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Bourbor{r{ai>
PRECEDE D'UN
SIMPLE ESSAI ETYMOLOeiQDE
Prix : 4 Francs
MOULINS
IMPRIMERIE BOURBONNAISE Louis LAMAPET
64, Rue D'Allier, 64
n
VKv
ABRÉVIATIONS
Verbe v.
Substantif s.
Adjectif. a.
Adverbe adv.
Pronom pr.
Masculin .... m.
Féminin f.
Par extension par ext.
2997
3é^
PRÉFACE
oici les quelques vers^ sans prétention aucune (1\
que nous adressions, il y a longtemps, à Tun de
nos amis décédé depuis un certain nombre d'an-
nées; et nous ne les lui faisions parvenir alors, que pour qu'il
se rendit compte immédiatement de la grande quantité de
mots patois qui dérivent du grec : c'est dans ce seul et
même but, vis-à-vis du public, que nous les reproduisons
aujourd'hui.
Je ne sais si le vieil Homère
A quitté le séjour des Dieux
Pour venir inonder la terre
De ses accents mélodieux ;
Mais dans le plus petit village,
Et souvent même à chaque pas,
(1^ Ces vers, en effet, écrits sans prétention, sont semblables à ceux qu'un ami
adresse à un ami. Mais, toutefois, nous croyons devoir prévenir le lecteur, que
M. Ghoussy a déjà put'lié un livre de poésies qui a reçu l'approbation des
hommes les plus compétents : « On ne peut qu'admirer avec quelle souplesse de
talent et quelle justesse d'expression l'auteur atoide les sujets les plus ditfi-
ciles ». {L.'Umon.) François Coppée déclare que : « C'est un tour de force poéti-
que. » Et notre poète nioulinois, Théodore de Banville, s'exprime ainsi :
« Livre, dont l'inspiration si noble et fci élevée est bien servie par une forme
exquise et pure. » Etc., etc. L'Editeur.
LE PATOIS BOURBONNAIS
_ 4 —
Ce nouvel et divin langage
Etait pour tous si plein d'appas
Que la plus humble ménagère
Pouvait de l'étable au lavoir
S'entretenir avec Homère
Depuis le matin jusqu'au soir.
Gouia, chantait le barde, en parlant d'eau bourbeuse.
Quel « gouia », dit une laveuse,
En retirant du bourbier son sabot.
Que fait ce tout petit marmot ?
Il se vautre dans la « patouille ».
Patou, disait le gamin grec,
Cherchant l'humidité pour éviter le sec.
Faut-il donc que je fouille
Dans leurs écrits ? Nous mangeons le « gouéron, »
Ils croquaient le Gouéros : Nous appelons « Pelasse »
Ce qu'ils nommaient Pela. Tel enfant sur la place,
Patauge dans la » borbe » et s'y met à « groupton. »
Borboros et Groupto, disait-on dans la Grèce.
II faudrait du papier de Moulins à Lutèce
Pour les exprimer tous à vos yeux étonnés.
Voyez-vous ces moutons par la peur entraînés ?
« Ooth », dit la Bergère, et l'Oios fidèle
Accourt en bondissant à la voix qui l'appelle ;
« Curayon » est né de Curebia.
« Andière », d'Andreia.
«|Mamé », pour grand'maman, a frappé mon oreille ;
Et la langue des Grecs, à nulle autre pareille,
Disait aussi : Mamé, pour grand'maman.
Mais que nous dit encor la voix d'un paysan ?
Je suis tout « tribouié », ma « tauraille » est malade » ;
Taura, Triboien, au temps d'Alcibiade.
Nos champs sont divisés par « Cassis » « Cassios »,
Et ceux des Grecs Tétaient par Cassis, Casséos.
LE PATOIS BOURBONNAIS
Dans la sombre forêt, tout-à-coup une branche,
Sous l'efTort vigoureux du bûcheron, «. s'éclanche ».
Enfin, dit-il, elle est donc « éclancha ».
Son collègue disait : elle est donc éciassa.
Que « tarabatez-vous » au-dessus de ma tète ?
Tarassate, l'écho répète.
Et ce gros « pansigot » qui marche pesamment,
Nous vient de Pansthénès, tout naturellement.
Regardez ces poussins que l'orfaie « épivasse » ;
Epifabas, en grec. Entendez la « Jacasse »
Etourdir la terre et le ciel
De son babil simpiternel ;
laçasse. Nos gens, comme du temps d'Homère,
Se servent du marron pour remuer la terre.
Rogué créa « roquer », « Bramer» vient de brazo
(( Embouni », d'embioun ; « Sabat », de sabazo.
J'en passe mille et mille, et si je ne m'abuse,
A de nouveaux labe urs ma plume se refuse ;
Et ma plume a raison : Je suis « acabassa »,
Homère, en souriant, me répond : Cabassa !
LE PATOIS BOURBONNAIS
SIMPLE ESSAI ÉTYMOLOGIQUE
DU
Patois Bourbonnais
Monsieur le Président de la. Société d'Emulation
et honorables collègues,
Un archiviste de l'Allier, M. Ghazaud, notre ancien collè-
gue, avait eu l'heureuse idée, vers 1875, de donner au
pubhc un glossaire bourbonnais, et il s'était adressé à tous
les membres de la Société pour obtenir des renseignements.
Beaucoup d'entre nous avaient répondu à son appel, mais
une mort prématurée ne lui a pas permis de voir se réahser
son projet.
Nous nous étions occupé personnellement du canton de
Varennes et nous allons publier aujourd'hui le résultat de
nos recherches. Nous tenons à faire observer tout d'abord
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 8 —
que ce que nous appelons patois est plutôt une déformation
de la langue française qu'une langue originale.
Ce qui vous frappera tout d'abord, Messieurs et honora-
bles collègues, comme nous l'avons été nous- même, c'est
cette grande quantité de mots qui dérivent du grec, comme
vous allez en j uger par un essai étymologique. S'il n'y en avait
eu qu'un nombre restreint, on rejetterait ce fait sur le
hasard, mais le nombre en est si grand qu'il existe une
cause ; et quelle est-elle ?
Ici notre embarras est immense, et nous avouons sans
détour que nous renoncerions à chercher une solution, si
nous ne connaissions pas les bons sentiments qui doivent
exister parmi les membres de toute Société littéraire les
uns envers les autres, et si nous ne savions pas que
vous êtes tout disposé à nous accorder un généreux
pardon, si nos recherches ne parviennent pas à faire
sortir la vérité à travers les voiles épais qui la dérobent à
nos regards.
En résumé, bien loin de soutenir une thèse, nous sou-
mettons, en tout et pour tout, de simples essais à vos
lumières.
Gomme il n'y a pas d'effet sans cause, si nous trouvons
tant d'expressions dérivées du grec et parfois complète"
ment grecques, on est forcé, sinon d'affirmer, du moins de
supposer, bon gré mal gré, que notre pays a été habité
autrefois, plus ou moins longtemps, par une colonie des-
cendant des Pélasges.
« On sait que Marseille a vu quatre colonies phocéennes
consécutives se succéder et séparées par l'intervalle d'un
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 9 —
an, et les deux dernières séparées de cinq ans. » (Raoul
Rochctte, t. III, p. 416).
Comme Strabon nous dit que cette contrée était plus
propre à la culture de la vigne et de l'olive qu'à celle du
blé, ils durent « chercher de bonne heure à s'enrichir par
le commerce et les expéditions maritimes ». Mais comme
avant tout il faul vivre, ils allèrent à la recherche du blé. et,
en remontant les deux rives du Rhône, ils arrivèrent
d'abord à Lyon, et l'on sait que les Rhodiens, issus des
Phocéens, « ont donné à cette ville une origine rhodienne ».
Voilà donc une colonie déjà assez rapprochée du Bourbon-
nais ; et, en descendant les rives de l'Allier et de la Loire,
les Phocéens, ou Rhodiens ou Ibériens, issus éj^alement
des Phocéens, en poursuivant le cours de leurs exploits et
de leurs recherches alimentaires, durent nécessairement
s'arrêter dans les plaines si fertiles de la Limagne ; et on
sait que la Limagne n'est pas restreinte seulement à
l'Auvergne, mais qu'elle s'étend jusque dans l'arrondisse-
ment de Lapalisse, dans les plaines de Montaigut, de Boucé
et pays circonvoisins du canton de Varennes : des cartes
géographiques attestent au surplus l'exactitude de nos asser-
tions.
Mais, nous dira-t-on immédiatement : Pourrez-vous citer
quelques légères traces matérielles de leur passage ? Oui,
c'est possible, mais le nombre évidemment ne peut pas
être considérable, surtout après tant de siècles, où diverses
hordes plus ou moins barbares se sont succédé les unes aux
autres, s'acharnant à détruire de fond en comble tout ce
qui leur tombait sous la main, afin de ne rien laisser subsis-
ter des œuvres de leurs prédécesseurs. Il faudra donc nous
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 10 —
contenter de quelques vestiges, qui à eux seuls, toutefois,
dans des circonstances aussi peu favorables, seront d'un
puissant secours pour coordonner nos idées et nous fourni-
ront des preuves absolument plausibles et quelques-unes
peut-être péremptoires.
Et qui sait, si parmi tant d'objets recueillis depuis long-
temps et classés comme provenant des Romains, puisque
l'on ne se doutait pas de l'existence d'une colonie grecque
dans nos pays), qui sait s'il ne s'en trouverait pas quelques-
uns qui pourraient être attribués aux Peslages ?
Vous ne serez nullement surpris de voir figurer dans les
preuves que nous allons vous soumettre, deux noms de nos
compatriotes qui font autorité parmi nous, M. Bertrand et
M. Francis Pérot, et auxquels nous adressons tous nos
remerciements. Nous en devons également à M. Ernest
Olivier, dont les savantes publications sont justement appré-
ciées par les hommes de valeur ; il en est de même pour
les très intéressants manuscrits patois de MM. Lacouture-
Maillat, instituteur à Archignat, et Aupetit, instituteur à
Laugy. Nous avons rencontré dans les ouvrages si estimés
de M. Levistre, des appréciations conformes à celles de
M. Pérot.
« Le Thau caractère hébreu, phénicien ou grec) (1),
se voit sur plusieurs Mégalithes de l'Assise, aux Places, à la
Pierre des Bénitiers La Ghabanne). (P)
On le ti'ouve aussi sur « une pierre à rigoles, située entre
les Rocs Vagnons et le hameau de la Roussille (Ghateldon),
(1) « Il est évident, disent nos savants ètymologistes. que les Phéniciens appe-
laient leurs letlres des mêmes noms que les Hébreux. » Nous n'avons vu par
nous-même autiun des monuments dont nous allons vous entretenir.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 11 —
ainsi qu'au Ré des Fourches et sur le dolmen de Saint-
Martin à Ferrières. » (U.
« Le Ghimel (lettre phénicienne ou grecque), est gravé
sur le monument de l'Assise. » (La Ghabanne.) (P.) Ce fait
est confirmé par iVI. Levistre.
« Sur une pierre de La Ghabanne, est le mot Gai phéni-
cien ou grec. » (P.) Et M. Levistre nous dit : « Les carac-
tères tracés sur le dolmen de l'Assise, le Ghimel et le Lameth
donnent le mot Gai, qui en Phénicien signifie tumulus,
monceau. » (Société d'Emulation, 1901, p. 19.)
On croit également le voir près de la Pierre Taillée (La
Ghabanne), et on le retrouve un peu plus loin sur un dol-
men phénicien au domaine d'Arnon. (L.)
Enfin, sur les Pierres gravées de Ghargros (Ghâtel-Mon-
tagne), les caractères qu'on y voit sont absolument phéni-
ciens ou grecs : ce sont les lettres r, q, ts, p, /, E, n, A. (L.)
Le Thau domine parmi toutes les lettres que nous venons
d'énoncer : c'est assez naturel quand on sait que cette lettre
était revêtue d'un caractère sacré. N'en serait-il pas de
même du Ghimel, tout à la fois, hébreu, phénicien et grec,
qui représentait chez ces anciens peuples une idée de puis-
sance, de grandeur et de gloire, et que l'on plaçait sur les
tombeaux ?
« Tous les médecins oculistes dont les cachets ont été
trouvés en Gaule, sont grecs, de la famille dite des Asclé-
piades, et tous leurs collyres sont à base de produits
grecs. » (P.)
Nous avons tous entendu parler de la colonie des Pions
du Montoncelle (Lavoine) qui, affirment-ils, « viennent de
plus loin que le soleil se lève », colonie extrêmement
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 12 —
curieuse,et à laquelle le grand Dictionnaire du xixe siècle
(Larousse) a consacré un sérienx article ; et c'est assuré-
ment de toute la France celle qui doit remonter le plus
haut dans l'origine des peuplades qui ont foulé notre sol.
Les Pions sont essentiellement Autochthones, ils ont un
langage qui leur est particulier, leurs mœurs diffèrent des
nôtres : ils se marient entre eux ; leurs noms eux-mêmes
ont conservé certain cachet d'ancienneté qui à eux seuls,
démontrent qu'ils sont aborigènes ; nous allons en citer
quelques-uns qui ont une affinité étonnante à la langue
grecque, et par conséquent aux noms patronymiques grecs :
Elteco, SiTiiahlin, Fosel, Thuin, Farengo, Granner, Grega,
Grapho, RegJioulsi, etc. (Fr. Pérot et Noelhas).
Pour tout helléniste, ce mot Pion, essentiellement, abso-
lument grec (titiwv), ne frappe-t-il pas immédiatement ses
esprits ? Est-il formé de lettres incohérentes et prises au
hasard, ou ces lettres expriment-elles un sens qui ait quel-
que rapport avec la position de cette peuplade nouvelle-
ment implantée dans cette contrée, qui sera plus tard la
France ?
Remarquez bien. Messieurs et honorables collègues, que
les hommes d'autrefois étaient semblables aux hommes,
d'aujourd'hui : les noms qu'ils créaient pour exprimer leurs
idées avaient ordinairement plus ou moins d'analogie avec
la conformation des lieux ou la nature du sol ; aussi les noms
étaient-ils aussi dissemblables que les idées sont diverses,
c'est-à-dire variables à l'infmi.
Pour ne nous en tenir qu'à la nature du sol, soit directe-
ment, soit indirectement, nous avons pour exprimer la
richesse ou l'agrément les mots : Bonchamp, Glosrichards,
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 13 —
Espérance, Aupain-Auvin, Montplaisir, Charmant, etc.
etc. (1) Il en est d'autres qui expriment un sens tout opposé,
tels que : Tout-y-Faut, Mauvais, Ghampmaigre, infernal,
Mauchamp, Bramefaim, etc., etc. (2)
Que signifiait donc en grec le mot ttiwv : Pion ? Cette
expression dont ils avaient baptisé leur village implique
une idée d'abondance et de richesse, or, comme à ces épo-
ques reculées le luxe et la richesse étaient inconnus, chaque
peuplade ou tribu s'estimait heureuse d'une situation qui
répondrait chez nous à une position d'aisance et de bien-
être, etc.
Si cette peuplade n'avait pas rencontré dans ces régions
tout ce qui lui était avantageux elle aurait eu bien vite
abandonné ces lieux inhospitaliers, pour aller à la recherche
d'autres pays plus propices, car les peuplades de ces épo-
ques lointaines étaient essentiellement nomades, aussi cette
fixité des Pions dans ces parages pendant tant de siècles,
nous prouve jusqu'à févidence que leurs désirs étaient
pleinement satisfaits de cet état de choses, et ils l'avaient
consacré par ce mot Pion (Trtwv), qui rendait leur pensée
d'une abondance relative, mais à coup sûr d^aisance et de
bien-être. Sur un autre point de notre département à Chan-
telle il existe une tradition qui donne aux habitants une
origine phénicienne (grecque) et ne sait-on pas que la tra-
dition est le lien du passé avec le présent? C'est le grand
livre des illettrés.
MM. Bertrand et Pérot ont recueilli un assez grand
nombre de monnaies grecques, surtout des tétradrachmes,
(1 Voir Ghazaud : Dictionnaire des noms de lieux habités du département
de l'Allier. Voir également Quicherat : De la formation française des anciens
noms de lieux....
(2) Idem.
LE patois' BOURBONNAIS
— 14 —
dans différentes parties du Bourbonnais ou dans des com-
munes limitrophes. La plus grande partie des monnaies
trouvées chez les Eduens, nos plus près voisins, portent les
mots EAui, ^AY = KALET EAou = AiAOYir. La collection Pérot
en renferme plusieurs.
Près de Moulins, à Toulon, on a mis au jour deux
officines de potiers et, ce qui est très intéressant au point
de vue du sujet que nous traitons, on a trouvé une statue
représentant ]e tireur d'épine du sculpteur grec Phidias.
(Bertrand . A Chantenay, dans la Nièvre, partie dépendant
autrefois du Bourbonnais, nous savons (par M. Bertrand)
que l'on a décou^'ert l'atelier d'un sculpteurgrec.il nous
semble que de telles découvertes peuvent parfaitement
permettre de croire qu'il existait une peuplade descendant
des Grecs, mais où il ne sera peut-être plus permis de
douter, c'est lorsque nous aurons placé sous vos yeux une
anse d'amphore trouvée à Glermont, portant le cachet du
fabricant dont le nom est essentiellement grec et écrit en
caractères grecs : ahwhtpioy -^eyopas (Démétriou Teuoras.
(Collection Francis Pérot.)
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 15 —
DEMETRIOU
T^EUORAS^i)
Gomme nous n'avions pas assez de confiance dans nos
propres lumières pour donner une traduction exacte de ces
deux mots, nous avons eu recours à des érudits ; les uns ont
pensé qu'on devait lire : ateliers ou produits de Démétrius
(ou une expression de même nature), les autres n'ont pas
osé se prononcer.
Toutefois, dans l'intérêt de l'idée que nous avons émise
(une colonie grecque \ on voudra bien nous permettre
d'essayer une autre version. Ouvrez un dictionnaire grec et
vous verrez : Démétriou, temple de Gérés ; or, comme
Démétriou est au génitif, il nous faut nécessairement que
le nom qui précède ou qui suit soit au nominatif.
Gomme les trois premières lettres TEU sont le radical
du mot grec TEUGOS qui veut dire vase ou tout autre mot
qui se rattacherait à l'idée d'un récipient quelconque, ne
nous trouverions-nous pas alors en présence d'un fragment
de vase qui aurait appartenu au temple de Gérés ?
Ge qui nous laisse supposer que c'est très vraisemblable,
c'est que Gérés ou Déméter ne sont qu'une seule et même
déesse et que cette divinité est essentiellement grecque, à
(1) Cette première lettre noa achevée donae à croire que ce doit être la let-
tre T ; la seconde lettre E laisse quelques doutes dans l'esprit du lecteur .
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 16 —
tel point qu'on lui donnait également le nom de Pelasgide.
Et que l'on se souvienne que l'une des plus grandes solen-
nités de la Grèce était en l'honneur de Déméter ; et pour
bien caractériser cet amour des Grecs pour leur déesse
favorite, ils lui avaient consacré un mois tout entier, et
c'était à leurs yeux le plus beau et le plus riche de Tannée,
celui des moissons.
Dans ces cérémonies liturgiques où pontifiaient leurs
prêtres, ces derniers se servaient d'un vase qu'ils nom-
maient kernos. Ne serait-ce point, nous le répétons, l'anse
de ce vase sacré dont on possède un fragment ? Et ne
serait-il alors pas tout naturel qu'un temple de cette divinité
essentiellement pélasgienne, Déméter (Démétriou), se soit
élevé au milieu d'une colonie grecque ?
En résumé^ que ces deux mots se traduisent par: ateliers
de Démétrius ou vase du temple de Gérés ou par toute
autre signification, il résulte que départ et d'autre on recon-
naît être en présence d'une inscription grecque, et c'est le
seul but que nous voulions atteindre.
Mais ne possédons-nous que ce seul vestige des vases de
cette époque ? Non. Et nous sommes heureux de vous assu-
rer qu'un instituteur, à Gannay-sur-Loire, M. Marlot a
trouvé un vase essentiellement Chypriote (donc grec),
qui a fourni le sujet d'un commentaire très intéressant,
par M. Pérot à la Société d'Histoire et d'Archéologie de
Chalon-sur-Saône.
Quelques écrivains ont soutenu qu'entre les vases grecs
et les vases Gallo-Romains il existait une grande différence
dans le travail, et que les ouvrages sortis des mains romaines
étaient loin d'approcher de la déhcatesse des formes qui
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 17 —
était l'apanage des ateliers Grecs ; mais cette remarque si
peu favorable aux ouvriers romains est-elle empreinte de
la vérité la plus pure ? Nous serions, Messieurs, dans une
étrange erreur, si nous admettions des assertions aussi
hasardées, et il nous semble qu'après un assez long appren-
tissage de l'art de la poterie, les ouvriers de Rome pouvaient
lutter avec avantage avec ceux d'Athènes, surtout pour un
genre de poterie commune à tous les besoins les plus usuels
de la vie.
Gomme preuve évidente nous citerons cette appréciation
émanée d'un homme compétent, Jacquemart (1). « Ce n'est
pas à dire que la poterie commune n'ait pas été cultivée,
car on trouve des Amphores semblables à celles des Grecs ».
Continuons nos recherches et nous allons vous dévoiler des
passages de savants auteurs qui ont traité le même sujet.
« Les Etrusques furent un des peuples les plus artistes de
l'antiquité : les meubles, les ustensiles de tout genre qui
sortaient de leurs fabriques jouissaient d'une réputation
méritée d'élégance. Les Grecs si adroits eux-mêmes en
étaient fort curieux, à tel point que lorsqu'ils voulaient faire
l'éloge d'un ouvrier habile ils disaient : « C'est un Toscan».
(Et l'Elrurie n'est-elle pas située au milieu de l'Italie ?)
Poursuivons encore :
Du me au ive siècle « plusieurs vases de cette époque
sont de véritables chefs d'œuvres céramiques ;
Le galbe de ces vases est toujours d'une légèreté, d'une
délicatesse, d'une élégance extrême » (2).
Est-il possible de pousser plus loin une admiration sans
(1) Jacquemart. La Céramique, p. 95 de la bibliothèque des Merveilles.
(2) Grand dictionnaire du XIX^ siècle, au mot Etrusque, page 1080, vers le
milieu de la première colonne.
2 LE PATOIS BOURBONNAIS
— 18 —
réserve ? Nous croyons donc fermement que ces citations
sont plus que suffisantes pour prouver que les romains
étaient parfaitement à même d'imiter à s'y méprendre les
vases Grecs, puisque les uns et les autres étaient semblables;
et c'est précisément cette imitation si parfaite qui a pu
tromper souvent nos Archéologues les plus distingués.
Nous avons mentionné un vase Grec (essentiellement
Grec) avec inscription en langue grecque, trouvé à Gh^rmont-
Ferrand, nous allons vous soumettre en ce moment une
épitaphe grecque que l'on voit à Autun (Saône-ct-Loire), et
on sait que le Bourbonnais que nous habitons aujourd'hui
(les Boiens autrefois) se trouve entre les Arvernes et les
Eduens.
A Saint-Pierre de l'Etrier à Autun, il existe une épitaphe
ainsi hbellée : « dans la paix, d'r/euo-, souviens-toi de ton fils
MNHCEo PEKTOPioYo, » (1), c'cst uu fils qul poc SOU pèrc de se
souvenir de lui Pectorios.
Cette inscription grecque n'est-elle pas à elle seule une
preuve irrécusable que dans les premiers siècles de notre
ère la race pélasgisque, n'était point encore complètement
éteinte dans notre région ?
Mais nous pouvons. Messieurs, remonter plus haut encore ;
le musée d'Autun possède une autre épitaphe en langue
grecque sur le tombeau d'Eutychios qui se compose de
8 lignes dont voici la première ihthpikai et la dernière :
KENEYTYXI02 (2).
Ce document est d'autant plus ancien qu'il nous reporte
(1) de Martigny : Dictionnaire des Antiquités chrétiennes p. 586.
(2) Traduction : Au médecin et rilluminateur des mortels. Aijollon, à la Reine
d'Ephèse portant lumière, Eutychios accomplissant un vœu solennel a posé ce
monument. Autun Archéologique, p. 98.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 19 —
au temps du paganisme dans les Gaules, tandis que le pre-
mier ne remonte qu'aux premiers siècles de l'Église catho-
lique. On peut donc conclure de ces deux inscriptions que
cette peuplade Grecque a duré plusieurs siècles dans notre
pays.
En continuant nos recherches dans les collections si
riches, si remarquables, de M. Francis Pérot, et mises avec
tant de bienveillance et de gracieuseté à notre disposition
par notre savant archéologue bourbonnais, nous avons
remarqué :
lo Une perle (de collier) en terre cuite (rouge brun) gra-
vée d'ornements en creux pour y recevoir une pâte colorée
qui n'existe plus. Cette perle Mycénienne a été trouvée à
Vichy en 1857.
2o Une tête barbare (applique) en terre cuite (brun foncé)
c'est une idole Chypriote mycénienne provenant également
des fouilles faites à Vichy en 1887, on sait que la caractéris-
tique des terres cuites mycéniennes est la couleur rouge
brun, tant des idoles que des perles de collier.
Depuis l'apparition de notre ouvrage, nous avons reçu de
précieux encouragements qui nous donnent un peu plus de
hardiesse pour exposer nos idées ; nous ne parlerons point
des très nombreuses lettres émanées des hommes les plus
éminents de notre département qui veulent bien nous assu-
rer que nos v remarques sont très originales et très ingé-
nieuses.... très intéressantes^ que nous émettons des théories
neuves et hardies », etc. mais nous ne nous abusons point
sur le sentiment qui a pu les dicter, car nous savons tous
que des lettres de cette nature ne sont souvent que le résul-
tat de la bienveillance ou d'une pohtesse pour ainsi dire
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 20 —
obligatoire de la pari des personnes avec qui on entretient
de bonnes relations, mais il est d'autres lettres parvenues de
personnes étrangères qui offrent une appréciation moins
suspecte de complaisance et de courtoisie, et nous allons
en citer comme exemple : Nous avions lu dans le Petit
/owrtzaZ un savant article sur les patois de France en géné-
ral, signé par un des noms les plus répandus du Journalisme
Parisien, Thom.as Grimm, et nous prîmes la liberté de lui
adresser notre essai sur le patois bourbonnais : sa réponse
ne se fit pas attendre : « Paris, 22 Janvier 1906. —
Monsieur Ghoussy, je vous remercie très vivement de
l'envoi que vous m'avez fait de votre si intéressant ouvrage
sur le patois bourbonnais.
Vous donnez des preuves curieuses et absolument con-
vaincantes de son origine grecque, et il serait à soubaiter
que tous les dialectes provinciaux de notre pays trouvassent
des savants tels que vous pour mieux les faire connaître.
Veuillez agréer, etc »
Comme nous nous sommes toujours défié de nos propres
lumières, nous consultâmes à un tout autre point de vue
deux de nos plus illustres savants, membres l'un et l'autre
de l'Institut. — « Vous faites bien, nous répond M. Lêopold
Delisle, de recueillir et de fixer ce qui reste des patois et
des usages populaires et traditionnels », ce dernier membre
de phrase s'applique surtout à notre article de la fin inti-
tulé : Quelques locutions diverses, a — Je préférerais, dit
M. Brunot, professeur en Sorbonne, le tableau, un tableau
exact, minutieux, complet, de votre patois local. En vous
attachant à celui de votre endroit vous rendriez un très
grand (sic) service à la science.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 21 —
Vous me parlez d'un travail (le manuscrit Gonny) qui se
trouve à votre bibliothèque (Moulins), je crains, d'après ce
que vous me dites, qu'il n'embrasse une contrée un peu
vaste et qu'il ne perde par la en exactitude et en profondeur
ce qu'il gagnera en surface ; mais si vraiment il est sérieux,
et sur, éditez-le : vous servirez nos études.
Veuillez agréer, etc. »
Il nous semble quil est facile de tout concilier, nous
aurons recours par de larges emprunts au manuscrit
Gonny, ainsi qu'à différents autres manuscrits consacrés au
patois et conservés aux archives de Moulins, nous ferons
précéder le patois du canton de Varennes d'un astérisque :
on pourra ainsi distinguer à première vue le patois local et
le patois général.
Revenons à l'origine grecque du patois bourbonnais :
d'après un homme compétent, si nous avons « des preuves
absolument convaincantes » de cette origine, il est de toute
nécessité de reconnaître qu'ilexistait une peuplade grecque
et nous sommes également forcés, bon gré, mal gré, de
convenir qu'elle avait des poteries destinées à ses différents
usages : se seraient-elles donc toutes volatilisées ? Ge n'est
même pas supposable. Mais nous dira-t-on,onn'en a trouvé
aucune trace. Attendez : avant de prononcer un jugement
si précipitamment et sans appel, c'est ce qu'il s'agit d'exa-
miner et d'approfondir sans parti-pris de part et d'autre.
Quelle différence existe-t-il entre les vases Grecs et les
vases Gallo-Romains? Nous avons vu que des auteurs com-
pétents nous assurent de leur conformité ; les vases étaient
semblables (Jacquemart).
Gomme ona trouvé depuis longtemps dans nos contrées
LE PATOIS BOURBONNAIS
— Sa-
une grande quantité de poteries de différentes natures, on
les a toutes désignées sous le nom de vases gallo-romains,
par la raison toute simple et toute naturelle que ne se
doutant pas jusqu'à ce jourqu'il avait pu exister unecolonie
grecque, c'eut été pour ainsi dire insensé, ou tout au moins
téméraire, de leur donner une origine Grecque ; il pourrait
donc bien se faire, Messieurs, que dans cette grande quantité
de vases, sortis des diverses fouilles auxquelles on s'est livré,
que l'on rencontrât des uns et des autres puisqu'ils étaient
« semblables ».
Veuillez donc éloigner de vos esprits toute idée préconçue
et étudions ensemble ce nouveau champ livré à nos recher-
ches archéologiques.
Nous avons parcouru avec la plus sérieuse attention les
diverses vitrines de notre musée départemental et nous
avons rencontré des vases d'une telle pureté de style grec
que nous avons été frappé de leur beauté ; et leur ressem-
blance avec différents vases gallo-romains est tellement
grande qu'il est extrêmement difticile de reconnaître les
vases sortis d'un atelier grec ou d'un atelier romain
Gomme la plupart n'ont pas de numéros, nous sommes
obligé de suivre les vitrines les unes après les autres afin
d'indiquer la place de chacun d'eux ; mais à un travail nou-
veau il faut des hommes nouveaux, « chassons donc le vieil
homme ».
Nous nous servons à dessein de cet adage connu qui
s'applique non pas spécialement à nos honorables et bien-
veillants collègues mais à tout le monde sans exception, car
il est difficile pour ce « vieil homme », quel qu'il soit, même
le plus honnête qui a porté un jugement sur tel ou tel objet,
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 23 —
de ne pas être enclin à maintenir sa première décision.
En entrant dans le musée, nous rencontrons dans cette
première salle qui est pour ainsi dire comme une vaste
antichambre précédant le musée proprement dit, nous ren-
controns, disons-nous, la vitrine A, dont le rayon du haut
renferme plusieurs vases de forme grecque, provenant du
Bourbonnais.
Dans la même pièce, presque en face, un vase grec se
trouve au dessus de la vitrine, c'est un vase dit Hydrie.
Armoire X, 3^ rayon en partant du bas, nous voyons deux
vases de forme grecque, portant les numéros 215 et 204 :
cette même armoire renferme une grande quantité d'am-
phorettes en terre blanche, rappelant à s'y méprendre îe
type grec.
Pénétrons dans la grande salle du musée proprement
dit : En entrant, à droite, vers la croisée, voici une grande
amphore à terre rougeâtre, (peut-être fabriquée à Ghâteau-
meillant), qui rappelle par sa pureté le style grec.
La vitrine V est essentiellement consacrée aux vases de
forme, d'oi'igine grecque ; ces formes ont été employées par
les gallo-romains et peuvent servir de point de comparaison
très profitable à l'étude à laquelle nous nous livrons.
Même salle, vitrine T : dans la partie supérieure de cette
vitrine, les formes grecques y sont très nettement visibles,
surtout pour les vases portant les numéros 289, 538, 554,
603.
Conclusion : S'il est admis qu'd y avait un sculpteur grec
dans la région, si l'on reconnaît la présence de monnaies
grecques, s'il est certain que l'on puisse montrer au moins
deux vases grecs et deux épitaphes grecques, les uns et
LE PATOIS BOURBONNAIS
les autres absolument authentiques, plus la perle grecque
et la tête barbare, grecque, dont il est question plus haut, si
l'on veut bien convenir avec un homme des plus compé-
tents que nous avons fourni des preuves « absolument
convaincantes » que notre patois a une origine grecque,
il faut bien admettre qu'il existait une colonie grecque et il
est donc de la clarté la plus évidente qu'il existait aussi et
forcément des vases destinés aux différents usages de ces
peuplades anciennes : ces vases, sont ceux que nous venons
de signaler.
Nous ne saurions mieux terminer qu'en reconnaissant
avec la plus grande sincérité, que nous n'avons point les
quahtés requises pour chercher à imposer ou même à
faire accepter notre manière de voir ; aussi n'est-ce qu'une
simple idée que nous soumettons humblement aux lumières
de plus savants que nous.
Passons enfinàuneétymologie raisonnée de notre patois.
Que l'on ne s'attende pas à trouver la moindre «science»
dans notre essai : nous ne nous en tiendrons qu'à une éty-
mologie simplement naturelle, telle que nos maîtres nous
renseignaient jadis, c'est-à-dire des mots dérivés du radical
et de tout ce qui s'y rattache plus ou moins directement, tel
que préfixe, suffixe, et bien souvent la réunion des deux, soit
des deux préfixes de chaque mot, soit du préfixe de l'un et
du suffixe de l'autre.
Nous n'ignorons point toutefois qu'il existe une nouvelle
école, dite « scientifique », où l'étyinologie n'a rien à démê-
ler avec le son exprimé par les mêmes lettres et nous affîr-
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 25 —
mant la descendance commune de mots, qui n'ont pas une
seule lettre en commun, et « qui parfois diffèrent de la
signification autant que le blanc diffère du noir». Mais cette
nouvelle science explique comment « tel mot a pu passer
de l'idée primitive à la notion actuellement exprimée ».
Prenons un exemple qui servira pour les deux genres
étymologiques, l'ancien et le nouveau, l'ancien de nos maî-
tres et le nouveau, c'est-à-dire le scientifique.
D'où vient l'étymologie du mot français : avare ? Nous
nous reportons tout naturellement au mot latin avarus,
avare, et peut-être bien, Messieurs et honorables collègues,
beaucoup d'entre vous, et peut-être, tous, vous diriez
qu'avare est dérivé d'avarus ; eh bien, nous serions, paraî-
trait-il, tous dans l'erreur au point de vue de l'étymologie
scientifique ; sur ce nouveau terrain, le cadre s'élargit et la
filiation remonte au temps nébuleux de l'histoire. Nos
modernes étymologistes le font dériver du mot sanscrit, av
garder, désirer, tout ce qui marque en un mot l'aspiration^
le désir de posséder ; le mot audace en dérive, car avec
l'audace on s'efforce d'acquérir, soit tout autre mot qui ne
commencerait même point par un a, pourvu qu'il se rappro-
che de l'idée de possession.
C'est vraiment très ingénieux, mais passons. Et comme il
s'agit de patois, gardons-nous bien déchausser le Cothurne,
et sachons nous contenter du sabot. Que l'on veuille bien
toutefois ne pas s'imaginer que nous voudrions déverser un
semblant de ridicule sur cette nouvelle école, car on pour-
rait nous jeter à la face, et avec raison, l'éternel dicton :
« les raisins sont trop verts. . . ». Si nous la laissons de côté,
c'est parce que traitant un sujet si vulgaire, nous aurions
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 26 —
mauvaise grâce d'y faire figurer la quintessence de la
science... Nesutor...
Il a été reconnu de tout temps qu'il suffit de la première
syllabe (le radical) d'un mot latin ou grec, et souvent même
de la première lettre, pour autoriser l'étymologiste à tirer la
conclusion que tel mot dérive de tel autre, sauf de rares
exceptions. Nous ne nous éloignerons pas de ce principe
et nous tâcherons d'éviter ainsi l'écueil où viennent se
heurter ceux qui s'adonnent à ce genre de travail et qui
tombent dans le ridicule signalé par Voltaire, car, de son
temps, on se moquait avec raison des savants qui, pour
chaque mot, You\?iïeui per fas et nefas lui accoler un ancê-
tre plus ou moins légitime ; et il citait un exemple qui est
dans toutes les mémoires : « Il est incontestable, dit-il, par
dérision, que l'empereur Chinois Ki est évidemment le roi
d'Egypte Atoës en changeant K en A et i en toës . ^>
L'étymologie des mots patois ne fera que confirmer la
règle généralement adoptée pour l'origine de notre langue.
