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Full text of "Le Progrès Medical. Paraissant le samedi"

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BOSTON 
MEDICAL LIBRARY 




IN THE 



Francis ACountway 
Library of Medicine 



BOSTON 



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Le Progr^ Médical 



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l" ANNhiE — 



le Progrès Hédical 



JOURNAL DE MÉDECINE, DE CHIRURGIE & DE PHARMACIE 




Rédacteur en chef : BOURNEVILLE 



PREMIÈIIE ANNÉE 
TOJVdtE I^rtEJVtlEI^. — 18T3 



CE TOLUME RENFERME DEC MÉMOIRES, DES LEÇONS OU DES REVUES 



1 BMty («.), Béhicr, BontcilUer (G.), Bndia (P.), Carias, dn'Castel, Charcot (J.-M.), Chon^pe (H.), CoUgaon (J.), Cor- 
ail (V.), Deb»ve, Dransart (H.-N.), Dn^lay (S.), Dupoy (L.-E.), Duret (H.), Bxeliaqnet, Cioasellii, «romler (Fnuits), IIa>' 
aot (V.)t Htrne (6.), JolTroy (A..), Kelsnh, I^anilonsjr, Le Bload, LiouvIIIe (H.), lioagaet, Halherbe. (A.), Hareauao (G.), 
■areé, Pasturand, Peltler (6.), Petit (Ch.-H.), Pltr«Si Kaavier, Kayniond (P.J, Hedos (filys«e), Beelos (P.j, Heaant (J.)« 
Blehet, Kobla (Alk.), Hoqiie (F.)> Kosapelly, Seveatre (A.), Seavre, Stra«a« (1.), Tebttarier (B.), Thaoa, V^meaU, Webcr. 



l 




PARIS 

AUX BUREAUX DU JOURNAL 

6, RUE DES ÉCOLES, 6 



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•' «toi > t^03Q ^ ) 



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\ l'^ ANNÉE — N^ t BUREAUX : ROB DES ÉCOLES, 6 (Librairie E. Duval). 14 JUIN 1873 




PRIX DE L'ABONNEMENT 

Un an «• ff- 

Six mois * • 



JOURNAL DE MÊDECfM, OffiUJfflllïîlIfiÏÏ E3) JIE PHAMACIB 
Rédacteur enN^tlf c ]|^^6nE VELUE 



( 1 page.... 800 fr. 
( 1/4 page.... 60 — 



Tout ce qui concerne la Rédaction et rAdministration doit être adressé aux bureaux du Journal. 

Les bureaux sont ouverts de midi à 4 heures du soir. 



L© Prix d'ubonnemeiii doit être envoyé en mandats-poste ou en traites skr Paris. — L'abonnement part du 1«' de chaque mois. 
On n'abonne hors de frarN dans les bureaux des Messageries et chez les Libraires. — Les lettres non çiflrauchies sont refusées. 

SOMMAIRE. — CuNtQun k^oicaus : De U panplégie douloureuse dans le mal ver- 
tébral cancéreux, leçon de M. Charcot, rccuelUie par BoumcTille. — Patholooib 

nrrsBNB : De la pneumonie aiguë lobaire, leçon de M. ComU. recueiUie par 

F. Budin. — Cukique OBSTérwcaLB : Urémie ; opération césarienne, par Marcé. — 

BuLLBnN DU PROGBàs MéoiCAL ! Composition du Conseil supérieur de l'instruction 

publique. — Sociéris bavantes. — Société de biologie : Choréc, par Landouay ; 
• — Injections d'urine dans le tissu cellulaire sous-cutané, par Muron; — S ueurs 

locales, parOllivier; — Herpès traumatique, par Onimus et Charcot; — Effets du 

protoxyde d'txote, par Blanche et Jolyet; —Du ckloropkyle, par Jolyet; — Em- 

p^iiOMMment par le Mercure, par Cb. So^abard; — Intoxication saturnine, albu- 
minurie, goutte,' paV Charcot; — Œdème' aigu à la suite d'une thoracentèse, par 
'-• Bébier et U^vlUe ; -^ ÉLettfons. — Académie de médecine. •— Société matomique : 

HêmorAB#e êà\pUibité9- consécutive k une bémorrbagie interstiUeUe du ventri- 

câl»~Millii*/'t(bt,'ppr DMBanrt; -^ Tuberculose des poonons et des organes génito- 

at^rtroi, par Cazall«. '-^"BsvtTE' cBiRt&GiCALB: De l'extirpation du rein, par 

■• Dnret. — Rbviés db ,VRéB*FBin-iQUB : Chlorhydrate de trimétbylamine, par Du- 

jardin-BeauMCz ; -^ 'fl^raiules' de préparations de triméthylamine, par A. Petit; 

— InjeciioDS sen-entanées, par 0. Paul. (An. F. Boque) — Bibliooraphib 

PaVUM aj^ pi jw uiu J ««« I «■■■ i ^ Tni ■ ! ri a rirritaflnti nninaift . p a r Al 

(an. Sevestre.) — Ch»owiqub du hôpitaux. — No 



N0UVBLLB8. — 



BIBUDGBaCWirà» -- 



^. 



De 



HOSPiCaS DE ^ SALPÉTRIÈRB. — M. CHASCHT. 

la oo m preselon lente de la moelle 

Leçons recueillies par Bournevillb. 



(1). 



DE LA PARAPLÉGIE DOULOUREUSE DANS LE MAL VERTÉBRAL 
CANCÉREUX. 

Messieurs, 

Il s'agit actuellement de faire connaître les symptômes 
sur lesquels j'ai voulu appeler tout particulièrement votre 
attention. Ces symptômes, j'ai proposé de les réunir sous 
e nom de paraplégie ioulaureuse des ca^icéreux (2). Cette 
désignation de ;?artitip^^'^ dùuloureuse^ je l'ai empruntée à 
M. Cruveilhier qui a bien reconnu ce genre de symptômes 
sans en entrevoir, toutefois, l'interprétation (3). Elle s'ap- 
plique avec exactitude seulement aux cas où la région ver- 
tébrale lombaire est atteinte dans une certaine étendue. 
Cest là, du reste, le cas le plus habituel. 

Mais de fait, plusieurs autres combinaisons sont possibles. 
En premier lieu, les vertèbres étant affaissées, surtout d'un 
côté, il peut n'y avoir, en conséquence, qu'une hémi-pa- 
raplégie douloureuse ; ou bien encore les douleurs et les 



i 



(1) Les premières leçons sur la Compression lente de la moelle ont été pu- 
bliées dans le Jfouvement médical. 

(2) Sur la paraplégie douloureuse qui survient dans certains cas d$ eancer,-~ 
Boci^t^ médicale des kôpitaua^ 22 mars 1865 et Union médicakt 1865. 

(3) CruYeilhier. '^ Atlas ^ ^ livraison,p. •• 



phénoaiènes concomitants pourront occuper le plexus 
brachial ou le plexus cervical, lorsque la lésion portera 
sur la région vertébrale cervicale. 

D'autrefois enfin, les douleurs se montreront exclusive- 
ment circonscrites à la distribution de tel ou tel tronc 
nerveux. U importe d'ailleurs de remarquer que, quel que 
soit le lieu où elle se -montre et que^uë circonscrite 
qu'elle soie la doutëar, ^ana les cAs 3S ce geâre, se pré* 
sente 4Miament avec léser odémes fcarâotërei^^e dans la 
parapUfeie douloureuse prôprémeni ditél ■ ' l \ 

Sifpposolis qu'il d'argisié d'une ^Itération des vertèbres 
lombaires -- ce ecte ^rëpond, tous le savez, au type le plui 
"commun —et que celles-ci aleht ét^ envahies par te cancer 
dans lear fatalité, aussi bien du noté droit que du côté 
gaÉcheyCêiilllàons qui se trouveht,dt^ reste, reproduites thet 
xv^à dès' wiiades qge Je vais vous prlienter dans uir ihslattt; 
eh^&^iL jr a lieu dejtfiwr^ iili filÉiH uai, lee ivttiptétaM 
suivants » 

Des douieurs vives existent, les unes étreignant la partie 
inférieure de l'abdomen à la manière d'une ceinture, les 
autres se répandant le long du trajet des nerfs cruraux et 
des nerfs- sciatiques, depuis leur origine spinale jusqu*à 
leurs extrémités périphériques. 

Il y a fiyperesthésie des téguments, sur les points ré- 
pondant à la distribution des nerfs douloureux. Cette 
hyperesthésie, le plus souvent, est telle, que le moindre 
attouchement se montre des plus pénibles. 

Les douleurs en question sont permanentes ou à peu près; 
mais elles s'exaspèrent par crises qui se montrent surtout 
intenses pendant la nuit et revêtent quelquefois un ca- 
ractère périodique. Les mouvements dans le lit, qu'ils soient 
d'ailleurs actifs ou passifs, provoquent l'apparition de ces 
douleurs ou les exaspèrent. Il en est de même, à plus forte 
raison, de la station et de la marche qui deviennent bientôt 
tout à fait impossibles. Il résulte de là une sorte d'impo- 
tence qui ne relève point d'un amoindrissement de la force 
musculaire, car, au lit, dans le temps où les douleurs ne sont 
pas trop vives, les mouvements des membres inférieurs 
s'exécutent, si le malade n'est pas très-affaibli, comme 
dans les conditions normales. 

Lors des paroxysmes, les douleurs sont véritablement 
atroces. Les malades les comparent à celles que produi- 
raient l'écrasement des os, une morsure des parties pro^ 
fondes faites par un gros animal, etc. On ne parvient, et 



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s 



LS PBOOSJ» MÉDICAL 



c'est là un trait qui mérite d'être signalé, que très-difflcile- 
àent à les calmer par Itemplol des émm. élevées de sub- 
Ancet^HirMI||ueB^. II 7 a limu deflOlwnimarquer méb 
<pe, sMi9«sMisQap9iiécM>ll^ lise yrsMblBis ces doukans 
te ^WÊBmimieiÊb 90]*tiÉs». etéoÉb kunison phyaMo» 

A ces phénomènes peuvent s'adjoindre, surtout dans les 
périodes plus avancées de l'affection un certain nombre 
d'accidents parmi lesquels je signalerai plus &pédâllement, 
les éruptions de siona qui se produisent sur te tmjBt 4« 
nerfs particulièrement douloureux, iiaeaneslbâsie cutanée 
circonscrite sous forme de plaques et qui se développe 
malgré la persistance des douleurs le long du trajet ner- 
veux (anesthesia dolorosa), Yatrophie plus ou moins pro- 
irçmcée des masses musculaires, et enfin la cwdracttxre 
jsmrvenant dans un certain nombre de muscles . ^i 

Je lérai remarquer enfin qu'une déformation Daîautat dé- 
erire à la colonne vertébrale une courbure à grand rayon, 
fu'une douleur Jocale vertébrale que provoque ou qu'exas- 
père très-nettement la presden, oa la percussiûn^. sont 
des symptômes concomitants, qAi'dl xie faut pas négliger de 
rechercher avec soin parcequ*ils peuvent éclairer la si- 
tuation et que, d^ailleors., ils s'observent fréquemment. 

Ces divers symptômes, Messieurs, peuvent être, pendant 
de longs mois, la seule révélation du mal vertébral cancé- 
reux; mais les symptômes de la paralysie par compression 
de la moelle pourront venir s'y surajouter. 

Quoi qu!il en soit, lorsque les phénomènes de paraplégie 
dooiloureuse se montreront avec les caractères qui viennent 
d'être décrits, il y aura lieu de rechercher su n'exlBitj pa^ 
«guelquepart dans l'organisme, quelque autre manifestation 
Ab la diathèse cancéreuse ; car, vous ne Tignorez pas, le 
oancer vertébral est habituellement secondaire,^ deutéro- 
pathique. Or, dand ceile recherche, on pec^t^ trwver en 
présence^de plus d'une difficulté de nature à égarer le 
diagnostic. Je me bornerai, pour le moment, à signaler à 
votre attention la circoûstance suivante dont j'ai été té- 
anoin récemment. Il peut se faire que des malades portent 
au sein certains cancers atrophiques, indolents, auxquels 
elles ne prêtent pas la moindre attention. J'ai été consulté 
ces jours-ci par une dame qui souffrait depuis plusieurs 
mois d'une névralgie cervico-brachiale — c'était en.réalité, 
vous allez le voir, une pseudo-névralgie— extraordinaire- 
ment pénible, et qui avait résisté absolument à tous les 
moyens d'amendement mis en œuvre. Frappé du caractère 
spécial que présentait la douleur, et me remettant en mé- 
moire les faits observés à la Salpétrière, je demandai s'il 
n'existait pas quelque lésion mammaire. On me répondit 
jpar la négative ; mais je crus devoir insister et examiner 
aes choses par moiTmôme. Je découvris, au grand étonne- 
ment de la malade, que l'un des seins était déformé sur un 
j[)oint, très-circonscrit d'ailleurs, par le fait d'une Vétrac- 
,tion consécutive au froncement déterminé par un squirrhe 
€^ophique. Tout récemment un médecin anglais, dont le 
nom m'échappe a publié un cas du môme genre d^ns un 
des derniers volumes de la Société pathologique de Londres. 
Ces faits suffisent je l'espère, Messieurs, pour faire ressortir 
à vosyeux jusqu'à quel point il faut en pareille circonstance 
se montrer attentif et circonspect ' dans l'examen des 
jtialades. 

D'uaautre côté,U ne faudrait pas aller jusqu'à croire que 



les douleurs dumal vertébral cancéreux, alors même qu'ellai 
âe présentent avec tous les alÉAflti qui viennent d'«te 
mis tmmXîÊt^mietÉ. àhmÊÊimmà egicifiques ei; »roprep à 
cMd^fli, anMiaiaisaB, jkl etaiwstic. Loii * Jà, te 
dMc uUËs i|ii«i itgqrvenii;.mais ■■ général, i<nf m sirtt 
m ii ^ B wmM i M ilea>ParniLl»s aOidlfens qui,eft imiasK Ai 
douleurs dot «Iles s'accompagnent, pourraient induire en 
erreur, j'ai déjà mentionné les anévrysmes aortiqiceset les 
kystes hydxxtiques, lorsque ces tumeurs sont disposées de 
iiçsm<àtOfiiqp rimer et à irriter les nerfs spinaux. Je sigma- 
lecai actuellen^eatro»tëQmalacie,la pachyméningitehyper- 
trophique cervicale, et enfin une névrose, l'irritation 
spinale. 

Vostéonialacie sénile, aussi bien que celle des adultes, 
rappelle parfois, par le caractère des douleurs dont elle 
s'accompagne, la symptomatologie du mal vertébral des 
cancéreux. La pachyméningUe cervicale hypertraphigue 
dans la première période, s'accompagne» elle ifussi, de 
douleurs assez analogues ; on peut en dire autant de cette 
affeotion bizarre, singuMère, qu'on désigae qfLei<|]iief9is 
sous le nom dHrritation spinale, et que quelques médecins 
ont voulu, bien à tort, bannir des cadres nosologiques ; 
mais je vemx me borner, pour le moment, à appeler votre 
attention sur ces difficultés de diagnostic. C'est un sujet 
sur lequel je me propose de revenir dans une aatre 
occasion. ^ {A suivre.) 

■fc»JK«<i 

PAmOLOGIE INTERNE 

COUBB GOMPLÉlOOfTAïas BR T. A vikOrtmi. - M» COWOmj 

Anatomie pathologiq[ae du poumon. — Ausoultation 

Leçons recueillies par P. Bvm^i 

PNEUMONIE AIOUB LOBAmB. 

Messieurs, 

La pneumonie aiguë, fibrineuse ou lobaire, est caracté- 
risée par la présence d'un exsudât composé de fibrine et de 
globules de pus qui remplit la cavité des alvéoles pulmo- 
naires. 

Depuis Laennec, on reconnaît dans la pneumonie lo- 
baire trois stades ou degrés : 1° L'engouement; 2» l'hépaii- 
sation rouge; 3*» l'infiltration purulente ou hépatisation 
gri^e. Ce dernier est loin d'être constant; il n'apparaît que 
dans les cas où la résolution n'a pas succédé à l'hépatisa- 
tion rouge. 

Engoûment au congestion. — Dans cette première pé- 
riode, les vaisseaux sont gorgés de sang, ils laissent transu^ 
der du sérum à travers leurs parois; des globules blancs et 
rouges tombent dans l'intérieur des cavités alvéolaire»; 
les cellules épithéliales pavimenteuses deviennent rondes! 
granuleuses et présentent quelquefois plusieurs noyaux 
dans leur intérieur. Souvent, dans des parties qui sont 
simplement congestionnées, on trouve dans l'inténeur des 
alvéoles un réseau très-fin et peu serré de fibrilles de fi- 
brine qui enserrent les éléments précédeots. 

Des coagulations fibrineuses analogues se rencontrent, 
indépendamment de la pneumonie aiguë, dans beaucoup 
de cas de congestion et même d'oedème dur, quelle que soit 
la cause de ces lésions. Il en résulte que le mot de pneu- 
monie fibrineuee est loin d'être absolument bon, puisque 
la fibrine se trouve coagulée dans les alvéoles sans qu'il y 
ait de pneumonie aiguë. 

Hépatisation rouge. — Le tissu hépatisé est plus volu- 
mineux que le tissu pulmonaire normal ; il est solide et 
homogène, ne crépite plus et tombe au fond de l'eau. De 
plus, il est friable, et.lorsqu'on le presse entre les doigt?,' 
il se laisse aisément déchirer, ce qui est dû à ce que les 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



parois des alvéoles étant distendues par Texsudat ne peu- 
Tent plus, comme à l'état normal, céder sous le doigt, et 
elles se rompent. Sur une coupe, on ne voit aucune bulle 
d*ajr s'échapper sur Ja surface de section qui est irrégu- 
lière, rouge et finement granitée. Cet aspect est dû à Tac- 
cumulation d*un coagulom solide qui remplit les infundi- 
bula. Après lavage, le tissu devient gris jaunâtre, car 
l'eau dissout les globules rouges, et la coloration de la 
fibrine persiste seule. L'exsudat se rencontre également, 
sous forme de filaments, dans les canaux bronchiques qui 
paraissent larges et dilatés : il est constitué par un li- 
quide visqueux comprenant dans son intérieur des élé- 
ments solides. Expulsé, il produit ces crachats gélaniteux 
quelquefois incolores et transparents, plus souvent jau- 
nâtres ou d'un rouge brique qui adhèrent si intimement au 
fond du vase dans lequel ils ont été rejetés. 

Lorsque, après les avoir fait durcir, on examine au mi- 
croscope ces portions du poumon, on trouve, accumulés en 
assez grande quantité dans les infundibula, des globules 
rouges du sang, des globules blancs et des cellules épithé- 
liales qui se sont détachées de la surface. Le plasma qui a 
transsu^é à travers les parois des vaisseaux contenant 
une certaine quantité de fibrine dissoute, cette fibrine s'est 
coagulée en englobant les éléments , et le tout forme 
un coagolum dense qui distend les groupes d'alvéoles pul- 
monaires et les extrémités bronchiques. 

Lorsqu'on racle la surface de la coupe, on enlève des 
parties qui, vues à un faible grossissement, sont tout à fait 
opaques et présentent par leur forme le moule exact d'un 
Infundibulum. Lorsqu'on les traite par l'acide acétique ou 
qu'on les dissocie, on y reconnaît les éléments que nous 
venons de signaler plus haut. 

Ce sont les mômes parties, des globules rouges, des glo- 
bules blancs ht des cellules épithéliales volumineuses en- 
veloppées de fi brine c oagulée qu'on retrouve dans les cra- 
chats de la pn emnunl e . LuJ Ji^u^oiA oMa M aino eo » ora e bftt a . 



après les avoir étalés sur une plaque de verre, on y recon- 
naît des filaments opaques, fibrineux et minces, souvent 
divisés dichotomiquement et qui proviennent des petites 
bronches; maison n'y trouve pas le moule d'une infundibu- 
lum entier et des alvéoles qui s'y ouvrent. Le diamètre du 
moule tout entier d'un infundibulum, serait en effet, plus 
considérable que celui de l'extrémité bronchique qui com- 
munique avec l'infundibulum. 

Arrivée à ce point, la pneumonie peut guérir : la fibrine 
devient alors granuleuse, les éléments cellulaires qu'elle 
englobait sont libres et subissent aussi la dégénérescence 
granulo-graisseuse ; il en résulte une espèce d'émulsion 
dont une partie est résorbée par les lymphatiques et les 
vaisseaux sanguins, dont l'autre est rejetée par l'expecto- 
ration avec les mucosités des bronches. 

Dans d'autres cas, la pneumonie se termine par le troi- 
sième degré , Thépatisation grise. On trouve alors les 
alvéoles remplis par une grande quantité de globules de 
pus : le tissu malade offre une coloration gris jaunâtre ; 
il cède facilement sous la pression du doigt, et il en ré- 
sulte des anfractuosités qu'on pourrait aisément prendre 
pour des abcès. 

Ces différents stades de la pneumonie sont de peu de du- 
rée : c'est généralement après une semaine, quelquefois 
après trois ou quatre jours seulement, que commence la 
résolution qui est cependant beaucoup plus lente chez les 
vieillards et chez les personnes affaiblies. 

Des phénomènes analogues à ceux qui s'accomplissent 
dans l'intérieur des alvéoles se passent aussi à la surface 
de la plèvre, lorsque l'inflammation siège à la périphérie 
du poumon. Sous l'influence de la même cause, les vais- 
seaux sanguins sont congestionnés, distendus, ils font sail- 
lie à la surface de la séreuse; les globules rouges et les 
globules blancs sortent des canaux, les cellules épithéliales 
se gonflent, deviennent granuleuses et présentait un ou 
plusieurs noyaux ; de la fibrine exsudée englobe tous ces 
éléments et constitue ainsi une première couche qui 
recouvre la séreuse. Bientôt une seconde, puis une troi- 



sième couche se succèdent, et de leur superposition résulte 
une fausse membrane qui peut atteindre jusqu'à un ou 
deux millimètres d'épaisseur dans l'espace de vingt-quatre 
ou de quarante-huit heures . 

Telles^ sont, en résumé, les lésions anatomiques de la 
pneumonie aiguë, lobaire pu fibrineuse. Elles montrent de 
quelle nature est l'obstacle qui s'oppose à la pénétration 
de l'air dans les alvéoles ; elles permettent en outre de 
comprendre quel est le mode de production des bruits qui 
sont perçus à l'auscultation. 

Dans la première période, ou période d'engoûment, il 
n'existe, en général, comme dans la congestion pulmo- 
naire^ rien de bien caractérisé. « Quelques faits, dit Grisolle,, 
dans lesquels j'ai pu ausculter le malade dès les premières 
heures du début, me portent à penser que dans la majo- 
rité des cas, sinon dans tous, la crépitation est précédée 
elle-même d'un affaiblissement du murmure respiratoire. » 
Quelquefois aussi, d'après Stokes, il existe une respiration 
puérile. 

Cette première période dans laquelle on trouve peu de 
symptômes à Tauscultation est en général très-courte : on 
constate qu'elle dure de quelques heures à un jour lorsque 
la pneumonie étant superficielle, peut être facilement ob- 
servée dans sa marche. (A suivre.) 



CLINIQUE OBSTÉTRICALE 

Urémie. — Opération oésarienne. 
Par H. MARCÉ, interne des hôpitaux. 



Urémie iclamptique chez une femme enceinte. -^ Coma. — Mort. 
^ f0p\ft \xiï é 9H oif â ^piena u. — Extrf^ion d'un enfant vivant. 



L'éclampsie puerpérale ne se montre pas très-fréquemment 
chez les multipares. Aussi croyons-nous intéressant de rap- 
porter l'observation suivante, où il s'agit d'une femme arrivée 
à sa huitième grossesse, Bans que jamais aucun accident de 
nature convulsive ait existé pendant les sept premières. 

Ce cas offre encore un autre point à noter. On a pratiqué 
avec succès chez cette femme l'opération césarienne poet 
mortem ; c^est donc une preuve de plus que cette opération 
peut réussir chez les éclamptiques, lorsqu'elle est faite dans de 
bonnes conditions, c'est-à-dire aussi rapidement que possi- 
ble. 

La femme qui fait le sujet de cette observation a succombé 
deux heures après son entrée à l'hôpital, et c'est à l'obligeance 
de M. le docteur Bramberger, appelé en ville auprès de la ma- 
lade, que nous devons les renseignements suivants sur les 
antécédents et sur le début de la maladie. 

Obsbrtation. — La femme Fredes Héloîse, Agée de 35 ans, habitait 
un rez-de^^haussée humide et mal aéré. £Ue a été réglée à l'Age de li ans, 
et à 14 ans elle a eu de violentes attaques d'hystérie. Elle s'est mariée à 
17 ans et est à sa huitième grossesse. Ses couches ont toujours été très- 
bonnes ; en 1870, pendant le siège, elle accoucha à 7 mois 11? d'un enfant 
qui mourut au bout de six semaines. Jamais elle n'a été malade, et en ce 
moment cinq de ses enfants sont Tivants. 

Depuis une quinzaine de jours, elle avait de Tcsdème des jambee at depuis 
quelques Jours de la bouffissure de la face. Elle se plaignait aussi, depuis 
quinze jours environ, de chaleurs à la tête et de céphalalgie. "— Elle a eu 
de légères épistaxis. Elle s'attendait à accoucher d'un jour à l'autre, et 
croyait même avoir dépassé le terme de sa grossesse. 

Le l^** avril elle s'occupe dans la matinée des soins de son ménage, comme 
d*habitude, lorsqu'à dix heures du matin, eUe est prise de vertige et s'af- 
faisse en perdant connaissance. Transportée sur son lit, elle b^aie quel- 
ques mota imintelligibles ; puis elle a des vomioêmenti alimentaires et bi- 
lieux. 

Quelques instants après, les mâchoires sont s ér i é e s , la face vuHueuse; la 
malade est prise de convulsions épilepUformes et il y a émission d'urine. 

Sept à huit attaques convulsives se succèdent à environ un quart d'heure 
d'intervalle. A 1 heure de Taprès midi, la malade est plongée dans le 



M. Bramberger la voit à 1 heure 11) la trouve dans la résolution la 
plus complète ; sa respiration est stertoreuse ; il y a de l'écume à la bouche 



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IiE PBOaRËS MéDlOAL 



le.ppulB (est petit et irrégnli^ '< ^ ^'j & pa« àe conunçncemexit de trevaiL 

Le mari est en^ii^^ à faire transporter sa femme à ITiiQpîtal de la Pîûé ; 
elle y' arrive à 5 heves du soit, et entre salle 'Notre-Dame, dans le service 
de M.liORÀB^. ' ' 

SUe .a eu une petite attaque convulsive, ati moment oiême 4e son «rivée 
cfens ki'saflè. ■ < 

> (Elle est âaas 'l'état sniifvnt : Pefle cdmpifite de oonnaissanoe, état coma- 
tmx, tespinitàmx .fitedoreusi^ résolution absolue ; de temps en temps quel- 
ques petita «lopvemBnts dans les dent membres supérieurs. 

L'utérus efet coopplétemeot développé pconune k terme ; le toucher vaginal 
aénbte qu'il n*y a pas encore ae travail de commencé. On sentie col en 
«•rière et à ^uche»; très^ramolli, mais pas minore complètement ^aoé. On 
constate facilement que <c^ôt nneprésônfation de la tôte. 

On etjteo'dtrès-fcietï leè bnri.tâ du rxBvtr du fortus, bruits qui ont lafur maxi- 
mum un peu au-dedson^-et ù gndie de rembilie. La température vaginaka à 
eeniTment e^tSft^ 4. IL'tittMiieiiréeipar le ettûiéiérisme est assez abondante; 
^le estcliiireetoentieiitune gmode qfâantjité'd^albiimine. 
. A 6 heures, 1« malade a e« aine nçainoUe attaque convulsive. M. Lorain 
la voit quelques instants apc^s. La nespiration est encore plus stertoreuse ; il 
;^ a de Técume u la bouche et des râles trachéaux. 

Une saignée esi faite ; mais bien que la veine sdît largement ouverte, fl 
ne s'écoule que fort peu de sang, très-noir. La température " vaginale 
est 36', 6. 

• L'issue funeste n'est pas douteuse ; il n*y e plus à senger -qu'à une setle 
dhose, c'est à faire ropÂratiom césaiiemie au moment de la mort. A£n d'évi- 
ter toiit'i«tard et toute entrave, les précautions administratives sont prises à 
Tavance ; |jde^us,.'lasc8ur surveille la mourante, afin de nous prévenir à 
temps. 

A 7 heures, la (emme e«t«gonisante. Neus nous rendons, mes collègues 
et moi, auprès d'elle et nous attendons le dernier soupir. On entend, à ce 
moment, très-distinctement les bruits du cœur du fœtus qui sont réguliers. 
Mais, à mesure qtie la mort approche, les battements du cœur fœtal sont 
entendus d'une manière moins nette. 

Enfin, un dernier soupir a lieu : les pupilles sont dilatées ; le pouls n'est 
plus perceptibla ; en -a'entexid plus aucun bruit à la régiom précordiale ; 
alors, la mort ne nous p€uraissant pas douteuse, il est procédé sur le champ . 
à l'opération. 

Elle est faite le plus rapidement possible, sans aucune difficulté ; ca^ 

l'utérus se présente de lui-môme api^ l'incision des parois abdominales. 

L'ui4nis est incisé sur la ligne médiane dans une assez grande étendue ; 

la poche des eaux', ouverte en bat, laisse écouler le liquide ammottqu» et 

renfantse ftnâsenle à TonvertuTe par le dos et l'épaule gaucàe. 

L'opéreltiou n'a pas duré plus de une à deux minutes ; elle a été commen* 
cée presque imoïédiatement après la mort de la mère, si bien que l'enfant 
est extrait trois minutes environ après le dernier soupir. 

n est rapidement retiré de Tutérus ; le cordon est coupé et lié. L'enfant 
n'est pais cyanose, mais il ne respire pas tout d'abord. Ce n'est qu'en lui 
tftiUant la boudm. cl ea le frappant av«G é^& li ugcs mcmînés qu''on lui fait 
faKi^ au bout d'une minute environ une première inspiratioii ; puis, cfoelques 
ÎDBtaots après, une seconde, et enfin, il fait des inspîratiGOis mnltiplef 
et se met à crier. C'est un enfant à terme, assez gros, et du sexe 
féminin. 

Aujourd'hui, c'est-à-dire cinq jours après sa naissance, il va très-biea 
et part en nourrice. 

M. YvoN, interne en pharmacie du service, a fait avec son apparefl dont 
oA connaît la précision, l'analyse de l'urine et du sang de la malade. 
Il a obtenu les résultats suivants : 

L'urinB renfermait par litre 8 gr. OT d'albumine et î gr. 18 d'ux^e. 
Le sang renfermait par Htro gr. 271 d'urée. 

On voit combien est minime la quantité d'urée contenue dans l'urine, car 
le chiffre normal est par jour environ 30 gr. d'urée pour 1,500 gr. d'urine. 
11 y avait donc chez notre malade tbsence presque complète de réliminalion 
de l'urée. D'un autre côté, le sang ne renferme pas tout à fait le double de 
la proportion d'urée normale. 

ÎS autopsie n'a pu être faîte complètement, mais on a pu se procurer les 
reins par l'incision laite pour l'opération césarienne. Ils présentent tous les 
caractères d'une néphrite parenehymateuse déjà assez avancée, et occupant 
les deux reins dans toute leur étendue. La décorlication est très-facîle, la 
surface est lisse, la substance corticale est pâle et jaunâtre, an émi($e les 
pyramides au cdntraire sont hypérémiées e l se distinguent facilement. Les 
reins sont un peu plus gros que normalement. 

Ainsi néphrite parenehymateuse au second degré occupant les deux reins 
dans toute leur étendue. C'est plutôt la générahsation de la lésion que son 
degré qui nous explique comment l'urémie a pu se produire. 

Dans robserration qua nous veDons de rapporter, il y avait 
urémie et abaissement de la température. C'est en nous ap- 
puyant sur les travaux de M. Bounieviile, q[ue nous lui don- 
nons le nom ^"urémie éelafffpUgue.cav dansTéclampsie puerpé- 
rale-type il y a élévatvon de la température. Mais nous venions 
voir seulement, q[uels enseignements ce cas peut nous fournir 
au point de vue de l'opération césarienne. 

Il est facile de remarquer combien de précautions avaient 



été prises avant la mort de la malade pour s'assurer d'une 
exécution aussi rapide que possible. Tout avait été préparé 
et on a assisté à l'agonie. C'est là, je crois» un point impor- 
tant. — SU n'existe pa?, en effet, de signe absolument cer- 
tain de la mort, il n'en est pas moins vrai que le médecin, 
qui a vu disparaître un à un tous les symptômes de la vie ; 
qui, l'oreille sur le cœur, la main sur le pouls, a épié le der- 
nier soupir, est bien plus sûr de lui. Il sait mieux le moment 
où tout est fini que s'il n'arrive qu'après le fait accompli ; et 
dans ces conditions il peut pratiquer rapidement l'opération 
côsarienae. Nous croyons, en effet, qu'il faut, surtout dans ces 
cas d'éclampsieavec urémie, opérer très- vite pour avoir chance 
de succès ; car la circulation se fait mal» et le san^ est chargé 
d'un excès d'urée. 

Il y a tout intérêt à extraire rapidement l'enfant, et, nous 
le répétons, lorsque les précautions pnt été prises, lorsque 
plusieurs personnes compétentes ont assisté à Tagonie et sont 
d'avis que la mort vient d'avoir lieu, je crois qu'on peut ne 
pas attendre, et arriver à extraire l'enfant de la cavité utérine 
au bout de quelques minutes sans avoir rien a redouter ni 
pour la mère, ni pour soi-même. 

Bn nous appuyant sur notre (Nervation, nous croyons dooic 
pouvoir formuler les conclusions suivantes : 

l^' Il faut opérer vite — (l'enfaiit, enetfbt, avait au m(Niien!b 
de la mort, les bruits du cœur moins nets*; et il a faUu le sti- 
muler pour le faire respirer ; on peut donc supposer à juste 
titre que si l'on avait attendu, sa vie eût été gravement com- 
promise). 

2° Pour opérer vite, il faut non-seulement tout préparer d'a- 
vance; mais il faut assister soi-même à l'agonie, et voir mou- 
rir la femme. 



BULLETIN pu PROGRÈS MÉDICAL 

Gomposltioii du Conseil sHpérieui' de FinstraetHMi 
puMi^e. 

Lors de la discussion de la loi du 19 mars 1873 bien des 
remarques ont ^të faites sur la composition du Conseil 
supérieur de l'instruction publique, en particulier par la 
presse médicale. Selon nous, les perfectionnements appor- 
tés à i'aociea état de choses sont tout à fait secondaires 
devant le maintittii de l'association hjbride de la science 
et de la toi, ainsi qu'on peut en juger par la liste sni- 
vante : 

M. le ministre de riastmctiea puUifue; — MU. Dmnu, membre de 

l'Institut, vice-président ; — Patin, doyen de la Faculté des lettres de Paris, 
vice-président j — Bavaisson, inspecteur général de Tinstructioa publit|ue, 
secrétaire ; — de Montesquieu, conseiller dlBXat ; — de Gaillard, conseillée 
d'Etat ; — le général d'Oulrelàine ; — amiral de Cornulier-Lucinière ; — 
Tarchevêque de Paris ; — le cardinal archevêque de Rouen ; — Tévêque 
d'Orléans ; — l'évêqrîe d'Angers ; — SertStieur, deyen de la Faculté de 
théologie protestante de Mentauban ; -*- Pallot, pasteux de L'élise de la 
confession d'Augsbourg ; — Isidor, grand rahbin de France ; — Devienne, 
premier président de la Cour de cassation ; — Renouardy procureur général 
près la Cour de caesaiion^ — Giraud, meiahre de l'Institut ; <- Ëgger, 
membre de Tlnstitui ; — Beulé, membre de llnstitut ; — Laboulaje, admi- 
nistrateur du Gollé;gé de France ; — Wurtz, doyen de la Faculté de méde- 
cine de Paris ; — Milne-Edwards, doyen de la Faculté des scisnces ; — 
Barth, membre de TAcadémie cle médecine ; — Feray, membre du Conseil 
supérieur de l'industrie, du coramertse, €*c. ; — Ghilos, membre du Coneeîl 
supérieur dm commerce, de Tindustrie, etc. .; — BCaitel, membre du Conseil 
supérieur de ragrienlture, du oommeree, etc. ; -*- Faye, inspecteur géoéml 
de l'instruction publique ; — Balard, idem ; — Valette, professeur à la 
Faculté de droi^ dis Paris ; — Bouisson, doyen de la Faculté de médecino 
de Montpellier'; — Wallon, professeur à la Faculté des lettres de Paris ;— . 
Chevreul, directeur du Muséum d'histoire naturelle. 

Quatre membres de renseignement libre à élire par le ConséfL — Deux 
doubles élections ayant eu lieu et ayant été survies d'option, H sera procédé 
dans le délai légal au choix d*un membre de riosiitut et d'un m(*mbre d'une 
Faculté de droiU 

Des membres de ce Conseil, il en est trois, MM. Barth, 



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CRTSOSRËS HâinCAL 



Booiason et Witrtz, que BOtis deyona savfm d'ime Haçon 
pios spéciale. Les denx. êemîers par tes fooctiWES même 
qxills occupent, ont été obligés d'étudier tout au moins 
certaines questions d'enseigioement Quant au pcemier, 
a*il est Uei^ couitt par ses poklications. ctascâguea woar Tans- 
onltatieiiy il ^st loin d*a;foir jamais indiqué qu'JA se soit 
occupé d^ guestioBS relatives & renseignement médical et, 
certes, TAcadémie aurait pu trouver un licpime connaissant 
miaux Torganisation de renseignement et chez nous et 
àanfr les pays étrangers. P'ailleurs» peu importent les 
betttties s'ils font tous leurs efforts pour amener la réali- 
sation des réformes médîcales^réclamées depuis une dizaine 
d^années.. 

La lifite, qw nous &yo»a re|»*oduite, n-est ptts «oieore 
complète. Restent à étire les quatre membres de rensei- 
gnement libre. Otv pour cette électicm, H exfete une ano- 
malie bizarre. En effet, tandis que le Conseil supérieur de 
rindostria,, du commerce et de l'agrixsultare, par ex^nple, 
élit lu>-mêsie ses ireprésentants au Gectseil supérieur de 
l'mstruetîon publique^ les membres de Ven9$ignemeni libre 
n'ont pas le même drort. Ce sont les délégués des corpora- 
tions officielles qui sont chargés de ce soin. Là encore, on 
le voit, il y a mieux à faire. 



SOCIÉTÉS SAVANTES 

SOCIÉTÉ DE BIOLOGISi 
jSéanceiuZl mai. — phésidëkcs de M. Cl» BERNÂnn 



remarque aucun mouvement involontaire ou incoordonné 
dans la panrtie supérieure du corps; àpeipeun léger tic facial 
et une parole un peu saccadée. Mais, les membres inférieurs 
sont le siège des mouvements involontaires qui caractérisent 
la chorée. Le malade n*éprouve point de douleurs ; il a eu 
tm rhumatisme, il y a quatre ans, mais sans manifestation 
cardiaque. 

M. CttARCOT fait remarquer que ces cas ne sont pas Irès-rares 
et qu'il en a déjà observé xm certain nombre à la Salpé- 
tiîère. 

M. MuRON a répété queïques-unes des expériences qu'il 
avait déjà faites, et publiées dans sa thèse chirurgicale au sujet 
ÙQS infections étvfrtne dans le tissu cellulaire sous-cutané. Il 
a expérimenté tantôt avec des urines riches en sel, tantôt sur 
des animaux sains, tantôt sur des animaux affaiblis. Mms il a 
préféré aux lapins les chiens dont la résistance vitale est 
plus grande. 

Toutes les fois qu'il injecte dans le tissu cellulaire d*un 
chien vigoureux une urine riche en urée, 6& à 80 pour 1000, il 
a toujours provoqué la formation d'un abcès. Mais si, d'autre 
part il dilue cette urine en mélangeant une part, un tiers, un 
demi, trois quarts d'eau à 20 grammes de cette urine primiti- 
vement riche en urée, la tendance è la suppuration va en pro- 
gression décroissante et dès la deuxième dilution la résorption 
se fait presque toujours sans accidents inflamnratoires. Si le? 
chiens ont été affaiblis, soit par le jeûne prolongé, soit par 
une forte saignée non-seulement Turine riche en urée, en sels, 
mais Vurine diluée provoquent, lorsqu'elles ont été injectées, 
des suppurations étendues, souvent accompagnées de gan- 
grènes. 

M. Oluvier appelle Fattention de la Société sur quelques 
faits de Sneurs locales. On en connailun très-grand nombre de 
cas, mais ce que Ton parait ignorer c'est que aussi parfois ils 
peuvent se transmettre par hérédité. Il a connu un jeune 
homme de 21 ans dont la partie des téguments delà face inner- 
vée parla branche moyenne du trijumeau,était toujours le siège 
d'une active transpltation. On y constatait sans cesse de la 
moiteur et la moindre émotion, le moindre travail musculaire 



disait perier des gouttes desueur. Du reste à ce ndveau aucun* 
ailéraÉion appréoiaMe, à peine uflw vaaeukRisatioQ plus grand» 
lorsque la sécrétion s'exagérait. Le- malade n'âmdt ni névialgiv 
ni maux de états. Mais, chose curieuse^ un fbémamèoe en 
tout sembtadile avait été (d)aervé sur son gnmé père et jo»* 
qu'à sa mort survemie à 9è ans ; sa mève m'«vaâ( pas été eV> 
teinte de cette petite inûrndté ; auds sa soHir ei mn des treia 
enfants de sa sœur arvaient aussi une hypersécséCiea îles 
glanàestsudorjpanre&et lecaliaée dans la mêinetégiott. 

M. OxncDS rappeUe que daas une précédente séamee M. V»* 
neuîl, en pariant des herpès traumatiques 1«8 avait (Mvisés en 
herpès précoce et en berpès icmlif». L'berpds piécoee se produit 
immédiatement, sous llnflibence de rtrrislatkmdunerltrherpèa 
tardif ne peut surrenir que lorsque le nerf est végéaiéré. M. Osor- 
Mus a observé récemment un de ces cas- dliierpès tavdif. Il s'agR' 
d'un homme qui, à la suite d'une chute, eut le nerf seiatique 
aitteint, et bientôt on a pu oonstater un atropbie museuhàre 
considérable; les téguments étaient à peu pvès insensibles. 
Mais peu à peu reparurent et la motriollé et rexeftabâiié ; la 
peau était de nouveau sensible ; c^est alara qu'on vil se diéw* 
lopper deuix vésicules d'herpès. Il est doue évident que l'herpès 
traumatlquen'apparait que kyrsqueles nerfs sensîlAes peuvent 
devenir le siège d'ivradjatimus douloureoses. 

M. CnuLBCor. •*- On sait que l'herpès traumatiquene se déve» 
loppe pas à la suite des secéions nettes des nerfi», mais bien 
lorsqu'ils ont été contns, déchirés ou à demincoupés; et 
dans ces cas on peat constater des irradiations douloureusca. 
Pour expliquer ces fasts on a supposa une néirrite. fine est en 
effet probable, mais eQie n'est pas démontrée. M. Gharcot ne 
connaît qu'un cas suivi d'examen nécropsique et ce cas lui est 
perscxmei. U s'agissait 4*ttn malade atteint de cancer des vep<- 
tti^res du cou. Les corps veriébranx s éta::;A affaissés en rétré- 
cissant ronvertore des trous de conjugaiisons, ce qui provo» 
quait des irradiatioiis denzlourbuses dans les régions inner* 
vées par le plexus cervical superficie. H survint une éruption 
d'herpès dans ces m êmes régions. Le malade mourut : A 
ittuiopsiô, on examina comparativement les aerfi^dueèté saiai 
et les nerfs du côté où Therpès avait apparu. Les prennenr 
avaient leur coloration normale, les seconds^ au oontraire, 
étaient rouges, hypérémîés, gonflés ; à leur niveau, la eirc»- 
lati<m avait été évldemmânt plus active. Au mievoseope, en 
crut neoonnattre dans les gaines une augmentation denoyaor; 
mais à ce si^fet, M. Charcot ne voudrsit rien afûrmw, car 
l'observation remonte à une époque où r^caïaan des bsk^ 
était knn d'avoir la précision actuelle. P. B. 

SéaTice du samedi 1 ^tf îa.— pnésiDENCfi de M. Claude Bernard 

' M. JoLTET vient exposer les résultats de cpielquies expé- 
riences qu'il a faites, avec le concours de M. Blanche, sur les 
effets ûvLprotoxyde d^ azote. — On sait que le protoxyde d'azote 
entretient la combustion ; une allumette plongée dans ce gaz 
s'y rallume ; un charbon y brille d'un vif éclat. Il était inté- 
ressant de savoir s'il pouvait suffire aux besoins de la respi* 
ration des végétaux et des animaux. Les expérimentateurs 
ont placé des graines de cresson sur un papier humide recou- 
vert d'une cloche remplie de protoxyde d'azote. Au bout de 
quinze jours la germination n'avait pas commencé. Mais lors- 
qu'on soulevait un peu la cloche pour laisser pénétrer une 
certaine quantité d'air, dès le 2« ou le 3« jour, les graijies 
éclataient et l'on voyait apparaître la tigellc. Le résultat est 
toujours le même; il est donc évident que, dans les expé- 
riences contradictoires, le protoxyde d^azote n'était pas pur 
et que lorscpie la germination a eu lieu, le gaz contenu dans 
la docfae était mélangé avec de l'air. 

Si, d'autre part, on plonge des animaux, oiseaux ou gre- 
nouilles dans le protoxyde, l'asphyxie est rapide; au bout de 
quelques secondes, quelques minutes au plus, on volt surve- 
nir la mort. Mais dans toutes les expériences qui ont été faites» 
la sensibilité persistait jusqu'à la fin. A l'autopsie, le sang du 
cœur et des artères était noir. 

Lorsque l'on fait un mélange de protoxyte d'azote et d'oxy- 
gène (80 de protoxyde d'azote pour 20 d^oxygène)on ne cons- 
tate point d'asphyxie^ mais la sensibilité persiste, et sur des 
chiens plongés dans ce mélange depuis quinze à vingt mi- 



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6 



LB PROGRES MÉDICAL 



nutes, il n'y a pas trace d'anesthésie. Cependant l'analyse du 
sang démontre dans cent volumes l'existence de 30 centimètres 
cubes de protoxyde d'azote. 

De ces expériences, on peut conclure que le protoxyde ^ azote 
n'entretient laeomHstionni des végétaux, ni des animaux ; qu'il 
ne produit Panesthésie que par suite de Vasphyçpie lorsque Vani- 
mal est en danger de mort imminente. 

M. Charcot. Je n'ai vu employer qu'une fois le protoxyde 
d'azote. Il s'agissait de l'extraction d'une dent. Le tableau est 
véritablement effrayant. Lorsque l'intoxication commence; le 
regard devient fixe, la face pâle, livide même, de manière à 
présenter l'image de la mort la plus imminente ou encore 
de certaines formes de l'épllepsie. Je dois dire que l'opération 
fut faite sans douleur et que le réveil a été prompt, sans au- 
cun accident consécutif. 

M. BLOTa eu le même spectacle et, comme M. Charcot, il en 
a été effrayé; du reste il existe vm certain nombre de cas de 
mort et il est probable que tous n'ont pas été publiés. 

M. Laborde a vu employer le protoxyde d'azote dans un 
accouchement ; ce gaz ne mérite guère le nom d'hiUariant qui 
lui a été donné, car la personne à laquelle il avait été admi- 
nistré versa de véritables torrents de larmes. 

M. Cl. Bernard rappelle à M. Jolyet l'expérience de Bous- 
singault : Iqs feuilles vertes mises sous une cloche avec de 
l'acide carbonique pur ne décomposent pas cet acide carbo- 
nique. Mais dès qu'on a fait pénétrer une certaine quantité 
d'oxygène, les phénomènes ordinaires ont lieu. 

M. JoLTET fait une seconde communication : on sait que le 
chlorophyle décompose, sous l'influence de la radiation solaire, 
l'acide carbonique de l'atmosphère ; elle fixe le carbone et 
exhale l'oxygène. Mais M. Boussingault avait vu que les va- 
peurs mercurielles faisaient disparaître cette propriété, et les 
feuilles empoisonnéefs par ces vapeurs ne décomposent plus 
l'acide carbonique; mais ce qu'il n'a pas vu, c'est que la feuille 
agit encore tout comme dans la respiration nocturne : elle ab- 
sorbe de l'oxygène et émet de Taeide carbonique. Cette pçfpé- 
rience n'est-elle pas une confirmation des idées de Oafreatç qui 
distingue dam la plante la respiration et la digestion. Par la 
respiration la plante, comme tous les êtres vivants^ absorbe de 
Voxygène et rejette de Vacide carbonique ; par la digestion, elle 
décompose Vacide carbonique, fixe le carbone et met l'oxygène à 
Vétat de liberté. Les vapeurs mercurielles utilisent les fonc- 
tions digestives en laissant subsister les fonctions respiratoires. 

M. Cl. Bernard insiste sur l'intérêt de cette communication. 
Elle est une des meilleures preuves que l'on puisse invoquer 
en faveur des idées de Garreau, si remarquables en ce qu'elles 
font rentrer les végétaux dans la loi commune des êtres qui 
respirent, au lieu de les placer en antagonistes. C'est par la 
connaissance de cette double fonction respiratoire et diges- 
tive qu'on peut s'expliquer l'expérience citée de Boussingault. 
Si les feuilles plongées dans de l'acide carbonique Rur ne 
décomposent* pas ce gaz, tandis qu'elles le décomposent dès 
qu'on ajoute de l'oxygène, c'est que dans le premier cas les 
feuilles sont asphyxiées et perdent leur fonction, tandis que 
dans le second elles absorbent de l'oxygène, par conséquent 
respirent ; elles accomplissent alors leurs fonctions digestives 
et décomposent l'acide carbonique. 

M. Bouchard communique un cas 6.' empoisonnement par le 
mercure. Il s'agit d'un malade couvert d'une éruption syphi- 
litique papulô-squameuse. Seules les* parties internes des 
cuisses n'étaient pas atteintes. C'est à ce point que le malade 
s'est fait pendant sept jours des frictions immodérées d'on- 
guent mercuriel ; dès le cinquième jour, on pouvait constater 
une stomatite mercurielle des plus intenses. La sécrétion 
urtnaire a présenté des troubles remarquables : d'abord la 
quantité était moindre; à peine 150 grammes en 24 heures; 
elle contenait de l'albumine. On ne trouvait dans les 150 
grammes que 54 centigrammes d'urine, ce qui fesait à peine 
350 grammes, pour un litre. Au contraire, les matières ex- 
tractices étaient très-abondantes/ 4 grammes environ, ce qui 
faisait 23 grammes pour un litre. Les phosphates et les chlo- 
rures étaient moins abondants qu'à l'état normal. 

M. Charcot. A propos de V albuminurie constatée dans cet 
empoisonnement, je ferai remarquer que dans Vintoxication 



saturnine, la goutte est chose fréquente : les reins des intoxi- 
qués paraissent ne pouvoir plus séparer l'acide urique qui 
s'accumule dans le sang. J'en puis citer plusieurs observa- 
tions concluantes. A Me... on trouve deux fabriques de 
blanc de céruse ; des deux patrons, l'un a succombé à 35 ans. 
Né de parents non goutteux, 'il fut pris à 25 ans de coliques 
saturnines, de paralysie des extenseurs : puis survint la 
goutte, mais de marche chronique, comme c'est l'habitude 
en pareil cas ; goutte des plus nettes civec des dépôts tophacés 
uratiques considérables. Il y a trois mois, le patron du second 
établissement est venu me consulter ; chez lui, mêmes, pro- 
cessus : coliques saturnines, pas d'antécédents de goutte 
dans sa famille et cependant goutte chronique avec tophus 
uratiques volumineux. Enfin, il y a quatre ou cinq jours, un 
ancien peintre en bâtiments est venu me consulter. Lui aussi, 
après avoir été intoxiqué par le plomb avait eu plusieurs 
accès de goutte et présente aujourd'hui des déformations ca- 
ractéristiques de la goutte, avec dépôts tophacés sur les 
oreilles. M. Garrod a depuis longtemps appelé l'attention sur 
cette relation qui a été vérifiée par d'autres observateurs. 
M. Garrod a remarqué, en outre, que dans Tintoxication sa- 
turnine professionnelle, la proportion d'acide urique des 
24 heures diminue dans les urines, en même temps que le 
taux de cet acide augmente dans le sang. Il a fait voir, de 
plus, que l'administration de Vacétate de plomb, à doses mé- 
dicamenteuses, continuée pendant plusieurs jours, suffit pour 
amener la diminution de l'excrétion de l'acide urique par les 
urines. 

M. LiouviLLE fait en son nom et au nom de M.Béhier, une 
communication sur un cas de mort par œdème aigu à la suite 
d'une thoracentèse. 

Il s'agit d'un homme de 38 ans atteint de pleurésie du côté 
gauche ; du côté droit, on constate des signes de broncho- 
pneumonie. La ponction fut faite et on retira 2,500 grammes ! 
de liquide ; l'opération ne présenta rien de particulier ; le ma- 
lade ne cracha point de sang. Mais trois heures après Vopéra- i 
lion, 11 tui pns ae ayspnee; les accidents qu'il éprouvait n'a- 
vaient rien de la syncope signalée parfois dans un pareil cas, 
c'était bien de l'asphyxie ; le malade cherchait de l'air, faisait 
des efl*orts pour cracher, mais il n'y avait pas d'expectoration, 
quatre heures après l'opération, il était mort. 

A l'autopsie, on constatait que le lobe inférieur du pou- 
mon gauche était distendu par une très-grande quantité de 
sérosité spumeuse, analogue à celle que l'on trouvait dans les 
grosses ramifications bronchiques. Cette sérosité remplissait 
le lobe et s'écoulait en abondance lorsqu'on fesait une inci- 
sion. 

M. Liouville insiste sur la mort par asphyxie. Ce n'est pas 
la première fois qu'il l'a observée dans des circonstances sem- 
blables : il a vu trois fois les choses se passer ainsi. On ne 
peut pas invoquer ici la piqurexdu poumon, il n'y a pas eu de 
crachements (le sang. Ce cas doit être évidemment rapproché 
de ceux qui ont été signalés dans ces derniers temps et ras. i 
semblés dans la thèse de M. Terrillon. Il doit en être rapproché ' 
malgré l'absence d'expectoration albumineuse. Il est possible 
que si cette expectoration avait pu se faire, la mort ne serait 
pas survenue. Enfin, au point de vue pratique, ne pourrait-on 
■ dire qu'une évacuation trop prompte est parfois dangereuse; ' 
qu'elle doit être soigneusement évitée lorsque l'autre poumon 
est atteint ; que l'hématose y est compromise ? 

M. Dumont-Pallisr a observé, il y a peu de temps, un cas ! 
tout-à-fait semblable à l'hôpital Saint-Antoine, après une ponc- 
tion avec le trocart à hydrôcèle. La ponction fut faite le matin. 
Vers 9 heures du soir, les accidents débutaient et à minuit le 
malade mourait. Le poumon fut trouvé distendu par de la sé- 
rosité. Depuis ce jour, M. Dumont-Pallier n'évacue que la 
moitié du liquide et applique des révulsifs cutanés. 

M.Carvills sedemande quelles peuvent ôîre les causes qui 
provoquent cet œdème aigu. Lorsqu'il était interne de M. Hé- 
rard, ce médecin insistait souvent sur le danger qull y avait 
dans ces évacuations rapides du liquide pleurétique. L'air 
pénètre en abondance dans les alvéoles ; le sang affiue dans 
les capillaires, les distend, et uneceriaine quantité de sérosité 
peut passer au travers de leurs parois. 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



membre adjoint. Deux tours de scrutin ont eu lieu. Au pre^ 
mier tour, 27 membres ont pris part au yote. Les voix se répar- 
tissent ainsi : MM. Hallopeau, 11 voix; Malassez, 9;Hénoc- 
que, 5 ; Renant (J.), 2 ; — Gbatin, 1 . — Deuxième tour de scru- 
tin, M. Hallopeau obtient 18 voix; M. Malassez9; M. Hallo- 
peau est élu. ^ . P. R. 



ACADÉMIE DE MÉDECINE 
Séance du 3 juin 1373.— Présidence de M. Depaul. 

Le Ministre de la guerre demande Tavis de l'Académie sur 
l'organisation du service de santé de Tarmêe ; c'est surtout au 
point de vue des rapports entre les médecins et les pharma- 
ciens. Il y a eu souvent des plaintes des médecins et on 
demande s'il ne faudrait pas supprimer les pharknaciens ou 
leur donner un grade inférieur. 

M. Chauveau maintient ses conclusions relatives à la 
transmission des tubercules par les voies digestives et dit que 
M. Colin a mal compté ses expériences. M. Boulet rapporte 
quelques faits de M. Saint-Gyr, confirmant ceux de 
M. Chauveau. D'un autre côté, MM. Raynal et Colin nient 
ce genre de transmission. 

Suite de là discussion sur le iyphusexanthématigueM,¥AVYKh 
fait rhistoir^ des deux épidémies, 1860 et1863. Jl cherche à 
démontrer que le typhus s'est développé dans des conditions 
toujours les mômes, comme dans toutes les épidémies. En- 
combrement (1860. les Tartares) (1873, les Circassiens), la 
misère, la famine ; le scorbut et la diarrhée avaient, comme 
d'habitude, précédé l'invasion du typhus. 



SOCIÉTÉ ANATOMIQUE 
Séance du 2 mai. — Présidence de M. Charcot. 

Héinonrliagie da péricarde côiigg ^mKé a ané héittAwmigiè ' 
Interstitielle dn Tentrienle ^aehe ^ Oblitération de J'artère 
eoronalre postérieure par un caillot f Mort sabite» par 

Dransart, interne des Hôpitaux. 

Le 28 février 1873, M"« B..., âgée de 70 ans, pensionnaire à 
Sainte-Périne, mourut subitement. Le jour même de sa mort 
M"*« B... jouissait d'une bonne santé; elle s'était du reste tou- 
jours très-bien portée et possédait un embonpoint assez 
marqué. 

Autopsie. — Lq péricarde est considérablement distendu et 
présente un aspect bleuâtre. L'ouverture de cette membrane 
donna issue à du. sang liquide qui remplissait complètement 
la cavité péricardique. Les gros vaisseaux paraissaient sains à 
Textérieur, et l'attention fut immédiatement attirée par Pexis- 
tence d'une ecchymose siégeant sut la paroi postérieure du cœur 
au niveau du ventricule^ gauche, plus rapprochée du bord 
gauche du cœur que du sillon inlerventriculaire. Cette ecchy- 
mose, d'une teinte rouge foncée, présentait une hauteur d'en- 
viron 35 àlO millimètres et une largeur variant entre 7 et 10 
millimètres. Vers la partie moyenne de cette ecchymose, on 
constatait l'existence d'un orifice très-petit, sous forme de 
fente admettant l'extrémité d'une sonde cannelée. La sonde 
cannelée s'enfonçait dans un cul de sac dirigé obliquement 
<iàns l'épaisseur de la paroi ventriculaire et limitant l'intro- 
duction de l'instrument à une longueur de 4 à 5 millimètres. 

On ouvrit les cavités cardiaques; il n'y avait aucune altéi'a- 
ration au niveau des gros vaisseaux. La cavité du ventri- 
cule gauche ne présentait pas la moindre communication 
avec là poche péricardique, des recherches minutieuses ne 
purent faire découvrir la plus petite fente dans l'interstice des 
muscles papillaires. Quelques incisions faites dans l'épaisseur 
de la paroi ventriculaire au niveau de l'ecchymose prouvèrent 
que l'infiltration sanguine occupait une grande épaisseur de 
la paroi ventriculaire ; mais on put s'assurer par ime coupe 
faite obliquement à la face interne des ventricules, près de la 
base des muscles papillaires, qu'une certaine épaisseur du 
muscle ventriculaire attenant à l'endocarde, était exempte 
d'infiltration sanguine. Cette dernière donnée venait expli- 



quer l'absence d'otifice de communication au niveau de l'en- 
docarde. Il est bon de faire observer que le muscle cardiaque 
à l'œil nu était parfaitement sain. Le cœur avait un volume 
normal et les x)aroi s des cavités présentaient une épaisseur 
qui éloignait loute idée de travail atrophique à leurs dépens. 

Il est vrai qu'il y avait une surcharge graisseuse au niveau 
des sillons cardiaques, mais cette surcharge graisseuse n'était 
pas spéciale à l'organe central de la circulation, attendu que 
le tissu adipeux chez notre sujet était fortement développé 
dans tous les organes. 

La dissection des artères coronaires faite deux mois après 
l'autopsie (le cœur ayant été conservé dans l'alcool) donna les 
résultats les plus remarquables ; 

i^ U artère coronaire postérieure esiixès-dliéTéQ] ses parois 
sont dures et épaissies; sa face interne présente une coloration 
rougeâtre très-prononcée. Après un trajet de quelques centi- 
mètres dans le sillon inter-auriculo-ventriculaire le calibre, 
de l'artère cesse d'être perméable ; il est occupé par un caillot 
rougeâtre qui seprolonge jusque dans les deux branches de 
bifurcation de la coronaire pcstérieure-inter-auriculo-ventri- 
culaire et artère inter-auriculaire postérieure. 

De Tartère inter-auriculo-ventriculaire part une collatérale 
qui, descendant de la face postérieure du ventricule gauche, se 
rend au foyer hémorrhagique que nous avons décrit. Cette 
artère est blanchâtre, exsangue et c'est à ses dépens, selon 
toute probabilité, que s'est faite l'hémorrhagie qui a occa- 
sionné la mort. Il y a eu rupture d'une artériole altérée lors 
du rétablissement de la circulation collatérale qui a dûs'eifec- 
tuer à la suite de l'oblitération de l'artère coronaire posté- 
rieure. 

2^ la artère coronaire antérieure est également altérée, ses 
parois sont épaissies^ sa face interne est rougeâtre, mais son 
calibre est perméable. Cette pièce nous parait intéressante en 
ce qu'elle démontre la possibilité d'une hémprrhagie péricar- 
dique mortelle spontanée,' indépendante d'une rupture du 
^fiQj^jniJies-fi:ros vaisseaux et Ûée k des lésions dans les 
artères coronaires. ; 

Il est facile de se convaincre encore par l'examen de cette 
pièce que si une hémorrhagie moins abondante dans le péri- 
carde avait permis à la malade de vivre quelque temps, la rup- 
ture de la paroi ventriculaire se fut complétée et dans les 
cas de ce genre, la rupture du cœur doit être considérée 
comme un phénomène secondaire et non primitif. 
. M. Chabgot rappelle qu'un de ses internes ^ M. Soulier, a publié (l) une 
observation qui est le complément de celle de M. Dransart. Il s'agissait 
d'une femme à peu près du môme âge et qui fut amenée à Tinûrmerie de 
la Salpétrière pour une syncbpe. Elle était algide ; la température était à 
35° on 36^. Cette femme s'est remise de cette première syncope, puis elle 
eût deux ou trois lypotbjmies et enfin, elle succomba subitement. A Tau- 
topsie^ nous avons trouvé des caillots récents et des* caillots anciens. Il j 
avait eu d'abord une bémorrbagie superficielle qui n'avait pas tué la ma- 
lade, mais avait donné lieu à une première syncope. Plus tard, il se fit une 
rupture complète qui occasiobna la mort. Je dois ajouter que, en pareille 
circonstance, il est bon d'examiner le système artériel général. 

Tubereolose des ponmons et des organes génito-arlimlres, 

par J. CÀZALis, interne des bôpitaux. 

Arthur M..,, gardien de la paix, âgé de 30 ans, entre le 
18 avril 1873, dans le service de M. Moissenet, salle Sainte- 
Jeanne, n<> 76. U est malade depuis 6 ans; il eut au début une 
succession de maladies de poitrine qui furent appelées bron- 
chites et pleurésies* Gepeiklant, il put faire la campagne de 
Metz, et fut envoyé prisonnier à Mayence, où il eut un abcès 
dans la gorge et un rhumatisme, articulaire aigu. Il y a un 
an que ses testicules devinrent volumineux à la suite d'une 
blennorrhagiè, et peu après deux .fistules s'établirent au 
scrotum. 

À l'entrée dans Thôpital, on constate im état cachectique 
fort avancé, de la dyspnée, de la toux, des crachats purulents 
au milieu des crachats visqueux, blanchâtres et filants. On 
trouve au sommet droit en arrière, de la matité, du souffle et 
du gargouillement; au-dessous, des raies souS'Crépitants. A 

(l) Soulier. — Sur un cas de rupture du cœur. In Comptee-rendui $t 
mémoires de la Société de hiologie, année 1862. 



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LE FIK>6BÈS MÉDICAL 



ganehe, en entend un soafËe sec au sommet, et une respira- 
tfèn rnde et puérile àems le reste d^ poummi. Au scrotum, 
Bue cicatrice fistulaire et deux fistules ceniespendeni à la 
qtiefte de r@pld!4ynie, da côté droft. A gauche, une fistule 
cemBpond à l'épîdid^me de ce côté. Les testicules sont un 
lietzmoue et dœilouireux; on sent que les épidiéymes sont 
presque aussi' TolmDvneax qu'yeux, doulouneux, adhérents à 
iB peau. Les cerdoitt^sont doulovreux, engorgés, mais celui 
êà drefle Test plus que Toppesé. Depuis quelques jours, le 
malade ressent une ardeur très-yîve quand il urine, et en 
pressant sur rurètbre, on fait sourdre du pus. On trowne éga- 
lement un peu de pus dans l'urine, mais pas d'albumine. On a 
examiné au microscope le pii3 (iRe la verge et des fistules, et on 
n'y a trewé aifcun i^ermotezeide. 

Depuis que les êstifles se sont élaMles, le malade a des 
désm vénâriens, âes érections, maïs pee (Téjfleulation. C'epen- 
dËEUt, pendanU teuf£ le temps de son séjour à ThôpiUal, on a 
remarqué dies habitudes de masturhafioB continuelle. LaiTi^ 
dé ce homme est morte poitrinaire ; la pkthisie paraft arcfir 
régné dans celte ftimMe. Le malade est tombé peu è peu 
dans un marasme de plus en plus complet, et a passé ses trots 
derniers jeuis dans le coma, entrecoupé de délire tranquille ; 
Û est mort le 29 avril. 

AUTOPSIE, 4« mai fS73. — Le potemon fffxwke présente au 
sommet um épaissfesemenf dte la plèvre yiscéraîe qui tient 
Ibrtement à l'autre feuillet de la membrane par d!es adhérences 
fibreuses et résfetanles. Au sommet du loie supérieur se' 
trouve une caverne du volume d'une petite prune, entourée 
d'une zone de tissu induré, noirâtre; peu étendte, et de quatre 
ou cinq petites cavernulés du volume d'un pois. Dans le lobe 
supérieur et la moitié supérieure du ](Ae inférieur, granula- 
tions tuberculeuses opaques eu transparentes,, réunies en 
amas, pkttdt que dis9éniiQée&. Le poumon, du reste, est fbrt 
pev coBgesCieiEmé. 

Le p&umon droit est entfoai^ de fausses membranes phis 
^l»aisses, avec des adhérences plus norabreasesT «t pio* ooKrVen 
que du côté opposé. Il n'y a pas de granulations sur les plè- 
vres. On trouve dans le poumon, au sommet, une seule petite 
caverne, mais le» lebee renfermant une plus grande quantité 
de granulations ; tou:! ee poumon est le sîége d'une conges- 
tîen intense. 

Le périearie visei^l présente de petites plaques laiteuses 
en avant ^ -en- -arrière : le cœur a son volume normal, le 
AusGie eardinque est un peu pftte, les vatvules sont légèrç- 
menrt épaissies; Te ventricule gauche renferme des caillots 
fEbrineux etcruoriques d'agonie. 

Le piritûîné ne présente aucun signe dlofiammation, ni 
ascite, ni Crusses membranes. — Le /où, de volume normal, 
semble pôle. — La 9td€ est normale. — Les inUiUm n'ont pas 
été ouverts; à rexbénietic, on n'observe a«icane trace de Lé<- 
sions: le rectum ouvert, jusqu'à Ts iliaque, est sain. 

Le semirUtesi volumineux; il mesure 15 cent, de lon- 
gueur; sa coloration est d'un brun foncé, il se décortique 
facilement, et on observe à la surface une injection capillaire 
fort accentuée. Sur une étendue de quelques centimètres 
carrés, la coloration est d'un blanc jaunâtre. A la coupe, on 
trouve que cette coloration superficielle répond à des neyaux 
p!us profonds, au nombre de trois, du volume d'une grosse 
noisette à un gros pois: ces noyaux se composent de matière 
jaune, easéeuse, ramollie an centre; è la circenfërence se 
trouve une zone qui semibile fibreuse, phrs grise que le tissu 
sein du rein^ translucide, zone dans laqudle on voit de petits 
iioyaux caséeux millaires. Le tissu? de l'organe est kHiement 
cengestfonné . Les tui^rcules se sont développés indifférem- 
ment dans les deux substances. Sur la muqueuse du bassinet 
on trouve quelques granulations saillantes, translucides, évi- 
demment tuberculeuses. 

'Le rein gawe^est de même volume que le droit ; sa caj^ule 
se décortique aisément, meis la coloration générale est d'un: 
gris rougeëtre ; une grande partie de la surface est jaune ou 
bianche, et cette coloration se présente par points isolés, ou 
par points rapprochés formant des plaques plus ou moins 
étendues^ A la coupe, on trouve six ou sept foyers de volume 
d'une aveline environ, d'une £orme arrondie, ou ovalaire dans 



le sens des pyramides. Les uns sont formés d^on tissu je 
caséeux, ramofll au centre; plusieurs sont remplis d^ma 
bouillie jaune qui coule conune du pus, et leurs parois setiâes 
présentent une couche de matière easéeuse solide. Dms IB 
tissu intermédiaire à ces gros tubercules, qui est rosé, jm»^ 
nâtre, en quelques endroits, on trouve un grand nombre #n 
points miliaires, jaunâtres, non saillants, isolés, ou bien 
réunis en amas, quoique souvent encore séparés les \ms des 
autres par un peu de tissu rosé. On n'observe plus que trois 
pyramides à peu près saines, pressées par les foyers tubercu- 
leux ; le reste de l'organe est formé par de la substance corticale 
pûle, n»flée, d'un aspect translucide. 

La snqueuse du btusimt et dee mlk» est semée d\met 
énaraoe quantité de petites granulations maïaîres, opaques 
et jaimfttres qui forment par leur réunion de petites plaques 
très-voMnes les nnes ées autres. L'srvf^r» est parsemé ds 
plaques et de granulations smiblaâïtes : les tsniques son* 
épaisses» le dianiètre dm eansi égale eelm cPnn crayen, sa 
eaneistance est dure; M tanière est Mbie, ma» rélrécie. dans 
tonte la loogewr de Foi^ime^ 

La fo^me est ds volume normal ; ses parois sont d'épaissean 
evdinaire, aa muqueuse esi arberisée, de teinte ardoisée €• 
quelques places ; mais autour du col, on treurve quelque» pe^ 
tifees granulations transparenlas et opaques. 

Le aenal de Vwrètkn ne présente rien de particulier, saaf 
au niveau delà pr§stmie; en ce pwint, en effet, le canal s'owfte 
par un large orifice dans unie carrité creusée au centre de la 
glande; cette caviAé,. dn volnnie d'une grosse noisette, tel 
remplie d'vat pus crésMux qui sert au monesl où on owfs 
l'urèthre, et de grumeaux dont on ne pewt faire sortijr 
qu'une partie; les parois sont inégales, rugueuses, cou- 
vertes d'une couche de matière easéeuse : ce n'est que sur 
les côtés de la prostate que le tissu d* Is glande se retrouve 
encore. 

Le amal êéfirmU du côté droit est volumineux; ses parois 

sont dnriw?^ 4pais«2ioç^ grisée; la mn<in<Q¥iaf> cat couverte d un 

enduit purulent à aspect caséeux qui ne s'en va qu'à l'aide 
d'un raclage énergique : 6n voit alors, au-dessous de cette 
couche, et dans la muqueuse, des granulations opaques^ 
d'un blanc jaunâtre. Ce canal s'ouvre par un orifice évasé 
dans la cavité centrale de la prostate. La vésicule séminale du 
même côté, petite, offre des parois fort épaisses, du p^s 
caséeux dans une cavité centrale qu'on a peine à trouver, ei 
son canal s?ouvre dans la cavité centrale de la prostate. Le 
canal déférent du côté gauche présente des lésions analogues 
à celles de Topposé, seulement au niveau de la vésicule sémi- 
nale : mais alors les parois deviennent énormes, le calibre 
est inégal, le cylimtre tout entier a le velume du bout du 
petit doigt; l'orifice évasé aboutit à la caverne 'de la prostate. 
La vésicule présente les mêmes lésions que l'opposée, maisses^ 
parois sont plus épaisses. 

Les testicules sont tous deux de petit volume, pâles, blancs 
avec une légère teinte jaune; dans les cloisons du testicule 
droit, on trouve deux ou trois granulations miliaires, dures,, 
transparentes. Les deux épididymes sont presque aussi volu- 
mineux que les testictiles; chacun renferme plusieurs foyers 
caséeux secs, auxquels aboutissent les fistules observées pen- 
dant la vie de chaque côté du scrotum. 

L'encéphale n'a pu être examiné. (A suivréj. 

REVUE GHffiUUGICALK 

De reztixiiaiioiL da ir^. 

L'extirpation du rein est une opération si grave, qu'il a 
fallu toute la hardiesse des chirurgiens allemands ou amérî^ 
cains pour en concevoir la possibilité et, surtout, pour l'exé" 
enter une première fois. La quantité et Timportance des pro- 
duits excrétés par l&s reins, les accidents presque constanir 
ment nK)rtels causés par la rétention des matières excrémen- 
titielles, de l'urée en particulier, devaient tout d'abord faire 
rejeter une semblable opération. Ajoutez à cela les difficultés 
d'agir à une si grande profondeur, au voisinage immédiat du 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



9 



péritoine, la péritouito, lliémorrhçgle difficile à arrêter et la 
fiérie des accidents consécutifs à une si vaste plaie^ 

Cependant, si Ton cox^dère que l<e rein est situé en dehors 
de la cavité péritonéale, qu'il peut être atteint isolém^t à la 
région lomibaire; si Ton se rappelle encore que 1^ faits patho- 
logiques ont démontré que souve^ un seul rein pouvait suffire 
à iQ sécrétion urinaire^eCqueles accidents graves survenaient 
âUiTtQut quand la suppression de la fonction se faisait brus- 
quement» il semble possible alors de tenter Topération. Toute- 
fois, le D' Sûnon, le célèbre chirurgien de l'Université d'ilei- 
delberg, qui Texécuta le premier, voulut trouver un nouveau 
point d*appui dans rexpérimentation : il lia les uretères chez 
des chiens et enleva un des reins ; or, les accidents graves, 
l'inloxication urémique surtout, ne se mam£egièren(pas. Mais 
fil l/opération était justifiée^ quelles en étaient les indications? 
Le diagnostic des lésions d'un organe situé aussi profondé- 
ment que le rein n'est pas chose facile , c'est ce que prouve 
l'erreur complète commise par deux opérateurs : on arriva 
sur un rein entièrement sain. Nous x)ensons cependant que 
lorsqu'il s'agit de certaines tumeurs du rein, d'une pyélite 
calculeuse avec accidents urinaires ou septicémiques^ ou en- 
«ore> comme dans le cas du D^ Simon, dune fistule urinaire 
rénale impossible à guérir, il peut être indiqué d'opérer. Il 
faudra toujours être absolument certain auparavant de l'état 
du rein du côté opposé. L'examen des urines donnera dans 
«B cas d*utiles renseignements. 

Nous connaissons déjà quatre cas d'extirpation du' rein: 
le premier est c^ui du D^ Simon. Il s'agissait, avons-nous 
dit, d'une fistule urioaire intarissable. L'opération fût suivie 
de succès. Le second est dû au D^ Liser : le i«in fut enlevé 
à cause ^^s désordres survenus à la suite d'une blessure de 
guerre : la mort survint rapidement, -r- Le D^ Durhaxn praliqua 
la troisième extirpation : il commit une erreur de dlagoostic 
et perdit sa malade après 25 jours. Le çuatriême oa dernier est 
«ussi le plus intéressant en raison dfiâ difficultés du diagnostic, 
et aussi des conséquences physio logiques. Nous le rapporte- 
rons en entier tel qu'il est dans lè iVHUf-l UTâ MJmiÂU juw rm(. 
Chose remarquable 1 J)ansaMC»n de cescaa, il ne surviiU Sa6- 
^dente urémiques, — Nous aUims maintenant résumer briève- 
ment les observations. 

I. — Le D*^ G. Simon, dans «on onmge intitolë Chirurf^ der N^rm 
(Cbârurgie des reins), dont la première partie vient de paraître, fait amc 
détails le réoit de k première opération . de néphrotomie fui int été prati- 
quée cbee rfafnniae. 

La malade, ftgée de 36 ans, avait, 18 mois auparavant, sul)i une opéra- 
tion d'ovariotomie : on avait enlevé le cerps de Tutérus et les deux ovaires. 
Pendant Vopération, Turetère du côté gauche fut lésé, et; après laguérison, 
l'nrine s^écoulait par une fistule de la paroi abdominale quand la malade était 
^ebcut; si, au contraire, elle était couchée, le liquide passait parce qui res- 
tait da tx>l utérin et par le vagin. Un stylet pouvait pénétrer parr la fistaîle 
abdominale dans le vagin. La vie derint insupportable à la malade qm ré- 
clama une opération. 

M. Simon se proposa tout d'abord de fermer la fistule abdomiaide, puis 
d'établir une fistule vésico-vaginale, durant laquelle il ferait la suture du 
vagin. Il réussit à fermer la fistule abdominale, mais l'urine ne ooula plus 
dans le col utérin ; la plaie se rouvrit et laissa passer l'urine comme aupa- 
ravant. Il essaya alors d'oblitérer l'uretère avec le nitrate d'argent, dans 
l'espérance que Tatrophie du rein correspondant en serait le résultat ; mais 
la santé générale de la malade en fat tellement troublée, qu'il fut obiigé de 
renoncer à ce procédé, après l'avoir essayé trois fois. H n'y aurait plus 
^'une ressoiH» : Textirpation d.u rein. Mois on avant à lodouter l'intood- 
cation urémiqua ei la pânitonite. M. SimoQ, oertaÎA, par aes espérieiioes, 
qu'il ne survenait pas de symptômes d'urémie «ox diiens auxquels on en- 
levait un seul rein, et sachant, d'un autre côté* que la péritonita n'était pas 
absolument inévitable, puisque chez rhonmte., le rein est situé en dehors de 
la cavité périlonéale, se résolut à faire l'opération . Il pratiqua une incision 
longue de Ai 19 centimètres au nivean du bord extecne <b la wamm wro- 
lonibaire, et allant du bord inférieur de la dixième côte à la partie moyenne 
de la crête iliaque. Pendant les 24 beures qui suivirent l'opération, la 
malade excréta 460 cent, cnbes d'arioe, contenant 4 7o d'urée. Pas de 
symptômes d'urémie; pas de pénitonite. La convalescence fut cependant 
très-longue. La malade garda le lit seulement pendant 38 jouis, mais ô mois 
s'écoulèrent avant ^ue sa santé ne fût compléteoent rétablie II aa survint 
pas d'hypertrophie du ventncule gauche du cœur* 

Le D"" Simon tira do ce succès remarquable la conclusion 
suivante : l'ablation d'*un rein sain n^a pas une înâuence dé- 
favorable sur la santé de TindîvidUj parce quft, dit-ril, il existe 



une grande tolérance pourTaccumulation en certaine quantité 
des produits de sécrétion des reins; d'ailleurs, Tautre rein 
augmente de volume et sécrète davantage* 

n. — La seconde opération d'ablation du rein fui pratiquée, 
en 1870, par le jy Liser, à la suite de lésions graves produi- 
tes par. une blessure d'arme à feu- (In Wwtemèer^ Carrespoih' 
denzUatt, n^ 61 . 1 870.) Bn voici les points les plus intéressants : 

La bleesupe fut faite en décembre. Par la plaie qui siégeait au côté 
droit de la colonne lombaire, il s'écoula du safig et de Veau, Au mois 
de Jauger suivant, la suppuration s'établit. On place des tubes à drainage 
en mars. On trouve alors des cylindres dans l'urine, et de petits calculs 
rugueux sortirent par la blessure. A la mdBM époqui», de la doialear, des 
symptômes d'inflammation violente se déclarèrent du^iôté darein non blestâ. 
L'urino, provenant de la vessie^ renfermait du pus, des globales sanguins 
et des tubes. Après quelques jours^ ces accidents aigus disparurent et To* 
pératiôh fut pratiquée le 23 mars 1871. La blessure fut élargie en haut e^en 
bas de la douzième côte à l'os iliaque. On trouva le rein transformé en 
une espèce de kyste énorme. En raison du volume de cétorgane^ l'opérateur fut 
obligé d'enlever un pouce de ia douzième côte et d'élargir la plaie lalérar- 
lement. On arrêta par la pression l'hémorrhagie de l'artère intercostale. 
Pendant deux beures, le malade fiit pris d'accidents chloroformiques dan- 
gereux. Une bémorrbagie survint et l'affaibUt encoro. Il mounai «dix fafuwp 
api es l'opération. 

Autopaie, — Il n'y avait pas de lésion du péritoine. Le mn enle^ 
communiquait par deux ouvertures iistuleuses avec la plaie. Le rein droit 
était malade ; il renfermait plusieurs petits abcès. L'altération profonde du 
rein droit fut considérée comme la cause de la mort. Ce qui parut intéres- 
sant au point de vue physiologique, c'est l'abondante sécrétion du rein 
gauche et raffection concomitante du rein qui n'avait pas été blessé. Les 
deux uretères étaient pennéahles. 

m. — The British MedicalJournal du 18 mai 1872 renferme 
un troisième cas d'ablation du rein. Le Dr Durham enleva le 
rein droit d'une femme dans les circonstances suivantes : 

La malade^ âgée de 43 ans, d'une bonne santé générale, se plaignait depuis 
nombre d'années, d'une violente douleur dans la région du rein droit. Elle 
éprouvait tous les symptômes des calculs rénaux, y compris l'hémalurie. 
On n'avait jamais trouvé de calculs ni dans l'urine ni dans la vessie. Sur 
iiM * ■ t ii fl iiii — i n l i ii B ii u ■■ , M. le Ht Durbomt fit l'opération suivante : Uae inci-«- 
sion parallèle an bord exiarne du carré des lombes, le ooïkdiiisît jusque sur 
le rein ; il l'examina le mieux possible, sans le changer da place, mais n y 
trouvant rien d anormal, U se décida à refermer la plaie, sans pousser plus 
loin l'opération. Pendant quelque temps, la malade ne souffrit plus de son 
roin droit, mais bientôt la douleur revint plus violente que jamais : elle 
devenait très- vive, surtout quand on pressait sur la cicatrice. En mai 1872 , 
le Dr Durham résolut d^ recommencer l'opération et d'enlever le rein. Une 
BouveQe incision &t faite aumeme point; ondéeelia le rein des tissus ambiants 
en comprit son pëdicnle dans une ferle ligatore ; on coupa et on l'enleva 
tout entier. Le rein, ix^sé par la moitié, fut tMu-vé perfaitementsaiiu Viû^- 
cinq jours après la malade mourrait. 

n eût été intéressant dansée dernier cas de connaître d'une 
façon précise la cause de la mort : malheureusement, le jour- 
nal que nous avons entre les mains n'en fait pas mention, il 
s'agit, en efifet, de Tablation d'un rein cwnpîi&ement sain. Il 
est possible que cette suppression brusque d'une glande 
aussi volumineuse soit suivie de désordres beaucoup plus 
graves que, lorsqu'on enlève ua m^uàa déjà altéré, qui n'ap- 
porte plus à la sécrétion urinaire qu'un concours restreint, et 
qui est souvent, au contraire, devenu la source de troubles 
graves pour l'économie. (A Suivre.) 

H. DUKET. 



REVUE DE THÉRAPEUTIQUE 



I. Ho CMoi* |i <rMe ^e triméCliylapiilne ûmmmim tnrficnaent 4« 

ahmmmêk^mm^ abUcmMiw a|i^» par DvjJURDos-BsâDUETK. 

La question du traitement de rhumatisme articulaire aigu 
par la trimélbylamine est loin d'être résolue ; s'il y a beau- 
coup de faits positifs, les faits opposés ne font pas défaut* 
Dans un hôpital on réussit, dans un autre on n'obtient aucune 
amélioration. On a démontré, et principalement M. Frédéric 
Wurtz, que la trimétbylamine n'était point un composé fixe 
et stable ; est-ce donc parce que Ton se servirait de médica- 
ments différents, que Ton aurait des résultats également dif- 
férents. 

Aussi dans une nouvelle étude, M. Dujardin-Beaumetz, 



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.10 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



recommande d'employer le chlorhydrate de trimélhylamine, 
qui est fixe, quelle que soit sa provonance^ et parait avoir tou- 
jours une action physiologique et une action thérapeutique 
identiques : cette suhstance se donne à la dose de 10 centigr. 
à 4 gram. dans une potion, en 24 heures. M. Dujardln-Beau- 
metz, joint à cette étude, de nouveaux exemples rapides de 
guérison. (Bulletin de ihérap, n* 9, 1873). 

n. Fomnles sw les prépamtioiiB de trimétliYlaiiiUiey 

par A. Pbtit. 

A côté du mémoire de M. Dujardin-Beavunetz, le bulletin de 
thérapeutique donne une note intéressante de M. A. Petit, phar- 
macien. Il est indispensahle, dit-il, que le médecin qui or- 
donne la triméthylamine ajoute le mot vrat^ à sa prescription 
ou plutôt prescrive la solution au dixième. 

Exemple : 

Solution de trimétjlamine au dixième 5 gram. 

Potion gommeuse 150 gram. 

(cette potion contiendra 50 centigr. de triméthylamine waie). 

Le pharmacien saura ainsi ce que le médecin demande, sans 
cela on donnerait,comme triméthylamine vraie,les solutions de 
concentration très-variahles qui sont dans le commerce. Pour 
Tadministration du chlorhydrate de tryméthilamine, M. Petit 
propose la formule suivante : 

Chlorhydrate de triméthylamine 10 gram. 

• Teinture de zeste d'oranges 20 • 

Sirop simple 970 • 

On obtient ainsi im sirop agréable au goût et contenant 
20 centigr. de sel par 20 gram. (c'est-à-dire par chaque cuille- 
rée à bouche). 

m. InJeeUomi sona^utanées, par M. Constantin Paul. 

Après avoir fait ressortir les inconvénients des solutions 
au moyen de l'eau, de Talcool, M. C. Paul recommande la 
.glycérine, comme dissolvant ; c'est un liquide neutre, d'une 
conservation facile, et de plus, c'est de tous les liquides celui 
qui, par«sa nature, est le plus rapproché de la compoeitiûn 'du 
tissu cellulaire, sous*cutané. La glycérine est, en effet, 
pour le tissu cellulo-graisseux, une substance presque nor- 
male. 

M. G. Paul donne ensuite un moyen simple d*injecter une 
quantité précise de substance. Il consiste à peser la seringue 
pleine de glycérine, puis à la peser vide ; par différence, on a 
la contenance de la seringue, en poids : &oit 1 gr. 30, par exem- 
ple ; on compte ensuite le nombre de demi-tours, qu'il faut 
faire au piston pour vider la seringue, soit vingt et un. Sup- 
posons maintenant qu'on veuille donner, par exemple un 
milligr. de chlorydrate de morphine, on fera le calcul suivant : 
En faisant 24 demi-tours, le piston chasse 1 gr. 30 de glycé- 
rine, si on met'21 millig, de chlorhydrate de morphine dans 
1 gr. 30 de glycérine, chaque demi-tour donnera un milligr. 
{Hépert. de phar, et Jùwmal des connaissances méd. n<* 6, /873). 

F.R. 

.BIBLIOGRAPHIE 

Da point apophysalre ûmmn les névralgies et de l'irritation 
spinale, par M. le docteur Arkainoaud, Paris. Delahaye. In- 8*^ de 
65 pa^s. 

Le mémoire de M. Armaingaud se compose de trois parties. 
Dans la première, Tauteur rapporte des observations de né- 
vralgie dans lesquelles il a constaté Texistence d'un point 
apopàffsaire. On sait en quoi consiste ce phénomène indiqué 
par Trousseau comme constant, a Je l'ai toujours recherché 
depuis que mon attention a été attirée sur ce point, dit le 
professeur de THôtel-Dieu (1) et jamais encore une fois je n'ai 
manqué de le trouver. Pour en constater Texistence, il suffît 
de presser successiveme;it les apophyses épineuses des ver- 
tèbres, en conunençant par les deux premières, immédiate- 
ment au-dessus de Foccipital, et descendant jusqu'aux lom- 
bes. On arrive ainsi à un point dont la pression fait brusque- 
ment redresser le malade qui cherchç à se dérober au contact 

(\)Ttoubswi,'-C Unique médicale de V Hôtel-Dieu. i"" éd.,t. II,p.31 « 



et parfois pousse un cri : vous avez touché le point doulou- 
reux. On peut constater en môme temps que la pression des 
vertèbres situés au-dessus et au-dessousne fait éprouver au- 
cune souffrance. » 

D'après M. Armaingaud, l'existence du point apophysaire 
serait moins constante et se rencontrerait seulement dans un 
tiers des cas environ (il fois sur 30J. Dans une des observa- 
tions relatives à un cas de migraine avec pâleur de la face et 
copgestion oculaire, la pression sur l'apophyse épineuse de la 
première vertèbre dorsale détermina : c une augmentation 
d'intensité de la doukur hémicrânienne (à gauche), et en 
même temps une diminution progressive de la pâleur de la 
face qui reprit au bout de 5 à 6 minutes sa coloration normale 
à l'exception de l'œil dont le gonflement persista et dont la 
conjonctive resta fortement injectée. » Dix minutes après, la 
face était redevenue pâle. L'auteur en conclut que le siège de 
la migraine doit être placé dans la moelle et en particulier 
dans la région cilio-spinale. 

La localisation dans la moelle des névralgies (sm moins pour 
certaines d'entre elles), conduit à appliquer des révulsifs (vé- 
sicatoires, teinture d'iode, etc.), dans la région spinale et, en 
effet, dans plusieurs cas de ce genre, M. Armaingaud a pu 
triompher par ce moyen de névralgies rebelles. Aussi atta- 
che-t-il à la recherche des points apophysaires une grande im- 
portance. ^ 

Sous le nom d'irritation spinale, les auteurs anglais et avec 
eux Ollivier et Axenfeld ont décrit une maladie caractérisée 
par une douleur vive que détermine la pression sur les apo- 
physes épineuses, accompagnées d'irradiations douloureuses, 
souvent de véritables névralgies, de congestions locales et de 
divers phénomènes vaso-moteurs, maladie guérissant pres- 
que constamment par un traitement local appliqué sur la co- 
lonne vei:tébrale. 

Cette affection, encore assez mal définie, a même été niée 
par im bon nombre d'observateurs et Ton a rapporté soit à 
l'hystérie, soit à la névralgie intercostale (YallinA Jes phéno^ 
uieues qtit ta caractensent* 

M. Armaingaud discute ces opinions, mais sans apporter en 
faveur de l'irritation spinale aucune preuve nouvelle autre 
que des vues théoriques et s'appuyant sur l'existence du point 
apophysaire dans les névralgies, il conclut ainsi ; c II devient 
donc difficile de ne pas admettre que la névralgie avec point 
apophysaire et Tirritation spinale ne sont que des degrés dif- 
férents d'un même état morbide. On aperçoit alors, entre la 
névralgie localisée dans une seule branche nerveuse et l'irri- 
tation spinale avec névralgies multiples une série d'échelons 
qui conduisent de l'une àTautre et servent de transition.... » 

Ces échelons sont constitués par les périodes vaso-motrices 
parmi lesquelles M. Armaingaud étudie plus particulièremeiit 
la fièvre intermittente dont il place le siège dans la moelle et le 
ffoîire exophthalmique. — Gomme corollaire, il conseille dans le 
traitement de ces maladies les applications locales (saignées, 
vésicatoires, etc.), sur la région de la moelle. 

Plusieurs des vues émises par M. Armaingaud auraient be- 
soin d'être confirmées par des observations précises; mais, en 
attendant, ce qu'il faut retenir de son travail, c'est qu'il existe 
deux classes de névralgies, les unes siégeant à la périphérie et 
les autres ayant leur siège dans la moelle. C'est par l'absence 
ou la constatation du point douloureux apophysaire que l'on 
fera le diagnostic et que sera posée ensuite l'indication théra- 
peutique. Les observateurs auront maintenant à rechercher 
la valeur de cette distinction, et, si elle est démontrée, la fré- 
quence de chaque variété. A, Sevbstre. 



Chronique des hôpitaux 

Hôpital de la Chanté^ service de M. le piofesseur Oossbun. — Clini- 
ques les mardis, jeudis, samedis. — Salle des femmes : n^ 3, cardcome 
ulcéreux du sein droit, œdème du membre supérieur, fracture et ostéosar— 
corne du fémur droit; — 16, ankylose xle Tépaule consécutive à une arthrite 
suppurée ; -* 19, épithélio-sarcome repoussant dans le reste d^une grosse 
loupe épithélio-sébaoée opérée en 1872 ; — 21 , métrite catarrhale et hémorrha- 
gique sans pelvi-péritonite avec douleur très-vive au moindre ballottement, 
vaginite et catarrhe utérin, érosion du col. — Salle des hommes : n® 4, 
anthrax de la paroi abdominale avec un rétrécissement cicatriciel de la 



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LE PBOGRSS MSSMCÂL 



n 



portion spongiewe de TurèUne et des j^énonèiies gastalgiques en rapport 
' avec la diminution de la sécrétion urinaire ; 6, calcul vésical constaté par 
l« toudker leetal; 34, plaie de ranrant-braB avec du pes de pUegmem diffus ; 
4341, hydarthroses ; 15-50, aboèe de la marge de l'anus. 

Servioe de M. le docteur BsuRura. — Sxamen au spéculum pour les ma- 
lades du service et du dehors tons les samedis. — Salle des femmes : n^ VU, 
«oite de couches, accouchée il y a 6 ans, pélvi-périUmite chronique, acci- 
dents aigus deptns six semâmes, tumeur dure dans le cul-de^ac latéral 
gauche séparée partm ôllon du edl de rateras ; t3, phlegmon du lîgamedt 
iarge gauche ayeitt gagné 4a foese iliaque. IndunAien; 24, STip|)te8aiea des 
«^lea depuis le mois 4e iSvrier 1871, ches une jeune fiÛeâD 17 ans. JtepoÎBy 
vomissements Ucoteoibles rebelles à tout traitement. Espoir de léuasite par 
i^électricité actuellement employé^. . 

Hôpital Beaujon, service de 'hï. Leport. — Hommes : 17, paralysie et 
^itrophie dn hras gaudhe ; 22, tremblement hémiplégique ; 28» tuÉiacn corn- 
nùnutive avec plaie de l'arUculation du coude. — Femmes : 2» gomme du 
^tarnum; 7, périostite phlegmoneuse et nécrose de la claviculei lésectixm 
complète ; 13, ahcës multiples de la jambe, suite d^érysipèle. 

Service de M". Duja.rdik-Beaumetz. Salle Beaujon • 0, létrécissement 
aortique; 8, rétrécissement mitral; 11, rhumatisme articulaire vertébral. — 
Salle Monique : 13, chorée, insuffisance mitrale, manie; 3, névralgie faciale; 
10, esthiomôM inguiaaL — Servioe de M. LacoacHi. — Salle Saint- Jean : 
1, pneumothorax; %, tuberculose pérltonéale; 7, anasarque siems albumi- 
nurie, ni affection cardiaque; 11, chorée intense des membres inférieurs. — 
Salle Sainte-Paule : 9, sclérose des cordons antéro-latéraux droits ; 10, phleg- 
mon péri-utérin ; 18, rhumatisme articulaire subaigu : double pleurésie, en- 
docardite mitrale. 

Hôpital des dinigues. Service de M. Bhoga. — Hommes : n* 9. timieur 
du pli de l'aine; n** 25, hernie de J»-L. Petit. — Femmes : n* W, tmévrysme 
«de la Bons-clavière (?) ; n'^ 24, anévxysme drsdlde. — Leçons cUsîques et 
aérations les lundi et vendredi, à 10 heures et dosie. 

Hôpital des cliniques ^ service d'accouchement de M. le professeur Bbpaul. 
— • Cliniques les mardis, jeudis, samedis : st^ 20, rétrécissement du bassin 
(6 cent, 1/2 sans déduction), pemièce gtoasesee en 186S, oéphalotiipsie. — r 
Actuellonent seconde grossesse de huit mois ; 4'accouchemeot sera provoqué; 
sa, rétiéoiseament du hassin (10 centim. sans déduction). -—Application du 
ibrcepa après 48 heures de travail, enfant vivant, dépression considérable de 
la bosse frontale droite. En 1868, première grossesse, accouchement au for- 
ceps, enfant actuellement vivant, portant aussi à la naissance une dépression 

^e la bosse frontale droite duo A-te nuniHM Am Tn wq ln n i i ««i « i wtrtlrn] II. pin 

sieurs fausses couches dans Vintervalle des deux grossesses ; W, manie 
puerpérale chez une femme primipare encduta de 6 à 7 mois. 

Hôpital de la Pitié. Service de M.|le professct» YaWCEUiL. Cliniques les 
lundis, mercredis, vendredis. — SaUe des feamies : 9, tumeur- naso-pharyn- 
ffienne avec tumeur secondaire des ganglions du cou ; 25, tumeur cirsoïde de 
la région de la nuque; 27, rétrécissement du larynx, cause syphilitique. 

Salle -des hommes : 31, rétrécissement syphiliUque du rectum sypfailide de 

Ja région temporale droite, éryàpèle avec ulcérations ; 35, chancre phagédé- 
nique du fourreau de la verge, bubon, chancre inguinal, traitement par l'hy- 
drate de chloral ; 51, épulis sarcomateuse de la mèchoire inférieure. 

Hôpital Coehin. (Service de M. Bdcquoy.) 'Leçons à l'amphithéâtre le 
mardi et le vendredi, à » heures et demie. — Vendredi, 13 juin, la confé- 
rence sera faite par M. Byasson, pharmacien en chef de l'hospice du Midi, 
'cmi traitera de VSxamen des urines,' 

Salle Saint-Jean (Hommes) : N*» 2, cancer de l'estomac; — 3, pneumo- 
^çjaj. . — 4, mal de Pott cervical ; — 7, dilatation aortique; — 9, pachy- 
méninjrite cervicale; — 11, péritonite chronique^ ■— !«, QStéaoBhalaoLe ; — 
19, pseudo-pellagre alcooUque; — 20, tumeur ahBnm i inAv . ifltt» Mâttonir 
«ue; 21, hépatite chronique hypertrophique. 

Salle Saint-PhiUppe (Femmes) : N« 2, phthiae «g*,; — % Wiaatwâfl© 
xatro-utérine; — 6, méningite spinale; — 8. rétiémasMMnt SKpldUtiçue de 
la trachée ; — 10. aphasie ; — 19. diabète. 

Salle Sainte-Marie (Femmes) : N° 1, ramolUssemsnt .oésébiaL; -—.5, puiu 
pura ; -— 7. entérite chronique ; — 8, tuberculose aigué (puhnonaire et pé- 
litonéala); — 9, péritonite chronique. 

Hôpital des enfants malades. — M. le docteur Roger. Clinique le sa- 
medi — M. le docteur de Saint-Gbrmain. Clinifue le jeudi' — M. le 
4oct^ur BouCHUT, Cliniquele mardi. Safle Sainte-Catherine : W> 6, rhu- 
matisme articulaire aigu, endocardite ; — N« 7, contracture partielle du 
bras et de la jambe du côté droit; — N» 20, fièvre typhoïde, contracture 
des extrémités ; — N« 26, albuminurie- 

Èôpital Loureine, — Maladies syphilitiques . M. Alfred Fournœr fait 
des leçons cliniques tous les jeudis, à 9 heures. MM. les étudiants doivent 
ae munir d'une carte spéciale au secrétariat de la fa<:ulté. 

AfiiLB Sainte- Anne. — Cours cliniques et pratiques sur les maladies 
.mentales et nerveuses. Ce cours est fait successivement par MM. Dagonnet, 
P. Lucas, Magnan et Bouchereau. — Avant chaque leçon, examen direct 
par les élèves. — 15 jnin,' M- Bouchereau: Délire consécutif aux mala- 
ôdieç.aiguôs. 

Hôpital /5«Mf<-Xoffw. — Maladies de lapea». — M. Hakdy ; Leçoas le 



vendredi, à 9 heures. — M TjATT.t.eb z Levons, le samedi, .à 8 heures et 
demie. — M. Hillairbt : Leçons, le mercredi, à 9 hsure0 'et demie. -*- 
M. GuiBOUT : Conférences, les lundis et mardis^ à 8 heures et demie. 

Hôpital St^Amtoieu. — Service de M. le Dr Doplay. — Xeçons de dlî« 
nique chirurgicale tous les nwrdis à 9 heures. 

SaUe Ste-Marthe (femmes] ^ n^ 8, ankyloae ancienne dee deux artica- 
latioas hnméro*c.nhitales ; réeectîoa d'an côté .; a* jyo» gommai multiples de 
la face ; s? 16, cataracte secondaire, discimon. 

Salle Stp-Barkxahé (hornsDuos) ; n^ 2, arthrite blennocrhagîque .du tarse ; 0^ 
X résection ancienne de l'ipaule ; n^ ^ Ostéite et caôe des condyles dn 
iibia ; a^ 10, ostéitqs toberouleuees : aUation de deux doigts de la main et 
dn gros osieil ; a^ 12, luxation du caudean arrière i n"^ 10 et 32, cataractes 
opérées récenunent par le procédé de la graisse ; n^ 20, ôritis syphilîtique ; 
n^ 22, kérato conjonctive scrofuleuse ; n** 2fi, oommotiondela moelle, suite 
de chute sur la région lombaiie ;a^ é2. ahoès iboid «t nécrose du cartilage 
thyroïde situé sur la ligne médiane ^ n*^ 46, Nécrose syphilitique du tibia ; 
n*^ 50, tumeur syphilitique de la gaîne des péronniers latéraux; b9 56, hyper- 
trophie considérable de la prostate ; néphrite concomitaixte 

M. Peter : Leçons de -clinique médicale tous les vendre^ à 9 h. lîS, 

EnsedgnemeBt libre 

Conférences pour le 1^^ emamm dé fin d'anwi* : 20 francs par mov. '— 
Manipulations et travauœ chimiques : 25 francs par mois. — On sanscrit au 
laboratoire, tous les jours, de 2 a 5 heures, rue Gay-Lussac, 10 (entréet ^Q<- 
passe Royer-CoUard, 3). 



NOCTEUJÏS 

Mortalité a Paris. — Du 31 mai au 6 juin : 772 décès ; en moins sur la 
semaine piéeédente, 45. — <- Rougeole, 14-; — fièivse typhelde, 8 ; ~- érysi- 
pèle, 10; <«- bronohHe aignS, 1!5; — pneumonie, SI ; -^yeeenterie. 8 ; — - 
diarrhée cholériforme des jeunes enfanta, 8; — •agÎMooaeoneuBe, 6 ; — - 
croup. .16 ; — affections puerpérale^ 7 dont 6 en ville; -— autres affections 
aiguës, 230. 

Lyon. — 328 décès du 19 mai au l**" juin : rougeole. 11 ; — fièvres contî- 
aues 4 ; — érysipèle, 6 ; — bronchite aigué» 18 ; — pneamonie, 1« ; — 
affections puerpérales, 16 ; ** affections cérébrales, 54. 

LÔNDRÉi. Population 5 a,80e«078 habitants. — Du^S au 31 -mai, 1,*«8 dé- 
cès. Rougeole, 29 ; — scarlatine, 8; — fièvre typhoïde, 17 ; — érysipèle, 7 ; 
— - bronchite, 125 ; — pneumonie, 77; — dTarrhée, 16; — diphthérite, 5 ; — 
croup, 12 ; — coqueluche, 43. 

ECOLB PRâPARATOIRB DE «ÉDBCINB DB LYON. — Ont été OOmmés (aTfôté 

.mhmtériel du 24 mai) : Professeur titulaire de pathologie externe et de 
m^ecine opératoire, M. Berna,. eb templaoemeot de M. Pétréquin, adnus 
à iaire valoir ses droits à la retraite et noçuaé professeur honoraire : -^ 
professeur adjoint de physiologie, M. Létiévant, suppléant, en remplace- 
ment de M. Chauvin, décédé; — professeur adjoint de pharmacie, M. 
Crolas, suppléant de. chimie et de pharmaaie, ea lanplaaemeBt de M. Da- 
voUon, adniis à faire valoir see droi^ à la retnile, -«^ M. Gayet, sup- 
pléant de la chaire d'anatomie et de physiologie, est nommé professeur 
suppléant des chaires de chirurgie, en rampkcement de M. fierne. [Lyon 
médical. ) 

Il est vivement à souhaiter qu'un gouvernement libéral 
laisse la yiile de Lyon créer une faculté de médecine, car elle 
psaède itmt Jas éiémenls néceasaûres. 

«-*• .Un(QQncowaf»our une place de pi'ofeseeur anpplétint de thérapeutique 
et de matière médioale aura lieu le 11 août. On s'inscrit jusqu'au 1'^'' août 
(aeorétariat de rSoole préparatoire, à Lyon). Epreuves : 1® Appréciation 
des titres et .travaux antérieurs ; 2^ détermination d'un certain nombre de 
suhstanoes médicinales fraîches ou sèches ; 3° dissertation orale sur Tune des 
substances; 4* lefon omle d'une heure, après 24 heures de préparation. 

IbniBORia&jiozi. — K. Bacaiane-fara une hflfibffdaationie 15 juin dans lia 
forêt de Saint-Germain. Hendez-vous sur la terrasse à l'arrivée du toKbi* 
Défflstde Buis à 9 hem -91 (sa»e*^aint-Luzare). 

.^FACfCLTÉ PB MâDBOIÏTB BE MONTPELLIER . — Un COUCOUrS poUT )1|ne 

place de chef de cUnique médicale aura lieu lo 30 juin; on s'inscrit jusqu'au 
26 juin. -^ Un concours pour une place de chef dP clinique chirurgicale aura 
lieu lieu le 14 juillet; on s inscrit jusqu'au 10 juillet. 

Faculté de médecine de Paris. — M. Strauss est nommé chef de cB- 
nique médicale en remplacement de M* Liouville, nommé chef de laboratoire 
de l'Hôtel-Dieu. 

Le nouveau chef de clinique avait été nommé pttr concours 
chef de clinique adjoint, il serait important de savoir quelle 
est la durée de ses fonctions, si elles doivent finir ou non avec 
la duFée fixée par les règlements du concours à ses fonctions 
de chef de clinique adjoint. 

Concours. — - Le concours pour trois places de médecia du Bureau central 



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LE PROGRÈS MEDICAL 



des hôpitaux de Paris» vient de se terminer par la nomination de MM. Rigal, 
Audhoui et Duguet. 

Concours d'agréga.tion pour l'enseignement supérieur. — En vertu 
d'un arrêt ministériel du 26 avril, pris en exécution du statut du 19 août !857. 
il sera ouvert à Paris, le 19 novembre 1873, un concours pour quatre places 
d^agrégés près TEcole supérieure de pharmacie, savoir : deux places dans la 
section des sciences physi<{ues (chimie générale et toxicologie) ; deux places 
dans la section de^ scienc^^ naturelles (botanique et pharmacie cHiiadqué). 
Les candillats' devront se' faire inscrire au seciïtarïat des diverses acadé- 
mies où ils résident, deux mois avant l'ouverture du concours. Ils produi- 
ront : 1^ une copie légalisée de leur acte de naissance; '2^ leur diplôme de 
' docteur ès^sciences physiques ou naturelles, et celui de pharmacien de pre- 
' mièrç classe. — A ces pièces, ils joindront llndication de leurs services et 
de leurs travaux, et un exemplaire de chacun des ouvrages ou mémoires 
^ qu'ils auront publiés. Les registres d'inscription seront clos irrévocablement 
le 19 septembre 1873, à 4 heures de l'aprèç-midi. 

Vacances médicales. — Clientèle à céder à une heure de Paris* — r 
Rapport : 11,S00 francs. S'adresser pour renseignements, à M. Toly, 1, 
. rue Antoine-Dubois Paris. 

Société de Thérapeutique expérimentale. -» Siège : rue des Poite- 
yins, 2. — Séance du 16 juin : De Vorigine, de la provenance et de Vent' 
'pUn thérapeutique de Voliban, parL. Marchand. 

' Nécrologie. — M. le docteur F. Bricb^teau, ancien secrétaire de la 
Société anatomique, ancien chef de clinique àe la Faculté de médecine de 
Paris, rédacteur en chef du Bulletin de Thérapeutique , vient de mourrir à 
Tours. l!iou8 associons nos regrets à ceux des amis de M. Brioheteau. 

Faculté de médecine de Nancy. — M. A. Netter est nommé bibliothé- 
caire conservateur des collections à ladite Faculté, en remplacement de 
M. Bouchard appelé à d'autres fonctions. 

Ecole de PHARMAcm db Nancy. — M. Strolh, ancien agrégé de l'Eeole 
supérieure de pharmacie de Strasbourg, est réintégré dans les mêmes fonc- 
tions à l'Ecole supérieure de pharmacie de Nancy, 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

Avis A MM. LES ÉDiTBURS. — Tout ouvraçe dont d&ua> exem- 
plaires seront envoyés au Proorâs Médical, sera annonôé et 
analysé. — Tout ouvrage dont il n'awra été dépose quun tamn- 
plaire, sera simplement annoncé. 

IJUiralrie F. HXW, me Haatefenllle, n^ M. • 

Dragendorf. Manuel de toxicologie, traduit avec de nom- 
breuses additions et augmenté d'un précis des autred Ques- 
tions de chimie légale, par M. Ritter. In-S* de 708 pages af^éc 
47 figures dans 16 texte, 7 ft. 50. . ; :^ i 

Librairie J. B. BiULLUÈRE, rue BMiCefeiilUe; 19. 

GuTON (F). Éléments de chirurgie clinique comprenant le 
diagnostic chirurgical, les opérations en général, les méthodes 
opératoires, rhygiène, le traitement desb]essés et des opérés. 
In-8* de 672 pages avec 63 figures intercalées dans le texte. 
ISfir. 



LlbnUrle G. MASSOrV, plare de l'Écoie de Hédeelne. 

Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, pu- 
blié sous la direction de M. A. Deghambre. 2^ série, tome yii«, 
l** partie (mer-mét). Ce fascicule contient entre autres les ar- 
ticles suivants : Mer, par Rochas ; — Mercure, par Gobley, 
Fonssagrines, Orfila, E. Beaugrand; Maladief merctirielleSy par 
Rollét; — Mésentère^ par Besnier; — Mesmérisme, par Be- 
chambre ; — Mésoloçie, par Bertillon ; — Bruits métalliques^ 
par Barth et Çoger ; — Métastase, par Blachez ; — MétéorôUh- 
gie, par Renou et Chéreau ; — Méthode, par Hecht 

DiDAT (P.) Examen médical des miracles de Lourdes. Iii-24 
de 150 pages. 

DiEULAFOT (G.) Traité de l'aspiration des liquides morbides. 
Méthode médico -chirurgicale de diagnostic et de traitement 
kystes et abcès du foie, hernie élranjglée, rétention d'urine, pé- 
ricardite, pleurésie, hydarthrose, etc.) In-8» de 484 pages. 

Librairie A DELAHAYE, place de, l'Ecole de Védcclne. 

Arthus (A.) Traitement, des maladies nerveuses et des aff«c- 
tions rhumatismales par Télectricité statique. In- 4 S de 164 
pçiges, 2 fr. 

Charcot (J. m.) Leçons sur les maladies du système ner- 
veux, faites à la Salpétrière, recueillies et publiées par Boua- 
NEViLLE. 1«' fasicule : Des troubles trophiques consécutifs aux 
maladies du cerveau et de la moelle épiniére. In-8<> de 96 pages 
avec figures, 3 fr. — 2* fascicule : Paralysie agitante anatomiê 
pathologique de la sclérose en plaquet ,lùr%^ de 96 pages avec 
4 planches en chromp^lilhographie et figures dans le texte, 
3 fr. — Z^ fascicule iSpmptomatologie, formfs, périodes, traité^ 
ment de la sclérose en plaques. In-8<» de 64 pages avec figures. 

GoTTARD (AlbO De la valeur de la thrimélhylamine daus le 
traitement du rhumatisme articulaire; In-S^ de 88 pages, 2 fr. 

Penis (E. D.). Etudes sur la nature et le traitement de cer- 
taines formes d'iridochoroïdUes. Iû-8* de 80 pages, 2 fr. 

Dbmandre (Abel). Des tumeurs de Vnmoplate ci de leur àm^ 
gnostlc, de leur traitement et des résectioûs qu'elles nécessi- 
tent. In-8* de 58 pages, 2 fr. 

Desmazes (Ch.) Les aliénés ; étude sur la loi du 30 juin 
i838; le pi:ojet Qàmbetia et le drame à'Evesse. In-8o de 
84 pages, 2 fr. 

Librairie LOUIS LBGLEBC, i4, wmm de l'Ecole de aiédeeiAe 

Franca y Mazorra. Etude sur remploi de Thydrate de 
chlorai. In-8« de 90 pages. 2 fr. â<. 



Le rédacteur-gérant : Bournevillb. 



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plus en plus en France. Il y a là un progrès hygiénique marqué. Son influence utile sur le développement des systèmes i 
musculaire et osseux est indiscutd)Ie. C'est cette raison qui la fait conseiller par les médecins et les hygiénistes aux | 
mères pendant la grossesse, aux nourrices pendant Tallaitement. Elle est préférable pour elles à toute autre boisson. 
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21 JUIN 1873 



Le Progrés Hédical 



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L'ABONNEMENT JOUMAL DE MÉDECINE, DE CHIRURGIE ET .DE PHARMACIE 



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TûUL co qui concerne la Rédaciioii et rAdministration doit être adressé aux bureaux du Jourual. 

* Les bureaux sont ouverts de midi à 4 heures du soir. 

L.e Prix d'abonnenit-nt doit être envoyé en mandats -poste ou en traites sur Paris.— L'abonnement part du l®»" de chaque mois. 
On s'abonne hors de P«rLs danS les bureaux des Messageries et chez les Libraires. — Les lettres non affranchies sont refusées. 

SOMMAIRE. — Ci-iNiQt:K Miiî)ir\LE: F.tude de *iuelqu«^s pointa de l'urcmie, leçon 
de M. Béhier. recueillie par Liouville ei Straus. — fATUOLOOiB extkrne : Anato. 
mie et physiologie pathologiques des tumeurs urineuses et des abcès urineux, par 
M. Dransart. — Phtsiologib : Influence de l'aspiration thoracique et des mouve- 
ments respiratoires sur la circulation, par Ko^apelly. — Bullktin du Proorks 
MÉDICAL : Des rapports entre le sommeil et la nutrition des centres nerveux- — 
Société de Tempérance. — Sociétés savantes. — Société th biologie : — Palho- 
génie des accidents éclamptiques, par Bouchard ; — Température dans le tétanos, 
par Muroo, diacussion par Charcot, Laborde, Liouvil e, Carville ; — Tempéra- 
ture dans les attaques convulsives, par Cornii, discussion par Charcot. — Académie 
de médecines — Société anatomique : Cancei du mésentère, squirrhe atrophique> 
étranglement interp^^.paT Seuvre; — Eléphantiasis du clitoris, par Ziembicki; — 
Tumeur du sein, ^arv,Cri^veilhier. — Revue d'obstefriqur : Etat du foie chez les 
femmes en lactation, *pa*r Sinéty ; —Diagnostic des kystes de l'ovaire, par billot; — 
'Rhumatisme dans l'état puerpéral, pur Quinquaud; — Procidences des membres dans 
les pré•éntat^>n8 de l'extrémité céphalique, par Kubé ; — Tumeurs de Tovaire et 
accouchement/ par Treille (an. Budin). —Revue chirurgicale: De l'extirpation 
du rein, pfir H. Daret. —Chronique des Hôpitaux. — Nouvbllbs. —Bulletin 

BIBXJOGBAPHIQn? . 



CLINIQUE MÉDICALE 

HOTEL-DIEU..— M. LE PROFESSEUR BÉHIER. 

Éti)id»d«jittelqu6«|KrfUttsderUré«nto . 

Théories. — Expériences.) 

Leçons recueillies par H. Liouville, chef du laboratoire et 
I. Straus, chef de clinique adjoint (1). 



Messieurs, 

Vous avez pu voir dans nos salles, et nous avons étufliô 
ensemble dans nos dernières leçons trois cas différents 
d'albuminurie. Rien à mon sens n'est aussi utile et aussi 
instructif que de réunir plusieurs exemples d'un môme 
symptôme et d'examiner les conditions spéciales qui prési- 
dent à son développement et en modifient souveiit la valeur 
et la signification. Le premier malade dont je vous ai entre- 
tenu et qui était couché au lit n° 23 de la salle Ste-Jeanne 
a présenté la forme bénigne, facilement curable delà mala- 
die. Cet homme, vous vous le rappelez, s'étant refroidi à 
la suite d'une libation, fut pris de frisson, de malaise, d'a- 
nasarque et d'albuminurie. Au bout de 10 jours, à la Suite 
de l'administration de bains de vapeur et de pilules de tan- 
nin, l'œdème se dissipa, l'albumine disparut des urines et 
le malade quitta nos salles complètement guéri. Nous 
avons eu affaire là à une albuminurie aiguë bénigne, tran-- 
sitoire, correspondant à une lésion Superficielle et facile- 
ment réparable des reins, à u^e néphrite catarrhale 
simple. L'examen microscopique des urines nous a auto- 
risé avec presque autant de certitude que si nous avions 
eu les pièces anatomi^ues sous les yeux, à affirmer que 
cette lésion consistait en une simple desquammation ca- 

(l) Ces leçons ont été faites le 12 et le U mars 1873 à l'Hôtel-Dicu. 



tarrhale des tubuli du rein. Cette chute de l'épithélium a 
permis la transsudation d'une certaine quantité de l'albu- 
mine du sérum sanguin ; en outre, un plus ou moins 
(içrand nombre de tubes, obstrués d'abord par les produits 
de cette prolifération cellulaire, n'ont pu sécréter l'urine 
qu'imparfaitement ; de là la diminution de ce liquide. Bien- 
tôt, les canalicules se sont désobstrués, Tépithélium de 
revêtement s'est restauré, la sécrétion et la circulation uri- 
naires se sont rétablies. 

Au lit n*^ 9 de la salle St-Antoine, vous avez pu observer 
une forme analogue mais qui établit en quelque sorte une 
transition avec les formes les plus graves, avec 1? maladie 
de Bright véritable. La marche de l'affection était plus 
lente et plus traînante ; l'urine contenait non-seulement 
d es cellules d'épithélium granuleux et des tubes également 
^jiwuuieuA, comme dans le cas précédent, mais en outre 
quelques cylindres fibrineux et quelques tubes graisseux 
ainsi que des globules rouges du sang, indices d'une phleg- 
masie plus profonde et pouvant par conséquent être plus 
durable; enfin les symptômes eux-mêmes étaient i plus 

Saves, la dyspnée était forte et des vomissements répétés 
Jiquaient une menace de la complication, dont je' veux 
' siSfrtoàt vous entretenir aujourd'hui, complication . qui a 
reçulenomd'wr^mi^. .»•..... _ .a^iii. 

Enfin, pour franchir un degré de plus, la malade quT" 
était couchée au lit n° 26 de la salle St-Antoine est un 
exemple type de néphrite parenchymateuse profonde, de 
maladie.de Bright parvenue à son terme et qui nous offrira 
tous les aspects variés que peut offrir cette redoutable 
affection. Vous vous rappelez sans doute les symptômes 
si caractéristiques offerts par cette malade; le début de son 
hydropisie remontait à deux ans; elle s'était manifestée à 
la suite d'une atteinte de scarlatine ; l'œdème considérable 
et généralisé, avait envahi les deux poumons ; la vue était 
troublée et obtuse, les urines rares, chargées d'albumine, 
pauvres en urée et en sels ; elles contenaient des tubes 
hyalins et des cylindres graisseux. La malade vomissait 
incessamment et les matières rendues, analysées à diver- 
ses reprises par M. Ernest Hardy, contenaient une forte 
proportion d'urée. La température a toujours été basse, ' 
au-dessous de la normale (35*^, 36«, 37*> au plus). Cette tf^m- 
pérature contrastait avec la grande accélération du pouls 
et elle s'est maintenue abaissée malgré l'existence d'une 
pneumonie ultime J'ai aussi appelé votre attention sur la 
tendance invincible au sommeil que présentait cette ma- 
lade, somnolence interrompue quelquefois par des accès 
d'agitation et de vive céphalalgie. La malade a fini par 
succomber dans le coma après avoir passé par toutes les 
phatses de l'empoisonnement urémique. Vous vous rappelez 
les lésions profondes et complexes que l'examen micros- 
copique des reins de cette malade nous a révélées. Les 
tubes urinifères étaient remplis de moules hyalins et de 
cellules de revêtement en voie de régression graisseuse. 
Les glomérules de Malpighi, graisseux aussi et tellemen 




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14 



LE PROGRFS .MEDICAL 



ratatinés que leur volume était considérablement diminué. 
LatiMssu connectif interstftiel était hyperplafiié et envahi 
' pan une sclérose véritable. De plus, TatropIûeÈet Taltération 
r^esaife idas élénimitB^€é&réteiu:s,,itÉlBQB««t glomériâes 
étpientHtiddeMe&etiâétenniûée&A^afâastiiptr un travail 
pi|p[pre{.i)aneKh|iaiiaÉeux^t par la oa^^petalion qu^eser- 
çlfct la^iMiérwe înterstfltelle. "^Msàs ssu^msamÊons surtaut 
appelé votre attention sur une troisième' lésion que nous 
avons constatée avec M. H. Liouville et qui est encore 
venue aider à la conversion stéateuse si visible sur le 
rein de cette femme ; je veux parler d'une modification 
pariétale des vaisseaux poussée quelquefois très-loin et que 
vous constaterez comme nous, d'une façon irrécusable sur 
les préparations qui vous seront expliquées au laboratoire. 
Cette altération frappe surtout les artérioles : leur volurap 
est conservé, mais la lumière est effacée et ne permet plus 
l'abord du sang; bref, ces vaisseaux présentent ainsi une 
véritable endabtéeite OBUTiRANTE, fait anatomique cu- 
rieux et que Johnson a signalé aussi mais sur lequel on 
n'insiste pas assez, selon moi, dans l'histoire de la lésion 
brightique. Il ne me paraît pas douteux que cette alté- 
ration vascuiaire et l'ischémie qu'elle entraine à sa suite 
n'-entrent, pour une part considérable, dans la production 
de la stéatose qui est le fait anatomique dominant dans 
cette forme de la maladie. 

Mon intention, aujourd'hui, n'est pas d'insister unique- 
ment sur ces particularités anatomiques, quelqu'intéres- 
santés qu'elles soient ; j'ai tenu cependant à vous les raj)- 
peler car elles nous serviront à l'interprétation de certains 
symptômes graves, qui ont pu être relevés chez cette der- 
nière malade et que l'on désigne en clinique sous le nom 
d'accidents urémiques. 

Deux conditions fondamentales peuvent donner nais- 
sance à cet empoisonnement particulier que faute d'un 
mot plus précis Ton appelle urémie : 1« l'absence de sécré- 
tion par cessation des fonctions spéciales du rein ; 2«» l'ab- 
sence d'excrétion de l'urine déjà formée i>ap olM»t»âiaA&oji 
cours. On a voulu, comme nous le verrons tout à l'heure, 
établir des différences symptomatiques et cliniques entre 
ees deux groupes de faits et les distinguer non-seulement 
quant à la cause, mais aussi quant à la forme des accidents, 
dont les uns rentreraient proprement dans Vuréme^ les 
autres dans ce qu'on a appelle Viirinémie, Plus tard nous 
verrons ce qull £aut penser à ce sujet. 

On range habituellement le rein j.armi les glandes et 
Ton parle de sécrétion rénale ; il importe, messieurs, de 
bien s'entendre à cet égard, et de bien apprécier la fonction 
physiologique du rein. Or, tout semble montrer qu'il ne 
constitue, pas, à proprement parler, une glande. Par c(3 
mot on désigne un organe puisant dans le sang certains 
éléments, les modifiant, les élaborant d'une façon spé- 
ciale et donnant ainsi naissance à un produit nouveau, 
qui ne préexistait pas dans le liquide sanguin et qui e.Sb 
doué d'activités particulières ; c'est là ce qui constitue la 
sécrétion. Ainsi, la bile n'est pas préformée dans le sang : 
elle résulte de l'activité spéciale de certaines cellules du 
parenchyme hépatique qui seules peuvent donner nais- 
sance à ce produit, et seules peuvent sécréter de la bile. 
Que Ton enlève le foie chez un .animal, on pourra consta- 
ter l'accumulation dans le sang de matériaux de toules 
■ sortes, mais jamais on n'a pu y retrouver la ' présence de 
l'élément caractéristique de la bile, des acides biliaires. 

L'urée, au contraire, préexiste dans le sang ; elle ne se 
forme pas dans les reins, mais bien partout où se passent 
des combustions organiques, c'est-à-dire dans la profon- 
deur de tous ks tissus. Le rein ne la forme point, ne la 
secrète point, dans l'acception rigoureuse et physiologique 
du mot ; il la sépare du sang, non pas en vertu d'une éla- 
boration spéciale, mais par une sorte de travail de fil- 
tration. 

Tout trouble apporté au fonctionnement rénal a donc 
pour résultat, non pas la suppression d'une sécrétion mais 
celle d'une élimination émonctoire et la rétention dans le 
sang de principes destinés à être rejetés de l'économie. 



(i'est cette rétention, cette accumulation par laquelle le 
sang est vicié, qui est le fait esseaëel et le fond même ém 
ce qu'on a appelé l'urémie. Toutarcôaconstance qui amèae 
ia^'iliaifiiAtiQiiv(»i la'>«iippneBÉk)aiâéHactivité réJÉde, abom- 
3tlt'.fat»lamett à' cette rétention étotanatériaux doAt l'éft- 
.jniaation<'.estisi ;.néceMaire à l'inMgrité de Téconamie. 
iXonme ie falit ianèsy^ian observer .Biucke, rétandaelfejJiL 
lésion rénaleeest souvent à ce point de vue pltts imTjtrr- 
tante que sa parofondeur .L'altération anatomique a beau être 
très-superficielle, facilement réparable, si en même temps 
elle est très-étendue, si elle intéresse une notable partie des 
tubes de l'un et l'autre rein, la filtration de l'urhie sera in- 
complète, l'émonction insuffisante, et les phénomènes gra- 
ves que nous étudions ici éclateront. Inversement une partie 
considérable ou la totalité même d'un rein peuvent être le 
siège de lésions profondes et irréparables, pourvu que la 
partie restée saine ou que le rein non altéré continuent à 
fonctionner, ces parties suppléeront au fonctionnement de 
celles qui sont altérées et assureront une dépuration suffi- 
sante du sang. On s'explique ainsi pourquoi certaines sup- 
purations rénales, certains cancers d'un de ces organes 
peuvent être parfaitement tolérés, sans jamais provoquer 
d'accidents dits urémiques, qui au contraire éclateront 
avec violence à la suite d'une simple néphrite catarrhale 
alors qu'elle occupera la surface totale des deux reins. 
L'urine, dans la plupart de ces cas, est diminuée de quan- 
tité ; néanmoins il peut se faire que cette quantité atteigne 
presque le chiffre normal, qui est de 1,200 à 1,400 gram- 
mes dans les 24 heures. Mais, dans ces cas, on constate des 
modifications dans la composition des urines, me difix:ations 
qui seules sonf importantes et décisives. Au lieu d-e 30 à 
32 grammes d'urée, les urines des 24 heures n'en contien- 
dront que 20, 10, 7 même. Les chlorures baissent dans la 
même proportion et, fait qui se retrouve dans les inflam- 
mations, le chiffre de ces chlorures tombe de 11 grammes 
à 2 oui gramme; il en est de môme des phosphates. En 
iv.vanclio, aoian Sdiottin ot Gkairei, 11 y aurait une aug- 
mentation notable des matières dites extractives. Dans la 
grande majorité des cas, l'urine contient de l'albumine, 
dans la proportion de 5 à 25 grammes (Frerichs). 

La densité de cette urine est diminuée ; de 1,025 qui est 
le chiffre normal, elle tombe à 1,015, à 1,008. Cette donnée 
densimétrique, si commode à obtenir au lit du malade, est 
' sans doTiteJ'insisto sur ce point, d'une grande utilité clini- 
que ; seulement il ne faut pas s'en tenir exclusivement à 
cette constatation pure et simple, mais toujours recou- 
rir à une analyse chimique rigoureuse, qui seule four- 
nit une donnée scientifique. 

L'acidité des urines est généralement affaiblio, excepté 
au début de la maladie. Notons aussi que si la présence 
de l'albumine. dans l'urémie, est un fait habituel, ce n'est 
pas un fait constant et qu'elle peut faire défaut. Je ne vous 
redirai pas ici comment la présence de l'albumine peut 
être constatée. Je vous ai déjà enseigné les divers procé- 
dés en usage et M. E. Hardy, au laboratoire, vous a savam- 
ment exposé ce côté chimique et expérimental de la 
question. 

Etudions maintenant Jes phénomènes qui caractérisent 
l'épuration incomplète du sang par arrêt des fonctions 
rénales. 

Sans chercher en ce moment k interpréter les faits, et 
abstraction faite de toute opinion sur ce qui se passe alors, 
nous allons avant tout étudier la marche et les caractères 
des symptômes qui résultent de cette absence d'épuration 
du sang. La forme en est aiguë ou chronique. 

Dans la forme aiguë, les accidents surviennent le plus 
souvent sans prodromes, d'une façon soudaine. Lorsque 
des pi^odrômes existent, ils consistent en une céphalalgie 
souvent opiniâtre, tantôt frontale, tantôt occipitalf?; on a 
voulu faire de cette dernière variéfé de céphalalgie Ta- 
vant-coureur spécial des accidents à forme convùlsive ; 
c'est là une opinion que rien ne justifie, et la céphalalgie 
frontale tout aussi bien que la céphalalgie occipitale peut 
être suivie d'accidents à forme convulsive. On constate en 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



15 



même temps de l'insomnie, de Tagitation noctu"rne qui 
contraste avec l'apathie habituelle du malade, dont le corps 
aussi bien gue l'intelligence sont somnolents et engourdis : 
la pensée et les mouvements sont paresseux, la mémoire 
lenie, l'ouïe obtuse. 

Quelquefois la scène s'ouvre par un phénomène brusque, 
Isi perte subite de la vue. Il importe de ne pas confondre ^ 
cette cécité brusque avec l'amaurose qui accompagne sou- | 
vent la maladie de Bright chronique, laquelle développée ' 
lentement se dissipe lentement aussi et est liée à des lésions 
rétiniennes faciles à reconnaître à l'ophthalmoscope. Ici, 
au contraire, on ne trouve pas de lésion appréciable de la 
rétine ; l'amaurose survient et disparaît inopinément. Vous , 
avez vu que ce fait s'était produit chez un de* nos malades 
couché au n° 31 dans une attaque éprouvée il y a 7 ans et 
dont il donne le récit le plus clair et le plus exact. 

Souvent les prodromes consistent en des vo'missements 
répétés, qui ne s'expliquent par aucune lésion de Testomac 
et qui sont en même temps un mode de dépuration pour l'é- 
conomie. D'autres fois, au contraire, on constate la sup- 
pression brusque d'une diarrhée ou de vomissements habi- 
tuels; ilimportç beaucoup, messieurs, de se méfier de la 
cessation de ces actes d'émonction supplémentaire que 
nous retrouverons tout à l'heure et dont nous établirons 
l'importance et la signification ; cet arrêt des symptômes 
gastro-intestinaux est, en effet, souvent l'indice de l'im- 
' minence des accidents. 

D'autres fois ce sont quelques convulsions locales qui 
constituent les seuls avant-coureurs. 

Les prodromes, vous le voyez, sont asseiz variables. 

On s'est posé une question particulière et on" s'est de- 
mandé s'il existait quelque rapport entre la marche de l'hy- 
dropisie et le développement des accidents nerveux que 
nous examinons en ce moment. Ce serait en effet une 
remarque précieuse pour i^ Hioff^ncfiA qn^ ro-giofonr^o f^^^^p 



rapport bien établi entre ces deux ordres de symptômes. 
Quelques auteurs ont avancé que la dimijiution de l'ans^ 
sarque était le signal du développement des accidents ner- 
veux. Il s'en faut que cela soit bien établi. Ce qui ressort 
de l'étude de ce point de pathologie c'est que la marche 
de l'hydropisie généralisée est sans effet sur la production 
des accidents dits urémiques ; ils sont en effet observés 
avec ou sans diminution de Tanasarque. (A suivre.) 



PATHOLOGIE EXTERNE. 

Contribution à l'anatomie et à la _ 
logiques des tumeurs urineuses et' des 
neux. 

Par Henri DHANSART, interne des hôpitaux de Paris. 

Préambule. — Nous voulons présenter en commençant 
la substance de ce mémoire résumé en quelques proposi- 
tions. Sachant ce que nous voulons prouver, le lecteur nous 
suivra plus facilement dans le cours de ce travail : 

1« La blennorrhagie chronique produit la sclérose, la 
cirrhose du tissu spongieux du canal de Furèthre. 

2^ La sclérose du tissu spongieux a pour résultat la dis- 
parition des vacuoles et la formation d'une vascularisation 
nouvelle comme cela se voit dans la cirrhose du foie et du 
poumon ; les vaisseaux sont peu nombreux, à calibre pe- 
tit, à parois faibles jeunes. 

