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TAYlORINSTlTUnON 
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LE ROMAN 



R EN A ET 



KR^JEST MARTIÎ^ 



l'REMIKR VOLUME 

L'ASriEXSK COLLECTION V?A KRAXCliES 



BTKASISOURO 
K. J. T R t) U X E R, EDITEUR 



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LE ROMAN 



R E N A E T - 



ERNEST MARTIN 



PREMIER VOLUME 

PRBMliSI PAKHE DV texte: 
L'aHCIKNME COLLECTIOK DES BBÀNCHEa 






8TRA8BOURO 
K.J. TRÛBNBR, EDITEUR 



ERlfEST LRROUX 



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uu- 



[mprinlrril dn 11. Ottn ï Don 



5,t7„ib,.GoogIc 



Préface. 



11 y a bien longtemps que j'ni commencé à m'occupor 
de U nouvelle édition du roman de Ttenart, dont je publie 
aujourd'hui le premier volume. En 1868 j'ai cotlationné 
les manuscrite des bibltotbèques de Paris, en 1869 celui du 
Vatican; en 1870 ceux qui se trouvent ou qui ae trouvaient 
alora en Angleterre. Depuis, j'ai pu me servir du manuscrit 
de Turin et de plusieurs fragmente, dont deux ont été publiés, 
l'un par M. 0. Paris dans la Romania IH (18T4) p. 373 à 
376, l'autre d'une part par M. E. Teza (Pisa 1869) et d'autre 
part, d'après un manuscrit différent, par M. R. Putelli, G'/or- 
nale di fiîologia Romama II (1880) p. 153—163. 

Avant de connaître les textes publiés par MM. Paris 
et Putelii, j'avais déjà rendu compte des autres manuscrits 
dans mon I^men critique des manuscrits du roman de Renart 
(Bile 1872), brochure dont on peut encore se procurer des 
exemplaires à la librairie Schweighauser (B. Schwabe) à Pâle. 

A cette époque j'espérais finir en peu de temps l'édi- 
tion que je préparais. Je n'ai pu publier alors qu'une seule 
'brandie', celle du Pèlerinage Renart, dans les Roiiianische Sta- 
dien de E. Bôhmer II (1878) p. 410—43:. J'y ai exposé 
les raisons qui m'ont forcé k remettre le reste de mon 
ouvrage & une époque plue favorable. Malheureusement ce 
retard s'est bien prolongé à cause des obligations que m'impo- 
mient d'autres devoirs. 

Beprenant tout d'abord une partie des indications 
données en 1872, je commence par la description des manuscrits 



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que je connais et dont j'ai pu — à ooe exception près — me 
procurer des ootlationa complètes. J'emploie, pour désigner les 
manuscrits, les mâuiea notations que dans mon Examen critique. 

k, à Paris, à la Bibliothèque Nationale, fonda français 
20043 (ancien S. Germain 1980 et auparavant 2733). Ce 
mmiascrit provient, comme on l'apprend par uno étiquette collée 
au bas du recto du premier feuillet, ex bibliotheca mss. Cois- 
liniana, olim Segueriuna, quam Illustr. Henricus du Cambout, 
Dux de Coislin, Par Franciae, Ëpiscopus Metemis . . . locavit 
An. M. DCC. XXXII. Il est du XIII* siècle, sur vélin in- 
4" (les pages ont 23 centimètres de' haut sur 16 de large). 
Il ne contient plus que 146 feuillets et un très petit frag- 
ment du 147% dont le verso est en blanc, ce qui prouve 
que c'est bien le dernier feuillet du manuscrit. Hais le mauv- 
scrit complet avait 160 feuillets, car 13 feuillets ont été égarés, 
savoir: un après le foi. 24 (ayant contenu les vers 1 — 131 
de la branche II, d'après mon édition*), trois après le fol. 
31 (branche III 45—453), quatre après le fol. 4ll (br. II 
1025-1396. V 1-145), un après le fol. 41 (br. YI 137 à 
270), un après le fol. 48 (br. VI 1220—1366), un après le fol. 81 
(br. IX 1637—1767), un après le fol. 113(br,X282— 4!6),un 
après le fol. 144 (br. XI 2«69~3103). En outre le fol. 9 a été mu- 
tilé en bas à ta marge, le fol. 32 en haut à gauche du reoto. 
Quelques feuillets ont été recousus ou recouverts de papier 
végétal, ce qui les rend difficiles à lire: ce sont les fol. 16 
verso en bas, 145 recto, 146 verso. L'écriture de ta première 
page du manuscrit s été un peu effacée par les doigts des lecteurs. 

Chaque feuillet a 4 colonnes, qui contiennent chacune 
28 à 43 lignes. Quelquefois deux vers sont réunis sur la mémo 

* Voici la coDcordsiica des breachea de mon édition avec uelles de 
Méon: br. I = Méon 20. 21. 22; II = !'-». 5. «-"*». 16. l»"-'i«; III = 
2. 8. 4;IV= 18; V - 1& !"'-'«. 19; VI = 24; VII =81; Vin = 33; 
IX == 26; X = 26; XI = SO; XII = 28; XIII = 8. a 10; XIV = 29; 
XV = 6"«". 7;XVI= 11;SVII = 82; XVUI = 16; XIX = 17; XX 
= 12; XXI = U; XXn = 27; XXIII = 35 (La mariage du lion, 
ioédit); XXIV = 1" ***; XXV = 3!t (Pincart le h«ron, éA. Cbabaill* 
Snpplément <ien ramaoB du Renart p. 1); XXVI ^ 84 (De l'andoutllo 
qui fa jouée k la marelle, éd. Chabaille p. 13) ; XXVIl = 86 (Reiuu-I 
et la ehâvre, éd. Teia «t Putelli). 



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ligne, d'autrefois un aeul vera occupe deux ligne». Apparem- 
ment les scribea avaient l'intention de terminer quelqnea 
branchea exactement à la fin des feuillels en élargissant ou 
en resserrant leur écriture. C'eat ainai qu'on peut reconnaître 
que le manusciitse compose de quatre partiea différentes, dont 
l)ts trois premières se terminent respectivement nvec les fol. 24, 
foL 40 (anciennement 48), et fui. 58 (celui-ci était le 68"* du 
volume complet). La première ligne du feuillet suivant se trouve 
indiquée comme réclame adroite au bas des feuillets &'. 3I^ 47'. 
54*. 66'. 74'. 89'. 97*. 105'. 113'. 120'^ 128*. 136'. 144'. 

Plusieurs scribes paraiaaent avoir travaillé à ce manuscrit: 
car l'écriture eat plus fine et plus carrée du fol. 17 au fol. 24, 
du fol. .^2 au fol. ^8f et dana la partie finale du mac. à partir 
du fol. 123\ On ne saurait louer les scribes ni pour leur con- 
naiaaance de Torthographe ni pour le aoin qu'ila ont mia à 
f&ire leur copie. Le texte offre une foule de fautea, dont une 
partie a été corrigée immédiatement par l'exponotuation des 
lettres fautives. On trouve beaucoup d'abréviations, prin- 
cipalement pour les noms propres (p. ex. S. pour Senars 
ou Rtnarl-, ty. pour Tybers ou Tyhert, y*, pour Ysengrins ou 
Yaengri», h', pour Hersens ou HtrseiW) et pour lea petîta 
mota qui reviennent aouvent {mit' = molt, s. = aeint, "^ et ^ ^ 
et,-T- =est). Un point-virgule suit quelquefois lea interjections. 

Le manuscrit A ne contient ni miniatures ni titrer pour 
les branches; cependant des initialca majusculea plus grandes 
que lea initiales coloriées ordinaires des alinéas se trouvent 
aux fol. 1- (branche I), 32* (br. IV), 41' (br. "VI), 50 (br. 
VU), 56* (br. Vni), 59' (br. XU), 69' (br. IX), 85^ (br. 
XIII), 93* (br. XIV), 111' (br. X), 123* (XI). 

B. & Paria, Bibl. Nat., fonde françaia 371 (ancien 68 
Cangé). Au fol. 1" on lit à gauche en bnut: J. P. G. 
Chatrt de Cangé 1727. Le fol. 189" et la moitié du fol. 
190" aont remplie par le» actes de baptême des enfants du 
Seigneur d'Orayson à Cadenet (dép. Vaucluse), qui naquirent 
de 1513 à 1520. 

Le manuscrit est sur vélin in-4'^ (26 cm. de haut eur 
20 de large). Le texte du roman comprend 189 feuilleta à 
4 colonnea, de 30 lignes chacune. Les trois feuilleté de garde 



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du commencement et celui de la Ru ont été laissés en blanc, 
de même les trois feuillets 78^", 79 et 80: Cangé s'en est 
servi pour combler les lacunes du .texte, et de plus, il a ajouté 
encore sur les marges des variantes tirées du msc. I. A la 
fin du texte, c'est à dire au foi. 189", il a ajouté les deux 
derniers vers de ce dernier manuscrit. L'écriture du msc, B 
paraît être d'une seule main, du XIII* siècle ou du com- 
mencement du XIY°; elle est très élégante, mais aussi bieo 
fautive. 

On y trouve des initiales majuscules agrandies et des ru- 
briques : 

au fui. 28' (branche IV) Cest la branche corne R. Fiat 
.y. entrer ou puis; 

au fol. 32" (br. Il) Ceat la branche de R. et dy. com U. 
issiretit de la mer; 

au fol. 43' (br. XV) Cest des .II, prouoires qui aloierU 
au satte ; [= e(] de tiebert te chat; 

au fol, 4'^" (br. XX) Cest dysengrin ; de la iutnent; 

au fol. 46" (br. XXI) Cest de lors et dysengrin j dou 
mlain con il inostrerent lor eus; 

au fol. 47'' (br. II 843) Cest la branche cotne R. dut 
iurer le sairement a .y. 

au fol, 61* (br. YI) Cest la branche de la bataille de 
renart et dg. 

au fol, 74' (br. VIII) La confession Benart [titre ajouté 
par Cangc à l'encrç u'oire sur un grattage]; 

au fol, 81' (br. IX) Cest de lors et de B, et dou uilain 
lietart ; 

au fol. 99' (br. XII) Conment R. et T. li chasi cha^t- 
terent nespres î matines; 

au fol. lir (br. III) Cest la branche de R. com il fu 
geie^ en la charrete au pessoniers ; 

au fol, 114'' (br. III 377) grande majuscule initiale; 

au fol. 116° (br. XXII) Cest la branche corne R. parfist 
le con; 

au fol. 122' (br. VII) Cest la branche cotne R. menia 
son prouoire; 

au fol. 127° (br. XVIII) Cest dysengrin 5 de prestre 
inartin; 



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au fol. 128* (br, XIX) Cest dy. et de la iument [écri- 
ture de Cangé à l'encre noire]; 

au fol. 129' (br. SVIII) Cest la branche de .y. et de S. 
et dou gresiUon; 

au fol. 132* (br. XVI) Cest de R. et d>/. et dou lyon 
corn il départirent la proie; 

au fol. 145' (br, X) Cest la branche de Renart si corne 
il fu mires; 

au fol. 161" (br. XI) Cest la branche de S. corn il fu 
empereres. 

C, à Paris, Bibl. Nat. fonde franc. 1579 (ancien 7607, 
auparavant 1308), Ce manuscrit appartenait à la bibliothèque 
du roi Charles IX. Il est sur vélin, in-4° (28 cm. de haut 
sur 191/3 de large), du XIII* ou du commencement du 
XIV' siècle. Les feuillets ont 4 colonnes, de 40 lignée cha- 
cune: le dernier porte le numéro 1.59. Mais du 4*" il ne 
reste plus qu'un fragment : ce feuillet contenait une partie de 
la br. II et le commencement de la br. XXIV: puis il manque 
un feuillet après le lôQ"*, ce qui nous fait perdre la fin de 
la branche XVII. La partie supérieure du fol. 159'°, qui 
contenait 26 et 24 vers, a été grattée. Quelques feuilleté 
ont perdu leur ordre par la Faute des relieurs: pour le réta- 
blir il faut faire suivre Us fol. 147. 148. 146. 151. 149. 
150. Des réclames , en partie coupées par le relieur, se trou- 
vent au bas des fol. 8'. 32^. 68'. 72'. 88'. 96'. 104*. 120*. 
136'. 152'. Du reste ce manuscrit est bien conservé. Il est 
probable qu'il est l'œuvre d'un seul scribe qui y a mis beaucoup 
de Boin. 

