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Full text of "Le règne animal distribué d'après son organisation"

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A 693.906 



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LE 



RÈGNE ANIMAL 

DlSTRIVui 

D'APRES SON ORGANISATION. 



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]MPfi]M£RIE D'HIPPOLYTE TILUARD, 

RCE DB LA BARPE »<* 78. 



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i 



LE 



RÈGNE ANIMAL 

PODil SERVIlt DE BAMC 

A L'HISTOIRE NÀTUREU.Ï; DES ANIMAUX 

SI vnmuoBiJciiOH a l'aiyat^m'i^ comparée. 



'iO^:^ 



Pas m. ub BAmoH CVVŒR 



9 

cjAjro ovvxciKB M LA cÉcMx-B'konnra , cesaBaïu-B^tTAT ir ^v covtnL botal »i L'ratTBVeriow 

rVBUQVB , i*!* BBC «CABABTS DB Z.'ACABÉai« VSABÇAIBB, MOB^TAnB rBBPkTCBL DB L*ACADtaiB DBI 
BCIBVCXa. MBUBS DBS AËADiKiBB BT fOClérfa BOTAUM SB! KIUCBS SB U>«B«B8, DB BEBUB . 
BB VBTBBaOBBC, BB BroCXB«UI , B*iBIHBOIIBe , BB COPBBBiBUB, BB SCBrriBBOB , BB TVBIM 
D« BATlàBB , BB HOBJOIB , 0BS FAIf-BAB* BB CALCBTtA , BB LA WOClktk LXBBÉBBM DB MBDIBB , «tC. 

AVEC FIGUKEB DESSINÉES IVAPILÈS If ATUJLE. 

NOUVELLE ÉDITION, REVUE ET AUGMENTÉE. 

I 

TOME IV. 

CmU»TACAS , AKAOUflMW BT VABTIS VEM UnSOVU. 

PAR M. LATREÏLLE, 

caSTAftUB BB lA &A«laB'B'kOmS«B, HBIIBBBOB li'iBtXtTOT ( ACADkBM BOIAU BBA «CIBBfl» ), 
DB U FXVBABT VU AVTBBS lOCliTil MTABtBf D'BVBOPB BT D'ADÛYgrB , Clc> 



|)ari;$, 



CHEZ DÉTERVILLE, LIBRAIRE, 

SUE HA0TEVEtJILIJI, >^ 8; 

ET CHEZ CROCHARD. LIBRAIRE, 

cLoiTBB tAtar-BsiotT , a^ 16. 

1829. 

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'' ■'^ AVERTISSEMENT (i). 



Î7 



31 ^^ 



SuECHARGÉ de travaux^ el cédant peut-être trop 
lacilexxieiiX à Yîmpolsioii de Vamitié , à mon em- 
pressemeDt à loi être BtUe , M. Cuvier m'a confié la 
rédaction de la partie de cet ouvrage qui traite des 
insectes. 

Ces animaux ont été l'objet de ses premières 
études zoologiques ; et le principe de ses liaisons 
avec un des plus célèbres disciple de Linnaeus , ' 
Fabricius , qui lui donne souvent dans ses écrits 
des témoignages de son estime particulière. C'est 
même par des observations curieuses sur plusieurs 
decesaLnimaQx(JoumaId^IfisL naU), que M. Cuvier 



(i) Cet avertissement est le même que celui qoe, dans la première 
édition de cet ooTrage , j'avais mis en tète da troisième volume. Wj 
étant borne à exposer les principes ^ënérauz sar lesquels repose ma 
distribution gënëralc àe» animaux composant la classe des insectes , 
dans la métbode de lionsens , et n'ayant lait, dans cette nouvelle édi- 
tion f aucun changement à cet égard , Je même avertissement lui est 
applicable. Mais^ considérée dans les détails ou quant aux divisions se- 
condaires et tertiùres,«'cst-à-dire Ifts ordres , les familles , les genres et 
les sous-genres , cette seconde édition présentera des différences remar- 
quables. 11 nous était impossible de la mettre au niveau de Fétat 
acXœZ âtla science , sans modifier en plusieurs parties ma première 
nétbode, et sans y faire des augmentations considérables; elles 

TOKB IV. a 



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Vj AVERTrSSBMSIfT. 

a préludé à ses trâvauxsurrhistoire naturelle. L'en-- 
tomologie a retiré, comme (outes les autres bran- 
ches de la zoologie^ de grands avantages de ses re- 
cherches anatomiques et des changements heureux 
qu'il a fails aux bases de nos classifications. L'or- 
ganisation intérieure des insectes a été mieux 
connue, et cette étude n'est plus négligée comme 
elle l'était généralement avant lui. Il nous a mis sur 
la voie de la méthode naturelle. ( Tableau élem. 
de VHisL naL des Amm. j Led d'Anat. comp. ) 
Le public regrettera donc vivement que ses oocu- 
pations nombreuses ne lui aient point permis de 
rédiger cette partie de son traité sur les animaux. 
Peut-être le désir de répotîdre à sa confîatice , 
d'associer mon nom au sien dans tin ouvrage qui, 
par la multitude des recherches sur lesquelles il 
repose, et par leur application, sera pour uotre 
i ______^_^ 

elles sont même telle* , tu les progrès de rentomoloçie , qu'avec an vo- 
lume de plus , ou deux au lieu d^un , je n^al pu présenter que très som- 
mairement cette multitude de coupes génériques qu'on a publiées 
^pois dix ans, et qui sont souvent fondées sor les oaractèros les pins 
«inutienz. Cetu Iwanclié de la zoologie a gagné sons d'antres rapports 
«t plus positifs, ceux de Tanatomie Je devais d'autant plus ûire «on- 
naître ces observations , qu'elles entraient dans le plan de l'illustre an^ 
leur de eet oavrage , et qti'dles «onfirmcnl la solidhé des ooap*» ^a 
j'ai formées, C'est par la lecture des généralités qui les précèdent iflia 
l'on pourra mient apprécier les molifs qui ont déterminé ces dbange- 
menu, et seniir l'imporunoe des additions dont s'est enrichie U pttrtie 
entomologiqne de ce livre. Pour peu qo'on la compare avec celle de la 
pf«mihre édition, îi »era fiMile de juger qu'elle a été entièrement nfaite , 
ou que c'eai plutôt un nourel ouvrage que nous donnons au public 
quWe.bouvelle édmon. 



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AVBRTISSBHBRT. vij 

siècle un précieux monument litléraire, m'a-t-il 
Mt illusion et jeté dans une entreprise au-dessus 
de mes forces. J'ai contracté une obligation bien 
gran^ , et je me suis imposé^une tâcbe aussi hardie 
pour le pian que difficile dansTexécution. Réunir 
dans un cadre très limité les faits les plus piquants 
de Thistoire des insectes', les classer arec précision 
et netteté dans une série naturelle, dessiner à grands 
traitsIKai phjsîonomie de ces animaux , tracer d'une 
manière laconique et rigoureuse leurs caractères 
dîstinctits, en suivant une marche qui soit en rap- 
port avec les progrès successifs de la science et ceux 
de rélève , signaler les espèce^ utiles ou nuisibles , 
celles qui , par leur manière de vivre , intéressent 
notre curiosité , indiquer les meilleures sources pu 
Von puisera la connaissance des autres , rendre à 
Tentomologie cette aimable siniplicité qu'elle a eue 
dans les temps de Linnasus, de Geoffroy et des pre- 
mières productions de Fabricius , la présenter néan- 
moins telle qu'elle est aujourd'hui^ ou avec toutes 
les richesses ^Tobservations qu'elle a acquises, mais 
sans trop Ten surcharger ; se conformer, en un 
mot, au modèle que j'avais sous les jeux, l'ou- 
vrage de M. Guvier , tel est le but que je me suis 
efforcé d'atteindre. 

Ce savant, dans son tableau élémentaire de This- 
toire naturelle des animaux > n'a pas restreint l'é- 
tendue donnée par Linnseus à sa classe des insectes ; 
mais il y a fait cependant des améliorations néces- 
stoes, et qui ont servi de baae à d'autres mé- 



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Tiij AVBliTISSBMBIfT. 

thodes publiées depuis. Il distingue d'abord les 
insectes des autres animaux sans vertèbres, par des 
caractères bien plus rigoureux que ceux qu'on 
avait employés jusqu'à lui : une moelle épinière 
noueuse j des membres articulés^ Linnœus termine sa 
classe des insectes par ceux qui n'ont point d'ailes , 
quoique la plupart d'entre eux, tels que les crus- 
tacés j les râ/*â/ze/V/e>$, soient, sous les rapports de 
leurs systèmes d'organisation , les plus parfaits de 
la classe ou les plus rapprochés des mollusques. La 
disposition de sa méthode est donc , à cet égard ^ 
en sens inverse de l'ordre naturel, et M. Cuvier, 
en transportant, d'après celte différence de sys- 
tèmes , les crustacés à la tête de la classe , et en 
faisant venir immédiatement à leur suite presque 
tous les autres insectes aptères de Linnoeus , a rec- 
tifié la méthode dans un point où la série était en 
opposition avec l'échelle formée par la nature. 

Dans ses Leçons d'anatomie comparée , la classe 
des insectes, dont il sépare maintenant les crusta- 
cés, est divisée en neuf ordres, d'après la nature et 
Iqs fonctions des organes masticateurs, l'absence ou 
la présence des ailes ^ leur nombre, leur consi- 
stance , et la mi^anière iiont elles sont réticulées. 
C'est l'alliance du système de Fabricius et de la 
méthode de Linnœus perfectionnée. 

Les coupes que M. Cuvier a faites dans son prcn 
mier ordre , celui des gnathaptères ^ sont presque 
les mêmes que celles que j'avais établies , soit dans 
un Mémoire que j'ai présente à la société philo- 



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matiqae^ au mois de d'avril lygS^ soit dans mon 
Ptécis des caractères génériques des insectes (i). 

M. de Lamarck, doutle Domest si cher aux amis 
des sciences naturelles ^ a profité habilement de des 
divers travaux. Sa distribution méthodique des 
insectes aptères de Linnaeus nous paraît être celle 
qui se rapproche le plus de Tordre naturel , et nous 
l'avons suivie y k quelques modifications près , dont 
nous îAVons rendre compte. 

Ainsi que lui^ je partage les insectes de Linnceus 
en tvoisclasses ; les crustacés , les arachnides j et les 
insectes j mais je fais abstraction, dans les carac- 
téresessentiels que je leur assigne , des changements 
que ces animaux peuvent éprouver antérieurement 
à leur état adulte. Cette considération , quoique na« 
turelle et déjà employée par de Géer^ dans sa dis- 
tribution des insectes aptères ^ n'est point classique^ 
en ce qu'elle suppose l'observation de Tànimal 
dans les divesâges^ et elte souffre d'ailleurs beau- 
coup d'exceptions (2). 
I 

(i) J^j' ai divisé les insectes apièrcs de Linnaas en sept ordres ^ 
i« les SucEvms^ a^ les Tbtsakoures ; 3» les» Parasites^ ^^It^lLCà'' 
PB4I.C8 {Arachnides parûtes de M. Lamarck. ) ; 5^ les Ehtom OSTRA* 
€£896** les CsusTAC^y 7« les Myriapodes. , 

(2) Ces consid^rattoDs n'ont pas cependant été n^gli^^es , et je m* en 
sois sèrri avec nn ^and avantage, poar grouper, les familles et les 
disposer dans on ordre naturel , ainsi qo^on peut le voir par les petits 
tahicanx historiques qui sont à la tète de rexposition de ces familles. 
le me suis même occupé d'un travail général sur les métamorphoses des 
insectes^ dans un Mémoire qui n'a pas encore été publié {*), mais quQ 

(*} fajmt l'article ïm$tfU$ eu Nom. Dict. iTiht. Bat., s* édilion. 



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X AYSaTISSBlCBIfT* • 

La situation et la forme des branchies , la manière 
dont la tête est unie au corselet, et les organes de 
la manducation , m'ont Fourni le moyen d'établir 
dans la classe des crustacés cinq ordres (i) qui me 
paraissent naturels. Je la termine , ainsi que Ta fait 
M. de Lamarck , par les branchiopodes , qui sont 
des espèces de crustacés arachnides. 

Je ne comprends dans la classe suivante ^ celle 
des arachnides , que les espèces composant , dans la 
méthode de M. de Lamarck, l'ordre des orizcA- 
nidespiJpistes , ou celles qui n'ont point d'antennes. 
L'organisation tant intérieure qu'extérieure de ces 
animaux nous présentera dès lors un signalement 
simple, rigoureux , et d'une application générale. 

Ils ont tous les organes de la respiration inté* 
rieurs , recevant l'air par des stigmales concentrés , 
ajant tantôt des fonctions analogues à celles des 
poumons» el consistant tantôt en des trachées 
rajonnées ou ramifiées dès leurl>ase ; ils sont privés 
d '^antennes, et offrent communément huit pieds. 
Je partage cette classe en deux ordres : le^pulmo^ 
noires et les trachéennes. 

Deux trachées s'étendant parallèlement dans la 
longueur du corps, avant, par intervalles, des 
centres de rameaux correspondant à des stigmates, 
et deux antennes^ caractérisent, d'nne manière 



j^ai téài^ depaU Ion(^4enp» , et qoe j'id commoiiiqQé à ((ttelqaes amis ; 
jVn « fini usa^e dans les ^éùérpUïtés. 

( 1 ) Denx de plus dans cette seconde édition. 



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très simple , la classe des insectes* Ses coupes pri- 
maires OQt pour base les trois coosidérations sui-- 
vantes : l*" Insectes aptères y à métamorphoses nulles 
ou incomplètes j les trois premiers ordres, a** /»- 
sectes aptères et suhissanl des transformations 
complètes; le quatrième. 3** Insectes ayant des 
ailes y et les ocqiâA'ant par des métamorphoses ^ soit 
parfaites y sait incomplète^ j les huit deroiers. Je 
débuie ^T les arachnides antennistes de M» de 
Lajoiarek , qai sont compris dans cette première di- 
vision , et forment nos trois premiers ordres. La 
seconde est composée du quatrième ordre^ et n'offre 
qu'un seul genre ; celui des puces : il semblerait , 
>oqs quelque rapport , devoir se lier , au mojen des 
hippobosques , avec les diptères ; mais d'autres ca- 
r^ctère» , el la nature de ses métamorphoses, 
éloignent ce g^uve de celui des hippobosques. Au 
surplus , il est souvent diffîcictle de distinguer ces fi» 
Jiations naturelles, el souvent même, lorsqu'on est 
assais heureux pour les découvrir , est-on obligé de 
sacrifier ces rapports à la clarté et à la facilité de 
la méthode* 

Aux ordres connus des insectes ailés ^ fai ajouté 
ç^màesstrép&^tèresàe M. Kirby, mais sous une 
autre dénomination , savoir , celle des rhipiptères , 
la sienne me paraissant être fondée sur une fausse 
supposition* Peut-êtremême devrait-on supprimer 
cet ordre, et Je réunir à celui des diptères , ainsi 
que le pense M. de LamarcL. 



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Xlj ATBfiTISSSMBRT. 

, Pour des motifs que j*ai développés ailleurs (i) , 
et que je pourrais fortifier par d'autres preuves, 
j'attache plus de valeur aux caractères tirés des 
organes locomoteurs aériens des insectes, et à la 
composition générale de leur corps, qu*aux modi- 
fications des parties de leur bouche , du moins lors- 
que leur struoture se rapporte essentiellement au 
mêraetjpe. Ainsi, je ne divise point d'abord ces 
animaux en broyeurs et suceurs , mais en ceux qui 
ont des ailes et des étuis , et en ceux qui ont quatre 
ou deux ailes de même consistance. La forme et les 
usages des organes de la manducatiou ne sont 
employés que secondairement. Ma sérié des ordres 
relativement aux insectes ailés est conséquemment 
presque semblable à celle de Linnaeus. • 
. Fabricius, MM. Cuvier^ de Lamarck , Glairville 
et Duméril, mettant en première ligne les diffé- 
rences des fonctions des parties de la bouche , ont 
disposé ces coupes d'une autre manière. 

D'après le plan de M. Cuvier , j'ai réduit le 
nombre des famillesque j'avais établiesdansmesou- 
vrages antérieurs, fet converti en sous-genres les dé- 
membrements qu'on a faits des genres de Linnœus, 
quoique leurs caractères puissent être d'ailleurs 
bien distincts. Telle avait été aussi l'intention de 
Gmelin , dans son édition du SjrstemaNaturœ. Cette 
méthode est simple , historique et commode par 

(i) Coosidër. géaér. sur l'ordre des crust,, des aracli. cl des ia«ecu» 



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AVlAlTISABHENT. xilj 

l'avantage qu'elle prcteure à l'étudiant de graduer 
son instruction suivant son âge y sa capacité ^ ou le 
but qu'il se propose. 

Tous mes groupes sont fondés sur l'examen 
comparatif <)e toutes les parties des animaux que 
je veux faire connattre , et sur l'observation de 
leurs habitudes. C'est pour être trop exclusifs dans 
leurs considérations^ que la plupart des natura- 
listes s* écartent de l'ordre naturel. Aux-faits re- 
cueillis par Réaumur^ Rœsel, De Géer, Bonnet^ 
MM. Huber^ etc. , sur l'instinct des insectes, j'en 
ai ajouté plusieurs qui me sont propres^ et dont 
quelques-uns n'avaient pas encore été publiés. 
M. Cuvier j a joint un extrait de ses observations 
anatomiques(j); il s'est même livré à de nouvelles 
recherches, parmi lesquelles je citerai celles qui 
ont pour objet l'organisation des limules, genre de 
crustacés très singulier. 

N'ajantpu décrirequ'un petit nombre d'espèces, 
j'ai choisi les plus communes et les plus intéres- 
santes, celles, particulièrement, qui sont men- 
tionnées dans le tableau élémentaire de l'histoire 
naturelle des animaux de M. Cuvier. 

Vous , dont les travaux dans cette branche des 
sciences naturelles ont mérité l'hommage de nos 
respects et de notre gratitude , ne voyez dans cet 



(i) Celles qae j'y ai ajootées dans cette seconde ëdîtion m^ont ixé 
faarDÎes par HM. Lëoo Dafoor, Marcel de Serres , Strans , Andooin 
el Milne Edwards. 



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Xiv ATBBTISSBlfBIVT. 

ouvrage qu'âne grande esquisse de rEntomologie , 
qu'un exposé succinct de ce que vous avez fait pour 
elle , qu'un repos pour votre mémoire ; en un mot , 
qu'un traité élémentaire qui préparera les élèves à 
la méditation de vos écrits. Qu'il me serait doux 
d'avoir rempli leurs espérances , et celle du savant 
illustre dont j'ai été auprès d'eux le faible organe ! 

Lathbillb > de P Académie royale 
des Sciences. 



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TABLE MÉTHODIQUE 



DU QUATRIÈMB VOLUME. 



Des AnlmttoiL anîculéa 
et pourvus de pieds 
articulés. • • « . . i 
PABMXâBfi GLA58B. 
lis CRUSTACÉS- . . 7 
Leur division en ordres. 12 

PBaOÈRB DIVXSIOK 
OÉKÉRAIA* 

LESMALACOSTRACÉS. 16 
Malacostracés k ijfenx pé- 
dicules. . il. 

CRUSTACÉS DÉCAPa 
I>*S ,8 

DiGAK)DES BftACKJurfES. a8 

Crabes. • . . ^ . , . 3o 

Crabe» Mgean. . . . îA. 

Matote 3i 

Polybl«: fA. 

Oriihyîe 3a 

PodoplitbQJiDe.. . 33 
Étrille e« Por- 

Uine i^. 



Platyoïique. . . • 36 

Crabes arqoës i^. 

Crabe proprem. 

dit ih. 

Clorodky car- 
piUe , Xan- 

«fte^(i). : . *6. 

ErlmMe 38 

Atâëcjrde i6. 

Munie 3g 

Hëpete ih. 

Crabes qeadillatères. . 4o 

Éri^ie 4' 

Trapëde U», 

Klafiine ib, 

Tbelplmie 4^ 

Goitoplaoe. ... 43 

llfa<»opbtbalme. . 44 
G^laeime. ... .4^ 

Ocypode 4^ 

lUei}rre 4? 

Pinttotbère. ... 4^ 

Uca 49 

CaidiMaie 5o 

Créeardù ib. 



(i)I^ooa dënsnenMe par des caractères itali«foes des genres que nous 
\ me^Uopooiis qo'aoeessoirement , sott qaHls nous soient pen ou painL 
, soU que nçcu les rëunissions à d'autres. 



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XVJ TABLB MÉTHODIQUE 

Pagct. 

Flagasie 5i 

Graps'e ib* 

Crabes orbicalalres . . 5a 

Coryste 63 

Lcacosie îb. 

Ixa ib, 

Iphisy JVunie, Ar^ 

canicy Ilie^ Per^ 
* sephone, Myra^ 

Leucosie. • • . 54 

Ébalie. ..... 55 



Crabes triangulaires. . î^. 

Partbesope. ... 56 

Lambrus , . , , ib* 

BCithraz Sj 

Acanthonyj. ... BS 

Fisc.' ib, 

Péricère ib, 

Mala 59 

Micippe • • . . k ib, 

Sleuociooops. . • ib, 

Camposcie. . • • 60 

Halbme ib, 

Hyas 61 

Libinie ib, 

DocUe^Égéne, . ib, 

Leptope ..... 69 

Hyménosome. . . 63 

Iiiachus .."... ib, 

Acbée ...... 64 

Stëoorbinqae. . . ib. 

Leptopodie. ... ib. 

Pactole • « . . . ib, 

Litbode 6S 

Crabes cryptopodes. . ib, 

Calapr,e G6 

£lbra. ..... 67 

Crabes notopodes. . . ib, 

Homole ib, 

Dorippc 68 



Droidle 

Dynomône. . . . 
Banîne, 

DiCABODES MACROURES» 

Écrevisse. . • . 



macroures anomaux. . 

Albunée^ • • / • 

Hippe .«•..• 

Remipède 

Birgtts ..•..• 

HermitQ , . . ^ . 

CénobiU» Pagure, 

Prophylace^ • . . 
Macroaces locustes. . ^ 

Scjrllare • . ^ • • 

Thène^ ibacut., . 

Langouste . ^ . • 
Macroures homards. . 

Gtdatbée. • . « • 

Grymotéè , muni" 
dée 

jEglée , Janiron • 

Forcellane. . . . 

Monolépia .... 

Mëgalope 

Gëbie 

Tbalassine. . . . 

Callianasse. • • • 

Aiie 

EryoB 

Écrevisse propre. 

Nephrops 

Macroures salicoquel. 

Pénëe 

Stcnope 

Alye 

Crangon . . . . • 

Processe . . • . . 

Hymënûcère • . • 



^68 

'^ 

ib. 

70 

7a 

73 

74 
ib. 

75 

76 

ib. 

77 
78 

79 
ib. 

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8a 
83 

ib. 

84 
ib. 
85 
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66 
ib. 
87 
ib. 
88 
ib, 
89 
9> 
9a 
93 
ib. 

94 
95 
ib. 



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D^ QUATRlâMB VOLXJMB. 

P*get. 

Gnaihophjlle, . . g6 

Ponloiiie ib» 

AlpKëe ib. 



XV1| 



Hippoljte .... ib, 

Aatononiée. ... ib. 

FaD^e 97 

FalànoD ib» 

Lysmate 98 

Adianas 99 

Tasyphaé. .... ib. 

^ytu . 100 

Cryptope ..... îA. 

Mnlcion ..... ik, 

CRUSTACÉS STOMA- 

PODES • loi 

SioMAvoDzs vificvuLàsass* 107 

Squille ih. 

SqaîUe propre. . 108 
Gonodactyle. . . 109 

Coronis ib, 

Enchihe . . . , • 1 10 
Alime ib. 

StOMAPODES BICUIB.AM£8. ib. 

Phyllosome. . • m 
Malacostracés à yeux 
sessîles ih. 

CRUSTACÉS AMPHI- 

PODES 1 14 

Crevette. . . . ii5 

PbroDÎme. .... 116 

Hypërie 117 

Phrosyne ib, 

Dactylocère . . ib 
lone ....... 118 

Orchcftie 119 

Talitre Up, 

Àtjit, lao 



Crevette propre. . lao 

Malte ib. 

Mëra 191 

Amphilioë .... ib. 

Fhërase ib. 

Bëxamine .... ib. 
Leocotlioé. . . .• 19a 
Cëtape. ...... ib. 

Fodocère ib. 

lasse ib* 

Corophle laS 

Ptërygocère . . .. ia4 

Apseude ib. 

TyptU i£. 

Ancëe ^ ra5 

Pranize ib. 

Ergine ib. 

CRUSTACÉS LAEMODI- 

PODES ia6 

Cyame. . . , • . . 137 
Leptoînère .... ib. 
Nanprëdie ... . ia8 

Gheyrolle ih. 

Cyame propre . . ib. 
CRUSTACÉS ISOPO- 

DES. ï^9 

Cloporte i3i 

Bopyre i3a 

Serole ...... ib, 

Cymothoë . . . . ]33 

Ichtbyopbile» . . ib. 

Nërodle r^. 

LÎTonèce. .... ib. 
Canolire. . . . .^ i34 

^a ib. 

Rocinèle ib. 

Conilire ih. 

Synodôs i35 

Grolane. .... «^. 



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xviij 



. . . . i35 



Nélocîftf - . 

Eurydice Uft 

Limnorée ià. 

Zazare 187 

Sphérome .... ià. 

N«ëe. .• «4 

Câmpëcopëe ... îb, 

«ilicëc* i38 

Cymoddcëe. ... i^. 
DjnamàiM. ... Uf. 

AnÙMTt tM 

' Idoiëe 139 

Sténôsome. . . . &6. 
Arctore ... , ib. 

AmUc i4o 

Omt/toàt ih, 

Jerà i4i 

Tylo* ...... I*. 

Li^e 14^ 

Pbiloscie i43 

Cloporte propre, ih, 
ForcellioB .... Uf' 
ArmadlUa . 



DBUXtkifB BmeiON 
GiNàflALBDBS GIIVATAC&S. 

LES ENTOMOSTRA- 
CÉS. 

CRUSTACÉS ^AN- 
CfflOPODES- . . . 



.44 



145 



• ï49 

Moûocle* « 4 • . • i5o 
MoBoclet lopbjropes. ib, 

Zoé ]5a 

NèlMlk . . « i53 
CondyloiM. . . . ib, 
Cydope . . . . i54 
Calante . . • . 167 

ÇytWrëe i58 

Cyprfa 169 



Latone i6a 

«Sttftf £6. 

Polyphème. . . . i63 
Daphnie . . . • 164 

L3mcëe 171 

MoDûeles'pfayllopes. . ib. 

Tiîmmidie 17a 

Artëmîe 173. 

BraBcfaipe ; ... 174 

Ealimèfie 178 

Apu» 179 

LépiéUiré 189 

ORUSTACÉS PAECILO- 
PODES. t83 

PiBCILOPODC» XYFBOSirRÉS. 

Limule. • • • • • 184 
Tack^lée. ... 188 

POEClLOrODES BIPBOirOSTO* 

ME». ......... 189 

Caligides. ib, 

Argule 190 ^ 

Calige 195 

Callge propre. , 197 
Ptérygopode. . . ib, 
Pandare . .^ . . ib, 
DioemouTe. ... ib. 
Anthoaome. ... 198 
CëcTops.. . r • 199 

Leanjeiformes ib. 

Dîchéiestion.. . ib. 
Nicothoé. . . . aoi 

TRILOBITES aoj 

Agnostc. . • . «104 
Calymène. . . !io5 

KiKpkkt ib. 

Ogygîe. * . . . ib. 
Poradonide. . • i^. 



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DU QtTATRIÈillfi 
DBUxi^MB CUUSK. 



LES ARACHNIDES. . . 

ARACHNIDES PULMO- 
NAIRES 

A. PuLMomiass pileu- 
ses OV ABAXTEIBES. . 

Mygale. • • • • 
' Ct^nâe. 

Aijpe 

'En.oAoa 

Dysdëre ...... 

Fiibtale 

AFatigoée* • • • • 
Tobiièlei 

CIoUio. . . 

Draue . • ^ . . . 

SëgcfUîe. . . 

Clohiooe. . . . . 

Araîgnëe propre. 

Arygronète. . . . 
Inëqiiit^les 

8cjiode 

• Thérldioii .... 

Apiiiae. 

Pliolciu. 

Orbil^es 

LiDjpliie. . • . . 

Ulobore » ^ . , ^ 

Tëtragaathe . . . 

Eptire 

Latérî^prades. • . . . . 

Mic^ammaie . . . 

SéUuope^ * . . . 

Plûiodroine. . . . 

Tbooiûe» . . . . 

Sioréne, 

Gtierades. .^ .•. . 

(Hjope. . . . . 



3o6 
!iri 
ai3 

3^7 

a3i 

a3a 

333 

. a34 

ih. 
235 

i'h. 
a36 
338 
a4o 
a4i 

ib. 
343 

3^4 

(b. 

iù. 
345 
946 
347 

£6. 
35o 

35| 

354 

355 
356 
357 

3^8 



YOLtiMB. xix 

Ct^ne a58 

Dolom^de. . . . £6. 

Ljcote a59 

MjTmëciie .... a6i 

Sahignidet Uf, 

Teuaropâ a63 

Palpîmane. . . • ï^. 

ErèfC . il,. 

Saldque a64 

A. PULMOM AIRES P£DI- 

VALSES 365 

Tarentule. • . • i&« 
P]ir jne. ..... 366 

Thâyplione £6. 

Scorpion 2167 

Btttfaiif 370 

Scorj^on propre. • i^. 
ARACHNIDES TRA- 

CHÉENNES 271 

FAvx-ScoBPioiia. • ♦ . 273 

Galëode ib. 

Pince. . . é • • 2^7^ 
PrcifOGOitiDES* • • • • 376 
Pycnogouoo. . . 1^78 
Phoxidiil^* • . . i^. 
Nymphook . '. . îb, 
AmmcthéCé k • • 279 
HOLÎTRES. . ..*... ib, 

Philangiens ib. 

Faucheur. . . . a8i 
Conolepte . . . . lô. 

Siron ag^ 

Macrocfaèle.. . . ib. 
Trogulc. »... ib. 

ACABIDIES 383 

Mite. ...... ib. 



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XX 



TABLE xâTHODIQUB 



Trombidion . . 

Erythrée 

Gauiase 

Cheylèie. ... 

Oribate 

TJropode .... 

Acarus 

BdeUe 

Smarlde .... 

Izode 

Arf^as 

Eylato ..... 
Hydrachne. . . . 
limnocliaf^ . . . 

Caris. .' 

Lepte* . '. , » . 

Aclysie 

Atome ..«..> 
. Ocypèie 

TBOISlkXB CLA88B. 

LES INSECTES 

Leur division en ordres. 

MYRIAPODES 

Chilogitathes. . . . . 

Iule 

Glomëris 

laïc propre. . . . 
Polydème . . . . 
Crafpedosome . . 

PoUyiëïve 

Chilopodes 

Scolopendre. . . 

Scutigère 

Lilbobic 

Scolopendre pro- 
pre 

THYSANOURES. .... 

LÉPISMÈNES 



Pvgei. 

384 

iù. 

th. 

a85 

i6. 
a86 

ih. 

ih. 
, 387 

ib. 

, 388 

289 

ih. 
290 

ib. 

ih. 

ih. 
391 i 

ih. 



ib. 
321 

326 
329 

333 
ih. 

334 
ih. 

335 
ib. 

ib. 

ib. 

337 
338 

ib. 
339 
340 



Page*. 

Lepisme 34o 

Macliile. . . . . 3^i 
, Lëplsme propre. . ib. 
PODURELLES 34^ 

Podure ib. 

Podare propre. . 343 

Smynthure. ... ih. 

PARASITES ib. 

Pou . 344 

Pou proprement 

dit 345 

Hasmatopine . . . 346 
Ricin. ...... ih. 

Trickodecte. . . . 348 

Gyrope ih, 

Lioifiée ih. 

Philopière. . . . ib. 

Goniode 349 

Triongulin. ... ih. 

SUCEURS ib. 

Puce. ..... 35o 

COLÉOPTÈRES 352- 

Coléoptères pan- 
tamères. • . . 355 
Carnassiers ib. 

PREMIÈRE tAbu. 

ClGlNDELETES 359 

Cicindèle. . . . i&, 

Mandcore 36o 

Mdgacdpliale . . • ih. 

Oxycheile ih. 

Euprosope. . . . 36i 
Cicindèle propre, ih, 
Cu$no8iome. . • . 363 
Thërate 564 

" Colliure ib. 

Tricondyle. . . . 365 



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DU QCTATRliMB 


Pv, 


«ECOKBX TBIBV. 




Caaabiqves 305 




Carabe i^. 




Le» Etais ironqnéâ. ... 566 




AniLie. ..... 36; 




Graphiptère . . . i». 




Aptinc 368 




Bracliiiie. . . . , 369 




Conyrt 3^0 




Gasnonle 371 




Leptotraclièla . . ib. 




OdacaDtbe .... 37a 




Zqpbie it. 




Pôliftiqne . . . , 373 




Helluo ib. 




Dryptc 374 




TrichognaUic. . . ib. 




Galërita 375- 




Cordiale* ib. 




Ctâttodactyi«. . . 376 




Vc ib. 




Cymindii 377 




CoUâdc ib. 




Dwn^triaj ib. 




Oromie ib. 




Mrf«-. 378 




Plocbione. .... ib. 




Orthogoni^j ... 379 




Coptodère .... ib. 




Les Bipartis ib. 




Encëlade. . . . . 38o 




Siagone ib. 


g 


Carénmn ib\ 




Pasîmaqac. ... 38a 




Acantboicèle. . . 383 




Scaiite ib. 




Oxy^nathe. ... 384 


' 


Oxyttomc 385 




Campiodonte. . . ib. 




TOICB IV. 





VOLDMB. XXJ 

CllTine 385 

Dysdiiric 386 

Motion ib. 

Oièoe ib. 

Bitome 38^ 

Aritte ib. 

Apotome 388 

Les QQadrhnanes. . . ib. 

Acinope 389 

ïliapte ib 

Harpale 390 

Ophone 391 

Stéioloplie. ... ib. 

Acapalpe ib. 

Les SimpUcimanes . . ib. 

Zabrc 39a 

Fogone. ...*.. ib. 
Te'tragonodère . . 393 

Fëronie ib. 

Aman 394 

PcscHb. ..... ib. 

Argptor ib. 

Platyime ib. 

Omaséè ib, 

Catadrome. ... ib. 
Cophoêe ..... ib. 

Ahax ib, 

Cheporus 396 

Ptérostiehe. . , . ib. 

^Moïopê 1^, 

Stérope ' 3gy 

. Myaa ib, 

Trigonotome . . 898 
Cëphalote .... ib^ 

Stomis. ib. 

Gatascope ib. 

Pseudnmorphe. . ib,- 

Colpode 390 

Périeulo Ib. 

b 



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XXV] TABLE 

^ Mormolyce. . . 

. Sphodre. . . . 

GUnipe .... 

Calftthe 

Tapbrie .... 
Le» PatelRmane* . . 
Doliqnfe .... 
Plaftytxé . . « . 
Agone. . . . 
AnclmaÊne . . 
CaiUite .... 
Oodc ..... 
Chlœnie .... 
Épomif • . . • • 

Dinçde 

lÀssauchenu9* . 

Rembe 

Dlcxle 

Licinc 

Badîster .... 

PcOdcie 

Cyothio. .... 
Panagëe . . • • 
Loricère. . . . 
Patrobe. ... 
Les GraDdîp«]pes. . 
Pambore. . . . 
Cjcbnis .... 
Sc^phinotc . . . 
Sphosrodère . . 
TeâUu. .... 
Procéda .... 
. Procrvsie . . . 
-Carabe propre. 

Plectès 

Ceçhenus, . . . 
Calotome. . . 
Pogonophore . . 

Nébrie 

Alpée 



METHODIQUE 



4oo 

. ih. 

ib. 

4oi 
ib. 
ib. 

409 
ib. 
ib. 

4o3 
ib. 
ib. 
ib. 

4o4 

ib. 

ib. 

ib. 
4o5 

ib. 

ib. 
4oG 

ib. 
407 

ib. 

ib. 
408 

409 

ib 
4io 

ib. 

ib. 
411 

^. 

ib. 
41Î1 

ib. 
4i3 

44 
4i5 

ib; 



OmopbffOD. . 
Élapbre . . . 
Blouse . . . 
Péloptile. . . 
Notiopbile . . 
Les SabaBpalpes. 
Bembidion. . . 
Tackjrpus . . 
Lopha . . . 
NotaphxAs . . 
Pcryphus 
Leja . . 
Trichas . . . 



Btemui 

TBOISI^HX THIBU. 
HYDROGAinrHAa£8 

Dytis^ue. . . . 

BjUsque propre. 

Colymb^ie . . . , 

HjgTobie 

Hydropore. . . , 

Notàre 

Haliple , 

Gyrin, • . . . . 

Dineuies. . . • . 

BRAGHBLirruc» * ; . . « . 

StàpttyïîiB. . . . 

LesP2s8a&l#ès 

Oifpàik. . . . . 

AvuvpoB. « • . . 
Stàjfil^ propre. 
.Ainnnvitrà • • • • 
Pitté^llfie. . ^ . . 
LAÉwTOtne • . . . 

Les LoÉ^t^àlpes. . . 

vmtt: .... 

Sfflïrtiic. . . . . . 

frotïWtrt. • . , , 



Pagw- 

. 416 

. ib. 

. ib. 

. ib. 

. 418 

. ib. 

. ib. 

. ib. 

. 418 

. ib. 

. ib. 

. ib 

. 430 

. ib. 



ib. 

4îi4 

. 4a6 
> ib. 
, 427 

ib. 
. 498 

a. 
43 1 

ib. 

ib. 
433 

ib. 

ib. 

11434 

435 

ib. 

ib. 

. 436 

. ib. 

ib. 

. ib. 



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DU QVAThVSUE V0I«I;M£. 



XKUJ 





P»«w. 


£yantlièlc. . 


. . 437 


Siènc 


. W, 


Le» Denticrures. . . 


. iù. 


Oxytèle. . . 


438 


Osoiios 


. i^. 


Zîroplioie. . 


. . ih. 


Prognathe . • . 


.439 


Goprophile. . 


. ih. 


JLes AppbitlB 


. ib. 



Omalie ib. 

liyibre ib, 

llicrop^»le. . . . 44o 

Protâne ib, 

Alébcliare .... ib. 

Les Microcëfthales. . . ib. 

Lomëchose. . . . 44' 

Tadûike ib. 

Tachjpore. ... 44^ 
SERBlCOBlfES Î2>. 

TBBHl):il£ 8EGTI05. 

Stebuoxas 444 

PBJBVIÈBE TBIBU. 

BUPB£8TIDS8 ib. 

Bupreste 445 

Bupreste propre. . 44^ 
Tracfys^ . . . • 44? 
Apbaiiistiqii^. . . 448 
Mëbtls ib^ 

BSCONBfi TBIBfc. 

ÉdAT^RIBES ib, 

Taupîn. . . , • 449 

Galbe .451 

EoGoëmût ib. 

Ailelocère .... ib. 

Lusomc. 4^^ 

Clidlouaire. . . . ib. 



Throsque ib 

Cérophjte .... 453 
Crjptostome. . . ib, 
!Nëmatode ... ; 4^4 
Ik^mirhipe .... ib. 

Ctdnioère ib, 

Tau^. propre. . . ib. 

. C^mpyle 456 

Pliylloq&rc. . . . ib. 

«BCOKDB «BGTIOIf. 

Malagoderm£8. • • • 4^7 

PBEMikBB TBIBU. 

Cebrioiiites ib. 

Cebrion i5. 

Pbytodactyle. . . 458 

Cébrioo propre. . ib, 

Anëlaste 4^9 

Callirhipis .... ib. 

Sandaloi 460 

Bbipicère ib. 

Mlodactyle. . . . 461 

Dasdille ..... ib, 

Élode 469 

Scyrte, ...... ib, 

Nyctëe. ib. 

:£Dbrie ib, 

BBGONDB TBIBU. 

Lampyrides ib. 

Lampyre. . . . 463 

Lycus 4^4 

Blctyoptère. . , , ib, 

Omalûe 4^5 

Amydite. 4^7 

Pbengode ib. 

Lampyre propre, ib, 

Drile 468 

Cœhlihcione . , . 469 
Téiëpbore .... 470 

b. 



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XXIT 



TABLE MÉTHODIQUE 



SiH» 47» 

Malthine 473 

TROISIÈME TBIBU. 

Mblybides ib. 

Méryre ib^ 

Malachie 47^ 

Dasjie ib, 

Zygic. ...... 474 

Mëlyre propre. . i^. 
Fëlocopbore . . . 47^ 
Di(çlebicèr6 . . ... ib. 

QUATBikMB TBIBU. 

Clairoites. ib. 

Clairon 47^ 

Cylidre ib. 

Tille ib. 

Piocère. ' 477 

Azîne ib. 

Earype ib. 

Thaoasime. . . . 47B 

Opile ib: 

Cbiron propre. . ib. 

Necrobfe 479 

Énoplie 4^^ 

CINQUIÈME TRIBU. 

Ptiiiiores ib, 

Ptine 481 

Pline propre. . . ib. 

Hedobie .... 4^^ 

Gibbie ib. 

Pdlin 483 

XyldUoe ib. 

Dorcatome. ... ib. 

Vrillctle ib. 

TROISIEME SECTION 
ET TBIBU DES 
LlMEBOlS 48^ 



PagM. 

Lyméxylon. • . 4^5 
Hylëcoïte. . . , , 486 
Ljmexylon pro.- 
prô ....... ib. 

Cupès 4^7 

Rbysode . . , . . ib, 
Clavicornes 

PREMIÈBB SECTION. 
PBEMikBB TBIBU. 

Palpeurs 4^8 

Mastige 4^9 

Mastige propre. . ib. 
Scjdmène. , , .. ib. 

SECONDE TBIBU. 

HiSTEROÏDES 49^ 

Ëscarbot 4q3 

Hololepte ib^ 

Ëscarbot propre. . 49^ 

Platysome. . , , ib. 

DendrophiU ... ib, 

Abréc 494 

OntkopkiU* . •- . ibt 



TBOISlkMB TBIBU. 



SiLPHALES . 



ib. 



Bouclier 4^5 

Spbërite . . , . ib. 
Nëcropbore. . . . 49^ 

Wëcrodc 498 

Bouclier propre. . ib, 
ThanatophiU. , . 4g9 
Oiceplome .... ib. 
Pkosphuge. . . . 5oo 
JSécropkih. ... ib. 
Agyrlès Soi 



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DU QUATAIÈHB VOLUVB. 



QUATBlkXB TBIBV. 

Sgaphidttes 5o 

Scaphidie. ... Soi 
Scapliidia propre, ib. 
CliolèT« 16. 

CI^QUlàMB THIBV. 
NiTIDVLAIRES 5o3 

Nitidule ib. 

GolobSqn* .... So4 
Thjmale. .... i6. 

Ip» 5o5 

JN'itidaZe propre. . ib. 

Cergoe Mi 

Bjrtnre tb. 

SDUâHB TBIBU. 

ElCGIDITES ib, 

DacDë Son 



Bîrrlie propre . 
Trinode 



5l9 

5i3 



Bacn^ propre. . 
Crypioiilia^.. 

SBPTI^MB TBIBV. 

0EB]fE5TINS 

Dermeste • . . 
DermeMe propre 
Më^come . . . 
limnicboe. . . 
ÂttagèD«. . . . 
Tro^derme. . . 

'Aiiilirèiie ib. 

Globiooroe. ... ib, 

nUITlISHE TRIBU. 

BTBBHizffs 5ta 

. Byrrhe ib 

Nosodendre ... i6. 



5o8 
ib. 

5o9 
ib 

5io 
ib. 

Bu 



SECONDS 8BGTION. 
PBBBikBX TBIBU. 
ACABTBOPODES. . • . • 

Hëtérocère . .. • 

•BCOBBE TBIBir. 

MAGBOJ>ACTrLBS(l) • • 

Dryops 

Potamopliile . . . 
Dryops propre. . 

Elmia 

Hecronjqne . . . 

G^orUse 

Palpicobnes. • . . . . 

VBBMlilBB TBIBU. 
HTIMI0»BrLlB1IS 

Hydrophile. . . 

Élopbore 

Hjdrocliat. . . . 
Ochlbëbie. . . . 

Hydrœil^ 

Sperclié 

Globeire 

Hjdropliile pro- 
pre 

Limnébie. . . 

Hydrobie 

Be'rose 

SECONDE TBIBU. 
SpB£B1DIOTE8 

^pbéridie. • . . 
Cercidion 

Lamellicornes. • • • 



5i5 
ib. 

Si6 
ib. 

ih\ 

5i7' 
i6, 
ih. 
ib. 
ih. 



5i9 
ib. 

Sao 

ib. 

ib. 

ib. 
5ai 

ib. 

5aa 
'534 

ib. 

ib. 

5)5 

ib. 

526 
ib. 



\) Ums : LavrooicTTLis ffoyec r«rratm). 



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XXVj 



TABLE «ÉTHODIQUE 

Pagec 



PREMlfcBB TRIBU. 
SCARABÉIDES 

Scarabée. . . • 

Ateuchus. . . . 
Pachfsopie, , . 
Gymnopleare. . 
•tUrcelUe . .*. 
'^y Gopnolxe. . . . 

Chœridie , . . 
Jlybome . . . . 
^'^, Eurjsteroe. . 

Onliicelle. . . 
Ootbophaga . 
^ Onids .... 
Phanëe. . . . 
Booster. . . . 

Apliodie . . . 

PmudukmUb. . 

Euparie . . . 
Arénicoles 

Al^ialie. . . . 

Cbîron. . . . 

li^SUinis. . . . 

Gëoirupe. . . 

Ochodëe. . . 

Athyr^ . . . 

Élëphastqme . 
* Bolbocérat. . 

Hybosore. . . 

Acanlbocère • 

Trox 

Phobcre, . . 

CryptoduM . . 

Xjlophiles 

Orjrclès. . . . 
Agace (tlinle. . 
Orpfmus. . . 



5^9 
53o 

. ib. 
. 539 
. 534 
, ih, 
. 535 

ih. 

ib. 
. ib. 
. ib. 
. 536 
. i6. 
. 537 
. ib. 
. 538 

539 
. ib.\ 
. ib. 
. 540 
. ib. 
. 541 
. 54a 
. 543 
. 544 
. ib. 
. 545 
. ib. 
. 546 
. ib, 
. 547 
. ib. 
. ib. 
. ib.. 
. ib. 
. 548 

549 
. ib. 



Pages, 
549 
55o 
55i 
553 
ib. 



ScDi^bëe propre.! 

Phileare .... 

Hexodon* . ? . 

Cydocépbfile. . 

<Sk)ryaophore. . 

Ratèle 553 

llaorafpU »... ib. 

Chasmodie . . ■ . ib. 

Ométis. ..... 554 

Pkyllopbages i^- 

Pachjpe 555 

Andi^e . .«-. 556 

Anoplognathe . . î^> 
Lenoothyrée . . . 557 

Apogoflle i^- 

Gëniate ib. 

Hanneton propre. 558 
Rldiotrogae. . . . 56i 

Cëraspis ib, 

Aréo4e i^' 

Dasjns S6^ 

fiéiiqoe i^. 

J)ipliacëphale . . ib. 
Macrodactjde. . . ib. 

Plectris 563 

Popilie. ib. 

(udiilore ib. 

.AnûopUe ib. 

hé^îm ^' 

■Dicranîe 564 

Hoplîe ib. 

MoDochele. • • . 565 

Antliobles Of» 

Glapliyre. .... 566 

; Ampliicome . . . ib* 
AntVipBie. ... 567 
Chasmoptère . . . ib. 

Cbasmé «^» 

Dichèlc 568 

I^cpitrix '^^• 



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DF QUATHIÈME 

Pacbycnème . . : 56S 

AnisoJÈiix iù. 

Melitopbiles ..... S6g 

Tricliie 570 

Flatj0<lnie .... 57 1 
Crëmastoclieile . . 572 
GoUath. ^ .... ih. 

Inca. • 573 

Cëloine. 574 

GymnéUt» .... ib. 
Màeronote. ... «6. 

SBCOUBB TBIBU. 

Lttganides. 575 



VOLUME. xxvii 

- PagM. 

Lucane 576 

Sinodendre. ... i^» 

JEisle 577 

Lamprime .... ih, 
Bjsiionote .... 57S 
Lucane propre. . ib, 
Platjrcère. . . . 579 
Syndèse 58o . 

Passale. ib. 

Pasille 58i 

Additions et correc- 
tions 583 



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% 



LE 

RÈGNE ANIMAL 

DISTRIBUÉ D'APRÈS SON ORGANISATION. 
DES A.TSIMAUX jÀRTIGULÉS 

ET BOXTR'VTTS DE PI£DS AmtCULÉS (i) 

DES CRVSTACÊS, J[>ES ARACHNIDES ET DES INSECTES. 

Ces trois (2) dernières classes des animaux arti- 
culés que linngeus réunissait sous le notn d*insec- 
ieSf se distiiigaent par des pieds articulés, au moins 



(i) Je les al dilaignâ plus laconiquement par la d^nomioation de Con*- 
Âylopes, Cette «^rie dWticalalîoiis , dont se compose leur oo^s , a été 
4)ompar^ par ^pielqnes sataralîstes à unsqodette , oa à la colonne yer^ 
lâmde. Maïs Temploi de cette dénomination est d'autant plus abusif qoc 
leMBlicles on les prétendues vertèbres ne sont qoe des portions plus épais- 
sies de la peau , et qoe cette pean 'est continue, fliais simplement plus 
mince et presque membraneuse par intervalles ou dans les jonctions arti- 
calaii«s. XTn caractère fiiùéxaX qui distingue ces anUnauz de tous les au*^ 
très 9 pareillement d^poorvus de squelette, est leur exuviabilitë ou leur 
aptitude à changer de pean. La situation de Pencëphaley du pbarjmz et 
des jeux, établissent, ainsi que dans les animaux plus éleva , les limites 
do dos et du ventre et de leurs appendices respectiis. 

(a.) Le docteur Leach forme une classe particulière des insectes myrii^ - 
l^odes 00 mille-pieds. Xes arachnides trachéennet-ponrraient encore, sons 
<les eeaskkécations anato m igoe » , en composer use autre; mais eUetftmt 
tant d'affinités avec Iss. arachnides pulmonaires , que nous nVvons pas 
cra devoir les sépater classiquement. 

TOMR IV. 1 



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n 'animaux articulés 

au nombre de six (i). Chaque article est tubuleux 
et contient , dans son intérieur , les muscles de 
Tarticle suivant, qui se meut toujours par gyn- 
glime j c'est-à-dire dans un seul sens. 

Le premier article , qui attache le pied au corps , 
et qui est le plus souvent composé de deux piè- 
ces (2) y se n($mme la hanche j le suivant , qui est 
d'ordinaire dans une situation à peu près horizon- 
tale , est la cuisse j le troisième , le plus souvent ver- 
tical, se nomme la Jambe j enfin , il en reste une 
suite de petits qui posent à terre, ce qui forme 
proprement le pied, où ce qu'on appelle le tarse. 

La dureté de l'enveloppe calcaire ou cornée (3) 
du plus grand nombre de ces animaux tient à celle 
de l'excrétion qui s'interpose entre le derme et 
l'épiderme , ce qu'on appelle dans l'homme le tissu 

muqueux. Cest aussi dans cette excrétion que sont 

- — ^ 

(i) Hexapodes. Ceax où leor nombre est au^elà de siz\ sont appdëa 
splropodes par M. Savi^y. Je les ai dësi^piës, d'ane manière plos pré- 
cise, soas la dënominadon d^hjrperh^xapcs (ao-delà de six pieds). 

(a) Dans beaucoup de crastaccs , la seconde pièce des bancbes parait 
faire partie des caisses. Les jambes , ainsi que celles des arachnides, sont 
divisées en deux articles. 

(3) D'après les recherches de M. Auguste Odier, {Mém. de la soc, 
itfusu natur, de Paris , i8a3, t. ic , p. 39 et suiy. ) , la substance de 
cette enveloppe est d'une nature pariicutière, qu^il nomme chitine. 
Suivant Isù , le phosphate de chaux forme la plus grande partie des sels 
des tëgumenu des insectes; tandis que la carapace ou le test des crosta- 
^s tu offre peu , et abonde en carbonate de chaux, que Ton ne trouve 
point dfuûfe les animaux précédents. D^autres recherches , celles de 
M. Siraus surtout , démoAreol que les téguments remplacent ici la peau 
ties vertébrés , ou quHls ne forment ]ioint de véritable squelette. Les ob- 
servaiions de M. Odicr combattent aussi toutes les analogies que Ton 
avait voulu établir à cet égard. 



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A^PIEDS ARTIC0LBS. O 

déposées les couleurs souvent brillantes et si va- 
riées qui les décorent. 

Ces animaux ont toujours des yeux qui peuvent 
être de deux sortes ; les yeux simples ou lisses (i), 
qui se présentent sous la forme d'une très petite 
lentille^ communément au nombre detrois^ et dis- 
posés en triangle Siur le sommet de la tête ; et les 
yeux composés ou à facettes , dont la surface est 
divisée en une infinité de lentilles différentes ^ ap- 
pelées j^c^/^^^ et à chacune desquelles répond un 
filet du nerf optique. Ces deux sortes peuvent être 
réunies ou séparées selon les genres ; on ne sait 
pas encore si , loi^u'elles existent simultanément , 
leurs fonctions sont essentiellement différentes; 
mais dans Tune et l'autre la vision se fait, par des 
moyens très différents de ceux qui ont lieu dans 
rœil des vertébrés (2). 

D'antres organes qui paraissent ici pour la pre- 
mière fois, et qui se trouvent dans deux de ces 
classes^ les crustacés et les insectes (5) , les antennes, 
sont des filaments articulés et infiniment diversifiés 
pour la forme , souvent même selon les sexes , te- 
nant à la tête/ paraissant éminemment consacrés à 

{i) OceW stêotmata, 

(3) Fq^^ez an mémoire de M. Marcel de Serres sor les yeia composa 
et ict yeux lisses des insectes , MonipeUier, i8i5 , i toI. în-S». Fqfe% 
aassi les dlMervations de M. de BlainvUle sor les yeux des cmstacësy 
conai^nte dans le Bulletin de la So^M phUomatique. Nous reyiendfont 
plos ha» sor ce sujet. 

(3) '£i même dans les aracbnldes , mais sons des Ibrmea et ayec det 
foDciioiu différentes. 

1* 



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4 ANIMAUX ARTIC0I.£S 

un toudiet délicat, et peut-être à quelque autre 
genre de sensation dont nous n'avons pas dldée j mais 
qui pourrait se rapporter à Tétai; de Tatmosphère. 

Ces aniioianx jouissçttt du sens de Todorat et de 
celui de Touïe : quelques-uns placent le siège du 
premier dans les antennes (i) ; d'ftwtres y comme 
M. Dnmérily aux orifices des tradàées; d'autres encore^ 
comfne M, Marcel de Serres , dans les palpes ; mais 
ces opinions ne sont pas appujées sur des faits posi- 
tifs et concluants. Quant à l'ouïe , les crustacés dé- 
capodes^ et quelqves orthoptères ont seuls une 
oreille visible. 

fca boBche^e ces animaux fusante une grande 
analogie qui, d'après les obs^vations de M. Savi« 
gay (2), s'étend même y du moins relativement'aux 
insectes hexapodes , à ceux qui ne peuvent que 
sucer des aliments liquides. 

GeuK qu'on appd^le btKyjreurs^ parce qu'ils Ofit des 

(i) RelatÎTement aax insectes , et lorsqu'elles se terminent en massae 
pins ou motns développée , on lien qu'elles sont accotnpa^piëes à\nx 
grand nombre de potts. Soirant M. Robinean Desvoidy 9 les antennes4n- 
termëdiaires des crustacës dëcapodes sont Tor^ne olfactif ( Bull, de$ 
Seienc. nat,^ mai 1827 ). Mais il ne cite & Fappni de son sentiment aucune 
expéneace directe. U «cmbleFait d'aiUeurs qae ^ dans les crostaoës très 
carnassiers , tels que les çécarcins et autres*, cet organe devrait 6tre com* 
paratîvement plus développe , et nous observons . positivement le con- 
traire. Ses idées sur la compoaition eziérieore des crustacés décapodes, 
suppcsent l'enstence d'un squelette. Mais pour ne pas agir arbitrairement, 
il aunii dû commencer par établir la oonnexioii de ces «nimanrf avec 
les poissons, et ne pas admettre, comme lait posiUf , ce qui est,«n 
moins , en question. 

(a) Mémoûtstur Us animaux sansverièires. L'idée mère avait été con- 
signée, mais sans développement, dans monHist. génér. des insectes. 



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_ \ 

A FIfiDS ARTICULÉS. ^ 

mâchmres pipopres à triturer les aHmeals , les pré- 
sentent toujours par paires latérales , placées ai/- 
devant les imes des autres; la paire autériewe se 
Bomme spéeial^Qaeirt mandibules; les pièces qui les 
couvrent en avant et en arrière portent le nom de 
lèvres (i), e^ celte de devapt en particulier celui 
de labre. On appelle pa^es ou antennules des fila- 
ittens articulés a^ttachés aux mâchoires ou à la lèvre 
inférieure , et qui paraissent servir à Fanimal pour 
veconnaître ses aliments. Les formes de ces divers 
organes déterminent le genre de nourriture aussi 
nettement que les dents des (piadrupèdes. A la ' 
lèvre inférieure (a) adhère communément la langue 

(i) n s'a^t id pins pardcolièreoMiU ^e^inseetet à àx p^Ues on hjOA-- 
podes. 

(a) Oa pliu dnplemeitt lèvre , puliqae Pantre a reçu. Ib nom- de labre*. 
£Ue eU ptùLé^y m devant, par one pièce comëe., plut oa moins 
grande , formée par un proloogement cutanë et articulé à ta base d^une 
portion inféneore de la tète ,. appelée menton. Ses pallies, toujours an 
nombre de deux, sont distingnéi des maxillaires, par l'e'pitbète de la- 
hktmK. Lonqne cen»^ sont annomkre de quatre , on les daigne par les 
^nouduatloiis d'externes et d'interne». On regarde les derniers comme 
one modifieaâmi de la dîtisioir exlérieure et terminale de la mèchoire. 
€B«e pièce, que Tabiicius, relatÎTement à ses ulonates on les orthoptères, 
nomme gnlea , n'est encore que la même division maiiUaire , mais plus 
dilatés , ToAl^ et propre à recouvrir la division interne qui , iot , à raison 
de ta consistance ëcaîllense et de ses dents , ressemble k une mandibule. 
Sans les derniers insectes, et surtout dans les libellules ou demoiselles , 
ftafe^ienr de la cavîtë buccale ofifre un corps mou ou vdsiculeia, distinct 
de la lèvre, et qui, comparativement aux crustac^, parait être la langue 
ytoprement dite (ixièfom , Fab. ). Cette pièce est peut-être représent«$e 
par ces divislona latérales de fia languette qu^on nomme paraglosses 
( v€y€Z les coléoptères camassiert , lies hydrophiles , les staphylins , les 
deoz pièces en fimne de pincean qui terminant la lèvre des lucanes , les 
aptsirei, etc. ). Lca insectes précités, savoir les orthoptères et les libel- 
Inles de linnosus , noos montrent évidemment , que cette portion i 



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6 ANIMAUX AaTIGUL^S 

(ou languette^ figula). Tantôt (les abeilles^ et plu- 
sieurs autres insectes hyménoptères) elle se prolonge 
considérablement^ ainsi que les mâchoires , et forme 
une sorte de fausse trompe (promuscis) , àyantle pha- 
rynx à sai)ase , souvent recouvert par une espèce de 
sous-labre^ appelé par M. Savigny épiphajjnx (i) ; 
tantôt (hémiptères et diptères)\e& mandibules et les 
mâchoires sont remplacées par des pièces écail- 
leuses, eu forme de soies ou de lancettes, reçues 
dans une gaine tubalaire , alongée , soit cylindrique 
et articulée , soit plus ou moins coudée et terminée 
par des espèces de lèvres. Ces parties composent alors 
une véritable^trompe. Dans d'autres insectes suceurs 
{lépidoptères) y les mâchoires seules se^ prolongent 
considérablement 9 se * réunissent pour former un 
corps tabulaire , en forme de soie , ayant l'appa,- 
rence d'une langue longue , très déliée et roulée 
en spirale {spiritrompcy Late,) ; lesautr^ parties de 

braneiue et terminale de la lèvre inférieure , qui lait plus ou moins de 
aaiUie entre tes palpes , très prolongée snrtout dans plusieurs hym<^nop~ 
tères, est tràs distincte de cette caroncule intérieure, que je considère 
comme la langue proprement dite ; et cependant presque tous les ento* 
mologistes désignent cette extrémité extérieure de 1^ lèvre sous .le nom 
de languette. Mais il est vrai de dire que )a langue proprement dite est 
ordiotiirement si intimement, unie avec la lèvre, que ces parties se con- 
fondent an premier coup d^œil. Le pliarynz est situé au milieu de la face 
antérieure de cette lèvre , un peu au-dessus de sa racine , et dans les cor 
léoplcres , pourvus de paraglosses, an point de leur réanion. Pour bien 
connaître la composilion primitive de la lèvre inférieure , il faut IVtudier 
dans les larves mêmes , principalement dans celles des coléoptères car- 
nassiers aquadques [vojrez les généralités de^la classe des insectes). 

(i) Dans beaucoup de coléoptères , au-dessous du labre est une pièce 
membraneuse , qui n^e paraît être Tanalogue de r^ipbarjnx. Le labre 
«st relativement à elle , ce qn^est le menton par rapport à la lèvre. 



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A PIBDS ARTICULÉS. . . J 

la bouche sont très rappetissées. Quelquefois / 
comme dans beaucoup de crustacés^ les pieds an- 
térieurs se rapprochent des mâchoires^ en prennent 
la forme, exercent une partie de leurs fonctions, 
et Ton dit alors que les mâchoires sont multi- 
pliées; il peut même arriver que les vraies mâ- 
choires soient tellement réduites ^ que les pieds 
maxillaires , autrement pieds - mâchoires , soient 
obligés de les remplacer en entier. Mais quelles 
que soient les modifications de ces parties^ il y ^ 
toujours mojen de les reconnaître, et de ramener ces 
changements à un tjpe général (i). 

■^— — -— ——— ——— ■— ■^ M^— — — ^«a 

PREMIÈRE CLASSE DES ANIMAUX ARTICULÉS 

ET POOKVU» Ol PIEDS ARTICULES. 

I 

LES CRUSTACÉS (crxjstacea). 

Sont des animaux articulés y à pieds articulés y 
respirant par des branchies, recouvertes dans les uns 
par les bords d'un test, ou carapace , extérieures 

(i) Cest par Tétude comparative et graduelle de la booche des crasta-« 
ces, qoe l'on pourra acqûërir des notions exactes snr les diverses transfor- 
mations de ces parties et le moyen d'établir une concordance générale ^ 
sinon certaine , da moins probable , entre ces divers organes considérés 
dans les trois classes. Itcs mandibules , les mâchoires et la lèvre sont, an 
fiaid y des sortes de pieds appropriés anx fonctioiu masticatoires ou buc- 
caux , mais susceptibles , par des modifications , de devenir des organes 
locomotiles. Ce principe s'étend même aux antennes , on du moins aux 
deux întemédiaires de celles des crustacés. En l'adoptant » il sera fisicile 
de ramener la composition de ces organes i un type général. Les aracb- 
nides et les myriapodes , ainsi que nous le verrons plus bas , ne présen- 
teront plus , sous ce rapport, d'anomalie. 



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8 DBS CBUSTACés 

daiïsles autres , mais qui ne sont renfermées dans des 
cavités spéciales du corps , recevant l'air par des 
ouvertures placées à la surrace de la peau. Leur 
circulation est double et analogue à celle des 
mollusques. Le sang se rend du cœur, situé sur 
le dos, aux différentes parties du corps , d'où 
il revient aux branchies , et de là retourne au 
cœur (i). Ces branchies, situées, tantôt à la base 
des pieds, ou sur les pieds mêmes, tantôt sur les 
appendices inférieurs de Tabdomen , forment , soit 
des pyramides composées de lames empilées ou 
hérissées de barbes, sôit des panaches, de simples 
lames, et paraissent même dans quelques-unes 
uniquement constituées par des poils. 

Quelques zootomistes, etapécialement M. le ba«- 
ron Guvier, nous avaient fait connaître le système 
nerveux de plusieurs crustacés de divers ordres. 
Le même sujet vient d'être traité à fond par 
MM. Victor Aùdouin et Milne Edwards, dans leur 
troisième Mémoire sur l'anatomie et la physiologie 
des animaux de cette classe {Ann. des scienc. naU , 
XIV, 77 ), et il ne nous manque plus, pour complé- 
ter ces recherches , que la publication de celles 
qu'a faites A(« Straus sur les branchiopodes, et no- 
tamment sur leslimules, dont ces deux naturalistes 
n'ont point parlé. 

n \^ système nerveux des crustacés, soumis à 

(i) y<^e%f ci-après. Tordre des décapodes. 



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BN QÈvAnÂJj. Q 

leorsobseevations, se présente^ dois diseot-ils, sous 
deux aspects très différents, cpai constituent les 
deux extrêmes des modifieatioos qu'il offre dans les 
crustacés. Tantôt ^ comme cela a lieu dans le tali-^ 
tre , cet appareil est formé par un gp^aod nombre 
de renflements nerr eux, s^nblable^entre eux, dis^ 
posés par paires, et réunis par des cordons de com- 
munication y de manière à former deux ckaines 
ganglionnaires , distantes Tune de l'autre et occih- 
pant toute la longueur de TanimaL Tantôt , au 
contraire, il se compose uniquement de deux gan-* 
glions ou renflements noueux , dissemblables par 
leur forme, leur volume et leur dispo^tion , mais 
toujours simples et impairs, et situés Tun à la tête 
et Tautre au thorax. C'est ce que Ton rencontre 
dans le maja. » 

n Certes, au premier abord, ces deux mbdes 
d'organisation semblent être essentiellement SSé^ 
rents^ et si Ton bornait l'étude du système nerveux 
des crustacés à ces deux animaux , il serait bien 
difficile de reconnaître dans la masse nerveuse cen** 
traie du thorax dn miaja, l'analogue des deux 
chaînes ganglionnaires qui occupent la même par* 
ûe du corps dans le talitre. Mais si l'on se rappelle 
les divers faits que nous avons rapportés dans ce 
Mémoire , on arrivera nécessairement à ce résultat 
remarquable. » 

Ils j ont été conduits par l'étude exacte dt:^ sys- 
tème nerveux de divers crustacés intermédiaires. 



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10 DBS CRUSTACÉS 

formant autant de chaînons de cette série, tels 
que les cymothoés ( i ), les pfajllosomes ( 2 ), le 
homard (3), les palémons et les langoustes. Ils'se 
sont aussi étayés des observations de M. le baron 
Cuvier et de M. Tréviranus. Ik en déduisent 
cette conséquAice , que malgré ce^ différences 
de disposition, le système nerveux des crustacés 
est cependwt formé des mêmes éléments qui y 
isolés chez les uns, et uniformément dbtribués 
dans toute la longueur ^du corps , présentent chez 
les autres divers degrés décentralisation^ d'abord 
de dehors en dedans, ensuite dans la direction 
longitudinale ; et qu'enfin ce rapprochement dans 
tous les sens est porté à son extrême, lorsqu'il 
n'existe plus qu'un noyau unique au thorax ( les 
crabes proprement dits ou brachyures). De tous 
les décapodes macroures observés par MM. Victor 
Audouin et Milne Edwards, la langouste serait 
celui dont le système veineux serait le plus cen- 
tralisé ; et dans notre méthode , en effet , ce 
crustacé est peu éloigné des brachyures. Mais-^il 
n'en serait pas de même des palémons et du ho- 
mard; car, suivant eux, les premiers se rappro- 
cheraient plus sous ce rapport des langoustes que 
le homard , tandis que , dans notre, distribution , 
ce dernier crustacé précède les palémons , dispo- 

(i) Ordre des |L80pode8. 
(a) Ordre des Momapodcs. 

(3) Toyezpource sout-gcnre et les deuxsaivants l'ordre des décapodes». 
iamiUe des macroores. 



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BN GÉNÉRAL. 11 

silion qui nous parait fondée sur plusieurs carac- 
tères très natuwls. 

Les crustacés sont aptères ou privés d'ailes , mu- 
nis de deux yeux à facettes, mais rarement d'yeux 
lisses y et communément de «quatre antennes. Ils 
ont , pour la plupart (les pœcilopodes exceptés), trois 
paires de mâchoires (les deux supérieures qu!on 
désigne sous le nom de mandihides y comprises) , 
autant de pieds-mâchoires (i) , mais dont les quatre 
derniers deviennent, dans un grand nombre , à/à vé- 
ritable» pieds ^ et dix pieds proprement dits , tous 
terminés par un seul onglet. Lorsque les deux der- 
nacres paires de pieds-mâchoires remplissent les 
, mêmes fonctions , le nombre de pieds est alors de 
quatorze. La bouche présente aussi, de même que 
dans les insectes, un labre, une languette, mais 
point de lèvre inférieure proprement dite ou com- 
parable à ce)le de ces derniers ; la troisième paire 
de pieds-mâchoires ou la première^ ferme extérieu- 
rement la bouche et reiûplace cette partie. 

Les organes sexuels, ou ceux des mâles au moins, 



(i) Mdchoires auxiliaires ^ dans la nomenclatare de M.Savigny, du 
moins cpianl aux crnslacés décapodes. Les deax sapërienrs formant, dans 
les ampiiipodes et le* isopodes , une sorte.de lèvre, il les appelle, dans ce 
cas , lètfre tfoxii/airv. Kelativement aux faucheurs ou pkaiangium , genre 
d'arachnides, il distin^e leurs mâchoires, en mdchoires principales^ celles 
qui tiennent aux palpes {J aux palpes sebn lui) et en mdchoires sumumé" 
mérairesy celles qui tiennent aux quatre premières pattes. Les pièces des 
mêmes animaux qu'on a considi^rees comme des mandibules, sont pour lui 
des mandibules succédanées. A Tégard â» scolopendres , il admet deux 
lèvres auxiliaires . 



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19 DIVISiOBfS Git^rÉAALBS 

scMit loujows doubles , et aîtuéftMiis lapoiferwe on à 
Torigine inférieure de cette partie posfeérieufe et 
abdomùâle du corps qu'oie iM>m]i]ieeOQiiniKiément 
queue; et jamais postérieurs. Leurs téguoients saut 
erdinairement solides , et pliK ou tt^eiàs calcaire. Ib 
changent phisieuvs fois d^ peau , et conserwat gé- 
BéralcxBcnt leuir forme pffimitffe et leur aciiyité 
oaturelle. Ibso&t carnassiers pour lapfaip^t, acfua* 
ti<{utt9, et vivent plusieurs auiaéesi. Us ne deTÎenii^ 
adultes /Hi propres à la génération qa'aprèaun cei^ 
tetîa nonbve de nues. A Texceptioa d'un |^tît 
nombre^ ou les changements de peau ij»fluent uo 
peu s» kur forme pnoiîtive^ modifient ou aug- 
mentent leurs organes locomotiles^ ces animaux 
sont ett naissant^ et à la gtandeuir près^ tels qu'ik 
- seront t€«ilë leur TÎe. ' 



DIVISION 
DES CRUSTACÉS EN ORDRES. 



La situation et la forme des branchies . la ma* 
niève dont la tète s^articule avec le tronc (i), la 
mobilité ou la fixité des yeux (a) , les organes mas- 

(i) Vcfez^ à r^^ard de cette esEpreMÎon et celle da iJborax, employées 
souvent dWe manière arbitraire , Jet géaëralitâ de la classe des in- 
sectes. 

(a) Ces organes sont pécules et mobiles on sesatles et fixes. Tel ett 



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DBS aiUSTACÉ6« l3 

Cicatoires , les té^tnents, seront la base de nos divi- 
sions^ et donneront hcn aux ordres suivants (t). 

Nous partagerons cette classe ei deux sections ^ 
les MaIiACOsthacés et les EirTOMOsTRA<:És (a). Les 
premiers ont géaéralanent des tégoHieBis très so- 
lides^ d'une nature calcaire, et dix ou quatorse 
pieds (3) ordii^aireoftent onguiculés; laboucliey^« 
tuée comme d'ordinaire, est composée -d'un labre , 
d'une langue , de deux maxidibules (portaat son- 
vent un palpe ) , de deux paires de mâcboîre^ re- 
couvertes par des pîeds-mftcjioires» Dan^ un grand 
nombre , les jf^ux sont portés chacun sur un pédi- 
cule arfâcnlé et mobile , et les branchies sont 
cachées 30us les bords latéraux du test ou ^e la 
carapace; dans les autres, elles «ont ordinaitettieot 
{dacées sons le post - abdomea. Cette section se 
compose 4e cinq ordres : les DâcAPonss , les Sro- 
MAPOfiBs , tes L^M^DivoiNBs, Ics AicPHXPdDfis , et les 



le cara ctfe re d*aprt> leqtrel M/BeLamerokadiTisë )a dassedes crtitUoés 
en deox^^nyidtts «oupes , les pëdiodes et les sessUioclet , dënomîAatioiis 
aasqueilcj le docteur Leach a substiloë , mais en restrei^ant cette ap- 
location atfK malaoestraoÀ , celles de 7>edop1itlialmes el d'ëdrÎQplilhai- 
mes. Groooviiia avait, le premier 9 employé cette considëration. 

(i) Quoique noas n^ajons pas encore un grand nombre d^obserrations 
sur le sjr«tàiiie nerreon des crustacés , celles qu'on a recneilties appuieat 
nduuMÎns nos divisions. 

(3) On pourrais encore » d'après Ik présence ou Fabsence des mandi- 
biAes, les diviser en dentés et en ëdenu^. Jurine fils avait dëjà proposé 
cfs4ftvîskMiS9 dans son beau Mémoire sur Targuie ^iBacé. 

(3) Les quatre antérieurs, lorsqu'il jr en a quatorze, sont formés par les 
quatre derniers pieds - mlicboires. Dans les décapodes , les six pieds- 
mioboins sonlsqipliqués sur la boacbe et font Toffice de mâchoires. 



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l4 DIVISIONS GÉNÉRALES 

isoPODES. Les quatre premiers embrassent le geare 
cancer de Liiinœus^ et le dernier, celui qu'il nomme 
oniscus (cloporte). 

Les entomostracés ou insectes à coquille de Mill- 
ier se composent du genre monoculus de Linnœus. 
Ici les téguments sont cornés, très tninces , et un 
test en forme de bouclier d'une à deux pièces, ou 
bien en forme* de coquille bivalve , recouvre ou 
renferme le corps du plus grand nombre. Les yeux 
sont presque toujours sessiles, et souvent il n j en 
2( qu'un. Les pieds, dont la quantité varie, sont 
dans la plupart uniquement propres à la natation 
et sans onglet au bout. Les uns , ayant une bouche 
antérieure , composée d'un labre , de deux mandi- 
bules (rarement pourv.ues de palpes), d'uae lan- 
gue, d'une à deux paires de mâchoires au plus^ 
dont les extérieures à nu ou point recouvertes par 
des pieds-mâchoires, se rapprochent des crustacés 
précédents. Dans les autres entomostracés , et qui 
semblent à plusieurs égards avoisiner les arachnides, 
tantôt les^ organes masticateurs sont simplement for- 
més par les hanches des pieds, avancées et disposées 
en manière de lobes, hérissés de petites épines, 
autour d'un grand pharynx central; tantôt ilscom* 
posent un pelit siphon ou bec , servant dé suçoît, 
ainsi que dans plusieurs arachnides et dans plusieurs 
insectes , ou bien ne se montrent point ou presque 
pas à l'extérieur, soit que le, siphon soit interne, soit 
que la succion s'opère à la manière d'une ventouse. 



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DES GAUSTAGÉS l5 

Ainsi les entoniostracés sont dentés ou édentés. 
Les premiers formeront notre ordre des brakchio- 
' poDEs (i), et les seconds, celui de pjbcilofodes^ 
qui dans la première édition de cet ouvrage n'étaient 
qu'une section de l'ordre précédent. 

Les fossiles singuliers appelés Tbilobitbs^ et dont 
M* Brongniart , notre confrère à l'académie royale 
des .sciences , a donné une excellente monographie , 
étant considérés par lui, ainsi que par beaucoup 
d'autres naturalistes^ comme des crustacés voisins 
des entomostracés^ nous en traiterons succintement , 
à la suite de ceux*ci. 



( i) Ilaiu mon ooTrage intitule : Familles naturelles du règne animal , 
les entomostracét sont partage en quatre ordres : les lopkjropodes , les 
phyllopodes , les xiphosures et les siphonqsiomes. 



— < 



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l6 DBS CRCJ^T. l>£CiK>DBS 



PREMIÈRE DIVISION GÉNÉRALE. 



DES MALACX)STR\CÉS. (Malacostraca. ) 

Les m^locostraoésse partagent Daturellemettt en 
ceux dont les yewc soai portés sur un pédicule hkh 
bUe >6t oeux où ces oijg^^nes sont sessUes et immo- 
hilesu 

DES HALAGOSTRACÉS A YEUX PORTÉS SUR XJW PÉDICULE 
MOBILE ET ARTICULÉ, 

ou DES DÉCAPODES et des STOMAPODES bn cifinÎRAL. 

Des yeux (i) portés sur un pédicule mobile, 
de deux articles, se logeant dans des fossettes, dis- 
tinguent ces crustacés de tous les autres. Considérés 
anatomiquement, ils paraissent s'en éloigner encore 
( Leçons iTanatom* comparée de M, Cuvier ; An-- 
noies des scienc. natur.^ tom. xi* ) , en ce qu'ils 
sont les seuls qui nous offrent des sinus ou le sang 
veineux se rassemble , avant que de se rendre aux 
branchies pour revenir au cœur. 

Les décapodes et stomapodes se ressemblent par 
plusieurs caractères communs. Une grande écaille, 
quelquefois divisée en deux , appelée test ou cara- 

(i) Saivant M. cle Blainyille , derrière leur oomëe est une cKorofde 
perche d^ane mfinitë de troas , puis on rëritable cristallin , appajé sur an 
ganglion neryenz «t divise en une mallitode de peUts faisceaux. 



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ET 8TOMAPODBS BU GÉNÉRAL. X>J 

pace recouvre par devant une portion plus ou 
moins étendue de leurs corps. Ils ont tous quatre 
antennes (i), dont les mitoyennes terminées par 
deux ou trois filets ; deux mandibules portant cha- 
cune près de leur base un palpe > divisé en trois ar- 
ticles et ordinairement couché sur elles; une langue 
bilobée; deux paires de mâchoires ; six pieds*mâ- 
cboires, mais dont les quatre postérieurs sont, 
dans quelques-uns , transformés en serres; dix ou 
quatorze ( dans ceux où les quatre pieds-mâchoires 
ont celte forme ) pieds. 

Dans le plus grand nombre ^ les branchies^ au 
Dombre de sept paires , sont cachées sous les bords 
latéraux du test ; les deux paires antérieures sont 
situées à l'origine des quatre derniers pieds - mâ- 
choires , et les autres à celle des pieds proprement 
dits. Dans les autres crustacés, elles sont annexées 
sous forme de houppes-^ à cinq paires de pattes en 
nageoire ; situées sous le posl-abdomen. Le dessous 
de cette partie postérieure du corps est pareille- 



(i) n ftnt 7 distinguer le pédoncule (st^ef ) et la tige {^eauUâ , 
fkrùeulus ). IjO pédoncule est plas épais , cylindracé , et composé de trois 
articles , nombre qui semble {^pre à ces organes , considérés dans na 
état radiment&irtf on imparfiiiL La tige est sétacée et divisée en une quan- 
tité yariable de très petits articles. Celle des extérieores est simple ,* 
mais celle des intérieures est formée de deux filets au moins et dans 
platicurs décapodes macroures , de trois. En passant gradoellement de 
ceos-ciaux bracb jures, ces antennes se raccourcissent, de manière qae 
les latérales au mdms sont très petites dans plusieurs quadrilatères. Le» 
écoz dirisîons terminales des intermédiaires forment alors une sorte i^ 
pince à deux branches, on doigts inégaux et articulés. 

TOICE IV^ 2 



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]S DES CRUSTACÉS 

ment muni, dans les autres , de quatre à cinq paires 
d'appendices bifides. 

PREMIER ORDRE DES CRUSTACÉS. 



LES DÉCAPODES (Dbgapoda,) 

Ont la tête intimement unie au thorax, et re- 
couverte avec lui par un test ou cai^pace entiè- 
rement continu , mais offrant le plus souvent des 
lignes enfoncées, le divisant en diverses régions, 
qui indiquent les places occupées par les principaux 
organes intérieurs (i). Leur mode de circulation 
offre quelques caractères qui les distinguent des 
autres crustacés. Le cœur ( 2 ) bien circon- 
scrit, de forme ovalaire et à parois musculaires, 

(1) M. Besmarest , dans son Histoire naturelle des cruslacét Jbssiles , 
et djuk% ion oorra^ ay^ant pour titre Consid^ations ^^nérales sur. la 
clause des crustacés , a prëseotë à cet ëgard une nomenclature in^ënicuse, 
fondée sur la concordance dc& portions de la surface exte'ricure de Ta 
carapace avec les organes qu^elles recouvrent. Mais outre que le test de 
plusieurs crustacës décapodes ne présente aucune impression , ou qu'acnés 
j $QSA presque oblitërëes , ces dënominaiions peuvent être remplacées 
par d'antres beaucoup plussonples , plus ianûli^es , et on rapport «veo 
ce» mêmes organes, comme le milieu ou Iç centre , Pextrëmité antérienre 
et rextrémité postérieure, les. côtés , etc. ; il nous pasalt inutile de sur- 
charger ici la nomenclature. 

(a) Ces observations sont extraites du beau Mémoire de MM. Victor 
Andouin ei Milne-Edwards , inséré dans les JnnaUs ^histoire naturelle, 
tom. Xi, a83-3i4» et 35a-393. On pourra encore, consulter les iI/^« 
moires du muséum, d^hiitoire naUireUs^ où M. Geof&oi SuHilaire ainaéré 
^e fruit d& sa curieuses recherches sur les parties solides et la circulatioo 
du homard. 



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DÉCAPÔnBS Blf aÉNERAIi. IQ 

éoane naissance à six troncs vasculaires , dont trois 
antérieurs, deux inférienrs et le sixième ' postée* 
rieur. Des trois artères antérieures, la médiane 
[Fophthalmùfue) se distribue presque exclusive- 
ment aux jeux : les deux autres ( les antennaîres se 
répandent sur la carapace, les muscles de Testomac, 
sur une portion dès viscères et sur les antennes ; les 
deux inférieures (les fiépatù/ues) portent le sang 
au foie ; la dernière ( ou l'artère sternale ) , la plus 
volumineuse de toutes , et qui naît tantôt à gauche, 
tantôt a droite de la partie postérieure du corps , est 
principalement destinée à porter le fluide nourri^ 
cier à Tabdomen et aux organes de la locomotion. 
Elle fournit un grand nombre de vaisseaux d'un 
volume considérable, parmi lesquels il faut surtout 
remarquer celui que MM.ÂudouinetMilne-Edwards 
nomment l'artère abdominale supérieure, parce 
qu'elle sort de la partie postérieure de cette artère 
(un peu avant l'articulation du thorax et de l'abdo- 
men , appelée vulgairement la queue ) , et qu'elle 
pénètre bientôt dans l'abdomen (la queue), où 
elle se partage en deux grosses branches, continuant 
son trajet en arrière ^ et se terminant à l'anus, en 
s'amincissant de plus en plus. Le sang qui a servi à 
la notrition de ces divers organes , et qui est ainsi 
devenu veineux , afflue de toutes parts dans deux 
vastes sinus (i) , un de chacpe côté, au-dessus des 

(i) Cm «ayants oaturalistes les comparent anx deox cœars latémaz des 
céphalopodes , et cette analo^e a reçn la sanctioo de M. le baron Cuvier, 

• 2* 



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30 DES CRUSTACES 

paltes , et formés de golfes veineux , réunis en une 
série longitudinale , en manière de chaîne. II se 
rend dans un vaisseau externe {efferent) des 
braiichies , s'y renouvelle, redevient artériel , passe 
dans un vaisseau interne ( afférent ) , et se dirige 
ensuite vers le cœur, en traversant des canaux 
{brancldo^cardiaques ) logéssousla voûte des flancs. 
Tous les canaux d'un même côté se réunissent en 
un large tronc , s'abouchent avec la partie latérale 
-et correspondante du cœur, par une ouverture 
unique, dont les replis formant une double valvule 
ou soupape, et s'ouvrent pour que le sang puisse aller 
des branchies à ce viscère , mais se fermant pour 
lui interdire une marche opposée , ou l'empêcher 

<ians son 'Rapport çënëral sur les travaox-dc Facadëmie royale des sciences, 
pour 1827 j mais c'cét une idëe qae f avais communîqude à M. Âudouin, 
et qaî était une consëquence loate4aaturelIe de mon opinion sur la circt^- 
ladon des crostace's , et qoe j'^avais consignée dans une note de mon 
Esquisse d'une distribution gdne'ralc da règne animal, pag. 5. Comme ces 
naturalistes n'ont fait aucune meniton de ce que j'avais écrit à cet égard, 
toit dans cetie brocbure „ soit dans mon ouvrage sur les familles du 
règne animal , je rapporte ^ci , à la suppression près des mots ventricule 
gauche , cette note : « Une opinion que je soumets au jugement àst^ zoo^ 
tomistes, et plus spécialement de M. Cuvicr, estqu)}, dans les invertébrés 
oîi il existe une circulation, Torgane appelé cœur représente, par ses fonc- 
tions , le tronc artériel et dorsal , des poissons et des larves des batra- 
ciens ; une on deux artères, et qui, dans les céphalopodes, ont la forme 
de cœurs, remplaceraient le ventricule droit. Le foyer de la circulation, 
très concentré dans les premiers vertébrés , s'aifaiblirait ainsi graduelle- 
ment , et de manière qu'enfin il n'y aurait plus de circulation. Le vaisseau 
dorsal des insectes ne «erait plus que l'ébauche du cœur des mollusques 
et des crustacés. » J'ajouterai que , dans mon Histoire naturtlh de$ 
ertiitacA et de* insectes , qui date de plus de vingl-ciuq ans , j'avaia 
rectifié Terreur de Rœsel par rapport au cordon nerveux de la moellt 
éjpinière , qu'on avait pris pour lin vaisseau. 



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DÉGAPODBS EN GÉNÉRAL. 3 f 

de passer du cœur aux organes respiratoires. Exa- 
miûé à rintérieur , le cœur offre un grand nombre 
de faisceaux et de fibres musculaires entre-croisés 
dans divers sens , et «composant plusieurs petites 
loges, au-devant des orifices des artères. Ces loges 
sont autant de petites oreillettes , qui communi- 
quent facilement entre elles | lorsqu'il se dilate , 
mais qui paraissent former , pour chaque vaisseau , 
dans sa contraction , pareil nombre de petites, 
cellules , dont la capacité est en rapport avec 
la quantité du sang des vaisseaux qui leur sont 
propres. Ces vaisseaux débouchent dans l'intérieur 
du cœur par huit ouvertures, les deux latérales à 
soupape, dont nous avons parlé plus haut, com- 
prises ; tel est , à quelques modifications près ( i), le 
système général de la circulation des décapodes. 

La face supérieure du cerveau (2) est partagée 
en quatre lobes ^ dont les mitoyen^ fournissent 
chacun, de leur bord antérieur , le nerf optique, 
qui se porte directement dans le pédoncule de l'œil, 
et s*y divise en une multitude de filets , se ren- 
<iant chacun à autant de facettes de la cornée de 
ces organes. La face inférieure du cerveau produit 
quatre autres nerfs qui vont aux anlennejS et don- 
nent aux parties voisines quelques filets. De son 

(1) Vayez les gdnëralit^s de la fieiniUle des macroure»» 
(3J Ces observations sont extraites des Leçons ^aru^fomie comparée 
de M. le baron CaYÎer. Kojez, poar d^autres détails et quelques fi^its 
panicnliers , le Mëmotrt prëcitë de MM. âudoain et Milne Edwards. 



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22 DES GKUSTACâS 

bord postérieur Baissent deux cordons nerveux fort 
alongéS; embrassant latéralement ToBsopIiâge^ et 
se réunissant en dessous. Là^ comme dans les bra* 
cbyures^ cette réunion n'a, lieu qu'au milieu du 
tborax, et la moelle médullaire prend ensuite la 
forme d'un anneau , et sous des proportions buit 
fois plus grandes que le cerveau ; cet anneau donne 
naissance^ de cbaque côté, à six nerfs y dont Tante* 
rieur se rend aux parties de la bouche y et les cinq 
autres aux cinq pattes du même côté. Du bord pos- 
térieur par un«autre nerf, se rendant dans la queue, 
sans produire de ganglions sensibles, et paraissant 
représenter le cordon nerveux ordinaire. Ici , 
comme dans les macroures , les deux cordons ner* 
veux, avant que de se réunir sous Tœsopbage , don- 
nent chacun naissance, au milieu de leur longueur^ à 
un gros nerf, se rendant aux mandibules et à leurs 
' muscles. Réunis,. informent un premier ganglion 
médian ( sous-cervîcal ) , fournissant des nerfs aux 
mâchoires et aux pieds^mâchoires (i). Rapprochés, 
ensuite, dans toute leur longueur, ils offrent suc^^ 
cessivement onze autres ganglions, dont les cinq 
premiers donnent chacun des nerfs à autant de 



(t) D'api*^ M. StraoB, la dWisloo «aidricare da corps dêt limules , 
celle qoi est recouverte par aa bouclier sëmi-lunaire , ne présente aussi , 
outre le cerveau , que le même ganglion ; d^où Ton peut déduire que Ibs 
organes locomotJles Infî^rieurs correspondent Aux parties de la bôucbe des 
décapodes , des slomapodes , et même des arachnides , et que ceux de 
Vautre division du corps ou du second bouclier sont analogues aux pieds 
des mêmes dccapodest 



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DÉCAPODES £N OéRÉRAL. 30 

paires de pattes ^ et les six autres fournisseot ceux 
de la qaeue^ celle des pagnreâ a quelques gan- 
glions de moins , et ces crustacés paraissent ainsi 
faire le passage des brachyures aux macroures. Nous 
ajouterons que M. Serres a cra reconnaître , dans 
ces crustacés décapodes^ des vestiges du grgnd 
serf sympbâlique (i). 

Les bords latéraux de la carapace ou tesl se re~ 
plient en dessous pour tecouvrir et garantir les bran- 
chies , mais laissent antérieurement un vide pour 
Je passage de Teau. Quelquefois même (voyez Z7o- 
rippe) Textrémité postérieure et inférieure du 
thorax présente , à cette fin , deux ouvertures par- 
ticulières. Ces branchies sont situées à la naissance 
des quatre derniers piedsHB&choires et des pattes ; 
les quatre antérieures sont 'moins étendues^ Les 
six pieds-mâchoires sont tous de forme différente , 
, appliqués sur la bouche, et divisés en deux bran- 
ches» dont Textérieure aktjforme d'une petite an- 
ienoe^ formée d'uA pédoncule et d'une tigesétacée 
et pluriarticolée : on Ta comparée à un fouet 
{P^pusjlagelliformis,) (2) Les deuxpieds an teneurs, 
<]uelquefoîs méme4Ks deux ou quatre suivants, sont 
en forme deserres. L^avant-dernier article est dilaté , 



(i) MM. Afidooiâ ofc Maine dk^w^rds oat obser7.ë dasi le nuga et la 
1— goime oAsoiefaiMltigiiié à celiû qoe Ljroo<t Bomme^MKiv^tydaas soa 
Jltmitomie de U ckeniUe dm saule. On leur doit aoiit la ééoomreg^ .des 
etûtee» nerfs ça4|riqiid8. 

(a) Leur iMse ofire une lane teadinaiist , longue et TelM» 



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2^ DBS GRUSTACés 

comprimé et en forme de main ; son extrémité in^ 
férieure se prolonge en une pointe conique , repré- 
sentant une sorte de doigt, opposé à un autre, 
formé par le dernier article,- on le tarse propre. 
Celui-ci (i) est mobile, et a reçu le nom de pouce 
(pollex); l'autre , ou le fixe , est censé être Tindex 
( index). Ces deux doigts sont aussi appelés mor'- 
dants. Le dernier est quelquefois très court, sous la 
forme d'une simple dent , l'autre alors se replie 
en dessous. La main, ainsi que les doigts forme- 
ront pour nous la pince proprement dite. On nomme 
carpe l'article précédent , ou l'antépénultième. 

Les proportions respectives et la direction des 
organes locomotiles sont telles , que ces animaux 
peuvent marcher de côté^ ou àreculon. 

Excepté le rectum, qui va s'ouvrir au bout de la 
queue (2)^ tous les viscères sont renfermés dans le 
thorax , de sorte que cette portion du corps repré- 
sente le thorax et la majeure partie de l'abdomen 
des insectes. L'estomac , soutenu par un squelette 
cartilagineux, est armé à l'intérieur de cinq pièces 
osseuses et dentelées , qui achèvent de broyer les 

; , Oi ^ ^ 

(i) La main pos^e de tranclie > le doif^t e>t supe^rieur. 

(3) Cette suite de se(^ments qut j ' dài)^ ' teâ crustacâ des premiers 
ordres, succèdent immédiatement à ceux auxquels sont annexées les cinq 
dernières paires de pieds , compose ce que j^appelle pott^abdomen. La 
déDominatbn de queue, qu^on a coutatnvde lut dottner, et que nous 
conservodê^» mfi» de nons prêter an Ism^e ordinaire , est' très impropre ; 
elle Mm peut coBvenir qu'aux appendioes terminant posleriearament le 
corps et le débordant noublement. P^ofez mon ouvrage sur les famOles 
naturelles du règne animal , pag. a55 ei suiv. 



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DÉCAPODES SN GÉNiBAL, 20 

aliments. On- y voit, dans le temps de la mue ^ cpii 
arrive vers la fin du printemps, deux corps cal- 
caires^ ronds, convexes d'un côté et planes de 
l'autre ^ qu'on appelle vulgairement jreux d'écre-^ 
visse y et qui^ disparaissant après la mue y dpnnent 
lieu de présumer qu'ils fournissent la matière du 
renouvellement du test. Le foie consiste en deux 
grandes grappes de vaisseaux aveugles, remplis 
d'une humeur bilieuse , qu'ils versent dans l'in- 
testin, près du pilore. Le canal alimentaire est court 
et droit. Iugs flancs offrent une rangée de trous , 
placés immédiatement à l'insertion des branchies, 
mais qu'on ne découvre que lorsqu'on enlève ces 
organes. Le plastron , vu à l'intérieur , présente, du 
moins dans plusieurs grandes esjAces^ des loges 
transverses formées par des lames crustacées, et 
séparées dans leur milieu par une arête longitu- 
dinale dé la même conâstance. 

Les organes sexuels des mâles sont situés près 
de Torigine des deux pieds postérieurs. Deux piè- 
ces articulées, de consistance solide ^ sous la forme 
de cornes , de stylets ou d'antennes sétacées ^ pla- 
cés à la jonction de la queue et du thorax , et 
remplaçant la première paire, d'appendices souscau- 
daux , sont regardés comme les organes copulateurs 
inâles, ou du moins leurs fourreaux. Mais, d'après 
nos observations sur divers décapodes , ils consiste- 
raient chacun en un petit corps membraneux , tantôt 
en forme de soie, tantôt filiforme ou cylindrique. 



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26 DBS CRUSTA^CéS 

sortaat d'ua irou situé à l'arliculalicm ide U'fadDcke 
des deux pieds postérieurs avec le plastroD. Leê 
deux vulves sout placées sur cette pièce , etit4ce 
ceux de la troisième paire , ou à leur premier ar- 
ticle y dispositîoBS qui dépendent de l'élargissemettl 
etdu rétrécissement du plastiron. L'accouplemeiilae 
fait vestre à rentre. La croissance de ces animaux 
est lente , et ils vivent long-temips^ C'est parmi eux 
qu'on trouve les plas grandes espèces et les plus 
«tiles à notre nourriture , mais leur chair est 
difficile à digérer. Le corps de quelques langoustes 
acquiert jusqu'à un mètre de longueur. Leurs 
pinces > comme on le sait ^ sont fort redoutables , et 
d'une telle force , dans quelques grands individus ^ 
qu'on ea a vu êoulever et faire perdre terre à une 
chèvre. Ils se tiennent habituellement dans l'eau « 
maâs ne périssent pas sur4e*champ , à l'air ; quel- 
ques espèces même y passent une partie de leur 
vie , et ne vont à L'eau que days le temps de l'amour, 
et afin d'y déposer leurs œufs. Elles sont cependant 
obligées de faire leur séjour soit dans des terriersi soit 
dans des lieux frais et humides. Le naturel des 
crustacés décapodes est -vorace et cacnassier. Cer* 
taines espèces vont jtisques ^ktns les cimetières pour 
f dérvorer les cadavres et en (aire leur pâture. Leurs 
saembres se régéaèrent' avec une grande prompti* 
tude : mais il est nécessaire que les fractures aient lieu 
à la jonction des articles^ et ilssavent j suppléer, lors- 
que la cassure se fait autrement. Lorsqu'ils veulent 



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DÉGAFODES EN GÉNiRAL. 27 

duoiger de peaa ^ ils chercbeul «n lieu retiré^ afin 
dy être à Tabri des poursuites de leurs ennemis , et 
s*j tenir en repos. La mue opérée^ leur corps est 
mou, et, suiTant quelques personnes, d'un goût plus 
délicat. L'analjse chimique du vieux test nous a 
fait connaître qu'il est formé de chaux carbonatée 
et de chaux phosphatée unie, en diverses propor* 
tions , à la gélatine. De ces pn>pcH*tions dépend la 
solidité du test; il est bien moios épais et flexible 
dans les derniers genres de cet ordre , plus loin il 
devient presque membraneux. M. de Blainville a 
observé que celui des langoustes, est composé 
de quatre couches superposées , dont les deux in- 
férieures et la supérieure membraneuses; la matière 
calcaire est interposées entre elles et forme l'autre 
couche, Par l'action de la chaleur, l'épiderme 
prend une teinte d'un rouge plus ou moins vif, et 
le principe colorant se décompose à l'eau bouil- 
lante ; maïs d'autres combinaisons de ce principe 
produisent dans quelques espèces un mélange de 
cooieurstrës agréable > et qui tirent souvent sur lc( 
Heu ou ïe verd. 

Le plus grand nombre des crustacés fossiles dé- 
couverts jusqu'à ce jour appartient à l'ordre des 
décapodes. Parmi ceux des contrées européennes , les 
uns et les plus anciens , se rapprochent des espèces 
actuellement vivantes dans les, zones voisines d^s, 
tropiques; les autres , ouïes plus modernes , ont une 
grande affinité avec les espèces vivantes, propres à 



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38 CaUSTAGKS DÉCAPODES. 

nos climats. Mais les crustacés fossiles des régions 
tropicales^ m'ont paru avoir les plus grands rapports 
avec plusieurs de ceux que Ton y trouve aujour- 
d'hui en état vivant , fait (fui serait intéressant pour 
la géologie, si l'étude des coquilles fossiles de ces 
pays , et recueillies dans les couches les plus pro- 
fondes^ nous donnait un semblable résultat. 
La première famille (i) ou celle 

Des Décapodes brachyures (Kleistagnatha/ 

Fab. ) 

A la queue plus courte que le tronc ^ sans ap- 
pendices ou nageoires à son extrémité , et se re- 
plojant en dessous ^ dans l'état de repos ^ pour se 
loger dans une fossette de la poitrine. Triangulaire 
dans les mâles et garnie seulement à sa base de 
quatre ou deux appendice^ , dont les supérieurs 
plus grands, en forme de cornes, elle s'arrondit, 
s'élargit et devient bombée dans les femelles (2). 

(i) Les conpes qae nous qualifions ainsi sont fondées sur un ensemble 
de caractères anatomiqaes importants , et répondent ordinairement ans 
genres de Linnœas, et quelquefois aussi k ceux que Fabriclos avait établis 
dans ses premiers ouvrages. Ces fiimilles sont dh» lors plus étendues que 
les con^s que je nomme ainsi dans mes autres écrits; paais si on les con- 
sidère comme des premières divisions ordinales, et si Ton regarde 
comme familles ce que j'appelle ici tribus , Ton jugera qu*à ces dési- 
gnations près , la métbode est toujours essentiellement la même. Il n^y t 
donc point , contre Popinion de quelques naturalistes , de discordance 
réelk à cet égard. Diaprés les mêmes principes , tes sous-genres , à Pex- 
ception néanmoins de quelques-uns dont les caractères sont peu trancbés 
ou trop minutieux , deviendront , dans une méthode plus détaillée on plus 
spéciale, des conpes génériques. 

(a) Le nombre apparent des segmenu, rjui est généralement de sept , 



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FAMILLB DBS BRAGHIUHES. 29 

Son des sous offre porte quatre paires de doubles 
filets velus (i) , destinés à porter les œufs , et analo- 
gues aux pieds natatoires sous-caudaux des crustacés 
macroures et autres* 

Les vulves sont deux trous placés sous la poitrine^ 
entre les pieds de la troisième paire^ Leurs antennes 
sont petites; les intermédiaires, ordinairement logées 
dans une fossette sous le bord antérieur du test , se 
terminentcbaoune par deux filets trèscourls. Les pé- 
dicules oculaires sont généralement plus longs que 
ceux des décapodes macroures* Le tube auriculaire 
est presque toujours pierreux. La première paire 
de pieds se termine par une serre. Les branchies sont 
disposés sur un seul rang , en forme de languettes 
pyramidales y composées d'une multitude de petits 
feuillets empilés les uns sur les autres , parallèle- 
ment à Taxe. Les pieds-mâchoires sont générale- 
ment plus courts et plus larges que dans les autres 
décapodes; les deux extérieurs forment une sorte 
de lèvre (t). Leur sjstème nerveux diflere encore 
de celui des macroures ( vojrez la généralité des 
décapodes). 



Tarie anMÎ qoelifoefois seion les sexes : il «tt moindre dans les femelles . 
IjeckMtenr Leach a fidt nn grcmd otage de cette considëratîoo , mais qui 
BOUS parait peu importante et contraire à l^ordre nature. « 

(1) ïlasieurs de ces filets eûstent dans les mâles , mais dans un <$ut 
radimentaîre. 

(a) Ceox des macroares sf*nt plus along^s et plus ëtroits. C^est sur 
eelte di£E(Srence que Fabricius a établi son ordre des exochnata. 



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3o CRUSTACÉS DÉCAPODES. 

Cette fatnille pourrait, comme dans plusieurs m^é* 
tbodes antérieurs à la distribution de ces animaux par 
Daldorfy ne former qu'un genre, celui de 

Crabe. (Cancer.) 

Le très-grand nombre a les pieds tous attachés aux côtés 
de la poftrine, et toujours découverts; les cinq premières 
àBCtions sont dans ce cas. La première, ou les Nagxites 
( PivNipÈDES ) (i), joint à ce caractère celui d'avoir les der- 

(i) Celte distribution méthodiqae des décapodes brachyares est arti- 
ficielle oa pea naturelle sons quelques points ; aussi j avons-noas fait 
quelques changements dans notre ouvrage sur les familles naturelles du 
règne animal. Les quadrilatères composent notre première tribu, à la 
tète de laquelle sont les ocy podes et les autres crabet de terre ou toarlon- 
roux, et qui finit par les crabes de rivière ou les telphuses. Les ARQuia 
forment la seconde. Celle des crtptopodes, nous paraissant plus rap- 
prochée de la précédente que de celie des triangulaires viendra immé- 
diatement après, et sera la troisième, et non la quatrième, comme 
dans cette méthode. Dès lors nous placerons à la fin de la tribu 
des arqués , des genres dont let pinces sont en forme de crête , dont les 
antennes latérales sont toujours très courtes , et dont le troisième article 
des pieds-màchoires a une forme triangulaire et ne présentant tonvent 
ancnne échancrnre j tels sont les bépates , les matutes , les oritbyies et 
les mursies. 

Des brach3nnres se rapprochant des derniers , quant a la forme du 
même article, mais dont les serres sont diffâ-cntes, et qui ont les an- 
tennes latérales saillantes , avancées et souvent velues , tels que les thla , 
les pirimèics, les atélécycles , précéderont immédiatement ces derniers 
sous-genres. Gomme les telphuses semUent se lier avec les énpbies , les 
pilumncs , et que de ceux-ci Ton passe naturelleihent aux crabes propre- 
ment dits, il s^ensuit que les portunes et autres arqués nageurs commen* 
ceront cette tribu. Viendront ensuite les orbiculàires, les triaicgulàires 
et les noTOPODES. Mais parmi ceux-ci , les dromies et les doripp^ de- 
vraient remonter plus haut» Les homoles, les liihodes et les ranines me 
paraissent èâre de tous les brachyures ceux qui tiennent de plus près ans 
macroures. Les pieds-machoires extérieurs dte homoles et des Uthodes 
ont , par leur alongement et leur saillie , une grande ressembknce avec 
ceux de» macroures. 

Quoique nous n'ayons divisé les décapodes qu^en deux genres, on 
pourrait cependant , pour se rapprocher des dernières méthodes , et afin 



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rA^lhhB P£S BRAGHTUAES. * 3l 

nicrs piedâ au moins terminéfi par un article très-aplati en 
nageoire ( ovale ou orbiculaire; et plus large que le même 
article des pieds précédents ^ même lorsqu'ils sont aussi en 
nageoire )• Ils s'éloignent plus souvent du rivage et se portent 
en haute-mer. Si l'on en excepte les orithyies^ la queue des 
mâles n'offre bien distinctement que cinq segments^ celle des 
femelles en a sept. Ntms commencerons par ceux dont tous 
les pieds ^ les serres exceptées^ sont natatoires. 

Les Mati7tss. (Matuta* Fab.) 

Ont le test presque orbiculaire et armé de chaque cité, 
d'une dent très forte, en forme d'épine; les mains dentelées 
supérieurement en manière de crête ^ et hérissées j à leur face 
extérieure, de tubercules pointus; et le troisième article des 
pieds-mâchoires extérieurs sans échancrure apparente ^ se 
terminant en pointe^ de sorte qu'il forme avec l'article pré- 
cédent un triangle alçngé, presque rectangle. Les antennes 
extérieures sont très petites. Les pédicules oculaires sont un 
peu arqués. 

De Géer en mentionne une espèce {Cancer îatipesJ)j qu'il 
dît être des mers d'Amérique; et avoir le front terminé par 
un bord droit et entier. Mais toutes celles que nous avons 
vues (i) venaient des mers orientales, etlemil.ieude ce 
bord offre toujours une saillie bidentée ou échancréé. 

Les Polybies. (Polybius. Leach. ) 

Avoisîoent les étrilles ou portunes; mais leur test est pro- 
portionnellement moins large et plus arrondi; ses côtés n'of- 
frent que des dents ordinaires. Le troisième article des pieds- 
mâchoires extérieurs est obf.us et échancré. ' Les yeux sont 



de dimînaer le nombre des loas-genres , convertir not sections en tribas, 
répondwit à autant d» genres , qoe l'on par tairait ensuite en di?erseft 
coupes soos-gdnëriqMs. 

(4)-ilL Victor, Fab. ; Herbst. , vi, 44* — ^- p^^P» 9 Fab. ; Herbst. 
XI.T111 y Sj 3f. iu/imna, Leach , Zool. , Misccll. , cxxvii , 3-5 , var. ; — 
JH. PeronUyib, , tab. ead. 9 i-a. Pcnt-êfrc faut-il rapporter k ce genre. 
oa â celui de munie de M. Leach, l'espèce fossile que M. Besmarest 
nomme portune d^Hericarty Hist. Qat. des crust. foss. , v, 9. * 



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32 CRUSTACÉS DÉCAPODES, 

beaucoup plut épais que leurs pédicules , et globuleux» 
On n'en connaît encore qu'une seule espèce (i); qui a 
été trouVjéesur la c6te deDevonshire, et que M. Dorbigny^ 
correspondant du Muséum d'histoire naturelle , a aussi 
observée sur nos côtes maritimes des départements de 
l'ouest (a). 

Dans tous les nageurs suivants > les deux pieds postérieurs 
sont seuls en nageoire (3). 

On peut d'abord en détacher ceux dont le test est presque 
ovoïde^ rétréci et tronqué transversalement en devant; dont 
la queue offre distinctement dans les mâles (seuls indivi- 
dus connus ) sept segments. Tels sont : 

Les O&ithyies. ( Orithtia. Fab. ) 

La seule espèce connue ( O. màmîUaris, Fab.; cancer- 

himaculatuSy Herbst.; XYIII, loi ) se trouve dans le* 

mers de la Chine, ou du moins fait partie des collections 

d'insectes que ses habitants vendent aux Européens. 

Les pédicules oculaires sont proportionnellement plus 

longs que ceux des étrilles ou portunes. 

Le test des derniers nageurs est notablement plus large 

en devant que postérieurement , en forme de segment de 

cercle , rétréci vers la queue et tronqué , ou bien soit en 

trapèze; soit presque en cœur. Son plus grand diamètre 

transversal surpasse généralement le diamètre opposé. La 

queue des mâles ne présente que cinq segments , au lieu de 

sept /nombre de ceux de la femelle ; et qui est généralement 

propre à la queue dés décapodes ; le troisième et les deux 

suivants se soudent et se confondent ou n'en forment qu'un; 

cependant on en découvre souvent les traces, du moins sur 

les côtés. 

Nous séparons d'abord ceux dont les yeux sont portés sur 
des pédicules grêles et très longs, partant du milieu du bord 
antérieur du test, se prolongeant jusqu'à ses angles latéraux, 
et se logeant dans une rainure pratiquée sous le bord, 

(i) Pofybius Herulowu, Leach , Malac . Brit. , ix , B. 

(a) Les poctomnes da doctear Leach ont les tanet des pieds inter- 
mëdUtires comprimés , presque en nageoire f et pourraient venir après 
les poitrines. 

(3) Toujours plus large et plus oyale que les tarses précédents. 



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FAMILLB D£S BfiÀCHTCRES* 33 

Tels sont 

LS8 PODOPHTHALMES. (PoDOPHTEALliUS. LdlU. ) 

Le test est eo forme de trapèze transversal , plus large et 
droit en âevaot^avec une deut longue^ eu forme d'épine^ 
derrière les cavités oculaires. Les serres sont alongées , 
épineuses et semblables à celles de la plupart des espèces 
du genre iMpa du docteur Leach. 

La seule espèce vivante connue (i) babite les c6tes de 

nie de France et celles des mers voisines. 

Le TÎclie cabinet d*un naturaliste des plus versés dans la 
connaissance des coquilles fossiles^ M. de France , offre le 
moule intérieure d'un podoplitbalme fossile^ auquel M. Des 
marest a donné Je nom de ce savant ('j). 

he» pédicules oqulaîres des autres crustacés de cette sec- 
tion sont courts^ n'occupent qu'une très petite portion du 
diamètre transversal du test, se logent dans des cavités 
ovales, et ressemblent en -général à ceux des crabes ordi- 
naires, avec lesquels ces crustacés nageurs se lient presque 
insensiblement. 

Cel crustacés peuvent être réunis en un seul sous-genre , 
celui 

lyÉlAILLE ou POATUNE. ( PoRTUNUS. Fsb. ) 

Quelques espèces (3) propres aux mers des Indes orienta- 
les, iellés'que Vj^dmete dUertisUlMU y t.), se distinguent 
de toutes les suivantes par leur test en forme de quadrila- 
tère transversal, rétréci postérieurement y et dont les cavités 
oculaires occupent les angles latéraux antérieurs ; les yeux 
sont ainsi distants Tun de l'autre , par, un ipter>-alle égalant 
presque la plus grande largeur du test. L'insertion des %n<* 
tennes latérales est très éloignée de ces cavités. 

D'autres espèces , dont le test est en foime de serment de 
cercle, tronqué postérieurement et plus large daris son mi- 
lieu , sont remarquables par la longueur de leurs serres , 



(i) PodophAaknuâsfwiomê , Xatri» Genec. crost. etinsoct., l,ipti ir, 
1 i LesdiyZool. Miicei, Gii.vni; portunusw^i Fab. 
(a)Hitt.iMit.deS€rust. iMSÎl.^rv,6^7y^. . 
(3) Genre rmAMéAMUM » thalamàa , Lau 
TOXB IV. 5 



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3ii causTAcés bjbg apodes. 

qui est double au moins de celle du test. Ses côtés offrent 
chacun neuf dents j dont la postérieure beaucoup plus 
grande, en forme d'épine. La queue des mâles est souvent 
trfes différente de celle de leurs femelles. Ces portunes com- 
posent le genre* Zi/p^tf {Lupa)à\x docteur Leach, et sont , 
pour la plupart, assez grands et exotiques. La Méditerranée 
nous en offre utte espèce (i). 

Une troisième division se composera d'espèces a«alo* 
gués aux dernières pour la forme du test y mais dont les 
dents latérales ^ au nombre de cinq communément, sont 
presque égales , ou dont ia postérieure au rtkoins diffère peu 
des précédentes ; la longueur des serres excède peu celle du 
test. 

Celles qui ont de six à neuf dents de chaque côté^ sont 
toutes exotiques. Le Fortune de Tranqutbar (^P , tranqueba- 
n'eus, Fab., Herbst., Canc.,\XWUl, 3. ), est la seule con- 
nue^ ayant neuf dents et toutes égales à chaque bord latéral. 
Elle est grande et s2l chair est estimée. Nous soupçonuàns 
que leportune^£eiico££oi!i/ff, deM.Desmar^t(Hist. nat. des 
crust. foss. , VI, I. — 3 ) est la même; en état fossile^ il 
.hbus vient aussi des Indes. • * 

Les espèces suivantes ^ toutes des mers d'Europe (a) ^• 
ont cinq dents à chaque bord latéral de la carapace. 

(^). Portunus Du/ourUy l.atr. , nouv, Dict. d'hin. nat., a« édiu 
CcUc espèce, %Qrëe dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle , 
se rapproche beaucoup da Cancer fioftatus de Linnœas , qtx'il dit se Cro'u- 
ver dans la mer Adriatique. Rapportez k k même division les espèces 
soWantes : Cancer pela gictu , Hei'bst, lviu , 55; — C, Jbrceps^ ejusd. , 
tr; 4i t*^^* 9 ZdoI. Mise. , ttv; -^ 0. tangainolentus , Herbst. , 
vitiv56*, 57;*^1^\iid., C, cedortàlU y xxxii et jttîouUtMy i;-^^iMd., 
C. hastaïusy lv> »; i— Ci menestko , ibid. 3 ; — C. pomUus^ Ibid. , S. 

(d) l^oj^i^ pmr l«t ef)>àces delà MédUsrr8n<{e , les oavKi/ça^,4B Pé- 
tagna «. île i\itab , d'OUvt ( poov celles de qqs. pôles occidentales .^t . des 
mer^d^ laiGj:4nc^BffeUgpie, le Catalq^e^içiflhodique des crustacés du 
département du Calvados , de M. de Brébisson , et surtout rexccllcnt ou- 
vrage du docteur Leach , intitula Malacosiraca podophthalmia Britan^ 
met. M; Qasimittt a trtohîtft^Ktaloppë iaimékhodftdt cet^ ant^ir , dam 
set Gonsidérationé' ^ioèn^ )«in^l«»«çi;«stioai^ iiirf»i^uiMr^ Ifèf iitiie ï 
cenx qui s'occupent de rcio3e,de,cef aiuams. /^orM«Q<fti jiç«bb article 
PortuiM de TEncjclopëdie mëtbodiqoc^..' . ., • 



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tAHILLB MS BRACHYtrKES. 35 

VÊttitte commune. (Cancer puher. L.) Penn. Zoôl. Brît. 
IV, IV. 8; Herbst, Vil. 69. Leach. Malac. Brit. vi. 

Est couverte . d*an duvet jaunâtre, avec huit petites 
dents entre les yeux, dont les deui'mitoyennes plus lon- 
gues, obtuses et divergentes ; les serres sillonnées, années 
d'une dent forte et dentée, au côté interne du carpe , et 
d'une autre sur Tarticle suivant ou la main; les doigts 
sont noirâtres. 

Cette espèce porte communément le nom dV/rfVfe, et 
sa chair est très délicate. 

La petite Étrille, {Cancer corrugalus. Penn. 2ool. Brit. 
IV. pi. y. 9. Leach. Malac. Brit. VII. i, a.) 

A le test tout ridé , garni d'un duvet jaunâtre , avec trois 
dents égales,** presque en forme de lobes, au front. Les 
troisdents postérieures des bords latéraux sont très aiguës> 
en forme d'épines. 

Le P. ménade ou le Crabe commun de nos côtes, (C, mcenas. 
LÎB.Fab.) 

Et qu'on appelle vulgairement crabe enragé^ me paraît 
appartenir plutôt aux port unes qu'aux orabes proprement 
dits ) seulement les nageoires postérieures sont plus 
étroites. Tel a été le premier sentiment du docteur Leach | 
qui en a fait ensuite un genre particulier , sous le noni 
de carcin ( Càrcinus, Malacost. Brit., XII, tab. v ). Il 
a aussi cinq dents de chaque côté , et pareil nombre au 
front, les oculaires internes comprises. Le dessus du test 
est glabre, finement ôhagrinë, avec des lignes enfoncées, 
profondes. Les' tarses sont striés ) la tranche supérieure 
des mains est comprimée en maniëred'aréte arrondie , ter^^ 
minée par une petite, dent; on en voit une autre, mais 
plus forte, au c^té interne de l'artkle précédent; les doigtK 
sont striés, presque également dentés , aveciebout noirâtre. 

On trouve dans le calcaire marneux du Monte-Bolca , 
UB crustacé fossile qui, selon M. Desmarest (Hist. nat. 
des cmst. foss., pag. ii5), a dé grands rapports avec 
cette espèce. 

Dans le poriune de Roraieliet de M. Risso , le front est 
sans dents. Celui qu'il nomme longipes présente le même 

3 



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56 CRUSTICÉ» DâCAPODBS. 

caractère y maïs ses pieds sont proportion oellement plus 
longs que ceux des autres espaces analogues. 
/ Nous formerons une quatrième division avec le sous-genre. 

PlATYONIQUE ( PXiATYOMIGHUS. ) 

Dont la dénomination . a remplacé celle de portumne 
( portumnus ) de M. Léach , trop rapprochée du mot por- 
tune , déjà employé. Ici le test est aussi long au moins 
que large , presque en foi'me de coeur. Tous lés tarses des 
pieds, les serres exceptées, se terminent par une petite 
lame semi- elliptique, alongée et pointue 5 l'index est très 
comprimé. Cette division ne comprend encore qu'une es- 
pèce, qui est le cancer latipes de Plancus ( De conchis 
minus notis , Ul , 7, B. C), etqui a été figurée aussi par Leach 
(Malac.Brit.ylY). Le front offre trois dents, et chaque bord 
latéral du test cinq. ( J^qyc% l'article PlalyoAiquc de l'Ency- 
clopédie méthodique.) 

Des crabes nageurs nous passons à ceux dont tous les pieds 
se terminent en pointe , ou par un tarse conique , quelque- 
fois comprimé, mais ne formant point de nageoire pro- 
premenl dite. Ceux d'entre eux dont le test est évasé , coupé 
par devant en arc de cercle , rétréci et tronqué en arrière , 
dont les serres sont identiques dans les deux sexes, où 
la queue offre le même nombre de segments que celle^des 
pbr tunes , et qui , à l'exception des tarses , leur ressemblent 
presque entièrement, composeront notre seconde section^ 
celle des Arqués ( Arcuata ). 

Les Crabes proprement dits. (Caiccer. Fab.) 

Ont le troisième article des pieds •mâchoires extérieurs 
échancré çu marqué d'un sinus , près de l'extrémité in- 
terne et presque cairé. Les antennes , ne dépassant guère le 
front, el à articles peu nombreux, sont repliées , glabres ou 
peu velues. Le» mains sont arrondies, et ne présentent point 
supérieurement d'apparence de crête. 

f^es ups on^. l'article radical des. antennes extérieures 
beaucoup plus grand que les suivants, en forme de lame, 
terminée, par une dent saillante et avancée , fermât infé- 
rieurement le coin interne des cavités oculaives. Les fosset- 
tes des antennes mitoyennes ou internes sont presque lon- 
gitudinales* Tel est 



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FAMILtiB DBS BRACHYURES. 5j' 

Le Crabe poupari ou tourteau (C^pagurus. Lin.) Herbst. 
IX^ Sg^ Sont le test est roussâtre^ ^^rgc? plftn f presque iîssé 
en dessus , avec neuf festons à chaque bord latéral , et 
trois deats au front. Ses serres sont grosses , unies ^ avec 
les doigts noirs et garnis intérieurement de tubercules 
mousses. Il acquiert près d'un pied de largeur^ et pèse alors 
jusqu'à cinq livres. Il est commun sgr les côtes de France 
de l'Océan , et moins abondant dans la Méditerrannée. Sa 
chair est estimée; * 

Le docteur Leach ( Malac. Brit, , XVII , x ) le sépare 
génériquement des autres crabes. 

Dans les autres, les articles inférieurs des antennes sont 
«Tylindracés^. le premier^ quoiqu'un peu plus grand ^ ne 
diflerepoint des suivantsquantà la forme et aux proportions^ 
et ne dépasse point le canthus interne des fossettes ocu- 
laires; celles des antennes intermédiaires s'étendent plutôt 
dans le sens de la largeur du test ^ que dans celui dé sa Ion* 
gneur. 

Il en est parmi eux (C. 1 1 . dentatus, Fab.) , dont les doigts 
ont leur extrémité creusée en manière de cuiller; ce sont 
les Clorodie» ( Ctorodius. ) de M. Leach. Plusieurs des es- 
pèces, où ils se \erminent en pointe , sont remarquables en 
ce que l'arqùre des bords du test se termine postérieure- 
ment par un pli et une saillie débordante j en manière 
d'angle. Celles dont le front est tridenCé^ et dont le test n'of- 
Ire, de chaque côté que cette saillie ou dent postérieure, 
composent son genre CarpiUe ( Carpilîus ). Les espèces de 
cette subdivision ( C. coraUinus y F.; C. maculatus ^ ejusd. ) 
présentent des marbrures ou des taches rondes couleur de 
sang. Elles habitent plus particulièrement les mers des 
Indes orientales. Beaucoup de crabes fossiles me paraissent 
appartenir à cette subdivision. 

Les Xanihes ( Xantho, ) du môme, et dont quelques-uns 
(Xoit/Ao/Zorû/i/^^Leach^ Malac. Brit., XI ; — Cancer poressa^ 
OIîv., Zool. adriat.^ II, 3. ) habitent nos côtes y ont leurs 
antennes insérées dans le canthus interne des cavités ' 
oculaires , et non en dehors , comme dans les précé- 
dents, 
lyautred considérations permettraient d'augmenter 1q 



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58 cnusTAeés décapodes* 

tkombre de ces coupée. Ma» ùoiis avons dû. nous botner à 
indiquer les principales. 

Le Ctabe'vulgaire de nos côtes ^ delà première édition ûe 
cet ouvrage^ a été placé dans celle-* ci avec les portunes. 
( F, ménade. ) 

Les Pirivèlbs (PiRiMELA. Leacb.) 

Ressemblent tout-à-fait aux crabes, mais leurs antepnes^ 
extérieures se prolongent notablement au-delà du front , et 
leur tige y plus, longue que leur pédoncule^ se compose 
d'un grand nombre d'articles^ Les fossettes des intermé- 
diaires sont, ainsi que dans le crabe tourteau^ plutôt longi- 
tudinales que transversal es ^ 

On n'en connaît qu'une espèce ( P* denticulata j Leacb.., 
Malac. Brit. ; VIII ^ ni. ), qu'on trouve dans la Manche 
et dans la Méditerranée.. Peut-être faut -il rapporter à 
cette espèce lecruslacé fossile, décrit par M. Desmarest , 
sous le nom. à* Atéléçy de rugueux, (Hist. nat. des crust. 

foSS. ylXyQ. ) 

Liçs Atelécycles (i). (Atelegtclus^ Leach^) 

• 

Ont; ainsi que les pirimèles, les fossettes des antennes 
intermédiaires longitudinales; les antennes latérales alon- 
gées, saillantes, et composées d'un grand nombre d'articles; 
mais elles sont très velues ainsi que les serres; ces serres 
sont fortes, avec les mains comprimées. Le troisième article 
des pieds-mâchoires est senaiblement rétréci supérieurement 
en manière de dent obtuse ou arrondie. Les tarses sont coni- 
ques, et les pédicules oculaires sont de grandeur ordinaire. 
La queueest plusalongée que dans les crustacés précédents. 
On en a décrit deux espèces (a), l'une des côtes d'An- 
gleterre y à forme suborbiculaire , et l'autre de celles de 
France, tant océaniques que méditerranéennes. 

Les Thies> ( Tma. Leach. >. 
Se rapprochent derf atelécycles, à raison de leurs antennes 

(i) Nous avions d'abord placd ce sous-genre, ainsi que le suivant, dans 
la se <!tîon des orbiculaircs. 

(a) Voyez les Considérations ^néraUs sur la classe des crustacés , de 
M. Desmarcst, pag. 88 et 89, 



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rAMlLLU JDBS BAACHTUBES. S9 

latérales^ de \n direction des fossettes logeant les intecmé* 
diaires^ de la forme du troisième article des pieds-mâchoi- 
res extérieurs^ de leur test suborbicuiaire5 mais leurs yeux 
aiusi que leurs pédicules sont très petits et à peine saillants. 
Leurs tarses sont très tromprimés et subelliptiques. Le front 
est arqué ^ arrondi^ sans dentelures prononcées. L'espace 
pectoral compris entre les pieds est très étroit et de la même 
largeur partout. Les serres sont proportionnellement bien 
moins fortes. Le test est uni, et sous quelques autres rap- 
ports ces crustacés. avoisinent les leucosies et les corisles. 

L'espèce (1) prototype, dont. on ignorait la patrie, a été 
découverte par M. Milne Edwards , dans le sable des bords de 
la - Méditerrannée , près de ISaples. 'M. Risso ( Joum. de 
phys. y 1832 , p. aSi. ) en a décrit une autre, qu'il a dédiée 
k M. de Biainvilie, et qu'il a trouvée dans la rivière de 
Nice. 

Lss MuRsiES. (MuasiA. Leach. ) (2). 

Dont on ne connaît encore qu'une seule espèce , et qui 
est propre à cette partie de l'Océan qui environne l'extré- 
mité méridionale de TAfriqQe. Elle avoisine les matutes et 
plusieurs portunes^ à raison d'une longue épine dont chaque 
côté du test est armé postérieurement; elle se rapproche aussi 
des crabes proprement dits, poiir la forme du test et des pieds- 
mâchoires extérieurs, avec cette différence que leur troi- 
sième article est en forme de carré alougé, rétréci et tron- 
qué obliquement à son extrémité supérieure; mais, ainsi 
que dans les calappes et les hépates, les mains sont très com- 
primées supérieurement, a^ecune tranche aiguë et dentée, 
en manière de crôte (3). , 

liES HÉPATEs. ( Hepatus. Latr. ) 

Ont, quant àla foime évasée de leur test, la brièveté de leurs 
aotannes latérales , une grande affinité avec les crabes pro- 
prement dits , et se rapprochent des mursies et des calappes, 

( i) Thia polita , Leach , . Zool.. Mîscel. , cm. 

(a) IMuiiDlaatiott qo^lL iàodratt changer, parce qu'on peat fiicilemtDt 
la coiifoiidre avec celle de nttr4M;(.«ulre «oat-genre de cruttacÀ. ^ 

(3) Deimar., Comid.yi^l. 



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4o CBUSTACés DlfcCAPODBS. 

à nticon d« leurs laains comprimées et lerminëes supëriea- 
rement en maaière de crête; nuis le troisième arti<;[e de 
leurs pieds -màcko ires extérieurs est en forme de triangle 
alongé, étroit et pointu, sans écbancrure apparente ; carac« 
tère que Ton observe aussi dans les niatutès et les leucosies. 
L'espèce (i) qui a servi de type à l'établissement de cette 
coupe a été confondueaveclescalappes par Fabricius. Elle est 
de la grandeur d'un crabe tourteau de moyenne taille. Son 
test est jaunâtre y ponctué de rouge , avec les bords finement 
et inégalement crénelés. Les yeux sont petits et rapprochés. 
Les pieds sont entrecoupés de bandes rouges. Quoique la 
queye des mâles n'ait que cinq segments complets , on dé- 
couvre néanmoins très distinctement sur les côtés , les 
traces des deux autres. Cette espèce est commune aux An- 
tilles. 

Une troisième section , celle des Quadrilatères ( Qua- 
DRiLATERA ) , R le test ppcsque carré ou en cœur , avec le 
front généralement prolongé , infléchi ou très incliné^ et 
formant une sorte de chaperon. La queue des deux sexes est 
de sept segments y distincts dans toute leur largeur. Les an- 
tennes sont généralement fort courtes. Les yeux de la plu- 
part sont portés sur de longs pédicules ou gros. Plusieurs 
vivent habituellement à terre , dans dôs trous quMs se 
pratiquent^ d'autres fréquentent les eaux douces. Leur 
course est très rapide (a). 

Une première division comprendra ceux dans lesquels le 
quatrième article des pieds-mâchoires extéricui*s est inséré 
à l'extrémité supérieure interne de l'article précédent ^ soit 
• sur une saillie courte et tronquée, soit dans un sinus du~ 
bord interne. Ce sont ceux qui se rapprochent le plus des 
crabes propres. 

Les -uns ont un test tantôt presque carré ou trapezoïde, , 
mais point transversal y tantôt presque en forme de coeur 

(0 Hepatus ftueiaîut , Xatr. ; DesmaT. , Oonsid. , n,, a; Calappa 
angustata, Fab. ; Cancer princep* ^ Bosc. ; Herbst, xzxvu, a. Voyez 
QQssi son cancer armadiUus, vi , 4^ et 43- 

(a) Je les 'coBsidàre, soug le rapport deè babUndes efc d« cfoelqnes ca- 
lactcrcs d'organisation , c^mme s'ëioi^ant le plas des autres dëcajxideA^ 
ei comme devant èire places à Tanc des exir4imt(^a de cet ordre* 



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FAXILLB I>£S BRÂ.CHrnRBS. 4l 

tronqué. Les pédicules oculaires sont courts et insérés soit 
près des angles latéraux et antérieurs du test, soit plus 
intérieurs^ mais toujours à une distance assez grande du 
milieu du front. Ici viennent : 

Les Eripbizs. ( Eripbia. Lat. ) 

Qui ont les. antennes latérales insérées entre les cavités 
oculaires et les antennes médianes; le test presque en 
forme de cœur, tronqué postérieurement , et les yeux éloi- 
gnés de ses angles antérieurs. 

Nos c6tes en fournissent une espèce {Cancer spinifrons, 
Fab. ; Herbst., XI , 65 ; Desmar., Cons. , XIY , i ) , qui est 
le pagurus d'Mdrovande. Les côtés de son test «nt 
chacun dnq dents , dont la seconde et la troisième bifides. 
Le front et le» serres sont épineux. Les doigts sont noirs. 

Les Tbjlp£sies. ( Tbapezia , Latr. ) * 

Semblables aux ériphies par l'insertion de» antennes la- 
térales y mais dont le test est presque carré, déprimé, uni , 
avec les yeux situés à ses angles antérieurs , et les serres très 
grandes, comparativement aux autres pieds. 

Toutes les espèces ( i ) sont exotiques et des mers orien- 
tales. 

Les PiLuvisrBs. ( Pilumitits, Leadi. ) ^ 

Différents des deux sous -genres précédents à raison de 
leurs antennes latérales insérées à Textrémité interne des 
cavités oculaires , au-dessous de la naissance des pédicules 
des yeux. Us sontplus rapprochés, quant à la forme du test^ 
des crustacés de la section précédente que les autres quadri- 
latères^ et ambigus, à cet égard, entre les deux sections. 
Comme dans la plupart des arques, le troisième article 
de leurs pieds-mâchoires est presque catré ou pentagone. 
Les antennes latérales sont plus longues que les pédi- 
cules oculaires, avec une tige sétacée , plus longue que le 

(i) Canetr <ymodoet , Herbst, m, 5 ; — C rufo punetatus^ eju»d. , 
' nvii , 6; — «jasd. , C. ghtberrimu» , xx ^ 1 1 5. Foyez TarUcU Trapézi» ^ 
de L'EDoyolopédk médiodiqQe. 



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43 CRaSTACéS DâCiJPOOBS. 

pédoncule et con^posée d'un grand nombre de petits artidea. 

Les tarses sont simplement velus (i)« 

Les Thelphtjses (a), (Thelprusa. Latr. ) 
« A antennes latérales situées coiiuue dans les pilumoes^ 
mais plus courtes quç les pédicules Qculaires^ de peu d'arti- 
cles , avec la tige guère plus longue que lepédoncule» et ey- 
lindrico-conique. Le test est d'ailletirs presque en forme de 
cœur tronqué, et les tarises sont garnis d'arêtes épineuses ou 
dentées. 

On en connatt plusieurs espèces j Vivant toutes dans 
les eaux douces , mais pouvant; à ce qu'il paraît, s'en 
éloigner durant un intervalle de temps assez considérable. 
É'une; citée par les anciens, se trouve dkns le midi deTEu- 
rope, le LeV^ant et en Egypte; c'est le crabe fluviatile de 
Belon, de Rondelet etdèGesner.(f^<ycz Olivier, Voyage en 
Egypte y pi. XXX, a ; et les plancbes d'bist. nat. du grand 
ouvrage sur cette contrée. ) Il est très commun dans plu- 
sieurs ruisseaux et divers lacs des cratères du midi de 
l'Italie; et on voit son effigie sur plusieurs médailles an- 
tiques grecques , celles de Sicile notamment. Son test a 
environ deux pouces de diamètre en tout sens. Il est 
grisâtre ou jaunâtre , selon que l'animal est vivant ou sec, 
lisse en grande partie , avec de petites rides incisée^ et 
des aspérités aux côtés antérieurs. Le front est transversal, 
incliné, rebordé , sans dents. Lès serres ont des aspérités, 
avec une tâche roussâtre à l'extrémités des doigts, qui 
sont longs, coniques et inégalement dentés. Les moines 
grecs le mangent cru, et il est , pendant le carême, l'un 
des aliments des Italiens. 

Deux naturalistes, voyageurs du gouvernement, trop tôt 
enlevés aux sciences naturelles , Delalandteet Leschenauit-^ 
de-Latour , ont découvert deux autrtss espèces ; l'une recueil- 

;(i) F'oy'c* rariicle Pilumne de TEncyclopédie méthodique et Fou- 
vrage de M. Desmarest prëcitë , pa^. 1 1 x . 

(2) Les PotamophUes de la première édition de cet ouvrage. Ce nom 
ayant déjà été consacre à an genre de coléoptères , Je Téi remplacé pat 
celai dâ iheiphuâe. ( Vfyftz ce mot dans la seconde édition da nbuveaa 
Dictiànnaire d*?Ustoire natur€iU,)Ce sont ItBpotamobies de M. Leach, «t* 
les potamons de^M. Savî^ny. 



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VAUlhhE DSS BHAGHTUaSS. 43 

lie ptr le pxemier dans «ou voyage aa sud de l'Afrique ^ et 
l'autie par le aeeoud d^ps les moutagoes de Ceylan. 

Le cancer senex de Fabiicius ( Herbst. XL, 5 ), me 
parait d^oir se rapporter i^u même sous-genre. Cette espèce 
habite les Iodes orientales.- 

Uoe espèce propre à l'Amérique ( tetphusa ' serrata, 
Herbst« X, ii ) est proportionoellemeat plus aplatie 
et plus large que les autres, et offre quelques autres ca- 
ractères qui semblent indiquer une division . particu- 
lière (i). 

ly autres quadrilatères ayant, de même que les précé- 
dents y le quatrième article des pieds-mâchoires extérieurs 
inséré à reztrémité interne de Tarticle précédent; s'en éloi- 
gnent par la forme trapézoïdale^ transverse et élargie en-de- 
vant de leur test', ainsi que par leurs pédicules oculaires 
qui^ comme ceux des podophthalmes ^ sont insérés près du 
milieu du front^ longs , grêles, et atteignent les angles anté- 
rieurs. Les serres des mâles sont longues et cylindriques; 
tels sont : 

Les GoNopiiACES ou Rhombilles. ( gokoplâx. Leach. ) 

Nos mers en fournissent deux espèces, dont l'une cepen- 
dant ne pourrait être qu'une variété de l'autre. 

Le gonoplace à deux épines ( Cancer angulatus^ Lin. ) , 
Herbst. , f . i3 ; Leach. , Malac. Brit., XID, a les angles anté- 
rieurs du test prolongés en pointe , et une autre épine , 
mais plus petite en arrière. I^s serres des mâles en offrent 
deux autres , une sar l'article appelé br^s et l'autre au côté 
interne du cape; les mains sont alongées> un peu rétrécies 

(i) f^a^ez aussi , plos bas, le sous-genr^ oejrpode,T&i ai formé un nçtt* 
▼eao , sons le nom de TiticnoDACrt le ( TrichodactyUu ) , avec on cros- 
tacé des eaux douces da BrëtQ , analo^e aux précédents, mais ayant le 
test presque carré, le troisième, article des pieds- mâchoires extérieara. 
en forme de triangle alonçé et crochu au bout, et les tarses couverts 
d'un duvet serré. ^ 

Le grasptts leuebtttu des planches (cccv, a) dliistcnre naturelle de. 
VEncjretojféâie m éthotUqme est encore le type d'un autre nouveau genre < 
M^Kic (Meiia) , trop peu important pour être exposé avec détail dans, 
cet ouvrais 



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/|4 CnUSTAGBS DECAPODES. 

à leur base } Ton observe une autre dent à Fextréinîté supé- 
rieure des cuisses des autros pieds. Le corps est roussâtre. 
Cette espèce se trouve sur les côtes occidentales de France 
et celles d'Angleterre. 

Dans le gonoplace rhomboïde {cancer rhomboïdes, LinOt 
la carapace n'offre d'autres épines queceilos formées parle 
prolongement des angles antérieurs. Le corps est plus petit 
et d'un blanc rougeâtre ou couleur de chair. On la trouve 
dans les lieux rocailleux de la Méditerranée (r). 
Dans la seconde division des <(uadrilatères , le quatrième 
article des pieds -mâchoires extérieurs ou de ceux qui re- 
couvrent înférieurement les autres parties de la bouche est 
inséré au milieu du bout de l'article précédent ou plus en- 
dehors. ^ ' 
Tantôt le test est soit trapezoïde ou ovoïde, «oit en forme 
de cœur tronqué postérieurement. Les pédicules oculaires ^ 
insérés k peu de distance du milieu de son bord antérieur, 
s'étendent jusque près de ses angles antérieurs ou les dépas* 
sent même. 

En commençant par ceux dont le test a la forme d'un qjua- 
drilatère transversal , élargi en avant et rétréci en arrière , 
ou bien celle d'-un œuf ^ s'offrent d'abord 

Les Macrophtealues. ( MACROPHTHÀLiius. Lat. ) 

Ainsi que dans les gonoplaces, le test est trapétoïde , les 
serres sont longues et étroites; les pédicules oculaires sont 
grêles, alongés et logés dans une rainure, sous le bord an- • 
térieur du test. Le premier article des antennes intermé- 
diaires est plutôt transversal que longitudinal , et les deux 
divisions qui les terminent sont très distinctes et de gran- 
deur moyenne. Les pieds-mâchoires extérieurs sont rappro- 
chés inférieurement, au bord Interne, sans, vide entre eux, 
et leur troisième article est transversal. 

' Ces crustacés {^) habitent les parages des mers orientales 
et de la Nouvelle-Hollande. 

(i) ^o^es Tarticle RhombiUe de TEncyclopédie méthodique. 

(i) Gonopiax transuerius , Latr. , Enc jclop. nMfthod. , JHist. nat , 
GCxcyir., 9 \ — Cancer bre4^iif Herbst» lx, 4* ^ gonoplace de LatreiUê^ 
espèce fostUle décrite par M. Desmarest {Hist, nat» de* cnuufoss, , 



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FAMILLE DES BnAGHTTRES. /|5 

Les suivants, et qui forment les sous -genres gélasùne ^ 
ocypodc elFnyct^re, vivant tous dans des terriers , et remar- 
quables par la célérité de leur course, ont la quatrième 
paire de pieds et ia troisième ensuite plus longues que les 
autres 3 les an teunes intermédiaires sont excessivemen t peti tes 
et à peine bifides au bout ; leur' article radical est presque 
loDgitudinat. Ces animaux sont propres aux pays cbauds. 

Ici le test est solide, en forme de quadrilatère ou de tra- 
pèze ; plus large en devant. t 

Les GELASuiEsCGzLASiMrs. Latr. — Uca. Leach. ) 

Les yeux terminent leurs pédicules , en manière de petite 
tète. Le troisième article de leurs pieds-mâchoires extérieurs 
est en carré transversal. Le dernier segment de la queue des 
mâles est presque demi -circulaire; celle des femelles est 
presque orbiculaire. 

Les antennes latérales sont proportionnellement plus lon- 
gues et plus grêles quç les mêmes des ocypodes. L'une des 
serres, tantôt la droite , tantôt la gauche , ce qui varie dans 
les individus de la même espèce, est ordinairement beau- 
coup plus grande que l'autre; les doigts de la petite sont 
souvent eu forme de spatule ou de cuiller* L'animal ferme 
l'entrée de sou terrier, qu'il établit près des rivages de la mer 
ou dans des lieux aquatiques , avec sa plus grande pince. 
Ces terriers sont cylindriques, obliques, très profonds, 
très rapprochés les uns des autres^ mais ordinairement 
habita par un seul individu. L'usage où sont ces crustacés 
détenir la grosse pince élevée en avant du* corps, comme 
s'ils faisaient un geste pour appeler quelqu'un*, leur a valu 
le nom de crabes appelants ( Cancer vocans). Une espèce 
observée dans la Caroline-Sud par M. Bosc , passe les trois 
mois de l'hiver dans sa retraite, sans en sortir , et ne vient 
k la mer qu'à l'époque de sa ponte (i). 

•* ■■ ■ - ■ ' , ■ ■ - ■ ■ -■ ■■ ■ -' ■ - ' ■ - I "■ 

IX, i-4)9«<pco^ire auuison G. incisé {ix^ 5, 6), pourrait être anma- 
cropbtUme; ' maïs <n {^ënërai ses gonoplaces fossiles sont des ^la- 
simaf. L'espè^ qu'il nomiue gélasime luiMarUe (viu , 7 , 8) ne me semble 
pas dîffërer d« Vespèce vivante qae je nomme maraaoani {Encyclop. 
mdhod, , ibid. . cclcvi , i). 

(i) V^^tz Vartiele Gélasime de la seconde editkm da nouveau 



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^6 GHUSTACés DÉCAPODES. 

Les Ocypooes. (Ocyfode. Fab. ) 

Les yeux s'étendent dans la majeure partie de la longueur 
de leurs pédicules y et forment une sorte de massue. Le troi- 
sième article des pieds - mâchoires extérieurs est en carré 
long. La queue des mâles est très étroite y avec le dernier 
article en forme de triangle alongé; celle des femelles est 
ovale. - - 

Les serres sont presque semblables, fortes ^ mais courtes , 
avec les pinces presque en forme de cœur renversé. Ainsi 
que l'annonce Tétymologie du nom générique ^ ces crusta- 
cés courent avec une grande vélocité; elle est telle ^ qu'un 
homme monté à cheval a de la peine à' les 'atteindre ; de là 
l'origine de l'épithète de cavalier ( €ques)y que leur donnè^ 
rent d'anciens naturalistes. Parmi les modernes , quelques- 
uns les ont nommés crabes de terre ; d'autres les ont con- 
fondus avec les gécarcins, sous la dénomination générale de 
tourlourôujr. Les ocypodes se tiennent pendant le jour dans 
les trous ou terriers qu'ils se creusent dans le sable , près 
des rivages de la mer. Ils les quittent après le coucher de 
soleil. 