3*» Il se fait dans l'épaisseur du tissu sous-muqueux des 
hémorrhagies dont le mécanisme est donné par la fonc- 
tion de l'organe (coït et autres actes) d'une part, et la na- 
ture dos vaisseaux de formation nouvelle qui nourrissent 
le tissu fibreux d'autre part. 

4^ Ces hémorrhagies sont l'origine de la grande, partie 
des tumeurs et des abcès urineux que Ton constate dans 
le cours des rétrécissements. On conçoit également que 
ces hémorrhagies puissent être très-petites et occasionner 
alors simplement quelques phénomènes d'engorgement 
dans l'épaisseur du tissu sous-muqueux de l'urèthre. 



Nore mémoire se trouve tout entier dans ces trois pro- 
positions. Il renferme quelques donn(^es nouvelles sur 
l'aiatomie et la physiologie pathologiques du canal de l'u- 
rètire ; mais cependant il ne faut pas s'en exagérer l'im- 
pcrtance, car à notre avis tous les éléments pour résoudre 
la question existaient dans la science et il n'y avait pour 
ainsi dire qu'à conclure. 

Il suffit d'ouvrir Chopart et l'on verra qu'il connaissait 
tî^s-bien la cirrhose du tissu spongieux de l'urèthre qu'il 
désigne sous le nom de dégénérescence squirrheuse, le 
nom seul diffère. Les auteurs modernes ont également dé- 
crit cette dégénérescence fibreuse du tissu spongieux, 
ssns toutefois lui donner le nom qui lui convient, cirrhose 
01 sclérose. 

M. Voillemierde son côté, a signalé l'hémorrhagie dans 
l'épaisseur de ce tissu nouveau, comme nous le verrons 
plus loin ; seulement il n'a pas cherché à s'expliquer leur 
mécanisme. Il l'eût trouvé certainement si son attention 
eût été éveillée sur la nature des nouveaux vaisseaux qui 
viennent remplacer dans ce tissu fibreux l'appareil vascu- 
laire primitif (artères hélicines, etc.) Nous croyons que l'in- 
duction par analogie devrait conduire à examiner ce point. 
En effet, le développement de nouvelles branches des, 
artères bronchiques et hépatiques dans la cirrhose du foie 
et des poumons entre aujourd'hui dans les notions les 
• plus vulgaires danatomie pathologique. Cette dernière 
science nous a également appris que les vaisseaux de 
nouvelle formation sont toujours à parois faibles. Ces na- 
tions étant connues et appliquées à l'urèthre dont on con- 
naît les fonctions spéciales, l'hémorrhagie ne devait-elle 
pas en être déduite comme une conséquence fatale, qui 
de plus devait se répéter souvent ? C'est ce que nous avons 
lait. , 

Nous commençons par le récit de l'observation qui est la 
Jiasfi-jda-oûtre travail ; nous l'avons recueillie dans le ser- 



vice de M. Desprès à l'hôpital Cochin. 



Observation, — Le nommé Bellon Robert, entré le 21 juillet 1872 à 
l'hôpital Cochin, baraque N** 2, N^ 89, âgé de 35 ans, pour rétention d'u- 
rine presque absolue. On constate un rétrécissement de l'urèthre (impossi- 
bilité de passer une bougie) et en même temps un abcès urineux au périné 
au niveau du bulbe. 

Date du début des accidents, il y a six mois; blennorrhagie ancienne. — 
Le 22 juillet, incision de l'abcès. 

Les jours suivants, apparition au dos de la verge au niveau du ligament 
suspenseur d'une petite tumeur indurée, qui semble 6tre intimement unie au 
corps caverneux au point de simuler une pénitis. 

SO juillet. — La petite tumeur ramollie donne issue à du pus a travers 
la peau perforée ; il ne sort pas d^urine par l'ouverture de ce petit 
abcès. 

54 juillet. — Cathétérisme avec bougie fine en baleine» La bougie fran- 
chit un premier rétrécissement et est arrêtée par un second à la partie an- 
térieure de la partie membraneuse. Frisson dans la journée et fièvre. 
Lurme ne -coule que goutte à goutte par l'ouverture de rabcès uri- 
neux. 

Z®' août. — M. Desprès fait Turéthrotomie externe sans conducteur. 
L'opération fut rapidement conduite à terme et avec un rare bonheur. Une 
sonde de femme fut introduite par le canal de Turèthre dans la vessie et 
laissée à demeure, (^omme particularité on constata une douleur très-vive 
au toucher rectal ce qui inspira des craintes au sujet de la prostate. Un 
lavement émoUient fut prescrit. 

2 août. — On fit une injection d'eau tiède dans la vAssie. Pas de 
fièvre. 

3 août. — M. Desprès ouvre l'abcès de la prostate avec son ongle en 
introduisant le doigt dans le rectum. Mort le soir. 

AUTOPSIfc. — Péritonite généralisée ; liquide jaune< citrin ; adhérences 
des anses intestinales, fausses membranes. Dans le cul de sac péritonéal 
recto- vesical, on constate une ouverture ronde large de deux milli- 
mèlTw's par laquelle on fait sourdre du pus venant de la prostate. L'examen 
du rectum ne laisse apercevoir, chose étrange, aucune ouverture commu- 
niquant «vee l'abcès , 

ha. prostate n'existe plus, il n'y a plus qu'une vaste poche purulente. 
Hyper throphie considérable de la vessie qui est un véritable utérus, mu- 
queuse injectée, plaques rouges et noires. 

JStat de Vuritkre. — Le tissu de rurèthre est détruit au niveau de la 
prostate et du périnée. On ouvre le canal de l'urèthre par une incision faite 
sur la paroi supérieure d'arrière en avant. Ce canal est manifestement re^ 



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16 



LE PRMRÉS MEDICAL 



tréci dans les trois quarts prostérieurs de la portion spongieuse, le qujt 
antérieur semble avoir conservé un calibre presque normal. 
^'' La muçueuse urétkraU est partout d'une très-grande pâleur se détachait 
trbs-difficilement des parties profondes surtout en arrière; et présentant ça ^t 
là quelques plis transversaux plus on moins obliques . 

On fait une seconde coupe de toute l'ép&isseur des parois du canal; cete^ 
coupe dirigée d'arrière en avant met en évidence l'état du tissu spongieiK 
dans toute son étendue : en avant au niveau du gland et un peu en arrière cb 
cette partie, le tissu spongieux a conservé son épaisseur et son aspert 
normal; les vacuoles sont grandes, elles contienneut un sang roso qui pect 
y circuler facilement (de A à B.) 

Dans toute la partie du canal située en arrière, le tissu spongieux ai 
complètement disparu (de B à D] et est remplacé par un tissu nouveaa 
Ce tissu sous muqueux nouveau se présente sous deux aspects d fférenls ea 
avant de B à C, et en arrière de G à D. 




Fig. 1. (1). 

En avant c'est une couche blanchâtre, peu épaisse, dure, résistante, 
criant sous le scalpel présentant tous les attributs du tissu fibreux. La 
texture de son tissu est partout uniforme ; des coupes transversales laissent 
voir l*orifice de quelques artérioles très- rares qui traversent ce tissu dans 
toute son étendue. L'orifice de ces artérioles est très-petit et ne mesure 
guère plus qu'un cinquième de millimètre de diamètre. 

En arrière de C à D on trouve une couche sous-muqueuse d'un aspect 
tout différent. Elle frappe tout d'abord par sa coloration noirâtre qui tranche 
tout à fait avec la coloration blanc nacré de la partie que nous venons 
de décrire. Cette coloration ressemble tout à fait à celle des foyers apo- 
plectiques assez anciens du poumon lorsque l'hémorrhagie a été intersti- 
tielle. Ace niveau la couche sous-muqueuse a considérablement augmenté 
d'épaisseur. Elle forme saillie tumeur comme la figure cLjmnto la ropro- 
sente do C à D. Le tissu qui forme cette saillie a toufes les' mêmes qualités 
physiques, à part la coloration, que celui que nous venons de décrire de 
B à C. Seulement à la périphérie, dans une zone étendue de K à L et in- 
diquée sur k figure par une teinte plus foncée, ce tissu qui forme la saillie 
est oomplètement modifié. Il offre une teinte . grisâtre, sa consistance est 
très-faible, la paroi qui forme sa limite externe est irrégulière, «nfrac- 
tueuse et baignée par du pus. Son aspect est tout à fait compavable au tissu 
qui forme les parois de certaines cavernes en travail d'agrandissement. Au 
niveau de cette couche, la tunique qui fonne la gaine de la couche sous- 
muqueuse autrefois, corps spongieux a complètement disparue. Entre cette 
couche mortifiée d'une part, la peau et le fascia pemis d'antre part, existe 
ime cavité reo^plie de pus. Cette cavité offrait à droite un petit prolonge- 
ment qui contournant les corps caverneux obliquement de bas e^i haut et 
d*avant en arrière 'venait communiquer avec Taboès que nous avons signalé 
sur le dos du corps caverneux droit au niveau du ligament auspenseur. 

Les corps caverneux sont tout à fait sains. La tumeur qui s'était déve- 
loppée à la racine de la verge et qui semblait Stre intimement unie, au 
corps cavesneux droit, était complètement indépendante de cet organe, le 
pus qui La fbrmaÂt siégeait entre .le fascia pénis et la gaîne du corps ca- 
vemeux. 

En résumé, dans cette observation considérée au point 
de vue du sujet que noas voulons traiter, nous a^ons à 
relever les données suivantes : 

P Un abcès siégeant au périnée incisé le 22 juillet et 

(l) Fig. 1. Coupe antéro postérieure du canal de lurèthra, intéressant sur- 
tout la paroi inférieure dont la coupe seule est ici représentée. — La paroi 
supérieure n'est ici figurée qu'incomplètement au niveau du gland et un peu 
en arrière. 

(l et 2) Muqueuse uréthrale (coupe de]« 

v3) Gaine du corps spongieux de l'urèthre. 

(4) Fascia pénis. 

(5) Peau. 

(6) Paroi interne du canal de l'urètlire. 

(7) Corps spongieux de l'urèthre divisé en 3 parties : 
1*"* partie de A à B. Tissu spongieux" normal ; 

2° partie de B à C. Tissu fibreux remplaçant le tissu spongieux ; 

3® partie de C à D. Le tissu fibreux remplaçant le tissu spongieux normal 
est le siège d'une hémorrhagie interstitielle, la partie périphérique du ibyer 
hémorrhagiques représentée par une coloration plus foncée, est anfiractueuse 
et ramollie (gangiène), elle limite «ne cavité contenant du pus dont la paroi 
est formée, d'autre *part, par le fascia jjenis. La gaine du tissu spongieux est 
détruite à ce niveau. 



donnant consécutivement à l'incision passage à l'urine 
(abcès urineux). 

2^ Nodosité asaez volumineuse siégeant à la partie pos- 
térieure de la région spongieuse de l'urèthre commençant 
à s'abcéder sans qu'on se soit aperçu de ce travail sur le 
vivant. {Twruitr ivrinaire). 

3° Etat spécial du tissu spongieux de l'urèthre. 

A. Etat normal au niveau du gland et un peu en arrière 
de cette partie. 

B. Altération complète dans toute la portion du canal 
de l'urèthre qui vient après. Le tissu spongieux y est rem- 
placé par un tissu nouveau plein, dur, résistant, criant 
sous le scalpel (tissu fibreux). En avant ce tissu est blan- 
châtre^ nacré, peu épais. En arrière, ce tissu a changé de 
coloration et d'épaisseur : il est noirâtre et forme saillie. 
Ses mailles ont été le siège d'une infiltration sanguine et 
nous avons comparé son aspect à celui que donne le pou- 
mon et d'-autres tissus au niveau des foyers apoplectiques 
non-récents par hémorrhagie interstitielle. 

Nous avons aussi fait remarquer la faible vascularîsa- 
tion de ce tissu ; artérioles peu nombreuses et à calibre 
faible. C'est ce que des coupes successives dans la portion 
antérieure, blanche de ce tissu, nous ont permis de cons- 
tater. Dans laportionjpostérieure noirâtre, cette pénurie de 
vascularisation allait jusqu'à Tinaufilsance et se s traduisait 
parle symptôme caractéristique, mortification, gangrène. 

Enfin avec ce travail de mortification, de gangrène, 
existait comme corollaire un -teavail de suppuration et 
l'abcèis urineux allait remplacer la tumeur urineuse si 
la mort n'avait mis obstacle à la perfection de ce.travail. 
Voilà ce que nous avons vu. 

Di«ons-le de suite : si nous connaissions la transforma- 
tion du tissu spongieux en tissu fibreux consécutive aux 
rétrécissements blennorrhagiques (pour cela il suffit d'ou- 
vrir l'excellent livre de M. VoillemierK nous n'avions ja«- 
nujAn nm jittne -pan la oescrîption des lésions que nous 
Gonstations.au niveau de la tumeur dite urinaire. Aussi 
est-ce avec le plus grand soin que nous avons pris note 
de ce que nous avions la chaace de reacontrer. (1) 

U suivrai 

PHYSIOLOGIE 

Influence de raspiration thoracique et des mouve- 
ments respiratoires sur ladrcidation 
Par ROSAPKLLT. 
§ I. CoiLBeldence de cerCains phénonaèaes eireulatolres avec 
les BiAUveaieiits de Jar jreepJjMtian. 

DéccmcfrU de Barty. — Llûfluenoe ëes raowraoïonte: respi- 
ratoires sur la circulation, n'a véritablement pris place dans 
le domaine 9ci«fnftifique que depuis la pnbltcation du mémoire 
de Barry {Recherches sur les catcses du mouvement du sang dans 
les veines. Paris 1825.) 

Longtemps avant lui, Vaisalvà et Morgagni avaient remar- 
qué que la veine jug\ilaire, mise à nu sur le chien vivant, s'af- 
faisse à chaque inspiration. 

Haller, se fondant sur cette observation et sur ses propres 
expériences, enseignait que pendant l'inspiration toutes les 
veines deviennent pâles, s'applatissent et se vident du sang 
qu'elles contenaient; que pendant Texpiration, elles se goti- 
flent, deviennent bleues, cylindriques, et que plus les deux 
temps de la respiration sont marqués, plus ces. phéîic|mènes 
deviennent apparents. 

Enfin Magendie avait montré que Tiniluence respiratoire se 
fait sentir dans la circulation veineuse en rendant le vis a 
ter go plus pu moins énergique: En liant les jugulaires d'un 
chien et en pratiquant au-dessus de la ligature une ouver- 
ture dans l'une de ces veines qui sont alors gonûées parle 
sang, il, avait vu le jet fourni par la veine triplé ou quadru- 
plé de longueur dans les grands efforts d'expiration. 

Tous ces faits montraient bien que les mouvements respi- 

(1) OUe partie du trayailde M. Dransart a paru dans le n® 23 du 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



17 



raloires avaient une influence sur les phénoïnènes de la cir- 
culation: on trouve même exprimée dans plusieurs auteurs 
Vhypothèse d*un appel du sang veineux par la dilatation de 
la poitrine au moment de Tinspiration; mais à l'exemple de 
Haller, on pensait qne cette action devait être négligée, et ne 
'pas être rangée parmi les causes qui favorisent le cours du 
sang dans la veine. 

Barry en démontrant à. la fois dans Taspiration thoracîque 
tin agent réel de la circulation veineuse, et une force indé- 
pendante du ventricule, introduisit donc dans la science sinon 
une notion tout à fait nouvelle, du moins la connaissance 
exacte d\in fait qui, confirmé par rexpérimentation, allait 
bientôt devenir la base de toute une nouvelle série de re- 
cherches. 

Parmi les auteurs de ces travaux nous devons citer Barry 
(1), Bérard (2), Foiseuilîe (3;, Mageudie (4», Ludwig (5), Don- 
ders (6), Weber (7), Ghauveau et Marey (8). 

Kous allons, en nous appuyant sur ces travaux, étudier le 
phénomène de Taspiration thoracique et établir les conditions 
générales sur lesquelles il repose. 

Nous discuterons ensuite les applications qu'on en a faites 
aux variations de la pression sanguine intra^thoracique et 
au mécanisme de la circulation. 

§ n.' DAiiHHMlvatloB de l'asplntlmi thonwlqiie. 

La première et la plus connue des expériences de Barry 
consiste à introduire dans la veine jugulaire du cheval un 
tube de verre dont une des extrémités est poussée jusque 
dans la veine cave, tandis que l'autre extrémité recourbée, 
plonge dans un liquide coloré. 

Dans cette expérience, qu'il a faite un grand nombre de 
fois sur le cheval et sur le chien, Barry a toujours vu le 
liquide coloré s'élever dans le tube et couler rapidemeot vers 
le cœur pendant l'inspiration, s'arrêter- ou refluer un peu 
vers le vase extérieur pendant l'expiration. 

Jamais, d'ailleurs, le re flux du Ui^uidLi pomiau t r e mjiioUon 
ne compensait l'appel qui lui avait été imprimé pendant la 
période inspiratoire, si bien qu'en peu de temps, ce liquide 
se trouvait entièrement vidé dans la poitrine. En répétant la 
môme expérience pour la cavité pleurale et pour le péricarde, 
Parry constata également l'aspiration du liquide dans ces deux 
cavités. 

De ces faits il tira ces conclusions : «Les cavités des grandes 
veines thoraciques et toutes les cavités thoraciques aspirent 
les liquides mis en communication avec elles. » 

Le soin avec lequel Barrj^ a exposé le détail de ses expé- 
riences permet de s'assurer de l'exactitude de son interpré- 
tation, son appareil se composait de quatre parties : 

1® Une sonde introduite toute entière dans la veine; 

S® Un tube de verre communiquant avec la sonde et roulé 
en spirale de manière à suivre plus longtemps le trajçt du 
liquide ; 

30 Un tube de verre dj'oit faisant suite au précédent et re- 
courbé de manière à prendre la direction verticale ; 

4® Un vase contenant le liquide coloré et dans lequel venait 
plonger l'extrémité de ce tube vertical. 

La portion verticale du tube de verre n^esurait H centi- 
mètres de longueur; ce détail a une grande importance car 
il ajoutait une colonne d'eau de il centimètres qvii s oppo- 
sait à l'introduction du liquide dans la poitrine et tendait au 

(1) Bany^. '^lUcÂêrr.kes sur ht etuiseê du mounemetit dtt mM(I dattt^leê «0»- 
nes. Paris, 1825. — BUêerUUio% sur le passage du san^ à ùiao&rs ia cour» 
Thèse. Paris, I827. 

(ï) Bérard. — Cours de physiologie, t. iv, et Mémoire dans /c* Aj^cK. génér. 
de mifdec.y 1835. 

(3) Poiseuille. — Journal hehd., Î8îf.« 

(4) Msgeodie. — Leçons sur les phénomènes physiques de la vie, 1837. 

(5) LudvTîg. — Dif(frenet des mouvemmts respiratoires sur le cours du sang 
dans raorta, Muliers Arek,, 1847. 

(6) Donders. — ConUib, à laphjsiol. de' la reep, et de la cire, la. ^eitsskrift 
fur rat Med,, 1853 el 1850. 

(7) Veber, — ÂrrHvolont, de Ut cireuU àarnsBerihi ueher dieYârhandluu- 
gen. Leipzig, 1850 et dans Arch gt(n. de mcd, 1853. 

(8) Marey. — Piysioî, médicale de la circuL Paris, 186T.' 



contraire en faisant roffice du siphon à vider au deihors 
le sang contemx dans la veine cave. Malgré cet obstacle, 
l'appel- du liquide s'exerçait d'une manière constante pendant 
rinspiration, el c'est là une preuve convaincante de la réalité 
de Taspiration thoracique. 

BULLETIN BU PROGRÈS MÉDICAL 

Des rapports entre le sommeil et la xiiitrition des cen- 
tres SLervenx. 

Sous ce titre, il va* dans la thèse de M. Langlet (1), un 
chapitre intéressant au point de vue clinique et nous de- 
vons le signaler à l'attention de nos lecteurs. Après avoir ' 
fait remarqaer, avec le plus grand nombre des auteurs, 
qve la période du somnïeil est la période de réparation de 
toute réconomie, et, en particulier du système nerveiix, 
Mi Langlet étudie l'importance, dans la période de conva- 
losoence des maladies graves, d'une circulation cérébrale 
abondante produisant un sommeil normal, qni permet aux 
échanges nutritifs de se faire avec facilité, «je veax, dit- 
il, essayer de démontrer d'après des observations prises 
pendant la convalescence de la fièvre typhoïde (l'une des 
maladies qui s'accompagnent d'une dénutrition considéra- 
ble), que le sommeil a une grande importance pour dimi- 
nuer la fréquence et le danger de certains symptômes dus, 
selon moi^ à une altération du système nerTeox, je veux 
parler de Tintermittence du pouls. » 

Cette intermittence du pouls pendant les convalescences 

des maladies graves avait été signalée par de nombreux 

_aiitanEa^-mais jusqu'ici, personne n'avait fait ressortir le 



rapport entre ce symptôme et le sommeiL Or, dans des ob- 
servations bien suivies (avec tracés sphygmographiques, in- 
dication de la tempfl ature^de la respiration) M. Langlet nous 
moBTtre que les trouble» de rinnervation cardiaque sont 
manifestement influencés par la veille et pan le sommeil ; 
augmentant lorsque la veille est longue,, ûttigajite; dimi- 
nuant de fréquence et d'intens>tés lorsquie le sommeil est 
calme et prolongé. 

La mort subite, pendant la convalescence, n'est pas rare; 
d'après l'analyse des faits publiés et d'après des faits per- 
sannels à l'auteur elle serait souvent due à une syncope, 
conséquence ultime des intermittences cardiaques. Il est 
inutile d'insister sur l'importance d'une telle considération: 
quand un convalescent, une personne profondément anémi- 
que, aura un pouls intermittent, il faudra redouter une 
syncope, par conséquent éviter les mouvements rapides, les 
cbangemMits de position (qui peuvent aussi augmenter 
l'anémie cérébrale, devenant à son tour cause efficiente) 
et rechercher le sommeil qui amènera la régularisàticn de 
rinnervation cardiaque. Il est à désirer, pour la thérapeu- 
tique,, que ces étude» soient continuées. 



0ooléM dS'tempéraiioei 

Plusieuin mëdectns et des éoonfomistes se sont mis à la 
tête d'une société de tempérance et dimanche dernier on 
a distribué des récompenses pour différentes brochures, 
ayant pour but de faire ressortir les dangers de l'alcoolis- 
me : Mais il ne s'agît point de déclamations et autres moyens 



(l) Siule critique sur quelques points de la j^hysiologie du sommeil 

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18 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



oratoires, il faut des institutions qui relèvent Thomme, il 
faut propagerl'instruction, créer desbibliothèques. 

M. Baillarger, ancien médecin de la Salpétrière, propose 
d'établir, dans les campagnes, des sociétés coopératives de 
consommation, qui pourraient fournir aux ouvriers, du 
vin. du sucre et autres denrées, avec une économie de 
30 à 40 pour cent ; il voudrait surtout qu'on essayât de 
remplacer Teau-de-vie par le café. Ces sociétés paraiseeat 
pouvoir être établies facilement dans les campagnes ; 
quelle contrée commencera^ 

Généralement quand on parle de l'alcoolisme, on semble 
n'avoir en vue que la classe ouvrière, mais M. Lasègue a 
émis dans ses leçons à la Faculté, des idées opposées et 
pleines d'originalité. Avec pièces à l'appui il a montré que 
l'alcoolisme chronique était surtout fréquent dans la classe 
des petits commerçants, des boutiquiers, chez ceux qu'on 
appelle les « petits bourgeois, » c'est ce qu'il a nommé 
Valcoolisnie rangé, qui rentre seul au logis ; quant à l'i- 
vrogne proprement dit, celui qui' bat les murs, celui-là 
cuve son vin, tout est dit ; l'autre va dans les asiles d'a- 
liénés. Cette énumération n'est pas complète et bon nom- 
bre de « fils de familles » se livrent chaque jour à des 
excès. 

Il était de Yiotre devoir, au point de vue de l'hygiène 
générale, de signaler ces entatives généreuses, et particu- 
lièrement la proposition de M. Baillarger. Le nombre de 
crimes commis par les alcooliques devrait seul nous en- 
courager à arrêter ce vice. , 



'w*:t€>fV»^^rx- 



SOCIÉTÉS SAVANTS 

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE (1) 
Séance du U Juin. —• présidence de M.'Cl. Bernard. 

M. Bouchard revient sur la communication qu'il a faite 
dans la précédente séance. ÇVoiv Proç,, méd, 14 juin, page 6.) 
Il ne voudrait pas affirmer que son malade a succombé 
aux accidents dus à l'intoxication mercurielle il était saturnin ; 
. Tautopsie dévoila de profondes altérations des reins bien qu'il 
n'y eut pas eu d'albuminurie. Les altérations consistaient en 
co»icrétions dures, résistantes, rappelant les sels calcaires et 
siégeant au|niveau des glomérulesde Malpighi ; lei r composition 
chimique n'a pu èlre déterminée. — Le mercure et le plomb 
ont été recherchés dans les divers viscères ; on a trouvé des 
traces de ces deux métaux dans le cerveau et dans les reins. 

Gomment se sont produits les accident^ éclamptiques ? Sont- 
ils déterminés par l'anurie? L'urée, l'acide uriqne n'ont-ils 
pas été séparés du sang ? Mais les reins paraissaient per- 
méables, les matières extractives ont été excrétées avec une 
abondance relativement très-grande. On peut se demander 
plutôt s'il n'y avait pas absence dans le sang de l'urée, de 
l'acide urique, des sels qui faisaient défaut dans l'urine, en 
un mot s'il n'y a pas lieu de croire là à un arrêt dans la dénu- 
trition. Ce qu'il y a de bien certain c'est que l'acide urique a 
éié cherché dans la sérosité d'un vésicatoire et qu'il n'a pas 
été trouvé, 

M. Rabuteau insiste sur la diminution simultanée de l'urée 
et de l'acide urique. Dans plusieurs expériences il a toujours 
remarqué que < la diminution dans la quantité d'urée s'ac- 
compagnait d*une diminution dans la quantité d'acide urique. 

(l) Plusieurs fautes d'impression se sont glissées dans notre dernier 
compte-rendU) en particulier pour la chlorophylle; en outre le commence- 
ment d'une phrase a été omis en tdte de la première cobnne de la page 7 : 
il faut lire : a La Société procède ensuite à l'élection d'un membre 
adjoint. * 



Ce fait, d'après lui, semblerait démontrer qu'on a eu tort 
de considérer Turée comme de Tacide urique à un degré supé- 
rieur d'oxydation. 

M. Bouchard cite un certain nombre de cas dans lesquels 
cette loi que voudrait poser M. Rabuteau n'a pas été vérifiée 
et où par exemp'.e l'urée augmentait considérablement tandis 
que l'excrétion .d'acide urique restait normale. 

M. MuRON a entrepris quelques expériences pour détermi- 
ner les causes de l'élévation de température dans le tétanos. 

Et d'abord y a-t-il augmentation de température ? Certaines 
observations produites à la Société de chirurgie sembleraient 
prouver qu'elle n'existe pas en certains cas. Mais en parcou- 
rant ces observations on peut remarquer que la température 
a été prise dans l'aisselle : et il ne faut pas oublier que dans le 
tétanos la transpiration est active et la sueur qui se forme 
dans le creux de l'aisselle peut parfaitement être invoquée pour 
expli<ïuer l'abaissement de la colonne mercurielle. 

Maintenaat il s'agit de démontrer par quel mécanisme se pro- 
duira l'élévation de" la température. Dans ses expériences l'au- 
teura eu recours au chlorhydratede strychnine qui, on lésait, 
jouit de la propriété de provoquer des convulsions semblables 
à celles des tétaniques — Dans toutes ces expériences la tem- 
pérature a été prise dans les artères et toujours on a constaté 
une élévation de température de 1<» à 2 <» ir2. 

1® L'élévation de la température est-elle due à l'excitation des 
centres nerveux. — car le chlorhydrate de strychnine va se 
fixer dans les centres nerveux — et l'on sait que certains au- 
teurs ont voulu faire jouer un rôle à cette excitation dans la 
production ds la chaleur. Il n'en est rien,- car si, chez un 
chien, on amène cette excitation par une injection de 
strychnine, tout en ayant soin de paralyser l'action musculaire 
par le curare, on note un léger abaissement de la tempéra- 
ture. 

2° Serait-elle produite par l'asphyxie ? mais ici nous nous 
trouvons en présence d expériences faites par M. Cl, Bernard. 
Ce physiologiste a vu que dans la strangulation on observait 
bitm une augmentation de la température mais que cette 
augmentation ferait place à un abaissement lorsque par le 
curare on empêchait les convulsions concomlttantes. 

M.Muron a répété ces expériences non avec le curare, mais 
avec le chloroforme : elles ont été Aoutes confirmatives. Donc 
en ce point encore on peut conclure que là n'est pas la cause 
de l'élévation de température dans le tétanos. 

Une reste donc plus que les convulsions pour expliquer 
.l'ascension de la colonne mercucielle — et cette conclusion 
était facile à prévoir depuis les travaux de Béclard et de Hel- 
moltz. ^ 

Il y aurait une deuxième question à se poser : quels sont 
les agents de cette élévation de température ? Est-elle due aux 
ccmbustions intimes rendues plus actives par les contractions 
musculaires? L'expérimentateur a fait l'analyse du sang 
avant et après les convulsions et il n'a pas» dans ce dernier 
cas, constaté un accroissement dans la quantité de l'urée. 

M. Chargot. L'expérimentateur ne veut point, sans doute, 
établir une similitude parfaite entre la maladie connue sous 
le nom de tétanos et Tempoisonnement par le strychnine ? 
Ces deux états ne sont pas les mêmes et. da6s le tétanos, 
Wunderlich a établi qu'il pouvait y avoir des cas où la températu- 
re s'élève, descas où elle reste à peu près stationnaire. Du reste 
il ne faudrait pas aller trop loin dans cette affirmation que 
toute convulsion s'accompagne d'élévation de température cen-* 
traie. Et encore ne s'agit-il pas de convulsions toniques— car 
les contractions cloçiques ont une bien moindre puissance. — 
Dans certains cas d'épilepsie, dans l'urémie, dans certaines 
hémorrhagies cérébrales avec pénétration du sang dans les 
ventricules, le thermomètre reste stationnaire ou môme on voit 
s'abaisser la colonne mercurielle. 

M. Laborde. Certainement, il n'y a pas identité entre le té- 
tanos et l'empoisonnement par le strychnine; mais il y a, dans 
ces affections deux symptômes absolument comparables, 
c'est la convulsion. Eh bien! il est démontré, il reste acquis 
que toute convulsion produit une élévation de température. 
Mais il faut bien remarquer que cette élévation se fait dans le 
muscle, qu'il faut la rechercher dans les muscles et qu'elle 



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> 



LE PROGRES MEDICAL 



19 



est sensible dans le muscle lorsqu'elle ne pourrait être notée 
encore dans le vagin ou le rectum. 

M. Chahcot. Il me semble utile de revenir au point de 
départ de cette discussion. Je crois, avec Wunderlich, et je ne 
connais que ses anciennes observations à ce sujel ; que cer- 
tains cas de téianos se rencontrent sans élévation très-pronon- 
cée de la température. Je me demande en outre si la contrac- 
tion musculaire suffit à elle seule pour expliquer ces élévations 
cons d îrables qui peuvent aller jusqu'à 43<>. 

M. Bouchard a fait à ce sujet des expériences avec M. Ghar- 
cot. Ils ont produit sur des animaux des convulsions par la 
strychnine, la fève dé Golabar, la faradisation et ont constaté 
une élévation de la température dans les convulsions Ioniques, 
un état stationnaire dans les convulsions cloniques. 

M. LiouviLLE fait remarquer qu'il ne faudrait point oublier, ' 
dans ce débat, certaines substances qui, tout en produisant 
des convulsions, s'accompagnent d'un abaissement constant 
de la température, le chlorhydrate d'ammoniaque parexemple. 

M. MuRON répond, et M. Cl. Bernard appuie son affirma- 
tion, qu'ilyaunfait incontestable, c'est que dans une contrac- 
tion musculaire, quelle qu'elle soit, qu'il y ait une simple 
secousse ou bien que les secousses par leur multiplicité et par 
leur rapidité produisent l'état tétanique, la convulsion toni- 
que, toujours il y a une élévation de la température. 

M. Garville. Evidemment les cas sur lesquels nous dis- 
cutons sont complexes et à côté des causes qui produisent 
l'élévation de la température, il en est d'autres qui peuvent 
contrebalancer cette élévation et l'annihiler. G'est ainsi que, il 
y a peu, j'ai donné à un chien deux grammes d'opium ; il est 
tombé dans un sommeil profond, puis j'ai vu survenir des 
phénomènes convulsifs or. à ce moment, i^n thermomètre mis 
dans le rectum donnait un abaissement de température très- 
net, incontestable. Donc, dans ce cas, l'action de l'opium con- 
trebalançait les contractions musculaires et l'élévation de 
température qui, en général, les accompagne, n'était pas 
assez forte pour lutter contre les cause s de refroidissement 
dues à l'opium. 

M. GoRNiL eroit qu'on devrait, en semblable nv^tière, réserr 
ver bien des conclusions et se tenir sur une sage réserve. Des 
travaux récents, lu thèse de M. Bourneville, indiquent toujours 
dans l'urémie un abaissement de la température, or il vient 
d'obseryer un fait discordant. Il s'agit d'un infirmier de la 
Charité, albuminurique et qui autrefois avait eu des coliques 
de plomb. Il était très-afîaibli, très-fatigué, lorsqu'un matin, à 
8 heures, il fut pris d'une attaque éclamptique avec perte de 
connaissance, respiration laborieuse, coma. On avait affaire 
aune forme dyspénique très-caractérisée de l'urémie. De 
temps en temps survenaient des tremblements, des convul- 
sions toniques durant près de 2 minutes : la température fut 
prise et s'éleva à 39« 2[i0. Le malade mourut à 11 heures ; — 3 
heures après le début des accidents. L'autopsie n'a pas pu, mal- 
heureusement, être faite. , 

M. Gh ARGOT. Les circonstances qui se sont opposées à 
l'autopsie, rendent cette observation trop incomplète pour 
qu'elle puisse infirmer les conclusions de M, Bourneville. 
Sans autopsie, peut-on assurer qu'il n'y avait pas, pour expli- 
quer l'élévation de température, une phegmasie viscérale ? Le 
malade était saturnin,* n'était-ce pas un état encéphalopa- 
thique et non de l'urémie ? On ne peut rien affirmer. 

M. CoRNiL. — Je reconnais que mon observation est incom- 
plète, mais si je la produis c'est pour tenir l'attention en éveil 
pour qu'on ne^croie pas trop tôt à un résultat absolu. Je ferai 
remarquer en outre que, dans ce cas, l'encéphalopathie satur- 
nine est bien peu probable. Depuis deux ans le malade était 
soustrait aux émanations des préparations de plomb ; depuis 
deux ans il n'avait aucune espèce d'accidents saturnins (1). 
P. R. 

ACADÉMIE DE MÉDECINE 
Séance du ^bjuin 1873. — présidence de M. Depaul. 
M. Colin appelle l'attention sur de nouvelles expériences 

(1) Il est à regretter aussi que l'on n'ait pas. tout au moins, fait l'analyse 
chimique de VutHne et du satiff» (B.) 



qu'il a faites, pour démontrer que la tuberculose n'est pas 
inoculable ; la matière tuberculeuse n'est pas absorbée par 
le derme et les muqueuses dénudés. Quant aux prétendus 
faits d'inoculation de M. Villemin, M. Colin dit avoir démon- 
tré que les accidents consécutifs sont des foyers métastiques 
formés par la matière injectée dans le tissu cellulaire. La 
viande des animaux tuberculeux n'est donc point dange- 
reuse. 

Discussion sur le typlms exanthéThatique, Dans son discours, 
M. Fauvel se rallie à l'opinion que M. Bouchardat a émise 
depuis longtemps sur l'étiologie de cette maladie : la famine 
et VencombremenL Tousles peuples y sont sujets, contraire- 
ment aux idées de M. Chauffard ; le typhus naît sur place, il 
n'est pas transporté, mais une fois développé, il acquiert cha- 
que jour une gravité nouvelle. En résumé, le typhus serait 
causé par un principe miasmatique, qui se formerait dans les 
grandes réunions d'hommes mal nourris et atteints de scorbut, 
diarrhée, etc. 

M. Leblanc donne lecture d'une étude nouvelle sur la 
ra{je. 

Nomination : M. Heryieux a été nommé membre de l'Aca- 
démie, dans la section dAccoucheîjients. 



SOCIÉTÉ ANATOMIQUE ' 

Séance du 2 mai. — présidence de M. CHARcpT. 

Cancer da mésentère i Squtrrhe atrophlque, étrangleaieiit 
interne, par M. Seuvrb, interne des hôpitaux. 

Gaillau...,, âgé de 62 ans est arrivé le 23 avril 1873 à 
l'hôpital Cochin (service de M. Després) en se plaignant d'avoir 
de la peine à miner depuis déjà quelque temps. L'examen des 
voies urinaires fut négatif, et en fait ce malade urinait à peu 

ÎT^?>ifi n : "^a^g ^^ tiX Aii le ventre douloureux, quoique peu bal- 
onné,G... était constipé et il vomissait depuis deux moisplu- 
sieurs fois par jour. Ses vomissements étaient jaunâtres, désa- 
gréables au goût et se produisaient subitement sans qu'il en 
fût averti par des nausées. 

'Ces symptômes ûrent penser à un étranglementhemiaireymQls 
le malade n'avait qu'une petite hernie gauche parfaitement 
réductible elles autres anneaux herniaires étalent sains. Après 
avoir songé un instant à un cancer de l'estomac, on se rejeta 
sur ridée d'un étranglement interne surtout en voyant tous les 
symptômes précédents s'exagérer, sauf le ballonnement qui 
restait très-léger ; l'absence de selles persistai^ au contraire 
franchement. 

Vu ce très-léger ballonnement du ventre ; on pensa que 
l'obstacle au cours des matières devait être tout près du 
duodénum.— 'Tous les signes d'étranglement allant en s'aggra- 
vant.le malade succomba le 27 avril1873. 

Autopsie le 29 avril. — Vintesiin est couvert de petites 
tumMrs grisâtres, dures, résistantes, de la grosseur d'un petit 
pois ; de ces petites masses arrondies partent des cordons 
lymphatiques qui se renden t dans les ganglions mésentériques 
et qui brident l'intestin. Ce sont ces cordons lymphatiques qui 
en fixant l'intestin à la colonne vertébrale, ont empêché le 
météorisme de se produire dans le cas actuel où le siège de 
l'étranglement interne était à la fin de l'iléon. Au niveau de 
\di valvule iléo-cœcale Tintestin se trouve englobé dans une 
masse dure, grisâtre, qui le comprime et qui permet àpeineau 
petit doigt de passer. — Le gros intestin était réduit à un très- 
petit volume. 

L'aspect extérieur de ces masses indurées fit penser de 
suite qu'il s'agissait là d'un squirrhe atrophique de Tintestin 
et le microscope vint confirmer ce diagnostic. 

Dans une première préparation faite par M. Pitres, interne 
de l'hôpital, sur les noyaux disséminés à la surface de Tin* 
testin , on vit ime quantité de cellules embryonnaires 
infiltrées entre les glandes de Lieberktihn et les fibres muscu- 
laires .Une seconde préparation faite sur la masse qui compri- 
mait la fin de l'iléon montra une série de faisceaux fibreux 
séparés par des cellules embryonnaires peu nombreuses. 



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LE PROQiaÈS MEDICÂ.L 



4b mmpn^ÊÊmiÊk étk CUtoviSi par M. Zibkbickz. 

M. 2^EMBiCKi présente une tumeur, développée aux dépens 
du capuchon du diioris. — Tenant par xin gros pédicule au 
capuchon, elle tombait au-devant de la vulve et descendait 
presque au niveau de Tànus. La longueur mesurait à l'état 
frais 12 centimètres, à la circonférence moyenne 5. — La tu- 
meur était composée par des saillies, de la grosseur d'une ce- 
rise, sphériques, émanant cl'.un axe principal commun, par un 
pédicule généralement court. — La peau qui recouvrait ces 
végétations secondaires était blanche, à consistance élastiq^ie 
et sensibilité un peu obtuse. 

L'opération faite avec le galvano-cautère a donné îieu à une 
abondante hémorrhagie; car le pédicule de la tumeur conte- 
nait des vaisseaux d'un calibre considérable, mais qui ne se 
ramifiaient que peu dans le polyp^u 

Voici les résultats principaux de Téxamen microscopique, 
ffidt par M. GoRNiL. Le tissu qui constitue les végétations est 
unjissu çonjonciif- Les papilles qui le limitent du côté de Té- 
piderme sont espacées et ont un volume normal. L'hyperthro- 
phie porte donc sur le derme seul. 

L'es fibrilles qui constituent ce tissu conjonctif, sont très- 
fines et très-nombreuses. Elles -interceptent des espaces 
où Ton voit des grandes cellules plates du tissu con- 
jonctif, avec leur noyau ovoide volumineux. — Dans beau- 
coup de ces espaces agrandis, plusieurs cellules plates sont 
réunies entre elles par un coagulum fibrillaire. Tous les vais- 
seaux ont des parois embryonnaires, mais on n'a pas «ncore 
déterminé le rapport des vaisseaux lymphatiques et sanguins. 

En semme. on a pffaire à une tumein* constituée anatomi- 
quement par une hyperthrophie du derme et connue en clini- 
que sous le nom d'esthiomène. d'élép/ianfiasis de la région j^é- 
Tiné(hanale. 

En eflFet. chez la malade qui présentait cet éléphantiasis po- 
]ypiforme du capuchon clitoridien, le processus morbide 
s'est étendu aux parties voisines, grandes et petites lèvres, 
vagin, etc. — Des noyaux hyperthrophiquWeo sont sub^fltiif^s 
aux éléments contractiles de l'urèthre et de l'anus, et ont dé- 
terminé- des incontinences incurables. 

DôsoBS, en finissant, que les commémora tifs sont insigni- 
fiants. — La femme, d'origine française a 45 ans, et la maladie 
aiiébuté-il y a 19 ans, quelque temps après une couche. 



par \*. Cbcvisii.uisr^ chiinrgiea de 

^ Guillot Cîotilde; 59 ans, cantinière, née à Joigny (Tonne), 
esn entrée^e 29 avril 1873, salle Saint Marthe, lit n*» 39. 

Oette malade a eu le sein toujours très-volumineux. Elle 
n'a pas nourri le seul enfanl dont elle soit accouchée. Dès 
rage de 18 ans, elle porte, dit-elle, «.des glandes» dans les 
deux seins qui ne l'ont jamais incommodée. 

Ce n'est que depuis un mois que le sein gauche est devenu 
douloureux. Elle y éprouve des élancements. 

Btat actuel, — Dans le sein droit elle présante de chaque 
côté du mamelon les tumeurs dures, irrégulières, grosses 
comme la moitié du poing et qui paraissent être des adénoïdes. 

Dau'S le sein gaucie la peau est tendue, de couleur brune; On 
y» remarque trois bosselures au-dessus et au-dessous du ma- 
melon; L^uned^elles est violacée et très-fluctuante. 

Lea deux tiers internes de la mamelle sont occupés par une 
tumeur extrêmement dure du volume d'une tôte de fœtus. 
Hébilé^dans le sens vertical elle l'fest beaucoup moins dans le 
s€(ns transversal. On ne sent aucun ganglion dans l'aisselle. La 
santé générale est bonne. 

2 mai. — M. Cruveilhier pratique l'ablation de la tumeur 
qw'il circonscrit pïrr une incision elliptique. Il s'écoule un peu 
de sang par le mamelon. Vers le. bord gauche du sternum, il 
y a adhérence de la tumeur au périoste par deux prolongements 
dont l'un se-cfirigfren haut et en dedans. Tout le tissu mor- 
bide ne peut pas être enlevé et l'emploi d'un caustique sera 
nécessaire. 

Dans ces prolongementôet dans le reste de la tumeur exis- 
tent des kystes sanguins dont quelques-uns sont ouverts pen- 
dant ropératfon et laissent échapper environ la valeur d'un 
verre de sang coagulé. 



Vexwmn de la tumeur permet de constater l'existence 
1» des ;fcy^^ déjà mentionnés et dans la peau desquels le mi- 
croscope fait voir de la. matière colloïde \%'' mm masse dure, 
comme fibreuse, blanchâtre, formant la plus grande portion de 
la tumeur; 3« wnQ partie calcifiée et dure comme de la pierre 
rappelant la forme de la tôte de fémur, «t enkystée dans la 
masse fibreuse; 



REVUE D'OBSTÉTRIQUE 

I. DeFEUitdafole ehes les ftsmnes en lactation, par le 
docteur L. db Sinbct (l). — U. Dca difllealtés dn Diagnoatte 
dana qnelqaea eaa de kyatea de ToTaire, par le docteur 
Billot. — lU. Noie anr lea manift«tatlona rhumatcuidea de 
rétat pnerpénaproprenent dit et du Rhnmatlsme InfectIevK 
par M. QunuioAUD. {Gazette médicale 187t). — iv.ik»Pï^ 
eldeneea de nembrea eoaune compUeatlon des Présentationa 
de l'extrémité eéphallque par le docteur L. Rubâ (2). — V. Les 
Tamenra de l'ovaire eonsidérées dana lenra rapporta avee 
Tobatétrlque, par TbeILLE. 

I. — A l'autopsie de femmes mortes dans l'état puerpérai 
M. Tamier avait presque constamment trouvé de la graisse 
dans le tissu hépatique (3). 

M. de Sinéty a repris au laboratoire du Collège de France 
l'étude de cette question. Il est parvenu en outre à montrer à 
raide de recherches principalement fait^ sur des animaux 
que le siège de la graisse est différent suivant qu'on étudi-^le 
foie d'animaux morts pendant la lactation ou celui d'animaux 
morts empoisonnés par le phosphore ou sacrifiés après avoir 
été engraissés. 

En effet, dans ces derniers cas, les granulations et les gout- 
telettes graisseuses occupent principalement leseellulessituées 
à la périphérie des lobules hépatiques: pendant la lacUtion aat 
contraire, ce sont les cellules situéesTprès delà veine centrale 
du lobule gui contiennent de la ffraisse. 

M. Tamier admettait que cet état graisseux n'était proba- 
Wablement ^'un état physiologique dépendant de la gros- 
sesse.- M. de Sinéty croit au contraire que la gestation est 
sans influence sur la quantité de graisse contenue dana-le 
foie. Pour lui, cet état du foie ne se montre qu'au moment où 
le lait apparaît dans les mamelles, et il cesse avec la lactation. 
La graisse fournie par le foie serait donc destinée à la sécrétioai 
mammaire. 

M. de Sinéty va plus loin encore : il considère comme très- 
probable rhypothèse que la glycogène et la graisse peuvent se 
transformer l'un en l'autre ; que c'est aux dépens de la glyco- 
gène et par des actions chimiques ignorées jusqu'à ce jour 
que le foie élabore la graisse destinée à la sécrétion lactée. H 
espère pouvoir, à l'aide de nouvelles expériences, donner plus 
lard la preuve de cette hypothèse. 

II* — Une femme présentant une tumeur abdominale volu- 
mineuse qu'on croyait être un kyste de l'ovaire succomba 
rapidementà la Charité aux accident s d'une péritonite suraiguë. 
A l'autopsie, on trouva un kyste du rein gauche. Cette 
observation présentée à la Société anatomique a été le point de 
départ delà thèse de M. Billot sur les difficultés du diagnostic 
dans quelques cas de Kystes de Vovaire. Il a recueilli plusieurs 
faits analogues, il a ensuite recherché s'il existait un 
symptôme ou un groupe de symptômes qui, réunis, pussent 
permettre de diagnotiquer sûrement la présence d''un kyste 
de l'ovaire. Le seul moyen, selon l'auteur, d'éviter les 
erreurs si funestes aux malades serait de pratiquer dans 
tous les cas de tumeur liquide de l'abdomen la ponction 
exploratrice avec aspiration. Ce procédé, déjà mis en pratique 
par Spencer Wells, devrait être universellement adopté, et la 
ponction exploratrice devrait être, tout au moins, le premier 
temps de l'ovariotomie. 

Notons cependant que depuis la publication de ce travail 



(1) Br. in-8® de 38 p., avec planches, chez Adrien Delahnye, 1873. 

(2) Broch., 8* p. —Paris, lib. J .-B. Baillière, 1873. 

(3) S. Tanier. SocÙt^ de Biologie, 1856. 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



21 



M. le professeur Simon (d*Heidelberg) a donné le résultat de 
ses recherches spéciales. Il croit que, en pratiquant la dilatation 
forcée de Tauus en introduisant le main dans le rectum et 
môme dans TS Iliaque, il est possible.d'étahlir aisément le dia- 
gnostic entre les kystes de l'ovaire et les tumeurs 4u sein. 

III. — On voit quelquefois survenir chez les femnxes soit 
pendant la grossesse, soit immédiatement après Taccouche- 
ment, soit un certain temps après la parturition et pendant 
rallaitement,des inflammations articulaires. — Ces inflamma- 
tions qui présentent dans certains cas des symptômes spéciaux 
Tiennent d'être étudiées par M. Quinquaud dans un fort bon 
mémoire publié par la (7a;;«/^m^<2tcafo. Nous allons en résumer 
les principaux points. 

Les articulations pendant la grossesse après Taccouchement 
et pendant TaUaitement peuvent être le siège d'inflammations 
qui sont de trois sortes : Varthrite purulenUj consécutive à la 
phlébite utérine de l'infection purulente ; — le Rhumatisme 
articulaire aigu simple ; — les ma?iifestations rhumaioïdes, non 
rhumatismales, « c'est-à-dire présentant une certaine analogie 
avec celles du rhumatisme, mais qui en difl'érent par leur 
nature. » 

Ces manifestations rhumatoïdes sont assez peu fré(iuentes : 
six observations détaillées et personnelles forment la base du 
mémoire de M. Quinquaud qui distingue deux formes : 

— L'une, qui a beaucoup d'analogie avec le rhumatisme 
articulaire aigu, débute par les petites jointures et envahit 
ensuite les autres arlicles.Gette forme pourrait être discutée : 
en tous cas, elle présente des caractères beaucoup moins 
nettement tranchés que la suivante. 

La seconde forme, la plus habituelle, débute en général 
d'une manière insidieuse; quelques phénomènes fébriles 
persistent pendant les jours qui suivent l'accouchement, puis 
apparaft la phlegmasie articulaire. — Plusieurs articulations 
peuvent être prises, le plus souvent une seule est envahie et 
c'est presque constamment le genou. Non-seulement le liquide 
s'épanche dans la cavité ar iicuidifo umij mjwmu duuu luu 
galnes^ synoviales des .tendons ; le tissu oeUulo^adipeux péri- 
phérique s'épaissit et s'indure ; l^afiection resle localisée,.* 
ûxe, tenace, elle marche lentement, quelque rationnel que 
puisse être le traitement employé ; elle n'est presque jamais 
accompagnée de sueurs profuses, elle n'est presque jamais 
compliquée de lésions cardiaques, mais elle persiste pendant 
/les semaines tet môme pendant des mois. Le plus souvent 
ûUe guérit, mais elle peut laisser ^près elle soit des raideurs 
articulaires, soit une ankyloee. 

Des diiTérences très^^Mïasidérables, ou le voit, séparent ces 
manifestations rhumAtoMes du rhumatisme artieulair^aigu. 
£n général, elles surviennent chez des malades dans les 
antécédents desquelles on ne peut relever aucune affeclion 
rhumatismale. Leur ténacité. leur fixité, dans une seule 
iffticulalion sont en opposition avec la mobilité, l'irrégularité 
et la variabiliié du rhumatisme articulaire aigu. L'absence de 
£ueurs et de eomplieftlions eardiaqufis, la durée de la maladie 
Tient s'ajouter aux caractères précédents. Enfin, une fois 
guéries, les malades ne sont pas exposées à de nouvelles 
manifestations; tandis que les attaques multiplçs et succes- 
sives sontfjréquemment observées chez les rhumatisants. 

On pourrait do^^c ainsi que l'a d^à fait M. Hervieux, com- 
parer, et à plus d!un titre, ces iirthritds aux arthrites 
Ûeanorrhagiquea. 

Signalons enfin deux iiionographÂe&. fort eomplètes:. l'une 
qui a pour titre : desprocidences comme ^complioaiions de pré- 
9WtaiUms de rtxtrémiié oéplaliqfee, est due à M. Rubé ; l'autre 
tvr les tumeurs de V ovaire considérées dans leurs rapports avec 
Tobstétrique est l'œuvre de M. Treille (d'Juàusson), Ces deu^ 
thèses par cela même qu'elles sont fort complètes et fort 
^détaillées échappent en partie à Tana^yse mais elles seront 
«QBsultées avec irait ]^r le médecin. 

lA^ Lachapelleenteadaitparprocideoee.lB. ehùte intempes- 
tive d'une xmrtie quelconque du tolus qui ne peut constituer 
une position particulière, mais qui peut compliquer la pré- 
sentation d'une région plus étendue. M. Hubé divise les proci- 
dences en ; A.procUences simple, lorsque un ou deux membres 
SQitrSupériâUfs» soit inférieurs,. 6(mtisolément prolabés, et.en 



B procidences complexes lorsque des membres supérieurs et 
inférieurs accompagnent simultanément la tête enfin les 
procidences peuvent être compliquées de procidences du 
cordon et de rétrécissement du bassin. 

Les causes sont longuement étudiées, elles peuvent :<<>. ou 
bien dépendre du fœtus, 2« ou bien dépendre de la mère, 3® ou 
bien dépendre de l'aceoucheur. Les deux causes les plus 
importantes sont la rupture subite des membranes et le 
rétrécissement du bassin. 

Les procidences des membres en ralentissant la marche de 
l'accouchement et quelquefois^! empochant qa'il s'accom- 
plisse seul peuvent avoir une infloenfie. funeste sur le fœtus 
ou sur la mère. 

A l'étude du diagnostic et du pronostic succède celle fort 
importante du traitement. ^ Tant que les memhranes seront 
intactes, on devra attendre et surveiller la femme. — Si les 
eaux se sont écoulées, on a^ira différemment suivant que 
répoq[ue de la rupture des membranes sera plus ou moins 
ancienne. La rupture est-elle récente, on devra réduire le 
membre prolabé. La rupture est-ellè plus ancienne, on devra 
tenter la réduction. : si Ton ne peut parvenir à refouler la tôte, 
certains aecoucheuvset des plus autorisés (Caaeaux, Tarnier) 
ont conseillé de praticfuer la Tersion sdriomt lorsqu'une 
ceriaine quantité de liquide persistait dans Ihitériis. M. Rubé 
dans ces cas préfère le forceps, dût-il môme l'appliquer au 
détroit supérieur. Le forceps, suivant lui, donne des résultats 
infininiment supérieurs à la version. À fortiori devrart-on 
appliquer les forceps dans les cas de rupture ancienne de la 
poche des eaux et de rétréfiisseagaent du bassin. Siavecle forceps 
lui-même on ne peut terminer l'aoeouchement, on aura, ea 
dernière ressource, recours a la oéphalotripsie. 

M. Treille a étudié les tumeurs de l'ovaire dans leurs 
rapports avec l'obstétrique, c'est-à-dire au point de vue de la 
conception, de la grossesse, de l'accouchement et de la 
puerpéralité.G'estsur unxkombre considérable d'observations 
ywMiuu Janjitfj auteur s français et étrangers qu'il a établi les 
conclusions de son travail. Voilà las principaleB que nous 
croyons de vodr citer. 

A. — Au point devue -de la ooneeption, on reneoDtie fré- 
quemment la stérilité ohez les femmes tfèeetées detumenro 
ovariennes : il en faut chercher la cause dans les changements 
de position et de structure que ces tumeurs infligent à l'utérus 
et plus specialement.au col de cet organe. 

B. — Au point de vue de la grossesse, de l'accouchement et 
de la puerpéralité les tumeurs de l'ovaire ont une dangeteuse 
influence ; il suifit pour le prouver de rappeler les accidente 
qui ont 'été observés ; rupture, infiammetions de la tumeur, 
étranglement de son pédicule, avoriemeQt, délation utérine, 
ruptures de l'utérus, travail assez laborieux pour nécessiter 
toute la série des opérations obstétricales, depuis le refoule- 
ment et lasin^ple.ponction,jusqu'àrembryotomie et l'opéralion 
césarienne, 

G. — Quand la tumeur .fait obstacle pendant l'aocouehe- 
ment, l'auteur donne les indications suivantes : 

4<» la refouler hors de l'excavation, s'il est possible. 

^ Vider les tumeurs à contenu liquide si elles peuvent ètfe 
repoussées : se bien garder d'ouvrir les tumeurs solides. 

30 En face d'une tumeur solide et non déductible se conduire 
comme dans les cas de rétrécissement osseux et dimimier 
le vodome de renfant par le&.mço^eus usiU&s touten ménageant 
la tiu&eur dont la blessure ou même la contusion exposent 
à des eomplioatioBsiDEiortéUes. 

40 S'il est impossible de faire passer le fœtns mutilé dns 
l'espaee du bassin laissé libre par la imneur : pratiquer la 
gastrotomie. 

D. — On pourra pratiquer Tacconchement prématnrt 
artifijcâeldans les cas de tumeur soUde assez adhérente pour 
ne pouvoir être repousste, et lassez peUie rpour permettre, 
sans risquer d'être l^sée, le passade d'un fœtus viable. 

E. —.Les observations d'ovariolomie pratiquées pendant la 
grossesse autorisent à la oonseillereudélmtde to gestation 
lorsq[t^ini très^grave danger, provenant -de le tumeur, menace 
les jours de la n^re. P. Budin, 



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22 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



REVUE CHIRURGICALE 

De TExtirpation du Rein. (Suite) 

Enfin le New-Torck Médical, n<> de novembre 4872, con- 
tient un quatrième cas d'ablation du rein. Quoique l'observa- 
tion en soit longue, il nous a paru intéressant de la reproduire 
en entier. Elle a été prise avec grand soin et renferme des 
faits utiles au point de vue physiologique et opératoire. 

M. William S. B. habitant le Minesota, avocat, âgé de 36 ans, marié, 
■fut admis à Thôpital de Saint-Lucke, le 1®*" avril 1872. Rien d'héréditaire 
dans sa famille. Il avait toujours joui d'une bonne santé. En octobre 1870, 
après uae course do 3(i milles à cheval dans les prairies, sous une pluie 
battante, il fut pris des troubles urinaires suivants : dans la nuit, besoins 
Iréq^uénts d'uriner; excrétion sans aucune douleur d'une grande quantité 
d'urine, limpide, couleur paille. Pendant quinze jours, même état, il était 
obligé d'uriner toutes ]es heures, et souvent le besoin était si impérieux que 
l'urine s'échoppait d'elle-même. Au bou^t de ce temps l'urine devint épaisse, 
filante, laissa un dépôt briqueté et adhérant au vase . C'est à ce moment 
qu'il commença à ressentir une douleur qui s'étendait du col de la vessie au 
méat urinaire. A ce moment encore, il éprouva une douleur lancinante 
dans la région du rein droit, douleur qui augmentait par les mouvements du 
bassin, et s'accompagnait d'une sensation de pesanteur dans le flanc droit. 

Cet état s'était un peu amélioré lorsqu'on juin 1871^ après une nouvelle 
course à cheval dans les mêmes conditions, le testicule droit enfla, devint 
rouge et très -douloureux, l'inflammation occupa aussi les cordons sperma- 
tiques. Après six semaines, le mal disparut sous l'influence d'un suspensoir 
et d'applications d'eau froide. 

Pendant l'hiver 1871-72, William S. B. recommença à souffrir comme 
l'année précédente, La quantité d'urine excrétée ét^it moindre, mais les 
besoins devenaient plus fréquents, la miction était douloureuse et le dépôt 
muco-puruleut augmenta. Il remarqua aussi des filaments de sang dans 
l'urine. La douleur dans la région urinaire était violente et intermittente : 
elle durait un ou deux jours pour disparaître pendant trois ou quatre. Il se 
réveillait souvent en poussant des cris de douleur, et ne pouvait se coucher 
sur l'un ou l'autre côté. Il fut alors traité par différents médecins, tantôt 
pour un calcul vésical, tantôt pour une cjstite ou un rétrécissement : il perdit 
alors tout son embonpoint et sa vigueur et il garda le Ut pendant un nmiof 
pendant lequel on lui passait chaque jour une sonde. Un jour, après le 
passage d'une sonde, il ressentit une douleur violente dans la région vési- 
•cale, il s'écoula immédiatement un verre à vin d'un pus bien lié non mé- 
langé à l'urine. A partir de ce moment à chaque miction environ un drachme 
de pus jaunâtre. 

Au moment de son admission en avril 1872, William S. B. est dans un 
état général assez satisfaisant. Il urine toutes les heures, mais éprouve un 
peu de douleur avant et après la miction. Il expulse environ un verre à vin 
d'urine, chaque fois et immédiatement après, il chasse avec effort environ 
un drachme de pus. En trente-quatre heures il passe environ trois litres 
d'urine dans lesquels il y avait quatre onces de pus. Il y a beaucoup 
d'albumine dons l'urine, mais on n'y trouve jamais de cylindres. Il se 
plaint d'un sentiment de lourdeur dans la région lombaire du côté droit, 
avec accès de douleur s'irradiant dans le bas-ventre et l'extrémité de la 
verge. Sueurs profuses pendant la nuit : elles sont acides. — Aucune trace 
d'une lésion récente des poumons.. 

Une sonde en métal n*^ 13 pénétra sans difSculté dans la vessie où on ne 
trouva aucun point qui fut le siège d'une sensibilité anormale. 

Dans la région rénale du côté droit il existe une tumeur, qu'on suppose 
venir du rein lui-même. Elle s'étend du bord inférieur de la dernière côte 
à l'os iliaque : s'avance jusqu'à quatre pouces de la ligne médiane en avant, 
reste éloignée d'un pouce et demi des apophyses épineuses en arrière, et 
mesure quatre pouces transversalement. On pense que c'est le bassinet du 
lein énormément dilaté qui donne lieu à cette tumeur : on perçoit du reste, 
très-distinctement en ce point une fluctuation profonde. Par le toucher 
rectal on reconnaît que la vésicule séminale du même côté est dure et tuméfiée. 
Le testicule droit est gonflé, dur et bosselé : l'induration a envahi aussi 
l'épididyme et la partie inférieure du cordon. Un petit trajet fîstuleux, qui, 
quand on le presse, laisse suinter un liquide séreux et filant conduit sur la 
tdte de l'épididyme. 

48 avril, — L'état général du malade s'est amélioré depuis son entrée; 
il avait généralement des sueurs abondantes la nuit. On lui fait prendre un 
peu d'exercice hors l'hôpital. Les urines restent dans le môme état. 

7 mai. — En présence du D** Van Buren et de plusieurs de mes collègues 
de l'hôpital, nous éthérisons le malade. On plonge Taiguille exploratrice 
(n^ Tl) de l'appareil Dieulafoy, dans la tumeur, à peu près à égale distarnce 
de la dernière côte et de la crôte iliaque, à trois pouces des apophyses 
épineuses. 

Environ trois onces d'un pus séreux avaient été recueillies dans le vas^, 
quand le jet cessa subitement, on sonde en vain la canule, on est oblige de 
la retirer et on trouve ses yeux bouchés par de petits amas de matièr® 
granuleuse, qu'on regarda comme des fragments de calculs. La ponction ne 
causa d'abord aucun trouble. 



Eu présence des symplCnci suivants : douleur dans la région de^ 
reins; pus et sang dans les lU'ines; augmentation du volume du rein pair la 
palpatiou, et enfin, grains de calculs retirés par l'exploration directe, nous 
portâmes après mûre délibération le diagnostic de calcul du bassinet ; la 
néphrotomie, avec / ablation du rein, si le degré d'altération était suffisant, 
fut considérée comme indiquée. 

4B mai. — Opération. Le malade est endormi avec l'éther. Une incision 
longue de six pouces trois quarts, est faite de la douzième côte à la crête 
iliaque :elld est parallèle à l'épine, et à trois pouces de celle-ci. Le bord externe 
du muscle carré des lombes fut ainsi mis à découvert ; on enlève la graisse 
subjacente et on tombe sur la capsule rénale. Nous fîmes' alors de 
longues et pénibles recherches pour trouver le bassinet, Tatlirer sous les 
yeux, afin de louvrir et d'en extraire la pierre si elle y était. Nous recon- 
nûmes bientôt que cela était impossible, parce que le bassinet n'était nulle- 
ment distendu et qu'il était à une grande profondeur, où il avait contracté 
des adhérences très-résistantes. 

On découvrit alors à la surface du tein plusieurs points fluctuants : l'on 
d'eux fût perforé avec un trocart, il s'en écoula une quantité considérable de 
pus, mais on n y trouva pas de pierre. Une sonde d'argent fût alors substi- 
tuée* au trocart, mais sans plus' de succès. On retira la sonde et à sa place 
on introduisit la plus petite sonde de métal pour l'urèthre qu'il fut possible 
de trouver : celle ci nous conduisit dans une cavité de deux pouces et 
demi, mais pas de pierre encore. On élargit alors la ponction en faisant une 
incision capable de laisser pénétrer, le doigt, et on explore toute la cavité 
mais sans plus de succès. Considérant que le rein était trop altéré pour 
qu'il put rendre aucun service physiologique, nous pensâmes qu'il valait 
mieux l'enlever tout à fait. On brise avec les doigts les adhérences périphé- 
riques ; on étreint fortement dans une puissante ligature avec un fil de soie, 
les vaisseaux du rein et l'artère et on coupe entre la ligature e| le rein. La 
surface de section était dure, épaissie, presque cartila'gineuse. Quelques 
petites artères musculaires nécessitèrent la ligature dans les derniers temps 
de l'opération. Cinq ligatures furent laissées dans la plaie dont on rapprocha 
les bords avec six points de suture profonde. Pansement avec de la charpie 
(toile de Un) compresses et un bandage de corps. ; 

L'opération avait duré deux heures et demie. 

Le malade très-déprimé par l'anesthésique fut immédiatement porté dans 
son lit et on ordonna un bain d'air chaud. De Teau-de-vie fut aussi admi- 
nistrée par la bouche et le rectum. Dans la soirée on lui fit une injection 
hypodermique de sulfate de morphine. 

Vers sept heures du soir on cessa le bain chaud : il ne faisait pas bien. 
A -wiMM'tieureBt quatre onces d'eau-de-vie et de lait mélangés furent admi** 
nistrés par la bouche et par le rectum. Le malade avait parlé pour la première 
fois vers sept heures du soir et il garda sa connaissance jusqu'à une heure 
du matin. 

/7 mai. — Le malade s'est peu à peu releté, le pouls est bon. On sup- 
prime l'eau-de-vie, qu'on remplace par du vin blanc A trois heures du 
soir, il avait rendu environ quatre onces d'une urine purulente^ et contenant 
de la matière caséeuse semblable à celle que nous avions vue dans le rein, 
et aussi im peu de sang. Le professeur A. Flint, examina l'urine et 
trouva : Pus l/5; poids spécifique 1018; réaction acide , albumine en grande 
quantité; urée, 2 gr.683 par once de liquide. 

A cinq heures du soir, le malade redevint froid : oti lo plaça dails im 
bain d'air chaud qui amena une transpiration abondante. Il prit comme nour- 
riture : du'lait, de l'eau-de-vie et du vin blanc. 

A minuit, il avait rendu deux onces d'urine plus claire qu'auparavant. Il 
était calme d'esprit et ne souQ'rait pas. 

A quatre heures du matin, six drachmes d'urine plus limpide encore ; 
esprit calme, sommeil intermittent avec une respiration bruyante et sterto- 
reuse. 

48 mai. — Le malade a uriné toutes les heures et demie environ et a 
rendu cinq drachmes d'urine chaque fois. — A 7 heures 30 du matin : une 
injection sous-cutanée de morphine. La plaie a bon aspect. 

De six heures du matin le 17 mai à sept heures du soir le 18, le malade 
avait rendu 16 onces d'urine: poids spécifique^ 1020. Les quatre dernières 
onces furent examinées par le professeur Flint avec les résultats suivants : 
couleur jaune de paille un peu trouble ; odeur fortement urineuse ; réaction 
acide;. poids spécifique 1019 ; albumine, une trace due à la présence du pus,* 
pas de sucre ; dépôt blanchâtre et en petite quantité; urée 5gr. 5779 par once 
de liquide. Au microscope : pas de cristaux, quelques globules de pus, pas 
de tubes épithéliaux ou autres. 

A deux heures du soir : vomissements et éructations fréquentes de bile 
et de mucus. Aucun aliment, aucun stimulant ne passe ; il peut prendre 
seulement un peu d'eau gazeuse et du carbonate d'ammoniacpie en petites doses. 
A 5 heures 30: nouvelle injection de morphine. Pouls carotidien : 128., 
Surface cutanée^ très-froide. 

49 mai, — 2 heures 30 du matin. Durant la nuit il n'a pu prendre que de 
l'eau gazeuse et du carbonate d'ammoniaque. Les lavements sont immédia- 
tement rendus. — 4 heures, il décline peu i peu. — 6 heures, il n'a pas 
vomi depuis A heures ,* pouls très-faible ; il est complètement affaissé. — 
8 heures, il se plaint de sa plaie ; on le panse de nouveau ; il en coule un 
peu de sérum sanguinolent ; il est très-affaissé. 

49 mai. — - 10 heures 15 du matin. Le malade meurt doucement et sans 
secousses, soixante-cinq heures après Topération. Depuis la veille au soir, 
il avait encore rendu deux onces et demie d'urine de la meilleure apparence. 



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LE PIKtaRËS MÉDICAL 



23 



Autopsie. — Elle fut faite 6 heures après la mort sous la 
direction du D' François Delapied. Le corps était assez émacié, 
la peau décolorée, la roideur cadavérique trè6-maffq[uée. Le 
crân& ne fut pas examiné. Les poumons étaient décolorés et 
•contenaient moins de pigment que de coutume. Le poumon 
droit était fixé à la paroi thoracique par de vieilles adhérences 
dont quelques-unes étaient infiltrées de pus. Le poumon 
droit était très-oadémateux, les bronches oongestioiiBées, 
"vascularisées et renfermaient du muco-pus. Le poumon gau- 
che ne présentait aucune lésion. — Le caur était de volume 
moyen : les deux ventricules étaient distendus par des caillots 
en partie décolorés; les valvules étaient normales, excepté la 
lèvre antérieure de la valvule qui était très-àthéromateuse. Le 
/oie et la rate étaient de volume et d'apparence normaux. — Le 
g^roslnteslin était distendu par du gaz. La surface du petit in tels- 
tin était vascularisée par places, avait perdu sonaspectjbrillant 
et poli, mais il n'y avait pas traces d'une inflammation récente 

Le péritoine au niveau du rein droit, et le long de Turetère 
du même côté était épaissi, mais n'offait pas traces d*ime in- 
- flammation algue. L'uretère était du reste, à ce niveau, 
entouré d'une masse de tissu induré. 

Vuretère du côté droit était dilaté, épaissi, sa memGk'ane 
muqueuse était infiltrée de matière caséeuse. Par suite du 
déplacement du rein, il' se terminait à gauche de la ligne 
médiane. C'est de ce^côié aussi, qu'on retrouva l'artère et la 
-^^eine rénales coupées avec les ligatures encore en place. 
L'artère contenait un thrombus dur et coloré qui se prolon- 
geait jusque dans l'aorte. La veine renfermait un caillot 
sanguin moins altéré. L'artère avait été liée à trois pouces de 
sa naissance dans l'aorte; et la veine, à un demi-pouce de la 
Teine cave. 

Le rein gauehe était un peu plus volumineux que de cou- 
tume, mais il n'était pas congestionné ; son parenchyme et 
ses vaisseaux étaient dans un état normal. — La tessie était 
rétractée et vide. Elle était petite, mais ses parois étaient à peu 
près saines ; on y ûhâûrvait seule ment quelques pa pilles 
hypertrophiées surtout au voisinage au coi. 

La vésicule séminale droite ^éioXl épaissie et sa muqueuse 
infiltrée de matière caséeuse. Uépididyme droit avait été le 
&iége d'une inflammation avec perforation du scrotum. Le rein 
droit avait 5 pouces 3/4 de long et 3 pouces de large. Il pesait 
2 onces 1/i. Sa capsule était épaissie et adhérente. La portion 
corticale était épaissie, molle, de couleur grisâtre, parsemée 
de taches rouges. Les pyramides étaient en grande partie 
détruites. A leur place on trouvait de grandes cavités, avec 
des parois ulcérées, envahies par la matière caséeuse qui 
s'étendait parfois jusque dans la substance corticale. Ni le 
bassinet, ni les calices n'étaient dilatés, mais leur muqueuse 
était épaissie. Il y avait peu d'altération dans les tubuli qui 
n'avaient pa^ été détruits; quelques-uns étaient dilatés, d'au- 
tres disparaissaient en partie sous l'accroissement du tissu 
interstitiel. Les corpuscules de Malpiglii était dilatés et l'épi- 
thélium intra-capsulaire épaissi. La piincipalo lésion con- 
sistait dans la formation d'un tissu filiPBax et depetitos cel- 
lules rondes entre les tubuli. La néo-fonnûtiaoi cellulaire était 
surtout abondante au voisinage des cavernes.. Au niveau des 
parois de celle-ci tous les tissus, vieiix etjBnnss^ étalent 
convertis en matière granuleuse, caséeuse. 

Il est évident que c'est le même processasqui a '«n-wriiile 
-•ein, l'uretère, la vésicule séminale et l'épididyme du côté 
droit; il s'agissait, en un mot, d'une inflammation chronique 
aboutissant à la formation d'un tissu fibreux et de cellules 
lymphoïdes, avec tendance à la dégénérescence caséeuse. C'est 
ce que les auteurs décrivent sous le nom de tubercule infiltré 
des organes génito-urinaires. Il est difficile de dire si dans 
beaucoup des cas cités par les auteurs, il y avait eu produc- 
tion de tubercules; mais ce qu'on peut affirmer, c'est que 
dans le cas présent, il a été impossible de trouver rien qui 
resBcmblât à du tubercule. 

Vextirpation d^ rein, est une opération nouvelle, et tant soit 
peu hardie. Cependant, comme ces quatre observations, que 
• nous venons de publier, démontrent que la réussite n'est pas 
impossible, si d'autres faits se produisent, nous les communi- 
querons à nos lecteurs. H. Duret. 



Chronique des hôpitaux 

Eôpital Larihoiaièrê, -^ Serviee 4e M. le dootamr 'Vfcuuxz. — SaUe 
Saint-Lândiy (Hommes) : N° 6, rétrécissement aorlîqae (tngine de poi- 
trine), — n^ 8 pneamonie du soomiet (côté droit); — n^ 20, aDérrjsme 
de la crosse de Taorte; — n*^ 25, aphasie datant de deux mois; — n^ 31, 
pleurésie à droite; — n® 34, insuffisance mitrale. 

Sainte- Mathilde (Femmes) i N^ 4, rhumatisme articulaire aigu; -»- 
n" 8, cirrhôsa du foie; — n<> 14, pleurésie à gauche; — n® 29, ataxie loco- 
motrice ; n® 34, herpès toster des derniers nerfs intercostaux à droite. 

Hôpital de la Charité. — Service de M. le professeur GoseBLts. CHnî- 
ques les mardis, jeudis, samedis. — SeMe des femmes : N^ 3, contusion 
du genou gauche areo épanchemeot sangiâoy «irajontée à uon faiblesse et 
à une paralysie aiguë du côté droit ; — 8, fracture du péroné et de la mal-> 
léole interne du cdté droit, sans déviation du pied ; -* 10^ épitbéliume vé- 
gétant, gros comme une petite noisette, au cdté gauche de la racine du 
nez, au-dessous de l'angle interne de l'oeil ; — 23. tumeur présimiée gom- 
meuse, héréditaire et entourée d'un ulcère superficiel presque annulaire 
avec cicatrices attribuées à des gommes ulcérées, siégeant à la partie anté- 
rieure du thorax. (Cas très-curieux, recommandé.) 

Salle des hommes : 1, £ry thème phlegmoneux autour d'une petite plaie 
contuse du genou droit, qui ne parait pas atteindre la synoviale; — 15, os- 
téite hypertrophiante du fémur gauche, actuellement état aigu. Quelque 
apparence d'ostéo-sarcome ; — 28, brûlure du second degré et de peu d'é- 
tendue à la face antérieure de l'avant-bras gauche; — 4t, abcès et fistule 
presque complète de la marge de l'anus, surajoutée à une chloroanémie sa- 
turnine. 

Hôpital Saint^Louis. — Ssrvice de M. Hardy. — Salle Saint- Jean : 
N°* 3, zona du bras droit; — 11, syphilide squammeuse cii-cinée; \^, mol- 
luscum généralisé; — 25. chancres indurés multiples de la verge avec in- 
fection; — 42, acné hypertrophique du nez; — 61, ecthyma cachectique 
(rupia). 

Salle Sainte-Marie : N° 9, lèpre tuberculeuse (éléphantiasis des Grecs). 

Service de M. Bbsnibr . — Salle Saint- Léon : 86, psoriasis gyrata ; -^ 
37, sciatique chez un saturnin. 

Salle Saint-Thomas : 45, paralysie faeiale sypliilitique précoce. 

Service de L. VidAl. — Salle Saint-Thomas : 21, adénie; — 23, lupus 
erythémateux. 

Service de M. Hillairbt. — Salle Saint-Louis ; 2, plaques muqueuses 
de la peau ; — 7, hydroa buUeux , — 8, syphilides pustuio-crustacées, pé- 
rJnnfnnntf r"-^*T^^" 

Service de M. Crgvbilhier. Salle Ste-Marthe (Hommes) : n. 4; — 
anévrisme de la crosse aorlique; — 15, fracture du bassin, déchirure de 
l'urèthre; — 18, rétrécissement traumatique de Turèlhre; — 37, polype 
utérin ; — 49, grenouillette ; — 46, sarcome de la base du crâne. 

Service de M. Péan. — SaUe Ste-Augustine : n. U, — plaie de 
l'abdomen, hernie épiploîque; — 15, morbus coxœsenilis; — 34,exo5tose de 
l'os malaire. 

Salle Ste-Marthe : n. 61 , rétention des règles ; — 50. résection du coude ; 
•^ 67, tumeur de l'aisselle. 

Hôpital Cochin, — Service de M. Desprjês. — Hommes. — Bar. I : 
vP^ 16. Nécrose du liiaxillaire inférieur ; — 19, Gommes du péricrane (scro- 
fule et tuberculose; pas de syphilis antérieure). — Bar. II : u9* 30. Retfé- 
cissemetit intestinal consécutif à une fièvre typhoide; — 34, Abcès de la 
fosse iliaque; — 35, Ankylose de la mâchoire (unilatérola). — Bar. III : 
n®* 15 Périostile du cubitus chez un malade atteint de blennorrhagie ; — 
20, Vaginalite chronique : hémotocèle spontanée. 

Salle Cochin : n®' 9, hernie étranglée : opération ; Epiploïte phlegmo- 
neuse ; — 10 abeès de la prostate ; — 19, firacture de la colonne vertébrale ; 
— 20, plaie pénétrante de poitrine et de l'abdomen : Issue de l'épiploon. 

Salle Saint Jacques (femmes) : n"» 2, Adénite cervicale chronique : trai- 
tonent par ies injections d^odurede potassium; — 16, fracture Je jambe 
oompliquée de plaie ; — 17 kyste hydatique du foie : ouTerture par les caus- 
tiques ; — 19, Papillome de l'utérus; — 21, corps fibreux sous-périlonéai 

Hôpital Lomreime, — MaUdiet typhilitifuei. M. Alfred Fouhnibr fait 
des leçons cîiuiqTtes tous les jeudis, à' 9 hrorra. MM. les étudiants dowent 
se munir d'une carte-spéciale au secrétariat de la faculté. 

Abi^b Sainte -tANSG . — C^arg cliniques et pratiques sur les maladies 
mentale» «f «erwMW. Ce cours «t fait successivement par MM. Dagonnet, 
P. Lucas, Magnan et Bouohercau. — Avant chaque leçon, examen direct 
par les élèves. — 22 juin, M. Prosper Lucas. Etiologie des maladies men- 
tales et examen parallèle des causes de la la folie et de la criminalité. 

Hôpital Saint-Louis. — Maladies de la peau. — M. Hardy : Leçons le 
vendredi, à 9 heures. — M. Laillkr : Leçons, le samedi, à 8 heures et 
demie. — M. HIllairet : Leçons, le mercredi, à 9 heures et demie. — 
M GuiBOUT ; Conférences, les lundis et mardis, à 8 heures et demie. 

Hôpital Saint 'Antoine. — Service de M. le Dr Dlplay. — Leçons de 
cliniques chirurgicale tous les manlis à 9 heures. 



NOUVELLES 

Faealtéde médecine. —Un arrêté administratif de la faculté 



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24 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



libellé d'une façon incoraplète nous a fait demander dans notre 
dernier numéro à quelle époque expiraient les fouctioùs du 
chef de clinique adjoint nommé à l'Hôtel-Dieu, en remplace- 
ment d'un des chefs de clinique appelé aux fonctions de chef 
de Laboratoire. 

Nous apprenons de source certaine que cette suppléance 
régulière a toujours dû cesser naturellement avec le temps qui 
restait au titulaire, c'est-à-dire à la rentrée, lorsque le con- 
cours de chef de clinique, qui va s'ouvrir très-prochainement, 
aura pourvu au remplacement, des deux chefs de clinique de 
la Charité et de l'Hôtel-Dieu, nommés à l'avant dernier con- 
cours. 

Du reste nous tenions à constater qu'aucune insinuation 
personnelle quelle qu'elle soit n'était entrée dans la pensée de 
là rédaction surtout alors qu'il s'agissait d'une question de 
principes et de délicatesse. 

^Herborisations — M. Bâillon; 22 juin. Rendei-vous à la gare Mont- 
parnasse 8 heures — pour Bellevue. 

M. Chatin : 22 juin. Rendez-vous à Clamart, par le train parlant de 
Paris à 11 heures. 

Ecole de médecine d'Arras. — M. Lestocquoy, professeur-adjoint dp 
clinique externe à l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie d'Arras, 
est nommé professeur titulaire de ladite chaire. — M. Germe, suppU^nt 
pour les chaires de médecine et chef des travaux anatomiques à TEcole de 
médecine et de pharmacie d'Arras, est nommé professeur-adjoint d'accou- 
chements, maladies des femmes et des enfants, à ladite école, en remplace- 
ment de M. Dupuich, décédé. 

Ecole de médecine de Poitiers. — M. Guitteau, licencié ès-sciences 
physiques, pharmacien de !'• classe, préparateur de chimie et d'histoire na- 
turelle à la Faculté des sciences de Poitiers; est nommé professeur-adjoint 
à TEcole préparatoire de médecine et de pharmacie de la même ville, charfré 
en cette qualité de l'enseignement de l'histoire naturelle. -^ M. Alhan de la 
Garde, suppléant à l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de 
Poitiers, es^ chargé provisoirement de l'enseignement de la thérapeutique à 
ladite Ecole. 

Ecole de médecine de Tours. — M. Thomas, suppléant à l'Ecole pré- 
paratoire de médecine et de pharmacie de Tours, est ohorgd, ù Utro gmtnir 
d'un cours complémentaire d'ophlhalmie à ladite école, — M. Millet, prc/fes- 
seur d'histoire et de thérapeutique à l'Ecole préparatoire de médecine et de 
pharmacie de Tours, est nommé professeur d'accouchements, maladies des 
femmes et des enfants, à ladite école, en remplacement de M. Crozat, admis, 
sur sa demande, à faire valoir ses droits à la retraite. — M. Bodin, sup- 
pléant à l'Ecole de médecine et de pharmacie de Tours, est nommé profcï^seur 
d'hygiène et de thérapeutique à ladite école. — M. le docteur Guéroult est 
nommé suppléant à l'Ecole de médecine et de pharmacie de Tours, en rem- 
placement de M. Bodin. 

Ecole préparatoire supérieure a Rouen. — M. Ballay, docteur en 
médecine, est nommé préparateur d'histoire naturelle k l'Ecole prépara loiiî 
à l'enseignement supérieur des sciences et des lettres àc Rouen en rempla- 
cement de M. Pennetier, démissionnaire. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

Avis A MM. .LES ÉDITEURS. — Tout ouvraçe dont deux exem- 
plaires seront envoyés au Progrès Médical, sera annoncé et 
analysé, — Tout ouvrage, dont il n'aura été déposé qu'un exeni- 
plaire, sera simplement annoncé. 

Librairie J. B. BAILLIÉRE, roe HauterealUç, f •. 

Ambulances (les) de la presse, annexes du Ministère de la 
guerre pendant le sié.îje et sous la Commune. In 8« de 374 pages, 
avec fig., intercalées dans le texte, 6 fr. 

GuYON (F). Éléments de chirurgie clinique comprenant le 
diagnostic chirurgical, les opérations en général, les méthodes 
opératoires, l'hygiène, le traitement des blessés et des opérés. 
In-8* de'G72 pages avec 63 figures intercalées dans le texte, 
42 fr. 

Librairie G. MASSOIV, plaee de TÉr olc de Médecine. 

Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, pu- 
blié sous la direction de M. A. Dechambre. i** série, tome vii«, 
1»^ partie (mer-mét). Ce fascicule contient entre autres les ar- 
ticles suivants : Mer, par Rochas ; — Mercure, par Gobley, 
Fonssagrives, Orfila, E. Beaugraud; Maladies mercurielles, par^ 
RoUet; — Mésentère, par Besnier ; — Mesmérisme, par De- 
chambre ; — Mésologie, par Bertillon ; — Bruits métalliques^ 
par Barth et Roger ; — Métastase^ par Blachez ; — Météorolo- 
gie, par Renou et Chéreau ;.— Méthode, par Hecht. 

DiDAY (P.) Examen médical des miracles de Lourdes. In-24 
de 150 pages. 

DoYON (A..'. Le lymphatisme étudié spécialement à la période 
d'imminenc3 et à la période d'action. Hygiène préventive et 
traitement cura tif par les eaux minérales d'Uriage (Isère). In-8 
de 64 pages. 

Librairie A. DELAHAYE, place de TEcole de Médecine. 

BoéCHAT (A.). Recherches sur la stmcrure normale des corps 
ttiyroides. In-S^ de 48 pages avec une planche. 1 fr. 75. 

BoiLLET, Malades et médecins. lu-IG de 92 pages, 1 fr. 50. 

BouRDiN (G. E.) Du choix du vaccin et du procédé à mettre 
en usage pour éviter dans l'opération de la vaccine Tinnocula- 
tion des germes des maladies virulentes. In-8<» de <6 page^, 
50 cent. 

Bourneville et Voulet. De la contracture hystérique per- 
manente, ou appréciation scientifique des miracles de saint 
Louis et de saint Médard. In-8° compacte de 108 pages. 2 fr. 50 



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les plus efficaces, puisqu'il est main- 
nant prouvé que le fer, pour être assi- 
milé, doit être transformé en protochlo- 
nire dans l'estomac, ne produisent pas 
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personnes les plus délicates. 

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I plus en plus en France. Il y a là un progrès hygiénique marqué. Son influence utile sur le développement des systèmes 
musculaire et osseux est indiscutable. C'est cette raison qui la fait conseiller par les médecins et les hygiénistes aux 

I mères pendant la grossesse, aux nourrices pendant l'allaitement. Elle est préférable pour elles à toute autre boisson. 

I Elle est très-utile aux convalescents. 

I • Les soins minutieux apportés dans le choix des substances et dans la fabrication de la bière Fanta, et les succès ob- 
tenus par son usage joiu-nalier, lui ont valu la préférence d'un grand nombre de médecins français et étrangers. 



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ANNÉE — N" 3 BUREAUX : RUE DES ÉCOLES, 6 (Librairie A. Duval). 



|28 JUIN 1873 




Progrès Hédical 



PRIX DE L*1B0NNEMENT 

Un an if fr. 

Sîxmofs ® » 



JOURNAL DE MÉDECINE, DE CHIRURfilE ET DE PHARMACIE 
J>ara<«««m< Me Smiuteai 

Rédacteur en chef : BOURNEVILLE 



1 pdge.... 200 f^. 

ANNONCES.] 1(2 pige.... IgO - 

1/4 page.... 60 — 



Tout ce qui concerne la Rédaction et r Administration doit être adressé aux bureaux du Journal. 

Les bureaux sont ouverts de midi à k heures du soir. 



i: K.;->rjrr^ts.CTr.ng'ai^;4"ai^^^^^^ 



AVxS. — Le prix de l'abonnement d'un an est de dix 
FRANCS pour MM. les Étudiants. 



SOMMAIRE. — Histologie normale : Du système lymphatique, leçon de M. 
Ranvier, recueillie par "Wcber. — Clinique médicale : Etude de quelques points 
de l'urémie, leçon de M. Béhier, recueillie par LiouviUe et Straus (Suite). — Bul- 
LBnN DU PEOGBès MéoiCAL : Des facultés dn médecine provinciales, par Baume- 
ville. — SociérÉs SAVANTES : Société de Biologie : Section des nerfs du rein, par 
Vulpian;.— Section du nerf de la 5» paire, par le même ; — Expérience sur la di- 

*'gitaline ; Cause d'erreur, par C. Carvjlle ; — Digitaline et Albuminurie, par Bou- 
chard ; — Action de la Valériane, par le même. — Académie de Médecine. — So- 
ciété anatomique : Gomma du cerveau, aphasie, par Bourceret et Coussy; — Sacro- 
coxalgie, etc., par Stoicesco. — Maladies des voies urinaires : Mômoire sur le 
paraphimosis, par Ch. Mauriac {An. A. Malherbe). — Paarmacologib : Du podo- 
phyllin contre la constipation ; — Traitement du coryxa aigu ; — Préparation du 
proto-iodure de mercure ; — Lacto-phosphate de chaux (An. H-). — Bibliographie : 
Leçons sur les msladies des femmes, par Gallard (An. Le Blond) ; — Phthisie dia- 
bétique, par BerUil (An. G. P.) ; - Traitement de la coqueluche, par Armand /An. 
G. Peltier); — ' Tuberculose ilb^ia- pc«Tr,- y i !> ■ ■■■■■■■ t ^ w n > » riiBnvinrB nF'i 
HÔPITAUX. '— Nouvelles. — Bulletin bibliographiquf. 



HISTOLOGIE NORMALE 

Collège de frange. — M. raivvieil 

Du système lymphatique. 

Leçons recueillies par le D»" Webbr. 

Les vaisseaux Ixmpbatlqves. 

Messieurs, 

L'histoire des vaisseaux lymphatiques n'est encore faite 
que d'une façon très-insuffisante; si Ton prend par exem- 
ple l'article de Recklinghausen dans le "Manuel de Stricker, 
article qui peut être considéré comme donnant l'état actuel 
de la science, on verra que nous ne possédons sur la structure 
des lymphatiques que des renseignements très-incomplets. 
D'aprèslui leur structure est analogue à celledesveines,tout 
en se rapprochant de celle des artères par l'existence 
d'une tunique musculaire à fibres circulaires. 

Ce qui explique le peu de données que nous avons sur ce 
point, c'est la difficulté que présente l'étude des lymphati- 
ques, et qui tient d'une part à la minceur des parois et à 
la transparence du contenu, de l'autre à la difficulté de 
l'isolation, car les lymphatiques adhèrent intimement au 
tissu conjonctif dans lequel ils sont plongés. Dès qu'un lym- 
. phatique est isolé, il revient sur lui-môme dans sa largeur 
et se plisse, et, quelque procédé de coloration que l'on em- 
ploie ensuite, il ne présente plus sous le microscope qu'une 
série de stries longitudinales, de disposition très-irrégu- 
lière.La première question est donc de trouver de bonnes 
méthodes pour vaincre ces difficultés, et nous allons indi- 
quer celles que nous avons employées. Elles varient sui- 
vant les différentes parties du système lymphatique, et nous 
aurons à exposer successivement les procédés à mettre en 



usage pour le canal thoracique, pour les vaisseaux lympha- 
tiques, pour les capillaires lymphatiques ; enfin, dans une 
quatrième partie, nous indiquerons les moyens connus 
jusqu'ici pour étudier le problème encore discuté de l'ori- 
gine des capillaires lymphatiques et des voies lymphatiques 
en général. 

1 . Etude du canal thoracique. 

Pour étudier le canal thoracique, on emploie la môme 
méthode que pour les veines ; on fait des coupes après des- 
sication ou bien des imprégnations d'argent, suivies de 
dessication. ^ . x- ^ 

Nous avons fait par le procédé de la dessication des 

coupes longitudinales et transversales chez l'homme et 

chez le chien. Elles ne donnent pas le môme résultat dans 

les deux qas. Chez l'homme, la coupe longitudinale du ca- 

- ndi Uiora(5ique présente à sa surface interne- un réseau 



élastique très-fin ; au-dessous, l'on aperçoit des noyaux 
de cellules musculaires coupés en long ou le corps môme 
de^ ces cellules musculaires ; plus loin, lé tissu conjonctif et 
de nouvelles fibres musculaires ôôupées soit en long, soit 
en travers, soit obliquement, enfin, à l'extérieur, du tissu 
conjonctif qui se confond avec celui du milieu ambiant. 
Tel est l'aspect que présente la coupe, et on ne saurait y 
reconnaître les tuniques interne, moyenne et externe que 
les auteurs y décrivent par analogie avec les grosses 
artères. 

Chez le chien, le canal thoracique a une structure beau- 
coup plus simple. Sur une coupe transversale, on aperçoit 
à la surface interne, l'épi thélium dont les noyaux font 
saillie sur cette surface. (L'épithélium est resté ici, parce 
que le canal thoracique a pu être recueilli immédiatement 
après la mort, tandis que chez l'homme il est toujours tombé 
après les 24 ou 36 heures qui s'écoulent depuis la mort jus- 
qu'à l'autopsie). Au-dessous de cet épithélium, on aperçoit 
des fibres musculaires, puis des fibres élastiques mêlées à 
I de nouvelles fibres musculaires,, enfin le tissu conjonctif" 
environnant. La musculature de ce canal est, comme on le 
ivoit, beaucoup plus complexe et plus résistante chez 
l'homme : cela pourrait bien être en rapport avec la diffé- 
rence d'attitude; chez le chien, le canal thoracique est. 
horizontal, et la lymphe, pour cheminer, n'a pas besoin 
d'une grande impulsion, tandis que chez l'homme, elle a 
toujours à surmonter la résistance de son propre poids. 
L'imprégnation d'argent peut se faire, soit par injection,, 
soit par immersion. L'injection ne réussit guère, même sur 
les petits animauir qui servent habituellement à nos expé- 
riences , mieux vaut avoir recours à l'autre procédé. On 
ouvre l'animal, et après avoir écarté les poumons, on dé- 
couvre dans le médiastin postérieur, derrière l'aorte, le 
canal thoracique que l'on isole en le disséquant avec le 
manche d'un scalpel; on jette ensuite une ligature à sa 
partie supérieure, et on voit le canal se remplir de lymphi'^^ 
puis on jette une secoiide ligature uii peu plus bas , et on. 



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26 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



eniève la portion intermédiaire distendue par la lymphe 
qu'elle contient. On le plonge dans Teaa distiUée, et on l'y 
agilB po«r nettoyer «a ftee interne, pote on la plonge daus 
une solifioa l^araent à liSOO. Fo«r fue T^thélium aoit 
Imprégtté, il suffit d*an 8éioiird*iiiie ninnleà une minute 
et deiBift <lans le baia d'argeat; easuiie, on lave le canal 
thoracîfM ^ans Vena. distillée, on rMate sur une lame de 
verre, la surface épithéliale en dessus, et on l'examine soit 
dans la glycérine, soit (après Tavoir déshydraté) dans le 
baume du Canada.L'épithélium du canal thoracique ressem* 
ble beaucoup à celui des veines ; il est aussi allongé dans 
le ^ens de Taxe, mais il présente en plus des dentdures sur 
les bords des cellules. 

Si Pon veut que l'imprégnation atteigne, outre T^pithé- 
lium, les fibres musculaires et le tissu conjonctif, il faut 
laisserla pièce dans le bain d'argent pendant 25 i 30 mi- 
nutes. 

On obtient de cette façon des préparations très-ins- 
tructives: On y remarque comme dans la tunique interne 
des artères, des figures rares, étoilées, qui se détachent en 
blanc sur un fond brun, et qui sont, comme nous Tavons 
démontré en d'antres occasions, des cellules de tissu 
conjonctif; puis on voit des lignes à peu près droites,noire$, 
qui limitaient les fibres musculaires, et qui ont une 
direction généralement transversale; n^nmoins, elles se 
croisent dans tous les sens, et il y en a un grand nombre 
qui prennent des directions plus ou moins obliques, de 
manière que Ton a un lacis de lignes noires dirigées dans 
différents sens, et limitant les cellules musculaires. 

2. Htude des troncs lymphatiques. 

Pour les troncs lymphatiques, l'extrême minceur de leurs 
parois devient un adjuvant; on peut employer pour les 
examiner trois méthodes: Finjection directe, Tinjectioupar 
les artères et l'immersion. 

L'injection directe réussit fort bien avec du pîcro-car- 
minateà lilOO. Au moyen d'une canule fine. aJnst^iA HirBc- 
tement sur la sernigue, ou reliée indirectement à la serin- 
gue par un tube en caoutchouc, on pique dans un ganglion, 
. par exemple dans le ganglion cervical profond chez le 
lapin ; on pbusse l'injection, on voit le ganglion se gonfler 
et les vaisseaux lymphatiques qui en sortent se colorer 
en rouge en se remplissant de picro-carminate ; on. réussit 
surtout bien si l'on * a mis auparavant une ligature à la 
partie inférieure du cou. 

Ainsi gonfiés et rendus bien visibles, les vaisseaux tran- 
chent par leur couleur sur le blanc légèrement rosé des 
tissus environnants, et on peut facilement les isoler et les 
étendre sur une lame de verre. On peut aussi, au lieu de 
pousser Tinjection dans un ganglion, piquer avec la canule 
sous la séreuse de l'intestin et emplir de cette façon \eâ 
chylifères, ou bien encore faire pénétrer le picro-carminâte 
dans le tissu cellulaire qui entoure les tendons. On obtient 
toujours de cette façon des lymphatiques plus ou moins 
gros, très-distincts et plus faciles à examiner. Ce qui frappe 
d'abord, quand on les étudie, c'est un double réseau élas- 
tique longitudinal, coloré en jaune par le réactif. 

Par le bout du tube vasculaire, on voit souvent s'échap- 
per des cellules épithéliales, irrégulièrement polygonales 
quand elles se présentent de face, fusiformes avec un gros 
noyau sphérique fortement saillant à leur milieu quand on 
les voit de profil. Cette disposition des cellules endothé- 
liales, que Ion considérait commes caractéristique de Ten- 
dothélium des reins et de la rate, existe donc dans les lym- 
phatiques, et nous pouvons dire qu'elle appartient à tout 
le système. 

Lorsque la préparation vient d'être faite, on ne distingue 
pas nettement les autres éléments de la paroi du lympha- 
tique ; mais si, après que la coloration est produite, on 
remplace le picro-carminate par la glycérine additionnée 
d'acide fonnique (l/lOO»), en faisant cette substitution sous 
la lamelle de verre, des fibres musculaires placées entre 
lès deux réseaux élastiques dont il a été question plus 
hftuti se montrent assez nettement. On les voit former, non 



pas comme dans les artères, une couche régulière à direc- 
tion transversale, mais une soria de natte dans laqueOn 
eUes Qifct des directions obliques en diyers sens. 

L'iidection peot être fatte avec le nitrate d'argent comms 
«nec le picno-carminate ; il faut employer la wlulioa à 
1/500O, mais l'iaconféoient de ce procédé, c'est qa^ila» 
(bme SMur beaucoup de poiiplsdes coa£;ulations de lymplie 
fortement colorées par l'argent et qui salissent la prépara- 
tion. Il vaut mieux faire avec l'argent des injections indi- 
rectes par les artères. La méthode d'injection par les ar- 
tères pour les matières colorées en général, dans le but 
d'injecter les lymphatiques, est attribuée par les Allemands 
à Brùcke, mais elle est indiquée déjà par Bichat, qui la fait 
remonter à Meckel (1). 

On peut faire ces injections, soit sur la grenouille^ soit sur 
des mammifères. Pour les grenouilles, voici conunent on 
procède : 

Sur une grenouille vivante, on découvre le cœur en fai- 
sant une incision au sternum comme nous l'avons indiqué 
déjà, à propos de la technique du système vasculaire san- 
guin. On incise le bulbe aortique et Ton y fixe une canule 
par laquelle on ii^cte du nitrate d'argent au 1/500*, en 
assez grande quantité, de manière à remplir tout le sys- 
tème vasculaire. On ouvre ensuite le ventricule en coupant 
la pointe du cœur avec .des ciseaux ; le sang, et ensuite le 
nitrate d'argent reviennent et s'écoulent par cette ouver- 
ture ; on continue à injecter du nitrate d'argent jusqu'à ce 
qu'il coule à peu près hors du ventricule. Le mésentère de 
la grenouille, étalé alors sur une lame de verre dans de la 
glycérine, ou moulé dans du baume du Canada, après déshy- 
dratation, montre d'une manière très-nette les gaines iyia- 
phati ques péri-vasculaires. — Rusconi, qui a le premier 
indiqué ces gaines péri-vasculaires {Annales des sciences 
naturelles^ 1841, p. 349), ne savait pas si les vais<3eaux 
sanguins sont simplement immergés dans la lymphe ou 
s'ils sont enveloppés par un vaisseau lymphatique replié 
sur eux à la manière du péritoine snr VintosUa. 

En eiuaiani cçs gaines on remarque qu'elles existent 
aussi bien autour des artères que des veines; lorsqu'une 
artère et une veine sont l'une à côté de l'autre, elles ont 
une gaîne commune. Là où un vaisseau se bifurque, la 
gaine est encore sur un certain espace commune aux deux 
branches de bifurcation, puis elle se sépare aussi en deux. 
En examinant attentivement le'bord du vaisseau renfermé 
dans la gaîne, on remarque qu'il a un double contour, ou 
plutôt que son bord est dédoublé d'une seconde ligne plus 
claire; l'intervalle entre cette ligne et le contour du vaisseau 
laisse voir, quand on fait varier la distance de l'objectif, des 
lignes noires qui limitent des cellules polygonales ; ces 
lignes se continuent par dessus le vaisseau et y forment un 
réseau épithélial. Ce réseau est difiërent de celui de la 
gaîne péri-vasculaire ; il se voit nettement par une autre 
position de l'objectjf, et sur la face de l'artère elle-même 
au-dessus du tracé transversal des fibres musculaires ces 
deux réseaux polygonaux s'aperçoivent nettement; i'un, 
le supérieur, le plus rapproché de l'œil se continuant avec 
celui de la gaine ; l'autre, l'inférieur, se continuant avec 
les lignes noires qui se trouvent entre le double rebord de 
l'artère. D y a donc autour de l'artère un double épithé- 
lium, l'un immédiatement sur la paroi, l'autre un peu plus 
loin ; en d'autres termes, la gaîne lymphatique de l'artère 
est une véritable séreuse, et le vaisseau y est contenu 
comme l'intestin dans le péritoine, ou comme le cœur dans 
le péricarde.Rusconi, qui a bien étudié ces gaînes,décritles 
filaments qui relient la gaîne au vaisseau; mais il n'avait 
pas compris la disposition que nous venons d'indiquer 
Milne-Edwards discute fort bien la question dans son Traité 
de physiologie, et il est enclin à penser qu'il doit y avoir 

(î) Les absorbants naissent-ils du système capillaire? Si on en juge par 
les injections, il semble que oui, car plusieurs anatomisles distingués m 
poussant une injection fine par les artères, ont rempli les absorbants* du 
voisinage, je n'ai jamais vn rien de fiemMuble, cependant, je suis loin do 
nier unfatt attesté par Meckd.— (Bichat,— Aimm%$sMraU, 1812. T. H 
p. Ml.) ^ ' 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



N, 



une double gaine. Avec des imprégnations d'argent bien 
réussies, il ne saurait y avoir aucun doute à conserver à 
ce sujet. 

La troisième méthode pour étudier les lymphatiques est 
l'immersion directe dans le nitrate d'argent. Il faut prendre 
pour cela une membrane qui en contienne, afin que les 
vaisseaux se trouvent dans un milieu transparent, et le 
mésentère qui est si riche en vaisseaux lymphatiques, cons- 
titue un bon objet d'étude. 

Il faut choisir de préférence de petits animaux, et il est 
bon qu'ils ne soient pas trop gras, parce que la graisse 
masquerait tellement les objets à observer. Le mésentère 
da chat, par exemple, se trouve généralement dans de 
bonnes conditions; en le tendant, on remarque les rayons 
vasculaires qui vont en divergeant vers l'intestin, on choi- 
sit un point où les vaisseaux chylifères s'écartent de ces 
rayons, et on coupe avec des ciseaux un morceau de la 
membrane pris entre deux rayons vasculaires; on le saisit 
avec une pince, et on le lave en ragitant dans un peu d'eau 
distillée, puis, on le plonge dans une solution de nitrate 
d'argent au li500, et on l'y laisse pendant une heure ; en- 
suite on le met à macérer pendant 15 heures dans de l'eau 
distillée ; au bout de ce temps, l'épithélium du mésentère 
se détache facilement lorsqu'on secoue la préparation dans 
l'eau, ou qu'on la lave avec le pinceau, on tend alors la 
membrane sur une lame de verre, (on y arrive le mieux en 
appuyant sur les bords de la membrane avec les doigts, de 
manière à écarter ces bords l'un de l'autre) et l'on examine 
dans la glycérine ou dans le baume du Canada. Les lym- 
phatiques se voient très-nettement; non-seulement leur 
épithéliumse trouve imprégné, mais on distingue très-bien 
les fibres musculaires limitées par des bords noirs à peu 
près rectilignes, et.dont la plupart ont une direction trans- 
versale; de distance en distance, au niveau des valvules, 
on aperçoit des renflements sur lesquels les fibres muscu- 
laires Tiennent S'entrftcroiser Rnivanf Hp» Hirpp.frinng nlna 

ou moins obliques, en s'entrelaçant dans différents sens à 
la manière des fibres musculaires du cœur. Au lieu delà 
solution d'argent, on peut aussi employer le chlorure d'or 
àlilOOO; on procède de la même façon, on laisse agir le 
chlorure d'or pendant environ 10 minutes, puis on retire la 
'pièce et on la plonge dans une solution très-faible d'acide 
acétique (une goutte pour 50 grammes d'eau) en exposant le 
flacon à la lumière solaire. On obtient de cette façon un 
très-beau réseau lymphatique où l'on distingue en particu- 
lier très nettement la disposition des valvules. Les vais- 
seaux sont comme divisés en une série de segments qui 
paraissent entrer les uns dans les autres comme des tubes 
de drainage ; au niveau de chaque renflement, le bout pé- 
riphérique du vaisseau s'amincit et se termine en un bec de 
flûte qui entre dans le renflement que présente le bout 
central; ce bec de flûte formé par deux valvules adossées 
empêche le retour de la lymphe en arrière. (A suivre). 



4 f€j*»%sunp i s 



.GLINIQUE_MEDICALE 

HOTBL-DIBU. — M. LE PROFESSEUR BÉHIER. 

Étude de quelques points de l'Urémie (Clinique;— 
Théories; —Expériences.) 

Leçons recueillies par H. Liouville, chef du laboratoire et 
I. Straus, chef de clinique adyoint (1). 

Messieurs, 

Au lieu d'être précédée de prodromes comme nous ve- 
nons de l'indiquer, quelquefois la maladie éclate d'emblée, 
ce qui expose à des erreurs fâcheuses d'interprétation et 
de diagnostic. Quel que soit le mode de début, elle présente 
des allures très- variées et qu'on peut ranger sous trois for* 
mes principales : 1® la forme commlsive; 2f la forme coma- 
teuse ; 3* une forme mixte ; enfin, M. Foumier a proposé 
de comprendre dans une 4« classe les formes rares. 

En résumé, grande mobilité et combinaisons multiples 

(1) Voir le n^' 2 du Fro^tH Médical, 



des symptômes entre eux, mais toutes ces formes révé- 
lant un trouble cérébral plus ou moins profond, telle est 
la caractéristique de la maladie ; nous aurons du reste 
occasion de revenir sur cette variabilité d'expression, 
alors que 'nous essayerons de nous rendre compte de la 
signification du processus. 

1® Forme coyivulsive. Elle se présente avec trois varié- 
tés ; la première est la variété éclamptique qui est caracté- 
risée par une perte brusque de connaissance, avec convul- 
sions toniques d'abord, puis cloniques, suivies de somno- 
lence, de coma et de respiration stertoreuse, bref un 
syndrome rappelant tout-à-fait l'attaque épileptique 
franche. Cependant une analyse plus fine permet de saisir 
certaines diflërences. 

Par exemple, le cri initial de l'épilepsie, ce cri terrible 
et qui impressionne si profondément, fait défaut dans l'uré- 
mie convulsive; la pâleur de 'la face, au début de l'accès, ne 
semble pas aussi grande que dans le mal comitial quoique 
cependant un certain nombre d'auteurs aient insisté sur 
la présence de ce symptôme dans les accès éclamptiques 
de la maladie de Bright. 

Un signe distinctif plus important et plus constant, c'est 
l'absence de la prédominance unilatérale des convulsions ; 
eT» outre, dans l'attaque brightique, le pouce n'est pas en 
pronation forcée dans la paume de la main. Dans l'épilep- 
sie la sensibilité réflexe des muqueuses persiste ; elle est 
abolie dans l'éclampsie urémique ; dans celle-ci la perte 
de connaissance est, en général, moins longue, moins pro- 
fonde et peut môme manquer absolument, l'attaque se bor- 
nant alors à des convulsions, cloniques. L'écume de la 
bouche et la morsure de la langue manquent habituelle- 
ment dans l'accès urémique ; néanmoins ces symptômes 
peuvent s'observer quelquefois (Cas de Kien. — Gaz. Méd. 
de Strasbourg, 1865, n^ 1» p. 12). 

Habituellement, les convulsions cloniques sont généra^ 
j£s^ ndanmoin g les couvulsions locales ne sont pas aussi 



rares que le pensent MM, Lasègue et Sée, et pour ma part 
J'ai vu de véritables accès d'éclampsie consistant en sim- 
ples convulsions locales, comme dans certaines variétés 
du petit mal épileptique. 

D'autres fois ce sont de vraies attaques de tétanos, avec 
opisthotonoset trismus; c'est là une variété très-rare,mais 
qui a été observée. 

En résumé, la forme convulsive comprend trois variétés 
qui sont les formes éclamptiques, la forme convulsive lo- 
cale et la forme tétanique. 

On a dit que dans l'urémie ces attaques ne se produi- 
èaient qu'une ou deux fois dans les 24 heures, tandis qu'el- 
les seraient plus multipliées dans l'éclampsie puerpérale. 
Cette règle est vraie généralement, mais elle comporte des 
exceptions. 

Ainsi M. Lasègue a vu des accès urémiques très-fré- 
quents et presque subintrants dans un ,cas où la guérison 
a été obtenue ; des accès multiples dans les 24 heures sont 
• pareillement notés dans l'observation de M.Cornillon,citée 
dans le remarquable travail de M. Boumeville (Etudes cli" 
7iiques et thennom.sur les m/iladies du système nerveux). 

Moi-môme, j'ai été témoin de faits analogues à l'hôpital 
des enfants, dans des cas d'éclampsie urémique survenus à 
la suite de scarlatine. 

Quand les attaques sont ainsi répétées, le coma consécu- 
tif ne se dissipe point entre les attaques, il en remplit les 
intervalles. Ce sont là véritablement des formes mixtes, 
montrant en quelque sorte le lien qui unit la forme convul- 
sive avec la forme comateuse. 

Forme comateuse. Le coma, qui est l'aboutissant habi- 
tuel de la forme convulsive peut être primitif et se montrer 
d'une façon très-brusque ; il est incomplet^ consistant en 
Nune simple somnolence, ou complet ; c'est dans ce dernier 
cas surtout qu'il est subit et qu'il a une signiflcation très- 
grave ; la face est pâle, l'insensibilité absolue ; les pupilles 
tantôt normales, tantôt dilatées et paresseuses dans leurs 
mouvements sous l'influence de la lumière. Le malade est 
plongé dans le stertor, il ronfle ; Addisson insiste pour 



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28 



LE PROGIŒS MÉDIOAL 



montrer que ce ronflement ne se produit pas de la même 
façon que dans Tépilepsie et dans Fapoplexie cérébrale ; 
dans ce cas, selon son observation, les malades ronflent 
du nez et de la gorge; dans Turémiel le bruit est produit 
plus saperflciellement, si Ton peut ainsi dire, et seulement 
par la projection des lèvres. 

Autre caractère distinctif : L'insensibilité*et la résolution 
musculaire du coma sont générales dans l'accès urémique 
et non pas hémiphégiques, comme dans l'apoplexie et géné- 
ralement dans répilepsie. 

Du reste, le coma urémique est très-insidieux dans sa 
marche. Il est des cas où il s'établit avec une brusquerie 
extrême laquelle est tout-à-fait propre à dérouter le diag- 
nostic. Romberg, Gairdner (d'Edimbourg), citent des cas 
de coma d'emblée suivis de mort. en moins de 2 ou 3 heu- 
res, John Moor,dansle London Médical Gazette ^1845, re- 
late l'observatioa d'un ouvrier qui, se sentant pris de 
diarrhée, entra chez un pharmacien qui lui administra de 
la teinture de rhubarbe. A peine arrivé chez lui, il tomba 
dans le coma, en sortit pendant quelques heures, pour y 
retomber et mourir. Dans ce cas on crut à un empoisonne- 
ment par erreur de médicament, mais l'autopsie révéla 
les altérations d'une albuminurie très-avancée t reins 
brightiques, atrophiés^ albumine dans les urines, urée 
dans le cerveau. 

Remarquez en passant. Messieurs, combien ces faits sont 
instructifs au point de vue de la médecine légale. 

Wieger (thèse de Picard : De la présence de l'urée dans 
le sang et de sa diflfusion dans l'organisme ; faculté de 
Strasbourg 1856), cite l'histoire d'une femme qui ne pré- 
sentait que des troubles gastriques légers, sans œdème, 
quand, d'une manière soudaine, elle fut prise de coma et 
succomba le lendemain. A l'ouverture, on trouva les reins 
atrophiés, les uretères du volume de l'intestin, la vessie 
hypertrophiée, le trigone épaissi. Le coma brusquement 
mortel résultait d'un trouble de l'excrétion urinaire. 

La forme, dite mixte, ofi"re les deux types mêlés, et c'est" 
tantôt la forme convulsive, tantôt la forme comateuse qui 
prédomine. 

Parmi les types rares, deux surtout sont intéressants. 
C'est d'abord le type délirant. Nous avons vu chez notre 
femme de la salle St-Antoine le délire venir compliquer 
le coma à titre de phénomène ultime' ; quelquefois il com- 
plique aussi les convulsions. Mais il peut exister seul jus- 
qu'à la fin et constituer une forme particulière, quoique 
rare, la forme délirante. Dans ces cas, tantôt le délire dé- 
bute brusquement.tantôt il est précédé des prodromes ha- 
bituels de l'accès urémique, de céphalalgie, de troubles de 
la vue, de paresse de l'intelligence, de lenteur dans les 
mouvements. 

Ce délire se présente habituellement sous la forme de 
délire monotone, excellente qualification due àt'rerichs et 
que j'adopte volontiers, car elle indique bien la chasse per- 
pétuelle aux idées et le marmottement incessant qu'offrent 
les malades. 

Chez notre femme, le délire revêtait une forme lypéma- 
ûiaque ; elle était poursuivie de conceptions tristes, appe- 
lant sans cesse au secours. Lasègue et Wunderiich ont 
décrit des formes franchement m/zniaques. 

La deuxième forme rare est la forme dyspnélque. Les 
uns la donnent comme très-rare, les autres comme assez 
commune. 

Il importe tout d'abord de. ne pas la confondre avec la 
dyspnée habituelle de la maladie de Bright, laquelle tient 
ordinairement à un œdème pulmonaire assez notable et 
plus rarement à l'œdème des replis aryténo-épiglottiques, 
à de l'endocardite ou de la péricardite. Cette dernière dys- 
pnée est lente, progressive, plus ou moins intense selon 
Fintensité et les localisations de l'œdème brightique. 

II en est tout autrement dans la forme dyspnéique vraie 
de l'accès urémique. Là, la dyspnée survient brusquement, 
brutalement ; elle aboutit rapidement au coma terminal et 
elle peut tuer le malade en trois ou quatre heures. (Dans sa 
thèse, Paris, 1861,Pihan-DufeiUay relate une attaque mor- 



telle en 4 heures). On a pensé que le coma qui termine 
presque toujours la scène tenait à l'insuffisance de Théma- 
tose ; je suis porté à l'attribuer à un autre ordre d'influenr 
ce sur lequel j'insisterai tout-à-l'heure. Mais je tiens à vous 
dire dès maintenant que dans l'interprétation de ces faîte 
on a trop perdu de vue le trouble apporté dans le fonction- 
nement des centres nerve,ux respiratoires. Ainsi, j'ai été 
le témoin direct d'un fait de ce genre, qui, pour plus d'une 
raison, a fait une grande impression sur mon esprit. Le 
malade a été subitement saisi d'un accès de dyspnée terri- 
ble avec pressentiments funestes, anxiété extrême, ijrainte 
de mort imminente. 

Or, à côté de ces signes fonctionnels si graves, c'est & 
peine s'il présentait un peu de toux et quelques râles disse* 
minés dans le poumon gauche. Point de céphalalgie, point 
de phénomènes convulsifs. Il y a donc, dans ces cas, une 
disproportion énorme entre les signes physiques thoraci- 
ques et les phénomènes . de la dyspnée qui est purement 
nerveuse. 

Ces dyspnées peuvent du reste se dissiper aussi rapîde- 
^nt qu'elles s'établissent et si, dans le cas spécial, les lé- 
sions anatomiques du poumon avaient été en rapport avec 
les troubles fonctionnels subis par cet organe, à coup ^ sûr, 
celui qui vous parle ne serait plus là pour vous faire ce 
récit. 

Ces cas constituent donc de véritables dyspnées nerveu- 
ses. Il existe des observations où cette dyspnée extrême- 
ment intense s'accompagnait d'une inspiration sifflante et 
d'une voix rauque, absolument comme dans l'œdème de la 
glotte. 

Dans ces circonstances, Christison a vu deux fois prati- 
quer la trachéotomie, et dans, les deux cas il n'j avait au- 
cune trace d'œdème de la glotte. 

Enfin, M. Jaccoud a décrit une forme dite articulaire^ 
où les grandes^rticulations sont douloureuses comme dans 
le rhumatisme. Cette variété est extrêmement; rare. 

Tottteis ^e» forœeiï que nous Tenons de passer en revue 
présentent une marche aiguô. Toutefois il en existe qui 
sont franchement chroniques et d'autres qui offrent une 
allure chronique interrompue par des accidents aigus. Cet 
état peut durer pendant deux ou trois mois, en alternajrt 
avec des rémissions et des retours vers la santé presque 
complète. 

Les vomissements et la diarrhée peuvent être les seuls 
symptômes appréciables de rurémie ; ils ont une grande 
valeur clinique moins comme signe de l'eiaapoisonnement 
urémique qu'à titre d'éruonction supplémentaire préserva- 
trice. J'aurai à revenir sur ce point ainsi que sur la valeur 
de l'haleine et de la sueur dites ammoniacales. 

Il est un signe diagnostique de la plus haute importance, 
un signe dirimant entre l'éclampsie albufliinurique d'une 
part, l'accès épileptique et hystérique de l'autre; c'est 
l'état de la température. Je fais allusion ici aux belles re- 
cherches de MM. Bournevjlle et Charcot, sur lesquelles je 
me plais à revenir et qui ont rendu singulièrement précis 
les termes de la question. Il résulte en effet de leurs ob- 
servations et de celles moins complètes mais antérieures, 
de W. Roberts, de M. Hirtz et de Hutchinson, que l'accès 
urémique s'accompagne d'un abaissement notable de la 
température centrale; taodie que au contraire, dans l'accès 
épileptique et hystérique on note de l'élévation de la tem* 
pérature ; cette élévation, chose curieuse est la même dans 
l'éclampsie puerpérale, même quand elle s'accompagne de 
néphrite et d'albuminurie : constamment alors on observe 
une éléva4.ion delà température qui va croissant jusqu'à la 
mort. 

Le thermooniètre dm reste sert alors non-J9eulement au 
diagnostic des formes convulsives, mais aussi à celui de la 
forme comateuse. Dans le coma consécatif à une hémor- 
rhagie cérébrale, 2es observations des services de la Salpé- 
trière ©mt montré que la température, après un abaisse- 
ment momentané, s'élève au-dessus de la normale jusqu'au 
moment de la mort ; cette même élévation thermique se 
rencontre dans le coma consécutif à un ramollissement cé- 



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f 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



29 



rébraU avec cette seule différence qu'elle n'est pas dans ce 
cas précédée d'une chute primitive et passagère de la tem- 
pérature. 

Dans le coma urémique au contraire, rabaissement de la 
température est un signe constant et permanent jusqu'à la 
mort. 

La cause et la véritable explication de ces différences 
BOUS échappent encore, mais cela ne retranche rien à leur 
valeur diagnostique» qui est consiâérable, comme voua le 
¥C(yez. 

L'abaissement de la températwre est donc un signe cons- 
tant et qui ne fait jamais défaut chaque fois qu'il y a réten- 
tion dans le sang des produits urinaires. A quoi tient alors 
la variabilité extrême des autres symptômes de l'urémie, 
qui tantôt consistent en accidents convalsiCs» tantôt en phé- 
nomènes comateux, ici en du délire, ailleurs du tétanos ; 
à quoi rapporter, en un mot, la symptomatologie protéîforme 
de la maladie, qui cependant ne reconnaît qu'une seule et 
même cause, l'insuffisance de l'élimination urineuse I 

Cette variété dans l'expression symptomatique tient sans 
aucun doute, selon moi, ainsi que M. Hirtz l'a indiqué 
dans une leçon publiée par M. Kien [Qaz. Méd. de Stras- 
bourg 1865, n« 1, p. 15), à des localisations diverses du 
poison qui porte son action sur telle ou telle partie des cen- 
tres encéphalo-rachidiena. 

^ Ainsi, les formes convul&ives résultent évide^kment de 
rirritation des diverses portions excito-motriee» de Taxe 
cérébro-spinal- L'éclampsie traduit l'excitation de la moelle 
allongée ; l'aceôa tétaniformc celle de la moelle cervicale ; 
les convulsions partielles, celle des origine» des nerfs qui 
animent les parties convulsées, les troubles de l'intelli- 
gence, le délire témoignent d'une irritation portant sur la 
aurface des hémisphères. Dans la forme dyspnéique c'est 
l'origine despneumo-gastriquesqui serait atteinte et quand, 
comme dans les cas curieux que nous avons cités, la res- 
piration est sifflante et ht yoîk ^^i^^»» n'^^i ^^^^ i»QiMya«r^|^ 



intéresse les nerf!» laryngés et produit la paralysie ou la 
contraction des muscles du larynx, comme cela se cons- 
tate dans les anévrysmes de l'aorte qui excitent ou com- 
priment les nerfs récurrents. Enfin, le coma qui termine 
habituellement la scène tient à cet épuisement qui succède 
à l'irritation, loi générale et qui trouve toujours principa- 
lement son application dans la pathologie cérébrale. Que si 
le coma s établit d'emblée, c'est une preuve que l'excita- 
tion est trop énergique et qu'elle épuise tout d'abord et abo- 
lit primitivement Tactivité des centres nerveux. 

Telles sont les hypothèses très^légitimes que Ton peut 
fiormuler sur les diverses localisatioDS anatomiques du poi- 
son urémique. (A suivre.) 
*-" ' ' ' ■ ■ — 

BULLETIN BU PROGRÈS MÉDICAL 

Des facilités de médecine provinciales 
Il y a en tous pays, dit un publiciste contempcHrain, des 
communautés locales, des groupes naturels qui existent par 
la force des choses et qui ont des intérêts et des droits par- 
ticuliers. Ces groupes ce sont les Communes. Parmi les 
droits qui nous paraissent leur appartenir est celui de per- 
fectionner, dans la mesure de leurs forces, tout ce qui a 
trait à l'enseignement. L*Etat doit veiller à ce que l'ensei- 
gnement ne tombe pas au-dessous d'un certain degré et en- 
courager toutes les tentatives qui auront pour but d'accroî- 
tre les éléments déjà existants. 

Tirantl'argent de leurs poches, les communes sont mieux 
que qui que ce soit à même de juger ce dont elles sont ca- 
pables. Or, dans ces derniers temps, plusieurs de nos villes 
les plus importantes Lyon, Bordeaux, Nantes^ Lille, Tou- 
louse, Marseille, Besançon, Limoges et Remaes, ont de- 
mandé à TAssemblée l'autorisation de créer, à leurs frais, 
des facultés de médecine. 



En conséquence, l'Assemblée a nommé une commission 
chargée d'examiner les propositions relatives à la création 
de nouvelles facultés. Cette conunission est composée de 
MM. Besson, Arago, Lallié, Thomas, Michal-Ladichère, 
Roussel, Naquet, de Mahy, Paris, Ducarre, Bert, Bouisson, 
de Salvandy et Berthauld. Le courant décentralisateur 
qui semble exister actuellement parmi nos l^islaleurs, 
nous fait espérer que bientôt ces projets seront réalisés. 

Nous trouvons encore dans divers journaux de nouveaux 
renseignements sur la question, renseignements qui pa- 
raissent indiquer qu'une partie au moins des autarisaliKttis 
sera accordée. 

Le conseil supérieur de rinstniction publique s'est réuni jeadi dernier pour 
discuter rimportante question de la création des Facultés de médecine en 
province. Au nom de la commission d'enseignement supérieur, M. Wurts, 
doyen der la Faculté de médecine de Paris, a présenté à ce sujet un rapport 
dont les conclusions sont les suivantes : 

n y a lieu de créer, dans quelques grandes Tilles de FVance, des centres 
de hautes études. Les Paenltés de médeciner sont nécessaireMeiit comprises 
dans le groupe de ces établissements â'enaeignemsnt sspéffleor. U eonvient 
d'en augmenter le nombre. On n'en compte que trois en ce miHBent; on pour- 
rait en placer trois ou quatre autres dans les viUea convcsiableiiieDt dioisies 
au point de vue des ressources qu'elles pourraient offrir à I*instniction mé- 
dicale. Neuf villes ont fait des offres à cet égard : Lyon, Bordeaux, Nantes, 
Lille, Toulouse, Marseille, Besançon, Limoges et Rennes. La G)mmissîon 
est d'avis que les demandes de ces trois dernières doivent être écartées, ces 
villes ne paraissant pas offrir ÔM garanties suffisantes «u point de vue des 
besoins des noardles FScoltés. 

Elle pense que les offres de Toolonss et MaraeiOs doivent Mrs i<e)Ctée8, 
par la raison que ces villes se trouvent placées dans le rayon de la circoasi- 
cription de Montpellier. Il^convient de proodre en considération les demandes 
de Lyon» Bordeaux, Nantes et Lille. Toutefois, comme il ne paraît ni pru- 
dent, ni m6me possible de créer en mSme temps quatre Facultés nouvelles, 
il est nécessaire de procéder graduellement et d6 fiedre un choix. La seconde 
ville de France est incontestablement celle qui présente les meilleures oondi- 
TlSns pourTétabliis^nent d'une Faculté de médecine; Lyon doitdone obtenir 
la préférence. Les demandes des trois autres villes pourront être acooetllies 
ultérieurement. 

Malgré la réserve faite au détriment de certaines TîHea, 
réserve qui, à la rigueur, pourrait ôtre écartée puisque 
les municipalités offrent de faire les dépenses néoessairesip 
nous ne pouvons qu'approuver les projets en délibéntion. 
Nous avons le plus grand intérêt à voir se muMipHer nos cen- 
tres d'enseignement au point de vue médical. Uémulation 
qui ne manquera pas de se produire entre les diverses 
écoles tournera tout au profit de la science médicale et 
partant de la société. 



SOCIETES SAVANTES 

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 
Sêxme ^ 21 juin. -^ présidence de M. Cl. Berkard. 

M. YuLPiAN montre à la Société des pièces qui, bien qœ 
n'ayant donné qu'un résultat négatif, n'en présentent pas 
moins un certain intérêt. U s'agit des reins d'un chien, sur 
lesquels 9 jours auparavant il avait» avec le plus grand soin, 
pratiqué la section des nerfs. L'animal a survécu à ropôration 
ei se poortait bien lorsqu'il a été sacrifié pour une nouvelle 
expérience. L'examen des reins a pu être fait et l'(m n'a rien 
trouvé de spécial; pas d'altération notable dans cet organe. 
Cependant, si l'on doit s'en rapporter aux descriptioms de Mo- 
reau, le rein, déjà, eût dû être à peu près détruit 

M, Yulpian présente encore l'œil d'un lapin sur lequel on 
avait pratiqué la section de la Se paire. On constate, sur la 
cornée, les troubles nutriiife habituels : elle est nettement 
opaque. Pois ranimai est mort presque subitement. On n'a 
pas troruvé d'altération dans le cerveau; à peine existaàt-il 
quelques ecchymoses sur la muqueuse de l'estomac et qne 
infiOLUratioA purulente en un point du poumon. 



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30 



LE PROGRÈS MEDICAL 



M. Gaktillb appelle l'attention de la Soeiété^sur une cause 
d»erreur expérimentale qu'il est bon de bien connaître. Vou- 
lant répéter une expérience sur les effets de la digitaline chez 
les animaux empoisonnés par le sulfate d'atropine, il avait 
donné à un chien, intoxiqué par ce dernier sel, 60 milligram- 
mes de digitaline de Nativelle. — C'est alors que, pour se 
rendre compte des mouvements du cœur, il avait planté une 
longue aiguille dans cet organe. Malgré la dose énorme de 
digitaline, les battements du cœur étaient très-énergiques et 
très-précipités; loin de s'abaisser, la température montait 
jusqu'à 40<>, i — lorsque l'animal mourut tout-à-coup. Cet 
accident aurait été certainement attribué à la digiltallne si 
Tautopsie, n'était venue démontrer que l'aiguille, fortement 
fixée par les côtes et les muscles de la paroi, avait labouré le 
• cœur en tout sens et provoqué une hémorrhagie, cause évi- 
dente de la mort. 

M, Zaborde fait temarqu^ que cette cause d'erreur est 
encore assez fréquente et qu'elle s'est présentée il y a peu ' 
dans un cas analogue. 

M. Reqnard présente à la Société un appareil basé sur le 
môme principe que celui 4» M. Esbach, mais simplifié et 
donnant des résultats plus rapides. 

Jf. Bouchard, après avoir fait quelques critiques de détails 
et quelques légères réserves sur l'entière exactitude des 
résultats, pense que cet appareil est appelé à rendre de très- 
grands services. 

M. Bouchard appelle rattention de la Société sur les acci- 
dents qui peuvent ôtre provoqués par l'emploi de la digitaline 
dans l'albuminurie. Ce médicament devient très-promptement 
toxique et les doses ordinaires sont parfois nocives. Il vient 
de constater chez un malade atteint de. maladie de Bright, des 
phénomènes très-graves qui ont duré plus de cinq jours. Il ne 
faut pas oublier, en efl'et, que dans l'albuminurie les reins 
deviennent en quelque sorte imperméables ; les poisons ne 
sont plus éliminés au fur et à mesure qu'ils pénètrent dans 
le torrent circulatoire; ils s'y accumulent; «ko lè t<» m»9i 
dents. 

\\ M. Cl, Bernard. C'est par ce mécanisme que j'ai expliqué, IV 
y a longtemps, l'innocuité des ingestions de curare dans 
Testomac, tandis que les accidents sont si rapides lorsque le 
poison a été déposé dans le tissu cellulaire sous-cutané. En 
«ffet, dans ce c^, l'absorption est prompte et le curare pénètre 
£n assez grande quantité pour provoquer les phénomènes de 
Tempoisonnement. — Mais dans les injections stomacales il 
n'en est pas ainsi : l'absorption est lente et le poison peut 
s'éliminer par les reins au fur et à mesure qu'il pénètre dans 
le sang. Du reste, qu'on rende l'élimination impossible, qu'on 
lie les reins ; le curare s'accumulera dans le liquide nourri- 
cier et la mort sera prompte. 

M. Charcot. M. Bouchard a raison, et chez les albuminuri- 
ques, non seulement la digitaline, mais l'opium, peuvent pro- 
voquer, à doses modérées, de graves accidents. Les auteurs 
anglais ont Insisté, à juste titre, sur ce point ; ils avaient 
remarqué ce fait que beaucoup ont constaté après -eux, que 
les reins albuminuriques sont imperméables, entr'autres, aux^ 
substances odorantes ; l'ingestion, par exemple, des asperges 
ou de la térébenthine ne s'accompagne pas de l'odeur caracté-^. 
ristique qui, dans ce cas, distingue les urines. 

M. Comil regrette de ne point avoir des planches qu'il se 
propose, d'ailleurs, de montrer dans la prochaine séance. Il 
donnera la preuve anatomique de l'imperméabilité que M. Bou- 
chard invoque dans l'albuminurie; les veines s'oblitèrent, la 
parotides artères s'épaissit et les lésions envahissent les glo- 
mérules de Malpighi. 

M. Bouchard présente quelques remarques sur le mode 
d'action de la valériane. Dans le diabète insipide, il a employé 
la valériane à haute dose. Le médicament n'a pas paru agir sur 
la polyurie, — mais son action sur Tazoturie a été des plus 
nette. L'excrétion de lurée s'est beaucoup amoindrie, et de 
40, 49 grammes en 24 heures, il l'a vue descendre à 10 gram- 
mes. Cet efiet a été constant. Il en a été de môme dans le 
diabète sucré : lorsqu'à la glycosurie s'ajoutait de l'azoturie, 
votgours, sous l'influence du médicament, l'urée diminuait. — 
^ans quelques cas, il a vu survenir une excrétion moindre 



d'eau et de sucre; la polyurie, la glycosurie paraissaient en dé- 
croissance, mais ces eiOfets sont trop incertains pour faire fond 
sur eux. Un seul fait reste immuable dans l'emploi de la valé- 
riane, c'est la diminution dans la production de Furée. — Par 
quel mécanisme survient cette diminution d'urée I II croit 
que la valériane empêche la dénutrition et pourrait ôtre placée 
à côté des médicaments d'épargne. 