Au fol. r se trouve une miniature, qui occupe les 13 
premières lignes de la colonne. On rencontre des rubriques 
et des majuscules initiales coloriées plus grandes que les ma- 
juscules coloriées ordinaires : 

aux. foL 1* (branche II) Ci co li romam de 

B . . . . t; [ce titre est à peu près étfacé.] 

f. 5'(br. m) SiconmeR. mania le poisson aus charretiers; 

f. 6' (III 165) Si conme renart jîst ysangrin moine; 

f. 7* (in 377) Si conme R. fist peschier a ysangrin les 
anguiles; 



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f, 8* (I 23) Si cottme renart prist chantecler le coc ; 

f. 15' (XIII) Si c(mm« renart coupa a tybert la queue; 

f. 17* (XIII 202) Si connte renart Jiat p'maut le Jrere 
ifiangrin preatre; 

{. 21* (XIII 505) Si cimme .fi. et p'maut vendirent les 
uestemenz au prestre. por vn otfaon ; 

f. 28" (V 289) jS» cotane ysangrin sala plaindre de S. a 
la cort le roi; 

f. 36' (I) Si comme renart conchia brun li ours du mid; 

t. 50° (I 2205) Cest si conme renart fu tainturiera; 

t. 53* (I 2625) Si conme renart fu ingleeur; 

t. 56* (ï 3095) initiale coloriée a^andie; 

f. 56' (XYI) Ci conmance ai conme noblea .fi. et i/ean- 
grin partirent la proie; 

f. 57* majuBcute iDitiale agrandie; 

f. 66* (XV 347) Cest de tybert le chat d des .11. 
preatrea; 

t 67^ (XX) Si conme yaangrin parti la terre aus .11. 
moutona; 

f. 68* (XXI) De loura et du lou et du vilain qui monstre' 
rent leur eus; 

f. 69* (II 843) De R. si conme il conchia le corhel du 
froumage ; 

f, 70* (XVIII) Cest de prestre martin et du lou yaangrin ; 

f. 71* (XIX) Cest de la jumant et de ysangrin; 

f. 71° (II 469) Cest le deaputement de la mésange et de 
renart; 

t. 72* (V) Cest le songe Renart si conme ysangrin 
le bâti; 

f. 76* (_1T) Si conme renart fist aualer .y. dedem le puis ; 

t. 80* (VU) Si conme renart uoH manger son con/easor; 

f. 85' (VIII) Si conmence le pèlerinage renart con U 
ala a rome; 

î. 88* (VI) Cest la bataille de renart et de ysangrin; 

{. 99' [d'une autre main:] Si cum R. mis la cretta 
al cun; 

t. 100- (XXII). 

Enfin, aux fol. 119° (X), 131° (XI), 152* (XVII) il y a 



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des majuscules initialps coloriées agrandies. Une main mo- 
derne a ajouté au f. 152* La mort renart. 

n, à Oxford. Bibliothèque Bodiéienne, ms. Douce 
360. Autrefois ce mec. appartenait k la bibl. du duc de la 
Vallière. et y portait le numéro 2717. Une note inscrite 
au verso d'un feuillet de garde non numéroté, donne cette 
indication: vente de Mord de Vinde, Paris 183H. f 

Ce msc. a été écrit en 1339, comme l'Indique le post- 
scriptum du fol. 167': 

Lan mU .CGC. et trente nuef 
Ffti ce liure acôpli tout nuef 
Descripture ou il ot gnt pahie 
Tout droit deuant la magdalaine 
Le uendredi si connte dist 
, Li encriuains qui tout lescripst 

Lien fu qtuiHt fisl la fin du liure 
Car lors fu de paine deliure. 
Le msc. est sur vélin, grnnd in-é' (31 cm. de haut sur 
23 de large) et il contient 157 feuillets. C'est par suite d'une 
erreur que les feuillets qui suivent le fol. 87 portent les nu- 
foéros !)8 à 167. Chnque feuilleta 4 colonnes de 40 lignes. 
Chaque quaternion est indiqué par une réclame au bas de la 
dernière colonne. On y rencontre quelques corrcctîtms, dont 
la plupart ne paraissent pas être tirées d'un autre manuscrit. 
Le manuscrit contient 15 miniatures et les rubriques 
suivantes: 

fol. t* (branche 1) initiale majuscule coloriée plus grande 
que les initiales coloriées ordinaires; 

f. 21'' (b. II) Si conme .S. emporte .1. coc que il a pris 
m .L parc auc ^isez aiiecj iduaeurs gelines. Et une famé 
; uUains le dtaeerent a rkiens et a basions; et le coc sen 
eschapa par barat; 

29* (II 843) Si conme .R. est dessous un fou ou U 
auoU .1. corbel qui mengoit .1. fourmage et R. fiât tant que 
U li chai a terre; 

33" (ni) iSt comme S. fist le mort emi la uoie pour 
deceuoir charretiers qui portaient harms fres et auguiles, dont 
U «nporta grant quimtite; 



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— X — 

36' (VI) Si conme li lyons tient fette ; i auoU plu- 
seurs bestes. qui mengoient ; faisaient ioie et si conme le 
tesson y amaine .R. 

46" (lY) Si conme R. et .y. sont chaacun en .1. seel 
dedens vn puis ,R. a montant et .y. aualant; 

57° (Xlt) Si conme .R. ua après .1. tropel de ijelines 
et par iUec passait .1. aitbe qui menoU garçons qui menoietU 
chieps ai U firent perdre sa proie; 

66* (VII) Si conme R. est dedem .1. gelinier et plus' 
moines le bâtent de bastons ; 

72'' (VIII) Si conme R. se confesse a .1. hemiite deuant 
qui U est agenoillie. H après si conme il sackeminerent a aler 
a romme lui et belin le mouton et hemart lasne; 

75" (IX) Si conme .1. uilain maine une charrue a .VIII. 
bues. Et .1. ours deitant lui qui en ueult auoir .1. Et 
daufre part le uHain qui demande conseil a R. conme il sen 
cheuira ; 

99* (Xltl) Si corne thihert U chat est en eue huche et 
hume plain pot de lait. Et .R. le soustient le couuercle de 
la hnclie; 

106* (XIV) Si conme R. ist duii bois et entre en .on. 
chastel par un pont toameis. Et pluseurs gens a cheual 
alana après qui le chacoient; 

120* (X) Vn ch'r qui chace R. et il entra en .m. 
chastel; 

131" (XI) Si eontne .R. lie gsengrin dune corde par les 
Mi}, pies dessous .1. arbre ou il sestoit endormi; 

152* (XVI) 5» c^nme .1. vilain a pris .R. en .L roisseul 
et le prent par le pie et .R. le mordi si fort que le uilaint 
paillart li crie merci; 

162" (XVII) Si conme .R. arrache a .1. moine blanc 
la coiUe car il auoit feni dun bastoti a lissue dun parc ou 
U auoit gelines et chapons que R. auoit estrangles. 

E, à Londres, British Muséum, Additignual 15229. 
D'après une note sur le feuillet de garde du commencement, 
ce DiaDUscrit a été acheté at Brighta sale 1844. U est sur 
Yélio, du XIV* ou peut-être mfime du XV* siècle. Les feuil- 
leta ont 29 cm. de haut sur 22 de large. On en compte au- 



,. Google 



jourd'hui 124, chacun de 4 coloanes à 40 lignes; mais les 
restes de l'ancienne pRgination font Toir qu'il manque 18 
fenillets au commencement, et de plus les deux feuillets qui por- 
taient autrefois les numéros XXIII et XXTV, de sorte que 
les vers 1—2880 de ia branche I et les vers 293—614 de la 
braDche II ont été perdus. C'est par la faute du relieur que k-s 
fol. 11 à 36 de la pagination actuelle suivent les fol. 3 à 10, 
La nouvelle pagination compte encore les deux feuillets de 
garde. En les défalquant, il reste 142 feuillets { = 124 + 
18-1-2 — 2) comme contenu ancien du manuscrit. Il y a 
des réclames sous les colonnes XXXII' (ici je me sers de 
l'ancienne pagnatïon). XXXVIII. XLVI. LXII. ^LXX. 
LX^XVIII. IIIIjXTiiij, Cjii. CjX. CîXVIII. VI5VI. 

VÎ5XVIII. 

Des miniatures assoz mauvaises et des initiales coloriées 
agrandies se trouvent: aux fol. !3* (branche II); 19' (br. 
IX); 33* (H 843); 6" (TI); 42* (IV); 53' (XII); 63" (VU); 
67' (VIII); 70^. 71-(XUI); 77''(XlV); 92' (X); 103' (XI.) 

A la fin du manuscrit, fol. 124'', en haut, on lit: Kjtpli- 
rU le romans de Renart ; en outre, au dessous de la btanoiie 
XXIV; Ici Jaut le roinanz de R., et à la fin do la branche 
XIT: Explkii c. d. v. l. f. r. «." 

f, à Cheltenham, dans la bibliothèque de feu Sir Tho- 
mas Fhilipps, portant lo d*^ 3634. Ce manuscrit a été acheté 
fie Long 1828. A la fiu du msc. on voit ajoutée cette note 
presque illisible Le XViij tour dauril mil cinq cens trente le 
Bojf François Premier coucha au chasteau de Lezim. 

Le maDUBcrit est sur vélin, problabtement du XV* siècle 
ou même du commencement du XVI'. C'est un grand in-4'' 
(29 cm. de haut sur 20 de large). Il contient 17 quaternions 
complets, munis cliacun de In réclame au bas de la dernière 
colonne, et un 18°* de 6 feuillets, ce qui fait en tout 142 
feuillets. Les feuillets ont 4 colonnes, chacune de 40 lignes, 
excepté les colonnes arec places restées libres pour les mi- 
Diatares, mais qui n'en ont point reçues. 

' Js n'ai pu trouvé Ik BolutioD de l'énigme que préteotent oes 



-,,. Google 



Des initiales tnajuscutea coloriées ag^iandies se trouvent 
aux fol. 1* ^b^ancho l); 21* (br. II) ; 29' (IX); 43' (H 843); 
46'' (II); 50' (Vin 6(r (IV); 71' (XIII); 81" (VII 81); 85" 
(VIII); 89* (XIII); 93* (XIV); 110' (X); 121' (XI). Il n'y 
a pas de rubriques; on lit simplement la note suivant» à la 
fin du manuscrit, au fol. 142*: Explicit le romans de Benart. 

Cette note finale est la même que colle du msc. E, qui a le 
même nombre primitif (^142) des feuillets que le mac. F. comme 
aussi la suite des branches est la même dans les deux 
manuscrits. Aussi le texte du msc. F est il basé sur celui 
de F. Uno seule preuve suffira pour le montrer, La colonno 
fol. 31° de F est répétée sur la colonne fol. 32*, et la col. 
f. 21' du msc. K, qui contient les mêmes v.jrs, est égale- 
ment répétée sur la col. f. 22*. H y a des variantes dans 
les colonnes répétées, et ces variantes sont encore les mêmes 
dans les deux manuscrits: seulement te scribe du msc. F a 
commis quelques fautes de plus. Ainsi le vers 360 de la 
branche IX se lit dans le msc. E fol. 32* avec la variante 
Et te laurai autant chier, de mf'me dans le msc. F fol. 22* 
Et ie iauraïf autant chier; le v. ,'i91 se lit dans K fol. 32* 
avec une inversion qui fait perdre la rime sur mein : Je estoie 
htti matin trop aise, de même dans lu msc. F fol. 22* Jestoie 
kitif matin trop aise. Les différences mêmes, qui existent entre 
n et ¥, s'expliquent on partie par l'insouciance avec la quelle 
ce dernier a été copié sur E. La majuscule initiale agran- 
die, qui dans le msc. F se trouve non au conimenccnient de 
la br. VII, mais bien après le v. 80, a obtenu cette place 
parceqoe dans E la miniature a été reculée jusqu'à ce vers. 

J'ai doue cru pouvoir me dispenser de collationner le 
msc. F en entier: c'est là le seul manuscrit dont je ne possède 
pas toutes les variantes. . 

f>, àl'aris, Bibliothèque Nat. fonds frang. 1.580 (ancien 
7607/5 et auparavant 967). Au recto du premier feuillet de 
ce maauBcrit on lit ces deux noms écrits par une main an- 
cienne: Boderbolb Reyms. Au fol. 147 quelques mauvais vers 
latins ont été ajoutés postérieurement au texte du roman. 

IfO manuscrit est sur vélin, de la seconde moitié du 
XIV* siècle. I) est grand in-4C (317: cm. de haut sur 23 de 



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largo). 11 contient actuellement 147 feuilletB à 4 colonnoe 
de 40 lignes cbacunc. Un feuillet manque au commencement j 
il doit avoir contenu les ?v. 1 — 120 de la branche I. Il y a 
des réclames à la fin de chaque quaternion. L'écriture dee 
feuilleta 46* à 57' paraît âtre d'une autre main que le reste. 
Dca miniatures assez grossières et des initiales coloriées 
af^randies se trouvent aux fol. 20* (bianche IIj; 34° (br. 
IX); 48" ,br. II 843); 55* (br. VI); 64' (br. IV); 75' (br. 
XII); 85' (br. VII); 93* (br. Xlll); 99' (br. XIV); 114' 
(br. X); l25*(br,Xl). A \^S.n Au roma.n oa lit: Explicit de R. 

û, à Taris, Bibliothèque de l'Areesal, n° 3334 (suc. Belles- 
lettres franc. 195 B). 

Ce manuscrit est sur vélin et de la fin du XUI* siècle. 
Il est in- 4'* (27 cm. de haut sur 20 de large). Il contient 
170 feuillets à 4 colonues, chacune de 41 vers. Le acribe 
a indiqué la fin des quatemions en ajoutant régulièrement 
des n'clames au bas dv la 16° page. Entre le fol. I()9 et le 
fui. nu il manque G feuillets, qui cuntenaient une partie de 
la branche XVII. 

Ce manuscrit n'a ni miDÎatures ni rubriques. Des majua- 
cules initiait;» coloriées agiaudies eo trouvent aux. fol. 1* 
(branche I): 20' (br. Vi); 30^ (VII); 35" (VIU); 38' (IV); 
50- (XIII); Ô9- (II); 67* (XV 347); 68* (U 843); 7lHm)i 
74* (XXVj; 76" (IV"); 78' (IX); 92" (Xll); 105" (XIV); 
124" (X); 135' (XI); 156' (XVI); 165' (XVU). 