L'O. chevalier { Cancer cursor. Lin. ) , Cancer eques, 
Bel. 'y O. ippeusy Oliv. Voy. dans l'emp. ott., IL xxx, i , 
se distingue de tous les autres par le faisceau de poils 
qui termine les pédoncules oculaires. Il habite les côtes de 
la Syrie, celles d'Afrique, situées sur la Méditerranée, et 
se trouve même au Cap-Verd 

Dans VO. cérathophthabne ^Cancer cerathopthalmus 

' Pall., Spicil. zol. fasc. IX, v, a-8), l'extrémité supérieure de 

ces pédicules se prolonge au-delà des yeux et d'un tiers ou 

plus de leur longueur totale , en une pointe conique et 



Dictionnaire d'histoire naturelle, et le même article de Ponvrage de 
M. Desmarett sur les aoimaaxde cette classe. Les crabes oiefte>ete, eiuio- 
panama de Marc^ave , me paraissent synonjrmes de k gëlasîme combat-^ 
êante. D'après une observation de M. Marion , commàniqnée à l'acad. 
roy. des se. par M. de Blainville , cette inégalité des pfl&ces ne serait 
propre qu'aax mâles, da moins dans des espèces dont 11 a observe u 
grand nombre d^iad&vîdas dans son voy^age aox Indes orientaks. 



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FAMILI.K PBS BRAGHTURBS. ^7 

simple» Les pinces sont en cœur ^ très chagrinées et dente- 
lées sar leur tranche. Cette espèce vient des Indes orientales. 

Dans quelques autres ^ les yeux terminent leurs pédi- 
cules et foiment une sorte de massue. Quelques-unes^ 
de l'ancien continent ( O. rhomheayFah. ) , et toutes celles 
du nouveau y sont dans ce cas. Mais celles«ci ont un carac- 
tère particulier, qui annonce qu'elles vont plus fréquem- 
ment à l'eau ou qu'elles nagent plus facilement^ leurs 
pieds sont plus unis, plus aplatis, et garnis d'une franges 
de poils. Tel est l'O. blanc de M. Bosc ( Hist-nat. des crùst , 
I , I ). Le crabe cununirde Marcgrave est de cette divi- 
sion (i)-. 

£a classant la collection du Musévm d'histoire naturelle., 
nous avions rangé avec les ocypodes, sous le nom spécifit 
que deguadridentatay un crustacéqui nous semble avoir une 
grande confermiié avec le gécarcin trois-épines de M. Des- 
maiets, espèce fossile ( Hist. nat. des crust. foss., VUI> lo.); 
il soupçonne qu'elle pourrait appartenir au génie telphuse. 

Ici le test, dans les femelles.au moins / est très mince, 
membraneux et flexible, le corps est presque rond; ou sub- 
ovoïde. Les pédicules «oculaires sont sensiblement plus 
courts que dans les sous-genres précédents. 
Viennent d'abord 

Les MiCTYRES. (Mictybis. Lat. ) 

• • • ■ . 

^ Lear corps est subovoïde , très renflé >.pl us étroit et obtus 
en devant,, tronqué postérieurement, avec le chaperon très 
rabattu , rétréci en pointe: à soi) extrémités ]Les serrer sont 
coudées à la jonctioi^ du troisième et du. quatrième article ; 
celui-ci est presque aussi grand que la main 3 les autres 
pieds sont longs , avec les tarses anguleux* Ajoutons à 
ces- caractères essentiels, que les pédicules oculaires sont 
couibes, couronnés par des y^ux globuleux } que les 
piedt-mâchoires extérieurs sont très amples, très velus au 
I - --— - .. ■ ^ ■ — .,— ', , , ■-—...,.- 

(i) Ployez ausssi, pont les ocypôdca du iionvctot:ontinent, les obser- 
vations de M. Say , cons^nëes dans le Tournai des seiences naturelles de 
PbiJadelpliie. -Son O. réticulé est ttti ^pse. Nons renverrons aussi à l'ar- 
ticle Ocy^fode de la seconde édition du nooir. Dictionn d'hist. naturelle, 
et à Fouvrage de M. Desmarest.' * * * . ' 



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\ 



^H CRUSTACÉS DÉGAPODBS. 

bord ioterne, avec le second articlç fort grand et le suivant 

presque demi-circulaire. 

On en connatt deux espèces; l'une qui se trouve dans 
l'Océan australasien (i) , et Tautre en Egypte (a) où elle 
a été observée par M. Savigny. ^ 

Immédiatement après les mictyrcs nous placerons 

Les PiNNOTHERES. ( PiNNOTHERES. Latr. ) 

Crustacés très petits^ vivant une partie de Tannée , sur* 
tout en novembre, dans diverses coquilles bivalves, les mou- 
les et les jambonneaux particulièrement. Le test des femelles 
est suborbtculaire, très mince et fort mou , tandis que celui 
des mâles est solide, presque globuleux et un peu rétréci 
en pointe en devant. Les pieds sont de longueur moyenne , 
et les serres sont droites et conformées à rordinairc. Les 
pieds-mâchoires extérieurs n'offrent distinctement que trois 
articles , dont le premier grand , transversal , arqué , et 
dont le dernier muni à sa base interne d'un petit appendice. 
La queue de la femelle est très ample et recouvre tout le 
dessous du corps. , ^ 

L,es anciens croyaient qu'ils vivaient^ en société avec les 
mollusques des coquilles où on les trouve, et qu'ils les aver<« 
tissaient dans le danger , et allaient à la chasse pour eux. 
Aujourd'hui le peuple de certaines côtes attribue , peut-étfe 
sans de meilleurs raisons, à leur présence dan s les moules, les 
qualités malfaisantes que celles-ci prennent quelquefois (3). 

Nous arrivons maintenant à des crustacés qui , analogues 
aux derniers, à raiscfb de l'insertion de leurs pédicules ocu- 
laires^ s'en éloignent cependant à Tégard du test. Il a la forme 
d'un cœur, tronqué postérieurement; il est élevé , dilaté et 
arrondi sur les cotés, près des angles antérieurs y\es pédicu* 

(i) Latr., Gêner. , cnist. etins., i. 4o ;Eacyclop. mëthod.^ ail. d^bisu 
nai. , ccxcYii, 3^ Desmar. , Consid., it, 9. Ce soat-genre et celai da 
pinnoibère faisaient partie , dans la première ëdition de cet ouTrage, de la 
section des orbiculaires ^ làals dao» on ordre naturel , ils avoitinent les 
ocypodes, les ge'carcins, etc. 

(3) Planches d'bist. nat. da grand ourrage sur TÉgypte. 

{y) Ployez y quant aux espèces, Leaoh, nfoiao., podoph, J5(nt, ^ ^ 
Desmar. , Comid. gétu sur Us cnai, , 1 16. 



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FAMILLE DES BEACHTCJRES. , ^0 

les oculaires sont plus courts que ceux des sous-geores 
prëcédeats, et n'atteignent pas tout-à-fait les extrémités 
latérales du test. Les antennes intermédiaires sont toujours 
.larminées par deux division^ bien distinctes. Nos colons amé- 
ricains ont désigné cescrusfaoés sous diversesdénominations, 
telles que celles df tourloaroux , de crabes peints , de eru- 
bes de terre f de crabes violets f et qui peuvent s'appliquer 
à diverses espèces ou à diverses variétés d'âge ^ mais aucune 
ledierche digne de confiance n'a encore fixé cette nomen- 
clature. Ces animaux habitent plus particulièrement les con- 
trées situées entre les tropiques et celles qui les avoisinent. 
n est bien peu de voyageurs qui n'aient parlé de leurs ha- 
bitudes. Mais en dépouillant leurs récits des faits invraisem- 
blables ou douteux y leur histoire se rédnit essentiellement 
aux suivants. 11 passent la plus grande partie de leur vie à 
terre ^ se cachant dans des trous et ne sortant que le soir, 
n y en a qui se tiennent dans les cimctièfes. Une fois pay 
année; lorsqu'ils veulent faire leur po;itc, ils se rassemblent 
en bandes nombreuses, et suivent la ligne la plus courte 
jusqu'à la mer y sans s'embarrasser des obstacles qu'ils peu. 
vent rencontrer 5 après la ponte , ils reviennent très affai- 
blis. On dit qu'ils bouchent leur terrier pendant la mue : 
lorsqu'ils l'ont subie et qu'ils sont encore mous^ on les ap- 
pelle boursiers j et on estime beaucoup leur chair , qui ce- 
pendant est quelquefois empoisonnée. On attribue cette 
qualité au iîruit du mancenillier, dont on suppose ^ fausse-? 
ment peut-être^ qu'ils ont mangé, 
Dans les uns^ tels que 

Les Ucas (Uca Latr, ), ' 

La grandeur des pattes ^ à commencer inclusivement k 
celles de la seconde paire ^ diminue progressivement } elles 
sont très velues , avec les tarses simplement sillonnés , sans 
dentelures ni épines notables. 

La seule espèce connue {Cancer Mca y Lin.), Herbst. VI., 

38, habite les marais de la Guianne et du Brésil. 

Dans les autres , la troisième f|t la quatrième paire ce 
pi^ds sont plus longues que la seconde et^ la cinquième i 
les tarses ont des arêtes dentelées ou très épineuses. Ces 
crustacés forment deux sous-genres. 

TOMK IV. 4 



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^1^ CtHSTACiS DÉCAPODES. 

lz% Oj^kdisomes. (CaadisoAa. Latr. ) 

\^4Mil les quatre antennes et tous les articles des pieds-^ 
^alt^t^r"-" extérieurs à découvert; les trois premiers articles 
g^ M^vaes pieds-mâchoires droits y le troisième plus court 
%|^i# l« pi^écédent, échancré supérieur^ent ^ presque en 
KMmie de cœur; enfin le premier des antennes latérales pres* 
^ue sem^Uble et large. ^ 

On les désigne aux Antilles sous le nom de, crabes blancs $ 
quelquefois cependant le test est jaune ^ avec des raies 
i^uges (i). 

Les Gecargins. (Gecarginus. Leach. ) 

Dont les quatre antennes sont recouvertes par le chape* 
ron; dont le second et le troisième article des pieds-mâ- 
choires extérieurs sont grands, aplatis, comme foliacés , 
arqués, et laissant entre eux, au côté interne, un vide; ou 
le dernier de ces articles est en forme de triangle curviligne , 
obtus au sommet; il atteint le chaperon et recouvre les trois 
articles (4 9 5 et 6 ) suivants. 

L'espèce la plus commune '( Cancer rurzco^. Lin. ) , 
Herbst. m, 36 , jeune âge , IV, XX, 116; xlix, 1, est 
d'un rouge de sang plus ou moins vif, et plus ou moins 
étendu, quelquefois tacheté de jaune, avec une impres- 
sion en forme de H , très marquée. Divers voyageurs lui 
ont donné le nom de crabe violet , de crabe peint; celui 
de tourlourou me paraît plus spécialement propre à cette 
espèce ('Ji)* 

Tantôt le test est presque carré, suhisométrique, ou guère 
plus large que long, aplati, avec le front rabattu dans 

.,. (1) -Cancer eordatusç Linn. ; — Cancer carmftx\ Herbtt. , xli, 1 , 
XV, 37 ; — C. guanhunti^ Marcgrave. Let ursct oat quatre arrêtes; il j 
en a deux de plus dans les gecarcins. 

(a) f^ojrez Farlicle TourlourQUx de TEncydopÀlie méthodique. 
MM. Victor Andouin et Milne-Edwards ont communique dernièrement 
à l'académie royale de sciences des observations très curieuses sur un 
organe propre à ces animaux , et formant une sorte de réservoir susceptible 
de contenir nne certaine quantité d'eau , et placé immédiatement an» 
dtosus dt» branchies. Voilà pourquoi ces crustacés ont les côtés ant^ 
rieurs du thorax plus bombés que d\>rdina&re. 



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FAHILLB DBS BRà€HTUnES. 5l 

presque toute sa largeur. Les pédicules diculaîres sont courts 
et fasérës aux angles latéraux antérieurs. Les deux divisions 
ordinaires des antennes intermédiaires sont très distincte». 
Les piedsnnâchoiTes extérieures sont écartés entre eux inté^ 
rieurement, et forment par cet écart, un vide angulaire; 
leur troisième article est presque aussi long que large. Les 
serres sont courtes 9 épaisses^ et les autres pieds sont très 
aplatis } là quatrième paire et ensuite la troisième sdnt 
plus longues que les autres ; les tarses sont épineux. 

Les Pi.agu81xs. ( Plagusia. Latr. ) 

Ont leurs antennes mitoyennes logées dans deux fissures 
longitudinales et obliques, traversant toute l'épaisseur du 
milieu du chaperon (i). 

Elles sont Joierieures ou recouvertes par cette partie, dans 

Les Gaapsis. ( Ga^vsvs. Lam. ) 

Leur test est un peu plus large en devant qu'en arrière , 
ou du moins pas plus étroit, tandis qu'il s'élargit un peu 
de devant en arrière dans les plagusies. 

Les grapsessontrépandus dans toutes les partiesdu monde, 
mais plus particulièrement dans celles qui sont situées près 
des tropiques. On h'en trouvje plus en Europe au-delà du 
5o* environ de latitude. Il me parait qu'à la Martinique on 
les appelle cériqucs. Marcgrave en a figuré des espèces du 
Brésil , sous \t% dénominations A^aratu y araiu pimma^Grap- 
sus cruentatus , Latr. ), et de carara-una. A Cayenoe on les 
appelle ragabeumba , qui veut dire soldat. 

Ces animaux se tiennent cachés pendant le jour sous les 
pierres et autres corps qui sont dans la mer. Quelques-uns 
même , à ce qu'il m'a été raconté, grimpent sur les arbres 
du rivage et se retirent sous leurs écorces. La forme large 

(i)P. Depressa^ Latr.; Herbit., ni, 35; — P. ekadmana^ Lair., 
Heilisl., tix , 3; Detm. , Contld., xiv, a. La queue ne ni*a paru com- 
potée que de quatre tegmeou bien distinciB. Le troisième offre cepcn-V 
dant une ou deox li^es enfoncées et transverses. Bans les grapses, 
ces segments sont au nombre de sept, et le troisième est dlTaië, de 
chaque côté de sa base , eu manière d^angle ou d^orëillette. 

4* 



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52 CHU^TÂCÉS DÉCAPGDB8. 

et aplatie -de leur corps et de leurs pieds leur donne la fa- 
culté de se soutenir momentanément sur l'eau; ils marchent 
toujours de oôté^ tantôt à droite, tantôt à gauche. Certaines 
espèces vivent dans les rivières , où la marée monte, maia 
plus souvent sur les hords ou hors de Teau. ils se ras- 
semblent en nombre considérable , et lorsqu'il paraît quel- 
qu'un dans les lieux où ils se trouvent, ils se sauvent dans 
l'eau, en faisant un grand bruit avec leuris serres, qu'ils 
frappent l'une contre l'autre. Leur manière de vivre est 
d'ailleurs la même que celles des autres crustacés carnassiers. 
( Vcjc% l'Hist. nat.. dss cBust., par M. Bosc. ) 
Nos côtes offrent 

Le grapsc madré {Grapsus varius. Latr.; Cancer marmo- 
ratus, Fab.; Oliv., ZooK, Adr., H , 1 1 le cancre madré de 
Rondelet; Herbst., XX, 1 14)* Il est de taille moyenne,pres- 
que carré, à peine plus large que long, jaunâtre ou livide , 
très alongéen.dessus, avec un grand nombre de lignes très 
fines et de petits points, d'un brun rougeâtre; quatre émi- 
nences, aplaties, disposées transversalement , à la base du 
chaperon, et trois dents à l'extrémité antérieure dé chaque 
bord latéral. Ses tarses sont épineux. 

Le G- porte -pinceau y {Cmv.^ Règne an im. IY, xti, i; 

Rumph., Mus. X2;Desm.,Consid., XV; i) est remarquable 

par les poils nombreux, longs et noirâtres, qui garnissent 

'le dessus des doigts des pinces. Les tarses n'ont point d'é- 

pines, caractère qui lui est exclusivement propre* Cette 

espèce (i) se trouve aux Indes orientales. 

Notre quatrième section, les orbîcclaires (Orbicuiata) (a), 

a le test soit sub-globulcux ou rhomboïdal, soit ovoïde^ et 

toujours très solide^ les pédicules oculaires toujours courts 

ou peu alongés^ les senes d'inégale grandeur, selon les 

seies ( plus grandes dans les mâles); la queue n'offre jamais 

sept segments^omplets -, la cavité buccale va en se rétrécis- 

(i) f^o^. , pour d^antret , rariicle plagusie de TEiicjc^pédie métho* 
d^iDe, et THistoire des aiumaoz sans vertèbres de M. lîelamarck , genre 
grapse, 

(a) Les orithyies et les dorippes me paraissent » dai)s une ^érie natu- 
relle , appartenir ^ cette section , et conduire aoz coristcs ^ leur test est en 
forme d'ovoïde tronque', • 



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FàMILLB DB5 BRACHTURBS. 55 

ssDt vers 80Q extrémité supétieure, et le troisième article 
des pieds-mâchoires extérieurs est toujours en forme de triau- 
gie alongé. Les pieds postérieurs ressemblent aux précé- 
dents^ et aucun de ceux-ci n'est jamais très long. 

Les Corystes. ( Coeystes. Latr. ) 

Ont le test ovoïdo-oblong , crustacé, avides antennes la- 
térales longues, avancées et ciliées^les pédicules oculaires de 
grandeur moyenne, écartés ; et le troisième article des pieds- 
mâchoires extérieurs plus long que le précédent, avec une 
^hancrure apparente, pour l'insertion de rarttclesnivant.'La 
queue est de sept segments , mais dont deux oblitérés au mi- 
lieu dans les mâJes. 

On en connaît une de nos côtes ( Cancer personalus. y 

Herbst, XU, 7,1 ; 73 j Leach., Malac. Brit., vi, i ) à trois 

dentelures k chaque bord latéral du test. 

Feu Delalande^ naturaliste-voyageur , en a rapporté une 
autre du cap de Bonne-£spérance. 

Les Leitcosies. ( Lfucosya. Fab. ) 

Ont un test dont la forme varie y mais plus- généralement 
presque globuleux oaovoïde, et toujours d'une consistance 
très dure et pierreuse;, les antennes latérales et les yeux très^ 
petits.Les yeux font rapproches. Le troisième article des pteds- 
michoires extérieurs est plus petit que le précédent et 
sans sinus interne apparent; ces parties sont contiguës 
inférieureJnent, le long du bord interne , et forment un 
triangle alongé, dont l'extrémité est reçue dans deux loges 
supérieures de la cavité buccale. La queue-, très ample et 
suborbiculaire dans les femelles, n'offre ordinairement que 
quatre à cinq segments, mais jamais sept. 

Le docteur Leach (i) a partagé ce genre de Fabricius en 
plusieurs autres, mais que nous présenterons comme de 
simples divisions. 

Les espèces dont le test est transversal , avec le milieu des 
côtés fortement prolongé ou dilaté eu manière de cylindre 
ou de cône, forment son genre ixa {ixa) (a). 

( I ) Leach , Zool. Mise, m ; Desm. , Gonsid. 

(?) Leuecsia eyUkdrus , Fab. , Herbtt. r.it , 39«^4. 



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54 CRUSTACÉS DECAPODES. 

Celles dont le test est rhomboïdal^ avec sept pointes co- 
niques^ en forme d'épines, de chaque' cAté, composent ce- 
lui à^^phis ( iphis )• 

Si le test ayant toujours la même forme rhomboïdale ne 
présente que des angles ou. des sinus sur les côtés y on aura 
son genre nursie ( nursia ) ; et celui à*éhaUe ( ebalia ) , si ces 
bords latéraux solit Unis. 

Les leucosies à test ovoïde ou presque globuleux, et distin- 
guées en outre de plusieurs des précédentes, en ce que les 
serjres sont toyjours plus longues que le corps , plus épais- 
ses que les autres pieds , et que les tarses sont sensiblement 
striés, peuvent se diviser ainsi. 

Les unes ont le front avancé ou du moins point débordé 
par Textrémité supérieure de la cavité buccale. La branche 
externe des pieds-mâchoires ( le flagre ) extérieurs est alon- 
gée, presque linéaire. 

Ici les serres sont grêles, avec les mains cylindriques et 
les doigts longs. 

Tantôt le test est presque globuleux, et soit très épineux^ 
comme dans le genre arcanie {arcaniayy soit uni, comme dans 
celui avilie ( ilia ). 

Tantôt le test est suborbiculaire et déprimé, ainsi que 
dans le g. persephone (persephona)} ou bien ovoïde, ainsi 
que dans celui de nryra ( myra). 

X-à, les serres sont épaisses , avec les mains ovoïdes et à 
, doigts courts. 

Ce soût les vraies Leucosies ( Leucosia ) de ce naturaliste. 

Dans les autres , Textrémité supérieure de la cavité buc- 
cale dépasse le front. La branche externe des pieds-mâchoires 
extérieurs est courte et arquée. Le test est arrondi et déprimé. 

Cette dernière division comprend son genre p^/tre ( p^- 
lira). 

D'autres considérations prises des proportions des pattes 
et de la forme des pieds-mâchoires extérieurs , appuient ces 
caractères. 

La leucosie noyau ( ilia nucleus , Leach ; cancemucleuSf 
Lin ; Herbst., XI. i4* ) commune dans la Méditerranée, a 
le test globuleux, granuleux sur les côtés et postérieure- 
ment, avec le front écbaucré , deux dents au bord posté- 



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FAMII.LE DES BEACmrUABS. 55 

rieur^et deux autres très écartées Tune de l'autre^ à chaque 
bord latéral ; la postérieure est plus forte j en forme d'é- 
pine f et située au - dessus de \^ naissance des deux pieds 
postérieurs. 

Les côtes maritimes de nos départements occidentaux 
fournissent quelques. autres espèces, qui rentrent dans 
le genre efra/ia dé M. Leach (i). 
Toutes les autres sont de TOcéa» indien et américain. 
Les (udes orientales nous offrent «|{uelques leucosies 
fossiles. M. Pesmaretsen a décrit trois espèces, dont deux 
se rapportent, selon lui, aux leaoosies proprement dites 
de Leach , et qui en état vivant sont propres aux mAmea 
contrées. 

La cinquième section , celle de8TaiAirai|tAiaxs(TaiGONA), 
«e coTxipoze d'espèces, dont le test est généralement trian- 
gulaire ou subovoïde, rétré<;i en pointe ou en manière de 
bec par devant, ordinairement très inégal ou raboteux , avec 
les yeux latéraux. L'épistome ou l'intervalle compris entre 
les antennes et la cavité buccale est toujours presque carré}, 
aussi long ou presque aussi long que large. Les serres , ou 
du moins celles clés mâles, sont toujours grandes et alon- 
gées. Les pieds suivants sont très longs dans un grand, i^om- 
bre , et quelquefois même les deUx derniers ont une forme 
différente de^ précédents. Le troisième article des pieds- 
mâchoires extérieurs est toujours presque carré ou hexagonal^ 
dausceuxaux moinsdont les pieds sontde longueur ordinaire. 
Le nombre apparent des segments de la qveue varie, il 
est de sept dans les deux sexes de plusieurs; mais dans d'au* 
très, ou du moins dans leurs mâles , il est moindre. 

Plusieurs de ces crustacés sont désignés vulgaireme/it soys 
le nom collectif à^ Araignées de mer. 

Quoique les espèces de cette tribu soient fort nombreuses, 
on n'en a encore découvert que deux en état fossile , et dont 
l'une au moins (Afaia squinado) existe encore aujourd'hui . 
en état vivant, dans les mêmes localités ( Voy. Desm. Hist.. 
natur. des crust. fofsil. ) 

13ne première division comprendra ceux dont les seconds 

(iXJialac. Brit.»xxT. 



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SG Crustacés décapodss. 

p'mi» bt Ittt suivants sont semblables, et dont la grandeur 
dîtainue progressivement. 

Parmi ceux-ci nous formerons un premier groupe de tou- 
tes les espèces dont la queue, soit des deux sexes, soit des 
femelles , est de sept articles. Le troisième article des pieds* 
mâchoires extérieurs est toujours presque carré ^ et tron- 
qué ou échancré k l'angle supérieur interne. 

Des serres très grandes, surtout comparativement aux au- 
tres pieds, qui sonores courts , dirigées horizontalement el 
perpendiculairement à Taxe du corps jusqu'au carpe ou Tar- 
licle précédant la main , repliées ensuite, par devant sur 
elles mêmes, avec les doigts fléchis brusquement, en for-* 
mant un angle; des pédicules oculaires très courts, et point 
ou peu saillants hors de leurs cavités ; un test rocailleux et 
très inégal ou très épineux , signalent 

Les PAaTHESTOPES. ( PAaXflEIfOFE. Fab. ) 

Les unes ont les antennes latérales très courtes, de la 
longueur dS$ yeux au plus; leur premier article est totale- 
ment situé au-dessous des cavités oculaires. 

Si la queue offre dans les. deux sexes sept segments, ces 
espèces composeront le genre Parthenope proprement dit (i ) 
deM.'Leach. 

Si celle des mâles n*en présente que cinq^ on aura son genre 
Lambrus (a). 

Les autres ont les antennes latérales très sensiblement 
plus longues que les yeux; leur premier article se prolonge 
jusqu'à Textrémité supérieure interne des cavités propres à 
ces derniers organes, et paraît se confondre avec le test. Ici 
le post»abdomen est toujours de sept segments. Les serres 
des femelles sont beaucoup plus courtes que celles de l'autre 



(i) P, horrida tV.Ah.i Rompb. , Mut., ix, 15 Scba, III, xix, 16, 17? 
fierbftt.,xiv,88. 

(a) P. longimana, Fab. ; Rumph. , Mas. , viii ? — P. giraffa , Fab. ; 
Hcrbft. , XIX, 108 , 209; — P. lar, Fab. ; — P, rubus, Latr. 5 Cancer 
eontrarius, tïcrbst., Lx, 3 ;—P. macrocheles ^ Latr. , Herbst.» xix, 107 5 
— C tongimaïuu, linn. , fera., P, trigonimana^ Lalr.; Cawer 
'premor, Hcrbat. , xli , 3. 



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^AKII^LB DES BRACHYUUCS. 5^ 

seXe. Le même naturaliste distingue génériquement ces crus- 
tacés sous la dénomination à^Eurynomeieurynoma), Oan'en 
connaît qu'une seule espèce | qui se trouve sur les côtes de 
France et d'Angleterre (i). 

Toutes les autres parthenopes^ à l'exception d'une (3}^ 
«ont de rOcéan indien. 

Banales suivants, les serres sont toujours avancées, fet 
leur longueur^ est tout au plus double de celle du corps ; 
leurs doigts ne sont point brusquement et angàlairement 
iociinës (3). 

Ici la longueur des pieds les plus longs (les seconds ), n'ex- 
cède guëre celle du test , mesurée depuis les yeux jusqu'à 
l'origine de la queue. Le dessous des tarses est généralement 
soit dentelé ou épineux^ soit garni d'une frange de cils ter- 
minés en manière de massue. 

Nous présenterons, en premier lieu, ceux dont les pédicu- 
les oculaires sont très courts et de longueur moyenne, sus- 
ceptibles de se retirer entièrement dans leurs cavités,. et 
dont les serres^ dans les mâles au moins , sont notablement 
plus épaisses que les autres pieds. 

Les MiTBRAx. ( MiTHRAX. Loach. ) 

Leurs serres sont très robustes , avec les doigts creusés en 
cuiller au bout. La tige des an teu nés latérales est sensiblemeo ï 
plus courte que leur pédicule. La queue est composée de 
sept articles dans les deux sexes. 

Toutes les espèces connnes (4) sont de l'Océan américain. 



(i) Cancer asptr ^ Pean. ^ Brlt. Zbol. , iv; Eurynoma aspeta^ 
Ijeach , MaUc. Brlt. , xvu. 

(a) Parthênope tmgulifrûns , Latr. > Encyd. mëthod. ; Canaer longi- 
maïuiSf Oliyi. 

(3) Le premier article des Rntenne$ laiërale^ paraissant fiiire partie du 
icu, a ëté mëconnu de plusieun natandistes^ le second a été pris pour 
le précèdent. 

(4j Miûirax spinicincùa , Latr, ^ Besmar. , Coasid. , p. iSoj — Cancer, 
hâpùltuy Herb«l.» xyiu, loo^ — Cancer acuUaUts ^BerhêUf xtt» io4; — 
C. spinipesy ejosd. , xyu, 94* tiinaGluàs hircus de Fab. est pcut-éUo 
cODgënère. 



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58 GRUSTA.CBS DÉGJlPODBS. 

Les ACANTHONYX. ( ACANTRONYX. Lat. ) 

OdI un avancement en forme de dent ou d'ëpine au côté 
inférieur des jambes ; le dessous des tarses velu et comme 
pectine , et le dessus du test uni, La queue des mAles offre,, 
au plus» sir segments complets (i). 

Les PiSES. (PisA. I^ach. ) 

Dont les serres sont de. gi^ndeur moyenne , avec les doigts 
poiu tus. Les jambes n'ont point d'épineendessoua^ et la queue 
est de sept segments daàs les deux sexes, ^insi que dans lea 
8ous*genres précédents , les antennes latérales sont insérées 
à égale distance des fossettes recevant les intermédiaires et 
des cavités oculaires , ou plus rapprochées de celles-cû 

Ceux-ci f comme dans le genre naxia (2) du docteur Leach, 
ont deux rangées de dentelures sous les tarses. Ceux-là n'ont 
qu'une seule rangée de dentelures ou qu'une simple frange 
de gros cils en massue, sous le même article. Ceux qui sont 
dans ce dernier cas forment le genre lissa (3) du même. 

Parmi ceux qui ont une rangée de dentelures , tant&t 
comme dans ses Pisa (4)' proprement dits , la longueur des 
pieds diminue graduellement ^ tantôt les troisièmes pieds 
sont brusquement plus courts que les précédents dans les 
mâles : c'est ce qui a lieu dans ses Chorinus (5). 

Les PiaiciaBS. ( Pericera. Lat. ) 

Rapprochés des pises par la forme et les proportions des 
serres et le nombre des segments de la queue, s'en éloignent 
ainsi que des sous-genres antérieurs, en ce que les antennes 
latérales sont insérées sous le museau et sensiblement plus 

(i) Maia glaùruj Golloct. du Mot. d'kîsU aat. ; mata lufudata , Risso. ; 
1,4» UfnrUa lunulata , Detmar. 
(a) Pisa aurita^ Latr. , Encyclop. médiod. — P. monoceros^ îlnd. 

(3) PUa chiragntf Latr.; ibid. Desmar. , Consid. 

(4) Pisa ayphias, Latr., ibid.; — -ejasd. ,îbid. -P. ariet;^ P, harii" 
eomu f -J- P, fiomigera ; — P. stjrx,' — P, bieômuta ,•«— P. tritpinosa ,* 
•»- P, armata , Leadi, Malao. Brit. , zvii ; Catiaer muteoêus ? Unn. j — 
f. UUraodon^ Leach, ibld ^xx. 

(5) Piia héros, Latr., Encydop. mëthod. 



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FAXILLB PES B&AGHTUaES. 69 

rapprochées des fossettes, logeant les intermédiaires^ que 
de celles recevant les pédicules oculaires (i). 

Dans les deux sous-genrès suivants , les pédicules oculai- 
res sont courts ou moyens, ainsi que dans les précédents. 
Mais les serres , même celles des mâles , sont à peine plus 
épaisses que les pieds suivants? La queue est toujours com- 
posée de sept segments. 

Les M^*A. (Maia. Leach..} 

Où le second article des antennes latérales semble naitre du 
canthus interne des cavités oculaires.La ipain et l'article qui 
la précède sont pTe^ue de la même longueur. Le test est 
ovoïde. 

Ce sous-genre, établi par M. de Lamarck, et composé d'a- 
bord d'un grand nombre d'espèces ^ n'en comprend plus 
maintenant^ dans la méthode de M. Leach, qu'une seule , 
le cancer squùiado d'Herbst. (|XIY; 84; 85^ LVI; inachuscomu^ 
tusy Fab.). Elle est très commune sur nos côtes et dans la Mé- 
diterranée^ où elle porte le uorad^araignéede mer: c'est l'un 
de nos plus grands crustacés et le maïa des anciens grecs, 
figuré surquelques unes de leurs médailles.Ils lui attribuaient 
une grande sagesse et le croyaient sensible aux charmes de la 
musique. 

Les MiGi»P£S. ( MicippE. Leach. ) 

Ont le premier article des antennnes latérales courbe , di- 
laté à son extrémité supérieure j en manière de lame trans- 
verse et oblique , fermant les cavités oculaires ; l'article sui- 
vant est inséré au-dessous de son bord supérieur. Le test , 
vu en dessus, parait comme largement tronqué en devant; 
son extrémité antérieure est inclinée et se termine par une 
sorte de chaperon ou de bec denté (a). 

Les Stenocionops. (Stenogionops. Leach. ) 

Se distinguent de tous les sous-genres de cette tribu paf 



(1} Jlfaia taunuy Lam. ; Caneer eomudo , Herbtt. , lis » 6. 
(s) Caneer ensiatut^ Lîdd.'; Bampli. , Mo». , viii , i, le mâle.-* Cai^ 
Mrpfykraj Herbtt. , Lviir , 4 9 Detnuur. , Condil. , xs » a. 



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6o' CRUSTACÉS DÉCAPODfiS; 

leurs pédicules oculaires longs ^ grèlei , et très saillante hors 

de leurs fossettes (i). 

Là, le dessous des pieds ne présente ni de rangées de den- 
telures, ni de frange de cils en massue. Ceux des premières 
paires, au moina, sont d'une demi-fois au moins plus longs 
que le test, et souvent beaucoup plus longs. Le corps est 
généralement plus court que dans les précédents, soit pres- 
que globuleux y soit eil^ forme d'oeuf raccourci. 

Un crustacé de cette tribu ( mnia retUfa, CotLdu Jardin 
du Roi. ), dont le test est en ovoïde tronqué ou émoussé 
en devant et laineuxi; dont les pédicules oculaires alongés^ 
très courbes^ vont se loger en arrière dans des fossette» 
situées sous les bords latéraux d u test } dont le carpe, ainsi 
que dans les maïas], est alongé, offre un autre caractère, 
qui le distingue exclusivement: la longueur des pieds ,« 
à partir des seconds , sepible augmenter progressivement,, 
ou du moins diffèrer peu. M. Leach en a formé le genre 

De Cavposcie. ^Cahm>scia. ) 

Dans les autres, ainsi que de coutume, la longueur des 
^eds diminue progressivement , de la seconde paire à la 
dernière. ,- 

Nous en connaissons dont les pédicules oculaires , quoi- 
que beaucoup plus courts que ceux des stenocionops , 
sont toujours saillants; dont les antennes latérales ont le 
troisième article dé leur pédoncule aussi long où même 
plus grand que le précédent, et se terminent par une tigir 
longue et sétacée. Ils se rapprochent des micippes; tels sont 

Les Ha<<im£S. ( Halimus. Latr. ) (2). 

Ceux qui forment les deul sous-genres suivante ont lès 
pédicules oculaires susceptibles de se retirer entièrement 
dans leurs fossettes et garantis postérieurement par une 



(i) Cancer ce/vicornis y Herbst. , lviii, a, tic de France* M. Dcs- 
taareU , Coasid. gén. sur les cr ast., pAç. 1 53 , «"est utnnpé en clunt pour 
type le maia taurusât M. Delattarck. 

(s) Dent espèces , dont IWe parait être très voisine da Cmnoer su^- 
ciliotua de linnœas , Herbst. , xiv , 89: 



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tauillu des bbachtures. €\ 

-saillie en ferme de dent ou d'gn^e des bords latëiaux di^ 
test. Le second article du pédoncule des antennes latérales 
est beaucoup plus grand que le suivant; elles sont tenni- 
nées par une tige très courte, en forme de stylet alongé. 

Les Hyas. (Hyas. Leach. ) 

Ont les bords lat^aux de leur test dilatés en manière d'o- 
reillette, par-derrière les cavités oculaireB qui sont ovales et 
assez grandes; le cété extérieur du second article de leurs an- 
tennes latérales comprimé et caréné , et les pédicules ocu- 
laires susceptibles d'6tre entièrement à découvert ^ lorsque 
l^inimal )cs redresse. Le corps est subovolde (i). Dans . . 

J^s LiBiviES ( LiBiNiA j Leach ) , 

Les fossettes oculaires sont très petites et presqu0>offbi-. 
cnlaires. Les pédicules oculaires sont très courts et fort peu 
exsertilas.^Le second article des ante&nes latérales est cylin- 
drique et point ou peu compriméiflLs corps est presque glo- 
buleux ou triangulaire: . . '. i 

Nous y réunirons les Doclées ( Doclœa ) et les EgMe^ 
( Egeria ) de 11. Leacli. 

Dans ses libiuies proprement dites (a), les serres des mâles 
sont plus épaisses que les deux pieds .suivants ^t prévue 
aussi longues. La longueur de. ceux qui sont les pli^a^pngs 
n'égale pas tout-àrfaitle double dételle du test. 

Les serres des mâles des doclées (3) sont notablement pLas 
com-rtes que ies deux pieds suivants. La longueur d,e ces 
pieds ne surpasse guère que d'une fois et demie celle du 
test, qui est presque globuleux et. toujours recouvert d'un 
duvet brun ou noirâtre.. . > ^ , 

Dans les égéries (4) les serres sont filiformçs, 4^yec les 

(i) Cancer araneus, lÀnn. ; Leach , Malac. Brit. , xxi, A^ Herhst. , 
xvii , 59: — Jffyas coarctata , Leach , ibid. , xxi , B. 

{pt) iÀbirôa cahaAculàUt ^ Say, Joarn: acad. des te. îïat. deph^s.", 
tom I, pag. 77 , iT, !;---£. emûrgmatà, Leach, Zool, Mise. / cviri. 

(3) Dœkea HksonftU', Leach, ZoôL- Mise*, txuv. RappdrtejB-T' 
luinachui6vi$,hybndusy6!elhLh» -r . . ^ - ^ -.(••,* 

(4) £$Bria indiea^ Losob» Zool. Mifc- 1 lÀuiylnachus $fm\f€ri 



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63 CROSTACéS DÉCAPODES, 

maint fort aloogées y presque lioëaires* Les pieds suivants 
. «ont cinq ou six fois plus longs que le test. Le corps est 
triangulaire. 

Après avoir passé en revue les sosis-genres de cette tribu y 
dont les pieds, venant après les serres^ sont de forme identi 
que, et dont la queue se compose, dans les femelles au moins, 
et le plus souvent dans les deux sexes , de sept articles ou seg- 
ments complets , nous passoaa à ceux ou elle ea offre six au 
plus. Les pieds sont généralement longs et filiformes, ainsi 
que dans les derniers sous^genres. Si Ton ea excepte les lep- 
topes, ces crustacés. s'éloignent encore des précédents sous 
le rapport de la forme du troisième article des pieds*mA- 
chires extérieurs. 11 est proportionnellement plus étroit , ré- 
tréci à sa base , et l'article suivant parait être inséré au mi- 
lieu de sou bord supérieur ou plus en ^^ors. Le sous-genre 
suivant differe de ceux qui lui succèdent , en ce que la 
queue ne présente dans les mâles que trois segments. La 
forme du trocstème artidexks pieds - mâchoires extérieurs, 
m'a paru d'ailleurs être la même que dans les sous-genres 
pÈéoMlents. 

Les Leptopes. ( Lepicopi^s. Lam. ) 

La queued^ femelles est fermée de cinq segments. Le corps 
est cdnvexe, et les pieds sont très longs. 

Nevs ne connaissons* qu'une seule espèce , qui fait partie 
de la collection du Mtiséum d'histoire naturelle , sous la dé>- 
nômination Ile maia longipes. Le docteur Leach s'était pro- 
posé de designer ce genre sous celle de stenôpus , que nous 
n*lvons point adoptée, attendu qu'on l'avait déjà appliquée 
k u-à- antre genre de crustacés. (^lui de léptope de M. de 
LamardLse compose de plusieurs espèces, mais qui , d'après 
lei cârroères expoâés ci^dessus, doivent, k l'exception de 
celle que j'ai mentionnée, en être exclues. 

Si l'on en excepte quelques espèces d'hyménosomes , où 
la queue n'offre distinctement^ au plus, que quatre ou cinq 
artiç;lçs., dans tous les ^soxis- genres suivants , cette partie du 
corps.ein a six, soit dans les deux sexes, soit dans les mâles. 
t<e troisième article des pieds-mâchoires extérieurs est tantôt 
en farine de triangle reoir^érsé ou d'ovale, rétréci inférieure- 
ment , tantôt en forme de cœur. L'article suivant est inséré 



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FAMILLE DBS BRAGHYUKES. È3 

aa milieu de son hord supérieur^ ou plus en dehors que 
dedans. 

Quelques-uns^ tels que les trois sous-genres suivants , se 
rapprochent de ceuxque nous venons d'exposcfr, par la forme 
presque isométrique ou du moins transversale 4e l'épistome. 
La base des antennes intermédiaires est peu éloignée du 
bord supérieur de la cavité buccale. 

L*un de ces sous-geures se distingue des deux autres par 
Taplatissement de son test, et eh ce que l'extrémité supé- 
rieure du premier article ( libre dans plusieurs ) de ses an- 
tennes latérales 9 ne dépasse pas celle des pédicules ocu- 
laires. Tels sont : 

Las Hymenosomes. ( Htmenosoma. Leach. ) 

Le test est triangulaire ou oii>lculaire (i). Les espèces sont 
généralement petites, et propres à TOcéan indien et aux 
cMes de i'Australasie. Le nombre des segmenta de la queue 
lurie; mais il ne s'élève jamais au-delà de six. 

I>aD8 les deux sous-genres suivants , le test est plus ou 
moins convexe toujours triangulaire, et terminé par de- 
vant en manière de bec. Le premier artfèle dèis antennes 
latérales, toujours ixe, forme une arétè 4>U iigtte en saillie, 
entre les fossettes des antennes mitoyentieé et celle de^ yeux, 
pi qui se prolonge au-delà du bout des pédibules oculaires. 

Les Inachu». ( Inacbus. Fab. ) 

Ont tous six segments à la queue ; tous les tarses presque 
droits ou peu arquée) les pédicules oculaires unis , suscep- 
tibles de se cacher dans leurs fossettes, et une dent ou 
épine, dans les mâles au moinls, à l'extrémité postérieure 
de ces cavités. Le docteur Lea'ch a beaucoup restreint l'é- 
tendue primitive de ce groupe (!)). 

- - - - ■ . ... - 

(i) Hyménosome orbiculaire , Desmar. , Coosid. , xxvi , i. 

(rk) Cancer dodeoos? Linn. ; Inachus scorpio, Fab. j — Inaehus 
dorutUnsÎM^ Leacii, Malac. Brit. xxii A ; — Inachus phalangium , ^^ab. \ 
Inachus dorjmchus, Leacfi , îiftW. , xxii, 7 , 8 j — i/?/icAuj lepiorin-' 
ehtts , ijnsd. , Aid. , xxii , B ; Cancer tr^uluê , Lmn. ? Près dc« inachus 
vient se placer un nouveau genre établi dernièrement par M. Ouërin , 
sirat le nom dlSurypode. 



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64 CRUSTACÉS DÉCAPODES. 

Les AcHEES. (AcHAEiTs. Leach. ) 

Ont tous pareillement six segments à la queue; mais leur» 
quatre tarses postérieurs sont très arqués ou en faucille; 
leurs pédicules oculaires sont toujours saillants, et présen- 
tent en devant un tubercule (i). 

Viennent maintenant ceux dont Tépistome QSt plus long 
que large, en forme de triangle alongé et tronqué au som- 
met^ et où l'origine des antennes mitoyennes est éloignée , 
par un espace notable , du Ibord supérieur de la cavité 
buccale. Les pédicules oculaires sont toujours saillants , lors- 
que le test est triangulaire et terminé en une pointe plus ou 
moins bifide ou enti&re. 

lesSrÉNOBHYNQUES, (STEifORHYNCHus. Lam. — Mocropodia 
Leach*) ' - 

Ont six segments à la queue, dans les deux sexes. lleiXisé^ 
mité antérieure du tes.t est bifide (a). ,, . , 

Les Leptopodies. (Leptopodia. Leacl^) 

La queue des aciâlesest de cinq segments ^ cel]# de la fe« 
melle en a un' de plus. Le test se prolonge antérieurement 
en une longue pointe entière et dentelée (3). 

Les derniers triangulaires difCàrent des pi^cédents par la 
dissemblance des piçds postérieurs. 

Les Pactoles. (Pacto^us. Leach.) 

. Opt les quatre ou six pieds antérieurs simples ou sauf 
pince. L'extrémité interne de l'avant-dernier article des 
quatre postérieurs se prolonge en une dent^ formant avec 
le dernier article, une pince ou main didactylc. Le test a 
la forme de celui des Icptopodies, et la queue présente lo 
même nombre de segments; mais les pieds sont beaucoup 

(i) Achœus crancha , Leach , Malac, BrîU zxii , C» ^ 

(a) Macropodia Unuirostrit, Leach , Malac . Brit. , xxiii ,. i-5; //»«• 
chus longirosUis? ¥ah. j '^ Macropodia phalangium ^ ^hoach j ibid. » 
xziii,6f ' i 

(3) Inaokus êdgiUarius , Fab. ; Leach , Zool. Mise.*, lxtu. 



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FAMILtE DBS BRàCHYURCS. 65 

plus courts; oeux de Ja troisième paire manquaient dans 
l'individu qui "a servi à rétablissement de cette coupe (i). 

Les LiTHODES. ( Lithodes. Latr. ) 

Ressemblent^ quanta la forme des huit premières paires 
de pieds, auxautres triangulaires; leur longueur, cependant^ 
semble augmenter progressivement des seconds aux <}ua-* 
thèmes^ mais les deux derniers sont très petits^ repliés^ peu 
apparents ^ mutiques et comme inutiles. La queue est mem- 
braneuse y avec trois espaces crustacés et transversaux sur les 
cotés , et un autre au bout y représentant les divisions seg- 
mentaires* Les -yeux sont rapprochés inférieurement. Les 
pieds-mâchoires extérieurs sont alongés et saillants. Le test 
est triangulaire / très épineux^ et terminé antérieurement 
en une jointe dentée. Ces crustacés sont propres aux mers 
du Nord (2). 

Notre sixième section, celle des Cryptopodes (Crypto- 
poDA ) (3) , se compose de crustacés brachyures ^ singuliers 
en ce que les pieds , à l'exception des deux antérieurs ou des 
serres 9 peuvent se retirer entièrement et se cacher sous une 
avance j en forme de voûte y des extrémités postérieures de 
leur test. Ce test est presque demi-circulaire ou triangulaire. 
La tranche supérieure des pinces est plus ou moins élevée, et 
dentée en manière de crête. Dans les espèces où elles sont 
les plus grandes, elles recouvreht le devant du corps; et de 
là Torigine des noms de coq de mer, de crabe honteux , que 
Ton a donnés à quelques-uns de ces crustacés. L'un des sous- 
genres de cette section y celui à^œthra y ayant par les autres 

(1] Paetobu Boseii^ Leacb , Zooh Mite., ulyiii. 

(a) Cancer maja , Ltiin. \ Parihenope maja , Fab. ; Inackiu maja , 
eJQsd.; Liihoâes aretica, lioacb, Malac. Brit. xxiv. Voyez aussi le 
miga eamptscheruis de TUesius , dans les Mémoires de racadémie de 
Saint-Pëlersbourg, f8ia, V et VI. 

(3) Plusieurs cf astacës de la section des arques , tels que les hëpates , 
les muTsîes , les matutes, parmi les nageurs , ont des pinces en crête , et 
semblent se lier naturellemeat avec les cryptopodes , de sorte que cette 
section derrait remonter plus baoc. Il en est de même de la dernière ou 
des nolopodes, car les uns se rapprochent des arques , et les autres des 
orbiculaires et des triaogulaires. 

TOME IV, 5 



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66 CAUSTACéS DiCAMtOBSv 

caractères de grands rappocu avec les parthenopee de Fâbri- 
ciu8 , premier sous-geare de la aection piëcédenle, il s'en- 
suivrait que, dans un ordre naturel, le^ cryptopodes de- 
vraient être placés «ntre les orbiculaires et les triangulaires. 

Les CiLippES ou IfkGBAVES. ( Calip»a. Fab. ) 

Ont le test très bombé, les pinces triangulaires ^ tris^ona* 
primées, dentées supérieurement en maisiiàre des crête, et 
recouvrant perpendiculairement le devient dtU corps, dans 
la contraction des pieds» Le troisième article des pieds-mâ- 
choires extérieurs est terminé en manièrç de CFQchet* L'extvé- 
mité supérieure de la cavité buccale est rétrécie, et divisée 
longitudinalement en deux loges par une cloison. 

Les uns , et les pii^s nonabreux , ont les deui; diUWioat 
postérieures et latérales du test incisées et datées. 

La Méditerranée nous en fournit une espèce^ le Catappa 
migrane {Cancer granulatus, Un. \Caiappa gfiamdat^ Fab. j 
Herbst., XIII, 7^, 76', vulgairement Coq demee, Cr^^f 
honteux Son test est rougeâtre, aveo deux si lions profonds, 
et des tubercules inégaui^ , d'un rouge carmin, là portion 
des bords latéraux précédant les dilatations postérieures, 
est d'abord presque entière , et se termine par quaUra dents 
très courtes, dont les deux dernières plus prononcées; 
celles des bords des dilatations sont fortes, au nombre de« 
six, dont deux au bord postérieur et les autres latérales* 
Le front en offre deux loutres. Les pinces wt auifi des 
tuberculea rouges, et leur crête est formée par sept d^ats, 
dont les supérieures son^t aiguës (i). 

Les antres , tel que le C. voûté {Cancer calappa , Lin.) , 
Càlappa fomicata ; Fab. , Hejcbst. ; X|l, 73,74»^ ç^t les 
bords des dilatations du test entiers. Cette espèce Ijiabile 
IT^céan australàsien et les mevs des Moluque^.. 

— ■ ■ . ■ ■ ' .. ■ ' ' ■ . ■ ; ■ .< ■■ . I' . j I m ■ .11 ■■■■.. I.... 

(i) Dans cette division , te rangent Ze« espèoe» *!iuivantes , deFabri, 
ciot ; C. tuhtrculmi^ ^eri»iL , xhi', 7^; ltiii, i,?— C lophos ^'Btthti, ^ 
3^11, 77 ; -r C. CfirtBlitf , HsBbii. , 3m. , 3 ; — C. marmorâtus, Herbst. , 
XI* , 9* -n- Le gut^a apara. de PIih»ii^ eli de M«rcgrave parait deroir se 
reporter à oetbB.eqièos, ai sCMÎt, d'apràs une citation d^ Ruriire, Te 
ei^o ilu fnUéluvmrv^ âm oolene d^Ociyeniie. Le cûncer hepaticus de 
Lino^us est aussi un calappe. 



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FAHIttiB DBS BBAGHTailRS. 67 

Les ^THEA. (AEtbra. Leacli. ) 

Différent des calappespar lear test très aplati > par leurs 
pinces qui ne s'élëvent point perpendiculairement et n'om- 
bragent point le devant du corps; et par la formiB presque 
carrée du troisième article des pieds-m&choires extérieurs. 
Tantôt (1) le test est en ovale transversal, tantôt (a) en 
forine €|e (riangle court , fort lar^e, dilaté 6t arrondi latéra* 
lement. L<;s seires sont peu alongéçset assez épaisses; ici elles 
sont plus longues » anguleuses , et nous nippeli^nt, ainsi 
que la forme du test , les partbeoopes. Ce$ dernières espèces 
pourraient former un sous-genre propre. 

fin fin une septième et dernière division , les Noto^^odës 
(Not9pooa), est formée de brachyures, dont les quatre ou 
deux âerûi^Ts pieds spnC insérés au-de^u9 du niveau des 
autres, on semblent être dorsaux ei regarder le ciel. Dans 
ceux où ils se terminent par un crochet aigu, l^aoimal s^en 
sert ordinairement pour retenir divers corps marins ^ tels 
que des valves de coquilles , des alcyons 9 dont il se recou- 
vre. I4» qqeue a sept segment^ dans les deux 9erLe$. 

Les uns ont, de même que les autres brachyurçs^ la queue 
repliée en dessous^ Leurs pattes se termin^ent par tm crochet 
AÎÇUf et ne sont point propres k la natation. 

Ici le test est presque carré et terminé a|iiéneureroen( 
par une pointe avancée et dentée, ou bien il est subovoïde 
DU tronqué en devant. 

Lss HoHQLES. ( HoMOLA. Leacli. ) 

On| les yeux portés par dd longs pédicules f très rappro- 
chés à leur base, et insérés au-dessous du milieu du front» 
Les deux pieds postérieurf sont seuls relevés» Les serres sont 
plus grandes dans les mâles que dans les femelles. 

JLe test eat très épineux , avec une saillie avancée et dentée^ 



(1) ^^»ra deprtssa, Lam.» Hlst. des anim. «an< vert. ; Cancer soru*» 
p<m$, lian. ; Ouwer polynôme , Herbst , mu . 4 » ^ ; Dctnwr. , Con - 
sid.,x, 1. 

(a) PnrtJtenopcfomicaia , Fab. 

5* 



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68 CBUSTACÛS DÉCAPODES. 

au milieu du front. Les pieds-mâchoires supérieurs sont 
alongés et saillants. 

Ces crustacés habitent la Méditerranée et ont été désignés 
par Aidrovande, sous le nom d!hippocarciits ] ce sont les 
thelxiopes de M. Rafinesque. On en trouve des espèces d'une 
grande dimension (f). 

; Les DoRippES. (DoRippE. Fab. ) 

Ont les yeux très écartés entre eux, et situés aux angles 
latéraux et antérieurs du test,, les quatre pieds postérieurs 
relevés y les serres courtes dans les deux .sexes, le test en 
ovoïde y largement tronqué j sans saillie , en manière de bec ^ 
et aplati. 

Ainsi que Tarait observé M. Desmarest, on voit de chaque 
côté^ au-dessus dela^naissance des serres, une feilte en forme 
de boutonnière, oblique, coupée longitudinalement par un 
diaphragme, ciliée ainsi que lui sur ses bords, communi- 
quant avec les branchies, et servant d'issue à l'eau qui les 
abreuve. 

La Méditerranée en fournit trois espèces {i)*j les autres 

sont àes mers orientales , et dont Pune ( Z>. quadndens, 

Fab. 'y Hcrbst., XI , 70 ) s'y trouve aussi en état fossile. 

Là le test est tantôt presque orbiculaire ou globuleux , 
tantôt arqué en devant et rétréci postérieurement, denté 
ou épineux sur les côtés. 

Les yeux sont situés près du milieu du front et portés sur 
de courts pédicules. 

Les Drohiïis. (Dromia. Fab. ) 

Ont les quatre pieds postérieurs insérés sur le dos , el ter- 
minés par un double crochet; le test suborbiculaire ou pres- 
que globuleux, bombé et laineux ou très velu. 



-A- 



(1) Uomola spinifrora , Leach , Zool. Miscell., lzxxviii 9 Cancer 
spùUftx)ns, Fab. P^ojrez VardcXe Homole da nouveau Bict. d^hist. natar., 
ae cdit. , et Dcsm. , Consid. , xvxi , 1 . Le Dorippe ^ut^ier de M. Risso, 
appartient à ce soos-genre. 

(2) Dorippe lanatof Cancer lanatus , linn. ; Desm. , Cons. , xvti, a ; 
— />. affinis , cjusd. \ Herbst. ; xi , 67 ^ — Cancer mascarone, Herbst. , 
XI, 68. 



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FAMILLE DBS BRAGHYUAES. 69 

lU saisissent , avec leurs pieds de derrière y des alcyons , 
des valves de coquilles , et autres corps sous lesquels ils se 
tnettent à l'abri^ et qu'ils transportent avec eux. 

L'espèce la plus connue {Cancer dormiaf Lin.)f Kun^ph., 
Mus. y Wy l'y Herbst. ^ XVUIy io3, est répandue dans 
toutrOcéan^ celui du nord excepté. Elle est couverte 
d'un duvet brun , avec cinq dents à chaque bprd latéral 
et trois au front. Les doigts sont forts, très dentés sur 
les deux bords , et en partie couleur de rose. Quelques- 
uns l'ont dite venimeuse.. 

La Dromîe tête de mort {Cancer caput mortuum y Lin.) , 
Dormia cforpeatUy Act. Hafn.^ i8oa^ ^st plus petite^ plus 
bombée y presque globuleuse, avec trois dents de chaque 
cdté^ à ies bords antérieurs, le front court, échancré au 
milieu et sioué latéralement* On la trouve sur les côtes 
de Barbarie (i). 

Les. DirifoiiBNES. ( Dtitomeice. Latr. ) 

Où les deux pieds postérieurs beaucoup plus petits que 
les autres, sont seuls dorsaux , et mutiques , à ce qu'il nous 
a paru. Le test est évasé, presque en forme do cœur ren- 
versé et tronqué postérieurement, comme celui des derniers 
quadrilatères, et simplement velu.. Les pédicules oculaires 
sont plus longs que ceut des dromies. 

Novs n'en connaissons qu'une seule espèce , et qui se 

trouve à l'île de France {Dynomène hispide y Desmarest , 

Consid., XVIII, 2. ). 

Les derniers no topodes diffèrent des précédents, en ce que 
tous les pieds , à l'exception des serres , sont terminés en 
nageoire^ et de tous les brachyures^ en ce que la queue est 
étendue. Tels sont: 

Les Raitines. (Rahina. Lam.J 

Leur test est alongé , va en se rétrécissant de devant en ar- 
rière, et a généralement la fbrme d'an triangle renversé, 
avec la base dentée. Les pédicules oculaires soht alongés. 
Les antennes latérales sont longues et avancées. Les pîeds- 

(1) y oyez ^ pour les autres espèces, Desmarest, Consia. çàti. sur 1^ 
classe des crast. , pag. 1 36 et sniv. 



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7© CRUSTACÉS DBGAPODES. 

viAchQÎrKeztérieura son pareillemenl atoD(;és y ëtrbifs^ avec 
1« troisième arlîct» létréei te pointe , vers son eiti^émité. 
Tous les pieds sont très rapprochés »ii presque coutigus 
à leur oaiasance^etàcomnieticer à la quatrième paire yremoa-< 
tept sur Je dos; mais les deux derniers sont seuls supérieurs. 
Les pinces sont comprimées , presque en forme de triangle 
ïeovers^, dentées , avec les doigts brusquement ftéchis. Ces 
crustacés ont les plus grands rapports avec les albunées de 
Fabricius , premier sotts^gcnris de la fiimille suivanle ^ et 
font ainsi le passage des bracbyureaaux macroares. Û'âprès 
le rapprochement des pieds, il est même probable que les 
ouvertures génitales ifi la Femelle sôut situées commué dans 
les macroures^ Suivant Rumphius^ ils viennent à terre et 
grimpent jusque sur les maisons; mais d'après la forma 
des pieds ^ cela nous parait impossible^, ou du moins peu pro- 
bable. 

Aldrovande dn aviitt décrit ttw* ésjpèce fossile , que 
M. Tabbé Ranzani et M.. Desmareat Ont depuis fait mieux 
connaître (i). 

La seconde Famille , ou 

hss DÉCAPODES MACROURES. (Exochnata. 
Fak) 

Ont, au bout de la queue, des app^odices for-^ 
laaaût te ptufl sout^t de chaque coté^ une na- 
geoire (2)» et la queue aussi longue au moins que le 

(1) Ranina Aldroyandi, Ranz., Mem. cH sior. nat. ; De«in., HUi. nat.. 
des crnsl. fott. . VI, ii , i^Là %. k , 5, 6', tooaâ pamlc convenir pialôi 
à ane hippe qu''à sue raaine i — Raniaa strraui , Lam. ; Cancer rani^ 
nus, Llua.; Atbunca scabra^ Fab. ; Ehamph. > Mus. , vii^X. Y;*— 
Ranma dorsipes , Lam.^ Albunta dorsipes ^Tah, ; Bbunpli., Mus., X) 5 ; 
Desmar. , Cohaid. , xa, 3. 

Le genre symethis Ae Fabncitis nput est inconnu , mais nous présu- 
mons quHI est voisin des ninines ou dtÈ premiers sous-genres de la 
famille suivante. * 

(a) Cet appendices sont composés de trois pièces, dont Tune sert de 



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l'AMILLB DES MACROOliKS. Jl 

eorp»^tirarcli]eeti^€OUveite,et^ûmplement coarbée 
versson extrémité postérieut*e. Son dessous offre le 
plfwwu^vent et daosles deux sexes.cinq paires àè faus- 
ses pattes 5 termiûéeB chacune par deux lames ou deux 
filets. Ciette queae est toujours composée de sept 
s^ments distincts. Lésbuve^tui^es gétiitàlies dés fe- 
melles sofit situées sut le pt^mier article des pieds 
de la troisiëtti« paire. Les branchies sont formées 
de pjramides Tésicûleuses , barbues et velues ( et 
disposées dai» f^ueâeurs , soit sur dèUx rangées , soit 
par faûceaux ^« Les ^nteniMM sont généralement 
alongées et saillantes. Les pédicules oculaires sont 
osdinairement courts. Les pieds-mâchcnres éxlé-^ 
neuss wat le plus souirent étroits , alongé^ ^ en 
forme de palpes , et ne recouvrent point en tola- 
lâté les attira parties de là bouché. Leie^tést plus 



base ou lie pédicule aux dem autres, et s- aitîcultt avec ravanudcrnier 
tegmeat; le dernier forme le plus souvent avec eux une nageoire en. 
éventail ; mais dans le* dèrùiers sous-gehrcs de cetttt fiamlUe . ces appen- 
dices sont remplaces par des fileU en forake'de koie. Les feasses pattes du , 
dessous de la queue sont formées sur le même modèle que ces apfpcfldioes 
nautoires. Dans les premiers sous-genres, clles.neso«it souvent qa'aa 
nombre de trois à quatre paires, et plus petites, ou même, à l'exception, 
des deux antérieures , nulles dans les mâles ; les pagures n'en ont, aaUnt 
qu'Q m*a fiaru , que sur Tim des côtés; les pièces terminales sont souvent 
Inégales. Hais ensuite ces faussés paUes ont plus d'extension, et sont con- 
stamment au notnbre de cinq paires ; elles portent lès oeufs , et servent 
k h natattoà. Nous obserVerôns <tne, dani les maciron^ , oh elles sont en 
UMlfiarè nombre on hidlos développées, telsque ceux qoenouk éppelons 
4u»omaux, le pédoncule des antennes intermédiaire est proportionnelle- 
ment plus long que dans les autres macroures, et que les deux ou quatre 
d«hdèrfes pattes toni plus pelltfes. Ces drusbcéi lIMblDSt ttftir encore , 
soos quelques rapporu , des btucbyurés- 



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72 CRUSTACÉS DÉCAPODES. 

étroit et plus alongé que celui des brachyures, et 
ordinairement terminé en pointe au milieu do 
front. Nous renverrons, pour de plus amples dé- 
tails, au Mémoire précité de MM. Audouiu et Milne 
Edwards. Un caractère observé par eux sur le ho- 
mard ( astacus marinus y Fab. ) , et qui serait dé- 
cisif , s'il s'appliquait aux autres macroures, c'est 
qu'outre les deux sinus veineux dont nous avons 
parlé dans les généralités de Tordre , il en existe 
un troisième, logé dans le canal sternal, et s'é- 
tendant entre les deux précédents , d'un bout du 
thorax à l'autre. Celte disposition très curieuse, 
établiroit, selon eux, une liaison entre le système 
veineux des macroures et celui des crustacés sto* 
mapodes. 

Les macroures ne quittent jamais les eaux, et , à 
l'exception d'un petit nombre, sont tous marins. 

A l'exemple de De Géer, de Gronovius, on n'en for- 
mera qu'un seul ( i) genre, celui d'ÉcRE visse ( Astacus) , 
que Ton partagera ainsi : 

Les uns, par les proportions, la forme et les usages de 
leurs pieds, dont les premiers ou les seconds au moins sont 
en forme de serres, et par la situation sous-caudale de leurs 
œufs, se rapprochent évidemment des crustacés précédents, 
et plus encore de ceux que l'on connaît vulgairement sous 
les noms d^écrevisse , de homard et de crevette. 

Les autres ont des pieds très grêles , en forme de fil ou de 
lanière et accompagnés d'un appendice ou rameau exté* 



(i)Lc» section» que nous allons pxpoter pourraient former autant de 
coupes gënëriques, oyanl pour bases des genres do Fabricius. 



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. FAMILLE DBS MACROURES. ^O 

rjeur.et alongé , qui semble doubler leur nombre. Us sont 
propres à la natation , et aucun d'eux n'est terminé en pince. 
Les œuh sont situés entre eux, et non sous la queue. 

Les premiers se subdiviseront en quatre sections , les 
Anomjlux, les Locustes^ les Homards et les Saligoqites. 

Les seconds composeront la cinquième et dernière section 
de cette famille et des décapodes^ celle des Schizopodes. 

Dans la première^ ou celle des Anomaux (Aitomala)^ 
les deux ou quatre derniers pieds sont toujours beaucoup 
plus petits que les précédents. Le dessous de la queue n'of- 
fre îjimaîs plus de quatre paires d'appendices ou fausses 
pattes (i). hes nageoires latérales du bout de la queue , ou 
les pièces qui les représentent, sont rejetées sur les côtés, et 
ne forment point avec le dernier segment une nageoire en 
ëventaii. 

Les pédicules oculaires sont généralement plus longs que 
ceux des macroures des sections suivantes. 

Ici ( les Hîppides , Latr. ) tous les téguments supérieurs 
sont solides. Les deux pieds antérieurs tantôt se terminent^ 
par une main monodactyle ou sans doigt, en manière de 
palette, tantôt vont en pointe; les six ou quatre suivants 
finissent par une nageoire; les deux derniers sont filiformes, 
repliés et silués à l'origine inférieure de la queue. Cette 
queue se rétrécit brusquement, immédiatement après son 
premier segment^ q'ui est court et large , et dont le dernier 
est en forme de triangle alongé. Les appendices latéraux 
de l'avani- dernier sont en forme de nageoires courbes. 
Lès appendices sous - caudaux sont au nombre de quatre 
paires et formés d'une tige très grêle et filiforme. Les an- 
tennes sont très velues ou fort ciliées; les latérales se rap- 



(i) A l'exception des deux anlt^ricurs, ces appendices sont même rudi- 
raenudres ou nuls dans les raâles, caractère commun encore aux galalhëes, 
aux scyllares et aux langoustes. On remarquera aussi que , dans ces trois 
sotts-geares, les nageoires de la queue sont plus minces ou presque mem- 
braneuses a leur extrémité postérieure. Dans cette section, ainsi que 
dans les galathées , la portion thoracique portant les deux pieds posté- 
rieurs /orme une sorte de pe'tiolc, de sorte que ces pieds semblent être 
annexés à ia ([ueue. 



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74 CBUSTAGÉS DÉCAPOOB8. 

iMPOcbeni d'abord des intefi&^iaiiet,«t toat enfuUt arquées 

ou contournées eb dehors. # 

Les Albuitées. (Albuiiba. Fab.)* 

Ont les dêui pieds ântérteuts tèrmiiiés pad: ubo rikain très 
comprimée /triangulaire et monodattyle ) Ite dernier arti- 
cle des suivants est tû faticille. Les àntènneé latérales tont 
courtes; tes intermédiaires soût terminées pair un seul filet 
long et séucé. Lék pédicules dculalres ôtcupet^t lé miliea 
du front et forment, réunis^ une Sorte de museau, plat 
triangulaire , arec léS côtés exiérieiilrs arqués. Le test est 
presque plaA, presque cafiré, anrondi aux angles posté- 
rieurs, et finement dentelé au bord antérieur. 

La seule espèce bien coun\ïe{CitntersymPustaf Lin,),AibU'^ 

nea ^mnista^ Fab.; Herbst. xxii. a; Desm.^Consid., xxix, 3,. 

habite les mers des Indes orientales (i). 

Si le Cancer carahus de Linnœus appartient au mèm& 
Sous-gent-e, la Méditerranée en fournirait une espèce. 

Les Hippss. (HippA. Fab. — Emerita, Gronov.)* 

" Ont les deux pieds antérieurs terminés par une Éoaih tiia 
comprimée, presque OToïde et sans doigts ; les antennes la- 
féMles beaucoup plus courtes que les intermédiaires^ et con- 
tournées $ celles-ci terminées par deux filets courts, obtvis^ 
placés l'un sur l'autre ; les pédicules oculaires longs et fili- 
formes; et le troisième article des pieds-mâchoires fort grand, 
en forme de lame, échancré nu bout et recouvrant les arti- 
cles suivants. Le test est presque ovoïde, trinqué aux deux 
bouts et conveke^ 

Le dernier article des secoilds pieds «t des deux paires sui* 
vantes est triangulaire, mais se rapprochant, dans les der- 
niers au moins, de la forme d'un croissant; les deux der- 
niers de la quatrième paire sont redressés et appliqués sur 



(t) M. Desmarett place près des albanëes, mais avec doëte , lé G, po^ 
ffdoH ds Fsbricfau , qui en meutioBne deux espèces \ mais » MrivaBt ce 
dernier , les aatenaes àDUHeures sont bifides , caraciëte qai né ùxmrient 
w^tkux albanto. Il nous o ét£ iinpofesîble, d'aptes la matiière iaoomplè^ 
u dont'd décrit ce genre » de le reconnaître , ei d'en apprécier ks rapportt* 



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FAlftlLLE DBS MAGAOOAJSS. ^5 

la deux pVécé c teDtg;, l6 premier de la queue a deux ligott 
imprimées et Iran iKVcrse8(i). 

Les KcviFEDES. ( HsMiPfiS. Latr. ) 

Out les deux pieds antérieurs aiongés, avec le dernier ar- 
licle conique, co^mprimé et velu; les quatre antennes très 
rapprochées, fort courtes et presque de la mftcne longueur) 
les interméàîaircs terminées pair deux filets) les pédicules 
oculaires fori courte et cylindriques) les pieds -mâchoires 
exlétieurs en forme de petites ^serres, amincies et arquées au 
^ul ei terminées par Un fort crochet. Le test est conformé 
k la tnaniëre de celui des hippes. ^ 

Le dernier article des seconds et troisifckneè pieds forme 
une lame triangulaire, avec une échancrure au tAtéexté^ 
rieur; Je même des quatrièmes est triangulaire, étroit «t 
alongé. Ainsi que dans les hippes , le premier segment de 
la queue offre deux lignes imprimées et transverses. 

On en connaît deux espèces , Tune des mers dé laNoU- 

ydk-Hbllande (!i), et l^aulre des Antilles et des côtes du 



ait 



fe^pugaritns, Latr. )W téguments shnt légèrement 
cfûstacés, et la queue est le plus souvent molle , en fôrAie 
de sac et contournée. Les deut pieds antérieurs èë terminent 
éU une main didactyle; leï quatre suivants vont en pointe ^ 
elles quatre postérieurs, plus coulis, fittisseat par une 
sorte de pince ou de pilite main didactyle. Le premier arti- 
cle du pédoncule des antennes latérales préseute un appen- 
dice ou saillie allant en pointe ou en formeld'iépiiiek 

Ces crustacés, que ies Grecs nommaient caroinion et lea 
Latins ^emmetUij vH«nt , pour la plupart^ dans des coquilles 
unîval v€8 et videa. Leur queue > le» biiigus eiceptés ^ n'offre^ 
ai dans les femelles seulement» que trois faussés pattes , si- 
tuées sur t'uti des dVtés^ el4ivitfées chacune eu deux bran-i 



{i)Hippm adactyla , Fab. ; ^omI. , B. emerUas,- Cancer emtrUus , 
liim. ; ciaerOa, Gtonot. , ^oap., kvïi» 'S , 9 ; Hèrbst. , Xkii» 3 j Desourir. ,. 
Coond. , XXIX , d , dans les mè'rs des dèùz îades. 

(a) RemipeM lestudinàriuâ , LaU. ; Djéainar. , Gonsid. 9. xXi*, > i Cuy. , 
JRèfii. anlm. » lY , xii .. 2. 



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76 CRUSTACÉS DiicAPODES. 

ches filiformes et velues. Les trois derniers segments so&t 
brusquement plus étroits. 
Dans les uns^ tels que 
i 

Les fiiRGus. ( BiRGUs. Leach.) 

La queue est assez solide, auborbîculaire, avec deux rangs 
d'appendices^ en forme de lames , en-dessous. Les quatriè- 
mes pieds sont seulement un peu plus petits que les deux 
précédents ; les deux derniers sont repliés et cachés ^ 
leur extrémité se logeant dans un enfoncement de la base du 
thorax; les doigts du bout, awsi que ceux de l'avant-der- 
niëre paire , sont simplement velus ou épineux. A l'excep- 
tion des serres ; tous les pieds sont séparés à leur naissance 
par un écart assez sensible. Le thorax est en forme de cœui* 
renversé et pointu en dev;ant. 

Il paraît que les birgus, à raison de leur grandeur, de la 
consistance plus solide de leurs téguments y et de la forme de 
leur queue , sont incapables de se loger dans des coquilles. 
Us doivent se retirer dans des fentes de rochers ou dans des 
trous , en terre. JH^ 

L'espèce la plus connue ( Cancer latro , Lin. ) , ^PPlst., 
XXIV j Rumph. , Mus., iv ; Seba. , Thés., 111 , xxi, i , a. , 
ferait, suivant une tradition populaire des Indiens, sa 
nourriture des amandes des fruits de cocotier, et ses ex- 
cursions auroient lieu la nuit (i). Dans les autres, savoir : 

Les Hermites ou Pagures. ( Pagurus. Pab. ) 

Les quatres derniers pieds sont beaucoup plus courts que 
les précédents, avec les pinces chargées de petits igraias. La 
queue est molle , longue , cylindracée , rétrécie vers le bout , 
et n'offre ordinairement qu'un rang d'appendices oviferes , 
et qui sont en forme de fil. Le thorax est ovoïde ou oblong. 

A l'exception de quelques espec.es très peu connues et 



(0 Pagurus îaticauday Cov. , Rè^. anim., IV, xn,»^ Desmar., 
Consid. , pag. 180, de Pile de France. M. Geoffroy Saint-Hîlaire a pu- 
blie sur ranatomic de Fespèce prccddente des îaiu cQrieax , mais dont 
nous ne tirons pas les mêmes conclaiions. 



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FAMILLB DES MACROURES» ^^ 

domiciliées dans des éponges^ des serpules , das alcyons, 
toutes les autres vivent dans des coquilles univalves, dont 
elles ferment l'entrée avec leurs pinces antérieures ^ et le plus 
souvent avec un seul de leurs mordants, qui est ordinaire- 
ment plus grand querrautre. On prétend que les femelles 
font deux ou trois pontes par année. 

Quelques espèces ( Cemobite , Cœnohita} Latr, ) y distin- 
guées des autres par leurs antennes avancées, et dont les 
mitoyennes presque aussi longues que Tes extérieures ou 
latérales et à filets alongés ; dont le thorax est ovoïdo-coni- 
que, étroit ,'alongé , très ccynprimé latéralement, avec la 
division antérieure ou céphalique en forme de cœur, se 
logent dans des coquilles terrestres, sur les rochers mari- 
times, et roulent avec elles , de haut en bas, dans les in- 
stants de danger (i). 

Celles-ci j qui forment la division la plus nombreuse ( Pa- 
gures propres , Pagurus , Latr. ) , ont au contraire les an- 
tennes mitoyennes courbées , notablement plus courtes que 
les latérales^ avec les deux filets courts, et dont la supé- 
rieure en cône alongé ou subulé ; la division antérieure 4u 
thorax est carrée ou en forme de triangle renversé et cur- 
viligne. Elles habitent des coquilles marines. 

X^Hermite Bernard {Cancer BemharduSy Lin.), Ilerbst., 
XXII. 6; Pagurus sirehlonyx yl^ezch.^ Malac. Brit. , XXVI. 
1 — 4* fcst de grandeur moyenne. Ses deux serres sont 
hérissées de piquants , avec les pinces presque en cœur , 
et dont la droite plus grande. Les derniers articles des 
pieds suivants sont pareillement épineux. Cette espèce est 
très commune dans toutes les mers d'Europe. Une autre , 
mais fossile , Ve Pagure de Fcuijas ( Desmarest , Hist. nai. 
des crust. foss., XI , 3 ) , s'en rapproche beaucoup. 

Une espèce de la Méditerranée {^Pagurus angulatus, 
Risso, Crust. de Nice, i,B; Desmarest, Consid., XXX, f), 
est remarquable par ses pinces, qui sont fortement sillon- 
nées, avec des arêtes longitudinales. La droite est la plus 
forte (n). 



(i) Pagurus eifpeattts^ Fab. ; Herbst. , xxu, a. 

(a) P'oyez , pour les autres espèces, Tarticle Pagure de l-£acyclopëdie 



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7$ GRUSTAG£3 DECAPODES. 

Une autre de la mftme mer ^^éloigne des précédèntea pat 
plusieurs caractëres; et mérite de former uq sous-genre 
propre (Prophtlace , Propl^lax , Latr» ). La queue, au lieu 
d'être , à )'e:(ception du desaua des trois derniers segments^ 
molle et arquée , de n'avoir qu'un seul rang de tiels ovifè- 
tes y est couverte de téguments coriaces /se dirige eu ligne 
droite et ne se courbe en dessous qu'à son extrémité; sa sur- 
face inférieure présente un sillon et deux rang de fausses 
pattes* Le corps en outre est linéaire , avec les deux appen- 
dices latéraux du bou^ de la queue presque .égaux , et dqnt 
la division , plus grande , foliacée ot ciliée. Les quati^ 
derniers pieds sont légèrement granuleux à leur extrémité , 
et semblent n'être terminés que par un seul doigt, ou du 
moins ne sont point très distinctement > bifides. Peut-être 
faut-il rapporter à cette division les hermites vivant dans 
leaserpuleSy leaalcyona, tels que le pagure tuhulairç de 
Fahricins. 

Dans tous les macroures suivants , les deux pieds postée 
rieurs au plus sont seuls plus petits que les précédents. 
Le plus souvent les fauases pattes sous^caudales sont au 
n*ombre de cinq paires. Les téguments sont toujours 
crustacés. Les nageoires latérales du pénultième seg- 
ment de la queue et son .dernier en foraient une com« 
mune disposée en éventail. 

Les deux sections suivantes ont un caractère commun 
qui les sépare de la quatrième ou celle des salicoques. Les 
antennes sont insérées à la même hauteur ou de niveau ; 
le pédoncule des latérales, lorsqu'il est accompagné d'une 
écaille , n'est jamais entièrement recouvert par elle. Souvent 
les fausses pattes sous-caudales ne sont qu'au nombre de 
quatre paires. Les deux antennes mitoyenne» ne sont ja- 
mais terminées que par deux ft^ets, et ordinairement plus 

in^iliodique ; PAtUi d^huloire naturelle du même ourra^; Desmarett , 
Considérations géoérales sur la classe des cnistacds; les planclies d^hts- 
toire natorclle accompagnant la Belaiion du voya{^ do caiùraine Frej- 
cioet. On observera que , dans la îx^urt do cancer megistos d^Herbst. , 
LXt , 1, la queue est Ciusae, parce que , manquant dans llndividn qui a 
servi au dessin , on j a soppléë en prenant pour modèle la qoênc tm na- 
(Seoirc d'un maaroore ordinaire. 



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FAHHLLC DE9 MACnOUBBS. 79 

eonrUque leur pé^Qnculet ou à peine plus longs. Lefeuillel 
extéâevx des appendices natatoires de ravant-dernîev 
segment de la queue n'est jamais divisé par m>e suture 
trsnsverse. 

Notre troisième section , les Locums (Locitstje), ainsi 
désignée du mot locusta, donné par les Latins aux cfus~ 
taoés lés plos vemarqiiables de cette division , et d'oà est 
venu celui de langousta , qu'iis portent dans notre langue ^ 
n'ont toujours que quatre paires de CsusMes pattes. L'extré- 
Biité postérieure de la nageoire, terminant la queue, est 
toujours presque membraneuse ou moins solide que le reste. 
Le pédQucule des antennes mitoyen nés est toujours plus long 
que les deux filets di^botti> et plus ou moins, replié ou 
coudé; les latérales ne soqt^mais accompagnées d'écail- 
ies; tantôt elles aoQ{ réduites au seul pédoncule, qui est 
dilaté^ très apla|î, en forme de orète; tantôt dles sont 
grandes, longues, allant en pointe et entièrement hérissées dé- 
piquants. Tous les pieds sont presque semblables et vont en 
pointe au bout ; les deux premiers sont simplement nn peu 
plus forts } leur pénultième article et celui des deux derniers 
est au plus unidenté , mais sans former avec le dernier une 
main parlailementdidactyle. L'espace pectoral compris entre 
les pattes est triangulaire ; le thorax est presque carré, ou 
subcyiîndrique , ssns prolongement frontal , en manière de 
bec pointu ou det lanee. 

Les ScTLLAaxs ou Cigales de mer. ( SetUiAaus. Fab. ) 

Présentent dans la forme de leurs antennes latérales, 
un caractère tout-à-fait insolite; la ti^e manque, et les 
articles du pédoncule, très dilatés transversalement^ for- 
ment une £[rai^de crête, aplatie, horisoutale^ plus pu moins 
dentée. 

La branche extérieure des appendices sous-caudaux est 
terminée par un feuillet; mais rioterne, dans quelques 
mâles, ne se montre que sous la ferme d'une dent, 

S^apiès les proportions et la forme du thorax , la position 
des yeux et quelques autres parties , le docteur Leach a 
établi trois genres : i"" Ses Scyllares {Sçyllarus) opt le 
thorax aussi long ou plus long que large, sans incisions la- 



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8o CRUSTACÉS DÉCAPODES. 

térales y et les yeux toujours situés prëk'de ^es angles anté- 
rieurs ; Tavant-demier article des deux pieds postérieurs est 
uniflenté dans les femelles. Ces crustacés se creusent dans les 
terrains argileux , près des rivages , des trous qui leur ser-^ 
vent d'habitation. Nous citerons deuxespëces, 

' L'une est le Sçyllarc ours ( Cancer arctus, Lin.)^ Cigale 
de mer y Rondel. ; liv. xiii^ chap. 6; Herbst., XXX^ 6. Les 
antennes extérieures ou latérales sont très dentées. Le tlio« 
rax a trois arêtes longitudinales et dentées, Le*dessus de 
la queue est comme sculpté et sans crénelures sur ses bords 
latéraux. 

L'autre est le SçyUare large ( Scyllarus œquinoxialis y 
Fab.; Sçyllarus orientalts,Kïsso'fSéfuille large owOrchettay 
{londel. ; Gesn., Hist. anim. , III, pag. 1097). Elle est 
grande , chagrinée , sans arêtes. Les crêtes n'ont point de 
dents.Les segmentsdela queuesontcréneléssurleurs bords. 
Sa chair est très estimée. Ses œufs sont d'un rouge vif. 
a« Ses Thènes ( Thenus) ont le'thorax, mesuré en devant , 
plus large que long^ avec une incision profonde k chaque 
bord latéral , et les yeux situés à ses angles antérieurs (i). 

3» Ses lhACOs{ Ibacus) ne diffèrent des thënes que par 
la position des yeux , qui sont rapprochés de l'origine des 
antennes intermédiaires ou beaucoup plus intérieures. 

Dans une espèce de la Nouvelle-Hollande ( Ibacus pe- 
roniij Leach.^Zool. MiscelI.^Gxix.; Desm.yConsid., xxx, la) 
le troisième article des pieds - mâchoires extérieurs est 
strié transversalement, et dentelé en manière de crêt^ au 
bord latéral externe (2). 

Les Langoustes. ( Palinurxjs. Fab. ) 

Ont les antennes latérales grandes ^ sétacées^ et hérissées 
de piquants. 

(1) Tf tenus indtcus, Leach j ScylUms orUntaUt, Fab.; Rumpli. , 
Mu»., II, D.; Herbst, xxx, i^ Encyclop., ad. d'hut. nat. ,coc2iv; 
Dcsmar. , Gonsid. , xxxi , 1 . 

(a) Ajoutez scjrllarus antarcU'ctu; Fab., Herbst, xxx; 2; Rumpb. , 
Mu». II , D. Consaltei rarliclc Sey-Uan de rEncyclopddic mëdiod. 



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FAMILLB DBS MAGROUAES. Si 

Parmi ces crustacés ^ appelés par les Grées Carahosy par 
les Latins £ocii5ta, et sac lesquels Aristote a donné plu- 
sieurs observations importantes, il en est qui acquièretit 
avec rage jusqu'à près de deux mètres de long , en y com- 
prenant les antennes. L'espèce de nos climats se tient y pen- 
dant l'hiver^ dans ïeiB profondeurs de la mer; et ne se rap- 
proche du rivage qu'au retour du printemps. Elle préfère les 
rochers ou les parties rocailleuses. Elle fait alors sa ponte , 
et ses œufS; qui sont petits et très abondants, sont d^ua beau 
rouge, ce qui leur a vaju le nom de corail. L'on prend alors 
plus de TB&lesque de femelles^ tandis que celles»ci sont plus 
communes après la ponte. Suivant H. Risso, il y aurait un 
secoi^d accouplement , suivi d'une autre ponte ,. au mois 
d'aoàt. Les langoustes sont répandues dans toutes les mers 
des 26nes tempérées et intertropicales , mais surtout dans 
celles-ci. Leur test est raboteux^ hérissé de piquants, et pré- 
sente en devant de fortes épines ou d^nts très fortes , avan- 
cées et plus ou moins nombreuses. Ses couleurs , ai nsi que 
celles de la queue, consistent en un mélange a(;réable de 
rouge, de vert et de jaune. La queue présente souvent des 
bandes transvases ^ ou des taches , quelquefois en forme 
d'yeux, disposées par séries. Leur chair, surtout celle des 
fîemdles, avant et pendant la ponte , est très estimée. 

Dans l'espèce de nos cAtes et probablement dans les au- 
tres^ les femelles ont à l'extrémité de l'avant-dernier article 
des deux pieds pQ3térieurs une saillie y en forme d'ergot ou 
de dent, exclusivement propre à ce sexe. Les scyllares nous 
ont présenté la même diffiérence. 

La Langouste commune ( PaUnurus quadricomiSy Fab. ; 
Herbst., jtfitaeif5e^Atff,|xxix,i; Leach., Malac. Brit., xxx.) 
a queiqu^is près d'un demi-mètre de long, et, chargée 
d'œufs , pèse de douze à quatorze livres. Son test est épi- 
neux , garni de duvet , avec deux fortes dents , dentelées 
en-dessous, au devant des yeux. Le dessus du corps est 
d'un brun verdAtre ou YougeAtre. La queue est tachetée 
et ponctuée de jaunâtre ; ses s^ments ont un sillon trans- 
versal, interrompu au milieu, et ses bords latéraux for- 
ment un angle avec des dentelures. Les pattes sont, entre- 
coupées de rouge et de jaunâtre. Elle habite nos c6tes ,. 
TOME IV. ' 6 



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82 GHUSTACHS DÉGIPODES. 

mais plus particulièrement celles de ^la Mëditerranëe. On 

la trouve aussi en Italie^ en état fossile (i). 

La quatrième section ^ celle des Homards (A.STAGiif i, Latr,), 
se distingue de la précédente par la forme des deux pieds 
antérieurs y et souvent aussi par celle des deux paires sui- 
yantes, qui se terminent par une pince à deux mordants 
ou une main didactyle. Dans quelques-uns, les deux ou 
quatre derniers sont beaucoup plus petits que les précé- 
dents, ce qui les rapproche des anomaux; mais la nageoire 
en éventail de l'extrémité de leur quçue et d'autres caractè- 
res les éloignent de ceux-ci . Le thorax se rétrécit en élevant ^ 
et le front s*avance plus ou moins , en manière de bec ou 
de museau pointu. « 

Quelques-uns ( GalathaâéeSy Leach ) oift, ainsi qne les 
macroures précédents, quatre paires de fausses pattes, et les 
antennes mitoyennes coudées, et avec les deux filets, repré- 
sentant la tige, sont manifestement plus courtes que leur 
pédoncule. Celui dés antennes latérales n'est jamais accom- 
pagné d'une lame«u forme d'écaille.Les deux pieds antérieurs 
se terminent seuls par une main didactyle, et qui est souvent 
très aplatie. Le dernier segment de la queue est bilobé, du 
moins dans la plupart. 

En tète de cette division viendront ceux dont les deux (a) 



(i) M. Desmarert en mentionne (Hist. nat. des crast. fbss. , pag^ i3a) 
deax autres espèces dans le même ëtat, mais dont la seconde ][k>uiTail 
bien appartenir au sous-^nre d'ëcrevisse proprement dit , et se rappro- 
cher àtVastacus rtorwegieus de Fabricias. 

Voyez , pour les autres espèces vivantes , les Annales da Mus. d^hist, 
natur. , tom. 111, pag. 39 1 et suiv. ; rartsele Palùuire de rEncyclop. 
méthod. , et son atlas d'hist. natar.; Fartide LangousU de la seconde 
édidon d« noav. Dtct. d^hist. natur. , et le même article de Touvrage de 
"lA. Beamarest sur les crosuoés. Consultez encore, quant au système ner- 
veux de Fespèce de nos côtes, MM. Andouin et MUne-Edwards ; suivant 
eax , tous les ganglions thoraciques sont, pour ainsi dire , soudes bout 
èbout. 

(a) Diaprés une observation qui m^a été communiquée verbalement 
par le docteur Leack , dans la galathée ampUeteiu' àt Fabricius , uoa- 
seulementles deux pieds postérieurs, m^is encore les avant-derniers , se- 
mientplus petits que les antres. Cette espèce fonneraitalors un genre propre. 



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FAMILLE D£S MAGRODAES. 85 

pieds postérieurs ^nt beaucoup plus meaiis que les précé-» 
deats, filiformes, repliés, et inutiles à la course. 

Les Galatrées. ( Galatbea. Fab. ) 

Ont la queue étendue, le thorax presque oroïde ou 
oblong,Ies antennes mitoyennes saillantes , et les pinces 
alongées. Le dessus du corps est ordinairement trfes incisé 
oa strié , épineux et cilié. Les espèces les plus remarquables 
de nos mers sont : 

La Galathée rugueuse {Galathea rugùsa^ Fab.; Léo, Ron< 
deL, Hist. despoiss., pag. 3go.; Penn., Brit. zpoL, IV, X1113 
Leach., Malac« Brit. , xxix. ) dont les serres sont très lon- 
gues et cylindriques; dont \es mandibules sont dépour- 
vues àe dents ; et qui a trois longues épines dirigées en 
avant, au milieu du front, et dix semblables et pareillement 
avancées sur la queue, savoir: six au second segment et 
quatre au suivant (i). 

\jèi Galathée striée {Cancer strigosus,lÂu.) Herbst., xxvi, 
a;Penn.,Brit.zool. IV, xiv; Leach., Malac. Brit., xxviii, B. 
Semblable, quant aux maudibuies, ii la précédente , mais 
ayant le front avaucé en manière de bec, avec quatre 
dents de chaque côté et une autre au bout; les serres 
grandes, mais non très longues ni linéaires, et très épi- 
neuses, ainsi qu'une grande partie des pieds suivants. Ce 
dernier caractère la distingue d^une troisième espèce, pa- 
reillement indigène,la G. porte-écailtes {Galathea squami- 
yêra., Leach., Halac. Brit. xxviii, A) du docteur Leach. 
Ce savant forme, avec la galathée gregaria de Fabricius, 
un genre propre, sous le nom de Grihotée. Grimotea. Le 
second article des antennes iotermédiaires se termine en 
massue, et les trois derniers des pieds-mâchoires extérieurs 
sont foliacés. Elle est de couleur rouge, et a été découverte 
par Joseph Banks dans son voyage autour du monde. Elle 

' (1) Cette espèce forme le genre uvviDit , munida , de M. Leach. Voy, 
DenuOT. , Contkl. , pag. 191 . Mats celuî-Kii se trompe en attribuant à ce 
•ayant d'avoir reconndllc premier que ceUe espèce ^tait le crastacë qne 
Rondelet nomme Uon, Voy. mon Hist. genër. des crust. et, des insect, , 
tom. VI, pag. 198, 

6* 



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84 CRUSTACÉS DÉCAPODES. 

formait une agrégation si coniidërable , que la mer parais» 

sait d'un rouge de sang. 

Le G. JEglée {JEglca.) du même, n'est distinguée du 
précédent et de celui de galathée^ qu'en ce que les mandi* 
bules sont dentées^ que le second article de leurs pieds ma- 
cliotres extérieurs elst plus court que le premier , et que le 
dessus du corps est généralement uni {i\ 

Celui que M. Risso avait d'abord nomméCAtTPSO, et qu'il 
a ensuite appelé Jaitira y ne «e distingue probablement pas ^ 
ainsi que le pense M. Desmarest ( Gonsid.,pag. iga), de celui 
de Galathée. 

Les P<ML€BLI.ANXS. ( PoRCELLAHA. Lam. ) 

Forment dans les macroures, sous le rapport de la queue, 
une exception très 'singulière ; elle est repliée en -dessous, 
comme dans les brachyures. Elles s'éloignent d'ailleurs des 
galathées par la forme plus raccourcie , suborbiculaire ou 
presque carrée du thorax ; par les antennes mitoyennes re- 
tirées dans leurs fossettes ; par leurs pinces qui sont trian- 
gulaires; enfin à raison de la dilatation intérieure des arti- 
cles inférieurs de leurs pieds-mâchoi res extérieurs* Leur corps 
est très aplati. 

C^% crustacés sont petits, lents, répandus dans toutes les 
mers, et se tiennent cachés sous les pierres littorales. 

Le docteur Leach a formé avec quelques espèces (fiexa;^!!^, 
Lat.; — Longicornisy ejusd., — Bluleliy Riss., Crust., 1, 7, etc.) 
un genre qu'il a nommé PismiA. Mais d'après l'examen spé- 
cial qu^en a fait M. Desmarest, il ne diffère par aucun ca- 
ractère appréciable. 

Les unes sont remarquables par leurs pinces très grandes 
et velues outrés cilicées. Telles sont, i^la Porcellane larges- 
pinces ( Cancer platychelesj Penn., Zool. brit. , IV, vi, la; 
Herbst., XLVII, a.), dont les pinces sont seulement velues 
au bord extérieur , et dont le thorax presque nu est arrondi, 
et qui vit sur les rochers de nos mers, a» lAPorcellane héris- 
sée (P. hirta^ Lam.), dont tout le dessus des pinces et du tho^ 
^ • . 

(i) Mgïée Ussô , Desm.. Consid. , xxxii 1, 2; Lair/, Encjciop. mëtbod., 
ail. dlibt. nator. , ccctiix , a. 



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FAKILLB X»BS MACROU&BS. 85 

rax est vdu, et où celui-ci est presque ovale, aminci en 
devant. Elle a été rapportée de Itle King par Peron et M. Le 
Sueur. Les autres ont les pinces glabres. Telle est la Por- 
cellane à six pieds {Cancer hexapuSy^in.^ Herbst; XLYII, 4)* 
Le thorax a des lignes courtes , transverses, un peu ciliées. 
Son front est trifide, avec la dent du milieu finement dente- 
lée. Les serres sont parsemées de petites écailles et de petits 
grains, d'un rouge de sang, avec les doigts écartés entre 
«ox et sans dentelures idternes. Elle se trouve dans nos 
mers (i). 

Le genre Monolepis de M. Say ( Journ. de l'acad.. des 
scienc. natur. dePhilad.,1, fftg. i55; De&mar.,Consid.,pag. 
199 et aoo. ) parait faire le passage des porcellanes aux mé- 
galopes. U se rapproche du premier sous le rapport des deux 
pieds postérieura et de la direction de la queue. Mais cette 
queuen'auraitque six segments^etles yeux seraient trësgros, 
comme dans le second, il paraîtrait aussi que les nageoires 
latérales du bout de la queue ressembleraient à celles du 
dernier • 

Les autres crustacés de la même division différent des 
précédents par leurs pieds postérieurs, semblables y quant à 
la forme, aux proportions et aux usages, aux précédents, 
ou pareillement ambulatoires. Ils s'en éloignent encore à 
raison de leur corps plus épais et plus élevé, de leurs an- 
tennes latérales beaucoup plus courtes , de leurs serres plus 
petites, d^la grosseur des yeux, et des nageoires latérales 
de leur queue, qui ne sont composées que d'une seule lame.. 
Cette queue est étendue , étroite , et simplement courbée en- 
dessous, vers son extrémité. 

Les BCÉGALOPES. ( Mbgjulopvs. Leach. — Macropa. Latr. 
Encyclop. ) 

Nous en connaissons quatre espèces]; dont trois des mers 
d'Europe et l'autre de l'Océan indien («i), d'où elle a été ap 
portée par feu Leschenault et MM. Quoy et Gaymard. 

(0 y oyez rarticle Porcellane, du nouv. Dict. d^ïmi, nat., a* ^dit., 
ci Desmar. , Consîd. sur les crast. , pag. 192-199. 

(a) Forez y pour celles d'Earppe^ Desmar. ^.Coiisid, , pag. aoo-aoa . 
ci la pL xxxiv » a , da même ouvrage. 



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86 CAUSTACÉS DÉCAPODES. 

Nous comprendrons dans notre seconde division ( AstiP- 
einiy Latr. ) des homards^ ceux qui onUçinq paires de dusses 
pattes I les antennes mitoyennes droites ou presque droites^ 
saillantes , avancées , et terminées par deux filets aussi longs 
ou plus longs que leur pédoncule; et qui, un seul sous- 
genre excepté {gchié) , ont les quatre ou six pieds antérieurs 
terminés par une main didactyle. • 

Leur queue est toujours étendue; leurs deux pieds posté- 
rieurs ne sont jamais beaucoup plus grêles que les précé- 
dents^ ni repliés. Le pédoncule des antennes latérales est 
souvent accompagné d'une écaille* 

Quelques-uns, ainsi que d*^autres de la section suivante^ 
vivent dans les eaux douces* 

Ceux dont les quatre premiers pieds au plus se terminent 
par deux doigts; dont les antennes latérales n'ont jamais 
d'écailIe à leur base, et dont le feuillet extérieur des na- 
geoires latérales du bout de la queue n^offre point de suturo 
transverse y formeront une premièresubdivision. La plupart 
de leurs pieds sont ciliés ou velus. Ces crustacés sont ma-« 
rins^et se tiennent cachés dans des trous qu'ils se creusent 
dans le sable. 

Tantàt rindex ou 1^ doigt immobile (formé par une saiUie 
de Pavant-demier article ) des serres est très sensiblement 
plus court que le pouce ou le doigt mobile^ et ne forme 
qu^une simple dent. 

Les Giiu£& ( Gebu. Leach. ) 

Avoisinent les sous-genres précédents y en ce que les deux 
pieds antérieurs sont seuls didàctyles. Les feuillets des na- 
geoires latérales du bout de la queue voqt en s'élargissant 
de la base à leur extrémité ^ et ont des arétes^longitudinaies. 
La pièce intermédiaire ou le dernier segment de la queue 
est presque carré (i). 

Les Thalassines. (Thai*assiwa. LaU. ) 

Ont les quatre pieds antérieurs terminés par deux doigts ^ 
les feuillets des nageoires latérales du bout de la queue 

(i) Thalaùina Uuoràla , Ris», Crast. /m, a; — Gebia steUàta , 
Leachy Malac. Brit. , xxxi , 1-9. roy* Detm. , Gontid. , pag. ao3, ao^. 



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FAMltLB DES MAGROUAES. 87 

étroits , et alongés, sans arêtes ^ et Je dernier segment de 
cette queae, ou la pièce intermédiaire^ en triangle alongé (1). 

Tantôt les quatre (Meds antërieura^, o«i les deux premiers 
et Tua des seconds (a) sont terminés par deux doigts alon- 
gés y formant parfaitement la pince. 

Les deux serres antérieures sont plus grandes ; les feuillets 
latéraux de la nageoire terminant la queue sont eu forme 
de triangle renversé ou plus larges au bord postérieur ; l'in- 
termédiaire au contraire se rétrécit de la base au bout, et 
Ta en pointe» 

Les Càlliakassbs. (Calli amassa. Leach. ) 

Ont les serres très inégales , tant pour la forme «que pour 
les proportions; le carpe delà plus grande- des deux^anté- 
rieures est transversal et fcrme avec la pince un corps con^ 
mun ; le même, article de l'autre serre est alongé ; les deux 
pieds postérieurs sont presque didactyles Le feuillet exté- 
rieur des nageoires latérales du bout de la queue^est plus 
grand que Tinterne; avec line arête; celui-ci est uni. 

Les pédicules* oculaires sont en fprme d'écailIe,. et la 
cornée est située près du milieu de leur bord extérieur. Le/i 
filets.des antennes mitoyennes ne sont guère plus longs que 
leur pédoncule». 

La seule espècèCQiinue, la Callianasse souterraine. (Cal- 

iianas^ajubterranea,hedLch,,yLQ\ac.^nU, XXXU.); sq trouve 

$ur nos câtes et celles d'Angleteire. 

Les AxiEs.. ( Axius. Leacb. ) 

En difG^rent. par leurs serres , qui sont- presque égales^ et 
dontje carpe ne fait pctînt partie de la pince ; les pieds pos« 
teneurs sont semblables aux précédents. Les feuillets des 
nageoires latérales sont presque de la même grandeur et ont 
chacun une arête longitudinale. Les filets]jdes antennes mi- 
toyennes sont évidemment plus longs que leur pédoncule. 

(1) Thdilaaùnd scorpionideê ^ Latr. ; Herbsl, Caaeer anomalus ^ lxii; 
l'Ctcb , Zopl. mise, , czxz ; Besmar. , Gontid. » zizyi. 

(a) Bons les caliaoMses, U serre gauch» de la. seconde paire- semble 
être mooodactjle >.ai ravant-^eraier article est dilaté en manière de pa- 
letU. 



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88 GBUSTAGBS I>éCA.POpBS. 

VAxie siiHigrnque ( Axius stirfynchus , Leach. , Maiac. 
Brit. f XXXIU ) se trouvJB sur les cAtes d'Angleterre et sur 
celles de nos départements maritimes de Fouest, où elle 
a été observée par M. d'Orbigay père, correspondant du 
Muséum d'histoire naturelle» 

Notre seconde et dernière subdivision nous offre des 
crustacés dont les six pieds antérieurs forment autant de 
serres y terminées en pince parfaitement didactylê^ caractère 
qui les distingue de tous les décapodes précédents, et qui les 
rapproche des premiers de la section suivante ; mais ici les 
serres de la troisième paire sont les* plus grandes y au lieu 
que là ce sont les deux premières , et que leur épaisseur est 
d'ailleurs beaucoup plus conaidéiable. Le pédoncule des an- 
tennes latérales est accompagné d'une écaille ou d'aines. 
Le feuillet extérieur des nageoires latérales du bout de la 
queue est, dans toutes les espèces vivantes, comme partagé 
en deux par une suture transverse (i). 

Les EavoMS. (Earoic. Desmarest.) 

Ont tous les feuillets de la nageoire caudale rétrécis à leur 
extrémité et terminés en . pointe ; l'extérieur ne présente 
aucune suture transverse. Les deux filets des antennes mi* 
toyennes sont fort courts et guères plus longs que leur pé- 
doncule. Les c6tés du test ont des entailles profondes. 

Les pinces des deux serres antérieures sont étroites et 
alongées. 

Ce sous-genre a été établi par M, Desmarest sur une 
espèce fossile {Eryjon de Cuvier , Hist. nat. des crust. foss., 
Xy 4 f Consid,, XXXIV, 3. ) , trouvée dans une pierre calcaire 
lithographique de Pappenheim et d Aichtedt, dans le mar- 
graviat d'Anspach. 

Les ÉcRxvissxs. ( AsTJkcirs. Gronov., Fab.) 

Ont les feuillets des nageoires latérales du bout de la 
queue élargis et arrondis à leur extrémité ^ l'extérieur est 

(i) Ce caractère ett cammon à la section soÎTante , de manière qu'on 
ponrrait, d'après lai, partager les macroures , hormis les schitopodes , 
an dem grandes divisions. 



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FAMILLE DBS MAGROyBSS. Sq 

divisé transversalement en deux par une suture transverse; 
l'extrémité postérieure de celui du milieu est obtuse ou 
arrondie. Les deux filets des antennes mitoyennes sont nota- 
blement plus longs que leur pédoncule. Le» côtés du test ne 
sont point incisés. 

Dans les unes et toutes marines, le dernier segment de la 
queue ou celui qui occupe le milieu de la nageoire ter- 
minale , n'offre point de suture traosverse. 

Celles dont les antennes latérales ont une grande écaille 
sur leur pédoncule, dont les yeux sont tris gros, en forme 
de rein , et dont les pinces des deux serres antérieures sont 
étroites, alongées, prismatiques, égales, forment le genre 
Nepbrops {Nqjhrops) de M. Leach. 11 a^ pour type IVcre* 
visse deNorwège {Cancer norwegicuSy Lin.; deGéer», Insect., 
\11, XXI; Herbst., XXVI ; 3, Leach. , Malac. Brit., XXXVL ) 
Les deux serres antérieures ont des épines et des arêtes des* 
téesf le dessus de la queue est sculpté. On la trouve dans 
les mers du nord de l'Europe et dans la Méditerranée. 

Celles dont le pédoncule des antennea^latérales n'offre 
simplement que deux courtes saillies, en forme de dents ou 
d'épines, dont les yeux ne sont ni très gros uiréniformes, et 
qui ont les pinces plus ou moins ovales, composent, avec 
les espèces d'eau douce, le genre os/oci^ profurement dit 
du même naturaliste. 

VÉcrevisse homard. ( Cancer gammaruSf Lin. } Astacus 
marinuSf Fab. ; Herbst., XXVj Pepn., Brit.xool., V, x, ai. 
La pointe en forme de bec de l'extrémité antérieure du 
test, a trois dents de chaque côté, et une autre double à 
sa base. Les serres antérieures sont inégales, très grandes; 
la pince la plus grande est ovale , avec de grosses dents 
molaires; l'autre est plus alongée, avec de petites dents 
nombreuses. Les individus les plus âgés ont quelque- 
fois plus d'un demi-mèlre de long. Sa chair est très esti- 
mée. Elle se trouve dans l'Océan européen , dans la Médi- 
terranée, et même sur les côtes orientales de l'Amérique 
septentrionale. Son organisation intérieure a été étudiée 
a^ec soin par MM. Victor Audouin et Mil ne-Edwards. 
Dans les espèces d'eau douce , qui , par les antennes , les 
yeux et la forme des séries, ressemblent d'ailleurs à la pré- 



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go CRITSTAGéS DÂGAPODBS. 

Cédente ; le dernier segment de la queub , ou le mitoyen de 
saf nageoire terminale est coupé transversalement en deux 
phr une suture. 

UÉerevisse commune {Cancer asUicuSjLlu.)^œs., Insect., 
III, Liv — VII. a ses pinces antérieures chagrinées et 
finement dentelées au bord interne des mordant^. Le mu- 
seau a une dent de chaque cdté, et deux à sa base; les 
bords latéraux des segments de la queue forment un 
angle aigu. Des circonstances accidentelles font Varier sa. 
couleur y qui est ordinairement d'un brun verdâtre. 
Cette espèce , qui se trouve dans les eaux douces de l'Eu* 
rope^ a été plus particulièrement étudiée, tant sous les rap- 
ports de l'anatomie, que sous ceux des habitudes et de la 
faculté qu'ont les crustacés de régénérer leurs antennes et 
leurs pattes^ lorsqu'ils les oni perdus ou qu'elles on^cté 
mutilées. L'estomac renferme; lorsqu'elle est sur le point de 
iituer, deux concrétions pierreuses, dont la médecine 
faisait anciennement usage comme absorbants, et qu'on a 
remplacées par le carbonate de magnésie. Elle se tient sous 
les pierres ou dans des trous, et n'en* sort que pour cher- 
cher sa nourriture, qui consiste en petits mollusques, en 
petits poissons, en larves d'insectes. Elle se nourrit aussi de 
chairs corrompues, de cadavres de quadrupèdes , flottant 
dans l'eau, et dont ou se sert comme d'appâts, en les plaçant 
au milieu defogots d'épines, ou dans des filets. On bas saisit 
aussi dans leurs trous, ou on les pèche au flambeau. Sa mue 
a lieu à la fin du printemps. Deux mois après l'accouple- 
ment, qui s'opère ventre contre ventre, la femelle fait sa. 
ponte. Ses œufs, d'abord rassemblés en tas, et collés, au 
moyen d'une liqueur visqueuse, aux fausses pattes^sontd'un 
Touge brun , et ils grossissent avant que d'éclore. Les jeunes, 
écrevisses, très molles au moment de leur naissatice, et 
tOut-à-fait semblables à leurs mères , se réfugient sous leur 
queue, et y restent pendant plusieurs jours , et jusqu'à ce 
que les parties de leur corps soieqt raffermies. ' 

La durée de la vie de nos écrevisses s'étend au-delà de- 
vingt années, et leur taille s'accroît à proportion. On pié- 
fcre celles qui vivent habituellement dans les eaux vives et 
courantes. On trouve sur leurs braAicfaiesuneannelideparar 



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FAMILLB DBS HA.GROUAES. Qi 

site y observée , depuis long-temps par Rœsel , mais qu'on 
ne connaissait qu'imparfeitement avant les recherches de 
M. Odier(i). 

Les eaux douces de l'Amérique septentrionale nous offrent 
une autre espèce, Vécrevisse de Barloity et dont M.Bosc nous a 
donné une figure (Hist.'nat. des crust.. Il, xi, i). Une autre, 
du même pays habite les rizières, et leur nuit beaucoup, 
au témoignage de M. Le Conte , l'un des meilleurs pâtura- 
listes des États-Unis. 

Dans la cinqui^e section, celle des Salicoques (Caridcs.) 
les antennes mitoyennes soUi supérieures ou insérées au* 
dessus des latérales } le pédoncule de celles^i est entiàre- 
meot recouvert par une grande écaillez- 
Leur corps est arqué, comme bossu et d'une consistance 
moins solide que celui des crustacés précédents. Le front se 
prolonge toujours en avant, en pointe, et le plus souvent 
en manière de bec ou de lame pointue , comprimée et dentée 
sur ses deux bords. Les antennes sont toujours avancée»; 
les latérales sont ordinairement fort longues et en forme de 
soie trèa déliée } les intermédiaires d'un très grand nombre 
se terminent par trois filets. Les yeux sont très rapprochés. 
Les pieds-mâchoires extérieurs, plus étroits et plus alongés 
que de coutume, ressemblent k des palpes ou à des antennes. 
Les mandibules delà plupart sont rélréciea et arquées à leur 
extrémité. L'une des deux premières paires de pieds est sou* 
vent pjiée sur elle-même ou doublée» Les segments de la 
queue sont dilatés ou élargis latéralement. Le feuillet exté- 
rieur de sa nageoire terminale est toujours divisé en deux 
par une suture, caractère que l'on n'observe que dans les 
derniers crustacés de la section (Précédente; la pièce impaire 
du milieu, ou le septième et dernier segment, est aloogéef 
rétrécie vers le bout, et offre, en dessus, des rangées de peti- 
tes épines* Les fausses pattes, au nombre de cinq paires, sont 
alongées et ordinairement foliacées. 

On fait une grande consommation de ces crustacés dans 
toutes les parties du monde. On en sale même quelques 
espèces, afin de les conserver. 

(i) ^ojrez son Mémoire tnr le hranohiotUUt , insère dans la première 
psrtie du premier tome des Mémoires de la Sociéië d'histoire natu- 
relle de Paris , pa^. 69 et suir. 



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Q2 GAUSTAGÉS DÉCAPODfiS. 

Les uns ont les trois premières paires de pieds en forme 
de serre didactyle , et dont la longueur augmente pro- 
gressivement^ de sorte que la troisième paire est la plus 
longue. Tels sont 

Les PimAu. (Pbitjbvs. fUb.); 

Dont aucun artide des pieds ne présente de division mn-^ 
nulaire. 

Leurs palpes mandibules sont relevés et foliacés. On voit 
un petit appendice en forme de lame elliptique à la base des^ 
pieds ; caractère qui semble rapprocher ces crustacés des 
pasiphaés, dernier sous-genre de cette section, et de ceux de 
la suivante. 
Quelques espèces^ et toutes indigènes, forment, à raison 
. de la brièveté des deux filets de leurs antennes inter- 
médiaires, une première division. Elle comprend les sui- 
vantes. 

\jàPénée caramote(Palaemon sulcaius,0\iy., Encyclop.f 
' Caramote^ Rond., Hist. nat. des poiss., liv. xviii^'chap. 7 .) 
est long de neuf pouces. Sur le milieu du thorax est 
une carène longitudinale, bifurquée à sa base, terminée 
par' un bec avancé , comprimé , ayant onze dents k sa 
tranche supérieure et une à l'inférieur ; on voit de cha^ 
que c6té de la carène un sillon longitudinal. 

Cette espèce est très commune dans la Méditerranée et 
Pobjet d'un grand commerce. On la sale pour la transport 
ter dans le Levant. Le Pénée à trois sHiâns de M. Leach 
( Malac. Brit., XLIl. ), et qui se trouve sur les c6tes d'An- 
gleterre, n'est peut-être qu'une variété locale du précé- 
• cèdent. Son thorax a trois sillons et le bec a deux dents 
en-dessous. Dans le Péntfe d'Orbigny (LaU, Nouv. dict. 
d'hist. nat. a"" édit. article Pénée. ), la carène n'est point 
sillonnée. 

D'autres pénées ont les antennes intermédiaires terminées 
par de longs filets; ce sont celles de notre seconde division. 
Nous y rapportons 

Le Pénée monodon ( Penants monodon , Pab. ; SquiUa 
indica, Bont., Hist. nat., p.8i.) des mers des Indes. Deux 
espèces de la Méditerranée ( P. antennatus^ Riss., Crust., 



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FAMILLE DBS HAGHOURES. gS 

' 11^ 6; — p. mars,, ejusd., II, 5 ) paraissent ausm en Csiire 
partie. 

Lea St£nop£S. (Stenopus. Lat.) 

Se distinguent des pënëes par les divisions transverses et 

annulaires des deux avant-derniers articles des quatre pieds 

postérieurs. 
Tout le corps est mou. Les-^antennes et les pieds sont 

longs et grêles } ceux de la troisième paire sont plus larges. 
Nous n*en connaissons qu'une seule espèce , rapportée 
des mers australasiennes par Peron et M. Lesueqr. Olivier 
Ta conservée dans le genre palémon {Cancer setiferus, 
Lin.; P . hîspidus , OWv . y 'Euq^cI. \ et ail. d'hist. nat. , 
cccxix, a;Seb.yMus., III, xxi. 6, 7; Herl>8t.y xxxi , 3. ), où 
je l'avais d'abord placée. 
Les autres salîcoques, dont plusieurs ont les antennes 

intermédiaires terminées par trois filets , n'offrent aujpTus 

qne deux paires de serres didactyles, formées par les quatre 

pieds antérieurs. 
Un sous-genre y établi sur une seule espèce propre à l'A- 

mérique septentrionale, celui 

D'Atte. (Atya, Leach.) 

S'éloigne de tous les crustacés analogues, par un caractère 
anomal. La pince terminant les quatre serres est fendue 
jusqu'à sa base , ou semble être composée de deux doigts en 
forme de lanières, réunis à leur origine; l'article qui précède 
est en ibrmede croissant; la seconde paire est la plus grande. 
Les antennes mitoyennes n'ont que deux filets (1). 

Bans tous les sous-genres suivants, les doigts dès pinces 
ne prennent naissance qu'à une certaine distance de l'ori- 
gine de l'avant-dernier article ou de celui qui est en forme de 
main, et le corps ou l'article qui la précède n'est point luni|lé« 

Maintenant viendront d'abord les salicoques,dont les pieds 
sont généralement robuçes et point en forme de fil, et sans 
appendice à leur base extérieure. Leur corps n'^est jamais très 
mol , ni très alongé. 

Parmi ces sous-genres, à pieds sans appendice, les trois 



(1) Aifa seabra , Lcacb y Zool. mite. , cxxxi. 



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q4 crustacés décapodes*. 

suivants nous préseateat encore, sous le rapport des serres, 
des formes insolites. 
Dans celui 

Des Cbaugovs* (Craztcoet, Fab.)» 

Les deux serres antérieures, pi us grandes que les pieds sui- 
vants, n'ont qu'une dent à la place de l'index ou du doigt 
fixe, et celui qui est mobile est en forme de crochet et 
fléchi. 

Les antennes supérieures ou mitoyennes n'ont que deux 
filets. Les seconds pieds sont repliés, plus ou moins distinc* 
tement bifides ou didactyles à leur extrémité ; aucun de 
leurs articles n'est annelé. Le bec antérieur du test est fort 
court. 

Nous ne séparerons point des crangons les égeoics de 
M. Risso ou les PoirropjiiLES de M. Leach. Ici le dernier arti- 
cle des pieds-mâchoires extérieurs est une fois plus long que 
le précédent^ tandis qu'ils sont d'égale longueur dans les 
premiers. Les seconds pieds des égéons sont plus courts que 
les troisièmes et les plus petits de tous, au lieu que leur 
longueur est la même dans les crangons. Le nombre des 
espèces étant d'ailleurs très borné., cette distinction généri- 
que est d'autant moins nécessaire. 

Le Crangon commun ( C» vulgariSf^ùh, ^ Roes., Insect., 
III^ LX1II, i> ^. ) n'a guère plus de deux pouces de long. II 
est d'un vert glauque pâle ^ ponctué de gris et uni. L'espace 
pectoral portant la troisième paire de pieds est avancé en 
pointe. Cettç espèce est très commune sur nos cotes océa- 
niques , où on l'appelle vulgairement Cardon. On l'y pè- 
che toute l'année dans des filets. Sa chaire est délicate. On 
y trouve aussi, selon M. Brébisson , mais très rarement, 
Je C. ponctué de rouge de M. Risso; mais je présume avec 
*. lui, que ce n'est qu'une variété. Le C» cuirassé {Egeon 
loricatusj Riss.; Cancer cataphraclusj Oliv. , Zool. adriat. , 
Uf, I.) a trois arêtes longitudinales et dentelées sur le 
thorax. 

Les mers du nord offrent une espèce assez grande ( Cran» 
gon boreas*, Phipps. , Voy. au nord, pi. xi, i ; Herbst^, 
XXIX, a.}. 



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FAJIlilI.LE DES MACnOUflfiS. 9$ 

Les PaocxssEs. (^P^cessa. Leacb. — Nika. Risso. ) 

Oot Tan des deux pieds antérieurs terminé simplement 
en pointe^ et l'autre en pince didaotyle; les deux suivants 
sont inégaux, gr^es, terminés aussi par deux doigts f Tun de 
ces seconds pieds esl fort loog^avec iec^rpeetrartide précéf. 
dent amielés ; 'Çe^ ca^c.^^re n'est propre à l'autre pied qu'au 
premier de ces articles ; les pieds de la quatrième paire sontr 
plus longs que les précédents et les deux suivants. Les an- 
tennes supérieures n'ont que deux filets.- 

La P. comcstUfle {Nika çduUs y Kisso, Crast., III, 3 ) 
« est d'un iouge de'dunr, pohitilié de jaunâtre, avec iine 
ligne de petites taches jaunes au milieu* L'extrémité anté- 
rieure de son test a trois pointes aiguës, dont l'intermé- 
diaire ou Je bec plus longue; les deux pattes antérieures 
sont de grosseur égale, la droite est en pince.. On vend 
cette espèce pendant toute Tannée , dans les marchés de 
Nice. £lle se trouve aussi sur les côtesdu département des 
Bouches-du-Rhône (i). 

Les HyhehocÈres. ( Hymxmoceba. Latr. ) 

Ont les deux pieds antérieurs terminés par un long cro- 
chet, bifide au bout , et à divisions très courtes; les deux 
suivants sont fort grands; ses mains, le doigt fixe,. et le 
filet supérieur des antennes mitoyennes sont dilatés^raenibra- 
neux et comme foliacés. Les pieds-mâchoires extérieurs 
sont pareillement foliacés et^ recouvrent la bouche. 

La seuieespèce connue £ait partif» d^la collection duMu- 

séum d'histoire naturelle, et a été recueillie dans les mers 

des Indes orientales. . >; . 

Nous passons maintenant à dessous-genres, dont les serres 
n'offrent aucune particularité remarquable ou insolite. 

Tantôt les antennes supérieures ou mitoyennes ne sont 
terminées que par deux filets. 

Le bec est généralement court* 

-■- ■- I - - - . ■ - ^- ■ 

(i) Vojezy ppQT d'antres espèces, Hisso, Hist. nat. des crusté' <le 
Hice; Leacb , Halac. Brit. xli , et le nbuy. Dlct. d'^hUt. nat. , a* ^Hî^. 



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96 CRUSTACÉS DÉCAPODES. 

Les Gnathopaylias. (Cvathopàyllum. Latr. ) 

Leê seuh qi»î ^ mus le rapport de la fotme et Tampleur des 
pieds •mâchoires irfférièurs, se rapprochant des hyméno- 
cèrcs. Lés ^uatre^ pieds antéf*ieurs sont* en forme de serres 
didactyles ^ la seconde paire est^plus lon[>|ue et plus épaisse 
que la première. Aucun des articles des quatre a*est an- 
nelë (i). 

Les PoiTTOKics. ( PorfTOWiA. Lalr. ) 

Ont y comme les deux souf-genres suivants^ lés quatre 
pieds antérieurs en forme de serres et didactyles, mais le 
ctLtp^ D*est point anaelë (2). . . 

Les ÂLPHEES» ( Alpheus. Fab. ) - 

Qui ont aussi les quatre pieds antérieurs terminés par une 
pince didactyte y mais le carpe des seconds est articulé. 
Ceux-ci sont plu« courts que les premiers (j). 

I Les HippoLTTxs. ( HippoLTTE. Leacli. ) 

Ne s'éloignent des alphées que par les proportions res- 
pectives des serres ; les secondes sont plus longues que les 
premières (4)- 

Les deux derniers sous-genres suivants ont cela de parti- 
culier, qu'une seule paire de leurs pieds se termine en pince 
didactyle. Dans 

Les AùTONôâEES. ( ArTONOMBA. Risso. ) 

Ce sont les deux antérieurs , qui se distinguent d'ailleurs 



{iyj4!lpheus elegansf Risso , Crust. , 11 , 4 f J^oim. , Conûd., p. aa8. 
{^Alpheus thyrenusy Risw, Crust. , n , a; Astacus thjrenus petog., 
Y , 5 ; Besmar. , ibid. , pag. ^39. 

(3) Alpheus malahariùUB , Fab. » et probablement quelques autres es- 
pèces ^ mais sur lesquelles je n'ai pcnnt de données snffiMmtes. Voyez 
Desmar. « Consid. , pag. aaa et aa3. 

(4) Rapp6rtez-7 les palénons divenimane et marftr^ d*01ivier. Foyez 
Desmar. , Gonsid , pag. 990. 



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FAXILLS DES MACIIOÇAE5. Qy 

dcsauOes parleur grandeur, leur grotseur et leur dispropor- 
tion (i). Dans 

Les Pakdxum ( Paitdalus y I«each. ) , 

Les deux pieds antérieurs sont simples oui peine bifides; 
les deux suivants sont plus longs, d'in^ale longueur, didac- 
tyles f avec le carpe et l'article précédent annelés. 

Les pieds-mâchoires extérieurs sont grêles et très longs , 
du moins dans quelques-uns. La saillie antérieure du test 
est fort longue et très dentée (a). 

Tantôt les antennes supérieures ont trois filets. 

Ces crustacés ont quatre serres didactyles^ dont les plus 
petites repliées ^ et le boc alongé. 

Les Palémons, (Paljemon. Fab. ) 

Se distinguent des deux sous-genres suivants, par leur 
carpe inarticulé; les seconds pieds sont plus grands que les 
premiers j ceux-ci sont repliés. On eu .trouve aux lades 
orientales, d'uue grandeur très remarquable, et dont les se- 
condes serres sont fort longues* L^s Antilles en offrent aussi 
d'assez grands , et dont quelques*ufiSi se tiennent à Tem- 
bouchure des riTières* Ceux de nos côtes sont beaucoup 
plus petits, et y sont désignés sous les noms de crevettes et 
de salîcoques; leur chair est plus estimée que celle des 
crangoos. Selon M. de Brébisson (Catal. méthod. des crust. 
terrest. et fluv., du département du Calvados.), on les pèche 
de la même manière, mais seulement en été. Ces crustacés 
nagent très bien , surtout lorsqu'ils fuient , et dans éliverses 
directions. Ils fréquentent les rivages» La pierre lithographie 
que de Pappenheim et de Solhnofen renferme souvent les 
débris d'un crustacé fossile que M. Desmares t rapporte aux 
palémoos, sous le nom spécifique de spùupes (Hist. nat. des 

(i) Autùnomea Ofe/u, RÎMO, CrtaM., psg. r06; Canoer f^aber^ Oliv., 
Zool. adrkt. m, 4> Desmar., Consid. > pag. aSi et aSa. 

(a) PaniabiM atmuUeonùê , Leadi » Malac. Brit. , xl ; — PùmMUu 
narwaly Latr. ; AtUtcuM narwal , Fab. ; Palœnwt prùtù , Risso ; 
CWnoer ami^.'Herbtt., zxxiy, 4- ^<>f» Deimar. , Contàd. , pa^; 
atg, aao. 

TOME IV. 7 



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g8 CUXfSTACBS DÉCAPODES. 

crust. (on., \l, 4- )• ^^ c" & efFectivémeut le port ^ mais Ic$ i 
serres manquent. Une autre espèce pareillement fossile , 
mais beaucoup plus grande, a été découverte en Angleterre. 
Le Palémon à dents de scie ( P. serratus , Leach , Malac. 
Brit. , XBUI, I — lo j Herbst., XXVU , ij, a trois à quatre 
pouces de long. 11 est d'un rouge pâle, mais plus vif sur 
les antennes, le bord postérieur des segments de la queue, 
et surtout sur la nageoire terminale. Sa corne frontale 
dépasse lé pédoncule des antennes mitoyennes , se relevé 
à son extrémité , a sept à huit dents en dessus , la pointe 
non comprise, et cinq en dessous. Les doigts sont aussi 
longs que la pince proprement dite, ou rayant-dernier 
article. Cette espèce â^ trouve sur les côtes océaniques de 
France et d'Angleterre, et c'est celle de ce sous-genre que 
l'on vend plus particulièrement Paris. L'un des côtes de 
son lest offre souvent et en tout temps une sorte de loupe, 
recouvrant un crusUcé parasite du genre bopyte , appliqué 
«ur les branchies. 

Le Paldmon squille^ ou Salicoque [Cancer squilUty Lin.), 
Pai^mo/tvsfui^, Leach, Malac. Bnt.,XLlU, ii-i^) StjuiUa 
fusouy Bast., Opusc« subs., lib. iy 111, 5.)> est de moitié plus 
petit que le précédent. Sa corne frontale ne dépasse guère 
le pédoncule des antennes supérieures, est presque droite 
ou peu reeourbée, échancrée au bout, avec sept k huit 
dents en dessus et trois en «dessous. Les doigts des serres 
sont un pea plus longs que la main. U est commun sur 
noa côtes et sur celles d'Angleterre (i). 
Le carpe est articulé ou présente des divisions annulaires 
dansilesdeux génies suivants , savoir : 

Las Ltsmates (Lysmata , Riss. , auparavant Mzlicebta du 
même.) , 
Qui ont la seconde paire de serres plus grande que la pre- 
mière (a). 

■ - ' . . - - • * 

(i) f^o;» le* articles PaU'mon de rjEjucyclopédie mëikodiqQe, de U 
seconde édition du nouv. Uict. d'hist. natur.» et Desmar. » G>nsld. t;eu. 
sur les crust. , pag. a33-a38. f^o^ez aussi» quant au sytLème nerveux, 
le Mëropire f^récité de MM. Âodouin et Milne Edwards. 

{i) l^smala seticauda, Bisso, Crust., ii, i; Desmar., Coi^sld. , 
l^ag. 238. 



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f 
FAMILLB DES MACROURES. 99 

Les ATaANAs. (.\thana8. Leacli«) 

Oà la première paire de senes est^ au contraire, plus 
grosse que la suivante (1)^ 
Le dernier sous-genre de cette section y celui 

De PjLSipgAÉ^ (Pasiphjba, ^^0 ^ 

Quoique très rapproché de plusieurs des précédents par 
^es antennes supérieures terminées par deux filets 5 par 
^a forme des quatre pieds antérieurs ^ terminés ^'en une 
pince didactyle y précédée d'un article , sans divisions an- 
nulaires; par la brièveté du museau ou de la corne frontale, 
en diffère sous quelques rapports. On voit très distincte- 
ment à la base extérieure dé leurs pieds un appendice eu 
foi-me de soie; ces pieds, à Fexception des serres, qui sont 
plus grandes et presque égales^ sont très grêles et filiformes; 
le corps est fort aloogé, très comprimé et fort mou. 

La Pasiphaé siyado {Alpheus sivado , Risso, Crust.; VU y 

a; Desmar. y Consid. , pag. a4o.) a deux pouces et demi de 

long SUT quatre ligaes et demi de largeur. Le corps est 

d'un blanc nacré, transparent, bordé de rouge, avec de 

petits points de cette couleur sur la nageoire de la queue. 

Le museau est aigu et légèrement courbé à son extrémité. 

Les serres sont rougeâtres. 
Ce crustacé est très abondant sur la plage de Nice , et , 

suivant M. Risso, faft sa ponte en juin et juillet*. On n'eu 

a pas encore observé d'autres espèces. 

Notre sixième et dernière section des macroures, celle des 
ScBtaovoDBS {Schisopoda») y parait lier les macroures avec 
l'ordre suivant. Les pieds, dont aucun n'JR tbrminé en pince, 
sont très grêles, en forme de lanières , munis d'un appendice 
plus ou moins long , partant de leur côté extérieur , près de 
leur base, et uniquement propres à la natation. Les œufs 
sont situés entre eux el non sous la queue. Les pédicules 
oculaires sont très courts. Ainsi que dans la plupart des ma- 
croures, le front s'avance en pointe ou présente l'apparence 
d'une sorte de bec. Le test est niince, la queue se termine^ 

{^i)Athanas niuscensy Leacli , Malac. Brii. , xi.iv ; Dcsooar. . Coii« 
sid. , paf . 239 , a4o ) ^ Brâ>. , Crust. da Calv. , pa^. a3 , a4- 

7* 



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100 CRUSTACÉS DÉCAPODES. 

comme d'ordinaire y en manière de nageoire. Ces crustacés 
sont petits et marins. 

Ici les yeux sont très apparents; les antennes latérales «ont 
accompagnées d'une écaHle; les mitoyennes sont terminées 
par deux filets et composées de beaucoup de petits articles , 
de même que les précédentes. 

Les Mtsis. ( Mtsis. Latr. ) 

Ont les antennes et les pieds à découvert , le test alongé, 
presque '(carré ou cylindracé^ les yeux très rapprochés et les 
pieds capillaire^, comme formés de deux filets (i). 

Les Crtttopes. (Cryptopus. Latr.) 

Ont un test subovoïde , renflé , replié inférieurement sur 
les côtés, enveloppant le corps ainsi que les antennes et les 
pattes, et ne laissant à découvert en dessous qu'une fenti^ 
longitudinale. Les yeux sont écartés; les pieds sont en forme 
de lanières ; avec un appendice latéral (a). 
. Là les yeux sont cachés ; les antennes intermédiaires sont 
coniques, inarticulées , fort courtes; les latérales sout com- 
posées d'un pédoncule et d'un filet, %ans articulations dis- 
tinctes. Leur base n'offre point d'écaillé , du moins sail- 
lante. Tels sont : 

I^S MCLCîOWS. ( MULGION, Lat. } 

Le corps est très mou, avec le thorax ovoïde. Les pieds sont 
en forme de lanière , et la plupart au moins ont un appen- 
dice à leur base; la quatrième paire est la plus longue de 
toutes. 

Je n'en connais qu'une espèce, le Mulciûn, de Lesuemr, 
Elle a été recuei||pe par ce zélé naturaliste dans les mers 
de l'Amérique sepientrionale. Feu Olivier avait trouvé 
dans la pinne-marine un crustacé très analogue au pre- 
mier coup d'-œil f mais dont les individus étaient t^le* 
ment déformés, qu'il ne m'a pas été possible d'en étudier 
les caractères. 

(i) Affsis Fabncîi, Leach ; £ncyclop. mëtbod. , atL dliisU natar. , 
cccxzxviy 8, 9; Cancer ocuUtus^ Oth, Fab., Faan. groenl. , fig. x, 
. f^ojes Desmar. , Gonsid. , pag. a4 1, 943- 

(3) Cryptopus Defrancuy Latr. , de la Méditerranée. 



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CRUSTACiS STOMAPOPES BU GÉNÉRAL. loi 
Lei nâNiIies, que qoui avions d'abord plaoës dans eetta 
section^ n'ayant point d'appendices natatoirêa sous les der- 
niers segments de leur corps, et leurs pieds étant assez sem- 
bkUes ]i ceux des cyclopes, passeront, avec lescondylures, 
dans l'ordre des branchiopodes , dont ils feront l'ouverture. 
Les nébalies, par leurs yeux très saillants^ et qui semblent 
être pédicules 7 et par quelques autres caractères, paraissent, 
avec les soés, lÎM les schizopodes avec les branchiopodes. 



JLE SECOND ORDRE JDES CRUSTACÉS^ 

Les STÔMAPOBES (Stomapoda. ), vulgairement 
Mantes de mer. 

Ontleurs branchies à découyert et adhérentes aux 
€im| paires d'appendices sitnés sous l'abdomen ( la 
qneQe)^ que cette partie nous a offerts/lans les dé- 
capodes^ et qui ici, comme dans la plupart des 
macroures, servent à la natation on sont des pieds- 
nageoires* Leur test est divisé en deux parties, 
dont l'antérienre porte les jeux et les antennes in* 
termédiaires , on bien compose la tête , sans porter 
les pieds-mâchoires* Ces organes, ainsi queles quatre 
pieds antérieurs^ sont souvent rajqptochés de la bou- 
che , sur deux lignes convergentes inférieurement ^ 
et de là la dénominationde stomapodes, donnée à cet 
ordre. Le cœur, à en juger par les squilles , genre 
le pins remarquable de cet ordre^ et le seul où Ton 
ait encore étudié , est alongé et semblable à un gros 
Taissean. H s'étend tout le long du dos, repose sur le 
foie et le canal intestinal , et se termine postérie'u- 



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102 DES CRUSTACÉS STOMAPODES 

renient et près de Tantis en pointe. Ses parois soat 
minces, transparentes et presque membraneuses. 
Son extrémité antérieure, immédiatement placée 
derrière Testomac, donne naissance à trois artères 
principales, dont la médiane ( Tophtlialmique*) , je- 
tant des deux côtés plusieurs rameaux^ se porte phis 
spécialement aux jeux ^t aux antennes mitoyennes ; 
et dont les deux latérales ( les àntennaires ) passent 
sur les côtés de Testomac, et vont se perdre dans les 
muscles de la bouche et des antennes extérieures* 
La face supérieure du cœur ne produit aucune artère ; 
mais on en voit sortir de ses deux côtés un grand 
nombre^ et dont chaque paire, à ce qu'il nous a 
paru, correspond à chaque segment du corps, à com« 
nieneer aux pieds^mâcboires, soit que ces segments 
soient extérieurs, soi t^ qu'ils soient cachés par le 
test, et même très petits , comme le sont. les aaté* 
rieurs. Au uiveau des cinq premiers anneaux de 
l'abdomen, ou de ceux portant les appendices nata- 
toires et les branchies^ cette face supérieure du cœur 
reçoit, près de la ligne médiane, cinq paires de vais* 
' seaux ( une paire par chaque segments:) venant de 
ces derniers organes, et qui, suivant MM* Audouin 
et Milne Edwards, sont les analogues des canaux 
branchiù^ardiaques des décapodes. Un canal cen- 
tral (i ) , situé aurdessous du foie et de l'intestin , re- 



(i) Vof€z\eM gënëralités des macroures. Oa n*a point obsenrë dans 
les crattacës des ordres suivants, ce vaisseau ni les sinus veineux,* nais le 
Gttnr conserve la même forme tdon^^c , «t présente aussi 1» mêmes arières 



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çoit le sang veineux , qui afflue detoutes le$ patlies 
do eorps. Au niveau de chaque segment portant le» 
pieds*oageoires et les branchies y il jette de chaque 
côté un rameau latéral, se rendant à la bràuchk 
située à la base du pied-nageoire correspondant. 
Les parois de ces conduits ont paru aux méaie» 
observateurslissesetcontînues, mais formées plutôt 
par une couche de tissu lamellaire cellcdeux ac- 
colé aux muscles voisins*^ que par une membrane- 
propre ; il leur a semblé que ces conduits commu-* 
niquaient entre eux vers Je- bord latéral des an^ 
neaux: mais ils a osent l'assurer. Les vaisseaux 
t^fferents ou internes des branchies j qui, dans ces 
squilles, forment des houppes en panaches, ee con- 
tinuent avec les canaux hranchtorcardiaques ^ ne 
sont plus Ic^és dans des cellulesv passent evtre des 
muscles y contournent obliquen^it la partie laté*. 
raie de l'abdomen , gagnent le bord antérieur de 
1 anneau précédeirt, et vont se terminer à la face 
supérieure du eœur » près de la ligne médiane , eu 
chevauchant légweBatont l'un sur-l'autre* La cordon 
médullaire n^offre^ optre le cerveau , que dix gan- 
glions, dont l'antérieur fournit les nerfs des parties 
de la bouche ; les trois suiyants^,. ceux des six pieds 
natatoires, et les six derniers, ceux de là queue. 
Ainsi les quatre derniers pieds-mâchoires, quoique 

ani^neorcs. Ses c6lcs donnent encore naissance à d'antres artères correa* 
poodanles aoz articulations da corps. Voyez ^ outre le mëmolre précité , 
ies LiURoaa d'ABtlOinîo ccmiiiaréci d« M. Cuvier. 



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I04 1>ES CRUSTACÉS 8TOXAPODES 

repréteolant les quatre pieds aatérieurs des déca- 
podes, font néaQxnoins partie des organes de la oias- 
tication. L'estomac des mêmes crustacés ( squilles ) 
esl petite «et n'offre que quelques très petites dents (i) 
vecs le pjlore. Il est suivi d'un intestin gréle et droit, 
quir^poe dans toute la longueur de l'abdomen, ac- 
compagné à droite et à gauche de lobes glanduleux, 
paraissant tenir lieu de foie« Un appendice en forme 
de rameau, adhérent à la base interne de la dernière 
paire dejpîeds, parait caractériser les individus mâles. 
Les téguments des stomapodes sont minces, et 
même presque membraneux ou diaphanes dans plu- 
sieurs* Le test, ou carapace, est tantôt formé de deux 
boucliers , dont l'antérieur répond à la tête et l'autre 
au thorax, tantôt d'une seule pièce, mais libre 
par derrière, laissant ordinairement k découvert 
les segments thoraciques , portant les trois der- 
nières paires de pieds , et ajant en devant une 
articulation^ servant de base aux yeax et aux an- 
tennes intermédiaires; ces derniers organes sont 
toujours étendus et terminés par deux ou trois filets. 
Les jeux sont toujours rapprochés. La composition 
de la bouche est essentiellement la même que celle 
des.décapodes ; mais les palpes des mandibules , au 
lieu d'être couchés sur elles , sont toujours relevés. 
Les pieds-mâchoires sont dépourvus de l'appendice 
eu forme de fouet, qu'ils nous offrent dans les dé- 

(i) Elle« forment deux rangtfts de Unes tnntTenes et ptrellàles. 



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on GélTÉAAL. 105 

capocfes. Ils ont la forme de serres ou de petits 
pieds; et dans plusieurs au mmtis (les squilles), 
leur base extérieure , ainsi que celle des deux pieds 
antérieurs proprement dits , offre un corps vésicu-* 
laire ; ceux de la seconde paire , dans les mêmes 
stomapode3, sont beaucoup plus grands que les 
autres et que les pieds mêmes; aussi les a-t-on con- 
sidérés comme de Téritables pieds , et en a-t-on 
compté quatorze (i). Les quatre pattes antérieures 
ont aussi la forme de serres^ mais terminées ainsi que 
les pieds-mâchoires, en griffe , ou par un crochet 
qui se replie du coté de la tête, sur la tranche infé-> 
rieure et aniérieure de l'article précédent ou de la 
main. Mais dans quelques autres, tels que les phjl*> 
losomes (2), tous ces organes sont filiformes et sans 
pince. Quelques-uns d'entre eux au moins^ ainsi que 
les àx derniers et pareillement simples des stoma- 
podes pourvus de serres, oût un appendice ou rameau 
latéral. Les sept derniers segments du corps, renfer- 
mant une bonne partie du cœur, et servant d'at- 
tache aux organes respiratoires, ne peuvent plus, 
sous ce rapport, être assimilés à cette portion du corps 
qu'on nomme queue dans les décapodes; c'est un 
abdomen proprement dit. Son avant dernier seg- 

(1) Les secondes mâchoires des mêmes stomapodes n^ont plas aussi la 
forme de celles des dëcApodes. Elles ont la fi^re d'on triangle alongë et 
dirisë en quatre articles par des lignes transyerses. Les mandibules sont 
hkhrqoém et tràa dentées , 

(9} fiant tons oens où les qnatre pieds ant^enrs sont en forme de 
serre, les six derniers sont sautoir es. 



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i(>6 GRUSTACiS 5TOMAPODES. 

ineota, de cbaqoe côté^ une na^^eoire composée 
de même qae celle de la queue des macroures, 
mais souvent armée ainsi que le dernier segment y 
ou la pièce intermédiaire, d*épines on de dents. 
Tous les stomapodes sont marins., habitent de pré- 
férence les contrées situées entre les tropiques , et 
ne remontent point au-delà des zones tempérées^ 
Quoique nous ajons va un très grand nombre d'in- 
dividus y nous n'en avons jamais rencontré un seul 
portant des œufs. Leurs habitudes nous sont tota- 
lement inconnues; seulement, il est hors de doute 
que ceux qui sont munis de serres , s'en servent pour 
saisir leur proie , à la manière de ces orthoptères, 
appelés en Provence prégadious ou .manies (i). 
C'est à raison d'une telle conformité/ que ces sto- 
mapodes ont reçu la dénomination de mantes ds 
mer : ce sont les eragones et crangines des Grecs. 
Au témoignage de M. Risso, ils se tiennent à de 
grandes profondeurs, sur les fonds sablonneux et 
fangeux, et s'accouplent au printemps. Mais d'autres 
stomapodes , ceux de notre seconde famille , moins 
favorisés quant aux appendices natatoires , ayant 
d'ailleurs le corps très aplati «t beaucoup plus 
étendu en surface , vivent habituellement à la sur- 
face des eaux, et s'y meuvent très lentement. 

. : i« 

(i) Quelques autres orthoptères analoj^oes, uU que les pkyUits, res* 
semblent à des feuilles. Les phyllosomes , crastaoéi du mémt ordre , 
nous offriront les mômes rapports. 



