecs, de la famille dite des Asclé- 
piades, et tous leurs collyres sont à base de produits 
grecs. » (P.) 

Nous avons tous entendu parler de la colonie des Pions 
du Montoncelle (Lavoine) qui, affirment-ils, « viennent de 
plus loin que le soleil se lève », colonie extrêmement 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 12 — 

curieuse,et à laquelle le grand Dictionnaire du xixe siècle 
(Larousse) a consacré un sérienx article ; et c'est assuré- 
ment de toute la France celle qui doit remonter le plus 
haut dans l'origine des peuplades qui ont foulé notre sol. 
Les Pions sont essentiellement Autochthones, ils ont un 
langage qui leur est particulier, leurs mœurs diffèrent des 
nôtres : ils se marient entre eux ; leurs noms eux-mêmes 
ont conservé certain cachet d'ancienneté qui à eux seuls, 
démontrent qu'ils sont aborigènes ; nous allons en citer 
quelques-uns qui ont une affinité étonnante à la langue 
grecque, et par conséquent aux noms patronymiques grecs : 
Elteco, SiTiiahlin, Fosel, Thuin, Farengo, Granner, Grega, 
Grapho, RegJioulsi, etc. (Fr. Pérot et Noelhas). 

Pour tout helléniste, ce mot Pion, essentiellement, abso- 
lument grec (titiwv), ne frappe-t-il pas immédiatement ses 
esprits ? Est-il formé de lettres incohérentes et prises au 
hasard, ou ces lettres expriment-elles un sens qui ait quel- 
que rapport avec la position de cette peuplade nouvelle- 
ment implantée dans cette contrée, qui sera plus tard la 
France ? 

Remarquez bien. Messieurs et honorables collègues, que 
les hommes d'autrefois étaient semblables aux hommes, 
d'aujourd'hui : les noms qu'ils créaient pour exprimer leurs 
idées avaient ordinairement plus ou moins d'analogie avec 
la conformation des lieux ou la nature du sol ; aussi les noms 
étaient-ils aussi dissemblables que les idées sont diverses, 
c'est-à-dire variables à l'infmi. 

Pour ne nous en tenir qu'à la nature du sol, soit directe- 
ment, soit indirectement, nous avons pour exprimer la 
richesse ou l'agrément les mots : Bonchamp, Glosrichards, 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 13 — 

Espérance, Aupain-Auvin, Montplaisir, Charmant, etc. 
etc. (1) Il en est d'autres qui expriment un sens tout opposé, 
tels que : Tout-y-Faut, Mauvais, Ghampmaigre, infernal, 
Mauchamp, Bramefaim, etc., etc. (2) 

Que signifiait donc en grec le mot ttiwv : Pion ? Cette 
expression dont ils avaient baptisé leur village implique 
une idée d'abondance et de richesse, or, comme à ces épo- 
ques reculées le luxe et la richesse étaient inconnus, chaque 
peuplade ou tribu s'estimait heureuse d'une situation qui 
répondrait chez nous à une position d'aisance et de bien- 
être, etc. 

Si cette peuplade n'avait pas rencontré dans ces régions 
tout ce qui lui était avantageux elle aurait eu bien vite 
abandonné ces lieux inhospitaliers, pour aller à la recherche 
d'autres pays plus propices, car les peuplades de ces épo- 
ques lointaines étaient essentiellement nomades, aussi cette 
fixité des Pions dans ces parages pendant tant de siècles, 
nous prouve jusqu'à févidence que leurs désirs étaient 
pleinement satisfaits de cet état de choses, et ils l'avaient 
consacré par ce mot Pion (Trtwv), qui rendait leur pensée 
d'une abondance relative, mais à coup sûr d^aisance et de 
bien-être. Sur un autre point de notre département à Chan- 
telle il existe une tradition qui donne aux habitants une 
origine phénicienne (grecque) et ne sait-on pas que la tra- 
dition est le lien du passé avec le présent? C'est le grand 
livre des illettrés. 

MM. Bertrand et Pérot ont recueilli un assez grand 
nombre de monnaies grecques, surtout des tétradrachmes, 

(1 Voir Ghazaud : Dictionnaire des noms de lieux habités du département 
de l'Allier. Voir également Quicherat : De la formation française des anciens 
noms de lieux.... 

(2) Idem. 

LE patois' BOURBONNAIS 



— 14 — 

dans différentes parties du Bourbonnais ou dans des com- 
munes limitrophes. La plus grande partie des monnaies 
trouvées chez les Eduens, nos plus près voisins, portent les 
mots EAui, ^AY = KALET EAou = AiAOYir. La collection Pérot 
en renferme plusieurs. 

Près de Moulins, à Toulon, on a mis au jour deux 
officines de potiers et, ce qui est très intéressant au point 
de vue du sujet que nous traitons, on a trouvé une statue 
représentant ]e tireur d'épine du sculpteur grec Phidias. 
(Bertrand . A Chantenay, dans la Nièvre, partie dépendant 
autrefois du Bourbonnais, nous savons (par M. Bertrand) 
que l'on a décou^'ert l'atelier d'un sculpteurgrec.il nous 
semble que de telles découvertes peuvent parfaitement 
permettre de croire qu'il existait une peuplade descendant 
des Grecs, mais où il ne sera peut-être plus permis de 
douter, c'est lorsque nous aurons placé sous vos yeux une 
anse d'amphore trouvée à Glermont, portant le cachet du 
fabricant dont le nom est essentiellement grec et écrit en 
caractères grecs : ahwhtpioy -^eyopas (Démétriou Teuoras. 
(Collection Francis Pérot.) 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 15 — 



DEMETRIOU 
T^EUORAS^i) 



Gomme nous n'avions pas assez de confiance dans nos 
propres lumières pour donner une traduction exacte de ces 
deux mots, nous avons eu recours à des érudits ; les uns ont 
pensé qu'on devait lire : ateliers ou produits de Démétrius 
(ou une expression de même nature), les autres n'ont pas 
osé se prononcer. 

Toutefois, dans l'intérêt de l'idée que nous avons émise 
(une colonie grecque \ on voudra bien nous permettre 
d'essayer une autre version. Ouvrez un dictionnaire grec et 
vous verrez : Démétriou, temple de Gérés ; or, comme 
Démétriou est au génitif, il nous faut nécessairement que 
le nom qui précède ou qui suit soit au nominatif. 

Gomme les trois premières lettres TEU sont le radical 
du mot grec TEUGOS qui veut dire vase ou tout autre mot 
qui se rattacherait à l'idée d'un récipient quelconque, ne 
nous trouverions-nous pas alors en présence d'un fragment 
de vase qui aurait appartenu au temple de Gérés ? 

Ge qui nous laisse supposer que c'est très vraisemblable, 
c'est que Gérés ou Déméter ne sont qu'une seule et même 
déesse et que cette divinité est essentiellement grecque, à 

(1) Cette première lettre noa achevée donae à croire que ce doit être la let- 
tre T ; la seconde lettre E laisse quelques doutes dans l'esprit du lecteur . 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 16 — 

tel point qu'on lui donnait également le nom de Pelasgide. 
Et que l'on se souvienne que l'une des plus grandes solen- 
nités de la Grèce était en l'honneur de Déméter ; et pour 
bien caractériser cet amour des Grecs pour leur déesse 
favorite, ils lui avaient consacré un mois tout entier, et 
c'était à leurs yeux le plus beau et le plus riche de Tannée, 
celui des moissons. 

Dans ces cérémonies liturgiques où pontifiaient leurs 
prêtres, ces derniers se servaient d'un vase qu'ils nom- 
maient kernos. Ne serait-ce point, nous le répétons, l'anse 
de ce vase sacré dont on possède un fragment ? Et ne 
serait-il alors pas tout naturel qu'un temple de cette divinité 
essentiellement pélasgienne, Déméter (Démétriou), se soit 
élevé au milieu d'une colonie grecque ? 

En résumé^ que ces deux mots se traduisent par: ateliers 
de Démétrius ou vase du temple de Gérés ou par toute 
autre signification, il résulte que départ et d'autre on recon- 
naît être en présence d'une inscription grecque, et c'est le 
seul but que nous voulions atteindre. 

Mais ne possédons-nous que ce seul vestige des vases de 
cette époque ? Non. Et nous sommes heureux de vous assu- 
rer qu'un instituteur, à Gannay-sur-Loire, M. Marlot a 
trouvé un vase essentiellement Chypriote (donc grec), 
qui a fourni le sujet d'un commentaire très intéressant, 
par M. Pérot à la Société d'Histoire et d'Archéologie de 
Chalon-sur-Saône. 

Quelques écrivains ont soutenu qu'entre les vases grecs 
et les vases Gallo-Romains il existait une grande différence 
dans le travail, et que les ouvrages sortis des mains romaines 
étaient loin d'approcher de la déhcatesse des formes qui 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 17 — 

était l'apanage des ateliers Grecs ; mais cette remarque si 
peu favorable aux ouvriers romains est-elle empreinte de 
la vérité la plus pure ? Nous serions, Messieurs, dans une 
étrange erreur, si nous admettions des assertions aussi 
hasardées, et il nous semble qu'après un assez long appren- 
tissage de l'art de la poterie, les ouvriers de Rome pouvaient 
lutter avec avantage avec ceux d'Athènes, surtout pour un 
genre de poterie commune à tous les besoins les plus usuels 
de la vie. 

Gomme preuve évidente nous citerons cette appréciation 
émanée d'un homme compétent, Jacquemart (1). « Ce n'est 
pas à dire que la poterie commune n'ait pas été cultivée, 
car on trouve des Amphores semblables à celles des Grecs ». 
Continuons nos recherches et nous allons vous dévoiler des 
passages de savants auteurs qui ont traité le même sujet. 

« Les Etrusques furent un des peuples les plus artistes de 
l'antiquité : les meubles, les ustensiles de tout genre qui 
sortaient de leurs fabriques jouissaient d'une réputation 
méritée d'élégance. Les Grecs si adroits eux-mêmes en 
étaient fort curieux, à tel point que lorsqu'ils voulaient faire 
l'éloge d'un ouvrier habile ils disaient : « C'est un Toscan». 
(Et l'Elrurie n'est-elle pas située au milieu de l'Italie ?) 
Poursuivons encore : 

Du me au ive siècle « plusieurs vases de cette époque 
sont de véritables chefs d'œuvres céramiques ; 

Le galbe de ces vases est toujours d'une légèreté, d'une 
délicatesse, d'une élégance extrême » (2). 

Est-il possible de pousser plus loin une admiration sans 

(1) Jacquemart. La Céramique, p. 95 de la bibliothèque des Merveilles. 

(2) Grand dictionnaire du XIX^ siècle, au mot Etrusque, page 1080, vers le 
milieu de la première colonne. 

2 LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 18 — 

réserve ? Nous croyons donc fermement que ces citations 
sont plus que suffisantes pour prouver que les romains 
étaient parfaitement à même d'imiter à s'y méprendre les 
vases Grecs, puisque les uns et les autres étaient semblables; 
et c'est précisément cette imitation si parfaite qui a pu 
tromper souvent nos Archéologues les plus distingués. 

Nous avons mentionné un vase Grec (essentiellement 
Grec) avec inscription en langue grecque, trouvé à Gh^rmont- 
Ferrand, nous allons vous soumettre en ce moment une 
épitaphe grecque que l'on voit à Autun (Saône-ct-Loire), et 
on sait que le Bourbonnais que nous habitons aujourd'hui 
(les Boiens autrefois) se trouve entre les Arvernes et les 
Eduens. 

A Saint-Pierre de l'Etrier à Autun, il existe une épitaphe 
ainsi hbellée : « dans la paix, d'r/euo-, souviens-toi de ton fils 
MNHCEo PEKTOPioYo, » (1), c'cst uu fils qul poc SOU pèrc de se 
souvenir de lui Pectorios. 

Cette inscription grecque n'est-elle pas à elle seule une 
preuve irrécusable que dans les premiers siècles de notre 
ère la race pélasgisque, n'était point encore complètement 
éteinte dans notre région ? 

Mais nous pouvons. Messieurs, remonter plus haut encore ; 
le musée d'Autun possède une autre épitaphe en langue 
grecque sur le tombeau d'Eutychios qui se compose de 
8 lignes dont voici la première ihthpikai et la dernière : 

KENEYTYXI02 (2). 

Ce document est d'autant plus ancien qu'il nous reporte 

(1) de Martigny : Dictionnaire des Antiquités chrétiennes p. 586. 

(2) Traduction : Au médecin et rilluminateur des mortels. Aijollon, à la Reine 
d'Ephèse portant lumière, Eutychios accomplissant un vœu solennel a posé ce 
monument. Autun Archéologique, p. 98. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 19 — 

au temps du paganisme dans les Gaules, tandis que le pre- 
mier ne remonte qu'aux premiers siècles de l'Église catho- 
lique. On peut donc conclure de ces deux inscriptions que 
cette peuplade Grecque a duré plusieurs siècles dans notre 
pays. 

En continuant nos recherches dans les collections si 
riches, si remarquables, de M. Francis Pérot, et mises avec 
tant de bienveillance et de gracieuseté à notre disposition 
par notre savant archéologue bourbonnais, nous avons 
remarqué : 

lo Une perle (de collier) en terre cuite (rouge brun) gra- 
vée d'ornements en creux pour y recevoir une pâte colorée 
qui n'existe plus. Cette perle Mycénienne a été trouvée à 
Vichy en 1857. 

2o Une tête barbare (applique) en terre cuite (brun foncé) 
c'est une idole Chypriote mycénienne provenant également 
des fouilles faites à Vichy en 1887, on sait que la caractéris- 
tique des terres cuites mycéniennes est la couleur rouge 
brun, tant des idoles que des perles de collier. 

Depuis l'apparition de notre ouvrage, nous avons reçu de 
précieux encouragements qui nous donnent un peu plus de 
hardiesse pour exposer nos idées ; nous ne parlerons point 
des très nombreuses lettres émanées des hommes les plus 
éminents de notre département qui veulent bien nous assu- 
rer que nos v remarques sont très originales et très ingé- 
nieuses.... très intéressantes^ que nous émettons des théories 
neuves et hardies », etc. mais nous ne nous abusons point 
sur le sentiment qui a pu les dicter, car nous savons tous 
que des lettres de cette nature ne sont souvent que le résul- 
tat de la bienveillance ou d'une pohtesse pour ainsi dire 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 20 — 

obligatoire de la pari des personnes avec qui on entretient 
de bonnes relations, mais il est d'autres lettres parvenues de 
personnes étrangères qui offrent une appréciation moins 
suspecte de complaisance et de courtoisie, et nous allons 
en citer comme exemple : Nous avions lu dans le Petit 
/owrtzaZ un savant article sur les patois de France en géné- 
ral, signé par un des noms les plus répandus du Journalisme 
Parisien, Thom.as Grimm, et nous prîmes la liberté de lui 
adresser notre essai sur le patois bourbonnais : sa réponse 
ne se fit pas attendre : « Paris, 22 Janvier 1906. — 
Monsieur Ghoussy, je vous remercie très vivement de 
l'envoi que vous m'avez fait de votre si intéressant ouvrage 
sur le patois bourbonnais. 

Vous donnez des preuves curieuses et absolument con- 
vaincantes de son origine grecque, et il serait à soubaiter 
que tous les dialectes provinciaux de notre pays trouvassent 
des savants tels que vous pour mieux les faire connaître. 

Veuillez agréer, etc » 

Comme nous nous sommes toujours défié de nos propres 
lumières, nous consultâmes à un tout autre point de vue 
deux de nos plus illustres savants, membres l'un et l'autre 
de l'Institut. — « Vous faites bien, nous répond M. Lêopold 
Delisle, de recueillir et de fixer ce qui reste des patois et 
des usages populaires et traditionnels », ce dernier membre 
de phrase s'applique surtout à notre article de la fin inti- 
tulé : Quelques locutions diverses, a — Je préférerais, dit 
M. Brunot, professeur en Sorbonne, le tableau, un tableau 
exact, minutieux, complet, de votre patois local. En vous 
attachant à celui de votre endroit vous rendriez un très 
grand (sic) service à la science. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 21 — 

Vous me parlez d'un travail (le manuscrit Gonny) qui se 
trouve à votre bibliothèque (Moulins), je crains, d'après ce 
que vous me dites, qu'il n'embrasse une contrée un peu 
vaste et qu'il ne perde par la en exactitude et en profondeur 
ce qu'il gagnera en surface ; mais si vraiment il est sérieux, 
et sur, éditez-le : vous servirez nos études. 
Veuillez agréer, etc. » 

Il nous semble quil est facile de tout concilier, nous 
aurons recours par de larges emprunts au manuscrit 
Gonny, ainsi qu'à différents autres manuscrits consacrés au 
patois et conservés aux archives de Moulins, nous ferons 
précéder le patois du canton de Varennes d'un astérisque : 
on pourra ainsi distinguer à première vue le patois local et 
le patois général. 

Revenons à l'origine grecque du patois bourbonnais : 
d'après un homme compétent, si nous avons « des preuves 
absolument convaincantes » de cette origine, il est de toute 
nécessité de reconnaître qu'ilexistait une peuplade grecque 
et nous sommes également forcés, bon gré, mal gré, de 
convenir qu'elle avait des poteries destinées à ses différents 
usages : se seraient-elles donc toutes volatilisées ? Ge n'est 
même pas supposable. Mais nous dira-t-on,onn'en a trouvé 
aucune trace. Attendez : avant de prononcer un jugement 
si précipitamment et sans appel, c'est ce qu'il s'agit d'exa- 
miner et d'approfondir sans parti-pris de part et d'autre. 

Quelle différence existe-t-il entre les vases Grecs et les 
vases Gallo-Romains? Nous avons vu que des auteurs com- 
pétents nous assurent de leur conformité ; les vases étaient 
semblables (Jacquemart). 

Gomme ona trouvé depuis longtemps dans nos contrées 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— Sa- 
une grande quantité de poteries de différentes natures, on 
les a toutes désignées sous le nom de vases gallo-romains, 
par la raison toute simple et toute naturelle que ne se 
doutant pas jusqu'à ce jourqu'il avait pu exister unecolonie 
grecque, c'eut été pour ainsi dire insensé, ou tout au moins 
téméraire, de leur donner une origine Grecque ; il pourrait 
donc bien se faire, Messieurs, que dans cette grande quantité 
de vases, sortis des diverses fouilles auxquelles on s'est livré, 
que l'on rencontrât des uns et des autres puisqu'ils étaient 
« semblables ». 

Veuillez donc éloigner de vos esprits toute idée préconçue 
et étudions ensemble ce nouveau champ livré à nos recher- 
ches archéologiques. 

Nous avons parcouru avec la plus sérieuse attention les 
diverses vitrines de notre musée départemental et nous 
avons rencontré des vases d'une telle pureté de style grec 
que nous avons été frappé de leur beauté ; et leur ressem- 
blance avec différents vases gallo-romains est tellement 
grande qu'il est extrêmement difticile de reconnaître les 
vases sortis d'un atelier grec ou d'un atelier romain 

Gomme la plupart n'ont pas de numéros, nous sommes 
obligé de suivre les vitrines les unes après les autres afin 
d'indiquer la place de chacun d'eux ; mais à un travail nou- 
veau il faut des hommes nouveaux, « chassons donc le vieil 
homme ». 

Nous nous servons à dessein de cet adage connu qui 
s'applique non pas spécialement à nos honorables et bien- 
veillants collègues mais à tout le monde sans exception, car 
il est difficile pour ce « vieil homme », quel qu'il soit, même 
le plus honnête qui a porté un jugement sur tel ou tel objet, 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 23 — 

de ne pas être enclin à maintenir sa première décision. 
En entrant dans le musée, nous rencontrons dans cette 
première salle qui est pour ainsi dire comme une vaste 
antichambre précédant le musée proprement dit, nous ren- 
controns, disons-nous, la vitrine A, dont le rayon du haut 
renferme plusieurs vases de forme grecque, provenant du 
Bourbonnais. 

Dans la même pièce, presque en face, un vase grec se 
trouve au dessus de la vitrine, c'est un vase dit Hydrie. 
Armoire X, 3^ rayon en partant du bas, nous voyons deux 
vases de forme grecque, portant les numéros 215 et 204 : 
cette même armoire renferme une grande quantité d'am- 
phorettes en terre blanche, rappelant à s'y méprendre îe 
type grec. 

Pénétrons dans la grande salle du musée proprement 
dit : En entrant, à droite, vers la croisée, voici une grande 
amphore à terre rougeâtre, (peut-être fabriquée à Ghâteau- 
meillant), qui rappelle par sa pureté le style grec. 

La vitrine V est essentiellement consacrée aux vases de 
forme, d'oi'igine grecque ; ces formes ont été employées par 
les gallo-romains et peuvent servir de point de comparaison 
très profitable à l'étude à laquelle nous nous livrons. 

Même salle, vitrine T : dans la partie supérieure de cette 
vitrine, les formes grecques y sont très nettement visibles, 
surtout pour les vases portant les numéros 289, 538, 554, 
603. 

Conclusion : S'il est admis qu'd y avait un sculpteur grec 
dans la région, si l'on reconnaît la présence de monnaies 
grecques, s'il est certain que l'on puisse montrer au moins 
deux vases grecs et deux épitaphes grecques, les uns et 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



les autres absolument authentiques, plus la perle grecque 
et la tête barbare, grecque, dont il est question plus haut, si 
l'on veut bien convenir avec un homme des plus compé- 
tents que nous avons fourni des preuves « absolument 
convaincantes » que notre patois a une origine grecque, 
il faut bien admettre qu'il existait une colonie grecque et il 
est donc de la clarté la plus évidente qu'il existait aussi et 
forcément des vases destinés aux différents usages de ces 
peuplades anciennes : ces vases, sont ceux que nous venons 
de signaler. 

Nous ne saurions mieux terminer qu'en reconnaissant 
avec la plus grande sincérité, que nous n'avons point les 
quahtés requises pour chercher à imposer ou même à 
faire accepter notre manière de voir ; aussi n'est-ce qu'une 
simple idée que nous soumettons humblement aux lumières 
de plus savants que nous. 



Passons enfinàuneétymologie raisonnée de notre patois. 
Que l'on ne s'attende pas à trouver la moindre «science» 
dans notre essai : nous ne nous en tiendrons qu'à une éty- 
mologie simplement naturelle, telle que nos maîtres nous 
renseignaient jadis, c'est-à-dire des mots dérivés du radical 
et de tout ce qui s'y rattache plus ou moins directement, tel 
que préfixe, suffixe, et bien souvent la réunion des deux, soit 
des deux préfixes de chaque mot, soit du préfixe de l'un et 
du suffixe de l'autre. 

Nous n'ignorons point toutefois qu'il existe une nouvelle 
école, dite « scientifique », où l'étyinologie n'a rien à démê- 
ler avec le son exprimé par les mêmes lettres et nous affîr- 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 25 — 

mant la descendance commune de mots, qui n'ont pas une 
seule lettre en commun, et « qui parfois diffèrent de la 
signification autant que le blanc diffère du noir». Mais cette 
nouvelle science explique comment « tel mot a pu passer 
de l'idée primitive à la notion actuellement exprimée ». 

Prenons un exemple qui servira pour les deux genres 
étymologiques, l'ancien et le nouveau, l'ancien de nos maî- 
tres et le nouveau, c'est-à-dire le scientifique. 

D'où vient l'étymologie du mot français : avare ? Nous 
nous reportons tout naturellement au mot latin avarus, 
avare, et peut-être bien, Messieurs et honorables collègues, 
beaucoup d'entre vous, et peut-être, tous, vous diriez 
qu'avare est dérivé d'avarus ; eh bien, nous serions, paraî- 
trait-il, tous dans l'erreur au point de vue de l'étymologie 
scientifique ; sur ce nouveau terrain, le cadre s'élargit et la 
filiation remonte au temps nébuleux de l'histoire. Nos 
modernes étymologistes le font dériver du mot sanscrit, av 
garder, désirer, tout ce qui marque en un mot l'aspiration^ 
le désir de posséder ; le mot audace en dérive, car avec 
l'audace on s'efforce d'acquérir, soit tout autre mot qui ne 
commencerait même point par un a, pourvu qu'il se rappro- 
che de l'idée de possession. 

C'est vraiment très ingénieux, mais passons. Et comme il 
s'agit de patois, gardons-nous bien déchausser le Cothurne, 
et sachons nous contenter du sabot. Que l'on veuille bien 
toutefois ne pas s'imaginer que nous voudrions déverser un 
semblant de ridicule sur cette nouvelle école, car on pour- 
rait nous jeter à la face, et avec raison, l'éternel dicton : 
« les raisins sont trop verts. . . ». Si nous la laissons de côté, 
c'est parce que traitant un sujet si vulgaire, nous aurions 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 26 — 

mauvaise grâce d'y faire figurer la quintessence de la 
science... Nesutor... 

Il a été reconnu de tout temps qu'il suffit de la première 
syllabe (le radical) d'un mot latin ou grec, et souvent même 
de la première lettre, pour autoriser l'étymologiste à tirer la 
conclusion que tel mot dérive de tel autre, sauf de rares 
exceptions. Nous ne nous éloignerons pas de ce principe 
et nous tâcherons d'éviter ainsi l'écueil où viennent se 
heurter ceux qui s'adonnent à ce genre de travail et qui 
tombent dans le ridicule signalé par Voltaire, car, de son 
temps, on se moquait avec raison des savants qui, pour 
chaque mot, You\?iïeui per fas et nefas lui accoler un ancê- 
tre plus ou moins légitime ; et il citait un exemple qui est 
dans toutes les mémoires : « Il est incontestable, dit-il, par 
dérision, que l'empereur Chinois Ki est évidemment le roi 
d'Egypte Atoës en changeant K en A et i en toës . ^> 

L'étymologie des mots patois ne fera que confirmer la 
règle généralement adoptée pour l'origine de notre langue. 
Elle découle du latin en grande partie. Vous remarquerez 
des ressemblances frappantes avec la langue italienne, ce qui 
du reste ne saurait être un sujet d'étonnement. Quant à sa 
ressemblance avec la langue grecque, on n'a qu'à se reporter 
à ce que nous en avons dit plus haut. En résumé, disions- 
nous dans notre première édition, « sur 500 mots patois 
environ que nous donnons, 234 viennent du latin, 144 du 
grec, une soixantaine de l'italien. Si ces chiffres ne concor- 
dent pas entre eux et leur total, cette différence vient de ce 
que nous avons négligé de mettre les dérivés en regard des 
expressions qui ont une double ou triple signification, 
Exemple : Mollard, Mollée, Molle, dont le radical est le 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 27 — 

même. » Aujourd'hui nous donnons l'étymologie de huit 
cents mots environ, au lieu de 500, et nous trouvons approxi- 
mativement 450 mots grecs, 234 latins et 60 italiens, mais 
dans ce dernier travail nous noussomiaes occupé spéciale- 
ment des ctymologies grecques, puisque notre but est de 
démontrer que le patois bourbonnais dérive de la langue 
grecque (1). 

On rencontre assez souvent dans le patois bourbonnais 
VA (1), privatif des Grecs, en tête des expressions tirées du 
latin ou du grec (2). Ex. : « Avier», donner son lait ; viere, 
lier, fermer et A privatif, c'e^t-à-dire qui ouvre au lieu de 
fermer ; la vache en effet dilate, ouvre son pis, et l'on voit 
apparaître la sécrétion lactée. 

Il en est de même de la, lettre E. Ex. : « éfruter », épuiser 
une terre ; fructus, fruit, é privatif qui enlève le fruit. 

Revenons au grec. Le mot patois « acabassa », las, 
fatigué, vient du grec cabassa, mort ; participe aoriste de 
catabaino, mort; l'a privatif indique qu'il n'y a pas priva- 
tion de vie. 

Outre Va privatif, la langue grecque a exercé sur notre 
patois une influence notable. Certains mots sont la repro- 
duction presque exacte du grec: « gouia »,gouia ; « group- 

. (1) Plusieurs d'entre nous doivent se souvenir de ce livre que, dans notre 
enfance, nous avons peut-être maudit plus d'une fois : Le jardin des racines 
grecques. Voici de quelle manière il s'exprime au sujet de l'a privatif: Absin- 
the, nerbe très amère, Apsinthion, de Psinthios. douceur, plaisir et a privatif ; 
amarantlie, fleur qui ne se flétrit pas, de Mairaino, flétrir et de a privatif ; 
Anonyme, qui n'a point de nom, Onoma, nom et a priv., Athée, qui ne croit pas 
en Dieu, de Theos, Dieu et d'à priv. 

(2) Pour ne pas répéter toujours les mêmes mots : latin, grec, etc., nous 
aurons recours à des signes très simples : les mots grecs seront en caractères 
noirs, les mots latins seront en italiques, les mots italiens en petites capitales. 
Ex. : Goûia, « gouia » ; Avena, « avene » ; Abrazio, « abraser ». Quant aux 

mots patois, ils seront placés entre deux guillemets : « ». Gomme tout le 

monde ne connaît pas la langue hellénique nous remplaçons les caractères grecs 
par les lettres de notre alphabet. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 28 — 

ton», en grec grupto ; « patouille », en grec patou ; « goué- 
ron », en grec gouros ; « pote », en grec poter ; « piler » 
(pressé), en grec, pileo ; «sati », engrecsato; « coronne », en 
grec corone ; c tuzon » en grec tuzo ; « naion », en grec 
nanion ; « cocu », coucou (oiseau), en grec cocu, etc. 

Il en est d'autres qui, par suite d'une confusion, relative- 
ment aux plantes, ont passé dans notre patois sans être 
défigurés. Ex : « Picras», ajonc, vient selon toute évidence 
de Picras, androsace. N'en serait-il pas de même pour 
« Argueilla »,houx, dérivé de Argueutis, genévrier?— Dans 
nos études étymologiques, le préfixe (ou radical) joue tout 
naturellement le rôle le plus important. Nous n'avons pas 
dédaigné toutefois l'étude du suffixe, qui aide puissamment 
à expliquer l'analogie de certains mots patois qui sont for- 
més en effet du préfixe d'un mot et du suffixe d'an autre 
mot. Ex. : « Fornier », quitter le nid; foras, hors du nidi, 
nid ; « biqueron », bec d'un vase, de bikion, amphore, reo, 
couler, se répandre ; feau en effet sort du vase par le bec , 
« biqueron » ; ou un mot qui n'a qu'une syllabe, avec le 
suffixe d'un autre, prenons par exemple l'expression qui 
revient le plus souvent sur les lèvres du cultivateur, « gué- 
rio », terre labourée, gué, terre, aroo, labourer. « Plangeon », 
meule de gerbes ou d'autres plantes, j9?a^^^a, plante, lego^ 
j'amasse, je réunis; « Trimballer», marcher comme un 
ivrogne, de tribos, chemin et de ballo, agiter, laisser tomber ; 
tout le monde connaît la démarche chancelante d'un ivro- 
gne . Mais la réunion des deux préfixes constitue la règle 
générale. « Carcan », bête vieille et mauvaise ; carnis, 
chair ; canities, vieillesse . 

On trouve aussi des mots patois formés de deux niots 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 29 — 

grecs : « Penouffe », étoffe servant à nettoyer les fours^péné, 
toile, uffos, tissu quelconque. Peneouffos. 

Il n'est pas rare encore de voir un amalgame de grec et 
de latin ; prenons le préfixe grec de brazo, crier et le suffixe 
latin de damare, crier, nous aurons bramare^ « TDramer », 
ou le préfixe latin de cavea, fossé, et le suffixe grec dekato- 
ros, nous aurons cavios, en patois^ « caveraude », excava- 
tion. 

Le radical re, ou tout simplement la racine r, signifie la 
réitération, la réduplication de l'action : «rossa », « ros- 
sard », rosse, animal étique et qui n'a que les os ; os, ossis, 
os ; r, qui n'a que les os. « Regoti », trop cuit, coctus, cuit, re, 
marquant réduplication, trop cuit. 

Les dérivés du verbe facere, factus, factum, se rencon- 
trent fréquemment : « préfateur », qui travaille à prix faits 
et à prix débattus, pretium, prix, factum, fait. 

Le préfixe de se rapproche de VA privatif et marque la 
suppression de l'idée indiquée par le mot. Ex. : « dénier » , 
prendre les petits oiseaux dans le nid, les sortir du nid : 
nidus, nid, de, suppression ; « dévirer », se détourner du 
chemin, de via ire: ire, aller, via, chemin, de, de côté. 

Parfois, négligeant le milieu du mot latin, le patois n'a 
conservé que le préfixe et le suffixe (1). Ex. : siccitas, 
« sita », sécheresse; credere, crère, croire. Il en est de 

(1) Nous avons été heureux de trouver cette même appréciation chez Quicherat, 
le savant directeur de l'Ecole des Charles : « GLez les anciens peuples.. . dans 
le travail de prononcialion qui s'effectuait alors. . . etqui avaitpour principe de... 
et de raccourcir les mots. » Quicherat : De la formation frmiçaise des anciens 
noms de lieux, p. 14. 

Nous pouvons citer une preuve qui nous parait convaincante : Les expressions 
dont on se sert le plus à ia campagne sont dia et uo (hubau) , dia pour aller à 
gaucjje et uo pour aller à droite. Le mot dia est du grec tout pur sans y chan- 
ger un iota ; le mot uo, au contraire, vient de upago ; mais comme ce mot est 
beaucoup trop long pour exprimer une idée qui doit se réaliser promptement, le 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 30 — 

même du mot grec braboulos, prunelier, qui a créé le mot 
patois « braloces », ou « breloces » ; et le mot « telo », 
entraves pour contenir les chevaux intraitables, vient de 
telkitaino, être indocile, rétif, intraitable : et vice-versa, on 
laissera de côté le préfixe et le suffixe pour ne s'en tenir qu'au 
milieu du mot : gargalismos, chatouillement, en patois la 
«j ail le». 

Nous serions tenté d'affirmer que presque toutes les 
règles de la linguistique peuvent s^appliquer au patois avec 
la même exactitude qu'au français. Quelques mots latins ont 
perdu par aphérèse leur première syllabe : admirabilis, 
en patois « mirable », admirable ; bibere, « bére », boire ; 
erpoulon,« poulieux », serpolet. Les voyelles a, e, i,o, u, des 
radicaux latins se changent par Epenthèse en voyelles dou- 
bles ai, ei, eu, ou, ui : pugnus, « pougnée », poignée ; colus, 
« couleigne ou cou! igné », quenouille. 

Quant à la voyelle e, on sait qu'elle s'est transformée, dans 
le français, en é, ai, e, eu, oi, i, ie, ou, u ; il en est de même 
pour le patois. 

Tantôt la consonne initiale c, des mots latins, est rempla- 
cée par le digramme ch : carbo, « charbouiller » noircir) ; 
caseus, « chasière » (fromagère). Tantôt ce digramme lui- 
même est remplacé par la consonne c : charta, « carte » 
(avertissement du Juge de Paix). Toutefois le premier 

peuple ra abrégé en ne se servant que de la première et de la dernière lettre ou 
syllabe : uo. f:e devait être un rude travail de tâtonnements pour les esprits 
grossiers de ces peuplades, que cette espèce d'études mécaniques de sélection 
et d'assimilation. 

Au surplus nous n'avons qu'à reporternos souvenirs aux temps de la guerrede 
Madagascar : quel est celui d'entre nous qui ne se rappelle ces noms d'une 
extrême longueur, composés parfois d'une vingtaine de syllabes ? Que faisions- 
nous alors ? Nous lisions tout au plus les deux premières syllabes et les deux 
dernières, sans nous occuper de l'intérieur du mot, et nous imitions tout simple- 
ment nos ancêtres. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 31 — 

exemple est bien plus général, c'est même la règle. On n'éta- 
blit aucune différence entre les syllabes 6rg ou ber ou autres 
du même genre. Ex. : jimbreter ou jimberter. 

Les consonnes labinles b, s, p, v, se substituent Tune à 
l'autre : « avère », habere, avoir; « avortion », abortio^siwor- 
tement. 

Les mêmes règles existent pour les autres consonnes 
dentales, gutturales, nasales : 1» dentales : a dalbon », cour- 
tillière ; cheminant sous la terre comme les taupes, talpa, 
taupe ; 2» gutturales : « grôle », corbeau, decrozo, croasser ; 
« graton », de craticula, gril, les gratons se font dans la 
poêle ou sur le gril ; 3» nasales : « messoù », qui ignore, de 
nescius, qui ne sait pas. 

Nous croyons? devoir faire remarquer toutefois que l'on 
rencontre de nombreuses exceptions, telles que « virer », 
girare, tourner, où la labiale v remplace la gutturale g ; 
« laper », prendre, de capere, prendre, où l'on voit une 
consonne douce et faible se substituer à une consonne forte 
et dure. 

La lettre s se trouve très souvent supprimée par la pros- 
thèse : screare, « crache » ; scrobs, « grou ». 

Dans ces études comparatives on reste tout étonné de 
voir reléguer parfois dans le domaine du patois certaines 
expressions qui, à raison de leur filiation évidemment latine, 
devraient exclure au contraire de nos dictionnaires français 
les mots qui ont usurpé leurs places. Ex. : « sarge », « sar- 
ger » devraient remplacer charge et charger, à raison de 
sarcina, charge. 