A la lîu du manuscrit, au fol. 170^, on lit en caractères 
noirs agrandis: ExpUcH li roumana de B. (cette note est com- 
plètement traversée par une barre rouge); et au fol. 35', à 
la fin de la branche VII: £ieplicit la seconde t>ie De B. ou 
a tant boidie ; enfin, après la br. X : Ici faut la fustque S. (l'écri- 
ture de ces ii»u\. vers est la même que celle des autres vers). 

I, à l'aris. Bibliothèque Nationale, fonds français 
12.784, anc. suppl. fran^. 98'*. Ce manuscrit se trouvait 

* Cette bniiiche (IV) te trouve donc deux foi» datie le msc. H; 
Bail l's nttnt pIulAI deux versions différenleB, dont la dcuxii'me s'éoarte 
complitPDirnl de celle de tons les autres manuscrilii : vojei }« Supplé- 
mtmt de CbAbaille p. 13. 



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autrefois dans la bibliothèque de Sedan, puis dans celle du 
duc de la Yallière où il portait le saméro 2718. Du temps 
de Gange il appartenait à Mgr. De la Tour d'Auvergne, 
Rrchevêque de Vienne, 

Il est sur vélin, du XIV' ou du XV* siècle, in-4'' 
(28 cm, de haut sur 20 de large). Il contiont 157 feuillets 
à 4 colonnes, chacune de 32 lignes, excepté celles où se 
trouvent des miniatures. Ces miniatures, fort grossières 
d'ailleurs, sont très nombreuses, environ 400 ou 500, et 
chacune d'elles remplit l'espace 3e 4 lignes; rarement elles 
se trouvent ajoutées en marge. Les feuillets du dernier 
quaternioD se suivent actuellement dans l'ordre suivant : 152. 
163. 154. 155. 151. 156. 150. 157. Avant le fol. 150 il en 
manque plusieurs, qui contenaient la fin de la branche XI et 
le commencement de la XVI*". 

Il n'y a pas de rubriques. A la lin du manuscrit, op 
lit en caractères noirs agrandis Chî faut U romans de renarl 
Bien li chiet eut sa fraude niirt, Dt^s initiales majuscules 
agrandies, qui cependant se distinguent quelquefois à peine 
des majuscules coloriées des simples nlinéas, se trouvent aux 
fol. 1- (branche II; 28" (br. VU); 34" (VIII); 38" (IV); 
51" (XII); 59- (II); 77' (IX); 92* (XIII); 108* (XIV); 126* 
(X); 135' (XI). 

Le texte de ce manuscrit s'écarte beaucoup de toiu 
les autres: les altérations proviennent surtout d'une ten- 
dance à raccourcit' les branches. Ij'ortliographe du scribe 
est approchée du latin: p. ex. admener, psaltier, signifiance. 

K. à Paris, à la bibliothèque do S. A. R. le duc 
d'Âumale. Oe manuscrit est sur vélin, du XIII* ou du XIV* 
siècle, iu-folio. Il a 260 feuillets. Les pièces en prose y 
sont écrites sur 4 colonnes, les pièces en vers sur 6; chaque 
colonne a généralement 52 lignes. Le verso du fol. 260 est 
très usé. Anciennement ce feuillet était suivi par le fol. 
252, qui finit au v. 1 49 de la branche IV. Pas de rubriques. 
Il n'y a que le titre du roman entier DE RENART". Des 
initiales majuscules agrandies se trouvent aux fol. 244* 
(branche II); 252' (br. IV); 254* (VI); 259' (VU). A la 
fin de la blanche VI (fol. 259') os lit: ExpiicU H branche 



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de la bataille de B. et de .y., et après la VU' (fol. 252'') 
Erplicit li confessions R. 

L, k Paris, k la Bibliothèque de l'Arsenal, d" 3355 
(anc. Belles-Lettres franc. 195 C). Au premier et au dernier 
feuillet une main du XVI* siècle a inscrit les comptes des 
recettes d'une douane royale à Uontfaucon: mais j'ignore 
lequel des Dorabreux lieu?c de ce nom est mentionné ici. 

Le manuscrit est sur vélin, du X.IV° siècle. L'écriture 
est peu soignée. 11 est in'4'' (2:i cm. de haut sur 21 de 
large). Il contient I2'2 feuillets (non pas 123, comme la 
pagination actuelle pourrait le faire croire; car le numéro 
82 manque). Chaque feuillet a 4 colonnes de 37 à 43 lignes. 
En fait de miniatures, il n'y a que de mauvais dessins au 
fol. 1% représentant Renart, Tibert, etc. 

Des initiales majuscules agrandies se trouvent aux: 
fol. 19' (branche VI); 28' (br. XII); 37° (VIII); 40" (I); 
5»^(XVIII); 6{r(XIX); 60' (XX); ei^SXI); 62VXXVI); 
63' (XXII); 6Ï^ (XVI); 7«* (VII); 80" (IV); 83- (X); 
94'' (IX); 103- (III 377); 104' (III); 106' (XI). Il y a 
des titres, mais à l'encre noire, au fol. 19* (branche VI): 
Si vient conment B. dut Jurer le sairement a la volante 
Roienel le mastin, et au fol. 28° (XII): .S» conme R. Ma en 
proie. Des notes finales, également à l'encre noire, se trou- 
vent aux fol. 59*, à la fin de la branche I: Explicit de R. 
eon il fa teins en iaune; fol. 60' à la fin de la branche 
XVIII: ExplicU de R. et de prestre mort»»; 60° (XIX) Ex- 
plicit dysangrin et de la itimant; 62' (XXI) Explicit; 63' 
(XXV) Explicit de landoille qui fui iuye es marreles; 76' 
(XVI) Explicit dou coc qui barOa B.; 80' (VIII) Explicit 
la confession de B.; 94'' (X) Explicit de R. qui deuint mire; 
103* (iXl ErptieU de R. et de lietart ; 104* (II) Explicit de 
B. qui Jia peachier .y.; 106* (II, 376) Ex . . . pli . . . cit; 
123* (XI) ExpUât de B. si conme il fu emperieres. 

M, à Turin, à la Bibliotbèque particulière de 9. U. le 
Roi dllalie, coté cod. mise. 151. Au verso du dernier 
feuillet on lit: A . . . noble ; haute dante de giesteUe (écri- 
tore du XVI* siècle; cette note semble prouver que le manu- 



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scrit se trouvait alors ea B«lgiquo). C'est à H. EUtnoad 
Steiigel que je dois la première oonnaiasanoe du msc. M. 

Le maDuaciit est sur vélin, du XIY* siècle. Il est in- 
4° (28 cm. de haut sur 20 de lai^e). Il contient 191 feuil- 
lets à 4 colonnes, chacune de 36 lignes. Uais il manque 
un feuillet avant le fal. 1, un autre avant le f. 45, deux avant 
le f. dO, un avant le f. 191: la somme lottile des feuillets 
étwt donc de 196. Des réclames au trouvent au bas dee fol. 
23", 39% 54", 100% 116", 132", 164", 180', 188'j a» bas du 
f. 149' on lit encore le chiffre VI. 

Ce msc. contient un grand nombre de rubriques. 

Au fol. 2' ta la fin de la branche XXV) on lit; CUt 
faiUent les enfances R. et conmanee ai corne il compiasa les 
lotfuiaus : 

au fol. 5' (après ta br. II): Ici fentst corn R. compiasa 
les louiaus et fist y. cotis et comtaance si com R. menga le 
poisson où charretiers; 

au fol. e' (après le ve;8 164 de ia br. III): hi faut 
si cotnme R, conckia les charretiers et commence de .y. ywe &. 
fist moitié i 

au fol. 7" (apiès III 376): CV commanre si roiinne R. 
fist lieesckier a ysengrin les anguilles ou utuier: 

au fol. 8" (après la br. III): Ci commance de S. ai corne 
il prist ckantecler le cor ; 

au fol. 11" (après II 664): hi fenist si comme R. priât 
cha>Ue(Ur et rommance de R. et de tybert le chat; 

RU fol. 13" (.après XV 96): Ci communce si comme 
tybert et renart troueretit landoilU en .1. sentier; 

au fol. 15" (après la br. XV): Ici fenist de landoille 
que tybert metùa aam R. et commance si comme R. coupa a 
tybert la queue; 

au fol. 18* (après XIU 202); Ci faut de R. et de ty. 
et commance si contne R. Jist primaut prestre; 

au fol. 23* (après XIII 504): Ici faut de R. si conme 
il fiât primaut estre prestrea et conmanee si conme il uendirent 
les lUistemenz et changèrent por .1. oison; 

au fol. 26' (XIU. avant le v. 54U, au v. 4ili> de 
l'édition de Méonj: Ci faut de R. et de primaut et c 
ai comme primaut f H batuz pour les harens fres; 



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au fol. 27' (après XIII 672): Ci comance de B. et de 
P si corne E- mena primant aus bacotis par son engivg; 

au fol. 29* (après XIII 1024): Ci commance si comme 
R. pritt P ou piège par son grant larat qui ia ne faudra ; 

au fol. 3l>' (après la br. XIII): Ci conmance dysengrin 
»i comme il sala plaindre de R. en la court le roi noble; 

au fol. 40* (après Va 290): Ci fenist si conme R. dut 
fere le sairement a i}. et loumance si comme li rois noble 
enuoia querre R. et corne R. conchia ses messagiera ; 

au fol. 44" (après I 574): Ci fenist si comme bruns lors 
ala a message a R. et comatice si comme R. prist b. lors au 
rhasne fendu par le groing; 

au fol. 46'' («près I 994); Ci fenist si conme R. prist 
M. lors ou chesne fendu et commance si conme R. se confessa 
« grinbert le taisson; 

au fol. 50° (après I 1620): Ci commance si comme R. 
lia le roi et ses barons par les queues et rafaita la roine par 
fOH barat; 

au fol. 54' (après la 2204): Ci comance la Irancke si 
conme R. fu teinturier; 

au fol. 57° (après Ib 2624) : Ici faut si connue y. fu 
fseoillies par galopin le iugleor et comtmce de R. cofnme il 
fu iugleor atts noces sa famé; 

au fol. ÔO* (après Ib ;iOÎ)4): Ci commance lu despu- 
ttrison de la famé Renari et de la famé ysengrin; 

au fol. 61* (après Ib): Ci commance si conme le roi 
noài* et Renart et ysmgrin partirent la proie ensemble; 

an fol. 72* (après la br. XVI): Ci comineiice le mariage 
que R. jist axi roi noble le Igon; 

an fol, 86* (après la br. XXIIIj: Si commance si comme 
R. Jisl son essart; 

au fol. 89" (après la br. XXII 330); Ci commance si 
comme R, par Jist le con par son engin; 

au fol, 91* (après XV 346); Ci commance de ty. le chat 
et des AI. prestres; 

au fol. 92* (après la br, XV): Ci cotnmance conmant 
i/sengrin parti la terre aus .II. moutons; 

su fol, 93' (après la br. XX): Ci commance de lonrs et 
du leu et dit uilain qui monstrerent leur rus; 

II 

DigiUnlbyGOOglC 



au fol. 94' (après la br. XXI): Ci fenist de lÔurs et 
du (eu et du vilain qui mostrerent lor eus et cotnmance du 
corbel et de Eenart; 

au fol. 95" (après II 1024j: Ci fenist du corbel et de R. 
et comance de la itimant et de ysetigrin le leu; 

au fol. 9C" (après la br. XIX) : Ci fenist de raisent la 
iumant et de ysenijrin et commance de prestre martin; 

au fol. 97° (aprèd la br, XVIII): Ci faut de prestre 
martin et commance de ta mésange; 

au fol, 98' (aprcB II 664) : Ci fenist le conte de la mé- 
sange et commance le songe R. si coiime ,y. le bâti; 

au fol, 102'' (après V 246): Ci faut de R. et de y. si 
cmime il bâti R. et meniu le bacon sam lui et commance si 
conme R. jist y. dévoiler ou puis; 

au fol. 106' (après la br, IV): Ci fenist si conme .R. 
Jist .y. aualer ou puis et commance si conme R. u(dt manger 
son confessor; 

au fol. 112= (après la br. VII): Si commance le peUe- 
rinage Eenart si came il uolt aler a rome; 

au fol, 116' (aprèd ia br, VIII): Ci fenist le peUeiinage 
R. si conme il ah » rome et commance la bataille de R. et 
de ysengrin; 

au fol, 128" (après la br. VI): Cy commance de lyetart 
le uilain et de R. et del ors qui uolt auoir le buef au uiUiin; 

au fol. 145" (apiès la br. IX): Ci fenist de R. et du 
uilain lietart et de lourz. Et commance si conme R. fu mires ; 

au fol. 158° (après la br, X): Ci faut si conme Eenart 
fn mires et commance si con R. fu emperieres par son engin ; 

au fol, I6i('' {après XI 761): Ci conmance si comme 
droins le moisuel donna les cerises a mangier a Renart par 
sa franchise; 

au fol, 182'* (après la br. XI); Ci comance ht fausse 
mort Renarl et sa procession. 

Au fol. 191" il y a un Explicit. 

\, à Rome, à la bibliothèque du Vatican, cod, Regin. 
1699, Le folio 1"' de ce msc. porte la note suivante: 
Acfiepte te 26 aou^ 1Ô94. 40 sol. C. Fauchel; à la fin du 
niBC, on lit : Cest a moi C. Faucliet. Après le traité de To- 



, Google 



lentino 1795 le mec. pasan pour quelques années à la Bibl. 
îîat. à Paris: c'est pendant ce temps que Le Grand d'Aussy 
s'en servit (Notices et extraits des msc. Y, p. 314). que Méon 
en tira la partie de la branche XVII, que ce msc. seul a 
conservée, et que J. Grimm en fit ses extraits: (Beinhart 
Fuchs p. CXIX). Depuis, une nouvelle description de ce 
msc. a été publiée par Adalbert Relier, Rotiioart (1844) p. 
438—447. 