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FAMILLS DES UKICUIRâ&s£s. JIO7 

Nous dWiseroos les stomapodes en deux familles. 
Dans la première, cplle 

Des UNICUffiASSÉS. ( UîaPELTATA. ) 

Le test ne forme qu'un setil bouclier , en forme 
de quadrilatère alongé, ordinairement élargi et 
libre par derrière, recouvrant la tête^, à l'exception 
des yeux et des antennes , portés sur une articula- 
tion commune el antérieure , et les premiers seg- 
ments au moins du thorax. Son extrémité anté- 
rieure se termine en pointe ou est précédée d'une 
petite plaque, finissant de même. Tous les pieds- 
mâchoires, dont les seconds fort grands, et les 
quatre pieds antérieurs sont très rapprochés de la 
Louche , sur deux lignes convergentes inférieure- 
ment , en forme de serres, avec un seul doigt on 
crochet mobile et replié. Si l'on en excepte les se- 
conds pieds , tous ces organes ont extérieurement , 
à leur naissance , une petite vessie pédicnlée. Les 
autres pieds , au nombre de six , et dont le troisième 
article porte latéralement et à sa ba^e un appendice , 
sont linéaires , terminés par une brosse, et simple- 
ment natatoires. Les antennes latérales ont une 
écaille à leur base > et la tige des intermédiaires est 
formée de trois filets. Le corps est étroit et alongé^ 
les pédicules oculaires sont toujours courts. 

Cette famille se compose d*an seul genre, eelui 

De Squille ( Squilli. Fab. ), 
Que nous par tagerooa ainsi : 



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108 GRtJSTACâS STOMIPODBS. 

Dans les uni ^ le boudier crustacë est précédé d'une petite 
plaque plus ou moins triangulaire, située au-dessus de l'ar- 
ticulation portant les antennes mitoyennes et les yeux, ne 
recouvre que la portion antérieure du thorax et ne se replie 
point en-dessous latéralement. L'article servant de pédon- 
cule aux antennes mitoyennes, ainsi qfu'aux pédicules ocu~ 
laires, et les côtés extérieurs du bout de l'abdomen, sont k 
découvert. 

Tantôt le corps est presque demi cylindrique avec le der- 
nier segment , arrondi y denté ou épineux au bord posté- 
rieur ; les appendices latérav^ des six derniers pieds sont en 
forme de stylet. 

Les Squilles propres. (Squilla. Latr. ) 

Ont, tout le long du côté interne de l'avant-demier article 
des deux grandes serres^ une rainure très étroite, dentelée 
sur l'un de ses bords ^ épineuse sur l'autre, et l'article sui- 
vant, ou la griffe, en forme defaulx et le plus souvent denté.. 
La Sqittlle mante {Cancer mantisy Lin •) Herbst., XXXlIt^ 
I ; Encyclop. méth., atl. d'hist. nat. , CCCXXIV; Desmar., 
Consid.^ XLI', a est longue d'environ isept pouces. Ses 
grandes serres ont à leur base trois épines mobiles, et leurs 
griffes ont six dents alongées et très acérées, dont la termi- 
nale plus forte. Les segments du corps, le dernier excepté, 
ont six arêtes longitudinales, terminées pour la plupart en 
' une pointe aiguë ; le dernier est élevé dans son milieu en 
une forte carène, ponctué, terminé postérieurement par 
un double rang de dentelures et quatre pointes très fortes, 
dont les dents du milieu plus rapprochées ; chacun de ses 
bords latéraux a deux divisions rebordées ou plus épaisses, 
et dont la dernière finissant en pointe. Le pédoncule des 
nageoires latérales se prolonge en-dessous et se termine 
par deux dents très fortes. Elle est commune, dans la Mé- 
diterranée. La SquiUe de Desmarets (Risso, Crust., 11, 8.), 
que l'on y trouve aussi , n'a que deux pouces et demi de 
long. Ses griffes ont cinq dents; le test et le milieu des 
segments de l'abdomen, les derniers exceptés, sont unis ( i ) . 

(i) F'oyeZf pour les autres espèces^ Tartide «Souille et lei pbnohei 



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FAMILLB DB5 UNIG01R4SSÉ3. XOQ 

Les GoNODACTTLZS. ( GoNODACTYLus. Latr. ) 

La rainure de rayant-dernier article des grandes serres est 
élargie à son extrémité^ et n'offre ni dentelures ni épines. 
La griffe est ventrue ou en forme de nœud vers sa base, et 
se termine ensuite en une pointe comprimée^ droite ou peu 
courbe. Toutes les espèces* sont exotiques (i). 

Tantôt le corps est très étroit et déprimé^ avec le dernier 
segment presque carré, entier ^ sans dentelures ni épines. 
L'appendice latéral de ses six derniers pieds est en forme de 
palette, presque orbiculaire et un peu rebordée; les antennes 
et les pieds sont plus courts que dans les précédents; i'avant- 
dernier article des grandes serres est garni au bord interne 
de cils très nombreux en forme de petites épines; la griffo 
est en faulx. 

Les CoROifis. (CoRONis. Latr.) 

On n'en connaît qu'une seule espèce (a). 

Les autres stomapodes de cette famille ont le test comme 
membraneux, diaphane, recouvrant tout le thorax, replié 
latéralement en dessous, ](hrolongé antérieurement en ma- 
nière d'épée ou d'épine, et s'avançant au-dessus du support 
des antennes mitoyennes et des yeux. Ce support est suscep- 
tible de se courber en dessous et d'être renfermé dans l'étui 
formé par la courbure du bouclier. Les nageoires postérieures 
se cachent sous le dernier segment. 

Ces crustacés, très petits, mous, sont propres à l'Océan 
atlantique et aux mers des Indes orientales. Les griffes des 
grandes serres n'ont point de dents; le second article des 
pédicules oculaires est beaucoup plus gros que le premier, 
en forme de cAne renversé; les yeux proprement dits sont 

de rBncyclqpëdie mëtliod. ; De«mar. , Oontîd. sar la classe des crast. 
Il a âtmné , -pL. xui , une iigare détaillée de la squiile queue-ruâe. 

(i) SquiUa scjrUarus, Fab. ; Ramph. , Mus. ui , F.; — SguiUa chir 
f^S^f Fab.; Desmar. , Gonsid., zuii. Ccmsaltex Farticle SquiiU de 
rHoçycIopëdia mëthodi^De. 

(a) 1^07^ Farticle S<pàilk de rEncjrdop. mëthod. SqviUa eiuehia? 
Risio. 



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110 CRUSTACÉS STOMAPODES. 

gros^ presque globuleux; l'appendice 4e8 pieds en nageoire 

ressemble k celui des squilles et des gonodactyles. Dans 

Les ÉaiGETHESy (Erichthus, Latr.; — SmerdiSy Leach) , 

Le premier article des pédicules oculaires est beaucoup 
plus court que le .second; le milieu des bords latéraux da 
bouclier est fortement dilaté en manière d'angle ; el leur 
extrémité po«térieure offre deux dents (i)* Dans 

Les Alimes , ( Alima. Leacb) / 

Le premier article des pédicules oculaires est beaucoup 
plus long que le suivant , grêle et cylindrique; le corps est 
plus étroit et plus alongé que dans les éricbthes; les bords 
latéraux du bouclier sont presque droits ou peu difatés; son 
milieu est caréné iongitudinalement; chacun de ses angles 
forme une épine, dont les deux postérieures plus fortes (a). 

Xia seconde famille , celle 

Des BICUIR ASSÉS ( Bipelt ata.) , 

A le test divisé en deux boucliers^ dont Tan té- 
rieur très grand, plus ou moins ovale, forme la lêle, 
et dont le second, répondant au thorax, trans- 
versal et anguleux dans son pourtour , porte les 
pieds-mâchoires et les pieds ordinaires. Ces pieds, à 
l'exception au plus^lesdeox postérieurs, el les deux 
derniers pieds-mâchoires , sont grêles , filiformes , 
et pour la plupart très longs et accompagnés d*un 
appendice latéral , cilié ; les quatre autres pieds- 
mâchoires sont très petits et coniques. La base des 

(ï) EvicliUis vltreusy Latr. f^o/; Parliclc ij^a/ttc , la planche cgcliv 
de Tatl. Jblst. natar. de FEncyclop. mélhod. , et Desmar. , Consld. , 

iLlV ,3,3. 

.(^) Alima hyalina, Latr., Encyclop. mëthod. , article S^tulU, et 
|bV'*<Ç^ti. d liUl, uatur. , ccclit , 8 \ Desmar. , Consid. , xut , i. 



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F^MILLB DSS BIGUIRASSÉS. l i | 

auteones latérales n^of&e point d'écaillé; les mi- 
tojeones sont terminées par deux filets. Les pédi- 
cules oculaires sont longs. Le corps est très aplati, 
membraneux 9 transparent^ a\ec l'abdomen petit, 
et sans épines à la nageoire postérieure. 

Cette famille ne comprend qu'un seul genre, celui 
De Phyllo^mb (Phïllosoma, Leach.), 

Pont toutes les espèces sont de TOcéan atlantique et 
des mers orientales (i). 



DES MALACOSTRACÉS 

A TEUX SESSIL^ ET IMMOBILES. 

Les branchipes seront désormais les seuls crus- 
tacés qui nous offriront des yeux portés sur des pé- 
dicules; mais outre que ces pédicules ne sont point 
articulés^ ni logés dansxles cavités spéciales, ces 
crustacés n'ont point de carapace, et s'éloignent 
encore des précédents par plusieurs autres carac- 
tères. Tous les malacostracés de cette division sont 
pareillement dépourvus de carapace; leur corps, de- 
puis la tête , se compose d'une suite d'articulations, 

* (i) yoyez Farticle Pfyltosome de TEncycIopédie méthodique ei de 
la féconde e'dilion da nouv. Dlct. d^hist. nalur. ConsaUcz aussi ToaTragc 
de M. Desmaresl sur les crastacés , et la partie zoologiqae de la Relation 
da vojage da capitaine Freyciuet. Considérés soi^s le rapport da système 
nerreaji , les ph yllotomes semblent Âtre intermédiaires entre les crusUcés 
précédents et les soiyants. Fojr. le Mémoire précité de MM. AudoaÎQ et 
Milne Ed^rards. " ^ 



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113 des' MALACOSTRACiS A TBUX SBSSILES. 

dant ordinairement les sept premières ont cha* 
cune une paire de pieds , et dont les suivantes et 
denières , au nombre de sept au plus , forjnent une 
sorte de queue ^ terminée par des nageoires ou des 
appendices en forme de stylets. La tète nous offre 
quatre antennes, dont les deux mitoyennes sont 
supérieures , deux yeux, et une bouche composée de 
deux mandibules , d*une langue , de deux paires de 
mâchoires, et d*une sorte de lëvre formée par deux 
pieds -mâchoires correspondants aux deux supé- 
rieures des décapodes ; ainsi que dans les stoma- 
podes^ il n'existe plus de flagre. Les quatre der- 
niers pieds-mâchoires sont transformés en pattes , 
tantôt simples, tantôt terminés en pince, mais pres- 
que toujours à un seul doigt ouicrochet. 

Suivant les observations de MM. Àudouin et 
Milne Edwards , les deux cordons ganglionnaires 
de la moelle épinière seroient parfaitement symé- 
triques et distincts dans toute leur longueur ; et 
d'après des observations de M. le baron Cuvier, 
les cloportes ne s'en éloigneraient qu'en ce que ces 
cordons ne présenteraient pas dans tQus les seg- 
ments du corps la même uniformité , et qu'ils au- 
raient quelques ganglions de moins {vqjr.^ ci-après, 
l'article CLOPOKTB ). Ainsi, d'après eux, le système 
nerveux de ces crustacés serait le plus simple de 
tous. Dans les cymothoés et les idotées, les deux 
chaînes de ganglions ne seraient plus distinctes ; 
oeiâx qui viennent immédiatement à la suite des 



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dduxcéphaliques formeraient autant de petites masses 
circulaires y situées sur la ligne miédiane dû corps; 
mais les cordons de communication qui servent à 
les unir entre eux pour former une chaîne con- 
tinue^ resteraient isolés et accolés Tun à Tau Ire. 
Il semblerait , d'après ces faits , <jue ces derniers 
crustaq^ seraient, sous ce point de vue, plus élevés 
dans Vécbelle animale, tjue les précédents; mais 
d'autres considérations nous paraissent éloigner for- 
tement les taliires des cloportes, et placer dans un 
rang intermédiaire les cymothoés et les idotées. 

Les organessexuels sont situés inférieurement vers 
la naissance de la queue. Les deux premiers appen- 
dices dont elle est garnie en dessous, et qui sont les 
analogues de ceux que cette partie nous a offerts dans 
les crustacés précédents, mais plus diversifiés ici , 
etportant toujours, à ce qu'il parait, les branchies, 
dirent , sous ces rapports, selon les se;xes. L'ac- 
couplement' se fait à la manière de celui des in- 
sectes, le mâle étant placé sur le dos de la fe- 
melle ; celle - ci porte les œufs sous la poitrine , 
entre des écailles, formant une sorte de pocl^e. 
Ils s'y développent , et le$j)etits restent attachés aux 
pieds ou à d'autres parties du corps de leur mère , 
jusqu'à ce qu'ils aient assez de force pour nager et 
se suffire à eux-mêmes. Tous ces crustacés sont 
petits^ et vivent, pour la plupart^ soit sur les rivages 
de la mer, soit dans les eaux douces. Quelques-uns 
sont terrestres ; on en connaît de parasites. 

TOME IV. 8 



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1 l4 CRUSTACÉS 

Ces animaux se partttgent en trois ordres : ceux 
dont les nvandibules sont munies d'un palpe pa- 
raissent se lier naturellement avec les crustacés 
précédents, tels sont les amphipodes; ceux où ces 
organes en sont dépourvus composeront les deux 
ordres suivants , les laamodipodes et les isopodes(. 
Les cjameSy genre du second , étant parasites, 
nous conduiront naturellement aux bopyres et 
aux cjmothoésy par lesquels nous conmiençons 
les isopodes. 



LE TROISIÈME ORDRE DES CRUSTACÉS, 

Lbs AMPfflPODES. (ÀMPrapoBA.) 

Sont les seuls malacostracés à yeux sessiles et 
immobiles ^ dont les mandibules soient « ainsi que 
celles des crustacés précédents, munies d'un palpe j 
les seuls encore dont les appendices sous-x^audaux , 
toujours très apparents, ressemblent, parleur forme 
étroite et alongée , leurs articulations et leurs bifur* 
cations ou autres découpures, ainsi que par les poils 
ou les cils dont ils sont garnis, à de fausses pattes 
ou à des pieds nageoires. Dans les malacostracés des 
ordres suivants, ces appendices ont la forme de la- 
mes ou d'écaillés ; ces cils ou ces poils paraissent 
constituer ici les branchies. Beaucoup offrent^ ainsi 
que les stomapodes et les temodipodes, des bourses 



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AMPHIPOPBS. il5 

vésiculaires, placées soft entre les pattes , soit à ïénr 
base extérieure, dont on ignore l'usage. 

La première paire de pieds ^ ou celle qui cor- 
respond aux seconds pieds-mAckoires 9 est toujours 
annexée à un segment propre, le premier après la 
téie. Les antennes, dont le nombre,àuneseuIeexcep« 
tion près ( les phronimes ) est de quatre , sont araki* 
cées , s'amincissent graduellement pour se terminer 
en pointe, et se composent, comme dans les crus- 
tacés précédents, d'un pédoncule, et d'une tige 
unique, ou accompagnée au plus d'un petit rameau 
latéral, et le plus souvent pluriarticulée. Le corps 
est ordinairement comprimé et courbé en dessoii^ 
postérieurement. Les appendices du boni» de la 
queue ressemblent le plus souvent à de petits stylets 
articulés. La plupart de ces crustacés nagent et 
sautent avec facilité, et toujours de côté. Quel- 
ques-uns se trouvent dans les ruisseaux et les fon- 
taines, et souvent réunis par couples, composés 
des deux sexes; mais le plus grand nombre habité 
les eaux salées. Ces crustacés sont d'une couleur 
lUQÎfornie, tirant sur le rcwgeâtre ou le verdâtre. 
Ils pourraient être compris dans un seul genre , 
celui 

Des Crevettes.' ( Gammahus. Fab. ) 

Que Ton peut partager d'abord , d'après la forme et 
le nombre des pieds , en trois sections. 

1"* Ceux ftti ont quatorze pi«ds, tous terminés par up 
crochet y ou en pointe et au u^ombre de qualoraiu 



8* 



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ii6 ■CRUS*ràGÉ» 

s^ Ceux dont le oembre des pieds est encore de quatorze, 
mais où ces organes^ ou les quatre derniers au moins , sont 
mutiques et simplement natatoires. 

3*» Ceux qui n'ont que dix pieds apparents. 

La première- section se partagera en deux. 

Les uns (UROFriass, Vroptera. Latr. ) ont la tête généra- 
lement grosse I les antennes souvent courtes et simplement 
au nombre de deux dans quelques-uns> et le corps mou ; tous 
les pieds, la cinquième paire au plus exceptée , simples^ les 
antérieurs courts ou petits , et la queue , soit accompagnée 
au bout de nageoires latérales, soit terminée par des appen- 
dices ou pointes élargis et bîdentés ocf fourchus à leur extré- 
mité postérieure. lU vivent dans le corps de divers acalèphes^ 
ou méduses de Linnaeus, et de quelques autres zoophytes. 

Ici^ comme dans 

Les Prroitixes (Phbonima. Latr. } y 

11 n'y « que deux antennes (très courtes et biarticulées ) ) 
la cinquième paire de pieds est la plus grande de toutes, et 
terminée en pince didactyle^ les appendices du bout de la 
queue sont au nombre de six, et en forme de stylets, alougés, 
fourchas oA bideotés à leur extrémité ; l'on voit six sacs vé- 
siculeux entre \e& dernières pattes. Il paraît qu'il en existe 
plusieurs espèces , mais qu'on n'a point décrites d'une ma- 
nière comparative et rigoureuse. Celle qui a servi de type 
esf 

Le Phronime sédentaire ( Cancer sedentariusy Forsk., 
Faun. arjb. , p* gS; Latr., Gêner, crust. et insect, I, ii , 
a, 3. ) seHrouVe dans la Méditerranée, et se loge dans un 
corps membraneux, transparent, en forme de tonneau, 
paraissant provenir du corps d'une espèce de beroë. 

Le Phronime sentinelle de M. Kisso (Crust. , II , 3. ) vit 

dans l'intérieur des méduses, formant les genres équorée 

et géronie de Pérou et de Lesueur. Une autre espace, selon 

M. Leach, a été observée sur les côtes de la Zélande. 

Là, les antennes sont au nombre de quatre; tous les piepis 

sont simples ; la queue a , de chaque côté de son extrémité , 

une nageoire lâmelleuse bu foliacée, dont les lames sont 

acuminées ou unidentées aubout. 



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▲MV.HiBpDBS» tl'j. 

Lxs Mtp£àib8. (Htperia. Latr. ) * 

DoD lie corps est pins épaîs en devait; dont la'iéie est 
occupée y ea majeure partiç , par des yeux pblongs et un peu 
échancrés au bord interne; «.dont deux des antennes sont 
suissi longues au moins que la moitié du corps ^ et terminées 
par une tige sëtacée , longue et composée de plusieurs pe^ 
tits. articles (i). 

Les Phrosines. (Pbrosinx. Rîsso.) 

Semblables^ pour la forme du corps et celle de la tète >. 
aux hypéries^ mais dont les antennes sont au plus de la 
longueur de cette partie, de peu d'articles en forme de stylet^.. 
ou terminées par une tige en cône alongé (^). 

Les D^CTYLOGEfti^s. (Dacttlogerà- Latr. )- 

Dont le corps n'est point épaissi en devant; dont la tête 
est de grosseur moyenne^ déprimée, presque carrée^ avec 
les yeux petits; et dont les quatre antennes, fort courtes et 
de peu d'articles , ainsi que dans les phrosines , sont de for- 
mes diverses : les inférieures étant menues, en forme de 
stylet, et les supérieures étant terminées par une petite lame 
concave au côté interne , et représentent une cuiller ou une 
pince (3). 

Les autres (CftEVETTiicES; Gammarinœ. Lat. )'ont toujours 
quatre antennes; le corps revêtu de téguments coriaces, 
élastiques , généralement comprimé et arqué; l'extrémité 
postérieure de la queue est dépourvue de nageoires; ses 
appendices sont en forme de stylets cylindriques ou 

(i). Canetr monocuhides ^ Mont»0. * Trans.» linn. Soc.,. XI, u, 3; 
— Hfp<frie de Lesueur, LaU.» ^acjrclop. mëthod,, atl. d'hist. nat. ,. 
GCcxxYin , 1 7 » X 8 j Detmar. , Consicl. , jMig. a53. 

(a) Phrosina macropthalma y Risflio» Joarn. de phys. , octob. i8aa ^ 
I>esmar. , iàid. , p. 259; Cancer galba , MonUg, Trans. linn^ , So«. 
XI , n , a. _ 

(3) Phrwina semituntOa , Risso , Sbidi^ Basma». , iftÂi. La tî^ dea an-, 
tennea infériaures prësente deux ou trois articles , aa lien que, dans lea. 
piirosîaes , elle est inairticnlée. Ici encore les articles des-pëdoncnles d«a 
mêmes ameumfs sont plus coaru. 



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iiB CRtrsTAcâs 

cooiques. Deux au moins de leurs quatre pieds antérieurs 
sont le plus souvent terminés en pince. 

Les bourses vésiculaires , dans ceux où on les a observées 
(tes crevettes. Lat. ), sont situées à la base extérieure des 
pieds, à commencer à la seconde paire , et accompagnées 
d^iIJe petite lame. Les écailles pectorales renfermant les 
œufs y sont au lïombre de six. 

Tantôt les quatre antennes , quoique de proportions dif- 
férentes dans plusieurs ^ ont essentieUement la même forme 
et les miâmes usages ; les inférieures ne ressemblent point k 
âfis p^eds et n'en font point les fonctions. / 

Un sous-genre^ que nous avons établi sous lar dénomi- 
nation 

D'IONt (ÏOWE. ), 

Mais uniquement d'après une figure de Montiigu (Oniscus 
thqracicus., Trans., linn. Soc, IX , m, 3 ^ 40 7 i^ous présente 
d^^ caractères très particuliers et qui Téloignent de. tous les 
autres du même ordre. Le corps se compose d'environ quinze 
ai'^'cles, mais que l'on ne distingue que par des incisions 
Ja^térales , en forme de dents. Les quatre antennes sont très 
courtes; les externes , plus longues que les deux autres^ 
sont seules visibles ^ lorsque l'animal est Vu sur le dos. Les 
deux premiers segments du corps sont pourvus chacun, dans 
la femelle, de deux cirrhes alongés^ charnus^ aplatis^ sem- 
blables à des rames. Les pattes sont très courtes , cachées 
sous le corps et crochues. Les six derniers segments sont 
munis d'appendices latéraux > charnus, alongés, fascicules, 
simples dans le mâle, en rameaux dans l'autre sexe. On voit 
aussi, à l'extrémité postérieure du corps, six autres appen* 
dicés simples , recourbés , et dont deux plus grands que les 
autres. Les valves abdominales sont très gi-andes, recouvrent 
toute la partie inférieure du corps, et forment une espèce 
de réceptacle pour les œufs. Ce crustacé se tient caché sous 
le iesi âel&calUanasse souterraine, et y forme sur l'un de ses 
côtés une tumeur. Montagu a conservéeu vie, pendant plu- 
sieurs joui-s, ce crustacé, qu'il avait retiré de sa demeure*. 
Les femelles sont toujours accompagnées^e leurs mâles , qui 
se fixent solidement sur leurs appendices abdominaux , à 



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AirPHiPOOBS. 1 19 

Taide de leurs pince». Ce crustacé est rare y et se rapproche ^ 
à regard de ses habitudes ^ des bopyres. ( Voyez les Annales 
des scitfntes naturelles j décembre i8a6 , XLIX^ 10, le mâle ; 
11^ la femelle.) 

Tous les amphipodes suivants ont les segments du corps 
parfaitement distincts dans toute leur étendue^ et aucun 
d*eux et dans aucun sexe n'offre ces longs cirrhes^ en forme 
de rames ^ que l'on voH au^ deux premiers des iones. 

Dans ceux-ci^ la griffe ou le ddigt mobile, lorsqu'il existe 
des pieds terminés en pince ^ u'est formée que d'un seul ar- 
ticle. 

Parmi ces derniers , il en est dont les antennes supérieures 
sont beaucoup plus courtes <[ue les inférieures et mâme que 
leur pëdoucole; la tige de celles-ci est composée d'an grand 
nombre d'articles. 

h^ Qrghesties. ( ORGHssTiA.|Leach. ) 

Ont le» seconds pieds terminés , dans les mâles ^ par u^e * 
grande pince , avec la griffe ou le doigt mpbile long, un^eu 
courbe; et par deux doigts dans les femelles. Le troisième 
article des antennes inférieures est au plus de la longueur de 
cttlles des deux précédents réunis (i). 

Les Talitbes» ( Tauteus. Lat. ) 

ffont aucun pied en foritie de serre. 

Le troisième article des antennes inférieures est plus long 
que les deux précédents réunis ; ces antennes sont grandes , 
épineuses (a). 

Dans les suivants^ les antennes supérieures ne sont jamais 
beaucoup plus courtes que les inférieures. 

Quelques-uns, ayant d'ailleurs leurs antennes alongées, 

sélacées, et terminées par une tige pluriarliculée et sans 

, serres remarquables^ se rapprochent des précédents, en ce que 

(i) Onùcut gamarelius^ Pall. , Spîcil. zool.f/ fiisc. IX , it , 8; 
Canetr gammarus litiontUy Montag. ^ Cfesmar. y Gonsid. , pog. 361 , 
XLY, 3. 

(a)jO/nsctt« 2bcii5fa,Fall. , SpicU. lool., fasc. IX, iv, 7; Cancer 
gammarus saltator, Montag. ; Desm. , Contid. , xtv, a. ^j r ... .^.. 



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12Q CRDSTACÉS 

les antennes supérieures sont un peu plus courtes que les 
inférieures , et s'éloignent encore des suivants par la fonne 
de leur tête ; rétrécie par devantj^en 9]^anière de miisiBau^ 
Tels sont 

Les Attles (Atvlus. Leach.) (i), 

Tou« ceux qui succèdent ont les. antennes supérieiires 
aussi longues ou plus longues que les inférieures^ et leur 
tête n'avance point en manière de museau. 

Icij comme dans, les cinq genras suivants du docteur 
Leach ^ le pédoncule des antennes est formé de trois arti- 
cles (a). 

Quelques-uns ofFrenl, dan^ leurs antennes supérieures^ 
un caractère unique dans cet ordre; l'extrémité interne du 
troisième article de leur pédoncule porte unçetit filet articula* 
U distingue 

Les Grevettbs ou Chevrettes» ( Gam mabvs. Lat. ) 

I^es quatre pieds antérieurs sont en forme de petites serrer, 
ayec la griffe ou le doigt mobile se repliant en dessous. 
L'espècelaplusconnue, et d'après laquelle cette coupe a, 

été établie y est la Cres^Uç de^ ruisseaux ( Cancer puleà^ , 

Lin. )f Squillapulex, Deg., Insectv, VU^ xxxiii, 1,11. 

Les autres espèces sont marines (3). 

Les antennes des suivants sont ^ ainsi que dans tous les ajiAr 
très amphipodes, simples ou. sans appendices.. 

Les Meutes. (Melita. Leacb.) 

Ont les seconds pieds terminés , dans les miles , par u&e 
pince grande,, comprimée, avec la griffe repliée sous sa face. 



(i) jfyflfis earinaâut, Lencb^Zool. mUc., lxixj Dosmar. , Cowid. ^ 
pag. 262 a XLV , 4 ; Gamraarus carincOus^ Fab. j— fi. nugax? cjasd. ; 
Pkippt , Voy . aa Pol. bor. , xii , a ? 

(a) Le troinème article du pe'don<vIe peut devenir très petit , et s'atti- 
miler ainsi aux tuivanti , on ceux d^la tige î ce pédoncule > comme dana 
les dfùMmînes » ne parait alora composé qne de deox articles. La tige , 
dans la méthode du docteur Leacb , est censée former un autre article », 
ijFiaii composé. 

(3) F'oycz Desmar. , Coosld. , pag. a65-26;.. 



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interne. Le^i antennes sont presque d'égale longueur. L'extré- 
mité postérieure du corps offre^ de chaque côté, une petite 
la]nefoliaeée(r). 

Les MiERA. (MiBRA. Leach.L) 
Dont les seconds pieds sont pareillement terminés dans 
les mâles en une grande pince comprimée, mais dont la 
griffe se replie sur sa tranche inférieure et n'est point ca- 
chée. Les antenne^ supérieures sont plus longues que les 
inférieures^ et l'extrémité postérieure du corps ne présente 
point de lames en feuillet (2). 

Le» Ampitboes. (Axïitboz. Leach. ) 

Où le» quatre pieds antérieurs sont à peu prës îdeutiques 
dans les deux sexes^ et d,ont l'avant-dernier article ou la main 
est ovoXde (3)., 

Les Pbeevses. (Pherusa. LéacU. ) 
Qui ne difierent des ampithoës qu'en ce que les mainades 
serres sont filiformes (4). 

Là ^ le pédoncule des antennes n'est composé que de deux 
articles ( le troisième se confondant par sa petitesse avec 
ceux de la tige , ou formant celui de sa base ) } les supérieu- 
res sont plus longues que les inférieures. Tous les pieds sont 
simples ou sans pinces. Tels sont 

Les DÉxAHiifxs.. ( Djexamive. Lcach. ) (5) 

Dans ceux-là la griffe ou le doigt mobile des deux pinces 
est biajrti culée. 
Les antennes sout d'égale longueui*. 

(i) Cancer pabnatusy Montag., Trans.linn. Soc, VII^ P'^> Encyclop. 
«lëthod. » ad. d'hist natur. , cccxxxyi , 3i ; De«mar. , Goiuid. , zly , 7. 

(a) Cancer gammatus groêimanus ^ Mcmtag., Trans. Soc. lino. , IX, 
iT, 5 ; Desmar. , Contid. « paç. 264. 

(3) Cancer ndfricatfts y Mqntag. ,, Tfanft. li]in.'Soo.y IX, pag. 9^; 
Encyclop. mëthod.» atl. d^hist. nalor., ccolxxyi , 33 j Desmar., Gonsid.,^ 
&.LT * 9 :. — Onîsctu eanceUuMy Pall. , Spicil. zool. > faac. IX » ni, x.8 • 
GammaruM canceliusy Fab. 

(4) Pheruêafueicola ^I^igI^ ; Trans^ linn. Soc., XI , p. 36o ; Desmar. , 
Coniid. , p. 3C8. • 

(5) Cancer gammarus spinosiu , Monta^. , Trant» Soc. linn. , XI % 
pa((. 3 ; DcMnar. , Con^îd. ^ xlv , 6. 



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122 GRUSTACiS 

Les Leucothoes. ( Leugothoe. Leach. ) 

Qui ont les antennes courtes, avec le pédoncule de deux 
articles ^ les quatre pieds antérieurs terminés fortement en 
pince; les griffes des deux antérieurs biarticulées ; celles de 
la seconde paire d'un seul article et longues, (i) 

Les CjBRAfES. (Cerafus. Say. ) 

Dont les antennes sont grandes , avec le pédoncule de 
trois ( les supérieures ) ou quatre ( les inférieures ) articles; 
dont les deux pieds antérieurs sont petits , avec une griffe 
d'un seul article, et dont les deux suivants te terminent 
par une grande main triangulaire, unie, dentée, avec la 
griffe biarticulée. 

Le Cërape tubulaire ( Cerapus tubularisy Tb«aa*Sây, 
Jour., of the Acad. of nat. scienc. of Phiiad., I| iv, 7-11 ; 
Desm., Consid., XLVI, a. ) vit dans un petit tube cylindri- 
que et se rapproche y à cet égard, du sous-genre suivant. 
On le trouve, en grande quantité, près de Egg-Harbourg , 
sur les côtes maritimes des États-Unis, parmi les sertulai- 
res , dont il paraît se nourrir. 

Tantât enfin les antennes inférieures , beaucoup plus 
(grandes que les supérieures , et dont la tige est com- 
posée au plus de quatre articles , ont la forme de pieds , 
et paraissent servir, du moins quelquefois, d'organes de 
préhension. ^ 

Ici les seconds pieds sont terminés par une grande place- 
Les PODOGÈRES. ( PODOCERUS. Loach. ) 

A yeux saillants (a). 

Les Jasses. ( Jassa. Leach. ) 

A yeux non saillants (3). 

Là aucun de» pieds n'est terminé par une grande pince. 

(t) Cancer articuiosuM y Montag. , Trans. lion. Soc. , Yll , 6 j Dei- 
mar. , Consid., pag. a63 , zly , 5. 

(a) Podocerus varitgaius, Leach, Trans. lian. Soc. , XI, pag. 36 1 ; 
Desmar. , Centid. , pag« 269. * 

(3) Jassa puicheHa, Leadi, i&id, , pag. 36 1 ; Betmar. , Gonsidér. , 
Itag. 369. 



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AMFHIPODBS. IdS 

Jjes C0BOPRIE8. ( CoRcymiutt. Liât. ) 

La Côrophte longues-cornes ( Cancer g^rossipes, LiD. ); 
Crammams longicomîSfFah.} Oniscus volutatory Pall.^ Spicil. 
zool. , fesc. , n , rr , Q} Desm. , Consid. XLVi , r, appelée 
pemy$ sur les côtes de La Rochelle, vit dans des trous 
qu'elle se pratique dans la rase, couverte en grande partie 
de parcs en bois^ noimmés bouchots, par les habitants. LV 
nimal ne commence à paraître qu'au commencement de mai, 
U fait une guerre continuelle aux néréides^ auxamphinomes, 
&UX arénicoles et & d'autres annelîdes marins qui font leur 
séjour dans les mêmes lieux. U n'est rien de plus curieux 
que de voir, à la marée montante , des myriades de ces crus- 
tacés^ s'agiter en tout sens^ battre la vase de leurs grands 
bras , et la délayer^ pour tâcher d'y découvrir leur proie. 
Ont -ils trouvé l'un de ces annelides, souvent dix et vingt 
fois plus gros qu'eux^ ils se réunissent pour l'attaquer ei le 
dévorer. Us ne cessent leur carnage que lorsqu'ils ont 
aplani et fouillé toutes les vases. Ils se jettent même sur les 
moUusqueSy les poissons et les cadavres restés à sec. Ils mon- 
tent aux clayons renfernunt les moules y et sur elles. Les 
boucholeurs prétendent même qu'ils coupent les soies qui y 
retiennent ces coquillages^ afin de les faire tomber dans la 
▼ase et pouvoir ensuite les dévorer, lis paraissent se multi- 
plier pendant toute la belle saison y puisqu'on trouve à di- 
verses époques des femelles portant leurs œufs. Les oiseaux 
de rivage et plusieurs poissons les dévorent à leur tour. 
Nous sommes redevables de ces intéressantes observations à 
M. d'Orbigny père, conservateur du Musée de La Rochelle 
et correspondant de celui d'histoire naturelle de Paris ( Vqy. 
l'article Podocère de l'Encyclop. méthod. ). 

La seconde section ( Hjkteropes , Heteropa, La t. ) est com^ 
posée de ceux qui ool quatorze pieds ^ dont les quatre der. 
niera au moiits mutiques au bout et uniquement propres à 
la natation^ comprend deut sous-g^nres (i). 

(1) Cette section et la suivante forment , dans la première édition de 
cet ouvrage^ la seconde des isopodes , celle des phytihranehe». Mais 
outre que aons ayons aperçu, dansquelqaea-ansdecescrastacés, des 
palpes mandUxolaires , la forme des appendices sons-catidauz noas a i^ara 



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ia4 GRUSTACâS 

Les Ptértgogekes. (Ptsrtgogeba. Lat. ) 

Qiû ont le tliorax partagé eu plusieurs segments^ quatre 
auteiiBes garnies de soies oade poils, formant des panaches; 
tous les pieds natatoires^ el dont les derniers grands et 
pînnés( I ); et des appendices cylindriques ; articulés^ à 
l'extréniité postéueure du corps. 

Les Apsevdes. (Avssudes. Leach. — Eupheus, Kisso,) 

Qui ont aussi le thorax divisé en plusieurs segments, mais 
dont les. deux pieds antérieurs sont terminés en une pince t 
didactyle^dont les deux suivants sont élargis en une massue, 
terminée en pointe et dentelée sur les bords; doat les six 
suivants sont grêles et onguiculés au bout; dont les quatre 
derniers sont natatoires. Les antennes sont simples. Le corps 
est étroit, aiongé, avec deux,longs appendices, en forme de 
soie, ik fon extrémité postérieure (a). 

La troisième et, dernière section (D^cEMpioES, Decem- 
pedcs. Latr. ) se compose d'ampbipodes u'ofFrant que six 
pieds distincts. 

LbsTtphis. (Ttpbis. Risso. ) 

N'ont que deux antennes très petites. La tète est grosse, 
avec les yeux point saillants. Chaque paire de pieds est an- 
nexée à un segment propre; les quatre antérieurs sont ter- 
minés en pince didactyle. De chaque côté du thorax sont 
deux lames mobiles, formant des sortes de battants ou de 
valves, qui, réunies, et l'animal repliantsespiedset saqueue 
en dessous, ferment inférieurement le corps, et lui donnent. 

Icsrapproclier beaucoup plus des ampbipodes que des Isopodes. Au surplos* 
ainsi que nous Tobservons plus bas , ces animaux, dont nous n^avons tq 
qu^un petit nombre, n*ont pas encore ctë bien ëtudiës. 

(i) ly après la figure de Sli^ber(0/i»«iii arenarius, Encjlop. mëtfaod., 
ail. d*hist. natur. , cccxn^ 3 , 4.)» le nombre des pieds ne serait que de 
boit } mais je prdsome , par analogie > qu'il est de qnatorae ; au surplus , 
ai la figure est exacte , ce genre appartiendrait à la section suivante. 

(1) Eupheus ligioides, Risso, Crust.» III, Sy ; Desmar. • Contid. , 
1^5; —^Apseudes talpa, Leach;- Cancer ganmarus talpa^ Montag. » 
Trans. liun. Soc, IX, -«v , 6. ; Desmar. , Con^d. , xLvi , g^.F^oy» auici 
Iq gaf/unaria hcterocUtus de Yiviani,.Fhosphor, marii^ II , u, lo. 



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AMPHIPODBS. 125 

la formé d'ua sphéroïde. L'extrémité postérieure de la queue 
est dépourvue d'appendices (i). 

Les Ancees. (Anceus, Risso. — Gnaihia. Leach. ) 

Qui ont aussi le thorax divisé en autant de segments que 
de paires de pieds , mais où tous ces organes sont simples et 
monodactyles. Us ont d'ailleurs quatre antennes ( sétacées). 
La tète est forte , carrée, avec deux grandes saillies en forme 
de mandibules. L'extrémité de la queue a des appendices 
foliacés, en forme de nageoires (a). 

Les Pramizes. (PaAicizA. Leach. ) 

Ont quatre antennes sétacées , ainsi que les ancées } mais 
leur thorax , vu en dessus, né présente que trois segments , 
dpot les deux premiers, très courts , transversaux, portant 
chacun une paire de pieds^ et dont le troisième , beaucoup 
plus grand, longitudinal, portant les autres. Tous les pieds 
sont simples. La tète est triangulaire, pointue en devant, 
avec les yeux saillants. L'extrémité postérieure du corps 
offre aussi, de chaque côté, une nageoire (3). 

A ce même ordre des amphipodes paraissent appartenir 
divers autres genres de MM.Savigny, Rafinesque et Say (4), 
mais dont les caractères n'ont pas été donnés ou suffisam- 
ment développés. Ceux même de quelques-uns des sous- 
genres que je viens de citer sollicitent un nouvel examen. 

M* Milne Edwards a recueilli sur plusieurs de ces crusta- 
cés, des observations précieuses et détaillées, qui contribue- 
ront certainement à éclaircir ce sujet. 

(i) Typhis woïdesy Bis«o , Grust. , II , 9^ Desmar. ,.Coiuid. , pag. 
aSi , XLVi, 5. 

(q) Anceuêjbrficularis yVijJÊ90, Gratt. , II, 10; Desmar. , Consid; , 
XLYi, 6; — Anceus majciUarù f Cancer maxilians^ Monta^. , Trans. 
Unn. Soc. , VII, vi, a ; Deainar. , ibid. , zlvi, 7. ^ 

(3) Otdâeut cœruieatus. Montai. , Tran». lûm. Soc. , XI, ir, a ; £11- 
cythsf, mëihod. , atl. d'bist. ^t.^, cccxxiz» 38, et ccczxix, a^» ^; 
DesiDBf, , Gonsid. , XI.Y1 , 8. 

(4) Je ne pois encore rien 'dire do G, ergim de M. Risao : il semble , 
par le nombre, des pieds , appartenir à la dernière section des a«Kphy. 
podes , et pav la manière dont ils se terminent et le nombre des segments 
dn corps , se ranger avec les isopodes. 



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1 36 CRUSTACÉS 



LE QUATRIÈME ORDRE J)ES CRUSTACÉS, 
Les IJEMODIPODES. ( L^bmodîpoda.) 

Sont, parmi les malaeostracés à jetixsessîles, les 
seuk dont rextrémité postérieure du corps n'offre 
point de branchies distinctes; qui n'aient presque 
pas de queue ^ les deux dernières pattes étant in- 
sérées à ce bout , ou le segment leur servant d'at- 
tache n'étant suivi que d'un à deux autres at-ticles 
très petits. Ib sont encore les seuls où les deuJi^ 
pieds antérieurs^ et qui répondent aux seconds 
pieds-mâchoires , fassent partie de la tête. 

Ils ont tous quatre antennes sétacées et portées 
sur un pédpncule de trois articles, des mandibules 
sans palpes ^ un corps vésiculaire à la base de quatre 
paires de pieds au moins , à commencer à la seconde 
ou à la troisième paire , 7 compris ceux de la tète. Le 
corps, le plus souvent filiforme ou linéaire, est com- 
posé, en comptant la tète, de huit à neuf articles^ 
avec quelques petits appendices , en forme de tuber- 
cules, à son extrémité postérieure et inférieure. Les 
pieds sontierminés par un fort crochet. Les quatre 
antérieurs, dontlesseconds plus grands, sonttoujours 
terminés en pince monodactjle ou ea griffe. Dans 
jAusieurs, les quatre suivants Sont raccourcis, moins 
articulés, sans crochet au bout, ou rudimentaires, 
et nullement propres aux usages ordinaires. 

Les femelles portent leurs, œufs souS les secoud 



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X^MODIPODBS. 127 

et troisième se^ents da corps ^ dans une poche 
formée d'écaillés rapprochées. 

Ces crustacés sont tous marins ; M. Sa^igni les 
considère comme avosinant les pycnogonideSy et 
faisaqt avec eux le passage des crustacés aux arach* 
nides. Dans la première édition de cet ouvrage , 
ils formaient la première section de Tordre des iso- 
podes , celle des cistibranches. 

On pourrait n'en former qu'un seul genre, auquel y 
par droit d'ancienneté, on bonseryerait le nom 

De Cyame. (Gyavus. Latr. ) 

Les uns ( Piliformbs , Filifortma^ Latr. ) ont le corpn long 
et très grêle ou linéaire, avec les-segmcnts longitudinaux; 
k& pieds pareillement alongës et déliés , et la tige des an- 
tennes composée dcf plusieurs petits articles. 

lisse tiennent parmi les plantes marines, marchent à la 
manière des chenilles arpenteuses y tournent quelquefois 
avec rapidité sur eux-mêmes, ou redressent leur corps en 
faisant vibrer leurs antenfnes. Us courbent , en nageant , les 
extrémités de leur corps. 

Lbs LiPTOxiRES. (LspTDMEHA. Latr. — Proto, Leach. ) 
Ont quatorze pieds (les deux annexés à la tète compris) 
complets et dans une série continue. 

Ici , comme dans nos Leptomères propres ( Gantmarus pe- 
dalusy Mull. , Zool. dan. , Cl i , !i }, tous les pieds, à l'ex- 
ception des deux antéirieursy ont un corps vésiculaire à leur 
base. Là, comme dans les Protons de M. Leach ( Cancer pe- 
datusy Montag. , Trans. linn. Soc. > U, 6; Encyclop. méth., 
atl. d'hict. natur. > CCCXXXVl, 38.), tes appendices ne sont 
propres qu'aux seconds pieds et aux quatre suivants (i). 

( i) Bapportes encore aux leptomères la squilta ventrieosa de MoIIer, 
Zûol. dan., lvi , i-3; Herbtt., xxxri , 1 1 : — le Cmnoer Uneans de Lin- 
■ttu eti peuS^tee oongënère. Il loi donne ta pieds, niait sans compter 
la tète. 



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iîéS Crustacés 

LiES Nav^repubs. (Navpredia» Latr.) 

N'oBt que dix pieds, tous dans une série continue; les 
seconds et les deux paires suivantes ont à leur base un corps 
yésiculaire (i). 

Les Chevrolles. (Caprella. Lamck. ) 

N'ont pareillement que dix pieds , mais dans une série in- 

terrompuey k commencer inclusivement au second segment, 

h, tète non comprise; ce segment et le suivant <)ffrenl cha- 

, cun deux corps vésiculaires et sont totalement dépourvus 

de pattes (i). 

Les autres (Ovales, OvaUa, Latr.) lacmpdipodes ont le 
corps ovale, avec les segments transversaux. La tige des an- 
tennes paraît être inarticulée. Les pieds sont courts ou peu 
alongés; ceux des second et troisième segments sont impar- 
faits et terminés par un long article cylindrique et;ian8 cro- 
chets; ils ont , à leur ba$e, un corps vésiculaire alongé. Ces 
laemodipodés formient le sous-genre 

Des Cyaxes proprement dits. ( Cyamus. Latr. — Larunda. 
Leac^. ) 

J'en ai vu trois espèces , qui vivent toutes sur des cé- 
tacés, et dont la plus connue, le Oyame de la baleine 
( OnUcus cetij Lin. ; Pall.^ Spicil. zoqI., fasc. IX, iv, i4 ; 
SquiUe de la baleine ^ Degéer. , Ins. , VU, 6, vi ; Pycno- 
gonum ceiiy Fab.; Savig., Mém. sur les anim. sans vert. , 

■ ■ ■ ■ I I . ■ ■ W» I I ■! I I ■ 

(i) Sons-genre ëtabli sur une espèce de nos côtes, qui me paratt inédite. 

(a) JjtisguUla Mata de MftUer, ZôoL dan. lti,> 4-6; son Gamma" 
nu tfuadriîùbaUa , ibid. , cxit ,13; VOmscus scolopendroidet de Pallas , 
Spicil. zoool.., fiisc. IX 9 -iT , 1 5 , Mnt des cbevroles ; ma» leur diatioc* 
tion spécifique n^est point ri^ureasement caractëfisce. Nous avions 
rapporté à la première le cancer Unearis de linnseus , ce qui ( voirez la 
note précédente ) nous parait aujouT(^'hui douteux. Son eai^eer fit^t^ ^ 
mit est probablement une cbeTq^Ue; le Cancer plutsma de Montaga, 
Trans. linn. Soc., VÎI, vi, a , est congénère. La figure qu'iV en a donnée 
a été reproduite dans Tatl. d'kist. natur. de TEncyclof». métbod. , 
pL Gceszxvi , 37. y<y)r€»^ pour cet ordre et tes genres, la seconde édition 
du nouv. Dict. d^hist. natur. , et l^ouytage de M. Beamar. , sar lea 
crustacés. 



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CRUSTACES ISOPODCS. 12^ 

fisc, l y Vf X.) 9e trouve aussi sur le maquereau : les pé- 
cheurs l'ont désignée sous le nom de Pou de baleine. Une 
autre esp^e^ très analogue , a été rapportée par feu Delà- 
lande de son voyage au cap de Bonne-Espérance. La troi* 
sîème f beaucoup plus petite, se trouve ^ur des cétacés des 
mers des Indes orientales. 



LE CINQUIÈME ORDRE DES CRUSTACÉS, 

Les Isopodbs. (Isopoda. — Potygonata , Fab. j le genre 
Monoculus retrancbé. ) (i) 

Se rapprochent des lœmoiiipodes par l'absence 
de palpes anx mandibules ^ mais ils s'en éloignent 
sous plusieurs rapports; les deux pieds antérieurs 

(i) M M. Yicior Audoom et Milne Edwards noot ont donne (Annales 
de» sciences aaL, aoAl 1837, p. 3 7^381), des observations intéressantes 
sarla circtilatîon des isopodes, et notamment les ligies. Le cœar a la forme 
d^on lonç vaUseaa, ëtendu aa-dessus de la fiice dorsale de rintestîn. Son 
estrémitë aatéiienre donne naissance à trois artères , les m^es qae 
celles des décapodes. On voit aussi des branches laiërales se dirigeant du 
cœnr vers les pattes. An niveaa des deux premières articalations de Tab- 
domen (la qneoe}, cet organe reçoit, a droite et à gaucLe , de petits 
canaux ( vaisseaux branchio-cardiaques ) , qui semblent venir des bran- 
chies. B*aprcs leurs expériences sur les ligies , il parattrait que le sys- 
tème veineux est moins complet que dans les décapodes macroures ; que 
le sang , chassé du cœur dans diverses parties du corps , passe dans des 
lacunes que les organes laisseraient entre eux à la faceinfe'rienre du corps, 
et qni. communiqueraient librement avecies yaisseaox affërenu des bran* 
dues. Le sang , après avoir traverse Tappareil respiratoire , reviendrait 
an camtp en traversant les vaisseaux branchio-cardiaqu^s. Cette disposi- 
tion établirait le passage du système circulatoire des crustacés décapodes 
à celui de certains crustacés branchiopodes. Selon M. Cuvier, les deux 
cordons anomaux composant la partie moyenne du système nerveux des 
cloportes (et probablement des autres isopodes (st même des amphipodes}, 
ne sont pas entièrement rapprochés , et on les distingue bien dans toute 
leur étendue. Il y a oeuf ganglions sans compter le cerveau ; mais les 
deux premiers et les deux derniers sont si rapprochés , qu'on pourrait les 

TOMB IV. 9 



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l3o CRUSTACÉS 

ne sont point annexés à la tête , et dépendent, ainsi 
que les suivants, d'un segment propre/ Ils sont tou- 
jours au nombre de quatorze^ onguiculési et sans ap- 
pendice vésiculeux àleur base. Le dessous delà queue 
est garni d'appendices très apparents, sous la forme de 
feuillets ou de bourses vésiculaires, et dont les deux 
premiers ou les extérieurs recouvrent ordinaire- 
ment, totalement ou en grande partie, les autres. 
Le corps est générament aplati, ou plus large qu'é- 
pais. Labouchese composedesmémespiècesquedans 
les crustacés précédents (voj'ez les généralités des 
malacostracés) ; mais ici celles qui répondent auxdeux 
pieds-rnâchoires supérieurs desdécapodes^ présentent 
encore plus que dans les derniers l'apparence d'une 
lèvre inférieure , terminée par deux palpes. Deux 
des antennes , les mitoyennes , s'oblitèrent presque 
dans les derniers crustacés de cet ordre, qui sont 
tous terrestres, et diffèrent encore des autres par 
leurs organes respiratoires.' Les organes sexuels mas- 
culins s'annoncent le plus souvent par la présence 
d'appendices linéaires ou filiformes, et quelque- 
fois de crochets placés à l'origine interne des pre- 

refaire a sept. "Le second et les tiz saiyants fonmisscnt des herfs aax 
sept paires de pattes ; les quatre antërieares , quoique analogues , par 
Tordre de succession des parties, aux quatre derniers pied»-màcliotres des 
ddcapodes , tout réellement des pieds proprement dits. Les segments 
qui viennent immédiatement après , on ceux qoi forment la qneue , re- 
vivent leurs nerfs da Hemier ganglion; ces segments peuvent être con- 
sidi^rds comme de simples divisions d'un segment unique , représente par 
ce ganglion j aussi vojons-nons que le nombre de ces segments posté- 
rieurs varie. 



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ISOPODBS. l5l 

tniëres lames sous^caudales. Les femelles portent 
leurs (Bilfssous la poitrine^ soit entre des écailles^ 
soit dans une poche ou sac membraneux qu^elles 
ouvrent, afin de livrer passage aux petits, qui nais- 
sent avec la forme et les parties propres à leur es- 
pèce^ et ne font que changer de peau en grandis- 
sant. Le plus grand nombre vit dans les eaux. Ceux 
qui sont terrestres ont encore besoin, ainsi que les 
autres crustacés vivant aussi hors de l'eau ,. d'une 
certaine humidité atmosphérique, pour pouvoir 
respirer et conserver leurs branchies dans un état 
propice à cette fonction» 

C2et ordre, dans Linnaeus^ embrasse le genre 

Des Cloportes. (Onisctjs. ) 

Que nous partagerons en six sections» 

La première (Éfigarides, ÉpicarideSy Latr. ) se comp0$0 
d^isopodes parasites, sans yeux ni antennes, dont le corps 
est très plat, très petit, et oblong dans les mâles^ beai^coup 
plus grand dans les femelles , en forme d'ovale rétrëci:et un 
peu côurbë postérieurement, creux en dessous , avec u,n re^ 
bord thoracique, divisé de chaque câtë en cinq lobes mem- 
braneux; les pieds sont situes sur ce rebord, très petijls, i^ 
coquilles, et ne peuvent servir à la marche ni à la natation. 
Le dessous de la queue est garni de cinq paires de petits 
feuillets ciliés, imbriqui^s, répondant à autant de segpieniSy 
et disposés sur deux rangées longitudinales; mais l'exiité^ 
mité postérieure est dépourvue d'appendices. La bp^cb^ 
ne présente distinctement que deux feuillets membraneux* 
appliqués sur un autre de même consistance, en foriy^ de 
grand quadrilatère. La concavité inférieure, formant une 
sorte de corbeille plate, est remplie par les œufs. Pr£s de 
leur issue se trouve constamment l'IndirMu queTon pré- 
sume être le mâle. Son extrême petitesse semble intèrdiio 

9* 



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iSs GRTJSTACfiS 

toute possibilité de copulation. Suivant H* Desmarest, il est 

pourvu de deux yeux } son corps est droit et presque linéaire» 

Ces crustacés ne forment qu'un seul sous-genre, odul 
Des BoFTRES. ( BopTBus^ littr. ) 

L'espèce la plus commune est le Bopyre des chevrettes 
( BopyrUs crangorum, Latr., Gener« crust. et însect.^ ^ > ^4 ; 
Monocubis crangomm^ Fab.; Fouger« de Bondar. , M ëm. 
de TAcad. roy. des scienc. 9 •1772 > pi- i ; Desmar. , Cons« ^ 
XLIXy 8— 13 ), vit sur les palémons squille et porte- 
icie* Placée immédiatement sur les branchies et au-dessous 
du test, elle produit sur l'un de ses çdtés une grosseur en 
* forme de loupe. Les pécheurs de la Manche croient que ce 
sont des individus très jeuoes de plies ou de soles. 

M« Risso en a décrit une autre espèce ( B. des palémons\ 
et sous la femelle de laquelle il a observé huit iineuf cents 
petits vivants (i). 

La secoùde section (CymothoadÈs, Cymothoaday Latr.) 
comprend des isopodes à quatre antennes très apparentes, 
sétacées et presque toujours terminées par une tige pluriar- 
ticulée ; ayant des yeux, une bouche composée Comme d'or- 
dinaire (voyez les généralités des malacostracé# à yeux sessi les); 
des btanchies'vésicuïeuses , disposées longitudinalement par 
paires; la queue formée dé quatre à six segments^ avec une 
nageoire de chaque côlé; près du bout, et les pieds anté- 
riiéùftlé plus souvent terminés par un fort onglet ou cro- 
chet. Ces crustacés sont tous parasites. 

Ttfniôt les yeux sont portés sur des tubercules, au sommet 
dé làf^lé; la queue n'est composée que de quatre segments. 

Les Ssaofcxs. (SEaoLis» Leach. ) 

Dont 6n lie connaît qu'une seule espèce {Çymothoa para- 
doasij Fal>. )• Lés antenues sont placées sur deux lignes, et 
terminée» par une tige pluriarticulée.Sous les trois premiers 
segments de la queue, entre les appendices ordinaires, il y 
en à trois autres transverses et terminés postérieurement eu 



n x t ai rt » l l i 



(i) f^o;«E,,sttrce^ioo«»fl|Olirct« FottvraïadoM.Deiniatett, <{Uira décrit 
très teompUtement. 



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I80P0DE5. |k.S3 

pmnte ( f^pjrez^ pour d'autres détails, Desiiiar*^^ Conûd. 
sur la classe des crust.^ pag. 2ga^g4}* 

Tantôt fes yeux sont latéraux et point portés suv«des tu* 
larcnles; La queue est composée de cinq à six segments. 

Ici les yeux ne sont point composés d'yeux lisses, xappro» 
chés et en forme de petits grains; les antennes sont sur deu» 
lignes et de sept articles au moins f les sixpieda antérieurs 
sont communément terminé^i par un fort onglet. 

Dans les uns, et dont la queue est toujours de six. aeg^ 
ment»^ la longueur des antennes inférieures ne surpasse- 
jamais la moitié de celle du corps* 

Nous commencerons par ceux dont les mandibules, comme 
de coutume,,ne sont point ou trfes peu saillantes^ lei viennent 

Les CTKOTHois. (CmoTBOit. Fàb. ) 

Dont les antennes sont presque d'^gde longueur, les 
yeux peu apparents, avec le dernier segment delà queueen 
carpe transrersal, et les deux pièces terminantles nugeoire» 
latérales y hnéams et égales, en £6rme de stylet (r). 

Les IcH'SBYOPfiit.ES. ( Igbtbyopbilus. Latr. — NerocUa^. 
Lwoneca* Leach. ) 

Ayant aussi les antennes d'égale longueur et les yeux peu 
visible»,, mai» dont le dernier segtnent du corps est presque 
triangulaire, aved les deux piëce^ terminant les nageoire 
latérales; en forme de feuillets ou de lames (dont l'extérieur^ 
plus grande dans les NérodUs , et de la grandeur dç l'autre 
dans 4es Lwonèces ) (2). 

Dans les quatre sous-genres suivants , les ftûtennes supé» 
fleures sont manifestemiantplus courtes que les supérieçuret . 

Plusieurs ont, ainsi que les cymothoés , tou^ le^ pieds tei- 
minés par un onglet fort et très arqué ; les huit deroi^rs ne* 
sont point épineux; le? yeux son t. toujours écartés et con- 
vexes. Ile forment trois genres dans la méthode de-M. Leach^ 



(t) Çjrmothoa autrum^Tuh^ Besmar. » C^naid. , xw, 6,.^n=T€J. *«^ 
hricataj Fab. Fùjre^^ pour les antres eapècet , De^mar. , iMi^ . . -^ 

(a) fV*» 1« »*»« onyfaçe de M. .QevnareH, pag. 807 , genres ni- 
neile et lmH>rUce , et diverses espèces de cimothoé* de M« RîssiQ UM^* ^ > ^ 



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l34 GKUSTACÉS 

mais que l-on peut réunir eo ua seul sous-genre , sous la dé* 

nomination commune de Tun d'enx^ celui 

De (Ukoliae. (C^NouBA.Leach. — cgusd.^ni/ocm. Oleneira.) 

Les olencires (i) ont les lames de leurs nageoires étroites 
etarmées de piquants. Dans les anilocres (2) , la lame exté- 
rieure de* ces nageoires est plus longue que l'intérieure; 
c'est l'inverse dans les canolires (3). Ici; en outré ^ les yeux 
sont peu granulés, tandis qu'ils le sont très sensiblement 
éans le précédent. 

Dans les trois sous-genrès suivants y les second , troisième 
et quatrième pieds sont seuls terminés par un onglet forte- 
ment courbé, et les huit derniers sont épineux. Les yeux 
sont ordinairement peu convexes, grands^ etcfiinvergent anté- 
rieurement. 

Lss AEga. ( AEga. Leach. ) 

Ont les deux premiers articles de leurs antennes supé* 
rieures très larges et comprimés ,^ tandis que dans les deux 
sous^genres qui succèdent^ ces articles sont presque cylin- 
driques (4)* 

Lss i^ocmEUES. (RocnuiLiL. Leach. ) 

Difftrent des aega, ainsi que nous venons de le dire , par 
la forme des deux premiers articles de leurs antennes supé- 
rieures , et s'en rapprochent d'ailleurs par leurs yeux grands 
et rapprochés antérieurement (5). 

Lss CoifiuRES. ( GoNitiaA* Leach*. ) 

' IKessemblent aux rocinelles par leurs antennes; mais les 

yeux sont petits, écartés, et les bords des segments sont 

presque droits et nort en forme de faulx et proéminents (6). 

Le dernier 8(ous-genrç, parmi ceux de cette section dont 

(i) Desmar. , Consid. , pag. S06. 
- ' (à) — Ihid. , Item. , anUocre du Cap , XLViii , 1 . 
(3) — Aià» , pag. 3o5. 
' (^^ — Jbid. , pag. 3o4» f»ga tnUuUét, xiAh. > 4* ^* 
'•(5) — /**i.,ifcJif. 
(6) — Ibid, , ùem. 



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ISOPODBS. l35 

les antennes $ont sut deux lignes^ dent la queue est de sïj, 
segments^ et dont les antennes inférieures sont toujours 
courtes, se distingue de tous les précédents par ses mandi- 
bules fortes et saillantes. C'estcelui 

De Synooits. (Syhodus. Latr.) 

Établi sur une seule espèce ( F'qyez cet article dans VEn- 
eyclop. méth. ). 

Dans ceux qui suivent , la queue n'est le plus souvent 
composée que de cinq segments. La longueur des antennes 
inférieures surpasse la moitié de celle du corps. 

Les CiROLAvzs. (CiaoLANA. Leach.) 

Ont m segments à la queue (i). 

Les Nelogises. ( Nelogira. Leacb. ) 
N'en ont que cinq. La cornée des yeux est lisse (ï). 

Les EvRYDicES. (£t7RYi>iGx. Loscb. ) 

Semblables aux nélocires par le nombre des segments 
caudaux y s^en éloignent sous le rapport de leurs yeux gr^ 
nuleux (3). 

Ce sous-genre nous conduit à ceux où ces organes sont 
formés de petits grains ou d'yeux lisses rapprocbés^ qui ont 
d'ailleurs "tes quatre antennes insérées sur une même ligne 
borizontale^ de quatre articles au plus, et tous les piedsam- 
bulatotres. La queue est composée de six segments^ dont* 
le dernier grand et suborbiculaire. Tels sont 

Les LinNORiES. ( LmiroRrA. Leacb. ) 

La seule espèce vivante connue, la Limnorie térébntnie 
{Limnoria terebrans, Leacb, Edimb., Encyclop., VU, pag. 
433; Desm., Consid., pag. 3ia) , quoique n'ayapt guère plus 
de deux lignes de long ^ est néanmoins , par ses babiludes 
et sa multiplication,, très nuisible. Elle p^rcele bois des 
vaisseaux en divers sens , avec une promptitude alarmante. 

(i)DenBar. , Gonsid. , p. 3o3. 

^pt) — Jbid, . pag. Soa ; néloeire de Swainson , xltiii • a^ 



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i56 €Bv$Xi.c;fe; 

Elle $e roule en boule, lorsqu'on la aei»U. On te trouve dans 
diverses parties de POcëan britannique. 

Le professeur Germar a envoyé à M* le comte Dejeao la 
figure et la description d'un petit crustacé fossile , qui noua^ 
a paru se rapporter à ce sous- genre (i). 

La troisième section ( S^HÉkofeiDES^ Sphceromides , Lat» ) 
nous ofFre quatre antennes très distipotes, sétaicées ou coni- 
ques^ et, un seul sous-genre eicepié (anthure), l^ujours ter- 
minées par une tige divisée en plusieurs petits articles , et 
courtes; les inférieures, toujoura plus longues, sont insé* 
rées sous le dessous du premier article des supérieures, ,quî 
est épais et large. La bouche est composée comme de cou- 
tume. Les branchies sont vésiculeuses ou molles , k nu, et 
disposées longitudinalement par paires. La queue ne pré- 
sente que deux segments complets et mobiles, mais ayant 
souvent sur le premier des lignes imprimées et trans verses ^ 
indiquant les vestiges des autres segments ; d^ chaque 
côté de son extrémité postérieure est une nageoire- terminée 
par deux feuilleta, dont TinCérieur est seul mobile, et 
dont le supérieur (a) est formé par un prolongenfent in- 
terne du support commun. Les appendices branchiaux sont 
rjDcourbés intérieurement; le c6té interne des premiers est 
accompagné, dans les mâles, d*iine petite pièce linéaire 
et alongée. La partie. antérieure delà tète sittoée au-dessoua 
des antennes* est triangulaire ou en forme de cœur reu- 
versé. 

* Les uns ont lecorps ovale ou oblong, prenant ordinaire- 
ment , dans la contraction la forme d^une boule ; les anten- 
nes terminées par un article pluriarticulé, et les inférieure» 
au nokoins sensiblement plus longues que la tète» Les nageoi- 
res latérale)» 'et postérieures sont formées d'un pédoncule et 
de deux lamei, composant avec le dernier sîegment une na- 
geoire combi une en éventaiL 

(i) Vonit^ui'ptmgUÊkitùr^ ^xxté dans ParUnson , et trouvé daai des 
rodies cariëet^ aTCnsine cefeUe ^espèce , on paialft du motus apparteair à la 
même section. 

(2) Il se replie sur le bord postiSriear da dernier sèment , et dans plu- 
sieaT»9 tels que les zuz^res, le« ufsces, deM.Leach, en manière de 
cintre. 



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ISOPOPES. i37 

Dans ceux-ci^ les lignes imprimées et tnnsverses du seg- 
ment antérieur de la queue y toujours plus court que le sui- 
vant ou dernier ; n'atteignent pas les l>ords latéraux. Le pre- 
mier article des antennes supérieures est en fonnis de pa- 
lette triangulai re. 

La tête y vue en-dessus, forme un carré transversal. Les 
feuillets des nageoires sont très aplatis y et la pièce inter- 
médiaire ou lé dernier segment est élargi et arrondi latéra- 
lement. 

Les ZirzAaES. ( Zvzjiba. Leach. ) 

Où les feuillets des nageoires sont trës grands , et dont le 
supérieur, plus court, s'étarte de l'autre, pour former une 
bordure ou cintre au dernier segment (i). 

Les Sfbïraiizs. (SpHisaoMA. Lat/) 

Où les feuillets sont de grandeur moyenne, égaux et a]>- . 
pliqués l'un sur Tautre (s). 

Dans ceux-là , les lignes imprimées ou sutures transverses' 
du segment antérieur de la queue atteignent ses bords la- 
téraux et le coupent. Le piemier astîcle «dès. antennes supé- 
rieures forme une palette alongée , carrée ou linéaire. 

Les feuillets des nageoires sont ordinairement plus étroits 
et plus épais que dans les précédents ; Textérieur emboîte 
quelquefois (cymodocées) l'autre | celui-ci est prismatique; 
leur point de réuirfoB présente Tapparence d^un nœud ou 
d*nn article. 

Tantôt le sixième segment du corps est sensiblement plus 
long dans toute 9a largeur que les précédents elle suivant*. 

L'un des deux feuillets des nageoires est seul saillant. 

L^ HùabtA^i^Mt^n.rr-iCampeêapea. Leach.) (3). - 

Tantôt le sixième segment du corps est de la longueur dé^ 
précédents et du suivant. \ 1 

(i) Bomar. , Comia. , pug. 99a. 

(9) — i^fti. y pag. 999-30». Sphéroam deiO^^ t^Tll» 3; ^ Otéfet» 
êwr0u$^ Fab. 

(3) Dafinar. y CoDiid. ;^ iiSfA M^ttS» ^ uvii 9 9; •-- C««v>«^^ 
iliîiLy itcnty B. 



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l38 CRUSTACÉS 

Les CiLiGj££s. (CiLicfA. LeachO 

Ou l'un des feuillets des nageoires est seul saillant , Tau- 
trc 8*ado8sant pontre le bord postérieur du dernier sè- 
ment (i). 

Les Cymodoc££s. (Ctmodogea. Leac)i.)j 

-Oà les deux feuillets des nageoires sont saillants et pa- 
reillement dirigés en arrière } dont le sixième segment 
n'est point prolongé postérieurement , et dont l'extré- 
mité, du dernier offre une petite lamc^^ dans une échan- 
crure (a). 

Les DYNAMiiTEs. ( Dyif aMzite. Lêach. ) 

Semblables aux cymodocées par la saillie et la direction 
des feuillets des nageoires , mais ou le sixièuie segment se 
prolonge en arrière , jet où le dernier n'offre qu'une simple 
fente , sans lame Ç3). 

Les autres ^ tels'que 

Les Antbures (Anthura. Leach. ), 

Ont le corps vermiforme et les antennes.à peine aussi lon- 
gues que la léte, de quatre a];ticles. Les feuillets des na- 
geoires postérieures forment, par leur disposition et leur 
rapprochement , une sorte de capsule. ^ 

Les pieds antérieurs sont terminés par une pince mono- 
dactyle (4). 

Ï)an8 la quatrième section ( Idoteïdes^ IdotcideSy Leach.), 
lés antennes sont aussi au nombre de quatre, mais sur une 
même ligne horizontale et transverse; les latérales se termi- 
nent par une tige finissant en pointe , s'amincissant graduel- 
lement et pluriarticulée ; les intermédiaires sont courtes, 
filiformes ou un peu plus grosses vers le bout , de quatre 

(i) Desm. , Consid. , CUioëè de LaireUU , XLvm, 3. 
(a) Desmar, ibid. , ùem , xltiii , 4- 

(3) Dctmar. , ilîrf. , pag. «97. 

(4) Desmar., i&id,^ anoure grêle ^ riVi, i3; Ôniseus graeiià , 
Montag. , Trans. linn. Soc., IX, t, 6; — Gammanu heteràcUtut^ 
ViriaB. , PhotpH. maris. , 11, 11, 1 a. 



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isoMdbs. 159 

articles , dont aucun n'est divisé. La composition de la bou- 
che est la même que dans les sections précédentes. Les bran- 
chies sont en forme de vessies ( blanches dans la plupart ) , 
susceptibles < de se gonfler ^ de servir à la natation , et recou- 
vertes par deux lames ou vsdvules du dernier segment, ad- 
hérentes latéralement à "Ses bords , longitudinales , biarticu- 
lées^ et s'ouvrant au milieu^ par une ligne droite/ comme 
deux battants de porte. La queue est formée de trois seg- 
ments , dont le dernier beaucoup plus grand ^ sans appendi* 
ces au bout, ni nageoires latérales. Ces crustacés sont tous 
marins. 

Les InoTEEs» (Idotea. Fab.) 

Ont tous les pieds fortement onguiculés^ identiques^ le 
corps ovale oh simplement obloqg^ et les antennes latérales 
plus courtes que la moitié du corps (i). 

Les Steitosomes. (Stehosoma. Leach. ) 

N'en diffèrent que par la forme linéaire du corps et la 
longueur des antennes^ suxpassant la moitié de celle du 
corps (3). 

Les Abgtures. ( Aegtytrvs. Lat. ) 

Sont très remarquables par la forme del seconds et troi- 
sième pieds ^ qui se dirigent en avant, et se terminent 
par un long article barbu , et mutique ou faiblement ongui- 
culé; les deux antérieurs sont appliqués sur la bouche et 
onguiculés; les six derniers sont forts, ambulatoires , re- 
jetés en arrière et bidentés.à leur extrémité. Sous le rap- « 
port de la longueur des antennes et de la forme du corps, 
ils se rapprochent des stenosomes. 

Je n'ai vu qu'une seule espèce ( Arcturus tuberculatus ) 



(i) Onùcus entomon. Lin.; Squilla entomorty Deg., Insect., TII, 
zzxii , I , a ; — Idotea trUsuspidata f Latr. ; Desm . , Gonsid. , zlyi ,11. 
Voyez, pour les antres espèces, cet cmyrage et rarticle Idoiée da nouy. 
Dict. dldst. mitnr. , a* ëdlt. 

(a) Sienoêoma Uneare^ Leach) Desmar. , &id. , item, zlvi , la ; — 
Sunosoma heetîewn, ibid. ; Idotea viridùsima ,■ Risso , Cmst. > III , 8. 
Fojrez , pour les aoUes espèces , roQyrage de M. Desmarest. 



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l4o CftUOTÀCli» 

et qui 9L étéi rapportée de» mers dla Nor4» 4ai>a rui^4^ 
dernières expéditions anglaises au p6le arctif|vie*> 
La cinquième section ( A 8£ixotxs , vff/s(^<a^, I^O^ovs 
présente des isopodes à quatre ant^on^s trbQ apparenles ^ 
disposées sur deux lignes, «étacées^ tenpÎAéef pmr.nne l^e 
piuriarticulée ; deux mandibules , q4ia|r» m&qboire», recou^ 
v.ertes à Tordinaire par \ine espèce de lèyDe form^ par le» 
premiers pi/sds-mâcboires | des branchies vésiculeupes , /dis- 
posées pfir paires f riscouyertiss par deux feailj^ets loogitudi- 
naux et biarticulës^ mail libi^es; une queue formée d'm> 
seul segment, sans nageoires latérales , mais avec deux Aty- 
lets bifides ou 4eux fipp^dices très courts ; en forme de tu- 
bercules I au milieu de son bord postérieur. D'autres appen- 
dices en forme de lames, situées à sa base inférieure, plus 
nombreux dans les mâles , distinguent les sexes.- 

Les AsELLKS. (AsxLLus. Geoff.) 
Ont deux stylets bifides k l'extrémité postérieure du corps> 

tes yeux écartés , les antennes supérieures de la longueur aiir 

moius du pédoncule des inférieures, elles crochets iàn boul 

des pieds entiers. 

La seule espèce connue de ce sou3-genre, VAselle éf^èa» 
douce ( Geoff. ^ Ins., Il, xxii, lï^Sifuilie asclle, l^^gM 1°- 

■ sect. , Vli, XXI , 1 ; Desm. , Consid», xltx, » / î* î Idotea 
aqutuicay'Vih.), est très abondante dans les eanx douces 
et stagnantes , ainsi que dans les mares des^environs de Pa- 
ris. «Elle marche lentement, à moins qu'elle ne soit e^ 
frayée. Au printemps, elle sort de la vase où elle a passé 
rhivcr. Le mâle , beaucoup plus gros que la femelle, 
porte celle-ci une huitaine de jours, en la retenant avec 
les pattes de la quatrième paire. Lorsqu'il l'abandonne y. 
elle est chargée d'un grand nombre d'œufs , renfer- 
més dans un sac membraneux ^ placé sous la poitrine , et 
s'ouvrant par une fente longitudinale, à la naimnc^ des 
petits. 

Les OzrisGODES. (Oniscoda. Lat.) 

.Ou les janires (i) de M. Leach, différent des «selles per le 

(i) Nom employé par M, Rusopour on genre de 1^ mh^ cb»se^ et 
qa^il m*a falltt dès lors remplacer ici par an antre. 



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ÏSOPODES* l4t 

rapprochement de leurs yeux, leurs sntennes supérieures 
plus courtes que le pédoacule des iufiârieùres, et par les cro- 
chets des tarses^ qui sont bifides. 

La seule espèce connue ( Jcmira maculosa y Leach. ; 
Desm», CoDSid., peg. 3r5.) a^ëté trouvée sur les côtes d'An- 
f letene, parmi ies vareca et les ulves. 

Les liEKiL. ( Jara. Leach. ) 

. PToiK à la i^ace des stylets du haut de la queue^ que deux 
tubercules^ 

On n'en a aussi décrit qu'une seule espèce {Jœra aibifrons, 
Leach; Desm., Consid., pag« 3i6),* et qui est tr&s com- 
mune sur les côtes d'Angleterre ^ 9ous les pierres et au 
milieu des vnrecs. 

Enfin ; les isbpodes de la sixième et dernière section (Clo- 
PORTIDES, OniscideSj IlaU ) ont bien quatre antennes, mais 
dont les deux intermédiaires très petites, peu apparentes et 
de deux articles au plus 5 les latérales sont sétacées. La' queue 
est composée de six segments, avec deux ou quatre appen- 
dices , en forme de stylets , au bord postérieur du dernier 
et sans nageoires latérales. Les uns sont aquatiques et les 
autres terrestres. Dans ceux-ci, les premiers feuillets du 
dessous de la queue offrent une rangée de petits trous, où 
Tair pénètre et se porte aux organes de la respiration , qui y , 
sont renfermés. 

Les uns ont le sixième article de leurs antennes ou leur 
tige composé, de manière qu'en comptant les petites articu. 
lations de cette partie, le nombre total de tous les articles est 
au moins de neuf. Ces isopodes sont marins et forment deux 
sous-genres. 

Les Tylos. (Tylos. Lat. ) 

Paraissent avoir la faculté de se rouler en boule. Le der- 
nlei^^segment du corps est demi circulaire et remplit exacte- 
ment Vécfaancrure formée par le précédent; ies appendices^ 
postérieurs sont très petits et entièrement inférieurs. Les 
aatennes n'ont que seuf articles , dont lés quatre derniers 
ccMBposantla tige. De chaque côté est un tubercule enfoncé, 
représentant chacun l'une des antennes intermédiaires; l'esr- 
pace intermédiaire est élevé» 



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l42 CRUSTACÉS 

Les branchies sont vésiculeoses , imbriquées , et recou- 
vertes par des lames (i). 

Les LiGiEs. (LiGiA. Fab. ) 

Ontla tige des antennes latérales composée d'un grand' 
nombre de petits articles et deux stylets très saillants ; par- 
tagés au bout en deux branches y à l'extrémité postérieure 
du corps. 

La Ligic océanique ( Oniseus oceamcuSy Linn. ), Desm. \ 
CoDsid.^ XLIX, 3; 4 > ^^^ longue d'environ un pouce , g^i^^; 
avec deux grandes taches jaunâtres sur le dos. Les anten- 
nes latérales sont de moitié plus courtes que le corps , et 
leur tige est divisée en treize articles. Les stylets sont de 
la longueur de la queue. Elle est très commune sur nos 
côté^ maritimes y où on la voit grimper sur les rochers ou 
sur les parapets des constructions maritimes. Lorsqu'on 
cherche à la prendre , elle replie promptement ses pattes 
et se laisse tomber. 

Dans la Ligic italique {Ligia itaUca, Fab.), les anten- 
nes latérales sont presque de la longueur du corps , avec 
la tige ou la sixième articulation divisée en dix -sept pe^ 
tits articles. Les stylets sont beaucoup plus longs que la 
queue. 

La Li^e des mousses ( Oniseus t^norum , Fab. ) Cuv. y 

Journ. d'hist. natur. ,11, xxvi, 3, 4^ ^*7 Oniseus agi lis y 

Panz. , faun., Ins. germ./fasc, IX, xxiv). Les antennes 

latérales sont plus courtes que la moitié du corps, et leur 

tige n'a que dix petits articles. Le pédoncule des stylets 

postérieurs a , au côté interne , une dent et une soie. 

Dans les autres , et tous terrestres , les antennes latérales 

n'offrent au plus que huit articles, don( les proportions, vers 

l'extrémité, diminuent graduellement , ou sans qu'aucun 

d'eux paraisse être divisé ou composé. 

Ici les appendices ou stylets postérieurs s'avancent aulSelà 
du dernier segment. Le corps ne se contracte point ou que 
très imparfaitement en boule. 

(i) Tylos armadUlo , Latr. , figorë tar les planches d^hiat. natur. da 
fgnaià ouvrage sur rÉgjple ; de la Médîlerranëe. 



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ISOPODES. * l43 

he$ Philoscibs. ( Philosgia. Lai. ) 

• 

Ont les antennes latérales divisées en huit articles et dé- 
coQvcrtes à leur base. Les quatre appendices postérieurs sont 
presque égaux. 

On ne les trouve que dans les lieux trës humides (i). 

Les ChOfOtiTES propres* (Oniscus* Lin.) 

Ont aussi huit articles aux antennes latérales ^ mais leur 
base est recouverte ^ et les deux appendices extérieurs du 
bout de la queue sont beaucoup plus grands que les deux 
internes. Ces crustacés et ceux des deux sous - genres sui- 
vants iont app'elés vulgairement clous-àrporte , et par abré- 
viation cloporte y porcelets de Saint- Antoine • Us fréquen- 
tent les lieux retirés et sombres , comme les caves ^ les cel* 
liers^ les fentes des murs^ des châssis, et se trouvent aussi 
sous les pierres et les vieilles jjoutres. Us se nourrissent 
de matières végétales et animales corrompues , et ne sortent 
guère de leurs retraites que dans les temps pluvieux ou hu- 
mides. Us marchent lentement^ à moins que quelque dan- 
ger ne les menace. Les œufs sont renfermés dans une poche 
pectorale. Les petits ont à leur naiçsance un segment thora- 
cique de moins^ et n'ont , par conséquent , que douze pattes. 
On a généralement renoncé à Tusage médical qu'on en fai- 
sait anciennement (a). 

lies POBCXLLIONS. (PORCELLIO. Lat. ) 

Se distinguent des cloportes par le nombre des articles 
des antennes latérales y qui n'est que de sept. Ces isopodes 
leur ressemblent d'ailleurs par les autres caractères (3). 

{i) Omseus sflvuUiM , Fab. ; OniscuM muscorwn , Car. , Joars. 
dlûst. natar. , II y xzti^ 6 , 8 ; Coqueb. , Illast. icon. insect. , dëc. I , 
VI, la. 

(a) OnUcus muranu$ , Fab.; Cnv. ,Joani. d'bist. natar. « II,zxyi, 
Il , i3; le Cloporte ordinaire, Geofif. , Insect. , II, xxit, i ; Clo- 
porte aseUe, De^. Insect. , VII , xxzy , 3 ; DeAinarest , Coiuidër. , 

XLIX, 5. 

(3) Omseus aselhu, Cav. , ibid. ; Panz. , Faan. Ins Germ. , IX % xxi ; 
Cloporte ordinaire , var. G , Geoft ; — PoroeUo leevii y Latr. ; Cloporte 
ordinaire y var. 6, Geoff. 



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l44 CnUSTACBS TSOPODBS. 

Là, comme dans 

Les A^MADILLBS (AfiMADILLO. Lat.)i 

Lés appendices postérieurs du corps ne font point de sail- 
lies^ le dernier segment est triangulaire; une petite lame, 
en forme de triangle renversé, ou plus large et tronquée au 
bout y formée par le dernier article des appendices latéraux , 
remplit, de chaque côté, le vuide compris entre le segment 
et le précédent. Les antennes latérales n*ont que sept arti- 
cles. Les écailles supérieures sous-caudales ont une rangée 
de petits trous (i^. 

(i)^ Omtcut armadiUo , Lin.; Cor.f ibid, i4> i5; Omtettê eûw- 
reuff Pan*, Aid. , iase. LXII , nxn ; — Oniâous varûgauu, ViU., 
Entom. IV,xi, 16; ArmadHU puttuU^ Desm. , Contid., zuliz,6; 
— i ArmadUU des boutiques, Dom^r., Dict. des te. natar. , III, pag. 117, 
espèce Tenant dlialle , et emplojr^e anciennement par let apothicaires. 



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DES BHITOMOSTliACÉS i/|5 



DEUXIÈME DIVISION GÉNÉRALE. 



DES ENTOMOSTRACÉS. 

( Entomlostraca. MulL ) 

Sous cette dénomination formée do grec et si- 
gnifiant insectes à coquille ^ Othon Frédéric Millier 
comprend le genre monocuhis de Linnaeos^ au- 
quel il faut adjoindre quelques-unes de ses lernées. 
Ses recherches sur ces animaux, dont Tétude est 
d'autant plus difficile qu'ils sont pour la plupart 
microscopiques, et celles de Schaeffer etde Jurine 
père ont excité l'admiration , et mérité la recon- 
naissance de tous les naturalistes. D'autres travaux, 
mais partiels^ tels que ceux de Ramdôhr, Straus, 
Herman fils , Jurine fils , Adolphe Brongniart, 
Victor Audouin et Milne Edwards, ont étendu 
ces connaissances, sous les rapports surtout de 
l'anatomie; mais, à cet égard, M. Straus, quoique 
devancé , ainsi que, Jurine père , pour plusieurs 
faits importants d'organisation par Ramdohr , dont 
ils ne paraissent pas a^oir connu le mémoire sur 
les monocles, publié en i8o5, les a tous surpassés. 
Falûricius s'est borné à adopter le genre limulus de 
Millier , qu'il a placé dans sa classe des kleista- 
gnathes ou notre famille des brachyures, ordre 
des décapodes. Tous les autres entomostracés sont 

TOMB IV. lO 



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I 

l/|6 DU5 BNCOHOSTRACés 

réanis, comme dans Liaoeeus , en un seul genre, 
celui de monoculus y qu'il met dans sa classe des 
polygonales ou nos isopodes. 

Ces animaux sont tous aquatiques et habitent 
pour la plupart les eaux douces. Leurs pieds, 
dont le nombre varie ^ et va dans quelques-uns jus- 
qu*au delà de cent, ne sont ordinairement propres 
qu'à la natation , et tantôt ramifiés ou divisés , 
tantôt garnis de pinnules ou composés d'articles la- 
mellaires. Leur cerveau n'est formé que d'un ou deux 
globules. Le cœur a toujours la forme d'un long 
vaisseau* Leurs branchies , composées de poils on 
de soies, soit isolés, soit réunis, en manière de 
barbes, de peigne, d'aigrettes, font partie de 
ces pieds ou d'un certain nombre d'entre eux , et 
quelquefois des mandibules et des mâchoires supé- 
rieures ( voyez cjrpris ) ; de là l'origine du niot de 
hranchiopodes y que nous avons donné à ces ani- 
maux, dont nous n'avions d'abord formé qu'un 
seul ordre. Us ont presque tous un test d'une à deux 
pièces, très mince et le plus souvent.presque mem- 
braneux et presque diaphane , ou du moins un gi^and 
segment thoracique antérieur, souvent confondu avec 
la tête et paraissant remplacer le test. Les téguments 
sont généralement plutôt cornés que calcaires ; ce 
qui rapproche ces animaux des insectes et des arach- 
nides. Dans ceux qui sont pourvus de mâchoires 
ordinaires, les inférieures ou extérieures sont tou- 
jours découvertes , tous les pieds-mâchoires faisant 



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BV GÉirBRAL. ^ 1^7 

l'office de pieds proprement dits y et aucun d'eux 
n'étant appliqué sur la bouche» Les secondes mâ- 
choires^ celles des ^hjUopodes au plus exceptées, 
ressemblent même à ces derniers organes ; Jurine 
les a quelquefois désignées sous le noni de mains. 

Ces caractères distinguent les entomostracés 
broyeurs y des malacostracés ; les autres entomos- 
tracés, ceux qui composent notre ordre des pœcilo- 
podes y ne peuvent être confondus avec les malacos- 
tracés, parce qu'ils sont dépourvus d'organes propres 
à la mastication ; ou parce que le» parties qui ,pa'- 
raissent servir de mâchoires ne sont point rassem-^ 
blées antérieurementet précédéesd'unlabre, comme 
dans les crustacés précédents et les insectesbroyeurs, 
mais simplement formées par les hanches des or- 
ganes locomotiles et garoiés, à cet effet, de petites 
épines. Les pœcilopodes représentent dans cette 
classe, ceux que dans celle des insectes l'on distingue 
sous le nom de suceurs. Us sont presque tous para- 
sites^ et semblent conduire par nuances auxlérné^s ^ 
lùais la présence des jeux, la propriété de changer de 
peau , ou même d'éprouver une sorte de métanolor- 
pbose(i), la faculté de pouvoir se transporter d'un 

(i) Les petits des daphnies et de quelques anti^s sous-^eDres voisins ^ 
ceux probablement encore des cypris , des cjrtbër^s, ne diffireat p^t 
cm pre«qae pas , 2i. la grandeur près , de leurs parents , à leur sortie de 
Vœaf; mais ceux des cyclopes, des phjllopodes, des argulesj éph)ùvcn(, 
dans iflor jeune &ge , des changemenu notables , soit quanti -la. forme 
du corps y toit quant an nombre des pattes. Ces organes subissent même 
dans qoelquet-'uns» comme les argules, des transformatlont «pd modi- 
fient leurs osages. 

lO* 



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l4S DfiS BfiTTOMO&tftACis Srt GÉNÉaiLL. 

lieu à rentre , à la faveur des pieds, noas paraissent 
établir une ligne de démarcation positive entre ces 
derniers animaux et les précédents. Nous avons 
consulté, à Tégard de ces transformations , divers 
naturalistes instruits, et qui ont eu occasion d'ob* 
server fréquemment des lernées, et aucun d*eux 
nelesa vues changer de peau. Les antennes des ento* 
mostracés, dont la forme et le nombre varient beau- 
coup, servent dans plusieurs à la natation. Les yeux 
soùt très rarement portéssur un pédicule, et daife oe 
cas, ce pédicule n'est qu'un prolongement latéral de 
la tête, et ^'amais articulé à sa base ; souvent ils sont 
très rapprochés et même ifen composent qu'un seul. 
Lesorganes delà génération sont situés à l'origine de 
la queue; c'est à tort qu'on avoit considéré les antennes 
de quelques mâles comme leur siège. Celte queue (i) 
n'est jamais terminée par une nageoire en éventail , 
et n'offre point ces fausses pattes, que nous avons 
observées daiis les^ malacostracées. Lesœufs sont ras- 
semblés sous le dos , ou extérieurs, et sous une enve*- 
loppe commune, ayant la forme d'une ou de deux 
petites grappes située&à la base de la queue ; il paraît 
qu'ils' peuvent se conserver long-temps dans un état 
de dessication, sajis perdre pour cela leurs propriétés. 
Ce n'est au plus qu'après la troisième mue, que ces 
animaux deviennent adultes et capables de se mulli-* 
plier. On a constaté, à 1 égard de quelques -^uns , 

■ii fifuiî I ■ . rt ii f ., . ■ 1^ *«i. ' . ■ • ■■ 7 i f ' , , i r iii II i II 

(•>6ir'oa«i eio^le Im phyllopet, les dennert pieds «Mit tiianici<ïaet 
on dei piedUnnàchc^re» ( ty^rù y- 



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eausTÀÇBs buakchiopodbs. 149 

qu'aoe seule copulation peut fécondter plusieurs gé- 
nérations successiyes.^ 

i^ PREMIER ORDRE DfiS ENTOMOSTRACÉS , 

OV LE STXIÈME 1>E LA CLASSE DES CRUSTACis^ 

Celui des BRAWCfflOPODES. (Beanchiopodà.) 

A pour caractères : bouche composée d'un labre^ 
de deux mandibules y d'une languette^ d'une ou de 
deux paires de mâchoires; branchies^ ouïes premiè- 
res^ lorsqu'ils j en a plusieurs, toujours antérieures» 

Ces crusèacés sont toujours vagabonds 7 généra- 
lement recouverts par un test en forme de bouclier 
ou*de coquille bivalve , et munis de quatre ou deux 
antennes. Leurs pieds, quelques*uns exceptés, sont 
uniquement natatoires. Leur nombre varie ; il n'est 
que de six dans quelques-uns^ de vingt à qus^ 
rante-deux, ou de plus de cent, dans d'autres^ 
Beaucoup n'oflrent. qu'un seul œ^» 

Ces crustacés ,. étant pour la plupart, comme 
nous Tavons dit, presque microscopiques, on seQt 
que l'application de l'un des caractères dont nous 
avons fait usage , celui de la présence ou de 
Tabsence des palpes mandi^ulaires^ présenterait 
maintenaat des difficultés presque iosurmonta^ 
blés (i). La fivrme et le nombre des pattes, celui 

(i) Noos oMttrcMM cepeadani eu tèle tout les brttdiii^iodfct dont !<• 
««adUmlM «ont monie* clft|wl|»es ; Ht conpotereni les àtmx prenièfe* 
âîTinont «b» loplijropes. 



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l5o GRUSTACéS BRANCHKOPODBS* 

des yeux , le test , les antennes'^ nou^ fourniront des 
«signalements pins faciles et à la portée de tout le 
monde. 

L'ordre des brancliiopodes ne composait, dans la mé- 
thode de De Géer , de Fabricius , et dans celle de Lin- 
nsus y mbin9 une seule espèce ( M. polyphemus), que le' 
genre 4. 

Des Moi^ogles (Monoculus. Lin.) , (1) 

Que nous partagerons en deux sections principales. 

La première y celle des Lofhyropes ( Lophyropa, ) , se dis^ 
tingue par le nombre des pieds , qui ne s'élève jamais au* 
ddà de dix ; leurs articles sont d'ailleurs plus ou moins cy- 
lindriques ou coniques et jamais entièrement lamelliformes 
ou foliacés ; leurs branchies sont peu nombreuses , et la 
plupart n'ont qu'un seul œil. Plusieurs, en outre, ont des 
mandibules munies d'un palpe (a); les antennes sont pres- 
que toujours au nombre de quatre , et servent à la locomo^ 
tion. 

Dans la seconde section , celle des Phyllopes ( Phyllopa. ), 
le nombre des pieds est au moins de vingt, et dans quel- 
ques-uns beaucoup plus considérable; leurs articles, ou du 
moins les derniers, sont aplatis, en forme de feuillets ciliés. 
Leurs mandibules n'offrent jamais de palpes. Ils ont tous 
deux yeux ( situés, «dans quelques-uns , à l'extrémité de deux 
pédicules mobiles); leurs antennes, dont ia nombre dans 
plusi^rs n'est que de deux , sont généralement petites et 
j^int propres k la natation. 

Nous partagerons les iopbyropes en trois groupes prin- 
cipaux, très naturels, et dont les deux premiers se rappro- 
chent des crustacés des trois premiers ordres, à raison de 

(i) £t de plat , celui de biaocie , dans celle de Geofifroi. 

(a) M. Straas parait attribuer exclusivement ce caraatère aux cyprù et 
aux cylhéréeSf composant son ordre des ostrapodes^ mais il rësolte des 
observations de Jurine p^re et de M. Bamdohr, qti^il est encore propre 
aux cj^clopes. 



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SBGTION DBS LOPHYROPES. l5l 

leurs mandibules, portant cIiaGunc un palpe, et de quel- 
ques autres caractères. 

i** Ceux (CAaciNoÏDESy Carcihoidà. Lat.) dont le test, plus 
ou moins ovoïde ou ovalaire, n'est point plié en deux en 
manière de coquille bivalve, et laisse à découvert la partie 
inférieure du corps. Ils n'ont jamais d'antennes en forme de 
bras ramifiés. Leui:s pieds sont au nombre de dix et plus ou 
moins ^ cylindriques ou sétacés. Les femelles, dont on a ob- 
sei-vé lâ gestation, portent leurs œufs dans deux espèces de 
sacs extérieurs, situés à la base de leur queue. Quelques-uns 
offrent deux yeux. 

n"* Ceux ( OsTAJk^ODES , Ostracoda , Latr. 5 Ostrapoda , 
Straus. ) dont le test est formé de deux pièces ou valves re- 
présentant celles de la coquille d'une moule, réunies par 
une charnière et renfermant dans l'inaction le corps. lis n'ont 
que six (i) pieds, et dont aucun ne se termine en manière 
de nageoire digitéeel accompagnée de lame branchiale. Leurs 
antennes sont] simples , filiformes ou sétacées. Ils n'ont ja- 
mais qu'un œil. Leurs mandibules et leurs mftchoires supé- 
rieures sont munies d'une lame branchiale. Les œufs sont si- 
tués sous le dos. 

3*» Les derniers (Cladocères, Cladocera, Latr.; Daphni- 
des y Straus.) n'ont aussi qu'un seul œil et le test plié en 
deux, mais sans charnière (Jurine), terminé postérieurer 
m^nt en pointe, et laissent la tét«, qui est recouverte d'une 
espèce de bouclier en manière d'e bec, à nu. Us ont deux an- 
antennes, ordinairemei^ très grandes, en forme de bras, 
divisées en deux ou trois branches, à la suite du pédoncule, 
garnies de filets, toujours saillantes et servant de ram^. 
Leurs pieds , au nombre de dix (!») , se terminent par une na- 



(i) La première paire de pieds , saiyant M. Straas ; mais qaoiqoe ces 
parties en remplissent les fonctions, en servant de rames , je les consi- 
dère néanmoins comme les analogues des antennes latérales des crus- 
tacés sapcriears et des deoz su jiérieares des cyclopes , qui , ici encore , 
conconrenk, avec les pieds, à la locomotion. 

(a) Mûller en donne huit aux cylhe'rées; mais on peat supposer , par 
analogie, qn^il y a erreur ou méprise. 



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i52 CnUSTACÉS BEAlfGUlOPODBS. 

geoire comice dîgitée ou pectinëe^ et accompagnée^ à l'ex- 
ception des deux premiers^ d'une lame branchiale (i)« 

Leurs œufs sont pareillement situés sous le dos ; leur 
corps se termine toujours postérieurement en manière de 
queue, avec deux soies ou filets au bout. L'extrémité anté- 
rieure du corps tantôt se prolonge en manière de bec, tantôt 
forme une approche de tète presque entièrement occupée 
par un gros œil. 

La première division des branchiopodes lophyropes (celte 
des carcinoïdes ) peut se subdiviser eu deux , d'après le 
nombre des yeux. Les uns en oiît deux» 

Ici le test recouvre entièrement le thorax ; les yeux sont 
grands et très distincts; les antennes intermédiaires sont ter- 
minées par deux filets». 

Le^ ZoEs. (ZoEA. Bosc. ) 
Ont les yeux très gros, globuleux, entièrement décoit> 
verts , et des saillies en forme de cornes sur le thorax. 

La Zoé pélagique { Zoe pelagica y Bosc, Hist. nat. des. 
crust., II, XV, 3, 4* ) A 1^ corps demi transparent, quatre 
antennes insérées au-dessous des yeux, et dont les exté- 
rieures coudées et bifides ; une sorte de long bec sur le- 
devant du thorax , entre les yeux, et une élévation poin«> 
tue , longue , rejetée en arrière sur son dos. Les pieds sont 
très courts, à peine visibles, à l'exception des deux der-^ 
niers, qui sont alongés ou terminés en nageoire. La queue 
est de la longueur du thorax, courbée, de cinq articles^ 
dont le dernier grand, en croissant, épineux. Ce crustacé 
a été trouvé par M. Bosc dans l'Océan atlantique.. 

Le MonocuUis taurus de Slabber ( Microsc., V) et le Can^ 
'cer germanus de Linnaeus paraissent avoir des rapports avec, 
lui (a). 

(i) Ce caractère s'ai^liqoe particolièremeat aax daphnies, soni-^enre 
le plas nombreux de cette division , et par analo^e , aux. pol jpfaèmes çk 
aaziyncëes. 

(a) F^ojr» l'Eut, nât des crast. et de» insectes de Latreille , et Ton- 
vrage de M. Desmarets sar ces premiers animaux. On n'a pas encore 
dëcrit d^one maniée complète, oa da moins satisfaisante, ce i^^re, et 
nous n'avons pa nous ea procurer an seul individu. 



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SECTIOfl D£S LOPHYAOPBS. l55 

Les NiBALiKS. (NzBAUA. Leach.) 

Ont le^ yeux triangulaires y aplatis^ en partie recouverts 
par une écaille triangulaire et voûtée. 

Lés pieds sont fourchus, et les appendices du bout de la 
queue sopt en forme de soies (i). 

Là, le thorax ou le test, vu en dessus ^ est divisé en cinq 
segments , dont le premier^ beaucoup plus grand y porte les 
antennes^ les yeux et les pieds-mâchoires; dont le second et 
ie troisième ont chacun unepairc de pieds; dont lequatriëmo - 
porte les deux paires suivantes, et le cinquiëifie, la dernière» 
Les yeux sont petits et point saillants; toutes les antennes se 
terminent par un SIet simple. 

Les CoiroYLUBES. (Gordtlvra. Latr. } 

Les antennes inférieures sont plus longues. Les côtés an- 
térieurs du premier segment sont prolongés en pointe, et, 
ferment deux écailles rapprochées en manière de bec. Les 
pieds se terminent en pointe soyeuse; quelques-uns des in-j 
termédiaires ont, comme dans les schizopôdes, uu appendice 
extérieur ^ près de leur base ; la queue est étroite , de sept 
anneaux, dont le dernier, alongé, conique, s'avance entre 
les deux appendices latéraux, qui sont grêles, en forme de 
stylets, de deux articles, dont le dernier soyeux (a). 

Nota. Le genre Nîcoihoë de M\L Audouin et Milne Ed- 
wards, dans la supposîtioa qu'il ait des mandibules et d,es 
mâchoires, appartiendrait à cette section; mais comme le 
crùstacé d'après lequel il a été établi est parasite, et que 
* î*ai cru y apercevoir les vestiges d'un suçoir, je l'ai placé dans 
L'ordre des pcecilopodes. Je remarque néanmoins que les 

(]) l^eialia Herbstiiy Leach » ZooL mifcell. , xlt ; Desmar. , Coiisiç|* « 
XL , 5*; Bamd, , monoc. ,1,8? « 

1* nébalie ventrue de M. Risao (Joarn. de pliys. , octobre , iSaa) con- 
sdtne proboUemeiit, èkoih la section àth scbizopodeé , un tout-genre 
propre. Bant le vfclopt exiUefu de YiTÎani , le tliorax est divisé en pla- 
aieiira ieguenft , c« qui Texclat des nébalies. IL forme aatii un nouveau 
aons^rnre intermëdîake entre le précédent et le auhranl. 

(3) Condjriurc éf D^réigny, Lai. » mt les oôlei maritinet de tm 
Rochelle. . : 



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] 54. CRUSTACÉS BRÀVCHIOrODES. 

pattes y & rexcqption des antérieures, ressemblent beaucoup 
à celles des cyclopes ; et que les femelles portent aussi leurs 
œufs dans deux sacs situés à la base de la queue, de même 
que celles des derniers. 

. Le second de ces naturalistes vient de publier^ dans le 
tome Xni' des Annales des Sciences naturelles, de nouvelles 
recherches sur len nébalies et les caractères- de trois autres, 
genres nouveaux de crustacés. Notre travail sur les animaux 
de cette classe étant terminé au moment où le mémoire de 
M. Milne Edwards a été communiqué à l'Académie, et 
n'ayant pas alors le temps de revenir sur cet objet, nous 
avons renvoyé Texposition de ces genres, ainsi que de ceuXs 
établis dans la famille des aranéides par M. Savigny , et de 
quelques au très introd uits récemment par M. le com te Dejean, 
dans celle des coléoptères carnassiers, au supplément de cet 
ouvrage. Nous y donnerons aussi les caractères de quelques 
autres coupes génériques , établies par MM. Guérin, Lepel- 
tier deSaint-Fargeau etServille. Je n'aurais pu les intcrcaller 
dans mon travail sans précipiter un examen , qui doit être 
d'autant plus réfléchi , que l'on multiplie plus facilement les 
groupes génériques. 

Les autres lophyropes de notre première division, et dont 
le thorax, ainsi que dans les condylures, est divisé en plu- 
sieurs segments, et dont le premier beaucoup plus grand, 
ne présentent plus qu'un seul œil , situé au milieu du front , 
entre les antennes supérieures. Tels sont 

Les Cyclopes (Gyglovs. MuU. ), 

Si bien observés par Jurine père et M. Ramdobr. Leur 
corps est plus ou moins ovalaire, mollet ou gélatineux , et 
se partage en deux portions, l'une antérieure, composée de 
la tète et du thorax , et l'autre postérieure , ou la queue. Le 
segment précédait immédiatement les organes sexuels, et 
qui, dans les femelles, porte deux appendices en forme de 
petites pattes ( supports ,^/e/Yi, Jurine. ) , peut être consi- 
déré comme le premier de la queue , qui n'est pas toujours 
bien nettement ou brusquement distinguée du thorax. E^ile 
est formée de six segments ou articles; le second porte en 
dessous, dans les mâles, deux appendices articulés, tantôt 



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SBGTIOIT ORS LOPHTROPES. l55 

simples^ tantôt ayant au côté interne une petite division ou 
branche^ de fonnes variées^ et constituant en tout ou en 
partie ]es organes de la génération. La vulve est située, dans 
l'autre sexe, sur le même article. Le dernier se termine par 
deux pointes ou stylets, formant une fourclie , et plus ou 
moins garnie de soies ou de filets penniformes. L'autre por* 
tiondu corps, ou Tantérieure, est divisée en quatre segments, 
dont le premier, beaucoup plus grand, compose la tête et une 
portion du thorax , qui sont ainsi recouverts par une écaille 
commune. Il porte l*œil , quatre antennes, deux mandibules 
( mandibules internes , Jurine) munies d'un palpe simple ou 
dlvirisé en. deux branches articulées , deux mâchoires (mandi- 
bules externes, ou lèvre avec des barbillons , Jurine.) (i) et 
quatre pieds divisés chacun en deux tiges cylindriques, gar- 
nies de poils ou de filets bari)us; la paire antérieure, représen- 
tant les secondes mâchoires, diS%re un peu des suivantes; 
elle est comparée i des espèces de mains par Jurine. Chacun 
des trois segments suivants sert d'attache k une paire de pieds, 
conformés ainsi que les deux derniers des précédents. Deux 
des antennes, supérieures aux autres, sont plus longues, séta* 
cées, simples et composées d'un grand nombre de petits arti- 
cles; elles facilitent, par leur action, les mouvements du 
corps et font ptesque l'office des pieds* Les inférieures ( an- 
tennules, Jur.) sont filiformes, n'offrent le plus souvent que 
quatre articles, et sont tantdt simples, tantdt fourchues; 
elles font, par leurs mouvements rapides, tourbillonner 
l'eau. Dans les mâles, les supérieures ou l'une d'elles seule- 
ment (C Castor.) offrent des étranglements et un renflement, 
suivi d'un article à charnière. Au moyen de ces organes ou 
de l'un d'eux, ils saisissent soit les dernières pattes, soit le 
bout de la queue de leurs femelles, dansleurs préludes amou- 
reux, et les retiennent mal gré elles dans des situations appro- 
priées à la manière dont ils se fixent. Elles emportent leurs 

mâles, lorsqu'elles ne veulent pas d'abord se plréter à leurs 

— - — I , - - 1 1 — 

(i) D'aprèê Tordre nicccMif des parties de la boache, quia liea dans 
les crustacés décapodes , la pièce située Immédiatement au-dessoas des 
mandibules est la langaeue ; mais les dentelures des pièces dont il s'agit 
ici indiquent des organes maxillaires. La languette a pu échapper aux re- 
gards de c«t obsenrateur. 



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]56 GRUSTACéS BRAKGHIOPODES. 

désirs. La copulation s'opère comme dans les crustacëa pré- 
cédents et par des actes prompts et réitérés 5 Jurine en a vu 
trois dans l'espace d'un quart-d'heure^ On avait cru jusqu'à 
lui que les^ organes copulateurs des mâles étaient placés aux 
antennes supérieures^ et cettcerreur paraissait d'autant mieux 
fondée, que les.aranéides présentent des faits analogues. De 
chaque côté de la queue des femelles, est un sac ovale^ rempli 
d'œiifs (ovaire externe^ Jurine ), adhérant par un pédicule 
très délié au second segment , près de sa jouction avec la 
troisième, et où l'on voit aussi l'orifice du canal déférent de 
ces œufs. La pellicule formant ces sacs , n'est qu'une conti- 
nuation de celle de l'ovaire interne. Le nombre des œufs 
qu'ils contiennent augmente avec Tâge; d'abord bruns ou 
obscurs^ ils prennent ensuite une teinte rougeâti^, et de* 
viennent presque transparents , lorsque les petits sont prêts 
d'éclore, mais sans grossir. Isolés ou détachés, du moinï jus* 
qu'à une certaine époque^, le germe péril. Une seule fécon- 
dation, mais indispensable, peut suffire aux générations 
s^c<:es8ives. La même femelle peut faire jusqu'à dix pontes 
dans l'espace de trois mois. En n'en comptant que huit*, et 
en supposant chacune d'elles de quarante petits, la somme 
totale des naissances s'élèverait à près de quatre milliards et 
demie.. La durée du séjour des fœtus dans les ovaires varie 
d^ deux à dix jours , ce qui dépend de la température des 
saisons et de diverses autres circonstances. Les sacs ovifères 
présentent quelquefois des corps a\pngéS| glandifprmes , 
plus ou moins nombreuX| et qui paraissent être des réanioaa 
d'animalcules infusoires. ' 

A leur naissance , les petits n'ont que quatre pattes, et leur 
corps est arrondi et sans queue. Mullcrjivait formé avec ces 
jeunes individus son genre amymone (a/7f^/7to/ie). Quelque 
temps après (quinze jours, de février en mars), ils acquièrent 
une autre paire de pieds : c'est le genre nauplie {nauplius) 
du mâme; après la première mue , ils ont la forme et 
toutes les parties qui caractérisent l'état adulte, mais sous 
des proportions plus exiguës; leurs antennes et leurs pattes 
sont proportionnellement plus courtes. Au bout de deux 
autres mues , ils sont propres à la génération. La plupart de 
ces entomostracés nagent sur le dos, s'élancent avec vivacité. 



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SECTION DES LOPHTROPES. 1S7 

et peuvent se porter aussi-bien en arrière qu'en avant. A 
dëfiiut de matières animales, ils attaquent les substances vé- 
gétales^ mais le fluide dans lequel ils vivent habituellement 
ne passe point dans leur estomac. Le canal alimentaire s'é- 
tend (Aine extrémité du corps à Tautre. Le cœur, dans le 
cyclope Castor j est immédiatement situé sous le second 
et le troisième segment du corps, et ovalaire; chacune de ses 
extrémités donne naissance à un vaisseau, dont Tun va à la 
tète et Vautre à la queue. Immédiatement au-dessous de lui 
est un autre organe analogue, mais en forme de poire, pro- 
duisant aussi, k chaque bout, un vaisseau représentant 
peut-être les canaux branchia-cardiaques dont nous avons 
parlé en traitant de la circulation des crustacés décapodes. 11 
résulterait de plusieurs expériences de Jurine, sur descydo- 
pes alternativement asphyxiés et rappelés a la vie, que dans 
cette sorte de résurrection, Tëxtrémité du canal iotestinM et 
les supports donnent les premiers signes de vie, et qu<^ Tir- 
ritabilitédu cœur est moins énergique; celle des antennes, 
et plus spéciaîeçaent de celles des mâles, des palpes et des 
pattes ensuite, est inférieure. Lorsqu'on coupe une portion 
d'antenne , il ne s'y fait aucun changement; la réintégration 
s'effectue sous la peau, puisque cet organe reparait dans 
toute son intégrité à la mue suivante. Le cyclope staphylin 
forme, à raison de ses antennes plus courtes, et dont les su- 
périeures ont beaucoup moins d'articles que lès mêmes des 
autres cyclopes, tandis que les inférieures en offrent, au 
cpntraire, davantage; à raison encore de son corps, qui s'a- 
mincit graduellement vers son extrémité postérieure, de 
manière qu'il semble n'avoir point de queue, du moins 
brusquement formée, et que son dessous est armé, dans la 
femelle^ d'unei sorte ^e corne arquée en arrière, une division 
particulière. Le cyclope castor et quelques autres, dont les 
antennes inférieures et les palpes m^ndibulaires sont divi- 
sés , au-delà de leur base, en deux branches, peuvent aussi 
composer un autre groupe. Celui que M. Leach désigne sous 
le nom générique de Calane ( Calanus ) pourrait , en effet , 
former un sous-genre propre, s'il était vrai que l'animal 
dont il est le type n'eût point d'antennes inférieures; mais 



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i58 CRUSTACÉS BRAISrCHIOPODES. 

s'en est-il assuré par lui-même ^ ou n*en parle-t-il que d'après 

Muller ? c'est ce que j'ignore. 

Le Cyclope quadricome {Monocutus quadricomis y Lin .) ; 
Mull., Entomà) XVllI, '-147 Jurine, Monoc.^ I^ II, lU. 
a toutes les antennes simples ou sans divisions. Lm infé^ 
rieures ont quatre articles, et leur longueur n'égale guère 
que le tiers des supérieures. Le corps proprement dit est 
assez renflé et presque ovoïde; la queue est étroite et de 
six segments. La couleur varie beaucoup ; les uns sçnt 
rougeâtres , les autres blanchâtres ou verdâtres. La lon- 
gueur totale est de deux lignes. Cette espèce est très 
commune (i). 

La seconde division générale des branchiopodes lophyro* 
pes, celle où le test est formé de deux valves^ réunies par 
une charnière ( nos Ostbagodes ou l'ordre des ostrapodes 
(}e M. Straus); se compose de deux sous -genres, dont le 
premier^ celui de cythérée, nous parait , depuis les belles 
recherches de ce savant sur le second , celui de cypris , sol- 
liciter y pour que ses caractères ne soient plus équivoques , 
une étude plus approfondie que celle qu'eà a faite Millier, 
notre unique garant à cet égard. Suivant lui y 

Les Cyther^es (Cytbere. Miill. —> Cythenna* Lam. ) 

Auraient^huit pieds (a) simples et finissant en pointe; et 
deux antennes, pareillement simples , sétacées, composées 
de cinq à six articles , avec des poils épars. 

On les trouve dans les eaux salées et saumâtres des bords 
de la mer , parmi les varecs et les conferves (3). 



(1) Desmar. , Gontid. , pa^. 364. Voyez y pour les aaires espèces , le 
même oaVra^ y pa^. 36 1-3649 liv ^ Maller, Entom. , G, cyclopst Jo- 
rine, Hist. des monoc. , pag. 1-84» première Camille des monocles à co- 
quille uDWalve -y Bamd, monoc. , I, II, III. 

(a) Il est probable qa^il n^y en a qae six. VoT^y ci-après , Tarticie. 
cypris, note (i). 

(3) Si ces entomostracës sont umqnement marins, il est naturef que 
Jarine et d'antres observateurs , dont les recherches , à raison àit% lieux 



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^BGTION DES LOPHTROPES. iSq 

Les Cypris. (Cypris. Mûll.) 

N'ont que six pieds (i) ^ et leurs deux antennes sont ter- 
minées par un faisceau de soie ^ en manière de pinceau. 

Le test ou la coquille forme un corps ovalaire^ comprimé 
latéralement^ arqué et bombé sur le dos , ou dû côté de la 
charnière^ presque droit et un peu échancré^ en manière 
de rein^ au côté opposé. En avant de la charnière y dans ta 
ligne médiane^ l'œil forme un gros point noirâtre et rond. 
Les antennes ; immédiatement insérées au-dessous , sont plus 
courtes que le. corps, sétacées^ composées de sept à huit 
articles , dont les derniers plus courts , et terminées par ,un 
faisceau de douze à quinze soies y servant de nageoires. La 
"bouche est composée d'un labre caréné ; de deux grandes 
mandibules dentées^ portant chacune un palpe divisé en trois 
articles et au premier desquels adhère une petite lame bran- 
chiale offrant cinq digitations {i) , et de deux paires de mâ- 
choires; les deux supérieures, beaucoup plus grandes ^ ont 
au bord interne quatre appendices mobiles et soyeux ^ et au 
côté extérieur iine grande lame branchiale pectinée à son bord 
antérieur) les secondes sont composées de deux articles , 
avec un palpe (3) court , presque conique, inarticulé, «oyeux 
au bout, ainsi que l'extrémité de ces mâchoires. Une sorte de 
sternum comprimé fait l'office de lèvre inférieure (4). Les 



de lear résidence y ne pouvaient avoir pour objet que des entomottracës 
d'eaa dooce , niaient point parle des cythdrées. 

VofcztiL^tT , Entom. , (^re fythfin, et Desmar. , Consid. , paç. 
387, 388, LV, 8. 

(i) Quatre suivant M. Ramdobr, huit suivant M. Jarine; le pre- 
mier considérant les deux derniers comme des appendices du sexe mas- 
câlin , et le second prenant les palpes des mandibules et la lame branchiale 
de chaque m&choire supérieure (les deux premiers pieds de sa seconde divi- 
ûon du corps , ceux qu^il dit n'être composes que d^un seul article , et ter- 
mines en cuiller dentelée) pour autant de pieds. Celui-ci ne compte pas 
non plus, dans ce nombre, ceux que le prëcëdent présume être des organes 
sexuels ; il les regarde (pag. 16 x -166) comme des filets de cinq articles, 
sortant latéralement de la poche de la matrice, et dont il ignore Tnsage. 

(3) Lèvre intérieure^ Ramdohr. 

(33 Fourcbn dans les cypris strigdUi , du même. 

(4) Lhrre extérieure , du même. 



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l6o GRUSTACés BRÀNCmOPODBS. 

pieds sont divisés en cinq articles ^ dont le troisième re- 
présentant la cuisse et le dernTer le tarse. Les deux anté- 
rieurs sont insérées au-dessous des antennes , beaucoup plus 
forts que les autres^ dirigés en avant, avec des soies roides, 
ou de longs ctochets, rassemblés en un faisceau, à Textré- 
mité des deux derniers articles. Les quatre pieds suivants 
en sont dépourvus. Les seconds, situés au milieu du des- 
'sous du corps , sont d'abord rejetés en arrière , arqués , et ter- 
*j minés par un long et fort crocbet , se portant en aVant. Les 
deux derniers ne se montrant jamais au dehors , se relèvent 
et s'appliquent sur les côtés postérieurs du coi^ps , pour sou- 
tebîr les ovaires, et se terminent par deux ti-ès petits cro- 
chets (i). Le corps n'oCfre aucune articulation distincte, et 
se termine postérieurement eA une espèce de (^cue, molle, 
repliée en-dessous, avec deux filets coniques ou sétacés, 
garnis de trois soies ou crochets au bout , se dirigeant en 
arrière et sortant du test. Les ovaires forment deux gros 
vaisseaux, simples et coniques, en cul-de sac à leur origine, 
situés , sur les côtés postérieurs du corps , au - dessous du 
test, et s'ouvrent , Tun à côté de Tautre , à la partie anté- 
rieure deTabdomen, où le canal formé par la queue établit 
entre 'eux une communication. Les œufs sont sphériques. 
Les pontes et les mues de ces crustacés he sont pas moins 
nombreuses que celle des cyclopes et autres entomostracés, 
et leur manière de vivre est la même. Ledermuller dit en 
avoir vu d'accouplés. Cependant aucun des naturalistes mo- 
dernes qui les ont le plus observés n'a pu découvrir posi- 
tivement leurs organes sexuels, ni être témoin de leurs réu- 
nions. M. Strausa vu, au-dessous de l'origine des mandibu- 
les, l'insertion d'un gros vaisseau conique, rempli d'une 
subsUnce gélatineuse , paraissant communiquer avec l'œso- 
phage par un canal étroit, qu'il soupçonne être un testicule 
ou une glande salivaire. Les individus soumis à cette obser- 
vation ayant des ovaires , les cypris seraient , dans la pre- 
mière de ces suppositions, hermaphrodites. Mais cela est 

(i) Dans la figore de Ramdohr, ces pieds ii*ont qae trois articles, -et le 
dernier est un pea dilata et ^chancre aahout , ajec an crochet au milieu 
de cette ëcbancrure. ^ 



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SECTION DES LOPHTRÔPES. \Qi 

d*autantplu8 douteux, qu'il remarque lui-même que les 
miles pourraient bien n^exister qu'à une certaine époque de 
l'année , et que le vaisseau dont il parle, communiquant 
avec roBSophage, parait avoir plus de rapports avec les fonc 
tions digestives qu'avec la génération (i}. 

Suivant Jurine, les antennes sont de véritables nageoires, 
dont ces animaux développent et réunissent à volonté les 
fileto, selon le degré de rapidité qu'ils veulent donnera 
leur progression ; tantôt ils n'en font paraître qu'un seul, et 
d'autres fois ils les éparpillent tous ensemble. Nous pensons 
aussi que ces filets et ceux des deuxpattesantérieures peuvent 
tout aussi bien concourir k la respiration que ces lames des 
mandibules et des deux mâchoires supérieures, queM. Straus 
distingue par l'épithète de bpncbiales. Les dernières où 
celles de ces mâchoires me paraissent être un véritable palpe, 
mais très dilaté, et les deux autres un appendice des paJpe& 
mandibulaires. ( Fqyez Jurine, Hist. des mon., VI, 3f ) 

D'après le naturaliste genevois précité, ces animaux, 
lorsqu'ils nagent, meuvent avec auUnt de rapidité que les 
antennes, leurs deux pattes antérieur^, mais lente)uent, 
quand Us marchent sur la surface des herbes marécageu9es. 
Ces pattes, conjointement avec les deux, terminées- par uu 
long crochet ou les pénultièmes, supportent al brsje corps. 
U suppose que celles qui , selon lui , forment la. seconde 
paire , âont destinées à établir un courant aqueux et à le di- 
riger vers la bouche : ce qui assimilerait leurs fpnctions à 
celles des antennes inférieures, qu'il nomme antennules. 
Les deux filetis composant la queue se réunissent et semblenjk 
n'en former qu''un seul, lorsqu'ils sortent dii test «ils ser- 
vent, à ce qu'il présume, à nettoyer son intérieur. La fe- 
melle dépose ses œufs en masse, en les fixant, au moyen 
d'un gluten , sur les plantes ou sur la boue. Cramponjnéc 
alors, à l'aide dés seconds pieds, et de manière à ne pas 
craindre les secousses de l'eau, elle emploie environ dpgze 
heures dans cette opération , qui , dans les pluii grandes 
espèces, fournit jusqu'à vingt-quatre œufs. 11 a.recueilli de 
...■■-■ .1 ■ ' ■ • ^ 

(i) Fojrez le canal aUmentaire de la daphniapuUx, %Qré par Jurine, 
X, 7,etRamdohT, Monoctab. y» ii,d, detx. 

TOMIt IV. Il 



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l62 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES. 

ces paquets d'œufs, à leur sortie, et après les avoir isolés, 
il en a vu éclore dés petits, et il a obtenu une autre géoéra- 
tion sansTilitervcntion dés mâles. Une fieméllc qui avaitfalt 
sa ponte le iii avril, a, jusqu'au î8 mai suivant ÎDciusîve- 
ment , changé six fois de peau. Le 27 du même mois , elle a 
fait une seconde ponte, et deux joursaprès, ou le ^9, une 
troisième. 11 en conclut que le nombre des niues de Ten- 
fance est en tapport avec le développement graduel de l^in- 
dividu 'f que ce développement ne peut se manifeste^ que 
par là séparation générale d'une enveloppe devenue trop 
petite pour 'loger l'animal , et que celui-ci a pour limite une 
grandeur déterminée qu'il lui faut atteindre (i). 

Les lophyropes de notre troisième division (nosCLiDocÈREs 
bu les daphnides de M. Straus), composent, dans l'histoire 
desmonoclesde Jurine sa seconde famille. La forme de deux 
dé leurs antennes , qui ressemblent à deux bras ramifiés et 
Servant dé ram^s , la faculté qu'ils ont de sauter , ont valu à 
Tune des espèces des plus comoiiinés, la dénomination de 
puô'é àqûdtique arborescente. 

Le premier de ces naturalistes, qui nous a donné une 
éicellèrite monographie des daphnies, sous-génrè de cette 
division, fen à établi deux nouveaux, l'uu sous la dénomi- 
nation de Làtoite ( Za/ô/uz ) , ayant pour caractère dWoir 
les anteuneé en forme de rames, divisées' en trois branches, 
d'un seul article (t»)j et Tautre, celui de SiiuL {Sida) ^ se 

Vrapprochaint des éoUs-genres connus de la même division à 
l'égard des mêmes antennes , divisées seulement en deux 
branches , mais dont l'une n'a que deux articles, et rautie 
trois (â).*î5uivantlui,les daphnies se distingueraient des pr<$- 
cédents et des lyncées, en ce que l'une des deux branches 

Il ' ' Il » ' I 

(1) P'oyez MoUer, Eatom. , ^enre cypriij Jarbe, Hist» des monoc.^' 
secoftdte di^is. , moro à coquille bÎTalve, paç. 159-1799 zyii-xix 9 Bamd. , 
MolioiV) Straus, M^ai. du mus.'d'hîst. nat., m, i; Desmar., Consld.," 

' pa^. 38o^966 , lv, 1^7. M. Desmarest ( Crnst. fossil. , xt, 8) en a lîçui^ 
nne espèce fiwsile i'qa'il nomntie cypris jèvt, trouvée en (^ande aboo- 
dance près de la montagDe de Oergôvic , département da Pay-de*ll6me, - 
et à la balme d'Allier, entre Vichy-Les-Bains et Cassac. 
(a) Daphnia seiifera , MûUer, Entom. 
(S) Baphnia ennatHnà\ ejusd. , ibid. 



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SfiCTlOn. DBS. U)FUYjaO|'£5., idvi 

des rames se composqrait ^ç jgi;oii$,^rtf|ql^^e(.l'auti:e:dc qu^-. 
Ire. Cepepdant, selon Jiqin^.(jaisU.des joiqdo l>^8*92)i 
cbâque braqche serai t. composée de troiaarticulatioos^ufcaîs 
il paraît qu'iJ .p'a pas teau co^ipte du. prefpier^^iija, véritë 
très court, de la branche P08t^r;fiure(,i). L^aeiimer^ dans 
tous ces. lopbyropcs, Qstterniiaépar urçis . filet^; ;et çhacuft: 
4es précédents eu jette.uD auti;e f. çqs (il.ets sont «fpiples ou. 
barbus. U existe aussi deux auJ^resan^emies^.ins^f très caui^^n 
les, suitout dans le^ femelles | situées à Textr^ité antf^ 
Heure et inférieure deia téle| et qui n'ont un s^ul article), 
^vec une ou deux. soies au bout. . i; 

Leà PoLTPÈEMi^. rPofc^MEJ*y«- Miitl.') 

Ont, de même que les daphnies et .les lyncées^ leurs an- 
\ennes en forme de rame^^ divisée» en. de^x branclie^j mais 
chacune d'elles est comppsée.^Ç P°<i articles* De plus, Ici^r 
téte^ très 4iatincte et arrondje, por^e sur une. espèce de. 
cou^ est presque entièrement occupée par ui) ,gçand oe\l. 
Leurs pattes. sont entièrement à découvert. • , 

On n'en contait encore^ iq.a'uAQ. seule i^pèce, le po^y^ 

phèmedes éUtfigs{i)» 

Selon Jurine, les pattes ne ressemblent en rien aux mp* 
bodes de cette division. £lles se composent d'une cuisse > 
d'une jambe , d'an tarsie de denx articles , et àe Textrémitc 
duquel sortent, celui de la dernière paire excepté, quel- 
ques petits fileis. De l'extrémité antérieure de la tôte sail- 
lent deux petites antennes , d'un, seul article^ terminé par 
deux âlets. La coquille est tellement transparei^le, qu'on 
peut distinguer tous les viscères. La matrice ,. lorsqu'elle 
est pleine dVeufs, occupe la majeure partie de so^ intérieur. 
Leur nombre, dans les fortes pontes^ n'excède pas celui 
de dix. Lorsqu'on suit le développement graduel des 
fœtus, on est frappé de la prompte apparition de l'œil, 

« ■ ' ■ ■ ' .un i. 

(i)M. Ramdohr Fa reoda dam les figures n et vu, tab. v, de ces 
aateimes. 

(ji) Monioculus pediculus. Lin ; Ijcg. , Insect. , VII, xxvin, 6«j3{ 
Pofyphemui ooutusy MuUer, estom. xx, i-Sj €ephai<)çuluf stagna- 
nuHj Lam. V Jorin., Monoc. ,xy, i-3 ^ Desmar., Coosvd. , liv,,i, a..- 



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l6i4 cnUSTACfis BfÎANCHIOPODES. 

compàrativemiebi II cblië désautres parties du corpï. Il est 
d'abord vardâtrli et nèpasse qu'insensiblement au noir foncé. 
L'abdomen-^ aprë's s'être' contourné sur lui-même, de der- 
rière en avant '^ se replié subiléivent en arrière pour former 
utie longue queue, gféle, pointue, dfè laquelle sortent deux 
longs filets articulés. L'animal nage toujours sur le dos et 
le plus souvent horizontïilement y cotnmuniquant à ses bras 
ou rames , %t à ses pattes dés mouvements vifs et répétés; il 
exécute; avec beaucoup dé prestesse et d'agtfité, toutes sortes 
d'évolbtibnè^ 11 est sujet, dans sa jéiinessé et après ses premiè- 
resmues, àlamaladiedela selle (t^q^. ci-après); mais cette selle 
a toujours une figure déterjuinée , et ne renferme jamais les 
deux boules ovales qu'elle présente dans les daphnies. Réduit 
en captivité , ce crustacé ne vit pas long-temps, et les petits ne 
peuvent s'élever , du moins Jurine n'a-t-il pu les conserver 
après les premières mues, ni observer la suite de leurs géné- 
rations, lî'u'a reconnu de mâles dans aucun des individus 
qu'il rf gardés. *Vla vérité, il ta*a pu s'en procurer qu'une 
petite quanthé , cette espèce étant rare dans les environs 
de Genève \ mais il paraît qu'elle est très commune dans les 
marais et les étangs du Nord , et qu'elle y forme des attrou- 
pements considérables. 

Les Daphnies. (Dafbnia. MiilL) 

Ont leurs rames toujours découvertes jusqu'à leur base ou 
l'origine de leur pédondule, aui^si longues ou presque aussi 
longues que le corps, divisées en deux branches, dont la 
postérieure de quatre articles , avec le premier très court', 
et l'autre ou rànlérieur de trois; leur œil est petit ou en 
forme de point^ et si l'on en excepte quelques espèces, Von 
ne voit point, comme daiVs les lyncées, en avant âe lui, 
une petite tache noire, etî forme de point , que Millier avait 
prise pour un second œil (i). ' 

Quoique l'organisation de ces crustacés semble, par l'ex- 
. . - * 

(i) Cest aussi le sentiment de Ramdolir, Monoc., pi. ▼, fSg. it et 
m , 6 ; et comme il l^a découvert dans la daphnia sima , il serait possible 
<|ue ce caractëre fût common , quoique peu sensible dans diverses espèces, 
à ce sons-genre et aux lyncées. Scha^fifer avait déjà observé cetu Uch«. 



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SECTIQlf DÈS LOJPH^YliQPfiS. l65 

tréme petitesse de ces animaux^ Revoir se sf>iMtraire au^.n^ 
gards de l'observateur, il n'ep ^st guèyepependant de mieux 
connue. Sans parler de ceux qui se sont ispécialemeat occu- 
pés de recherches microscopiques , quatre natui:alistes des 
plus profonds, Schaeffer, Ramdohr^ Straus, Jurine père, 
mais surtout le troisième^ ontétudié ces animaux avec l'at- 
tention la plus scrupuleuse. Si quelques détails d'organisa- 
tion ont échappé au dernier^.les recherches de MliJU Ramdqhr 
etStraus y suppléent ; Jurïne^ d'ailleurs^, complète les oj^ser- 
▼ations de ceux-ci sous le rapport dp^.lialxitudeaf qu'il a long* 
temps suivies et très bien observées. La bouciie est située en 
dessous, à la base du bec; novisc^nsidérons^avecM^Aaindobr, 
comme un chaperon de forme alongée, la portion, in/i^rieiir^ 
delà téte^^queM. Straus appelle labi*^ y et nous appliquerons 
cette dernière dénomipation k la. partie qu'il nomme lobule 
postérieur du labre. 1 mmédia temçn t au-dessous.^oot 4eux 
mandibule» (mâchoires intérieures, Ramd.) ti^ès fortes , 
sans palpes , dirigées verticalement et appliq^é^ sur deux 
mâchoires (i) horizontales, tennipées par trois épines ro- 
bustes, cornées, en forme de crochets, recourbés^ VienneinX 
ensuiée dix pattes, ayant toutea le second article vé8icv,leux; 
les huit premières se terminent par une expansion en forme 
de nageoire, garnie sur ses bprds de soi^ oude^^^fs l>arbus, 
disposés en manière de couronne ou de peigne; le» d^H^ anté- 
rieures paraissent plus spécialement ptopresàla préhension; 
aussi M. Ramdohr les prend-il pour des palpes dojil^Ies (l'ex- 
terne et l'interne) ; ce sont les mêmes pièces que Jurine ap- 
pelle ailleurs (cyclopes) des mains. Dans les figures qu'ils 
en ont données , lea soies terminales paraissent .éire 
barbues : nous ne voyons pas dès ior& pourquoi. tcea appen- 
dices ne pourraient pas servir à la respiration, piqpriété (3) 



(i) Les mâchoires extérienres, dans la uomenclatare de M. Ramdohr. 
Jurine nVjant pas détaché ces parties des i>rëc^deDtes , a sappos^ que 
celles - oi e'Udent accompagnées d^ane espèce de ioaspape et d'un p«lpe. 
Hist. des monoc. , IX , fig. 13-17. 

(a) Saivant M. Straus, let cjpns et les cjdiërees nç sont, point de 
véritables brancKiopodes. attendu que leurs pattes n^ontpoinl ae bran- 
cbict; mais, comme noas Tavotts déjà qbsarv^ > les soies ou poils des 



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iiS6 CRtJstÂcôà BR A.ï;rcuiotoDiîs. 

que M. S tfraus fa'accorde qu'aux suivantes , parce que celfes- 
ci ont de ^lus au coté interiie une lame qui ^ à l'exception 
âéi deux dernîërè^, est bordée d'une rangée de soies^ en 
nlanière de peigné, el pareillement barbue, à en juger dV 
prës les fignrcs de Jarine et M. Ramdohr. Les deux dernières 
jattes onf une structure un peu différente^ et M. Ramdohr 
les distingue sous le nom de serres^ L'abdomen , ou le corps 
proprement dit, est divisé eh huit segments, parfaitement 
libre entré ses valves, grêle , alongé, recourbé en-dessous k 
son extrémité^ et terminé par fleux petits crochets dirigés 
en arrière. Le sixième segment présente en-dessuS une rangée 
de quatre mamelonS; formant des dentelures^ et le quatrième, 
une sohe de queue (i). Les ovaires sont placés le long des 
côtés", entre ce segment et le premier , et s'ouvrent séparé- 
ment près* du dosy dans- une cavité (matrice, Jurine) située 
entre la coquille et lé corpS; où les œufs restent quelque 

temps après la ponte 

Miitler a donné le nom &*tphtppium ou de selle à une 
grande tadhe obscure et rectangulaire qui^ k certaines épo- 
ques de l'année et surtout en été , se montre, aprëft la mue 
des femelles /à la partie supérieure des valves de la coifbille, 
et'que Ju^ine attribue à uneinaladie. Selon M. Straus, cet 
ephippioi "présente dexxx ampoules ovalaires , transpa- 
rentes, plhiîées Tune au-devant de l'autre, et formant avec 
celles du côté opposé ddux petites capsules ovales, s'ouvrant 
comme unfe capsule bîi^àl^e.U se partage, ainsi que les valves 
dont il fait partie, ^n deux moitiés latérales, réunies par 
une suturé le longdelçur bdrd supérieurs; son intérieur en 
offre un autre semblable, inais plus petrt , à bords libres, 
si ce n'e^t le supérieur, qui tîentaux valves, et dont lesdeux 
moitiés jotfant en char nicré l'une sur l'autre; présentent 
les mêmes ampoules que les battants extérieurs. Chaque 
capsule renferme i^n œuf à coque cornée et ver.dâtre , sem- 

deux anti^neares cl celles des antennes , pourraient, tout ansri bten que 
celle» dc^ palpc«*ct des premières 'mâchoirei , rchapUr les fonction» 
brancliiales. . . * . 

(^î) No'us omcîibns d'autres dclâil» a organisation , parce que lc« uns 
ne peuvent ctrfe saisis qu'au moyen de figures , et que les autres paraissent 
Atre comfnu'ns a la plupart des Drancliiô})odes. 



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SBCTIOIf DES LOPHTROPliS. 167 

Bl^jUe, di| re^tej aux ceufs oidînaires^ mais, d^mçurant 
pjoji long-temps à se développer et devant, passf^r i'kiver 
sou> cette fo.rme. A Tcpoqae de la xnuey l^éphippium^ ainsi 
que ses œufs, esL abandonné avec ]a 4épouîlle dont il fait 
partie : elle sert d'abri à ces oeufs pendant le froid. La.cha* 
leur du printemps les fait éclore, et il en sort des petits abso« 
lumjent semblables à ceux que donnent les œufs ordinaires. 
Sch^fEer a dit qu'ils peuveqt rester fort long'temps dans 
rétat de dessiccation sans que le germe soitaltéré; m^is aucun 
de ceux que M. Straus a conservés dans cet état n'est éclos* 
llssont absolument lîbreSi ou s^ns adhérçi^les uns aux autr^s^ 
dans les cavités qui. leur sont propret,. Selon Jurine^ ilapeu^ 
vent^ en clé, éclore au bout de deux ou trois jours. Sous Iq 
climat de Paris, on Bff. Straus le«| a. observés à toutes les 
époques de Tannée » il fsiut au moins cent heures. Le 
fœlos, vingt beurres après la popte, n'offre qu'une masse 
arrondiiç jCt inforn^c;, sur laquelle on remarque ; quand on 
Tc^^Aminc de près, les rudimepts. obtus des bras, en forme 
de moignons très courts et imparfaits, collés contre le corps; 
la tèt« ni l'œil ne sont visibles ; le corps, vert ou rougeâtre^ 
et ponctué de blanc comme les œufs ^ ne fait encore aucun 
mpuvjeipent. Ce. n'est qu'à la quatre-vingt>dixièma heure , 
et lorsque l'çeil a paru y que les bras et lefi va.lves se sont 
aloDgés, que le fœtus commence à se mouvoir- A la qentièmc 
Iieure^ il est déjà très actif; enfin à la cent diii,ième , il uq 
^\f(hve.di^ petit venant de naître, qu'ien ee, que les soies dea 
rames sçnt encore collées contre leur tige, et que la queue 
des valves es^i fléchie en dessous . et reçue entre Içs. bo^d^ 
iuférieucs de ces pièces. Vers la fin du cinquième jour , la 
queue, qui termine les valves dans le jçune âge, et les soies, 
des bras, se débandent comme un ressort, et les pattes com- 
mencent plors seulement à, s'agiter. Les. petits étant eu état 
de paniître.au jo^rj, la mère abaisse. aussitôt son abdon^n ^^ 
et ils s'élancen^ ^ dehors. Des oeufs nauveiUtfUâpt, pçndus 
et placés dans un bocal , où M. Straus les a suivis., se sout 
développés de la inâme manière. Jurioe nous a ^m^'i donné ^ 
suf IcA chan{;emepts progccvssifs dç;s foetus de^ daphnies , des 
observations analogues, mais faites çn hivc^r; et cogime les, 
petits ne sont cclos que le dixième jour, il a eu l'avantage 



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l68 CnUSTACÉS liaANCHlOPODBS. 

de pouvoir mieux itaisir et préciser ces développemenU. Le 
premier jour, Tœuf présente une bulle centrale, entourée 
d'autres plus petites, avec des molécules colorées dans les 
intervalles. Ces molécules et ces bulles paraissent destinée» 
à former, en s'agglomérant , en se rapprochant du centre et 
finissant par disparaître , les organes. Le sixième jour, la 
forme du fœtus commence k se prononcer ; le septième, Ton 
distingue la tête et les pattes ; le huitième , Tœil parait ainsi 
que Tintestin ; le suivant. Ton commence k distinguer le 
réseau de cet œil; les bulles ont presque entièrement dispara, 
à l'exception de la centrale, qui occupe le canal alimentaire, 
sous le cœur; le dixième, le développement du fœtus est 
terminé, le petit sort de la matrice, et reste un moment 
immobile. 

Les mâles, du moins dans les espaces observées par 
H. Straus, sont très distincts des femelles. La tète est pro- 
portionnellement plus courte ; le bec est moins saillant ; les 
valves sont moins larges et moins gibbeitses supérieurement 
et baillantes en devant, de sorte qu'elles présentent eu cette 
place une large ouverture presque circulaire. Les antennes 
sont beaucoup plus grandeif, offrent l'apparence de deux cor- 
nes dirigées en dessous, et que Millier a considérées comme 
les organes sexuels de ce sexe. M. Straus n'a pu découvrir ces 
parties sexuelles; mais il a remarqué que l'onglet tciminant 
le dernier article des deux pattes antérieures ( les secondes , 
en supposant'que les rame!^ soient les premières) est beau* 
coup plus giand que dans la femelle, qu'il a la forme d'un 
tivs grand crochet , fortement recourbé en dehors, et que la 
soie du troisième article est également beaucoup plus lon- 
gue; ces crochets lui servent à saisir la femelle. Les mame- 
lons du sixième segment de l'abdomen sont beaucoup moins 
sensibles et sous la forme de tubercules, dans le premier âge. 
Aux antennes inférieures près, plus longues dans les mâles, 
les deux sexes se ressemblent presque, et les deux valves de 
leur coquille se terminent, dans l'un et l'autre, par un stylet 
dentelé en dessous , arqué vers le bas et d'une longueur éga- 
lant presque celle des valves. A chaque mue, ce stylet se rac- 
courcit, de sorte qu'il ne forme plus, dafts les adultes, 
qu'une Simple pointe obtuse. 



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SECrriOlf DES LOPHTRO^BS. l6<) 

hes mâles sont très ardents à la poursuite de leurs femel- 
les «C souvent du m6me individu. 

Un seul accouplement féconde la femelle pour plusieurs 
générations successives et jusqu'à six au moins ^ ainsi que 
Ta constaté Jurine. M. Straus remarquant que les orifices 
des ovairfl sont placés très profondément sous les valves, et 
que des lors aucune partie du corps du mile ne pourrait y 
atteindre y soupçonne qu'il n'existe point chez lui d'organe 
copulateuT^ et qu'il se borne k lancer la liqueur fécondante 
sons les valves de la femelle, d'où elle s'introduit dans les 
ovaires^ mais l'analogie semble repousser une telle conjec* 
ture (i). Jurine a vu leur accouplement; qui dure au plus 
de huit à dix minutes. Le mâle , placé d'abord sur le dos de 
la femelle ; Ja saisit avec les longs filets de ses pattes anté- 
rieures; se portant ensuite vers le bord inférieur de la co- 
quille de celle-ci ; et approchant la sienne de son ouverture, 
il y introduit ces filets ^ ainsi que les crochets ou harpons 
de ces pattes. Il rapproche ensuite sa queue de celle de sa 
compagne, qui d'abord se refuse k ses désirs, court avec 
une grande vitesse, le transportant avec elle, mais qui finit 
par céder. De petits corps ^ en forme de grains colorés en 
vert, en rose ou en brun | selon les saisons ^ composant les 
ovaires/ remontent graduellement dans la matrice et y de- 
viennent des œufs. Jurine observe que les mâles de la ( D. 
puce) sont en petit nombre ^ comparativement 2i celui des 
femelles; qu'au printemps et en été, on n'en trouve que 
difficilement , tandis qu'ils sont moins rares en automne. 

Environ huit jours après leur naissance, les jeunes daph- 
nies changent pour la première fois de peau, et continuent 
ensuite la même opération , tous les cinq à six jours, selon 
le plus ou moins d'élévation de la température; non seule- 
ment le corps et les valves , mais encore les branchies et les 
soies des rames se dépouillent de leur épiderme. Ce n'est 
qu'à la troisième mue que ces crustacés commencent à pro- 
duire. Leur ponte n'est d'abord que d'un seul œuf, puis de 
deux ou trois, et augmente progressivement, et va même 
jusqu'à cinquante-huit Ans une espèce (17. magna)» Vn 

(i) P^OY' Jarine, Hiu. des mon. , pag. xo6 et soiv. 

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170'. ÇRtTSTACÊS BIlAffCHlOPODBS. 

jour après la poDte, la femelle change âe. peau^ ci Vof^, 
trouve daas les tégumepts qu'elle abaodonne , \e$ coques 
des œufs de sa dernière ponte. Un moment après, çlle en 
fait une nouvelle. Lés jeunes d'une même portée, soni 
presque toujours du même sexe, et il est assez ra|^ de tro|j^- 
ver dans une portée de femelles deux ou trois mâles, et v/ce 
versa. Mais sur cinq à six portées des mois d'été , il s'eh 
trouve au plus une de mâles. On rencontre souvent des in- 
dividus dont les téguments sont d'un blanc lal|eux , opaque 
et épaissi ,^ans que pour cela ils en paraissent affectés,; 
*au renouvellement de leur test, on n^aperçoit sur lui quQ 
de légères traces dei cette altérs^tion , et q^uL se manifestent 
par desri|gosités. 