Pour se rendre compte de l'analogie qui existe entre les 
mots patois et leurs synonymes itahens, il faut tout simple- 

LK PATOIS BOURBONNAIS 



— 32 — 

ment se rappeler que l'u de la langue italienne correspond 
à notre diphtongue ou et que les lettres gl se prononcent 
comme nos //, mouillées. Exemple : buffare, « bouffer », 
souffler ; paglia, paille. N'oublions pas encore : 1» que la 
voyelle a s'est transformée dans le français en é, ai, e, eu, oi, 
i, ie, ou, u ; et 2o que Vu du latin se prononce ou, ainsi 
« tourtourelle » en patois est presque synonyme de turtur 
(latin). 

Nous avons eu recours plus d'une fois auphonétismedans 
notre essai étymologique. 

Existe-t-il un genre dans le patois? Nous ne l'affirmerions 
pas^ cependant on croit remarquer (d'après certains cultiva- 
teurs à demi-lettrés) que la terminaison a serait le plus 
ordinairement employée pour le genre masculin et la termi- 
naison e pour le genre féminin : l'homme dira le plus sou- 
vent je me suis « sita » (assis), je suis « acabassa » (fatigué) ; 
la femme je me suis « sitée)),je suis «acabassée ». 

Il faut se tenir en garde contre certaines locutions, patoises 
en apparence, mais qui ne sont créées que pour les besoins 
du moment où l'on parle On dit « poisière », « tartoufière» 
pour exprimer l'idée d'un champ ensemencé en pois ou en 
pommes de terre, « tartoufes ». Mais parfois les paysans 
donnent d'eux-mêmes cette terminaison en ère à différents 
travaux en voie d'exécution. Cinq ou six ouvriers faisaient 
en notre présence un vaste amas de perches^ l'un d'eux 
s'écrie tout-à-coup : en voilà une belle parchière ; tous ses 
camarades comprirent parfaitement ce langage A quelques 
pas de là nous répétâmes à dessein, devant d'autres ouvriers, 
la même phrase en ces termes : « nous venons de voir une 
belle parchière » ; pas un d'eux ne put saisir le sens de nos 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 33 — 

paroles. Ce n'était qu'un mut fabriqué tout naturellement et 
sans artifice, pour la circonstance. On doit donc rejeter d'un 
glossaire toutes les locutions de cette origine. 

Pour nous conformer au désir de ceux qui, les premiers, 
ont eu ridée d'un glossaire bourbonnais, nous dirons deux 
mots seulement de la langue d'oil et de la langue d'oc, qui, 
à elles deux, se partagent la France, la langue d'oz7 au nord, 
la langue d'oc au midi; mais nous savons tous qu'il ne faut 
pas se figurer une ligne droite tracée de l'est à Touest, les 
différences sont parfois grandes dans un seul département. 

Nous croyons tout d'abord que Moulins et ses environs 
sont de la langue iVoil, tandis que Montluçon et ses envi- 
rons sont de la langue d'oc, mais, entre ces deux villes, où 
indiquer d'une manière précise une ligne de démarcation ? 
C'est une étude qui nous paraît de la plus haute difficulté. 
La rivière Allier, de prime abord, nous paraîtrait une limite 
assez naturelle (quoique dans son ensemble elle se dirige 
plutôt du sud au nord). 

Prenons pour exemple le canton de Varennes, rive 
droite, et le canton de Saint- Pourçain, rive gauche ; nous 
dirons : à Varennes, la langue d'oz7 domine, à Saint-Pourgain 
au contraire nous sommes en langue d'oc. 

M. Duchon, dans son excellent ouvrage sur le patois 
bourbonnais, réalisé avec beaucoup de conscience et de 
talent, trace les lignes suivantes : « La frontière de la France 
du nord et de la France du midi est constituée à travers le 
département actuel par l'ancienne limite du diocèse de 
Glermont » (qui formait une région dont Varennes était 
presque le centre et s'étendait de chaque côté de l'Allier). 
Le raisonnement est très ingénieux et très scientifique, 

3 LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 34 — 

mais par exception et en raison de la conformation des 
lieux, nous croyons nous rapprocher davantage de la vérité 
en disant que c'est l'Allier qui fait pour le canton de 
Varennes la séparation entre les deux langues, parce que le 
patois du canton de Saint-Pourçain, sur la rive gauche, dif- 
fère essentiellement de celui de Varennes, rive droite. 

Les paysans sentent instinctivement qu'il existe une dif- 
férence notable entre les habitants des deux rives, car, de 
part et d'autre, ils se traitent réciproquement de «baragots», 
c'est-à-dire des espèces d'étrangers qui n'ont ni la même 
langue, ni les mêmes mœurs. Ces temps derniers, un cul- 
tivateur du canton de Varennes s'exprimait ainsi : « I par- 
lent mal, de l'autre côté de l'iau (la rivière), i parlont pas 
comme cheuz nous » (sic) . 

Au surplus, cette expression de « baragot » est loin de 
découlei' chez eux d'un sentiment de bienveillance, et l'anti- 
pathie qui existait autrefois entre les riverains était beau- 
coup plus prononcée encore qu'aujourd'hui : « Oué ma un 
baragot », disait-on il y a un demi-siècle (ce n'est qu'un 
« baragot »). Et en remontant à l'étymologie de ce mot : 
« baragot », ne sera-t-on pas quelque peu surpris en voyant 
qu'il dépeint exactement la situation que nous venons de 
signaler "^ 

En Grèce (nous voilà encore en pleine Grèce), baracos se 
traduit par un homme de rien, un homme de peu de chose, 
un homme dont on a pitié ou compassion. Et c'était exacte- 
ment les sentiments réciproques des habitants des deux 
régions séparées par l'Allier. Barago ou baraco, c'est abso- 
lument le même mot, puisque le gamma (g) ou le cappa (c) 
se confondent souvent l'un avec l'autre. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



35 — 



Des Verbes 

Verbe Être 

Quelques-uns de ses temps employés le plus ordinai- 
rement : 

Indicatif présent : i su, t'es, al est, ne sont, vous essez, 
a sont. 

Imparfait : j'étions, t'essos, al esso^ n'essian ou n'étions, 
vous essiez, i essiont ou a z-étiont. 

Futur : i serai, te seras, a sera, ne serons, vous serez, 
i seront. 

Conditionnel : je serions, te serais, a serait, ne serions, 
vous seriez, a seriont. 

Impératif : seye, siyons, siyez. 

Subjonctif : qui siye, que te siye, qu'a siye, que ne siyons, 
que vous siyez, qu'i siyont. 

Verbe Avoir 

Indicatif présent : i ai, t'as, al'a, n'avons, vous avé, i z-avon. 

Imparfait : j'avos, t'avo, al avo, n'avions, vous aviez, 
i z-aviont. 

Futur : i érai, t'éras^ al éra, n'éron, vous éré, i z-éront. 

Conditionnel : j'aurions, t'aurais, al aurait, n'érion, vous 
ériez, i z-ériont. 

Subjonctif : que j'ave, j'avisse ou j'aussisse ; que t'ave, 
t'avissc ou t'ausisse ; qu'ai ave, avisse ou aussisse ; que 
n'avions, n'avissions ou n'aussissions ; que vous aviez^ avis- 
siez ou aussissiez; que z'avions, avissent ou aussissent. 

Participe : évu. 

Infinitif: avère. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 36 — 

Nous renonçons à une citation des verbes, car ils chan- 
gent pour ainsi dire de commune à commune, et ils affectent 
souvent des formes abracadabrantes, où les issi, les ississe^ 
les issississiez, les issississent. les ississiriez, les ississirot, 
les ississiront, les ississiriont, ont une large place. 

Des Iiîaisons en Patois 

Pour avoir une idée plus complète du patois bourbon- 
nais, nous croyons devoir poursuivre nos recherches jusque 
dans les liaisons plus ou moins-fantaisistes et souvent sca- 
breuses, qui s'y rencontrent en grande abondance : C'est 
tonteux (honteux , ou c'est tontu (honteuxi ; c'est tontable 
(hontable ; (Un cultivateur, en proie aune vive indignation, 
disait d'un seul jet : Ah ! Monsieur, c'est tonteux, c'est 
tontu, c'est tontable ».) l'auteur pour la hauteur ; je les 
z-aï ty ces gas là (pour haïr) ; il est tardi pour hardi) ; ils 
l'ont tué (pour ils l'ont hué ; de loin-t-en loin ; moi-z-aussi 
(moi aussi); des z-aricots haricots); peu-z-à peu), etc. 



-^9^ 



LE PAT'^IS BOUFBONNMS 



ETYMOLOQIE 



EXPRESSIONS PATOISES 



Abequé, adj. rachitique ; bagga, toutes sortes de fruits, a, privatif. 
Aboultassk, ventru, obèse; bouliniia, faim excessive accompagnée de 

dépérissement, a, priv. gros, gras. 
Abraser, renverser, détruire ; rasso, futur razo. 
Abrasement, action d'abraser ; rasso, futur razo. 
Abréger (s';, se percher; nrbor, arbre. Les animaux ailés se perchent 

sur les arbres. 
Absentement, éloignement ; absens, ahsentis. 
AcABASSÉ ou Agabassa, fatigué, exténué ; cabassa, mort. part, de 

catabiiuo : a priv. indique qu'il n'y a pas privation de vie. 
Aggatonner, agglomérer ; accatatretos non troué, par extension 

agglomérer. 
Aggatoxnement, action de s'agglomérer; accalalretos. 
APFAfsA, sens dessus dessous ; affamastoepès, qui divague dans un 

discours, qui ne va pas au but ; par ext. à tort et à travers. 
Affistolé, paré, orné ; affusolare, orner, embellir. 
Affrir, réussir ; frio, rendu friable. 

Affutkr, mettre ses outils prêts au travail ; accuere, acutum, aiguiser. 
Afouler, avorter ; fœlus, portée des animaux, a priv. 
Aga, vois! regarde! vois donc ! Agué, étonneraent, admiration. 
Agadeau, aqua. eau ; de l'eau et de l'eau, quel a aga » d'eau, quelle 

quantité d'eau ! 

LE PATOIS BOUBffiONNAIS 



— 38 — 

Agaler, tasser ; agalo agalein, combler quelqu'un d'honneurs, entas- 
ser honneurs sur honneurs, p. ext. tassement ou agatocussia, 
effusion de biens. 

Aggraver (s'), se fatiguer : aggravare, accabler. 

Aggrouptonnement, action de s'agrouptonner ; aggropato. 

Agnieu, aujourd'hui ; a prix, nox, nuit avant la nuit. 

Agoniser de soltises, accabler quelqu'un de sottises; agaliaso, insulter. 

A GOGO, A GouGou, beaucoup ; agav, beaucoup, excessivement. 

Agrigher, avoir par ruse, prendre agreuma, capture, argueulicos 
qui s'occupe d'attrapper. 

Agrouptonner (s'), se baisser en fléchissant les jambes, \ggropato, 
ramassé, assemblé. 

Agroulbr, se baisser en pliant les jambes ; «droupetos courbure. 

Agroulement, action de s'agrouier ; gronpetos, courbure. 

Aguille, aiguille; akestra, aiguille. 

Aguiller, aiguillée de fil ; akestra, aiguille. 

Aguion ou agdillon, aguglione, aiguillon. 

Aguser, aiguiser ; akouao, aiguiser. 

Agusement, action d'aiguiser; akonao, aiguiser. 

AiÈRE, également à la suite l'un de l'autre, ne pas choisir, Airetiso, 
choisir de préférence, a priv. prendre au hasard. 

Allingué, bavard; allingato, babillard. 

.\.LLOGNE, noisette; avellana, grosse noisette. 

Alordi, étourdir, paralyser ; aluctazo, être consterné, dans l'abatte- 
ment. 

Amourer, entasser ; amorgos, compilation. 

Andièrb, ustensile de cuisine ; andréia, repas public. 

Anne, \ allons 

Annezan, [ allons-nous-en 

Annezy, ) allons-y 

Annouer, suffoquer ; anoluzo, hurler. 

Annonement, action de l'annoner ; anoluzo, hurler. 

Annoné, fruit noué mais pas mûr; anonétos, inutile, sans avantage 

Apaiser, retenir, apaiseras-tu ta lingue ; apeco, apeceir, retenir. 

Apabà, arrêter; aparcdeiitos, où l'on ne peut passer; aparleo 
suspendre. 

Apiter, voir Epiter. 

Arcandier, mauvais voiturier ; concluclor, conducteur, a priv. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



ano, en avançant; anDuo, atteindre, 

se hâter. 



— 39 — 

Ardi ! Allons courage ; ardeo, prendre feu ; ardirer, oser, 

Arghignée, rebuffaile ; arcigno viso, mauvaise mine. 

Argousin, vaurien ; argoikia, grossier, impoli, mal élevé. 

Argueilla, houx; argiieulis (Voir préface). 

Arias, enfants ; aristotokos, qui met au monde les enfants les plus 

beaux. 
Arigaudon, mauvais ouvrier en tout genre ; aribascanos, mauvais 

malfaisant. 
AiiPiON, doigt de pied ; artroii, membre du corps. 
Artillage, instruments du laboureur ; prépare me don mon artillage : 

ariios, arrangé, ajusté, complet. 
Artilloxé, où rien ne manque en parlant des outils ; artéo, préparer. 
Artiou, doigt de pied ; arlroD, membre du corps ; artipous, qui a 

bon pied. 
Artoupan, gredin, canaille ; artamos, meurtrier, assassin. 
Arsouille, gens déconsidérés ; arsenokoïtès, homme de mœurs 

infâmes. 
Aspiration, respiration ; nspiî^mnen, souffle. 
AssiTER (s') ou s'assir, s'asseoir ; assidere, s'asseoir. 
Attaper, mettre en tas ; attalo, s'élever ; ataniientos, énorme. 
Attapemext, action d'attaper ; altalo. 
Attefier, habituer ; assuefacere, s'habituer. 
Au ris, vent ; aura, vent. 
AuvE, saindoux ; arvina, saindoux. 
AvÈXE, avoine; avena, avoine. 
Avère, avoir; habere, avoir; avère, avoir. 
AviER, donner le lait ; la vache a avié, s'est décidée à donner son lait ; 

viere, lier, fermer, a priv. 
Aviser, regarder : avistare, regarder. 
AvoRTiox, avortement ; aborlio, avortement. 

AvRi, abri ; arbor, arbre. Dans les campagnes, l'abri le plus naturel est 
l'arbre. 

Babia, niais, sot ; babas babacto?, niaiseur, bavard. 

Babille, bavardé ; babîictc s, bavarde, 

Bâchasse, bac ; pierre creusée pour les grosses bêtes ; vaco vacas, être 

vide. 
Bachat, bac destiné aux cochons ; vaco, vacas. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 40 — 

Bader, regarder, ouvrir les yeux ; badare, regarder. 

Bagout, parler beaucoup et avec assurance ; bakeus, qui se livre à des 

transports bachiques. 
Bagxer (se), se baigner; bagnare, baigner. 
Bailler, donner ; ballo, procurer, apporter. 
Balant (être en), être indécis ; bilana; balance. 
Bassie, évier ; baùINO, euvette, bassin. 
Batailler, fatiguer ; faligare. 
Battoué, battoir; batuo, battre. 
Baude, vache ; boos, vache. 
Bégile, imbécile; becos, imbécile. 
Belaude, agnelle; belen, brebis. 
Bêler, pleurer ; belare, pleurer. 
Belin, brebis mâle ; belen, brebis. 
Beline, brebis femelle; belen, brebis. 
Belinière, gardeuse de brebis ; belen, brebis. 
Benlili, joli en parlant d'un enfant ; belluhcs belluli. 
Benne, panier; bknna, papier. 
Berbi*, brebis; berbick, brebis. 
Bère, boire ; bibere, boire. 

BttSUGNES, vêtements ; bisognare, être de nécessité. 
Beugne, coup; puc/na, combat. 
Besisi, rémouleur ; tesis, action d'aiguiser. 
Biber, avaler le contenu d'un œuf ; bibere, boire. 
Biques, échasses ; biga, charriot attelé de deux chevaux. 
Biqueron, bec ; bikion, amphore ; réo, couler. 
Borbe, boue; borboro.«, boue. 
Bouame, flatteur, Uatteuse ; boukoleo, llatteur. 
BouERO, bouvier; boucolia, métier de pâtre ; boupoïmé, bouvier. 
Bouino, petit; boudion, petit bœuf. 
Boule, trouble, sombre ; nebula, brouillard. 
BouRR.xssE, lange d'enfant ; borraccia, mauvaise bourre. 
BouRRi, âne ; buricus, rosse. (Voir Nap. Landais, bourrique). Bourri, 

espèce de banc long, sur lequel travaillent les tonneliers et autres 

Ce banc a quatre pieds et une espèce de tète. 
BousiNER, remuer sans cesse ; buzzI'^are, se remuer lentement. 
Brailler, crier; briacos, crier fort. 
Braillée, cri ; briacos. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 41 — 

Br«.illou, qui pousse des cris ; briacos, crier fort. 
Brameu crier ; brazo, crier. 
BnAMÉE, cri ; id. 

Brechoux, personne à laquelle il manque des dents ; brecciatio, sem- 
blable a une brèche. 
Bredaud, badaud ; brelos, stupide. 
Brelau, niais, naïf ; breto», stupide. 
Brelosse, I 
Bralosse, 



^ fruit du prunellier ; brabulos prunellier. 



Bbeloter, faire du bruit ; bremo, faire du bruit. 
Brieutk, étincelle ; brtllare, éblouir. 
Brugxasser, bruimer ; bruma, temps d'hiver. 
Brumasser, temps de brouillards épais, bruina. 
BusA, niais; busaiiken, sournois. 

Cabote, creux | 

^ , . cavare, creuser ; cavex, creux. 

Gabotu, objet creux \ 

Carrément, action de grimper ; de caprea, chèvre. 

Cabrer, grimper; caprea, chèvre. 

Cabrou, qui cabre ; caprea, chèvre. 

Gago ou coco, œuf ; cacazo, caqueter, glousser ; se dit des poules qui 

font des œufs. 
Gaffé, impair ; gaffa, impair. 

Caille, toute petite meule de foin ; calame, herbe desséchée. 
Gaillerot, qui s'occupe de laitage, de cuisine ; galactoforos, qui 

porte du lait ; galactourgos, qui prépare le laitage. 
Galabre, corps long et mince ; calamodès, semblable au roseau. 
Gallerope, enveloppe telle que brou de noix, etc. ; kaluptos, qui sert 

d'enveloppe. 
Callure, durillon ; callux, durillon 
Caloppe, enveloppe; caliiptos. qui sert d'enveloppe. 
Calot, bonnet de femme ; calatos, coiffure de femme. 
CAhCAN, bête vieille et mauvaise ; caro, viande ; canilies, vieillesse 
Carne, qui a la chair maigre ; caro carnis, chair. 
Carte, avertissement du juge de paix; char(a, papier. 
Cassable, qui peut se casser ; quassabilis, qu'on ])eut ébranler. 
Gatére, convulsion, attaque ; calabolé, attaque ou accès de maladie. 
Gaton, agglomération; cata, sur. dessus. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 42 — 

Gauterne, espèce de maladie, convulsion ; catabolé, attaque. 
Gaveraude, excavation ; catoros, excavation, et cavea, fossé. 
Chacrotte, petite, rabougrie ; cake, mauvaise qualité, vice ; cakelia, 

mauvaise santé. 
Ghabenot, petit hangard ; kalubé, baraque, cabane. 
Ghafigner, tracasser, ennuyer ; cakia, malheur, chagrin, contrariété. 
Ghaffignement ; cakîa. 

Ghafouiner, inquiéter, agacer ; cakia, malheur, chagrin, contrariété. 
Ghaleu, lampe; calor, chaleur ; lucere, briller. 
Chambonage, terrain d'alluvion sur le bord de l'Allier; campus, champ ; 

bonus, bon. 
Ghamoisi, moisi; camatos, maladie. 

Ghamouérin, résidu de paille brûlée; caniino«î, fournaise, flamme. 
Ghaplé, battre ; capadokizo, agir grossièrement. 
Ghatron, reprise mal faite ; catuo. coudre. 
Ghatronner, raccommoder grossièrement; catuo, coudre. 
Ghaumas, pré ; coma, gazon de la terre. 
Gassio, portion de terre séparée par des rigoles ou fossés peu piofonds ; 

cassis cassées, division, séparation. 
Gassis, ouverture, rigole qui sépare ; cassis, casseos. 
Ghapuser, amincir ; capetos, découpure. 
Ghaputer, mal travailler le bois, couper ; cappeleuo, tromper, travail 

mal fait. 
Gharbouiller, noircir ; carbo, charbon. 
Ghave, cavité ; canos, gouffre. 
Ghaver, creuser ; canos, goufl're. 

Ghavisses, feuilles de carottes ou de betteraves ; caulis, tiges d'herbes- 
Ghasiére, fromagère ; caseus, fromage. 
Ghopiller, piétiner ; copanizo, piler, broyer, battre. 
GiRÉ, lisse ; ciratus, qui a les cheveux frisés. Cheveux cirés, c'est-à- 
dire cheveux lisses ; la mode a changé, le nom est resté pour 

exprimer une chevelure bien soignée. 
Clau, petite porte mobile ; clelo, fermer ; cleisioi, battants de porte. 
Glerroir, claire-voie ; eleison, clôture, fermeture. 
Gliques et glaqdes, tout ce que l'on possède : j'ai pris mes cliques et 

mes claques et suis sorti. Kleis, klacos, clef. La clef représente 

le contenu d'une maison. 
Gobile, dispute ; coloos, criaillerie, bruit d'une dispute. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 43 — 

Cocu, coucou, oiseau; cocu. 

Comble, plein ; compasmos, plein de jactance. 

Consulte, consultation ; consuUum. 

CoRiNE, petite truie ; corine, jeune fille. (1). 

Cordée, branche de chêne tordue ; cormos, morceau de bois. 

GoRGNE, crasse ; corema, balayure. 

Cormaille, corbeau ; corakias, semblable au corbeau. 

Coronne, couronne ; Corone, couronner. 

C0RNA.RD, cerf-volant ; corrupto, heurter avec les cornes. 

Cornichon, pas rusé ; Cronicos, (cro pour cor), radoteur imbécile. 

Crache, salive ; screare cracher. 

Cramer, brûler légèrement ; cremare, brûler. 

Crâne, avoir un air d'importance ; crdn, infinitif de kroo ; rendre un 

oracle, comme un pontife inspiré delà divinité. 
Cras ou Queras (être à) , n'en pouvoir plus ; gu^ras, vieillesse ; crao 

blesser. 
Crecir, craquer ; de crepUare, craquer. 
Cregniau, petite pluie ; crenis, creuidos, petite source. 
Crère, croire ; credere, croire. 

Cresille, voûte d'un four ; cpesema, couvercle d'un panier. 
Cret, maximum de sa taille : il a fait son cret ; cres pour créas, 

personne, individu, (il est formé) . 
Greose, coquille ; scrobs, creux. 
Crispin, de mauvaise humeur ; grinetés, grossier. 
Crognon, bord du pain qui est dur ; groio, dur. 
Cossu, bien ; cosmos, ornement, parure, gloire. 
CouRANDiEB, coureur ; gureuo, tournoyer. 
CouRANTiNER, Vagabonde ; gureo, fourrager. 
CouRAUD, qui aime à aller et venir gurto. 
Courre, courir ; guero, tournoyer. 

(1^ Oh I pour le coup, il nous semble voir l'étonnement du lecteur en voyant 
comparer une petite truie à une jeune fille. Cet étonnement cessera peutrêt^e, si 
nous avons pour lecteur un homme qui a constamment habité la campagne et 
qui connaît à fond les us et coutumes de nos paysans. Il saura que leur affec- 
tion est d'autant plus réelle, qu'elle est mélangée d'un puissant intérêt pécuniaire 
pour les animaux qui les entourent. « Qu'ils sont jolis I s'écrient-ils en présence 
d'une bande de petits cochons ; viens mon petit, viens ma petite, viens ma 
jolie. » (Textuel.) S'il les appellent ainsi des noms les plus doux, réservés aux 
êtres les plus chers, on doit être moins surpris de les voir placer à peu près au 
même rang une jeune fille et une corine. Toutefois nous ne le donnons qu'en 
note et 80us toutes réserves. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



_ 44 — 

CouYON, lâche, qui n'ose pas; guloo, énerver, qui n'a plus de force. 

GouYONNER, être lâche ; guioo. 

Culot, le plus petit, qui sort le dernier du lit ; cullos, failole ; cuéo, 

être enfanté. 

Cura, trognon, curebia, pelure. 

GuRA-YON, reste de fruit ; curebia, pelures de fruit. 

Curette, i 

P petit instrument pour nettoyer les outils ; cura, soin. 



Dalbon, courtillière ; lalpa, taupe. 

Darnaia, piegrièche ; dakal!*, petit oiseau. 

Dfboulineh, écarter avec la fourche les cailles de foin ; calamé, herbe 

desséchée, de, priv. 
Djf, doigt ; deiktès, indicateur ; deicktikos, qui sert à montrer. 
Débiter, gâter, gaspiller ; déléomai, gâter; déléma, dommage. 
Débrener, sortir d'ambarras ; démo, arranger. 
Decaleropper, enlever l'enveloppe ; caruoti, noix ; rumpere, briser ; 

de, priv. 
Déchanter quelqu'un, en dire du mal ; dennos, insulte, outrage. 
Défambr, gâcher, abîmer ; déoo, saccager, dévaster. 
Degreger, abattre, cueillir ; décomai, recevoir. 
Dénier, enlever les oiseaux du nid ; Ds, privatif ; nidus, nid. 
Dépater, oter la boue de ses sabots ; deisalia, boue 
Dépiter, abandonner, ses œufs ou ses petits ; depellere, s'éloigner 

de... 
Dératé, comme un fou ; leratias, charlatan , (erata'.ogon, paroles 

étranges. 
Dérouiller, laver, débarbouiller ; terso, essuyer. 
Dessarger, décharger ; de, privatif ; sarcina, charge. 
Dessiper (se), se dissiper, ne pas travailler ; desidere, rester oisif, ne 

rien faire. 
Détangeh, déranger, retarder ; detiino, tarder, temporiser. 
Dâtancer, déranger, detuno, tourner, tarder, user de délais. 
Détancement, j'ai eu du détancement ; detuno. 
Detrier, sevrer ; déoniai, priver du téton. 
Dévaler, descendre ; descendere valles, descendre des vallées. 
Devirer (se^ se détourner ; de via ire, aller hors du chemin. 
Dissignauter, tripoter ; diagoreuo, dénigrer. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



^ eilfé, éclat du soleil. 



— 45 — 

DoBER, frapper ; Dolofoneo, assassin ; dorjplettos, frappé par une 

lance. 
Dodo, lit ; donios, demeure, le séjour de. .. 
Di'RDiLLON, morceau de bois ou autres ; tloreios dorelon, de bois, 

fait de bols. 
DouELLE, cruche ; doleioo, vase quelconque pour recevoir des 

liquides. 
DouRDAN, lent, lambin ; doiaso, hésiter, réfléchir, penser. 
DouKDix, gourdin ; doureios, fait de bois ; doru, bois, tige. 
Drusine, ce qui pousse vite, en parlant des récoltes ; trugué, récolte. 
Drusine, être gai; trugodicos, comique. 



Ebadib, s'augmenter, grandir, Ebao, entrer dans la jeunesse, dans sa 

force. 
Ebécile, imbécile ; becos, imbécile. 
Ebrellieuteb,) 
Ebriecter, 

Egaler, enlever le brou de noix ; ekballo, rejeter. 
EcHALUFFÉ, ébouriffé ; effusi capelli, cheveux en désordre. 
Ecartade, étendue ; ekas, loin de. . . eka, indique une idée d'ampleur. 
EcHAUDiR, réchauffer ; ekoma, inflammation, brûlure. 
EcLAXCHER, se fendre ; clao, eclaon, eclasa, briser, ébrancher. 
EcopEAu, morceau de bois ; ekonia, menu bois, ce qui sert à allumer^ 

ekopto, retrancher en taillant. 
EcoPEAU, petit morceau de bois ; copé, fragment. 
EcouREAu, branche morte ; ekonia, menu bois. 
EcouÉTÉ, sans queue ; ekista, très peu, le moins. 
EcouRTÉ, rendu plus court ; ekista, très peu, le moins. 
EcouRTER, rendre plus court ; ekista. 
EcRABOuiLLER, écraser entièrement, ecraio, détruire. 
EcROGNER. ébrécher, briser un coin de quelque objet, écrésis ecreos, 

effraction, rupture ; ecreguumi, ébrécher. 
Egurer, émonder ; eculiso. priver ; ecoiso, déblayer. 
EouQUÉ, instruit ; eduépés qui charme par son éloquence. 
Efruter, épuiser une terre ; e priv. ; fructus, fruit. 
Elarder, tomber ; élamai, participe passé de elono, pousser à terre, 

faire tomber quelque chose. 



LK PATOIS BOURBONNAIS 



Elieuder, faire des éclairs ; eliaugués, brillant comme le soleil ; 

elikias, tortueux, en parlant de certains effets de foudre. 
Elieude, éclair ; eilé, brillant comme le soleil ; elikias, tortueux, en 

parlant de certains efifets de foudre. 
Eluder, ciié, faire des éclairs, éclat du soleil ; eliaugués, brillant 

comme le soleil ; elikias, tortueux, en parlant de certains effets de 

foudre. 
Eludée, éclair ; eliaugués brillant comme le soleil ; elikias, tor- 
tueux, en parlant de certains effets de foudre. 
Embouni, ombilic ; embioun, croître, pousser, s'enraciner dans... 
Eme, esprit, avoir de l'ême ; emen, imper, de eimi, être. 
Empeger, se couvrir de poix ou autre matière gluante ; empeuqués, 

poissé. 
Enasé, qui s'est cassé le nez ; nasus, nez : e priv. 
encrère, ajouter foi ; accredere, ajouter foi. 
Enrouohé, enroué ; raucus, enroué. (Voir rancioux.) 
Entaper, mettre en tas, en réserve ; entamieuo, serrer. 
Entremis, séparation ; intermittere, interrompre. 
Envouyu, jaloux ; invidus, jaloux. 
Epaillatrer (s'), se mettre à genoux par terre et s'asseoir sur ses sabots ; 

epaniemi, baisser. 
Epellir, sortir de la coquille ; eœpellere, chassé de... 
Epeuré, qui a peur ; arpavere, être saisi de peur. 
Epiter, attendre, regarder ; epiteino, être dans l'attente. 
EpivAssÊ, epiphobos, effrayé. 
Epivasser, epiphobos, effrayer. 
Equaqué, ragaillardi ; ekaleos, paisible, tranquille. 
Eriau, espèce de charrue ; aroo, labourer. 
Esclame, maigre, chétif ; escleca, être desséché. 
Espiration, respiration ; eœpirar, exhaler. 
Essie, essieu ; axis, essieu. 
EssouRDiR, étourdir ; exsurdare, étourdir. 
EssouRiÉ, réjoui ; essein, infinitif du verbe edo, réjouir. 
Etriper, éventrer ; etridia, tripes. 

Etrouble, champ de blé moissonné ; estoblagium, champ de blé. 
Evaler, s'en aller : l'eau s'évale ; evadere, aller d'un lieu dans un 

autre. 
Evérer, égarer ; errare, errer ; divertere, se détourner. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 47 — 

EvRENER, se découvrir, se remuer ; evertere, bouleverser. 
EvouiLLER, émonder la vigne ; evellere, evuleum, arracher. 

Faner, essaimer ; phané, l'amour qui engendre. 

Farfooillou, qui cherche; farfollone, papillon qui n'est jamais en 

repos, qui cherche toujours d'une fleur à une autre. 
Fasillou, industrieux ; lasis, énoncé d'un jugement de l'esprit, 

annonce de talent. 
Fave, fève ; faba, fève. 
Ff, extraordinaire ; féo, cri d'étonnement. 
Fenau, fenil ; fenum, foin. 
FfiNÉ, se dit d'un fromage vieilli ou séché dans le foin ; fenum, foin. 

i le foin, le remueur ; fenum^ foin. 



FeNER ; 



Feniller 

Fexincaca, homme ridicule qui s'occupe des soins du ménage ; fena- 

kisma, risée, moquerie. 
Fiat, doux ; fiaros, gras, potelé. 
FiATE, doux ; {iaro, luisant, gras, élastique. 
FisQUE fixe, isqao, arrêter fixement. 

FlAGHS ) fl., . ^ c 

[ fletn ; flacere, se faner. 
Flaghir ) 

Flau, fléau pour battre le blé ; flao, broyer, presser, froisser, agiter. 

Flammer, flamber ; flaTumere, jeter des flammes. 

Florir, fleurir ; florere, fleurir. 

Font, fontaine ; fons, fontaine. 

FoRGONNER, agiter ; fora, action de porter et rapporter, impulsion, 

mouvement. 
FoRNiER, quitter le nid ; foras, hors du ; nidus, nid. 
FouAiLLE. petite branche flexible ; f ubé, touffes de feuillage. 
FouAiLLER, frapper avec une branche : f ubé, id. 

Fouiner, s'en aller; fugade, en fuite. 
FoussA, fosse ; fossa, creux, canal. 
FouYOT, jupon ample ; fusigooumai, s'enfler comme... 
Frau petits restes, poussière ; frio, mettre en miettes. 
Fregon, bois qui sert à attiser le feu ; f ragmon, hallier. 
Fresique, chose sans valeur ; farsos fragment, lambeau. 
Frilé, se dit des branches atteintes par la gelée ; frigere lador, blessé 

par le froid. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 48 — 

Fricot, viande rôtie ; fruketos. griller, rôtir. 

FaiGOLÉE, flambée de menu bois ; f rugo. brûler. 

FuBLER. siffler ; f usafusès, souffle, vent, exhalaison. 

Fumasse, toute petite pluie ressemblant à un brouillard; fumiis, fumée. 

FuRbTTE, vrille ; furtim, en cachette, en sourdine Elle pénètre dans le 

bois furtivement. 
Fuser, fondre ; fusura, action de fondre. 
FuTAiNE, cachette ; Fusis, asile, refuge. 



Galant, gentil ; Galalhenos, jeune, galante, gentille. 

Galant, riant, gale o^. 

Galefretier, mangeur, buveur; galactopotès, buveur de lait. 

Ganas, linge fin ; ganao, orner, embellir. 

Gapian, mauvais sujet, sans honneur; kapelica. faux, trompeur. 

Gabgant, homme de mauvaise mine ; carteros, terrible, redoutable. 

Gariment, effets mobiliers de peu de valeur; carimtos, vil, mépri- 
sable ; keros, vieux, ancien. 

Garitou, mauvais sujet ; carteros, redoutable. 

Gabniment, garnement ; carteros, redoutable. 

Gouaîller, crier, vociférer; goao, gémir, se lamenter, par ext. crier. 

Gouère, pâtisserie de campagne ; gouros, espèce de gâteau. 

GouERON, id. gouros, id. 

GouGNEUR, sorcier, qui raccommode les membres ; goes, sorcier. 

GouGNER, raccommoder ; goes, sorcier. 

Goulée, bouchée ou action d'avaler ; guala, vase à boire. 

GouiA \ flaque d'eau bourbeuse, gua et guia guiai, gouia, 

Goulliat [ fossé. Par extension, tout récipient propre à contenir 

GouYA ) de l'eau. 

GouNiN, qui se plaint ; goon, lamentation, gémissement. 

GouLER manger gloutonnement ; gulosus, goulu. 

Gourd, réservoir, gorgura, fond de vase, égout. 

Gourd, cavité, gorgura, id. 

GouRGANDiN, mauvais sujet, mauvaise mine ; gorgo, objet d'effroi, 
épouvantail ; gorgos, terreur véhémente. 

Gournillat, flaque ; gorgura, égout, fond d'un vase. 

GouYER, se mouiller les pieds dans une flaque, gouia. 

Graffignement, gralo, écorcher. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 49 — 

Grafignure, égratignure ; grafo, écorcher ; grafiscos, instrument à 

pointe aiguë. 
Grafigner, égratignure; graio, écorcher; grafiscos, instrument à 

pointe aiguë. 
Graton. petit morceau de graisse de porc rôtie ou grillée ; cralicula, gril. 
Gravoinghe, écrevisse; graus, espèce d'écrevisse. 
Graillon \ mauvaise odeur de graisse brûlée ; grasos, odeur de bouc 
Grayon ) ou d'aisselle ; gros, graos, graï, odeur d'aisselle. 
Gredo, pauvre ; graodès de vieille. . . . 
Gkever, gêner ; gravor, souffrir. 
Griler, grogner ; gruzo, murmurer. 
Grilou, grognon ; id. 

Grinfer, égratigner avec les ongles ; grafo, gratter, écorcher, 
Grinfement, action de grinfer ; grafo. 
Grôle, corbeau ; crozo, croasser. 
Grommeler, bougonner ; gruzo, murmurer. 
Groume, écume ; groumea, résidu, rebut. 
Groumer, écumer ; id. 