Elle découle du latin en grande partie. Vous remarquerez
des ressemblances frappantes avec la langue italienne, ce qui
du reste ne saurait être un sujet d'étonnement. Quant à sa
ressemblance avec la langue grecque, on n'a qu'à se reporter
à ce que nous en avons dit plus haut. En résumé, disions-
nous dans notre première édition, « sur 500 mots patois
environ que nous donnons, 234 viennent du latin, 144 du
grec, une soixantaine de l'italien. Si ces chiffres ne concor-
dent pas entre eux et leur total, cette différence vient de ce
que nous avons négligé de mettre les dérivés en regard des
expressions qui ont une double ou triple signification,
Exemple : Mollard, Mollée, Molle, dont le radical est le
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 27 —
même. » Aujourd'hui nous donnons l'étymologie de huit
cents mots environ, au lieu de 500, et nous trouvons approxi-
mativement 450 mots grecs, 234 latins et 60 italiens, mais
dans ce dernier travail nous noussomiaes occupé spéciale-
ment des ctymologies grecques, puisque notre but est de
démontrer que le patois bourbonnais dérive de la langue
grecque (1).
On rencontre assez souvent dans le patois bourbonnais
VA (1), privatif des Grecs, en tête des expressions tirées du
latin ou du grec (2). Ex. : « Avier», donner son lait ; viere,
lier, fermer et A privatif, c'e^t-à-dire qui ouvre au lieu de
fermer ; la vache en effet dilate, ouvre son pis, et l'on voit
apparaître la sécrétion lactée.
Il en est de même de la, lettre E. Ex. : « éfruter », épuiser
une terre ; fructus, fruit, é privatif qui enlève le fruit.
Revenons au grec. Le mot patois « acabassa », las,
fatigué, vient du grec cabassa, mort ; participe aoriste de
catabaino, mort; l'a privatif indique qu'il n'y a pas priva-
tion de vie.
Outre Va privatif, la langue grecque a exercé sur notre
patois une influence notable. Certains mots sont la repro-
duction presque exacte du grec: « gouia »,gouia ; « group-
. (1) Plusieurs d'entre nous doivent se souvenir de ce livre que, dans notre
enfance, nous avons peut-être maudit plus d'une fois : Le jardin des racines
grecques. Voici de quelle manière il s'exprime au sujet de l'a privatif: Absin-
the, nerbe très amère, Apsinthion, de Psinthios. douceur, plaisir et a privatif ;
amarantlie, fleur qui ne se flétrit pas, de Mairaino, flétrir et de a privatif ;
Anonyme, qui n'a point de nom, Onoma, nom et a priv., Athée, qui ne croit pas
en Dieu, de Theos, Dieu et d'à priv.
(2) Pour ne pas répéter toujours les mêmes mots : latin, grec, etc., nous
aurons recours à des signes très simples : les mots grecs seront en caractères
noirs, les mots latins seront en italiques, les mots italiens en petites capitales.
Ex. : Goûia, « gouia » ; Avena, « avene » ; Abrazio, « abraser ». Quant aux
mots patois, ils seront placés entre deux guillemets : « ». Gomme tout le
monde ne connaît pas la langue hellénique nous remplaçons les caractères grecs
par les lettres de notre alphabet.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 28 —
ton», en grec grupto ; « patouille », en grec patou ; « goué-
ron », en grec gouros ; « pote », en grec poter ; « piler »
(pressé), en grec, pileo ; «sati », engrecsato; « coronne », en
grec corone ; c tuzon » en grec tuzo ; « naion », en grec
nanion ; « cocu », coucou (oiseau), en grec cocu, etc.
Il en est d'autres qui, par suite d'une confusion, relative-
ment aux plantes, ont passé dans notre patois sans être
défigurés. Ex : « Picras», ajonc, vient selon toute évidence
de Picras, androsace. N'en serait-il pas de même pour
« Argueilla »,houx, dérivé de Argueutis, genévrier?— Dans
nos études étymologiques, le préfixe (ou radical) joue tout
naturellement le rôle le plus important. Nous n'avons pas
dédaigné toutefois l'étude du suffixe, qui aide puissamment
à expliquer l'analogie de certains mots patois qui sont for-
més en effet du préfixe d'un mot et du suffixe d'an autre
mot. Ex. : « Fornier », quitter le nid; foras, hors du nidi,
nid ; « biqueron », bec d'un vase, de bikion, amphore, reo,
couler, se répandre ; feau en effet sort du vase par le bec ,
« biqueron » ; ou un mot qui n'a qu'une syllabe, avec le
suffixe d'un autre, prenons par exemple l'expression qui
revient le plus souvent sur les lèvres du cultivateur, « gué-
rio », terre labourée, gué, terre, aroo, labourer. « Plangeon »,
meule de gerbes ou d'autres plantes, j9?a^^^a, plante, lego^
j'amasse, je réunis; « Trimballer», marcher comme un
ivrogne, de tribos, chemin et de ballo, agiter, laisser tomber ;
tout le monde connaît la démarche chancelante d'un ivro-
gne . Mais la réunion des deux préfixes constitue la règle
générale. « Carcan », bête vieille et mauvaise ; carnis,
chair ; canities, vieillesse .
On trouve aussi des mots patois formés de deux niots
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 29 —
grecs : « Penouffe », étoffe servant à nettoyer les fours^péné,
toile, uffos, tissu quelconque. Peneouffos.
Il n'est pas rare encore de voir un amalgame de grec et
de latin ; prenons le préfixe grec de brazo, crier et le suffixe
latin de damare, crier, nous aurons bramare^ « TDramer »,
ou le préfixe latin de cavea, fossé, et le suffixe grec dekato-
ros, nous aurons cavios, en patois^ « caveraude », excava-
tion.
Le radical re, ou tout simplement la racine r, signifie la
réitération, la réduplication de l'action : «rossa », « ros-
sard », rosse, animal étique et qui n'a que les os ; os, ossis,
os ; r, qui n'a que les os. « Regoti », trop cuit, coctus, cuit, re,
marquant réduplication, trop cuit.
Les dérivés du verbe facere, factus, factum, se rencon-
trent fréquemment : « préfateur », qui travaille à prix faits
et à prix débattus, pretium, prix, factum, fait.
Le préfixe de se rapproche de VA privatif et marque la
suppression de l'idée indiquée par le mot. Ex. : « dénier » ,
prendre les petits oiseaux dans le nid, les sortir du nid :
nidus, nid, de, suppression ; « dévirer », se détourner du
chemin, de via ire: ire, aller, via, chemin, de, de côté.
Parfois, négligeant le milieu du mot latin, le patois n'a
conservé que le préfixe et le suffixe (1). Ex. : siccitas,
« sita », sécheresse; credere, crère, croire. Il en est de
(1) Nous avons été heureux de trouver cette même appréciation chez Quicherat,
le savant directeur de l'Ecole des Charles : « GLez les anciens peuples.. . dans
le travail de prononcialion qui s'effectuait alors. . . etqui avaitpour principe de...
et de raccourcir les mots. » Quicherat : De la formation frmiçaise des anciens
noms de lieux, p. 14.
Nous pouvons citer une preuve qui nous parait convaincante : Les expressions
dont on se sert le plus à ia campagne sont dia et uo (hubau) , dia pour aller à
gaucjje et uo pour aller à droite. Le mot dia est du grec tout pur sans y chan-
ger un iota ; le mot uo, au contraire, vient de upago ; mais comme ce mot est
beaucoup trop long pour exprimer une idée qui doit se réaliser promptement, le
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 30 —
même du mot grec braboulos, prunelier, qui a créé le mot
patois « braloces », ou « breloces » ; et le mot « telo »,
entraves pour contenir les chevaux intraitables, vient de
telkitaino, être indocile, rétif, intraitable : et vice-versa, on
laissera de côté le préfixe et le suffixe pour ne s'en tenir qu'au
milieu du mot : gargalismos, chatouillement, en patois la
«j ail le».
Nous serions tenté d'affirmer que presque toutes les
règles de la linguistique peuvent s^appliquer au patois avec
la même exactitude qu'au français. Quelques mots latins ont
perdu par aphérèse leur première syllabe : admirabilis,
en patois « mirable », admirable ; bibere, « bére », boire ;
erpoulon,« poulieux », serpolet. Les voyelles a, e, i,o, u, des
radicaux latins se changent par Epenthèse en voyelles dou-
bles ai, ei, eu, ou, ui : pugnus, « pougnée », poignée ; colus,
« couleigne ou cou! igné », quenouille.
Quant à la voyelle e, on sait qu'elle s'est transformée, dans
le français, en é, ai, e, eu, oi, i, ie, ou, u ; il en est de même
pour le patois.
Tantôt la consonne initiale c, des mots latins, est rempla-
cée par le digramme ch : carbo, « charbouiller » noircir) ;
caseus, « chasière » (fromagère). Tantôt ce digramme lui-
même est remplacé par la consonne c : charta, « carte »
(avertissement du Juge de Paix). Toutefois le premier
peuple ra abrégé en ne se servant que de la première et de la dernière lettre ou
syllabe : uo. f:e devait être un rude travail de tâtonnements pour les esprits
grossiers de ces peuplades, que cette espèce d'études mécaniques de sélection
et d'assimilation.
Au surplus nous n'avons qu'à reporternos souvenirs aux temps de la guerrede
Madagascar : quel est celui d'entre nous qui ne se rappelle ces noms d'une
extrême longueur, composés parfois d'une vingtaine de syllabes ? Que faisions-
nous alors ? Nous lisions tout au plus les deux premières syllabes et les deux
dernières, sans nous occuper de l'intérieur du mot, et nous imitions tout simple-
ment nos ancêtres.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 31 —
exemple est bien plus général, c'est même la règle. On n'éta-
blit aucune différence entre les syllabes 6rg ou ber ou autres
du même genre. Ex. : jimbreter ou jimberter.
Les consonnes labinles b, s, p, v, se substituent Tune à
l'autre : « avère », habere, avoir; « avortion », abortio^siwor-
tement.
Les mêmes règles existent pour les autres consonnes
dentales, gutturales, nasales : 1» dentales : a dalbon », cour-
tillière ; cheminant sous la terre comme les taupes, talpa,
taupe ; 2» gutturales : « grôle », corbeau, decrozo, croasser ;
« graton », de craticula, gril, les gratons se font dans la
poêle ou sur le gril ; 3» nasales : « messoù », qui ignore, de
nescius, qui ne sait pas.
Nous croyons? devoir faire remarquer toutefois que l'on
rencontre de nombreuses exceptions, telles que « virer »,
girare, tourner, où la labiale v remplace la gutturale g ;
« laper », prendre, de capere, prendre, où l'on voit une
consonne douce et faible se substituer à une consonne forte
et dure.
La lettre s se trouve très souvent supprimée par la pros-
thèse : screare, « crache » ; scrobs, « grou ».
Dans ces études comparatives on reste tout étonné de
voir reléguer parfois dans le domaine du patois certaines
expressions qui, à raison de leur filiation évidemment latine,
devraient exclure au contraire de nos dictionnaires français
les mots qui ont usurpé leurs places. Ex. : « sarge », « sar-
ger » devraient remplacer charge et charger, à raison de
sarcina, charge.
Pour se rendre compte de l'analogie qui existe entre les
mots patois et leurs synonymes itahens, il faut tout simple-
LK PATOIS BOURBONNAIS
— 32 —
ment se rappeler que l'u de la langue italienne correspond
à notre diphtongue ou et que les lettres gl se prononcent
comme nos //, mouillées. Exemple : buffare, « bouffer »,
souffler ; paglia, paille. N'oublions pas encore : 1» que la
voyelle a s'est transformée dans le français en é, ai, e, eu, oi,
i, ie, ou, u ; et 2o que Vu du latin se prononce ou, ainsi
« tourtourelle » en patois est presque synonyme de turtur
(latin).
Nous avons eu recours plus d'une fois auphonétismedans
notre essai étymologique.
Existe-t-il un genre dans le patois? Nous ne l'affirmerions
pas^ cependant on croit remarquer (d'après certains cultiva-
teurs à demi-lettrés) que la terminaison a serait le plus
ordinairement employée pour le genre masculin et la termi-
naison e pour le genre féminin : l'homme dira le plus sou-
vent je me suis « sita » (assis), je suis « acabassa » (fatigué) ;
la femme je me suis « sitée)),je suis «acabassée ».
Il faut se tenir en garde contre certaines locutions, patoises
en apparence, mais qui ne sont créées que pour les besoins
du moment où l'on parle On dit « poisière », « tartoufière»
pour exprimer l'idée d'un champ ensemencé en pois ou en
pommes de terre, « tartoufes ». Mais parfois les paysans
donnent d'eux-mêmes cette terminaison en ère à différents
travaux en voie d'exécution. Cinq ou six ouvriers faisaient
en notre présence un vaste amas de perches^ l'un d'eux
s'écrie tout-à-coup : en voilà une belle parchière ; tous ses
camarades comprirent parfaitement ce langage A quelques
pas de là nous répétâmes à dessein, devant d'autres ouvriers,
la même phrase en ces termes : « nous venons de voir une
belle parchière » ; pas un d'eux ne put saisir le sens de nos
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 33 —
paroles. Ce n'était qu'un mut fabriqué tout naturellement et
sans artifice, pour la circonstance. On doit donc rejeter d'un
glossaire toutes les locutions de cette origine.
Pour nous conformer au désir de ceux qui, les premiers,
ont eu ridée d'un glossaire bourbonnais, nous dirons deux
mots seulement de la langue d'oil et de la langue d'oc, qui,
à elles deux, se partagent la France, la langue d'oz7 au nord,
la langue d'oc au midi; mais nous savons tous qu'il ne faut
pas se figurer une ligne droite tracée de l'est à Touest, les
différences sont parfois grandes dans un seul département.
Nous croyons tout d'abord que Moulins et ses environs
sont de la langue iVoil, tandis que Montluçon et ses envi-
rons sont de la langue d'oc, mais, entre ces deux villes, où
indiquer d'une manière précise une ligne de démarcation ?
C'est une étude qui nous paraît de la plus haute difficulté.
La rivière Allier, de prime abord, nous paraîtrait une limite
assez naturelle (quoique dans son ensemble elle se dirige
plutôt du sud au nord).
Prenons pour exemple le canton de Varennes, rive
droite, et le canton de Saint- Pourçain, rive gauche ; nous
dirons : à Varennes, la langue d'oz7 domine, à Saint-Pourgain
au contraire nous sommes en langue d'oc.
M. Duchon, dans son excellent ouvrage sur le patois
bourbonnais, réalisé avec beaucoup de conscience et de
talent, trace les lignes suivantes : « La frontière de la France
du nord et de la France du midi est constituée à travers le
département actuel par l'ancienne limite du diocèse de
Glermont » (qui formait une région dont Varennes était
presque le centre et s'étendait de chaque côté de l'Allier).
Le raisonnement est très ingénieux et très scientifique,
3 LE PATOIS BOURBONNAIS
— 34 —
mais par exception et en raison de la conformation des
lieux, nous croyons nous rapprocher davantage de la vérité
en disant que c'est l'Allier qui fait pour le canton de
Varennes la séparation entre les deux langues, parce que le
patois du canton de Saint-Pourçain, sur la rive gauche, dif-
fère essentiellement de celui de Varennes, rive droite.
Les paysans sentent instinctivement qu'il existe une dif-
férence notable entre les habitants des deux rives, car, de
part et d'autre, ils se traitent réciproquement de «baragots»,
c'est-à-dire des espèces d'étrangers qui n'ont ni la même
langue, ni les mêmes mœurs. Ces temps derniers, un cul-
tivateur du canton de Varennes s'exprimait ainsi : « I par-
lent mal, de l'autre côté de l'iau (la rivière), i parlont pas
comme cheuz nous » (sic) .
Au surplus, cette expression de « baragot » est loin de
découlei' chez eux d'un sentiment de bienveillance, et l'anti-
pathie qui existait autrefois entre les riverains était beau-
coup plus prononcée encore qu'aujourd'hui : « Oué ma un
baragot », disait-on il y a un demi-siècle (ce n'est qu'un
« baragot »). Et en remontant à l'étymologie de ce mot :
« baragot », ne sera-t-on pas quelque peu surpris en voyant
qu'il dépeint exactement la situation que nous venons de
signaler "^
En Grèce (nous voilà encore en pleine Grèce), baracos se
traduit par un homme de rien, un homme de peu de chose,
un homme dont on a pitié ou compassion. Et c'était exacte-
ment les sentiments réciproques des habitants des deux
régions séparées par l'Allier. Barago ou baraco, c'est abso-
lument le même mot, puisque le gamma (g) ou le cappa (c)
se confondent souvent l'un avec l'autre.
LE PATOIS BOURBONNAIS
35 —
Des Verbes
Verbe Être
Quelques-uns de ses temps employés le plus ordinai-
rement :
Indicatif présent : i su, t'es, al est, ne sont, vous essez,
a sont.
Imparfait : j'étions, t'essos, al esso^ n'essian ou n'étions,
vous essiez, i essiont ou a z-étiont.
Futur : i serai, te seras, a sera, ne serons, vous serez,
i seront.
Conditionnel : je serions, te serais, a serait, ne serions,
vous seriez, a seriont.
Impératif : seye, siyons, siyez.
Subjonctif : qui siye, que te siye, qu'a siye, que ne siyons,
que vous siyez, qu'i siyont.
Verbe Avoir
Indicatif présent : i ai, t'as, al'a, n'avons, vous avé, i z-avon.
Imparfait : j'avos, t'avo, al avo, n'avions, vous aviez,
i z-aviont.
Futur : i érai, t'éras^ al éra, n'éron, vous éré, i z-éront.
Conditionnel : j'aurions, t'aurais, al aurait, n'érion, vous
ériez, i z-ériont.
Subjonctif : que j'ave, j'avisse ou j'aussisse ; que t'ave,
t'avissc ou t'ausisse ; qu'ai ave, avisse ou aussisse ; que
n'avions, n'avissions ou n'aussissions ; que vous aviez^ avis-
siez ou aussissiez; que z'avions, avissent ou aussissent.
Participe : évu.
Infinitif: avère.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 36 —
Nous renonçons à une citation des verbes, car ils chan-
gent pour ainsi dire de commune à commune, et ils affectent
souvent des formes abracadabrantes, où les issi, les ississe^
les issississiez, les issississent. les ississiriez, les ississirot,
les ississiront, les ississiriont, ont une large place.
Des Iiîaisons en Patois
Pour avoir une idée plus complète du patois bourbon-
nais, nous croyons devoir poursuivre nos recherches jusque
dans les liaisons plus ou moins-fantaisistes et souvent sca-
breuses, qui s'y rencontrent en grande abondance : C'est
tonteux (honteux , ou c'est tontu (honteuxi ; c'est tontable
(hontable ; (Un cultivateur, en proie aune vive indignation,
disait d'un seul jet : Ah ! Monsieur, c'est tonteux, c'est
tontu, c'est tontable ».) l'auteur pour la hauteur ; je les
z-aï ty ces gas là (pour haïr) ; il est tardi pour hardi) ; ils
l'ont tué (pour ils l'ont hué ; de loin-t-en loin ; moi-z-aussi
(moi aussi); des z-aricots haricots); peu-z-à peu), etc.
-^9^
LE PAT'^IS BOUFBONNMS
ETYMOLOQIE
EXPRESSIONS PATOISES
Abequé, adj. rachitique ; bagga, toutes sortes de fruits, a, privatif.
Aboultassk, ventru, obèse; bouliniia, faim excessive accompagnée de
dépérissement, a, priv. gros, gras.
Abraser, renverser, détruire ; rasso, futur razo.
Abrasement, action d'abraser ; rasso, futur razo.
Abréger (s';, se percher; nrbor, arbre. Les animaux ailés se perchent
sur les arbres.
Absentement, éloignement ; absens, ahsentis.
AcABASSÉ ou Agabassa, fatigué, exténué ; cabassa, mort. part, de
catabiiuo : a priv. indique qu'il n'y a pas privation de vie.
Aggatonner, agglomérer ; accatatretos non troué, par extension
agglomérer.
Aggatoxnement, action de s'agglomérer; accalalretos.
APFAfsA, sens dessus dessous ; affamastoepès, qui divague dans un
discours, qui ne va pas au but ; par ext. à tort et à travers.
Affistolé, paré, orné ; affusolare, orner, embellir.
Affrir, réussir ; frio, rendu friable.
Affutkr, mettre ses outils prêts au travail ; accuere, acutum, aiguiser.
Afouler, avorter ; fœlus, portée des animaux, a priv.
Aga, vois! regarde! vois donc ! Agué, étonneraent, admiration.
Agadeau, aqua. eau ; de l'eau et de l'eau, quel a aga » d'eau, quelle
quantité d'eau !
LE PATOIS BOUBffiONNAIS
— 38 —
Agaler, tasser ; agalo agalein, combler quelqu'un d'honneurs, entas-
ser honneurs sur honneurs, p. ext. tassement ou agatocussia,
effusion de biens.
Aggraver (s'), se fatiguer : aggravare, accabler.
Aggrouptonnement, action de s'agrouptonner ; aggropato.
Agnieu, aujourd'hui ; a prix, nox, nuit avant la nuit.
Agoniser de soltises, accabler quelqu'un de sottises; agaliaso, insulter.
A GOGO, A GouGou, beaucoup ; agav, beaucoup, excessivement.
Agrigher, avoir par ruse, prendre agreuma, capture, argueulicos
qui s'occupe d'attrapper.
Agrouptonner (s'), se baisser en fléchissant les jambes, \ggropato,
ramassé, assemblé.
Agroulbr, se baisser en pliant les jambes ; «droupetos courbure.
Agroulement, action de s'agrouier ; gronpetos, courbure.
Aguille, aiguille; akestra, aiguille.
Aguiller, aiguillée de fil ; akestra, aiguille.
Aguion ou agdillon, aguglione, aiguillon.
Aguser, aiguiser ; akouao, aiguiser.
Agusement, action d'aiguiser; akonao, aiguiser.
AiÈRE, également à la suite l'un de l'autre, ne pas choisir, Airetiso,
choisir de préférence, a priv. prendre au hasard.
Allingué, bavard; allingato, babillard.
.\.LLOGNE, noisette; avellana, grosse noisette.
Alordi, étourdir, paralyser ; aluctazo, être consterné, dans l'abatte-
ment.
Amourer, entasser ; amorgos, compilation.
Andièrb, ustensile de cuisine ; andréia, repas public.
Anne, \ allons
Annezan, [ allons-nous-en
Annezy, ) allons-y
Annouer, suffoquer ; anoluzo, hurler.
Annonement, action de l'annoner ; anoluzo, hurler.
Annoné, fruit noué mais pas mûr; anonétos, inutile, sans avantage
Apaiser, retenir, apaiseras-tu ta lingue ; apeco, apeceir, retenir.
Apabà, arrêter; aparcdeiitos, où l'on ne peut passer; aparleo
suspendre.
Apiter, voir Epiter.
Arcandier, mauvais voiturier ; concluclor, conducteur, a priv.
LE PATOIS BOURBONNAIS
ano, en avançant; anDuo, atteindre,
se hâter.
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Ardi ! Allons courage ; ardeo, prendre feu ; ardirer, oser,
Arghignée, rebuffaile ; arcigno viso, mauvaise mine.
Argousin, vaurien ; argoikia, grossier, impoli, mal élevé.
Argueilla, houx; argiieulis (Voir préface).
Arias, enfants ; aristotokos, qui met au monde les enfants les plus
beaux.
Arigaudon, mauvais ouvrier en tout genre ; aribascanos, mauvais
malfaisant.
AiiPiON, doigt de pied ; artroii, membre du corps.
Artillage, instruments du laboureur ; prépare me don mon artillage :
ariios, arrangé, ajusté, complet.
Artilloxé, où rien ne manque en parlant des outils ; artéo, préparer.
Artiou, doigt de pied ; arlroD, membre du corps ; artipous, qui a
bon pied.
Artoupan, gredin, canaille ; artamos, meurtrier, assassin.
Arsouille, gens déconsidérés ; arsenokoïtès, homme de mœurs
infâmes.
Aspiration, respiration ; nspiî^mnen, souffle.
AssiTER (s') ou s'assir, s'asseoir ; assidere, s'asseoir.
Attaper, mettre en tas ; attalo, s'élever ; ataniientos, énorme.
Attapemext, action d'attaper ; altalo.
Attefier, habituer ; assuefacere, s'habituer.
Au ris, vent ; aura, vent.
AuvE, saindoux ; arvina, saindoux.
AvÈXE, avoine; avena, avoine.
Avère, avoir; habere, avoir; avère, avoir.
AviER, donner le lait ; la vache a avié, s'est décidée à donner son lait ;
viere, lier, fermer, a priv.
Aviser, regarder : avistare, regarder.
AvoRTiox, avortement ; aborlio, avortement.
AvRi, abri ; arbor, arbre. Dans les campagnes, l'abri le plus naturel est
l'arbre.
Babia, niais, sot ; babas babacto?, niaiseur, bavard.
Babille, bavardé ; babîictc s, bavarde,
Bâchasse, bac ; pierre creusée pour les grosses bêtes ; vaco vacas, être
vide.
Bachat, bac destiné aux cochons ; vaco, vacas.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 40 —
Bader, regarder, ouvrir les yeux ; badare, regarder.
Bagout, parler beaucoup et avec assurance ; bakeus, qui se livre à des
transports bachiques.
Bagxer (se), se baigner; bagnare, baigner.
Bailler, donner ; ballo, procurer, apporter.
Balant (être en), être indécis ; bilana; balance.
Bassie, évier ; baùINO, euvette, bassin.
Batailler, fatiguer ; faligare.
Battoué, battoir; batuo, battre.
Baude, vache ; boos, vache.
Bégile, imbécile; becos, imbécile.
Belaude, agnelle; belen, brebis.
Bêler, pleurer ; belare, pleurer.
Belin, brebis mâle ; belen, brebis.
Beline, brebis femelle; belen, brebis.
Belinière, gardeuse de brebis ; belen, brebis.
Benlili, joli en parlant d'un enfant ; belluhcs belluli.
Benne, panier; bknna, papier.
Berbi*, brebis; berbick, brebis.
Bère, boire ; bibere, boire.
BttSUGNES, vêtements ; bisognare, être de nécessité.
Beugne, coup; puc/na, combat.
Besisi, rémouleur ; tesis, action d'aiguiser.
Biber, avaler le contenu d'un œuf ; bibere, boire.
Biques, échasses ; biga, charriot attelé de deux chevaux.
Biqueron, bec ; bikion, amphore ; réo, couler.
Borbe, boue; borboro.«, boue.
Bouame, flatteur, Uatteuse ; boukoleo, llatteur.
BouERO, bouvier; boucolia, métier de pâtre ; boupoïmé, bouvier.
Bouino, petit; boudion, petit bœuf.
Boule, trouble, sombre ; nebula, brouillard.
BouRR.xssE, lange d'enfant ; borraccia, mauvaise bourre.
BouRRi, âne ; buricus, rosse. (Voir Nap. Landais, bourrique). Bourri,
espèce de banc long, sur lequel travaillent les tonneliers et autres
Ce banc a quatre pieds et une espèce de tète.
BousiNER, remuer sans cesse ; buzzI'^are, se remuer lentement.
Brailler, crier; briacos, crier fort.
Braillée, cri ; briacos.
LE PATOIS BOURBONNAIS
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Br«.illou, qui pousse des cris ; briacos, crier fort.
Brameu crier ; brazo, crier.
BnAMÉE, cri ; id.
Brechoux, personne à laquelle il manque des dents ; brecciatio, sem-
blable a une brèche.
Bredaud, badaud ; brelos, stupide.
Brelau, niais, naïf ; breto», stupide.
Brelosse, I
Bralosse,
^ fruit du prunellier ; brabulos prunellier.
Bbeloter, faire du bruit ; bremo, faire du bruit.
Brieutk, étincelle ; brtllare, éblouir.
Brugxasser, bruimer ; bruma, temps d'hiver.
Brumasser, temps de brouillards épais, bruina.
BusA, niais; busaiiken, sournois.
Cabote, creux |
^ , . cavare, creuser ; cavex, creux.
Gabotu, objet creux \
Carrément, action de grimper ; de caprea, chèvre.
Cabrer, grimper; caprea, chèvre.
Cabrou, qui cabre ; caprea, chèvre.
Gago ou coco, œuf ; cacazo, caqueter, glousser ; se dit des poules qui
font des œufs.
Gaffé, impair ; gaffa, impair.
Caille, toute petite meule de foin ; calame, herbe desséchée.
Gaillerot, qui s'occupe de laitage, de cuisine ; galactoforos, qui
porte du lait ; galactourgos, qui prépare le laitage.
Galabre, corps long et mince ; calamodès, semblable au roseau.
Gallerope, enveloppe telle que brou de noix, etc. ; kaluptos, qui sert
d'enveloppe.
Callure, durillon ; callux, durillon
Caloppe, enveloppe; caliiptos. qui sert d'enveloppe.
Calot, bonnet de femme ; calatos, coiffure de femme.
CAhCAN, bête vieille et mauvaise ; caro, viande ; canilies, vieillesse
Carne, qui a la chair maigre ; caro carnis, chair.
Carte, avertissement du juge de paix; char(a, papier.
Cassable, qui peut se casser ; quassabilis, qu'on ])eut ébranler.
Gatére, convulsion, attaque ; calabolé, attaque ou accès de maladie.
Gaton, agglomération; cata, sur. dessus.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 42 —
Gauterne, espèce de maladie, convulsion ; catabolé, attaque.
Gaveraude, excavation ; catoros, excavation, et cavea, fossé.
Chacrotte, petite, rabougrie ; cake, mauvaise qualité, vice ; cakelia,
mauvaise santé.
Ghabenot, petit hangard ; kalubé, baraque, cabane.
Ghafigner, tracasser, ennuyer ; cakia, malheur, chagrin, contrariété.
Ghaffignement ; cakîa.
Ghafouiner, inquiéter, agacer ; cakia, malheur, chagrin, contrariété.
Ghaleu, lampe; calor, chaleur ; lucere, briller.
Chambonage, terrain d'alluvion sur le bord de l'Allier; campus, champ ;
bonus, bon.
Ghamoisi, moisi; camatos, maladie.
Ghamouérin, résidu de paille brûlée; caniino«î, fournaise, flamme.
Ghaplé, battre ; capadokizo, agir grossièrement.
Ghatron, reprise mal faite ; catuo. coudre.
Ghatronner, raccommoder grossièrement; catuo, coudre.
Ghaumas, pré ; coma, gazon de la terre.
Gassio, portion de terre séparée par des rigoles ou fossés peu piofonds ;
cassis cassées, division, séparation.
Gassis, ouverture, rigole qui sépare ; cassis, casseos.
Ghapuser, amincir ; capetos, découpure.
Ghaputer, mal travailler le bois, couper ; cappeleuo, tromper, travail
mal fait.
Gharbouiller, noircir ; carbo, charbon.
Ghave, cavité ; canos, gouffre.
Ghaver, creuser ; canos, goufl're.
Ghavisses, feuilles de carottes ou de betteraves ; caulis, tiges d'herbes-
Ghasiére, fromagère ; caseus, fromage.
Ghopiller, piétiner ; copanizo, piler, broyer, battre.
GiRÉ, lisse ; ciratus, qui a les cheveux frisés. Cheveux cirés, c'est-à-
dire cheveux lisses ; la mode a changé, le nom est resté pour
exprimer une chevelure bien soignée.
Clau, petite porte mobile ; clelo, fermer ; cleisioi, battants de porte.
Glerroir, claire-voie ; eleison, clôture, fermeture.
Gliques et glaqdes, tout ce que l'on possède : j'ai pris mes cliques et
mes claques et suis sorti. Kleis, klacos, clef. La clef représente
le contenu d'une maison.
Gobile, dispute ; coloos, criaillerie, bruit d'une dispute.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 43 —
Cocu, coucou, oiseau; cocu.
Comble, plein ; compasmos, plein de jactance.
Consulte, consultation ; consuUum.
CoRiNE, petite truie ; corine, jeune fille. (1).
Cordée, branche de chêne tordue ; cormos, morceau de bois.
GoRGNE, crasse ; corema, balayure.
Cormaille, corbeau ; corakias, semblable au corbeau.
Coronne, couronne ; Corone, couronner.
C0RNA.RD, cerf-volant ; corrupto, heurter avec les cornes.
Cornichon, pas rusé ; Cronicos, (cro pour cor), radoteur imbécile.
Crache, salive ; screare cracher.
Cramer, brûler légèrement ; cremare, brûler.
Crâne, avoir un air d'importance ; crdn, infinitif de kroo ; rendre un
oracle, comme un pontife inspiré delà divinité.
Cras ou Queras (être à) , n'en pouvoir plus ; gu^ras, vieillesse ; crao
blesser.
Crecir, craquer ; de crepUare, craquer.
Cregniau, petite pluie ; crenis, creuidos, petite source.
Crère, croire ; credere, croire.
Cresille, voûte d'un four ; cpesema, couvercle d'un panier.
Cret, maximum de sa taille : il a fait son cret ; cres pour créas,
personne, individu, (il est formé) .
Greose, coquille ; scrobs, creux.
Crispin, de mauvaise humeur ; grinetés, grossier.
Crognon, bord du pain qui est dur ; groio, dur.
Cossu, bien ; cosmos, ornement, parure, gloire.
CouRANDiEB, coureur ; gureuo, tournoyer.
CouRANTiNER, Vagabonde ; gureo, fourrager.
CouRAUD, qui aime à aller et venir gurto.
Courre, courir ; guero, tournoyer.
(1^ Oh I pour le coup, il nous semble voir l'étonnement du lecteur en voyant
comparer une petite truie à une jeune fille. Cet étonnement cessera peutrêt^e, si
nous avons pour lecteur un homme qui a constamment habité la campagne et
qui connaît à fond les us et coutumes de nos paysans. Il saura que leur affec-
tion est d'autant plus réelle, qu'elle est mélangée d'un puissant intérêt pécuniaire
pour les animaux qui les entourent. « Qu'ils sont jolis I s'écrient-ils en présence
d'une bande de petits cochons ; viens mon petit, viens ma petite, viens ma
jolie. » (Textuel.) S'il les appellent ainsi des noms les plus doux, réservés aux
êtres les plus chers, on doit être moins surpris de les voir placer à peu près au
même rang une jeune fille et une corine. Toutefois nous ne le donnons qu'en
note et 80us toutes réserves.
LE PATOIS BOURBONNAIS
_ 44 —
CouYON, lâche, qui n'ose pas; guloo, énerver, qui n'a plus de force.
GouYONNER, être lâche ; guioo.
Culot, le plus petit, qui sort le dernier du lit ; cullos, failole ; cuéo,
être enfanté.
Cura, trognon, curebia, pelure.
GuRA-YON, reste de fruit ; curebia, pelures de fruit.
Curette, i
P petit instrument pour nettoyer les outils ; cura, soin.
Dalbon, courtillière ; lalpa, taupe.
Darnaia, piegrièche ; dakal!*, petit oiseau.
Dfboulineh, écarter avec la fourche les cailles de foin ; calamé, herbe
desséchée, de, priv.
Djf, doigt ; deiktès, indicateur ; deicktikos, qui sert à montrer.
Débiter, gâter, gaspiller ; déléomai, gâter; déléma, dommage.
Débrener, sortir d'ambarras ; démo, arranger.
Decaleropper, enlever l'enveloppe ; caruoti, noix ; rumpere, briser ;
de, priv.
Déchanter quelqu'un, en dire du mal ; dennos, insulte, outrage.
Défambr, gâcher, abîmer ; déoo, saccager, dévaster.
Degreger, abattre, cueillir ; décomai, recevoir.
Dénier, enlever les oiseaux du nid ; Ds, privatif ; nidus, nid.
Dépater, oter la boue de ses sabots ; deisalia, boue
Dépiter, abandonner, ses œufs ou ses petits ; depellere, s'éloigner
de...
Dératé, comme un fou ; leratias, charlatan , (erata'.ogon, paroles
étranges.
Dérouiller, laver, débarbouiller ; terso, essuyer.
Dessarger, décharger ; de, privatif ; sarcina, charge.
Dessiper (se), se dissiper, ne pas travailler ; desidere, rester oisif, ne
rien faire.
Détangeh, déranger, retarder ; detiino, tarder, temporiser.
Dâtancer, déranger, detuno, tourner, tarder, user de délais.
Détancement, j'ai eu du détancement ; detuno.
Detrier, sevrer ; déoniai, priver du téton.
Dévaler, descendre ; descendere valles, descendre des vallées.
Devirer (se^ se détourner ; de via ire, aller hors du chemin.
Dissignauter, tripoter ; diagoreuo, dénigrer.
LE PATOIS BOURBONNAIS
^ eilfé, éclat du soleil.