Le msc. est in-4', su^ vélin, àa XIV° siècle. Il con- 
tient 181 feuillets à 4 colonnes, la plupart de 32 lignes. Au 
XVI" siècle, à ce qu'il paraît, on a numéroté les feuillets, 
mais d'une façon très fautive. Plusieurs feuillets ont été 
coupés si fort que de lettres entières ont disparues. Par 
une erreur du relieur, les fol. 105 à 111 précèdent actuelle- 
ment les fol. 112 a 123, auxquels il devraient faire suite. 
Ed outre, plusieurs feuillets qui contenaient probablement le 
reste de la branche IX depuis le v. 584, ont été égarés. 
Les colonnes 111°* et HS' sont laissées en blanc. 

Une miniature se trouve en fol. 1. On rencontre des 
majuscules initiales agrandies aux fol. 1' (au commencement 
de la branche I); 26' (br. II); 36° (II 843); 41" (XVI); 
.52* (XVII) ; 65' (XIV); 85' (II); 90' (IV); 94' (II 23 as.); 
100* (IX); ! 12* (XII); 123' (Va); 128" (X); 142' (XI); 
leS* (XIII); 178' (VIII). II n'y a qu'un seul titre rouge, 
celui de ia branche XIV, au fol. 65'. Ci parole conment .R. 
sé muca es piaus; mais la fin des branches est indiquée 
plusieurs fois à l'encre noire: ainsi après la br. II. on lit 
Ci feniat U chapitrez conment .R. déchut tieselin le corbel Et 
fonmeiU U croissu hersent Sa commère et compissa ses (ouuiaus. 
La br, XV s'arrête brusquement au v. 116, auquel le scribe 
a ajouté ces deux vers: Or nous en soufise atant Que plus 
nen dirai maitUenant. Au fol. 111" la branche V est ter- 
minée par ces mots: Explicit ceste branche; une main plus 
moderne y a ajouté le premier vers de la branche XII. 
Celle-ci, qui va jusqu'au fol. 123'', porte la note finale: 
Explicit lie la matière comment R. fu clers ttjhert le chat. 
A U fin de la branche XI (f. 169') on lit: Explicit ycestui 
rontt, La fin du roman entier, au f. 181*, est indiquée par 
ce» mots : Erplicit U rommant de Renart. 



,i.n.b,.GoogIc 



Plusieurs brandies se trouvent deux fois dans ce mec, 
d'abord avec le texte du msc. A, ensuite avec celui de C: 
c'est à cette seconde partie du mac. qu'appartiennent les 
branches suivantes (que je numérote d'après l'édition de 
Méon) I. IL ni. IV; V. YI. 1929—2240; puis la br. 
XIX de Méon. La manière inattendue dont la br. VI est 
interrompue, peut faire croire que le scribe s'est aperça su- 
bitement que le même récit se trouvait déjà dans son manu- 
acrit: probablement qu'il avait sous les yeux deux manuscrits 
qui appartenaient aux diPTérentes classes de A et de C. 

11 y a UD autre fait qui éclaircira peut-être encore 
mieux cette erreur: c'eat que différentes mains ont tra- 
Tiùllé au msc. .\. La première a écrit les fol. 1 & 40, 
128 à 181, la seconde lea fol. 41 à 104, 112 à 124'; c'eat 
à cette colonne qu'une troisième main a repris l'ouvrage on 
écrivant les fol. 124' à 127, 105 à lit. La seconde main 
se distingue des autres par une orthographe particulière. 

Pour la critique, il importe de ne paa confondre les deux 
textes différents du msc. i\. Je distingue celui qui ae rap- 
proche du msc. C par la minuscule n. Dans mon Examen 
critique j'avais proposé la notation \'; mais elle aurait été 
sujette à des erreurs typographiques. 

Les manuscrits que j'ai énumérés jusqu'ici ont con- 
servé une série plus ou moins longue des branches du roman. 
Il y en a encore d'autres qui ne contiennent qu'une ou deux 
branches ou qui ne nous sont parvenus que dans un état 
fragmentaire. Je lea distingue des manuscrits de la première 
série par des lettres minuscules. Je n'ai pas besoin d'ajouter 
que la valeur do ces fragments n'est nullement inférieure à 
celle des manuscrits plus complets; il y en a marne qui 
présentent un texte très pur. Voici le tableau des raanu- 
eorits incomplets. 

n, à la bibliothèque de Lord Ashburnbam, à Âsh- 
bumham Place, près de Battle (Sussex), où ce manuscrit 
porte le numéro 242. Il a été acheté avec la collection 
Barrois en 1849, Au fol. 1* on lit: Petrij Dupuy Ub. m. 
s. curât, jnscrip (le reste de l'inscription a été coupé par 



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le relieur). C'est M. P. Meyer qui m'a indiqué ce manu- 
scrit et qui par ea rocommandaHon bienveillante m'en a 
facilité la communication. 

Le manuscrit est sur vélin, du XIIP sièclo, petit in-â^ 
Les pages n'ont qu'une seule colonne, qui comprend ordinaire- 
ment 30 vers. Celui qui a numéroté les feuillets on a 
compté 52; mais il a sauté un feuillet après le 20°" et un 
autre après le 22"': le manuscrit a donc 54 feuillets. Il ne 
contient que la branche I. 

Le te;:te porte en tête une majuscule coloriée. Il n'y 
a pas de titre, mais siDiplement cette note finale: Explicit 
le romam de Benart. liO scribe de ce manuscrit s'est servi 
de peu d'abréviations et en particulier les noms propres y sont 
écrits ep toutes lettres. Même les noms de nombre n'y sont 
que rarement exprimés par des chiffres. 

Les manuscrits b. o, d ont ceci de commun qu'il con- 
tiennent tous la même branche- VIII, qui s'y trouve au milieu 
d'autre poèmes narratifs de peu d'étendue. 

b: ce msc. se trouve à Paris, à la Bibliothèque Natio- 
nale, fonds français 837 (anc. 7218). C'est le célèbre manu- 
scrit des fabliaux. Il est écrit sur vélin in-fol. (Sl'/s cm, 
de haut sur 21 cm. de large), à 4 colonnes de 50 lignes. 
L'écriture est du XIII* siècle. 

La branche YIII du roman de Benart y occupe les 
foi. 46* à 49*. A la fin de la branche on lit, écrit à l'encre 
noire: Explicii la confession Benart. 

o: ce manuscrit appartient encore à la Bibliothèque 
Nationale, fonds français 25545 (ancien fonds Notre Dame 
5(4*^). 11 est sur vélin, du XIV' siècle. Il contient 166 
feuillets petit in-4°: chaque feuillet a 4 colonnes de 36 lignes. 

La branche VIII du Renart y commence au bas du 
foL 21*, et finit au fol. 24*. Elle porte ce titre en rouge 
Oî conmence la confession Renart et son pèlerinage, et elle se 
termine par cette note, également en rouge: Explicit la con- 
fession de renart et la loiatUez de son pèlerinage. 

d: ce manuscrit se trouve à Home à la bibliotheca Ca- 
mnatmsisi il y est coté B, III 18. Il est sur vélin, du 
XIV' siècle. Il a 200 feuillets in-4° qui n'étaient pas en- 



core numérotés en 1873. lorsque je coUndonnai le manuscrit. 
Chaque feuillet a 4 colonnes de 38 lignes. Il contient le 
roman de la Rose et 37 poèmes moins étendns; parmi ces 
derniers, le second oat notre branche YIII, qui occupo 
13 colonnes du manuscrit. Elle porte ce titre: l coh- 
fiesse et le pelermage Renart. Voyez sur ce manuscrit: 
A. Tobler, Gedickte des Jehan lie Comlet, Stuttgart 1860, 
Lit. Vereirt LIV. 

Deux autres manuscrits (e et h) ne présentent mal- 
heureusement que des débris qui, en fournissHnt de très 
bonnes leçons, nous font voir combien la filiation des manu* 
sorits est loin d'être conservée dans son entier. 

6: ce fragment ne contient que deu?c feuillets d'un 
beau manuscrit du Xlll* siècle, détachés d'une reliure et 
conservés à la bibliothèque do 3. Orner. Je n'en ai vu 
qu'une copie que j'ai trouvée parmi les manuscrits de 
J. Orimm et qui appartient actuellement à la Bibliothèque 
Boyalc de Berlin. Les 100 lignes qu'il donne font partie 
de la branche X et commencent par le v. 1337. Il y a 
des lacunes qui cependant permettent le calculer que le 
texte était écrit sur des feuillets in-4", à 4 colonnes, chacune 
de 30 lignes. 

h: ce fragment ressemble en beaucoup de points au 
fragment e. C'est ce fragment que M. G. Paris a publié 
dans la Romania III 373. II se trouve à la Bibliothèque Royale 
de Bruxelles où il a été détaché d'une rehure. Il forme 
la moitié supérieure, recto et verso, d'un feuillet à quatre 
colonnes; la marge gauche a été entamée par tes ciseaux. 
Le manuscrit dont nous ne possédons que ce faible débris 
était du XIII" siècle. Il portait 30 lignes sur chaque 
colonne. Les 72 vers qui nous ont été conservé correspon- 
dent aux vers 857 à 965 de notre branche XI. 

Les manuscrits a, b, c, d, e, h présentent à peu près 
le même texte que les manuscrits plus complets et leurs 
variantes serviront à restituer la forme primitive des branches 
qu'ils contiennent. On ne saurait dire la même chose des 
antres fragments qui nous restent. 



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f, à l'aris, à la Bîbl. Nnt. fonda franc. 1588 (anc. 
7609-), sur vélÎD. grand iD-4'' (29 cm. do liaut sur 21 de 
large), du XIII* siècle, sauf le fragment de la branche XIH 
du Renart, qui présente l'écriture du commencement du XV* 
âiècle. Ce manuscrit contient les poëmea de Philippe do 
Rémi: la Riote du Monde, la Manékine, Blonde d'Oxford et 
plusieurs salua. Voyez Le Boman de la Manékine par 
Philippe de Reimes p. p. P. Michel, Parie 1840 (Bannatyne 
Cluh) p. XVII. Sur le verso laissé en blanc du fol. 96 se trouve, 
ajouté par une main postérieure d'au moins 150 ans à celle 
qui a écrit le reste du manuscrit, le commencement (24 lignes) 
lie In branche XIII, présentant une texte très altéré, écrit 
avec peu de soin et passablement effacé. Je possède une 
première copie de ces vers faite par mon ami J. Brakel- 
mann, mort en 1870, et une autie que M. Suchier a bien 
voulu me communiquer. 

g, i: CCS deux manuscrits présentent un texte italianisé 
qui donne une version remaniée de notre branche I et d'une 
autre branche qui, eu français, ne se trouve qu'eu prose, 
ilanii l'ouvrage du XIV* siècle intitulé Senart le contrefait: 
voyez M. A. Rothe, Les romans du Renard examinés atia- 
lysis et comparés (Paris 1845) p. 475 et Barisch, Chresto- 
mathie de l'ancien français, col. 321. Dans mon recueil ce 
texte formera une branche additionelle^ la branche XXVII. 

Deji deux manuscrits qui nous fournissent ce texte, 
g se trouve à Oxford, à la Bibliothèque Bodléienne, coté 
Canon. Ital. XLVIII. 11 est écrit sur papier au XIV° ou 
même au XV* siècle. C'est un petit in-4° (22 cm. de haut 
sur 15 de large). Lea pages n'ont qu'une seule colonne. 
Des 24 feuillets qui sont couverts d'écriture, les fol. 6 à 19 
appartiennent à la branche XXVII. Il n'y a ni titre ni 
note Hnale <yn se rapporte au texte. Sur la marge on a 
ajouté des dessins dont le sujet n'a rien à faire avec le 
roman de Renart. Au fol. 20'° il y a un aigle avec ce vers 
Ferrariam cordi leneas béate Georgi. Le texte du msc. g a 
été publié avec un bon nombre de corrections et, d'éclair- 
cissements par E. ïeza. Pisa 1860, soua te titre Sainardo e 
Lttmgrino. 



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l'a msG. 1, qui contient: le même poëme, mais d'après 
une l'édaction plus étendue, a été publié par R. Putelli dans 
le Giomale di Jilologiti Bomama. Il se trouve à la -Biblio- 
thèque archiépiscopale d'XJdine, à laquelle tl a été donné 
par le bibliothécaire Petro Brudo on 1783. Il y porte le 
numéro XIII des in-4^. Il est sur vélin et contient 64 
feuillets, qui ont IK cm. de haut eur 14 cm. de large. L'écri- 
ture est de la seconde moitié du XIY* siècle. lia branche 
XXYII, qui occupe la fin du manuscrit, va du fol. .'il)'' au fol. 
64''. Le scribe a ajouté quelques vers latinn, dont le premier 
se trouve également dans le msc. g. le second dans le msc. a. 



Voilà donc les sources auxquelles j'ai puisé mn con- 
naissance du roman de Reoart. Comme je l'ai déjà remarqué 
dans mon Examen critique p. 7, cette liste n'est pas encore 
complète, puisqu'il y a dans l'édition de Méon des passages 
qui ne se retrouvent dans aucun des manuscrits que j'ai énu- 
mérés et que Méon a tirés d'un manuscrit que je n'ai pu ri,>trouver. 