Grouland, médisant ; gronos, sournois. 
Groupeton ou Groupton (être à), se baisser en pliant les jambes ; 

grupto, se courber ; groupetos, courbure. 
Grimaud, Satan, crimen, crime. Satan représente le crime, ou il vient 

du verbe français se grimer, changer de figure, parce que, aux yeux 

des habitants de la campagne, il peut se changer en toutes sortes 

d'animaux. 
Guémenter (se), se plaindre ; kenoo, désoler. 
Guener, plaindre ; goou, gémissement, lamentation. 
Guériau, guéret ; gué, terre; aroo, labourer. 

GUEULÉE 



.cri ; guon, hurlement. 

GUEULEMENT ' 

GuiORs, dehors ; foras, dehors. 

GuERio, terre labourée ; gué, terre ; aroo. labourer. 

GuERiMENT, produit de la terre ; gué, terre. 

IcAN, cela; hic, ce. 

Icou, CE \ 

Iqui, ici / HIC, ce. 

Ique, ce ) 

Itou, aussi ; item, de même. 

4 LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 50 — 

Jaberot, estomac des poulets, canards, etc. ; cabé, nourriture ; réo, 

être abondant. 
Jagasse, bavarde ; iacaso, crier 
Jaille. chatouillement ; yargalisiiios. 
Jartir, badiner, s'amuser; iauo, réjouir. 
Jau, coq ; gallus, coq 
Javeler, lancer, abattre ; ialao, lancer. 

Jiauler, pleurer; ialeniizo, faire des gémisseuients, lamentations. 
Jiaulement, action de jiauler ; ialeniizo, faire des gémissements, 

lamentations. 
JiOLOu, qui jiaule ; ialeniizo, faire des gémissements, lamentations. 

Kerier, crier; lirukeuo, crieur public, publier; keruzo, appeler à 

grand cris. 
KoiNNE, espèce d'imbécile; koinos, koiue, commun, trivial, vulgaire. 
KoKiASSE,[ciguë ; kouéion, ciguë. 

Langouste, sauterelle ; locusia, sauterelle. 

Laper, prendre ; capere, prendre. 

Lèche, tartine ; lecos, plat, assiette ; avant l'invention des plats et 

assiettes, les mets se servaient sur du pain coupé en tranches plates, 

d'où lecos, plat, lèche 
Liée, temps fixé pour le travail des bœufs quand ils sont attelés ; liga- 

tus, lié. 
Liguer, désirer vivement; glicomai, désirer avec ardeur. 
Lingue, langue ; lingua, langue. 
LoiNTEUR, éloignement : longitur, marquant éloignement. 

Mâchouiller, mâcher ; niasaoïnai. mâcher. 

Maille, meule de paille dans une grange; niailoD, plus, idée d'agglo- 
mération 
Malafaut, injustement ; malafactum, mauvaise action. 
Malagalée, mal parée ; agaio, parer, orner. 

Mangnier, frapper, corriger; rnanus corrigere, corriger avec la main. 
Manqua ELEMENT, sans doute ; mangamento, manque^ faute. 
Margouilla, enfant qui mange salement; niargos, glouton. 
Marre, houe ; marron, mare, houe. 
Marron, petite houe ; marron, mare, houe. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 51 — 

Marronner, se servir du marron; marron, mare, houe. 

Marrot, petite bêche : marron, mare, houe. 

Ma&ibler, cribler de coups; marligoo, frapper, battre ; mastis, châ- 
timent ; macomai, combattre. 

Matefin, beignet ; maza, sorte de pâtisserie. 

Matouille (à), beaucoup, un grand nombre ; multiim, beaucoup. 

Mazette, poltron ; mazzasette, faux brave. 

Mêlée, mélange de foin et de paille ; melea, mêlée. 

Menuzons, petits morceaux ; minuzzo, petit morceau. 

Messoù, qui fait l'ignorant ; nescius, qui ne sait pas. 

MiATOUNER I manger du bout des dents, avec dégoût ; miarofa- 

Miatounement ' yeo, se nourrir de mets impurs. 

Micron j repas très peu considérable à midi chez les cultivateurs ; 

ou MiGRON^ micros, micron, peu considérable; micrositia. 

MiGNiEU, minuit; mi, préfixe indiquant une demi; nos?, nuit. 

MiNGOLET, tout petit; mignolo, petit doigt, le plus petit. 

MiRABLE, admirable ; admirabilis , admirable. 

MiTTON, gant de campagne, mitodès, tissu avec du fil. 

MiYAS, galette très vulgaire que l'on fait cuire dans des feuilles de 
choux ; miarogaia, nourriture impure. 

MoDURER, donner avec parcimonie; moiroo, diviser. 

MOLLARD j 

MoLLÉE > humide ; mollis, mou. 
Molle ) 

MouDURER, se déliter ; moudaino, faire fondre. 
Mouret, figure ; pris en mauvaise part, museau ; moureno, figure 
hideuse. 

Naion, nine, nain, naine; nanion, petit nain, nabot, nine, nanion. 
Naiser, rouir ; naisoeidès, semblable à une lie. La meule de chanvre 

au milieu de l'eau a quelque analogie avec une île. 
Nargi, souffrant ; narkeo, être engourdi, lent, endormi. 
Nère, noir ; nero, noir. 
NiAuvE, nouvelle mariée ; neos, nouveau. 
Nil, brouillard ; nifo, être arrosé par la pluie. (Le brouillard est une 

pluie très fine.) 

Olter, chanter ; ololuto, pousser des cris de douleur ou de joie. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 52 — 

Omasse, grosse personne ; otnasum, panse, ventre. 

OoTH, cri de la bergère pour appeler les moutons ; oios, brebis. 

Os, noyau ; os, qui est dur comme un os. 

OsTiNER (s'), s'obstiner; ostixare, s'obstiner. 

OuEiLLE, brebis ; ois, oios, brebis. 

OuiTjLE, brebis ; ois, oios, brebis. 

Oussi, mot employé pour c^ asser les chiens ; xiscire, usei, sortir. 

OusQUE, où ; icsquam, en quelque lieu 

Paillas, paglia {gl, Il mouillés), paille. 

Paillasse, corbeille ronde en paille ; paglia, paille. 

Pagnote. peureux ; pavilans, peureux. 

Palisser, piler, tasser ; pileo fouler, presser. 

PALLE,fpelle ; palla, pelle. 

Pallée, contenu de la pelle ; palla, pelle. 

Pannetonne, petit pain de forme ronde ; partis, pain. 

Pansigot, qui a un gros ventre ; pansthénès, très puissant, très fort. 

Pardre, paraballo, détourner, abandonner. 

Paré, pareil, égal ; paresizoo, égaler. 

Parer, se garer, esquiver; -.areinii, éviter, esquiver. 

Parer, arrêter; pareirgo, empêc' er ; paristemi, arrêter un cheval. 

Pargnon, gousse d'ail; paropsis, ce qu'on mange avec son pain. 

Parpette, langue; paroimiaso, parler. 

Particulière, maîtresse ; parlenos, jeune fille. 

Patati patata, parler à tort et à travers sans s'arrêter; palaguema, 

bavardage qui rompt les oreilles. 
Pâtisson, souffre-douleur; patasso, battre, frapper. 
Patouillage, action de patouiller ; patos, patou, boue. 
Patouille, boue; patos patou, 'boue. 
Patouiller, marc'ner dans la boue ; patos, patou, boue. 
Patras, homme mal élevé, sans éducation ; patema, homme de rien. 
Pattes,- vieux chiffons ; patema, chose vile. 
Patureau, pâturage ; pastura, pâturage. 
Pau, pieu ; palus, pieu. 
Peilles, vieux chiffons ; pelle, peau. 
Pelasse, écorce ; pela, écorce. 
Pelasser, écorcer ; pela, écorce. 
Pelote, tas de fumier ; pleroo, réunir en nombre. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 53 — 

Penodfe, étoffe servant à nettoyer le four; pêne, étoffe, ufos, tissus* 

Perdure, perte ; perdere, perdre. 

Pero, bouc; perolere, sentir mauvais. 

Persi, pêche alberge ; persea. pêcher. 

Pessée, morceau, pesé aor, 2'ne de pipto (idée de s'affaiblii'). 

Petarée, bruit fort; strepitare, retentir. 

Petra ou Patras, grossier; petra, homme de rien. 

PiALER, crier; plfausco. dire, mettre au grand jour. 

Piaulement, cri des poules ; pipizo, piailler. 

Piauler, cri des poules ; pipizo, piailler. 

PiGHiET, pot à boisson ; bigghiere, verre, gobelet. 

Picoter, manger en parlant des poules ; piaiao, bien nourrir, en- 
graisser; pino, avaler. 

PiCR AS, ajonc ; picras, anlrosace. Confusion de mots, comme ar- 
gueilla, 

PiDANGE, ce qui se mange avec le pain ; sapidus, qui a du goût. 

PiGASsÉ, marqué de diverses taches; pictics, picta, tacheté. 

PiÉTER, trépigner, s'impatienter; pitulizo, s'agiter, se trémousser. 

Piger, mesurer ; pigere, fixer, établir. 

Pigeonne, vermoulu; puzo, pourrir, putréfier. 

PiGNÉE, raclée ; pugna, pugnœ, combat. 

Piler, presser, fouler; pileo, presser, fouler. (Ne pas confondre avec 
piler qui est français.) 

PiOGHON, pioche ; pitarion, instrument qui a la forme d'un n (p grec). 

Pique pante, beaucoup de mal ; picras 'jûos, exaspération, haine. 

Pissotière, amas de petites étoiles ; pissodès, plein de poix, par ext. 
réunion de. ... ; pitulos, foule, multitude. 

Pitrouiller, pétrir salement ; pitulizo, barboter. 

Plaint, gémissement ; piégué, affliction, blessure. 

Plan, doucement; plaz, plaine, pays plan. 

Plan de foire ; id. 

Plangeon, meuîe de paille ; planta lego, je réunis les plants. 

Planta, homme grand et fort ; p!atus, large, ample ; platus ternos, 
qui a une large poitrine. 

Plaçât, petite place ; platea, place. 

Plau, bois d'un certain volume dont la surface est unie et qui sert à 
hacher ; planus, dat. ; piano, uni. 

Pleurement, pleurs ; ploratus, pleurs, 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 54 — 

Plota, touffe de racines d'herbe ; pleroo, réunir en nombre. 

Pluir, pleuvoir ; pluere, pleuvoir. 

PouGNE, poing : avoir une bonne pougne ; pugnus, poing. 

PoMPK, g;\teau ; popanon, sorte de gâteau. 

PoNLu, petit crapaud ; xtalus, marais. 

Pote, pot à boisson ; poter, vase, gobelet. 

PouFiNER, tousser souvent ; putizo, cracher souvent. 

PouNER, pondre ; ponere, mettre bas. 

PouTET, grimace en avançant les lèvres ; putisma, crachat. 

Pra, pré ; pratum, pré. 

Prefateur ) . .,- , . ^ ., ^. „ , 

qui travaille a prix fait ; pretiuni factum. 
Prefauteur ; 

Prepos, barde de voiture; premnon, tige, arbre. 

' trou ; pertundey^e, pertusiim, creuser, trouer. 

Pretuser, ) 

Prime, printemps ; pritnavera, printemps. 

Profiter, grandir: proago, faire croître. 

Profonder, creuser: procata:uo, enfoncer. 

Prun, provins ; propage, provins. 

Pupu, huppe ; upupa, huppe. 

PuzoNA, vermoulu ; puzo, pourrir, putréiier. 



Quai, vessie de chevreau ; qustis, vessie. 

QuARRE, chercher ; quœrere, chercher. 

QuENi, n'avoir plus rien; kenos, privé de. 

QuEQUOissE, hanneton ; les enfants agitent les arbres pour les prendre ; 

quasso, agiter violemment. 
QuEQUoissE, ciguë ; cacourgos, nuisible ; cacoarguia, venin. 
QuER, tuer ; necare, tuer. 

QuETOu, boudeur, maladif; questus, expression de souffrance. 
Queue, anse ; cauda, queue. 
QuEUBE, cuve ; cubba. coupe, vase. 
QuiOLER, crier ; quionis, luette du gosier. 
QuiOLEMENT, actiou d'appeler; quionis. 
QuioLou, qui appelle ; quionis. 
QuiONQUiONNERiE, presque rien, peu de chose ; quiquabinos, de peu 

de valeur. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 55 — 

Rabih, grimper; ramus ire, aller sur les branches. 

Rable, longue brnn''lie avec planche en rebord ; rabdos, bâton mince, 
verge, branche. 

Rableb, faire tomber à coup de gaule ; rabdos. 

Rabouvelle, rave sauvage; rapula, rave. 

Radureb, effleurer, passer un rouleau sur une mesure ; radere, effleurer. 

Raffalé. vêtu pauvrement ;' rac().«, déguenillé, haillon, guenille. 

Raffdt, bruit ; rabasso. faire du bruit. 

Rancioux, enroué ; brageous, enroué. 

Rancœur, aigreur ; rancor, odeur rance. 

Rane, grenouille ; rayia, grenouille, 

Rapê, fait : c'est râpé ; rapere^ enlever par force. 

Rapesauder, racommoder , racos, racommoder. 

Raqueter, se dit des herbivores quand ils mangent, sans en laisser, le 
peu d'herbe qui est resté dans un champ ; raccocare , revenir à la 
charge. 

Raqueter, couper ; raquetron, grand couteau, serpe à tailler. 

Rase, rigole pour arroser ; ra*<nia, arrosement. 

Ratelure, débris de foin ramassés au râteau ; ratestatus, rassembler. 

Raughe, roseau; rocca. quenouille. 

Ravouxelle, rave sauvage; rafanos, rave. 

Regonger, remonter : l'eau regonge ; proagogos, pousser. 

Reume, rhume ; reuma et ruma, écoulement. 

Regueu, terre labourée une dernière fois en semant le blé ; aroo, la- 
bourer ; gué, terre. 

Reguyer, mettre la terre à regueu ; aroo, labourer ; gué, terre. 

Remplir, saillir ; replere, remplir. 

Requexer, braire; hinnire, hennir. 

Re TROUBLE n, remettre une terre en blé; restovigliare, assoler sans 
jachère. 

Revirer, retourner; girarc, tourner; re, réitération. 

Reviron, ravaudage ; revisore, qui revoit. 

RiEUTE, tout petit chemin ; reo, passer. 

Rigoler, dégringoler; ripto, se jeter, se précipiter. 

Ri(4UENÉ, ride ; rfcos, ricué, racorni, ratatiné, ridé. 

RiMOUssER (se>, se renfrogner ; riguéo, frémir, frissonner d'horreur. 

RiOT, petit ruisseau ; roos, ruisseau. 

Risou 

rieur ; risus, rire. 



RiSOULET 

LK PATOIS BOURBONNAIS 



— 56 — 

RivAGEURs, riverains, ouvriers employés à la réparation des moulins ; 

ripa, rive ; vagus, errant . 
Rompre, défricher; rumpere, défricher. 
RoNFER, ronfler; ronfare, ronfler. 
Ronronner, murmurer; grunnio, grogner. 
Roquer, heurter; rogué, fracture, fente. 

Rossa | bête usée, vieille; os, ossis, os; re, réitération, qui n'a que 
RossARD I les os. 
RouGHE, roseau; rogga, quenouille. 
RouME i écume; rheuma, écume. 

RouMER, verb. ( Rheuma, ce qui coule. 
RouFFiANT, malpropre, rupos, rupon, saleté, malpropreté. 
RouTELER, rodere, ronger. 
RuMAGE, déménagement ; ruiné, entraînement, marche rapide, par 

extension, changer de place. 

Sabbat, bruit ; sabazo, crier comme des bacchantes, bouleverser, 

casser, briser. 
Sabbater, faire du bruit; sabazo. 
Sabbattement, action de sabatter; sabazo. 
Sable, sève; sapor, sève. 

Sagouiller, s'amuser dans une eau sale ; sabrias, vase à boire. 
Salisse, osier; sacos, bouclier d'osier. 
Sanlle (11 mouillées), sangle; cmgula, sangle. 
Saqueter, couper avec un mauvais outil ; secare, sectus, couper. 
Sarge, charge ; sarc^■na, charge. 
Sarger, id. 

Sarglou, sarcloir; serculum, sarcloir. 
Sater, presser; satto, presser. 

Sati, compact, une pâte satie, pressée ; sato, pressé, foulé. 
Sauver (se), faire bien ses affaires ; sopiasma, chose faite avec soin, 

s'occuper avec soin, avec zèle. 
Sgabreux, escarpé ; scaleos, inégal ; scama, fossé ; scopelos, rocher 

élevé, écueil. 
Selle, chaise; sella, chaise. 

Séquelle, suite, « lui et toute sa séquelle » ; assecla, suite. 
SiGOT, cahos ; seio, balloter. 
SiTA, sécheresse; siccitas, sécheresse. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



- 57 — 

SiTER (se), s'asseoir; nssidere, s'asseoir. 
Sou, aire de grange ; solum, aire. 
SouTRE, ce qui est dessous; subius, dessous. 
Stomaqué, indigné, étonné ; stomaquor, s'indigner. 
SuBRUN, pluie tombant des toitures, couvertures ; sub, sous ; labrum, 
bord de toit. 

Tacosser, couper du bois ; tallia, rameau, branche. 

Tacot, branche dépourvue de feuilles ; tallia, rameau, branche. 

Taillant, morceau séparé de poire, de pomme ; tamias, qui fait les 

parts. 
Taine, flétri : tanatao, avoir envie de mourir. 
Talé, coup, meurtrissure: talao, souffrir. 
Taler, meurtrir; talao. 
Talure, meurtrissure ; talao, souffrir. 
Tanner, battre ; talao. 

Tapon bouchon en bois pour tonneaux; tappo, bondon. 
Taponner, verbe ; tappo, bondon . 
Tarabatement, action de tarabater, faire du bruit en cherchant, « que 

tarabatez-vous là-haut » ; tarasso, remuer ; tarabanis, dieu du 

tonnerre . 
Tarabater; tarasso, tarabanis. 
Tarrible ; tarasias, turbulent, perturbateur. 
Tariran, bruit, tapage; taraké, bruit, tumulte, 
Tason, lent ; iardus, lent. 

Tatjraille, veaux, génisses; taura, vache stérile . 
Taure, velle ; taura, vache stérile. 

Tayon, morceau ; taguri, gurion, parcelle, petit morceau. 
Tazon, lent, paresseux ; tasso, être assis. 
Tazonner, faire lentement; tasso. 
Telo, entraves pour les animaux indociles ; telquitaino, indocile, 

intraitable . 
Teret, terreau; terra, terre. 
Térir, tarir; terso, sécher, dessécher. 
Terra, grand vase en terre; terra, terre. 
Tés, débris de pots cassés ; terfos, têt, tesson. 
Teuser, allumer; tuzo, allumer. 
TÔNE, très grosse mouche bourdonnante ; tonusso, bourdonner. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 58 — 

TopÈTE, fiole; lopicos, topique, qui s'applique sur le mal. 
ToRLiBRANDE, accès de fou rire ; torubos, bruyantes acclamations. 
ToRMENTEMENT, tourment ; tormenlum, tourment. 
ToRNA, bâton ; tornocidés, forme ronde, qui semble tourné. 
ToRNANT, détour ; tormos, borne que tournent les chars ; tornenlos, 

tourner. 
ToRsu, tordu ; tornentos, tourner, arrondir. 
ToRTiLLEUX, tortueux ; tortiglioso, tortueux. 
Tortillons, longue suite de : des tortillons de jurons ; torubéo, se 

quereller. 
TouRTOURELLE, tourterelle ; turlur, tourterelle. 

TOUSSEMENT, tOUX ; TOSSIMENTO, toux . 
TOUSSINEMENT, id . 

TOUSSINERIE, id. 

ToussiR, tousser; tossire, tousser. 

Trace, haie ; distrahere, distraxi, séparer ; haie qui sépare les héri- 
tages. 

Traînasse ) , , , , , 

^ . herbe rampante; tranare, traîner. 

Tranasse ^ 

Trainerie, maladie lente ; tranare, traîner. 

Tranche, expression qui indique que les plantes se déracinent par le 
passage répété des araignées, grillons, etc. ; transversus, qui 
traverse . 

Traupignon et Troufignon, chignon ; truleros, qui étale du luxe. 

Travelle, bord d'un champ labouré en travers ; traversale, trans- 
versal. 

Tré, trois ; tries, trois. 

Tremblesion, tremblement ; tremolio, tremblement. 

Tresio, gerbes mises en croix les unes sur les autres et dont les épis 
s'entrelacent ; tarsoo, entrelacer. 

Treyant, pioche à trois dents ; triodous, à trois dents. 

Triger, aller ça et là ; tribos, chemin. 

Tbimard, voyage ; tribos, chemin. 

Trimaruer, voyager ; tribos, chemin. 

Tribouiller, tracasser, ennuyé, fatigué ; tribo. fatiguer. 

Tribouillemext, action de tribouiller, tribo. 

Trimballer, ne pas être solide sur ses jambes ; tribos, chemin ; ballo, 
agiter, remuer. 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 59 — 

Triolet, trèfle ; Irion, feuille. 

Tripoteur, chicaneur ; triptec, chicane. 

Trougher, essuyer ; tergere, essuyer. 

Troughkr, épaissir, le blé tronche ; trugue, récolte fécondité. 

Trouchon, torchon ; trukion, haillon, étoffe usée. 

Turlubrelu, homme léger, ne sachant ce qu'il fait ; turbazo, trouble, 

brouillon, mettre en désordre. 
TURLURETTE, iudue, heure turlurette ; turauleo, qui passe la nuit 

dehors, qui découche. 
TuRREA-U, monticule ; turris, tour, élévation. 
TusER, attiser -, tuzo, allumer, embraser 
TusoN, tison ; tuzo, id. 

TusoNNER, attiser ; tuzo, id. 

Usine, rigole d'arrosement ; usis, pluie, et eau. 

Valangeon, manche de fléau ; falas, lalagos, gros bâton. 

Varmine, vermine, farmakeia, empoisonnement vénéneux. 

Vanter, vanner ; veniilare, agiter, on secoue le van pour faire sortir 

les saletés. 
Vaque, vide ; vaco, vacare, être vide. 

Varenne, terre légère, sablonneuse ; arena, terre sablonneuse. 
Vérin, venin ; virus, venin. 
Veser, fatiguer, haletfr ; fessus, las, fatigué. 
ViLLiÉE, veiller ; vigilare, veiller. 
Violet, tout petit chemin ; via, exilis, chemin étroit. 
ViouNER, souffler ; vis, force ; sonare, résonner. 
Vise, osier ; viere visi, lier avec de l'osier. 



Voilà ce que nos bien minimes connaissances en langue grecque ont 
pu nous fournir, mais nous croyons pouvoir affirmer que si un véritable 
helléniste voulait se donner la peine de se livrer à des recherches, il 
aurait, en peu de temps, fait une ample moisson de racines grecques. 



^V 



LE PATOIS BODRBONNAIS 



DICTIONNAIRE 



Les mots précédés d'un astérisque (*) sont plus spécialement 
du Canton de Varennes-sur-Allier (1). 



*A (il ou elle), a travaille bin. 

Aba foins, s. m., ouverture prati- 
quée dans le fenil. 

Abatteu, s. m., bateleur, y en 
avait prou de ceux abatteux. 
*Abequê, a, rachitique. 

Abera, v., abreuver. 

Abeyon, s. m. essaim. 
*Abi7n,er, v., se faire mal, elle s'est 
abimée cette enfant. 

Abion, s. m., essaim. 

Abionner, v., réunir plusieurs es- 
saims. 

Ablaie, s. m., essaim. 

* Abominer v., détester, je l'abo- 
mine. 

Abodieu, ah ! bon Dieu I abodieu 
que c'est dégoûtant. 



* Abonder, v., suffire, je n'abonde 
pas à. . . 
Abouchonner, v., coucher sur le 

ventre. 
*Abouler, v., mettre, ajouter. 
Abouliasse, a., ventru, obèse. 
*AbouUr, V., détruire. 
*Abraser, v., renverser, détruire. 
*Abre, s. m., arbre. 
*Abreger (s'), v., percher (se). 
'^Abrejou, s. m., perchoir. 
Abrelucher, v., éblouir, être aveu- 
glé par la lumière. 
*Abresa, s. m., sac de mendiant. 
*Abrevoir 
Abrevou 
*Absentement, s. m., éloigne- 
ment. 



s. m., abreuvoir. 



(1) Gomme l'instruction se répand de plus en plus dans les campagnes, le 
patois va disparaître prochainement : aussi nous a-t-il semblé utile d'en con- 
server le souvenir, à titre de curiosité pour l'avenir. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 62 — 



V., ajouter. 



de suite. 



*Abuter 
*Aponcher 
*Acabassé, a., fatigué, exténué. 
*Acabasser, v., se courber. 
Accater, v., s'abaisser, diminuer 
de hauteur. 
*Accatonner, v., s'agglomérer. 
Accerbilla{i),v., réunir, amasser, 
acerbilla du bien, ramasser du 
bien. 
Achâtir {s'), v., se caresser, y 

s'achatissaient. 
Accordeuœ, s. m., celui qui fait les 

demandes en mariage. 
*Accoubler, v., accoupler. 
*Accourt 
Agourt ) 
Acuuter, v., écouter : acoute le 

veneur aux chiens. 
*Accrouplonner,Accropton7ier,y., 

se baisser sur les jambes. 
Achiner (s'), v., faire plus qu'on 
ne peut. 
*AchopetU, adv., peu à peu. 
Acorbasser, v., attacher une corde 
aux cornes ou à la jambe de 
devant d'un animal. 
*Acoter, v., fermer. 
* Accoter (s'), v., s'appuyer. 
*Acource, a., attiré, épris. 
Accoussat, s. m., houx. 
*Accoutu'ma, a, accoutumé.. 
*Ac7noder, v., (la salade), apprêter 
la salade. 
Aéré, s. m., gaule au bout de la- 
quelle il y a un crochet. 



Acrou, s, f., fourche recourbée 

pour remuer le fumier. 
Acuré, a., altéré parla crasse. 
Adouba, Y., arranger: fere adouba 

la pendule. 

* Adret, adreite, a., adroit. 
*Adrètement, adv., adroitement. 

Affaça, ée, sens dessus dessous. 
Affiater, v., attiré, amadoué. 
Affié adv., (a son), quant à lui. 

* Affilé {à'), adv., sans désemparer, 

il faut faire ça d'affilé. 

* Affiner, v., tromper. 
Afflinger, v., transpirer, avec la 

chaleur, il est afflingé. 
*Affistolé, V., paré, orné. 
*Affistoler, v., parer, orner. 
'^Affouler, v., avorter. 

* Affranchis seur , s. m., hongreur. 
Affrelé, a., pressé, préoccupé de 

ce qu'on va faire. 
Afretelé, a., gaillard ; il est bien 
afretelé. 
*A/futiaucc, s. m., choses sans va- 
leur. 
*Afuquiaucc, s. m., instruments, 

jouets. 
*Aga, V., vois, regarde. , 
Agaler, v., tasser et entasser. 
Agarder, v., regarder. 
Agargacer,v., provoquer, agacer. 
Age7ieuiller (s'), v., s'agenouiller. 
Ager, v.. rouir du chanvre. 

* Aggraver, v., fatiguer. 
*Agnieu 

Aneu 



aujourd'hui. 



(1) Dans la plupart des communes de l'arrondissement de MontUiçon, les 
verbes qui finissent en er changent cette syllabe en a. 



LB PATOIS BOURBONNAIS 



— 63 — 



a., agréable. 



*Agogo, Agougou, adv., à profu- 
sion. 
Agolier. s. m., églantier. 
*Ago7iiser, v., accabler quelqu'un 
de sottises. 
Agoyer (s'), v., s'étrangler. 
^Agouer, v., éternuer ; tu ne peux 
donc pas agouer 
Agouer, tousser. 
*Agour, adv., maintenant. 
Agourli (s'), v , s'accroupir. 
*Agranplein, adv., beaucoup. 
*Agriable 
Agriabe 

Agrichcr,Y., avoir par ruse, pren- 
dre. 
*Agrouler (s'), v., se baisser en 
pliant les jambes. 
Agrole, s. m., corbeau. 
*Aguille, s. f., aiguille. 
*Aguille, s. f., pièce faisant partie 

du char. 
*Aguillée, v. aiguillée. 
*Aguieu, adv., adieu. 
*Aguser, v., aiguiser, 
Aguye, s. f., aiguille 
Aibre, s. m., arbre. 
*Aières, adv., également; à la suite 
l'un de l'autre. 
Aieumette, s. f., allumette. 
Aigron, s. m , héron. 
*Aiguc, s. f., eau 
Aiguière, s. f., pot d'eau. 
*Ailles, V (voir : jailles). 
*Ainsi qu'ainsi, adv , d'une ma- 
nière ou d'une autre. 
Airer, v., arrher. 
Aisant, a., aisé. 



A fasse, s. f.^ pie, 

Ajassou, s.f., verrue. 
^Ajouter, ajuler, v., traire. 
*Al, ailes, pr., il ou elles. 
*Alaveur, adv., quant à... à cause. 

Aie, s. f., aile. 

Alite, s. f., élite. 
*Allingué, a., bavard, médisant. 

Alligner, v., mettre bas. 
*Alliger, v., sécher. 

AUig7ie, s. f., noisette. 

Aloilrer, v., améliorer un champ. 
*Alordi, V., étourdir, paralyser. 

Aloubi, a., affamé : al est aloubi. 

AUalan, s. m., mauvais sujet, 
polisson, sans souci. 
*Aliilré ou aluilé, s. f., terre en- 
graissée. 

Alvisoir, s. m., dévidoir. 

Aluré, a, déluré. 

Aluyao, s m., loriot. 

Atnaillade, s.f., tentes pour don- 
ner à boire. 

Amairon, s. f., camomille. 

Atnarer,y., émousser : a pas mal 
amaré mon coutiau. 

Amanda, v., engraisser : amanda 
des bœufs, engraisser des bœufs. 
*A7)iasser, v., glaner. 

Ambaïe, adv., avec : travaille am- 
baïe courage. 

Ambe, adv., avec. 
*A7nbrelificoler, v., circonvenir, 
embrouiller,prendre par adresse. 

Améron, s f., ronce. 
*Amenicser,y., amenuiser. 

Amiqueusc, a., affectueux. 

Amor s. f., mure sauvage. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 64 — 



*Amourer, v., entasser. 
*Ar)i'perme, plume que l'on met 
au bec des oies pour les empê- 
cher de nuire aux récoltes. 
Amunition (d'), s.f., de munition : 
y a t'y du pain d'amunition. 
*Amusard, a., lent à travailler. 
*Ancrère {s'), v., s'encroire ; se 
donner de l'importance. 
Ancien, s. m., aïeul, ancêtre, vieil- 
lard. 
*Andière, s. f., ustensile de cuisine. 
*Andin. s.f., amas en ligne d'un 
fourrage que l'on vient de cou- 
per. 
*A7ie vieux, s. m., espèce de ser- 
pent. 
*Aneu, adv., aujourd'hui. 
Andillé, mince, fluet, efflanqué. 
Angeron, s. m., genêt. 
Anguiarde, écorchure : c'est une 

anguiarde quai a à la figure. 
^Animau, animal. 
Anisser, v., exciter, provoquer. 
*Anne, interj., allons. 
*Anne-z-en, allons nous-en. 
*Anne-z-y, allons-y. 
*Annouer (s'), v., suffoquer. 
*Anoné, a., fruit noué mais non 
mûr. 
Antif (courir 1'), se promener : où 

est ta fille ? elle court l'antif. 
Anvé, adv., avec. 
*A'paiser ) retenir : apaiseras-tu ta 
Apeser ) lingue. 
Apana, v., régler. 
*Apiter | attendre, regarder: qué- 
Epiter \ que t'épites ? 



Apointuser, v., rendre pointu. 

Appara, v., arrêter. 

Appetissé, a, qui a de l'appétit. 
*Apponcher, v. ajouter. 

Appouta (s'), v., se choquer. 

Appouna, v., attacher une corde 

à une autre. 
*Apprecher, v. approcher. 
*Appriver, v. apprivoiser. 
*Approchant, a., à peu près. 

Aqueni, a., fatigué, las. 
^Arable, s. m., arabe. 

Aramer, v., se rassembler. 

Arbalu, crépuscule : rentrer les 
bêtes à l'arbalu. 

Arboulade, s. f., omelette à l'o- 
seille. 
*Arcan, arc-en-ciel. 
*Arcandier, s m., prêteur d'affai- 
res dont il faut se défier. 
*Arcandier, mauvais voiturier. 

Arcana, braire. 
*Arche, s. f., pétrin, maie 

Archiers, s. m , gendarmes : vêla 

les archiers qui venont. 
*Archignée, s. f., rebuffade. 

Ardelle, argile. 
*Ardi ! courage ! 
*Ardile, a., argile. 
*Aregarder, v., regarder. 
*Arégniaires, s. f., toiles d'arai- 
gnée. 

Aregnoux, s. m., homme qui 
sème la zizanie. 

Argo, s. m., chiffon, pièce. 
* Argot, s. m., ergot. 

Argonde, a., malin, habile. 
*Argousin, s. m., vaurien. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 65 



*ArgueuiUa, s. m , boux. 
*Aria, s. m., enfant. 

Ariet, adv., aussi. 
*Arigaudon, s. m , mauvais ou- 
vrier en tout genre. 

Arigner, v., exciter, agacer. 

Arimer (s'), v., s'abriter : vêla la 
pieu, je vous nous arimer. 

Ariot, araire. 

Arioter, labourer. 
*Arinana, s. m., almanach. 
*Armise, s. f., remise. 

* Armoise, s. f., armoire. 
Armorige (à 1'), s. m., lieu froid 

à l'ombre et au nord. 
Arobe, érable 
*Arpic, aspic. 
*Arpi, s. m , vipère. 
*Arpicn, s. m., patte d'animal. 
*Arqueduc, s. m., aqueduc. 
Arrweur, s. m., peigneur de chan- 
vre. 

*Arrosoxc ) 

s. m., arrosoir. 
Arrousu ) 

*Arrouser, v., arroser. 
*Arse, s. f., herse. 
*Ârsouille, s m., gens déconsidé- 
rés. 
*Artillade, s. m., instrument de 
laboureur : prépare me don tous 
mes artillades. 
*Artillonné, a., ou rien ne manque 

en parlant des outils. 
*Artion, s. m., doigt de pied. 
Arloupan, s m., gredin, canaille. 
Arucher {&'), v., redoubler. 
*AsiaLique, s f., sciatique. 

* Aspiration, s. f., respiration. 



Assara, v., ramasser. 
Assaper, v., détériorer. 
*Assemblemenl, s. m., réunion. 
*Assemblé (être), v., vivre marita- 
lement sans être marié. 
*Asseurance, assurance. 

Assigea, consolider. 
*Assisler (s'), v., s'asseoir ou s'as- 

sir, 
^Assortir, v., donner à une terre 
en jachère les façons pour l'en- 
semencer. 
Asleur, à cette heure, maintenant : 
asteur que nous le tenons, 
nous ne le lâcherons pas ». 
*Atou, coup. 
Ate, vent du sud. 
*Ate, s. m., timon : tends-me l'ate, 
petit Jean. 
Aùouper, v. , couvrir : atoupe me 

don, j'ai frai. 
*AUaper, v., mettre en tas en ap- 
puyant. 
*AUefier, (s'), v., s'habituer. 

Attéfier, créer, établir, se procurer. 

^Attelée, s. f., période de travail 

pour les boeufs et les chevaux. 

*AUelure, s. f., Attelouère, pièce 

faisant partie du char. 
*AUendresir, v., attendrir. 
A tu f eau, s. m., ustensile, meuble 

de toilette. 
*Atlifoler, v., orner. 
Attouper, v., étouffer le feu, cou- 
vrir. 
*Aubépi)i, s. m., aubépine. 
Aubi, oui, hé bien! Aubi moussu, 
(mossieu). 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 66 — 



Aubier, s. m., saule. 

Aubre, s. m., saindoux. 
*Audevant (à V), aller à la ren- 
contre. 

Augoumenter, v., augmenter. 
*Auniou7ie, s. f., aumône. 
*Au7nounier, s. m., aumônier. 
*Aiimounier, a., charitable. 

Aupri que, au fur et à mesure; je 
vous mesurerai mes noix aupri 
qu'elles viendront. 
*Aurisse, s. m., vent violent 

Auvant (les), avents : je sommes 
dans les auvants. 

Auve, s. m., saindoux. 

Auvre, s. f., terre meuble; on dit 
aussi ouvre. 

Avangouni (être), avoir faim. 

Avau, là-bas. 
*Aveine, s. f., avoine. 
"^'Avenir, v., atteindre. 
'^ Avère, v , avoir. 

Aveza, a, haletant. 
*Aveuille, a., aveugle. 
*Aveuiller, v., aveugler. 
'^Aviendre, v., atteindre. 
*Avier, v., donner le lait : la vache 

a avié. 
"^Aviser, v., regarder. 

Avocat du meunier, pivert. 

Avon, adv., où? Avon que faut 
na ? où faut-il aller. 
'^Avortion, s. m., avortement. 
'^Avretir, v., avertir. 
*Avyi, s. m., abri. 

Avrir, v., atteindre. 
*AvrUer. v., se mettre à l'abri. 
'^Ayand, s. m., gland. 



'^Ayère, uniformément. 