Ces crustacés cessent de se reproduire et de muer aux ap; 
])roches de rjiivcr, et finissent par périr avant le com.men- 
ccmcntdes gelées. Les œufs contenus dans les epbippiums^i et 
qui 'avaient été pondus pendant l'été, écl osent dès les pre- 
mières chaleurs du printemps suivant; bientôt les mares 
sont de nouveau peupiéçs d'une infinité de daphnies» PI U; 
sieurs naturalistes ont attribué la couleur sanguine que ces 
eaux prennent quelquefois, ^ la présence de myriades de ^ - 
D* puce ; mais M. Straus. dit n'avoir jamais observa ce fait^ 
c\ que cette espèce est en tout temps peu colorée. Le matin 
et le soir, et même pendant le jour, lorsque le ciel est cou- 
vert, les daphnies se tiennent habituellement à leur surface^ 
Mais d^ius les grandes chaleurs, et lorsque le soleil donne 
avec ardeur sur les marcs ou eaux stagnantes qu'elles habi- 
tent, elles s'enfoncent dans l'eau, et se tiennent à six ou 
huit pieds de profondeur ou ^avantage; souvent on n'en 
voit pas une seule à la surface. Elles, nagent par petits bond^,, 
plus ou moins étendus , suivant que leurs rames sont plus 
ou moins iongqes , et que le bouclier rçcouvraiit le devant 
de leur corps déborde plus ou moins, la grandeur de celle 
saillie pouvant gêner Içurs mouvements. Au témoignage de 
iWr. Straus/ leur nourriture consiste exclusivement en petites 
parcelles de substances végétales , ({ue ces animaux trouvent 
au fond de l'eau, et très souvent en conferves. Ils ont con- 
stamment refusé les substances an inhales q^u'il Içura offei^s. 
Il leur a souvent vu^valer leurs propres excréments, en- 



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ÂBCTIÛIf DES LOPHTÈOPtS. 1^1 

tniloës par le courant d'eau que produit Faction dç leurs 
pattes^ et qui porte leuraftment ordinaire vers leur bou- 
che. Les crochets qui terminent rextrémité ie leur queue 
leur servent ht nettoyer leurs branchies. 

La Daphniepuce, la plus comtnune de toutes (Hfonoculiis 
fmiex-ylÀn.); Pulex aquaticus arborescens , Swamm.^ Bib. 
iiat. , xîxi ; le Perroquet d'eau , GeofF. , Hist. ins. , U , 
pag. 455;SdiaefF;, Die Griio., arm., Polyp. , i^S5, 1, i-8; 
Straus. y Mem. dv Mus* d'hisa. , M y ixix, i — ao ) Jurin., 
Mon., VIII — ^xi, a , selon M. ^raus , l'e bec grand , convexe; 
les soies des rames plumeuses ; le premier mamelon du 
sixième segment en languette; les valves dentelées au bord 
inférieur^ terratuëes par une queue courte^ obtuse dans les 
femelles. Ce dernier caractère la distingue d'une autre ' 
* espèceavec laquelle on l'a confondue ^ la Z>. longue épin^ 
( Z?. longispinày Str., Dcg. insect, VU, xxvii, i — 4)» Li 
femelle est longue de quatre millimètres (i)« 
Le dernier sous-genre des lophyropes est cçlui de 

LvifCEE ( Ltnceus. Miill. -^ Chilodorus, Leach. }, 

Qui ne se distingue guère du précédent que, par sesrames^^ 
évidemment plus courtes que la coquille, et doi^t la por^ 
tion inférieure ue fait peint ou presque pas de saillie. Selon 
M. Straus, les articulations de Içura branches seraient plus 
nombreuses que dans les sous-gçnres précédents. Tous ont 
au-devant de leur œil une petite ^che qui a Tapparence 
d'un autre œil. Le bec est proportionnellement plus pro- 
longé que celui des daphnies , courbé çt pointu (!)]. 

La seconde; section desBranchiopodeç, celllç des Pbyllo- 
PES {Phyllopa), est distinguée, aipsi.que nous l'avons dit^ 
de la première^ àj;aison du nombre. des pieds, qui est au 
n^oins de vingt (3j et ^e la Forme lamellaire ou foliacée 4o 

(t*) y^ojrtz f pbar le» aotres cs'p^es , leM^bire prëdt^ de M. Straos î 
Maller, Entom., et |iirîn<*, Hist. des monocles, seconde fnmille , poQ. 
lA.^.jU^^ n Itfig aSi.-2ûo« Vog^ aossU paot Je&J2» ùmajOL longitpinaj 
Bamd. , Monoc. , y^yii. 

^a) ytfyez Mûller , Eotom. , G. fynceus^ Jurine , Monoc. , pag- i5i- 
ji 58, et Desmar., Consid., 3^5.-378. , ,j • » ; •. » .1 

(3) Ces anlniaax rcprcscnteat , dans la classe des crustac<U , les mjria- 
podes de celle des insectes. 



^ 



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i^) GUUSTACés BRANCHIOPODBS. 

leurs articles. Les yeor sont toujours au nombre de deux, 

et quelquefois pédicules: plusieura encore oui un ceil ]]'s8e« 

Ces crustacés se. distribuent dans deux grouppea princi- 
paux. 

Les uns (CiRATOPHTEALMEs, Ceratophtboima jLàin) OUI dix 
paires de pattes au moins et ving^deux au plus, sans corps vé- 
siculaire à leur base, et dont les antérieures, jamais beaucoup 
plus longues que les autres, ni ramifiées. Leur corps est ren- 
fermé dans un test en forme de coquille bivalve, ou nu , avec 
les divisions thoraciques portant chacune une paire de pattes 
à découvert. Les yeux sont tantôt sessiles, petits et très rap- 
prochés; Un tôt, et le plus souvent, situés à Textrémité de 
deux pédicules mobiles. Les œufs sont intérieurs, ou exté- 
• rieurs et renfermés dans une capsule de la basede la queue. 

Ici lesyeux sont sessiles, immobiles, et le corps est ren- 
fermé dans un test ovale, ayant la forme d'une coquille 
bivalve; les ovaires sont toujours intérieurs. Tels sont 

Les LiMNADiES. (LiMNADii. Adolp. Brong. )(i) 

Qui se lient tellement avec les précédents que la seule espèce 
connue avaitété placée parmi les daphnies par Hermann fils. 
Le test est bivalve, ovale, et renferme le corps, quiest alongé, 
lîiiéaire et infléchi en avant. A la tète, se confondant pres- 
que avec lui , sont : i*^ deux yeux placés transversalement et 
très rapprochés; 2<* quatre antennes, dont deux beaucoup 
plus grandes, composées chacune d'un pédopcute de huit 
articles , et de deux branches ou filets, sétacées^ divisées en 
^huit articles, et un peu soyeuses, et dont les deux autres et 
intermédiaires, petites, simples, élargies à leur extrémité; 
3® la bouche, située au-dessous, consistant en deux mandi- 
bules renflées, arquées et tronquées à leur extrémité infé- 
rieure, et en deux mâchoires foliacées. Ces parties forment, 
réunies, une sorte de bec inférieur. Lç corps propremisnt 
dit est divisé en vingt-trois segments , portant chacun , k 

(i) Dans mon ouvrage sur les femilles natarellès du règne animal , ce 
sous-genre compose, arec oelui à'apus^ ma famille des aspidiphores ; 
Il se rapproche de celnl<<i fMf U nombre des )>attes, et des daphnies par 
le test. 



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SECTION DES i^fitLLOPES. 170 

TexcepliOD da dernier , une paire de pattes branchiales. 
Toutes ces pattes sont semblables y très comprimées^ bifides, 
avec la'dtvision extérieure simple , ciliée au bord extérieur, 
et l'autre quadriarticuléc et fortement ciliée au bord interne. 
Les douze premières paires sont de même lonjjueur et plus 
grandes que les autrès^la longueur de celles-ci diminue pro- 
gressivement. La onzième paire et les deux suivantes ont à 
leur base un filet mince ^ remontant dans la cavité qui QSt 
entre le dos et le test^ et sert de support aux œufs. Le dêr« 
nier segment ou la queue se termine par deux filets. Les. 
ovaires sont intérieurs et sUués sur les c6lés .du canal int^sr: 
tinal f depuis la base de la première paire de pieds jusqu'à ' 
la dix-huitième , et leur issue paraît être située à la racine 
de quelques-uns d'enlre^-eux. Les œufS; après la ponte, oc- < 
Guperit la cavité dorsale/ dont nous ayons parlé, ety soht* 
attachés an moyen de petits^ filets, adhérant eux- même &* 
ceux des supports. lis sont d'abord ronds et transparents ;- 
ils prennent ensuite une teinté jaunâtre, qui 's'obscurcit 
après au centre, et leur figure devient irrégulîère et arigu^* 
laîre. . - / 

• Toiisles individus observés par M. Adolphe Bron^gnfaK, 
en étaient pourvus. Les mâles , supposé qu'il en étiste/ ne 
paraissent pas k la même époque que les femelles ,' c'èst^'ài- 
dire au mois de juin , et sont inconnus. ' - ^ ■ \. 

Jjà LÂmniuiie d*Hàrmaun (Limnàdia Herriiaht ^ Addl. 
Brong. , Mém. du mus. d'hist. nator. , VI, -ÙnyDttphfnia 
gigaSy Herm., Mém. apterôl > V. ) ^ ^^^ trouvée eh gi*ànd' 
nombre dans les petites mares de la forêt de Fontainebleau. 
Là , chaque œil est situé à l'extrémité d^un pédicule , fotth^' 
par le prolongement latéral et en forme de corne de chaque 
cêté de la tête. Lecorps est nu,sanstese^ etannelédans toute' 
s» longueur. Les femelles portent leurs (eufs dans une cap- 
sule alongëe située vers la base de la queue , dans ceux où 
il se termine ainsi , ou k l'extrémité postérieure du corps et 
dtt thorax, dans ceux où il n'y a point de queue. 
Ceux-ci ont une queue. 

Les Artexies. ( Aateicia. Leach. ) 

Dont les yeux sont portés sur de très courts pédicules; 



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1^4 GllUSTAGÉS BfiASiCaiOFODES. 

dont la tète se confond avec un thorax ovale., portant dix 

paires dé patlc?, et terminé par une queue longue et poiutuc. 

Leurs antennes sont courtes et subulées. 

VArtémie saline ( Qincer salinus^ Lin.), Mon tag .; Tran s. 
soc. linn. , XI , XIV, 8-IO) Gammàrus salinuSj Pab.; Desm., 
Cdnsid. , pag. igi, est un ir^ petit crustacé, que Ton 
trouve cominuDémeni dans les niarais salants de Lyming- 
ton ; ëa Ançteterrè , lorsque Tévaporation des eauift est 
très avancée, mais sur lequel nous n*avoas éacoré que 
dès tèhseigtiêméots très imparfaits. 

Lét BaAMOsnnBS; (BaA-ircRiPUS. Lat. — CAêf*DffepAa/<i5«Béhédtct 
^ ♦ Prévost. Jurin.) 

» .Ont les yeux portas sur des pédicules trës saillanu, \0 
corps étroit, aloogé ^etcomprimé; la tête distincte du Irooc, 
diversement appendicée selon les sexes ^ avec deux sailliei» 
ea forme de cornes entre les yeux ; ookc paires de pattes ^ 
et la queue terminée par deux feuillep plus ou moins aloQ- 
g!^a et bordés de cils. , •. 

Quoique Scbsffer et Bénedict Prévost (i) aient do^né 
des monographies très détaillées sur deux espèces de<:c 
genre , ces travaux néanmoins sont : encore impai^farit^y 
qiiautà la cotiuatssance. approfondie et comparative de Tor^ 
ganisation buccale et de quelques autres parties de la tèlfi. 
Considétés dans les deux sexes, ces animau nous pré- 
senteAt les généralitéa suivantes .: le corps est presqoe 
Qliformèf composé .d'une tète distincte du tronc par une 
espèce de cou; d'un tronc ou tliorax creux en dessous 
dans sa longueur , divisé , du moins eo dessus , le cou ûOn 
compris, en onze segments, portant: chacun une paire de 
pattes branchiales y très comprimées ^ . généralement corn* 
posées de trois articles lamellaires^ ayec les bords garnis, 
d'une frange de poils ou filets bar)>us; et d'une queue alon- 
gée, allant en pointe;, de neuf segments, terminée par deux 
feuillets plus ou mojns alongés-, bordé de cils* Le dessous 
— - ■ 

(i) Mémoire sur le chirocéphale , imprime à la «aile de rHistoire des 
monocles d« feâ Loiib J^uriAe, et qui ayatt à^]k paru dans le Journal de 
phjslciae. 



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SBCTiOIt brs PHTLLOPES. IjS 

de ton second segment présente les organes sexuels mas- 
culins ^ et dans la femelle un sac alongé, contenant les 
^ufs qu'elle est près de pondre« La tête offre ^ i<* deux yeux 
â réseau écartés , situés à l'extrémité de deux pédoncules 
flexibles, forQiés par des prolongements latérauk de ja tété ; 
0,'^ deux aiitcnnes au moins ^ frontales y guërès i^lus longues 
que la tété, menues, filiforme^ composées dé très petits 
articles; 3^ deux saillies^ au-dessous d'elles ^ tantôt eq forme' 
de cdrnes et d^un seul article, tantôt dfgitiformes ( le pre- 
mier doigt dès mains, Bénéd. Prévost ) , de deux articles ; 
4® une bouche inférieure, composée de .deux sortes de' 
mandibules dentées, sans palpes, et de quelques autres 
pièces. Nous présumons que ces saillies en formé de 
cornes ne sont qu'un appendice ou division, mais' plus 
grand et autrement conformé dahs les mâles ^ des an- 
tennes frontales ; les deux autres antennes peuvent fnan- 
Ijuer ou s'oblitérer dans les ferae\les , et former dans 
Pautré sexe de l'une de ces espèces ( Chirocéphale Jm- 
p^o/té, Prévost ) ces singuliers tentacules, appendices et 
dentés, éo formé de trompe mollasse, pouvant se rol^ter 
en spirale , que Bénédict Prévost désigne sous le nom' de 
doigts des mains. U est probable que la bouche a ainsi que 
dans les apus j deux paires de mâchoires, une languette et 
tin labre y mais dont les formes et les situations respectives 
n'oni pas encore été bien reconnues. Il iné paraît hors de 
doute qnc cette pièce, en forme de bec ,^dont parle Schajf- 
fer, et que M. Prévôt appelle soupape, riè soit le labre; 
que les quatre corps ou mamelons placés skir les côtés et 
mentionnés par le premier ne soient lés mandibules et les 
deux inâchoiiès supérieures; et que lés pièces^ considé- 
rées par le second bomme des barbillons ne soient aussi 
maxillaires. Les deux premières pattes , qui, suivant ScKsef- 
fer, né sont composées que de deux articles, et dont le 
dernier allant en pointe, représenteraient les deux premiers' 
pieds-mâchoires des ctustacés décapodes , et leç deux gran^ 
des pattes a nten ni formes des apus. {Voyez la i" partie des 
Mémoires sur les animaux sans vertèbres, de M. Saviguy') 
Les piincipaux organes ^xuels masculins, ou du moi h ?^ 
«eux que l'oh regarde comme tels', consistent en dt^Aix 



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/ 



176 CRUSTACÉS BAAIfCfilOPODBS. 

corps conoïdcs , biarticuJés et ne sortant que par la près* 
sien ( SchsefFer }^ situés sur le dessous du second anneau , 
et auquel aboutissent des vaisseaux, partant du premier. 
M. Prévost présume que leS deux vulves de la femelle sont 
à l'extrémité de la queue, mais ne donnent point issue aux 
oeufs. Cette issue (deux ouvertures, selon Scbaeffer) est 
au second anneau, et communique intérieurement avec le 
sac renfermant les œufs et servant de matrice extérieure» 
Mais nous ne connaissons aucun crustacé dont les organes 
sexuels féminins soient placés k l'extrémité postérieure du 
corps , et dès lors cette opinion nous parait peu fondée. 
Les observations de ScbaefiFer sur les poils des pattes de 
ces crustacés nous montrent qu'ils sont autant de canaux 
aériens, et la surface même des pattes dont elles se compo- 
sent ; parait absorber une portioa de Pair, qui s'y attache 
sous la forme de petites bulles. 

Le Chirocéphalc diaphane de Bénédict Prévost , et qui 
nous semble avoir les.p] us grands rapports avec notre hran-- 
chipe des marais y tXlonx^o\%mAïXiQ ilendiff%re, a en sortant 
de l'œuf, le corps partagé en deux masses à-peu-prëa 
égales, et presque globuleuses. La première offre uq œil 
lisse , deux antennes courtes , deux très grandes rames 
ciliées au bout, et deux pattes assez courtes, grêles, de 
cinq articles. A la suite delà première mue, les deux yeux 
composés paraissent , le corps s'est alongé postérieure* 
ment, et se terihjne en une queue conique, articulée, 
avec deux filets au bout. Les mues suivantes développent 
graduellement les pattes, et les rames s'évanouissent. La 
soupape, qui dans le jeune âge s'étend jusque .sur le 
ventre et le recouvre, diminue aussi à proportiQn. 
Les branchipes se trouvent, et ordinairement en grande 
4ibondance , dans les petites mares d'eau douce et trouble, 
et souvent dans celles qui se forment à la suite des grandes 
pluies , mais particulièrement , à ce qu'il parait, au prin- 
temps , et en automne. Les premiers frimats les font périr. 
Us nagent avec la plus grande facilité sur le dos, et leurs 
pattes, incapables de leur servir à la marcbe, présentent 
alors un mouvement ondulatoire très agréable à voir. Ce 
mouvement établit un courant d'eau entre elles, et qui sui- 



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SBCTION DES PHTLLOPBS» |^y 

VKot le C9oài de k poitrine , porte )^ h booche les petits cor- 
poscoles dont ranimai se nouvrit ; mais lorsqu'il yeul 
«^Tancer ^ il frappe vivement Teau de droite et de gauche avec 
SB queue, ce qui le fait aller comme par bonds et par sauts» 
Retiré de ce liquide, il remue pendant quelque temps sa 
q»eue y et ee recourbe circulairement. Privé d'un degtfé seif* ^ 
fisant d'humidité, il ne fait plus aucun mouvement. 

Au rapport de Bénëdiet Prévost , le mâle de l'espèce qui 
«si l'objet de son mémoire , voulant s'accoupler, nage aii-r 
dessous de sa femelle , la saisit au cou avec les appendices 
en forme de cornes de sa tête , et s*y tient filé, jusqu'à ce 
que celle-ci recourbe l'extrémité postérieure de sa queue , 
afin de rapprocher les deux valves des organes copulateurs ; 
cet accouplement ressemble ainsi ii celui des libellules. Les 
ceufs sont jaunâtres, d'abord sphériques, ensuite anguleux, 
avec la coque épaisse et dure, ce qui favorise leur conser^ 
' vation. Il paraît même que la dessiccation, à moins'qu'elle 
ne soit trop forte , n'altère point le germe , et que les petits 
éclosent lorsqu'il vient à tomber une quantité de pluie suffi- 
sante. M. Desmarest a souvent observé des branchipes dans 
de petites flaques d'eau pluviale, sur les sommités des grès 
deFontainebleau.Lesfemellesdeschirocéphaiesfontplnsieurs 
pontes distinctes, à la suite d'un seul accouplement, char 
cuue en plusieurs reprises, et qui durent ensemble quel- 
ques heures et jusqu'à un jourentier. Chaque ponte est de 
cent à quatre cents oeufs; ils sont lancés au dehors avec 
beaucoup de vitesse, par. jets de dix ou douze, et avec 
assez de force pour pouvoir s'enfoncer un peu dans la 
vase. 

Bénédict Prévost a observé que le chirocépbale diaphane 
était sujet à quelques maladies, dont il donne la descrip^ 
tlon. Cette espèce, ainsi que nous l'avons dît, nous 
semble peu ou point différer de notre branchipe des 
marais (i). Les deux cornes situées au-dessous des antennes 

(i) Cancer paludoHU, Mali., Zool» dan. » xlviu, i>8; Herbst.. zxxv» 
3 " 5 ; Chirooep^alus diaphamts ? Qened. Prey. » Joafn. de phjs. , 
messidor aa ii ; Jurio. , Moooc. .zx-xzii. Vaytz Desmar., Coniid. , lti, 
a^5. Cette dernière espèce a i\à décrite dans le Haamel du natanillBte de 
Dochesne , sous le nom de marUau et eau douce, 

TOMB IV. 12 



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l^â CRUSTACÉS BRAVCarOPODBS. 

supérieures tont composées dans l'uo et l'autre sei^ de deux 
articles, mais dont le dernier grande et arqué dans le mâle, 
très court et conique dans Taùtrc sexe. Dans le hranchipe 
stagnai ( i ) , les cornes ne préseateat qu'un article , et celles 
du mâle ressemblent par leur forme , leur direction et leurs 
dents f aux mandibules des mâles de notre lucane cerf- 
volant* 

Geux*12i n'ont point de qoeuè; Feur corps se termine pres- 
que immédiatement à la suite du thorax et dies dernières 
•pattes. Tels sont 

Les EmuiicÈNES. (EtruMEiiE. Latr. ) 
Leur corps est presque linéaire, et offre quatre antennes 
courtes ; presque filiformes , dont deux plus petites , 
presque semblables à des palpes placées à l'extrémité anté- 
rieure de la tète; une tète transverse ; arec deux yeux portés 
sul^ des pédoncules assez granxls et cylindriques; onze paii*es 
de pattes branchiales dont les trois preùiiers articles et Je 
dernier plus petits, allant en pointe; et immédiatement après 
elles une pièce terminale , presque demi-globuleuse , rem- 
plaçant la queue, et de laquelle sort un Rlet alongé qui est 
peut-être un olhducte. J'ai observé vers le milieu de la cin- 
quième paire de pattes et des quatre suivantes un corps glo- 
buleux, analogue peut-être aux vésicules que présentent ces 
organes dans le sous-geni^ suivant , celui d^apus. 

La seule espèce connue ( VÊulimène blanchâtre y Lalr., 
Hègne animal, par M. Cuv., ÏII, pag. 68; Nouv. Dict. 
d'hist. nat., X, pag. 333; Desmar., Consid. pag 353, 
354 ) est très petite, blanchâtre , avec les yeux et l'extré- 
mité postérieure du corps noirâtres. On la trouve dans la 
rivière de Nice. 
* Les autres et derniers phyllopes ( AspfnipHORES, Aspidi- 
phônzy Lûtr. ), ont une soixantaine de paires de pattes^ toutes 
munies extérieurement, près de leur base, d'une grosse vési- 
cule ovalaire(a), et dont les deux antérieures, beaucoup 

-(i) Brtmchiapoda siagnaUs, Latr. , Ifist. des crusl. et des ins. , IV, 
{»S* ^97 > ^^'^f' stagnalis , lini^ ; Gatnmarus sUtgnalis , Fab. ; Apus 
piseffbrmis, Schœff .; Gammanu stagnait*^ Herbst. , xxx, 3- 10. 

(a) Analo^aei peut-4tre -aux vdsiculet formant le second article des 
4)aUes des daphnies. 



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SECTION DES PHYLLOPB9. XyQ 

plut grandes et rameasés y ressemblent à des antennes; un 
grand test recouvrant la majeure portion du dessus du corps^ 
presque entièrement libre^ clypéiforme, échancré posté- 
rieurement y portant antérieurement sur ua espace drcon- 
scrit) trois yeux, simples , sessiles , dont les deux antérieurs 
plus grands et lunules ; et deux capsules bivalves, renfer- 
mant les œufs, et annexées à la onzième paire de pattes. Ces 
caractères signalent 

Les Apus. ( Apus. Scop. ) 

Qui font partie dû genre binocle de Geoffroy et de celui 
de limule de Huiler. 

Leur corps, en y comprenant le test, est Ovalaire, plus 
large et arrondi par devant , et rétréci postérieurement , en 
manière degueue j mais, abstraction faite du test ou misa nu, 
il est d'abord presque cylindrique, convexe en dessus, con- 
cave et divisé longitudiûalement par un sillon en dessous, 
et se termine ensuite en un cône alongé. 11 se compose d'utie 
trentaine d'anneaux, diminuant beaucoup de grandeur vers 
Textrémité postérieure, et qui , à Te^Lception des sept k buit 
derniers , portent les pattes. Les dix premiers sont membra- 
neux, mous, sans épines; offrent de chaque côté une petite 
éminence en forme de bouton, et n'ont chacun qu'une paire 
de pieds. Les autres sont plus solides ou cornés, avec une 
rangée de petites épines au bord postérieur; le dernier est 
plus grand que les précédents, presque carré, déprimé, 
anguleux, et terminé par deux filets ou soies articulées. Dans 
quelques espèces composant le genre Lepidure (Lepidurus) 
du docteur Leach , on voit dans leur entre-deux une lame 
cornée, aplatie et elliptique. Si le nombre des pattes est 
d'environ cent-vingt, il faut que les derniers anneaux, à 
partir du onzième ou douzième, en portent plus d'une paire, 
ce qui, sous ce rapport, rapproche ces crustacés des myria- 
podes. Le test, parfeitement libre depuis son attache anté- 
rieure, recouvre une grande partie du corps et garantit ainsi 
les premiers segments, qui, comme nous l'avons observé, 
sont d'une consistance plus molle que les suivants. Il con- 
siste en une grande écaille cornée, très mince, presque dia- 
phane, représentant les téguments supérieurs de la tète et 



12* 



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l8o GftUâTÀOés BaàUCHIOPODBS. 

du thorax rëiuifty et forauint un gnmd bouclier ovale, 
convexe, entaillé en manière d'angle et dentelé à aon extré* 
mité poatérieure. il est divisé, à sa &ce supérieure, par une 
ligne iransverseet formant deux arcs réunis, en deux aires, 
dont ràntérieure, presque semi-lunsrire, répond à la tête et 
Tantre au thorax. La première offre ^ au milieu , trois yeux 
simples ou saos facettes sensibles , très rapprochés ^ doot 
les deux antérieurs plus grands , presque en forme de rein, 
et dont le postérieur beaucoup plus petit et ovale. Une du- 
plicature de la portion antérieure du test forme en dessous 
une sorte de bouclier frontal y aplati , ea demi-lune , servant 
de base au labre. L'aire postérieure , celle qui répond au 
thorax^ est carénée au milieu de sa longueur. Ce test n'est 
fixe <j[ue par sou extrémité intérieure, de sorte qu'à partir 
de ce point y on peut découvrir tout le dos de ranimai. Les 
côtés de cette écaille;» vus en dessous et à la lumière^ pré- 
sentent chacun une grande tache, formée d'un grand nombre 
de lignes dessinant des ovales concentriques, et qui parais^ 
sent être des tubes remplis d'unç liqueur rouge. Immédiate- 
ment au dessous du bouclier ou disque frontal , sont situées 
les antennes et la bouche. Les antennes sont au nombre de 
deux, insérées de chaque côté des mandibules, très courtes, 
filiformes et de deux articles presque égaux. La bouche est 
composée d'un labre carré et avancé} de deux mandibules 
fortes, cornées , ventrues inférieurement, comprimées et 
dentelées à leur extrémité, sans palpes; d'une grande lan- 
guette, profondément échaxicrée; et de deux paires de mâ- 
choires,, en forme de feuillets , appliquées l'une sur l'autre, 
dont les supérieures, épineuses et ciliées au bord interne, 
et dqi^t les inférieures, presque membraneuses, semblables 
à de petites fausses pattesj^ elles se terminent par un articfe 
grôle, aloB^é^etseprolongentei^térieMreinent^ àleur base^ eu 
une-espèce d'oreillette, portant un appendice d'un seul ar- 
ticle et cilié , que l'on peut con,sidérer comme une sorte de 
palpe, 1(4 languette offre , suivant M. Savigny (Mémi. sur les 
anim. sans vertèb., I'< part. ^ i fasc. ), un canal cilié qui 
conduit droit à l'oesophage. Les pattes, dont le nombre 
est d'environ cent vingt, diminuent insensiblement de 
grandeur, à partir de la seconde paire; elles sont toutes 



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SEGTIOir DBS PHYLLOPSS. - 18 1 

tvfe» comprimées, foliacées^ et se composent de trois articles^ 
non compris les deux longs filets du bout des deux anté- 
rieures et les deux feuillets terminant les suivantes , piëees 
que Ton peut regarder comme formant, réunies y un qua- 
trième article , en pince ou à deux doigts prolongés et con- 
Tertts en espèces de filets antenniformes. Sur le c6té posté- 
rieur du premier article , est insérée une grande membrane 
branchiale, triangulaire, et le suivant ou le Second porte 
aussi 9 sur le même c6té| un sac ovalaire, vésiculeux et 
rouge. Le bord opposé de ces pattes offre qlM^re feuillets 
triangulaires et ciliés, dont le supérieur est tjrës rapproché 
des doigts de la pince, et paratt en former un troisième sur 
les secondes pattes et les suivantes, jusqu'à la dixième paire.- 
A fur et k mesure.quefa grandeur de ces organer diminue , 
les feuillets se rapprochent les uns des autres, la pince c^t 
moins prononcée et moinsaiguë, et le premier doigt s'élargit 
aux dépens de la longueur et s'arrondit. Les deux anté- 
rieures , beaucoup plus grandes, en forme de rames, ressem*- 
blent k des antennes ramifiées, et ont été considérées comme 
tdles par quelques auteurs (i) : elles offrent quatre filets sé- 
tftcés, composés d'un grand nombre d'articles, et dont les 
deux du bout , l'un surtout , bien pfus long que les deux 
autres , qui sont sttuâ au côté interne ou ^antérieur, il 
est éviden»t que les deux de l'extrémité sont les analogues 
des deux doigts de la pince , et que les autres représentent 
ausaî deux dés feuillets latéraux } on pourra s'en convaiAcre 
en comparant ces pattes avec leurs analogue» et les deux 
ou trois suivantes des jeuDes individus* Après leur sixième 
ou septième mue, celles-ci ressemblent beaucoup aux 
deux antérieures , et les antennes même y sont pro- 
portionnellement plus longues que dans l'état adulte et 
terminées par des soies ou des poils. La onzième paire est 
tfès remarquable (3). Le premiei^ article présente, derrière 

(1) Elles jaaraisscDt ayasireprëseDterfes dèaz premiers pieds-nàchoiret. 

(3) Sch«fier ks disiio^ue soas la dcnomination de pieds â matrice. Les 
nenf paires précédentes sont, pour lai, des pieds en pince f ceux de 
la pronière, des pieds en rames, ou des pieds proprement dits; enfin» 
ceux qai Yiennent apcjb les pieds i matrice , 00 la doarâëme -paire et les 
soirantes, des pieds branchiaux. Les sacs Tësicolaires s'alongent et se 
rappetissent aussi gradaellement; leur usage est inconnu. 



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l82 CEDSTACiS BRANGHIOPODBS. 

la vésicule, deux valves ciisculaires, appliquées Tune sur 
Tautre, formées par deuxfeuillets etreofermant leSœufs, qui 
ressemblébt à de petits grains d'un rouge très vif. Tous les 
individus qu'on a étudiés jusqu'à ce jour ayapt tous été 
trouvés munis de pattes semblables, on a soupçonné qu'ils 
se fécondaient eux-mêmes^ et qu'il n'y avait point de mâles. 
Ces crustacés habitent les fossés , les mares , . les eaux 
dormantes, et presque toujours en sociétés inombrables* 
Enlevés, ainsi rassemblés, pardes vents très violents , on en a 
vu tomber sous la forme de pluie. Us paraissent plus com- 
munément au printemps et au commencement de l'été* 
Leur nourriture consiste principalement en têtards. Ils na-» 
gent très bien sur le dos , et lorsqu'ils s'enfoncent dans 
la vase , ils tiennent leur queue élevée. Us n'offrent en 
naissant qu'un seul œil , que quatre pattes , en forme de 
^ras ou de rames, ayant des aigrettes de poils, et dont les 
aeœndes plus grandes. Leur corps n'a point de queue et leur 
test ne forme qu'une plaque, recouvrant la moitié anté- 
rieure du corps. Leurs autres organes se développent peu 
à peu , par suite des mues successives. M. Yalenciennes , 
employé au muséum d'histoire naturelle, a remarqué que 
ces animaux étaient souvent dévorés par l'oiseau connu 
vulgairement sous le nom de Lavandière, 

Les espèces connues étant très peu nombreuses, il n'est 
point nécessaire de former, comme l'a fait M. Leach, 
avec celles qui ont une lame entre les filets de la queue 
un genre propre ( Lépidure, Lepidurus)} telle est VApus 
prolongé {Monoculus apuSjlÀn. ; Schaeff. , Monoc, VI; Li- 
mule serricaude, Herm. fils.; Desmar. , Gonsid. LU., a). 
La carène du bouclier se termine postérieurement en une 
petite épine , que l'on ne voit point dans la suivante ^ 
VApus canciforme ( le Binocle à queue en filet, Geoff. 
Insect., XXI, 4; Umulus palustrù, MiUl.; Schaeff. , Monoc, 
I — V. } l'apus vert, Bosc. ; Desmar. , ibid, li, i . ); celle-ci 
n'a point d'ailleurs de lame entre les filets de la queue } 
elle est le type du genre apus , proprement dit , du doc- 
teur Leacb. Il en a figuré ( Edimb. Encyclop. , Suppl.ji 
I. XX} une autre espèce (Apus Montagui }« 



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CHVSTAGiS PAGiLOPOOBS. l85 

LE SECOND ORDRE DES JSJVTOMOSTRjiCÉS, 

QV LM SSrailfX ST DBBVHB DB LA CLISSE DBS GAUSTAG^S , 
CBLtn PES P^gatOPODES. (P.fiCIX.OPQDA. ) 

Se distingue des précédente par Ta diversité de 
formes de lears pattes, dont les antérieures, en 
nombre indétermine , sent ambulatoire» ou propres 
à la préhension , et dbnl les autres , lamelËformes 
ou pinnées, sont branchiales et natatoires. Mais c'est 
surtout par l'absence de mandibules et de mâchoires 
ordinaires , qu'ils s'éloignent de tous les autres crus- 
tacés; tantôt ces parties sont remplacées par les 
hanches hérissées de petites épines des six pre- 
mières paires de pieds ; tantôt les organes de la 
manducation consistent , soit en Bn siphon extérieur, 
en forme de bec inarticulé , soit en quelles autres 
instruments propres à la succion, mais cachés ou' 
peu distincts. 

Leur corps est presque toujours recouvert , en to- 
talité, ou en grande partie par un test en forme de 
bouclier , d'une seule pièce dans la plupart , de deux 
dans quelques-uns^ et offrant toujours deux yeux 
loi:sqa'ils sont distincts. Deux ,de leurs antennes 
( chéà'cères, Latr. )sont, dans plusieurs, en forme de 
pince et en font les fonctions. Le nombre de leurs 



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lS4 CaUSTACiS 9MClh09ODB$. 

pieds est de douze dans le plus grand nombre (i)^ 
^l de dix ou de vingt - deux dans presque tous les 
autres. Ils vivent^ pour la plupart^ sgr des animaux 
aquatiques y et plus communément sur des poissons. 

Nous partagerons cet ordre eu deux familles {%)• 

La première, celle 

Des XYPHOSDRES ( Xyphosura. ), 

Est distinguée de la suivante par. plusieurs ca-^ 
ractères : il n'j a point de siphon ; les hanches de» 
six premières paires de pattes sont hérissées de 
petites épines, et font l'office de mâchoires; le 
nombre des pattes est de vingt-deux ; les dix pre- 
mières, à l'exception des deux antérieures des mâles, 
sont terminées en pince à deux doigts , et insérées , 
ainsi que les deux suivantes , sous un grand bouclier 
semi-lunaire j celles-ci portent les organes sexuels , 
et ont la forme de grands feuillets , de même que les 
dix suivantes , qui sont branchiales et annexées aa 
dessous d'n« second test, terminé par un stjlet très 
dur , en forme d'épée , et mobile, Ces animaux^ en 
outre , sont errants. Ils composent le genre 

Des LiMVLBS. (LiuuLVS. Fab.) 

Dont kf esp^s. ont reçu dans le commerce le nom de 
crabe ^cs Molugues.he corps suborbîculaiye , un peu 

(i) Qaaiorae , dans plqêieart, selon M. Leacb ; mais celle» qull con* 
sidère alors comme les deux premières me parassent être deux antennes 
inférienres. Les argules , qui , soiis le rapport de la locomotion y semblest' 
4tre des plus finTorisdSy n'ont que dôme patie«. 

(3) Elles forment deux ordres dans mon ouvrage sur les familles nato* 
ttûtê du règne animal. 



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PAMIi» OfiS XtWBÔSVKns. l85 

al^ngé^lTéiréci poslérieurement, «st divisé en deux par- 
ties, recouvert par un test solide de deux pièces, une pour 
chaque dirision ,. tïès creux en dessous , offrant en desstis 
deuxsillons longitudinaux, un de chaque c6té,etaumilieu 
du dos une carène. La première pièce du test, ou celle qui 
recouvre ledevant du corps, estbeaucoup plus grande que 
l'autre, forme un grand bouclier semi-lunaire , rebordé , 
portant en dessus deux yeux ovales , à facettes très 
nombreuses, en forme de petits grains, situés, un de 
chaque côté , sur le c6té extérieur d'une carène longitu- 
dinale , et à rextrémité antérieure de celle du milieu 
et commune aux deux pièces du test, deux petits yeux 
lisses (i) rapprochés ; ces carènes sont armées de quel- 
ques dents ou tubercules aigus. La duplicature de ce 
test form«en dessous, a son extrémité antérieure, un 
rebord plan , très arqué et terminé inférieurement par 
un double arc , avancé en manière de dent au centre de 
réunion. Immédiatement au-dessous de cette saillie , 
dans la concavité du bouclier, est un petit labre renflé , 
caréné au milieu, terminé en pointe, etau-deseus duquel 
sont insérées deux petites antennes , en forme de petites 
serres dîdactyles et coudées au milieu de leur longueur, 
à la jonction du premier article et du suivant ou de la 
pince proprement dite. Immédiatement au-dessous sont 
insérées et rapprochées par paires, sur deux lignes, 
douze pattes, dont les dix premières , les deux ou qua- 
tre antérieures des mâles seules exceptées , terminées en 
pince didactyle, et dont l'article radical est avancé in- 
térieurement en manière de lobe , hérissé de petites épi- 
nes, et fkit l'office de mâchoire. La grandeur de ces pattes 
augmente progressivement ; si l'on en excepte celles de 
la cinquième paire, elles sont composées de six articles, 
en y comprenant le doi^ mobile de la pince. Cèlles-cî 
ont un article de plus , et difftrent en outre des précé- 



( •) Un de «iiA<i«« eàU ê» la dUne tetmiyMuit cette carène. 



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i86 CAUSTAGÉS PiEGlLOPODBS. 

dentés en ce qu'elles ont extérieurement à leur base^nn, 
appendice arqué et rejeté ea arrière, de deux articles , 
dont le dernier comprimé et obtus ; que leur cinquième 
article est terminé, au c6té interne, par cinq petits 
feuillets mobiles; cornés, étroits , alongés, pointus et 
mobiles , et de plils en ce que les deux doigts de la pince 
sont mobiles ou articulés à leur base. Les deux pièces 
situées dans Tentre-deux de ces pattes, que M. Savigny 
considère comme une languette , ne me paraissent être 
que deux lobes maxillaires de ces organes, mais dé- 
tachés ou libres. Le pharynx occupe rintervalle compris 
entre toutes ces pattes. Les maies sont distingués des 
femelles par la forme des pinces qui terminent les deux 
ou quatre antérieures : elles sont renflées et dépourrues 
de doigt mobile. Les deux dernières. pattes Afi ce bou- 
clier sont réunies et sous la forme d'un grand feuillet 
membraneux , presque demi-circulaire , portant les or-, 
ganes sexuels à sa face postérieure , et offrant au milieu 
d'une échancrure du bord postérieur deux petites divi- 
sions triangulaires , alongées et pointues , qui paraissent 
représenter les doigts internes des pinces;. des sutures 
indiquent les autres articulations* La seconde pièce du 
test, articulée avec la précédente au milieu de son échan- 
ci*ure postérieure et remplissant le vide qu'elle forme , 
est presque en forme de triangle , tronqué et échancré 
angulairement à ^n extrémité postérieure. Ses bords 
latéraux sont alternativement échancrés et dentés, et 
les échancrures , à partir de la seconde » offrent chacune, 
dans leur milieu , une épine alongée et ^nobile; il y en 
a six de chaque côté. Dans la concavité inférieure sont 
renfermées et disposées par paires , sur deux séries lon- 
gitudinales , dix pieds-nageoires presque semblables , 
pour la forme , aux deux dernières pattes , mais unis 
simplement à leur base , appliqués les unes sur lesautres, 
et portanti leur fiice postérieure les branchies, qui pa- 
raissent composées de fibres trè$ nombreuses et très ser- 



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FAMILLB DES XYPUOSURES. 187 

rées, diapoflëes sur anseul plan , les unes contre lesautres. 
L'anus est si tué A la racine inférieure du stylet, terminant 
le corps. D'après une observation qui nous a été com- 
muniquée par M. Straus , l'intérieur du premier bou*- 
dier ne présente , outre le cerveau, qu'un seulganglion, 
le sous-œsophagien (1). Les deux cordons nerveux se 
prolongent ensuite dans l'intérieur du second bouclier, 
n'y forment, à l'origine des pattes branchiales, que de 
faibles ganglions , qui jettent des rameaux sur ces or- 
ganes. Suivant M. Guvier, le cœur, comme dans les 
stomapodes, est un gros vaisseau garni en dedans de 
colonnes charnues, régnant le long du dos, et donnant 
des branches des deux côtés. Un œsophage ridé, remon- 
tant en avant, conduit dans un gésier très charnu^ garni 
intérieurement d'un velouté cartilagineux ; tout hé- 
rissé de tubercules, et suivi d'un intestin l^rge et droit. 
Le foie verse la bile dans l'intestin par deux canaux de 
chaque côté* Une grande partie du test est remplie par 
l'ovaire dans la femelle , par les testicules dans le mâle. 
Ces crustacés atteignent quelquefois deux pieds de 
longueur; ils habitent les mers des pays chauds et s'y 
tiennent le plus souvent sur leurs rivages. Il me paraît 
qu'ils sont propres aux Indes orientales et aux côtes de 
l'Amérique. Ici on désigne Tespèce qu'on y trouve (Li- 
mule cjrclope) sous la dénomination de poisson casse- 
role, parce qu'elle en a, en quelque sorte la forme, et 
qu'en enlevant les pattes, son test peut servir à puiser 
l'eau. Au témoignage de M. Leçon te, naturaliste des 
plus instruits, et qui a si fort contribué par ses recher- 
ches et ses découvertes aux progrès de l'entomologie, 
on la donne à manger aux porcs. Les sauvages emploient 
le stylet de leur queue à faire des flèches ; on en redoute 

( i) Le» deux pieds antërkars poarndentreprësenter les mandibulesdet dé- 
capodes; les quatre soivants, leors m&choires, et les ûz derniers, leurs pieds- 
màchoires ; ceux du second bouclier répondraient aux pieds thoraciques. 



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l98 CRUSTACiS PAGXLOPODBS. 

la poiale. Oq mange leurs œafis à la Gkine. Lorsqne <nb 
animaux iiiarc))eut,.oii ne yoit point leurs pied». On en 
trouve de fossiles dans certaines couches d*une ancien^- 
neié moy«Qne (i). 

Les uns oot les quatre pieds antérieurs terminés, du 
moins dans l'un des sexes, par un seul doigte 

On ne connatt qu'une seiUc espèce de cette division , 

et que j'ai vu figurée sur des vélins chinois, c'est le lùnulê 

heiérodaotyte f servant de typo au genre tad^jrpleus du 

docteur Léach (a)« 

Dans les autres, les deux serjces antérieures au plus, sont 
seules monodactyles* Tous les piedi ambulatoires sont di- 
dactyles, au moins dans les femelles. 

Cette division se compose de plusieurs espèces , mais qui, 
vu le peu d'attention qu'on a donnée à la forme détaillée 
de leurs parties , aux différences de sexe et d*â^e^ des lo- 
calités qui leur sont propres , n'ont pas encore été caracté- 
risées d'une manière rifroureuse et comparative. C'est ainsi,' 
par exemple , que le limule que l'on trouve communément 
eu Amérique , vu dans sou jeune âge, est blanchâtre ou de 
couleur blonde , avec six dents fortes tout le long de 
l'arête du milieu supérieur du test, et deux autres égale- 
ment fortes et pointues, sur chaque arête latérale du 
bouclier ou de la première piëce du test; tandis que dans 
les individus les plus âgés , et qui ont quelquefois plus 
d*un pied et demi de long, la couleur est d'un brun très 
foncé, ou presque noirâtre, et que les dents, particuliè- 
rement celles du milieu, s'oblitèrent presque. Ici encore 
les bords latéraux de la seconde pièce du tétt oot de fines 
dentelures, qui sont nulles ou peu sensibles dans les pre- 
miers. On rapportera aux jeunes individus le limule 

(i)K.norr., Monum. du déluge, I.pl. My\ Desoar. 9 Crast. >fo6Stl. , 
XI» 6, 7. Il semblerait» d^aprfes ces Sgorcs, que les épines latérales de 
la seconde pièce du test ne forment que des dents plus pelîtes , au lieu 
d''ëpincs , s*articu1ant par leur base ^ mais ces articulaiions ont peut-être 
disparu. 

()) Ce limule est probsbfera'cnt Te koButoganiou unkia des Japonnais >. 
et représentant, sur leur zodiaque primiUf, la constcTlation da Ganeer^ 



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TAllCïihhM PS9 SlPHOBOtTOMBS, 189 

çyclcpfi^ Fabricius et le L de sowerby de Leach ( Zool* 
miac. LXXIV ) ^ son limule à trois dents et le limule blanc 
de M. Bosc;et aux seconds indivîdas, ouïes pTus grands^ moû 
Umule des.Moluques ( manoculus polypheinut , Liin< ; dus. y 
exot. ,liv. 6^cap. i49P^g' 1^8; Rumph., mus., Xll^a.b.), 
que j'avais d'abord distingué apécifiquement ^ dans la 
croyance que tes grands indÂvidu» habitaient excluatvement 
ces iles. Dans les uns et \& autres^ ou à tout âge , la queue 
est un peu plus courte que le corps , triangulaire , fine- 
ment dentelée à Varéte supérieure, sans sillon prononcé 
en dessous. Noua déaigneràns cette espèce sous le non de 
limule pofyphème. Ces derniers caractères la distingueront 
de quelques autres y décrites par moi et M. Leach. ( Ployez la 
seconde édition du nouveau dkt. d'hist. naro relie ; Des- 
mareta y Consid. , pag. 344 —* 35& ) 

. La seconde famille , celle 

Dbs SIPHONOSTOMES (SitHOwc«TOMA.), 

Ne nous oflfre aucune espèce quelconque de mâ- 
choires. Un suçoir ou siphon , tantôt extérieur et 
sous la forme d'un bec (i) aigu , inarticulé , tantôt 
caché ou peu distinct, tient lieu de bouche* Le 
nombre des pattes ne s^élève jamais au-delà de 
quatorze. Le test est très mince, et d'une seule 
pièce. Ces entomostracés sont tous parasites. 
Kûus partagerons celte famille en deux tribus» 
La première.celledesCAxiGiDEs ( Caligîdes^hatv.), 
>j « ' 

(1) La composidon de ce bec n'est' pas encore bien connue. Il est ëvi- 
dcnt, d'après hk fi^Qic ^a'a <b«iié« ^^TÎkiv fib de Tar^ aie foiiacë , qu'il 
renferme un suçoir; mais ta est-il ainsi de celui des autres , et quel est le 
nombre de se» pièces ? C'est ce qu'on ignore. Je présume oûpendai^l que 
ce siphon se cgmpose dfu labre ^ des mandibules et de ia languette > qui 
forme la gatUe dn suçoir. Dans Fentomostraccî précédent, les quatre 
pkds wmééeavê, et d^ni 1» fortia elt trè» diffëretite de eelU des sai- 
««•ta, coireapwdnutta «nx quatre BBAok«îre*dM dé«ap«dM. 



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igO CR€STÀGâS P^CILOPODBS. 

est caractérisée parla présence d*un lest, en forme 
de bouclier ovale ou semi-lunaire; par le nombre 
des pieds visibles y qui est toujours de douze ( ou de 
quatorze^ si, avec M, Leach, on prend pour tels ceux 
qui sont pour moi deux antennes inférieures ) ; par 
la forme et la grandeur de ceux des dix dernières 
paires, qui sont, tantôt multi&des , pinnés ou ter- 
minés en nageoire , et très propres , à toutes les 
époques et dans rétat adulte, à la natation; tantôt en 
forme de feuillets , ou larges et membraneux. Les 
côtés du thorax ne présentent jamais d'expansions 
en forme d*ailes , rejetées en arrière , et renferment 
postérieurement le corps. 

Ici le corps, offrant en dessus plusieurs segments» 
estalongé et se rétrécit postérieurement , pour se ter- 
miiner en manière de queue, avec deux filets ou deux 
autres appendices saillants, au bout ; cette extrémité 
Qu'est point recouverte par une division des téguments 
supérieurs, en forme d'une grande^écaille arrondie, 
et fortement échancrée au bord postérieur. Le test 
occupe la moitié au moins de la longueur du corps. 
Cette subdivision comprendra deux genres de Millier. 

Le premier, celui 

D'Argulb (AfiGULUS. MiUL), 

Avait d'abord été désigné par nous sous le nom dV 
zoîe, et décrit d'une manière incomplite. Jurine fils a , 
depuis, observé Tespèce qui lui sert de type, avec l'at- 
tention la plus scrupuleuse , l'a suivie dans tous ses 



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FA^lLLfi bB6 SIPHONOSTOMBS. ig^ , 

âges, et nous en a donné une monographie qui né laisse 
rien à désirer. II a restitué à ce genre le nom que Mill- 
ier lui avait primitivement imposé. 

Les argules ont un bouclier ovale, échancré posté- 
TÎeuïement , recouvrant le corps , A l'exception de Tex- 
trémité postérieure de l'abdomen , portant sur un espace 
initoyen , triangulaire > et distingué sous le nom de cha- 
peron, deux yeux, quatre antennes très petites, pres- 
se cylindriques , placées en avant , dont les supérieu*- 
res , plus courtes et de trois articles» ont à leur base un 
H»*ochet fort , édenté et recourbé ; et dont les inférieu- 
res, de quatre articles, avec une petitedent au premier. 
-Le siphon est dirigé en avant. Les pieds sont au nombre 
■de douze. Les deux premiers se terminent par un em- 
pâtement annelé transversalement y élargi circulaire- 
-ment au bout, strié et dentelé sur ses bords, offrant à 
l'intérieur une sorte de rosette formée par les muscla , 
-et paraissant agir à la manière d'une ventouse ou d'un 
suçoir. Ceux de la paire suivante sont propres à la pré- 
hension, avec les cuisses gi*osses , épineuses , et lés tarses 
tîomposés de trois articles, dont le dernier, muni de 
, deux crochets. Lès autres pieds se terminent par une 
nageoire, formée de deux doigts ou pinnules alongés , 
garnis sur leurs bords de filets barbus ; les deux pre- 
miers de ceux-ci , ou ceux de la troisième paire , en y 
comprenant les quatre précédents, ont un doigt de plus, 
mais recourbé. Les deux derniers sont annexés à cette 
portion . du corps qui fait postérieurement saillie hors 
du test ou la queue. Les femelles n'ont qu'un seul ovi- 
ducte et recouvert par deux petites pattes, situées en 
arrière de ces deux palettes. L'organe considéré comme 
le pénis du m&le est placé à l'extrémité interne du pre- 
mier article des mêmes pattes , près de l'origine des deux 
doigts. Sur le même article des deux pattes précédentes, 
et en regard avec ces organes copulateurs, est une vési- 
cule présumée séminale. L'abdomen , en considérant 



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193 CHUSTACéS P^€ILOPODBS. 

oomme tel , cette partie du eorps^ qui s'étend en arrîèref 
depuis les pattes ambulatoires , le bec et un tubercule 
renfermant le cœur, est entièrement libre ^ depuis sa 
naissanœ^ sans articulations distinctes, et se termine 
immédiatement après les deux dernières pattes, par une 
sorte de queue , en forme de lame y arrondie, profonde* 
ment éohaocrée ou bîlobée, et sans poils au bout : c'est 
une sorte de nageoire, La transparence du eorps permet 
de distinguer le cœur. Il est situé derrière la base du 
aipbon , logé dans un tubercttle solide , deçfii transpa* 
xent et formé d'un seul Tentrieule. Le sang, composé 
de petits globules diaphanes, se dirige en avant, sous la 
forme d'une colonne^ qui se diyîae bientôt en quatre ra- 
Meaux, dont deux vont directement vers les yeux, et 
deux autres vers les antennes; ceux*ci, réfléchis ensuite 
en arrière et réunis aux premiers , forment de elia* 
que o6té une seule colonne q«i descend vers la ven«- 
ioose, en contourne la base et disparaît. Un peu au- 
dessous des deux pattes suivantes, Ton distingue, de 
chaque côté, une autre colonne sangnine., qui se i*e- 
courbe en dehors, s'étend ensuite près des bords du 
test, et, arrivée près des deux avant^dernières pattc^, 
se replie en avant et cesse d'être visible* Une autre eo* 
lonne, et ou le sang^ ainsi que dbns la pi'écédente , va 
dedevant en arrière, parcourt lon^itudinalement le mi* 
lieu de la queue; elle se réunit postérieurement à deux 
autres courants que l'on observe sur les bords de cette 
queue , mais allant en sens contraire ou paraissant ra- 
mener le sang an cœur. Jurine fils a évité d'employer 
le mot vaisseau , parce que le sang ehassé dans la 
pavtîe antérieure paratt s'y répandre et s'y disséminer , 
de manière à faire croire que les globules du sang sont 
dnspersés dans le parenchyme de ces parties, plutôt que 
d'éti^ contenus dans éts vaisseaux particuliers. Mais , 
d'après ce que nous avons dit à l'égard de la circulation 
des décapodes, on voit quici le sang se distribue d'à-» 



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ÏAXALB DI3S SIPHOnOSTOiCiiS. jqS 

bord de la mèine maaière y et les courants pu colon nés , 
dont nous venons de parler , semblent indiquer 1 exis- 
tence de vaisseaux propres* Aussi cet habile observateur 
conylent-il après ^ que la circulation i^e se fait point par- 
tout d'une manière aussi diffuse que dans la partie an» 
térieure d4i test » où cependant elle parait, selon nous^ 
s'effectuer comme dans les décapodes. Le cerveau, placé 
derrière les yeux , lui a paru divisé en trois lobes égaux , 
un antérieur et deux latéraux* La partie antérieure de 
l'estomac donne naissance à deux grands 'appendices , 
divisés cbacun en deux branches, qui se ramifient dans 
les ailes du test. Les matières alimentaires et de couleur 
bistrée qu'ils éont4ennent rendent ces ramifications 
fusibles. Le csecuni ^t pourvu , vers son origine^ de 
deux4i.pendices vermiformes. 

Les mâles soutirés ardents enamour, ce qui leur faitsou^ 
vent prendre un sexe pour l'autre , ou les fai t adresser i des 
femelles pleines ou mortes. Us sont placés, dans l'accou- 
plement, sur leur dos,àuquel ils se cramponnent au moyen 
de leurs pieds à ventouse , et ils restent dans ee t état plu- • 
sieursheures.Laduréedela gestation est de treize i dix-* 
neuf jours. Les œufs sont nuis , ovales, et d'un blanc de 
lait* Us sontfixés,avecun gluten, sur lespieiTCSOuauftres 
corps durs, soiten ligne droite, soit sur d^ux rangs , au 
nombre d'un h quatre cents; étant pressés les uns contre 
les autres, lenr forme en devient presque hexagonale. 

Tingt-cinq jours après la ponte, et après avoir d'a- 
bord pris une teinte jaunâtre et opaque, on commence 
à y distinguer les yeux et quelques parties de l'embryon. 
Au bout ensuite d'environ dix jours, eu vers le trente- 
cinquième après la ponte y la coquille ^ fend iongitudi- 
nalement, et le petit ou têtard vient au monde. Il n'a 
guère alois que trois huitièmes de ligne de long. Sa 
forme, en général, ressemble à celle qu'il aura daiia 
Tétat adulte, mais ses organes locomotilea présentent 
des différences essentielles* Millier l'a décrit danacet 

TOM6 IV. l3 



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194 CRUSTACéS PJBGILOPODËS. 

état , SOUS le nom à^argulus charan. Quatre rames ou 
longs bras , dont deux placés au-devant des yeux et les 
deux autres derrière, terminées chacune par un pin- 
ceau de soies flexibles et pennées , que Taninial ^eut 
simultanément et au moyen desquelles il nage facile^ 
meut et par saccades , sortent de l'extrémité antérieure 
du test; elles ne représentent point les antennes, puisque 
l'on Yoit aussi ces derniers organes. Les pieds à ven- 
touse sont remplacés par deux fortes pattes , coudées 
près de leur-extrémîléct terminées par un fori crochet, 
avec lequel ce crustaoé peut se cramponner sur les pois- 
sons. D'autres pattes, propres i l'état adulte, celles delà 
secondeetde la troisième paire , ou les deux ambulatoires 
et les deux premières des natatoires, sont les seules qui 
soient développées et libres; les suivantes sont comme 
emmaillotées et appliquées sur labdomen. Le cœur, la 
trompe et les ramifications des appendices de l'estomac 
sont distincts. La première mue , qui s'opère au moyen 
d'une rupture de la face inférieure, ayant eu lieu, les 
rames ont disparu , et toutes les pattes natatoires se mon- 
trent. Trois jours après arrive la seconde mue , qui 
ne produit aucun changement important Mais à la troi- 
sième, qui s*opère deux jours après, l'on commence à 
apercevoir, vers le milieu des deux pattes antérieures , 
le commencement de la formation des ventouses. A la 
quatrième mUe, qui a également lieu, au bout de deux 
jours> ces mêmes pattes sont enfin transformées en pattes 
à ventouse , en conservant néanmoins le crochet ter- 
minal. Au bout de six jours , nouveau changement de 
peau, et. apparition des organes générateurs de l'un et 
l'autre sexe; mais il faut encore une mue, retardée de 
.six jours, pour que ces animaux puissent se réunir et se 
multiplier. Ainsi , la durée de leur état d'enfance ou de 
leurs métamorphoses est de vingt -cinq jours« Ils n'ont 
cependant encore atteint que la moitié de leur grandeur. 
D'autres mues, et qui se font tous les six ou sept jours j 



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FAIVIILLB DES SIPHONOSTOMBS. 196 

sont pbtir cela nécessaires. Jurine s'est assuré que les 
femelles ne pouvaient devenir mères sans Tînterven* 
tion des mâles. Celles qu'il avait isolées ont péri d'une 
mal^die s'annonçant par Tapparition de plusieurs glo- 
bules bruns^ disposés en demi -cercle vers la partie posté- 
rieure du cbaperon , et qui se forment , à ce qu'il parait, 
dans le parenchyme, puisque les mues ne les détruisent 
point. 

La seule espèce connue de ce genre , V Argide foliacée 
(Jurine fils, \nn. duMus,'d'hîst. , nat. VU, xxvi; Mo- 
notnilus Jbliaeeus ^ Liun.; arguais ddphinus et argulus 
eharon, Mail. , Entom. ; argulus delphinus y Uerm., AU, 
Mém.apter., V, 3, VI, it }monoculus gyrini^ Cuv., TabJ. 
élem. de l'hist. nat. des anim. , pag. 4^4 5 ozolus gasle- 
rosteif Lat. , HisC. nat. des crust. et des ins. , IV, xxix , 
i-7;Desmar. Consid. L., i ^ pou dugastéroste, Baker ^ 
Microsc. , U , xxiv , ), se fixe sur le dessous du corps des 
têtards des grenouilles, des épinoches ou gasterostes el 
suce leur sang. Son corps est aplati, d'un vert jaunâtre 
clair, et long, d'environ deux lignes et demi. Hermann 
fils, qui avait trës bien décrit ce crustacé dans son état 
parfait , et qui cite un manuscrit de Léopard Baldaneur , 
pécheur de Strasbourg, portant la date de 1666, où le 
même animal est figuré, dit qu'on ne le renconti^ guè- 
res, dans les environs de cette ville , que sur les truites, et 
qu'il leur donne souvent la mort , surtout à celles des 
viviers ^ )on le trouve aussi sur les perches , les brochets 
et les carpes. Il ne l'a jamais rencontré sur les ouïes. Ainsi 
que les gyrins^ ce crustacé se tourne sur lui-même en 
manière de girouette. U dit que son corps est divisé en 
cinq anneaux, mais peu distincts sur le dos. 

Les Cauges. (Caligus. Miill.) 

N'ont point de pattes à ventouse; celles des paires 
antérieures sont onguiculées; les autres sont divisées en 
un nombre plus ou moins considérable de pinnules^ ou 
en fefme.de feuillets membraneux. Le test Jkisse .4 
découvert une bonne partie du corps , qui se termine 



i3f 



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1q6 crustacés PuBGlLOPODBS, 

postérieurement, dans la plupart , par deux longs 
filets, «t dans les autres par des appendices en forme 
de nageoire ou de stylet (i). 

Le nom de poux de poissons , sous lequel on les dési- 
gne collectivement» nous annonce que leurs habitudes 
sont les mêmes que celles des argules et des autres sipho- 
nostomes. Plusieurs naturalistes ont considéré les filets 
tubulaires de l'extrémité postérieure de leur corps 
comme des ovaires ; j'ai quelquefois trouvé des œufs 
au-dessous des pieds postérieurs et branchiaux, mais 
jamais dans ces tubes. On ne voit d'ailleurs d'oviductes 
extérieurs , ainsi prolongés, que dans les femelles, qui doi- 
vent pondre leurs œufs dans des trous ou cavités pro- 
/ fondes; or les femelles des caliges ne sont point dans ce 
cas. Millier et d'autres zoologistes ont remarqué que ces 
crustacés redressent et agitent ces appendices. Nous 
pensons avec Jurine fils , et telle est aussi l'opinion 
de son père, qu'ils servent à la respiration, de même 
que les filets du bout de l'abdomen des ajTus (a). 

Les uns, dont tous les pieds sont libres et aonexés, à 
l'exception des deux derniers, à la partie antérieure du 
corps (céphalothorax, Latr.), recouverte par le bouclier; où 
quelques-uns au moins des pieds postérieurs sont garnis 
de filets nombreux et pennacés; où le siphon n*est point ^p- 

(i) Iieur entre-deoz offre aussi souvent quelques autres appendices , 
mais petits ou beaucoup moins saillants. 

(9) On trouve dans le tome troisième (p. 343) des Annales générales 
des sciences physiques , imprimées a Bruxelles , un extrait des observa- 
tions de M. le docteur Snrriraj , sur le fœtus d'une espèce de calige, quUl 
croit être Veiongamt^ et qui est très commune sur Topercule de Por- 
pbie (e«ox belonê). Ce haturaliste nous apprend qu*ajant froisse les deux 
filets de la qnene de ce crutucë, il en fit sortir beaucoup d'ceo£i transpa- 
rettU et membraneux, renfermant cbacun un fœtus vivait, uès dîffîrent 
de sa mère , et dont il donne la description. De ces observations , Ton 
pourrait déduire que ces filets sont des espèces d^Oi^ucics extérieurs. 
Mais n'y a-t4l pas eu ici quelque méprise ? car j'ai étudié avètf lieiuiooap 
d'attention ces mêmes organes sur piutieart individas} oomseniétk à la 
▼érké» dans de la liqueur, et je n'y ai jamais déconrert ancun corps. 



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FAMIIiLB DBS SIPHOUOSTOMES. IQJ 

parent y ont Pabdomen nu en dessus et terminé par deux 
longs filets ou par deux stylets; ils composent le sou»genre« 

Des CAI.IGES proprement dits. (Caligus. — CaliguSjriscuht$\ 
LeachO(i) 

Dans tous les autres , le dessus de l'abdomen est imbri« 
que ^ ou cette partie du corps est renfermée comme dans 
une espèce d'étui ^ formé par les dernières pattes, qui resr 
semblent à des membranes et se replient en dessus. 

Parmi ces derniers ^ il en est dont les antennes ne sont 
jamais avancées en manière de petites serres « dont tous les 
pieds sont libres, et dont les derniers n'enveloppent point 
le corps, en manièie d'étui membraneux. Us forment les 
souS'genres suivants. 

Les Pterygopodbs. (PvKBYoosonJk. Latr,— iVo^ii^ ? Leacb.) 

Qui ont l'extrénûté postérieure dit corps terminée par 
deux espèces de nageoires ; des pieds pinnés ou digités sur 
le dessous du post-abdomen ; ou de la seconde division 
du corps non recouverte par le bouclier, et un bec dis- 
tinct (ti). 

Les PATfDARfs. (PAWDARtrs. Leacb. ) 

Qui ont deux filets à l'extrémité postérieure du corps ^ 
les pattes de Ja première et de la cinquième paire onguiculées 
et les autres digitéesi v^ais.doat le siphon n'est point appar 
l'eut (^j. 

Les DiNEMovRES. (DiNExoiTRA. Latr.. ) 

Ayant' aussi deux longs filets à l'anus, mais dbnt le st- 

(i) Caligus piscinua. Lai,; Cmligm aurîusiy Mûli. , £QtomQsi«y zaïi, 
ly a; Jl^onoculus pisoifius., lAim^.'^^Çaligiu.Mulieri, Leach. f Desmar.y 
Cons'id. , L, 4: <"' 1^ morne, Vontscu^lutosus de Slabber (Encyclop. 
méthod 9 afi. d^hist. natnr. , cccxzx ,7,8,) parait , à raison des appen- 
dlm en nageoires de la qoeoe^disTotr former xlû soin -genre propre-. lie 
binocU à queue en plumet de Geoffroy pourtsAt y être pJao^ 

(3) Une seule espèce vivante , trouvée sar le requin. F<tre*ie genre 
nogaue, Desmar. , €6nMd. , pag. 34o. 1 

(3) PandaruM bieolor, Leach j Desmar. , L , 5 j — Pandarus BoscU^ 
IiC0cli« Bhcy<i. brii. , «appUl* x». Voye^^ poor d'autres espèces ^ 
0csmaf . , fbiâ, , pag. 339 



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19S CRUSTACÉS PiEClLOPODES. 

phoQ est apparent. Leurs deux pattes autérieiir^ som 00- 
guiculées j les deux suivantes se terminent par deux longs 
doigts ; les autres sont en Forme de feuilletsmembraneux (t). 
Le dernier sous-genre de cette sous-division y celud 

* d'ANTHOsoMx ( Anthosoma,. Leach. )» 

Se rapproche du précédent, quanta l'existence d'an siphon^ 
et quant aux deux filets du bout de la quene; mais il s'en 
éloigne, ain si que de ceux qui le précèdent , k raison de deux 
de ses antennes^ porlées eu avant, en forme de petites ser- 
res monodactyles , et des six dernières pattes qui sont mem* 
braneuses, réunies inférieurem^ût, repliées latéralement sur 
le pôst-abdomen ; pour l'envelopper , en manière d'étui ^ 
celles de la première et delà troisième paire sont onguiculés ; 
les secondes se terminent par deux doigts courts et obtus {%). 

Là le cotpà est ovale , sans appendices saillants , en 
manière de queue , composée dé filets ou d'appendices en 
forme de nageoires, à son extrémité postérieure. Une por- 
tion de téguments supérieurs forme d'abord et par devant 
un bouclier, ne recouvrant pas sa moitié antérieure , 
plus étroit qu'elle , arrondi eiëcliancré antérieurement, 
élargi et comme bilobé à l'autre bout: puis viennent 
successîveritent trois autres pièces ou écailles arrondies et 
échancrées postéi*ieurement , dont la second^ , la plus 
petite de toutes, est presque en forme de cœur renversé, 
et dont là dernière et la plusgrande est voùtée.Les quatre 
pieds postérieurs sont en fori^e de lameq et réunies par 
paires ; celles de la première et de la troisième sont 
onguiculées; les secondes ént leur extrémité bifide. 
Le sipbon est apparent. Les oeufs sont recouverts par 
deux grandes pièces ovales , contiguës , coriaces , placées 
sous i'abd^9i^,.et le surpassadj^t en longueur. Tels sont 
les caractères du genre 

I . — • — • . .. , r r , j i . f i M ■ î ... . ... ■ ■ I l ■ ■ ,. , 

(i) Caligus proHucius , MqIK, EiitG«n« xxxi^ 3,4* ^onaeuba smimo^ 
rieur, Fâb. ■ ' ** " . ' ' 

(9) Anthésotiu Smkhii^ Leach ; De«m. , CMiûd. , i., d;. CaUgusim'- 
bricatus y Risso. ' »... 



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FAinXiLE DBS SIPHOWOSTOMES. 199^ 

DesCéckops. (Cecrops. Leach, ) 

Dont on ne connaît qu'une seule espèce , qu'on a 
trouvée fixée aux branchies du thon et du turbot y le 
Cécrops de Latreille, ( Leach , Encydop. brît. , Supp. 1 , 
pi. XX; I; 3, mâle; 2, 4 femelle ; 5 , antennes grossies ; 
Desmar. , Gmsid. , L, 2.) 

La seconde tribu ^ celle des LsRNiEiFORMES {Ler- 
nosif ormes, Lat.) y se compose d'en tomostracés encore plus 
rapprochés que les précédents , par leurs formes exté- 
rieures y des lernées. Le nombre des pattes discernables 
n'est que dix (1) , et ces organes sont, pour la plupart , 
fort courts et point ou peu propres à la natation. Tantôt 
le corp» est presque vtermîforme, cjlindracé^ ^avec le 
segment antérieur simplement un peu plus large, et 
muni de deux pinces didactyles, avancées; tantôt, à 
raison de deux expansions latérales en forme de lobes 
ou d'ailes , rejetées en arrière du thorax , et de deuj 
ovaires postérieurs , ïj forme une petite masse quadri- 
Jobée.^CSette tribu se ccmipose de deux genres. Le pre- 
mier y celui 

De DiCHEXiESTioif ( DiGHBLESTiUM. Herm. fils), 

Nous présente un corps étroit et alongé , uii peu dilaté 
en devant I composé de sept segmeuts, dont ranlérie^ur 
(le corselet, HermaYin) plus large, rhomboïdal, formé 
de la tête et d'une portion du thorax réunies. Il porte 
1» quatre antennes courtes, dont les latérales filiformes, 
de sept articles, et dont les intermédiaires, çivançées 
en manière de petits bras , de quatre articles*, avec le 
dernier en forme de pince didactyle ; ao un siphon 
inférieur, membraneux et tubulaire; 3o trois scMçteftde 

(1) Il y en a probablemeilt deox de plus , comme dans les soat-genres 
précëdents , mais elles sont ou très peu distincu , ou sons une forme par- 
ticDllère , qui les fait méconnattre. 



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palpes diflbvmes (deux pieds multifides?) de çliaque côl^^ 
situés sur une cminence ; 3f* quatre pattes propres à la 
préhension , dont les deux premières formées d'unecnisse 
et d'une jambe, et terminées par divers erochets in^uxel 
dentelés , et dont les secondes consistant en une* euisse 
renflée ,. terminée par un fort onglet. Les second et troi- 
sième segments sont presque lunules, etporten.t chacuii 
une paire de pieds formés d'un article , terminé par 
deux sortes de doigts , dentelés au bout. Au quatrième 
segment est atlacbée une autre paire de pattes, 1» 
cinquième^ et dernière, mais sous la forme de* simples 
vésicules ovales,, divergentes et immobiles, et qu'Hère 
mann présume être plutôt des ovaires que des pattes. Ce 
segment, ainsi que le suivant , sont presque cairés.. Le 
sixièmeëst beaucoup pIus^longetcylindrique.Le septième 
et dernier est trois fois plus court, presque orbiculaire , 
aplati et terminé par deux petites vésicules. Les yeux 
ne sont point distincts. 

Le Dichélestion de l'estw§Don {DieheUstiumsturiànis y 
Hermann, fils, Itfém. apterol. , pag. laS, v. 7, 8f Desmar. 
Consid. L. , V. ) a environ sept ligues de long ^ sui; une de 
large. Le second segment, prolongé de chaque c6të en 
une papille obtuse , ei les quatre suivants sont rougea 
au milieu et d'un jaune blanchâtre latéralement. Lea 
pattes ne paraissent point loisqu'oD voit Tanimal en 3es- 
. sus. 11 s'inaiuue profondément dans la peau et recouvre 
les arcs osseux des branchies, mais.sax^s se placer, à ce quMl 
paraît , sur leurs peignes, Heimann eu js^r^ueilii jusqu'L 
doo7.e sur un seul poisspn. Deux ou troî^ de. ce. nom- 
bre, des mâles peut-être, étaient d'un, tiers pjus courts qi^^ 
les 'autres et avaient le corps co^rbé^ l'un de ces dou2Q 
*' thdividûs vécut tiois jours.' Ces crustacés se tournei3|fc 
c'^lôaucoup et avec vivacité. Ils s'^iccrôchent très fortement 
• ou moyen dte leurs piiiceà'ffonftalcs. 



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FAMIlLIiB DES SIPHONOSTOSfRS. 20I 

Les NiçofHOis. (Nicothob. Aud, et Miln. Edw. ) 

Terminent la classe des crustacés^ et s'en distinguent 
par leur forme hétéroclite. Us n'offrent , à la vue simple^r 
€]u'un corps formé de deux lobes réunis en manière de 
fer à cbeyal, en renfermant deux autres; mais observés 
au microscope , l'on découvre que les deux grands lobes 
sont de grandes ei^nsions latéralesdu tborax^ en forme 
d'ailes, presque ovales el re)etées en arrière; que les 
deux autres ' lobes sont des ovaires extérieurs ou des" 
grappes d'oeufs^ analogueàr à ceux des cyclopes femelles^ 
înséi'és^ùn dechaquecôté^ au moyen d'un court pédicule, 
A labasederabdomen;etquelecorpsde l'animal se.com- 
pose des parties suivantes : i<> une tète distincte , portant 
deux yeux écartés, deux antennes latérales, courtes^ 
sétacées^ de onze articles, ayant qfaacun un poil au côté 
interne, avec la bouche formée d'une ouverture circu- 
laire, faisant l'oIEoe de ventouse» et accompagnée, de 
chaque c6té , d'appendices maxilliformes ( piecls anté- 
rieurs); 2<>un thoUftX dequatre segments, ayant en dessous 
cinqpaii*es de pieds, dont les deux antérieurs terminés 
par un fort 4n'Oobet, bidenté au'c6té rnterne,et dont 
les huit autres, composés d'un grand article, terminé 
ptar deux tiges presque cylindriques , presque égales , 
garnies de soies, et de trois articles chaque; V un 
abdomen , allant en pointe^ de cinq -anneauiî, dont le 
premier, pl^is gr^uxd, donnant naissance aux saos'ovi- 
fères, et dont le ^rnier terminé! par deux longs poii«« 
liCs expai^siouf ^térales ne p((ra|sseiit étte.qu\un. déve- 
loppement iç^cessif.du qi^atrièip^ et dei*nier àhneati dû 
tliQTi^. Oa aperçoit,, dfins leur intérieur, deux espèces 
de Jbojaux, pç^rtant de la ligne /moyenne du corps, et 
que l'on peut considérer comme deux cœcums ou di- 
visions du canal, intestinal , qui auraient fait hernie. Us 
sont douéa de mouvements péristalciques très pronon- 



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302 CUUSTACKS PiBCll.O?ODBS. 

ces. Nous ayons yu^ en parlant des argules^ que leur 
estomac offrait aussi deux caecums ^ qui se ramifiaient 
dans rintérieur des ailes de leur test, et peut-être les 
exp^nsÎQna tboraciqués des nicotfaoés sont-elles aussi 
deux lobes analogues (i). 

Nous deyons la connaissance de la seule espèce y com- 
posant le genre 

La Nicothoé du hdmard { Nicothoé astacL Annal, des 
ac. nat* , dëc. iBa6 , XUX, i , g) à MM. Victor Audouin 
et M^lne Edwards^ elle est longue d'une demi -ligne sur 
près de trois lignes de largiHUr , y corkipria les prc^onge-' 
ments thoraciques. Elle- est de couleur rosée^ plus tendre 
sur les sacs oviferes , avec les expansions jaunâtres. Elle 
adhère intimement aux branchies du homard, et s'enfonce 
profondément entre les filaments de ces organes. On la 
trouve en petit nombre et simplement sur quelques indivi- 
dus. Tous lesNicbthoés observés par ces deux naturalistes 
étaient pourvus d'ovaires ; il est probable que ces crustacés 
.-pcnivent nager, avant que de se fixer, et que leurs lobes 
. thoraciques aient acquis leur développement ordinaire; 
de même qu'à l'égard du corps des ixodes, il pourrait être 
le produit de la surabondance des sucs putrittb. 



DES TRILOBITES. ( Triï*obitks, ) 

Dans le yoisinage des limules et des autres entomos- 
trar.es pouryus d'un grand nombre de pieds, se rangent, 
dans Topinion de l'un de mes confrères à T Académie 
royale des sciences y M: Aléxaiidt^ Brongniart , et de divers 
autres naturalistes , ces singuliers animaux fossiles , con- 
fondus d'abord sous Ik dénomination générale d'ento- 
molâhe . paradoxal , ^ désignés aujourd'hui sous celle 
dé trilobites , et dont il a' donné une excellente 
monographie, enricbie de trèé bonnes Cgtires lithogra- 
phiées ( d ). Il fant , dans cette hypothèse, admettre 
..,.^^_, . .. . !- : 

^ ( I ). Ou pourrait d^f loijf ])1^^. po ^eqjw (ifèft- da pnécodeot. 
(^) M. EudçB peslooçcb^iaiis , professeur à Funiversiié de Gâta, 



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opmme an fait positif , ou du moins très probable , 
U^xistence dWgane^ locomotiles ^ quoique , malgré 
toutes les recbercbes, on tk'alt pu en découvrir de ves^ 
tiges (i). Supposant j au contraire ^ que ces aaimaux en 
étaient dépourvus , j ai pensé qu'ils venaient plus natu- 
rellement près des pscabrions , ou plutôt qu'ils for- 
maient la soucbe primitive des animaux articulés , ae 
lî^nt d'une part avec ces derniers mollusques i et d'au- 
tre part aveo les crust^oes ci-dessus , :et même avec les 
gloméris (2) , dont quelques trilobites , tela que les caly- 
mènes , paraissent ga rapprocber> ainsi que des osca- 

■ ■■■■■- » .. »■> : . m ,»■■■■,.. -..■■« Il I , J ». 

M. le comte de AMoiimomLi, M. Balman et quelques aatres «avants, ont 
ptiblid depuis de noQYellcs observations smt ces ftwsiles. M. Victor An- 
(louin , embrassant avec ardear l'opinion de M. Brongniart, a combatta , 
daiis on Mémoire particulier, celle que j'avais émise à cet égard, et 
d'après laqaelle je les rapprochais des oscabrlons. Le pins essentiel de |a 
diffioalté était de constater Tesisleoce des. pattes,, et c'est ce qu'ail n'a 
poipifalt. Quant à rapplica^ou-dc*^ théorie da thorax des insectes ans 
trilobites , elle me parait d'autant plus douteuse qne, suivant ma manière 
de voir, les premiers mmeaux de l'abdomen des insectes représeoteilt 
•enls le thorax des crustacés décapodes. 

(1) M. Outlines (Otyciology) croit cependant en avoir aperça, al 
soupçonne qu'ils sont on^dicolés' ^o^^es aussi VenlpmosU'aaiiggramdeux^ 
Btofig, ^ Trilobites, m , 6.. 

(a) Première édition de cet ouvrage, tom. III, pag. i5o et 1 5i . Ancnn 
branchiopode connu ne se contracta en manière de boule. Ce oaractère 
n'est propre , dans la daste de«cmstaeés, qu'aux typhis, aux sphércHnefi, 
ans tylos., aox armodiUes} e^ parmi les insectes aptères, qu'aux gLor 
Biéris f genre qui est à la léte de cette class9>, et qtû laisse entre lui et les 
derniers crustacés un vide considérable. Les calymènes se rapprochent 
évidemment , à l'égard de oette contractibilité , de ces derniers insectes, 
des lyphia et des sphémaes; mais il ne parait pas que l'extrémité posté«- 
ricnra de kor oorps saîl poqrvae d'appendices natatoires latéraax, caiacf 
tère. négatif qai les éloignerait des sphéeomes , mids les rapprocherait d<» 
armadilles, et surtout des tjlos, dont le dessus des segmenta thoraci- 
ques est divisé en trois. L'examen d'un individa bien coiiservé m'a 
coBvaincn qn'iU avaient ^ de même qae les limoles , des yeux adossés à 
fieuii éldvations, pt doat la oornée était grannlensiroii à facettes. Sous le 
'■W>r%)daiaA0n ezbleno^.d'aniennea siipérieuras, cea mentes trilolâtea 
auraient encore une nouvelle affinité ave.c les limulea. • 1 • • '• : 



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20A €BtJ$TiL€éS THILOBITBS. 

brions ^ en ce qu'ils pouTaient prendre aussi , en se cott^-- 
tractant 9 la forme d'un sphéroïde; Depuis la publica- 
tion du travail de M. Brongniart^ quelques naturalistes 
n*ont point partagé son sentiment , et ont , en tout ou 
en partie» adopté le mien; d'autres hésitent encore. 
Quoi qu'il en soit, ces animaux paraissent avoir été anéan- 
tis par les antiques révc^utions de notre planète. 

Si'l'on en excepte un genre hétéromorphe , celtri d'u- 
gnoêtôfles trilobites ont^ de même que les limules > un 
grand segment antérieur , en forme de bouclier > pres- 
que demi circulaire on lunule , et suivi d'environ douze 
à vingt-deux segments (i), tous, hormis le dernier, 
transversaux y et divisés par deux sillons longitudinaux 
en trois rangées de parties ou de lobes , et de là l'origine 
de la dénomination de trilobites (2). Ce sont pour quel- 
ques savants, des entomostracites» 

Le genre Agnoste (Agwosttjs, Bix)ng.) est le seul 
dont le corps soit demi circulaire ou réniforme. Dans 

(i) Il semblerait que dans divers trOoblies', et partîcuUhirenient datts 
ks asaplies , le corps se compose, non compris le boaclier, d^une douzaine 
de segments bien diftacbës sur les côu^s, et d^un autre formant le post- 
abdomen ou une queue^ triangulaire ou semi-lunaire, n^offrant que desd!« 
visions su perficielle8,etqui ne ooapcnt pas sesbords.Dansles paradoxides, 
au contraire , tes lobés latéraux se tennùtent par des prolougemeotsai^us 
bien pronancés , et on en compte bieii vingt-deux. Une espèce de trilo- 
bile, dont M. le comte de RasOumowskj a fait mcntiimi dans son Mémoire 
sur le* fossiilcs (Anual. des «cienc. nat. ,jniâ î8a6, pi. xxviii, 11), et 
«lûHt prci&iinip tîcvoif constituer un nouveara genre, est', sous ce rapport, 
irèi remiirr[ijaHe, &e» lobes latéraux forment des sortes de îanières'tjès 
loîip^ucs et aliaot en pointe. Lca pattes des tymfhe^ ciet cousins sont en 
fofmc de Imnvt alongéas, aplaties , sans articoUtion», terminée» pandcs 
mu, et rpphpe* snr les côtét. Elles sont dans un état mdimentaire, et 
peuvent *tre mialo^^acs aux divisions latérales de cette espèce de trilo- 
bUe , vmsijxc des paradoxides. 

{^} T. PS squille». divers crnstacés ampbîpodcs et îsopodes , ont aossi 
plusïf'iifA de kiJi 1 segments divises en trois par deux lignes enftmcdes «l 
.diunles ; mais ces lignes sont plus reppirodiées des bord» , et nt 
lit pns de profoiids siltoDS. 



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€ftUSTA€é$ TAILOBITBS. 3o5 

tous les autres gemes, il est ovale ou elliptique , et offre 
les caractères généraux <]ue nous venons d'énonoer. 

Les CaI/YUÂNes ( Caltmene> Brong. ) se distinguent 
de tous les autres trilobites, par la faculté de pouvoir 
contracter le corps en boule, et de la même manière que 
les spbéromes, les armadilles , les gloméris, c'est-à-dire 
en rapprochant , en dessous, les deux extrémités de leur 
corps. Le bouclier» aussi large ou plus large que long, 
présente , ainsi que dans les asapbes et les ogygies, dei|x 
éminences oculiformes. Les segments ne débordent pas 
latéralesL&nt le corps, sont réunis jusqu'au bout, et 
le corps se termine postérieurement en une sorte de 
queue triangulaire et alongée. 

Dans les AsAphbs ( AsA^hus, Brong. ), les tubercules 
oculiformes semblent présenter une paupière ou sont 
granuleux; l'espèce de queue qui termine postérieu- 
rement le corps est moins alongée que daas les caly* 
mènes , et soit presque demi circulaire, soit en forme de 
triangle court (i). 

Le bouclier des Ogygies ( Ogtgia , Brong. ) est 
plus long que large, avec les angles postérieurs pvolon« 
gés en manière d'épine. Les éminences oculiformes 
n'offrent ni paupière ni granulation. Le corps est el- 
liptique. 

Ces éminences , ayant l'apparence <l'yeux , n'existent 
point où ne se montrent point dans le genre Paradoxide 
(Pakadoxidés, Brong.). Les segments, ou du moins la 
plupart d'entre eux, débordent latéralement le corps , et 
sont libres à leur extrémité latérale. 

Tels sont les caractères des cinq genres établis par 
M. Alexandre Brongniart, et que Ton pourrait distri- 
buer en trois groupes^ principaux : les réniforme${^ le 6. 

(i) Dans Vasaphe de Brongniart y décrit et figure par M. Eudes Den- 
loagchamps, les an^^es posUSiieort du boaclier, aa Hen de se diriger en 
arrière , comme dant les autres epèces , soDt recourbés. 



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ao6 liBS !iRACHTri0BS 

agQ09te ) , les contractiles ( le 6. calymètie ) et le* êièn-^ 
dus ( les G. asaphe , ogygie et paradoxide ). 

Noos renverrons , quant à la connaissance des espèces 
et de leurs gissements y au beau travail de ce célèbre na^ 
turaliste , qui , à l'égard des crustacés fossiles propre* 
ment dits ou bien reconnus pour tels, s'est associé l'un 
de ses premiers élèves et correspondant de l'Académie 
des sciences, M. Anselme -Gaétan Desmarest, souvent 
cité par nous, tant pour cette partie que pour son 
ouvrage sur les crustacés vivants. D'autres savants ont 
proposé à l'égard des trilobites quelques autres coupes 
génériques ; mais devant me borner aux considérations 
les plus générales , je m'arrête à celles que nous présente 
le meilleur ouvrage que nous ayons encore sur ces singu- 
liers fossiles. 



DEUXIÈME CLASSE DES ANIMAUX ARTICULÉS 

ET POURVU» OV PIEDS ABnCULES. 

LES ARACHNIDES, (arachwidks. ) 

Sont y ainsi que les crustacés , dépourvues d*ailes, 
et ne sont point pareillement sujettes à changer de 
forme , ou n*éprouvent pas de métamorphoses > mais 
de simples mues. Elles ont aussi leurs organes sexuels 
éloignés de l'extrémité postérieure du corps , et si- 
tués, à l'exception de ceux de plusieurs mâles, à 
la hase du ventre; mais elles différent de ces ani* 
maux , ainsi que dés insectes , en plusieurs points. 
De même que dans ceux->ci, leur corps offre à sa sur- 
face des ouvertures ou fentes tranverses, nommées 



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BN GÉNéRAÎi. 207 

Stigmates (1) , destinées à l'entrée de l*air , mais en 
très petit nombre (huit au plus ^ plus communé- 
ment deux), et uniquement. situées à la partie in- 
férieure de Tabdomen. La respîralion d'ailleurs 
s'opère, soit au moyen de branchies aériennes, ou 
faisant Tbffice de poumons , renfermées dans des 
poches dont ces ouvertures forment l'entrée, soit 
an moyen de trachées (2) rayonnées. Les organes 
de la vision ne consistent qu'en de simples petits 
yeux lisses , groupés de diverses manières ^ lors- 
qu'ils sont nombreux. La tête , ordinairement con- 
fondue avec le thorax, ne présente à la place des 
antennes, que deux pièces articulées, en forme de 
petites serres didactyles ou monodactyles , qu'on a 
mal à propos comparées aux mandibules des in- 
sectes et désignées de même , se mouvant en sens 
contraire de celles-ci, ou de haut en bas , coopérant 
néanmoins à la manducation, et remplacées dans 
les arachnides dont la bouche est en forme de si- 
phon ou de suçoir, par deux lames pointues,, ser- 
vant de lancettes (3). Une sorte de lèvre ( labium , 
Fab. ) ou plutôt de languette, produite par un pro- 

(1) Désignftlion ragne çt impropre , et que Ton poorrait remplacer 
par celle de /^neumo^tofTie, bouche à air, oa celle de soQplTai!,«^iraoii/£im. 

(d) Voyez ^ i)oar ces organes respiratoires, les généralités de hi classe 
dflu insectes. 

(S) Des f^lhèrts oa antenne^pinees : c'est ce qui résulte é?idemmcDt 
de leur comparaison avec les anteniies iDiermëdiaires des divers crustacés, 
et noummeot de ceux de Tordre des paecilopodes. 11 n'estdonc pas rigou- 
renscmenc ?rai qne le» arachnidea n'aient point d'antennes, caractère 
négatif qu'on leur avait jusqu'à nous exclasîremenl attribué. 



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2o8 arâchbtidbs 

loDgement pectoral , deux mâchoires formées pstr 
l'article radical du premier article de deui petits 
pieds ou palpes (<), ou par un appendice ou lobe 
de ce même artitle, une pièce cachée sous les man- 
dibules , appelée langue stemale par M. Savigny 
( description et figure du Phalangiwn copticum) , 
et qui se compose d'une saillie en forme de bec, pro- 
duit de la réunion d'un très petit épistome ou chape- 
ron , terminé par un labre très petit, triangulaire, et 
d'une carène longitudinale, inférieure, ordinaire- 
ment très velue ; voilà cé^ui, avec les piècesappelées 
mandibules, constitue généralement, à quelques 
modification près, la bouche de la plupart des arach- 
nides. Le pharynx ( 2 ) est placé au-devant d'une 



(i) Ils ne difierent dei pieds proprement diu que [>ar leurs tarseï, 
composés d^an seul article , et ordinairement termines par un petit cro- 
chet ;i1ft ressemblent, en un mot, aax pattes ordinaires des crusuic<fs. 
yor^^ip ci*«près, les çe'neValités du premier ordre. Ces mâchoires et ces 
palpes paraissent correspondre aux mandibules palpigères des deçà* 
podct, et aux deux pieds antc'rieors des limules. Dans les faucheurs ou pha», 
langium , les quatre pieds suivants ont , à leur origine , un appendice 
maxillaire , de sorte que ces quatre appendices sont les analogues des 
quatre mâchoires des animaux prëcëdents. Dans une Monographie des 
espèces de ce genre, propres k la France, et publiée long- temps avant les 
Mémoires de M. Savigny sur les animaux sans vertëbres, j'avais d(fcrit ces 
parties. D^apràs ces observations et les précédentes , il est facile de rame- 
ner la composition de ces animaux au même tjrpe général qui caractérise 
tous les animaux articulés, a pieds articulés. Les arachnides ne sont donc 
pas des sortes de crustacés sans lélc, ainsi que Tavait dit ce savant» si 
exact et si admirable d'ailleurs dans ses observations anatomiques,etdont 
il a été, pour le malheur des sciences naturelles, une déplorable victiiae. 

(a) Je n'ai jamfds vu , ainsi que M. Straus , qu'une ouverture , quoique 
M. Savigny en admelU deux; je pense que c'est Feffet d'une illosian 
optique , provenant de ce qu'il n'a aperçu que les extrémités latérales de 
la fente , son milieu se trouvant caché par la langue , dont la fiice aitté- 
rieurc est é[ aissie dans sa partie moyenne. 



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/En» GÉNÉttA.I#. 209 

saillie sterqale, qu*on a considérée comme une 
lèvre ^ mais qui, d aprè$ sasilualioo immédiate eu 
arrière du pharj^nx et l'abseoce de palpes , est 
plutôt une languette. Les pieds , ainsi que ceux des 
insectes ,. sont communément terminés par deux 
crochets y et même quelquefois par un de plus , et 
tous annexés au thorax (ou plutôt céphalothorax ), 
•qui , un petit nombre excepté , n'^st formé que d*mi 
seul article, ettrèssouvent intimement uni à Tab- 
domen. Cette dernière partie du corps est molle 
-ou peu défendue dans la plupart. 

Envisagées sous le rapport du système nerveux , 
les arachnides s'éloignent nptahlement des crus* 
. tacés et des insectes; car si Ton en excepte les 
scorpions , qui, à raison des nœuds ou articles for- 
mant leur queue , ont quelques ganglions de plus , 
4e nombre de ces renflements des deux cordons 
nerveux est de trois au plus ; et même dans ces 
tieraiers animaux n'est-il, tout compris > que de 
sept. 

La plupart desarachnides se nourrissent d'insectes, 
qu'elles saisissent vivants, ou sur lesquels ilsse fixent, 
et dont ils sucent les humeurs. D'autres vivent en 
parasites , sur des animaux vertébrés. Il en est 
cependant que l'on ne trouve que dans la farine , 
^ur le fromage , et même sur divers végétaux. Celles 
qui se tiennent sur d'autres animaux s'j multiplient 
souvent en grami nombre. Dans quelques espèces, 
deux de leurs pattes ne se développent qu'avec un 

TOMH 1V« r l4 



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aïO ARAGHVIDBS 

changement de peau, «t en général, ce n'est qu ta- 
pies la quatrième ou cinquième mue au plus , que 
les animaux de<;ette classe deviennent propres à la 
génération (i)« 

DIVISION 
DES ARACHNIDES EN DEUX ORDRES. 



Les unes ont des sacs pulmonaires (2) , un cœur 
avec des vaisseaux hieh distincts , et six à huit jeux 
lisses. Elles composeront le premier ordre , celui 
des Arachnides pulmonaires. 
' Les autres respirent par des trachées, et ne pré- 
sentent point d'organes de circulation , ou y s'ib en 
ont , cette circulation n'est point complète. Les 
trachées se partagent près de leur naissance , en 
divers rameaux, et ne forment pas, comme dans les 
insectes, deuxtrbncs, s'étendant parallèlement dans 
toute la longueur du corps, et recevant l'air de ses 



(r) tiouB avons va, diaprés les oliter^atioiis recaeillies sur les argales 
par J urine fils, quHIs n^acqoièrent cette faculté qu'après la sixième mue. Ce 
frit s'applique aussi aux iasectes lëpidoplères , et probablement à d'autres 
insectes changeant plusieurs fois de peau ; car les cbenilles muent ordi- 
nairement quatre fois avant de passer à Tëlat de cbrysalide , qui est une 
cinquième mue. L'insecte ne devient parfait qu'au bout d'une autre : voilà 
donc six mues. 

(3) Sacs renfermant des brandiiet aériennes ou faisant l'office de poa- 
mons, et que j'ai distin^aéesde ces derniers organes par la dénomination 
et pi^wHoBranâhiet. 



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PULMONAIEES. 311 

diverses parties^ par des ouvertures (ou stigmates) 
nombreuses. Ici on n'en voit bien distinctement que 
deux au plus, et situées près de la base de Tabdo* 
men(i). Le nombre des yeux lisses est de quatre 
au plus. Ces arachnides formeront notre deuxième 
et dernier ordre , celui des ABACflCfriDES Tra- 
GHésicnES. 



LE PREMIER ORDRE DES ARACHNIDES^ 

Les pulmonaires. (Pulmonarlb.— tT/io^afa. Fab.) 

Nous présente, ainsi que nous l'avons dit, un 
système de circulation bien prononcé et des sacs 
pulmonaires, toujours placés sous le ventre, s'annon* 
çani à Textérieur par des ouvertures ou fentes 
transverses (stigmates) , tantôt au nombre de huit , 
quatre de chaque côté, tantôt au nombre de quatre 
ou de deux. Le nombre des yeux lisses est de si:i^ 
à iiuit (2), tandis que da^ Tordre suivant , il n'y en a 
» 111 II I. ■ III ■ I ■■ Il ■ Il ■ , 11 ,^^^^ ,, , , ^M— ^ 

(t) Les pjcnogonîdes n'offrent aacan stigmate , et sembleraient, sons 
ce rapport, se rapprocher des derniers cmstacés, tels qae les dîcb^les- 
âons, les cécrops et antres eatomostracës suceurs. M. Savignj leur trouve 
plus d'affînitë avec les lœmodipodes, dont cependant Us s^ëloî^ncnt 
beaucoup y tant par Torganbation buccale que par les jeux et les pattes. 
Noos pensons néanmoins que , par Tensemble de leurs caractères , Us 
appartiennent plolôt à la classe des arachnides,- et qu'ils avolsîncnt sur- 
tout les phalanginm^ avec lesquels divers auteurs les ont ranges. Nous 
crojons aussi qu'Us pourraient respirer par la surface de l^r peaa. 
Il £uit, ao surplus, attendre que ranatomie nous ait. éclaires à cet i%ard. 

(9) Les 1itM9arop9àt M. Rafinesqne n'auraieaft qne quatre yenx \ mais 
i« pnaomé cin'il n'a pcnnt aperçu les latéraux. Voy^ le sons-genre érèfêm 

i4' 



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2 13 ARAGHNItiBS FUTiVOHAlRES. 

tOHt en plas que quatre , le plus souvent que deux ^ 
quelquefois même très peu apparents '4m nuls. 
L'organe respiratoire est formé de petites lames. Le 
cœur est un gros vaiss^tu qui règne le long du dos 
et donne des branches de chaque côté et en avant (i).. 
Les pieds sont constamment au nombre de huit. Leur 
tête est toujours confondue avec le thorax, et offre 
à son extrémité antérieure et supérieure deux pinces 
(mandibules des auteurs , chelicères ou antenne- 
pinces de Latreille ) , terminées par deux doigts , 
dontrnn mobile ; by par un seul en forme* do cro» 
chet ou de griffe, et toujours mobile {i). La bouche 
se compose d*un labre ( f^ojrez les généralités de 
la classe ) , de deux palpes ; simulant quelquefois des 
bras 00 de serres de deux ou quatre mâchoires , for- 
^ mées, lorsqu'il n'y en a que deux , par Tarticle ra- 
dical de ces palpes, et de plus lorsqu'il y en a quatre^ 
par le même article de la première paire de pieds^ et 
d'une languette d'une ou de deux pièces (5). En prê- 

_ I - I 1 1- I ■ ■ i l . I I II LJ I - Il . 

(i) Suivant M. Marcel de Serres (Mëmoire sur le vaUseaa dorsal des 
nsectes), le sang , dans les aranëfdcs et les scorpions, se porterait d'abord 
ans organes reipiratoires , et de U y par des vaisseaux particnlievt , aoz 
direrses parties du corps. Mais, à en jug^ d'après les rapports qu'ont cet 
animaux avec les crostacës , cette circolaUon parait devoir s'effectuer en 
sens contraire, f'oyez le Mémoire de M. Trëviranas sqt Fana tomte des 
araiffnëes et des scorfnons. 

(a) Ces pièces sont form^ dHm premier article très grand elwemru » . 
dont un des angles supérieurs, lorsqne la i^nce est didactyk^ forma le 
doigt fixe , et d'un second article, celui qni forme le doigt opposé et mo* 
biie, ou le crockel, lorsqu'il n'j a qu'on doigt. Bans ce dernier caâ, 
comme relativement à divers orustMéa , >.'ea^loieraile mot de ^#{6%> 

(3) Celle des scorpioas {wndt se composer de quatre, pièdie , 
en forme de triangle alongé et pcMJdtn , et dirigées en ^rant ; nais • 



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PAMII^B DfiS PLLBUSES. ^^3 

»ant pour base la diminutk>o progressive du Dotubre 
de$ sacs pblmonaires et des stigmates , les scorpions, 
<m il est de hy il;, tandis que les autres arachnides n'en 
ofiVeut que quatre ou deux, devraient former le pre^ 
mief genre de cette dasse, et dèslors notre famille des 
pédip^pes, à laquelle il appartient^ devrait précéder 
celle des flleuses ( i ) • Mais cesdernières arachnides s'i- 
solent en quelque sorte> à raison des organes sexuels 
masculins, delà griffeou crochet de leurs serres fron- 
tales, de leur abdomen pédicule et de ses ^lîëres , 
et de lecirs habitudes ; les scorpions d'ailleurs parais* 
sent fermer une transition naturelle des arachnides 
pulmonaires , à la famille des faux-scorpions^ la pre- 
iniëre de Tordre suivant.. Nous cofumenceronsdonc^ 
ainsi que nous l'avions fait, par les aracbnidesfileuses. 
La première famille des AlUkCHiriDEs ru luOnaiuks, 
celle 

Des FILEVJiES ou ARANÉIDES , ( Araweides. ) 

SecoiiiposedugenredesARAiGiT]SEs(^nz;zea,Lin.).. 
Elles ont des palpes eti forme de petits pieds , sans 

4 » ■ ' ' — 

tH'ébsax Ufëmles «oot ëyl^iemmeiil; iorniéct par le prenôer article det 
émx [nedè «Btëiieurt^ et peavent être considérées oomme deuz'iniclioLres, 
AiHiIôça«s flax deux pf emière^. On rok, parles mygales^ les éoorfÂons, etc. , 
ifQele» palpes sont divisés en six articles, dont le radical, dans les 
avtits afttncidto, se dilate-incérieurement et en avant, pour former le 
lobe DAtidlliforme. Ce lobe mime, dons quelques espl^ees, s'articule 
à sa base , et devient ainsi an appendice maxillaire de ce méiAe ar<^ 
lide. Si on ilit kb»traotioa de cet arti<^ , le palpe n'en offre que cinq, 
et tel est ïe mode de snppatatioB le plns.féoéraL Dans les scorpions , 
le Mgt ntotele tlef piifceB forme, ainsi qot dans les serres des crastacës**, 
lesteièttaeimide. 

(i) Dans môtt owrragc sur les fiimillcs nâiorelles da rè$ae animal , je 



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3l4 ARACHliriDES PULMOGr AIRES. 

pince au bout y terminés au plus dans lés femelles , 
• par un petit crochet, et dont le dernier article ren- 
ferme ou porte dans les mâles divers appendices.pl us 
ou moins compliqués, servant à la génération (i). 
Leurs sqrres frontale^ ( mandibules des auteurs ) 
sont terminées par un crochet mobile replié in- 
férieurement, ayant en dessous, près de son extré- 
mité, toujours très pointue , une petite fente, pour la 
sortie d'un venin renfermé dans une glande de Tar- 
ticle précédent. Les mâchoires ne sont jamais qu'au 
nombre de deux. La languette est d'une seule pièce^ 
toujours extérieure et située, entre les mâchoires, 
soit plus ou moins carrée , soit triangulaire ou semi- 
circulaire. Le thorax (2) ayant ordinairement une 
impression en forme de V , indiquant l'espace occupé 
par la tête , est d'un seul article , auquel est suspendu 
en arrière , au moyen d^un pédicule court, un ab- 
domen mobile et ordinairement mou ; il est muni dans 
tous, au-dessous de l'anus , de quatre à six mamelons, 

comraeDcie par les p<$<lipalpe«. Mon ami , M. Léon Dafour, pente aosû 
que les scorpions doivent être mis en lète. 

' (i) D*après toutes les observations qn'on a recoeillies sur ii mode 
d^accoaplement des aranâdes , je snis toujours porté à croire que cet ap- 
pendices sont les organes de la copulation. J*ai vainement cberclië à dé- 
couvrir, sur la base du rentre d^une grande atygaie mâle conservée dans 
de la liqueur, quelques organes particuliers. Il ne faut pas toujours juger 
diaprés i^analogie : c^est ainsi que les organes sexuels des femelles des 
gloméris» des jules et autres cbilognatei, sont situés près de la boucbe , 
j'ait dont on ne trouve pas un second exemple. 

(3) L'expression de eéphalo^orax serait plut rigoureuse et plus juste ; 
mais n''étant pas usitée, jq n'ai pat cru devoir m'en servir. Je n'em-- 
ploierai pas non plus ceUe de corselet, quoique généralement admise , 
parce que , dans son application aux coléoptères , aux orthoptères , etc. , 
elle ne co^ivient qu*a6 prothorax ou au premier segment thoracique^ 



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charnus an bout, cylindriques ou coniques, articulés, 
très rapprochés les uns des autres et percés à leur 
extrémité d'une infinité de petits trous (i), pour le 
passage des fib sojéux d'une extrême ténuité^ par* 
tant des réservoirs intérieurs. Les pieds, de formes 
identiques, mais de grandeurs variées^ sont compo- 
sés de sept articles , ^ontlesdeux premiers forment 
' les hanches, le suivant la cuisse , le quatrième (2) et 
le cinquième la jambe , et les deux autres le tarse : le 
dernier est terminé par deux crochets ordinairement 
dentelés en peigne , et dans plusieurs par un de plus , 
mais plus petit et sans dentelures. Le canal intestinal 
eél droit ,'.il a d'abord un premier estomac , composé 
de plusieurs sacs; puis^ vers le milieu de l'abdomen , 
une seconde dilatation stomacale , entourée de 
soie. Suivant les observations de M. Léon Dufour 
(Annal, des scienc. physiq., tom. 6)^ il occupe la 
majeure partie de la capacité abdominale , et se 
trouve immédiatement enveloppé par la peau. Il 
est d'une consistance pulpeuse , formée de petits 
grains (3) , dont lesconduits excréteurs particuliers 
se réunissent en plusieurs canaux héjpatiques , versant 

(1) Ces iroas sont tnr le dernier article, qui est souvent rentre. Si on 
Je presse fortement, on en fait sortir, dn moins dans plosiears espèces, de 
très petites papilles percées au boni» et qoi sont les filières propres. 
Qaclqncs nataralistes pensent qae les deux petits mamelons situés au 
xnilien des quatre extérieurs ne fournissent point de soie. 

(3) Cet article, ou le premier de la jambe, est une espèce de rotule. 
(3) liC fde des scorpions se compose de lobules pyramidaux et tÊMt 
calés f, ce qui semble anaoncer une organisation plus avancée. 



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ziQ AUAcanipfis POXiXOiTâiniis. 

dans le tube alimentaire le pfbduit de la sécrétion. 
Au milieu de sa face supérieure est une ligne en- 
foncép, où. se loge le cœur , et qui divise cet organe 
en deuxjobes égaux. Sa forme varie comme celle 
de Tabdomen^ suivant les espèces; ainsi son contour 
est festonné dans l'épeïre soyeuse. Dans ce sous- genre 
ainsi que dans la lycose-tarenlule « sa surface est 
recouverte d'un enduit d'un blanc de cbaux , fen- 
dillé en aréoles , qui s'aperçoivent même aisé- 
ment , à travers la peau glabre de plusieurs espè- 
ces; on les voit obéir au mouvement de sistole 
et de diastole du ccbj^. Les individus des deux sexes 
lancent souvent par Tanus une liqueur excrémen- 
tielle , composée d'une partie d*un blanc laiteux et 
d'une autre noire comme de l'encre. 

Le système nerveux se coinpose d'un double cor- 
dbn , occupant la ligne médiane du corps , et de 
ganglions qui distribuent des nerfs aux divers oi^a- 
nés. M. Dufour n'a pu déterminer le nombre et les 
dispositions de ces ganglions; mais^ d'après la figure 
qu'à donnée de ce système Treviranus ( Vèbet 
deninnern, bau des arachniden, tab. 5, fîg. 4^. )> 
le nombre des ganglions ne serait que de deux. 
Les observations de celui-cî suppléeront encore à 
celles de M« Dulbfir > relativement à l'organe de 
circulation qui, suivant lui ne paraît consister qu'en 
un simple vaisseau dorsal, ainsi que par rapport. 
aux testicules et au^ vaisseaux spermatiques^sarles- 
quels il n'a aucune donuée. 



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FAMILLE DBS FlLBUSfiS; 31^ 

La région dorsale de Tabdomea oRVe dans plu- 
sieurs araoéides , notamment dans celles qui sont 
glabres ou peu velues , des points enfoncés ou om- 
bilics y dont le nombre et la disposition Tarient. 
M. Dufour a reconnu que ces petites dépressions or- 
biculaires étaient déterminées par Tattache des. 
muscles filiformes qui traversent le foie , et qu'il a 
aussi observés dans les scorpions. 

Les cavités pulmonaires ^ au nombre d'une ou de 
deux paires ; s'annoncent à rextérieùn«par autant de 
taches jaunâtres ou blanchâtres , placées près de la 
base du ventre , immédiatement après le segment ,. 
qui, au mojen d'un filet charnu^ unit l'abdomen avec 
le tborax. Chaque bourse pplmouaire est formée par 
la superposition d un grand nodibre de feuillets, 
triangulaires , • blancs , extrêmement minces , qui 
devieûuent confluents autour des stigmates y dont le 
nombre est 1^ même que celui des sacs pnlmonai^- 
res. Lorsqu'il / en a quatt^e ^ une sorte de pli our 
vestige d'anneau , existant même dans eeuxoù il n'jr 
en a que deux, et placé immédiatement après eux^ 
forme une ligne qui sépare les deux paires. 

Les avaitéïdes femelles ont deux ovaires bien dis-^ 
tiaclB y logés dans une espèce de capsule formée par 
le foie. N'étant point fécondés, ils paraissent com*^ 
posés d'un tissu spongieux, comme flo(t>nneux, et. 
ôoostitué par l'agglomération de corpuscules ar^ 
rondis, à p^ne sensibles , qui sont les germes des 
œalS. A mesure que la fécondation fait des progrès; la 



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3l8 ARAGHNIDSS PULMONAIRES. 

grappe formée par ces œufs ( ir) devient moins serrée , 
et on voit qu'ils sont insérés latéralement sur plu- 
sieurs canaux. Leur grande analogie avec les ovaires 
du scorpion fait présumer au même observateur 
qu'ils forment des mailles aboutissant^à deux ov jduc- 
tes distincts^ qui débouchent dans une même vulve. 
La configuration de celle-ci varie beaucoup ; tantôt 
c'est une fente longitudinale bilabiée, comme dans 
la.micrommateargelasienne, tantôt elle est abritée 
par un opercule prolongé et terminé en manière 
de queue , comme dans l'épéïre-diadème , ou bien 
elle se présente sous la forme d'un tubercule. 

A l'égard des yeux lisses , il remarque qu'ils briK 
lent dans l'obscurité comme ceux des chats , et que 
les aranéïdes ont vraisemblablement la faculté de 
voir de jour et de nuit. 

L'abdomen des aranéïdes se putréfie et s'altère 
tellement après la mort , que ses couleurs et même 
sa forme sont méconnaissables. M Dufour est par- 
venu , au moyen d'une dessication très prompte , et 
dont il indique le procédé , à remédier , autant que 
possible 9 à cet inconvénient. 

Selon Réaumur, la soie subit une première éla- 
boration dans deux petits réservoirs ayant la fi- 
gure d'une larme de verre , placés obliquement , 
un de chaque côté , à la base de six autres réser- ' 
voirs , en forme d'intestins , situés les uns à côté 



(i) Voyex snr lear dévdoppeme&t et celui da fetot le beau tnTeU de, 
M. Hërold. 



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FAMUiLE DES FILHUSES. 3 19 

des aotres, recotiUés six ou sept fois, partant un 
peu au-dessous de Torigine du ventre , et venant 
aboutir aux mamelons par un filet très mince. G*est 
dans ces derniers vaisseaux que la soie acquiert plus 
de consistance et les autres qualités qui lui sont 
propres; ils communiquent aux précédents par des 
branches y formant un grand nombre de coudes et 
ensuite divers lacis ( i )• Au sortir des mamelons , les 
fils de soie sont gluants ; il leur faut un certain 
degré de dessiccation ou d'évaporation d*humidité^ 
pour pouvoir être employés. Mais il paraît que 
lorsque la température est propice , un instant 
suffit, puisque ces animaux s'en servent tout aussitôt 
qu'ils s'échappent de leurs filières. Ces flocons blancs 
et soyeux que Ton voit voltiger au printemps et en 
automne, les jours ou il y a eu du brouillard^ et 
qu'on nomme vulgairement JUs de la Vierge , sont 
certainement produits, ainsi que nous nous en som- 
mes assurés en suivant leur ,point de dépstrt , par 
diverses jeunes aranéïdes, et notamment des épéires 
et des thomises \ cq sont principalement les grands 
fils qui doivent servir d'attache aux rayons de la 
toile ^ ou ceux qui en composent la chaîne, et qui 
devenant plus pesants à raison de l'humidité^ s'af- 
faissent, se rapprochent les uns des autres, et fi- 
nissent par se former en pelotons j on les voit sou- 
vent se réunir près de la toile commencée par 
Fanimal, et où il se tient. Il est d'ailleurs probable 
que beaucoup de ces aranéïdes n'ayant pas en- 
Ci) Voyez , sur le même tajei , Trëvinuioi . ^ 

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SJO AUACHKIDM PfTLMOlfAiRBS. 

core une provision assez abondante de soie , se boi> 
nent à en jeter an loin de simples fils. C'est, à ce 
qu'il me parait , à de jeunes lycoses qu'il faut al* 
tribuer^eux que Tou voit en grande abondance, 
croisant les sillons des terres labonrées , lorsqu'ils^ 
réfléchissent la lumière du soleil. Anal^rsés chinai-^ 
quement, ces fils deU vierge offrent précisémeiit les 
méiues caractères que la soie des araignées ; ils ne se 
forncient donc point dans l'atmosphère , ainsi que 
Ta conjecturé , faute d'observations propres oû.ejc 
7USU, un savant dont l'autorité est d'un si grand poids, 
M. le chevalier de Lainarck. On est parvenu à fa* 
briquer avec celte soie des bas et des gants.; mais 
ces essais n'étant point susceptibles d'une application 
en grand ^ et étant sujets à beaucoup de difficultés, 
sont plus curieux qu'utiles. Cette matière est bien 
plus importante pour les aranéïdes. C'est avec elle 
que les espèces sédentaires , ou n'allant point à la 
chasse de leur proie, ourdissent ces toiles (i) d'un 
tissu plus ou moins serré ^ dont les formes et posi- 
tions varient selon les habitudes propres à chacune 
d'elles, et qui sont autant de pièges où lesànsectes 
dont elles se nourrissent, se prennent ou s*embar- 
rassent. A peine s'y trouvent-ils arrêtés, au moyen 
des Crochets de leurs tarses, que Taranéïde, tantôt 
placée au centra de son réseau ou au fond de sa 

( I ) Celles de (^iielqoes ar«oëkies exoUquet sobt si fortes , «(nielles ar- 
rêtent de petits oiseiiuz, et opposent mêoie « Thomme une certaine 
rtlsistance. 



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PAMIX^IiB DES FILEUSBS. 331 

toile f taotôt dans une habitation particulière située 
auprès et dans l'un de ses angles, accourt , s'ap* 
proche de Finsecle ; fait tous ses efforts pour le 
piquer avec son dard meurtrier ^ et distiller dans 
sa jdaie un poison qui agit très promplement ; 
lorsqu'il oppose one trop forte résistance , ou qu^il 
serait dangereux pour elle de lutter avec lui, elle se 
retire un instant afin d'attendre qu'il ait perdu de 
ses forces ou qu^il soit plus enlacé ; ou bien, si elle 
n'a rien à craindre , elle s'empresse de le garrotter 
en dévidant autour de son corps des fils de soie, qui 
l'enveloppent quelquefois entièrement et fornient 
une couche, le dérobant à nos regards. 

lister avait dit que des araignées éjaculent et 
lancent leurs fils , de la même façon que les porcs^ 
épies lancent leurs piquants, avec cette différence 
qo'ici ces armes , suivant une opinion populaire « se 
détacheraient du corps, tandis que dans les araignées, 
ces fils , quoique poussés au loin , y restent attachés. 
Ce fait a été jugé impossible. Nous avons ce-- ' 
pendant vu des fils sortir des mamelons de quelques 
thomises,se diriger en ligne droite, et former comme 
des rayons mobiles, lorsque l'animal se mouvait cir* 
culairement. Un autre emploi de la soie, et commun 
à toutes les aranaïdes femelles^ a pour objet la cons* 
truction des coques destinées à renfermer leurs œufs. 
La contexture et la forme de ces coques est di- 
versement modifiée selon les habitudes des races* 
Elles sont généralement sphéroïdes; quelques-unes 



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S23 ARACHNIDES PDLMONAIRBS. 

ont la forme d'un bonnetou celle d*ûne tymbale ; on 
en connaît qui sont portées sur un pédicule , ou qui 
se terminent en massue. Des matières étrangères, 
comme de la terre, des feuilles ^ les recouvrent 
quelquefois , du moins partiellement; un tissu plus fin, 
ou une sorte de bourre ou de duvet , enveloppe sou- 
vent les œufe à l'intérieur. Ils y sont libres ou ag- 
glutinés, et plus ou moins nombreux. Ces animaux 
étant très voraces, les mâles, pour éviter toute 
surprise, et n'être pas victimes d'un désir préma- 
turé , ne s'approchent de leurs femelles , à l'époque 
des amours, qu'avec une extrême méfiance et la 
plus grande circonspection. Ils tâtonnent souvent 
long-temps avant que celles-ci se prêtent à leurs 
caresses; lorsqu'elles s'y déterminent, ils appli- 
quent alternativement; avec une grande prompti- 
tude, l'extrémité de leurs palpes, sur le dessous du 
ventre delà femelle, font sortir, à chacpie contact, et 
comme par une espèce de ressort^ l'organe fécon- 
dateur, contenu dans le bouton formé par le dernier 
article de ces palpes, et ^introduisent dans une 
fente située sous le ventre, près de sa base, entre les 
ouvertures propres à la respiration ; après quelques 
courts instants de repos, le même acte se renou- 
velle plusieurs fois. Voilà l'accouplement d'un petit 
nombre d'espèces et de la division des orbitèles. 
On ne lira pas sans éprouver un vif intérêt, ce qu'a 
écrit sur ce sujet le savant qui a le plus approfondi 
rhistoire de ces animaux, le célèbre M. Walcke- 



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PAMILLB DBS FILHUSBS. 225 

naer, membre de l'académie des inscriptions et 
beDes-lellàres, et dont je m'honore d'être un an- 
cien ami. L'appareil de la génération des mâles , 
ou da moins présumé tel y est ordinairement très 
compliqué et très varié , formé des pièces écail- 
leuses , plus ou moins crochues et irrégulières , 'et 
d'un corps blanc , charnu , sur lequel on aperçoit 
quelquefois des vaisseaux d'une apparence sanguine, 
et que l'on regarde comme l'organe fécondateur 
proprement dit ; mais dans les arachnides à quatre 
sacs pulmonaires^ et dans quelques autres de la 
division de celles qui n'en ont que deux, le dér- 
ider article des palpes des mêmes individus n'offre 
qu'une seule pièce cornée , en forme de crochet ou de 
cure-oreïlle , sans la moindre ouverture distincte. 
Quoique Millier et d'autres aient eu tort, relati- 
vement à quelques entomostracés , de placer les 
OjRganes sexuelsmasculinssurdeuxde leurs antennes, 
il n'en est pas moins vrai que les parties considérées 
comme analogues dans les aranéïdes , sont très diffé- 
rentes de cellesque l'on observe aux antennes de ces 
crustacés, et que l'on ne conçoit pas quelle pour- 
raitêtre leurdestination,sion leur refuse celle-ci(T). 
D'après les expériences d'Audel>ert , qui nous a 
donné une histoire des singes , digne des talents de ce 
g'rand peintre, il est prouvé qu'une seule fécondation 
péutsuffîreà plusieurs générations successives; mais, 
roomie dans tous les insectes et autres classes analo- 



(i) Elles seraient an moins des organes excitateurs. 



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224 AltACfiïlIDBS PULWOnAlRES. 

gues , les œufs sont stériles si les deux sexes ne se 
sont pas réunis. L'accouplement , dans nos climats , 
a lieu depuis la fin de l'été jusqu'à la fin de septem- 
bre* Les œufs pondus les premiers éclosent souvent 
avant la fin de l'automne ; les autres passent Thiver. 
On a remarqué que les femelles de quelques espèces 
de lycoses ou d'araignees^loups déchirent la coque 
des œufs, lorsque les petits doivent venir au monde. 
Les nouveau - nés grimpent sur le dos de leur mèra 
et s'y tiennent pendant quelque lemps. D'autres 
aranéïdes femelles portent leurs cocons sous le ventre, 
ou veillent à leur conservation y en se fixant auprès 
d'eux. Les deux pattes postérieures ne se dévelop- 
pent, dans quelques petits, que quelque jours après 
leur naissance. Il en est qui , à la même époque^ 
sont rassemblés pendant quelque temps en *soeiété 
et paraissent filer en commun. Leurs couleurs alors 
$ont souvent plus uniformes, et le naturaliste qui 
aurait peu d'expérience pourrait maldplîer mal à 
propos les espèces. L'un de nos collaborateurs pour 
l'Encyclopédie méthodique , M- Anaédée Lcpelletier 
de Saint-Fargeau , a observé que ces animaux jouis- 
saient j ainsi que les crustacés , de la faculté âe ré* 
générer les membres perdus. 

J'ai constaté qu'une seule piqûre d^aranéïde d« 
moyenne taille fait périr notre mouche domestique 
dans l'espace de quelques minutes. Il est encore cer- 
tain que la morsure de ces grandes aranéïdes de l'A- 
mérique méridionale, qui y sont connues sous le nom 



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^'araignées crabes et que nous rangeous dans le 
genre mygale^donne la mort à de petits animaux ver- 
tébrés,tels que de pelitspiseairx, romme des colibris/ 
despigeons/et peut produire dans Tbottime un accès 
violent de fièvre; la -piqûre même de qtielques espèces 
de nos climats méridionaux a été quelquefois nîor- 
tdle. Vtsù peut donc , saiï& adopter toutes le» 
iables que Baglivi et d'autres ont débitées sur le 
compte ^de la tareiïtute, ^ tnéfier, surtout dans les 
pays chauds^ de la pi^èrë des aranéïdes et particu- 
lièrement de» grosses espèces. Diverses espèces d*in- 
secfles'*du gérnre Spkea: tle Ijinnasus saisissent des 
ar'anéifdes , les percent de leur aiguillon et les Irans- 
porteBt dans les irons où 'elles déposent leurs œufs, 
afin cpi'elles servent de pâtiire à leur^petils. La plu-' 
part de ces afoimaux périssent à f*arrièré-«sais;on , 
mais il en ek qui virent plusieurs anuée^l et de^ ce 
nombres bnt les mygales, les lycoses eft probablement' 
plusieurs' autres. Quoique Pline" dise queièsp^hatan-^ 
pum soQiioeontins' en Italie ^ nousprèsimions uéan-' 
moins sque ces éernières aranéïdes et tl'aulres grandes* 
espèces ne faisant point de toile , de même encore 
que les gàléodes ou solpuges, sont les animaux que 
lH>n désignait- collectivement de la sorte ^ et doiU 
Voa distingiiaît plusieurs espècesi Telle était aussi 
l'opiiiion;. de Mouffet qui a figuré (Theatr, insect. ,. 
p. 2 tg)^ comme une espèce» de pkalangtum une 
lycose où une mygale de Tîle de Candie. 

Lister ,. qui a, le preinier, le mieux observé les 

TOME IV. 16 



.1 



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2a6 ABACKHIDBS PUL1|OKAIRBS. 

araneiiles dont il était à portée de suivre les habi- 
tudes, celles de la Grande-Bretagne , a jeté les bases 
d'une distribution naturelle , et dont celles qu'on a 
publiées depuis ûe sont pour la plupart que des mo* 
difications. La connaissance plus récente de quel- 
ques espèces particulières aux pays chauds , telles 
que l^ araignée maçonne, décrite par l'abbé Sauvages^ 
et de quelques autres analogues , l'emploi des or* 
ganes de la manducatîon , introduit dans la méthode 
par Fabricius , une étude plus précise de la disposa 
tion générale des yeux et de leurs grandeurs respec- 
tives y celle encore des longueurs relatives des 
pâtles , ont contribué à étendre cette classification. 
M. Walckenaer est entré à cet égard dans les plus 
petits détails , et il serait difficile de découvrir une 
espèce qui ne trouvât sa place dans quelqu'ui^e des 
coupes qu'il a établies.. Il existait cepeqdant iin ca- 
ractère- dont on n'avait poîni généralisé l'applica- 
tion ^ la présence ou l'absence du troisième crochet 
du bout des tarses. M*. Savigny nous a présenté , sur ce 
point de vue, une nouvelle méthode, mais doot je ne 
connais qu'un simple aperçu. ( Fojez Waldt. , 
Faune franc., note terminant le genre JtUf^){i) 
M. Léon DuPour^qui a publié d'excellents mé-> 

(i) I«ous n'Avons eu coauaitsaDoe dot obseryatioiM dt M. Sm^ùj sur 
les aranëîdes faisant partie de rexplication des planches d^hlstoire aaïa- 
relie du çfand ouvrage, sur l'Egypte , que long-temps après la rëdactîon 
de- notre arUc|e relatif aux mtees aaimaas. Ne poavmitliiterroiapre 1» 
continuation de notre trayail , et revenir sana cesse sar ce cpie nous avons 
déjà rédige' , nous exposerons saccinctement la disiribation métkodiqae 
' des araaé^ies proposée par M. Sayigaj y dans un sapplénuent. 



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FAXILLS DBS FILEUSSS. 22j 

moires sur Tanatomie des insectes ^ qui à fait une 
étude spéciale de ceux du royaume de Ys^lpnce , 
<m ilen a découvert plusieurs espèces nouvelles, 
«t auquel la botanique n'est pas moins redevable , 
a donné une attention particulière aux organes 
respiratoires des aranéldes, et c^est d'après loi que 
nous les partagerons en celles qui ont quatre sacs 
puhaonairses , ( et à l'extérieur quatre stigmates , 
deux de chaque côté et très rapprochés) , et en celles 
qui n'en ontque deux (i)«l.es premières, qui embras- 
sent l'ordre des aranéïdes ihéraphoses de M. VaIe-« 
fcenaer, «t quelques autres genres de celui qu'il 
désigne collectivement sous la dénomination d'arai- 
gnée y û'^D composeat d'après notre méthode , 
qu'un seul, celui 

DeMroALB. (Mtcaul) 

LeUTsyeuxsont Kmjoursâittt^ à l'extrémité antérieure 
du thorax et ordinairement très rapprochés. Leurs cbéli- 
cères et leurs pieds sont robustes. Les organes copulateurs 
des mâles ^ont toujo^rs saillants et souvent U*è$ sim- 
ples. La plupart n'ont que quatre filières , dont les deux 
latérales oi;^ extérieures^ et situées ud peu au-dessus dec^ 
deux autres , plus longues , de. trois articles ^ saD s comp^p 
Télévation formant leur pédoncule* Elles a^ fa^briqu^ni; 
des tubea sojreux, l^ijurseryaiiit d'babitatioa, et qu'elles 
cachent , soUsdans des terriers qu'elles ont creuiés , soit 
sousdespieiveé, desécorœs d'arbres ou enti'e des feuilles. 

Les théraph98es de M. Walckenaer formeront une pre- 

(i ) SocUmi des naàigaétuurriêiteê 4e k première édidon d» <fetimvr«gA« 

i6* 



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»s8 a&achkibes ^ulisonaxucs. 

miëre tlivlsioa ayant poui: cansictëres : quatre (t) filières, 
dout lesâeux intermédiaires et inférieures ordiRairemenl très 
courtes 'et dont les deux, extérieures très saillantes. Crochets 
des chélicères repliés ea dessoitSy le long de leur catène ou 
tranche inférieure , et non en dedans ou sur leur face iu- 
terne. Huit yeux dans tous ( le plus souvent groupés sur 
une petite éminence, trois de chaque cdté, formant, réu- 
nis^ un tiriangle renversé, etdout les deux aûpérieiprs rap- 
prochés; les deux autres disposés transY«rsaleaieut aufliilieiz 
des précédents ). * 

La quatrième paîrd de pieds, ei ensuite la première, 
sont les plus longues, la troisième est la plus courte. 

Ici les palpes sont insérés à rextréraité supérieuœ des 
mâchoires, de sorte qu'ils paraissent être composés de six ar- 
ticles, dont le premier, étroit et alongé, avec Tangle interne 
de l'extrémité su^périeure saillant; fait Toffice de mâchoire* 
La languette est toujours petite et presque carrée. Le dernier 
article des palpes des mâles'est court, en forme xiehouton, et 
portant à. «Qn extrémité le« organes seauiels.LesS'éeux janîiies 
antérieures des mêmes individus ont une forie^tae pu.eiigot, 
à leur extrémité inférieure, Teb sont les caractères 

Des Mygales proprement âilès.* (MygaIe. Walck. ) 

Les URf^s n'offf^nt point à Vfi%,tHaïilé su^reure d^ leurs 
cbelicères, inamédiatement au-dessus de Tinsertiou delà griïït 
ou crochet qui.les.teri^fne, upç.sér/e.transverAe d'épi^c^ 
ou de pointes cornées et mobiles , dis^sée^ en manière de 
râteau. Les poils qui garnissent le dessous de leurs .tarses 
forment une hrossQ épaisse ^t assez lai:ge , débordaiile ; 
et cachant ordinairement lès çroclietsJ téS 'pfginêé sexuels 
masculiiis ' consistent^' en "uVie* seule'^pièce édaî!lèusfe''"èt 
ter mitiêë éii îlkne pointe edtiëre> oa^ii^ëchanctube^ti di- 
vision^ làntél; eMe a pres^%ife4a férixie d'ua>«ure-omlle 
{H. de /0 Bhiid, Latr;')^ tantôt, ^t'^c'est.le pbta souvKtBl, 
elle ressemble à une larme bétavique, OU globuleuse: îjtif^é* 

(i) J'ai aperçu,' dans les atypes, des Vestiges dé deux autres mame- 
15ÎÏS, ceux" qui, dans les aranéîdès delà division sulvaiiié7êont plaei^s 
outre les quatre ei^Urieurs H très vlitbles ; mais comme ici iJi sont très 
peu appareats y je n'ai pas cru devoir en tenir compte. 



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FAMIiiLB.DES FILSfJSBS; 229 

rieurement , elle se rétrécit ensuite^ pour se terminer en 
pointe et former une espèce de crocbet arqué. 

Cette division se compose des espèces lés plus grandes, 
de la famille, et dont quelques-unes, dans l'ét'at de repos , 
occupent an espace circulaire de six à sept pouces de dia- 
mètre , et saisissent quelquefois des- colibris et des o4- 
seaux-moudies. Elles établissent leur domicile dans les 
gerçures des arbres, sous leur écorce, dans les interstices 
des pierres ou des rochers, ou sur les surfaces des feuilles 
de divers végétaux* La cellule de la 3fygale aviculaire a la 
forme d*un tube, rétréci en pointe à son extrémité posté- 
rieure. Elle se compose d'une toile blanche, d'un tisiw 
serré, très fio , demivtransparent et semblable en apparence 
â de la mo<iisseline. M. Goudot m'ea a donné une qui, 
dév^eloppée, avait enviioo deux décimètres dé long, sw 
pi'ès de six centimètres de large, mesurée dans son plus' 
grand diamètre transveiW. Le cocon de la même espèce 
avait la forme et la grandeur d'une grosse noix. Son enve- 
kippe, comiposée d'une soie, de la même nature que celle 
de son babitation ^ était formée de trois couches. 11 paraît 
que les petits y éclosent et y subissent 4eur première mue. 
Ce naturaliste m'a dit eu avoir retiré d'un . seul une cen- 
taine. ( Voyez mon Mànoire sur les habitudes de l'araignée 
«v'ieulaire, dans le recueil deccux du muséum d'hist. nat., 
tom vin , pag. 456. ) 

Celle mygale ( Aranea avicuUtruiy Lîn. j Kléera. , iu- 
sect. Xlet XII, niâle. ) est longue d'environ un pouce et 
demi, tioirâtre, très velue, avec l'extrémité des palpes, 
des pieds et les poils inférieurs de la bouche rougedtres.' 
L'organe génital des mÂlesest creux à s» base, el Bnit en 
pointe àlongée et très aigdë. 

L'Amérique méridionale et les Antilles foiifnissent d'au- 
tres espèces, qui y sont connues des colons français, sous 
le aom^'Vira/g72^e^-craJV5.Leui*s morsures passent pour être 
li'ès dangereuses. Les grandes Indes enontaussî une espèce 
très grande {^M.Jasciatai Seba, Mus», I , lxu, i \ Walck., 
"Hisl. des aran., IV, i, fiîm. ). On reçoit aussi du cap de 
J^onne-Espérance une espèce presque aussi grande que 
raviculaire«l]»e autre de la ii>èi»o division , UM. valeu" 



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aSo ARACHOriDBS PULXOirURBS. 

cienne ( F^aUntma ), a été Irourée dftas le^ lieux aridtes et 
déserts de Moxenta, en Espagne, par M. Dufburi qui Ta 
décrite et figurée dans }e cinquième volume des Annales 
itB sciences physiques ; publiées à BruxelWs. M. Y?aleke- 
naeren a fait connaître une autre de cette péninsule (M. ca/^* 
peiana)q\i\ a deux érai nonces au-dessus des organes respi- 
ratoires. Ces deux espèces for ment un petit groupe"parti« 
culier, ayant pour caractère, crochets des tarses saillantt 
ou à découvert (i). 

Dans les myp^àles suivantes (a) , rextrémité supérieure du 
premier artîcledesantenne-pinces^préseoteune sérîed'épines 
articulées et mobiles à leur base, d'après les observations 
de M. Dufour, et formant une sorte die râteau. 

Les tarses sont moins velus en dessous que dans la di- 
vision précédente , et leurs crochets sont toujours dé- 
couverts. Les mâles d'une espèce, les seuls qne j'aie vus ^ 
ont leurs organes copulateufs moins simples qne ceux des 
espèces précédentes. La pièce écailleuse et principale ren- 
ferme dans une cavité inférieure un corps particulier , se- 
mi-globuleux » et se terminant en nne pointe , bifide (3). 

Ces espèces se cneosent ^ dans les lieux secs et montneux^ 
situés au midi, des contrées méridionales de l'Europe et de 
quelques autrerpays, des galeries souterraines, en forme de 
boyau , ayant souvent deux pieds de profondeur, et telle- 
ment fléchies , selon M. Dufour, qu'on en perd souvent la 
trace. Elles constmisentà leur entrée, avec de la terre et de 
la soie, un opercule mobile, fixé par une charnière, elqui, 
à raison de sa forme, parfaitement adaptée k l'ouverture , 
*de son inclinaison, de son poids naturel et de la situation 
supérieure de la charnière, ferme de lui-même et d'une 

manière très juste, l'entrée de l'habitation, et forme ainsi 

— , ^ ——^ 

(i) Voyez , pour cet espèces et les saivantes , ainsi que poar les autres 
genres de cette famille « les articles correspoadanu de la seconde édition 
du nouveau Dictionnaire d^histoire naturelle, que nous avons tiaitfU avec 
étendue. 

(a) Le €r. CtEititE , Cieniza^ Latr. , Fam. nator. du règne animal. 

(î) M. Dufour me contredit à cet ëgard. ï'ai de nouveau t^rifid le fait, 
et je me suis convaincu qoe Je ae ni'ëtais pas trompé. Peut-être que lea 
individus qu'il a exaosinéi n^ofiMeat pôidt eé daractlre. 



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FAMILLE DES VILUVSBS. 25 1 

une irape, que Ton a de la peine à distinguer du terrain 
environoont. Sa fiice intârieiire est revêtue d'une couche 
soyeuse^ à laquelle l'animal s'accroche > pour attirer à lui 
cette porte et empêcher qu'on ne J'ouvre. Si elle est un peu 
béante, on- est sûr qu'il est dans sa retraite. Mis à découvert 
par une scission^ pratiquée dans le conduit , en avant de 
•on issue, il reste stupéfeit et se laisse prendre sans résis- 
tance. Vn tube soyeux, ou le nid proprement dit^revôt l'in- 
térieur de la galerie. Le savant précité est d'avis que les 
xnâlea n'en creusent point. Outrequllne les a jamaisrencon- 
trés que sous des pierres, ils lui paraissent moins favorisés 
sous le rapport des organes propres à ce» travaux. ( Fc^ez 
son beau Mémoire y ayant pour titre , Observations sur quel- 
ques arachnides quadripulmonaires. ) Sasit prononcer à cet 
égard ^ nous présumons avec lui que notre Mfygale cardeuse 
{Jl^XgaU carmùums, Nouv. dict. d'hiit. oat., a'' édit., article 
Htgjlub. ) n'est que le mâle de l'espèce suivante; cependant 
M. Walckenaer en doute. 

La Mygale maçonne ( M* cœmenâaria y Latr. ; Araignée 
maçonne , Sauvag.^ Hist. de l'Acad. des scienc. , 1758, 
pag. !i6i Araignée mineuse , Dorthès ^Transact. lin. , Soc. 
U, 17, 8; Walck., Hist. des aran., iasc., lli, x^Faun. franc., 
arach.y U, 4}Du§ourf Anaal. dessc.pbys., V, lxxiii, 5.) 
femelle est longue d'environ huit lignes, d'un roussâtre 
tirant sur le brun et plus ou moins foncée; avec les bords 
du corselet plus pâles^ Les cfaélicères sont ooir&Cres^ et ont 
chacune en dessus, pris de l'articulation du crochet, dnq 
pointes, d9nt Tinterne plus courte. L'abdomen est gris 
de souris , avec des mouchetures plus foncées. Le premier 
article de tous les tarses est garni* de petites épines ; les 
crocbeU du dernieAont un ergot k leur. base, et une 
. double rangée de denta aiguës. Les filières sont peu 
saillantes. Suivant M. Dufour ( Annal, des se. pbys^, Y, 
Xizxm, 40 y 1® mâle présumé, dont j'ai, fait une espèce, 
sous le nom de M, cardeuse, diffère de l'individu précé- 
dantpar ses pattes plus longues , par les crochets des tarses 
dont les denta sont une fois plus nombreuses, mais dé- 
pourvues d'ergots , et par 'ses filières plus courtes. Mais 
mn caractère plus apparent est la forte épine terminant 



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2-33 AûACH'îirDES PUMIfOXÂIfiBS. 

en dessous les deux jambes antérieures. Cette- mygale se 
trouve datis 4es départements méridronàux de la France y 
sîlués sur les bords de la MédkeiTaoée, en E»pttgi>e , etc.. 
. LAM.pionnière(M.Jbdiens, Walck., Paun. ffanç., arâéh.^ 
II, I ,a j^M^SauvagcsiijDuftwir., Ann. des «c. pliys. , V , 
i»xxiii, 3 ) Aranea Sau^^esii-j Ross.) femelle, est un petJt 
plus grande (pie celle de l'espèce précédente, d'titi brun 
mussâtre clair et sans tacbes^. Les (Uières extéi îeuies sont 
longues. Les q.uatre tarse» antérieurs- sont seuls garnis dé 
petiies épines^, tous ont un èi*got aa bout , et leurs cro- 
chets n'offtent qu'une dent, située à leur base. Les cbâî- 
cères sont plus fortes et plus inclinées que celles de la M^ 
maçonne fies pointes du râteau sont un peu plus nom- 
breuses } la> pronière articulation ofifre, en-dessous , deux 
rangées .dt dénis. Le mâle est inconnu. Cette espèce se 
trouve en Tascane.et en Corse. Le Muséum d*hi8tdîre na- 
turelle possède ua petit bloc de terre, oàTôn voit quatre 
de SCS nids, disposés en un quadrilatère régulier. 

M. Le£èvre, si «lé pwurloa progrès de l'entomologie, et 
qui a fait tant de sacrifices^ or cette science, a rapporté 
de la Sicile une nouvelle espèce de mygale, dont le corps 
est. entièrement d'un brun noirâtre. Le mâle n'offre point 
à rextrcmité des jambes antérieures cette forte épine qui 
^serait généralement propre aux individus du liiêmè sexe- 
des autres mygalesi ' 

. Oo trouve à la Jamaïque une autre espèce {M: nidûhiHs)^ 
représentée, ainsi ^jue «on nid, par Brown , dans -«on 
Histoire Daturelle de la Jamà'ïque , pi. xliv y3r. 
Là, les palpes sont insérées 'sur-une dilatation inférictfre 
du côté externe des mâcboires, et n'ont que cinq articles. La 
ta«guette, d^abord trè« petite (dty]^), i'alonfeé et s'avance 
ensuite entré lés mâchoires, et ce' cà^raclère dfevictit géflérùL. 
Le dernier- article des palpes des deux ^xes est alougé et 
aminci en* pwYMe vers le bout. Lés mâles n'ont point de 
fort ergot à l'extrémité de feur&dirax jambes atitérieurcs. 

Les Attpes. (\tvfus. Lartr. — Oletera. Walck.) ' 
Ont une tiès petite languette^ P»*c8î4e recouverte par 



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FAMlIilifi DES FILBVSfiS« 255 

lit porlioo iQt«ifii9 dejla base des mâchoires /eft lés yeux trè» 
rapproché^ et gf^upessur un tubevcutts. 

UAfype de Suhfr {A^us Sulzerij Lalr., Gêner, trust; 
etiiuect^ l, T,3, inÂIe;Dirfaur^AnD.des8cienc. physiq., V, 
ipLi^ii , 6 5 Aranea, picea , SuIb; Oiètère atype , Walck. j. 
FauD. franç«) aradm.^ U, 3.) a le corps entièrement noi- 
râUe et long d^^eaviponhuit lignes. Le thorax est presque 
carré ^ dépvi^jé pdaléricuremcnt, renflé ,- élargi et large- 
ment tronqué par devant, ce qui lui dontie une forme 
très différente de celle qu'offre cette partie du corps dans 
l^s mygales. Les cliélioères sont trës^forteS; et leur griffe a 
, en-4essou0; près delà base,. une petite émioence en forme 
de dent. Le dernier article des palpes du mâle est pointu 
^ , au bout. L'organe génital donne intérieurement naÎ88a.nce 
a unepelite pièce demi transparente, en foime d'écaillé, 
élargie et inégalement bi dentée au bout , avec une petite 
. soiç ou cirrlie, à-l'une de ses extrémités. Cette espèce se 
creuse , dans les terrains eo'pen te et couverts de gazon , 
,?an^b<»5ii« cyUndi-i^ulBr long de sept à huit pouces, d'a- 
bord cylindrique, incliné ensuite, où elle se file un tuyau 
de soie blanche ^ de la même forme et des mêmes dimen- 
sions. Le cocon est 'fixé' avec de l'a soie et par les deux 
bouts, au fond d^ ce tqyau* On- la trouve aux environs 
. de Paria, de borduaiux^ et M., de Basoches a observé près 
.dejSjçee une variée qui^es^t conatammientd'un bi'Un clair. 
M. Milbert^ correspondant du Muséum d-histoire natu^ 
relie, a découvert aux environs de Philadelphie une autre 
espèce {Atypusrufpès) itouté noire, avec les pattes fauves. 

Les EnioDOifS» ( EaioDON. Latr. — Hissulena. Walck. ) 

.Pfffèrent des atyp^spar leur languette alongée, élroite> 
s'avançant entre les^mâcboirea, etpar leurs yeux disséminés 
aurjçdevantdu theprax*' 

^Lar')sftu]e> eapèce ex^ttiheiBriodon' àccatonus , Latr.f 
' Mùsutena Oûcatofîa,yf û\ck,,Tûh], dès 9Lran.f pi. II, Uj.ia») 
eiÉt longue d'ail pckice , noirâtre, et propre à la Nouvelle- 
Hollande, d'oùelicaét^appoi'téeparJPéi^çaetM. LesucxurCi)* 

" — - ' '. :' — r — —■ — i ' — ^ — '-^ — ' — -^ — :*^ 

(t) Dans un premier Mcmotre de M. Dalmaa 5url<A»iute<;te8 rcftfèfttieV 

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aS4 AnAGHNIDES PULMOITAIABS. 