Quant à la manière do me servir de mes notes, j'at élargi 
le plan proposé à In tin de mon Eramen critique. 

Je doBBerai les variantes de tous les manuscrits, excepté 
celles des trois manuscrits Ifii. Comme V n'est qu'une copie 
fautive du msc. E , ce mnnuscrit n'a aucune valeur propre 
pour la recherche du texte oiiginal. Le msc. (> se rapproche 
encore beaucoup du msc. £: il appartient donc à une famille 
déjà suffisament représentée par les quatre mss. AltK.V. Enfin 
le msc. I no contient qu'un texte remanié dans beaucoup de 
parties avec une très grande liberté : c'est plutôt un poëme nou- 
veau qu'on pourrait bien, si toutefois cela en valait la peine, 
publier en entier au lieu de le confondre avec le reste des 
variantes. 

Il n'y a qu'une seule branche, la huitième, le Pèlerinage 
Renart, pour laquelle je donnerai les variantes de tous les 
manuscrits, même des msc. ïlil, comme je l'ai déjà fait dans 
les Bonmnische Studien. On pourra se faire ainsi une idée 
de l'utilité qu'il y aurait à donner intégralement toutes les 
variantes des msc. FUI. Je doute qu'on en tirerait une seule 
restitution du texte original. 



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Quant aux autres manuscrits, on me permettra encore 
de me borner aux variantes offrant un certain intérêt et de 
laiaeer de côté toutes les divergences purement ortho- 
grapliiques. 

Mon texte est fondé pour chaque branche sur celui des 
niaDUScrits qui parait se rapprocher le phts de l'original. 
Ainsi pour la plupart des branches (I à XIV). c'est le mso. 
A que je reproduis en comblant ses lacunes par le msc. 1); 
pour les brandies SV à XVil je me sers du rase. N; pour 
les branches XTIII — XXIl et pour la branche XXIV, 
du msc. B. Pour chacune des branches XXIII, XXV, 
XXVII, je suivrai le manuscrit qui l'a conservé seul: c'est 
à dire le msc. M pour la branche XXIII, le msc. fl pour 
la br. XXV. le msc. L pour la branche XXVI. Enfin dans 
la branche XXVII, je mettrai en regard les deux textes, 
qui uous en restent. 

Le premier volume de mon édition contient les onze 
branches qui ne manqueut dans aucun des trois manuscrits 
A, B, G et qui paraissent former une ancienne collection. 
Comme M. A. lîauer a bien voulu revoir les épreuves im* 
primées sur le msc. A, je suis bien sûr que mon texte, y compris 
les variantes données au bas des pages, nst rigoureusement 
exact. Jje second volume comprendra les branches isolées 
qui n'ont été conservées que dans les manuscrits d'une ou de 
deux familles. Le troisième contiendra les variantes. 

Dans ebaque branche je corrigerai les fautes évidentes 
du manuscrit principal , mais je me garderai de mâler les 
le^DB des différentes familles là oii le texte du manuscrit 
principal offre un sens satisfaisant et une veretiieation assez 
bonne. Quelques vers qui ne se trouvent pas dans les autres 
rédactions et qui portent le cachet de l'interpolation ont été 
mia entre crochets [ — ]. 

Quant à l'orthographe dit msc. A, je me suis permis de 
la r^ulariser quelque peu. Mais je sais bien que c'est là 
nne chose très délicate et je crains que le système que j'ai 
suivi et qui laisse tant à corriger aux lecteurs eux-mêmes, 
ne soulève bien des objections. 

Aussi je ne me fais point d'illusion sur la différence 
qui existe entre le texte restitué d'après une seule famille 



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des manuscrits et celui qui peut résulter de la comparaisoD 
des différentes familles. Ces familles que j'ai distinguées dans 
mon Examen critique, diffèrent l'une de l'autre non seulement 
par le nombre et l'ordre des branches qu'elles contiennent, 
mais aussi, dans les différentes branches- par le nombre des 
vers et par les leçons qu'elles offrent. Chaque famille a ses 
fautes particulières, chacune paraît aussi avoir conservé des 
restes du texte primitif qui ne se trouvent pas dans los manu- 
scrits des autres familles. Il faudrait donc, pour restituer le 
texte primitif, se servir tantôt de l'une et tantôt de l'autre 
famille, et en tirer toutes les variantes qui concordent le mieux 
avec le style et le dialecte de l'original sjpposé. C'est ce 
que M. G. Psrio a très bien expliqué dans la Remania, et 
ce serait bien là le but d'une édition critique qui mériterait 
véritablement ce nom. 

Mais ce qui me parait non moins certain, c'est qu*un 
travail de ce genre rencontrera bien des difficultés. La re- 
cherche do l'original ae complique par ce fait que les 
différentes branches n'ont pas une origine commune, qu'elles 
ont été composées par dei poètes différents, à des époques et dans 
des provinces différentes; et qu'en outre plusieurs branches 
ne nous sont parvenues qu'après avoir subi des remaniements 
et des altérations profondes. C'est pour cela que je crois 
qu'on ne parviendra jamais à restituer sûrement le texte pri- 
mitif et que tout en cherchant à le faite, il faudra se con- 
tenter en beaucoup d'endroits d'un choix arbitraire et d'un 
résultat douteux. 

On me croira facilement, ai je dis que mol aussi j'ai essayé 
de pousser ces recherches qui offrent certainement un grand 
intérêt. Ce que je pourrai faire pour arriver à la solution de 
wa problèmes de haute critique, je l'exposerai dans une bro- 
chure qui paraîtra en même temps que le troisième volume 
de l'édition. Mais ici j'ai cru devoir me restreindre à donner 
un texte tiré des meilleurs sources et à fournir, par les vari- 
antes des autres manuscrits, les moyens de restituer le texte 
primitif. Que d'autres, plus instruits, plus hardis et disposant 
de plus de loisir, accomplissent cette tâche aussi attrayante 
que difficile! 

Peut-être jugera-t- on comme moi que le roman de Renart 



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— XXYII 

ne mérite pas en entier le travail énorme qu'exige nne édi- 
tion critique. Il y a, et personne ue le contestera, de 
grandes parties du roman qu'il auftîra de lire dans une re- 
production fidèle des manuscrits. Les longueurs insipides, lee 
obscénitéa qu'on y trouve et qui répugnent à tout lecteur, 
ne me paraissent pas absolument dignes d'être passées au crible 
de la critique. L'édition critique qu'on doit désirer, ne compren- 
drait qu'un choix de branches, réunissant tons les contes spiri- 
tuels et naïfs à la fois, qu'on a loués si souvent ot avec tant 
de raison. 

Aussi suis-je heureux de pouvoir annoncer au public 
une édition partielle du roman du Benart qui répondra en 
même temps aux exigences de la philologie et aux besoins 
des simples lecteurs. On la devra à mon ancien collègue, 
H. J. Cornu, professeur à l'université de Prague, qui espère 
la publier dès que mon édition sera complète, c'est à dire 
avant la fin de l'année prochaine. 

Strasbourg, Octobre 1881. 

Ernest Martin. 



,,.Gcx:)gIc 



,, Google 



(Méoa 9S40— 96T2) 

Pekeot, qui son engin et a'art A f. 1 

Miat en vers fere de Reoart 

Et d'Iaengrin son cher conpere, 

Lessa le meus de sa matere: 
6 Car il entroblia le plet 

Et le jugement qiiî fu fet 

En la cort Noble le lion 

De la grant fornicacion 

Que Renart fist, qui toz niaus cove, 
lO Envers dame Hersent la love. 

Ce dit l'eatoire el prem^ vers 

Que ja eetoit passe ivers 

Et que la rose espanisaoit 

Et l'aube espine floriasoit 
15 Et ptea eatoit l'aaenciona, 

Que ûre Noble li lions 

Totea lea beetea fist venir 

En son pales por cort tenir. 

Onques n'i ot béate tant ose 
30 Qui remaosist por ouïe chose 

Qui ne venist hastivement : 

Fors dan Renart tant solement, 

Le mal lera, le aoulduiant, 

Que li antre vont encusant 



5 crilroblie 



...Google 



2 I (Môon fl6TM-9710) 

25 Et enpirant devant le roi 
Et son orgueil et son deeroî. 
Kt Ysengrin qui pas ne l'eîme, 
Devant toz les autres se cleime 
Et dit au roi 'baux gentix aire, 

30 Car me fai droit de l'avoutire 
Que Renart fiât a m'espossee 
Dame Hersent, quant l'ot serrée 
A Malpertuia en son repère, 
Quant il a force li volt faire, 

35 Et conpiBsa toz mes lovaux: 

C'est U dois qui plus m'cat noveax. 
Renart prist jor de l'escondire 
Qu'il n'avoit fet tel avoultire. 
Quant li seint furent aporte, 

40 Ne sai qui li out enorte, 
Si se retrest molt tost arere 
Et se remist en sa tesD^^. 
De ce ai ou grant coroz'. 
Li rois li a dit oiant toz 

45 'Ysengrin, leissiez ce ester. 
Vos n'i poes rien oonquest^r, 
Ainz ramentevez vostre honte. 
Musart sont li roi et li conte. 
Et cil qui tienent les granz corz 

50 Devieuent cop, huî est li jorz. 
Onques de si petit domage 
Ne fu tel duel ne si grant tage. 
Tele est celé ovre a escient 
Que li parlera n'i vaut noient.' . 

56 Dist Brun li ors, 'bianx gentix sire, 
Ja porriez asez meuz dire. 
Est Ysengrin ne mort ne pris, 
Se Renart a vers lui mespris, 
Que bien n'en puiat avoir venchance. 

60 Ysengrin est de tel puiasance, 

27 que 32 Berce 44 si 48 M. -^ IJ 49 grwt 
de hontafc» .'i2 ni^ M ilnmiif;*' 5& Dit 



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I (Méon 9711— 9748J 

Se Renart près de lui manoit. 
Et por la pea De rem&noit 
Qui uovelement est jurée, 
Que ja oÛBt: vers Ini durée. 

65 Slea voa eatea prince de terre: 
Si metes pes en ceste guerre! 
Metea pea «itre vos barons: 
Qui vos barrez, nos te barrons, 
Et nieintendroD de vostre part. 

70 S'Iaengrina ae pleint de Renart, 
Fêtes le jugement aeoir: 
G'eat li meuz que g'en pub veoir. 
Se l'un doit a l'autre, si rende, 
Et del meafet vos pait l'amende. 

75 Maudea Renart a Malpertuis: 
Gel' amenrai, ae je le truis 
Et Toa m'i voles envoier. 
Si l'aprendrai a cortoier.' 
Sire Brun' dit Bruiaoz li tora, 

80 Mal dabeit ait sans vostre cors 
, Qui ja conseillera te roi 
Qu'il prende amende del dearoi, 
De la bonté et del avoutere 
Qae Renart fîst a sa conmere. 

8û Renart a fait tante moleste. 
Et Gonchiee taote beste, 
Que ja nus ne li doit aidier. 
Conment doit Yseogrin plaider 
De chose qui si est aperte 

flO Et conneûo et deecoverteP 

De moi aa ge, que que nua die, 
Se cil qui tôt le mont eoncbie, 
Kdst ma famé en sa baillie, 
Contre aon gre l'oiist sesie: 

05 Ja Malpertuia nel garandist, 
I«e forteresce qu'il feïst, 

fis remanniil M dorée 70 8c i. 71 oi 

n Bi. 70 la pren . . ie a 89 que 94 çntre d 



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r M^on 9749-9784) 

Que je ne l'eûeae escuillie 

Et puis en un conping ^tie. 

Hersent, dont vos vint en corajeP 
100 Certes ce fa molt grant danvtje, 

Quant Rcnart qui est fox garçons 

Vos monta onquee ee arçons". 

Sire Bruiant' dist H tessons, / 

'Cist maux, ee nos ne l'abesson, 
105 Porra encore trop monter. 

Car tex porra le mal conter 

Et bien espandre et essaucier 

Qui nel porra pas abeasier. 

Et puis qu'il n'i ot force fête, 
un Ne huia brleie ne trêve enfrete, 

Se Renart li fist par amors, 

N'i afiert ire ne clamors. 

Pieca que if l'avoit amee. 

Ja celé ne s'en fast clamée, 
116 S'en li en fust: mea par mon chef 

Ysengrin l'a trop pris en gref. 

Voiant le roi et son barnaje, 

Gart Yaengrin a son damajel 

Se li vasseax eat enpiries 
120 Et par Kenart mal atiriez 

Le vaillant d'une noia de coudre, 

Près suL que je li face sondre, 

Des que Renart aéra venus 

Et li jugement ert' tenus. 
126 Ues c'est li meus que go i sent, 

Li blame aoit dame Hersent. 

Ahi, quel onor et quel plet 

Voe a hui vostre mari fet 

 tantes bestes regarder! 
180 Certea len voe devroit larder, 

S'il voe apele bêle auer, 

Se James li portes bon cuer. 

ditmaoe 104 CU 112 Ci» 114 ohamort 114 Ja .h. i 
119 CR 124 Et mangtir i. nera t. 



■ Google 



I (Héon 9TS5— 9818) 

n ne vos orient ne ne resogne'. 
Hersent rogist, si ot vergoine, 

135 Que tôt le poil li vet tirant. 
Si respondi en aozpirant 
'Sire Grinbert, je n'en puis mes. 
Ge anmase molt meus la pes 
Entre mon segnor et Renart. 