— 45 —
DoBER, frapper ; Dolofoneo, assassin ; dorjplettos, frappé par une
lance.
Dodo, lit ; donios, demeure, le séjour de. ..
Di'RDiLLON, morceau de bois ou autres ; tloreios dorelon, de bois,
fait de bols.
DouELLE, cruche ; doleioo, vase quelconque pour recevoir des
liquides.
DouRDAN, lent, lambin ; doiaso, hésiter, réfléchir, penser.
DouKDix, gourdin ; doureios, fait de bois ; doru, bois, tige.
Drusine, ce qui pousse vite, en parlant des récoltes ; trugué, récolte.
Drusine, être gai; trugodicos, comique.
Ebadib, s'augmenter, grandir, Ebao, entrer dans la jeunesse, dans sa
force.
Ebécile, imbécile ; becos, imbécile.
Ebrellieuteb,)
Ebriecter,
Egaler, enlever le brou de noix ; ekballo, rejeter.
EcHALUFFÉ, ébouriffé ; effusi capelli, cheveux en désordre.
Ecartade, étendue ; ekas, loin de. . . eka, indique une idée d'ampleur.
EcHAUDiR, réchauffer ; ekoma, inflammation, brûlure.
EcLAXCHER, se fendre ; clao, eclaon, eclasa, briser, ébrancher.
EcopEAu, morceau de bois ; ekonia, menu bois, ce qui sert à allumer^
ekopto, retrancher en taillant.
EcoPEAU, petit morceau de bois ; copé, fragment.
EcouREAu, branche morte ; ekonia, menu bois.
EcouÉTÉ, sans queue ; ekista, très peu, le moins.
EcouRTÉ, rendu plus court ; ekista, très peu, le moins.
EcouRTER, rendre plus court ; ekista.
EcRABOuiLLER, écraser entièrement, ecraio, détruire.
EcROGNER. ébrécher, briser un coin de quelque objet, écrésis ecreos,
effraction, rupture ; ecreguumi, ébrécher.
Egurer, émonder ; eculiso. priver ; ecoiso, déblayer.
EouQUÉ, instruit ; eduépés qui charme par son éloquence.
Efruter, épuiser une terre ; e priv. ; fructus, fruit.
Elarder, tomber ; élamai, participe passé de elono, pousser à terre,
faire tomber quelque chose.
LK PATOIS BOURBONNAIS
Elieuder, faire des éclairs ; eliaugués, brillant comme le soleil ;
elikias, tortueux, en parlant de certains effets de foudre.
Elieude, éclair ; eilé, brillant comme le soleil ; elikias, tortueux, en
parlant de certains efifets de foudre.
Eluder, ciié, faire des éclairs, éclat du soleil ; eliaugués, brillant
comme le soleil ; elikias, tortueux, en parlant de certains effets de
foudre.
Eludée, éclair ; eliaugués brillant comme le soleil ; elikias, tor-
tueux, en parlant de certains effets de foudre.
Embouni, ombilic ; embioun, croître, pousser, s'enraciner dans...
Eme, esprit, avoir de l'ême ; emen, imper, de eimi, être.
Empeger, se couvrir de poix ou autre matière gluante ; empeuqués,
poissé.
Enasé, qui s'est cassé le nez ; nasus, nez : e priv.
encrère, ajouter foi ; accredere, ajouter foi.
Enrouohé, enroué ; raucus, enroué. (Voir rancioux.)
Entaper, mettre en tas, en réserve ; entamieuo, serrer.
Entremis, séparation ; intermittere, interrompre.
Envouyu, jaloux ; invidus, jaloux.
Epaillatrer (s'), se mettre à genoux par terre et s'asseoir sur ses sabots ;
epaniemi, baisser.
Epellir, sortir de la coquille ; eœpellere, chassé de...
Epeuré, qui a peur ; arpavere, être saisi de peur.
Epiter, attendre, regarder ; epiteino, être dans l'attente.
EpivAssÊ, epiphobos, effrayé.
Epivasser, epiphobos, effrayer.
Equaqué, ragaillardi ; ekaleos, paisible, tranquille.
Eriau, espèce de charrue ; aroo, labourer.
Esclame, maigre, chétif ; escleca, être desséché.
Espiration, respiration ; eœpirar, exhaler.
Essie, essieu ; axis, essieu.
EssouRDiR, étourdir ; exsurdare, étourdir.
EssouRiÉ, réjoui ; essein, infinitif du verbe edo, réjouir.
Etriper, éventrer ; etridia, tripes.
Etrouble, champ de blé moissonné ; estoblagium, champ de blé.
Evaler, s'en aller : l'eau s'évale ; evadere, aller d'un lieu dans un
autre.
Evérer, égarer ; errare, errer ; divertere, se détourner.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 47 —
EvRENER, se découvrir, se remuer ; evertere, bouleverser.
EvouiLLER, émonder la vigne ; evellere, evuleum, arracher.
Faner, essaimer ; phané, l'amour qui engendre.
Farfooillou, qui cherche; farfollone, papillon qui n'est jamais en
repos, qui cherche toujours d'une fleur à une autre.
Fasillou, industrieux ; lasis, énoncé d'un jugement de l'esprit,
annonce de talent.
Fave, fève ; faba, fève.
Ff, extraordinaire ; féo, cri d'étonnement.
Fenau, fenil ; fenum, foin.
FfiNÉ, se dit d'un fromage vieilli ou séché dans le foin ; fenum, foin.
i le foin, le remueur ; fenum^ foin.
FeNER ;
Feniller
Fexincaca, homme ridicule qui s'occupe des soins du ménage ; fena-
kisma, risée, moquerie.
Fiat, doux ; fiaros, gras, potelé.
FiATE, doux ; {iaro, luisant, gras, élastique.
FisQUE fixe, isqao, arrêter fixement.
FlAGHS ) fl., . ^ c
[ fletn ; flacere, se faner.
Flaghir )
Flau, fléau pour battre le blé ; flao, broyer, presser, froisser, agiter.
Flammer, flamber ; flaTumere, jeter des flammes.
Florir, fleurir ; florere, fleurir.
Font, fontaine ; fons, fontaine.
FoRGONNER, agiter ; fora, action de porter et rapporter, impulsion,
mouvement.
FoRNiER, quitter le nid ; foras, hors du ; nidus, nid.
FouAiLLE. petite branche flexible ; f ubé, touffes de feuillage.
FouAiLLER, frapper avec une branche : f ubé, id.
Fouiner, s'en aller; fugade, en fuite.
FoussA, fosse ; fossa, creux, canal.
FouYOT, jupon ample ; fusigooumai, s'enfler comme...
Frau petits restes, poussière ; frio, mettre en miettes.
Fregon, bois qui sert à attiser le feu ; f ragmon, hallier.
Fresique, chose sans valeur ; farsos fragment, lambeau.
Frilé, se dit des branches atteintes par la gelée ; frigere lador, blessé
par le froid.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 48 —
Fricot, viande rôtie ; fruketos. griller, rôtir.
FaiGOLÉE, flambée de menu bois ; f rugo. brûler.
FuBLER. siffler ; f usafusès, souffle, vent, exhalaison.
Fumasse, toute petite pluie ressemblant à un brouillard; fumiis, fumée.
FuRbTTE, vrille ; furtim, en cachette, en sourdine Elle pénètre dans le
bois furtivement.
Fuser, fondre ; fusura, action de fondre.
FuTAiNE, cachette ; Fusis, asile, refuge.
Galant, gentil ; Galalhenos, jeune, galante, gentille.
Galant, riant, gale o^.
Galefretier, mangeur, buveur; galactopotès, buveur de lait.
Ganas, linge fin ; ganao, orner, embellir.
Gapian, mauvais sujet, sans honneur; kapelica. faux, trompeur.
Gabgant, homme de mauvaise mine ; carteros, terrible, redoutable.
Gariment, effets mobiliers de peu de valeur; carimtos, vil, mépri-
sable ; keros, vieux, ancien.
Garitou, mauvais sujet ; carteros, redoutable.
Gabniment, garnement ; carteros, redoutable.
Gouaîller, crier, vociférer; goao, gémir, se lamenter, par ext. crier.
Gouère, pâtisserie de campagne ; gouros, espèce de gâteau.
GouERON, id. gouros, id.
GouGNEUR, sorcier, qui raccommode les membres ; goes, sorcier.
GouGNER, raccommoder ; goes, sorcier.
Goulée, bouchée ou action d'avaler ; guala, vase à boire.
GouiA \ flaque d'eau bourbeuse, gua et guia guiai, gouia,
Goulliat [ fossé. Par extension, tout récipient propre à contenir
GouYA ) de l'eau.
GouNiN, qui se plaint ; goon, lamentation, gémissement.
GouLER manger gloutonnement ; gulosus, goulu.
Gourd, réservoir, gorgura, fond de vase, égout.
Gourd, cavité, gorgura, id.
GouRGANDiN, mauvais sujet, mauvaise mine ; gorgo, objet d'effroi,
épouvantail ; gorgos, terreur véhémente.
Gournillat, flaque ; gorgura, égout, fond d'un vase.
GouYER, se mouiller les pieds dans une flaque, gouia.
Graffignement, gralo, écorcher.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 49 —
Grafignure, égratignure ; grafo, écorcher ; grafiscos, instrument à
pointe aiguë.
Grafigner, égratignure; graio, écorcher; grafiscos, instrument à
pointe aiguë.
Graton. petit morceau de graisse de porc rôtie ou grillée ; cralicula, gril.
Gravoinghe, écrevisse; graus, espèce d'écrevisse.
Graillon \ mauvaise odeur de graisse brûlée ; grasos, odeur de bouc
Grayon ) ou d'aisselle ; gros, graos, graï, odeur d'aisselle.
Gredo, pauvre ; graodès de vieille. . . .
Gkever, gêner ; gravor, souffrir.
Griler, grogner ; gruzo, murmurer.
Grilou, grognon ; id.
Grinfer, égratigner avec les ongles ; grafo, gratter, écorcher,
Grinfement, action de grinfer ; grafo.
Grôle, corbeau ; crozo, croasser.
Grommeler, bougonner ; gruzo, murmurer.
Groume, écume ; groumea, résidu, rebut.
Groumer, écumer ; id.
Grouland, médisant ; gronos, sournois.
Groupeton ou Groupton (être à), se baisser en pliant les jambes ;
grupto, se courber ; groupetos, courbure.
Grimaud, Satan, crimen, crime. Satan représente le crime, ou il vient
du verbe français se grimer, changer de figure, parce que, aux yeux
des habitants de la campagne, il peut se changer en toutes sortes
d'animaux.
Guémenter (se), se plaindre ; kenoo, désoler.
Guener, plaindre ; goou, gémissement, lamentation.
Guériau, guéret ; gué, terre; aroo, labourer.
GUEULÉE
.cri ; guon, hurlement.
GUEULEMENT '
GuiORs, dehors ; foras, dehors.
GuERio, terre labourée ; gué, terre ; aroo. labourer.
GuERiMENT, produit de la terre ; gué, terre.
IcAN, cela; hic, ce.
Icou, CE \
Iqui, ici / HIC, ce.
Ique, ce )
Itou, aussi ; item, de même.
4 LE PATOIS BOURBONNAIS
— 50 —
Jaberot, estomac des poulets, canards, etc. ; cabé, nourriture ; réo,
être abondant.
Jagasse, bavarde ; iacaso, crier
Jaille. chatouillement ; yargalisiiios.
Jartir, badiner, s'amuser; iauo, réjouir.
Jau, coq ; gallus, coq
Javeler, lancer, abattre ; ialao, lancer.
Jiauler, pleurer; ialeniizo, faire des gémisseuients, lamentations.
Jiaulement, action de jiauler ; ialeniizo, faire des gémissements,
lamentations.
JiOLOu, qui jiaule ; ialeniizo, faire des gémissements, lamentations.
Kerier, crier; lirukeuo, crieur public, publier; keruzo, appeler à
grand cris.
KoiNNE, espèce d'imbécile; koinos, koiue, commun, trivial, vulgaire.
KoKiASSE,[ciguë ; kouéion, ciguë.
Langouste, sauterelle ; locusia, sauterelle.
Laper, prendre ; capere, prendre.
Lèche, tartine ; lecos, plat, assiette ; avant l'invention des plats et
assiettes, les mets se servaient sur du pain coupé en tranches plates,
d'où lecos, plat, lèche
Liée, temps fixé pour le travail des bœufs quand ils sont attelés ; liga-
tus, lié.
Liguer, désirer vivement; glicomai, désirer avec ardeur.
Lingue, langue ; lingua, langue.
LoiNTEUR, éloignement : longitur, marquant éloignement.
Mâchouiller, mâcher ; niasaoïnai. mâcher.
Maille, meule de paille dans une grange; niailoD, plus, idée d'agglo-
mération
Malafaut, injustement ; malafactum, mauvaise action.
Malagalée, mal parée ; agaio, parer, orner.
Mangnier, frapper, corriger; rnanus corrigere, corriger avec la main.
Manqua ELEMENT, sans doute ; mangamento, manque^ faute.
Margouilla, enfant qui mange salement; niargos, glouton.
Marre, houe ; marron, mare, houe.
Marron, petite houe ; marron, mare, houe.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 51 —
Marronner, se servir du marron; marron, mare, houe.
Marrot, petite bêche : marron, mare, houe.
Ma&ibler, cribler de coups; marligoo, frapper, battre ; mastis, châ-
timent ; macomai, combattre.
Matefin, beignet ; maza, sorte de pâtisserie.
Matouille (à), beaucoup, un grand nombre ; multiim, beaucoup.
Mazette, poltron ; mazzasette, faux brave.
Mêlée, mélange de foin et de paille ; melea, mêlée.
Menuzons, petits morceaux ; minuzzo, petit morceau.
Messoù, qui fait l'ignorant ; nescius, qui ne sait pas.
MiATOUNER I manger du bout des dents, avec dégoût ; miarofa-
Miatounement ' yeo, se nourrir de mets impurs.
Micron j repas très peu considérable à midi chez les cultivateurs ;
ou MiGRON^ micros, micron, peu considérable; micrositia.
MiGNiEU, minuit; mi, préfixe indiquant une demi; nos?, nuit.
MiNGOLET, tout petit; mignolo, petit doigt, le plus petit.
MiRABLE, admirable ; admirabilis , admirable.
MiTTON, gant de campagne, mitodès, tissu avec du fil.
MiYAS, galette très vulgaire que l'on fait cuire dans des feuilles de
choux ; miarogaia, nourriture impure.
MoDURER, donner avec parcimonie; moiroo, diviser.
MOLLARD j
MoLLÉE > humide ; mollis, mou.
Molle )
MouDURER, se déliter ; moudaino, faire fondre.
Mouret, figure ; pris en mauvaise part, museau ; moureno, figure
hideuse.
Naion, nine, nain, naine; nanion, petit nain, nabot, nine, nanion.
Naiser, rouir ; naisoeidès, semblable à une lie. La meule de chanvre
au milieu de l'eau a quelque analogie avec une île.
Nargi, souffrant ; narkeo, être engourdi, lent, endormi.
Nère, noir ; nero, noir.
NiAuvE, nouvelle mariée ; neos, nouveau.
Nil, brouillard ; nifo, être arrosé par la pluie. (Le brouillard est une
pluie très fine.)
Olter, chanter ; ololuto, pousser des cris de douleur ou de joie.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 52 —
Omasse, grosse personne ; otnasum, panse, ventre.
OoTH, cri de la bergère pour appeler les moutons ; oios, brebis.
Os, noyau ; os, qui est dur comme un os.
OsTiNER (s'), s'obstiner; ostixare, s'obstiner.
OuEiLLE, brebis ; ois, oios, brebis.
OuiTjLE, brebis ; ois, oios, brebis.
Oussi, mot employé pour c^ asser les chiens ; xiscire, usei, sortir.
OusQUE, où ; icsquam, en quelque lieu
Paillas, paglia {gl, Il mouillés), paille.
Paillasse, corbeille ronde en paille ; paglia, paille.
Pagnote. peureux ; pavilans, peureux.
Palisser, piler, tasser ; pileo fouler, presser.
PALLE,fpelle ; palla, pelle.
Pallée, contenu de la pelle ; palla, pelle.
Pannetonne, petit pain de forme ronde ; partis, pain.
Pansigot, qui a un gros ventre ; pansthénès, très puissant, très fort.
Pardre, paraballo, détourner, abandonner.
Paré, pareil, égal ; paresizoo, égaler.
Parer, se garer, esquiver; -.areinii, éviter, esquiver.
Parer, arrêter; pareirgo, empêc' er ; paristemi, arrêter un cheval.
Pargnon, gousse d'ail; paropsis, ce qu'on mange avec son pain.
Parpette, langue; paroimiaso, parler.
Particulière, maîtresse ; parlenos, jeune fille.
Patati patata, parler à tort et à travers sans s'arrêter; palaguema,
bavardage qui rompt les oreilles.
Pâtisson, souffre-douleur; patasso, battre, frapper.
Patouillage, action de patouiller ; patos, patou, boue.
Patouille, boue; patos patou, 'boue.
Patouiller, marc'ner dans la boue ; patos, patou, boue.
Patras, homme mal élevé, sans éducation ; patema, homme de rien.
Pattes,- vieux chiffons ; patema, chose vile.
Patureau, pâturage ; pastura, pâturage.
Pau, pieu ; palus, pieu.
Peilles, vieux chiffons ; pelle, peau.
Pelasse, écorce ; pela, écorce.
Pelasser, écorcer ; pela, écorce.
Pelote, tas de fumier ; pleroo, réunir en nombre.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 53 —
Penodfe, étoffe servant à nettoyer le four; pêne, étoffe, ufos, tissus*
Perdure, perte ; perdere, perdre.
Pero, bouc; perolere, sentir mauvais.
Persi, pêche alberge ; persea. pêcher.
Pessée, morceau, pesé aor, 2'ne de pipto (idée de s'affaiblii').
Petarée, bruit fort; strepitare, retentir.
Petra ou Patras, grossier; petra, homme de rien.
PiALER, crier; plfausco. dire, mettre au grand jour.
Piaulement, cri des poules ; pipizo, piailler.
Piauler, cri des poules ; pipizo, piailler.
PiGHiET, pot à boisson ; bigghiere, verre, gobelet.
Picoter, manger en parlant des poules ; piaiao, bien nourrir, en-
graisser; pino, avaler.
PiCR AS, ajonc ; picras, anlrosace. Confusion de mots, comme ar-
gueilla,
PiDANGE, ce qui se mange avec le pain ; sapidus, qui a du goût.
PiGASsÉ, marqué de diverses taches; pictics, picta, tacheté.
PiÉTER, trépigner, s'impatienter; pitulizo, s'agiter, se trémousser.
Piger, mesurer ; pigere, fixer, établir.
Pigeonne, vermoulu; puzo, pourrir, putréfier.
PiGNÉE, raclée ; pugna, pugnœ, combat.
Piler, presser, fouler; pileo, presser, fouler. (Ne pas confondre avec
piler qui est français.)
PiOGHON, pioche ; pitarion, instrument qui a la forme d'un n (p grec).
Pique pante, beaucoup de mal ; picras 'jûos, exaspération, haine.
Pissotière, amas de petites étoiles ; pissodès, plein de poix, par ext.
réunion de. ... ; pitulos, foule, multitude.
Pitrouiller, pétrir salement ; pitulizo, barboter.
Plaint, gémissement ; piégué, affliction, blessure.
Plan, doucement; plaz, plaine, pays plan.
Plan de foire ; id.
Plangeon, meuîe de paille ; planta lego, je réunis les plants.
Planta, homme grand et fort ; p!atus, large, ample ; platus ternos,
qui a une large poitrine.
Plaçât, petite place ; platea, place.
Plau, bois d'un certain volume dont la surface est unie et qui sert à
hacher ; planus, dat. ; piano, uni.
Pleurement, pleurs ; ploratus, pleurs,
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 54 —
Plota, touffe de racines d'herbe ; pleroo, réunir en nombre.
Pluir, pleuvoir ; pluere, pleuvoir.
PouGNE, poing : avoir une bonne pougne ; pugnus, poing.
PoMPK, g;\teau ; popanon, sorte de gâteau.
PoNLu, petit crapaud ; xtalus, marais.
Pote, pot à boisson ; poter, vase, gobelet.
PouFiNER, tousser souvent ; putizo, cracher souvent.
PouNER, pondre ; ponere, mettre bas.
PouTET, grimace en avançant les lèvres ; putisma, crachat.
Pra, pré ; pratum, pré.
Prefateur ) . .,- , . ^ ., ^. „ ,
qui travaille a prix fait ; pretiuni factum.
Prefauteur ;
Prepos, barde de voiture; premnon, tige, arbre.
' trou ; pertundey^e, pertusiim, creuser, trouer.
Pretuser, )
Prime, printemps ; pritnavera, printemps.
Profiter, grandir: proago, faire croître.
Profonder, creuser: procata:uo, enfoncer.
Prun, provins ; propage, provins.
Pupu, huppe ; upupa, huppe.
PuzoNA, vermoulu ; puzo, pourrir, putréiier.
Quai, vessie de chevreau ; qustis, vessie.
QuARRE, chercher ; quœrere, chercher.
QuENi, n'avoir plus rien; kenos, privé de.
QuEQUOissE, hanneton ; les enfants agitent les arbres pour les prendre ;
quasso, agiter violemment.
QuEQUoissE, ciguë ; cacourgos, nuisible ; cacoarguia, venin.
QuER, tuer ; necare, tuer.
QuETOu, boudeur, maladif; questus, expression de souffrance.
Queue, anse ; cauda, queue.
QuEUBE, cuve ; cubba. coupe, vase.
QuiOLER, crier ; quionis, luette du gosier.
QuiOLEMENT, actiou d'appeler; quionis.
QuioLou, qui appelle ; quionis.
QuiONQUiONNERiE, presque rien, peu de chose ; quiquabinos, de peu
de valeur.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 55 —
Rabih, grimper; ramus ire, aller sur les branches.
Rable, longue brnn''lie avec planche en rebord ; rabdos, bâton mince,
verge, branche.
Rableb, faire tomber à coup de gaule ; rabdos.
Rabouvelle, rave sauvage; rapula, rave.
Radureb, effleurer, passer un rouleau sur une mesure ; radere, effleurer.
Raffalé. vêtu pauvrement ;' rac().«, déguenillé, haillon, guenille.
Raffdt, bruit ; rabasso. faire du bruit.
Rancioux, enroué ; brageous, enroué.
Rancœur, aigreur ; rancor, odeur rance.
Rane, grenouille ; rayia, grenouille,
Rapê, fait : c'est râpé ; rapere^ enlever par force.
Rapesauder, racommoder , racos, racommoder.
Raqueter, se dit des herbivores quand ils mangent, sans en laisser, le
peu d'herbe qui est resté dans un champ ; raccocare , revenir à la
charge.
Raqueter, couper ; raquetron, grand couteau, serpe à tailler.
Rase, rigole pour arroser ; ra*<nia, arrosement.
Ratelure, débris de foin ramassés au râteau ; ratestatus, rassembler.
Raughe, roseau; rocca. quenouille.
Ravouxelle, rave sauvage; rafanos, rave.
Regonger, remonter : l'eau regonge ; proagogos, pousser.
Reume, rhume ; reuma et ruma, écoulement.
Regueu, terre labourée une dernière fois en semant le blé ; aroo, la-
bourer ; gué, terre.
Reguyer, mettre la terre à regueu ; aroo, labourer ; gué, terre.
Remplir, saillir ; replere, remplir.
Requexer, braire; hinnire, hennir.
Re TROUBLE n, remettre une terre en blé; restovigliare, assoler sans
jachère.
Revirer, retourner; girarc, tourner; re, réitération.
Reviron, ravaudage ; revisore, qui revoit.
RiEUTE, tout petit chemin ; reo, passer.
Rigoler, dégringoler; ripto, se jeter, se précipiter.
Ri(4UENÉ, ride ; rfcos, ricué, racorni, ratatiné, ridé.
RiMOUssER (se>, se renfrogner ; riguéo, frémir, frissonner d'horreur.
RiOT, petit ruisseau ; roos, ruisseau.
Risou
rieur ; risus, rire.
RiSOULET
LK PATOIS BOURBONNAIS
— 56 —
RivAGEURs, riverains, ouvriers employés à la réparation des moulins ;
ripa, rive ; vagus, errant .
Rompre, défricher; rumpere, défricher.
RoNFER, ronfler; ronfare, ronfler.
Ronronner, murmurer; grunnio, grogner.
Roquer, heurter; rogué, fracture, fente.
Rossa | bête usée, vieille; os, ossis, os; re, réitération, qui n'a que
RossARD I les os.
RouGHE, roseau; rogga, quenouille.
RouME i écume; rheuma, écume.
RouMER, verb. ( Rheuma, ce qui coule.
RouFFiANT, malpropre, rupos, rupon, saleté, malpropreté.
RouTELER, rodere, ronger.
RuMAGE, déménagement ; ruiné, entraînement, marche rapide, par
extension, changer de place.
Sabbat, bruit ; sabazo, crier comme des bacchantes, bouleverser,
casser, briser.
Sabbater, faire du bruit; sabazo.
Sabbattement, action de sabatter; sabazo.
Sable, sève; sapor, sève.
Sagouiller, s'amuser dans une eau sale ; sabrias, vase à boire.
Salisse, osier; sacos, bouclier d'osier.
Sanlle (11 mouillées), sangle; cmgula, sangle.
Saqueter, couper avec un mauvais outil ; secare, sectus, couper.
Sarge, charge ; sarc^■na, charge.
Sarger, id.
Sarglou, sarcloir; serculum, sarcloir.
Sater, presser; satto, presser.
Sati, compact, une pâte satie, pressée ; sato, pressé, foulé.
Sauver (se), faire bien ses affaires ; sopiasma, chose faite avec soin,
s'occuper avec soin, avec zèle.
Sgabreux, escarpé ; scaleos, inégal ; scama, fossé ; scopelos, rocher
élevé, écueil.
Selle, chaise; sella, chaise.
Séquelle, suite, « lui et toute sa séquelle » ; assecla, suite.
SiGOT, cahos ; seio, balloter.
SiTA, sécheresse; siccitas, sécheresse.
LE PATOIS BOURBONNAIS
- 57 —
SiTER (se), s'asseoir; nssidere, s'asseoir.
Sou, aire de grange ; solum, aire.
SouTRE, ce qui est dessous; subius, dessous.
Stomaqué, indigné, étonné ; stomaquor, s'indigner.
SuBRUN, pluie tombant des toitures, couvertures ; sub, sous ; labrum,
bord de toit.
Tacosser, couper du bois ; tallia, rameau, branche.
Tacot, branche dépourvue de feuilles ; tallia, rameau, branche.
Taillant, morceau séparé de poire, de pomme ; tamias, qui fait les
parts.
Taine, flétri : tanatao, avoir envie de mourir.
Talé, coup, meurtrissure: talao, souffrir.
Taler, meurtrir; talao.
Talure, meurtrissure ; talao, souffrir.
Tanner, battre ; talao.
Tapon bouchon en bois pour tonneaux; tappo, bondon.
Taponner, verbe ; tappo, bondon .
Tarabatement, action de tarabater, faire du bruit en cherchant, « que
tarabatez-vous là-haut » ; tarasso, remuer ; tarabanis, dieu du
tonnerre .
Tarabater; tarasso, tarabanis.
Tarrible ; tarasias, turbulent, perturbateur.
Tariran, bruit, tapage; taraké, bruit, tumulte,
Tason, lent ; iardus, lent.
Tatjraille, veaux, génisses; taura, vache stérile .
Taure, velle ; taura, vache stérile.
Tayon, morceau ; taguri, gurion, parcelle, petit morceau.
Tazon, lent, paresseux ; tasso, être assis.
Tazonner, faire lentement; tasso.
Telo, entraves pour les animaux indociles ; telquitaino, indocile,
intraitable .
Teret, terreau; terra, terre.
Térir, tarir; terso, sécher, dessécher.
Terra, grand vase en terre; terra, terre.
Tés, débris de pots cassés ; terfos, têt, tesson.
Teuser, allumer; tuzo, allumer.
TÔNE, très grosse mouche bourdonnante ; tonusso, bourdonner.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 58 —
TopÈTE, fiole; lopicos, topique, qui s'applique sur le mal.
ToRLiBRANDE, accès de fou rire ; torubos, bruyantes acclamations.
ToRMENTEMENT, tourment ; tormenlum, tourment.
ToRNA, bâton ; tornocidés, forme ronde, qui semble tourné.
ToRNANT, détour ; tormos, borne que tournent les chars ; tornenlos,
tourner.
ToRsu, tordu ; tornentos, tourner, arrondir.
ToRTiLLEUX, tortueux ; tortiglioso, tortueux.
Tortillons, longue suite de : des tortillons de jurons ; torubéo, se
quereller.
TouRTOURELLE, tourterelle ; turlur, tourterelle.
TOUSSEMENT, tOUX ; TOSSIMENTO, toux .
TOUSSINEMENT, id .
TOUSSINERIE, id.
ToussiR, tousser; tossire, tousser.
Trace, haie ; distrahere, distraxi, séparer ; haie qui sépare les héri-
tages.
Traînasse ) , , , , ,
^ . herbe rampante; tranare, traîner.
Tranasse ^
Trainerie, maladie lente ; tranare, traîner.
Tranche, expression qui indique que les plantes se déracinent par le
passage répété des araignées, grillons, etc. ; transversus, qui
traverse .
Traupignon et Troufignon, chignon ; truleros, qui étale du luxe.
Travelle, bord d'un champ labouré en travers ; traversale, trans-
versal.
Tré, trois ; tries, trois.
Tremblesion, tremblement ; tremolio, tremblement.
Tresio, gerbes mises en croix les unes sur les autres et dont les épis
s'entrelacent ; tarsoo, entrelacer.
Treyant, pioche à trois dents ; triodous, à trois dents.
Triger, aller ça et là ; tribos, chemin.
Tbimard, voyage ; tribos, chemin.
Trimaruer, voyager ; tribos, chemin.
Tribouiller, tracasser, ennuyé, fatigué ; tribo. fatiguer.
Tribouillemext, action de tribouiller, tribo.
Trimballer, ne pas être solide sur ses jambes ; tribos, chemin ; ballo,
agiter, remuer.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 59 —
Triolet, trèfle ; Irion, feuille.
Tripoteur, chicaneur ; triptec, chicane.
Trougher, essuyer ; tergere, essuyer.
Troughkr, épaissir, le blé tronche ; trugue, récolte fécondité.
Trouchon, torchon ; trukion, haillon, étoffe usée.
Turlubrelu, homme léger, ne sachant ce qu'il fait ; turbazo, trouble,
brouillon, mettre en désordre.
TURLURETTE, iudue, heure turlurette ; turauleo, qui passe la nuit
dehors, qui découche.
TuRREA-U, monticule ; turris, tour, élévation.
TusER, attiser -, tuzo, allumer, embraser
TusoN, tison ; tuzo, id.
TusoNNER, attiser ; tuzo, id.
Usine, rigole d'arrosement ; usis, pluie, et eau.
Valangeon, manche de fléau ; falas, lalagos, gros bâton.
Varmine, vermine, farmakeia, empoisonnement vénéneux.
Vanter, vanner ; veniilare, agiter, on secoue le van pour faire sortir
les saletés.
Vaque, vide ; vaco, vacare, être vide.
Varenne, terre légère, sablonneuse ; arena, terre sablonneuse.
Vérin, venin ; virus, venin.
Veser, fatiguer, haletfr ; fessus, las, fatigué.
ViLLiÉE, veiller ; vigilare, veiller.
Violet, tout petit chemin ; via, exilis, chemin étroit.
ViouNER, souffler ; vis, force ; sonare, résonner.
Vise, osier ; viere visi, lier avec de l'osier.
Voilà ce que nos bien minimes connaissances en langue grecque ont
pu nous fournir, mais nous croyons pouvoir affirmer que si un véritable
helléniste voulait se donner la peine de se livrer à des recherches, il
aurait, en peu de temps, fait une ample moisson de racines grecques.
^V
LE PATOIS BODRBONNAIS
DICTIONNAIRE
Les mots précédés d'un astérisque (*) sont plus spécialement
du Canton de Varennes-sur-Allier (1).
*A (il ou elle), a travaille bin.
Aba foins, s. m., ouverture prati-
quée dans le fenil.
Abatteu, s. m., bateleur, y en
avait prou de ceux abatteux.
*Abequê, a, rachitique.
Abera, v., abreuver.
Abeyon, s. m. essaim.
*Abi7n,er, v., se faire mal, elle s'est
abimée cette enfant.
Abion, s. m., essaim.
Abionner, v., réunir plusieurs es-
saims.
Ablaie, s. m., essaim.
* Abominer v., détester, je l'abo-
mine.
Abodieu, ah ! bon Dieu I abodieu
que c'est dégoûtant.
* Abonder, v., suffire, je n'abonde
pas à. . .
Abouchonner, v., coucher sur le
ventre.
*Abouler, v., mettre, ajouter.
Abouliasse, a., ventru, obèse.
*AbouUr, V., détruire.
*Abraser, v., renverser, détruire.
*Abre, s. m., arbre.
*Abreger (s'), v., percher (se).
'^Abrejou, s. m., perchoir.
Abrelucher, v., éblouir, être aveu-
glé par la lumière.
*Abresa, s. m., sac de mendiant.
*Abrevoir
Abrevou
*Absentement, s. m., éloigne-
ment.
s. m., abreuvoir.
(1) Gomme l'instruction se répand de plus en plus dans les campagnes, le
patois va disparaître prochainement : aussi nous a-t-il semblé utile d'en con-
server le souvenir, à titre de curiosité pour l'avenir.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 62 —
V., ajouter.
de suite.
*Abuter
*Aponcher
*Acabassé, a., fatigué, exténué.
*Acabasser, v., se courber.
Accater, v., s'abaisser, diminuer
de hauteur.
*Accatonner, v., s'agglomérer.
Accerbilla{i),v., réunir, amasser,
acerbilla du bien, ramasser du
bien.
Achâtir {s'), v., se caresser, y
s'achatissaient.
Accordeuœ, s. m., celui qui fait les
demandes en mariage.
*Accoubler, v., accoupler.
*Accourt
Agourt )
Acuuter, v., écouter : acoute le
veneur aux chiens.
*Accrouplonner,Accropton7ier,y.,
se baisser sur les jambes.
Achiner (s'), v., faire plus qu'on
ne peut.
*AchopetU, adv., peu à peu.
Acorbasser, v., attacher une corde
aux cornes ou à la jambe de
devant d'un animal.
*Acoter, v., fermer.
* Accoter (s'), v., s'appuyer.
*Acource, a., attiré, épris.
Accoussat, s. m., houx.
*Accoutu'ma, a, accoutumé..
*Ac7noder, v., (la salade), apprêter
la salade.
Aéré, s. m., gaule au bout de la-
quelle il y a un crochet.
Acrou, s, f., fourche recourbée
pour remuer le fumier.
Acuré, a., altéré parla crasse.
Adouba, Y., arranger: fere adouba
la pendule.
* Adret, adreite, a., adroit.
*Adrètement, adv., adroitement.
Affaça, ée, sens dessus dessous.
Affiater, v., attiré, amadoué.
Affié adv., (a son), quant à lui.
* Affilé {à'), adv., sans désemparer,
il faut faire ça d'affilé.
* Affiner, v., tromper.
Afflinger, v., transpirer, avec la
chaleur, il est afflingé.
*Affistolé, V., paré, orné.
*Affistoler, v., parer, orner.
'^Affouler, v., avorter.
* Affranchis seur , s. m., hongreur.
Affrelé, a., pressé, préoccupé de
ce qu'on va faire.
Afretelé, a., gaillard ; il est bien
afretelé.
*A/futiaucc, s. m., choses sans va-
leur.
*Afuquiaucc, s. m., instruments,
jouets.
*Aga, V., vois, regarde. ,
Agaler, v., tasser et entasser.
Agarder, v., regarder.
Agargacer,v., provoquer, agacer.
Age7ieuiller (s'), v., s'agenouiller.
Ager, v.. rouir du chanvre.
* Aggraver, v., fatiguer.
*Agnieu
Aneu
aujourd'hui.
(1) Dans la plupart des communes de l'arrondissement de MontUiçon, les
verbes qui finissent en er changent cette syllabe en a.
LB PATOIS BOURBONNAIS
— 63 —
a., agréable.
*Agogo, Agougou, adv., à profu-
sion.
Agolier. s. m., églantier.
*Ago7iiser, v., accabler quelqu'un
de sottises.
Agoyer (s'), v., s'étrangler.
^Agouer, v., éternuer ; tu ne peux
donc pas agouer
Agouer, tousser.
*Agour, adv., maintenant.
Agourli (s'), v , s'accroupir.
*Agranplein, adv., beaucoup.