Ayette, s. f., alise : les ayettes sont 
pas mûres. 

Ayetlier, s. m., alisier. 
*Ayol, s. m., ayeul. 

Babîa, a., niais, sot. 
*Babille, a., bavarde. 
*Babouine, s. f., lèvre supérieure. 
^Bacliasse, s. f , bac pour les 

grosses bêtes. 
*Bachat, s. m., bac pour les co- 
chons. 
*Badauderie, s, f., badinage. 
*Bader, v., ouvrir une porte, re- 
garder, ouvrir les yeux. 
* Badine, s. f., houssine. 
Bafoi, orfraie. 

Bafuier, v., molester quelqu'un. 
Bafuter, v., repousser, dédaigner. 
*Bafrer, v., manger. 
Bagouler, v., bavarder. 
Bagoulant, a., hâbleur. 
*Bagout (avoir du bagout), parler 
beaucoup, mal et avec assu- 
rance. 
*Bagnier, v., se baigner. 
^Bailler ou Bayer, v., donner. 
*Balai, s. m., genêt. 
*Balle, s. f., tournure, la drôle de 

balle qu'a la 
*BaUet, s. m., genêt. 
*Balant (être en), être indécis. 
*Baliviau, s. m., baliveau. 
*BaUyer, v., balayer. 
*Baliyeuse, balayeuse. 
BulQsse, Boulosse, s. f., petites 
prunes. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



67 — 



*Balîuchon, s. m., petit ballot. 
Bamboche, s f., pantoufle. 
*Bannes, s. f., paniers de bât. 
*Bangon, s. m., mentonnière. 
*Bangonne, a., qui a mal sous la 

mâchoire inférieure. 
Baquater, v., remuer la queue. 
Baqueuoc, s. m., hoche queue. 
Barage, s. f., étoffe domestique de 

laine blanche et fil bleu. 
Baraille (prendre), v., se que- 
reller. 
Baratte, s. f., petite tourte de pain 
noir que l'on mange comme 
friandise. 
Barbelotte, s. f., blatte, insecte 

noir. 
Barbilat ou Barbitras, s. m., avis, 
lettre. 
*Barbou, s. m., courtilJière. 
*Barbouillon. s. m., barbouilleur. 
Bardoiière, s. m., hanneton. 
*Barrer, v , fermer : barre la porte. 
*Barger, s. m., berger. 
*Barlue ou Brelue (avoir la), se 
dit de celui qui n'aperçoit pas 
de suite l'objet qu'on lui dé- 
signe. 
*Barne, s. m., baril, petit tonneau. 
*Baron, s. m., petite porte. 
*Barouette, s. f., brouette. 
*Barouelton ou barouettée, s. f., 
la charge d'une brouette ; ou 
très petite charge : j'avos qu'une 
baroiton de foin. 
*Basane, ventre. 
*Bassie, s. f., évier. 
Bassoule, s. f., civière à bras. 



*Batard, s. m., batardeau. 
*Battan, s. m., aire d'une grange. 
*Batardîau, s. m., osier. 
Bâtir sur le devant, prendre du 
ventre. 
* Batailler, v., travailler avec fa- 
tigue. 
*Balloiié, s. m., battoir. 
*Battou, s. m., battoir. 
*Bauge, s. f., grand sac. 
*Bayard s. m., brouette sans côtés. 
'^Bayard à bras, s. m., brouette 

sans roues. 
*i?e, s.m.,bouche; un gros bé, c'est- 
à-dire de grosses lèvres. 
*Bé, s. m., bec. 
Bé, s. m., mets fait avec du lait 

jaune. 
*Beaubreicil, s. m., bouvreuil. 
Beauji, ad., de doute : c'est dou- 
teux. 
*Becfi, s. m., becfigue. 
*Bechée, s. f., béquetée. 
Bêcher, casser la coquille de l'œuf 

avec le bec. 
*Bedaine, ventre. 
*Bé de grôle, pince à tête plate. 
*Bedon, gros ventre. 
Bégnerotte, s. f., petit panier. 
Bégot, s. m., petit lait. 
*Béguer, v. bégayer. 
*Bega7i,a.., mal propre, déguenillé. 
*Begner (se) v., baigner (se). 
*Beiaicde, s. f., blouse. 
Belaude, s. f., agnelle. 
Belauter, teindre les œufs de 

Pâques. 
*Belette carde, bette carde. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



68 — 



*BeleUe, betterave. 

*Beler, pleurer. 

*Belée, s. L, cri. 

*Belin. s. m., brebis m4le 

*BeUnière, s. f., bergère. 

*Belle- fille, s.f., bru. 

*Belou, pleurnicheur. 

*BenUU, a., joli, bien joli : cet 

enfant est benlili. 
*Belouse, s. f., blouse. 
*Benne, s. f., panier, hotte. 

Benot, s. m., ruche en paille 

Beque, s. f., guêpe. 
*Berbis, s. f., brebis. 

Berchat, s. m., broc 
*Bère, v., boire. 
*Bergot, s. m., frelon. 

Besiere, s. f., rigole d'assole- 
ment. 

Besou, a., lourrl, gros, épais. 
*Besson, s. m., jumeau. 
*Bessonne, s. f., jumelle. 
*Besugne, s f. vêtements. 
*Bête à pain, s. m., l'homme ; « la 
louée, c'est la foire des bêtes à 
pain ». 

Betou, s. m., bouleau. 
*Bétiau., s. m., bétail. 
^Beuglée, s. f., beuglement. 
*Beurier, v., beugler. 
*Beugne, s. f., coup. 
*Beurliée, s. f., cris, beuglement. 

Beuillard, a., obèse. 

Beuille (la), les tripes. 
*BeurreUe, s. f., partie liquide qui 
se sépare du beurre quand on 
le bat. 
^Beurrier, s. m., baratte. 



Beuyard, s. m., sans éducation, 

souillon. 
*Bezin, s m., ivraie. 
*Be2izi, s. m., rémouleur. 
Biannier, s m., petit marchand 
qui achète fruits, beurre, vo- 
laille dans les campagnes. 
*Biai(de, s. f ., blouse. 
Biauge, tige végétale durcie que 
les animaux ne mangent pas. 
"^Biber, v., avaler un œuf sans être 

cuit. 
*Bibi, s. m., dindon. 
"^Bibleu, s. m., bluet ou barbeau. 
*Bicharle, s. m., oiseau, fauvette. 
Bichette, béquelte, s. f., chèvre. 
Bicher (se), v., s'embrasser. 
*Bicler, v., regarder fixement. 
Bidaillon, s. m., drôlesse. 
*Bièce. s. f. . bêche. 
*Biécer, v., bêcher. 
Bien arrivé, cuit à point. 
Biffler, v., manger. 
*Bigenrd, a., malin, susceptible. 
*Big7ion, s. m., beignet. 
Bignoche, s. f., espèce de panier 

avec une anse sur le côté. 
Bigcre, s. m., espèce de baquet. 
*Bigues, s. f., échasses. 
*Bigot, s. m., trident retourné. 
Billardé a., versé, couché : du blé 
billardé. 
*Bilo, bilo, cri pour appeler les 

petits canards. 
Bilhr, V., serrer. 
*Bi7i, adv , bien. 
Bine, s. f., hanneton. 
*Bin-heureux, a., bienheureux. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



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*Bion, s. m., branche. 
*Biqueron, s. m. bec. 
*Biser, v., baiser, embrasser. 
*Bisou s. m ,qui aime à embrasser. 
Bisque, s. f., direction ; elle a pris 

une autre bisque. 
*Bisquer, v., être vexé. 
Bisse, s f., bêche. 
Bisser, v., bêcher. 
*5Za, s. m., blé. 
*Blé troquet, maïs. 
*Bleutir, Bleiczir, Bleuter, v., 

bleuir. 
*Bleuve, a , bleue. 
*Bleuze, a., bleue. 
*Bobe (faire la), moue. 
*Bobo, s. m., mal de peu de consé- 
quence. 
*Bœu, s. m., bœuf. 
Boiron, s. m , enfant qui passe 

devant les bœufs pour diriger 

leur marche. 
*Boissiau, s. m., boisseau. 
*Boisure, s. f., boiserie. 
*Boilailler, v., boiter un peu. 

Bomir, V., vomir. 
*B07i, a., mauvais, fort ; je lui ai 

donné un bon coup. 
*Bonzoicnie, s. m., bonhomme. 
*Borbe, s. f., boue. 
*Borgne, s. m., espèce de serpent. 

(Voir âne vieux.) 
*Borgeois,Borgeoise,a.. monsieur; 

un domestique chez un riche 

f(!rmier lui dira : oui, borgeois. 

*Bouame, flatteuse, enchanteresse. 

Boucan, s. m., farceur, mauvais 

homme. 



* Boucan, bouc. 

*Boucher, v. , regarder l'âge d'un 
cheval, examiner ses dents. 
Bouchon (mettre à bouchon), sens 

dessus dessous, à l'envers. 
Bouchure, s. f., haie. 
*Bouci-boulà, adv., pêle-mêle. 
*Boué)nerie, caresse pour obtenir 
l'objet de sa demande. 
Bouénotte, Bouinotle, s. f., trou 
dans un chêne, dans une porte. 
*Bouére, v , boire. 
Boitera, remuer. 
Bouero, s. m., bouvier. 
"Bouette, s. f., boisson. 
*Bouffarde, s. f., pipe. 
*Bouffe la balle, s. f., personne 

grasse et dodue. 
*Bouffet s. m, soufflet. 
^Bouffement, s. m., soufflement. 

* Bouffer, v., souffler. 
Bouffiner, v., être embrassé à 

contre cœur: a m'a bouffinée. 
*Boulal, s. m., vivier: c'est plein 

de boulats par là. 
*Boulaise, s. f., terre blanche, 

argileuse et ferrugineuse. 
*Bouille, s.f., bouillie. 
*Bouisson, s. m., buisson. 
*Boicle, a., sombre. 
*Boule, a., troublée : l'eau est 

boule. 
^Bouler, V., agiter, troubler : ne 

boulez pas l'eau. 
*Bouler, v., travailler la terre mal 

et sans goût. 
*Bouleicr, s. m., qui travaille sans 

goût. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 70 — 



^Boulevard, s. m,, panique dans 
les foires. 

*Boulevarser, v., bouleverser. 

*Bouloller, v., manger, se porter 
bien. 

*Boune, a., bonne. 

*Bounes gens ! exclamation d'at- 
tendrissement : elle est morte, 
bonnes gens. 
Bounehême (tout à la), sans pren- 
dre de précaution. 

*Bounoume, bonhomme. 

*Bourne, s. f., borne. 

*Bourade (donner une), s. f., répri- 
mande. 

*Bourosse, s. f., lange d'enfant. 
Bourdi, a., fatigué. 

*Bourer, v,, fâcher. 
Boùrelle, qui a le mouvement 
brusque. 

*Bourra^ grand châle de bergère. 

*Bourrer, avancer le bras précipi- 
tamment pour donner l'impul- 
sion à une gobille. 

*Bourriauder, v., mal faire ; faire 
du mal à quelqu'un. 
Bourriner, v., gronder comme le 

roulement du tonnerre. 
Bourron. s. m., coque épineux. 

*Bourron, s. m., bouton, furoncle. 

Bouri/fé, Ebouriffé, s. f . chevelure 
en désordre. 
Bourreleté, &nXo\xrè de bourrelets. 

*BourUron, s. m., bourrelet. 
Bourgnoii, s. m., ruche. 

*Bourri, s. m., espèce de banc sur 
lequel travaille le tonnelier. 

*Bourri, s. m., une. 



*Bourri, Bourri, cri pour appeler 

les canards. 
*Bourru, a., velu. 

Boursaut, s. m , tombereau. 
*Boursillat, s. m., réunion d'épines 

rabougries. 
*Bousiller, v., tatillonner. 
*Boussicota, mal fait, peu droit, 
de travers. 
Bousson, s. m., paquet. 
*Boussu, a., bossu. 
^Boutajifle, s. f., vessie. 
*Boutanfle, s. f., pustule remplie 

d'eau ou de pus. 
*Boutanflé, a., qui a des « boutan- 

fles» 
Boustarin, gros court. 
*Boutaron, s. m., enfant gros et 

replet. 
*Bouiasse, s f., creux d'eau. 
^Boutasse, s. t., récipient en paille 
et en ronce dans lequel on met 
de la plume, des pois, des fruits 
confits, des noix. 
*Boutasson, s. m., enfant replet. 
Boute feu, s. m., feu follet. 
*Bouterond, s. m., moyeu de roue. 
Boulifayer, v., Boutifaye, s. f., 

manger, faire bonne chère. 
Boutifle, s. f., enflure, pustule. 
Boutifler, v., enfler ; ce pour 
homme est tout boutifle. 
*Boutiro7i, s. m., potiron. 
*Bout07iné, a , parlant peu, défiant. 
Boulriol, s. m , champignon vé- 
néneux, communément « vesce 
de loup ». 
*Boutron, s. m., ruche en paille. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



71 — 



*Boutron, s. m., moyeu d'une voi- 
ture. 
*Boutle, s. f., sorte de panier en 

osier. 
*BouUe, s. f., ruche à miel. 
*Bouyer, s. m., bouvier. 
*Bouze, s. f., excrément du bœuf, 

de la vache. 
*BotC2mer, v., remuer sans cesse. 
Brager, s. m., berger. 
Braille, s. f., culotte. 
*Braillé, s. m., cri. 
*Brailler, Brayer, v., crier. 
*i?r«iZZow,s.m., qui pousse des cris. 
^Bramer, v., pleurer en criant. 
*Bramée, s. f., cri. 
*Branchu, a., qui a beaucoup de 

branches. 
Brandes, s. f., bruyères grandes. 
^Branle., s. m., balançoire. 
*Branle (être en), être indécis, être 

dans une affaire désagréable. 
*Branler, v., balancer. 
'^Branler, v., secouer. 
*Brasse, s. f., bras ; la brasse m'en 

est tombée. 
*Brasse, vivre de ce qu'on trouve. 
*Brave, a., bien mis. paré. 
*Braze, s. f., braize. 
Brebialle, s. f ., mauvais moutons ; 
j'ai acheté de la mauvaise bre- 
bialle. 
*Brechouûc ou Brechu s. m., per- 
sonne à laquelle il manque des 
dents. 
Brecolle, Bricolle, s. f., bande de 
cuir que l'on met sur le cou-de- 
pied des sabots. 



Bredache, a., qui n'exécute pas 

ce qu'on dit de faire. 
Bredandouille, a. f., andouille. 
*Bredeaud, s. m., niais. 
Bredilla, v., frissonner. 
*Bredin, ine, a., badaud, niais. 
*Brediner, v., s'amuser à rire, à 

plaisanter. 
*Bredi-Breda, adv., à tout propos, 
à tort et à travers. 
Bredinouère, s. f., gentillesses 
sottes ; t'es donc dans tes bredi- 
nouères. 
^Bredouillage, s. m., action de 

bredouiller. 
* Bredouiller, v., faire à la suite 
l'un de l'autre plusieurs ouvra- 
ges sans importance. 
*Bredouillou, a., qui bredouille. 
*Bregier, Bregière, s., berger. 
*Brego, s. m., frelon. 
Bregotler, v., baragouiner. 
*Breloque, a., nigaude, niaise. 
*Brelaud, a., niais, naïf. 
Brelaud, Brelauder, agir lente- 
ment. 
Brelicolu, a., singulier ; il a l'air 

tout brelicotu. 
Brelinganne, s. f., fille .sans 

tenue. 
Brelinize, sonnette. 
Breliré, s. m., cher ami, terme 
d'amitié. 
*Breloce, s. f., fruit du prunellier. 
*BreloUer, v., cuire : le fricot bre- 

lotte dans la poêle. 
*Brelotter, v., faire du bruit ; que 
qu'a brelotte là-haut ? 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 72 — 



*Brelotter,Y., secouer : j'ai été bre- 

lotté dans la voiture. 
Breluche, s. f ., éclat : le soulé a 

la breluche (il est très brillant). 
*Brene, s. f., berne : j'ai fait une 

brene de vin. 

*Brenolle ) , ^ 

^^ „ ' espèce de panier. 

*Brenollon ' 

Brequie, s. m., cuvier à lessive. 
Brequille, s. f., béquille. 
Brequillou, a., bancal. 
Breiaumier, s. m., jus ou pâte 
qui est sous la croûte d'un pâté. 
*Brelell3, s. f,, pièce faisant partie 
du char. 
Bretille, s. f., broutilles, des restes. 

des petits morceaux. 
^Breton, s. m., bègue. 
*Bretouner, v., bégayer. 
*Breuche, s. f., brindille. 
^Breugnon, s. m., brugnon. 
*Breusse, s. f., brosse. 
Brias, s. m , bruyère. 
'^Brière, S.Î., bruyère. 
*Bricoler, faire des ouvrages sans 
grande importance : elle bricole. 
*Brieute ou Brilleute, s. f., étin- 
celle. 
*Brieute, s.f., berlue. 
*Bringue, s. f ., décontenancée, mal 
tournée ; oh la grande bringue ! 
Brisquillon, s. m., raboteux mau- 
. vais. 

Brocheler, v., ramasser de petits 
débris de bois dans les prés. 
*Broncher, v , tourner ou faire 
tourner un char à gauche ou à 
droite. 



*Brondille, s. f., brindille. 

Broquiner, v., brocanter. 

Broquinou, s. m., brocanteur. 

Brou, s. m., bourgeon à moitié 
feuille. 

Broube, s. f., boue. 

Brou de chevriot, chèvre feuille. 

*Brouillareuœ, a., nébuleux. 

*Broulant, a., brûlant. 

*Broulure, s. f., brûlure. 
Broutier, s. m., veau qui n'a pas 
assez tête et qui a été nourri 
avec des feuilles. 

*Brugnasser, v., bruiner. 

Brûla, s. m., jeu, espèce de colin- 
maillard. 

*Brumasser, v., temps de brouil- 
lard épais. 

*Brun, s. m., sciure de bois. 
Bûches, s. f., foin très clair: on 
n'attrape que des bûches. 

*Bucher, v., frapper fort, travailler 
avec ardeur. 
Bucheton, s. m., fendeur. 
Buraud, a., gris, couleur foncée. 

*Bulin, s. m., Besugnes, s. f., vê- 
tements. 

*Buye, s. f., lessive. 

*Buyer, v., faire la lessive. 

*Buyade, lessive. 
Buza, s. f., buse. 

*Buza, a., niais : gros busa. 

'^Caboche, s, f., tête. 

"^Cabote, s.f., trou dans un arbre. 

*Cabotu, a., arbre qui a beaucoup 

de trous. 
^Cabrou, s. m., qui grimpe. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 73 



*Cachemute, s. f., cache-cache. 
*CachoUier, a ,qui agit en cachette. 
*Cacochine, a., cacochyme, per- 
sonne faible. 
Cacrotte, s. f., tête ; quand il met 
quelque chose dans sa cacrotte, 
il n'en démord pas. 
Cacou, s. m., gâteau fait avec de 
la farine de sarazin et des pom- 
mes ou du fromage. 
Cadrin, s. m., vase en fer, rond, 
pour porter les repas aux 
champs. 
Gafagnagne, s. m., lien resserré. 
*Cafeter, v., résonner; le foin est 

sec, il café te. 
*Cafeugne, a., honteux. 
Cafignon, s. m., chausson de 

laine. 
Cafignon, s. m., mauvais ; çà sent 
le cafignon, vous autres. 
*Caffé, s. m., impair. 
Caffreiau, s. m., instrument en 
bois dont on se sert pour pren- 
dre de l'eau. 
*Cahute, s. f., cabane. 
*Cafrenon, s. m., réduit obscur. 
*Caille, s.f., toute petite meule de 

foin. 
*Cailler, v., mettre le foin à caille. 
*Caillouter, y., lancer des cailloux 
à quelqu'un. 
Calabre, s. m., corps vivant ou 
mort, long, maigre: qu'eu grand 
calabre d'homme. 
Calade, s., chemin fait dans la 
neige. 
*Caler, v., reculer. 



*Caleroppe, s. f., enveloppe tel que 
brou de noix. 
Calibnrne, s. f., précipice, ravin 

profond. 
*Cal07is, s. m., pois écossés. 

Caloppe, s f., enveloppe, pellicule. 
*Calure, s. f., durillon. 
*Ça mien, ça tien, ça sien, ce qui 
est à moi, ce qui est à toi, ce 
qui est à lui. 
Calot, s. m., bonnet de femme. 
*Cambrenient, s. m., action de 

grimper. 
^Cambuse, s. f., domicile, maison : 
j'avons une chetitc cambuse. 
Camion, s. m., petite épingle. 
*Cam,pe, s. f., tenue : il a une belle 

campe. 
*Cancouère, s. f., hanneton . 
*Canneçon, s. m., caleçon. 
*Cannichon, s. m , canneton. 

Cannivesse, s. f., ravin. 
*Canqui, ceci. 
Cape, s. f., grand manteau de 
femme, chapeau d'une ruche, 
d'un plongeon. 
Caque, s. f., écale, coquille. 
Caquelon, s. m., meule de chan- 
vre. 
*Car, chercher. 

Carcasse, s. f., animal très maigre. 
*Carcan, s. m., bête vieille ou 

mauvaise. 
*Carculer, v., calculer. 
*Carique, s. m., petit manteau. 
*Caron, s. m., carreau, brique. 
*Caronner, v., carreler. 
*Carne, s. f., qui a la chair maigre. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



74 — 



*Carotter, v., tromper. 
*Carte, s. f., avertissement du juge 
de paix. 
Casse, s. f , motte de terre. 
Casseux, a., inégal, raboteux : 
que la terre est casseuse. 
*Casuel, a., cassant, fragile. 
*Caiaplame, s. m , cataplasme, 
*Catégisse s. m., catéchisme. 
Catère, s. f., convulsion, attaque 
de nerfs. 
*Catolican, s. m., hanneton. 
*Caton, s. m., agglomération de 
farine, de plâtre. 
Calouffe, s. f., pomme de terre. 
Caure, s. m., noisetier. 
Cauterne, s, f., espèce de maladie 

convulsive. 
CayebroUe (être en), se décompo- 
ser. 
Cayerol, s. m., homme qui veut 
s'occuper de cuisine surtout de 
laitage. 
Cayon, s. m., caillot. 
Ce V., être. 
*Ceinitière, Cemiquière, s. m., ci- 
metière. 
*Cenclou.T, s. m., pièce faisant 

partie du char. 
*Cèque, s. m„ cep de vigne. 
*Ceranible, s. f., andouille. 
*Ce-t-illà, celui-là. 
*Ceux, ces : ceux gas là. 
Chade (à), à la débandade. 
Chabeiiet, s. m., petit hangard. 
Chacrotte, a., petite, rabougrie. 
*Chaffaud, s. m., échalïaud. 
*Chafigner, v., tracasser, ennuyer. 



*Cha fouiner, v., inquiéter, agacer. 
*Chagne, s. m., chêne. 
Chala7id, a., amoureux. 
Chalebrot, s. m , chenevotte. 
*Chaleu, s. m., lampe. 
'^Châlit s. m., bois de lit. 
Chaluppe, s. f., huppe. 
Chambara, s. m , fenil. 
*Chambonnage, s. m., terrain d'al- 
luvion sur les bords de l'Allier. 
Chamoisite, a., moisie. 
Chamouerin, s. m., résidu de 
paille brûlée. 
*Cha7ide, s. m., chanvre. 
Chande, s. f., jante. 
Chandeleur, s. f , mauvais état 
des blés par suite du gel et du 
dégel : la Chandeleur s'est mise 
dans les blés. 
^Chanteaii, s. m., pain rond de 15 
à 20 livres. 
Chanli (être),v.-, n'en pouvoir plus. 
*Chapiau, s. m., chapeau. 
Chapiron, s. m., cuir attenant au 
manche du fléau. 
*Chapler, v., battre : je l'ai chaplé 
de coups. 
Chapater, peu à peu. 
Chapouter, v., mal travailler le 

bois. 
^Charbouiîler, v., noircir. 
*Charrneu, s. m , sorcier qui arrête 

les ravages du feu. 
*Charpigner, v., préparer la laine 

avant de la carder, 
*Charré, s. m , charroi. 
*Charrée, s. f., ce que peut conte- 
nir un char. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 75 



*Charruter, v., labourer avec la 
charrue. 
Charte, s, f., charette. 
CÀj-ar^eM, a., piqué, tâché : des pois 
chartelés. 
*Chasse, s. f., poursuite : je lui ai 

donné la chasse. 
*Chassiou, a., chassieux. 
*Chatiau, a.m., château. 
*Chatouille, s. f., chatouillement. 
Chatouner^ v., parturition de la 
chatte : noute chatte a cha- 
touné. 
*Châtron, s. m., reprise mal faite- 
*Châtronner, v.,racommoder gros- 
sièrement. 
Chaucher,Y .,TpTesseT, comprimer. 
*Chaugnier, v., appuyer sur. 
*Chau-là, cri du bouvier pour arrê- 
ter les bœufs. 
Chauma, s. m., pré le plus près 
de la maison et ordinairement 
en dessous. 
*Chaume, s. f., lande. 
Chauner, v , chauler. 
*Chat écurion, s, m., écureuil. 
Chaupiller, v., piétiner. 
*Chausse, s. f., chausson. 
Chave, s. f., cavité. 
*Chavent, s. m., hibou, chat-huant. 
*Chaver, v,, creuser. 
*Chaviche, s. f., écrevisse. 
Chavir, v., rendre obéissant. 
*Chavisse, a. f., feuille de carottes, 

de belettes, etc. 
*Chazière, s. m., fromagère. 
Che, cheu, adv., chez : y sont cheu 
nous. 



*Chelagite on Schlague (donner la), 

fouetter, battre. 
Cheneboïc, chenevis. 
*Chenin, a., malin, qui agit en 
dessous. 
Chenolle, s. f., coquelicot. 
*Chèpre, s. m., sainfoin. 
*Chérant, a., qui vend cher. 
*Chéranlise, s. f., cherté. 
Cherbe, s. f., chanvre. 
^■Cherche, s. f., recherche. 
*Chéser, v., sécher. 
*Chesse a., sec, sèche. 
Chetet, a., malin, avare. 
*Chetit, a., chétif, forme de com- 
misération : cou poure chetit 
est ben malade. 
*Chetiverie, s. f, , se conduire mal 

avec quelqu'un. 
*Cheveau, s. m., cheval. 
*Chevau-du-Diable, libellule. 
Chevenet, s. m., chenevis. 
*ChevenoUe, s.f., chenevotte. 
Chevreleu, s. m., joueur de corne" 
muse. 
*Chevroter, v., parturition de la 

chèvre. 
*Chièbre, s. f., chèvre. 

Chiebre de St-Martin,. bécassine. 
*Chevrotin, s. m., fromage de chè- 
vre. 
*C?d, s. m., chien. 
Ghiciau, adv., là -haut. 
*Chien d'Auvergne, s. m., plante. 
Chienfrais, (en), bien parler. 
Chiere, s. f., chaise. 
*Chieze, s. f., chaise. 
*Chigner, v., pleurer. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 76 — 



*Ghignosse, s. m., coquelicot. 
*Chin, s. m., chien. 
*Chin malade, s. m., chien enragé. 
*Chien, se dit d'une noix qu'on ne 
peut écaler. 
Chienneter, v , parturition de la 

chienne. 
*Chinasse (aller à la), se dit des 
chiens qui suivent une chienne 
à certaine époque, 
*Chine, chienne. 
Chinot, a., chien : c'est le vieux 

chinot, çà. 
Chioter, v. , pleurer. 
*Chipper, v.. prendre. 
*Chipoton{3i), à plusieurs reprises, 

par petits morceaux. 
*Chipoter, v., marchander ridicu- 
lement. 
*Chiguet, s. m., ce qui reste : vou- 
lez-vous m'acheter ce chiquet ? 
Chiquer, v., être contrarié. 
Chirotte, s. m., sot, bredin. 
Chister, v., pleurer. 
*Chevieu, s. m., cheveu. 
Chôcâ, s. m., reste d'un mets. 
Chôcher, v., serrer, presser. 
Chorlier, v., regarder en fermant 

un œil. 
Chouasse, Chivasse, s. f., feuille. 
Choupir, V., fouler aux pieds. 
*Chouse, s.f., chose. 
*Choicette, a., beau, admirable : oh, 
c'est chouette. 
Chuche, s. f., source. ' 
*Chuche, s. f., souche. 
Chuchuter,\., chuchoter. 
Cibre; s. m., seau. 



Cila, V., crier en pleurant. 
*Cintième, cinquième. 
^Cinquoreilles, s. f., nèfle. 
*Ciré, a., lisse. 
*GUre, s. m., cidre. 
*Cisiaux, s. m., ciseaux. 
*Clampin, s. m., gamin. 
Clau petit, porte mobile. 
*Gleribaud, a., clair. 
*Clairroir, s. f., claire voie. 
*Clairs, s. m., glas : écoutez les 

clairs du père 

*Clavette, s. f., cheville plate en 
bois ou en fer. 
Cliau, s. m., lait nouveau caillé 
au bain marie. 
^Cliques, Claques, s. f.,tout ce que 
l'on possède : j'ai pris mes cli- 
ques et mes claques et je suis 
parti. 
Clocher, v., glousser. 
*Clou (être au), n'avoir pas le sou. 
*Co, s. m., coq. 
*Co, s m., dindon. 
*Coche; s. f., entaille. 
*Coche, s. f., truie. 
*Cocheter, v., parturition de la 
truie. 
Coco; s. m., timbre. 
*Coco, Cocotte, s. , poulet, coq, poule. 

Cocotte, s. f., bien-aimée. 
*Cocombre, s. m., concombre. 
*Cocu, s. m., primevère. 
"^Cocu, s. m., coucou, oiseau. 
Cobile, s. f., dispute. 
Cœudre, s. m., noisetier. 
*Cogne, s. f., cognée. 
*CQignier, s. m., cognassier. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



77 



*CoUidor, s. m., corridor. 

*Co'mbin, adv., combien. 

*Comble, a., plein. 

*CombleUe (faire la), tourner sur 
soi-même. 

*Combuyer, v., faire gonfler un 
objet en bois à l'aide d'un 
liquide. 

*Co'mparsounié, s. m., celui qui 
demeure avec un autre, 
Compir, s. f. , pomme de terre. 

*Comprenouère, s. f., compréhen- 
sion : il a la comprenouère 
dure. 
Compter, v., penser, projeter. 
Connaille, s. m., corbeau. 

^Condition (être en), être domes- 
tique chez . . . 

^Confondre, v. , salir, détériorer. 

*Confusionner, v., troubler la pu- 
deur, la modestie. 

*Coquetoué, s. m , coquetier. 

*Consentieuœ, se, a. , consciencieux. 

^Conséquent, a;, fort. 

*ConsuUe, s. f., consultation. 

*Contrayer, v., contrarier. 

*Conluiner, v., continuer. 
Cordée, s. m., branche de chêne 
tordue servant à faire tirer les 
boeufs. 

*Cordeille, branche de chêne ser- 
vant à faire tirer les bœufs. 
Coréocrave, s. f., chaussure cou- 
sue avec des pointes en fer ou 
en cuivre. 

*Corine, s. f., petite truie. 
Corgne, s. f., crasse. 
Corne de Mouton, ergot de seigle. 



Cornet, s. m., étui. 

*Cornouale, s. î. mâcre. 

*Co7'pe, s. f., corps principal de la 
grange. 

*Corporance, s. f., corpulence. 

*Corone, s. f., couronne. 

*Corsé, a., qui a du corps, robuste. 

*Cossu, a., bien mis. 

*Cotte, s. f., robe de dessous. 

*Coit, a , ce : cou chin est malade 

*Coualer, v., coasser. 

*Couare, couala, s f., corbeau. 

*Coicble, s. m., couple. 

*Coicbler, v., accoupler. 

*Cornard, s. m., cerf-volant. 

*Cornemuseu, s. m., joueur de cor- 
nemuse. 

*Cornichon, s. m., pas rusé, rado- 
teur, vieux fou, imbécile . 

*Coudre, s. m., noisetier. 
Coudron, s. m., tailleur qui ra- 
petasse, qui travaille sur le 
vieux. 

*Coué (à la), à l'abri. 
Couère, s. f., boite ou cornet dans 
lequel on met la pierre à aigui- 
ser. 

*Couélron, s. m., oreiller où l'en- 
fant dort. 

*Coicgne, s. f., cognée 
Cougnie, s. t., cognée. 

*Cougner, v., cogner. 
Couinarder, v., faire la pares- 
seuse. 

*Couine, s. f., couenne. 

*Couiner, v., pleurnicher. 

^Couinement, s. m., action de pleur- 
nicher. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 78 — 



*Couinou, a., pleurnicheur. 
Couisser, v., crier. 
Couissé, s. m., couveuse. 
*Couitre, s. f., enveloppe d'un lit 

de plume. 
*Coulée, s. f., glissade. 
*Couleigne ou *couligne, que- 
nouille 
*Couleurer, colorier. 
*Coiileur (sous), sous forme de. . . 
*Coulmon, s. m., clématite. 
*Coulombier, s. m., colombier. 
*Coumarse, s, m., commerce. 
*Coumédie, s. f., comédie. 
*Coumédien, s. m., comédien. 
*Coumis, s. m., commis. 
*Coummère, s. f., sage-femme. 
*Coummode, s. f., commode. 
*Coummugnion, s.f., communion. 
*Coummune, s.f., commune. 
*Counnaissance, s. f., maîtresse. 
*Couneille, s. f., quenouille. 
*Coiipailler, v., couper avec de 

mauvais outils. 
*Coupeau, s. m., coppeau. 
*Couppe, s.f., mesure. 
*Couppée, s. f. étendue de terre de 

6 ares 38 centiares. 
*Coiiqui, pr., ceci. 
*Courandier, a., coureur, qui va 

et qui vient. 
Courantiner, v., courantinerie, 

s. f., vagabonder, courir çà et 

là. 
*Couraud, a., qui aime aller et 

venir . 
*Coure, V. courrir. 
^Courget, s. m., liseron sauvage. 



*Courgniole ou *corgnoule, s. f., 
trachée artère . 
Courre, s. f., foie. 
*Coursière, s.f , chemin qui abrège. 
*Cousson, s. m., cresson ; insecte 
qui ronge les lentilles, le blé, 
etc. 
*Cotcsu, a., attrappé, stupéfait. 
*Coutance ou *coutange, s. f., prix, 

dépense. 
*Coictchi, ceci. 

Coutériau, s. m., scabieuse. 
*Coutiau, s. m., couteau. 
*Coutoufle, s. f. , ampoule. 
Couture, s. f., labourage, culture, 
ouverture de la terre : ce champ 
a reçu une bonne couture. 
Couturer, v., coudre. 
*Couvècle, s. m., couvercle. 
*Cra, s. m., crachat. 
*Crache, s. f., salive. 
*Craignu, part., craint, redouté. 
*Crammer, v., brûler légèrement, 

sans flamme. 
'^Crâne, a., avoir un air d'impor- 
tance. 
*Crapeter, v., grappiller. 
*Crapiau, s. m., crapaud. 
*Crasse, s. f., mauvais procédé : il 

m'a fait une crasse. 
*Crasserier, s. m., avarice sordide. 
*Crasseu, crassou, a., avare. 
*Crassou, a., sale, malpropre. 
*Cravouiche, s. f., écrevisse. 
Crayer, v., expectorer. 
^'Crécir, v., craquer, briser. 
Crecoule, s. f., gourde. 
Cregnaule, s. f., gosier. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 79 — 



Crêgne, s. f., crinière. 
Cregniau, s. m., petite pluie. 
Crégniou, s. m., troëne. 
Crelouse, a., quêteuse, qui est 

toujours demandant. 
Cremillière, s. f., crémaillère. 
*Crenassière, a., carnassière. 
Crenne, s. f., espèce de cage pour 

petits poulets. 
Crenon, s. m., coin bien étroit. 
Crepiau, s. m., baignet de sar- 

razin. 
Crequien, a., chrétien. 
*Crêre, v., croire. 
Cret, s. m., maximum de sa taille ; 

il a fait son cret. 
Creua, s. m., petit trou d'eau. 
Creuse, s. f., coquille. 
Creva, a., enfant qui tousse tou- 
jours. 
Crève, s f., la mort. 
*Crezille, s. f., voûte d'un four. 
*Criateur, s. m., créateur. 
*Criature, s. f., créature. 
*Crire, v., chercher. 
Crispin, a. de mauvaise humeur. 
*Cro, s. m., croc. 

*Cro, s. m., pièce de bois qui sup- 
porte la charge dans un char. 
^Croffe, s. m., coffre. 
*Crouffe, id. 

*C7'ognon, s. m., bord du pain qui 
est dur. 
Cromayère, cormayère, s.f., cré. 

maillère. 
*Crotlé, a., marqué de petite vé- 
role. 
*Crou, a., creux. 



*Crougnon, s. m., croûton. 

*Croupeton (se mettre à), voir s'ac- 
a^oupetonner. 

*Croyasse, s. f., petits plants de 
pommiers sauvages. 

*Croyasse, s. f., fruit sauvage. 

*Croye, s. f , fruit du pommier sau- 
vage. 

*Croyer, s. m., pommier sauvage 

*Cruchon, s. va., trognon. 