140 Voir il n'ot onques en moi part 
En tel manière n'en tel guise, 
Si que j'en feroie un joise, 
De caude eve ou de fer oaut. 
Mes mon eeoondire que vaut, 

145 Laeae, caitive, malostrue, 

Quant je ja n'en serai creûe? 
Far trestoz les sainz qu'on aore 
TSe se damledex me seoore, 
C'onqaes Renart de moi ne fist 

150 Que de sa mère ne felst. 

For dan Renart nel di je mie 
Ne por amender ea partie: 
G'autretant m'est qu'en de lui face, 
Ne qui que l'eint ne qui le hace, 

1B6 Con vos est d'un oardon asnin. 
Mes je le di por Ysengrin, 
Qui de moi. par est si jalox 
Que toz jors s'en quide estre cox. 
Foi que je doi Pincart mon fil, 

160 Oan le premer jor d'avril 
Que paaqnea fu, si con or sist, 
Ot dix anz qu'Iseogrin me prist. 
Lee noces furent molt pleneres: 
Que les foesee et les lovieres 

Ite Furent de bestes totes pleines, 
Voire certes si qu'a grant peines 



___ n oiiw molt manque 140 141 manquent 

143 csnd DQ manque de, "oaut,' fer Ue oreu 147 wtin 

I&8 C«atr«i*eiit 157 que 162 que j. 166 grant qa 



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I (Méon 8819—9858) 

Pe(is«ieB tant de vuit trover 
Ou une oe poûst cover. 
La devin ^e loiale espose, 

170 Ke m'en tenes pas a mentose 
N'a Bongnant ne a bestB foie. 
Or revendrai a ma parole. 
Qui m'en Toult croire, si m'en croie, 
Et si voit bien que chascuD l'oie: 

176 One, foi que doi sainte Marie, 
Ne fis de mon cors puterie 
Ne mesfet ne maveie afere 
Q'une noue ne poîst fere'. 

Quant Heraent ot sa raison dite 

180 Et oie sa fu eacondite, 
Bernara li annea qui l'oï, 
Trestot son cuer s'en esjoï. 
Qar OF quide tôt a estros 
Que Isengrin ne soit pas cos. 

185 'Ahi' fet il, gentil bamesse, 
Qar fuat or ai loial m'annease, 
Et chen et lou et autres béates, 
Et totes femoB cod tob esteBl 
Qar si me face dex pardon, 

190 Si me doinst il trover cardon 
Qui soit tendres en ma pasture, 
Que vos n'ouates onques cure ^ 
De Renart ne de son déduit, 
Ne de s'amor, si con je quit. 

195 Mies li aeclea est si maveia, 
Si meBdiaane et si pugnes, 
Qu'il teamoinne ce qu'il ne voit 
lEt blâme ce que loer doit. 
Âhî, Kenart li foraenes, 

200 Con de mal hore tu fua nés 
Et engendres et conceûa. 
Quant tu jà ne aéras crellB! 



168 toper 

is" — zm m 



175 q. ge doi s. 181 qw] ai 186 o 



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1 (Méoo 9X59— Ug2»j 

Or ert la noTole espanduc 
Que aviez Hereeut croissue. 

200 Ele en veU ci fere un joïse: 
Onques par lui ne fu requise. 
He, genHx sire deboneire, 
Qar metez pes en cest afere, 
Et s'aiez de Renart merci! 

210 Lassiez le moi vostre merci 
Ca aconduire a sauvete 
De qanqo'Iseogrin l'a rete: 
Itele amende li fera 
Con Toatre cort esgardera. 

315 Et se il a fait par despit 
Le bsrdement et le respit 
Qu'il a pris de venir a cort. 
Amendera einz qu'il s'en tort.' 
"Sire' ce respont li conciles, 

220 'Onques ne vos ait saint Gtles, 
(Se vos plest et vos conmandez) 
Se ja Kenart i eat mandez 
Hni ne demein: se il n'i vient, 
Après demein, e s' il s'en tient, 

82& Fêtes li a force amener, 
Et puis tel livroison douer 
Dont il en après se recort.' 
Ce dit Kables 'vos aves tort 

■■ Qui Renart volez forsjuger. 

230 Tel 08 poes vos bien ronger : 
S'aucun de vos me mené orguil, 
Ce metme vos peut a l'ueîl. 
Renart ne he ge mie tant 
Por rien qu'en li voist sus metant, 

333 Que je le voille encor honir, 
S'il ae voult a moi abouir. 
Ysengrin, pemez cest juïse 
Que vostre feme vos devine, 



305 on matijut 212 1& arête 213 amendl 216 deipit 223 ûl 224 
il se t. 225 mener 231 nos meneine o. 2S2 peut] plest 237 oeete 



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I (Méon 99^—996*) 

Se VOS IftissieB ne le volez. 

240 Qcl prendroie'. 'Sire, tolez! 
Se Hersent porte le joïee, 
Et ele soit arse et espriee, 
Tex le saura qui or nel set. 
Liez en sera qui or me het. 

245 Lors diront il tôt a eetrox, 
"Yez la le coz et le jalox!" 
Meuz me vaut il, setonc le plet 
Soufrir la honte qu'il me fet 
Tant que je me puisse venger. 

250 Mcz einz que doive vendenger 
Quit ge Renart movoir tel gerre: 
Ne le garra ne clef ne serre 
Ne muF ne fosse desfensablo'. 
'Or dont' dit Nobles, 'au deable! 

255 Por le cuer be, sire Ysengrin, 
Prendra ja vostre gerre finP 
Quidiez i vos rien gaagnier, 
Renart mater ne meegnier? 
Foi que je doi saint Lienart, 

•iHO Qe connoia tant les arz Renart: 
Plus tost vos puet il fere ennui, 
Honte et damaje que vos lui. 
D'autre part est la pea jurée 
Dont la terre est aaeûree: 

âft5 Qui l'enfrendra, s'il est tenuz, 
Molt mal li sera avenuz'. 

Quant Ysengrin oï le roi 
Qui de la pes prenoit conroi, 
Slolt fu dolanz, ne set que fere, 

2T0 Ne n'en set mes a quel chef trere. 
A la terre entre deus eschamea 
S'asiet la coue entre les janbee. 
Or est R«nart bien avenu. 
Si dex li oûst porveû: 



848 neê aet 246 que el 281 pot 271 Joiqa la t 

landes 2TS tttoll 



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I (M4on »96â~10000) 9 

275 Q'en tel point avoit pris li rois 

L'acorde tnaugre as yroifs 

Que ja preîat la gerro fin 

Entre Renart et Ysengrin, 

Se ne fuBt Chantecler et Pinte 
280 Qui a la cort venoit soi qinte 

Devant lo roi de Renart pleindro. 

Or eet li feus grès R esteindre. 

Car sire Chantecler H cos 

Et Pinte qui pont les uea gros, 
285 Et Noire et Blance et la Koasete 

Amenoient une charete 

Qui envouxe ert d'une cortine. 

Dedenz gisoit une geline 

Que l'eu amenoît en litere 
290 Fête autres! con une bere. 

Renart l'avoit si maumenee 

Et as denz ai desordenee 

Que la cuiase li avoit frète 

Et une ele hors del cors trete. 
•*9f> Qoant li rois ot jugie aaez, 

Qui del pleider eatoit lassez, 

Ez les jelines meintenant 

Et Chantecler paumes bâtant. 

Pinte a'escrie premereine 
300 Et les autres a grant aleine: 

Por deu' fet ele, "gentix béates 

Et chen et leu tex con vos estes, 

Qar conseilliez ceate chaitive! 

Holt he l'oure que je sui Ttre. 
305 Mort, car me pren, si t'en délivre, 

Quant Renart ne me lesee vivre! 

Gînc freree oi tôt de mon père: 

Toz les manja Renart li 1ère, 

Ce fu grant perte et grant dolors. 
310 De par ma mère oi cinc serors, 

278 Dentre 279 ehontereux (de même au o 2S3 chsnterax) 
£Si l0 MO Autreri fet 295 i>MD|;ie 302 I. et tex 



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I (Méon 10001^10038) 

Que vit^ poulea, que mescinea: 

Molt i avoit bêles jelincâ. 

Qonberz del Frenne les pEisaoit, 

Qui de pondre les anguissoit: 
311> Li las! mat tes i eucressa. 

Qar aine Renart ne l'eu laissa 

De totes cÎDO que une soûle: 

Totes passèrent par sa goule. 

Et vos qui la gisez en bere, 
i^.ao Ma douce suer, m'amie obère, 

Con ros estieez tendre et crasse! 

Que fera vostre suer la lasse 

Que a dqI jor ne vos regarde? 

Renart, la maie flambe farde! 
33A Tantes foiz nue avez foleez 

Et chacîes et tribulees, 

Et deecirees nos pelices, 

Et enbatues duaq'as lices. 

1er par matin devant la porte 
330 Me jeta il ma seror morte, 

Puis s'en foï parmi un val. 

Oonberz n'ot pas isnel cheval, 

ÎTe nel poïst a pie ateindre. 

Qe me voloio de lui pleindre, 
S;t5 Mes je ne truis qui droit m'en face: 

Car il ne creot autrui manace 

N'aatnii coroz vaillant deus foies'. 

Pinte la lasse a ces paroles 

Chaî pamec el pavement, 
340 Et les autres tôt ensement. 

Por relever les quatre dames 

Se levèrent de lor escames 

Et chen et lou et autres bestes, 

Eve lor getent sor les testes. 
345 Quant revindrent de paumoisons, 

Si coD nos en escrit trovons, 

La on lo roi virent seoir 

Totes li vont au pie cliaoir: 
III puceles 822 t. la u. r. 1. I. 323 Que 846 tonoms 



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I (Héon 10039— loorej 

Et Ghantecler si a'ajenoille 

350 Et de ses lertnea ses piez nioillc. 
Et quant li rois rit Ghantecler, 
Pitié li pront' du baceler. 
Un Bopir a fet de parfont, 
Ne s'en tenist por tôt le mont. 

355 Par mautalant drece la teste. 
One n'i ot si hardie beste, 
Ors ne sengler, que poor n'et 
Quant lor sire sospire et bret. 
Tel poor ot Coars li levree 

360 Que i) en ot deus jors les fevres. 
Tote la oort fremist eosenble. 
Li plus hardis de peor tremble. 
Par mautalent sa oone drece, 
Si se débat par tel destrece 

385 Que tôt en sone la meson, 
Et puis fu tele sa reson. 
Dame Pinte' fet l'eoperere, 
Foi que doi a l'ame mon père 
Por qui je ne fis auœonne hui, 

370 II me poisse de vostre anaî, 
Se ge le peûsse amender. 
M!es je ferai Reoart mander 
Si que vos a vos euz verres 
Et a Toz oreilles orrea 

375 CoD grant venohance sera prise. 

1 1 Qnar j'en voil fere grant justise 

1 1 Del omecide et du desroi'. 
Quant Yaei^rh) ol lo roi, 
laoelement en pies se drece. 
380 Sire fet il, 'c'est grant proece. 
Molt en seres par tôt loes, 
Se vos Pinte venger poos 
Et sa seror dame Copee 
Que Renart a si esolopee. 



349 ehaat" (Ht mime au v. 301) 361 fremmirt 369 je h 
MÎMe 373 u«iires S74 oreîUez 377 Et del amende 



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I (.Méon 10077— lOlIS) 

38â Ge nel di mie por hame, 
Mes je le di por la tnesoine 
Qu'il a. morte, que jo le face 
Por chose que je Kenart bace.' 
Li emperere dit 'amis, 

S90 II m'a molt graat dol el cuer mis. 
Ce n'est or pas li premerains. 
As voz et a tos les foreina 
Me plein si, con je fere sueil, 
Del avoltire et del orteil 
! 395 Et de la honte qu'il m'a fête, 
Et de la pes qu'il a enfrete. 
Mes or parlons d'autre parole. 
Brun li ors, pemez vostre eatole. 
Si commandes l'ame del cora! 

400 Et TOS, sire Bruianz li tore, 
La sua enmi celé coature 
Me fet«a une sepouture'! 
"Sire' dit Brun, Voatre plesir'. 
Atant vet Teatole seair, 

4ai Et non mie tant solemcut: 
Et li rois au commeDdement 
Et tuit li autre del concile 
Ont commencie la vigile. 
Sire Tardia li limaçons 

410 Lut par lui sol les trois leçons, 
Et Roenel chanta les vers, 
Et li et Brichemers li cers. 

Quant la vigile fu chantée 
Et ce vint a la matinée, 

415 Le cors portèrent enterrer. — 
Mes einz l'orent fet encerrer 
En un malt bel vaiaseljde plom, 
Onques plus bel ne vit nuz hom. 
Puis l'enfoîrent aoz un arbre 

430 Et par deaus mirent un marbre. 



387 Que U le 


manqua 391 ore 393 je manque 395 m' 


■MOHTw 401 ootora 


402 anlpleture 406 oomt deSt 408 Unen- 


^le 415 portent 


(17 plomo 



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I (MÉon 10117-10152) 

(S'i ot escrit le non la dame 
£t sa vie) et conmandent l'ame. 
Ne sai a cisel ou a grafe 
I ont eacrit en l'espitafe 

425 'Desoz cest arbre enmi ce plain 
Giat Copee la sor Pintein. 
Renart qui chascun jor enpire, 
En âst as denz si grant martire'. 
Qui lors veTst Pîntein plorer, 

430 Renart maudire et dévorer. 

Et Chantecler les piez estendre, 
Molt grant pitié l'en poïst prendre. 
Quant li deuls fu us poi laJesie 
Et il fu del tôt abeaaioz, 

43.') 'Emperere' font li baron, 

'Qar noB vengies de cel laros 
Qui tantes guiches nos a fêtes 
Et qui tantes pes a enfretes'. 
'Molt volontiers' dit l'enperere. 