*Agriable
Agriabe
Agrichcr,Y., avoir par ruse, pren-
dre.
*Agrouler (s'), v., se baisser en
pliant les jambes.
Agrole, s. m., corbeau.
*Aguille, s. f., aiguille.
*Aguille, s. f., pièce faisant partie
du char.
*Aguillée, v. aiguillée.
*Aguieu, adv., adieu.
*Aguser, v., aiguiser,
Aguye, s. f., aiguille
Aibre, s. m., arbre.
*Aières, adv., également; à la suite
l'un de l'autre.
Aieumette, s. f., allumette.
Aigron, s. m , héron.
*Aiguc, s. f., eau
Aiguière, s. f., pot d'eau.
*Ailles, V (voir : jailles).
*Ainsi qu'ainsi, adv , d'une ma-
nière ou d'une autre.
Airer, v., arrher.
Aisant, a., aisé.
A fasse, s. f.^ pie,
Ajassou, s.f., verrue.
^Ajouter, ajuler, v., traire.
*Al, ailes, pr., il ou elles.
*Alaveur, adv., quant à... à cause.
Aie, s. f., aile.
Alite, s. f., élite.
*Allingué, a., bavard, médisant.
Alligner, v., mettre bas.
*Alliger, v., sécher.
AUig7ie, s. f., noisette.
Aloilrer, v., améliorer un champ.
*Alordi, V., étourdir, paralyser.
Aloubi, a., affamé : al est aloubi.
AUalan, s. m., mauvais sujet,
polisson, sans souci.
*Aliilré ou aluilé, s. f., terre en-
graissée.
Alvisoir, s. m., dévidoir.
Aluré, a, déluré.
Aluyao, s m., loriot.
Atnaillade, s.f., tentes pour don-
ner à boire.
Amairon, s. f., camomille.
Atnarer,y., émousser : a pas mal
amaré mon coutiau.
Amanda, v., engraisser : amanda
des bœufs, engraisser des bœufs.
*A7)iasser, v., glaner.
Ambaïe, adv., avec : travaille am-
baïe courage.
Ambe, adv., avec.
*A7nbrelificoler, v., circonvenir,
embrouiller,prendre par adresse.
Améron, s f., ronce.
*Amenicser,y., amenuiser.
Amiqueusc, a., affectueux.
Amor s. f., mure sauvage.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 64 —
*Amourer, v., entasser.
*Ar)i'perme, plume que l'on met
au bec des oies pour les empê-
cher de nuire aux récoltes.
Amunition (d'), s.f., de munition :
y a t'y du pain d'amunition.
*Amusard, a., lent à travailler.
*Ancrère {s'), v., s'encroire ; se
donner de l'importance.
Ancien, s. m., aïeul, ancêtre, vieil-
lard.
*Andière, s. f., ustensile de cuisine.
*Andin. s.f., amas en ligne d'un
fourrage que l'on vient de cou-
per.
*A7ie vieux, s. m., espèce de ser-
pent.
*Aneu, adv., aujourd'hui.
Andillé, mince, fluet, efflanqué.
Angeron, s. m., genêt.
Anguiarde, écorchure : c'est une
anguiarde quai a à la figure.
^Animau, animal.
Anisser, v., exciter, provoquer.
*Anne, interj., allons.
*Anne-z-en, allons nous-en.
*Anne-z-y, allons-y.
*Annouer (s'), v., suffoquer.
*Anoné, a., fruit noué mais non
mûr.
Antif (courir 1'), se promener : où
est ta fille ? elle court l'antif.
Anvé, adv., avec.
*A'paiser ) retenir : apaiseras-tu ta
Apeser ) lingue.
Apana, v., régler.
*Apiter | attendre, regarder: qué-
Epiter \ que t'épites ?
Apointuser, v., rendre pointu.
Appara, v., arrêter.
Appetissé, a, qui a de l'appétit.
*Apponcher, v. ajouter.
Appouta (s'), v., se choquer.
Appouna, v., attacher une corde
à une autre.
*Apprecher, v. approcher.
*Appriver, v. apprivoiser.
*Approchant, a., à peu près.
Aqueni, a., fatigué, las.
^Arable, s. m., arabe.
Aramer, v., se rassembler.
Arbalu, crépuscule : rentrer les
bêtes à l'arbalu.
Arboulade, s. f., omelette à l'o-
seille.
*Arcan, arc-en-ciel.
*Arcandier, s m., prêteur d'affai-
res dont il faut se défier.
*Arcandier, mauvais voiturier.
Arcana, braire.
*Arche, s. f., pétrin, maie
Archiers, s. m , gendarmes : vêla
les archiers qui venont.
*Archignée, s. f., rebuffade.
Ardelle, argile.
*Ardi ! courage !
*Ardile, a., argile.
*Aregarder, v., regarder.
*Arégniaires, s. f., toiles d'arai-
gnée.
Aregnoux, s. m., homme qui
sème la zizanie.
Argo, s. m., chiffon, pièce.
* Argot, s. m., ergot.
Argonde, a., malin, habile.
*Argousin, s. m., vaurien.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 65
*ArgueuiUa, s. m , boux.
*Aria, s. m., enfant.
Ariet, adv., aussi.
*Arigaudon, s. m , mauvais ou-
vrier en tout genre.
Arigner, v., exciter, agacer.
Arimer (s'), v., s'abriter : vêla la
pieu, je vous nous arimer.
Ariot, araire.
Arioter, labourer.
*Arinana, s. m., almanach.
*Armise, s. f., remise.
* Armoise, s. f., armoire.
Armorige (à 1'), s. m., lieu froid
à l'ombre et au nord.
Arobe, érable
*Arpic, aspic.
*Arpi, s. m , vipère.
*Arpicn, s. m., patte d'animal.
*Arqueduc, s. m., aqueduc.
Arrweur, s. m., peigneur de chan-
vre.
*Arrosoxc )
s. m., arrosoir.
Arrousu )
*Arrouser, v., arroser.
*Arse, s. f., herse.
*Ârsouille, s m., gens déconsidé-
rés.
*Artillade, s. m., instrument de
laboureur : prépare me don tous
mes artillades.
*Artillonné, a., ou rien ne manque
en parlant des outils.
*Artion, s. m., doigt de pied.
Arloupan, s m., gredin, canaille.
Arucher {&'), v., redoubler.
*AsiaLique, s f., sciatique.
* Aspiration, s. f., respiration.
Assara, v., ramasser.
Assaper, v., détériorer.
*Assemblemenl, s. m., réunion.
*Assemblé (être), v., vivre marita-
lement sans être marié.
*Asseurance, assurance.
Assigea, consolider.
*Assisler (s'), v., s'asseoir ou s'as-
sir,
^Assortir, v., donner à une terre
en jachère les façons pour l'en-
semencer.
Asleur, à cette heure, maintenant :
asteur que nous le tenons,
nous ne le lâcherons pas ».
*Atou, coup.
Ate, vent du sud.
*Ate, s. m., timon : tends-me l'ate,
petit Jean.
Aùouper, v. , couvrir : atoupe me
don, j'ai frai.
*AUaper, v., mettre en tas en ap-
puyant.
*AUefier, (s'), v., s'habituer.
Attéfier, créer, établir, se procurer.
^Attelée, s. f., période de travail
pour les boeufs et les chevaux.
*AUelure, s. f., Attelouère, pièce
faisant partie du char.
*AUendresir, v., attendrir.
A tu f eau, s. m., ustensile, meuble
de toilette.
*Atlifoler, v., orner.
Attouper, v., étouffer le feu, cou-
vrir.
*Aubépi)i, s. m., aubépine.
Aubi, oui, hé bien! Aubi moussu,
(mossieu).
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 66 —
Aubier, s. m., saule.
Aubre, s. m., saindoux.
*Audevant (à V), aller à la ren-
contre.
Augoumenter, v., augmenter.
*Auniou7ie, s. f., aumône.
*Au7nounier, s. m., aumônier.
*Aiimounier, a., charitable.
Aupri que, au fur et à mesure; je
vous mesurerai mes noix aupri
qu'elles viendront.
*Aurisse, s. m., vent violent
Auvant (les), avents : je sommes
dans les auvants.
Auve, s. m., saindoux.
Auvre, s. f., terre meuble; on dit
aussi ouvre.
Avangouni (être), avoir faim.
Avau, là-bas.
*Aveine, s. f., avoine.
"^'Avenir, v., atteindre.
'^ Avère, v , avoir.
Aveza, a, haletant.
*Aveuille, a., aveugle.
*Aveuiller, v., aveugler.
'^Aviendre, v., atteindre.
*Avier, v., donner le lait : la vache
a avié.
"^Aviser, v., regarder.
Avocat du meunier, pivert.
Avon, adv., où? Avon que faut
na ? où faut-il aller.
'^Avortion, s. m., avortement.
'^Avretir, v., avertir.
*Avyi, s. m., abri.
Avrir, v., atteindre.
*AvrUer. v., se mettre à l'abri.
'^Ayand, s. m., gland.
'^Ayère, uniformément.
Ayette, s. f., alise : les ayettes sont
pas mûres.
Ayetlier, s. m., alisier.
*Ayol, s. m., ayeul.
Babîa, a., niais, sot.
*Babille, a., bavarde.
*Babouine, s. f., lèvre supérieure.
^Bacliasse, s. f , bac pour les
grosses bêtes.
*Bachat, s. m., bac pour les co-
chons.
*Badauderie, s, f., badinage.
*Bader, v., ouvrir une porte, re-
garder, ouvrir les yeux.
* Badine, s. f., houssine.
Bafoi, orfraie.
Bafuier, v., molester quelqu'un.
Bafuter, v., repousser, dédaigner.
*Bafrer, v., manger.
Bagouler, v., bavarder.
Bagoulant, a., hâbleur.
*Bagout (avoir du bagout), parler
beaucoup, mal et avec assu-
rance.
*Bagnier, v., se baigner.
^Bailler ou Bayer, v., donner.
*Balai, s. m., genêt.
*Balle, s. f., tournure, la drôle de
balle qu'a la
*BaUet, s. m., genêt.
*Balant (être en), être indécis.
*Baliviau, s. m., baliveau.
*BaUyer, v., balayer.
*Baliyeuse, balayeuse.
BulQsse, Boulosse, s. f., petites
prunes.
LE PATOIS BOURBONNAIS
67 —
*Balîuchon, s. m., petit ballot.
Bamboche, s f., pantoufle.
*Bannes, s. f., paniers de bât.
*Bangon, s. m., mentonnière.
*Bangonne, a., qui a mal sous la
mâchoire inférieure.
Baquater, v., remuer la queue.
Baqueuoc, s. m., hoche queue.
Barage, s. f., étoffe domestique de
laine blanche et fil bleu.
Baraille (prendre), v., se que-
reller.
Baratte, s. f., petite tourte de pain
noir que l'on mange comme
friandise.
Barbelotte, s. f., blatte, insecte
noir.
Barbilat ou Barbitras, s. m., avis,
lettre.
*Barbou, s. m., courtilJière.
*Barbouillon. s. m., barbouilleur.
Bardoiière, s. m., hanneton.
*Barrer, v , fermer : barre la porte.
*Barger, s. m., berger.
*Barlue ou Brelue (avoir la), se
dit de celui qui n'aperçoit pas
de suite l'objet qu'on lui dé-
signe.
*Barne, s. m., baril, petit tonneau.
*Baron, s. m., petite porte.
*Barouette, s. f., brouette.
*Barouelton ou barouettée, s. f.,
la charge d'une brouette ; ou
très petite charge : j'avos qu'une
baroiton de foin.
*Basane, ventre.
*Bassie, s. f., évier.
Bassoule, s. f., civière à bras.
*Batard, s. m., batardeau.
*Battan, s. m., aire d'une grange.
*Batardîau, s. m., osier.
Bâtir sur le devant, prendre du
ventre.
* Batailler, v., travailler avec fa-
tigue.
*Balloiié, s. m., battoir.
*Battou, s. m., battoir.
*Bauge, s. f., grand sac.
*Bayard s. m., brouette sans côtés.
'^Bayard à bras, s. m., brouette
sans roues.
*i?e, s.m.,bouche; un gros bé, c'est-
à-dire de grosses lèvres.
*Bé, s. m., bec.
Bé, s. m., mets fait avec du lait
jaune.
*Beaubreicil, s. m., bouvreuil.
Beauji, ad., de doute : c'est dou-
teux.
*Becfi, s. m., becfigue.
*Bechée, s. f., béquetée.
Bêcher, casser la coquille de l'œuf
avec le bec.
*Bedaine, ventre.
*Bé de grôle, pince à tête plate.
*Bedon, gros ventre.
Bégnerotte, s. f., petit panier.
Bégot, s. m., petit lait.
*Béguer, v. bégayer.
*Bega7i,a.., mal propre, déguenillé.
*Begner (se) v., baigner (se).
*Beiaicde, s. f., blouse.
Belaude, s. f., agnelle.
Belauter, teindre les œufs de
Pâques.
*Belette carde, bette carde.
LE PATOIS BOURBONNAIS
68 —
*BeleUe, betterave.
*Beler, pleurer.
*Belée, s. L, cri.
*Belin. s. m., brebis m4le
*BeUnière, s. f., bergère.
*Belle- fille, s.f., bru.
*Belou, pleurnicheur.
*BenUU, a., joli, bien joli : cet
enfant est benlili.
*Belouse, s. f., blouse.
*Benne, s. f., panier, hotte.
Benot, s. m., ruche en paille
Beque, s. f., guêpe.
*Berbis, s. f., brebis.
Berchat, s. m., broc
*Bère, v., boire.
*Bergot, s. m., frelon.
Besiere, s. f., rigole d'assole-
ment.
Besou, a., lourrl, gros, épais.
*Besson, s. m., jumeau.
*Bessonne, s. f., jumelle.
*Besugne, s f. vêtements.
*Bête à pain, s. m., l'homme ; « la
louée, c'est la foire des bêtes à
pain ».
Betou, s. m., bouleau.
*Bétiau., s. m., bétail.
^Beuglée, s. f., beuglement.
*Beurier, v., beugler.
*Beugne, s. f., coup.
*Beurliée, s. f., cris, beuglement.
Beuillard, a., obèse.
Beuille (la), les tripes.
*BeurreUe, s. f., partie liquide qui
se sépare du beurre quand on
le bat.
^Beurrier, s. m., baratte.
Beuyard, s. m., sans éducation,
souillon.
*Bezin, s m., ivraie.
*Be2izi, s. m., rémouleur.
Biannier, s m., petit marchand
qui achète fruits, beurre, vo-
laille dans les campagnes.
*Biai(de, s. f ., blouse.
Biauge, tige végétale durcie que
les animaux ne mangent pas.
"^Biber, v., avaler un œuf sans être
cuit.
*Bibi, s. m., dindon.
"^Bibleu, s. m., bluet ou barbeau.
*Bicharle, s. m., oiseau, fauvette.
Bichette, béquelte, s. f., chèvre.
Bicher (se), v., s'embrasser.
*Bicler, v., regarder fixement.
Bidaillon, s. m., drôlesse.
*Bièce. s. f. . bêche.
*Biécer, v., bêcher.
Bien arrivé, cuit à point.
Biffler, v., manger.
*Bigenrd, a., malin, susceptible.
*Big7ion, s. m., beignet.
Bignoche, s. f., espèce de panier
avec une anse sur le côté.
Bigcre, s. m., espèce de baquet.
*Bigues, s. f., échasses.
*Bigot, s. m., trident retourné.
Billardé a., versé, couché : du blé
billardé.
*Bilo, bilo, cri pour appeler les
petits canards.
Bilhr, V., serrer.
*Bi7i, adv , bien.
Bine, s. f., hanneton.
*Bin-heureux, a., bienheureux.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 69 —
*Bion, s. m., branche.
*Biqueron, s. m. bec.
*Biser, v., baiser, embrasser.
*Bisou s. m ,qui aime à embrasser.
Bisque, s. f., direction ; elle a pris
une autre bisque.
*Bisquer, v., être vexé.
Bisse, s f., bêche.
Bisser, v., bêcher.
*5Za, s. m., blé.
*Blé troquet, maïs.
*Bleutir, Bleiczir, Bleuter, v.,
bleuir.
*Bleuve, a , bleue.
*Bleuze, a., bleue.
*Bobe (faire la), moue.
*Bobo, s. m., mal de peu de consé-
quence.
*Bœu, s. m., bœuf.
Boiron, s. m , enfant qui passe
devant les bœufs pour diriger
leur marche.
*Boissiau, s. m., boisseau.
*Boisure, s. f., boiserie.
*Boilailler, v., boiter un peu.
Bomir, V., vomir.
*B07i, a., mauvais, fort ; je lui ai
donné un bon coup.
*Bonzoicnie, s. m., bonhomme.
*Borbe, s. f., boue.
*Borgne, s. m., espèce de serpent.
(Voir âne vieux.)
*Borgeois,Borgeoise,a.. monsieur;
un domestique chez un riche
f(!rmier lui dira : oui, borgeois.
*Bouame, flatteuse, enchanteresse.
Boucan, s. m., farceur, mauvais
homme.
* Boucan, bouc.
*Boucher, v. , regarder l'âge d'un
cheval, examiner ses dents.
Bouchon (mettre à bouchon), sens
dessus dessous, à l'envers.
Bouchure, s. f., haie.
*Bouci-boulà, adv., pêle-mêle.
*Boué)nerie, caresse pour obtenir
l'objet de sa demande.
Bouénotte, Bouinotle, s. f., trou
dans un chêne, dans une porte.
*Bouére, v , boire.
Boitera, remuer.
Bouero, s. m., bouvier.
"Bouette, s. f., boisson.
*Bouffarde, s. f., pipe.
*Bouffe la balle, s. f., personne
grasse et dodue.
*Bouffet s. m, soufflet.
^Bouffement, s. m., soufflement.
* Bouffer, v., souffler.
Bouffiner, v., être embrassé à
contre cœur: a m'a bouffinée.
*Boulal, s. m., vivier: c'est plein
de boulats par là.
*Boulaise, s. f., terre blanche,
argileuse et ferrugineuse.
*Bouille, s.f., bouillie.
*Bouisson, s. m., buisson.
*Boicle, a., sombre.
*Boule, a., troublée : l'eau est
boule.
^Bouler, V., agiter, troubler : ne
boulez pas l'eau.
*Bouler, v., travailler la terre mal
et sans goût.
*Bouleicr, s. m., qui travaille sans
goût.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 70 —
^Boulevard, s. m,, panique dans
les foires.
*Boulevarser, v., bouleverser.
*Bouloller, v., manger, se porter
bien.
*Boune, a., bonne.
*Bounes gens ! exclamation d'at-
tendrissement : elle est morte,
bonnes gens.
Bounehême (tout à la), sans pren-
dre de précaution.
*Bounoume, bonhomme.
*Bourne, s. f., borne.
*Bourade (donner une), s. f., répri-
mande.
*Bourosse, s. f., lange d'enfant.
Bourdi, a., fatigué.
*Bourer, v,, fâcher.
Boùrelle, qui a le mouvement
brusque.
*Bourra^ grand châle de bergère.
*Bourrer, avancer le bras précipi-
tamment pour donner l'impul-
sion à une gobille.
*Bourriauder, v., mal faire ; faire
du mal à quelqu'un.
Bourriner, v., gronder comme le
roulement du tonnerre.
Bourron. s. m., coque épineux.
*Bourron, s. m., bouton, furoncle.
Bouri/fé, Ebouriffé, s. f . chevelure
en désordre.
Bourreleté, &nXo\xrè de bourrelets.
*BourUron, s. m., bourrelet.
Bourgnoii, s. m., ruche.
*Bourri, s. m., espèce de banc sur
lequel travaille le tonnelier.
*Bourri, s. m., une.
*Bourri, Bourri, cri pour appeler
les canards.
*Bourru, a., velu.
Boursaut, s. m , tombereau.
*Boursillat, s. m., réunion d'épines
rabougries.
*Bousiller, v., tatillonner.
*Boussicota, mal fait, peu droit,
de travers.
Bousson, s. m., paquet.
*Boussu, a., bossu.
^Boutajifle, s. f., vessie.
*Boutanfle, s. f., pustule remplie
d'eau ou de pus.
*Boutanflé, a., qui a des « boutan-
fles»
Boustarin, gros court.
*Boutaron, s. m., enfant gros et
replet.
*Bouiasse, s f., creux d'eau.
^Boutasse, s. t., récipient en paille
et en ronce dans lequel on met
de la plume, des pois, des fruits
confits, des noix.
*Boutasson, s. m., enfant replet.
Boute feu, s. m., feu follet.
*Bouterond, s. m., moyeu de roue.
Boulifayer, v., Boutifaye, s. f.,
manger, faire bonne chère.
Boutifle, s. f., enflure, pustule.
Boutifler, v., enfler ; ce pour
homme est tout boutifle.
*Boutiro7i, s. m., potiron.
*Bout07iné, a , parlant peu, défiant.
Boulriol, s. m , champignon vé-
néneux, communément « vesce
de loup ».
*Boutron, s. m., ruche en paille.
LE PATOIS BOURBONNAIS
71 —
*Boutron, s. m., moyeu d'une voi-
ture.
*Boutle, s. f., sorte de panier en
osier.
*BouUe, s. f., ruche à miel.
*Bouyer, s. m., bouvier.
*Bouze, s. f., excrément du bœuf,
de la vache.
*BotC2mer, v., remuer sans cesse.
Brager, s. m., berger.
Braille, s. f., culotte.
*Braillé, s. m., cri.
*Brailler, Brayer, v., crier.
*i?r«iZZow,s.m., qui pousse des cris.
^Bramer, v., pleurer en criant.
*Bramée, s. f., cri.
*Branchu, a., qui a beaucoup de
branches.
Brandes, s. f., bruyères grandes.
^Branle., s. m., balançoire.
*Branle (être en), être indécis, être
dans une affaire désagréable.
*Branler, v., balancer.
'^Branler, v., secouer.
*Brasse, s. f., bras ; la brasse m'en
est tombée.
*Brasse, vivre de ce qu'on trouve.
*Brave, a., bien mis. paré.
*Braze, s. f., braize.
Brebialle, s. f ., mauvais moutons ;
j'ai acheté de la mauvaise bre-
bialle.
*Brechouûc ou Brechu s. m., per-
sonne à laquelle il manque des
dents.
Brecolle, Bricolle, s. f., bande de
cuir que l'on met sur le cou-de-
pied des sabots.
Bredache, a., qui n'exécute pas
ce qu'on dit de faire.
Bredandouille, a. f., andouille.
*Bredeaud, s. m., niais.
Bredilla, v., frissonner.
*Bredin, ine, a., badaud, niais.
*Brediner, v., s'amuser à rire, à
plaisanter.
*Bredi-Breda, adv., à tout propos,
à tort et à travers.
Bredinouère, s. f., gentillesses
sottes ; t'es donc dans tes bredi-
nouères.
^Bredouillage, s. m., action de
bredouiller.
* Bredouiller, v., faire à la suite
l'un de l'autre plusieurs ouvra-
ges sans importance.
*Bredouillou, a., qui bredouille.
*Bregier, Bregière, s., berger.
*Brego, s. m., frelon.
Bregotler, v., baragouiner.
*Breloque, a., nigaude, niaise.
*Brelaud, a., niais, naïf.
Brelaud, Brelauder, agir lente-
ment.
Brelicolu, a., singulier ; il a l'air
tout brelicotu.
Brelinganne, s. f., fille .sans
tenue.
Brelinize, sonnette.
Breliré, s. m., cher ami, terme
d'amitié.
*Breloce, s. f., fruit du prunellier.
*BreloUer, v., cuire : le fricot bre-
lotte dans la poêle.
*Brelotter, v., faire du bruit ; que
qu'a brelotte là-haut ?
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 72 —
*Brelotter,Y., secouer : j'ai été bre-
lotté dans la voiture.
Breluche, s. f ., éclat : le soulé a
la breluche (il est très brillant).
*Brene, s. f., berne : j'ai fait une
brene de vin.
*Brenolle ) , ^
^^ „ ' espèce de panier.
*Brenollon '
Brequie, s. m., cuvier à lessive.
Brequille, s. f., béquille.
Brequillou, a., bancal.
Breiaumier, s. m., jus ou pâte
qui est sous la croûte d'un pâté.
*Brelell3, s. f,, pièce faisant partie
du char.
Bretille, s. f., broutilles, des restes.
des petits morceaux.
^Breton, s. m., bègue.
*Bretouner, v., bégayer.
*Breuche, s. f., brindille.
^Breugnon, s. m., brugnon.
*Breusse, s. f., brosse.
Brias, s. m , bruyère.
'^Brière, S.Î., bruyère.
*Bricoler, faire des ouvrages sans
grande importance : elle bricole.
*Brieute ou Brilleute, s. f., étin-
celle.
*Brieute, s.f., berlue.
*Bringue, s. f ., décontenancée, mal
tournée ; oh la grande bringue !
Brisquillon, s. m., raboteux mau-
. vais.
Brocheler, v., ramasser de petits
débris de bois dans les prés.
*Broncher, v , tourner ou faire
tourner un char à gauche ou à
droite.
*Brondille, s. f., brindille.
Broquiner, v., brocanter.
Broquinou, s. m., brocanteur.
Brou, s. m., bourgeon à moitié
feuille.
Broube, s. f., boue.
Brou de chevriot, chèvre feuille.
*Brouillareuœ, a., nébuleux.
*Broulant, a., brûlant.
*Broulure, s. f., brûlure.
Broutier, s. m., veau qui n'a pas
assez tête et qui a été nourri
avec des feuilles.
*Brugnasser, v., bruiner.
Brûla, s. m., jeu, espèce de colin-
maillard.
*Brumasser, v., temps de brouil-
lard épais.
*Brun, s. m., sciure de bois.
Bûches, s. f., foin très clair: on
n'attrape que des bûches.
*Bucher, v., frapper fort, travailler
avec ardeur.
Bucheton, s. m., fendeur.
Buraud, a., gris, couleur foncée.
*Bulin, s. m., Besugnes, s. f., vê-
tements.
*Buye, s. f., lessive.
*Buyer, v., faire la lessive.
*Buyade, lessive.
Buza, s. f., buse.
*Buza, a., niais : gros busa.
'^Caboche, s, f., tête.
"^Cabote, s.f., trou dans un arbre.
*Cabotu, a., arbre qui a beaucoup
de trous.
^Cabrou, s. m., qui grimpe.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 73
*Cachemute, s. f., cache-cache.
*CachoUier, a ,qui agit en cachette.
*Cacochine, a., cacochyme, per-
sonne faible.
Cacrotte, s. f., tête ; quand il met
quelque chose dans sa cacrotte,
il n'en démord pas.
Cacou, s. m., gâteau fait avec de
la farine de sarazin et des pom-
mes ou du fromage.
Cadrin, s. m., vase en fer, rond,
pour porter les repas aux
champs.
Gafagnagne, s. m., lien resserré.
*Cafeter, v., résonner; le foin est
sec, il café te.
*Cafeugne, a., honteux.
Cafignon, s. m., chausson de
laine.
Cafignon, s. m., mauvais ; çà sent
le cafignon, vous autres.
*Caffé, s. m., impair.
Caffreiau, s. m., instrument en
bois dont on se sert pour pren-
dre de l'eau.
*Cahute, s. f., cabane.
*Cafrenon, s. m., réduit obscur.
*Caille, s.f., toute petite meule de
foin.
*Cailler, v., mettre le foin à caille.
*Caillouter, y., lancer des cailloux
à quelqu'un.
Calabre, s. m., corps vivant ou
mort, long, maigre: qu'eu grand
calabre d'homme.
Calade, s., chemin fait dans la
neige.
*Caler, v., reculer.
*Caleroppe, s. f., enveloppe tel que
brou de noix.
Calibnrne, s. f., précipice, ravin
profond.
*Cal07is, s. m., pois écossés.
Caloppe, s f., enveloppe, pellicule.
*Calure, s. f., durillon.
*Ça mien, ça tien, ça sien, ce qui
est à moi, ce qui est à toi, ce
qui est à lui.
Calot, s. m., bonnet de femme.
*Cambrenient, s. m., action de
grimper.
^Cambuse, s. f., domicile, maison :
j'avons une chetitc cambuse.
Camion, s. m., petite épingle.
*Cam,pe, s. f., tenue : il a une belle
campe.
*Cancouère, s. f., hanneton .
*Canneçon, s. m., caleçon.
*Cannichon, s. m , canneton.
Cannivesse, s. f., ravin.
*Canqui, ceci.
Cape, s. f., grand manteau de
femme, chapeau d'une ruche,
d'un plongeon.
Caque, s. f., écale, coquille.
Caquelon, s. m., meule de chan-
vre.
*Car, chercher.
Carcasse, s. f., animal très maigre.
*Carcan, s. m., bête vieille ou
mauvaise.
*Carculer, v., calculer.
*Carique, s. m., petit manteau.
*Caron, s. m., carreau, brique.
*Caronner, v., carreler.
*Carne, s. f., qui a la chair maigre.
LE PATOIS BOURBONNAIS
74 —
*Carotter, v., tromper.
*Carte, s. f., avertissement du juge
de paix.
Casse, s. f , motte de terre.
Casseux, a., inégal, raboteux :
que la terre est casseuse.
*Casuel, a., cassant, fragile.
*Caiaplame, s. m , cataplasme,
*Catégisse s. m., catéchisme.
Catère, s. f., convulsion, attaque
de nerfs.
*Catolican, s. m., hanneton.
*Caton, s. m., agglomération de
farine, de plâtre.
Calouffe, s. f., pomme de terre.
Caure, s. m., noisetier.
Cauterne, s, f., espèce de maladie
convulsive.
CayebroUe (être en), se décompo-
ser.
Cayerol, s. m., homme qui veut
s'occuper de cuisine surtout de
laitage.
Cayon, s. m., caillot.
Ce V., être.
*Ceinitière, Cemiquière, s. m., ci-
metière.
*Cenclou.T, s. m., pièce faisant
partie du char.
*Cèque, s. m„ cep de vigne.
*Ceranible, s. f., andouille.
*Ce-t-illà, celui-là.
*Ceux, ces : ceux gas là.
Chade (à), à la débandade.
Chabeiiet, s. m., petit hangard.
Chacrotte, a., petite, rabougrie.
*Chaffaud, s. m., échalïaud.
*Chafigner, v., tracasser, ennuyer.
*Cha fouiner, v., inquiéter, agacer.
*Chagne, s. m., chêne.
Chala7id, a., amoureux.
Chalebrot, s. m , chenevotte.
*Chaleu, s. m., lampe.
'^Châlit s. m., bois de lit.
Chaluppe, s. f., huppe.
Chambara, s. m , fenil.
*Chambonnage, s. m., terrain d'al-
luvion sur les bords de l'Allier.
Chamoisite, a., moisie.
Chamouerin, s. m., résidu de
paille brûlée.
*Cha7ide, s. m., chanvre.
Chande, s. f., jante.
Chandeleur, s. f , mauvais état
des blés par suite du gel et du
dégel : la Chandeleur s'est mise
dans les blés.
^Chanteaii, s. m., pain rond de 15
à 20 livres.
Chanli (être),v.-, n'en pouvoir plus.
*Chapiau, s. m., chapeau.
Chapiron, s. m., cuir attenant au
manche du fléau.
*Chapler, v., battre : je l'ai chaplé
de coups.
Chapater, peu à peu.
Chapouter, v., mal travailler le
bois.
^Charbouiîler, v., noircir.
*Charrneu, s. m , sorcier qui arrête
les ravages du feu.
*Charpigner, v., préparer la laine
avant de la carder,
*Charré, s. m , charroi.
*Charrée, s. f., ce que peut conte-
nir un char.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 75
*Charruter, v., labourer avec la
charrue.
Charte, s, f., charette.
CÀj-ar^eM, a., piqué, tâché : des pois
chartelés.
*Chasse, s. f., poursuite : je lui ai
donné la chasse.
*Chassiou, a., chassieux.
*Chatiau, a.m., château.
*Chatouille, s. f., chatouillement.
Chatouner^ v., parturition de la
chatte : noute chatte a cha-
touné.
*Châtron, s. m., reprise mal faite-
*Châtronner, v.,racommoder gros-
sièrement.
Chaucher,Y .,TpTesseT, comprimer.
*Chaugnier, v., appuyer sur.
*Chau-là, cri du bouvier pour arrê-
ter les bœufs.
Chauma, s. m., pré le plus près
de la maison et ordinairement
en dessous.
*Chaume, s. f., lande.
Chauner, v , chauler.
*Chat écurion, s, m., écureuil.
Chaupiller, v., piétiner.
*Chausse, s. f., chausson.
Chave, s. f., cavité.
*Chavent, s. m., hibou, chat-huant.
*Chaver, v,, creuser.
*Chaviche, s. f., écrevisse.
Chavir, v., rendre obéissant.
*Chavisse, a. f., feuille de carottes,
de belettes, etc.
*Chazière, s. m., fromagère.
Che, cheu, adv., chez : y sont cheu
nous.
*Chelagite on Schlague (donner la),
fouetter, battre.
Cheneboïc, chenevis.
*Chenin, a., malin, qui agit en
dessous.
Chenolle, s. f., coquelicot.
*Chèpre, s. m., sainfoin.
*Chérant, a., qui vend cher.
*Chéranlise, s. f., cherté.
Cherbe, s. f., chanvre.
^■Cherche, s. f., recherche.
*Chéser, v., sécher.
*Chesse a., sec, sèche.
Chetet, a., malin, avare.
*Chetit, a., chétif, forme de com-
misération : cou poure chetit
est ben malade.
*Chetiverie, s. f, , se conduire mal
avec quelqu'un.
*Cheveau, s. m., cheval.
*Chevau-du-Diable, libellule.
Chevenet, s. m., chenevis.
*ChevenoUe, s.f., chenevotte.
Chevreleu, s. m., joueur de corne"
muse.
*Chevroter, v., parturition de la
chèvre.
*Chièbre, s. f., chèvre.
Chiebre de St-Martin,. bécassine.
*Chevrotin, s. m., fromage de chè-
vre.
*C?d, s. m., chien.
Ghiciau, adv., là -haut.
*Chien d'Auvergne, s. m., plante.
Chienfrais, (en), bien parler.
Chiere, s. f., chaise.
*Chieze, s. f., chaise.
*Chigner, v., pleurer.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 76 —
*Ghignosse, s. m., coquelicot.
*Chin, s. m., chien.
*Chin malade, s. m., chien enragé.
*Chien, se dit d'une noix qu'on ne
peut écaler.
Chienneter, v , parturition de la
chienne.
*Chinasse (aller à la), se dit des
chiens qui suivent une chienne
à certaine époque,
*Chine, chienne.
Chinot, a., chien : c'est le vieux
chinot, çà.
Chioter, v. , pleurer.
*Chipper, v.. prendre.
*Chipoton{3i), à plusieurs reprises,
par petits morceaux.
*Chipoter, v., marchander ridicu-
lement.
*Chiguet, s. m., ce qui reste : vou-
lez-vous m'acheter ce chiquet ?
Chiquer, v., être contrarié.
Chirotte, s. m., sot, bredin.
Chister, v., pleurer.
*Chevieu, s. m., cheveu.
Chôcâ, s. m., reste d'un mets.
Chôcher, v., serrer, presser.
Chorlier, v., regarder en fermant
un œil.
Chouasse, Chivasse, s. f., feuille.
Choupir, V., fouler aux pieds.
*Chouse, s.f., chose.
*Choicette, a., beau, admirable : oh,
c'est chouette.
Chuche, s. f., source. '
*Chuche, s. f., souche.
Chuchuter,\., chuchoter.
Cibre; s. m., seau.
Cila, V., crier en pleurant.
*Cintième, cinquième.
^Cinquoreilles, s. f., nèfle.
*Ciré, a., lisse.
*GUre, s. m., cidre.
*Cisiaux, s. m., ciseaux.
*Clampin, s. m., gamin.
Clau petit, porte mobile.
*Gleribaud, a., clair.
*Clairroir, s. f., claire voie.
*Clairs, s. m., glas : écoutez les
clairs du père
*Clavette, s. f., cheville plate en
bois ou en fer.
Cliau, s. m., lait nouveau caillé
au bain marie.
^Cliques, Claques, s. f.,tout ce que
l'on possède : j'ai pris mes cli-
ques et mes claques et je suis
parti.
Clocher, v., glousser.
*Clou (être au), n'avoir pas le sou.
*Co, s. m., coq.
*Co, s m., dindon.
*Coche; s. f., entaille.
*Coche, s. f., truie.
*Cocheter, v., parturition de la
truie.
Coco; s. m., timbre.
*Coco, Cocotte, s. , poulet, coq, poule.
Cocotte, s. f., bien-aimée.
*Cocombre, s. m., concombre.
*Cocu, s. m., primevère.
"^Cocu, s. m., coucou, oiseau.