Ne pourrait -on pas rapprocher ce fait de certaines pratiques 
communes à quelques peuplades indiennes? Ciiaque année, 
l'élite de la tribu va faire de périlleuses excursions sur les 
territoires ennemis ; les fatigues sont grandes et parfois les 
privations rudes. Eh bien ! un mois avant le départ, ces cou- 
reurs d'aventures se gorgent de valériane; ils s'en frottent le 
corps, ils en prennent des bains, ils en mêlent à leurs ali- 
ments de telle sorte que chacun de leurs éléments anatomi- 
ques se renouvelle pour ainsi dire au contact de la valériane. 
Ils peuvent alors affronter les privations , résister à la faim et 
à la fatigue. 

M. Bouchard ne voudrait pas dire que celte prQpriété soit 
spéciale à la valériane; elle est propre, et à un aussi haut 
degré, aux préparations d'arsenic, au bromure de potassium. 
L'iodure de potassium agirait d'une façon toute contraire. 
L'auteur a employé ce médicament dans le diabète et il a vu 
augmenter à la fois la polyurie et l'azoturie. Il croit, du reste, 
que c'est par son énergique dénutrition qu'agit i'iodure de 
potassium et par la rapidité avec laquelle se détruisent, sous 
son influence, et se reconstituent les éléments anatomiques. 

M. Rabuteau, Il y a longtemps que j'ai prouvé que le bro- 
mure de potassium diminue la production d'urée, mais je 
croyais avoir donné la môme preuve pour l'iodure de potas- 
sium. Evidemment, l'un de nous deux se trompe; ce sont des 
expériences à recommencer. 

M. Bouchard insiste : ses observations sont des plus nettes 
et ne prêtent point à l'équivoque, la quantité d'urée a tou- 
jours été augmentée. 

M c.\. PvRKAELD aunonoo k 1* 0ooiétéi|ue M. Raymond de- 
mande à résigner ses fonctions de trésorier. 11 propose de 
nommer M. Garvillo à sa place. — M. Carville est nommé. — 
Par un nouveau vote, la société proclame M. Hardy, archi- 
viste, en remplacement de M. Carville. P. R. 

ACADÉMIE DE MËDEGINB 
Séance du M juin 1873. -- pr^idence de M. Dbpaul. 

Après la lectiu'e de la correspondance et différentes com- 
munications, le président annonce une vacance dans la sec- 
tion d'anatomie pathologique, puis Tordre du jour appelle la 
suite de la discussion sur le typhus exanthématique. 

M. Chauffard vient soutenir et développer son opinion. 
Pour lui le typhus ne nait pas sur place et sous l'influence de 
certaines conditions, il est toujours importé. La famine ^i Y en- 
combrement ne font que favoriser son développement. L'orateur 
passeenrevue les différentes épidémies signalées par MM. Bou- 
chardat et Fauvel; dans toutes, il trou;^e des traces d'impor- 
tation. En Algérie, par exemple, le typhus fut importé à la 
suite de la guerre de Crimée; longtemps il resta en Kabylie et 
ce n'est qu'à l'époque de la famine en 1868 et sous son influence 
qu'il se propagea. Quant aux causes qui font que la maladie 
est endémique en certains pays, elles doivent tenir, ou à l'air, 
ou au climat ou à d^autres conditions qui stmt encore à trouver. 

SOCIÉTÉ ANATOMIQUE 
Séance du 2 mai. — Présidence db M. Charcot. 

pâtre les communications que nous avons reproduites textuellement, 
nods citerons : !<> un cas de tuberculose des organes génitcurinaireSy par 
Cazalis ; — 2» un cas de sarcome de Vacant-bras, chez un homme de 
22 ans, observé par Lemaistre; — 3® un exemple d'abcès de la paroi abdf^ 
minale consécutif à une jpéritonite enkystée: causée elle-même par des 
calculs de la véJsicule biliaire (VioUet). 

Séance du 9 mai. — présidencb de M. Charcot. 
GoDUBe da eerveftni Aphasie i par Bourcbrbt et Cousbt. 
Bécé Jean-Marie, 43 ans, cordonnier, entré Ie13janTier 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



31 



1373, à Bicôtre (service de M. Descroizillbs), mort le 5 mai 
1873. 

Le malade a joui d'une bonne sanlé jusqu'au commence- 
ment de 1862. Il n'avoue pas d'antécédents syphilitiques. Sa 
famille ne nous donne aucun renseignement. Il y a un an, au 
commencement de 1872,. il est pris d'embarras de la parole 
(aphasie). En même temps apparaissent dans le c\iir chevelu 
de petites tumeurs qui disparaissent après un certain temps. 
L'aphasie diminue mais ne disparait pas. 

Quelques mois après, paralysie du bras droit qui s'efface 
rapidement. Six semaines après cette deuxième atlaque en 
survient une troisième dans laquelle les troubles de la 
parole s'accentuent. 

Çnfin le 12 janvier, quatrième attaque, aphasie presque 
complète, paralysie faciale droite, engourdissement dans les 
membres du côté droit. 

14 i<im. 73. On constate à la visite une paralysie faciale 
droite^ incomplète ; la langue est fortement déviée ; mais 
Tengourdissement des membres a disparu. Le malade ne peut 
dire que oui ou non ; il ne compte que 1 et 2 ; il comprend 
assez bien nos questions, cependant il y a un affaiblissement 
notable de l'intelUgence. Le malade a de la céphalalgie. Pas de 
fièvre . 

Pas de traces de syphilis sur le corps. On porte le diagnos- 
tic: tumeur cérébrale, siégeant dans la corne frontale gauche 
peut être syphilitique malgré les négations du malade ; irai" 
tevMnt, iodure de potassium, séton à la nuque. 

6 fév. Le malade dit quelques mots et peut compter jus- 
qu'à 10. 

24 fév. Attaques épileptiformes. 

25 fév. Affaissement considérable, la paralysie faciale est 
plus marquée ; 126 pulsations. Le 26, amélioration. 

38/2f9. Le malade est beaucoup mieux, t^endant le mois de 
mars^ le malade va assez bien, mais Taphasie et la paralysie 
faciale persistent. 

i avril. Attaques Y^i'^r'^f"*""^ ^ffinf"*»^'^^'^* *^h.^-^^^^..A 



Une nouvelle amélioration survient dans la première quin- 
zaine d'avril. 

28 avril. Nouvelles (Utaque$ épileptiformes. Céphalalgie pro- 
fonde. 

2 mai. Attaques répétées, incontinente d'urine, coma, jfort 
le 5. mai. 

Autopsie, l3 6 mal 1873. — Rien dans les os du crâne. — 
Cerveau. — Les cirvonlutions^ cérébrales paraissent compri- 
mées, tassées, — Les ventricules sont dilatés. 

Au niveau de la partie postérieure de la face externe de la 
corne frontale gauche , épaississemeut et adhérences intimes 
des méninges à la substance cérébrale ; à la coupe on trouve 
une tumeur qui occupe la partie postérieure des 2« et 3« cir- 
convolutions frontales gauches et une partie delà circonvo- 
lution pariétale adjacente. Cette tumeur est à peu près sphé- 
ilque ; elle a environ 3 cenlim. de diamètre. Elle est assez 
molle, grisâtre, et présente vers la surface du cerveau 3 
Boyaux blancs, durs, distincts les uns des autres. On ne peut 
penser, dans ce cas, qu'à une gomme ou à un gliome. L'exa- 
xnen microscopique sera fait et communiqué. Rien d^ parti- 
culier dans les autres organes. 

SAcro-eoxalgle gaoehe ; — Carie do sacram ; -» Mort % — 
Autopsie, par Stoicssgo, intern» des hôpitaux de Paris. 

Labo.. Louise, âgée de 35 ans, entre au commencement de 
février, cette année, dans le service de M. L. Labbé, à la Pitié, 
salle SaintrJeann<» 6. Elle est d'une constitution lymphatique, 
petite de taille, réglée pour la première fois vers Tâge de 17 
ans, depuis cette époque menstrues très-irrégulières ; dans 
son enfance elle eut plusieurs fois des opbthalmies et des 
ganglions suppures, dont on voyait encore la trace sur les 
parties latérales du cou, au-dessous des angles de la mâchoire 
inférieure. Elle a trois enfants qui se portent assez bien ; les 
deux premières couches se sont bien passées, à la suite de la 
dernière, il y a dix ans, elle éprouva de violentes douleurs 
dans la région du petit bassin. Jamais de rhumatismest ja- 
mais de syphilis. 
D y a environ un an, étant en traitement pour une bron- 

hile, la malade ressentit, sans cause apparente, des douleurs 



profondes, assez vives, au niveau de fépine iliaque postéro- 
supérieure, douleurs qui se répétaient à des intervalles plus 
ou moins rapprochées, et surtout pendant la marche et la 
position debout ou assise. De temps en temps genou correspon- 
dant était douloureux. La démarche était incertaine, hési- 
tante, de sorte que la malade craignait de s'appuyer sur la 
jambe. Au bout de deux mois, elle s^aperçoit, pour la pre- 
mière fois que la fesse gauche grossit rapidement ; les douleurs 
prennent un caractère plus aigu ; bientôt elle conmience à 
boiter. Inquiétée par les progrès de sa maladie, cette femme 
se décide enfin à entrer à l'hôpital. 

A son admission nous sommes frappés de l'état de faiblesse 
extrême dans lequel elle se trouve ; un bruit de souffle très- 
manifeste siège à la base du cœur et au premier temps ; les 
muqueuses sont complètement décolorées ; rien du coté des 
poumons. Une tumeur grosse à peu près comme une tète de 
fœtus à terme, fluctuante, sans aucun changement de couleur 
à la peau, occupait la région supérieure de la cuisse, juste au- 
dessous du pli fessier disparu ; la malade est dans le décubi- 
tus dorsal, la seule position supportable; la marche, de même 
que la position assise est très-doulouseuse, la jambe fléchie 
sur la cuisse et la cuisse sur le bassin, à cause de la position 
du foyer; tous les mouvemehts de l'articulation coxo-fémo- 
raie se faisaient librement et sans douleur, avec leur 
amplitude presque normale. Une mensuration régulière ne 
révèle aucune différence de longueur. La pression sur le grand 
trochanter correspondant était indolente, mais en embrassant 
le bassin, de chaque côté, avec les mains et en cherchant à 
rapprocher l'un de l'autre les deux os iliaques, on réveillait 
une douleur vive, profonde, au niveau de Tamphiarthrose 
sacro-illiaque gauche, de plus, la malade étant couchée sur 
le ventre, et en pressant tout le long de la colonne vertébrale, 
on provoquait une douleur très-sensible au jiiveau^du sacrum. 
On ne remarque ni déviation, ni exagération de courbure sur 
la colonne. La sensibilité du membre inférieur gauche est 
Mi^ptu umuuBbtie , de temps en temps la malade ressent des 
fourmillements dans toute la longueur du membre. On pres- 
crit un jtridtement tonique : vin quinquina, sirop dlodure de 
fer, huile de foie de morue. 

Quinze jours après l'entrée de la malade, M. Labbé prati- 
qua une ponction aspiratrice suivie d'injection de teinture d^iode 
au tiers^ bandage compressif. On a retiré plus de BOO grammes 
de pua de mauvaise nature, très- peu fétide, mêlé de gra« 
meaux. Après cinq ou six jours, la tumeur reprenant les mêmes 
dimensions, on fait une nouvelle ponction suivie d'une in* 
jection de teinture diode. 

Très-peu de temps après le foyer se remplit de nouveau et 
en même temps une autre .collection se forme vers la région 
supérieure et interne de la cuisse, qui paraît communiquer 
manifestement avec le foyer principal ; l'état général est plus 
grave ; depuis une vingtaine de jours, tout le membre gau- 
che devient œdémateux, la fièvre hectique prend des carac- 
tères plus prononcés, et ainsi la malade succombe le U 
avril. 

Autopsie faite trenie-six heures après sa mort. On trouve que 
les muscles fessiers et pelvitrochantériens grisâtres, ramollis et 
infiltrés de pus sont, pour ainsi dire, englobés dans la collec- 
tion purulente, que Ton peut suivre facilement jusques dans 
l'intérieur du bassin, où elle pénètre par la- grande échan- 
crure ischiatique ; un second trajet met en communication le 
foyer x)Oslérieur avec le foyer superficiel situé à la partie 
interne de 1^ cuisse ; d'autres foyers, commtmiquant avec 
l'intérieur de l'articulation sacro-iliaque gauche, remplie elle- 
même de pus, se concentraient non-seulement en arrière, 
mais encore en avant du sacrum ; les nerfs sacrés, la partie 
inférieure de la moelle, les vaisseaux iliaques et le grand nerf 
sciatique étaient baignés de pus ; les vaisseaux, de même que 
les nerfs, paraissent intacts. 

L'altération principale, et d'après nous primitive, on la 
trouve sur le sacrum \ cet oâ, complètement carié dans toute 
son étendue, devenu blanc .mat, présente tout-à-fait l'aspect 
d'une éponge ; la carie s'arrête au niveau de ses articulations» 
supérieure et inférieure, à droite au point d'iasertion du liga- 
ment sacro-iUaqueantéiieur. 



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32 



LE PROGRÈS M^ICÂL 



Lus ligamenU sacro^iliaque antérieur ^ postérieur, et interos* 
seux, de môme que la ^noviale et les cartilages d'eacroute- 
meiit deVamphiartliTose gauclie sont entièrement détrafts, 
on n'aperçoit que quelques vestiges, convertis en une sorte 
de gelée, du ligament postérieur, au point de son attache sur 
l'os iliaque. Le ligament iUolomiaire^ les articulations sacro- 
vertébrales, sacro-coccygienn/e^ coxo'fémrale et saorê-iliAgm 
droite ne présentent aucune altération ; Tos iliaque a l'aspect 
normal, son périoste, un peu épaissi, se décolle facilement 
dans une petite étendue près de son articulation avec le sa- 
crum. Aucune trace de perforation soit dans le vagin, soit 
dans le rectum. Pas de tubercules dans les poumons, quelques 
calculs dans les reins. 



MALADIES DES VOIES URINAIRES 

Mémoire aar le f«mpiiUn««is, par le dootew GHAMBa MAHas^G 
médedn de YïA^lal âa Midi. -— Paris« Ad. Delahâye. 

Celte brochure, fert intéressante, est une étude faite avec 
beaucoup de aoin et de délails de la marehe du paraphimosis 
et du traitement qu'il convient de lui appliquer. 

Les causes du paraphimosis» le processus pathologique, la 
8aiigrèDe,.ruleération du bourrelet, les complications diverses 
4e chancres simples ou infectants sont étudiés minutieuse* 
ment, et les fttits allégués par M. Mauriac ont d*antant plus 
d*imp<Mrtanee qu'ils sont le résultat d'une observation d^à 
longue à l'hôpital du Midi où le paraphimosis se rencontre trop 
souvent. 

Burnonehnoias à signaler le mérite de la partie pathologique 
du travail, et pour ne pas dépasser les limites que doit avoir 
ce compte*rendu, arrô4oQ»-nous seulement sur deux points 
du traitement dont le seoond surtout a de rimportanee, car il 
eonstitue une innovation, croyons-Dous, dans la thérapeuti(pie 
du paraphimosis. 

A propos de la réductiom, M. Mauriac deniifr p e ur s I rmu e »w 
t«in que la réduction est praticable, la possibilité d'engager 
l'oncle sons Tanneau constricteur. Il cososeille très.justement 
de faire quelques mouchetures sur les parties œdématiées, et 
tf 0& chasser la sérosité par des malaxations répétées pendant 
un eertain tenqps. Nous ne voulons pas contester rass«rtion 
deM^Mauriaosur la possibilité de réduire le paraphimosis 
dena les cas qu'il indique ; mais nous pensons que la difficulté 
eA la douleur de l^)pération seraient notablement amoindris 
par un léger débridement« M. Mauriae nous semble trop resr- 
treindre les indications de ce procédé. On lira du reste avec 
Intérêt la discussion è laquelle il se livre sur ce point de pra- 
tique. La seconde question sur laqu^le nous désirons appeler 
Vattention du leclaur concerne la conduite à tenir lorsque le 
paraphimosis est irréductiMe et que des adhérences déjà 
solides unissent aux corps caverneux les bourrelets du pré- 
puce 

M. Mauriac indique le procédé de Malgaigne qui consiste à 
couper les adhérences en promenant horizontalement entre le 
prépuce et les corps caverneux la lame d'un bistouri étroit, 
d'un ténotome par exemple. Tout en approuvant en principe 
le procédé de Malgaigne, noire auteur est peu dispo^ié à l'em- 
ployer ; il craint que la mobilité du prépuce ne soit compro- 
mise et que plus tard la circoncision ne soit nécessaire. 

Que fait dcoftc M. Mauriac? Il laisse les choses dans l'état et 
se contente de mettre le sujet dans les meilleures conditions 
de repos, d'hygiène, pour que rinûammation tombe rapide* 
ment. L'ulcération et le sphacèle, s'il en est survenu sont 
bientôt réparés, et au bout de huit à quinze jours tout va bien, 
si ce n'est qu'il reste derrière le gland une sorte de turban ou 
da jabot formé par le prépuce toujours oBdéxnatié, on pourrait 
presque dire hypertrophié» car les rapports ot les communi- 
cations vasculaires qui existent à l'état normal se sont modi- 
fiées, et la tumeur n'a aucune tendance à diminuer de volume. 

M. Mauriac enlève cette tumeur de la manière suivante : 
Illa comprend entre deux incisions l'une située immédiaier* 
ment au-dessus du sillon glando-préputial. Vautre située uti 
peu plus haut. Ces deux incisions sont transversales et se rejoi- 
gnent par leurs extrémités de chaque c6tô du frein, demanil|.^ 



à circonscrire un lambeau en ellipse allongée. Ce lambeam 
étant disséqué, les bords de la plaie sont unis par des serre* 
fines et iMresque toujours la réunion se làlt par première 
intention et donne un excellent résultat 

L'objecUon principale que j'adresserai à cette méthode de 
traitement du perai^ùmosis irréductible, c*esi qu'elle exige 
un repos relativement très-long ; en effet avant que l'inflanh- 
mation ne soit tombée, les ulcérations ou leseschares guéries, 
il se passe un temps assez considérable pendant lequel le 
malade est condamné au repos ; tandis que si l'on opère soit 
par un débrldement, quand ce procédé est applicable, soitiiar 
rincision aou»-cutanée, et que l'on parvienne à réduire, l'inac- 
tion forcée du malade est réduite à un temps très-mifiime.. 
Quant à la dreoneision que l'on peut être forcé de fhire 
ensuite, elle n'est ni plus sérieuse ni plus long^e à guérir que 
l'ablation consécutive du bourrelet. 

M. Mauriac ne donne pa^ de chloroforme pour la réduction 
du paraphimosis. Il ne dit pas s'il en donne pour l'opératimi 
consécutive. Cette dissection doit-ètre assez douloureuse pour 
que Ton soit conduit trôs*légitimement à employer l'anesth^ 
sie. 

Nous bornerons ici ce compte-rendu sommaire et nous con- 
seillerons, en terminant, la lecture de l'excellent mémoire de 
M. Mauriac A. Malherbe 



PHARMACOLOGIE 

I. De remplot du podophyllin eonlre la eonstlpeUoa 
hiAbItnelle. (Gazette hebdomadaire^ i% muL 1873). 

Ce médicament employé depuis longtemps en Âmériq^ue^ 
fut introduit en France, il y a une dizaine d'années par Trous- 
seau; puis tombé dans l'oubli, son emploi est de nouveau 
préconisé et ses propriétés étudiées par le docteur Gonstantûi 
Paul. 

I.ei9ndf^hvlhm, ji^tai^^ Cvul^miMeaMU peaune ée maî}^ est 
une plante qui croit en abondance dans les prairies de TAmé* 
rique septentrionale. Son rhizome fournit un certain nom- 
bre de tiges se divisant en deux pédicules qui supportent une 
feuille profondément lobée. La fleur blanche éclot au prin- 
temps et est remplacée par un firuit, mur en automne; de la 
grosseur d'un limon, ayant la saveur et l'acidité du citron. 

Le rhizome se rencontre dans les pharmacies en fragments 
bruns à l'extérieur et blanchâtres à l'intérieur ; sa saveur est 
amère, acre et nauséeuse ; son odeur légèrement vireuse se 
rapproche de celle de l'ipéca ; elle contient un principe amer 
sans action purgative ; et deux résines distinctes, dans les- 
quelles semblent exclusivement résider les propriétés de la 
plante.— Aussi cet extrait résineux (le podophylUn ou la poda-^ 
phylUBi) est employé de préférence à la racine. — Il doèt 
être préparé, d'après M. Deschamps (d'Avallon), de la façon 
suivante : « On soumet le rhizome du podophyllin pulvérisé 
À la lixiviation avec de l'alcool concentré, puis on lait évapo- 
porer la solution alcoolique de façon à obtenir un extrait de 
consistance sirupeuse; on mélange cet extrait à trois fois soa 
poids d'eau froide et on laisse déposer la matière résineuse 
On lave de nouveau la résine après l'avoir filtrée^ et on la lait 
sécher. 

0,2 cent, suffisent pour produire une selle ; il fiaut porter la 
dose à 0,10 ou 0,10 cent, si l'on veut avoir une action purga- 
tive. Trousseau l'associait à la Belladone dans la formule sui- 
vante : 

PodophylUne .,, . ^ o,(» ctiit 

Extrait de Belladooe.* 0,<H -«- 

Racine de Belladane Q^ -*> 

Ponr 1 pilule à prendre, le soir en se couchant. 

La poudre du rhiaome s'emploie à la dose de 0»IIO cent a 
\ gr. Son emploie petite dose détermine une selle fecile^ sans 
irritation de la muqueuse intestinale, ni coliquee. Cest par cft 
mode d'acUon spédal qu'elle se reoommande dansla^constip»-* 
tion habituelle. 

n« Trellemeiil dn eeryn aigu* 

Dans une note adressée «a Oomntkr médical ($t mai 1873). 

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f 



LE FB0GRÈ8 MÉDICAL 



d3 



!9Le doctetir Smith (de Moscou) préconise un remède imagiité et 
mnsidéré comme infaillible pecr le docteur Hager, contre le 
coiyza aigu. 
VOlfMonm unHeatarrhoimm est ainsi composé : 

Acide carbonique par. 

Alcool rectifié 

Liqueur ammoniacale caustique 

Eau distillée 

Mêlez et enfermez dans un flacon bouché à l'émeri. 

On fait respirer quelques gouttes versées sur du papier bu- 
I vard, dans le coryza ; il en abrège le premier stade, préserve 
^ du second et en milige tous les symptômes. 

m. !iovTaia Mode de préparation dm p*«(oiod«re 
de 



5 grammes* 
W — 



On sait combien est variable la composition de ce sel fort 
«mployé dans la thérapeutique de la syphilis. Soit qu'on l'ob- 
tienne, en effet, par la combinaison directe de l'iode et du 
mercure ; ou mieux par la double décomposition d'un sel mer- 
cureux par un iodure alcalin ;.il y a toujours formation d'une 
certaine quantité de biodure et de mercure métallique. fLes 
sels mercureux n'étant solubl es dans Teau qu'à la faveur d'un" 
acide qui favprise cette formation). , 

M. Le fort est parvenu a obtenir un produit parfaitement 
pur et défini, en trouvant un dissolvant du sel mercureux. 
60 grammes de pyrophosphate de soude sont dissous dans 
300 grammes d'eau. On y ajoute 30 grammes d'acétate mercu- 
reux qui se dissout entièrement en quelques heures. 

Il se forme un sel double, très-sol uble dans l'eau, qui, traité 
par rioduro' de potassium, donne un précipité de protoiodure 
de mercure pur. Celui-ci peut cependant cou tenir des traces 
de biodure, si l'acétate mercureux n'était pas parfaitement 
pur ; on l'en débarrasse par des lavages à Tiodure de potas- 
sium. 

lY. LAeCo-phosphate de ebanx. 

îl n'y a aucune analogie, suivant M: fiir-Mi-mi^Tii (riMngnm^.. 
{Répertoire de pkarmacie. 23 janvier 1873), entre le lacto-phos- 
phatede chaux chimiquement pyr, et celui du commerce; le 
premier est soluble dans l'eau et dans l'alcool ; le second y est 
îfisoluble : il y a séparation de l'acide lactique et du phosphate 
et chaux. La préparation d'un bon sirop est donc impossible 
avec ce dernier sel. 

Aussi M. Ch. Ménière prépare le sirop de lacto-phosphate de 
chaux de la façon suivante : 



1 
h 

395 



gramme . 



Lactate de soude bien blanc et en plaques. 

Phosphate acide de cliaux soluble 

Sirop de Bucre bien blanc 

Essence de citron, quelques goutte,-. 

Il fait fondre ensemble les deux sels dans un peu d'eau dis- 
tillée, à une très-basse température, et ajoute la solution au 
sirop de sucre à froid ; et obtient ainsi une préparation d'une 
limpidité parfaite. 

Ce lacto-phosphate de chaux sodîque doit être préféré au 
produit vendu aux pharmaciens sous le nom de lacto-phos- 
phate de chaux et qui n'est qu'un simple mélange d'acide 
lactique et de phosphate de chaux bibasique. H. 



BIBLIOGRAPHIE 

I«ef ons ellaiqoes snr Ifes maladies des femmes, par T. Gallard 
médecin de la Pitié. Cbez J. B. Baillière. Paris. 1873. 

L'ouvrage que Tauteur vient de publier, est une série de 
TiBgt leçons faites, soit à l'hôpital Lariboisière, soit à la Pitié. 
Bans ce volume qui a près de 800 pages et qui comprend 94 
figures^ M. Gallard n'a point eu l'iatention de passer «n revue 
t(«te la pathologie féminine; il s'est borné à n'^û décrire que 
quelques points, ceux d'ailleurs qu'il importe la plus de oon- 
naître et en s appliquant à donner son opinion ^personnelle sur 
chacun d'eux. 

hos quatre premières leçons sont consacrées à quelques con- 
flVléFatiODS relatives & Tanatomie normaie ties oi^ganes géni^ 



taux de la femme, et à Texpesé des moyens phjsiquels d'ex- 
ploration de ces oi^anes. 

Nous trouvons décrit avec soin les caractères physiologi- 
ques des organes génitaux à l'état sain, ce <iue Tauteur ap- 
pelle c le diagnostic de V état sain.» 

Puis on passe en revue les moyens d'exploration physique 
tels que : !<> l'inspection de la paroi abdominale par la vue, la 
palpation, la percussion, Tauscultatii^, la mensuration : 2* le 
toucher vaginal ou rectal , 3® l'examen au spéculum ; 4° l'ex- 
ploration de la cavité utérine soit par le cathétérisme, soit à 
l'aide du doigt lorsque le col a été préalablement dilaté. 

L'auteur a aussi passé en revue les divers spéculums qui 
ont été employés. Il donne la préférence au spéculum bivalve 
de Ricord qu'il considère comme le meilleur au point de vue 
de l'exploration des organes génitaux. 

Quant à l'emploi du spéculum intra-utérin, il le considère 
comme utile. — Le cathétérisme utérin au contraire est mis 
au rang des moyens de diagnostic les plus importants. 

La cé»(^im6Ztff(m renferme l'étude de la métrite parenchyma- 
teuse aiguë. Mais dans cette étude l'auteur reconnaît la néces- 
sité de décrire séparément comme deux maladies parfaitement 
distinctes la métrite simple et la métrite puerpérale. Il ne pense 
pas que la métrite simple puisse jamais se terminer par supr 
puration. 

La métrite parenchymateuse indépendante de l'inflammation 
séreuse ou muqueuse est très-rare ; mais bien que rare, elle 
n'en existe pas moins. 

L'auteur passe ensuite en revue les symptômes de la mala- 
die et il admet que la métrorrhagie est rare, tendis que la 
dysménorrhée est fréquente. Il rejette les métriies partielles 
admises par Lisfranc et par Boivin et Dugès. 

La seule variété de métrite parenchymateuse aiguë qu'il soit 
possjble d'admettre est la métrite des filles vierges qui se dis- 
tingue de cefle des femmes par une cavité plus grande et qui 
survient à l'époque où s'établit la fonction menstruelle. 

Quant à la métrite qui survient après l'accouchement et 
crue G homel-a. appelée Post puerpérale, elle est caractérisée par 



une marche suhaiguë et pour ainsi dire chroniqu» d'emblée. 

Les sixième et septième leçons sont consacrées à la métrite 
interne ou muqueuse aiguë appelée aussi métrite hémorrha- 
gique. C'est seulement dans la forme aiguë que lamuqulsuse 
peut aiu'ii s'enflammer isolément, et l'inflammation peut 
siéger soit du côté de la cavité du corps soit du côté du col, 
cette dernière est rarement Indépendante do celle du paren- 
chyme. 

L'inflammation de la muqueuse du corps est aiguë ou chro- 
nique. 

Les lésions de la métrite interne aiguë consistent en une 
injection, un épaississement de la muqueuse 4|iii peut être 
soulevée par des ecchymoses ou plus rarement par l'infiltration 
purulente. L'épilhélium se détache et il peut en résulter des 
ulcérations, peu profondes. Les follicules muqueux sont en- 
flammés et leurs orifices dilatés renferment du sang ou du 
muco-pus. 

La forme chronique est caractérisée par" la production de 
végétations, de granulations, intra-utérines, de polypes mu- 
queux. 

La métrorrhagie est un des caractères essentiels de la mala- 
die d'où le nom de métrite hémorrhagique qui lui a été donné 
Chemin faisant, l'auteur nous avertit qu'il rejette complète- 
ment l'existence d« ia métrorrhagie essenUelle, des fluxions, 
des engorgements actifs, des leucorrhées essentielles. 

La métrite interne est une maladie de la période d'activité 
sexuelle de la femme qui peut survenir sous Tinfluence c|e 
causes diverses et surtout à la suite des accouchements et des 
avortements. 

Contre cette maladie l'auteur préconise les injections intwk- 
utériues de certains liquides caustiques, auxquelles il ne re- 
connaît pas les dangers que lui ont attribués beaucoup d'au- 
teurs. En revanche» il s'abstient du raclage de la cavité utérine 
ék l'aide de la curette de Récamier. 

Les leçons huitième, nemième, diwième, et onxéèms renferment 
l'étude de la métrite chronique. M. Gallard rejette les termes 
d'engorgement,d'hyperlrophie, d'induration de rutérus,puisil 



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^3i^ 



LE PROGRÈS MEDICAL 



étudie les lésions du parenchyme et ceUes de la muqueuse. Il 
reconnaît à la maladie deux degrés auxquels correspondent 
des lésions différentes : le 1«' degré est caractérisé par la tumé- 
faction, la vascularisaUon, Thypérémie du parenchyme, le 
2infi par lïnduration, l'anémie, Texubérance du tissu conjoncui, 
par une véritable sclérose de Vuténis. 

Les lésions de la muqueuse consistent en ulcérations ré- 
sultant de l'inflammation des follicules mucipares, et en po- 
lypes muqueux. 

Ces ulcérations n'ont qu'une importance très-restremte eu 
égard à celle du parenchyme. Quant aux diverses variétés 
d'ulcérations admises par les auteurs, M. Gallard ne les admet 
pas et il ne reconnaît du côté du col que les ulcérations 
inflammatoires, syphilitiques et cancéreuses. 

Dans la métrile chronique il existe des troubles de la 
menstruation assez opposés tels que métrorrhagies, amé- 
norrhée, dysménorrhée membraneuse, dont l'auteur nous 
fournit Texplication. -* Relativement à l'action delà grossesse 
sur la métrite chronique elle serait favorable, pourvu toute- 
fois quelle puisse arriver à terme. 

Dans la leçon qui est consacrée au traitement de la maladie, 
on trouvera des indications précieuses qui permettront au 
praticien d'instituer un traitement rationnel lorsqu'il se trou- 
vera en face d'une malade atteinte de métrite chronique. 

La douzième leçon est consacrée à Talloi^gement hypertro- 
phique de la portion sus-vaginale du col de l'utérus, qui a été 
confondu à tort avec la chute de la matrice. M. Gallard donne 
le dessin de pièces anatomiques qu'il a recueillies dans son 
service à l'hôpital et qui permettent de constater d'une façon 
manifeste cet allongement. 

Le traitement de rallongement hypertrophique doit con- 
sister dans l'amputation conoïde du col institué par Huguier, 
et non dans l'emploi de pessaires qui sont non-seulement 
inutiles mais même nuisibles. 

Les leçons douzième et suivantes jusqu'à la seizième inclusi- 
vement renferment l'étude des tumeurs fibreuses et du cancer 
de l'utérus. Dans ces leçons l'auteur s'est borné à exposer à 
ce sujet l'état actuel de la science. 

' Dans les dix-septième et dia>-huitième il étudie l'hématocèle 
péri-utérine. Sous ce nom, il désigne non toutes les collections 
sanguines qui peuvent se produire dans le petit bassin de la 
femme, mais exclusivement celles qui 'sont liées à un trouble 
ou à ime lésion des organes génitaux de la femme. La partie 
la plus originale de ces deux leçons est celle qu'il consacre à 
la pathogénie de cette maladie, et où il admet que l'héma- 
tocèle spontanée doit être considérée comme une ponte intra- 
utérine, l'ovule étant fécondé ou non. 

L'ovarite comprend les leçons dia^cuvième et vingtième. Cette 
maladie si obscure est étadiée avec le plus grand soin et nous 
voyons que, malgré des difficultés considérables de diagnostic, 
elle peut cependant être distinguée des autres maladies des 
organes génitaux. L'auteur dans ces leçons a voulu avant 
tout nous donner les résultats de son expérience personnelle 
il ne s'est point perdu en discussions plus ou moins subtiles 
et il a toujours eu soin de faire courber la théorie devant les 
faits. 

L'ouvrage que nous venons de lire sera consulté avec fruit 
par tous ceux qui s'intéressent aux maladies des femmes et 
sera pour eux un guide sûr. 

Nous terminerons en exprimant le regret de ne pas trouver 
dans ce volume une étude complète des maladies des femmes; 
mais nous nous consolons à la pensée que l'auteur viendra 
bientôt, commeil le promet d'ailleurs, combler cette lacune. 

D^*. A. Lb Blond. 



EInde sur là phlhisie diabétique, par le D' Bbrtail. ^ Br. mrS^ 
de 72 pages, Ad. Dblahayb libr* édit. 

Le diabète, atteignant à la fois un grand nombre d'organes, 
dans leur fonctionnement, provoque des troubles nombreux 
dont quelques-ims prennent ime importance telle qu'ils accé- 
lèrent la marche de la maladie et entraînent promptement la 
mort. C'est surtout le cas pour les lésions du poumon, et 
principalement pour la phthisie pulmonaire. Malgré les cas fré- 



quents qui ont été observés, nous ne connaissons pas d'éti] 
spéciale sur les rapports du diabète avec la phthisie puln«- 
naire, aussi croyons-nous que M. Bert^il a fait un travail utd 
en réunissant les faits épars dans les Uvres et dans les publ 
cations périodiques, pour les grouper et les contrôler les ud 
par les autres. . . * J 

Peut-on, à l'aide dès faits observés, donner une opmion,teii|j 
ter une théorie sur la pathogénie de la phthisie diabéUque? D t 
a encore là beaucoup d'obscurité; nous croyons toutefois <iul 
serait plus rationnel de rechercher avec M. Bouchardat I 
cause de la phthisie diabétique, non pas dans une action spe 
ciale, en quelque sorte spécifique, de la glycosurie sur les voft 
respiratoires mais plutôt dans Faction générale de cette mail 
die sur l'organisme. D en serait ici comme chez ces malhea 
reux épuisés par des suppurations intarissables ou des priva 
tions de toute sorte qui se tuberculisent lorsque les ressoui 
CCS de l'économie ont été entièrement consommées et que non 
voyons si fréquemment mourir de la phthisie pulmonaln 
— En un mot la fréquence de la phthisie pulmonaire dans 1 
cours du diabète s'explique par l'action dépressive si puissant 
que cette maladie possède sur l'organisme. — Telle est U 
principale conclusion que l'on peut tirer des faits groupés pal 
M. BertaU. ^' ^• 



G. P. I 

9 de eUoral a 

— Br.in-8^ 4 



Da traltemenl de la Coqueluche par l'hydrate 
le hrooiare de potastlom, par le D' P. Arkamd. 
kS pages, Delahaye, édit. 

Cette thèse renferme une série de vingt-trois observatioiil( 
de coqueluche traitées presque exclusivement par l'hydrata 
de chloral et par le bromure du potassium. C'est là le côté in- 
téressant de cette monographie dans laquelle cependant oq 
trouve un chapitre consacré à l'examen des différentes opi- 
nions émises par les auteurs sur la nature de la coqueluche. 
Rien, du reste, de nouveau dans cette première partie, sinon 
qu'elle permet peut-être de tirer quelques éclaircissements 
sur le mode d'action des médicaments dans cette maladie. 

T. PS f»if<3 en i vanta paroiaeecii ressortir de la lecture du tra- 
vail de M. Armand; nous les donnons sous forme de conclu- 
sions. 

1« La coqueluche est une affection à la fois catarrhale et spas- 
modique, mais à symptômes nerveux prédominants, quand elle 
est exempte de complications. Elle est de nature spéciâqae 
mais elle n'a pas une marche fixe et déterminée. L'art peut in- 
tervenir efficacement pour abréger sa durée et atténuer son 
intensité. 

2» Le bromure de potassium et l'hydrate de chloral parais- 
sent donner de bons résultats puisque sous leur influence le 
nombre et l'intensité, des quintes vont en diminuant, les vomis- 
sements cessent et la durée de la maladie est abrégée. 

3° Le bromure de potassium sera employé avec avantage au 
début de la période convulsive ; l'hydrate de chloral dans la 
période convulsive confirmée . 

4<^ Ces médicaments, mais surtout le chloral, sont contre» 
indiqués dans les coqueluches compliquées de bronchites 
internes ou de broncho-pneumonies. G. Pbltier. 



Sorla toberciilose de la pean, par le professeur Bizzozbro (de Tu- 
rin.) Traduit du Centralblatt, n» 19, 1873. 

Il s'agit d'un enfant de 15 ans qui depuis des années pré- 
sentait des accidents graves de scrofule. L'autopsie a donné 
les résultats suivants: Tumeur blanche de l'articulation tibio- 
tarsienne et de l'articulation phalangienne du pouce ; tuber- 
culose pulmonaire avec péribronchite ; tuberculosQ intesti- 
nale avec larges' ulcérations ; dégénérescence graisseuse et 
inflammation chronique interstitielle des reins ; infiltration 
graisseuse du foie ; abcès caséeux du volume d'une noisette 
sous la peau de l'avant-bras gauche ; nombreux ulcères cuta- 
nés particulièrement au coude, sur la moitié droite du visage» 
surTépaule gauche. 

Les ulcères sont de grandeur variable^ de 2 cent, et davan- 
tage; quelques-uns ont 1 àS millimètres de profondeur, d'au- 
tres sont des excoriations tout à fait superficielles. Les bords 
sont sinueux et irréguliers. La peau est, au voisinage, légère^ 



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LE PBOGRËS MÉDICAL 



35 



ment tuméfiée et pigmentée. Parfois on constate sous les ul- 
cères, dans l'épaisseur dutissu cellulaire sous-cutané de petits 

' nodules assez durs. 

U examen mcroscopigiuê a donné les résultats suivants : Les 

^ papilles, au voisinage de Tulcère, sont augmentées de volume, 
leurs vaisseaux dilatés, les cellules coi^jonctives très-pigmen- 
tées. De nombreuses cellules migratrices entourent les vais- 
seaux de la peau et les glomérules des glandes sudoripares. 
On observe une infiltration cellulaire plus considérable en- 
core sur les bords et au fond de l'ulcère ; ces couches super- 
ficielles de ce tissu infiltré sont ramollies et les éléments ré- 
duits en détritus granuleux. Aussi bien sur le fond de l'ulcère 
et sur les bords que sur la peau qui le limite, on trouve de 
nombreux tubercules isolés pour la plupart. Ils se composent 
d'une cellule géante entourée de nombreuses cellules épithé- 
lioîdes. En beaucoup d'endroits, ces tubercules cutanés sont 
superficiels et directement recouverts par l'épiderme. 

A l'examen microscopique, on a trouvé également des tu- 
bercules dans lés glandes lymphatiques inguinales, dans les 
poumons et l'intestin. 11 est probable que la tuberculose est 
souvent la cause des ulcères scrofuleux de la peau, (i) D. 



Gfaronique des hôpitaux 

Eâpital de la Charité, — Service de M. le professeur Gossslin. — Cli- 
nique les mardis, Jeudis, samedis. Salle des femmes : 15, tumeur ganglion- 
iiaire,probablement squirrheuse, de l'aisselle gauche ; 22, Écthjma et ulcères 
' des deux jambes, surtout à gauche ; 24, Grossesse presqu'à terme ; luxatioa 
: spontanée et ankylose à la suite d'uue coxalgie non suppurée ; 25, Eijthôme 
chronique avec ulcères variqueux. 

Salle des hommes : 22, kyste synovial à la partie interne du gf^nou droit, 
avec fistule externe superficielle ;29, rétrécissement de Turèthré, infranchis- 
sable avec la sonde ; rétention d'urine ; très-peu de miction par regorge- 
I ment ; 38, ulcères variqueux croûteux des deux jambes, avec mal perforant 
i aux deux pieds ; 41, sarcome ou tumeur fibro-plastique à la partie interne 
I de la cuisse gauche ; 43, hydarthrose aiguô très-volumineuse du genou droit. 

Hôpital Stâ-SuffAÊtê. — Service de M- Séb. — Salle Napoléon ; N<* 2. 
' Enfant âgé de 6 ans ; ostéo périostite phlegmoneuse, des 



_ os de la jambe 

droite et "de la jambe gauche. Début par les phénomènes généraux qui se 
sont trte-rapidement améliorés à la suite de Touverture des abcès ; — 
N** 8. Enfant âgé de 10 ans ; fracture du coudyle externe du fémur. Rup- 
ture du tendon d'insertion de la rotule à la tubérosité antérieure du tibia; 
forte saillie du coudyle interne ; épanchement sanguin considérable ; étio- 
logie chute de plaques de zinc sur la jainbe ; — N** 19 , Enfant âgé de 4 
«Qs ; calcul de la vessie. (Début des accidents il y a un an). Le diagnostic 
se fait également bien par le toucher rectal et par le cathétérisme ; — 
))<> 34. Fracture avec eofonoement des os du crâne à la réunion du frontal 
et du pcriétal droit ; — N® 15. Enfant âgé de 7 ans et demi ; hydrocèle 
enkvsté de l'épididyme -, — W tt. Enfant âgé de 12 ans ; amputation du 
globe de l'œil ; hémorrhagie intra-oculalre ; caillot sanguin considérable, 
occupant toutes les cavités de l'œil qui avaient été vidées, à la suite d'un 
choc sur lebois d'une chaise. La dureté considérable des caillots pouvant au 
premier abord, en imposer pour une tumeur solide. 

Salle Ste-Bugénie : N® 4. fVacture comminutive de Textrémité supé- 
rieure de l'humérus. 

Service de M. Bjlkthbz. — SaUe St-Benjamin : N^ 1. Mal de Pott, pa- 
nplé^e ; — N'* 5, 11, 12, 25. Group opéré ; — N<* 7. Scarlatine angine ; 

^o 15. Polyurie ; — N^ 16. Tuberculisation consécutive à la rougeole ; 

^o 20. Méningite tuberculeuse ; — N<^ 24. Péritonite tubercnleuse ; -^ 

N* 29. Tumeur cérébrale (hémiplégie gauche.) 

Salle Ste-Mathilde, filles : N** 1 . Péritonite tuberculeuse i — N*> 20. 
Mal de Pott, paraplégie ; — N^ 21. Méningite tobercolettM $ «*• N^ 24 «t 
t5. Pleurésie purulente empyème; — N* 5. Ghorée. 

EàpUal Beaujon, — Service de M. DolbIaO, ft*5; VfMturedela )«ttbt 



et des fidsceaux postérieurs des dedtoldes ; — S4s Paralysie labio>giosso-li* 
ryngée; — 33 fièvre tierce traitée sans succès par le tsnUate de cinchonii». 
Service de M. DuJAiu>nf-B&LUicSTz* -^ 8, 13, 15^ pUegmons du ligt« 
ment large ; — 2, 7, paralysie générale; —4, fièvre ùtermittente traitée ptr 
le picrate d'ammoniaque; -» 11, 20, 17, rhusutLsinea arliiottlvres traités pur 
Vamfflamme, 

Hôtel-Dieu, — Qiniqae médicale, M. B<hxsr. — Leçons les lundis et 
vendredis. — » Séance d'anatomie pathologique les marcirâdis. — CSUniqiie 
chirurgicale. M. Richet. — Leçons les mardis et samedis. 

Service de M. Fauvel, Salle St^ulien : n® 3, affection mitrale ( a* i^ 
insuffisance aortique ; n® 15, pleurésie purulente, opération de Tempyèmab 

Ste-Anne : n^ 18,Pyo-pneumolhorâx avec fistule pleuro-bronohique et pleura* 
cutanée (ouverture à la région lombaire) ; n*' 22, aJSection cardiaque; pleuré* 
sie ; n*' 24, rhumatisme noueux avec affection cardiaque chez une femme ds 
20 ans entrée au mois d'avril pour un ér3rthème marginé. 

Asile Saints- Aknb. — Covrs cliniques et pratiques éht leê maladies 
mentales et nerveuses. Ce cours est fait successivement par MM. Dagonnet» 
P. Lucas, Magnan et Bouchereau. — Avant chaque leçon, examen direct 
par les élèves. — 29 juin. M, Prosper Lucas. De Taction des milieux ou 
des lieux et des temps, sur les causes, les formes et la transmission sympa> 
thique du délire passionnel ou morbide. 

Hôpital Lourcine, -*- Maladies syphilitiques. M. Alfred Fommim fait 
des leçons cUniques tous les jeudis, à 9 heures. MM. les étudiants doi<v«Bl 
se munir d'une carte spéciale au secrétariat de la faculté. 

* Hôpital Saint-Louis, — Maladies de la peau. — M. Hardt : Leçons le 
vendredi, à 9 he«res. — M. Lailler : Leçons, le samedi, à 8 heures et 
demie. — M . HtLt AraBT î Leçons, le mercredi, à 9 heures et demie. — 
M. GtnBOtTT : Conférences, les lundis et mardis, à 8 heures et demie. 

Hôpital Saint 'Antoine, — Service de M. le Dr Dupjvat* — Leçons de 
cUniques chirurgicale tous les mardis à 9 heures. 



NOUVELLES 

Mortalité a Paris. — Du 7 au 13 juin, il y ô eu 742 décès du 14 au 
20 juin, 702 décès. Rougeole, 10 au lieu de 15 ; — fièvre typhoïde 3 au lieu 
de 14 ; — érysipèle 5 au lieu de 11; — bronchite, 22; — preumonie, 
32 ; — dyssenterie, 2 ; — diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 3 ; 
Mc^luu tUUUUliUU>3U, T5 ; — croup, 14. 




crolde du voîle du palais ; — 31 , md sous-oocipital ; — 38, ulcère du gros 
orleil : gangrène trophique par lésion du nerf sciatique poplité externe ; — 

Femmes : — 2, gomme du dos du nez : nécrose des os propres ; -^ 18^ 
division congenitide de la voûte palatine et du voile du palais; — cystosar- 
cone de l'ovaire : ascite, péritonite chronique ; — 29, gomme ulcérée de la 
paioi postérieure du pharynx; -* 42, contracture hystérique des adduo- 
Isor? de la cuisse droite. 

Service de M, GmiLBiu -^ 1* paralysie saturnine dm membres sapérieors 

(l) Compares : Goyne. -*- Note sur un cas d'érysipèle tukereulocaséeues 
\ oWervé dans le eoum de la j^kUsie pulmona/im* Ia ArçiwH» de Physiologie 
1871. 



Lyon. Du 2 au 15 juin, 327 décès. Rougeole, 12; — fièvres contimies, lU 

— bronchite aigufi, 13; — pneumonie, 31 ; — dyssenterie, 3; — diarrhée et 
entérite, 8 ; -^ croup, 3; — Affections puerpérales, 7; — affections céré- 
brales, 56. 

Londres. — Du 8 au 15 juin, 1090 décès. Rougeole, 38 ; diphthérie U ; 

— croup, 8; coqueluche, 57 j dysseii tarie, 3 ; diarrhée, 18. 

Choléra. Stais-Vnis. — Une dépêche de New- York; en date du 18 juin 
annonce que t le choléra a édaté dans le Tennessee, Il y a eu trente- 
cinq morts à NashviUe. » — Le choléra fait des progrès dans le Kentucky; 
diaprés une dépêche de New- York, il y aurait eu le 20 juin, 73 morts à 
NashviUe. Le Président Grant a eu une forte attaque do choléra. 

Roum€lie, — ^ On mande de Torapia quelques cas de choléra ont été eofiS* 
tatés à Rustchuk et à Schoumla. Les passagers venant de ces localités 
sont soumis à une quarantaine de 10 jours à Varna. 

dH '^ Les avis de Rustchuk portent que le choléra ft é61at^ dans cette vîUe. 
(Dépêche de Constantinople, 21 juin). 

Prusse, ^-^ Un arrêté de la justice (Danetnareh) motivé par Tapparilion 
du choléra asiatique à Dantzig^ prescrit la mise en vigueur des mesuf«f 
légales destinées à prévenir l'invasion de l'épidémie cholérique pour tous lef 
navires venant de Dantzig. 

— A la date. du 21 juin, il y avait eu 42 cas de choléra à bord des flotteurs 
poloMJ» de la Weichsel. Sur ce wNilir^ il / «aiiit «i 18 dMs. Jusqu'au 
21 juin, on n'avait pas observé la inaladie à Dantzig. (Union méd,, 21 jui^« 

Entâim mnHhi. Sur k lii^port de M. Thulié, le Conseil munici|ltl 
de Paris npfkroote k d^atton dans le service des Enfants-Assistés de d«tt: 
sous^mpeotions, Tatie dans Tarrondissement de Tonnerre, Tautre dans Vwt^ 
rondimnnvDt de Nogent-i^Rotrott. (S$énti #ft HJtStin), 

Ajsibtange PVBLiQtm. — Sur le rapport dd SI. Combes, le Conseil li». 
nicipal émet uif avis favorable à l'acquisitipn par TAssistance publifVft 
dhine parcelle de terrain, rue de TurtiUe, au prix de cinq cents francs, it 
à Pexécution de divers travaux de l'hôpital de Lourcine [séance itk • 
J/ juin.) 

HraiÉrm ?iTBLiQt7B. Un bruit alarmant pour la santé publique s'était 
répandu. On disait qu'un certain nombre des porteurs de viande de la halle 
avaient été atteints par le charbon. Une enquête a relevé les laits suivants « 
Dans Tespace de 15 jours, cinq ouvriers employés à la halle à la vian<fe 
ont éprouvé à la suite d^écorchures insignifiantes, des accidents inflammatoiils 
graves. Il s'agit^ d'après le dire des inspecteurs^ 4'ime inocolation axialogob 



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ae 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



à celle dont les élèves du Muséum (?) sont souvent victimes, inoculation qui 
se produit d'autant plus facilement que la décomposition des chairs est 
plus avancée. Dans tous les cas, il ne s'agit pas du charbon ni de la pus- 
tule 'maligne. {La TribwM médicale) . 

— Il nous semble qu'en pareil c^s, Tenquêle devrait Ôlro faite par des 
personnes compétentes et comme il existe un conseil d'hvgiène publique et 
de salubrité, les enquêtes de ce genre devraient être faites par lui. 

Conseil supérieur de l'Instruction publique. Ce conseil a tenu le 
17 juin sa seconde séance. Il a été procédé sur les propositions de la Com- 
mission nommée à cet effet, à l'élection des k membres de V enseigne ment \ 
libre. Les membres élus sont : le frère Joseph, directeur de l'école com- 
merciale du faubourg Saint- Antoine ; M. de la Ruelle, directeur de l'école 
industrielle de Rouen ; M. l'abbé Bourgeois, directeur de l'école d'ensei- 
gnement secondaire libre de Pontievoy. M. Aubert, président de l'associa- 
tion des chefs d'institutions libres des départements de la Semé, de Seine-et- 
Marne et de Seine-et-Oise. — Cette liste, paraît-il, serait meilleure qu'on 
aurait pu l'espérer : En effet, le frère Joseph, a été élu contre le père Dulac 
de la société de Jésus qui lui était opposé, comme concurrent.. . 

Prix. La Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles met au 
concours les questions suivantes : 1<* Discuter l'état actuel des opinions rela- 
tives au rôle des microphytes dons la pathogénie des maladies. — 2** Faire 
Thistoire et rechercher la nature des paralysies diphthéritictues. — 3® Des 
modifications que peut présenter l'urine sous Vinfluence de l'état puerpéral. 
Une médaille d'or de la valeur de 200 fr. est affectée à chacune de ces ques- 
tions. 

4® Question laissée au choix des concurrents^ concernant un sujet quel- 
conque do la médecine, de la chirurgie et de la toxicologie. — 5® Question 
laissée au choix des concurrents, concernant un sujet quelconque des sciences 
chimiques, pharmaceutiques, ou de l'art vétérinaire. Pour chacune de ces 
questions, une médaille de la valeur de 100 fr. 

6^ (Prix Dicudonné), Apprécier la valeur comparative des agents chimi- 
ques diffusibles, employés à l'assainissement de l'air conûné ou vicié notam- 
ment dans les salles de chirurgie des hôpitaux. (Médaille d'or de la valeur 
de 300 (r.). 

7^ {Priw Seutin). Faire l'examen raisonné des méthodes et des moyens de 
déligation introduits dans la pratique chirurgicale, pendant ces dix deririèrcs 
années ; établir, en s'appuyant sur des faits, en quoi ils se rapprochent ou 
s^ éloignent de la méthode amovo-inamovible, et du briudage amidonné, dans 
le traitement àe^ affections chirurgicales et notamment dans celui des plaies, 
des fractures et des tumeurs blanches. Enfin, s'il y a ]i«»n, fi^iro rpc^ortir les 
avantages de cette dernière méthode, et les principes qui assurent sa supé- 
riorité. La Société a décidé qu'une somme de 1,000 fr. serait pour cette lois 
'^idEiKtée à oe prix. 

Les mémoires, écrits lisiblement en français, devrotrt «tro «jjçpearfc,. ceux 
en réponse aux six premières questions avant le 1'^'' juillet 1874; ceux pour 
le prix Seutin avant le l"*" juillet 1876, à M. le docteur Van àpn Corput, rue 
de la Loi, 24 (i>r#««# méd. bel^fê, n" 27)» 

La Société de médecine de Toulouse met au concours — pour 1875 — 

la question suivante [Priw J. Naudin) : De la conservation des membres dans 
les plaies pénétrantes des articulations. Le prix est de la valeur de 500 fr. et 
au-delà. Le lauréat recevra, en outre, 100 exemplaires de son mémoire, sans 
frais pour lui, jusqu'à concurrence de 100 pages d'impression in-8®. La limite 
de l'envoi des travaux est fixée au l®"" janvier 1875. {Revue méd. de Toulouse, 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

Avis A MM. LES Éditeurs. —- Tout ouvrage dont deux exem- 
plaires seront envoyés au Progrès Médical, sera annoncé et i 
analysé. — Tout ouvrage, dont il n'awa été déposé qu'un cxein- I 
plaire, sera simplement annoncé. 

Librairie A. DEL4HATE, place de l'Ecole deMédeetne. 

Armand. (P). Du truilement de la coqueluche par Thydrale 
dechloral et par le bromure de polassium. Iii-S^' de 48 pages, 
1 fr. 50. 

Benoist (J.) Des purgatifs et du sulfovinàte de soude. In-S» 
de 16 pages. 

Chargot (J. M.) Leçons sur les maladies du système nerveux, 
faites à Thospice de la Salpélrlère, ref'ueillies et publiées par 
BouRNBviLLE. 1«'* fasiculo : Des troubles irophiques consécutifs 
aux maladies du cerveau et de la moelle épinière. In-8<» de 96 page« 
avec figures, ?. fr. — 2« fascicule : Paralysie agitante, analomt 
pathologique de la sclérose en plaques. In-8<> de 96 pages avec 
4 plauches en chromo-lilhographie et figures dans le texte» 
3 fr. — 3° fascicule : Symptomatologie, formes, périodes, traite- 
ment delà sclérose en plaques. In-S'^ de Qfk pages avec figures. 
DÉGLAT. Traitement des plaies au moyen de Tacidephéni- 
que et des résultais que la nouvelle méthode a donnés pen- 
dant le siège de Paris. In-12 de 118 pages, 2 fr. 

Du Castel. De la mort par accès de suffocation dans la co- 
queluche. In-8<> de /*8 paries, 1 fr. 50. 

FouRNiER. (AH.) Leçons sur la syphilis étudiée plus particu- 
lièrement chez la femme. Un fort vol. in-8<»de 108 pages. 

Garimond (Ein.) Traité théorique et pratique de Tavorle- 
ment considéré ,au point de vue médical, chirurgical et mé- 
dico-légal. In-8* de 476 nages. 7 fr. 50. 

Grasset (J.) Etude classique sur les aiTections chroniciues^ 
des voies respiratoires d'origine paludéenne. In-4«> de 132 pa- 
ges, 3 fr. 50. 

GuÉNiOT. Leçons d'obstétrique faites à Thôpital des Clini- 
ques, recueillies par le docteur Chan treuil. In-8*» de 64 page^, 
1 fr. 50. 

POTHEAU. Etude sur la valeur étiologique de la ménor- 
rhagie ou exagération du flux menstruel. In-8<> de 108 pages; 
2fr. , . 

Wasserzug. Etudes sur quelques formes compliquées de la 
fièvre intermittente et sur leur traitement par Teucalyptus 
globulus et par les eaux minérales de Lons-le-Saulnier. Exa- 
men critique de quelques préjugés médicaux. In-8«> de 96 pa- 
ges, 2 fr. 

Le rédacteur-gérant : Bourneville. 

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vKif aii.m:?<. — iMp> iml:i\ie cEwy et iils, II), ruk du plesbis. 



JLI8RAIB1E DUVAL 

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Thaon (L,) — Recherches sur Tana- 
tomie pathologique de la tuberculose. 
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Itenant prouvé que le fer, pour être assi- 
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DU Docteur RABUTEAU 



LAURÉAT DE L'INSTITUT 



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HYGIÉNIQU E ET NUTRITIVE 

Bureau des Commandes : Fsiis, 18| ))oulevard des Italiens. 

L'usage de la bière, si généralisé en Belgiqiie, en Angleterre et dans les pays d'outre-Rhin, tend A se développer de 
plus en plus en France. Il y a là un progrès hygiénique marqué. Son influence utile sur le déTeloppement des systèmes 
musculaire et osseux est indiscutable. C'est cette raison qui la fait conseiller par les médecins et les hygiénistes aux 
mères pendant la grossesse, aux nourrices pendant Tallaitement. Elle est préférable pour elles à toute autre boisson. 
Elle est très-utile aux convalescents. 

• Les soins minutieux apportés dans le choix des substances et dans la fabrication de la bière Fanta, et les succès ob- 
tenus par son usage journalier, lui ont valu la préférence d*\m grand nombre de médecins français et étrangers. 



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5 JUILLET 1873 



Progrès Hêdical 




PRIX DE L'ilBONNEMENT 

Un an «• fr. 

Sncmois * » 



JOURNAL DE MÉDECINE, DE CHIIURGIE ET DE PHARMACIE 
Paraissant Me &a9meM 

Rédacteur en chef : BOURNE VILLE 



( 1 page.... 200 flr.' 
AKJWNGBS.J 1/2 Pige.... 100- 
( l/4we.... 50- 



Tout ce qui concerne la Rédaction et rAdministration doit ôlre adressé aux bureaux du Journal. 

Les bureaux sont ouv^erts d« nidi a k heures du soir. 

L.e Prix d'abonnement doit èlre envoyé en mandats poste ou en traites sur Paris.— L'abonnement part du !«' de chaque mois. 
On s'abonne bors de Paris danS les bureaux des Messageries et chez les Libraires. — Les lettres non affranchies sont refusées. 



AVIS. — Le prix de Vabonneinent d'un an est de dix 
FRANCS pour MM. les Étudiants. 

SOMMAIRE. — Clinique MEDICALE : Des troubles de la motilité liés à la compres- 
pression spinale, leçon d« M. Charcot recueillie par Bourneville. — Patholooib 
INTERNE : De la pneumonie ai^uë lobairc, leçoo. de V. Cornil, recueillie par Ba- 
din. -^ Thérapeutique : Traitement par l'iodcforme de la gangrène de la vulue 
chez les petites filles, par Coyne. — Patmologib externe : Anatonrie et physiofo^ 
gic pathologiques de>: tumeurs urineuscs et des abcès urineux, f ar H. Dransart. -«- 
Bulletin Dtj Progrès médical : Du servicei des bains externes dans les .hôpi tau^ ; 
Le choléra, par Bourueviile. — Sociétés savantes. — Société de biologie: $«^- 
tion du tr jumeau, par Vulpian; — Effets de la valériane ejt des bromuies, par Ra- 
buteau ; — * Du développement des dent», par Legros et Magitot ; —■ Effets des 
hautes pressions, par Bert; — Scarlatine, par Oliivier. — Académie de médecine. ^ 
Société anatomique : Note sur un cas de luxation de l'atlas en arrière, etc., par 
Longuet. — Kevue d'anatomib et de physiologie, par F. Raymond. ~ Bibliq,- 
graphie : Précis de ohimie légale, par A. Naquet (An. E. T.). — Chronique dbb 
HOPrrAUX. — Enskioxkment libre.— Nouvelles : Choléra; «> Herborisations', 
etc. — Bulletin bibliographique. ■ ■- — 

r — — — ^■^^rm. 

CIJNIQUE MÉDICALE 

HOSPICE DE LA SALPÉTRIÈRE. — M. GHARCOT. 

De la compression lente de la moelle (1) 

Leçons recueillies par Bourneville. 
Nymptowes. — Des troubles de la motilité liés a la 

COMPEESSION spinale. 

Messieurs, 

Avant de poursuivre nos études .<?ur la compression lente 
de la moelle épinière, permettez-moi de faire passer sous 
vos yeux, des pièces anatomiques relatives à notre sujet, et 
que nous devons à l'obligeance de M. le D' Liouville. 

Dans la paraplégie par le mal de Pott, vous disais-je, la 
déformation du rachls n'est pas, en règle générale, Tagent 
de la compression que subit la moelle épinière ; la moelle 
peut, même en pareil cas, être comprimée sans que la 
colonne vertébrale présente la moindre trace de déforma- 
tion. La pièce de M. Liouville met la rcalité du fait dans 
toute son évidence. Le rachis, vous le voyez, n'était ici nul- 
lement déformé, bien que le corps de plusieurs vertèbres fut 
altéré profondément. Le ligament vertébral antérieur au 
niveau de la lésion osseuse, était comme dilacéré et la 
matière caséeuse, d'après le mécanisme indiqué par 
M. Michaud. était venue au contact de la dure-mère, qui en 
conséquence, sur les points Correspondants, présentait un 
épaississement remarquable (pachy méningite caséeuse ex- 
terne). C'est évidemment cet épaississement de la dure- 
mère qui avait déterminé la compression spinale. Celle-ci 

(1) Voir le n* 1 du Projfrè* médical. 



s'est traduite clinlquement par des symptômes de paralysie 
qui pendant plusieurs mois, comme c'est l'habitude, ont été 
précédés par des douleurs pseudo-névralgiques simulant 
une névralgie intercostale (1). 

Je reprends actuellement le cours de nos conférences. 

Il s'agit, vous le savez, de faire connaître les symptômes 
qui relèvent directement de la compression lente de la 
moelle épinière. Nous allons aborder, je ne dois pas vous le 
dissimuler, une voie longue à parcourir et hérissée de dif- 
ficultés de tout genre ; mais j'espère que, en établissant de 
bonnes étapes, nous arriverons au but sans trop de 
fatigue. 

_ I. Remettons-nous en mémoire les conditions anato- 
miques à propos desquelles j'ai dû entrer dans quelques 
développements. La moelle, vous ne l'avez pas oublié, se 
trouve ca«HM»mée, comité étranglée sur un point de son 
parcours. Or, si dans les premiers temps, il ue s'agit là 
que d un phénomène purement mécanique, bientôt, dans 
l'immense majorité des cas, les éléments qui composent le 
centre nerveux spinal réagissent à leur manière. Au niveau 
du point comprimé, se produisent les lésions de la myélite 
trayisverse par compression, tandis que au-dessus et au- 
dess«>us de ce point se développent,suivant les lois que nous 
avons exposées, les altérations de la sclérose fs^sciculée se- 
condaire, laquelle occupe, dans le premier cas, la partie 
médiane des cord(»ns postérieurs et, dans le second cas, la 
partie la plus postérieure des cordons latéraux. 

IL Envisageons donc les choses telles qu'elles se pré- 
sentent dans les conditions ordinaires; chemin faisan: nous 
relèverons les circonstances exceptionnelles et, pour plus 
de clarté, prenons coname exemple le cas le plus vulgaire, 
celui où la lésion siège sur un point quelconque de la région 
dorsale de la moelle épinière. 

Il y a dès maintenant une première distinction à établir. 

Tantôt, en effet, la compression affecte toute l'épaisseur de 
. > 

(l I Ces pièces provenaient d'un homme âgé de 50 ans environ ; elles ont 
été recueillies dans le service de M. Béhier. Avant o'filre pris de partplgie, 
ce malade avait éprouvé pendant plusieurs mois, dans les parois thoraciques, 
des douleurs localisées sur le trajet des nerfs intercostaux, ce qui un instant 
avait fait croire quHl s'agissait là d'une simple névralgie intercostale. Plus 
tard, en raison de la persistance et du caractère de ces doukurs on avait 
Topinion que la névralgie était sylnpomn tique, mais sans pouvoir encore 
toutefois, préciser la nati.re de la maladie primitive. Ensuite survint la pa- 
raplégie qui éclaira définitivement le diagnostic. Le r&chi^ jus:qu'à la tec- 
miuaisou fatale conserva sa conformation régulière. Encore ciaiis le^ servies 
de M. Béhier, M. Liouville a observé récemment un outre cas d 3 paraplégie 
par mal de Pott, également sans déformation d« la colonne veriébrale.^ ^ 



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38 



LE PROèRiS MEDICAL 



la moelle, en travers; tantôt elle ne porte que suf* une ieg 
mcAtiés latérales du cordon nerveux. Cest le premier 3â9 
—.de beaucoup le plus fréquent d'aillBurs^ — qui nous do 
ciiyera lout d'abord. 

m. Entrons bien dans la situation que nous devons eia- 
miner. Depuis quelques semaines, quelquefois depuis 
plus longtemps encore, les symptômes dits extrinsèques, et 
parmi eux les douleurs pseudo-névralgiques, occupent seiils 
la scène. Dans rbypothèse où nous nous sommes placés, il 
s'agit uniquement bien entendu de lésions organiques pri- 
mitivement situées en dehors de la moelle; ce centre 
nerveux n'a pas encore manifesté sa souffrance. Quels sont 
les symptômes qui vont inaugurer la série des accidents 
nouveaux ? Sont-ce les troubles moteurs ou les troubles 
sensitifs? Cet ordre de succession, Messieurs, est difficile 
à déterminer, dans l'état actuel des choses, faute d'obsei>- 
vations recueillies dans l'intention spéciale d'élucider ce fait 
particulier. C'est là d'ailleurs un point de détail assez se* 
ooadaire pour le côté pratique , mais qui toutefois pour le 
côté théorique n'est pas sans quelque intérêt. 

En etfet, l'existence, à titre de premier symptôme, de 
fourmillements, de picotements, de sensations de chaud et 
de froid, dans les membres inférieurs, indiquerait nécessai- 
rement, d'après la théorie, que, dès l'origine,, les conduc- 
teurs de la sensibilité, c'est-à-dire la substance grise, ont 
subi'une modification pathologique importante; car l'expé- 
rimentation n'existe que dans des conditions normales, la 
substance grise ne provoque, «ous l'influence des excita- 
tions, aucune espèce de sensations. En revanche, les 
troubles purement moleurs, la parésie ou la paralysieplus ' 
ou moins complète des membres inférieurs sont des phénof 
mènes qui peuvent se produire en dehors de toute modili- 
cation dans les propriétés des éléments de la moelle,,par le 
ftiit de la seule interception mécanique de la continuité des 
ûbves nerveuses. 

Quoi qu'il en soit. Messieurs, la réalité paraît être que 
tantôt les troubles moteurs (parésie des membres inférieurs), 
tantôt, au contraire, les troubles sensitife, en particulier les 
sensations rapportées à la périphérie et indiquant l'irrita- 
tion de la substance grise (picottements fourmillements, 
sentiment. de conslriction, douleurs articulaires, etc.), ou- 
vrent la marche, 

IV. Les troubles moteurs, en tout cas, ne tardent pas à 
prédominer, dans les premiers temps du- moins, sur les trou- 
bles sensitife. A part les quelques phénomèmes subjectifs 
que nous mentionnions tout à l'heure, la transmission des 
impressions sensitives s'efiTectue longtemps d'une manière 
physiologique alors que les mouvements sont profondé- 
ment altérés et il est même rare qu'elle soit jamais complè- 
tement interrompue ou même très-sérieusement intéressée, 
n semble que, placée au centre, la substance grise soit pro- 
.tégée coptre les causes d'irritation venues de la périphérie. 
C^àt là une particularité reconnue depuis longtemps par 
l'observation clinique et qui établit un contraste avec ce qui 
«ilieu dans les cas de myélites spontanées ou dé tumeurs 
Intra-spiuôles, cas dans lesquds ces lésions occupent pres- 
se constamment, dès leur apparition, les parties centrales 
AS la moelle. 
;Arrétoiffî-nons un instant am troubles de la motUîté. 
ii.ijAfli>4^eniifirjd«grë il s'agit d'une slay)Iei«zr^si^ jq^ 



celle-ci se transforme bientôt en une paralysie plus.xui 
moins absolue, avec flacdiditéôBs membres, en d'autres tar* 
mes sans rigidité musûulaire. 

Ce phénomène, en rapport avec l'interruption des cop- 
Uions blancs, et plus spécialement des cordons latémux, est 
conforme aux données de la pathologie expérimentale. 

B. Au bout de quelques jours, de quelques semaines,plus 
tard dans certains cas, plutôt dans d'autres, il se manifeste, 
dans les membres paralysés, des secousses, des crampes, 
une rigidité temporaire des masses musculaires, autant 
de symptômes qui relèvent encore de la lésion des cordons 
latéraux, mais qui indiquent déjà qu'une cause d'excitation 
a élu domicile dans ces faisceaux. Ce sont là , eu somme, 
les premiers symptômes qu'on puisse rapporter à là myélite 
descendante des cordons latéraux. 

C. Enfin siirvienl la contracture permanente des memr 
bres qui ne manque à peu près jamais d'exister à une cer- 
taine époque de la maladie et qui^paraît devoir être ratta- 
chée elle aussi à la lésion scléreuse que présentent les cor^ 
dons latéraux dans le segment inférieur de la moelle. Il est 
de règle que cette contracture impose d'abord pendant quel* 
que temps aux membres paralysés l'attitude de. l'exten- 
sion ; mais tôt ou tard, en général, survient, au contraire 
l'attitude de la flexion forcée. 

D. A cette phase de la maladie, sous l'action combinée 
,de la suppression de l'influence modératrice du cerveau et 
prubabiement aussi par le fait de l'irritation dont la sub- 
stance grise à son tour devient le siège, les propriétés ré- 
flexes s'exaltent dans le segment inférieur de la nioelle. 

^orîi.oayoit les membres paralysés se «ouiever et entrer 
en convulsion aux moindres attouchements ou encore quand 

1p iiialado \irine ou va à la aelle. 

Je n'insiste pas sur ces troubles de la motilité qui sont 
aujourd'hui de connaissance vulgaii-e. Je me bornerai à 
vous taire remarquer que l'intensité de la contraciure per- 
manente des membres, et surtout de la contracture avec 
flexion est en général plus prononcée dans la myélite par 
compression lente qu'elle ne l'est dans la myélite sponta- 
née. 

Il en est de même de l'exaltation des propriétés réflexes 
de la moelle. Il ne faudrait pas néanmoins chercher dans 
cette difl'érence un caractère diagnostique absolu. 

E. liest de règle aussi daus la myélite par compression 
que la vessie conserve en grande partie l'intégrité de ses 
fonctions pendant un laps de temps relativement considé- 
rable, mais des troubles cervicaux plus ou moins accentués 
peuvent enfin survenir. A ce sujet il y a une distinction & 
établir. 

Si la compression siège très-haut, vers le milieu de la ré- 
gion dorsale, par exemple, on observe en général, de la 
diâ!iculté dans l'émission des urines. Cette difilculté semble 
due à ce que les muscles qui jouent le rôle de sphincter» 
restent daus un état de spasme permanent. La volonté ne 
modifie pas aisément cette contraction permanente et l'é- 
mission involontaire des urines, qui se produit quelquefois, 
en pareil cas, s'opère par regorgement comme on dit. 

Au contraire,, si la lésion siège très-bas, vers la partie 
supérieure de la région lombaire, il peut arriver que les 
sphincters soient paralysés d'une maïuère continue .et Jm 
urines s'écouleiit alors involontairement. 

n est possible, dans une certaine mesure, de ^e rendra 



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LE PROGRES MEDICAL 



compte (le cette difiëreuce, au i)remior abord biiigulûVi'e si 
Von se reporte h la théorie, fondée sur rexpériinenlation 
♦»mise récfjument par M. Budge sur le mode d^actiou du 
système nerveux central sur les fonctions de la Tossio. 

En rtfalité, selon M. Budge, il n'existerait pas d'autix» 
sphincter de la vessie que les muscles uréthraux (oonsirâ- 
teur de lurèthre et bulbo-caverneux). Les nerfs qui font 
contracter la vessie viendraient des p(^donculos cérébraux. 
Passant par les corps restiformes, ils pourraient être suivis 
expérimentalement dans k\s cordons antérieurs de la moelle 
jusqu'à rip^ue des ^«•-S' paires sacrées. Les nerfs qui font 
^'contracter les muscles de rurèllin» suivent, toujours d'après 
AT. Budge, à p(iu prC^s le même trajet et ils offrent ceci de 
particulier qu'ils sont modiliés dans Ttjtat normal par une 
influence réflexe qui leur est comnmniquée par les nor(s 
centripètes provenant de la vessie. Il se produit là, en con- 
séquence, un acte réflexe qui a pour effet de déterminer la 
contraction permanente des muscles uréthraux, mais qui 
peut être modifié ou annihilé même par une sorte d'arrêt 
que ('ommande la volonté. 

D'après cela, toute lésion qui aura pour conséquence 
d'interrompre dans la moelle, jusqu'à la sortie des 3% 4" et 5^' 
paires sacrées, le cours d(\s nerfs qui se rendcmt soit à la 
vessio, soit à Turèthre, aui'ait également pour résultat d(? 
laisser subsister l'acte réflexe qui commande Tocdusion 
constante du sphincter ; c'est pourquoi les lésions de la 
moelle cervicale et dorsale prodidraient le spasme per- 
manent du sphincter vésical qu'on observe dans certains 
cas de compn^ssion spinale. 

Si, par contre, la Jéiiioa siège plus bas, les conditions de 
lacté réflexe dont il s'agit ne subsistent Y-h^s ';Te simrmrttfr* 
est paralysé d'une façon constante, et l'urine s'écoule alors 
incessamment goutte à goutte, l'action des muscles de la 
vessie ne rencontrant plus d'obstacles. ' 

Je n'ignore pas. Messieurs, que la théorie de M. Budge 
n'est jias, tant s'en faut, encore classique, et les faits expé- 
Fioientaux sur lesquels elle s'appuie demandent eux- 
mêmes à être vérifiés. J'ai cru devoir néanmoins l'exposer- 
brièvement parce que, à mon avis, elle explique, quanta 
présent, mieux que toutes autre, les faits révélés par l'obser- 
vation clinique. (.1 siàvre,] 



, PATHOLOGIE INTERNE 

COUl S COMl»LÉMENTAIRE DE L.V l'AClîMÉ. — M. CÙB^'Ii. 

Anatomie pathologique du poumon. — Auscultation ( I ) . 
Leçons recueillies par P. Budix. 



PNEUMONIE AIGUE LOBAIRB. 

Du rdle crépitant. — Avec le deuxième degré apparaît 
un symptôme caractéristique de la pneumonie, : le râle 
crépitant. On entend alors éclater sous Toreille une série 
de petits bruits secs et nombreux qui ont ét^i .îomparés au 
froissement des cheveux, au bruitd'expimsion d'une éponge 
humide qu'on cesse de comprimer, ou mieux encore à ce- 
lui qui est produit par le sel qu'on fait décrépiter dans uup 
bas;sjne. Spittal l'a aussi rapproché du bruit qu'on perçoit 
lorsqu'on approche son oreille d'un verre dans lequel on 
vient de verser do la bière mousseuse. 



<1) Voir le n* 1 du Progrès mHic^J, 



Ce raie crépitant lin survient i)ar bouffées, dans Tinspi- 
ration, quelquefois seulement à la fin de Tinspiraiion : 
jamais il n'est perçu dans l'expiration. Il est permanent, 
c'ost-à-dire qu'il persiste même après l'expectoration. 

Ce bruit qui est toujours eiitenrîu chez l'adalte l'est 
uoins souvent chez les enfants : nous essaierons bientôt 
(•n donner une explication de son absence. 

le rûle crépit mt n*est pas non plus constant chez les 
vieillards: ces rlorniers en effet respirent mal, et souvent 
ils sont emphysémateux ; le bruit p^iva est alors moins fin 
et moins net. 

Aucun raie no saurait être conionda avec le râle crépi- 
faut fin que nous étudions encemoment; mais le râle crépi- 
tant pneumonique est souvent plus gros, plus humide: 
nous'j reviendrons bientôt. Enfin des bruits bronchiques 
peuvent >:e rai)proôherdece dernier. Tels sont les raies mu- 
queux fins ou sous-crépitants qui se ]>assent dans les pe- 
tites bronches; ceux-ci sont plus humides que le crépitant 
fin, et ils peuvent s'entendre, ce qui est un signe capital, 
aux d^îux temps delà respiration. 

Les bruits de frottement jiroduits à la surface de la plèvre 
recouverte de fausses monibi'anes, peuvent, dans certains 
cas, être pris pour du nile crépitant. On entend alors dans 
lapleurés'e une cr/'pitation Une et stVîhe, moins pressée 
]jeut-étrc que (îans la pneumonie, bruit quiî Trousseau aj- 
pelaitle frottement îàle, ned'îcidant pai s'il s agissait d'un 
râle ou d'un frottement. La dillioulté du diagnostic et lana-. 
logio de ces bruits de pleuréi;ie et de pneumonie sont tels, 
que j'3 me s'iisdemanjié, pendant un temps, si les bruits . 
de la pneumonie n'étaiîmt pas tonjourslus à la pleurésie-. 
Remarquez -ie bien. ^Messieurs, cette hypothèse n'était 
pas ab:=iorument dénuée de fondement. Vous avez vu, fen 
effet, par l'anatomie iialhologique de la pnçunwn-îe, que 
les i)arties hépatisées sont imperméables à l'air, que 
If'S alvéoles sont plein?; d'un exsudât qui ne peut pas 
laisser passer une bulle d'air entre la paroi alvéolaire et 
son contenu. D'un autre cdté. le ràle^crépitant de la pneu- 
monie lU'St entendu que lorsque l'iu^patisation arrive à la 
surface du poumon et, à ce m()ment, la plèvre se recouvre 
elle-même au niveau du poumon hé[)atisé d'un exsHdat fl- 
brineux. Le râle crépitant de la pneumonie ne i^ouvant 
• avoir lieu dans les alvéoles hépatisés, et ne se percevant 
pas sans qu'il y ait en même t^Mnps des exsudats ideuraux, 
il était naturel de l'artribupp au frottement pleural. 

Mon hypothèse est tombée devant le fait d'apoplexie 
pulmonaire dont. je vous ai entretenus récemment. 

Là, en effet, on avait ent'.Midu pondant la vie du râle 
crépitant; l'auscultation du cadavre reproduisait le même 
idiénoni'^mî, et cei)eiidanf, il n'y avait qu'un noyau dur 
d'apoplexie sans exsudation pseudo-membraneuse à la 
surface de la plèvre. 

Pour en revenir n la comparaison quejp faisais entré le 
ri\!e crépitant et le frottement fin, des expériences nous ont 
montré qu'ils pouvai(Mit avoir tous les deux la tû^me origine 
dans la compression suivie d»"* dilatation des alvéoles super- 
ficielles du pimmoîi. C est ce que démontre, e\i particulier, 
rinjection de suif solidifié dans la plèvre dont je vous -ai 
parié dans notre première leçon. Nous y reviendrons à. 
propos de la pleurésie. 

Si la distinction est quelquefois difficile entre le râle 
pneumonique et le bruit pleuivtique, le doute dure peu. Le^ 
frottement- râle se transforme en efi'et, il peut donner une 
sensation de va-et-vient pfuidanl le mouvemgnt du poumon 
dans les deux temps de la respiration. Il a le plus souvent 
un timbre sec, craquant, il ressemble au bruit du cuir 
neuf, etc. 

Revenons maintenant au râle crépitant fin et à son 
mécanisme : 

De nombreuses opinions ont été émises pour l'expliquer. 
Laennec, dont le génie a créé d'un seul coup toute l'auscui- 
tatîon du poumon, pensait que le râlî crépitant n'était en- 
tendu que dans la première période de Ja pneumonie, et 
qu'il était produit par l'air traversant le liquide contenu 
dans les alvéoles pulmonaires. 



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46 



LE PROGRÈS MÉD1CA.L 



ilais, dans le premier stade ou stade de congestion, nous 
ravons vu, on n'entend rien ou presque rien ; c>st donc 
dans le second seulement qu'il est perçu, et, à cette époque, 
les alvéoles sont tellement remplis de coagula fibrineux 
que leur pénétration par Tair est absolument impos- 
lible. Si, du reste, on cherche sur le cadavre à y faire 
entrer de Tair, en se servant du soufflet, on ne peut y par- 
Teûir. Il faut donc renoncer à cette idée que le râle crépi- 
tant est produit par le tissu pulmonaire hépatisé. 

Barth et Roger, dans leur excellent livre d'auscultation, 
se sont contentés d'écrire : « On admet généralement que 
» le râle crépitant est produit par le passage de Tair "â 
» travers les liquides contenus dans les vésicules pulmo- 
» naires. Si l'on s'en rapporte, en effet, aux impressions 
» de l'ouïe, il semble que des matières liquides sont péné- 
9' trées par l'air inspiré et qu'il se forme alors des bulles 
» qui éclatent avec bruit : la petitesse, le nombre et l'éga- 
» lité de ces bulles paraiss^mt démontrer qu'elles se pro- 
» duisent dans des cavités petites, nombreuses, égales en 
» volume, telles que sont les cellules pulmonaires. » 

Ces auteurs semblent donc adopter l'opinion de Laennec, 
sans rien affirmer cependant, sans indiquer si c'est à la 
IMremière ou à la seconde période de là pneumonie qu'ap- 
paraissent ces râles. 

Pour Grisolle, ce n'est que 6, 12 ou 24 heures après le 
début que surviennent les râles crépitants ; ils seraient dûs 
«u rétrécissement des alvéoles et à l'épaississement de 
leurs parois. 

Beau invoquait l'état de sécheresse dans lequel se trouve 
le poumon enflammé et il attribuait la crépitation au dé- 
plissement et au frottement des vésicules pulmonaires ; 
nous avons déjà combattu cette manière de voir : lui-même 
n'y tenait pas beaucoup. 

Parrota parfaitement réfuté dans sa thèse (1), l'opinion 
de Laennec, qui attribuait le bruit de crépitation à l'éclate- 
ment de bulles d'air dans les alvéoles remplis de l'exsu- 
dat pneumonique. Pour que des bulles d'air produisent un 
bruit, pour qu'elles éclatent, il faut en effet qu'olios paq- 
«entd'un liquide dans une cavité contenantdtjl'airà moindre 
tension Or ces conditions ne sont nullement remplies ni 
dans la période de congestion ni dans celle d'hépatisation, 
^npiémeà supposer que les alvéoles soient des cavités sulll- 
«amment grandes pour qu'une bulle d'air y éclate. 

Pour ce qui est de la production du râle crépitant, Parrot 
a adopté rexpUcalion donnée antérieurement parWin- 
trich (2) et qui est la suivante: Pendant Tiuspiration, les 
vésicules pulmonaires sont aplaties et leurs parois adhè- 
rent, grâce à la couche humide de mucus visqueux iqui lu- 
bréfle leur surface; pendant l'inspiration, l'air en affluant 
redresse les vésicules et il se produit un bruit dû à la sépa- 
ration brusque des surfaces adhérentes. Wintrich ajoute 
que le môme phénomène a lieu en même temps dans les 
plus ânes bronches dont les parois ont en effet la môme 
structure que les alvéoles. 

Cette compréhension du râle crépitant nous paraît être, 
entre toutes les théories données par les auteurs, celle qui se 
rapproche le plus de la vérité. Cependant elle nous semble 
loin d'étrè complète. (A suivre.) 



THÉRAPEUTIQUE 

HOSPICE DES ENFANTS ASS£ST:^S. — M. le D^ PABROT. 

Ifote sur le traitement local par la poudre dlodoforme 

de la gangrène de la volve chez les petites filles. 

Par Paul COTAiE interne des hôpitaux. 

La gangrène de la vulve, par période, sévit encore dans les 
tervices d'enfants. Si Téiude du mécanisme par lequel se 
jproduit cette variété d'ulcération, n'a pas été faite assez com- 

d} Propositions de médecine* — Paris, 1857. 

(f) Handbuck der tpectellen Pathologie funtfe Band. — Erste liefernoR, 
18S4. 



plélement et laisse quelque chose à désirer, on connaît par-* 
faitement les différentes phases par lesquelles passe cette 
lésion à son début d'abord el ensuite pour prendre de l'exten- 
sion . 

Elle naît, en effet, par une vésico-pustnle opaq;ue, conte- 
nant de la sérosité trouble, apparaissant soit au fond des plis 
de la région ano-vulvaire, soit sur les faces des replis cutanés 
ou cutanéo-muqueux de la môme région. Dès le lendemain, la 
vésico-pustule est rompue, l'épiderme desquamé, et à sa place 
on trouve une petite ulcération de la grandeur d'une pièce de 
20 centimes environ. Cette solution de continuité du tégu- 
ment est arrondie ; le fond grisâtre et comme réticulé est 
rempli par un détritus d'appare nce diphthéritique. 

La lésion intéresse au début les couches superficielles du 
derme et se trouve soulevée par un tissu légèrement œdéma- 
teux. En trois ou quatre jours, elle atteint le tissu cellulaire 
sous-cuiané et peut présenter 2 à 3 centimètres de diamètre. 
Lorsqu'elles sont anivées à acquérir ces dimensions plusieurs 
ulcérations voisines se confondent par suite de la destruction 
des points cutanés qui les séparent, ce qui leur donne une 
apparence serpigineuse Leur tendance à s'étendre en profon- 
deur diminue. Vais le tond change d'aspect et le détritus qui 
les remplit devient noirâtre. 

Telle est la marche habituelle de cette lésion que des acci- 
dents généraux, à forme typhoïde, viennent le plus souvent 
terminer, lorsqu'elle a atteint une certaine étendue. 

M. Parrot. dans le cours des années précédentes, avait réussi 
assez souvent a arrêter la marche envahissante de ce travail 
deslrucleuij par des pansements fréquemment renouvelés au 
chlorate de potasse en solution concentrée ; et dans d'autres 
séries de cas par la cauté'isation au nitrate d'argent. Mais les 
résultats obtenus par ces moyens n'avaient pas eu une telle 
constance qu'il en fut complètement satisfait. 

Au commencement de celle année, les mômes moyens lo- 
caux auxqu Is on ajouta des pansements au vin aromatique ou 
à V alcool, ne parurent donner aucun résultat môme momen- 
tané, ni modifier l'aspect extérieur et la marche de ces ulcé- 
raHouB. JJiodofavtna »eui, e^sayô en dernier Ueu, a réussi ; il a 
paru arrêter eu deux à trois jours, en général, la marche 
envahissante de l'uîcère et faciliter très-rapidement l'appari- 
tion de bourgeons charnus au fond de la plaie. Ce résultai n»a 
d*ajlleurs rien d'étonnant lorsqu'on réfléchit que la poudre 
d'iodoforme est d'un usage vulgaire dans les services de véné- 
riens pour s'opposer à l'extension dbs bubons devenus chan-. 
creux. 

Plusieurs chirurgiens, M. Léon Labbé entre autres, l'em- 
ploient dans le traitement des ulcères fongueux de mauvaise 
nature, ou se rapprochant de la pourriture d'hôpital, et en ont 
obtenu de bons effets. 

Mais pour arriver au but désiré il ne faut pas ménager 
la poudre d'iodoforme. Après avoir abstergé avec précaà^ 
tion les ulcérations à traiter, on doit les remplir de cette 
poudre et ne laisser aucun point de la plaie qui n'en soit re- 
couvert. Lorsque le fond de l'ulcération est très humide, et 
que le détritus est abondant, il est utile les deux premiers 
jours de renouveler le pansement une seconde fols dans la 
journée. 

Par l'emploi de ce mode de pansement, nous avons toujours 
réussi à modifier très-rapidement l'aspect de ces ucérations 
et à les arrêter môme si complètement dans leur marche, 
qu'aucune de celles qui ont été traitées de la manière que 
nous avons indiquée, n'a dépassé en grandeur le diamètre 
d'une pièce de 50 cent. -— Il est à noter qu'à cet arrêt dans 
leur extension en largeur, correspond la disparition rapide de 
l'œdème de voisinage qui soulève les ulcérations et leur donne 
au début un aspect cupuhforjiie. 

Il existe assurément d'autres moyens aussi certains de 
mettre obstacle aux progrès de cette sorte de gangrène. Nous 
voulons parler de l'emploi du cautère actuel préconisé par M. 
Isnard. et du chlorure de zinc conseillé par MM. Rillet et Bat- 
thez. Mais ces moyens sont très-douloureux et nécessitent deS' 
luttes continuelles avec les enfants lorsqu'il s'agit deirenou- 
veler leur pansement. Ces inconvénients très-sérieux sont évi- 
tés d'une façon certaine par l'emploi de la poudre d'iodofo^e 



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LE PBOOBÈS MÉDICAL 



41 



dont Tapplicalion est absolument indolore et c*est là le motif 
principal qui nous a engagé à faire connaître le résultat de 
nos essais thérapeutiques. 



PATHOLOGIE EXTERNE. 

Gontrlbutioii à l'anatomie et à la physiologie patho- 
logiques des tumeurs urineases et des abcèf uri- 
neux. C) ^ 

Par Henri DBAKSART, interne des hôpitaux de Paris. 

Après de nouvelles recherches nous n'avons rien trouvé 
d'analogue Nos moyens ne nous permettent pas. il est 
vrai, de fouiller dans la littérature médicale étrangère, 
peut-être môme existe-t-il sur ce sujet quelque mémoire 
d'origine française qui nous a échappé. Bref, nous nous f»n 
rapportons complètement à plus ample informé. Toujours 
est-il que nous étions profondément étonné de cette lacune, 
quand l'étude du sujet vint elle-même nous donner la rai- 
son de ce fait, et nous intéresser davantage à l'observation 
que nous avions recueillie. 

De deux choses rune : ou bien la tumeur constituée par 
rinâltration sanguine disparaît par résorption du sanjç 
comme cela a lieu pour toutes les hémorrhagies, et alors il 
. ne reste plus d'autre trace delà tuméfaction d'origine san- 
guine qu'une coloration jaune d'ocre due à la présence de 
cristaux d'hématoïdine; ou bien la tumeurs'abcède, et toute 
trace des lésions primitives disparait. Dans notre cas si 
la mort n'avait été précipitée par la péritonite généralisée, 
nous n'aurions rencontré probablement qu'une poche pi- 
pulente en supposant que le malade fut mort quelque 
temps après. Or, il est assez rare de voir la mort survenir 
i la suite de l'abcès dit urineux simple. C'est ce qui nous 
explique pourquoi la lésion primordiale a pu échapper à 
l'attention des observateurs. Elle n'a pour ainsi dire pas 
le droit de paraître aux autopsies; car dans le cours na- 
turel des choses elle doit disparaîtra «ait {uu*. auj^puratian 
soit par résorption, et dans ce dernier cas seul elle peut 
laisser des traces, mais des traces tellement faibles qu'il 
feut avoir l'attention éveillée sur ce sujet pour en recoa ' 
naître l'origine. 

Ces traces cependant nous semblent avoir été signalées. 
M. Voillemier dans son traité indique l'aspect jaunâtre de 
la matière plastique qui occupe les mailles du tissu spon- 
gieux et dans un autre passage il trouve ce nouveau tissu 
formé de lymphe plastique dans laquelle se trouvent quel- 
ques globules sanguins.. L'auteur, du reste, ne cherche 
pas à attirer l'attention sur ce point. Nous trouvons aussi 
dans ce même ouvrage le passade suivant. 

« LaJlemand raconte qu'il trouve à la courbure sous- 
» pubienne un rétrécissement qui admettait à peine une 
» sonde cannelée. Le canal fendu dans toute sa longueur 

> présente dans le point rétréci un épaississement circu 

> laire de la membrane muqueuse commençant et flnis- 
» sant d'une manière insensible en sorte que la trancho 
» ressemblait de chaque côté à un fuseau. Il compare ce 

> cylindre à celui que forme Fossiâcatfon du périoste autour 
1 d'un os long fracturé. » ^ 

M. Voillemier ajoute qu'il ne sait comment s'expliquer 
cette saillie en dehors lorsqu'il a toujours vu une conca- 
vité en dedans. Il seraiten effet difficile de s'expliquer cette 
saillie si l'on ne faisait intervenir un autre facteur que le 
tissu fibreux dont la propriété essentielle est de se rétracter, - 
de revenir sur lur-môme. Pour nous ce facteur c'est lesang 
épanché, aussi regrettons-nous que Lallemand n'ait pas dé- 
crit l'aspect et la coloration du tissu. 

M. Civiale qui cite aussi ce fait de Lallem'and nous 
apprend que la coloration du tissu était blanc jani\âtre. 
Coflurae on le voit, il n'est guère permis d'être aflîrmatil 
avec de pareils documents. 

Cependant l'étude des ouvrages de Lallemand nous a 
fait découvrir quelques faits des plus intéressants pour no- 
tre styet. 

™ ; '■ ' ' ■' ■■■ ' ' " ' ■ !■■. . 

(i) Voir le B® 2 du P^grèt Médical. 



Je signalerai en particulier l'observation XI,2« partie, des 
naladies de Turèthre : — Il s'agissait d'un batelier qai 
entretenait une blennorrhagie chroniquepar desexcè». Cet 
iomme vit survenir une grosse tumeur au périnée, puis à. 
ce niveau une fistule par laquelle s'écoulait du pus et du 
àang. Cette tumeur qui était volumineuse et dure comme du 
cartilage disparut au bout de quelque temps. Mais aussi- 
t<3t guéri, le batelier reprit son ancienne vie et il eut un 
nouveau gonflement au périnée. Lallemand fait remarquer 
que du sang épanché s'était fait jour spontanément à tra^ 
vers la peau. 

Cet homme n'est pas mort et l'on n'a pu^voir les lésions; 
néanmoins il nous semble presque évident que Thémorrha- 
gie avait présidé à la formation de ces tumeurs. 

Lallemand après avoir cité ce fait ajoute quelques ré- 
flexions qui sont de nature à appuyer ce que nous soute- 
nons : il s'étonne qu'après autant de cautérisations (six 
ai)plica.tions de caustiques sur l'urèthre du batelier), il ne 
soit survenu ni gonflement, ni hémorrhagie, ni inflam- 
ôiation. 

Lallemand qui employait presque toujours la cautérisa- 
tion pour guérir les rétrécissements, ne cite pas de-gonfle<- 
ment sous-muqueux, consécutif aux cautérisations. Si ce 
gonflement purement inflammatoire ou, pour mieux dire, si 
Tengorgement simple existe^ c'est Lallemand qui aurait dû 
nous le faire connaître, lui qui a tant cautérisé l'urèthre. 
Lallemand n'en a pas vu, donc nous pouvons afllrmer qu'il 
est au moins très-rare, donc il faut aller chercher ailleurs 
la véritable origine des tumeurs ou des engorgements 
sous-muqueux de Turèthre. Cette origine diflérente, c'est 
l'hémorrhagie. 

Aussi, la tumeur, l'engorgement sous-muqueux que les 
cautérisations successives de l'urèthre n'avait pu produire, 
survenait chez le batelier de Lallemand alors que guéri il 
reprenait le cours de ses excès, ou autrement dit, alors 
qu'il accomplissait les actes qui étaient dénature à mettre 
^ enjeu le molimen hémorrhagique. 

Du reste. Chopart nous fournitégalementdes arguments: 
quand on lit ses observations on voit que c'est toujoursàla 
suite d*oxoès que sc produisent les engorgements sous-mi^ 
queux. Chopart désigne ici simplement de très-peliti 
engorgements sous-muqueux ne formant pas tumeur et ae 
traduisant surtout par une gêne delà miction; cette dis- 
tinction ne nous embarrasse pas : L'hémorrhagie en effet 
peut avoir tous les degrés, elle peut occuper un foyer mi- 
croscopique ou bien avoir des proportions énormes comme 
chez le batelier de Lallemand ou chez le colonel de Civiale. 
Mais nous ne voulons pas discuter ici, nous nous conten*^ 
tons seulement d'enregistrer lès faits tels que les auteurs 
les ont vus se produire. 

C?s faits nous montrent l'engorgement sous-muqueux 
tantôt considérable sous forme de grosse tumeur, tantiH 
moyen, tantôt petit, presque imperceptible succédant pres- 
que toujours à des excès. La seconde partie de ce travail 
nous rendra compte de ce phénomène. 

Nous trouvons dans Civiale lobservation d'un colonel qui 
est également intéressante (voir page 656) : 

Ce colonel eut une tumeur au périnée qui après ronver- 
ture donna issue à du pus, du sang et de l'urine. Les parois 
du canal, dures et considérablement épaissies, formaient 
au niveau de l'insertion du scrotum une masse qui, se con- 
fondant avec la tumeur urinaire consécutive, s'étendait de 
la partie postérieure du périnée jusqu'à l'anneau- inguinal 
du c6té droit. Ici encore nous croyons à une tumeur de na-> 
ture hématique. (Il y eut résorption de cette tumeur). 

Comme on le voit, certaines tumeurs urinaires observées 
sur le vivant ont présenté l'aspect et la marche des tumeurs 
hématiques ; néanmoins s'il y a des probabilités pour les 
considérer ainsi ,nous devons avouer que ces observations 
ne sont pas à même de donner la certitude scientitique. 

L'examen que nous avons fait des autopsies de Civiale 
nous a donné quelques résultats, bien que cet auteur fasse 
observer que le plus souvent il n'a pas trouvé le tissu sous- 
muqueux coloré. 

Qu'on y fasse bien attention, Civiale dit qjie le plus sock 



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42 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



vent il n a pas trouvé le tissu sous-muqueux coloré, il 
avoue par le fait qu'il lui est arrivé de rencontrer parfois 
une coloration anormale de ce tissu fibreux. 

En effet, dans une de ses autoiisies où les parois uré- 
thrales étaient indurées, épaissies, noueuses formant saillie 
en certains endroits, Ci viale a trouvé une coloration et un€ 
consistance diverses des inégalitésdu tissu sous-muqueux. 

Dans une autre observation (page iOl) le tissu iibroïde 
sous-muqueux, serré, deni>e, ne préspnte pas la coloration 
nabituellede ce tissu. Civiale ne nous dit pas quelle était 
cette coloration spéciale qui était venue changer Taspect du 
tissu fibreux ; mais pour nous, ici comme <lans les autres 
cas, c était le sang épanché ou bien les reliquats du sang 
que I absorption n'avait pas fait disparaître, qui modi- 
tlaient la coloration du tissu fibreux. 

Civiale nous apprend également que Lallemand a ren- 
contré un cas de rétrécissement cir.'ulaire situé au-devant 
de là prostate et qui était formé nar un flssu rougeâtre de 
consistance cornée. 

Ainsi donc il y a réellement signalées dans les ouvrages 
des traces de lésions hémorriiagiques siégeant dans l'épais- 
seur du tissu souî^-muqueux de Turèthre. 

Comme nous le verrons tout à l'heure (Jamain, Patholo- 
çie cxt^-2-6(\ït.),}.L Voillemier aurait rencontré dei tu- 
meurs sanguines dans i'épai.sseur du tissu sous muqueilx* 
mais nous n'avonspas tiouvé lobservation dans le traité de 
M. voillemier, au.^si ny .pouvons-nous pas la relater ici 
Aous le regrettons beaucoup, car nous v aurioii.^ 'ct;rtaiiie- 
ment trouvé un appoint très-consid^^rable. (A siUcrei 



nécessaires pour diminuer les mauvaises conditicMis hygié- 
niques, si favorables au développement des maladies épi- 
démiques. Or, aujourd'hui, les renseignements qui nous 
parviennent, indiquent que nous sommes menacés d'une 
nouvelle invasion du choléra. ïl règne depuis plusieurs 
mois en Hongrie, en Gallioie, en Bohème et môme en Au- 
triche ; il a gagné la Prusse ; il se montre en Turquie ; 
les journaux italiens signalent son apparition dans la pro- 
vince de Trévise ; enfin^ dans différentes villes de France, 
les maladies du tube digestif ont Une tendance à prédo- 
miner. Sans s'exagérer le danger, il est bon de prendre 
dos prérautions. 

11 y a là, nous le répétons, un ensemble de circonstan- 
ces qui doivent mettre les médecins et Tadministration 
sur leurs gardes. 



SOCIETES SAVANTES 

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 



BULLETIN DU PROGRÈS' MÉDICAL 

Du service des bains externes dans les hôpitaux. — 

Le choléra. 

Parmi les questions d'hygiène publique qui méritent d'at- 
tirer l'attention du Conseil municipal et de M. le Préfet de 
la Seine, Tune des plus importantes — à la saison où nous^ 
sommes— est celle d*une bonno organisation des bains 
gratuits. Dans un certain nombre d hôpitaux déjà, l'admi- 
nistration de l'Assistance publique accorde des bains aux 
malades dii dehors. Cette mesure excellente devrait être 
étendue à tous les établissements hospitaliers. 

Il serait donc bon que l'administration periectionnât ses 
services de bains et ouvrit au public indigent les hôpitaux 
qui sont encore ferinés sous ce rapport. 

Il sprait aussi indispensable que l'administration utilisât 
plus largement le magnifique service de bains de l'hôpi- 
tal St-Louis. En effet, les d^ux salles de bains internes 
renferment environ 60 baignoires qui 'ne servent aux 
malades de l'hôpital que pendant une partie de la journée 
et, sans nuire au service de l'hôpital, il serait assurément 
possible de donner par jour plus de 150 bains à des malades 
-du dehors. 

En réalisant cette réforme, l'Ai^sistmce publique, nous 
en sommes convain-^^is, diminuerait par là môme le nom- 
bre des personnes qui, plus tard, seront obligées de recou- 
rir à elle. 

Les représentants naturels de la Cité ont le devoir 
d'examiner cette question. Quant à, ceux qui sont char- 
gés de l'exécution, s'ils oht à un égal degré l'ambition du 
pouvoir et Vamour du bien public, — et rien n'autorise à 
supposer le contraire — nous espérons que cette idée pas- 
sera promptement du domaine spéculatif dans la réalité 
pratique. 

Il y a d'ailleurs urgence. I^'état sanitaire général en Euro- 
pe, est assez grave pour que le Conseil municipal et ladmi- 
nistration s'en préoccupent et prennent toutes les mesures 



Séance i,u samedi 28 juin, — préside xce de m. laboulbè.nk 

' M. VuLPiAN rappelle, à l'occasion du procès-verbal, l'expé- 
rience dont il a entretenu la société dans la précédente séance: 
il s'agissait d'un lapin auquel il avait pi-aliqué la section inlra- 
crâuienne du trijumeau. Bientôt il élait survenu une opales- 
cence de la cornée parsemée de petites tâches opaques d*un 
blanc laiteux. L'examen histologique de cette cornée a été 
. fait et M. Vulpian a pu constater que les taches opaques 
étaient dues à des dépôts de carbonate de chaux; il en était 
de même de l'opalescence généralisée qui provenait, elle aussi 
de granulations de carbonate de chaux. 

. M. V.ULPT^\^rf»vifinl égal am en t^ggr Itss ecchymoses du pou- 
mon et de la muqueuse stomacale trouvées sur ce même 
Japin à la section iutra-crânienne du trijumeau. -On se rappelle 
, qu'il n'existait pas d'autres lésions encéphaliques. De nou- 
velles expériences ont été faites à ce sujet et de nouveau il 
s est produit des ecchymoses ; dans quelques cas où l'animal 
avait été sacrifié b ou 6 jours après la section du trijumeau 
on a conslaté que les ecchymoses étaient entourées d'une au- 
réole blanchâtre déjà atteinte d'ulcérations commençantes Les 
poumons très-hypérémiés présentent, en certains points des 
noyaux apoplectiformes, en d'autres des parties œdémaliées 
Les vaisseaux sont remplis de sang coagulé dans leur intérieur 
Crctte injecuon est constante et rappelle l'aspect des vaisseaux 
oblitérés par des poudres .inertes, par de petites embolies 
capUlaires. Aussi M. Vulpian se dcmande-t-il si en pareil ca<* 
on a affaire à des troubles vaso-moteurs seulement, comme, 
le prétendent MM. Scbiff et Brown-Séquard, ou bien si on 
nest pas en présence de véritables embolies capillaires.il 
existe en eff'et des altérations profondes, des désagrégations de 
1 encéphale, des os ne se pourrait-il^as que quelques par- 
celles entialnées par le courant sanguin ne viennent dans les 
petits vaisseaux pulmonaires et stomacaux ? 
r M. Charcot rappelle qu'il n'est pas rare de trouver des 
foyers apoplectiformes dans les poumons des personnes 
frappées d hémorrhagie cérébrale. 

M. Ollivikr a remarqué non-seulement des noyaux san- 
guins dans le poumon, mais il en a trouvé encore dans le tissu 
cellulaire sous cutané et même dans une articulation. 

M. Ghabcot. Il me semble utile à ce sujet d'établir une dis- 
tinction ; je ne nie pas ces épanchements articulaires, mais il 
faut bien segarder de les confondre avec certaines lésions du 
cartilage provoquées par le repos paralytique. Les cartilages 
diartbrodiaux sallèreut, des vaisseaux se forment qui peuvent 
se rompre et amener un épanchement de sang dans l'article 

M. Rabuteau désirerait ajouter quelques mots sur la com- 
mgnication faite par M. Bouchard dans la précédente séance. 
Cette communication avait trait aux effets de la valériane et 
M. Bouchard en éUit venu adiré que les iodures provoquaient 
une production durée beaucoup plus active au contraire des 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



43 



L bromures qui amènent une prompte diminution dan^ son excré- 
j lion. M. Râbuteau pens3 quil n'en est nullement ainsi et que 
' les iôdurcs comme les bromures s'opposent à la dénutrition. 
' Il serait donc utile de reprendre ce: te question, mais il fau- 
drait avoir grmd soin de noterraiimenlation et de maintenir 
un régime uiûforme. Il ne faut pjs oublier en effet qu'avec 
une nourriture végétale on voit descendre rapidement le cbif- 
fre de Turée qui peut n*étre que de 8 à 10 grammes dans les 
24 heures, tandis qu'il pourra monter jusqu'4î bO, 60, 80 gram- 
mes, môme si ra'iin3atatioa est fortement animalisée. 

M. Leguos vient exposer devant la société quelques-uns des 
résultais qu'il a obtenus dans une série de recherches entre- 
prises avec M. Maoitot au sujet du développement des dents. 
Il bornera sa communication à Tétudc des follicules de la 
2« dentition. - < 

Poqr compreu^re ce qui va suivre, il est bon cependant de 
connaître le développement des follicules de première, denti- 
tion. Lorsque l'embryon n'est encore que de 3 à 4 centimètres 
on voit apparaître sur le maxillaire des bourgeons épilhéliaux 
qui envahissent le bord alvéo^nire de Vos et y font une saillie 
superficielle, tandis que d'autre paît, par leur face profonde 
ils pénètrent dans le maxillaire. Bien lot survient un petit pro- 
longement latéral qui se développe sur un point de cette 
expansion profoniie : c'est la lame épiihéliale. Lorsque l'em- 
bryon atteint cibq centimètres environ celte lame épithôyale 
se renfle à son exlff^mité et prend la forme d'une massue; 
c'est l'organe de l'émail ; le fond de celte ampoule s'excave et 
dans cetLe dépression va naître lé bulbe demaire. C'est de ce 
point, au niveau de la base du h\i\hv. que sort la paroi du futur 
follicule. Elle enveloppe le bulbe, l'organe de l'énjail. Le folli- 
cule est constitué. C'est alors que se détruit le cordon latéral 
sur lequel s'est formé Torgane de l'émail ; du moins il se seg- 
mente et fait place à des bourgeons épilhéliaux. Colemann 
prétend que c'est à leurs dépens que va se développer le folli- 
cule de seconde dentition ; ces boar;;rons épilhéliaux .se ren- 
fleraient en massue et par iransfornwiiious successives .ûDUa-, 
laUrail le foliicule secondaire. Le nombre dp ces bourgeons 
épithéliaux expliqum-aii commpnfc peuvpnt. naître les dents 
surnuméraires. Celte théorie est fausse ; en effet MM. Legros 
et Magiiot ont vu que le follicule secondaire se formait tout 
autrement : lorsque le cordon qui provient delà lame épithé- 
liale n'est pas encore rompu il nait un diverticulum qui par 
transforma lions successives, deviendra le tbllicnle secondaire. 
Ce n est qu'alors qu'aura lieu la rupture du cordon. Colemann 
n'aura étudié le follicule qu'à celle période, c'est ce qui expli- 
que comTient cet auteur a cru qu'il provenait dès bourgeons 
épilhéliaux. 

M. Paul Bert coniinuc ses recherches sur les eiTels ob^ 
tenus par le^ hautes pressions. On sait que lorsqu'on 
décomprime brusquement un animal soumis à une haute 
pression il meurt rapidement par suile du dégagement des 
gaz dissous en très-grande abondance dans son sang. Pour les 
chiens la pression limite est 7 alhmosphères, 7 l/l ; à*? 1/2 la 
mort est invariable. Cependant M. Bert a vu n éprouver au- 
cun accident un chien malade, amaigri, comprimé à 8 atmos- 
phères, 8 1|2. quelque brusque que lût la décompression; l'ex- 
périence a été refaite plusieurs fois sur le môme animal et le 
résultat a toujours été semblable. Le sanj; était étudié aus- 
sitôt que l'animal sortait de la cloche ; on n'y trouvait pas de 
trace de gaz en dissolution. — Eh bien! ce même chien en- 
voyé quelque temps au Jardin des Plantes et revenu engraissé, 
vigoureux, a été rapidement tué lorsque la décompression 
brusque a suivi une pression de X atmosphères. Comment ex- 
pliquer sa première immunité 1 M. Bert n'en sait rien. Il sait 
seulement que la pression limité varie nou-seulement selon 
les espèces animales et selon les individus mais encore selon 
l'époque bù l'on examine les mêmes indivisius. 
M. Oluvier vieni d'observer un homme de C9. ans, entré 
. dans son service pour une bronchite et qui vient d'être atteint 
d'une scarlatine des plus nettes. La desquamaûon a été des 
plus énergiques et certaines régions de son corps, enlr'auir^ 
la région plantaire, se sont dépouillées et^ un seul coup. 

P. R. 



ACADÉMIE DE MÉDECINE 
Séance du 2i /«^i» 1373. — Présidence de M. Barth. 

■ Pria de VAradétuie. — Question proposée : « De l'ictlirrv grave. • G^ 
prix étiit de la valeur de 1.000 fr. — Deux mémoires ont «oncouru. — 
L'Âcodïmie ne décerne pas de prix ; mais elle accorde : 1® Une récom- 
pense de GOO fr. à M. le Dr Louis Caradee^ médecin à Bresl.auteur du mé- 
moire n^ 1. 2** Un encouragement de 400 fr. ,à M. le Dr Marc Gfirard (de 
I3ordeoD\\ auteur du mémoire n** 2. 

Prixfoiidtf par le baron Portai, — Ce prix devait être décerné au meil-- • 
leur il:%iôire sur une question d'anatomie pathologique. Il était de la valeur 
de 2,000 fr. — L'Académie n'a reçu aucun mémoire pour ce concours. 

Prix fondé par Madame Bernard de Civricux. — L'Académie avait p?0' 
posé la question suivante: « Des diverses formes du délire alcoolique et à*» 
leur traitement. » Ge prix était de la valeur de 900 fr. — Deux mémoires 
ont été envoyés pour concourir. L'Académie décerne lo prix à M. lo Docteur 
3faffnai, médecin à l'Asile Ste-Anne, auteur du mémoire n° 2. Elle 'acconïei 
une moition très-honorable ù ^L \^iilliam Bourrjade, étudiant en médecine, 
chef de' clinique ù Clermonl-Fcrrand, auteur du mémoire inscrit sous ' le 

Prix fondé 'par M. h baron Barbier, — Ce prix, qui est aimuel. devait 
ôtre dérerné ù celui qui aurait découvert des moyens complets de guérison. 
pour des maladies reconnues le plus souvent incurables, comn^o la rojrc, le 
cancer, Tépilepsie, les scrofules, le typhus, le choléra morbus etc., (extrait 
du testament). Des eni ouragemcnls pouvaient 6tre accordés ù ceux qui. 
sans «Toir^atteint le but indiqué dans le programme, s'en seraient le plus 
rapprochés. Ce prix était de la valeur de 2,000 fr — Six mémoires ont été 
adres^ pour (■« concours. — L'Académie décerne le prix à M. le Dr Gus- 
tave CLautreuil de Paris, auteur du travail inscrit sous le n'^ S. 

Prix fondé par M. le Docteur Ernest Godard, — Ce prix devait 6lr(* 
accordé au meilleur travail sur la pathologie interne. 11 était de la valeur de 
1.000 fr. Treize ouvrages ou ménwires ont concouru. Aucun de ces travaux, 
n'a paru mériter le p|ix, mais rAcudcinic accorde : 1** Une récompi';it>e di; 
400 fr. à M. le Dr 0, Sai.u-Vel [de i^aris). pour son Traité dninah'Hes o''v 
régions iniertropieales. — 2® Une récompense de 300 fr. à" M. A, Pelletatt 
médecin principal de la marmc, en retraite à Paris, pour son ouvrage inti-. 
tulé : Contoninn du choléra démontrée pam Pépidémie de la Guadeloupe, 
'A^ Une récompense de :înofr. ù M. le Dr Htichard, et M. F. Labadie-Lagrate :. 
internes des hôpitaux îjour leur travail en collaboration ayant pour titre : 
C^ttirihutioii à l'étude de la Bysmvuo-rrhée me^ubraneme, — 4** Des men- 
tions honorables à M. Henri Lioutille pour son mémoire Sur la généralisa^ 

iinn. diUt naér3'4/jtmMt t«i7«V»««»* •*». -A \i Itï»grplpttj»i pour son Traité de Ut 

SciatifKe. • # 

Prix fondé par M. le docteur OrfUa, — Ce prix devait f Ire décerné ù 
l'auteur du meilleur travail sur un sujet appartenabt à l'une des brnnches de- 
là médecine Légale, la toxicologie exceptée. Il était de la valeur de 2 000 fr. 
— r Deux mémoires ont été envoyés pour ce concoi^rs. — L'Académie dé- 
cerne le prix à M. le DrE. 'Vincent, médecin à Gruéret, auteur du mémoiro 

, Prix fonde par M. le Docteur Zefèvre. La question posée par le testateur 
est ainsi conçue: «De la mélancolie.* L'Académie, se conformant au\ inten- 
tions du testateur, avait appelé l'attention des concurrents su; une forme parti- 
culière de la mélancolie, et avait mis au concours la question suivante : « De 
la Nostalgie. » C^ prix était de la valeur de 2,000 fr. — Trois mémoires ont 
concouru. L'Académie ne décerne pas le prix, mais elle accorde à titre 
d'encouragement: T Une somme de 1,500 fr. à M. le Dr Auguste ffaspel, 
médecin principal en retraite, auteur du mémoire inscrit sous le n** 1 ; 2° Une 
somme de ÎKK) fr. à M. le Dr Benoist de la Grandière (Auguste), auteur du 
travail portant le n'* 2. 

Prix fondé par M. le docteur Ruf& de Latison, — La question posée par 
le fondateur était ainsi conçue : « Etablir, par des faits sufùsammcnt 
nombreux, chez les hommes et chez les animaux qui pjssetat d'un climat 
dans un autre, les modifications, les altérations de fonctions et les lésions 
organiques qui peuveiit être attribuées à l'acclimatation. — Comme pour les 
autres prix que décerne l'Académie, les médecins français et étranger:*: étaient 
admis à concourir. Ce prix était do la valeur de 2,000 fr. L'Académie n'a 
reçu aucun mémoire pour ce concours. 

Prix fondé par M, le Docteur- Saint 'Lager, — Extrait de la lettre du fou- 
dateur : ■ Je propose à l'Académie impériale de médecine une somme de 
1,300 francs pour la fondation d'un prix de pareille somme, destiné à ré- 
compenser l'expérimentateur qui aura produit la tumeur thyroïdienne à la' 
suite de l'administration aux animaux, de substances extraites des eaux ou 
des terrains des pays à endémie goitreuse. > Le prix ne devait être donné 
<nie lorsque les expériences auraient été répétées avec succès par la Com- 
mission Académique. — Aucun concuiront ne s'est présenté. \A suivre^) ' 

Séance diù 'i^^ juillet 1873. — Présidence de M. Barth. 

La spcrélaire doune lecture du procès-verbal et de la cor- 
respondance après les communications, la suite de la discus- 
sion sur le typhus exanthématiqne est reprise. 

M. Briquet, daiis un long et très-intéressant mémoire cher- 
che à prouver qu'il y a deux sortes de typhus, Tun avec 



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44 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



lésions de rinteslin, l'autre sans lésions de cet organe. La 
première de ces maladies est identique à la fièvre typhoïde ; 
elles se sont toujours montrées ensemble et les symptômes et 
les lésions sont les mômes, fièvre, diarrhée, ulcérations de 
IHntesti^ et en particluier des plaques de Payer. M. Briquet 
appuie son opinion sur celle de Louis qui le premier à si bien 
décrit ces maladies et affirmé leur identité- Dans la pro- 
chaine séance Toraleur parlera du typhus sans lésions de l'in- 
testin. 

M. BouiLLAUD, rend hommage aux travaux de Louis, mais 
il tient à établir que les lésions de la fièvre typhoïde, av^aient 
été bien constatées avant lui, par plusieurs auteurs et eiilr'au- 
ires par M. Prost. 

M. WoiLLEz dit que dans des travaux postérieurs à ceux 
qu'a cités M. Briquet, Louis a reconnu qu'il n'y avait aucune 
relation entre le typhus et la fièvre typhoïde 

Selon M. Chauffard, M. Briqliet a déplacé la question. Le 
typhus exan thématique observé par lui après la guerre de 
Crimée, et décrit dans son mémoire est seul en cause, et sur 
ce sujet seulement il acceptera la discussion. 



SOCIÉTÉ ANATOMIQUE 
Séance du 9 mai. — Présidence de M. Chargot. 

Note sar on cas de Luxatien de l'atlas en arrière. — Com- 
pression de la moelle allongée par r<»doBtoide. — Hort 
sablte, par M. Lomoubt, interne des hôpitaux. 

Le 31 Mars 1873. entrait dans le service du professeur Ri- 
CHET à THôtel-Dieu, un homme de 29 ans, compositeur d'im- 
primerie, qui venait des salles de la clinique médicale. Cet 
homme était dans le service de M. le D*" Béhier depuis le 25 
janvier 1873 pour une affection pulmonaire tuberculeuse ar- 
rivée à la 3°^ périodQ^ dans le cours de laquelle étaient sur- 
venus une arthrite purulente de Tarticulation sterno-clavicu- 
laire gauche, et un abcès à la région sous-oceipitole d« «6i4 
droit, complications pour lesquelles ont le fit passer en chi- 
rurgie. 

A son entrée dans la salle Sainte-Marthe, le malade portait 
à la partie supérieure du cou, en arrière, sous les muscles 
trapèze, splénius et complexus, et plutôt môme dans l'épaisseur 
de ces muscles, une tumeur assez volumineuse, très- doulou- 
reuse, chaude à la main, fluctuente. De là, comme d*un cen- 
tre partaient des élancements douloureux qui suivaient le 
trajet du 'nerf occipital droit et qui avaient leur summum 
d'intensité au sommet du crâne. Les mouvements de latéra- 
lité du cou étaient fort gênés, mais ils pouvaient encore se 
faire. 

L'abcès fut ouvert le 4 avril et la poche traversée par un 
tube à drainage. L'évacuation du pus soulagea le malade pen- 
dant quelques jours, mais peu à peu les douleurs devinrent 
de plus en plus considérables, les mouvements se limitèrent 
de plus en plus, si bien que le 20 avril la tête dut être main- 
tenue par le malade lui-même dans une immobilité presque 
absolue pour éviter les souffrances atroces que le moindre 
ébranlement réveillait. En môme temps parut au pharynx une 
tuméfaction avec rougeur et douleur telles que la déglutition 
des moindres parcelles d'aliments solides devint impossible ; 
les liquides passaient même très-difficilement. 

Le malade était évidemment atteint de cette variété du mal 
de Pott à laquelle on donne le nom de mal sous-occipital ou 
tumeur blanche des articulations atloïdo axoïdo-occipitaies, 
complication très probableainsi que Tarthrite purulente sterno- 
claviculaire gauche de l'affection tuberculeuse pour laquelle 
il était entré à l'HOtel-Dieu. 

Le 25 avril, après quelques injections hypodermiques mor- 
phinées, le malade se trouvait mieux ; ses douleurs étalent 
calmées, son angine avait légèrement diminué d'intensité; il 
pouvait se mouvoir un peu plus facilement dans son lit, tout 
en ayant grand soin cependant de tenir sa tête complétemefnt 
immobile sur la colonne vertébrale, position pour ainsi dire 
instinctive que prennent tous les patients atteints du mal 
sous-occipital. 

Mais le 3 mai, une recrudescence arriva qui le mit dans \^n 



déplorable état ; il eut pendant la nuit de tels accès de sufifo 
caiion que l'interne de garde appelé dut penser à pratiquer la 
trachéotomie (opération qui cependant ne fut pas faite). 

Le 4. mieux prononcé. En apprenant l'accident qui était 
arrivé la nuit, M. Richet prit grand soin de faire remarq[uer 
aux élèves qvd suivent la visite que le malade était dans un 
état fort grave et sous le coup d'une des plus terribles compli- 
cations du mal sous-occipital, à savoir la luxation de l'atlas, 
amenant fatalement la mort par compression du bulbe par 
l'odontoïde. Pour parer à cette éventualité, il fit demander 
une minerve grâce à laquelle on pouvait espérer malnteuir la 
tête et éviter la luxation. L'appareil arriva trop tard, car le 
5 mai, à 10 heures du soir le malade succomba brusquement 
en se retournant dans son lit. 

L'autopsie faite le 7 mai, confirma en tout point le pronostic 
porté par M. Richet. 

La moiiié postérieure du crâne avec toute la colonne cervi- 
cale ayant été enlevée par le procédé d'amphithéâtre désigné 
habitu(4lemenl sous le nom de coupe du pharynx, la pièce 
put être disséquée plus minutieusement. Cette disseclion 
montra : 

Un abcès dans la masse musculaire sous-occipitale droite 
ayant pour point de départ une ostéite superficielle de la par- 
tie externe de Toccipital au-dessous de la ligne semi-circulaire 
postérieure et supérieure ; 

Un abcès «pharyngien double, à 2 poches, une de chaque 
côté des gouttières latérales, communiquant entr'elles par un 
trajet fistuleux situé sous les muscles antérieurs du cou, et 
communiquant aussi avec rarliculalion atloïdo-axoïdienne 
dont les différentes parties étaient dans un état d'altération 
très-avancé. 

La di-posilion des ligaments qui unissent les surfaces arti- 
culaires de l'atlas et de Taxis, de Taxis et de Toccipital, la dis- 
parition des cartilages articulaires, Térosion et la carie des os, 
toutes ces parties baignant dans un pus sanleux, filant, rem- 
pU de détriUM oi de débris des Ilganients non encore complè- 
tement détruits. 

Co cont bion là ica léaiuus qu'uii trouvo d'Ordinaire dans la 
dernière période des tumeurs blanches sous-occipitales. 

Les arcs vertébraux en arrière furent ensuite divisés avec 
beaucoup de précaution pour ne pas léser la moelle et un 
morceau de Toccipital enlevé en forme d'un coin dont le som- 
met tronqué sérail constitué par la partie postérieure du trou 
occipital; la moelle cervicale, le bulbe, le mésocéphale et le 
cervelet furent ainsi mis à découvert, 

La moelle présenta alors un véritable étranglement d'arrière 
en avant laissant persister une dépression semi- circulaire» 
puis une véri'able incurvation avec un peu de torsion et celaà 
2 centimètres au-dessous du bec de calamus scriptorîus. Puis 
après avoir enlevé toute la portion des centres nerveux ainsi 
mise à nu, ou peut voir la dure nîère antérieure déchirée cir- 
culairement eu forme de trou livrant passage à l'extrémité 
supérieure de Tap^^physe odontoïde. Cette éminence faisait 
une saillie de i centimètre dans le canal vertébral et il était 
manifeste qu'elle avait comprimé le collet du bulbe assez pour* 
déterminer uue mort subite. 

En examinant plus attentivement la position réciproqpie 
des deux premières vertèbres, on constata que les surfaces 
articulaires du côté gauche ne se correspondaient plus, la sur- 
face articulaire inférieure de Taxis était bien en avant de la 
surface correspo'idante de Tatlafs. Il y avait donc eu làévidem- 
ment une luxation unilatérale avec déchirure de la dure mère 
au niveau du ligament Iransverse, lequel avait cédé sous Tin- 
fluence des lésions de Tarthrite purulente : inflammation a 
détruit tous les ligaments odontoïdiens moins un très-petit 
faisceau du ligament latéral gauche qui cependant était de 
beaucoup trop faible pour retenir les surfaces articulaires en 
place. 

Les organes nerveux furent examinés avec beaucoup de 
soin par M. Liouville, chef du laboratoire de THÔtel-Dieu et 
voici un extrait de la note qu'il a bien voulu nous remeure. 

« Vue par sa face postérieure, la portion cervicale des cen- 
» très nerveux présente les particularités suivantes: épaissis- 
» sèment considérable de la dure mère, vascularisation de sa 



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LE PROOHES MEDICAL 



46 



» face externe, au niveau des trous de conjugaison surtout ; 
» mais c'est principalement entre Tatlas et Taxis qu'existent 
» les lésions les plus remarquables. Là, il y a une érosion de 

> là face externe, de la dure-mêre^ production de néo-me^- 
j BRANES ÉPAISSIES Cl purifomus qui constituent une pachy- 
» méningite externe avec masses abcédées. » Si Ton vient à 
ouvrir la dure-mère, on constate que Tépaississement anor- 
mal ne commence réellement que vers la 3° vertèbre cervicale, 
mais Tarachnoïdite que Ton constate très-nettement à l*état 
frais, se retrouve, elle, jusqu'à la 5® vertèbre cervicale au 
moins. « Au niveau de l'étranglement » — ^dont nous avons 
parlé plus haut) — « la moelle est pâle, quoique Ton distingue 
» très-nettement encore les vaisseaux qui la croisent et sont 
» remplis de sang. Elle garde sa pâleur anormale 6 centi- 
» mètres plus bas encore que son point de" torsion, mais là la 
» vascularisation parait comme interrompue. On voit encore 
B en ce point et surtout à gauche que les parties latérales des 
» méninges sont altérées ; et, en effet, non-seulement elles 
» sont épaissies et ont un aspect trouble^ mais de plus on voit 
» que dans im point elles sont baignées par une sanie rous- 
» sâtre, puriforme: et sil'w vient à soulever la moelle on voit 
» que c'est du pus qui baigne presqu'exclusivement la région 
» antérieure. Cet épanchement s'est fait lorsque l'odouloïde a 
» perforé la dure-mère et livre ainsi passage au liquide pu- 
» rulent contenu t^niTe les surfaces articulaires. Autour de 
» cette perforation, la dure-mère est épaissie, vascularisée, et 
» cette hyperémie s'étend en avant, en haut, en bas et sur 
» les parties latérales. 

» Une coupe faite à 1 centim. f/2 au dessous de l'étrangle- 
» ment montre une anémie des plus considérables de toutes 
* les parties de la moelle. On trouve cette anémie à 2 centim. 

> plus bas. et là, on distingue très-bien que le côté le plus 
» anémié est le côté gauche. A \ contim. au-dessus, l'anémie 
» est moins notable : il n'y a pas de dififluence du tissu mé- 
» dullaire. A ce niveau le canbl de l'épendyme qui parait vo- 
» lumineux semble tout-à-fait converti eu tissu scléreux. 

» Examen microscopique prati'iué à l'état frais. 

• A gauche- -r- Dans la coupe faite au-dessous de la distor- 
» sion médullaire : Myéline sortie des tubes nerveux, for- 
» mant des âmes libres, les tubes étant devenus variqueux, 
» blocs de myéline à réfringence spéciale Myéline se granu- 
» lisant. Amas nombreux de granulations grises. Désinlégra- 
» tion de la myéline portée déjà très-loin. Pas encore de 
» corps de Gluge De très-rares gouttelettes ressemblant à de 
» la graisse, mais non agglomérées. Quelques vaisseaux di- 
» latés mais pâles ; pas de globules rouges. Pas de leucocytes. 
» Pas de corps amyloïdes. 

9 A droite. — Dans la protubérance. — Nombreuses goutle- 
■» lettes graisseuses; myéline libre en nombreux blocs ;myé- 
» Une se desintégrant par zones ; pas de corps de Gliige ; 
j». vaisseaux très-dilatés et quelques-uns remplis de globules 
» rouges distendant énormément les parois ; dans quelques 
1 places, amas de globules rouges comme infiltrés dans le tis- 
» su nerveux (petites hémorrhagies). 

Le reste de Tautopsie montre l'existence des lésions suivantes : 

— Les poumo'îis sont le siège d'une tuberculisation mani- 
feste existant des deux cotés mais à des degrés différents. — 
Cavernes aux deux sommets, capables de loger une noix, 
quielques unes contenant un détritus sauro-puriforoie, d'autres 
un liquide tout-à-fait semblable à un pus verdâtre bien lié. 
Dans les cavernes les parois sont tapissées d'une sorte de mem- 
brane lisse, rouge et rugueuse — et cloisonnées. — Grande 
^congestion pulmonaire en quelques points. 

--1^ péricarde ne contient pas de liquide. —Pas, de traces 
de pém^éardUe ancienne. — Reins fortement congestionnés. 
Quelques gnanulaiions tuberculeuses en différents points du 
parenchyme. — Vessie distendue contenant une urine trouble. 
•^ Rate très-volumineuse (anciennement fièvre intermittente. 

— Foie très-volumineux, graisseux. — Intestins très-rélractés 
sur euxmèmes, vides de matières solides, liquides et gazeuses. 

— Varticulation stemo^laviculaire gauche offre les taèmes 
lésions que celles étudiées aux articulations altoïdo-axoïdien- 
nes et axoïdo-occipitales. {^ suivre,) 



REVUE D'MATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE 



I^ Traité de physiologie eompajrée des SBlauiaz, eonaidérée 
diuBS des rapports avee les seieneeK matarelles» la méde- 
cine, la zootechnie et l'économie rurale, par G. Coun» 

M. Colin, professeur à l'école d'Alfort, vient, il y a quelque 
temps, de faire paraître le deuxième volume de son Traité de 
physiologie comparée des animaux. Le savant est aujourd'hui 
bien connu du monde médical, et une analyse si étendue 
qu'elle puisse être, ne pourrait donner qu'une idée très-affaiblie 
de cette œuvre de longue haleine à laquelle l'auteur, comme il 
le dit lui-même, a consacré toute sa vie. 

Rappelons seulement que cette deuxième édition, impatiem- 
ment attendue, comprend des travaux de premier ordre, ainsi: 
« le degré de développement des centres nerveux dans ses 
rapports avec Tinteiligence; les propriétés des ganglions et 
des "filets du grand sympathique ; les fonctions du pancréas ; 
les caractères de la digestion gastrique sur diverses espèces ; 
la digestion des fourrages et des grains chez les solipèdes ; 
l'absorption par les chylifères et les lymphatiques ; Tabsorption 
à la ^surface de la peau et des muqueuses ; la constitution, 
les propriétés, la genèse du chyle et de la lymphe ; là glyco- 
génie; la chaleur animale ; les phénomènes de rhibernation ; 
l'action du cœur ; la circulation pulmonaire ; le pouls veineux 
les propriétés des artères viscérales ; la nutrition dans 
quelques tissus.; l'accroissement des jeunes animaux; les 
effets de rab>tinenc« ; la transpiration cutanée, etc. » 

Non pas que sur toutes ces questions l'auteur soit d'accord 
avec les grands physiologistes de l'époque; la contradiction 
parait du reste être inhérente aux talents de M. Colin ; dans 
tous les cas, quand un homme de sa valeur raconte le résultat 
d'expériences aussi nombreuses que variées, force est bien 
d'en tenir grand compte, et d'expérimenter à nouveau. 

II. Recherche snr la di|pestion des aliments amylacés chez les 

enfantSy Par le docteur P. Sonsino. L^Imparziale, (1^ fev. 73). 

bans sa communication à la société médicale de Florence 
12 mai 1872), l'auteur avait déjà montré, que dans les pre- 
mières années de la vie, l'enfaut présente une a dyspepsie 
physiologique » pour les aliments féculents. 