440 Qar m'i aies, Brun, bauz doz frère: 
Yos n'aurez ja de lui regart. 
Dites Renart de moie part 
Q'ateadu l'ai trois jors onters*. 
'Siro' dit Bnin, 'molt volentera', 

443 Atant se met en l'ambleQre 
Parmi le val d'une coture, 
Que il ne siet ne ne repose. 
Lors avint a cort une chosse 
Endemeaters que Brun s'en vet, 

450 Qui Renart enpire son plet. 
Qar mÎBÙ^ Coart li lèvres, 
Que de poor pristrent les fevres, 
(Dous jors les avoît ja oûes) 
Merci deu or les a ^rdues 



422 grefe Apri» 423 on lit U «erTirent pas de belTe 484 
r!«riu leapcrknce 425 en ceate pUnee 426 li g. la manque 

A^K 42fl Qne S. ooiat de m mein 428 fet 441 laijmoi 4&0 Que 
4j3 . llll ' lei a Buoil ones 



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I CMéon 10153— lOiaS) 

455 Sor la tombe dame Copee. 
Car quant ele fu enterrée, 
Odo ne se vout d'iloc partir, 
S'eust dormi eor le martir. 
Et quant Ysengrin l'oï dire 

480 Que ele estoit vraie martire, 
Dit qu'il avoit mal en Toreille. 
Et Roonel qui li conseille, 
Sus la tombe gisir le tist. 
Lors fu gariï, si con il dist. 

46& Mes se ne fust boue créance 
Dont Qua ne doit avoir dotancO; 
Et Roenel qui le tesmoingne, 
La cort quidast, ce fust mencoingne. 
Quant a la cort vint la novele, 

470 A tex i ot qu'ele fa bêle. 
Mes a Grinbert fu ele lede, 
Qui por Renart parole et plede 
Entre lui et Tybert le chat. 
S' or ne set Kenart de barat, 

47i> Mal est bailliz, s'il est tenuz. 
Qar Brun li ors est ja venuz 
À Malpertus le bois enter 
Parmi l'adrece d'un seuter. 
Por ce que grant estoit sis cors 

480 Remeindre l'estuet par defors. 
S'estoit devant la barbaoane. 
£t Benart qui le mont engane, 
Por reposer ert trais arere 
Enmi le fonz de sa tcsnere. 

i86 Garni avoit molt bien sa fosse 
D'une geline grant et grosse, 
Et s'avoit mangie au matin 
Deux bêles puisses de poucin. 
Or se repose et est a eee. 

490 Atant es vos Brun a la hese. 



466 doi 461 teigooingne 



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1 (Méon 10189— 10S2E) 15 

'Benart' fait il, 'parlez a moi! 

Qe 8ui Brun meaaagier 1o roi. 

Issiez ca fore en ceate lande: 

S'orrez ce que li roie vos mande.' 
4% Reoart set bien que c'eet li ors, 

Keconneû l'aTOÎt au cors: 

Or se conmence a porpenser 

Con ee porra vers lui tenaer. 

'Brun' fet Renart, 'baus doz amis, 
900 En molt grant peine vos a mia 

Qui ca voe a fet avaler. 

Oe m'en dévoie ja aler: 

Tiee que j'aie mangie aucois 

D'un mervelloa mangîer francoia. 
005 Qar, aire Brun, nos ne savez, 

L'en dit a cort "sire, lavez" 

A riche home, quant il i vient. 

Garia est qui sea manchea tient. 

De primes vient buef alegrea. 
OiO Aprea vîenent li autre mes, 

Quant li sires les velt avoir. 

Qu- povrea hom qui n'a avoir, 

Fu fet de la merde au diable. 

Ne aiet a feu, ne siet a table, 
6'.5 Aînz mangue sor son giron. 

Li cheo li vieuent environ 

Qui le pain li tolent des meina. 

Une fois boivent, c'est del moins. 

Ja plus d'une foie ne bevront, 
aso Ne ja pins d'un sol mes n'auront. 

Lor OB lor gitent li garçon. 

Qui plus sont eeo que vif carbon. 

Chascun tient son pain en aon poing. 

Tuit furent fei-u eu un coing, 
52d Et li aeneschal et li qneu. 

De ce ont li seignor grant preu 

49t tendM 492 measAg*. 494 tob] te 496 Receneu 

mx manehei 580 pp que dun 522 uir 528 poings 524 eo'ign 
ia« 526 ce ai 0. . 



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I (Méon 102^7— 102«2t 

Dont li laron ont a plente. 
Qar fussent il as et venteir 
La char lor enblent et les peins 

r)30 Qu'il envoient a lor puteina. 
Por tel afere con ge di, 
Beax eire, avoie des midi 
&[oii lart et mes pois aunes, 
DoDt je me sui desjeûnes: 

685 Et s'ai bien mangie set denrées 
De novel miel en fresces rees'. 
'Nomini dame Cristum file 
Dit H ors, 'por le cors saiut Gile, 
Cel meula, Renart, dont vos abonde P 

&40 Ce eat la chose eo tôt le moDde 
Que mes las ventres plue désire. 
Car m'i menés, baux très doz sire, 
Por le cuer be, dex moie oope'I 
Et Renart li a fet la lope 

515 Por ce que si tost le descoit, 
Et li chaitis ne s'aperçoit. 
Et il li trempe la corroie. 
'Brun' dit Renart, 'ae je aavoïe 
Que je trovasse en vos fiance 

650 Et amistie et aliance, 

Foi que je dot mou lil Rovel, 
De ceet bon miel free et uovel 
Vos enpiirai encui le ventre 
Ca an dedens ai que l'en entre 

55b El bois Lanfroi le forestier . 

Mes ce que vautP ce n'a meatier. 
Qar se je ore o voa aloie, 
Et de vostre eae me penoie^ 
Toat me fereez maie part'. 

fyiO 'Qu'avez vos dit, sire Renart? 
Mesoreez me vos dont de rien'P 
■Oïl'. 'De qoi? 'Ce sa ge bien: 



529 la tiaiu 530 putein 535 mMiffieB 5S9 dont] ou 547 trep« 
U Mrroi 550 itliiiBrice 554 Ca] Qnr 561 dont mangue de nul» r. 



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I (Héon JOieS— 10300) 

De traîaon, de felonnie.' 
'fienai-t, or est ce diablie, 

îjea Quant de tel chosse me desditca'. 
'Non faz: or en soiez toz ijuites! 
Ne vos en port nul mal corage.' 
"Vo8 av©8 droit, que par l'omaje 
Que je iÎ8 Noble le lion, 

570 One verd vos n'oï entencion 
D'estre traîtres ne triceres, 
Ne enTers voa eatre boiseres.' 
'Ge n'en qnîer autre aeûrte, 
Oe me mot en vostre boute.' 

A75 Trestot Brun a Renart otroïe. 
Ataot se mistrent a la voie. 
Onques n'i ot rosne tenu 
De M a tant qu'il sont venu 
El bois Lanfroi le foreater: 

fiSO Iloo a'areatent li destrer. 

Lanfroi qui le bois soloit vendre, 
Un chesne ot conmeoce a fendre. 
DeuB Goina de ceane toz entiers 
I avoit mis li forestiers. 

686 'Brun' fet Benart, 'bau doz amis, 
Vez ci oe que je t'ai premis. 
Ici dedenz est lî caatoivre. 
Or del mangier, ai iron boivre: 
Or as bien trove ton avel.' 

090 Et Brun li ors miat le musel 
'£1 cesne et ses deus pies devant. 
Et Renart le vet sus levant 
Et adrecant en contremont. 
En sus ee trest, ai le semont. 

095 'Cuver»' fait il, 'ovre ta boce ! 
A pou que tes musauz n'i tocc. 
Fil a patein, ovre ta golc!' 
Bien le conoie et bien le bole. 



564 es oe 587 en mangue f~'. 573 cuer antres 


575 T. a .b. a 


m Unbert 562 auoit 5S4 roreetier &eâ Br«n 


586 je minquf 


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I (Mâun 103U1— 10338) 

Maudite eoit aa vie tote, 

600 Que James n'en traifiiet H gote, 
Que n'i avoit ne miel ne ree. 
Ëndementres que Brun i bee, 
Renart a les coioz eupoigniez 
Et a grant peine descoigniez. 

dOô Et quant U coÎDg furent este, 
La teste Brun et li ooste 
Furent dedens le ce&ne enclos. 
Oie eat li laa a mal repos: 
Moult l'avoit mis en maie presse. 

610 Et Renart (^ui ja n'ait confesse, 

(Quar onc ne fist bien ne ammone) 
De long s'estut, si le ranprone. 
Brun' fet il, jel savoie bien 
Que queriez art et engies 

ai6 Que ja del miel ne gosteroie. 
Mea je sai bien qUe je feroie, 
S'une autre fois avoie a fere. 
Molt estes ore deputere 
Que de cet miel ne me paes. 

620 Ahil con me conduisiez, 
Et con seroie a savete, 
Se g'estoie en enfromete! 
Vos me lairees poires moles.' 
Âtant es vos a cez paroles 

«as Sire Lanfroi le forestier, 

Et Renart se mist au frapier. 
Quant li vileins vit Brun Tors peudrt 
Au cesne que il devoit fendre, 
A la vile s'en vient le cors. 

11!» 'Harou! harou!' fait il 'a Tors! 
Ja le porrons as peins tenir.' 
Qui dont veîst vileins venir 
Et fermier par le boscage! 
Qui porte tiacl, et. qui hache, 



600 trHiJMiat g. HU engin 615 nen 61T Sun 619 del 
cel 627 pr*>nilre C3I poing 



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I i.Méon 10339—10386) 

f&b Qui âael, qui haaron d'espiue. 
Orant peor a BruD de sVscine. 

Quant il oT venir la rage, 
Fremist et pense en sod coiage 
Que meus li vient le musel perdre 

610 Que Lnnfroi le poust aerdre, 
Qui devant vient a une hace. 
Tent et retent, tire et relâche 
(Estent le cuir, ronpent les venea) 
8ï durement que a grans peines 

A4fi Fent li cuirs et la teste qasse. 
Del sanc î a perdu giant masse, 
Le cuir des pies et de la teste. 
One nus ne vit si leide bcete. 
Lt sans li vole dcl musel, 

6an EntoF son vis n'ot tant de pel 
Dont en poTst fere une boi-se. 
Eînsi s'en vet le filz a l'orse. 
Parmi le bois s'en vet fuiant, 
Et li vilein le vont huiant: 

mb Hertot le Riz eire Qilein, 
Et Hardoîn Copevilein. 
Et Gonberz et li tilz Oalon, 
Et danz Helins li niez Faucon 
Et Otrans H quens de l'Âuglee 

660 Qui sa Feme avoit estranglee: 
Tyegiers li fornîere de la vile 
Qui eaposB noire Comille, 
Et Aymar Brisefaucille 
Et Rocelin li filz Bancille, 

eOâ Et le filz Oger de la Place, 
Qui en sa mein tint une hache: 
Et misire Hubert Grosset 
Et le filz Faucher Oalopet. 
Li ors s'enfuit a grant angutsae. 

670 Et li prestred de la parose 



R44 Si d Bi qun ^rant p. 653 fnanl 658 a 



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I (Méon 10387—10*24) 

Qui fu père Martin d'Orliens, 
Qui veiioit d'espandre son iîena, 
(Une force tint en ses meiDs) 
Si l'a féru parmi lee reios, 
676 Que par pou ne l'a abatu. 

Molt l'a bleciâ et confondu. ' 

Cil qui fet pinnea et lanternea, 
Ateint Brun l'ors entre deus cesnes: 
D'une corne de buef qu'il porte 
S80 Lî a tote l'escioc torte. 
Et d'autres vileins i a tant 
Qui as tinels le vont bâtant, 
Que a grant peine s'en escape. 
Or est Bcnarz pris a la trape, 
685 Se Bruns U ors le puet ateindre. 
Ues quant il l'oï de loin pleindre, 
Tantost s'est mis par une adreoe 
 Malpertuis sa fortereoe, 
Ou il ne crient ost ne aguet. 
690 Au trespaseer que Bruns a fet 
Li a Renart deus gas lancies. 
'Brun, estes vos bien avanoies' 
Ce dit Renart 'del miel Lanfroi 
Que vos avea mangie sans moi ? 
H95 Yostre maie foi vos parra. 
Certea il voa en mescharra 
Que ja n'aures en la fin preatre. 
De quel ordre voles vos eatre 
Que roge caperon portes?' 
700 Et li ors fut si amatea 

Qu'il ne li pot respondre mot. 
Fuiant s'en vet plus que le trot: 
Qu'encor quide caoir es meins 
Lanfroi et les autres vileins. 
706 Tant a aie eeporonant 
Que dedens le midi aonant 
En est venus en la carere 
Ou li lions tint cort plenere. 
72 Que 683 Qui 686 il lou de 



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I (Xéan 10425-10460) 

Pasmee chaï el parevis. 
710 Li sans 11 cueTre tôt le vis 

Et si n'aporte nule oreille. 

Trestote la eort s'en merTeïlle. 

Li toÏB dit "Brun, qui t'a ce fet? 

Ledement t'a ton capel treit, 
7lfi Par pou qu'il ne t'a escuissie.' 