*Cuer, V., tuer. 
Cueurde, s. f., petite grive. 

*Cîccicbe, s. f., cuve. 
Cuin, s. m., pinson. 

*Culblanc, s. m , bergeronnette. 

*Culot, s. m , le plus petit. 

*Cura, s. m., trognon. 

*Curayon, s. m., reste de fruit. 

*Cicrement, s. m., curage. 

*Cure-oreiUes, perce-oreilles). 

*Curette, s. f., petit instrument 
pour nettoyer les outils. 

*Curon, s. m., petit instrument 
pour nettoyer les outils. 
Cutter (se), v., s'asseoir. 

*Da, des. 

*Da, s. m., faulx. 

*Dabesoin (être) : de besoin, cela 
causerait bien du mal ; ça ne 
serait pas dabesoin. 

*D'acause, pourquoi. 

*Dale, s. m., vent chaud. 

*Dale, s. m., air chaud : si ça pou- 
vait faire des dâles y sécheriont 
ben. 

*Daler, v., sécher. 

*Dahière, adv. de suite. 



LB PATOIS BOURBONNAIS 



80 — 



*Daille, s. f., faulx. 

*Dalbon, s. m., courtillière. 
Dambé, adv., avec. 

*Danner (se), se damner, 

*Darnaia, s. m., oiseau, piegrièche. 

*Darrièî^e, darrier, adv. derrière : 
darrière la maison. 

*Darrièrement, adv., dernière- 
ment. 

*Darte, s. f., dartre. 

*Dater)ips, adv., tout ce qui mûrit 
de bonne heure. 

*Dé, s. m., doigt. 

*Dé, s. f., digitale. 

^Débattre les noix, abattre. 
Bébeziller (se), v., dépêcher (se^. 

^Débiter, v., gâter, gaspiller, per- 
dre. 

*Z»e6ondonner(se\v.', raconter avec 
feu et avec plaisir, tout le mal 
que l'on peut dire contre quel- 
qu'un. 

*Débouler, v., partir à l'impro- 
viste. 

*Débouliner, v., dégringoler, tom- 
ber. 

*Débrener,Y., sortir d'embarras. 
Z)e&wZZier,v., défricher une prairie. 

*DécaiUer, v., écarter avec une 
fourche les cailles de foin. 

*Décaleropper, v., enlever l'enve- 
loppe. 

*Décarer, v. déguerpir. 
Décert, s. m., décès, (acte de dé- 
cès). 

* Déchanter quelqu'un, v., dire du 

mal de quelqu'un. 

* Déchiffrer, v., défricher. 



Déeimer, y., déborder. 
*Déclairer, déclarer. 
*Déclocheter, v., dépayser. 
*Décompasser, v., passer devant 
quelqu'un. 
Deconfîné, a., faisandé. 
Décoter, v., cesser. 
*Défamer, v.. gâcher, abimer. 
*Dé finir, v., mourir. 
*Dé for filer, v., efïaufiler. 
"^Dégager, v., se dépêcher. 
^Dégagé, a., se porter bien. 
Dégaroger, v., faire marcher, par- 
tir, obéir. 
Déginguandè, a., sans grâce, mal 

fait. 
*Dégobiller, v., vomir. 
*Dégommer, v., destituer. 
Dégreger, v., abattre, cueuillir. 
Dégreler, v., tomber. 
*Dejmc, dégel. 

* Délaper, v., disjoindre, séparer. 
*Delazer les bœufs, changer les 
bœufs de côté sous le joug. 
Delignou, a., délicat, difficile à 

nourrir. 
Délordir, v., dégourdir. 
*De Von que,d.à., d'où : de Ion que 

te vins. 
^Demander, v., donner contre or- 
dre. 
*Démembrer, v., déchirer. 
*Demeurance, s. f., habitation, do- 
micile. 
*Demotcrer, v., demeurer. 
*Dénier, v., dénicher. 
Denpointe, debout : tu restes trop 
denpointe. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 81 — 



Dépater (se), décrotter, ôter la 

boue de ses sabots. 
*Dépatouiller, v., se débarrasser 
de.... 
Deplanché, a., démanché. 
*Dépenillé, a., dépenaillé ; al est 

tout dépenillé. 
*Dépiter, v., choquer. 
Wépiter, v., abandonner ses œufs 

ou ses petits. 
Déplézanterie, s. f. manières dé- 
plaisantes. 
Dépotrayé ou Dépoitraillé, a., dé- 
colleté, mal ajusté : c'est affreux 
de voir comme ça une femme 
toute dépotrayée. 
^Depuis, adv., de plus. 
*Dératé, a., comme un fou. 
*Décredzir, v., déraidir. 

Dérevenement, s. m., dégel. 
^Dérouiller, v., laver, débarbouil- 
ler. 
*Désague, a., ne sachant que faire_ 
*Désagriable, a., désagréable. 
*D es andiner, y., écsirter les andins_ 
Désancrasser (se), v., manger son 
bien : a se désancrasse celui-là. 
*Descanipette, s. f., fuite : il a pris 
descampette. 
Désemplainer, v., laver les cou- 
ches d'un lit. 
*Déshonter, v., enlever la honte. 
*Dessarger, v., décharger. 
*Dessoulassé a., être débarrassé 

de... 
*Dessoulu, a , gourmand. 
*Dessuparer, v., se séparer. 
Dessur, adv., sur, dessus. 



*Détancer, v., déranger. 
*Détrier, v., sevrer. 
*Détriqui, adv., ici-même, où nous 
sommes. 
Deubet, s. m., duvet. 
Deur, a., dur. 
Dévaider, v., dévider. 
"^Dévaler, v., descendre. 
Devanteau, devantière, s. m., ta- 
blier. 
Devenir de, v., venir de 
*Déverdier, v., cueillir avant la 

maturité." 
*Dévertir, v., divertir 
*Devine (la), s. f., la somnambule. 
* Dévirer (se), v., se détourner. 
^Dévirer, v., renverser. 
*Devise, s.î., contraste : ce champ 

fait devise avec cet autre. 
*Dév07'er, défricher une terre dif- 
ficile à travailler. 
^DévQtieux, a., dévot, religieux. 
Dezalé, a , ouvert, non clôturé. 
"^Diors, adv., dehors. 

Diot, s. m., dé à coudre. 
*Dioic s. m.. Dieu. 
Diseu, s. m., diseur, conteur. 
Dissignanter, v., tripoter. 
*Dissiper (se), v., ne rien faire, 
s'amuser. 
Divartissance, s. f., divertisse- 
ment. 
Diyeau, s. m., dé à coudre. 
*Dober ou Dauber, v., frapper, 

battre : te vas te faire dober. 
*Dodo, s. m., lit. 
*Doirait, w., devrait. 
Dombe, adv., plus : dombe y 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



82 — 



chauffaient la poêle, dombe y 
faisait chaud. 

Donder, v., dompter. 

Donser, v., dompter. 

Dordillon, s. m., morceau de bois 
ou autres. 

^Dormeuse, s. f., somnambule. 

*Dostandi, adv. pendant ce temps : 
va cri de l'eau, je juterai les 
vaches dostandi. 

*Boter, V., oter. 

*Dou, a., du. 

*Doicce (tout à la), adv., passable- 
ment : comment va-t-y ? tout à 
la douce. 

*Douceard, a., doux. 
Dnuelle, s. f., douve. 
Douelle. s. f. cruehe. 
Douter, V., se plaindre. 
Douteroux, a., plaignant. 

Doume, s. f., petite éjévation de 

terre. 
Dourdan, a., lent, lambin. 
Dourdin, s. m., gourdin. 

*Dourmir, v., dormir. 

*Dousse, s. f. gousse de pois. 

*Doutance, s. f., doute. 
Braie, adv., marquant l'affirma- 
tion : irez-vous ? draie. 

*Drélà, adv., là. 

* Dr émir, v,, dormir. 

*Dréqui, adv , ici. 

*Dret, drette, a., droit, droite. 

*Dringuener ou trinquener, v., 
chanceler : on dirait qu'à drin- 
guène. 

*Droguet, s. m , étoffe faite avec de 
la laine bleue et du fil blanc. 



*Droguer, v., attendre. 
*Dri(,zine, adv., en parlant des ré- 
coltes, ce qui pousse vite : ça 
pousse de dru/ine. 
*Druzine, a., gaieté, enjouement. 
*Dûr, ad , beaucoup, durement : 
a travaille dur. 
Durable, s. m., érable. 
Duri, patienter. 

*Dusi, s. m., petite cheville en bois 
pour les tonneaux. 
Duza, toucher. 

Ebalui, a., éventé; ce vin serait 

ébalui demain. 
Ebalouir (s'), v., s'évaporer. 
*Ebaupin, s. m., aubépin. 
^J&awiVjV., s'augmenter, grandir. 
*Ebécile, a., imbécile. 
Ebejanché, a., qui marche mal, 

estropié. 
Ebelzir (s'), v., embellir, éclaircir : 

voilà le temps qui s'ébelzit. 
*Ebeurlier, v., aveugler. 
*Ebloïr, V., éblouir. 
*Eboucler, v., faire une brèche à 

un fossé pour laisser échapper 

l'eau. 
*Ebouéler, v., écraser. 
*Eboicrder (la farine), v., bluter la 

farine . 
^Ebouriffer, v., corriger : as-tu 

bientôt fini, je vas t'ébouriffer. 
*E bouter, v., couper le bout d'une 

branche. 
Ebregndte, a., ignorant. 
*Ebrelieuter ou '^ébrieuter, v., 

aveugler. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 83 — 



*Ebrevager, v., ahurir, effarer, qui 
n'est pas docile. 

*Ebroter, ^ébrécher, v. , casser les 
bords d'un plat. 

*Ecaler, v., écosser, enlever le brou 
de la noix. 

*Ecalle, s. f., échelle. 
Ecalou, s. m., équarisseur. 

*Ecartade, s. f., étendue : ce champ 

a bien de l'écartade. 
Ecartelé, a , épais, doublé. 
Ecasser, v., casser les mottes de 
terre . 

^Echailler, s. m., partie moins éle- 
vée d'une haie sèche que l'on 
peut franchir sans difficulté, ou 
intervalle d'une haie vive légè- 
rement barricadée. 

'^■Echaluffé, a., ébouriffé. 

*Echandir, v . , réchauffer. 

*Echardon, s . m . , chardon . 

"^Echarnir, v., contrefaire, singer. 
Echaussi, s . m . , chardon . 

*Echaviau, s. m., écheveau, 

*Echenaillé, a., en désordre. 

*Echinau, s. m., chenal. 
Echaucher (s'), se fendre. 

*Ecindres, s. f., cendres. 

^Eclairer, v., se dit des raisins 
dont les graines s'éclaircissent. 

^Ecopeau, s, f., petit morceau de 
bois. 
Ecoube, s. f., pelle attachée à 
l'extrémité d'une gaule pour 
nettoyer le four. 

*Ecouété, a., sans queue. 
Ecoureau, s. m., branche morte. 

*E courte, a., rendu plus court. 



*Ecoussa, s. m . , houx . 
''^Ecoutes (être aux), prêter l'oreille. 
*Ecrabouiller, v., écraser entière- 
ment. 
*Ecraper, v., secouer le chiendent 

pour le faire périr. 
'^Ecrogner, v., briser un coin de 

quelque objet. 
-E'c/'oçï^er, V,, écourter, raccourcir. 
Ecrinche, s. m., élancement dans 
une partie malade. 
*Ecurer, v., émonder. 
Edge, s. f., eau : prends donc na- 
seille par alla charcha de l'edge. 
*Edriller (s'), étoffe fortement 

usée. 
*Ediiqué, a., instruit. 
Efaurer, v., avoir l'air épou- 
vanté. 
Efforces, s. m . , ciseaux à tondre 
les moutons. 
'^'Effrevoyé, '^effarvoyè,di.., effrayé. 

Efougala, a., étourdi. 
^Efruter (une terre), v., épuiser une 

terre . 
*Efuyer, v., effeuiller. 
Egambilla, a., éclopé, bancal. 
Egasse, s. f., grande crue d'eau. 
Egiler, gioler, v., pleurer en 

criant. 
Egosser, v., se baigner: vautu 

veni t'égosser. 
Egraffouger, '^ égraffigner, v., 
*Egrandzir, v., agrandir. 
Egriver, v., battre ; je vas t'égri- 

ver, n'as pas peur. 
Egraviclier, v., dégrader. 
Egroumer, v., verser des larmes. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 84 — 



Egrume, s. f,, larme. 

^Ejarrer, verser, coucher de tous 
côtés : cou bla est tout éjarré. 

*Elarder, v . , tomber : encore un 

qu'a envi de s'élarder. 
Elaya, a., fatigué. 

*Elevreté, a., léger, volage. 

*Ellieuder, v., faire des éclairs. 

*Ellieude, s. m., éclair. 

*Eloigneure, s.f., éloignement. 

*Elourdi, a., étourdi. 

*E7naginer, v.,, imaginer. 
Emaor, v., moudre du poivre: 
faura emaor da pouèvre. 

^Emarviller, v., émerveiller. 

"^Etnbarrée, s.f., entrave. 

*Enibarrer, v., border: m'avez- 
vous bien embarré dans mon lit. 
Embernat ou embrenat, s. m., 
embarras. 

*Emblader, v., emblaver, ense- 
mencer. 

*Emblouser, v., tromper. 

*Embobliner, v., accaparer, sé- 
duire . 
Embousa {V), la boisure du pain. 

*Embouser, v., se couvrir de fiente 

de bœuf. 
Embrasa, v., mettre de la braise 
dans ses sabots. 

*Enibreger, v., percher. 

^Embrener, v., embarrasser. 

*Embrelificoter, v., embrouiller. 

Embringuer, \., être embarrassé. 

*Em,e, s. m., esprit, idée. 



Emmailler, v., ne pas craindre 

de dire une chose . 
*Emoder{s'), v., s'élever: le vent 

s'émode. 
*Emparer, v., laisser, échapper. 
Emparne, s. f., entrave. 
Eynparner, y., entraver. 
*Emparter, v., appareiller une 

paire d'animaux. 
*Empeger, v., couvrir de poix. 
*Empèse, s. m., empois. 
Emouraille, s m., anneau mis 

au nez des taureaux pour les 

maintenir. 
*Em,pigne, s. m., dessus de soulier. 
*Emplan, ■s.m., gifle 
*E7npougnier, v., empoigner. 
*Empourter, v., emporter. 
*Empouter, ramasser de la boue 

à ses pieds. 
*Emprès, adv., ensuite. 
*Empremier (1). 

*Enasé, a., qui s'est cassé le nez. 
Enastendi, en attendant. 
*Encharpe, s. f., glande sous le 

bras. 
Encherba, a., avoir mal à la gorge : 

au le bin encherba. 
^Enchérir, v., renchérir. 
*Enchérisseme7it, s m., renchéris- 
sement. 
*Encrexher, v , mettre les bestiaux 

à la crèche. 
^Encrère, faire croire. 
*Endépuis, adv , depuis. 



(1) En regardant deux bœufs quand on est derrière eus, l'empremier est à 
gauche, et l'enlié ou l'enrière est à droite : Empremier, parce que c'est le 
premier lié, celui sur lequel on commence à mettre le joug. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 85 — 



*Endoulu, a., endolori. 
Endover ou Endêver (faire), v. , 
ennuyer quelqu'un par ses ac- 
tions. 
*Endret, s. m , endroit. 
*Enfle, a., enflé. 
*Enflusion, s. f . enflure, 
Enfombrer, v., fumer une terre. 
*Engaicdre, a., bon à rien. 
^Engeance, s. f., adresse. 
*Engoncer, v., habillé : al est mal 

engoncé. 
*Engorber, v., mettre en gerbe. 
*Engrediner, v., aller en mauvaise 

compagnie. 
^Engrener, v , avoir beaucoup : 
on est si bien engrené de puces. 
Enguiardes s. f. dartres 
Enguicher (s'), v., se brûler vive- 
ment et avec surprise. 
Enjuigner, v., jalouser, médire. 
Enjuigneux, a. Jaloux, médisant. 
*Enlève, a., élève 

Enlié, '^voir : empremier). 
* EnhUte, cessons je ne veux plus 
jouer. 
Enmoîcflé, a., enchifrené. 
*Enmouracher (s'en), amouracher, 
V., elle s'est enmourachée de ce 
jeune homme. 
Ennéger, v., imprégner: al faut 
bien les ennéger ses poinçons. 
*Enocent, a., imbécile. 
*Enpour, adv., en échange. 
*Enquère, adv., encore. 
*Enrauché a., enroué. 
*Ensarger, y., charger quelqu'un 
de faire quelque chose. 



*Enseigner, v., montrer. 
^Entache, s. f., attache. 
*Entaper, v., mettre en tas. 
*Entounailles s. f., entonnailles, 

action d'entonner. 
*Entouner, v., entonner. 
*Entrain, s. m., embarras : est-il 
débaras&sé de tous ces entrains? 
*Entre7nis, s. m., séparation. 
*Entreqiden, s. m., entretien. 
Entriée, s. f., entrée d'un champ. 
Entrousse, s f. porte mobile et 
en bois léger que les gens de 
campagne placent devant l'en- 
trée de leur porte de maison, 
pour avoir de l'air et empêcher 
les animaux d'entrer chez eux. 
On l'appelle aussi baron. 
*Enutile, a., inutile. 
*Envéque, adv., avec. 
*Envi7'0uner, v. , environner. 
*Envouhc, a , jaloux, envieux. 
*Envouyer, v., envoyer, envier. 
Epaillatrer (s'), v., se mettre à 
genoux par terre et s'asseoir 
sur ses sabots à l'église : al va 
s'épaillatrer. 
*Epale, s. f., épaule. 
Epanser. v., vider un animal. 
Epargna, faire des éclairs : avise 

comme qu'épargna. 
Eparnouir, éclairer, faire des 
éclairs. 
*EpeUir, v , sortir de la coquille. 
Epérier, a. m., épervier. 
*Epeîcré, a , qui a peur. 
Epiger, v , épier. 
"^ Epingles, s. f , arrhes. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



86 — 



Epionne, s. f., épingle. 

Equouéi à l'abri. 
*EpUer, V., attendre, regarder. 
*Epite7\ V., éc®uter. 
*Epivasser, v., effrayer, en désor- 
dre. 

Eplâmir, v., être anéanti, n'en 
pouvoir plus. 

Eplette, s.f., mauvais couteau. 

Epouseu, s. m., futur époux. 

Epuceter, v., épucer : va t'épuce- 
ter ailleurs. 

Equaqué, a., ragaillardi; je me 

sens tout équaqué ce matin. 
*Equichée, s. f . , grand éclat de rire. 
*Eqiiouété, a., sans queue. 
*Ères, s. f., arrhes. 
^Ereux. a., heureux. 
*Eriau, s. m., arrairepourlabourer. 
*Erigniére, s. f., araignée. 
*Eronse, s. f., ronce. 
"^'Erritage, s. m., irritation : ah ! 
j'ai un erritage dans l'estouma. 
*Escandale, s. m., scandale. 

Escarhilla, y., éveiller. 

Escarres s. m., se donner de l'im- 
portance : a fait des escarres. 
'^Escayer, s. m., escailler. 
*Esclâme, a., maigre, chétif. 
'^'Eséfruit, s. m., usufruit, 
*EsmaiUé, a., dispersé. 
*Espiration, s. f., respiration. 
*Esprés, adv., exprés. 
^Esquinter, v , se fatiguer. 
'^Essaye, s. f., essai. 
*Essie, s. m., essieu. 

Essoti, a., qui est sot, rendu sot. 
*Essourdir, \., étourdir. 



*Essourié, a., réjoui. 
Essui (l'i, s. m., lieu sain où il 
n'y a pas d'humidité : oué un 
endré ben a l'essui. 
*Estaiue s. f., statue. 
*Estiluteur\ s. m., instituteur. 
Estoquer, v., extorquer. 
'^Eslou'ina, s. m., estomac, 
*Estrangouiller, v., étrangler. 
*Eslruclio7i, s. f., instruction. 
*Eslruire, v., instruire. 
*Etapes, s. m., mauvais grains que 
l'on sépare du bon en vannant. 
Etaiige, s. f., économie. 
Etnuger, v., épargner. 
*Elauper, v., faire disparaître les 

taupinières. 
*Etegner, v., éteindre. 
*Elelon, s. m., étalon, 
*Etourer, v., sécher. 
Etrancher, v., ébrancher. 
Etranger, v., prendre cher : Ma- 
dame, il faut pas nous étranger, 
"^Etran-y^r., v., étrangler, serrer 

trop : ma cravate m'étran-ye . 
^Elenlion, s. f., intention. 
Elouille, s. f., terre en chaume. 
*Etoupon, s. m , petit paquet de 
chanvre. 
Etourasser, v., corriger, 
*Elourgniau, s. m., étourneau. 
Etournenuir, v., éternuer, 
'^•Elouryiiment, s. m., éternuement. 
Etournésé, s. f., éternuement. 
*Etournir, v., éternuer. 
*Etranllier, v., étrangler. 
*Eireneux, a., qui reçoit des étren- 
nes. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 87 — 



*Etrenner, v., mettre un vêtement 
pour la première fois. 

*Elriper, v., éventrer. 
Etrisoir, s. m., instrument en 
sureau, percé aux extrémités, 
servant aux femmes pour dévi- 
der le fil. 

*Etrouble ou retrouble, s. f., champ 

de blé moissonné. 
Etrouge, s. f., ortie. 
Etranger, v., se piquer avec des 
orties. 

*Eusage, s. m-, usage. 

*Evaler, v.,s'en aller : l'eau s'évale. 
Evaloir, s. m., déversoir. 

*Evaquer, v., s'occuper. 

*Evarable, a., qui fait égarer : cou 
chemin est bin évarable. 

*Evarer, v., égarer. 

*Eventaire, s. m,, inventaire. 

*Evenlion, s. f., invention. 

*Evérer, v., égarer. 

*Evouiller, v., ébourgeonner. 
Evrenailler, évrener, v., se dé- 
couvrir, se remuer. 

*Evrenailler, v., corriger un ani- 
mal, un enfant. 

*Eucolomie, s. f., économie. 

*Fadâ. a., niais : grand fadâ. 
*Fa')niner, v., souffrir de la faim. 
*Fan, s. m., essaim. 
*Fanner, v., essaimer. 
*Far, V., faire. 
Far, s. m., fer. 

Faramine, a., ennuyeux, qui 
n'est content de rien, qui dévore 
tout. 



*Farçou, a., farceur. 

* Far fouiller, v., chercher dans. .. 

*Farfouillou, s. m., qui cherche 
dans. . . 

^Farme, s. f., ferme. 

^Farmeté, s. f., fermeté. 

*Farmier, s. m., fermier. 

*Farrer, v., ferrer. 

*Fartile, a., fertile. 
Fasillou, a., industrieux : oué- 
t-un fasillou. 

*Faitchailles, s. f., fauchaisons. 
Faicchet, tiercelet. 

'^'Fauter, v., commettre une faute, 
se dit surtout d'une fille mère. 

*Faux, tromper. 

*Fave, s. f , fève. 

*FayarcL ou Foiyard, s. m., hêtre. 
Fazannée, fraizannée,8.î., beau- 
coup de quantité : vous m'en 
donnez une bonne fazannée. 

*Fé, s. m., fait extraordinaire : c'est 
un grand fé de vous voir ici. 

Féca ou fœssa, s. f., ondée. 
Felia, s. m., feuillard. 

*Fenau, s. m., fenil. 

*Fene, s. f., femme, 

*Fené, s.m., fromage vieilli dans 
la paille. 

*Fencr, v , faner le foin. 

*Feniller, \., faner le foin. 

*Feni7icaca, a., homme ridicule 
qui s'occupe des soins du mé- 
nage. 
Fenu, fenouil. 
Feicble, a., faible. 

*Feugnant, a., fainéant. 

*Feugnantin, s. m., paresse. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 88 — 



*Feuille, s. f., scie. 
*Feuillety s. f., scie. 
*FeureUe, s. f., vrille. 
*Feuvrier, s. m., février. 
*Fiance, s. f., confiance. 
*Fiargeolet, s. m., flageolet. 
*Fiate, a., doux. 
*Fiertise, s. f., fierté. 
*Fueu, s. m., filleul. 
Fillot, s. m., petit fils. 
*Filoutage, s. m., filouterie. 
*Fin, adv., tout à fait : ils sont 

fins gras ces bœufs. 
*Fin des fins (à la), enfin. 
*Fine fin (à), enfin : à fine fin ça 

m'embête. 
*Finfond, tout à fait au fond. 
"^Fignoler, Y. ffsiive le jeune homme. 
*Fioler, v , boire, se griser : al a 

fiole cou matin. 
Fiolet, s. m., sifflet. 
*Fion, s,.nx., action de polir, de 

finir un ouvrage. 
*Fisque, a., fixe. 
*Fisquement, adv., fixement. 
*Fisquer, v., fixer. 
*Flâche, a., faible : cette poutre a 

une partie flàche. 
*Fldche, a., flétri, fané. 
*Fldcheuoc, a., qui a du flâche. 
*Flâchir, v., flétrir, faner. 
*Fla7nbade, s. f., flamme ardente 

faite avec de la paille. 
Fla'mbero7is, s. m., fumerons. 
*Flammer, v., flamber. 
Flanche, s. f., série de coups de 

fléaux : anne fasons encore une 

flanche . 



diablotin. 



Flandrin, a., flatteur, câlin. 
*Flatère, s. m., perruquier. 
*Flatteu, a., flatteur. 
'^Flau, s. m., fléau pour battre le 

blé. 
*Fletine, s. f., taie d'oreiller. 

Fleupe, s. f., mensonge, fredaine. 

Floraize (faire), faire florès, être 
le premier, avoir la prééminence 
en tout : il fait floraize. 
*Florir, v., fleurir. 
* Flûtiau, s. m., sifflet. 
*Flutter, V., siffler. 

Foirolle, s.f., mercuriale annuelle. 
*Foirou, a., peureux, poltron, lâche. 
*FokUron, a,, qui aime à folâtrer. 
*Folet 

Foulet 
*Foligand, a., enjoué. 

Fombreyer, v., faire litière. 
'^Font, s. f , fontaine. 

Fore, adv., dehors. 

Forbala, s. m., falbala. 

Forgouner, v., agiter. 

Formillière, fremillière, s. f., 

fourmillière. 
^Formance, s. f , forme. 
'^Fornier, v., quitter le nid. 
*Fortarre, s. f., terre grasse, par 

opposition à sablonneuse. 
^Fouaille, s. f., petite branche 

flexible. 
*Foué, s m., faix : il en a son foué. 
^Foueter, v., jeter. 
*Fouetiau, s. m., hêtre. 

Fouette, s. f., merle, épervier, 
émérillon. 

Fougat, s. m., hêtre. 



SE PATOIS BOURBONNAIS 



— 89 — 



Fougaler, v., tourmenter, agiter, 

poursuivre. 
Fouger, v. , fouiller avec le nez. 
Foui (faire), rejeter : j'ai bien fait 
foui contre le fromage. 
*FouiUon, s. m., groin. 
*Foui7i, s. m., fouine. 
*Fouine, faîne. 
*Fouiner, v., s'en aller : fouine, 

voyons. 
Fouineu, s. m., hêtre. 
*Fourciau, s. m., pièce faisant 

partie du char. 
*Fourgniau, s. m., fourneau. 
*Fourière, s. f., petite fenêtre par 
laquelle on donne à manger aux 
bestiaux. 
*Fourme, s. f., forme. 
*Fourmer, v., former. 
Fourrache a., peureux. 
*Fourtune , s. f., fortune. 
*Foussa, s. m., fossé. 
*Foussijeu, s. m., qui fait des 

fossés. 
*Foutimasser, v., ennuyer. 

* Foutre^ v., frapper : a li a foutu 

des coups. 

* Foutre, v,, mettre : i lai foutu 

dedans. 
Fouyot, s. m., jupon ample. 
*Fragne, s. m., hêtre. 
*Frau, s. m., petit reste de pous- 
sière. 

* Frayé, s. m., chemin, sentier : 

suivez le frayé que velà. 
*Fre ou Fré, a., froid. 
Fréce, s. m., fresne. 
*Fredir, y., rendre froid. 



Fregasse, s. f , fille coureuse. 
Frégon, s m., pourriture végétale 

des épis. 
Fregonner, v. , pourrir. 
*Fregon, s. m., bois qui sert à 

attiser le feu dans le four. 
* Fregonner ^v., se servir du fregon. 
*Frelinter, v., faire du bruit avec 

du fer 
*Frelintement, s. m., action de 

frelinter. 
Frenouiller, v., chercher avec 
précaution et lentement. 
*Fresique, s. f., chose sans valeur. 
*Fï'esoin ou Frezin, s. m., menu ; 
il n'y a que du frezin dans ce 
charbon. 
Fréta, s. m., gâteau. 
Fretailler, v., corriger en battant. 
Frétas, s. m., fagots mauvais et 

feuillus. 
Frétasse, s. f., chasser avec me- 
naces et coups. 
Fretemiette, s. m., restes, bribes. 
Fretemitte, s. f., rien ; pas du 
tout. 
*Fretter, v., frotter. 
Frettier, s. m., réunion d'épines 

rabougries. 
Frezi, a.., refroidi. 
*Frigolée, s. f., flambée de menu 

bois. 
*Friler, v., se dit des feuilles at- 
teintes par la gelée. 
*-Friler, v , frôler. 
*Fringuer, v., se trémousser. 
*Fronibe, s. m., furoncle. 
Froiner, v., fermer. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 90 — 



Fronde, s. m., furoncle. 

* Front, avoir du front (avoir de 

l'audace). 

*Frontian, s. m., devanture. 
Frouiller, v., frayer. 

*Froumage, s. m., fromage. 

^-Froumagère, s. f., fromagère. 

*Froumagerie, s. f., fromagerie. 

*Froument, s. m., froment. 

*Frutîer, s. m., fruitier. 

*Fruccia, s. m., fuchsia : vous 
avez de beaux fruxias. 

*Fubler,Y., siffler : a fuble pas mal. 
Frugner, v., se sentir ; se dit des 
animaux au moment de l'accou- 
plement. 

'^Fumasse, s. f., petite pluie. 

"^Fumelle^ s. f., femme, maîtresse, 
femelle. 

*Fumière, s f., fumée. 

*Furette, vrille. 

*Furonner, v., fureter. 

* Fuser, v., fondre. 
Furet, s. f., fuseau. 

*Fusion, s m., fuseau. 
*Futaine, s. f., cachette, jouer à 
futaine, agir en cachette. 

*Ga, s. m,, gars, garçon. 

Gadoïc, s. f., fumier. 

Gage, s. f. , fille. 
*Gaîte, a., gaie (femme). 
*Galant, a., gentil. 

Galefretier, a., mangeur, bu- 
veur. 
*Galerme, s. m., vent du nord. 

Galerme, s. m , ouest, vent de 
galerme. 



*GalgouU, s. f.. espèce de prune. 
*Galgouitier, s. m., espèce de pru- 
nier. 
Galiche, s. f., mal qui vient à la 

figure. 
Galifareau, s. m., galette aux 
pommes qui est mal faite et 
mauvaise. 
Galon, s. m., petit pain fait avec 
du beurre frais et de la farine 
de froment. 
Galter, v., surveiller. 
Gamelle, s. f., truie. 
Ganas, s. m., linge fin ou chaud. 
Gandoise, s. f., parole insigni- 
fiante. 
'^Ganif, s. m., canif. 
*Ganivelle, s. f., bon à rien : c'est 

de la ganivelle. 
*Gapian, s. m., mauvais sujet, 
homme sans honneur. 
Gargan, s. m., vagabond, homme 

de mauvaise mine. 
Garger, jeter. 
Garidne, s. f., fille de mauvaise' 

vie. 
Garille, s. f., truie. 
Garille, s. f., femme de peu de 
valeur. 
*Gari7nent, s. m., effet, mobilier 
de peu de valeur. 
Garimin, s. m., aliments, den- 
rées. 
*Garitou, s. m., mavais sujet. 
^Garnhnent, s. m., garnement. 
Gaspille, (mettre à la), prodiguer, 

gaspiller. 
Gassouiller, v., faire quelque 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



91 — 



chose de malpropre ; il gas- 
souille dans son assiette. 
*Gâte, s. f., fille. 
Gâte, a., gâté. 

Gâte, (se trouver), se trouver mal. 
Gâte, a., fatigué, harassé. 
*Gatian, s. m., gâteau. 

Gaudrer, v., crotter, se salir. 
*Gauler, v., abattre avec la gaule. 
Gauner, v., s'habiller sans goût. 
Gavache, a., lâche. 
*Gavaude , a., femme sans soin. 
Gayeu, s. m., creux d'eau. 
Gaza, s. f., déplaisante ; la mère 
dit à sa fille : veux-tu te taire, 
grande gaza. 
Gazille, s. f ., fille. 
Gazille, s. f., fille de moyenne 

vertu, jeune fille de 7 à 8 ans. 
Gazu, s. m., petit paquet de vête- 
ments, 
*Gazui, s. m., mauvais couteau. 
*GazuinieUe, s. f., lame de cou- 
teau 
*Gelure, s. f., engelure. 
*Génation, .s, f., gêne. 
Gendives, s. f., se dit 1° des ani- 
maux quand les dents sont 
agacées par la première herbe 
fraîche ; 2' des personnes qui 
ont mangé des fruits pas murs. 
*Gendresse, s. f. , bru. 
*Geneu. s. m , genou. 
*Genfoutre, s. m., qui n'a pas de 
parole, qui est mal élevé. 
Genivre, s. m., genièvre. 
Genjolet, s. m., homme vêtu à la 
légère. 



*Gente, a , gentille. 
Gerbaudi, s f., repas qui se fait 
après les fauchaisons, les mois- 
sons. 
^Germine, a., germaine. 
Gi, adv., d'incertitude, (peut-être) : 
viendrez-vous ? ne n'irons gi pas. 
*Gibler, v., plier sous un fardeau. 
*Gièse, s. f., long aiguillon avec un 
fer plat à l'un des bouts. 
Gigaya, s'amuser en se chatouil- 
lant. 
*Gigier, s. m., gésier. 
*Gingois, guingois. 
*Ginguer, v., donner des coups de 
pieds, remuer les jambes. 
Girie, s. f., acte qui déplait. 
Gistre, s. m., gîte. 
*Glapi, a., se dit quand la pâte est 

épaisse et non feuilletée. 
*GIas, s. m., glace. 
*Glaude, s. m., Claude. 
*Glaudine, s. f., Claudine. 
^Gfener, v., glaner. 
*Glorieu, a., qui aime se parer de 
beaux habits. 
Glou-glou (boire à), faire abus. 
Glouère, s. f., gloire. 
*Gnac, s f., dents. 
Gnàcheu.v, a., celui qui mâche 
longtemps. 
*Gna/", s.m., cordonnier ambulant. 
Gnau, s. f., nuées. 
Gnaules, s. f. , nuages. 
*Gneic-gneu, s. m., œil : prends 

garde à tes petits gneu-gneux. 
Gnia, il n'y a que. . . : gnia qu'à 
monter par-dessus un mur. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 92 — 



<?W2acfer,v., se quereller, s'injurier. 
*Gniangnian. a., sans énergie. 

Gniéna, il y en a. 
*Gnieu, s. f., nuit. 
*Gnio, s. m., œuf laissé dans le nid 

des poules. 
*Gnôles, s. f., brouillard. 
GnognoUe, a., celle qui consacre 
beaucoup de temps pour faire 
peu de chose. 
*Gobe ou Gorbe, transi par le froid. 
*GobiUe, s. f., bille. 
Gode, s. f., bête prête à crever en 

mauvais état. 
Gode, mauvaise brebis. 
*Godiche, un peu niais. 
Godiche, a., paresseux, sot : vas- 
tu finir, godiche. 
Gogluriau, s. m., qui se croit im- 
portant. 
Gona, s m., vivier. 
Gonfle, a., gonflé. 
*Goôtt, cri poussé par les bergères 
pour réunir les moutons. 
Gora, a., trop sale : cou bouillon 

est gora. 
Gorbe, s. f., un tas de gerbes. 
Gorbe (mettre en), entasser les 

gerbes. 
; Gorgier, s. m , gésier. 
*Gormand, a., Gormandise, s. f., 
gourmand. 
Gouayer,Y., crier, vociférer: avez- 

vous fini de gouayer. 
*Gouère, Gouéron, s. m., pâtisse- 
rie faite avec de la farine et 
des pommes étendues sur des 
feuilles de choux. 



*Gougnauder, v., faire souffrir en 
touc*^ ant avec la main la partie 
malade. 
*Gougner, v., raccommoder les 

membres. 
*Gouillal ou Gouyaf, s. m., flaque. 
Gouillard, s. m., instrument tran- 
chant pour élaguer les arbres, 
les haies. 
*Gouiller, v., prendre de l'eau dans 

ses sabots en marchant. 
*Gouite, s. f., serpette. 
Goulan, a., vorace. 
Goule, s. f., bouche. 
Goulée, s. f., une bouchée, une 
lampée. 
*Gouler, v., manger gloutonne- 
ment. 
*Gouni7i, a , qui se plaint. 
Gounin, a , sot : pauvre gounin, 

va. 
Gour, s. m., réservoir. 
Gourd, s. m., cavité. 
^Gourgandi7i, s. m., mauvais sujet, 
mauvaise mine. 
Gouriné, s. m., mauvaise odeur : 

ça sent le gouriné. 
Gourlà, s. m., humeur : j'ai un 

gourlà sur la poitrine. 
Gourlasson, s. m., trésor, argent 

économisé. 
Gourlaud ou Gourlo, s. m., celui 
qui fait les demandes en ma- 
riage. 
Gourle, s. f., humide. 
*Gournaude, s. f., grenouille. 