Cobile, s. f., dispute.
Cœudre, s. m., noisetier.
*Cogne, s. f., cognée.
*CQignier, s. m., cognassier.
LE PATOIS BOURBONNAIS
77
*CoUidor, s. m., corridor.
*Co'mbin, adv., combien.
*Comble, a., plein.
*CombleUe (faire la), tourner sur
soi-même.
*Combuyer, v., faire gonfler un
objet en bois à l'aide d'un
liquide.
*Co'mparsounié, s. m., celui qui
demeure avec un autre,
Compir, s. f. , pomme de terre.
*Comprenouère, s. f., compréhen-
sion : il a la comprenouère
dure.
Compter, v., penser, projeter.
Connaille, s. m., corbeau.
^Condition (être en), être domes-
tique chez . . .
^Confondre, v. , salir, détériorer.
*Confusionner, v., troubler la pu-
deur, la modestie.
*Coquetoué, s. m , coquetier.
*Consentieuœ, se, a. , consciencieux.
^Conséquent, a;, fort.
*ConsuUe, s. f., consultation.
*Contrayer, v., contrarier.
*Conluiner, v., continuer.
Cordée, s. m., branche de chêne
tordue servant à faire tirer les
boeufs.
*Cordeille, branche de chêne ser-
vant à faire tirer les bœufs.
Coréocrave, s. f., chaussure cou-
sue avec des pointes en fer ou
en cuivre.
*Corine, s. f., petite truie.
Corgne, s. f., crasse.
Corne de Mouton, ergot de seigle.
Cornet, s. m., étui.
*Cornouale, s. î. mâcre.
*Co7'pe, s. f., corps principal de la
grange.
*Corporance, s. f., corpulence.
*Corone, s. f., couronne.
*Corsé, a., qui a du corps, robuste.
*Cossu, a., bien mis.
*Cotte, s. f., robe de dessous.
*Coit, a , ce : cou chin est malade
*Coualer, v., coasser.
*Couare, couala, s f., corbeau.
*Coicble, s. m., couple.
*Coicbler, v., accoupler.
*Cornard, s. m., cerf-volant.
*Cornemuseu, s. m., joueur de cor-
nemuse.
*Cornichon, s. m., pas rusé, rado-
teur, vieux fou, imbécile .
*Coudre, s. m., noisetier.
Coudron, s. m., tailleur qui ra-
petasse, qui travaille sur le
vieux.
*Coué (à la), à l'abri.
Couère, s. f., boite ou cornet dans
lequel on met la pierre à aigui-
ser.
*Couélron, s. m., oreiller où l'en-
fant dort.
*Coicgne, s. f., cognée
Cougnie, s. t., cognée.
*Cougner, v., cogner.
Couinarder, v., faire la pares-
seuse.
*Couine, s. f., couenne.
*Couiner, v., pleurnicher.
^Couinement, s. m., action de pleur-
nicher.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 78 —
*Couinou, a., pleurnicheur.
Couisser, v., crier.
Couissé, s. m., couveuse.
*Couitre, s. f., enveloppe d'un lit
de plume.
*Coulée, s. f., glissade.
*Couleigne ou *couligne, que-
nouille
*Couleurer, colorier.
*Coiileur (sous), sous forme de. . .
*Coulmon, s. m., clématite.
*Coulombier, s. m., colombier.
*Coumarse, s, m., commerce.
*Coumédie, s. f., comédie.
*Coumédien, s. m., comédien.
*Coumis, s. m., commis.
*Coummère, s. f., sage-femme.
*Coummode, s. f., commode.
*Coummugnion, s.f., communion.
*Coummune, s.f., commune.
*Counnaissance, s. f., maîtresse.
*Couneille, s. f., quenouille.
*Coiipailler, v., couper avec de
mauvais outils.
*Coupeau, s. m., coppeau.
*Couppe, s.f., mesure.
*Couppée, s. f. étendue de terre de
6 ares 38 centiares.
*Coiiqui, pr., ceci.
*Courandier, a., coureur, qui va
et qui vient.
Courantiner, v., courantinerie,
s. f., vagabonder, courir çà et
là.
*Couraud, a., qui aime aller et
venir .
*Coure, V. courrir.
^Courget, s. m., liseron sauvage.
*Courgniole ou *corgnoule, s. f.,
trachée artère .
Courre, s. f., foie.
*Coursière, s.f , chemin qui abrège.
*Cousson, s. m., cresson ; insecte
qui ronge les lentilles, le blé,
etc.
*Cotcsu, a., attrappé, stupéfait.
*Coutance ou *coutange, s. f., prix,
dépense.
*Coictchi, ceci.
Coutériau, s. m., scabieuse.
*Coutiau, s. m., couteau.
*Coutoufle, s. f. , ampoule.
Couture, s. f., labourage, culture,
ouverture de la terre : ce champ
a reçu une bonne couture.
Couturer, v., coudre.
*Couvècle, s. m., couvercle.
*Cra, s. m., crachat.
*Crache, s. f., salive.
*Craignu, part., craint, redouté.
*Crammer, v., brûler légèrement,
sans flamme.
'^Crâne, a., avoir un air d'impor-
tance.
*Crapeter, v., grappiller.
*Crapiau, s. m., crapaud.
*Crasse, s. f., mauvais procédé : il
m'a fait une crasse.
*Crasserier, s. m., avarice sordide.
*Crasseu, crassou, a., avare.
*Crassou, a., sale, malpropre.
*Cravouiche, s. f., écrevisse.
Crayer, v., expectorer.
^'Crécir, v., craquer, briser.
Crecoule, s. f., gourde.
Cregnaule, s. f., gosier.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 79 —
Crêgne, s. f., crinière.
Cregniau, s. m., petite pluie.
Crégniou, s. m., troëne.
Crelouse, a., quêteuse, qui est
toujours demandant.
Cremillière, s. f., crémaillère.
*Crenassière, a., carnassière.
Crenne, s. f., espèce de cage pour
petits poulets.
Crenon, s. m., coin bien étroit.
Crepiau, s. m., baignet de sar-
razin.
Crequien, a., chrétien.
*Crêre, v., croire.
Cret, s. m., maximum de sa taille ;
il a fait son cret.
Creua, s. m., petit trou d'eau.
Creuse, s. f., coquille.
Creva, a., enfant qui tousse tou-
jours.
Crève, s f., la mort.
*Crezille, s. f., voûte d'un four.
*Criateur, s. m., créateur.
*Criature, s. f., créature.
*Crire, v., chercher.
Crispin, a. de mauvaise humeur.
*Cro, s. m., croc.
*Cro, s. m., pièce de bois qui sup-
porte la charge dans un char.
^Croffe, s. m., coffre.
*Crouffe, id.
*C7'ognon, s. m., bord du pain qui
est dur.
Cromayère, cormayère, s.f., cré.
maillère.
*Crotlé, a., marqué de petite vé-
role.
*Crou, a., creux.
*Crougnon, s. m., croûton.
*Croupeton (se mettre à), voir s'ac-
a^oupetonner.
*Croyasse, s. f., petits plants de
pommiers sauvages.
*Croyasse, s. f., fruit sauvage.
*Croye, s. f , fruit du pommier sau-
vage.
*Croyer, s. m., pommier sauvage
*Cruchon, s. va., trognon.
*Cuer, V., tuer.
Cueurde, s. f., petite grive.
*Cîccicbe, s. f., cuve.
Cuin, s. m., pinson.
*Culblanc, s. m , bergeronnette.
*Culot, s. m , le plus petit.
*Cura, s. m., trognon.
*Curayon, s. m., reste de fruit.
*Cicrement, s. m., curage.
*Cure-oreiUes, perce-oreilles).
*Curette, s. f., petit instrument
pour nettoyer les outils.
*Curon, s. m., petit instrument
pour nettoyer les outils.
Cutter (se), v., s'asseoir.
*Da, des.
*Da, s. m., faulx.
*Dabesoin (être) : de besoin, cela
causerait bien du mal ; ça ne
serait pas dabesoin.
*D'acause, pourquoi.
*Dale, s. m., vent chaud.
*Dale, s. m., air chaud : si ça pou-
vait faire des dâles y sécheriont
ben.
*Daler, v., sécher.
*Dahière, adv. de suite.
LB PATOIS BOURBONNAIS
80 —
*Daille, s. f., faulx.
*Dalbon, s. m., courtillière.
Dambé, adv., avec.
*Danner (se), se damner,
*Darnaia, s. m., oiseau, piegrièche.
*Darrièî^e, darrier, adv. derrière :
darrière la maison.
*Darrièrement, adv., dernière-
ment.
*Darte, s. f., dartre.
*Dater)ips, adv., tout ce qui mûrit
de bonne heure.
*Dé, s. m., doigt.
*Dé, s. f., digitale.
^Débattre les noix, abattre.
Bébeziller (se), v., dépêcher (se^.
^Débiter, v., gâter, gaspiller, per-
dre.
*Z»e6ondonner(se\v.', raconter avec
feu et avec plaisir, tout le mal
que l'on peut dire contre quel-
qu'un.
*Débouler, v., partir à l'impro-
viste.
*Débouliner, v., dégringoler, tom-
ber.
*Débrener,Y., sortir d'embarras.
Z)e&wZZier,v., défricher une prairie.
*DécaiUer, v., écarter avec une
fourche les cailles de foin.
*Décaleropper, v., enlever l'enve-
loppe.
*Décarer, v. déguerpir.
Décert, s. m., décès, (acte de dé-
cès).
* Déchanter quelqu'un, v., dire du
mal de quelqu'un.
* Déchiffrer, v., défricher.
Déeimer, y., déborder.
*Déclairer, déclarer.
*Déclocheter, v., dépayser.
*Décompasser, v., passer devant
quelqu'un.
Deconfîné, a., faisandé.
Décoter, v., cesser.
*Défamer, v.. gâcher, abimer.
*Dé finir, v., mourir.
*Dé for filer, v., efïaufiler.
"^Dégager, v., se dépêcher.
^Dégagé, a., se porter bien.
Dégaroger, v., faire marcher, par-
tir, obéir.
Déginguandè, a., sans grâce, mal
fait.
*Dégobiller, v., vomir.
*Dégommer, v., destituer.
Dégreger, v., abattre, cueuillir.
Dégreler, v., tomber.
*Dejmc, dégel.
* Délaper, v., disjoindre, séparer.
*Delazer les bœufs, changer les
bœufs de côté sous le joug.
Delignou, a., délicat, difficile à
nourrir.
Délordir, v., dégourdir.
*De Von que,d.à., d'où : de Ion que
te vins.
^Demander, v., donner contre or-
dre.
*Démembrer, v., déchirer.
*Demeurance, s. f., habitation, do-
micile.
*Demotcrer, v., demeurer.
*Dénier, v., dénicher.
Denpointe, debout : tu restes trop
denpointe.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 81 —
Dépater (se), décrotter, ôter la
boue de ses sabots.
*Dépatouiller, v., se débarrasser
de....
Deplanché, a., démanché.
*Dépenillé, a., dépenaillé ; al est
tout dépenillé.
*Dépiter, v., choquer.
Wépiter, v., abandonner ses œufs
ou ses petits.
Déplézanterie, s. f. manières dé-
plaisantes.
Dépotrayé ou Dépoitraillé, a., dé-
colleté, mal ajusté : c'est affreux
de voir comme ça une femme
toute dépotrayée.
^Depuis, adv., de plus.
*Dératé, a., comme un fou.
*Décredzir, v., déraidir.
Dérevenement, s. m., dégel.
^Dérouiller, v., laver, débarbouil-
ler.
*Désague, a., ne sachant que faire_
*Désagriable, a., désagréable.
*D es andiner, y., écsirter les andins_
Désancrasser (se), v., manger son
bien : a se désancrasse celui-là.
*Descanipette, s. f., fuite : il a pris
descampette.
Désemplainer, v., laver les cou-
ches d'un lit.
*Déshonter, v., enlever la honte.
*Dessarger, v., décharger.
*Dessoulassé a., être débarrassé
de...
*Dessoulu, a , gourmand.
*Dessuparer, v., se séparer.
Dessur, adv., sur, dessus.
*Détancer, v., déranger.
*Détrier, v., sevrer.
*Détriqui, adv., ici-même, où nous
sommes.
Deubet, s. m., duvet.
Deur, a., dur.
Dévaider, v., dévider.
"^Dévaler, v., descendre.
Devanteau, devantière, s. m., ta-
blier.
Devenir de, v., venir de
*Déverdier, v., cueillir avant la
maturité."
*Dévertir, v., divertir
*Devine (la), s. f., la somnambule.
* Dévirer (se), v., se détourner.
^Dévirer, v., renverser.
*Devise, s.î., contraste : ce champ
fait devise avec cet autre.
*Dév07'er, défricher une terre dif-
ficile à travailler.
^DévQtieux, a., dévot, religieux.
Dezalé, a , ouvert, non clôturé.
"^Diors, adv., dehors.
Diot, s. m., dé à coudre.
*Dioic s. m.. Dieu.
Diseu, s. m., diseur, conteur.
Dissignanter, v., tripoter.
*Dissiper (se), v., ne rien faire,
s'amuser.
Divartissance, s. f., divertisse-
ment.
Diyeau, s. m., dé à coudre.
*Dober ou Dauber, v., frapper,
battre : te vas te faire dober.
*Dodo, s. m., lit.
*Doirait, w., devrait.
Dombe, adv., plus : dombe y
LE PATOIS BOURBONNAIS
82 —
chauffaient la poêle, dombe y
faisait chaud.
Donder, v., dompter.
Donser, v., dompter.
Dordillon, s. m., morceau de bois
ou autres.
^Dormeuse, s. f., somnambule.
*Dostandi, adv. pendant ce temps :
va cri de l'eau, je juterai les
vaches dostandi.
*Boter, V., oter.
*Dou, a., du.
*Doicce (tout à la), adv., passable-
ment : comment va-t-y ? tout à
la douce.
*Douceard, a., doux.
Dnuelle, s. f., douve.
Douelle. s. f. cruehe.
Douter, V., se plaindre.
Douteroux, a., plaignant.
Doume, s. f., petite éjévation de
terre.
Dourdan, a., lent, lambin.
Dourdin, s. m., gourdin.
*Dourmir, v., dormir.
*Dousse, s. f. gousse de pois.
*Doutance, s. f., doute.
Braie, adv., marquant l'affirma-
tion : irez-vous ? draie.
*Drélà, adv., là.
* Dr émir, v,, dormir.
*Dréqui, adv , ici.
*Dret, drette, a., droit, droite.
*Dringuener ou trinquener, v.,
chanceler : on dirait qu'à drin-
guène.
*Droguet, s. m , étoffe faite avec de
la laine bleue et du fil blanc.
*Droguer, v., attendre.
*Dri(,zine, adv., en parlant des ré-
coltes, ce qui pousse vite : ça
pousse de dru/ine.
*Druzine, a., gaieté, enjouement.
*Dûr, ad , beaucoup, durement :
a travaille dur.
Durable, s. m., érable.
Duri, patienter.
*Dusi, s. m., petite cheville en bois
pour les tonneaux.
Duza, toucher.
Ebalui, a., éventé; ce vin serait
ébalui demain.
Ebalouir (s'), v., s'évaporer.
*Ebaupin, s. m., aubépin.
^J&awiVjV., s'augmenter, grandir.
*Ebécile, a., imbécile.
Ebejanché, a., qui marche mal,
estropié.
Ebelzir (s'), v., embellir, éclaircir :
voilà le temps qui s'ébelzit.
*Ebeurlier, v., aveugler.
*Ebloïr, V., éblouir.
*Eboucler, v., faire une brèche à
un fossé pour laisser échapper
l'eau.
*Ebouéler, v., écraser.
*Eboicrder (la farine), v., bluter la
farine .
^Ebouriffer, v., corriger : as-tu
bientôt fini, je vas t'ébouriffer.
*E bouter, v., couper le bout d'une
branche.
Ebregndte, a., ignorant.
*Ebrelieuter ou '^ébrieuter, v.,
aveugler.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 83 —
*Ebrevager, v., ahurir, effarer, qui
n'est pas docile.
*Ebroter, ^ébrécher, v. , casser les
bords d'un plat.
*Ecaler, v., écosser, enlever le brou
de la noix.
*Ecalle, s. f., échelle.
Ecalou, s. m., équarisseur.
*Ecartade, s. f., étendue : ce champ
a bien de l'écartade.
Ecartelé, a , épais, doublé.
Ecasser, v., casser les mottes de
terre .
^Echailler, s. m., partie moins éle-
vée d'une haie sèche que l'on
peut franchir sans difficulté, ou
intervalle d'une haie vive légè-
rement barricadée.
'^■Echaluffé, a., ébouriffé.
*Echandir, v . , réchauffer.
*Echardon, s . m . , chardon .
"^Echarnir, v., contrefaire, singer.
Echaussi, s . m . , chardon .
*Echaviau, s. m., écheveau,
*Echenaillé, a., en désordre.
*Echinau, s. m., chenal.
Echaucher (s'), se fendre.
*Ecindres, s. f., cendres.
^Eclairer, v., se dit des raisins
dont les graines s'éclaircissent.
^Ecopeau, s, f., petit morceau de
bois.
Ecoube, s. f., pelle attachée à
l'extrémité d'une gaule pour
nettoyer le four.
*Ecouété, a., sans queue.
Ecoureau, s. m., branche morte.
*E courte, a., rendu plus court.
*Ecoussa, s. m . , houx .
''^Ecoutes (être aux), prêter l'oreille.
*Ecrabouiller, v., écraser entière-
ment.
*Ecraper, v., secouer le chiendent
pour le faire périr.
'^Ecrogner, v., briser un coin de
quelque objet.
-E'c/'oçï^er, V,, écourter, raccourcir.
Ecrinche, s. m., élancement dans
une partie malade.
*Ecurer, v., émonder.
Edge, s. f., eau : prends donc na-
seille par alla charcha de l'edge.
*Edriller (s'), étoffe fortement
usée.
*Ediiqué, a., instruit.
Efaurer, v., avoir l'air épou-
vanté.
Efforces, s. m . , ciseaux à tondre
les moutons.
'^'Effrevoyé, '^effarvoyè,di.., effrayé.
Efougala, a., étourdi.
^Efruter (une terre), v., épuiser une
terre .
*Efuyer, v., effeuiller.
Egambilla, a., éclopé, bancal.
Egasse, s. f., grande crue d'eau.
Egiler, gioler, v., pleurer en
criant.
Egosser, v., se baigner: vautu
veni t'égosser.
Egraffouger, '^ égraffigner, v.,
*Egrandzir, v., agrandir.
Egriver, v., battre ; je vas t'égri-
ver, n'as pas peur.
Egraviclier, v., dégrader.
Egroumer, v., verser des larmes.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 84 —
Egrume, s. f,, larme.
^Ejarrer, verser, coucher de tous
côtés : cou bla est tout éjarré.
*Elarder, v . , tomber : encore un
qu'a envi de s'élarder.
Elaya, a., fatigué.
*Elevreté, a., léger, volage.
*Ellieuder, v., faire des éclairs.
*Ellieude, s. m., éclair.
*Eloigneure, s.f., éloignement.
*Elourdi, a., étourdi.
*E7naginer, v.,, imaginer.
Emaor, v., moudre du poivre:
faura emaor da pouèvre.
^Emarviller, v., émerveiller.
"^Etnbarrée, s.f., entrave.
*Enibarrer, v., border: m'avez-
vous bien embarré dans mon lit.
Embernat ou embrenat, s. m.,
embarras.
*Emblader, v., emblaver, ense-
mencer.
*Emblouser, v., tromper.
*Embobliner, v., accaparer, sé-
duire .
Embousa {V), la boisure du pain.
*Embouser, v., se couvrir de fiente
de bœuf.
Embrasa, v., mettre de la braise
dans ses sabots.
*Enibreger, v., percher.
^Embrener, v., embarrasser.
*Embrelificoter, v., embrouiller.
Embringuer, \., être embarrassé.
*Em,e, s. m., esprit, idée.
Emmailler, v., ne pas craindre
de dire une chose .
*Emoder{s'), v., s'élever: le vent
s'émode.
*Emparer, v., laisser, échapper.
Emparne, s. f., entrave.
Eynparner, y., entraver.
*Emparter, v., appareiller une
paire d'animaux.
*Empeger, v., couvrir de poix.
*Empèse, s. m., empois.
Emouraille, s m., anneau mis
au nez des taureaux pour les
maintenir.
*Em,pigne, s. m., dessus de soulier.
*Emplan, ■s.m., gifle
*E7npougnier, v., empoigner.
*Empourter, v., emporter.
*Empouter, ramasser de la boue
à ses pieds.
*Emprès, adv., ensuite.
*Empremier (1).
*Enasé, a., qui s'est cassé le nez.
Enastendi, en attendant.
*Encharpe, s. f., glande sous le
bras.
Encherba, a., avoir mal à la gorge :
au le bin encherba.
^Enchérir, v., renchérir.
*Enchérisseme7it, s m., renchéris-
sement.
*Encrexher, v , mettre les bestiaux
à la crèche.
^Encrère, faire croire.
*Endépuis, adv , depuis.
(1) En regardant deux bœufs quand on est derrière eus, l'empremier est à
gauche, et l'enlié ou l'enrière est à droite : Empremier, parce que c'est le
premier lié, celui sur lequel on commence à mettre le joug.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 85 —
*Endoulu, a., endolori.
Endover ou Endêver (faire), v. ,
ennuyer quelqu'un par ses ac-
tions.
*Endret, s. m , endroit.
*Enfle, a., enflé.
*Enflusion, s. f . enflure,
Enfombrer, v., fumer une terre.
*Engaicdre, a., bon à rien.
^Engeance, s. f., adresse.
*Engoncer, v., habillé : al est mal
engoncé.
*Engorber, v., mettre en gerbe.
*Engrediner, v., aller en mauvaise
compagnie.
^Engrener, v , avoir beaucoup :
on est si bien engrené de puces.
Enguiardes s. f. dartres
Enguicher (s'), v., se brûler vive-
ment et avec surprise.
Enjuigner, v., jalouser, médire.
Enjuigneux, a. Jaloux, médisant.
*Enlève, a., élève
Enlié, '^voir : empremier).
* EnhUte, cessons je ne veux plus
jouer.
Enmoîcflé, a., enchifrené.
*Enmouracher (s'en), amouracher,
V., elle s'est enmourachée de ce
jeune homme.
Ennéger, v., imprégner: al faut
bien les ennéger ses poinçons.
*Enocent, a., imbécile.
*Enpour, adv., en échange.
*Enquère, adv., encore.
*Enrauché a., enroué.
*Ensarger, y., charger quelqu'un
de faire quelque chose.
*Enseigner, v., montrer.
^Entache, s. f., attache.
*Entaper, v., mettre en tas.
*Entounailles s. f., entonnailles,
action d'entonner.
*Entouner, v., entonner.
*Entrain, s. m., embarras : est-il
débaras&sé de tous ces entrains?
*Entre7nis, s. m., séparation.
*Entreqiden, s. m., entretien.
Entriée, s. f., entrée d'un champ.
Entrousse, s f. porte mobile et
en bois léger que les gens de
campagne placent devant l'en-
trée de leur porte de maison,
pour avoir de l'air et empêcher
les animaux d'entrer chez eux.
On l'appelle aussi baron.
*Enutile, a., inutile.
*Envéque, adv., avec.
*Envi7'0uner, v. , environner.
*Envouhc, a , jaloux, envieux.
*Envouyer, v., envoyer, envier.
Epaillatrer (s'), v., se mettre à
genoux par terre et s'asseoir
sur ses sabots à l'église : al va
s'épaillatrer.
*Epale, s. f., épaule.
Epanser. v., vider un animal.
Epargna, faire des éclairs : avise
comme qu'épargna.
Eparnouir, éclairer, faire des
éclairs.
*EpeUir, v , sortir de la coquille.
Epérier, a. m., épervier.
*Epeîcré, a , qui a peur.
Epiger, v , épier.
"^ Epingles, s. f , arrhes.
LE PATOIS BOURBONNAIS
86 —
Epionne, s. f., épingle.
Equouéi à l'abri.
*EpUer, V., attendre, regarder.
*Epite7\ V., éc®uter.
*Epivasser, v., effrayer, en désor-
dre.
Eplâmir, v., être anéanti, n'en
pouvoir plus.
Eplette, s.f., mauvais couteau.
Epouseu, s. m., futur époux.
Epuceter, v., épucer : va t'épuce-
ter ailleurs.
Equaqué, a., ragaillardi; je me
sens tout équaqué ce matin.
*Equichée, s. f . , grand éclat de rire.
*Eqiiouété, a., sans queue.
*Ères, s. f., arrhes.
^Ereux. a., heureux.
*Eriau, s. m., arrairepourlabourer.
*Erigniére, s. f., araignée.
*Eronse, s. f., ronce.
"^'Erritage, s. m., irritation : ah !
j'ai un erritage dans l'estouma.
*Escandale, s. m., scandale.
Escarhilla, y., éveiller.
Escarres s. m., se donner de l'im-
portance : a fait des escarres.
'^Escayer, s. m., escailler.
*Esclâme, a., maigre, chétif.
'^'Eséfruit, s. m., usufruit,
*EsmaiUé, a., dispersé.
*Espiration, s. f., respiration.
*Esprés, adv., exprés.
^Esquinter, v , se fatiguer.
'^Essaye, s. f., essai.
*Essie, s. m., essieu.
Essoti, a., qui est sot, rendu sot.
*Essourdir, \., étourdir.
*Essourié, a., réjoui.
Essui (l'i, s. m., lieu sain où il
n'y a pas d'humidité : oué un
endré ben a l'essui.
*Estaiue s. f., statue.
*Estiluteur\ s. m., instituteur.
Estoquer, v., extorquer.
'^Eslou'ina, s. m., estomac,
*Estrangouiller, v., étrangler.
*Eslruclio7i, s. f., instruction.
*Eslruire, v., instruire.
*Etapes, s. m., mauvais grains que
l'on sépare du bon en vannant.
Etaiige, s. f., économie.
Etnuger, v., épargner.
*Elauper, v., faire disparaître les
taupinières.
*Etegner, v., éteindre.
*Elelon, s. m., étalon,
*Etourer, v., sécher.
Etrancher, v., ébrancher.
Etranger, v., prendre cher : Ma-
dame, il faut pas nous étranger,
"^Etran-y^r., v., étrangler, serrer
trop : ma cravate m'étran-ye .
^Elenlion, s. f., intention.
Elouille, s. f., terre en chaume.
*Etoupon, s. m , petit paquet de
chanvre.
Etourasser, v., corriger,
*Elourgniau, s. m., étourneau.
Etournenuir, v., éternuer,
'^•Elouryiiment, s. m., éternuement.
Etournésé, s. f., éternuement.
*Etournir, v., éternuer.
*Etranllier, v., étrangler.
*Eireneux, a., qui reçoit des étren-
nes.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 87 —
*Etrenner, v., mettre un vêtement
pour la première fois.
*Elriper, v., éventrer.
Etrisoir, s. m., instrument en
sureau, percé aux extrémités,
servant aux femmes pour dévi-
der le fil.
*Etrouble ou retrouble, s. f., champ
de blé moissonné.
Etrouge, s. f., ortie.
Etranger, v., se piquer avec des
orties.
*Eusage, s. m-, usage.
*Evaler, v.,s'en aller : l'eau s'évale.
Evaloir, s. m., déversoir.
*Evaquer, v., s'occuper.
*Evarable, a., qui fait égarer : cou
chemin est bin évarable.
*Evarer, v., égarer.
*Eventaire, s. m,, inventaire.
*Evenlion, s. f., invention.
*Evérer, v., égarer.
*Evouiller, v., ébourgeonner.
Evrenailler, évrener, v., se dé-
couvrir, se remuer.
*Evrenailler, v., corriger un ani-
mal, un enfant.
*Eucolomie, s. f., économie.
*Fadâ. a., niais : grand fadâ.
*Fa')niner, v., souffrir de la faim.
*Fan, s. m., essaim.
*Fanner, v., essaimer.
*Far, V., faire.
Far, s. m., fer.
Faramine, a., ennuyeux, qui
n'est content de rien, qui dévore
tout.
*Farçou, a., farceur.
* Far fouiller, v., chercher dans. ..
*Farfouillou, s. m., qui cherche
dans. . .
^Farme, s. f., ferme.
^Farmeté, s. f., fermeté.
*Farmier, s. m., fermier.
*Farrer, v., ferrer.
*Fartile, a., fertile.
Fasillou, a., industrieux : oué-
t-un fasillou.
*Faitchailles, s. f., fauchaisons.
Faicchet, tiercelet.
'^'Fauter, v., commettre une faute,
se dit surtout d'une fille mère.
*Faux, tromper.
*Fave, s. f , fève.
*FayarcL ou Foiyard, s. m., hêtre.
Fazannée, fraizannée,8.î., beau-
coup de quantité : vous m'en
donnez une bonne fazannée.
*Fé, s. m., fait extraordinaire : c'est
un grand fé de vous voir ici.
Féca ou fœssa, s. f., ondée.
Felia, s. m., feuillard.
*Fenau, s. m., fenil.
*Fene, s. f., femme,
*Fené, s.m., fromage vieilli dans
la paille.
*Fencr, v , faner le foin.
*Feniller, \., faner le foin.
*Feni7icaca, a., homme ridicule
qui s'occupe des soins du mé-
nage.
Fenu, fenouil.
Feicble, a., faible.
*Feugnant, a., fainéant.
*Feugnantin, s. m., paresse.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 88 —
*Feuille, s. f., scie.
*Feuillety s. f., scie.
*FeureUe, s. f., vrille.
*Feuvrier, s. m., février.
*Fiance, s. f., confiance.
*Fiargeolet, s. m., flageolet.
*Fiate, a., doux.
*Fiertise, s. f., fierté.
*Fueu, s. m., filleul.
Fillot, s. m., petit fils.
*Filoutage, s. m., filouterie.
*Fin, adv., tout à fait : ils sont
fins gras ces bœufs.
*Fin des fins (à la), enfin.
*Fine fin (à), enfin : à fine fin ça
m'embête.
*Finfond, tout à fait au fond.
"^Fignoler, Y. ffsiive le jeune homme.
*Fioler, v , boire, se griser : al a
fiole cou matin.
Fiolet, s. m., sifflet.
*Fion, s,.nx., action de polir, de
finir un ouvrage.
*Fisque, a., fixe.
*Fisquement, adv., fixement.
*Fisquer, v., fixer.
*Flâche, a., faible : cette poutre a
une partie flàche.
*Fldche, a., flétri, fané.
*Fldcheuoc, a., qui a du flâche.
*Flâchir, v., flétrir, faner.
*Fla7nbade, s. f., flamme ardente
faite avec de la paille.
Fla'mbero7is, s. m., fumerons.
*Flammer, v., flamber.
Flanche, s. f., série de coups de
fléaux : anne fasons encore une
flanche .
diablotin.
Flandrin, a., flatteur, câlin.
*Flatère, s. m., perruquier.
*Flatteu, a., flatteur.
'^Flau, s. m., fléau pour battre le
blé.
*Fletine, s. f., taie d'oreiller.
Fleupe, s. f., mensonge, fredaine.
Floraize (faire), faire florès, être
le premier, avoir la prééminence
en tout : il fait floraize.
*Florir, v., fleurir.
* Flûtiau, s. m., sifflet.
*Flutter, V., siffler.
Foirolle, s.f., mercuriale annuelle.
*Foirou, a., peureux, poltron, lâche.
*FokUron, a,, qui aime à folâtrer.
*Folet
Foulet
*Foligand, a., enjoué.
Fombreyer, v., faire litière.
'^Font, s. f , fontaine.
Fore, adv., dehors.
Forbala, s. m., falbala.
Forgouner, v., agiter.
Formillière, fremillière, s. f.,
fourmillière.
^Formance, s. f , forme.
'^Fornier, v., quitter le nid.
*Fortarre, s. f., terre grasse, par
opposition à sablonneuse.
^Fouaille, s. f., petite branche
flexible.
*Foué, s m., faix : il en a son foué.
^Foueter, v., jeter.
*Fouetiau, s. m., hêtre.
Fouette, s. f., merle, épervier,
émérillon.
Fougat, s. m., hêtre.
SE PATOIS BOURBONNAIS
— 89 —
Fougaler, v., tourmenter, agiter,
poursuivre.
Fouger, v. , fouiller avec le nez.
Foui (faire), rejeter : j'ai bien fait
foui contre le fromage.
*FouiUon, s. m., groin.
*Foui7i, s. m., fouine.
*Fouine, faîne.
*Fouiner, v., s'en aller : fouine,
voyons.
Fouineu, s. m., hêtre.
*Fourciau, s. m., pièce faisant
partie du char.
*Fourgniau, s. m., fourneau.
*Fourière, s. f., petite fenêtre par
laquelle on donne à manger aux
bestiaux.
*Fourme, s. f., forme.
*Fourmer, v., former.
Fourrache a., peureux.
*Fourtune , s. f., fortune.
*Foussa, s. m., fossé.
*Foussijeu, s. m., qui fait des
fossés.
*Foutimasser, v., ennuyer.
* Foutre^ v., frapper : a li a foutu
des coups.
* Foutre, v,, mettre : i lai foutu
dedans.
Fouyot, s. m., jupon ample.
*Fragne, s. m., hêtre.
*Frau, s. m., petit reste de pous-
sière.
* Frayé, s. m., chemin, sentier :
suivez le frayé que velà.
*Fre ou Fré, a., froid.
Fréce, s. m., fresne.
*Fredir, y., rendre froid.
Fregasse, s. f , fille coureuse.
Frégon, s m., pourriture végétale
des épis.
Fregonner, v. , pourrir.
*Fregon, s. m., bois qui sert à
attiser le feu dans le four.
* Fregonner ^v., se servir du fregon.
*Frelinter, v., faire du bruit avec
du fer
*Frelintement, s. m., action de
frelinter.
Frenouiller, v., chercher avec
précaution et lentement.
*Fresique, s. f., chose sans valeur.
*Fï'esoin ou Frezin, s. m., menu ;
il n'y a que du frezin dans ce
charbon.
Fréta, s. m., gâteau.
Fretailler, v., corriger en battant.
Frétas, s. m., fagots mauvais et
feuillus.
Frétasse, s. f., chasser avec me-
naces et coups.
Fretemiette, s. m., restes, bribes.
Fretemitte, s. f., rien ; pas du
tout.
*Fretter, v., frotter.
Frettier, s. m., réunion d'épines
rabougries.
Frezi, a.., refroidi.
*Frigolée, s. f., flambée de menu
bois.
*Friler, v., se dit des feuilles at-
teintes par la gelée.
*-Friler, v , frôler.
*Fringuer, v., se trémousser.
*Fronibe, s. m., furoncle.
Froiner, v., fermer.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 90 —
Fronde, s. m., furoncle.
* Front, avoir du front (avoir de
l'audace).
*Frontian, s. m., devanture.
Frouiller, v., frayer.
*Froumage, s. m., fromage.
^-Froumagère, s. f., fromagère.
*Froumagerie, s. f., fromagerie.
*Froument, s. m., froment.
*Frutîer, s. m., fruitier.
*Fruccia, s. m., fuchsia : vous
avez de beaux fruxias.
*Fubler,Y., siffler : a fuble pas mal.
Frugner, v., se sentir ; se dit des
animaux au moment de l'accou-
plement.
'^Fumasse, s. f., petite pluie.
"^Fumelle^ s. f., femme, maîtresse,
femelle.
*Fumière, s f., fumée.
*Furette, vrille.
*Furonner, v., fureter.
* Fuser, v., fondre.
Furet, s. f., fuseau.
*Fusion, s m., fuseau.
*Futaine, s. f., cachette, jouer à
futaine, agir en cachette.
*Ga, s. m,, gars, garçon.
Gadoïc, s. f., fumier.
Gage, s. f. , fille.
*Gaîte, a., gaie (femme).
*Galant, a., gentil.
Galefretier, a., mangeur, bu-
veur.
*Galerme, s. m., vent du nord.
Galerme, s. m , ouest, vent de
galerme.
*GalgouU, s. f.. espèce de prune.
*Galgouitier, s. m., espèce de pru-
nier.
Galiche, s. f., mal qui vient à la
figure.
Galifareau, s. m., galette aux
pommes qui est mal faite et
mauvaise.
Galon, s. m., petit pain fait avec
du beurre frais et de la farine
de froment.
Galter, v., surveiller.
Gamelle, s. f., truie.
Ganas, s. m., linge fin ou chaud.
Gandoise, s. f., parole insigni-
fiante.
'^Ganif, s. m., canif.
*Ganivelle, s. f., bon à rien : c'est
de la ganivelle.
*Gapian, s. m., mauvais sujet,
homme sans honneur.
Gargan, s. m., vagabond, homme
de mauvaise mine.
Garger, jeter.