Dans ses nouvelles recherches, il a examiné avec le micros- 
cope et les réactifs, les matières alvines d'enfants nourris ex- 
clusivement avec des aliments amylacés. Le tableau suivaAt 
démontre que l'amidon a été trouvé presque toujours. 

âge nombre d'enfants 
9 à 5 mojs 4 Amidon 

10 mois 1 » en petite quantité 

12 à 16 mois 3 Pas d'amidon 

2 ans 1 Amidon 

3 ans 1 > en petite quantité 

III. Histologie et physiologie dn pénis, par Âlz. W. Stbin M.^ D 

{NerO'Tork ntédical, juin 4 SI M.) ' -. 

Histologie. — Le tissu ereclil du pénis consiste en cavités 
veineuses, ou cavernes qui communiquent librement les unes 
avec lesxautres : elles sont en rapport avec le système veineux 
général, et sont revêtues d'un épithélium pavimenleux Dans 
le corps spongieux les cavités sont très-larges à la surface, 
immédiatement sous la tunique albuginée: plus on se rap- 
proche de l'axe de l'urèthre, plus elles sont petites et étroites. 
Dans le bulbe elles sont plus grandes que partout ailleurs. 

Les cloisons de ces cavités sont formées de muscles lisses, 
qui leur forment une paroi contractile. On y trouve aussi du 
tissu conjonctif entre les faisceaux musculaires, des vaisseaux 
sanguins, des nerfs et des lymphatiques. 

La gaîne de tissu conjonctif, connue sous le nom de tunique 
albuginée dû corps spongieux, et qui immédiatement s'élève 
au-dessous du tissu conjonctif aréolaire sous-cutané, enveloppe 
le corps spongieux dans toute son étendue, est le point de 
départ de ces innombrables feisceaux de muscles organiques, 
qui pénètrent de toutes parts la substance spongieuse. C'est 
eux qui forment par leurs intrications dans tous les sens le 
tissu caverneux. 



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^« 



LE PkOGRÊS MEDICAL 



Sur 'une coupe transversale, les- faisceôux musculaires 
'semblent d'abord former une couche concenlrique à la face 
interne de fâlbuginée ; mais à un e!tame:i plus allentif on 
TeconnalL que le faisceau ne forme point un anneau complet, 
mais que celui-ci résulte plutôt d'une série de pelils faisceaux 
musculaires disposés horizonlal^îment à la suite les uns des 
autreà. 

Dans la même section on peut voir les artères profoîades du 
corps spongieux, situées à une égale dislance dy ki couche 
externe et du canal de Turèthre, dans chaque cavité du corps 
spongieux. De cette façon, les artères sont siluryis à peu près 
sur le même plan transyersal que le canal deFurèthre; cepen- 
dant on en rencontre parfois quelques-unes au-dessus, quel- 
ques autres au-dessous de ce plan : au niveau du bulbe, elles 
sont toutes au-dessous du canal, à cause de la plus grande 
épaisseur de sa paroi à ce niveau. 

Selon Minier il y a deux espèces d'artères dans le corps 
spongieux: les premières sont les artères nutritives des 
veines et dos cloisons du corps spongieux, elles s'anasto- 
mosent largement les unes atec les autres et se terminent 
par des capillaires. La seconde espèce est formée des artères 
hélicfties. Elles naissent aussi bien des gros troncs que des 
petites branches artérielles ; sur des coupes longitudiuoîes on 
les voit affecter une disposition, Iant6l arborescente, tantôt 
^toilée, «u se terminant par un reujlemcat qui Uotte libremeni 
4ians la cavité veineuse. Elles sont revêtues d'un épithélium 
pavimenteux. On les découvre plus facilement dans le corps 
caverneux que dans le corps spongieux, où elles sont cepen- 
dent plus nombreuses au niveau du bullic. 

L/^ur renûement terminal présente une fissure en V, 
■analogue à celle de la lentille cristalline de l'œil. Les plus 
ijeiites ont seulement une fissure transversale. Stilling pense 
que les lissures sont des ouvertures artérielles qui closes 
dans l'état ordinaire, s'ouvrent au moment de lérection pour 
V6rï«r le sang artériel dans les cavités veineuses. 

Ces artères sont accompagnées d'un système spécial de 
faisceaux musculaires, qui s'insèrent à dilférents poitivs d<i 
îa tuuique de ces faisceaux. Stilling, le premier je crois, a 
appelé Tattention sur cette disposition auaioniique. Ces 
"bandes musculaires sont renforcées ça et là par des faisceaux 
venus du voisinage. Elles sont plu.s fortes autour des plus 
grosses artères. Le renflement terminal de ces artères pos- 
sède (les faisce.'Hix musculaires disposés coueoulriquemeul, 
c'est sons doute le sphincter de leurs ouvertures. 

Un autre fait anatomique important également mentionné 
par Stilling, c'est les connections intimes de l'épithélium de 
l'urèlhre avec le tissu sous-muqueux du corps spongieux. 
Gertjines cellules épîthéliales possèdent des prolougements 
qui pénètrent dans les couchei* sous-jacentes. 

Slilliiig atlirme que les cellules épithéliales de Turèthre ont 
4e nombreuses connexious avec les fibres musculaires, les 
Berif^i et les autres (issus du corps spongieux. « Les cellules 
iwplus superficielles, dit -il, se terminent par un pédicule 
ou MfÊ prolongement filiforme, qui, souvent reste attaché a 
la membrane muqueuse quand le corps de la c(»llule sVàt 
desquammée. Une bonne coupe longitudinale monlrera 
souvent trois ou quatre celulles suspendues par h^urs fiueur-s 
«ommo des poires, le corps de la cellule dirigé vers la vessie 
la queue vers le méat urinaire. J( préciserai les iMjnne^iiolis 
préci^jes de ces celulles dans des recherches liitiu-es : je verrai 
si elles se continuent avec des fibres nerveuses ou des libres 
musculaires. » 

Je dis à présent, nous considérons d'une part rextrènie 
sensibilité de la couche épithéliale de la cornée à un corps 
étranger: (le contact le plus léger de la pointe d'une aiguille 
qui termine des mouvements reilexes) et après la destruction 
de la couche superficielle la pointe de l'aiguille devient exces- 
sivement douloureuse; le chirurgien qui est appelé a enlever 
des corps étrangers de la cornée, paillettes de fer, grains de 
sable etc., a été mille fois témoin de ce fait, nous som- 
mes portés à penser que les celulles superficielles ne sont 
autres que la terminaison des fibres nerveuses. Il en csl peuU 
éire de même pour le canal de Turèthre. 

Physiologie, — La cause et le mécanisme de Vérection dé- 



pendent de dont phénomènes qui se produisent simultané- 
ment. ï« Il se fait daiis les artères un afflux de sang qui est 
versé par les artères hélicines dans les aréoles du corps 
spongieux.' t^ Les veines qui remportent le sang du pénis 
sont comprimées à leur soriie, de manière à amener une sta- 
gnation du sang. Dans Véiai de flaccidité du pénis une égale 
quantité de sang artériel entre et sort de cet organe, mais 
pendant l'érection les artères sont activement distendues par 
la contraction des bandes musculaires que nous avons dé- 
crites plus haut. ^ 

Dans le premier cas encore la tonicité naturelle des fibres 
musculaires des cloisons du tissu spongieux suffit pour main- 
tenir, appliqués les parois des collul^s les unes contre les 
autres, et les sphinc:crs des ouveriures des arli>res hélici- 
nes suffiront pour empL^chor le sang de distondrç les cavités 
veineuses. Mais quand survient réroclion, ils cèdent à la 
pression du sang que les artères dlalcos activement par 
leurs bandes musculaires reçoivent en grande abondance. On 
sait que les faisceaux reçoivent leurs nerfs moteurs du nerf 
honteux interne, branche du plexus sacré, c'est ce que dé- 
montre sa section chez les animaux. 

Les racines des corps caverneux la veine dorsale de la verge 
et le bulbe de Turèthre sont d'autre part comprimés par les 
muscles buibu-cnverneux et ischio-caverneux , ce qui sus- 
pend le retour du sang veineux. Muller a démontré que le 
sang accumul.^ «ians le pénis pendant Térertion est soumis 
à une pression égale à une colonne d'eau d'3 six pieds d& 
haut. 

Le corps spongieux do l'urèthrc poîïsède une certaine fjrce- 
de contraolion qu'il doit à ses faisceaux de fibres lisses qui 
o'^cupent ifîs aréoles du tissu spongieux. Cette contraction est 
démonlréc par la résistance qu'éprouve parfc's la sonde chez 
certains individus, a une fdiblo distance du méat: elle est 
plus forte rtux points où le tissu aréolaire a des mailles très- 
fines; elle est plus faible au niveau du bulbe où il existe d© 
vastes cavités veineuses. 

JL ia4iii 4h^ la micirteu in tonlcliô d^s fibres lisses du corps 
spongieux est sultisaute pour appliquer les parois de Vurèthre 
l'unt» contre l'autre et expulser les dernières gouttes d'urine. 

R. F. 



BIBLIOGRAPHIE 

PrécU de cblnilc légale, par Alfred Naquet. — Savy. libr. édilear. 

L;) but de l'auteur, en écrivant ce résumé des connaissan- 
ceschimiques nécessaires à l'expert dont les tribunaux invo- 
quent le concours, est surtout d indiquer une méthode gén^ 
raie pouvant diriger le chimiste lorsqu'il ne possède aucune 
donnée capable de le guider, de l'éclairer dans ses recherches. 
— Sans admettre absolument l'assertion que cette méthode a 
fait complètement défaut jusqu'à ce jour, il faut reconuaitre 
qu'en général les traités de chimie légale ont le défaut de sup- 
poser l'expert en face d'un problème bien déterminé, tandis 
(lue souvent, il ne sait de quel côté diriger ses recherches. 

Quoiqu'il en soit, l'ouvrage de M. Naquet donne un fil con- 
ducteur qui permet de se reconnaitre dans ce dédale. Dans 
uu enipoisonueinenl supposé, il ne peut s'agir évidemment 
que de poison organique ou inorganique; et la méthode à 
suivre varie selon que l'on adopte telle ou telle suppusition. 
y., Naquet doi.ne les règles générales à suivre dans les deux 
cas, en indiquant les procédés les plus sûrs, avec une descrip- 
tion nette et complète de la manière d'opérer, ^ous lui repro- 
chons Cependant l'ordre qu'il a suivi, ce ;i'esl qu'au chapitre 
III qu'il traite de la méthode à suivre lorsqu'on n'a aucune 
donnée sur la nature du poison. A notre avis, ce sujet auruil 
dû faire la matière du cliauitre 1«^: la description des procé- 
dés spéciaux d'après les indications fournies par les expé- 
riences préliminaires ne devant venir qu'après. Reconnaissons 
d'ailleurs que ces descriptions sont complètes, non-seulement 
en elles-mêmes, mais encore quant à leur nt.mbre, au moins 
pour les poi.-;ons inorganiques. Quant aux poisons organiques 
si nombreux, la nomenclature en est moins complète, mais 
cela n'a guère d'importance, ceux qui manquent étant peu 
répandus et surtout peu connus. 



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r^ 



LE PBOORËS MÉDIGAX 



47 



La seconde partie dulivre de M. Naquet est moins purement 
chimique, bien qull s*agisse de faits où la chimie joue encore 
le rôle principal. Telles sont par exemple la délermlDation de la 
couleur et de la nature des poils, de l'examen des armes 
à feu, ou de Taltération des écritures par graissage ou la- 
vage, de celles des monnaies, des denrées alimentaires ou 
pharmaceutiques, enfin des taches de sang ou de sperme. Dans 
tous ces cas, M. Naquet a Indiqué les procédés les plus récents 
et les plus sûrs pour parvenir à la reconnaissance de la vé- 
rité, et, là encore, son livre pourra être d'une grande .utilité. 
Kon pas qu'à lui seul il suffise à faire de tous médecins ayant 
des connaissances cl^miques ordinaires, un expert d*une ha- 
bileté consommée, mais il pourra servir de mémento aux plus 
habiles, et quant aux autres, môme en tenant compte de cer- 
taines' lacunes qu'il faut s'attendre à trouver dans un précis 
il pourra les tirer souvent de grands embarras et en tout cas, 
leur faire éviter de grossières erreurs. E. T. 



Chronique des hOpltanz 

ÉâtêU'Dieu. — Le vendredi 4é juillet, à 9 h. 1/2, M. Gb^hant fera à 
Vamphithéâtre de la clinique médicale de lHôtel-Dieu, une démonslration de 
la méthode, et des appareils de doeage du gaz du sang et leurs applications 
aux recherches cliniques. 

Hôpital de la Charité, — SenFtce de M. le professeur Gosselin ; clini- 
ques les mardis, jeudis, samedis. — Salle des -hommes : •— 1. Gros abcès 
inguinal droit sous-cutané, consécutif à une adénite, partie d'un herpès prépu* 
^^l. — 9^ double orchite chronique syphilitique (?) avec induration suspecte 
à la base de la prostate. — Nécrose de la voûte palatine ; — 15, abcès fistu- 
leux à la partie postérieure de la cuisse gauche, entretenu par un corps 
^étranger morceau de 'bois long de it centimètres et large de deux environ), 
ayant séjourné dans la cuisse depuis dix ans et devenu le point de départ 
d^une myosite à la suite d'une nouvelle contusion survenue il y a six mois, 
accidents aigus depuis trois semaines seulement; — 20, brûlures multiples 
du premier et du second degré, par l'incandescence d'eau-de-vie camphrée 
«ur tout le corps et principalement à la partie latérale gauche ; — 47, cho- 
roldite chronique; — tô, Kérato-Gonjonctivite de l'œil droit; Blépharo-Con- 
tondivite de l'œil gauche. 

Service de M. BBRXUTZ. — ^ Consul^ition le jeudi. — Bsamen au «p^ 

«ulum pour les malades de la salle et du dehors le samedi. — Salle des 
hommes (St-Ferdinand) : — 4, ulcérations tuberculeuses de la voûte pala- 
tine et du TToile du palais; — 19, tumeur de la région épigastrique ^cancer du 
foie), prise d'abord pour un kyste hydalique; ponction ; — 27, hypertrophie 
considérable du foie ; cause à rechercher. — Salle des femmes (St-Joseph') ; 
— 14 tubercules. — hydro-pneumo- thorax de formation récente, facile à 
«onslaler (succussion hippocratique) ; — 15, hystérie consécutive a une 
peWi péritonite; analgésie de tout le côté gauche du corps; — 21 -*4, sup- 
tfession de règles; — vomissements incoercibles rebelles à tout traitement. 

Hôpital de la Pitié, — Service de M. Vbrnbuil : cliniques les lundis, 
mercredis et vendredis. — Salle desiemmes : N° 11, corps fibreux de l'uté- 
ras (jeune hlle de 16 ans). — Salle des hommes : n<> 16, Zona de la face, 
n** 44. gommes multiples de la main et de Tavant-bras droits. 

Service de M. Lasèguis. Cliniques les mardis, jeudis et samedis. — 
Salle des femmes : n** 4, rhumatisme noueux; n*> 13, pleurésie double, n*» 18, 
Itématocèle rétro-utérine.— Hommes ; u^ 3, encéphabpathie aatumine; n ®5, 
paialvBie générale ; a® 13, paraly»e agitans; n« 40, angine syphilitique. 

Service de M. Marottb. — Salle du Rosaire : n® il, cancer de l'épi- 
pbon. — Salle St ÂthaiiaBe : n® 20; cancer du foie ; — n« 21, péritonite 
Uiberêuleafle; — n» 31, méningite tuberculeuse. 

Hânital det Snfants malades. — M. de Saint-Gkrmain. — Clinique 
chixurKicale les jeudis. — M. Roger : — Clinique médicale les samedis. — 
Il qqxjqbut : — Qinique médicale les mardis. — fiftUe Bainte-Catherine : 
tfi 3 pneumonie du sommet droit ; n^ 6, rhumatisme articulaire 6igu.'Endo- 
««dite ; n*» 12, affection cardiaque; anasarque cenaidétable, .pas d'aUMuai- 
une ; n*** 5i 1^ et 25, endocardites andennes ; n® 24, pleurésie droite ; n^ 36, 
^ralysie essentielle. 

Hôpital des cliniques, —Service de M. Bhooa. — Lefonsolinûifues, lundi 
et vendredi. — Mercredi leçons au Ut des malades. — Salle des hommes : 
^ !<>, hydrocèle, varicocèle, double kyste du cordon; n** 11, tumeur carci* 
BODiateuse du testicule; n« 13, testicule syphiUtique; n® 14, hernie, hydro- 
gtte du sac et de la tunique vaginale ; m® 20, hjrârocèle ; n««-21 et 34, double 
I «ataitcta ; n* 23. kyste hydatique. — Salle des femmes: 15. anévrysme 
^.la.pous^da'riôreî 24, anévrysme crisoïde du «ttjr chevelu; 17; rétrécissement 
4il|tAmohée. 

^épiiMA 'MmtfLnàs* — Bervice de M. Vidal. — Salle St-Loûis : n<>* 19, 
Hbhilide tuberculo-ulcéreuse ; 27, pityriasis rubra de la face et du cou ; 28, 

>failitte'.MttfibfDef4itf cD(yahM;.32„479hilide ulcémoeeda ia.iaQa; r- â«Ua 
^Thomas : 4,ttm^flpitatto smliâiiraé »«, ^^yphUide oikaéreuaQ, rupia. 

l^dT Y^ de M. LàLUBB. -^ SalU Ste-Foy : n^ 3, syphilis yiscérale ; 17. 






lupus ; 46, ichthyose invétérée, — Salle St-Léon : n^" 5, lichen généralisé; 
36, ulcération de la langue. 

Service de M. Hardy. — Salle St-Jean : n** 66, hyperhydrose des mains 
et des pieds; (9, molluscum; 32, psoriasis; 37, syphilide ulcéreuse guérie 
par un érysipèle ; 53, cancroîde de la cuisse droite 

Service de M. Cruvbilhibr. — Salle Ste-Marthe : n^'21, testicule syphi- 
litique; 25, contusion ^e& jarrets suivie de paralysie îles deux jambes ; 51, 
abcès par congestion de la fosse sous-épineuse. — SaUe St- Augustin : .12» 
abcès de la rate. 

Hôpital Saint-Louis. — Maladies de la peau. — M. Hardt : Leçons le 
vendredi, à 9 heures. — M. Laillkr : Leçons, le samedi, à 8 heures et 
demie.' -«- M. Hillairet ■ Leçons, le mercredi, à 9 heures et demie. •* 
M GuiBOUT : Conférences, les lundis et mardis, à 8 heures et demie. 

Hôpital Cochin. — Service de M. Després. — Hommes. — Bar. L N* 5, 
mal de Pott au début; — n»2, Abcès urineux. — Bar. III, n*>» 1 et 2, mal 
de Pot'; — n® 7, abcès urinoux. Fistule: uréthrotomie externe;— n* 12, far- 
cin chronique. — Bar. II, n** 14, fistule de la bourse séreuse ischlatique; — 
n^ 22, phlegmon iliaque; — n** 33, cystite. 

Salle Cochin — N^ 6, ulcère de cicatrices; — n^ 9, épiploîte phlegmoneuse 
profonde ; — n® 10, abcès de la prostate ; — n® 15, iritis syphilitique dou- 
ble: œil gauche traité le 15® jour, synéchies ; œil droit traité de suite, pas 
de synichies ; — n" 23, fractures des côtes. — Déchirure du poumon. — 
Emphysème. 

Femmes. — S. Jacques. — N^ 7, abcès périvésical consécutif à une cys- 
tite cantharidienne ; — n® 15, iritis syphilitique ; — n® 23, Sarcome de la 
fosse iliaque. 

Hôpital Lariboisière, — Service du docteur Tillaux. — Opérations tous 
las mercriedis. — * Examen des malades par les élevée. — Salle St-Jeamne : 
i)^ 9, ozène causé par carie du nez ; — n^, amputation tibip-tarsienue pour 
un -sarcome de la région plantaire j— n^ 25, kyste du ereux poplité. 

Salle St-Louis: n® 2. sacro-coxalgie avec abcès par congestion ; — n® 20, 
rétrécissement de l'urèthre— infiltration d'urine: — phlegmon gangreneux du 
scrotum ; ^— n^ 24, plaie de l*éminence thénar avec section de la radio-pal- 
maire; hémorrhagies secondaires; — n® 27, amputation de l'index de la main 
gauche pour arthrite fongueuse, datant de 5 ans; — n'^ 32, ostéo-périostite de 
Textréiuité interne, de la clavicule, de nature syphilitique^- arthrifo de Var^ 
ticulalion etemo-elaviculaire. 

SaUe St'Auffustin: — n^ 13, ostéo-périostHe du tibia, suite de contusion; 
—24 nécrose phosphorée (?)du maxillaire inférieur; — n®31, plaie deUrar- 
diale daus la tabatière anatomique — hémorrhagie secondaire -*. ligatnra 
dàxv la plaie. 

AsiLB Sainte- Annb. — Cours cliniques et pratiques sur les mtUadieê^ 
mentaiês. st nerveuses. Ce cours est fait successivement par MM. Dagonnei, 
V. Lûc^; Magnan et BouchereaU. — ^ Avant chaque leçon, examen- direet 
par les élèves. — 6 juillet, M. ProsfbH Luoas. Application des lois dek 
génération, et particulièrement de l'hérédité des maladies mentales, et 
examen des questions médico-judiciaires qu'elles soulèvent. 

Hôpital Loureine. — Maladies syphilitiques. M. Alfred ^Fouhkibr fait 
des leçons cliniques tous les jeudis, à 9 heures. MM. les étudiants doivent 
se munir d'une carte spéciale au secrétariat de la faculté. 

Hôpital Saint-Antoine. — Service de M. le Dr Duplat. — Leçons de 
cliniques chirurgicale tous les mardis à 9 heures. 

Enaeignemcet médical libre. 

M. le docteur Pierre Bodland commencera jeudi, 10 juillet, à 1 h., rue 
Rossini n<* 20, des conférences cliniques sur les maladies chroniques de Vap^ 
pareil Içonnoteur (difformité du rachis et des membres), et les continuera les 
jeudis suivants, à la même heure. {Tribune méd.)m 



NOUVELLES 

MoATAUTé -Jl Pabis. — Du 21.au.27.juiQ, Z29.défiè8, J7.de plus que k 
semaine précédente. 'Rougeole, 14; ^-^ .fièvre Ijqifaoida, 7; -<-*'éryBtpàk, .% ; 
— bronchite aiguô, 24 ; — pneumonie, 36 ; — diarrhée cholérifbrme àm 
jeunes enfants, 9 ; ■— rholéHk nostta»', '4 ; — angine couenneuse, 4 ; -^ croup, 
12; •— affections puerpérales, 4* 

Loni RBS, — Du 15 au 21 juin, 1191 décès. Rougeole, 31 ; — diphthéiii, 
11 ; — : eronp, X%; - coquehiche, Z^i — fièvre typhoïde, 12; — érysipèle, 
9; dyssèntefie, 2 ; — diarrhée, '20; — rholera nostras, 1 ; — bronchibB, 
102; — pneumonie, 67. 

Bbrli^. -^ D*apièsiuae«aéfM»pnhfiée p^r on journal uiglais, lechoUbm 
sévirait à Berlin •?). 

Caoi.6RA; Jtalie. — ' La OoëettamedieaitalUma (Venete) du 27 juin d«aM 
lies ransôgnsments qui suivent relatifs à Tapparition du choléra dans la pio» 
vinsede Trévise. Le20« à Motta, 1 cas; — A Villsnova, 1 déeès, 3 Sttteti 
cas; —le 21, 1 cas à Casalaj —.le 22, 3.ças à Villwowa, I ga^gi, % amlM% 
— le23,âmMureattx casÀ Casala. — ï>u 23«a 28, A,sas:JS.aart9^^9ué4- 
sons. En zésuné,^il,y.«f«itâ8«Ml, 17.ii0rt4, 4gttéÉii0W^«t|lNHle7 AMh^ 
en traitement* 



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^ 



LE PROGRES MEDICAL 



Stats-Uiiis — Les dernières dépôches signalent une recrudescence du 
choléra à Nashmlîe et Cincinnati, 

• Hepborisations. — M. Bâillon fera son hcrborisalion le dimanche 6 juil- 
let sur les bords de la Marne. Rendez- vous à 10 heuroB, au pont d' AusterliU. 
M. Deeàisne fora son herborisation le dimanche C juillet sur les coteaux de 
Bouray et de Lardy. Rendez-vous à la gare du chemin de fer d'Orléans à 
6 h. 45. 

Concours. — Un concours pour 144 places d'interne en médecine et en 
chirurgie des hôpitaux et hospices civils de Lyon, aura lieu à Lyon le lundi 
13 octobre. — Le registre d'inscription sera clos 8 Jours avant l'ouverture 
du concours. On s'inscrit à T Hôtel-Dieu de Lyon. 

Concours pour les placer de chef des travaux anatomiques, de protecteur et 
d'aide-prosecteur d'anatomie. — Le concours pour la place de chef des tra- 
vaux anatomiques à l'Ecole de Médecine* de Lyon, aura lieu le mardi 4 no- 
vembre 1873 à onze heures. Le concours se compose des épreuves suivantes ; 
1" Une préparation anatomique extemporanée, suivie d'une dissertation orale 
sur cette préparation. — 2° Une leçi)n de trois quarts d'heure, après 24 h. 
de préparation libre sur un sujet d'anatomie donné par le jury. — 3 Appré- 
ciation des titres et travaux scientifiqi^es. — Les fonctions de chef des travaux 
anatomiques auront une durée de 3 ans à partir du 1°*' novembre 1873. — 
Un traitement de 1,000 fr. est attaché à ces fonctions. — L€ concours se 
compose des épreuves suivantes : 1® Présentation d'une pièce sèche d oua- 
tomie au choix des candidats. — 2" Préparation anatomique extemporanée, 
suivie d'une dissertation orale sur cette préparation. — 3® Mémoire écrit sur 
une question d'anatomie et de physiologie donnée par le jury. Le candidat 
placé au premier rang par le Jury sera nommé prosecteur ; le second aide- 
prosecteur. — Les fonctions de l'un et de l'autre auront une durée ce deux 
années à partir du t®** novembre 1873. « Lé traitement du prosecteur est de 
500 fr. ; celui de l'aide-prosecteur est de 250 fr. > {Lyon jnédical)* 

Monument aEustachb — L'Italie vient d'ouvrir une souscription natio- 
nale pour élever une statue au célèbre anatomiste Bartholomeo Kustachio, 
dans sa ville natale^ Sansevermo-Marche. 

Les prof. Baccelli et TomvasI Crudeli. — Des actes de violence ont 
été commis par le professeur Baccelli sur le professeur Crudeli, à l'Institut 
de Physiologie et de Pathologie de Rome, dont ce dernier est Directeur. — 
L'offensé, indigné suspendit ses leçons en c(éclarant, que la justice des au- 
torités seules, les lui feraient reprendre. Le Conseil supérieur ^e rnstruction 
publique, chargé par le Ministre, de décider la question, prononça à l'unani- 
mité, un acte d'accusation contre le prof. Baccelli, en lui accar4ant un mois 
pour préparer sa défense. M. Crudeli reprit immédiatement ses leçons. 

^JNM^MucBa xÂDifiMMMk -r- \jfii médecin habitant une cherm^oto propriété^ 
îLvec jardin et petit bois, située entre une belle lorBl et la «Ivittc. prè» 4 uno 
station de chemin de fer, à deux heures de Paris, prendrait yolonliera avec 
lui .un convalescent ou malade, traitement dans les meilleurs conditions 
hygiéniqu^es : s'adresser au bureau du Jourpal- (La Tnbnne médicale i. , 

École de médecine de Caen. — M. Auvray, professeur adjoint d'a- 
natomie et de physiologie à l'Ec-ole préparatoire de médecine et de pharmacie 
de Caen. est nommé professeur adjoint de clinique externe de ladite Ecole, 
en remplacement de M. Postel, décédé 

M. Wiart, suppléant pour les chaires d'anatomie et de physiolOjrie et 
chef des travaux anatomiques à ladite Kcole, est nommé professeur adjoint 
d'anatomie et de physiologie, en remplacement de M. Auvray. 

M. Lhirondel, docteur 'en médecine, fc^^t nommé ' sunnlt^ant vponr les 



de 



est 



chaires d'anatomie et de physiologie à 1 idite Ecole, en remplacement 
M. Wi-àrt. 

}^. Levéziel. suppléant pour les chaires de médecine à ladite Ecole, 
nommé chef de^ travaux anatomiques, en rem]jlacement de M. Wiart. 

Ecole de médecine de Nantes. — M. Hecquel, docteur en médecine, 
est nommé professeur supp^ant de la chaire d'histoire naturelle et de théra- 
peutique à l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Nantes, en 
remplacement de M. Citerne, démissionnaire. 

Ecole de médecine de Lille. — M. Caslelain, docteur e.i médecine 
chef des travaux anatomiques à l'Ecole préparatoire de médecine et de. phar- 
macie de Lille, est nommé suppléant pour les chaires d'anatomie et à^ 
physiologie près ladite école. 

Création d'une chaire d'Histologie a. Madrid. — Par un décret de 
l'Assemblée nationale Espagnole, la faculté de médecine de Madrid possède 
une chaire d'histologie normale. Celle décision a excité la jalousie des pro- 
fesseurs de la faculté de Valence, qui protestent contre la préférence qui a él6 
donnée à la capitale, et demandent la création d'une autre chaire pour leur 
faculté. Les professeurs de Madrid ont invoqué dans la pétition qu'ils ont 
adressée à l'Assemblée leur ignorance en anatomie microscopique ; ceux de 
Valence, au contraire, se basent sur les efforts qu'ils ont faits dans l'ensei- 
gnement do l'histologie, pour motiver leur pétition. —Les journaux ont pris 
une part très-accentuée à cette polémique, et on n'a pas manqué de pro- 
poser l'autonomie des facultés lispa^noles. 

Err.\tum. — Dans la V' formule insérée à la 1~ co- 
lonne de la page 33 du Progrès, il faut lire « acide car- 
bolique (plié nique) » au lieu de « acide carbonique, » 



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DiCTIONNAlRK ENCYCLOPÉDIQUE DES SCIENCES MEDICALES 

publié sous la direction de A. Dechambre. 3« série, tome I«^ 
!»•« partie (Q'ia-Rav). Ce volume, de 400 pages, contient entre 
autres les articles suivants : Quarantaines, par L. Coilin ; — 
Q^mw^ parGobley et Delioux de Saviguac;— Quinquina, 
par Planchou, Gobley et Delioux de Saviugac. —Races, par 
A. de Quatrefages; — 6 fr. le demi volume. 
Librairie A. DEL4H4YE, place de TEcole é» ■édecin e. 
"TThoussy (L). — Elude médicale sur l'eau de lu Bourboule^ 
première pacUe : les coudlUons daus lesquelles ou l'emploie; 
ses effbts physiologiques. In-s de 8«) pages. 

DÉBROUSSE- Latour Dos suèurs locales. In-8*> de 58 pagw, 

Librairie LAUWEREYNS, rue Casimir Delavigne, 1». 

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appliquée à Tempoisonuement. l*"" fascicule de 8i4 pages. Prix 
de Touvrage complet : 7 fr. 

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t les plus efficaces, puisqu^il est main- 
tenant prouvé que le fer, pour être assi- 
J nilé, doit être transformé en protocîilo- 
Irure dans Pestomac, ne produisent pas 
jde constipation et sont tolérées par les 

Jpersonnes les plus délicates. 

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DU Docteur RABUTEAU 



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BIERE FANTA 

HYGIÉNIQU E ET NUTRITIVE 

Bureau des Gommaiides : jT^riis, là, lumlevard des Italiens. 

L'usage de la bière» ai généralisé en Belgique, en Angleterre et dans les pays d*outre-Rbin, tend à se développer de 
plus en plus en France. Il y a là un progrès hygiénique marqué. Son influence uliie sur le développement tx!&^ sysièmus 
musculaire et osseux est indiscutable. C'est cette raison qui la fait conseiller par les médecins et les hygiénistes aux 

I mères pendant Ir grossesse, aux nourrices pendàat Tallaitement. Elle est préférable pour elles à toute autre boisson. 

I Bile est très-utile aux convalescents. 
• Les soins minutieux apportés dans le choix des substances et dans la fabrication de la bière Fante, et les succès olH 
tenus par son usage journalier, lui ont valu la préfi^ieBce d'un g[rand nombre de médecins français et étrangers. 



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l" ANNÉE — N» » BUREAUX : RUE DES ÉCOLES, 6 (Librairie A. Duval). 12 JUILLET* 1873 




Progrès Hédical 



»BIX DE L'ABONNEMENT 

an ««fr- 

mois ,.•• • » 



JOURNAL DE MÉDECINE, DE CfflRURGIE ET DE PHARMACIE 
Rédacteur en chef : BOURNEVILLE 



.lui 

\ 1/4 



1 page ... 200 fr. 

ANNONCES.] Ijapage.... lOO — 

1/4 page.... 50 — 



Tout ce qui concerne la Rédaction et rAdministration doit être adressé aux bureaux du Journal. 

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.VIS. — Le prix de Vabonnemeni d'un an est de dix 
FRANCS pour MM. les Etudiants. 



DMVAIRE. — CLiriiQUB chirurgicale : Considération» sur un caa de luzaUon de 
U tête du fé.our, leçon de M. Richet, recuettUe par Longuet . — Histologib mob- 
MALB : L«a Yaisaeaox lymphatiques, leçon de M. Ranvi-r, recueilllie par Weber. — 
Clinique mbdicalb : Etude de quelques point» de Turémie ^suiie), leçon de M. Bé 
hier, recueillie par LiouTïlIe et Strau». — Bulletin du Progrès médical : A nos 
confrère» de U" pre«»e ; — Cercle médicil de Pari». — Socibtbs savantb» ; 5o- 
cteï^ <fc ôiotoi^w : Hémorrhagie» dan» le» anfarojathie», par Cbarcot; — Muscles 
rouge» et muscle» blanc» ; leur» différence», par Ranvier ; — Condition» anatomi- 
que» de l'imperméabilité du r in, par Comil ; — Propriétés phlogogène» de l'u- 
rine, par Muron ; — Effet» purgittf» de» hyposulfate» de »oude et de magnésie, par 
Rabûtean. — Académie de médecine. — Société anatomiçue : Mér.ingite cérébro-ani- 
nftle tuberculeu»e, par Troleier; - De la conaervation dans le tralement des frac- 
tures, etc- p^r Pomiiot(An. H. Durct). — Bibliooraphib : Etude de U métho ea»- 
piratricc, par Castlaux (An. G. Peltier). - Chroniqub des hôpitaux. - Nou- 

VBLLRS. — BULL^ TM BlBLIOGB4PniQOE. _ _ ^^_ ^ 

CLINIQUE CHIRURGICALE. 

HOTEL-DIEU. — ». »c Profe«8cnr RICHET. 

I^axatlon de la tête dn fémnr gancbe à la partie fiupéri4>nre 
etpoHtérienre de la fosse iilaqoe eiLterce lnimé''latenient 

. au dessus d« l'érhancrurc selatiqnc — daitant de 3^ Jours. 
Réduction. — ttuérispn. 

L^ço.'îs faites le 31 mai cl le 3 juin 1873 — recneaiies par M. Lokoubt 
interne du service. 

Messieurs, 

J'ai à vous entretenir maintenant d'un cas très-rare et 
très-«-rave. d'un de ces ca« dont on peut à peine voir 1 ou 
2 exe^iiples par an, à Paris, et doiil je n'ai pu encore rn- 
cu^illir que 10 observations dans foute raa carrière cbirur- 
fficale, soit aux hôpitaux, soit en ville, — je veux parler 
d'une luxation de la hanche en arrière, la t4te du fémur 
étant dans la fosse iliaque postérieure et supérieure. 

Sur les 10 observations que je connais, 8 fois la luxation 
était récente^ 2 fois elle éuait ancienne : ici nous avons 
affaire à cette dernière espèce. 

Je dis que ce cas est rare, je dis aussi que cela est très- 
heureux et pour le malade et pour le chirurgien parce que 
la réduction d'une telleluxationestextrèmein^^ntdiffiv^ileet 
qu'il est toujours fort désagréable au malade de ne pas 
guérir, au chirurgien de subir un échec. Aussi ne laisserai 
je pas échapper l'occasion d'appeler toute votre attention 
sur ce sujet à deux points de vue surtout, le diagiiosâc, 
le traitement. C'est là un des côtés les plus difficiles de la 
chirurgie, pour la connaissance duquel il faut de l'expé- 
rieiice? et l'expérience est bien longue à venir étant donnée 
la rareté du fait. 

Voici ce que nous raconte le malade : 

C'est un homme bien portant, très-vigoureux, jouissant 
d'un embonpoint assez grand. Il allait voir un de ses 
enfants, malade à l'hôpital Ste-Eugénie. et suivait la rue 
St-Antoine portant sur son épaule un autre de ses enfants. 
Voiilant dépasser un groupe de personnes qui marchaient 



devant lui, il posait le pied droit sur la chaussée, le gauche 
restant sur le bord du trottoir, quand il fut renversé brus- 
quement par une voiture arrivant grand train derrière lui; 
il fut roulé; la jambe gauclie glissa et la roue du véhicule 
vint frapper d'arrière en avant la cuisse gauche alors pliée 
sur le bassin. Il se releva, essaya de marcher, mais en 
vain : on fut obligé de le porter chez lui. Un médecin fut 
appelé, qui examina le membrp. déclara au blessé qu'il 
avait une contusion de la hanche et ordonna le repos arr 
lit, des applications d'eau de guimauve alcoolisée, etc. 

L'accident arrivait le 27 Avril. 

Si le dire du malade est vrai, il serait atteint d'une luxa- 
Wofx directe, ce qui est extrêmement rare ; luxation directe 
déterminée par une percussion directe. Habituellement,, 
les luxations de la hanche arrivent par cause indirecte, 
écajrtement considérable des cuisses, chute sur les genoux 
ou le& pieds d'un lieu élevé, le membre inférieur étant dan» 
une certaine position d'adduction et de rotation sur son axe. 
Il ÇB\ facile de comprendre la force considérable qui doit 
étradéployée dans cette circonstance, quand on se rappelle 
les puissances qui maintiennent la tôte du fémur dans la 
cavité cotyloïde -^ excavation cotyloïdienne profonde : 
ligaments capsulaire et intra-articulaire, muscles nombreux 
et solides, pression atmosphérique. — Même sur le cadavre 
vous savez combien il est difficile de produire expérimen- 
talement une luxation. Ëh bien I chez notre malade, il 
semble qu'il n'ait eu à subir qu'une violence peu considé- 
rable, il aurait été frappé par jine voiture, par derrière, 
cette étiologie semble, insuffisante. Aussi le médecin qui 
déclara l'existence d'une simple contusion, afant dû 
accepter les renseignements qu'on lui donnait, avait-ii 
une excuse pour un(3 erreur de diagnostic. 

Quoi qu'il en soit, le malade fut laissé au lit et traité sim- 
plement pour une contusion. 

Le ^3 mai, le médecin examinant avec plus d'attention 
le membre ma lade fut frappé d'une déformation considérable 
de ce membre, comparé à celui du côté droit. II demanda 
une consultation et les deux confrères roconnurpnt l'exis- 
tence d'une luxation : ils firent une tentative deréhiction, 
m lis ii y eut impossibilité absolue. Ils engagèrent alors 1» 
milade à venir à l'Hôtel-Dieu et nous constatâmes alor» 
qa'il se trouvait dans l'état suivant. 

L^ malade étant couché — la première chose qui frappe,, 
c'est;la difformité considérable et caractéri;tq e dumembre 
inférieur gauche. La cuisse semble très-iaccourcie, tout 
le membre est porté dans une rotation en dedans fort ac- 
centuée ; le pied est relevé et son bord externe regarde" tout à 
faiten avant; le talon est abaissé, son extrémité postérieure 
est tournée en dehors ; l'extrémité antérieure du gros orteil 
touche la malléole interne du côté droit ; le genouest porté 
en dedans, si bien que la rotule est appuyéft tout con- 
tre le creux poplité droit. Le grand trochanter est situé 
beaucoup plus près de l'épine iliaque -^ il est très- remonté. 
Si on cherche la td!: j du fémur pour voir si elle remplit la 



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50 



LE PROGRÉS MÉDICAL 



catjté cotyloïde, on sent que le doigt p<*nètre facilement 
dans un creux et que la tête nVst plus à ta filace. A droite» 
il (»st facile dd setitir ta tête au'-ripssous de Tarcade crurale 
jsigiie qui doit êire toujours cherché ; sur les personnes 
ffABoes, ilest difflciie à saisir, mais cependant on peut 
toujours en saisissant la racine de la cuisse A pleine main 
et en injprinant à l'extrémité i.iférieure des mouvements 
de rotation, on peut toujours, dis-je, t<entir la tôto rouler 
sous le doigt. Ici nous ne le pouvons pas du côté gauche, 
tandis que nous le pouvons très-bi^Mi à droite. 

De répine iliaque ant(^rieure ot supi^ripiire ù la malli^'olo 
externe le membre gc'uche mesure 87 (Viîtliuètrt^s. in mem- 
bre droit 92. J'ai fait cette mensar;)ii«Ki au monuMil: de 
rentrée du malade dans nos salles; je l'ai ;'aite le lendemam, 
je l'ai encore pratiquée ce matin; le n.sultat n'a jamais 
varié. Le menibni gauche est donc bioa plus court q<ie le 
droit de 5 centimètres. 

Si on retourne le malade et qu'on l'examine par derriùro, 
on trouve que le grand trochanterse intMit avec la cuisse 
qasiul ou imprime des raouvonioiits à i:elle-ci. — L;* pfi 
fessier est |)resfiue effacé, et, dans la ib^i^e iliaque e^lomn 
et supérieure au dessus de réchaacriire •..■ia'Jqiie. on trouve 
une sailliearron<lie, dure, recouverte p.U" !•* fessier. Q T. st- 
oe qu<; cette saillie ? Les mouvements .laihluctioa cl d'ab- 
duction sont impossibles, mais les mouveintMits de fi^^xion 
et d'extension (quoique limités) peuvent se Taire; eh bien ! 
on S'^nt Cette saillie, cette tumeur, suivre tous ces mouve- 
menls. Evidemment c'est bien la tf^e du fémur. 

Sur ce bas- in que je vous présente, vous voyez 
fosse iliaque f xt<'rne est divisée en deux pari 
crête longitudinale partant du rebord cotyl(»ïdi(; 
avant (fosse iliaque externe et antéri^^urn) l'ai 
rière (fosse iliaque externe et postérieure). C'e.^ 
térieure que se loje la tét^; qu^uid la luxati) 
luxation iliaque externe; c'est dans la posi 
pa.^se la tête quand la luxation est <iite luxation 

Ici iious avons ai'faire à une luxation de c« tte 
Mais la tète ne se loge pas toujours dans le m^me poipt; 
elle [)eut être dans réchnnciure m(^me ou bien au-deçs^tis. 
C'est au-dessus de l'échancrure qu'^ la tète fémoralo' so 
trouve chez l'homme qui fait le suj.^t de c.ette cliniqjie. Je 
d's qu'elle (îst au-dessus, d'abord et surt»)ut. à cause de 
son rai)iiort avec lépine iliaque postéiàeure et supérieure, 
mais auîssi parce que le malade ne souffre pas, qu'il ne se 
plaint pas «Tengoui-dissemeut dans la jambe, qu'en un mot 
le nerfs "iatique n'est |)as touché ce qui arriverait infaili- 
blementsi la luxation élait fi-anchement sciatique. 

La tête fémorale est doifô positivement luxée et comme 
elle .^e if eut avec le grand truchanter, comme je n'ai ja- 
mais senti de crépitation, je dis qu'il n'y a point de fracture 
du col. 

La ligne qui sépare l'épine Wlaquo postthHeure et siipé- 
rlciire de la tête fémorale mesure 7 centimètres. 

Si nous examinons le malade debout. î>a difformitédevient 
peut-être encoiv plusapnarente Sont nu par des béquilles, 
il peut faire quelques pas et même poser la [jointe du pied 
à terre mais alors le talon est é.evé au-dessus du sol de 
5 centimètres, la pointe du pied est tournée en dedans, le 
genou est légêremeniflérhi, le nnuiibre entier est en rota- 
tion forcée. Quand on cherche à rediesser la cuisse, le ma- 
lade tourne le bassin tout entier et si la cuisse est lâchée 
brusquement, elle part comme un ressort et revient dans 
sa positu)n première, la rotation en dedans exagérée. 

Le bassin est très oblique, le côté gauch*», du côté de la 
luxation, est situé sur un plan bien postérieur au côté 
droit porté un peu en avant ce qui imprime à tout le tronc 
un mouvement de roiation dans le mô.nç sens, la ùsse 
paiait t ès-élargie et les masses musculaires de la cuisse 
semblent entraînées avec l'os dans la projection du fémur 
en arrière. 

Je résume donc mon diagnostic en ces mots : luxation 
de la cuisse ancienne, dans la fosse sciatique en arrière 
et en haut. 

Je disais tout à llieure qu'il y a dans ce fait un point 



difficile, qui est celui-ci : Comment la- luxation n'a-t-elle 
pa!< été reconnue? 

Messieurs, il y a urfe explication pour cette circonstance. 
C'est qu'elle a fort bien pu ne pas être une luxation pri- 
mitive. Il existe en eifet une certaine variété de luxations 
de la hanche qui s'accomi)agnent de fracture du bourr^-let 
cotylo'i'dien. Dans ces cas, la brèche faite au bord du pour- 
tour de la cavité cotylo'ide permet à la tête fémorale une 
issue facile et alors ce peut n être que consécutivement, 
que la tète sorte de sa pla.:e habituelle: dans ces cas 
aussi, on a d'abord les signes de la fractura, et plus tard 
les signes de la luxation 

J'ai [)ublié dans les Bulletins de la société de chirurgie 
un mt^moire sur les fractures du rebord cotylo'ilieu avec 
luxation de la tête du fémur, dont j'extrais la résumé des 
deux observations qui furent le point de départ de mon 
travail. 

La première est celle d'un petit jeune homme de 18 ans 
qui dans un bal public, voulant faire le beau, essayait de 
df'j)'oyer ses charmes en se fendant rievant sa danseuse. 

Dans un de ces mouvements violents d'expatision, il 
poussa un cri perçant et au lieu de se relever comm ? il' le 
Taisait auparavant, il resta dans la position singulière 
qu'il occupait. L-^s personnes qui l'entourai'.mt crurent à 
une plaisant(?rie, mais voyant sur ses traits rexpresslon 
d'une douleur qui ne pouvait pas être simulée, ei.es le 
relevèrent et le portèrent chez lui sur un brancard Nous 




fumes apijelés M. Demarquay et moi, nous constatâmes 
Jrp^Jk^s signes d'une fracture, crépitation, gonfl «m »nt, 
i , et nous ])lacàmes le membre dans un ap- 
le lendemain, nous trouvàm-s une luxation de 
vaut l'évidence des signes, n ms crûmes à une 
^ lunostic, et a'ors nous fîmes la réduc ion, le 
t dans la résolut on chloroiormique absolue, 
(icultés; la tête rentra ..i^icitemciit et un appa- 
^ fiitirrat placé. Huit jours après, la luxation était 

... uite; une nouvelle tentative de réduction eui lieu 

suivie d'un «uccês complet: 8 jours plus tard, la luxation 
était encore reprtxluite; une troisième réduction fut faite- 
mais inutilement, car le malade a conservé sa tète fémorale 
dans sa fosse i laque externe. 

Ce fait m'a\ait beaucoup préoccupé lorsque j'en eus 
à observer un deuxième exemple. Un concierge fumait 
tranquillement sa pipe appuyé contre le montant de sa 
porte lorsqu'un gros c^iiMide Terre-Neuve se précipita 
entre ses jambes d'arr.ère en avant, le tcans; o.la ainsi 
jusqu'au milieu de la chaussée et le j)i'écipita à tfrre. 
Le docteur Desruelles et moi, trouvâmes tous les si^'iies' 
d'une fracture du col fémoral: nous ai)pl;qnàmMr un 
a|)pareil à extension continue et je me souviens même 
d'avoir enfoncé un piton dans le hors du lit iiour atta- 
cher un iacs contr'extenseiu-. Le leildemain, nous trou- 
vâmes tous les signes d'une luxation — nous rédui- 
sîmes av(;c le chloroforme — mais la luxation se repro- 
duisit. Cette fois, je ne pris i)as le change et j'annon- 
çai qu(î nous avions affaiie à une Ir^^cture du suuicil 
cotyloïdien. Je m'efforçai alors de maint«'nir la cuisse en 
place |)endant très-longt.-mps et j'obtins un <lemi sucjès. 
Le meilleur proQédé pour maintenir ces luxations est d'at- 
tacher les deux jambes Tune à l'autre. 

Plus tard , vint mourir dans mon service un malade 
qui jadis avait eu une luxation sus-jmbienue nni réduc- 
t.ble et qui avait été le sujet d'une note de Béraud qui 
disait avoir été en présence d'une luxation de la cuisse avec 
fracture du fémur. Je trouvai les traces évidentes. d'une 
fracture du sourcil cotylo'i lien à sa partie supérieure. 

Il faut toujours, Messieurs, avoir ces faits présents à la 
mémoire dans les traumatismes des os Ionisant l'articu- 
lation coxo-fémorale. 1 1 je mç demande si nous ne serions 
pas en présence d'un tel cas ; ce qui pourra t parfaitement 
être la cause de l'erreur de diagnostic qui a éti commise à 
propos de notre malade. Alors voici ce qui se serait passé - 
il y aurait eu fracture du rebord colyloïdien en arrière et 
quelques jours après, luxation en arrière. Si cela était ce 



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LE PROGRES MEDICAL 



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serait presque heureux pour le malade, parce que la r(§- 
duction sera bien plus facile et ce serait heureux aussi 
pour le médecin qui a diagnostiqué une contusion, car 
avec des signes tellement prononcés Terreur eût été trop 
grave : et enfin le malade a été frappé directement, c'est 
une chance de plus en foveur de la fracture, la luxation 
directe étant, comme je Tai déjà dit, fort rare. 

Nous voici donc en présence d'un déplacement 'lu fémur 
dans la fosse iliaque externe et en haut de cette fosse. Eh 
bien! Messieurs, je vous répète que cette lésion est fort 
grave. Môme quand la luxation est récente on peut éprou- 
ver des difficultés insurmontables pouç la réduction et je 
me souviens toujours d'un malade que j'ai eu à la Pitié, il 
y a quelques années, auquel-nous avons essayé, M. Gosse- 
lin et moi, de réduire uneTluxïîtlon de la hanche récente. 
Nous fîmes les tentatives les plus énergiques sans aucun 
succès et après un dernier essai non moins infructueux, 
la résolution musculaire ayant été poussée à ses dernières 
* limites, le malade succomba sous l'influence du chloro- 
forme. Nous fîmes l'autopsie : la tête du fémur était dans 
l'échancrure sciatique, la capsula articulaire et les muscles 
qui s'insèrent à l'extrémité supérieure du grand trochanter. 
étaient enroulés de telle façon autour du coi que môme sur 
le cadavre, la réduction était impossible. 

Si nous avions déployé une forc»^ plus grande, nous au- 
rions fracturé le col, le fémur môme,comme cela est arrivé 
à Malgaigne dans un cas dont je fus .témoin et qu'il rapporte 
fort sommairement dans son traité des luxations. 

Si la réduction de ces luxations est difficile quand elles 
sont récentes, vous devez comprendre qu'elle le doit ôtre 
bien plus encore quand elles sont anciennes, car aux 
causes qui maintiennent la tôte à sa place anormale s'en 
joignent de nouvelles dont les principales sont : les adhé- 
rences qui se forment au pourtour de la tète et qui. la 
fixent d'autant plus solidement qu'elles sont plus anciennes 
et lobtui ation delà cavitô co yloLIe i>ar des produrts Inflam- 
matoires nt'oi>lasiques, lesquels produits comblent le creux 
articulaire à un point tel que la tôte ne peut plus rentrer. 

Nous allons avoir à lutter contre tous ces obstacles, car 
la luxation date de 33 jours : aussi allons-nous avoir â 
déployer toutes nos puissances. La première sera le chlo- 
roforme, donné avec ménagement mais pdussé très-loin,.' 
jusqu'à ce que nous ayons obtenu la résolution musculaire 
absolue.' Puis nous imprimerons au membr»» des mouve- 
ments d'adduction, d'abduction, de circumduction surtout, 
pour mobiliser la tôte fémorale, pour la dégager des adhé- 
rences qui constituent la pseudarihrose — employant ainsi 
la méthode dite de douceur. 

Lorsque la tôte sera mobilisée, nous aurons à la faire 
rentrer à sa place et pour cela nous essaierons de lui faire 
parcourir le chemin qu'elle a dû suivre pour se porter 
dans la position mauvaise qu'elle occupe. Peut ôtre réussi- 
rons-nous du premier coup; on a vu des réductions s'opé- 
l^r ainsi avec une facilité surprenante : s*il y a fracture 
du rebord cotyloïde, ce bonheur pourrait bien nous arriver. 
Mais, Messieurs, j'avoue que je n'y compte pas; je crois 
au contraire que nous aurons de la difficulté, beaucoup de 
difficulté môme. 

Alors j'appliquerai les mouflles. Grâce à l'intervention 
d'une puissance de traction qui'ne dépassera pas 120 kil. 
au dyamomètre, je ferai descendre la tôte jusqu'au niveau 
de la cavité cotyloïde et alors portant brusquement le 
fémur en dehors en lui imprimant un mouvement de rota- 
tion et d'abduction, je pousserai la tête dans la cavité. 

Il est fort possible que j'échoue, je dois le répéter en- 
core. — Nous ferons alors plusieurs tentatives non pas 
aujourd'hui, mais dans quelques jours; nous en ferons 
une, deux, môme trois, car il est des exemples de succès 
après des tentatives faites ainsi successivement. Dans tous 
les cas, on peut mettre la cuisse dans une position meil- 
leure ainsi que j'ai pu le faire chez un homme à l'hôpital 
Saint-Louis. Le malade dont je parle a pu marcher avec 
une bottine particulière. Je souhaite pouvoir rendre à 
notre homme on pareil service. (A suivre.) 



HISTOLOGIE^ NORMALE 

Li^BORATOIRE D'HISTOLOGIE DES HAUTES-ÉTUDES.— H. RANVIER. 

Du système Iymphatiq[ue. 

Leçons recueillies par le D^ Webbr. 

Les vaisseaux Ijiiiphatiqaes.(l) 

3. Etude des capillaires lymphatiques. Les capillaires 
lymphatiques diffèrent des vaisseaux plus gros par l'ab- 
sence de fibres musculaires et parce que leur épithélium 
est beaucoup plus dentelé que dans les vaisseaux plus vo«- 
lumineux. Il est très-important de savoir comment ces 
vaisseaux se présentent sur une coupe transversale pour 
pouvoir les reconnaître au milieu des tissus sains ou mor- 
bides que l'on a à examiner. Lorsqu'un lymphatique est 
coupé bien transversalement au milieu des faisceaux de 
tissu conjonctif qui l'accompagnent et dont on voit aussi 
la section transversale, il paraît au milieu d'eux comme 
une lacune, comme un espace où les faisceaux de tissu 
conjonctif s'écarteraient les uns des autres ; cetle lacune 
présente une fine bordure fibrillaire en dedans dé laquelle 
se trouvent de distance en distance de gros noyaux com- 
pris dans une membrane souple qui, dans l'intervalle entre 
deux noyaux, repose sur la bordure fibrillaire elle-même. 
Virchow qui considérait les espaces entre les faisceaux 
de tissu conjonctif comme des cellules plasmaliques, aurait 
pu à la rigueur trouver au point que nous décrivons une 
cellule plasmatique plus grande que les autres. 

Pour examiner les capillaires dans leur longueur, on 
peut avoir recours, soit à l'injection directe par piqûre, 
soit à l'injection par les artères. L'injection directe donne 
surtout de beaux résultats au point.de vue des réseaux. 
Elle doit ôtre faite avec du bleu de Prusse soluble ; pour les 
démonstrations histologiques , le mercure auquel on a 
recours dans l'anatomie descriptive, est loin de donner des 
résultats assez délicats, et d'injecter les réseaux les plus . 
fins: le bleu dé Prusse soluble remplit au contraire les. 
capillaires les plus ténus. Ainsi on n'a qu'à piquer n'im- 
porte où dans le testicule ; on remplit avwî une .injection 
de grands départements lymphatiques, et on trouve le bleu 
jusque dans le canal thoracique (Ludwig). Sur un animal 
fraîchement tué, on peut facilement injecter les -lympha- 
tiques en poussant une injection n'importe où dans la peau. 
On peut aussi injecter les capillaires lymphatiques 
par le moyen des artères, comme nous l'avons dit plus haut 
à propos des troncs lymphatiques. A cet effet, l'intestin 
de certains animaux, et surtout celui du lapin, à. cause de 
sa minceur, donnent de très-bons résultats. Une canule en 
verre est introduite dans une branche de l'artère mésen- 
térique, les autres branches par lesquelles l'injection pour- 
rait revenir sont liées ; on pousse alors par lat canule 
(soit avec une seringue en verre, soit avec une seringue 
métallique, la solution à injecter étant placée dans une 
boule de verre disposée convenablement entre la seringue 
pleine d'air et la canule remplie de la solution), une solu- 
tion de nitrate d'argent à IjôGO qui doit remplir tout le 
système capillaire, et revenir largement par la veine. Les 
parties dans lesquelles le nitrate d'argent a pénétré de- 
viennent d'un blanc mat, et l'on juge de la réussite de l'o- 
pération d'après l'étendue des parties atteintes;. celles-ci 
sont placées dans Teau distillée; l'épithélium des villosités 
se détache des glandes après une demi-heure de macération 
et toute la membrane intestinale est montée dans le baume 
du Canada suivant le procédé connu. L'endothélium des 
artères, des capillaires et des veines est imprégné par l'ar- 
gent et se reconnaît facilement à ses formes caractéristi- 
ques ; les fibres musculaires des artères et des veines sont, 
également délimitées par le dépôt d'argent ; les lymphati- 
ques se rencontrent sur ces préparations avec un endothé* 
lium bien caractérisé, tout à fait différent de celui des 
artères, des capillaires et des veines. Chaque cellule est 
limitée par une ligne noire régulièrement sinueuse qui 

(i ) Voir le n® 3 du Progrès médical. 



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s» 



IM PROORÈS MSîIGAlr 



forme des dessins semblables aux découpures des jeiiK de 
)mti0noê. 

Une autre méthode est celle de l'absorption directe que 
nous avons discutée tout au long à proiros des membranes. 
On la met tttf letnent en pratique^ par exemple, en versant 
dans la concavité du diaphragme un liquide coloré qui pénè-» 
tre dans les lymphatiques du centre phrénlque par suite des 
mMtement» alternatifs d'élévation et d'abaissement que 
Ton imprime %u diaphragme en pratiquant la reapimtion 
artîÉciWle <Ludwig et Sohweigger-Seidel) -. 

4. Oripine des misseatfx lymphatiqiies. Les opinions 
dilTèrent dans la science sur Torigine des capillaires lym- 
phatiques; la plus ancienne est celle d'après laquelle ils 
Ïnantient naisbanée dans des réseaux analogues à ceux 
es tsâptllaires sanguins; les injections au meroure aut-- 
^uete avaient recours les premiers obserYateUrs sem- 
UaietiCdonner raison à cette hypothèse. D'aprèâ Virohow, 
i\)rigin'e des capillaires est dans ce corps imaginaire 
qu'il appelait Une cellule plasma tique. Kollilier partage 
i^Qtte Opinion et la soutient encore aujourd'ui ; d'après 
lui» On volt sur ta queue des têtards les vaisseaux lym- 
phatiques se ft>rmer par l'anastomose df»s cellules ramifiées 
que IH)n y renr>ontre, et c'est surtout sur cette ob^er- 
vatton entaché^ d'erreur qu'il se fonde pour soutenir 
«on l>ypothèse4 D'après Ludwig et Brûcke, les capillaires 
l^mpliatiques communiqueraient avec des fentes du tissu 
GOD.ionctiti etc*est dans ces interstices que suerait à cher- 
cher leur vraie origine» La théorie de Beclelinghausen qui 
a'est beauo^up l^cqupé de cette i(uestion est 4 peu près un 
Compromis enire Thypothèse de Kôlliker et celle de 
Luriwlg. 

Pour cet autour, les capillaires lytnphatiques prennent 
tialfltfanoe dana ce qu'il appelle les canalicules du suc» sait 
tCanai^hen ^ correspondant aux celmles plasmatiques de 
Virchow, et qui sont une création tout aussi imaginaire q«cr 
•Côs dei*niôrea. Le» figures irrégulières, inoo'or^s que Ton 
obiientdaxi.s lo tissu conjonctit'parrimprt^gnation d'argent ne 
«ont en effet autre chose pour Reci^iingtiauscn que des 
ajiastouioaea de petits canayx, des sorte:) de carrefours oii 
4e» Cfiitànx lymphatiques prennent naissance et dans los-^ 
celles peuvent circuler les cellules migratricesi 11 est] 
aujourd'hui complèt<*ment inutile de discuter cette opi- 
«ioHi cur il est parfaitement dt^montré que les figures in- 
«coiorea. limitées par le dépôt d'argent correspondent le 
t>ltts srDuvent à des cellules plates qui ne possèdent aucune 
<Uivité .int/'rieure» et qui ont une toute autre signification 
^ue tea cellules plasmatiques de Vlrchow. 

Sans noua arrêter à ces hy[)othèses, nous allons simple- 
ment exposer les résultats obtenus jusqu'à ce jour par les 
ditlV^entea méthodes que nous allons décrire, et nous 
terrons que si l'on n'est pas encore cumpl* t*^ment au clair 
•ur cette question, c'est cependant l'opinion de Ludwig 
qui est le plus près de la vérité. 

06 sait que chez la grenouille, la pins grande partie du 
ifyeième lymphatique est constituée par de grands sacs, 
<*aoa iympàatiques, qui communiquent les uns avec les 
êUtrea* et avec le r(^seau sanguin; h lorigine de chaque 
itemblre^ se trouve un cœur lymphatique muni de valvules, 
-it qtii fliit reflu^*r la lymphe de la périphérie vers le centre. 
lA grande citerne lymphatique de la grenouille qui com- 
filttMique avec ces bacs, est séparée du péritoine par une 
ttiîml>raike trèB*mince. C'est sur cette membrane que nous 
allMa étudier des fait observés d'abord par Schv^eigger- 
Seidel et DogieL et qui jetteront quelque lumière sur l'ori- 
jrine d(» pipemières voies lymphatiques. Pour la préparer, 
ufàuld^aboid immobiliser la grenouille, soit avec le curare, 
iOit eit lui détruisant la moelle épinière avec une mince tige 
tte fer; puiàoh l'écorchôcomple^tement, ensuite, la paroi ab- 
tïominaio étant lai-gement ouverte, si c'est une gn-nouille 
«Aie» on lui enlève les testicules, en les coupant à leur bose; 
«1 d*est une femelle, on enlève les ovaires, et on a 
«n pM plu» de difficulté h lui extraire aussi les oviductes 
sans toucher à la membrane en question que l'on altére- 
rait facilement-; on détache ensuite les viscères de bas en 



haut jusqu'à ce que l'on atteigne au niveau dâ eœuri à eet 
endroit, on ooupe la grenouille en travers» et em floug» 4a 
partie postérieure que l'on tient par les pattes dans, un cris* 
tallisoir ou dans un vase rempli â*eau distillée pour la 
nettoyer» et pour enlever le aang; enaaite on la met dan» 
un bain de nitrate d'argent à ^ et on ry agite cou^ 
tamment pour qull ne s'y forme pas de dépiftts qui se colo- 
reraient en noir et altéreraient la Réparation. H ikW pas 
nécessaire d^opérer au soleil, mai» cependant une Inmière 
assez vive est une bonne condition de féusstte. Au b^at de 
deux à trois minutes d'immersion» on reUts la grenouille, 
et on la plonge dans un cristallisoir un peu grand pour 
pouvoir la disséquer eoua l'eau. On voit alors flottn- de 
chaque cdté du rein une membrane blanche dont répilhë- 
lium se trouve fixé par l'argent .et ne s'altère plusw Ce 
procédé a Tavantage d'imprégner à la foi» les deux eétés 
de la membrane, de telle sorte que Ton a 8«ir la ménae pré- 
paration répitbélium péritonéal et Tépitiftéiium ïvmpMti- 
que. Schweigger-Seidel et Dogiel (Ludwig,,Arbeiten, etc. 
Leipzig 1867) avaient détaché la membrane avant de Vim- 
prégner, c'est ce qui les a empêchés d** voir nettement les 
faits, car ils ne pouvaient imprégner qu'un des épithéliulns 
à la fois. On s<^pare sous l'eau une pCHrlion de la membrafte 
ainsi imprégnée, et on la fiait glisser »ur une^lame de verre, 
en s'assurant avec soin de la surface que 1 m place sur la 
lame, afin de ne pas confondre les deux épàthéliums* 

On colore avec du picro-carminaie et oa conserve dans 
la glycérine- 

Supposons la face péritonéale au-dessus, du côté de Tob- 
servat«>ur et examinons la préparaten avee un oUectif à. 
grand angle d ouverture, à un grossiss^^ment de 6 à 800 
diamètres: nous aurons, en abaissant l'objectf^ d'abord 
l'i^plthélium péritonéal nettement marqué; en le ra^pro- 
chant davantage, nous verrons le tissu ce/ijonctif de la 
m <>iï ib t' an e » prtte r^plthéltuha lymphatique trè»-net> tandis 
que l'autre aura disparu pour rœlL Sur l'épittiélium péri- 
ton»*al, on remarque une série de i»etites ouvertures irré- 
gulières autour desquelles se range&t de grandes cellules 
disposée» en rayons et qui présentent du côté de l'ouver- 
ture une extrémité arrondie près de lauuelle ae trouve on 
gros noyau ovalaire coloré en rose par le carmin ; louver- 
ture se trouve ainsi entourée d'une couronne de noyaux 
roses* Les cellules disposées ainsi sont plus allonKéf's que 
les autres cellules du revêtement péritonéal qui en diffèrent 
aussi en ce qu'elles ont l^ur noyau au centre ou pi es du 
centie. Les ouvertures elles-mêmes varient de diraensioit 
et de forme; elles peuvent se réduire à une simple fente. 

Si l'on abaisse un peu l'objectif, de manière à ne plus 
voir cet épithéllura qiie d'une façon indistincte» on voit 
apparaître le tissu conjonotif intermédiaire aux deux é|4- 
théliums, et on reconnaît qu'au niveau de chaque ouver- 
ture, il présente une lacune circulaire limitée par une cou- 
ronne de fibres. En abaii^sant encore Tolajectif, on fait 
apparaître répithélium lymphatique; il est formé par des 
cellulei* plus grandes et plus sinueuses que l'épithélium 
péritonéal; au niveau des ouvertures de ce dernier (et ce 
point se reconnaît facilement, bien qu'on ne voie plus 
l'autre épithélium, car le temps qui s'écoule entre les deux 
observations est assez court pour que Ion puisse bien fixer 
le point), il ne présente le plus souvent aucun orifice; on 
y voit généralement le point d'union de trois cellules con- 
tiffués; dans d'autres cas, à une ouverture péritonéale, on 
voit Correspondre du côté lymphatique, un cercle noir 
formé par l'argent., dans lequel viennent pour ainsi dire se 
rendre, à mesure que l'on abaisse l'ol^ectif, les bordures 
latérales noires des cellules péritonéales ; ce cercle noir 
est donc formé par la soudure des extrémités de toutes les 
cellules péritonéales sur l'orifice du côté lymphatique. Sur 
d'autres points, on voit un globule lymphatique (reconnais^ 
sable à sa couleur et à sa forme)^ fixé à iïnterstice de 
trois cellules du sac lymphatique, et limité par un corde 
noir. En résumé, Técârtement des oellulea du côté fyn>- 
phatique eet très-variable, depuia une simple fentey jjua^ 
qu'à une ouverture de dimension M^|rna^nsidéi»ile que- 



LE PROGRES iMÉDTCAL 



53 



celle du cot*^ p(^ritoDëal. Ces ouvertures sont donc moins 
de vrais orifices de communication que des esiièoes de 
soupapes par lesquelles les globules lyini^atiques peuvent 
passer de la cavité péritonéale dans les sacs lymphatiques. 

{A mitre]. 



CLINIQUE^IEDICALE 

HOTEL-DIEU. ^ M. LE PROFESSEUR BÉqiER. 

Étude de quelques points de TUrémie (Clinique;— 
Théories; — Expériences.) 

Leçons recueillies par II. Liouville, chef du laboratoire ei 
I. STRAUii, chef de cliuiçiue adjoint (i;. 

Messieurs, 

Un autre problème s'impose maintenant, plus intéres- 
sant encore ; mais il comporte une sérieuse discussion et 
la solution reste probk^matique et môme inconnue : nous 
voulons ]îarler de la nature %t "de la qualité de ce poison, 
cause première et point de départ des accidents que nous 
venons de passer en revue. C'est là. une dernière étape 
qui nous reste à parcourir, heureux si dans un sujet si 
obscur et si controversé nous arrivons, à l'aide de la cri- 
tique expérimentale et clinique, sinon ù élucider, du moins 
à nettement poser les termes de la question. 

Tout d'abord nous nous trouvons en présence de deux 
théories. La première est celle qui rattache les accidents 
urémiciues à des lésions cérébrales, anatomitjuement dé- 
montrables. C'est là, si vous voulez me permettre cette 
assimilation, la doctrine solidiste de Turémie. Ainsi, 
Cointlet et Odier ont admis Vhydrencéphalie comme point 
de départ de ces accidents. D'après eux Toedème albuminu- 
rique. ambulant de sa nature et qui, dans ses migrations 
n'obéit pas uniquement aux lois mécaniques de la i>esau- 
teur peut B.y3mB\ se porter sur les enveloppes du cerveau et 
dëterjniner les phénomènes nervetrx -m o^mploHoo d ft. 
Talbuminurie. Cette doctrine séduisante a joui d'une longue 
faveur et j'ai moi-m(^me longtemps essayé de la dél'en<ire 
contre la doctrine chimique dite de l'urémie; j'ai dû Ta- 
dandonner néanmoins, car je ne tardai pas à m'assurer 
qu'elle ne répondait pas à la «én^éralité des cas. En eflfet, 
r<*pancliement'1iydrencéphalique man(iue souvent à. Tau- 
tojjsie. On a bien dit qu'il se résorbait après la mort, mais 
c'est là un argument et non pas une preuve. Autre objec- 
tion : si l'hydrencéplialie rend compte d'une façon satis- 
faisante du coma, elle n'explique ni le délire, ni les con- 
vulsions. La théorie est donc admissible pour quelques cas, 
mais elle ne peut servir de formule générale. 

Osborne vint et admit une arachuitis; en eflfet, on a pu 
constater quelquefois des traces analomiques de celte 
affection, mais cela n'a été observé que très^xception- 
nellement, à l'état de fait isolé, constituant une véritable 
complication au même titie que la pneumonie et la pleu- 
résie. Sur quatre cent six cas, Frerichs et Rosenstein 
n'ont rencontré l'arachnitis que neuf fois. L'explication 
d'Osborne <loit donc être rejetée quoique l'hypothèse d'une 
•aTachnitis rende compte d'une laçon assea satisfaisante 
. des phénomènes cliniques, la période inflammatoire s'ac- 
compasrnant de convulsions et le coma pouvant ôlre ratta- 
ché à l'épan^chement consécutif. 

Traube émet une opinion qui se rapproche de celle de 
Coindet et Odier; pour lui, les accidents sont dus à un 
œd^iue du cerveau produisant par compression l'anériaie 
cérébrale. Cette modification de la théorie de l'hydrencé- 
phalie comporte les mômes objections : l'anémie céré- 
bw^le rend bien compte du coma, mais elle explique plus 
difficilement les convulsions et le délire. Elle non plus ne 
nous donne pas la formule générale que noua cherchons. 

Quand les nerfs vaso-moteurs ont apparu oomme dé- 
couverte physiologique, ils ont dû nécessairement être mis 
en jeu dans la question qui nous occupe. C'est encore 
Traube qui les fit intervenir et qui supposa une excita- 
tion vaso-motrice amenant la eontracture des vaisseaux 
.— 1 ■ i ' 

{\) Voir 1» n®* 3, S, du Progrèt Méditai, 



de l'encéphale et l'anémie de cet organe. Mon collègue et 
ami M. le professeur G. Sée a partagé cett9 maniôro diB 
voir. L'hypothèse est sans doute ingénieuse, niais ce n'^ist 
qu'une hypothèse et ^1 nous taut des t'aits; il ne suttit pas 
d'invoquer une action vaso-motrice, il faut la raontrei% eV, 
dans le cas spécial, c'est ce que personne n'a encore pu 
faire. 

Vous le voyez. Messieurs, aucune des tiiéorios analo- 
miques émises ne nous donne la clef des faits cliniques ; 
aussi n'a-t-ou pas taplé à chercher ailleurs; de ià \i^ 
théories chimiqites qu'il nous 'aut maintenant exposer et 
discuter. 

Bostock est le premier qui dans ce cas ait aignaîé com- 
me un fait imjiortant la présence d'un oxcôs d'iiréi 
dans le sang. Christison, en 1829, vérifia ce fait et Wil- 
son, en 18i33, {Loudon M(^(L Gaz, article sur la mon 
subite dans ses rapports avec la maladie de Brjght) créii 
le mot et Tentilé morbide d\ir&mie. Pour lui, l'exoè*^ 
d'urée dans le sang était la cause des phénomènes ner- 
veux que l'on constate dans lalbuminurie, et .qotto vu*- 
humorale fut acceptée par Addison, en 1^3^, et depuis 
par Rayer. 

Le terrain avait été préparé par les fameuses expérien- 
ces de Prévost et Dumas, qui, les premiers, établirent que 
l'urée préexiste dans le sang; qu'elle filtre simplement 
à travers le rein et (qu'elle s accumule dans le sang à la 
suite de la néphrotomie. 

Cl. Bernard et iiarreswill reprirent ces expériences Ht 
arrivèrent aux mômes conclusions; ils montrèrent en 
outre que cnez les animaux néphrotoniisés l'urée s'élimina 
par l'estomac et par l'inleslln sous forme do carbonatr 
d'ammoniaque. Dans une thèse très-remarquaMe, M,- Pi- 
card (de Strasbourg) prouva une nouvelle lois que te reiii 
est un simple filtre en ce qui concerne luiée; il raimtra 
.en effet que le sang de Tanère rénale contient 0,0*jO/o- 
'd^trrée, tandis que celui do la veine émulgante n'^n wa- 
. tient que 0,02 O/q. 

11 est vrai que dans ces derniers temps, Zaflesky et quel- 
ques autres élèves de Hoppe-Seyler ont essayé do déwojpi- 
tl^r que le rein servait non-seulement à la flltration. mais 
'atmf*i-à la ft)rtMatio«^ à la sécrétion de l'urée. Dana la 
In^me'directlen M. Murou dit avoir constaté ('l), dansas 
tubuli rénaux de certains animaux, la préseDcede.QoUolQs 
secrétoires. Ce fait histologique demande des recherche^ de 
contrôle; quant à l'assertion de Zalesky, les ex^iérirac^ 
si précises de AI. Gi éliant en ont démontré la fausseté. 

L'urée préexiste donc dans le sang ; le l'ait est vrai et 
nous devons l'accepter comme tel. L'urée peut augincAler 
dans le sang et s'y accumuler; mais racoumulation de 
cette substance est-elle la cause des accidents dpnt i\ 
s'agit, là e^t la question véritable, 
.W. Ilammond, en 1852 et de rechef en 1861, a soutenu 
cette manière de voir, et a cherché à l'étayer par ses ex- 
périences. Mais Stannius, Frerichs, Oppler, Ilopi)e et Pé- 
trotf ont montré nue cette substance pouvait être . in- 
jectée dans le sang sans efiet toxique. Ainsi que l'a fait 
voir Gallois, il en faut introduire jusqu'à 20 gramnae» 
dans l'estomac du lapin pour provoquer 'des accidents. 
Wieger, Sohottin, Bright, Christison, Nées put pareille- 
ment constaté que l'urée peut exister en quantité assox. 
forie dans le saijig sans causer la mort. 

Nous même, en commun avec notre chef de laboratoire, 
tf . H. Liouville, nous avons repris expérimentalement L^ 
question et voici ce que nous avons constaté : 

r« Expérience. « Le 5 mars, à 4 h. 40, nous injectons 
» dans la jugulaire droite d'un lapin 2 grammes d'une 
» solution de ^ grammes d'uix^e dans 35 grammes d'eau, 
» soit J. gr. 20 d'urée environ. L'animal resta bl<>tti. 
» inerte pendant quelque temps, puis tomba sur le Gôifi 
» droit ; à 7 h. 34, il éprouva une violente attaque tétar 
» nique, précédée et suivie de quelques convulsions clonî- 
i.flues; la mort avait lieu à 7 h. 30. Le poids de l'anima) 
» était de 2,800 grammes; son sang, évalua wx J/13* du 



(1) Govp^s-rendttç. 8oci^^ dt BiohçU, 187t. 



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51 



LE PROGRÈS MÉDIGAIi 



> poids total, était de 169 grammes. Ce sang renfermait 

> 1 gr. '20 d'urée, soit 1 O/q. > Or, la plus forte proportion 
qu'on ait Jamais trouvée chez Thomme a été de 8 pour 
mille. 

Donc les effets déterminés par cette dose massive d'urée 
Q*ont rien à voir avec ce qui peut exister chez l'homme 
malade. 

n y a mieux : « Le 9 mars, à 5 heures du soir, nous 

> avons iiyecté dans la jugulaire droite d'un lapin 10 gr. 
» de la m^me solution, soit (5 grammes d'urée, et nous 
» n'observâmes qu'un peu d'agitation ; le lendemain, 10 

> mars l'animal était très-vif et alerte quand il fut sacrifié 
n pour une autre expérience. > 

Ces feits prouvent que des doses d'urée, considérables, 
surtout par rapport à celles que l'on rencontre dans ces cas 
de maladie spéciale et mortelle chez Thomme, ne tuent 
point. 

Hammond a obtenu des résullats peut être différents 
pour les proportions et a insisté sur la présence des reins 
sains et permettant l'élimination de la substance injectée. 
Aussi avait-il soin de [)réalablement néphrotomiser les 
animaux. Mais c'est là une grave mutilation et qui com- 
plique singulièrement les conditions de l'expérience. Nous 
aussi, nous avons pratiqué cefte opération au laboratoire 
de l'Hôtel-Dieu sur deux lapins ; l'un est mort une heure 
après et si ou lui avait injecté de l'urée, on aurait pu, 
comme Hammond, rapporter la mort à l'empoisonnement 
mimique; le sorond a siKTomhf^ le lendeman. Le pro- 
blème devient, on le voit, très-coinpiexo apès de sem- 
blables traumatisme» et ne prouve plus rien pour Turée. 

Nos expériences établissent donc une nouvelle fois l'in- 
nocuité de la présence de doses même considérables, 
d'urée dans le sang. Ce sont des faits de ce genre qui ont 
amené Frerichs, en 1851, à formuler sa famouse tliéorie de 
Tempoisonnement par le cai'bonate d'ammoniaque. J'omets*- 
à dessein la théorie de Blence Jones qui invoquait la pré- 
sence dans le sang de l'acide oxalique, présence qui n'a été 
nullement démontrée et qui du reste a donné naissance à 
des symptômes différents. 

Pour Frerichs, l'urée retenue renconti^erait dans le sang 
un ferment si[)éciR\ qui la convertirait en carbonate d'am- 
moniaque. Personne, jusqu'ici, n'a pu voir ni montrer ce 
ferment et les preuves qu'invoque Frerichs, telles que la 
coloration violette du sang, la présence de carbonate d'am- 
moniaque dans les vomissements, dans les selles et dans 
l'air expiré, ces preuves sont discutables quant à leur 
valeur et à leur existence même. 

En 1860, Treitz et Iaksch ont modifié la théorie ; ce n'est 
pas dans le sang, mais dans l'intestin que l'urée se trans- 
formerait en carbonate d'ammoniaque, forme sous laquelle 
elle serait résorbée et rentrerait dans le sang.' Là aussi, 
rien de bien limpide. La présence de l'ammoniaque dans 
le sang, constamment invoquée, n'a pas grande valeur. 
En effet, Dumas, Picard, Cl. Bernard et surtout Richard- 
son ont démontré que ce corps existait normalement dans 
le sang, quoiqu'en très-faible quantité, et Rosenstein fait 
remarquer que dans les cas d'urémie, cette quantité dé- 
terminée à l'aide du réactif très-fidèle de Nessler, n'est pas 
sensiblemçnt augmentée. 

Ainsi que beaucoup d'observateurs, nous avons vaine- 
ment cherché à constater dans l'air expiré, la présence du 
carbonate d'ammoniaque, soit à l'aide de la baguette de 
verre mouillée d'acide clilorhydrique, soit à l'aide du papier 
d'hématoxyline que l'ammoniaque fait bleuir. Du reste, 
ces réactions quand elles se manifestent, peuvent parfai- 
tement tenir à des produits ammoniacaux provenant des 
dents et des follicules de la gorge. (A suivre), 

Statistxqitb des ifâDBciMS REÇUS ANNUELLEMENT. Durant rannée corn- 
meuçant à la Saint-Michel 1871 et finissant à la Saint-Michel 1872, les neuf 
universités prussiennes, plus rAcadémie de Munster ont promu 522 doctenrs, 
dont la majorité, 151, à Berlin. Vient ensuite Tuniversité deGœltingue, 92; 
halle, 73; Bone et Greinfswald, chacune 57; Breslau, 46; Marbourg, 24; 
Kiel, 13; Kœnisberg, 8; Munster, 6; — A Paris, la faculté de médecine 
pendant l'année 1872, a promu 501 docteurs {Lyanméd.) 



BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL 

A nos oonfirèreB de la Presse. 

Nous sommes heureux d'adresser nos remerciments les 
plus sincères é MM. les Rédacteurs des Ammles de la So- 
ciété médico-chirurgicale de Liège, dft V Abeille nnédkak, 
du Bordeaiuv médtcal, de la Gazette des Hôpitaux, du 
Lyon médical et du Scalpel de Liège, pour les bons témor 
gnages de bienvenue qu'ils ont donnés ^nF^rogrès médical. 

Cercle xÉèdioal de Paris. 

Créer un Cercle où les médecins de la ville pourront 
venir,après leurs occupations ordinaires, causer des choses 
du jour, s'édifier réciproquement sur les cas difficiles de 
la pratique, où les médecins de la province, de passage à 
Paris, trouveront Toccasion de renouer des relations in- 
terrompues, est une œuvre, à notre avis, excellente et que 
Ton ne saurait trop encourager. 

Tour à tour, reprise et abandonnée, cette idée, aujom^ 
d'hui plus que jamais, voit augmenter le nombre des mé- 
decins qui l'acceptent. Grâce à l'initiative de quelques- 
uns d'entre eux, il s'est formé un premier groupe dont les 
membres ont été convoqu<^s vendredi dernier dans le 
grand amphithéâtre de la Faculté de médecine à l'effet de 
s'entendre sur la marche qu'il faudra suivre pour arriver 
au but final. 

La réunion a choisi pour président M. Lorain. La pa- 
role a été donnée ensuite à M. Archambault, l'un des plus 
ardents promoteurs du Cercle, qui, dans un^ exposé très- 
clair et très-goùté des auditeurs, a indiqué les résultats 
dès maintenant obtenus : les adhérents sont au nombre de 
135, La moitié do 1a somme nécessaire pour l'installation 
est souscrite. 

Plusieurs membres de l'Assemblée, et en particidierM. 
Lorain, ont fait ressortir les avantages du Cercle et sur- 
tout celui de l'institution d'une bibliothèque où l'on trou- 
verait, dès leur apparition, les livres, les revues et les* 
journaux. 

Après une discussion à laquelle ont pris part MM. A^ 
chambault,- Brouardel, Gérm-Roze, Motet, Perrin, Tri- 
pier et Vidal, la réunion a voté la proposition suivante: 
i Adresser à MM. les Présidents des Sociétés médicales 
» de Paris une lettre leur annonçant la création du Cer- 
» cle, en les invitant à la communiquer à la société dont 
» ils dirigent les travaux. » 

En outre, tous les adhérents actuels se sont engagés à 
propager l'idée de la création du Cercle et à lui apporter 
de nouveaux adhérents. Enfin l'assemblée a ilommé un 
bureau provisoire composé de MM.' Lorain, Brouardel, 
Vidal et Charpentier (1). 

' Ces renseignements, que nous sommes heureux de porter 
à la connaissance de nos lecteurs, permettent d'espérer 
que, prochainement, le Ce9^cle médical de Paris sera fondé. 

Le succès nous semble d'autant plus probable que Ton a 
eu soin d'écarter tout ce qui pourrait en faii-e l'œuvre d'une 
coterie (2). 



SOCIETES SAVANTES 

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 
Séance du S juUleé, -- vntsiDKtic^ db M. Cl. Bernard. 

M. Chargot, après la lecture du procès-verbal, insiste sur ce 
fait que^dans les hémorrhagies intra-articulaires constatées chex 
des hémiplégiques, le sang provient de vaisseaux développés 
dans un tissu conjouctif de nouvelle formation. Ce tissu coq- 
jonctif recouvre le cartilage, — et ceci se rencontre surtout 

(1) Les communicationt doivent dtre adressées à M. Charpentier, 3, hm 
Papin. 

(l) La cotisation est de :00 fr. par an pour les docteurs; de 60 fr.fpour. 
les internes en médecine; de JIO fr. pour les médecins de la proYinoe. 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



55 



sujf la surface articulaire de la rotule ou du condyle du fémur. 
— Mais le cartilage lui-môme est peu altéré; à peine exisle-t- 
11 dans les cellules des granulations graisseuses eu plus grande 
abondance. 

M. Ranvier. On sait que chez certains animaux, en parti- 
culier chez les lapins, il existe à la fois deâ muscles rouges 
et des muscles blancs. C'est ainsi que chez eux, au milieu 
des masses musculaires blanches de la cuisse on trouve un 
muscle rouge, le demi-tendineux. Cette coloration plus vive 
ne tient pas à une plus grande vascularité, car si on lave 
avec soin le système vasculaire, si on en chasse tout le sang, la 
rougeur ne persiste pas moins. 

A cetie différence dans la coloration, s'ajoutent des dififérences 
dans la structure et dans les propriétés physiologiques. Dans 
les propriétés physiologiques, car le muscle rouge excité par 
un courant interrompu se contracte peu à peu, progressive- 
ment, sans secousses, tandis que le muscle blanc se contracte 
rapidement et, môme, quand le tétanos est établi, est agité de 
secousses, de mouvements rylhmirjues. — Et ce phénomène 
dépend bieiFdes muscles eux-mêmes et non des nerfs qui s'y 
rendent, car si on empoisonne ranimai par le curare et si on 
pratique la respiration artificielle, tout dans les contractions, 
se passe comme en premier lieu. 

Il existe, avons-nous dit, des différences dans la structure. 
En effet, si on examine au microscope les muscles rouges, 
on peut constater que chez eux la striation longitudinale est 
très-nette et beaucoup plus marquée que dans les muscles 
blancs où la striation transversale domine. On peut remarquer 
en outre, sur des coupes de faisceaux muscufaires que. dans les 
muscles rouges, les noyaux du sarcolemme sont de deux à 
trois fois plus nombreux, plus sphériques. plus globuleux et 
qu'ils paraissent se creuser une fossette dans Tépaisseur de 
la substance musculaire et non seulement sur le pourtour de 
la préparation, mais au milieu même du faisceau. 

M. CORNiL présente, à la Société, une série de planches qui 
démontrent nettement les condiiions auatomiques de l'imper- 
méabilité du rein dans certaines affections de cet organe, dans 
la maladie deBright par exemple. Les altérations peuvent exis- 
ter dans les glomérules, les tubes urinifères et les vaisseaux. 

Les dAiéraiions des glomérules sont très-remarquables et Ton 
constate des granulations calcaires qui les incrustent presque 
en entier. Leur capsule est épaissie, formée de couches con- 
centriques, tandis que le bouquet artériel lui-môme est petit, 
atrophié. Les dépôts de sel calcaire peuvent ôtre tels que le 
glomérule apparaît comme une masse dense, infiltrée dans 
toute son épaisseur. Dans d'autres cas on constate un état 
kystique des mêmes glomérules; au lieu de ces incrustations 
on trouve entre la capsule et les vaisseaux de la matière col- 
loïde, transparente, homogène. Ces kystes ne doivent pas être 
confondus avec ceux que Ton rencontre dans les tubes. 

Les tubes sont aussi le siège d'altérations. Il y a une dizaine 
d'années déjà que M. Ranvier y a décrit des kystes colloïdes 
environnant les coagulations qui constituent les tubes hyalins. 
Il n^est pas rare de voir ces kystes communiquer les uns avec 
les autres et former des cavités plus spacieuses. Mais ce qui 
domine Thistoire de leur développement, c'est leur formation 
très nette aux dépeiis des tubes urinifères. 

Les altéraiioDs des vaisseaux siègent aussi bien dans les 
artères que dans les veines et sont constituées par une en- 
dartérite et une endophlébite. Ils apparaissent comme des 
tubes rigides, la tunique de tissu conjonctif est épaissie, la 
couche élastique, froncée, revenue sur elle-même, incrustée, 
à sa surface interne, de granulations calcaires, à tel point que, 
dans certains cas, la lumière du vaisseau est oblitérée. Bt ces 
lésions sont généralisées et peut-être plus considérables encore 
dans les veines que dans les artères. 

Si, à ces altérations profondes qui attaquent à la fois les glo- 
mérules, les tubeâ urinifères, les artères et les veines, on 
ajoute des dégénérescences, des infiltrations graisseuses des 
capillaires, on aura lés raisons de Timperméabilité du rein qui 
peut rendre si redoutable remploi inconsidéré de certaines 
préparations médicamenteuses. 

M. Charcot. Certes, je ne crois pas que dans aucun travail 
on ait encore accumulé tant de détails sur cet intéressant 



sujet; mais cependant ces altérations étaient connues a^ 
moins en partie; c'est ainsi que les endartérites et les endo- 
phlébites ont été signalés par Georges Jonhson et toat récem- 
ment encore il a réclamé la priorité dans réludé de ces dégé- 
nérescences. 

M. CoRNiL. J'ai dû laisser de côté bien des points pour 
abréger ma communication et entr'autres rhistorique de cette 
question. Je dois ajouter que ces altérations dés vaisseaux ne 
se rencontrent pas seulement dans l'albuminurie, mais qu'on 
les trouve encore chez les vieillards. Aussi serait-il bon de 
surveiller attentivement les médicaments qu'on leur admi- 
nistre, il devrait en ôtre de même ppur les alcooliques et pour 
tous ceux qui sont atteints de dégénérescence alhéromateuse 
précoce. 

M. LiouviLLB rappelle que, cette année, dans une de ses 
leçons, M. Béhier a beaucoup insisté sur ces endartérites obli- . 
térauies. La malade qui faisait le sujet de cette leçon était une 
femme jeune, atteinte d'une affection de Bright consécutive 
à une scarlatine Les tuniques vasculaires étaient en dégéné- 
rej^cence graisseuse. 

M. MuRON continue la série de ses communications sur les 
propriétés phlogogènes de l'urine. L'urine codtient outre 
i'urée,d'autres substances exlractives ; l'inflammation est-elle 
provoquée par l'urée ou par ces substances ? Pour répondre • 
à cette question, M. Muron a injecté de l'urée pure dissoute 
dans de l'eau et voici le résultat de ses expériences. 

Lorsqu'il injecte, dans le tissu cellulaire sous-cutané d'un 
chien, 20 grammes d'une solution contenant 23 grammes 
d'urée pour 1,000 grammes d'eau, il y a toujours résorption; 
pas de phlegmon, et ii peut élever sa solution jusqu'à 80 
grammes d urée pour 1,000, sans que l'inflammation se ma- 
nifeste. Mais si, d'autre part, il injecte 20 grammes d'une 
solution à 100 pour 1,000 il constate bientôt un phelgmon et 
môme de la gangrène. 

Dans une autre série d'expériences il injecte non pas 20 
grammes, mais 2 à 3 grammes d'une solution à 100 pour 1000 
et malgré la petite quantité de liquide injecté il se forme un 
phlegmon, tout comme dans le premier cas. Si, inverse- 
pDieait il fait une injection de. 40 à 50 grammes d*une solution 
fi^ible, il n'y a pas suppuration si le tissu dans lequel on 
injecte est lâche et si la solution peut se diffuser dans un 
graud espace. Mais si le liquide injecté s'accumule sous les 
tissus, en un point circonscrit et limité, il y a phlegmon. 

M. Rabuteau fait une communication sur les etlets pur- 
gatifs des hyposulfales de soude et de magnésie. Ces effets 
purgatifs sont des plus nets. Mais il va sans dire qu'il ne 
conseille pas leur emploi à cause de leur saveur désagréable 
et de leur prix élevé. P. R. 

ACADÉMIE DE MÉDEaNE 
Séance du 24 juin (suite). 

MédaiUes accordées à MM, les médecins des épidémies, — L'Académie à 
proposé, et M. le mloistre de ragriculture et du commerce* a bien voulu ac- 
corder, pour le service des épidémies en 1871 : 1^ des médailles d'argent à 
M. Beaupoil, médecin à Ingrandes (Indre-et-Loire) ; M. Beltz, chirurgien 
militaire à Alger; M. Dourif, médecin à Clermont-Ferrand ;Puy-de-Ddme) ; 
M Izourd, médecin à Bstoublon (Basses Alpes) ; MM. Lombard père et fils, 
médecins à Chalabre (Aube); M. Noté (Léon), médecin à Muret (Haute- 
Garonne). — 2° des médailles de bronze à : .M. Barbrou, médecin à Rocbe- 
fort (Charente-Inférieure) ; M. Chollet, interne des hôpitaux de Kennes (llle- 
et-Villaiue) ; M. Duché, de Montluçon (Allier) ; M. Fourrier, médecin àCom- 
pi^ne'vOise^ ; M. le Galcher-Baron, médecine Saint-Pierre-Eglise (Manche); 
M. Maheut, médecin à Caen (Calvados); M. Martin Uucloux, médecin à 
Villefranche (Uaute-Garonne ; M. Perotte, médecin à Avranches (Manche); 
- 3** Rappel de. médailles à: M. Bocamy» docteur en médecine à Perpi- 
gnan ( Pyrénées-Orientales j ; M. Bouleiller, docteur en médecine à Rouen 
(Seine-Inférieure); M Debrou, docteur en médecine i Bordeaux (Gironde); 
M. Guipon, docteur en médecine à Laon (Aisne;; M. Lecadre, médecin dos 
épidémies au Havre (Seine- Inférieure)* 

ifédaUles accordas à MM Us médecins impecteun de» eauw minérales. — 
L'Acadé nie a proposé, et M. le ministre de l'agriculture et du commerce a 
bien voulu accorder pour le service des eaux minérales de la France pendant 
l'année 1870: 1* Une médaille d'or à : M. Armieux iBarèget) ; M. Qibasse, T 
'Bourbonne); M. Gubian iLamotte-les-Bains!^; M. Lespiau (Henri) (Bmélie- Lv^ 
les-Bains); M. Marbotin (SuAmand); M« Périer (Bourboa-Larchambaolt) ; _ ' 



56 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



M. Hougé-Hieutort (Rennes-les-Bains'^. 3" Rappels de médailles d'argent à: 
M. Auphan (d'Âx) (Ariège) ; M. Chabannes (VaH- A^ des médajiles de 
bronz) à : M. Bona (Evaux); M. Costa (Guagno) (Corse); M. Gouget (Boar- 
bocne-les-baiiis); M. Ticier (CapTerne). 

Pris ft m^daiUts aeeordtet à MM, let médeciiu wiceinateuri pùMr U ser- 
vice de la vac inetn 1870. - L'Académie a proposé et M. le œiiistra de l'a- 
griculture et du commerce a bien voulu aocorder: 1® Un prix de 15|00û Ir. 
partagé entre M. Pangaud, docteur en médecine à Montluçon C Allier); M. le 
Duc, docteur en médecine à Verbailles Sene-et-Oîs-e); Mme Château, saga- 
femme à Vierzon «Cher). 2® Des médailles d'or k: M. Bourdin, docteur en 
médecine à Choisy-le-Hoi (Seine); M. Chebrou, médecin à Niort (Deux- 
Sèvres)/ M. Petiteau, docteur en médecine aux Sable s-d'Olon nés ( Vetidée\- 
M. Piugault, médecin à Poitiers (Vienne). 3' Soixante médailles d'argent à 
àts docteurS) ofBiciers de santé ou sages^femmes qui se sont fait remarquer 
les uns par le grand nombre de vaccinations qu'ils ont pratiquées, les autres 
pour des observations et des mémoires qu'ils ont transmis à l'Académie. 

MédaiJlea aecordifts jour la coopération aux irarauw de la commission d*ky' 
çiène de V enfance. — JL» Académie a proposé et M. le ministre de l'intérieur 
« bien voulu accorder : 1* Une médaille d'or à: M. le docteur Mouot, mé- 
decin à MoTisaucho (Nièvre). 2° Des médailles d'aogentà : M. le docteur Cres- 
sant, médecin à Guéret (Creuse^- M. le docteur l/aymond, médecin àSainte- 
Florine (Haute-Loire). 3® Médailles de bronze : M. le docteur de Brye, mé- 
decin à Vienne (Isère) ; M. le docteur Bringuier, médecin à Montpellier 
Hérault). ' (Jl «Mt'vrtf). 

Séanct du 8 juilleL — Présidence de M. Depaul. 

M. Broca, rapporteur de la Comrnission nommée, lit soq 
travail ^ur rorganisation de la médeciue et de la pharmacie 
militaires. ^ M. Larkey loue le rapport et demaude la dis- 
cussiou immédiate. 

M. LE Président met aux voix la motion précédente. A une 
forte majorité l'Académie décide que le rapport sera imprimé 
^t la discussion remise à la séance prochaîLe. 

M. Chatin fait part " de ses recherches sur les propriétés 
diurétiques des di/férentes plantes qui naiï^sent et vivent sur les 
décombres, où ou trouve toujours, comme ou sait, une cer- 
taine quantité (de nitnite de potasse qu'e'les observent. Il fait 
sécher et brûîer ces plantes et a toujours conj^taté qu'elles 
crépitaient en se consumant. Les mousses qui naissent sur les 
rpchers, séchées et brûlées crépitent aussi. Pour ces dernières 
plantes lob-ervateur pense que le nitrate de potasse leuf est 
fourni par l'acide nitrique de raîi;. 

.M. GuBLBA demande si on a cunstalé lenilrate depdtlTfUré 
il^uJement eu brûlant les plantes et si on ne Ta pasd'Osé f*^^ 

Itf. Chatin s'occupe Je ce travail ; il a déjà doâé par le ^?o* 
cédé de Boussingault une centaine de plantes, dans quelques- 
unes il a trouvé 5 et 6 0/0 de nitre et même 7 dans la fume- 
terre. 

M. Co(.iN. Les poussières qui s'interposent entre les rochers 
^t les mousses ppurrraient être pour ces dernières une source 
de nitre. G. D. B. 



SOCIÉTÉ ANATOMIQUE 

Séance du 2 mai, — présidence de* M. Charcot. 

HéningUe cérébro-x finale tuberruletice, ptr M. Troxsixr, intemt 
det h&pitauz. 

Le Dompié R. âgé de 48 ans, ancien comptable, entra dans le 
service de U- Vulpian, à la Pitié, le 24 mars t873. Cet homme 
préseuiait yn élat cachectique très avancé; il était dune 
D^aigreur extrême; la peau et les muqueuses étaient décolo- 
rées. Uexisiajtde larges ecchymoses spontanées (?) sur l'a- 
vaut-bras droit et sur les cuisses. Souffle anémique au 
i^f temps à la base du coâur. Le malade ne tousse pas ; lesa- 
pien de ja poitrine est tout-à-rfait négatif. — 1^ ventre n'est 
pas douloureux à la pression; pas de diarrhée. 

R. fait remonter sa maladie 4 l'époque de la guerre ; mais 
c'est surtout depuis le mois de décembre 1872 qu'il a senti ses 
for<^s diminuer et que r^meigrissement 9 t'ait de rapides 
progrès. 

Au bout do trois semaines de séjour à J'bôpital, il était sen* 
siblement amélioré, et il fut envoyé à l'asile de oouvaleseeH^^ 
de Viucenues. Il reutre dans le service leSOavrii. Il se pj^lnt 
d'éprouver uqe tr^-graude faiblesse et aiteuse de laâèvp^^tis 
)e§ sfoirq. n'y a rétention d'urine. L'examen de la poitr^w^ ^t 
de l'oMaweA m rtvèie rieii, Le miia4e rejie (tous le -^^ - 



état pendant quelques jours, étendu sur le lit, à demi som- 
nolent. Le 4 mai, il se plaint de douleurs dans la région 
dorso-lombaire ; on remarque, en le faisant asseoir, de la rai- 
deur du cou et du tronc; la tète est renversée, il est difficile 
de la ramener en avant. Les bras et les avant-bras sout, eux 
aussi légèrei/ieul contractés. La rétention d'urine persiste ; 
incontinence des fèces. — T. A. 38^ 4. 

Le 5 mai, au soir, le malade remue diffirilement les mem- 
bres inférieurs. Le6.il existe une paraplégie complète; les 
membres inférieurs sont flo^ques, complètement privés de 
mouvemenls; le contact n'e^t pas perçu; le pincement de la 
peau est senii à droite, et l'on peut déterminer de ce côté, par 
le chalouillement de la plante du pied, des mouvements ré- 
flexes peu éiendus d'extension des orteils et de flexion du 
pied. A. gauche, on ne peut pas déterminer de mouvement* 
réflexes, et il y a une diminution de la sensibilité à la douleur 
— Les mouvements des membres supérieurs sont conservés, 
ainsi que la sensibilité à la douleur; le contact simple, le frot- 
tement ne sont pas sentis. — Le malade n'a pas perdu con- 
naissance, mais il a Tair hébété, il a la figure sans ^?xpression, 
et paraît tout à fait étranger à ce qui se passe autour de lui. 
Pas de strabisme. — 11 mourut le 7 mai après midi. Au mo- 
ment de la visite du matin, on avait constaté de la contracture 
ries deux membres supérieurs, surtout du droit. L'urine ne 
contenait ni sucre, ni albumine. 

Autopsie, faite le 8 mai. Cavité crânienne, — Quantité con- 
sidérable de liquide céphalo-rachidien. Les méninçen qui re» 
couvrent Tencéphale sont très-épaissies ; celles de la base 
surtout. Les scissures de Sylvius, surtout celle du côté droit, 
la partie antérieure de la scissure inler-hémisphérique sont le 
siège d'amas de granulations grises, tuberculeuses. On en 
tro-tve aussi sur le reste de l'étendue des méninges, particu- 
lièrement au fond desanfractuosités, et même à la périphérie 
des circonvolutions; mais en ces points, elles sont disséminées 
et peu nombreuse*. En étalant les méninges, on voit que ces 
granulations siègent au voisinage des fines ramifications ar- 
térielles, et sur les parois vascuiaires elles-mêmes; ou eu voit 
également eu dehors des vaisseaux. — Les méninges du cer- 
velet sont très épdi^sies, mais ne contiennent pas beaucoup de 
tubei-cules. — Les artères de la base de l'encéphale ne sont pas 
scléreuses. Les méninges épaissies leur forment comme un 
manchon filamenteux. — Pas de lésion de l'encéphale (circon*» 
volutlons et centres). 

Cavité raekidenhe. Les ménin^^es de la face antérieure du bull>e 
rachidien sont très-épaissies. U n'y a pas d'épaississement 
notable de la pie-mère sur la face antérieure et sur les faces 
latérales de la moelle épinièrc; mais sur la face postérieure, 
surtout dans la région dorso-lombaire, on voit que la pie-mère 
et rarachnoïde sont très-épaissies, grisâtres, filamenteuses, et 
contiennent un as-^ez grand nombre de granulations tubercu- 
leuses On voit au microscope, outre ces granulations, uoe 
infiltration d'éléments dits tuberculeux. ~ Les vaisseaux qui 
rampent sur la face postérieure de la moelle sont gorgés de 
sang; ils ne sont oblitérés en aucun point. — La moelle épi* 
nière à l'état frais, parait saine (pas de portion ramollie). 

Cavité thoraciqi/ie. /^o»mo» gauche : dans la partie centrale 
4u lobe .supérieur, vers le sommet, on trouve des tubercule» 
disséminés dans une petite étendue. Œdème du lobe infé- 
rieur. Adhérence générale, ancienne, des deux feuiilets de la 
plèvre. 

Poumon droit : quelques granulations tuberculeuses sur la 
plèvre viscérale (lobe moyen). Le lobe supérieur est conges- 
tionné et œdémateux ; le lobe inférieur est le siège d'une coa- 
gestion apoplectiforme. 

Cœur : coloration feuille-morte du myocarde, pas de lésion 
valvulaire. Caillots fibrineux récents dans les ca viles. — .4ofl*^ 
saine. 

Cavité abdominaU. Le péritoine diaphragmât Ique et le liga- 
ment suspeuseur du foie sont recouverts de granulations tu- 
berculeuses conflueutes. On en trouve quelques-unes sur la 
face convexe du foie 11 n'y en a pas dans le reste de retendue 
du péritoine. — Quelque^ tubercules sur les eoupes du fQi4. 
Reins très-congestiounés. Rate ramQllîe. 
, y. Tr^Qi^ier f^it reo^arquer que Ut poussée tuberculeuse 8*eat 



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LE PROGRÈS MEDICAL 



57 



-faite suTlout sur les méninges cérêbro-spîtiôles, et que les 
lésions pulmonaires étaient si peu avancées qu'elles lie d'ob-* 
&^ent lien à aucun signe lœa!. Il rappelle qûè la méningite 
lîérébro-âpiniile tuberculeuse s'observe assez souvent chei les 
adultes eft même chez les -vieillards, et que celte affection est 
aujourd'hui bien connue; mais il pense que les cas de ce genre 
sont assez rares^ c'est-à-dire ceux dans lesquels la tiïberculi-^ 
ilation des poumons Ml h peu près défaut. 

Dans cette séance M. Bourceret a présenté m «ob nom ei au non dé 
M« C088T uu exemple ô^.euncer du êanéU ekoUdoque . avec tirowibimide là 
teint porte f — M. Debove a montré un anétrysme du eeaur siégeant dens 
lé ventricule ^uche -eor la cloison toTérVentiiculaire. A propos de ce fait» 
M. lioUvil)^ a rappelé un tcÀ d'anévt^sttie partiel du cœur avec convounica-^ 
tlofc «Dtre les àeun 'VBntriciileft. *^** M. ^ture a rapporté une observation 
d'abeèe du larynx probablement consécutif à une périclK>iKlr)te syphihtique et 
M» HtaidUb un vàB iBtére66aat<«l^ cifàt^M MkUt à une petite fille de 4 ans* 

Séance 4u^6 mai \Z1%. — * pRésiDBNGfi i>r M. €hargot. 

Miteit «tes «ttg 1/t, jiar U. DtiàN6â.Rt- ibtènie des Hdpitatii. 

t^arsy Constant» âgé de 5 ans \\% entre à Thôpilal Sainte^ 
Eugénie (Service de M. Marc SéE), pouf uu calcul vésical 
dont il souffrait depuis longtemps* Le petit malade subit 
4 séances dé lithotrilie, le 6, 7, 8 et 15 avril. Il expulse a la 
suite de ces opérations une grande quantité de débris très-fins 
de calculs; sou urine est fortement chargée de mucus. L*élat 
général est aàsez bon. 

Le iO avril, le malade est pris de frisson assez intense, la 
fièvre est vive, la tempéralure monte jusqu'à 40® ; les frissons 
se répètent les jours sulvanls et ne cèdent pas au sulfate de 
^tiiuine et aux injections siiicatées dans la vdssie. Le 2 mai, 
dix cofifitale Uiie angine diphthérilique ; le 4 mai le malade 
était mort. L'affection diphlhéri tique s'était généralisée. 

AUTOPSIE. ^ Fausses membranes (^ans toutes les parties 
dès voies respiratoires. Vessie hypertrophiée, camenam les 
débris du calcul qui avait échappé à Técrasement. Les rHiu 
sont rouges, congestionnés» on constate à la surface de larges 
taches noires et çà et là un petit semis de tacbes jaunâtres. 
k la coupe, toute la substance du rein qui correspond aux 
taches noires de la surface présente le mèvA^e aspect. Lestera* 
nulations jaunâtres donnent issue à quelques gouttes de pus. 

A la partie moyenne du rein gai^^he le tissu présente une 
consistance très-molle, presque pultacée^ la coloration est 
rosée à Ce niveau. Aucune autre altération dens les autres 
organes. 

Cette observation nous montre que la néphrite suppurée 
complique également chez Tenfaut les opérations faites sûr la 
vessie. On peut aussi se demander à sou sujet, quel rôle a 
joué la diphthérie dans la produclion des hémorrhagies consi- 
dérables que nous avons constatées dans l'épaisseur du tissu 
rénal. Ces hëmorrhagks nous ont paru de date récente et 
nous pensons que la diphthérie n'a pas peu contribué à les 
produire. 



ÏIEVUE CHIRURGICALE 

«• A|p«^« hiatorlqtt« sur Ul coBMrvfttlon et r«iitp«tfttloB 
^«•0l« traUeneat^es IHMftvreft et^mpWemétm % %^ Dé la 
«OBtervattoA émnm le tHiUemeMt de» freetoMR «f«iai- 
pil^uéeii, par le Dr G. Poinsot, ancien irterne de Tbôpilal 
Saint-André et préparateur du cours de physiologie à Bor- 
deaux. — (Paris 187i. — Adrien Jkl%kapé, éditeur.) 

1. Dans une première période, la crainte des hémorrhagies 
^i accompagnent Tamputaiion la firent réserver aux cas où 
la mortification étant complète, les vaisseaux oblitéras ne 
laissent plus couler fe sang. C'est la Période ancienne. Hippo- 
èrate, Gnlien, Celse, Paul d'Egine, et plus tard les Arabee, 
Guy de Chauliac^ Fabrice de Hilden, furent les premiers au- 
teurs de la méthode conservatrice. 

Sous la Renaissance, les progrès de la médecine opératoire, 
en diminuant les difl^v*^6s de l'hémostase rendent les Ampu- 
tations plus fréquent! .'outefois les clunirgiens les i^us émi- 



nénts cteTépoque s^fforcènent d'ea Hmiierles indicattom •' 
témoin^ le grsud et honnête chirurgien Ambroise Paré^ qui 
d'étant Facturé la jambe à la partie inférieure, dit : a Mes os 
ainsi rompus et le pied contre-moaiv craignais grandement 
qu^il ne fallut couper la jambe; « témoin t)ionis^ qui plus 
tard, sous le règne de Louis XlV appeHe Tamputatioii, c une 
opération qui devrait |>lut6t être daite fdx un boueher que par 
un chirurgien. » 

M. le Dr Poinsot fait un l^stôriqlie très-complet de cette 
première période qu'il désigne s^us le nom de Période an- 
cienne. Il <îritique avec justesse les doctrines de l'ancienne 
Académie de chirurgie, qui en 1755-175^ mettait au concours 
la question suivante : « L'amputation étant absolument né. 
cessaire dans les plaies compliquées de fracas des os, et prin- 
cipalement dans celles qui dont faîtes par arnié^ à fetl, dé- 
termîaet les ttte où il feut fftire l'Opéraiiofa feut le champ, et 
leô <»s où fl convient de la iflifférer , et èm dottnef lés raisotié. » 
Le mémoire de Patire fût couronné, quoique Lecbnle et Btm- 
<ftier, ses rivaux, se fussent montrés plus conservateurs que 
lui. 

U tfeîrurgte i4u couteau peut encore à ce moment errttpter 
Pcrcîval Pott au nombre de ses adeptes les plu» fougueux. 

Mais déjà M. Desault et son i^lève Bichat, ébranlaient la 
méthode de Tamputalion sous les coups de leur scepUeisilie 
quand survinrent les guerres du premter empire. 

II. C'est ce que M. Poinsot appelle \a période intermédiaire. 
A ce moment : « le mot d'ordre est d'amputer. » John Bell 
ouvre le feu contre la conservaUon : « Les fbils de conserva- 
lion, dit Bell, réduits à leur juste valeur, ne nous montrent 
que les dangers d'un traitement long et environné d écueils, 
pendant lequel surviennent des aacès ée fièvre hectique, des 
diarrhées, des altérations diverses, de la supj.vraiion... Le» 
malades qui ont guéri n'ont conservé que des membres dif- 
formes et pluiôt nuisibles qu'utiles. » Boyer avec le bon sens, 
et la droiture qui le caractérisent se monlru plus prudent; il 
veut que Ton n'ampute qu^ a lorsque les os sont cassés en plu- 
sieurs fragments et dans une étendue considérable^ ^^^J* 
peau, les muscles, les t-^ndons sont tellemehl lacérés^ déchirés 
et détruits qu'ils rendent la gangrené une suite nécessaire et 
imjV^édiole de l'accident. » 

Gaultier est plein d'enthousiasme pour l'amputation : « Je 
n'hésite pas à croire, dit-il, que dans des circonstances fàvo^ 
râbles, l'amputation faite par Un chirurgien à la fois instruit 
et habile ne serait jamais morUile. 1 Biiot selauce dans la 
même voie. Enfin vient l'éminent chirurgien de lerapire, 
Larrey, qui, suivant l'opinioû de M. Poinsot, opinion à notre 
aûs, exagérée, • par son Immense talent et l'élévation de son 
caractère, exerce sur ses contemporains rinflueoce la plus in- 
contestable et si j'ose dire la plus désastreuse, au point de 
vue qui nous occupe. » 

Son fis, en effet, H. Larrey, précisait en ces quelques lignes 
les cas où son père considérait l'amputëtion comme nécessaire, 
t La grande expérience des champs de bataille et de révolution 
a bien démontré aux plus célèbres praticiens que les chances 
de succès sont infiniment rares, lorsque l'amputai ion n'est 
pas pratiquée immédiatemenii pour les fractures compliquées 
des lésions suivantes: 1« Bcrnsement ou br'^îemeut des os; 
«• Saillie forte et irréducUble des fragments é travers la plaie; 
3<* Enclavement forcé d'un corps étranger volumineux; i* Lé- 
sion de l'artère principale du membre; 5» Délacératiou profonde, 
ou étendue des parties molles; V Fracture comtninutive très- 
près de larticulation ; 8» Plaie d'une articulation. ,i» ^ 

]>upuy tren partage les opinions de Larrey : « Oiv accusait 
auti-efois. dit le chirurgien de rHélel-Dleu, les praticiens des 
armées d'être trop prompts à ramputaiion; rexpérience que 
jal acquise, principalement en Uu, U'5 et i9^ m'a prouvé 
combien le reproche était peu fondé». Roux ©t Ribes P»^^^ 
daientque, si certains chirurgiens natalent pas été conduite 
par le désir, bien louable saas doute, de cherehet le moyen de 
conserver le membre ils n'ttutaient pas perdu de temps tt 
auraient pratiqué plus d'opérations qu'ils ne l'ont fëil. 

Dans le camp opposé notts voyons luttant d'abord avec peioe 
coïitre leurs redoutables adversaires; Jusse d'AmienSi Bj^^*» ^ 
Breschet et Blandin, qaï espéraient ^rB^Jjff^fg^bVVTO^^ 



53 



LE PROGRES MEDICAL 



des irrigations cônlînuôs cju'^on venait dMnvehier un moyen 
• thérapeutique très-efficace «outre les fraôlurès compliquées. 
Gerdy repousse toute opération sanglante. « Les amputations 
des membres, dit^il, sont tellement graves à Paris, qa*On n'en 
guérit presque point ; aussi je n'ampute jamais qu*à la dernière 
extrémité. » Chose singulière ! Un des plus grands opérateurs de 
l'époque, îisfranc, écrit ces remarquables paroles : * Si la 
chirurgie est brillante quand elle opère, elle Vest encore bien 
davantage lorsque sans faire couler Je sang et sans muiilaiion 
elle obtient la guérison de$ malades. Les événements funestes 
qui suivent l'emploi des moyens destinés à conserver les mem- 
bres, sont infiniment plus rares que le.s insuccès des amputa- 
tiODs; car on sait qu'en les pratiquant, on perd, dans les liôpi- 
taux un quart au moins des blessés qu'on y a soumis, v 

III. Période contemporaine. De «848 jusqu'à nos jours. — 
Nous retrouvons dans cette période, des chirurgiens con- 
servateurs, et des chirurgiens opérateurs; mais, il semble, 
qu'en raison des succès incontestables que donnent de nou- 
velles méthodes thérapeutiques, on peache de plus en plus 
vers la croyance en \a supériorité de la méthode conservatrice. 

Malgaigne, qui pendant la guerre de Pologne avait perdu 
' tous ses amputés, opposait à cette époque aux partisans de 
l'opération, la statistique des hôpitaux de Paris : pendant dix 
années de 1836 à 1846 il y avait eu 117 morts sur «82 ampu- 
tations traumatiques, celles des membres inférieurs ou du 
bras ayant do iné 2(3 d'insuccès. A.u contraire, en employant 
la conservation il avait obtenu chez les blessés de 1848 15 
guérisons sur 28 cas. 

« Plus je vieillis, s'écriait Velpeau, et moins j'ampute.'j'am- 
putaisplus en 1830 qu'en 1848, et en juin moins qu'en février 
dernier. 

Un membre difforme vaut encore mieux qu!u,n membre ar- 
tificiei ; tart qu'il y a espoir de conserver un membre, ne le 
V^oupez pas : dans le cas contraire, amputez le plus tôt possi- 
ble. > 

Jobert tenait un langage analogue. 

A la môme époque, quelques chirurgiens militaires que 
l'expérience avait convaincus essayent de faire pénétrer leurs 
idées conservatrices chez leurs confrères. 

Cabasse, prisonnier des arabes, est frappé des résultats que 
ceux-ci obtiennent sans amputer dans les fractures par arme 
à feu les plus compliquées. L'expédition de Zaatcha fournit à 
M. Quesnay Toccasion de faire les mêmes remarques. 

Seutîn persuadé qu'un grand nombre des lésions qui ac- 
compagnent les fractures, dépendent ordinairement de ce que 
les fragments piquent et irritent le^hairs, invente l'appareil 
amovo-inamovible qui lui procure à Paris, une série de succès 
dans des fractures très-qompliquées et lui attire de grands 
éloges de l'académie de médecine de Belgique. 

Crocq, son élève, poursuit avec le même succès les idées du 
maître. 

Le mémoire de Broca sur la luxation de l'astragale avec 
plaie de l'articulation tlbio-tarsienne, concluant à la possibilité 
de conserver le membre, celui de Legouest sur la désarticula- 
tion coxo-fémorale, concluant à la temporisation ; les études 
de M. Gosselin sur la fracture en V du tibia et les discus- 
sions auxquelles elles donnèrent lieu firent encore avancer la 
question vers une solution conservatrice. 

Enfin, les recherches de Legouest démontrant que pendant 
la guerre de Crimée, les blessés traités pour fractures de cuisse 
par la conservation des membres avaient guéri dans une pro- 
portion cinq fois plus grande, que les hommes traités par 
Tampulation de la cuisse pour une fracture uu fémur ou une 
lésion quelconque du membre inférieur ; les statistitfues des 
guerres de Crimée et d'Italie, si bien établies par M. Chenu ; 
les succès que les chirurgiens américains, pendant la guerre 
d'Amérique, obtinrent à l'aide de résections (la réseclion est 
une méthode conservatrice.puisque le membre n'est pas sacri- 
fié);les deux mémoires de Lefort,sur la résection coxo-fémorale 
et sur celle du genou ; les travaux dOlli^r sur la régénération 
des os par le périoste; les cas de résection heureusement leriïii'' 
néspubliés par Vemeuil, Legouest et Langenbeck . pi écipii^-^nt 
le dénouement et en 1868, M. Gosselin put dire, sans coni^S' 
tation, en pleine Académie, qu« la méthode de consei^^S^ix 



dans les cas de fractures compliquées est généralement ad- 
mise aujourd'hui. 

Depuis, les résultats merveilleux du pansement ouaté pré- 
conisé par Alph. Guérin, et les nombreux exemples de succès 
dus à la méthode conservatrice pendant la guerre funeste de 
1870, sejnblent avoir porté le dernier coup à la chirurgie du 
couteau. 

Nous verrons plus loin combien M. Poinsot parait douter des 
succès si certains cependant, que fournit chaque jour, à Pa- 
ris, le pansement ouaté 

Cet aperçu historique, ayant précisé la question, il nous 
devient facile en quelques lignes d'indiquer le but et d'a- 
nalyser les résultats obtenus par le Dr G. Poinsot dans son 
remarquable et laborieux travail, qui n'a pas moins de 427 pa- 
ges d'un volume in-8*. * 

Dans un premier chapitre il publie l'exposé de 192 observa- 
tions qu'il a recueillies à l'hôpital Saint-André de Bordeaux. 
Estimant qu'une des conditions nécessaires d'une bonne sta- 
tistique, c'e-it que toutes les pbservations qu'on y fait entrer 
solentrecueilUes par le même observateur et qu'ellesaienl pour 
objet les œuvres d'un même chirurgien, il examine successi- 
vement, pour chaque membre, les résultats obtenus par M. 
Oré de Bordeaux dans la méthode conservatrice, et il y com- 
pare les faits d'amputaiion qu'il a pu recueillir, ça et là dans 
ces dernières années. Il fait ensuite un chapitre spécial pour 
les plaies par armes à feu ; il analyse les statistiques de MM. 
Sedillot, Feltz, Mac-Cormac, Bérenger-Féraud, Gross, Fœssal 
et Panas... Les résections articulaires à la suite des plaies de 
guerre sont encore l'objet d'une étude détaillée. 

C'est après avoir examiné les résultais obtenus par les deux 
meihodes et a\oir établi la victoire remportée daps ces der- 
nières années par la chirurgie conservatrice, que M. G. Poin- 
sot aborde la discussion et l'examen théorique des faits rela- 
tifs à la cause qu'il défend. 

Il ne semble pas voir, dans les cas considérés généra.lement 
comme nécessitant l'amputation, d'indications précises, abso- 
lues. Il intitule son chapitre II : Des indications j>r^/0m/tt^ de 
ramputation : 

\* Fracture avec division presque complète des parti» 
molles ; arrachement ou ablation d'un membre ou d'un seg- 
ment de membre. 

2* Broiement des os tel qu'il parait impossible de les réu- 
nir. 

3* Contusion et écrasement des parties molles paraissant 
rendre la gangrène inévitable . 

4* Lésion simulianée des^ros troncs vasculaires et nerveux. 

B» Large ouverture d'une grande articulation accompagnant 
là fracture. 

6® Emphysème spontané. 

Il fait ensuite l'étude des indications da l'amputation secon- 
daire : Infection purulente, gangrène, nécrose, hémorrhagie 
secondaire, tétanos 

Il nous semble que dans toute cette étude, M. G. Poinsot 
s'est trop attaché à réunir des faits extraordinaires pour faire 
triompher la conservation. Or, un chirurgien prudent peut-il 
s'appuyer, pour prendre une décision, sur l'exception? Il ne 
faut pas vouloir de la conservation à tout prix. Ce serait, en 
vérité, donner beau jeu à ses adversaires. 

Le dernier chapitre est relatif au traitement : !• Indications 
tirées des lésions du système osseux ; réduction, résection des 
esquilles, etc. 2* Indications tirées de la lésion des parties 
molles, irrigations continues, bains, pansements, etc. 

M. Poinsot est l'adversaire de Tirrigation continue ; il parait 
qu'à Bordeaux elle donne des résultats déplorables: je ne crois 
pas qu'à Paris tous les chirurgiens pensent de cette, façon au 
sujet du traiiement des plaies contuses. 

Exprimons encore un regret : M. Poinsot n'a pu recueillir 
les faits relatifs aux résultats obtenus récemment par le pan- 
sement ouaté; il nous semble, dès à présent certain, que ce 
pansement est destiné à rendre, au moins à Paris, des services 
considérables aux chirurgiens et aux blessés. 

Quoi qu'il en soit, le travail de M. G. Poinsot n'en reste 
pas moins l'œuvre d^un esprit consciencieux, et elle mérite 
en raison des faits nombreux qui ji*^nt relatés, une étude 

•^QUÎ' 



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LE PROGRÈS Ml&DICAL 



59 



approfondie. Si la méthode conservatrice pouvait devenir vic- 
torieuse partout, ne serait-ce pas un immense progrès pour 
la chirurgie contemporaine ? H. Duret. 

BIBLIOGRAPHIE 

Doemnenf* poor servir h l'étude de la néthode aspiraCriee. 

Par le docteur Castiaux uxl Tolume in -8 de 190 pages avec planches. 
— Ad. Delabaye^ libraire éditeur , 

"Voilà un livre dont toutes les pages respirent l'ardeur, la 
jeunesse. M. Gastiaux, inventeur d'un appareil aspirateur Irès- 
ingénieux, veut absolument l'employer dans tous les cas d é- 
panchement pleural. Pour lui, poiul d'inconvt^nient, tout avan- 
tage. — Moins que personne, je suis ennemi de la ihoracenlèse 
par les appareils asiûrateurs bu autres ; trop souvent, j'ai vu 
périr de malheureux malades qu'une p(»n«'lion pratiquée à 
temps eût peut-être arraché à la mort, et toutes les fois que je 
crois pouvoir diaprnostiquer un épunchement considérable» 
sans tendance à la résorption nu avec menace de sufFocation, 
je n'hésite pas à pratiquer la thoracenlèse. Mais de là à faire 
de la thoracenlèse le traitement unique de la pleurésie, il y a 
un grand pas que je ne puis franchir, sans preuves convain- 
quantes. Qui ne sait en effet, que souvent la pleurésie guérit 
seule, et qu'après une marche progresbiveraent ascendante 
elle s'arrête bientôt et se termine par la résolution? Pour- 
quoi alors faii e une opération tout au moins inhabile et non 
exemple de dangers? Je sais hien qu'à cela mon excellent 
ami et ancien collègue Gastiaux me r:$pond : la thoracentèse 
est tout a fait inofTeusive * t qu'il )>rend corps à corps espérant 
le terrasser, (y a-t-il réussi ?) M. Chassaij^uac qui devant TA- 
cailémie, s'est complu à noircir le tableau des ponctions Ihu- 
racij^ues. 

Jusqu'à nouvel ordre, je crois devoir résister à Tentraîne- 
ment de M. Gastiaux pour les ponctions aspiralices dans Us 
épancheraents pleuraux-, — amour paternel que je puis ne 
pas imiter complètement, mais que je comprends toutefois par- 
faitement. — Pour moi les règles tracées par mon excellent 
maitre M. Marrolle dans un rapport à la Société médicale des 
hôpitaux en H53. et celles plus récenies et plus complètes po- 
sées par M. Woillezdans son Traité des mata^fies aiguè's des'voics 
respiratoires (•)» restent encore mon guide que je ne puis 
abandonner malg'é le puissant appui que donne M. le profes- 
seur B "hier aux idées formulées par M. Gastiaux. 

Les n fl xions qui précèdent ne diminuent en rien l'admira- 
tion que je ressens pour le trava'ldeM. Gastiaux. évidemment 
sou expérience est grande sur ce sujet, il peut parler en maitre 
mais doit-on taxer de retardai airei ceux qui. moins hardis, 
n'avancent qu'à pas lenis et craignent d'è re obligés de rétro- 
grader après avoir fourni une course aventureuse? 

Plusieurs chapitres sur les appliealion- de la méthode as- 
pirât ric'3 dans les épanchements du pt^ricarde, dans les abcès 
ganglionnaires, dans las hernies étranu;lées, dans h*s collections 
liquides du foie, des rein-», dans la rétention d'urine, etc., ter- 
minent cet ouvrage volumineux, consciencieurjement écrit, et 
que nous recommandons à la médilaiion de nos lecteurs. 

G. PtLTIER. 

dironique des hôpitaux 

Hôpital Saint- Antoine, — Service de M. Duplay, suppléé par M. LtDflNTtr* 
^ ?alle Sainte-Marthe (femmes^ n*» 1, ryslo sarcome «lu sein (opéré* ; n®?, 
Icyste de l'uvaire; n^l3, périusiite syphililique ; n" 14, carie du calcanéum ; 
n^ 15, arthrite du tarse; u° 16, destruction de la voûte palatine et du voile 
par des gt-mmes syphilitiques ; u" 19, vaste alcès par congestion de latégion 
lombaire. 

Salle Saint-Bamabé (hommes): n* 2, Arthrite tarsienne blênnorrhagique ; 
&^ 3, larges plaques de rupia syphilitique chez un vieillard ; n^ 5, carie du 
tibia, évidcment;»® 8, fistules multiples de l'anus et du périnée; w^ 12, ar- 
Ibiifte du coude , n^ 18, papillome de Paine développé sur un noDvus vascu- 
laire; b*' 19, fracture de la base du crâne; n" 21, énorme hernie inguinale 
enflammée ; n^ 25, chute sur les reins, commotion méduilaiie, paréaie persis- 
tante : n" 20, fracture double de Tavant-bras à sa partie moyei^ea difhcultét 
de contention ; n^ 39, atthrite purulente primitive du genou 4 wP 40, ostéo-* 
périostile du tibia d^ nature syphilitique ; n" 90. tumeur syphilitique de la 

(l)PageSl7etattiTaate«. 



gaine des péroaniers ; n"' 41 et 52, Brûlures étendues ; n° 47, ulcères de 
la cuisse ; n*' .50, cryptorchidie chez un Jeune homme de 22 ans. 

Service de M. Gombault. — Sainte- Geneviève (femm-s»: 3, albuminurie; 
4, diabète ; 11 , chorée ; 14, hystérie, paralysie ; 18, contracture hystérique ; 
— Saint Eloi (hommes : 3, affection cardiaque', hémiplégie droite, aphasie ; 
1S pneumothc-ax ; 23, carcinome de Testoinac ; 26, pneumothorax du côté 
droit, pneumonie: 39, pleuré:iie gauche, thoracentèse ; 38, sona ; seiaiigue; 
47, syphilis tertiaire. 

Hôpital de la Charitf, — Service do M. le professeur Go^selin . — Cli- 
niques les mardis, jeudis, samedis. -^ Salle des femmes : 0. abcès phlegmo- 
neux de la partie ant(^rieure de la cuisse ; 19. ostéo-sarcome récidivant de la 
mâchoire inférieure, cOté gauche ; 20, névralgie utéro-ovarienne très-intense, 
hypochondrie. 

Salle des hommes : 2, phlegrnon et abcès interdigital de la main droite^ à 
la suite d'un durillon correspondant à l'annulaire; 13, demi» bourrelet hémor>> 
rhuldal procident et étranglé. Rétrécissement très-étroit de la portion men» 
braneuse de Turéthre ; 14, — large ulcère de la jambe gauche avec hyperoi- 
tosetibiale; — 21, érytheme variqueux, phlegmon ; 22, rétention complète 
d'urine causée par un excès de table, chez un homme porteur d'un rétréoisser 
ment très-peu étroit ; hypertrophie du lobe droit de la prostate ; 28, eothyma 
et ulcérations syphilitiques aux deux jambes ; 35, éléphautiasis du pieU f t de 
la jambe droite, poussée érythémateuse ; 39, orchite, érysipèle plegmoneux de 
la verge et du scrotum ; 41, hydrocéle vaginale bilatérale déjà opérée, réci- 
dive; 43. kérato-conjonciivite aiguë, très-vasculaire, de nature scrofuleuse, à 
gauche/ un peu d'opacité de la cornée à ilroite. 

Hôpital Bêaujon. — Chirurgie : service de M. Lbport. — 5, morsure 
de cheval, fracture directe du radius ; — 9, fracture du rocher ; para'ysie 
faciale, guérison ; —11, fracture compliquée du éoude; — 14, fracture sus- 
condylieuue du fémur ; — 35, exstrophie de la vessie : opération d auto- 
plastie ; — 29, Lit'iotritic paralysie de la vessie ; — 49, ophthahnie sympa- 
thique ; — 32, sarcome de la cuisse 

Femmes : 1, Nécrose totale de la clavicu'c : Résection ; — 15, Pustule 
maligne ; gangrène ; — 17, atrophie musculaire progressive. 

Service de M. Lbcorché. — 5. hydro^pneumo thorax ; — 6, pleurésie 
enkystée; — 13, Mal do Pott : paraplé^çie ; — 18, aiéjie; — 20 péritonite 
cancéreuse : guérison. 

Service d^ M. Moutarr-Mautin. — 21, cancer de l'estomac; — 2Z, 
attixie; — 1, Rétrécissement et insuflisance mitrele. 

Servie* de M. Dujahdin-Beaumbtz, — N°* 4 et 5 fièvres interm ttentes 
traitées par le picrate d'ammoniaque; — n°^ 3,10 et 11, rhumatismes traités 
par la trymétylamine. 

' Hôpital hariboisière. — Service de M . le docteur "Woillez : St-Landry 
(KMnmes^ : N® 4, pleurésie séreus? du cûlé gauche; — n®9 pneumonie 
.jtaiftease : — n® 10, alfsction mitrale, embolie, aphasie ; — n" 1 1 , fièvre 
typhoïde léçÇère; — n" 13, fièvre typho.'de, forme adynamique; — n" 25, 
mala lie de Bright, début récent. Anurie, urémie forme dyspnéique ; — 
n* 27 fièvre typhoï.le forme comileuse. 

Sainte-MathiWe (femme?») •. N° 10, paralysie hystérique; chlorose ; — 
a** «4, kyste hydatiquo du foie ; — n** !9 bis. zona traumalifue des dernières 
branches nerveuses intercostales ; — n® 22, Himjtocéle péri-utériue. 

Hlpital de la Pitié. — Service di M. Verxboil, — Cliniques les lun- 
dis, mercredis et vendre.iis. — Sall.i des feininos: n® 16, fracture d i fJmur 
gaucho chez une cancéreuse par dépôt secondaire dans les os ; n" 20, tumeur 
gomraeuse du pli de l'aine; n® 24, plaque* mujuouses de Tanus, si nulant 
des fissures anales. — Salle des hommes : n" 3, fracture par écrasement du 
calcanéum. 