Notre «ecoade et dernière dÎTÎtion géoérele des âtMiéMes 
quadrlpulmonaires oU mygales, nom présente des Càvactè* 
res commuas aux ériodons, comme d'avoir la languette pro- 
longée entre les mâchoirses , les palpes composés de cinq 
articles ; mais les griffes des cbélicères sont repliées sur leur 
face interne y leurs filières sont au nombre de six, leur pre* 
mière paire de pattes , et non la quatrième y est la plus Ion* 
gue de toutes ; la troisième est toujours, d'ailleurs , la 
plus courte. Quelquel-unea de ces arachnides n'ont que six 
yeux. Le nombre des sacs pulmonaires ne permet point d'é- 
loigner les sous-genres de cette division des précédents, el 
comme ils nous conduisent aux drasses , aux clothos , aux 
ségestries, sous - genres n'offrant que deux sacs pulmonai- 
res y l'ordre naturel ne nous permet point de passer des my-*^ 
gales aux lycoses et autres aranéïdes chasseuses ou vagabon- 
des. Les mygales sont de véritables araignées tapissières , et 
c'est en effet dans cette division qu'on avait anciennement 
placé l'araignée avicolaire de Linnaus» 

Cette seconde division comprend les deux sons^genres 
suivants. 

. Les Dyso^rks. (DTsnsaA. Latr. ) 

Qui n'ont que six yeux et disposés en fer en cheval , avec 
l'ouverture en devant; dont les chélicères sont très fortes 
et avancées, et dont les mâchoires sont droites, et dilatées 
à l'insertion des palpes (i). 

Les FiLiSTATES. ( FiLiSTATA. Lstr. ) 

Qui ont huit yeux, groupés sur une petite élévation à 

dans le taccin» ce célèbre naturaliste mentioane (pas* >^ ^°^ and^ée 
qui lot paraît deyoïr former on noaTeaa geore (cWûtuiv»). Les ^reuz sont 
portés sur un tabercule antërieur très ëlev^ » et quatre d^entre enx , dont 
les deux antérieurs sont trèt grands et rapprochés , oocopent le centre. 
Les filières exlërieures sont fort alongëes. Il semblerait, d'aprèa ces ca- 
ractères , que cette aranâde avoisinerait les mygales on quelques antre 
genre analogue. 

(i) Dx9âertt erjrAHnay Latr.; Walci, Tab, des aran. , V,|49» ^o > 
Dnfour, Ann. des sdeoc. phjs., V, lxzui, 7 ; Aranta rtfipety Fab. ; — 
DysdKTtk paryuia , Dufoor, éU. 



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FAtUniitiB DES FltBÛifiâ. ^55 

ratrtellé miéneufe eu thorax^ les diéticëres petite», et 
les màctoiws arquée» m eàié etXéstîeût et envirouDant la 
laogv^te en manière de cintre (i>« 

Nous passons maînlenan t aux àvanëïdes n'ayant qu'une 
paîre de sacs pulmonaires et de stigmates. Toutes nous 
offrent des palpes à cinq articles , insérés sur le côté exté- 
rieur des mâchoires , près de leur base , et le plus souvent 
dans un sinus; une languette avancée entre elles, soit 
presque carrée , soit triangulaii-e ou semi-circulaire, et six 
mamelons ou filières à Tanus. Le dernier article des pal pes 
des mâles est plus ou moins ovoïde , et renferme le plus 
souvent , dans une excavation, un oi^ane copulateur 
compliqué et très varié; rarement (ségestrie) est-îl à nu. 
A Texception d'un petit nombre d'espèces, rentrant 
dans le genre mygale, elles composent celui 
D'Abaighéb. ( Abanbà ) de Linnasus , ou à'Araneus de 
quelques auteurs. 
tJne première division comprendra lés Araignées sioEir- 
TAiBES. Elles font des toiles, ou jettent au moins des fils , 
pour surprendre leur proie, et se tiennent habituellement 
da<^s ces pîéges ou tout auprès , ainsi que près de leurs 
œufs. Leur yeux sont rapprochés sur la largeur du front , 
tanlôt au nombre de huit, dont quatre ou deux au milieu , 
et deux ou trois de chaque côté, tantôt au nombre de six. 
Les unes, qui, dans leur marche, se portent toujours en 
avant, et que nous nommerons, pour cela , Rbctïgead^s , 
ourdissent des toiles et sont toujours statî on n aires; leurs 
pieds sont élevés dans le repos ; tantôt les deux premiers 
et les deux derniers, tantôt ceux des deux paires anlérieu- 
i^s, ou les quatrièmes et les troisièmes, sont les plus longs. 
Les ycnx ne forment point par leur disposition générale un 
segment de cercle ou tin croissant. 

(i) FUistata hicolor, Lair. \ Walck. , Rian. franc., aracHn, , VI, i-5. 
On trouve à la Goadeloupe bdc e«p^ de moyenne Uillc, doni le mMe 
a les paites longue» et prêtes , lc« çfalpcs courbes , avec le$ organes «erodt 
situas a rcxtrtolt^ du dcmler articU, et termina pat un crochet grue 
et «rc(aë eil manière de feucillc. 



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^96 i^UAGHMDSS POLMQNAiaBS. 

On peui las. diviser en l^is secjkîons ^. la pneiuièr^t/.oelUit 
des TuBixKLES ou. TAPtssiiftfts- , a les filières cylindriques^ 
Tapprochée$ en un faisceau dirigé en arrière ; les pieds ro*- 
bustes, etdoDi les deux premiers ou les deux dernierset 
vice versa, plus longs dans les unes y et dont les huit presqu e 
c^^aux dans fes autres^. 

Nous commencerons par deux sous-genres qui , sous le 
rapport des mâchoires ^ foiTnant un cintre autour de la lan- 
.guette, se rapprochent des filistates et s'ëlôignent des sui- 
vants. Les yeux sont toujours au nombre de huit^ di^yosés 
quatre par quatre sur deux lignes traosvei'SCfl. Le-pceoûer ^ 
celui 



De Ci«0TH0. ( Clotbo Walck. ^ CT^er^. Dufour. ). 

Est des plussinguliers. Ses chéircères sont fort petites, peu* 
susceptibles de s'écarter, ce, qui rapproche ce sous-genre- 
du dernier , et sans dentelures } les crochets sont très 
petits; par la forme courte du corps et ses longues pat- 
tes, il a Taspect des .araignées-crab^s ou thomises. Les 
longueurs rçlativ^ /de ces organes diffèrent peu ; la qua- 
trième paire et la précédente ensuite «ont seulement un 
peu. plus longues que les qaatre premières ; les tarses seuis 
sont garnis de piquants. Les yeux sont plus <^loigtiés ia 
bord antérieur du tiiorax que dans le sous-genre suivant, 
rapprochés et disposés de la même n^iaaière que ^anS W 
gcinre mygale de M. WalcLeuaer^ trois de chaque côté for- 
luçpt un tjiangle renversé^ ou dont .i'iiapair est ioEé* 
lieur;. les deux autres forment une ligne transverse, dans 
l'espace compris ^n^e les deux triangles. Los; mâchoires^ 
la languette sont proportionneileaient plus petito^. que 
celles du même sous-genre ; les joiÂchoires ;ont aq c.6lé ex.- 
tériçur une courte saiijie ou faible dilatation ^ servant à'ia- 
sertion aux palpes, et se teimineat en poiat0 ^ la lau^ 
guette est triangulaire et non presque ovale , comme celle 
des Arases; Les'«denx filières supérieurs^ ou les phis^ la- 
térales, sont lon^lâ!^;knais oc qui, d'aprferf M. Dufour , 
caractérise particulicrcrrïdnt ses i^ct^e^ où nos cîothos, 
c*C8rqu'à la place des deux filières înlermcdiaires. l'on yo,it 



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VA MILITA imS £iIAnrS£S* '2ÙJ 

â&xxitàW'éàfécimiiMmeà, s'ouvrantecse fcnaant i J» vo< 

loncë de ranhaal (i). 

• On ne connaît encore qu'une seule'eiipèce ( urocteai — 

fnacùiataj Dufouv f Annal, dés 8ci«nc; phy». , V, lxxvi , 

I } Ctoth& DuMndiij LàVr»). Son coi^s .est long de cinq li- 

jgnes^ d'an bran tnarron ^anrec l'abdomen noir , a-yant en 

dessus dnq |yetiteiis;Uw:iiie8^iide8^ jaMuâtres^ dont quatre 

■disposésstransvelr^lelnehtlpttrpaiires^y et dont lad^^tyi^re 

t\x l'impaire postétifeu refîtes pactes sont velues. On voit par 

ies planches du grand ouvrage sur l'Egyple, que M; S*vi- 

gnY^^fl^vait trotivéeîUns ce pays^ist qu'il ^e proposait d^en 

former une nouvelle coupe générique* M. le comte Dejean 

Ta rapportée dé laDalmaiie^ etlf . lèrohevalier-de Siheei- 

i>ers,'dit«cCMirdiiiCal>înet impérial deVienne, m'tén it-èu- 

*'' voyé des tnd^idflsi>e€t)eiHis dans les'tsémes lieuxi M; Du- 

Jmir l'a aussi troUiViéb dana les montagnes de Nanàwnne , 

' dans }es Pytéitdcfs^ et daBalea r^xibéra de ki Cataiognei'On 

Itai doit, outre tar^onnaésAattK^edescuffactërea^eslécteiLHrside 

cette aranéide, des^ ofcscWalionsicBaèaiisea isurisea habitu- 

"'^es.cHleétciUiftj' notw^drt'il, à'La-auirfiaicetnféfieàtlatedes 

'• grosses pierres iO^iaidaas lès fentes dksr^<4Mr<s< mieçogtif^en 

' ^rmedecaloiImMt de:pBflelle>^'(itti tefipMi0a>d« di%ii)fij|re. 

• Sé»<ontQurpiâieèté8cptàliait»;é<^nGruff0Sy:dQq^)f}^ftn- 

^g^les «ettlseotit £««• «prkpierie^ au mpym^ d^ £iiit«qea|4^de 

#i», tandis'qpe ies borda^siint iifevea. £fAUit4iMgul>èris tente 

'*m% à^nneumèfombH^ texture'. L'«|.^^nf^fî r-^sco^l^ > un 

taffetaitf des plus Ana, formé ^ ^suivaoill'âge de, i'o^y rièfre , 

d'un plustyo moioè grand ootabred^dpublurçs^ ÂLos,i{)Qrs 

4|ue l'uroetée^ encore J0i»ne^6onAfac<sÀ.'éiaiblir sa ^^e^r^ie, 

elle ne fiibri^tte^iie deux kAlea »i»^ie.lasque(lesj fM^se 

tient à Fabriw^Par kils^uile, et jéicraif, À chaque mue, ^^^e 

— . f " .. » I . ■ !> I i . f , , ... Il ■ ■; . M- . - 1 n ., ;,) , , , 

'(r^'lPai^ /dans pt<«idltidT#^ieiicoifMrtéi:sSx filières j dont le» deux 
supérieures beaucoup plus loDÇue«9> teraibik«.]^irlnD.artieIft<il9Bflri en 
forme de lame elU{)l|q|f) , ^t .c|Qatre aii(Te5.j>elUe9f,^ jj[iférienres surioat , 
disposées en carre'. L'anus,, placé soas un petit, avancement, en forme 
de cbaperon et ii^'embraneuxVofiraîfj'dé cl)â()uc cOité, un nlifcèdu dé^>6i!s 
rctJ'aclifes/'Çeï'pinî^eiîWsàilt lc« pièce* qûe^M/DUIbèf ^iiommr vuWw* 
pec^i^n^ , et distinctes dès ééxx% fillèretf>it»^kM<di4lnfty qoL' wa^'èan 
cliécs plèr fes daox'infitfrieiiret. . •.?.-. .. "ir r iyi..i ri''»:-- 



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SSS- AEAOHaïUBS PULIfOllAlRSSi ' 

a|aote uo certain nombre de doublures* Enfin, lortifue 
l'époque marquée pour la reprod action arrive, elle tÎMe un 
appartement tout exprès, plut duveté^ plus moelieux, oà 
doivent être rebferméset les sacsdes œufii et les petiu wé* 
Gemment éclos. Quoique la calotte extérieure ou le pavil- 
lon soit, à dessein mus doute, plus ou moins sali par des 
eorps étrangers qui servent à eu masquer la présence, Tap- 
partement de riodustrieuse fiibrîcante est toujours d'une 
propreté recherchée. Les poches ousachets qui renferment 
les caufs, sont au nombre de quatre, de cinq ou même de 
six, pour chaque habitat ion, qui n'est cependant qu'une 
seule habitation; ces poches ont une forme lentlcttbiire,et 
ont plus de quatreUgnes de diamètre. Elles sont d'un taf^ 
fetas blanc comme la neige etfoumies iiitëri^uremeatd'un 
édredon des plus Ans. Ce n'estqne vens la fin de décembre 
ou au mois dejanvier que la ponte desijQufs a lieu. Il {aHnit 
prémunir la progéniture contre la rigu#t>r de la «aison'et 
les incursions ennemies* Tout a. élé psévu : le réceptacle 
de ce précieuxdépÂt est sépavé de la toiliB, ijaaimédiatemen t 
appliquée sur la pînnre par un djavel naoetleux, es de la ca- 
lotte extérieure parl^diyersâagesdiiat j'^ri parlé. Panni 
leS"édh|incrui^q«n bordent- te pÉnrtURMK, les unes sont 
^ tôut4HfeH déves- paria: coniluiii té de l'étoffe, les autres 
ont tetinf bëi^ds simplentent superposés.^ de manière qt^ 
l'oroctée soulé^^ànt ceux-ci , peut i aon.gré sortir de* sa 
tente et y rentrera ^Lorsqu'elle quitte son domicile pour 
aller k la chasse^ elle a peu -k râiouter sa violation, car 
elle seule a le secret des échancrures impénétrables , et la 
clef de celles éà l'cm peut s'introduire^ Lorsque les petits 
sont en état de ^e passer desseins matemela^ ils prennent 
leur essor et vont établir ailleat-s leurs logements parti* 
culiers , tandis que la mère vient mourir dans son pavil- 
lon. Ainsi ce dernier est ea mièine tefupa le becqeau et 
le tombeau de l'urootée. » ^ ' 

Leé Daassss. (DaAsstrs. Walck. ) 

Différent des clothos par plusieurs'caractères. Leurs chéli- 

oères sont robus(4$s,. saillantes et dentelées en dessous; leurs 

aaAchoires sont tronquées obliquement à leurextréxpLité, et la 

languette forme un ovale tronqué inSérieurement ou an 



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rAffhlLJUU DBS PILIStrSES. 239 

trUsgle curviligne «longé; le» yeux Mnl plus rapprochés 
du bord ^utérteurdu thoràs, et la ligné formée par les quatre 
pottérîe«n est (dua longue que Tantéfieure ou la déborde 
aujr les c6lé». Les proportions des dlières ettérieurcs diffè- 
rent peu y et l'on ne voit point entre elles ces deux valves 
peclîniformes qui s6at propres aux elothos. Enfin , les 
quatrièmes pieds et ensuite le» 'deux premiers sont très 
manifestemeot pfais longs que les âutires. Les jambes et le 
premier article des tarses sont aimés de piquants. 

Ces aranéïdes se tiennent sous les pieiTé» , dans )e^ fentes 
des murs 9 l'intérieur des feuilles , et s'y fabriquent des cel- 
lules d'une soie très? blanche. Les cocons de quelques-uné» 
sont orbiculaires, aplatis et composés de deux valves appli- 
quées Pune sur l'autre. M. Walckenaer distribue les drasscs 
en trois familles, d'après la direction et le rapprochement 
des lignes formées par tes yeux-; et le plbrou moins de dila- 
tation du milieu des mAehoires. 

. L'espèce qu'il nomme trerl (vùidùsinmsy Aist. dès aran./ 
faso. IV , g. )y ^ qui compose seule saltrôisième dtivisibn , ' 
cottsinih sur hisurface des feuilles une toile fine, blanche et 
tamsparentty sous laquelle elle s'étafdit. L'tiif^ des côtés des 
•feoillesdu poîiierm^a quelquefois dfftrt une toiie Sembla-' 
ble^flMis anguleuse sur ses bot^Sp en fbrmedetente'^ ainsi 
,que celle que font lfes< dothos, et s6us laquelle était le 
cocon. Elle est, je présumé, Fouvrage de cette espèce de 
drasse, et nous montre l'analogie de ce sousgenre avec le 
précédent. M. Léon Dufour bous a donné dans les Annales 
des sciences physiques (Z>mf5ii^ segestriformisj VI, xav/i.) 
kne description très com^ète d'Orne espèce de drasse qu'il 
a trouvée sous leis pierres^ dans les hautes montagnes des 
Pyrénées, et jamais au-desSdUs dé là zorie alpine. C'est une 
des pl«s grandes de ce éons-genre \e\: qui me paraît avojr' 
de grands rapports avec celleq^ue j'ai Îio0imé6;/ie/a/io^a)r- 
Urj et que je ctôïs être le àt^i^é^idcîjii^e dé M* Walcke^ 
oaer (3choeff., lcon.,CI,4. )«'^ *' ' J . -- 

L'une des plus joFies espèces, et <|ue l'on trouve ass^a 
communément aux environs de Paris, courant à terre ^ 
est le drasse reluisant {D. reluçens,). Elle est petite, pres- 
que cylindrique, avec le tborax fauve ^ recouvert d?uo 



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2^0 AnAG91llI»BS PUIilUKRfArillSf). 

duvet 4oyei|x ,e( ^uupré; IfaMomèo nvéiangë ^e bleu y 
de roiige et ,de^ YV^? ^^^ ^^8 iieflètft ' inétalUê(i]rèi èft 
deux lignes ,tr(ui«yfi;$e9 d'un jaune ék>t , dont ratAériéiiié 
anquce* On y yoiA ai|W quelquefois, quitre- points ' èo^ 
rés(i). . ' . , .-î .-• •• • . . -i-.' -^- t. i :- ■ 
Dans les autres «i^aigMes iubitelesv les mâchoires ne far*. 

mfiotpQini uue^^pëce d)9 ointse neofertnaotla larif^tsette ; 

leur côté extérieur ea^dilaléiaférieitreiDent y âu-deièous de 

Forigi ne des palmes*. ..... . # i .* 

Quelques-unes ^'ûnt<{^e si|ç yeux« doul quatre antérieurs, 

fcuriuant une li0nQtraosverse, et JeàdeUi'autreSpôstérâettrSy ' 

situés, un de chaqueicôté, d.^rriëre Itis deiux iatérauk de là 

li|;De précédente. Teliest l^.caractère erifeniiel * 

' ' Des Si?GESTRiES:'(5EtESTBîÂ. Latr.) 

, ; • » . ) t:- •■ • • . • • • 

Leur l^ngueUQ.^^prpsque carrée et alooffé». .La première • 
paire de pattes et ensuite la seconde sont lesplus ïoifgne^^ 
la troisième est- la ^,us courte* (^esaranéideé. séries t^ dans 
les fentes dçs viefisif^pv^y des^t>« sOyeux,, cylindriques, 
aloijjgés, où /çlle^.sç^ieaftent^ji ay^ju« J^uv»pfQ*iièr0B pakesde 
paUes àirïgé^^, f^w ay;a^f/dea &ltf diyorgonis .bordent «stë- 
rieurenAen^.i'entjr^e,^^4!h^^^'4^f^ Qt;f<M'«ie<^.ai»e pecAe 
toile propre.àr^rié^ef^ 1^ iaf^ctes. L'org«K»ogéuitaJ dftlaltl^ 
gestrU. perfide ^Çarança JloreiHiaa f.S^tm* 9 Fauo. *«ti*u8cj, 
XIX^ 3. jj espèce £^ss.ez grand^y i\ojre ^iicliélrcëres v^rtes^^tqni 
n^est pas rare en Fia^ic^^ Qst en fqnT4Ç(d<9)ariBeL OV. ovoïde- 
conique:^ très .«LÎgu, au, bqu^, j^ntfëii^meQt, jsatUaut. fi 
rc)uge|(a). \' ,. .^. ,..^. ,,, ,, , \ ,..i;.. .. •/ ^ .. . . • •) 

. Xés autres ^^ujbitëles on^ ^ujt 'Y^^^ Qi^ peut > il raik>n'de 
Ja différence au\ iQUi,^u ^'Aabi,tfi,tioif.^ )Qf p^r^agerenterrof- 
très et eo aquatiques^p^oique M« Wdlçvl^eitaer.ait'fatt'tle 
cellefr-ci sa dernière fs^qiilie d^s.avAti.#'^^s, .çfi\\^e&,miradàt, 
elles onrirfpt'de rapport a,v.ç^ l^^.aMMS^S. .twWtèles.què, 
iioi^ôbstant cette di3p[^i;j(e,d'ba))i^^ ùfyni les plajc^r. i^vec 
èïiès.lb'ans'ceUes qui sont terre^trqs) la jiaA guette, est gi^sq^e 

~ : ., • . . > j, TTT ;:i : ... TTÎT^^i 

(t) frayez, quant aux autre; espèces, la Faune {Parisienne de M. "V^alc- 

lLet»efV«t Mm tableau dèi ^rànâ^es. 

imfii4^jrirofiiiclfttvLui;/0e^. >' «" * ' «^ ^'♦' ' ' ' l* 



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otrréeott irhê peu rétrétie y trèd obtuse ou tmnqoée fta som^ 
met; les mâchoires sont droites ou presquef droites et plas 
ou moins dilatées vers leur extrémité; les deux yeux de 
chaque extrémité latérale du groupe oculaire sont généraie- 
ibeni tssez écartés l'uo de l'anlre, ou du moÎDS ne So«t point 
(^mtoés et portes sur une pttile ^mnéttCm psutmblihre ^ 
cemme ceux des tubîtètes aqaatiqilea» 

Les Clubiones. (('lvbioïia. L«ttr. ) 

Ne se distinguent goèits du sons^genre suivant qu'en ce 
i^ue le» longueurs des filières extérieures sont peu difFé- 
Tentes y et que 1« ligne formée par les quatre yeux antérieurs 
est droite ou presqa»^ droite* Elles font des t«tbes soyeux 
leur servant d*hd[>ita«ioii et qu'elle» placent soit sous des 
pierres^ dan#de»feniés de» murs y so^^t entre les feuilles* Les 
eeeetfS sont globuleux (i)* 

Les Araignées propres. ( Arakea. ) 

Que nous avions d'abord désignées so«s le nom*gfénérique 
de tégénaire (te§emtrim) , conservé par M. Walckeoaer , et 
auxquelles wew$ réunissons ses agélènes (oge/ems) et «^ 
fif jse» (i^rsjMtf ) , ont leurs deux filières supérieures notable^ 
Ment plus longueaqueles autres, et leurs quatre yeux anté* 
rîeiirs dispesés en uner ligue arquée eu arrière* ou formeirt 
iwe €Oôrbe« 

Elles construisent dans l'intérieur de nos' kabitatîvutv 
aux angles des imtfBj mxr le» pkmtes, les Mes et souvent 
sur les bords? des ekenins, soit dans la terre, soit sow de» 
pten^yiHie toile grande, à peu près horizontale, et à la 
partie fvpérieure de laquelle est un tube oà elles se ticmieiit 
sans hifé de mouvetnen t (2). , 

(i) Artcnta holostrioea^ Lîn.; Vt G. , Fab. , Walok. , HisU det acan.» 
PT , ni , fem. ; — Aranea atrox^ De G. ; lifttr , Âran. , Ut. xai, aii ^ 
àSknm , AmD. , x » 4^ et zth , 8a. F'ojrcz aussi le tableau des araa. et la 
Faune parisienne de M. Walckenaer. 

(a) Aranea domestica y lÀa, , De G. , Fab. j Clerck. , Aran. suec. , 
fâ. II, ub. IX ; — «TefeosFW aviik, Walok., HSst. desaran.^ V, v; 
^'Aranea labyrinlhica. Lin. , Fab.; Clerck , Aran. suec., yà^ n, 
ttkh. VIII. Ployez le tableaiT des aran. de M. Walckenaer. ' 

TOMK IV. 16 

r 



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24» ahachmides pulmonaims. 

Vieonent maintenant les nayades de M* Walckenaer, ou 
DOS tubitèles aquatiques , et qui composent le genre 

D'Argyronète. ( Argyroneta. Latr.) 

Les michoires sont inclinées sur la languette , dont lu 
forme est triangulaire. Les deux yeux de chaque extrémité 
latérale du groupe oculaire sont très rapprochés l'un de 
Tautre et placés sur une éminence spéciale ; les quatre autres 
forment un quadrilatère. 

VArgyronèie aquatique {Aranea aquatioa, Lin., Geoff • , 
>De G.)y est d'un brun noirâtre^ avec l'abdomen plusfoncé^ 
soyeux, et ayant sur le dos quatre points enfoncés. 

Elle vit dans nos eaux dormantes, y nage, l'abdomea 
renfermé dans une bulle d'air^ett'yforme^ pour retraite^ 
une eoqueovale, rgmplie d'air ^ tapissée de soie ^ delà- 
quelle partent des fils, dirigés en tout sens et attachés 
aux plantes des environs. Elle y guette sa proie , y place 
son cocon y qu'elle garde assiduement, et s'y renferme 
' p40ur passer l'kiv^r. 

Le seconde section des araignées sédentaires et recti gra- 
des y celle des iNiQUiTELES, ou les Abâignées. filandieres , a 
les filières extérieures presque coniques, faisant peu de. sail- 
lie, convergentes, disposées en rosette 9 et les pieds très 
grêles. Leurs mâchoires sont inclinées sur la lèvre et se rétré- 
cissent, ou du moins ne s'élargissent pas sensiblement, à leur 
extrémité supérieure* 

La plupart ont la première paire de pieds , et ensuite la 
quatrième plus longnes. Leur abdomeu est plus volumi- 
neux, plus mou, et plus çoloré.que dans les tribus précé- 
dentes. Elles font des toiles à réseau irrégulier , composées 
de fils qui se croisent en tout sens et sur plusieurs plans. 
Elles garottent leur proie, veillent avec soin k la conserva- 
tion de leurs œufs , et ne les abandonnent point qu'ils ne 
soient éclbs. Elles vivent peu de temps; 

Les unes ont la première paire de pieds et ensuite, la qua- 
trième plus longues. Telles sont 

Les ScYTODES. (Scytodes. Latr») 

Qui n'ont que six yeux, et disposés par paires. Seloa* 



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FAMILLE rTfiS* PILEUSES. 243 

tt. Dufbiir; les crochets des tarses sont insérés sur un arti- 
cle supplémentaire. 

On en connaît deux espèces^ dout l'une ^ la thoraci- 
que (i), habite Pintérieut de.nos appartements^ et dont 
l'autre, la hlondet{ Annal, des scienc. phys., V, lxxvi, 5.), 
a été trouvée , par ce^ naturaliste^ sous des débris calcaires, 
dans les montagnes du royaume de Valence. Elle se fabri- 
que un tube, assez informe, d'une toile mince , d'un blanc 
laiteux., à peu près comme la dysdère erytlirine. 

Les Tbeeidions. (Theridion. Walck. ) 

Dont les yeux sont au nombre de huit, et disposés ainsi : 
quatre au milieu en carré, dont les deux antérieurs pla- 
cés sur une petite éminence, et deux de chaque côté y situés 
aussi sur une élévation commune. Le corselet est en forme 
de cœur renversé ou presque triangulaire. Ce sous-genre est 
très nombreux (a). 

Le Théridion malniignatte {Arahea i3-g<i</ato, Fab. ; 
Ross.; Faun. etrusc, ^^y^^j lo.) Yeux latéraux écartés en 
tre eux ; corps noir^ avec treize petites taches rondes, d'un 
rouge de sang, sur l'abdomen. — Toscane, île de Corse. 

On croit que sa morsure est très venimeuse , et même 
mortelle (3)« 

UA, maclans de Fabricius, autre espèce de théridion, 
mais de l'Amérique méridionale, y inspire les mêmes 
craintes. Il semble que ces préventions ont leur source 
dans la couleur noii'e, coupée par des taches sanguines, de 
ces animaux. 

(0 Scj-todes thoracka, Latr. , Gener. cnist. et iosect. , I, ▼*4) 
Walck. 9 Hist. des aran. , I, x et II , sappl. 

(3) F'oyez le Tableaa et l^Hlstoire des aranëldes de M. Walclcenaer , 
les Aniuile» des sciences natarclles et celles des sciences physiques. Il 
bat rapporter à ce ^extre les araignées hipunotata , rtdimita de Limiaeus . 
Varanea aiJbo^macuUua de De Géer y etc. 

(3) Cette espèce est le type du genre latrodecu de M. Walckener , 
qn'il distingue de celui de théridion d'après les différences des longueurs 
respectires des pieds ; mais il m'a para qo^il j avait erreur à cet égard. 

Son théridion bienfaisant (benignum) , Hist. dtt aran. , fiisc. V , Tin , 
dont il a étudié avec beaucoup de soin les habitudes , s'établit entre les 
Srai^pcs de raisin , et les garantit de Tattaipie de plusieurs insectes. 

i6» 



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j44 AB4C0V10CS FCLKONAIBSS. 

^ Les Épisines. (Episiitus. Walck. ) 

Omi «uMi huit yeux^ omm npprochés «ur um âévatiou 
commanB, et le conelei étrotly presque cylindrique ( i ). 

Les Attires IiciQunitES ODt U première peire de pieds et la 
seconde ensuite, plus longues* Tels soni 

Les Pholçvs. (Pholgus. Walck.) 

Dont les yeuKy au nombre de huit, sont pkcës snr un 
tubercule , et divisés en trois groupes : un de chaque côté , 
Ibrmé de trois yeux , 'disposés en triangle, et le troisième au 
milieu , un peu antérieur, composé de deux autres yeux, et 
sur une ligne transverse. 

Le Pholcus phalangiste {Araignée domestique j h lon- 
gues pattes ^Geof. ), Ph. Phalangioides., Walck., Hist. des 
aran. , fiisc. S , tab. x. Corps long, étroit, d*un jaunâtre 
très pâle ou livide,pubesceut; abdomen presque cylin- 
- drique, très mou , et marqué en dessus de taches noirâ- 
tres ; pattes trës longues , très fines , arec un anneau blan- 
châtre à l'extrémité des cuisses et des Jambes. 

Commun dans les maisons , oà il file aux angles des 
murs une toile composée de fils lâches et peu adhérents 
entre eux. La femelle agglutine ses œufii en un corps rond , 
nu , qu'elle porte entre ses mandibules. 

M. Dufour en a trouvé une seconde espèce, le Pholque 
h queue ( Annal, des scienc. phystq., V, lxxvi, a. ), dans 
les fentes des rochers, à Moxente, royaume de Valence. 
Son abdomen se termine en une saillie conique et for- 
mant ainsi une sorte de queue, comme celui de Vépcïrc 
conique. De même qu^ les précédée te;, ellQ balance son 
corps et ses pf^tte«f l«a palpes du mâ(Q ont l'organe géniul 
très compliqué* 

I^ IroUiëme aeçUon dea AaAieirBBs «BnurrAiHEt a&onQaA- 
DES , celle des Obbitèlbs , ou les Araiom^s mrDBfrms de pUi- 
sieuffi, a les filières extérieures presque coniques, peu sail- 
lantes , eenvergeotes et disposées en rosette, et les pieds 
♦ ^ . 

(i) E^Uttf^ uvfffiot^y l^fitci» QsUfir. crast^ et infect., toQ. IV.> 
pag. $7^ ItffliOi «avirons de P^ri^ 



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(;réle« comme la précédente^ mais ea diffère par les mâ- 
choires , qui sont droites et sensibfement plus larges à leur 
extrémités 

La première paire de pieds, et la seconde ensuite, sont 
toujours les plus longues. Les yeux sont au nombre de huit^ 
•t disposés ainsi : quatre au milleuy fovmantun quadrilatère^, 
et deux de chaq ue c&Sjé\ 

Elle 8» rapprochent des IhéquitèUs par la grandlîur, la 
mollesse, la variété des couleuss de Fàbdbmen, et par la 
courte durée de leur vie ^.maifr elles. £bnt des toiles; en. réseaui 
régulier, composé de cercles conceatsfqAes croisés par des. 
rayons droits.,, se rendant du- centre^ ou elles se tiennent 
presque toujours, et dans un* situation renversée, à la cir- 
conférence* Quelques -ujiea se cachent dan» ui^ cavité ou: 
dans une loge qu'elle» se sont construite près des borda da* 
la toile,, ^ui est tantôt homontale, tant4t perpendiculaire.. 
Leurs ceufa sont agglutinés, très nombreux., et renfermés 
. dans un cocon volumineux. 

On ae seit pour les dtviaions du mâcro2a&Ue,.dea fils qui 
soutiennent la toile, et qoi peuvent s'along^r d'eavirou un 
ciiK^uième de leur longiaeuc. Cette ûfasesvation noue a été^ 
communiquée par M. Arrago.. 

Les LiiiTPHTBs. (LnfYpmjr. Latr.J 

Bien caractérisées parla disposition de leurs yeux ; quatre- 
au mniea , formant un trapèze dont le côté postérieur plus 
large, et occupé par deux yeux beaucoup plus gros et plus, 
écartés; et les quatre autres groupés par paires, une de cha- 
que côté, et dans une direction oblique. Leurs mâchoires ne- 
s'élargissent qu'à leur extrémité supérieure. 

Erfes construisent sur Tes Buissons, l'es genêts, une toile- 
horizontale, mince,. peu serrée ^^ et tendent au-dessus, sur 
plusieurs points, ou d'une manière irrégulière , d'autre fils. 
Cette toile est ainsi on mélange de celles des inéquitèles et 
des orbitèles. L'animal se tient à la partie inférieure^et dans 
une situation renveisée (i). 

(r) Linjrphta triangidaris , Walck. , Hist. des aran. , V, ix * (em. ; 
Amnea resupina sUuestHà, Dt Ocer; Aianea monta;ta^ T.iti. ; Clerck , 
iran. , Sacc. , V'I. ui^ taU. ij — Ai'anta resupina domcstiva^ Oc G- 



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246 ARACBl^IDES PULMONAIRES. 

L^8 Ulobores. ( ULOBOaus. Latr* ) 

Ontles quatre yeux postérieurs placés^ à intervalles égauz^ 
sur une ligne droite , et les deux latéraux de la première li- 
gne plus rapprochés du bord antérieur du corselet que les 
deux compris entre eux ^ de sorte que cette ligne est arquée 
en arrière. Leurs mâchoires, ainsi que celles des épeïres, 
commencent à s'élargir un peu au-dessus de leur base, et se 
terminent en forme de palette ou de spatule. Les tarses des 
trois dernières paires de pattes se terminent par un seul on* 
glet. Le premier article des deux postérieurs a une rangée de 
petits crins. 

Ces fileuses , ainsi que les espèces du sous-genre suivant, 
ont le corps alongé et presque cylindrique. Placées au centre 
de leur toile y elles portent en avant et en ligne droite les 
quatre pieds antérieurs , et dirigent les deux derniers dana 
un sens opposé; ceux de la troisième paire sont étendus la- 
téralement. 

Ces arachnides font des toiles semblables k celles des au- 
tres orbitèles y mais plus lâches et horizontales. Elles em- 
maillotent , en moins de trois minutes, le corps d*uu petit 
coléoptère qui s'est pris dans leur filet. Leur cocon est 
étroit, alongé, anguleux sur ses bords, et suspendu verti- 
calement , par un de ses bouts, à un réseau. L'autre extré- 
mité est comme fourchue, ou terminée par deux angles pro- 
longés , dont l'un plus court et obtus; chaque côté a deux 
angles aigus. 

Je suis redevable de ces observations intéressantes à mon 
ami M. Léon Dufour. 

L' Ulobore de Walckenaer( UL Weilckenaerius^ Latr.) ( i ), 
long de près de cinq lignes, d'un jaunâtre roussâtre, cou- 
vert d'un duvet soyeux, formant sur le dessus de l'abdo- 
men deux séries de petits faisceaux; des anneaux plus 
pâles aux pieds. — Des b^is des environs de Bordeaux, et 
dans d'autres départements méridionaux. 



(i) Latr. , Gcncr. crust. et insect. , 1 , 109; voyez aussi rartlcle UUh* 
Ifore de la seconde <?<îit. da Nouv. Dict. d'hist. natar. 



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PAMIliLB DBS FUSUSlZr. a^/ 

Les TsTBAGiriiTHE9. (Tetragnatha, Latr.) 

Dont les yeux sont situés^ quatre par quatre ; sur deux 
ligqes presque parallèles , et séparés par des intervalles pres< 
que égaux ; et qui ont les mâchoires longues ^ étroites, élar- 
gies seulement à leur extrémité supérieure. Leurs chéli-i. 
cères sont aussi fort longues , surtout dans les mâles. 

Leur toile est verticale (i ). 

Les Epeïaes. ( ëpeira. Walck. ) 

Qui ont les deux yeux de chaque côté rapprochés pa»^ 
paires et presque contigus, bt les quatre autres formant au 
milieu un quadrilatère. Leurs mâchoires se dilatent dès leuB 
base , et forment une palette arrondie. 

Uepeïrecucurbitincesi la seule connue dont la toile soit ho- 
xiEontale; celle desautresest verticale ou quelquefois inclinée. 

Les unes s'y placent au centre, le corps renversé ou la 
tête en bas; les autre» se font auprès une demeure ^ soit 
cintrée de toutes parts ^ tantôt en forme de tube soyeux, 
tantôt composée de feuilles rapprochées et liées par des fils, 
soit ouverte parle haut et imitant une coupe ou un nid d'oi- 
seau. La toile de quelques espèces exotiques est composée 
de fils si forts, qu'elle arrête de petits oiseaux, et embarrasse 
même Thomme qui s'y trouve engagé. 

Leur cocon est le plus souvent globuleux, mais celui de 
quelques espèces a la figure d'un ovoïde tronqué ou d'un 
cône très court. 

Les naturels de la Nouvelle-^pUande (Voyage à la recher- 
che de La Peyrouse, pag. aSg) et ceux de quelques îles de 
la mer du Sud, mangent, au défaut d'autre aliment^ une 
eq>èce d'épéïre, très voisine de Varanea esuriens de Fabricius. 

M.Walckenaer mentionne, dans son Tableau desaranéïd^s, 
soixante -quatre espèces d'epeïres , et généralement remar- 
quables par la variété de leurs couleurs, de leurs formes et 



(i) Tetragnatha extensa , Walck. , Hist. des aran. , V , ti; aranea ex- 
tenso , liln^, Fab. , De G. ; — Aranea virescens ? Fab. i^- Aranea maKii- 
iosa ? ejusd. yoyez le Tableau des Àranéidet de M, Walckeiiaer. 



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^48 ARACIIfilJU.>FS PUJLIiaJiAiaBS. 

de leurs habitudes. Il les a distribuées en diverses petites fa- 
milles tràs nalurellea , et dont nous avons cfaerché, à-l'article 
Epe'lre de la seconde édition du Nouveau Dictionnaire d'his- 
toire naturelle^ à simplifier l'étude. Quelques considérations 
importantes^ telles que celles des organes sexuels, ont été 
négligées ou n'ont pas été assez suivies; c'est ainsi y^pai" 
exemple^ que l'épèïre diadème femelle et d'autres offrent à 
la partie qui caractérise leur sexe, un appendice fort singu- 
lier^ qui nous rappelle le tablier des femmes des Hottentots* 
Ces espèces doivent fprmçr une divi^^pM particulière. On 
pourrait probablement en établir d'autres^ non moins natu- 
relles, en poursuivant cet examen. 

Nous nous bornerons k citer qucilqvyes osphces prineipales, 
en commençant par les iadigèneé. 

VEpeïrç diadème (Jranea diadema , Lio«, Fab.) lUss., 
Insect. , IV , xxxy -^kl« Gitnde , M>us$â4re, veloutée. Ab^ 
domen très voluipioeiiv dans les femellas , siu-tout lors* 
qu'elles sont sur Je point de faire l^ir pqnte ; d'un brun 
foncé ou d'un roux jaunâtre, av«c un tubercule ^rot et 
arrondi , de chaque cJbtâ du dos , près de sa base , et une 
triple croiK formée de petites taches ou de points blancs^ 
palpes et pieds tachetés de noîr^ 

Très commune en Europe , en autoqine^ Les œufs éclo- 
sent au printemps de Pan née suivante. 

VEpeïre scalaire ( Anmea scalariSy Fab. } Panx. f^aii. ,, 
IV, xxrv. ) a le corselet roussAtre, 1« dessus de l'abdomen 
ordinairement blanc, avec une t^h^ noire, en forme d# 
triangle renversé, obloogue et dentée. Elle fait sa toile aux 
le bord des étangs , des riiisseaux; etc. 

VEpeïre k ciùaHiees ( Aranea cicatricosa , De 6. } A* 
impressa y Fab.) 9 ^o^ l'abdometi est aplati, d*àn brun 
grisâtre ou d'un jaunâtre obscur, avec une bande noire ^ 
festonnée et bordée de gris , le long du milieu du dos , et 
huit Si dix gros points enfoncés ^ situés sur deux lignes. 

Elle file sa toile contre les murailles ou d^utres corps , 

et se lient cachée dans un nid de soie blanche, qu'elle se 

forme sous quelque partie sailjantc ou dans quelcjue cavité, 

^ proximité de $a toile. 

EUe ne travaille et qe prend de nourriture qi»e à^m Ijf. 



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VAftULLf DfiS FII.EUSJSS. i/^Q 

puU f OU l<Nr$qiie la lumière du jour est faible. Elle se re- 
Ufe*8au8 les vieiM^ éeorces des erbres ou des pieux. 

VEpeîrescfyeuse (Sériera ^Walck.^Uist.desaraD.,]!!, ïi.) 
estcôuverieen dessus d'un d uvet soyeux argentë; son ab- 
domen est aplati^ sans taches et festonné sur ses bords. On 
la trouve dans le midi de TEurope et au Sënëgal. 

UEpeîre brune ( Fusca, Walck. , Hist. des aran.^ H> '> 
fem.) est très commune dans les caves de la ville d'Angers. 
Son cocon est blanc, presque globuleux, fixe par un pé- 
dicule^ et composé de fils très fins et doux au toucher , 
comme de la laine. 

Ce! u i de r Epeïr€fasciée{Fasciataj'SNd\ ck., Hi st. des aran . , 
m, i^fem.) est long d'environ un pouce^ ressemble à un 
petit bal lourde couleur grise , avec des raies longitudinales 
noires ; et dont une des extrémités est tronquée et feimée 
par un opercule plat et soyeux. L'intérieur ofFre un duvet 
très $n , <jui enveloppe les œufs. Cette espèce s'établit sur 
les bords des ruisseaux ^ et y file une toile verticale, peu 
régulière y au centre de laquelle elle se tient. Elle est très 
commune au midi de la France. Son corselet est couvert 
d*un duvet joyeux et argenté ; ;ion abdomen est d'un beau 
jaui)e^ entrecoupé^ par intervalles, de lignes transverses, 
noires ou d'un brun noirâtre, arquéps et un peu ondées. 

M* LéoQ Dufour nous a donné, dans les Annales dos 
;;j|ciepces physiques ( tom. VI, pi. XCV, 5 ) , une descrip- 
tion détaillée dq cette espèce, de ses habitudes, et nous a, 
le premier ^ fait connaître son mâle. 11 en a représenté 
Torgane sexuel. La verge est en forme de crin tortillé. 

UEpeîre cucurhiline, {Aranea cucurhitina ^ Lia. ; ^« 
swficuiaiaj Fabr») Walck-, Hist. das arao.» lU, nu Petite; 
abdomen ovoïde , d'un jauua citnwi , avec des points 
notrs) une tache lousse à l'anus. Elle file, entre les tiges el 
les feuilles des plantes, une toile horizontale peu étend ue« 

VEpeïrc conique {Aranea conica , De G*, Pall.) Walkc, 
Hist. nat. des arau^itlU} ui« Hemarqu^ble par sou abdo- 
D^^ bassin eo deviinl et termiité en formede c6ne ^ avec 
Tanua placé au centre d'ua# élévation. 

Elle suspend à un fil l'insecte qu'elle a suce. 



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25o ARACHNIDES PULMOK AIRES. 

On peat placer à la suile de cette espèce celle que- 
M. Dufour nomme Epeîre de Vopuntia{knn9\. des sctenc» 
phys. , V f Lxix , 3 ) , parce qu'elle se tient constamment 
au milieu des feuilles de Tagavë et de l'opuntia, et y éta- 
blit ses filets au moyen d'un réseau à fils lâches et irrégu- 
lièrement entrelacés. Elle est noire , avec des poils blancs 
et couchés^ formant des apparences d'écaillés. Son abdo- 
men a de chaque côté deux tubercules pyranydaux , et se 
termine postérieurement par deux autres , mais obtus et 
séparés par une large écbancrure. La face postérieure de- 
chacun de ces tubercules pyramidaux offre une tache d!un 
beau blanc de neige nacré; ces taches se lient entre elles et 
avec une ou deux autres qui leur §ont postérieures , par 
des ligues blanclies en zig-zag. Ces tubercules n'existent 
point dans les individus qui viennent de naître. Les 
cocons sont ovales, blanchâtres et formés de deux tuoi- 
qucs, dont l'intérieure est une espèce de bourre envelop- 
pant les œufs. On trouve souvent sept^ huit et même dix 
de ces cocons à la file l'un de l'auti-e. Cette espèce habite 
la Catalogne et le royaume de Valence. 

Parmi les espèces exotiques, il y en a de très remar- 
quables. Les unes ont l'abdomen revêtu d'une peau très 
ferme, avec des pointes ou des épines cornées (i). D'autres 
ont des faisceaux de poils aux pieds (a). 
Nous passerons maintenant à des araignées sédentaires, 
ainsi que les précédentes, mais qui peuvent marcher de cftté, 
à reculons et en avant, en un mot en tous sens. C'est la 
section des AnAiGNÉES LATjBRicaADES. Les quatre pieds anté- 



(i) Les arai^nëes mUitaris y spinosa , eancnformit , liexacemûtay tetrm- 
eartOia, gcminalay fomieata de FabridQS. M. Vautbier, Tun de no» 
meilleurs peintres d'histoire naturelle , a di^crit et âgarë , dans les An- 
nales des sciences naturelles (tom, I , pag. a6i) , une espèce de celtÀ divi- 
sion {curvicauda)flrhi remarquable par sou abdomen dlar^ postérieurement 
et termine par deux longues dpincs arquëes ; elle est de Ja?a. Ces espèces 
épineuses pourraient former un sous-genre propre. 

(3) Les araignées piltpes, clauîpet , etc., de Fabricîos. M. Leacli forme 
avec son A. maculata le genre nephha. Foycz le Tableau et l'Ifistpire 
des nranéides de M. Walckenaer. 



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FAMILLE DES PILEUSES. 231 

rieurs sont toujours plus longs que les autres; tantôt la se- 
conde paire surpasse la première , tantôt Tane et l'autre sont 
presque égales; Tanhuàl les étend^ dans toute leur longueur, 
sur le plan de position. 

Les chélicères sont ordinairement petites, et leur cro- 
chet est replié transversalement y comme dans les quatre 
tribus précédentes. Leurs yeux sont toujours au nombre de 
buit^ souvent très inégaux , et forment^ par leur réunion^ 
un segment de cercle ou un croissant; les deux latéraux 
postérieurs sont plus reculés en arrière , ou plus rapprochés 
des bords latéraux du corselet que les autres. Les mâchoires 
sont y dans le grand nombre^ inclinées sur la lèvre. Le corps 
est d'ordinaire aplati , à forme de crabe , avec l'abdomen 
grand ^ aiTondi et triangulaire. 

Ces arachnides se tiennent tranquilles, les pieds étendus , 
SUT les v^étaux. ËUeS ne font point de toile ^ et jettent sim- 
plement quelques fils solitaires , afin d'arrêter leur proie. 
Leur cocon est orbiculaire et aplati. Elles se cachent entre 
des feuilles 9 dont elles rapprochent les bords, et le gardent 
assidûment jusqu'à la naissance des petits, 

Les Mic&OMiCATEs. (MiCROMMATA. Latr. — Sparassus» 
,Walck. ) 

Qui ont les mâchoires droites, parallèles et arrondies au 
bord, et les yeux disposés quatre par quatre, sur deux lignes 
transverses, dont la postérieure plus longue, arquée en ar- 
rière. Les seconds pieds et les premiers ensuite sont les plus 
longs de tous. La languette est demi circulaire (i). 

On trouve communément dans les bois des environs de 
Paris : 

La Micrommate smaragdine ( Aranea smaragduiay Fab.; 
A. viridissima y De G.) Clerck., Aran. Suec., pi. 6, 
tab. ly , qui est de grandeur moyenne, d'un vert de gra- 
men, avec les côtés bordés d'un jaune clair, et l'abdomen 

(i) M. Walckenaer place ce ^enre dans la lérie de ceux qui sont com* 
posés d'espèces à la fols Ta^bondes et sédentaires , tels qoe les atu», ou 
nos saltlques» les thomùes, le» pliUodfomeê ^ les drosses, ItM clubiones , 
oi qoi n'ont que dena crocbets aux tarses. 



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25a AKACUmOSS. PULMOBAUES* 

ë'un JAUiie verdiUe^ coupé ênut le milièii du dw par «ne 
ligoe verte. 

EUe lie trois à quatre feuille» en un paquet. tnaogu- 
laire; en tapisse Tintérieur d'une soie épaisse^ et place %m. 
mil ieu son cocon ^ qui eat rond , blanc ^et Uiste apercevoi r 
lea oeufs. Ces œufs ne sont point agglutinés. 

Le MieromtfuUe argdas (Dufou r , A n n • des Scieac. pkyi., 
VI, pag. 3o6, XCV, i ; Walck. , Hisl. de» ara». ^ W» u), 
doDt la dénomination rappelle mwL oeturalistea l'ua de 
nos savants les plus aétéa, que j^ai signalé à le4ir eslÎMe 
comme mon sauveisr dans la lourmepte révolucionnaice ^ 
estl'nne de nos plus gtaedea espèces, et dutM. Dufour a 
complété la description que j^en avais donnée^ et olMervé- 
les habitudes. Son corps est long de sept à kuit lâgties, d'un 
blond cendré, garni de dovel, et plus oa «oioa immi- 
cbeté de noir. Le dessus de Tabdomen ofSre^ dq>fus se» 
milieu jusqu'au Le ut, uoebanda formée d'une suite de^ 
petites tjLchêa, en forme de bacbe , de ceUe dernière cou- 
leur. On voit sous le ventre u«e bande longîtudi«ale, pa- 
reillement noire, mais grise dans scMi nH>lieu. Lsepîeda 
sont arinelés de noir. Cette espèce avait été découverte,, 
^ aux environs de Bordeaui^, jpar Te naturaliste auquel je 
l'ai dédiée. M. Dufour Fa depuif trouvée dans les mon- 
tagMa les pliss aridea du royaume de Vak0ce..ËUe CMirt 
avec vélocilé, Ica pattes étendues latéralenaenl;. ses p^ 
lottes onguiculairea lui donnent b liidUté de &'a«jefO«hef~ 
sur les surfaces les plue liseaa et daaA touie positiiMi. £Ue- 
établit à la face inferieure des foagmenUt de socbeM) une 
coque qui a beauco«^ d'analogie,, par sa contexture^ 
avec celle du clotho de Durand. Elle s'y retire pour se- 
iK^tiQ à l'abri des Bu^^vai'a temps ,, échapper k aes enne- 
miaet faire sa peute. G*esi une tente ovj4e^ de près de 
deux pouces de diamètre, appliquée sui; les pierres ^ à 
peu près comme les patelhs macines. Die se cor^pose 
d'une enveloppe extérieure, d'un taffetas jaunâtre, fin 
compie de la pelure d'ogpon , mais résistant, et. d'un 
foAuareau intérieur plus souple^ plua moeUteuia tt eiavert 
aux deux boute. C'est, pas 4i#o«verX4ams>,.m(ttDieadesour 
papes , que l'animal sort. Le cocon est gM>u4eoar; pkcé^ 



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PÀKfLLB DBS FIL6USBS. ^55 

au-des$oU8 de sa demeure^ de manière qu'il peat le cou- 
ver^ et renferme environ une soixantaine d'œnfs. 

Le même naturaliste a décrit et figuré une autre eapecei 
Je M* à tarses spongieux (Ann. det scienc. phy«. , V, 
LXfX; 6. )f qu'il a tronrée sur un arbre, dans un jardin dé 
Barcelone. Mais je présume, d'api es «es habitudes, et 
quelques caractères descriptifs y que cette arauéïde appar* 
tient au genre pkUodmme de M. Walckenaer (i)« 

Les Senelopbs. ( Senelops. Duf. ) 

Font le passage du seus-genre précédent au suivant. Les 
mâchoires sont droites ou très peu îiicHnées, sans sinus la- 
téral , et vont en pointe , étant tronquées obliquement au 
e^të interne. La languette est demi circulaire, comme ceffe 
des micrommates. Mais les yeux ont une autre disposition. Ou 
en voit six eu devant, formant une ligne transverse ; les 
deux autres sont postérieurs et situés , on de chaque côté, 
derrière chaque extrême de la ligne précédente. Les pattes 
•ont longues; les secouds et ensuite ceux des deux paires 
suivantes surpassent les deux premiers en longueur. 

L'espèce servaptdë type, le Senehps oma/(0«oinê (Dufbur, 
Ann. des scienc. pbys. , V^ lxix, 4*}; & ^^ trouvée par 
M. Dufour dans le royaume de l^alence, mais elle y est 
fort rare« Son corps est long d'enviton quatre lignes , très 
aplati, d'un roussâtre gris, avec des mouchetures œn- 
drées^ etdes anneftux noirs aux pattes, L'abdomeu semble 
présenter postérieurement des vestiges d'anneaux, for- 
tuant ktéralement âe% apparences de dents. Elle habite les 
Cochers, et fuit avec la rapidité d'un trait. On la trbàve 
aussi en Syrie (Collection de M. Labillardière ) et en 
Egypte. Le Sénégal , le cap de Bonne^Espérance et l'ilêde 
France en fournissent d'autres espèces. 

(i) Fo^y pour d'antres espèces, le tableati des aranëldei de Sf . Walo 
k«naSr,et son Hièi. deà anifteides, feic. TV, ^wrastut rotetu, X, mate;— 
iàitL f ftao. II p rm , mUe. Je ax>U qnHI iinc rapporter à ee sotis-^enve 
Vami$e0 venta0ria de linmeas (âfioani Hut. nat. de la Jaok, cciexv, 
I , %y NhamHin, a ? Piso») ; ei une au&re eep^e des Grande^lndef , très 
anal p gmt à k préeédènte, qa» l'on jùk> %à8éer tar des d^stSa* et dc5 
tapisseries venant de la Chine. 



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254 ÂRACHmOBS PULMONAIRES. 

Les Philodromes. ( Philodromus. Walck. ) (i). 

Diffèrent des deux sous-genres précédents par leurs tnÂ- 
choires inclinées sur la languette; cette partie est en outre' 
plus haute que large. Les yeux ^ presque égaux entre eux^ 
forment toujours un croissant ou un demi^cercle. Les laté- 
raux ne sont jamAÎs portés sur des tubercules eu sur des 
émincnces. Les chélicères sont alongées et cylindriques. Les 
quatre ou les deux derniers pieds ne diffèrent pas notable- 
ment en longueur des précédents. 

Suivant H. Walckenaer, ces aranéides courent avec rapi- 
dité , les pattes étendues latéralement j épient leur proie y 
tendent des filets solitaires pour la retenir, se cachent dans 
des fentes ou dans des feuilles, qu'elles raprochent pour faire 
leur ponte. 

Les unes ont le corps aplati^ large, l'abdomen court , 
élargi postérieurement et les quatre pattes intermédiaires 
]|4us alongées. Telle est le Philodrome tigré { thomise ti- 
grée, Latr. ; Araneus margaritarius j Clerck. , VI, iii^ 
Schxff., icon., Lxxi, 8; Frisch., Ins. , lo, centur., 11^ 
XIV } Aranea levipeSy Lin. ? )• Cette espèce est longue de 
trois lignes. Ses deux yeux intermédiaires antérieurs et 
les quatres latéraux sont situés sur un espace un peu plus 
élevé, et les latéraux, selon le même naturaliste, sont un 
pieu plus gros ou du moins plus apparents. Le thorax est 
très large, aplati, d'un fauve rouge&tre, brun latérale- 
ment et postérieurement, et blanc par devant. L'abdomen, 
qui semble former un pentagone, est tigré , à raison des 
poils roux, bruns et blancs dont il est revêtu. Il est bordé de 
brun sur les côtés, et a, au milieu du dos, quatre ou six 
points enfoncés. Le ventre est blanchâtre. Les pattes sont 
longues, fines, rougeâtres, avec des taches brunes. 

Cette espèce est très commune sur les arbres , les cloi- 
sons de bois, les murailles, etc., et s'y tient les pattes 
étendues et comme collées. Dès qu'on la touche, elle s'en- 
^ fuit avec une extrême rapidité, ou se laisse tomber en 
dévidapt un fil qui la soutient. Son cocon est d'un beau 

(i) CS^ tous-genre â>rm«it)' dans la première e'dition de cet ouvrage , 
notre première division dct Thomiset. 



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. FAMILLB'dBS FILSUSES. 255 

lïhiQC et renferme environ cent œufs qui sont jaunes et 
libres. £Ile le place dans les fentes des arbres ou des po^ 
teaux exposés au nord; et le carde assidûment. 
Les autres philodromes^ qui , dans la méthode de M. Walc- 
kenaer , forment plusieurs petits groupes, ont le corps et 
-quelquefois les çhélicèr^s proportionnellement plus longs. 
L'abdomen est tantôt pyriforme ou ovoïde^ tantôt cylindri- 
que. La seconde paire de pattes, et ensuite la première ou la 
tjuatrième sont les plus longues. 

Nous citerons le Philodrome rhombijère (Faun. franc. , 
aranéide^ vi, 8, mâle). Son corps est long de trois lignes 
«idemie, roussâtre^-les seconds pieds et les deux derniers 
ensuite sont les plus longs; le*' thorax est brun sur les 
-côtés; Fabdomen est ovoïde et offre en-dessus une tache 
[ noire ou brune, en losange, et bordée^e blanc. 

Le Philodrome oblong{^aldL:^ibid.j tab. ead., fig. g), 
appartient à la même division, sous le rapport des propor- 
tions relatives des pattes et de la disposition des yeux ; 
mais l'abdomen est plus long, presque cylindrique ou en 
cÔQe alongé, avec trois raies loagitudinales et des points 
bruns, sur un fond jaunâtre, qui est aussi la couleur du 
tJlorax. Cette partie offre, dans son milieu, deux raies 
brunes, formant un V-alongé. 

Ces deux espèces se trouvent aux environs de Paris. 
Voyez , quant aux autres, la Faune française, d'où nous 
avons extrait les descriptions précédentes. 

Les Thomises. ( Taouistis* Waick. ) 

Différent desphilodromespar leurs chélicères, proportion- 
nellement plus petites et cunéiformes, et par leurs quatre 
pieds postérieurs, très sensiblement ou môme subitement 
plus courts que les précédents. Les yeux latéraux sont sou- 
vent situés sur des émtnences , tandis que ceux des philo- 
dromes sont constamment sessiles. Ici encore les deux laté- 
raux postérieurs sont plus rejetés en aiTière que les deux 
intermédiaires de la même ligne, tandis ^ne dans Tes tho- 
mises ces quatre yeux sont à peu près de niveau. 

Les espèces de ce sous-genre sont cellesqu'on a plus particu- 
lièrement désignéessous le nom à\ Araignée s crah es, hes mâles 



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a56 AllACKinDBS FOLItOirAIRÏÏâ. 

Mat touveol tiis différents , par les douleurs, des femelles , 
et betUGOup plus petits* 

Les uneS; toutes exotiques(i) ont les yeux disposés^quati-e 
par quatre y sur deux ligues trausverses^ presque paraUëles^ 
et dont la postérieure plus longue. 

Dans les autres, qui forment le plus grand ttombre, l'en- 
semble de œs yeux représente un cnoilsant, dont la con* 
véxité est antérieure et en deliors. 

Le Thomise arrondi ( Aranea globosa^ Fab* ) Aranea ir- 
regAlariSy Panz< ^ Faun. , Inseet. Germ. , fasc. 74 , tab. xx, 
fem. } Walck. Fauii«| franc., aranéidr,vi ,4* Long de près 
de trois lignes, noir, avec rabdcaneo globuleux, rouge 
ou jaunâtre tout autour du dos. 

Lq Thomise à créu* (Cmto<ii#^Clerck.,Arau. sueG.,|il.6, 
tab. vi.Taille du fiiécédent; corps d'un roussâtre gris^ quel- 
quefois brun, parsemé de poils , avec de petites épines aux 
pieds; yeux latéraux plus gros, et portés sur un tuber> 
cule; une raie traosverse , jaunâtre , sur le devaot du cor- 
selet^ deux autres formant un V, de la même couleur , 
sur son dos j abdomen arrondi, avec une bande jaunâtre, 
ayant de chaque côté trois divisions, en forme de dents , 
sur le milieu de son dos. Cette espèce est commune»,, et 
se trouve souvent à terre. 

Le Thomise cUronÇAnmea ciirea.j'De G.; SchœïF., Icoo. 
Insect., tab. xix, i3^ D'un jaunâtre citron, avec l'abdo^ 
men grand, plus large en arrière, et ayant souvent, sur 
le dos y deux raies ou deux taches rouges, ou couleur de 
souci. Sur les fleurs (3). 

Un sous-genre, établi par M. Walckenacr , sous le nom 
de SroRèifE {Storena ) , mais qui n'est encore conpu ^u'im. 
parfaitement, paraît devoir terminer cette section et con- 
duire aux onyopes, qui tiennent autant des ^aîgnées-crabes 

(1) ThomismLamank , Latr. , etpèee voîiâim de Varanta nohilU de 
Fab.^— . l*. caneendus^ Walck. , ejuid. j — T. kucoda^aranta reg^a? 
Fi^. )\ — T. plaguaius ; — T. pùmotheres. 

(2) f^oyw le tableaa des avancides de' M. Walckenacr, ta Faune fran- 
çaise , les Axmales des s<Àeaces pliysiqaes , pour dss espèces d^Espagne 
décrites par M. Dufour; et Tarticle Thomise du jftony. Bict. d*lilst. nat. > 
a« ëditioD. 



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FAMILLE DES FILBUSBS. 267 

que des araignées - loups* Les storënes ont les mâchoires 
i nclinées sur la languette^qui estpresque aussi longuequ'elie^ 
el en forme de triangle alongé; les chélicëres coniques; les 
deux pieds antérieurs et ensuite les seconds les plus longs 
de tous } les deux suivants surpassent les derniers. Les yeux 
sbnt disposés sur trois lignes transveres , a , 4 » ^ > ^cs deux 
postérieurs forment avec les deux intermédiaires de la se- 
conde ligne, un petit carré, et les deux antérieurs sont écartes 
( Fqrez le Tabl. des aran. de M. Walck., IX, 85, 86. ). 

D'autres araignées, dont les yeux, toujours au nombre 
de huit, s'étendent plus dans Je sens de la longueur du cor- 
selet que dans celui de sa largeur, ou du moins presque 
autant dans l'un que dans l'autre, et qui forment, par leur 
réunion , soit un triangle curviligne ou un ovale , tronqués, 
soit un quadrilatère, composent une seconde division gé- 
nérale , les AaAiGif££S VAGABONDES, que Je nomme ainsi par 
opposition à celles de la première division ou des sédentaires. 

Deux ou quatre de leurs yeuq^ sont souvent beaucoup 
plus gros que les autres; le thorax est grand et les pieds sont 
robustes; ceux de la quatrième paire, les deux premiers, 
ou ceux de la seconde paire ensuite , surpassent ordinaire- 
ment les autres en longueur. 

Ces araignées ne font point de toiles, guettent leur proiç, 
la saisissent à la course ou en sautant sur elle. 

Nous les partagerons en deux sections. 
La première, celle des Citigrades, se compose des.A&^iGNiEs- 
Loups do plusieurs. Les yeux forment, par leur disposition , 
soit un triangle curviligne ou un ovale, soit un quadrila-: 
tère,-mais dont le c6té antérieur est beaucoup plus étroit 
que le thorax, mesuré dans sa plus grapde largeur. Cette, 
partie du corps est ovoï4(S, rétiécie en devant, et en car^e, 
dans le milieu de sa longueur. Les pieds ne sonj, générale- 
ment propres qu'à la course. Les mâchoires sont toujours 
droites et arrondies au bout. 

La plupart des femelles se tiennent sur leur cocon, ou 
l'emportent même avec elles, appliqué contre ,1a poitrini;, 
et à la base du ventre, ou suspendu & l'anus. Elles ne l'aban-. 
donnent que dans une extrême nécessité , et retournent le- 
chercber lorsqu'elles n'ont plus rien à craindre. Elles veil- 
TOUB XV. 17 , 



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2[)8 ARACHNIDES T'ULKfONAIRËS. 

lent aussi; pendant quelque temp^, à la conservation de 

leurs petits. 

Les OxYOPES. ( OxYOPES. Latr, — Sphasus. Y^alck. ) 

Qui ont les yeux raYigés deux par deux , sur quatre ligne"» 
transverses , et dont les deux extrêmes plus courtes j ils 
dessinent un« sorte dWale, tronqué aux deux bouts. La 
languette^st alongëe , plus étroite & sa base^ dilatée et ar- 
rondie vers le bout. La première paire de pattes est la plus 
longue; la quatrième et là seconde sont presque égales; la 
troisième est la plus courte (i). 

Les Ctènes. ( Cteitus. Walck. ) 

Ont les yeux disposés sur trois lignes ti-aînsvcrses, s*al6h'- 
geant de plus en plus (2, 4 7 ^) ; ^^ formant uhé sorte de 
triangle curviligne, renversé, trotiquc cri d^vdnt ou" à sa 
pointe. La languette est catrée et presque isométrique j la 
quatrième paire de pieds et là première après sont les plus 
longues; la troisième est la plus courte. 

Ce* genre a été établi sur une espèce d'arachnide' assez 
gilin^e, qnr sctroi/veà Cayeane. Depuis, on en a découveri 
quelques autres, soit de la même colonie, soW du Brésil, 
mkis'tûutels inédites. ' 

Les DoLOMÈDEs. { DotOMEDES. Latrw ) 

Ddftltléls yeux', disposés &ur trois lignes trarf s verset , 4? 
or; *à J représentent un quadrilatère, un peu plus lai*g(* que 
Idil^ , àfvec les deux derniers où postérieurs sitùi^s sur une 
émltrèncé ; et qlli ont iâ seconde paire de pields aussi longue 
ou'plus lobg'û'é <(iie là première, ceux dé la quatrième sont 
plu»*Félii(;s: Là langueite est cdiréô tft aussi large ^ue liàuté, 
ainsi ique celle des' dtèn es.' '' 
^ ■ . ^ - • : ,:_:_jr^>_,_r__^ ., ; ' . 

(1) Sphasus hetçrophûialnms ^ Walc^*. , ffist.' des âran. , fasc. Iji, 
tâb. Y\iy;iëÀ. ; '(yotyàpès v'aricgatu's, LaU*. ; — Spliasus hàlicus, "Walck., 
ifM. ;'faW. lV /tlïb: vni, leni. ; Oxrdp^ Ûnèâtt/J ' Lùtr'/, GcilferVcraW. 
et itis. , U8«,^ï'J»v^, S, feiD.' P^àf-b^V^tiîfhiOxjovkâcU phHfife cniomo- 
lo^icfierxic^l^EAc^dDinétbddiqooK letaMbdu des araHdido» de' M. WaA^c- 
k4»<i«rr^otîïliEauili¥ française. '• , ; . • • 



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FAMILLE DTÎS PILEUSES. îSo 

Les uns ont les deux yeux latéraux de la ligne antérieure 
plus gros que les deux mitoypns compris entre eux^ et l'ab- 
domen en ovale oblong et terminé en pointe. 

Les femelles se construisent, aux' sommités des arbres 
chargés de feuilles, ou dans les buissons, un nid soyeux, 
en forme d'entonnoir ou de cloche^ y font leur ponte., et 
lorsqu'elles voiit à la chasse > ou qu'elles sont forcéeà d'à* 
bandonner leur retraite^ elles emportent toujours avec elles 
leur cocon, qui est fixé sur la poitrine. Clerck dit avoir vu 
des individus sauter très promptcment sur des mouches qui 
volaient autour d'eux (i)f 

Les autres ont les quatre yeux de devant égaux . et Tubdo* 
men ovale et arrondi au bout. 

Us habitent le bord des eaux, çou^çut sur leur surface avec 
une vitesse surprenante, y entrent môme un, peu sans se 
mouiller. Les femelles font , entre les branches des végé- 
taux , une grosse toile irrégulicre , dans laquelle elles pla- 
cent leur cbcon. Elles le gardent jusqu'à ce que les œufs 
soient écfos (a). 

Les LrcosES. ( Ltgosa. Latr. ) 

N 

Qui ont encore les yeux disposés en un quadrilatère,' 
mais aussi long ou plus long que large, et dont les deux pos- 
térieurs ne sont point portés sur une éminence. La première 
paire de pieds est sensiblement plus longue que la seconde, 
mais plus courte que la quatrième, qui surpasse, sous ce 
rapport, toutes les autres. Les mâchoires sont tronjyéea 
obliquement à leur extrémité interne. La languette est carrée, 
mais plus longue que large. . ., . 

Les lycoses se tiennent presque toutes à terre, où elles 

{t)Araneù:r mirahilis, Clerck. , Aran. Suec. , pi. v, tab. lo; uiran. 
mjb'fmsciatà , Be G. ; ^. ohseura, Fab. yojrei la Faaùe françâûe (Do- 
lomèdet ftyWaiat) et les Annales des sciences physiques {datàmédcspinî- 
mancy Dafonr, V, LXxyi,-3). » -.» . 

(a) DoiomedM margùtatua^ Walck. ; ^raneitf iDtdalctf, Clerek, V , 
tab. j 5 DeG«, Inseci., VU , xvi , fig. i3-i5^ PtuSf Faua. , uuli ; «ay— 
Dolomedes fimbriatus f Walçk.^.JRp Q.» Insect., YII, xn, -^ii-? ^- 
uéranetu fimbriattu , Gerck. , Y, tab. ix. Ces espèces composea4; la 
division des dolomèdes riverains de M. Walckenaer. 

-7\- 



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26o AHACHNIDES PULMONAIRES, 

courent très vite. Klles s'y logent dans des trous, qu'elles 
trouvent formés, ou qu'elles ont creusés ; en fortifiant les 
parois avec de la soie, et les agrandissent à mesure qu'elles 
croissent. Quelques-unes s'établissent dans les cavités et les 
fentes des murs , y font des tuyaux de soie^ qu'elles recou- 
vrent à l'extérieur de parcelles de terre ou de sable. C'est 
dans ces retraites qu'elles muent' et qu'elles passent l'hiver, 
après en avoir fermé , à ce qu'il paraît, l'ouverture. C'est là 
aussi que les femelles font leur ponte. Elles emportent, lors- 
qu'elles vont en course, leur cocon, qui est fixé par des fils 
à l'anus. Les petits se ci'amponnent, à leur sortie de l'œuf, 
sur le corps de leur mère, et y demeurent attachés, jusqu^à^ 
ce qu'ils soient assez forts pour chercher eux-mêmes leur 
nourriture. 

Les lycoses sont très voraces, et défendent courageusement 
la possession de leur domicile. 

Une espèce de ce genre, la Tarentule^ ainsi nommée 
de la ville de Tarente^ en Italie, aux environs de laquelle 
elle est commune, jouit d'une grande célébrité. Dans l'o- 
pinion du peuple, son venin produit des accidents très 
graves, suivis même souvent de la mort, ou le tareniisme ^ 
' et qu'on ne peut dissiper que par le secours de la musi- 
que et de la dansé. Les personnes éclairées et judicieuses 
pensent qu'il est plus nécessaire de combattre \c^s terreurs 
de l'imagination que les effets de ce venin , et la médecine, 
au surplus, offre d'autres moyens curatifs. 
M. Chabricr a publié {Soc. Acad. de Lille ^ 4* cahier) des 
observations curieuses sur la lycose tarentule du midi de la 
Frante": 

Ce genre est très nombreux en espèces, mais qu'on n'a 
pas en^âore bien caractérisées. 

La Lycose tarentule { Aranea tarentula^ Lin. , Fab.) 
Albin., Ar^n., tab. xxxix; Sengucrd. de Tarent. Longue 
d'envi ro,ii un pouce. Dessous de l'abdomen rouge, traversé 
dans son milieu par une bande noire- 

La Tarentule du midi delà Frunce (I^cose narbonnaise, 
"Walck. ,.Faun. franc. , aran. , I, r — 40 est un peu tndîns 
grande j avec lo dessous dé son -ahdomcn très noir, bordé 
de n)uge toutûiïtour. *' ' ^ 



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FAMILLE DBS PILEUSES. 261 

On trouve aux environs de Paris une espèce analogue, 
Ja lyjrcose ouvrière ( Fahrilis , Clerck^ , Arap. Suec. , pi. 4» 
tab. II ; Walck. ^ Faun. franc. , arau. H^ 5. ) 

La Ljrcose à sac ( Aranea sciccata ^ Lin. ; Araneus anten 
tatus y CJerck. , IV , tab. viii ; Lister , tit* 26 , fig. 25 )^ Pe- 
tite^ noirâtre: carène du corselet dfun roussÂtre obscur , 
avec une ligne cendrée ; un petit faisceau de poils gris, à 
la base supérieure de l'abdomen; pieds d'un roiix livide, 
entrecoupé de taches noirâtres; cocon aplati et verdâtre. 
— Très commune aux environs de Paris (i). 

Mous terminerons cette section par le sous*genre, 

« 

De Mtrmxgie (Mtbh£Gia. Latr. ) y 

Qui semble conduire à la suivante, et dont nous avons 
exposé Jes caractères dans les Annale» des Sciences natu- 
relles (tom. 111 y pag. 27). Les yeux forment un trapèse court 
et large; il y en a quatre en devant, sur une ligne transverse; 
deux autres^ plus intérieurs que les dcuT extrêmes précé- 
dents, composent une seconde, ligne transverse; les deux 
derniers sont en arrière des deux précédents. Les cbélicères 
sont fortes. Les mâchoires sont arrondies et très velues au 
bout. La languette est presque carrée, un peu plus longue que 
large. Les pieds sont longs, presque filiformes; ceux de la 
quatrième paire et de la première sont les plus longs de tous. 
Le thorax semble être partagé en trois parties , dont l'anté- 
rieure^ beaucoup plus grande., est carrée, et dont les deux 
autres en forme de nœuds ou de bosses. L'abdomen est beau- 
coup plus court que le thorax^ et recouvert, depuis sa nais- 
sance jusque vers son milieu, d'un épidcrme solide. 

loiMjrrmécieJauvey sur laquelle j'ai établi ce genre, se 

trouve au Brésil ; mais il paraît qu'il en existe d'autres 

espèces dans la Géorgie américaine. 

La seconde section des Araignées vagaroicdes , celle des 
Sàltigradxs, désignées par d'autres sôus le nom à' Araignées 

(1) Voyez^ poar le/auU-c* c«pèce«, le Tableau et THisUHre des ara- 
néides de M. Walckenaer , et la partie des aranëldes du même , dan» la 
Fauoe française. Consultez encore Tarticle Lfoose de la seconde édUton 
dn NoQT. Bict. d^hist.^natar. 



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262 akâghisides pulmonaires. 

phalanges, a les yeux disposés en un grand quadrilatcie , et 
dont le côté antérieur , ou la ligne formée par les premiers , 
n'étend dans toute la largeur du corselet^ cette partie du 
corps est presque carrée où en demi-ovoïde ^ plane ou peu 
bombée en dessus^ aussi large en devant que dans le reste 
de son étendue, et tombe brusquement sur les côtés. Les 
pieds sont propres à la course'et au saut. 
' Les cuisses dés deux pieds de devant sont ordinairement 
remarquables par leur grandeur. 

L'araignée à chevrons blancs àe Geoffroy, espèce de 
saltique, trës commune en été, sur les murs ou sur les 
vitres exposés au soleil , marcbe comme par saccades, s'ar- 
rête tout court après avoir fait quelques pas , et se hausse 
sur les pieds antérieurs. Vient-elle à découvrir une mou- 
che, un cousin surtout, elle s'en approche tout doucement, 
jusqu'à une distance qu'elle puisse franchir d'un trait, et 
s'élance tout d'un coup sur l'animal qu'elle épiait. Elle ne 
craint pas de sauterperpendiculaîrement au mur, parce 
qu'elle sV trouve toujours attachée par le moyen d'un fil 
de soie , et qu'elle le dévide à mesure qu'elle avance, fl 
loi sert encore à se suspendre en l'air, à remonter au 
point d'où elle était descendue, ou à se laisser transporter 
pAT le vent d'un lieu à l'autre. Ces habitudes conviennent, 
eu général , aux espèces de cette division. 

Plusieurs se construisent, entre des feuilles, sous des 
pierres, etc. , des nids de soie, en forme de sacs ovales et 
ouverts aux deux bouts. Ces arachnides s'y retirent pour 
se reposer, changer de mue, et se garantir des intempéries 
des saisons.'St quelque danger les menace , elles en sortent 
aussitôt et s'enfuient avec agilité. 

Des femelles se font, avec la même matière, une espèce 
de tente, qui devient le bercead de leur jpostérité , et où 
les petits vivent^ pendant quelque temps, en conimun 
avec leur mère. 

Quelques espèces , semblables à des fourmis, élèvent 
leurs pieds antérieurs, et les font vibrer très rapidement. 
Les mâles se livrent quelquefois des combats très singu- 
liers par leurs manœuvres, mai i qui n'ont aucune issue 
funeste. 



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FAMILLB DBS FILBUSUS. 263 

Uo tous-geore, é^blt par M. Rafinesque y oclui 

De Tessarops (Tessarops. ), 

Nous paraît se rapprocher beaucaup du suivant ^ à raijspii 
de la plupart de ses caractères et de ses I^abitudes, mais s'en 
éloigoer beaucoup^ s'il n'y a pas d'erreur > sous le^rapport 
du nombre des yeux, qui ne serait que de quatre. ( Foy- les 
Annales générales des Sciences physiques, tom. Vlll , p. 88.) 

Un autre sous-genre, qui ne nous est pareillement coj;iuu 
que par sa description , est celui 

De Palpimane ( Palfimaitus. ), 

Publié par M. Dufour^dans les Annales desScieoces phy> 
siques (V , hxix^ 5), et qui lui paraît intermédiaire entre 
les érhses et les sahiques. La disposition des yeux est à peu 
près la même que dans le prejnier de ces deux sous-genres. 
La languette est pareillement triangulaire et pointue , elles 
mâchoires sont eucore dilatées et arrondies au bout; mais, 
suivant ce naturaliste , elles seraient inclinées et non droites 
comme celles' des érèses. L'article terminal des tarses anté- 
rieurs serait inséré latéralement et dépourvu de crochets. 
Il n'en décrit qu'une e?pèce*( Palpinu^e bossu ). Elle ne 

saute point, marche avec assez de lenteur, et se trouve 

sous les pierres , dans le royaume de Valence; mais elle y 

est très rare. 
M. Lefevre a rapporté de Sicile une nouvelle espèce 

d'aranéïde, qui me paraît &tre de ce genre. 

Dans les deux sous-genres suivants, le nombre des yeux 
est toujours Ae huit,' et les mâchoires sont droites. 

Les ËaÈSES. ( ËaESvs. Walck.) 

Qui ont près du milieu de Kextrémité antérieure du corse- 
let, quatre yeux rapprochés en un petit trapèze, et les quatre 
autres sur ses côtés, et formant aussi un autre quadrilatère , 
mais beaucoup plus grand. Leur languette est triangulaire 
et pointue. Leurs tarses sont terminés par trois crochets (i)» 

(i) Eresus cinnaherinus^ Yftlclt,'^ Aranea quatuor-guttàUi y Hos«. , 
Faon, eirvtc, tom. 11,1, 8, 9; Co«|ueb. , lilusl. , ico». Inseot. , 
deçà», m > XXVII, 12 ^ -^ Aranea nigra^VAUk^., S{)«ciin. iuwcl. C»- 



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264 ARÂCUISIDBS PUIiMONAlRBS. 

Les Saltiques* ( Salticu«. Latr. — Attus. Walck.) 

Qui ont quatre yeux , dont les deux intermédiaires plus 
gros , en avant du corselet^ sur une ligne transverse, et les 
autres près des bords latéraux , deux de chaque c6té ; ils for- 
ment ainsi un grand carré ouvert postérieurement^ ou une 
parabole. La languette est très obtuse ou tronquée au som- 
met. Les tarses ii'ofFrent , à leur extrémité , que deux cro- 
chets. 

Plusieurs mAles ont de très grandes chélic^res. 
Les uns ont le corselet épais et en talus ^ très incliné à sa 
base. 

Le Saltique de Shane, {Aranea sanguinolenta ^ Lin.) 

Noir, une ligne blanche formée par un duvet , de chaque 

. côté du corselet; abdomen d'un rouge cinabre, avec une 

tache alongée, noire, au milieu du dos. — Midi de la 

France , sur les pierres (i). 

I^s autres ont le corselet très aplati, et presque insensi- 
blement en pente , à sa base. 

Tantôt leur corps est simplement ovale , garni de poils ou 
de duvet épais , avec les pieds courts et robustes. 

Le Saltique chevronné (Aranea scenica^ Lin.j;. V Arai- 
gnée h chevrons , Gcoff. ) Araignée à bandes blanches ^ 
De G., Insect., VU, xvii,8,g. Long d'environ deux lignes 
e^demie; dessus noir, avec les bords du corselet et trois 
ligues en forme de chevrons sur le dessus de Tabdomen , 
blancs. — Très commune (a). 

lab. M. Bufour ti décrit, dans les Annales des sciences physiques , deux 
espèces d'Espagne , Tane , Vérèst aeanthophâe (VI , xcv , 3 , 4) est mou 
éi-ése rayé du nouY. IMct. d'hist. natur. ; Taatre, IVrèie impérial {\ y 
LXI3L, a) a de grands rapports avec Varanea nigm de Péugna , citée ci- 
dessus. Ces deux espèces sont représentées dans la Faune française, 
aran., pi. iv, 3, 4» ^* ^^J^ aota, même planche, %. 7, Vérè$e 
cinabre, 

(1) Cette division ^pmprend les attes suivants de M. Walckenaer : 
bicolorj chafybeiusy niger, cuprausj musoorum^ Varanea grossipes de 
Bc Gcer. 

(a) Ajoutez attus urdigradus y Walck, Hist desaran., V, iv, fco^. 
Ko^ez son ublean des aranéides. 



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TAMILliB DES PÉDIPALPBS. . 265 

Tantôt leur.corps est étroit; aloDgé , presque cylindrique 
et ras; les pieds sont longs et grêles. ~ 

ljeSakùpie/ow7m{Formicarim.)Anmea/ornUcaria,'DeG . 
Insect., tom. Vil, xviii, i, a j atte fourmi, Walck.,Faun. 
Franc. , aran , V, i-3. Roux; devant du corselet noir j des 
bandes noires et deux taches blanches sur l'abdomen (i). 

La seconde famille des Araghvidbs PiriiMOif aikbs, 

celle 

Des PÉDIPALPES (Pédipalpi.), . 

Nçus offre des palpes très grands, en forme de 
bras avancés , terminés en pince ou en griffe ; des 
chélicèrês on antenne-pinces à deux doigts , dont 
l'un mobile ; un abdomen composé de segments 
très distincts y sans filières au bout, et les organes 
sexuels situés à la base du ventre. Tout le corps 
est revêtu d'un derme assez solide ; le thorax est 
d'une seule pièce ^ et présente , près des angles 
antérieurs, trois ou deux yeux lisses, rapprochés 
ou groupés ; et près du milieu de son extrémité 
antérieure, ou postérieurement , mais dans la ligne 
médiane, deux autres yeux lisses, pareillement rap- 
prochés. Le nombre des sacs pulmonaires est ^de 
quatre ou de huit. 

Lesuns^({ui forment le genre 

Tarentule ( Tàraittula. Fabric), 

Ont l'abdomen attaché au thorax par un pédicule ou 
par une portion de l«ur diamètre transversal, sans la- 

(>} Fojrezj pour toutes les autre» espèces de ce soas-genre, la partie 
des aranâdes de la Faune française. M. Walckcnaer^ auteur de^cette 
l^artic, mentionne , dans son tableau des aranéfdcs, une espèce renfermëe 
dans du succiu. 



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Î.G6 ARACHNIDES PULMONAIRES. 

mes en forme de peigne à sa base inféi;leure ^ ,ni d'ai- 
guillon à son extrémité. Leurs stigmates , au nombre de 
quatre, .so.nt situés près de l'origine du ventce, et recou- 
verts d'une plaque. Leurs antenne-pinces ( mandibules 
des auteurs ) sont en griâe^ ou terminées simplement 
par un crochet mobile. Leur languette est alongée^ très 
étroite^ çn forme de .dard et cachée. Ils n'ont que deux 
mâchoiresi et formées par le premier article de leurs 
palpes. 

Ils ont tous huit yeux , dont trois y de chaque côté , 
près des angles antérieurs^ disposés en triangle; et deux 
pi)ès du milieu^ au horda^atérieur et portés sur un tubeiv 
cule commun ou sur une petite éminence ^ un de chaque 
côté. Les palpes sont épineux. Les tarses des deux pieds 
antérieurs diflèrent des autres; ils sont composés de 
beaucoup d'articles , en forme de fil ou de soie ; et sans 
onglet au bout. 

Ces arachnides n'habitent que les pays très obauds.de 
l'Asie et de l'Amérique. Leurs habitudes nous sont 
inconnues. On en fait aujourd'hui deux genres. 

Les Phrynes. (Phrynus. OJiv. ) 

Qui ont des. palpes terminés en griffe, le corps très aplati, 
le thorax large, presque en forme de croissant ; Tabdomen 
sans queue, et les deux tarses antérieurs très longs , très me- 
nus, semblables à des antennes en forme de soie (i)^ 

Les TuÉLYPHOMES. ( Thelyphonus. Latr. ) 

Se distinguent des phrynes par leurs palpps plus courts , 
plus gros, terminés en pince ou par deux doigts réunis; par 
leur corps long, avec le thorax ovale , et le bout de Tabdo- 
men muni d'une soie articule, fprm^pX upfî quelle; l^urs 

(i) Phalangium reniforme. Lin. ; Pall. ,'*Spîcil. ïool. , fiisc. IX, m , 
5,6; Herbst. , Monog. phal. , m; Indes orientales, tlea Sëchelles; 
Herbst. , ibi<} , ïv , i , Amérique méridionale; — Tarentuîq rcnijormisy 
Fab. ; Pall. , Spicil. zool. , 9 , m , 3 , 4 ; Herbst. , ibid , ▼ , 1 ; cjasd. , 
IT , a , var. ? Antilles. 



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FAMILLB DES PÉDIPALPKS. 267 

deux tarses antérieurs sont courts , d'une même venue , et i 
articulations peu nombreuses (i). 

Les autres ont TabdomeQ intimement uni au 
thorax par toute sa largeur , offrant à sa base in- 
férieure deux lames mobiles en forme de peigne, 
et terminé par une queue noueuse, armée d'un ai- 
^illon â son extrémité ; leurs stigmates sont au 
nombre de huit , découverts et disposés quatre par 
q^uatre, de chaque côté , delà longueur du ventre; 
leurs antenne-pinces sont terminées par deux doigts, 
dont l'extérieur mobile. Ils forment le genre 

Des ScOBPlQJfS. (SCOAI'IO. jLin. Fa)b.) 

Qui ont le corps long et terminé brusquement par 
une queue longue , grêle , composée de six tiœuds, dont 
le dernier finit en pointe arquée et très aiguë , ou en 
un dard, sdus l'extrémité duquel sont deux petits trous, 
servant d'issue à une liqueur venimeuse, contenue dans 
nn réservoir intérieur. Leur thorax , en forme de carré 
long* et ordinairement marqué , dans son milieu , d'un 
sillon longitudinal, a de chaque côté, près de son 
extrémité antérieure , trois oii deux yeux lisses , for- 
mant, une ligne courbé , et vers le milieu du dos deux 
autres yeux lisses rapprochés. Les palpes sont très 
grands , avec une serre au bout , en forriie de main ; 
leur pitemîer article forme une' mâchoire concave et 
arrondie. A l'origine de chacun des quatre pieds 

(1) Phalangium'eauJatum , Linn.; Pall. , Spicil. zool. fesc. IX, iir , 
1) a, de Jaya. L^ Amérique me'ridionalc fournit nnc autre espèce, décrite 
et'fi^or^'datt le Tournai de phy^que et d*Histoire naturelle ( 1777 ) ; 
les hjihifantsde la Martioiqoc Pappellentle vinaigrier, Uoe troisième e»« 
pèce, ]ilQtpeU^/qac fes précédentes , et dont les iiattcs son^&iuvcs , ha- 
bile la presqu'île en-deçà d'u Gnngc. 



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268 ARACHNIDES PULMONAIRES, 

antérieurs , est un appendice triangulaire ^ et ces pièces 
forment^ par leur rapprochement ^ Tapparence d'une 
lèvre à quatre divisions , mais dont les deux latérales 
peuvent être considérées comme des sortes de mâchoires, 
et dont les deux autres forment la languette. L'abdomen 
est composé de douze anneaux , ceux de la queue 
compris; le premier est divisé en deux parties, dont 
l'antérieure porte les oignes sexuels, et l'autre les 
deux peignes. Ces appendices sont composés d'une pièce 
principale, étroite, alongée, articulée, mobile Ji sa base, 
et garnie, le long de son côté inférieuif , d'une suite de 
petites lames , réunies avec elle par une articulation , 
étroites , alongées , creuses intérieurement , parallèles, 
et imitant dès dents de peigne; leur nombre est plus 
ou moins considérable, selon les espèces; il varie quel- 
quefois d'une certaine quantité, et peut-être avec Tâge, 
dans la même. On n'a pas encore déterminé , par des 
expériences positives, quel est l'usage de ces appendices. 
Les quatre anneaux suivants ont chacun une paire de 
sacs pulmonaires et de stigmates. Immédiatement après 
le sixième, l'abdomen se rétrécit brusquement, et les 
six autres anneaux > sou^ la forme de nœuds, composent 
la queue. Tous les tarses sont semblables, de trois arti- 
cles , avec deux crochets au bout du dernier. Les quatre 
derniers pieds ont une base commune, et le premier 
article de leurs hanches est soudé ; les deux derniers 
sont même adossés , en partie , à l'abdomen* 

Les deux cordons nerveux, partant du cerveau, se 
réunissent par intervalles, et forment sept ganglions, 
dont les derniers appartiennent à là queue. Dans toutes 
les autres arachnides , le nombre des ganglions est de 
trois au plus. 

Les huit stigmates donnent dans autant de bourses 
blanches, renfermant chacune un grand nombre de 
petites lames très déliées , entre lesquelles il est probable 
que Tair se filtre. Un vaisseau musculeux règne le long 



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FAMILLE DBS 1ȃDIDALPBS. 26q 

du dos ; et communiqae avec cliaqae bourse par deux 
vaisseaux (i) ; d'autres branches eu partent pour toutes 
les parties. Le canalintestinal est droit et grêle. Le foie 
se compose de quatre paires d^grappes glanduleuses ^ qui 
versent leur liqueur dans quatre points de Fintestin. 
Le mâle a deux veines sortant près des peignes , et la 
femelle deux vulves. Ces dernières donnent dans une 
matrice composée de plusieurs canaux qui communi- 
quent >les uns avec les autres ^ et que l'on trouve au 
temps du part, remplis de petits vivants: les testicules 
sont aussi formés de quelques vaisseaux anaqptosto^s en- 
semble (a). 

Ces arachnides habitent les pays chauds des deux 
hémisphères^ vivent à (erre, se cachent sous les pierres 
ou d'autres corps , le plus souvent dans les inasures ou 
dans les lieux sombres et frais, et même dans l'in- 
térieur des plaisons. Us courent vite, en recourbant 
leur queue en forme d'arc sur le dos. Us la dirigent en 
tout sens , et s'en servent comme d'une arme offensive 
et défensive. Ils sai^sissent avec leurs serres les cloportes 
et les différents insectes , tels que des carabes , des cha- 
rançons', des orlhoptères , etc. , dont ils se nourrissent, 
les piquent avec l'aiguillon de leur queue , en la portant 
en avant, et font eiisuite passer leur proie entre leurs 
chélicères et leurs mâchoires. Ils sont friands des œufs 
d'axanéïdes et de ceux d'insectes. 

La piqûre du Scorpion d'Europe n'est pas , à ce qu'il 
parait, ordinairement dangereuse. Celle du scorpion de 
Souvignargues , de Maupertuis > ou de l'espèce que j'ai 
nommée roussâtre [Occttanus) ^ et qui est plus forte que 
la précédente y produit, d'après les expériences que le 

(f }. Fofcz nos remarques pr^cëdenies iat ta oirooktloii Àm arach- 
nides palmonairet. . ' • . 

^) Consul tel, sur Tanaiofaie des sctHpionaiL'TreTiranas, Marcel de 
Serrq| et Lc'ou Dofour (Journ. de physique , jiiin 1817). 



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270 ARACHTIÎDES PULMODCAIRES. 

docteur Maccary a eu le courage de faire sur lui-ménte, . 
des accidents plus grains et plus alarmants; le venin pa- 
raît être d'autant plus actif que le scorpion est plus âgé. 
On emploie , pour en arrêter les effets , Talkali volatil , 
soit extérieurement, soit â l'intérieur. 

Quelques naturalistes ont avancé que nos espèces indi- 
gènes produisent deux générations par an. Celle qui me 
semlle la mieux constatée a lieu au mois d'aodt. La 
femelle, dans l'accouplement, est renversée sur le aosi 
Suivant M. M accaiy, elle change de peau avant dé mettre 
bas ses petits. Le màle en fait autant à la même époque. 

La femelle fait ses petits à diverses reprises. Elle les 
porte sur soii dos pendant les premiers jours, ne sort 
pas alors de sa retraite , et veille à leur conservation 
l'espace d'environ un mois, époque à laquelle ils sont 
assez forts pour s'établir ailleurs et pourvoir à leur sub- 
sistance. Ce n'est guère qu'au bout de deux ans qu'ils 
sont en étal d'engendrer. ^ 

Les uns ont huit yeux, et forment le genre Buthus de 
M. Leach. 

LeiScâ/7?£ondr.^i/)7'/^Me(.^^r.,Lm.,Fab.)- Rœs., iusect., ' 
3', Lxv. — Herbst. , monofg". , scorp. , i . Long de cinq à six 
pouces, d'un lirun noirâtre, avec les serres grandes, en 
cœur, très chagrinées et un peu velues. Bord antérieur 
idtt corselet fortemefit échancré. Treize dents à chaque 
peigne. — Des Indes orieatal es, deCeylan, etc. 
,, Le Scorpion roussâtre ( Occitanus , Amor. )/ Tunetanus, 
•Il^rbst., monog., scorp., Ill, 3 ; Buihus ocçUanjuSj Leack., 
.Zoolog. Misoell. cxuii. . Jaunâtre pu roust^tre; qu^uo 
^un peu plus longue que le cprps , avec de» lignes élevées 
|Ot finement crénelée^. Vingt-huit deçts et au delà (51^-65 , 
^faccary.) à chaque peigne. — Midi de l'Europe, Barbarie , 
"éTTres comnfdh en Espagne. 

.Les aiUres n'ont q ne six yeux, et composent le genre iScor- 
pion, proprement dit, du même naturaliste. 

Le Scorpion d'Europe{ Europwus^ Lin ., Fab.). HerbaC. , 
Monog. scorp., Ml, 1,2, D'un bruti plus ou moins foncé, 



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ARACHNIDES TRACHÉENNES. 2yi 

nvec les pieds et le dernier article de la queue d'un brun 
plus clair ou jaunâtre ; serres en forme de cœur et angu- 
leuses^ neuf dénis à chaque peigne. — Les départements les 
plus méridionaux et orientaux de la France. 



LE SECOND ORDRE DES ARACHNIDES, 

Les TRACaiÉENNES. («»ACHEABiiE. ) 

V Différent du précédent par des organes respira- 
toires, consistant en des trachées (i) rajonnées ou 

(i) Les trachées sont des TaisseaQX qoi reçoivent et distribisent le 
flaide aérien dan» tout l'intenear du corps, et suppléent ainsi au défaut 
de circulation. £llés sout de deux sortes. Les tabulaires ou éUuùques 
sont formées de trois membranes, d«ntrintertnédiaire, composée d^ un 
filet cartilagineux, élasitique, rqnlé en spirale, et dont les denx anll-eé 
oellaleusQ». Les trachéei vééitùiàires ne sont formées que de deox mem- 
Mnes et de cette soute.* Ce sont des espèces de poches pneumatiqnps , 
suscepiihlos dé se gonfkr elde s^abàissér. lies insectes SKioati^ues et fia- 
ûeor s antres aériens e^ cent d^K>nfryns. Elles comnmmqaententre elles par; 
des trachées tahcdaircs. Baûs plusieurs orthoptères/où elles sontbien dëve- ■ 
loppéesv desarcs car tiU(^eax, formés plir des appendices des demWnnoaux 
inftârieorailfc Tabdome^ ^servent d'attaches aoxmnscles qni Ui retiennent. 
Les trachées sont divisées ed denx troncs principaux , s^éténdant longitu. 
dinalement, «a de chaque c^té , et recevant Fair an moyen dVaverUires 
latérales appelées sUgmoÊut^ ecjetant imsuite des branches et des rameaux' 
nombreux qui répandent ceflinide. Mais dans plusieurs inseciei > il existe 
aussi denx autres feroncéplus on moins lon^p , situés entre les deux pfécé- 
<l«nis et commiaiqnaot arec eux. M. Marcel de S'erres les distingue par 
\a dëpomination de pulmonaires : les denx ordinaires sont pour lut ëes 
trachées art^rieUes». Uidîstixignc aussi denx- sorte*' de stigatiates î les-nns^ 
simples y ou les stigmates .ordiiiaires » consisiëni «a deux levées membrâ-» 
aeo^s ; kytaak des fibr^ on stries 'transverses.^ j^ouvrant an moyen d'ane 
swi|>le'Qoiitraotioé^ Itk antres- stigmates, œox qn^U nontme trdmaères , 
tonifonaésd^nne oMe deaxpiàees, mais lêplns ioovientâe deua;, cpraées^; 
mohiiés, s'duvrant on sfe fermant oorame^desvxileU. DttÛlîér^Descrtpt* 
du criquet de passage) les '. compare à des paupières. Ils éoat propres à 
certaÎBc oèthoptères., et kar position indiqae> que «è-sonties-sti^oiiates 
du mésothorax. M. Léon Dafour (Ann. dessc. natnr., mai i826)adon(né 



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272 ARACHNIDES TRAGHÉBNNfiS. 

ramifiées , et ne recevant Tair que par deux ou- 
vertures ou stigmates^ par Tabsence d'organe cir- 
culatoire (1), et à regard du nombre dès jeux qui 
n'est que de deux à quatre (2), Faute d'observa- 
tions anatomiques assez générales , les limites de 
cet ordre ne sont pas encore rigoureusement tra- 
cées. Quelques-unes mêmes de ces arachnides , telles' 
que les pjcnogooides y n'offrent aucun stigmate , 
et leur mode de respirer est inconnu. 

Les arachnides trachéennes se partagent très na- 
turellement en celles qui sont pourvues d'antenne- 
pinces terminées par deux doigts, dont Tun mo- 
5 

deirèi bonnes figures de ces diverses sortes de stigmates , mais sans em* 
ployer les dëngnatioas du'nalnraliste pnScëdent. Il paraîtrait, d,^après sa 
description des sU^ates abdominaux , que ceax-ci ont les caractères des 
ttémahres, tandis qae ceux qu^il dtoit ensuite comme différents , sont 
les stigmates ordinaires. Nous crojons, au surplus, que ce^^issemblances 
ne tiennent qu'à de simples modifications des lentes, fiéaamur (Mem., I, 
iT, 16 ) a 6gurë un stigmate de cette démise sorte , nuds dont 1er lèpres 
ont un rebord intérieur , qui. doit , selon toute apparence, être coraë. 
Supposons qu^elles soient pvesque entièrement de cette consistance, nous 
aurons alors cette espèce de stigmate que M. Serres nomme trémaère. 
Quelques kryes aquatiques ont des appareik respiratoires particuliers et 
dont nous parlerons en traitant de ces insectes. 

(1) La présence des tracbées exclut toute circulation complète, c'est^ 
à-dire la dlttributkm du sang anx diverses («rttes , et son retour des or- 
ganes de la respiration au cœur. Ainsi , quoique Ton ait récemment 
découvert des vaisseaux dans quelques insectes (pfaasmes) , quoique leur 
existence soit possible dans diverses arachnides trachéennes, ces animaux 
ne rentrent pas moins, sous ce rapport, dans le sys^sme général. Bl. Mar- 
cel de Serres a observé que le tube intestinal des phalangium ou £io^ 
çheursjetteuntrès grand nombre de oœcums ou d'appendices vermi^ 
formes, qui semblent avoir de Tanalogie avec les vaisseaux hépatiques', 
et que les trachées rampent et se ramifient à Finfini sur ces cœcums. 

(9) Suivant Mûller, Vhyilraehne umln^ta a mx yeux ; mais n'est-ce pas 
une erreur d'optique ou une méprise ? V ■ 



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FAHlIiLB DES FAUX 8G0RPI0IÏS. 2yZ 

hûe, ou bien par un seul ^ - pareillement mfobile, 
en forme de griffe ou de cT^bchet ; et en celles où 
ces organes sont remplacés par de simples lames 
.ou lancettes, et qui, a^ec la languette, consti- 
taent un suçoir. Mais la plupart de ces animaux 
étant fort petits, cet examen entraîne de grandes 
difficultés, et Ton sent que de tels caractères ne 
doivent être employés que lorsqu'on ne peut faire 
autrement. 

La première famille des Araghnidbs tkaghéen- 
UBS, celle 

Des faux SCORPIONS (Pseudo Scorpioites. ), 

A le thorax articulé, avec le segment antérieur 
beaucoup plus spacieux, en forme de corselet,* un 
abdomen très distinct et annelé y des palpes très 
grands, en forme de pieds ou de serres; huit 
pieds dân» les deux sexes, avec deux crochets 
égaux au bout des tarses, les deux antérieurs au 
plus exceptés; deux antenne-pinces ou chélicères 
apparentes^ terminées par deux doigts, et deux 
mâchoires formées par le premier article des 
palpes. Us sont tous terrestres et ont le corps 
ovale ou oblong ; cette famille ne comprend que 
deux genres. 

Les Galéodbs. (Galeodes. Oliv. — Solpuga. Licht. 

Fab. ) 

Ofit deux antenne-pinces très grandes , à doigts ver- 
ticaux, fortement dentés, l'un supérieur, fixe et sou- 
TOXB IV. i8 



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a^4 Ani.GHNIDBS THAGHÉBNJEIB8.. 

vent muni , à sa base , d'un appendice (i) grêle , alonfé» 
terminé en pointe , et l'autre mobile; les palpes grands, 
avances , en forme de pieds ou d'antennes y terminés par 
un article court, en forqie de bouton , vésiculeux et sans 
crochet au bout; les deux pieds antérieurs d'une figure 
presque semblable, pareillement mutiques, mais plus 
petits; les autres terminés par un tarse, dont le dernier 
article , muni au bout' de deux petites pelotes et de deux 
long$ doigts , avec un crocbet à leur ' extrémité ; cinq 
écailles en forme de dcmi^entonnoir et pédicellées, sur 
chaque pied postérieur , disposées en une rangée le long 
de leurs premiers articles ; et deux yeux très rapprochés 
sur une éminence antérieure du premier segment thora* 
cique, qui représente une grande tête, portant, on tre 
les parties de la bouche l«s deux pieds antérieurs. 

Leur corps est oblong, généralement mou et hérisse 
de longs poils. Le dernier article des palpes, ou leur 
bouton, renferme , suivant M. Dufour, un organe parti- 
culier, en forme de disque ou de cupule, d'un blanc 
nacré, et qui ne se présente en dehors que lorsque l'a- 
nimal est irrité. Les deux pieds antérieurs^ peuvent être 
considérés comme de seconds palpes. Le labre a. la ferme 
d'un petit bec très comprimé, recourbé ^ pointu et velu 
au bout. La languette est petite » en forme de carène , 
et se termine par deux soies barbues, divergentes, pos- 
tées chacune eur un petit article. Les autres paires^ de 
pieds sont annexées à autant de segmeats. J'ai aperçu 
un grand stigmate , de chaque côté du corps , entre les 
premiers et les seconds pieds, ainsi qu'une fente i la 
Base du ventre. L'abdomen est ovalaire et compose de 
neuf anneaux. {F^oyez , pour d'autres particularités, la 
description d'une espèce découverte en Espagne par 
M. Dufour, et décrite et figurée par lui dans les An- 
nales des sciences physiques, tpm. Y, pi. lxix, 5. ) 

(i) Je ne crois pas qu'il soit exclttsivemcnt pfX)pre à Vun des sexes. 

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FAtfltiLB DBS FÀigX-SCOAPlONS. 3^5 

On soupçonne que les anciens ont désigné ces arach- 
nides sous les noms de phalangium^ solifaga, tetrar- 
gnathaj etc. M, Poë en a découvert une espèce dans les 
environs de la Havane ; mais les autres sont propres aux 
pays cbauds et sablonneux de l'ancien continent- 
Ces animaux courent avec une extrême vitesse, re- 
dressent leur tête, semblent vouloir se défendre, lors- 
qu'on le& surprend, et sont réputés venimeux (i). 

Les PracES. ( Chelifer. Geoff. — Obisium. Uig. ) 

Ont les palpes alongés, en forme de bras, avec une 
pince en forme de main et didactyle au bout ; tous leè 
pieds égaux , terminés par deux crocbets , et les yeux 
placés sur les côtés du thorax. 

Ces animaux ressemblent à de petits scorpions privés 
de queue. Leur corps est aplati , avec le thorax presque 
carré , et ayant de chaque côté un ou deux yeux. 

Ils courent vite , et souvent & reculons ou de côté', 
comme les crabes. Rœsel a vu une femelle pondre oes 
ceufs et les rasipooibler en tas. Hermann père dit que 
ces individus les portent réunis en une pelotte sous leur 
ventre. U croit même , d'après une autre observation , 
que ces arachnides peuvent filer. 

Son fils (Menu apléroL ) divise ce genre en deux sections. 
Les UQS ( Œelijery Leach.) ont le premier segment du tronc, 
ou du thorax, partagé en deux par une ligne imprimée et 
transversale ^ les tarses d'un seul article; une espèce de stylet 
au bout du doigt mobile des cbéUoères , et les pi>ils du 
corps en forme de spatule. 

La Pince crabt: ( Phalangium cancroides yhin. •, Scorpio 

caitcroûfe5,Fab.) Ross., Ins., III, supp. lxiv, vulgaire- 

( i) Solpulga fatalis , Fab. ; Herbst. , Moaoç. , 8oIp. I , i , dn Bengale: 
— S. ehelicornis, Fab. ; Herbst. , ibid. , II , i; — Phalangium araneoides, 
Pall., Spicil. 200I. , fesc. IX, m , 7 , 8 , 9. P^ojrez, en oatre, la Mono- 
graphie de ce genre publiée par Herbsl. , et les Voyages dé Pallas et 
d'Olivier. 

l8* 



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376 ÂRACHiriDBS THAGHâBVirfiS. 

m«at Scorpion des livres , se trouve dans les herbiers > les 

vieux livres , etc., où elle se nourrit des petits insectes qui 

les rongeot. 
VneaLUiTt{ScorpiocimicoideSy Fab.)Henn., Mém. aptér. , 

VII, 9, habite sous les écorces d'arbres, les pierres, etc. 

D'autres (Obisium , Leach. ) ont le thorax sans division , 
les chélicères sans stylet, les poils du corps en forme de 
soies (i). Mais le nombre des yeux nous fournit \in caractère 
plus important. 11 est de quatre dans les Obisies et de deux 
dans les Pinces proprement dites (ti). 

La seconde famille des Abaghitidbs tra€h£bm- 
«ES, celle 

Des PYCNOGONIDES. (Pycnogowides. ) 

A le tronc composé de quatre segments, occu- 
pant presque toute la longueur du corps ^ terminé à 
chaque extrémité par un article tubulaire, dont 
l'antérieur plus grand , tantôt simple, tantôt ac- 
compagné d'antenne-pinces et de palpes , ou d'une 
seule sorte de ces organes, constitue la bouche (3). 
Les deux sexes ont huit pieds propres à la course; 
mais les femelles offrent , en outre , deux fausses 
pattes, situées près des deux antérieurs, et servant 
uniquement à porter les œufs. 

(i) Herm. , ^m. aptër. , v , 6 ; Ti , 14. 

(a) Ployez U Monographie des scorpionides da docteur Leach » dans 
le troisième yolamede son Zoologlcal mlsceUanj, tab. i4i et i4a ; et on 
Mémoire sar les insectes du Gopal, par M. Dalman, où il en décrit et 
figure une espèce sont le nom à^cucarpus , et où il présente des observa- 
tions sur d^autres espèces. 

(S) L&sipbon d^une grande espèce du sous-genre pboiâcliile , apportée 
du cap de Bonne-Espérance par feu Delalande , m^a offert des sutures 
longâtudinales , de manière qu'il me paraît composé du labre , de la lan- 
gnetie et de deux mâchoires , le tout soudé ensemble. Les palpes sont 
dès lors ceux de ces mâchoires. 



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FAMILLE DBS PïCNOGOHIDKS. , 277 

Les Pjcnogonides sont des animaux marins (i), 
ayant de l'analogie , soit ^vec les Cjames et les 
ChevroUes^ soit avec les arachnides du genre PAa- 
langùun^ ou \e& Faucheurs ^^ auxquels Linnasus les a . 
réunis. Leur corps est ordiifâirement linéaire , avec 
les pieds très longs ^ de huit à neuf articles^ et ter- 
minés par deux crochets inégaux, paraissant n'en 
£6rmer qu'un seul y et dont le plus petit est fendu. 
Le premier article du corps , et qui tient %ii de 
tète et de bouche, fpçme un tube avancé, presque 
cylindrique ou en cône tronqué , ayant à son extré- 
mité une ouverture triangulaire ou en trèfle. IJl 
porte à sa base les aatenne-pinces et les palpes. 
Les antenne -pinces sont cylindriques ou. linéai* 
res, simplement prenantes ^ composées de deux 
pièces , dont la dernière en pince , avec le doigt 
inférieur, ou celui qui est immobile, quelquefois 
plus court* Les palpes sont en forme de fil,. de cinq 
ou neuf articles, avec un crochet an bout. Chaque 
segment suivant, à Texception du dernier, sert 
d'attache à une paire de pieds (2) ; mais le pre- 



(») Suvant M. Savigny, il» font le passa^ des arachnides aax crus- 
taoù, KoQi ne les plaçons ici qu^ayec doate. 

(a) M. Milne Edwards, c^i a observé ces animftax sur. le vivant» 
SQ^a dit avoir va dans Fintërieur de ces organes des expansions laté- 
rales du canal intestinal , oa des coscams'. J^en avais effectivement $perça 
les traces » sons la forme de vaisseaux noirâtres , dans divers, nympbons. 
Cette ajMcrvaiion me porterait à croire que ces animaux respirent parla 
paan, caractère- djaprës lequel ils pourraient former un ordre particulier, 
et peot-étre intermédiaire enue les aracbnides et les insectes aptères do 
Tordre des parasites. 



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278 AftAGHMDES THACHÊENNES. 

mier^ on celui avec lequel s'articule la boucbe, 
a sur le dos un tubercule portant^ de chaque côté, 
deux jeux lisses^ et eh dessous, dafns les femelles 
seulement, deux autres petits pieds, repliés sur 
eux-mêmes , et portant les œufs qui sont rassemblés 
tout autour d'eux , en une ou deux pelotfes. Le 
dernier segment est petit , cylindrique , et percé 
d'un petit trou à son extrémité. On ne découvre 
aucufis vestiges de stigmates. 

Ces animaux se trouvent parmi les plantes ma- 
rines, quelquefois sous les pierres, près des rivages, 
et quelquefois aussi sur des cétacés. 

Xes PrcwoGOwONS, (Pycnogonum. Brun. Mûll. Fab,) 

Sont dépourvus d'antenne-pinces et de palpes , et la 
longueur de leurs pieds ne surpasse guère celle du corps, 
qui est proportionnellement plus court et plus épais que 
dans les genres suivants. Hs vivent sur des cétacés (1). 

Les pHOxlcmLES. (Pnoxicmxus. Latr. ) 

N'offrent point de palpes , de même que les précé- 
dents, mais ont des pieds fort longs et deux antenne* 
pinces (a). • 

Les Nymphons. (Nymphon. Fab, ) 

Ressemblent aux Phoùcichiles par la forme très étroite 

- ■-• • ■ - . ■ . 1.. 

(i)'Mûl!.y Zôol. dan., cxix> xo-ia, femeUe. Troavë sur nos côtes par 
MM. -Surirey tx. d'Orbigny. 

(à) Rapf)off ez k ce genre te pfcnogonum spimpes tl'Otlion Fabricius , 
•a ▼arîëlé'da P, grosaipei, sans antennes,* lès phalangium acultatum, êpi^ 
hojtiyii'de Monia^ (Lin. IVans.), le nymphon femoratum des Actes 
da -ïa SfbC, d^hist. naiar. de Copciihagufe (1797); let^mphon hirtum. 
de 'FâM<^M , -qal peut-être ne diffère pas des phalangUtm spimpes y spi- 
nosum , cil^s plus haut. 



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FA.HILLE DES QOLiTRBS. 2yg 

et oblongue de leur corps , la longueur de leurs pieds , 
et la présence des au tenne-pînces; mais ont ^ en outre ^ 
deux palpes (i^. 

La troisième famille des Araghivides trachéek- 

WBS, celle 

Des HOtÈTRES. ( Hol^tra. Hermano. ) 

A le tlK>rax et Tabdomen réunis en une masse , 
sous un épiderme commun : le thorax est tout au 
plus divisé en deux^ par un étranglement, et l'ab- 
domen présente seulement dans quelques-uns des 
apparences d'anneaux 9 formés par des plis de Té-* 
pidermé. 

L'extrémité antérieure de leur corps est souvent 
avancée en forme de museau ou de bec ; la plupart 
ont buit pieds et les autres six (2). 

Cette famille oe compose de deux tribus. 

La première tribu des Araghiiides HoLàvREs , 
celle des PuAtAi^GTBns ( Phalangila, Latr. ) ^ 
a des antenne-pinces très apparente^ , spit en 

■ ■ ' ' ' »■■ < -.1.11 II I m . m w. i. i» Il 

(1) Pfcnofpmm groêsipes^ Oih. Fab« ; MAIL , Zool. dan. , cxix, S-g , 
fem. j à comparer arec les njrmphons gracile et fimoratum du docteur 
Leadt. (Zool. miscelL , xix , i 9 a). Son ^enre ammothea {^A. caratinen^ 
sis^ Ûnd,y XIII ) dîKère de celui des nymphons par les antcone - pinces 
beaucoup plus courtes que la bouclie, lear première pièce', ou celle de 
• la racine» <^tant fort petite. Les palpes ont neuf articles, tandis 'que 
ceia des njmpbons n^en oiSfrent que dnq. Bans ce genre , ainsi que ceux 
de phoxiehile et de pyenogonon , le second article des tarses est fort 
court. Le udbc)rc«le portant les yeux est quelquefois place sur nne saillie • 
qai s'avance au-dessus de la baae de IWtiicle antérieur, on la bouclie. 

(3) Le tromhidiwn longipes d'Herman fils, Mtfm. «ptcr. , pi. r, 8 , est 
représenté avec dix piecls , dont les denz premiers très lon^. Il ne lui 
CQ donne qae huit dans le texte. 



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28o AEAGHIftDBS TEAGHÉBinfSS. 

saillie au-devant du tronc , soit inférieures ^ et tou- 
jours^ terminées en une pince didactyle , précédée 
d*un à deux articles. 

Ils ont deux palpes en forme de fil ^ de cinq ar- 
ticles , dont le dernier terminé par un petit onglet ; 
deux yeux distincts , deux mâchoires formées par 
le prolongement de l'article radical des palpes, et 
souvent quatre de plus (i) , et qui ne sont aussi 
qu'une dilatation de la handie des deux premières 
paires de pieds; le corps ovale ou arrondi, re- 
couvert, du moins sur le tronc, d'une peau plus 
solide; des apparences d'anneaux ou des plis sur 
l'abdomen. Les pieds, toujours au nombre de huit^ 
sont longs et divisés distinctement à la manière de 
ceux des insectes (2). Plusieurs au moins ( faucheurs), 
ont à l'origine des deux pieds postérieurs, deux 
stigmates, un de chaque côté, mais cachés par 
leurs hanches. 



(i) Dans la suppoâition que les deux m&choires sopërieurct reprësea- 
tent, avec leurs palpes, les maadibiiles des crostacés d^podes , les 
quatre autres représenteront aussi les quatre màcboires des mêmes crus- 
tacës, et les deux mâchoires, ainsi que la lèvre iaférieure des insectes 
broyeurs, M. Marcel de Serres nous apprend que le ganglion venant im- 
mëdiatement après le cerveau, est en face de la troisième paire de 
pattes , qui , d'après ces rapprochements, serait Tanalogoe de la premièro • 
des insectes j or c'est là aussi qu'est place , dans ceux-ci, le même gan- 
glioo, Foxez Tordre de» myriapodes. 

(a) Hanches « cuisses, jambes et tarses de même que dans les familles 
précédentes. Mais les pieds dbs autres arachnides trachéennes sont cooi- 
posés d'articles courts , dont les proportions relatives ne diffèrent que 
graduellement, de sorte qoe ces distinctions de parties sont moins ap- 
prédables. 



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FA|fIZ.&B Dits HOLiTRBS^ iBt 

La plupart vivent à terre ^ sur les jAantes^ au 
bas des arbres, et sont très agiles; d'antres se ca- 
chent sous la pierre , dans la mousse» Leurs organes 
sexuds sont placés sous la bouche et intérieurs. 

Les Faucheurs. (PHiiiiAirGnjM. Lin. Fab. ) 

Qui ont les antenne - pinces saillantes , beancoap plus 
oourtes que le corps , et les yeux perlés sur un tubercule 
commun. 

Leurs pieds sont très longs^ fort menus; et détachés du 
corps^ ilsdonnent, pendant quelques instants^ des signes 
d'irritabilité. Les deux sexes sont placés vis-à-vis l'un de 
Pautre dans la copulation , qui a lieu vers la fin de Tété. 
L'organe générateur du mâle a la forme d'un dard^ 
terminé en demi^fiëche. La femelle a un oviducte memv 
bifeneux , en forme de fil , flexible et aunelé. Les tra- 
chées sont tubulaires. 

hd Faucheur des murailles {Comutumy Lin.^ mâle; 
OpiUo y ejusd. , femelle.) Herbst., Monog. phal.y i, 3, mâle; 
Sfid. ly femelle. Corps ovale, roussâlre ou cendré en des- 
sus ^ blanc en dessous; palpes longs; deux rangées de 
petites épines sur le tubercule .portant les yeux^ et des 
piquants sur les cuisses. Antenne-pinces cornues dans le 
mâle; une bande noirâtre, avec ses bords féstonnésy sur le 
dos, dans la femelle (i). 

Un célèbre entomologiste anglais, M, Kirby, a formé, 
sou» le nom de Gonôlepte (Gonoleptes.), un genre propre sur 
des espècesqui ont les palpes épineux,avec les deux derniers 
articles presque de la même grandeur, subovalaircs , et 
un fort onglet terminal ; et dont ^les hancbes des deux 
pieds postérieurs sont fort giandes , soudées et forment une 
plaque sous le corps. Ces pieds sont éloignés des autres 

(i) Gônsolteftle» Mcmo^phiet de ce genre poUiëes par lAlreilie (à la 
toile de lUîMoire des fourmi»), Herbtl et Hermaim fils (M^m. apt^rolog.)- 



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28a ARAORNIDU TaACVifiMlIBS. 

et rejetés «n arrière (i). Dans les Faucheurs proprement 
âits, les palpes sont filiformes, sans épines , terminés par 
un article beaucoup plus long que le précédent, avec uu 
petit qrochet au bout. Tous les pieds sont rapprochés , k 
à hanches semblables et contiguës à leur naissance. Telles 
sont toutes nos espèces indigènes. 

Les ^Rows. (SîRO. Latr. ) 

A les Attteane - pinces saillaixtes » presi[ue aussi loli- 
guei que le corps ^ les yeux écartés et portés chacon sur 
un tubercule isolé ou sans support (a). 

Les MA€ROGHàLES. ( Macroghel6S« Latr. ) 

Ont aussi les antenne - pinces très-saillantes et fort 
longues ; mais leurs yeux sont nuls ou sessiles. Les deux 
pieds antérieurs sont fort longs et an tenni formes; le 
dessus du corps forme une plaque ou écaille sans anneaux 
distincts. 

Je rapporte à ce genre les Acarus marginaius et testu- 
dinarius d'Herman fils (Mémoire aptérol. , pag. 76 , 
pi. VI, fig. 6, et pag. 8q , pi. ix, fig. 1.). 

LcsTrogules. (Trogulus. Latr.) 

Dont Textrémité antérieure du corps s'avance en fbnne 
de chaperon 9 et reçoit dans une cavité inférieure les 
antenne-pinces et les autres parties de sa bouche. 

Leur corps est très aplati et recouvert d'une peau 
très ferme* Sous les pierres (3). 



(i) GormUptos hatriêuÊ y Trans. lia^ Soc.. XII, kzii, 16^ wpiœ 
da Brésil. 

(a) Slro rubens , Latr. , Gêner, crast. et insect. , I , ti , 3 ; — Aeanu 
crassipes, Herm. , Mém. aptër. , in, 6 et ix , Q. N. 

(3) TfOf^Uus ntpœJbrmiSf ÏMt. » Gêner, y crmt. et iniect. , I » vi 1 1 ; 
Phaàtag^uM triùtrmaHun, Lin. | Midi de U Fiwiftce , Espagne. 



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FAMILLB DBS H0L£TJI£S. 285 

La seconde tribu des Ahac^hnides Holètres^ 
celle des Agarides {Acarides)^ a tantôt des antenne- 
pinces j maii simplement composées d'une seule 
pince y soit didactjle ^ soit en griffe , et cachée dans 
une lèvre sternale ; tantôt un suçoir , formé de lames 
en lancette et réunies, ou n*a même pour bouche 
qu'une cavité , saas autres pièces apparentes. 

Cette tribu est formée du genre 

Des Mites. ( Acahus. L. ) 

La plupart de ces animaux sont très petits ou presque 
microscopiques. Ils sont dispersés partout. Les uns sont 
errants ; et parmi eux on en rencontre sous les pierres ^ 
les feuilles^ les écorces des arbres, dans la terre, les 
eaux, ou bien sUr les provisions de bouche, comme la 
farine, la viande desséchée, le vieux fromage sec, sur 
les substances animales ^n putréfaction; d'autres vivent, 
en parasites, smr la peau ou dans la chair de divers ani- 
maux^ et les affaiblissent souvent beaucoup par leur 
excessive multiplication. On attribue même à quelques 
espèces l-origine :de certaines maladies, et particulière- 
ment de la gale. Il parait résulter des expériences du- doo« 
teur Galet , que les mites de la gale humaine, mises sur 
le corps d'une personne saine, lui inoculent le virus de 
cette maladie. Ou trouve aussi diverses sortes de mitea 
sur des insectes , el plusieurs coléoptères vivant de sub« 
stances cadavéreuses ou excrémentielles , en sont quel- 
quefois taux couverts. On en a observé jusque dans le 
cerveau et les yeux de l'homme. 

Les mites sont ovipares et pullulent beaucoup. Plu- 
sieurs ne naissentqu'avec six pieds j et les deux autres se 
développent peu de temps après. Leurs tarses se termi- 



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284 A&AGHmOBS Tft^ACffâENliBS. 

nent de manières diverses et appropriées i. leurs habi- 

tudes. 

Les unes ( les Acirides propres, Actuides phàtr.) ont huit 
pieds, uniquement propres à la course, et des tnleone-pinces. 

Les TnoMBiDiOMs. ( Trombidium. Fab. ) 

Qui ont des antenne- pinces en griffe ou terminées par un 
crochet mobile ; des palpes saillants, pointus au bout, avec 
UD appendice mobile ou une espèce de doigt sous leur extré^ 
mitë^ deux yeux, situés chacun au boutd^n petit pédicule 
ftxe , et le corps divisé en deux partiesydont ta première ou 
Tantérieure très petite , et porte , outre les yeux et la bou- 
che , les deux première paires de pieds. 

Le Trombidian satiné ( T. holosericeum j Fab. ) Herm.% 
Mém. aptér. , pi. I, a, et U, i , très commun, au prin- 
temps , dans les jardins; d'un rouge couleur de sang*, ab- 
domen presque carré , rétréci postérieurement , avec une 
échancrure } dos chargé de papilles velues k leur base , et 
globuleuses à leur extrémité» 

On trouve aux Indes orientales une autre espèce trois à 
quatre fois plus grande , et qui donne une teinture rouge : 
c'est le r. colorant ( T\ tinctorium, Fab. )Herm., Hem. 
apt. I, i, (i). 

Les EaTTHB££8. (E^YTHRjEus. Latr* ) 

Qui ont les antenne «pinces et les palpes des TrombidionSy 
mais dont les yeux ne sont point portés sur de pédicule, et 
dont le corps n'est pas divisé (a). 

Les Gavases. (Gamasus. Lat. Fabr.) 

Dont les antenne-piuces sont didactyles, et qui ont des 
palpes saillants ou très distincts, et en forme de fil. 

(i ) T.Jhliginotum , Herm. , Mdm. api. , i , 3 ;— T*. hicolor, îbid. , ii, 
3^— T. a«iûml0,lbid.,3; — 7*. curt/^pc» , ihid. , 4 ,• — 7*. trigonuNi^ 
ibid. y 5 ; — 7\ trimaculauim, ilnd. , 6. 

(a) Erythranu phaiangioides , Lutr. ; TromUdium phalangioiJes , 
Henn. , ibid., i ,f lo; — Trombùlium {juisejuiUarum , ibid. , 9 ; — T'. pa- 
rietinum, ibid., laj^r. puiUlum. ibid , 11, 4; — T. murorum, 
ibid., 5. 



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FAMILLE DSS fiOLiTRBS. 2S5 

liCS uns ont le dessus du corps revAtu y en tout ou ra par- 
^e, d'uae peau écailleuse (i). 

Les autres ont le corps entièrement mou. Quelques espfc- 
tres de cette division vivent sur difFérents oiseaux et quadru- 
pèdes. On en confiait^ tels surtout que VAcarus tclanus de 
Linnaeus^ ou le Gamase tisserand y qui Forment sur les feuil- 
les de plusieurs végétaux, particulièrement sur celles du 
tilleul, des toiles très fines, et leur nuiseât beaucoup. (Jette 
espèce est rougeâlre, tevec une tache notritre de chaque eAlé 
dePabdomen. 

Les Ch£ylet£s. (Cbeylbtus. Lat.) 

Qui ont aussi des antenne- pinces didactyles, mais dont 
les -palpes sont épais , en forme de bras et terminés en 
' faulx (a)« 

Les Oribites. (Oribita. Latr. — Notas/ns. Herm. ) 

Dontles antenne-pinces sont encore didactyles, mais dont 
les palpes sont très courts ou cachés^ qui ont le conps rocou* 
vert d'une peau ferme, coriace ou écailleuse, en forme de 
bouclier ou d'écussoq , et les pieds longs ou de grandeur 
moyenne* 

Le devant du corps est avancé en forme de museau. On 
voit souvent une apparence de corselet. .Le bout du tarse 
est terminé par un seul crochet daq3 les uns , par deux ou 
trois dans les autrea, sans pelotte vésiculeuse. 

Us se trouvent sur les pierres, les arbres, dans la mousse, 
et marchent lentement (3). 

^i.) Gamasus margînatus ^ Latr. <^ jicarut mar^natus^ Herm. , 
Mém. apt. , ▼!> 6, troavë sur le corps calleux da ceryeaa d^on bomme^ 
— Trombidium longipes, Herm. , ibid. , i, 8j — Acanu coleoptrcOo^ 
rumy Fab. ; Bc Geer, Mdm. insect. , VU , ri, 5; -r Acarus JUmndinity 
Herm., /3ûf. ,t, i3;— ^. T^espertiUoniî y ibid., i4; — Trombidium 
hijpusmlatwn y ihià» , 1 1, lo; — T, joc/um, ibid. , it, i3; — T. tiliarium, 
ilnd. , la; — 7*. telarium , ibid. , i5 : ces trois espèces vivent en société 
sar les feuilles, les recouvrent de fils soyeux et trës ^n^ ^ — T. ceùtr, 
ibid. , i4 ; — Acarus gallinœ, De Geer, InsccC. , VU , vi , i3. 

(3) Acarus eruditus, Sclirank , Enum., Insect. , Anst. , n» io58, tab. 
II , X ; e^visâ, , peciculus muscuUy ibid., n" ioi4 > I9 ^• 

(3) Voyez Hermànn , Mëm. aptër. , genre notaspc^ et Olivier, Eûc^rcl. 
mdtbod. , insect. y article Ottbau, 



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2S6 AQ^QH^IOfiS TEACHÉBMIiBS. 

Les Ubok>de8. ( Ubopoda. Lat. ) 

Qui ont, à ce que Fanalogie nous fait présumer , des ché- 
licëres en pince; dont les palpes ne sont point apparents 
ou Si^illants; dont le corps est encore vecouvçrt d'uQe peau 
Qcailleusô^ mais qui pi^t de& pieds très çp.u,rks ^ et un fU à Ta- 
nus^ au 9xoyen duquel ils se fîxeat, s^x 1^ corps de quelques 
insectes coléoptères y ejl se suspendent en, l'air (i). 

Les AcARtrs. (Acarus. Pab. Latr. — Sarcoptes. Latr. ) 

Ayant, ainsi que les précédents, deux antenne -pinces 
didactyles, des palpes très courts ou cachés, mais dqnt le 
corps est très môu ou sans croûte ëcaiiteuse. 

Les tarses ont, à leur extrémité, une peloCte vésicuieuse. 
Plusieurs espèces se nourrissent de nos substances alimen- 
taires. D'autres se trouvent dans les ulcères de la gale de 
l'homme , de celles du cheval, du chien , du chat (ti). 

D'autres Mites ( les Tiques , RiciniaSy Latr. ) ont aussi huit 
pieds et uniquement propres à la course, mais sont dépour- 
yus d'antenne-pinces proprement dites; ces organes sont 
remplacés par deux lames en lancettes, formant, avec la lan- 
guette, un suçoir. 

Tantôt elles ont des yeux distincts , des palpes saillants , 
filifoimes et libres*; un suçoir composé de pièces membi*a- 
neuses et sans dentelures , et le corps très mou. Elles sont 
vagabondes. 

Les Bdelles. (Bdella. Lat. Fab — \Scirus, Herm. ) 

Qui ont les palpes alôngés, coudés, avec des soies ou des 
poils au bout; quatre yeux et les pieds postérieurs plus longs. 
Leur suçoir est avancé en forme de bec conique ou en alêne. 

(l'J Acarus végétant y De Çr^er, Insect. , VII, vu , j5, V acarus spini 
tarsus d'Hermana, Mëm. apt., viy 5 i fonnepeut être un genre inter- 
mddiairc entre celui-ci et le pr($cédent. 

(a) Acarus dofmesUcus , D.t G. , ibid. , v, i-4 5 ^ Acarus siro, Tah. ; 

— A. scahiei, ibid., la, i3 .* voyez la Disscrlalion en forme de thèse 
du docteur Galet; — A. yàrîmp, ibid. , iS\ — A. avicularum , ibid. ; 
y,^ g.; — A. posserùius , ibid. , la , remarquable par la grandeur de ta 
troisième paire de pieda; — A, Jimidiatus, Herm., Mém. apt. viy 4i 

— TrombùUum expatpe, ibid. , 1 1 , 8. 



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FÀMILIiE DBS fiOIâiTABS. 987 

£lles se treavent soua les pierres , les écorots d'arbres, ou 
dsDS la mousse* 

hà BdeUe rovfe{Acarua hngicornis, Lîd.^ LaJPûice 
i«>Kge , Geoïf. ) i$c«ru5 vulgarisy Uerm. , M ém. apt. , IH , 9 ^ 
IX y S. Longue à peine d'ane deini4igiie^4'an rouge é£ar« 
kte > avec les pieds plus pâles. Suçoir «o forme de bec 
aloogé et pointu. Palpes à quatre articles, dont le premier 
et le derpier plus longs; celui*d un- peu ^us court et 
terminé par deux soies. •— Commune aujL eaviroo» de 
Paris \ sous les pierres ( 1 ). 

Les Smarides. ( Smaridi a. Latr. ) 

Se distinguent des bddies par les palpes, qui ne sont 
guère plus longs que le suçoir , dioits et sans soies au bout ; 
par leurs yeux au nombre de deux, et en ce que les deux 
pieds antéfjeui'S sont pJus longs que les autres (a). 

Tantôt cesmites à boit pieds et sans antenne-pinces n'ont 
point d^yeux perceptibles ; leurs palpes sont , soit antérieurs 
et avancés, mais en forme de valvules élargies ou dilatées 
vers k bout, servant de gatne au suçoir ^ $Qit inférieurs; les 
pièces du suçoir sont cornées , très durei et dentçes; le corps 
est revêtu d'une peau coriace, ou S > du mpips en avant^ une 
plaque écailleuse. 

Ces tiques sont jperasites, se gorgent du sang de plusieurs 
animaux vertébrés , et d'abord très aplaties, acquièrent^ par 
la succion , un très grand volume et une forme vésiculaire. 
Elles sont rondes ou ovales. 

Les IxoDES. ( IxooES. Lat. Fab. — Qynorœsthes. Herm. ) 

Dont les palpes engaîiienl le suçoir et forment avec lui 
un bec avancé, court, tronqué et un peu dilaté au bout. 
Les fxodes fréquentent les bots fourrés , s'accrochent aux 



(i) Sctrus lonf^rostris ^ Herm. , Mëm. apt. , vi, 25 — »y. latirostris^ 
ibid. , 11 , 1115 — 1^. setirostriSf ibid. , m , i a; ix, T. 

(q) Aearus samhuci^ Schrank, et peut-être les trombidions salyants 
d'^Herman ; Mîniatum ,1,7; — Papilloêum , 11 , 6 ^ — Squammatum^ 
ibid. , 7. Le second est même très voisia de l'espèce qui sert de tjpe 
aa genre. 



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a88 >RAGHKIDBS HKkCAÈEmBS. 

▼égéUVK peu élevés, par lès deux pteds antérieurs , et tien- 
nent lès autres étendus. Us 8>atuchent aux chiens, aux 
bœuft f aux chevaux , à d'autres quadrupèdes, et même aux 
tortues, eùgagent tellement leur suçoir dans leur chair, 
qu'on ne peut les en détacher qu'avec force et en enlevant 
la portion de chair qui lui adhère. Us pondent une quantité 
prodigieuse d'oeufs, et par la houche, suivant M. Chabrier. 
Leur multiplication sur un bœuf, un cheval, est quelque- 
fois si grande, que ces animaux en périssent, d'épuisement. 
Leurs tarses sont terminés par deux crochets insérés sur une 
palette^ ou réunis à leur base sur un pédicule commun. 

11 paratt que les anciens désignaient ces arachnides sous 
le nom de Ricin. Les piquenrs appellent Louvette l'espèce 
qui se fixe sur le chien , ou la suivante . 

VIxode ricin (Acarys ricinus, Lin.) Acams rèduvùu 
De G. , Insect. , yU, vr , i , a; d'un rouge de sang foncé , 
avec la plaque écailleuse antérieure plus foncée } côtés 
du corps rebordés, un peu poilus; palpes engainant le 
suçoir. 

• VIxode rédcuté {Ttetieulatus y Latr., Fab.), Aearus 
reduvîusj Schrank, Enum. insect. , Aust., n« io43 , m, 
I , a; Oynorhœsîes pictus , Hermann } cendré , avec de pe- 
tites taches et de petites lignes annulaires d'un brun rou- 
geâtre ; bords de l'abdomen striés; palpes presque ovales. 
Il s'atUche aux bœufs , et a, lorsqu'il est tuméfié, cinq 
à six lignes de longueur. 

L'étude des espèces de ce genre' n'a pas été suffisamment 
approfondie (i). 

Les Aegas. ( Argas, Latr. — Rbymchoprion. Herm. ) 

Diffèrent des Ixodes par la situation inférieure de leur 
bouche et par leurs palpes qui n'engaSnent pas le suçoir , 
ont une formé conique et sont composés de quatre articles, 
et non de trois, comme dans le genre précédent. 

(i) Acaruê aQrpUuiy lin. ^ Herm. , Mdm. apt. , iv, 95 L. j ly, i3 5 

Aearus riUnocerotis , De G., Insect., VII, xxxyiii, 5, 6j — Aearus 

onwricaïui*, lin. ;—^. ntgua^ De G.. Oid. ^ xxxyu, 9, i3. Fayez 
le genre ixodts de Fabricios , et le travail gdnëral du docteur Leach sar 
les insectes aptères de Linnacas (Trans. linn. Soc. , tom. XI). 



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FAIULLB DES HOLÈTAHÇ. 289 

VJrgas bordé {Ixodes reflexus y Fab. ) Li^. , Gen. cruet. 
et insect., I, vi, 3; Herm.; Mém. apt., IV^ 10^ 11 ^ d'un 
jaunâtre pâle, avec des lignes couleur de sang foncé, ou 
obscures et anastomosées»-— Sur les pigeons, dont il suce 
le sang. 

Une autre espèce , VAt^as de Perse {Malleh de Mianeh), 
décrite par des voyageurs sous le nom de punaise veni- 
meuse de Miana, a été , ainsi que d'autres ixodes, l'olijet 
d'une notice très curieuse, publiée par M. Gotthef Fis- 
cher de Waidheim. 

D'autres Mitbs( les Htdracbnellks, Hydrachnellœ y Lat. ) 
ont encore huit pieds, mais ciliés et. propres à la natation. 

Elles forment le genre Htdbacbna de Muller (i), ou celui 
à*Athax de Fabricius, et vivent uniquement dans l'eau. Leur 
corps est généralement ovale ou presque globuleux et très 
mou. Celui de quelques mâles se rétrécit postérieurement^ 
d'une manière cylindrique ou en forme de queue ^ leurs par- 
ties génitales sont placées à son extrémité; la femelle les a 
sous le ventre. Le nombre 4^es yeux varie de deux i quatre, 
et va m^me jusqu'à six, suivant Mûller. 

La bouche des espèces que j'ai pu étudier m'a offert les 
trois modifications suivantes, et qui ont servi de base à trois 
coupes génériques , mais auxquelles il est presque im- 
possible de rapporter toutes les espèces d'hydrachnes de 
Millier, ce naturaliste ne les ayant pas décrites avec assez 
de détails. 

Les ËYLAÏs. ( Eylais. Latr. ) 

Qui ont des antenne-pinces terminées par un crochet mo- 
bile (a). 

Les Hyoracbmes. (Hydrachna. Latr.) 

Dont la bouche est composée de lames formant un suçoir 
avancé, et dont les palpes ont, sous leur extrémité, un ap- 
pendice mobile (3). 

(1) Hydraraehna , Herm. 
(9) Atax extendenêy Fab. ; Mtkll. , iz , 4. 
(3) A. geographious , Fab. ; MûU. , y m ,3-5 
A, ^cbator, Fab. , MoU. ; ix » 1 . 
TOMB IV. ig 



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2QO ARACflWI1>ES TRÂGHÏiBNTrES. 

Les LlMNOCHARES. ( LiMNOCHARZS* LaU. ) 

Semblables aux Hxdrachnes par la boache eti suçoir, mais 
dont Jes palpes sont simples (i). ' 

D'autres Mites ( les Migrophthires , Microphthira ^ Latr. ) 
enfin s'éloignent de toutes les autres arachnides par le nom- 
bre des pieds y qui n'est que de six. 

Elles sont toutes parasites. 

Les Caris. (Caris. Lat. ) 

Qui ont un suçoir et des palpes apparents^ le corps ar- 
rondi , très plat et revêtu d'une peau écailleuse (a). 

Les Leptes. ( Leptus. I^tr. ) 

Ayant aussi un suçoir et des palpes apparents, mais dont 

le corps est très mou et ovoïde. 

Le Lepte automnal ( Autumnalis ) , Acarus autumnalis , 
Shaw., Mise. zooK , tom. Il, pi. xlii , espèce très com- 
mune en automne sur les graminées et d'autres pfentes. 
Elle grimpe, s'insinue dans la peau , à la racine Ae% poils, 
et occasione des démangeaisons aussi insupportables 
que celles produites par la gale. On le connaît sous le nom 
de Rougets II est en effet de cette couleur et très petit. 
Les autres espèces se trouvent sur différents insectes, et 

rentrent dans la division de» Trombides hexapodes d*Her- 

tnann (3). 

Les AcLYSiES. (AcLTSiA. Aud. ) 

Dont le corps a la forme d'une cornemuse^ avec un si- 
phon , sans palpes distincts, situé au-dessous de son extré* 

(i), Acaf^ atfuatkus , Lin. ; -^ Acarus aqualiciu hol^s^ricetu , 
De G. y Infect. , VII , ix ,. i5 , 205 — Trombidium aquaficum , Hcrm. , 
Mëm. apt. , I, 11. 

(9) Caris vespertilionis y Latr., Gêner, crast. etinicct. ,1, 161. 

(3) Trombidium insectorum , Herm. , Mëm. apt. 1 , 16 ;DefG. , insecC , 
VII, vil , 5^ —T. latirostre, Herm. , ibid. , i5; — jT. conHttum, U>id., 
II, II 5 — r. aphidts , ibid. yDtGn, Iwcot. ,; VU , vu , 1 4 j— T. iibclUdœ, 
Herm. , ibid. ; De G. , îàtd. , vii> 9; — J'. ctdicis, Herm. , ibid ; DeG. , 
ibid. , vu, I a ; T'. lanidunï , Herm. , il»d. , tu , 7. 



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INSECTBS EN CâNéRÂL. 29 1 

mité antérieure, qui est rétrécie , courbée et obtuse; les 

pieds sont, très petits. 

Les aclysies vivent sur le coips des dytiques. On n'en 
avait d'abord découvert qu'une seule espètie {A. du dytique, 
Mém. de la Soc. d'hist. natur. de Paris, tom. i , pag. 98^ 
pL v, fig. *^)y celle d'après laquelle M. Victor Audouin a 
établi ce sous-genre. Mais M. le comte de Manheiren , na- 
turaliste de Russie ; qui a déjà bien mérité de la science 
par ses essaiseatomologiques et par son empressement à 
seconder les etforts de ceux qui s'y livrent , en a décou- 
vert , à ce qu'il parait^ une autre espèce. 

Les Atohits. ( Atoma. Latr. ) 

N'ont ni suçoir ni palpes visibles ; leur bouche ne consiste 
qu'en une petite ouverture située sur la poitrine. Leur corps 
est ovale, mou, avec les pieds très courts (i). 

* Les OcYPÈTfS. ( OCYPETE. ) 

De.M. Leach appartiennent à cette tribu par le nombre 
des pieds, mais ont, suivant lui, des mandibules (2). 



TROISIÈME CLASSE DES ANIMAUX ARTICULÉS 

ET POURVUS DE PIEDS ABTIGULis. 