GourniUe, s. f., grenouille. 
*Gour7iiUat, s. m., flaque. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 93 — 



*Goute, vallée très étroite. 
*Gouvi7'ié, a,, mauvais : ca sent le 

gouviné ici. 
*Goui/ard, s. m., grosse serpette 

qui s'emmanche. 
*GouyeUe, s. f., serpette. 
Gouziller, v., ne pas suivre une 
ligne droite en labourant, 
*Governe7nent, s. m., gouverne- 
ment. 
*Graffignure, s. f., égratignure. 
*Graffig7ier, Graffougner, v., égra- 
tigner. 
Granger, s. m., cultivateur. 
Grappeter, v., recueillir ce qui 
reste, une fois la récolte d'un 
champ enlevée. 
*Graton, s. m., petit morceau de 
graisse de porc rôtie ou grillée. 
Fratouner, v., travailler molle- 
ment. 
Grave, s. f., tout petit gravier. 
Gravouinche, s. f., écrevisse. 
*Grayon, s. m., odeur de graisse 

brûlée, mauvaise odeur. 
^^Gredo. a., malheureux, miséreux : 

pauvre vieux gredo 
*Grelei, s. m., grillon. 
i(.Grelingeon, s. m., frange. 
^Grelotter, v., faire du bruit. 
*Grelipille, Grenipille, s. f., mau- 
vais sujet en haillons. 
*Grelon, s. m., frelon. 

Grelu, a., pauvre. 
*Grena ou Egrena, s. m,, mauvais 
grain que l'on sépare du bon en 
vannant. 
Grenaillon, s. m., choses hétéro- 



gènes qui restent au fond d'un 
vase. 
Grene, s. m., grain, infirmité du 

porc. 
Greneter, v., glaner. 
*Grenée, s. f., poignée de paille 
de blé ramassée dans les 
champs. 
Grenouillât, s. m , flaque. 
*Greselle, s. f., groseille. 
*GrcsiUer, s. m., groseiller. 
*Gresittier, s. m., groseiller. 

Gresiot, s. m., grésil. 
*Greute, s. f., cerise douce. 
*Greutier, s. m., cerisier. 
*Grever, v., gêner. 
Grille, s. f., grillon. 
Griler, v., grogner. 
Grilou, a., grognon. 
Grillet, s. m., grillon. 
*Grinfer, v,, égratigner avec les 

ongles. 
^Gringalet, a., maigre, chétif . 
*Gringe, s. f., grange. 
*Gringuenaude, s.f., résidu. 
Grime, s f., graine. 
Griotte, Goittre, s. f., cerise. 
Grimaud, s, m , le diable. 
*Gripe, s. m., crampe. 
Grizemitte, s. f., miette. 
'^Grôle, s. f., corbeau. 
*Grossièremeni, adv., beaucoup. 
*Grouer, v., couver. 
Grouette, s. f., cerise. 
Grouland, a., médisant. 
Grouler, v., manger. 
*Grounie, s. f., écume. 
*Groumer, v., écumer. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



. — 94 — 



*Groi(peton, se baisser en pliant 

les jambes. 
*Groussière, a., bien portante, 

forte. 
*Gicarir, v., guérir. 
*Guarison, s. f., guérison. 

Guécki, a., fatigué. 
*Guéme7iter (se), v., se plaindre. 

Guena, s. m., chiffon. 
*Guenée, s. f., plainte. 
*Guener, v., plaindre. 
*Guenoic a., qui se plaint beau- 
coup. 
*Guère, gare ! : guère le loup ! 
*Guériau, s. m., guéret. 
*Guériment, s. m., produit de la 

terre. 
*Gueulard, a., celui qui crie tou- 
jours en parlant. 
*Gueulêe, s. f., cri. 
^Gueuleton, s. m., bon repas. 
*Giceiiletonner, v., faire un bon 
repas. 
Gueuzarderie, s. f., dans l'infor- 
tune. 
Gueller, surveiller, épier. 
Gui de chièbre, s. m., chè\Te- 

feuille. 
Guincher, v., loucher. 
Gidors, adv., dehors. 
Guorrel, s. m., cochon. 

*Hachon, s. m., bâche. 
*EaiUe, s. f., haie. 
*Haïssa7ice, s.f., haine. 
*Halenée, s. f., haleine. 
*Earbe, s. f., herbe. 
*Eardriche, s. f., mésange. 



*Earse, s. f., herse. 
'^Earser, v., herser. 
*Eaz\j, adv., hier. 
^Séreux, a., heureux. 
*Eéritation, s. f., héritage. 
*Eia, s. f., glace. 

Eianze, s. f., glande. 
*Eiaree, s.f., cercle de tonneau. 

Etarne, s. m., lierre. 
*Eimeur, s. f., humeur. 
*Eiro)idelle, s. f., rondelle d'une 
voiture. 

Eistouère, s. f., histoire : a ma 

raconté une gente histouère. 
*Eîvar. s. m., hiver. 
*Eontable, a., honteux. 
*Eontu, a., honteux. 

Eoraïe, tout à l'beui'e, à l'instant. 
^Eoume, s. m , homme. 
*Eoumeur, s.f, humeur. 
^Eoxirdi, adv., exclamation pour 
engager quelqu'un à se lever de 
dessus son siège. 

Eoure, s. f., heure. 
*Eussier, s. m., huissier. 

/, pr., je:i-z y va, j'y vais. 
*Ia ou gnia : il y a, gnia long- 
temps. 
*Iard, s. m., liard. 
*7aw, s. f., eau. 
^laude, s., Claude. 
*Ican, adv , cela. 
*/er, V., lier. 

leite de cro/fe, tiroir de coffre : 
charchè da iette de mon croffe. 
*Ieu, s m , lieu. 
*Ieue, s.f., lieue. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



95 — 



*Ièvre, s. m., lièvre. 

Igue, s. f., eau. 
*Iin, s. m., lien. 

Ile, s. m., lierre. 
*Illa, adv., là, là-bas. 
*IUuder, v., éclairer. 
*Incolome, a., économe. 
*Incolomie, s f., économie. 
*Incolomiser, v., économiser. 
*Inducation, s. f., éducation. 
*Ingaverable, a., défavorable. 
*Infectable, a., infect 
*Iniiniquié, s. f., inimitié. 

Inmanquable, a., immanquable. 

Inquère, adv., encore. 

Insolenter, v , dire des injures. 
^Intrépide, a., diflicile à vivre. 

/OM, a., gourmand. 
*Ioule, a., gourmande. 
*Iouter, V., lutter. 
*Ique, pr., ce. 
*Iquou, pr., celui. 
*Iquelle, pr., celle. 
*Iqui, adv., ici. 

/-rer, v., aller. 

/^ow, adv., de même. 

Ivreno (être), a., sauvage. 

*Jaberot, s. m., estomac des pou- 
lets, des canards, etc. 

*Jable, s.f.,perchelongueet mince. 

*Jeuille, 8. f., salive. 

*Jaillouœ, a., baveur. 

*Jabler, v., abattre les noix, etc., 
avec la jable. 

*Jaboter, v., dire des riens. 

* Jacasse, a., bavarde enjouée. 
Jadolée, s. f., jattée. 



Jagne, s. f., endroit où le mur 

joint le plancher. 
Jagol, s. m., cahot. 
Jagotler, jagosser, v., être remué 

par les accidents du chemin. 
J'ai-i'y, ai-je ! Dieu de Dieu j'ai- 

t'y du malheur. 
Jnillc, s. f., chatouillement, faire 

les jailles. 
Jalée, s. f , gelée. 
*JacquarL, s. m., geai. 
Jalignier^ s. m., juchoir. 
Jalive. a., compacte. 
Jappant, a., bavard. 
*' Jappe (avoir de la), bavarder, cau- 
ser avec hardiesse. 
*Jarbe, s. f., gerbe. 
*Jardiau, s. m., plante qui s'élève 

au-dessus des blés. 
'^Jargeau, a., qui manque de bon 

sens, de décision. 
*Jartir, v. , s'amuser, badiner. 
Jas, s. m., forme; lieu de repos 

du lièvre. 
*Jaspiner, v., gronder, se quereller. 
*Jait, s. m., coq. 
Jauvagner, v., mûrir, en parlant 
du fruit. 
*Javeler, v., lancer, abattre. 
Jeanfesse, s. m., mauvais sujet, 
/er, s. m., jars. 
*Jeu, s. m., joug. 

*Jiaule7ne7it,s m.,actiondejiauler. 
*Jiaicler, v., pleurer. 
*Jiaiclou, a., qui jiaule. 
*Jiet, s. m., jet. 

^Jhnbreter ou Jimberler, v., sau- 
ter, cabrioler. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 96 



*Jime, s. m., moût du raisin. 
Job, monter un coup : tu te montes 

le job. 
Jobriller, v., froisser : je vas te 

faire jobriller mon étoffe. 
*JoUte, 8. f., beauté. 

Jode, s.f., joue. 
*Joment, s. f., jument. 
Jon-ner, v., attaché avec un jonc. 
*Jonquière, s. f., endroit où crois- 
sent les joncs. 
*Jornée, s. f., journée. 
Jorner, v., naître. 
José, s., Joseph. 
Jovania, changer de couleur, 

commencer à mûrir. 
Jovant, a., jovial. 
*Ju, s. m., joug. 
*Jui, s. m., juif. 

*J'y,])T.,ie: où est don ma chausse? 
J'y sais pas. 

Kia, s. m , porc. 
*Kia-Kia, s. m., grive. 
*Keme, adv., comme. 

Rendu, s. m., coudrier. 

Kérier, v., crier. 
*Keusine, s. f., cousine. 
*KiUer, v., cuiller. 
*Kokiasse,s. f., aiguë. 
*Kouanne, s. f., imbécile, nais. 

*Làboureu, s. m., laboureur. 
Landjet, s. m., chenet. 
Latnbouni, s. m., nombril. 
Lanceron, s. m., aiguillon, dard 

des guêpes. 
Lamcin, a., lambin. 



*Langouste, s f., sauterelle, 
Langoute, s. f., sauterelle. 
*Lantarne, s. f,, lanterne. 
Lanvet, s. m., orvet. 
*Lapper. v., se mettre à... : i m'su 

lappé à faucher. 
*Lardiche, Lardriche, Lardaise, 

s f., mésange. 
^Lavou, s m., lavoir. 
*Là-vou ? où. 

Lavouquée, ou êtes-vous ? 
*Lêche, s. f., tartine, friandise. 
Lèche, s. f., langue. 
Lécherie, s. f., friandise : j'aime 
pas les lécheries. 
*Lechoux, a., friand, 
ie de gi^owe (avoir), avoir de quoi... 

être à son aise. 
*Lédra, a., laideron : vilain lédra. 
'^Lene, s. f., laine. 
*Lequeul, lequel. 
*Lia, s. f., glace. 
*Lian, lieu. 

Lezaren, je n'ai rien à vous don- 
ner: la charité s v.p.? Lezaren! 
*Liarre, s. m., lierre. 
Liasson, petite botte de paille. 
Liecteure, s. f., lecture. 
*Liée, s. f., temps fixé pour le tra- 
vail des bœufs ou des vaches ; 
temps pendant lequel ils sont 
liés. 
*Lié7ier, v., glaner. 
*Lieure, adv., au lieu de. 
*Liger, a., léger. 
Ligneu, s. m., fil au dessous de 
la langue ; il faut lui couper le 
ligneu. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 97 — 



*Lignou, s. m., liseron sauvage à 

grandes fleurs blanches. 
*Liguer, v., désirer vivement, re- 
garder avec envie. 
*Limas, s. m., escargot. 
*Liméro, s. m., numéro. 
*Lincieuoc, s. m., drap de lit. 
Lingue, s. f., langue. 
*Liron, s. m., gros rat. 
*Lise, s. f., résidu laissé par l'eau 

d'une rivière qui se retire. 
*Lisenient, s. m. lecture. 
*Lisar, s. m., lézard. 
*Lisoic, s. m., liseur. 
*Lisu, a., lu. 
*LUe, s. f., élite 
*Liiiau, s. m., liteau. 
Livradc, s.f., cadeau de mariage: 
a m'a donné une gente livrade. 
*Llia, s. f., glace. 
*Lliande, s. f., glande. 
^Lliasse, s. f., botte de paille. 
*Lliaude, s. Claude. 
*Lliauge, s. f., plante ; espèce de 
laitron. 
Llienasse, s. f., botte de paille. 
*Locatier, s. m., locataire. 
*Loigneur, s, f., éloignement. 
*Lointeur, s. f., éloignement. 
Lomboicri, s. m., nombril. 
*Longe, a., longue. 
*Longe, s. 1'., langue de terre. 
*L'onque, où? 

Loquence, s. f., tempérament. 
*Loquence, s. f., éloquence : a la 

une belle loquence. 
*Loquet, s. m., hoquet : t'as le 
loquet, mon garçon. 



*Louagcr, s. m., locataire. 
*Loué, s. f., loi. 
*Loi(é, s. m , loyer. 
*Loyer, y., louer. 
^ Loyer (se), v. , louer (se). 
Luasse, s. f., liasse. 
Lugea, louer. 
*Lui, s. m., le diable ; n'osant 

pas prononcer le mot diable, 

beaucoup de paysans disent : 

lui. 
*Lupo, s. m., crapaud de la petite 

espèce. 
*Lure, s.f., vue : il a bonne lure, 

ce gars là. 
*Lustubrelu, s. m., brouillon. 

*Ma, adv., mais. 
*Ma, adv., seulement. 
*Maboule, a., sans intelligence. 
Mâcher, Macheter, v., tiller le 

chanvre. 
Machel, s. m., appareil à tiller. 
*Machin, s. m., objet quelcon- 
que. 
^Mâchouiller, v., mâcher. 
Machuron, s. m., tache faite avec 

de la suie. 
Macot s. m., matou, viens : mon 

macot. 
*Mafion, adv., ma foi. 
*Magner, v., palper, battre, corri- 
ger. 
*Mai, s. m , tas, masse. 
*Mais, adv., davantage : j'en veux 

mais. 
*Mais, adv., déjà : isu mais venu 
dréla. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 98 — 



^Maille, s. f , maillet 

"^Maille, s. f , meule de paille dans 

une grange. 
*Mairerie, s. f., mairie. 
*Maison, s f., on appelle ainsi la 
première pièce en entrant, celle 
où il n'y a pas de lit : on y prend 
les repas. 
*Maladier, v., être malade. 
*Maladret, a., maladroit. 
*Malafaux, adv., injustement. 
*Malagalé, a., mal paré, mal ha- 
billé. 
*Malaguieu, a., maladif. 
*Malaisant a., mal aisé, difficile 
à manier. 
Malandre, s. f., souffrance. 
*Malendurant, a., qui ne veut rien 

soufifrir. 
*MaUnjîiste, a., injuste. 
Maine, s. f., madame. 
Mamouette , s. f., bajoue. 
Malpatienl, a , qui ne veut rien 

souffrir. 
Malplaisant, a., qui parle peu. 
Maluçhe, s. f , marteau en bois. 
*Mange'ment, s. m., action de man- 
ger. 
*Mangnier, v , toucher. 
*Mangnier, v., frapper, corriger 
*Mangon. s. m., mouchoir passé 
sous le cou et autour de la 
tête. 
*Mànivelle, s. f., morceau de bois 
faisant saillie vers le milieu du 
manche de la faulx. 
Manou s. m., mendiant. 
Manouser, v., mendier. 



*ikfançwa&Zewe/i^, adv., sans doute. 
Mapignon, s. m., mauvais linge. 
Maquignage, s. m., maquignon- 
nage. 
*Maque. adv., pourvu que. 
*Mar. s m., mars (le mois de) 
*Mar, s., marc. 

*Marchaise, s. f., orge de prin- 
temps. 
*Maréch.au, s. m., maréchal. 
*Margoulette, s. f., haut du col, 
mâchoire inférieure : il a la 
margoulette enflée. 
*Mnrer, v., serrer, meurtrir. 
Mariol, a., être plus bête que l'on 
paraît : t'es ben mariol toi. 
*Marle, s. m., merle. 
*Margoidller, v. , se salir : sa figure 

est margouillée. 
*Margouilli, s. m., quelque chose 

de répugnant. 
*Margué, adv., assurément oui ou 
non. 
Marinoulage, s. m., poussière de 
bois. 
*Marmoi(rer, v., murmurer. 
Marmuser, v., parler à demi-voix 

et entre ses dents 
Marquignotte, s. f , petit lézard. 
Marpaud, a , maladroit. 
*Marqiier, v , paraître : cette fille 

marque bien. 
*Marquiau, s. m., marteau. 
'''Marre s, f., houe. 
*Marrer, v. se servir de la houe 
'^Marron, s. m., petite houe. 
Marronner, v., être vexé. 
Marot, s m., petite bêche. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 99 — 



*Marsaude 

Marseattde I espèce de bois de 

Malsaude » saule. 

Marlsaudre) 

Mascoui, s. m., l'enfant le plus 
jeune d'une famille. 
*Mase, s. f., fourmi. 
*Masière, s. f., fourmillière. 
*Masibler, v., cribler de coups, 
fouetter, battre. 

Masillare, v., battre le fer. 

Mate, a , moite, 
*Matefin, s. m. , beignet. 
*Matéreauœ, s. m., matériaux. 
*Maximer, v.. vacciner. 
Mateiir (être en), s. f., transpira- 
tion. 

Malon, pain de noix. 
*MalouiUe, a., beaucoup. 
*Mau, s. m., mal. 
*Maubien, a., mal tourner : a mau- 
bien. 

Mautan (en avoir), être fâché. 
*Mauvaîsement, adv., d'une mau- 
vaise manière. 
*Mauviance, s. f., malveillance, 

Mauvre, s f., mure sauvage. 

Mauvue, s. f., mauvais œil, regard 

qui porte malheur. 
*Mayère, s. f., branche de saule. 
*Mayoche, s. f., mailloche. 
*Me, pr., moi. 

Mé, davantage, plus. 
*Mécord, s, m., erreur. 
*Mée, s. f., hache. 

Melle, s. f., nèfle. 
*Méchantement, adv., mécham- 
ment. 



^Mé/îanzeié, s. f., méfiance. 
*Mégman-t, s. m., émouleur. 
*Mélée. s. f., mélanger foin et 

paille. 
*Mélier, s, f., néflier. 
*Mélieu, s. m., milieu. 
*Meneu de loups, s. m,, sorcier qui 

conduit les loups. 
Ment, s. m., chat. 
*Menîne, marraine. 
Menene, marraine. 
*Menou, s. m,, chat. 
*-Menusier, s. m., menuisier. 
*Menuzon, s. m , petits morceaux. 
*Menteu, s. m., menteur. 
*Menterie, s. f., mensonge. 
*MemisaiHes, s.f,, débris de paille, 

etc. 
Merelot, Marlol, s. m., merle. 
Merlanche, s. f., chasselas. 
*Meurlanche, s. f., chasselas. 
*AfeWn,s.m.,planche avec laquelle 

on fait les tonneaux. 
Messor^ge, s. f.. papier plié sur 

lequel on dévide un écheveau. 
*Messou s. m., qui fait l'ignorant. 
*MeUu, mis : a zavons tout mettu 

sens dessus dessous. 
*Meu, Meute, a., muet, muette. 
*Meure, a., mûr : les fruits sont 

meure. 
*Meure, s. f. , mûre. 
Mijoune, s. f., lien en cuir qui 

unit le fléau à son manche. 
Mélaye, s. f., composé de pommes 

de terre et de farine d'orge : t'as- 
tu préparé la mélaye de tes 

cochons ? 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 100 — 



*Miage, s, m., nuage. 

Mial, s. m., tarte aux fruits. 
*Mialer, v., miauler. 

*Miarlaud, s. m., chat mâle. 

Miarlement, s. m., miaulement. 

*Miaule, s. f., moelle. 

Mie, s. m., miel. 

Mifaude, s. f., mie. 

*Milieure, s. m., milieu. 

*Mionner, v., miauler. 

^Miarler, v., miauler. 

*Miater, v., miauler. 

*Miatouner, v., manger du bout 
des dents avec dégoût. 

*Miau, s. m., tas. 

*Michon, s. m., pain blanc, long 
d'une livre. 

*MieUon, s. m., vin dans lequel on 
émiette du pain. 
Mîge, s. f., mil. 

*Migerot, s. m., pain noir trempé 
dans la boisson. 

*Migner, v., manger. 

*Migneu, minuit. 

*Migron, s. m., repas de onze 
heures ou midi dans le but de 
se reposer plutôt que de man- 
ger. 
Millou, a., meilleur. 

*Migeo7i, s. m., petit morceau de 
pain. 

*Mimoire, s. f., mémoire. 

*Minahle, a., pauvre. 

*Mincer, v., mettre en pièces. 

*Minger, v., manger. 

*Mingoté, a., tout petit. 

*Mirable, a., admirable. 

*Mirouer, s. m., miroir. 



Mita, s. f., moitié. 

Mistrouillai, a., être informe, 
mal tourné. 

*Mitan, s. m., milieu. 

*Mitancier-re, a. , qui est au milieu. 

*Mité7îier, s. m., métayer. 

*Mition, s. m., Mitte, s. f., gant de 
campagne . 

*Miyas, s. m., galette de feuilles 
de choux. 

*Mobile, a , immobile, 

"^Modurer, v., donner avec parci- 
monie. 

*Moindrer, v., diminuer. 

*Moigniau, s. m., moineau. 

*MoissQ7îneu, s. m , moissonneur. 

*Mollard, p., humide ; terrain 
mollard. 

*Molle, a., humide ; terre molle. 

*MoUée, s. f , un temps longtemps 
humide. 
Mollego, a., molasse. 
Mollir, Molzir, v., devenir mou: 
il faut laisser mollir ces poires. 
Monta, s. m., gros tas. 

*Monlagnier, s. m., montagnard. 
Montoudre. Montoldre (commune 
de). 

*Moquard, a., moqueur. 

*Moquié, (la), s. f., moitié : j'en 
prendrai la moquié. 

*Marveille, s. f., merveille. 

*Morciller, v., couper par mor- 
ceaux. 
Moret, s. m., chose très noire ; 
c'est comme un moret. 

*Morquière, s. f., mortier, vase 
où l'on prend un bain de pied. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



101 — 



*Morluel, a., mortuaire. 
*Morvandiau, s. m., habitant du 

Morvan 
*Morvaillou.x ^ a., morveux. 
*Morvoux, a., morveux. 
*Mou, a., mouillé, humide. 
Mouchelle, s.f., branche de vigne 
après laquelle on attache beau- 
coup de raisins ; chapelet d'oi- 
gnons. 
Mouchât, s. m., herbe qui n'a 
pas péri dans les labourages. 
*-j\Joucher, v., réprimander. 
*Mouchou, Mouchoué, s. m,, mou- 
choir. 
*Moudure, s.f., mouture, 
*Moudurer, v., se détériorer. 
Mougnat, s. m., ramoneur. 
*Moui, a., lait; mauvais sujet. 
Mouliner, v., vacher. 
Moune, féminin de « mon ». 
*Mounier, s. m,, meunier. 
Mouraille, s.f., sécrétion nasale. 
Mourailloux, a., morveux. 
*Mouret, s. m., forte saillie des 
lèvres ; figure prise en mauvaise 
part ; museau. 
Mourichère, s.f , cuvier. 
*Mourniffle, s f., soufflet. 
*Mouricaud, a., basané. 
*Mourlanche, s. f., raisin chasse- 
las. 
Mousse, sans cornes : une chièvre 

mousse. 
Mouston, s. m, mouton. 
Moutarde, s f., boue. 
MouLardou, a., boueur. 
Moulé, s. m., humidité, eau ; 



j 'avons un champ-là qui craint 
ben le monté. 
*Moulles, s. f., pacages sur les 

bords de l'Allier. 
*Moullu, a., plein de mottes. 
Mouver, v., remuer. 
*Mouyère, s. f., source d'eau dans 

un champ. 
*Mousière, s.f., source à travers 

champs. 
*Moyenner, v., réussir ; il n'y a pas 
moyen de moyenner. 
Mresure, s. f., mesure. 
Mue, s. f., épinette. 
*Mule, s. f., meule. 
Mullrier, s. m., meurtrier. 
*]kurer, v-, mûrir. 
Mûri, V., mourir : à l'a vu mûri. 
Muser, v., avoir regret, désirer. 
*Musiau, s, m., museau. 
*Musser (se), v., se tapir. 

Musser, v., se mettre en colère. 
*Myasse, s. f., pâtisserie aux ce- 
rises. 

iV«, aller : faut nous en na. 
*Nabol, a., nain. 

*Nage ou Naise, s.f., se dit du 
chanvre quand il est resté dans 
l'eau le temps voulu. 
*Naion, s m., ou Nine, s. f., nain, 

naine. 
*Naiser, v., rouir. 
*Naissu, né. 
*Nantille, s.f., lentille. 
Naquette, s. f., dent. 
Nargi, a , souffrant. 
Nasseillet s. f., seau. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 102 — 



Nau, No, Noël. 

Narger, v., avoir du chagrin. 

Naze, s. f., nasse. 
*Naziauœ, s. m., naseaux. 

Na, pr., nous. 

Nebou, s. m., neveu. 
*Nécissaire, a., nécessaire. 
*Negé, s. m., fruit de la noix. 
*Neger, v., neiger. 

Negiau, s. m., noyau. 

Negier, s. m., noyer. 

Nère, a., noir. 

Neurer, v., nourrir. 

Neuyon, s m., noyau. 
*Neveur, s. m., neveu. 
*Neu, a., neuf. 
*iVew, s. f., nuit. 
*Niarf, s. m., nerf. 
*Niaxi, ou Gniaud, œuf couvé . 
*Niaule ou Nielle, brouillard. 
*Niauve, s. f., nouvelle mariée. 
*Niier, s. m., noyer. 
*iVt7, s. m., brouillard qui nuit aux 

récoltes. 
*Nilé, a., abimé par le brouillard. 

Nine, s. f., naine. 

iVb, noël. 

*Nonse, s. m., nœud. 
*Nonser, v., lier, nouer. 
*Nonze, s. m., nœud : fa-z-y un 
nonze. 

Nore, s. f., bru. 
*Noria ou Nourria, s. m., enfant 
en nourrice. 

Norriee, s. f., nourrice. 
*Norrin, s. m., petit cochon. 

Noseier, s. m., noisetier. 
*NoseUe, s. f., noisette. 



iVow, s. f., noix : va cri do nou. 
*Nouce, S.Î., noce. 
^Noumer, v., nommer. 
*Nourrer, v., nourir. 
*Noute, a., nôtre. 
*Noutés, a., nos. 

Nouvé, noël. 
*iVowuîat«, a., nouveau. 

Nouzer, v., nouer. 
*Noveïe, s. f., nouvelle mariée. 

Noyon, s. m., moelle. 

Nozier, s. m., coudrier. 

Nuda, V., se baigner : tous ceux 
gas nudont. 
*Nuguenot, s. m., huguenot. 
*Nuisance, dommage, action de 

nuir. 
*Nyer, s. m., noyer. 

*Oblier, v., oublier. 

*Obrelle, s. f., peuplier. 

*Œ'w, s. m., œuf. 

*Œuvre, s. f., espace pour planter 

mille ceps de vigne. 
*Œuvri, V., ouvrir. 
*0;i, pr., il : oll intra, il est entré. 
*Omasse, s. f., grosse personne. 
*Onicent, a., innocent. 
*Onlle, s. m , ongle (11 mouillées). 
*Onllion de chat, vipérine, plante. 

Owser(n'), v.,ne pas oser : an'onse 

pas 
*Oquart, s. m., jars. 

Orbet, s. f., privé de raison : té-t- 
une orbet. 

Orcuen, hortie. 

Orietle, cure-oreilles. 
*Orine, s. f., urine. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



103 — 



*Orisse, s. f., tourbillon de vent, 
de pluie. 

*Ormouère, s. f., armoire. 

*Ornicle, s. m , mauvais sujet. 
Ornique, a., diminutif d'imbécile. 
Orniquerie, des Orniques, oiseau, 

oison. 
Orsouie, s, f., hortie. 

*OrtaiUes, s. f., légume qui entre 
dans la composition d'un po- 
tage. 

*0s, s. m., noyau de prune, abri- 
cot, cerise, etc. 

*Osé, a., audacieux. 

*Osiau, s. m., instrument pour 
porter le mortier. 

*Osiaîi, s. m., oiseau. 
Osiau de la mort, chouette. 
Osiau dic Breutioit, alouette et 
hirondelle. 

*Osière, s. f., jets d'osier : va donc 
cri des osiéres. 

*Ostiner, v., obstiner (s'). 

*Ostot, s. m., maison paternelle. 

*Olil, s. m., outil. 
Ou^ pr., il : ou pleut. 

*Ouater, v., voter : as tu ouaté ? 

*Ouche, s. f., jardin ou terrain 
près de la maison 

*Oué, oui. 

*Oué, s. f., oie. 

*Oiieille, 8. f., brebis. 

*Ouéti, est-ce : ouéti lui ? 

*Ougmon, s. m., oignon. 

*OuUle ou Beline, s. f., brebis. 

*Oupignon ou Opignon, s. f., opi- 
nion. 

*Ourinoire, s. f., armoire. . 



*Ousque, adv., où. 
*Ousse, s. m., os. 
*Oussi ou Oussu, mot employé 
pour chasser les chiens. 

Ouzièves, Ozines, s. f., rigoles. 
*Oyard, s. m., jars. 
'^Oyard, s. m., peuplier. 

Oyasse, s. f., pie. 

Oyasse maie, piegrièche. 
*Oye, s f., oie, 

*OyeUe ^huile d'), s. f., œillette. 
*Oyon, s. m., oison. 
*Oyonnade. s. f , ragoût fait avec 
de l'oie. 

^Paillas, s. m., abri en paille. 
*PaiUasse, s. f,, corbeille ronde en 

paille. 
*Pailler, s. m., meule de paille. 
*Paillère, s f., harde d'un char. 
*Paissiau, s. m. échalas. 
*Paisselle, s f., échalas. 
*Palée, s.f., le contenu de la pelle. 
*PaUer, s. m., meule de paille. 
*Palisser, v., piler, tasser. 
*Palle, s. f., pelle. 
*Palkr, v., se servir de la pelle. 

Palm,ain, s. m., essuie-mains. 

Palys, s.f., palissade. 

Pan, s. m., pain. 
*Pannelonne ou Penetoune, s. f., 

petit pain de forme ronde. 
^Pansigot, s. m., qui a un gros 
ventre. 

Papicara, s. m., papier. 

Papin, term-î dont se sert la ber- 
gère pour appeler ses moutons. 
*Papoute, s. f., soupe. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 104 — 



Paquets, s. m., pâturages. 

Parapelle, s. m., parapet. 
*Parche, s. f., perche. 
*Pardie, adv., certainement. 
*Pardre, v., perdre. 
*Pardrioc, s. f , perdrix. 
'^Parlalif, a,, bon garçon : il est 
ben parlatif, a n'est pas fier. 

Parpin, cri pour appeler les mou- 
tons. 
*Paré, a., pareil, égal. 
*Paré, n'est-ce pas. 
*Parer, v., se garer. 

* Parer, v., arrêter. 
*Pariure, s. f., pari. 

Pargnon, s. m , gousse d'ail. 
Parnière, prenière, (faire) ; dor- 
mir sur le midi. 
Parpette, s.f., langue. 
Parpiller, v., scintiller. 
*ParpillQn, s. m., papillon. 
*Parsonnef s. f., personne. 
*Parsonnié, s. m., individu qui 
habite avec un autre. 

* Parte, s. f., perte. 
^Particulière, s. f., maîtresse. 
*PafHu, pretu, partuser, pretuser ; 

trou, trouer. 

*Pasque, adv., parce que. 

*Passance (faire sa), s. f., se con- 
tenter. 

*Passassion, s. f., acte notarié ; 
les passassions coûtent cher. 

*Passêe, s. f., rangée, alignement. 

*Passou, (voir : échailler). 
Pastonnade, s. f., carotte rouge. 
Patachon, s. m., conducteur de 
patache. 



*Patarge, s. m., partage. 
*Pateurau, s. m., pâturage. 
Patissan, s. m., souffre douleur. 
*Patouille, s. f., boue. 
*PatouUler, v , marcher dans la 
boue. 
Patras, s. m., homme mal élevé, 

sans éducation. 
* Patron jacquet, de bonne heure. 
"^Patron minette, le matin. 
*Patte, s. f., chiffon. 
Paiter, v., fainéanter. 
*Pdturau, s. ni., pâturage. 
*Parc, s. m., pieu. 
Paume, s. f., dessus de cheminée. 
Paupelle, s. f., petite vérole. 
Pauture, s. f., mélange de foin et 

de paille. 
Paure, s. f., peur. 
*Paya, s. m., paillasson. 
Payasse, payassée, s. f., espèce 

de panier rond, sans anses. 
*Pedrix, s. f., perdrix. 
*Pège, s. f., poix, saleté. 
*Pèger, v., enduire de poix ou 
d'autres matières gluantes. 
Peigné, envoyer une chose loin . 
Les enfants disent en frappant 
une gobille : pas peigné. 
*Peilles. s. f., vieux chiffons. 
*Pejat, s. m., toute espèce de sa- 
leté gluante. 
*Pelasse, s. f., écorce, pelure. 
*Pelotta, s. m., touffe de racines 

d'herbes. 
^■Pelote, s. f., tas; pelotte de fu- 
mier. 
Penasse, s. f., mauvais linge 



LE PJK.TOIS BOURBONNAIS 



105 — 



attaché à l'extrémité d'une gaule 
pour nettoyer un four. 
*Peno, s. m., pied. 
*Penille, s. f., penillon, s. m., 
linge mauvais, torchon déchiré. 
*Penier, panier. 
^Penoufe, s. f., étoffe servant à 

nettoyer le fcur. 
*Pentecoute s f., Pentecôte. 
*PepeUe, s. f., poupée. 

Pèpre, s. f., ulcère. 
*Péquiot, s. m., petiot, terme d'a- 
mitié, petit. 
*Péquion, s. m., chose minutieuse. 
*Perdure, s. f., perte. 
*Pe7^çon, s m., perçoir. 
*Père., s. m., poirier sauvage. 
Péri, s. m., parrain. 
^Périment, a., périlleux, fin der- 
nière. 
Permettu, permis. 
*Péro, s. m., boue. 
Peroutiet, s. m., étameur. 
*Perri, s. m., pèche alberge. 
*Perspitan, a., qui poursuit sans 

relâche. 
*Pessiau, pessau, s. m , échalas. 
*Peta, s. m., morceau d'étoffe sans 
valeur. 
Petara, s. m., tache, ordure. 
*Pelarée, s. f., bruit éclatant. 
*Petête, adv. peut-être. 
*PetUer, v., accoucher. 
*Petouyage, s. m., malpropreté. 
*Petouyer, v. , toucher en salissant. 
*Pétras, a., grossier, manant. 
*Peyan, a., déguenillé : vieux 
peyan. 



*Peyeraud, s. m., marchand de 

« pnill'îs I) . 
*Peyon, s. m , mauvais linge. 
'^Peupinière^ s. f., pépinière. 
'"'Peurqxie, puisque. 
*Peu-z-à-peu, peu à peu. 
*Pi, s. m., pivert. 
*Piâler, v., crier. 
*Piarsi, s. m., persil. 
Piasses, s. f., paillasson formant 
semelles dans les sabots. 
*Piau, s. f., peau. 
^Piaulement, s. m., cri des poulets. 

* Piauler, v. , crier. 
*Piaumer, v., perdre le poil. 

Picaillon, s. m., monnaie. 
*Picassé, a., marqué de diverses 

taches sur la figure. 
*Piche, s. f., jeune poule. 
*Pichet, s. m., pot à boisson. 

Pichetrer, v., piétiner. 
*Pichier, s. m., pot à boisson. 

* Picoter, V,, picorer. 

*Picotier on picoqtcié, s. m., dévi- 
doir. 

*Picr'as, s. m., ajonc. 
Picton, s. m., bonne chère. 

*Pidance, s. f., pitance. 

*Piétée, s. f., empreinte du pied. 
Piéter,\., s'impatienter, trépigner. 

^Piéton, s. m., facteur. 

*Pigne, s. m., peigne. 

*Piffre, s. m., figure, nez. 

*Pifre, s. m., fifre. 

*Piger v. mesurer. 