Service de M. Desnos. — Salle des hommes : n* 11. rhumatisme arti- 
culaire ; u** 9, pleuréiie gauche ; u^ 15, oreillons ; n** 26, érytheme papu- 
leux. 

Service de M. Gi-LLard. — Salle des femmes'; n** 13, kyste do l'ovaire; 
n" 28, oblitération congénitale du vagin ^ femme de 23 ans). — Salle dea 
hommes : n° 29, cirrhose du foie ; n° 40. albuminurie aiguô. 



NOUVELLES 

Mortalité a Paris, — Du 28 juin au 4 juillet. 765 décès, soit 36 de 
plus que la semaine précédente. Rougeole 15 ; — Scarlatine, 4; — Diphthé- 
rie, 10; — Cfoitp^ 17; Fièvre tj^phoïde, 6; — Çrysipèle, 4; — Bronchite 
aiguë, <6; — Pneumonie, 40; — dyssenterie, 2; — diarrhée ekoléri forme 
des jeunes enfants, 14; choléra fwst ras, \\ — alfections puerpérales, 6. 

Lyon. — Du 10 au 29 juin, 3:16 décès. — Rougeole 12; — fièvres conti- 
nues. 10; — pneumonie, 11 ;.-^ êiarrht'e et entérite^ 24; — ckolérine, 5; — 
angine couenneuse et croup, 5 ; — alfections puerpérales, 7 ; — affections 
cérébrales, 55. 
Londres. — Populalioo, 3,3r^6,073 habitants.— î)u 2Î au 28 juin, 1,12^ 
âécès. — Rougeole, 28; scarlatine, 10; — diphthérie, 8; — croup. 6; -^ 
coqueluche, 57; — fièvre typhoïde, 14; — djsseiUerie: 2; — dtav^ké&, 22; 
— choléra nottras,^'^ éryàpèle, 6; — bronchite, 94; — pneumonie, 47. 

GeoLiRA. -^ BMm9, Du 14 an 20 joia, il 7 a eu décèt par k do- 

léra à Prag%9. 



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60 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



Hongrie — Du 46 au 21 juin. 21 décès par le choléra à Pêsth. — Autri- 
che. — D'après une dépôche insérée dans les journaux anglais il j aurait eu 
À Vienne, avant le 5 juillet, huit décès par le choléra, fournis par des voya- 
geurs. Depuis lors . nous ne possédons aucun renseignement. — Pologne, 
SiUsie, etc. Ou signale Fappari/ion du choléra dans les pays qui avoislnent 
la Vistule, à Cracovie, etc. , ainsi que dans la Houte-Silésie. — > Italie» Le 
choléra a fait ion apparition à Venise. 

Errata. — Dans le n* 2 du Progris, page 19, col. 2, au lieu de Seuvre^ 
Usez ViOLLBT. Même n° page 48, col. 1 , hsezçuatorte places au lieu de 144. 
Un actb db justice. — Le sénat italien vient d'adopter l'article du nou- 
veau code Lanitoire qui' accorde une pension aux familles des médecins suc- 
combant dans Taccom plissement de leurs devoirs professionnels durant une 
^idémie. 

Jurisprudence pharmaceutique. — Vente de VkuHe de foie de morne. 
La Cour d'appel de Douai n'a pas admis la jurisprudence de la Cour de 
Paris en matière de vente d^huile de foie do morue. Elle a décidé que cette 
huile n'est pas une substance médicamenteuse, et que les droguistas et 
épiciers qui la vendraient en déUdl ou au poids médicinal ne commettent 
aucune contravention à la loi du 21 germinal an XI. — En conséquence, le 
jugement du tribanal correctionnel de Lille, qui avait condamné dernière- 
ment un droguiste à 500 fr. d'amende a été reformé. — Cette décision admet 
la libre concurrence pour la vente de l'huile de foie de morue. (France mé" 
dicaie. n®50.) 

Concours pour deux places de chef de cliniques médicales. — Un con- 
cours pour deux places de chef de cliniques médicales sera ouvert à la fa- 
culté de médecine de Paris, le 21 juillet 1873 à 3 heures. Seront seul admis 
à concourir les docteurs en médecine âgés de moins de 34 ans le jour du 
concours. — Le registre d'mscription pour le concours sera ouvert au secré* 
tariat delà faculté jusqu'au 19 juillet. 

Concours pour une place de professeur suppléant de thérapetitiqus et matière 
médicale à l'Lcole préparatoire de médecine de Lyon. — Ce concours aura 
lieu le lundi 11 août 1873 à 9 h. Les docteurs en médecine seulement sont 
admis à concourir. On doit s'inscrire avant le l^** août. On fournira son 
acte de naissance, son diplôme, ses titres, ses travaux l^s épreuves con- 
sistent : 1^ en titres des travaux scientifiques ; 2® détermination de certaines 
substances fraîches ou sèches; 3* une dissertation orale qui sera la même 
pour tous les candidats ; on ne se servira d'aucun livre ; 4* une leçon orale 
après 24 heures de réflexion sur une question de Urérapeutique et matière 
médicale. La durée du professorat est de six ans. 

Hôpital Saint^ean de Bordeaux. — Concours pour une place de dn^Uma . 
élève eateme. — Ce concours sera ouvert le 20 septembre prochaia. Ne seront 
admis à concourir que les élèves en médecine ayant au moins quatre inscrip- 
tions validées. — Les inscriptions seront reçues jusqu'au 15 septembre in- 
clusivement à la mairie, liivision de la police adBiiii£iraLive — Le programme 
wmftmià : une épreuve orale sur l*iiiatomie des organes géaito-'U hi vai y g.^ 
une question élémeaUirfe ayant trait aux affections vénérionnes, el un© qJw-.) 
tion de petite chirurgie. — Le temps accordé pour l'ensemble de ces questious 
est de une heure y compris le temps de la réflexion. — L'élève nommé en- 
trera immédiatement en fonctions. Son traitement sera de 250 fr. 11 succèdlO'a 
de droit pour une année, au premier élève externe le 1^*" janvier 1875, et 
jouira dès lors, à ce titre; d'un traitement de 500 fr. (Bordeaux méd., n" 21). 

Procès Bacgelli. — Le conseil supérieur de l'InsHruction publique, ayant 
reconnu vrais les faits imputés au Prof. BaccelU (de Rome . lui a fdit sus- 
pendre ses fonctions pendant 3 jours. Nous dirons avec le • Mopiinento • de 



Naples, que la peine matérielle ne doit pas être appliquée à un homme qui 
a Testime de lui-même. Il sufllt de lui dire « vous avez mal agi, • pour Iv 
infliger une punition suflisante. Quelques journaux prétendent que M. Bac- 
celli aurait proposé sa démission. 

Statue de Morgagni. — Les Italiens attendent la fin du congrès de 
Vi une pour inailgurer la statue de Morgagni à Forli. Cette solennité aura 
lieu du 20 au 30 aeptembre. 

Herborisation. — M. Decaisne fera son herborisation dimanche prochain, 
13 juillet, dans la forfit de Sénast. Rendez- vous au chenùn de Lyon (station 
de Ris-Orangis), à l'arrivée du train partant de Paris à 9 h. 25 m. 

Vacancks médicales, a céder à 12 minutes de Paris une position mé- 
dicale. Rapport susceptible d'augmenUtion 8.000 fr., s'adresser à M. Lederc 
libraire place de l'École de Médecine, 14. 

NâcROLOGiE: « Joseph Vriès, dit le docteur n^ir, est mort le 21 juin, 
dans un hôtel de la rue Jean-Jacques^Rousseau, 45. Vriès avait loué, place 
Sainte- Opportune, un petit appartement dont les meubles avaient été saisis 
i la requête d un créancier. Dès qull se sentit atteint de la maladie qui devait 
l'emporter, il se ht transporter à l'hôtel ci-dessus désigné. M. Vriès est 
mort dans la dernière misère, il devait plus de 300 fr. au maître d'hôlel qui 
le gardait par commisération. Les frais de ses obsèques ont dû Ôtre faits par 
la ville. » Sic transit gloria mundi (Liberté), 

L'Annuaire des EIaux minérales, pour 1873 (l4® édition), est en vente 
a la librairie H. Rey. 14, rue Monsieur-le-Princo (bureau de la Bazette des 
Eaux) Ce volume, entièrement nouveau, contient la nomenclature des bains 
minéraux de France et de l'étranger, Allemagne exceptée. — Propriétés 
diverses de ces bains ; tableau des indications thérapeutiques des sources 
minérales, moyens de communication, services spéciaux des chemins de fer. 
Notices sur les principaux étabtissements, etc. Charmant volume in-18 de 
260 pages, très-portatif, imprimé sur papier satiné. Mémento indispesuble 
du médecin, du malade et du touriste Prix : 1 fr. 50, franco par la postei 



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Vacher (L.) De l'obésité et de son traitemenl avec une con- 
férence sur le traitement de l'obésité d'après le système Ban- 
ting par Nibmbybr. In-S de 6 > pages, 1873 1 fr. 50. 

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Dujardin-Beaumetz. Nouvelles recherches sur la trimethy- 
lapine et sur son usage thérapeutique dans le traitement du 
rhumatisme aniculaire aigu. In-8 de 48 p. 2 fr. 

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Ch^mpaokât. Action des eaux de Vicl^ sur le tuhe intes* , 
tinal. In-!2 de 86 pages. 50 c. ' 

Potheau. Elude sur là valeur sémiologique de la ménorrha- 
gio ou exagération du ûax menstruel. In-8 de 100 pages, î fr. 

RoGHARD (F.) Maladies des cheveux. Moven d'y remédier et 
d'en réparer la perle. In-12 de 36 pages, 50 c. 



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musculaire et osseux est indiscutable. C'est cetie raison qui la fait conseiller par les médecins et les hygiénistes aux I 
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JODMAL DE MÉDECINE, DE CHffiUllGIE ET DE PHARMACIE 
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Rédacteur en chef : BOURNE VILLE 



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On s'abonne hors de Paris danS les bureaux des Messageries et chez les Libraires. — Les lettres non affranchies sont refusées. 

SOaf MAIRE. — Clinique mÉdicalb : De U compression lente de la moelle ; troubles 
de U seDcibiJité, leçon de M. Charcot, recueillie par Boorneville. — Etude de quel- 
ques points de l'urémie, leçon de M. Béhier, recueillie par Liouville et Straus. — 
Pathologie interne : De la pueumonie aiguë lobaire, leçon de M. Comil, recueillie 
par P. Budin. — Bulletin du Frogrès Médical : Le service médical des prisons; 

— Des troubles trojrtiiques et vaso-moieurti observés chez les hémiplégiques, par 
Bourneville. — SociirrKS savantes. Société de biologie : Altération des humeurs 
dans l'intoxication saturnine, par Bouchard ; — Usage dea.intercostaux et du dia- 
phragme, oar Esbach j ^iLésions des membre^ et des viscères du côté paralysé 
chez les hémiplégiques, par Ollivier et Baréty. — Académie de médecine — So- 
ciérÉ ANATOMiQUË : Deux cas d'anévrysme de la crosse de l'aortct par Liou?flle ; 

— Discussions. — Revue de thérapeutique : Du protochlorure de fer et de 
l'emploi de ce médicament en thérapeutique. — Erection incomplète, etc ; chloral, 
par Parona. — Pharmacologie .* Du phosphate de chaux ; — Solution de chloral 
contre le^ ulcères. — mélanges : Bougie de cire retirée de la vessie d'une femme; 

— Corps étranger de l'œsophage ; — Anthropophagie pathologique. — Chronique 
DES HOPITAUX. — NOUVELLES : Marclic du choléra; — Prix, etc* — Bulletin bi- 
bliographique. 

» 



CLINIQUE MÉDICALE 

HOSPICE DB LA SALPÉTBlikRB. -^1 

De la compression lente de la moelle 

Leçons recueillies par Bourneville. 



(1) 



SYMPTÔMES. — DES TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ. 

Messieurs, 

IV. Ainsi que je vous le disais tout à rbeure, dans la pa- 
ralysie par compression, la sensibilité ne se modifie que 
très-tard, d'une manière sérieuse, à moins qu'il ne s'agisse 
d'une lésion, qui, primitivement, avait occupa les parties 
centrales de la moelle. Quoi qu'il en soit, voici l'exposé de 
quelques particularités relatives aux troubles de la trans- 
mission des impressions sensitives, lesquelles se manifes- 
tent de préférence, mais non pas cependant d'une façon 
exclusive, dans les paralysies par compression ; elles ne 
s'observent, ainsi que vous l'avez dû pressentir d'après ce 
qui a été dit plus haut, que dans les cas où la compression 
est portée à un haut degré. 

En premier lieu, je signalerai le retard dans la trans- 
mission des sensations, phénomène curieux et qui, si je 
ne me trompe, a été pour la première fois relevé par M, Cru- 
veilhier : il peut, ainsi que je l'ai une fois constaté, se passer 
quelquefois jusqu'à trente secondes depuis le moment où 
l'impression a lieu jusqu'à celui où elle est perçue par le 
malade. 

Je dois mentionner ensuite une sorte d'hyperesthésie ou 

(1) Voir Us nO» 1 et 4 du Pro^fiê m^Uêl* 



mieux de dysesthésie par suite de laquelle les moindres* 
excitations, telles qu'un léger pincement, l'application d'un 
corps froid, donnent naissance à une sensation très pénible 
même ^elle que soit la nature de l'excitation et dans 
laquelle domine, d'après les récits des malades 'un senti- 
ment de vibration. Ces vibrations, toujours d'après ce que 
rapportant les malades, semblent remonter du coté de la 
racine du membre en môme temps qu'elles descendent vers 
son extrémité. Dans certains cas, ces sensations persistent 
pendanfplusieurs minutes, un quart d'heure et plus encore, 
après la cessation de la cause excitatrice qui l'a déterminée. 
En pareil cas, le malade éprouve toujours une grande diffi- 
culté à désigner exactement le heu où l'excitation a été 
produit^ • 

Enfin,, il n'est pas rare que i'excitation. portant sur un 
membre^ après avoir produit les phénomènes qui viennent 
d'être indiqués, soit suivie au bout de quelque temps d'une 
sensation analogue qui parait siéger symétriquement dans 
un point du membre opposé correspondant à la région pri- 
mitivement excitée. Cela rentre dahs l'histoire de ce qu'on, 
désigne sous le nom de sensatiœis associées. 

On a cherché, vous le savez, à se rendre compte ainsi 
qu'il suit de la production du phénomène en question : 

Lorsque la transmission des impressions sensitives dans 
la moelle est rendue difficile par l'interruption d'un certain 
nombre de tubes nerveux (centripètes) , ces impressions se- 
raient transmises par la voie des cellules ganglionnaires, 
liées entre eljes par leurs prolongements jusqu'à des fibres 
nerveuses restées saines ; ces impressions parvenues au 
centre de perception par cette voie anormale seraient con- 
sécutivement, suivant la règle commune, rapportées à la 
périphérie de ces dernières fibres nerveuses. 

J'ai cru. Messieurs, devoir rappeler ces particularités 
parce que, je le répète, elles s'observent plus communé- 
ment et à un plus haut degré, dans la paraplégie par com- 
pression que dans toute autre forme de paralysie des 
membres inférieurs. Mais il ne faudrait pas, cette fois en- 
core, chercher là un caractère distinctif, absolu. D'ailleurs 
ces synjptômes, et j'insiste sur cette réserve, ne s'obser- 
vent guère, dans la paraplégie déterminée par une compres- 
sion lente de la moelle épinière, que dans le cas où la lôsioa 
spinale est portée au plus haut point. 

V. A. moins de compUcations inattendues, la nutrition 
dans les parties paralysées, demeure normale. Ainsi le» 



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62 



LE PROGRES MEDICAL 



iViuscles conservent pendant de longs mois leur Tolume et 
leurs propriétés électriques. L'inactivité prolongée finit 
toutefois par amener Témaciation et l'amoindrissement de 
la contractilité feradique des muscles paral3^sés. De leur 
côté, le tégument externe, la vessie, les reins ne présentent, 
pendant longtemps, aucune modification nutritive appré- 
ciable. Mais la vitalité de ces organes paraît rapidement 
se modifier sous l'influence de certaines complications. 
Ainsi, par exemple, dans un cas que j*ai observé de para- 
plégie consécutive à un mal de Pott, roiiv. rhire suoite d'un 
abcès dans le canal rachidien, détermina une brusque irri- 
tation du segment inférieur de la mocilp bientôt suivie de 
Ja formation rapide des eschares sacn\s, d'une modifica- 
tion de la contractilité électrique dos masses musculaires 
qui, peu à peu, présentèrent une atropjiie remarquable. Les 
urines en môme temps deviennent puruhuites. Les accidents 
survenant dans de telles conditions sont en général promp- 
temeut mortels. Du reste, sans l'intervention a])i)arente 
d'une cause nouvelle, d une comi)]icatiou quelcouqu(% ces 
Blêmes accidents peuvent se maniiester à uu moment don- 
né dans lé cours des paraplégies par compi'cssion et déter- 
miner rissue fatale. 

VL Jusqu'ici, Messieurs, nous ne nous sommes occupés 
que des lésions organiques qui interceptent le com*s des 
fibres nerveuses dans la moelle, sur un point, dans toute 
son épaisseur. Je veux actuellement appeler votre atten- 
tion sur le cas où l'une des moitiés latérales de ce centre 
nerveux est seule lésée par le fait de la comi)ression. 

Il importe de bien spécifier tout' d'aberd l'étendue et le 
mode de répartition de l'altération que nous avons en vue. 

Nous supposons la moitié latérale de la moelle (^piniére 
lésée da'ïis toute son épaisseur; jusqu'à la ligne médiane. Lî^ 
lésion, doit avoir par conséquent interrompu le cours des 
fibres des cordons postérieurs et antéro-latéraux d'un 
coté et simultanément aussi les parties correspondantes do 
la substance grise jusqu'à la ligne médiane. Dans ces con- 
ditions spéciales et dans celles-là seulement la lésion dont 
nous étudions les effets se traduit cliniquement par un 
ensemble symptomatique fort remarquable et vraiment 
caractéristique. 

On peut désigner cet ensemble simplement sous le nom 
àliémiplégie spinale avec anesthésie c7^oisée quand la lé- 
sion dont il s'agit occupe un point de la région cervicale. 

Si c'est au contraire un point de la région dorsale ou 
lombaire qui est aflecté de cette façon, ce n'est plus Vhé- 
m\\)\^^\ey mois hiQiiVhémiparaplâ g le spinale avec ânes- 
ifiésie croisée qu'on observe. Vous allez reconnaître bien- 
tôt, Messieurs, la raison de ces dénominations. 

VII. Toute lésion hémilatérale de la moelle, qui ne rem- 
plirait pas les conditions expresses que je viens d'énu- 
mérer, ne produirait pas l'ensemble symptomatique sur 
lequel je veux attirer votre attention ounele produirait tout 
au moins que d'une manière imparfaite ; une fois au con- 
traire ces conditions remplies, le tableau symptomatique se 
présente nécessairement. La connaissance que nous en 
avons est de date toute moderne. C'est un des résultats les 
plus nets et IÇÂplus fructueux qu'aient fourni, dans ces der- 
niers temps, l'intervention de la physiologie expérimentale 
dans le domaine de la pathologie spinale, et je suis heu^ 
reux de dire jue cet important résultat est dû tout entier 



aux travaux de mon ami, M. le professeur Brown-Séquard. 

Ce n'est pas. toutefois, que l'hémiplégie et l'hémipant- 
plégie spinales aient passé inaperçues jusqu'à lui ; msds, 
jusqu'à M. Brown-Séquard, ce n'était là, pensait-on, qu'une 
réunion pour ainsi dire fortuite de phénomènes ëtnuiges, 
contradictoires, inexplicables au point de vue de la physio- 
logie régnante. Aujourd'hui grâce aux travaux de M. Brown- 
Séquard, nous connaissons, en grande partie du moins, 
la raison des phénomènes qu'il nous est possible de faire re- 
monter, avec précision, jusqu'à la lésion anatomique qui 
lour a donné naissance.' ^ 

Pendant longtemps, au point de vue clinique, l'intérêt a 
éKî surtout chirurgical, car la section hémiiatérale de la 
moelle capable de déterminer l'hémiparaplégie avec anes- 
thésie croisée, paraît être une conséquence fréqueate de^ 
lésions du centre spinal par un instrument tranchant. Ce- 
pendant le médecin est appelé à observer parfois cette 
forme symptomatique, et en-particulier lorsqu'il s'agit de la 
compression spinale occasionnée par une tumeur. 

{À suivre) 

HOTEL-DIEU. — M. LE PROFESSEUR BÉHIER. 

Étude de quelques pointa de l'Urémie (Clinique'— 
, Théories; — I^zpériences.) ' 

Leçons recueillies par H. Liouville, chef du laboratoire et 
I. Straus, chef de •Unique adjoint (1). 

L'expérimentation, elle non plus, sachez-le bien. Mes- 
sieurs, ne donne rien de décisii*. Frerichs a injecté chez 
le chien 1 et 2 grammes de carbonate d'ammoniaque et a 
obt(mu des convuhiions, mais cet» doses sont trop iortes et 
no prouvent rien pour riaterprétation pathologique que noui; 
poursuivons. 

Ici aussi, nous avons ou recours à des expériences de con- 
trôle. IJous avons injecté à des grenouilles, sous la peau 
25 milligrammes d'une solution de carbonate d'ammonia- 
que; peuafirès l'animal devient inquiet, il s'agite, présejile des 
convulsions cloniques, puis tétaniques et meurt au bout de 
20 à 30 minutes. Voici l'expérience que nous réj)étons sous 
vos yeux: vous. voyez cette grenouille en pleine raideur 
tétanique, si Men qu'on peut la soulever tout d une pièce 
par l'une de ses extrémités ; elle a reçu sous la peau une 
injection de 10 milligrammes de carbonate d'ammoniaque. 

Nous faisons la même tentative sur le cobaye; la dose 
du poison nf'cessaire pour obtenir des convulsions est de 

gr. 50 ; chez le lapin, pour déterminer les mêmes effets 
il faut aller jusqu'à 1 gr. 50 et 2 gr. ; ce sont là dos doses 
moyonnos, presque limites (2), Le poids et la résistance 
vitale différant chez cosaniinaux les font naturolloment un 
pou varier. 

Drf reste les phénomènes que vous présentent ces ani- 
maux ne sont pas la reproduction de tous les accidents 
urémiquos habituels; ce sont surtout des convulsions épi- 
leptiformes et tétaniformes avec un notable abaissement 
de la température, que nous avons toujours relevé avec 
M. Liouville, même immédiatement après les plus violentes 
secousses convulsives. Nous reviendrons du reste sur ce 
point spécial (3). Mais ici la dose du poison est énorme et 
beaucoup plus élevée en proportion de ce qui peut exister 
chez l'homme. En effet, M. Rosenstein remarque qu'en 
comparant le poids et le volume du corps de Thomme 
à ceux des animaux en expérience, c'est 20 à 30 grammes 
de carbonate d'ammoniaque qu'il faudrait injecter chez 

1 homme pour produire des accidents de cette sorte. Si de 
teUes quantités existaient dans le sang de nos malades 



(t) Voir les n»« 2, 3 et 5 du Procès médical, 

i!( ^j^^i^^P*^^9i^> ^«W. Communication de MM. Béhier et Liouvflte. 

(3) Voir SocUié d. biologie et 0mm^ méâmk [im). 4-iouvii». 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



63 



l'analyse chimique les révélerait avec la plus grande faci- 
lité; or, vous le savez, c'est à peine si elle décèle des 
traces d'ammoniaque dans le sang dje ceux qui succombent 
à ce qu'on appelle les accidents ûrémiques, 

Ainsi je me vois amené, à mon tour, à rejeter l'hypothèse 
de Frerichs qui attribue les symptômes produits à la con- 
version de l'urée en carbonate d'ammoniaque. Vous voyez 
en effet que les accidents provoqués par ce poison sont 
diflTérents (le coma fait défaut) ; les doses le sont encore 
davantage, de grandes quantités de carbonate d'ammo- 
niaque étant nécessaires pour la réussite de l'expérience, 
tandis qu'on n'en constate que des traces dans le sang des 
malades, et de plus faibles quantités encore dans l'air 
expiré (1). 

Un autre point nous reste à mentionner; je vous ai dit 
que les accidents de l'urémie ou mieux de l'empoisonne- 
ment urineux se manifestent quand l'élimination de l'urine 
ou son excrétion sont empochées. En 1860, Jaksch a établi 
à ce sujet une distinction importante. Il a montré que les 
troubles survenus dans la sécrétion ou filtratioil urinaire, 
ou urémie proprement dite, s'accompagnent d'autres 
symptômes que ceux que présente» la résorption de J'u- 
rine après 'transformation ammoniacale. C'est à ce der- 
nier ordre de faits qu'il a appliqué la dénomination d'œn- 
moniémie. Dans le parallèle qu'il établit entre l'am- 
moniémie et l'urémie proprement dite, il insiste surtout 
sur l'odeur ammoniacale dégagée par l'urine et par le 
malade dans le premier cas, odeur qui fait défaut dans 
l'urémie brightique ^ dans l'ammoniémie, il y a des frissons 
répétés, ils manquent dans l'urémie absolument ; les vo- 
missements sont constants dans l'ammoniémie; dans l'u- 
rémie, ils peuvent faire défaut. 

Ce tableau différentiel de Jaksch a été repiroduit, eii 
1868, par M. le professeur G. Sée ; seulement, mon hono- 
rable collègue conteste l'existence de la diarrhée et des 
vomissements dans Tammoniémie et attribue ces deux 
symptômes exclusivement à l'urémie. 

Quoiqu'il en soit de cette distinction, assez fondée en 
clinique, elle prouve une fois de plus l'insuffisance de la 
théorie de Frerichs, puisque, cliniquement comme expéri- 
mentalement, l'empoisonnement par les produits ammo- 
niacaux diffère de l'empoisonnement urémique. 

Enfin, il existe des faits, rares il est vrai, mais bien 
observés, où les phénomènes dits ûrémiques se sont 
développés chez des sujets dont l'urine des 24 heures con- 
tenait une quantité normale et môme exagérée d'urée. 
(27 gr. 3 dans le cas de Parkes, 26 gi\ 8 dans celui de 
Schottin, et môme 40 gr. 2 dans celui de Mossler). La ré- 
tention de lurée et sa transformation en produits ammo- 
niacaux ne pouvaient certes pas ôtre jnvoquées dans ces cas, 
comme cause des accidents observés, puisqu'elle était éli- 
minée librement et môme abondamment par les urines. 

Ce furent des faits de cette nature qui conduisirent 
Scherer, Hoppe et Oppler à attribuer les symptômes que 
nous étudions, non pas à la rétention de l'urée, mais à 
la présence de produits d'oxydations inférieurs, à la créa- 
tine, la créatinine, la leucine et aux matières encore indé- 
terminées et confondues sous le nom de matières extrac- 
tiv'es. Oppler a trouvé ces substances accumulées dans 
les liquides de l'organisme et jusque dans les muscles ; 
plus récemment, notre regretté Chalvet avait fait con- 
naître sur ce point des résultats encourageants. Il a cons- 
taté que dans ces états improprement appelés ûrémiques, 
la proportion d'urée dans le sang, loin d'ôtre augmentée, 
est abaissée notablement ; nouvelle preuve de la fausseté 

(l) On fait dissoudre deux grammes d'iodure de potassium dans cinq 
grammes d'eau distilée. A l'aide du réactif de Nessler. — On ajoute 
ensuite del'iodure de mercure Jusqu'à C3 que la solution iodurée ne veuille 
plus en dissoudre. On laisse en repos pendant 23 heures. Au bout de ce 
temps, on ajoute triante grammes de potasse caustique liquide et on filtre à 
Tahri d'émanations ammoniacales. On essaie alors le réactif arvec de l'acide 
sulfurique ne contenant aucune trace d'ammoniaque. S'il j a quelques traces 
d'ammoniaque, on a un précipité Jaune pâle ; si l'ammoniaque est en grande 
quantité OL a un précipité brun d'iodure ammonio-mereurique. 



de la théorie de Wilson etd'Hammond. Pierre Chalvet voyait 
dans la présence de ces matières extractives un indice 
de la diminution des combustions organiques, insuffisantes 
pour transformer les déchets en urée et donnant nais- 
sance à des produits intermédiaires. Cette donnée devient 
surtout intéressante si on la rapproche d'un autre fait 
clinique fort intéressante savoir, V abaissement corres" 
pondant de la température observée. 

Dans les expériences d'vijection d'urée ou de carbonate 
d'ammoniaque chez les animaux, faites à notre labora- 
toire, nous avons avec M. Liouville noté un abaissement 
de teiupérature provoqué constamment par cet empoi- 
sonnement. Nous opérions sur des lapins et sur des co- 
bayes. Nous n'avons pas répété ces expériences sur le 
chien. Ainsi, par exemple, chez un cobaye à qui nous 
fîmes une injection de gr. 50 de carbonate d'ammonia- 
que dans le tissu cellulaire du dos, le 2 mars à 6 h. JO, 
la température rectale, avant l'injection était de 39®, 2. 
Les convulsions commencèrent à 6 h. 22 et la mort avait 
lieu 6 h. 25 du soir. La température à ce moment était 
tombée à 36o,9, elle présentait, donc un abaissement de 2**,3. 

Chez un autre cobaye' observé avec grand soin et qui 
reçut une semblable injection de la môme dose le 8 mars, 
à io h. 26, la température rectale était avant l'expérience 
de 40^,4. A 10 h. 39, au moment de la mort survenue avec 
la môme forme d'accidents, elle était tombée à 38^,8 après 
avoir présenté .une ligne descendante continue. 

De môme, chez un lapin pesant 2,500 grammes, auquel 
le 13 mars on a injecté à 4 h. 40 du soir, 2 grammes de 
carbonate d'ammoniaque (1 O/o de la quantité totale"" du 
sang) la température rectale marquait 40« avant l'opération; 
à 4 h» 55, au moment de l'attaque tétanique, elle était de , 
39°^ 3 ; les convulsions persistant, elle descendit à 38®, 5, à 

5 h. 45 ranimai revenait à lui tout en continuant à pré- 
senter des convulsions et une température de 36', 8. Enfin, à 

6 h. 45, après une forte émission d'urine, la tefhipérature. 
rectale marquait 35^,8. A 8 heures, le lapin circulait avec 
assez d'ativité, se défendait bien et la température était 
remontée à 38®,6. 

Ces faits expérimentaux répondent donc parfaitement 
aux faits cliniques mis en lumière par MM. Bourneville 
et Charcot, et qu'avec un certain nombre de cliniciens 
nous avons déjà contrôlés à plusieurs reprises (1). • 

De plus, ces faits répondent à la manière 'de voir de • 
Chalvet. Il pensait que les substances injectées empo- 
chent les combustions organiques, mais, il faut bien le re- 
connaître, cette analogie ne sert pas encore à éclaircir 
la pathogénie des accidents ûrémiques. 

Hammond avait émis cette assertion que l'urine en nature 
constituait un poison énergique, plus violent que l'urée ou 
que le carbonate d'ammoniaque. Une expérience que nous 
avons instituée ne confirme point cette opinion. Le 10 
mars 1873, nous injectons à un lapin 5 centimètres cubes 
d'urine d'un lapin mort la veille. 11 supporta très-bien cette 
opération, et sans abaissement notable de la tempépature. 
Ce n'est là qu'une expérience isolée, qui prouve bien 
que IjBs eflTets toxiques ne sont pas aussi violents que le 
prétend Hammond. 

En résumé, il est constant que la non-filtration de l'u- 
rine (néphrite, maladie de Bright, etc.) produit certains 
accidents appelés ûrémiques ; ces mômes accidents, avec 
quelques variantes, entre autres l'absence de l'œdème, se 
retrouvent dans les troubles de l'excrétion et dans la ré- 
sorption de l'urine (cystite, rétrécissements de l'urèthre, 
etc). ,.; 

Mais, parmi les matériaux qui entrent dans la compo- 
sition de l'urine, quelle est la substance qu'il faut incri- 
miner ? c'est là ce qu'il est encore impossible de • déter- 
miner, non plus que la lésion anatomique que cet agent 
ou ces agents {s'ils sont multiples) provoquent dans les 
centres nerveux. 

Vous voyez. Messieurs, que la question est loin en- 



(t) Voir : Communication à la Société Ânatomtpte par MM. Bélîier et 
Liouyille, Bulletin 1873 ; et Mouvement Médical, {/873). 



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64 



LE PROGRÈS MÉDICilL 



comd'ôlfe épuisée, et, oe que j'ai surtout tenu à dégager 
âwaBt wons, c'est prédsémeut la complexité et l*obscu- 
idté de cette étude. Nous ne devons vous dissimuler ni 
l(0tt8 atténuer les difficultés de la science. Il est un certain 
ordre ,de questions qui ne comportent pas actuellement 
uneprécision absolue et ne sauraient Tacquérir qu'au détri- 
ment de la vérité et de la réalité des faits ; Turémie est 
de ce nombre. La notion d'un trouble apporté à la filtra- 
tion uriuiaîre suffit pqur la comprébension générale du 
IKTOcessuâ urémique et est définitivement acquise. Vouloir 
aller au-delà et préciser davantage, ce serait violenter 
las liaits, ce serait introduire dans le problème une clarté 
Illusoire et qui servirait plutôt à vous égarer qu'à vous 
giûâer. 

PATHOLOGIE INTERNE 

COURS COMPLÉMENTAIRE DE LA FACUT.TÉ. — M. CORA'IL 

Anatomie pothologlqaedapoainon.-— Auscultatioii(1]. 

Leçons recueillies par P. Budin. 

PNEUMONIE AIGUË LOBAIRE 

Messieurs, 

Si, en effet, il suffisait que les parois des alvéoles fussent 
gotfflées par la congestion de leurs vaisseaux et lubréliôes 
par un liquide muqueux, pour avoir du râle crépitant, ce 
symptôme devrait être observé dans la majorité des faits 
de congestion pulmonaire, par exemple dan? celle qui ac- 
compagne la plupart des fièvres, les bronchites avec con- 
gestion pulmonaire, etc. Or, tous les cliniciens vous, diront 
que le râle crépitant fin n'est pas commun en pareil cas, et 
je puis^Oouter que lorsqu'on l'observe, c'est qu'il existe alors 
des «noyaux d'iodaration dus à de la pneumonie lobulaire, 
à de l'apoplexie ou à toute autre cause. Par conséquent, les 
oonditions indiquées par Wintrich et parmon excellent col- 
lègue, M. Parrot, ne sont pas suffisantes. 

©e plus, dans les expériences qu'il a faites en insufflant 
6ten auscultant après la mort les poumons de malades 
^^il avait observés pendant leur vie, Parrot n'a pas tenu 
compte delà crépitation vésiculaîre que fait entendre tou- 
jours le poumon lorsqu'on l'insuffle après l'ouverture du 
tborax. Cette cause d'erreur dans l'auscultation posi-nior- 
tem n'avait échappé ni à Barth et Roger, ni à Wintrich. 

Pour nous, nous croyons que deux conditions sont indis- 
pensables pour que le râle crépitant apparaisse et reste 
permanent un certain temps pendant upe maladie de pou- 
mon : 

4* Qu'il existe une induration du tissu pulmonaire 
en un ipaiaat voisin de la plèvre ou située immédiatement 
«a-dessous de cette meipbrane ; 2° que les alvéoles voisins 
dte ce noyau d'induration puissent être pénétrés par 
lair. 

Voyons an effet ce qui se passe lorsque ces deux condi- 
tions sont remplies et faisons-en l'application au cas par- 
ticulier de la pneumonie. 

!lx>r8qa'iin noyau dur se trouve situé près de la surface 
An^ponamon, il occupe plus de place que les alvéofes nor- 
Bttnx panitant que^àure le retrait du poumon dans l'inspira- 
tion. Il oûmprime par oooaséquent et aplatit les alvéoles nor- 
BsauK ^mplemezkt congestionnés du voisinage, et ceux-ci 
ne contiennent plus leur air de réserve. Ces alvéoles se 
trouvent, à l'inspiration suivante, dans la même condition 
fnB^aaX'd'un pouniûB revenu sur lui-^mème après l'ouver- 
tore du thorax. Aiossi^ pendant cette inspiration entend* 
on le bruit 4e crépitation vésiculaire pur, c*<est-à-^dire ex- 
trêmement .fin ou légèrement modifié parl'étatdeiubréfac- 
tiofi^lesiparois al^olairesco'ngésti onuées . Le noyau d ur étant 
situé près de la surface pulmonaire, ce sont les vésicules de 
lasurûtoe quisontaltQrnativement aplaties et distendues par 
Tair-, de tdle sorte 4ae le bruit produit est Haeilemeiit trans- 

(1) Voir les n<»M âl4 ^ Pr^iyrH méiictd. 



mis à l'oreille par la panoi (Costale. Lorsque le noyau d^in- 
duratioii arrive immédiatement sous la plèvre, ce noyam, 
qui est l'agent delà compression, sert en miême temps à 
transmettre la crépitation qiil^ae passe à sob pourtour dans 
la profondeur du poumon, et de plus le môme phénomône 
de crépitation se produit autour de lui à la surface pul- 
monaire. 

Dans la pneumonie, pendant les premières heures où 
l'engoûment existe seul, on n'entend rien d'anormal ai ee 
n'est une faiblesse de la respiration ; Qiais aussitôt que les 
infandibula d'une partie plus ou moins étendue du pou- 
mon située près de la plèvre sont remplis d'un coagalom 
fibrineux et hépatisés, le râle crépitant fin se manifeste par 
ses boufi'ées caractéristiques. Si l'hépatis^tion était au dé- 
but et restait située profondément près de la racine du pou. 
mon. il ne viendrait pas de râle crépitant jusqu'à l'oreille. 

Les deux conditions de la crépitation, analogues à celles 
que nous avons réalisées en injectant du suif solidifiable 
dans le poumon, se rencontrent donc aussi dans la pneu*- 
monie. Seulement les alvéoles qui, dans cette maladie, en^ 
tourent le tissu hépatisé ne sont généralement pas normaux 
et presque constamment ils sont congestionnés. L'état de 
leurs parois qui servent de soutien à des vaisseaux dilatés 
par rafûux du sang, la quantité variable de liquide qu'ils 
contiennent alors doivent entrer pour une grande part, 
dans la production du phénomène, etnous devons en tenir 
compte dans son analyse. 

Le râle crépitant de la pneumonie reconnaît bien la 
môme cause que la crépitation vésiculaire obtenue après 
Tinjection de suif solidifié dans le poumon : il s'agit bien 
toujours dans les deux cas du redressement brusque, dans 
l'insiiiration des pairois alvéolaires, affaissées complète- 
ment par compression dans l'expiration ; mais ce brait 
doit être légèrement modifié par le gonflement des paruis 
celiulo-vasculaires et par la présence du liquide. 

Il oôt rare -en effet que le râle de la pneumonie, même 
observé à son début, donne un pétillement aussi fin, aussi 
sec que la crépitation vésiculaire du poumon sain, ausculté 
après l'ouverture du thorax. Telle a été la remarque faite 
par M. le professeur Sée, à qui nous îkisions entendre oe 
dernier bruit. Il n'y a pas de doute pour nous que l'état de 
.gonflement et d'humidité de la paroi des alvéoles conges- 
tionnés ne donne au râle crépitant de la pneumonie un 
sgn plus humide, moins tenu que celui ae la crépitation 
vésiculaire du poumon normal, 

Nous avons essayé, M. Grancher et moi, de modifier la 
crépitation vésiculaire en irgpctant dans le poumou, à trai^ 
vers les parois thoraciques conservées intactes, des sabs« 
tancGs visqueuses ou moins dures que le suif, de la géla- 
tine, par exemple, et des solutions gommeuses. 

La gélatine, injectée puis solidifiée dans le poumon» 
donne les mômes résultats que le suif ; on entend au niveau 
de rinduration, à travers les côtes conservées intactes, du 
râle crépitant fin. La gélatine non encore soUdifiée, et la 
gomme injectées dan» le poumon ne. nous ont rien donné 
lorsqu'on auscultait à travers les côtes. 

Si l'on £àit l'injection avec de la solution de gomme peu 
épaisse dans le poumon après avoir enlevé la paroi costale^ 
et que l'on malaxe le noyau injecté de manière à faire fu- 
ser le liquide dans une portion plus étendue du poumon, U 
en résulte une distension moUe du tissa. On se rapproche 
ainsi des conditions observées dans la congestion et dans 
l'œdème pulmonaire : les alvéoles pulmonaires sont incom*- 
plètement rempUes et les petites bronches contiennent du' 
liquide gommeux. En faisant l'insufflation avec le soufflet,, 
on entend alors, en outre des râles crépitants fins, des râ- 
les muqueux à petites bulles qui se passent aux deux temps 
delà respiration et qui ont les petites bronches pour 
siège. 

Cette expérience nous donne Texplication du râle humide 
à petites bulles et aux deux temps de la respiration qui 
vient se joindre aa crépitant pur oa le remplacer ; mais 
ce derniei' peut être modifié eB4Xire de plusieurs fa^^ûjus 
dans le cours de la poeamenie. 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



65 



Bientôt, en effet, l'hépalisation sVitend à de grandes mas- 
ses du poumon et lorsque les infundibula d'une partie con- 
sidérable d'un lobe sont^remplis* par Texsudat soliile, le 
râle crépitant disparaît ou ne s'entend qu'à la périphérie de 
rhépatisation. Il est alors remplacé, dans le lieu primitive- 
ment affecté, par un bruit de souffle tùbaire s'efTectuant 
aux deux temps de la respiration, mais habituellement plus 
fort à Tinspiration qu'à l'expiration. 

Ce bruit de souffle n'est autre chose que le bruit bron- 
chique transmis à l'oreille par le tissu hépatisé, souffle qui 
n'est plus, comme à l'état normal, étouffé par l'air contenu 
dans les vésicules aériennes interposées entre la bronche 
et la paroi de. la poitrine. 

Mais assez souvent, soit au début de la période d'hépati- 
sation, soit à son déclin, un certain nombre des lobules 
pulmonaires situés dans la partie hépatisée reçoivent en- 
core de l'air et font entendre des bouffées de ràlêcrépita:nt^ 
bien que le souflle existe en môme temps. 

Le râle crépitant ne s'entend pas toujours en pareil cas 
dans les inspirations faibles, parce que la partie hépatisée 
est, par cela même, immobilisée, et que Fapi^l d air ne 
s'y fait qu'avec une grande dilflculté. Mais lorsqu'on fait 
tousser le malade, l'effort qui en résulte, l'expjiratiqn sacca- 
dée delà toux, et l'inspiratioiïqui la suit, font pénétrer ass3z 
d'air dans les lobules, restées perméables, pour que la dila- 
tation des alvéoles s'effectue en donnant naissance au râle 
crépitant. Il a lieu dans l'expiration môme de la toux, qui 
agit là comme une inspiration, et dans la grande inspira- 
tion qui suit la toux. 

S'il existe du souffle fen même temps que le râle crépi- 
tant se manifeste, le râle est modifié dans son timbre. 

La crépitation est alors plus intense, plus éclatante. Elle 
a quelque chose de déchirait, et Grisolle désignait cette 
variété du bruit pneumonique sous le nom de bruit de taffe- 
tas,parce qu'il ressemble à celui que -aitun morceau de taffe- 
tas neuf qu'on déchire^ Lu cause de ce bruit nous paraît 
bien simple à comprendre; c'est un phénomène de conson- 
nance ou mieux de résonnance : le son de la crépitation 
est renforcé par le souffle bronchique. (A suivf^e.) 



BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL 
Le service médical des prisons. 

> Au commencement du mois de mars dernier, les jour- 
naux ont mentionné la création dans les dépendances de 
la prison de la Santé d'un hôpital spécial où les prison- 
niers sérieusement malades des divers établissements péni- 
tentiaires seraient envoyés. Les journaux ajoutaient que le 
service médical serait confié à un médecin et à deux in- 
ternes des hôpitaux, c'est-à-dire à des personnes qui de- 
VTaient leurs fonctions au concours. 

Or, si nos renseignemejnts sont exacts, cet hôpital-pri* 
son serait à peu près installé ; mais il paraîtrait que l'ad- 
ministration, renonçant à sa première idée sur le mode de 
nomination du service médical, aurait décidé de les choisir 
directement. Le médecin aurait 2,4û0 fr. par an, soit 900.fr. 
de plus que les anciens médecins des priions ; les internes 
auraient 1,000 fr. et ils seraient en outre, logés, chauffés et 
éclairés. On voit que, selon une pratique que l'on croyait à 
jamais disparue, les places données à la faveur sont mieux 
rétribuées que celles qui sont obtenues par le concours, 
c'est-à-dire par le travail. 

Le médecin du nouvel hôpital sera-t-il pris parmi les 
médecins actuels des prison^? Dèi^ Umts qu'on rejsette le con- 
cours, cela ne serait qu'équitable. Dans le cas contraire, il 
serait difficile» d'approuver la conduite de l'administration. 

Cette circonstance nous engage à revenir sur un point 



que nous avons di^jà maintes fois signalé : L'administration 
devrait avoir le soin de faire connaître à l'avance les places 
yacanteo dont elle dispose. Grâce à cette publicité, les mé- 
decins qai penseraient remplir les conditions exigées par la 
fonction auraient la possibilité de faire valoir leurs titres 
et, de son côté, l'administration pourrait faire un choi* 
plus judicieux. Ce ne serait pas là, du reste, une innova- • 
tion. En effet, iiLyon, on procède de la sorte pour certaines 
, vacances méd icales. 

Des troubles trophiqaes et vaso-moteurs observés 
chez les hémiplégiq[ue3. 

A la dernière séance de la Sociéiéde biologie (voy, p. 66), 
MM. Ollivier et Baréty, ont communiciué, chacun de leur 
côté, le résultat de ^eurs recherches sur les difi'érentes 
lésions qui surviennent, dans la moitié du corps para- 
lysée, chez les hémiplégiques. — Ces lésions, qui varient 
quelque peu selon que Ton a affaire à des cas anciens ou à, 
des cas récents, ont été, de la part de M. Charcot et de sesj 
élèves, l'objet de publications assez multipliées (1). 

Dans les cas récents, la peau* du côté paralysé présente* 
des plaquas érythémateuses, de» ecchymoses, que l'on 
retrouve à te face interne du péricràne, des bulles, des 
phlyctènes, etc. Sur la fesse correspondant à l'hémiplégie, ^ 
on voit se développer tous les phénomènes auxquels on a . 
donné le nom de décu'jltics aigu (2). On a signalé des. 
ecchy -iioses de la plèvre, de l'hypérémie de la muqueuse 
des bronches, des congestions, de l'œdème, de rhépatisation 
dans le poumon du côté paralysé. -Quant à l'apoplexie 
pulmonaire, bien quelle soit plus rare, elle n'a pas échappé 
aux observateurs (3). — Nous mentionnerons encore le« 
ecchymoses qui intéressent l'endocarde, la muqueuse de 
Teslomac, des intestins, de la vessie, etc. (4). 

L'œdème des membres paralysés, relevé par M. Ollivîer, 
se rencontre parfois, en effet, ckez les malades atteints ré- 
cemment d'hémiplégie, mais- il est plus commun dans les 
cas anciens (5). On peut voir actuellement dans le service 
de M. Charcot, une malade qui offre cette complication. 
Quant aux arthropathies des hémiplégiques, elles ont été 
soigneusement décrites par M. Charcot ; il est donc supeiV" 
flu d'insister sur ce sujet (6). Toutefois, nous citerons Ife^' 
fait suivant : chez une malade hémiplégique depuis plu- 
sieurs années, nous avons trouvé, dans plusieurs jointures 
du côté paralj'sé, des dépôts d'urate de soude : c'esiencoare 
là une lésion à joindre aux précédentes ("7). 

Il nous a semblé utile de rappeler ces différents travaux 
que les faits recueillis par MM. Ollivier et Baréty, viennent 
corroborer. Les communications de MM, Ollivier et Baréty 
auront assurément le mérite d'éveiller de nouveau l'atten- 
tion sur ces questions et engage^ont les observateurs à 
consigner avec soin toutes les particularités qu'ils verront 
apparaître du côté des membres paralysés chez les apopleo 
tiques. 

(1) Charcot. — ^ . Z^fona sht (es maladies d* système MSrv&msy 1®^ el 2? 
fascicules* — Société dt biologie, 1869 et 4870. 

(2) Cliarcot. — Loc. cit., p. 81. — Société de biologie. 

(3) Voyez : Rostan, Dictionn. en 30, tome xxvi; — Bouraevillc, Mouv. 
méd,, 18b8, n®* 25 et 26 ; — Études cliniques et tkeynt,y etc., preîîiifere partie, 

(4) Charcot. — Zcr. dt., leçon iv, etc. 

(5> Nous en avons communiqué un exempk & )â Btûiêtfammm. m^ ^ 
1868. — Vo^ awai BriMpelMC- : ÉtvOe mt gmIfÊm paùtts de-ia Hméi»* . 
tigm ês9 kémipléftea réoêiKtegf Mê6. 
. (6) Cb«rcal. — Lsc cif, p. IQOe 

(7) Charcot. — Loc cit., p. 103, en note, et Boumeville, loc. ctt,. p. 58. 



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66 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



SOCIÉTÉS SAVANTES 

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 
Séance du 4 4 juilleL — présidence de "M. Laboulbène 

M. BouGH^ftD a étudié quelles pouvaienV être les altérations 
des humeurs dans certains cas d'intoxication saturnine pro- 
fessionnelle. Il passe successivement en revue ceux dont lu- 
line contient de Talbumine et ceux donM'urine n*en contient 
pas. I 

' Chez les intoxiqués actuels^ en ce moment en puissance de 
graves accidents, la quantité des urines est considérablement 
diminuée; non point par imperméabilité du rein, mais par 
absence d*abâorplion d'aliments liquides ou solides. Les malades 
ne boivent pas; aussi excrétent-ils à peine le iiî, le 1i3, le 1i6 
de la quantité normale d'urine. Cette urine est bien un peu 
plus dense, mais cette augmentation de densité est loin d'être 
proportionnelle à la diminution du Ifquide. D'qù Ton peut 
conclure que la quantité absolue des matières solides séparées 
, par les reins est beaucoup moindre. Cette diminution porte 
non-seulement sur l'urée^ mais encore sur Tacide urique, 
Tacide phosphorique, etc. Seules les matières colorantes aug- 
mentent et l'on peut en trouver de 10 à 20 fois plUs. Elles 
proviennent de la rapide destruction des globules, cause de la 
prom|)te anémie des saturnins. 

Lorsque les accidents s'apaisent, que les malades vomissent 
moins et ne rejettent pas toutes les boissons qu'ilsingurgitent, 
lesAirines augmentent et se rapprochent de l'excrétion nor- 
male. Cependant la quantité d'urée est encore bien moindre; 
on en trouve à peine la moitié et cela chez des individus man- 
geant comme avant Tintoxication. Les matières colorantes sont 
fort abondantes ; elles s'étaient accumulées dans le sang, et si 
elles n'ont pas été déjà séparées par le rein, c'est que la .quan- 
tité d'eau contenue dans le sang était trop peu considérable 
pour les entraîner avec elle. 

Lorsque le plomb cesse d'agir, que les accidents dispa- 
raissent , les urines paraissent normales, les matières .colo- 
rantes diminuent; mais il subsiste encore des troubles du 
côté de l'excrétion de Turée et de l'acide urique qui est à peine 
la moitié de ce qu'elle est d'ordinaire, en dehors de l'intoxica- 
tion. Donc les modifications de l'urine persistent longtemps, 
et ces mpdifications paraissent dues non à l'imperméabilité 
du rein, non à l'élimination par quelques voies supplémen- 
taires comme la muqueuse stomacale, par exemple, mais bien 
à une moindre désassimilation. Les éléments anatomiques 
s'oxydent moms et fournissent moins d'urée. 

M. Bouchard ne croit pas non plus que l'on doive accepter 
les idées de Garrod sur la pathogénie de la goutte : Dans la 
<;■ goutte, le rein n'est pas imperméable ; il n'est pas primitive- 
ment atteint, et si l'acide urique s'accumule dans le sang. Ce 
n'est pas qu'il ne puisse être séparé par le rein, mais c'est que 
sa production est beaucoup plus rapide. 

M. EsBACH a commencé une série de recherches sur les 
usages des intercostaux et du diaphragme. Voici les conclu- 
sions auxquelles 11 est arrivé : les intercostaux sont élévateurs 
dans leur portion chondro-sternale. Ils sont encore élévateurs 
par la moitié antérieure de leur fibres corto-costales et abais- 
seurs par la moitié postérieure des mômes fibres. 

M. Ollivier a déjà, dans une précédente séanœ^ entretenu 
la société des hémorrhagies qui peuvent survenir chez les 
hémiplégiques. Il les a observées plusieurs fois et non-seule- 
ment sous la peau, dans les articulations, mais encore dans 
les parenchymes pulmonaires et rénaux. Ces hémorrhagies 
siègent toujours du côté de l'hémiplégie, du côté opposé à la 
lésion encéphalique. Jusqu'alors ces faits étant restés inaper- 
çus et en consultant les recueils périodiques on en trouve à 
peine quelques cas notés ça et là. Mais si les pathologistes 
s'en étaient peu préoccupés, les physiologistes avaient appelé 
l'attention sur ce sujet. Et c'est môme une communication de 
If. Vulpian sur les lésions rénales, qui a donné à M. Ollivier 
^ lldée 'de hâter ses recherches et de dépouiller ses observations, 
car déjà il avait remarqué ces quelques particularités. 

Toutes les lésions cérébrales et quelque soit le siège qu'elles 
occupent, peuvent-elles produire ces hémorrhagies? Par ses 



\ 



recherches, M. Ollivier a reconnu que dans tous les cas, qu'il 
avait recueillis il y avait soit une rupture des ventricules laté- 
raux, soit unépanchementsous les méninges, soit même une 
hémorrhagie méningée. Peul-ètreles hémorrhagiescérébrales. 
dans ré])aisseur des hémisphères peyvent-elles aussi produire 
les altérations que nous signalons, mais alors tout à fait ex- 
ceptionnellement. Quant au mécanisme de ces hémorrhagies 
il s'explique facilement par des troubles moteurs. Lavaso- 
paralysie amène d|abord de l'hypérémie, puis l'hémorrhagie 
peut survenir. 

Outre les hémorrhagies. on peut encore trouver des hydro- 
pisies, des anasarques unilatérales, et toujours du côté opposé 
à la lésion. M. Ollivier vient d'observer un fait de ce genre : il 
s'agit d'une femme de 6t ans qui, à la suite d'une attaque 
apoplectique, a vu survenir un œdème considérable du 
membre supérieur, et du côté apposé à la lésion cérébrale. 

M. MUBON a, lui aussi, observé des hémorrhagies rénales 
dans des cas de lésions du cerveau. Il en a trois cas, très- 
présentç à la mémoire. Ici encore, il y avait croisement ; à 
l'autopsie on avait pu constater une altération de la substance 
corticale. 

M. BARRÉTY Vient lire ^n mémoire, précisément sur cette 
question des altérations cérébrales, et de leur retentissement 
sur l'économie, f ayant pour titre: De quel2ues modifications 
pathologiques dépendant d' hémorrhagies ou de ramollissements 
circonscrits du cerveau et siégeant du côté de la paralysie ou 
soit du côté opposé à V affection cérébrale. Il a recueilli 48 obser- 
vations en compulsant les auteurs, entr'autres l'atlas de 
M. Cruveilhier et le livre de Bennett. Il a trouvé, lui aussi, que 
les lésions hémorrhagiques que Ton peut rencontrer dans la 
peau, le tissu cellulaire sous-cutané, les 'articulations, le 
tissu sous-pleural, les divers parenchymes, — il a trouvé 
disons-nous^ que ces lésions siégeaient du côté de l'hémiplégie. 
D'après ces observations les altérations cérébrales ainsi com- 
pliquées, se rencontreraient surtout au niveau des corps striés. 

P. R. 

ACADÉMIE DE MÉDECINE 
Séance du 1 5 juillet. — Présidence de M. Depaul. 

Après le dépouillement de la correspondance, M. le Dr 
Tholozan, médecin du Shah de Perse, lit un travail , inti- 
tulé : Considérations sur le développement des grandes épidémies 
de choléra ; l'auteur s'attache à prouver que les Indes ne sont 
pas le foyer unique du fléau, mais qu'il prend aussi naissance 
dans d^autres pays tels que TAfganistan, le Turkestan. 

M. Fauvel ne partage nullement cette manière de voir. 

La discussion sur la réorganisation du corps de santé milU- 
taire est à Tordre du jour. Nous reproduisons tout d'abord 
les conclusions du rapport de M; Broca : 

« En conséquence, Messieurs, vos commissaires vous proposent à l'una- 
nimité de répondre à M. le Ministre, au sujet des réformes que va nécessiter 
la réorganisation do l'armée et au nombre desquelles figure celle du corps des 
officiers de sanîé militaire : — !<> le système de la fusion de la médecine 
et de la pharmacie militaire doit être rejeté, comme préjudiciable aux intérêts ' 
de l'armée ; — 2® L'organisation actuelle du service de santé militaire ne ré- 
pond pas aux besoins et aux intérêts de l'armép. Il est nécessaire que ce 
service soit placé sous la direction d'un chef compétent et pris dans son 
sein ; — 3*> L'autonomie du service de santé entraîne comme conséquence lo- 
gique la subordination de la pharmacie à la médecine dans l'armée. » 

M. BussY, membre démissionnaire de la commission ainsi 
que MM. Gobley et Poggiale^ monte à la tribune pour expli- 
quer sa conduite. Il n'a pas voulu mettre son nom au bas d'un 
rapport émanant d'une commission dont la majorité était 
évidemment défavorable à la pharmacie militaire. Au reste 
les réformes proposées sont loin de le satisfaire et il préfère de 
beaucoup l'état actuel des choses. 

M. PoGGiALE, dans un long discours dont dont il ne lit 
qu'une partie, vient aussi soutenir les droits des pharmaciens 
militaires, qui doivent avoir le môme rang et être les égaux 
des médecins et non leurs subordonnés. La régularité du ser* 
vice et le bien des malades exigent qu'il en soit ainsi. 

M. le Secrétaire perpétuel, rappelle que l'Assemblée natio- 
nale a commencé à examiner le projet de réorganisation de 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



6T 



l'armée, qu'il y a donc urgence pour TAcadémle à faire connaî- 
tre au plus vite son opinon sur le service de santé. 

^ M. Larrey fait observer qu'aucun des orateurs précédents 
n a répondu au rapport de M. Broca. Chez toutes les naUons 
étrangères la pharmacie militaire est subordonnée à la méde- 
cine, 

M, Chauffard demande que ceux qui prendront désormais 
la parole discutent seulement le rapport de M. Broca. 

M. Lbgouest, lit des passages d'un rapport d'un membre 
de la commission de réorganisation de l'armée, dans lesquels 
Il est dit que les pharmaciens militaires conserveront leurs 
positions actuelles. Il cite en outre des rapports officiels déjà 
anciens, d'après lesquels la subordination de la pharmacie 
militaire a la médecine était admise. 

M, Gaultier de Claubrt, demande que l'on discute uni- 
quement sur la lettre du ministre. Sur la demande de plu- 
sieurs membres, l'Académie décide qu'elle se réunira en 
Séance supplémentaire le jeudi, i7 juillet, pour continuer la 
discussion, G. d B 

SOCIÉTÉ ANATOMIQUE 

Séance du\^ mai. — présidence de m. charcot 

Anévrysiiie de la crosse de l'aorfe, par Liouville. 

M. I.IOUVILLE présente un anévrysme de la crosse dé l'aorte ' 
et donne les renseignemsnts suivants : Il s'agit d'un homme 
âgé de 48 ans, qui est entré à THô tel-Dieu (service de M. bé- 
HiER), avec une bronchite emphysémateuse. Quelque temps 
après son admission il fut pris tout à coup d'une hémoptysie : 
Pendant deux ou trois minutes, il rendit des flots de sang 
rouge ; puis, il fit une large inspiration et succomba après 

I quelques convulsions de la face. On pensa à une rupture 
vasculaire d'un conduit important effectué dans l'arbre 

I aérien. 

I A rautopsU, nous découvrîmes un anévrysme de la crosse 
de l'aorte, siégeant à 4 centimètres des valvules sigmoïdes. et 
offrant un diverticulum qui communiquait avec la bronche 
gauche par un orifice de la dimension d'une tète d'épingle. 
Cet orifice était mamelonné et à demi oblitéré par un caillot* 
C'est à cette perforation ^qu'était due l'hémoptysie si rapide- 
ment foudroyante. L'examen des ramifications bronchiques 
y fit voir des coagulations sanguines comme si l'on . avait 
affaire à une injection de ces divisions. Des parties de lobes 
pulmonaires offraient des noyaux durs, rouges, apoplectiques. 
Une des artères émergentes de l'anévrysme. la carotide pri- 
mitive gauche, était absolument oblitérée, dans une grande 
étendue, par un caillot d'apparence ancienne. L'artère était 
un quart moins grosse que l'artèrp correspondante du côté 
opposé qui, elle, paraissait môme avoir subi une certaine di- 
latation anormale dans toute sa longueur. La sous-^lœoière 
gauche était libre ainsi que \qs carotides ifUemes jet externes. Le 
cerveau ne présente rien d'anormal. 

M. OIRALDÈ8 rappelle qu'on a maintes fois si^alé ^es oblitérations arté- 
riels en pareil cas ; mais il ne saurait dire si c'est par le même mécanisme. 
quQ dans le fait actuel . 

M. CHARCOT. M. Liouville a insisté sur la formation de certains foyers 
héàiorrhagiques pulmonaires. J'ai vu. chez des vieillards succombant 
a des hémoptysies abondantes, l'autopsie demeurer négative. Y a-t-il alors 
des anétrysmes miliairti ? Je ne sais ; mais quelquefois on rencontre sur 
les divisions de l'artère pulmonaire des anévrysmes, gros comme igi pois, 
analogues à ceux qui existent à la base du cerveau » En pareille circons- 
tance, on observe des foyers eccbymotiques> semblables à ceux' qu'a men- 
tionnés M: Liouville. 

V. LiouTiLLB a noté tout récemment, dans un cas observé avec M. Bé- 
Mer qui en a fait l'objet d'une de ses cliniques, les mômes noyaux apoplec- 
^es pulmonaires, chez un tuberculeux, dgéde 42 ans, qui est mort d'une 
hémoptysie foudroyante ayant duré quelques minutes seulement. Le malade 
paraît aussi avoir fait une largQ inspiration, à la suite de laquelle il eut 
<ïuelques convulsions faciales, puis la mort. 

ABéYTysme gaépi de la crosse de. l'aorte, par Liouville. 

M. LIOUVILLE montre à la. Société un anévrysme de la crosse de 

VaorteiTouvé à Tautopsie d'un homme de 50 ans.Get anévrysme 

était guéri. En efifet, on voit actuellement une tumeur asse;^ 

dureayant les dimensions d'une gross&amande placée à la face 



antérieure de Taorte et simulant un volumineux ganglion- 
Une incision ayant été pratiquée.on trouva qu'il s'agissait d'une 
poche comme kystique, remplie d'une sanie semi-puriforme, 
granuleuse. A l'intérieur de l'aorte, on aperçut un petit ori- 
fice situé à deux centimètres au-dessus des valvules sigmoï- 
des, qui est froncé avec endartérile, et qui communiquait 
très-facilement avec la tumeur. Il y a donc eu, à une certaine 
époque, une large communicaUon entre l'aorte et la poche 
aujourd'hui modifiée. C'est là un mode de guérison fort inté- 
ressant à relever de quelques anévrysmes de l'aorte. 

Dans cette séance, M. Hanot a fait voir nn anévrysme du oéut. 

•■ -.««i^l l ^ Cl » » " -— '- • . 

REVUE DE THÉRAPEUTIQUE 

Du protô-ehiorarederer,et de remploi de ee médicament ea 
thérapeatiqiie. 

Depuis quelques années la thérapeutique, est entrée dans 
une vçie nouvelle qui relèvera au rang des autres branches 
mieux développées de la médecine. 

« Nous ne pouvons plus nous contenter de savoir qu'un 
» médicament guérit, nous voulons savoir comment il opère, 
» car appuyés sur cette notioQ, et sur celle de l'état morbide 
» nous agissons en connaissance de cause. » (1) 

L'auteur dont nous rapportons ici les paroles et qui a étudié 
un grand nombre de médicaments a contribué par ses travaux 
à la propagation de la méthode nouvelle qui doit être définiti- 
vement adoptée pour les recherches sur les effets physiologi-' 
ques et thérapeutiques des substances médicamenteuses. 

Cette méthode rigoureuse et si féconde en résultats' a été 
suivie scrupuleusement dans l'étude du corps qui doit nous 
occuper ici, et c'est à elle sans contredit que M. Rabuteau est 
redevable de la découverte des propriétés toutes spéciales du 
proto-chlorure de fer,puisqu'elle la guidé dans ses expérimen- 
tations et l'a conduit à des résultats que la thérapeutique a 
grandement confirmés. Nous allons présenter au lecteur le ré- 
sumé de ces travaux qui ont été déjà publiés en partie (2). 

Après avoir constaté que le proto-chlorure de fer ne coagu- 
lait pas l'albumine, caractère qui le distingue essentiellement 
, du perchlorure, M. Rabuteau a pensé que ce sel ingéré dans 
.lés voies digestives devait être absorbé avec la plus grande fa- 
cilité, . et nous verrons que les faits ont démontré la justesse de 
ses prévisions. 

Chez des chiens il a introduit dans l'estomac une solution 
soit aqueuse soit alcoolique de proto-chlorure de fer à la dose 
de 20 à 50 centigrammes dans 40 grammes de véhicule. Trois 
heures après, ces chiens étaient sacrifiés et à ce moment, que 
les animaux fussent à jeun ou non, on retrouvait à peine des 
traces de sel ferreux dans l'estomac ou dans les intestins, U 
avait été absorbé presque complètement. 

Chez d'autres chiens M. Rabuteau retirait 40 à 50 grammes 
de sang normal et dosait [le fer qu'il contenait à l'aide du 
procédé Margueritte, procédé d'une sensibilité tellement exquise 
qu'il permet de reconnaître âuïïffôô de fer en solution aqueuse. 
Trois jours après lorsqu'il pensait que cette perte de sang in- 
signifiante du reste avait été réparée, M. Rabuteau faisait pren- 
dre à ces animaux une dose de proto-chlorure de fer. 

Trois heures après Testomac et les intestins ne contenaient 
plus que des traces du sel ferreux administré; le sang au con- 
traire en contenait un excès très-notable sur la quantité trouvée 
dans la première analyse. Par celte expérience se trouvait dé- 
montrée d'une manière rigoureuse combien l'absorption du 
proto-chlorure de fer était facile et rapide. 

M. Rabuteau est allé plus loin : il a fait voir que ce ferrugi- 
neux si éminemment absorbable, si méconnu jusqu'alors était 
le ferrugineux normal et que ce n*était que par sa formation 
secondaire dans ï'estc*mac, lorsqu'elle était possible, qu'agis- 
saient les autres préparations ferrugineuses souvent si incons- * 
tantes. 

Il fut un temps où il était admis par un certain nombre de 

- * - '■■■ 

(1) Rabuteau. — Éléments de thérapeutique et de pharmacologie, 

(2) Union médicale, mars 1 872. —Comp/M-reniiw des séances ds V Académie 
dis sciences, 487 i. 



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68 



LE PROGRÈS ^MÉDICAL 



physiologistes que Tacide normal du suc gastrique était l'acide 
lactique, mais cette opinion fut rapidement combattue par des 
physiologistes et des cliniciens du plus grand mérite, citons' 
Longet parmi les premiers, Trousseau parmi les seconds, tout 
le monde connaît le traitement de Trousseau, par l'acide chlor- 
hydrique étendu lorsqu'il ne trouvait pas dans le suc gastri- 
que rénergie nécessaire à la digestion. Aujourd'hui cette opi- 
nion est généralement admise, professée à la Faculté de mé- 
decine par soiî doyen M. Wurlz, par M. Béclard professeur de 
physiologie et démontrée par des expériences précises qui ont 
établi que le suc gastrique contient normalement environ 3 
millièmes d'acide chlorhydrique, conformément aux opinions 
dé Schmidt. Sans doute dans Téchelle animale la môme com- 
position se reproduit car il a été donné à MM. Rabuteau et Pa- 
pillon pendant leur dernière mission scientifique, et dans le 
cours de leurs travaux dans le laboratoire de M. Goste, établi 
en Bretagne sur les bords de l'Océan, de constater dans le suc 
gastrique de divef s poissons, entre autres des raies et des 
squales, la présence incontestable de Tacide chlorhydrique(l) 
et lorsque par hasard on rencontre l'acide lactique dans l'es- 
tomac ou dans l'intestin, il ne s'y trouve pas comme un pro- 
duit de sécrétion, mais bien comme le résultat d'altération ou 
da fermentation des matières amylacées. 

Ce point établi, il est évident que le proto -chlorure de fer 
est le sel dans lequel doivent se transformer en dernière ana- 
lyse les divers ferrugineux insolubles ou les ferrugineux à aci- 
de chimiquement faible, les seuls du reste ou à peu près qu'on 
puisse employer, et qui deviennent nécessairement infidèles si 
lesuc gastrique n'a plus sa composition normale comme dans 
certaines dyspepsies chlorotiques. Enfin M. Rabuteau ayant 
rçcueilli parfois jusqu'à A\t litre de suc gastrique provenant 
de chiens munis de fistule stomacale, et l'ayant traité par du 
carbonate de fer récemment précipité, il a pu constater la for- 
mation d'un sel ferreux, et c'était du proto-chlorure de fer. 

Une fois établi par l'expérimentation que le protochlorure 
de fer est le ferrugineux prototype dont la formation dans 
l'estomac est indispensable, et que son absorption est très- 
rapide, il restait à M: Rabuteau à confirmer cliniquement les 
résultats chimiques et physiologiques qu'il avait obtenus, 
mais avant" de s'adresser aux malades, il voulut expérimenter 
SUT lui-môme et sur des personnes bien portantes. ' ' •' 

'Le proto-chlorure de fer fut adminiatrô en solution dans de 
Peau sucrée simple on dans de l'eau sucrée et alcoolisée, soit 
à j^un, soit au moment du repas : jamais il ne se manifesta 
de troubles du côté des fonctions ligestives, jamais il n'ob- 
serva de constipation. Ce dernier point est d'une importance 
msgeure, car c'est l'écueil général de;5 préparations ferrugi- 
neuses, et sans nul doute, c'est aux raisons énoncées plus haut 
que le proto-chlorure de fer doit, de ne pas présenter ce grave 
inconvénient. • 

Dès lors M. Rabuteau commença ses expériences au lit du 
malade, et plusieurs services des hôpitaux furent mis à sa 
disposition par les médecins qui les dirigeaient. A la Charité, 
dans le service du professeur G. Sée; à la Pitié, dans celui de 
M. Lancereaux, il put prendre des observations dont phisieurs 
ont été publiées en 1871 . 

Peu après, MM. Potain et Laboulbène, Professeurs agrégés à 
la Faculté et naédecins des hôpitaux, expérimentèrent ce mé- 
dicament à rhôpital Necker; enfin un grand nombre d'autres 
médecins des hôpitaux ei des praticiens de la viUe^ MM. Th. 
Anger et Reliquet entre autres l'ont également expérimenté. 

Dans tous les cas il a été constaté que le proto-chlorure de' 
fer était parfaitement toléré, même par des sujets qui n'avaienlT 
jamais pu supporter d'autres préparations ferrugineuses et 
(tè!6 noDrseulement il ne produisait jpas dt cotutipation^ mais 
que souvent il la faisait disparaître, non pas en exerçant une 
aetien purgative, mais en guérissant Tétat pathologique qui 
ravalt déterminée. 

Les effets thérapeutiques ont été rapides et énergiques : chez 
des femmes diont les règles avaient cessé depuis un grand 
nombre de mois, l'amenorrhée'dispanit : chez d'autres atte^ 

(l] Comptes^endut des séances de VAcadé/nie des scienees, U juillet iAT^t 
comptes-vendus de la sociét€ de Biologie, 12 Juillet 1873. 



tes d'un état chloro-anémique persistant depuis longtemps et 
d'autant plus grave que les autres ferrugineux ^'étaient J»s 
supportés, le proto-chlorure de fer modifia rapidement léUt 
pathologique et ramena en peu de temps les fonctions diges- 
tives à leur état normal. Il devait en être ainsi, car cet^ pré- 
paration ferrugineuse n'a pas besoin de lintervention du suc 
gastrique pour être rendue assimilable, comme nous l'avons vu 
p^écédemme^t, et son absorption se fait rapidement. • 

Cette absorption facile et à peu près totale du proto-chloture 
de fer, fait que l'on pourrait presque déterminer d'avance et 
d'une manière pour ainsi dire mathématique le moment de 
l'amélioration et de la guérison de la maladie, en fondant ses 
calculs sur la quantité de fer que l'organisme aurait perdu. 
Supposons par exemple qu'un malade ait perdu le quart de 
ses globules, c'est-à-dire environ de 55 à 60 centigrammes de. 
fer, car on sait que le sang de l'homme contient environ 2 gr. 
267 de ce métal, en administrant chaque jour ^0 centigrammes 
de proto-chlorure de fer et c'est la doçe le plus favorable, U 
faudra en tenant compte de la perte possible environ de 15 à 
. 20 jours de traitement pour que la guérison soit à peu près 

complète. , . 

Ce résultat acquis par l'expérience est facile a comprendre 
puisque les globules rouges se régénèrent avec rapidité dans 
un milieu contenant les matériaux nécessaires a leur compo- 
sition. , j. j . . * .• 

Tîn0 difficulté se présentait, c'était le mode d administration 
du proto-chlorure de fer, extrêmement déliquescent et altéra- 
ble à lair d'un côté, et dfe l'autre ayant au maximum le 
goût styptique de sels de fer que tant de personnes ne peuvent 
supporter, ^ i^ 

La grande altérabilité de ce corps ne permettant pas ae le 
conserver pur pendant un long temps, il est tout à fait impos- 
sible d'en faire des préparations magistrales sérieuses; on M 
peut l'avoir pur et le conserver indéfiniment que par des pré- 
parations officinales. ^ , 

C'est dans ce but que M. Rabuteau a imaginB pour, répondre 
aux besoins de la pratique médicale, de le présenter de deux 
façons : la première sous forme de dragées qui masquent 
admirablement le goût <Ju sel de fer et sont faciles à prendra 
Chaque dragée contient 0,025 milligrammes de proto-chlorur» 
de fer, et deux, matin et soir, suffisent en général : ce n'est 
.qu'exceptionnellement qu'on est obligé de dépasser cette dose. 

Mais certaines personnes ne peuvent arriver à avaler.les 
dragées, il a fallu penser à une préparation agréable et facile 
à prendre même pour les enfants, c'est ce qu'a fait M. Rabu- 
teau pour la seconde préparation. "^ 

Il fait dissoudre le sel ferreux dans un sirop alcoolique et 
aromatisé, dit'élixir, dans <Je telles proportions qu ime cuille- 
rée d'élixir correspond à une dragée : de cette manière les 
dragées et l'élixir peuvent satisfaire au goût de tous les mala- 
des et permettre au proto^chlorure de fer, d'entrer sans diffi- 
culté dans la thérapeutique non-seulement des hôpitaux, 
mais encore de la ville où le médecin rencontre si souvent des 
obstacles insurmontables, dans la susceptibilité et la répu- 
gnance de ses clients. 

M. Rabuteau, guidé par sa méthode a fait connaître bon nom- 
bre de médicaments, et depuis l'apparition de son ouvraçe un 
certain nombre d'entre eux ont pris rang dans la thérapeuti- 
que; mais pas un d'eux n'a l'importance du sel ferreux dont 
nous venons de retracer l'histoire, et le plus grand service 
qu'il ait rendu à l'art de guérir, est incontestablement d'avoir 
fait connaître et d'avoir vulgarisé l'emploi du proto-chlorure 
de fer, 

V. BreetloB Ineomplète 4a péais, par variées de la veine dov- 
sale, gaérte pa» vmt lafeellMi de diloral. Par M. F. Pabona. 

(Giomaîe italiano deîle malattie Veneree e délie malatHe delUt 

pelle. — avril 1873.) 

Le sujet de tiette intéressante observation est nn jeu]}^ 
homme de 30 ans. Livré à la masturbation, quoique modéré*- 
raent, jusqu'à 18 ans, il lui fut impossible de mettre son pénis 
en érection, la première fois qu'il essaya le coït. Apre» pet 
échec, il renonça aux fenunes^ et contihua à se satisfaire lui» 



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LE PROGBS» MÉDICAL 



même. Trois ans après, à l'occasion d'une orgie, il tenta encore, 
'fi^t malgré l'insufiQsance de réreclion il put copuler ; mais il 
«ontractaune blennorrhagie qui dura 4 ou 5 mois. Le médecin 
<ivû fut consulté, attribua cet état à une lésion nervetise, et 
malgré les moyens employés, la maladie continua. 

Ce fut alors que M. Parona vit le malade. L'érection était 
incomplète, par défaut de turgescence du gland, et la reine 
<lorsale était variqueuse. Il y pratiqua une injection de chlo- 
xal.— 2 jours après l'érection devint complète, et même très- 
tdouioureuse; ce qui motiva remploi du bromure de potassium 
à l'intérieur. Une semaine après le malade put reprendre ses 
occupations. 

Gomme lé gland était insensible, l'auteur insiste sur le rap- 
port qui existe entre la sensibilité du gland et le phénomène 
<ie l'érection qui est expliqué tout au long dans la physiologie 
de Liégeois. 

Quant à l'usage du chloral. il avait déjà été employé par 
Porta, dans le traitement des varices des jambes. M. Parona a 
«u non-seulement le, mérite d'en trouver Tindication dans ce 
cas insolite, mais surtout d'arriver à un diagnostic, dont la 
difficulté a été rendue évidente par les erreurs qui avaiQpt été 
commises. G. M. 



PHARMACOLOGIE 

phosphate de cémivx. Modes «riadministrmtlon — ladfe»- 
tloBs iMrap^evtiqoes. 

*L.e phospbatede chaux n'a été employé pendant longtemps 
<iu'a titre d'absorbant. — Les inductions théoriques, parfaite- 
ment justifiées d'ailleurs, qui ressortaient des belles expé- 
riences de Chossat, l'avaient fait placer il est vrai au premier 
rang parmi les agents reconstituants de l'économie, mais les 
essais tentés dans ce sens n'ayant donné que de très-faibles 
résultats, il était rapidement tombé dans l'oubli. 

Depuis cinq ou dix ans cependant, les expériences ont re- 
commencé sur une large échelle, et aujourd'hui le phosphate 
4e chaux tend à se généraliser à Tégal du fer et du quinquina, 
^'il dépasse certainement d'ailleurs, par son efficacité et la 
multiplicité de ses indications. 

A. quoi peuvent tenir ces divers mouvements de l'opinion 
médicale? Peu de médecins sont au courant de la question 
<ioat on ne trouve nulle trace dans les liyres classiques, aussi 
naus a~t-il paru intéressant d'en dire quelques mots. 

On donnait autrefois le phosphate de chaux sous la forme 
découdre d'os pu de corne de cerf calcinée. Or, comme il était 
alors parfaitement insoluble et par conséquent inabsorbé, on 
nepotivait guère lui reconnaître d'autre action qu'une action lo- 
cale. Pour qu*il produisit un effet quelconque surrorganisme.il 
fallait le faire absorber, et pour cela le rendre soluble. Or, on 
n'y est parvenu en partie que dans la dernière. période dont 
nous vejQons de parler. Ce n'est donc qu'à dater de ce moment 
qu'on a pu se xendre compte de ses propriétés thérapeutiques 
et que l'expérimentation a pu recommencer avec fruit. 

On a essayé d'abord \b phosphate gélatineux puis \^ laeto- 
phosphate de chaux, le pihosphate acide, le phosphate extrait de la 
substance corticale du Ué^ et enfîa le ichlorhj/dro^phosphate de 
cka/ux. Un mot sut ces divers préparations. 

he phosphate çéiaiineux, est presque aussi insoluble que la 
tcFToi^ de cerf; il suffit donc de le mentionner. 

Il en est de môme dM phosphate de chaux du Mé, malgré la 
prétention des ffuteurs decette préparation qui nous parais- 
. sent méconnaître complètement les conditions de solubilisa- 
tioû du phosphate de chaux. Quelle que soit son origine, en 
effet, il ne porte point en lui de soi-disj'nt ferment capable de 
le dissoudre. Gè n'est que dans l'estomac, et au contact de 
l'acide chlorhydrique du suc gastrique qu'une très-faible par- 
tie peut se dissoudre. 

Le laoto^phètphate êe chaux peut être aâmini^é à un cer- 
tain degré de la sohibillsation, mais on éommet une grave , 
erreur, lorsqu'on croit, comme beaucoup de médecins, donner 
un phosphate solublè en se servant du lacto-phosphate de 
chaux que l'on trouve dans le commerce à l'état sec. Ce der- 
nier, simple mélange d'acide lactique et de phosphate de 
chaux, n'est pas plus soluble que le phosphate ordinaire des 



pharmacies. Ce n'est qu'à l'éOert d'hydratation, que le phos* 
phate de chaux peut se dissoudre en partieau coniactde i'^ 
cide lactique. 

Cette préparation d'ailleurs, quoiqae permettajit d'obtenir 
des résultats thérapeutiques incontestables, ne récuse nulii»- 
ment le procédé employé par l'organisme pour opérer la dis- 
soluiion du phosphate de chaux des ahments. De plus, l'acide 
lactique n'ayant qu'un pouvoir dissolvant relativement faible, 
il en faudrait une grande quantité pour obtenir un produit 
concentré ,et qui serait alors très-acide. 

Le phosphate acide de chaux. — C'est le seul phosphate de 
chaux qui soit naturellement soluble. Mais comme il ne rea-' 
ferme qu'un équivalent de chaux au lieu de trois, Torganisme 
dans lequel il n'existe que du phosphate tribasique, serait 
obligé, pour produire ce dernier, de se livjrer à une opération 
chimique fort douteuse. De plus, l'extrême acidité de ce phos- 
phate ne permettrait pas d'en administrer une quantité bien 
considérable sous un faible volume, et il pourrait y avoir de 
graves inconvénients à se servir de fortes doses, en raison de 
l'excès d'acide phosphorique. C'est donc une mauvaise prépa- 
ration, et on doit la rejeter absolument, malgré la facilité de 
sou exécution dans toutes les pharmacies. 

T^ous en disons autant, pour les mêmes motifs, du'lacto- 
phosphate de chaux préparé avec le phosphate acide et le lac- 
tate de soude, d'après la formule de M. Ch. Ménière d'Angers 
(Répertoire de pharmade, 2^ janvier 1873.) M. Ménière, trou^ 
vant ûVec raison que le lacto-phosphate de chaux du com- 
merce est insoluble, propose de mélanger < gramme de lac- 
tate de soude el 4 grammes de phosphate acide de chaux dis- 
sous dans im peu d'eau distillée avec 395 grammes de sirop. 
Mais que vient faire alors lelactate de soude? Il est parfaite-, 
ment inutile. M'. Ménière n'a pas compris pourquoi on avait 
fait intervenir l'acide lactique dans ces préparations. 

Et puis, n'est-ce point une dérision, que pour absorber 2 
grammes dç phosphate de chaux, dose minimum pour une 
journée, il faille avaler 200 grammes de sirop ! C'est toujours 
cette même difficulté que nous avons signalée à propos du 
lacto-phosphate et du phosphate acide; on ne peut obtenir.de 
préparation suffisamment coe centrée, et l'analyse des produits 
qui sont dans le commerce le démontre péremptoirement. 

Le chlorhydro-phosphate de chaux est le dernier venu, et le 
seul qui nous paraît réaliser d'une façon complète les diverses 
conditions que nous devons exiger pour la bonne administra- 
tion d'un médicament. C'est tout d'abord la préparation la plus 
rationnelle, la seule physiologique, puisqu'à Tétat naturel le 
phosphate de chaux ne se dissout qu^à la faveur de l'acide 
chlorhydrique du suc gastrique. C'est celle qui, sous un même 
volume contient le plus de médicament, l'acide chlorhydrique 
ayant sur le phosphate de chaux un pouvoir dissolvant consi- 
dérable. 

Seulement, qu'on ne croie pas arriver à ce résultat en pre- 
nant simplement du phosphate de chaux ordinaire et en ajour 
tant suffisante quantité d'eau et d'acide chlorhydrique. Il ne 
s'en dissoudrait qu'une minime quantité, môme en mettaiït 
beaucoup d'acide. Le seul moyen d'obtenir une dissolution 
complète tout en employant très-peu d'acide, c'est d'agir sur 
du phosphate de chaux tribasique à l'état naissant et à Tabri 
du contact de Tair. C'est donc, et à ce point de vue, il faut le 
regretter, un médicament qu'on ne peut préparer dans les 
pharmacies sur ordonnance magistrale et d'une façon extem- 
poranée. Mais cet inconvénient , partagé d'ailleurs par les 
autres préparations, est suffisamment compensé par les avan- 
tages. que nous venons d'énumérer, par le peu d'acidité qu'elle 
présente, et enfin par cette qualité que seule elle possède, de 
joindre à l'effet reconstituant du phosphate de chaux l'effeft 
eupepUque de l'acide chlorhydrique éminemment favorable à 
la digestion et à Tassimilation. 

Il nous resterait à étudier les diverses indications thérapeu* 
tiques du phosphate de chaux, mais ce sujet det«nt nous «»* 
traîner trop loin,, nous nous contentons aujourd'hui de les 
indiquer, nous réservant plus tard d'entrer dans de plus longs 
développements. 

Le phosphate de chaux (mettons le chlorTiydro-pîïOsphate 
de chaux, puisque c'est la seule préparation que Poa doî*^ 



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•ÏO 



LE PROGRES MEDICAL 



employer), relève tout d'abord Tappétit, point fort important 
dans les maladies chroniques. 

Il facilite la digestion et Tassimilation mieux que tout 
autre médicament» et agit par là merveilleusement dans les 
dyspepsies, 3urtout celles qui proviennent d'ime altération 
des glandes à pepsine, dai^s Tassimilation insuffisante/ les 
anémies et les cachexies quelle qu'en soit l'origine. 

Dans lu chlorose et dans le nervosisme. le fer et les toniques 
habituels sont si fréquemment insuffisants, le chlorhydro- 
phosphate de chaux gj\ favorisant d'une façon toute spéciale 
la nutrition du tissu nerveux, s'attaque efficacement à la cause 
la plus puissante d'entretien de ces maladies. 

Dans la scrofule, le rachitisme, les maladies des os, les frac- 
tures, il agit comme reconstituant général et comme modifica- 
tion spécial, comme l'ont démontré Mouriès, le professeur 
Piorry, le docteur Blache, etc. 

Dans la phthisie où nos ressources thérapeutiques sont si 
bornées, c'est incontestablement le médicament qui au point 
de vue général a le plus de valeur. — Par son action sur la 
nutrition et rassimilation, en /élevant l'appétit et les forces, 
il met le malade dans les conditions les )>lus favorables à la 
lutte qu'il doit soutenir. — Et dé plus, c'est le seul médica- 
ment* qui puisse favoriser sérieusement la transformation cré- 
tacée des tubercules. — De nombreuses expériences qui se 
poursuivent dans ce sens ont déjà donné d'excellents résul- 
tats, et si tous les médecins voulaient s'en occuper, peut-être 
obtiendrions-nous des succès qu'on ose à peine entrevoir au- 
jourd'hui. — N'oublions pas en effet que la phthisie est incon- 
nue chez les chiens, et que rien ne peut expliquer cette im-^ 
munité, si ce n'est la grande quantité de phosphate de chaux 
quils absorbent hal^ituellement et qu'ils sont beaucoup plus 
aptes que nous à digérer. 

Solalion de ehloml dans le iraitement des ulcères iiiTéCérés. 

Le docteur Francisco a employé avec succès la solution sui- 
vante dans le traitement de 69 cas d'ulcères invétérés : 

Hydrate de cliloral 5 grammes. . 

Eau distillée 20 — 

Parmi ces observations, MM. Beaumetz et Hirne, auxquels 
nous empruntons cette formule, disent qu'il y en avait 5 con- 
cernant des ulcères phagédéniques. 



MÉLANGES 

Bougie de cire blanclie retirée de la vessie d'anc femme. 

Le 23 juin dernier une femme nommée V. Julie se présenta à la consultation 
de M. Frémy. se plaignant de violentes douleurs de ventre. Admise dans 
la salle elle fut examinée par l'interne du service qui ayant pratiqué le tou- 
cher vaginal, remarqua que le canal de Turèthre anormalement dilaté per- 
mettait facilement Tintroduction du doigt dans la vessie oùj'on sentait un 
corps dur volumineux qui évidemment était la cause des douleurs ressenties 
par la malade. Celle-ci raconta qu'urinant difficilement elle s'était introduit 
dans Turèthre une bougie de cire blanche qu'elle avait laissé choir par mé- 
garde dans sa vessie. — On la fit alors passer dans le service de M. le Dr 
Cusco qui dut procéder à l'extraction de ce corps étranger si bizarremer.t 
placé. Après plusieurs tentatives facilitées par la largeur du canal qui ad- 
mettait sans diiBcultés le doigt et de longues pinces, le chirurgien saisit la 
bougie par la môche, parvint à l'engager dans l'urèthre dans le sens de la 
longueur, et à extraire ce singulier corps étranger, dont l'extrémité arrondie 
avec soin au moyen d'u^ instrument tranchant, s'était incrustée légèrement 
de sels calcaires pendant im séjour de cinq semaines dans la vessie de la 
malade. Celle-ci sortait de l'hôpital quelques jours après parfaitement guérie 
et n'ayant donné de son accident d autres explications qu'une diiBculté d'uri- 
ner bien invraisemblable en présence d'un urèthre aussi complaisant. Cette 
femme est âgée de 52 ans. 

Quelques semaines auparavant M. le professeur Richet avait dû prati- 
quer Turéthrotomie externe sur un homme, qui s'était introduit dans l'urè- 
Un une épingle à cheveux par la portion coudée, sans doute aussi pour xux 
cathétérisme mal compris. D. 

Co^ps étranger deVœHophaLge.{Bwpulsi07l spontanée.) 

Dans la séance du 11 mai, le docteur Baraffio communique 

à. la Société médicale de Florence un cas de corps étranger des 

▼oie» dlgestives, que nous nous bornons à résumer. — Il s*afii^ 

d'un soldat aliéné qui avala une cuiller de grandeur ordinaire. 



Le médecin appelé n'en put constater la présence dans aucune 
région accessible à la main. Quelque temps après survint une 
forte dyspnée, en môme temps qu'une tuméfaction se fondait 
au-dessus du sternum. Ceci fut suivi d'un peu de calme, et 
grâce à un violent voûiissement la cuiller fut expulsée. 

Voici rinterprétalion que l'auteur de la communication 
donne à ce fait : 

La cuiller parcourut lentement rœsophage en produisant 
la dyspnée par compression des bronches, et de là, en arrivant 
au cardia provoqua les mouvements réflexes du vomissement. 
Par conséquent, le corps étranger n'arriva pas à restomac. 

Anthropopliagie pathologique. 

A l'hôpital de Jermo (Etats du Pape) se trouve enfermé un 
épileptique de 42 ans qui après avoir éprouvé de véritables 
attaques de fureur, a été pris d'un désir violent de manger de la 
chair humaine. Un jour il arracha avec ses dents toute la joue 
à un enfant. 

Echappé de l'hôpital, il s'en alla chez lui. Là il trouva une 
jeune enfant de 2 ans qui dormait]; immédiatement il s'élance 
sur elle et lui mange les fesses, la poitrine et les cuisses ; la 
malheureuse mourut deux jours après. Le redoutable épilep- 
tique surpris par sa femme, s'en alla et gagna la campagte. 
Rentré chez lui il s'élance sur sa femme, celle-ei lui résiste 
avec énergie, mais le mari s'empara d'un enfant de 5 ans que 
sa mère portait sur ses bras Un violent combat s'engagea 
alors et l'enfant fut sauvé. Le malheureux père de famille fut 
saisi, attaché et conduit en prison, ; d'où il fut transporté à 
l'hôpital. ^^ 

Glironique des hôpitaux 

Hôpital de la Charité.— Service de M. le professeur Gosselin,, clinique 
les mardis, jeudis, samedis. — Salle des femmes : 6. ulcération crouteuse à 
la face antérieure de la lèvre supérieure droite ; noyau labial probablement 
gommeuz à gauche, aphonie; — 12, Bubon suppuré et syphilis constitu- 
tionnelle ; début de psoïte à droite avec douleur dans le geno^ ; — 13, grosse 
hernie sus-oiiibilicale ou de la ligne blanche, irréductible pour la portion épi- 
ploïque, réductible pour la portion intestinale. Inflammation; — 10, anky- 
lose angulaire presque complète du genou droit, consécutive à ime arthrite 
blennorrhagique/ — Kyste multiple de l'ovaire ponctionné quinze fois depuis 
cinq ans ; tumeur pelvienne concomittante probablement kystique. — Salle 
des hommes: — 2, tarsalgie au 3*^ et peut-être môme au 4* degré j — ' 
19, Anévrysme poplité droit, spontané et indolore; un peu d'œdème; — 
40> fracture du premier métatarsien — nécrose probablement syphili^ue 
d'un cartilage costal gauche et du sternum. 

Service de M. Bernutz. — Examen au spéculum pour les malades da 
la salle et du dehors le samedi. — Salle St-Ferdinand .' 13, homme de 
33 ans alcoolique ; diagnostic à faire. (DèUrium tremens, méningitei typhoïde}? 

Hôpital Lariboisière. Service de M. Woilez. — Salle Landry. Hommes: 
N°® 4, 5 et 13, pleurésie; — n®. 11. Contagion pulmonaire idiopathique ; — 
n® 17, Maladie de Bright. — Salle Ste-Mathilde (Femmes) : N° 2. Conges- 
tion pulmonaire idiopathique ; — n** 13 . Apoplexie pulmonaire ; — aflec* 
tion cardiaque ; — n" 18. Rougeole boutonneuse; — • n** 19. Pleurésie à 
gauche ; — n® 23. Corps fibreux de l'utérus ; — accidents de péritonite. 

Service de M. Tillaux. Opérations tous les mercredis. — Examen des 
malades par les élèves. — Salle St-Louis: N** 19. Hématocèle do la tuni- 
que vaginale ; — n** 23. hygroma suppuré des bourses prérotulianne et pré- 
tibiale; — n®31. Tumeur de la région parotidienne à gauche — avec hypé- 
resthésie -paralysie faciale — troid^les trophiques de ce coté de la face. Salle 
St-Augustin : K** 7. Brûlure de la jambe par l'acide sulfurique. Salle Ste- 
Jeanne : N® 16. Néorose syphilitique du frontal, élimination d'ime très-grande 
portion ^de cet os. 

Hôpital Beaujon. — Service de M. Th. Anoer. 21, Périostite phlçg- 
moneuse du maxillaire inférieur; 31, mal de Pott sons-ocdpial; 36, gangrène 
trophique par lésion du sciatique ; 48, perforation syphilitique de la voule 
palatine; 11, abcès ossifluent du sternUm ; 17, 18, division congénitale de 
la voûte palatine et de la luette; opération, guérison ; 29, gommes du pha- 
rynx. 

Service de M. Moutard-Mabtin. Hommes : 8, cancer du foie ; 15, mé- 
ningite aiguô. — Femmes : 4, hématocèle/ 7, phlegmatia alba dolens. 

Service de M. Firnbt* Hommes : 8, cirrhose ; 10, kyste hydatique du 
foie. — Femmes : 9, sclérose des cotdons antéro-lateraux ; 12, pelvi-péri- 
tonite. 

Hôpital de la Pitié, — ^J Service de M. Labbâ. Salle des femmes : 
3, Fibrome de la paroi abdominale ; 7, polype-utérin ; 13, allongement 
hyperlrophique du col utérin ; 21, corps fibreux de l'utérus. — Salle des 
hommes ; 7, kyste^sjrnovial du creux poplité ; 9, osteo-périostite chronique 
du tibia gauche et de l'humérus droit ; 44, polype naso-pharyngien. 



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LE PROGRÈS MEDICAL 



71 



Service deM.MiRROTTE. — Salle des femmes : 11, érythème noueux; 
20, goitre exophtalmique; 22, hématocèle rétro utérine. — Salle des hommes : 
1, insuffisance aorlique; 3, gastrite a}coolique ayec accès de- gastralgie ; 
33, pleuro-pnenmonie. . 

Eâpilal Sainte-'Sugénie.. — Service de M. Marc Sée. Salle Napoléon 
(garçons) : n® 1, plaie du genou, rupture du tendon rotulien, épanchement 
articulaire ; — n^ 3, fracture spontanée du péroné à la suite de périostite ; 

— n* «, fracture de cuisse ; — n*^ 12, fracture de l'épitrochlée ; — n* 20, 
p^ofiiite pblogmoneuse du tibia droit ; n® 37, coxalgie droite ; — 39, hydar- 
thfOM double. ' 

Salle Sainte-Eugénie (filles) : n° 1 , mal de Potl ; abcès par congestion ; 

— n* 4, plaie de l'extrémité inférieure du bras, fracture de l'extrémité infé- 
rieure de Thumérus, saillie des fragments osseux à travers la plaie ; 

— résection ; appareil plâtré; — n® 6, plaie articulaire du coude, section de 
l'olécrâne ; — n" 5, Ozène, division de la voûte palatine ; résection tempo- 
raire du nez et raclage de la muqueuse. 

Service- de M. Barthez. — Salle Sainte-Mathilde (filles) : n** 2, scarla- 
tine; — D? 6, pleurésie avec expectoration albumineuse; 11 et 17, rougeole; 

— 21, stomatite ulcéro-membraneuse ; — 26, chorée ; — 28, angine scro- 
fuleuse. 

Salle Saint-Benjamin (garçons) : 7 et 18, scarlatine ; — 11, rougeole ; diph- 
thérite; — 19, rougeole; — 21, Ictère; — 24, chorée; — 26, phlegmon 
péri-vésical ; — 30^ albuminurie. 

Bôpital Saint' Louis. — Service de M. Hardy. Salle Saint-Jean : 
■37. chancre de la commissure labiale; Roséole; 43, psoriasis diffusa! 25, 
induration de la verge consécutive à un chancre ; roséole ; ulcération de la 
langue; 26, acné pustuleuse d'origine alcoolique; 39, urticaira précédé de 
symptômes gastro-intestinaux ; 64, syphilide squammeuse circinée. 

Service de M. Vidait. Salle Saiut-Thomas : 8, syphilide ulcéreuse ; 10, 
STphilidc papulo-squammeuse; 14, lupus vorax. — Salle Saint-Louis ; 32, 
^ithélioma de la r^'-gion temporale ; 23, gomme scrofuleuse ; 27, psoriasis 
plantaire ; 28, syphilide acnéîque. 

Service de M . Cruvbilhier. — Salle Sainte-Marthe : 8, tumeur gan- 
glionnaire du cou ; 19, mal* de Pott cervical. 

Service de M. Péan. — Salle SuAu^ustln : 64, orchite blennorrhagique ; 
I èl (bis'^, mal plantaire perforant ; 59 (bis), rhumatisme blennorrhagique du poi- 
' gnet gauche : 55, cancrolde ulcéré de la joue ; 51 , tubercule des testicules ; 
i 24, mal de Pott cervical; abcès multiples. — Tous les cours de l'hôpital Saint- 
i Louis sont terminés. 

Hôpital Coehin. — Service do M. Destpr*». — Salle Cochin :7, tumaur 
du grand pectoral, sarcome probable; — 10, Adënie; 11, Rétinite sym- 
pathique ; 24, al^cès du grand trochanter; - 26, amputation de cuisse, hé- 
morrhagies consécutives, en voie de guérison. — Salle St Jacques : 18, abcès 
profond de la région fessière. — Baraque : 35, plaie pénétrante, em- 
physème circonscrit. 

Maternité d* l* hôpital Cochin, — M. Polaillox. Visite tous les matins 
à neuf heures. — Examen des femmes en couches par les élèves. 



NOUVELLES 

Choléra. — Voicil es renseignements que nous avons pu 
recueillir sur la marche du choléra :' 

Allemagne. — Du 19 au 27 juin. 20 cas de choléra ont été signalés dans 
le cercle de Bromberg ; 17 de ces cas ont eu une issue mortelle. Dans le 
ceic'e de Breslau et dans celui d'Olilau, plusieurs cas se sont produilâ du 
20 au 25 juin. Dans le royaume de Saxe, il y a eu sept cas du 16 au 22 
juin ; sur ces 7 cas, 2 décès. — A Dresde m^me, il y aurait eu 4 cas depuis 
le juillet. — D'après d'autres renseignements, ce serait le district de 
Katisbonne qui aurait fourni, jusqu'ici, le plus grand nombre de cas. 

Italie, — Le choléra existe non-seulement dans la province de Trévise, 
nais encore à Venise, à Mesola et dans les provincee de Frioul et de Vé- 
rone. Jusqu'à présent, il n'y a eu heureusement qu'un noiabre peu consi- 
dérable de cas. . 

Autriche. — D'après les journaux de Vienne, il y aurait eu dma cette 
'ville, 66 cas de choléra du 4 au 9 juillet. 

Prix pour 1874. — Prix de T Académie. — L'Académie^ po«9 la question 
suivante: « Faire l'histoire de la résection des os dans leur continuité, à la 
suite de coups de feu (à Texception des résections articulaires). > Ce prix 
sera de la valeur de 1,000 fr. 

Pria! Portai. — La question suivante est de nouveau mise an concours: 
« de Tétat des os, notamment desTerAbres, dans le cancer des xfseèreS, » Ce 
pfixsera de la valeur de 1,000 fr. j ^ 

Pria Bernard dé Civrieux. — Question « des ^énauens mentales tran- 
sitoires qui surviennenldans le cours où la convalescence des maladies aiguës.* 
Prta Capuron . — Ce prix sera décerné au meilleur travail inifdît sur un su- 
jet quelconque de la science obstétricale. H sera de la valeur de ifiOO ir.' — 
iVûp Barkier, — Ce prix sera de la valeur de 3»000 fr. — Pria^ ÔMfardk. — 
Ce prix sera décerné au meilleur travail sur la patholo^e externe. Il sera 
èi la valeur de 1 ,000 fr. — Pria à mmstat , — Ce prix séra^^cerntf à 1*^1)6^ 
da mral oa des lechawliftilMifléw iMMltamémcil wf ri Bat o m ie et sur Tez- 



périmentation qui ont réalisé ou préparé le progrès le plus important dans la 
thérapeutique chirurgicale. Usera de la valeur de 1,000 fr. 

Prix fondé par M. U docteur Itard. — Ce prix, qui est triennal, sera ac- 
cordé à l'auteur du meilleur livre ou mémoire de médecine pratique ou de 
thérapeutique appliquée. Pour que les ouvrages puissent subir l'épreuve du 
temps, il est de condition rigoureuse qu'ils aient au moins deux ans de pu* 
bUcation. La valeur de ce prix sera de .2,000 fr. . 

Prix fondé par M. le marquis d'Ourches. — Entrait du testament : « Je 
veux qu'il soit prélevé sur les valeurs de ma succession, une somme de 
25,000 fr. destinée dans les conditions ci-après énoncées, k la fondation de 
deux prix savoir: 1^ Un prix de 20,000 fr. pour la découverte d'un moyen 
simple et vulgaire de reconnaître d'une manière certaine et indubitable les 
signes de la mort réelle ; la condition expresse de ce prix est que le moyen 
puisse 6tre mis en pratique, mômepar de pauvres villageois sans instruction. 
2<^ Un prix de 5,000 fr. pour la découverte d'un moyen do reconnaître d'une 
manière certaine et indubitable les signes de la mort réelle, à l'aide de l'é- 
lectricité, du galvanisme, ou de tout autre procédé exigeant, soit Tinterventioa 
d'un homme de l'art, soit l'application de connaissances, l'usage d'instruments 
ou l'emploi de' substances qui ne sont pas à la portée de tout le monde. Les 
sommes destinées à ces prix feront retour à ma succession dans le cas odr^ 
pendant cinq ans, à dater du jour de l'acceptation^ l'un ou l'autre des prix 
n'aurait pu être décerné. • 

Nominations. -—M. le Dr L. Masbrenier, ancien interne dos asiles 
d'aliénés do Ville-Evrard et de Ste-Anne. vient d'ôtre nommé médecin ins- 
pecteur du service des aliénés dans le département de Seine-et-Marne. 

Vacances médicales. — A céder une clientèle de médecin à Mormant 
(Seine-et-Marne), station de chemin de fer ù quelques lieues de Paris. S'a- 
dresser pour les renseignements à M. Thévenet. pharmacien à Paris, avenue 
de Clichy, 96. 

Archives de physiologie normale et patholooique, publiées pa)- MM. 
Brown-S6quard, Charcot et Vulpian. — Le numéro de juillet, accompagné 
do 8 planches renferme les articles suivants .- Etudes physiologiques de l'ab- 
sorption des sels d'argent, par la professeur Charles Rouget ; — Nouvelles 
recherches sur leprotoxyde d'azote, par MM. Jolyetet Blanche; — Nouvelles 
expériences relatives aux fonctions gu^^tatives du nerf lingual (faites dans le 
laboratoire de physiologie de l'Académie de Genève, par le Dr J.L. Prévost, 
(suite et fin) ; — Note sur quelques expériences relatives à l'action de la 
quinine sur les vibrioniens et sur les mouvements amiboïdes, par M. Boche- 
iontaine ; — Contributions à 1 anatomie pathologique de la dys^enterie chro- 
nique par M. Kdsch; — Pierre de Tuiérus recueillie par Amussat en 1829 : 
examen histologique établissant qu'elle est constituée par un liomyome cal-* 
cifié, par le docteur Albert Hénocque ; — Observation pour servir à Thistoiri 
des tubercules de la moelle épinière, par Georges Hayem ; — Contribution 
à l'étude des hématomes du placenti, par le l3r £. Jacquet. Un an ^0 fr., 
chez G. Masson, éditeur, place de l'Ecole do médecine. 

-^LBMAdNE. — La quaraate-sixièmo réunion annuelle dos naturalistes et 
des médecins allemands aur& lieu cette année à Wiesbaden, du 18 au 24 sep- 
tembre. 

Femmes médecins. — La Gazette de Strasbourg annonce que les 
dames et demoiselles russes, auxquelles un récent ukase de l'Empereur 
de Russie a interdit de suivre à Zurich les cours publics de médecine, ont 
sollicité de l'Universiié de Strasbourg, l'autorisation do suivre lesdits 
cours. La faculté de médecine leur a répondu par un refus. 

Librairle G. MA9S0.\, place de TÉcolc de Médecine. 

Bennett (John Hup:hes). Leçoûs cliniques sur les principes 
et Ja pratique de la médecine* Édition française revue et con- 
sidérablement augmentée ; Irad lite sur la 5« édition anglaise 
et annotée par le D"" P. Lebrun. 2 vol. gr. in-8'' de plus de 600 
pages chacun, avec b87 fig. intercalées dans le texte. 2^) fr. 

Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales pu- 
blié sous la direction de A. Dbchambrb, 3<^ série, tome i^, 
i^ partie (Qua-Rac). Ce volume, de 400 pages, contient entre 
autres les articles suivants: Quarantaines, par L. Collin; — 
Quinine^ par Gobley et Delioux de Savignac; — Quinquina, par 
Planchon, Gobley et Delioux de Savignac. — Races, par A. de 
Quatrefages ; — 6 fr. le demi volum«. 

Haybm. Revue des sciences médicales en France et à l'étran- 
ger. Recueil trimestriel, analytique, critique et bibliographique 
1873, U II. n® 1 formant un volume de 500 pages, grand in-8. 
Un an : Paris. 30 fr.; départements, 38 fr. 

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BouBNEViLLE et VouLET. De 1? contracturo hystérique per- 
manente, ou apprt^ciation scientifique des miracles de saint 
Louis et de saint Médard. Ib-8^ compacte de 108 pages. S fr. 60. 

DuiARDiN B1SAUM15TZ et HiRNE. Des propriétés antifermen- 
tescibles et antiputrides des solutions dliydrate de chloral de 
leur application en thérapeutique. JnA 4e i2 pages. 



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72 



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en vue des affections ga*traJgiques, étyp^Uqucs, etc. 
et dnns le cas où la digestion est difficiie ou impossAk, 

Dose : une pilule atant et uueou deux après le repu. 

a* Ftl«il»« <è la Pepalne et au fer réduit parl'hj- 
drogènot en vue des maladies chroniques et des affec- 
tions qui en dépendent [pertes hUmcheSy pâles couleufs 
menstruation difficile) et de fortifier les tempénmesti 
débilites. 

Dose : de deux à quatre pilules par jour* 

S« Pilules à la Pepaine et au proto-iodura fer- 
reux inaltérable et en vue des maladies scrofuleuset, 
ij/ftphatiques, et syphilitiques, la phthisie, li eachexit 
chlorotique et les affections atoniques générales de l'éco- 
nomie.. 

Dosé : deux à quatre pilules par jour. 

« La Pepsine, par son union au fer et à l'iode, modi 
» fie ce que ces deux agents précieux avaient de trop 
> excitant sur l'estomac des personnes nerveuses ou i^ 
• ritables. » (Mémoire présenté à rAcadémie de méo»- 
cine de Paris.) 

On emploie la Pepsine Boudault dans ces trois prépa- 
rations. — HOGO, ph.-chimiste, rue Casliglione, 1 

et dans la plupart des pharmacies. 

En flacons triangulaires de 100 et 50 pilules. — EsToi 
franco parla poste. 






BIÈBE FANTA 

HYGIÉNIQU E ET NUTRITIVE 

Bureau des Gommandea : Pi^i^ls, 18, boulevard des Itallena. 

L'iisage de la bière, si généralisé en Belgi'que, en AiBgl«%el*^ f ?ei*iiM poutre-Rhin, tend à le dételopper 4* 

plus en plus en France. Il y a là un progrès lyrgiéni<me mai. aé. i^^b^^ •^ -^iceiSfte sur le développement des systèmes 
musculaire et osseux est indiscutable. C'est cette raison c ' la fait c fe^^ ie t^r les médecins et les hygiénistes aux 
mères pendant la grossesse, aux nourrices pendant FiÙai.wiBent* BUâi eiuÏEréférable pour elles à toute autre boisson. 
Bile est très-utile aux convalescents. ^ .^ 

• Les soins minutieux apportés dans le choix des substances et dans la fabrication de la bière Fanta, et les succès ob- 
tenus par son usage journalier, lui ont valu la prélérwi^ d*un grand nombre de médecins finegapais et étrangers. 




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1" ANNEE — N" r BUREAUX : RUE DES ECOLES, 6 (Wbrairie A. Duval). 26 JUILLET 187B 




Progrés 




PlIX DE L'ABONNEMENT 

Unin «Jfr- 

Six mois • • 



JOURNAL DE MÉDECINE, DE CHIRURGIE ET DE PHARMACIE 
lParai99ani Me SmtêeM 

Rédacteur en chef : BOURNE VILLE 



AXXON'CES. i," !<• t' 



200 lu 
100- 
60- 



Tout ce qui concerne la Rédaciion et l'Administralion doit ôlrc adressé aux bureaux du Journal. 

Les bureaux sont ouverts de midi à 4 heures du soir. 



Le Prix d'abonnement doit èlre envoyé en mandais poste ou en traites sur Paris.— L'abonnement port du l*"" de chiique mois 
On s'abonne hors de Paris dau8 les bureaux des Messageries et chez les Libraires. — Les lettres non affranchies sont refusf^e?. 



SOMMAIRE. — HiSTOLOGiK normale : Les vaisseaux lymphatiques, conférence de 
M Ranvier, recueillie par Weber. — Pathologie interne : Pneumonie aiguë lo- 
baire, leçon de M. Coroil, recueillie par P. Hudio. — Physiologih : Influence 
de l'aspiration Ihoraciquc et des mouvements respiratoires sur la circilation, par 
RoMipelly. — Clini^jue «uiri'Rc.icalk : Brûlure; infection purulente, etc , par 
M. Worràs. — Bulletin nu Progrès mccUcal : Le choléra. — Sociétés bwanies : 
Société de biologie : Lésions vaso-motriîesconsccutivi s aux lésions cérébrales, p.ir 
Liouvillc, Charcot, Ollivier et Vulpian; — Tubercules de» méninges spinale», par 
Liouville et Hayem; — Arrachement des nerfs; lésions des cellules nerveuses, par 
Hayem;— Lésions des cylinJres-axes dans la myélite traumatique, par Joffroy. — 
Acûdémie de médecine: Médecins c» phirmaciens miLtaircs. — Société anatomi- 
que: Hém^rrhagle de la protubérance, pir Debovt; Lésions tuberculeuses; mé- 
trite caséause, pnr le même. — R::vrK opiirHALMOLoïKiii:-: : Analyse de-» t-avaux 
de^lein, Meyer et Fana», par L. Thaon. — Chirurgie pratique : Opérations du 
phimosis', parDuplay;— L'électrolyse dans le traitement des tumeur» éreciiles. 
par Cardwill (An. H, Duret). — Bibliographie : Leçons de M. A If. Fournier 
(An A. CarUi], — Chronique des hôpitaux.— Nouvelles.— Bulletin biblio- 
graphique. 



HISTOLOGIE NORMALE 

' lABOïVàïOl RE D'HISTOLOOIÈ DBS HA.UTRS-ÉTUDES.— Mé RANVIER. 

Du système lymphatique. 

Leçons recueillies par le D*" Weber. 

Les vaisseanx lymphatiques (I). 

Si Ton se rappelle ce que nous avons dit plus haut sur les 
trous et kvs stomates du mésentère delà grenouille, et sur 
la facilité avec laquelle les globules peuvent passer du 
mésentère dans le péritoine en soulevant ces sortes de 
puits mobiles qui constituent les stomates, on n'aura pas 
de peine à trouver dans ce que nous venons de décrire 
une disposition correspondante, et on verra dans Tensem- 
Jbledeces deux, dispositions, des raisons de su|)iJOser que 
Te cours de la lymphe se fait à partir des vaisseaux par les 
stomates dans la cavité péritonéale, d'où il revient dans les 
sacs lymphatiques et par lesouverturesdont nousvenonsde 
faire rhistoire. Schweigger-Stâdel et Dogiel qui ont les 
premiers décrit ces orifices (1«67) avouent très -nettement. 
Qu'ils n'ont pas pu se rendre compte du rapport des deux 
èpithéliums l'un avec l'autre. 

Un second fait tout aussi net, pour le rapport des cavités 
si^reuses avec les vaisseaux lymphatiques, est la manière 
dont ces derniers se comportent dans le centre pliD^nique. 
Nous avons examiné ce tissu avec une attention particu- 
lière lors de l'étude que nous avons faite du tissu conjonc- 
tif; nous n'avons donc pas besoin de revenir ici sur tous 
les détails; il nous suffira, pour la compréhension de ce 
qui suit, de rappeler que le centre phrénique est compos^^'' 
de petits tendons rayonnes, unis entre eux par du tissu 
cellulaire lâche, et recouvert sur ses deux faces par un 
épithélium. Nous avons vu précédemment que l'épithélium 

(1) Voir 1«6 n9* 3 et 6 du Pro0rès Médical 



du côté péritonéal présente des orifices au niveau des fei;- 
tes qui se trouvent entre les tendons; nous avons vu 'uiy^i 
que ces orifices sont bordés de i>etites cellules rondes tout 
à lait analogues aux cellules lyinphati<{ues. 

Si Ton (irend le» centre f)hréniqiie d un lapin et qu'après 
l'avoir lavé, on le plonge dans une solution de nitrate d'ar- 
gent à 1[500 pendant une heure, et qu'on le laisse ensuite 
dan.s de l'eau distillée pendant 15,à 20 Jioures, l'épitiir'lium 
est devenu très-peu adhérent, et il suffit alors d'agiter la 
membrane dans l'eau et de la brooser avec un pinceau à 
poils très-doux pour en détacher complètement le revête- 
ment endothélial. La clef de de C3tte préparation est la 
macération prolongi^edans l'eau, qui favorise la dissolution 
des substances qui relient Tépilholium h Ja membrane* 
En examinant ensuite cette membrane, on voit, au niveau 
des fentes qui se trouvent entre les tendons et qui comme 
nous l'avons décrit phishaut, sonttraversées par deiines tra- 
vées de tissu conjonctif entrecroisé, de dislance en distance, 
des puits lyi|^ha tiques bordés par une ^" '^y muTthrlr pe- 
titf^sceUulflFrofides et en abaissant peu àjKu l'objectif, on 
reconnaît que ces rangées de cellules descendent plus ou 
moins obliquement dans l'intérieur de la membrane, et se 
continuent avec les fentes que l'on voil recouvertes d'un 
endothélium lymphatique. La surface des petits tendonsqur 
se trouvent entre les fentes et celles des travées qui les 
parcourent est, dans ces préparations, recouverte par des 
figures étoiléesplusoumoins irrégulières, ménagées en blanc 
sur un fond brun. Nous reviendrons tout à 1 heure sur ce 
point. 

En faisant une préparation analoguedu centre phrénique 
pour examiner la face pleurale, c est-à-dire, en laissant 
la membrane une heure et demie à deux heures dans la so- 
lution d'argent au li500où on Tagite de temps en temps 
(non par une baguette de fer; ce qui produirait des dépôts 
d'argent, mais avec une allumette ou un bâton de verre) et 
en faisant ensuite macérer pendant 24 heures au moins 
dans l'eau distillée, onarrive en l'agitant à enlever complè- 
tement l'endothélium de cette face. Si l'on examine alorsr 
cette i>réparation avec un grossissement de 50 diamètres 
on y voit se détacher sui* un fond brun des arborisations 
claires, des dernières ramifications desquelles partent des 
bandes clairesà peu près parrèlles entre elles; ces arborisa- 
tions corres[>ondent aux vaisseaux lymphatiques ; en effet 
en les observant avec un grossissement de 250 diamètres, oii 
voit s'y dessiner l'épithélium veineux, caractéristique de ces 
vaisseaux. Quant aux bandes claires qui possèdent comme 
les vaisseaux un revêtement endothélial caractéristique, il 
est facile de s'assurer qu'elles sont placées entre des tendons 
nliformes, analogues par leur structure à ceux que Ton 
trouve dans la queue des rats, et qui, à l'œil nu, forment les 
,;-*bres du centre phrénique. 

' Ces bandes parallèles ou bien se continuent avec les 
lymphatiques, ou bien forment des ilôts séparés; ceux-ci 
sont néanmoins en communication avec les vaisseaux lym-- 



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14 



LE PUO«^RÈS MÉDICAL 



phaliques; ils communiquent avec les lacunes situées sur un 

plan plus profond. .. ^ .. ,» , i. 

En combinantces deux obsprvations, faites 1 unesur la face 

p^ritonéale, Tautre sur la face pleurale du centre phrénique 
dépourvues toutes deux de leur épithéliura, on en arrive 
h conclure que les puits lymphatiqu'^asont l'ori^inf^ périto- 
nëale des voies lymphatiques du diaphraj^^me; les ft ntes ra- 
diJ^sdela face inférieuro communiquent par les lymphati- 
ques obUques(qui sedessinent surla facn .snp:'rirun' comme 
des ilôts) avec les fentes parallèu s ilo la fnc/* si!pr^ricui'»\ f»t 
c'est ainsi que prennent naissance I^sr-'^n-ix lyin])haLi- 
ques delà face plourile. Ajoutons, po.ir (Hrc rraipl -l. qno 
sur cette lace, h^s espace» qui se lro:n-:it entre k*^ lym- 
pliatiques présentent aussi des liguros ('î i '-sappariri .-.^J.il 
onclair sur fond brun. Usera que. Ii(^:i p'.: > loin de ccti ïv.-d- 
re.s et de loîir intnrjT.'^cîî'on. 
Los lait'^ que nuus vt^nons d'indi-iicr (^nt été ('tudi('.^ cl ::- 



: Li' appliqué le ni- 
... Cet observnîe :• 

:il un endoth.'iiuui 

c'ic plus tar'l (puî 

•rii.\.t;'^' (m^ lo.'^ ca- 

■ :.:l a-uii >;-:.:•' 41. ' 



luîid par Reclvlin,rtliausen qui a 1 . 
>r-ae d'ar^oiiî: à IVtndo de^ lymph :[i': 
-lov !; ({lie les lymphatiques seuls ava 
uni' .siiiipré^mait par Targent. Ce n".' 
llallier, Auerbach, Eberth, Aohy. ( 
(Mlhiires sanguins possèdent uù Ci'/w 

Ton peut manifester par le nH\.ie pi\. 

ies observations de Recklinghausenenoeqru concernt leciîii- 
(rp phréniquese rapportaient bien r 'ellement aux vaisseaux 
lymp'iatiques, car aujourd'hui, il est po>.^ilile, au m'-ins 
pour le centre p^n'Miiquo du lapin, d^» le.'onnaitre les lyiri- 
phat'ques fi leur «'ndcUliéiiimi, bien (ii''Vrr-ni de eelu: <i-s 
artérioles, des veinules et des capillaires, i.a fo;iii - •; /ul- 
raie du réseau lym;.liatique pré.^enie aussi des earaotc^ies 
tout à fait spéciaux. 

Ce sont surtoutles fjiits queRecklincchausenavaitobsprvés 
àraidederimprépnationd ar-rfutsur le centre |>bn'n que du 
lapin qui l'ont conduit à sa th orie sur Torigiiie des voies 
lymphatiques. Nous avons dit tout à Iheire, qu^entre les 
lymphatiques m'nagés par lan-reiit. la surface, de 
Va membrane colo#e en brun présente des ii.^urm t'toii«ios;. 
réservées en clair.* lorsque r mpré^uation a < t-^ un peu 
forte ces cellules sont étuiiées et comme munies de cornes 
ou de prolon^çements courts qui tantôt Reperdent djnis le 
tund brun, tantôt se continuent av( c les i rol.np m^Miis 
d'uii'^ cellule voisin^. Nous avons vu à propos fin tis<u con- 
jonctif que Ton trouve des fjirnres analouuos et uv^^ai) slus 
complûtes sur les :endons de la queu*^ de p.'îitsmamini:<V.'s 
(souris rats) et Ton peut en iiroiluirvMa'^me sur le ti-su 
conjonctii' hV-he. 11 suffit pour cela d'y faire un pli et l'oii 
inci -e u c portion avec des cisaaux et de l\'teudre sur une 
iamo de verre, de manière à en avoir un l'ra.fiinent '-n f(»rme 
d(î membrane. En l'imprégnnnt à rar.':eiit, on n aussi des (i- 
guresétoilées.Or.Reoklingliausen adniitque lontesleUig .res 
ale.sL limitées pa?r':rgent élr.lentdes esi-ac^escreux; 'es |)io- 
loULVoments de ces ligures éloilées é aientponijuidesean.-iux. 
et hstiguresétoi ('e.^elles-nièines des canaux «'iar.ris cVIait 
ïii, d'après lui. l'origine des vai>seaur. lym hatiques ; il 
e:4vrai qu'il n'avait j imais r.'ussi aies injecter en in- 
jectant b»s lymphatiques, mais il n'ei e>t i)as monn resté 
convaiii-^.u que cVst là b-ur véritable origine. (> qui nuit 
d'abord c\ la clarté d^ ce!:î: Ml'm>)n-iraIion. c'est l'irrégu- 
larité des figures; l'argvnt qui preduinies dessins si mMs 
pour les vaisseaux lymplialic^ues, ue donne i our cet obiet 
que des résultats médiocres. 

Schv;eigger-Seidel attaqua la th^^'orie de Recklinghausen 
et soutint que les cellules étoil es -lUi s«' trouvent .sur la l'ace 
plQurale du diaphragme sont (ont .•-implement des cellules 
enHothéliales. Pour le inmver, il prit une portion de la 
m mbrane imprégnée à l'argent, et rai)pliqua par sa l'ace 
pleurait^ sur une lame de \i^vv'\ Quand la nu^mbrane fut 
àriemi desst^chée, il l'enleva a\ec pn-ca-ition. Les cellules 
re.^tèi'ent adhérentes à la lame de\erie,et iicht^nt une pré- 
paration dans laquelle on ^oyaic des cellub'S de forme irré- 
guiièiQ. les unes claires, les autres foncées avec un centre 
clair; il en conclut que ces celiul»*s n'appartenaient pas au 
•tromadelamembraneniau ré&eaulymphatique mais étaient 



des cellules endothéliales imprégnées plus ou moins profon- 
d'Mnent. ScliweiggHT^-Seidel ne s'est pas trompé dans les 
faits au 'il a obv.ervés, mais l'interprvUation qu'il a donnée 
pour les figures observées par R^cklinghausen n'est pas 
exacte; les ligures existent dans la nif^mbrane même et sont 
imlé|)endantesderendothélium;en effet en suivant la métho- 
de indiquée plus haut, la macération dans l'eau distillée d'un 
'. î ntr ' phr.'4iiq'i *. imprégaé «l'abord par l'argent, ilestfacile 
de se débarrasser de toutes les cellules endothéliales, et de 
tî'ouvor le n'^seau lymphatique que nous avons décrit, etles 
ruures claires, qui ne correspondent pas,commo.Reckling- 
li 'U en It^ disait des canaux, mais à des cellules de tissu 
(V nivnctif plates, à Imrds irréguliers ou sinueux, qui recou- 
vriil des lames du f'ssu conjonctii ou des faisceaux tendi- 
m^iv Rien n'est plus irréguliei', du reste, que la forme des 
r:- -lluîes tellesqiudles se présentent alors à l'observateur, 
'. v • » (lu'elles peuvent être observées de face, de protil on 
.' ;:'ois quarts, et parce que leur form^3 est très va- 



rin:. 
de^ 



Kdquefois, elles se touchent ou se correspon lent par 
bords reeiilignes, si l'on en juge par le simple trait 
u 'r d.^ d ':^ ;t d'avii^at qui les sépare. Chacune de ces fi- 
f^ur '.. pi sente à son contre un noyau lorsqu'on emploie la 
(•'jo \it! 'i\ au carmin et l'acide oxalique. Cette observation 
.>u/iir.iit A elle seule pour renverser la conc(q)tion des ca- 
naux du suc, si l'ensemble des faits que nous avons expo- 
sé- jusqn'ici n(» v(^nait concourir au même but. Les réseaux 
]y!')i>lîati(iue-i ue nous présenlent donc pas d'autre termi- 
naison dans le eentn^ i/nrf'ni<iue qu(î k^s lentc^s qui se trou- 
vent entre les faisceaux tendineux et aiu-o^s ee^ fontes, les 
puits qui les font conmiuniquer avec la cavité' p(«ritonéale. 

(-4 suivre). 



PATIIOLOGIE INTERNE 

COUBS COMPLÉMENTAIRE DF. LA FACULTÉ. — H. CORXIL 

Anatomie pathologique du poumon. ~ Auscultation (1). 
Leçons recueillies p ir P. Budin. 

P.SEUMONlïï AIGUE LOBAmE 

~\Iessi urs, 

?\ons n'avons pas réussi, jusqu'à présent, à reproduire 
sur le ])onmon du cadnvre le bruit de souffle pnjmnienique 
p;uMÎ'M inJHctiens snldifinntes du poumon, parce que la 
matière injectée ix'nèlri; toujours dans les bronches do la 
pni'iii^ qui se renii»lit de suif; nous n'avons, par coiisé- 
(pinit, pas pu étudier, (^xpérirnfMitaleuient ce phénomène de 
re;.ror!'eînent du raie cn^pitant. 

Le souffle de la pn-ninionie î)eiit n'être qu'un retentis- 
s niWiil du hruit nui s-* p issc dans des bronches trè— Hoi- 
j-rn.-es d.- la suifac? (!a poumon. C'est ce qui arriv»* lorsque 
tout un lobe ou la plus grande partie des d^ux lobnsse 
trouNO lîéjiatisée, car en pareil cas, les alvj^o es «le la 
partie h' jiatis'o ne se dilatant p!us et ne ih snnt aucun 
tiiage d'air, ce fluide ne crcale pas dans les bronclies de 
la portion malade mais seul unent dans quoiques lameaux 
é.oign-'s et dans la grosse bronehe. 

•Si les bronches (ht tout ou de la plus grande parfe d'un 
j)Ounn)n étaient (d)iit<^i-ées ou inactives, on pourrait même 
n enten<lre ni souffle ni respiration dans la j)artie malade. 
CCstceciui arrive parfois dans la i>neunu)ni<» caséeuse, 
mais cela ne s'observe [)as dans la pneumonie aiguë fran- 
che, bien qu'i^ la rigueur on puisse en concevoir la possibi- 
bilité, [)arce (jue toul: un poumon n'est pas [)ris en même 
tem|is dans la [)nf'utnonie aiguë Vu lobo, j)ar' exemj)le, 
redevient [)ermé.'ible à l'air lors(|u'ane antre partie da 
[)()uuu)n est envahie par Thépalisation. Chez les malades 
qui n\spii'ent très-difrtcib^ment, le souffle peut ne s*en- 
temlre que dans les grandes inspirations consécutives à la 
toux. 



(1) Voir les nO* 1, 4 et 6 du Progrès médical 

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LE PROGRÈS MEDICAL 



•75 



"^ «à propos dtt' sôafïle pneumoniqu^, je tous signalerai 
aaflSJ, messleuri^, un fait qui peat faire croire à une pneu- 
monie dou ble tandis que la maladie n'existe que d'un 
seul côté, c'est la possibilité, du retentissement d'un bruit 
de souffle d'un côté à Tautre, Le poumon droit par 
exemple, étant hépatisé et le siège d'un souffle tubaire 
entendu en arrière au niveau de la racine du poumon, ce 
bruit pourra se transmettre à la faveur de la colonne ver- 
tébrale au côté gauche dans une région très-rapprochée 
de la colonne vertébrale. La propagation du souffle d'un 
côté à l'autre ne se fait pas en avant, parce que les condi- 
lions de ce retentissement font défaut. 

Après le souffle bronchique, lorsque ce dernier a seul 
occupé la scène, réapparaissent de nouveau les râles cré- 
pitants qu'on appolle râles crépitants de retour. Ils ont 
d'abord le caractère et le timbre éclatants du râle mêlé au 
souffle, mais bientôt ils deviennent plus humides et moins 
éclatants. Non-seulement on les entend par bouffées dans 
l'inspiration, mais encore on les perçoit, quoique beau- 
coup moins nombreux à l'expiration. Leur ensemble est 
constitué par des râles divers : les uns sont secs et fins 
comme les râles crépitants du début, d'autres paraissent 
plus gros et plus humides, ce sont de véritables râles mu- 
queux. Ce sont des râles crépitants dus à des restes d'hé- 
patisation et d'induration en contact avec des alvéoles 
redevenus perméables et se passant dans Tinspiration, ou 
bien ce sont des râles bronchiques. 

Parfois cependant, on n'observe pas du râle crépitant 
humide et gros, mais bien du râle crépitant extrêmement 
sec et fin, semblable à la crépitation vésiculaire observée 
chez le cadavre et produit seulement dans l'inspiration. 
On l'entend encore vers le 10°, le 15« et môme le 30" jour 
après le début. Ce fait qu'on peut rencontrer chez les vieil- 
lards et dans certains cas où la pneumonie devient caséeuse, 
* mdique simplement la persistance d'un ou de plusieurs 
petits noyaux d'induration. 

Par ce qui précède, messieurs, vous avez vu que le râle 
crépitant était loin d'être toujours identique à lui-môme 
dans la pneumonie, qu'il était difi'érent au début, pendant 
riiépatisation avec souffle, et pendant la période de décours 
de la maladie. 

Ce râle est aussi modifié par l'âge des sujets. Les vieil- 
lards, en efiet, chez qui les alvéoles pulmonaires sont tou- 
jours plus volumineux que chez l'adulte et si souvent em- 
physémateux, présentent des râles crépitants générale- 
ment un peu plus gros que ceux des adultes. Lorsque la 
pneumonie vient chez un sujet emphysémateux, l'hépatisa- 
tîon d'une partie du poumon se joint à l'emphysème de ce 
qui reste perméable à Tair pour rendre encore plus difficile 
la respiration. Il en résulte que les sujets respirant très- 
mal, l'air n'arrive pas toujours dans les alvéoles emphy- 
B imateuses qui entourent le noyau induré, et on n'observe 
pas le râle crépitant, ou bien on ne l'entend que dans les 
elforts de toux. 

Chez les enfants, où les vésicules sont plus petites que 
chez l'adulte, le râle crépitant paraîtrait, d'après Barth et 
Roger, d'une finesse extrême. M. Sée a observé des cas où 
le bruit de souffle existait dès le début de la pneumonie 
chez les enfants, et c'est là un fait assez important pour 
que nous cherchions à l'expliquer. Nous avons eu l'occa- 
sion de voir plusieurs fois des poumons d'enfant nouveau- 
nés atteints d'une hépatisation et d'une pneumonie catar- 
rhale ayant envahi tout un poumon ou même les deux pou- 
mons, de telle sorte qu'il était impossible qu'on y entendit 
rien au moins pendant les dernières heures de la vie. Mais 
pour que le souffle soit produit! il faut que l'un des pou- 
mons au moins soit perméable, et si l'on n'entend pas de 
râle crépitant, il faut que la pneumonie ait atteint très- 
rapidement le degré de l'hépatisation dans un poumon dont 
tous les points auscultables soient imperméables à l'air. Il 
est probable qu'il se fait alors en même temps qu'un exsudât 
pneumonique, un affaissement des alvéoles^ une atelectasie 
assez étendue et accompagnée de congestion qui empêchent 
lesalvéoles voisins de rhépatisation, d'être dilatés par Tair. 



Telle est du moins l'hypothèse que nous proposons pour 
expliquer de pareils cas. 

Tels sont, messieurs, les principaux faits d'auscultation 
de la pneumonie que nous voulions comparer à l'anatom^^ 
pathologique de cette maladie pour en donner l'exnii(jjrjti^n 
fa plus plausible. Nous avons laissé de ç^*J.^ comme vous Ia ""- 
voy»)Z et à de3§çjn^ bon nombre des symptômes même d'aus- 
cultation, pâi^ exemple rauscultation de la voix, parce 
qu'ils sont bien présentés dans les livres classiques que 
vous possédez et parce que nous n'apportons rien de nou- 
veau à leur compréhension. ' (A $iUv7^e.) 