LES INSECTES. (ImectaO , 

Ont des pieds articulés, un vaisseau dorsal,' te- 
nant lieu de vestige de cœur, niais sans aucune 
branche pour la circulation (3) ; respirent par deux 

(i) Aoana parasitnua , DeG., Vil. , vu, 7; TromJUdmm panisUi- 
cum , Hennann. 

(a) OorpeU ru^ra, Leach, Tram. lin. Soc. , tom. XI, ^çfi. Sar les 
lipnlaires. 

(3) I^s aBatomistes sont très fartages à l'dgard de la natare de cet 

»9* 



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2^3 DES INSECtBâ 

trachées principales , s elendant , parallèlénienl 
l'une à l*aulre, dans toute la longueur du corps, 
ayant par intervalles des centres d'où partent 
beaucoup de rameaux , el qui répondent à des 

organes : plusieurs y votent unvëiiuble cœnr; d^^utret, et telle est Topi*- 
nioo de M. Cuvîer , et qui nous {tarait avoir éxé pleinement confirmée par 
les belles recherches de M. Marcel de Serres (Mcknoire sor le vaisséao 
dorsal des însecles, insërë dans le Recueil des Mémoires du Muséum 
d'hist. natur.), lui refusent cette qualltë. Suivant ce dernier, il s4$crète- 
rait la graiue , qui serait ensuite «Habord&dans le tissu adipeux qui Fen- 
veloppe.;Ljonet dit qu^il renferme une substance gommeuse de ooulenr 
orangée, t^oclqnes observations tr^ récentes paraissent ëublir ress- 
tence de quelques pedis vaisseaux; mai», outre que cette circulation 
serait très partielle, les insectes diffërcraient toujours beaucoup sous oe 
rapport des crustace's , en ce que le sang ne reviendrait point au coeur. 
M. Strans , en rendant compte (Bulletin onivers. de M. le baron de 
Férossac) d^un Mémoire de M. Hërold sur ce sujet , nous a fait connaître 
Fopinion quHl s^cst formée a cet ëgard , d'après ses recherches anato- 
miques sur le hannetoa. <r Le vaisseau dorsal , dit-il , est le véritable 
coeur des insectes, étant, comme chex les animaux supérieurs, Torgane 
locomoteur du sang , qui, au lieu d*ètre contenu dans des vaisseaux, est 
répandu dans la cavité générale du corps. Ce cœur occupe toute la lon- 
^eor du dos de Tabdomen , et se termiue antérieurement par une artère 
unique , non ramifiée , qui transporte le sang dans la tAie, oh elle Tépan- 
che, et dVù il revient dans Tabdomen , par Teflet même de son accumu- 
lation dans la tète , ponr rentrer de nouveau dans le cœur ; et c^est à quoi 
se réduit toute la circulation sanguine chez les insectes , qui n'ont ainsi 
^u^une seule artère sans branches, et point de veines. Les ailes du cœar 
ne sont pas musculeuscs , comme le prétend Hérold ; ce sont de simples 
ligaments fibreux qui maintiennent le vaisseau dorsal en place. Le cœar, 
cVst-à-dire la partie abdominale du vaisseau , est divisé intéricuremeni 
en hait chambres [melolonûia vulgaris) , séparées les unes des autres 
l>ar deux valvules convergentes, qui permettent au sang de se porter, 
d^arrièrc en avant d^une chambre dans Tautre, jusque dansFartère qui le 
conduit dans la tète ^ mais qui s'*opposent à son mouvement rétrograde. 
Chaque chambre porte latéralement, à sa partie antérieure , deux ouver- 
tures en forme de fentes transversales , qui communiquent avec la cavité 
abdominale, et par lesquelles U sang contenu dans cette dernière peut 
entrer daus le cœur. Chacune de ces ouvertures est munie intérieurement 
iVune peiiie valvule en forme de demi-cercle , qui s^applique sur elïc 



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BIT UÉMÉRAH. 393 

ouvertures extérieures ou des stigmates (1) pour 

. l'entrée de l'air. Ils ont tous deux antennes^ et 

une tête distincte. Le système nerveux de la 

plupart des insectes ( les hexapodes ) , est 

lors du mouvement de syttc^le. Diaprés cette courte description, on con- 
çoit que , lorsque la chambre postérieure vient à se dilater , le sani; con- 
tenu dans la cavité abdominale y pënètre par les dcox ouvertures dont 
nous venons de parler , et qne nous nommons aunculo'vcnlriculaires. 
Quand la chambre se contracte , le san^j; qn^elle contient ne pouvant {tas 
retourner dans la cavité abdominale , pousse la valvule interventrica- 
laire, passe dans la seconde chambre, qui se dilate pour le recevoir, et 
qui reçoit en même temps une certaine quantité de san^ par les ]Tropres 
ouvertures anricnlo-veniricnlaires. Lors du mouvement de systole. de 
cette seconde, chambre, le sanç passe de même dans la troisième ^ qui en 
reçoit également par les ouvertures latérales, et c'est ainsi que le sang 
est poussé d'une chambre dans Tantre jusque dans Fartcre. Ce sont ces 
contractions successives des chambres dn cœur qn^on aperçoit au travers 
de la peau des chenilles. » IjC coeur dis crustacés décapodes , àt» squilles , 
des limules , des araignées , etc. , offre aussi, d'après ce que m'a assuré ce 
profond observateur, des valvules semblables. Il est renfermé dans une 
espèce de sac ou péricarde, qui, suivant lui, tient lieu dWeillette. Ces 
divisions ou chambres du vaisseau dorsal sont ce que Lyonet nomme 
ailes, et il a pareillement vu le vaisseau dorsal se prolonger jusqu'à la tète, 
et s'j terminer de la même manière ; mais il n'a point aperçu les ouver- 
tures et les valvules dont parlé M. Straus. La définition dn vaisseaudorsal 
donnée par ce naturaliste, quelle que soit la composition intérieure de 
cet organe, prouve évidemment que ce n'est point un véritable cœur. 
Ces observations, d'ailleurs , ne nous apprennent point quelle est la nar 
tnre de ce liquide , ni comment 11 se répand dans les autres parties du 
corps pour opérer leur nutrition. Toujours est-il certain, d'après les obser* 
vations de Lyonet, que toutes les parties dn corps communiquent avec le 
corps graisseux au moyen de fibrilles. Les trachées jettent des rameaux 
qui s^étendent jusque dans les extrémités des divers appendices du 
corps. L'actionne l'air peut déterminer Tascensioii des sucs nutritifs dans 
'et interstices , formant des sortes de tubes capillaires' 

(i) Le nombre des segments du corps des myriapodes étant indéter- 
miné , celui de leurs stigmates l'est aussi», et va souvent au-^lc^à de vingt» 
Bans les insectes hexapodes, il est souvent de dix-huit, neuf de chaque 
côté. Cette évaluation, néanmoins, est plutôt fondée sur l'animalen éti^t 
à% larve que dans son état parfoît. Les chenilles , les larves de coléoptèrea 



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^94. D^^ IVWCTfig 

^ fjénéraleineiTt composé d'un cerveau formé de deux 
ganglions opposés, réunis par leurs bases, doaQani 
huit paires de nerfs et deux nerfs solitaires, et de 
douze ganglions (i) , tous intérieurs. Les deux pre- 
miers sont situés près de la jonction de la lête avec 
le thorax, et contiguslongitudinalement; l'antérieur 

donne des nerfs à la lèvre inférieure et aux parties 

■ ■■■■■ " ■' Il I ■ . « I ■< 1 , ^ ,11 I , 

et celles d'un grand nombre de divers autres insectes, ont une paire de 
«ridâtes sur le premier segment, ou célni qui porte la première paire de 
pieds; le second et U tro&Âème en sont ddpourTos, parce que «je pré- 
sume, le dëveloppement des ailes ^ui a lieu dans ces anneaux, rend ici 
inutile la présence d'ouvertures rospiratMres. Le quatrième anneau et les 
sept suivanu en offrent chacun une paire; <nais dans les coléoptères en 
4Siat parfait, outre les deux stigmates antérieurs, cacbés dans-la oavité 
du prothorax oo corselet» et qu'on n'avait pas aperçus, on en voit deux 
autres , situés entre l'ongine des ëljlres ût ceUei des ailes ^ ce sont ceux du \ 
mésotborax. Il n'y en a point au métalborax , à moins qu'on ne consi- 
dère les deux du premier segment abdominal com.m^ supplémentaires do 
thorax, en se fondant sur ce q«i a lieu dans \e$ bjménoptères à 
abdomen pédicule et les diptères, oii ces deux stigmates, avec le 
demi-segment dont ils dépendent, fimt {Mrtic du thorax. Aipsi^engé^ 
lierai , tons les insecte^ henpodes ont b«îi paires de stigmates à l'abdo- 
men j mais dont lés d^ux dernières souvaot oblitérées. Dans les criquets, 
les truxales, le» libellules , les cètés du «lésoiborox offrent chacun ud 
stSgmate, ceux que M. Marcel de Serres nomme trémaères. Dans ces 
derniers insectes , ainsi que dans les autres à ailes nues ou sans ély très, 
l'es deux premiers stigmates thpraciqnes sont plfiçés en dessus ; entre le 
{irothorax et le mésothorax. lies libellules exceptées, le thorax proprement 
dit ne présente plus ensnlte de stigmates distincts ; j^e dis 1^ thorax pro- 
prement dit, parce que, comme nous l'avons remarqué plus haut, les 
deux premiers do l'abdomen sont reportés , dans plusieurs ^^ à l'extr/îmité 
postérieure dn thorax. Le métathorax des pentatomeA , des scutellères , 
ofiire inférieurement une paire de stigoNrtes. D^ns les Sficctres aptère;s « 
le second segment on mésotfaorax en «si dépourvu^ mais le segment sujl* 
vaut ou le mémtborax en a deux paires , Tune antérieure , et qui étant 
située près de l'articulation de ce segment avec le précédent , peut être 
censée appartenir k celui-ci, et l'autre plus petite et placée très près d^ 
celle dn premier segment abdominal. 

( i) Divers poléoptères lamellicornes , en état parlut , font exception, 

I 

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adjaceu^Xes; le second et les deux, suivants sont 
propres à cbacua des trois* premiers segments ou 
ccmx qui dans les insectes hexapodes^ composent 
le thorax; les autres ganglions .appartiennent à Tab- 
domen , de manière que le dernier ou le douzième 
correspond à son septième anneau, suivi immédia- 
tement de ceux qui composent les organes sexueb ; 
chacun de ces ganglions donne des nerfs aux parties 
de leurs segments respectifs. Les deux derniers» très 
rapprochés ; en donnent aussi aux derniers anneaux 
du corps. La région frontale oflPre trois ganglions 
particuliers» désignés par Ljonet sous le nom de 
frontaux y et dont le premier produit postérieure- 
ment un gros nerf ayant des renflements , le plus 
long de tous^ et qu'il nomme récurrent. Le premier 
ganglion ordinaire ou le sous-œsophagien pousse , 
selon lui, quatre paires de nerfs^ et les suivants deux 
paires chacun; de sorte qu'en y comptant les huit 
p^res du cerveau , les dix brides épinières que Ton 
peut considérer comme autant de paires de. nerfs , 
on en a 9 en tout ^ qifarante-cinq paires , indépen- 
<}amment des deux nerfs solitjtires , ou douze à qua- 
torze de.plusrque n'en offre jie corps humain. Lqs 
deux cordoïïs nerveux, qui forment par leur ré u- 
TÛpp les ganglions , sont tubulaires et composés de 
dçux lu niques, dont l'extérieure offre des trachées; 
xoie substance médullaire remplit le canal pentral^ 
IjC bel ouvrage dç M. Hérold, sur Tanatooiie de 
la .chenille du grand papillon du chou, étudiée dans 



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296 INSBGTBS 

sa croissance progressive et jusqu'à sa transforma* 
tion en chrysalide, nous montre que le système ne- 
veux et celui des organes digestiis éprouvent des 
changements notables; que les cordons nerveux 
sont dans Torigine plus longs et plus écartés, obser- 
vation qui favorise Topinion de l'un des plus grands 
zootomistes de •notre époque, le docteur Setres, 
sur Torigine et le développement du système ner- 
veux. Nous avons exposé dans les généralités com- 
munes aux trois classes des animaux articulés et 
pourvus de pieds articulés, les divers sentiments 
des physiologistes sur le siège des sens de Fouïe 
et de l'odorat. Nous nous bornerons à ajouter qu'à 
l'égard du premier ^ les petits ganglions nerveux , 
situés sur le front ^ dont nous avons parlé , semblent 
confirmer l'opinion de ceux qui, tels que Scarpa, 
placent ce sens près de la naissance des antennes. 
Quelques lépidoptères m'ont offert deux petits trous 
situés près des yeux , et qui sont peut-être des con- 
duits auditifs. Si, dans plusieurs insectes, no- 
tamment ceux qui ont les antennes filiformes, ou 
sétacées et longues , ces organes servent au tact , il 
nous parait difficile de rendre raison du développe- 
ment extraordinaire qu'ils acquièrent dans certaines 
familles, et plus particulièrement dans les mâles, 
si l'on n'admet point qu'ils sont alors le siège de 
l'odorat. Peut-être aussi que, relativement au gcrût, 
les palpes jouent , dans quelques cas , comme lors- 
qu'ils sont très dilatés à leur extrémité , le principal 



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EN O^RÉEIL. 297 

Tolei la languette encore peut n'être pas étrangère 
à Gètle fonction. 

Un appareil préparateur on buccal ^ le canal in* 
testinaly les vaisseaux biliaires, nommés aussi Ae- 
patùjuesy ceux qu'on appelle salwaires ^ mais qui 
sont moins généraux, ces vaisseaux libres ou flot- 
tants qui ont reçu la dénomination d'excrémen* 
tiel»^ l'épiplopn ou le corps graisseux, et proba- 
blement encore le vaisseau dorsal , telles sont les 
comsidératioDs qu'embrasse le système digestif. Il est 
singulièrementmodifiéselonladiversité desaliments, 
ott forme un grand nombre de types particuliers, 
dont noua ferons l'exposition , en traitant des famiU 
les. Nous dirons seulement un mot del'appareil bac- 
cal, et des divisions principales du canal intestinal , 
en commençant par celui-ci. Dans ceux, tels que les 
coléoptères carnassiers , ou il est le'^plus composé , 
on j distingue le pharynx , l'œsophage, le jabot, 
le gésier, l'estomac ou ventricule chylifique , et des 
intestins que l'on divise en intestins grêles, en gros 
intestin ou cœcum , et en rectum. Dans les insectes 
où la langue proprement dite est appliquée sur la 
&ce antérieure ou interne de la lèvre, ou n'est pas 
dégagée , le pharynx est situé sur cette même face : 
c'est ce qui a généralement lieu (1). Nous ajoute- 
rons encore qu'à l'égard des vaisseaux biliaires , Jin 
naturaliste qui nous avait donné le premier de bonnes 

(i) Viyjrez ce qae noxu avons dit , dans les gënéralit^ des trois classea, 
i Foccasion de la lan^aette 



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2qS DM I1ISSCTB4» 

observations sur les organes respôrâloirûs des my- 
gales, M. Gaëde , professeur d'Hisieire natur^e à 
Liège 9 ne cdnsidère point ces vaisbeaux cotome 
sécréteurs, ainsi qu'on le pense oommunément ; 
mais cette opinion ne parait pas soffisainmefitt mo- 
tivée, et les observations de M. Léon DoCmt (i) , 
semblent même la dêtraîre* 

Des insectes, en petit noi^bre et toufourssans aîles, 
tels que les Mjrrlapodes ou les MiUe^pieds^ se rap* 
IH'OGbent'de plusie«irs ct^ustacés , soit par la quantité 
des anneaux dn corps et de leim pieds , soit par 
quelques traits d'analog;ie/ dans la oonfonnatîon 
des parties de la bouche ; jaaais tous les antres n'ont 
constamment que six pieds > et leur corps, dont le 
nombre des segments ne surpasse jamais celui de 
douze,, est toujours partagé en trois portions prin* 
cîpaleSi Idktëtey le tronc elV abdomen. Parmi ces 
derniers , qpielques'^uns n'ont point d'ailes , con-*- 
sériant toute leur vie la forme qu?ils avaient en 
naissant, et ne font que croUre et changer de 
peant (2).- Ils ont, à cet égard, des rapports avec 
lès.animaux des classesprécédentes. Les autres in* 



(1) Oe dernier nataralbu, que j^anraî souvent occasion 4e oiter^a 
expose «vec le plus g^rand déuiil tout ce qui a rapport au système diges» 
tif àe» insectes/ dans unfe kuite de beaux Mémoires , qui ont contribue à 
cmàchirlea Afuiale» des sciences nit4oreUies. M. Yictor^AWoQin eo a offitt 
on rësumé t^s bien fait, à son article Iitsectes, du Dictionnaire classique 
d^bistoire naturelle. 

(a) Ce sont ceux que je nomme homotênes (semblabfe jusqu'à la fin) , 
pn les omero^oiia de M. Leacb. * 



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sectes à six pîieds oot presque tCMis des ailes ; maûi 
ces derniers QvghneSy et souveAt miéme les pieds , 
ne paraissent pas d'abord , et ne se développent 
qu'à la suite de changements pli^s ou moins remar^ 
quaUes, tkomiïié& métamorphosas y et que nous fe- 
rons bientôt conn^tre^ 

lia tête (1) porte tes anJksnneSy \s»jreux et la bow* 
ch^. La composition et la fornafe.des antennes varient 
beaucoup plus que dans les crustacés, et sont sou- 
vent plus diéveUippéesou pkis longues dans les mâles 
que dansjes femeUes. 

Lus jeux sont composés 4>u lisses : les premi^ç^ 
d après les reckercliesdeM.le baron Cuvier» Marcel» 
de Serres et autres , sont formés : i^. d'une cornée, 
divisée en une multitude de petites facettes, d'au- 
tant plus convexe que l'iusecte est plus carnassier, 
enduite à sa face interne d'une substance peu li-^ 
quide, opaque, diversement colorée, mais ordi* 
nalrement noire, ptt d'un violet sohabre; 2<> d'une 
<?horoïde, fixée dans son contour et par ses bor<fe, 
à la cornée , recouveite d'un vêmis noir , ofira»il 
ttoe multitude de Vaisseaux ariens , provenant de 
troncs a^feez gros de trachées ^itvéi^s damla tête> et 
dont les rameaux forment autour de l'œil unetra-^ 



(t) Sa surface est divisée en plusieurs petites rëj^obs ou aires, ({u'on 
iMBinie lÀaperon ( nés, %vi^Ji ), la^cc». \e fronts le vertex o^£omm€t<^ 
les joues. La d<fnomiaatiop de chaperon ëtant ëqi4^o<infi > j® ^^^^ rem- 
placée paé celle ^epîstome ou sor-bouche. Cette [)anîe «ert dHnscétiôn 
liii )abre oq lèvre supérieure. ' < 



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300 DJ3S INSBCTBS 

chée circulaire : elle manque ainsi que la chorcndé,. 
dans divers insectes lucifuges ; S® de nerfs qui nais- 
sent d'un gros tronc , partant immédiatement du 
cerveau , s'épanouissant ensuite en forme • de cône 
renversé , et dont la base est du côté de la cornée , 
et dont les rayons ou filets traversant la choroïde et 
l'enduit de la cornée , aboutissent chacun à Tune 
de ses facettes ; il n y a ni cristaUin , ni humeur 
vitrée. 

• Plusieurs ont^ outre les yeux composés, des yeux 
lisses, ou dont la cornée est tout unie* Ils sont 
^ordinairement au nombre de trois, et disposés en 
triangle Sur le sommet de la téte« Dans la plupart 
des insectes aptères et des larves de cetix qui 
sont ailés, ils remplacent les précédents, et sont 
souvent réunis en groupe ; à en juger par ceux des 
arachnides^ ils devraient être propres à la vi- 
sion» 

La bouche des insectes à siit pieds est, en gé- 
néral, composée de six pièces principales, dont^ 
quatre latérales , disposées par paires , et se mou- 
vant transversalement ; les deux autres ^ opposées 
Tune à l'autre, dans un sens contraire à celui des 
précédentes, remplissent les vides compris entre 
elles : l'une est située au-dessus de la paire supé- 
rieure , el l'autre au-d,es$ous de l'inférieure. Dans 
les insectes brojeurs ou qui se nourrissent de ma- 
tières solides ,' les quatre pièces latérales font l'office 
de mâchoires j el les deux autres sont considérées 



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ES GÉKlÊnAL. Soi 

comme des lèvres ; maïs comme nous l'avons déjà 
observé , les deux mâchoires supérieures ont été 
distinguées par la dénomination particulière de 
mandibules j les deux autres ont seules conservé celle 
de mâchoires j elles ont d'ailleurs un ou deux filets 
articulés^ qu'on ap^lle pafy^es ou antennules^ ca- 
ractère que n'offrent jamais, dans cette classe, les 
mandibules. Leur extrémité se termine souvent par 
deux divisions ou lobes , dont l'extérieure est nom- 
mée, dans Tordre des orthoptères , galèie. Nous 
avons encore dit qu'on était convenu d'appeler 
liibre la lèvre supérieure. L'autre , ou la /èi^ra pro- 
prement dite, est Ibl^mée de deux parties; l'une 
plus solide et inférieure est le menton j la supé^ 
rieure , et qui porte le plus souvent deux palpes, est 
la languette (i). 

Dans les insectes suceurs^ ou ceux qui ne pren« 



(i) Voyez ce qae noos ayoné dit a cet égard dank les gëoeralités qui 
précèdent rexposition particalière de cbaque classe. La lèvre inférieure 
ne nous paratt être qu^ane modification aes secondes mâcLoires des craS' 
tacés décapodes, combinée avec lear languette. Les changemenu qn^- 
pronrent graduellement- ces parties dans les crustacés , les arachnides et 
myriapodes J nous donnent lieu de le présumer. Dans cette hypothèse, 
les six pieds thoraciqnes seraient les analogues des pieds-màcboires , et 
cela a déjà été reconna par rapport aux crustacés du genre apus. Dès lors 
les cinq premiers segments de Fabdomen des insectes hexapodes repré^ 
senteraient ceux qui , dans les crustacés décapodes , portent les pieds 
proprement diu, ou bien les trouièmes et les quatre suivants des crustacés 
amphipodes et isopodes. Tous les travaux qu'on a publiés sur le thorax 
des insectes, quoique très utiles et très-recommand^les d'ailleurs , subi- 
ront nécessairement des changements essentiels , lorsqn^on comparera 
cette partie du corps dans les trois classes des animaux articulés et a pieds 
articulés. La nomenclature est loin d'ètr£ fixée à cet égard. 



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50!i DË$ INSCGTE^ 

ii€Bt que des aliments fluides , ces divers organes 
de la manducatioB se préseotent sous deux sortes 
de modifications générales : dans la première , les 
mandibules et les mâchoires sont remplacée^ par 
de petites lames en forme de soies ou de lancettes^ 
composant , par leur réunion , une sorte de suçoir , 
qui est reçu dans une gaine tenant lieu de lèvre » 
soit cjlindrique ou conique et articulée en forme 
de bec'( le rosire ) , soit membraneuse ou charnue^ 
inarticuléeiît terminée par deux lèvres ( la trompe ). 
Le labre est triangulaire , voûté, et recouvre la base 
du sucoit. Dans la seconde sorte d'organisation , 
le labre et les mandibules sont presque oblitérés ou 
extrêmement petits ; la lèvre n'est plus un corps 
libre et ne se distingue que par la présence de deux 
palpes, dont elle est le support; les mâchoires ont 
acquis une longueur extraordinaire , sont traiss- 
forméês en deux filets tubuleux^ qui, se réunissant 
parieurs bords, forment une espèce de trompe, 
se roulant en spirale j et qu'on nomme langue y 
mais que , pour éviter tout équivoque , il serait pré- 
férable d'appeler spintrompe {spifignathd) ; son in- 
térieur présente trois canaux, dont celui du milieu 
est le conduit des sucs nutritifs. A la base de chacun 
de tes filets est un palpe , ordinairement très petit, 
et peu appanent« 

Les myriapodes ou nUUe-pieds sont les seuls dont 
la bouche offre un autre type d'organisation, que 
j'exposerai en traitant de ces insectes. 



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Le tronc (i) àes insectes^ ou cette portion inter- 
médiaire <le leui^ corps portant le^ pieds , est gé- 
néralement désigne sotfs le tfom btin de thorax y 
qu'on a rondhi dans notre langue par celai de cor-* 
selet. Il est composé^le trois segments y qfa'on n'avait 
pas d'abord bien distingués, et dont les f^Oportions 
pelali:ves varient* Tantôt^ comme dans les coléop- 
tères, ràotérièur beaucoup' plus grand, séparé 
du suivant par une articulation , mobile et seul 
découvert y parait au premier coup d'œil com-» 
pœer à lui ssnl le tronc, et porte le nom de 
thorax ou corselet j tantôt, comme dans les hymé- 
noptères, les lé^doptères, etc., beaucoup plus 
court que le suivant, il a là forme d'un collier 
on d'un rebord , et il constitue avec les deux autres 
un corps commun, tenant à l'abdomen par un 
pédicule, ou intimement nnî avec loi, dans toute 
sa largeur postérieure, et qu'on appelle encore 
diorax. Ces distinctions établies à cet égard , étaient 



(i) Gededélommatini tsX. kl tjnonytae dé dette de thofax. Je pente 
qa*afiD d'ëvlter tout enxbârrat , il ne faadcftit appl'Kfuer la première qn'acrx 
insecies afièves de Liim»i2« , ayant plus de %\± pieds , et où ce» ofgnifeâ 
seraient porléa «or des segpBienU propres , e'est-à^dire où la tète terah 
ditiincte da ttdn«. A l'égard des crusta^s o& ce« parties da corps se 
confondent, le Htk^jNiX prendrait le nom de thoraclâé {thoraeUa), et ceint 
de céj^hàhihora» {tvph^^rax) , qnmt anx arachnidei , animaux p«é» 
(cntmii le mètt« eaittct^e , mais oè le tronc on tliorax est plntf simpfe et 
moni d'ajppendkaar inoùis nombreux. Leâ encomottracés se rapprochent- 
«èMè, tiMa te nâppo rt ^ da cea derniers onimtfnx ; mais èbmmè M» appar- 
tiennent à «ne antKe cksae, Ton conserverait encore pour eux Texpres- 
Vinn de ihoraeidB; ceU« de ihora* serait exclasTv^ment réservée aux itt^ 
sectes hexapodes. 



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5o4 ^^^ INSBCTES 

insoffisaoteset souveot ambigaës, attendu qu'elle^ 
ne reposaient point sur une diviâon ternaire , que 
j'ai nettement annoncée dans la première édition 
de cet ouvrage , comme un caractère propre aux 
insectes hexapodes. M* Kirbj ayant déjà employé 
la dénomination de métathorax, pour distinguer 
ramère*thorax{i), celles àeproûiomx et de meso- 
thorax, la division tertfaire une fois étaUie, se pré- 
sentaient naturellement à la pensée , et c'est le cé- 
lèbre professeur Nitzsch , qai en a le premier fait 
usage. Quelques naturalistes ont depuis nommé 



(i) Ce segmeDt ne doit pas être restreint, dans les kjménoptères , à 
cette division sapdrieare, très courte et transverte du thorax , sur les 
c6tës de laquelle sont insërëes les secondes ailes. Il est encore ibrm^ de 
cette portion thoracique qui sMtend en arrière jusqu^à Torigme de Fab- 
domen , et c*est ce que prouve évidemment la position des deux derniers 
stigmates du tronc , puisqu'ils sont places sur lès côtes de cette extré- 
mité , derrière les ailes , et aa-dessus des deux dernières pattes. 7e pense 
même que cette observation doit s'appliquer à tons les insectes ailés. Leur 
métatKorax sera divisé , du moins supérieurement , en deux parties Ou 
demi-segments » Tane portant , dans les tétraptères , Les secondes aiies et 
sans stigmates, et l'autre en étant pourvue; celle^i tantôt paratt dépendre 
de l'abdomen, comme dans presque tous les insectes, à l'exception des 
hyménoptères à abdomen pédicule, les rbipiptères et les diptères; tantôt 
elle est incorporée avec le tronc ou le thorax , et le ferme postérieurement , 
comme dans ces derniers insectes : c'est pour cela que j'ai nommé cette 
seoondefdivision du métathorax se^^ment médiaire. Ainsi > tous le» seg- 
ments du thorax auront chacun une paire de st%mates » mais dont ceux 
du mésothorax peu sensibles , ou oblitérés, danalcs hyménoptères et les 
diptères,^ et dont les deux postérieurs on métaihoraciqnes sont situés 
sur le segment qui vient immédiatement après celui qui porte les. secondes 
ailes. Dans les orthoptères, les hyménoptères, k% lépidoptères et 
les diptères, les deux antérieurs ou protkoraciqnes sont placés entre 
le prothorax et le mésotliorax. L'abdomen sera composé de neuf seg- 
ments complets, dont les tro» derniers composant les organes de K 
génération. 



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BN GÉaéiiAii. 3o5 

collier, coUare^ le prothorax ou le segment anté- 
rieur, celui qui porte les deux premiers piedU* 
Voulant conserver la dénomination de corselet, mais 
en restreindre l'application dans de justes limites, 
nous nous en servirons dans tous les cas où ce seg« 
mentsurpasse de beaucoup les autres en grandeur, et 
où ceux-ci sont réufiis avec l'abdomen et semblent en 
faire partie intégrante ; c'est ce qui est propre aux co- 
léoptères , aux orthoptères et à plusieurs hémiptères. 
Lorsqne le prothorax étant court, formera avec les 
suivants une masse commune et à découvert, le 
tronc^ composé des trois segments réunis, conservera 
la dénomination de thorax. Nous continuerons en- 
core d'appeler poitrine la surface inférieure du 
tronc , en la divisant suivant les segments» en trois 
aires , l'avant-poitrine , lamédî-poitrine et Tarrière- 
paitrine. La ligne médiane, sera aussi le. sternum, 
que nous partagerons encore en trois : l'avant-ster- 
num, le médi^sternum et l'arrière sternum. 

h^s téguments des segments thoraciques, ainsi 
que ceux des segments abdominaux , sont généra- 
lement divisés en deux anneaux ou demi-anneaux , 
l'un dorsal ou supérieur , l'autre inférieur , et réunis ' 
latéralement au mojen d'une membrane molle et 
flexible , qui n'est, au surplus y qu'une portion des 
mêmes téguments , mais moin^ solide dans beau- 
coup d'insectes^ notamment les coléoptères. L'on 
voit à la jonction de ces anneaux un petit espace 
plus ferme, ou delà consistance de ceux-ci , et 

TOMiî IV* 20 



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3o6 DBS INS^BCTES 

porGiDt chacun un stigmate , de sorte qae les côtés 
de Tabdomen • présentent une série longitudinale 
de petites pièces, ou que chaque segment est comme ^ 
partagé en quatre. D'autres pièces , pareillement 
cornées, occupent les côtés inférieurs du méso* 
thorax et du métathorax , et immédiatement au- 
dessous de Torigine des éljtres et des ailes ^ qui 
sont appuyées elles-mêmes sur une autre pièce 
disposée longitudinalement. Les relations de ces 
parties, la grandeur et la forme du premier article 
tles hanches , la manière dont elles s'articulent avec 
le demi-anneau dont elles dépendent , Tétendue et 
la direction de ce demi-anneau variant , le thorax 
considéré sous ce point de vue , présente une combi- 
naison de caractères, qui est très avantageuse pour 
la méthode. Quelques naturalistes , notamment 
ïLnoch , -en avaient déjà fait usage , mais sans aucun 
principe fixe, et avec des dénominations arbitraires. 
Il aurait fallu ^ au préalable , étudier soigneusement 
la composition du thorax, et la suivre comparati- 
vement dans tous les ordres de la classe des in- 
sectes.'Feu Lâchât , d'après mon invitation , avait 
commencé un tel travail. Son ami , M. Victor 
Audouîn , a poursuivi ces recherches , et a pré- 
senté à l'Académie des sciences , un Mémoire sor 
ce sujet, qui a obtenu ses suffrages. Mais il ne nous 
est encore connu que par l'esquisse générale qu'en a 
donnée M. le baron Cuvier , dans son Rapport (i) , 

( 1 ) Vc^ipotd des parties du thorax et une nomenclature (ÎKc cr^e pour 



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Bii ai RÉ a AL. 3o7 

et par Texlrait qu'en a présenté Fauteur à Tarlicle 
iwsBCTB«5 , du Dictionnaire classique d'histoire na- 
turelle. Pour adopter celte nomenclature ^ et en 
faire une application générale, nous attendrons 
que son travail et les figures qui doivent' l'ac- 
compagner aient vu le .jour; dans la pratique, 
d'ailleurs , les dénominations déjà introduites peu- 
vent suffire. Un autre travail se rattachant au même 

elles, dit M. le baron Cuvier dans son Rapport, devaient naturellement 
se placer en lète de l'onvrage. Le tronc de Tinsecte se laisse toujours 
diviser en trois anneaux , dont chacun porte une paire de pattes , et que 
M. Audonin nomme , d'après leur position , le prothorax , le mésothorax 
et le métathorax. Outre ces pattes , le m^thorax porte la première 
paire d'ailes, et le me'tatborax la seconde. Chacun de ces trois segmenf s ' 
est composé de quatre parties : une inférieure , deux latérales (foriaant à 
elles trois la poitrine) , et une supérieure, qui forme le dos; rinférieure 
prend le liom de sternum^ la partie latérale on le flanc se divise en trois 
pièces principales, nne qui tient au sternum et se nomme épisternum^ 
Fautre , placée en arrière de celle-ci , et à laquelle la hanche sVticule , 
est nommée épimèrt. On nomme trochantin , par opposition à trochan- 
ter , une petite pièce mobile, jusqu'ici inconnue, qui sertà Tanion de 
répimère et delà hanche. La troisième pièce du flanc, qui, dans le 
mésolborax et le métathorax , est placée en avant de l'épisternnm et sons 
Faile , est appelée fypopthèro* Quelquefois il j a encore autour du stig- 
mate une petite pièce cornée qni se nomme péritrème. La partie supérieure 
de chaque segment^ que Fauteur nomme tergum , se divise en quatre 
pièces nommées , d'après leur position dans chaque anneau , prœscuiwn , 
teutum , postseutellum, La première est souvent , et la quatrième presque 
toujours, caohée dans Fintérieur. Les naturalistes n'ont guère distingue 
qne le scuuUtun du mésothorax , qui est souvent remarquable par sa 
grandeur et sa configuration , mais on retrouve son analogue dans les trois 
segtoents. Ainsi » le tronc des insectes peut se subdiviser en trente-trois 
pièces principales , et, siFon comp£e leshjpoptères, le nombre de ces 
pièces peut aller k quarante-trois, plus ou moins visibles 4 Fint^nenr. 
Une partie de ces pièces donne, en outre, an dedans, diverses productions 
<|iii méritent aussi des noms, à cause d^e leur importanqe et de leurs usages; 
ainsi, de la partie postérieure du slernam^de chaque segment, s'élève en 
dedans nne a^^phjrse verticale , quelquefois (îgnrée en Y , et qne M. Au • 

20* 



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5o8 DBS IKSBCTBS 

sujet'^ et que la justice ainsi que l*ainitié nous 
commaudenl de signaler aux naturalistes , est celui 
de M. Ghabrier, ancien officier supérieur d'artil- 
lerie, sur le Tol des insectes. Il fait partie des Mé- 
moires du Muséum d'histoire naturelle, mais se 
vend aussi séparément. Les figures sont exécutées 
sur une très grande échelle , ainsi que celles d'un 
Mémoire de Jurine père , sur les ailes des hymé- 
neptèresy ouvrage d'une admirable patience, de 
même que le précédent. 

doaiii nomme eniothorax. Elle foarnlt des attaches aax mascles , et pro- 
tige le cordon médullaire ; son analogue se montre dans la tète , et quel- 
quefois datas lés premiers anneaux de l'abdomen. D'autres proéminences 
intérieures irésultentdn prolongement des pièces externes voisines soudées 
ensemUcM. Audouin les nomme d^otfèmet.LeB unes donnent attache aux 
muscles » d'antres aun ailes ; enfin » il y a encore de petites pièces mobiles , 
,oit à l'intérieur entre les muscles, soit a la base des ailes , que Fauteur 
nomme épiièmes. Kous avons dit que Ton retrouve toujours les pièces 
prificlpalcs ou leurs vestiges ^ mais il s'en fiiut bien qu'elles se laissent 
tonjours séparer. Plusieurs d'entre elles sont même toujours unies dans 
certaini genres ou dass certains ordres , et ne se distinguent que par des 
trfIcéS de sutures. » M. Audouin a depuis changé , dans son article Tv- 
scCTES du Dictionnaire classique des sciences naturelles, la dénomination 
d'hjpoptèrès en celle àt paraptère. Celle d'enthorax changera aatsi dans 
qoel<^es cfti'constances , et s'appellera tntoct^haU (relativement à là 
tète ), tt tntogastre f par rapport h l'abdomen ). Il remarque que la tèle 
des insectes est composée dé plusieurs segments. Nous avons aussi observé 
que 1« bec de la dgale , représentant la lèvre inférieure, ne tient pas k Ift 
tète, mais k la Inembrane qui l'unit avec le thorax. Aussi les denx-cor- 
dons médullaires forment-ils , sous la bouche, deux ganglions contjipvs. 
D'après ces motift , considérons-nous le premier segment du oorps des 
scolopendrei, oclut qui porte tes deux crochets, comme une divilion de la 
tète ftnalogtte. îl parait que Knoch avait distingué les épimères »am 
les dénominations deseapuloé et de parapiémne; l'arrière-poitrine, par 
celle à^aieetahuium , Undû que la medl^poitrlne est le perinaMum. Lr 
premier at^tiude d<| ^atre hanches postérieures forAké, dans la pkpAH 
das coléoptères, une lame transverse, s'embottant dans les flancs, et 
c'est , k ce qu'il me semble , la pièce qu'il nommé mœriusu. 



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Les insectes ajaot toutes sortes de séjours, ont 
aussi toutes sortes d^organes du mouvemeut > des 
ailes et des| pieds ^ lesquels servent ^ daps plusieurs t 
de nageoires. 

Les ailes sont dçs pièces membraneuses y sèches » 
élastiques, ordinairement transparentes et attachées 
sur les cotés du dos du thoraïc : les premières, lors7 
qu'il y çn ^ quatre ou qu'elles sont uniques, sur 
ceux de son second segment , et les secondes sur 
ceux du suivant ou du métathorax. Elles sont com- 
posées de df»ux membrane» appliquées l'une sur 
l'autre et parcourues en dirent sens par des nev^ 
yures pfus ou moins nembreijses, qui sont autant 
de tubes trachéens, et formant tantôt un réseau > 
tantôt de simples veines. Un célèbre naturaliste , 
J urine père, a tiré, pour la méthode > W parti 
avantageux dç la disposition et do crcHsement de ces 
nervni:es(i)« Les demoiselles, les abeilles, les guêpes, 
les papiUops, etc.^ ont quatre ailes; maiscelles despa- 
pîlloi^ sont couvertes de petites écailles , qui , au pre- 
miercoup d'osil, ressemblentà de la poussière , et leur 
donnent les couleurs dont elles sont ornées. On les en* 
lève aisément avec le doigt , et la portion de l'aife qui 
les aperdnes est transparente. On voit au microscope , 
que ces écailles, de figurestrès variées, jsont implan- 
tées, par le moyen d'un pédicule , et disposées gra- 
d«ielIementetparséries,ainsiquedestuilessuruntoit. 

( I ) Voytz \r% gcoéfialké* à» kyocnoplère». 



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dl<» DES mSECTBS 

Au devant des ailes supérieures de ces insectes, sont 
deux espèces d'épaulettefs (ptérygodes) ^ qui se pro- 
longent en arrière, le long d'une partie du dos , sur 
lequel elles s'appliquent. Dans certains insectes, les 
ailes restent droites, ou se replient sur elles-mêmes. 
Dans d'autres , elles sont doublées ou plisséeslongi- 
tudinalement en éventail. Tantôt elles sont horizon- 
tales, tantôt elles sont inclinées ou en toit ; dans plu* 
sieurs, elles se croisent sur le dos, ailleurs elles sont 
écartée.4 (i). Les insectes à deux ailes , de l'ordre 
des diptères, ont au-dessous d'elles deux petits filets 
mobiles, terminés en massue , et qui; selon l'opinion 
la plus commune (2), semblent remplacer les deux 
ailesqui manquent. Onles nomme balanciers. WdiUives 
insectes à deux ailes , et des plus extraordinaires , 
ont aussi deux balanciers, mais situés à l'extrémité 
antérieure du thorax , et que nous nommerons, pour 
les distinguer des autres , des prébalanciers. Au- 
dessus des balanciers est un petite écaille membra- 
neuse», formée de deux pièces réunies par l'un des 
bords , et semblables à deux battants de coquille 



(1) L'iosecte est suppose en repos. La rapîdltë des vibrations de ces 
organes noas parati être Tone des principales causes da hoordoiinement 
de divers animaux de cette classe. Les explications que Ton en a données 
ne sont pas encore ^tisfaisantes. 

(a) Appendices, selon mol , des traclides du premier segment abdomi- 
nal et correspondants à cet espace, perce d'un petit trou, adjacent an c6té 
antMear d'une onvertore, avec un diapbrngme membraneux et intërieor, 
que l'on voit, de cbaque côté, an même segment, dans plusieurs criquets 
on dcryàiums, ( Voyez mon Mémoire sur les appendices articula des 
insectes, dans le Recueil des Mémoires du Muséum d^hist. natar.) 



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EN GÉNéRAL. 3l T 

bivalve ; c'est V aileron ou le cueillemn. Quelques 
coléoptères aquatiques eu offrent aiussi au-dessous 
de leurs élytres, et insérés^ leur base. 

Beaucoup d'insectes / tels que les hannetons , les 
cantbarides^ etc. ^ ont, au lieu des deux ailes supé- 
rieures ou antérieures^ deux espèces d'écailIes plus 
ou moins épaisses et plus ou moins solides, opaques, 
•qui s'ouvrent et se ferment , et sous lesquelles les 
ailes se replient transversalement dans le repos. Ces 
espèces d'étuis ont rççu le nom à'éljtres (\). Les 
insectes qui en sont munis sont appelés coléoptères ^ 
ou insecles à étuis. Ces pièces ne leur manquent 
jamais; mais il n'en est pas toujours ainsi des ailes. 
Dans d'autres insectes , l'extrémité de ces écailles 
est tout-à-fait mepibraneuse , comme les ailes ; on 
les nomme des demi-étuis ou héméljires^ , 
• L'écusson est une pièce ordinairement triangu- 
laire, située sur le dos du mésothorax, entre les 
attaches des élytres ou des ailes. Elle est quelquefois 
très grande, et. recouvre alors la plus grande pai:tie 
du d.essus de l'abdomen. Divers hyménoptères of- 
frent en arrière d'elle, sur le métathorax, un petit 
espace qu'on nomme arrière-écusson ou faux-çcus 
son. 

Les pieds sont composés d'une hanche de dçux 
articles , d'une cuisse , d'une jambe d'un seul arti- 

I I .11. ■■ I ^ ■ I » I ■ 

C>) ypy^t poa' leur compontioii cfajmiqae, un Mdmoire précitë cl« 
M. Odler , kuiëvé dans k recueil des Mëmoiree de la Soctdtë d'hiitoir • 
nalor/dc Paris, «i ranklelsascTu dadk IKct. daarique d*hUt. naU 



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3 13 DSS IMSBGTBS 

cle, et d'uo doigt ^ qu^on nomme habiludlement 
U^scy et qui eafc divisé en plusieurs phalanges. Le 
nombre de ses articulations varie de trois à cinq^ 
ce qui dépend beaucoup des changements qu'é- 
prouvent.^ dans leurs proportions^ la première et 
Tavant- dernière. Quoique leur supputation puisse 
quelquefois embarrasser^ et que cette série numé- 
rique ne soit pas toujours en rapport avec Tordre* 
naturel^ elle fournit néanmoins un bon caractère 
pour la distinction des genres : la dernière articu- 
lation est ordinairement terminée par deux crochets. 
La forme des tarses est sujette à quelques modifi- 
cations^ suivant les habitudes des insectes. Ceux 
des espèces aquatiques sont ordinairement aplatis, 
très ciliés et.en forme de rames (i). 

L'abdomen, qui forme la troisième et dernière 
partie du corps , se confond avec le corselet dans les 
myriapodes ; mais il en' est distinct dans tous les 
autres insectes, ou ceux quî n'ont que six pieds. Il 
renferme lés viscères, les organes sexuels, et pré- 
sente neuf à dix segments, mais dont quelquels-uns 
sont souvent cachés ou très rapetisses. Les parties de 
la générationsontsituéesà son extrémité postérieure, 
et sortent par l'anus. Les ïules et les libellules font 
seuls exception. Les dernièts anneaux de Tabdomen 



(t) M. Xirby , dans sa Monograpliie Jes abeilles d^An^eterre, désigne 
les deax Urpet antériean sons le non dt /wom. Le*pl»Cfmier article eà| la 
pqMfms {palma). CoD^cànVemusnl av«o M. âpenoe , U a pabKë de» lAérneOs 
d'cDtamoiofl^e » très «Utaiiiës et des pkis eompleu. 



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1SV OivÉEAI.. 5i3 

forxûeBt y dus pluaîeui*s iémelks , un OTiducte 
{wiscapte y Mdrotl de Serves )^ëirafcUle oo ton jours 
«iflianty plus oa moias compUqué^ et leur servant 
de tarière. Il evt reosaplacé par un aiguillon dans 
les femelles de beaocotip d^hyménoptères. Des cro^ 
chets ou des pinces aacompagbeot pres<}ue tMijours 
1 oi^ane (écoodafteur du mÀLe (i). Les deux sexês 
ne ae réaB&Bsent ovdînairement qti'tine seule fois; et 
œt^eonpleiaent suffit ffDémey dansqi|el(foes genres, 
peur la ISécondation de fdusieum générations sucoed* 
stires. Le nâle se place sur le dos de Sa femelle , et 
lesr |OBfitMHi:dnrequelqa«^tëmps^ Oélle-^oi ne latil^ 
pas â faîie sapQDte'(â)., ef dépose ses oaurs deJa^ittii* 
pîèi^ la plfs<f0fi>rable'{| leur xon^erration/de m(\k 
que les petits venant à éclore , trouvent à leur portée 
Ite aUv^nts con^nables. Souvè%^ même elle les ap- 
provMioone* Ces* «oins maternels excitent fréqueml 

*" iM M I t ■ ;^ | i ■ If m . I I . l ii i i. I l H i , 11 j I ,d > ,. , , ,, , II. I : , I 

( j ) l^ ^a^irs 0éa^r9(e|:^'• 9^lQâ se c(vnpot^ ( ^on appareil pr^p^n^ 
tear de la semence et de pièces propres à la copulation. L'appareil pv^pa- 
taiair est forme de teiticctiës /de canaux àétét&a% et de vliîsicalet tévA- 
naf e^. ^ii^'orf^pe çopa^i^tf or q^ pr^p^tf jbo pf oi^ «i oniMhPQrf OfiRMtiliée 
par des pi^es environnantes, de diverses formes, faisant rofGce;,de 
fifcioes, et iavec ki^nlsfle^ cek ixidividiis sabisâent Textr^mit^ pos0^ 
rieare dn corps de la femelle^ LVcmf c4P^<jB9î de oti flfrninrt4sii|l- 
ridas a pour ële'ments Tova^re, lerëcepucleou calice, forme par si| ()asey 
«t Tôviduet^. (Cotttuke^ , pour pins amples di^uits , les Mémoires de 
^. JM^t, filant p^rti^ d^ Annaliia):^ ^q^cç^^^lqtfUet* eiane Dit* 
scrtalion latide de M. He^etschi^eiler, Zorich, 1820.); 

(3; 11. Atifloiiin sQppcôre 4a*à IV^ard d*an grand nombre d^insectes , 

Faonâ ; mais cette opinion a besoin fl'étre confirmée par dfs expériences ; 
et Vte d^ nàtMlistet , qni a le plat éxnàU Tâdatomie de ces animaux , 
M^ Lfon Dafoor , uç la parti^ ppisi 



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3 1.4 DKS INSBCTBS 

ment notre-surprine , et oous dévoUeot pius parttctt- 
lièrement rinstinçt <)e!s iofiectes* Dans des sociétés très* 
nQinbceusesde plusieurs de ce» animaux y tels que les 
fourmis, les termes, les guêpes, les abeilles , etc« > 
les individus composant la majeure partie de la po- 
pulation, et qui , par leurs travaux et leur vigilance, 
maintiennent ces sociétés , ont été considérés comme 
des individus neptres ou sans sese. Oa les a aussi 
désignés sous les nomsd'oumeiv et de«M^e^. Il est 
reconnu aujourd'hui que ce sont des femelies dont 
les «c^gaoes sexuels^Qii les ovaire» n'ont pas reçu 
parfaite élaboNtion, et qui peuvent devenir fëcon*- 
des, ai une amélioration dans leur nourriture déve- 
loppe, à une certaine époque de leui^ jeune âge , 
ces mêmes organes. 

Les œufs éclos^t quelquefois dans le veatre de 
la mère ; elle est alors, vivipare. Le nombre des gé- 
nérations annuelles d^une espèce dépend de la durée 
de chacune d^elies; Le plus souvent il n'j en a 
qu'une ou deux par année. Une espèce, toutes 
choses égales, est di'autant plus commune, que les 
générations se succèdent, avec glus de rapidité, et 
que la femelle est plus féconde. 

Vil papillon femelle, après s*êtrei accouplé, pQnd 
des oeufs, desquels 41 nah;, nbn'pàs des papillorùj 
mais des animaux à corps très alongé, partagé en 
anneaux, à tête pourvue de mâchoires et de plu- 
sieurs petits jeux,_ ajant dés pieds très courts , dont 
six écailleuxet pointus, placés en avant, et d'au- 



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EK 6ÉK1ËRAL. 3l5 

très en nombre variable , membraneux , attachés 
aux derniers anneaux. Ces animaux , connus sous 
le nom de chênaies ^ vivent un certain temps dans 
cet état, et changent plusieurs fois de peau. Ecffia 
il arrive une époque où, de cette peau de chenille y 
sort un être tout différent, de forme oblongue , sans 
membres distincts , et qui cesse bientôt de se mou- 
voir, pour rester long-temps avec rapparendè de 
mort et de dessèchement, sous le nom de chrysalide^ 
En y regardant de très près , on voit en relief , sur la 
surfâceextérieurede cette chrysalide, deslinéamènts 
qui représentent toutes les parties du papillon, mais 
dans des proportions différentes de celles que ces 
parties auront un jour. Après un temps plus ou moins 
long , la peau de la chrysalide se fend , et le papitton 
en sort humide , mou , avec des ailes flasques 
et courtes; mais en peu d'instants il se dessèche , ses 
ailes croissent, se raffermissent, et il est en état de 
voler. Ha six longs pieds, des antennes, une trompe 
en spirale, des yeux composés; en un mot, il ne 
ressemble en rien àia chenille dont il est sorti , car 
on a vérifié que les changements d'état ne sont autre 
chose que des développements successifs des parties 
eODienues les unes dans les autres. ' ' 

Voilà ce qu'on appelle les métamorphoses des in- 
secles. Leur premier état se nomme larve j\e second^ 
nymphe; le dernier, état parfait. Ce n'est que dans 
celui-ci qu'ils sont en état de produire., 

Tous les insectes ne passent point par ces trois 



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3l6 D» IKSBCTBS' 

étals. Ceux qui n'ont point d'aites sortiçpt de rœttT 
ayec la forme qu'Us doivent toujours garder ( i ) ? 
on les appell0 insectes êan$ méiamorpho^p. Parmi 
ceux qui ont des ailes, an grs^od nom)ire ne subit 
d'aqtre changement que de les repeviw : on {es 
nomme insectes à if^mi^méiamorjfhose^ Leur iarw 
ressemble à Finsecte parfait , à l'e^eption aeule* 
ment des ailes, qui lui manquent tout-nà-^fait. La 
nj^rnphe ne diffère de la larve que par des moigtu>na 
ou rudiments d'ailes» qui se déveloj^nt à sa der- 
nière mue pour mettre l'insecte dans sou étifct parfait.. 
TeUçs sont les punaises, les sau^rellps , etc. ESni|n » 
le reste des insectes pourvus d'ailes, nommés à me- 
tûmorphase complète y est d'abord une larvé 4^ la 
fprpie d'une chenille ou d'un ver^ deyient çnsuit(^ 
up($ njfnphe immobile ^ mais présentant toutes 1^ 
parties de l'insecte parfait, coutraçtéçs el comn^ 
eipn^llottéçs. 

Ces .parties sont libres, quoique très.rappfochées 
et appliquées contre le corps , dans les njmphes des 
coléoptères, des nevrpptères/ des hjoiépoptè- 
res, etc. ; mais elles ne le sont pas dans celles des 
lépidoptë]«es , de beaucoup d'insectes à deux ailes* 
Une peau élastique oq d'une consistance asse^ip ferme 
se fnotile sur le corps et ses parties extérieures ^ ou 
lui forme une sorte d'étui. 

Cielle des njntphes ou chrysalides des lépidop* 

(i) La Puce, Us femelles des MuUUes , les Foiirmù ouvrières , et qucl- 
<m«l f fitivi incQctes , mai* en peiU oonib», etceplét. 



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tèresi ne coiifiistaot <|ii'en ooe simple pellicale , ap 
pHcpiëe sur les organes exlérieurs^ suivant tous 
leurs cootours , et formabt , pour cliacdn d'eux ^ 
autmt de. moules ^éciaux , comme l'enveloppe 
d'une momie , permet dé les rekoonaître et de les 
distinguer (i) ; maïs celle des mouches, des sjrpheiSi 
foraiée de la peaii desséchée de la larve, o'a que 
l'apparence d'une coque en forme d'œuf. C'est nné 
espèce de capsule ou d'étui , où l'animal est ren- 
fermé (s). 

Beaucoup de larves^ avant de passer à l'état de 
njmpbe, se préparent > avec de la soie qu'elles dirent 
de leur intérieur y et au moyen des filières de leur 
lèvre , ou avec d'autres matériaux qu'elles réunis- 
sent^ une coque où elles se renferment. L'insecte 
pariait sort de la nymphe par une £ente ou âne 
scission qui se fait sur le dos du corSelet. Dans les 
nympkes des mouches ^ une de ses extrémités se dé-* 
tache I en forme de calotte, pour le passage de l'in- 
secte» 

Les lArveS et les nymphes des insectes à demi* 
métamorphose ne différent de ces mêmes insectes 
en état parfait^ qu'à raison des ailes. Les autres 
organes es^érieurs sont identiques. Mais dans la 
métamorphose complète, la forme du corps des 
larves n'a point de rapport constant avec celle qu'au*- 
ront'Ces insectes daps leur dernier état. U est ordi- 



(i.) Pupa obttcia , Lîn. 
(9) Ptêfpa ôùareiata^ ejund. 



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3l8 DBS INSBCTBS 

naireoient plus alongé ; la iéte est souvent très dif- 
féreote^ tant par sa consistance que par sa figuré, 
n'a que des rudiments d'àtatennes ou en manque 
absolument, et n'offre jamais d'yeux composés. 

Les organes de la manducation sont encore très 
disparates, ainsi qu'on peut le voir en comparant 
la bouche d'une chenille avec celle d'un papillon , 
la bouche de la larve d'une mouche avec celle de 
l'insecte entièrement développé. 

Plusieurs de ces larves n^'ont point de pieds; 
d'autres , telles que les chenilles , en ont beaucoup , 
mais qui, à l'exception des six premiers, sont tous 
membraneux et n'ont point d'ongles au bout. Quel- 
ques^insectes , tels que les éphémères , nous présen- 
tent, dans leur métamorphose , un^ exception sin- 
gulière. Parvenus à l'état parfait , ils se dépouillent 
encore une fois de leurs ailes. 

Les insectes qui composent nos trois premiers 
ordres conservent toute leur vie la forme qu'ils ont 
en naissant. Les myriapodes, néanmoins, nous mon- 
trent une ébauche de métamorphose. Ils n'ont d'a- 
bord que six pieds, ou en sont même, suivant 
M. Savi, tout-à-fait privés; les autres, ainsi que 
lés segments dont ils dépendent , se développent 
avec l'âge. 

Il est bien peu de substances végétales qui soient 
à l'abri de la voracité des insectes ; et comme celles 
qui sont nécessaires ou utiles à nos besoins ne sont 
pas plus épargnées que les autres, ils nous causent 



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EK GÉKÉRAIi. Sig 

<le grands dommages , surtotit dans les années 
favorables à leur multiplication. Leur destruction 
dépend beaucoup c|e la ôonnaissance de leurs habi- 
tudes et de notre vigilance. Il en est d'omnivores, 
et tek sont les termes , les fourmis, etc., dont les 
ravages ne sont que trop connus. Plusieurs de ceux 
qui sont carnassiers, et les espëces qui se nourrissent 
de matières soit cadavéreuses, soit excrémentielles, 
sont un bienfait de Tauteur de la" nature , et com- 
pensent un peu les pertes et les incommodités que 
les autres nous font éprouver. Quelques-uns 3ont 
emplojés dans la médecine, dans les arts et dans 
l'économie domestique. 

Us ont aussi beaucoup d'ennemis : les 'poissons 
détruisent une grande quantité d'espèces aquati- 
ques ; beaucoup d'oiseaux, de chauves-souris, de 
lézards, etc., nous délivrent d'una partie de celles 
qui font leur séjour sur terre ou dans les airs. La 
{dupart des insectes essaient de se soustraire, par 
la fuite ou par le vol, aux dangers qui menacent 
leur existence; mais il en est qui emploient, à cette 
fin, des ruses particulières ou des armes naturelles. 

Parvenus à leur dernière transformation , ou 
jouissant de toutes leurs facultés , ils se bâtent de 
propager leur race, et ce but étant rempli, ils 
cessenrt bientôt d'exister. Aussi, dans nos climats, 
chacune des trois. belles saisons.de l'année nous 
offre-t^elle plusieurs espèces qui lui sont propres. 
Il paraît cependant que les femelles et les individus 



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320 0BS IMSBCTES 

neutres de ceUes qui yiyeot en société , ont une car- 
rière plus longue. Plusieurs individus, nés en au- 
tomne y se dérobent aux rigueur^ de l'hiver, et repa- 
raisseiit au pkrintemps de Tanâée suivante.. 

Ainsi que les végétaux ^ les espèces sont soumises 
à des circonscriptions géographiques. Celles , par 
exemple /du Nouveàn-Monde , à l'exception d*un 
petit nombre et toutes boréales » lui sont essentielle* 
ment propres; il offre aussi plusieurs genres parti- 
culiei^. L'ancien continent en possède à son tonr 
qui sont inconnus dans l'autre. Lies insectes du midi 
de l'Europe , de l'Afrique septentrionale et des con* 
trées occidentales et méridionales de l'Asie ont de 
grands rapports entre eux. Il en est de même de 
ceux des Moluques et des iles plus orientales > celles 
de la mer du Sud comprises. Plusieurs espèces du 
nord se retrouvent dans les montagnes des pajs 
méridionaux. Celles d'Afrique différent beaucoup 
de celles des contrées opposées de TAmérique. Les 
insectes de l'Asie méridionale , à partir de Tlndus ou 
du Sind, et en allant à l'est , jusqu'aux confins de la 
Chine , ont de grands traits de ressemblance. Les 
régions intertropicales, couvertes de très grandes 
forets et très arrosées , sont les plus riches en in* 
sectes; et, sous ce rapport, le Brésil et la Gujrane 
sont le plus favorisés. 

Toutes les méthodes générales relatives aox in- 
sectes se réduisent essentiellement à trois. Swam- 
merdam a pris pour base les métamorphoses; Lin- 



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EN G^NâRAL 321 

tiaeus s'est fondé sur la présence et l'absence des 
ailes ^ leur nombre, leur consistance, leur superpo- 
sition^ la nature de leur surface, et sur Texistenceou 
Tabçence d'un aiguillon ; Fabricius n'a employé que 
les parties de la boucibe. Les crustacés et les arach- 
nides , dans toutes ces distributiouà , font partie des 
insectes , et ils en sont même les derniers dans celle 
deLinnaeus, qu'on a généralement adoptée. Brisson 
cependant les en avait distraits, et sa classe des crus- 
tacés, qu'il place avant celle des insectes, renferme 
tous ceux de ces animaux qui ont plus de six pieds^ 
c'est-à-dire les crustacés et les arachnides de M. de 
Lamarck, ou les insectes apiropodesdeM^ Savigny, 
Quoique cet ordre fut plus naturel que ce.lui de 
linn^eus, il n'avait pas été suivi, et ce n'est que 
dans ces derniers temps que les observations ana- 
tomiquçs et l'exactitude rigoureuse des applications 
qu'on en a faites, nous ont ramenés à la méthode 
naturelle (i)* 

Je partage cette classe en douze ordres, dont les 
trois premiers , composés d'insectes privés d'ailes , 
ne changeant point essentiellement de forihes. et 
d'habitudjes , sujets seuletnent , soit à de simples 
mues, soit à une ébauche de métamorphose, qui 
accroît le n«ini>re des pieds et des anneaux du corps, 

(i) Cnvier, TabI, êém, de THist. nat. des anim., etLeçoas d'anat 
comparée ; Lemark , Sjst^me des anim. sans vertèbres ; Latrellle» Frëcis 
ila»cafact. génér. des insectes, et g^ener. crust. et rnseclorum. Consoliez, 
poor plus de détails, l'excellente introdaction à Ffntomolo^e de 
MM. Kirby et Spence , déjà citée , p. 3 la. '« 

TOMB IV. 21 



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522 DBS INSECTES 

répoodent à Tordre des arachnides antenmstes de 
M. de Lamarck. L'organe de la vision n'est ordi- 
nairement^ dans ces' animaux, qu'un assemblage 
plus ou moins considérable d'jeux lisses y sous la 
forme de petits grains. Les ordres suivants compo- 
sent la classe des insectes du même naturaliste. Par 
ses rapports naturels , celui des suceurs , qui ne 
comprend que le genre puce , semble devoir ter-* 
miner la classe. Mais comme je mets en tête les 
insectes qui n'ont point d'ailes, cet ordre ^ pour la 
régularité de la méthode , doit succéder immédia-^ 
tement à celui des parasites. 

Quelques naturalistes anglais ont établi^ d'après 
la considération des ailes, de nouveaux ordres; 
mais je né vois pas la nécessité de les admettre , à 
l'exception cependant de celui des strésisptères , 
dont la dénomination me parait vicieuse (i) » et que 
j 'appellerai rhipiptères (3 ) . 

. Le premier ordre , les Mtriapodbs , ' a plus 
dé six pieds ( 24 et au-delà )/ disposés dans toute 
la longueur du corps, sur une suite d'anneaux, 
qui en portent chacun une ou deux paires, et 
dont la première, et même dans plusieurs la se-- 
conde , semblent faire partie de la bouche. Ib sont 
aptères (3). • ♦ 

(1) Aile* tortes. Lesparliei qae l^n prend *poiar 4ei éfytres n*en sont 
pat. Vcytz cet ordre. 
(9) Ailef en éventait. 
(3) Priv^ d*«iles et d'ëcuMon. 



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1,6 second ordie» lesTEXSAsofrEBS, a six pieds , 
et Tabdomea garni sur les côtés de pièces mo^ 
biles ^ en forme de fausses pattes, ou terminé par 
des appendices {Mropres pour le saut. 

Le tix)îsième ordre > lesP^^nAsi'ros, a six pieds, 
manque d'ailes» n'offre pour organes de la vue , 
q» des jeux tisses; leur boucbe est, en grande 
partie, intérieure, et ne consiste que dans un museau 
renfermant un suçoir rétractile , ou dans une fente 
saluée entre deux lèvres, avec deux mandibules en 
crochet 

Le quatrième ordre, les Sugbubs, a six pieds» 
manque d'ailes (i) ; leur bouche est composée d'un 
suçoir renfermé dans une gaine cylindriquç, de 
d^ax pièces articulées. 

Le cinquième ordre, lesGoiiéoPTEBss, a six pieds, 
quatre ailes, dont les deux supérieures en forme d'é- 
tuis ; des mandibules et des mâchoires pour la ma3* 
iication; les ailes inférieures pliées simplement en 
travers , et les .étuis crustacés (toujours hori^ntaux), 
SU subissent une métamorphose complète* 

Le sixième ordre ^ les OiiTHOrTÈRKs (2), a six 



(1) fit •nbutmkiAm mëtamorpliotet , et acqulèreiit des organes feco- 
m^tilei f qolls n^ayaieat pas k leur naUsc^ice*^ Ce caractère est oommiin 
aox ordres suivanu , mais dans ceax-ci la oK^tamorphose développe une 
attire sorte à^of^nt* ioconoiiles , les ailes* 

(a) De Créer avmt établi cet ordre et lu) avait donné le nom de der • 
maptère», qu'Olivier a changé mal k propos en celui d^ orthoptères. Nous 
conservons cepend^t «a dcrtûsr, fMVce <fne les naioralistes £ran^is Font 
$énéralement adopté. 

31* 



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524 DES ÏNSBOrES 

pieds; quatre ailes > dont les deuK supérieures eu 
forme d'étuis; des mandibules et des mâchoires 
pour la mastication ( recouvertes à leur extrémité 
par une galète ) ; les ailes inférieures, pliées en deux 
sens , ou simplement dans leur longueur y et les étuis 
ordinairement coriaces 9 le plus souvent croisés au 
bord interne ; ils ne subissent que des demi-méta* 
tnorphoses. 

Le septième ordre , les Hémiptères, a six pieds; 
quatre ailes , dont les deux supérieures en forme 
d'étuis crustacés, avec l'extrémité membraneuse , 
ou semblables aux inférieures , mais plus grandes 
et plus fortes ; les mandibules et les mâchoires rem- 
placées par des soies formant un suçoir , renfermé 
dans une gaine d'une seule pièce, articulée, cylin- 
<lrique ou conique, en forme de bec. 

Le huitième ordre , les Névroptères, a six pieds; 
quatre ailes membraneuses et nues; des mandibules 
et des tnâchoires pour la mastication; leurs ailes 
sont finement réticulées, et les inférieures sont or- 
dinairement de la grandeur des supérieures , ou plus 
étendues dans un de leurs diamètres. 

Le neuvième ordre, les HricÉtroPTÈRES, a six. 
pieds; quatre ailes membraneuses et nues ; des man- 
dibules et des mâchoires pour la mastication ; les 
ailes inférieures plus petites que les supérieures; 
l'abdomen des femelles presque toujours terminé 
par une tarière ou par un aiguillon. . 

Le dixième ordre , les Lépidoptères , a six pieds^ 



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XN GÉNÉflAI.. 325 

qoalre ailes luembraDenses , couvertes de petites 
écailles colorées , semblables à une poussière ; une 
pièce cornée^ en forme d'épaulette , rejetée en ar- 
rière, insérée au-devant de chaque aile supérieure; 
les mâchoires remplacées par deux filets tubulaires, 
réunis et composant une espèce de langue roulée 
en spirale sur elle-même (i). 

Le onzième ordre ^ les Rhjpxptèrbs , a six pieds ; 
deux ailes membraneuses et plissées en éventail ; 
deux corps crustacés, mobiles, en forme de petits 
cljtres, situés à l'extrémité antérieure du thorax (2); 
et pour organes de la manducation, simples mâ- 
choires, en forme de soies, avec deux palpes. 

Le douadème ordre , les Diptères, a six pieds; 
deux ailes membraneuses, étendues, accompagnées, 
dans presque tous, de deux corps mobiles , en forme 
de balanciers, situés en arrrière d'elles; et pour 
organes de la manducation , un suçoir d'un nombre 
variable desoies, renfermé dans une gaine inarti- 
culée, le plus souvent sous la forme d'une trompe , 
lerminée par deux lèvres, 

(i) Spiràrotnpe. Voyez les génëralités de la classe. Le thorax des Lé 
piidoptères a plor d'analogie avec^celni des Nérroptires qo^avec celai des 
Hyménoptères , le segment que j^ai nommé médiaire parausant faire 
partie de Fabdomen , tandis qoe , dans cenz-c! et les Diptères , il est in- 
corporé avec le thorax. 

(a) Formés , k ce que noas présumons , ^lar de» pièces analogues am 
épaaJettes ou ptérrfiodeê des lépidoptères. 



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386 ' IJNSBGTBS MYRIAPODES. 

LE PREnuER ordué des insectes. 
Les myriapodes. (Myriapoda. — Mitosata. Fab.) 

Nommés yulgairemeot miUe^pieds y sont les seuk 
animaux de cette classe qui aient plus de six pieds 
dans leur état parfait, et dont l'abdomen ne soit 
pas distinct du tronc. Leur corps, dépour?u d'ailes , 
est composé d'une suite ordinairement considérable 
d'anneaux, le plus souvent égaux , et portant géné- 
ralement chacun , à l'exception des premiers , deux 
paires de pieds, le plus souvent terminés par un seul 
crochet, soit que ces anneaux soient indivis , soit 
qu^ilA soient partagés en deux demi - segments ^ 
a jant chacun une paire de ces organes , et dont 
l'un seulement offre deux stigmates (i). 

Les myriapodes ressemblent, pour la plupart, à 
de petits serpents ou à des néréides, ajant des jneds 
très rapprochés les uns des autres , dans toute la 
longueur du corps. La forme de ces organes à'é- 
tend même jusqu'aux parties de la bouche» Les 
mandibules sont biarticulées et immédiatement 
suivies d'une pièce en forme de lèvre, quadrifide , 

(i) Les «nneaax da torpê dei insectes onl ((ënëraiement denx'sUi^ 
mates. SI Ton considère soas ce point de vue les anneaux du corps def 
scolopendres, notamment des grandes espèces, celles qai ont TÙsgWime 
paires de pattes , Ton verra qn^ils sont alternativement pourvus on privés 
de deux stigmates*, et qu'ainsi , comparativement à ces derniers animaux, 
ce ne sont réellement que des demi^anneaox. Dès lors chaque segment 
complet a deux paires de pattes , mais dont une sumumâairc, puisque , 
dans les autres insectes , les anneaux munis de pattes n'en ont que deux. 



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mSBCTBS HTHIAPOOBS^ 3^7 

à dÎTiaioiis articolées ou semblables à de petits pieds, 
et qui par «a situation correspood à la languette des 
crustacés; Tiennent ensuite deux paires de petits 
jpiedsy dont les seconds enferme de grands crochets 
dans plusieurs 9 paraissent remplacer les quatre 
mâclioires de ces derniers^ ou bien les deux ainsi 
que la lèvre inférieure des inseictes : ce sont des 
sortes de pieds buccaux* Les antennes , au nombre 
de deux 9 sont courtes , un peu plus grosses vers le 
bout ou presque filiformes , de sept articles dan$ 
les unsj^ d'un grand nombre dans les autres et se- 
lacées. Leurs yeux sont ordinairement formés d'une 
réunion d'jeux lisses , et si dans les autres , ib offrent 
une cornée à facettes, ces lentilles sont néanmoins 
priiporlionnelleflnent plus grandes, plus rondes et 
plus diittinctes que cdles des yeux des insectes. Les 
stigmates sont souvent très petits , et leur quantité , 
à raison de celle des anneaux, est ordinairement 
plus considérable que dans ces derniers , où elle n'est 
ait plus que de dix-huit ou vingt. Le nombre de ces 
anneaux et celui des pieds augihente avec l'âge , 
caractère qui distingue encore les myriapodes des 
insectes, ceux-ci naissait toujours avef^ le nombre de 
segments qui leur est propre , et toutes leurs pattes à 
crochets, ou proprement dites, se développante la 
(bis, soit à la même époque , soit lorsqu'ils passent à 
Tétat de nymj^e. M. Savi, fils, professeur de minéra- 
logie à Pise, qui a fait une étude particulière desïules; 
a observé qu'ils sont privés , à la sorlie de Tœuf , de 



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328 INSECTES MYRIAPODES. 

ces organes : ces animaux éprouvent donc une vé^ 
ritable métamorphose. Dans les uns, les organes 
sexuels masculins sont toujours placés immédiate- 
ment après la septième paire de pattes, sur le 
sixième ou septième segment du corps, et ceux de 
la femelle près de l'origine des seconds pieds ; dans 
les autres , ces deux sortes d'organes sont situées ^ 
comme d'ordinaire, à l'extrémité postérieure du 
corps.La position des partiesmasculinesdes premiers^ 
Comparée avec celle qu'elles ont dans les crustacés 
et les arachnides, semblerait indiquer la séparation 
du tronc et de l'abdomen ; à l'égard des autres 
myriapodes , où les organes sexuels sont poslé- 
rieurs , l'on remarque qu'il s'opère dans une portion 
analogue du corps de certaines espèces (^scohpendfxi 
morsitans) j un inversion dans l'ordre successif des 
stigmates , ce qui paraîtrait annoncer la même dis* 
tinction. 

Les myriapodes vivent et croissent plus long- 
temps que les autres insectes , et suivant M. Savi , 
il faut au moins deux ans à quelques-uns ( les ïules ), 
pour que les organes génitaux deviennent apparents. 

De cet ensemble de faits , l'on peut conclure que 
ces animaux se rapprochent d'une part des crus- 
tacés et <^es arachnides , et de l'autre des insectes ; 
mais sous la considération de la présence , • de la 
forme et de la direction des trachées,- ils appar- 
tiennent à la classe des derniers. 

Nous Içs partagerons en deux familles , parfaite- 



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FAMILLE DES GHIL06JNATHE9. Ssg 

ment distinctes , tant à raison de leur organisation , 
que de leurs habitudes , et composant dans Linnaeus, 
deux coupes génériques. 

La première famille des Mtbiapodes, celle 

Des GHILOGNâTHES ( Chilogbatha. Làtr. ), ou le 
genre des HJLES {lulus) de Linnaeus y 

A le corps généralement crustacé et souvent 
cylindrique; les antennes, un peu plus grosses' 
vers le bout ou presque d'égale grosseur, et com- 
posées de sept articles; deux mandibules épaisses, 
sans palpes, très distinctement divisées en deux 
portions par une articulation médiane, avec des 
dents imbriquées et implantées dans uoe concavité 
de son extrémité supérieure; une espèce de lèvre 
(languette) (i), située immédiatement au-dessous 
d'elles, les recouvrant, crustacée, plane, divisée à 
sa surface extérieure par des sutures longitudinales 
et des échancrures, en quatre aires principales, 
tuberculées au Ford supérieur^ et dont les deuxin- 
termédiaires plus étroites et plus courtes , situées à 
l'extrémité supérieure d'une autre aire, leur servant 
de base commune ; les pieds très courts et toujours 
terminés par un seul crochet; quatre pieds si};ués 
immédiatement au-dessous de la pièce précédente , 
de la forme des suivants, mais plus rapprochés à 



(i] Lèyrc inférieure composée des deux patres de m&chpires des crus- 
tacés . selon M. Sav^ny . 



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33o USfiCTfiS ICXAlAPODBft. 

leur base, avec Tartide radical proportiuniiellaoieor 
plus long ; et la pi upart des autres , attachés par dou- 
ble paire , à un seul anneau. Les organes génitaux 
masculins sont situés immédiateHient après la sep- 
tième paiije de pieds , etceuxdeFautre sexe derrière 
les seconds. Les stigmates sont placés alternative- 
ment , en dehors de Torigine à» chaque paire de 
pieds , et très petits. 

Les chilognathes marchent très lentement ou se 
glissent , pour ainsi dire , sur le plan de position, et se 
roulent en spirale ou en boule. Le premier segment 
du corps, et dans quelques-uns le suivant , est plus 
grand, et présente la forme d'un corselet ou d'un 
petit bouclier. Ce n'est guère qu'au quatrième dans 
les uns, qu'au cinquième ou au sixième dans les 
autres, que la duplicature des paires de pieds com- 
mence; les deux ou quatre premiers pieds sont 
même entièrement^bres jusqu'à leur naissance, ou 
ils n'adhèrent à leurs segments respectifs, que par 
une ligne médiane ou sternale. L^ deux ou trob 
derniers anneaux sont apodes. On voit de chaque 
côté du corps une série de pores , qu'on avait pris 
pour des stigmates , mais qui^ d'après M. Savi, sont 
simplement destinés à la sortie d'une liqueur acide 
et d'une odeur désagréable , qui paraît servir à la 
défense de ces animaux; les ouvertures propres à 
la respiration , et dont on lui doit la découverte , sont 
placées sur la pièce sternale dé chaque segment , et 
coinmuniquentintérieuroment avec une double série 



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FAIflI#LB M» GUILOGNATUBS. 95 1 

àe pocbespneumatiqtkes, disposées en chapelet^ 
loot lô long du corp^ , «t d'où partent des brantkes 
, trachéennes qaiTOnt ie répandre snr lés antres oiv 
ganes. Suivant nne observatiort de M. Strans, les 
poches ou trachées ^'i^siculeuses ne sont point liées 
les unes aux.autre«, ainsi que de coutume , par nne 
trachée principale. 

Anx environs de Pise , où M. Savi a recueilli les 
observaiiouB précitées^ les amours de Hulecommun 
commencent vers la fin de décembre et finisseot 
vers la mi-mai. Les orgianes copulateurs du mâle 
80Dt placés danscette espèce soos le sixième segment , 
mais ils ne se montrent sons cette forme que lors- 
que Tindividu est parvenn environ au tiers de sa 
taiUe ordinaire ; jusqu'alors cette place est occupée 
par une paire de pattes , la quinzième , et qui existe 
toujours dans les femelles; ici, Torifice des parties 
sexuelles est placé et^tre le premier et deuxième 
segment. Des gloméris et des ïules femelles m'ont 
offert par derrière la naissance de la seconde paire 
de pattes y deux petits mamelons convexes qui pa- . 
raissent caractériser ce sexe ; celai des mâles con- 
siste aussi éïï deuxmamelonSy ïnais-terminés chacu'n 
par Un crochet écailleuxetcbntourné. Dansfaccou- 
plement, ces insectes redressent et appliquent Tune 
contre l'autre, face à face, les extrémités antérieures 
de leurs corps, et s'entrelacent inférieurement. Tjc 
corps des individus venant de naître est en forme 
de rein, parfaitement uni et sans appendices. Dix- 



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333 »ffSC€T£S MYEii.POOBS. 

huit jours après , il subisseat une première mue,, 
etils preûDent sçolenieot alors la forme des adultes ;. 
mais ils n'ont encore <{iie vingt-deux segments , et ^ 
le nombre total de leurs pattes est de vingt-six 
paires* M. Savi parait contredire l'assertion de 
De Géer ^ qui dit n'en avoir compté que trois paires 
et que huit anneaux dans les jeunes individus; mais 
est-il bien certain que la mue dont parle M. Savi 
soit réellement la première , et ne doit-on pas , au 
contraire^ présumer que ces jeunes individus ne 
passent pas subitement d'un état où ib n'offreut 
aucun appendice locomotile, à celui où. ils en 
montrent jusqu'à vingt-six paires, ou qu'en un moi 
d'autres changements de peau, mais qui ont pu 
échapper à M. Savi, ont eu Ueu et ont développé 
successivement ce nombre de pattes? Les observa- 
tions du Réaumur suédois ne confirment-elles pas 
ces transitions graduelles? Quoi quHl en soit , selon 
M. Savi , les dix-huit premières paires de pattes 
servent seules à la locomotion ; à' la seconde mue , 
l'animal en offre trente-six paires et à la troisième 
quarante-trois; le corps alors se compose de trente 
segments. Enfin, dans l'état adulte, le mâle 
en a trente-neuf et la femelle soixante-quatre; 
deux ans après , ils muent encore , et c'est alors 
seulement qu'apparaissent les organes de la géné- 
ration. Depuis la naissance^ qui a lieu en mars, jus- 
qu'en novembre, époque où M. Savi a cessé ses 
observations, ces changeoients de peau se renou-- 



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FAMILLB DBS (^ILOOlTATHES. 353 

vellent à peu prè^de mois en mois. On découvre 
dans la dépouille jusqu'à la membrane qui tapisse 
intérieurement le canal alimentaire et les trachées. 
Les organes de la bouche sont les seules parties que 
M. Savi n'a pu retrouver (i). 

Ces insectes se nourrissent de substances soit vé- 
gétales , soit animales > mais mortes et décomposées, 
et pondent dans la terre un grand nombre d'œufs. 

Ils ne Forment dans Linnaeus , qu'un genre. 

Les IuLBS. (IxjLUS. L. ) 

Que nous divisons comme il suit : 

Les uns ont le corps crustacé^ sans appendices au bout , 
«t les antennes renflées vers leur sommet. 

Les Glomékis. ( Gloueris. Latr. ) 

Semblables à des cloportes, ovales^ et se roulant en 
boule. 

Leur corps, convexe en dessus et^ concave en dessous, a, 
]e long de chacun de ses cotés inféi^ieurs , une rangée de 
petites écailles^ analogues aux divisions latérales des triio- 
bites. Il n'est composé y la tète non comprise , que de douze 
segments ou tablettes^ dont le premier, plus étroit, forme 
une sorte de collier en demi-cercle transversal , et dont le 
suivant et le dernier les plus grands de tous; celui-ci est 
voûté et arrondi au bout. Le nombre des pattes est de trente- 
quatre dans les femelles, et de trente-deux dans les mâles, 
ses organes sexuels remplaçant la paire qui manque. Ces ani- 

- -- - 

(i) Ployez le Balletiti gcnëral et universel de M. le baron deF^riusac, 
décembre 1 8a3. Les observations de M. Savi , dont ce journal offi-e on 
extraie , sont consignées dans le mémoire suivant : Osservazioni per ser^ 
i^ire alla stoiia di una speoie di julus oommunissima , Bologna, 1817. 
fjt même savant en a publié on autre , f*.n 1819, $Qr \e Julus fiBUditsimus. 



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334 XIVSBCTBS MYaiAPOPBS. 

maux sont terrestres et rivent sous las pierres dans les ter- 
rains montueux (i). 

Les Iules propres. (ftiLus. Lin.) i 

Qui ont le corps cylindrique et fort long, se roulant en 
spirale^ et sans saillie en ferme d*atèu ou de bord tranéhaat 
sur les côtés des anneaux. 

Les plus grandes espèces vivent à terre, particulière- 
ment dans les lieux sablonneux, ïes bois , et répandent 
une odeur désagréable. I^ea plus petites^se nourrissent de 
fruits, de racines ou de feuilles de plantes potagères. On 
en trouve quelques autres sous les écorces d'arbres , dans 
la mousse, etc. 

Ulule très-gmnd (I. maximus y Lin.)Harcg., Bras., 
p. 255. Propre à TAmériqua méridionale^ a jusqu'à sept 
pouces de long. 

L'Iule des sables ( /• sabuloms » Lin. ) Schssff. , Elem. , 
entom, lxxiii. — /. fasciatus, De G., Insect., Vil , xxxvi y 
9, io;Leach.,Zool., misccll.^ cxxxiii; long d'environ 
seize lignea^ d'un brun noirâtre, avec deux lignes rous- 
sâtres le long du dos; cinquante- quatre segments, dont 
Tavant- dernier terminé par une pointe forte, velue et 
cornée au bout. — En Europe. 

VJule terrestre (/. terrestrù. Lin. ) Geoff. , Insect.,U, xxii, 
5; d'un quart plus petit ^ cendré bleuâtre ; entrecoupé de 
jaunâtre clair'; quaraàte - deux à quarante - sept segments. 
— Avec le précédent (a). 

Les PoLYDElfES. (POLYDESMUS. Lat. ) 

Semblables auxïules par la forme linéaii^e de leur corps et 
l'babitude de se rouler en 'spirale, mais dont les segments 

(0 lulus ovalUy Lin. } Gronoy., Zoopb. , pi. xvii, 4 > ^ î — Onitcus 

' tanatus, Panz. , Faun. , Insect. ^rm. , IX , xziii ; Glomeris marginata^ 

Leàch , Zool. miscell.*, cxzùi; — OnUcus pustutatus, Fab. ; Pani.,r3ttf. » 

XXIT. 

(a) ^<^ez les deay Mémoires pr^Uét de M. Savi» el le Zoolog. miscel ^ 
de M. Leach , tom. IÇ , à Te'gard de ces deax espèces et. de quelques 
auU'es d'Angleterre. Ajoutez i«/c<« indus. Lin.; De G.» VII, xLiir, 7; 
Sëb. , Mus. II , zxiY ,4^5; — S^. > Mus. I» lxxxi» 5 ; -^ Schmt., Ab- 
liapdL,I,iiiy7. 



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FAHIIiLB CBS GHI]:40F01>BS. 335 

«OQt comprimés sur les côtés inférieurs^ avec une SAÎilieen 
forme de rebord ou d'arête au-dessus. 

On les trouve sur les pieires^ et le plus souvent dans les 
lieux humides (i)« 

Les espèces qui ont des yeux apparents forment le genre 
Craspedosomc de M. Leach {^). 

Les autres ont le corps membraneux, très mou, et terminé 
par des pinceaux de petites écailles. Leurs antennes sont ^e 
la même grosseur. Tels sont ^ 

Les PoLLTxÈNES. ( PoLLYXjiirus. Latr. ) 

Qui ne comprennent encore qu'une seule espèce, rangée 
avecVes Scolopendres («Sc« lagura, L. )par Linnaeus, Geoffroy 
<et Fabricius. 

C'est leii</0 à queue en pinceau deDeGeer, Insect. , VU , 
XXXVI, I, 2,3; Zool. miscell. , cxxxv, B. Cet insecte est 
très petit, obfong, avec des aigrettes de petites écailles 
sur ies cdtés, et un pinceau blanc à rextrémilé postérieure 
du corps. Il a douse paires de pieds, placées sur autant de 
demi-anneaux. 

' Il se tient dans les fentes des murs et sous les vieilles 
écorces. 

La seconde famille de Myriapodes , 

Les CHILOPODES ( Chilopoda ; tat. ) , ou le genre 
des Scolopendres {Scolopendra) dehxunmus, etc. 

OatlesanteoDespliisgrêles Ters leur extrémité, de 
quatorze articles et au-delà; une bouche composée 
de deux mandibules, munies d'un petit appendice 
eu forme de palpe , offrant dans leur milieu Tap- 
parence d'une soudure , et terminées eu manière 

(«) lies laies eomplanatxu (Zool. faiscel., cxxzv, A) depreasusy stigma^ 
tràematitt de Fabricias; Ses Scolopendres? dorsaUs, eljrpeata. 

(9) Ves espèces, ineoiiniies avant M. Leach, paraissent propres à la 
Otpoide-aretagne. P'orw la planche cuzziv de son Zoological msscel- 
lanjr , tom. III. 



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536 INSECTES MYRIAPODES. 

de cuiUeron dentelé sur ses bords; d*une lèvre (i) 
quadrifide ^ dont les deux ^ivbions latérales plus 
grandes, annelées transversalement, semblables 
aux pattes membraneuses des chenilles ; de deux 
palpes ou petits pieds réunis à leur base , ongui- 
culés au bout; et d'une seconde lèvre (à) formée 
par une seconde paire de pieds dilatés et joints à leur 
naissance, et terminé? par un fort crochet, mo- 
bile et percé sous son extrémité d*un trou, pour la 
sortie d'une liqueur vénéneuse. 

Le corps est déprimé et membraneux. Chacun 
de ses anneaux est recouvert d'une plaque coriace 
ou cartilagineuse , et ne porte ^ le plus souvent , 
qu'une paire de pieds (3) ; la dernière est ordinai- 

(x) Pièce analogue à la lèvre Inférienre des Cliilognates , représentant, 
selon mol, la langue des crnsiacës , mais pouvant aossî faire Tofllcc de 
mâchoires ; ceH ce que M. Savigny nomme première lèvre auxiliaire. 

(a) Seconde lèvre auxiliaire du même. Elle n^est point annexée avec 
la tète , mais avec rextrdmitc antérieure du premier derai-se^^ent. Les 
deux pieds à crochets forment , par la rëunion et la dilatation de leur 
premier article , une plaque en forme de menton et de lèvre. Le même 
demi-segment porte les deux premiers pieds ordinaires. J)ans h$ Scolo- 
pendres propres de M. Iieach , les deux premiers stigmates sont situés 
sur le troifième demi-segment, abstraction faite du premier; le second et 
le suivant composeront le premier anneau complet , et alors les deux pre- 
miers stigmates se trouveront places , comme dans les autres insectes , 
sur an espace correspondant au prothorax. Cette seconde lèvre auxiliaire 
pourra ainsi représenter la lèvre inférieure des insectes hexapodes hroyears. 
Mau ici le pharjnx est situé en avant de cette lèvre , au lieu que , dans 
les mjrriapodcs , il est placé an-dearant de la première lèvre auxiliaire. 
G^est d'après ces rapports et plusieurs autres» fournis par lc« entomos- 
tracés et les arachnides , que je considère les j)ied8 des insectes hexapodes 
comme les analogues des six pieds-màch<»res des crustacés décapodes. 

(3) Ils ne sont , dans ce cas , que des detaiù-annesux. yhjria les géné> 
ralitës de Tordre. 



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FAMILLE DES CUILOPODES. 557 

ment rejetée en arrière, et s'alonge en forme de 
queue. Les organes de la respiration sont composés 
en totalité ou en partie de trachées tubuiaires. 

Ces animaux courent très vite, sont carnassiers, 
fuient la lumière, et se cachent sous les pierres, 
les vieilles poutres, les écorces des arbres, dans la 
terre , le fumier , etc. Les habitants des pays chauds 
les redoutent beaucoup, les espèces qu'on y trouve 
étant fbrt grandes, et leur venin pouvant être plus 
actif. La scolopendre mordante est désignée aux 
Antilles par l'épithète àe malfaisante: On en connaît 
qui ont une propriété phosphorique. . 

Les organes sexuels sont intérieurs et situés à 
Textrémilé postérieur du corps, comme dans la 
plupart des insectes suivants. Les stigmates sont plus 
sensibles que dans la famille précédente , et latéraux 
ou dorsaux. 

Cette famille , qui, dans la méthode de M. Leach. 

forme son ordre des Syngnathes y peut, d'après ces 

derniers caractères , la nature des organes respira-. 

toires et les pieds , se diviser ainsi : 

Les unes n'ont que quinze paires de pattes (ij, et leur corps 
vu en dessus présente moins de segments qu'en dessous. 

Les ScuTiGERES. (ScuTiGERA. Lam. — Cermatia, Ilig. ) 

Qui ont le corps recouvert de huit plaques en forme d'é- 
cussons, sous chacune desquelles M. Marcel de Serres a oh* 
«ervé deux poches pneumatiques ou trachées vésiculaires, 

(i) Le doctear Leach compte deax paires de plos, parce qu'il comiiread 
dan^ ce nombre les palpes et les pieds en forme de crochets de U tète. 
TOME IV. 32 



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358 INSEQTES HTHIÀPODBS. 

recevant l'air; et communiquant avec des trachées tubti- 
JaireB latérales et inférieures. Le dessous du corps est di- 
visé en quinze demi-anneaux, portant chacun une paire de 
pieds terminés par un tarse fort long , grêle et très articulé ; 
les dernières paires sont plus alongées 5 les yeux sont grands 
et à facettes. 

Elles ont des antennes grêles et assez longues ; les deux 
palpes saillants et garnis de petites épines. Le corps est plus 
court que dans les autres genres de la même famille ^ avec 
les articles des pieds proportionnellement plus longs. 

Les scutigëres y qui, d'après ces caractères , font le passage 
de la famille précqdenteà celle-ci, sont fort agi les,-e& perdent 
souvent une partie de leurs preds lorsqu'on les saisit. 

L'espèce de notre pays (i) se cache entre les poutres ou 

les solives des charpentes des maisons. 

Les LiTHOBiEs. (LiTBOBius. Leach.) 

Qui on*t les stigmates latéraux, le corps divisé, tant en 
dessus qu'en dessous, en un pareil nombre de segments , 
portant chacun une paire de pieds, et les plaques supérieu- 
res alternativement plus longues et plus courtes, en recou- 
vrement, jusque près de l'extrémité postérieure. 

he Liihobie fourchu ( Scolopendraforficatay Lin.) Fabr., 
De G. } Geoff. , Hist. des insect. , II, xxii, 3 ; Panz., Faun., 
insecuGerm.L. ,xiii; Leacb. ,Zool.,niiscell., cxxzyii(a). 

Les autres ont au moins vingt- une paires de pattes et 
les segments sont, tant en dessus qu'en dessous, de gran- 
deur égale et en même quantité. 

Les Scolopendres propres. (Scolopendra. Lin.) 

Celles qui à partir des deux pieds venant immédiatement 
après les deux crochets formant la lèvre extérieure, n'en of- 

(i) La Scolopendre à vingt-fiuU pattts de Geoffroy , qui paraît différer 
dfe la S. c^optfat^ de Panser, Faun. insec(. Germ. , L. , zii » et de celle 
deLiiinœu9i — luli^t araneoides ^ Pall.^ Spicil. Zooi. , IX» iv, iG; — 
Scolopendra^ lon^içomis , Fab. j de Tran^ioebar. Fo^ez ausû Leach , 
Zool. miscel, Cermatim Uvida , cxxxvi, et le 1 4^ volame des Transactions 
iinnc'ennes. ' 

(a) £. varkgatua^ keuilahrum , Léttch, Trans. Jînn. Soo. , XI. f^o^ez 
aussi le troblème volume d<* son ZooUgical misceliany. 



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INSECTES THYSANOUUES. SSq 

frent que vingt-une paires^ et dont les antennes ont dix-sept 
articles composant les genres Scolopendre et Crytops de 
M. Leacii.Lès yeux sont distincts, au nombre de huit, quatre 
de chaque côté, dans le premier et celui qui comprend les 
plus grandes espèces^ ils sont nuls ou très peu visibles dans 
le second. 

Les départements les plus méridionaux de la France et 
d'autres contrées du sud de l'Europe nous offrent une es- 
pèce (Scolopendra cingulata, Latr.; Se. morsilansy Vill. , 
entom.^tom.IV^xiy 17, 18.) presque aussi grande quelque- 
fois que l'espèce ordinaire des Antilles; mais»ayaat Je corps 
plus aplati (i). 

Les crytops ont leurs antennes plus grenues que les 
scolopendres et les deux pieds postérieurs plus grêles. Le 
docteur Leach en mentionne deux espèces trouvées dans 
les environs de Londres (2)* 

Dans les Scolopendres composant le genre Géopkile 
( Geophilus ) du méme^ le nombre des pieds est au-dessus 
de quarante-deux et souvent très considérable. Les anten- 
nes n^ont que quatorze articles et leur extrémité est moins 
amincie) le corps .est proportionnellement plus étroit et 
plus long. Les yeux sont peu distincts. Quelques espèces 
sont électriques (3). 



LE SECOND ORDRE DES INSECTES, 

Les THYSANOURES (Thtsanoura.), 

Comprend des insectes aptères , portés seulement 
sur six pieds , sans métamorphose y et ajant de 

*■ ■ *. - — . 

(j) Scoloptndra mùraitans, Lin.; De Gder, Insect. , VU, xxmi, 1. 

yojrez, poor d'autres espèces, le troisième vol. du Z00I05. miscellanj du 

doctear Leach; la Scolopendragi^antea de Linnaeus (Brown.,Xam. ^XLiiy 4.). 

et d^antres grandes espèces , mais incomplëteaieai dëciiles. 

()) Cryvypshorteruit^IâyA, misc.,cxxsixj ejiasd., ib. ; CijtopsSavignii, 
(3) S. eû^trioa^ Lin. ; Frîfch. , Insect. , XI, vni, H -^S. oceiden- 

talir^. Lin.; List, iliii. , vi^ — S, phosphorea. Lin. Toiubëç du ciel 

22* 



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7)/j^O INSECTES tfitSAKOUilBS. 

plus, soit sur les côtés, soit à rextr^Hajté de l'alï* 
domen , des organes particuliers de mouvement. 
La famille première des Thysanodres, celle 

Des Lépismènes (LBPiSMENiB. Lat. ), 

A les antennes en forme de soies, et divisées, dès 
leur naissance, eu un grand nombre de petits ar- 
ticles ; des palpes très dbtincts et saillants à la bou- 
che; l'abdomen muni de chaque côlé, en dessous, 
d'une rangée d'appendices mobiles, en forme de 
fausses pattes^ et terminé par des soies articulées, 
dont trois plus remarquables; et le corps toujours 
garni de petites écailles luisantes» 

Elle ne comprend qu'un genre de Linnaeus* 

fies Lepishes. (Lepisma. L.) 

Leur corps est alongé et couvert de petites écailles, 
souvent argentées et brillantes, ce qui a fait comparer 
l'espèce la plus commune à un petit poisson. Les £^a- 
tenues sont en forme de soies, et ordinairement fort lon- 
gues. La bouche est composée d'un labre, de deux man- 
dibules presque membraneuses, de deux mâchoires à 
deux divisions, avec un palpe de cinq à six articles, et 
d'une lèvre à quatre décbupures et portant deux palpes 
à quatre articulations. Le thorax est de trois pièces. 
L'abdomen , qui se rétrécît peu à peu vers son extrémité 
posiérîeure , a, le long de chaque c6té du ventre, une 
rangée de petits appendices portés sur un court article , 

sur lia vaisseau , à too milles dn contineot. Ployez le tome troisième àa 
Zool. misrcllan. de M. Lcacb. Geophilus maritimus^ cxc, i , a; — - G. 

lo ngico mis y'Tah. cad. , 3-6, et quclqnernnlres pspèces. 



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FAMIIiliB DES LÉPISMiUES. Ô^l 

et lerBiinés en pointes soyeuses; les derniers sont plus 
longs; de lanus sort une espèce de stylet écailleux, 
comprimé et de deux pièces; viennent ensuite les troi| 
soies articulées , qui se prolongent au-delà du corps. 
Les pieds sont courts , et ont souyent des hanches très 
grandes y fortement comprimées et en forme d'écaillés. 

Plusieurs espèces se cachent dans les fentes des châssis 
qui restent fermés , ou qu'on n'ouvre que rarement, sous 
des planches un peu humides^ dans les armoires. D'auti'es 
vivent retirées sous les pierres. 

Ces insectes courent très vite; quelques-uns sautent 
par le moyen des filets de leur queue. 

On en fait deux sous-genres. 

Les Machilzs. (Machilis. Latr. — Petrobius.l^^ch,) 

Dont les yeux sont très composés ^ presque conligus^et 
occupent la majeure partie de la tète; qui oi\t le corps con- 
vexe et arqué en dessus ^ et l'abdomen terminé py des petits 
filets propres pour le saut^ et dont celui du milieu^ placé au- 
dessus des deux autres , est beaucoup plus long. 

Les palpes maxillaires sont très grands et en forme de pe- 
tits pieds. Le thorax est étranglé ^^ avec son premier segment 
plus petit que le second et en voûte. 

Ces insectes sautent très bien çt fréquentent les lieux 
pierreux et couverts. Toutes les espèces connues sont d'Ëu- 
" rope(i). 

Les LÉpiSMEs. (LxPisuA. Lin. — Forhicina. GeofF. Leach. ) 

Qui ont les yeux très petits, fort écartés, composés d'un ' 
petit nombre de grains ; le corps aplati , et terminé par trois 
filets de la même longueur , insérés sur la même ligne , et ne 
servant point à sauter. 

4|) Lepisma pofypoda , Lin.; L taceharinaj Vill , Entom. , 
l/irt.,rV, XI, i; Roem., Geoer. , insccti, xxix, i ^ Forbicine cjrlin- 
. drUfue, Geoff. ; — Lepisma thezeana , Fab. i — Petrob^ marilûnut , 
X<cach , Zoo)o(f. raucellan. , gxlt. 



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342 INSECTES THYSAMOtlfiES. 

Leurs hanches sont très grandes. La plupart des espèces te 

trouvent dans Tintérieur des maisons, 

* Le Lépîsme du sucre ( L. saccharina , Lin . ), — la Foi1>U 
cineplatCy Geoff. ^ Insect., 11, xx^ 3 ; SchoefF., Elem. en- 
tom., Lxxv ; long de quatre lignes, d'une couleur argentée 
et un peu piombée^ sans taches^ est, dit-on, originaire de 
TAmérique^ et devenu commun dans nos maisons. 

On trouve souvent avec lui et dans les mêmes lieux 
le Lépisme ruhanné {vittata , Fab.), qui a le corps cendré ^ 
pointillé de noirâtre ^ avec quatre raies de cette dernière 
couleur le long du dos de l'abdomen. Il y en a d'autres es- 
pèces sous les pierres. 

La seconde famille des Thïsanourbs, celle 
Des PODURELLES (PodurelIiA. Lat. ), 

Dont les antennes sont de quatre pièces, dont 
la bouche n*offre point de palpes distincts et sail- 
lants , et qui a Tabdomen terminé par une queue 
fourchue, appliquée, dans l'inaction, sous le ventre, 
et servant à sauter , ne forme aussi dans Linnaeus 
qu'un genre. 

Des Podures. ( Podura. L. ) 

Ces insectes sont très petits, fort mous, alongés, avec 
la tête oVale et deux yeux formés chacun de huit petits 
grains. Leurs pieds n'ont que quatre articles distincts. 
La queue est molle , flexible et composée d'une pièce in- 
férieure , mobile à sa base , à Tex-trémité de laquelle s'ar- 
ticulent deux tiges, susceptibles de se rapprocher, de 
s'écarter ou de se croiser , et qui sont les dents de la 
fourche. Ces iiisectes peuvent redresser leur queue , la 
pousser avec force couti*e le plan de position , conJme 
s'ils débandaient un ressort, et s'élever ainsi en l'air» 
et sauter , de même que les puces , mais à une hauteur 



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IHSECTHS PARASITES. 3^3 

moindre: Ils retombent ordinairement sur le dos , I4 
^ueue étendue en arrière. Le milieu de leur ventre 
ofifre une partie relevée , ovale et divisée par une fente. 
Les uns se tiennent sur les arbres ^ les plantes ^ sous 
les écorces ou sous les pierres; d'autres, à la surface 
dès eaux dormantes, quelquefois sur la neige même, au 
temps du dégel. Plusieurs se réunissent en sociétés nom* 
breuses , sur la terre , les cbemins sablonneux , et res- 
semblent de loin à un petit tas de poudre à canon. La 
multiplication de quelques espèces paraît se faire en> 
bîver. 

Les PoDVBES propremieat dites. (Podura. Latr. ) 

Ont les antennes de la même grosseur et sans anneaux ou 
petits articles à la dernière pièce. Leur corps est presque li- 
néaire ou cylindrique, avec le tronc distinctement âirticulé, et 
Tabdomen étroit et oblong (i). 

Les Shtuthurzs. ( SnYirrHtrRVs. Latr. } 
Ont les antennes plus grêles vers leur extrémité, et termi- 
nées par une pièce annelée ou composée de petits articles. Le 
tronc et l'abdomen sont réunis en une masse globuleuse ou 
o^alaire(a). 

LE TROISIÈME ORDRE DES INSECTES , 
liBS PARASITES (Parasita. Lat. — Anoplura. Leacb.), 

Ainsi nommés de leurs habitudes ( vojez plus 
bas ) , n'ont que six pieds , et sont aptères de même 

<i) Podura arborea. Lin. ; De G^er, Insect. , VII , 11 , i-^ ; — P. 
nh^aUt , lin. ; De G. &itL , S-10 ; — P. aquatica , Lin. ; De G., ibid. ,. 
Il 1 7 j — P, plumhea , Lia. ; De G. , ibid , m , j-4 ;— -P. ambuîans , 
Lin. ; IJe G., ihid. , S^ \ — P. aquatica grisea , De G., ibid. , ii , j8, 31 . 

Les Podares vaga , vdiosa, ciacta , annulata j pusiUa , Ugnorum, 
jfimetaria , de Fabrlcia^. 

(^) Podura atra , Un.; De Géer, ibid.^ m, 7-14 ; ]«s Podares vf- 
ndië , pofy-poda , minuta , signata y de Pab* « 



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344 IRSBGTES PARASITES. 

que les thysanoures ; mais leur abdomen n'a point 
d'appendices arlieulés et mobiles. Ils n'ont ^ pour 
organes de la vue , que quatre ou deux petits yeux 
lisses ; leur bouche est en grande partie intérieure, 
et présente au dehors soit un museau ou un ma- 
melon avancé renfermant un suçoir rétractile , soit 
deux lèvres membraneuses et rapprochées, avec 
deux mandibules en crochets. Ils ne forment dans 
Linnaeus que le genre des 

Poux. (Pediculus. L.) 

Leur corps est aplati , presque transparent, divisé en 
douze ou onze' segments distincts, dont trois pour le 
tronc , portant chacun une paire de pieds. Le premier de 
ces segments forment souvent une espèce de corselet. 
Les stigmates sont très distincts. Les antçnnes sont 
courtes , de la même grosseur , composées de cinq arti- 
cles et souvent insérées dans une échancrure. Chaque 
coté de la tête offre un ou deux petits yeux lisses. Les 
pieds sont courts et terminés pai* un ongle très fort 011 
par deux crochets, dirigés l'un vers l'autre. Ces animaux 
s'accrochent ainsi facilement > soit aux poils des qua- 
drupèdes, soit aux plumes des oiseaux, dont ils sucent 
le sang, et sur le corps desquels ils passent leur vie et se 
multiplient. Us attachent leurs œufs à ces appendices 
cutanés. Leurs générations sont nombreuses et se succè- 
dent ti'ts rapidement. Quelques causes particulières, et 
qui nous sont inconnues, les favorisent d'une, manière 
extraordinaire , et c'est ce qui a lieu , par rapport au 
pou dé l'homme , dans la maladie pédiculaire ou phti- 
riasCy et même dans notre enfance. Ces insectes vivent 
constamment sur les mémies. quadrupèdes et sur les mê- 
mes oiseaux , ou du moinis sur des animaux de ces classes- 



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IKSECTBS PAftASnnBS. 345 

qui ont des caractères et des habitudes analogues. Un 
oiseau en noun*it souvent de deux sortes. Leur démar* 
che est^ en général , assez lente. 

Les UD8 ( Pediculea, Leach )^ tels que • 

Les Poux proprement dits (Pedicuius. Deg. )> 

Ont pour bouche un mamelon très petit, tabulaire, situé 
à l'extrémité antérieure de la téte^ en forme de museau^ et 
renfermant, dans l'inaction , un suçoir. Leurs 'tarses sont 
composés d'un article dont la grosseur égale presque celle de 
la jambe , terminé par un ongle très fort, se repliant sur une 
saillie, en forme de dent de la jambe, et faisant avec cette 
pbinte l'ofEce de pince, (^eux que j'ai observé ne m'ont offert 
que deux yeux lisses, un de chaque côté. 

L'homme en nourrit de trois sortes ; leurs œufs sont connus 
sous le nom de lentes. 

Dans les deux espèces suivantes , ]e thorax est bien di* 
stinct de l'abdomen , de sa largeur et de longueur moyenne. 
Elles forment le genre /Tedf/cu/K^^ proprement dit, du docteur 
Leach (i). 

Le Pou humain du corps { P. humanus corporisj De G. , 
Insect., VII, 1, 7). D'un blanc sale, sans taches, avec les 
découpures de l'abdomen moins saillantes que dans la sui- 
vante. Elle vient uniquement sur le corps de l'homme, et 
pullule d'une manière effrayante dans la maladie pédicu- 
laire. 

Le Pou humain de la tête. ( P. humanus capitisy De G., 
Insect., VII, 1,6.) Cendré, avec les espaces où sont situés 
les stigmates bruns ou noirâtres; lobes ou découpures de 
l'abdomen arrondis. — Sur la tête de l'homme, et particu- 
lièrement des enfants. 

Les mâles de cette espèce et de la précédente ont, à 
l'extrémité postérieure de leur abdomen , une petite pièce 
écailieuse et conique, en forme d'aiguillon, probablement 
l'organe sexuel. 
Les Hottentots, les Nègres, différents singes, mangent fc» 

(iVZoolog. miscellmi., III. 



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346 INSBOTBS PARASITES. 

pouxyou 9oniphtirophages, Oviédo pfétend avoir observé que 
cette vermine abandonne , à la hauteur des Tropiques , les 
nautoniers espagnols qui vont aux Indes ^ et qu*elle les re- 
prend au même point , lorsquMs reviennent en Europe. Ou 
dit encore que dans llnde, quelque sal§ que l'on soit, l'on 
n'eu a jamais qu'à la tète. 

li fut un temps où la médecine employait le pou de 
rhofaime pour les suppressions d'urine , en l'introduisant 
dans le canal de l'urètre. 

Le docteur Leach forme un genre propre ; phihirus, -avec 

le Pou du pubis ( P» pubis, Lin. )> Red. ^ Exp. , xix,' i ;. 

qui a le corps arrondi et large, le thorax très court, se 

confondant presque avec Tabdomen , et les quatre pieds 

postérieurs très forts. On le désigne vulgairemeni sous )e 
' nom de Aforpion. Il s'attache aux poils des parties sexuelles 

çt des sourci 1 s* Sa piqûre est très forte. 

Consultez , pour ces espèces vivant sur l'homme, le beau 
traité des maladies de la peau du docteur Alibert , médecin 
du roi.' 

Redi a figuré, mais grossièrement, plusieurs autres espè- 
ces, qui se trouvent sur divers quadrupèdes. Celle qui vit 
sur le porc a le thorax très étroit, avec l'abdomen fort large» 
Elle est le type du genre Hœmatopinus de M^ Leach (i), le 
pùu du bufle , figuré par De Géçr ( Insect., VII^ tji^), présente 
des caractères plus iVnportauts. ^ 

Les autres ( Nirmidèa , Leach ), tels que 

Les Ricins ( Ricinus* De G.; — Nirmus^ Herm. Lesch. ), 

Ont la bouche inférieure , et composée à l'extérieur de 
deux lèvres et de deux mandibules en crochet. Leurs tarses 
sont très distincts, articulés et terminés par deux crochets 
égaux. 

A l'exception d'une seule espèce, celle du chien , toutes 
les autres se trouvent exclusivement sur les oiseaux. Leur 



(i) Zoolog. misccllan. , cxlvi ; P. tuit, Panz. , Faun. UuecL Germ. , 
LI, \\i. 

Le Pou du ce//, Faoï , ibid. , xv, appartient au ^enre Mélopkage , de 
l'ordre de» Diptères. 



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IMBCTKS PAHASITBS. 34/ 

tête est ordinairement gi-nnde, tantôt triangulaire, tanttfi 
en jémi-cercle ou en croissant, et a souvent des saillies 
angulaires. Elle diffère quelquefois dans les deux sexes , de 
même que les antennes. J'ai aperçu^ dans plusieurs, deux 
yeux lisses rapprochés de chaque côté 4e la tête. Suivant 
des observations que m'a communiquées M. Savigny, ces 
insectes ont des mâchoires avec un palpe très petit sur cha- 
cune d'elles, et cachées par la lèvre inférieure, qui a aus^i 
deux organes de la même sorte. Us ont encore une espèce de 
langue* ^ 

M. Leclerc de Laval m'a dit avoir vu , dans leur estomac , 
des parcelles de plumes d'biseaux, et croit que c'est leur 
seule nourriture. De Géer assure cependant avoir trouvé 
l'estomac du ricin du pinçon rempli de sang, dont il venait 
de se gorger. L'on sait aussi que ces insectes ne peuvent vi- 
vre long-temps sur les oiseaux morts. On les voit alors se 
promener avec inquiétude sur leurs plumes, particulièrement 
sur celles de la tête et des environs du bec. 

Rédi en a aussi représenté un. grand nombre d'espèces. 
Les unes ont la bouche située près de l'extrémité anté- 
rieure delà tête. Les antennes sont insérées à c6té^ loin des 
yeux , et très petites (i). 

Dans les autres, la bouche est presque centrale; les an- 
tenues sont placées très près des yeux, et leur longueur 
égale presque la moitié de celle de la tête (^). 

Un célèbre naturaliste allemand, le docteur Nitzsch , pro« 
fessèur à Halle, a fait une étude très approfondie de l'organi- 
sation tant intérieure qu'extérieure de ces animaux, ainsi 
que l'atteste son Mémoire sur les insectes épizoïques ,. inséré 
dans le Magazin entomologique de M. Germar. Le genre 

i 
(i) PtdUsulus siernm hùrundirtù , Lin. ; De G. , Insect. , VII , iv , i a ; 
•>^ Pedioklus eon^i copacis, Lio. ; De G. , Aid. » 1 1 ; — Ricintis friO' 
gfiktyDeQ»^ ibtd.^ 5» 6, >] i-^^Pedioulus tinnuneuli, Pam., i6û/., xtii. 
(i) Miclnuê galiina , De G. , ibid. , i5 : sar la poule , les perdrix et les 
fiiisaiit;— R, embtnzœ, De G. , ibid. ,95 — R, *nergij De G. , ibid. , 
j 3 . i4 J — iî. eanùf De G. , UfûL , 16 ; — : Pediculus payants , Paox. , 
ièùl., xix; Lau-., Hist. nai. des Fonrm. , 389, xii, 5. F'ojrez encore 
Panxer, ibid. , pi. xx-xxiy. Son Pediculus ardeaty xviii 9 paraît être le 
mAuic qae le Iticin du plongeon de De G. » rv, i d. 



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348 INSECTES PARASITES. 

pediculus propremenl dit ^ ou celui dont les espèces sont 
munies ^'un suçoir, est rangé, par lui , avec les hémiptères 
cpizoïques. Les ricins de De Géer et d'autres , ou les nirines 
d'IIemiann fils , c'est-à-dire les espèce.s pourvues de mandi- 
bules^ de mâchoires , sont rapportés à l'ordre des orthop- 
tères y et désignés collectivement par la dénomination de 
mallophagcs» Deux genres de cette division se rapprochent des 
précédents , en ce que ces animaux vivent aussi sur des mam- 
mifères , tels sont ceux de Trichodecte ( Trichodectes) et de 
Gyrope {Gyropus). Dans le premier, les palpes maxillaii^es 
sont nuls ou indistincts, %t les antennes sont filiformes et 
de trois articles. Les espèces se trouvent sur le chien , le blai- 
reau, la belette, la fouine, etc. Dans le second, les palpes 
maxillaires sonl^ apparents, les antennes sont plus grosses 
vers le bout et de quatre articles. Ses mandibules n'ont 
point de dents, les palpes labiaux sont nuls et les quatre 
titrses postérieurs n'ont qu'un seul crochet au bout. Ces der- 
niers caractères le distinguent d'un autre genre ayant aussi 
des palpes maxillaires visibles, des antennes de quatre arti- 
cles et plus grosses vers le bout, et la bouche antérieure, 
celui de Liothée (Liotheum), Ici les mandibules sont biden- 
tées; les palpes labiaux sont distincts,* et tous les tarses 
sont terminés par deux crochets. Les espèces se trouvent 
sur divers oiseaux, au lieu que les gyropes vivent sur 
les quadrupèdes nommés vulgairement Cochons d'inde. 
Un ' quatrième et dernier genre, dont les espèces sont 
exclusivement propres aux oiseaux, est celui de Philop- 
TERZ { Philopterus)» Les antennes ont cinq articles , dont 
le troisième offre souvent, dans les mâles, un rameau, 
formant avec le premier une pince ; ces organes sont 
filiformes. Les palpes maxillaires sont invisibles. Les 
tarses ont deux crochets à leur extrémité, mais non diver- 
gents , comme le sont ceux des liothécs. Ici, d'ailleurs, les 
mâ4es ont six testicules , trois de chaque c6té , et ^eurs quatre 
vaisseaux biliaires sont épaissis vers le milieu de leur lon- 
gueur. Ceux des tHchodecles et des philoptèrcs n'offrent 
point ce renflement, et leurs testicules ne sont qu'au nom-v 
bre de quatre, deux de chaque côté. Dans ces deux genres , 
encore, il y a dix ovaires, cinq de chaque côté; dans les 



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INSECTES SUCEURS. 549 

liothées femelles, où ce savant a pu les observer, il n'en a 
vil que six, trois de chaque côté. 11 n'a point de connais- 
sance positive sur le nombre de ceux des gyropes femelles 
et de celui des testicules de l'autre sexe.Dans tous ces genres, 
le thorax est biparti , c'est-à-dire que le prothorax et le méso- 
thorax composent le tronc apparent, et que sa troisième di- 
vision ou le métathorax se rdunii et se confond avec l'abdo- 
men. M. Kivby avait le premier, à ce que jecrois, désigné ainsi 
ce segment) mais M.Nitzschime paraît avoir aussi employé^ 
lepremier les deux autres dénominations {voyez les généra- 
lités de la classe des insectes). Les limites de cet ouvrage nous 
interdiserrt l'exposition des sous-genres qu'il a établis. Nous 
remarquerons seulement que celui qu'il nomme Goniodes^ le 
quatrième du genre philoptère, est uniquement propre aux 
gallinacés. Dans le recueil de mémoires qui termine notre 
histoire des fourmis, nous avons décrit avec détail une es- 
pèce de ricin ( Philoptère ). 

IVf . Léon Dufour a formé avec le pou de la mélitte de 
M. Kirby , déjà très bien observé par De Gécr , qui le prend 
pour la larve du méloë proscarabéc , ainsi que par ce cé- 
lèbre entomologiste anglais, un nouveau genre ( Trion- 
gulin des andrenettes ) , dont il a publié et représenté les 
caractères dans le tome treizième (9, B. ) des Annales des 
sciences naturelles. Si cet insecte n'était point la larve de ce 
méloê, ainsi que le pense M. Kirby, nul doute qu'il ne 
formât, dans l'ordre des parasites, un sous-ge;nre propre; 
mais, d'après les recherches de MM. Lepeletitsr et Servile, 
le sentiment de De Géer est confirmé. 



L£ QUATRIÈME ORDRE DES INSECTES, 
Les SUCEURS(SucTORiA.De G,]—Siphonaptera.lj2iiv.). 

Qui composent le dernier des insectes aptères , 
ont pour bouche un suçoir de trois (i) pièces, ren- 
fermées entre deux lames articulées, formant, réu- 

(i) Rœsel n^^n représente qae deux; mais MM. Kirby et Strans en 



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35o INSEOTGS SDCBUBS. 

me$, une trompe ou ui> bec , soit cylindrique , soit 
conique , et dont la base est recouverte par deux 
écailles. Ces caractères distinguent exclusivement cet 
ordre de tous les autres , et même de celui des hé- 
miptères, dont il se rapproche le plus sous ces rap- 
ports y et dans lequel Fabricius a placé ces insectes. 
Les suceurs subissent en oètre de véritables méta- 
morphoses, analogues à celles de plusieurs insectes 
à deux ailes^ comme les tipulaires. 

Cet ordre n'est composé que d'un seul genre, 

celui 

Des Puces. (Pulex. L. ) 

Leur corps est ovale, comprimé, revêtu d'une peau 
assez ferme , et divisé en douze segments , dont tToi« 
composent le tronc , qui est court , et les autres l'abdo- 
men. La tête est petite, très comprimée, arrondie en 
dessus , tronquée et ciliée en devant ; elle a , de chaque 
côté, un oeil petit et arrondi, derrière lequel est une 
fossette où Von découvre un petit corps mobile, garni 
de petites épines. Au bord antérieur^ près de l'origine 
du bec , sont insérées les pièces que l'on prend |K)ur les 
antennes , qui sont à peine de la longueur de la tête et 
composées de quatre articles presque cylindriques. La 
gaine ou bec est divisée en trois articles. LVbdomen est 
fort grand , et chacun de ses anneaux est divisé en deux 
ou formé de deux lames, l'une supérieure et l'autre in- 
férieure. Les pieds sont forts, particulièrement les der- 
niers, propres pour le saut, épineux, avec les hanches 
et les cuisses grandes, et les tarses composés de cinq ar- 



ont observe une de pins. Suivant celui-ci, les deux disalUes» rcconvrani 
la bue du bec , sont des palpes. 



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ZNSECTBS SUGBUAS. 35 1 

ticles, dont ]e dernier se. termine par deux crochets 
alongés ; les deux pieds antérieurs sont presque insérés 
sous la tête , et le bec se trouve dans leur entre-deux. 

Le mâle est placé, dans l'accouplement , sous sa fe- 
melle f de manière que leurs têtes sont en regard. La fe- 
melle pond une douzaine d'œufs , blancs et un fieu vis- 
queux ; il en sort de petites larves sans pieds , très alon- 
gées y semblables' à de petits vers, très vives, se roulant 
en cercle ou en spirale , serpentant dans leur marche ; 
d'abord blanches et ensuite rougeâtres. Leur corps est 
composé d'une tête écailleuse, sans yeux, portant deux 
très petites antennes , et de treize segments , ayant de 
petites touffes de poils, avec deux espèces de crochets 
au bout du dernier. Leur bouche offre quelques pe» 
tifes pièces mobiles, dont ces larves font usage pour se 
pousser en avant. Après avoir demeuré une douzaine de 
jours sous cette forme, les larves se renferment dans 
une petite coque soyeuse , où elles deviennent nymphes , 
et dont elles sortent en état parfait au bout d'un espace 
de temp de la même durée. 

Chacun connaît la Puce commune ( Putex irritans, L.), 
Rom*, Ids., Il, ii ; iv, qui se nourrit du sang de l'homme , 
du chien , du chat; sa larve habite parmi les ordures, sous 
les ongles des hommes malpropres, dans les nids des 
oiseaux, surtout des pigeons, s'attachan't au cou de leurs 
petits, et les suçant au point de devenir toute rouge. 

Là Puce pénétrante {PuLpenetrans, L.), Catesb., Carol., 
111 ^x, 3(0, forme probablement un genre particulier. Son 
bec est de la longueur du corps. Elle est connue en Amé- 
rique sous le nom de Chique^ Elle s'introduit sous les 
on{>le8 des pieds et sous la peau du talon | et y acquiert 
bientôt le volume d'un petit poids par le prompt accrois- 



(i) M. Dumëril a donne une excellente figure de cet animal, dans 
son ooTrage intiiolê : Gontid^rations générales sar la classe des insecte»; 
ei dans le Dictl-jnnaire des sciences natarcUe». 



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352 INSECTES COLÉOPTBftBS. 

semeut des œufs qu'elle porte dans un sac membraneux 
sous le ventre. 

La famille nombreuse à laquelle elle donne naissance 
occasione, par son séjour dans la plaie, un ulcère malin 
difficile à détruire, et quelquefois mortel. On est peu ex- 
posé à cette incommodité fôcheuse si on a soin de se laver 
souvent y et surtout si Ton se frotte les pieds avec des 
feuilles de tabac brayées, avec le roucou et d'autres plantes 
acres et amères. Les Nègres savent extraire ^vec adresse 
ranimai de la partie du corps ou il s'est établi. 
Divers quadrupèdes et oiseaux nourrissent des puces qui 
paraissent différer spéclâquement des deux précédentes. 



LE CINQUIÈME ORDRE DES IIYSECTES, 
Les COLÉOPTÈRES(Coleopter k ;—Eleut/ierata.Fab .) , 

Ont quatre ailes, dont les deux supérieures crusta- 
cées, en forme d'écaillés, horizontales, et se joignant 
au bordinlerne par une ligne droite; des mandibules 
et des mâchoires; et les ailes inférieures pliées seu- 
lement en travers , et recouvertes pat les deux autres^ 
qui leur forment des sortes d'éluis , et que 4'on dé- 
signe sous ce nom ou par celui d'éiytre (r). 

Ils sont, de tons les insectes, les plus nombreux 
et les mieux connus. Les formes singulières , les 
couleurs brillantes ou agréable^ que présentent plu- 
sieurs de leurs espèces, le volume de leur corps , 
la consistante plus solide de leurs téguments, qui 
rend leur conservation plus facile , les avantages 

(0 ^^^*9 pour les caractères aaatomiques de* insectes de cet ordre , 
les Annales des sciences naturelles , tome VIII » pag. 36, où M. Dafoiir 
en présente an résumé. 



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Il^SECTES COLÉOPTÈRES. 5S5 

nombreux que l'étude retire de la variété de formes 
de leurs organes extérieurs , etc. , leur ont mérité 
l'attention particulière des naturalistes. 

Leur tête oflPre deux antennes de formes variées, 
et dont le nombre des articles est 'presque toujours 
de onze rdeux yeux à facettes, point d' jeux lisses ( i ) ; 
et une bouche composée d'un labre , de deux maa- 
dibules, le plus souvent de consistance écailleuse, 
de deux mâchoires, portant chacune un ou deux 
palpes^ et d'une lèvre formée de deux pièces , le 
menton et la languette, et accompagnée de deux 
palpes, ordinairement insérés sur cette dernière 
pièce. Ceux des mâchoires, ou leurs extérieurs, 
lorsqu'elles en portent deux , n'ont jamais au-delà 
de quatre articles^ ceux de la lèvre n'en ont 
ordinairement que trois. 

Xe segment antérieur du tronc , ou celui qui est 
au-devant des ailes , et qu'on nomme habituellement 
le corselet y porte la première paire de pieds, et 
surpasse de beaucoup, en étendue, les deux autres 
segments (a). Ceux-ci s'unissent étroitement avec 
la base de l'abdomen , et leur partie inférieure, ou 
la poitrine j sert d'attache aux deux autres paires de 



(i) Od a aperça dans cfaelques braçhëlylrcs deax petits points jan- 
n&tresy que Ton a pris pour des jeux lisses , mais , à ce que je peasc , 
sans examen approfondi, d^autant plus que les foriicuies, genre d^or- 
tboptèresle plus voisin des coléoptères, n'en offrent peint. 

(a) Li( membrane intérieure offre , de chaque côte' , par derrière , un 
stigmate, caractère qu'on n'avait pas encore, à ce que je crois, remar* 
^nc , mais dont l'existence était présnmable. 

TOMR IV. . 23 , 



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354 TNS6CTBS COLÉOPTBftBS. ' 

pieds (i)* Le second, sur lequel est placé Fécusson, 
se rétrécit en dev^tnt, et forme un court pédicule 
qui s'emboîte dans la cavité intérieure du premier, 
et lui sert de pivot dans ses mouvements. 

Les éljtres et les ailes prennent naissance sur les 
bords latéraux et supérieurs de rarrière-tronc. Les 
éljtres sont crustacées y et, dans le repos, s'appli- 
quent Tune contre Tautre, par une ligne droite , le 
long de leur bord interne , ou à la suture, et tou- 
jours dans une position horizontale. Presque toujours 
«lies cachent les ailes, qui sont larges et pli ées trans- 
versalement. Plusieurs espèces sont aptères, mais 
les élytres existent toujours. L'abdomen est sessile 
ou uni au tronc par sa plus grande largeur. Il est 
composé^ à l'extérieur, de six à sept anneaux, 
membraneux en dessus , ou d'une consistance moins 
solide qu'en dessous. Le nombre des articles i^% 
tarses varie depuis trois (a) jusqu'à cinq. 

Les coléoptères subissent une métamorphose com- 
plète. La larve ressemble à un ver, ayant une tête 
écailleuse, une bouche analogue , par le Bomibre 
et les fonctions de ses parties , à celle de l'insecte 
parfait , et ordinairement six pieds. Quelques es- 
pèces , en petit nombre, en sont dépourvues, ou 
n'ont que de simples mamelons. 

(i) Le inëaothorax est toujours court ot étroit , ei le métailiorax , soa- 
Tent spacieux, est sflloniic lon^itudinalezocnt dans son milica. 

(a) A en jUQcr par analogie, les coUoptères diu monomères ont proba- 
blement trois articles au.\ tarses , mais dont les deux premiers échappent 
à la vue i celle scclioo et celle de^ dinères ont énÀ supprimées. 



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FAMILLB DBS GAftlTASSIBliS. 355 

La Djmphe est ioactive; et ne prend pas de 
nourriture. L'habitation^ la manière devirreet les 
antres habitudes de ces insectes , s(Ht dans leur pre- 
mier âge, soit dans le dernier , varient beaucoup. 

Je divisa cet ordre en quatre^ sections, d'après le 
nombre des articles des tarses. 

La première comprend les Pentamèresy ou ceux 
dont tous lés tarses ont cinq articles, et se compose 
de six familles, dont les deux premières distinguées 
des autres par l'existence d'un appareil excrémentiel 
double (i). 

La première famille des GoLioPTàaBS Pbitta- 

MÈRES, 

Les carnassiers Cuv- (CARNIVORA. —AJéphages. 
Çlairv. ) (a). ' 

A deux palpes à chaque mâchoire , ou six en tout. 
Les antennes sont presque toujours en forme de fil 
ou de soie, et simples. 

Les mâchoires se terminent par une pièce écail- 
leuse , en griffe, ou crochue, et le côté intérieur est 
garni de cils ou de petites épines. La languette est 
enchâssée dans une échancrure du menton . Les deux 
pieds antérieurs sont insérés sur les côtés d'un ster* 

(i) D'après M. Dafonr, ks boucliers oa Silpha^ çenre delà quatrième 
famille , en offrent aussi un , mais aniqae , ou sur un seal côte. 

(s) Cette famille. Tune des plus considérables des coléoptères, dcjà 
itlustr^ei qaont à Ia mdlhode, \fki tes travaux de MM. Wcber, Clairyilleet 
Bonellî, sortira enfin du cahos, sous le rapport des espèces, si H. le comte 
Bejeail continue XtSptcUsàts coléoptères de sa collection, dont il a public 
deux volumes, ouvrage remarquable. par Texactitude des descriptions. 

a 3* 



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356 msECTES goléoptèebs. 

num comprimé et portés sur une grande rotule ; les 
deux postérieurs ont un fort trochanter à leur nais- 
sance; leur premier article est grand, paraît se 
confondre avec Tarrière-poitrine , et a la forme d'un 
triangles curviligne, avec le côté extérieur excavé. 

Ces insectes font la chasse aux autres , et les dé- 
vorent. Plusieurs n'ont point d'ailes sous leurs ély- 
tres. Les tarses antérieurs de la plupart des mâles 
sont dilatés ou élargis. 

Les larves sont aussi très carnassières. Elles ont , 
en général, le corps cjlindrique, alongé, et com- 
posé de douze anneaux ; la léte , qui n'est pas com- 
prise dans ce nombre , est grande, écailleuse, ar- 
mée de deux fortes mandibules recourbées à leur 
pointe , et offre deux antennes courtes et coniques , 
deux mâchoires divisées en deux branches , dont 
Tune est formée par un palpe, une languette 
portant deux palpes plus courts que les précédents, 
et six petits yeux lisses de chaque coté. Le pre- 
mier anneau est recouvert d'une plaque écailleuse ; 
les autres sont mous ou peu fermes. Les trois pre- 
miers portent chacun une paire de pieds , dont l'ex- 
trémité se courbe en avant. 

Ces larves différent selon les genres. Celles des ci- 
cindèles et de l'ariste bucéphale ont le dessus de la 
tête très enfoncé dans son milieu , en forme de cor- 
beille, tandis que sa partie inférieiTre est bombée. 
Elles ont , de chaque côté , deux petits jeux lisses 
beaucoup plus gros , et semblables à ceux des I j- 



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FAMILLE DES CARKASSIBAS* SSj 

, coses ou des araignées Aoxips. La plaque supérieure 
du premier segment est grande y et en bouclier der 
mi- circulaire. Le huitième anneau Ta sur le dos 
deux mamelons à crochets ; le dernier n'a point 
d'appendices remarquables. 

Dans les autres larves de cette famiHe qui nous 
sont connues , à l'exception de celle des omophrons, 
la tête est moins forte et plus égale. Les yeux lisses 
sout très petits et semblables. La pièce écailleuse 
du premier anneau est carrée, et ne déborde point 
le corps. Le huitième n'a point de mamelons^ et 
le dernier est terminé par deux appendices co- 
niques , outre un tube membraneux formé' par le 
prolongement de la partie du corps ouest l'anus. 
Ces appendices sont cornés et dentés dans les larves 
des calosoiçes et des carabes. Ils sont charnus, ar- 
ticulés et plus longs dans celles des harpales et des 
licines. Le corps des avant-dernières ost un peu plus 
court, avec la tête un peu plus grosse. La fgrme des 
mandibules des unes et dès autres se rapproche de 
celle qu'elles ont dans l'insecte parfait. La larve de 
l*omophron horde y d'après les observations de M./Des- 
njarest > a une forme conique y une tête grande , 
avec deux très fortes mandibules, et n'oflPre que 
Jeux yeux \ l'extrémité postérieure du corps , qui 
se rétrécit peu à peu , se termine par un appendice 
de quatre articles. Je n'en ai compté que deux à 
ceux des larves des licines et des harpalçs. 

Cette famille a toujours un premier estomac 



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358 lN9BGTfiS COLÉOPTÈAES. 

court et charnu ; un second alongé, comme velu 
à l'extérieur à cause des nombreux petits vaisseaux 
dont il est garni, un intestin court et grêle. Les 
vaisseaux hépatiques, au nombre de quatre, s'in- 
sèrent près du pylore. 

Il j en a de terrestres et d'aquatiques. 

hes ^ten*eslres ont des pieds uniquement propres 
à la coursé, et dont l%s quatre postérieurs sont in- 
sérés à égales distances, les mandibules entièrement 
découvertes, la pièce terminant les mâchoires, droite 
inférieùrement , et seulement courbée à son extré- 
mité, et, le plus souvent, le corps oblong, avec 
les jeux saillants. Toutes leurs trachées sont tubu- 
laires ou élastiques. Leur intestin se termine par 
un cloaque élargi , muni de deux petits sacs qui se - 
parent une humeur acre (i). 

t ■ ■ ■..»'■.-■ I - I I ■■ ..« Il ' . ■ ' ' ■ I I II» I ■ 

(i) M. Léon Dufour a présenté^ dans les Annales des fcienoes nata- 
. relies (Vin , p. 3I>) , le résumé soîyant des caractères anatomiqoes des 
insectes de cette divUioii : 

c Les Carabiques sont chasseurs et carnastters. La lon^near de leur 
tube digestif n^ surpasse pas plus de deux fois celle de leur corps. L^œso- 
pha^ est coort; il est soivi d'un jabot mascnlo-nembraneux bien déve- 
loppé ,i très dilatable; pais vient un gésier ovale on arrondi » à parois cel- 
luleuses et élastiques , armé intérieurement de pièces cornées mobiles ^ 
propres à la trituration, et mnni d'une valvule à ses deaa: orifices. Le 
ventricvh chylifique , qoi lui succède , est d'one texture moUe et expan- 
sible , constamment hérissé de papilles plus ou moins prononcées , et 
rétréci en arrière. ïi intestin grêle est assez court. Le coecum a la fonne au 
jabot. Le rectum est court dans les deux sexM, Les veiisseaux h^paiiçues 
ne sont qu^ail nombre de deux, en arc diversement reployé, et s^im- 
plantent , par qvatre insertions isolées, autour de la terminaison do ven- 
tricule chylilique. Les testicules sont formés chacun par les circonvolu •> 
lions agglomérées d'un seul vaisseau spermatique , tantôt presqu'à nu , 
tantôt revêtues d'me couche adipeuse , d'une sorte de tunique vaginale. 



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FAMILLE DES CARNASâlfiliS. 359 

Ils se (^visent en deux tribus* 
La première, celle des Cicindélètes ( Cicindc- 
leice, Lat. ), comprend le genre 

Des Cicihdèles. (Cigindela. L. ) 

Qui a, au bout des mâchoires, un onglet qui s'arti- 
cule , par sa base , avec elles. 

Leur tête est forte, avec de gros yeux, des mandi- 
bules très avancées et très doutées, et. la laugueùe forl 
courte, cacbée derrière le menton. Leurs palpes labiaux 
sont composés distinctement de quatre articles; ils sont 
généralement velus, ainsi que les maxillaires. La plupart 
des espèces sont «{[^tiques. 

Les unes ont une dent an milieu de l'ëchancrurc du m en 
lon^ les palpes labiaux écartés à leur naissaucc, avec le pfc-' 
mier article presque cylindrique, sans prolongement angu- 
laire k son extrémité; et les palpes maxillaires extcricuis 
manifestement avancés au-delà du labre. 

Ici les tarses sont semblables et à articles cylindriques dans 
les deux Vexes; l'abdomen est large , presque en forme de 
cœur, et entièrement embrassé par des élytres soudées^ et 
dont le bord extérieur forme un^-carène. 

• '■ ;-; -^ 

Les ctmaux déférents «ont soaveat repliés en épidid^me. hei.Tt^ctUas 
séminales y an nombr» de deox sealemeat, sont filiformes. Le conduit 
ejaculaieur est coari, la verge grêle et alongéc, Varmiwe copidaiiice 
plus ou moins oompliqvée. . Les ouaires n'ont que sept à doazc gaines 
ovigères àchacnn^ maltilocolaires, rëunies en un faisceau coaoïde. Uovi^ 
dueie est coort. La giamie sébacée , composée d'un vaisscao sécnftcur , 
Untdifilifoniey tantôt renflé à son extrémité, et d'nn réscrtoîr. La tmU'e 
s'acccompagnc de deux crochets rétractiies. Les œufs sont ovales-oblong». 
L'existence d'un appareil de sécrétion excrémentitielle est un des traits 
anatomiqnes les pins saillants de tous les T>irabiqaes. Il consiste en une 
ou plusieurs grappes à^utricules secrétaires dcmt la forme varie selon les 
genres , en un long canal efférenl , en une vessie ou réservoir contractile , 
en un conduit exerélear doni le mode d'excrétion varie ^ et en un Uquido 
excrété qui a des qualités ammoniacales. Ij* organe respiratoire a drs stig- 
tnaUs ou boutons bivalves , et des trachées toutes uAidaires. Le système 
nerveux né dlfière pus dé celui des Coléoptères en général ». 



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36o I1!iS£CTBS COLBOPTiaES« 

Les Maivtigores. ( MAirricoRA. Fab. ) t 

Le« deux seules espèces (i) connues habitent exclusive- 
ment la Cafrerie^ ce sont les plus grandes du genre. L'une 
d'elles {Manticorapalliday Fab.) est rapportée^ avec doute, 
par M. Williams Mac-Leay, à un nouveau genre, qu'il 
nomme Platyghile (Plafychile), et qui ne nous paraît 
^ guère différer des manticores qu'en ce que les élytres ne 
sont point soudées (a). 

La les trois premiers articles des deux tarses antérieurs 
iont sensiblement plus dilatSs ou plus larges dans les mâles 
que dans les femelles. 

Tantôt le corps est simplement ovale ou oblong, avec le 
corselet presque carré, sub-isométrique , ou plus large que 
long y et point globuleux^ ni en form^de nœud. Le troi- 
sième article des tarses antérieurs des mÂles ne s'avance 
point intérieurement, et le suivant est inséré à son ex- 
trémité. 

Parmi celles-ci , les espèces dont les palpes labiaux sont 
sensiblement plus longs que les maxillaires externes , avec le 
pénultième article plus long que le dernier, forment deux 
sous-genres. 

Les Megacephales. (Megacepbala. Lat. ) 

Qui ont le labre très court, transversal, et le premier ar- 
ticle des palpes labiaux beaucoup plus long que le suivant , 
et saillant au-delà du menton (3). 

Les OXTCHEILES. (OxYGBEILAi. I>ej. ) 

Dont le labre est en forme de triangle alongé , et dont le 
premier article des palpes labiaux n'est pas beaucoup plus 
— 9 — 

(i) Manticora maxiUosa^ Fab. ^ Oliv. , ool. III , 3; , i, a ; Hist. nat. 
des coléopt. d^Ear. , I » t » i j — ManUcora paUida , Fab. 

(a) Annalosa javanica , I , pag. 9. 

(3) Cicindela megalocephala , Fab. ; Oliv. , II » 33 , 1 1, la ; C caro- 
lina , Oliv. , ihid, , xi , 32 ^ — Magacephala euphratica, Hist. nalor. 
des col^pt. d^Eor. , I , i , a. Voyez, pour les autres esj)cces , le Species 
gëndral des coléopt, de M. le comte Dejean, tom. I, pog. 6 et sai?. 



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FAMIIiLB DES CAI^NASSfBRS. 56 1 

long que le suévant^ et ne dépasse point l'échancrure du 
mepton (i). 

Dans les espèces suivantes, les palpes labiaux sont tout au 
plus de la longueur des maxillaires externes, avec le dernier 
article plus long que le précédent. Elles composent aussi 
deux sous-genres. 

Les EtTPROsopES. ( Eupbosofvs. Lat., Dej.) 

Où le troisième article des palpes labiaux est plus épais 
que le dernier , et dont les trois premiers articles des tarses 
antérieurs des mâles sont peu alongés, aplatis, carénés en 
dessous, et également ciliés des deux côtés. Les yeux sont 
très gros^ ces insectes se tiennent sur les arbres (a). 

Les CiGiNDELES propres. ( Cigindela. Lat. ) 

Ne s'éloignant guère des euprosopes qu'en ce que le troi- 
sième article des palpes labiau^ n'est pas notablement plus 
épais que le suivant^ et par leurs tarses antérieurs, dont les 
trois premiers articles sont, dans les mâles, fort alongés, 
plus fortement ciliés au c6té interne qu'à Topposé, et sans 
carène en dessous. ^ « ^ 

Leur corps est ordinairement d'un vert plus ou moins 
foncé, mélangé de couleurs métalliques et brillantes, avec 
des taches blanches sur les. étuis. Elles fréquentent les lieux 
secs, exposés au soleil, courent très vite, s'envolent dès 
qu'on les approche, et prennent terre i^peu de distance. Si 
on continue de les inquiéter, elles ont recours aux mêmes 
moyens. 

Les larves de deux espèces indigènes , les seules qu'on ait 
ol}servées , se creusent dans la terre un trou cylindrique 
ass^ profond, en employant leurs mandibules et leurs pieds. 
Pour le déblayer, elles chargent le dessus de leur tète des 
molécules de terre qu'elles ont détachées, se retournent , 

(i) Cicinddatrinisy Fab. ^ Oliv., Coléopt., H, 33, m, 35; Ojct- 
«^teila trittU , Dej. , Species gënër. des coWopt. , I, pag. i6 j — Chindela 
bipusudata^ Latr.; Voyag. de MM. Hamb. et BonpL; Obtenr. d'anat. et 
de zool. , no 1 3 , xvi , i , a. 

(3) Cicindeia ^-notata, HUt. natar. des coléppt. d'Ew.» l,^,^^ 
Euprosopus i^^notatus^ Dfi. , Spee. çenér. des colëopt. , I, pag. i5i. 



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363 IMSBCTBâ GOLÉOPTÈRUS. 

grimpeDt peu à peu, se reposeôt par ioUrvalles, en «e 
cramponnant aux parois intérieures de leur habitation ^ à 
l'aide des deux mamelona de leur doS; et arriyées à ForiBce 
du trou y rejettent leur fardeau. Dans le moment qu'elles 
sont en embuscade, la plaque de leur tète ferme exactement 
et au niveau du sol l'entrée de leur cellule. Elles saisissent 
leur proie avec leurs mandibules y s'élancent même sur elle , 
et la précipitent au fond du trou , en inclinant brusquement 
et par un mouvement de bascule ^ leur tète. Elles y descen- 
dent aussi très promptement y au moindre danger. Si elles 
se trouvent trop à l'étroit ou que la nature du terrain ne 
leur soit point favorable ^ elles se font un nouveau domi- 
cile. Leur. voracité s'étend jusqu'aux autres larves de leur 
propre espèce qui se sont établies dans les mêmes lieux. 
Elles bouchent l'ouverture de leur demeure, lorsqu'elles 
doivent changer de peau ou se métamorphoser en nymphe. 
Une partie de ces observations m'a été communiquée par feu 
M. Miger , qui a étudié avec beaucoup de soin un grand 
nombre de larves de coléoptères, et en a découvert plusieurs 
qui avaient échappé aux recherches des naturalistes. 

La C/ champêtre ( C* campestris , Lin. ) , Panz. , Paun. , 

. tnsect.; Germ.^ LXXXV y m. Longue d'environ six lignes , 

d'un vert-pré en dessus, avec le labre blanc , faiblement 

u^identé au milieu» Cinq points blancs sur chaque élytre. 

Très commune en Europe, au printemps. 

La C. hybride ( Ç. kybrida, Lin. ) , Panz. , ibid., iv, qui 

a sur chaque élytre deux taches en croissant et une bande 

blanche; une de ces taches située à la base extérieure eC 

l'autre au bout j suture cuivreuse. — Dansles sablonnièi-es, 

ne se mébnt point avec la précédente (i ). 