Garidne, s. f., fille de mauvaise'
vie.
Garille, s. f., truie.
Garille, s. f., femme de peu de
valeur.
*Gari7nent, s. m., effet, mobilier
de peu de valeur.
Garimin, s. m., aliments, den-
rées.
*Garitou, s. m., mavais sujet.
^Garnhnent, s. m., garnement.
Gaspille, (mettre à la), prodiguer,
gaspiller.
Gassouiller, v., faire quelque
LE PATOIS BOURBONNAIS
91 —
chose de malpropre ; il gas-
souille dans son assiette.
*Gâte, s. f., fille.
Gâte, a., gâté.
Gâte, (se trouver), se trouver mal.
Gâte, a., fatigué, harassé.
*Gatian, s. m., gâteau.
Gaudrer, v., crotter, se salir.
*Gauler, v., abattre avec la gaule.
Gauner, v., s'habiller sans goût.
Gavache, a., lâche.
*Gavaude , a., femme sans soin.
Gayeu, s. m., creux d'eau.
Gaza, s. f., déplaisante ; la mère
dit à sa fille : veux-tu te taire,
grande gaza.
Gazille, s. f ., fille.
Gazille, s. f., fille de moyenne
vertu, jeune fille de 7 à 8 ans.
Gazu, s. m., petit paquet de vête-
ments,
*Gazui, s. m., mauvais couteau.
*GazuinieUe, s. f., lame de cou-
teau
*Gelure, s. f., engelure.
*Génation, .s, f., gêne.
Gendives, s. f., se dit 1° des ani-
maux quand les dents sont
agacées par la première herbe
fraîche ; 2' des personnes qui
ont mangé des fruits pas murs.
*Gendresse, s. f. , bru.
*Geneu. s. m , genou.
*Genfoutre, s. m., qui n'a pas de
parole, qui est mal élevé.
Genivre, s. m., genièvre.
Genjolet, s. m., homme vêtu à la
légère.
*Gente, a , gentille.
Gerbaudi, s f., repas qui se fait
après les fauchaisons, les mois-
sons.
^Germine, a., germaine.
Gi, adv., d'incertitude, (peut-être) :
viendrez-vous ? ne n'irons gi pas.
*Gibler, v., plier sous un fardeau.
*Gièse, s. f., long aiguillon avec un
fer plat à l'un des bouts.
Gigaya, s'amuser en se chatouil-
lant.
*Gigier, s. m., gésier.
*Gingois, guingois.
*Ginguer, v., donner des coups de
pieds, remuer les jambes.
Girie, s. f., acte qui déplait.
Gistre, s. m., gîte.
*Glapi, a., se dit quand la pâte est
épaisse et non feuilletée.
*GIas, s. m., glace.
*Glaude, s. m., Claude.
*Glaudine, s. f., Claudine.
^Gfener, v., glaner.
*Glorieu, a., qui aime se parer de
beaux habits.
Glou-glou (boire à), faire abus.
Glouère, s. f., gloire.
*Gnac, s f., dents.
Gnàcheu.v, a., celui qui mâche
longtemps.
*Gna/", s.m., cordonnier ambulant.
Gnau, s. f., nuées.
Gnaules, s. f. , nuages.
*Gneic-gneu, s. m., œil : prends
garde à tes petits gneu-gneux.
Gnia, il n'y a que. . . : gnia qu'à
monter par-dessus un mur.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 92 —
<?W2acfer,v., se quereller, s'injurier.
*Gniangnian. a., sans énergie.
Gniéna, il y en a.
*Gnieu, s. f., nuit.
*Gnio, s. m., œuf laissé dans le nid
des poules.
*Gnôles, s. f., brouillard.
GnognoUe, a., celle qui consacre
beaucoup de temps pour faire
peu de chose.
*Gobe ou Gorbe, transi par le froid.
*GobiUe, s. f., bille.
Gode, s. f., bête prête à crever en
mauvais état.
Gode, mauvaise brebis.
*Godiche, un peu niais.
Godiche, a., paresseux, sot : vas-
tu finir, godiche.
Gogluriau, s. m., qui se croit im-
portant.
Gona, s m., vivier.
Gonfle, a., gonflé.
*Goôtt, cri poussé par les bergères
pour réunir les moutons.
Gora, a., trop sale : cou bouillon
est gora.
Gorbe, s. f., un tas de gerbes.
Gorbe (mettre en), entasser les
gerbes.
; Gorgier, s. m , gésier.
*Gormand, a., Gormandise, s. f.,
gourmand.
Gouayer,Y., crier, vociférer: avez-
vous fini de gouayer.
*Gouère, Gouéron, s. m., pâtisse-
rie faite avec de la farine et
des pommes étendues sur des
feuilles de choux.
*Gougnauder, v., faire souffrir en
touc*^ ant avec la main la partie
malade.
*Gougner, v., raccommoder les
membres.
*Gouillal ou Gouyaf, s. m., flaque.
Gouillard, s. m., instrument tran-
chant pour élaguer les arbres,
les haies.
*Gouiller, v., prendre de l'eau dans
ses sabots en marchant.
*Gouite, s. f., serpette.
Goulan, a., vorace.
Goule, s. f., bouche.
Goulée, s. f., une bouchée, une
lampée.
*Gouler, v., manger gloutonne-
ment.
*Gouni7i, a , qui se plaint.
Gounin, a , sot : pauvre gounin,
va.
Gour, s. m., réservoir.
Gourd, s. m., cavité.
^Gourgandi7i, s. m., mauvais sujet,
mauvaise mine.
Gouriné, s. m., mauvaise odeur :
ça sent le gouriné.
Gourlà, s. m., humeur : j'ai un
gourlà sur la poitrine.
Gourlasson, s. m., trésor, argent
économisé.
Gourlaud ou Gourlo, s. m., celui
qui fait les demandes en ma-
riage.
Gourle, s. f., humide.
*Gournaude, s. f., grenouille.
GourniUe, s. f., grenouille.
*Gour7iiUat, s. m., flaque.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 93 —
*Goute, vallée très étroite.
*Gouvi7'ié, a,, mauvais : ca sent le
gouviné ici.
*Goui/ard, s. m., grosse serpette
qui s'emmanche.
*GouyeUe, s. f., serpette.
Gouziller, v., ne pas suivre une
ligne droite en labourant,
*Governe7nent, s. m., gouverne-
ment.
*Graffignure, s. f., égratignure.
*Graffig7ier, Graffougner, v., égra-
tigner.
Granger, s. m., cultivateur.
Grappeter, v., recueillir ce qui
reste, une fois la récolte d'un
champ enlevée.
*Graton, s. m., petit morceau de
graisse de porc rôtie ou grillée.
Fratouner, v., travailler molle-
ment.
Grave, s. f., tout petit gravier.
Gravouinche, s. f., écrevisse.
*Grayon, s. m., odeur de graisse
brûlée, mauvaise odeur.
^^Gredo. a., malheureux, miséreux :
pauvre vieux gredo
*Grelei, s. m., grillon.
i(.Grelingeon, s. m., frange.
^Grelotter, v., faire du bruit.
*Grelipille, Grenipille, s. f., mau-
vais sujet en haillons.
*Grelon, s. m., frelon.
Grelu, a., pauvre.
*Grena ou Egrena, s. m,, mauvais
grain que l'on sépare du bon en
vannant.
Grenaillon, s. m., choses hétéro-
gènes qui restent au fond d'un
vase.
Grene, s. m., grain, infirmité du
porc.
Greneter, v., glaner.
*Grenée, s. f., poignée de paille
de blé ramassée dans les
champs.
Grenouillât, s. m , flaque.
*Greselle, s. f., groseille.
*GrcsiUer, s. m., groseiller.
*Gresittier, s. m., groseiller.
Gresiot, s. m., grésil.
*Greute, s. f., cerise douce.
*Greutier, s. m., cerisier.
*Grever, v., gêner.
Grille, s. f., grillon.
Griler, v., grogner.
Grilou, a., grognon.
Grillet, s. m., grillon.
*Grinfer, v,, égratigner avec les
ongles.
^Gringalet, a., maigre, chétif .
*Gringe, s. f., grange.
*Gringuenaude, s.f., résidu.
Grime, s f., graine.
Griotte, Goittre, s. f., cerise.
Grimaud, s, m , le diable.
*Gripe, s. m., crampe.
Grizemitte, s. f., miette.
'^Grôle, s. f., corbeau.
*Grossièremeni, adv., beaucoup.
*Grouer, v., couver.
Grouette, s. f., cerise.
Grouland, a., médisant.
Grouler, v., manger.
*Grounie, s. f., écume.
*Groumer, v., écumer.
LE PATOIS BOURBONNAIS
. — 94 —
*Groi(peton, se baisser en pliant
les jambes.
*Groussière, a., bien portante,
forte.
*Gicarir, v., guérir.
*Guarison, s. f., guérison.
Guécki, a., fatigué.
*Guéme7iter (se), v., se plaindre.
Guena, s. m., chiffon.
*Guenée, s. f., plainte.
*Guener, v., plaindre.
*Guenoic a., qui se plaint beau-
coup.
*Guère, gare ! : guère le loup !
*Guériau, s. m., guéret.
*Guériment, s. m., produit de la
terre.
*Gueulard, a., celui qui crie tou-
jours en parlant.
*Gueulêe, s. f., cri.
^Gueuleton, s. m., bon repas.
*Giceiiletonner, v., faire un bon
repas.
Gueuzarderie, s. f., dans l'infor-
tune.
Gueller, surveiller, épier.
Gui de chièbre, s. m., chè\Te-
feuille.
Guincher, v., loucher.
Gidors, adv., dehors.
Guorrel, s. m., cochon.
*Hachon, s. m., bâche.
*EaiUe, s. f., haie.
*Haïssa7ice, s.f., haine.
*Halenée, s. f., haleine.
*Earbe, s. f., herbe.
*Eardriche, s. f., mésange.
*Earse, s. f., herse.
'^Earser, v., herser.
*Eaz\j, adv., hier.
^Séreux, a., heureux.
*Eéritation, s. f., héritage.
*Eia, s. f., glace.
Eianze, s. f., glande.
*Eiaree, s.f., cercle de tonneau.
Etarne, s. m., lierre.
*Eimeur, s. f., humeur.
*Eiro)idelle, s. f., rondelle d'une
voiture.
Eistouère, s. f., histoire : a ma
raconté une gente histouère.
*Eîvar. s. m., hiver.
*Eontable, a., honteux.
*Eontu, a., honteux.
Eoraïe, tout à l'beui'e, à l'instant.
^Eoume, s. m , homme.
*Eoumeur, s.f, humeur.
^Eoxirdi, adv., exclamation pour
engager quelqu'un à se lever de
dessus son siège.
Eoure, s. f., heure.
*Eussier, s. m., huissier.
/, pr., je:i-z y va, j'y vais.
*Ia ou gnia : il y a, gnia long-
temps.
*Iard, s. m., liard.
*7aw, s. f., eau.
^laude, s., Claude.
*Ican, adv , cela.
*/er, V., lier.
leite de cro/fe, tiroir de coffre :
charchè da iette de mon croffe.
*Ieu, s m , lieu.
*Ieue, s.f., lieue.
LE PATOIS BOURBONNAIS
95 —
*Ièvre, s. m., lièvre.
Igue, s. f., eau.
*Iin, s. m., lien.
Ile, s. m., lierre.
*Illa, adv., là, là-bas.
*IUuder, v., éclairer.
*Incolome, a., économe.
*Incolomie, s f., économie.
*Incolomiser, v., économiser.
*Inducation, s. f., éducation.
*Ingaverable, a., défavorable.
*Infectable, a., infect
*Iniiniquié, s. f., inimitié.
Inmanquable, a., immanquable.
Inquère, adv., encore.
Insolenter, v , dire des injures.
^Intrépide, a., diflicile à vivre.
/OM, a., gourmand.
*Ioule, a., gourmande.
*Iouter, V., lutter.
*Ique, pr., ce.
*Iquou, pr., celui.
*Iquelle, pr., celle.
*Iqui, adv., ici.
/-rer, v., aller.
/^ow, adv., de même.
Ivreno (être), a., sauvage.
*Jaberot, s. m., estomac des pou-
lets, des canards, etc.
*Jable, s.f.,perchelongueet mince.
*Jeuille, 8. f., salive.
*Jaillouœ, a., baveur.
*Jabler, v., abattre les noix, etc.,
avec la jable.
*Jaboter, v., dire des riens.
* Jacasse, a., bavarde enjouée.
Jadolée, s. f., jattée.
Jagne, s. f., endroit où le mur
joint le plancher.
Jagol, s. m., cahot.
Jagotler, jagosser, v., être remué
par les accidents du chemin.
J'ai-i'y, ai-je ! Dieu de Dieu j'ai-
t'y du malheur.
Jnillc, s. f., chatouillement, faire
les jailles.
Jalée, s. f , gelée.
*JacquarL, s. m., geai.
Jalignier^ s. m., juchoir.
Jalive. a., compacte.
Jappant, a., bavard.
*' Jappe (avoir de la), bavarder, cau-
ser avec hardiesse.
*Jarbe, s. f., gerbe.
*Jardiau, s. m., plante qui s'élève
au-dessus des blés.
'^Jargeau, a., qui manque de bon
sens, de décision.
*Jartir, v. , s'amuser, badiner.
Jas, s. m., forme; lieu de repos
du lièvre.
*Jaspiner, v., gronder, se quereller.
*Jait, s. m., coq.
Jauvagner, v., mûrir, en parlant
du fruit.
*Javeler, v., lancer, abattre.
Jeanfesse, s. m., mauvais sujet,
/er, s. m., jars.
*Jeu, s. m., joug.
*Jiaule7ne7it,s m.,actiondejiauler.
*Jiaicler, v., pleurer.
*Jiaiclou, a., qui jiaule.
*Jiet, s. m., jet.
^Jhnbreter ou Jimberler, v., sau-
ter, cabrioler.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 96
*Jime, s. m., moût du raisin.
Job, monter un coup : tu te montes
le job.
Jobriller, v., froisser : je vas te
faire jobriller mon étoffe.
*JoUte, 8. f., beauté.
Jode, s.f., joue.
*Joment, s. f., jument.
Jon-ner, v., attaché avec un jonc.
*Jonquière, s. f., endroit où crois-
sent les joncs.
*Jornée, s. f., journée.
Jorner, v., naître.
José, s., Joseph.
Jovania, changer de couleur,
commencer à mûrir.
Jovant, a., jovial.
*Ju, s. m., joug.
*Jui, s. m., juif.
*J'y,])T.,ie: où est don ma chausse?
J'y sais pas.
Kia, s. m , porc.
*Kia-Kia, s. m., grive.
*Keme, adv., comme.
Rendu, s. m., coudrier.
Kérier, v., crier.
*Keusine, s. f., cousine.
*KiUer, v., cuiller.
*Kokiasse,s. f., aiguë.
*Kouanne, s. f., imbécile, nais.
*Làboureu, s. m., laboureur.
Landjet, s. m., chenet.
Latnbouni, s. m., nombril.
Lanceron, s. m., aiguillon, dard
des guêpes.
Lamcin, a., lambin.
*Langouste, s f., sauterelle,
Langoute, s. f., sauterelle.
*Lantarne, s. f,, lanterne.
Lanvet, s. m., orvet.
*Lapper. v., se mettre à... : i m'su
lappé à faucher.
*Lardiche, Lardriche, Lardaise,
s f., mésange.
^Lavou, s m., lavoir.
*Là-vou ? où.
Lavouquée, ou êtes-vous ?
*Lêche, s. f., tartine, friandise.
Lèche, s. f., langue.
Lécherie, s. f., friandise : j'aime
pas les lécheries.
*Lechoux, a., friand,
ie de gi^owe (avoir), avoir de quoi...
être à son aise.
*Lédra, a., laideron : vilain lédra.
'^Lene, s. f., laine.
*Lequeul, lequel.
*Lia, s. f., glace.
*Lian, lieu.
Lezaren, je n'ai rien à vous don-
ner: la charité s v.p.? Lezaren!
*Liarre, s. m., lierre.
Liasson, petite botte de paille.
Liecteure, s. f., lecture.
*Liée, s. f., temps fixé pour le tra-
vail des bœufs ou des vaches ;
temps pendant lequel ils sont
liés.
*Lié7ier, v., glaner.
*Lieure, adv., au lieu de.
*Liger, a., léger.
Ligneu, s. m., fil au dessous de
la langue ; il faut lui couper le
ligneu.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 97 —
*Lignou, s. m., liseron sauvage à
grandes fleurs blanches.
*Liguer, v., désirer vivement, re-
garder avec envie.
*Limas, s. m., escargot.
*Liméro, s. m., numéro.
*Lincieuoc, s. m., drap de lit.
Lingue, s. f., langue.
*Liron, s. m., gros rat.
*Lise, s. f., résidu laissé par l'eau
d'une rivière qui se retire.
*Lisenient, s. m. lecture.
*Lisar, s. m., lézard.
*Lisoic, s. m., liseur.
*Lisu, a., lu.
*LUe, s. f., élite
*Liiiau, s. m., liteau.
Livradc, s.f., cadeau de mariage:
a m'a donné une gente livrade.
*Llia, s. f., glace.
*Lliande, s. f., glande.
^Lliasse, s. f., botte de paille.
*Lliaude, s. Claude.
*Lliauge, s. f., plante ; espèce de
laitron.
Llienasse, s. f., botte de paille.
*Locatier, s. m., locataire.
*Loigneur, s, f., éloignement.
*Lointeur, s. f., éloignement.
Lomboicri, s. m., nombril.
*Longe, a., longue.
*Longe, s. 1'., langue de terre.
*L'onque, où?
Loquence, s. f., tempérament.
*Loquence, s. f., éloquence : a la
une belle loquence.
*Loquet, s. m., hoquet : t'as le
loquet, mon garçon.
*Louagcr, s. m., locataire.
*Loué, s. f., loi.
*Loi(é, s. m , loyer.
*Loyer, y., louer.
^ Loyer (se), v. , louer (se).
Luasse, s. f., liasse.
Lugea, louer.
*Lui, s. m., le diable ; n'osant
pas prononcer le mot diable,
beaucoup de paysans disent :
lui.
*Lupo, s. m., crapaud de la petite
espèce.
*Lure, s.f., vue : il a bonne lure,
ce gars là.
*Lustubrelu, s. m., brouillon.
*Ma, adv., mais.
*Ma, adv., seulement.
*Maboule, a., sans intelligence.
Mâcher, Macheter, v., tiller le
chanvre.
Machel, s. m., appareil à tiller.
*Machin, s. m., objet quelcon-
que.
^Mâchouiller, v., mâcher.
Machuron, s. m., tache faite avec
de la suie.
Macot s. m., matou, viens : mon
macot.
*Mafion, adv., ma foi.
*Magner, v., palper, battre, corri-
ger.
*Mai, s. m , tas, masse.
*Mais, adv., davantage : j'en veux
mais.
*Mais, adv., déjà : isu mais venu
dréla.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 98 —
^Maille, s. f , maillet
"^Maille, s. f , meule de paille dans
une grange.
*Mairerie, s. f., mairie.
*Maison, s f., on appelle ainsi la
première pièce en entrant, celle
où il n'y a pas de lit : on y prend
les repas.
*Maladier, v., être malade.
*Maladret, a., maladroit.
*Malafaux, adv., injustement.
*Malagalé, a., mal paré, mal ha-
billé.
*Malaguieu, a., maladif.
*Malaisant a., mal aisé, difficile
à manier.
Malandre, s. f., souffrance.
*Malendurant, a., qui ne veut rien
soufifrir.
*MaUnjîiste, a., injuste.
Maine, s. f., madame.
Mamouette , s. f., bajoue.
Malpatienl, a , qui ne veut rien
souffrir.
Malplaisant, a., qui parle peu.
Maluçhe, s. f , marteau en bois.
*Mange'ment, s. m., action de man-
ger.
*Mangnier, v , toucher.
*Mangnier, v., frapper, corriger
*Mangon. s. m., mouchoir passé
sous le cou et autour de la
tête.
*Mànivelle, s. f., morceau de bois
faisant saillie vers le milieu du
manche de la faulx.
Manou s. m., mendiant.
Manouser, v., mendier.
*ikfançwa&Zewe/i^, adv., sans doute.
Mapignon, s. m., mauvais linge.
Maquignage, s. m., maquignon-
nage.
*Maque. adv., pourvu que.
*Mar. s m., mars (le mois de)
*Mar, s., marc.
*Marchaise, s. f., orge de prin-
temps.
*Maréch.au, s. m., maréchal.
*Margoulette, s. f., haut du col,
mâchoire inférieure : il a la
margoulette enflée.
*Mnrer, v., serrer, meurtrir.
Mariol, a., être plus bête que l'on
paraît : t'es ben mariol toi.
*Marle, s. m., merle.
*Margoidller, v. , se salir : sa figure
est margouillée.
*Margouilli, s. m., quelque chose
de répugnant.
*Margué, adv., assurément oui ou
non.
Marinoulage, s. m., poussière de
bois.
*Marmoi(rer, v., murmurer.
Marmuser, v., parler à demi-voix
et entre ses dents
Marquignotte, s. f , petit lézard.
Marpaud, a , maladroit.
*Marqiier, v , paraître : cette fille
marque bien.
*Marquiau, s. m., marteau.
'''Marre s, f., houe.
*Marrer, v. se servir de la houe
'^Marron, s. m., petite houe.
Marronner, v., être vexé.
Marot, s m., petite bêche.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 99 —
*Marsaude
Marseattde I espèce de bois de
Malsaude » saule.
Marlsaudre)
Mascoui, s. m., l'enfant le plus
jeune d'une famille.
*Mase, s. f., fourmi.
*Masière, s. f., fourmillière.
*Masibler, v., cribler de coups,
fouetter, battre.
Masillare, v., battre le fer.
Mate, a , moite,
*Matefin, s. m. , beignet.
*Matéreauœ, s. m., matériaux.
*Maximer, v.. vacciner.
Mateiir (être en), s. f., transpira-
tion.
Malon, pain de noix.
*MalouiUe, a., beaucoup.
*Mau, s. m., mal.
*Maubien, a., mal tourner : a mau-
bien.
Mautan (en avoir), être fâché.
*Mauvaîsement, adv., d'une mau-
vaise manière.
*Mauviance, s. f., malveillance,
Mauvre, s f., mure sauvage.
Mauvue, s. f., mauvais œil, regard
qui porte malheur.
*Mayère, s. f., branche de saule.
*Mayoche, s. f., mailloche.
*Me, pr., moi.
Mé, davantage, plus.
*Mécord, s, m., erreur.
*Mée, s. f., hache.
Melle, s. f., nèfle.
*Méchantement, adv., mécham-
ment.
^Mé/îanzeié, s. f., méfiance.
*Mégman-t, s. m., émouleur.
*Mélée. s. f., mélanger foin et
paille.
*Mélier, s, f., néflier.
*Mélieu, s. m., milieu.
*Meneu de loups, s. m,, sorcier qui
conduit les loups.
Ment, s. m., chat.
*Menîne, marraine.
Menene, marraine.
*Menou, s. m,, chat.
*-Menusier, s. m., menuisier.
*Menuzon, s. m , petits morceaux.
*Menteu, s. m., menteur.
*Menterie, s. f., mensonge.
*MemisaiHes, s.f,, débris de paille,
etc.
Merelot, Marlol, s. m., merle.
Merlanche, s. f., chasselas.
*Meurlanche, s. f., chasselas.
*AfeWn,s.m.,planche avec laquelle
on fait les tonneaux.
Messor^ge, s. f.. papier plié sur
lequel on dévide un écheveau.
*Messou s. m., qui fait l'ignorant.
*MeUu, mis : a zavons tout mettu
sens dessus dessous.
*Meu, Meute, a., muet, muette.
*Meure, a., mûr : les fruits sont
meure.
*Meure, s. f. , mûre.
Mijoune, s. f., lien en cuir qui
unit le fléau à son manche.
Mélaye, s. f., composé de pommes
de terre et de farine d'orge : t'as-
tu préparé la mélaye de tes
cochons ?
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 100 —
*Miage, s, m., nuage.
Mial, s. m., tarte aux fruits.
*Mialer, v., miauler.
*Miarlaud, s. m., chat mâle.
Miarlement, s. m., miaulement.
*Miaule, s. f., moelle.
Mie, s. m., miel.
Mifaude, s. f., mie.
*Milieure, s. m., milieu.
*Mionner, v., miauler.
^Miarler, v., miauler.
*Miater, v., miauler.
*Miatouner, v., manger du bout
des dents avec dégoût.
*Miau, s. m., tas.
*Michon, s. m., pain blanc, long
d'une livre.
*MieUon, s. m., vin dans lequel on
émiette du pain.
Mîge, s. f., mil.
*Migerot, s. m., pain noir trempé
dans la boisson.
*Migner, v., manger.
*Migneu, minuit.
*Migron, s. m., repas de onze
heures ou midi dans le but de
se reposer plutôt que de man-
ger.
Millou, a., meilleur.
*Migeo7i, s. m., petit morceau de
pain.
*Mimoire, s. f., mémoire.
*Minahle, a., pauvre.
*Mincer, v., mettre en pièces.
*Minger, v., manger.
*Mingoté, a., tout petit.
*Mirable, a., admirable.
*Mirouer, s. m., miroir.
Mita, s. f., moitié.
Mistrouillai, a., être informe,
mal tourné.
*Mitan, s. m., milieu.
*Mitancier-re, a. , qui est au milieu.
*Mité7îier, s. m., métayer.
*Mition, s. m., Mitte, s. f., gant de
campagne .
*Miyas, s. m., galette de feuilles
de choux.
*Mobile, a , immobile,
"^Modurer, v., donner avec parci-
monie.
*Moindrer, v., diminuer.
*Moigniau, s. m., moineau.
*MoissQ7îneu, s. m , moissonneur.
*Mollard, p., humide ; terrain
mollard.
*Molle, a., humide ; terre molle.
*MoUée, s. f , un temps longtemps
humide.
Mollego, a., molasse.
Mollir, Molzir, v., devenir mou:
il faut laisser mollir ces poires.
Monta, s. m., gros tas.
*Monlagnier, s. m., montagnard.
Montoudre. Montoldre (commune
de).
*Moquard, a., moqueur.
*Moquié, (la), s. f., moitié : j'en
prendrai la moquié.
*Marveille, s. f., merveille.
*Morciller, v., couper par mor-
ceaux.
Moret, s. m., chose très noire ;
c'est comme un moret.
*Morquière, s. f., mortier, vase
où l'on prend un bain de pied.
LE PATOIS BOURBONNAIS
101 —
*Morluel, a., mortuaire.
*Morvandiau, s. m., habitant du
Morvan
*Morvaillou.x ^ a., morveux.
*Morvoux, a., morveux.
*Mou, a., mouillé, humide.
Mouchelle, s.f., branche de vigne
après laquelle on attache beau-
coup de raisins ; chapelet d'oi-
gnons.
Mouchât, s. m., herbe qui n'a
pas péri dans les labourages.
*-j\Joucher, v., réprimander.
*Mouchou, Mouchoué, s. m,, mou-
choir.
*Moudure, s.f., mouture,
*Moudurer, v., se détériorer.
Mougnat, s. m., ramoneur.
*Moui, a., lait; mauvais sujet.
Mouliner, v., vacher.
Moune, féminin de « mon ».
*Mounier, s. m,, meunier.
Mouraille, s.f., sécrétion nasale.
Mourailloux, a., morveux.
*Mouret, s. m., forte saillie des
lèvres ; figure prise en mauvaise
part ; museau.
Mourichère, s.f , cuvier.
*Mourniffle, s f., soufflet.
*Mouricaud, a., basané.
*Mourlanche, s. f., raisin chasse-
las.
Mousse, sans cornes : une chièvre
mousse.
Mouston, s. m, mouton.
Moutarde, s f., boue.
MouLardou, a., boueur.
Moulé, s. m., humidité, eau ;
j 'avons un champ-là qui craint
ben le monté.
*Moulles, s. f., pacages sur les
bords de l'Allier.
*Moullu, a., plein de mottes.
Mouver, v., remuer.
*Mouyère, s. f., source d'eau dans
un champ.
*Mousière, s.f., source à travers
champs.
*Moyenner, v., réussir ; il n'y a pas
moyen de moyenner.
Mresure, s. f., mesure.
Mue, s. f., épinette.
*Mule, s. f., meule.
Mullrier, s. m., meurtrier.
*]kurer, v-, mûrir.
Mûri, V., mourir : à l'a vu mûri.
Muser, v., avoir regret, désirer.
*Musiau, s, m., museau.
*Musser (se), v., se tapir.
Musser, v., se mettre en colère.
*Myasse, s. f., pâtisserie aux ce-
rises.
iV«, aller : faut nous en na.
*Nabol, a., nain.
*Nage ou Naise, s.f., se dit du
chanvre quand il est resté dans
l'eau le temps voulu.
*Naion, s m., ou Nine, s. f., nain,
naine.
*Naiser, v., rouir.
*Naissu, né.
*Nantille, s.f., lentille.
Naquette, s. f., dent.
Nargi, a , souffrant.
Nasseillet s. f., seau.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 102 —
Nau, No, Noël.
Narger, v., avoir du chagrin.
Naze, s. f., nasse.
*Naziauœ, s. m., naseaux.
Na, pr., nous.
Nebou, s. m., neveu.
*Nécissaire, a., nécessaire.
*Negé, s. m., fruit de la noix.
*Neger, v., neiger.
Negiau, s. m., noyau.
Negier, s. m., noyer.
Nère, a., noir.
Neurer, v., nourrir.
Neuyon, s m., noyau.
*Neveur, s. m., neveu.
*Neu, a., neuf.
*iVew, s. f., nuit.
*Niarf, s. m., nerf.
*Niaxi, ou Gniaud, œuf couvé .
*Niaule ou Nielle, brouillard.
*Niauve, s. f., nouvelle mariée.
*Niier, s. m., noyer.
*iVt7, s. m., brouillard qui nuit aux
récoltes.
*Nilé, a., abimé par le brouillard.
Nine, s. f., naine.
iVb, noël.
*Nonse, s. m., nœud.
*Nonser, v., lier, nouer.
*Nonze, s. m., nœud : fa-z-y un
nonze.
Nore, s. f., bru.
*Noria ou Nourria, s. m., enfant
en nourrice.
Norriee, s. f., nourrice.
*Norrin, s. m., petit cochon.
Noseier, s. m., noisetier.
*NoseUe, s. f., noisette.
iVow, s. f., noix : va cri do nou.
*Nouce, S.Î., noce.
^Noumer, v., nommer.
*Nourrer, v., nourir.
*Noute, a., nôtre.
*Noutés, a., nos.
Nouvé, noël.
*iVowuîat«, a., nouveau.
Nouzer, v., nouer.
*Noveïe, s. f., nouvelle mariée.
Noyon, s. m., moelle.
Nozier, s. m., coudrier.
Nuda, V., se baigner : tous ceux
gas nudont.
*Nuguenot, s. m., huguenot.
*Nuisance, dommage, action de
nuir.
*Nyer, s. m., noyer.
*Oblier, v., oublier.
*Obrelle, s. f., peuplier.
*Œ'w, s. m., œuf.
*Œuvre, s. f., espace pour planter
mille ceps de vigne.
*Œuvri, V., ouvrir.
*0;i, pr., il : oll intra, il est entré.
*Omasse, s. f., grosse personne.
*Onicent, a., innocent.
*Onlle, s. m , ongle (11 mouillées).
*Onllion de chat, vipérine, plante.
Owser(n'), v.,ne pas oser : an'onse
pas
*Oquart, s. m., jars.
Orbet, s. f., privé de raison : té-t-
une orbet.
Orcuen, hortie.
Orietle, cure-oreilles.
*Orine, s. f., urine.
LE PATOIS BOURBONNAIS
103 —
*Orisse, s. f., tourbillon de vent,
de pluie.
*Ormouère, s. f., armoire.
*Ornicle, s. m , mauvais sujet.
Ornique, a., diminutif d'imbécile.
Orniquerie, des Orniques, oiseau,
oison.
Orsouie, s, f., hortie.
*OrtaiUes, s. f., légume qui entre
dans la composition d'un po-
tage.
*0s, s. m., noyau de prune, abri-
cot, cerise, etc.
*Osé, a., audacieux.
*Osiau, s. m., instrument pour
porter le mortier.
*Osiaîi, s. m., oiseau.
Osiau de la mort, chouette.
Osiau dic Breutioit, alouette et
hirondelle.
*Osière, s. f., jets d'osier : va donc
cri des osiéres.
*Ostiner, v., obstiner (s').
*Ostot, s. m., maison paternelle.
*Olil, s. m., outil.
Ou^ pr., il : ou pleut.
*Ouater, v., voter : as tu ouaté ?
*Ouche, s. f., jardin ou terrain
près de la maison
*Oué, oui.
*Oué, s. f., oie.
*Oiieille, 8. f., brebis.
*Ouéti, est-ce : ouéti lui ?
*Ougmon, s. m., oignon.
*OuUle ou Beline, s. f., brebis.
*Oupignon ou Opignon, s. f., opi-
nion.
*Ourinoire, s. f., armoire. .
*Ousque, adv., où.
*Ousse, s. m., os.
*Oussi ou Oussu, mot employé
pour chasser les chiens.
Ouzièves, Ozines, s. f., rigoles.
*Oyard, s. m., jars.
'^Oyard, s. m., peuplier.
Oyasse, s. f., pie.
Oyasse maie, piegrièche.
*Oye, s f., oie,
*OyeUe ^huile d'), s. f., œillette.
*Oyon, s. m., oison.
*Oyonnade. s. f , ragoût fait avec
de l'oie.
^Paillas, s. m., abri en paille.
*PaiUasse, s. f,, corbeille ronde en
paille.
*Pailler, s. m., meule de paille.
*Paillère, s f., harde d'un char.
*Paissiau, s. m. échalas.
*Paisselle, s f., échalas.
*Palée, s.f., le contenu de la pelle.
*PaUer, s. m., meule de paille.
*Palisser, v., piler, tasser.
*Palle, s. f., pelle.
*Palkr, v., se servir de la pelle.
Palm,ain, s. m., essuie-mains.
Palys, s.f., palissade.
Pan, s. m., pain.
*Pannelonne ou Penetoune, s. f.,
petit pain de forme ronde.
^Pansigot, s. m., qui a un gros
ventre.
Papicara, s. m., papier.
Papin, term-î dont se sert la ber-
gère pour appeler ses moutons.
*Papoute, s. f., soupe.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 104 —
Paquets, s. m., pâturages.
Parapelle, s. m., parapet.
*Parche, s. f., perche.
*Pardie, adv., certainement.
*Pardre, v., perdre.
*Pardrioc, s. f , perdrix.
'^Parlalif, a,, bon garçon : il est
ben parlatif, a n'est pas fier.
Parpin, cri pour appeler les mou-
tons.
*Paré, a., pareil, égal.
*Paré, n'est-ce pas.
*Parer, v., se garer.
* Parer, v., arrêter.
*Pariure, s. f., pari.
Pargnon, s. m , gousse d'ail.
Parnière, prenière, (faire) ; dor-
mir sur le midi.
Parpette, s.f., langue.
Parpiller, v., scintiller.
*ParpillQn, s. m., papillon.
*Parsonnef s. f., personne.
*Parsonnié, s. m., individu qui
habite avec un autre.
* Parte, s. f., perte.
^Particulière, s. f., maîtresse.
*PafHu, pretu, partuser, pretuser ;
trou, trouer.
*Pasque, adv., parce que.
*Passance (faire sa), s. f., se con-
tenter.
*Passassion, s. f., acte notarié ;
les passassions coûtent cher.
*Passêe, s. f., rangée, alignement.
*Passou, (voir : échailler).
Pastonnade, s. f., carotte rouge.
Patachon, s. m., conducteur de
patache.
*Patarge, s. m., partage.
*Pateurau, s. m., pâturage.
Patissan, s. m., souffre douleur.
*Patouille, s. f., boue.
*PatouUler, v , marcher dans la
boue.
Patras, s. m., homme mal élevé,
sans éducation.
* Patron jacquet, de bonne heure.
"^Patron minette, le matin.
*Patte, s. f., chiffon.
Paiter, v., fainéanter.
*Pdturau, s. ni., pâturage.
*Parc, s. m., pieu.
Paume, s. f., dessus de cheminée.
Paupelle, s. f., petite vérole.
Pauture, s. f., mélange de foin et
de paille.
Paure, s. f., peur.
*Paya, s. m., paillasson.
Payasse, payassée, s. f., espèce
de panier rond, sans anses.
*Pedrix, s. f., perdrix.
*Pège, s. f., poix, saleté.
*Pèger, v., enduire de poix ou
d'autres matières gluantes.
Peigné, envoyer une chose loin .
Les enfants disent en frappant
une gobille : pas peigné.