PHYSIOLOGIE 

Influence de l'aspiration tlioracic[ae et des mouve- 
ments respiratoires sur la circulation {i) 

Par ROSAPELLY. 

§ 3. L'aspiration thoraHqae ne s'exerce pas exclasivenieat 
pendanl l'inspiration. 

Si l'idée fondamentale du mémoire de Barry se trouve justi-- 
fiée, 11 n'eu est pas de même de la seconde conclusion qu'il a 
ainsi formulée : « L'aspiration des fluides mis en communica- 
tion avec la cavité Ihoracique n'a jamais lieu que pendant l'ex- 
pansion dos parois du thorax ; c'est-à-dire pendant l'inspira-- 
tion. » 

Si nous nous reportons à ses expériences, nous voyons que 
cette conclusion est contraire à un certain nombre de faits ob- 
servés par Barry lui-môme qui n'a tenu compte ici que des 
résultats obtenus sur les veines. Ainsi, dans toute une série 
d'expériences entreprises à Alfort sur le péricarde du cheval, 
le liquide montait constamment dans le tube, mais bien plus 
fortement dans les instants de la dilatation des poumons. Une 
fois- môme, il a constaté l'entrée du liquide après la mort de 
l'animal. Ces faits ne peuvent pas se concilier avec l'interrup- 
tion de l'aspiration thoracique pendant l'expiration. Barry 
qui ne les avait observés qu'après la publication de son mé- 
moire les a simplement mentionnés dans un appendice sans re- 
chercher leur explication et sans modifier sa conclusion, de 
sorte que celle-ci est encore acceptée dans presque tous les 
traités de physiologie. 

Pour nous, ces faits ne4)euvent s'expliquer que par la con- 
tinuité de l'aspiration thoracique ; mais il nous est facile do 
comprendre l'erreur d'interprétation commise par Barry e* 
nous rappelant l'hypothèse même qui lui avait fait entrr 
prendre ses expériences : o II est, disait Barry, une loi con:5- 
tante d'hydraulique ; c'est que tout liquide en contact avec l'at- 
mosphère et en communication avec une cavité qui se di- 
late est nécessairement attiré vers elle, c'estr à-dire contraint 
d'y pénétrer par la pression atmosphérique. Il devenait en 
conséquence probable que le sang était attiré dans les veines 
caves ihoraciques pendant l'inspiration. » 

Avec un tel point de départ, les résultats obtenus sur le pé- 
ricarde devenaient inexplicables et étaient tellement inatten- 
dus qu'un certain nombre de faits analogues ont dû échapper 
à l'attention de Barry. Il semble, en efï'et, que ce soient les 
professeurs d'Alfort qui n'avaient pas la même idé^^ préconçue 
qui les lui aient fait remarquer; car dan? des expériences 
précédentes, faites dans les mômes conditions, il u«j ia signale 
pas. 

g 4. SEone d'action de l'aspiration tlioraeique. Rigidité des 
gaines ^ascalaires. 

Barry pensait que l'efiet de l'aspiration thoracique s'éten- 
dait jusqu'aux ramifications les plus éloignées du système vei- 
neux. Bérard montra que si Barry eut adapté son appareil à 
une veine éloignée du cosur, dans la continuité d'un membre, 
par exemple, l'action aspirante ne se fût pas transmise jusqu'au 
liquide ; la pression atmosphérique s'y fût opposée en apla- 
tissant la veine dans la partie intermédiaire au tube et à l'o- 
reillette. L'expérience eût manqué aussi dans ' le cas où le 

(1) Voir le n® 2 du ProgrU médical. 



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LE PROGRîs -fiimca 



TT 



tee^âù dèlftiné à WsBer pesser te liquida 4aus Voreilleiie eût 
HjStSSiibîô de se liisser affaisser par la pression de 

^tJneVau^iwjj^^^d^ae indispensable pour que l'aspiralion 
Inoracîque puisse s eÀ^.j.**, y'^gt que les veines soient mam- 
lenues béantes pendant son action, or, n^ftst une propriété des 
éanàiix veineux de se laisser aplatir lorsque la pression inté- 
rieure cesse de dilater leurs parois; mais cette propriété n'est 
pas générale ; depuis longtemps on connaissait déjà la rigidité 
des sinus de la dûre-mère et des paiois des veines sus-liépati- 
ques , Bérard démontra qu'une disposition analogue existait 
dans la plupart des veines voisines de la poitrine, el que celte 
disposition était liée au phénomène de raspiration thoraci- 
iquQ. 

Les deux, yeiaes sousrdavières, dit Bérard, la jonction de 
ces veines aux jugulaires, n'offrent p^s les caractères qu'on a 
assignés aux vaisseaux veineux; elles ne devienne:u flosques 
et plissf.es qu'autant qu'on les a séparés des lames fibreuses 
auxquelles elles adhèrent. Les lames apojiévi cliques du cou, 
remplissent à l'égard de plusieurs des veines do ceito rôgiou 
Une fonction qui n'avail point été soupcounéf^, fîtllf^. de les 
maintenir dans un ct^rtain degré de teiisiou, dediîaïa'ion. 

D*autre part, la veine-cave inférieure, dmis î-ow trajet à tra- 
vers le diaphragme, est entourée d'une loile fibreuse i[ui rat- 
tache au pourtour de l'ouverture aponévro'iquc qui lui donne 
passage. C'est immédiatement au-des::0us du di;iplirogmo 
que ceLlo veine reçoit les plus gros ironcs dos veices sus- 
hépatiques dont les parois sont arlh oreilles au tissu du loic 
en softo que ces veines restent béantes lorsqu'on les a divi- 



ïelle est la particularité anatomiquc, ajoute Bérard, (ii.e ju 
me proposais de faire connaître; el'e ne peut masuiuer cl exer- 
cer quelque influence sur le cours du tang veineux, do bc 
rattacher à quelque phénomène de mécanique animale. 

La lecture du mémoire de Barry ne laisse aucun doule à 
Bérard sur la part que prennent les mouveme.:ts du Ibon.x 
à l'abord du sang veineux dans l'oroilletle droite tl îe-; vei- 
nes caves, et il fait remarquer que c'est juste nv.M il ii. . 
lieu où s'opère le vide quo les vai^ir^eaux reçoivent le in^y, n 
de résister à la pression atmosphérique. De plus, au moment 
où le vide se tait avec le plus d énergie, c'esL-à-dire pendant 
rinspiration, les vaisseaux du cou acquièrent un &urcroit de 
résistance; car les aponévroses qui entounuL ces vjûsbeaux 
constituent par les adhérences qu'elles alfeclent avec les os 
de la région une sorte d appareil c oisonné cjui se irouve tin- 
du davantage dans le mouvement que la poitrine exécute pen- 
dant l'inspiration. 

Bérard fait donc mieux que d'établir les limiie^- dans îesq\ie'- 
les peut s'exercer directement l'appel du seng veineux; il i;ré- 
cise et confirme le rôle de raspirulion thoraeique par le lap- 
•prochement de cette disposilion spéciale des /aisseaux vcisins 
de la poitrine ; disposition qu'il a si bien décrite et dont il a su 
faire une si ingénieuse application. 

§6, L'aspiration tboraeique résîdo c^ansla clifi^fallou du nié. 

diaslia. 

Barry en recherchant la cause de l'nspiration thoracique 
l'avait attribuée à la dilatation qui s'opère à chaque ins[>iia- 
Ijon drtns la capacité du médiasiin. Voici coiniuent ii expli- 
que cette dilatation : Pendanl la période iuï^piratoire le dia- 
mètre vertical du médiastiri se trouve agrandi |)ar rabaisse- 
ment du diaphragme et il en est de môuio de sou diamèiro an- 
téro-postérieur en raison de la projeciion du siernum en 
avant; quant au diamètre transversal, le poumon, en se dila- 
tant, aurait pu le diminuer en comprimant chacune dos lames 
dit uiédiastin et compenser ainsi l'agrandissement dû à l'aug- 
mentation des deux autres diamètres; mais cela n'a pas lieu 
pour la raison suivante ; au moment do rinsi)iration, les deux 
lames du médiaslln se trouvent tirées, d'uno part, par l'a- 
Vabaissèment du diapliragme, d'autre paît par récartemont 
du siernum dd sorte qu'elles se trouvout a >iez rorlenivnt len- 
dues pour résister à la compression exercée sur elles par les 



poumons. 
I/nîrrandlsseni 



nt des deux dianèlres vertical cl ai.léro- 



poâUôrtéuT s*€»detfte Mi*H)at te iftécnddBe Èamqpé pir nt» 
ly ; mais il é'e^t trcnaDj^ M p^rmni («m la tdiUAitiotic^M» 
poumofls pendanit l'iinspiraviim pii«t«it tj^ttrle.toôtUwnitt 
suivant son diaiàëtre trwisvdnse; les i^oèta«x9, JWta deOMiptfi!^ 
mer les latnes du médiastin, 10s ©ntraiîïfeïit aa/sèèutJPBiiie »«i 
sens inverse Ttme de îtaunre'el agiissent d«ns.)« SttiB^âe 1^ 
grandissemeQt du médias«in ; o'^eat ce que BémflA CberdlM %, 
dômcmtrer en se fandant sur uo© des pro|«létés du tissu «fta 
poumon. l'élasUcité putmanaire. (àt mlDre:) 

CLINIQUE CHIRURGICALE. 

HOPITAL itOTHSCHlLD. — «e»vlee do H. é. 'WO«*** 

•rftlttrc do bras drott, oanertara de I'iartlci*mtta« *a eomâ^ 
InfectioM paraleafe^ ^^èrisnni. 

(Observation recueillie par M. Hirtkmamn, interne 
du service). 

Blo... Jules, âgé de 18 ans, bijoutier est entré à l'hôpital le t 
avril 1872— Ce jeune homme, résolu à s'asphyxier, s'enferma 
dans sa chambre et se coucha à côté d'un réchaud de charbon 
allumé. AU bout de quelque temps il fut pris de mouvement» 
eonvulsifs; en se débattant, il renversa le réchaud et se brûla 
gravement. On arriva sur les entrefaites et aussitôt qu'il fut 
revenu à lui on l'amena à l'hôpital. 

Le malade est grand, fort, robuste, quoiqu'il ait mené de- 
puis quelque temps une vie de débauche, il a déjà eu un 
chancre induré, il y a un an, et pour lequel il a suivi un 
iraiteîrteiit mercuriel pendant 3 mois; pour le présent, il a une 
blenunrrhagie à la période de déclin. 

Comme antécédent héréditaire, rien du côté du père ou de 
la uièie, mais il a un frère aliéné, et une sœur un peu « fan- 
tasque. » 

Il présente : 1« à la partie anléro-inférieure de la cuisse 
droite, ù 5 eeniimètres au dessus de la rotule, une brûlure au 
.0 do-lé, circulaire, de o centimètres de largeur n'intéressant 
l^ua les téguments. 

2« Au bras droit et en arrière se trouve la lésion principale ; 
c'est une va"st-3 brûlure, profonde, s'étendant depuis l'apo- 
physe olécranienne en bas Jusqu'au tiers supérieur du bras La 
largeur est de 7 àS ceniimèires du côté do la main on note 
uue insensibilité absolue du petit doigt et de la partie externe 
de l'annulaire, avec conservation partielle des- mouvements. 
liuit général satisfaisant ; rien de particulier. 

On applique immédiatement un 2^^^semc7it ouaté sur les 2t 
plaies (punsement par occlusion). 

Dans les onze premiers jours pendant lesquels le panse- 
nu'ut lut maintenu en place, il ne se produisit aucun phéno- 
nièiie remarquable ; à peine un peu de fièvre le 3® jour, la- 
quelle dispurul bientôt. L'appétit est bien conservé. TraiL : 
exl. de quinquina, 4 gr. — bagnols, 450; — vin, etc., et une . 
portion. 

le W^ jour le pansement est renouvelé. — L'eschare du bras 
n'est pas encore éliminée, mais dos bourgeons charnus de 
bel aspect existent sur toule la périphérie. La quantité d© 
pus formé a été très-faible, et arrive à peine à percer lô 
pansement. ■— Même état de la jambe droite. 

Le pansement est réappliqué dans les mêmes conditions, 
mais au bout de 3 jours, il offre uni odeur caractéristique des 
plus intenses que l'on peut à peine réprimer au moyen d'imbi- 
bitions, deux fois renouvelée par jour d'acide phénique étendu; 
de plus le malade un peu indocile, désireux de voir sa bles- 
sure, se plaint non-seulement de l'odeur, mais encore de quel» 
ques douleurs dans le bras, et surtout dans le petit doigt. 

Le 8® jour (IQ*' de la maladie), le pansement est enlevé 
simultanément sur les plaies. 

A la cuisse on trouve une large eschare noirâtre près de 
s'éliminer et entourée d'un cercle de bourgeons charnus d'un 
rouge vif. (Inutile de dire que le malade, malgré le bon état 
général, a jrardé constamment le lit). 

Au bras l'eschare est éliminée dans le 1i3 supérieur, en bas 
l'eschare est large, épaisse, bien limitée néanmoins par lès 
bourgeon? do bon aspect, elon y reconnaît aisément les fibres 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



du (viTfioa du triceps qui doit être complètement détruit ; rieu 
du côt ' de la miiu. A partir de ce jour, on fait un pansement 
journalier. 

Le li^ejour i'eschare e^t pres^u'enlièrement éliminée. le ten- 
don du triceps est coupé au ras du sommet di Tôle crâne, et 
on constate que tout le fond de la plaie est couvert de bour- 
geons charnus qui commençant à la combler, mais à la partie 
infifieure on di^tiague nettement l'exirémité inférieure de 
l'hummis, la cupule du radius et le crochtt olécranien qui 
sont complètement dénudés, sauf à la partie interne hur une 
étendue de 1(2 cent environ, où se trou/e logé le nerf cubllal 
que Ton voit aussi. Le bras est dans la demi-flexion et en 
pronation. 

L'état génf^ral S3 maintenant dans de bonnes conditions, on 
continue à faire le pansement simple à plat. 

Pendant plus de 3 somaiues, les bourgeons charnus avan- 
cent peu à peu et cotnblout la plaie. Mais le malade maigrit 
considvértiblemeut, Tuppétil diminue, et le soir on constate un 
peu de fièvre. — Rien aux sommets cependanl. 

En présence de ces mauvaises conditions, M. Gosselin, chi- 
rurgien de l'hôpital, d'accord avec M. Worms. considérant I3 
peu de ch luce que présente le malade: I* de résister aux suites 
d'une si longue maladie et dune suppuraiion abondante, 
2** drt conserver un membre sain dont il puisse plus tard se 
servir avec avantage, craignant en outre l'apparition de l'iu- 
fection purulente par une plaie articulaire ainsi exposée à l'air, 
les fibules consécutives etc., se décidée recourir»! l'ampu- 
tation du bras, qui est résolue pour le lendemain soir. 

Mîiis le jour même verso h «ures du soir, le malade est pris 
d'un frisson violent qui dure environ deux heures. P. — Uu — 
160 — Tp — 30,5. — Etat général très-grave. — Le sulfate de 
quinine est administré à 1 graaimo d'emblée. En présence do 
ces symptômes d'infection puruleute on renonce à l'opération. 

Le lendemain nouveau frisson d'une demi-heure, et à la 
même heure, il ne reparaît plus les jours suivants: on conti- 
nue le suPate de quinine pendant 8 jours. — La plaie continue 
à bourgeonner. — L'état général semble se relever mais 
faiblement — l'appétit est presque nul ; maigreur cou^idéra- 
l)le. 

Tr. — Une portion, œufs, poulet. V. quinquina. Baguols 
450 grammes. 

20 Mai — Au bout de 8 jours le sulfate de quinine est sup- 
primé ; le surlendemain sans qu'aucun phénomène général, 
frisson etc , ail apparu, on constate que dans une nuit, les 
deux piaies se sont couvertes d'une fdusse membrane jaunû- 
tre, très-tenace, dun railimètre d'épaisseur. El.e s'enlève par 
lambeaux linéaires assez étendus; la plaie est un peu blafarde, 
— Tr. — cautérisation rigoureuse au nitrate d argent — ap- 
plication de c )mpresses imbibées dt) perchlorure de fer. Le 2« 
jour la paie est encore pâle, saignant^e, avec quelq les iausses 
membranes disséminées — même traitement aiusi qu'à la 
jambe. 

b juin. — Au bout de 4 jours de ce traitement les plaies 
avaient repris leur aspect aniériHur quand un nouveau frisson 
d'une demi-heure, assez violent, apparut. L'état général «e 
maintient cependanl assez bien. — On rend de nouveau \ gr., 
de suifate de quinine pendant 8 jours consécutifs. 

A partir d« ce moment les plaies n'ont ce^sé de bourgeonner 
vigoureusement, et à la cuis&e la cicatiisation était complète 
le 1 5» jour. 

Au bras même rapidité, les os disparaissent bientôt sous les 
bourgeons, et chose remarquable à noter, sans ([u'aucune 
éliminaiioii osseuse ou cartilagineuse ait puèirc constatée, le 
malade reprend de la vigueur et de l'embonpoint, il se lève ; 
Tapp^Hit est complètement revenu. 

La cicatrisation est terminée au bout de 20 jours; dès ce mo- 
ment, on fait exercer au bras quelques manœuvres de fl xion 
et d'extensiou ; pea à peu on parvient à lui faire exécuter des 
mouvements assez éteudii^ pour que le malade puisse se ser- 
vir de son bras pour manger; les mouvements de prona ion et 
de supination sont presque nuls ; Tavant-bras est un peu 
amaigri aiuai que la main ; les mouvements des doigts sont 
conservés ; la beusibililé est toujours très-obtuse dans le petit 
doigt et la partie ei^terne de l'annulaire. En présence de cette 



sorte d'atrophie, on applique Télectricité dynamiquo' (appa- 
reil de Morin) pendant quelques jours, au bout desquels le 
malade demande à sortir le 8 septembre <l). 



BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL 

Le choléra. 

Les renseignemonls qui nous parviennent à- ditK.'encs 
côtés, et que Ton trouvera plus loin, indiquent qu'il n'y a 
plus aucun doute à avoir sur la réalit'î d'3 rnp.>aritiv)ï) du 
choléra en Allemagne, eu Autriche et en Ira' le. Jus;iu'à co 
jora- répidémin no paraît avoir quuue iiiLerisit ; mod 'rc:o; 
c/est là, (lanij oc j circonstances malheur euscs, une condition 
qu'il iniporU) (K? savoir utillsf^r, car (Me donne le temps aux 
ad-niuish-alcrLir ; char je:-.' de la salubi-ité 2:('!^.^^ale et en :\ir- 
ticiilier do c;-li- dc^s graiides villes, de prendre tout ; les 
pi-.'^cautions n^^-cessaire.s pour laisser le moins de prl^e pos- 
sible à 1 epidcmie. Or, comme il su^'Arait do quekpios ir.odi- 
iications atniosphc'riques pour que le choira prit tout d'un 
coup une grar-do extension, il e^t nécesxairLî que les mé- 
decins liguaient au public les précautions qu il convient de 
prendre ; il est m^cessaire aussi que les persoruies chargées 
de "eiller à la salubrité publique redoublent d'activité. 
Parmi les mesures rendues indispensables par la con:j[itu- 
tion médicale régnante, nous nous permettons de citer k\ 
multiplicatio'.i des bains gratuits dan:i les liopitiux, l^a'rc- 
sage plus rr>gulier et plus iVéquent des rues, la d ^sinibcUon 
des urinoirs publics, des bouches d'égouts, désinfection plus 
négligée cette ann '*e que les années précédentes, etc. Déjà, 
les Anglais, plus i)rd\oya;ts que nous, soccupeut avec 
ardeur de toutes les mesures préventives. 



SOCIETES SAVANTES 

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE . 
Séance du 49 juillet. — présidence de M. Claude Bernard. 

M. LiouviLLE demande à recliûer quelques mots du proces- 
vcrbal. H uM i)as dit, à propos des communicaiionsde M.Ôllivier 
et de M. Buréiy que le />/rwf(?r M. Brown-S/^quard avait dé- 
inonlrô la re alioii qui existe entre les ecchymoses, les con- 
ge-^'io;is. 1rs œd>mos périphériques ou parciichymenleux et 
les lijinorrhagiescénbfalesiil ne sauraii résoudre cotte ques- 
tion de priorité. Ce qu'il a dit, c'est que M. Brown-Séquard 
avait exposé d^s faiis nombreux devant la société, qu'il avait 
insisté depuis lougiem.^s sur ce point qui depuis lors, et grâce 
à de nouvel ;os et f-quentes communications, paraissait être de 
conjiaissance vul^uiic. 

M. Chaugot. Je désirerais aus.^i ajouter quelques mots. M. 
Schitr aviiii noté dos ecchym >S3s sous-cutanées chez les ani- 
maux sur lejrquels il avait pratiqué des lésions euoé|»ha iques, 
mais je crois être le premier qui les aii signalées chez l'homme: 
cet oidre de faiis m'appar.ieiaeu propre. J'ai trouvé cesecchy. 
iMOses sur la plèvre, l'endocarde, la muqueuse de reslamac. 
M. Brown Séquard n'a publié ses faits que postérieure meut! 
Pour ma part j'ai parlé <je ces altérations soit dans mon cour» 
ù TEcule Prati-iue, t=olt dons mes leçonsàla Saipélrière ; jVn ai 
présenté des cas à la Sot iéic et mes élèves les out remarqués 
dans les autop:.ies faites sous ma direction. Je n'ajouterai 
qu'un mot, c'eisl que b s lésions qui nous occupent se rencon- 
trent non-seulement dans les cas d hémorragies cérébrales, 
mais encoie dans les ramollissements. 



([] Dans le conranl du iro/< de défmbrt, j'ai ram oe moVlo \ Vamôliora- 
Uon s'est conlinuéi leâ mouvements pvenueni càaque Jour.plm d'amptour^ 
lo bi«s est preeque rev«na à son éUi Bormal ; Talrophie a disparu; on p^ul 
doue coDsidi^rer la guérisou oomme complète . 



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.8 



LE PROGRÈS MÉDICAX 



M. Olliyier. Certes, je n'ai pas été le dernier à rendre jus- 
tice à M. Gharco.t. Je sais bien et j'ai dit qu'il avait appelé 
Tattention sur ces ecchymoses, et que les faits cilés par Gru- 
vôilhier et Bennelt étaient sans importance, car ces auteurs 
«l'avaient pas signalé la relation de cause à effet, je Tai dit ; 
mais si j'ni cru devoir faire ma précédente communication, 
c'est qu'on n'avail pas encore montré de véritables hémorragies 
pulmonaires, une apoplexie dans le sens classique du mot. 
M.Liouvilleeuavail bien cité un cas, mais je ne crois pas qu'il 
ait fait ressortir la liaison qui rattache l'altération pulmonaire 
àTaltération cérébrale, et dans la thèse de M. Duguet je n'en 
trouve pas trace. Ma première observation a été recueillie, il y 
a 6 ans et depuis j'en ai trouvé deux semblables. Il est donc 
bien entendu que je n'ai voulu insister que sur l'effet toujours 
croisé et sur la forme de l'épanchemeut i^anguin. Aux faits 
connus et si nettement élucidés par M. Gharcot j'ai voulu 
ajouter, comme contribution, des cas bien observés d'apo- 
plexie pulmonaire classique. 

Enfin, pour ce qui a rapport aux œdèmes, je ne sais pas, si 
ona'jamais signalé d'œdème aussi rapide et aussi considéra- 
ble que celui que j'ai cité : il s'agissait d'une femme dont 
l'anasarque survint 24 heures après Thémorrhagie cérébrale. 
Le membre avait plus que doublé de volume. G'est là, ce me 
semble, un exemple remarquable d'œdème aigu et rapide, qui 
«léritait d'être niontionné. 

fif. CiiARGOT. La discussion se précise maintenant; je recon- 
nais avec M. (/.livier (luejo u"avui-3 \ as elle de cas d'apoplexie 
pulmonaire. G'est un fait inléres^aut et qu'il était bon de re- 
cueillir. Il me parait établi, pour résumer ce qui précède, que 
M. Sciiiff avait le premier signalé les altérations qui nous 
occupent, chez l'animal; que le premier j'ai démontré leur 
existence chez l'homme et que, depuis, M. Brown-Séquard a 
publié des expériences nombreuses sur la quosliou. J'ajoute- 
rai que M. VuJpian en a vu de nombreux cas à la Salpétrière 
et nous avions déjà à cette époque essayé d'en expliquer le 
mécanisme par l'action des vaso-moteurs. Et ce que je viens de 
dire des ecchymoses, je pourrais le répéter pour les œdèiaies 
sur lesquels aussi nous avions appelé l'attention. 

M. VuLPiAN. Je ne puis que confirmer les faits avancés par 
M. Gharcot. Depuis qu'il nous avait montré les altérations 
consécutives aux hémorrhagies et aux ramollissements céré- 
braux, j'en avais observé de nombreux cas à la Salpétrière. 
Et je pourrais citer bon nombre d'observations d'hémorrhagics 
etd'œdèmes. Quant à la question du mécanisme, elle est bien 
loin d'être vidée, et je me demande si au lieu d invoquer des 
troubles vaso moteurs, il ne faudrait pas croire plutôt à des 
obstructions vasculaires, à un arrêt de la circulation, cause 
des stases, des hypérémies, des congestions et des œdèmes. 

M. Ollivier présente les pièces d'un malade âgé de 80 ans. 
11 était atteint de ramollissement cérébral. L'autopsie démon- 
trait l'altération totale de l'hémisphère droit; le gauche était 
légèrement atteint. Les artères étaient alhéronaleuses. Le 
poumon gauche et le rein gauche, situés par conséquent du 
côté opposé à la lésionenl était, gonflés, by pérémiés et à la pres- 
sion on en fesait sortir de la sérosité et du sang en abon-. 
dance. Le poumon droit et le rein droit avaient leur consis- 
tance et leur coloration normale. 

M. VuLPiAN demande qu'on sépare nettement les faits de 
congestion pulmonaire, des faits où l'on trouve une apoplexie. 
Il faut créer deux catégories distinctes. L'apoplexie pulmo- 
naire est très- fréquente chez le vieillard. Et il faudra que cette 
lésion coexiste dans de nombreuses autopsies avec une hé- 
morrhagie cérébrale pour que Ton ne puisse croire à une 
simple coîncidance. 

M. Ollivier. A mon observation j'ajouterai que j'ai tenu 
eompte die l'opinion de M. Vulpian sur la cause possible de ces 
hémorrhagies parenchymateuses. J'ai cherché les oblitérations 
vasculaires, mais je ne les ai point trouvées. 

M. LiouviLLB présente un cas de tubercules des méninges 

Sinales. Il n'existait pas de granulations dans le cerveau, et 
ï granulations paraissent avoir débuté par la face externe des 
méninges avant de gagner l'interne. Le sujet était atteint de 
mal de Pott et l'éruption interne semble de date plus récente 
que les lésions de la face externe. Il se serait passé quelque 



chose d'analogue à ce qu'on observe sur la plèvre au niveau 
d'un tubercule pulmonaire. 

. M. Hayem appuyé en cela par M. Gornil et par M. Magnan 
croit qu'il n'existe pas de relation entre la plus ou moins 
grande confluence des granulations miliaires et les accidents 
méningitiques. Il a vu un cas de méningite tuberculeuse de 
l'encéphale. L'inflammation s'était propagée dans les enveloppes 
rachidiennes et cependant l'examen le plus attentif ne per- 
mettait pas de constater la présence de la moindre granulation. 
M. Hayem ajoute que ses recherches lui paraissent démontrer 
qu'il existe deux variétés du mal de Pott. L'une due au tuber- 
cule, l'autre >crofuleuse. Il se fait dans les articulations verté- 
brales des altéi plions qui sont en tous points semblables à celles 
de la tumeur blanche. Gette dernière forme est plus lente, 
moins grave que la forme tuberculeuse. 

M. Hatem a étudié la moelle de lapins sur lesquels on avait 
arraché les nerfs sciatiques, depuis deux mois. L'expérience 
fut faite sur deux lapins. Sur l'un le nerf fut arraché à droite 
et sur l'autre à gauche. Il a trouvé, dans les deux cas, une 
asymétrie très-appréciable. Le côté correspondant à l'arrache- 
ment était atrophié dans ses parties blanches et giises. La 
corne postérieure surtout était atropiiiée et cela dans toute 
l'étendue de rarrachement. Les cellules des cornes antérieures 
étaient aussi altérées. Il semblerait qu'il existe une relation 
entre Les filets des racines postérieures qui pénètrent dans la 
substance grise et les altérations des cellules qui siègent dans 
les cornes antérieures. 

M. JoFFROY a éiuïïié. sur des chiens, les altérations déjà dé- 
crites dans les cylindres axes des moelles atteintes de myélite 
traumatique. Les observations ont porté sur trois moelles. Il 
a pu très-nettement retrouver le gonflement des cylindres. Ce 
gonflement n'existe qu en un certain point; il est suivi de res- 
serrements, ce qui donne au cylindraxe un aspect mon in- 
forme. Gelle altération ne se retrouve pas dans toute l'épais- 
seur du nerf, mais d'espace en espace et par groupes plus ou 
moins considérables. 

Dans ces recherches j'ai pu constater la présence des cel- 
lules-araignées signalées par Deiters â l'état normal. M. Ghar- 
cot les avait trouvées en grand nombre autour d'une lésion 
syphilitique de la moelle. Je les ai rencontrées dans les myé- 
lites expérimentales. 

M. Gharcot. Il est important de connaître ce's cellules- 
araignées, car. on tend à leur faire jouer un grand rôle dans 
la constituiion de la névroglie. La névroglie serait cons- 
tituée par des filaments intrigués, feutrés, qui ne seraient 
autres que les prolongements de ces cellules araignées. De 
môme la sclérose des-cordous postérieurs serait due à une aug- 
mentation en nombre de ces filaments entrecroisés dont le 
point de départ est une cellule de Deiters. 

• P. R. 

ACADÉMIE DE MÉDECINE 



Séance supplémentaire du M juillet. 
M. Depaul. 



Présidence de 



^. PoGOiALE, après la lecture du procès verbal, monte à la 
tribune pour terminer son discours. Il s'étonne que les mé- 
decins qui veulent se débarrasser de l'Intendance, veuillent à 
leur tour mettre les pharmaciens au-dessous d'eux. On abais- 
serait ainsi le personnel pharmaceutique qui est nécessaire et 
rend de grands services. L'orateur montre un certain nombre 
d'ordonnances, qui auraient amené la mort des malades, si 
elles avaient été exécutées telles que les médecins les avaient 
prescrites. Les médecins ne sont pas administrateurs, du 
reste ils n*ont pa*', besoin d'exercer l'administration pour être 
maîtres dans leur salle. Pourquoi les deux services, médecine 
et pharmacie, ne deviendraient-îls pas autonomes séparément 
comme ils le sont aujourd'hui sous la direction de l'inten- 
dance ? 

M. BouDET vient à son tour soutenir les pharmaciens ; ils 
font des études longues et pénibles, ils sont instruits et labo- 
rieux, en les subordonnant aux médecins; non-seulement on 
les. abaissera, mais on pourra rendre leur recrutement très- 
difficile. 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



79 



M. Fauvel, demande à faire des observations sur le 
capport. 

M. Broca. veut répondre aux orateurs précédents, quoiqu'ils 
ne se soient guère occupés du rapport. On lui reproche sur- 

M.. . ^^"^^^^ introduire en France Forganisalion médicale 
militaire de la Prusse, mais il y. a longtemps que d'aulres 
pays, 1 Angleterre. TAulriche et ritjilie, l'ont adoptée. La 
Commission n'a point voulu abaisser les pharmaciens qui 
gardent leurs grades et leurs prérogatives, mais assurer le 
i)ien du service en établissant l'autonomie du corps de 
santé. 

M. Larrey rappelle en quelques mots combien le service 
médical en compagne a toujours été paralysé par l'Intendance 
môme bien intentionnée. Il croit l'Académie suffisamment 
éclairée et demande la clôture de la discussion, qui mise aux 
voix est rejetée par 13 voix contre 12. 

Séance du 'Z^Juilleê. — Présidence de M. Depaul. 

M. le Secrétaire annuel lit le proc?s-verbal de la dernière 
séance. 

M. Fauvel fait une réclamation : il est porté comme devant 
prendre la parole après M. Legouest, or ii croit que c'e?t à lui 
qu'appartient la priorité. Dans tous Ips cas il veut faire quel- 
ques, observations au rapport à cause de celait lui semble 
qu'il doit parler avant M. Legouest, qui est membre de la 
Commission. L'Académie consultée décide par 25 voix contre 
18, que les orateurs parleront d'après leur ordre d'inscrio- 
tion. ^ 

M. le SECBÉTAiRE PERPÉTUEL dépouiile la correspondance. 
L'Acadéiiiio a reçu le règlement du servi cc-tTS* santé militaire 
de plusieurs pays. En Suisse la pharmacie est rubordonnée à 
la médecine. M.Léon Lefort a écrit aux chefs des services de 
santé luilitaire de plusieurs pays uotamment d'Autriche, de 
Russie et de Suisse; les réponses qu'il en a reçues seront dépo- 
sées au Secrétariat à la disposition des membres de l'Aca- 
démie. 

M. Legouest lit un «xcoilcui discours qui nous a paru ré- 
sumer et juger la question. Il laisse de côté les récriminai ions 
parfois un peu vives des pharmaciens, à qui tous les grades 
seront conservés à Texception de celui de pharmacien inspec- 
teur général. 

Le parallélisme entre les médecins et les pharmaciens existe 
depuis longtemps, mais bien souvent depuis 1810, il a été 
question de subordonner la pharmacie à la médecine. N'en 
est-il pas un peu ainsi dans la pratique civile? L'orateur est le 
premier à reconnaître les mérites des pharmaciens- militaires, 
il se plait surtout à rendre hommage aux grands services ren- 
dus par M. Poggiale, aussi les médecins ne cheîsUient pas à 
s'élever en se subordonnant les pharmaciens, ils cherchent 
consciencieusement le bien. On a dit que le personnel phar- 
maceutique se recrutait difficilement? Il n'en est rien, les 
jeunes gens préféreront toujours les avantages que leur fait la 
pharmacie militaire, à l'ordre de chos.s qui dans la phar- 
macie civile les met à peine au-dessus des garçons de labo- 
ratoire. 

On a reproché aux médecins de n'être pas administrateurs, 
pourquoi? Il y aura du reste dans les hôpitaux un Conseil 
d'administration dont feront partie, les médecins, les phar- 
maciens et les officiers comptables. La pharmacie fait cause 
commune avec l'Intendance. On sait cependant combien le 
système actuel est préjudiciable aux malades, on Ta vu en 
Grimée, en Italie, et récemment encore. 

En Crimée les Anglais, dont les médecins étaient indépen- 
dants, firent des pertes dans la proportion ^e *A tj2 poumon ; 
les Français perdirent 22 pour 1 00. 

On a demandé l'autonomie des deux branches des corps de 
santé, le bien du service exige que la pharmacie soit -subor- 
donnée à la médecine, il en est ainsi dans tous les pays ; en 
France même, il en est ainsi dans la marine nationale, pour- 
quoi faire une diiTérence dans l'armée da terre ? 

M. Fauvel ne voulait pas prendre la parole, mais il trouve 
que le rapport n'a pas été discuté. Les fonctions qu'il a remplies 
longtemps le mettent à même de bien juger la question^ et il 
approuve Taulonomie du corps de santé. Toutefois il aurait 



voulu que le rapport prit un moyen terme et n'abaissât naa 
ainsi qu'il le fait les pharmaciens. ' ^ 

M. BÉiiiER trouve mal fondées les plaintes et les récrimi- 
nations des pharmaciens, et demande qu'on vote immédiate- 
ment les conclusions du rapport. 

M. LE Président fait observer qu'il y a encore neuf orateurs 
inscrits. v**»o 

M. Larrey pense que les orateurs futurs n'apporteront pas 
d arguments nouveaux et qu'après le discours deM. Legouoit 
lisferdienlbienoude se borner à dire quelques mots ou 
môme de renoncer à la parole. La suite de la discussion est 
renvoyée a la séance prochaine. g. d B. 



SOCIÉTÉ ANATOMIQUE 
SJmce du 23 mai. — présidence de m. ciiarcot. 
Héinorrhngle de la Protnbépance, Par Debovb. 
M. Debove présente un bel exemple d'hémorrhagie de la pro- 
tubérance. 11 s'agit d'une femme tombée subitement, dans une 
des cours de la Salpétrière et qui est morte une heure 1 '2 après 
l'attaque apoplectique. La rapidité avec laquelle la mort est 
survenue, n'a pas permis de savoir si Turine renfermait du 
sucre ou de l'albumine. A l'autopsie on a trouvé dans la pro- 
tubérance un foyer hémorrhagique, ayant le volume d'une 
noix. Il y avait une rupture du quatrième ventricule. Il exis- 
tait, en outre, un ancien foyer hémorrhagique dans l'insula 
de Reil et des anévrysmes miliaires. 

M. CnARcOT. Les hémorrhagies de la protubérance ne sont pas rares ; 
mais, il n'en est pas de même des luf^morrhagies à forme bulbaire. Dans le 
cas do M. Dobove, uno perforation a permis au sang de pénétrer dans le 
quatrième venlriciilc : de lï uno action secondaire sur le bulbe, ces çortcs 
d'hémorrhagics sont peu communes -, quant aux hémorrhagies mô »;e du 
bulbe, elles sont exceptionnelles. Il est à regretter que les circonstances 
n'aient pas permis de prendre la température. 

M. LiouviLLE, dans un cas d'hémorrhagie de la protubérance qui, tou- 
/•l»nnt 1*» i>U«^Kcr du qtiatrième ventricule, avait amené de la polvurie, de la 
glycosurie et de l'albumimurie, chez un ho*T»me de 59 ans (cas rappoitS 
avec détails à la Société de Biologie), ano'éune température de40O,4, vers 
a 4« et î>e heure après le début de l'attaque apoplectique. Le malade fut en- 
levé en 8 ou 9 heures. 

Lésions tnbereiileases des jointures des poumons ; 
luôf rite caséeuse, par M. Dkdove. 
M. Debove rapporte ensuite Thisloire d'une femme, âgée de 
65 ans, qu'il a observée daus le service de M. Gharcot. Cette 
femme avait aux poignets deux tumeurs Quetuantes, ayant 
la forme d'un bissac. Elle était, de plus, atteinte de phthisie 
pulmonî^ire. Une^ponction pratiquée dans les tumeurs donna 
issue à du pus caséeux. La malade est morte hier 22 mai. 

Autopsie. Les poumons étaient parsemés de masses caséeuses 
et offraient de petites cavernes. Il y avaitdes collections puru- 
lentes, sous le ligament annulaire du carpe, des deux côtés. 
Des oriûces établissaient une communication avec les os qui 
étaient dénudés. L'articulation élait envahie par de nom- 
breuses fongosiiés. En résumé, on avait affaire à une tumeur 
blanche parvenue à une période avancée. 

Les os présentaient tous les caractères de llnfiltration ca- 
séeuse. La- colonne vertébrale était prise elle-même et ces 
lésions avaient été le point de départ de coUeclions purulentes, 
siégeant dans le psoas. 

L'utérus avait le volume du poing, ses parois étaient amin- 
cies. Sa cavité contenait une grande quantité de pus caséeux. 
— Il y avait de petit corps fibreux. 

Les trompes étaient très-dilatées. Le pavillon était trans- 
formé en une véritable poche, pleine d'une matière analo- 
gue à du mastic. Les lésions de l'utérus sont celles de la mé- 
trite caséeuse, affection qui est assez rare. 



M. Paruot a trouvé, il y a 5 ans, des lésions analogues, chez une petite 
fille de 7 ou 8 ans. Les organes urinaires et les organes génitaux étaient «n- 
vahia par la tuberculose. On observait de petits godets rappelant ceux du 
favus. Le cas de M. Debove me paraît offrir des altérations plus avancées 
que celle du fait auquel Je viens de faire allusion. 

M. CsÂncoT. demande si M. Parrot a fait l'examen histologique des 
lésions qu'il a observées ; car, il est intéressant de savoir s'U y a des infil- 
trations caséeuses primitives, ou si elles sont précédées par d'autres lésions 



3gle 



80 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



iul'eiculeuse". Dans le cas de M. Debovc, il n'y a pas do traces apparentes 
de grannlalioQ tubercul<>use. 

M. Parbot ne 8^ rappelle plus s'il a pratiqué Texamen micro^'copique ; re 
qui lui a fuit supposer qu^il s'agissait do lésions tuberculeuses, c est la pré- 
sence dans les outres organes de la tuberculose* à tous les degrés ; sur Iq 
vagin et les ovaires, il y avait des granulations. 



REVUE OPHTHALMOLOGIQUE 

I. — De rinfluenen de Téc'^alragf* Kur racalté visadle, par le 

Dr. M. Ch. Klsin. — Paris, G. Masson éditeur 1873. 

Avec les tables de Snellen ou de Giraud-Teulon nous arri- 
vons à évaluer Irès-rapidemeQi l'acujlé visuelle. Celle acuité 
est soumise à uue foule de varialious qui lieuueiit aux indivi- 
dus, à l'âge, à la valeur réfringente des ,veux, au degré d*m- 
tensilé delà lumière M. Klein s'est proposé par des recherches 
patientes et rigoureuses de nous donner une mesure exncte de 
cette influence de l'éclairage. Les résultais de sesexptiiences 
sont représentés par des courbes, dans lesquelles les ordon- 
nées indi'iuent les distauces où so trouve p acé le lecteur, et 
les abscisses Tintensité lumineuse à laquelle correspondent 
ces distiuioes. — Mais pour pouvoir jug-r des effets variables 
de la lumière, il fallait pouvoir mesurer cet éclairrige lui- 
même et jusqu'ici on s'était indifféremment servi d'un bec 
de gaz, d'une bougie ordinaire, de la lumièro du soleil, sans 
connaître le rapport précis qui existe dans Tintensité de sour- 
ces lumineuses si diverses. Aussi M. Klein s'est-il mis d'abord 
en mesure d'avoir un appareil photométricjue irréprochable : 
cet appareil il Ta construit lui-même, après s'être adressé 
sans succès à tous ceux qui ont été proposés jusfju'à nos jours 
et qui 4>ont indiqués dans son travail, suivant l'ordre chrono- 
logique. A l'aide de son iuslrument, M. Klein examine l'influ- 
ence de la lumière sur l'acuité des yeux normaux, des yeux 
myopes, des astigmates, des strabiques affectés dam- 
blyopie. 

L auieur arrive ainsi à signaler plus d'un fait intéressant, et 
ilaurait pu facilement étendre ses conclusions qu'il résume 
modestement dans quelques propositions pratiques :' lo II e&t 
indispensable d'avoir un éclaiiagedéierminé; — 2" LTïnteiifeue 
de cet éclairage doit être indiquée en même temps que le 
degrtî d*acuité de l'individu examiné; — 3° L'éclairage qui 
semble le plus convenable serait de 26 à 100 bougies, type an- 
glais. 

II. — TraUé ppatlqoe des maladies des yeux, par le Dr. E. Meter 
avec 237 fig. intercalées dans le texte. — Paris H- Lauwercyns, 1873. 

Nous sommes de l'avis de l'auteur, lorsqu'il soutient dans la 
préface de son livre, qu'il raan'iue à notre litléraiure médicale 
un Manuel complet des maladies des yeux. Les traités étendus 
ne nous font pas défaut, nous avons môme des Manuels, mais 
ceux-ci font trop bon marché des notions désormais ac- 
quis, s sur les mabdies de la réfraction et sur les troubles 
muscuiaires de l'œil. — Le livre de M. iN.'eyer arrive donc en 
temps opporlun. — Dans ce livre on trouve neiiement for- 
mulées et développées les propo.<;i tiens ac(juises à la science. 
Parmi les procéd«^s opératoires, M. Meyer u'embariassepasson 
lecteur dans une foule de méthodes abandonnées» ii ne s'ariete 
qu'aux 0|)érations généralement adoptées et les expose avec 
une précision qui témoigne de qualités professionnelles soli- 
des. Les nombreuses figures qui enrichissent son ou\rage 
permeitent de se rendre compte en un coup d'œil des opéra- 
tions si complexes que Ton n appliquées à la cataracte, au 
strabisme, au syrabléphàron. àTtctropiou, etc. 

Ou pourrait peutéire se plaindre que les maladies externes 
de 1 œil, que les afTectious des voies lacrymales soient traitées 
d'une façon un peu sommaire. — Nous exprimerons encore un 
reprret, c'est que l'auteur n'ait pas ajouté un petit paragraphe 
bib'iographique à chacun de ses chapitres, au profit de ceux 
qui ne veulent pas s'arrêter à des affirmaiious mais deman- 
dentles pièces justificatives. 

lil. — Leçons sar le strablsaie, les paralysies oeDlsiros le 
■ystugiiias, leblé|ili«roHpaHine,professées par M. Panas, rédigées 
par G. LoRET. Parla, Adrien Delahaye 1873. 

M. Pauâs clergé du C3ur^ compléoientaire d^Opbtbalmologie 



près de la faculté de Paris, a réuni dans ce livre les leçons qu'il 
a professées è l'hôpital Saint-Louis en 1872. C'est par la |»artie 
la plus délicate de l'oplilalmologie que M. Panas a inauguré son 
nouvel enseignement, il a montré ainsi aux spécialistes mal- 
veillants que rophthalmoiogie n'est point iLa})ordal)le pour les 
chirurgiens. 

M. Panas commence par exposer l'anatomie et la physiolo- 
gie des muscles de Tœil, d'api es les travaux de Donders et 
Giraud-Teulon ; il y ajoute une description fort remarquable 
de la capsule de Tenon. Vient ensuite uue séiie de leçons sur 
le airabismr^ sur ses causes, sur ses variétés, sur sou Irailemenl 
orthopédique; néanmoins il regarde la ténotomie comme la 
pr?ncipale ressource, muis il ne croit pas que le do>agede la 
ténotomie soit susceptible de cette précision mathématique 
que de Giœfe a a-firmée. 

M Panas traiie « nsuitedes paralysies oculaires en général et 
des paralysies de chaque muscle en particulier, il termine ses 
leçons par l'étude du piosU, du vi/siagmus et du blépharoS' 
pasme. 

On ne peut qu'applaudir à la clarté et à la méthode qui 
rendent ce livre abordable même aux plus inexperts et il doit 
ôlre tenu compte à M. Lorcy du soin qu'il a mis à rédiger les 
leço s de son muiire. 

Nous n'avons qu'un regret à formuler, c'est que le profes- 
seur se soit astreint à d:;s leçons purement théoriqu s, qu'il 
n'ait pas [)référé la forme clinique, toujours plus a^rayaule, 
plus originale. L. Tiiaon. 



lleuuer 

in %m\ 

;c une! 



CHIRURGIE PRATIQUE 

Procédé simple et farilc pour l'oiiératinn du phlitiosii». 
(Circ«'ncisioii.} 

Unq des difficultés de l'opération du phimosis consiste en 
ce qu'on ne peut jamais sectionner du môme coup et au mê- 
me point la peau «L la mu [ueuso. Aussi a-t-on crôé pour celle 
petite opération tout un arsenal chirurgical, et les inventeurs 
ne se lassent pas! Le procédé suivant.enseigné par M DupUS) 
aans uut? de aoj oiiniques «i di^ sans doute à M. Voillemier 
dispense de toute in>trumentatiou spéciale : 

1° Prendre enre le pouce et les deux doigts de la mai 
che le prépuce, l'attirer légèrement en dehors, et, avec 
paire d excellents ciseaux, sectionner d'un seul coup tuut ce 
qui est en avant du gland. i 

2» La peau qui esi tiès-mobile se rétracte et laisse à décou- 
vert tout le g and jusqu'à sa base; mais la muqueuse reste 
sur le gland, et le recouvre souvent dans l'étendue de un cen- 
timètre en avant de la peau. Le second temps consiste douce 
melire deniveau la peauet la muqueuse. Assurez- vous d'abord 
en promenant la sonue cannelée au-dessous de la muqueusequ'il 
n't'Xiste pas d'adhért-nces avec le gland, comme ce. a se voit, 
souvent chez les enfants. Incisez alors la muqueuse vertica-l 
lemeni sur le dos du gland jusqu'au niveau de la peau rélrac-! 
tée, puis avec vos ciseaux, coupez circulairement tout ce qui' 
dépasse la peau. Au niveau du frein incisez obliquement de 
manière à le conserver tout entier. 

30 11 ne reste plus qu'd affronier exactement la peau et la 
muqueuse. Ce dernier temps est facile, mais exige de la patience 
de la part du malade et du chirurgien. On place circulaîrement| 
des terre- fines qui mainiiennent exactement le cou tact des 
bords de la plaie. On se sert d'une paire de pinces à murs très] 
fins qui permeueni d'en faire le rapprochement d'une manière' 
plus précise. Il faut commencer à placer ces serre-fines à 
partir du frein préputial, et avoir soin de faire refouler par uii| 
aide les lambeaux de tissu cellulaire qui pourraient se placer 
entre la peau et la muqueuse au moment où on les unit. Vous 
obtiendrez toujours pur ce procédé une réunion parfaite; à 
sera impossible de retrouver la trace de l'opération; et vous 
ne serez pas exposés à essuyer des reproches cruels delà part 
de ceux qui tiennent à la beauté de ces parties, (i/. Uuplap : 
Cliniques de l'Jiâpital Saint- Antoine,) H. D. 

l4*él€etrolyse dans le traitement des fnmeara ércellt^n. 

Dès l'année i8:i0, Veipeau aurait conseillé raeupooueiun 



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LE PROGRES MEDICAL 



81 



pM2r}eiraR«ai»Qt«!Mitttai«iimérB0liies Ite ipMH voIiiém: 

mst aigruRlestleâ liges dMvoire. 

mac-Vjliaîn etBusle lardaîeût la ltimenrav«ctl«s*ilgaïih,g2tm- 
ûes au feu el P. Guersanl se déeiàra partisan de celle méthode 
depuis ce temps, MM. Giraldès» Broca, Verneuil out tente avec 
les résultats divers, de guérir les tumeurs érectiles avec Té- 
eclrppuncîure. C'est ce procédé qui a donné aussi les meil- 
leures gixérisons à M. le d^ Cardwill, chirurgien anglais trôg* 
iisliDgrué. Après avoir exposé et apprécié les autres procédés^ 
Il s'exprime ainsi : « En résumé, le moyen pour guérir tes 
tumeurs érectiles que je veux rtcommander est Télectroîy^e, 
iont on use trop rarement à mon avis. Le procédé consiste à 
iitrotiuire aux d-eux extrémités de là tumeur un on deux fil« 
le platine qui la traversent totalement. Aux deux bouts du fil 
m applique les pôles d'un courant venaut d'uue batterie à 
plusieurs éléments et on fait rougir le fil. Ce moyen est com- 
ïlètement exempt de danger. L'hémorrhagie causée par l'in- 
troduction du fil s'arrête d'eile-môrae et as?ez rapidem-ent 
lussitôt que le fil a aiteiat une température suffisante pour 
sautériser: le malade souffre peu pendant le passage du cou- 
rant, et on n'observe rien de particulier quand on relire ces 
Ils. J ai obtenu par ce moyen les meilleurs résultats. Mon ami 
le docteur Singly, qui, en est aussi très-saU^fait, désirent 
faire à la peau, la plus petite lésion possible, iuiroduii seule- 
ment au-dessous de celle-ci la pointe d'une aiguille. Je pense 
ïu'ea donuautplus de temps à Topératiou, et eu agissant sui- 
vant le conseil du docteur Singly. la dilTormité est aussi j.>etjie 
ijue possible: c'est là une considéraiion importante, lors|ue 
la tumeur siège sur une partie du corps destinée à être dé- 
IDU verte chez la femme, ou sur la face chez l'homme. 

{TAe Zancei, juin 1873.) H. D. 



BIBLIOGRAPHIE 

Ic^iw sitr U ttyphlllv étudiée |i1a<« paMicnlIèrement «hes la 

fename^ par le docteur A. Fournirr. in-8 de IIOS pages. Paris, Delahaje. 

Chargé depuis plusieurs années ds l« direction d'un service 
Important d'affections vénériennes, M. Fouruiera eu l'oocaston 
ie publier déjà une série d'aperçus (Voir Qm, k'bdomadaire 
ff%U>n médieal^y SUT les modificalions paniculières que pré- 
ôeule la syphilis chez la femme. Au fond» lien de spécial dans 
les lois d'evoluiion de cette maladie gui constitue une sorte de 
drame en trois actes bien distincts, mais la nature particulière 
au sujet donne naissance à une série de nianifestalious toutes 
nouvelles ou qui ne figurent qu'à titre très -secondaire dans la 
pathologie syphilitique de l'homme. 

Les huit premières leçons sont consacrées à l'élude de la pé- 
riode primaire, chancre et bubon. Nous ne trouvons rien à 
sigualer de particulier, sauf l'étude du siège du chancre (chan- 
cre mammaire, chancre du col). Le chancre du col, qui passe 
pour une rareté pathologique, est au contraire assez fréquent 
îi fleure dans les stastistiques de M. Fournier en quatrième 
ligne, après le chancre des grandes et petites lèvres et delà 
fourchette. La cause de sa rareté appareîtte. tient à ce qu'il 
û'est pas visible, à ce qu'il ne donne lieu à aucun symptôme 
douloureux et n'éveille par conséquent pas l'attention de la 
femme; en second lieu, à ce qu'il se modifie spontanément et 
^avec une très-grande rapidité. Par contre, malgré les causes 
nombreuses qui paraîtraient devoir favoriser la contamination 
^u vagin, le chancre de cette région (vagin proprement dit) est 
excessivement rare. 

^ La période secondaire estla véritable période féminine, c'est- 
à-dire celle où vont se développer ces accidents multiples qui 
impriment à la syphilis de la femme un cachet spécial. En 
plus des phénomènes qu'on rencontre chez Thoinme. la femme 
présente plus marqués : l® les douleurs; i^ les troubles ner- 
veux; 3» les troubles généraux. 

Ces troubles généraux peuvent se ranger sous deux types 
principaux. La ciloro-anémie, forme que tout le monde admet 
, avec ses caraci ère» de décoloration des muqueuses, de laiblesse, 
dalanguissement, des palpitations, caractères auxquels cor- 
respondent les signes stéthoscoplques usités; et ïastàénie ou 



lanfiiear cQrphiliiiquQ, c'nsWJhdire une « iorte de dëpi^ssioà 
profonde de réconomif) dans le ùaiûs, sans les sigtfes de la dé« 
globulisaUoQ chtoro^snémique^ • Le tableau que trace M. Fotfr- 
roter <to cet étai particulier montre bien là un type eliiii^e» 
vrai et tout è^faR à part. « D'uoe part« ces mala'ies qUe je vaié 
▼eus d'écrire ne se présente nullenM^nt avec l'extérieur habi^ 
tuet dee femmes anémiques. Leur teint n'est que légèremeilt 
modifié, quelques-unes conservent môme un aspect assea sâ^ 
tîsfeisant, elles paient de mine, comme elles le disent elles^ 
mômes. D'autre part, l'auscultation ne révèle sur eli^ nuoutt 
seufûe du cœur ni dans les vaisseaux Rien n'iautofise donc, «ni 
rhabitus extérieur, ni les signes physiques à considérer ces 
femmes comme affectées danémie. » Ces deux états ne soût 
que temporaires; ils prennent fin avec une médication appre^ 
priée^mais si l'on n'intervient pas ou si Ton intervient trop iar^ 
divement^ Ils peuvent devenir graves par la débilitation qU'ito 
entretiennent et par Va susceptibilité à d'autres affections qu'eU^ 
geudre cette persistance de troubles fonctionnels. 

Dans les trois leçons suivantes (10« 11« et 12»; M. Fourhier 
étudie les syphilides cutanées qui différent peu d'un S:;xe à 
1 autre. Très-variées comme formes, ces manifestations peu- 
vent être selon lui réparties, ou huit groupes : Ery thémaieux, 
papuleux, squameux, vésîculeux, pustulo-crusiacé, bulleuXj 
macuieux et gommeux. 

L'alopécie et l'onyxis forment le sujet de la treizième Irçoû. 
L'alopécie syphilitiqu*^, loin d'être une manifestation tardive^ 
une suite éloignée des « péchés de jeunesse » est au contraire 
essentiellement secondaire. Les cheveux tombent sous l'in-*- 
fluence de syphilides disséminées du cuir chevelu ou sans couse 
apparente, parle fait piôme de la maladie. Du reste, l'alopécie 
n'alfecte pas que la tète, elle siège encore aux sourcils, aux cils 
au mont de Vénus et parfois môme aux aisselles. M. Kournierv 
s'élève avec vigueur contre les prétendus dangers du mercure 
qui serait la cause de la chute des poils ; loin de la favoriser en 
quoi que soit, l'administration dd cet agent pourra seul l'atté- 
nuer et l'arrêter. 

Les syphilides muqu*ïuses, communément dénommées 
plaques muqueuses tmot impropre puisqu'il s'applique indîf- 
féreinmout à des lésions différentes) sont chez la femme d'une 
fréquence, que je ne puis, dit l'auteur, qualifier autrement que 
d'excessive. Les syphilides génitales, de beaucoup les pluS 
ordinaires, se présentent sous les quatre formes suivantes . 
érosive, papulo-érosiv*», papulo-hypertrophiqueet ulcéreuse. 
Certaines de ces syphilides s'indurent à l'instar du chancre 
(indurations secondaires) c'est-à-dire se doubler.t d'un exsu- 
dât néoplasique à la hase, tellement ressemblant à celui dû 
chancre, qu'on croirait à la présence du chancre lui-môme. Le 
diagnostic en est des plus importants, cor, c'est surtout chez 
la femme qu'on rencontre ces indications secondaires. 

Les leçons consacrées à l'étude des afl'ect ions secondaires des 
yeux, (kératite, irilis.'Uévri te) et des os(périostoses, osléolgies' 
etc.,) n'offrent chez la femme rien a noter qui ne se retrouve 
identiquement chez l'homme. En revanche, les troubles ner- 
veux secondaires, sont cent l'ois plus fréquents, plus variés et 
plus intenses. « Chez la femme, nature plus impressionnable, 
la syphiliscrée un état de souffrance générale de ce système, 
elle détermine une perturbation profonde, parfois môme un 
désarroi véritable dans toutes les fonctions qui lui sont dévo- 
lues ; elle engendre, en un mot, d'une façon provisoire, une 
véritable diaihùse nerveuse, à manifestations multiples et va- 
riées : » Parmi les accidents les plus habituels, il faut noter 
là céphalée qui n'est provoquée ni par une lésion osseuse, ni 
par une névralgie et qui revôl deux types bien distincts : con- 
tinue avecexacerbation et intermittente; l'insomnie essentielle, 
l'asthénie nerveuse, les douleurs névralgiformes et les névral- 
gies, enOn les troubles de la sensiblité. Ces derniers phéno- 
mènes, presque ignorés, sont bien étudiés par M. Fournier, 
qui y distingue trois formes prédominantes : Analgésie sim- 
ple, analgésie et anesthésie simultanées, analgésie associée à 
la perte du sens de la tempéraiure. Cette analgésie affectede 
préférence les seins et le dos de la main. Au piemier abord, 
on est tenté de rapporter ces troubles nerveux à Ihystéfie/ 
mais leur étude attentive bur un grand nombre de sujets per- 
met de les classer comme raanifeslations propres à la syphilis. 



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n 



LE PROGRES MEDICAL 



Du reste leur fréquence, leur développement dans des condi- 
tions toujours Identiques, leur évolution, c'est-à dire, leur at- 
ténuation el leur disparition sous l'influence du traitement, 
ne 'peuvent laisser aucun doute sur leur nature. 
- Dans un groupe moins fréquent se rangent les paralysies se- 
condaires, rhémiplégie faciale, la plus commune et la plus pré- 
coce (on Ta vue se produire avec les premiers accidents secon- 
daires, coexister avec la roséole (1), la paraljTjie de la troisième 
et de la sixième paire. A côté de ces paralysies, viennent se 
placer différents troubles des sens (éblouissements, paralysie 
de l'accommodation, otalgie) et de Tintelligence (atonie ou tor- 
peur, môme perversion des facultés intellectuelles). 

Dans les 25» et 26» leçons M. Foumier aborde un sujet en- 
core peu étudié et comme il le dit, bien digne à tous égards 
de la plus sérieuse attention ; nous voulons parler de l'influen- 
ce qu'exerce la syphilis sur les grandes fonctions circulatoire, 
respiratoire et digestive en un mot de la syphilis viscérale se- 
condaire. La respiration est en général fort peu influencée ; du 
côté de la circulation, ce sont des palpitations, essentielle- 
ment nerveuses et ne dépendant en rien d'une lésion cardiaque. 
De tous,le système digestif est le plus troublé : diminuUon de 
1 appétit qui peut aller dans quelques cas rares à Tabolition 
complète, à une véritable répugnance pour les aliments, bou- 
limie, gastralgie.e te. Parmi les manifestations splanchniques, le 
système génital ofl^re comme telles, la leucorrhée, qu'on peut, il 
est vrai, considérer comme un effet de la chloro-anémie la né- 
vralgie utérine et les troubles menstruels. Au sujet de ces der- 
mers, M. Foumier est arrivé aux conclusions suivantes : 

bur le plus grand nombre de femmes, la syphilis ne trouble 
pas sensiblement les règles. 

Sur quelques malades, même dans les forœes communes, 
înLrF'î ^.^^o^^'?^ troubles (irrégularités, appauvrissement 
suppression). Ces troubles deviennent fréquents et intenses 
dans les cas ou la maladie prend une gravité supérieure. 
T no X^li^^^^f ^^ reproduction sont profondément influencées. 
1^ syphilis crée une prédisposition indéniable à l'avortement 
Vnipf :!''' '^i''' ^ Prédispose le plus est la période secondaire. 
rhi^^fJf f''?^''^ quelques chiffres extraits des registres de 
1 ûOpJtal de Lourcine. 

Sur 390 grossesses, 249 sont arrivées à terme; Ul ont abouti 
soit à 1 avortement, soit à l'accouchement prématuré:^- 
i.iî^I.^^fLf^'^^f?^^^^ arrivéesà terme, 1A enfants sont morts 
a ires-^ref délai et la plupart pour cause de faiblesse congénitale. 

M. Foumier, termine par l'exposé du diagnostic et du pro- 
nostic; dans ce dernier il faudra toujours tenir compte des 
éléments suivants : influences thérapeutiques, état de la santé 
générale, conditions d'hygiène. Relativement à la question de 
traitement. 1 auteur insiste sur une médication longtemps pro- 
longée en se servant d'une méthode mixie.celle des traitements 
successifs séparés par des intervalles de plus en plus prolon. 

^hlrinf/""- ""^^f^^}^ rés^^é de cet ouvrage dont nous avons 
vnn« nf r l'^''^^^' ^^^ P®"^"^^ ^®« Pl^s spéciales et nous pou- 
J^^JJa' l^^Pl^sj^o^^elles. En parcourant cette œuvre ma- 
ttn! ^''''\']^ '^^^'^^2^ précise et brillante met encore en 
r«nf. ' 'Î^'k ^ ^^ scientifiques, tout lecteur s'étonnera de voir 
Inn ^i^rî^''^ ^'^P modestement derrière l'insuffisance de 
son autorité. ^ Gartaz. 

Chronique des hôpitaux 

^àpUal de la Chanté, - Service de M. le professeur Gosselin - 
Clinique les mardis, jeudis, samedis. - Salle dL femmesT 8 réddive 
d ulcère variiiueux avec gomme suppurée à la cuisse droTte - 11 a^^^^^^ 
symptomauque probablement d'un sarcome péritonéal!! 13 irrcL éS 
boma fongueux dépendant ««lusivement du bo,^ bbre dl la^èTre^^^^^^^ 

iTir.".' ^"^ ^"'^^ ^' ^ ^'^ '^^^^^ à pic à la parUe inLVde 
la Jambe droite, sans adénite ; gomme , - 23, métLhagleTnévrag^^^^ 

" (l) Pondant mon internat dans les hÔnitaiiT <1p T v«« «u: i> . j, 
•bserrer un c« d.», le service AVm^T^t:^2Cxi?^'^^^^ 

u«utuée,- conséc«tivement.pp««,„tde. syphilidî^ Tta^ ^fo^^'^" 



lombaire, abcès circum-utérin ouvert dans le rectum.— Salle des 

' 4, épididjmite droit*) subaigué; écoulement blennorrbéique ; rétrédssonat 
uréthral; — 12, épididymite biennorrbagique gauche ; cystite; — 18, hé- 
morroïdes externes enflammées et gonflées avec un peu d'excoriation î 
gauche; — 22, Lipome de la région épigastrique ; — 34, grosse Inmem 
probablement lipomateuse de la partie supérieure de lliypocondre droit;» 
36, Leucoma avec atrophie et retour fréquent d'inflammation de rœil droi^ 
douleur sympathique à gauche; — 42, épithélioma au côté gauche de U but 
de la langue avec induration ganglionnaire de la région parotidienne. 

Hôpital de la Pitié, — Service de M. Vernkuil. (femmes) : nMl, 
squirre atrophique de la moelle ; — n° 26, abcès périnéphiétique. - 
Salle des hommes : N* 2, atrophie, du triceps fémora?, suite d'une arthrits 
du genou ; — n** 16, fracture compliquée du coude gauche j — n* 18, kyita 
hydatique du rein ; — n* 31, névralgie des deux branches opthabmques. 

Service de M. Gallard. — (Salie des femmes) : N* 12. corps fibico 
de Tutérus ; — n'» 18, phlegmon des ligaments larges ; — n* 29, rétréciw 
ment aortiqtM et insuffisance mitrale. — Salle des hommes : n* 10, insuffi- 
sance mitrale ; — n<* 13, myélite chronique et fracture de k cltYicule p« 
contraction musculaire. 

Service de M. Lassègue. — Clinique les mardis, Jeudis et vendredis- 
Salle des femmes : n* 13, pleurésie rhumatismale double; — n* 28, atuii 
lacomotrice. — Salle des hommes : N* 52, névrose du larynx. 

Hôtel-Dieu, — Service de M. Fauvbl. — Salle Saint Julien ; n* t lu, 
bronchite chronique, dilatation des bronches j n° 6, hypertrophie du fw, 
(fièvres intermittentes en Afrique) ; — n^ 7, maladie de Bright; — n"», 
iyfeningile tuberculeuse. 

Salle Sainte-Anne : N^'A bis, chorée; •— n* 8, rhumatisme chrooiqtt 
progressif ; — n® 1, scarlatine ; endocardite légère j — n* 18, rhumilisrt 
articulaire aigu généralisé, péricardite (1** altoque). 

Service de M. Duplat, suppléé par M. Ledentu. — Salle Seintr 
Marthe (femmes)': N® 5, arthrite mono-articulaire (genou) de nature rbt 
matismalc -, bruit de souffle à la pointe du cœur ; — n** 7, kyste de l'ovaiit 

— n® 11, rétrécissement simple du rectum situé très-haut ; — n' 15, abA 
périnéphrétique. 

Salle Saint-Barnabe. — Hommes ; N* 4, hydarthrose du genou; - 
n® 35, lymphadenom« du cou ; — n<> 43, goutte, néphrite, hyperlhrtptt 
prostatique ; — n^ 45, étranglement interne; anus artificiel selon le procJif 
de Nélaton ; — n® 53, tumeur de la glande thyroïde ; — n<* 59, fatal» 
urinaires multiples du périnée ; infiltration urineuse ; gangrène. 

Hôpital BeaujoH. — Service de M. Gubler. — Adénie de la glo* 

consécutif ù une angine simple ; — 22, paralysie labio-glosso-laryngée. I 

Service de M. Moutard-Martin. — 16, Aphasie; Hémiplégie gstk 

— 21, Atrophie musculaire généralisée chez un saturnin; — 27. pneai» 
thorax, — Femmes : — 4, Hématocèle péri-utérine ; — 15, fièvre typhoA 
adynamique . 

Service de M. BBAumiTz, eczéma traité par le chloral; — stomatite uké» 
membraneuse ; — paraplégie syphilitique. 

Service de M. Fe^net. — "9, insuffisance mitrale ; — congestiottdufi*! 

ascite ; — 11, kyste hydatique du foie ; aspiration. — 5 bk, insuffisBirt 
et rétrécissement mitral j — 15, Arthropathie droite; •— 17, rélrécissenaJ 
mitral; — hémiplégie gauche; — 22, fièvre heppétique. 

Service de M. Lbfort. — I, fracture directe de deux os de l'avanl-bw 

— 3, sarcome de la cuisse, amputation ; — 7, Périostite du fémur. 
Hôpital ^^«/owtf. — Service de M. Cadet de G. B icodrt. — St-La»«; 

4, affection cardiaque; — 8, péricardite et pleurésie rhumatismales; - 
11, néphrite traumalique ; — 25, tremblement mercuriel. 

Sle- Jeanne: — 2, cancer de Tépiploon ; — 3 et 4, pelviperilomte:- 
14, insuffisance et rétrécissement mitral ; — 19. gastralirie ; vomissements )► 
coercibles. 

Service de M. Gomdault. —Salle St-Geneviève (femmes). — 3, Ail»- 
minurie|^-~ 4, Diabète; chorée; — 13, affection cardiaque, symptômes d'n- 



gme de poitrine ; — U, hystérie ;— 17, paraplégie, hémorrhagie méningée?); 
— 18, contracture hystérique; — 21, kyste de l'ovaire. 

St-Eloi fhommes) : — 1 et 26, hydro pneumothorax ; — 3, affection car- 
diaque, hémiplégie, aphasie; —1», ictère, parotidite; — 23 et 31, cancer ds 
1 estomac; — 37 et 40, intoxic " 
tique. 



intoxication saturnine; — 38 et 39, névralgie scir 



Knseigaeiiieiit médical libre. 

Tumeure et maladies det yeux, ^ M. le D' Gillet de Grandmont co>- 
mencera. lundi 28 juillet, à 9 h. 112, rue Rossini, nO 20, des conférew» 
clmiques sur les affections cWnirgicales, et les continuerales meroredi, «a- 
dredi et lundi suivants à la même heure. 



NOUVELLES 

T vn^^^p """^ t '•T^^A - ^'^ ^^ J"^" *" " J^ilK il y a eu 347 à^ ^ 
i.yon. Rougeole, 4 ; fièvres continues, 8; bronchite aiguë, 9: pneumoni«,n 
^*«^m^ 3 ; diarrhée et entériU, 33 ; ehoUrine, 18 ; croup, 9; affecUon pu*- 
pérales, K ; affectaUons cérébrales. 58. Le Zyon ••*iff€a/ résume aisrilasi- 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



'"■lion : • Los diarrhées sont très fréquentes ; quelques-unes s'accompagnent 
d'accidents cholériformes , mais sans aller jusqu'au choléra sporadique. I^s 
diarrhées infantites sont nombreuses et se font remarquer par leur gravité 
hahituelTa. Quelques dyssenteries. Les embarras gastriques et les états 
saburraux des premières voies méritent aussi une mention spéciale. >. 

CnoLéRA. — AUemagne. Ça et là on signale quelques cas de choléra, 
en Saxe surtout. Une dépêche de Dresde en dat ^ du 5 juillet, annonce que 
ilepuis le 25 juin jusqu au 4 }ail et on a compté dans les villages Nieder- 
Gorbilz, Wœlfintz. Lœblau, etc , 29 nouveaux cas de choléra, dont t9 ca» 
de m6rt«'Le total des cas de. maladie qui se sont produits dans l'arrondisse- 
meut de Dresde est do j6^ dont 30 cas de mort. 

Italie. Lo préfet d'Ancône a interdit , pour des motifs sanitaires, le pèleri- 
nage à Notre-Dame dc-Lorette. Pour 'a mGm > raison les autres pèlerinages 
tout également interdits. 

Etats- Unis. D après une dépêche do New-Yor'c (2! juillet) le choléra 
exercerait beaucoup do ravages dans le Sud de l'Etat d'Iudiaoa. 

Autriche. — D'après la nouvelle pressa libre de Vienne, il y «uratt eu 
<lans celte ville du 19 au 21 juillet, onie nouveaux cas de choléra. 

HBRBOniftATiON. — M. Dec.xisne fait son hefhnr'satioîi dîmaïiche 27 juillet 
dans la forêt de f ontnincblebti. Itendez-vous à la gaire *è Fontaîftebleau k 
l'arrivée du train quittant Paris à 7 h. 50 m. 

Vacancb médicalb. — Par suite du décès de M Tailleur, la commune 
de Bony .Marne) est actuellement privée de médecin. Cette localité, située 
dans le périmètre du cump de Chàlons et au centre de plusieurs communes 
dont la population forma 'mi t* tal de prè> de 5.U0U h»bitant^, présente des 
garanties certaines de succès bu praticien qui viendra s'y établir. 

SocfÉTÉ XE THERAPEUTIQUE EXPéniMEîîTALB DE Francb — Ordre du 
jour de la s^aace du 4 août : 1" Suite de la dir^cussioa sur la fulsiGcation 
des nié licannents à bas priv; 2* Pré etitation d'up travail de MM. Léon 
Marchund et Corre sur la f.'éographio botanique; 3^ Présentation d'appareils 
par M. Corre. i2,rbe des Poitevins), 

HvoiàNB PUBLIQUE. — A la suitc d'une enquête faite par les soins de la 
préfecttire de police, il a été constaté que plusieurs boula ii ers de Paris 
faisaient entrer dans la composition du pain de la gélaliue de première qua- 
lité el de la fromme arabique dans la proportion d'un sixième euviron. Bien 
qut) cette composition nouvelle ne nuise pas directement à la santé publique, 
elle rend le pain lourd et pfltenx et constitue une fraude sur lu qualité de 
la marchandise vendue. Des procès- verbaux ont été dressés contre les dé- 
linqi.i.its. 

Ejolb de MÉDECJxk u'angeiis. — M. Vaslin (Louis), docteur en méde- 
cine, est nommé suppléant des chaires do chirurgie — M. Guichard <Am- 
briise^, docteur en mé.lecine. est nommé suppléant de la chaire d accou- 
chements. — M. Briant (Ernest), docteur en médecine, est nommé suppléant 
des chaires de médecine. 

FAC'JiTÉ DE MÉDECINE DE NANP.Y — M. Chrétien (Heuri-Marie-François^ 
docfeur ea mé'îecine, est nommé aiùe de physiologie expérimentale à la 
Fac illé do médecine de Nancy. 

PiiOTECTiON DE l'enpanck. — Lc rapport de M. de Melun sur la pro- 
position de notre confière Th. Rou^ïssl, relative à la î)rotecliion de l'enfance 
et surtout de ; nourrissons, conclut à la prise en cou idérali m. 

L« Snfi€*é pi'Otectricede Venfanre^ df Xyo».met au coacours la question sui- 
vanle:«Des moyens que pnivent empbyer les Soc étés protectrices d^l'u-iiance 
» pour a'ieindre le but '.qu'elles se proposent. Seraii-il passible d'or/oniser 
» partout une surveillance raélicale efiicace pour les nourris.sjns et les en- 

• f .nls-assistés, et par quels moyens prati.jues ce résultat pourrait-il ôt.e 

• obtenu î • 

Les candidats devront éîudier le mode, de ionctionneir ent des Sociétés 
prolectricos exi-tanlcs ; indiquer l^-s différen-es et es analogies que e.es So- 
ciétés prt^sentenl entre elles sous ce raî)port ; faire rcs'^ortir en que ciiaque 
mod" p'ul avoir d'avantageux et rechercher si ii'aatres moyens plus efiica- 
ces ne p «urruient pas être mis en usage ; examiner, enfin, si la surveillance 
des nourrissons porterait une atteiuli quelco.iquo à la liberté inUiviJuelle ou 
au droit des familles 

Un prix de la valeur de cinq cent^ francs sera décerné dans la séance de 
janvie- ou février 187.4, au meilleur mémoire sur ce sujet. Les mémoires de* 
vront *lre adress(?s, franco, avant le l'*" décembre p-ochain. à M. le docteur 
Fonleret secrétaire général, place des Célestins, 7. Ils porteront en tôle une 
é .igraphe qui sera répétée sous un pli cacheté reni'ermaut le nom et l'adresse 
de l'auteur. 

Les EADxHnNÉRALTîs ET T.'ARMéE. — Le rapport sur les propositions de 
M. Hervé de Saisy et ^o quelques autres euliègucs sur T» nvoi et le trai- 
tement gyatuit des militaires et de leurs assiniilês aux eaux minéralea vient 
de paraître. Voici les deux premiers articles du projet de loi 
•% Art. l''*". — Chaque année , à dater de Ta promulgation de la présente loi, 
les anciens militaires et n^^uiijg* ainsi (p:o1eçyrs assimilés de lu ^arde raohile, 
de la garde nationale et des auxilia're:^, do.tV les blessures ou les infirmités 
contractées au service nécessiteraient i emploi des eaux seront, après avoir 
obtenu l%uforisation du Ministre d^ la guerre sur l'avis de la commission 
spéciale instituée dans chaque département par l'instruction ministérielle du 



3 mai 1844, transportés et hospitalisés aux frais de l'Eut dans les localitéff 
déterminées par le Ministre de la gaerre. Ils seront porteurs d'uni feuille de 
route indiquant qu'ils sont envoyés aux eaux aux frais de VEtat. 

t Art 2 . — Les ofHciers des armées de terre et de mer et leurs assimilés en 
possession d une pension d<» retraite, admis à bénéficier les eaux, continueront 
à subir la retenue établie par les dispositions ministérielles. {&aT. hebd.) 

AfÉDBOiNs MiMTAmES. — Les étudiants en médecine qui justifieront de 
seize inscriptions valables pour le doctorat ; ceux munis de douze inscriptions 
valables pour le titre de pharmacien de première classe seront admis à pren- 
dre part au prochain concours pour les emplois d'élèves du Fervice de santé 
militaire, à la condition pour les premiers, de n'avoir pas dépassé l'Age de 
23 ans révolu> au 1*'^ janvier dernier, et, pour les seconds l'âge de 24 ans 
accomplis à la mSme date. 

NéCMOLOOiR. Romherg est mort le f juin à Berlm {G-a%. kehd ).^— CUr- 
mont (de Lyon^ est décédé, à l'âge de 63 ans, et Frxnon (de Tourmis), à 
18 ans (Lyonméd.). 

— Nous avons le regret d'annoncer la mort do M. le Dr Edouard Aube? 
décédé d ins sa 70^ ann-^e, k S(- Germai. i-^n-Laye oti il vivait retiré depuis 
plusieurs anT^es ; hoioré et chéri «le to is ceu^ qui le connaissaient , M. Au- 
bert a écr^t plusieurs ouvrages estimés do pliilosophie médicale et do patholo- 
gie. (Joum. de méd. et de chù\ prat.^ «* 7), 

EuPOisoNNBiCBnT PAR LA VANiLLB. — Le Boston Médical and Surgical 
Joftrnfil raconte que cinq individus de la m6me famille éprouvèrent des 
symptômes d'empoisonnement, après avoir mangé de la cr^mo à la vanille , 
deux a^itres, qni assistaient au même repds, n'en ayant pas mangé, ea furent 
nullement inquiétés. 

Société des science", des a'^ts r:T des lettres du IIainaut. — Con- 
C0UR<«DK 18'3. — Manuel pratique et populaire des premiers soins à donner 
en cas d'accidents ou de malalie. — L'auteur s'attacher i à ombat re des 
préjugé-s très-répandus. — Comparer les avant lies et le? inconvénients du 
traitement des mata les pauvres dann les hôpitaux de différents systèmes e^ 
à domicile. — In liquer et décrire les réactifs chimiques les moins coûteux et 
les manipulations les plus simples pour précipiter tous les corp^t dissous dans 
les eaux sortant des fabriques de sucre, de noir animal, des divers produits 
chimiq\ies et des teinturerie^^, de manière qu'il sufQse de filtrer les eaux ainsi 
trait(?e.^ pour les obtenir limpides et no cofitenant aucune matière organique 
ou inorganique en dissoLition. — Le prix pour chacun de ces sujets est 
nne métiaiUe d'or. — Les mémoires devront être remis franco, avant le 
31 décemltre 1873, chez M. le pr^mdent de la société, rus des Ci^mpagnons 
n**2l, à Mon s. 'Ann. de la son. de m'd. d' Anrers, mat) » 

CfoiMéîtrs pour deux places de f^feaseurs suppUanU des eh.iirrs de chirur 
gie et d'aeeourkements à l'Kro'e préparatoire de Bordeatus. I. Un concourt 
pour deux places d'î p-ofjssojrs suppléants des chaires de chirur.iie el 
d'accouchement, s'ouvrira le 25 novembro 1871 — • II Le^ candid its devront 
ôlrc français ou n turalisés frangiiset docteurs de Tune d^s facultés médicales 
françaises. Ils s'iuscriront et ' époseront au secrétariat de l'école leur acte de 
nttis-ance et letir diplôme, avant lo 5 novembre. — lll. Les épreuves con- 
sisteront e- : r* une composition écrite sur un sujet de ch-rurgie ; 2® une 
leçon d'accouchements; 3** une leçon de pathologie externe; 4^ une leçon 
de dîni )ue externe apr^s exame i de deux malades ; :i** une leçon d'anntomie 
chirurgicale et d'opération. — IV. Le temps accordé sera : 1® pour la com- 
position écrite, de six heures, sans livres ni notes ; 2® pour la deuxième 
épreuve, d'une heure, après u:i égal temps de réflexon ; 3" pour la tMisième 
épreuve, d'une heure, après vingt quatre h»»!iresdo préparalir»n; 4^ pour 
les quatrième et cinquièn.e épreuves d'une heure, fans préparation ni 
réil xion préalable ?. — V. Lo jury sera composé de cinq professeurs, qui 
nommeront cuire eux un prési.îeul et un seorét.iire. Kn cas d'enipjchement 
le juge ab-^ent sera remplacii pir u.i do ses collègue-? ; U nombre «!e trois 
Tneml)res au moin»? «era n^c'S^-nirfc pour que les opéra'ions aero Tiplies puis.^ent 
être déclarées valiibles. VI L-»- épreuves seront i 'entiques pour tous les 
cmdidats. à moins que le nomhre de ceux-ci n'ob'ige «le snn 1er quelques- 
unes des séances. Au comnienct»ment de chaque épreuve, l'orlre d'appel des 
candidats sera réglé par le sort ,^Gnz. méd de Bordeaus^ u" 13}. 



Librairie AD. DELAII4YE, place de rÉcole-dr-Médceine. 

BouLOUMié. Considérolions générales sur les dyspepsies la 
graveile el la poulie n propo.-* d'une nouvelle analys»^ de l'eau 
de la pra:idv3S0urcy de Viltel.par le professeur Jac(iueiuiu. la- 
8 de 4i) papos, ÎSI?. 

March.\nd (Erii ) Etude historique et nosoîojîique sur quel- 
ques épidémies et endémies du moyen âge. In-8 do 1 1 î puges» 
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^Iassot tJ.) De l'influence des traumatismes sur la grossesse. 
In-» :\ fr. DO. 

PASSAauAT (R). Tumeurs des amygdales. Iu-8 de 108 pages. 
2fr 

Petitfils (Alf.) Consid<^rations sur rairophie aiguë des cel- 
lules m:)trices 'paralysie infanlîle: paralysie spinale aiguë de 
radulie). In-8 de lOi pages. 2 fr. 60. 

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84 



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Rouge. Nouvelle méthode pour lelraitemeut chirurgical de 
rozène. In-8 de 32 pages. Lausanne, 1813 . 

Organisation du corps médical des hospices civils de 
Liège. Ta-8« de 12 pages. Uége. imp. du journal Le Scalpel. 

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Colin (L.) Etudes cliniques de médecine militaire, observa- 
lions et remarques recueillies à l'hôpital militaire du Val de 
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affections des voies respiratoires et digestives. ln-8 de 304 
pages. 

MoNOD (Ch.) Etude sur l'angiome simple sous-cutané ;cir- 
co iS'TJi (uœvus vasculaire sous-cutané, angiome lipomaleux, 
angiome lobule), suivie de quelques remarques sur les 
angiomes circonscrits de Torbite. In-8 de 86 p. avec 2 planches, 
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Le Progrès Hédical 



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Rédacteur en chef : BOIJRNEVILLE 



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Om n'abonne hors de Paris danS les bureaux des Messageries et chez les Libraires. — Les lettres non afifranchies sontrefu^^WM 



AVIS. — Lée prix de Vàbonnemmt d'un an est de dix- 
FRANCS potir MM. les Étudiants. 



SOMMAIRE : Clinique chiruroicalb : Leçon de M. Richet sur un eu de luxation 
du fémar, recueillie par Longuet. — Puysiologib : Influence de l'upiration tho-, 
raciqae et des mouTementa respiratoirea sur la circulation, par Rosapelly. — Pa- 
TBOLOGiB BXTBRNB : DcB tumcun urlneuiei et dea abcès urineux, par H. Dransart. 
— BuLLBrm DU PncoBàs MéniCAL : De l'exercice de la médecine en France par 
les médecins étrangers. — Sociérés savantes. Société de biologie : Hydropisie du 
qtiathènne ventricule, par Hanot, Jottroj, Uayem, Magnanet Liouville ; — Influence 
de l'alimentation sur l'élimination de l'urée, par Rabuteau. (An. par P. Relcua). — 
Académie de médecine. — Société (tnatomique : Fracture du crâne; hémorrhagie 
méniogée; fausses membranes, etc., par Laudouzy ;— Discussion. — Haladies dbs 
FBMitfKS : Analyse des travaux de MM. Péan et Urdy, Huchard*et Labadie-Lagrave, 
par L. E. Duuuy. — Revus db tbbrapbutiqub. : Traitement du tremblement, par 
Eulenburg ; — Traitement dea ulcères chroniques des jambes. — Biblioqraphib. 

Analyse dea travaux de MM. Bébier et Dieulafoy, par A. Sevestre. — Clironi- 

«ine des hôpitaux. — Nouvbx«lb8 : Le choléra ; — Les cimetièrea de Paria, etc. •»• 
Bulletin biblioqrapuiqub. 

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an-dessnsderéelMiaernreseiatlqne — dalane de 3S Jours. 
Reduellon. — Gnérlson. 

Leçons faites le 3t mai et le 3 juin 1873 — recueillies par M. Longuet, 
interne de service (l) 

Messieurs, 

Je reviens aujourd'hui sur le cas que j'ai pris pour texte 
de notre entretien précédent, afin de vous faire part de ren- 
seignement que j'en ai tiré. Par le fait môme de la réduc- 
tion j'ai acquis, en eft'et, des notions précises sut- la marche 
que ' la tête fémorale a dû suivre pour aller se porter à la 
partie supérieure et postérieure de la fosse iliaque externe, 
au-dessus de Téchancrure sciatique et sur le chemin qu'elle 
a dû parcourir pour rentrer à sa place normale. Grâce au 
mode opératoire que nous avons appliqué, grâce aux ma- 
nœuvres que mes mains ont exercées, j'ai pu faire pour ainsi 
dire Vanatomie pathologique de cette luxation, tout aussi 
sûrement que je l'aurais faite sur un cadavre, le scalpel à 
la main : c'est ce que je tiens à vous faire voir. 

La cause de cette luxation a été si peu importante, vous 
disais-je samedi dernier, que je suis porté à croire à une 
fracture du sourcil coiyloïdien; et j'appuyais sur ce point 
parce que le diagnostic qui avait été émis primitivement me 
paraissait bien singulier. Je vous disais aussi que si le dia- 
gnostic € contusion » avait été porté, c'est que la luxation 
n'existait peut être pas. Eh bien. Messieurs, je dois dire au- 
jourd'hui que la réduction nous a démontré dune façon 
bien nette l'existence d'une luxation primitive. Pendant 

(I) Vpir k A® t da Prcitès méditai. 



affranchies sont refusées 

l'opération nous n'avons senti aucune espécede crépitation • 
. après la réduction, le fémur n'a subi aucune espèce de dô-^ 
placement , or vous vous rappelez que ce sont là les deux 
signes principaux que l'on trouve toujours dans les luxa^ 
^ tiens secondaires avec fracture du rebord de la cavité coty- 
t loïde. Il est donc certain pour moi que la luxation était pri- 
mitive et qu'elle était bien dans le lieu indiqué. 

Par quel mécanisme ce déplacement s'est-iî opéré? Il y 
a là un point délicat : je vous ai dit ce que le malade noiw 
racontait à cet égard ; je l'ai encore interrogé ee matin et 
il m'a répondu ce matin ce qu'il m'avait dit plusieurs foi» 
déjà. Si vous lisez ce que les auteurs ont écrit é propos de 
la manièœ dont se font ces luxations, vous verrez qu'ils 
sont presqu'unanimes pour indiquer la suivante ; au mo- 
de la chute, le membre gauche (je suppose que la luxation soit 
à gauche comme celle que nous avons eue sous les yeux) le 
membre gauche, dis-je, est porté en adduction forcée eu 
avant du membre droit, avec rotatioa du pied en dedans, 
îpuis la jambe s'est flé(^ sur la cuisse et là cuisse sur lé* 
fea»sia; la tête fémorale clans cette situation presse sur la 
partie postérieure et externe de la cavité cotyloïde Si le 
mouvement est exagéré, la capsule se détache à son inser- 
tion iliaque et la tète va se loger dans la fosse ischiati- 
que. 

Chez notre malade, la pression aurait été directe, le mé- 
canisme dont je viens de vous donner la description som- 
maire n'a donc pas pu être constaté : aussi dois-je rester 
dans une certaine indécision sur ce point d'étiologie. 

Quant aux symptômes, nous avons dit que le principal 
était la présence de la tète dans la fosse iliaque extenie 
au dessus de l'échancrure sciatique, et au lit du malade j'ai 
fait constater à beaucoup d'entre vous l'existence d'une tu- 
meur dure, mçbile avec le fém.r, au point indiqué. Etait-ce 
bien elle? On 'aurait pu en douter, on aurait pu croire au 
déplacement d une portion d'os, au lieu du grand trochan- 
ter. Dans son traité sur la mntière, Malgaigne prétend que 
jamais la tête ne peut venir se loger dans l'échancrure scia- 
tique, qu'elle reste au niveau de l'échancrure et qu'alors on 
a un raccourcissement très-faible sinon un allongement 
Ici, nous avions un raccourcissement de 6 centimètres et de 
plus, en mesurant l'espace qui séparait la tôte luxée 'de 
l'épine iliaque supérieure et postérieure, nous avons trouvé 
7 centimètres seulement. De toute évidence nous avions à 
faire à une luxation au dessus de l'échancrure sciatique. 
Malgré la négation de Malgaigne, cela est. 

Avant la réduction nous avions bien précisé la position 
anormale de la tôte, mais pendant l'opération cela nous a 
été bien plus facile encore. Tandis qu'à l'aide des mouffles 
la traction se faisait, je sentais avec mes doigts la tête mar- 
cher en bas ; à mesure qu'elle cheminait un vide se pro- 
duisait dans le point où quelques instante auparavant nous 
sentions manifestement sa présence : quand elle a été au 
bord de la cavité cotyloïde les moufiSes ont lâché leur puis- 
sance de traction, mais la tête a remonté; elle n*est pas 



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86 



LE PROGRÈS MÉDiCiLL 



rentrée d'emblée. Cètait donc bien ia tête que nous sen- 
tons, grâce à cette dissection sur le vis^mit, passez-moi 
rexpresaioa, si olaire et si nette. Donc la tête était bien à la 
partie supërteure de Téchancrur^e sciaticiutf. 

J'arrive maintenant au traitement que nous avons em- 
ployé ; c'est là le point capital et j'y appelle fortement votre 
attention. Je le diviserai en trois temps : 

!•'' Temps. — Après avoir anesthésié notre malade jus- 
qu'à la rc^solution musculaire complète, absolue, afin do 
n'avoir à ^'prouver aucune espèce de résistance de ia part 
des muscles, nous avons fait exécuter au membre infériour 
gauche des mouvements de flexion, de circumdaction. d'ad- 
duction et d'abduction, pour détacher les adhérences 
qu'avait pu contract r la tète avec les parties voisines. Vous 
comprenez qu'avec un levier aussi lon^ que le fémur, on 
déploie pour faire exécuter ces mouvements une force con- 
sidérable, aussi n'est-il pas besoin d'employer des machines 
pour arriver au résultat qu'on se propose : sous rinlhieuce 
de ces mo.iveiaânts,je sentis la tête céder peu à peu ; bien- 
tôt, elle jouitd'une mobilité notable; je lis alors des mouve- 
ments dé rotation en môme temps que je iirai;s la cuisse de 
toutes mes forces, efforts inutiles l la téie restait immua- 
ble. Des aides tirèrent aussi sur la jambe ; môme résultat 
négatif. Je dus alors appliquer les moufïles. 

2« Temps, — 11 est de règle. Messieurs, de ne jamais 
appliquer les mouffles sur le pied ou sur la jambe ; n'ou- 
blies jamais cela : c'est sur la partie inférieure de la cuisse, 
au-dessus du genou, que vous devez toujours prendre le 
point d'appui qui vous servira pour Tcxtension. C'est ce 
que vous m'avez vu faire. 

La contre-extension se faisait à l'aide d'une alèze passée 
dans le pli de l'aine gauche et maintenue solidement atta- 
chée à la table d'opérations. 

Alors, des aides ont tiré directement, dansl'axe du corps, 
jusq^u a ce que l'aiguille du dynamomètre marquât 100 kiL, 
chiffre que nous avons môme dépassé un peu. Mes deux 
mains placées à la racine de la cuisse suivaient tous les 
mouvements et -ell^s sentîûent directement et d'une façon 
très-nette que la tète cheminait lentement de haut en, 
bas. 

Qiiand j'ai cru que la tète fémorale était au niveau 4le la 
cavité ootyloïde, ja fi« l:àchor brusqneia^^nt la traction, pen- 
dant que je portais Ja cuisse en dedans. I.a manœuvre ne 
réussit pi s, car la tôte au lieu d'entrer dans la cavité çoty- 
'oide se [iorta au-dessous de cette cavitc^. Nous avions 
trnns braié la luxation scia tique en luxation sous-coly- 
loïdienne. 

3^ temps. — Après quelques mouvements de rotation, la 
tôte rentra dans la cavité, sans bruit, avec une légère se- 
cousse. : la luxation était réduite. 

Comparant alors les deux membres, portés dans une 
direction parallèle, nous constatâmes ave^ plaisir que tous 
les deux avaient une forme semblable. 

La jambe gauche semblait môme plus longue que la 
droite; nous trouvâmes, en effet, un allongement de l cen- 
timètre et demi en faveur du côté malade. L'explication de 
ce fait est facile à saisir; car la cavité cotyloïde pouvait 
^tre comblée en partie, soit par des produits de nouvelle 
formation, soit par des caillots, soit par des portions de 
.muscles, de ligaments, etc.. J'ai hâte de vous dire que 
cette élongation a disparu peu à peu, et qu'aujourd'hui, 
(c'est-à-dire trois jours après l'opéraiion) la jambe gauche 
a la môme longueur que la jambe droite. 

Pour compléter l'histoire de notre malade, je dirai que 
paur prévenir un déplacement possible, mais fort peu pro- 
bable, j'attachai les deux jambes l'une à l'autre et je dé- 
fendis au louent de faire des mouvements de flexion du 
tronc sur les cai;sses, 

Ma prescripfciiMi a été exécutée; et notre homme est ra- 
dicalement guéri à l'heure où je parle. 

Je vous demande la pernaission de jeter maintenant un 
caup-td'œil sur l'histoire des déplacements de la cuisse. 

Les luxations ooxo-fémorales. Messieurs, étaient connues 
dàs la pus iiatkte aBtiftuité. Déjà dans les livres hippocca- 



tiques, on trouve signalés quatre genres de luxations diit 
fuisse sur le bassin : en dehors et en arrière, en avant, en 
haut, en bas. Députe, on n*a rien changé, on iTa fait fue 
tourner autour de cette lUvision, on n'en a inventé aucune 
qui soit plus complète, on n'a fait que créer dessous-vari^éi. 

Oerdya présenté une bonne dénomination, qui! Imm 
•sur le lieu où se trouve la "tête. Voici le tableau qu'il donne 
dans son ouvrage : 

1" Quand la tète se trouve au niveau ou au-dessus de l'é- 
pine iliaque inférieure et antérieure, il dit que ia luxation 
est en haut et en dehors, luxation Uiaque\ 

2° Quand la tôte s'échappe en arrière de la cavité coty- 
loïde (c'est notre cas) et vient se mettre en rapport avec 
l'échancrure sciatique, ou le sacrum, il dit luxation sacra- 
sciaiiqtie dont il fait un assez grand nombre de variétés se- 
lon que la tète est plus ou moins en haut, ou plus ou moins 
en avant ou en arrière, etc. ; 

3^ Quand la tète passe en avant de l'échancrure, c'est la 
luxation stis-piMenne (luxation en avant de Malgaigne) ; 

4^ Quand la tôte se place au-dessous de la cavité, c'est la 
luxation sous-pubiemie, 

A ces quatre variétés, Gerdy ajoute une cinquième, très- 
rare, qu'il appelle luxation sous-ischiaiique : dans ce cas 
la tôte vient se jdacer tout à fait au-dessous de la tubérosité 
de l'ischion ; c'est une luxation toujours consécutive. 

Malgaigne n'a pas voulu adopter la dénomination de 
Gerdy ; il a fait un mélange de toutes celles exprimées avant 
lui et n'a réussi qu'à embrouiller la question en créant 
une foule de sous-variélés parfaitement inutiles. 11 a insisté 
sur un ou deux cas de luxations périnéales, il crée de^ 
luxations sus-cotyloïdiennes; ce ne sont vraiment plus là 
des luxations. 

Je m'en tiens, quanta moi, à la classification de Gerdy, 
et je vous conseille de l'accepter comme fort suffisante. 

(il suivi'e). 

PHYSIOLOGIE 

InfLuence de l'aspix*ation thoraoique et des mouv^* 
ments respiratoires sur la circulation (1) 
^3 Par BOSAPELLY, 

- § 6. L.*élaiBtieité pulmonaire est la con<«i4|oii piln€i|iale de 
la dilatation du ntédiastln. 

Le poumon, renfermé dans la poitrine, tend constamment à 
revenir sur lui-même ; et, môme dans l'expiraiiou forcée, soa 
élasticité n'est pas complètement satisfaite ; tout le monde 
sait que sur le cadavre, les poumons s'aiîaissent lorsqu'oa 
ouvre la cavité thoracique. 

Si vous disposez, dit Bérard, d'un cadavre dont les pou- 
mons soient sains, ouvrez la cavité abdominale et retirez-en 
les vitfcères sans intéresser le diaphragme ; vous verrez ce 
dernier muscle tendu, convexe du côté de la cavité thora- 
cique, et entraîné vers elle de manière à résister aux trac- 
tions par lesquelles vous tenteriez de Tentrainer vers l'abdo- 
men. C'est dans «et état qu'on le dissèque avec le plus de 
facilité et les étudiants ne l'ignorent pas. Les choses étant 
ainsi disposées, faites une ponction aux parois de la poitrine 
ou du diaphragme ; de suite, le muscle perd sa tension, il 
devient flasque et tombe dans la cavité abdominale; si vo'us 
observez en même temps le poumon, vous le verrez fuir len- 
tement et se réduire du tiers ou de la moitié de son volume 

La cause de ce phénomène est l'élasticité pulmonaire. * 

Ainsi, il existe dans chaque cavité pleurale un organe gui 
se trouve constamment dans un état d'extension forcée dans 
une tendance continuelle au resserrement. ' 

Si le poumon, au moment de la pdus grande expiration pos- 
sible, loin d'être comprimé, est encore plus vaste que 
ne lui permettraient ses propriétés de tissu, pendant 
rinspiralion, la tendance au resserrement deviendra de ^hàs 
en plus énergique et ses eifets d'autant plus marqués. Un 4a 
ces effets consiste à attirer du côté de ia cavité pleurale ieg 
parois qui l'enlaurent. Or, en enwsfligeant ces parois, il est 

(l) Voir lesn<>" 2 et 7 du Progrèê UêiM. 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



87 



facile de voir que le c6té inférieur, constilué par le diaphragme 
et le côté extérieur composé de la portion osseuse et cardila- 
gaucheuse de la poitrine, loin de se laisser déprimer pendant 
l'inspiration, s'écartent au contraire, puisqu'ils sont les agents 
de la dilalaiion du poumon ; le côté supérieur s'affaisse légè- 
rement au niveau du creux sus-claviculoire ; reste le côté in- 
terne constitué par la lame correspondante du médiastin, mem- 
brane molle et mobile. Si, comme il est aisé de le comprendre, 
chacune de ces deux lames est entraînée vers la cavité pleu- 
rale correspondante, elîe s'éloignera de celle du côté opposé et 
agrandira ainsi le médiastin dans le sens transversal. 

Nous pouvons donc dire avec Bérard que, si pendant l'inspi- 
ration, le médiastin se trouve agrandi dans tous ses diamètres, 
c'est grâce à l'élasticilé pulmonaire. Qu'on ouvre la poitrine 
d'un animal, et aussitôt que les poumons sont affaissés, les 
plus grands efforts d'inspiration ne pourront plus produire 
ia dilaation du médiastin. 

Bérard» en découvrant l'influence de l'élasticité pulmonaire 
sur la dilatation du médiastin et par là sur l'aspiration thora- 
cique tenait donc la vraie solution des expériences dans les- 
I quelles Barry avait observé l'appel continu du liquide dans 
! la poitrine ; car si l'élasticité pulmonaire, propriété physique 
et constante, n'est pas entièrement satlsfaile, môme dans 
le cas le plus défavorab le, c'est-à-dire dans les expirations 
extrêmes, son effet d'attraction sur les lames du médiastin et 
et la tendance au vide dans l'intérieur de cette cavité devront 
être regardés comme des phénomènes constants, l'inspiration 
ne faisant que les rendre plus apparents. Cependant, Bérard 
s'en tint aux conclusions de Barry, et quoiqu'il se rendit 
très-bien compte des effets mécaniques de l'élasticité du 
poumon, il n'osa pas affirmer la continuité de TaspiralLon tho- 
racique. 

S V. Mesnre de l'élasticité palmoBalre. 

Nous pouvons regarder comme établi que l'élasticité pulmo- 
naire est la cause la plus importante de l'aspiration thoraci- 
que ; il convient donc de connaître exaclement sa puissance 
et ses modifications. 

Carson avait déjà fait des expériences pour évaluer la force 
élastique des poumons et trouvé qu'elle contrebalançait le 
poids d'une colonne d'eau d'un pied à dix-huit pouces de 
hauteur chez le veau, le mouton et le chien de haute 
Uille. 

Donders, qui a mesuré au moyen du manomètre les varia- 
tions de la puissance rétractile du poumon, a apporté dans 
l'étude de cette question toute la précision désirable. 

n a mesuré l'élasticité pulmonaire sur le cadavre, sur 
les poumons isolés de la poitrine, enfin chez l'animal 
vivant. 

Sur le cadavre, il met à nu la trachée, passe un fil entre ce 
conduit et l'œsophage, puis, coupant transversalement la tra- 
chée à sa partie supérieure, il y introduit un tube de verre 
muni d'un ]M)uchon sur lequel il fixe fortement les paroisdu 
conduit aérien en ramenant en avant les chefs du lien passé 
derrière elle et en les arrêtant par un double nœud. 

L'opérateur met alors le tube de verre en communication 
avec un manomètre au moyen d'un intermédiaire en caout- 
chouc également fixé avec soin à ses deux extrémités. De 
celte manière, l'air renfermé dans les poumons, la trachée et 
les tubes de l'appareil se trouve renfermé dans un espace clos 
quine peut s'agrandir ou se rétrécir qu'en faisant mouvoir le 
liquide du manomètre. Si l'on fait alors une ouverture à la 
paroi thoracique, les poumons reviennent sur eux-mêmes, 
compriment l'air qu'ils contiennent et l'amènent à une pres- 
sion que mesure la différence de niveau qui se produit dans 
le liquide du manomètre. Cette pression est la mesure de la 
force de rétractiUté du poumon, c'estr-à-dire de son élasticité 
lorsqu'on expérimente sur le cadavre. Dans ces conditions, 
Donders trouve que la pression varie entre 3 et 8 centim. 
d'eau. 

Donders a alors recherché quelles étaient les modifications 
de l'élasticité pulmonaire dans des poumons enlevés de la 
eavité thoracique et seumis à différents degrés de dilatation, 
n se serMît ^ur cela de l'appareil précédent auquel il jou- 



tait simplement un tube en T qui permettait à la fols la com- 
munication avec le manomètre et avec une pompe foulante* 

Au moyen de cette pompe il insufflait successivement dans 
l'intérieur du poumon des quantités égales d'air, de manière 
à placer l'organe à tous les degrés de dilalalion. La pression 
augmentait d'abord lentement pour une certaine quantité 
d'air insufflé ; mais lorsqu'on se rapprochait de la plus grande 
dilatation possible des poumons, l'élasticité augmentait bien 
plus rapidement et acquérait une grande puissance. 

La pression arrivait alors jusqu'à 24 cent, d'eau et pouvait 
même atteindre des chiffres encore plus considérables. 

Chez l'animal vivant, le volume du poumon diminue beau* 
coup plus que sur le cadavre lorsqu'on ouvre le thorax ; il 
existe donc dans ce cas une autre force qui agit dans le même 
sens que l'élasticité pulmonaire, c'est la tonicité des fibres 
lisses du poumon. 

Douders, en répétant ses expériences sur l'animal vivant a 
trouvé que la force musculaire moyenne des poumons pou- 
vait être évaluée à une pression de 2 cent, d'eau. 

Donders conclut de ces expériences que la rétractilité du 
poumon, résultat des deux conditions, la tonicité musculaire 
et l'élasticité, peut être évaluée à une pression de 7 mm , 5 
de mercure après l'expiration normale, à 9 mm. après l'ins- 
piration normale, enfin à 30 mm. et même à 50 mm. après une 
inspiration aussi profonde que possible et avec des poumons 
sains. 

Si nous appliquons ces données au mécanisme de la dilata- 
tion du médiastin, nous pouvons conclure comme Donders 
que les poumons en raison de leur rétractilité empêchent à la 
pression atmosphérique de s'exercer tout entière sur les or- 
ganes renfermés dans le médiastin ; que, par conséquent une 
pression négative s'exerce à la surface de ces organes ; enfin 
que cette pression, d*autant plus basse que les poumons se 
dilatent plus, a une influence plus marquée pendant l'inspi- 
ration que pendant l'expiration. 

Pour nous résumer, nous pouvons donc dire que dans les 
conditions habituelles de la respiration, et du fait de la ré- 
tractilité pulmonaire, une pression négative variant entre 
7 mm. 5 et 9 mm. de mercure tend continuellement à dilater 
le médiastin et les organes qui y sont contenus. 

f 8. Influence de la pression de Talr eontenn dnns le pounon 
•wr la dllaCaUoB dn médiastin. 

Lorsque nous avons mesuré la hauteur et les Tariations de 
la pression négative que la rétractilité pulmonaire maintient 
autour des organes du médiastin, nous avons supposé que 
l'air contenu dans l'intérieur du poumon était toujours à la 
pression atmosphérique c'est-à-dire au zéro manométrique ; 
or cette pression varie avec les deux temps de la respiration ; 
de plus ces variations augmentent avec la fréquence de la 
respiration et surtout avec la résistance que rencontre l'air 
pour traverser les conduits aériens. 

Barry avait déjà vu que les mouvements du liquide dans 
son appareil étaient plus étendus lorsqu'on apportait une 
gêne à l'entrée et à la sortie de Tair. 

Valentin et Hutchinson ont mesuré à l'aide du manomètre 
à mercure appliqué aux fosses nasales la tension élastique 
de l'air contenu dans la poitrine, et ils évaluent à 5 mm. de 
mercure l'abaissement de pression que cet air présente pé- 
dant une inspiration normale. 

Donders a étudié cette question avec beaucoup plus de dé- 
tails. Il a trouvé que pendant les mouvements respiratoires 
ordinaires, la différence entre la pression atmosphérique et 
celle de l'air contenu dans le poumon est de i mm. à 3 mm. 
de mercure. Il existe donc, d*après lui dans l'intérieurdu pou- 
mon, pendant tout le temps de Tinspiratioa, une pression né- 
gative de 1 mm. à 3 mm. et pendant tout le temps 4e l'eipi- 
ratioQ une pression positive de 1 mm. à 3 mm. de mercure. 
Cette différence de pression devient plus impertante quand 
les mouvements respiratoires deviennent plus rapides; elle 
devient encore bien plus forte si Ton ferme la bouche ou les 
narines de manière que la respiration ne puisse s'effectuer 
qu'avec de grands efforts. Par ce moyen, on atteint pendant 
l'inspiration une pression négative de 36 à 74 nun. et pen- 



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LE PROORtS MÉMCAli 



dajit rexpirftUou une pression poslUy.e de 82 mm. à 100 mm. 

^^ur mesurer la pression négative qui tend à dilater le mé- 
diastin et les organes qu'U conlieut, il faut donc faire la somme 
d^ ces deux conditions ; réiracUlité pulmonaire et pression de 
Talr intérieur du poumon. 

Peniant l'inspiration U pression négative d^ l air intérieur 
doit s'ajouter à la pression négative qui résulte de la ^^^^^^^ 
Uté pulmonaire; et il est facile de voir que c'est à la fin de 
Tinspiratiou, lorsque la rétractilité pulmonaire, est arrivée a 
son maximum que la somme des deux conditions est la plus 
'forte. En prenant les chiffres de Donders, nous obtenons 
comme mesure de la pression négative qui s'exerce sur le 
médiastin à la un de l'inspiration — i2 mm. 

Pendant l'expiration on doit au contraire retrancher la 
pression positive de l'air intérieur de la pression négative duc 
à rélasti-.ité pulmonaire; on trouve alors que la pression né- 
gative minima s'exerce sur le médiastin à la fin de l'expiration 
et qu'elle peut ôtre évaluée alors àT mm, o moins 3 mm. c'est 
à-dire à — 4 mm. 5. 

Nous verrons que c'est aussi à ces denx moments de la res- 
piration' que les tracés indiquent le maximum et le minimum 
de la pression du sang dans les vaisseaux. 

CONCLUSIONS. 

La cavité tboracique exerce une action spéciale sur la cir- 
culation du #aj>g. Cette action qu'on désigne sous le nom 
d'aspiraUou tboracique n'est qu'un dérivé du rôle mécanique 
plus général attribué à la poitrine dans la fonction de la 
respiration. Bile consiste à abaisser la pression dans tout le 
système yasculaire thoracique et à faciliter ainsi le cours du 
sang. 

La puigaance qui produit l'espiralion thoracique réside 
dans la résistance que la cage thoracique oppose au dehors 
à la pression atmospl^érique et en dedans à la rétractilité du 
.pQumon. ' ' 

. tCiôite puissance est transmise par rintermédiaire d^ ila 
rétractilité pulmonaire sur les deux parois latérales du mé- 
diastin qui se trouvent ainsi constamment attirées en sens 
inverse Tune de l'autre vers la cavité pleurale correspon- 
dante. Toutes le? autres parois du m(^diaslin étant incom- 
pressibles, cette cavité se trouve dans un état de tension 
permainente et les organes qui y sont contenus sont sollicités 
à raatar béants et dilatés tant qu'une condition plus puis^ 
•ante aa ^s foroeiMis à revenir sur euxmômes. 

La dlla^ftlion du médiastin ei par là l'aspiration thoracique 
varia aveo la puissûaoa de rétractilUé du poumon et en sens 
Inversa da la pression de l'air contenu dans cet organe. 
Elle augmenfle avec ^inspiration, diminue avec l'expiration 
et ces variations sq^nt d'autant plus grandes que les mouve- 
ments respiratoires sont plus amples, plus rapides et accom- 
pagnés d'un effort plus couaidérable dies muscles qui les pro- 
éuiseàt. Le» grands effiopto expiraitoires peuvent môme 
Tabolir complètement. 

' .'fitepiratioa Iboraciqiifte »'exerce directement dans toutes 
Mr^^iwiiesidn syatème vasoulaire contenues dans le médiastin 
4k suff les vaîsseaiix izMompressibles qui communiquent avec 

Elle s'étend par conséquent, païur le système veineux, jus^ 
tfiie Awt iB&camiacatioosdss veines sus-hépatiques, dans la 
•veinAH^aveL aMoainal» jusqu'au dessous du foie et dans la 
«KiM^iiave tlMraiii(|ue jttsq,u'à l'orlgina des vaisseaux brachio- 
népiioiiQUflB 

mUe ipemiy Buènta dana certains eas, par la tension des 
iBBttsotoaat desi aponévroses du c<kl, prolonger son action beau 
aeapplwliisuui et |)èu4->^«ra jusque dans les sinus du crâne. 

«iMtie sysLèmue ;afftéiiM,elle agit sur Taorte thoracique, 
yo9A^tn»àm wlÉBeadu bsasei de la tête. 

QuffBbb à son actton sur les vaisseaux de la petite circula* 
aén, x>mt»B t'a jaiMWi déterminée directeoMat, on peut seule* 
TBirt Mipiposeff 4|u*ekle aa s'exerce qiie sur l'origine des ar- 
ièveaaÉ des veine» puiiaoaaires contenues dans le médiastin. 
j«ii|u'à lacaeiae 4ea:paiiaioas. 

La partie de ces vaisseaux comprise dans le poumon étant 



soumise directement à la pression atmosphérique A Ira^wn 
la paroi des vésicules pulmonaires et des broncties ne doit 
subir que les variations de pression de Tahr contenu dans Je 
poumon et non celles de Félasticité pulmonaire. 



PATHOLOGIE EXTERNE. 

Contribution à l'anatomie et À la phymMoai^ 
logiques desitumeurs urineusaa et des '^ 
neux (1). 

Par Henri DSaKS.%BT, interne dM hèpiteuz de Paris. 

PHYSIOLOaiB PATHOLOaiQUB. — PATHOO^NIK- 

Qu'il nous soit permis d'exposer comment nous compre- 
nons la pathogénie de ces lésions. Cetbomme a eu la blen- 
norrha^^ie. Quelle en a été la durée? A quelle date remonte- 
telle? Il est à regretter que nous n'ayons pas pris cettB 
observation avec plus de soin afin de répondre à cez ques- 
tions. Mais peu importe, ces renseignements ne sont que 
secondaires pour le sujet que nous traitons. 

La blennorrhagie a laissé des traces d'une part sur la 
muqueuse, et d'autre part dans le tissu spongieux. 

Les lésions de la rauqueuss sont peu importantes : une 
grande pâleur, quelques plis transversaux très-lé^ew 
donnant lieu à la variété de rétrécissements que Uon a dé- 
signés sous le nom de rétrécissements valvulaires, telles 
sont les particularités qu'elle offre. II ftiut ajouter cepen- 
dant que sa largeur est diminuée dans la plus grande 
partie du canal.En effet, ce canal est notablement r<?tr**ci, 
et la muqueuse n'offre aucun pli d'arrière en avant, preuve 
évidente que le tissu de la muqueuse s'est modifié dans sa 
constitution intime. 

Les lésions les plus importantes et sur lesquelles nous 
voulons surtout attirer l'attention, sont celles que nous 
avons décrites dans l'épaisseur du tissu spongieux. Cona- 
ment expliquer de telles altérations? Comment se peut-il 
que le tiî^su spongieux, formé essentiellement de vacuoles 
arrive au point de se transformer en un tissu plein, dur et 
fibreux, blanchâtre ici, ailleurs noirâtre, épaissi, et subis- 
sant les métamorphoses de la nécrobiose? Pour nous, la 
question parait résolue. et la pathogénie de ces faits obser- 
vés au niveau du canal de l'urèthre, nous est fournie par 
des données d'anatomie pathologique générale, aujour- 
d'hui parfaitement établies. 

Cette donnée est la suivante: Toute inflammation chro- 
nique tend à l'hyperplasie du tissu fibreux, telle la pneu- 
monie chronique, la sclérose de la moelle, la cirrhose du 
foie, etc., etc.. Cette hyperplasie du tissu fibreux a pour 
effet de détruire le tissu normal (éléments constitutifs de 
ce tissu et vasularisation propre). En outre, il se fart en 
même temps une nouvelle vascularisation chargée de 
nourrir le nouveau tissu ; les vaisseaux en sont très-pca 
abondiants et peu résistants. 

Voilà ce que ait la physiologie pathologique générale; 
nous ajouterons que la fo-nction spéciale de l'organe, siège 
du travail morbide, nous donne la raison des transforma- 
tions ultérieures de ce tissu fibreux pathologittue. 

Ces transformations ultérieures forment une seconde 
phase dans le travail morbide, oa pourrait l'appeler sclé- 
rose ou cirrhose régressive, le mot cirrhose étant pris 
dans son acception générale. Cettie seconde phase appar- 
tient à certains tissus seulement. 

Elle ne se voit pas, par exemple, dans le foie, ni dans M 
moelle. On la rencontre dans le poumon, on la voit an^ 
dans les cicalrioee des ntembres inférieurs et tel est, soS 
dit en passant, le mécanisiftedo Tulcération au niveau des 
cicatrices, du meîns dans beaucoup de cas. 

C'est à cette seconde phase qu*appartienne«t les lésiom 
que nous avons décrites à la partie postérieure de la por- 
tion spoagieuse du caasd de l'urèthre. 

Nous rapprochons ici trèa-voioatiera, te(9 phénotttoai 
morbide» qui se passe&t dans le tisau pulbnoinairé et h 

(1) Voir les n»» 1, « et 4 du Pro^r^s Médical 

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LE PROGRÈS HÉOICAL 



tîtga iqpongleux de Tuï^thre. Il y a, en effiat, «ne graiule 
analogie de tissu: de part et d'autre, c« $OQt des alvéole» 
9111 Its constîtoent; seulement ici les alvéoles contiennent 
àe Tair, là du sang. Malgré cette différence le résultat du 
travail cirrbotique est le même, il aboutit des deux côtés 
à la dtspàridoft deip ahréolea. 

Nous venons de dire que dans ces deux tisaos Toii voyait 
«wvenir une seconde période que nous avons désignée, 
fcute dé mieux, sous le nom de cirrhose régressive (noua 
ne tenons pas a cette dénomination). 

La période réfp^ssive dont le poumon correapmid aux 
lésions produlfeB dans la pneumonie cbronique des aigui* 
aeurs; elle porte le nom, dans la science, de phthisie des 
aiguiseurs. 

Pour le canal de Turètlire cette période se manifeste par 
les lésionsque nous avons décrites à la partie postérieure 
de la portion spongieuse du canal ; elles correspondent se- 
lon nous à. ce que Ton a désigné sous le nom de tumeur 
urineuse, d^abcès urineux ; du moins à la grande partie de 
ces tumeurs et de ces abcès ; nous allons du reste envisa- 
ger plus loin ce dernier sujet avec plus de détails. 

On pourrait à la rigueur désigner ces diverses lésions 
aous le terme de phthisie du tissu spongieux de Turèthre, 
mais cette dénomination serait impropre et nous ne rem- 
ployons que pour pousser la comparaison plus loin. 

Dans la pneumonie cbro»*qne des aiguiseurs, la cause 
efïïciente de la période régressive est paîpable. Les parti- 
cules inorganiques logées dans Tépaisseur du tissu y for- 
ment épine, corps étranger ; il y a irritation et proliféra- 
tion des éléments de ce tissu péri-vasculaire ; ces éléments 
ne pouvant se nourrir subissent la dégénérescence grais- 
seuse, il y a nécrobiose et ulcération. L'explication est 
plausible ici, mais pour le canal de Turèthre la cause pro- 
ductrice n*apparait pas avec autant d'évidence. 

Pour saisir cette cause il faut d'une part se reporter à 
Ia vasculapisation du tissu cirrhotique : vaisseaux peu nom- 
breux et peu résistants ; et de Tautre, prendre en considé- 
ration les fonctions de Torgane malade, c'est le coït et tout 
acte qui comporte avec soi une congestion active du tissu 
spongieux de l'urèthre. 

Si maintenant nous rappelons l'état du tissu spongieux 
de l'urèthre chez notre malade nous nous convaincrons que 
la partie antérieure du tissu spongieux pouvait seule subir 
la dilatation dae à l'afflux sanguin dans les circonstances 
où ce phénomène devait se produire. Le reste du tissu était 
devenu imperméable; il donnait seulement passage à quel- 
ques artérioles de nouvelle formation par lesquelles l'afflux 
du «ang à la partie antérieure pouvait encore se faire. Or, 
lorsque cet afflux avait lieu, la colonne sanguine dont la 
tension était augmentée momentanément,au lieud'ôtre por- 
tée par des artères à tuniques résistantes et offrant une dis- 
position en hélice de manière à augmenter leur résistance, 
se trouvait contenue dans des vaisseaux de calibre insuffi- 
sant et à parois faibles. Ces parois cédaient sous la forte 
pression du sang et il se fatsait une hémorrhagie, hémor- 
rhagie qui pouvait se répéter dans des circonstances ana- 
logues. Les expériences de Muller donnent un grand appui 
£ notre théorie. Muller en effet a démonti*é que le sang ac- 
cumulé dans le pénis pendant l'érection est soumis à une 
pression égale à une colonne d'eau de six pieds de haut. 

Le l'ait important à signaler c'est la poî9ibi4ité d'une hé- 
morrhagie dans répaisseur de oe ti*8u fibreux. Notre cas 
en fait for. En outre la nécrobiose, la mortification des pâr- 
lies périnhériques de la zone infiltrée de sang attestaient 
rinsufflsattce de la circulation, et, par le fait, Tinsuifflsanieer 
de la nutrition à ce niveau. 

Le sang épanché avaiMl agî par simple compression ou 
bien, par les particules solides qui infiltraient les mailles 
du tissu fibreux avait-îl agi à l'instar des partictites orga- 
niques dans la^ pnevmonfe chronique des aiguiseurs? Nous 
croyons que l'unit l'autre de œs mécanismes» peuvent être 
invoqués. Dans ce cas, le travail se fait lentement d'une fa- 
fion chronique c'est alors qu'on pourrait dire qu'il y a 
ShtUsie uréttarale» La aaag joue donc pour Turètbre le 



r61e que jouent les particules inorgani^oea pour le paa«, 
mon,. 

Dans notre fait, Thémorrhagie a été Interstitielle: Lé àang 
ne pourraitril s*y réunir en foyer ? rien ne s'y oppose » 
nous semble, l'urèthre n'a pas le droit de fkira excepti» à 
une règle commune. La marche du foyer hémorrlw^ique 
doit forcément être la môme à ce niveau que dans les autres 
tissus : poumons, cerveau, etc., etc. Dès lors ou bien le 
sang épanché se résorbera complètement, ne laissant d'au- 
tres traces de son passage qu'une légère teinte jaunâtre; 
ou bien il produira presque aussitôt des phénomènes in- 
flammatoires et amènera la suppuration ; ou bien encore 
après un séjour prolongé .1 n'amènera que plus tard la 
formation du pus comme nous l'avons observé ; ou bien enfin 
la partie solide du sang sera résorbée, et il restera un kyste 
séreux hématique. 

Toutes ces notions sont de la plus haute importance pour 
1 étude des tumeurs et abcès urineux, sur laquelle elles Jet- 
tent un certain jour comme nous allons essayer de le dé- 
montrer dans le reste de ce mémoire. 

- (A suivre.) 

BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL 

Ezeroice de la médecine en France par les médecfaia 
étranglera. 

Cette question intéressante a été examinée récemment 
par la-Sociéié de médeGi)%e du VIII° arrondissement. A la 

suite d'une discussion sérieuse, cette société a jugé utile 
d'adresser à l'Assemblée nationale une pétition dont voici 
les conclusions : 

1^ Que, sans porter atteinte i des droits lé§iêim9 w unt aeqiiîs, auett& vùé* 
decin étranger ne puisse dtre admis à pratiquer la médeaine en Frte€e 
sans aToir passé au jx^alable des examens probatoire» devant une- ft«iillé 
française ; 2° Que cette autorisation soit précédée d*ttn rapport la<vMfeUe 
adressé au minisire compétent par la faculté devant la(}u^le le postulonl 
a été admis à se pcéaenter; V Qu'aucun médecin œr juiisse ppuidr* Itf 
tftire de dooteur» à moins que le titre ne lui ait été. conféré par une faculté 
française. 

n est probable que l'envoi de cette pétitkm a été moitivé 
par la facilité quelque peu exagérée avec laïqaeile^ soas- 
l'empire, on accordait aux médecins étrangers ratrtorisatfon 
d'exercer la médecine en France. Ces réclamations mâri- 
tent l'examen. En effet» tant que l'EtatrEnseignant exigiara 
des citoyens français» qui veulent exercer la médecine» wn 
impôt sous le nom d'inscrii>tions ou de droits d'examen, 9 
est juste que les étrangers qui veulent jouir des mêmes 
prérogatives paient ce même impôt. 

D'un autre côté, tant que l'Etat» se posant en* gardtai de 
la santé publique» jugera nécessaire d'exiger âes^ garantDes 
de savoir des personnes qui se destinent à la pratique* mé- 
dicale» il est logique qu'il les réclame également des étran- 
gers. A la règle absolue peut-être y aurait-il lieu d'appor- 
ter des adoucissements» par exemple la diq;>enae des m»^ 
criptions et des examens de fin d'année, pour les médeoins 
étrangers qui auraient obtenu leur diplôme dans des pays 
possédant des univer^téa sérieusea, qui accepteraient la 
réciprocité dans dies conditions égales* 

Quant à la dernière conclusion de la pë^tioD^ éUo esCde 
moindre importance. Qu'un offlcier dfe santé se procure, i» 
façon ou d'autre» un diplôme de docteur ^ rétrdngfor, IF 
n'en doit pas moins rester» au point de V4ie ft*aQQaÂs, sian^. 
plement officier de santé. Mieux vaudrait^ croyonjamous, 
demander qu'il n'y ait qu'une espèce de\»édtecins>de'mêBi<a 
qu'il n'y a qa'uné espèce de malades. 

Cela aéra possible la j^ujr au qou9 poa^iMitrpiM, iç^ 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



d'un enseignement médical supérieiir sérieux, un véri- 
table enseignement médical professiormeL Mais ce sont- 
là des questions qui méritent une étude approfondie; 
aussi nous bornons-nous, aujourd'hui, à ces simples ré^ 
flexions. 



SOCIÉTÉS SAVANTES 

SOCIÉTÉ DE BIOU)GIE 

Séance du 26 juillet, — présidence de M. Claude Bernaiu). 

M. Hanot communique à la société deux observations re- 
cueillies. Tune par M. Joffroy et Taulre par lui. Elles ont trait 
à uoe hydropisie du 4* ventricule, constatée chez des mala- 
des morts subitement. 

Dans le premier cas, il s'agit d'une femme observée dans le 
service de M. Gharcot. Tombée sans connaissance, elle fut 
transportée à riufirmerie. Elle eut de légères convulsions et 
mourut au bout d'une heure. A l'autopsie, on trouva outre 
une hypérémie de la pie-mère, une dilatation du quatrième 
ventricule, dont les parois étaient écartées par une grande 
quantité de liquide. L'épendyme qui les tapissait élait très- 
épaissie. Les ventricules latéraux présentaient aussi une lé- 
gère dilatation, mais à un degré bien moindre. 

La deuxième observation a été prise dans le service de 
M Bucquoy. Jeune fille de 17 ans, entrée avec des signes de 
méningite. Les accidents s'apaisent. Elle put quitter rhôpilaî. 
Elle y revient avec des signes analogues aux précédents ; ces 
signes s'apaiseut encore. Ils renaissent de nouveau, lorsque 
le io juillet, peu de temps après avoir tranquillement 
<)ausé avec ses voisines, on la trouva morte. A l'autopsie, hy- 
pérémie légère des méninges, dilatation du quatrième ventri- 
cule, hydropisie, épaississement de l'épendyme, compression 
de la protubérance et du bulbe. Sérosité plus abondante qu'à 
l'ordinaire, dans les ventricules latéraux. 

Ces deux observations peuvent être rapprochées. Dans les 
deux cas, môme lésion; dans les deux cas, mort rapide. Elje a 
sans doute été provoquée par la compression du bulbe, ce qu» 
sembleraient prouver la plus grande rapidité du pouls, la fré- 
quence de la respiration, sans élévation de la température. 
L'hydropisie en outre, et ceci expliquerait la rapidité delà 
mort, aurait pu être hâtée par Thypérémie des méninges, que 
l'autopsie a permis de constater. 

M. Hayem. Je désirerais savoir si les malades urinaientabon- 
damment. J'ai, pendant le sié^e, fait l'autopsie de deux polyu- 
riques, et dans les deux cas, j'ai rencontré une sclérose très- 
nette de l'épendyme qui tapisse le plancher du quatrième ven- 
tricule. Cette sclérose, d'aspect gélatiniforme , s'étendait du 
bec du calamus aux barbes du nerf auditif. 

M. Hanot répond que dans le cas qui lui est personnel, il 
existait plutôt de la dysurie. 

M. Maonan fait remarquer que dans les cas de sclérose épen- 
dymaire qui se rencontrent assez fréquemment sur le plancher 
du quatrième ventricule, chez les paralytiques généraux, on 
ne constate ni polyurie, ni glycosurie, ni albuminurie. 

M. LiouviLLE. Du reste, les lésions qui produisent la glyco- 
surie, se trouvent au-dessus des origines dn nerf auditif. J'en 
ai déjà observé deux cas. L'un des deux a été publié dans 
nos bulletins. 

M. Rabuteau. Ma communication a trait à une discussion ré- 
cente, que j'ai eue ici-môme, avec M. Bouchard; il s'agit de l'in- 
fluence de Talimentation sur l'élimination de l'urée. 

L'urée provient-elle de la désassimilalion de nos tissus ou 
bien des aliments brûlés dans le torrent circulatoire f La pre- 
mière opinion, encore généralement adoptée, ne me parait pas 
exacte. J'ai, avec soin, dosé mon urine pendant mon concours 
d'agrégation, alors, certes, que je travaillais sérieusement. 

Eh bien I j'ai toujours constaté que , tandis que 
taion urine recueillie après le repas contenait 4 à 5 grammes 
d'urée, celle du matin en possédait à peine 2 ou 3. 

Tai eu à examiner Turine d'une religieuse ; je fus tout « 
étonné de ne trouver que 8 grammes d'urée, mais j'eus l'ex* 



plication d'une telle pauvreté lorsqu'elle m'eut dit que la 
veille elle avait fait abstinence. 

Non I l'urée ne provient pas surtout de la désassimilation de 
nos tissus ; elle se forme dans le sang, aux dépens des maté- 
riaux alimentaires ; ainsi, des chiens nourris avec du pain en 
fourniront à peine, tandis que si on leur donne de la viande, 
la quantité excrétée sera beaucoup plus abondante. Bt voilà 
pourquoi la plupart des analyses pratiquées dans nos hôpi- 
taux, et je parle de dosages bien faits, sont-elles entachées 
d'erreur, caries médecins n'ont pas cru devoir tenir compte de 
l'alimentation. C'est une lacune telle, que pour ma part, elle 
frappe de nullité le résultat quel qu'il puissa être. 

Sur la proposition de M. CarûillCy la société à l'unanimité, 
se proroge du I" août au samedi, 4 octobre. P. R. 



ACADÉMIE DE MËDEaNE 
Séance du 22 juiUet, — Présidence de M. Depaul. 

Discussion sur la réorganisation du service de santé de 
armées. 

M. Dumas, absent, fait lire son discours par M. Buignet. 
L'orateur est d'accord avec la Commission pour retirer à l'in- 
tendance la direction du corps de santé, mais il ne croit pas 
qu'on doive pour cela subordonner la pharmacie à la méde- 
cine. Après un long éloge de la pharmacie et des pharmaciens, 
il arrive à la conclusion suivante que les deux branches du 
corps de santé doivent exister côte à côte avec leurs chefs 
respectifs dans un même ordre hiérarchique. 

M. Chauffard demande avec insistance la clôture et désire 
qu'on mette aux voix les conclusions du rapport. Cette motion 
est appuyée par plusieurs membres et notamment par 
M. Béhier. 

MM. Gautier de Glaubry et Pogoiale demandent à parler 
contre la clôture. 

M. BOULET, pour tout concilier, demande que la clôture soit 
prononcée à la fin de la séance seulement. 

M. Chassaignac demande à ce qu*on se rallie à la proposi- 
tion de M. Bouley. — La clôture est mise aux voix. 13 Mem- 
Wes votent pour ; 23 membres votent contre. Devant un te^ 
vote, le Président déclare que la discussion va continuer. 
L'ordre d'inscription donne la parole à M. Bonnafont qui 
soutient les droits et les prérogatives des pharmaciens. 

M. Sedillot démontre combien la direction du corps de 
santé par l'intendance est préjudiciable aux intérêts et au bien- 
être des malades et des blessés, il importe donc de s'en affran- 
chir au plus vite, et cela amène forcément la subordination 
de la pharmacie à la médecine. Quant aux mérites et aux ca- 
pacités lies pharmaciens militaires, personne n'a songé à les 
nier, l'orateur moins que tout autre. 

M. Gautier de Claubry monte à la tribune pour soutenir 
les pharmaciens, mais, sur quelques observations du Prési- 
dent, il renonce à la parole. MM. Chauffard et Giraldès font de 
même. 

M. PpGOiALE vient réfuter quelques assertions de M. Se- 
dillot. notamment que les pharmaciens militaires ne prépa- 
raient pas les médicaments et les recevaient tous préparés des 
pharmacies centrales. Les médecins veulent, disent-ils, la 
subordination des pharmaciens uniquement pour le bien du 
service et non pour satisfaire une vaine ambition. L'orateura 
bien de la peine à le croire. Quoi qu'il en soit, un tel état de 
choses amènerait la ruine de la pharmacie militaire. 
' Après de courtes répliques de MM. Legouest et Larrey, la 
clôture de la discussion, réclamée de nouveau, est mise aux 
voix et adoptée à la presque unanimité. G. de B« 



SOCIÉTÉ ÀNATOMIQUE 
Séance du 23 ^«ai. — Présidence de M. Chargot. 
Ivvesfie. — Fraelnre au erAae. — Hèmorrliagle mteingèe. — 
FaiMM ■Mmbrane'teplMwii la dure-mère. — par L. Lan- 
DOUZT. 