*Pignasse, s. f., semelle en paille 
ou en feutre que l'on met dans 
la chaussure. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 106 — 



*Pigne, s. m., peigne. 
Pigne, s. m., mortier à piler. 
*Pignée, s. f., raclée. 
*Plgner, v., frapper. 
*Pigner, v., peigner. 
*Pigneu, s. m., peigneur: ou est 
bon pigneu de chande. 
Pignon, s. m., dot: que la ga- 
zille a un bon pignon. 
*Pignoic, s. m., peigneur de chan- 
vre. 
Pigouet, éveillé, espiègle. 
Pigret, méchant. 
Pile, s. f., raclée à coups de 

poing. 
Pile, s. m., poêle. 
Pilée, s. f., gruau : il faut faire de 
la pilée pour le déjeuner. 
*Piler, V., presser, fouler. 
'^Pillerot, s. m., marchand de vieux 

chiffons. 
*Pilles, s. f., vieux chiffons. 
*Pilourien, s. m., loriot. 
*Pimpon, a., freluquet. 
*Pimponé, a., pimpant. 
*Primprelin, graine de raisin. 
*Pingo (faire), donner un point 
d'appui pour atteindre une cer- 
taine hauteur. 
Pîple, peuplier. 
*Pintale, s. f., pintade. 
*Piochon, s. m., pioche. 
Piocher^ v., piauler, 
Piomer, Pomer^ v., renouveler 

ses poils ou ses plumes. 
Pioner, v., muer. 
*Piper (ne pas) : ne rien dire. 
Piquaboille, s. f., mésange. 



Piquasse, a., couvert de taches 

de rousseur. 
Pique pante, pis que pendre ; on 
en dit pique pante de cet indi- 
vidu. 
Pique en châgne, s. m., galette 

faite avec des pommes. 
Pissautière ou pichotière, s. f., 
amas de petites étoiles que l'on 
voit à 10 heures du soir à l'au- 
tomne. 
Pis^erote, s.f., chauve-souris. 
*Piscoter, v., pleuvoir peu. 
Pisson, s. m., pissenlit. 
*Pittieu, a., charitable. 
*Pitrogner, v., pétrir. 
*Pitromller, v., pétrir salement . 
*Plan, s. m., doucement. 
*Plan de foire, foirail. 
'^Plaignard, a., aimant à se plain- 
dre. 
*Plain, s m ,1e plus finduchanvre. 
*Plaint, s. m., gémissement. 
*Plaisant, a., badin. 
*Plaisu, plu : ça lui a pas plaisu. 
*Plangeo7i, s. m., meule de paille 

battue ou non battue. 
^Planson, s. m., branche de saule 

pour planter. 
*Planta, a., grand et fort. 
*Pla7ite, jante de roue, 
*Plantoin, s. m., plantain . 
*Plassat. s. m., petite place. 
Platgneux, s. m., homme pauvre 

voulant faire le riche . 
Platroux, a., celui qui se plaint 
pour se faire soigner. 
*Plau, s. m., billot, bois d'un 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



107 — 



certain volume dont la surface 
est unie et sert à hacher. 
*Plein temps (à), à verse : vou pieu 

à plein temps. 
*Plésent, a.., hon enfant, qui cause 

à tout le monde 
*Pleue, s. f., pluie. 
*Pleum, pleuvoir. 
*Pleume, s. f., plume. 
*Pleurement, s. m., pleurs. 
*Pleur7iichoic, a., pleurnicheur. 
*Pleurou, a., pleurnicheur. 
*Pleulre, a., peu aisé, celui qui 
veut dépenser et qui recule 
ensuite. 
*Pliger, v., plier. 
Pleuvage, temps de pluie de lon- 
gue durée. 
PUnthie, lit couette . 
*Plire, V., pleuvoir : çà plit encore. 
*Plomer, v., peler. 

Plonger, v., faire un plongeon. 
*Plongeur, s. m., celui qui fait les 
plongeons de paille 
Plosse, s. f., prunelle. 
Plot, billot. 
Pluche, s. f., râteau. 
Plucher, v., ramasser le foin. 
Plucheux, s. m., ouvrier qui ra- 
masse le foin. 
Pluchon, s, m., amas de fourrage. 
*Pluir, V., pleuvoir, 
*Plumâs.. 8. m., plumeau. 
*Pluiner, v., écorcer. 
*Pognée, s. f., poignée. 
*Poinçon, s. m., fût de 200 litres. 
*Poilou, a., velu. 
*Poiriasse, s. f., poirier sauvage. 



*Poisière, s. f., champ ensemencé 

de haricots. 
*Ponipo, s. f., gâteau de toute es- 
pèce. 
^Pomponne, s. f., reinette, gre- 
nouille. 
*Ponse. s.f., la ponte d'une volaille. 

Pontificat, s. m , exposition : tu 
laisse encore toutes tes affaires 
de nuit en pontificat. 
*-Popelier, s. m., peuplier. 

Popelle, s. f., petite vérole. 
^Porche, s. f., truie. 
*Pore, s. m., porc. 
*Porrichinelle, s. m., polichinelle. 
*Porpis, s. m., pourpier. 
^Portai, s. m., portail. 
^Portement., s. m., santé. 
*Porto?i, s. m., toute petite porte 
devant la maison. 

Poster, V., marcher. 
*Pote, s. f., pot à boisson. 

Poter, V., sauter. 

Potou, s. m., pied. 
*Potrait, s. m., portrait. 
*Potrîne, s. f., poitrine. 
*Potu, a., gauche, maladroit. 
*Potiirer{se), v., faire bonne chère. 
*Poturon, s. m., potiron. 

Pouchante a., gros, obèse. 
*Poué, s. m., haricot. 
*Poué, s. m., poids. 
*Pouère, s. m , poire. 
*Pouessiau, s. m., échalas. 
*Poi(étiau, s. m , échalas. 

Pouel, s. m., cochon. 
^'Pouf fiasse, s. f., grosse femme, 
femme éhontée. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 108 — 



*Pouffiner, v., tousser souvent. 

*Pougne, s. f., point. 

^Pougniée, s f., poignée. 

*PouiUoux, a., pouilleux. 

*Poulieiux, s. m., serpolet. 
Poulu, s. m., petit crapaud. 

*Pou'me, s. f., pomme. 

*Pou7ier, V., prendre. 

*Pounu, participe de prendre. 

*Poupoute, s. f., soupe. 

*Pour a., pauvre: pour ami, va ! 
Pourcha, v. poursuivre. 

*Po'ureUe, s. f., ciboule. 

*Pourreatc, s. m., poireau. 

*Pourriau, s. m., poireau. 

^Poursuive, v., poursuivre. 

*PowrtaU, s. m., portrait. 

*Pourte, apporte! cri du maçon 
pour appeler le goujat. 

*Pourler, v., porter. 

*Pourie, s. f., porte. 

*Pourtement. s. m., santé : je lui 
ai demandé son pourtement. 

*Poureua> ou Pourru, a., peu- 
reux. 

*Pourmener, v., promener. 

*Pousiau, s. m., petite cheville 
faisant partie du char. 

*Pousse (à la) : enchères (aux). 

*Poussi, s. m., poussière. 

*Pousson, s. m., jet. 

*PoiUel, s. m., grimace en avan- 
çant les lèvres. 

*Poutée, s. f., résidu. 
Pouver, V., pouvoir. 

*Pra, s. m., pré. 

*Pré, pour. 

■ Pré, par. 



* Précepteur, s. m., percepteur. 

*Precer, v., percer. 

*Prédu, perdu. 

*Pr6fateur, s. m., qui travaille à 

prix fait. 
*Pregnière, sommeil de midi. 
*Prela, adv., parla. 
*Premi, adv., parmi. 
*Prepos, s. m., harde. 
*Prepos, s. m., propos. 
*Prepoint, s. m., pourpoint. 
"Preqice, pourquoi. 
*Prequoué, pourquoi. 
*Pressoué, s. m., pressoir. 
*Pressonne, s. f , personne. 
*Pressounnier, a., sociétaire, en 

société : Jean et Pierre sont 

pressounniers. 
*Pretout, adv., partout. 
*Pretu, s. m., trou. 
*Pretuser, v., faire des trous. 
*Preune. s. f , prime. 
*Prime, s. m., printemps. 
*Prion, a., profond. 
*Prionteur, s. f., profondeur. 
*Privé, a., apprivoisé. 
"^Profiter, v., grandir. 
*Profonder, v , creuser. 
*Promier, a , premier. 
*Proparien. s. m , propre à rien, 

fainéant, maladroit. 
*Prope, a., propre. 
*Prupiétaire, s. m., propriétaire. 
*Prou, adv., assez. 
*Proucès, s. m., procès. 
^Proufit, s m., profit. 
*Pricngner, v., provoquer. 
Pruno, yeux. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 109 — 



*Pu, plus. 

*Puanlise, s. f., puanteur. 

Puder, V., puer. 

Purer, v., pleurer. 
*Pulin, s. m., bois noir. 

Punais, a., jaloux. 

Pupue, huppe. 

Putouet, plus tôt. 

Puzonna ou i'z(/con?za, vermoulu. 

*Quai, s. f., vessie de chevreau. 
*Quan(e et qiiante : en même 

temps. 
*Quarre, v., chercher. 
*Quart, s. m., fût de 100 litres. 
*Quarlaul, s. m., litre. 
. Quaule, cette : prends quaule 
pouère. 

Quecld (se quéchir), v., se fati- 
guer, être fatigué. 
*Quenient, adv., comment. 

Quêne, s. f., jambe. 
*Quenelle, s. f., baie des buissons. 

Quen, s. m., pinson. 

Quequoise, s. f., hanneton. 
*Quéquoisse, s. f., cigûe. 
*Quelou, a., boudeur, maladif. 
*Quetoufle, s. f., ampoule, pustule. 
*Ower, V., tuer. 

Quiia, glisser. 

Quoco; cette fois : nous t'attrape- 
rons quoco. 

Queii, quel 
*Queue, s. f ., anse 
*Queuhe, s. f., cuve. 

Queubié, s. m., cuvage. 
*Queuquefois, quelquefois. 
*Queuques, quelques. 



*Queuqu'un, quelqu'un. 
*Queute, s. f., queue. 
Quézer, v., tuer. 

Quiaquia, s. m-, grosse alouette. 
Quiler ou Coî^z'/er-jV., grincer, faire 
du bruit : voilà encore une 
porte qui quile. 
Quîgnasse, s. f., tignasse, cheve- 
lure. 
Quiller, v., tomber. 
*Quioler, v., appeler, crier. 
*Quiolevte7it on Tiaiile'tnent, s. m., 

action d'appeler. 
*Quiolou, s. m., qui appelle. 
*QuiqHe : qu'est-ce que ? quique 

tu veux que j'y faze. 
*Quinqicenelle, s. f., banqueroute. 
Quintera-lu : où étais-tu ? 
Quionquion, a., minutieux. 
*Quionquionnerie, s. f., presque 
rien, peu de chose. 
Quioquiote,\Quioquioule : qui fait 
tout nonchalamment 
^Quiquevoué : qu'est-ce? qui est- 
ce? 
*Quiyoreter, v., se servir souvent 
de sa cuiller. 
Quococougnasse, quelque chose. 
Quoniner, v., pleurer. 
Quoninioux, a., pleurnicheur. 

*Ra, s. m., caprice : il lui a passé 
un ra par la tête. 

liabachis, s. m., malpropreté : 
voyez donc tout ce rabachis qu'il 
a fait sur ma robe en mangeant. 

Rabasser, v., couvrir ses vête- 
ments de bouc. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 110 — 



*Rabe, s. f., rave. 
Rabi, s. m., colza. 

*Rahilleu, s. m., celui qui raccom- 
mode les membres fracturés. 

*Rabir, v.. grimper. 

*Rable, s. f., longue branche avec 
planche à rebord pour ramasser 
différentes choses. 

*Rabler, v., faire tomber à coup 
de gaule. 

*Rabounelle, s.f., rave sauvage. 
Raboustin, a., rabougri ou gros 
court. 

*Râche, s. f., maladie des enfants 
en bas âge. 

*Raclée, s. f., coups : tu vas avoir 
une raclée soignée. 

*Racmoder, v., raccommoder. 
Raccoui, s. m., le plus petit cochon 
d'une bande. 

*Racùa, adv., exactement, rectà ! 
Radure, s. f., partie de pâte res- 
tant dans la mée (huche) et qui 
ne suffit pas. 

*Radurer, v., effleurer, passer un 
rouleau sur une mesure. 

*Raffalé, a , vêtu pauvrement : 

elle est bien raffalée. 
i2a/fe ou i?a/re^,a.. aigre, acide, fort. 

*Raff'ui, s. m., bruit. 

^Raffutailter, v., chercher. 

*Raffuter, v., chercher. 
Rafle, s. f., racloir. 

*Rafredissement, s. m., refroidis- 
sement. 

*Raie, s. f., rayon d'une roue de 



voiture : vêla une raie qui va 
se casser. 

"^Râle, a., rare. 
Ralet, s. m., rainette. 

^Rameau, buis. 

*Rameg7iander v., raccommoder 
de vieilles étoffes. 

*Ramegnondeur, s. m., qui rac- 
commode les vieux plats. 

*Ranche, alignement. 

*Ranchée, s. f., rangée. 

*Ranchément, adv. , à la suite l'un 
de l'autre. 

*Rancioux, a., enroué. 

*Rane, s. f., grenouille. 

*Rang, s. m., ondée. 

*Ranssarer^ v , mettre en place, 
mettre à l'étable : as tu ranssaré 
les vaches. 

*Rapeau s. m., jeu avec trois 
quilles et une boule. 
Rapetasser (1), raccommoder des 
étoffes usées. 

*Rapé, a., enlevé, bâclé 

*Rapesauder. v., raccommoder. 

^Rapproche, s. m., reproche. 
Raqiiet, a., fantasque. 

*Raqueter, v., couper, se dit des 
herbivores quand ils mangent. 

*Raquetoner, v., ronger. 

*Rase, s. f., rigole. 

*Rasin, s. m , raisin. 

*Rassouiller (se), v., se crotter. 

^Ratatouille, s. f., mélange de di- 
vers aliments : quelle ratatouille 
qu'elle nous donne. 



(1) Nous croyons devoir laisser subsister ce mot qui n'est pour ainsi dire 
employé que dans les campagnes et qui est plutôt patois que français. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— m — 



*Rate, s. f., repas donné après les 

moissons et les battages des 

grains. 
*Ratelure, s. f., le peu de foin 

qu'on laisse à terre en chargeant 

un char et que l'on ramasse 

avec le râteau. 
*Ratevolage, Ratevoteuse ou Ra- 

ioulèse, chauve-souris. 
*Ratouère, s. f., ratière. 
Rntouiller, v., salir. 
Rauble , s. f., râteau en bois. 
*Roche, s. f., roseau. 
*Rauche, s. f., rhume, enrouement. 
*Rauguementer. v , augmenter ; 

le blé a encore raugmenter. 
Raute, s, f., fort lien en bois. 
Rauter, v., lier 
Raviler, augmenter : il l'on ravilé 

dessou la farine cheu nous. 
*Ravounelle,8.î., rave sauvage. 
*Razouère, rasouer, s. m., rasoir. 
Ré,^. m., râteau. 
Réber, v., se perdre; je me suis 

rébé que j'en été tout bredin. 
Reber, v., rêver 
*Rebouter v., rebuter. 
*Rebiconné, a., retroussé. 
*Rebiffer (se), v., regimber, se 

venger. 
*Reblandeur, s. f., lueur. 
Rebondoué, s. m., repas donné le 

dimanche d'après une noce. 
*Rebouiser, v., mal recevoir quel- 
qu'un. 
*Rebouiser, v., restaurer, arranger, 

réparer. 
*Reboula, a., taciturne. 



*Reboulé, a., de mauvaise humeur. 

*Rebouler, v.. faire mauvaise mine 
à quelqu'un. 

*Rebouler (des yeux) : ne pouvoir 
pas finir ce que l'on a pris sur 
son assiette. 

^Rebouteux, s. m., sorcier qui 
raccommode les membres. 

*Reboulure, s. f., fruits conservés 
pour être mangés l'hiver. 

*Rebouturer, v., conserver des 
fruits. 

*Recarrelage, s. m., chambre car- 
relée de nouveau. 

*Réchandir, v., se réchauffer. 

"^Recolle, s.f., reco, s. m., bande 
de cuir sur le sabot. 

*Recompanser, v., dépasser, fian- 
chir. 

*Rechignoucc, a., rechigné : vieux 
rechignoux. 
Recoillard, s. m., fruit tardif : 
çà ? oué-t-un recoillard. 

*Reçoirai, recevrai. 
Recoquet, s. m., dernier né (obte- 
nu à un âge avancé). 

*Recréance, de lassitude, de mé- 
contentement. 
Rectilon, s m., coin, impasse. 
Recuron, s. m., tache noire que 
l'on se fait en touchant des 
ustensiles de cuisine. 

*Redzir, v., raidir: mes jambes 
sont redzies. 

*Refrédir, v., refroidir. 
Regander, v., déborder. 
Regandiau s. m.^ fort déborde- 
ment. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



112 — 



Regaeu, s. m., sillon. 
Regardure, s. m., aspect, regard : 

a la une bonne regardure, 
Réger,Y., remuev. rege te don, 

regez-y. 

Régie, s. f., abondance : y avo 

une régie de poissons dans 

l'étang. 

Régie, s. f., réunion de personnes, 

*Regonger, v., remonter : l'eau 

regonge. 
*Regoti a., ratatiné, flétri. 
*Regôtir, v. . trop cuir. 
Regriot, s m., farine moulue 
grossièrement. 
*Regueu, s. m., terre labourée une 
dernière fois en semant le blé. 
*Reguyer, v , mettre la terre à 

regueu. 
*Rejiter, v., rejettr. 
*Réjoïr, V., se réjouir. 
*Réjouissement, s. m , réjouis- 
sance. 
Relai, s. m., relâche: travailler 
sans relai. 
*Relicher, v.. lécher ses lèvres. 
*Relorge, s. f., horloge. 
^Reloger, s. m., horloger. 
*Reniais, s. m., pis de la vacl e. 
Reinaheu, s. m., pis. 
'^Rembaver, v., ensemencer de 

nouveau. 
*RembeUir, v„ embellir. 
Remeiciller, sur le point de met- 
tre bas : velà notre vache que 
remeuille. 
*Remier, v., remuer. 
*Rempirer, v., dépérir. 



^Rempourter, v., remporter. 
*Renarder, v., différer. 
*Rensarrer, v., serrer. 
Renier, v., allonger un bas. 
Renture, s. f., endroit ou l'on 

commence à allonger le bas. 
*Rentorner, v., s'en retourner. 
*Rentourner, v., s'en retourner. 
^Répéter, v.. prendre de la nourri- 
ture. 
Répond, répondu : a ma ben ré- 
pond. 
*Repouser, v., se reposer. 

Repoumi, répondu. 
*Reprin ou reprun, son. 
*Reprungner, v., répugner. 
*Requener, v., braire ou hennir. 
*Requenée, s. f , ) hennisse- 

'^Requenement, s. m., ) ment. 
*Résiation, s. f., résiliation. 
*Résier, v., résilier 
*Résipère, s. m., érysipèle. 
*Résounance, s. f., mémoire. 
*Ressarches s. f., recherches. 
*Ressarrement, s. m., resserre- 
ment. 
*Ressi, a.., rassis : pain ressi. 
Ressiné, s. m., mauvais goût: j'ai 
peur que ce plat donne un goût 
de ressiné à mon fricot. 
Ressouner (se), v., se souvenir, se 

rappeler. 
Ressounner , résonner, en parlant 

de l'écho. 
*Ressoîcrce, s. f., source. 
*Retinlon, s. m., bénéfice. 
Retinton, s. m., rappel d'un évé- 
nement. Avoir un retinton de 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



i 



— 113 — 



fièvre, oubien : l'en souviens-tu ? 
j'en ai ben un retinton. 
*Retirance, s. f., habitation ou 

l'on peut se retirer. 
*Retorner, v., retourner. 
*Retriqué, a., étriqué : a l'a un 

habit ben rétriqué. 
* Retroubler, v., remettre une terre 

en blé. 
*Reicme, s. m., rhume. 
Revailler, v., rêvasser 
Revais, s. m , ne pas savoir se 
retourner : il n'a pas de revais. 
Revari, s. m . hourvari ; passer 
en revue tout le ménage : c'est 
aujourd'hui le revari. 
Rêve, s. f. , rave 

*Revenderesse, s. f.. revendeuse ; 
ce sont les revenderesses qui se 
sont révoltées en 1856. 
*Revenon, s. m.^ repas de onze 

heures. 
*Revirer, v., retourner. 
*Revirion, s m., ravaudage. 
Revouivre, s. m., regain. 
*Riau, s. m., ruisseau. 
Ribotte, s. f., petite miche que 
l'on donne aux pauvres pour 
Noël. 
Ribouler, v., brouiller : n'aime 

qu'à ribouler le monde. 
*Ric,rac, instantanément: il a fait 

rie rac. 
*Ricasser, v., Ricasse, a., rire sans 
cesse. 
Ricouti, s. m., roitelet. 
*Ridiau, s. m., rideau. 
*Rienque, adv , seulement. 



Rie7ivaudise, s. f., qui ne vaut 
rien. 

*Rieute, s. f., espace entre deux 
crèches. 

*Rieute, s. f.. petite ruelle. 

*Rieulon ou Rovéton. s. m., petit 
chemin entre deux murs ou 
deux haies. 
Rif. a., méchant. 

*Riflard, s. m., parapluie, parasol. 

*Rignière, s. f., araignée. 

*Ri(joler, v., couler : l'eau rigole. 

*Rigoler, v., dégringoler: j'ai rigolé 
de haut en bas. 

*Rière, arrière ; le bouvier faisant 
reculer ses bœufs : rière, rière. 
Riguené, a., ridé : ces pommes 

sont toutes riguenées. 
Rille, elle : votu venir avec rille. 

*Riler, s. m., mince filet d'eau 
courante. 

*Rimé, se dit de l'odeur du lait 
qui brûle : ça sent le rimé. 
Rimousser, v., se renfrogner. 

*Rin, adv., rien. 

*Rinçaille, s. f., rinçure. 

*Rincée, s. f., ondée. 
Ringote, s. f., rigole. 

*Riàte, s f. , houssine. 

*Ripopé (à la) : légère, sans cer- 
velle : tête à la ripopé, va. 

*Riquener, v., rire par sottise ou 
. par moquerie. 

*Riquiqui, a m., liquide rafraî- 
chissant composé avec de la 
réglisse. 

*Ris, Rissiau, s. m., ruisseau. 

*Risant, a., riant. 



8 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 114 — 



*RisoUf a , rieur. 

*Risoulet ou Risolet, qui rit sans 

cesse. 
*Risquetout, celui qui n'a pas peur, 

qui affronte tous les dangers. 
*Risu, participe de rire. 

River, v., couler. 
*Rivageur, ouvrier employé sur 

les bords des rivages, moulins, 

etc. 
*Riveter^ v., couper les bords d'un 

fossé. 
*Ro, s. m., milan. 
Rode, 8. f., roue. 
*Rodiner, v., s'amuser. 
Rodrigue, s. f., femme âgée ayant 

l'esprit malin : tiens voyez donc 

cette vieille rodrigue. 
Roibris, s. m., roitelet. 
*Roipeteret, s. m., roitelet. 
^Rompre, v., défricher avec la 

charrue une luzerne, etc 
*Ronfé, a., échauffé en parlant 

des graines. 
*Ronfer, v., ronfler. 
*Rogalon, s. m., reste. 
*Rogne, s. f,, saleté : al a la rogne 

après les mains. 
*Roquer, v. , heurter ou casser lé- 
gèrement. 
Rose (à la belle) à la volée. 
*Rose de neige, ellébore. 
*Rossa, Rossar, s. m., rosse, bête 

usée et maigre. 
*Rossina, a., roussi. 
*Rouabler, v., abattre : je vais 

aller rouabler les noix. 
*Rouané. a., ruiné. 



Rouba, s, m., lait de beurre. 
Rouchat. s. m., lieu d'un champ 

où il y a un bouquet d'arbres. 
^Rouche, s. f., roseau. 
Rouche, s. f., futaie. 
Rouche, s. f., champ dans lequel 

il y a beaucoup de gros chênes. 
*Roucher, v., jeter. 
*Rouennée, s f., ornière. 
*Roué, s. m., roi 
Rouffan, s. m., hanneton. 
'^Rouf fiant, s m., malpropre: vieux 

roufliant. 
*Rouain, s. m., ornière. 
*Roui7iger,\., ruminer : nos bœufs 

ne font que rouinger. 
*Rouine, s. f., ruine. 
*Roulée, s. f., raclée, la quantité 

d'œufs que l'on donne aux en- 
fants à Pâques. 
Roiile-bouze, s. m., escargot : oué- 

t-un roule-bouze. 
Rouesse, s. f., portion de futaie 

close de haies vives. 
*Rouette, s. f., ruelle, ruelle de lit. 
*Rouetlon, s. m., petite ruelle. 
*Roiijadou, s m., fromage blanc 

et sec. 
^Roulant, s. m., mendiant. 
*Rounie, s.f., écume. 
*Roumer, v., écûmer. 
*Roumille, s. f., roupie. 
*Roi(tmllou, a., roupieux. 
*Roupillouœ, a., ronfleur 
*Rousérou, s. m., petite fouine. 
*Rousée, s. f., rosée. 
*Rousiau, s. m., roseau. 
*Rousse, s. f ., tache de rousseur. 



LB PATOIS BOURBONNAIS 



— 115 — 



*Rousselé, a , ayant des taches de 

rousseur. 
*lloussiau, a., se dit d'un mets qui 

est cuit à point, qui a bonne 

mine. 
*Routeler, v., ronger, manger, en 

parlant des bêtes. 
*Routinerie, s. f-, routine : c'est de 

la routinerie. 
*I{oiiya, s. m., humeur. 

! malpropre, se dit sur- 
tout de la figure : 
cou chetit est tout 
rouya. 
Rouye, s. f., espèce de limon 
qu'une rivière laisse après avoir 
débordé : mon foin craint la 
rouye. 
*Rrr ! en arrière ; expression des 

charretiers, 
*Rîiche, s. f., rouge-gorge. 
*Ruche, s. f., roupie. 
*Rumage, s. f., déménagement. 
*Ricmer, v., changer de domi- 
cile. 

*Sa,, s. m., sac. 
*Sabarol, la panse du porc. 
*Sabbat. s. m., bruit. 
*Sabballer, v., faire du bruit. 
*SabbalLer, vanner avec un tarare. 
*Sable, s. f., sève : le bois est en 

sable. 
*SaboUer, v., faire du bruit avec 

ses sabots. 
Saeu, s. m., sureau. 
*SagouiUer, v., s'amuser dans une 

eau sale : quéque te sagouille, 



dit on à un enfant qui s'amuse 

à boire salement. 
*Saintfli: saint Félix. 

Salignon, s. m., salière. 
*Salisse, s. m., osier. 
* Salon ou Saloué, s m., saloir. 
*Sanciau, s. m,, espèce de crêpe, 

pâte faite avec de la farine et 

des œufs. 
*Snngenient, s m., changement. 
*Sa7iger, v., changer. 
*SansouiUer, Sensouiller, v., la- 
ver une bouteille et même du 

linge. 
*Saqueter,\., couper avec un mau- 
vais outil. 
*Sarcher, v., chercher. 
Sarcille, s. f., cercle. 
*Sarcle, s m., cercle. 
*Sarge, s. f., charge. 
*Sarger, v., charger. 
'^Sargement, s. m., chargement et 

tous les dérivés. 
*Sarive (terre) : compacte ; qui ne 

se délie pas. 
*Snrpc, s. f., serpe. 
*Sarpenl, s. m., serpent. 
*Sarreclou, s. m., sarcloir. 
^'Sarreynent, s. m., resserrement. 
*Sarrer, v., serrer. 
*Sarrou, s. m., pièce en bois pour 

foi mer les cordes d'un char 

rempli de foin. 
*Sarvante, s f., servante, pièce en 

bois pour soutenir une voiture 

au repos. 
*Sarvelle, s f., cervelle. 
*Sarvir, v., servir. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 116 — 



'^Sarvileur, s. m., serviteur. 

Susse, savoir. 
*Sater, v., presser. 
*Sati, a., compacte, une pâte 
épaisse et nullement feuilletée. 
*Smide, s m., saule. 
*Saudière, s. f., saulaie. 

Saureiller, v,, prêter l'oreille. 

Sautario, s.m., sauterelle. 

Santegouillot, fille malpropre. 

* S autou {y oix: échailler). 
Sauvasin, s.m., fruit du poirier 

sauvage. 
*Sauver (se), bien faire ses affaires, 
pouvoir vivre : en faisant ce 
travail, je pourrais me sauver. 
Sauze, s. f., osier. 
*Save, s. f., sève. 
Sayon, s m., petit sac en toile. 
Sazière, s. f., petite cage pour les 
fromages. 
*Scàbreux, a., escarpé. 
*Sciarcle, s. m., arc en-ciel. 
*Scieter, v., scier. 
*Sciéton, s. m., petite scie. 
*Science. s. f., chance. 
*Sé, êtes : il y a longtemps que 

vous se là. 
Se, s. m., sel. 
Se, soi. 
*Sé, s. f., soif. 
*Sebrun, s. m., pluie tombant de 

la couverture. 
Sécherin, s. m., pré sec. 

* Secouée, s. f. secousse. 
Secouyée, s. f., secousse. 
Secouyer, v., secouer. 
Seda, s. m., tamis. 



Ségre, suivre. 

*Segret, a., secret. 

*SeUe, s. f., chaise. 

*Selle, s f , banc à laver. 

*Segrétaire, s. m., secrétaire. 

*Semicaire, s. m., cimetière. 
Senize, s. f., suie. 

*Sèque, s. f.. stupeur, je ne sais 
quoi ; quelque chose paraît sur- 
naturel: j'ai eu une sèque. 

*Serambe, s. m., andouille : j'ai- 
mons le serambe cheu nous. 

*Sercher, v., chercher. 
Sère, s. m., sel. 
Semée, s. f., le soir. 
Sété, s f., sécheresse. 

*Setenibre, s. m., septembre. 

*Seucer, V., sucer. 

*Seucre, s.m., sucre. 

*Setir, s. m., aire de grange : vous 
déposerez ces pois sur le seur 
de la grange. 

*Seur, a., certain, sûr. 

*Seurcoup, s. m., contre-coup. 

*Seurpasser, v., surpasser. 

*Sia, scia, s. m., tamis. 

*Sia. s. m., sciure de bois : ramas- 
sez don ce sia. 

*Siam, s. m., cochon. 
Sicle, s. f., éclisse. 

*Sicter, v., scier. 

*Sieucc, sieuse, a., laine en suint : 

c'est de la laine sieuse. 
Si fait, si fait, adv., oui : si fait, 
si fait, ce sera plus tard. 

*Siflou, a., qui siffle. 

*Signée, s. f., saignée. 

*Sigoler, v., cahoter. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 117 — 



*Sigot, s.m , cahot. 
Slio, s. m., fléau. 
Simon, mannequin. 
Siner, v., sentir. 
*SiroiceUe, s. f., sentir. 
*Sirouette, s f., petit rat. 
*Siia, s, f., sécheresse. 
*Siter (se), v., s'asseoir. 
*Sizer (se), v., s'asseoir. 
*So, adv., sous. 
*Soiffeu, a., buveur, ivrogne. 
*Soiffier, a., qui aime à boire : 
jamais on a vu un soiffier pa- 
reil ! 
*SoiUe, s. m., seigle. 

Soie, seigle. 
*Soi7% s. f., soif 

Solage, a., seul abandonné 
*Son, s.m., sommeil. 

Sonu, adv., là: vena sonu. 
*Sorcelage, s. m., sortilège. 
*Sou, s. m., aire de grange. 
*Soubriquet, s.m., sobriquet. 
*Soué, pr., soi. 
*Soueille, s. m., seigle. 
* Sauf fie. a., meiible ; terre souffle 

ou ouvre. 
*Soulè, s. m , soleil. 
*Sonnaillerie, s. f., sonnerie qui 
ennuie. 
Soulà (faire), accompagner quel- 
qu'un dans une promenade : 
faut-y vous faire soulà. 
Soulard, soiclaud, gorgé de vin 

ou de nourriture. 
Soulaire, soulard, s.m.: vent du 

levant. 
Soulé d'hiver, gendre.: ceux mal- 



heureux seule d'hiver, c'est un 
désespoir dans les familles. 
"^Soume. s. m., sommeil. 
*Soune, s. m., son. 
*Sounême, s. f., manière de faire : 

chaque bête à sounême. 
*Sounner, y., sonner. 
Sounner les pleurs, sonner le 
glas funèbre. 
*Sounnerie, s. f ., sonnerie. 
*SouneUe, s. f., sonnette. 
Sourier, v., prêter l'oreille : de- 
puis 4 heures j'étais éveillé, je 
souriais voir si j'entendrais 
souner 5 heures. 
Souster, v., garder plusieurs car- 
tes de la même couleur : elle 
n'est pas souste à carreau. 
Soutra, ce qui est dessous. 
Souterre, s. m., vent d'est. 
Soûtre, s f.; aire. 
"^Soufrer, v., mettre dessous. 
*Stomaqué, a., étonné, indigné. 

Stropia. a., estropié. 
*Sic, a., seul. 
*Su, sur. 
Su, front. 

Subriquo, s. m., supplément de 
nourriture, goûter : quand on a 
pas ben déjeuné, on peut ben 
prendre un subriquo. 
*Substonter, v., se nourrir. 
Suche, s. f., souche. 
Sudaïc, là-bas. 

Suchon, s.m., morceau de bois 
sec sur pied. 
*Suilà, pr., celui-là. 
Suhun, s. m., suie. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 118 



*Suire, v., suivre : il aime ben à 

me suire. 
*Suivu, suivi, 
*Sunger, v., penser: je n'y ai pas 

sungé. 
*Suparbe, a , superbe. 
Suzon, s. f., demi vertu: c'est une 

suzon. 

Ta, s. m., lézard. 
*Tab(julet, s. m., auberge. 
*Tabaquière, s. f., tabatière. 
Tabet, a., sot, niais. 
Tachon, s. m., cep de vigne à 

feuilles rouges. 
Tachon, s. m., blaireau. 
Tacosson, a., gros et court. 
Tacot, s. m., branche dépourvue 

de feuilles. 
Tacosser, v., couper du bois : je 
vas te faire tacosser, attends ! 
* Taillant, s. m , morceau de 

pomme, de poire, etc. 
*Taillant, s. m., côté tranchant 
d'un outil. 
Taillarfe, s. f., balafre. 
Taillasse, s. f , crevasse. 
Taille, s. f., étable, écurie. 
Taine, a., flétri : ceux feuilles 

sont bien taines. 
Taizer, v., taire: taizeras-tu ta 
gueule. 
*Tale, s. f., coup, meurtrissure. 
*Taler, v., meurtrir. 
*Talot, s, m., entrave. 
*Tahcre, s. f., meurtrissure. 
*Tangnière, s. f., tannière. 
*Tanner, v., battre. 



* Tant pire, adv., tant pis. 

Tantirelarigot (à), par profusion. 
*Tapage}(x^ a., tapageur. 
*Ta2)ée, s. f., beaucoup : une tapée 

de pommes. 
*Tapetnent, s.m., coups multipliés. 
*Tapon, s. m., bouchon en bois 

pour tonneau. 
*Taponner, v., boucher avec un 

tapon. 
*Tarabater, v., faire du bruit en 

cherchant longtemps. 
*rara."?se, s. f., mortier. 
*Tarme de, au lieu de. 
*Tarrible, a., terrible. 
Tariran, s. m., bruit, tapage ; 

nous avons assez de tariran, va. 
*Tarm.e, s. m., terme. 
*Tarre, s. f., terre. 
"^Tarturet, s. m., herbe qui vient 

dans les blés. 
*T<irtoufe, s. m., pomme de terre. 
^■Tartoufière, s. f., champ ense- 
mencé de pommes de terre . 
*T'as, tu as : t'as donc la brelue. 
Tassrement, adv., seulement : 

touche zy tassrement. 
*Tatounner, v., tâtonner. 

Tâte, a., maladif. 
*Taupe de blé, tas de blé. 
*Taupière,tSiS de blé ou autre chose» 
*Tauraille, troupeau de veaux et 

de génisses. 
*Tauriau, s. m., taureau. 
*Tauton, homme ou femme peu 

habile. 
Tayon, s. m., morceau. 
*Tazon, lent, paresseux. 



LE PATOIS BOURB0NNAIS 



— H9 



*Tazonner,Y., faire quelque chose 
lentement. 
Tchère, s. f., haie, buisson. 
Tcvner, s. m., traversin. 
*re, pr., toi, tu. 
Té, s. m., tilleul. 
Té, interj., tiens ! 
*Teindiire7', v., teindre. 

Teinser, a., teint. 
*Teinturer, v., teindre. 
*Télot, s. m., entrave, morceau de 
bois pendu au cou d'un animal 
rétif. 
Tende, s m., nerf. 
*Tenir, v., avoir. 
*Térir, v., tarir. 
*Teri.<ssement, s. m., action de 

tarir . 
*Terrat, s. m., grand vase en terre. 
*Terret, s. m., terreau. 
'^Terrovor:, a., terreux : elles sont 
ben terrouses ces pommes de 
terre . 
Têtard, s. m., arbre sans bran- 
ches. 
Tétaud, s. m., pied cornier. 
*Tés, s. m., tessons, débris de pot 

cassé. 
*Téte, s. f., roue de brouette. 
*Tétière, s. f., planche près la 

roue de brouette. 
*Tétière, s. f., partie creuse du 

joug où l'animal met sa tête. 
*Tiaulée, s. f., quantité: en vêla 
toute une tiaulée d'enfants. 
Ticinie, s. f., chienne : oué noute 
ticinie (Boucé), 
*Tiedzir, v., tiédir. 