*Peilles. s. f., vieux chiffons.
*Pejat, s. m., toute espèce de sa-
leté gluante.
*Pelasse, s. f., écorce, pelure.
*Pelotta, s. m., touffe de racines
d'herbes.
^■Pelote, s. f., tas; pelotte de fu-
mier.
Penasse, s. f., mauvais linge
LE PJK.TOIS BOURBONNAIS
105 —
attaché à l'extrémité d'une gaule
pour nettoyer un four.
*Peno, s. m., pied.
*Penille, s. f., penillon, s. m.,
linge mauvais, torchon déchiré.
*Penier, panier.
^Penoufe, s. f., étoffe servant à
nettoyer le fcur.
*Pentecoute s f., Pentecôte.
*PepeUe, s. f., poupée.
Pèpre, s. f., ulcère.
*Péquiot, s. m., petiot, terme d'a-
mitié, petit.
*Péquion, s. m., chose minutieuse.
*Perdure, s. f., perte.
*Pe7^çon, s m., perçoir.
*Père., s. m., poirier sauvage.
Péri, s. m., parrain.
^Périment, a., périlleux, fin der-
nière.
Permettu, permis.
*Péro, s. m., boue.
Peroutiet, s. m., étameur.
*Perri, s. m., pèche alberge.
*Perspitan, a., qui poursuit sans
relâche.
*Pessiau, pessau, s. m , échalas.
*Peta, s. m., morceau d'étoffe sans
valeur.
Petara, s. m., tache, ordure.
*Pelarée, s. f., bruit éclatant.
*Petête, adv. peut-être.
*PetUer, v., accoucher.
*Petouyage, s. m., malpropreté.
*Petouyer, v. , toucher en salissant.
*Pétras, a., grossier, manant.
*Peyan, a., déguenillé : vieux
peyan.
*Peyeraud, s. m., marchand de
« pnill'îs I) .
*Peyon, s. m , mauvais linge.
'^Peupinière^ s. f., pépinière.
'"'Peurqxie, puisque.
*Peu-z-à-peu, peu à peu.
*Pi, s. m., pivert.
*Piâler, v., crier.
*Piarsi, s. m., persil.
Piasses, s. f., paillasson formant
semelles dans les sabots.
*Piau, s. f., peau.
^Piaulement, s. m., cri des poulets.
* Piauler, v. , crier.
*Piaumer, v., perdre le poil.
Picaillon, s. m., monnaie.
*Picassé, a., marqué de diverses
taches sur la figure.
*Piche, s. f., jeune poule.
*Pichet, s. m., pot à boisson.
Pichetrer, v., piétiner.
*Pichier, s. m., pot à boisson.
* Picoter, V,, picorer.
*Picotier on picoqtcié, s. m., dévi-
doir.
*Picr'as, s. m., ajonc.
Picton, s. m., bonne chère.
*Pidance, s. f., pitance.
*Piétée, s. f., empreinte du pied.
Piéter,\., s'impatienter, trépigner.
^Piéton, s. m., facteur.
*Pigne, s. m., peigne.
*Piffre, s. m., figure, nez.
*Pifre, s. m., fifre.
*Piger v. mesurer.
*Pignasse, s. f., semelle en paille
ou en feutre que l'on met dans
la chaussure.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 106 —
*Pigne, s. m., peigne.
Pigne, s. m., mortier à piler.
*Pignée, s. f., raclée.
*Plgner, v., frapper.
*Pigner, v., peigner.
*Pigneu, s. m., peigneur: ou est
bon pigneu de chande.
Pignon, s. m., dot: que la ga-
zille a un bon pignon.
*Pignoic, s. m., peigneur de chan-
vre.
Pigouet, éveillé, espiègle.
Pigret, méchant.
Pile, s. f., raclée à coups de
poing.
Pile, s. m., poêle.
Pilée, s. f., gruau : il faut faire de
la pilée pour le déjeuner.
*Piler, V., presser, fouler.
'^Pillerot, s. m., marchand de vieux
chiffons.
*Pilles, s. f., vieux chiffons.
*Pilourien, s. m., loriot.
*Pimpon, a., freluquet.
*Pimponé, a., pimpant.
*Primprelin, graine de raisin.
*Pingo (faire), donner un point
d'appui pour atteindre une cer-
taine hauteur.
Pîple, peuplier.
*Pintale, s. f., pintade.
*Piochon, s. m., pioche.
Piocher^ v., piauler,
Piomer, Pomer^ v., renouveler
ses poils ou ses plumes.
Pioner, v., muer.
*Piper (ne pas) : ne rien dire.
Piquaboille, s. f., mésange.
Piquasse, a., couvert de taches
de rousseur.
Pique pante, pis que pendre ; on
en dit pique pante de cet indi-
vidu.
Pique en châgne, s. m., galette
faite avec des pommes.
Pissautière ou pichotière, s. f.,
amas de petites étoiles que l'on
voit à 10 heures du soir à l'au-
tomne.
Pis^erote, s.f., chauve-souris.
*Piscoter, v., pleuvoir peu.
Pisson, s. m., pissenlit.
*Pittieu, a., charitable.
*Pitrogner, v., pétrir.
*Pitromller, v., pétrir salement .
*Plan, s. m., doucement.
*Plan de foire, foirail.
'^Plaignard, a., aimant à se plain-
dre.
*Plain, s m ,1e plus finduchanvre.
*Plaint, s. m., gémissement.
*Plaisant, a., badin.
*Plaisu, plu : ça lui a pas plaisu.
*Plangeo7i, s. m., meule de paille
battue ou non battue.
^Planson, s. m., branche de saule
pour planter.
*Planta, a., grand et fort.
*Pla7ite, jante de roue,
*Plantoin, s. m., plantain .
*Plassat. s. m., petite place.
Platgneux, s. m., homme pauvre
voulant faire le riche .
Platroux, a., celui qui se plaint
pour se faire soigner.
*Plau, s. m., billot, bois d'un
LE PATOIS BOURBONNAIS
107 —
certain volume dont la surface
est unie et sert à hacher.
*Plein temps (à), à verse : vou pieu
à plein temps.
*Plésent, a.., hon enfant, qui cause
à tout le monde
*Pleue, s. f., pluie.
*Pleum, pleuvoir.
*Pleume, s. f., plume.
*Pleurement, s. m., pleurs.
*Pleur7iichoic, a., pleurnicheur.
*Pleurou, a., pleurnicheur.
*Pleulre, a., peu aisé, celui qui
veut dépenser et qui recule
ensuite.
*Pliger, v., plier.
Pleuvage, temps de pluie de lon-
gue durée.
PUnthie, lit couette .
*Plire, V., pleuvoir : çà plit encore.
*Plomer, v., peler.
Plonger, v., faire un plongeon.
*Plongeur, s. m., celui qui fait les
plongeons de paille
Plosse, s. f., prunelle.
Plot, billot.
Pluche, s. f., râteau.
Plucher, v., ramasser le foin.
Plucheux, s. m., ouvrier qui ra-
masse le foin.
Pluchon, s, m., amas de fourrage.
*Pluir, V., pleuvoir,
*Plumâs.. 8. m., plumeau.
*Pluiner, v., écorcer.
*Pognée, s. f., poignée.
*Poinçon, s. m., fût de 200 litres.
*Poilou, a., velu.
*Poiriasse, s. f., poirier sauvage.
*Poisière, s. f., champ ensemencé
de haricots.
*Ponipo, s. f., gâteau de toute es-
pèce.
^Pomponne, s. f., reinette, gre-
nouille.
*Ponse. s.f., la ponte d'une volaille.
Pontificat, s. m , exposition : tu
laisse encore toutes tes affaires
de nuit en pontificat.
*-Popelier, s. m., peuplier.
Popelle, s. f., petite vérole.
^Porche, s. f., truie.
*Pore, s. m., porc.
*Porrichinelle, s. m., polichinelle.
*Porpis, s. m., pourpier.
^Portai, s. m., portail.
^Portement., s. m., santé.
*Porto?i, s. m., toute petite porte
devant la maison.
Poster, V., marcher.
*Pote, s. f., pot à boisson.
Poter, V., sauter.
Potou, s. m., pied.
*Potrait, s. m., portrait.
*Potrîne, s. f., poitrine.
*Potu, a., gauche, maladroit.
*Potiirer{se), v., faire bonne chère.
*Poturon, s. m., potiron.
Pouchante a., gros, obèse.
*Poué, s. m., haricot.
*Poué, s. m., poids.
*Pouère, s. m , poire.
*Pouessiau, s. m., échalas.
*Poi(étiau, s. m , échalas.
Pouel, s. m., cochon.
^'Pouf fiasse, s. f., grosse femme,
femme éhontée.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 108 —
*Pouffiner, v., tousser souvent.
*Pougne, s. f., point.
^Pougniée, s f., poignée.
*PouiUoux, a., pouilleux.
*Poulieiux, s. m., serpolet.
Poulu, s. m., petit crapaud.
*Pou'me, s. f., pomme.
*Pou7ier, V., prendre.
*Pounu, participe de prendre.
*Poupoute, s. f., soupe.
*Pour a., pauvre: pour ami, va !
Pourcha, v. poursuivre.
*Po'ureUe, s. f., ciboule.
*Pourreatc, s. m., poireau.
*Pourriau, s. m., poireau.
^Poursuive, v., poursuivre.
*PowrtaU, s. m., portrait.
*Pourte, apporte! cri du maçon
pour appeler le goujat.
*Pourler, v., porter.
*Pourie, s. f., porte.
*Pourtement. s. m., santé : je lui
ai demandé son pourtement.
*Poureua> ou Pourru, a., peu-
reux.
*Pourmener, v., promener.
*Pousiau, s. m., petite cheville
faisant partie du char.
*Pousse (à la) : enchères (aux).
*Poussi, s. m., poussière.
*Pousson, s. m., jet.
*PoiUel, s. m., grimace en avan-
çant les lèvres.
*Poutée, s. f., résidu.
Pouver, V., pouvoir.
*Pra, s. m., pré.
*Pré, pour.
■ Pré, par.
* Précepteur, s. m., percepteur.
*Precer, v., percer.
*Prédu, perdu.
*Pr6fateur, s. m., qui travaille à
prix fait.
*Pregnière, sommeil de midi.
*Prela, adv., parla.
*Premi, adv., parmi.
*Prepos, s. m., harde.
*Prepos, s. m., propos.
*Prepoint, s. m., pourpoint.
"Preqice, pourquoi.
*Prequoué, pourquoi.
*Pressoué, s. m., pressoir.
*Pressonne, s. f , personne.
*Pressounnier, a., sociétaire, en
société : Jean et Pierre sont
pressounniers.
*Pretout, adv., partout.
*Pretu, s. m., trou.
*Pretuser, v., faire des trous.
*Preune. s. f , prime.
*Prime, s. m., printemps.
*Prion, a., profond.
*Prionteur, s. f., profondeur.
*Privé, a., apprivoisé.
"^Profiter, v., grandir.
*Profonder, v , creuser.
*Promier, a , premier.
*Proparien. s. m , propre à rien,
fainéant, maladroit.
*Prope, a., propre.
*Prupiétaire, s. m., propriétaire.
*Prou, adv., assez.
*Proucès, s. m., procès.
^Proufit, s m., profit.
*Pricngner, v., provoquer.
Pruno, yeux.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 109 —
*Pu, plus.
*Puanlise, s. f., puanteur.
Puder, V., puer.
Purer, v., pleurer.
*Pulin, s. m., bois noir.
Punais, a., jaloux.
Pupue, huppe.
Putouet, plus tôt.
Puzonna ou i'z(/con?za, vermoulu.
*Quai, s. f., vessie de chevreau.
*Quan(e et qiiante : en même
temps.
*Quarre, v., chercher.
*Quart, s. m., fût de 100 litres.
*Quarlaul, s. m., litre.
. Quaule, cette : prends quaule
pouère.
Quecld (se quéchir), v., se fati-
guer, être fatigué.
*Quenient, adv., comment.
Quêne, s. f., jambe.
*Quenelle, s. f., baie des buissons.
Quen, s. m., pinson.
Quequoise, s. f., hanneton.
*Quéquoisse, s. f., cigûe.
*Quelou, a., boudeur, maladif.
*Quetoufle, s. f., ampoule, pustule.
*Ower, V., tuer.
Quiia, glisser.
Quoco; cette fois : nous t'attrape-
rons quoco.
Queii, quel
*Queue, s. f ., anse
*Queuhe, s. f., cuve.
Queubié, s. m., cuvage.
*Queuquefois, quelquefois.
*Queuques, quelques.
*Queuqu'un, quelqu'un.
*Queute, s. f., queue.
Quézer, v., tuer.
Quiaquia, s. m-, grosse alouette.
Quiler ou Coî^z'/er-jV., grincer, faire
du bruit : voilà encore une
porte qui quile.
Quîgnasse, s. f., tignasse, cheve-
lure.
Quiller, v., tomber.
*Quioler, v., appeler, crier.
*Quiolevte7it on Tiaiile'tnent, s. m.,
action d'appeler.
*Quiolou, s. m., qui appelle.
*QuiqHe : qu'est-ce que ? quique
tu veux que j'y faze.
*Quinqicenelle, s. f., banqueroute.
Quintera-lu : où étais-tu ?
Quionquion, a., minutieux.
*Quionquionnerie, s. f., presque
rien, peu de chose.
Quioquiote,\Quioquioule : qui fait
tout nonchalamment
^Quiquevoué : qu'est-ce? qui est-
ce?
*Quiyoreter, v., se servir souvent
de sa cuiller.
Quococougnasse, quelque chose.
Quoniner, v., pleurer.
Quoninioux, a., pleurnicheur.
*Ra, s. m., caprice : il lui a passé
un ra par la tête.
liabachis, s. m., malpropreté :
voyez donc tout ce rabachis qu'il
a fait sur ma robe en mangeant.
Rabasser, v., couvrir ses vête-
ments de bouc.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 110 —
*Rabe, s. f., rave.
Rabi, s. m., colza.
*Rahilleu, s. m., celui qui raccom-
mode les membres fracturés.
*Rabir, v.. grimper.
*Rable, s. f., longue branche avec
planche à rebord pour ramasser
différentes choses.
*Rabler, v., faire tomber à coup
de gaule.
*Rabounelle, s.f., rave sauvage.
Raboustin, a., rabougri ou gros
court.
*Râche, s. f., maladie des enfants
en bas âge.
*Raclée, s. f., coups : tu vas avoir
une raclée soignée.
*Racmoder, v., raccommoder.
Raccoui, s. m., le plus petit cochon
d'une bande.
*Racùa, adv., exactement, rectà !
Radure, s. f., partie de pâte res-
tant dans la mée (huche) et qui
ne suffit pas.
*Radurer, v., effleurer, passer un
rouleau sur une mesure.
*Raffalé, a , vêtu pauvrement :
elle est bien raffalée.
i2a/fe ou i?a/re^,a.. aigre, acide, fort.
*Raff'ui, s. m., bruit.
^Raffutailter, v., chercher.
*Raffuter, v., chercher.
Rafle, s. f., racloir.
*Rafredissement, s. m., refroidis-
sement.
*Raie, s. f., rayon d'une roue de
voiture : vêla une raie qui va
se casser.
"^Râle, a., rare.
Ralet, s. m., rainette.
^Rameau, buis.
*Rameg7iander v., raccommoder
de vieilles étoffes.
*Ramegnondeur, s. m., qui rac-
commode les vieux plats.
*Ranche, alignement.
*Ranchée, s. f., rangée.
*Ranchément, adv. , à la suite l'un
de l'autre.
*Rancioux, a., enroué.
*Rane, s. f., grenouille.
*Rang, s. m., ondée.
*Ranssarer^ v , mettre en place,
mettre à l'étable : as tu ranssaré
les vaches.
*Rapeau s. m., jeu avec trois
quilles et une boule.
Rapetasser (1), raccommoder des
étoffes usées.
*Rapé, a., enlevé, bâclé
*Rapesauder. v., raccommoder.
^Rapproche, s. m., reproche.
Raqiiet, a., fantasque.
*Raqueter, v., couper, se dit des
herbivores quand ils mangent.
*Raquetoner, v., ronger.
*Rase, s. f., rigole.
*Rasin, s. m , raisin.
*Rassouiller (se), v., se crotter.
^Ratatouille, s. f., mélange de di-
vers aliments : quelle ratatouille
qu'elle nous donne.
(1) Nous croyons devoir laisser subsister ce mot qui n'est pour ainsi dire
employé que dans les campagnes et qui est plutôt patois que français.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— m —
*Rate, s. f., repas donné après les
moissons et les battages des
grains.
*Ratelure, s. f., le peu de foin
qu'on laisse à terre en chargeant
un char et que l'on ramasse
avec le râteau.
*Ratevolage, Ratevoteuse ou Ra-
ioulèse, chauve-souris.
*Ratouère, s. f., ratière.
Rntouiller, v., salir.
Rauble , s. f., râteau en bois.
*Roche, s. f., roseau.
*Rauche, s. f., rhume, enrouement.
*Rauguementer. v , augmenter ;
le blé a encore raugmenter.
Raute, s, f., fort lien en bois.
Rauter, v., lier
Raviler, augmenter : il l'on ravilé
dessou la farine cheu nous.
*Ravounelle,8.î., rave sauvage.
*Razouère, rasouer, s. m., rasoir.
Ré,^. m., râteau.
Réber, v., se perdre; je me suis
rébé que j'en été tout bredin.
Reber, v., rêver
*Rebouter v., rebuter.
*Rebiconné, a., retroussé.
*Rebiffer (se), v., regimber, se
venger.
*Reblandeur, s. f., lueur.
Rebondoué, s. m., repas donné le
dimanche d'après une noce.
*Rebouiser, v., mal recevoir quel-
qu'un.
*Rebouiser, v., restaurer, arranger,
réparer.
*Reboula, a., taciturne.
*Reboulé, a., de mauvaise humeur.
*Rebouler, v.. faire mauvaise mine
à quelqu'un.
*Rebouler (des yeux) : ne pouvoir
pas finir ce que l'on a pris sur
son assiette.
^Rebouteux, s. m., sorcier qui
raccommode les membres.
*Reboulure, s. f., fruits conservés
pour être mangés l'hiver.
*Rebouturer, v., conserver des
fruits.
*Recarrelage, s. m., chambre car-
relée de nouveau.
*Réchandir, v., se réchauffer.
"^Recolle, s.f., reco, s. m., bande
de cuir sur le sabot.
*Recompanser, v., dépasser, fian-
chir.
*Rechignoucc, a., rechigné : vieux
rechignoux.
Recoillard, s. m., fruit tardif :
çà ? oué-t-un recoillard.
*Reçoirai, recevrai.
Recoquet, s. m., dernier né (obte-
nu à un âge avancé).
*Recréance, de lassitude, de mé-
contentement.
Rectilon, s m., coin, impasse.
Recuron, s. m., tache noire que
l'on se fait en touchant des
ustensiles de cuisine.
*Redzir, v., raidir: mes jambes
sont redzies.
*Refrédir, v., refroidir.
Regander, v., déborder.
Regandiau s. m.^ fort déborde-
ment.
LE PATOIS BOURBONNAIS
112 —
Regaeu, s. m., sillon.
Regardure, s. m., aspect, regard :
a la une bonne regardure,
Réger,Y., remuev. rege te don,
regez-y.
Régie, s. f., abondance : y avo
une régie de poissons dans
l'étang.
Régie, s. f., réunion de personnes,
*Regonger, v., remonter : l'eau
regonge.
*Regoti a., ratatiné, flétri.
*Regôtir, v. . trop cuir.
Regriot, s m., farine moulue
grossièrement.
*Regueu, s. m., terre labourée une
dernière fois en semant le blé.
*Reguyer, v , mettre la terre à
regueu.
*Rejiter, v., rejettr.
*Réjoïr, V., se réjouir.
*Réjouissement, s. m , réjouis-
sance.
Relai, s. m., relâche: travailler
sans relai.
*Relicher, v.. lécher ses lèvres.
*Relorge, s. f., horloge.
^Reloger, s. m., horloger.
*Reniais, s. m., pis de la vacl e.
Reinaheu, s. m., pis.
'^Rembaver, v., ensemencer de
nouveau.
*RembeUir, v„ embellir.
Remeiciller, sur le point de met-
tre bas : velà notre vache que
remeuille.
*Remier, v., remuer.
*Rempirer, v., dépérir.
^Rempourter, v., remporter.
*Renarder, v., différer.
*Rensarrer, v., serrer.
Renier, v., allonger un bas.
Renture, s. f., endroit ou l'on
commence à allonger le bas.
*Rentorner, v., s'en retourner.
*Rentourner, v., s'en retourner.
^Répéter, v.. prendre de la nourri-
ture.
Répond, répondu : a ma ben ré-
pond.
*Repouser, v., se reposer.
Repoumi, répondu.
*Reprin ou reprun, son.
*Reprungner, v., répugner.
*Requener, v., braire ou hennir.
*Requenée, s. f , ) hennisse-
'^Requenement, s. m., ) ment.
*Résiation, s. f., résiliation.
*Résier, v., résilier
*Résipère, s. m., érysipèle.
*Résounance, s. f., mémoire.
*Ressarches s. f., recherches.
*Ressarrement, s. m., resserre-
ment.
*Ressi, a.., rassis : pain ressi.
Ressiné, s. m., mauvais goût: j'ai
peur que ce plat donne un goût
de ressiné à mon fricot.
Ressouner (se), v., se souvenir, se
rappeler.
Ressounner , résonner, en parlant
de l'écho.
*Ressoîcrce, s. f., source.
*Retinlon, s. m., bénéfice.
Retinton, s. m., rappel d'un évé-
nement. Avoir un retinton de
LE PATOIS BOURBONNAIS
i
— 113 —
fièvre, oubien : l'en souviens-tu ?
j'en ai ben un retinton.
*Retirance, s. f., habitation ou
l'on peut se retirer.
*Retorner, v., retourner.
*Retriqué, a., étriqué : a l'a un
habit ben rétriqué.
* Retroubler, v., remettre une terre
en blé.
*Reicme, s. m., rhume.
Revailler, v., rêvasser
Revais, s. m , ne pas savoir se
retourner : il n'a pas de revais.
Revari, s. m . hourvari ; passer
en revue tout le ménage : c'est
aujourd'hui le revari.
Rêve, s. f. , rave
*Revenderesse, s. f.. revendeuse ;
ce sont les revenderesses qui se
sont révoltées en 1856.
*Revenon, s. m.^ repas de onze
heures.
*Revirer, v., retourner.
*Revirion, s m., ravaudage.
Revouivre, s. m., regain.
*Riau, s. m., ruisseau.
Ribotte, s. f., petite miche que
l'on donne aux pauvres pour
Noël.
Ribouler, v., brouiller : n'aime
qu'à ribouler le monde.
*Ric,rac, instantanément: il a fait
rie rac.
*Ricasser, v., Ricasse, a., rire sans
cesse.
Ricouti, s. m., roitelet.
*Ridiau, s. m., rideau.
*Rienque, adv , seulement.
Rie7ivaudise, s. f., qui ne vaut
rien.
*Rieute, s. f., espace entre deux
crèches.
*Rieute, s. f.. petite ruelle.
*Rieulon ou Rovéton. s. m., petit
chemin entre deux murs ou
deux haies.
Rif. a., méchant.
*Riflard, s. m., parapluie, parasol.
*Rignière, s. f., araignée.
*Ri(joler, v., couler : l'eau rigole.
*Rigoler, v., dégringoler: j'ai rigolé
de haut en bas.
*Rière, arrière ; le bouvier faisant
reculer ses bœufs : rière, rière.
Riguené, a., ridé : ces pommes
sont toutes riguenées.
Rille, elle : votu venir avec rille.
*Riler, s. m., mince filet d'eau
courante.
*Rimé, se dit de l'odeur du lait
qui brûle : ça sent le rimé.
Rimousser, v., se renfrogner.
*Rin, adv., rien.
*Rinçaille, s. f., rinçure.
*Rincée, s. f., ondée.
Ringote, s. f., rigole.
*Riàte, s f. , houssine.
*Ripopé (à la) : légère, sans cer-
velle : tête à la ripopé, va.
*Riquener, v., rire par sottise ou
. par moquerie.
*Riquiqui, a m., liquide rafraî-
chissant composé avec de la
réglisse.
*Ris, Rissiau, s. m., ruisseau.
*Risant, a., riant.
8
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 114 —
*RisoUf a , rieur.
*Risoulet ou Risolet, qui rit sans
cesse.
*Risquetout, celui qui n'a pas peur,
qui affronte tous les dangers.
*Risu, participe de rire.
River, v., couler.
*Rivageur, ouvrier employé sur
les bords des rivages, moulins,
etc.
*Riveter^ v., couper les bords d'un
fossé.
*Ro, s. m., milan.
Rode, 8. f., roue.
*Rodiner, v., s'amuser.
Rodrigue, s. f., femme âgée ayant
l'esprit malin : tiens voyez donc
cette vieille rodrigue.
Roibris, s. m., roitelet.
*Roipeteret, s. m., roitelet.
^Rompre, v., défricher avec la
charrue une luzerne, etc
*Ronfé, a., échauffé en parlant
des graines.
*Ronfer, v., ronfler.
*Rogalon, s. m., reste.
*Rogne, s. f,, saleté : al a la rogne
après les mains.
*Roquer, v. , heurter ou casser lé-
gèrement.
Rose (à la belle) à la volée.
*Rose de neige, ellébore.
*Rossa, Rossar, s. m., rosse, bête
usée et maigre.
*Rossina, a., roussi.
*Rouabler, v., abattre : je vais
aller rouabler les noix.
*Rouané. a., ruiné.
Rouba, s, m., lait de beurre.
Rouchat. s. m., lieu d'un champ
où il y a un bouquet d'arbres.
^Rouche, s. f., roseau.
Rouche, s. f., futaie.
Rouche, s. f., champ dans lequel
il y a beaucoup de gros chênes.
*Roucher, v., jeter.
*Rouennée, s f., ornière.
*Roué, s. m., roi
Rouffan, s. m., hanneton.
'^Rouf fiant, s m., malpropre: vieux
roufliant.
*Rouain, s. m., ornière.
*Roui7iger,\., ruminer : nos bœufs
ne font que rouinger.
*Rouine, s. f., ruine.
*Roulée, s. f., raclée, la quantité
d'œufs que l'on donne aux en-
fants à Pâques.
Roiile-bouze, s. m., escargot : oué-
t-un roule-bouze.
Rouesse, s. f., portion de futaie
close de haies vives.
*Rouette, s. f., ruelle, ruelle de lit.
*Rouetlon, s. m., petite ruelle.
*Roiijadou, s m., fromage blanc
et sec.
^Roulant, s. m., mendiant.
*Rounie, s.f., écume.
*Roumer, v., écûmer.
*Roumille, s. f., roupie.
*Roi(tmllou, a., roupieux.
*Roupillouœ, a., ronfleur
*Rousérou, s. m., petite fouine.
*Rousée, s. f., rosée.
*Rousiau, s. m., roseau.
*Rousse, s. f ., tache de rousseur.
LB PATOIS BOURBONNAIS
— 115 —
*Rousselé, a , ayant des taches de
rousseur.
*lloussiau, a., se dit d'un mets qui
est cuit à point, qui a bonne
mine.
*Routeler, v., ronger, manger, en
parlant des bêtes.
*Routinerie, s. f-, routine : c'est de
la routinerie.
*I{oiiya, s. m., humeur.
! malpropre, se dit sur-
tout de la figure :
cou chetit est tout
rouya.
Rouye, s. f., espèce de limon
qu'une rivière laisse après avoir
débordé : mon foin craint la
rouye.
*Rrr ! en arrière ; expression des
charretiers,
*Rîiche, s. f., rouge-gorge.
*Ruche, s. f., roupie.
*Rumage, s. f., déménagement.
*Ricmer, v., changer de domi-
cile.
*Sa,, s. m., sac.
*Sabarol, la panse du porc.
*Sabbat. s. m., bruit.
*Sabballer, v., faire du bruit.
*SabbalLer, vanner avec un tarare.
*Sable, s. f., sève : le bois est en
sable.
*SaboUer, v., faire du bruit avec
ses sabots.
Saeu, s. m., sureau.
*SagouiUer, v., s'amuser dans une
eau sale : quéque te sagouille,
dit on à un enfant qui s'amuse
à boire salement.
*Saintfli: saint Félix.
Salignon, s. m., salière.
*Salisse, s. m., osier.
* Salon ou Saloué, s m., saloir.
*Sanciau, s. m,, espèce de crêpe,
pâte faite avec de la farine et
des œufs.
*Snngenient, s m., changement.
*Sa7iger, v., changer.
*SansouiUer, Sensouiller, v., la-
ver une bouteille et même du
linge.
*Saqueter,\., couper avec un mau-
vais outil.
*Sarcher, v., chercher.
Sarcille, s. f., cercle.
*Sarcle, s m., cercle.
*Sarge, s. f., charge.
*Sarger, v., charger.
'^Sargement, s. m., chargement et
tous les dérivés.
*Sarive (terre) : compacte ; qui ne
se délie pas.
*Snrpc, s. f., serpe.
*Sarpenl, s. m., serpent.
*Sarreclou, s. m., sarcloir.
^'Sarreynent, s. m., resserrement.
*Sarrer, v., serrer.
*Sarrou, s. m., pièce en bois pour
foi mer les cordes d'un char
rempli de foin.
*Sarvante, s f., servante, pièce en
bois pour soutenir une voiture
au repos.
*Sarvelle, s f., cervelle.
*Sarvir, v., servir.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 116 —
'^Sarvileur, s. m., serviteur.
Susse, savoir.
*Sater, v., presser.
*Sati, a., compacte, une pâte
épaisse et nullement feuilletée.
*Smide, s m., saule.
*Saudière, s. f., saulaie.
Saureiller, v,, prêter l'oreille.
Sautario, s.m., sauterelle.
Santegouillot, fille malpropre.
* S autou {y oix: échailler).
Sauvasin, s.m., fruit du poirier
sauvage.
*Sauver (se), bien faire ses affaires,
pouvoir vivre : en faisant ce
travail, je pourrais me sauver.
Sauze, s. f., osier.
*Save, s. f., sève.
Sayon, s m., petit sac en toile.
Sazière, s. f., petite cage pour les
fromages.
*Scàbreux, a., escarpé.
*Sciarcle, s. m., arc en-ciel.
*Scieter, v., scier.
*Sciéton, s. m., petite scie.
*Science. s. f., chance.
*Sé, êtes : il y a longtemps que
vous se là.
Se, s. m., sel.
Se, soi.
*Sé, s. f., soif.
*Sebrun, s. m., pluie tombant de
la couverture.
Sécherin, s. m., pré sec.
* Secouée, s. f. secousse.
Secouyée, s. f., secousse.
Secouyer, v., secouer.
Seda, s. m., tamis.
Ségre, suivre.
*Segret, a., secret.
*SeUe, s. f., chaise.
*Selle, s f , banc à laver.
*Segrétaire, s. m., secrétaire.
*Semicaire, s. m., cimetière.
Senize, s. f., suie.
*Sèque, s. f.. stupeur, je ne sais
quoi ; quelque chose paraît sur-
naturel: j'ai eu une sèque.
*Serambe, s. m., andouille : j'ai-
mons le serambe cheu nous.
*Sercher, v., chercher.
Sère, s. m., sel.
Semée, s. f., le soir.
Sété, s f., sécheresse.
*Setenibre, s. m., septembre.
*Seucer, V., sucer.
*Seucre, s.m., sucre.
*Setir, s. m., aire de grange : vous
déposerez ces pois sur le seur
de la grange.
*Seur, a., certain, sûr.
*Seurcoup, s. m., contre-coup.
*Seurpasser, v., surpasser.
*Sia, scia, s. m., tamis.
*Sia. s. m., sciure de bois : ramas-
sez don ce sia.
*Siam, s. m., cochon.
Sicle, s. f., éclisse.
*Sicter, v., scier.
*Sieucc, sieuse, a., laine en suint :
c'est de la laine sieuse.
Si fait, si fait, adv., oui : si fait,
si fait, ce sera plus tard.
*Siflou, a., qui siffle.
*Signée, s. f., saignée.
*Sigoler, v., cahoter.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 117 —
*Sigot, s.m , cahot.
Slio, s. m., fléau.
Simon, mannequin.
Siner, v., sentir.
*SiroiceUe, s. f., sentir.
*Sirouette, s f., petit rat.
*Siia, s, f., sécheresse.
*Siter (se), v., s'asseoir.
*Sizer (se), v., s'asseoir.
*So, adv., sous.
*Soiffeu, a., buveur, ivrogne.
*Soiffier, a., qui aime à boire :
jamais on a vu un soiffier pa-
reil !
*SoiUe, s. m., seigle.
Soie, seigle.
*Soi7% s. f., soif
Solage, a., seul abandonné
*Son, s.m., sommeil.
Sonu, adv., là: vena sonu.
*Sorcelage, s. m., sortilège.
*Sou, s. m., aire de grange.
*Soubriquet, s.m., sobriquet.
*Soué, pr., soi.
*Soueille, s. m., seigle.
* Sauf fie. a., meiible ; terre souffle
ou ouvre.
*Soulè, s. m , soleil.
*Sonnaillerie, s. f., sonnerie qui
ennuie.
Soulà (faire), accompagner quel-
qu'un dans une promenade :
faut-y vous faire soulà.
Soulard, soiclaud, gorgé de vin
ou de nourriture.
Soulaire, soulard, s.m.: vent du
levant.
Soulé d'hiver, gendre.: ceux mal-
heureux seule d'hiver, c'est un
désespoir dans les familles.
"^Soume. s. m., sommeil.
*Soune, s. m., son.
*Sounême, s. f., manière de faire :
chaque bête à sounême.
*Sounner, y., sonner.
Sounner les pleurs, sonner le
glas funèbre.
*Sounnerie, s. f ., sonnerie.
*SouneUe, s. f., sonnette.
Sourier, v., prêter l'oreille : de-
puis 4 heures j'étais éveillé, je
souriais voir si j'entendrais
souner 5 heures.
Souster, v., garder plusieurs car-
tes de la même couleur : elle
n'est pas souste à carreau.
Soutra, ce qui est dessous.
Souterre, s. m., vent d'est.
Soûtre, s f.; aire.
"^Soufrer, v., mettre dessous.
*Stomaqué, a., étonné, indigné.
Stropia. a., estropié.
*Sic, a., seul.
*Su, sur.
Su, front.
Subriquo, s. m., supplément de
nourriture, goûter : quand on a
pas ben déjeuné, on peut ben
prendre un subriquo.
*Substonter, v., se nourrir.
Suche, s. f., souche.
Sudaïc, là-bas.
Suchon, s.m., morceau de bois
sec sur pied.
*Suilà, pr., celui-là.
Suhun, s. m., suie.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 118
*Suire, v., suivre : il aime ben à
me suire.
*Suivu, suivi,
*Sunger, v., penser: je n'y ai pas
sungé.
*Suparbe, a , superbe.
Suzon, s. f., demi vertu: c'est une
suzon.
Ta, s. m., lézard.
*Tab(julet, s. m., auberge.
*Tabaquière, s. f., tabatière.
Tabet, a., sot, niais.
Tachon, s. m., cep de vigne à
feuilles rouges.
Tachon, s. m., blaireau.
Tacosson, a., gros et court.
Tacot, s. m., branche dépourvue
de feuilles.
Tacosser, v., couper du bois : je
vas te faire tacosser, attends !
* Taillant, s. m , morceau de
pomme, de poire, etc.
*Taillant, s. m., côté tranchant
d'un outil.
Taillarfe, s. f., balafre.
Taillasse, s. f , crevasse.
Taille, s. f., étable, écurie.
Taine, a., flétri : ceux feuilles
sont bien taines.
Taizer, v., taire: taizeras-tu ta
gueule.
*Tale, s. f., coup, meurtrissure.
*Taler, v., meurtrir.
*Talot, s, m., entrave.
*Tahcre, s. f., meurtrissure.
*Tangnière, s. f., tannière.
*Tanner, v., battre.
* Tant pire, adv., tant pis.
Tantirelarigot (à), par profusion.
*Tapage}(x^ a., tapageur.
*Ta2)ée, s. f., beaucoup : une tapée
de pommes.
*Tapetnent, s.m., coups multipliés.
*Tapon, s. m., bouchon en bois
pour tonneau.
*Taponner, v., boucher avec un
tapon.
*Tarabater, v., faire du bruit en
cherchant longtemps.
*rara."?se, s. f., mortier.
*Tarme de, au lieu de.
*Tarrible, a., terrible.
Tariran, s. m., bruit, tapage ;
nous avons assez de tariran, va.
*Tarm.e, s. m., terme.
*Tarre, s. f., terre.
"^Tarturet, s. m., herbe qui vient
dans les blés.
*T<irtoufe, s. m., pomme de terre.