Dubut Nicolas, 74 ans^ sans profession, est trouvé sans 
connaissance dans son escalier et apporté, dans la soirée du 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



91 



«u mai 1873 a Beauion, service de M. Axenfeld suppléé par 
M. Lecorché. Le malade est en résolution complèle. Le pouls 
est petit, régulier, fréquent. Les radiales sont dures et si- 
nueuses. La respiraUon est stertoreuse. Les pupilles, égale- 
ment dilatées, sont insensibles; arc sénile Irès-accusé. Dia- 
gnostic : hémorrhagle cérébrale. 
• Le malade meurt dans la matinée du 21 . 

A rautOi>sie, on est surpris de trouver les fibres du muscle 
temporal gauche infiltrées de sang : on n'avait, durant la vie 
constaté aucune ecchymose ni du côlé de la tôle ni du côté 
des membres. 

Colle hémorrhagieintra-musculaire constatée,le cuir chevelu 
est examiné altenUvement et apparaît infiltré dans toute la 
région temporale gauche. 

Le crotaphite enlevé, on tombe sur une fêlure, intéressant 
toule l'épaisseur de Tes, commençant sur la portion écailleuse 
du temporal et se continuant sur le pariétal eu se portant 
un peu obliquement de bas en haut et en arrière jusqu'à 
deux centimèlres de la partie moyenne du bord postérieur du 
pariétal. 

La calotte crânienne enlevée par un trait de scie, on voit 
que la dure-mère n'est déchirée en aucua point et qu'il n'y a 
pas d'épanchement entre elle et les parois osseuses. 

Par décollement de la dure- m ère, on voit que la fêlure s'é- 
tend du côté de la base du crâne jusqu'à la grande aile du 
sphénoïde. 

Le lobe gauche du cerveau est fortement refoulé en dedans 
par un caillot du volume d'un gros œuf de poule. Ce caillot ^e 
continue vers la faux du cerveau et vers l'étage moyen du 
crâne avec une inôltration diffuse. Cet épanchement s'est 
manifestement fait dans la cavité arachnoïdienne, entre l'a- 
rachnoïde et la face interne de la dure mère.Cette face est tapis- 
sée dans toute son étendue par une fausse membrane rouge- 
brun, très-tenue, transparente, qu'on enlève, avec les pinces, 
par petits lambeaux. Cette fausse membrane qui forme un 
revêtement absolument complet à la dure-mère, qui Id tapis- 
se dans les portions qui correspondent à la convexitd du crâ- 
ne aussi bien que dans les portions correspondant à la base, 
cette fausse membrane est notablement plus épaisse dans 
tout le c5té gaucho de la dure-mère : de ce^cô'é, dans la' région 
comprise entre la faux du cerveau et la* base du crâne, on 
peut décoller tout d'une pièce une très-large fausse membrane 
épaisse d'un demi-millimètre dans laqi^ielle se voient de pe- 
tits vaisseaux . 

Cette fausse-membrane lisse, ecchyraosée en aucun point, 
assez résistante, paraissant formée d'une seule couche^ est 
semblable aux fausses membranes qu'on trouve dans la pleu- 
résie ou dans la péritonite récente. 

• Elle correspond, pur sa face externe à la dure-mère et par 
sa face interne au gros caillot cruorique qui refoule l'hémis- 
phère gauche. 

Sur celui-ci, la pie-mère et l'arachnoïde sont infiltrées : les 
vaisseaux delà pie- mère, fort injecté?, sont déchirés en quel- 
ques points sans que nous puissions diresi cette rupture est le 
fait même de la contusion ou le fait des tiraillements exercés 
sur les cailiols et les méninges pour metl,re à nu le cer- 
veau. 

' L'examen des lobes cérébraux ne décèle qu'une apoplexie 
capillaire {contusion) très-marquée de la substance grise et 
des parties les plus superficielles des régions supérieure et la 
térale de l'hémisphère gauche. 

Les artères, de la base athéromateuses, ne sont ni déchirées 
ni obstruées en aucun point. 

' CcBur : gras. La valvule mitrale . épaissie , paraît suffi- 
sante. Athéromes de la crosse aortique. Poumons : fortement 
congestionnés. L'appareil digestif n'a pu ôlré examiné. 
- Bn l'absence de tous renseignements , en présence des lé- 
sions irouvéés à l'autopsie, nous nous étions demandé si nous 
n'avions pas à faire à un crime ou, tout au moins, à un acci- 
dent : à une fracture directe du crâne par choc de la région 
temporo-pariétale. Cette fracture aurait entraîné une contu- 
sion du cerveau avec déchirure de quelques petits vaisseaux 
de la pie-mère, lesquels auraient fourni Thémorrhagie raé- 
Qingée. 



Dans celte hypothèse, les fausses-membranes auraient suc- 
cédé à rhémorrhagie et on s'expirquerait ainsi pourquoi le 
revêtement pseuclo-membraneux était notablement plus épais 
à gauche qu'à droite où n'existait pas de caillot. 

Peut- on admettre cette manière de voir (en <^iitradiciion, 
nous le savons, avec les données reçues généralement) ou sup- 
poser que nous nous trouvons en fcce d'une pachyméningite. 
laquelle auraitproduit une hémorrhagle; celle-ci, à son tour, 
aurait déterminé une perte de connaissance, par suite, la 
chute du malade et, consécutivement, causé la fracture ? 

Nous croyons ici rhésitaiion permise : l'état lisse du revô- 
tenicnl pseudo-membraneux, l'absence d'ecchymose, l'appa- 
reiice monolamelliforme ne rappHllent guère l'état tomenleux 
et aréolairc de la pachyméningite primitive dont nous avons 
récemment (1) rapporté une observation. , 

Il est vrai que les renseignements fournis sur le malade 
nous ont appris que nous avions à foire à un alcoolique de 
profession.Nous devons ajouter que jamais cet homme n'aurait 
été malade nimêmesouflrantauparavant.Le jourde l'accident, 
il aurait été vu ivre. 

Il nous semble rationnel d'admettre, que le malade, pris de 
vin, soit tombé dans son escaiier, non par le fait de rhémor- 
rhagie mais par le fait de Tataxie ébrieuse, que, dans sa chu- 
te, il se soit fait, en dépit du dieu des ivrognes, une fracture 
avec contusion du cerveau, celle-ci assez forte pour entraîner 
la rupture de quelques vaisseaux de la pie-mère (scléreux par 
lofait de l'âge et de l'alcoolisme) et, par suite, une hémorrha- 
gle méningôe. Celle-ci aurait été le point de départ de l'irrita- 
tion de la dure -mère ei de la formation de ce revêtement 
membraneux dont la paihogénie nous parait, dans l'espèce^ 
mériter discussion. 

M. LâpiNE. Les cas de fracture du crâne où il y a des fausses membra- 
nes sont assez communs. En pareille circonstance, les lésions du cerveau ont 
lieu du côté opposé a la chtite : elles se fout par coulre-coup. J'ai vu 
dans le service de M. S6e un cas qui pourrait êtro rapproché de 
celui de M. Landouzy. On crut d'abord avoir affaire a une apoplexie : le 
malade était dans la résolution, au moment de l'entrée ; le lendemain, il y 
avait uuo hémiplégie. La mort survint 28 ou 30 heures après Taccident. A' 
l'autopsie, on décoavrlt : 1® une fracture n'intéressant que la table externe et 
qui paraissait avoir été produite par un coup; 2° une méningite purulente. 

M. Landouzy. Chez mon malade les fibres du muscle temporal étaient 
Infiltrées de sang ; il y avait une ecchymose : ce sont là des lésions qui font 
|>énser à une fracture directe. 

M. LAPINE. La plaie des téguments, qui existait dans moji cas, ne laisse 
aucun doute sur la cause de la fracture . 

M. Lbdentu pense que, dans le fait de M. Landouzy, Thémorrhagie 
s'est opérée à la face interne de la dure-mère; eh bien, dans les fractures, eUe 
s^effectue, en général, entre la dure mère et les os. M . Lépiue me semble 
avoir été trop absolu en ce qui concerne le siège des lésions cérébrales. 
Souvent il y a une double lésion : 1^ du côté opposé à la fracture ; 2^ du 
côté de la chute. 

M* LilpiNB croit, d'une façon générale et pour les fractures des parties 
latérales du crâne en partie jUer, que les lésions encéphaliques occupent le 
côté opposé à la fracture . Parfois il y a mSme une lésion qui simule une 
section : elle est produite par la petite aile du sphénoïde. Un aUteur anglais 
a relaté un fait où cette particularité était évidente. * 

M. Ledentu. Autant que mes souvenirs peuvent me servir, j'ai des faits 
dans lesquels les lésions siégeaient du cjté môme de la fracture. 

M. CuARCOT. Il serait intéressant d'avoir une statistique précise sur ce 
point. M. Lépiae me paraît avoir les éléments nécessaires pour rétablir. 

M . Després fait remarquer que M. Lépine a omi's de parler des cas où 
Ton pratique la trépanation. Or, cette opération se fait du côté de la chCtte 
et lorsqu'elle est opérée, on trouve des lésions cérébrales. 

M. Landouzy. Dans le cas actuel, Tapoplexie capillaire était plus mai- 
qiiéêdu côté de la lésion. osseuse. 

' M- Maonan dit que très-souvent on trouve des fausses membranes chez 
les alcooliques et les paralytiques généraux. Ces fausses membranes se 
font vite. Il a eu Toccasion de présenter naguère à la Société des cas de frac« 
ture avec des fausses membranes entourant le sang. Ces fausses membranes 
s'étaient produites en 48 heures. 

M. LâPiNE. Dans le fait que je viens de signaler, il y avait une fausse 
membrane mince, molle qui s'était faite en 30 heures . 

M Landouzy. Sur la pièce que je présente, il y a des fausses membra- 
nes des deux côtés, mais celle qui correspond au côté de la fracture est plus 
épaisse. 

M. Magnan. Les néo-membranes qui donnent lieu à des hémorrhagies 
sont plus épaisses que celles que nous avons sous les yeux ; elles présentent 



(l) Société anatomlque, 1872. Volume 7. Page 520. 



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92 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



des foyers eanguins dans leur épaisseur. CSelIes tfoi environnéDi un foyer 
bémorrhagique sont au contraire minces. 

M. Charcot. On sait que les fausses membranes se font assez vite au- . 
tOor des foyers béinorrbagiques, mais encore faut-il environ 5 ou 6 jours. Ici 
la fausse membrane possède des Taisseaux assés Tolumineux qui meportint 
kmàn qv'eUë est antéHenre 4 la Aractnre. 

MALADIES DES FEMMES. 

f.'^'llyBCérofoiiiIe. De l'ablation parClelle on totale de rateras 
par lagastrotomle. Étude sor les tamenrs qalpenvent né- 
eessiter cette opération, par J. Péan et I». Urdy. Ad. Delahaye. 
Paris, 1873. 

Dans un mémoire communiqué récemment (1) àrAcadémie 
de médecine, M, Boinet formulait les conclusions suivantes : 
« 1® La gastrotomie appliquée à TexUfpatiôn dea tumeurs fi- 
liieuses ou fiJbro-c/stiques de Tutéruss ne doit point être faite 
pour enlever les lumeurs compatible* avec la vie; 2» rablation 
des tumeurs fibreuses ou fibro-cystique» volumineuses ayant 
contracté des adhérences avec les viscères intérieurs ou la 
oavité du bassin, néoessitant Fablation de Tutérus et des li- 
gaments larges, doit être rejetée à cau^e de sa gravité et de la 
mort presque fatale qui en est la conséquence parla spoliation 
ianguine considérable de toute Véconomie ou le choc insépa- 
lable de cette grave opération. -- Toutefois, vu la difficulté du 
diagnostic des tumeurs utérines et ovariques, lorsque le chi« 
Forgien fait la gastrotomie croyant avoir un kyste de Tovaire 
U faut achever Topération si la tumeur est pédi culée, ou si 
elle peut Tôtre. » 

11. Péan qui, de 1869 à 1872, a eu sept guérisons sur neuf 
cas de tumeurs fibreuses utérines enlevées par Thystérolomie, 
est loin de partager la foçon de voir de M. Boinet. Après avoir 
démontré par des statistiques trè&H»>mplèiesquerextlrpation 
des tumeurs fibreuses utérines par la gastrotomie n'était pas 
beaucoup plusdangereuse que celle des kystes adhérents de l'o- 
Taire, il insiste sur les accidents graves et rapidement mor*^ 
lels qui compliquent fatalement un grand nombre de tumeurs 
fibreuses ou â)ro-cy8tiques arrivées à un certain degré de 
développement. « Dans ces circonstances, disent MM. Péan et 
Urdy, le chirurgien a non-seulement le droit, mais encore le 
devoir de pratiquer la gastrotomie. »• Ceci étant adqiiâi les aiu^ 
teurs se livrent à une étude approitodte des tumeurs qui 
l^ettvent nécessiter cette opération, lîne première classe com- 
prend les tumeurs fibreuses qui elles-mêmes peuvent être divi»- 
Sées en tumeurs sous^péritonéales (péri-utérines de Eœberlé) 
et ifUerstitielles ou intra-utérines. — Les tumeurs fibro-cys- 
Uquesv formant la deuxième classe, peuvent aussi être 
(âUviséee en a groupes : h^ corps fibreux àçéodeide Gruveilhier) 
2* tumeurs fibro-cystiques proprement dites; Z^ hy&Ue deVùiéruê 
Implantés directement sur la matriôe ou développés aux 
dépens de son parenchyme. 

Un des points les plus intéressants de ce traité de lHysté- 
rotomie est sans contredit le chapitre consacré au Mxmuel 
opératoire, au traitement préparatoire des malades et aux 
soins conÂéeuti£9. -» Il est inutile d'insister sur Timportance 
«apitale que peuvent acquérir les détails, en apparence les plus 
futilesy dans ce genre d'opération« N»us regrettons de ne pou- 
toir les résumer complètement ici, mais nous devons nous 
Betnef à esquisser les points les plus saillants du manuel 
opératoire qui a valu à M. Péan de si légitimes succès. --- Et 
^bord ce chirurgien emploie une table d'opération fort 
commode qui lui permet d'opérer étant assis entre les cuisses 
(Ae la malade; pour unie opération qui peut se prolonger plu- 
sieurs heures» cette innoTattoa nous semble fort utile. 

Les tempe de Topération sont à peu près les mêmes que 
pour rovariatomie : \^^ temps : Section abdominale de Tov»* 
Jletomie. 2«* temps -. Réduction du diurne de 1« tumeur. 

Si la ponction ne suffit pas, M. Péan emploie sa méthode par 
zûorceltement, qui consiste à traverser la partie moyenne de la 
tumeur par plusieurs anses métalliques que Ton serre à Taide 
ùê serre-nœuds ordinaire», puis à exciser les parties situées 

i^ÀMi^imê ^ JMaMMr^teM» da.lS «tctaluM ISZS. {fU». du Eâpk- 
1872 p. 1013.) 



au-dessus de cette Hgature. — Z^ temps: Rupture dosadhé 
rences, extraction de la tumeur. — 4^ tempe : Fixation etli« 
gature du pédicule, excision de la tumeur. 

Ici plusieurs cas peuvent se présenter. 

a), La tumeur est adhérente à Tutérus par un mince péd^ 
cule; dans ce cas on se comporte comme s'il s'agiflsait â*uo 
kyste de l'ovaire. 

b). Le pédicule est volumineux et largement implanté sur 
l'utérus; ici, comme dans les cas où les rapports du néoplasme 
et de l'organe sont tels que Tamputation sus-vaginale esl 
seule possible, il faut recourir à cette amputation sua-Dapinalii 
celle-ci est pratiquée à Taide du ligateur serre-noeud de 
Bintral appliqué 0ur le col préalablement traversé par de» 
aiguilles. 

c). Le o(^ lui-même est le siège du néoplasme ; dans ce cas 
on enlève Tutérus en totalité. Comme il est impossible alors 
de constituer un pédicule, on laisse les serre-nœuds en place 
et on les dispose à Textrémité inférieure de Tindsion abdomi- 
nale qui doit être prolongée jusqu^aux pubis» 

u*^ temps : Toilette du péritoine et sutures superficielle et 
profonde delà plaie. 



n.— Contribution à Tétade d« la dysménorrhée i 

par MM, Hugbard et LiABADii-LA.aBA>YB, .internes des hôpitaux. As- 
selin, Paris, 1872. 

Cette forme curieuse de dysménorrhée est caractérisée par 
l'expulsion, à chaque époque menstruelle, de lambeaux mem-- 
braneux plus ou moins considérables, attribués soit à une 
exfoliation de la muqueuse utérine^ soit à la formation depre* 
duits inflammatoires. La nature de cette affection est fori 
obscure et a donné lieu à de nombreuses discussions; 
MM. Huchard et Labadie-Lagrave viennent d'y jeter un jour 
nouveau en publiant une série de faits inédits et bien ob- 
servés. 

Et d*abord,la dysménorrhée membraneuse existe-l-elle réelt 
lement?On sait que certains auatomo-pathologisies, ayant 
pour eux Taulorité de M. Charles Robin, la nient encore et 
la confondent avec Tavortement ovulaire* Les auteurs da ce 
mémoire ont tranché la question en la plaçant sur le terrain 
de la clinique ; plusieurs cas fort concluants de Courty et de 
Dubois» (de Neufchâtel), démontrent en efiet l'existence possir^ 
ble de celte alTection chez dea jeunes ûUes vierges et récem» 
ment menstruées. 

Pour MM. Huchard et Labadie-Lagrave, la dysménorrhée 
membraneuse ne saurait être considérée comme une maladie 
essentielle, ainsi que l'ont voulu certains gynécologistes ; elle 
n'est que Texpression symptômatique d'une métrite interne 
déterminant la formation de produits membraneux. L'expul* 
sion douloureuse de ceux-ci constitue la dysménorrhée spé- 
ciale que nous étudions. 

Bien plus, les diverses variétés d'inflammation de la mu- 
queuse utérine entraînent chacune une forme dysménor- 
rhique correspondante, caractérisée surtout parlanatuca des 
produits expulsés. Ces formes de dysménorrhée sont au nom* 
bre de trois et distinguées par les épithètes desquamativa^ 
pseudo-membraneuse et membraneuse. 

La dysmi^wri'hée desguamative , due à une endométrite ca^ 
tarrhale, s'accompagne de l'expulsion de produits muqu^ux 
(desquamative et exsudais muqueux) ; la dysménorrhée pseude^ 
membraneuse est liée à uue endométrite exsuda tive qui donae 
lieu à de véritables fausses membranes (exsudât Ûbrino-épi* 
thélialy desquamation ou exfoliation incomplète de la muqueu- 
se); eufin, dans la troisième forme, ou dysménorrhée membres 
neuse proprement dite, causée par une endométrite chronique 
interstitielle, on trouve les produits expulsés suivants: exsift^ 
dat interstitiel fîbrineux plastique, ou pr«Hi£érationikypefplas^ 
tique ; exfoliation partielle au totale de la muqueuse. La con- 
naissance de la véritable nature de la dysoïénorrbkée wembt» 
neuse n'a point un intérêt purement scientifique : au |NMot de 
vue de la pratique, elle a l'avantage incontestable de i^rmeir* 
tre d'instituer contre cette effin^tion un traitemeitt raiionnal 
Les divers détails dans lesquels noua venons d'entrer foM 
prévoir que les indicetians tWrapeutiques peuvent être divi* 
sées en indications eauialee, s'adressent à Taffection, 



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LE PRDCfRÈS «BDICAL 



« 



primitive de la djsménarrhée, et en itidicaiions symptoma- 
Hfues, Yisant pluA parlicalièremeDrt les douleurs atroces qui 
aocompagaent si souvent rexpulsion des produits membra- 
neux. Pour le traitement des diverses formes d'endométrites 
internes, lL.Xabadie-LagFave insiste sur remploi topique du 
tannin porté dans la cavité utérine, scit sous forme de crayons, 
soit en peudre introduite par insui!Qation ; ce moyen lui sem-' 
h\e préférable aux cautérisatious iutra-ulérines de nitrate 
d'argeot. Quant aux douleurs violentes auxquelles peut don- 
ner lieu la dysménorrhée membraneuse, ou les calmera par 
les anlipblogistiques et les narcotiques ; si ces moyens 
échouent à cause de l'atrésie de rorifice interne du' col, on 
dilatera progressivement le canal cervical avec la laminaire 
ou réponge préparée. 

En résumé, ce mémoire sur la dysménorrhée membraneuse 
est aussi iastructif pour le médecin qu'utile pour le malade ; 
il a dignement mérité la récompense qui vient de lui être 
accordée par l'Académie. L.-E. Dupuy. 



REVUE DE THÉRAPEUTIQUE 

*V. — Tmlteaieatdv IrcnUtunent, par le docteur Albert Eulenbtoo., 
{Beriin. WoeÂeHtekr,, IX. 46. 1872) 

Le tremblement, quels que soient les symptômes qui rac- 
compagnent, est, pour le docteur Bulenburg, le résultat d*uh 
état morbide uniforme de la mœlle, et ne peut dépendre que 
d'une excitabilité exagérée des nerfs moteurs, ou de leur 
excitation anormale par les nerfs sensitifs périphériques ou 
centraux. Aussi ce médecin employé -t-il dans le traitement 
du tremblement tantôt des moyens capables de diminuer 
rexcitabilité des nerfs moteurs, tautôt des moyens propres à 
affaiblir les excitations centripètes, De us le premier but, il 
8*est servi sans aucun résultat du curare; dans le second, il i| 
administré Tarsenic et le bromure de potassium. Ce dériver 
est resté aussi sans effet ; rarsénic au contraire, que le docteur . 
Bulenburg employait en se basant sur les expériences de 
Sklarck, a donné d'excellents résultats. 

Administré à Tintérieur ce médicament provoque rapidement 
des troubles digestifs, aussi eut-oa recours aux injections 
i^us-cutanées faites dans la région dorsale et à la nuque ; 
le liquide employé était une solution étendue de liqueur de 
•Powler(deux parties d'eau pour une partie de liqueur). On 
Injectait chaque fois ^/^ ou i/2 seringue renfermant 11 à 
17 centigrammes de liqueur de Fowler ;on/aisalt chaque jour 
^ine ou deux injections. Par ce procédé, il n'y avait pas 
d'action locale sur la peau et raction générale de rarsénic 
ii*était nullement amoindrie. 

Le nombre des malades soumis jusqu'à ce jour à ce mode 
4e traitement est de 7 ; chez quelques-uns le tremblement 
offrait les caractères de la paralysie agitante; chez d'autres il 
s'accompagnait de paralysies du mouvement ou du sen- 
timent. 

Une amélioration se produisit dans presque tous les cas ; 
les résultats furent très^favorables ; dans deux cas de para- 
lysies compliquées de tremblement, le traitement ne produisit 
-pas d'amélioratien. 

Bulenburg n*est pas le premier médecin qui ait employé 
rarsénic en injection sous-cutanées, mais c'est le premier qui 
ait appliqué cette méthode au traitement du tremblement, 
liowis Smith en avait obtenu de bons résultats dans le trai- 
tement de la QÏïOTée.{Sckmidf4f Jakregdefr, 1873. L p. 21). b. g. 

ir. — Note mir quelques points da tvaltemost méilieal et 
ehlvw^esl des alcères ehroniqaea des Jambes, par J. Kbnt 
. A. Spbvdu. {Tk$ Jjonut, voU I, p. 623. 1873). 

Dans soQ Mamuil of th$ Patkologf and TraUmeni ofuleers 
4md CutOMêOÊU JHua$e9 Vf ikê Lower Limés {èS9è)^ l'auteur a 
insisté 4^ur les deux pointe suivants: ^^ L'importance du 
{wnsemisat des uteères avec des eppUcaticns éçurltiestes .; 
8" Le peu de nécessité, sinon rinutilité, d'uii reposabsolù dos 
nembreB lorsque l^okcèrs eo traitement n'est pas enflammé. 

BL J. JLent Spesder appuie see remarques noiHseiileaiieat 
sur sa pratique mais encore sur celle de son père qui, il y a 



plus de 40 ans, emplqiyalt «n e^e^eat contenant une très^ 
grande quantité de craie préparée aûn de produire une croûte 
artificielle ^ac rulsère. M. i. Sent Spmder eenseitie «fie 
pommade ^vec: 

Craie » i •. • S partiSè. 

Azonge i «.»..... a partie». 

La meilleure manière de la fabriquer consiste à f^duîfe la 
craie en poudre très-ûne, à l'ajouter greduellement à 1 axong^ 
liquéfiée sur un feu léger et à remuer avec soin les deux 
substances jusqu'à ce qu'elleâ soient refroidies. 

Voici quels seraient les avantages de 6ette préparation : f* 
Bile détermine» en général, un grand soulagement; 2^ Lorsqpie 
l'axonge se liquéfie sous l'action de la chaleur du corps, la 
craie s'en dégage et se combine avec la sécrétion de l'ulcère. 
Cette sécrétion est souvent assez acre pour excorier la 
peau qui environne la plaie; mais lorsque la sécrétion est 
unie avec la craie, elle est convertie en un composé neutre, 
sans nocuité; 3® Une croûte se constitue, en premier lieu au- 
tour de l'ulcère, puis sur sesbords, même et enfin sur toute sa 
surface ; 4"^ Tout d'abord Tabondance de la sécrétion peut exi- 
ger le changement fréquent des pansements, mais ils devien- 
dront de moins en moins nécessaires et bientôt on n'aura plus 
qu'à maintenir intacte Tincrusiation crayeuse. L'onguent sera 
étendu sur un plumasseau de bonne charpie et on maintien- 
dra le pansement avec une bande de flanelle roulée autour du 
membre à partir des orteils. La flanelle a l^avantage de mieux 
se prêter au gonflement du membre sans exercer une corn* 
pression trop forte. 

Quand, en dépit de ce traitement, l'ulcère conserve un mau- 
vais aspect il convient de se servir d'une lotion ainsi com- 
posée : 

Nitrate d'argent • • . i . . » 1 gr. 39 

Bau distillée 30 gr. 

A chaque pansement on fait une lotion qui stimule la plaie 
et s'oppose à la gangrène. Si ce traitement est lui-^même in- 
suffisant, il est bon de remplir la cavité de l'ulcère avec ua 
plumesseau bien imbibé dans parties égales d'eau et de 
liqueur sodique chlorurée, puis de le recouvrir avec l'on- 
guent calcaire. L'auteur dit avoir obtenu d'excellents résultats 
avec ces moyens. 

Dans la seconde partie d^ sa note, M. J. Kent Spender. 
s'appuyant de l'autorité de Thomas Whately (1), Underwood. 
Ghapman, Hunt et Houghton, pense que si l'on prend la 
précaution de panser avec soin les uieères ordinaires de la 
jambe et d'appliquer un bon bandage, le repos n'est pas 
absolument indispensable. L'exeeroice même produirait une 
sorte de stimulus. 

Quant au traitement médical, il varie suivent la nature de 
l'ulcère. L'auteur rapporte qu'^, selon M. M^under (Si), les 
abcès qui sont situés au-dessus de la partie moyenne de la 
jambe ont une origine syphilitique et la plupart du temps 
sont multiples; tandis que les uleêrss taiHjfueuw siègent au- 
dessous de la partie moyenne et sont solitairs. La goutte et 
l'empoisonnement par le plomb peuvent aggraver et exas- 
pérer les ulcères les plus bénins; ralcoolisme chronique 
exerce aussi une action désorganisatrioe puissante sur les 
tissus. Enfin, M. Spender eonseille l'usage, chez les individus 
qui ont des ulcères chroniques non^nflammés^ du citrate de 
ier et de l'iodure de potassium. 

Prix ds L'AcuséiuB x>b ukonosn vs MiDraD. -^ l. £>i«ttagu«r ko di- 
Terses formeB (pie rai^;iiie exaudative offre datte la, pi aiique «l le traitement 
particulier qui leur convient. — IL Influenee de l'hérédité et de la eélectiiti 
Chez l'homme. ~ Pirico Aieala. I. Etude cUnico-pharmaceutlque des agents 
anestbésiquei. — 11. Cenvîent-il d'opter pour le rationalisme ou l'eïripirilMie 
en thérapeutique? — Un prix de 3,000 réaux, soit 1,500 fran<À ; nhé âédaïBe 
dW et le titre de correspondant avec M exemplaires du mén^oM tnipciiaé, 
eevoat la récompense des lauréat». Dee ccoeMHe seroai adsei «coovMi «^ec 
médaille d'argent et le titre de correspondant. Les mémoirSi écrite en 'espa- 
gnol^ ee latin ou «pfffraanfffe, doiyentdtre ytmmxd mx secrétariat de T Aca- 
démie, ra» des Ca4«)enB} i3, à Madrid, «veut toScefée a bfe 1874. iUnwi^ 
jdéd.) • ■.. ....^■ 

j" ■ u ■ I , , , 

<») Th* Whiééïy. — Prdétieat Ob^sriNiHoiii'oH tlà Cèrt 0f Wmféê ^md 

(2) Maunder. -^ Zeeifo* Hotfitsl Meports, vol. 

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;î'br«)ogIe _ 






LB PROGRÈS MEDICil£i 



BiBLIOGRAPfflE 



io Plewéfll«« à 49JiitB«l>«iii««te modérée'* TlioMM«atèM mee 
trocarte esplUalrea M asplmtioB. — Appareils divers. — 

Leçon faite à la clinique de l'Hôtel-Dieu le 15 avril 1872, par M. le pro- 
iesseur BteiBR- Br. iji-8® ; Paris, Aeselin. éditeur. 

îo Tffttifé de l'asplnuion des liquides Morbides. {Mitfioae 

médicthehimrçicaU de diagnostic et de traitement-' Kystes et 

aheès du foU.-- Hernie étranglée.^ Rétention d^urine.-^Pénear' 

dite.-^Pleurésie.^Htfdarthrose, etc.) par le docteur Dieulrfoy. Un Tol. 

Q-8^ de 480 p. chei Masson. Paris 1873. 

Dans la première partie de sa leçon, M. Béhier discute et 
pour le dire de suite, admet ropportunilé do la ihoracentèse 
môme dans le cas d*éj»anchemenls très-modérés ; il étudie dans 
la seconde partie Jes divers appareils opérateurs que Ton peut 
employer pour celte aspiration. — Le livre de M. Dieulafoy 
comme l'indique d'ailleurs le sous-titre, constitue* un traité 
complet de Taspiration dans lequel sont passées en revue 
toutes les applications possibles de cette méthode. 

Une aiguille creuse d*une extrême finesse, mise en com- 
munication avec un récipient dans lequel on a préalablement 
fait le vide: Tel est en somme, Taspirateur que M. Dieulafoy 
présenta à Tacadémie de médecine le 2 novembre 1869. L'ins- 
trument primitif a été modifié par l'auteur dans quelques- 
unes de ses parties ; d'autres aspirateurs ont été construits 
depuis cette époque, mais ils reposent au fond sur le 
même principe. 

M. Dieulafoy distingue deux variétés d'aspirateurs : les 
aspirateurs à vide invariable (instrument de l'auteur) et les 
aspirateurs variables ; parmi ces derniers il décrit seulement 
comme type l'aspirateur de M. Potain. Ces aspirateurs à vide 
variable ne pourraient, d'après lui, servir à pratiquer des in- 
jections. Cette assertion sera probablement contredite par 
M.Castiaux dont l'appareil contient deux pompes difi*érenles et 
destinées l'une à aspirer lesliquidesmorbides.l'autreà pousser 
des liquides médicamenteux. Mais c'est là un sujet de dis- 
cussion que je laisserai de côté. Je ne décrirai pas non plus 
les 47 aspirateurs plus ou moins brevetés inventés depuis 
3 ans ; M. le profe.sseur Béhier a décrit les principau;^ d entre 
eux exposant avec soin les avantages et les inconvénients 
qu'ils peuvent présenter. Cet exposé déjà instructif par ce 
fait, n'est pas moins intéressant à un autre point de vue. Le 
professeur de VHÔtel-Dieu a pris soin, en effet, d'indiquer les 
dates précises d'apparition des divers instruments, voulant 
ainsi prévenir toutes les réclamations de priorité; c car, dit-il. 
Je ne sache pas que notre profession ait jamais retiré aucun 
avantage des disputes de ce genre qui devraient à tout jamais 
. être bannies du seuil de la science. » 

Les applications de la méthode aspiratrice sont fort nom- 
breuses, au moins pour M. Dieulafoy. On en jugera par la 
liste suivante qui n'est en quelque sorte que la table du Traité 
de faspiration des liquides morbides: kystes hydatiqueset 
abcès du foie. >»- Rétention d'urine. — Cystite chronique et 
autres affections de la vessie. — Maladies de l'estomac et em- 
poisonnements. — Kystes de l'ovaire. — Hydrocéphalie 
spinabifida. — Hernie étranglée, occlusion intestinale et 
pneumatose intestinale. ^ Epanchements du péricarde. — 
Epanchements aigus et chroniques de la plèvre. — Hydarthrose 
et epanchements du genou. — Epanchements des bourses 
séreuses. — * Hydrocèle de la tunique vaginale. — * Ascite. — 
Epanchements séreux et sanguin du tissu celhilaire. Abcès 
X>ar congestion et abcès froids, abcès chauds. — Adénites et 
bubons suppures. — Tels sont les sujets que M. Dieulafoy 
passe successivement en revue et pour tous les cas la con- 
clusion est presque toujours la môme. C'est que la méthode 
aspiratrice est toujours innocente, presque toujours utile, 
souvent même indispensable, soit pour le diagnostic soit pour 
le traitement. 

Malheureusement les preuves données par M. Dieulafoy ne 
sont pas toujours absolument convaincantes ; quelques points 
sont certainements étudiés avec beaucoup de soin et par 
exemple on trouvera des renseignements très intéressants sur 
les résultais fournis par l'aspiration dans les hernies étranglées 



mais il est d'autres parties sur lesquelles nous aurions voulu 
voir l'auteur insister davantage. Ainsi pour ce qui concerne 
les kys(es hydatlques du foie, l'innocuité et même l'utilité de 
la méthode aspiratrice ont été dans ces derniers temps for- 
tement contestées. — M. Boinet, (Soe. de chir, février 187S> 
considère cette méthode comme dangereuse et insuffisante. — 
Pour M. Dujardiu-Baumetz {Bul. de thérap., février 4873) «cette 
opération ne s'accompagne pas le plus souvent de symptômes 
graves, mais peut cependant provoquer la suppuration de la 
poche et les accidents qui en sont la conséquence. » Au naois 
d'avril 1873, M. Dupuy rapnortalt dans le Mouvement médical 
deux observations du service de M. Demarquay qui lui 
semblent démontrer les dangers de la ponction dans les kystes 
hydatiques.Eofin, dans un mémoire qui vient de paraître dans 
la Gazette des hôpitaux i8 et iO juillet), l'un des internes de 
M. Demarquay considère le débat comme terminé et se propose 
seulement de rappeler l'attention sur la méthode de Récamier, 
Mais y a-t-il doue une méthode thérapeutique qui pour une 
maladie quelconque convienne à tous les cas sans exception ? 
Nous aurions voulu voir M. Dieulafoy discuter les indications 
de la méthode aspiratrice, tandis que son enthousiasme le porte 
à la proposer pour tous les cas de kystes hydatiques. Il est 
encore un autre point que Fauteur a complètement passé sous 
silence. Je veux parler des précautions que l'on doit prendre 
après la ponction. Or ces précautions exposées par M. Jaccoud 
dans ses Cliniques de Lariboisière avec un soin minuUeux, 
n'ont point été observées dans la plupart des cas malheureux 
rapportés par les adversaires de l'aspiration. M. Jaccoud qui 
parmi les suites possibles de l'opération redoute surtout la 
péritonite s'attache avant tout à la prévenir et en particulier 
il donne le conseil de vider le kyste aussi complètement que 
possible afin d'éviier que le liquide s'écoule ultérieurement 
dans la cavité abdominale. M. Dieulafoy au contraire recom- 
mande de ne retirer que de petites quantités de liquide ; en 
procédant ainsi a on ne s'expose pas à voir la poche entière 
envahie d'un seul coup par la suppuration. (?) » 

La suppuration possible du kyste après la ponction est en 
éfiet, Targument que fout valoir les adversaires de la méthode. 
Mais cette complication sera toujours facilement reconnue si 
l'on surveille avec soiu l'état général du malade dans les jours 
qui suivent la ponction et il sera temps alors de recourir à la 
méthode de Récamier. Daus le fait de M. Dujardin-Beaumetz, 
il est vrai, le kyste s'ouvrit par le poumon droit avant que 
l'eschare fut produite, mais il ne faut pas oublier que dans ce 
fait le liquide était déjà purulent lors de la première ponction 
qu'on en fit plusieurs autres avant de se décider à appliquer 
des caustiques. Dans la plupart des cas, au contraire, le li- 
quide une fois évacué, la poche ne suppure pas; quelquefois 
même elle ne se remp.it pas de nouveau. Cette année même, 
M. Fauvel retira par une ponction 800 grammes de liquide 
sanguinolent d'un kyste du foie. Malgré la nature du liquide, 
le malade sortait quelques jours après, sans avoir présenté le 
moindre accident. 

M. Dieulafoy nous semble aussi avoir glissé un peu rapide» 
ment sur le rôle de l'aspiration dans le traitement des epan- 
chements pleuraux. Il est convaincu de Tinnocuité et des 
avantages de l'aspiration ; cela est très-bien, mais tous les 
médecins n'en sont pas là et quelques-uns font même la re* 
marque assez décourageante que la pleurésie se termine plus 
souvent d*une manière fâcheuse, depuis que la thoracentèse 
est largement appliquée. La longueur de cette analyse nous 
empêche d'insister et nous ne pouvons (jne recommander la 
lecture de la leçon de M. le professeur Béhier, où se trouve 
discutée la question de l'opportunité de la thoracentèse dans 
le cas d'épanchements peu abondants. 
Avant de terminer cependant, un mot sur les Canules: 
M. Dieulafoy se sert ordinairement d'aiguilles tubulées, 
tranchantes à leur extrémité et n'emploie que très-exception- 
nellement les trocarts. Au contraire, M Potain et M.Castiaux se 
servent en général (sauf dans les cas de ponction exploratrice) 
de trocarts plus .ou moins fins. Certains médecins reprochent aux 
canules tranchantes plusieurs inconvénients; comme elles sont 
très-minces elles peuvent se briser au moment où on les fait 
pénétrer dans les tissus ; le fait a été observé. De plus, ï cause 



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LE PROGRÈS MEDICAL 



8K 



de leur extrémité trandiaûte, elles'penvênt blesser les organes 
Toisins, par exemple le poumon dans l'opération de la thora 
cenlèse. M. Dieulafoy ne nie point le fait; loin de là ; mais 
cette piqûre du poumon est suivant lui, parfaitement inno- 
cente et môme quelquefois utile: « Quand, dit-ih on pique un 
poumon congestionné (comme dans la première période de la 
pneumonie), on peut en laissant Taiguille en place ; aspirer 
quelques grammes de sang, pratiquer une véritable saignée 
de Torgane, et cette saignée locale peut amener un véritable 
soulagement et diminuer le point de côté. » C'est là, du reste. 
une opinion persamt«Ue à Tauteur, et qui ne sera probable- 
ment pas généralement acceptée. Pourtant, dans certaines 
conditions^ les canules tranchaules sont peut-être préférables. 
Dans un cas de ponction capillaire pratiqué Tannée der- 
nière dans le service de M. Jaocoud pour un kyste hydatique 
du foie {2730 gr.) il est arrivé à différentes reprises que l'écou- 
lement diminuait et pendant quelques instants ne se faisait 
plus qu en très-petite quantité, puis tout d'un coup, le liquide 
reparaissait en abondance. La canuie n'avait pas été bouchée , 
car le liquide évacué ne renfermait que des fragments d'échi- 
nocoques beaucoup trop petits pour l'oblitérer. Ne pourrait- 
on pas expliquer le fait en disant que l'éruption du liquideen 
plus grau'ie abondance résultait de ce que l'une des poches 
secondaires du kyste était venue se piquer elle-même à Tex- 
irémité de la canule tranchante? 

Je ne donne cette explication que comme une hypothèse, 
mais si le fait était de nouveau observé dans des conditions 
analogues, il y aurait peut-être lieu d'employer pour les 
kystes hyda tiquas (en dehors de toute considération relative 
au Yolume de la canule) les aiguilles à pointe tranchante de 
préférence aux trocarts ordinaires. 

Je n'ai pu donner, dans cette analyse qu'une idée fort im- 
parfaite du Traité de V aspiration des liquides morèldes. J'espère 
cependant avoir montré deux choses : d'abord Tintérêt qui 
s'attache à cette publication, en raison de l'autorité de M. Dieu 
lafoy sur cette matière et du grand nombre des applications 
que comporte la méthode, et en second lie i, la nécessité de 
faire des réserves et de résister .à renlhousiasme, bien naturel 
mais un peu exagéré de l'auteur. A. Sevbstre. 



Chronique des hôpitaux 

Nous suspendons la Ckyoniqne des Hôpitaux à partir de ce numéro. 
Nous la reprendrons lorsque les vacances seront terminées. Quant à pré- 
sent, nous remercions bien vivement tous nos collaborateurs pour cette 
tâche quelque peu aride. 

Hôpital des enfants ntalades. Service de M. le D^ Bodchut, salle Sainte- 
Catherine. — Coufér3nces au lit des malades tous les mardis, — N* 7, 
anasacque esaeutioUe; '*-. n^*9 et lU,ffhuiA«twfBM8 ariioulfâres, Tunsulkaigu, 
le seoouU aigu,.trwtés p«c le«ératwm; — n" 43» fièyio typJwSde; -^ a*» I6i 
coquelache violente; — n9 19, eiicéphalopathie saturnitw, Cfai\ÉilesQBiiee ( -»* 
n<» 24,«ende«tfdftte,atf«|iclûte auAiittQiU. 

Bôpi^tsl S?^-il«*otf»c. -Service de M. LwDBîrrt?. — Sjt-Berndbé ! Plaie par 
instrument tranchant du poignet fsutnre des tendons du muscle cubital, et 
dufléchiseeur superficiel -dé Vannulaire et du petit doigt, suture du nerf cubital^ 
ligature du bout inférieur et du bout supérieur de Tarière cubitale.) 

NOUVELLES 

Mortalité a parts. — Du 19 au 23 juillet 1873, il y a eu 742 décès. 
Rougeole, \k ; — Scarlatine, 1 ,• — iih^t^ typWid©, 11 j — érysipàle, 10; — 
bronchite aiguë, 19 ; — pneumonie, 31 ; — dfjssenierie, 2 ; — diarrhée oko- 
Uri forme des enfants, 17; — angine couenneuse, 10; -— croup, 5; — aflfac- 
tions puerpérales, 2 ; — autres affections aiguôs, 216 ; — affections chroni- 
ques (dont 152 dues à la pfathiaie puimonaire), 321 ; — - affections chirui|[i^ 
gicales, 57 ; — causes accidentelles, 23. 

Choléra, — Italie. — C'est le 18 juillet qu'a été signalé le premier cas 
de choléra à Padoue, chez un soldat-fVie&aal.de CSâfitelfranco -«t ^«li avait ea 
auparavant de la diarrhée dont il était cruéri au moment où le choléra se dé- 
clara. Il ne donne aucune preuve rd'iniiection. — 2 cas ont été t-igualés à 
^r^erello de Pitre. — D'une «manière gêné aie, l'épidémie est caractérisée 
par la leuteurde l'iofvamon. {Q-azvtta mediea liaîiana. Venete, t9 juillet 1B73).' 
— Le chdléra 'ftîit toujours ^es progrès a ^fenise. — Les chiffrée de ces 
derniers Jours sont 19, U, 1S, 14. 32, Id, 22. Sa marche est lente, mais persifi^ 
iaote à ^»-^f>f.^ël(|iies«eBtt6lé8fte «ont présentés dans leFrioul. KPa- 
.goKtf^ on a observé4ea8 depQiB4B<t0.'(/M;,'26 juillet). 



Amérique, — D'âpre îhe laneet du 26 juillet, le choléra ferait des ra' 
vages dans le Missouri. 

Angleterre, — D'après le même journal, il n'y aurait eu jusqu'à présent 
ai à Londres ai dans les provinces, aucun cas de choléra. 

Autriche, — D'après une correspondance du Timet, il y aurait eu à Vieinat 
du 28 au 30 Juin, 15 cas de chcdéra avec 9 décès; du l^*" au 5 juillet, 26 cas, 
27 décès; du 6 au 10 juillet, 71 cas, 42 décès; du 11 au 14 juillet, 170 cas» 
79 décès. — D'après Wiener medizinische Wochensehrift^ du 26 juillet., il y 
aurait eu à Vienne : le 17 juillet, 20 cas, — le 18, 25 cas, — le 19, Il cas, — 
le 20, 25 cas, — le 21, 18, — le 22, 21, — et le 23, 18. 

NécROLOGis. — M. le docteur Coursserant, oculiste distingué, vient de 
mourir à Paris, à l'&ge de 61 ans. {Courrier méd.) 

•^ Le profes.2>tfiNaria(de Turin) vient de mourir 6gé de 60 ans. L'UniTSC- 
site regrette Témiuent médecin légiste, et la ville de Turin le vertueux dtoysn 
qu'elle avait chargé plusieurs fois de la dépulation. (VOssen»atore, 1^** juillet). 

"-«Nous apprenons la mort deM. Mériadec Laennec,docleur en médecins, 
ancien chef de clinique à la faculté de médecine de -Paris, ancien président 
du conseil général de la Loire-Inférieure, maire de la Chapelle-Bassd-Mer, 
déeédé~Ie 3 juillet 1873, à sa terre de la Maew*, commune de la Chapelles 
Basse -Mer, dans sa 76® année. (Unioh médic) 

— On annonce aussi, en Allemagne, la mort dudocteuifBrandis, météorov- 
logiste distinguée, et de Grustave Rose, bien connu par ses travaux sur la 
minéralogie. 

Lbs cimetières de paris. — La question des cimetières de Paris devient 
de plus en plus urgente et ne peut tarder de recevoir une solution. On pa* 
raît avoir repris le projet de la création d'un cimetière à Méry-sur-Ôise. Oa 
commencerait par n'accorder dans le cimetière que des concessions perpé* 
tuelles et des concessions temporaires de dix ans au moins. Pour les oonces* 
sions temporaires dé cinq ans et les inhumations gratuites, on créerait au 
sud de Paris, non loin des fortifications, un nouveau cimetière dont on s'oo- 
cupe actuellement d'acquérir remplacement. — Au point de vue administra^ 
tif ou économique, la création de ce second cimetière peut présenter des 
avantages, mais au point de vue hygiénique, il offre tout les inconvénisnts 
des cimetières actuels, par suite de l'extension, facile à prévoir, des localités 
formant la banlieue de Paris. Quoi qu'il en soit, les cimetières actuels se- 
ront féroces. Seules, les familles qui y ont des caveaux pourront y porter 
leurs morts jusqu'à ce que les caveaux soient remplis. La mesure sanitaire 
depuis longtemps réclamée recevra donc une prochaine exécution. — Nous 
ajouterons qu'il n*est plus question de créer un chemin de fer spécial de PaÂs 
À Méry : la ville de Paris passerait un traité avec la eoia^sgaie du Nord pear 
le s^ervXce des traias mortuaires. {Gazette méd.) 

SoCléTÉ DE THÉRAPEUTIQUE EXPéRMENTALE DE FRANCE. "Ofdre dtt jbtlr 

de la séance du 4 août : 1® suite de la discussion sur la falsification' des mé- 
dioiments à bas prix ; 2^ présentation d'un travail de MM. Léon Marchand 
et^Çoire^sur la géographie botanique. 

' — La Sêéiétéi royale <ks sciences médicales et naturelles de Bruxelles vient 
ds^, irei^ouveler son bureau pour l'annéo 1873 et 74. M. le professeur Pigeolot 
a .été' élu président, en remplacement de M. le professeur Thiry, qui, 
d'après le règlement, ne pouvait pas être -réélu. M. Louis Martin a étié 
nommé vice président, M. Van don Corput, secrétaire -général ; M. Leda- 
ganck, secrétaire-ad.oint, M. Sacré, trésorier, et M. Eugène Jaussens, bi- 
bliothécaire . Dans la mOme séance, M. le docteur Larondelle, dp Vervicns^ 
a été nommé membre correspondant [Presse médicale belge), 

* JBNCQas UK ixuBc» *-* P'apcès les joiruAUi: p(flîtiques. un duel SU $W$tol# 
jLurait eu ^aa À M«iaaii v^ardjOgo^ •eiilie %i. Mie« a.vscat, et M. lé 
D'' Qndtiwd, 

Yagamcs «c6oi.cuu:.k. -^ A .prendre immédiatement clientèle rurale, pn^ 
duit 10,000 Jr. justifié. S'adresser au docteur JJasson (Yonne) {Tribune méd,^ 

CoMQOOBf • -«^ Un concours sera ouvert, le luadi 10 novembio ptsdiaii^ 
à Técôle yét^Hnnaire d'Alfort. pour la nomlaalion à un emploi de chsf 
de serviee de -physique, chisaie et pharmacie, vaoairt à eetie éoola. 

Un concours s'ouvrira dans les écoles de médeeine navale de Bresl, 

■Rochefort et Toulon, le 15 septembre 1873, dans le but de pourvoir à trente 
emplois d'aide-médecin et à huit emplois d'aide-pharmacien. Il est établi 
au secrétariat du conseil de santé dé ces trois ports un registre pour l'ins- 
cription des candidats. Ce registre est clos vingt-quatre heures avant le 
concours. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

Librairie J. B. BAILLIÉRE, rae BautcfçaiSie» if, 

.Bbau (L.) Du traitomenL des plaies en général et en pafttdcOf- 
Ber d'un nouveau mode de pansemenl anlisepU(|ue ^r le 
cooliar^Ue charbon, suivi d'un uperçu eur la pourriture d*li4- 
pital çt §on traitement. In-8 de 436 p* 3 fr. 

CoLik. La variole au point de vue épidémiologlç[ae .èttpnn 
t)liylacftique. In-8<> de 160 pages arec "S figures. 



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96 



LîS J'ROGRES MEDICAL 



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Bayle (G.) — L'embaumement dans les temps anciens et 
modernes suivi de l'exposé d'une méthode nouvelle sans inci- 
sion. In-l2 dti 154 pages 2 fr. 

r BuGQUOY. Leçons cliniques sur les maladies du cœur, pro- 
fessées à l'Hôtel-Dieu de Paris, 3« édition. In-8* de 170 pageis 
avec fig. dans le texte : 4 fr. 

Le Piez (Ar.) Etude sur quelques cas de ruptures sponta- 
nées du cœur. In-S® de 124 pages : 2 fr. 5Q c. 



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Vacher. De l'obésité et de son traitement. Mémoire accom- 
pagné de la traduction d'une conférence sur le traitement de 
Tobésitë d'après le système de Banling, par Nimeïer. 
In-80 de 68 pages. 

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3t les plus efficaces, puisqu'il est main- 
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doivent être adressés à M. BBOALUEB. 19, me de |lar8âU«,Lyé&. ^^ 



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dies du système nerveux, faites à Thos- 
pice de la Salpétrière, recueilles et 
publiées par Bournbvillb. l^»- fascicule: 
Des troubles iropàigues consécutifs êUx 
maladies du ceroeau et de la moelle épi- 
niére In-8« de 96 pages avec figures, S fr. 
— 2* fascicule : Paralysie agitante, am- 
iomie pathologique de la sclérose en pla- 
ques, Iû-80 de 96 pages avec 4 planches 
eu chromo-lithographie et figures dans 
le texte, 3 fr. — 3- fascicule : SympUh 
matologie, formes, périodes, traitement de 
la sclérose en plaques. lu 8<> de 64 p. avec 
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Bureau des GSommandes : Parie» 18, boulevard des ZtaUeae. 

l*usage de la bière, si généralisé en Belgique, en Angleterre et dans les pays d'outre-Rhin, tend à se développer de 1 

plus en plus en France. Il y a là un progrès hygiénique marqué. Son influence utile sur le développement des systèmes 

musculaire et osseux est indiscutable. C'est cette raison qui la fait conseiller par les médecins el les hygiénistes aux 

mères pendant la grossesse, aux nourrices pendant rtilaiie^l^nt. Bile est préférable pour elles à toute autre boisson. 

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Progrès Hédical 



FRixDBL»ABONNBiiBNT JOURNAL DE MÉDECINE, DE CHIRUIIGIE ET DE PHARMACIE 

toïoii:::::::;:::::::: "î'' M^m^mi—mm ie smÊÊ%eai 



il 9»$B.... Mit. 



Rédactenr en chef : BOURNEVILLE 



Tout ce qui concerne la Rédaction et rAdminislralion doit être adressé aux bureaux du JoumaK 

Les bureaux sont ouverts de midi à 4 heures du soir. 

L« Prix d'aboMBOBicni doit ôlre envoyé en mandats poste ou en traites sur Paris.— L'abonnement part du i*' (le chaque mois 
Oa s'aboDDe hors de Paris danS les bureaux des Messageries et chez les Libraires. — Les lettres non affrauchi^'âont refusées 



AVIS. — Le prix de l'abonnement d'un an est de dix 
FRANCS pour MM. les Étudiants. 



SOMMAIRE.— CiNiQUB mkdicalb: De l'hémiplégie »pinale, leçon de M. Charcol, 
recaeitlUe par Bournevillc. — Histolooib normale : Développeinent des vais- 
Maux lymphatiques, leçon de M. Ranvier, recaeillle par Weber. — Clinique 
CHiBUBOicALB '. Considérations sur an cas de luxation de la tête du fémur, leçon 
de M. Kichet, recueillie par Longuet. ^ Pathologib interne : Exanthème de la 
muqueuse digestive, par Chouppe. — Bulletin du Progrés médical : Les bureau- 
crates de TËcole de médecine ; -^ Le choléra, par Bourneville. — Sociétés 
SAVANTES : Académie di médecine, — Société anatomique : Lésions de nutrition 
chez uo nouvean-né, par LiouTille; — Luxation tibio-taxsienne avec fractures, par 
Moot&rd-Martin ; — Fistules urlnaires, fausse route, pir E. Martin. — Maladies 
DBS VOIES UBIMAIRBS : Analyse du mémoire de M. Girard, par A. Malherbe. — . 
Rbvub de thérapeutique. — Revue chiburoicalb : Splénotomie; — Onyxla 
malin (an. par Marcano). — Bibliographie : Les ambulances de U presse (An. par 
Colignon). — Nouvelles. — Bulletin biblioqraphique. 



CLINIQUE MÉDICALE 

HOSPICE DE LA SALPÉTRIÈRE. — M. CHARCOT. 

De la compression leixte de la moelle (1) 

Leçous recueillies par Bourneville. 

SYMPTÔMES. — DBS TROUBLES DE LA SENSIBIUTÉ. 

Messieurs, 
' Prenons, le cas d'une tume^ir méningée, comprimant vers 
la partie moyenne de la région dorsale, une moitié latérale 
de la moelle épinière et supposons, pour nous mieux orien- 
ter, que la compression porte par exemple sur le côté droit 
du cordon nerveux. Voici les principaux phénomènes qu'il 
y aurait à relever en pareille circonstance. 

Le membre inférieur du côté droit serait paralysé, 
plus ou moins complètement, quant au mouvement, ainsi 
que les muscles abdominaux de ce môme côté. Les téguments 
sur les points correspondant aux parties atteintes de para- 
lysie motrice, présentent, relativement aux parties ho- 
mologues du côté opposé, une élévation plus ou moins pro- 
noncée de la température, conséquence de la paralysie vaso- 
motrice. La sensibilité, sur toute rétendue de ces mômes 
points, se rencontrerait normale ou môme notablement 
exaltée au niveau du siège de la compression spinale et, du 
môme côté, une exploration attentive ferait reconnaître 



(^1 Voir 1« n*» i, 4 «t « 4tt IPr^f^ médical. 



l'existence d'une zone cTanesthésie, dirigée tWi^sversaie- 
ment et formant par en haut la limite des partiei^apalysëes 
du mouvement et dont la sensibilité aui^i qu'ih a été dit 
serait exagérée ou normale. 

A gauche, c'est-à-dire du côté opposé à Id lésion spinale, 
le mouvement serait parfaitement conservé dans le membre 
inférieur et les muscles de l'abdomen ; mais, par contre, la 
seneibilité sur ces points serait obnubilée ou môme complè- 
tement éteinte dans tous ses modes. 11 s'agirait là d une vé- 
ritable hémianesthésie, limitée supérieurement au niveau 
de la lésion spinale, par une ligne horizontale bien tranchée 
et en dedans très-exactement par la ligne médiane. 

Vous comprenez aisément, d'après ce qui préoède, la raison 
de la dénomination hémiparaplégie spinale avec anes^ 
thésie croisée, proposée ponr désigner l'en^ieinble sympto- 
matique dont il vient d'être question. Si la compression 
hémilatérale au lieu de siéger à la région djorsale delà 
moelle, occupait une région plus élevée, la partie supérieure 
du renflement brachial, par exemple, ce aont les symptômes 
de Yhémiplégie spinale proprement dite qu'on aurait 
alors sous les yeux. Ici encore on observerait une hémia- 
nesthésie croisée c'est-à-dire occupant le côté du corps op- 
posé au siège de la lésion spinale, mais l'insensibilité ne 
resterait pas bornée au membre inférieur et à un côté de 
l'abdomen, elle s'étendrait de ce môme côté au membre su- 
périeur, au tronc, au cou môme, de telle soFte que la face 
serait, peut-ôtre, seule respectée. 

Du côté corespondant au siège de la lésion spinale, la 
paralysie motrice occuperait à la fois le membrp supérieur 
et le membre inférieur, lesquels présenteraient l'un et l'au- 
tre une élévation relative de la température. Le tronc et les 
•membres de ce côté auraient conservé leur sensibilité où se 
montreraient hyperesthésiés. La zone d'cUiesthèsie qui for- 
merait la limite supérieure de ces parties serait située très- 
haut, et occuperait, par exemple, la partie supérieure du 
thorax et de l'épaule et môme le cou. 

L'anesthésie, répandue comme il vient d'ôti'e dit, et li- 
mitée exactement, géométriquement pour ainsi dire à la 
ligne médiane, sur presque tout im oOté du corps, rap- 
pelle, à quelques égards, l'hémianesthésie 4ea hystériquer 
et celle qui s'observe, ainsi qiie nous Tavons fait remar- 
quer ailleurs, dans certaines lésions en foyer de Tencé* 
phale. Mais, maintes oirconstahces peuvent ôtre r^evées 
qui, en cas de besoin; serviraient à )a disUnction. h^m% 



Digitized by 



v^oogle 



^^f■ 



LE PROGRES MEDICAL 



dans rhjstérie, comipe dans le cas d'une lésion encépha- 
lique, la face participerait à peu près nécessairement à 
l'hémianeirthësie, ce qui n'aurait pas lieu dans Thémiplégie 
s|itnale. De plus, les troubles moteurs concomitants — paré- 
sia, pa^al^sie* ayec on sans coaitracture— se montreraient, 
dans ce dernier cas, du côté opposé à Tanesthésie taiidûs 
qu'ils occuperaient le môme côté que celle-ci chez les 
hystériques et chez les sujets atteints de lésions organiques 
(le.lî«ncéi>liai^,.4^ ne m'étendrai pas plus longuement au 
sujet d:é' '*C03 itraits distinctifs qu'où pourrait aisément 
multiplier. 

Je'ne m'arrêterai pas non plus à d.'velopper riuiorprc'- 
tation anatomiquë et physiologique qui a été donnée des 
symptômes de l'hémiplégie et de la paraplégie spiimlt^ït Je 
lie puis mieux faire à cet égard que de vous renvoyer aux 
divers écrits de M. Brown-Séquard et je me bornerai aux 
remarques suivantes. 

Oîi suppose que lee conducteurs des impressions sensiti- 
■ves, quels qu'ils soient, après avoir suivi dans chaque moi- 
tié latérale de la moelle épinière, un trajet dirigé de dehors 
en dedans et d'arrière en avant, sur un plan légèrement in- 
cliné de bas en haut, viennent s'entrecoiser sur la ligne mé- 
diane. Il y a lieu d'admettre en outre que les faisceaux qui, 
après rentrecroisement, remontent vers Tencéphale, ne s'é- 
loignent pas notablement du planmédian antéro-postérieur et 
qu'ils occupent la partie centrale delà substance grise au 
voisinage de la commissure. Voici maintenant les consé- 
quences qui résulteront d'une telle disposition. 

La lésion hém 'latérale de la moelle épinière—rqu'il s'agisse 
d'une plaie déterminée par un instrument tranchant, d'un 
foyer de myélite, ou d'une tumeur, peu importe, — aura pour 
effet de détruire un nombre d'autant plus grand de conduc^- 
teurs non encore entrecroisés, qu'elle sera plus étenduç 
en hauteur; aioBi se produit la zone d'anesthésie plus ou 
moins haute saivant les cas, à direction transversale, qui 
s'observe au uiveau de la lésion et du môme côté que 
celle-ci. 

Au-dessus de la lésion, les conducteurs venant de ce môme 
côté de la moelle suivront leur trajet jusqu'à la ligne mé- 
diane, et s'y entrecroiseront avec ceux du côté opposé, 
sans avoir subi d'interruption dans leur parcours. C'est 
pourquoi les parties situées au-dessous de la zone transverse 
d^anesthésie conservent la sensibilité normale. Elles se mon- 
trent très-souvent même notablement hyperesthésiés. 

ïl n'a pas encore été donné, que je sache de ce dernier 
jdiénomène , une explication qui soit satisfaisante. 

Pour ce qui est des conducteurs des impressions sensitives 
venues du côté de la moelle opposé à celui qu'occupe la 
lésion, ils ont tous à traverser après leur entrecroisement le 
fbyer d'altération, pourvu que celui-ci s'étende réellement 
jusqu'à la ligne médiane, et ils subissent tous par consé- 
quent, dans cette partie de leur trajet, une interruption plus 
ou moins complète. C'est ainsi que se produit l'hémianes- 
thésie croisée. 

Quant à la paralysie motrice qui s'observe au-dessous de 
la lésion hémilatérale de la moelle et du môme côté qu'elle, 
c'est une conséquence facile à prévoir de l'interruption 
subie par lé faisceau latéral correspondant, les fibres qui 
constituent ûefaiioeanne s'entrecroisant nulle part danis la 
moelle avec les fibres homologues du côté opposé. 

J'avais soin 'âe vous faireremarqaez: toNt^-l'heure Que les 



faisceaux— en supposant quecesoitréellementdes faisceaux 
— résultant de l'intfecroisement des conducteurs des im- 
pressions sensitives paraissent ne pass'éloigner ndtablement 
du plan médian antéro-postérieur, où ils occupent, de cha- 
que côté, la partie centrale de la substance grise. Il résoKe 
4» cette disposition qu'une lésion liémilatérale de la moelle, 
môme assez i^rononcée, mais qui,ne s'étendant pas rigoureu- 
sement jusqu'à la ligne médiane, épargnerait les faisceaux 
dont il s'agit, n'aurait pas pour effet de dëteraniner l'hémia- 
nesthénie croisée. Une telle lésion produirait, suivant le 
cas, l'hémiplégie ou l'hémiparaplégie, mais sans anesthésie 
croisée. Nous rencontrons dans la pratique d'assez nom- 
breux exemples de ce genre. 

J'ai voulu me restreindre, Messieurs, à vous indiquer 
d'une manière très-sommaire les traits les plus saillants 
de l'ensemble sjmptomatique que révèle l'existence des lé- 
sions hémilatérales de la moelle épinière. Je ne puis me 
dispenser cependant d'^outer à ce qui précède quelques 
détails complémentaires. Rarement les lésions dont il est 
question restent à jamais confinées dans leurs limites 
originelles. Tôt ou tard elles se propagent, soit par en 
haut, soit par en bas, soit dans les deux directions à la 
fois, à une certaine distance, en dehors du fojev primi- 
tif. Il est presque de règle, par exemple, qu'au-dessous de 
la lésion tranverse hémilatérale, et du môme côté que 
celle-ci le faisceau latéral, soit à un moment donné .at- 
teint dans toute son étendue en hauteur, suivant la lei 
du développement des scléroses fasciculées descendantes,En 
pareil cas, la contracture permanente ne tarderait pas à se 
surajouter à la paralysie déterminée dans les membres 
par la lésion spinale primitive; d'autres fois l'irritation 
semble se propager, en outre, également au-dessous de la 
lésion en foyer et du môme côté dans la corne antérieure 
de la substance grise. Les membres, paralysés déjà et con- 
tractures, offrent en plus, le cas échéant, une atrophie 
plus ou moins prononcée des masses musculaires. Enfin, 
vraisemblablement en rapport avec l'altération consécutive 
de divers points non encore déterminés de la substance 
grise, on peut voir les symptômes d'hémiplégie spinale se 
compliquer de la formation de divers autres troubles tro- 
phiques, tels que arthropathies, eschares fessières ou sa- 
crées, etc. 

C'en est assez, je l'espère. Messieurs, pour vous faire 
reconnaître l'intérêt qui, s'attache à l'étude de l'hémi- 
plégie spinale. Je ne saurais trop le répéter cet ensemble 
symptomatique ne se produit pas seulement, comme on 
a pu penser . pendant un temps, en conséquence, de 
lésions traumatiques de la moelle épinière. Je l'ai pour 
mon compte observée, sous la forme bien dessinée d 'hé- 
miparaplégie avec anesthésie croisée dans 5 cas. Dans 
trois de ces cas, il s'agissait d'une myélite scléreuse 
transverse; dans un quatrième d'une néoplasie intra-sni- 
nale; et dans le 5«* enfin une tumeur, primitivement 
développée à la face interne de la dure^mère avait 
à un moment donné, en s'étendant dans le sens antéro- 
postérieur, déterminé sur un point de la région doreaJp 
une compression exactement limitée à une moitié latéral! 
de la moelle épinière (0- ^ Ji^j) 

biologie, 1868. p. 2»l, planche V^JOU -4rc*»»«, ^ ^;jy, 

, Digitized by VnOOQ iC 



LE PB06RES MEDICAL 



99 



HISTOLOGIE NORMALE 

LiBORATOUUB D'HISTOLOOIBDKSHAOTBS-ÉTUDES.— M. RANVIER. 

Du «ystème lymphatique. 

Leçons recueillies par le D' Wbbbr. 

JLes valaaeftux lynptatlqucs (i). 

Dans le tissu cellulaire sous-cutané, il n'existe pas plus 
de canaux du suc que dans le centre phrénique. L'analogie 
semble indiquer que les derniers capillaires lymphatiques 
doivent prendre naissance dans la grande cavité qui forme 
ce tissu dans son ensemble; mais, on n'est pas encore ar- 
rivé sur ce point à une démonstration. Il faudrait pour cela 
trouver une méthode qui permit de voir directement la 
communication d'un capillaire lymphatique avec l'un des 
interstices que laissent entre eux les faisceaux. Jusque-là, 
nous sommes obligés de nous contenter des preuves plus 
ou moins indirectes que nous donnent l'injection par pi- 
qûre de ce tissu et le cheminement vital des matières co- 
lorées. 

Si, au moyen d'une âne canule de verre ou d'une canule 
métallique, on pique dans le tissu cellulaire d'un animal 
tout à fait frais, et que l'on y injecte une matière colorée, 
par exemple du bleu de Prusse en solution dans l'eau, on 
voit s'y former une boule d'œdèrae colorée, et quelquefois 
on voit partir immédiatement de la région où la piqûre a 
étë faite un ou deux lympathiques colorés en bleu; si Ton 
en voit pas partir, il suffit, si la boule est sur un plan ré- 
sistant, une aponévrose ou un os, par exemple, d'appuyer 
un peu sur cette boule avec le doigt après avoir enlevé la 
canule, pour en voir partir deux ou trois trajets lympha- 
tiques colorés. Il y a donc évidemment une communication 
entre les interstices du tissu conjonctif et les origines des 
lymphatiques; autrement, si les lymphatiques formaient un 
réseau fermé, il faudrait admettre qu'il s'est produit une 
rupture d'un lymphatique en un point, et dans ce cas, 
l'injection pénétrerait bien difûcilement dans ce lympha- 
tique dont la peau molle se replierait comme un tube de 
baudruche devant la pression du liquide et n'en permetr 
trait pas l'entrée. On pourrait être surpris que l'expérience 
ne réussisse pas chaque fois qu'on la tente, si en réalité 
les lymphatiques s'ouvrent si largement dans le tissu con- 
jonctif, mais, si l'on tient compte de la pression périphé- 
rique que le liquide injecté dans la boule exerqe autour des 
vaisseaux, on s'expliquera pourquoi, le plus souvent, on 
n'obtient l'injectioa des lymphatiques que par la pression 
du doigt sur la boule ; cette pression change les conditions 
dans lesquelles se trouvent quelques-uns des orifices vis-à- 
vis des faisceaux. 

Voici encore une expérience très-facile à réaliser qui 
sert à montrer la communication facile du tissu conjonctif 
avec le réseau lymphatique ; si l'on enfonce une canule au 
voisinage du nerf sciatique d'un rat ou d'une souris, et 
que, par son intermédiaire, on injecte avec une seringue, 
un à deux centimètres de bleu de Prusse liquide, le gan- 
glion lombaire du môme côté présente une injection 
bleue. 

On peut se servir aussi des phénomènes d'absorption vi- 
tale des lymphatiques pour faire pénétrer une substance 
pulvérulente du tissu conjonctif dans les ganglions lympha- 
tiques. A cet effet, sur un lapin, on fait une petite incision 
à la partie postérieure de la cuisse jusqu'au voisinage du 
nerf sciatique, et on y répand du vermillon de Chine en 
suspension dans l'eau ; au bout de 8 à 10 heures, l'animal 
sacrifié présente du vermillon dans le ganglion lombaire, 
et celui-ci, irrité par le corps étranger, a généralement un 
Yolame double de celui de son congénère. 

Ces différents faits nous suggèrent l'hypothèse que les 
vaisseaux lymphatiques prennent naissance dans l'espace 
laissé entre les faisceaux du tissu conjonctif, mais ce n'est 
encore, nous le répétons, qu'une hypothèse, car les injec- 

(4 Voir les n«* 3; 4 et 7 du Prop-ès médical. 



tions des Ivmphatiques, à la suite des piqûres ou des plaies 
du tissu conjonctif pourraient résulter d'une déchirure ac- 
cidentelle des vaisseaux; la communication dhrecte ne sera 
établie que lorsqu'on aura trouvé une méthode pour mon- 
trer cette ouverture. 

Développement dfes iralsseavx lynpliatlqvefli. 

Les seuls faits que nous connaisionsrelativementau déve- 
loppement des lymphatiques ont été observés par KôUifcer 
dans la queue des têtards. Sur des têtards vivants, étendus 
sur une lame de verre, on observe, avec des grossisse- 
ments de 250 à 600 diamètres, et dans ce dernier cas en se 
servant d'objectifs à immersion, sans interposition de 
lamelle, des canaux qui dilTèrent des vaisseaux sanguins 
par plusieurs caractères et que l'on considère comme les 
premiers vaicseaux lymphatiques. 

Ces canaux présentent des pointes nombreuses; ils ont 
les bouts irrégulièrement festonnés; ils ne contiennent pas 
de globules rouges de sang, mais, de distance en distance, 
on rencontre sur leurs parois des groupes de granulations ; 
ils pressentent aussi des noyaux ovalaires et aplatis, -con- 
tenus dans cette paroi. D'après Kôlliker ces réseaux de 
canaux sont formés par l'anastomose des cellules étoilées 
entre elles ; c'est même de cette donnée qu'il part pour 
admettre que ces cellules sont creuses. 

Nous avons souvent examiné soit des têtards vivants, soit 
des queues de têtards imprégnées au chlorure d'or à 1|200, 
dans le but de vérifier le dire de KôUifcer. Malgré des 
recherches attentives, nous n'avons pas encore pu décou- 
vrir une anastomose bien nette entre une cellule étoilée et 
un canal ; souvent on croit avoir découvert un de ses rap- 
ports, mais en employant un bon objectif à immersion, le 
10 de Hartnack, par exemi)le, on reconnaît que l'on a eu 
affaire à un simple entrecroisement. Nous ne voulons pas 
nier ces anastomoses absolument, nous constatons seule- 
ment que nous n'en avons point vu. Du reste, il faudrait 
môme démontrer que ces vaisseaux festonnés correspon- 
dent bien aux lymphatiques. (A suivre). 



'»i»W^ M »!■ 



CLINIQUE CHIRaRGICALE 

HOTEL-DIEU. — M. le Professeur RIGBBT. 

Lusuitlon de la tète du fèmar gaaehe à la paHie svpérleure 
et postèrleore de la foMe iliaque externe lauMédlateaieiit 
aa-des^w de Téchancrure sciatique — datant de*8S|onra, 
RédnetloB. — Guéri son* 

Leçons faites le 31 mai et le 3 Juin 1873 — recueillies par M. Lonoubt* 
interne de seryice (l) 

A quel genre avions-nous affaire? Je yous ai dit bien 
souvent déjà que la tête fémorale était dans la fosse iliaque 
externe postérieure et supérieure,au-dessus de Téchancrure 
sciatique. Nous avions donc affaire à une luxation iliaque 
sciatique, luxation ilio-sciatique — (luxation en arrière 
d'Hippocrate, luxation sacro-sciatique de Gerdy, luxation 
ilio-iscbatique de Malgaigne.) 

Les autopsies de ces sortes de luxations ne sont pas 
très-fréquentes, cependant on en a fait. On sait comment 
se produisent ces luxations; je vous ai dit le mécanisme 
par lequel s'est effectuée la nôtre ; je n'y reviendrai pas da- 
vantage. Un des exemples les plus complets de luxation ilio- 
sciatique a été observé chez un homme par Lisfranc : la 
luxation était récente; Lisfranc voulut réduire et n'y put 
parvenir malgré des tentatives répétées plusieurs jours de 
suite : les efforts avaient été si violents que la r^on tour- 
mentée suppura, ce qui causa la mort du malade au onzième 
jour. On trouva à l'autopsie la tête fémorale dans )a fosse 
sciatique un peu en haut, la capsule déchirée s'était en- 
roulée autour du col et retenait ainsi l'os déplacé airec une 
force invincible. 



(1) Voir les n^* t et 8 du Prùfriê méHe^. 

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100 



XE PROGRÈS MÉDICAL 



Iljra d'autres faits encore : Todd a trouvé aussi le col 
cravaté par la capsule : — enfin M. Gosselin et moi cTans 
le cas que je vous ai rapporté, nous avons vu que la réduc- 
tion était rendue impossible par une disposition semblable 
de la capsule et des muscles. Ainsi, il y a des cas dans 
lesquels les luxations en arrière sont accompagnées de par- 
ticularitës anatomiques telles que même sur le cadavre on 
ne peut les r('»duire. Donc, 3Ipssieurs, ne dîtes jamais au 
malade que l'opération sera facile; dites-lui toujours au 
<5onlrairo que vous craignez un insuccès, afin de ne pas 
vous exposer à un échec complet. 

J'ai encore à vous dire que la position de la tête dans les 
luxations en arrière Cbt très-variable : tantôt (sur le vivant 
ou sur le cadavi'e) on la trouve au bord de la cavité co- 
tyloïde, tantôt près de l'échancrure sciatique, tantôt dans 
réchaucrure sclatique comprimant alors'le nerf et donnant 
Ifeu à certains accidf^nts (out particuliers, tantôt en bas 
vèPii F^ine sciatique, tantôt enfin en haut, bien au-des- 
sus de réchancrure sciatique : c'est notre cas : Malgai- 
gne prf^tond vne la tête vient toujours dans l'échancrure 
et qu'elle no la dt'posso dans aucun cas; cela est pourtant 
malf?ré Maloraigne, les faits sont là qui le prouvent sura- 
bondartmenl:, ceux par exemple dans lesquels on trouve 
5 centimètres de raccourcissement. Car on ne pouvait 
avoir un tel déplacement sans une position de la tête au- 
dessus de l'échancrure. 

Dans tous les cas, on a trouvé la capsule dt'chirée, tan- 
tôt à son inserlion au pourtour de la cavité cotyloïde, tantôt 
à son insertion an col ou bien dans le sens de sa longueur 
nu bouloiHiièi'«\ Vous comprenez facilement que la façon 
dont la déchirure a lieu est importante car elle offre ou 
n'offre pas un obstacle à la réduction selon qu'elle est 
arraché? au cjl chirurgical ou au pourtour de la cavité 
ootyloîlle : jr* n ai pas besoin de vous dire pourquoi. 

Encore iiu n^ot, Messi(uirs, sur le traitement et le trai- 
lemmit (♦os luxations en arrière bien entendu. 

il y a deux tîvandes clafîs(»s de procédés employés pour 
la roducticn tics luxallcns ; les procédés de douceur, les 
procédt'S de force. 

Les procéd^'^s de douceur sont vieux; ils ont été em- 
[)Io3és depuis bien longtemps par les Arabes surtout, et ils 
ont été reujis plus particulièrement en honneur par Dela- 
couret Dupouy. Ou trouve dans les livres d'Albucasis des 
exemples de réduction opérée très-faciiement en tournant 
ijB .membre dans plusieurs directions. — Dans le siècle 
idôTûier, Dupouy signale ces procédés comme une opéra- 
tionrriffuliére et réglée. 

Les procédés de douceur sont variés. Tantôt on met le 
malade sur le dos et on procède de la façon suivante : le 
membre iniV'riéur est saisi par le chirurgien qui lui im- 
prime desmonvohients de relation en dedans tout en por- 
tait le col du f'''iHur de dehors en dedans directement, ou 
l^n il ttéchit la duisse petit o petit en essayant de rappro- 
4^r la tête, de la cavité cotyloïde en lui faisant subir des 
mouvements de circumductibn. Si la luxation est incom- 
plèite, la tête rentrera tout de suite, il n'y a qu'a souffler 
âoss^tts, passe^moi l'expression. Mais, Messieurs, il n'y a 
que Malgaignc qui croit à ces luxations incomplètes et vous 
^jf^wnv^i qu'il est difficile d'admettre comment une surface 
f^9(io, lrè3«unie, très-lisse comme la tète fémorale puisse 
aOT^ei^r en équilibre sur xme crête presque tranchante 
CQmwe le rebord du sourcil cotyloïdien : ou bien la tête 
gliaye on dedaDs et elle tombe directement dans la carité 
Q|i bien ^Ue passe en dehors et s'éloigne ainsi de la cavité. 

On a pourtant essayé de démontrer l'existence de ces 
libations incomplètes. 

-j)aiis .qitojques .^as, la capsule n'est pas tellement dé- 
chirée .qu'reitie ne puisseretenir le col du fémur et par con- 
stant la tète aon loin de. la cavité; alors la réduction est 
très-facile.; elle se fait par l'emploi de la manœuvre sui- 
-vaute: ^exio^ de la cuisse sur le ventre, abaissement de 
la tête, mouvements de circumduction et de rotation. 

D'autres auteurs OJit préposé de mettre le malade-flur te 
Tentro: on approche alors le bassiii sur le bord du tilt ou 



d'une table et on le fait saisir par des aides qui le .fixent. 
Le chirurgien met son genou dans le creux poplité du 
patient en faisant fléchir la jambe sur la cuisse et en 
maintenant le pied avec ses deux mains, puis il presse avec 
son genou pour abaisser l'extrémité supérieure du membre 
luxé : imprimant alors au pied des mouvements de l'ota- 
tion, il détermine la rentrée de la tête à sa place nor- 
male. 

Ces procédés de douceur réussissent parfois, et surtout 
dans les cas de luxations récentes; vous aurez donc tou- 
jours à les employer ou au moins à les essayer; mais .si 
vous voyez que vos efforts sont vains, il faudra. Messieurs, 
vous résoudre à employer les procédés dits de force. 

On a imaginé une foule d'appareils plus ou moins ingé- 
nieux,Jplus ou moins compliqués pour exercer sur le fémur 
une traction telle que la tête puisse quitter la place anor- 
male qu'elle occupe dans la fosse iliaque externe en 
arrière de la cavité cotyloide. De tous ces appareils, les 
mouffles sont les plus anciens, ils sont aussi les. plus coms 
modes et les plus sûrs depuis surtout qu'on peut mesurer la 
puissance de traction à l'aide d'un dynamomètre. 

Dans ma précédente clinique, je vous ai dit les règles 
d'application des mouffles et vous m'avez vu mettre ces 
règles à exécution, je n'y reviendrai pas aujourd'hui; mais 
je dois vous prévenir qu'on a indiqué plusieurs modes de 
tractions. Tantôt on tire directement en bas : c'est logique; 
mais si la tête est dans Téchancrure sciatiqpe on peut 
abaisser la tête mtis on ne peut pas la ramener en dedans. 
Alors on emploie le mode préconisé parPouteau etJ.-L. 
Petit, mode qui consiste à maintenir le bassin fortement 
fixé, à fléchir la cuisse et à tirer de bas en haut, le point 
d'appui des mouffles étant pris au plafond. Nélaton a adopté 
cette méthode; elle a du bon, elle est aussi fort logique, 
mais on ne peut pas l'appliquer dans tous les cas. 

Chez notre malade par exemple; nous n'aurioxks jamais 
réussi en appliquant les mouffles de cette façon car nous 
n'aurions pas abaissé la tête. 

Lorsque la luxation est réduite il faut la maintenir; il 
vous faut saTOir en effet que quand la luxation est ancienne 
'surtout, elle peut se reproduire. Malgaigne rapporte 
qu'ayant -n*du1t Une telîe luxation. Je malade la l'epro- 
duisit en s'asseyant. Verneuil rapporte aussi un fait du 
même genre. C'est pour cela que vous m'avez vu prendre 
la précaution de lier les deux jambes du malade de façon à 
ce qu'elles ne puissent s'écarter et que vous m'avez entoïkàtt 
lui recommander l'immobilité la plus complète, lui défeii- 
dant surtout d'aller à la garderobe. Le malade est resté 
très-tranquille et aujourd'hui, sa luxation ne s'étant pas 
reproduite ne se reproduira pas. 

Il est intéressant encore, Messieurs, de savoir jusqu'à 
quelle époque après l'accident on peut réduire une luxft- 
tion de la cuisse. 

Astley Cooper défend de toucher à une luxation après 
huit semaines : d'autres disent après quinze jours, Mes- 
sieurs, il faut toujours tenter de réduire à une luxation; 
il y a des exemples de réduction au 65ojour; Dupuytreai 
en a réduit une au 78*» jour. On cite l'exemple d'une luxa- 
tion datant de deux ans réduite spontanément dans une 
chute : ceries ce sont là des ac(}idents et des succès sur lea- 
puels il ne faut pas compter et le nombre des luxations 
anciennes réduites est assez limité, mais il faut toujours 
essayer. Cependant, je puis dire qu'après quinze jours, la 
réduction est toujours difficile. 

Chez notre malade, Taccident datait de 35 jours; la 
réduction s'est ftilte avec une facilité dont j'avoue a^oir 
été un peu surpris; j'en suis heureux surtout pour €et 
homme qui est guéri maintenant, tandis qu'U n'y compteit 
pas beaucoup. 



\ 



"NÉocROLOGiE.-^Le docteur 7ayMi^(G.) estmort a Gramat le lô ji:dkt, 
à'pMne ftgé de'55 ans (Union m€d.). — Le docteur Jean Martin, à ViUevr^ 
baime [Lyon tnéd.) . — Le docteur Jadtht est mort réçemaMCut k VotmIMm 
{B$9ue de th&ap.). 



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LE PBOGBdiS MEDICAL 



101 



PATHOLOGIE INTERNE 



Snr on cas d'exanthème de la muqueuse dlg^stlve, 

par V. CHOOPPl^t interne des hôpitaux. 

Les exanthèmes ai^s, ont, on le- sait, une grande ten-^ 
dance à envahir les muqueuses qui avoisinent les orifices 
naturels, témoins Tangine scarlatineuse, la laryngotra- 
chéite qui marque le début de la rougeole. Il n'en est pas 
de môme des affections cutanées chroniqies, qui, lors- 
qu'elles sont liées à une diatliëse, n^envahissent pas en 
général les muqueuses, pourvu que celles-ci soient un peu 
profondément situées. Il est toutefois, certaines formes de 
pemphigus que Ton peut regarder comme s'étendant aux 
muqueuses digestives profondes, puisqu'alors, l'éruption 
cutanée s'accompagne de troubles digestifs, ou alterne avec 
une diarrhée qui souvent ne disparaît qu'alors que les 
bulles ont reparu sur la peau. 

C'est de cette dernière affection que nous voulons rap- 
procher le fait suivant. Il ne s'agit pas, il est vrai, d'un 
pemphigus, ni môme d'une affection cutanée ; mais si l'on 
veut bien se donner la peine de le parcourir, l'on verra 
aisément combien, dans sa marche singulière, il a présenté 
d'analogie avec certaines formes d'herpès. 

Observation. — M..., âgé de 41 ans, journalier, entre o Thôpitaldola 
Pitié (service de M. le professeur Vulpiak), salle St-Raphaôi, lit 26, le 22 
avril 1870. — C'est un homme de haute taille, d'une constitution robuste qui 
n'a jamais fait aucune maladie grave. l\ fut pris il y a 8 mois d'une diar- 
rhée abondante qui lalTaiblit rapidement, et fut le point de départ d'un 
amaigrissement considérable, quoique l'appétit fût conservé ; il entra alors 
dans le service de M. Desnos, d'où il sortit incomplètement guéri, mais assez 
amélioré cependant pour reprendre ses travaux de terrassier. Au bout de 
15 jours, c'est-à-dire il j a un mois environ, il fut repris d'une diarrhée intense, 
présentant les mêmes caractères que précédemment : selles iréquentes, en 
général très-limpides, parfois sanguinolentes. Celte diarrhée ne s'accompa- 
gnait pas de colique 3. En même temps commença une toux pénible, quin- 
tanse, accompagnée de crachats abondants et spumeux ; jamais il n'eut d'hé- 
moptysie. 

État actuel. Voies^diçestives, Grande chaleur de la bouche, soif vive, 
appétit nul. La langue, aiuei que la muqueuse buccale, est rouge ettuméGée'; 
la langue est dépouillée à sa pointe et sur ses bords de sa couche épithé- 
Kale ; dans les mômes régions, elle est recouverte d'assez nombreuses p«tites 
vée^cules remplies d'une sérosité légèrement lactescente. La muqueuse pha- 
ryngienne présente tout à t'ait le môme aspect. Le malade qui a de la diffi- 
culté dans les deux premiers temps de la déglutition, éprouve au troisième 
temps la sensation d'un corps brûlant qui parcourt l'œsophage. Il a des 
nausées mais sans vomissements ; la diarrhée est moins fréquente et surtout . 
moins pénible depuis quelques jours. Au dire du malade cette amélioration 
aurait coïncidé avec l'apparition des troubles du côté des premières voies 
digestives. Système nerveux intact; il en est de môme des appareils respira- 
toires et génito-urinaire. 

Appareil respiratoire : toux fréquente, quinteuse ] expectoration spumeuse 
abondante, sans aucune trace d'hémoptysie. 

La percussion faite avec un soin minutieux ne rérèb aucune altération do 
la sonorité ihoracique en aucun point de la poitrine. A l'auscultation l'on 
entend des deux cOtés des râles de bronchite qui ne prédominent en aucune 
région, et sont plus abondants aux bases qu'au sommet. — Lavements lait- 
danii^ée ; — Gargarisme émolUeni. 

Pendant les jours suivants, TmAammation de la muqueuse buccale dîmi- 
Aue» la diarrhée augmente alors; puis, après une semaine environ, le malade 
jouit d'un état relativement bon ; l'appétit revient, il marche, se promène. 
L'amélioration a été indiquée par un oooès de fièvre- asses intense, d'une 
éarée de 24 heures à la suite duquel le malade a eu de l'herpès labialis. 

Mais cette amélioration n'est pas de longue durée, au bout de 10 jours 
environ, les accidents buccaux reparaissent les premiers, puis ils gagnent le 
pharynx, l'oesophage, et eu dernier lieu une nouvelle recrudescence^ de la 
diarrhée indique que la muqueuse intestinale est atteinte à son tour ; alors le 
malade souffre pendant quelques jours, puis tout rentre dans Tordre. Cepen- 
dant la bronchite a disparu peu a peu, et l'on ne trouve pas de trouHes 
notables de Tappareil respiratoire. 

Td estlatabieaa que nous retrouverons pendant tout le pretmer séjour 
do malade daM le service, jusqu'au 7 août 1872. 

Bu présence de cette marche singulière de Talleetion l'on eBsaie les traita 
méats les plus variés. Pendant une première période, le malade prend da 
Tiodure de potassium, jusqu'à k gr. dans les 24 heures; puis la liqueur de 
Powlèr à la dose de 10 gouttes. 

Enfin vers le 20 juillet Von revient à Topium qui semble encore avoir 
MMdÉit les memcors réaakâts, et l'on doase progressivvmêtfC 10, 1S, 34 et 
iM^^àM-'enttgdnmaa é^aatraU tbébiAïaai Soas l'ibOuancw dér cé^dMfti^ 



traitement raflection semble s'améliorer plus sérietisemeDt;0C*Ifi malade sort .su 
sa demande en assez bon étal. Mais, pas plus que précédemment^ raméUoralion 
n'est durable et le malade revient salie St-Raphaêl, lit 4, lé 19 août. . 

n rentre pour les mêmes accidents. L'opium est danaé' de nouveau à 
hautes doses sans produire de résultats. M. le D"* BooceiRD, qui remplace 
alors M. Vulpian lui donne successivement, dans l'espérance de substituer 
une inflammation franche, à l'exanthème qu^ainsi que M. Vulpian, il croit 
exister, d'abord la fleur de Bou£Fre, puis le sulfate de soude à ddse de 5 gr. 
chaque jour. Ces moyens restant sans effets, il soumet le malade ]^ux alca« 
lins, BU régime lacté sans obtenir de meilleurs résultats ; il en revient enfin 
aux préparations arsenicales, toujours sans en retirer plus d'avantages. 

M. Vulpian, en reprenant son service, teate ure révulsion énergique sur 
la peau. Baius sulfureux (3 par semaine), bains de vapeurs (3 par semaine), 
fiictions énergiques sur tout l'abdomen avec l'huile do croloii tiglium. Résul- 
tats nuls, et ja:?qu'au 29 décebibre, époqtie à laquelle le malade part pour 
Yiucennes dans un état général très-satisfaisaot, l'affection continue à évo- 
luer avec une régularité désespérante. 



Msurauus maintenant la marche de TafFection afin de 
mieux en saisir l'ensemble. Elle semble assez nettement 
composc^.e de deux périodes : une promiôre pt^riodede calme 
pendant laquelle la santé est excellente, et dont la durée ' 
est en général de 5 à 8 jours. Une seconde pendant laquelle 
la bouche, puis successivement le pharynx, l'œsophage, l'es-* 
tomac et le tube intestinal, sont successivemeiit enflammés 
et donnent lieu à des symptômes presque toujours identi- 
ques. Cette dernière période offre une durée assez variable,^ 
car si dans certains cas tous les symptômes se produisent 
en 3 ou 4 jours, dans la plupart des cas leur durée 
embrassé 1 ou 2 septénaires. La fin de cotte période est 
souvent marquée par un mouvement fébrile d'intensité'^ 
variable, et presque toujours suivi (\licrpvs lahialls. 

Nous disions en commençant que Ton pouvait croire i«^i 
à la production sur les muqueuses digestives d'une érup- . 
tion herpétique. Sur quelles raisons est-on autorisé à 
baser ce diagnostic? 

l^En premier lieul'analogie qui existait entre Therpès des 
muqueuses et l'éruption constatée de visu dans la bouche 
et le pharynx. 

2«> La succession des phénomènes d'herpès labialis et 
d'éruption des muqueuses peut autoriser à croire que Ton 
avait dans tous les cas à faire à une môme affection. 

3** Le mode de répétition môme des symptômes peut faire, 
penser qu'on avait sous les yeux une manifestation d'une' 
affection générale et non une inflammation primitive et* 
franche des voies digestives qui eut guéri complètement, oa^ 
bien, si elle se fut reproduite, n'eut pas reparu avec la régu- 
larité que nous avons signalée. 

4" L'analogie des symptômes dans ce cas, avec ceux du 
pemphigus successif (Hardy) permet do croire qu'il s'agit 
d'une affection analogue et que l'on peut rapporter l'érup- 
tion des muqueuses à l'éruption (5utanée que, seule, on a pu 
constater, c'est-à-dire à l'herpès. 

Quoi qu'il en soit, du reste,nous livrons le fait tel qu'il est 
à la critique, croyant qu'il est utile de le faire connaître, 
afin que de nouvelles observations viennent lever tous les 
doutes. 



BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL 

lies Bureaucrates de l'Ecole de Môdeoine: 

Conformément à une pratique, par malheur trop géné- 
rale dans no5^ administrations, les employés des bureau^ 
de la Faculté de médecine sont loin de se montrer toujours 
affables et complaisants, dans leurs rapports avec les étu- 
diants. Cette manière d'être désagréable, qui a dés jncon- 
vénlentfe de plus d'un genre, est surtout très-marquée vis à vl^ 
des étudiants de première année lesquels, au contraire:, 
auraient besoin d'être accueillis avec bienveillance et mis 
exactement an courant des us et coutumes de l*Ecole. 
KttÉ^tîard, lorsque lôs étudiants connaissent déjà le ter- 
tttte, iW iwtiveiit à l'occasion rappelter' M%f . )t?burenitii ' 



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t02 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



^ates à raoGomplissement de leur devoir et au respect des 
convenance?. 

Âi:û<>urd*hui,les choses en sont arrivées à tel point que 
ee sont MM. les employés qui font les séries pour les 
examens M pour les thèses. Selon que c'est tel ou tel im- 
primeur, le candidat passera sa thèse le jour qui lui con- 
vient eu sera reculé aux calendes grecques. 

A Tappui de ces assertions nous pourrions citer un 
grand nombre de faits, mais nous nous bornerons aux 
suivants qui suffisent amplement, croyons-nous, pour édi- 
fier nos lecteurs et pour éveiller Ta tantionde M. le Doyen. 

1* Il y a quelque temps un de nos amis est prévenu par 
un des professeurs chargés défaire la liste des séries pour 
les examens qu'il doit subir un examen tel jour de la 
semaine. Notre ami, se rend au secrétariat pour connaître 
fc nom de ses autres examinateurs. Grand fut son éton- 
uement lorsqu'on lui dit que son nom n'était pas sur la 
liste. Le professeur, sûr de ce qu'il avait fait et dit, fut 
obligé d'intervenir pour rétablir les choses dans leur 
ordre naturel: l'un des employés avait tout simplement 
mis le nom d'un de ses protégés à la place de celui de 
notre ami. 

2» Tout récemmoiit encore un étudiant avait fait signer 
sa thèse par un professeur de chirurgie. Celui-ci ayant 
pris un congé se trouva dans l'impossibilité de présider 
la thèse. Le candidat, dans l'embarras, s'en va trouver 
nos bureaucrates lesquels le renvoient à leur imprimeur 
favori qui, sans se gêner le moins du monde, changea le 
nom du Président de thèse. On juge de la surprise de ce 
dernier, professeui' de médecine, quand il se vit chargé 
d'examiner une thèse de chirurgie qu'il n'avait jamais eue 
sous les yeux et dont il ne connaissait pas l'auteur. 

Nous avons cru de notre devoir de signaler cos agisse* 
ments déplorables, convaincus que M. le Doyen fera tous 
ses efforts poar les faire disparaître. Dans le cas où notre 
e.spoir serait déçu nous nous proposons de reproduire tous 
les faits qui nous seront communiqués. 



Le choléra. 



Les renseignements que nous trouvons dans les Jour- 
naux de médecine des diverses partie.-» de l'Europe, nous 
indiquent d'une façon déplorablement précise que l'épidé- 
mie actuelle est en pleine évolution. En môme temps que le 
choléra continue à sévir dans la Pologne, Isl Hongrie, la 
Gallicie, la Bulgarie, etc., contrites où il semble avoir en 
quelque sorte élu domicile depuis quelques mois, il a en- 
vahi d'une part l'Autriche et le nord del'Italie, d'autre part 
le midi de la Suède. 

En Autriche, malgré la réserve des journaux, il n'est 
nullement douteux qu'il fasse quotidiennement des victi- 
mes. En Italie, il gagne chaque jour du terrain. 

Enfin, et c'^^st là, un nouveau motif pour prendre des 
précautions sérieuses, le choléra a fait son apparition : 1« à 
Londres, où en plus des cas nombreux de diarrhée et des 
cas de choléra nostras, on a constaté deux cas de choléra 
épidémique;2*àStrasbourgoù, le8août, on a>nregistré 
un décès par le choléra asiatique. 

Cette extension progressive et lente de l'épidémie permet 
aux médecins et aux administrateurs vigilants d'insister 
sur les moyens capables de s'opposer, autant que possible 



à l'invasion, ou tout au moins, de recommander les pré- 
cautions hygiéniques les plus propres à atténuer la gravité 
du maK 

Il nous parait donc urgent que la surveillance de 
l'hygiène publique devienne plus rigoureuse. Le balayage, 
la désinfeetion des urinoirs et des bouches d'égout , 
et surtout Tarrosagedes rues, doivent être faits avec le plus 
grand soin. On doit se montrer plus rigoureux que jamais 
dans la livraison aux consommateurs des substances ali- 
mentaires. Cette sWérilé est motivée d'ailleurs par les 
grandes chaleurs qui existent aujourd'hui. Enfin les ci- 
toyens doivent, de leur côté, veiller à leur hygiène privée, 
s'abslenir avec soin de tout excès et au moindre signe de 
danger, ne pas hésiter à faire appel à leur médecin. 



»»i m n m u mt 



SOCIÉTÉS SAVANTES 

ACADÉMIE DE MÉDECINE 
Séance du 5 août, — Présidence de M. Depaul. 

M. LE PRÉSIDENT annouce qu'il va soumellre aux voles de 
l'Acadt^mie les conclusions du rapport sur la réorganisalion 
du service de sauté militaire. 

i^ Le système de la fusion de la médecine et de la pharmaeiê 
militains doit être rejeté, comme préjudiciaMe av.x intérêts de 
Varmée, Cette première proposition mise aux voix esl adoptée 
à une grande majorité, 

2° Vorganisaiion acttielie du sertice de santé militaire ne ré- 
pond pas aux besoins et aux intérêts de l'année. Il est nécessaire 
que ce service soit placé sous la direction d'un càef compétent et 
pris dans son sein. 

M. Leoouest demande que l'on paodifie ainsi qu'il suit la fin 
de la proposition précédente : « Il est nécessaire que ce ser- 
vice soit placé sous la direction d'un chef pris dans son sein 
et de la profession médicale. » 

M. PoGOiALE dépose ramcndement suivant: a II est néces- 
saire dans les intérêts du service que les deux branches du 
corps de santé, médecine et pharmacie, soient indépendantes 
l'une de Tautre. » 

M. Fauvel vient démontrer qu'il ne suffit pas que la direc- 
tion du service de santé appartienne à un médecin, mais il 
faut que ce directeur ait une autorité absolue sur tout ce qui 
regarde le service, en conséquence 11 propose que Tarlicle 2 
soit ainsi conçu: a 11 est nécessaire que le service de santé 
soit placé sous la direction d'un médecin qui aura toutes les 
attributions de sa compétence. • 

M. Larrey se rallie à la proposition de M. Legouest; M. Gi- 
raldès appuie celle de M. Fauvel. Ces différents amendements 
sont mis aux voix. Celui de M. Poggiale est repoussé à une 
grande majorité. Ceux deMM. Legouest et Fauvel sont adaptés. 

3" L'autoYiomie du service de santé entraîne comme conséquence 
logique la subordination de la pharynacie à la médecine dans 
l'armée, 

M. Gaultier de Claubry propose un amendement par le- 
quel « les mêmes grades, droits et prérogatives, sont accor- 
dés aux médecins et aux pharmaciens. » Personne n'appuie 
cet amendement qui par conséquent ne sera pas mis aux 
voix. 

M. WuRTz trouve que l'adoption des deux premières pro- 
positions du rapport rend la troisième inutile, il demande donc 
qu'elle soit supprimée et si elle est maintenue il votera contre. 

M. Chauffard demande le maintien de la proposition. 

M. Béhier se rallie à l'opinion de M.Wurtz.la suprématie de 
la médecine sur la pharmacie est suffisamment établie par le 
vote de Particle 2, l'orateur ne votera pas un paragraphe ou 
se trouve le mot subordination qui peut paraître blessant aux 
pharmaciens. — MM. Hérard, Fauvel, Giraldès sont de l'avis 
de M. Béhier. 

Tour à tour MM, Larret, Leoouest, Chauffard demandent 
le maintien de l'article et expliqu înt que le mot subordination 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



103 



s^applique à des militaires et que dans l'armée il a un sens 
beaucoup plus éleré que celui que les' pharmaciens afTectent 
de lui donner. 

M. Vbrnkuil pense qu'il est nécessaire de maintenir l'arti- 
cîe. La plupart des académiciens considèrent la subordi- 
nation des pharmaciens comme un fait nécessaire il faut 
•TDir le cou âge de l'ccrire afin qu'il n y ait plus de diffi- 
cultés à l'avenir. Mis aux voix, le maintien de l'article 3 est 
rejeté; 18 membres seulement votent pour. a. B. 



SOCIÉTÉ ANATOMIQUE 
Séance du 23 mai, — - Présidence de M. Charcot. 

léésions do nutrition chez an enfant noiivenu-né, 

Par H. LiouviLLB. 

M. LiouviLLE montre diverses pièces provenant de l'au- 
topsie d'un enfant de quatre jours qui fut présenté à la clini- 
que de M. RiCHET et qui mourut à la crèche de la salle Sainl- 
Antoine^ avec les signes d'une grande faiblesse. La peau, dès 
sa naissance, rappelait celle des enfants atteints d'iclhyose.On 
eut dit qu'elle avait été couverte dans toute son étendue, d'une 
couche de collodion, fendillée par place au niveau des plis de 
flexion (coude-pied, coude, région cervicale antérieure) de 
môme qu'aux commissures labiales où exislLient de véritables 
gerçures de formes allongées. Il y avait aussi quelques taches 
sur la peau, qui, d'une façon géuéraie, avait une coloration 
iclérique. 

Le foie préssntalt des zones blanchâtres. Le thymus offrait, 
des kystes à contenu puriforme; mais aucun organe ne mon- 
trait de tumeurs gommeuses (ou les a recherchées avec soin) 

On n'a pas noté non plus d'engorgement ganglionnaire 
spécial; mais sur laface interne du crâne on trouvait quel- 
ques taches jaunâtres, existant sur la dure-mère et sur quel- 
ques points des pertes de substances isolées ourappiochées 
plus ou moins accusées et quelques-unes môme complètes, 
quant à l'os, au moins, car il restait pour les plus avancées 
une membrane composée des deux périostes. Diverses coupes 
pratiquées sur les os longs (fémur et humérus) n'ont pas fait 
décDuvrir les lésions syphilitiques décrites par M. Parrol, 
dans ces derniers temps, avec détails. Il n'existait nulle trace 
de syphilis chez la m*ère, mais quelques renseignements 
(peut-être moins précis) pris sur le père n'étaient pas aussi 
favorables à Tidée de parents indemnes de syi)hilis. Or, dans 
ce doute, les lésions de la peau, l'ictère et les pertes de subs- 
tance du crâne, avec altération méningée, comme aussi la 
mort si rapide de Tenfant, ne doivent-elles pas appeler l'at- 
tention sur une afTeclion syphilitique possible. 

C'est à ce sujet, qui peut trouver son application en méde- 
cine légale dans des cas analogues que M. Liouville voudrait 
demander son avis à la société, et surtout à M. Parrot dont les 
études font autorité. 

M. Parrot. Il s'agit là d'un état cachectique congénital intra- 
utérin. Ce fait n'appartient pas à la syphilis congénitale: 
1® parce que les viscères sont sains ; 2<» parce que les lésions 
cutanées ne sont pas syphilitiques. Chez les enfants qui ont 
souffert pendant la gestation, la peau présente les altérations 
que nous voyons ici. On croirait, en effet, qu*on Ta couverte 
de collodion, ainsi que la fait remarquer M. Liouville. Mais il 
n'y a pas là indice de syphilis, les tissures cutanées sont la 
conséquence des lésions de l'épiderme. M. Liouville nous a 
montré de petites taches sur la plante des pied:^. On pourrait 
croire qu'elles senties restes d'un pemphigus. Ce serait à 
tort, car, si c'était réellement du pemphigus, il y aurait au* 
dessous de l'épiderme une collection puriforme. Quanta l'u- 
sure des tables interne et externe des os du crâne, elle est 
fréquente chez les enfants qui n'ont aucune trace de syphilis. 
J'ai des crânes qui offrent 5 ou G usures de ce genre. 

Quelquefois, le crâne n'a plus qu'un quart de millimètre 
d'épaisseur. Chez les enfants qui ont des lésions de cette 
espèce, il y a une perturbation nutritive. Or, en pareil cas, 
durant la vie intra-utérine, la perturbation nutritive porte 
promptement sûr les os. Enfin je dois dire que, selon moi, 
les os longs sont, en réalité, normaux. 



Luxation tlblo-Uirsi«nae en avant et «n dehors «onpllqaée 

de ftraetares Bialtiplea,par MouTAiiD.MA.nTiN. interne dw hdpitauz; 

Louise G..., 38 ans, fait en octobre «871 une chute dont lés 
suites l'ont amenée dans le service de M. Dêsormkàux oti 
elle vient de subir Topération qui nous a fourni la pièce dont 
il s'agit. iLa chute a eu lieu en montant un grenier à foiirrage 
au moyen d'une échelle. Un médecin, appelé le lendemain de 
l'accident, a constaté, dit la malade, la présence d'un os dans 
une pîaie fuite aux téguments, Des cataplasmes ont été appli- 
qués durant 7 à 8 semaines; puis ou a tenté d'applif^uer un 
appareil que la malade, excessivement craintive et sensible, 
n'a pu supporter. A ce moment, janvier 1872, les mouve- 
ments imprimés au pied faisaient encore saillir un os. 

Puis à partir de mars 1872, une ankylose s'est peu à peu 
formée. Depuis lors jusqu'en décembre 1872, époque à la- 
quelle Ta malade est entrée dans le service avec une ankylose 
complète, il est sorti des fragments d'os, et la suppuration 
n'a pas tari : il existait môme un orifice fistuleux à la partie 
antérieure de la malléole externe. Autour de cet orifice s'est 
développé un érysjpèle qui, devenu bientôt phlegmoueux, né- 
cessita plusieurs incisions, et dont la suppuration longtemps 
prolongée a retardé l'opération. L*ankylose était alors "com- 
plète, et l'attitude du pied, disposé en équin varus, rendait 
impossible l'usage de tout le membre. 

Une amputation sus-molléolaire a été pratiquée et la pièce 
présente les particularités suivantes: 

i* Luxation tibio-tarsieime en avant et en dehors; 2<» Luxa- 
tion incomplète du cuboïde sur le calcanéum; 3* Luxation in- 
complète du scaphoïde sur l'astragale: 4" Fracture des deux 
malléoles; 5° Ecrasement de l'astragale ; 6*> Ankylose de l'as- 
tragale écrasé avec le calcanéum, le scaphoïde, les deux os de 
la jambe luxés, et les deux malléoles fracturées ; 7* Pied bot 
équin varusi Nous avons constaté, en préparant la pièce, que 
tous les tendons étaient adhérents aux os, sauf celui du jambier 
postérieur. 

Quelqu 'incomplets que soient les renseignements fournis 
par la malade, il a fallu s'en coutenter, car il était impossible 
de les compléter, 1q médecin qui la soignait étant mort. 

1" Nous croyons avoir à faire à une luxation. 

Malgaigne décrit comme telles des cas compliqués de frac- 
tures multiples comme celui qui nous occupe, et notamment 
il parle d'une luxation compliquée de iracture de l'astragale, 
du calcanéum et du tibia avec issue des os par une plaie de» 
téguments. 

« Une luxation concomitante, une plaie de l'articulation sont 
» le plus souvent les phénomènes qui attirent particulière- 
t ment l'attention du médecin. — Dans la plupart des cas, 
» lorsque l'astragale est le siège de fracture, il existe en môme 
> temps des lésions de môme nature sur les os environnants, 
» et c'est à peine si la fracture c'e cet os peut ôtre considérée 
» comme le fait principal. » Ainsi s'exprime M. Labbé. 

2* Cette luxation appartient à la variété en avant et en de- 
hors. Un cas. celui de Bardy (Th. de Strasbourg, an XII), se 
rapproche beaucoup du mien : a La pointe du pied était en 
^ bas, mais tournée en môme temps en dedans, et le talon en 
» dehors. » Si la pointe était en bas, le talon devait, ce me 
semble, ôtre en haut, comme dans la pièce que je présente. 

« Melgaigne fait remarquer que cette rotation eu dedans 
» devrait se poiontrer au moins quelquefois dans une adduction 
» forcée que, cependant elle n'est accusée par aucun observa- 
» teur. tout au plus, pourrait-on l'induire de quelques mots 
» de Dupuylren. Quant à l'abaissement du pied» il semble 
» accuser tt9» certain degré de déplacement du tibia en avant qui 
« peut-être n'est pas tTêx-rare, » 

Ainsi dans un cas de Dupuytren, les os sortaient par une. 
plaie qu'ils avaient faite aux téguments en avant et en dehors.. 
Dans un cas d'Asiley Cooper, les os sortaient ters la mdlleole 
eateme, et un peu en avant. 

Et Malgaigne arrive à cette conclusion que « si les faits se 
» multipliaient, la luxation en avant et en dehors pourrait 
I peut ôtre réclamer une description spéciale. » 

Je ferai remarquer que, dans ma pièce, la luxation incom- 
plète du cuboïde sur le calcanéum, et la luxation également 
incomplète du scaphoïde sur l'astragale (luxation dont on 



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104 



LE PROGRÈS MEDICAL 



apprécie mal Télendue par suite du broyement de Taslragale) 
ont siogulièrement fàcililé la production du pied bot équin 
▼arus, et exagéré celte déviation. Peut-être en était- il de même 
dax)6 le cas de Bardy, elle plus baul. 

PIstiiles nrinAirea, fausse roat«, (albuailiiarie atguë), 

par E. Martin. 

Kif... Jean. 60 ans, est entré, à rbôpital Necker, le 29 janvier 
1873 et est mort le 17 avril. 

jénUeédenis. — Le malade u'a éprouvé de la difïiculté à uri- 
ner que depuis b mois. — Rétention d'urine il y a 4 mois. Un 
médecin le sonde avec une sonde en argent et détermine une 
liémorrhagie assez abondante. 

Entré à Tbôpital St-Antoine, on essaya en vain pendant 
quatre jours de le sonder avec une sonde en argent et on ne 
réussit que ]e cinquième jour. Il survient de la fièvre qui per- 
siste assez longtemps, puis une poche urineuse et un com- 
mencement d'infiltration. — On place une sonde à demeure 
puis on pratique 4 incisions au périnée. — Au bout de deux 
mois et 1 [2 le malade rentre chez lui avec une sonde à demeure 
mais deux fistules urinaires persistent et laissent écouler de 
Turine ; — Entré le 29 janvier à Necker. Examen local. — On 
constate au périnée la présence de plusieurs cicatrices et d'une 
ouverture de trajet fîstuleux à trois travers de doigt de Tanus 
sur la ligne médiane ; le stylet pénèlre obliquement dans le 
lr£jet d'arrière en avant en se dirigeant vers la symphise 
dans rétendue de4 f i^centimèlres.En arrière de cet orifice, un 
I>eu à gauche delà ligne médiane tout près deTanus, seconde 
ouverture communiquant facilement avec Torifice antérieur. 
Par cette fistule postérieure, on introduit le stylet dans toute 
sa longueur, on le sent profondément sur le côté gauche du 
scrotum. Il ne se passe pas de jour sans que Turine s'écoule 
par les fistules malgré la sonde à demeure. On enlève cette 
sonde ; le malade se sonde toutes les ifois qu'il a envie d'uri- 
ner. — Pas d'albumine dans les urines. 

1«' février. Le malade se sonde difficilement avec le n<> 22 fa- 
cilement avec le 18. 

U février. L'urine s'écoule encore par les fistules. • , \i 

^ février. Injection de teinture d'iode, on commence par la 
fistule la plus postérieure. 

11 février. Embarras gastrique, fièvre urineuse. 

42 février. Encore de la fièvre. Thé au rhum. Sulfate quinine 
1t( centigrammes. 

13 février. Encore de la fièvre, le malade ne se sondera 
plus. 

17 février. Les accès de fièvre ayant fait cesser le cathété- 
pisme le malade perd par les fistules 30 à 40 gr. d'urine cha- 
que fois qu'il urine; ce matin on replace une sonde à demeure, 
la fièvre a disparu. 

21 février. Il s'écoule fort peu d'urine par les fistules, nou- 
velle injection de teinture d'iode dans la fistule postérieure. 

27 février. Les fistules paraissent se cicatriser. 

10 mars. On change de sonde, il ne passe plus d'urine par la 
fistule postérieure. 

19 mars. Ouverture d'un abcès au niveau de la fistule anté- 
rieure dont l'orifice était fermé. 

34 mars. Le malade est pris de fièvre : râles secs d'oadème 
à la base droite. 

Bouffissure des paupières» pas de douleur rénale bien mar- 
quée. L'examen des urines- révèle la présence d'une quantité 
très-considérable d'albumine. Scammonée ; 50 c. sulfate qui- 
nine. 

2 avril. On enlève la sonde à demeure. Urine peu abondante 
couleur foncée. Toute Purine s'écoule par le canal. Constipa- 
tion. Scammonée. 

10 avril. L'œdème se généralise; la gène de la respiration 
augmente. Râles secs aux deux bases. Sinapismes, ventouses 
Sec lies. 

i^ avril. Gène oonsidérable de la respiration. Pouls faible 
ce matin ; l'œdème a gagné la presque totalité des deux pou- 
mons^^et est marqué surtaut aux deux bases. — Applications 
dte' marteau de Ifeyor. Potion à Tacétate d^ammoniaque 
gldcei 

i 



46 mars^ — La gène de la respiration persiste ; respiratioa 

haletante. Le malade meurt asphixié, le 17, à unô heure da 
l'après-midi. 

JUJTOPSIB. 40 heures après la mort. — C<ûM<r très-volumi. 
neux^ dilatation énorme des cavités droites, pas de léaicii 
des valvules. — Poumons. Gongestioin intense aux deuxibaaes». 
— Foie volumineux, fortement congestionné. 

Reins. — Capsule épaissie, fort adhérente à la couche cellu- 
laire environnante; la face interne de la capsule est sillonnée 
de vaisseaux. — Rein gaucJie. Surface mamelonnée présentant 
des portions violacées et déprimées à côté d'autres portions 
plus claires à piqueté jaunâtre faisant saillie. — RHn droit. 
La surface est moins foncée que celle de gauche; à la partie 
antérieure et supérieure on trouve un mamelon de couleur 
gris jaunâtre dur et présentant à la coupe une surface lisse et 
jaunâtre. 

A la coupe. — Dilatation des calices et du bassinet. On dis- 
tingue peu nettement la difi^érence entre les deux substances. 
La substance médullaire présente à peu près son aspect nor- 
mal. — La substance corticale présente une couleur gris jau- 
nâtre et une consistance plus ferme que normalement ; les 
pyramides de Berlin font une saillie marquée. 

A la coupe du rein gauche, il est impossible de distinguer 
la substance corticale de la substance médullaire. 

A la partie moyenne tissu dur et jaunâtre à piqueté rouge. 
A la partie supérieure de l'organe la distinction entre les 
deux substances est encore possible. Les deux reins sont 
notablement augmentés de volume. 

Coupe transversale, portion corticale. — L'examen microsco- 
pique démontre la présence de tubes urinifères doublés de 
diamètre au moins. — La substance conjonctive est épaissie. 
L'épithéliura qui tapisse l'intérieur des tubes est boursoufllé, 
gonflé. La lumière du tube a presque entièrement disparu. 
On constate la présence de tubes hyalins jeunes. — Pas dt 
pus. — En somme les lésions de la néphrite interstitielle 
chronique et d'une afi'ection de Bright aigûe et récente. 

Vessie, — Un peu de cystite chronique. Vessie volumi- 
neuse, épaissie. Hypertrophie peu marquée de la prostate; 
pas trace de rétrécissement, mais, au niveau du collet du 
bulbe il existe une dépression en cul de sac et une déchirure 
de la muqueuse uréthrale ; on constate à ce niveau, sur la 
parois inférieure de l'urèthre l'ouverture interne du trajet 
fistuleux qui vient s'ouvrir au périnée. Le trajet se divise en 
deux près de la peau, mais la partie postérieure est oblitérée 
dans une certaine étendue, et l'ouverture postérieure est en- 
tièrement cicatrisée. Quelques gouttes de liquide sortent par 
l'ouverture antérieure située à trois travers de doigt de 1 anus. 
Le trajet est incisé : il présente une direction oblique en Iws 
et en arrière mais sans sinuosités bien marquées. 

M. Charcot. — Il y avait, dans ce cas, une dilatation des 
uretères et des bassinets, lésions qui sont probablement la 
conséquence des lésions de l'urèthre et de la vessie. La ma- 
ladie de Bright — et c'est là un point intéressant — semble 
avoir eu son origine dans la maladie ancienne des uretères et 
des bassinets. 



MALADIES DES VOIES URINAIRES. 

Résorption urineuse «t uréniquèdans les maladios desveW 
urinaires etc. par le D' Julbs Girard, lotenie des hôpitaux de Vwt* 
Paris, Ad. Delfiiiaye. 

Nous avons lu ce travail très-bon et très-consciencieux avee 
un intérêt d'autant plus grand que nous môme avons abordé . 
le môme sujet, 1) et que nous sommes arrivés à des conclu- 
sions bien différentes decellesde M. Girard. La question est 
encore loin d'être épuisée, et nous demanderons au lectior 
de jeter un coup d'oeil avec nous sur les points les pkis inf^ 
ressauts de cette discussion. Résumons d'abord, dU' mi9S^ 
qu'il nous sera passible les opinions de notre excellent c^ 
lègue : * 

(i) De la fiètre dans les maladiet des wUt nrinafre$$ pa^ le IV A» ^' 
Iherbe. Paris, Ad. Delahaye*. 



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XE PROGRÈS MÉDICAL 



105 



M .'Girard .adwet qm la ftèvw titétîiro-vésicate, ou mieux 
riDtoxjcatian urineuse et l'urémie dépendenl de deux causes 
pnncipales: 

V La résarption de Turiiïe altéré&syyii par Turèthre, soit par 
la Tessie dépouillée de sonépithélium; 

2<> Les lésions rénales, dont le rôle pour 'être assez impor- 
tant, Test moins c(ue celui de la résorption urineuse. 

M. Girard accuse d'exclusivisme, et au premier abord on 
serait tenté de lui donnear raison, ceux qui rapportent tout 
.à l'absorption de l'urine altérée, et ceux qui mettent tout sur 
le compte de la lésion rénale. 

Il faut convenir en effet que la théorie de la résorption de 
l'urine altérée est très-séduisante ; mais concorde-t-elle avec 
tous les faits observés? Nous ne le pensons pas. Quant à faire 
une distinction clinique entre les faits d'intoxication qui 
seraient dus à la résorption et ceux qui dépendraient d'un 
trouble sécrétoire du rein, nous ne croyons pas que cela soit 
actuellement possible. 

La lecture des observations de M. Girard et des miennes 
montre que nous avons observé la môme maladie, et quant 
aux faits nous sommes parfaitement d'accord. Discutons un 
peu l'interprétation. 

La principale objection que l'on peut faire à la théorie delà 
résorption de l'urine, c'est que dans nombre de cas qui sem- 
blent plus favorables à cette résorption, on ne voit aucun ac- 
cident se produire; d'un autre côté, dans tous les faits que 
nous avons observés (cinq autopsies), les reins étaient 
malades. Dans plus de la moitié des autopsies consignées sur 
le registre de M. Guyon à l'hôpital Necker, on trouve la 
néphrite signalée. 

Presque tous les malades qui ont eu longtemps une af- 
fection des voies urinaires ont au moins une atrophie 
pariielle de l'un des reins. Quant au fait de la congestion et 
de l'inflammation des reins sous l'influence de l'état de la 
vessie ou des parties profondes de l'urèlhre, il est tout -à-fait 
comparable à l'épididy mile qui suit la blonnorrhagie, et sus- 
ceptible comme elle de deux explications, la propagation de 
rinllammalion par continuité de tissu, ou bien rinflammation 
d'origine sympathique ou réflexe. 

Quant aux faits contradictoires, c'est-à-dire aux observa- 
tions de fièvre sans lésion rénale, il ny on a qu'une d'inatta- 
quable ; elle est rapportée par M. de Saint-Germain, et nous 
l'avons reproduite. Nous le répétons nous n'avons trouvé que 
ce fait unique dans les nombreuses recherches que nous avons 
faites. 
En consultant les observations recueillies par M. Girard, 
i nous voyons d'abord un fait d'uréthrotomie externe à la suite 
duquel le malade succombe. On trouve la prostate changée en 
une poche de pus. Le .malade avait la face jaune, terreuse ; il 
avait eu des accès de fièvre qui n'avaient point cédé au sulfate 
de quinine. Les reins étaient parfeitement sains. Il est 
impossible de voir là un fait dlntexioation urineuse. Le ma- 
lade a succombé à sa prostatite suppurée, ce qui n'a rien 
d'étonnant, d'autant plus que l'influence nosocomiale est sou- 
vent presque aussi funeste à la Maison de santé que dans les 
hôpitaux ordinaires. 

î*armi les autres observations dues à notre collègue lui- 
môme celles qu'il rapporte jusqu'au no 10 ne sont pas sui- 
vies d'autopsies, soit que le malade ait guéri, ôoit que la né- 
cropsie n'ait pu être faite. Jusqu'au n« U, les observations 
empruntées à divers auteursne contiennent pas de nécropsie. 
• L'obs. XIV, due à M. Girard, est im cas de néphrite cal- 
culeuse et de néphrite interstitielle. Les accidents arémiqnïes 
ont débuté par un accès de fièvre avec frisson. Ici tout 
estdanslaTègle. 

■ Remarquons ici l'abaiesenftnt- de la température. Nous 
croyons avoir été le premier à signaler ce fait que les malades 
succombant à laûèvreurémique meurent avec un abaissement 
de température. Gela concorde avec ies recherches d^À an- 
ciennes de3ouFnevill6 sur Turémie non ehirurgtcate. 

Les autres observations de M. Giîard eimt des faits de lé- 
sions rénales. Pour ceux-là.nous sommes parfaitement d'ac- 
cord, Saolement noos croyons que notre collègue est dane 
l'orreur lorsqu'il rapporte les accès moins intenses à la ré- 



«o*plion urineuse. M. Girard sait comme nous que dans Içs 
infiltrations uîineuses très étendues qui se terminent par la 
môrl, on observe un état fébrile continu, et des symptômes 
dlnfection putride, mais sans accès de la fièvre dite uréthrale. 

Sonebservaiion XXïV est la preuve qu'il a vu de ces faits. 
De plus, môme avec la foi la plus robuste, on aura peine à 
croire que le simple passage d'une bougie enlève assez l'épi- 
thélium de la vessie, pour favoriser une absorption d'urine 
si rapide que dès le soir, et quelquefois immédiatement, il 
survient un accès de fièvre ? 

En faveur de quelle théorie plaideront les faits de mort ra- 
pide après la taille ou Turéthromie externe, quand le frisson 
débute dès la fin de l'opération et que le malade succombe avec 
suppression des urines ? 

Kous ne pourrions insister davantage sans abuser peut être 
de la patience du lecteur. Un mot encore cependant, à propos 
du traitement de la fièvre urémique. 

Dans un compte-rendu très-bienveillant de notre thèse, 
M. Paul liUcas Ghampionnière insiste sur la partie consacrée 
au traitement, et sur la proscription dont nous avons frappé 
le sulfate de quinine (Journal de méd, et de cher, pratiques 
févr. 1873). 

Nous répéterons à ce sujet que le sulfate do quinine peut 
être employé pour faire baisser la température, ou pour pré- 
venir lés accôs, mais que d'une part il est impossible d'affir- 
mer qu'il prévienne vraiment la fièvre, et que d'autre part nos 
traces nous ont fait voir que sôû influence curative était pres- 
que nulle. Nous le croyons sans danger, mais* nous pensonis 
qu'il serait peu sage de so borner à son emploi, alors que 
l'alcool parait avoir donné dos succès incontestables dans le 
service de M. Guyon. 

Les lecteurs qui désireraient approfondir la question de 
l'intoxication urineuse liront avec intérêt les ouvrages sui- 
vants : un chapitre de Civialc dans les Maladies des organes 
génito-urinalres ; un passage du Traité de la pierre dans la 
vessie (Paris 1860); l'introduction de M. Relique t {Opérations 
des voies nr inaires) ; enfin, notre thèse et celle que nous 
venons d'analyser. Ou y verra représentées toutes les opi- 
nions qui paraissent s'approcher de la vérité, et l'on pourra 
faire son choix faute d'une démonstratien irréfutable qui se 
fera peut-être longtemps attendre. D*" A. MiXHSRfiB. 



REVUE DE THÉRAPEUTIQUE 



VI. Opiat balsami^Hio <T«mmsmmiu). 



15 gt. 
50 id. 

S Id. 

9 M. 



Copahu. • . 

Cnbèbe pulvérisé < 

Tertrate Terrico -potassique • • 

Sirop de coing 

MtMez pour faire an opiat dont on donnera trois fois par 
jour un bol de (grosseur d'une noisette aux sujets atteints de 
blennorrhagie iBard:iaux médical). 

Pour tous renseignements relatifs au congrès de Lyon, on peut s'adresser 
à Tune des adresses suivantes : Lyon, M: le docteur Hortel, secrétaire du 
comité local, au palais Saint-Pierre ; Paris M. C. M. Gariel, secrétaire, 
76, rue de Renues. 

Vif. Fomiries eoiitre Tmathme. 

Le docteur Tborowgod préconise centre l'astiime Thypo- 
pbospbite de soude et les inhalations «uivantesdont la formirie 
est due au docteur Symond. 

R. Ether ^J* £• 

Acide beneolque . . , . • ^' 

Beaume de Êérou , . . • ^ « 8 "ia. 

Ou eneope suivant une autre Ibrmule. 

R. Ether • • • ^i^* 

Essence de thérftentine ....••.•• 15 «i. 

Acide beuioïque , . . • t5 id. 

BcnnedeTolu ....•• B id.. 

Placer le mélange dans un flacon à lar^e ouvertiure. rLa 
chaleur de la main suffit pour provoquer la volatilisation dea 

^ Digitizedby 



iisauuu U09 

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106 



LE PROGRÈS MEDICAL 



VIII. Du «nlfocaFboMt© de «lue dans I© pnrlt delavulve. 

M. J. Brown préconise dans le Mtd. Examiner du 45 août 
1872, contre le prurit invétéré de la vulve, une solution de deux 
grammes de sulfo-carbonate de zinc dans 30 grammes d*eau 
distillée. La vulve doit être d'abord soumise à un bain d'eau 
tiède, puis, deux fois par jour, elle est lotionnée avec le mélange 
précédent; chaque fois,on doit la laisser sécher sans ressuyer. 
Une dame souffrant depuis longtemps, d'un purit vulvaire. fut 
soumise à cette médication ; la guérison eut lieu au bout 
de trois semaines. (Médical Record et Ann. de Dermatologie.), 

REVUE CHIRURGICALE 

Splénotomle. 

Le docteur Urbinali (de Gesana) vient d'exécuter cette opé- 
• ration, le ÎO juin dernier. L'incision »ut faite sur la ligne mé- 
diane mesurant 18 centimètres, et en y comprenant la cica- 
trice ombilicale. Après avoir lié trois artères, et incisé le péri- 
.toine. la rate se présenta d'elle-même, libre d'adhérence, et 
son extirpation ne présenta point de difficultés. L'épiploon 
fut détaché en plaçant les ligatures. Une ligature métallique 
fut placée autour des gros vaisseaux et du tissu cellulairequi 
les entouraient. La toilette du péritoine faite, on procéda à la 
suture : cinq points profonds et sept superficiels. 

La rate pesait 1205 grammes. L'opération dura un peu plus 
d'une heure. Le résultat définitif n'est pas publié, mais nous 
en rendrons compte à nos lecteurs. 

K'oub'ions pas de dire, que le siège de la tumeur a été 
diagnostiqué par M. Urbinati, et qu'il a procédé à l'opération 
en connaissance de ceinse. iEaccofflitore medico, et Vosservatore^ 
^^^ juUlet \%1Z.) 

De Pomyxla Malin et de sa gnérIsoD, par M. Yamzetti. Mémoire lu 
à rinstitui vénitien des sciences, lettres et arts, le 24 avril 1871. — 
"Vol. XVI des Mémoires de Tlnstitut. 

L*onyxis malin a été confondu pendant longtemps avec 
Tongle incarné. Monteggia Ta décrit le premier (1802-1806) 
sous le nom de a carie humide des ongles ». Bernstein (^805) 
en parle comme d'une maladie propre aux Indes occîdèntàDeS. 
Wardiofs (1833» et Delpech (1823) s'en occupèrent plus tard. 
Malgré ces travaux importants, Dupuytren n'hésita pas à 
s'attribuer la découverte de l'onyxis malin, et il croit être le 
premier à établir la distinction entre l'ongle incamé et l'affec- 
tion de la matrice de l'ongle. Cette distinction a été souvent 
négligée depuis et dans plusieurs monographies plus récentes 
les deux maladies se trouvent confondues l'une avec l'autre. 
Parmi ceux qui les ont bien observées et distinguées on peut 
citer M. Gosselin (Th. d'Esmenard, 1861). Le niémoire de M. 
Vanzetti est une monographie très-complète, dont les conclu- 
sions sont d'une utilité pratique incontestable. 

La description des symptômes est très-soignée, et un ré- 
sumé montrera en quoi consiste le diagnostic différentiel. L'o- 
nyxis malin présente trois périodes : 1® Congestion et inflam- 
mation ; 2® Ulcération ; 3® Etat stalionnaire de l'ulcère formé' 
qui produit des douleurs et des souffrances atroces qu'on ne 
retrouve pas dans l'ongle incarné.L'ulcération se propage aux 
tissus environnants, et des altérations graves et multiples s'en 
suivent. L'ulcération est au début circum-unguéale. Quant à 
l'ongle, il peut toucht r en partie, et alors on aperçoit le lit 
ulcéré ; ou bien son accroissement continue. Si on vient à 
l'arracher, il se régénère, et cette persistance des fonctions 
reproductives de la matrice unguéale est un sujet d'étonnement 
pour le clinicien de Padoue. Ceci prouve, dit il, que là n'est 
pas le siège de l'altération. . . 

L'onyxis malin. peut-il guérir spontanément? Non. M. Van- 
zetti ne connaît qu'une exception. La ténacité est son prin- 
cipal caractère. Tous les traitements restent inefficaces (avul- 
sion de l'ongle, cautérisation) et le principal but de Vauteur 
dé ce mémoire est de préconiser un moyen de guérison dont 
l'efficacité est telle que son emploi Ta « réconcilié » avec cette 
maladie, qui lui était si ' « odieuse » auparaysint. Mœrloose 
/fSôi-ISGd) avait déjà constaté les bons effets du nitrate de 
plomb dans cette affection^ mais on semble avoir oublié ses 



résultats. Le travail de M. Vanzetti fera, nous l'espérons, ré- 
courir plus souvent à ce précieux médicament. Voici comment 
il l'emploie : on commence par couper l'ongle pour le mettre 
au niveau de l'ulcère, et on recouvre ce dernier de nitrate de 
plomb en poudre. Il ne tarde pas à s'y former une croûte qui 
tombe bientôt pour laisser une plaie de très-bel aspect ; l'on- 
gle repousse comme avant. 

M. VanzetU rapporte onze observations. Dans toutes racti<ra 
a été si rapide et le résultat tellement merveilleux, qu'en les 
lisant on éprouve d'abord un sentiment de méfiance, entraî- 
nant plus tard une conviction profonde quand on se rappelle 
l'esprit scientifique de M. Vanzetti et le respect qui s'attache 
à son nom. Siin initiative a été suivie, et depui5, 18 nouveaux 
cas de guérison ont été publiés par plusieurs chirurgiens itar 
Uens Makcano. 



BIBLIOGRAPfflE 

Les ambulances de la Presse. — Ia-8 de 374 pages, avec figures dans 

le texte. Paris, 1873. J. B. Baillxèrb. 

f Les ambulances de la Presse, tel est le titre du livre uUle 
que viennent de publier MM. Ricord et Demarquay. A tous 
ceux qui ont traversé les champs de bataille,pendant les jours 
néfastes du siège de Paris, l'ouvrage que nous signalons offre 
un intérêt particulier, mais pour ceux qui, de près ou de 
loin.ont concouru à donner des soins aux blessés,ce livre sera 
le « livre du souvenir. » 

Les ambulances de la Presse sont, comme chacun sait, nées 
d'une souscription ouverte au moment de la déclaration delà 
guerre franco-allemande. En quelques semaines, près d'un 
million fut réalisé et mis à la disposition d'un comité com- 
posé d'hommes spontanément réunis par un sentiment com- 
mun de patriotibme et d'humanité. A leur tète se trouvèrent, 
du premier jour à la dernière heure, M M. Ricord et Demarquay. 

Tout Paris a vu fonctionner les ambulances de \& Presse, 
mais nul. dans ces jours de fiévreuses angoisses, ne s'inquié- 
tait des moyens ni de Vorganisation si rapide, et cependant si 
complète de l'œuvre déjà populaire, alors qu'elle commençait 
à peine d'exister. 

C'est donc une chose iiltéressante et nouvelle que de suivre 
pas à pas et de retrouver dans tous les détails de leurs attri- 
butions diverses, les ambulances fixes, les ambulances vo- 
lantes, le fonctionnement des services chirurgicaux, médi- 
caux, etc., etc. 

Les félicitations, les témoignages de gratitude même, delà 
part des chefs militaires, ont suffisamment établi la popularité 
de la Presse dans Tannée. 

3$,000 hommes environ blessés ou malades ont trouvé des 
soins empressés dans les services de l'association dirigée par 
MM. Ricord et Demarquay, non-seulement pendant le siège de 
Paris, mais encore pendant la moins longue mais plus dou- 
loureuse période de la Commune. 