^Tiercelet, s. m., épervier. 

*Tinée, s. f., le contenu d'une tine. 

*Tissier, s. m , tisserand. 

*Tocsiner, v , corriger. 

*Tone, s. f., très grosse mouche. 

*Ton. s. m., hanneton. 

*Ton, s. m., taon. 

*Topetle, s. f., fiole. 

*Toquante, s. f., montre : quelle 
heure donne ta toquante ? 

*Tonton, oncle : bonjour mon 
tonton. 

*TorUbrande, s. m., accès de fou 
rire. 

*Tornientement, s. m., tourment. 
Tormenter, v , tourmenter. 

*Tnrna, s. m , bâton : si je prends 
un torna. 

*Tornant, s. m., tournant, détour. 

*Torsii, tordu. 

'■^Tor/illieux, a , tortueux. 

*TortiUo7i, s m., longue suite de : 
il a fait des tortillons de ju- 
rons. 

*Tossir, V., tousser. 

*Touasse. s.f., toux. 

*Touasser. v., tousser. 

* Toucher les bœufs, conduire les 
bœufs 

*Touchoir, s. m., aiguillon. 

*Touesser, v , tousser : je suis telle- 
ment pris que je ne peux pas 
touesser. 

*Totinerre, s. m., tonnerre. 

*Toufigno7i ou Troufignon, s. m.» 
chignon. 

*Tournican, s. m., espagnolette: 
as-tu bien viré le tournican ? 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— lâo — 



*Tourte, s. f., pain rond de 15 à 
20 livres. 
Tourtelette, s. f. tourterelle. 

*Tourtier, s. m., appareil en bois 
suspendu au plancher destiné à 
recevoir les tourtes de pain. 

*Tortin, lorline, a., malin, retors, 
qui agit en dessous, traître. 

*Torton, s. m., petite miche avec 
ou sans beurre. 

*TourtoureUe, s. f., tourterelle. 

*Toussefnent, s. m., toux. 

*Toussinement, s. m. toux légère 
et répétée. 

*Toussi)ierie, s. f., toux légère et 
répétée. 

*Toussir, V,, tousser. 

*Tout à la douce, pas mal, ni 
bien ni mal : comment ça va-t-y ? 
tout à la douce. 

*Touyau, a., imbécile. 

*Touyer, v., mêler, mettre en dé- 
sordre : attends un peu que je 
vas te touyer les cartes moi. 

*Trace, s. f., haie, et particulière- 
ment haie sèche. 

* Trahir, v., surprendre. 
Traignau, s. m., jeune enfant. 

*Trainasse, s. f., heibe rampante. 

Trainerie , s. f., maladie lente, 
longue convalescence. 

*Trat7iois, s. m. pomme de terre, 
haricot, topinambour. 

*Tran, s. m., trident pour tirer le 
fumier. 

*Tranches, expression employée 
pour indiquer que les plantes 
se déracinent par le passage 



répété des araignées, grillons, 

courtillières, etc. 
*Tra7iche, s.f., houe à bras, petite 

pioche. 
*r/-a?îc/ier,v.,se décomposer :1e lait 

est tranché. 
*Tranchoué, s. m., tranchoir : ce 

fromage est bon à mettre sur le 

tranchoué. 
Trapetle, s. f., fauvette. 
*Trappe, s. f., toute petite meule 

de foin, 
*Traque, s. f., chemin au milieu 

de la neige. 
*Travarse, a., déplaisant : al pou- 

vont ben être pas travarse, les 

pauvres bêtes. 
*Travelle, s. f., bord du champ 

labouré en sens inverse. 
*Trayant. s. m., fourche de 2 ou 

3 pointes. 
*Tré, trois. 

*Trécher, v., chercher. 
*Trchir, v., trahir 
*Tre)Ou, a., toujours : ça pli tre- 

jou. 
*Treluire, v., reluir, rendre clair 

par suite du frottement : je va 

vous les faire treluire. 
*Trenihlesion, s. f., tremblement. 
*Trempe, a., trempé mouillé. 

Trenuge, s. m., chiendent. 
^Trésor, s. m., trésor. 
*Tressoir, s. m., dressoir. 
*Tretou. a., tous : a venons ben 

tretou. 
*Treue, s. f., truie. 
*Trcziaii, s. m., gerbes mises en 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 121 — 



croix, les unes sur les autres, et 
dont les épis se croisent. 

*Tri, s. m., partage. 

*Tribouiller, v., ennuyer, fatiguer, 
tracasser. 

*Tricol, s. m., hoquet. 

* Trier, v., sevrer. 

*Triger, v., aller çà et là en s'arrê- 

tant un peu partout. 
*Triger, aller ensemble. 
Trigot, s. m., tricheur en affaire : 

quel trigot. 
Trimard, 3. m. , Trimarder, v., 

voyage, voyager. 
*Triniballer, v., ne pas être solide 

sur ses jambes. 
*Trimer, v., économiser, se donner 

de la peine : y a assez longtemps 

que je trimons. 
*Trimpencr, v., traîner, porter, 

emmener : je m'ennuie de la 

trimpener. 
*Triolet, s. m., trèfle. 

* Tripoter, manier : ne tripotez don 

pas tan cette viande. 
Troché, s. m., branche d'arbre à 
laquelle sont attachés quelques 
fruits. 
*Trognolle, s. f., torgnolle, coup. 

* Troquet, s. m., blé, maïs. 
*Trouchat, s. m., toute petite 

branche surchargée de fruits. 
Trou de soupe, bouche. 
*Trouchon, s. m., torchon. 
*Troucher,y., essuyer. 
Trouchette, s. f., lavette. 
Trouve, s. f., trouvaille : j'ai fait 
une trouve. 



Trouiller, v., boire. 
*lYuc, (avoir le), plaire, trouver le 

moyen de... : il a le truc. 
*Truff'e, s. f., pomme de terre. 
*Tsoss, s. f., chausse, bas : porte 

me don ma tsoss ou tesosse. 
*Tu, pr., ils: voûtés gas sont tu à 

l'école ? 
*Tu, pr., elles : voûtés p®ules 

pounnont tu ? 
Tuêss, s. m., riche : quel est donc 

ce personnage ? ah c'est un 

tuêss. 
"^Tucher, v., toucher, faire mar- 
cher : la bergère à son chien : 

tùche, tûche, Labri. 
*Tuchoir, s. m., aiguillon. 
*Tueser, v., tuer. 
*Tufnbe, s. f.j tombe. 
*Turliibrelii, homme léger et de 

peu de capacité ne sachant pas 

ce qu'il fait. 
*Turhtrette, a., indue : vous avez 

encore fini vote ménage à des 

heures turlurette. 
*Turreau, s. m., monticule. 
Turrotc, s. f., monticule. 
Tuyauter, v., rayons faits sur 

des étoffes. 
*Tuzer ou Teuser, v., attiser. 
*Tuzo7i, s. m., tizon. 
*Tuzon7ier, v., attiser. 

Uja7i, adv , cette année : nous 
partirons ujan. 
*Ulliet, s. m , œillet. 
*Urleuge, s. f., horloge. 
*-Use, a., usé. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 122 



Usine, s. f., rigole d'arrosement. 

*Vacher, s. m., taureau, étalon. 
*Vadouoc, a., lent. 
*Vagné, s. m., latte du haut d'un 
char. 

Vagnon, s. m., mortier. 

Vaissier, s. m., étagère. 
*Vaissinu, s. m., vase, vaisseau. 
*Yalangeon, s. m., manche du 
fléau. 

Vanigoud, a., qui plie facilement : 
les salsifis, c'est très vanigaud. 
*Vanniery s. m., partie du char. 
*Va7iter, v., vanner. 

Pantechère, s. f., tablier. 
* Vaque, a., vide. 
*Varbal, a., verbal : faut en faire 

un procès-varbal, 
*Yargej s. f., verge. 
*Yarenne, s. f., terre sablonneuse. 
*Varger, s. m., verger. 

Yarguiand, s. m., aune. 
*Yarmeil, a., vermeil. 
*Yarm,ine, s. f., vermine, choses 

sales, dégoûtantes. 
*Yargier, s. m., jardin potager. 
*Yarmoulu, a., vermoulu. 
*Yarne, s. m., verne. 
*Yarpillère, s. f., serpent. 
*Yarser, v., verser. 

Vartouerer, v., se rouler dans la 
poussière. 
*Yartu, s. f., vertu. 

Yasible, a., seule ; vache sans 
veau. 
*Yaurin, s. m., vaurien. 
*ye, s. m., vers. 



Yediau, s. m., veau. 
*Yef, Yefve, a., veuf, veuve. 
*Yelà, adv., voilà. 
*YeUe, s. f., génisse. 
Yena, part., viens : vena sonner. 
Yenderdi, s. m., vendredi. 
*Yendre v., dénoncer, avouer in- 
volontairement ce que l'on au- 
rait voulu tenir caché. 

* Vendre (se), remplacer un soldat 

à prix d'argent. 
*Ve)idu, a., remplaçant. 
*Vene, s. f., veine. 
*Veni (prendre), aspirer. 
Ventrée, s. f., bon repas : ils se 
sont donnés une ventrée soi- 
gnée. 
Yenlrailles, s. f , entrailles. 
Verdaud, a., verdâtre. 
Verdiau, s. m., osier. 
Verge, s. f., osier. 
'^Vergeon, s. m., bord de la crèche. 
Yerjuler ou Vrejuler, v., suinter 
en faisant du bruit : tiens velà 
que ça verjute (ce bois). 
*VériUer, v., se dit des raisins 
qui commencent à prendre une 
teinte rose. 
*Yerin, s. m., venin. 
Vérin, s. m., grosse araignée, 
Yer7ie, s. m., aulne. 
Vernisser, v , fureter. 
Ver7iissou, a., fureteur. 
*Verou, s. m , verrou. 
*Vcrpillasse, s. f., grosse chenille. 

* Verre, a., véreux : le fruit est 

tout verre cette année. 
*Yerriau, s. m., soupirail. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 123 — 



Yerte, a., sans courage : cette bête 
est verte. 
*Yeser v., haleter. 
Vesille, s f., petite branche. 
Vesin, a., voisin. 
*Vessier, s. m., buffet sur les 
rayons duquel on place les 
assiettes et les cuillères. 
Vetchi, voici. 

* Vende, a., vide 

Vezon, s. m., respiration difficile. 
*Viau, s. m., veau. 
'^Vielleux, s. m., joueur de vielle. 
*Vieillezir, v., vieillir. 

* Vienne, s. f., vieille. 
*Viendre, v., venir. 

Viet, s. m., chemin. 
Vigean, s. m., réunion au milieu 
des champs pendant les soirées 
des dimanches d'été : où se tient 
le vigean aujourd'hui ? 
*VilUée, s. f., veillée 
*Viller, V., veiller. 
*\iolet, s. m., tout petit chemin 

où l'on ne passe qu'à pied. 
*Viol07ieur, s. m., joueur de violon. 

Viou, vécu. 
*Vioitnner, v., souffler, ronfler : le 

vent viounne. 
^Vinobe, s. m., vignoble. 

* Virer, v., tourner. 

* Virer, v. , se garer, tourner : vire- 

toi de là. 
*Virer, v., chasser : vire les poules. 
*Virmarion, s. m., soufflet : je vas 

te donner un virmarion. 
*Vire7nidi, s. m., repas de onze 

heures ou de midi. 



*Virmouche, s. m., objet avec le- 
quel on chasse les mouches. 
*Viron, s. m., tournée, promenade : 

je m'en vas faire mon petit 

viron. 
"^Virounner, v., aller et venir sans 

but déterminé : a virounne dans 

la cour et le jardin. 
Visaler, v., surexciter. 
*Vise, s. f., osier. 
Viselé, V., garnir de dessins ornés : 

t'as des sabots ben viselés. 
Visoiière, donner dans la vi- 

souère : plaire ou déplaire. 
*Vitu, s. m., blé enveloppé. 
Viveté, s. f., vivacité : al a ben de 

la viveté. 
Vixner, s. m., radeau. 
*Volant ou Voulant, s. m., faucille. 
*Volonquiers, adv., volontiers. 
*Vou, ce : vou est une bonne 

affaire. 
*Vou, il : vou y a, pour : il y a. 
*Vûuéle auvent, vol-au-vent. 
*Vouénia, ce n'est que. 
*Vouessot, e'était. 
*Voul, s. m., vol. 
*Voulaille, s. f., volaille. 
*Voulé, vouloir. 
*Voulée, s. f., quantité : il y en a 

une bonne voulée. 
*Voulontiers, adv., volontiers. 

* Voûte, a., votre. 

* Voûtés, vos. 
*Vouyage, s. m., voyage. 
^Vouyager, v., voyager. 
*Vouyageux, s. m., voyageur. 
*Voyagère, a., viagère. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 124 — 



*Vreco, s. m., ver de terre. 
Vreder, v., changer de place, faire 
disparaître . je vas te faire vre- 
der. 
Vredin, s. m., bruit, tapage. 
Vregasse,s.i. ,fïU.e décontenancée. 
*Vrelope, s. f., varlope. 
Vrenauler, v., aller et venir sou- 
vent : il ne fait que de vre- 
nauler 
Vrenoler, v., fureter, chercher 
dans les ceins d'un apparte- 
ment, d'une armoire. 
*Vrepie, s. f., vipère. 

Vrepiyère, s. f., urticaire. 
*^rra, s. m., verrat. 
*Vrrin, s. m., venin. 
Yretigô, s. m., vertigo, surexcita- 
tion ; al a le vretigô (action de 
contrarier quelqu'un). 
Vrisser, v., couler, glisser : al a 
vrissé de dessous sa couverture. 
*Yude^ a., vide. 

*y«n, s. m., lien : tends me donc 
ce y an. 
Yette, s. f., tiroir en bois. 
*Yeu ou Gneu, s. m., œil, 



*y(3, cri de surprise : yé que c'est 

drôle. 
*y là, tout près. 

Yope, s. f., loupe. 

You, cri de joie ; you-you ! 

*Zampa, s. m , privation d'appé- 
tit : vous avez les zampas. 
Zêlaïde, là-bas, dehors. 
Zeste (avoir le), s. m., plaire à 

tout le monde : al a le zeste. 
Ziéie, s. m., plat en bois pour 

traire les vaches. 
Zigougner, v., toucher souvent, 

triturer. 
Zizailler, v., découper mal à pro- 
pos 
*Zizou, paresseux, lambin, tatil- 
lon : c'est un zizou comme on 
en n'a pas vu. 
*Zizoulage, s. m., action de zizou- 

ter. 
*ZizoiUcr, v , tatillonner, faire des 
choses sans importance. 
Zonzon, s. m., réprimande, galop. 
*Zonzoinier, v., aller lentement, 
lambin : hé ben, ne zonzoune 
pas tant. 



'\r^ 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



'^\î/f/ ^?V•l?/^ ^V*lfi!5' .'^A*!^/' .'^A'l^«5' .'vV'l?/5' •■^A'l?7/' •^A'IS''?' •'vA'lS!?' •^A*lî^y' •'\A*I5'/*' 
^^ ^^ '^p *^^* '^J %^^ '^p '^p '^p '^p -^f^^' 



Quelque^ Locutiops diverse^ 

DONT NOUS DONNONS L'eXPLICATION 

Car nos arrière-petits-neveux n'en sauraient peut-être pas le sens. 



Vouessé t'y bien révéla 
agneu ou cou matin ? 

Manger un dinde. 



On a plus tôt trouvé 
500 fr. dans son étable 
que sur son grenier. 

Sauf voire honneur et 
votre respect. 



Dieu te crèche. 



C'est-à-dire comment vous portez- 
vous? 

Plaider. On oppose par ironie un grand 
plaisir à un vif désagrément. « Us man- 
gent un dinde » : ils plaident. 

Proverbe nouveau (relativement), mais 
qui se répète à chaque instant depuis les 
progrès récents de l'agriculture. 

On emploie cette formule devant toute 
expression qui renferme une idée de 
malpropreté : cochon, fumier, etc. 

Sauf votre honneur, je conduis mes 
cochons au champ. 

On dit à la personne qui éternue : Dieu 
te crèche, c'est-à-dire Dieu vous garde, 
Dieu vous bénisse. Dieu vous préserve de 
la mort. . . 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 126 — 



Le mal de la crève. 

Chin malade. 

Que le diable me fut. 

Faire Saint-Martin. 
Faire la Saint-Jean. 

Porter la rôtie. 



Passer à champs tra- 
vers. 

Manger la soupe sur la 
tête de. . 

Du dequoi. 

Vous avez - ty une 
gringe ? 



La mort. Je ne lui souhaite pas le mal 
de la crève. 

Chien atteint de la rage. 

Formule négative ou affirmative : « Que 
le diable me fut, si c'est vrai. . . ou pas 
vrai. 

Quitter un domaine au 11 novembre. 

Changer de maître ou de domestique 
au 24 juin. 

Usage autrefois général, mais tombé 
en désuétude. Vers la fin de la nuit, on 
portait à une jeune mariée une tranche 
de pain grillé (rôti), et un verre de vin 
sucré. 

Marcher en ligne droite. 
Etre plus grand que. . . 

Avoir du de quoi : Etre riche ou à l'aise. 

Question qu'adressait souvent avec 
anxiété tout paysan journalier à ses sem- 
blables aux approches de l'hiver ; ques- 
tion alors de la plus haute importance 
pour eux tous et dont voici l'explication : 
Vers la fin d'octobre, ou dans les pre- 
miers jours de novembre, chaque paysan 
avait recours à quelque propriétaire dont 
les granges étaient plus ou moins abon- 
damment pourvues de gerbes de blé, et 
tâchait de s'entendre avec lui pour les 
battre au fléau pendant la saison rigou- 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 127 — 

reuse, car il s'assurait de cette manière 
du travail et du pain pendant tout l'hiver ; 
aussi ces places de batteurs en grange 
(batteux en gringe) étaient vivement 
recherchées quoique peu grassement 
payées : 40 centimes par jour sans être 
nourri, et parfois 35 et même 30 centimes 
(de 8 sous à 6 sous). 

Gare le bouillon d'onze Certaines âmes timorées parmi les 
heures ! cultivateurs s'imaginent que, dans les 

hôpitaux, lorsqu'une personne a une 
maladie longue et incurable, on lui donne 
une potion qui la fait mourir, pour débar- 
rasser la maison d'une bouche inutile. 
C'est cette potion qui se nomme le bouil- 
lon d'onze heures ; aussi beaucoup de 
paysans ne redoutent-ils le séjour de 
l'hôpital que parce qu'ils se disent entre 
eux : « Gare le bouillon d'onze heures », 
quand ils savent qu'un de leurs sembla- 
bles est atteint d'une maladie de langueur 
réputée incurable. 

La pensée se reporte involontairement 
au (( rien de nouveau sous le soleil », 
quand on songe au proverbe « apio eget » 
des Romains, « il ne faut plus que 
l'ache » , (tisane faite avec l'ache) , disaient- 
ils, en parlant des malades désespérés : 
cette plante était considérée comme fu- 
nèbre et fatale. 

Ribole. Se réjouir à table. A la fin d'un ouvrage 

lorsqu'un maître ouvrier, patron, ou autre 
propriétaire gratifie ses ouvriers de quel- 
ques bons repas avec une certaine quan- 

LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 128 



Avoir sa retirance. 



De la Sainte-Nouvelle. 

Ne tenir' que du branle. 

La foire nest pas sur le 
pont. 

Le temps va se déboucher. 

Le temps est débouché. 

Le temps est en humeur. 

Le temps est malade. 

A ne vaut guère. 

A ne vaut guère. 

Passance. 



Adieu pas. 



tité de vin, c'est ce que ces derniers 
appellent faire la ribole. 

A l'époque de la Renaissance, lorsque 
les artistes italiens vinrent en France, ils 
amenèrent avec eux une foule d'ouvriers 
qui répandirent l'usage de la ribole ; de 
Rihola, nom d'un vin célèbre d'Italie, du 
temps de Boccace. 

Maison ou famille où l'on espère aller 
habiter quand on ne pourra plus travailler ; 
il a sa retirance chez son fils, chez son 
neveu, chez un parent ou parfois un ami, 
ou chez lui-même s'il possède une maison, 
quelques terres. 

Je l'ignore absolument. « Viendra-ty ? 
— J'en sais rin de la sainte nouvelle. » 

Etre en danger de mort. 

Ne nous pressons pas. 

Il va pleuvoir. 

Il pleut. 

Eclairs et tonnerre. 

Chaleur accablante sans soleil. 

Il est malade. 

9 

Ce n'est pas grand chose de bon. 

Temps qui s'écoule d'une récolte à 
l'autre: As-tu ta passance? C'est-à-dire ta 
récolte te suffîra-t-elle pour attendre 
l'autre ? 

Sans adieu. 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



— 129 — 

Bourbonniciionne et Boul'hollmct^o^, Ce dicton assez répandu se trouve sous 

Habits de velours, ventre de son. une forme à peu près semblable dans le 

manuscrit Conny. Quelques personnes 
ont donné à cette espèce de distique une 
interprétation qui nous paraît tout à l'ait 
erronnée ; et nous croyons devoir réagir 
vivement contre toute supposition bles- 
sante à l'égard de notre jeunesse bour- 
bonnaise qui de tout temps a été essen- 
tiellement « glorieuse », expression du 
pays (qu'il faut bien se garder de prendre 
en mauvaise part), car le mot « glorieux » 
signifie simplement : aimant à être tou- 
jours mis proprement et à se parer 
parfois de beaux habits, quand les cir- 
constances l'exigent. 

Tandis que dans les régions voisines, 
l'Auvergne, la Creuse, le Berry, les jeunes 
gens aimaient mieux de bons repas que 
de beaux habits, les Bourbonnais préfé- 
raient avec raison dépenser plus d'argent 
à une toilette qui les relevait à leurs yeux 
et aux yeux de leurs semblables. La 
femme surtout y" mettait une certaine 
coquetterie et nous employons ce mot 
dans son véritable sens, qui consiste 
uniquement dans l'art de plaire, mais 
sans s'écarter d'une morale sévère, ni 
d'un maintien correct et plein de décence 
qui impose le respect. Et n'est-il pas, du 
reste, de l'essence de la femme de cher- 
cher à plaire ? Mais tout en cherchant à 
plaire, on peut être un modèle d'hono- 
rabilité (1). 

La Bourbonnaise a toujours su se parer 
avec un goût exquis et elle était déjà 

(1) «... .en tenant la coquetterie dans ses limites, on la rend modeste et vraie : 
on BQ fait une loi de l'honnêteté ». J.-J. Rousseau. 

9 LE patois bourbonnais 



— 130 — 

coiffée de ce ravissant chapeau « à deux 
bonjours » quand ses voisines les Auver- 
gnates avaient la tête engloutie sous de 
lourds et informes chapeaux et que les 
Berrichonnes échaffaudaient sur leur tète 
toute une boutique de lingerie. 

La jeune Bourbonnaise est généralement 
jolie, presque toujours gracieuse, elle se 
complaîtà considérer lafînessede sataille^ 
et une retenue toute naturelle et sans le 
moindre apprêt imprime parfois à toute 
sa personne une certaine distinction si 
recherchée par toutes les femmes, mais 
si difficile à atteindre. 

Elle a le talent de savoir allier le devoir 
et le plaisir ; aussi la voit-on quitter sans 
peine son chapelet pour se diriger vers le 
bal, comme on la voit également aban- 
donner volontiers la danse pour retourner 
à son chapelet ; mais dans tous les cas on 
peut être sûr que cette jeune fille si gaie, si 
rieuse et parfois si folâtre, se transformera 
immédiatement après son mariage en 
épouse vertueuse et en excellente mère 
de famille. 



^V 



LE PATOIS BOURBONNAIS 



EXEMPLE DU PATOIS BOURBONNAIS 

DU CANTON DE VARENNES 



Comme exemple du patois de Varennes, nous croyons devoir donner la 
légende de la pie voleuse de l'hôpital de Gayette, que nous prenons dans le 
livre de M. Duchon, intitulé Grammaire et Dictionnaire du Patois bourbonnais. 



L'Oïassc de Gaycttc 



Vé le bourg de Montoudre, su un turau qu'y a des boés d'un 
coûta et des pra de l'aute, fôrts-tarrains et fôrt-tarrines, veïez-vous 
l'hôpital de Gayette? Ou é bin n-aisant a vère dret-Ià : Ion que l'é, a 
semble un villadze. Ou é unhne retirance pre les vieux strôpiâs. Mais 
faudrun pas crère qu'ai é étà bâti à l'esqueprê. San unhne oïasse, 
a serun pas é pouvres. Ou essô un beau chatiau qu'unhne dame bin 
ritse habitô. 

Dans les vaissiyés, les sarvantes pouziant tous les dzours des 
pichiers, des fourtsettes et des quilles en ardzent ; la dame avô 
treché les fîUes les pu honnêtes dou pays, et dzamais presoune 
les ère acorpées (accusées) de voul. 

Unhne de ieux z'aute enlevô (élevait) unhne oïasse qu'un cheti 
gâ avô dégniâ dans les brantses dou châgne, Ion qu'où embredzô 
(pendait) les maufesans. « Têh ! li avô dit cou gà bin fûtà, ou te 
pourterâ bounheùr, » Et le li douni. 

La sarvanle enleva que l'oïasse ; li apprenô à causer. 

LE PATOIS POURBONNAIS 



— 132 — 

Le lendemain d'un apport, la dame avisa ce que l'avô d'ardzen- 
tri ; li manquô un quille. 

Le trechi la gâte qu'avô randzâ les vaissiyés : ou essô mêmement 
la sarvante à l'oïasse. Le la fait empougner et le la questionne : l'a 
beau dire qu'où é pas se, le la condanhne et l'embredze au châgne 
des maufesans. 

Le disi, en mourant, la paure sarvante : « Vêla ce que m'a coûta 
mon oïasse que devé me pourter bounheùr ! » 

Un an après, en réparant la couvàrture dou chatiau, sou unhne 
tuile, le couvreù trouve le quille predu. A cou moument, l'oïasse 
empourtô au même endrêt unhne pièce de monnaie que le venô de 
prendre. Le couvreù y dit à la dame qui agour se tsagrine : « Paure 
sarvante qu'i ai fait meuri ! », que le disi. 

Deux anhnées pu tard, aile douni son chatiau et ses appartenances 
é pouvres de Varennes, de Montoudre, de Boucè, de Montaigu, de 
Rondzères, de Landzy, de Saint -Dzerand, de Crètsy, de Sanssat et 
des alentours. 

Velà ce que me dizi Dzôzé, le vieux ancien meneû de loups qu'é 
mort y a mais de soixante ans, et que le monde cause inquère. 



La prononciation dilïére quelquefois de l'orthographe ; ainsi le ch se trans- 
forme souvent en ts ou t2, le g et le j en ds ou dz, mais toutefois la différence 
est biea moins sensible à l'oreille que les lettres ne l'indiquent. 



-îSJ]^ 



LE PATOIS BOURBONNAIS 








ERRATA 



Page 5 au lieu de orfaie, lisez orfraie. 

Page 16 — M. Marlot, — M. Moriot. 

Page 90 — mavais, — mauvais. 

Page 96 — aiguë, — ciguë. 

Page 96 — nais, — niais. 




LE PATOIS BOURBONNAIS 



NOTE DE L'ÉDITEUR 



piiciPâii mmim m i, mmm 



Essais sur rir)vraisen)blai)ce du règi)e con)n)Ui) et sin)Ul- 
tai)é de Louis 111 et Carlon)ai) ei) 879. — « Il nous semble que 
vous êtes tous dans l'erreur », dit M. Choussy en s'adressant à tous nos 
historiens, et tous, les Guizot, les H. Martin, les de Barante, les Michelet, 
les A. Thierry, etc., se rangèrent sous son « drapeau ». Expression de 
M. Martin de l'Académie française. 

Publié en 1856 Épuisé. 



Histoire des Français, en abrégé, depuis les temps les plus 
reculés jusqu'à nos jours (1857): 2 gros volumes grand in-8o avec ce 
sous titre : « Histoire : 1" des mœurs et coutumes ; 2° des inventions ; 
3" de la langue française avec des citations prises dans les écrivains de 
chaque siècle et de chaque période, où l'on peut suivre pas à pas ses 
progrès et son perfectionnement ; 4° de l'art milit'aire; 5o du commerce ; 
6° de la philosophie. » 

Dénigré avec passion d'une part, loué chaleureusement d'autre part, 
tel fut le sort de cet ouvrage. Pour rester dans la note qui se rapproche 
le plus de la vérité, voici les appréciations de divers historiens de tous 
les partis : Guizot « Vous avez maintenu votre indépendance et démontré 
votre impartialité. Votre livre reste après les critiques ce qu'il était 
auparavant, un bon, véridique et moral résumé de notre histoire. » 
— de Barante : « Livre écrit sous une inspiration de sagesse et de 
morale ». — Michelet : « Malgré l'extrême différence de nos opinions 
religieuses et politiques je ne suis pas moins frappé de ce travail 
immense de cette forte ériidition, je sens votre sincérité, votre loyauté 
courageuse », et il loue sans réserve M. Choussy de son « idée neuve et 
originale » du sous titre consigné plus haut. — Académie de Clcrmont- 
Ferrand : « Livre habilement écrit et sagement pensé. » 

Épuisé , 



Du Sermon complet de Bossuet sur le jugement dernier 

(Rejiroduclion exacte rie toutes les ratures, surcharges, etc., précédé ri'une étude, (eij 1884) 

L'auteur prouve que non seulement Bossuet, à son premier jet de 
plume, n'était pas digne de figurer parmi les écoliers de seconde, mais il 
va même jusqu'à donner Tépithète de trivial au grand orateur, à l'illustre 
écrivain. Mais on est à se demander quel accueil pouvait faire le monde 
savant et l'Episcopat à un traité de cette nature ? Eh bien que l'on se 
rassure. Jamais auteur peut-être n'a reçu de félicitations si nombreuses, 
si vives et si sincères. En effet, l'immense avantage de cette publication 
était de servir de leçon et d'exemple aux jeunes gens qui se destinent 
aux hautes Études littéraires, en leur prouvant qu'à l'exemple de 
Bossuet il n'y a pas de honte à se raturer sans cesse. C'est ce qu'avaient 
saisi sur le champ dix membres de l'Académie française, des profes- 
seurs en Sorbonne et au Collège de France, des membres de l'Institut, 
trois ministres de l'Instruction publique, etc., etc. Il fallait que les élèves 
puissent se rendre compte par eux-mêmes pourquoi Bossuet avait effacé 
tel mot et l'avait remplacé par tel autre, qui parait être synonyme. Mais 
que de nuances à observer !... « Quelle excellente leçon de rhétorique 
écrivait Mgr d'Hulst, recteur de l'Université catholique de Paris ». — 
« Quelle excellente méthode » s'écriait M. Taine. — « Ah ! disait Emile 
Augier,vous nous faites voir Bossuet sous un jour nouveau ». — « Publi- 
cation vraiment utile et curieuse. Quel fructueux exercice ! affirmait 
Léopold Delisle, de l'Institut. » — Des professeurs en Sorbonne s'em- 
pressaient d'en faire part à leurs auditeurs, etc.. etc. — « Je comprends 
l'intérêt et l'importance de pareilles études où vous êtes un maître 
reconnu ». Vacherot, de l'Institut, ancien directeur de l'Ecole normale 
supérieure de Paris. 

Et l'Episcopat ? Un très grand nombre de nos prélats des plus dis- 
tingués, y compris nos six cardinaux de France, faisaient parvenir à 
M. Choussy leurs plus chaleureuses félicitations, à tel point que l'un 
d'eux s'exprime en ces termes : « Je vais réunir tout exprès les jeunes 
gens de mes grands et petits séminaires pour leur faire part de vos 
travaux, et, s'il en sort plus tard quelques fruits, nous vous les devrons. » 

Epuisé. 

Rectifications littéraires & l^istoriques 

Jules Simon et plusieurs autres savants déclarent avoir appris des 
choses qu'ils ignoraient. Et l'un de nos écrivains les plus remarquables 
parmi le clergé français, Mgr Dabert, évêque de Périgueux, s'exprimait 
ainsi : « Votre critique est de tout point si bien armé que vous forcez 
pour ainsi dire la conviction du lecteur. » Epuisé. 

:c, SI fiâii Missros 

Première édition 1895 

Deuxième édition, considérablement augmentée 1896 

M. Choussy initie le lecteur à la thèse qu'il va soutenir dans la vie de 
Jeanne Darc (d'autre part). Epuisé. 



VIE DE JEANNE DARC, PAR J.-E. CHOUSSY 

N'est-il pas vraiment bien curieux et bien triste tout à la fois, d'en- 
tendre nos plus grands historiens dire de Jeanne Darc la plus pure, la 
plus sympathique et la plus illustre de toutes nos gloires, que ce n'est 
qu'une fourbe et une vantarde ? Tous soutiennent qu'elle a failli à sa 
mission et, ce qui est mille fois plus extraordinaire encore, c'est que tous 
ont raison au point de vue des matériaux historiques recueillis jusqu'à 
ce jour : en effet. Jeanne avait écrit au roi d'Angleterre que c'est elle- 
même, au nom du Tout-puissant, qui chasserait les Anglais de France (et 
on sait que ce n'est point elle-même qui les a chassés), et à ce même 
moment elle tenait un langage tout opposé devant une foule de témoins 
assignés au procès de réhabilitation, tous d'une honorabilité incontes- 
table et incontestée même pnrmi ses adversaires, et elle leur affirmait 
que Dieu l'avait envoyée seulement pour faire couronner le roi à Reims, 
et, en effet, elle fit couronner Charles VII à Reims. 

Ne nous trouvons-nous pas en présence d'un fait qui renverse toutes 
les idées reçues jusqu'à ce jour et laisse notre imagination vagabonder 
dans l'inconnu le plus mystérieux : la vertu et le vice suivant le même 
sentier la main dans la main ? Voilà 400 ans que tous nos historiens 
donnent sans commentaires ce fait étrange comme véridique. Il était 
tellement étrange que M. Choussy a voulu l'éclaircir et, Fiat lux, il a 
acquis la certitude et prouvé par une accumulation de matériaux de tous 
genres, que Jeanne avait déclaré la vérité aux témoins et que sa pré- 
tendue lettre au roi d'Angleterre, qui la condamne aux yeux de l'histoire 
n'est qu'une fausse lettre, un faux de plus commis par Gauchon, son 
ennemi mortel : donc il n'y a de sa part ni fourberie ni vantardise et 
elle a très exactement accompli sa mission — le sacre de Charles VII. 

Il nous est impossible de citer les noms de tous les savants et prélats 
(cardinaux, archevêques et évêques) qui ont accueilli cette nouvelle avec 
une « véritable satisfaction », ainsi que tous les descendants de la 
famille de Jeanne Darc. 

Nous ne citerons que le fragment d'une appréciation émanée d'un 
professeur en Sorbonne, M. Loyson : « Je ne pense pas que personne de 
sensé et de loyal puisse résister à la force de vos arguments et des docu- 
ments contradictoires que vous accumulez. C'est un modèle de critique 
historique à la hauteur des plus érudits et à la portée de tous. En sauvant 
la gloire de Jeanne, etc., vous lui avez élevé un monument impéris- 
sable, c'est votre livre qui restera comme le dernier mot de son histoire... 
une étude magistrale... » 

Enfin cet ouvrage a valu à M. Choussy (circonstance peut-être unique) 
les félicitations tout à la fois de la Papauté de la Libre-Pensée, ce qui 
fait le plus grand honneur à la loyauté et à l'impartialité de l'écrivain. 
« Savant et chevaleresque défenseur de Jeanne» dit le Bref donnépar 
le Saint-Père. —- « Remarquable et consciencieux ouvrage »> écrit 
le libre-penseur M. de Mahy, dans la Nouvelle Revue du 15 juin 1901 et 
reconnaissant en même temps la fausseté de la lettre au roi d'Angleterre. 

Sur les 12^000 historiens de Jeanne Darc. il n'existe en France que 
deux écrivains laïques qui ont obtenu un bref du Saint-Père au sujet de 
la vie de Jeanne Darc : M. Wallon, de l'Institut, et M. Choussy. 

Première édition, 550 pages, grand in-8o : 6 francs, franco. 

Deuxième édition, 350 pages : 4 francs (à peu près même texte à 
l'exception des notes; (franco). 

Troisième édition, en abrégé, 100 pages, 1 fr. 50 (franco). 

Gravures de nos meilleurs artistes (Ingres, Lenepveu (fresques du Panthéon), Frémiet, etc.), 
très nombreuses et exactement les mêmes dans les trois éditions. L EDITEUR. 

Moulins. — Imprimerie Bourbonnaise Louis Lamapet, 64, rue d'Allier. 



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?G Choussy, Sdouard Joseph 

2997 Le patois Bourbonnais 

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