^■Tartoufière, s. f., champ ense-
mencé de pommes de terre .
*T'as, tu as : t'as donc la brelue.
Tassrement, adv., seulement :
touche zy tassrement.
*Tatounner, v., tâtonner.
Tâte, a., maladif.
*Taupe de blé, tas de blé.
*Taupière,tSiS de blé ou autre chose»
*Tauraille, troupeau de veaux et
de génisses.
*Tauriau, s. m., taureau.
*Tauton, homme ou femme peu
habile.
Tayon, s. m., morceau.
*Tazon, lent, paresseux.
LE PATOIS BOURB0NNAIS
— H9
*Tazonner,Y., faire quelque chose
lentement.
Tchère, s. f., haie, buisson.
Tcvner, s. m., traversin.
*re, pr., toi, tu.
Té, s. m., tilleul.
Té, interj., tiens !
*Teindiire7', v., teindre.
Teinser, a., teint.
*Teinturer, v., teindre.
*Télot, s. m., entrave, morceau de
bois pendu au cou d'un animal
rétif.
Tende, s m., nerf.
*Tenir, v., avoir.
*Térir, v., tarir.
*Teri.<ssement, s. m., action de
tarir .
*Terrat, s. m., grand vase en terre.
*Terret, s. m., terreau.
'^Terrovor:, a., terreux : elles sont
ben terrouses ces pommes de
terre .
Têtard, s. m., arbre sans bran-
ches.
Tétaud, s. m., pied cornier.
*Tés, s. m., tessons, débris de pot
cassé.
*Téte, s. f., roue de brouette.
*Tétière, s. f., planche près la
roue de brouette.
*Tétière, s. f., partie creuse du
joug où l'animal met sa tête.
*Tiaulée, s. f., quantité: en vêla
toute une tiaulée d'enfants.
Ticinie, s. f., chienne : oué noute
ticinie (Boucé),
*Tiedzir, v., tiédir.
^Tiercelet, s. m., épervier.
*Tinée, s. f., le contenu d'une tine.
*Tissier, s. m , tisserand.
*Tocsiner, v , corriger.
*Tone, s. f., très grosse mouche.
*Ton. s. m., hanneton.
*Ton, s. m., taon.
*Topetle, s. f., fiole.
*Toquante, s. f., montre : quelle
heure donne ta toquante ?
*Tonton, oncle : bonjour mon
tonton.
*TorUbrande, s. m., accès de fou
rire.
*Tornientement, s. m., tourment.
Tormenter, v , tourmenter.
*Tnrna, s. m , bâton : si je prends
un torna.
*Tornant, s. m., tournant, détour.
*Torsii, tordu.
'■^Tor/illieux, a , tortueux.
*TortiUo7i, s m., longue suite de :
il a fait des tortillons de ju-
rons.
*Tossir, V., tousser.
*Touasse. s.f., toux.
*Touasser. v., tousser.
* Toucher les bœufs, conduire les
bœufs
*Touchoir, s. m., aiguillon.
*Touesser, v , tousser : je suis telle-
ment pris que je ne peux pas
touesser.
*Totinerre, s. m., tonnerre.
*Toufigno7i ou Troufignon, s. m.»
chignon.
*Tournican, s. m., espagnolette:
as-tu bien viré le tournican ?
LE PATOIS BOURBONNAIS
— lâo —
*Tourte, s. f., pain rond de 15 à
20 livres.
Tourtelette, s. f. tourterelle.
*Tourtier, s. m., appareil en bois
suspendu au plancher destiné à
recevoir les tourtes de pain.
*Tortin, lorline, a., malin, retors,
qui agit en dessous, traître.
*Torton, s. m., petite miche avec
ou sans beurre.
*TourtoureUe, s. f., tourterelle.
*Toussefnent, s. m., toux.
*Toussinement, s. m. toux légère
et répétée.
*Toussi)ierie, s. f., toux légère et
répétée.
*Toussir, V,, tousser.
*Tout à la douce, pas mal, ni
bien ni mal : comment ça va-t-y ?
tout à la douce.
*Touyau, a., imbécile.
*Touyer, v., mêler, mettre en dé-
sordre : attends un peu que je
vas te touyer les cartes moi.
*Trace, s. f., haie, et particulière-
ment haie sèche.
* Trahir, v., surprendre.
Traignau, s. m., jeune enfant.
*Trainasse, s. f., heibe rampante.
Trainerie , s. f., maladie lente,
longue convalescence.
*Trat7iois, s. m. pomme de terre,
haricot, topinambour.
*Tran, s. m., trident pour tirer le
fumier.
*Tranches, expression employée
pour indiquer que les plantes
se déracinent par le passage
répété des araignées, grillons,
courtillières, etc.
*Tra7iche, s.f., houe à bras, petite
pioche.
*r/-a?îc/ier,v.,se décomposer :1e lait
est tranché.
*Tranchoué, s. m., tranchoir : ce
fromage est bon à mettre sur le
tranchoué.
Trapetle, s. f., fauvette.
*Trappe, s. f., toute petite meule
de foin,
*Traque, s. f., chemin au milieu
de la neige.
*Travarse, a., déplaisant : al pou-
vont ben être pas travarse, les
pauvres bêtes.
*Travelle, s. f., bord du champ
labouré en sens inverse.
*Trayant. s. m., fourche de 2 ou
3 pointes.
*Tré, trois.
*Trécher, v., chercher.
*Trchir, v., trahir
*Tre)Ou, a., toujours : ça pli tre-
jou.
*Treluire, v., reluir, rendre clair
par suite du frottement : je va
vous les faire treluire.
*Trenihlesion, s. f., tremblement.
*Trempe, a., trempé mouillé.
Trenuge, s. m., chiendent.
^Trésor, s. m., trésor.
*Tressoir, s. m., dressoir.
*Tretou. a., tous : a venons ben
tretou.
*Treue, s. f., truie.
*Trcziaii, s. m., gerbes mises en
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 121 —
croix, les unes sur les autres, et
dont les épis se croisent.
*Tri, s. m., partage.
*Tribouiller, v., ennuyer, fatiguer,
tracasser.
*Tricol, s. m., hoquet.
* Trier, v., sevrer.
*Triger, v., aller çà et là en s'arrê-
tant un peu partout.
*Triger, aller ensemble.
Trigot, s. m., tricheur en affaire :
quel trigot.
Trimard, 3. m. , Trimarder, v.,
voyage, voyager.
*Triniballer, v., ne pas être solide
sur ses jambes.
*Trimer, v., économiser, se donner
de la peine : y a assez longtemps
que je trimons.
*Trimpencr, v., traîner, porter,
emmener : je m'ennuie de la
trimpener.
*Triolet, s. m., trèfle.
* Tripoter, manier : ne tripotez don
pas tan cette viande.
Troché, s. m., branche d'arbre à
laquelle sont attachés quelques
fruits.
*Trognolle, s. f., torgnolle, coup.
* Troquet, s. m., blé, maïs.
*Trouchat, s. m., toute petite
branche surchargée de fruits.
Trou de soupe, bouche.
*Trouchon, s. m., torchon.
*Troucher,y., essuyer.
Trouchette, s. f., lavette.
Trouve, s. f., trouvaille : j'ai fait
une trouve.
Trouiller, v., boire.
*lYuc, (avoir le), plaire, trouver le
moyen de... : il a le truc.
*Truff'e, s. f., pomme de terre.
*Tsoss, s. f., chausse, bas : porte
me don ma tsoss ou tesosse.
*Tu, pr., ils: voûtés gas sont tu à
l'école ?
*Tu, pr., elles : voûtés p®ules
pounnont tu ?
Tuêss, s. m., riche : quel est donc
ce personnage ? ah c'est un
tuêss.
"^Tucher, v., toucher, faire mar-
cher : la bergère à son chien :
tùche, tûche, Labri.
*Tuchoir, s. m., aiguillon.
*Tueser, v., tuer.
*Tufnbe, s. f.j tombe.
*Turliibrelii, homme léger et de
peu de capacité ne sachant pas
ce qu'il fait.
*Turhtrette, a., indue : vous avez
encore fini vote ménage à des
heures turlurette.
*Turreau, s. m., monticule.
Turrotc, s. f., monticule.
Tuyauter, v., rayons faits sur
des étoffes.
*Tuzer ou Teuser, v., attiser.
*Tuzo7i, s. m., tizon.
*Tuzon7ier, v., attiser.
Uja7i, adv , cette année : nous
partirons ujan.
*Ulliet, s. m , œillet.
*Urleuge, s. f., horloge.
*-Use, a., usé.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 122
Usine, s. f., rigole d'arrosement.
*Vacher, s. m., taureau, étalon.
*Vadouoc, a., lent.
*Vagné, s. m., latte du haut d'un
char.
Vagnon, s. m., mortier.
Vaissier, s. m., étagère.
*Vaissinu, s. m., vase, vaisseau.
*Yalangeon, s. m., manche du
fléau.
Vanigoud, a., qui plie facilement :
les salsifis, c'est très vanigaud.
*Vanniery s. m., partie du char.
*Va7iter, v., vanner.
Pantechère, s. f., tablier.
* Vaque, a., vide.
*Varbal, a., verbal : faut en faire
un procès-varbal,
*Yargej s. f., verge.
*Yarenne, s. f., terre sablonneuse.
*Varger, s. m., verger.
Yarguiand, s. m., aune.
*Yarmeil, a., vermeil.
*Yarm,ine, s. f., vermine, choses
sales, dégoûtantes.
*Yargier, s. m., jardin potager.
*Yarmoulu, a., vermoulu.
*Yarne, s. m., verne.
*Yarpillère, s. f., serpent.
*Yarser, v., verser.
Vartouerer, v., se rouler dans la
poussière.
*Yartu, s. f., vertu.
Yasible, a., seule ; vache sans
veau.
*Yaurin, s. m., vaurien.
*ye, s. m., vers.
Yediau, s. m., veau.
*Yef, Yefve, a., veuf, veuve.
*Yelà, adv., voilà.
*YeUe, s. f., génisse.
Yena, part., viens : vena sonner.
Yenderdi, s. m., vendredi.
*Yendre v., dénoncer, avouer in-
volontairement ce que l'on au-
rait voulu tenir caché.
* Vendre (se), remplacer un soldat
à prix d'argent.
*Ve)idu, a., remplaçant.
*Vene, s. f., veine.
*Veni (prendre), aspirer.
Ventrée, s. f., bon repas : ils se
sont donnés une ventrée soi-
gnée.
Yenlrailles, s. f , entrailles.
Verdaud, a., verdâtre.
Verdiau, s. m., osier.
Verge, s. f., osier.
'^Vergeon, s. m., bord de la crèche.
Yerjuler ou Vrejuler, v., suinter
en faisant du bruit : tiens velà
que ça verjute (ce bois).
*VériUer, v., se dit des raisins
qui commencent à prendre une
teinte rose.
*Yerin, s. m., venin.
Vérin, s. m., grosse araignée,
Yer7ie, s. m., aulne.
Vernisser, v , fureter.
Ver7iissou, a., fureteur.
*Verou, s. m , verrou.
*Vcrpillasse, s. f., grosse chenille.
* Verre, a., véreux : le fruit est
tout verre cette année.
*Yerriau, s. m., soupirail.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 123 —
Yerte, a., sans courage : cette bête
est verte.
*Yeser v., haleter.
Vesille, s f., petite branche.
Vesin, a., voisin.
*Vessier, s. m., buffet sur les
rayons duquel on place les
assiettes et les cuillères.
Vetchi, voici.
* Vende, a., vide
Vezon, s. m., respiration difficile.
*Viau, s. m., veau.
'^Vielleux, s. m., joueur de vielle.
*Vieillezir, v., vieillir.
* Vienne, s. f., vieille.
*Viendre, v., venir.
Viet, s. m., chemin.
Vigean, s. m., réunion au milieu
des champs pendant les soirées
des dimanches d'été : où se tient
le vigean aujourd'hui ?
*VilUée, s. f., veillée
*Viller, V., veiller.
*\iolet, s. m., tout petit chemin
où l'on ne passe qu'à pied.
*Viol07ieur, s. m., joueur de violon.
Viou, vécu.
*Vioitnner, v., souffler, ronfler : le
vent viounne.
^Vinobe, s. m., vignoble.
* Virer, v., tourner.
* Virer, v. , se garer, tourner : vire-
toi de là.
*Virer, v., chasser : vire les poules.
*Virmarion, s. m., soufflet : je vas
te donner un virmarion.
*Vire7nidi, s. m., repas de onze
heures ou de midi.
*Virmouche, s. m., objet avec le-
quel on chasse les mouches.
*Viron, s. m., tournée, promenade :
je m'en vas faire mon petit
viron.
"^Virounner, v., aller et venir sans
but déterminé : a virounne dans
la cour et le jardin.
Visaler, v., surexciter.
*Vise, s. f., osier.
Viselé, V., garnir de dessins ornés :
t'as des sabots ben viselés.
Visoiière, donner dans la vi-
souère : plaire ou déplaire.
*Vitu, s. m., blé enveloppé.
Viveté, s. f., vivacité : al a ben de
la viveté.
Vixner, s. m., radeau.
*Volant ou Voulant, s. m., faucille.
*Volonquiers, adv., volontiers.
*Vou, ce : vou est une bonne
affaire.
*Vou, il : vou y a, pour : il y a.
*Vûuéle auvent, vol-au-vent.
*Vouénia, ce n'est que.
*Vouessot, e'était.
*Voul, s. m., vol.
*Voulaille, s. f., volaille.
*Voulé, vouloir.
*Voulée, s. f., quantité : il y en a
une bonne voulée.
*Voulontiers, adv., volontiers.
* Voûte, a., votre.
* Voûtés, vos.
*Vouyage, s. m., voyage.
^Vouyager, v., voyager.
*Vouyageux, s. m., voyageur.
*Voyagère, a., viagère.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 124 —
*Vreco, s. m., ver de terre.
Vreder, v., changer de place, faire
disparaître . je vas te faire vre-
der.
Vredin, s. m., bruit, tapage.
Vregasse,s.i. ,fïU.e décontenancée.
*Vrelope, s. f., varlope.
Vrenauler, v., aller et venir sou-
vent : il ne fait que de vre-
nauler
Vrenoler, v., fureter, chercher
dans les ceins d'un apparte-
ment, d'une armoire.
*Vrepie, s. f., vipère.
Vrepiyère, s. f., urticaire.
*^rra, s. m., verrat.
*Vrrin, s. m., venin.
Yretigô, s. m., vertigo, surexcita-
tion ; al a le vretigô (action de
contrarier quelqu'un).
Vrisser, v., couler, glisser : al a
vrissé de dessous sa couverture.
*Yude^ a., vide.
*y«n, s. m., lien : tends me donc
ce y an.
Yette, s. f., tiroir en bois.
*Yeu ou Gneu, s. m., œil,
*y(3, cri de surprise : yé que c'est
drôle.
*y là, tout près.
Yope, s. f., loupe.
You, cri de joie ; you-you !
*Zampa, s. m , privation d'appé-
tit : vous avez les zampas.
Zêlaïde, là-bas, dehors.
Zeste (avoir le), s. m., plaire à
tout le monde : al a le zeste.
Ziéie, s. m., plat en bois pour
traire les vaches.
Zigougner, v., toucher souvent,
triturer.
Zizailler, v., découper mal à pro-
pos
*Zizou, paresseux, lambin, tatil-
lon : c'est un zizou comme on
en n'a pas vu.
*Zizoulage, s. m., action de zizou-
ter.
*ZizoiUcr, v , tatillonner, faire des
choses sans importance.
Zonzon, s. m., réprimande, galop.
*Zonzoinier, v., aller lentement,
lambin : hé ben, ne zonzoune
pas tant.
'\r^
LE PATOIS BOURBONNAIS
'^\î/f/ ^?V•l?/^ ^V*lfi!5' .'^A*!^/' .'^A'l^«5' .'vV'l?/5' •■^A'l?7/' •^A'IS''?' •'vA'lS!?' •^A*lî^y' •'\A*I5'/*'
^^ ^^ '^p *^^* '^J %^^ '^p '^p '^p '^p -^f^^'
Quelque^ Locutiops diverse^
DONT NOUS DONNONS L'eXPLICATION
Car nos arrière-petits-neveux n'en sauraient peut-être pas le sens.
Vouessé t'y bien révéla
agneu ou cou matin ?
Manger un dinde.
On a plus tôt trouvé
500 fr. dans son étable
que sur son grenier.
Sauf voire honneur et
votre respect.
Dieu te crèche.
C'est-à-dire comment vous portez-
vous?
Plaider. On oppose par ironie un grand
plaisir à un vif désagrément. « Us man-
gent un dinde » : ils plaident.
Proverbe nouveau (relativement), mais
qui se répète à chaque instant depuis les
progrès récents de l'agriculture.
On emploie cette formule devant toute
expression qui renferme une idée de
malpropreté : cochon, fumier, etc.
Sauf votre honneur, je conduis mes
cochons au champ.
On dit à la personne qui éternue : Dieu
te crèche, c'est-à-dire Dieu vous garde,
Dieu vous bénisse. Dieu vous préserve de
la mort. . .
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 126 —
Le mal de la crève.
Chin malade.
Que le diable me fut.
Faire Saint-Martin.
Faire la Saint-Jean.
Porter la rôtie.
Passer à champs tra-
vers.
Manger la soupe sur la
tête de. .
Du dequoi.
Vous avez - ty une
gringe ?
La mort. Je ne lui souhaite pas le mal
de la crève.
Chien atteint de la rage.
Formule négative ou affirmative : « Que
le diable me fut, si c'est vrai. . . ou pas
vrai.
Quitter un domaine au 11 novembre.
Changer de maître ou de domestique
au 24 juin.
Usage autrefois général, mais tombé
en désuétude. Vers la fin de la nuit, on
portait à une jeune mariée une tranche
de pain grillé (rôti), et un verre de vin
sucré.
Marcher en ligne droite.
Etre plus grand que. . .
Avoir du de quoi : Etre riche ou à l'aise.
Question qu'adressait souvent avec
anxiété tout paysan journalier à ses sem-
blables aux approches de l'hiver ; ques-
tion alors de la plus haute importance
pour eux tous et dont voici l'explication :
Vers la fin d'octobre, ou dans les pre-
miers jours de novembre, chaque paysan
avait recours à quelque propriétaire dont
les granges étaient plus ou moins abon-
damment pourvues de gerbes de blé, et
tâchait de s'entendre avec lui pour les
battre au fléau pendant la saison rigou-
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 127 —
reuse, car il s'assurait de cette manière
du travail et du pain pendant tout l'hiver ;
aussi ces places de batteurs en grange
(batteux en gringe) étaient vivement
recherchées quoique peu grassement
payées : 40 centimes par jour sans être
nourri, et parfois 35 et même 30 centimes
(de 8 sous à 6 sous).
Gare le bouillon d'onze Certaines âmes timorées parmi les
heures ! cultivateurs s'imaginent que, dans les
hôpitaux, lorsqu'une personne a une
maladie longue et incurable, on lui donne
une potion qui la fait mourir, pour débar-
rasser la maison d'une bouche inutile.
C'est cette potion qui se nomme le bouil-
lon d'onze heures ; aussi beaucoup de
paysans ne redoutent-ils le séjour de
l'hôpital que parce qu'ils se disent entre
eux : « Gare le bouillon d'onze heures »,
quand ils savent qu'un de leurs sembla-
bles est atteint d'une maladie de langueur
réputée incurable.
La pensée se reporte involontairement
au (( rien de nouveau sous le soleil »,
quand on songe au proverbe « apio eget »
des Romains, « il ne faut plus que
l'ache » , (tisane faite avec l'ache) , disaient-
ils, en parlant des malades désespérés :
cette plante était considérée comme fu-
nèbre et fatale.
Ribole. Se réjouir à table. A la fin d'un ouvrage
lorsqu'un maître ouvrier, patron, ou autre
propriétaire gratifie ses ouvriers de quel-
ques bons repas avec une certaine quan-
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 128
Avoir sa retirance.
De la Sainte-Nouvelle.
Ne tenir' que du branle.
La foire nest pas sur le
pont.
Le temps va se déboucher.
Le temps est débouché.
Le temps est en humeur.
Le temps est malade.
A ne vaut guère.
A ne vaut guère.
Passance.
Adieu pas.
tité de vin, c'est ce que ces derniers
appellent faire la ribole.
A l'époque de la Renaissance, lorsque
les artistes italiens vinrent en France, ils
amenèrent avec eux une foule d'ouvriers
qui répandirent l'usage de la ribole ; de
Rihola, nom d'un vin célèbre d'Italie, du
temps de Boccace.
Maison ou famille où l'on espère aller
habiter quand on ne pourra plus travailler ;
il a sa retirance chez son fils, chez son
neveu, chez un parent ou parfois un ami,
ou chez lui-même s'il possède une maison,
quelques terres.
Je l'ignore absolument. « Viendra-ty ?
— J'en sais rin de la sainte nouvelle. »
Etre en danger de mort.
Ne nous pressons pas.
Il va pleuvoir.
Il pleut.
Eclairs et tonnerre.
Chaleur accablante sans soleil.
Il est malade.
9
Ce n'est pas grand chose de bon.
Temps qui s'écoule d'une récolte à
l'autre: As-tu ta passance? C'est-à-dire ta
récolte te suffîra-t-elle pour attendre
l'autre ?
Sans adieu.
LE PATOIS BOURBONNAIS
— 129 —
Bourbonniciionne et Boul'hollmct^o^, Ce dicton assez répandu se trouve sous
Habits de velours, ventre de son. une forme à peu près semblable dans le
manuscrit Conny. Quelques personnes
ont donné à cette espèce de distique une
interprétation qui nous paraît tout à l'ait
erronnée ; et nous croyons devoir réagir
vivement contre toute supposition bles-
sante à l'égard de notre jeunesse bour-
bonnaise qui de tout temps a été essen-
tiellement « glorieuse », expression du
pays (qu'il faut bien se garder de prendre
en mauvaise part), car le mot « glorieux »
signifie simplement : aimant à être tou-
jours mis proprement et à se parer
parfois de beaux habits, quand les cir-
constances l'exigent.
Tandis que dans les régions voisines,
l'Auvergne, la Creuse, le Berry, les jeunes
gens aimaient mieux de bons repas que
de beaux habits, les Bourbonnais préfé-
raient avec raison dépenser plus d'argent
à une toilette qui les relevait à leurs yeux
et aux yeux de leurs semblables. La
femme surtout y" mettait une certaine
coquetterie et nous employons ce mot
dans son véritable sens, qui consiste
uniquement dans l'art de plaire, mais
sans s'écarter d'une morale sévère, ni
d'un maintien correct et plein de décence
qui impose le respect. Et n'est-il pas, du
reste, de l'essence de la femme de cher-
cher à plaire ? Mais tout en cherchant à
plaire, on peut être un modèle d'hono-
rabilité (1).
La Bourbonnaise a toujours su se parer
avec un goût exquis et elle était déjà
(1) «... .en tenant la coquetterie dans ses limites, on la rend modeste et vraie :
on BQ fait une loi de l'honnêteté ». J.-J. Rousseau.
9 LE patois bourbonnais
— 130 —
coiffée de ce ravissant chapeau « à deux
bonjours » quand ses voisines les Auver-
gnates avaient la tête engloutie sous de
lourds et informes chapeaux et que les
Berrichonnes échaffaudaient sur leur tète
toute une boutique de lingerie.
La jeune Bourbonnaise est généralement
jolie, presque toujours gracieuse, elle se
complaîtà considérer lafînessede sataille^
et une retenue toute naturelle et sans le
moindre apprêt imprime parfois à toute
sa personne une certaine distinction si
recherchée par toutes les femmes, mais
si difficile à atteindre.
Elle a le talent de savoir allier le devoir
et le plaisir ; aussi la voit-on quitter sans
peine son chapelet pour se diriger vers le
bal, comme on la voit également aban-
donner volontiers la danse pour retourner
à son chapelet ; mais dans tous les cas on
peut être sûr que cette jeune fille si gaie, si
rieuse et parfois si folâtre, se transformera
immédiatement après son mariage en
épouse vertueuse et en excellente mère
de famille.
^V
LE PATOIS BOURBONNAIS
EXEMPLE DU PATOIS BOURBONNAIS
DU CANTON DE VARENNES
Comme exemple du patois de Varennes, nous croyons devoir donner la
légende de la pie voleuse de l'hôpital de Gayette, que nous prenons dans le
livre de M. Duchon, intitulé Grammaire et Dictionnaire du Patois bourbonnais.
L'Oïassc de Gaycttc
Vé le bourg de Montoudre, su un turau qu'y a des boés d'un
coûta et des pra de l'aute, fôrts-tarrains et fôrt-tarrines, veïez-vous
l'hôpital de Gayette? Ou é bin n-aisant a vère dret-Ià : Ion que l'é, a
semble un villadze. Ou é unhne retirance pre les vieux strôpiâs. Mais
faudrun pas crère qu'ai é étà bâti à l'esqueprê. San unhne oïasse,
a serun pas é pouvres. Ou essô un beau chatiau qu'unhne dame bin
ritse habitô.
Dans les vaissiyés, les sarvantes pouziant tous les dzours des
pichiers, des fourtsettes et des quilles en ardzent ; la dame avô
treché les fîUes les pu honnêtes dou pays, et dzamais presoune
les ère acorpées (accusées) de voul.
Unhne de ieux z'aute enlevô (élevait) unhne oïasse qu'un cheti
gâ avô dégniâ dans les brantses dou châgne, Ion qu'où embredzô
(pendait) les maufesans. « Têh ! li avô dit cou gà bin fûtà, ou te
pourterâ bounheùr, » Et le li douni.
La sarvanle enleva que l'oïasse ; li apprenô à causer.
LE PATOIS POURBONNAIS
— 132 —
Le lendemain d'un apport, la dame avisa ce que l'avô d'ardzen-
tri ; li manquô un quille.
Le trechi la gâte qu'avô randzâ les vaissiyés : ou essô mêmement
la sarvante à l'oïasse. Le la fait empougner et le la questionne : l'a
beau dire qu'où é pas se, le la condanhne et l'embredze au châgne
des maufesans.
Le disi, en mourant, la paure sarvante : « Vêla ce que m'a coûta
mon oïasse que devé me pourter bounheùr ! »
Un an après, en réparant la couvàrture dou chatiau, sou unhne
tuile, le couvreù trouve le quille predu. A cou moument, l'oïasse
empourtô au même endrêt unhne pièce de monnaie que le venô de
prendre. Le couvreù y dit à la dame qui agour se tsagrine : « Paure
sarvante qu'i ai fait meuri ! », que le disi.
Deux anhnées pu tard, aile douni son chatiau et ses appartenances
é pouvres de Varennes, de Montoudre, de Boucè, de Montaigu, de
Rondzères, de Landzy, de Saint -Dzerand, de Crètsy, de Sanssat et
des alentours.
Velà ce que me dizi Dzôzé, le vieux ancien meneû de loups qu'é
mort y a mais de soixante ans, et que le monde cause inquère.
La prononciation dilïére quelquefois de l'orthographe ; ainsi le ch se trans-
forme souvent en ts ou t2, le g et le j en ds ou dz, mais toutefois la différence
est biea moins sensible à l'oreille que les lettres ne l'indiquent.
-îSJ]^
LE PATOIS BOURBONNAIS
ERRATA
Page 5 au lieu de orfaie, lisez orfraie.
Page 16 — M. Marlot, — M. Moriot.
Page 90 — mavais, — mauvais.
Page 96 — aiguë, — ciguë.
Page 96 — nais, — niais.
LE PATOIS BOURBONNAIS
NOTE DE L'ÉDITEUR
piiciPâii mmim m i, mmm
Essais sur rir)vraisen)blai)ce du règi)e con)n)Ui) et sin)Ul-
tai)é de Louis 111 et Carlon)ai) ei) 879. — « Il nous semble que
vous êtes tous dans l'erreur », dit M. Choussy en s'adressant à tous nos
historiens, et tous, les Guizot, les H. Martin, les de Barante, les Michelet,
les A. Thierry, etc., se rangèrent sous son « drapeau ». Expression de
M. Martin de l'Académie française.
Publié en 1856 Épuisé.
Histoire des Français, en abrégé, depuis les temps les plus
reculés jusqu'à nos jours (1857): 2 gros volumes grand in-8o avec ce
sous titre : « Histoire : 1" des mœurs et coutumes ; 2° des inventions ;
3" de la langue française avec des citations prises dans les écrivains de
chaque siècle et de chaque période, où l'on peut suivre pas à pas ses
progrès et son perfectionnement ; 4° de l'art milit'aire; 5o du commerce ;
6° de la philosophie. »
Dénigré avec passion d'une part, loué chaleureusement d'autre part,
tel fut le sort de cet ouvrage. Pour rester dans la note qui se rapproche
le plus de la vérité, voici les appréciations de divers historiens de tous
les partis : Guizot « Vous avez maintenu votre indépendance et démontré
votre impartialité. Votre livre reste après les critiques ce qu'il était
auparavant, un bon, véridique et moral résumé de notre histoire. »
— de Barante : « Livre écrit sous une inspiration de sagesse et de
morale ». — Michelet : « Malgré l'extrême différence de nos opinions
religieuses et politiques je ne suis pas moins frappé de ce travail
immense de cette forte ériidition, je sens votre sincérité, votre loyauté
courageuse », et il loue sans réserve M. Choussy de son « idée neuve et
originale » du sous titre consigné plus haut. — Académie de Clcrmont-
Ferrand : « Livre habilement écrit et sagement pensé. »
Épuisé ,
Du Sermon complet de Bossuet sur le jugement dernier
(Rejiroduclion exacte rie toutes les ratures, surcharges, etc., précédé ri'une étude, (eij 1884)
L'auteur prouve que non seulement Bossuet, à son premier jet de
plume, n'était pas digne de figurer parmi les écoliers de seconde, mais il
va même jusqu'à donner Tépithète de trivial au grand orateur, à l'illustre
écrivain. Mais on est à se demander quel accueil pouvait faire le monde
savant et l'Episcopat à un traité de cette nature ? Eh bien que l'on se
rassure. Jamais auteur peut-être n'a reçu de félicitations si nombreuses,
si vives et si sincères. En effet, l'immense avantage de cette publication
était de servir de leçon et d'exemple aux jeunes gens qui se destinent
aux hautes Études littéraires, en leur prouvant qu'à l'exemple de
Bossuet il n'y a pas de honte à se raturer sans cesse. C'est ce qu'avaient
saisi sur le champ dix membres de l'Académie française, des profes-
seurs en Sorbonne et au Collège de France, des membres de l'Institut,
trois ministres de l'Instruction publique, etc., etc. Il fallait que les élèves
puissent se rendre compte par eux-mêmes pourquoi Bossuet avait effacé
tel mot et l'avait remplacé par tel autre, qui parait être synonyme. Mais
que de nuances à observer !... « Quelle excellente leçon de rhétorique
écrivait Mgr d'Hulst, recteur de l'Université catholique de Paris ». —
« Quelle excellente méthode » s'écriait M. Taine. — « Ah ! disait Emile
Augier,vous nous faites voir Bossuet sous un jour nouveau ». — « Publi-
cation vraiment utile et curieuse. Quel fructueux exercice ! affirmait
Léopold Delisle, de l'Institut. » — Des professeurs en Sorbonne s'em-
pressaient d'en faire part à leurs auditeurs, etc.. etc. — « Je comprends
l'intérêt et l'importance de pareilles études où vous êtes un maître
reconnu ». Vacherot, de l'Institut, ancien directeur de l'Ecole normale
supérieure de Paris.
Et l'Episcopat ? Un très grand nombre de nos prélats des plus dis-
tingués, y compris nos six cardinaux de France, faisaient parvenir à
M. Choussy leurs plus chaleureuses félicitations, à tel point que l'un
d'eux s'exprime en ces termes : « Je vais réunir tout exprès les jeunes
gens de mes grands et petits séminaires pour leur faire part de vos
travaux, et, s'il en sort plus tard quelques fruits, nous vous les devrons. »
Epuisé.
Rectifications littéraires & l^istoriques
Jules Simon et plusieurs autres savants déclarent avoir appris des
choses qu'ils ignoraient. Et l'un de nos écrivains les plus remarquables
parmi le clergé français, Mgr Dabert, évêque de Périgueux, s'exprimait
ainsi : « Votre critique est de tout point si bien armé que vous forcez
pour ainsi dire la conviction du lecteur. » Epuisé.
:c, SI fiâii Missros
Première édition 1895
Deuxième édition, considérablement augmentée 1896
M. Choussy initie le lecteur à la thèse qu'il va soutenir dans la vie de
Jeanne Darc (d'autre part). Epuisé.
VIE DE JEANNE DARC, PAR J.-E. CHOUSSY
N'est-il pas vraiment bien curieux et bien triste tout à la fois, d'en-
tendre nos plus grands historiens dire de Jeanne Darc la plus pure, la
plus sympathique et la plus illustre de toutes nos gloires, que ce n'est
qu'une fourbe et une vantarde ? Tous soutiennent qu'elle a failli à sa
mission et, ce qui est mille fois plus extraordinaire encore, c'est que tous
ont raison au point de vue des matériaux historiques recueillis jusqu'à
ce jour : en effet. Jeanne avait écrit au roi d'Angleterre que c'est elle-
même, au nom du Tout-puissant, qui chasserait les Anglais de France (et
on sait que ce n'est point elle-même qui les a chassés), et à ce même
moment elle tenait un langage tout opposé devant une foule de témoins
assignés au procès de réhabilitation, tous d'une honorabilité incontes-
table et incontestée même pnrmi ses adversaires, et elle leur affirmait
que Dieu l'avait envoyée seulement pour faire couronner le roi à Reims,
et, en effet, elle fit couronner Charles VII à Reims.
Ne nous trouvons-nous pas en présence d'un fait qui renverse toutes
les idées reçues jusqu'à ce jour et laisse notre imagination vagabonder
dans l'inconnu le plus mystérieux : la vertu et le vice suivant le même
sentier la main dans la main ? Voilà 400 ans que tous nos historiens
donnent sans commentaires ce fait étrange comme véridique. Il était
tellement étrange que M. Choussy a voulu l'éclaircir et, Fiat lux, il a
acquis la certitude et prouvé par une accumulation de matériaux de tous
genres, que Jeanne avait déclaré la vérité aux témoins et que sa pré-
tendue lettre au roi d'Angleterre, qui la condamne aux yeux de l'histoire
n'est qu'une fausse lettre, un faux de plus commis par Gauchon, son
ennemi mortel : donc il n'y a de sa part ni fourberie ni vantardise et
elle a très exactement accompli sa mission — le sacre de Charles VII.
Il nous est impossible de citer les noms de tous les savants et prélats
(cardinaux, archevêques et évêques) qui ont accueilli cette nouvelle avec
une « véritable satisfaction », ainsi que tous les descendants de la
famille de Jeanne Darc.
Nous ne citerons que le fragment d'une appréciation émanée d'un
professeur en Sorbonne, M. Loyson : « Je ne pense pas que personne de
sensé et de loyal puisse résister à la force de vos arguments et des docu-
ments contradictoires que vous accumulez. C'est un modèle de critique
historique à la hauteur des plus érudits et à la portée de tous. En sauvant
la gloire de Jeanne, etc., vous lui avez élevé un monument impéris-
sable, c'est votre livre qui restera comme le dernier mot de son histoire...
une étude magistrale... »
Enfin cet ouvrage a valu à M. Choussy (circonstance peut-être unique)
les félicitations tout à la fois de la Papauté de la Libre-Pensée, ce qui
fait le plus grand honneur à la loyauté et à l'impartialité de l'écrivain.
« Savant et chevaleresque défenseur de Jeanne» dit le Bref donnépar
le Saint-Père. —- « Remarquable et consciencieux ouvrage »> écrit
le libre-penseur M. de Mahy, dans la Nouvelle Revue du 15 juin 1901 et
reconnaissant en même temps la fausseté de la lettre au roi d'Angleterre.
Sur les 12^000 historiens de Jeanne Darc. il n'existe en France que
deux écrivains laïques qui ont obtenu un bref du Saint-Père au sujet de
la vie de Jeanne Darc : M. Wallon, de l'Institut, et M. Choussy.
Première édition, 550 pages, grand in-8o : 6 francs, franco.
Deuxième édition, 350 pages : 4 francs (à peu près même texte à
l'exception des notes; (franco).
Troisième édition, en abrégé, 100 pages, 1 fr. 50 (franco).
Gravures de nos meilleurs artistes (Ingres, Lenepveu (fresques du Panthéon), Frémiet, etc.),
très nombreuses et exactement les mêmes dans les trois éditions. L EDITEUR.
Moulins. — Imprimerie Bourbonnaise Louis Lamapet, 64, rue d'Allier.
^0^-^
?G Choussy, Sdouard Joseph
2997 Le patois Bourbonnais
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