A cette dernière époque, des difficultés de toute nature, des 
dangers incessants rendaient la tâche pénible aux hommesles 
plus résolus, les plus éprouvés. 

Le récit des graves événements auxquels se trouva inèlée 
l'ambulance dite do Jjongchamps. est un drame émouvant 
simplement raconté par des gens qui pensent n'avoir fait que 
leur devoir et rien de plus. 

Passant de la partie historique et statisque à Texamen ma- 
tériel et scientifique de l'œuvre à laquelle il a si vaillamment 
coopéré, le Dr Demarquay initie le lecteur à tous les déiailSi 
depuis la construction des baraques jusqu'aux procédés d'by- 
giène appliqués à l'assainissement de ces hôpitaux impro- 
visés. 

Ensuite vient un travail très -intéressant du général Mono 
sur les moyens de ventilation adoptés en 1870-1871. 

Des gravures, dues à un artiste de talent, M. Auteroche, re- 
produisent dans leur ensemble le plan des constructions, quel- 
ques aspects et scènes d'intérieur d'ambulance, et enfin quel- 
ques appareils de pansements justement appréciés pai' ^^ 
chirurgiens de la Presse. Nous vouions parler des excellent 
appareils en paille de M. le Dr Bastion. . 

MM. Ricord et Demarquay ont en terminant payé unedelt^ 



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LE PROGRÈS MEDICAL 



1)07 



d*affectueuse solidarité à leurs collègues ou associés plusjeu- 
iMB ou plus humblement placés dans la hiérarchie du dévoue- 
ment en inscrivant après les leurs, les noms de tous ceux qui 
lOB ont suivis et secondés ; — c^était justice. 

Ceux qui ont écrit le livre ont voulu léguer aux éventua- 
lité de Tavenir le résultat de leurs travaux : un plan tout fait 
pour des nécessités pareilles : en un mot ils ont tenté a d'être 
encore plus utiles plus tard. » Dr. J. GouaNON. 



NOUVELLES 

MoBTALiTi A Paris (1,851,792 hab.) — Du 26 juillet au l^' août, 702 dé- 
cès. Rougeole, 10 ; — fièvre typhoïde, 10 ; — éi^sipèîe, 6 ; — bronchite 
•igufi, 20 ; — pneumonie, 3*? ; — dysséntérie, 2 ; — diarrhfy ekolériforme des 
jeunes enfants, 16 ; — choléra nosiras, 4 ; angine couenneuse, 8 ; •»- croup, 
ê ; — Affections puerpérales, 2 ; — autres affections aiguës, 227. 

Lton. — Da U au 27 juillet, 414 décès. Rougeole, 7; — fièvres conti- 
BUM, 10; — bronchite aiguë, 7; — pneumonie, 14; — dysenterie, 46 ; — 
diarriéé M entérite^ 84 ; — eàoUrine, M ; — angine couenneuse, 2 ; — - 
•croup, 4 ; — affections puerpérales, 1 ; — affections cérébrales, 51 / — 
pbthisie, 54. — Ainsi que le fait remarquer le Lyon médical, les -diarrhées 
sont très-communes ; le nombre des cholérines ou des indigestions choléri- 
formes est aussi assez 'élevé, sans dépasser beaucoup celui que Tonobserye 
«haque année à pareille épo^e. 

-Londres (3,356,07a hah.^ — Du 20 au 26 juillet, 1,609 décès. Rougeole, 
31 ; scarlatine, 15; — diphthérie, 9\ — - croup, 15 ; — coqueluche, 62 ; — 
fièvre typhoïde, 26 ; — éirysipèle, 8 ; — dyutntérie, 1 ; — diarrhée, 305 ; — 
•choléra noitras^ 12 ; — bronchite, 88 ; — pneunonie, 51. 

Bruzbllbs (185,000 hab.). — Du 13 au 19 juillet, 86 décès. Bntértte ei 
diarrhée^ 19. — Du 20 au 26 juillet, 100 déeès. Cholénne, 1 ; •* entérite et 
diarrhée, 29. 

Ceoléra. Allemagne. D'après une correspondance adressée de Berlin a 
la Gfatette d'A»gsbourg, plusieurs cas de choléra ont été signalés dans la 
^pitale prussienne. Le choléra aurait fait son apparition à Munich à la fin 
4e juillet. 

— Le choléra s'est déclaré, dit la Gazette de la Croitty à Graudenz, où 
font concentrées, en ce moment, des troupes assez nombreuses, se livrant à 
îles exercices de siège. 

Pologne. Jusqu'au 24 juillet, il y aurait eu, à Varsovie, 549 personnes 
atteintes du choléra ; 189 en seraient mortes. 

Pologne. — Du 30 mai au 11 juillet on a compté 298 cas de oholéra 
dans la provîœe de Varsovie. 103 décès. 

Suide. — A Helsingbœrg il y a eu dans la dernière semaine de juillet 
30 cas de choléra et 15 décès. 

Danemarh. Un arrêté du ministre de la justice de Copenhague, en date 
du 28 juillet, prescrit la mise en vigueur des mesures nécessaires pour pré- 
venir rintroduction du choléra par les navires venant de Eœnîgsberg. 

Autriche. Le choléra ferait plus de victimes aux environs de Vienno* que 
dans la ville elle-même, et en particulier dans le voisinage du château de 
Lazenbourg où réside le shah. Du 28 au 29 juillet, il y aurait eu 19 cas 
nouveaux de choléra à Vienne. — D'après le Wiener meditinieche Wochen- 
àchri/i du 2 août, le choléra a suivi dans la ville de Vienne et dans les envi- 
rons la marche suivante durant la semaine dernière : 85 cas de choléra en 
dehors des hôpitaux et 92 dans les hôpitaux ; mais, comme 28 malades de 
la ville ont été transportés dans les hôpitaux, il n'y aurait eu, en défini- 
tive, que 181 cas. Dans les environs de la ville, on signale des cas isolés. 
L'épidémie prédomine surtout à Brunn et à Vmsendorfoh, du 23 au 27 juil- 
let, il s'est produit 22 nouveaux cas, dont dix se sont terminés par la 
morh 

Qallicie. — D'après VAllgemeine Zeitung il y a «u «du- f 5 nmt au 6 
juillet 51,577 cas de choléra et 19,007 décès (?}• 

Bulgarie. — A Shunila, le choléra a pris des proportions considérables : 
70 cas le 5 juillet, 50 le 6, 23 le 7. A Galatz^ il y a eu 22 décès p-r le cho- 
léra du 12 au 16 juillet inclusivement, (The Lancei, 1 août.] 

Hongrie. — Du l^*" au 8 juillet il y a eu, à Pasth, 70 cas de choléra, 40' 
décès : du 9 au 15 juillet 190 cas et 80 décès. 
{Illyrie. — Des cas de choléra se sont présentés àTrieste. 

Italie, — Nous empruntens Itscàiffres qui suivant à Vheparziale du 
l«r août. Le choléra continue à faire des victime dans la Ténétie. Durant 
U période de 12 jours qui finit au 29 juillet, on a enregistré 215 cas de 
choléra. Le maximum a été de 32 cas. X^ choléra sévit aussi, mais dans 
dfls proportions légères, dans les provinces de Trévise et de Frioul. — A Pa- 
doue, ily a m4efts aT«c2-déQèA. Du .25, aii 28, on a noté 10 cas à Pai9»e, 
tETSc 2 décès. Jusqa'à pvésMft,, la choléra i^'a pasy^BiuiàFloseQca, 

Augletorf^. -*- Thê> Lmcet du 2 ac(ûi sigiiale l'i^pari«iQ& du.'choUTa 4 
Londns. On a obseinré,d«m cas pamû cbi. .énigrMits veoattt de Elel ot 
Hambourg. *«• La semaine dernière il y s eu à Londres 350 décès par 

AUacê. ^.Oa 0îgt»lAnHL4Mi]i|r4éiebolte, k a a^tn, à SCrtf- 
i*rg. 



Fagulté ob icéDBCXNS. Le concours pour deux places de chef de clinique 
médicale vient de se terminer par la nomination de MM. GraHthif ^ 
Straus. 

Association oÂNéRALB dbb ifinsciNS db laSbinb. — La Commiatioa 
générale a proposé d'introduire dans ks statuts les modifications et additipns 
suivantes : ^ 

Rédaction actuelle. — Art. 17. — Chaque membre de TAssociatidn etft 
tenu de payer entre les mains du trésorier, avant le 1^*" avril de chaque an- 
née, une cotisation de 20 fr. ; sur cette somme, 8 fr . sont affectés à l'accroia* 
sèment du fonds de réserve. 

Art* 19, — Tous les fonds de la société sont partagés en deux parts : 
l'une appelée fonds de réserve ; l'autre fonds de dépenses annuelles et dis 
secours. 

Art. 20. — Le fonds de réserve se compose : 1^ Des rétributions d'ad- 
missions; 2^' Des dons; 3° De la portion des cotisations qui lui est affectée 
par l'article 17 ; 4® Du reliquat du fonds de dépenses annuelles et de secours 
dans les cas prévus par l'article 28. Les fonds sont placés en rente tnt 
l'Etat et gérés par la Commission de comptabilité, le président et le Xté» 

Art. 21. -—Le fonds de dépenser annuelles-^ de secours se compose du 
revenu du fonds de réserve et des cotisations annuelles, qui a été déter- 
miné par l'article 17. Il est affecté aux dépenses de la société et aux Sbconi* 
qu'elle distribue. 

Rédaction modifiée. — Art. 17. — Chaque membre de l'Association est 
tenu de payer entre les mains 'du trésorier, avant le 1** avril de chaqnt 
année, une cotisation de 20 fr. 

Art. 19. — Les fonds de la société sont partagés en quatfs ports : 
1^ Fonds de réserve ; 2^ Fonds de dépenses annuelles ^ et de secoors ; 
3^ Fonds de pensions viagères ; 4^ Fonds de retraite. 

Art. 20. — Le fonds de réserve se compose: 1* Des rétributions tfad- 
missions ; 2* Des dons ; 3® Du reliquat du fonds de dépenses annuelles et 
de secours dans les cas prévus par l'article 28. Ces fonds sont placés en 
rente sur l'Etat et gérés par la Commissipn de comptabilité, le président et 
le trésorier. Un dixième du revenu des fonds de réserve peut être employa 
au service de pensions viagères. 

Art. 21. — Le fonds de dépenses annuelles et de secours se compose da 
revenu du fonds de réserve et du produit des cotisations annuelles. Il est 
affecté aux dépenses de la société et aux secours qu'elle distribué* 

En outre, les dispositions des articles 26 et 28 des statuts sont «emplaeés 
par d'autres dispositions, inscrites dans quatre articles nouveaux. 

Artiéies nouveaux. — Art. 22. — Le fonds de pensions viagères se com- 
pose : 1^ Des intérêts, des dons et des l^s laits à la Soeiété avec affeota- 
tion spéciale; 2^ De la portion du revenu du fonds de réserve qui luieH 
attribuée par l'art. 20. 

Art. 23. — Le fonda de retrait se compose : 1® De la portion dn reliquat 
4eç fonds de dépenses annuelles et de secours qui pourra être affecté an 
service des pensions do retraite conformément À l'article 30 ; 2^ Des sub- 
ventions spéciales accordées par l'Etat ; 39 Des dons et legs faits à la So- 
ciété avec affectation spéciale. Ce fonds sera placé à la caisse des dépôts 
et consignations. 

Art. 28. — L'Association distribue : 1° Des sesours temporaires,qui peu* 
vent ôtre renouvelés, mais qui ne peuvent jamais engager l'exercice suivant; 
2^ Des pensions viagères ; 3* Des pensions de retraite . Les dispositions spé- 
ciales concernant les pensions viagères et les pensions de retraite seront 
inscrites au règlement d'administration intérieure, 

Art. 30. — Le reliquat du fonds de dépenses annuelles et de secours reSM 
sans emploi à la fin de Tannée est réparti entre le fonds de réserve et <U 
fonds de retraite dans les proportions fixées par la Commission. — Lm 
proposition relative à la constiitution d'un fonds de retraite n'a pas été 
accueillie par l'Assemblée. 

P^ojbt »b création d'un aquahiuu aux CHAMPS-^LTsiBS. — D^apsès 
une lettre adressée au Bappol cet établissement, destiné à rivaliser avaic 
œax d» Brighton, de Londres, de Manchester, de Hambourg, de Beilia, 
etc., comprendrait, outre la galerie des bacs d'eau douce et l'aquarium 
d'eau salée, une saile d'exposition pour les filets, engins de pêohe et appa- 
reils de pisciculture, un aquarium antédiluvien, où les animaux et monstres 
aquati^pies disparus seront artificiellement reproduits au milieu d'une déeo- 
ration appropriée a«x Ages où ils vécurent, enfin un laboratoire, une bibliir- 
thèque et une salle de conférences. La longueur de ces différentes enceinte! 
dépasserait cent mètres. Elles formeraient une suite de grottes de dimeo* 
sions inégales et d'ornementations diverses. Les Imcs seraient éclairés le soir 
à la lumière éleetnque. 

M. Nicole, auteur de la lettre adressée au Rappel, a signé à la fin dn 
mois, de novembre dernier un cahier des charges, à la suite de cela Taffaini 
a été transmise au Conseil municipal, et renvoyée devant la Commission 
présidée par M* E. Perrin. Il espère, à k piochaine session du oonstîl, 
pouvoir -aanoncer à la ccinuBission que son organisation finantière est termi- 
née, de sorte que l'aquarium des Champs-Elysées, à moins de cizconstanosv 
im|iiéfine^«ecait inauguré dans le cousant da mois de juin 1874, au plut 
tard. 

AsMvrnNi» -pvmaqin.Om vient d'iangwer i Lf/ntÏÊiMJPêtm oae'mtîflM 
âevafnge, fondé* pnîla ftmiUe^Grtffulie, p««r O0Ht ^toiUes foimw poi» 



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108 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



SooiÉTBMiDiQO-PSTcnoLOOiQUB. — Prix Auhantt, — La Société mé- 
dico-psychologique de Paris décerne, au mois d'avril 1873, le prix Aubanel, 
de la. valeur de 2,400 fr. à l'auteur du meilleur mémoire sur la question sui- 
Ttnte: 

• Des troubles de la sensibilité générale dans les diverses variétés du 
délire mélancolique, et plus spécialement dans le délire hypochondriaque e^ 
tlans le délire de persécutions. > 

' Les concurrents devront surtout rechercher Tinfluence que ces troubles 
peuvent exercer sur la genèse et sur la forme du délire . 

Les mémpires écrits en franç^s, porteront une épigraphe, reproduite 
dans un pli cacheté, renfermant le nom et Tadresse de leurs auteurs. Ils de- 
vront être adressés avant le 31 décembre 1874 (terme de rigueur) à M . le 
D'Afctet, secrétaire-général de la Société médico-psyc olpgique, ruo de 
Charonne, 181, à Paris. — {Annales médico-ptychoiogiquei ) 

Jurisprudence pharmàcbotique. — exercice illégal de la pharmacie. — 
Condamnation en [vertu de Védit royal de 1777. ^~ Un sieur Jacometty, con- 
fiseur à Rennes, fabriquait des pastilles dites êantoninei^ et dans lesquelles 
entraient des substances pharmaceutiques. Il fut condamné pour ce fait, il y 
A déjà quelque temps, à 500 /r. d'amende, et interjeta appel de ce jugement. 

Or, la tribunal correctionnel, condamnant Jacometty, avait visé Tart. 6 de 
Védit royal d*avril 1777, ainsi conçu : 

• Défendons aux épiciers et à toutes autres personnes de fabriquer, vendre 
et de livrer aucun sel, composition ou préparation entrant au corps humain 
en forme de médicaments, ni de faire aucune mixtion de drogues simples 
pour administrer en forme de médecine, sous peine de 500 livres d'amende^ 
0t de plus grande $'il y échoit. * 

Maifr les anciennes juridictions avafent un pouvoir que n'ont point les tri- 
bunaux actuels; elles pouvaient, devant un texte de loi formel, modérer la 
peine à appliquer. 

Dans l'espèce, il s'agissait de savoir si la cour pouvait user du môme pri- 
vilège que les parlements. La cour a résolu afUrmativement la question eu 



infirmant le premier jugement, et condanmé Jacometty à 25 fr. d'amende. 
(Cour d'appel de Rennes, Chambre correctionnelle), 

EcoLB DE MÉDECINE DE Grbnoblb. .-!- M. le D** Bi^h, sappléant pow 
les chaires d'anatomie cl de physiologie, est attaché, en la rnSme qualité, 
aux chaires de médecine proprement dites. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 

Librairie JT. B. BAILUÉa£, roe HMitefcvUle, 19. 

XLEiN. Action de Teau minérale de Niederbronn dans quel- 
ques cas de péritonite chronique. In-S de 24 pages. 

Guillànd. — De Tefficacité des eaux minérales contre la 
syphilis. In-8 de 8 pages. 

Librairie AD. DLXAHAYE, plaee de TÉe ole-de-Médeelne. 

Ghàrcot. — Leçons sur les maladies du système nerveux 
faites à laSalpétrière.recueilUes et publiées par Bourkevillî, 
Quatrième et dernier fascicul; in-8* de 100 pages avec 7 fi- 
gures dans le texte et 4 plaûches en cromolithographie. — 
3 fr. 

Parigot (J.) des asiles d'aliénés et des Gheels au point de 
vue moral et économique. In-16 de 68 pages, i fr. 

Z€ rédacUur-gérant : Bourneville. 



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t les plus efficaces, puisqu^il est main- 
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obtenir les effets au plus haut degré, puisqu'il est démontré aujoiiVhui que cette substance 
ue se dissout dans Testomacqu'à la faveur de l'acide chlorhydrique du suc gastrique. .— Effets 
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lomie palhologiquc de la sclérose en pla- i 
2</e^.' Iii-S" de 9d pages avec 4 planches '■ 

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le texte, 3 fr. — 3« fascicule : SympUh 
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plus en plus en France. Il y a là un progrès hygiénique marqué. Son influence utile sur le développemeut d^, ^s\èmes | 
musculaire et osseux est indisculable. C'est celle raison qui la fait conseiller par les médecins el l€|s')iyj|^enlsVè8b«~j 
mères pendant la grossesse, aux nourrices pendant rallsHement. Elle est préférable pour elles à toute^ut^^^b^t^^' | 
Elle esl très-ulile aux convalescents. \ '^-r^ ^j 

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tenus par son usage journalier, lui ont valu la préférence d'un-grand nombre de médecins firançàis et étrangère. - 



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1" ANNÉE — N» lO BUREAUX : RUE DES ÉCOLES, 6 (Librairie A. Doval). 16 AOUT 1873 




Progrés Hédical 



PRIX DE L'ABONNEMENT 

Un in !• rr. 

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JOURNAL DE MÉDECINE, DE CHIRURGIE ET DE PHARMACIE 
Rédactenr en chef : BOURNE VILLE 



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Tout ce qui concerne la Rédaction et rAdiniuislration doit être adressé aux bureaux du Journal. 

Les bureaux sont ouveHs^de midi à 4 heures du soir. 



Le Prix d'abonDemeni doit èlre envoyé en mandats poste ou en traites sur Paris.- 
Ou s'abonne hors de Paris dan8 les bureaux des Messageries et chez les Libraires. • 



L'abonnement part du l»*" de chaque mois 
- Les lettres non affranchies sont refusées 



AVIS. — Le prix de Vàbonneme7it d'un an est de dix 
FRANCS pour MM. les Étudiants. 



SOMMAIRE. — Clinique CHIRURGICALE : Delà perforation des parois utérines par 
l'hyHtéromètre, par L. E. Dopuy — Clinique MéoicALE : De la paralysie bulbaire 
progressive, etc., par Kusmaul (Trad. Exchaquet). — Pathologie externe : 
Tumeurs urineuses et abcès urioeux, par DranFart. — Bulletin du Progrès médi' 
cal: La Faculté de médecine de Nancy, par L. E. Dupuy; — Le choléra* — 
SociÉTés SAVANTES. — Académie de médecine. — Société anatomique : Môle hy- 
datique, par Andral ; — Fibro-myome de la grande lèvre, par G Marcano; — 
Ulcération des valvules sigmoîdes, par Baymond ; — Endocardite ulcéreuse, par 
Hanot. — Revue médicale : Nouvelle théorie de la chlorose, par Lulon ; — Hémia- 
nesthésie d'origine encéphalique, par L. Tûrck. — Bibliographie : Physiologie éiL- 
logique et tnit^meat de Tanaphrodisie (An. G. du Basty). — Correspondance: 
Le choléra à Munich. — Nouvelles : Mortalité à Paris et à Londres ; — Le cbc< 
léraen Europe; — Vacances médicales, etc. 

CLINIQUE CHIRURGICALE 

De la perforation des parois utérines par rhystéro- 

mètre 
Par L.-E DUPUY, internft des hôpitaux. 

G}mme le toucher et le spéculum , VhjBtérométiie 
a des inconvénients et peut être suivie d'accidents 
qui diminueront de jour en jour à mesore qu'elle sera 
mieux connue et appliquée dans des circonstances 
opportunes. Huguier^ de l'ilystérométrie. 

Nous n'avons pas en vue dans cette étude la perforation des 
parois utérines par l'hystéromètre, imputable à la maladresse 
ou à l'inexpérience du chirurgien. — Daas certains cas, le 
parenchyme utérin a subi un tel degré de ramollissement et 
de friabilité que la sonde, arrivée au fond de l'organe, ne ren- 
conire pas de véritable obstacle et pénètre sans effort dans la 
cavité abdominale : on peut alors sentir le bouton de Tinstru- 
ment directement sous les téguments. Si cet accident est en 
réalité plus effrayant que grave — et ce fait sera prouvé par 
un chiffre d'observations assez significatif. — il est néamoins 
de notre devoir de signaler la témérité avec laquelle certains 
gynécologisles allemands ont perforé les parois utérines, plu- 
sieurs fois de suite, chez une môme malade, sans autre but 
qu'une inexplicable curiosité. Ainsi chez une femme dont 
l'histoire sera rapportée plus loin (voir obs. X). Eœning en- 
fonce la sonde utérine jusqu'à ce que la poignée de l'instru- 
meut soit arrêtée par les pariies génitales et qu'on en sente le 
bouton à 2 centimètres et 1i2 de l'ombilic. Le lendemain, il 
rcfpèie la môme manœuvre, et, trois jours après, il pré.^eute 
la-iualade aux élèves de sa clinique ; là, en plein amphithéâ- 
tre, le professeur fait constater aux assistants que la sonde 
mtà x^iiOD iti tond de l'utérus sans la moindre ^ifliculté dans les 
points qui n'out pas été perforés antérieurement, tandis qu il 
faut imprimer une certaine pression à l'iustrument, vaincre ' 
un véritabie obstacle dans la partie de la paroi perforée par 
les manœuvres antérieures et où existe sans doute un tissu 
cicatriciel en voie de formation. 



En vérité, nous nous demandons s'il est permis à un chi- 
rurgien honnête de jouer ainsi avec un organe aussi délicat et 
susceptible que l'utérus! Or l'exemple de Hœning n'est 
malheureusemmt pas le seul ; la lecture de plusieurs obser- 
vations, dont nous donnerons plus loin un r sumé isuccinct, 
démontrera qu'il est en quelque sorte entré dans la pratique 
journalière de certains gynécologisles d'introduire Thystéro- 
mètre dans l'abdomen aussi facilement que dans la cavité 
utérine! 

Signaler et discuter ces faits encore peu connus en France 
en y ajoutant quelques faits inédits qui nous ont été commu- 
niqués par noire bavant maître M. Demarquay, [tel est le 
but que nous nous proposons ici. 

I. Considérations historiques.— (1856). J/iar^/^^î^^îZ^wM^^a» (i) 
décrit trois cas dans lesquels, introduisant la sonde utérine, 
à travers l'orifice externe, et, la poussant à une très-grande 
profondeur, il s'imagine avoir pénétré dans l'abdomen à tra- 
vers une des trompes temporairement et pathologiquement 
dilatée. 

Cette hypothèse ne nous semble guère admissible et tout 
porte à croire qu'il s'agissait plutôt d'une perforation utérine. 

(I8îî^) Aran (2) est le premier gynécologiste qui ail parfaite- 
ment établi que. dans certaines conditions de la matrice, l'hys- 
téromètre peut perforer facilement les parois utérines ramol- 
lies. Son attention avait été éveillée sur ce point par les per- . 
foraiions produites par le raclage de la cavité utérine, au 
moyen de la curette de Récamier. D'autre part, il lui arrivti 
de perforer l'utérus, en pratiquant le cathétérisme utérin chez 
une femme récemment accouchée et à laquelle il ne survint 
ultérieurement aucun accident. 

(1it6b). Huguicr consacre un chapitre peu étendu de son 
remarquable Traité de i'hyslérométrie (3) à la perforation des 
parois de l'utérus. Songeant à l'épaisseur et à la contistanco 
du tissu propre de cet organe, il pense que l'on doit être ras- 
suré sur la fréquence d'un pareil accident. « Sur près d'un 
millier d'ulérus qui me sont passés entre les mains, dit-il^ je 
n'en ai rencontré qu'un seul qui fut assez ramolli pour qu'il 
eut pu être traversé sans effort par l'extrémité de la soude. » 
— Huguier admettait donc la possibilité d'un perforation lacile 
de l'utérus par rhysiéromètre et en avait parfaitement saisi 
la cause et le mécanisme. Nous nous demanderons seulement 
comment il a constaté ces perforations si rarement, étant 
données les causes nombreuses enlrainant la friabilité du 
parenchyme utéiin. Faut-il attribuer ce fait à son adresse et 
à son habileté tout à fait exceptionnelles à manier la soude 
utt'rine, ou savait-il éviter le cathétérisme dans les cas parti- 
culiers auxquels nous faisons allusion? Nous n'avons rien 



(1) Malhews Duncan. — On a hitherdo undescriàed disease of the utcius, 
namely. un natwral patenay of the inner entremit y ofFallopian tubz [Ed'.mb, 
med. journal, june 1856). 

(2) Aran. — Leçons cliniques sur les maladies de Vitt&nt, Par'S, 1858-lf. 

(3) Huguier. — De l'EysUrcmétrie, Parie 1805. 



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110 



LE HtOOTlÉS MÉDICAL 



trouvé dans son trailé-qui put nous wm*«gner exactement à 

(1868). ÉildeMtndt (\) aj^nt^itfodtiUmystéromètPe ^n* 
la CBVfté abdorfiinale slmagitia, comme DuHcan. y avoir péné- 
'tréparlà trompe de Fallope. A P^xëmplé de( TylerSmfUs[i), il 
"admet comme pos&ible le caihétértsme de ce conduit et le 
recommande pour certaines affections des annexes de rutérue. 
Nous reviendrons plus loin sur ces singulières théories. 

(1870). Hœning (3) cite un fiait qui lui est personnel, 'i*econ- 
naU la perforation utérine par la sonde et combat les théories 
de Tylef Smiiis et Eildehrandt. 

(1872). Rabl-Ruckard et Lehmus (4) rapportent cinq exem- 
ples de perforation utérine par la sonde chez des femmes 
ayant récemment accouché : ce cathétérisrae fut pratir 
qué plusieurs fois chez la môme malade sans quil survint 
aucun signe sérieux de réaction inflammatoire. 

Ce travail, présenté à la Société d'obstélrique de Berlin, fut 
Tobjet d'une discussion où quelque orateurs résumèrent les 
résultats de leur expérience personnelle. 

Louis Mayer cite un fait qui lui est commun avec Cari 
Mayer ; il survint, malgré la perforation utérine, si peu de 
réaction, inflammatoire qu'aussitôt après le cathétérisme, la 
•malade put, sans inconvénients, faire un long chemin pour 
regagner son -domicile. 

i/ar//A aurait perforé plusieurs fois l'utérus chez des femmes 
récemment accouchées, sans qu'il survint aucun accident 
ultérieur. 

Les auteurs précédents ayant mis en doute la possibilité 
d'introduire la sonde dans Tabdomen par les trompes de 
Fallope, Bischoff (5; cite un cas très-concluant, — mais aussi 
tout à fait exceptionnel — où Tautopsie démontra que Thys-. 
téromètre avait dû être introduit dans l'abdomen non par 
perforation des parois utérines qui étaient très-épaisseS et 
n'offraient point de lésions, mais par l'orifice utérin de la 
trompe gauche considérablement dilatée. 

Courty (6) signale comme contre-tindicatlon formelle du 
cathétérisme utérin le ramollissement bien constaté des tissus 
de l'utérus et l'état de la matrice dans les premières semaines 
qui suivent l'accouchement. Si, d'après lui. les perforations 
utériùes n*ont pas toujours élé suivies d'accidents graves, il 
faut songer qu'il existe des différences considérabic^s ^'eno 
femme à l'autre, eu égard à la susceptibilité de cet organe et 
au retentissement de ces traumatismes. 

Bnffn, M. Demarquay, dans le cours de sa vaste pratique 
chirurgicale, a observé quatre cas de perforation des parois 
utéiines par rhyistérpmètre ; chez aucune de ces femmes il ne 
survint d'accident ultérieur. — Nous avons eu l'occasion d'ob- 
server nous mêmes la dernière de ces malades, et nous en 
rapporterons plus loin l'observation détaillée. (Obs. V.) 

II. Des conimtions de la perforation de l'utérus. — Le 
ramollissement et la iriabililé du parenchyme utérin, — con- 
ditions évid'»mment les plus favorables à la perforation, — se 
rencontrent plus particulièrement dans un certain nombre 
d'Ôffectious que nous allons énumérer brièvement : 

10 Métrite, Nous n'avons pas à nous occuper ici de la mé- 
triteparenchyraateuse aiguë, car cette affection contre-indique 
formellement non-seul3raent le cathétérisme utérin, mais 
encore la simple introduction du spéculum dans le vagin. 

Dans certaines formes de métrite chronique, le tissu utérin 
peut arriver à un grand degré de friabilité, Ainsi, pendant la 
période divfiltraiion ou de ramollissement qui, d'après Scau- 
zoni , précède généralement la période d'induration , on 
trouve les altérations suivantes : le parenchyme de la matrice 



(l) Hildebrandt. — Ueber dos Soudiren der tuhen [Mùnathtchrifi far 
Geburts kundc und FrauenkranketUn, Bd. XXXI. p. 447. — 1868. 
(2)Can8t. Jahresber, 1840 IV p. 343. 

(3) Berl, Klin, Wochenachrift, 1870, n« 16. 

(4) Butrage ftlr gehurts hûlfe und gyntusthologie. Il Band. 1 Hcft. p. 12. 
Berlin 1872. 

(5) BischoiT. Urbor Tindringen der utérus sonde in cine tnbe. ifiorresp- 
Blatt fur seheifeiiter îierUe, 1**" octobre 1872). 

(6) Courty. — Traité pratique des maladies de Vutérus, 1872. 



est imbibé de sérosité. mou,Mlgf«irgé, friable; non-seulMent 
led >ûlnre«^^^««^ce4Éito sdnttâiwooiées et écartées les une»* des 
«eMreâ, ninds^ilvent (aie»(ont.Jttilrf la dégénrtrevtenceqE^is- 
"^euse; le'^ikBu 'TcelHilaire. .nterstiliel est égalemèBt infiltré 
^ d'une 'quH&tilé de ddllules graisseuses libres. %n «Diigoit aisé- 
ment 'avec: •quelle-facilité la pointe -de l'hystérometre-pourra 
traversende^rnissus ainsi altérés. 

Lorsque ces lésions ont envahi la totalité de l'organe — ce 
qui est le fait commun — il est possible, sinon de les diagnos- 
tiquer, du moins de les soupçonner et d'user du cathétérisme 
utérin en conséquence ; mais une portion limitée de l'orf ane 
vient-elle seule à subir ce ramollissement, il deviendra im- | 
possible de prévoir cet état pathologique et de se mettre à | 
l'abri des accidents. — Nous n'avons pu recueillir aucun fait i 
précis de perforation utérine pratiquée dans ces conditions, \ 
mais nous admetterons volontiers que certains cas de perfo- 
ration dont la cause nous échappe peuvent être attribués à un 
ramollissement partiel du fond de Putéru& Quelques auteurs, 
et notamment TiU (1 j, n'admettent point, faute de signes cli- 
niques capables de les caractériser, ces inflammations limitées 
à une portion restreinte de la matrice ; on ne peut cependant 
les nier au point de vue de Tanatomie pathologique pure et 
Scanzom^) a depuis longtemps attiré Tattention sur- ee fait, 
à savoir que, par la présence d'un infarctus chronique, les 
parois de la matrice ne sont i^as toujours si épaisses qu'il ne 
devienne possible de sentir le bec de la sonde à travers elles 
et la paroi abdominale. » De ce fait à la perfbration complète 
de l'utérus^il n'y a qu'un pas. Quoi qu'il en soit, on ne saurait 
trop approuver Tilt qui rejette fbrmeilemement la pratique 
recommandée par Routh pour diagnostiquer la métrite du fond 
de l'utérus ; on sait que ce gynécologiste prétendait recon- 
naître cette affection è une douleur spéciale* (|u'il déterminait 
en cherchant à -soulever la matrice avec rhystéromôtre. 

2» Atrophies de l'utérus. Nous n'insisterons point sur l'atro- 
phie concentrique de cet organe, bien que Courty ait signalé 
dans cette affection un amincissement des parois accompagné 
souvent, lorsqu'elle est généralisée, de ramollissement et de 
petits foyers apoplectiques. Dans l'atrophie excentrique^ nous 
trouvons une cause plus fréquente de perforation ; en effets 
dans la forme spéciale qui survient après les affections utéri- 
uu» puerpérales, Scanzoni{^) a noté,outrela diminution de vo- 
lume des parois, la dégénérescence graisseuse du tissu 
musculaire. 

Louis Mtvyer (4) a indiqué la facilité avec laquelle la matrice 
peui être perforée par l'hystéromètre dans ces atrophies, sur- 
tout dans certains cas de fibroïdes interstitiels, où la paroi 
recouvrant la tumeur, n'est guère plus grosse qu'une feuille 
de papier. 

30 Tuberculose des parois utérines. Le ramoliissement et la 
suppuration des tubercules développés dans le parenchyme 
utérin peuvent donner lieu à de véritables cavernes ; il existe 
même dans la science plusieurs cas de perforation spontanée 
du fond de l'utérus par dégénérescence tuberculeuse et ayant 
entraîné la mort (5). 

40 C(fncer de Vutérus. M. Demarquay nous a communiqué le 
(*as suivant où laperforation facile de Tutérus par l'hystéro- 
mètre est due évidemment à la dégénérescence cancéreuse du 
corps de la matrice. 

Obsbrvation I. Cancer du corps de l'utérus, Cathétérisme interne; per- 
foration de l'utérus par la sonde ; aucun accident, — (Observation de M. De- 
marquay). 

Il s'agit d'une femme de 60 ans qui avait des hémorrhagies passives de 
l'utérus, sans douleurs* Soupçonnant la présence d'une tumeur dans la 

■ ■ ■ ■ 

(1) Transactions of tke obstétrical Societg of Zondon; vol. XIII, 1871, 
p. 197. 

(2) Scanïoni. — Die Gebaermuttersonde. (Seitrâge tur Qefmrt and &gn, 
t954, p. 183. 

(3) Scanzoni. — Traité pratique des maladies des ^ganeêtetTStuls. 

(4) Bertraege f^r Gehurtstkûlfe und Gynoekologie, II i Band 4 1, p. SI. 

(5) Cooper. — - Galette médicale, 1870, p. 116. Tuhenmlose utéiintichef 
une femme grosse ; rupture de Tutérus. — - Guzzo, Arck, gén, dêmédêCÛM 
1848, p. 104. Rupture de Vutérus hors l'état puerpéral^ par r«iiioUiMenent' 
de la matière tuberculeuse. 



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LE PROGRES MEDICAL 



111^ 



«avîté utérine, M. Demarqaay se décide 4 pratiquer le cathétérisme utérin. 
L'hystéromètre s'enfonce très-profondément, traverse la paroi utérine sans 
que Topérateur sentit la moindre résistance, et Ton put constater que son 
Douton arrivait auHlessotts deTonibilic, et buttait contre la pan)i abdominale. 
«— M. Demarquay fut d'abord très-effrayé^ mais il ne survint heureusement 
«ucun accident. 

Quelques mois plus tard, cette femme succombait avec tous les signes 
d'un cancer du corps de Tutérus. 

L'hysléromètrie, on le sait, a été recommandée et souvent 
employée avec fruiUians le cancer de l'utérus, par Huguier, 
Nonat et B^^rnutz, non-seulemenl pour fixer le diagnostic dans 
les cas douteux, mais encore pour rétablir Tissuedes produits 
de décomposition et de la matière ichoreuse provenant d'ulcé- 
rations cancéreuses du fond de Torgane : le cours de ces liqui- 
des peut être effectivement empêché par un rétrécissement 
néoplasique de la partie cervicale. Notre observation ne prou- 
ve-t-elle point qu'il serait plus prudent, en pareil cas, de dila- 
ter la cavité oblitérée du col avec Téponge préparée? (il suivre) 



CLINIQUE J^ÉDIGALE. 

l>e la paralysie bulbaire progressive {paralysie glonso- 
labio-^laryngée), et de ses rapports avec l'atrophie 
masculaire progressive, 

Par. A. KUSHAUL (1). 

Messieurs, 

Dans son premier travail. Duchenne (1860) avait regardé la 
paralysie glosso-labio-laryngée comme de nature musculaire. 
Trousseau trouvant plusieurs fois dans ses autopsies l'hypo- 
glosse atrophié ainsi que les racines des nerfs moteurs d'ori- 
gine bulbaire en avait conclu : 1®que la paralysie glosso-labio- 
laryngée progressive était d'origioe nerveuse; 2<> qu'elle dépen- 
dait de Tatrophie des racines nerveuses motrices bulbaires et 
l'atrophie musculaire de Tatrophie des racines motrices spi- 
nales. — Le caractère central de cette affection avait échappé 
' à Trousseau. 

Il fut signalé à peu près en même temps par trois médecins 
allemands, Baervinckel à Leipsig (1860), Wachsrauth à Dorpat 
et Schulz à Vienne. Tous trois arrivèrent par le raisonnement 
à placer le siège de la paralysie de Duchenue dans la moelle 
allongée. Wachsmuth qui, dans son opuscule sur la paralysie 
bulbaire progressive, avait cherché à établir cette hypothèse 
annonça que la première autopsie faite avec le soin nécessaire 
ferait trouver dans la moelle allongée la cause de l'affection. 
— Cette prophétie s'est accomplie ; des recherches anatomi- 
^' ques précises ont justifié le nom de paralysie bulbaire pro- 
gressive en établissant que l'affection siège dans les parties 
grises motrices du bulbe. 

Depuis quatre ans la science a enregistré huit cas ter- 
minés par la mort où l'autopsie et les recherches anatomiques 
ont été faites avec le soin nécessaire pour fournir des résultats 
suffisamment précis sur les lésions anatomiques du bulbe et 
de la moelle. Deux de ces cas appartiennent à Leyden, deux 
autres où il existait en outre une atrophie musculaire pro- 
gressive ont été publiés Tun par Charcot etJoffroy, l'autre par 
Gombault, interne de Charcot, un cinquième appartient à 
Charcot, le sixième à Duchenne et Joffroy le septième à un 
américain, Hun, le huitième enfin, où les recherches anato- 
miques ont été faites par R. Maier, est celui de cette femme 
déjà plusieurs fois citée qui mourut dans mon service en juin 
1870. 

^ D'après ces huit observations il s'agit toujours d une affec- 
tion des noyaux moteurs du plancher du quatrième ventricule 
avec l'atrophie dégénératrice des cellules nerveuses de ces 
noyaux. Deux fois, dans les cas de Charcot et de Duchenne- 
Joffroy, le bulbe ne présentait aucune autre lésion, si ce n'est 
une certaine injection des vaisseaux de la substance grise ; 
dans tous les autres cas, il y avait en outre une myélite chro- 
nique scléreuse. Dans le cas de Gombaultles noyaux bulbaires 

(l) Sammlung KiUtiscker Vortrâge, publ. par Volkmann. -- Voir pour 
la 1^ partie : Mmw. méd^ n^» 10 et 21 . 



ne présentaient qu'une atrophie pigmentaire des cellules sans 
modification de la névroglie, mais les pyramides étaient sclé- 
reuses. Dans tous les autres cas, la sclérose atteignait les 
noyaux en même temps que d'autres régions motrices, le plus 
souvent les pyramides antérieures, exceptionnellement les oli-» 
ves, jamais jusqu'ici les corps resliformes et leur substance 
grise. L'atrophie des cellulesnerveuses. primitive dans les deux 
premiers cas, dépendant peut être dans les autres de la sclé- 
rose, doit être regardée comme l'élément essentiel de cette 
maladie puisque on Ta toujours constatée. 

La dégénération des cellules nerveuses se montre surtout 
avec le caractère de l'atrophie pigmentaire jaune. Descellulesse 
colorent, deviennent souvent d'un jaune intense ou jaune- 
brun, ou jaune-rougeâtre ; en même temps elles s'atrophient 
«l leurs prolongements deviennent indistincts ou disparais- 
sant. Les~matns malades ont encore un noyau distinct et un 
j)rotoplasme granuleux. Outre les granulations fines, on voit 
des amas de granulations très- distincts du noyau et des par- 
ties environnantes plus pâles. D'autres cellules sont remplies 
par ces granulations et le noyau disparaît; c'est ce qu*a vu 
Maier dans notre cas et, d'après Charcot, il ne reste en fin de 
compte de la cellule dégénérée que des granulations jaunes 
isolées ou réunies en amas. 

Les lésions de la myélite scléreuse constatées par Maier con- 
cordent parfaitement avec les données de Leyden. — A l'état 
frais on voyait dans la masse médullaire un grand nombre de 
granulations de graisse isolée ou en amas. Sur les prépara- 
tions durcies, laugmentation de la névroglie était révélée par 
l'agrandissement des espaces intermédiaires aux tubes ner- 
veux; la substance conjonctive paraissait tantôt granuleuse, 
tantôt formée de fibrilles fines ou épaissies. La paroi des 
vaisseaux était épaissie et entourée d'une épaisse gaine de 
lisâu conjonctif contenant souvent desgranulalions de graisse 
et de petits corps brilîants très-résistants aux agents chimi- 
ques. 

., Dans les points où le tissu cellulaire réticulé était conservé 
se trouvaient souvent des corps étoiles dont les prolongements 
distincts avaient un contenu granuleux et dont le corps con- 
tenait souvent d'autres éléments cellulaires. — Ses tubes 
nerveux, dont le nombre était considérablement diminué, 
étaient tantôt amincis, à contenu granuleux, le cylindre-axe 
épaissi ; d'autres fois les tubes étaient pâles, les cylindres- 
axes atrophiés ou complètement détruits. 

Des masses grises, toujours malades, qui correspondent aux 
cordons antérieurs , le noyau de l'hypoglosse était tou- 
jours compromis. Charcot et Joffroy ont constaté, dans le cas 
combiné avec l'atrophie musculaire, par la comparaison avec 
les préparations de Glarke du noyau de l'hypoglosse normal 
que le nombre des cellules nerveuses dans les noyaux atro- 
phiés avait été réduit au lilOouau li13 de la normale. — En 
outre les noyaux du spinal sont constamment atteints» 
ceux du facial le sont d'ordinaire. Du3hennea vu la portion 
motrice du trijumeau malade. Au contraire les noyaux plus 
externes, correspondant aux cordons postérieurs de la moelle, 
ceuxde Taudtifet de la portion sensitive du trijumeau et, 
d'après les observations de Charcot et Duchenne-Joffroy, l6 
noyau du glosso-pharyngien, paraissaient intacts. Charcot 
seul a trouvé un petit nombre de cellules dégénérées dans le 
noyau sensitif du trijumeau. Leyden etMaier ont constaté un 
amincissement des fibres intramédullaires de l'hypoglosse, du 
vague, du spinal et du facial; Gombault les a trouvées nor- 
males. 

Les olives auxquelles Wachsmuth avait attribué un rôle 
important dans cette affection d'après les hypothèses de Schrce- 
der-van-der-Kolk, ne paraissent dégénérées qu'exception- 
nellement. — Leyden dans son premier cas avait trouvé leur 
substance centrale dégénérée . Les observateurs français et 
Leyden dans son dernier cas les ont trouvées normales. Maier 
lésa trouvées très-malades — Les pyramides ont présenté 
les lésions de la sclérose dans les deux cas de Leyden dans 
celui de Maier et dans le cas de Gombault. 

Gomme vous l'avez vu,. messieurs, on voit toujours appa- 
raître dans le cours de la paralysie bulbaire des paralysies ei 
souvent Tatiophie de groupes d3 muscles innervés par les 



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11 



LE PROGRES MEDICAL 



nerfs spinaux. — Aussi n'y a t-îl rien d'étonnant à ee que 
dans tous les cas oii on a examiné la moelle, on y ait trouyé 
les mômes lésions que dans le bulbe. — Tanl6t on a constaté 
uniquement l'atrophie pigmentaire^ des cellules des cornes 
antérieures et la vascularisation exagérées de ces parties. 
(Gharcot, Duchenne-Joffroy); tantôt on a vu de plus une myé- 
lyte scléreuse des cornes antérieures et des cordons anté- 
rieurs et latéraux. (Leyden. Hun. Maier). — Les cornes et les 
cordons postérieurs ont jusqu'ici été trouvés intacts, cepen- 
dant, dans mon cas, Maier a trouvé dans la région cervicale 
quelques traces du mal jusque sur les limites latérales des 
cornes postérieures. Dans les cas où \\ y avait atrophie mus- 
culaire progressive, on a constaté la sclérose des cordons an- 
térieurs et latéraux avec atrophie pigmentaire des cellules 
nerveuses des cornes antérieures, et GombauH-a tu ces cel- 
lules réduites au cinciulème de leur nombre à la région cervi- 
cale, de la moitié à la région lombaire. 

J'ai déjà dit combien il était fréquent de voir l'atrophié 
dos racines motrices du bulbe appré?iable à l'œil nu. — Le 
plus souvent les racines de l'hypoglosse étaient amincies, 
parfois à peine visibles. On a constaté souvent aussi Tatro- 
phie des racines du vague, du spinal et du facial; dans un 
cas celle des glosso-pharyngiens (Leyden); dans un autre celle 
d'un des trijumeaux (Hun). Les mômes lésions existent dans 
les racines antérieures de la moelle cervicale parfois mômè 
jusque dans les régions inférieures. L'alrophie des tubes ner* 
veux peut être dissimulée à l'œil nu par Thyperplasie desélé-^ 
mentsconjonctifs. Dans le cas de Charcot, où il n'y avait 
qu'une atrophie pigmentaire des cellules nerveuses, cet ob- 
servateur ne put constater sur les tubes nerveux des racines 
qu'un ffn état granuleux. Lorsque les tubes nerveux sont at- 
teints d'atrophie graisseuse, celle-ci diminue vers la p ériphé- 
rie, ainsi elle est à peine marquée sur les ramifications fines 
de l'hypoglosse qui sont parfois complètement saines. 

Quant aux miiscles, on les voit tantôt à peine diminués dé 
volume proporlionnellement à l'amaigrissement général, tan- 
tôt atteints d'une atrophie manifeste. Mais il ne faut pas, 
corartie Duchenne, conclure de la conservation de volume à 
l'intégrité trophiquedes muscles. Celle-ci peut exister (Trous- 
seau, Duménil, Maier), mais elle peut aussi faire défaut, 
comme le prouve surtout l'observation de Charcot. ^ O^^i"- 
que dans son cas la langue ne parut pas atrophiée quelques 
jours seulement avant la mort, le tissu musculaire à la pointe 
était déjà en dégénérescence graisseuse, les fibres musculaires 
atrophiées, taudis que le sarcolemme était en proliféra* 
tipn . 

tin fait important, c'est que, chez le môme individu, des 
muscles et des groupes musculaires paralysés pendant la vie 
•sont trouvés à Texamen microscopique en partie intacts, en 
.;j)artie atrophiés, et dégénérés à des degrés et sur imeéten-^ 
<iue variables. L'observation de ma malade qui présentait une 
^ralysie. généralisée à la fois a presque tout le corps est 
très-intéressant à ce point de vue. Chez elle, la langue pat 
exemple était très-atro[»hiée, Torbiculaire des lèvres intact, les 
muscles superficiels du cou dégénérés et atrophiés, les muscles 
proîonds l'étant à peine, les muscles laryngés étaient très- 
atrophiés, les muscles pharyngiens très-peu, etc. — Charcot 
a fait les mômes observations dans son cas; sur plusieurs 
muscles les troubles trophiques étaient bornés à des faisceaux 
'«ta des fibres isolés, d'autres (épaule gauche) étaient très* 
atrophiés et jaunes, d'autres enfin aimplement amaigris. 

La véritable atrophie est rarement complète et n'atteint 
*(l'ar4inaire que quelques faisceaux isolés. Elle consiste tantôt 
en une simple diminution, tantôt en une dégénérescence sé- 
reuse ougraisseuse des fibres musculaires, les trois formes 
de dégénérescence peuvent se voir sur le môme muscle. Le 
tissu cellulaire interfibrillaire parait le plus souvent hyper- 
trophié mais ne Test cependant pas toujours. {A suivre.) 

.^Tr&d. BIEGHA.QUBT.) 



j^iA^AU^jAL 



s^s^sss^^^^a^àîiàé^ 



*' Mort parle chloroforme. — h^ Temps du 10 août annonce la mort, à l'âge 
' de 28 aïis d*un jeune peintre d'avenir, M. Georges t)rouin: atteint de vio- 
lenles^ douleurs dental^^s . il voulut s'endormir par le vhloroforme et s'ajapliquâ 
sur la figure un mouchoir qu'il en avait imbibé . 



Gontribntlon à ranatomle ^ à la physiologie .|>â*&]0- 
logique» dee tumeurs lurineases et dfis abcès usi- 
neuz (1). 

Par Henfi MlftmilUnr, iùlème d<é8 hftplttdn de Péa!â% 

MTïSlOLCieiR PATHOLOI&IQUH» *- tiLÏHOOnÔl^IB, (iSW<i^- 

p fummr uHfiaîre. — M. Voillemîer prétead tfaytAe 
partie des tuttieui*s tirinaities sotit constîtuîées par des 
nodosités sbtts-cùtanéés ^hérëntes à Turéthre mais en 
somme indépendantes dte cse condhiit. (Jamain. Manuel de 
pathologie chirurgicale, 2« édition). D'après cet énihi^nt 
chirurgien ces tumeurs aiïl^îeîntpcyar' origine une coltection 
sanguine ou purulente située dans le voisinage du cdiïal de 
rurèthre (Jamain, 2» édition).— (Nous n'avons pas trôtivé 
cette opinion émise dans son Traité des voies ttrinùires). 
Ainsi donc M. Voillemieradmetla collection sanguine conune 
pouvant donner lieu à la formation d'une variété de tu- 
meur urineuse. Datis le cas qu^il nous- a été donné de ren- 
contrer, la tumeur qui se trouvait à la partie postérieure de 
la portion spongwose était adiiérente à rurttifW?*lle^fte 
trouvait <lans l'épaisseur du tissu s»us*«iuq«ieTix et îa «lu- 
queuse du canal en était complét«l»eot4iïdépeiite«te. Qeant 
à la nature de cette tumeur elle était manifeste : c'était, 
sinon une collection sanguine, du moins une infiltration de 
sang dans les mailles du tissu fibreux qui avait remplacé le 
tissu spongieux normal. 

Infiltration ou collection, peu importe la forme, aufead 
c'est toujours la même chose et c'est le processus liéwrir- 
rhagique qu'il fout invoquer. Nous avons -éit inrécédemmenl 
par quel mécanisme Thémorrhagie se produisait; lane feU 
ce mécanisme mis enjeu, iïdoit donoer èiea le plus'SWi- 
vftnt à une infiltration sanguine à cause de *a nature du 
tissu au milieu duquel se fait répanchement sanguin, wds 
on conçoit très-bien la possibilité de la collection saugiâne. 
Du reste M. Voillemier aurait vu ce dernier fait. Nous noos 
rencontrons donc sur ce point avec cet émiaent obiarurgien 
et nous sommes heureux de pouvoir nous abriter aeus orne 
autoi4té aussi compétente, 

Nous ne soldons pas discuter ici toutes les origines, fos- 
sibl^s des tumeurs urineuses, nous voulons seulement bien 
établir ce foit, & bkvoïc qu'il existe le long d« canal de Tuitè- 
thre des tumeurs dites urineuses 4}ui tantôt solides, %sMX 
liquides, ont leur origine exclusive dans une ^émorrlii^e 
du tissu sous-muqueux. 

Nous sommes loin d'avoir la prétention de chasser ^if 
cadre nosologique les tumeurs urineuses proprement dîM, 
c'est-à-dire celles dont lo contenu serait de l'arâie; «tis 
nous ne pouvons nous empêcher de croire que bien des 
tumeurs groupées dans ce genre n'étaient autres ^^e 
collection sanguine ou bien un kyste séreux héaiatiftie. 

Le fait de la tumeur urineuse d'origine sanguioe peut 
donc être considéré ai^ourd'hui comme démontré. Quant à 
sa fréquence nous essaierons de la discuter plus loin , mais 
il faut le dire c'est une question qui aurait besoin d^oinar- 
vations nouvelles pour être jugée définitivement. 

2^ Abcès urineuœ, -^ Pour nous l'abcès urtneux peut 
succéder à l'infiltration ou à la collection sanguine telles 
que nous venons de les signaler soit peu de temps après leur 
formation soit plus tard. 

Au début, les phénomènes inflammatoires causés par la 
présence du sang seraient la cause de la purulence. -Plus 
tard, il y aurait un mécanisme difl'érent pour la collection 
et l'infiltration : ï)ans le premier cas ce serait ui^e ôa«se 
quelconque, un traumatisme qui oocaaimmerait de l'in- 
flammation aiîL niveau de la poche; da^s le seo<!>nd cas la 
purulence serait le fait de la nécrobiose ou potii' parterle 
langage que aous avons «aployé précédemment, ce serait 
de la cirrhose régressive, de la phthisie srëthrale. 

L'abcès urineux succède donc à la tumeur urineuse, soit 
qu'il arrive de suite se confondant^ poury.uinsi dire avec 

(l) Voir les n®» 1, 2, 4 et 8 du Progrès MédkaU 

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LE PROGRES MEDICAL 



113 



elldv soU que Tabcès si^ccëde à la tusogiu:. urifouse hi&a, .. 
longterops après son apparition. 

Du reste dans le cas que nous avons observé nous trou- 
vons d'abord un abcès urineux tout formé au périnée 
(inoision le 22 juillet); puis,. à l'autopsie, nous constatoos à 
la partie postérieure de la régioii spoogi^evuse de Torèthre 
un abcès qui commençait à se former aux dépens d'une 
tumeur urineuse (infiltration sanguine) par le mécanisme 
de la nécrobiose. C'était saisir la nature dans son processus 
pour passer de la tumeur proppwieat dite à l'aboèa. 

Ainsi donc la transformation de. la tumeur saogama.ou 
urineuse en tumeur, purulente ou abQès urineux est. un (ajlt 
définitivement acquis ; notre cas le prouve surabondam- 
ment. 

D'ailleurs, indépendamment de cette observation, étant 
donné le fait d'une hémorrhagie dans l'épaisseur du tissu 
sous-muqueux de l'urôthre, pourquoi le. foyer hémorrhar 
gique ne pourrait-il ici comme ailleurs se transfor er en 
foyer purulent? Le raisonnement pouvait donc ici devancer 
l'observation. 

Nous voulons avant de finir ce chapitre insister sur quel- 
ques particularités au sijyet de cette espèce d'abcès uriaeux 
que nous étudions : 

Dans l'abcès qui commençait à se former à la partie infé- 
rieure de la région spongieuse c'était aux dépens de la 
périphérie de la tumeur que le pus se formait. Les parties 
périphériques incapables de se nourrir avaient subi la trans- 
formation nécrobiotique ; c'est à la périphérie que siégeait 
le pus. La gaine du tissu spongieux avait été détruite; et 
le pus fusant dans le tissu cellulaire sous-cutané était venu 
former une tumeur jusque sous le corps caverneux au 
point de simuler unepénitis; Maisnous insisterions peu sur 
celile disposition partioulière , voulant seulement faire 
remarquer, la position superâcielle du pus dana ce cas. 
Aussi est-il probable que l'abcès se serait ouvert à la peau 
sans que sa cavité ne communiquât avec le canal de 
Vurèthre,'à moins toutefois que. toutes les parties delà 
tumeur urineuse aient subi la môme dégénérescence ce qui 
est encore possible. 

Si, au contraire, les parties profondes de la tumeur atte- 
nantj^â à la muqueuse subissent les premières le travail 
précité, il est presque certain que le pus se fera jour à tra- 
vers la muqueuse dans le canal, dej Turèthre, de môme qu'il 
est aussi possible qu'il s'ouvre également à la pçau.. Il, s'en- 
suit que Tabcès dit urineux et d'origijie hémàtique peut 
s'ouvrir tantôt à la peau, tantôt dans le canal de* l'urèthre, 
tantôt par les deux voies à la fois. Il ne faudra donc pas 
conclure qu'un abcès est? d'origine urineuse, lorsque. à le^ 
suite de son ouverture il y aura uneflstulQ urinQUse, comme 
cela s'est passé dans notre cas. 

Au contraire, nous sommes porté à croire qieô lorsqu'un 
abcès dit urineux s'ouvrira simplement par la peau, son 
origine ne doit pas être recherchée dans le :passage de 
l'uinne à travers la muqueuse fjraillée. A ce sujet nous dis- 
tinguerons deux cas : 

Dans le premier cas, nous rangerons les abo^s urineux à 
formation rapide qui ne peuvent être distinguas de la tu- 
maur urineuse à laquelle ils succèdent sans coup férir. Id 
nous crayons pouvoir affirmer que toutabqôss'ouvrant 
simplement par la p^au n'est pas un abcès urjneux proprer 
ment dit car dans œ cas la ftssuce qui a dohné passage à 
rnrîDe n'a pas pu se cicatriser ou du moins ddnnerune cica-i 
I triée asses solide pour s'opposer au passage çhi pus. 
' Dans le deuxième ca^, nous oomprenoné^' les abcès qui 
s'ai)oèâent longtemps après la formation <h0 la tumeur. Ici 
uQue serons moi^s afflr(natifâ car uàecicalrice solide a eu 
le temps de se faire et rautopsie seule pmpirrait juger la 
question. 

Comme on le voit, nous nous eflbrçonfiide rçstr^iuare le , 
p}u3 possible! le dmnaine des abcès uipi»mx. tput aute^t qi^ 
celui à/^ tumeurs ui^iueuses propmn^t ditea^ Toutefois, 
nouB \». i^pétons, nous souha^s^ loia# vonloii^ bat^eeu) 
bpèche coiup^tement cette origjne u»^|^se des teneurs- et. 



Nûus.disons tumeurs et abcès, uréthrau^c^r il est^biep 
évident que les noms de tumeurs, urineuses et d'abcès uri- 
neux sont des dénominations vicieuses en partie, qu'il con- 
viendrait peut-être de réformer; mais pour cela l'autorité 
nous manque et nous nous couteotons de préseiUe^ À 0^ 
suj.et cetteisimple observation. 

Il est bien entendu que cette théorie que nous venons de 
donner ne s'applique qu'aux tumeurs et abcès urinaires qui 
surviennent à la suite des blennorrhagies chroniques dans 
le coars des rétrécissements. (A suivre). 



BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL 
La Faculté de médecine de Nancy. 

- î^ nouyel.te faculté de Nancy vient de terminer sa pre- 
mière année scolaire. Dà^ maintenait il devient possible 
sinon de prévoir l'avenir qui lui est définitivement réservé, 
du moins de signaler les graves difficultés que lui a créées 
une organisation aussi arbitraire que défectueuse. Le mal 
est sérieux ; et — nous le disons avec peine — si on ne le 
combat point avec énergie, les débris de la faculté de Stras- 
bourg, jadis si brillante, sont menacés de s'éteindre dans 
l'obscurité de l'ancienne écolo de Nancy où ils ont été si 
malencontreusement importés. 

Mais où donc est le mal? — Il se trouve d'abord dans la 
mauvaise organisation des cliniques de la faculté et, pour 
être convaincu.de cette vérité, il suQit de jeter un coup 
d'œil rapide sur les hôpitaux de Nancy. En attribuant des 
établissements hospitaliers à cette ville nous commettons 
une erreur, car elle n'en possède point ! Les hôpitaux sont 
la propriété des religieicses de l'ordre de. Saint-Charles 
qui les loue à la mumcipalité. 

I^eplus import^ntd'entre eux est l'hôpital Saint-Charles 
où se triouvent installés les services de clinique chirurgicale 
et médicale. Il renferme 160 lits, généralement tout occu- 
pés. Cinquante-cinq lits sont consacrés à la clinique chirur- 
gicale, neuf à Tophthalmolpgie et soixante à la clinique mé- 
dicale, Nous avons eu l'occasion d'observer dans ces divers 
services beaucoup de faits intéressants. Celui de chirurgie 
notamment oflre un nombre considérable de fractures et de 
traumatismes, en rapport avec l'extension que prend cha- 
que jour l'industrie Nancéenne. Les affections des voies 
urinaires, de l'utérus, des articulations, et du tissu osseux, 
etc., n'y sont point rares et peuvent servir de base à un en- 
seignement clinique élémentaire. 

Cet état de choses est loin d'ôlre parfait, mais il est 
évidemment susceptible de le devenir; il suffirait, pour cela^, 
d'attirer de nouveaux malades par une installation plus 
convenable que celle qui existe actuellement. Nous ne. 
croyons pas, en effet, qu'on puisse trouver dans aucun de 
nos chefs-lieux de canton un établissement hospitalier plus 
misérablement installé que celui de Nancy. En parcourant 
ces salles basses, mal aérées, donnant sur des cours som- 
bres et humides, on songe involontairement aux premiers 
temps de l'ancien Hôtel-Dieu. Il n'existe pas de jardin ou ' 
rien qui puisse servir de lieu de promenades, et nous n'avons 
guère rencontré de ma'ades dans les cours, dont .l'air, du 
reste, est infecté par les émanations d'un égoiit. 

On nous a assuré q»je l'administration ^e mettaîti à hi^ 
disposition des chirurgiens aucun des instruments les plijs 
indispei^sabjes ; et, nous avons vu faire une injection dans 
un cas d'hydrocèle à l'aide d;une seringue qu'eût répudiée. 



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114 



LE PROGRES MEDICAL 



plus d'un apothicaire de village. — L'hôpital n'a point de 
pharmacien ; la préparation des médicaments est exclur 
sivement réservée aux religieuses Nous noufi demandons 
ce que doivent penser les anciens médeciis de l'hôpital 
civil de Strasbourg qui n'ont certes pas oublié les importants 
services rendus à la science par M. Hepp leur regretté 
pharmacien en chef. 

Quittons l'hôpital Saint-Charles pour entrer dans une 
seconde propriété des religieuses du môme ordre, c'est-à- 
dire à la < Maison de secours » où sont installées les clini- 
ques d'accouchements et des affections syphilitiques ou 
cutanées. Ici nous tombons de mal en pire. Femmes encein- 
tes, en travail, ou en couches, sages-femmes, éievBS'sages- 
femmes, prostituées atteintes de maladies vénériennes, tout 
ce monde est entassé péle-môle dans ce triste établissement 

De la salle des femmes en couches et du dortoir des élèves 
sages-femmes, on voit aisément tout ce qui se passe dans la 
partie réservée aux femmes syphilitiques! L'hygiène de 
cette Maternité est aussi détestable qne possible; les salles 
sont petites, les plafonds sont bas, les lits se touchent. Aussi 
la fièvre puerpérale y exerce-t-elle ses ravages. Dans le 
courant de l'année scolaire, une véritable épidémie a aniené 
une mortalité effrayante ! 

Le troisième hôpital de Nancy est consacré à la vieillesse 
et M. Démange y fait deux fois par semaine une leçon clini- 
que sur les maladies des vieillards. 

On comprend, après les détails que nous venons de 
donner, pourquoi l'enseignement clinique de la nouvelle 
Faculté est resté bien au-dessous de ce qu'il aurait dû être. 
Le nombre des élèves qui l'ont suivi, déjà insignifiant, di- 
minuera encore au lieu d'augmenter, si Ton ne fenncrapi- 
dement la plaie sur laquelle nous venons démettre le doigt. 
— Sans vouloir nous engager sur un terrain trop dange- 
reux, nous ajouterons que renseignement magistral ne s'é- 
lève point non plus toujours à un niveau suffisant. En écou- 
tant certaines leçons cliniques, on se demande si réellement 
on se trouve dans une Faculté ou si l'on ne se serait point 
égaré dans la plus obscure des écoles secondaires. Nous 
sommes bien loin, en tous cas, du brillant enseignement 
chirurgical de Sédiilot, Rigaud et Bœckel. 

C'est avec plaisir que nous passerons des hôpitaux dans 
les LABORATOIRES, car nous trouvons dans ces derniers un 
état de choses bien plus satisfaisant ; là des efi'orts sérieux 
ont été tentés et certainement couronnés de succès. * 

Le Laboratoire de chimie physiologique et pathologique 
est installé dans de bonnes conditions et admirablement di- 
rigé par M. Ritter. Les élèves y sont exercés aux manipu- 
lations plusieurs fois par semaine. Dans le cours du dernier 
semestre, M. Ritter a fait devant un auditoire, aussi nom- 
breux que possible, une série de leçons du plus hautintérôt 
«ur l'analyse des urines, les matières fécales et vomies, le 
fiangetlabile. 

Lb laboratoire d^histologie pathologique est moins par- 
fait; des microscopes en nombre suffisant sont, il est vrai, 
mis à la disposition des élèves, maU Téclairage de la salle 
ne se fait qu'insuffisamment, par une lucarne 1 M. Gross, 
agrégé, supplée le professeur Feltz dans la direction de ce 
laboratoire. A défaut d'installation convenable, il a voulu 
donner à ses élèves un enseignement oral suffisant. L'in- 
flammation, la grangrène, les tumeurs ont été successive- 
ment décrites par lui avec beaucoup de méthode et une 



grande clarté, qualité précieuse et assez rare chez les his- 
tologistes. Mentionnons enfin deux autres laboratoires : 
l'un de chimie pure et l'autre de physiologie expérimen- 
tale. Sous ce rapport, la faculté de Nancy est donc réelle- 
ment favorisée. 

Quant aux cours « officiels, » ils sont nombreux et géné- 
ralement bien faits, mais suivis par un nombre d'élèves 
très-minime. Les leçons deM. Granjean, professeur-adjoint, 
ayant trait « aux notions préliminaires de thérapeutique, » 
ont cassé faute d'auditeurs ; le cours de pathologie générale 
a eu le même sort. 

Certes, MM. les professeurs Michel, Stoltz, Rameau, 
Hergot et Hirtz habitués au vaste amphithéâtre de Stras- 
bourg qui regorgeait toujours d'auditeurs, doivent éprouver 
d'amers regrets aujourd'hui, lorsqu'ils font leur leçon de- 
vant dix élèves, dans une salle vide • 

Si les débuts de la nouvelle Faculté sont difficiles, il ne 
faut point cependant désespérer de son avenir. N'oublions 
pas que Nancy renferme un noyau solide de travailleurs 
infatigables, formés à l'école de Kuss, Stœber, Schutzenber- 
ger. Caillot et Stoltz. — L'élan de ces jeunes professeurs a 
été momentanément arrêté, mais cet arrêt, espérons-le, 
n'est pas encore un fait accompli, tant s'en faut. Que la 
municipalité de Nancy, débarrassée maintenant de l'occu- 
pation étrangère, leur donne le champ de travail qui leur 
manque, c'est-à-dire des hôpitaux sérieux, indépendants de 
toute immixtion religieuse, et nous verrons bientôt ce 
que valent les élèves des derniers maîtres de la Faculté 
française de Strasbourg- L. E. Dupuy. 

I<e Choléra. 

Nous publions plus lom (p. 119) les renseignements que 
nous avons pu recueillir sur le choléra, renseignements qui 
méritent d'attirer Tattention. Jusqu'à ce jour, nous croyons 
qu'aucun cas de choléra asiatique n'a été signalé dans les 
hôpitaux de Paris. D'après The Lancet, on aurait observé 
un cas à Rouen et quelques autres dans les environs de cette 
ville. Si ce fait est exact) nous serions donc nous-mêmes 
sous le coup de l'épidémie. 



SOCIÉTÉS SAVANTES 

ACADÉMIE DE MÉDECINE 
Séance du 41 août, — PriIsidbnck de M. Depaul. 

A la fin de la dernière séance l'académie s'était réunie en 
comité secret pour entendre la lecture du rapport de 
M. WoiLLKz sur les titres des candidats à la place vacante 
dans la section de pathologie médicale. Après la lecture du 
procès-verbal et les communications, on a procédé au vote 
auquel ont pris part 54 membres. Majorité absolue 28. Le 
dépouillement du scrutin donne le résultat suivant - 

M. Hirtz 30 voix, M. Villemin 19, M. Jàccoud 4, M, Peler I. 

En conséquence la nomination de M. Hirtz sera soumise à 
l'approbation du Président de la République. 

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion sur le 
typhus exanthématique. 

M. BRIQUET, monte à la tribune et développe la thèse qu'il a 
déjà soutenue. Bien sauvent on a cru observer des épidémies 
de typhus qui n'étdient autre chose que des fièvres typhoTdes, 
du reste ces deux maladies ont la plus grande aualo^ie et 
peuvent être confondues. Quant au typhus exanthématique 
on a cru avoir trouvé une maladie nouvelle et pas du tout on 
a eu affaire au typhus fever. 



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LE PROGRÈS MÉDICAL 



115 



M. CHAUFFARD ft écouté M. Bdquet avec la plus grande défé- 
rence; mais il faut que toute discussion ait une fin, aussi il ne 
répondra pas. D'ail.eurs la queclion a complètement changé. 

M. BOuiLLAUD. A plusicuFS reprises on a. dans le courant du 
débat invoqué Tautorité de Louis. L'orateur tient à prouver 
que jamais l'illustre observateur n'a confondu la fièvre ty- 
phoïde et le typhus. La première de ces maladies, quelles que 
soient ses différentes formes, est caractérisée par des lésions 
de l'intestin et spécialement des plaques de Peyer, à tel point 
que lorsqu'on ne trouve pas ces altérations.il faut nier l'affec- 
tion^ le typhus au contraire est une maladie générale. G. B. 

SOCIÉTÉ ANATOMIQUE 

SÉANCE DU 23 MAT. — PRÉSIDENCE DB M. CHARCOT. 
Hdld hjflatlqne, par Andral, interne des hôpitaux. 

X Adeline, âgée de 47 ans, est entrée le 19 avril 1873, à 

l'hôpital Saint-Antoine, salle Sainte- Agothe. n* H (Service de 
M. Pbtbr). — R4glée pour la première fois à 16 ans. Ayant 
pris à ce moment Un hain froid, la malade vit ses règles s'ar- 
rêter; elles ne reparurent qu'au hout d'un an et irrégulière- 
ment; cette Irrégularité dans l'apparition des règles coïncidait 
avec un état général peu satisfaisant. — Au hout de deux ans 
la santé de la malade se rétablit. Cependant les règles sont 
toujours irrégulières : elles n'ap[>aralsseut que toutes les six 
semaines, tous les deux mois. Mariée à 22 ans, elle devint en- 
ceinte dpr's trois mois de mariage. Elle a eu onze enfants, et 
elle a îail trois fausses conclues. Les trois premiers accouche- 
ments se sont faits régulièrement ; après la troisième couche 
le ventre serait resté gros et dur et des douleurs abdominales 
seraient survenues assez fréquemment. 

Quatrième accouchement 18 mois après le troisième. — 27 
mois après le quatrième, cinquième accouchement. 

Au moment de sa sixièmegrossesse, la malade a été obligée 
de S'aliter pendant t mois sans qu'on puisse découvrir la cause 
de ses souffrances. — Le sixième accouchement a été régulier 
ainsi que le septième et le huitième. Après le huitième accou- 
chement, avortement après 2 mois de grossesse. La malade 
s'est vite remise et 11 mois après elle mettait au monde un 
neuvième enfant. — Entre le neuvième et le dixième accou- 
chement, «nlre le dixième et le onzième, avortements dans les 
mômes conditions que le premier. 

Le onzième enfant est venu à terme il y a 4 ans et 3 mois ; 
depuis pas de nouvelle grossesse. Les régies sont bien revenues 
tous les mois mais elles ne duraient qu'un jour et demi. Les 
règles que la malade attendait vers le 25 décembre 1872 ne sont 
pas apparues, depuis cette époque elle a vu son ventre gros- 
sir peu à peu, en même temps les seins se sont gonflés et sont 
devenus douloureux, la malade a eu de temps en temps des 
nausées, et parfois même des vomissements. 

Ces symptômes lui firent croire qu'elle était enceinte. Le 18 
mars 1873 la malade a une métrorrhagie assez abondante ; le 
sang perdu était .ûuide, et ne renfermait que deux caillots 
dont le plus gros était du volume d'un œuf de pigeon. Ces 
métrorrhagies se sont renouvelées tous les jours, le sang 
perdu était limpide, sans caillots, malgré ces pertes continuel- 
les, le ventre augmentait de volume. Mais le gonflement et les 
picotements desseins ayant disparu, les pertes ne s'arrètant 
pas, la malade cesse bientôt de se croire enceinte. Cependant 
elle s'affaiblissait de jour en jour et le 19 avril elle demandait 
à entrer à l'hôpital. Le jour de son entrée, à ma visite du soir, 
j'ai trouvé une femme excessivement anémiée. Elle accusait 
une grande faiblesse, de la céphalalgie, des bourdonnements 
d'oreilles, symptômes expliqués parfaitement par les pertes de 
sang continuelles que faisait la malade. Elle se plaignait en 
outre de coliques. — Sur la chemise je n'ai trouvé que quel- 
f quea taches de sang. La malade en effet ne perdait que fort 
peu depuis quelques jours. — En palpant le ventre de la ma- 
lade je n'ai provoqué que très-peu de douleurs et constaté la 
présence dans la cavité abdominale d'un^ tumeur volumineuse, 
bosselée, ayant la forme de l'utérus gravide, et remontant 
jusqu'à trois travers de doigts au dessous de Tombilic. J'ai 
pratiqué le toucher vaginal, et j'ai trouvé un col de l'utérus 



dur, irrégulier et assez volumineux : on sentait, notamment du 
côté gauche, de petites tumeurs dures et bouclées. 

On crut à des tumeurs fibreuses de Tutérus et on prescrivit 
de l'ergot de seigle, de la limonade sulfurique et des cataplas- 
mes froids sur le ventre. Grâce à ce traitement la métrorrhagie 
cessa . 

L'étal général devint très-rapidement satisfaisant, mais la 
tumeur abdominale grossissait très-rapidement. Le jeudi 22 
mai en palpant l'abdomen on constatait que la tumeur re- 
montait à deux travers de doigts, au-dessus de l'ombilic, trois 
ou quatre Jours avant le 22 mai la malade avait beaucoup 
travaillé. 

Le 22 elle se donne beaucoup de mouvement, va à la messe, 
à vêpres, etc. C'est ce jour-là qu'elle a été prise de douleurs 
violentes analogues à celles dune femme en travail. A4 heures 
- i^2 du soir, la malade revient de l'église, se plaignant de fortes 
douleurs dans les reins. Elle rapporte dans sa chemise deux 
caillots assez volumineux qu'elle a perdus pendant l'office. 
A 5 heures du soir elle perdait du sang en assez grande quan* 
tité et des caillots. La malade étant très-affaiblie, je prescrivis 
une potion cordiale, et je fis retirer les oreillers du lit. à 10 
heures du soir les douleurs étaient à leur maximum, la ma- 
lade les comparait à celles qu'elle avait éprouvé lors de ses 
nombreux accouchements, ces douleurs se calmèrent très-ra- 
pidement à la suite de l'expulsion d'une tumeur qui me fut 
montrée le lendemain, vendredi 23 mai. tumeur que je recon- 
nus être uiiQmôle hydatiqm volumineuse pouvant poser envi- 
ron un kilogramme. La malade ayant eu le lendemain et le 
surlendemain de l'expulsion de la môle hydatique de forts ac- 
cès de fièvre a voulu quitter l'hôpital. Il parait qu'elle est au- 
jourd'hui rétablie, mais en quel état est son abdomen à l'heure 
actuelle? c'est ce que je ne puis dire. 

Le lendemain de l'expulsion de la môle il avait énormément 
diminué. En palpant l'abdomen on sentait encore l'utérus 
mais il ne dépassait la symphise pubienne que de deux tra- 
vers de doigts. Le col de l'utérus était ramolli et largement 
entrouvert comme celui d'une femme qui vient d'accoucher. 

Nous n'avons pu retrouver dans la tumeur traces du fœtus. 
Celte tumeur est constituée par des caillots sanguins et par 
dea yésicules nombreuses réunies en grappe et de volume 
différent. Les plus grosses, très-peu nombreuses, oiit le vo^ 
lume d'un œuf de pigeon ; les plus petites ont le volume 
d'un grain de chénevls. Le liquide renfermé dans les vésicules 
est transparent et l'acide acétique y révèle la présence de la 
mucine. 

Fibro-Biyome àe la e^nmde lè¥re, par G. Margano. 

X.., femme mariée âgéede25 ans, entre à laMaisonde Santé 
pour une tumeur de la grande lèvre gauche. Cette tumeur 
occupe la partie supérieure de la grande lèvre, et proémine à 
la partie inférieure de la fesse. Le toucher rectal montre 
qu'elle envoie un prolongement à sa partie supérieure, mais 
il est impossible d'en préciser l'étendue. 

Cette tumeur a débuté en 1869. — Sa marche fut très-lente 
au commencement, mais après la guerre elle suivit un déve- 
loppement très rapide. — Elle a le volume d'une grosse 
orange, dure, non adhérente à la peau, et mobile à sa partie 
inférieure. — Pas de symptômes loignés, ni généraux, ni 
d'infection gangliomiairé. 

S mai, opération — L'extirpation et Ténucléation sont assez 
faciles, mais une fois qu'on arrive à l'extrémité supérieure, la 
dissection devient laborieuse, car la tumeur s'enfonce entre 
le rectum et le vagin. On finit cependant par l'en séparer sans 
toucher à aucun de ces deux organes. 

21 mai. La malade sort de l'hôpital complètement guérie. 

Examen anaUnniqne, Tumeur de forme ovoïde, recouverte 
d'une enveloppe solide. La coupe présente un aspect changeant; 
ici des ilôts arrondis, incolores, comme transparents, ou bien 
gris ou d'un gris rougeâtre, correspondant à la coupe transver- 
sale des faisceaux fibreux ; là des portions étalées, irrégulières^ 
allongées, plus blanches, brillantes, presque nacrées, suivant 
la coupe longitudinale des faisceaux. 

Au microscope, on distingue trois sortes d'éléments' princi- 
paux : 1^ des faisceaux de fibres du tissu coi\jonctif dirigés en 



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116 



LE PROGRES MEDICAL 



iou» amSj faisant de BMttbvetiaessifiueeilés; on voit immédia- 
tement les unes à c6té des autres des eoapei» lon^tudinales et 
transversales de faisceaux ûbreux. 

2<» Des cellules plaies du tissu conjonctif appliquées contre 
les faisceaux de tissu fibreux, — Dans certains points ces cel- 
lules, accumulées en amas considérables indiquent une proli- 
fération abondante ; elles sont reconnaissables à leur contenu 
granuleux, etc., etc. 5*» desfibres-cellules ou fibres musculaires 
lisseg généralement isolées, non réunies en faisceaux propre- 
ment (Ots, mais rassemblées quelquefois en nombre considé- 
rable sur le môme point, à direction très-variée, parallèles ou 
perpendiculaires au trajet des faisceaux fibreux. 4» de nom- 
breux vaisseaux ayant une paroi à structure généralement 
veineuse. 

Les caractères précédents rangent cette tumeur dans la 
classe des fibro-myômes. 

Séafice du 30 nuH, — Présidbnce de M. Charcût. 



Hypertrophie dm 
liée valvalves 



•vec dllAtetloB lie Taortei «IcévattaB 

par F. RATicONDy interne dea hôpitaux. 



Bel.. 41 ans, tanneur, est entré le 20 mai à Thôpital de la Pi- 
tié (service de M. Marrûtte). 

Renseignements, Le malade, examiné le 20 mai, à 5 b du soir, 
raconte qu'il y a un mois, il a eu une fluxion de poitrine, 
pour laquelle on a appliqué un large vésicatoire : il entra en 
convalescence au bout d'une quinzaine de jours, et pour se 
guérir plus vile, confiant dans Tair de la campagne, il se ren- 
dit à Cbarenton cbez un de ses parents. 

Tout alla bien pendant quelque temps; au bout de qua- 
torze jours, il revint à Paris, reprendre son métier de tanneur; 
il put, quoique encore assez faible, travailler pendant 4 ou 5 
jours ; au bout de ce temps, fatigué par le moindre mouve- 
ment, sans force, il demanda son admission à Thôpital, afio 
disalt-il de se guérir complètement. 

Etat actuel. — Ce qui frappe au premier abord, dans l'état 
du malade, c'est une difficulté extrême de respirer ; la dysp- 
née est assez intense pour qu'il soit obligé de se tenir assis 
dans son lit. 

La face pâle exprime très-bien par le jeu des narines et le 
mouvement des muscles de la face l'angoisse de la respira- 
tion;, l'abattement est extrême, le malade répond lentement 
aux. questions qu'on lui adresse, mais il y répond très-nette- 
ment. La peau est chaude ; la température axillaire monte à 
39°, 4; le pouls, petit, bat 14U pulsations. 

Sans appétit depuis sa première maladie, notre malade a la 
bouche mauvaise, la langue sale, blanchâtre, épaisse suivant 
son langage; il est. constipé ; cependant le ventre est sou];^-et 
non douleureux. Il dort encore un peu la nuit, dans la posi- 
tion assise. 

L'auscultation de la poitrine révèle à gauche, dans le IjS in- 
férieur tlu poumon une diminution assez notable du murmure 
respiratoire; p(Hût de râles; submatité; légère résonnance 
de la voix ; è gauche, respiration normale ; de même en avant 
de la poilrine et des deux côtés. 

La palpation de la région précordîalcl dénote une-exagéra- 
tioû des battements du cœur au point de vue de l'intensité et 
de la rapidité. — La percussion donne une matité étendue de 
haut en bas et transversalement surtout en bas. 

Bn auscultant, on entend des souffles très-nets, à tous les 
orifices du cœur, aussi bien à la pointe qu'à la base ; ces souf- 
fles sont mobiles, changeants. Pourtant celui du premier 
temps et de la base se présente toujours avec son caractère de 
rudesse, et d'intensité. Le pouls est régulier, petit et rapide. 

De plus, à la base des gros vaisseaux, on entend très-nette- 
ment un bruit de frottement, indépendant des souffles et des 
mouvements de la respiration. En auscultant au-dessus du 
foyer aorlique, on perçoit un souffre, qui se prolonge dans les 
vaisseaux du cou ; ce souffle on le retrouve le long de la co- 
lonne vertébrale en arrière au niveau des 5«, 6', 7« dorsales. 

Lacirculation veineuse du cou est gênée; les veines jugu- 
laires sont turgescentes; elles le deviennent surtout a'u mo- 
ment dé Texplratioi;; point de pouls Toineux.— L'examendes 
autres orgsines ne révèle rien d'anormal. Point d'alcoolisme. 



Diagnostic : Endo-péricardite, avec aortite pcobable. 

Marche et traitement. — Le ti mai, vésicatoire à la régjloa . 
du cœur. 

22 mai. Même état que la veille ; potion de Todd, et 4 graiû- 
mes d'extrait mou de quinquina. 

2a îMLi. Un phénomène nouveau se déclare : lô malade a été* 
pris de diarrhée ; il est allé six fois & la garde-robe ; le ventre 
tendu, tympanisé, est douloureux à la pression ; nulle part, 
pas plus à la surface de l'abdomen, qu'eii d'autres. points du 
corps, on ne trouve de taches rosées, ni de pétéchies ; la prosr 
tration devient de plus oa plus, grande. — Home traitement 
tonique. ^ 

î4 »wi. La dyspnée est extrême; les veines du cou, tres^ 
volumineuses, peuvent à peine se décharger ; la diarrhée ^ 
augmente, ainsi que l'abatiemeat^ies focoe&. Cet état général 
fait penser à l'endocardite ulcéreuse. On augmente la dose 
das toniques. 

2b mai. Le matin, aggravation des symptômes précédents; 
le soir à 4 h. le malade meurt. 

Autopsie faite le 26 maù . 

Les organes de la cai^ité crânieme sont sains. — D sn esk.w 
même de ceux de la cavité abdominale moins le dernier iaèts<t 
de l'intestin grêle; la muqueuse de celte portion de l'organe 
est-vascularisée, on dirait une injection de capillwrea, et dane*. 
deux points, il existe une nodosité brune etrougeâtre, recou- 
verte d'un lacis vasculaire. Rien ùdxis tes paumons, — Tous ce» 
organes avaient déjà subi la putréfaction cadavérique en par- 
tie. — Aucune trace d'embolie, d'infarctus, etc. 

Le cœwr e^t considérablement augmenté de volume ; il en 
est de même de la crosse de l'aorte. — Son tissu p^e, ané- 
mié, se déchire avec la plus grande facilité* — Le jB^^flrrf*^ 
contient 30 grammes de liquide environ. — Les deux feiàilletfr 
sont épaissis ; l'épaississement est plus marqué sur le feuillet 
viscéral et à la base du cœur. Les surfaces épaisses, rougeft- 
tres,' sont tomenteuses; du reste les deux^feuillets sont reliée, 
entre eux par de nombreux traetus oelUilo^^cléreux; 

Le ventricule gauche, dilaté, a ses parois amincies; l'endorp 
carde est rouge-brunâtre, coloration qui ne s'eoJève pas par 
le lavage. — La valvule mit/raie est normale ; il. n'en est pas de 
même des sigmoïdes de Taorte ; sur celle qui- est adhérente au 
pourtour de Torifice auriculo-ventrictikcire, existe une végéta* 
tion grosse comme une noix ; sa surface est bourgeonnante^ 
sa consislance mollasse, sa coloration rougeètre. 

Sur la valvule opposée se trouve nue ulcération comme 
taillée à l'emporte-pièce, à reborde saillants, légèrement épais- 
sis.- — La crosse de V aorte dilatée, dans d'assez grandes pro- 
portions, a ses parois un peu plus épaisses que d'habitude;, 
çà et là quelques plaques athéromateuses ; la surface interne est 
colorée comme l'endocarde, et le lavage, non plus, n'enlèive 
pas cette coloration ; du reste cette surfoce dépolie, est vU- 
leuse, inégale jusqu'au niveau de la ligne dorsale. — - Lee 
vaisseaux qui partent de l'aorte et le ventricule droit n'of- 
frent rien à noter. 

M. Gh ARGOT, une particularité dans ce cas, mérite d?at tirer 
l'atteation d'une façon spéciale, c*e8t l'Inégalité du souffla, 
qu'explltiue la diversité des lésions. 



loaai4lto «to«re»84»^ par V. SU^asck iiMwne àm bôpUAipu. 

Demalin, 49 ans, puisatier, entré le td mai 1873, à l'hôpital 
Gochin (service de M. Bucquoy). Cet homme» qui eet d'une 
constitution très-robuste, dit n'avoir jamais fbit-aueune malei» 
die ; il avoue avoir toujours fait de grands excès . de^ 
boisson. 

Six semaines environ avant d^entrer è l'hôpital, il s'enrhume 
comme il dit; puis la toux alla croissant et s'accompagna.- 
bientôt de gêne de la respiration, et trois semaines aprèe, la. 
dyspnée était Intense ; de temps à autre. violentes i)alpitations ; 
les jambes commencèreut àenfler. Ces symptômes s^cusèreni 
de plus en plus. Le 22 mai il fût pria de fièvre violente, avec 
frissons. 

 son entrée à l'hôpital, on le trouve, antiélan^ letefnt 
subictérique. Crachats muqueux très-épais. 

Râles sous-crépitants nombreux, dans lee tienx poamone^ 
surtout en arrière et aux bases. En anrièFey à laf)aflie moireafl»- 



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LB PROGRÈS MEDICAL 



117 



tt ï$oUmon droit, râles sous-crépitants plus nombreux, phis 
fins.— Bronchophonid; matité à la base du cœur, au niveau de 
rorifice aorUque ; les deux bruits sont râpeux et soufflants; à 
la pointe, bruit de souffle au premier temps, avec dédouble- 
ment des bruits. Matité cardiaque, légèrement augmentée. 

Pouls régulier, beaucoup moins ample à la radiale droite 
<pi ala radiale gauche. 

Œdème des membres inférieurs. — Intelligence nette ; lan- 
gue un peu sèche/ T. 39», 8 ; P. 120 ; R. 40. 

27 mai. — La- dyspnée est encore plus intense. Expectora- 
tion abondante de crachats rouilles, peu visqueux. Môme état 
que la veiSe pour tout le reste. — Malin : T. 39°, 8 ; P. 1 J6 • R 
44. — Soir : T. 39^ 6 ; P. 124 ; R. 40. 

28 mai. Le malade est dans un véritable état d'asphy^e • 
ino^ ^®^^^^^®- — Matin T. 40^, 1 ; P. 130 ; R. 45. — Soir ;'T^ 
400, 2 . p J45 . j^ g2. «. u succombe dans la soirée, sans con- 
vulsions. 

Autopsie. — Le (xmr est très-volumineux, à parois très- 
nypertrophiées. Les cadtés sont remplies de caillots noi- 
râtres ; caillot grisâtre insinué entre les valves de la valvule 
aorlique. Sur le bord libre de deux des valvules sigmoïdes, 
petites masses blanchâtres crétacées, du volume d'un grain 
de chénevis; le reste des valvules ne présente aucune modi- 
fication morbide. 

Immédiatement ûu-dessous de la valvule sigmoïde, voisine 
^la valvule mitrale, l'endocardite présente une exulcération, 
légèrement fongueuse, ressemblant assez à une érosion chan- 
creuse, du diamètre de un centimètre et demi environ.— 
Les petites granulations rougeâtres de l'exulcéralion se pro- 
longent, en quelque sorte, par un mince tractus, jusqu'à la 
face venlriculaire de la valve voisine de la mitrale. On suit le 
tractus jusqu'au bord libre de la mitrale, et sur la moitié enr 
viron de sa longueur, ou il semble comme déchiqueté, de 
semblables bourgeons sont engagés entre les deux valves. Le 
reste delà valvule mitrale n'ofl're aucune altération. Péricarde 
à Télat sain. 

La face interne de Vaorte dans toute l'étendue de la crosse 
est profondément altérée par des plaques d'athérome et d'en- 
dartérite chronique. La face interne des gros vaisseaux du oom 
«t des bras ne présente presque aucune altération. 

Congestion intense des deux poumons, nombreux lobules 
emphysémateux. Sur les coupes, les bronches donnent issue 
À un li<]çuide muco-purulent; tout le côté moyen du poumon 
droit présente les lésions de la pneumonie catarrhale, on n*y 
trouve point d'infarctus. Plépré saine, — Foie graisseux, sans 
infarctus. Pas d'infarctus non plus ni dans la raie, ni dans les 
rems, d'ailleurs fortement congestionnés. 



REVUE MEDICALE 

I. — ' Nouvelle ihéorit^ de la citlerose, par M. Lurow. 

Après avoir Indiqué les dtrerses théories étnises smr la 
tiailure de la cWoroae (névrose, perturbation menstruelle, 
dys|yepsieetc..) M. Luton* rappelle que a ce qu'il y a de mieux 
établi dans lliistoire de la chlorose, c'est qu'elle est une ané- 
mie et qtie rabaissement dn chiffre des globules rouges est la 
^aie base anatomîqtïe de cett& maladie. » La chlorose a tous 
ïes caractères de l'auémio hémorrhagique, bien que, à part 
lé» côs de chlorose ménorrhagique, cette maladie s'accompa- 
gne plutôt d'aménorrhée ou de dysménorrhée. L'auteur se de- 
mande enstûle s'il n'y aurait pas « quelque point du corps 
par lequel se ferait un éoouleffîent latent <iu sang dont la con- 
tinuité entraînerait tous les accidents propres à la chloross. » 
Pour lui, la muqueuse gastrique semblerait devoir être le siège 
la plus babitmel de ce suintement sasguin. De là, lef»arattèle 
suivait q%'ll fait autre. la ehlorose ei l'ulcère siiD{He de Tes^ 
tomac. 

1^ L« chlorose et certaines formes d'ulcères de VœtDm&e (l*érosroii htoior- 
TlitgSqM) sont ptfl&cnA&ères à la femme. 

2^ Lee iéêotàres de la metMtraaiion sont communs aux deux eas ; en 
«ffet 'Bfimon sigaale la snp^irassion des règles comme une cause de VnUsèie 
simple chez les filles puhères : cette variété d'ulcère a -mtme i^tt le nom 
d'ulcère menstruel. 



3» Dans la chlorose, l*tBi6iofrhé»^a,.8on.oorrélaaf iiat«wl^daB»4es.ki" 
morrhagies auxiliaires se faisant par la muqueuse stomacale, antre autres" 

4® Les phénomènes gastralgiques, qui sont essentiels dans l'ulcère. simpTe» 
sont également fréquents dans le cours de la chlorose; mais seulemeàt à 
litre sympathique dit-on. 

5° L'hématémèse, se manifestant- quelquefois sans douleur, COrrespawl#«ft 
aux cas où la chlorose existe sans gastralgie. 

^ (P L'anémie, si caractéristique dans la chlorose, appartient é^lement à 
l-ulcère simple, qui crée à la longue un état cachectique donné, par Bnn«80, 
comme spécial. 

70 Eniin il n'est pas jusqu'à traitement qui ne confirme ce parallèle, en 
montrant que ie perchlorure de fer est un remède très-efficace contre les éro- 
sions de l'estomac et contre la chlorose elie-meine, vis-à-vis de laquelle 
aucune autre préparation ferrugineuse ne le vaut. 

M. LutoQ termine en disant que Tbémorrbagie qui engendre 
^ t;h)T»rose peut se produire en tout autre endroit que par la 
muqueuse gastrique et notamment par la muqueuse du duo- 
dénum, de l'intestin grôle, et du gros intestin. Aussi conseille- 
t-il, comme moyen de vériEer sa tbéorie, d'examiner avec 
soin les garde-robes: on les trouvera plus au moins colorées 
de sang et le microscope pourra y déceler la présence des 
globules sanguins. {Société médicale de Reims, n® 10). 

!!• '— Vte rhémianesthéftie d'origine entpéj^halhiiie, 

par L. TuRCK. 

Dans sa leçon sur Vhémianesthésie hystérique, M. Charcot, 
après avoir indiqué les caractères qui jusqu'alors semblaient 
permettre de la distinguer de Thémianesthésie d'origine en- 
céphalique, formulait ses réserves dans les termes suivants : 
« Quant à présent l'anesthésie delà sensibilité générale parait 
seule avoir été signalée, en conséquence d'une altération des 
hémisphères cérébraux de telle sorte que Vodnubilaiion des 
sens spéciaux resterait comme caractère distinctif de l'hémia- 
nesthésie des hystériques. Mais il est permis de douter que 
les organes des sens aient été attentivement explorés dans 
les faits d'hémianesthésie par lésion cérébrale, publiés jusqu'à 
ce jour ; les observations ne contiennent aucune mention à 
cet égard. Je suis porté à croire pour mon compte que la par- 
ticipation des sens spéciaux sera, en pareil cas, reconnue quel- 
, (ju^ jour, lorsqu'on aura pris soin de la rechercher... » (1) 

Depuis répoque où M. Gharcot formulait ainsi son opinior, 
il a pu se procurer, grâce à l'obligeance de M. Magnan le tra- 
vail de L. Tûrck sur Vhémiaiwsihéshe d'origine encéphalique et il 
a fait figurer en note, dans le fascicule de ses leçons qui vient 
de paraître, le résumé suivant qu'il nous semble ulite de re- 
produire. 

Cas I. — Pr. Amerso, 78 ans. En esoût 1858, hémiplégie gau- 
che. Bientôt la motilité reparait. — 12 nov. Les mouvements 
du membre supérieur gauche sont énergiques et rapides ; 
ceux du membre inférieur correspondant présentent une lé- 
gère parésie. Il existe une anesthésie très-intense duecèté 
gauche (membres, tronc, etc.). A la face, la sensibilité est, de 
ce côté seulement, diminuée. De temps en temps, fourmille- 
ments dans tout le côté gauche. Mort le 1®' mars 1859. 

Autopsie. -— Au pied de la couronne radiée de Thémisphère 
droit, immédiatement en dehors de la queue du corps strié, 
cm trouve une lacune de la dimension d'un pois (infiitraUon 
cellulaire). La paroi antérieure de cette lacune siège à deux 
lignes en arrière de Textrémité antérieure de la couche opti- 
que. A deux ou trois lignes plus loin, on voit une autre la- 
cune, moins grande, qui s'éteikl jusqu'à quatre ou cinq 
lignai en arrière de rextrémité. postérieure de la couche opti- 
que, de telle sorte que, comme la longueur habituelle de la 
coiuche optique est de dix* huit lignes, la portion de la eou* 
renne radiée qui avoisine immédiatement la queue du corps 
strié était perforée d'avant en arrière par l'ancien kfyende 
ramollissement dans une étendue de onze lignes. Un foyer 
semblable intéresse la partie externe de la iroisièaie partie du 
noyBU lenticulaire. Il commence à peu près à deux lignes'en 
arrière du bord antérieur de la oonche optique et finit à quatre 
lignes environ de l'extrémité postérieure de la cottche opti- 
que. Dans saa long tra(iet 4e un pouoe, oocupiriiti 1» 'pikus 
grandd longueur du côté intaroe de la troisiènae partie '4u 
noyau lenticulaire et une ptrtie de la capeule isàotuB. Bons 



(1) Leçont SHr les maladies du système nerveuay 1^ S( 

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;t:5ô''ogIe 



118 



LE PROGRES MEDICAL 



la moitié postérieure de leur parcours, ces deux foyers n'é- 
taient plus éloignés, en un point, que d'une ligne. Il en résul- 
tait que. à cet endroit, presque toute la couronne radiée était 
séparée de la capsule interne et de la couche optique. — 
Moelle épiniêre : Amas de corps granuleux, assez abondants 
dans le cordon latéral gauche, rares dans le cordon an- 
térieur. 

Cas II. — S. Jean, 55 ans. Attaque suivie d'hémiplégie, le 
25 octobre 1851. Deux mois plus lard, la paralysie des extré- 
mités disparait de telle sorte que le malade avait la possibilité 
d'étendre le bras, de serrer avec assez de vigueur et de mar- 
cher sans appui, mais en boitant — Octobre 1853. Depuis 
l'attaque, anesthésie des membres du côté gauche (face, troue 
également anesthésiés quoique à un moindre degré). La 
molilité est revenue ; toutefois, les membres du côté gauclie 
sont moins forts que ceux du côlé droit. Mort lé 31 oct. 18U8. 

Autopsie. Cicatrice ancienne, plate, ayant 5 lignes environ 
de largeur et 8 de longueur, située à la partie supérieure et 
externe de la couche optique droite. La cicatrice commence à 
quatre lignes et demi en arrière de Textrémité antérieure 
gauche de la couche optique et finit huit lignes plus loin. Pa- 
rallèlement à cette cicatrice, on en voit une autre, longue d-un 
pouce, occupant la troisième partie du noyau lenticulaire : 
elle commence à deux lignes en arrière de Textrémité anté- 
rieure de la couche optique et se termine à peu près trois li- 
gnes en avantde l'extrémité postérieure de la couche optique. 
(Fig. 2, 2 et 2'). Il y avait en outre une lacune dans le lobe 
inférieur droit, (fig. 2, 2"), une autre dans le lobe antérieur 




Fig. 2. — Coupe transversale du cerveau, — a, coucbe optique ; — h, corps 
strié, noyau lenticulaire ; — « , corps strié, noyau caudé ; — /*, indica- 
tion de la couronne rayonnante de Keil ; — 2, 2', 2*, foyers apoplecti- 
ques (obs. II du mémoire de M. Tûrck p. 279) ; — 3, indication du foyer 
apoplectique. [Obs. III du mémoire de M. Tûrck.) 

du môme côté, deux de la grosseur d'une tèle d'épingle dans la 
partie antérieure de la couche optique droite ; deux dans le 
pont de Varole: enfin une dans la portion droite et supérieure 
de rhémisphère gauche du cervelet. On n*a pas noté de dégé- 
nération secondaire de la moelle. 

Cas m. — Fr. Hasvelka. 22 ans. \*^nof>. 1852. Attaque apo- 
plectique, hémiplégie à droite avec anesthésie intense de la 
moitié correspondante du corps. Au bout de cinq semaines, 
la paralysie motrice diminua. — 3 fév. 1853. Les mouvements 
sont tout à fait libres à droite. Toute la moitié droite du corps 
est le siège d'une anesthésie très-prononcée (cuir chevelu, 
oreille.face et troncs L'anesthésie est tout aussi accusée aux 
paupières, à la narine, à la moitié droite des lèvres et cela non- 
seulement à l'extérieur, mais encore à l'intérieur. La con- 
jonctive oculaire droite est moins sensible que la gauche. Le 
chaiouillemeni est moins bien perçu dans la narine droite 
que dans l'autre. Même dififérence pour les conduits auditifs. 
Sur la moitié droite de la bouche (langue, palais, gencives, 
joue), la sensation de chaleur est moins vive que sur la moi- 
tié gauche. A la pointe de la langue, à droite et dans une 



longueur d'an pouce, le malade ne sent pas le goiU du sel. 
Même chose pour la partie droite du dos et de la racine de la 
langue. A droite encore, Vodorat est affaibli et la vision est 
moins nette. Lorsqu'on a fait rétrécir les pupilles en appro- 
chant une lumière des globes oculaires, la pupille droite se 
dilate ensuite plus que la gauche. L'om¥« est normale des deux 
côtés. — 26 fev, L'anesthésie a diminué ; les mouvements 
sont plus énergiques. — 15 mars. Amélioration temporaire de 
la vue : il n'y a pas de différence entre les deux yeux. — 
3 avril, L'anesthésie existe encore sur toute la moitié droite 
du corps (attouchement, pincement), l'affaiblissement de la 
vue a fait des progrès à droite. — Mort le 4 avril. 

Aatopsie. Dans la substance blanche du lobe supérieur gau- 
che, on découvrit un foyer de ramollissement de la longueur 
do deux pouces et de la largeur d un pouce: Il s'enfonçait 
dans les circonvolutions inférieures de l'opercule et gagnait 
la surface du cerveau. Son extrémité postérieure correspour^ 
dait à celle de la couche optique; sa partie antérieure dépas- 
sait de beaucoup celle de la couche optique. Dans sa portion 
la plus large, le foyer n'était séparé que de trois lignes de la 
quene du corps strié. Les circonvolutions cérébrales placées 
au dessus étaient, sur une étendue égale à celle d'un florin, 
jaunes, ramollies et déprimées. (Fig. :2, 3). Couche optique 
saine. Peut-être un petit fragment de la 3« partie du 
noyau lenticulaire a-t-il été louché. Le foyer avait détruit une 
longueur as.sez considérable de la substance blanche et les 
deux tiers externes du pied de la couronne radiée. — Moelle : 
légère agglomération de noyaux dans la partie la plus posté- 
rieure du cordon latéral. 

Cas IV. — Anne B., femme âgée, morte le 22 février. Elle 
avait, depuis plusieurs années, une hémiplégie du côté droit, 
avec une anesthésie intense dans la môme partie du corps. 
En outre, anesihésie sensorielle (vue, odorat, goût) du môme 
côté et fourmillements. 

Autopsie. Fo^'^er apoplectique ancien, pigmenté de brun, 
situé le long de la partie externe de la couche optique gau- 
che et tout près de la queue du corps strié. Il commence à six 
lignes en arrière de l'extrémité antérieure de la couche opti- 
que et s'étend jusqu'à deux ou trois lignes en avant de l'ex- 
trémité postérieure de la couche optique. En avant, il est à 
une demi ligne et en arrière à deux ou trois ligues au-dessus 
de la face supérieure de la couche optique qui est considéra- 
blement enfoncée à ce niveau. Long d'un pouce, profond de 
quatre à cinq lignes, le foyer touche une grande étendue de la 
partie postérieure du rayonnement du pédoncule cérébral,, 
une partie de la capsule interne et peut-ôtre aussi une por- 
tion du nucléole lenticulaire. — Moelle : accumulation de 
corps granuleux dans la partie postérieure du cordon latéral 
droit. 

En résumé, les foyers siégeaient à la périphérie externe des 
couches optiques, s'étendaient d'avant en arrière suivantl'axe 
longitudinal du cerveau sans atteindre le plus souvent les 
extrémités de la couche optique. Ils avaient de huit lignes à 
un pouce de longueur, atteignant dans la substance blanche 
jusqu'à deux pouces. Les régions lésées étaient: la partie su- 
périeure et externe de la couche optique ; la 3® partie du nu- 
cléole lenticulaire ; la partie postérieure de la capsule interne 
comprise entre la couche optique et le nucléole lenticulaire ; 
la portion correspondante de la substance blanche du lobe 
supérieur qui lui est opposée. Toujours plusieurs de ces ré- 
gions étaient affectées en môme temps. Les fibres qui vont de 
la subslance blanche de l'hémisphère dans la partie externe de 
la couche optique étaient constamment lésées ^1). 



■M^ n m II «» i 



BIBLIOGRAPHIE 

Physiologie étlolo|riqae et traltemciit de l'anapradlsle, par le 

D** Ch. Pbchbxbt. In-S de 78 pages. Paris, chez Delahaye. 
L'auteur, da ns un court avant-propos, définit son sujet et 

{\)TlXTck-Ueb€r die BetUehung gevmes Kranàeitskerde dss grossen Gekimei 
tur Anastkeste. Aus dem xxxvi Band S. 191 des Jahrganges 185J des 
SitzuDgsberichte der mathem. naturw. classe der Kais. Akademie der 
WisseDSchaften. 



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LE PBOGRËS MEDICAL 



-119 



riiablit la dffférenoe qu'il y a eatre Tanaphrodisie et Tagénésie. 
. fivdi^iseâdJimémûâFe.ea trois parUes-pxàQcipales.DaQs la pre- 
mière il réflumeilanatomieet la phyaiologie de l'appareil géni- 

* 4ah puis il décrit le mécanisme de rérection et passe en revue 
les différentes théories qui ont été données pour expliquer le 
phénomène qu'il attribue surtout aux causes extérieures et à 
IHmaginaUon. 

La -seconde partie-est consacrée à Tétude des causes de 
' l'anaphrodisie. Elles sont surtout de r[ualre espèces : 1<> Les 
altérations du sang ou troubles de nutrition, tels que la ca- 
chexie syphilitique, l'asphyxie par la vapeur de charbon, 
toutes les intoxications en général ; l'anémie résultant de 
fièvres intermittentes, le défaut d'alimentation. Dans ce groupe 
il faut encore ranger certaines maladies, la diabète, la goutte^ 
les maladies du rein, la diphthérie, les dyspepsies. 

2«> L'altération des centres nerveux ou troubles d'innervé- 
4ion qui comprennent les lésions matérielles du système ner- 
veux, toutes les névroses et surtout la paralysie agitante et la 
•apermatorrhée. — 3o Les perversions de l'imagination ou trou- 

• blés moraux ; — 4<> Les lésions accidentelles ou anomalies con- 
génitales des organes nécessaires à l'érection et, parmi ces 

. dernières, l'abseâfiede verge, la dimension extrême .du pénis, 
l'absence de te^^'îyle et le phimosis congénital. 

Certaines SffciMQces, qui ont la propriété d'exciter les nerfs 
vaso-moteurs, — et que Ton appelle anaphrodisiaques,— peu- 
yent aussi par leur ingestion amener des troubles agénési- 
ques. Au premier rang il faut citer le bromure de potassium 
qui agit en empêchant l'afflux sanguin dans les aréoles du 
Ussu éreclile ; la belladone et son alcaloïde, l'atropine, ont un 
effet à peu près semblable. 

La digitale, le café, que Linné appelait liqueur des chapons, 
le tabac ont aussi une grande influence sur l'inertie des orga- 
nes génitaux. Viennent ensuite le houblon, à cause du lupu- 
lin qu'il contient, le camphre, absorbé à l'état moléculaire, le 
haschish, la laitue, le nitrate de potasse, la dguë etc., etc. 

Le traitement fait l'objet de la 3« partie. L'auteur classe en 
â. groupes les différentes médications employées. 1° Agents 
médicamenteux, — Gantharide, phosphore, strychnine, opium 
et alcool à doses modérées, musc, castoréum, vanille, menthe, 
«te, etc.— t"^ j4 cents physiques. — Hydrothérapie, calorique, 
'électricité, magnétisme I — 3« Agents mécaniques, — Massage, 
flagellation* ventouses, sinapismes. 

Est-ce à dire que l'emploi de ces différents : agents suffira 
toujours pour amener la guérison ? non. Si la maladie est 
produite par des troubles de nutrition ou une altération du 
sang ; par l'anémie ou la syphilis, il faudra surtout instituer 
la médication propre à chacune de ces affections. 

Il est aussi bien évident que les traitements indiqués ne 
peuvent avoir aucune action, si la maladie^est produite par 
des lésions accidentelles des organes érecieurs ou des ano- 
malies congénitales. Enfin dans les cas de perversions de 
Timagination, c'est par l'influence morale que le médecia agira 
surtout. 

• Quelle que soit sa cause, l'anaphrodisie ç«lJrAl>îe.4ft4i?jgifts.é^ 
quences graves au point de vue«ocial ; aussi le médecin doit- 
il faire tous ses efforts pour la faire cesser : « mais, ajoute 
Fauteur, la science doit se détourner de ces vieillards débau- 
chés, de cpslibertins épuisés qui lui demandent un moment 
d'énergie factice pour s'enivrer dans une dernière orgie. » 

C'est là une raison juste et qu'aucun médecin ne devrait per- 
dre de vue. Pour cela, il importe que lui-môme, dans sa con- 
duite, ait toujours le respect de la science et de l'honnêteté. 

Gr. duBASIY. 



.CaRRBSEϔMNCE. 

Le Choléra à Honieli. 

Depuis 2 mois, quek|ueafC«s:dia^.!«bcl^i{a .spQr#diqu^ s%soiit 
déclarés à Munich, mais Àéeulcwgs iniLenvaUes eLdaHSdes 
quartiers éloignés les uns des- autres. Au commenoement de 
cette semaine, les choses ofti- changé d'aspect, et chaque jour 
compte maintenant une moyenne de 15 à 20 cas de choléra 



dont un assez grand, jiombra sont mortels. Ainsi, d^ns la 
journée du 8 au 9 août, il y a eu < 9 cas nouveau?: et 6 décès- 
Ges chiffres sont assez respectables, môme pour une ville 
de 170,000 habitants; aussi l'association des médecins de Munich 
s'est-elle récemment réunie dans le local habituel de ses séan- 
ces afin de décider les mesures qu'ils aurait à prendre. Dans 
cette séance, M. Lindwurm, professeur de clinique médicale et 
directeur de l'hôpital, a prié la Société de cesser pour le mo- 
ment la discussion sur l'étiologie du typhus, et de concentrer 
toute son attention sur l'épidémie qui commence à sepropager 
dans la ville. — Pour sa part, il a déjà observé à l'Hôpital, iO 
cas au moins de choléra dans l'espace de peu de jours. — Il 
conjure Fes collègues de veiller à ce que les déclarations^oient 
immédiatement faites à la police aussitôt qu'un cas de choléra 
e s t ooMar aaé. A ce aujet, il cite un fait dont il vient d'avoir 
connaissance : le corps d'un cholérique n'a été enterré 
qu'après le délai légal, et sans qu'on eût pris aucune pré- 
caution pour isoler le cadavre^ ni employé aucun agent dé- 
sinfectant. 

Or M. Li«^tt7wn» considère comme essentiel, si Ton veut ar- 
rêter les progrès de l'épidémie, d'employer immédiatement et 
avec la plus grande rigueur tous les agentsi désiAfectants 
(désinfection des d^ections, des vètemeuts, des saU§s,..etc.) Si 
cette méthode n'a pas toujours été couronnée de succès dans 
les grands centres^ oiides quartiers entiers continuaientà être 
décimés, malgré l'emploi des antiputrides, il pense que ceux- 
ci peuvent, au contraire, avoir une grande utilité dans les 
premiers temps d'une épidémie^ lorsque celle-ci est encore limi- 
tée à l'hôpital; grâce à remploi des désinfectants, la maladie ne 
s'est pas propagée soit dans d'autres salles, soit au dehors. 

La discussion s'engage ensuite sur le fait suivant : quels 
sont|les cas qu'il faut désigner, dans les statistiques, sou3 le nom 
de choléra? — On reconnaît combien il est difficile .parfois 
d'établir une limite précise entre le choléra vrai, et certains 
accidents choléri formes. La société»ne croit pas devoir donner 
d'instruction spéciale à cet égards et, elle laisse à l'apprécia- 
tion de chacun de ses membres de décider pour chaque cas 
particulier. -- La prochaine séance, qui aura lieu dans 8 jours, 
sera uniquement consacrée à la discussion sur le choléra. 

Ajoutons ^enfin que M. Petenkofer, professeur d'hygiène à 
rUniversité de Munich, vient de publier une brochure des- 
tinée surtout au public <s su^ les mojfjsns de se pr4server,d(Ucho^ 
léra. » D. 



NOUVELLES 

Mortalité l Pamis (1,851,792 habitants.) — Du 2 au 8 août, 722 décès. 
Rougeole, 18 ; — soarUtine, 5 ; — fièTi«.4^^îda, 14 ; —J^fyfi^^^, 5 ; — i 
bronchite aiguô, 15 ; — pneumonie, 26 i — dymntérif^ 2 ; — /difirrhéè 
cholériforme dt jeune* enfants, 40 ; — ehoUra noitras, / •— -.^yagi ne fk)uea- 
neuse, 5 ; — croup, 9 ; — affections . puçrpéralq^, 4 ; — , ^ujJres «{fectionB 
aiguës,. 216 ; «— affeetioDS chroniques, 310 dont 136 dues à la phlhisie pul- 
monaire ; — affections chirurgicales, 34 ; — acci^^iitejleç;, 19. 
iiJ»«IIVWS.(3i^aM^73.ihAbUft)U30i D.écès.d.u 21 juillet au. ^,^pû(, 1,^508. — 
Variole^ 1 i *t^ rovgeAl^j 28 ; -r- scarlatine, - 8 ; «^^ fièvre lyphtAde^^ ; ^ 
érysipèle, 3 ; — bronchite, 80 ; — pneumonie, 42 ; — dyssenterie^ 2 ; -^ 
diarrhée^ 375 ; — cKoUra no9iras, 23 ; — diphthérie, 3 ; — croup, 9 ; — 
coqueluche, 4l. 

Choléra.. — Allemagne. — Une dépêche de Berlin en date du 7 août 
annonce que, suivant les rapports ofGciels de la police métropolitaine, il 
semblerait que huit décès seulement causés par le choléra ont eu lieu à Berlin 
dans la dernière semaine de Juillet. L'épidémie a éclaté depuis lors avec 
une grande violence parmi les troupes qui ooi.upent les casernes de la place. 
— Qn annonce aussi que le choléra s'est déqlaré à^Hambourg avec une cer- 
^ine intensité. 

. La Gazette de la Croyp annonce que le choléra vient 'd'éclater 4 &rauB- 
l^g. Svir .seize malades traités .dans rasilf des pa^^es,^ huit soptyno^. 

. Oallicie* — D'après Wiener , J^editiniseke Woeàenschri/t, du b ao^ il y 
,piirait eu du l5Juiq au 15 Juillet, 3,751 nouveaux cas de choléra qui^ oints 
,au^ 83 eus encore en traitement,, fqnt.uA |:ptajl <i® .j*^H^*G&?t>q^i 9^ s^divi- 
.,çQpt iiiosi : 1,918 guérisons t 1,000 morts et 1,047 encore en traitement. 

Pongrie. — Du 15 Juillet eu 1*' août, on fait mention de 41>673 caaj, dont 

trM»te mille survenus dans la quin^^ina indiquée -il y .a dono oi^e ^ormo 

recrudescence de Tépidémie qui avait commencé à 'diminuer.- Des cas, signa* 

lés on donne 18,139 cas comme guéris et 15^855 décès. {Jif^iener Med, fToeh^ 

Dan* la mile de Bude et Pesth, il y a eu, durant U semains qni* fini la 



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120 



LE PROGRÈS MÉDICAL 



} 



22 juillet, 315 cas de choléra «t ISO décès ; dans la semaine qui a fini le 29, 
358 cas et 160 décès. L'épidémie iait en augmentant. {Thj Latteet). 

Turquie. — Le choléra aurait fait son apparition eu Botnie où on a ob- 
servé 25 cas dont 8 ont eu une issue fatale. 

Moldavie. — Du 16 au 22 juillet, on a constaté 33 ras de choléra ù Galatt. 
(The Lancet). 

Ilhjrie . — Le choléra a iait deux victimes parmi les troupes de Trteste* 

Sut-de. — 20 cas de choléra et 12 décès à Hehingborg. Le premier cas a 
été signalé le 23 juiUet. « 

.. Jialie, — A Venise, le choléra se soutient sans diminuer. Le^. chif- 
fres de ces derniers jours ont été : 22, 24. 12, 19.24, 10, 15. — La province 
de Tt'évise est infectée, quoique la ville reste indemme. — A Pêd<m«^ après 
ia trêve que nous avons signalée, la maladie revient avec plus de vigueur, 
dans la ville et la province ; mais les villes les plus éprouvées sont : Pof- 
togruaro, Chioggia, Mettre et Piovre, 

Les médecins commencent à manquer, quoique les internes et assistants 
aient quitté les hôpitaux. Les progrès de l'épidémie eut suscité de la part 
des populations des méfiances, dos soupçons, en un mot^ une réaction contre 
les médecins et les mesures sanitaires. — Le journal qui nous fournit tous 
ces renseignements, termine en rappelant à nos collègues, la devise qu'ils ne 
doivent pas oublier dans cette terrible situation : « Sans peur et sans tache. ■ 
(Gazzetta Medica deîle provineievenete, 9 août 4873.) 

— Du 14 au 27 juillet, il y aurait eu à Pamte 17 cas et 10 décès; le 28, 
2 cas ; le 29, 3 cas et 3 décès ; le 30, 3 cas et 2 décès. 

Angleterre. — The Lancet assure qu'aucun cai de choléra n*a été signalé 
à Londres pendant la semaine qui a fini le 9 août. 

France. — D'après The Lancet, on aurait constaté, à Rouen, un cas de 
choléra fatal sur un navire anglais. Le même journal annonce que d'aatres 
cas se seraient présentés dans le voisinage de Rouen (?). 

M. N^LATON, est, assure-ton, dans une situation désespérée* 



=F 



Vacances uédicalos. — Un poste médical important est vacant, i 
Saint- Vàast d'Equique ville, arrondissement de Dieppe (Seine-Inférieure). 
S'adresser pônV les renseignemenls au maire de cette localité {Courritf 
méU,)\ ^A céder à des conditions très-avantageuses,une clientèle médicale, à 
Paris. Le titulaire est médecin de plusieurs' établissements publics ou pri> 
vé^, ainsi que de. sociétés professionnelles. Il"twiche en moyenne 1,500 fr, 
Eulréc en jouissance le 1^ avril *-874'.' S'adresser poiirpl^s amples renseigne- 
ments au bureau du journal (Journal de médecine et de chirurgie prat,) 

Vacance pharmaceutique. — ^ La place de pharmacien en chef à I1i9. 
pital civil de Bône est actuellement vacante, par suite du décès du titulaire. 
Les candidats à cet emploi devront adresjser leuc- dam'ande au Préfet du dé' 
partement de Constanline. et produire à l'appui : 1 ^ l^ur diplôme de phar- 
macien de l'*' classe ou de 2* dusse; 2* Un certificat de moralité délivrépar 
le maire de leur domicile. 11 leur sera tenu compte, en outre, de tous autres 
titres constatant leur aptitude ou les services qu'ils auraient rendus antériea- 
rement. 

Un traitement de 2,400 fr. par an est alloué au titulaire (Gatette m^ictiU 
de VAlgé.'ie). 

Société db thérapeutique bicpérimentale. — Ordre da jour de It 
séance du 18 août: 1^ Suite de la discussion sur la falsification des médi- 
caments à bas prix ; — 2** Rapport de M. le docteur Bédal sur le travail de 
M. le docteur Corre, concernant les appareils pour secours aux blessés; — 
Travail de M. le docteur Daupl'^y sur le Phellandrium aguaiieum. lAsoaèié 
siège rue des Poitevins, 2. 

Tardif (E.'. De la pustule maligae oh'^rvéeà Paris.— In-g* 
de 68 pages. Pans, 1b73. Derenne, rue ►^^^t-Severiu, 25. 



* 3îf^ 



Le rédacteur- gérari^,['^ 



: :i.LE. 



VSUeêflLLEB. -^ IMbKI^EniB CERF ET FILS, 59, RlfL^I/J PLK68IS. 



ilt-t»^^ 



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ques. Iu-80 de 9t) pages avec 4 pleuches 
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le texte, 3 fr. — 3* fascicule : Symplo- 
matologie, formes, périodes, traiteinm de 
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Tout ce qui concerne la Rédaction et TAdministratiau doiùèirc adressé aux bureaux du JourLai. 

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On s'abonuo hors de Paris danS les bureaux des Messageries et chez les Libraires. — Les lettres non affranchies sont refusées 



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pelly. — Pathologib bxtbrns : Tumeurs urineuses et abcès urineuz. par Dran- 
•art. — Bulletin du Prof/rèê médical : Les écoles de médecine en proTioce \ — 
Le choléra en Europe, par Boumeville. — Sociiris savantes. — Académie de 
médeeùie, — Société anatomique : Hypertrophie du cœur^ par Debove; — Dent de 
sagesse extraite d'un kyste, par Remy ; — Cyanose, par Petit. -* Chimie méoidalb 
KT LEGALE : Caractères des taches du sang ; — Action du protOxyde d'azote ; — 
Analyse chimique du cerveau; — ^ Un nouveau réactif de- ralcool. (An. G. H.) — 
COBRESPONDAMCB .* Le choléra en Transylvanie, par Elisée Reslus. — Bibuoora- 
PHiB : De la thrombose cardiaque dans la diphthérie, par le docteur Beveriey 
(Analyse G. Peltier). — Nouvelles ; Mortalité à Paris ; — Choléra en Europe, en 
Amérique *, — Nécrologie ; — Association pour Tavancement des sciences, etc. — 
Bulletin bibliographique. 

CLINIQUE_MÉDIGALE 

HOSPICB DB LA SALPÉTRIÀRE. — H. CHABCOT. 

De la oompresfdoxi lente de la moelle (1) 

Leçons recueillies par Bournbyille. 

DE LA PARAPLÉGIE CERVICALE. 

Messieurs, 

Je terminerai cette série d'études relatives à la compres- 
sion spinale lente, en appelant votre attention sur certair 
nés particularités qui s'observent quelquefois dans les cas 
où la lésion qui détermine les phénomènes de compression 
affecte la région cervico-brachiale delà moelle épinière. 

I. Nous nous occuperons, en premier lieu, d'une forme 
singulière de paralysie qu'on peut rencontrer en pareil cas 
et que nous vous proposerons de désigner à l'exemple de 
M. Gull, sous la dénomination, assurément très pratique, de 
paraplégie cervicale (2). La paralysie occupe alors, soit un 
seul des membres supérieurs, soit les deux membres su- 
périeurs à la fois, exclusivement pu tout au moins d'une 
façon prédominante. — Les membres abdominaux sont 
souvent affectés à leur tour, par la suite, mais généralement 
à un degré relativement moindre. Il n'est pas très-rare de 
rencontrer cette forme de paralysie dans le mal de Pott 
cervical. 

a. Il peut arriver,et il arrive en effet assez fréquemment 
dans cette variété du mal de Pott, que les nerfs des extré- 
mités supérieures soient comprimés, tantôt au niveau des 
trous de conjugaison, tantôt dans leur passage à travers 



(1) Voir les n«» 1, 4, 6 et 9 du Progrès Médical 

(2) Cervical ParapUgia, In Guy's Bosp, RepçrU-, t. IV, 1858, p. 



207. 



la dure-mère épaissie par le fait de la pachyméningite ca- 
séeuse. Cette compression, portée à un certain degré, aura 
nécessairement tôt ou tard , pour résultat , une para- 
lysie portant, suivant le cas, soit simultanément sur les deux 
membres supérieurs, soit sur un seul de ces membres iso- 
lément; paralysie toute périphérique et qui se traduira à 
peu près. Messieurs, par l'ensemble des symptômes sui- 
vants : 

' A l'origine une douleur vive occuperait J© trajet des 
troncs nerveux comprimés et irrités ; il pourra s'y joindre 
une hyperesthésie plus ou moins prononcée des téguments, 
des troubles vaso-moteurs variés, diverses éruptions cuta- 
nées vésiculeuses etbuUeuses. etc., en un mot toutela série 
des phénomènes que nous avons naguère appris à connaître 
à propos des pseudo-névralgies et sur lesquels, par consé- 
QUAnty il n'est pas nécessaire de revenir." L'impuissance 
motrice ne tarderait pas a survenir, et les muscles des 

membres paralysés présenteraient bientôt une atrophie 
plus- ou moins accusée, accompagnée ordinairement d'une 
diminution plus ou moins accentuée de la contractilité fara- 
dique par les progrès du mal. L'hypéresthésie ferait place 
à une anesthésie souvent très-profonde. — Enfin il y aurait 
lieu de relever l'existence, dans les membres privés du mou- 
vement, d'un amoindrissement et môme la suppression to- 
tale des actes réflexes (1). 

&. La compression subie par les filets nerveux qui don- 
nent naissance au plexus brachial n'est pas, tant sans faut, 
la seule cause organique capable de produire la paraplégie 
cervicale ; celle-ci peut se montrer encore en conséquence 
de lésions qui portent leur action sur la moelle épinière 
elle-même. 

S'il est vrai qu'une compression très-accentuée, poussée 
au point, par exemple, de déterminer l'aplatissement de 
la moelle, a pour effet nécessaire, lorsqu'elle s'exerc-^ sur 
la région cervico-brachiale, de para'yser les quatre mem- 
bres, l'observation démontre, d'un autre côté, qu'une pres- 
sion moins forte, s'exerçant sur cette môme région, peut 
dans de certaines conditions, avoir pour résultât d'occa- 

(l) Sur la paraplégie cervicale par compression des troncs nerveua, cod- 
sullez : Brodie. — Injuries of ihe spinal cord. In Medibo chirurgical 
Transact. 1837, t- 20, p. 131. — MarshaU Hall, In Medic. chir. Transact, 
1839, t. 2i, p. 216; — Niemeyer. Speeiell. Pathol., t. II, p. 338; — 
M. Rosenthal.— Canstatfs Jaresb, 1866. 2« Bd., 1 abts, p. 45 et Nerven- 
krankh.; Benedikt. — Blectrotkerap, i II* p. 316; — J.-A. Michaud, iPifr (d 
méningite et sur la myélite dans le mal vertébral. Paris, 1871, i 

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. Michauu, ISt^r (d 

'yÇ^OOgle 



122 



liE PQOC^RÈS WÉMGkh 



sionner une paralysie motrice limitée, au moins pendant 
^Ique temps, aux d«x memtre» m^iflÊÊmirs ou môme 
èl'un jMiesHMmtaHis. 

IPoirtô»' i»<te apmile «rrilcaiicpiMilt et pliysiûft#^ 
9ieio«it«B«e ]phë«imkie,mu& m rifc ffp » robservMRtt 
ihiiliiGv#n^aVopMé dBMnelttw^wlBMMducteursiMr 
les incitations motrices volontaires des membres tlioraci- 
ques occupent, dans la moelle cervicale, un plan plus su- 
perficiel que xîelui qu'occupent les conducteurs des mêmes 
nicitations-pourhw membres inférieurs. 11 sitt iwUAiWlte- 
ment de là que les deux ordres de .aMxducteurs peu;ïent 
être lésés isolément, séparément. (T) 

Quelle que soit la valeur de cette interprétation, on ne 
saurait, Messieurs, je le répète, mettre en doute rexiatence 
*^ ia forme de p a ralyaic ^les m e mbr e s supérieurs sur la- 
quelle j'appelle votre attention. Voici d'ailleurs l'indication 
gQflamAipe des traits particuliers sous lesquels elle se pré- 
sents et^ui .permettent de la di&tingiMr des .paralysies 
cervicales Jiôes.à la xK)mpsession.périphériqAxe dies nerfs. — 
Dans ceUe-ci, .WU& le voyez, Fimpuiss£aiaeiQatrice est pré- 
cédée et aocomj^agnée de douleurs vives (pseuxlo-névral- 
.gies) &ar>^ie tôt ou tard d'anestb^sie ; il s'y ajoute uneatro- 
jplûe plus ou moins marquée et plus ou moins rapide des 
jnasses .mu&oulaires, avec dimimition de la réaction fara- 
rlque. 

Les actes réflexes dans les membres .paralysés sont 
.amoindris ou supprimés. La ;paraplégie cervicale par com- 
pression spinale antéro-posiérieure, se présenterait au con- 
traire, avec des caractères tout autres. Ici les muscles con- 
aerveut pendant ibrt longtemps leur volume ainsi que tenrs 
propriétés éiectriques. LasensibiUié poutn'ôtre pasnota- 
Jblement modifiée ; enfîn, non-seulement les pJ^énomènos 
réflexes pe|:*sistent, dans les membres paralysés, mai^r en- 
core ils s y mmiU'euL queiqut^ioiii» maniiesiemcnx eicaifos^ 
jCette oirconstance, qui suffirait à elle seule, pour démpji'trer 
4ue la lésion ne porte pas sur le trajet périphérique des 
nerfs se trouve mise en relief déjà, dans une observation 
recueillie par M. Budd et qui fait partie d'un mémoire très- 
intéressant dont la publication remonte à l'année 1839 (2). 
Il s'agit dans ce cas d'une jeune fille scrofuleuse, atteinte 
de carie des vertèbres cervicales et cliez laquelle se dé- 
veloppa consécutivement un abcès rétro-pharyngien. Pen- 
dant deux ans environ la paralysie s'était montrée limit(?e 
aux membres supérieurs ; elle envahit par la suite le mem- 
bre inférieur droit. Sous l'influence de diverses excitations 
ainsi que pendant Tacte de la micturition et de la défécalion, 
des mouvements involontaires plus ou moins énergiques 
survenaient dans ce membre, et aussi parfois, bien que tou- 
jours à un degré moins prononcé, dans le membre supé- 
rieur du môme côté. 

. Un fait raconté par le Dr. Radclifie doit être rapproché, 
à certains égards, de celui du Dr. Budd . 

c. Il est encore, Messieurs, un autre mode suivant lequel 
une altération de la région cervico-brachiale de la moelle 
épinière, pourrait déterminer une paralysie motricelbornée 
aux membres supérieurs. Vous n'ignorez pas que, danscer- 
if " ..1 ... I — ^ 1 

(i) Consulter rBrown Séquard. -^Journal de la physiologie, etc., t. n, 
■1863; p. 139, 631 et 632. Eulemims, — Fmctionellen Nervenkrankh. Berlin, 
mi. p. 379. ' 

(2) Pathologie «/* ihç ^pitml card. lu 3f(?rf. chir, Tramact. 1839, l. 22, 
p 1«1. 



tains cas de paralysie infantile spinale, la ^arop^^^î^ cer:tîi^ 
C^;^ s'observe lorsque la lésion ipMhnatique des cornes «^ 
iiriâHniidftiatffubjÉMcaaHienisIrillmitée, daMmne c»- 
ttfbaëlBidH^ • iKulBiuir, «reiiNKnt brachULAe&mM- 
1ms paHil^'tfsprteiiient alirs, dM'origine, mi&Mami9t 
^i^rénaK^.r(lMJtit %Jr peiÉMe laifeniicité des wvcl«K;fei 
actes réfieicw i^nt plus ou moins complètement abolis; les 
muscles atrophiés, ne répondent plus aux excitations faradi- 
que. La jsfintftMlilé n'eerf;, dans la règle, en rien modi- 

Une myélite, a^guë partielle de même siège, produirait à 
peu de chose près les mêmes efiets (1) et Ton peut en dire 
autant d'une tumeur qui, primitivement développée, vers Je 
centre de la moelie cervicale, s'étendrait principalement 
^ft ftvftnt ëe manière à affecter «urtout la substance grise 
des cornes antérieures. Seulement dans ce dernier cas, en 
raison de l'évolution relativement lente de la lésion -et de 
,son extension pour ainsi dire Xatale à un moment donné, 
soit aux faisceaux Jalancs, s«it aux.r^giQns postérieures de 
la substance ^rise, l'aspect des sympi;ômes se m ontrerait 
Biéceaeairement pJiîB ou 'moine profondément modifie. 
Quoi qu'il en soit on pourrait citer jçuôlques exemples où 
une tumeur intra-^spinale cervicale 'a déterminé .dans les 
membres supérieurs une paralysie se rapprochant à beau- 
coup Tl'égards-du type fnfemtîte. A ce propos Je melîoriierai 
à signaler une observation recueillie par M. GKiH et oà il 
s'agit d'un enfant de 8 mois chez leqaelun .tuieraule soli- 
taire s'était développé à la partie inférieure du renflemeBt 
cervical, au niveau de l'origine des 6° et T nerfs cervicaux. 
La paralysie envahit d'abord graduellement le membre su- 
périeur droit ; puis, au bout de 15jours, elle s'était étendue 
au membre supérieur gauche. Deux mois après le début 
des premiet^s symptc^mes, lasmembres paralysés, profondé- 
iiiuut auiaigris, pendaient flasfues et inertes de ohaquecuté 
du corps. Las membres :abdominaux étaient faifcles, mais le 
petit malade pouvait les mouvoir volontairement. La mort 
survint environ six mois après l'invasion de la paralysie. 
Jusqu'au dernier moment les mouvements To^ontai