Une autre espèce de notre pays, la Cicindèle germ^ni- 
que {Cicindela germanica. Lin. ), et quelques autres, ont 
une forme plus étroite et plus alohgée, et semblent for- 

(i) A]. Cicindda tytvaliaa^ Vm.\ Clairv. , Entom. helr. , II , zxir. A^ 
^ C. sùvuUa , Fab*« Clairv. , ttid. , B , b ; ^ C garmanùa , Xi» . ; Pftnz, 
Faun. înseoi. Genn. , VI, v. f^oyet aussi, poor ces espèces et les aaUC5 
d'£arope, THlst. natur. des coléopt. d'Eur. par MM. Larreille etleeomir 
ll^jean* iasc I, y%^u^7 et soiv ^ et tant pour ks m^mes que pour un 
faraud nombre d^exotîques , 1c Species ^éxïéc4fiA ce derotcr savant. 



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FAMILLB BB5 GAliNAyiEftS. 563 

mer une coupe partîcntîèire. Klè me é'cnvole pas , aîusi 
que les prëoëdéntes^ dès <}ti*OD veut 1&. saisir^ ^ais s*^ 
chappe^ eu eourant tràs vice. M. Gotth.^Fisoher^ dans son 
Efttomog» de la Russie^ eu a placé une espèce du Brésil 
dans le sous-genre thérate ( 71 marginatus ). 

Toutes ces espèces ont des ailes; mais on en connait^'ap- 
tères^ dont l'abdomen est d'ailleurs plus étroit ^t ovalaire> 
et dans lesquelles la dent de Téchancrure du menton est 
très petite, à peine sensible. Telle est celle que nous avons 
représentée dans notre* Hist. natu^. des coléopt. d'£ur0pc 
(ly ly 5. )> tK>U0 le 4om de Coarctata. M. le comte Dejean 
(Spec* gén. des C<ri*, H, p. 434) a formé avec elles un nou- 
veau genre f cdui de Dromioa, 

Tantôt le corps est long et étroit , avec le corselet alongé , 
en forme de nœud y rétréci en devant* Le troisième article 
èes deux tarses antérieurs des mâles est en forme de palette 
et avancé intéri|urement^ le suivant est inséié extérieure- 
ment près de sa base. 

Les CTinosTOMES. (Ct£nostoma. Kliig. -^ (7arw, Fisch.) 

Ce sous- genre parait être jusqu'ici particulier aux con- 
trées tntra-tTopicales de l'Amérique méridionale. La tété ost 
grosse, at^c les antennes presque aussi longues que le corps 
et presque sétacéés ; les palpes extérieurs très saillants et 
terminés par un article plus gros , en forme de poire ^ilon- 
gée; le pénultième article^ des maxillaires externes plus court 
que le suivant ; les deux premiers des labiaux fort courts , 
et le lobe terminal des mâchoires sans onglet sensible au 
bout. L'abdomen est ovalaire, étranglé à sa«base et pédi- 
cule. Les pattes sont longues et déliées» 

Les cténostomes se rapprochent, sous le rapport de la gian- 
deur des palpes, des m^^acéphales et à d'autres égard| des 
tricoodyles et des tbérates (i). 

(i) VcrfezVEntomoîogiœhrasUiannêpeeimetfàA'VL.l^xx^i leSpecie» 
{;Àoér4des ooléopt. d^Eur. de M. le comte Dqebn, tom. x, pag. i5a et 
sirîv. , et le Snppl. du tom. II ) THist. natur. des orféopt. d'fiur. , Fasc. I, 
pag.3$ j l'Entomo^rapliiedeU Ko8«e,de M. Gotthctf Plseher, lom. 1$ 
Gêner . inscct. , paç. 98/ 



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364 IKS|jOTB$ COLÉOPTÈRES. 

Les autres n*oDi point de deol âu milieu de Técliancrurc 
du menton. Les palpes labiaux sont, contigus à leur nais* 
saoce, avec leur premier ailicle obconique ou en forme de 
pyramide renversée , et dilaté ou prolongé ititérieurement , à 
son extrémité, en manière d'angle ou de dent; les maxillai- 
res eittérieures ne dépassent guère lelabre.Ces espèces ont été 
reparties dans trois sous-genres. • 

Les Thzbates. (Thekates. Latr. — EupychiU ^ Bonelli.) 

Semblables, pour la forme générale^ aux cicindèles pro- 
pres, mais qui s'en distinguent, ainsi^ue de tous les sous- 
genres analogues , 4>ar leurs palpes maxillaires internes très 
petits, et d'une forme aciculaire. Les tarses sont semblables 
dans les deux %ei»:Sy avec le pénultième article en forme 
de cœur, sans échancrure, et simplement creusé en-dessus 
pour l'insertion du dernier. 

Ces insectes sont exclusivement propres f ux îles les plu» 
orientales de l'Asie, comme Java, celles de la Sonde, et celles 
qui sont au nord de la Nouvelle-Hollande (i). 

Dans les deux sous-genres suivants , et tous propres aux 
Indes orientales ou aux îles plus reculées vers l'est, le corps 
est étroit et alongé, avec le corselet presque cylindrique ou 
en forme de nœud. Le troisième ou le quatrième article des 
tarses est prolongé intérieurement en manière de lobe. 

Les CoLLiuBES. (CoLLivais. Latr. — Collyris y¥^h.) 

Us sont ailés. Les antennes sont plus grosses vers le bout. 
Le dernier article des palpes labiaux est presque en forme de 
hache, et le précédent souvent courbe. Le corselet est pres- 
que cylindrique , rétréci et étranglé eu devant , avec le bord 
antérieur évasé. L'abdomen , qui est aussi presque cylindri- 
que ^s'élargit et s'agrandit postérieurement. Les tarses sont 
semblables dans les deux sexes , avec le pénultième article 
prolongé obliquement, au côté interne, aussi grand que le 
— " " * ■ ■ ■ ■■■.■■ I .1 , ,■ ■ ^ 

(i) Voye^ Latr. et Dej. y Hist. uator. des colëopt. d-Eor. , jwc. I , 
pa^. 63; le Spec. g^nër. des ooléopt. de M. le comte Dejean, tom. I » 
pa((. 57 , et le Sopplem. du tom. II, et surtout le Mémoire de M. Bpselli 
surcefçenrr. 



I 



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FAMILLE D&S OARKASSIBt^, 365 

précédent, ee4:elai-d ea forme de triangle rearetsé, avec 
les angles aigus (i). 

Les Thicowdyles. (Tricowdyla. Lat.) 

Ici les ailes manquent, les antennes sont filiformes, et Ta- 
vant-demier article des palpes labiaux est le plus long et le 
plus épais de tous. Le corselet est en forme de nœud , sub- 
ovoïde, étranglé , tronqué et rebordé aux deux bouts. L'ab- 
don^en est ovalaire, oblong, rétréci vers sa base , et un peu 
gibbeux postérieurement. Lçs trois premiers articles des 
tarses antérieures sont dilatés dans les mâles ^ le troisième 
est prolongé obliquement, au oèté^interne, en manière de 
lobe ; le suivant est presque semblable, mais beaucoup plus 
petit et moins prelcuigé (a). 

Lasecoqde tribu, celle des Carabiques ( Cam- 
biciy Lat.), comprejod le genre 

Gi»AB£. ( Caaabus. L. ) 

Qui a lef mâcboires terminées simplemeiH en pointe> 
ou en crocliet, sans articulation à son extrémité. 

Leur tête est ordinairement plus étipoite que le cor- 
selet, ou tout au plus de sa largeur;' leurs mandibules, 
à Texceptioif de celles d'un petit nombre, n ont point, 
ou que très peu de dentelures; la languette est ordi- 
nairement saillante, et les palpes labiaux n'offrent que 
trois articles libres (3). Beaucoup sont privés d'ailes et 
n'ont que des étytres. Ils répandent souvent une odeur 
fétide, et lancent par l'anus une liqueur acre et caus- 

(i) f^OT^eziei mêmes ouvragés qoe ci-dessus. L*espèce qoej'ai décrite 
et fi|pirëe toas le nom de hngieoH& est distîncta de celle qoe Fabricios 
désigneainsi; c'est k ColUuris cmarginata de M. Dejean^ Spec. gëoér», I, 
ï»g. i65, 

(a) Item. 

(3) Bans les Qcindèles, Tarticle radical «est dégagé, et c'est pôar cela 
que les palpes ont quatre articléls; mais ici il est*enUèrement adhérent>et 
ne Ibrrae qu'un support , dont on ne tient pas compte. 



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366 lll^eCTBS COLÊOPTEABS* 

tique. Geoffiroy â présamë que le& anciens les avaient dé- 
signés sous le nom de Buprestes, insectes qu'ils regar- 
daient comme un poison très dangereux } partidulière- 
ment pour les bœufs (i). 

Les carabes se cachent dans la terre , sous les pierres, 
les écorces des arbres, et sont, pour la plupart, très 
agiles. Leurs larves ont les mêmes {^abitudes. Cette tribu 
est très nombreuse, et d'une étude diiEçile. 

Nous composerons une premiëEe diviaton générale avec 
oeux dont les palpes extérieurs ne sont poiol terminés en 
manière d'alèae; leur dernier article n'est point réuni avec 
le précédent pour lonnfir un corps aoitovaUiire et tiès pointu 
au bout, «oit conoïde, avec une pointe gvèle etaciculaire au 
bout. 

Ces carabes peuvent se subdiviser len ceux ddnt les deux 
jambes antérieures ont au côté interne une forte écfaancrure 
séparant les deux épines, qui, d'ordinaire, sont placées 
Tune presse Tau^re , à l'extrémité de ce e6té^ et en ceux où 
les jambes n'ont poin t d'écbancrure, ou n^ présentent qu'un 
canal oblique, linéaire, n'avançant point sur lècôté anté- 
rieur de ces jambes. 

Nqixs partagerons cotte^subdivision en plusieurs sections. 

i"" Les Ettjis-trojcquiés ( Trunçatipennes) , ainsi nommés à 
raison de leurs ély très presque toujours tronquéf^ à leur extré- 
mité postérieure. La tête et Te corselet sont plus étroits qm: 
l'abdomeo. La languette est le plus souveut ovale ou carrée, 
et rarement accompagnée , sur les côtés , de divisions ( pani- 
glosses ) saillantes. 

Les unes ont les crochets des tarses simples ou sans den- 
telures , disposées en manière de peigne. 

Nous commencerons par ceux dont la tète n'est point ré* 
trécie brusquement à son extrén^ité postérieure, et ne tient 
point au corselet pas une sorte de cou formé brusquement , 
ou par une espèce de rotule. Le corselet est toujours en forme 
de cœur tronqué. Les palpes extérieurs ne sont jamais ter- 
minés par un ani>cle beaucoup plus gros et en forme de ha- 

(0 j^ojezlc^envû lléVoè. 



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FAMILLE DES CAU^ÀSSIBUS. 567 

che. Les deux Urses antérieurs dea mâles ne sont j)OÎQt ou 
que très peu diUtés ^ le pénultième article de ces tarses et 
des autres, n'est pmais profondément bilobé* 

Les trois sous-genres suivants ont un caractère négatif 
commun j celui d'être privés d'ailes« 

Lés Anthixs* (AfiTTUA* Web., F^b.) 

Ont une languette cornée, oyale, et a'avançant entre les 
palpes, jusque près de leur extrémité* 

Le labre est souvent grand et dei^ ou ^ngulevx. 

Leurs palpes extérieurs soi^t filiformes , avec le dernier 
article presque cylindrique ou en cône renversé et alongé. 
L'échancrure du menton n'offre point de dent. L'abdomen 
est ovalaire, le plus souvent convexe, et les élytres sont 
presque entières ou peu tronquées. 

Ces insectes, ainsi que ceux du sous-^enre suivant, ont le 
corps noir, tacbeté de blanc, couleur formée par un duvet , 
et babitent les déserts ou des lieux semblables de rAfri* 
que (i) et de quelques parties de l'Asie. Les anthies, d'après 
une observation de fou Leschenault de Latour, jettent, par 
l'anus , lorsqu'on les inqoiète, une liqueuic caustique. Les 
espèces sont généralement grandes, et dans les mâles de 
quelques-unes, le tborax se dilate plus ou moins en arrière 
«t se termine par deux lobes (d>. 

Les Graphiptères. (^raphipterus. Lat. — AnthiayYzb,) 

Qu'on avait confondu avec les précédents , mais qui en 
diffèrent par leur languette entièrement membraneuse , à 
l'exception du milieu ; par leurs aA tenues comprimées et 
dont le troisième article est beaucoup plus long que les au- 
tres. Leur abdomen est d'ailleurs toujours aplati, arbicu- 

( I) Qnoiqu'oa ait Xtowré dans la parité mëridic^ale de TEapagne et de 
ritalie plasieurs insectes da nord de F Afrique , on ïC-y a pas encore de* 
couvert une senlc espèce d'aathie ni de 'graphiptère, 

(a) y^oyez le second fascicule de i'Iiistoke naturelle des coléoptères 
. d'Europe; le premier volume du Species de M. le comle Dqjean; Texcel-^ 
lent ouvrage de M. Scliccnhorr sur la Synonymie des insectes , et la partie 
zodogiqne du Voyage de M. Cailliaud , où j'ai ddcrit et figurd les in- 
fectes recueillis par lui en Afrique. 



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368 INSBGTBS GOLâOPTSaES. 

laire, et Tune des deux épines terminant les jambes posté- 
rieures est beaucoup plus grande que l'autre^ et en forme de 
lame. 

Les espèces de ce sous-genre sont exclusivement propres 
à l'Afrique^ et plus petites que les précédents (i). 

Les Aptines ( Aptinus. Bon. — BrachinuSy Web., Fab. ) 

Ont le dernier airticle des palpes extérieurs un peu plus 
gros y celui des labiaux surtout , et une dent au milieu de 
Técbancrure du mentodlLeur languette ressemble d'ailleurs 
à celle des grapbiptères , mais les divisions latérales ou pa- 
raglosses forment une petite saillie pointue. Mats ce qui les 
distingue plus particulièrement , ainsi que le sous -genre 
suivant, est que leur abdomen ovale et assez épais, ren- 
ferme des organes sécrétant une liqueur caustique, sortant 
avec explosion par l'anus , se vaporisant aussitôt , et d'une 
odeur pénétrante. Cette liqueur, lorsqu'on tient l'animal 
entra les doigts, produit sur la peau une tache analogue à 
celle qu'y ferait de l'acide nitrique , et même , si l'espèce est 
assez grande, une brûlure, avec douleur. M. Léon Dufour 
nous a fait connaître (a) les organes qui la sécrètent. 

Ces insectes se trouvent, et souvent rassemblés en société, 
du moins au printemps, sou» les pierres. Us font usage de 
ce moyen de défense pour épouvanter leurs ennemis,et peu- 
vent réitérer l'explosion un assez grand nombre de fois. Les 
plus grandes espèces se trouvent entre les tropiques ef dans 
les autres pays chauds, jusqu'aux limites de la sône tem- 
pérée. "^ 

Nous citerons , \^ VAptine tirailleur ( BrachinUs displo- 
soTy Duf.; Aptinus batista , Dej.^ Hist. natur. des coléopt. 
d'Eur., il, VIII, I ). Il est long de cinq à huit lignes, noir, 
avec le corselet fauve et les élytres sillonnées. Dans la Na- 
varre , diverses contrées de l'Espagne et en Portugal. 

(i) F'oyez le second iÎMcicole de l^Hist. nat. des colëopt. d'Eor. , et le 
premier, volame du Species de M. le comle Dejean ; VAnÛiia exclamalio- 
niê de Fabricias est un Grapliiptère figuré dans le Dict. d^hist. nat. , 
tom. X , £, d , 7 , sous le nom de trllinée. 

(s) Mém. sur le Brachine titçilUwy Ann. du Mus. d!liist. natar , XVII, 
70 , y, (et les Annales des sciences naturelles» VI y p. 3ao. 



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FAMILLE D^S GÂHNASSII^flS. SGq 

^"^VJptinedes Pyrénées {Apiintispyrenœus^ Dej. , Hîst. 
natur. des coléopt. d'Eur , Il , viii , 3. 11 est long de trois 
il quatre lignes , d'un noir foncé j avec les antenneret les 
palpes fauves, et les pattes d'un jaune roussâtre.Les âytres 
sont sillonnées. Il a été découvert dans le département des 
Pyrénées*Orientales par M* le comte Dejean (i.) 

Les Bbachines. (Brachinus. Web. Fab.) 

Ne diffèrent guère des aptines qu'en ce qu'ils sont pour- 
vus d'ailes, et que l'échancrure du menton n'offre point de 
dent. 

Les uns , et généralement plus grands, et pour la plupart 
exotiques, ont lesélytres très distinctement sillonnées ou à 
cotes , et de ce nombre est une espèce commune aux Antilles 
etàCayenne, 

Le Brachine aplati^ Brdchinus cvmplanatus ^ Fab. ; Co- 
rabusplanuSy Oliv., III, vi, 63). Son corps est long de six/ 
à huit lignes 9 d'un jaune roussâtre, avec lesélytres noires, 
et offrant un point humerai , une bande sinuée , traver- 
sant leur milieu, et une tache à leur extrémité, de la cou- 
leur du corps ^ c'est' aussi cell^ de leur bord extérieur. Les 
angles postérieurs du corselet se prolongent en pointe. 
Les autres brachines ont les élytres unies ou légèrement 
sillonnées* 

On trouve communément aux environs de Paris les espè- 
ces suivantes: 

Le Brachine pétard ( Brachinus crepitans , Fab. ; Hist. 
natur. des cdléop. d'Eur., II, viii, 6; Panz., Faun., insect. 
g^rm., XX , 5 ). Sa longueur moyenne est de quatre li- 
gnes. 11 est fauve, avec les élytres tantôt d'un bleu foncé , 
tantôt d'un vert bleuâtre, faiblement sillonnées, et les 
antennes fauves; mais ayant le troisième et le quatrième 
article noirâtres. La poitrinç, à l'exception de son milieu, 
et l'abdomen , sont de cette couleur. On avait confondu 
avec cette espèce celle que M. Duftschmid a nommée ex- 
plodens(^\sU natur. des coléop. d'Eur., lï, viii, 7), et qui 

(O Voyez le second faseicnle de THUt. natnr. des col<bpt. d^£ur. , et 
le premier volome do Species de M. le comte Dejean. 

TOME IV. 24 



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370 IWSBCTES COLftOPTÈaSS. 

est aussi très Gommune. Elle est de moitié pluspetite, 
avec les élytres bleues et presque lisses. Celle que M. Bo> 
iielH a distinguée sous le nom de glabratus n'en difi^re 
que par le défaut de taches aux aotennes. 

Le Brachine pistçlei ( Brachinus sclopeta , Fab. j Hist. 
iiatur. des coléop. d'Ëur., H > i^ 9 3 ) ressemble tout-à-fait 
à la dernière , mais s'en distingue ^ ainsi que des précé- 
dentes, par la suture des élytres^ qui est d'un rouge &uve, 
depuis la base jusqu'au milieu. Le corps est aussi propor- 
tionnellement plus large et de la même couleur^ tant en . 
dessus qu'en dessous . 

Une autre espèce , le Brachine bombarde (Brachinus 
bombarda, U'iQ.} Hist. nat. des coléopt. d'Éur., II, ix , a), 
tient le milieu entre la dernière et la première. Les ély- 
tres ont autour de l'écusson une tache fauve, mais qui 
ne se prolonge pas le long de la suture. 

Le département de l'Hérault nous offre deux autres, jo- 
lies espèces, l'une {exhalons) ayant les élytres d'un bleu 
obscur, avec quatre points jaunâtres , et l'autre {causticus) 
toute fauve, avec une bande le long de la suture et une 
lâche postérieure noirâtre (1). 

Nous avions d'abord (Hist. nat. des coléopt. d'Eur.) placé 
le genre Catascopus de M. Kirby après les brachines. Nous 
pensons , d'après un nouvel examen , qu'il appartient plu- 
tôt à la section des sùnplicùnanes. L'extrémité postérieure 
des élytres offre bien une échancrure profonde , mais elle se 
termine en pointe, du côté de la sutUre, et n'est point tron- 
quée. Plusieurs espèces de cette division présentent aussi 
le même sinus ; quoique cependant moins profond et moins 
aigu. 

Entre les brachines et les catascopes, M. le comte Dejeao 
( Spec, I, p. aaô) place le genre Corsyra de M. Steven , qui 
a pour type le Çymindis fusula de l'Entomographie de la 
Russie par M. Fischer ( 1, xii, 3 ). 11 diffère de ce dernier par 
ses tarses, dont les crochets sont simples. Le corps est d'ail- 
leurs aplati; comme dans le précédent et autres sous-genres 
voisins, court , assez large, av^c les palpes filiformes, le mea- 

(0 Vojrtz Jet ouvrogcf cit«s aox •OQt-gcnrta prëcédenU. 

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FAMILLE DBS CAllNÀSSI&iiS* 3^1 

ton unidenté, le labre transversal , le corselet plus large que 
la tête et presque demi orbîculaire. 

Où n'en connaît qu'une seule espèce. 

Les autres Carabiques de la même division , et dont les 
clkTOchets sont pareillement simples /s'éloignent des précé- 
dents par la forme de leur téte^ qui 'est resserrée brusque- 
ment des sa naissance ; et présente l'apparence d'un cou ou 
d'uue rotule. 

Viendront d'abord ceux dont les tarses sont presque iden- 
tiques dans les deux sexes, subcylindriques ou linéaires, 
et dont le pénultième article au plus est profondément 
échancré ou bilobé. 

Tantôt les palpes extérieurs Sont filiformes ou peu 
renflés au bout, avec le dernier article presque ovalaire; 
)a fête a la > même forme , et se rétrécit graduellement en 
arrière des yeux. Le pre.^er article des antennes est tou« 
jours court ou peu alongé. Le corselet est toujours étroit et 
alongé. Le corps est assez épais. L'échancrure du menton 
offre une dent dans 3on milieu. La languette est presque 
carrée, avec les paraglosses saillantes et allant en pointe. 

Les Cashonies. (Casmonia. Latr.; — Ophionœa. Klug.) 

Dont le corselet a presque la forme d'un cène tronqué 
ou d'un cylindre rétréci antérieurement (i). 

Les LzpTOTRACHELES. ( Leftotraghelus. Latr. ) 

Oit cette partie du corps est à peu près cylindrique, sans 
rétrécissement sensible en devant j où les élytres ne sont 
poitit tronquées, et dont les tarses ont lenr pénultième article 

bilobé (2). 



(j) Consultez TEntomol. brasil. de M. Klûg; le Speéieé ^cnëral de 
M. le comte Dejean , tom I, pag. i^o ; THist. nat. des oolcopt, d'Eur. ^ 
fasc. Il, vu , 6. L'espèce qui est figurée {cyanocephala) forme t «• raison 
do pënaldème' article des tarses , une division particulière. Ellle se trouve 
au Bengale. Tontes les autres , et dont la principale est Vatulahus pen>- 
ajrhttmattÊ de Linasas , sont améneaines , et ont tous I ëi articles d«s 
urses entiers. 

(%) Odocantha dorsales , Fab. 

34* 



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372 IWSECTES COLÉOPTÈRES. 

Les Odacantbes. ( Odacantha. Payk.^ Fab. ) 

Semblables, quant au corselet ^ mais à élytres tronquées et 
à articles des tarses entiers» 

L'espoce servant 9e type au f^enre, VOdacanthe méfa- 

nure [Odacantha fntlanura, Fab. ; Ciairv. , Ëntom. Helv. 

IL V.; Hist. us^. des'coléopt. d'Ëur., Il, x. 6) , est longue 

de trois lignes, d'un bleu verdâtre, avec les élytres, leur 

extrémité excepté , d'un jaune roussâtre. La base des 

antennes, la poitrine et la majeure partie des pattes sont 

aussi de cette couleur. Le bout des élyire^ est d'un bleu 

noirâtre, (^ette espèce fréquente les lieux aquatiques, et 

habite plus particulièrement les départements du nord de 

la France , l'Allemagne et la Suède (1). 

Tantôt les palpes extérieurs «ont terminés par un article 

plus gros, en forme de cône renve^-sé ou triangulaire; la tête, 

immédiatement après les yeux , est brusquement rétrécie, 

et d'une forme triangulaire ou de celle d*un cœur. 

Les uns, dont le corps est aplati , et que Fabricius a placés 
avec ses galéri tes, ont tous les articles des tarses entiers, 
le corselet en forme de cœur, tronqué postérieurement, et 
les mandibules ainsi que les mâchoires de longueur ordi- 
naire ou peu saillantes. 

Le premier article des antennes est en cône renversé et 
alongé. La languette est carrée, et ses divisions latérales sont 
leplus souvent aussi longuesqu'elle.On aperçoit une dent au 
milieu de l'échancrure du menton, (jes carabiques, dont les 
espèces indigènes se trouvent sous les pierres, les écoroes 
d'arbres, et le plus souvent près des eaux, forment les trois 
sous-genres suivants : 

Les ZvPHiES. ( ZinPHiuM. Latr. ) 

Qui on^ le premier article des antennes aussi long au 
moins que la tète, et les palpes maxillaires extérieui^s fort 
atongés(a) 



( 1 ) L^ Odaeàntha tri^tuudala de EiJ>. est ooe espèce de ngtosc^ 
(a) GaUrUa olens, Fab.; Clairy., Entom. Hel?. , II, xvii, A, a. 
Httt. nat. des coléopt. d^Eur. , fasc. TT, x , 3. 



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FAMILLE DBS CARNASSIERS. ^7.) 

Les PoLtSTlQUES. (PoiilSTIGHTTS. BoD. ) 

Oii, comme dans le sous-geore suivant , 1^ premier article 
des antennes est plus court que la tôle, et où les palpes maxil- 
laires sont de longueur ordinaire; mais dont les second, troi- 
siàme et quatrième articles des tarses^ ceux des deux anté- 
rieures surtout, sont courts, presque orbi^qlaires , et dont 
la languette terminée supérieurement par \!ta bord droit, 
a ses divisions latérales saillantes, en forme d'oreillettes 
arquées^ étroites et pointues (i). 

Les Helluo. ( Helluo. Bon. ) 

Qui ne se distinguent guëi-edu sous-genre précédent que 
par leur languette entièrement cornée, arrondie au bout 
supérieur, et sans divisions distinctes. Les espèces sont toutes 
exotiques (2). 

Les autres, et qui, avec ceux qui suivent immédiat^ement, 
paraissent se rapprocher beaucoup des brachines (3), ont le 
pénultième article de tous les tarses profondément bi lobé; 
les mandibules et les mâchoires longues, étroites et avancées; 
le corps assez épats, avec la tête en forme de trian(;le étroit et 
alongé , et le cèrselet presque cylindrique , un peu rétréci 
postérieuremen t. 

Le premier article des antennes est fort long et rétréci k 



(i) Galenia fasciolata , Fab. ; Clalrv. , ibid. , B . b; Hist. natnr. des 
colcfopt. d'Eur. , ihi'd., 4 ; — Polisticus discoùleuf , ibid. , 5. f^oyez le 
Specijs gënér. de M. le comte Dejean , I, pag. 19^. 

(a) Helluo eostaiuty Hist. nat. des colëopt. d'Ear. , fasc. It , vi , 5, — 
Galerka hirta , Fab. Voyez le Speeies ^éaét, de M. le comte Dejean , 
1 , pa«. aSd. 

ITn helluo inédit da Brésil me parait devoir former un noaveaa sous» 
genre, à raison do ses palpes filiformes, et dont le dernier article <98t cylvH 
drique. . , . 

(3) Les Diyptes ont aussi deq rapports avec les Cycbrus, et paraissent 
lier les Cicindelëtes avec la section des .Carabiqiies grandipalpcs. Plu- 
sieurs sections de cette famille semblent se railaclier , comme autant de 
rameaoi, aux Cicîndëles. La pKipart des antres familles^ d'insectes sont 
dans le même cas» 00 formeiit des troncs - ramilîà. En an mot, des 
sifriet continues n'eiLÎstens pas dans la uaiure. 



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374 ItISBCTES OOhÈOVTÈtLESé 

sa base. Le mentoo cal presque en forme de croissant, sans 
dent au milieu de l'échancrure. La languette est saillante , 
étroite y presque linéaire y et terminée par trois épmes, et 
accompagnée de deux petites paraglosses. Le dessous des 
tarses est garni de duvet. Tels sont les caractères 

Des Dayptes. ( Dbypta. Latr. , Fab. ) 

Toutes les espèces connues sont de l'ancien continent ou 
de la Nouvelle-Hollande. On en trouve deux en Europe , 
et toujours à terre. La plus commune et la Dtypte échan- 
crée {Drypta emarginata , Fab. ; Glairv,, Entom. Helv., 
II , xvA ; Histoire naturelle des coléoptères d'Europe , 
fasc. II, X, i); elle est longued'enviroa quatre lignes, d'un 
beau bleu azuré, avec la bouche, les antennes et les pattes 
fauves. L'extrémité du premier article des antennes et le 
milieu du troisième sont noirâtres. Les élytres ont des 
striea pointillées; elle est plus commune dans le midi 
de la France qu'au nord. M. Blondel ûls l'a trouvée ce* 
pendant en abondance dans une localité des environs 
de Versailles (i). 

Succèdent maintenant des carabiques très analogues aux 
précédents par leurs caractères divisionnaires , mais qui s'en 
éloignent par la forme des tarses. Les quatre premiers arti- 
cles, ou du moins ceux des tarses antérieurs des mâles, 
sont très dilatés et biâdes^ le pénultième de tous est dans 
les deux sexes constamment échancré ou dilaté. Les palpes 
extérieurs et le premier article des antennes sont toujours 
longs. 

Las TaïQsoaifATKES. (Trigroonatha. Latr.) 

Ont le dernier article des palpes extérieurs en formedecônu 
l'euverséet alongé , et une saillie triangulaire et velue au cdtc 
extérieur des mâchoires. Les palpes sont fort longs. Le labre 
offre deux crenelures et trois dents obtuses. Le sommet de 
la languette est armé de trois épines. Les quatre -tarses posté- 

(i) FojreZf poar les aatre0 eapècQs, THlit. «alnr. des colëûpt. d'Eor., 
iasfr. II, X , a , et le Spe«ii^ ^oér. de M. le conu Dejosa» tom. l * 
pi^. 183. 



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FAMILLE DES GAftNASSIB^S. SyS 

rieurs ne sont point dilatés, du point i%n$ les femelles. 
VïnMOCte (margimpennis) servant de type a été apporté da 
Brésil , par le célèbre botaniste M. de Sairit^Hilaire. 

Les Galérites. (Galbrita. Fab.) 

Qui diiRrent des sous-genres précédents par leurs palpes 
extérieurs , dont le dernier article est triangulaire , ou en 
forme de hache , et par leurs mâchoires noh dilatées au c6i6 
extérieur. 

Les deux tarses antérieurs des mAles sont élargis ; les 
échancrures des quatre premiers articles sont aiguës , et 
leurs divisions internes sont plus grandes et plus prolongées 
que les extérieures. La languette est tridentée au sommet et 
ses paraglosses sont très distinctes. L'échancrure du menton 
est unidentée. 

Quelques espèces {Galerita occidentalis y Dej.; — G. afrt- 

cana j ejusd. }» forment par leur tète ovalaire , leur eor- 

selet plus alongé et plus étroit, une division particulière. 

La plupart sont américaines (i). 

Les CoRDiSTES. ( CoRDiSTES. Latr. -^ Calophœna, Kliig« — 
Odocantha, Fab. ) 

Ont les palpes extérieurs filiformes et teiviinés par un ar- 
iicle evdaire et pointu. 

Les quatre premiers articles de tous les tarses sont dilatés. 
Le premier est eu forme de cène renversé et alongé \ les 
lobes des deux suivants sont égaux, étroits ei pointus^; le 
quatrième est en Corme de cœur ou de triaisgle renversé, 
sans écbaacrure^ sa face supérieure est excavée, pour l'in- 
sertion du suivant. La tète est presque ovalaire (a). 

Nous terminons cette section par céuoidont les- crbobets 
des tarses sont dentelés en dessous, en manière de peigne, 

(i) Voyez le second fisitciculé de THist. natar. des coI(k)pt. d'^ur.^ el 
le premier Tolame da Spec. gëndr. de M. le comte Dejean. 

(3) Vajr^z le second fascicule de THut. natur. des coI(<ojpt.jd^Ear. ■; le 
premier volume du Spec. gêner, de M. le comte Dejean , et principale- 
ment r£otom.'bra4l., spécimen de M. le doct. Klûg. Tontes les espèces 
ddcriies sont de rAmëri(j[ue méridionale. 



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376 iJNSfiGTBS GOL£ÛPT£&BS. 

el nouff commeDcerons par ceux dont la tète ovalaire eu 
ovoïde est séparée du corselet par un étranglement brusque , 
très prononcé y formant une sorte de nœud ou de rotule. Le 
pénultième article de leur tarse est toujours divisé jusqu'à 
sa base en deux lobes 5 les précédents sont larges, en forme 
de cœur ou de triangle renversé. Le premier article des an- 
tennes est peu alongé. Toutes les espèces connues sont du 
nouveau continent. 

Les Cteitodacttles. (Ctenodactyla. Dej.) 

Leur8palpesexténeurssontfiliformes,avec]edernierarticle> 
ovalaire. Le corpsestpeualongéaplati^aveclecorselet presque 
en forme de cœur alongé et tronqué péstérieurement (i). 

Les Agrès. (Agvla. Fab. ) 

Les palpes maxillaires extérieurs sont filiformes, et les la- 
biaux se terminent par un article plus grand , sécuriforme 
ou triangulaire. Le corps est long , étroit , avec le corselet 
en forme de côoe alongé , rétréci en devant. 

Le menton est suborbiculaire ^ avec une dent au milieu de 
récbancrure. La languette est presque cylindrique, sans pa- 
raglosses bien distinctes {2), 

Maintenant la tète n'est point distincte ducorselfit par un 
étranglement très, brusque , en forme de nœud ou de 
rotule (3). Les articles des tarses sont entiers dans plusieurs^ 
et les premiers sont rarement dilatés. Le corps est toujours 
aplati. Les paxaglosses ne sont jamais saillantes^ et forment 
simplement une marge membraneuse , arrondie ou obtuse 
au bout. 

Ici le corselet i est isométrique ou plus long que large , en 



(i) Ctenotfactfla ÇhevrolatUy Dej. , S^ec, I, pag. 2^7; de Cajennc, 
(d) Voyez Fezcellentc Moilo^apbie de ce genre publii^e par le doc- 
teur Klûg j le second fesc^ dé THist, nat. dc« colëopt d^Ear. , et le pre- 
mier tome d a Spec, grn(?r. de M. le comte Bejcaii. Toiile» les espèces 
âont de rAmëriqùe întrâtropicnlc. 

(S) TJn peu rdir^cîc jibstcrîcurcmcnt dans les Demclrias et les l>ro- 
mies, maïs point fixée au corselet par une rotule. 



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FAMILLE DBS CARNASSIERS. ^77 

forme de cœur^ tronqué postérieurement. Le corps estalongé. 
Tels sont : 

Les Cyxiitdis. (Ctmindis. Latr. — Cymindis, anomœus. Fisch. 
— Tanis. Clairv. — Carabus. Fab. ) 

Qui ont les palpes maxillaires extérieurs filiformes ou 
guère plus gros à leur extrémité , avec le dernier article 
presque cylindrique ^ et le même des labiaux plus grand , 
presque en forme de hache ou de triangle renversé , dans les 
mâles au moins; dont la tête n'est point rétrécie postérieu- 
rement ^ et dont tous les articles des tarses sont entiers et 
presque cylindriques (i). 

Les Calleïhes. (Calleida. Dej. ) , 

Entièrement semblables aux cymindis^ aux tarses près ;, le 
pénultième article étant bifide^ et les précédents triangu- 
laires. Ce sous-genre est propre à l'Amérique (3) 

Les DivETBiAs. (Demetrias. Bon.) 

Analogues aux calléides par les tarses^ mais ayant la tête 
ovalaire, rétrécie postérieurement, et tous \e» p^alpes exté- 
rieurs presque filiformes , avec le dernier article presque, 
ovoïde ou subcylindrique. 

Ce sous^genre, ainsi que le suivant, se compose de très 
petites espèces, fréquentant, pour la plupait, lesiieux aqua- 
tiques ou humides et couverts^ et presque toutes européen- 
nes (3). 

Les Drouies. (J)romias. Bon.) 

Généralement aptères, à articles des tarses entiers, d'ail- 
leurs semblables aux démétrias (4)- 

' Là , le corselet est sensiblement plus large que long , en 
forme de segment de cercle ou de coeur, largement et trans- 
versalement tronqué postérieuren^en t. 

^^^—1 II II. ..1 II II l—l- ■ I I ■■ ■ I ■ ■ ■! I i ' »■ I ■ ■ ^ I II I ■ Il I 1 ^ 1 I 

(1) Voyez les second et troisième fascictales-derHîstoireDativ.. des 
oolëopt. d^Eur. , et le premier vol. du Spec. gëncr. de M. le comte Dej. 
(a) Les mêmes ouvrages que ci-de^sas. 
(3) Item. 
(1) ^û-/». 



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SyS IBrSECT£8 COLÉOPTÈABS. 

Il ea est oà le milieu du bord postérieur du corselet se 
prolonge et arrière. Telles sont : 

Les Lebies (Lebia. Latr. -^Lebia, kunpnas. Bon. ) 

Les palpes extérieurs se terminent par un article un peu 
plus grand , presque cylindrique ou ovalaîre et tronqué au 
bout. Les quatre premiers articles des tarses sont presque 
triangulaires, et le quatrième est plus ou moins bifide ou 
bilobé. 

Ces insectes sont agréablement colorés. Une espèce des 
' plus communes en Europe , est la Lébie téte-hleue {Carabus 
, qyanocephalus , Lin., Fab. ; le Bupreste bleu à corselet 
rouge, Geof}'. ; Panz. , Faun. insect. Germ., LXXV , 5 ; 
Hist. natur. des coléopt. d*Eur., fasc. IH, xii, 7). Son 
corps a de deux lignes et demie à trois lignes et demie de 
long. 11 est bleu ou vert et très luisant en dessus, avec le 
premier article des antennes, Je corselet et les pattes, d'un 
rouge fauve ; Textrémîté des cuisses poire , et les élytres 
pointillées , marquées de stries légères et ponctuées. 

Une autre espèce de nos environs est la L^ie hémor» 
rhoïdale ( Carabus hœmorrhoidalis , Fab.; Hist. natur. des 
coléopt. d'Eur., fasc. lll/xiii , 8), qui n*a guère plus de 
deux lignes de long, dont le corps est fauve, avec les élytres 
noires , et terminées par une tacbe d'un (àuve jaunâtre \ 
• elles ont des stries peu enfoncées, ponctuées, et deux 
points- enfoncés plus distincts, près de la troisième, en 
commençant par la suture (i). 

Dans les suivants, le corselet se t^itnine postérieurement 
par une ligue droite , sans avancement au milieu. 

Les Plochiones. (Ploghiohus. Dej.) 

Qui ont les antennes presque grenues , le dernier article 
des palpes labiaux grand , presque sécuriforme, les quatre 
premiers des tarses courts, en forme de cœur renversé, et 
dont le quatrième est. bilobé (a). 



(1) Les mêmes ouvrages que ci-devant. 



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FAMILLB DBS GABtfàSSISflS. 579 

Les Orthogonies. ( Orthogonius. Dej. ) 

Ayant des tarses conformés de même , mais à antennes 
filiformes et à palpes extérieurs terminés par un article pres^ 
que cylindrique (i). 

Les CopToniRES. (Coptodera. Dej. ) 

Ayant les palpes des orthogonies , les antennes plus ou 
moins grenues y les trois premiers articlo9 des tarses an té* 
rieurs courts, larges , les mêmes des quatre tarses postérieurs 
étroits, presque filiformes, et le pénultième de tous bifide» 
mais non divisé en deux lobes. Toutes les espèces mentioa- 
nées par M. le comte Dejean (Spec* 1 , pag. a^S ) sont étran« 
gères et pour la plupart américaines» 

a"" La seconde section , celle des Bipartis {BiparAti* — Scu^* 
riiides.Dej.), que Ton pourrait, sousles rapport des habitudes, 
appeler aussi celle des fouisseurs, est formée de caiab'iques à 
élytres entières ou légèrement sinuées à leur extrémité posté- 
rieure^ ayant des anteifnes.souvent grenues et coudées, la tète 
large , le corselet grand, ordinairement en forme de coupe, 
ou presque demi* orbiculaire , séparé de l'abdomen par un 
intervalle, ce qui fait paraître celui-ci pédicule; les pieds 
généralement peu alongés, avec les tarses le plus souvent 
courts , semblables ou peu différents dans les deux sexes ,• 
sans brosse en dessous et simplement garnis de poils ou de 
cils ordinaires. Les Deux jambes antérieures sont dentées 
extérieurement, comme palmées ou digitées, dans plusieurs, 
et les mandibules sontsouventfortes et dentées. L'échancruro 
du menton offre une dent, lis se tiennent tous à terre , se 
cachent soit dans des trous qu'ils y creusent, soit sons dea 
pierres, et souvent ne quittent leur retraite que pendant Isk 
nuit ; leur couleur est généralement d'un noir uniforme^ 
La larve du Ditomebucéphale, la seule que l'on ait observée^ 
a la forme et la manière de vivre de celles des Cicindèles^ 
Ces insectes habitent plus particulièrement les pays chauds* 
Trois sous-genres, et par lesquels nous débuterons, for-< 
ment, à raison de leurs palpes labiaux terminés par un ar« 

(i) Dcj. , Spcc. , I , p. 279, espèces tontes exotiques; près de ce sous- 
{çenre doit peut-être Tenir celai à^Hex^gonia de M. Kirby (Lui., 
Trans. , XIV). 

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38o IKSBGTBS GOLÉOPTàltES. 

ticle plus grand y en forme de hache ou triaugulaîre , uu 
groupe particulier; le dernier de ces sous -genres nous 
conduit aux scarites, tandis que le premier, qui , à Tégard 
de l'absence d'échancrure au c6té interne des deux jambes 
antérieures , fait exception , semble se lier avec les premiers 
sous-genres de la famille. Us ont tous des mandibules fortes 
et déniées. Les palpes maxillaires extérieurs se terminent 
par un article un peu plus gros; le corselet est en forme 
de coupe ^ ou de cœur tronqué ; l'abdomen est pédicule. 

Deux de ces sous-geiires forment dans ce groupe une sub- 
division spéciale. Leurs jambes antérieures ue sont point 
palmées. Leurs antennes se composent d'articles presque 
cylindriques ou en forme de cAne renversé. Le menton re- 
couvre presque tout le dessous de la tète jusqu'au labre^ et 
souvent n'bffre point de. suture transverse à sa base. Le corps 
est très aplati, et dépourvu d'ailes dans plusieurs. Ils sont 
tous de l'ancien continent ou de la Nouvelle-Hollande» 

Les Encélades. (ënceladus. Bou. } 

Leurs jambes antérieures n'ont point d'échancru|'e au côté 
interne. Le premier artjcle de leurs antennes est peu alongé 
et presque cylindrique; le troisième est plus court que le 
second. Le milieu du bord supérieur de la languette est 
.avancé en manière d'angle, ou de dent. Le corselet est pres- 
que en forme de cœur, largement tronqué, avec les angles 
postérieurs un peu dilatés et pointus. Le labre est échancré 
ou presque bilobé* 

La seule espèce décrite, VEncelade géant {Enceladu€ 

g^g^9 Çoo.; Mém. de l'acad. des scien. de Turin), est de 

la cÂte d'Angole. 

Les SiAGONES. (SiAGOHA. Latr. — Cucujus y gaUrita. Fab. > 

Ont une échancrure bien prononcée au côté interne des 
deux jambes antérietires ; le premier article des antennes 
alongé, en cône renversé, et le second plus court que le iroi- 
siëme ; le sommet de languette droit , sans avancement ; fc 
COI sel et presque en forme de coupe, presque aussi long que 
large et sans saillies postérieures , et le labre dentelé. 

Les unes ont l'abdomen ovale et sont aptères (i). Dans les 

(i) Siagotia ntfipes , I.air.» Geocr. cnwt. el imecl. , I , va , 9 ; l^a- 
cNJiis nijipes, Fab. ; — Siagona fusctpcs , Dej. ; Spec. , 1,1». SSg. 



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CAMILLE DES CARI9ASSIEKS. 58x 

autres il est ovale, tronqaé à sa base^ et oes espèces sont 
dilées. M. Lefevre en a découvert une nouvelle en Sicilie. 
Toutes les autres, tant de cette division que de la préoé^ 
dente y habitent l'Afrique septentrionale ou les Indes orien- 
Ule8(i). 

Le troisième sous-genre, par ses antennes nMmilifbrmes, 
les dents du côté extérieur de ses deux premières jambes , 
les proportions ordinaires du menton , la forme générale du 
corps ; se rapproche évidemment des scarites. 

Les CarenvUs. (Carenum. Bon.) 

Les mâchoires sont droites , sans crochet terminal. La 
languette est arrondie à son sommet. Le dernier article des 
palpes maxillaires extérieurs est renflé et une fois plus long 
que Je précédent. 

La seule espèce connue ( Scarites çyaneus y Fab. ) habite 

la Nouvelle-Hollande. 

Auctin des autres carabiques de cette section n'offre de pal- 
pes l'abiaux terminés par un article plus grand et sécuriforme; 
le dernier est en forme de cône renversé et alongé , ou pres^ 
que cylindrique et aminci à sa base^ le même des maxil- 
laires extérieurs est aussi presque cylindrique ^ tous ces pal- 
pes sont à peu près de la même grosseur partout , ou quel- 
quefois amincis à leur extrémité. 

Une première subdivision très naturelle, et qui comprend 
les scarites de Fabricius, moins l'espèce précédente, se com* 
posera des carabiques bipartis, dont les deux jambes anté- 
rieures sont palmées, ou du mpins-xligitéesau bouf, c'est- 
à-dire terminées extérieurement pair une langue pointe, en 
forftie d'épine, opposée à un éperon interne très fort. Leurs 
antennes sont grenues , avec le second article aussi long et 
souvent même plus long que le suivant. Les mandibules, 
celles d'un petit nombre excepté , sont robustes , avancées, 
anguleuses ou tentées au côté interne. Le labre est très court, 
transversal et crustacé. La languette est le plus souvent en- 

(i) Les Siagoncs atrata, depressa ( Galerita depressa , Fal).), Feftu 
{Galerita flejw^ Fab.), SchupeUi^ Dej., i^û/.,- — Scarites lœuigaius , 
Herbst. ^ coU clxxt, 6. 



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382 IMSBGTBS COLéOPTÈllBS. 

t'iëremenl cornée ^ hérissée de poils ou de cils, largement 
échancrée ou évasée au sommet , avec les angles latéraux 
«▼ancés. * 

Les uns ont les mandibules très fortes , avancées et ordi-' 
nairement dentées; le labre crustacé, très denté au bord 
antérieur; la languette courte, point saillante au-delà du 
menton^ entièrement cornée ou crustacée , hérissée de poils, 
évasée au bord supérieur. Leurs jambes antérieures sont 
toujours palmées. 

Les espèces sont généralement grandes. 

L'un de ces sous-genres, celui 

De Pasimaque. (Pasimachus. Bon.) 

Se rapproche du dernier relativement aux mâchoires, qui 
sont droites et sans crochet terminal. 

Les antennes sont d*égale grosseur. Lecorpsest très aplati , 
ovale, avec le corselet en forme de cœur, largement tron - 
que en arrière , presque .aussi large à son bord postérieur 
qu'en devant et que la base des élytres ; ce bord est presque 
droit et simplement un peu concave dans son milieu. Ce 
sous-genre est propre è l'Amérique (i). 

Selon M. le comte Dejean ( Spec, U, pag. 47^ ) y après les 
pasymaques doit venir le gepre qu^ii a formé sous la déno- 
mination de Scaptèrb ( Scàplerus ) et sur ime espèce des 
Indes orientales qui lui a été communiquée par l'un de nos 
plus aélés entomologistes, M. Guérin , auquel elle est dé- 
diée. J'ignore si les mâchoires ressemblent à celles du sous- 
genre précédent, mais le corps a des proportions différentes; 
il est alongé et cylindrique. Les antennes sont pn^portion- 
nellemeni plus courtes que d'ordinaire ; le second article 
est carré , un peu plus gros que les autres , qui sont courts , 
presque carrés^ et vont en grossissant» 

Les suivants opt les mâchoires arquées et crochues au 
' i ■ I ■ ■ ■ ■ 

(i) Happortez a ce toiis-çeDre les Scaritcs àepressus et marginatu* <lâ 
Fabrîcias et d'Olivier. Voyez \t premier volume du Specics de M. le 
comte Dejean , pag. 4^ * le* ObservatÂoni cntomologiques de M. Bonelli, 
ci FooTrage de Palisot de Beauvois sur les Insectes recaeîllit par loi en 
Amérique et en Âfrif{ue. 



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FAMILLC DBS GARNASSIBRS. , SSS 

bout. Les antennes grossissent insensiblement rers le bout. 
Le corselet est toujours séparé postérieurement de la base 
des cly très par un vide ou par un angle nentrant , bien pro- 
noncé. 

ici les palpes extérieurs sont terminés par un article pres-> 
que cylindrique^ point rétréci en pointe , au bout. 

' Les AcAirrHOscÈLES. ( Acanteosgelis. Làt. ) 

Sont remarquables par leurs quatre jambes postérieures , * 
qui sont en forme de palette alongée, arquées^ planes et 
un peu concaves à leur face interne , convexes , chargées de 
petits grains et de petites épines sur la face opposée, avec la 
tranche supérieure dentée ^ et les dents postérieures grandes 
et comprimées ^ le trochanter des deux cuisses postérieures 
est fort grand. 

Le corps est court , large, convexe en dessus ^ avec le cor- 
selet transversal^ arrondi latéralement^ sînué au bord posté- 
rieur } les éperons des jambes antérieures fort longs et les au- 
tres presque en forme de lames. 

La seule espèce connue ( Scaritei ruficonds^ Pab. ) ha- 
bite le Cap de Bonne»£spérance. 

Les SCAR1T£S.*( SCARITZS. Fah. ) 

é 

Ont les quatre jambes postérieures étroites, généralement 
unies, n'offrafat de petites épines' que sur leurs arêtes; les 
intermédiaires ont au plus sur lé cdté extérieur une ou deux 
dents; le trochanter des cuisses postérieures est beaucoup 
plus petit quelles. Les mandibules sont en forme de triangle, 
alongé, et fortement dentées \ leur base. Les second et troi- 
sième articles des antennes sont en it>rme de c6ne renversé, 
presque de la même épaisseur, et les suivants sont grenus. 
Les uns ont deux dents au côté extérieur des jambes iitter^ 
roédi^rires. 

Les Séantes pyracmon {Scarités pyracmoni Bonelli y 
Dej., Spec. I, p. 867 j Scarites gigas, Oliv., col. Ul, u° 36 f 
L i;Clairv.,Entom.,Helv.lI,ix.a).Il est long d'environ un 
pouce, sans ailes, aplati, d'Cm noir luisant^ avec leséiylres 
un peu élargies postérieurement , marquées de stries trè» 
fines, légèrement ponctuées, et dont la troisième offran t 



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384 INSBCTES COLéOPTÈRBS. 

près de l'extrcini(p deax* points enfoncés plus distincts. 
La tète, selon M. Dejean ^ est beaucoup plus grande dans 
le mâle que dans la femelle; elle a deux impressions et de 
petites rides sur le front. Le corselet a postérieure- 
ment une dent de chaque côté. On en compte trois aux 
jambes antérieures. Il se trouve sur les bords de la Médi- 
terranée, dans le midi de la France , et la partie orientale 
de l'Espagne. M. Lefebvre de Cerisy , officier distingué de 
marine et très bon entomologiste, a publié quelques 
observations sur ses habitudes. 

Le Scarîie ierricotc. (Scarites terrifia ^ Bonelli.; Dej., 
Spec. 1, p« 398. ) Son corps est ailé^ long de huit à neuf 
lignes, et noir. Les jambes antérieures ont trois fortes 
dents, suivies de trois autres très petites ^ le côté exté- 
rieur des deux jambes suivantes n'en offre qu'une. Les 
ély très sont alongées , striées et un peu rugueuses , et dont 
deux points enfoncés près de la troisième strie. Il 8e 
trouve avec le précédent. 

Le Scarite dessables {Scarites sabulosuSj Oliv. , col. III, 
36, 1, 8;C]airv., Entom. Helv.,U, ix , 6.'y^cariteslœvigatus, 
Fab., Dej. }, ressemble beaucoup au précédent^ mais il est 
un peu plus petit, plus déprimé, sans ailes, avec les élytres 
faiblement striées. Les jambes antérieures n'ont que deux 
dentelures, après les trois dents ordinaires. 11 habite encore 
les mêmes localités que le premier, et se trouve aussi en 
Sicile, d'où il a été appovté par M. Lefèvre. 

Les OXYGNATHES. ( OxYGNAÏHTJS. Dej.) 

Semblables essentiellement , quant aux antanoes et aux 
palpes, aux scarites, mais ayant, ainsi que les deux sous- 
genres suivants , des mandibules longues , étroites ,* sans 
den'ts, se croisant fortement en maniée de pince; et le 
corps étroit , alongé et cylindriq&e. Les antennes soilt plus 
courtes que la tête et les mandibules réunies. Le lahre est 
peu distinct. Le corselet est presque carré. 

L'espèce servant de type {Scarites elongatuSf Wiedem.; 

Oxjrgnathus elongatuSy Dej!, Spec, II, p. 474. ) est des 

Indes orientales. ^ 

Là, les quatre palpes extérieurs, ou les labiaux au moins. 



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FAMILLE DBS GARITASSIBBS. 3S5 

se terminent par un article en forme de fuseau et finissant 
en pointe. Le corps est alongé et cylindrique ^ et les mandi- 
bules sont longues^ étroites^ sans dents notables ^ ainsi que 
celles des oxygnathes. 

Les Oxystomes. ( Oxystomus. Latr. ) 

Dont les palpes labiaux , presque aussi longs que les 
maxillaires externes, sont recourbé», avec le premier article 
saillant , cylindrique , le suivant peu alongé et le dernier, en 
fuseau , long et très pointu au bout^ les antenne sont par- 
faitement moniliformes, à partir du milieu de leur lon- 
gueur y avec le premier article aussi long que les trois sui- 
vants réunis (i). 

LeS.CAMPTODONTES. ( ClMPTODONTUS. Dej. ) 

Où les palpes labiaux sont sensiblement plus courts que 
les maxillaires externes, non recourbés, et terininés, ainsi 
qu'eux , par un article en fuseau, et dont les antennes sont 
composées en majeure partie d'articles en forme de cône 
renverlé^ la longueur du premier ne surpasse guère celle 
des deux suivants pris ensemble (a). 

Les autres, et dont les jambes antérieures ne sont point 
dentées extérieurement, mais simplement didactyles au bout, 
ont des mandibules courtes , peu avancées au-delà du labre ^ 
le labre coriace, entier; la languette saillante au-delà de Té- 
chancrure du menton , glabre ou peu velue , avec des para- 
glosses séparées , saillantes et membraneuses ; les palpes ex- 
térieurs sont terminés par un article ovalaire, acuminé au 
bout. 

Ces carabiques sont petits, fréquentent les lieux humides, 
et ne sont pas étrangers aux régions septentrionales. 

Les Clivinxs. (Clivina. Lat. ) 

Ont trois fortes dents au côté extérieur des deux jambes 
antérieures et une à celui des deux suivantes (3). 

(i) Qtcjrstomus cylindricuMy Dej. , Spec. , I , p. 4(0 , du Brésil. 
V (3) Campiodontus cajrenneFuU, ibid. , II» pag. 477* 

(3) Tenebrio/oiscr f Lin. ; Scarites arenariusy Fab. ; Ckirv. , Entom. 
H«1t., II, VIII, A y a, espèce»; les divines de M. Dqean (Spec. l, 
pag. 411), 1-7. 

TOMB l\. 25 



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38(> INSfiCTSS COLÉOPTÈRBS> 

Les Dtscbiries^ ( Dyschirivs. Bod. — (Xmna, Dej. } 

Qui n'ont au plus que des dentelures ou de petites épi nés 
très peu distinctes ^ au côté externe des deux jambes anté* 
rieures , et où ce c6té se prolonge ordinairement à son extré- 
mité en une longue pointe , en forme d'épine ou de doigt, 
et opposée à un autre doigt constitué par un f<Mrt éperon du 
c6té interne. Le dernier article des palpes labiaux est pro- 
portionnellement plus gros que le même des divines, et 
presque en massue sécuriforme. Le corselet est ordinaire- 
ment globuleux (i). 

Notre seconde et dernière subdivision des bipartis com- 
prendra ceux dont les jambes antérieures ne sont ni dentées 
extérieurement ni bidigittées au bout^ et dont le second 
article des antennes est sensiblement plus court que le sui- 
vant. Us se rapprochent beaucoup, quant aux organes de la 
manducation des deux derniers sous- genres, et ils avaient 
été confondus par quelques auteurs avec les scarites, dont 
ils ont , en effet , le port et les habitudes. 

Les uns ont le corps étroit, alongé, presque parallélipipède, 
avec le corselet presque carré ; les antenVies en tout ou en 
partie grenues ^ le dernier article des palpes extérieurs pres- 
que cylindrique , et le même des labiaux presque en forme 
de cAne renversé ou de hache. Us sont tous exotiques. 

Les MoRiONS. (MoRio. Lat.) 

Ont des antennes d'égale grosseur partout, le labre pro- 
fondément échancré , les palpes extérieurs filiformes, ^es 
cuisses ovales et les jambes triangulaires (a). 

Dans 

Les OziifES. ( OsAiiA. Oliv.) 

Les antennes sont plus grosses ou renflées à leur extré- 
mité, le labre est entier, les palpes labiaux se terminent 

(i) Clànnet, nM8-ai, de M. le comte Dej ean; mais la boîtlèiiie , œ 
Varctiea , semble offrir les caractères des Géphalotes. • ' 

(a) Harpabts moniliconUs^ Latr., «Gêner. crosL et intect. , I, p. 306; 
Mono moniUcomU, Dq. , Speo. I, p. 4305 ScartL Georgiœ, Palis, de 
Beaav. , Vil , xv, 5 ; — âforio hnuUiensis , Dej , ihitl. ; — Mono 
onènta/tf, qusd. , ibid. 



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FAMILLE DES GARNA8SIEHS. 687 

par up article plus large, presque en fonne d« hache ou de 
triangle; les cuisses et les jambes sont étroites et alon- 

(0- 

Lesautres ont le corps ovale ou oblong , avec le corselet soit 
presque en forme de coupe ou de cœur^ soit presque orbi- 
culaire; les antennes filiformes, composées d'articles, pour 
la plupart presque cylindriques, surtout les derniers (les 
autres plus amincis à leur base, presque en forme de cône 
renversé ), et le dernier article des palpes extérieurs presque 
ovalaire ou en fuaeau. Le labre est échancré. 

Ceux-ci sont propres au^ pays chauds et sablonneux des 
contrées occidentales de Tanciçu continent. 

Les DiTOMES. (DiTOMus. Bon. — Carabus, Calosoma, 
ScauruSy Fab. ) 

Dont les palpes sont plus courts que la tétc ; dont le cor- 
selet est en forme de a>upe ou de cœur, et dont les tarses 
sont courts. 

Quelques espèces , celles auxquelles M. Ziégler restitue 
la dénomination générique de d/tonius, ont 'le corps plus 
aloDgé , de la même largeur , avec la tête séparée de chaque 
côté du corselet par un angle rentrant, et ordinairement 
armée , dans les mâles, d'uue ou de deux cornes {7). ' 

Les autres , ou celles qui composent le genre Aristus, du 
même, ont le corps plus court , plus large en devant, avec 
la tête presque continue avec le corselet, s'y enfonçant jus- 
qu'aux yeux ; ses angles antérieurs sont pointus (3). 

(1) Ozœna denUpes ^Oliv, , Encyclop. mctbod.; — Ozœna Rogsru^ 
Dej , Spcc. , p. 434; — Ozœna hrannea , ejusd. , ibid. ;— Ozœita Cyl- 
ihmaiii, ejusd. , ibid. 

(a) Dej., Spcc. , I, pag. 439, première dlTision des Ditomes. Le Ctf- 
mhus oafy-domtu de Fabridas, d'après ane ëtiquettç mise par lai soot 
an individa provenant de la collecUon de M. Desfontaines, fi>rme ane 
eqf>èce Irès distincte du Ditomus calydonius de M. le comte Dejenn. Le 
mâle a les mandibules foarchaes on comme partagées en deux cornes ; la 
corne du milieu se termine en pointe , oa plotAt en fer de lance. Le Ca* 
losoma longîcomù de Fabricios est probablement la iemelle de cmtr 
espèce ou d'une autre très voisioe. 

(3) Seconde division des Ditomes de H. le ooale Dcjean, Md., p. 444* 

35* • 



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388 , INSECTES COLÉOPTÈRES. 

Les ApoTOBfES. (Apotouus. Woîf m. — Sctirites, Ross.) 

Dont les palpes antérieurs sont fort longs , dont le cor- 
selet est orbiculaire , et dont les tarses sont filiformes et 
aloDgés. Les palpes maxillaires -extérieurs sont beaucoup 
plus longs que la tête, et terminés par un artic^e ovoïdo- 
cyliudrique; le même des labiaux est en forme de. fuseau 
alongé. Je n'ai pas aperçu àe dent dans Téchancrure du 
menton (i). 

3" Noire troisième section des carabiques , celle des Qua- 
BBtuANES {Quadrimani — Harpaliens)y Dej. (a), renferme 
ceux qui , semblables d'ailleurs aux derniers par leurs élytres 
terminées postérieurement en pointe , ont, dans les mâles, 
les quatre tarses antérieurs dilatés; les trois ou quatre pre- 
miers articles sont en forme de cœur renversé ou triangu- 
laires , et presque tous terminés par des angles aigus; leur 
dessous est ordinairement ( les ophoAes exceptés ) garni de 
deux rangées de papilles ou d'écaillés, avec un vide li- 
néaire, intermédiaire^ 

Le corps est toujours ailé | généralement ovalaire et arqué 
en dessus ou convexe , avec le corselet plus large que long, 
ou tout au plus presque isométrique , carré ou trapézoïdal. 
La tète n'est jamais brusquement rétrécie postérieurement. 
Les antenpes sont de la même grosseur partout, ou un peu 
et insensiblement épaissies vers le bout. Les mandibules ne 
sont jamais très fortes. Les palpes extérieurs sont terminés 
par un article plus long que le précédent, ovalaire ou en 
fuseau. La dent de l'échancrure du menton est toujours en- 
tière y et manque dans quelques-uns (3). Les pieds sont ro- 
bustes, avec les jambes épineuses et les crochets des tarses 

(i) Scanies rufuSj Oliv. , ool. III, 36, ix, i3, a, b; Rossi, Faon. 
etruse.j I , iv, 3 ; ^potomus mfus^ Dej. , Spec. , I , pag. 4^o; — cjatd., 
Apotomu» testaêtus , ibid. , pag. 4^ > • 

(i) Cette dënomination est en harmonie avec celle des deux sectâoni 
foivantes , et fondée sur un- caractère exclusif; elle me semble donc pré- 
fërable a <xMeâ'httrpatici^ employée par M. Bonelli. 

fS) La languette, aiust que dans les deux sections auivantea , est toa-^ 
jours notablement saillante , obtuse ou tronquée au bout, et accompagnée 
de deux paraglotses distinctes , membraneuses , en forikie d'oreillettes. 



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FAMILLE DBS CARNASSIERS. 5Sg 

simples. Le» tarses intermédiaires^ dans les femelles mémes^ 
sont courts, et, à la dilatation près, conformés à peu prës ainsi 
que les précédents. Ces carabiques se plaisent dans les lieux 
sablonneux et exposés au soleil. * 

Cette section se compose du genre harpale j tel que M. Bo- 
nelli l'a restreint dans le tableau présentant la distributiod * 
générale des carabiques. De nouvelles coupes en ont encore 
depuis diminué l'étendue. Elles sont subordonnées aux trois 
divisions suivantes. 

La première aura pour caractères: écbaucnire du menton 
unidentée (i), labre écbanci*é^ tête et extrémité antérieure 
du corselet aussi larges ou plus larges que l'abdomen (2). 
Elle comprend trois sous-genres. 

Les AciNOPBS. (AoiiffOFus. Ziégl., Dej.) 

A antennes filiformes, composées d'articles courts, ^aais 
cylindracés,. et à corselet rétréci insensiblement de devant 
en arrière, avec les angles pos^rieurs très obtus ou arrondis. 
Le labre est fortement échancré; les mandibules n'ont point 
de dents ^ celle du milieu de l'échancrure du men|,on est 
Iargementtronquée(3). 

Les Daptes. (DAFrus.Fisch- — Acinopys^l^ey) 

A antennes, à commencer au cinquième article, monili- 
formes^ à corselet rétréci brusquement vers ses angles posté* 
rieors,*qui se terminent en pointe. L'une des mandibules 
est avancée et très pointue. Les quatre jambes antérieu- 
res, surtout celles des mâles, sont très garnies de petites, 
épines (4)* 

(1) Si les Cjrclosomc* ( V(y^. la pag. 394. ) ont les qaalre tarses an.- 
lériears dilatés , ils formeront une quatrième division , à raison des deox 
dents de rédiancrnre da menton. 

(a) Télé forte , paraglosses assez larges , comparativement à la lan- 
guette propre, et arrondies ati bout; second article des antennes un peu. 
plus court que le suivant; tarses lntermëdlaû*es des mâles un peu moins 
dilanls que les antérieurs. 

(S) Harpalus megacephalus , Latr. , Gêner, crast. et insect., I. p. ao6 ; 
Carabus mt^aœphabts, Fab.5 Ross., Faun. ctrusc, Append., tab. iïI,H; 
Acinopus megactphalus y Dej. , Calai. 

(4) Aeinopus macuUpennis , Dej. ; Daplus pictus , Fiscfa. , Enlom. de 



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3gO llfSECTES CAUNASSIEUS. 

VAs des daptes paraît devoir venir le genre Pangus de 
M. Megerle^ nieutiouné par M. le comte Dejeac dans le ca- 
talogue de sa collection de coléoptères. 

D'après l'étude dé Tune ( Pcnsylvanicus) des deux espèces 
que celui-ci y rapporte, je n'ai pu découvrir les caractères 
qui distinguent cette coupe de la précédente. 

La seconde division se compose d'harpales, ayant aussi 
l'échancrure du menton unidentée^mais dont le corps, plus 
oumeins ovalaire ou ovoïde , est plus étroit en devant, et 
dont le labre est entier ou simplement un peu concave. Ce 
sont : 

Les Haepales propres. (HabpJlIaUS. Dej. ) 

Une espèce des plus communes dans toute l'Europe est 
YHarpale bronzé (Carabus ceneus^ Fab. ; Panz. , Fauo. 
însect. Germ., LXXV , 3,4'); ^^^ corps est long d'en- 
viron quatre lignes , d'un noir luisant, avec les antennes 
et les pattes fauves; le dessus du corselet et des élytres le 
plus souvent vert ou cuivreux et brillant, quelquefois 
d'un noir bleuâtre. Le corselet est transversal , rétréci pos- 
térieurement', finement rebordé sur les côtés et au bord 
postérieur, avec un enfoncement pointillé de chaque côté, 
près des angles postérieurs. Les élytres sont striées, ont 
une incision près de leur bout, et de petits points enfoncés 
dans les intervalles des stries extérieurs. On lui a aussi 
donné le nom de proiée , à raison dea changements nom- 
breux de ses couleurs (i). 
L'absence de toute deut sensible dans l'échancrure du 

menton ,' distingue les carabiques de la troisième et de la . 

dernière division de cette section , et qui , par la forme du 



la Rvtne , II , xzyi , 'x , zlvi , a ; — D. vitiatus , ejosd. , ibid. , 7 , var. ? 
Diioma vUsiger^ Germ. ; — D, chloroticus, ejusd. , Ibîd. 

(1) Ployez , pour les espèces , le Catalogue de la collection de M. le 
comte Dejean, genre Harpalus , pag. 14^ et, qaant à leur synonymie , 
Scbœnberr, Synonymia insectornm , et la Faune d'Autriche de M. Daft- 
schmid. Fabricius n*en a décrit qa^ un petit nombre, et parmi lesquels 
nous dteroos celles qu'il nomme : caliginostis y ruficornis^ binotaUiSf 
tardas j heroêj anaUt , flwilabrU , etc. Les Carabus signatm , hùiipes 
de Panzer font aussi partie de ce tous-genre. 



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FAMILLE 1>ES GAUMASSIEliS. Sqi 

corpf et le labre ,' ressemblent d'ailleurs à ceut de la division 
précédente. • 

LesOpHONxs. (Ophowus. Ziégl.; Dej.) 

Dont les mâles ont les quatre tarses antérieurs fortement 
dilatés ou sensiblement plus Jarges et généralement garnis 
en^essous de poils nombreux et serrés , formant une brosse 
continue; le pénultième article n'est point bilobé. Le der* 
nier des palpes ^extérieurs est tronqué où très obtus. 

Le dessus du corps est très finement pointillé. Le corselet 
est le plus seuyent en forme de cœur , tronqué postérieure- 
ment (i). 

Les SxÉiroLOPiixs. ( Stenolopbtts. Ziég.^ Dej.) 

Qui ne différent des ophones que parla forme de l'avant- 
dernier article des quatre tarses antérieurs, du moins dans 
les mâles, et même des postérieurs, dans quelques-uns; il est 
divisé jusqu'à sa base eu deux lobes {là). 

Les AcvFAiiFES. (AcupAiPiTs. hait* -^Stenolophus, Dej.) 

Dont les quatre tarses antérieurs des mâles différent peu 
des postérieurs, avec les articles intermédiaires arrondis, 
presque grenus et velus ; et dont les palpes extérieurs se ter- 
minent par un article pointu au bout. 

Ces carabiques sont très petits et semblent se lier avec le 
trécbus(3). 

4° La quatrième section , celle des Simplicim ânes {SimpUci- 
ntanî)f9e rapprochedela précédente, quant à la manière dont 
se terminent les élytres; mats les deux tarses antérieurs sont 
seuls dilatés dans les mâles, sans former néanmoins de pa- 
lette carrée ou orbiculaire; tanlQt les trois premiers articles 

sont notablement plus larges , et le suivant alors est tou- 
- I 1 1 . a ■ ■■■■ ■■. ■ ■■■Il 

(0 F'oyez le Catalogue de M. le comte De}ean , pag. i3. 

(l) Stenoiopkus vaporanorum , Dej., ibid,^ Carabus vaporariorum , 
lin.; Panz, Faun. insect. Germ. , XYI, 7; Uarpabts saponarius, Du- 
har. Do Sénégal. 

()) Lm Stenolophet da Catalogne de M. Dijeao 'à rexceptioadu pré« 
codent. Nous «nterons , eotre autres , le Carabus meridismus de LiniUBUs 
et de Fabricius > et h C. vespertinus de Panxer» XXX Vil, 3i. 



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5q2 imsbgtbs col£opt£aes. 

jouri beaucoup plus petit que le précédent; tantôt celuî-ci 
et les deux précédents sout plus larges, presque égaux, eu 
forme de cœur renversé ou triangulaires : les premiers arti- 
cles des quatre tarses suivants sont plus grêles et plus alon- 
gés, presque cylindriques ou en forme de cane alongé et 
renversé. 

Les uns ont les crochets des tarses simples ou sans dente- 
lures. 

Ici le troisième article des antennes est^ au plus^ une fois 
plus long que le précédent. Les pieds sont généralement 
robustes , avec les cuisses épaisses, plus ou moins ovalaires} 
le corselet y mesuré dans son plus grand diamètre transver- 
sal , est aussi large que les élytres. 

Tantôt les mandibules sont évidemment plus courtes que 
la tète, et ne dépassent le labre que de la moitié au plus de 
leur longueur. 

Nous commencerons par ceux dont tous les paipes exté- 
rieurs sont filiformes. 

Les Zabrbs. (Zabrits. Clairv. Bon. — Pehr. Bon.) 

- Se distinguent des suivants par le dernier article de leurs 
palpes maxillaires y qui est sensiblement^ plus court que le 
précédent ; et par les deux épines qui terminent les deux 
jambes antérieures (i>. 

Lt8 PoGONES. (Pooozfus. Zieg. , Dej.) 

Qui y dans Tordre naturel, nous paraissent ti^ès rapprochés 
des amara de M. Bonelli , s'éloignent des autres carabiques 
de cette division par le mode de dilatation propre aux deux 
tarses antérieurs des mâles; les deux premiers articles, et 
dont le radical plus grand , sont seuls dilatés; les deux sui- 
vants sont petits etégatix. Leur corps est généralement plus 
oblong que celui d,es/imara» Ces infectes paraissent d'ail- 

. (i) Carabus gibbuSy Fab* j Zabrus gibbus^ Claîrv., Ënto'm. Uely., Il , 

XI. F'oyez , pour les auiref espèces , le Catal. de la coU. de M. le comte 

Dejean , et le troisiSkne vol. de son Spccîes. Les esjièces aplères, telles 

* qae le Blapt spinipes de Fabricios (Pans. , Fatin. insect. Germ. , xcvf , 

a ) , forment le genre Pelor. 



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FAMILLE DBS CAIiGTASSIERS. 305 

leurs habiter presque exclu»! veulent les bords de la mer ou 
les bords des étaogs salés (i). 

Ce n'est guère encore que par un caractère analogue que 
Fon peut distinguer de ces derniers 

Les Tetragonodkres. ( Tetragonoderus. Dcj. ) 

Les tarses antérieurs des mâles sont proportiennellement 
moins dilatés que dans les suivants^ leurs premiers articles 
étant plus étroits et plus alongés^ et plutôt en forme de cône 
renversé qu'en forme dé cœur. Ces insectes sont propres à 
l'Amérique méridionale (a). 

Les Feronies. ( Feronia. Lat. } 

Où les tarses antérieurs des mâles ons leurs trois premiers 
articles fortement dilatés^ en forme de cœur renversé, et* 
dont le second et le troisième plutôt transversaux que lon- 
gitudinaux. 

Ce sous-genre comprendra un grand nombre de co opes 
génériques, indiquées dans le catalogue de la collection de 
M. le comte Dejean, tels que les suivantes : Amaray Pceci- 
lus^ArgutoPy Omaseus, Platysma^ Pterostichus y Ahax ^ Sic- 
ropusy Perçus , Molops, Cophosus. Ce savant entomologiste 
a reconnu depuis ( troisième volume de son Species) (3) l'im- 
possibilité delcs signaler, et, à l'exception du premier, qu'il 
conserve encore , il réunit les autres dans une grande coupe 
générique, qu'il nomme avec moi, Féronie. Mais quant aux 
amara même, vainçmeut ai-je cherché, dans les antennes^ 
les parties de la bouche , des caractères qui les distinguas- 
sent nettement des autres genres. Celui que l'on tire de la 
dent du milieu de l'échancrure du menton , sans parler de 
son peu d'importance, esi très équivoque; cette dent, dans 
tous ces carabiques^^m'a paru avoir au bout une échàn- 

— ' " ■ ■ ■ ■ ■ ^. — — — 

(i) f^ojrez le Caud. de M. le comte Ocjean. M. Geroaar en a reprtf- 
sentéy dans sa Faune des insectes d'Europe, deox espèces : Pogonus halo- 
pJtilus , X» i; Harpahu luridipennis, YII, a, voisine du Pogonut 
palUdipenni* du premier. 

(a) Harpaltts ciroumfutus de M. Gerniar, InsQcC, Species nuy.» I, a6? 

(3) Actaellement sous presse ei dont il m^a communiqué quelques 
passades. 



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3ç)4 III5BCTBS GOLBOPTÈRES. 

crure^ mais un peu plus distinoteou plus profoode dans 
les uns que daos les autres. Les an tenues de plusieurs sont 
un peu grenues ou composées d'articles relativement plus 
courts et plus arrondis au sommet; mais on ne peut assi- 
gner d'une manière rigoureuse les limites de cette distinc- 
tion. J'en dis autant de la concavité du bord antérieur du 
labre et de la forme du corselet. 

Les féronies peuvent former trois divisions i i" les espè- 
ces , généralement ailées, dont le corps , plus ou moins 
tlvftle, est un peu convexe ou arqué en^dessus , avec leaan- 
tenues plus filiformes, la léte proportionnellement plus 
étroite et les mandibules un peu moins saillantes. Par leurs 
habitudes , ces espèces se rapprochent des zabres et des har- 
pales. Tels sont les Amabes( yémara){i\ dont le corselet est 
transversal; le» Poeciles ( Pœcilus ) , 0(1 il est presque aussi 
long que large, et dont les antennes , assez courtes, ont le 
troisième article comprimé et anguleux; et les Abgutors 
(Jlrguior), semblables aux pœciles, mais à antennes propor- 
tionnellement plus longues, et dont le troisième article n'est 
point anguleux. 

^** Les espèces généralement ailées , mais dont le corps ^ 
est droit , plan ou horizontal , en dessus , avec la tète pres- 
que aussi large que lui; Elles fréq^ientent les ^ lieux frais ou 
humides. Tel est le genre Platysme {Platysma) de M. Bo- 
peili, auquel nous réunissons celui d'omaseus, de MM. Zié- 
gler et Dejean , et celui de catadronius , de M. Mac Leay 
fils (2). 



(1) Déf e^ièces plof mccoarcles , dont le corselet s'élar^^t de derant en 
firrière , forment le genre Leùtu de quelques auteurs. Le SoolytusJUxuo^ 
fu» de Fabriciuf semblerait se rapporter à cette division ; mais , suivanl 
M. le comte Dejean , les quatre tarses antAiears sont dilatés : il m'a 
paru qn^ils Fêtaient plus en dehors qu'en dedans. Cet insecte peut former 
nn »ous-genre propre {CfclouHnws). VoreZy quant aux prëcéelento, le 
troisième yolame du Spedes de ce nataraliste. 

(à) Celles ddnt te corps est très aplati, avec le corselet DQiablemeoi 
rëtrëci postérieurement, en forme de cœur tronqué, formeront «ne 
première dirision , tel est le Carabus picimanus de M. Daftsclunidy ou le 
C, montieoia de quelques autres; M. le comte Dejean le place avec les 
Pterottichus f quelques espèces du Brésil y entreront aussi. M. Gennar 



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FAMILLE DES CAIlNASSIEllS. SqU 

3<» La troisième division des fëronies se composera d'espè- 
ces analogues à celles de la précédente par l'ensemble de 
leurs caractères^ mais qui en diffèrent par l'absence des ailes. 

Parmi ces espèces ^ les unes, et les plus nombreuses , et 
dont le corselet n'est pas toujours en forme de cœur tronqué, 
ont à la base des éiytres un pli ou rebord transversal y bien 
marqué y continu, s'étendant jusqu'à la suture. 

Tantôt le corselet est presque carré ou en cœufr tronqué , 
avec les angles postérieurs aigus. 

Celles dont le corps est en carré long ou cylindrique aveo 
Je corselet presque carré; guère plus étroit postérieurement 
qu'en devant, forment le genre Gophose (Cophosus) de 
MM. Ziégler et Dejean. U a été établi sur une espèee ( OfrUn- 
dricus )id'Autricbe (i). 

Celles dont le corps est généralement ovale , déprimé y ou 
peu convexe en dessus, avec le corselet grand, presque carré 
etsubîsométrique, toujours fortement rebordé latéralement^ 
aussi large ou presque aussi large à son bord postérieur que 
la base des éiytres ^ composent le genre âbax ( u^^oo: ) de 
M. Bonelli. 

(Inaeet. nor. tpec., I , pag. ai) en a décrit une tonale nom de Mo^ 
top» Corinthitu, 

Cenz dont le corpf est presque parallëlipipède^ avec le corselet prévue 
carré, point on peu re'tréci en arrière » formeront une seconde division. 
De ce nombre sont le Platjrsma nigra de MM. Boaelli et Dejean , les 
Omaseus du dernier (Catal. , pag. la) , et le Carabus tenebrioides d^OIi- 
vier, tj'pe du sous-çenre Catadromus de M. Mac Leay fils (Annul. jav. ,^ 
I , pa(^. i8 , 1, v) , qui ne diffère de celui ^Omaseus que par la dent d^ 
menton , qoj est beaucoup plus grande et entière. Ses dljtres ont à leur 
eztrémitë un grand sînus , on plutôt une ëcliancrare. C'est une des pla^ 
grandes espèces de cette famille. 

Les Harpales, nigriuiy anthracinus et aterrimus de M. Gjlienhall, 
sont des oma§eus. Le dernier a les angles postérieurs du corselet oBtus « 
ce qui le distingue de tons les autres. On place dans le même sous-genre 
le C^wahus Uucopûtalmua de Fabricius ^ ou le Melanarius d^Iligery mais 
il est aptère. • 

(j) Nous y joindrons VOnuiseus melanariu» de M. le comte Dejean > 
ainsi qu'une «utre espèce d^ Allemagne , intermédiaire entre les priSc^- 
deatet et le Cophosus cytindricui , et qoi est , je CFois , V Omaseus eion^ 
gatus de M. Zié^er. 



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396 ANSHCTBS COLÉOPTàliCS. 

L'Allemai^ne ea fournit plusieurs espèces. Celle qu'on a 
nommée metallicus et le molops striolatus de M. le comte 
Dejean , qui ont les^ antennes composées d'articles plus 
courts y ou qui sont presque grenues , ont paru devoir 
former un nouveau genre y celui de cheporus (i). 

On trouve souvent dans les parties froides ou humides des 
forêts de nos environs. V Abax petites-stries {Carabus strJola^ 
Fab.; Carahus depressus , Oliv., col. lll, 35 , IV, 46.) (a). 

Tantôt f le corselet toujours terminé postérieurement par 
deux angles bien prononcés ou aigus y est sensiblement ré- 
tréci par derrière. Sa coupe se rapproche plus ou moins de 
celle d'un cœur tronqué. 

Parmi ees espèces , plusieurs ont le corps déprimé ou plan 
en dessus, et les antennes composées d'articles assez alongés, 
plutôt obconiques que turbines. M. Bonelli les distin/j^ue gé- 
néralement sous le nom de PriftOSTiCHE ( Pteraslic/tus. ) 

Elles habitent plus particulièrement les hautes moutagues 
de l'Europe et le Caucase. • 

Les environs de Paris n'en fournisseut qu'une seule 
(Carabus oblongo-punctatus ^ Fab. ^ Panz., Faun. insect. 
Germ., LXXIII, a. ) (3) 

D'autres, dont lesautennessoyt presque grenues^ ontledes- 
sus du corps assez convexe, et proportioncllementplas large, 
avec l'abdomen plus court. C'est le genre Molops {Molops) 
de M. Bonelli , qui conduit évidemment à d'autres féronies 
très analogues , mais dont le corselet est arrondi aux angles, 
postérieurs, et dont l'abdomen est ovalaire^ l'angle exté- 
rieur de la base des élytres étant obtus ou point saillant. 
Le corps et Icsantennessout, en général^ proportiouellement 
plus longs. Ces dernières espèces ont été détachées des pté- 



(i) Les Plutysmety ddcrlu ei figarcs par M. Fischer ( Entomol. de la 
Rassip, II , SIX , 4 et 5) , tODl probablemeat des abax analo^es. 

(a) Voyez t poar les aatres espèces, le Catalogue de M. le comte 
Dejcan, et la Faane d'Autriche d#M. Buruclimid. 

(3) yoyezy pour les autres espèces, le Catalogue de M le comte Bejean, 
et le bel ouvrage de M. Fischer sur les insectes de la Russie (II , p. i a3 , 
XIX I fîg. j ; xxxTii , 8, 9). Je pense avec lui que le G. myo^odus d» 
M. Mffgeric ne diffère pa« essentiellement de celai de Pterostichus. 



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FAMILLE DES CARNASSIERS. 697 

rostiches pour former un nouveau genre ^ celui de Steropb 
{ SteropuSf Meg. ) (i). , 

Nous terminerons enfin ce sous-genre par des espèces gé- 
néralement assez grandes^ dont le corselet a presque toujours 
la forme d'un cœur tronqué , et dont la base des«élytres 
n'a point de pli transversal , ou ne présente au plus qu'un 
espate lisse ^ s'efFaçant, et sans bord postérieur bien terminé. 
Tel est le caractère qui me parait le mieux signaler le genre 
Percits (Perçus) de M. Bonelli. Ni la longeur relative des 
deux derniers articles des palpes maxillaires , ni l'inégafité 
des proportions des mandibules, ni quelques légères diffé- 
rences sexuelles prises des derniers anneaux de l'abdomen , 
ne le distinguent nettement des autres sous-genres. Ces es- 
pèces habitent exclusivement l'Espagne , l'Italie et les 
grandes îles de la Méditerranuée. Quelques-unes sont aplaties 
en dessus (a). 

Les Myas ( Myas. ) 

De M. Ziégler, ressemblent aux féronies, avec lesquelles 
on a formé le genre cheponts; mais leur corselet est plus 
dilaté latéralement^ rétréci près des angles postérieurs, et 
offre immédiatement avant eux une petite échancrure. 
Les palpes labiaux se terminent par un article évidemment 
plusépais, presque triangulaire. Ou en connaît deux espèces, 

(1) yojrez, tant poar celni-ci qae poar le prëc<^clcnt, le Catalog^oe de 
M. le comte Dejean et M. Gcrmar (loseci. spec. nov. , I, p. a6 et 
sniv.). Qaelquet espèces , telles que le Molops terrieùla {Scariiet pleeus , 
Pan-x , Faon, iosect. Germ. , XI , a ) ; le Molops elatu» {Séantes gagatesy 
eJQsd., XI, 1); le Steropus hotUntota {Scarites hoUentotuSy Oliv., co). III , 
36, 1 1 , 19), avaient été raoçés avec letScarites, Le Carahus madidus 
de Fabricias (Faun. , insect. Car. , V, a) , espèce assez commmaae dans 
quelques dcpartemenU mëridionaaz, est an sti^rope. M. le comte Dejean 
fonn^an nouveau genre avec le St. hottentoi, k raison de ses pieds antë- 
riears , dont les jambes sont arqaees, et de quelques autres caractères. 

(a) Carahus PàykuUi, Ross. , Fann. etrnsc , mant. 1, tab. Y , f . C. 
— Perçus ehenus , Charp. Hor. Entom. , V, I. Voyez aussi les ^Annales 
àeh sciences natarellet » et ^es des sciences pbjsiques par MBf . Borj 
de Saint-Yincenty Drapiez et Yan-Mons. Je rapporte an même sous-genre 
VAhax eonieus de M. le comte Dejean. 



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SgS INSBGTBS GOLÉOPTBRBS. 

Tuaede Hongrie ( Chafybœus)^ et l'autre de l'Amérique sep- 
septentrionale y oii elle a été découverte par M* Leconte (i). 
Tantôt les mandibules sont aussi longues que la tète, et 
s'avancent fortement au-delà du chaperon» Le corps est tou- 
jours oblong, avec le corselet en forme de cœur alougé. Les 
uns ressemblent à des scarites, et les autres à des lébiea. 

Les Cephalotes. (Cephalotes. Bon. — Broscus. Panz. } 

Ont des antennes dont la longueur égale au plus la mo'ttîé 
de. celle du corps, composées d'articles courts , et dont le 
premier p4us court que les deux suivants pris ensembles; 
la mandibule droite fortement uniden(ée au côté interne, 
et le labre entier (a). 

Les Stomis. (Srosns. Claii*v. ) 

Où les antennes sont plus longues que la moitié du corps, 
composées d'articles an>ngés , et dont le premier plus long 
que les deux suivants réunis; dont la mandibule droite 
offre près du milieu de son côté interne une forte entaille, 
et dont le labre est échancré (S). 

Le sous-genre suivant, celui 

De Catascope ( Catascopus, Kirb. ), 

Se distingue des deux précédents, dont il se rapproche 
d'ailleurs par la longueur relative du troisième article des 
antennes, en ce que le corps est aplati, proportionnelle- 
ment plus large, avec le corselet plus court. Les élytres 
fortement échancrées latéralement à leur extrémité posté- 
rieure , et que le labre est alongé. Les yeux sont grands et 



(i) Quelques antres espèces , analogues par la forme des palpes labiaux, 
mais à mandibules plus fortes , dont la dent mitoyenne du menton est 
beaucoup plus grande , et propres aux Indes orienti^les , forment le genre 
Trigonotoma de M. Dejean, dont les caractères sont exposes dans Te troi- 
sième volume de son Species. Ici encore parait devoir se placer le genre 
Pëtudomorpha deM.Kirby (Lin.,Trans , XIV , 98-). 

(a) Carabus cephalottsy Fab, } Pan»., Faan. insecL Germ. , lxxxiii, i; 
Ind. eniom. , p. 6a. 

(3) Stomis pumicatus , Glairv. , Entom . helv. , Il , . vi. 



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/ FAMILIiB DES CARNASSIERS. 699 

saillaiiU. Ces insectes ont des cofileursbrillaiiteS; et ressem- 
blent, au premier aspect, à des cicindëlesou à des élaphres (1). 

Lày ia longueur du troisième article des antennes est 
triple î ou peu s'en faut, de celle du précèdent. Ces organes 
ainsi que les pieds sont généralement grêles. 

Dans ceux-ci , les quatre premiers articles des tarses anté- 
rieurs des mâles sont larges, et le pénultième est bilobé. 

Les CoLPODES. (CoLPODES. Macl.) 

Ce sous-genre, établi par M. Mac Leay fils(\nnul. javan.^ 1, 
p. 17, t. I y fig. 3); parait avoir de grands rapports avec le 
précédent et les suivants. Suivant lui j le labre est en carré 
transversal et entier. L'échancrure du menton est simple ou 
sans dent. La tête est preque de la longueur du corselet. 

(1) Ce tOQf-^iire a été établi par M. Kifbj sar une espèce de cani- 
hhx^t { Cataseopus Hardwickii, Trans. lin. toc, XIV , m, i; Hist. 
nat. des coléopt. d^Eur. , II , vu , 8) des Indes orientales , ayant la tète 
et le corselet verts, les <Qytres d'an bleu verdàtre, avec des stries ponc- 
tnëes, et le dessons dn corps presque noirâtre. M. Mac Leaj fils (Annol. 
javan. , I, p. i4) place les CaUscopes dans sa famille des Harpalides , 
immëdiaiement après les Chlaenies^ et y rapporte le Carabe ëlé^nt de 
Fabricias , range arec les Élapbres par M. Weber. Il les distingue d'un 
antre sous-genre très voisin, qu'il établit sous la dënomination de Ptri^ 
valus y par ses antennes, dont le second et le troisième articles sont 
presque de longueur égale, tandis qu*îci le troisième eét plus long; par 
les mandibules , qui sont courtes , ëpaistes et courbe'es , au lieu d'être 
avancées et presque parallèles ; à raison- encore des palpes , qui sont 
courts, épais y avec le dernier article ovoïde , presque tronqué, tandis qae 
cenx des Péricales sont grêles et cylindriques; enfin parce qu'ici la tête 
est plus large que le corselet , ce qui n'a pas lieu dans les Gitascopes. Les 
yeux , en outre, sont très saillants et globuleux daos les Péricales, ce qui 
leur donne quelque ressemblance avec les Élaphres et les Qcindèles. Il 
n'^en décrit qu'une espèce (Pericalus cicinddoides , i» a); mais nous igno- 
rons encore quelles sont les différences sexuelles , surtout relativement 
aux tarses. La forme de la languette des Gatoscopes et celle de leurs 
jambes les éloignent des Élaphres et des Tachys. Ces insectes se rappro- 
cbent beaucoup plus des ChUsnies, des Anchomènes , des Sphodres , etc. 
Plusieurs Carabiques simplicimanes ont l'extrémité de leurs élytres for- 
tement sinnée au bout , et se distinguant k peine , sous ce rapport , des 
Troncatipennes, 



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400 IJirSBCTES OOLÉOPTÈRBS. 

Gelai-ci est presque en fon|ie de cône tronqué, échancrë en 
devant , avec les côtés arrondis et un peu rebordés. Les 
élytres sont un peu échancrées. Les lobes du pénultième 
article des tarses antérieurs du mâle sont plus grands. Le 
corps est un peu convexe. 11 ne cite qu'une seule espèce 
{ Brunneus ). 

Dans ceux-là, tous les articles des tarses des deux sexes 
sont entiers. 

Les MoRMOLYCES. ( MoBMOLYCE. Hcgcmb. ) 

Le corps est très aplati , foliacé, et beaucoup plus étroit 
dans sa moltië antérieure. La tête est fort longue, très 
étroite, presque cylindrique. Le corselet est ovalaire et 
tronqué aux deux bouts. Les élytres sont très dilatées et 
arquées extérieurement, avec une échancrure profonde 
au côté iQterne,près de leur 'extrémité.' 

La seule espèce connue {Phyllodcs) a été Tobjet d'une 

monographie particulière publiée par M. Hagembach , et 

se trouve à Java. 

Les Sphodres. ( Sphodrus. Clairv. Bon. — Lœmosthenus. 
Bon. — Carabus. Lin. 

Ont le corps déprimé, mais non foliacé, avec la tête ovoïde, 
le corselet en forme de coeur et les élytres sans dilatation 
extérieure ni échancrure interne. 

Plusieurs de ces insectes'se tiennent dans les caves (i). 

Les derniers simplicimanes se distinguent de tous les 
autres par les dentelures intérieures des crochets duboutd€ 
leurs tarses. 

Les uns ont tous leurs palpes extérieurs filiformes, et le 
corselet soit en forme de cœur rétréci et tronqué postérieu- 
rement, soit en trapèze et s'élargissant de devant en arrière. 

Les Cténipes. (Ctewipus. Latr. — Lœmosthenus y Bon. ) 

Dont le corps est droit, alongé , avec le corselet en forme 

. ( I ) Carabus Uueopthalmus , Lin. ; Carahus planxu , Fab.; Panz. , Faao. 
insect. Germ. , XI , 4< Bans le Sphodnu Urricola ( Carabut tenieola, 
Fayk^ Oliv. Col. III, XXXV , 1 1 , ia4) . les orocbeu des tarses offrent 
quelques petites dentelâtes , comme dans le sons-genre saWant. 



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de. çoèx^Vy T^tiréci et tronqua pQst^^rieurenxe.nt. Le troisième 
article des anteones est alongé (i)« .. 

Les CÀtAT&iss*. ( Calatotts^. Bdn. ) ^ 

Doot le corps est ovale , dtqué en dessua» avec 1^ co^sel^t 
carré ou trapézoïde , plus large ppstéri^urenieiit (a)« 

Les autres ont les palpes labiaux terminés en piassue^ea 
forme de toypie ou de cane rei^versé, et.le corselet presque 
orbiculaire. 

Les TafMies. ( tApâRiA. Bônelii.-»^niic&ti5. Gyltenh. ) 

L'écltancnire du menion est bidentée , ^nsi que dans le 
sous-genre précédent (3). 

5« La section cinquièmei celle deftPATKu.iKAif£S. {Pmelii-»^ 
mani)f n'est, distinguée de la précédente que paf la manière 
dont se dilatent dans les m^ies les deux tarses antérieurs^ 
le» premiers articles ( ordinairement les trois premiers, le 
quatrième en aus ouïes deux premiers seulement dans d'au- 
tres.)) tantôt carrés, tantôt en partie de-cette forme, et les 
autres en forme de cœur ou de triangle renversé, mais tou« 
jours arrondis à leur extrémité, et point terminés comme 
dans les sections pjrécédentes, par des angles aigus, forment 
une palette orbiculaire ou un carré long , dont le dessous est 
le plus souvent garni de brosses ou de papilles serrées, sans 
vide au milieu, . . i 

Les pieds sont ordinairement, grêles et alongés. Le corselet 
est souvent plus étroit dans toute sa longueur que Pabdo^ 

( i) Les Sphoàreê janthinus, complanatus , et placeurs autfes de M. le 
comte Bejean , qui fe dUtingnent des Vrai» Spfiodrespar le raocourciste- 
ment du tf^Uième article des antennes et les dentelures des crochets dtê 
tarses. Ces deux sons- genres 'se cojpIbBdDi^f^ 'presque insensiblement. 
M. Fischer' a fignrë plnsieors espaces de Tan et de 1 antre, soo^ la 'déno- 
mination gënériqne de Sphodre , dans le second volame de son Entomo* 
^^raphie de ta Russie. 

{pi) Carabus melanocephaUts, M». ; Psto^y Fbun. insect. Gérm., XXX, 
î 9 ; — C eisteioi'lgs , ibid. , XT . i a ; — O. fitscus , Fib. 5 — Cffi- 
giàusy fjasd. P'oyet le Catal de la. coll. de II. le conte Bajean , et 
M. Germar. Insect. dpec. nov. , I, pig. i3. ' 

(3) Carahuê vifali» , îli^. ; Pan». , éid. , XXX VÎI, 19. 

TOME IV. 36 



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/|09» Il^SÈCTBS COLfiOn'ÈABS. 

méii. lis Frëquentént/pour la plupart, les bords des rivières 
ou les les lieux aq-uatiques. 

Nous parUg[erQDS les pateUimaoes en ceux dont la tête se 
rétrécit inseosiblemeot par derrière ou à sa base, et eu ceux 
oè le rétrécissement se forme brusquement derrière les 
yeuxv de "manière que la tète semble être portée sur une 
espèce é^ èou ou de pédicule. 
Les premier^ peuvent aussi se subdiviser en deux. 
Les uns^ dont les mandibules se terminent toujours en 
pointe, el dont la paleVte des tarses est toujours étroite, alou- 
gée, et formée par les trois premiers articles, dont le second 
^t lé troisième carrés ont le labre eUtier ou- sans échancrare 
notable, et une ou deux dents dans Téchancrure du menton; 
feitrémité antérieure de la tète n'est point rebordée. 

Ici le dessous de la palette dès tarses offre, comme dansles 
précédents, déint séries longitudinales de papilles midê 
poils y avec un vide intermédiaire, et non une brosse doné a 
et continne. Les palpe» extérteura sont toujours filiformes et 
terminés par un article presqne cylindrique ou cylindrîoo- 
ovalaire. 

Tantêt le corps est très aplati. 

Les DoLigrES (BoLtcaus. Bon. ) 
Qui se rapprochent des derniers sous-genres et s''éloignent 
de tous les suivants, paries crochets de leurs tarses dentelés 
en dessous. Leur corselet est en forme de cœur tronqué (t). 

Les Pi«ATYif£S. ( Pf.ATYNUS. Bon. } 

SembUbles , quant à U forme du corselet , mais à crociicu 
des urses simples. • 

. Les ailes manquent ou sont impar&iies dans quelques- 
uns (a). 
. . Lesr Aooims» ( Agovux. Bon. ) 

Où le corselet est'presque orbiculaire (3). 

^ m.% lÉiii <■ ■■ «I., ,■ ■■ 1.. ^ U pi t f. ■ »— .> » I — ■ . 

(i) CarabusJUvîeoraù, F«b. ; Pre^sL , Bohem. iosect. , I, m , 6 » ft 
-qvetque^ «mUres. «spèoet d« cap d«'Boiine-E»pdmnce . 

.{%) Plalymu complanatêM , Bon. ; -^Carobtu iutgutticoWsj Fab. ; 
Panz. ^ Fiitm. ÎKtect. G«ria. , tXXUr , 9 ; •*- Pla^nm Uandut , Germ. 
insect. , Spec. dot. , I , p. 1 a { — - Carabui serobiotêUaus , Iteb. ; — Harr 
^alus Uyens , Gjll. ' ' ' . 

(3) Harpalus vLIuut , Gril. ; P«n2. , ihid. , XXXVI 1 , 18 j — Ca- 



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FAMII/LB DBS OAR^ASSTBKS. 4(>3 

Tantôt le corps est d*unc épaisseur ordinaire Le corselet 
toujoûré en forme de cœur tronqué. 

\a% Anchovèites. ( Anchoiuçvs. Bon«) Ci) 

Là le dessouii dé la palette des tarsei est garnie d'une brosse 
serrée et continue. Les palpes eltëriéurs et surtout les la- 
biaux sont^ dans plusieurs, tei^inës par un article plus épafis 
ou plus large ^ en forme de triangle renversé. 

Nous commencerons par ceux où ils sont filiformes. 

Les CAU^iaxES. ( Gallhtu^. Bon. ) • . 

Ont la dent de 1*(échancrure du menton entière, les palpes 
extérieurs terminés par "un article ôvalaire et pointu au 
bout y et fe corselet en forme de cœur tronqué (ti). 

Les QoDxt. (OooEs. Bon.) • 

Ressemblent aux caflistes quadt à'ià dent de Pécbanchirè 
du menton, maisontle dernier attTcle des palpes maxillaires 
extérieuts cylindrique , et le même des labiaux èo ovale tron- 
qué. Le corselet est trapézoïdal, plus étroit en devant, et de 
la largeur de la* basé de Tabdoraen à son bord postérieur (3). 

LesCBLJEKiKS. (Chl^mius. Bon») 

Où la dent de réchancrure du menton est bifide ; qui bilt 
les palpes maxillaires extérieurs terminés par un article pres- 
que cylindrique, un peu aminci à sa base, et le dernier des 
labiaux en forme de c6ne renversé et alon gé. 



rabm margmaHu^ 9ab;$ Pam. , /^Mf.TiSLXX^ 1 4; «^ C. ^mnekousy Fab.; 
P«lix..i&Kr.,:XXX, iSecXXXVlII, 17?^ C.pamm'punctatuiyTth.; 
Para. » ihid,.t X.CII, 4;-^ C. ^-punetatus , Fab. ; Gi?. ^ col. Itl^ 35, 
■ xiif,*i59. V'pftsb le Calai, de M. Le conte Dejean. \!A, rotundaium 
^t fudqiiee aatriM lot ibeat , pour lui , on nouTeaa genre. 

(1) CanU^ ptaHnuâ^ I^b; Pans., JMd., XVI,6; -- Candiùs al- 
^^,F9h,i'?am.»3id.i LXXHI, 7; — C oftloji^itf , Fab. ; Pans., 
«ftiJ.,XXXIV, 5. • : • 

(d) CmnAuBi0natu^,V9h.', Pans., Faon, infect. Oerm, XVI, 5; 
Bfli.,6pec;,Ii',p.a96< 

<S) C. Môpibàlw, Bdib. ; Vka^ ;^ ibid.; Xie&^ 1 1, To^es Te aèthtià 
TolumeduSpecicsdcM. lecomie^Dliéail^, pa(^374. ' " ' 

26* 



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4o4 4MSECTES COlAoVTMJ^BS, 

Le Carabe sm^onnier d*0]ky\et {co\. lll, 36, ui, a6), 

dont on se sert au Séircgal , en guise de sa\'OD , est de ce 

sous-genre (i). 

Dans les suivants les palpes extérieurs ^ont terminés par 
Ain article plus large ^ comprimé , en forme de triangle ren- 
versé ou de hacbe ^ et plus dilaté dans les mâles La >deDt de 
4'échancrure du menton eil toujours bifid&> 

Les ÉpcTkis. ( Epottts. Bonellî. ) 

Auxquels nous réunirons les Diicodes {Dinodes)^ dont le 
dernier article des p«lpes'est Xio petipèus dilaié (a). 

Le gc^nre Lissauchenusj de M. Mac-Leayfils (Annul. javan. 
1 , I ', t ) ihe parait peu différer du précédent. 

Les auttes ont le plus souvent les mandibulas très ob- 
tuses y ou comme tronquées et fourchues ou bidentées à leur 
extrémité. Leur labre est dtstinccemenlécliancré ou bilobé; 
et la porCron aolérieure delà tète, q^i lui donne naissance, 
•est rebordée et souvent eoucave. L'échancrure du meaioii 
n'offre point de dent. La palette des tarses de plusieurs «st 
large , presque orbtculaire. 

Ceux<i ont l,es mandibules terminées en pointe, sans 
-échancrure ni dent au dessous d'elle. 

La palette des tarses des mâles est Tonnée par les trois pre- 
flnterti«irt4eleli« 

Les Rxmss. ( Eïmdvs. Latr. ) 
Le labre est bHobé« Le^jHdpes maxillaires extérieufs sont 




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FAMILLB DES GAAIiÀSSICRS. 4o5 

filiformes, et le deroier article des labiaux eK un peu renflé , 
en formelle c^ne renversé et alon^é. , 

La-tâteeatéttoitCy retativemeitt à la largeur duNCorps. Les 
anteiMies et.les palpes sont grêles (t ).. 

Les DiC£LE8. ( DxGiELus* Bon. ). 

Le labre .est sîippleqXeni éGhà4ïçné^avec.iitie;lig«eitiiprimée- 
et longitudinale aa milieu. Le derniel* article des palpe» 
extérieurs est plus grand et presque en forme de bache% 

Le corps est presque pai|illélipipède, avjec la tète presque 
aussi large que le corselet , et les élytres fortement striées et 
souTent carénées ktéral^ent.. Lej mandibules sont arguées 
kilerieurement,au bord interne^ et comme trônquées-ensuite 
e( tenntitée» en pointe. Les^ espèces cenniies sont araféricai- 

Ceux-là oBidè» ma»dlbnlea trfcéobtiiaes ^ éehanofées k leur 
axtftei té 7 ou unîden téea en desaduff. 

Les LiçiNEs. (LiGiNus» Latr.) ^ I • 

Ootje dernier articles des^ palpes exiétieurs.'plùs grand , 
presque en forme.de hacbe* La palettedestarséadea mâles esl 
larg<)y suborbicnJaire^etformée par lesd^ox preiiùers articles, 
dont le basilairefort grand 43)«. 

Les BADtSTER. ( Badistea. Claïrv. AmhfycHus. Gyllenh. ) 

OxK le dernier article des paljjes extérieurs est ovalaire^ ^ 
celui des labiaux est simplement un peu plus gros (terminé 
souvent en pointe aiguë)* La palette des ta*rses est en carré 
long lat fermée )>ar les- trois premiers article^ (4)- < 

■II,. , ■ . . ■ ■ ' ■ I 1 ■ • ■ . 

(i) RemhMu poVtus j Dej ; Carabus politus , Fab. ;Herbst. , Arcbiv. > 
XÙX y 9 ; -^ ^. impretsu^f Dcj^ ; Caraètis impnssus , Fab. 

(a) Yoy«B le Sp^. gea. de* col. de M^ le comu DcjeaD., U , a83. 

(3) Carahtuiti^n€olayiAvr,y coï. III, 35rV*.53i— C. 4Uphoide$^^9h.\ 
3turai. IV , i^xxiv , • ; — C etaarginati4S , Oliv.., ibid. , XIÏÏ , i5o ; Car 
nabus cassideus , Fab. ; — C. depressta , Payk.; Siarm. , ibuf, , LXXIV, 
o , O; — C. Jfoffjnanseggti , Panz. , faon, insect. Germ. , LXXXIX, 5. 
Voyez le Speoîes de U. le coniie Dejcan, Il , pag. 392-401 

(4) Carubè» bifmstmlatio , Fab ; Glainr. , Eotoa. Helv. , II, tiii; — 
.^. /ftAotiM « Ibg. ; Vaqs. » ibiàt , XXXVII , 20. V^yez lu seoond volume 
da Spec. de M. le comte Dfjean , pa^;. i^o5'^tf. 



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4o6 INSECTE^ COLÂOPTÈUES. 

Les derniers gi^elUnianes , ou ceuji qai composent leur ^e- 
conde division générale, ont leur léte rétrecie brusqueneni 
derrière I^f.yeux, ei comme distinguée du corselet par une 
espèce de cou ou de pédicule. Elle est sauvent petite , arec 
les yeux saillants* Dans plusieurs, la languette est courte et 
s'avance peu au-<lcl& de l'échancrure du menton* 

ici«ette échanciuie n'a point de dent; les mandibules 
sont foctebyêtle-labre eit fortement écfaanéré et' presque 
bilohë. Tels sont 

Les 'PîÉL^Gi£S. (PELÉciuif. Kirbv.) 

Le dernier article des palpes extérieurs est eu forme de 
hache. L^ languette est courte. !« corps est* oblong, plus 
étroit «B devant* Les quatre premier* articles des tairses an* 
térieurs des mâles sont en forme de triangle renversé '^ gar- 
nis de brosse en-dessous , etlequatriAme est bldde^ 

Les espèces de ce soua-genre et du anivant sont propres 
à l'Amérique méridionale (i). 
' Là, Téchancrure du menton ofFre une dent; les maudibu- 
les sont généralement petites et moyennes dans les autiiss. 
Le labre est entier ou faiblen^eut échancré. 
. Quelques^-uns se rajtprochent des pélécies à Regard des 
palpes extérieurs , terminés aussi par un article plus grand , 
en forme de hache ou de trianele renversé. Leur tâte est 
toujours petite, et le corselet est orbiculaire ou trap^ïde. 

* Les Cynthies. (Cyntbia. Lat. — Aupar. Microccphalus.) 

Dans lel mâles desquels les premiers articles des tarses 
antérieurs sont en forme de triangle renversé et copoiposent 
la palette; ils sout garnis de brosse en-dessous , et le qua- 
trième est bifide. 

La tète et les mandibules sont proportioonell«nent plus 
fortes que dans lé sous^génre suivant. Les palpes extérieurs 
sont moins alongés, mais plus comprimés au bout. Le corps 
«st ovale, avec le corselet trapézoïdal, plus largue pdstérieu- 
vëtnent ; plan , rebordé , sillonné longitudinalemcnt (a). 

( I ) Pehecium c/iui^e;s , Kirb*;, Tranaaet. lina. toc. , XII , xxt^ i . 
(a) Souiriseare ëtobU sur de# eqièccs 4u UtétX^ ay«Ht,ai]i4 ^oA Içsdtdea, 
le port des Abax de M. Bondit 



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Pl.XVJlL 







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Les Pa^rAàÏBt. '( P'AirA«ûBts«'.flJiit ) .! 

Daot h palette des larJies, propfeà'ùxttiàlet^ ti*èét formée 
que par les deux premiers articles. 

La tête est très' petite , comparatW^rttertt ati corps , avec' 
les yeux globuleux. Les mandibules, lés mâchoires et la lan- 
guette sont aussi très petites. Le conelet est le plus souvent 
auborbiculaire (i). 

Dans les soùs-genres suivants^ et qui terminent CÊtté sec-* 
tion , les palpes extérieurs sont filiformes ; le dernier afticle 
des maxillaires est presque cylindrique et fe même des la- 
biaux est presque ovalaire ou presque en c6në renversé et 
alongé. Le premier sous-genre, celui 

. DeLoRHXM. (LoAtc^iLà. .Lat^)> 

Est très remarquable. Ses antehnes s6nt séCacées , cour- 
bes, avec le second article et les quatre suivants )plus court* 
que les derniers et garniade faisceaux de pmljB. L^s mandi« 
bules sont petites. Les mâchoire!^ sont barbues èxlérptfure'l 
ment. Le labre est arrondi en devant. Les patpea labîau 
sont plus longs que les marxîllaires. Les yeux sont trèsi sa i tr- 
iants. Le corselet est presque orbiculairo ou en formetd^ 
cœur, largement tronqué et arrondi aux angleë postée 
rieurs. Les trois premiers articles des tàfses antérieurs 4qoI 
dilatés dans les mâles '(^i). « v. 

.Les Pathobes* (PATROBir^..Meg.) 

Ont des antoDoes Bliformies, droitaa, sana faisceaux dç 

poils, atec le quatrième article et les a uivauls égaux ,»prQSp; 

que cylindriques ;4es mandibu^ de grandeur ordinaire ^ la 

labre en carré transversal , avec la bord antérieur droif» L^ 

' I II j I ] I ■ ■ 

(1) CarmbuM emx^nu^or, Fab. ; GUIrr. , Eaton. .Helv. , II«.xv ; — 
' Carahuê noiidaOUj F«b. ; ^ Çyvhnu nfieaau^ Fab. ; Oliv. , ool III, 
35, vil , 77 i — Carahtu an^ulatus , Fab. j OUr. , à/i , yii, 76 ; — Pa- 
oagfitd quatre UtqbeSfCQy.,te^. anim., iV, xiy, i. yorez Tartide 
Partage de UEacjdop. Qiédiod. >, et le seoond volume da âpecies de 
M. le oomte Dqean, j|ag. a83 et saiv. 

(a) Lorieera anea^ Latr.; CaraBus pUioorms, Fab.; Panz. , Fana. 
iniect.Germ.,XI» lO^OUv,; col. III. 35, xt» iig} D^., Spec. , II, 
pag» ag3. / 



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4od WÀSCtCS COLiOPTÈRËS. 

JoDguèurdea paij)e« JabiaBK n'ezoUe pa^ oeàte dei maxtf- 
laires^Le cor^)f^^^st,Ç9 foMçinç de cœur, tronqué ^ avec les 
angles postérieurs aigus. Le^ deux premiers ilrticles des 
tarses antérieurs .4i:!{)t.|euls dilatés dans les mâles. Les yeux 
sont moins saillauits çt le cou est moins étroit que dans le; 
sous-genre précédent (i). * " 

Nous passerons maintenant aux carabiquès dont les jam*^ 
bes antérieures n'ont point d'^chan cru re au côté interne, ou 
qui en offrent une^ liiais commençant très près de l'ex- 
trémité de ces jaipbes , ou ne s'avançânt point sur leur 
(!^ce antérieureet ne forïnant qu'un canal oblique et linéaire^ 
La languette est souvent très courte, terminée en puipte au 
milieu de son sommet , et accompagnée de paraglosses allant 
aussi en pointe. Lés lùàijdilMlêsgona.roHujMes. Le derniev 
article des palpes extérieiira est orfdina\i:etn«qLV plus grand , 
comprima e^ forme de. triAPglje, renversé, ou de bac^hc) dans 
les luM y pKsqw en form^.de cuiller dans les autres {i). 
Les 7«u3( êont^tlla9its...I>ea élytres sont entières qu simple- 
nkent sinuées à leur .^trémité p^stérieuve^ L'abdonaen est 
ordinanrcmènt yolumiQeuXy Gopiparativement ^u% autres 
parties, du corps., Ces carabiqueç mptf pour la plupart, de 
grande taillis, ofiiés àç coulev^-s métaUiques. baillantes, cou- 
rent très vite et #oa.t très ca^rnassiers* Us composeront uoe 
section particulière, la sixième du genre , et que nous nom*- 
meroQS GaANpiPAi^cs ( Grandipalpi)(S). 
I Une première diWsion aura pour caractères : corps tou- 
jours épais, sans a^les^ labrje umjouvs bU^bé^; dernier arti- 
cle des palpes extërie«ro toujours irès.gicand } éc^anoruve du 
menton sans dent } côté ioienie des mandibuleB entière^ 
ment ou presque eaCièrement dei^telé dana sa Joii^ueur, 

Ici les mandibules soaI arguées, fortement dentées dana 
toute leur longueor, et rextrëmitô latérale et extérieure des 

( I ) CaraJbus rufipts^ Fab. ; C txcavatm , Vajlc . ; Pana. , i^id. , XXXÎ V 
a. M. le comte Deje^ii , ^ans le Catalogne de sa coHectioti , en mentioiuie 
deux autres espèces, Tane da Portoj^al^ Tautre de TÂmér. septeul. 

(a) Il est soavent pluf dilaté dans les mtles ; cela est sartoat très sen- 
sible dans les Procèras. 

(3) Dénomination pltis caractéristique qae celle d'it^ommaux^ qoo 
nous lui avions donnée auparavant. 



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PAMILLB Dire CÀBNASSXBhS. 4^9 

deux prenrfères jambca est ptolongée en une pointe. Le éer* 
nier article de leurs palpes extérieurs' est en* demi-OTale , 
longitudinal 9 avec le cÀté interne arqué; les pralj^è maxil- 
laires internes sont droits, avec le dernier article beaucoup 
plus grand que Je prétoire et presque ovoïd#« L-ëc)i«ncruffe 
du menton est* peu profonde. Tels sont les caractères ^ 

fie» PamboasI. X Pamboaus. La^r, ) ^. . 

On n'en connaît encore qu^ine seule espèce', le Fam* 
bore alternant {CAiy.y'^h^. anim., V,xit; a; Déj., Spec.,11^ 
p. 18, 19), et qui a été apportée de la Nouvel le4Mland6 
par Peron et M. Legueur« • * . - 

La les mandibules sont droites., simplement arquas 
Otf crochues et dilatées à leur extr&ciî té. Lès deux Jambes 
antérieures ne se prolongent point en manièrq d'épine & léuV 
extrémité latérale^ Le dernier article des palpes extérieurs 
est beaucoup plus large que !es précédents, concave eti dés- 
sus^ presque en foiune de cuiller. Le menton est profondé- 
ment écbancré^ proportionnellement plus a1on{^é que dans 
les sous'genres suivants, épaissi sur les côtés dans la plupart^ 
et comme, divisé longitudinalement en trois espaces.' 
Les élytres sont soudées, carénées latéralement, et embras- 
$ent une partie des côtés de ï'abdomen . Ces carabiqucs com- 
posent le genre Cychrus de PylLull et de Fâbricius", mais 
qu'on a mudiRé depuis, de la manière suivante :. ' 

Ceux dont les tarsek a(n>v wmblables dansies deux iexe»^ 
dont le corselet est en foi-ine de cceur tronqué, plus étroit 
postérieurement, ou presque orbiculaire, et point relevé 
sur les côtés, avec les angles postérieurs nuls ou arrondis^ 
Qnl sei)]^ conservé la déqominalion générique 

DeOrcmaiTS. ( GTcaniTS. Ldtr*,De|. ) (i) 

Ceux oii les mâles ont les trois premiers articles des tarses 
antérieara dilatés, mais faiblement et sous forme de pa» 

(i) Çjrchrus rostnouâ, Fab. ; Panx. , Faon, tnsect. Genn. , LXXXV, 
6'j dainr., Entom. Htiv. , II , xix , A; — C. atienuaua, I^b. ; Panz. , 
•W.', II, 3f Ckirr., **«., xw, B; — C. ùaUcur^ Boad., Obaerv. 
eplocB. (Mém. de TÀcad. de Tarin), f^o/es, pour les antres espèces» 
Spec. de M. le comte Dejèan , II , pag. 4 ei solv. 



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4iO ^SECTES COI^PTÂHBS. 

letM»/ 9i doDtfle complet est en trapèze « lurge,. écBiaiicre 

9UX doux.l^ttls^ relevé ijeir lef cfttés avec ie$ i^ngles posté- 

rieurf aigus, ef recourûtes, con^posent une autre coupe gêné- 

riquÇjGf{(Ie 

Des SciraiitoTes. (ScivRtKOTV». LaIt^ Dej.)'(i)« 

D'autres espèces enfin, aya^nt le port des cychrus, mais^ 
dont les ta? ses antérievrs dnt., <l«iif Im mâles , les deux, 
premiers Mriîdes très dilatés et formant avec le suivant 9. 
qui l'est- moinsi et do^ ]«^.$gure.^ celle 4'ua oqsur, une 
pajette, sontpoMr M* le comte Dejiçan ...^ 

Des SpBARoniaKS. ( SpHJBiioDBitts. ) (a). 

Les espèces de ces deux derniers sou»- genres sont par- 
ticulières à rAmérique. 

La 9eco.ude division de cette section nous offrira des cara- 
biques ayant aussi comme les précédents le corps épais, le 
plus souvent privé d'ailes, niais dont le menton est muni ^ 
au milieu de son échancrure, d^une dent entière ou bifide, 
et dont les mandibules sont, au plus, armées dTune ou de 
deux dents et situées k leur base. 

Le corselet est toujours en forme de œur tronqué. L'ab- 
domen est le plus souvent ovalaire. 

Les uns, dont le ]a]>re est quelquefois entier, ont tous les 
tarses identiques dans les deux sexes. 

Les Txf «Ltis» '( TsFiLva. Leafsh» ) 

Sont les seuls de cette division dont le labre soit entier ou 
sans cchancrure. 

Le Tefflus de Megerîe ( Carahus Megettei, Pab. j Voel^ 
col. II, XTXix, 49)7 A P^ès de deux pouces de long, et 
habite la c6te de Guinëe et r^Lifémitéorietiiale du Séné- 
gal. Il est tout noir, avec le corselet ridé, ^t les élyti-es 
divisées par des côtes longitudinales-et ayant dans leurs 
sillons des points élevés. Le dernier article des palpes 
extérieurs est très grand, eu forme de hache alongée, 

(1) Crchm9eiè$fatm^Fahr, Knoch ,. Bejtr. , I, vui, ia;J)ej. , Spec, 
II, paij. 17. 

(a)Dej., Spec, U, pa^. i4 etsuiv. 



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FAMILLE D£$ CaEV^SSIERS. 4^1 

avec lecAté inlerne curviligue. La deot Uc i*échançrurê.du 
laefttOD est petite. Le troisième article des aciteanes est 
trois fois au moins plus long que ie second. , . . . 

Les PaociRUS. ( Procerus. Meg. ) 

Ont le labre- biJobé. Toutes les. espèces connues sont 
pareillement de grande taille» soit entièrement noires ,. soit 
de ceite couleur eo dessous, et bleues ou. yordâtrcs en 
dessus y avec les* /ély ires très chagrinées. fUies habitent géu^ 
ralement les mpntagnes des contrées orientales etjpéridio* 
uales de l'Europe, et celles du Caucase et du Liban (i). 

Les autres^ ei dont le. labre est toujo usa divisé en deux ou 
tvdis lobes, ont' ries tarses antérieurs très sensiblement dila- 
tés dans les miles. 

Ceui-ci n'ont jamais d'ailes. Leurs mandibules spnt lisaes, 
et Ton remarque a leur base |.ou à Tune d'elles a^ moi^ns , 
une ou deux dents. Le corselet est en forme decoRur tf qf,<^éy 
sobisomëlrique ou plus long gue la^ge..L'abdpme9 .est oya- 

laife. . \ : 

\ Les PaoGavsTES. CPaocausxxs. Bon^i }* . 

Dont le labre est trilobé , et dont la dent de rëchancure 
du menton est bifide (a). 

Les CiRABES. (CarIbus. Liii. TàV. — Tachypus.Yléb, ) 

Où le labre est simplement échancréèu bilobé, et dont, 
la dent de l'écbancrure du menton est entière. 

M. le comte Dejean en a décrit cent vingt-quatre espèces, 
qu'il a distribuées dans seize divisions. Les treize premiè- 
res comprennent cdles dont les élytres sont convexes ou 

(t) Caraàut staèroâm ^ Fab. : Cgigaa^ Cr«i|z..> Eotona., J, ii, i3;— 
C. seahroêUâ, Ollv., col. III, 35, vu, $3, décrit et fignpé depais 
longtemps par Mooi&t , Int. tketiA, , 169; — jP. Uuuicuê , D^. > Spec. , 
II, ^4; CwrûhuM acaktotuê, ¥ttch.9£i^U>in. delà Rmsîe, I, 11, i,b, 
d, îi^Procenucauoatioua, Dcg. , c6i(l.,p. aS; Canbus soabrQsus, 
Fisch..» Bid, > o. , e. M, Labilkrdière a trouvé, dans la Liban , une 
antre espèce , mais InétHte. 

(2) Carahus conaeeus^V^h. ; Panx., Faon, insees. Gcom.i h)LXSi, i. 
f^ofez le second volama du Si>adet da. M.ie coa»te Dejean.^ ra^>a6 
cl taiv. 



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4^1 ' . rNSEOTES GOI^iOPTàRES; 

bombées ,. et les trois (iernîëres , celles où elles sont 
planes, et dont M. Fischer forme deux gëntes, pîtecte^ et 
cechemus{\)y fondés smr les proportions relstiv^es de l« tête 
et du corselei. La considération de la surface des élytres 
fournit les autres caractères secondaires de ces divisions , et 
telle a été la méthode de MM. Cbirviileet-Bbnelli. Lama- 
jeure partie de ces espèces habite l'Europe , tè Caucase , la 
Sibérie, TAsie' mineure, la Sfrie et le nord' de' l^Afrique, 
jusqu'au trentième degré environ de Isltitudè nord. On en 
trouve aussi (quelques- unes aut deux extrémités de TAcmé- 
rique, etil est probable que les montagnes des contrées in- 
termëdlÀkes en possèdent aussi: [{uêlques-âutres.* 

Parmi les espèces è corps convexe et obl):Jng , f une des 
plus communes est le C. doré ( C. auratus , Lin. )^ Pans., 
* Fàunl inftect. Germ., LXIÎXi', 4, qu'on*nOmitie volfjai- 
rementle /a/Yfi/7/er. Long dé prlsd*^nn'pouce, d'on vert- 
'' 'dotéèti*des.<us, noir en dessous, uvec fes pîrc mi ers articles 
'' àéi à'ntertncs et le^ p^eds &uvcs; élytres stionnées , ùtn- 
dentées au bord extérieur, près de leur extrémité , surtoot 
dans la femelle, avec trois côtes unies sur chaque. 

Ce cfurabe disparaît au(, midi dç rjîlurope, ou ne. s'y 
trouve plus que dans les montagnes (a). . , 



(i) Carahuthispaim^^JPfèb^i fre^.^FauD. içsect. Europ. , VIII > >• 
— i C. cyaneusy Fab. ; Paqz. » Fa un. insect. Grcrm., LXXXI/ a; — C 
Creutzen, Fab. j Anz. , Uid, , CJX, i'; -^ C, dèpresius^ Bood. ; — €: 
osseticusy Dej.; flecUs osseticus , Ftscli. , 'Euldkn: de ^ Rotsie, II, 
xxYiii , S ; — C. FahritU, Panz. , ibîâ. , CIX, 6*--.(% ftyipgaiar&s W>. ? 
Pan». , ihii. , V, 4» — C. pfrenœia^ Di^nir. .^Xe»*dBmndewiièreircD- 
ireot dans le g^enre Cechenut de M. FitrJier. Leur téieest proporticMincl- 
lemcnt plus kr(^ que oellés des espèces précédentes ou. des Piecies de 
M. Fischer. ' 

(a) Ajoates €, auro-nium, Fab. ; -Panz. , ibid* , IV » 7 4^- ^. nUtnSy. 
Fab. ; Paài. , «wl, , LXXXV, 9 ; — C. emltmê , F. ;>Pani. , i&te/., 
LXXXVIÎ, 3 ;— C. pmrffurasomt, F. ; Pansu , ibid. . IV, S -, — Ç.cauna- 
tns^V.; Panz., ibid., LXXXVII , 4;-^C ooËenalatus, F. : Pam., ihid ,- 
IV, 6 ;— C. affiniê. Pana. , **iirf., CIX . 3 ; — C. ScïwdleHy F. ; Pan»., 
ibid. , tXVI , a ; — C. monilûy F. ;Pan», , ibid. , CVIII ,i;'^C.oon' 
Ouu, Pant. > Aid, , 3 ; — C. canceUntMi», F. ; Pan». , ihid,, LXXXV, 1 ; 
— C. aivensis, F. ; Pant. , ibtd. , LXXIV, 3, LXXXI, 3; — C mor- 



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^ FAMILLE OBS CAftlIASftlBnS. ^l5 

Ceux-là sont le plus souveot ailés. Leors ma^dibiites sont 
striées transversalement , sans d^ts sensibles au cAté in- 
terne. Le eorsel«i est transversal , Clément dilaté et an* 
tondi latéralement^ sans prolongements aux angles posté- 
rîeur^. L'abdomen est presque oaroré. Leurs palpes exté- 
rieurs sont moins dilates à leur cfxtrémité. Les màcboires se 
courbent. brusquement k leur extrémité. Le second article 
des antennes est court et le troisième alon|;é. Les quatre 
ïambes postérieures sout arquées dans plusieurs mAles. 

Les Calosouzs. (Ca'losoma< Web. Fab. Càlosomay Caiizs^ 
theneSy Fischer.) 

Ce sous-genre est beaucoup moins nombreux que le pré- 
cédent., mais ses espèces s'étendent depuis le nord jusqu'à 
Véqûateur. 

L^ Ci p'cophwiU ( Carahus igrcophanthà, Lin.) , Clairv., 
Ënrom. Helvet.^ II, xxi, A. 

Long de huit à dix lignes^ d'un noir violet > avec lès 
élylres d'un vert doré ou cuivreux très brillant, très fine- 
ment striées, et ayant chacune Unis lignes de petits points 
enfoncés et distants. 

Sa larve vit dans le nid des chenilles processionnaires, 
dont elle se nourri t. Elle en mange plusieurs dans l{i même 
journée $ d'autres larves de son espèce, encore jeunes^ et 
petites, Tattaqiientet la dévorent ^ lorsqu'à force de s'être 
repue', elles perdu son i^ctivité.Elles sont noîres^ et on 
les trouve quelqiteFois courant à terre ou sur les arbres, et 
sur le chêne particulièrement (i). 

bUlosus , F. ; t^anz. , ihid, , LXXXI , 5 ; -^ C. gramàatak , K ) Ptiàz.) 
ihid*., ^-^-r Ç' yiolac^us^ F. ; Fànz. , ibid, f IV , 4; r* ^* marffinaU»^ 
E;; Pau*., /W., iXXlX, 7; — C. glahratas, î?. 5 Pani.,fA«/. , 
LXXIV , 4 ; — ^. conwexus , î*. ; ^anz. -, ihùL, 5 ; — C horiensis; t. ; 
Panz., t6«f.^ T, 9;— Cî/mk/m^m, Fm PaM*. A«2.> I^SXXIV » 4; ^ 
C. sylvestris^ F. ; Paoz , ibtd. , Y» 3; — C gemmaUa^ F. ; Para., iàid^ , 
tSXXV y 1 i -s- C. cœrnleus , Pai». y ibid, , CIX , a; — C. conçoioh^ 
F.; Panz.; lAiV/., CVIII, a; — C. Unnœi, Pao»., ihiàL, ClX,îj ^1 
CL angusUUJUà » Panz. , ibii. ., 4« Foycz , qoam à la ^yooqjnnie de ot^ 
aspèoes etq^ant avs aaUef dum^mesout-genre^ le second ^lume de 
Spedef de M. le comte Dejean , jpag. 30-1*89. 

(1) AjoQlezC ù^uwtof^ Fab. ; Panz., FauQ. iaseai. Gem., LXXXI, 



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4*4 fKSfBCTfeS COLÉOPTÈRES. 

La Itoîtf^mc et dernière dîVîsiou deo |;reiiKil|mlpev bous 
offre îin ensèitible de caffactères quiftf âignalent distincte- 
ment dès précëdentes. La plupart ont des atles. Les tarses an- 
térieurs des mâles sont toujours 'dilatés* le labre est en- 
trer. Les pai])es extérieurs sont simplement un peu dilatés 
ou un peu plus gros à leur extrémité , avee le dernier article 
en forme de cône renversé et alongé. Le GÔté interne des 
mandibules ne pimente point de dents notables ; celle du 
miliea de Téchancrurè du menton est bifide. Le milieu du 
bord supéjiieur de la languett^e f*éièveen pointe. Les jambes 
antérieures de plusieurs ont au côté interne une courte 
échancrure ou Tun'des deux éperons inséré plus haut que 
Tautre, de sorte que ces carabiques sont sous ce rapport am- 
bigus et pourraient venir, ainsi que ceux de la section sui- 
vante, immédiatement après les patellimanes (i). Ils fré- 
quentent généralement les lieux humides et aquatiques. 
Quelques-uns même, comme les omophroos, paraissent lier 
cette tribu avec la suivante ou les carnassiers aquatiques. 

Les unS; dont le corps est aplati , ou boml^ et subor- 
biculaire, ont des^eux de grandeur ordinaire , les anten- 
nes linéaires et composées d'articles généralement alongés, 
presque cylindriques , le côté extérieur des mâclioires barbu 
et les deux éperons internes des deux jambes antérieures de 
niveau à leur origine; ces jambes n'ont qu'un simple caaal 
longitudinal. 

Tantôt le corps est ovale^bloiig, aolati, avec le corse- 
let en cœur tronqué, rétréci postérieurement. L'écosson est 
distinct. Les trois premiers articles des tarses antérieurs des 
miles sont dilatés. 

Les PôGOifôpHOREè. ( PoooNOPHonus. Lat., Gyllenh.-»ietf- 
ius, Frœl., CWxxv . — Carahu$ y Fab. — Maniicom, Panz.) 

Remarquables par l'alongement de leurs palpes extérieur», 

7;—^. redculatum, f, , Paiix. . *jrf., 9; — C /nJa^alDr, F.; CUirv , 
fent. Helv. , Il , ixi , B ; — C serutator^ F. ; Lcacb , Zool. raî»c., xcin; 
— C: ealidutnj F. ; 0!ir. , col. lîl, S5, iv, 45. «t n, at. —Le C.per- 
cdatum de Fabrîctns ett ntt Hfiops. P^cyes le second Tolaine du Species 
de M. le comte Dejean , pag. 196 etMlv. 
{ir) 1^5 ?ogono|Âofrt« «ont \xh% voisiol des Ldricères. ' 



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FAMILLC DBS GABNASSTBAS. 4l5 

et dont les labiaux plusi longs que la tile; parieurs mandi- 
l>ules, dootlecdld externe ferme un angle saillant et aplati; 
en^n par leur languette avancée et terminée par trois épines. 
Leur tête est brusquement rétrécie derrière les yeux, et les 
articles de leurs antennes sont longs et menus. Toutes les 
espèœs connues sont européennes (i). 

' Les/NxBRi£S. (NsBRiA. Lat.) 

Qui ne diffèrent des pogonophores que' par des caractères 
natifs, ou en ce que les palpes sont beaucoup plus 
«ourts, que le côté externe des mandibules est peu ou point 
-dilaté et neformeplus qu'une très petite oreillette, ne s'avan- 
^nt point au-delà de la base des mâchoires ; que la languette 
<est courte , et que la tète n'offre point d'étranglement ou 
de cou. Les an teignes sout aussi proportionnellement plus 
épaisses et composées d'articles plus courts (a). 

Les Ai^ixs. ( ALPJErs. ). de M. Bonelli. 

Ne sont que des nébries aptères , un peu plus oblongues, 
et qui babitent plus spécialement les hautes montagnes (3). 

Tantôt le corps, bombé ou convexe en dessus, 96t presque 
«orbiculaire avec le corselet fort court, transversal, très échan- 
créen devant , plus Urge et lobé postérieurement. L'écusson 
n'est point apparent. Le premier article des deux tarses anté- 
rieurs des mâles ( et quelquefois le même des tarses inter- 
médiaires , comme dans l'O* mélangé) est seul sensiblement 
^dilaté. 



(i) Carahmt tipinUnurbif ^ Fab ; Leistus cœrukusy Clairv., Eotom. 
Hel^, , U , XXI II, A, a ; — C êpinûahris , Fab. y LeUtrus rufescens^ ibid. , 
B^ bj -— C ru/jf*cens, Fab.; Carabus terminnius , Paaz , Faon, insect. 
Genn. . TII^u. f^o^ez, pour les autres espèces, le second volume du 
Speeies de H. le comte Dejean, pag. ai a et sniv. 

Ca) Ntbria arenaria , Latr. , (Grâiér. crast. etinsect^ I a, vit , 6;— C«- 
rahuM hretficollis , Fab. ; Panz. , ibid. , XI , 8 : Oahr. , ibid. , XXIf, B ; 
— €. subulosug, Fab. ; Claîry. , £^. , A; Pans. , iftitf. » XXXI, 4 ) — 
C. picicomù, Féb. ; Pai».^ ibid. , XCII, \y -.- C.fsammodes, Kot^-, 
Faun. eirasc , mant. I; V, M. 

(3) Le C. HelwigU dé Vnmer , ibid. , LXXXIX» 4> cséna A\{^e. 
p^orez le Spccîes de M. U comte Dejean , Il , pai^^ aai dt s:iiv. « 



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4.i6 IRSÈCTES GOLHOPTÈRBS. 

Les Ottot^Rowi. OMomoir. LsAr.^^^coffrlus. Fab. 

Ge sous -genre se compose d'un petit nombre d^espèce^ 
\{ue Ton trouve sur les bords des eaut , en Europe , dàn^ 
TAmérique septentrionale; en Egypte et au cap de Bonne- 
Espérance. M. Desmarest a fait conuattré la làrvc de Tespàce 
la plus commune. Sa forfue se rapproche de celle des larteS 
'de dytiques. Les observations anatomiques de M. Dufour 
paraissent confirmer ces rapports (i). 

Les autres/ dont le corps est assez épais^ ont de grands 
yeux et tr^s saillants; des antennes grossissant un peu vers 
leur extrémité; et composées d'articles courts^ pour la plu-^ 
part en forme de toupie ou de cône renversé; Tun des deux 
éperons de l'extrémité interne des.dt^ul: jambes antérieures 
inséré plus haiK que Tautré, avec Une entaille dans rentre- 
deux. Les quatre ou trois premiers articles des tarses anté- 
rieurs des mâles sont peu dilatés dans la plupart. Les palpes 
ne sont jamais alOogés. Ces insecdes sopt rivi^rains et tous 
tl'Europe ou de Stbérie. 

Tantàt le labreest tr^s court; transversal et terminé parune 
ligne droite. Le dernier article des palpes extérieurs est pres- 
que en forme de cooe renversé; plus gros et tronqué au 
bout. Les mandibules s^avancent notablement au-delà du 
labre. Les tarses antérieurs des mâles sont sensiblement 

dilatés. 

« 

phila. Dej. ) 

Les unS; et les plus grands ( BléthisIcS; Blethisay Bonelli ), 
Ont le corselet plus large que long; plan ; rebovdé latérale- 
toent,presque carré;Un peu rétréci vers les angles postérieurs.] 

Ici les trois premiers articles des tarses antéril^urs sont for- 
tement dilatés et cordiformes dans les mâles. Ce sont les 
Pblofhiles {Pelophila ) de M. Dqean (a). 

(i) yoyet l'artlde, omophron d'iE^liv^er, Eocjciop. rncthod.; VEa- 
tomol. Helvel. , JI, xxtj j Iiptr. , Geuer. cru»t et iixscct. , I » anS > 
TU, 7 , et le second vol. da Spec. de M. le comte Dejean • p. :i5j et taiv. 

(3) CtahuM bi^reaiis, Boifc. ; iVe^ûi horeoHs , Gyllenli. ; Pans., Fann. 
iD»€ct.Gcrm.,LXXV,8. 



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FAini'LE DBS CARISASSIËÂS. 4^7 

lÀy les quatre premiers articles des tarses antérieurs des 
luâles sont faibrement dilatés ^ ce sont les Bli^tbises ( bic" 
ihisa ) da même ( i ). « 

Les autres ont le corselet aussi long au moins que large, 
convexe y en forme de cœur tronqué. Le corps est prbpor- 
tionnelJement'pIus convexe que dans les précédents. Les ' 
quatre premiers articles des tarses antérieurs sont légèrement 
dilatés dans les mâles. Ceux-ci composent exclusivement son 
genre Élafhre. 

VÉlaphre uligineuje ( C. uliginasus , Fab. ^ elaphrus 
ripariusy Oliv.% col. ^ U , 34 9 I; i* A-Ë. ) est loog 
d'environ quatre lignes^ d'un bronzé noirâtre, très ponc* 
tué , avec des impressions ou petites fossettes sur le front 
et sur le corselet , et d'autres à fond violet^ élevées dans 
leurcontour et réunies les unes aux autres, sur les élytres. 
Les tarses sont d'un noir bleuâtre; mais les jambes sont 
tantôt de cette couleur tantçt roussâtres. Ce% derniers indi- 
vidus ont été considérés comme formant une espèce pro- 
pre ( Cupreus)y par MM. Mcgcrlc et le comte Dcjean. Il est 
très rare aux environs de Paris, mais commun dans d'au- 
tres parties de la France , en Allemagne , en Suède , etc. 

UEhphre des rivages {Cicindela^ ripana\ Lin.j Ela- 
phrus ripanus^ Fab.j Clairv. , £ntom. helvet., il, xxv , 
A. a.; einphruSj paludosus , Oliv. , col. 11, 34 > i y 4? ^ b ; 
Paoz. ,Faun. insect. Germ., xx, i. ). D'un tiers environ 
plus petit que le précédent, très finement pointillé et 
d'un cuivreux mat et mêlé de vert, en dessus, avec des 
impressions circulaires, mamelonécs au centre, vertes, 
disposées sur quatre lignes, et une tache cuivreuse, polie 
et luisante, près la suture, sur chaque élytre. Commun 
aux environs dç Paris (a). 

Tantôt le labre est presque demi-circulaire et arrondi en 
devant; les palpes extérieurs se terminent par un article su- 
bovalaire, rétréci en pointe au bout. Les mandibules s'avan- 
cent peu au-delà du labre. Les tarses sont identiques dans 
les deux sexes. 

(]) Carabus muUipunctaius ^ Fab. ; FaDZ. , ihid. , XI , 5. 
(a) Koyez pour les antres espèces, le second volomc da Spccics de 
M. le comte Dejean , pa^. a68 et suiv. 

TOMIi IV. 27 • 

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4l8 INSECTES CX)LÉOPTBRBS. 

L'6xU'émitG antérieure de la tète forme ua petit muteau. 
Le dessus du corps est plau, avec le corselet trapézoïde, 
presque ayssi large que la téte^ un pea rétréci postérieu- 
rement. 

r 

Les NoTioPHiLES. ( N0T10PHILU8. Dumér. — EUaphrus, Fab, , 
Oliv. ) (i) 

Notre seconde division générale de cette tribu , les SmuLi- 
. pkhvzs {Subulipalpi) y est distinguée de la précédente par la 
forme des palpes extérieurs , dont Favant-dernier article , en 
formelle cône renversé, se réunit avec le suivant, et compose 
avec lui un corps commun ovalaire ou- en fuseau , terminé , 
soit insensiblement y soit subitement , en pointe ou en ma- 
nière d'alêne. Les deux jambes antérieures sont toujours 
échancrées au côté interne. Ces insectes ressemblent beau- 
coup aux derniers, tant pour les formes que pour la manière 
de vivre. , 

Lcs^Bembidions. (Bembidion. Latr. — i?tfmiî^ium. G yllenh., 
Dejean. ] 

Ont l'avaut-dernier article des palpes extérieurs grand , 
renflé, en forme de toupie, et le dernier beaucoup plus 
grôle, très court, conique ou aciculaire. Le premier article 
des deux tarses antérieurs est dilaté dans les mâles, 

MM. Ziégler et Megerle ont divisé ce sous-genre en plu- 
sieurs autres (a) , mais sans en donner les caractères et en se 

( I ) Cicindela aquatioa , Lin . ^ Elaphrus atfuaticus, Fab. ; Fanz. y Faon, 
insect. Germ. , XX, 3; — Elaphrw biguttatus , Fab. , et auquel M. le 
comte Dejean rapporte son C. semipunctatas» Consultez le Speciet àt ce 
dernier, II , p. 276 et suiv, 

(a) Ce sous-genre peut se diviser ainsi. Les uns ont le corselet moins 
déprime , aussi long au moins que large, beaucoup plus étroit poste'rieu> 
rement qu^en devant, en cœur tronqué, à an(>;les postérieurs très couru 
ou peu prolongés. 

Ceux où cette partie du corps n^offre ans angles postérieurs aucune 
impression bien marquée , et dont les yeux sont très gros et font paraître 
la tète un peu plus large que le corselet , forment le G. tachypus de 
M. Mcgerlc. 

Ceux dont Ifs yeux /ainsi que dans tous Irs suivants^ ont moins de 



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Camille des cARWAssiEns. 419 

fondant uniquement^ à ce qu'il parait, d'apràs les change- 
ments de formes du corselet. 

L'espÈce suivante est sangée par Ms. le cemle Dejean 
avec ses tachypes. 

ht B. à pieds-ioiqkts ( Cwindela flavipes. Lin. ) Panz, 
Faun. insect. Germ. XX^ a , très semblable à Télaphre des 
rivages^ long de deux lignes} corselet un peu plus étroit 
que la tète j en forme de cœur tronqué , aussi long que 
large; yeux gros f dessous du cerps d'un vert-noirâtre; 
dessus bronzé y marbré de rougecuivreux^ deux gros points 
enfoncés près de la si^ture, sur chaque étui ; base des an- 
tennes y palpes et pieds jaunâtres. — Très commun aux en- 
virons de Paris ( i ). 

rsaiUie , de manière que le corselet n'est pas pAas large que la tèle, mais 
offre d'ailleurs les mêmes caractères, sont les BemOdiums proprement 
dits de M. le comte Dejean. 

Avec M. Megerle-, il range dans le genre Lopha , cens dont te corselet 
ayant la même ferme et les mêmes, proportions , offre, à chaque angle 
postërleoTy ane Imprestioa bien prononcée, de sorte que ces angles sont 
bkn rebordés. 

Les aiures Bemlndîons ont le corps plus aplati , le corselet ^los large 
-qne long^ et proportionnellement molnsrëtréci posK^rieorement; ses angles 
posiériears ont toujours une forte impression et une petite carène oblique. 
Des espèces dont le corselet, quoique rétréci près des angles postérieurs, 
Vest cependant moins que dans les antres» de sorte que le bord posté- 
rieur n'est guère plus étroit que l'antérieur , composent le genre NotU'- 
phuM do même et de M. Megerle. 

Parmi celles dont le corselet est notablement rétréci en arrière, tantAt 
sa longueur est seulement en pen plus grande que sa largeur et il est en 
forme de cœur tronque j tels sont les Perjrphus de ces savants. Tantôt , 
beaucoup plus court proportionnellement » sa forme se rapprcxsfae de celle 
d'une coujie ou d'un cœur très évasé ; dans quelques-uns même , il est 
arrondi aux angles postérieurs. Ces espèces constituent, pour eux, le 
^enre Leja. Les Tacbjpes , à raison dç k saillie extraordinaire de learfi 
y eux, de leurs autres rapporU avec les Élaphres, sont assea distincts; 
mais il n'en est pas ainsi des autres genres : il est impossible de les signaler 
par des caractères rigoureux. Ceux que l'on pourrait tirer des longueurs 
respectÎYes et comparées des second et troisième articles des antennes 
m'ont encore paru incertuns. Foyez le CataL de la coU. des oolléopt. de 
M. Dejean. 

(1) Ajoutez Canbus tricolor^ Fab. ;— cjusd. , €, modùatus ^^-^unor, 

27* 



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420 INSECTES COLlËOPTÈRES. 

Les Tréchus. (Trechu&. Clarirv. ) 

Qui out le deroier article de leurs palpes eitérieurs aussi 
)on(^ ou plus long que le précédeat, de sa grosseur à soa 
oHgtne , de sorte que ces deux articles formeot réunis un 
corps en fuseau (i )• 

I^es Coléoptères pentamères carnassiers aquatiques 

(brment une troisième tribu , celle des Hydrocaw- 

THÂRES ( HïDROCANTHÀRI , Lat. ) OU dcS NogeUTS. 

Eile a des pieds propres à la natation ; les quatre 
derniers sont comprimés, ciliés ou en forme de lame, 
et les deux derniers sont éloignés des autres; les 
mandibules sont presque entièrement recouvertes; 

é 1 

— bi-gutUUus , — quattior^guttatus , — guUula ; — C, minutus , Panz. , 
Faon, insect. Germ. , XXXVIII , lo;— C. pjrgtnœusj F. ; P^nz. , ibid. , 
1 1 ; -* C aniculauts , Panz. , ibid. , XXX «ai ; — Cicindela quadri- 
maculata , Lin.; Carabus pulchellus, Panz. , ibid.^ XXXVIII.S; 
XL , 5 ; — 2 C doris , Panz. , ilid, , 9 ; — Eiaphrus rupestris , Fab. ; Panz. , 
gbidn., XL, 6; — C decorus, Panz. , ibid. , LXXHI, 4 i — ^- ustulatui. 
Lia. ; Panz., ibid, , XL ,7, g • .-, C, bi-punetatusy Lin. ; Oliv., col. III , 
35, XIV, «63; — Eiaphrus rufcoilis, Panz., ibid., XXXVIII, ai ; 

— Eiaphrus impressus^ F. ^ Panz., ibid., XL, 8; — Elaphrut palu- 
dosus , ibid. , XX , 4* 

(i) Trechus rubens , Clairv. , Entom. hdv. , II, 11 , B , b. Le Carabus 
meridianus , quUi représente même plancbe , Â , a , est un ttenolopbe. — 
Carabus micros, Panz., Faun. insect. Germ., XL, v{. — Le G. ma.* 
SOREU8 de MM. Ziégler ci 'Dejean , me paraît avbisiner celui de Trechus. 
L^espècc sur laquelle il est fondé est très voisine de VNarpalus ooUaiis 
de M. GjlIenbaU. Les palpes maxillaires se terminent , ainsi que ceux des 
Trécbus, eu manière' de fuseau; seulement Pavant -dernier article est 
beaucoup plus court que le suivant. Les tarses antériei;irs sont légèrement 
dilatés dans les màlcs. Cet insecte semble lier les Trécbus avec diverses 
petites espèces de siénolopbes de M. Dejean. 

Ses Blemus iBlemus) des màmes naturalistes tqnt des espèces de 
Trecbus ^slus étroits et plus alongés, à corselet subisométrique, en forme 
de triangle renversé et tronqué, et a mandibules notablement plus grandes 
et prolongées au-delà du labre. On les trouve sous des pierres , tar nos 
côtes maritimes ou dan^ la mer me me. 



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FAMILLE DES GARliASSfERS. ^2 1 

le corps est tO)< jours ovale , avec les yeux peu saillants 
et le corselet beaucoup plus large que long. ï^e 
crochet qui termine les mâchoires est arqué dès sa 
base ; ceux du bout des tarses sont souvent inégaux. 

Ces insectes composent les genres Djtiscus et 
Gjrinus de Geoffroy. Ils passent le premier et le 
* dernier état de leur vie dans les eaux douces et 
tranquilles des lacs , des marais^ des étangs, etc. 
Ils nagent très bien et se rendent de temps en temps 
ù la surface pour respirer. Ils y remontent aisé- 
ment eo tenant leurs pieds en repos et se laissant 
flotter. Leur corps étant renversé, ils élèvent un 
peu leur.derrière hors de l'eau , soulèvent l'extré- 
mité de leurs étuis ou inclinent le bout de leur ab~ 
domen , afin que l'air s'insinue dans les stigmates 
qu'ils recouvrent , et de là dans les trachées. Us 
sont très voraceset sft nourrissent des petits ani- 
maux qui font, comme. eux, leur séjour habituel 
dans cet élément. Ils ne s'en éloignent que pendanK 
la nuit ou à son approche. Lorsqu'on les retire de 
reau> ils répandent une odeur des plus nauséa- 
bondes. La lumière les attire quelquefois dans l'in- 
térieur des maisons*. 

Leurs larves ont le corps long et étroit , com- 
posé de douze anneaux , dont le premier plus gi;^nd, 
avec la tête forte et offrant deux mandibules puis- 
santés , courbées en arc et percées près de leur 
pointe , de petites antennes , des palpes , et de 
chaque côté six yeux lisses rapprochés. Elles ont 



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^22 INSECTES COLÉOPTÈRES* 

six pieds assez longs , souvent frangés de poils , et 
terminés par deux petits ongles. Elles sont agiles , 
carnassières/ et respirent soit par l'anus ^ sôit par 
des espèces de nageoires^ imitant des branchies* 
Elles sortent de Teau pour se métamorphoser en 
Bjmphes. 
Cette tribu se compose de deux genres principaux*. 

Les Dttisques. (Dytiscus. Geoff.) 

Qui ont des antennes en filets plus longues que la 
tête , deux yeux , les pieds antérieurs plus courts que 
les suivants^ et les derniers terminés le plus souvent par 
un tarse comprimé/ allant en pointa (i). Us nagent 
. avec beaucoup de vitesse , k V&iàe de leurs plèds garnis 
• de franges de longs poils , et particulièrement des deux 
derniers. Ils s^élancent sur les autres insectes , les vers 
aquatiques ; etc. Dans la plupart des mâles ^ les quatre 
tarses antérieurs ont leurs trois nremiers articles éUrgîs^ 
et spongieux en dessous; ceux de la première paire sont 
surtout très remarquables dans les grandes espèces; ces 
^is articles y forment une grande palette , dont la sur- 
face inférieure est couverte de petits corps, les uns eu 
papilles^ les autres plusgrandâ, en forme de godets ou 
de suçoirS; etc. Quelques femelles se distinguent de leurs 
m&les par lesétuissillonnés. Les larves ont le corps com- 
posé de onze à douze anneaux et récouvez'ts d'uneplaque 
ëoailleuse ; elles sont longues t ventrues au milieu , plus 



(i) JSelon M. Lëon Dufoar , lenr jabot se termine ca arrière par un 
))ourrclet annalaire| caractère quVa n'observe pas dans la tribapféoé-^ 
dente. Leur cœcum forme une vessie natatoire. Leur poitrine renferme 
nne ou deux utricules pneamatiques , tandis que les traebëes deé autres 
parties sont tnbulaires. Le tissu adipeux splaochniqnc a les caractères 
d'un v<5riiablîi ^piplooo ou d'un'mdsentcre^ Leurs stigmates différent «u*$l 
de ceux d/Ë$ carnassiers terreslrcs. 



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TAMILLE DBS CARNASSIEns. 423 

grélesaux deiuexlréniités, parliculièrementeii arrière , 
où les derniers anneaux foraienl un cône alongé, garni sur 
les o6tésd'une frange de poils flottants , avec lesquels Ta- 
nimal pousse Feau et fait ayancer son corps, qui est 
terminé ordinairement par deux filets cdniqaes , barbus 
et mobiles. Dans l'entre-deux sont deux petits corps cy- 
lindriques, percés d'un trou a leur extrémité y et qui 
sont des conduits aériens^ auxjquels aboutissent les deux 
tracbées ; on distingue cependant sur les o&tés de l'ab- 
domen des stigmates. La télé est grande , ovale, alta* 
cbée au corselet par un cou , avec des mandibules très 
lirquées, et sous l'extrémité desquelles De Géer a a|)erçu 
une fente longitudinale; de sorte qu'à cet égard ces or- 
ganes ressemblent aux mandibules des larves de Jbitr- 
mls'lionSy et servent de suçoirs; la bouche oflre néan- 
moins des mâdioires et une lèvi*e avec *des palpes. Les 
trois premiers anneaux portent chacun une paire de 
pattes assez longues , dont la jambe et le tarse sont bordés 
de poils, qui sont encore utiles à la natation. Le pre- 
mier anneau est plus grand ou plus long, et défendu 
en dessous^ aussi -bien quen dessus, par une plaque 
écailleuse. « 

Ces larves se suspendent à la surface de Teauau moyen 
des deux appendices latéraux du bout de leur queue , et 
([u'elles rt.ennent à sec. Lorsqu'elles veulent changer su- 
bitement de place, elles donnent a leur corps un mou- 
vement prompt et vei'mîculaire , et battent l'eau avec: 
leur queue. Elles se nourrissent plus particulièrement 
des larves de libellules, .d^ celles des cousins et des sti- 
pules, et J'aselles. Lorsque le temps de leur transfor- 
mation est venu, elles quittent i'eau, gagnent le rivage 
et s'enfoncent dans la terre; mais il faut qu'elle soif 
toujours mouillée ou très humide. Elles s'y pratiquent 
une cavité ovale et s'y renferment. 

Suivant Rœsel^les œufs du dy tîsque bordé éclosent dix 
à douze purs après la potate. Au bout de quatre h cinq , 



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424 INSECTES COLÉOPTÈRES, 

la larve a déjà quatre à cinq ligaes de long y et nme 
pour la première fois. Le second changement de peau at 
lieu au bout d'un intervalle de même durée, et l'animal 
est une fois plus grand. La longueur de deux pouces est 
le terme de son accroissement. En #té , on en a va se 
changer en nymphe au bout de quinze jours y et en in- 
secte parfait quinze ou vingt jours après. Outre le cloaque 
des insectes de cette famille^ Ipdytisquesontunccecum 
assez long^ qui s'aperçoit dès l'état de larve. 

Ce grand genre se subdivise comme il suit : 
Les uns ont les antennes composées de onze articles dis- 
tincts, les palpes extérieurs filiforme,s ou un peu plus gros 
vers leur extrémité, et la base de leui^ pieds postérieurs , 
ainsi que celle des autres découverte. 

Tantôt l'épaisseur des antennes diminue graduellement 
depuis leur origifte jusqu'à leur extrémité; le dernier article 
des palpes labiaux est simplement obtus à son extrémité ^ 
sans échaucrure. Tels sont 

Les Dytisques proprement dits. (Dytiscus.) 

Dont tous les tarses ont cinq articles très distincts, et 
dont les deux antérieurs ont, dans les mâldi, les trois pre- 
miers articles très larges, et formant ensemble une palette, 
soit ovale et transverse, soit orbi«ulaire. 

Le D. très large [D. latissimuSy Lin.), Pana., Faup. 
insect. Germ. , LXXXVI, i,long de près d'un pouce et 
demf , et très distinct par la dilatation comprimée et tran- 
chante de la marge extérieure des étuis, dont le rebord est 
jaunâtre; corselet bordé tout autour de la môme couleur; 
étuis sillonnés et à côtes dans la femelle. Dans le départe- 
ment des Vosges, au nord de l'Europe et en Allemagne. 
Le D. bordé (Z>. marginalis y Lin.), Panz. , ibid*^ 3, 
d'un quart environ plus petit, ayant aussi une bordure 
jaunâtre tout autour du corselet, et une ligne de la même 
couleur sur le bord extérieur et non dilaté des étuis; ceux 
de la femelle sillonnés depuis leur base jusqu'aux deux 
tiers environ de leur longueur. 



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FAMILLE DBS CARNASSIERS. 4^5 

Fabricius dit que , red verte sur le do» ; il se rétabli t ^ eu 
sautant^ dans sa position ordinaire. 

Esper conservait depuis trois ans et demi y dans un 
grand bocal de verre, un dytisque Bordé et toujours bien 
portant. Il lui donnait chaque semaine, et quelquefois 
plus souvent , gros comme une noisette, du bœuf cru, sur 
lequel il se jetait avec avidité, et dont il suçait le sang de 
la manière la plus complète. Il peut jeûner au moins 
quatre semaines. Il tue l'hydrophile brun , quoiqu'une 
fois plus grand que lui , en le perçant entre la tète et le 
corselet, la seule partie ^u corps qui est sans défense. 
Suivant Esper, il est sensible aux changements de l'at- 
mosphère , ei les indique par la hauteur à laquelle il se 
tient dans le bocal. 

Le D. de Rçssel ( Z>. Rœselii^ Fab. ) , Rœs. ,«Insect. ,11, 
Aquat. , class. I , ii , plus étroit ou plu« ovale, et plus dé- 
primé que les précédents; bord extérieur du corselet et 
àes étuis jaunâtre ; ces étuis très finement striés dans la 
femelle. Aux environs de Paris et en Allemagne. 

Le 77. à antennes eri scie ( D. serricornis, Payk. , Nov. 
act. Acad. scient. Stoclh. , XX, i , 3.) très singulier par 
la forme anomale des antennes du' mâle, dont les quatre 
derniers articles forment une masse comprimée et dentée 
en scie(i). 



(i) Le docteur LeacK a fonde sur ce caractère son ^enre Agabus (ZooI. 
miscell. III, pag. 69 et ^a). Quelques légères différences dans la forme 
elles proportions relatives des articles des palpes maxillaires extérieurs 
Font aussi déterminé à en établir quelques autres, telles que ceux d^Hr- 
DATictf^ (Z>. Hybneri^ transwersalis , stagnalis, ^-wUatus); d'AciLius 
(/). sulcatus), et de Trogus {D. laleralis). Le dernierseul pourrait être 
Gooservé , à raison de qnelqnes autres caractères. Les pieds postérieurs 
ont les jambes courtes , très larges, et leurs tarses ne sont terminés que 
par un «cul crochet. Aux espèces décrites ci-dessus, ajoutez D.. sulcatus , 
Fab.; Clairv., Enlom. beîv., II , x*j— /?. eostalis, Oliv. ,col. III, 4°, 
1 > 7 i — ^' pnnctatus, îbid., 1 , 6 , b, cl i, e i— ;!>. aciculatus^ ibid., m, 
3oy — D. lan'igaUis , ibid. , aS ; — D. triptmcUUus ^ îbid.#a4* — RuficoUis , 
ibid. , II , 20 ; — D, vUtatus , îbid. , 1 , Sj — /?. griseus , ibid. a , i a ;— 
/>. sUcUcus, ibid, 11 , 1 1; — Z?. circumflexus y F. 



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436 INSBGTBS GOLBOPTÈRBS. 

Les CoLtMBETES. ( CoLYHBETES. ClaîrV. ) 

.Dont tous les tarses ont aussi cinq articles trës distincts , 
mais dont les quatre antérieui's ont, dans lea mâles, leur» 
trois premiers articles presque également dilates, et ne for- 
mant ensemble qu'une petite palette en carré long } leurs 
antennes sont au moins de la longueur de la tète et du cor- 
selet. Le corps esl parfaitement ovale, a plus de largeur que 
de hauteurj les yeux ne sont point ou peu saillants (i). 

Les Htgrobies. (Hygrobia. Lsii,^^ ffydcachna, Pab.^ Clairv. 
— Pœlobius. €chœnh. ) 

Qui. ont encore des tarses à cinq articles distincta, et dont 
les quatre antérieurs dilatés presque également, à leur base, 
dans les m4|es,ea une petite palette en carré long 5 mais 
dont les antennes sont plus courtes que la tète et le corse- 
let; qui ont le corps ovoïde, très épais danl son milieu, et 
les yeux saillants (2). 

{i)D, fiiscus, Panz. , Faun. inscct. Gerpi. , LXXXVI , 5;— D. cine- 
reut, F. ; Panz., ibid. , XXXÏ , U; — D. zonatus , F. ; Panz. , ibid, , 
XXXVIIÏ , 3 ; — Z). bi-punetatus , F. ; Pauz. ; Aid, , XCI , 6 ; — D. 
fenestratui,^. ; Panz. , ibû. , XXXVlIl , r6; — i>. chalconatus, F. ; 
Panz. , add. , 17; — Z). aiar, F. ; Panz. , ibid , i5; — D. gnaattu, 
Pajrk.; Panz., ibid,^ XC, i; — /?. fulginosus, F. ^ Panz., ibid.* 
XXXVIII , 1 45 — /?. bi'pustulatus , F. 5 Panz. , ibid. , CI , a ; — />. 
siagnalis , F. ; Panz. , ibid. , XCI . 7 ; — /?. trantversalis , F. ; Panz. , 
ibid., LXXXVI, 6; — D. abbrtvialus, F. 5 Panz., i^W., XIV. i ; — 
• D, maeuiatus , F. ; Panz. , ibid. , 7 ; — O. agilit , F. ; Panz. , ibid,, XC, 
a; — £?. adspersus, F. ; Panz., ibid, , XXXVIII , 18 ; —2?. minutus , 
F. ; Panz. , XXVI, 3, 5; — D. Uander, Oliv., ibid. , m, aS; — D. 
varius , Olîv. , iùid. ,11, 17 ;— D. himacutatus , Oliv. , ibid. , 18. Fofez 
Clairvillc, £ntom. helv., tom. Il , genre Cofy-mketes. 

Quelques petites espèces n^ayant point dVcusson distinct, et dont les 
tarses antérieurs sont peu dilates dans les mâles , composent le geurc La- 
copHiLus du docteur Leacli. Il cite les suivantes : D. hyaUnus , Marsh. ; 
— D. mterruptus, Panz f-^D. minutus, Lin. ; — D. marmoreus] Oliv. 
Voyez son Zool. misccll. , ïlî , pag/73. 

(q) Hydrachna ffermmnni, Fab. ^ Latr. , Gren. cnisU et insect. ; ï , vi, 
5; Clairv. , Entftm. helv, II, xxvii , A, a^ — H. u^cnoxa, C]air> . 
ïAft/. .B,b. 

Ces insectes ci les H^liplc» forment, duns la mclhofîc de M. ï^acli 



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FAMILLE DES CAIIKASSIERS. 4^7 

Les Hydropoiœs* ( Hydboporus. Clairv. — Hypkydrus. Lat.^ 
Schœph. ) 

Dont les quatre tarses antérieurs, presque semblables et 
spongieux ea dessous , dans les deux sexes , n'ont que 
quatre articles distincts, le quatrième étant nui ou très pe- 
tit et caché , ainsi qu'une partie du dernier, dans une fissure 
profonde du troisième. 

Ils n'ont point d'écussoo apparent (i). 
On pourrait en détacher quelques espèces (a) , ^on t le corps 
est très bombé ou presque globuleux, et dont le dernier ar- 
ticle des quatre tarses antérieures est très petit et peu sail- 
lant au-delà du (précédent (Hyphydrus. Latr. )• Les autres 
ont le corps ovale et moins épais (3). 

Tantôt les antennes sont un peu dilatée» et plus Jarges 
vers le milieu de leur longueur; le dernier article des palpes 
labiaux a une échancrure, et parait fourchu. 

. Les NoTEREs. (NoTBRiJS. Clairv.) 

L'écusson manque; le^ tarses ont cinq articles distincts; 
les deux premiers des quatre antérieu» sont dilatés dans 
lés mâles et forment une palette alongée. Le premier arti- 
cle des deux tarses antérieurs est recottvert dans les mêmes 

(Zool. mÎMeH. , III, pàg. 68) , un groupe particulier » ayant-poar carac^ 
tères : un ëcusson , tous les pieds propres à la marcfie, cinq articles à tons 
tes tarses > deux crochets au bout du dernier 

Les Hygrobies ont les palpes extërienrs nn peu renflés à leur extrë* 
mité, deux forts éperons et rapprochée an boot àst jambes, et lears 
tarses antérieurs snscept^les de se replier sous les Jambes , dont ils dé- 
pendent. 

(f) Les précédents , à Pexcepiion' de 'quelques pelites espèces , en ont 
un très sensible. 

(a) Les Hydrachnes : gihba^ ûvqUs , scripta , de Fabricius ; Hfpfydrus 
iyrataê , Schcenh. , Synon. xnsect. , II , iv , i. 

(3) Lea Dytîscas : inœtfualis , reticulatus , eonfluens , picipes , piciut , 
gemiruu y Itneams , halensis, duodecùn-pustulatMis ^ donalis , sex-ptistu- 
lûUts , paiuMtns , depressus , UtunOns , planus , eiythrocepîmlus , nigrita , 
granulaiig , de Fabricius. f^o^cz Schoenherr. , Synon. insect. , tom. ÏI , 
genre Hjrplv^drus^ — Panzer, Index, enlom. , genre Bfdroporuêi cl Clairv. , 
• Xurom helv. , lom. Il, même genre. 



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428 TMSECTES COLÉOPTÈRUS. 

individus par ud large éperon , en forme de lame. La pièce 
pectorale ; qui porte les derniers pieds ^ a, de chaque côte, 
une rainure ou coulisse t>rof()nde (i). 

Les autres n'ont que dix articles distincts aux antennes ; 
leurs palpes extérieurs se terminent en alêne ou par un ar- 
ticle plus grêle et allant en pointe; la base de leurs pieds 
postérieurs est recouverte d'une grande lame en forme 
de bouclier. 

Le corps est bombé en dessous et ovoïde^ comme dans les 
hygrobies; mais ils n'ont point d'écusson, et tous leurs 
tarses sont filiformes , à cinq articles distincts et presque 
cylindriques , et ont à peu près la même forme dfrns les deux 
scfxes. Ce sont : 

. Les Halii^es. ( H^iplus. Lat. — Hoplitus. Clairv. — Cnc- 
midotus.WÀ^.) (2) 

Le second genre ou celui 

Des Gyrins. (Gtrinus. L.) 

Compredd cçux dont les antennes sont en massue ^ 
plus courtes que la tête ; les deux premiers pieds sont 
longs , avancés en forme de bras , et les quatre autres 
très comprimés , larges et en nageoires. Les jeuxsont au 
nombre de quatre. 

Le corps est ovale et ordinairement très luisant. 
Les antennes^ insérées dans une cavité, au devant des 
yeux, ont le second article prolongé extérieurement, 
en forme d'oreillette, et les articles suivants (3) , Itès 
courts, fort serrés , et se réunissent en une masse, pres- 
que en forme de fuseau et un peu courbe. La tête est 
enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux , qui sont 

(i) Dytiscus crassicornis , Fab. j Clairv, , Entom. hclv., 11, xxxii. 

(2) Lej Dytisqacs ; fuluus , impressùs , ohUquus de Fabrictas. Fofec 
Latreille , Gêner, crust. eiinsccu, 1, pag. a34; Clairv. ..Entom. helv. , 
tom. II. genm HopUtus^ XXXI; Panz. , Ind. cntom. eenos , id., ei 
Sclioînlierr.; Synou. iasect.. Il, gçnre Cnemidotus. 

(3) On n'en voit bien qae sept, dont le premier cl le dernier pins loo^' 



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FAMILLB DES CARNASSIERS. 4^9 

grands, «et partagés pfir un rebord, de manière qu*H 
en parait deux en dessus et deux en dessous. Le labre est 
arrondi et très cilié en devant. Les palpes sont très pe- 
tite , et l'intérieur des maxillaires manque ou avorte dans 
plusieurs espèces , notamment dans les plus grandes. Le 
corselet est court et transversal. Les élylres sont obtuses 
ou tronquées ayi bout postérieur^ et laissent à découvert 
l'anus , qui se termine en pointe. Les deux pieds anté- 
rieurs sont grêles^ longs « repliés en double et presque à 
angle droit avec le corps, dans la contraction , et termi- 
nés* par un tarse fort court, très comprimé, dont le. 
dessous est garni d'une brosse fine et serrée dans les 
' mâles. Les qi^^tre autres sont larges, très minces, comme 
membraneux y et les articles des tarses forment de petits 
feuillets, disposés en falbalas. 

Les gyrins sont en général de taille petite ou moyenne. 
On les voit, depuis les premiers jours du printemps jus- 
qu'à la fin de l'automne, à la surface des eauxdorman tes, 
et même sur celles de la mer, souvent assemblés en troupes, 
y paraître, par l'effet de la lumière, comme des points 
brillants, nager ou courir avec une extrême agilité, y 
faire des tours et détours circulaires, obliques et dans 
toutes les directions, et delàle nom de^uce^i4/iiâ£i^ue, 
de tourniquet , que des auteurs leur ont donné. Quel- 
quefois ils se reposent sans se donner le moindre piouve- 
ment; mais pour peu qu'on les*approche , ils se sauvent 
aussitôt à la nage et s'enfoncent dans l'eau avec une 
grande célérité. Les quatre derniers pieds leur servent 
d'avirons , et ceux de devant à saisir leur proie Placés à 
la surface de l'eau , le dessus de leur corps reste toujours 
à sec, et lorsqu'ils plongent, une petite bulle d'air, 
semblable à un, globe argentin , reste attachée à leur 
derfière. Si on les saisit ^ ils font suinter de leur corps 
une liqueur laiteuse qui se répand sur lui , et qui pro- 
duit peut-être cette odeur désagréable et pénétrante 
qu*ils exhalent alors, et qui se conserve long-temps aux 



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4^0 INSECTES GOLBOPTBaES. 

doigts. Ils s*accoaplent sur la surface de Teair. Quelque^ 
fois ils restent au fond,. accr(>abés aux plantes : c'est 
là aussi probablement qu'ils se pacbent pour passer 
rbiver(i). 

Le (r. nageur, ( G, natntor. lin. ) Panz. Faun. Inaeat. , 
Germ.y UI , S ; De Géer y lDsect.> W , xiii ^ 4 > >9* Long de 
trois lignes , ovs^le 9 très glabre , fort luisant» d'un noir 
bronsé en dessus , noir en dessous ^ avec fes pattes fauves. 
Écusson triangulaire y très pointu, un peu plus long 
que large; élytres arrondies au bout^ avec des petits 
points enfoncés y formant des lignes régulières et longitu- 
dinales. 

La femelle pond ses œufs snr les plantes aquatiques. D s 
sont très petits , en forme de petits cyli^dreS; et ^an 
blanc un peu jaunâtfe. La larve a le corps long, effilé , 
linéaire , composé de ti*eize aïineaux y dont les trois pre- 
miers portent chacun une paire de pieds. La tête grande , 
en ovale alougé et très aplatie , offre les mêmes parties 
que celles des larves des dytisques;tnais; ici , le quatrième 
anneau et les sept suivants ont^ de chaque côté , un filet 
conique y membraneux , flevble et barbu sur ses bords* 
Le douzième anneau en a quatre semblables , mais beau- 
coup plus longs, et plus dirigés en arrière. Deux trachées 
très fines parcourent toute la longueur du corps ^ et re- 
çoivent de chaque filet un vaisseau artcrif n. Le dernier an- 
neau du corps est très petit, et terminé par quatre cro- 
chets longs et parallèles. Cette larve vit dans l'^u , et en 
sort au coinmencement (l'août pour passera Tétatde nym- 
phe. Elle forme avec une matière qu'elle tire de son corps, 
et semblable à du papier gris, une petite coque ovale , 
pointue aux deux bouts, qu'elle fixe aux feuilles de ro- 
seau, et où elle s'enferme.* 
Cette espèce est très commune en Europe (i). 

(i) M. Léon Dufoar a publie dans le» Annales des scieaoes naturellet 
(octobre i834)^^l<I°cs observations anatomiques sur ces insectes. i4*in- 
Ccstin grêle est remarquable par sa lonçuenr. Le cœcum n^est point laté- 
ral comme celui des dytisiqucs. Les organes génitaux màlcs diffèrent Je 
•«7CUX des autres carnassiers. 

(a) Fcyez, pour les autres espèces, Olivier, ool. III, a» 4 '» ^ SchcoB- 



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TAMILLE DES BRÂGHÉLYTIIES. 4'^^ 

La seconde famille des CoLiopTÈRBs pentamères, 

Les BRACHÉLYTRES, Cuv. (Microptera, Graveç- 
horst.) 

JS'ont qu'un palpe aux mâchoires, ou quatre en 
tout ; les antennes, tantôt d'égale épaisseur , tantôt 
un peu plus grosses vers le bout, sont ordinairement 
composées d'articles en forme de grains ou lenticu- 
laires ; les étuis sont beaucoup plus courts que le 
corps, qui est étroif et alongé^ avec les hanches 
des deux pieds antérieurs très grandes, et deux vé- 
sicules près de l'anus, que l'animal fait sortir à 
son gré. 

Ces coléoptères composent le genre ♦ 

Staphylin (STAPHTLnîTJs)deLinnœus. 

On les a considérés comme faisant le passage des co- 
léoptères aux forficules ou perte-oreilles, premier genre 
de l'ordre suivant. Sou$ quelques rapports, ilsavoisinent 
encore les insectes de la famille précédente, et sous 
plusieurs^ autres les boucliers, les nécrophores, genre 
de la quatrième. Us ont, le plus souvent, la tête 
grande et aplatie^ de fortes mandibules, des antennes 

kciT, $7x1011. iiiscct. Il, n© 55.- On trouve encore aux environs de Paris les 
Gyrins minutus et hioolor deFabriciiu. Les espèces les plus gran'des, et 
toutes exotiques, n^ont pas d^ecusson sensible, et leurs palpe; ne «sont 
qu^an nombre de quatre. 

M. Mac Leay fils (AnnuL javan., I, pag. *3o) , forme un genre pf opre , 
sous le nom de Piheotes , avec des espèces dont le labre n^esi point cill<5, 
dont les palpes sont en ma&soe , qui ont les pieds antérieurs de la longueur 
du corps , et les antennes tefminëes un peu en pointe* Il ne mentionne 
qn'one seule espèce (^PoUtus). 



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432 INSECTES COLHOPTèliES. 

courtes, le corselet aussi large que l'abdomen, 1ns 
étuis tronqués à leur extrémité ^ et recouvrant néan- 
moins les ailes y qui conservent leur étebdue ordinaire. 
Les demi-anneaux du dessus de Tabdomen sont aussi 
écailleux que les inférieurs. Les vésicules de l'anus con- 
sistent en deux pointes coniques et velues que l'animal 
fait sortir et rentrer à volonté; il s'en échappe une va- 
peur subtile , et qui y dans quelques espèces , sent forte- 
ment Téther sulfurique. M. Léon Dufour ( Annales des 
sciences natur. y t. viii,'pag, i6) a donné la description 
de l'appareil qui la produit. Le dernier segment de l'ab- 
domen, celui où est l'anus, se prolonge et se termine en 
pointe. 

Cescoléoptères, lorsqu'on les touche ou qu'ils courent, 
relèvent le bout de leur abdomen et lui donnent toute 
sorte d'inflexions. Ils s'en servent aussi pour pousser leurs 
ailes sous les étuis et les y faire rentrer. Les deux pieds . 
antérieurs ont souvent les tarses larges et dilatés ; leurs 
hanches , ainsi que celles des pieds intermédiaires, sont 
fort grandes. Ils vivent, pour la plupart, dans la ten-e, 
le fumier, les matières excrémentielles; d'autres îe trou- 
vent dans les champignons, la carie ou les plaies des ar- 
bi^s, sous les pierres; quelques-uns n'habitent que les 
lieux aquatiques. On en connaît encore, mais de très 
petits , qui se tiennent sur les fleurs. Tous sont voraces; 
marchent d'une grande vitesse, et .prennent vol très 
promplement. 

Leurs larves ressemblent beaucoup à l'insecte parfait; 
elles ont la forme d'un cône alongé, dont la base ou la 
partie la plus épaisse est occupée par la tête, qui est très 
grande; le dernier anneau se prolonge en manièi^ de 
tube , et est accompagné de deux appendices coniques et 
velus. Ces larves se nourrissent des mêmes manières que 
l'insecte dans son dernier état. ' 

Le premier estomac des staphylins est petit et sans 



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fAMlLLB DES BRAGHÉLYTRES. 4^5 

plia; le deuxième très long et très yelu; Tintestin eçt 
très court (i). 

Ce genre est considérable. Noiisle divisons en cinq sections. 

La première y celle des Fissilabres (Fissilahra) y a la 
tète entièrement nue et séparée du corselet^ qui est tantôt 
carré ou en demi ovale, tantôt arrondi ou en cœur tron- 
qué , par un cou ou un étranglement visible. Le labre est pro- 
fondément divisé en deux lobes. Tels sont : 

Les OxTPORES. ( OxYPORVS. Fab. ) 

Dont les palpes maxillaires sont filiformes; et les labiaux 
terminés par un article très grand et en croissant. 

Les antennes sont grosses, perfoliées et comprimées. Les 
tarses antérieurs ne sont point dilatés; le dernier article et 
le second ensuite sont* les plus longs, ils vivent dans les 
bolets et les agarics. 

VO .roux{StaphylinuS'rufuSy Lin .) , Panz., Faun . insect. 

Germ.; XVI, 19, long d'environ trois lignes, fauve, avec 
. la tète , la poitrine , l'extrémité et le bord intérieur des 

étuis, ainsi que l'anus, noirs (2). ^ 

Les ASTRAPEES. (AsTRAP.fiT78.GraV.) 

Où les quatre palpes sont terminés par un article plus 
grand et presque triangulaire. Les tarses antérieurs sont très 
dilatés; le premier et les dernier articles sont le plus longs (3). 

(i) Selon M. Bafoar , leur canal alimentaire ne diffère essentiellement 
de celai des coléoptères camasûers que par Tabsence do jabot. Leurs 
TAÎsseaux biliaires sont insères sur nn même poiot latéral , et, dans quel- 
ques espèces an moins, offrent, vers leur milieu, un nœud ou une vésicule^ 
ce qu'on ne remarque daus aucun insecte Leur appareil générateur dif<-> 
fère beaucoup de celui des cole'optères carnassiers ( Voyez Annal, des 
se. nat. (octobre, i8a5). 

(9) Ajoutez O. maxiUosus , Fab. ; Panz. , i&id, » 90. Les autres Oxy- 
pores de Fabriçius appartiennent à des sons-genres de notre quatrième 
lecUoD. VojretOWvier, Encjrclop. mëtbod., genre Oxy-pore, et M. Gra- 
Tenhorst , Coleopterm microptera. 

(3) Staphrlinus ulmt^ OUv. ; Ross., Faun-. elrusc. , I» ▼ , 6; Panz. , 
ihiJ. , LXXXVIU , 4 ; Latr. y Gêner, crust. et insect. , 1 , 984. 

. TOME IV. ?8 



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434 INSECTES OOLÊOPTÊRBS. 

Les Staphylins propres. .(SriPHYLinus. Fab.) 

Qui ont tous les palpes filiformes , et les antennes insérées 
au-dessus du labre et des mandibules, entre les yeux. 

Les uns y et surtout les mâles y ont les tarses antérieurs 
très dilatés , les antennes écartées à leur naissance , et dont 
le premier article égale au plus en longueur le quart de leur 
longueur totale. La tête est peu alongée. Les espèces offrant 
ces caractères composent seules dans quelques méthodes 
le genre Staphylin. Ou eu a même séparé , pour en former 
un autre y le^. dilaté {S. dilalalusj Fab.^ Germ., Faun. insect. 
•d'Europe y VI , ziv ) , à raison de ses antennes formant une 
massue alongée et dentée en scie. Selon les observations de 
M. Chevrolat, entomologiste très zélé^ cet insecte se nourrit 
île chenilles , qu'ils va chercher sur les arbres. 

Le S, bourdon {S. hirtus , Lin. ) , Panz., Faun. insect. 
Germ., IV ^ 19 , long de dix lignes , noir y très velu , avec 
le dessus de la tète , du corselet et les derniers anneaux de 
Vabdomen couverts de poils épais y d^un jaune doré et 
lustré; étuis d'un gris cendré, avec la base noire; dessous 
du corps d'un noir bleuâtre. — Nord de l'Europe, France 
et Allemagne. 

Le S. odorant {S. olensy Fab. ), Panz., ibid., XXVIl, i, 
long dHin pouce , d*un noir mat , avec la tète plus large 
que le corselet y et les ailes roussâtres. Ses œufs sont d'ube 
grosseur très remarquable, 
très commun aux environs de Paris , sous les pierres. 
heS,à mâchoires {S. maxiUosuSy Lin.), Panz., ibid., 1 , 
ayant près de huit lignes de longueur, noir, Ivîsant ; 
tète plus large que le corselet; grande partie de l'abdomen 
et des élytres d'un gris cendré , avec des points et des 
taches noires. — Dans la terre et le fumier. 

Le S. gris de souris (S. murinus, F.), Panz., ibîd., LXVI, 
î6 , long de quatre à six lignes ; tête, corselet et étuis d'un 
bronze foncé , luisant, avec des taches obscures; écusson 
jaunâtre , marqué de deux taches très noir^ ; abdomen 
noir; majeure partie des antennes roussân-es. — Avec les 
prétédents. 
Le S. à éfytres rouges (S. efythroptents ^ Lin. ), Panz., 



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FAXII.LB DBS BUAGHâLTTBËS. ^35 

XXVllI , 4 } *ong de six à âix lignes , noir , avec les étuis , 
la base des antennes et les pieds fauves (i). 
Les autres y dont la fonue est linéaire avec la tète et le 
corselet alongés^ çn forme de carré long , ont les antennes 
rapprodiées à leur base> fortement coudées et grenues « 
leurs tarses antérieurs ordinairement ne sont point ou 
que très peu dilatés. Lès jambes antérieures sont épineuses, 
avec une forte épine au bouC. Le labre est petit. Ceux-ci 
composent le genre Xamtholin (Xantholinus) de quelques 
«utomologistes (i). 

Les PiNovHii.ES. ( PiNOPHiLus. Grav. ) 

Qui ont aussi les palpes filiformes, mais dont les antennes 
sont insérées au-devant des yeux, en dehors du labre, et pràs 
de la base extérieure des mandibules (3). 

Les Lathbobubs. (LATOROBrux. Grav. — Pœderus, Fab.) 

Dont les palpes sont terminés brusquement par un article 
beaucoup plus petit que le précédent, pointu, souvent peu 
distinct. Les maxillaires sont beaucoup plus longs que les 
labiaux, et Tinsertion des antennes est la même que dans 
le genre précédent. Les tardes antérieurs sont très dilatés 
dans les deux sexes. La longueur du dernier article des 
quatre postérieurs égale presque celle des quatre articles 
précédents réunis (4)> 

(i) f^oyez la Monographie àt cette iamillc (Coleoptera mîcropterd) de 
M. Graveobont'; Fana: , Indeï entom. , pars i , pag. ao8 et «aiv. ; Ijatr., 
fiftii , 1 , 385. Rapportei à ce genre les espèces suiv&ntes d*OUvier f air- 
nus^ œnau , hotmorrohidaîis ,. oeulatus^ erjrthrocephalus , similis, c^a ■ 
neuê , pubescent , et^reutf stefeoranus , bninnipeSf pilosus, poiituSy omet" 
nu» ,' en oatre des ciiu( dont doos donnons ici la description^ 

(<) Les StaphjlÎDs fuigkltu , Julminau , pyroptenu , eleganâ , êiongû'- 
ta#, ochraceus^ alternons ^ melanocepHaba de M. Gravenhorst. 

r3) Pinophiiu» laîiptSy Grav. , Amer, septent. U est r^uni aa genre 
«livant dans son ManUssa. 

(4) y^oye^ Grayenhorst , CoUopt. miorop. , et Latr. , Gencr. cratt. 
et insect. , I, 389. h& L. elongatum ( S. elongaUu Lin. ), a ëié figure par 
Panser, ihid. , IX. » 1 9 ; -« Suiph^'Unus Unemns ? Oliv. , col. 111,9, xv ; 

28* 



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436 IKSBGTES GOLéOPTiaBS. 

La seconde section , les Lomgipalpbs ( Longipaipi ) , ^ai 
ont aussi la tète entièrement découverte , mais dont le 
labre est entier ^ et dont les palpes maxillaires sont pres- 
que aussi longs que la tête, terminés en massue , formée 
par Je troisième article, avec le *quatriënie caché ou très 
^u distinct, et sous la figure d'une'petite pointe, terminant 
cette massue lorsqu'il est visible; le précédent est très ren- 
-ilé. Ces insectes vivent sur les bords des eaux. 

Les Fédères. ( Pjederus. Fabr. ) 

Où les antennes , insérées devant les yeux, sont filiformes 
ou grossissent insensiblement^ et plus longues que la tète; 
dont le corps est*long et étroit, avec les mandibules tlenlées 
au c6té interne et terminées en une pointe simple. 

Les uns (Fédères, Latr. ) ont le pénultième article des 
Urses bifide (i). 

Le P. des rivages ( Staphylinus riparius y Pani. Faun. 

ÎDsect. Germ. IX, ii ), long d'environ trois lignes, très 

étroit et fort alongé, fauve, avec la tète, la poitrine, 

l'extrémité supérieure de Fabdomen et les genoux noirs; 

élytres bleus. Très commun dans le sable humide, sous 

les pierres , à la racine des arbres , etc. 

Les autres (Stiliquxs, StiUcus , Latr. ) ont tous les arti- 
cles des tarses entiers (a). 



38. Voyvt aussi Gyllenli. , Insect. Saec.' I , pars II , pag. 365 et toiv. , 
et le Catal. de la coUect. de M. le comte Dejean ^ pa^f. a4. 

(i) M. Iieievrea rapporte de Sicile un insecte toisin des Pëdèret, mais 
fonftaat ëvidemmeat an nouveau f^eare. Le quatrième et dernier article 
des palpes maxillaires es^ ici très distinct, et les termine en manière de 
BBMue. Le dernier des antennes est pins grand que le précédent et 
ovoldo-cooique. La tète Uent au corselet par on pédicnlc alongé et de 
niveau, à son origine , avec la tète. Le corselet est étroit et alongé. Les 
deax tarses antérieurs sont très dilatés \ le premier article des autres cai 
Ibrt long , et leur pénultième m^a paru échancré on lûfide. Je désignerai 
ce genre par la dénomination^de Procimu , et cetu espèce sera consacrét^ 
an lélé naturaliste (Ltfehun) qui Ta déconverte. 

(a) Voyez Latr., Gêner, crnsi. et insect., I, pag. 990 et suit, «et 
G^îlcnh. y Insect. Suec. 1, pars. II, pag. 379. 



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l AMILLB DBS BRAGHAlYTR^S* iflj 

' Les EviBSTaÈTEs. ( Evjestbetus. Grav.) 

Dont les antennes sont pareillement insérées devant les 
yeux, mais guère plus longues que la tète et presque entiè- 
rement moniliformcs; le corps est peu^ alongé, avec la tète 
aussi large que le corselet (i). 

Les Stènes ( Stewus. Latr* ) 

Où les antennes, insérées près du bord interne des yeux, 
sont terminées par une massue de trois articles. Ils ont l'ex- 
trémité des mandibules fourchue et d^ gros yeux. 

Le i9. à deux points {Staphylinus "x-guttatus^ Lin.), 

Panz.y Faun. insect. Gernf., XI , 18 , long de deux lignes,. 

toutnoir, avec un point roussâtre sur chaque étui {1)4 

La troisième section , celle des Demticrvres. (Denticrura), 
diffère de la précédente par les palpes maxillaires , qui sont 
beaucoup plus courts que la tèie, et toujours de quatre 
articles distincts; les jambes antérieures au moins sont den- 
tées au épineuses au côté extérieur. Les tarses qui, dans la 
plupart, se replient sur les jambes, ont le dernier article 
ajus&i Ipng ou plus long que les précédents pris ensemble; 
le premier ou les deux premiers sont ordinairement si pe- 
tits ou si cachés , que leur nombre total ne parait être que 
de deux ou de trois. 

Le devant de la tète, et quelquefois même le corselet, 
est armé de cornes dans plusieurs mâles» Les antennes 
sont insérées devant les yeux. 

Les uns, dont les palpes se terminent en manière d'alèue, 
dont les antennes sont en majeure partie grenues et vont en 
grossissant, n'offrent distinctement que trois articles aux 
tarses (3). 

(1) Ewœsthetus scaher, Grav.; G^rm. Faun. Insect. Eorop. » VII, 
i9; Oyllenh. , Insect., suec. I^.pars. II, pag. ^6\. M^ Blondel fils, de 
Versailles, en a découvert une nouvelle espèce dans les «nvirons.de cette 
▼Ole. 

(a) Ajoute* Stapfylinusjuno , Payk. ; — Pœilerus pFX>ùosciâeus ,0]iv,^ 
col. m f^^,iy 5 ^^^tapfylùius ciai^icomis fVanz.j Faon, insect. Germ. 
XXVIl, a. Voyez Gravenhorst, Coleopt. microp. ; Lâlr., Gêner, crust. 
<t insect. , genre Sitntts, et Gyll. , ihid. , p. 4^3. 

(3) Si Ton en excepte les Tachines , les tarses antérieurs ne sont pins 
aoublement dilatés. 



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438 • IMSBCTBS COLfiOPTÈaiSS. 

Les Oxyteles. (Oxytelvs. Grav.) (i). 

Les autres ont les palpes filiformes et quatre artides a» 
moins, bien apparents, aux tarses. 

LesOsoeius. ( Osoanrs. Leach. Dej. ) 

Ont le corps cylindrique, Routes les jambes élargies et den- 
tées; la tète aussi longue que large, le corselet presque ea 
forme de cœut rétréci et tronqué postérieurement, et les sa- 
tennes, en majeure partie, grenues, grossissant insensible- 
ment vei*s le bout , plus courtes*que la tête et le corselet ; les 
mandibules beaucoup plus courtes que la tète, très croisées^ 
terminées en une pointe simple, et le menton grand ei 
eo forme de bouclier. 

On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces, qu'on n'a 
pas encore décrites, et qui habitent la Guiane française e( 
le Brésil. 

Les ZiROPHOREs. (Zyropborus. Daim. — Leptochirè. Gcrm^ 
— Irenœus, Leach. — Oxytehis. Oliv. — Picstus. Grav. ) 

Dont le corps est déprimé; dont les jambes antérieures^ 
plus larges que les autres, sont seules dentées extérieure- 
ment; qiii ont la tète transverse, le corselet carré, les an- 
' tenues de la même grosseur partout , aussi longues au 
moins que la tète et le corselet, composées d'articles pour 
la plupart ovalaires, ou cylindriques et arrondis aux deux 
bouts, et les mandibules aussi longues que la tète, et dentées 
à leur extrémité (2). 



{i] ^o^e^rartlclc OxTxèLE de TEncyclop. méthod. 5 la Monograplue 
prëcitëe de M. GraTenborst» et Gyllenliall, losect. Saec.« I» pars. 11 « 
pa». 444. 

(a) f^ojrez Dalman , Anal, entom. » pag^ aS ; son Z, Frontàcomu , vf » 
iîg. I j paraît être VOxy-tdas, bkomi\ d'OUvier ( Eacyclop. raëtbod. ]. 
Celui qa'il nomme pcnictUatUÊ ^ ibid. , fig. a , paraît avoir de grands rap- 
ports avec le PiesUu suleatMu de M. Gravenhorst. 1^ Leptochirus «co/îa- 
ceiis de M. Germar (lasect. Spec. nov. , 1 , 1) est une eapèce ',trèi dis- 
tincte des précédentes. 



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FAJtflLLS DES BAACHÉI.TTttBS. 4^9 

£jc8 Pbognatbbs* (Prognatha. Latr. , Blond. — Siagona. 

Kif by. ) 

Qui ne diffèrent guère des zirophores que par leurs 
antennes filiformes, composées d^articies aiongës (i)* 

Las Co»itop&axs. (CovRoraiurs. Latr. — Omaiium. Grwf., 
Oliv., Gyli. ) 

Où le corps est encore apUtî , mais dont toutes les jambes 
sont dentées ou épineuses extérieurement; dont ]es antennes, 
beaucoup plus longues quelatète^ sont grenues, grossis- 
sent insensiblement vers le bout; et dont les mandibules, 
arquées extérieurement, presque en croissant^ ne sopt 
point .sensiblement dentées, et se prolongent peu à leur 
extrémité (a). 

La quatrième section, celle des Aplatis {Depressa),, 
nous offre, ainsi que la précédente, une tète dégagée, un 
labre entier, des palpes maxillaires courts et à quatre arti« 
clés distiacts; mais les jambes sont simples ou saus dents 
ni épines au cdté extérieur ^ et les tarses ont maaifestement 
cinq articles. 

Ici les palpes sont. filiformes. 

Les Oxalies. (Oualivm. Grav. ) 

Dont le corselet est de la largeur des élytres, plus large- 
que la tète, presque en carré transversal ( avec les angles 
ou du moins les antérieurs arrondis ), et souvent rebordé 
latéralement, et dont les antennes vont en grossissant vers 
iGfu extrémité (3). 

Les Lbstevxs. ( Le^teva. Latr. — Anthophagus. Grav. ) 

Qui ont le corselet en /orme de coeur, rétréci et tronqué 
pnstériearenaeat , presque isométrique , de la largeur de la 

(i) Siagonum qnadricorne , Kirb. et Spence, Introd. entom. , I, i, 5^ 
Blonde] , Annal, des te. natur. , avril 1817 , XVII , 14-17. 

(2) Omalium ntgosum , Gravenborst , et d^autres espèces à éljrtres 
courtes. 

(3) FojrezOtuvtuhoTiiy Farticle O/waiîc de l'E^cyclop. méihod^f et 
Oyllenbel ^ ibid. , pag. 1 98. 



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44o m SECTES GOLâOPTàHBS. 

tête, plus étroit que les élytres et les antennes gëflénie- 
ment filiformes et à articles alongés (i). 
Là y les palpes se terminent en alêne. 

Les MtcaopÈPLBS. ( MtcaopEPLus. Latr. ) 

Distingués par leurs antennes finissant en une massue 
solide et se logeant dans des fossettes du corselet ('j). 

Les PaoTEizfES. ( Proteinus. Latr. ) 

Où les antennes grenues, un peu perfoliées et plus grosses 
vers 'le bout, mais sous forme de massue et toujours à dé- 
couvert, sont insérées devant les yeux'; où le corselet est 
court, et dont les élytres recouvrent la majeure jpartie de 
Tabdômen (3). 

I^s Aléochabes. (^leogbara. Grav.) 

Où les antennes sont insérées entfe les yeux ou près de 
leur bord inférieur, et à nu , à leur naissance , avec les trois 
premiers articles sensiblement plus longs que les suivants, 
ceux-ci perfoliés , et le dernier alongé et conique. Le corselet 
est presque ovale, ou en carré arrondi aux angles (4).' 

La cinquième section, les Microcéphales (Microcephala) , 
ont la tète enfoncée postérieurement jusque près desyeux^ 

(i) J^ofez Latr., Gêner, crust. et iasect., I, p. 296, 397; Grayen- 
horst et GjllenhaU , genre Anihopliagut. 

(a) VoY^ VMx. , Gêner, crust. et insect. , IV, p. 877 ; Omalium por- 
eatunty G^IL, Insect. Saec. , I, para II, pag. an; Aficropephu por- 
eattUf Charp. hoi:» entom., YIII, 9^ -~ Gyll. , ii&iV/., O. staphjr^ 
iinoidesy pag. 31 3. 

(3) y oyez Latr. , ibid» , I , pag. 998 , et les Omalium owatum et mm- 
cropterumàeGnytnkorsi, • . 

(4) Sîapkylinus canaliculatus ^ Fab.; Panz., ihid, , X.XVn • i3; -* 
Stapkjrlinus impressus, Oliv.* Col. , ibid. , v, 4<» — ^' Boleti, Lin ; 
Oliy. , Col. , ibid» , m , a5; — S. colhris, ejusd. , ibîd. , li, i3 ; r- 5. 
minutia^ ejusd. , ibid. , vi , 53 ; — S, sociaUs , ejusd. , ibid. , m , a5 , et 
géDéralement les trois premières familles du ^enre l^UocIiara Je Graven- 
horst, Col. mie, tom. II. P^ojrez aussi Gjrlieohall , Insect. Suec. I, pars 
II, pag. 377. Mais on obsenera que ni cet auteur , ni M. Gravenborst , 
n'ont point assigne aux Alëocbares et aux Lomëcbuses de caractères clair» 
et rigoureux ; ces deux fous-genres reclament an nouveau travail. 



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FAMILLE DBS BRACBÉLYTRCS. 44 1 

dans le corselet; 'elle n'est poiot séparée par un cou^ ni par 
un étranglement visible; le corselet a la forme d'un trapèze , 
et'S'éiargit de devant en arrière. 

Ils ont le corps moins alongé que lés précédents^ et se 
rapprochant davantage' de la forme elliptique; la tète beau- 
coup plus étroite, rétrécie et avancée en devant; les mandi> 
bules de grandeur moyenne, sans dentelures, et arquées 
simplement & la pointe. Les élytres, dans plusieurs , recou- 
vrent un'peu plus de la moitié de la longueur du dessus de 
l'abdomen. Les uns vivent dans les champignons, sur les 
fleurs y et les autres dans les fientes. Fabricias en a réuni 
plusieurs espèces avec les oxypores. 

Les Lomégbtjsss. ( Lomecbtjsa , Aleoghira. Grav. ) 

Qui n'ont point d'épines aux jambes, et dont les antennes, 
depuis le quatrième article , forment une massue perfoliéc 
ou en fuseau alongé, et dont les palpes sont terhiinés en 
alêne; les antennes sont souvent plus courtes que la tète Qt 
-le corselet (i). 

Les Tagbiites. ( TachiiTûs. Grav. ) 

Qui ont les jambes épineuses; dont les antennes sont 
composées d'articles en cône renversé ou en poire , et 
grossissant insensiblement , et dont les palpes sont fili- 
formes (a). 

(i) Les unes ont le corselet uni et non relève sur ses bords ^ telles sont 
les Aldocfaares hipunciata, ianuginosa, niUda {Staphylinu» hi^pustU" 
lotus y Lia. ; Oliv. , Col. , lil , 4^9 ▼> l^)\Jumaia, nmui de GravenUorst, 
on ses familles in-vi (Col. micropt. , tom. a). Les antres ont les bords da 
corselet relevés et forment son ^nre Lomedhusa,' L. paradoxa\ Stapkjr- 
iinta emarginatus , Oliv. , ibid, , n 9 1 a ; — L. dentaia , Gfbv. ; SiapfyUr 
nus*stnûnosuâ , Payk. , Y. 

(3) Oxyporus^subierraneus y Fab. ; •— O. ùi-'pustulattu y ejssd.. Pans., 
Faon, insect. Germ., XVI, ai; — O. nutFginetlua, Pans., iàid.y ISL, i3{ 
StaphjrUnusfusctpes , ibid. , XXYII , la; — Oxyporuâmmralis , ibid. , 
XVin, 20 ;— O. prgmçnts, ibid., 27 ;— -O. lunolaUu, Ibid. \X1I, 19; 
x5 ; —^ SiaphyUnùê atrieapilius , F.; ^ Oxypoms menUwitu, Pans. , 
iùid, y XXYI , 1 6^ — Staphrlinus ttriatusy Oliv. , ibid. ; v, 4^ > --* i^- ^ 
natus, Lin. F'oyez aussi, tant poor ce sous-genre que pow le siiivant , la 
seconde partie dn premier volume des Insectes de Suède de M. Gjlleii^ 



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44a iirsBGf ES cotâoPT&aus. 

Les Tachypores. ( Tacbyporus. Grar . ) 

Semblables aux tachines par les jambes et les aiitcnue^^ 
'mai^ ayant des palpes terminés eu manière d'alêne (i). 

Le genre C&iuuceivds de M. Graveciborst m*est inconnu. 
Celui de Stekosthetcs de M- Megerle, indiqué dans le Cata- 
logue de la collection des (ioléopt. de M. le comte Dcjeao, 
offre tous les caractères d'un vérilablcpsélapbe, et doit être 
supprimé; telle est aussi maintenant Topinion de ce dernier 
naturaliste. 

La troi5iëine (a) famille 4e» CSoL^FiàaBs Psii- 

TAKÈEES y 

Lbs SERRICORNES (SerrigornÊs), 

Ne nous offrent, ainsi que la famille précédente et 
les suivantes da mémeordre,que quatre palpes. Leurs. 



haU. On y trouve d^cxcellcnte» remarques tur les différences sexuelles de 
plusieurs espèces , et dont rapplication pourrait être très utile. 

Les Tachines qui, telles que V AuicapîUus y ont le corselet presque 
aussi long que large , le museau avance, les quatre tarses postérieurs sen- 
siblement plus longs que leurs jambes respectives, paraissent devoir for^ 
mer une coupe particulière. 

(i) Oxyporui Tufipeê, Fab. ; Pans. , ibid,, XXVII, ao; ^ O. «or- 
ginatUM , F. ; Paaz, ibiiL » 17 ; ^ O» chtysonuilinus y F.; Panz. . UfûL , 
IX. i4;— O- analk, F.; Pauz., ibià,, XXU, i6;— O. oifdommaUsyF. 

(3) Les Boucliers on SUpha sont les seijs odéoptcres pentamères qui 
présentent» ainsi que les précédents, ua appareil excrémentiel, encore 
n^est-il point binaire, comme dans ceux-ci, et le conduit extérieur se dé- 
gorge directement dons le rectum , comme Turèthre des oiseaux. Il paraî- 
trait donc, diaprés ces rapports, que les BoncUers devraient venir , ainsi 
que d^autres Glavicornes , immédiatement après les Bracfaélytres. Q^autres 
considérations m^avaient conduit au même rapprocbement. {F'oyex la 
Préface de mon ouvrage intitulé. Considérations générales snr Tordre iuK 
iorel des'cnistncés, etc.). Suivant M. Léon Dufour, qui m'a fourni ces 
observations anatomiques » les oonduiu bépaiiques des BupresUdes et des 
Éatérides, ou de mes Steruoxes, ressemblent , par^ur nombre, leur 
longueur et leur mode d'insertion , k ceux des Cardiiiques. Les Lampyres 
«t Jm Hûfrhàn n'ont smssi que deux vaisseaux hépatiques; mais il j en 



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TkUlhhM t>BS SSRRIGORRBS. 44^ 

élytres recouyeut i'ahdomen , ce qui les lUsiiogue 
avec qudlques autres caractères des hrachéljtres , 
dont nous venons de faire l'exposition. Les an- 
tennes ^ à quelques exceptions près^ sont de la 
même grosseur partout y ou plus menues à leur 
extrémité , dentées , soit en scie» soit en peigne , ou 
formant même Férentail, et plus développées sou& 
ce rappoit dans les mâles* Le pénultième article des 
tarses est souvent hilobé ou bifide. Ces caractères 
se présentent très rarement dans la famille sui«- 
vante , celle des clavicornes , et à laquelle on arrive 
par des transitions si nuancées , qu'il est très difficile 
d'assigner rigoureusement ses limites* ''' 

Les uns y dont le corps est toujours de coq^istauce 
ferKie et solide y le plas souvent ovale ou elliptique > 
avec les pieds en partie contractiles , ont la tête- 
engagée verticalement jnsqu'aux jeux dans le cor- 
selet; et le présternum^ ou la portion médiane de 
cette dernière partie da corps, alongé, dilaté, ou 
avancé en devant jùsques sous la bouche , distingué 
ordinairement de chaque côté, par une rainure où 
s'appliquent les antennes (toujours courtes), et 
prolongé postérieurement en une pointe , reçue 
dans un enfoncement de l'extrémité antérieure du 
mésosternum. Ces pieds antérieurs sont éloignés 

a quauc daot les Tiflëphores, le^ Lyoas et les Ptinîores. Les Malacbîes » 
les DriUeset les Yrilleitês, sont, de tous les insectes de la famille des Serrl- 
coroes dont il a étudié l'organisation , coqx où le tube alimentaire est le 
pins long. * 



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444 -YVSBCTBS* eOLÉOPTiBBS« 

de reztrémité antérieure du corselet. Ces serpt- 
cornes formeront une première section ^ celle des. 
Steiinoxes {Stemoxi). 

D'autres , ajani aussi la tête engagée* postériea* 
rement dans le corselet, ou du moins recouverte 
par lui à sa base', mais dofit le présternum n'est 
point dilaté et avancé aniérieurement en manière 
de mentonnière , ni ordinairement (i) terminé pos- 
térie.urement en une pointe reçue dans* une cavité* 
du mésosternum ; dont le corps est le plus souvent, 
en tout ou en partie , de consistance molle ou 
flexible , composeront une seconde section , celle 
des Malacodbbmbs ( MalacodernUy « 

Une troisième et dernière , celle des Ltxb-bois , 
( Xjrlotrogi ), comprendra des serricornes dont 
le présternum n'est point pareillement prolongé à 
son extrémité postérieure, mais dont la tête est 
entièrement à découvert et séparée du corselet^ 
par un étranglement ou espèce de cou. 

Nous diviserons les Sternoxes en deux tribus. 
La première, celle des Bupubstipes (BupresUdes) ,. 
a la saillie postérieure du présternum aplatie et 
point terminée en une pointe comprimée latérale- 
ment, et simplement reçue dans une dépression oa 

(i) Les Cébrioos font exception et se rapprochent , à cet e'^rd, des 
Tanpins; mais l'extrëmitë inférieure da prësiernum ne s'*avance point sur 
le dessous de la tAte. Les mandibules sont ayancées , arquées et simples ;, 
les palpes sont filiformes; les pieds ne sont point contractiles, et les deux 
aniëiienrs sont peu Aol^és , à leur naissance , de rextrëroilé antérieure 
du corselet; et très rapprochés. 



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FAMILLE OBS SRARXGOBIffBS. 44^ 

dans une échancrure du mésosternum. Les man- 
dibules se terminent souvent en une pointe en- 
tière ou sans échancrure ni fissure. Les angles 
postérieurs du corselet ne sont point ou très peu 
prolongés. Le dernier article des palpes est le plus 
souvent presque cylindrique, guère plus gros que 
les précédents, et globuleux ou ovoïde dans les 
autres. La plupart de ceux des tarses sont commu- 
nément larges ou dilatés y et garnis en desscnis de 
peiottes. Ces insectes ne sautent point, caractère 
qui les distinguent éminemment de ceux de la tribu 
vivante (i).; ils composent le genre 

BtTBRBSTE ( BUPBESTIS) de LinnsBus. 

La dénomination générique de iUcAor^ donnée pAf 
Geoffroy à ces coléoptères , nous annonce la beauté de 
leur parure. Plusieui'S espèces iudîgènes et beaucoup 
d'exotiques, d'ailleurs remarquables par la grandeur de 
leur taille, ont l'éclat de l'or. poli sur un fond d'éme- 
Taude-; dans d'autres, l'azur brille sur l'or, où sont réu- 
nies plusieurs autres couleurs métalliques. Leur corps, 
en général, est ovale, un peu plus large et obtus, ou 
tronqué , en devant, et réti'éci en arrière depuis la base 
de labdomen , qui occupe la plus grande partie de sa 
longueur. Les yeux sont ovales , et le corselet est court 
' et large. li'écusson est petit ou nul. L'extrémité des 
éljtres est plus ou moins dentée dans un grand nombre. 
Les pieds sont courts. 

(i) Let insectes de cette triba difflrent encore de toos les antres de 
cette famille par leurs traoh^s ve'sicolaires, tandis qu'elles sont tubolairts 
dans les antres serricomes. flores tes Obserrations anatomiqae» de 
M. Lëoa Bufonr. 



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446 IlfMCTBS GOliOMèllBS. 

lU marclieiit lentement , mais leur vol est très agile, 
lorsque le temps est chaud et sec. Si on veut les saisir, 
ils se laissettt tomber à terre. Les femelles ont à l'extré- 
mité postérieure de Tabdomen, une partie coriace ou 
écornée, en forme de lame conicpie, composée de trois 
pièces (les derniers anneaux ) , et qui est probablement 
une tarière avec laquelle elles déposent leurs œufs dans le 
bois sec, où vivent leurs larves. On rencontre plusieurs 
des petites espèces sur les fleurs et les feuilles; mais les 
autres se tiennentpour la plupart dans les foréts^leschan- 
tiers : ils écloseat quelquefcMS dans les maisons , y étant 
transportés en état de larve ou de nymphe, avec le bois. 
Tantôt les antennes sont tout au plus en scie. Les articles 
intermédiaires des tarses sont en forme de cœur renverse et 
le pénultième au moins est bifide. Les palpes sont filiformes 
ou Jégërement plus épais au bout. Les micboîres sont bi- 
lobées. 

Les RiCBÂBDS propres» ( B^npnssns, Lîn.) 

Dbntles antennes sont de la même grosseur partout, et 
en scie, depuis le troisième ou quatrième article. 
Les uns n*ont point d'écusson. 

Le il. hfaisceaux {B.fasoiculata. Lin.), 01iv.,Col. 1 1, 3i, 
tv, 36^ long d'environ un pouce, ovoïde, convexe, très 
pouctué et ridé, d'un vert doré ou cuivreux, quelquefois 
obscur, avec de petites toufFes de poils jaunâtres on rou- 
geâtres; étuis entiers. — Au cap de Bonne-Espérance, et 
quelquefois en si grande abondance sur le même arbuste , 
qu'il semble tout chargé de fleurs. 

Le R, stcmicorne{B, sternicornisy Lin.), Oliv., Col.<Aûf., 
VI , 5!i, a , un peu plus grand ^ même forme, d'un vert un peu 
doré, très brillant; de gros points enfoncés, dont le fond 
est garni d'écaillés blanchâtres, sur les étuis : trois dents à 
leur extrémité; sternum postérieur avancé en forme de 
corne. — Indes orientales. 

Le R. chiysis(B. chrysiSy Fab.), Oliv., itW., Il, 8, Vi, 5a, 
b, diffère du précédent par les étuis d'un brun marron ol 
sans taches blanchâtres. 



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Le R. hande-doréê^B. vùtata F.)^ Oiiv., ând.y U, 171 
long de près d'un pouce et deipi y plus étroit et plus alongé 
que les précédents^ déprimé, d'un vert bleuâtre; quatre 
lignes élevées et une bande dorée et cuivreuse sur chaque 
étui , dont le bout a deux dents. — Des Indes orientales. 

Le R* ocellé ( B. ocellata F. ), Oliv., ihid,, Ij 3; presque 
semblable y pour la taille et la Corme ^ a sur chaque étui une 
grande tache jaune et phosphorique , située entre deux 
autres de couleur d'or } le bout de chaque étui est terminé 
par trois dents. 

Les autres ont un écusson. 

Le R, géant {B. gtgas Lin»), Oliv.^ Àid.j 1,^1 loog de deux 
pouces; corselet cuivreux , mêlé de vert brillant, avec deux 
grandes taches lisses, couleur d'acier bruni ; étuis terminés 
par deux pointes, cuivreuses dans leur milieu, d'un vert 
bronzé sur leurs bords^ avec des points enfoncés, des lignes 
élevées et des rides. — De Cayenne. 

Nous citerons parmi les espèces de notre pays, 

leR.à fossettes, ( B. affims. F. ), B. chrysostigma , Olîv. , 
iffid.y VI, 54, bronzé en dessus, cuivreux et brillant en des- 
sous, dont les élytres, dentelées en scie à leur pointe, ont 
trois lignes longitudinales élevées, et deux impressions do- 
rées sur chacune. 

Le R.vert {B. viridis^ Lin.), Oliv. , ïbid. XI, 1^7 , long 
d'environ deux lignes et demie, à forme linéaire, d'un 
vert bronzé, avec les étuis entiers et pointillés. — Sur 
les arbres. 

Fabricius a détaché des richards propres ceux qui ont le 
corps court , plus large proportionnellement et presque 
triangulaire ; le front excavé, le corselet transversal et lobé 
postérieurement, et les tarses fort courts, avec les pelotes 
larges; les cinq derniers articlei àe% antennes foraient seula 
des dents de scie; les précédents, k l'exception des deux 
premiers, sont petits, presque grenus, ou en cône renversa 
les deux premiers>sont beaucoup plus gros. Ces espèces corn- 
posent le genre Trachys ( trackjrs). De ce nombre (i) est 

(i) Vojrez les aatres espèces citëes par Fabriclas, System, cleut. , Il , 
ai 8, et, quant ànx divisions à établir dans ce genre nombreui , Vou- 
yrage de M. Scbœnberr sar la synonymie des insectes. 



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44B INSECTES COLÉOPTÈRES. 

Le R.nain (B. minuta Lin, ), Oliv., ibid.^ U, i^^^ noir eo 
dessous, d'uD brun cuivreu^L en dessus, avec le milieu du 
front «ofoncé> le corselet sinué à son bord postérieur, et 
des raies blanchâtres, ondées, formées par des poils et 
transverscs, sur les étuis. — Commun sur le coudrier^ dont 
il ronge les feuilles. 

Les Aphakistcques. ( ApttANisTicus. Latr. ) 

Ont les antennes terminées en une massue brusque, 
oblongue, comprimée, légèrement en scie, formée par les 
quatre derniers articles. Le dernier des palpes est un peu 
plus gros, presque ovalaire. L'entré -deux des yeux est 
excavé, ainsi que dans les trachis. On en connaît deux ou 
trois espèces, toutes très petites et à forme linéaire (i)» 

Tantôt les antennes sont très pectinées ( d'un seul côté) 
dans les miles, fortement en scie dans l'autre sexe; les arti- 
cles des tarses sont presque cylindriques et entiers; les 
palpes sont terminées par un article beaucoup plus gros 
que les précédents et presque globuleux. Les mâchoires se 
terminent par un seul lobe. 

Les Melâsis. ( MiLASis. Oliv. ) 

Leur corp$ est cylindrique, et les angles postérieurs du 
corselet sont prolongés en une dent aiguë, caractères qui, 
de même que ceux pris des tarses et des palpes, annoncent 
que ces insectes font le. passage de cette tribu à la sui- 
vante (a). 

La seconde tribu , celle des Elatérides, ne diffère 

essentiellement de la précédeftte qu*en ce qne le 

slylet postérieur de ravant-sternum , terminé en 

une pointe comprimée latéralement et souvent un 

peu arquée et unidentée, s'enfonce à la volonté 



(i) Buprestes emarginata ^ T, f Olir., ibid,, x, ii6; Germ. Faon, 
inieet. Earop , III , 9 ; — efusd, , Buprestris iineola , ï\Âd^ 1 o. . 

(a) Melatis huprestoides , Olir. , II, 3o , i ,. 1 5 — Melasts elaUroides , 
Illig. , diffërapt suiYint loi , de VelaUr huprestoides de LinnaBut. 



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FAMILLE DES SERiUGORNBS. 44â 

de ranimai > dans une cavité de la poitrine , située 
immédiatemeût au-dessus dé la naissance de la 
seconde paire de pieds ^ et que ces insectes , pla- 
cés sur le dos y ont la faculté de sauter ( vcyez ci- 
après )• Ils ont y pour la plupart y des mandi- 
bules- écbancrées ou fendues à leur extrémité, les 
palpes terminés par un article beaucoup plus grand 
que les précédents, en forme de triangle ou de 
hache , et les articles des tarses entiers. Cette tribu 
ne comprend que le genre 

Taupin (Elater) deLinnaeus» 

Leur corps est généralement plus étroit et plus alongé 
que celui des buprestides, et les angles postérieurs du cor* 
selet se prolongent en pointe aiguë , en forme d'épine. 

On les a nommés en français scarabées à ressort , et 
en latin notopeday elater. Coucbés sur le dos^ et ne 
pouvant se relever^ à raison de la brièveté de leurs pieds, 
ils sautent et s'élèvent perpendiculairement en Tair jus- 
qu'à ce qu'ils retombent dans leur position naturelle ou 
sur leurs pieds. Pour exécuter ces mouvements , iU les 
serrent contre le dessous du corpé ^ baissent inférieure- 
ment la tête , et le corselet , qui est très mobile de baut 
en bas , puis , rapprochant cette dernière partie de Ybjs 
rière- poitrine, ils poussent avec force la pointe du 
présternum contre le bord du trou situé en/avant du 
mésosternum, où elle s'enfonce ensuite brusquement 
et comme par ressort. Le corselet avec les pointes laté- 
rales, la tête, le dessus des élytres, heurtant avec force 
contre le plan de position , surtout s'il est ferme et uni, 
concourent , par leur élasticité , à faire élever le corps 
en l'air. Les côtés de Tavant-sternum sont distingués pa» 
une rainure où ces insectes logent^ en partie, leurs an- 
TOMB lY. 29 



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45o TNSBGTB5 GOLtiOPTÈaBS. 

tenues , qui sont en peigne ou en longues barbes^ dans 
plusieurs mâles. Les femelles ont à l'anus une espèce de 
tarière alongée , avec deux pièces latérales et pointues 
au bout^ entre lesquelles est l'oviducte proprement 
dit. 

Les taupius se tiennent sur les fleurs , les plantes, et 
même à terre ou sur le gazon ; ils baissent la tête eu mar- 
chant , et quand on les approche , ils se laissent tomber 
à terre , en appliquant leurs pieds sous le dessous du 
corps. 

De Géer a décrit la larve d'une espèce de ce genre 
{unduUuus). Elle est longue; presque cylindrique, pour- 
vue de petites antennes , de palpes ^ desix pieds, a douze 
anneaux couverts d'une peau écailleuse, dont celui de 
Textrémité postérieure forme une plaque rebordée et an- 
guleuse sur les bords avec deux pointes mousses et cour- 
bées en dedans; au-dessous est un gros man^elon charnu 
et rétract ile^ qui fait l'office de pied. Elle vit dans le 
terreau de bois pourri ; on en trouve aussi dans la terre. 
Il parait même que celle du T. strié de Fabricius ronge 
les racines du blé , et fait beaucoup de dégât lorsqu'elle 
se multiplie. 

L estomac des taupins est long, ridé en travers, quel- 
quefois gonflé à la partie postérieure ; leur intestin est 
médiocre. 

On peut rapporter à deux divisions principales les divers 
souS'genres qu'on a formés dans cette tribu. C^eux dont les 
antennes peuvent se loger entièrement dans des cavités in- 
férieures du corselet composeront la première. 

Tantôt elles sont reçues , de chaque côté, dans une rai- 
mire longitudinale , pratiquée immédiatement au-dessous 
des bords latéraux du corselet, et toujours filiformes et sim- 
plement en scie. Les articles des tarses sont toujours entiers 
et sans prolongements, enr forme de palette^ en dessous. Le 
corselet est convexe ou bombé y du moins sur les côtés, et 
se dilate vers les angles postérieurs en manière de lobe. 



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FAHILLB des SBRRICORNES. J^Sl 

allant en pointe^ ou triangulaire. Ces insectes se rapprochent 
des buprestides. 

Les Galba. (Galba. Lat.) 

Dont les mandibules se terminent en une pointe simple; 
dont les mâchoires n'ofFient qulun seul lobe; dont le der- 
nier article des palpes est globuleux et le corps presque cy- 
lindrique (i). 

Les EvGNEuis. ( ExTCNEMis. Arb. ) 

Où les mandibules sont bifides et les mâchoires bîlobëes ; 
oà le dernier artrcle des palpes est presque en £Drme de ha- 
<:he et le corps presque elliptique (a). 

Tantôt les antennes, quelquef6is en massue, se logent , 
du moins en partie *y soit daos les rainures longitudinales 
des bords lalérauic du présternum, soit dans des fossettes 
situées sousles angles postérieurs du corselet. Les tarses ont 
souvent des petites palettes, formées par le prolongement 
des pelottes inférieures, ou le pénultième article est bifide. 

Quelques-uns, à antennes filiformes, ont les articles des 
tarses entiers et sans paletteaAi dessous; les deux pattes an- 
térieures se logent,' dans la contraction , dans des enfonce- 
ments latéraux du dessous du corselet. Tels sont 

Les Adelogères. (Adelocera. Lat.) (3). 

D'autres , à antennes pareillement de la môme grosseur par- 
tout ^ ont les articles des tarses entiers , mais avec les pelettes 

• 

( i) J'en ai va troîx espèces et toutes du Brdsil. L^ane a de grands rap- 
ports avec le MetthU tubereulata de M. Dalman (Anal, entom.). Ijcs mâ- 
choires se terminent par un lobe. très petit et pointa. 

(2) M. le^mte de Mannherheim a publie une très belle Mono^pîiie 
de ce sous-gcnre-y dont on a donne un extrait et reproduit les planches 
dans le troisième volume des Annales des sciences naturelles. J'y ai 
ajoute quelques observations sur la trop grande étendue que ce savant a 
donné à ce sous-g^nre. L'espèce qu'il nomme Capucinus est , selon moi, 
la seule qui doive y rester , et telle fut d'abord l'opinion de celui qai 
IVtablU. 

(3) Elater ouaUs, Germ.; -^ Elaterfuscus , Fab. , et qaelqacs antres 
des Indes orientales, rapportés par M. ie Labillardière. 

29* 



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4.52 INSBGTBS COLÉOPTÈRES. 

inférieures prolongées et avancées en manière de petites pa- 
lettes ou de lobes. Leur tète est découvorte. Ce sont 

Les LissoMES (Lissomus. Daim. — Lissodes. Lat. — 
Drapetes. Meg. , I^ej*) (i). 

D'autFes à antennes pareillement filiformes , mais dont le 
second et troisième article plus grands que les ^suivants el 
aplatis, se logeant seuls dans les rainures sternales; les tarses 
sont semblables à ceux deslissomes; la tête est cachée en 
dessous et comme recouverte par un cox^let demi circu- 
laire , où elle est enfoncée. Tels sont 

L^ Cbelonair^s. ( Chelonarium. Fab. ) 

Les antennes y dans le repos, s'étendent parallèlement le 
long de la poitrine; le premier et le quatrième article sont 
les plus petits de tous; les sept suivants sont de la même 
grandeur, et, è l'exception du dernier qui est ovoïde, 
presque en forme de cône renversé et égaux. Le corps est 
ovoïde, avec les jambes antérieures plus larges que les au*- 
très. Toutes les espèces connues sont de l'Amérique méri- 
dionale (a). f^ 

Le dernier sous-genre de cette première division , celui 

De Throsqve. (Throscus. Lat. — Trùtagus, Kugel. , 
Gyllenh. — Elater. Lin. ) 

Se distip|;ue de tous ceux de cette tribu par ses antennes 
terminées en une massue de trois articles, et logée dans une 
cavité latérale et inférieure du corselet. Le pénultième arti- 
cle des tarses est bifide. La pointe des mandibules est en- 
tière (3). 

(i) Daim., Ephem. entom. , x8a4* 'Son Lissomus punctulatus a de 
grands rapports avec le Drapetes castaneus de M. le comt Dejean , el 
V Etaler lœuigalus de Fabricias. 

L^Earope possède une expècc de ce sous-genre , VElater equestris de 
celui-ci, figure par Panzer, Faun; insect. Germ., XXXI, ai. 

(a) Fab. , Syst. eleut. , 1 , io\\ Lat., Gêner, cnisj. insect., I, viii; 7 
et II, 44? \ Daim; , Ephem. entom. , i8a4 9 pag. ^9. 

(3) Elater dermestotdes , Lin. j E. daficornis^ Oliv., col II, 3i, 
VIII, 85, a, b.; Dermeste^ adstrictor, Fab.*; ?anz. , Faun. insecL. Gcrm., 
LXXV , i5. Sa larye vil dans \t bois du chêne. 



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FAMILLE DBS SBRBIGORlfRS. 4^3 

Nçtre secdnde division de cette tribu comprendra t«us 
les élatérides dont les antennes sont toujours à découvert ou 
extérieures. 

Nous en détacherons d'abord ceux dont le dernier article 
des palpes , des maxillaires surtout, est beaucoup plus grand 
que les précédents^ presque en forme de hache. 

Un seul sous-genre^ celui 

De Cehophyte. (Cerophyxum. Lat.) 

S'éloigne des saivaûts par ses tarses^ dont les quatre pre^ 
miers articles courts, en forme de triangle, et dont le pénul- 
tième article est bifide. 

Les antennes des mâles sont branchues au côté interne , 
la base du troisième article et des suivants se prolongeant 
en un rameau élargi et arrondi au bout; celles de ta femelle 
sont en scie (i). 

Dans tous les autres sous-genres, les articles des tarses sout 
presque cylindriques et ^ntiers. 

Tantôt la tête s'enfonce jusqu'aux yeux dans le corselet. 
L'extrémité antérieure du présternum s'avance sur le dessous 
de la tète et son bord est arqué. 

Quelques-uns ont le labre et les mandibules cachés par 

. l'extrémité antérieure du présternum , le chaperon ou épi- 

stome étant élargi et s'appliquant sur cette paftie. Tels sont : 

Les CaYPTOSTOiiES. ( Cryp^ostok a. Dej. — Elater. Fab. ) 

Qui ont l'angle interne du sommet du troisième article 
des antennes el des sept suivants se prolongeant en manière 
de dent; les second et quatrième articles plus courts , le der- 
nier long et étroit, et un rameau droit et linéaire au côté 
interne du troisième, près de son origine. 

Les mandibules sont unidentées sou^ la pointe. Les tfnâ- 
choires ne présentent qu'un seul lobe } elles sont, ainsi que 



(i) Latr. , Gen. crust. et insect. , lY, S^S. Le Melasis sphondjloiJes 
deGermar, Faun. msect. Earop, XI, 5, a *une grande affinité ayec la 
femelle de l'etpèce servant de type. Le Mekuispiœa de Palisot de Bcau- 
vois, Insect. d^Afr. H d'Âmér. . VU , i » a aussi de Tanalogie avec les 
Cërophytes. 



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454 IirSBGTBS COIiiOPTàAES. 

la^languette^ petites et membraoeuses. Les palpes sool tiw 
courts. Les tarses sont petits ^ menus et presque sétacës. 
La seule espèce connue ( Elater denticornù,'Fah.^ se 

trouve à Cayenne , d'où elle a ëtë envoyée au Muséunt 

d'histoire naturelle par Bf. Banon. 

Les liÉMATODES. ( Nematodes. Lat. ) 

Où les antennes ont le premier article alongé, les cinq 
suivants en^cAne renverse , égaux, à l'exception du premier 
d'entre eux ou du second , qui est un peu plus court, et les- 
cinq derniers plus épais , presque perfbliés^ et celui du som- 
met ovoïde. 

Le corps est presque linéaire (i)« 

Le labre et les mandibules sont tnain tenant découverts. 

Ici y les antennes des mâiesjont terminée» en éventail. Ce 
sont 

Les HÉMiABiPES. (.HEUiaHipus. Lat.) 

Les espèces sont toutes exotiques (a). 
Là, ces organes, dans le même sexe, sont pectines, dans 
leur longueur. 

Les CTENicEaEs. (Cteicicera. Lat.) (3). 

Dans le sous-genre suivant, ou 

Les Taupins pit>prement dit$ (ëlater), 

l^s antennes des mâles sont simplement en scie (4)> 

Le T. cucu/o {E. noctilucus, Lin.), Oiiv., col., II, 3i , 
II , i4i a, long d'un peu plus d'un pouce., d'un brun 
obscur, avec un duvet cendré^ une tache jaune, ronde , 
convexe, luisante, de chaque côLé du corsefet, près. de ses 

(i) Eunemisjilum , Manncr. 

(a) Elater flabelUeomis f Fab. ; eju$d. , E,fascicul4uit, etc. 

(3) Ses Elater pectinioornis , eupreut^ hofmatodetf — 7\. double- 
croix ^ Car. Begn, anim., FV, xiv, 3. 

(4) L'extrëmitë aot^rieure de la tête est tantôt de ntrem avec le labre 
oa tor le même plan bomoaUl , tantôt plut élerét et tcnninëe brasqae- 
ment; uaift ces dififi^rences , soavcnt inappréciables , ne peavent servir à 
établir des coupes génériques, et le genre qu%g*avais nouHné LuJie 
sollicite \\n nouvel examen. 



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FAMIJULfi DGS SBl^RIGORNBS. 4^5 

angles postérieurs; des lignes de petits points enfoncés sur 
les étuis. -* De TAmérique méjûdionale- 

Ses taches répandant pendant la nuit une lumière très 
forte^ et qui peimet délire l'écriture ia plus fiqey sur- 
tout si on réunît plusieurs deces insectes dans )c môma 
vase. C'est k cette lueur que de^ femmes font leurs Quvra- 
ges; elles le placent aussi, comme ornement^ da/is leurs 
coiffures , jpour.leurs promenades du soir. Les indiens les 
attachent k leur chaussure , afin de s'éclairer dans leurs 
voyages nocturnes. Brown prétend que toutes les parties 
intérieures de l'insecte sont lumineuses ^ et qu'ail peut 
suspendre k volonté sa propriété phosphorique (i). NoS" 
colons l'appellent Mouche lumineuse y et les Sauvages Cu^ 
cuyos ^ Cqyouyou; deià le nom espagnol Cucujo* Un in*- 
dividu de cette espèce^ transporté à Paris, dans du bois^ 
en état de larye ou de nymphe , s'y est métamorphosé , et 
a excité^ par la lumière qu'il jetait , la surprise de plu- 
sieurs habitants du faubourg Saint-Antoine , témoins de^ 
ce phénomène , inconnu pour eux. 

Le T. bronzé {E. œneus ^ Lin.)? Oliv^yCol., ibitL, vin, 
83; long de six lignes, d'un vert bronzé^ luisant, avec les 
étuis striés et les pattes fauves. — En AUemagneet au nord 
de l'Europe. 

Le T. germanique {E.germanuSy Lin.)01iv.,iôz£f., 1 1, 
la, très con>muo aux environs de Paris, ne diffère du 
précédent que par la couleur des pieds, qui sont noirs. 

Le Tanpin porte-croix [E. cruciatus , Oliv., ihid,^ Vi, 
4o), jolie espèce d'Europe, ayant le port du T. bronzé, mais 
plus petite, noire, avec deux bandes rouges et longitudi- 
nales sur le corselet, près des bords latéraux ; les élytres 
sont d'un rouge jaunâtre, et ontprès des angles antériear» 
de leur base une ligne noire, et deux bandes de cette cou- 
leur formant une croix à la suture. Elle est rare aux en- 
virons de Paris» 

LcT. marron (E.castaneus, Lin.),01iv. ibid., IU,a5; v,'5 1 , 



( i) 11. de la Cordaire , qoi a obsenré cet insecte virant , m'a ^ qoe It 
principal réservoir de la madère phosphorUqfie était ûtné iafS^rievremeni 
à la jonction de rabddtneu avec le thorax. 



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466 mSECTES GOLÉOPTÊAES. 

/ noir } corselet couvert d'un duvet rou8sâtre;^ly très jaunâ- 
tres , avec rextrémitë noire ; antennes du mÂle en peigne. 
— D'Europe. 

Le T. eorseUt fauve { E.ruJtcolttSf Lin. ), OHv., ibid.,.V\j 
Ht, a, h, long de trois lignes^ d'un noir luisant, avec la 
moitié postérieure du corselet rouge. — Du nord de l'Europe. 
Le T, ferrugineux {E,Jerrugineus> Lin.), Oliv., ibid.j III, 
35, lotig de dix lignes, noir^vec le corselet, à Texceptioa 
de son bord postérieur , et les étuis d'un rouge de sang foncé. 
Sur le saule. C'est la plus grande espëce d'Europe (i). 

Tantôt la tête est dégagée postérieurement ou ne s'en- 
fonce pas jusqu'aux yeux, qui sont saillants et globuleux. 
Les antennes sont insérées sous les bords d'une saillie fron- 
tale, déprimée et arquée en devant. Le corps est long et étroit, 
ou presque linéaire. Tels sont 

Les Campyles. (^ Campylus. Fischer. — Exophthalmus. 
Latr. — Hammionus, Miihfeld. ) (a). 

Des élatérides à palpes filiformes, à antennes pectinées, 
depuis le quatrième article, composeront un dernier sous* 
genre, celui 

De Phyllocere. ( Phyllocerus. ) (3). 



(0 P^ojrez, pour les autres espèces , Oliv. , ibid. j Pan». , Faon, inscct. 
Genn., et son Ind. entom. ; ainsi cpi'Herbst., CoL , et M. ValiMOt de 
Beauvois, Insect, d*Afr. et d'Amer. Le genre Dimà de M. Zi^ler, et 
dont Tespèce nommée elateroides a éxé %arce par M. Charpentier, dans 
ton ouvrage intitulé Horœ entomolog. , VI , 8 , ne m'a offert aucun ca- ' 
ractàre qui le distingue nettement du précèdent. 

(a) ^ojrez Fischer, Entomog. de la Russie, tom. Il, pag. i53. Ce sous- 
genre comprend VElater Untaiis de Linnœus, dont son jiiesomelas n'est 
qu'une variëiéj YE. honaUs de Gyllenhall , et son E. dncuts. 

(3) M. le oamte Dejean n'ayant recueilli qu'un seul individu, je n'ai 
pu le sacrifier, pour en dtudier en détail les caractères. Deux insectes de 
Java m'ont offert nn port semblaMe, Ici seulement (et probablement des 
femelles) les antennes sont simplement en scie. Les mandibules m'ont 
paru se terminer en une pointe entière ou sans dent. Le dernier article 
des palpes est un peu plus grand, presque oblonique. Supposé que les 
mandibulet des phjilœères soient semblables , ces espèces exotiques se- 
ront coDgénèret. * 



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FAMILLB t>BS S£RRIC0K1^BS. ^67 

Notre secoude section ^ celle des MALAGoofifiMBs, 
sera partagée en cinq tribus. 

La première » les GiBRioniTBS ( Cébrionites ) , 
ainsi nommée du genre Ceir/o;id*01ivier, auquel 
se rattachent les autres , aies mandibules termi- 
nées en une pointe simple ou entière ; les palpes de 
la même grosseur ou plus grêles à leur extrémité , 
le corps arrondi et bombé dans les uns ^ ovale ou 
oblong^ mais arqué en dessus , et incliné par de- 
vant , dans les autres. Il est le plus souvent mou* 
•et flexible , avec le corselet transversal , plus large 
à sa base, et dont les angles latéftiux sont'aigusou 
même prolongés, dans plusieurs, en forme d'é- 
pine. Les antennes sont ordinairement plus longues 
que la tête et le corselet. Les pieds ne sont point 
contractiles. 

Leurs habitudes sont inconnues. Beaucoup se 
tiennent sur les plantes ^ dans les lieux aquatiques. 
Ces insectes peuvent être réunis un seul genre, celui 

Db Gbbrion. (Gebrio. Olrv., Fab. ) 

Les uns, établissant lye connexion de cette tribu avec la 
précédente, dont la consistance est même aussi solide que 
celle des slernoxes , dont les pieds ne sont jamais -propres à 
sauter, et dont le corps est généralement ovale oblong, avec 
les antennes soit flabellées ou pectinées, soit en scie, d&ns 
les mâles, les palpes filiformes ou un peu plus gros à 
leur extrémité y les angles postérieurs du corselet prolongés 
en pointe aiguê^ nous offrent des m^pdibules s'avançant 
au*delà du labre, étroites et très arquées, ou en forme de 
crocbcts. Le labre est ordinairement très court , échancré 
ou bilobc. 



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458 IKSBGTBS QOhtWrEHES. 

Là , ainsi que dans les éUiérides , le prestern um se tei- 
miûc postérieurement en une pointe, reçue dans un enfon- 
cement du mesosternum. 

Les 'antennes, longues dans les inâles de quelques espèces ^ 
sont conrposées de onxe articles , péctiuées ou en scie. Jur 
dernier article des palpes est presque cylindrique ou en 
cône renversé. 

Les Physodagttles. ( Fhtsodactylus. Fisch. ) 

Ou les trois <irti clés intermédiaires des tarses présentent en 
dessous une pelotte membraneuse (^sole ou semelle) , orbi- 
culaire; dont les cuisses postérieures sont renflées , et dont 
les antennes, du moins dans Tun des sexes, sont fort 
courtes, en scie et insensiblement amincies vers le bout. 

Ce sous*genre a été établi par le célèbre auteur de Tento- 
mog;raphie de la Risssie, sur un insQCte de l'Amérique sep- 
tentrionale ( P. Henningii y lettre sur le physodactyle , 
Moscou, 18*149 Annales des scienc. nat., décem. i8a4, 
XXVII, B. ). 

Les CÉBRioirs propres. ( CzBRio.OHv.Fab* ), 

Dont tous les articles des tarses sont entiers el sans pe- 
lottes , et où les cuisses postérieures ne sont guère plus 
grosses que les autres. ' 

Les espèces propres à l'Europe paraissent en quantité 
après les pluies d'orage. La femelle (1) de l'espèce k plus 
connue ( gfgaSy Fab«; C longicomis, Oliv., ool. il, 3obi^. 1 , 
I, a, b, C5*Taupin, I, i , a, b , c. ), diffère singulièrement 
du mâle; ses antennes ne sont gi^^ie plus longues que la 
tête; leur premier article est beaucoup plus long que les 

^i) Cebriolnreuieomis y Oli«^. , col. II, 3o &i!r , 1 , 3 , a, b, c; Tenc- 
brio duBiugj Boui, Faun. ctrusc. > 1 , 1, a. Celle femelle m'avail paru , '» 
raison de set antennes, devoir former au nouveau çenre , que j'aTaii 
ttQmmé Hammohk, On trouve au ' cap de Bonne-Espérance une espèce 
dont les article^ des antennes jettent chacun, à la basé de leur c^ in- 
terne ,. un rameau lou^ et linéaire, el dont les palpes se terminent par uji 
article oyoide, et non en forme de c6nc feovers^, c^^me dans h% 
autres espèces. Celle-ci pourrait en ^Ire s(^par(^. 



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FAMILLE PSS SERRIGORïfES. 4^9 

autres^ Je quatrième et les suivants composent^ réunis , une 
petitQ massue pblongue et presque perfoliée. ^Les ailes avor- 
tent en partie. Les pieds sont plus coiA-ts, mais proportion- 
nellement plus robustes que ceux des mâles. La larve vit 
probablement en terre. Le C* hicùlôr de Fabricius (i) 
et quelques autres espèces d'Amérique dont le corps est 
alongé , moins arqué en dessus ou presque droit, avec les 
antennes plus courtes, ont paru au docteur Leach y devoir 
composer une nouvelle coupe générique (2). 

Ici le présternum ne se prolonge point notablement en 
pointe, et le mésosteruum n'offre poiht antérieurement de 
cavité. 

Tantôt tous les articles des tarses sont entiers et sans pà^- 
lette membraneuse et avancée en dessous. 

Les Anelastks. ( Anelastes. Rirby. ) 

Dont les antennes sont écartées à leur naissance, courtes , 
presque grenues, avec le dernier article (3) presque en crois- 
sant; et dont le même des palpes est presque en forme 
de c6ne renversé. M. Kirby n'en menlioune qu'uiie seule 
espèce ( A. Drurii , Linn. Trans., XII, xxi , a ]• 

Les Callirhipis. (CALuaHiPis. Latr. ) 

Dont les antennes sont très rapprochées à leur naissance, 
insérées sur une éminence^et à partir du troisième article, 
forment dans les mâles un grand éventail. Le dernier des 
palpes est ovoïde. Le même des tarses est presque aussi long 
que les autres pris ensemble , et présente entre ses crochets 
un petit appendice linéaire et soyeux. 

(t) Palis, de Beaar. , Insect. d^Afr. et d'Am. , J , i , a , a , b. 

(a) Les Cebrions fuscu» et ruftcolUs de Fabricias.ont la forme de Tes- 
|}èce qn^il nomme Gigas. M. Lefe?re a rapporte la «ccoode de Sicile. 
Le Celfrh femoraius de M. Germar o^appartieii^ point au ^ciire Ane- 
lastes de M. Kirby, amsi que je l'aTais d'abord soupçonne. 

(3) Le troisième est pins long que le précëdeni et le suivant, tandis 
que, dans Jes Cebrions, cet article et le second sont plus courts que le 
quatrième et suivants. Ces organes » de même que c«uz des Elatérides » 
semblent avmr douze articles , le onnème lîtant brusquement aminci vers 
le bout, et termine en une pointe, ayant l'apparence d'un petit article 
conique O'j triangulaire 



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46o mSBGTBS COLÉOPTÈUES. 

L'espèce servant de type (C Defeanii) j se trouve à Java 
et a été envoyée au Muséum d'Histoire naturelle par 
M. Diard et feu M. Duvaucel. Les antennes n*ont que 
onze articles, et diffèrent par là de celles des rhipicëres , 
qui ont bien la même 6gure, mais dont les articles sont 
beaucoup plus nombreux, dans les individus du même 
sexe y ou les mâles. 

Tantôt les tarses ont en dessous des palettes membraneu- 
ses, ou leur pénultième article est profond^ent bilobé. 

Dans les deux sous-genres suivants, les quatre premiers 
articles des tarses offrent chacun, en dessous , deux lobes 
membraneux et avancés; le dernier est long et terminé, 
entre les crochets, par un petit appendice soyeux. Les an- 
tennes des uns sont composées de plus de onze ailicles, et 
disposés en éventail ; celles des autres n'en ont que onze, 
en dent de scie , et dont les quatre derniers plus gros, for- 
mant une massue. 

Les Sandalus. ( Sandalus. Knoch. ) 

Les antennes, du moins celles des femelles , sont simple- 
ment un peu plus longues que la tôte, composées de onze 
articles, dont le troisième et suivants, le dernier excepté y 
en forme de deuts de scie, et dont les quatre derniers-, un 
peu plus dilatés, cotnposent uue massue; le termiual est 
presque ovoïde, arrondi ou très obtus au bout (i). 

Les Rbipigères. ( Rhupigera. Lat. Kirb. — Ptyocems, 
Hoffmans. — PofytomusJ>9\m, ) 

Les antennes forment dan» les deux sexes un éventail , et 
sont composées d'un grand nombre d'articles ( 20-4o ), mais 
en moindre quantité dans les femelles. i 

* Ce sous-genre se compose de cinq à six espèces , dont 
deux de la Nouvelle -Hollande et les autres d'Améri- 
que (a). 



(i) Sandabu petropfya, Knog , N. Beyt., I, p. i3i, v, Sj— .Y. 
niger, ejutd. , ittd. 

(a) Wùpicera marginata, Lalr., Cuv. , Regn. anun.,lU,p. a35 j 



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FAKILLB DBS -SBRRIGOaNBS. ^Gl 

Les trois premiers articles des tatses des deux sou^genres 
suivants sont en forme de cœur renversé, sans prolonge- 
ments membraneux en dessous ; le quatriàme est profondé- 
ment bilobé; le dernier, peu alongé, ne présente point, en- 
tre ses crochet», d'appendice saillant et soyeux. Les antennes 
sont filiformes , simples ou tout au plus pectinées,'et n'ont 
jamais au-delà de onze articles. 

Les Ptilodactyues. ( Ptilodactyla. Ilijfl — Pyro* 
chrouy De G. ) 

Se distinguent par leurs antennes demi pectinées ou en 
scie dans les mâles. 

Ce sous-genre se compose d'espèces propres à l'Améri- 
que (i). 

Les Dascilles. (Dasgillvs. Lat. — Atopa^Y^ih.) 

N'en difïbrent que par leurs antennes simples, dans les 
deux sexes (i). 

Les autres cébrionites ont des mandibules petites, peu ^ 
point saillantes au-delà du labre, le corps généralement 
mou , presque hémisphérique ou ovoïde , et les palpes ter- 
minées en pointe. Les antennes sont simples ou faiblement 
dentées. Dans plusieurs, les pattes postérieures servent à 
sauter. 

Ces insectes habitent les plantes des lieux aquatiques. 

Ceux-ci ont le pénultième article des .tarses, bilobé. Le se- 
cond et le troisième des antennes sont plus courts que le 
suivant. * 



Kirb. , Lin. trans. , XII, zxj, 3 mas. ; Polytomus ntarginaUts ^ Daim. , 
Anal, eotom. , p. ati; — ejusd. , P.fimoratuSj kbid. , a i; — ejusd. , P, 
nvjrsUcinus, p. aa; ffhpa mystacinay Fab. ; Drur. in«, , III, vui, 7. 
J Vi vu » dans la Collection de M. le comte Dejean , une autre espèce , 
toute fauve , recueillie dans TAmdr. sept, par M. Lecontc. 

(i) Ptylodactyîa elaterina, \V\%. ; Pjrrochroa niticla. De G., Intect., 
V, xiu, 6-17. 

(a) Atàpa cervina , Fab. ; ejusd. , A. cinerea , var.; Pu'nus lestaceo- 
vâlosns, De G. , ÏV, ix , 8 ; Cistela eetvina , Oliv. , col. III , 54 > i, 2» « • 



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46a IK8SCTBS Cei<toPTàRBS. 

Les Elodbs. (Elodes. Lat. — Cyphon. Fahé, Dej.) 

Ou les cuisses postérieures diffèrent p^u eu grosseur des 

précédentes (i). 

Les ScYRTES. (ScTRTES. Lst. — Qrphon. Fab. ) 

Dont les pattes postérieures ont les cuisses très grosses, 
et les jambes terminées par deux forts éperons, dont l'un 
tr^s long y ce ^ui donne à ces insectes la fîicuhé de sauter. 

Les palpes labiaux sont fourchus. Le premier article des 
tarses postérieurs est aussi long que les autres pris ensem- 
ble (12). 

Ceux-là ont tous les articles des tarses entiers. 

Les NrcTÉES. (Nygteus. Lat. — Hamaxobium. Zi^l. 
— Euçynctus, Schiippel. ) 

Où le troisième article des antennes est très petit et beau- 
coup plus court que le second et le suivant , et où les der- 
niers sont presque grenus; et dont les quatre pieds onl les 
jambes terminées par deux éperons très dislmcls, avec les 
Urses longs, plus giôlcs vers le bout (3). 

Les EuB&iES. (EvBRiA. Ziég. , Dej.) 

Qui ont les antennes un peu dentées en scie^ avec le se- 
cond article très petit, les deux suivants les plus grands de 
tous, et le dernier un peu échancré au bout et allant en 
pointe. Les éperons des jambes sont très petits ou presque 
nuls. Les tarses sont filiformes (4). 

La seconde tribu desmalacoderjnes, celledesLA^M- 
pr RIDES {Lampy rides) ^ se distingue de la précédente, 
parle renflement qui termine leurs palpes, on du 
moins les maxillaires, àraison de leurs corps, toujours 

(t) La première division des Cfphons de Fabricius. 

(a) La seconde, yoftz le Câtal. de la Coll. de M. le comte Dejean. 

(3) Eucinetus luemorthoïdalis , Germ., Faun, insect. Europ. , V, 1 1, 
Voyez le Calai, de la collect. des Coleopi. de-M. le comte Dejean , p. 35. 

(4) Cxpfton palustrù , Germ., ibid, , IV, 3. 



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FAMILLB DBS SBBRIGORUBS. ^6? 

mou, droit, déprimé ou peu convexe^ et dont le 
corselet, tantôt demi circulaire, tantôt presque 
carré ou en forme de trapèze, s'avance sur la tête, 
qu'il recouvre entièrement ou en partie. Les man- 
dibules sont généralement petites^ terminées enune 
pointe grêle , arquée , très aiguë et entière au bout 
dans la plupart. Le pénultième article des tarses 
est toujours bilobé , et les crochets du dernier, ne 
sont ni dentés, ni appendices. 

Les femelles de quelques-uns sont dépourvues 
d'ailes , ou n'ont que des élytres très courtes. 

Lorsqu'on saisit ces insectes , ils replient leurs 
antennes et leurs pieds contre le corps^ et ne 
font aucun mouvement, comme s'ils étoient morts. 
Plusieurs recourbent alors l'abdomen en desspus. 
Ils comprennent le genre 

Des Lampyres (Lampyris. Lin.) 

Antennes très rapprochées à leur base, tête soit dé- 
couverte et prolongée antérieurement en manière de mu- 
seau^ soit cacliée entièrement ou en majeure partie sous le 
corselet , avec les yeux grands et globuleux dans les mâles , 
bouchç petite , tel est le signalement d'une première divi- 
sion de cette tribu , et que nous partagerons en ceux dont 
aucun des sexes n'est phosphorescent et en ceux où les fe- 
Toeiles au moins jouissent de cette propriété. Tous les indi- 
vidus des premiers sont ailés, ont la tète découverte, sou- 
vent rélrécic et avancée par deyant, pu sous la forme d'un 
museau, et le corselet élargi postérieurement, avecles angles 
Jatéraux pointus. Les deux ou tiVis dernieis anneaux de 
leur abdomen ne présentent point celte teinte d'un jaune 
pâle ou blanchâtre, qui affecte cette partie du corps dans 
les lampyres propres et annonce leur phosphorence. Les 



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'464 IMSBCTBS» COUtoPTÂESS. 

élytres YOpt^ dans plusieurs, en s'élargUaant^et sontmAine 
quelquefois très dilatées et arrondies postérieuremeat, dans 
les femelles particulièrement. Elles sont très ponctuées et 
souvent réticulées. 

Les Lygus. ( Lycus. Fab. Oliv. — Cantharis, Lin. ) 

Nous restreindrons ce sous-genre aux espèces de Fabri- 
ciuSy dont le museau est ajissi long ou plus long que la por^ 
tion de la tète qui le précède, et dont les antennes sont en 
scie. Les élytres sont le plus souvent dilatées, soit latérale- 
ment, soit à leur extrémité postérieure , et les deux ieie^ 
diffèrent ordinairement beaucoup à cet égard , particulière- 
ment dans quelques espèces propres à l'Afrique ( i ). 

D'autres espèces du même auteur, mais à museau très 
court, et dont les antennes comprimées, tantôt simples , et 
tantôt en scie ou pectinées, ont leur troisième article plus 
long que le précédent, et où les articles intermédiaires des 
tarses sont en forme de cœur renversé, composeront un 
autre sous-genre, celui 

De DicTYOPTÈBE. ( DiCTYOPTERA. Latr. ) 

L'on trouve dans quelques bois des environs de Paris , 
suf les fleurs de millefeuilLe et autres, et quelquefois abon- 
damment. 

Le Lycus sanguin {Lampyris sanguinea ^•\Àn,j Panz», 
Faun. insect. Germ. , XLI, 9 ). 11 est long d'environ trois 
lignes, tioir, avec les côtés du corselet et les élytres d'un 
rouge de sang. Ces élytres soiit soyeuses et fàiiblement 
striées. Sa larve vit sous les écorces du cliéné. EUe est 
linéaire, aplatie, noire , avec le dernier anneau rouge , en 
forme de plaque, ayant à son extrémité deux espèces de 
cornes cylindriques , comme annelées ou articulées et ar- 
quées en dedans. Elle a six petits pieds. 

Une autre espèce , mais plus petite, toute noire , à l'ex- 
ception des élytres qui sont rou[»cs , et du bout des anten- 



(i) I^$ Lycus iatissimus, rêstratus, proboseideus , ctc , de Fabrîcias. 
Voyez ^ I>oup d*ftutres C9)>cccs , TappeDdix de la troisième partie du pre- 
mier tome de la Synon^ie de» insectes de M. SchcBober , où il en dé- 
crit ei %urc plusieurs. , 



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FAMtLLV l>li$ SJBHBICORMSS. 465 

nés qui ea^rouasAtr^ , le Icrcus nain {I(^cu$ minfUm , Fiib.; 
Paiiz. ,Faun. insect. Germ., TUlX, 'i)^ «e trouva aussi en 
France, mais dans les bois de sapins des montagnes (i). 

'Les Omalises. (Omalisvs. Geoff. , Oliv. , Fab. ) 

N'ent point de museau sensible. Les articles dé leurs an* 
• tenues sont presque cylindriques, un peu^mincis à le^ur 
base 9 et le second et le troisième sont beaucoup plus cpurts 
que les suivants. Le pénultième des tarses est seul en forme 
de cœur renversé ; les autres sont alongés et cylindi'iques. 
Les élytres sont d'une consistance assez solide* 

UOpuiUse suturai (O. suiiiralis ^ Fab.j Oliv., col. II, 
u4, 1, a) es( long d'un peu plus de deux lignes, noir, 
avecies étuis, lepr portion intérieure ou la suture exceptée^ 
d'un rouge de sang. Dans les bois des environs de Paris , 
el pa^rticuliërement 4ans la forêt de Saint-Germaiq ^.suj 
les cbénes*, au printemps (2). 

I^es autres lampyrides de notre premièr^di vision se dis- 
tinguent des pré^dentQis , non-seulemeni , en ce q^'^aucune 
n'offre de museau, que leur tète , presque entièrement qc- 
cupée par les yeux dans les mâles, est cachée totalement ou 
en majeure partie, ^ons un corselet demi circulaire ou cari^é, 
mais encore par un cfurac^èrq très remarquable, so^it co;n* 
m.un aux deiix sexes, soit propre aux femelles | celui d'être 
phosphorescent ^ et de là les noms de vers luisants, djp mou- 
ches lumineuses , mouches àjeu^ donnés à.ces insectes.; 

Le corps de cc^ insectes est très mou, s.^rtput l'ab^omf^P; 
qui est comme plissé. La m^ttière lumineuse occupe ]edesso^s 
des deux ou trois derniers anneaux de cette derrilè;re pa^rtifiy 
qui sont autrement colorés, et ordinaireiiiei^t j^upâtreiS.ou 
blanchâtres. La lumière qu'ils répanden^est plusou moins 
vive , d'un blanc verdâti^e ou blanchâtre^ .comme ce^p y^^es 
différents phoçphorejs. 11 parait gn.e ces ,ipfeçt^ peuvent, k 
volonté, varier son action ; ce qui a lieu surtout lorsqu'on 
les saisit ou qu'on les tient dans la main. Ils vivent très long- 
temps dans le vide et dans différents gaz, excepté danif le gaz 
acide nitreux ,muriatique et sulfureux, dans lequel ils meu- 

(1) Let'Lj-càft retiealaUiM , hiûolor^ serratioomis,fasciHtus, 4Murora, etc. 
(a) Voyez roTticle Omalùe àt TEncydop. mëthod. 
TOMB IV, 5o^ 



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4dd îersscTBs goléoptèrbs. 

reDt eii peu de minutes. Leur séjour dans le g|z hydrogène 
le rend, du moius quelquefois, détoanant. Privés, par mu- 
tilatioo, de cette partie lumineuse du corps, ils continuent 
encore de vivre, et la même partie, ainsi détachée, coMMerve 
pendant quelque temps sa propriété lumineuse, soit qu'où 
la soumette à l'action de différents gaz, soit dans le vide ou 
à Pair libre. La phosphorescence dépend plutôt de Tétat de 
mollesse de la matière^ que de ia vie de l'insecte. On peut 
la faire renaître en ramollissant cette matière dans l'eaû^ 
Les lampyres luisent, avec vivacité, dans de l'eau tiède, et 
s'éteignent dans l'eau froide: il paraît que ce liquide ^est 
le seul agent dissolvant de la matière phosphorique (i). Ces 
insectes sont nocturnes j on voit souvent des. mâles voler ^ 
ainsi que deS phalènes , autour des lumières, d'où l'on peut 
conclure que l'éclat phosphorique que jettent principale- 
ment les femelles a poiir but d' attirer les indrvidusdel'autre 
sexe; et si les larves et les nymphes de l'espèce de notre pays 
sont , suivant %e Géer, lumineuses , on doit seulement en 
conclure que la substance phosphorique surdéveloppe dès le 
premier âge. On a dit que quelques mâles n'avaient pas 
la mAme propriété; mais ils en jouissent encore, quoique 
très faiblement. Presque toxis les lampyres des pays chauds, 
tant mâles que femelles , 'étant ailés , et s'y trouvant en 
grande quaniit^ , offrent à leurs habitants , après le coucher 
du soleil , et pendant là nuit, un spectacle amusant, une 
illumination naturelle , par cette multitude db points lumi- 
neux , qui , comme des étincelles ou de petites étoiles , er- 
rent dans les airs. On peut s'éclairer en réunissant plusieurs 
dt ces insectes. 

Suivant M. Dufour (Annal, des se. natur.,iU, p. a25),lc 
canal alimentaire de la femelle de notre lampyie commun 
{spléndîdula ) est environ une fois plus long que le corps. 
Son oesophage est extrâmement court et se dilate aussitôt 



(i) pâtre les «zpëriences rapporiées dans les Anaales de chimie, coa- 
soltez les Annales générales des sciences physiques , par MM. Bory de 
Saint-Vincent, Drapies et Van Mons, tom. YIII , pag. 3k, oâi sont expo- 
lées les recherches de M. Grotthass sur la phosphorence du Lampyris 
UtUca. 



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FAMILLE DBS SERRIGORICBS. 4^7 

en un jabot court et séparé du ventricule chyliflque par un 
étranglement valvulaire. Cette dernière partie est fort lon- 
gue, lisse ^boursouflée et cylindrique jusqu'aux deux tiers 
de sa longueur, et ensuite intestiniforme. Uîntestin grêle 
est fort court, flegtueux, et offre un renflement représentant 
le cœcum , mais peut-être inconstant y et qui se termine par 
■ un rectum alongé. 

Du genre Lampyris de Linnaeus^ on en a séparé quelques 
espèces du Brésil , dont les mâles ont des antennes compo- 
sées de plus de onz^ articles^ en forme' de barbes de plumes. 
Ces espèces forment ■ Je genre d'AMTOÈTE ( An^detes ^ 
Hoffm., Germ. ) (i). 

D'autres lampyres, et propres aussi à l'Amérique méi;idio- 
nale, n'ayant que onze arlides aux antennes^ nous offrent 
des caractères particuliers qui leur ont valu la même dis- 
tinction générique, celle de Phengode (PAtfhg<Mf«5| Hoffm.)* 
Le troisième article de ces organes et les suivants jettent 
chacun, au côté interne, deux filets longs, ciliés, parais- 
sant articulés ^ et l'ouïes sur eux-mémes< Les élytres sont 
rétrécies brusquement en pointe. Les ailes sont étendues 
dans toute leur lon^eur, et simplement plissées longitudi- 
nalement. Les palpes maxillaires sont très saillants et pres- 
que filiformes. Le corselet est transversal. Les tarses softt fili- 
formes, avec le pénultième article fort court et à peine bilobé. 
Le corps est étroit et. alongé, avec la tète découverte (2). 
Les autres espèces composent maintenant le genre 

De Laicptre pf oprement dit ( Lampyris. ) 
Qui, à raison de la forme des antennes, de la présence 
ou de l'absence des élytres, des ailes, etc. , est susceptible 
de plusieurs divisions. 

Le L, luisant ( L, noctiluca, Lin.), Panz., Faun. fnsect. 
Germ., XLl , 7. Mâle long de quatre lignes, noirâtre^ an- 
tennes simples; corselet demi circulaire, recevant entitsre- 
ment la tête, avec deux taches transparentes, en croissant; 
ventre noir ; derniers anneaux d'un jaunâtre pâle. 

(r) Làmprris piumicomis , Latr. , Voyag. de MM. Hamb. et Bonpl. • 
Zool. , XVI, 4j — Anvydetes apicalis, Germ. insect. , Sp. nov., p. 67. 
(3) 11%., Mag., VI, p. 342. 

5o* 



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468 IlfSACTfiS COLéOPTàRBS. 

Zr. fptemÙdule ( Z/. spiendiduia , Lîiu ) ^ P^ut., iftûif.,. 8^ 
très voisro du précédent, un peu plus grand. Corselet jau- 
Détre^«v6c ledi«que noirâtre et deux taches trani^airentes 
en devant; élytres noirâtres; dessous du corps et pieds 
d'un jaunâtre livide; premiers anneavx^du ventre Untôt 
de cette couleur, tantôt plua obscurs. 

Femelle privée d'élytre< et d'ailes, noirâtre en dessus, 
avec le poprtour du corselet et le dernier anneau jaunâ* 
très ; angles latéraux du second et du troisième anneaux, 
couleur de chair; dessous du corps jaunâtre, avec les (roia 
derniers anneaux couleur de soufre. 

C'est imrticulièrement k ces individus qu'on a donné le 
nom do ver f luisants ."On les trouve paroutà la cftmpagne, 
et aux bords des chemins, dans les LÂies, ies pngries, etc., 
aux mois de juin, de juHlet et d'août, fis pondent un grand 
nombre d'œuïit, qui sont gros, s^hériques et d'un jaune 
*citrin,dansla terre ou sur les plantes; ils sont fixés au 
moyen d'une matière visqueuse iqui les enduit. 

La larve ressemble beaiucoup à la femelle^ mais elle est 
noiie, avec une tache rougéâtre aux angles postérieurs 
des anneaux; ses antennes et ses pieds sont pluà courts. 
Elle mïrdie fort lentement , peat alônger , raccourcir ou 
feéfturber en dessous 9on corps. Elle est probablement 
cai^nassiëre. 

LerZ. €PfiaUe{L. iiaUca. Lin.),Oliv., col. II, ^, ii, la, 
nommé par les habitants Lucûioia. Coraelet ne recouvrant 
pas toute la tète , transversal , rougeâtre , ainsi quel'écua- 
son,' la poitrine, et une partie des pieds; tête, étuis et 
abdomen noirs; les deux derniers anneaux du corps jau- 
nâtres. Les deux $eies sont ailés (i). 
Dans notre seconde division des lampyrides , les antenues 
aont notablement écartées l'une de l'autre à leur naissance; 
la tète n'est point prolongée ni rétrécie antérieurement en 
forme de museau , et les yeux sont de grandeur ordinaire 
dans les deux sexes. 

Les DaiLES. ( DaiLus. Oliv. — PtiUnus. GeofF., Fab. ) 
Les mâles sont allés, et le câté interne de leurs antennes, 
(i) Voys» Fabricios , et Olivier, ooL II, n« 98. 



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FAMEXiliB- OBS SBURIGOllfilBS. ^Oq 

a conmeacer au quatrième article , se prolange au forme de 
dent de peigne. Celles de la femelle sont plus courtes^, un 
peu perfoliées et légèrement en scie. Dans l'un et l'autre 
sexe les |>alpes maxillaires sont plus gros vert le boijt , et se 
terminent en pointe. Le cAié interne des mandibules offre 
une dent. 

La femelle de l'espèce servant de type au genre j et dont 
le mâle est assez commun , avait été inconnue jusque dans 
ces derniers temps, ainsi que les métamorjf^esas des deux 
sexes. Des observations faites à Genève , par M. le comte 
Mielzinsky , sur la larve de cet insecte et sur l'individu fe« 
melle en état parfait , excitèrent l'attention de deux natu- 
ralistes français^ qui avaient déjà donné des preuves de leurs 
talents, M. Desmarest, professeur à l'école vétérinaire d'Aï* 
fort, et M. Victor Audouin ; celui-ci avait reçu de l'auteur 
de cette découverte des larves en ^tat vivant. Elles avaient 
été trouvées dans l'intérieur de la coquille dite livrée y ou 
V Hélix nemoralis deLinn«us. If .Miel^nsky les fit connaître 
ainsi que la femelle parvenue à*#a dernière transformation , 
seule sorte d'individus qu'il avait obtenue en état parfait. 
Mais il s'était trompé, en considérant comme des nymphes 
des larves^rvenuesàleur dernière grosseur y et qui passent 
l'hiver dans Ifintérieur de ces coquilles. Sous cette forme , 
ces insectes ont assez de ressemblance avec les larves de nos 
lampyres , mais les côtés de Içur abdomen off M^t une mngée 
de mamelons*coniqueè, et deux séries de houppes de poils, 
placées sur d'autres mamelons ou prolongements dermiques. 
L'extrémité postérieure du corps est fourchi|e, et l'anus 
sert à l'animal dans la progression. U dévore y et assez 
promptément, l'habitant naturtel de la coquille, et de là le 
nom générique de CocHLiocTONE {Cochleoctomu)y donné à 
cet insecte par ce naturaliste. M. Desmarest présuma , avec 
raison , que puisque ces larves étaient assez communes aux 
environs *de Genève , on pouvait aussi les rencontrer aux 
environs de Paris. Aidé par ses élèves , il s'en procura en 
effet, un grand nombre d'individus , ce qui lui permit de 
donner une histoire complète de cet insecte, et de décou- 
vrir que les individus en état parfait décrits, par M. Miel- 
zinsky étaient des lemdles du drile faumébre ou la pa- 



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470 mSBGTES COLiOPTàRBS. 

nache jaune de Geoffroy ( I^i; ajOlîv., coUlIyaS^i^ 
1 )y dont Je corps est long d'eaviroa trois lignes , noir^ 
avec les ë^ytres jaunâtres. La fiemelle est presque trois fois 
plus gi^ande, d'un jaune orangé ou rougeltre, et ressem- 
ble à celles des lampyres , mai» sans être phosphorescente- 
If. Audouin en a publié l'anatomie^ il a remarqué que 
la vieille peau de la Urve boache exabtement l'entrée de la 
coquille , et lui forme une sorte d'opercule. Tant que l'in- 
secte est en état de larve ^ s'il se retire au fond de son habi* 
tation y il s'y place de manière que l'extrémité postérieure 
de son corps en regarde l'ouverture ; mais ayant passé a 
l'état de nymphe , il s'y tient en sens contraire. Cette obser- 
vation est due à M. Desmarest ( F'eyez les Annales des scien- 
ces naturelle, janvier ,« juillet etaoàt i8a4y et le Bulletin des 
la Soc. philom.y avril de la même année). M. Léon Duibur 
a publié aussi quelques observations anatomiqu es faites sur 
le mâle de cette espèce. 

On en trouve en Alleitiagne une autre {Ater, Bej.) , 
toute noire et à antennes moins peçtinécs. Elle a été figu- 
rée | ainsi qu'une troisième ( ruJicoUis )y découverte par 
M. le comte Dejean en Dalmatte j dans un Mémoire de 
' M. Audouin (Annal, des scienc. nat.^ août i8a4% qui, sous 
le titre de Recherches anatomiques sur 1^ femelle du drile 
jaunâtre, et sur le mâle de cette espèce, forme une mono- 
graphie complètedecegenre, enrichied'excellente^ figures. 
Tous les individus des auti'es lampyrides de cette se* 
conde division sont ailés , et leurs palpes maxillaires ne 
sont pas Ijeaucoup plus longs que les labiaux, lis embras- 
sent une grande partie du genre caniAom de Linnaeus, aa 
de celui de cicindela de Geoffroy. 

Les TÉLEPHORES. (TELEpqoRirs. Schœff. — Cantharis» Lin. ) 

Où les palpes sont terminés par un article en forme de 
hache, et dont le corselet n'offre point d'échancrures laté- 
rales, lis sont carnassiers, et courent «ur les'plantea. Leur 
estomac est long, ridé en travers; leur intestin très court. 
Le r. ardoisé {Cantharisfusca. Lin.), Oliv., col. U, !46 , 
1,1, long de cinq à six lignes ; partie postérieure de 
la tète , étuis , poitrine et grande partie des pieds d'un 



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FAMILLE DBS SEKIlICORErES. ^y f 

noir ardoisé^ les autres parties d'un rouge jaunâtre; une 
tache noire sur le corselet; Se trouve fréquemment^ en 
Europe y au printemps. Sa larve est presque cylindrique . 
alongée, niolle^ d'un noir mat et velouté^ ffvec les an- 
tennes, les palpes et les pieds d'un roux jaunâtre. La tète 
est écailleuse, avec de fortes mandibufos. Sous le dou- 
zième et dernier anneau est un mamelon, dont elle fait 
usage en marchant. £lie vit dans la terre humide et se 
nourrit de proie. 

On a vu , des années ; pendant l'hiver, au milieu de la 
neige, en Suède , et même dans de9 parties montagneuses 
de la France, une étendue cpnsidérable de terrain re-> 
couverte d'une quantité infinie de ces larves^ ainsi que 
de différentes autres espèces d'insectes vivants. On soup- 
çonne , avec fondement y qu'ils avaient été enlevés et 
transportés par des coups de veut, à la suite de Ces vio- 
lentes tempêtes qui déracinent et abattent un très grand 
nombre d'arbres , particulièrement de pins et de sapins. 
Telle est l'origine dç ce qu'on a nommé pluîe d'insectes^ 
Les espèces que l'on trouve alors, et quelquefois même 
sur d^s lacs glacés, sont probablement du nombre de cellea 
qui paraissent de bonne heure. 

Le 7*. livide ( Cantharis livida , Lin . ) , Oliv., ibid., II , !i8. 
Grandeur et forme du précédent; corselet roussâtre, sans 
tache; étuis d'un jaune d'ocre^etbout des cuisses posté- 
rieures noir. — Sur les fleurs (i). 

Les SiLis. (SiLis. Meg. , Dej. , Charp.) 

Ne diffèrent des téléphores qu'en ce que leur corselet est 
échancré, de chaque côté, postérieurement, et qu'on y voit 
en dessous ( du moins dans le i^. spinicoUis ) , un petit ap-^ 
pendice coriace, terminé en massue, et dont l'extrémité^ 

Srobablement plus membraneuse, formedails les individus 
esséchés l'apparence d'un article. M. Toussaint de Char- 
pentier en a figuré une espèce ( rubricolUs) dans ses Horœ 
entomol., p. 194, i95,vi, 7. 

. (i) Consaltezy pour les autres espèces , Schtenherr, Sjrnon. iiaecU, II , 
pag. 60 . et Panxer,.Ind. eDlom. « pa(^. gi. 



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^J2 INSECTES GOLÉOPTÈRBS. 

Les Halthutes. ( Mi ltbimus. Lat.ySchœnh.-^ iVecrvia- 
lis. Geoff. ) 

Dont les palpes sont terminés par un article ovoïde. 
La tète est amincie en ahrière; les étuis sont plus courts que 
l'abdomen y dans plusieurs. 
Sur les plantes, et plus particulièrement sur les arbres (i)« 

La troisième tribu desHalacocletaies,le$MÉLTBi- 
DES| (^Meljrides), offre des palpesie plus souvent fili- 
formes e% courts; des mandibules échapcrées à la 
pointe ; un corps le plus souvent étroit et alongé » 
avec la tête seulement recouverte à sa base , par 
un corselet plat ou peu convexe , ordinairement 
carré ou en quadrilatère alongé , et les articles des 
tarses entiers; les crochets du dernier sont uni- 
dentés ou bordés d'une membrane. Les antennes 
sont (miinairement en scie y et même pectinées dans 
les mâles de quelques espèces. 

La plupart sont très agiles, et se trouvent sur les 
fleurs et sur les feuilles. 

Cette tribu , qui n'est qu*un démembrement des 
genres Cantkaris et dermestes de Linnaèus , comi^ 
posera celui 

De Mbltrb. (Meltris* Fab.) 

Les uns ont les palpes de la même grosseur partout. 
Ici l'on découvre sous chaque angle antérieur du cprsetet 
et de chaque cdcS de la base de rabdpnien , une vésicule en 

. 1 ,1 i i I ■ 

(i) Latr., Gen. crast. etinsect. , 1, 361; Schoenh., Sjbod., inieci.» II» 
p. 9 S-, Piinx. , Ind. emom. ,* p. 73. Les Tëlëpbores hi^umtuf et miaimui 
d'Olivier sont de ce genre. 



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l'AMlLLB DES SEftAlGORMES. ^^^3 

forme de corne ou de cocarde, rétractile, susceptîblede se di- 
later, que ranimai faitaortir lorsqu'il est effrayé, et dont on 
ignore l'usage. Le corps est proportionnellement plus court 
quedans le souS'genvesuivant, pluslargeetp}usdëprimë,ayec 
le corselet plus la'rgeque long. Ou voit sous cbaique crochet du 
boTui des tarses un appendice membraoeux, eu forme de dent. 

LesMai,achus» (MiLiiAGBius. Fab., Oliv. — Cantharis^^Lïn.) 

L'un des sexes a , dans quelques espèces, un appendice en 
forme de crochet, au bout de chaque étui, que l'individu 
de l'autre sexe saisit par derrière , avec ses mandibules, pour 
l'arrêter lorsqu'il fuit ou qu'il court trop vite. Les premiers 
articles des antennes sont souvent dilatés et irréguliers dans 
les mâles. Ces insectes ont des couleurs agréables. 

Le M. bronze (Cantharis œneaj Lin.)y Pauz., ihid,y X, i, 

long de troi) lignes, d'un vert luisant, avec les étuis 

rouges au bord , et le devant de la tète jaune. 

he M. à deux pustules ( Cantharis bipustulata , L.), Pans., 
Aid, , 3 , un peu plus petit, d'un vert luisant, avec le bout 
des étuis rouge (i). 

Parmi les mélyrides suivants, à palpes filiformes, et dont 
le corselet et l'jibdomen sont dépoui*vus de vésicules rétrac- 
tiles , nous placerons d'abord ceujL dont les antennes sont de 
la longueur au moins de la tète et du corselet ; dont le corps 
est généralement étroit, alongé et quelquefois linéaire, et 
dont les crochets des tarses sont ordinairement, ainsi que 
ceux des malachies, bordés inférieuroment par un appen* 
dice membraneux. 

Lks Djlstt£S. ( Dasttes. Payk. , Fab. — Dermestes. Lin. ) 

Le D, hteudtre ( D. cœruleus, F. ), Panz. , Faun. insect. 
Germ.,XGyi, io,long de trois lignes, alongé, vert ou 
bleuâtre, luisant et velu. — Très commun aux environs * 
de Paris, sur les fieurs, dans les champs. 
Le jD. très noir {Dermestes hirtus, Lin. ), Oliv., col. II, 
ai , 1 1 , a8, un peu plus grand, moins oblong, tout noir et 

(i) Vtiyez l€â inéinéfl ouvrages , et Schonh., Sju. inseci. , H , p. 67. 



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474 nrSBGTES COLÉOPTÈfiBS. 

très velu. Uneépine à ]a base des tarses antérieurs, beau 

coup plus forte et trës crochue dai\^ l'un des sexes. — Sur 

les graminées (i). 

D'autres mélyrides à crochets des tarses unideatés, ainsi 
que ceux des dasytes, dont ils sont trës voisins, et avec les- 
quels Olivier les confond y s'en éloignent par des antennes 
plus courtes que la tête et le corselet, et dont le troisième 
article est une fois au moins plus long que le second. Leur 
corps est moins alongé, de consistance plus solide, avec la 
tête un peu prolongée et rétrécie en avant, le corselet pres- 
que semi-orbiculaire et tronqué en devant. Ils ont une cer- 
taine resseAiblance avec les coléoptères du genre Jî/pAa de 
Linnaeus. Tels sont 

. Les Zygies. ( Zygia. Fab. } 

Le quatrième article des antennes et les suivants forment 
presque une massue alongée, comprimée, dentée en scie^ et 
la plupart de ces articles sont transversaux. Le corselet est 
très convexe. 

La Zygie obiongue ( Z. oblonga, Fab. ) se trouve en Es- 
pagne et en Egypte , dans l'intérieur des maisons et plus 
particulièrement, k ce que m'a appris M. le comte Dejean, 
dans les greniers. Il paraît qu'on la rencontre aussi quel- 
quefois en France , dans le département des Pyrénées- 
Orientales. On en a découvert une autre espèce en Nubie. 

Les Melyees. ( Melyris. Fab. ) 

Dont les antennes grossissent iâscnsiblemeot, sans former 
de massue, etdont les articles sont moins dilatés latéralement 
et presque isométriques. Le corselet est moins convexe (2). 

Les autres et derniers mélyrides ont les palpes maxillaires 
terminés par un article plus grand et en forme de hache. Ce 

(i) F'ojtZy pour let aatres espèces, Fabricius; les M^yra d!0\vner, 
n* 6-17; Panz. , Ind. entom. , p. 1^%; Latr. , Geo. €rast et Insect., I, 
p. 364 ; Germ. insect. Spec. doy. Le Brësil. en fonmit d'assez grandes, 
et dont qaelqoes-uncs forment une division particaUèrc. 

(a) Af. viridity Fab. 5 Oliv. , CoL, Il , ai, i , 1 ; — M, abdominatîM, 
Fab.; Olir. , ibid, , l, 7; — Opatrum granulatum^ Fab.; Coqad>. . 
lUust. icon. insect. , III , xxx , 7. 



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FAMILLE DBS SERRIGORNBS. ^y6 

caractère y la brièveté du premier article des tarses et quel- 
ques autres. considérations semblent les rapprocher des in- 
sectes de la tribu suivante. Ce sont 

Les Pelocophores. ( Pelogophorits. ) 

De M. le comte Dejean^ qui les p]acç avec les coléoptères 
létramères(i). 

La quatrième tribu des Malacodermes , celle des 
CiiAiRO^^s {Cleriî), doutle nom nous rappelle celui 
de Claihon , genre principal de cette tribu ^ se dis- 
tingue par Tensemble des caractères suivants. Deux 
de leurs palpes au moins sont avancés et terminés 
en massue. Les mandibules sont dentées. Le pénul- 
tième article des tarses est bilobé , et le premier est 
très court ou peu yisible dans plusieurs. Les antennes 
sont tantôt presque filiformes et dentées en scie, et 
tantôt terminées en massue , ou grossissent insensi- 
blement vers le bout. Le corps est ordinairement 
presque cylindrique, avec la tête et le corselet plus 
étroits que Tabdomen, et les yeux échancrés. 

La plupart de ces insectes se trouvent sur les 
fleurs, les autres sur les tit)ncs des vieux arbres ou 
dans le bois sec. Celles des larves que l'on a ob- 
servées sont carnassières. 

(i) Catalogne d&- la collection des Coléoptères de M. Dejean, 
p.-ii5; JYotoxus Iligeri , Schoenh. , Synon. usecL, I, 3, p. 53, iy, 
7 , a. Je rapporterai à la même subdivision des Méljrides an sous-genre 
nooTeaa que je nommerai Diglobicére {Dighhicerus). Les antennes n^ont 
qae dix articles distincu, et dont les deux derniers sont plas gros et glo^ 
bnieax. Il est dtaUi sur on insecte qui m^a été envoyé par M. Lef<lbare 
de Cérisj. 



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476 INSUGTBS GOLâOPTÈRES. 

Celte tribu comprendra le genre 

Des Clairons. (Clerus. Geoff.) 

11 y en a dont les tarses vus sous leurs deux faces, ofiFrent 
distinctement cinq articles. Leurs anteunes sont toujours 
dentées, en majeure partie, en manière de scie. 

Quelques-uns y parmi eux, o4it des palpes maxillaires "fili- 
formes ou légèrement plus gros vers le bout. 

Les C.YLioRES. ( Cylipacs* Lat. ) 

Ont des mandibules longues , très croisées , temihiées en 
une pointe simple, avec deux dents au côté interne. Les 
quatre premiers articles des antennes sont cylindriques et 
alongés ; les six suivants ont la figure de' dents de scie, et le 
dernier est oblong. Les palpes sont terminés par un article 
alonaé; celui des maxillaires , est cylindrique et le même 
des labiaux est un peu plus gros et en cône renversé. Le pé^ 
nultième article des tarses est formé de deux lobes distincts. 
La tète estalongée. 

La seule espèce connue ( Trichodes qyaneus , Fab.) , se 

trouve à l'île de France. 

Les Tilles. ( Tillus. Oliv. , Fab. ) (1) 

Ont des mandibules de grandeur moyenne , pt refendues 
ou bidentées au bout; des antennes tantôt dentées en scie , 
depuis le quatrième article jusqu'au dixième inclusivement, 
avec le dernier ovoïde, tantôt terminées brusquement, de- 
puis le sixième, en une massue dentée en scie. Le dernier 
article des palpes labiaux est très grand, en forme de hache. 
La tète est courte, arrondie. Le troisième et le quatrième 



(i) TiUuâ ei«fÊgatMts , Oliy. , col. II , 99 , i , i; CkÊjriomeia elongata , 
Lin. ; -.^ CieruM wifudatuê ^ Fab. ; Olir. , ibid. , IV , 76, 11, ai. Le 
preaûer a les aotennet eo êcât depuU le quatrième arllele » et le corselet 
c^indriqne. Daas le second, les antenaes se terminent, à partir de 
sixième article , en une massue dent^ en sde. Le oorsclei est rëtréfci pos- 
lérieÛTemeai. Le dernier article des palpes maxillaires est proporiionnel* 
Icmeot plus lou^ que ic même de la première espèce, et cumprime'. 



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FAMfiiLB oBs sBaHJCoaiiBs. 477 

article des tarses sont dilates ei ep forme de triaD|{le ren- 
versé. 

On trouve ces insectes sur les vieux bois ou sur les troncs 

d'arbree. 

Les autres insectes de cette tribu, et toujours distinctement 
pentamères^ ont les quatre palpes terminés en massue; le 
dernier article des labiaux est presque toujours en forme de 
hache. 

Ici les quatre premier articles des urses sont ^rnis «n 
dessous de pelottes membraneuses, avancées, en forme de 
lobes. Le corselet est alongé, presque cylindrique. 

Les Priocères. (Priogzra. Rirb.) 

Le corps est convexe , avec le corselet resserré postérieu- 
remenU Le deroicr article des palpes maxillftires est «K>t«A 
dilaté que le même des labiaux, en ferme ée trian£^ rea^ 
versé et oblong. Le labre est échancré. 

On .n'en connaît qu'une espèce ( Prioœra variogmia , 

Kirb. , Lin. Trans. XH, p. 889^ 890, xxi, 7). 

Les Axmss. ( Axiva. Ktrb. ) 

Le corps^est déprimé. Le dernier article des quatre palpes 
est fort grand ^ en forme de hache. 

On n'en a encore décrit qu'une seule espèce {Axina 

analiSf Kirb., ibid*, iîg. 6. ) , et qui se trouve au Brésil. 
' Là, le pénultième aiticle des tarses est seul distinctement 
bilobé. Le corselet est carré. Le corps est d'ailleurs déprimé, 
comme dans le sous-genre pirécédent , et les palpes.se termi* 
lient de laéme. 

Les EviiYȣS. (Evrypus. Kirb. ) 

L'JF. roagedtre {Eurypus rubens, Kirb. , ibid*, fig, 5, )^ 
habite aussi le Brésil. J'en ai vu une seconde espèce ^ du 
même pays, dans la belle collection de M. de la Cordaire. 
Maintenant les tarses, vus en dessus, ne paraissent com- 
posés que de quatre articles, le premier des cinq ordinslireji 
étant fort court et caché sous le second (1). 

(]) lies ùiteclet de cette ti^bdivinoa cowpoient le ^çenre Clairon pro- 
prement dit de Geoffroy^ M. Dafoar admet qne les urtes postérieurs 



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4^8 INSECTES GOLÉOPTÈRBS. 

TantAt les auleones grossissent insensiblemeut ou se ter- 
minent graduellement en massue } les articles intermé^ 
diaires; à partir du troisième ^ sont presque en forme de 
cône renverse; les deux à quatre avant-derniers sont pres- 
que eu forme de triangle renversé, et le dernier est ovoïde. 

Les Thinasimes. (THAxrAsiiius. loiU-^Clerus. Fab.} 

Ont les palpes maxillaires filiformes et le dernier article 
des labiaux grand y en forme de hache (i). 

Les OnLES. ( Opilo. Lat. — Notoxus. Fab. ) 

Dont lesquatre palpes sont termines par un grand article, 
en forme de hache (a). 

Tantôt les trois derniers articles des antennes sont beau- 
coup plus larges que les précédents, et forment une massue 
brusque^ soit simple et en forme de triangle renversé, soit 
en scie. 

Ceux où cette massue est simple ou point dentée en scie 
composent deux sous-genres. 

Les Clairors proprement dits. (Cleeus. GeofF. — Trr- 
chodes. Fab. ) 

Leurs palpes maxillaires sont terminés par uu article en 
forme de triangle renversé et comprimé ; le dernier des la- 
biaux, qui sont plus grands que les précédents , est en forme 
de hache. La massue des antennes n'est guère plus longue 
que large , et se compose d'articles seiTés ; le troisième est 
plus long que le second. Les mâchoires se terminent par un 
lobe saillant et frangés Le corselet est déprimé en devant. 

Ces insectes se trouv^ent sur les fleurs; leurs larves dé- 
vorent celles de quelques apiaires. 

Leur estomac est plus large en avant, sans riâes; leur in- 
testin est court, avec deux renflements en arrièi-e. Suivant 

ont cinq articles , malt dont le premier est fort court ; le même article 
n^est que rudîmentaire aux taries inlermi^diaires , el uni aux deux an- 
'teneurs. 

(i) AUelabus formicaritu. Un.; Cierus JbrmicMrius, OUv., col. 
lY, 76 , 1 » 1 3 ; --- Cierus mudUàriuM^ Fab. ; OUr. , ihiâ. , 1 • la . 

(9) Attelabut nuMs^ Lin. ; CUrus molli» ^ Oliv. , iM, , i , 10. 



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FAMILLB DES SËRAIGOimBS. 479 

M. Dufour, leurs jabot est si court, qu'il est presque entière- 
ment caché dans Ja tète ( i ). 

Le C. des Ruches ( Attelabus apiarius^ Lin. ; Trichodes 
apiarius y Fab. ; Oliv. , col. IV , 76 , i , 4 ) » ^^^ h\e\i , avec 
les étuis rouges. lis sont traversés par trois bandes d'uu 
bleu foncé, dont la dernière occupe l'extrémité. La larve 
dévore celle de l'abeille domestique, et nuit beaucoup aux 
ruches. 

Celle d'une autre espèce ( TViV^o^/e^ alvearius ^ Fab.; 
Oliv., ihid^y I, 5 a, b; Reaum., insect., VI, viii^ 8- 10), 
presque semblable à la précédente, mais ayant une tache 
d'un noir bleuâtre à l'écusson , vit dans les nids desabeilles 
maçonnes {G. osmie) de Réaumur, et se nourrit aux 
dépens de leur postérité. 

Les NicBOBiEs. (Negrobia. Latr. — Corynetes, Fab. ) * 

Ont les quatre palpes terminés par un article de la même 
grandeur, en forme de triangle alongé et comprimé; les 
second et troisième articles des antennes presque égaux, et 
la massue terminale alongée et à articles lâches. Le devant 
du corselet n'offre point de dépression» 

La Nécrohie violette {Necrohia violacea^ Oliv., col., 
ibid», ')6biSf I, i ; Dermestes violaceus ^L'\n.) est petite, 
d'un bleu violet ou verdâtre , avec les pieds de la même 
couleur. Ses étuis ont des points disposés en séries longi- 
tudinales. Elle est très commune au printemps, dans les 
m$iisons. On la trouve aussi dans les charognes (2). 
Nous terminerons cette tribu par un sous-genre, dont les 
deux avant-derniers articles des antennes, plus ou moins 
dilatés au côté interne, en manière