Brun avoit tant del sano leasie 

Que !a parole li failli. 

'Rois' fet il, ainsi m'a bailli 

Renart com vos poes veoir.' 
720 Âtant li vet au pie oaoir. 

Qui lors veïst le lion brere, 

Par mautalant ses crins detrere! 

Et jure le cuer et la mort. 

3ran' fet li rois, Itenart t'a mort, 
726- Ne quit q'autre merci en aies. 

Ses pat' le cuer et par les plaies 

Je t'en ferai ai grant venchance 

Qu'en le saura par tote France. 

Ou estes vos, Tyberz li chaz? 
730 Aies moi por Renart vias! 

Dites moi le rox deputere 

Quil me viegne a ma oort dreit fere 

En la présence de ma gent. 

Si n'i aport or ni argent, 
735 Ne parole por soi deffendre, 

Mes la hart a sa goule pendre.' 

Tybers ne l'osa refoser: 

Qar s'il s'en pouat eacuaer, 

Eocor fust sans lui li senters. 
7-10 ^ès a anvia on volonters 

GouTient an aone aler le prestre. 

Et Tybert se met a aenestre 

Parmi le fons d'une valee. 

Tant a se mtile esporonee 

709 es pnellons 710 De si h*iil ood il estoil lona 
imUrctrti* 7S4 hor 738 jtndre 7iO Ue a 



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I (Méon 10461—10496) 

745 Qu'il cat venus a l'uis Kenart 
I)eu recleime et saint Lien art 
Cil qui deslie les prisons, 
Qu'il le gart par ses oreisons 
Des meins Renart son conpaignon: 

?■>)) Qar il le tient tant a gaignon 
Et a beste de put conroi, 
NeÎB a âex ne porte il foi. 
La rien qui plus le deaconforte, 
Ce fu quant il vint a la porte. 

756 Entre un frenne et un sapin 
A veQ l'oisel saint Martin. 
Asez huca 'a deatro, a deatre!' 
Ues li oiaaula vint a senestre. 
Tibert s'en tint une grant pose. 

760 Or voa di que ce fu la cboaae 
. Qui plus l'esmate et plua le donte. 
Son cuer dit que il aura honte 
Et grant ennui et grant vergoigne. 
Tant dote Ronart et resoîgne 

765 Qu'il n'ose entrer en sa meson. 
Par dehors conte sa reaon: 
Mea mavea en eat sea gaainz. 
'Renart' fet il, 'baux doz conpainz, 
Respon moi, ea tu la dedenzP' 

770 Ce dit Renart entre ses denz 
Tôt coiement que il ne l'oie, 
Tybert, par vostre maie joie 
Et par vostie maie aventure 
Soiez venus en ma paeture! 

775 Si aères vos, a'eng^n ne faut.' 
Et puis li reapondi en haut 
Tybert' ce diat Renart, 'vrelcomme! 
Se tu vGDoiez or de Rome 
Ou do aeint Jaque freecement, 

780 Bien soiez venus hautement 



733 que 761 doute 762 doute 768 f. w il doi manipit 
773 malle 776 Et puis) R. 778 ore 



, Google 



I (Méon 10497—10536) 

Conme lo jor de panteooBte.' 
Ues aa parole, que li costeP 
Si le salue bêlement 
Et Tybert li reapont bremeot 

789 Iteaart, nel tenea a dearoi, 
8e je Tien ca de par le roi : 
Ne quidiez pas que je Toa haoe. 
Li rois durement vos manace. 
VoB n'ares a la oort voiain 

790 Fora dant Grinbert voatre oosin 
Qui ne vos hee durement.' 

Et ïlenart li respont brement 
Tybert, or leasiez manacier 
Et sor moi lor denz aguiser. 

795 Ge vivrai tant con je porrai. 
O'irai a la cort, si orrai 
Qui aor moi voudra noient dire.' 
'Ce aéra grant aavoir, baux aire. 
Ge le vos lo. et si voa eim. 

800 Moa oertea je ai si grant fein 
Que tote en ai corbe l'esoïne. 
Avez VOB ne coo ne gelîne, 
Ne cbosse qu'en puisse manger?' 
'Que trop me raenea grant dangior' 

806 Co dit Renart: baraz, baraz 
De sorÎB oraeaea et do raz : 
Ge cuit, que n'en gosteriez.' 
'Si feroie." 'Non feriez," 
'Certes ja n'en aérai lassez.' 

810 'Et je vos en donrai asez 
Demein einz le aoleil levant. 
Or me eivez, g'irai avant.' 

Atant s'en ist de sa tesnere. 
Tybert le aivi par derere 

8Ï6 Qui n'i entent barat ne gile. 
Traiant en vont a une vile 
Ou il n'avoit coc ne geline 
Dont Renart n'ait fet sa cuisine. 
783 SU le B07 ne g. 809 tereï 810 Et] Que 



I (Méon 10537-1057*) 

Tybert, savez que nos feronsP 

A20 La dedenz entre ces mesons' 

Fet soi Reuart esta uns prestres, 
Et ge conois molt bien ses esb'es. 
Ases a forment et areine. 
Mes les soris en font grant peine: 

625 Man^e en ont bien demi muî. 
N'a enoor gueres qne g'i fui. ' 
Lores lor fis une envale. 
Dis gelines pris sans faillie. 
Les cinc en ai ge mangies hui, 

830 Et les autres mis en estui. 
Voiz oi par la ou l'en i entre. 
Passe outre, saoule ton ventre I' 
Mes li lecerea li mentoit. 
Car li prestres qui la manoit, 

83Q N'avoit ne orge ne areine. 
Do ce n'estait il ja en peine. 
Toute la vile le pluguoit 
Por une putein qu'il tenoit, 
Qui mère estoit Uartin d'Orliens. 

840 Si l'avoit gite de granz biens 
Que il n'avoit ne buef ne vache 
Ne autre beste que je sache 
Fors deuB gelines et un coo. 
Kartinet qui puis ot le froo 

84fi Et qui puis fu moines rendus 
Âvoit au trou deus las tendus 
Por Renart prendre le gorpil. 
Dex garisse au prestre tel â1 
Qui ja aprent si bel barat 

800 Con de prendre gorpil ou chat! 
Tybert, passe outre' dit Renart. 
'Fi merde, con tu es cuarti 
Ge t'atendrai au trou ca fors.' 
Et Tybert lanoe avant son oors. 



832 ïolono 8S5~840 manquent 841 Qui il d'] D ai 850 p. 
I et rat 



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I {Iféon 10575— 1061S) 

865 Et or Be pot tenir pot fol, 
Que li las )'a pris par le col. 
Tret et retret Tybert li chaz: 
Coq plus tret, plus eatreint li lae. 
Eschaper quide, rieo ne vaut: 

8(X) Qar MartiDoz li dercons «aat. 
'Or sua, or sue' fet il, 'bel pere! 
Aïde, atde, bêle mère! 
Alumez, si corez au trou: 
Li gorpilz est tenus por fou.' 

860 La mère Martinet s'esTeilIe, 
Saut sua, a'alume la chandelle. 
A une me in tint sa concilie. 
Li ^eatres, en son poïng sa cotlle, 
S'eat erraunMDt du lit satlliz. 

870 Lora est Tybert tnoU aaaîUiz, 
Qu'il priât cent cox de livroisou 
Eios qu'il partût de la meaon. 
Fiert li prostrés, (iert la soignanz. 
Et Tybert jeté avant les danz, 

Slb 3i con nos trovons en l'estoire, 
Esgarda la colle au provoire: 
Ab dans et as ongles trenchans 
Li enracha un des peadans- 
Quant la feme vit sa grant porte, 

88U Lora par fa sa dolor aperte. 
Trois fois s'est chaitive clamée, 
A la quarte chaT pammee. 
Au duel que Martinet menoit 
De sa mère qui se pasmoit, 

886 Tybert s'en cacbape li oiiaz, 

Qu'il ot as denE mangiez les laz. 
Il a este bien ledengiez: 
Mes en la fin s'est bien venoboz 
Del preetre qui si le batoit 

890 Ahi, con il s'en venoberoit 
De Renart, s'il ert au desore! 
Mes li leoheres n'i demore, 



862 A «id aide 865 martinei 886 lez lu 889 4|iie 

,., ,,::l,.GOOgIC 



I (Héon I0B13— 10652J 

Aioz a^eofoT sans plus atendre 
Des que Tybert vit au laz prendre. 

895 Quant Martinet dit levos sus', 
Onques n'i volt demorer plus : 
Aioz s'en for a son repère, 
Et cil remeist por le mal trere. 
'Âhi' fait il, 'Renart, Kenart! 

900 Ja dex n'ut en vostre arme parti 
Bien doSsee estre ohastiez 
Qui tiuites fois sui ooDchiez 
Par le barat Renart le rox! 
Et li prestres li maréis oox 

905 Qui dex doint mal ^te et pou pain 
Entre lui et s'orde puteîn, 
Qui hui m'a fet tele envaTe. 
Mes d'un des pendauz n'a il tnïe. 
A tôt le meins en sa paroche 

910 Ne puet soner qu'a une cloche. 
Et Uartinez son filz d'Orliene, 
Que ja ne croisse en Ini nua biens, 
Qui si m'aloit iui bâtant! 
Ja ne muire il de si q'atant 

016 Qu'il ait este moines retrez 
Et puis par larecin desfezT 

Tant 8 sa pleinte démenée 
Qu'il est venus en la Taloe 
Et en la cort ou li rois aiet, 

920 Ou il le voit, as pïez li chet, 
Si )ï reoonte la merveille- 
'Dex!' dist li rois 'car me conseille! 
Con oi ore grant diablie 
De Renart qui si me conchie! 

935 Ne je ne puis trover nullui 
Qui me venobe de cest ennui. 
Sire Grinbert, molt me merveil, 
Se ce est par voatre conseil 
Que Renart me tient si por vil.' 

930 'Qo vos plevia, sire, nenil.' 



906 paein S10 pot 918 hu 



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I '.Méon 10653— 10690) 

Aies donc toat, sel m'ameDes, 
Gardes sans lui que ne venes.' 
'Sire, ce ne puis je pas fere. 
ReDart est ai de put afere, 

930 Bien sai que pas ne l'amenroio, 
Si je vos letrea n'en avoie. 
Mea a'il reoit voatre aeel, 
Foi que je doi saint larael, 
Lors aai ge bien qae il vendroït 

940 Ja nul eaaoingne nel tendroit' 
'Par foi Toa ditea voir, baux sire.' 
Lora II devise la matire 
Li rois et Bauoent li eacriat 
Et aeela qanque il dist. 

94$ Puia bailla Grinbert le aeeL 
Et cil ae mïst en un prael, 
Et aprea entra en un boa. 
Molt li sua la pel del doa 
Ainz qu'il veniat a l'uz Renart. 

930 Au vespre trove en un esssrt 
Un senter qui bien le conduit 
A Puis Renart devant la nuit. 
Li mur stint haut et li destroit. 
Par un guicet s'en ala droit, 

955 Apres entra el premer baille. 
Dont ot peor qu'en ne l'aewlle 
Renart, quant celi ot venir. 
Près de meson se volt tenir 
Tant qu'il sache la rerite. 

960 Es vos Grinbert en la forte. 
Au pont tomelz avaler 
Au petit pas et ei aler, 
Ainz qu'il entrast en la teanere, 
Le cul avant, la teste arero, 

96S L'a bien Renart reconeâ, 

Ainz que de plua prea l'ait veû. 
Grant joie en fet et grant aolaz, 
Au col li met andoua les braz: 

i«l] si B98 jrsel 946 Et pnh entra en 960 la brete 



«k 



28 I (Uéon lOOei— 10726) 

Deaoz It ploie deua cossins 
970 For ce qu'il estoît ses cosïds. 

Do ce tien ge Grinbort a sage, 

Que ne volt oOnter son message 

Deraot qu^ûet mangie asez. 

Et quant li mangera fu ânes, 
97G 'Sire Renart' ce dist Grinbert, 

Trop est Tostre banit apert. 

Bavez vos que li rois vos mande, 

Kon mie monde, mes conmandeP 

Que vos lï viengnes fere- droit 
980 En son pales ou que il aoît. 

Prendra ja voBtre gerre fin? 

Que demandes vos Ysengrin 

Ne Brun Tors ne Tybert le chat? 

Mar veÏBtes vostre barat. 
985 Ne vos en puis doner confort: 

Ja n'en aares el que la mort, 

Ne vos ne tuit vostre chael. 

Tenez mon, brisies cest seel, 

Gardes que la letre vos dit'. 
990 Renart Tôt, ai tremble et fremist. 

A grant peor la cire brise 

Et voit que la letre devise. 

Il aoapira, au premer mot 

Bien aot a dire qu'il i ot. 
999 'Meaire Nobles li liona. 

Qui de totea les régions 

Est des béates et rois et aire, 

Mande Benart honte et martîre 

Et grant ennui et grant contrere, 
1000 Se demein ne li vient droit fere 

Enz en sa cort devant sa gent. 

Si n'i sport ôr ni argent, 

Ne n'ameint hon por lui deffendre, 

Fors la hart a sa gole pendre.' 

971 Qbt 973 Qus oust 975 .gib''. 981. 9S2 inUrverli* 982 
jja 964 baru 986 le 987 uel 994 8i siro 996 )«a mnttywc 
reliions 997 Et de totes b. est s. 1001 Eui eni 



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I (Méon 10727-10762) 

1005 Quant Henart entent la noTele, 

Le cuer li bat boz la mamele, 

Tôt le TÎaire li neiroi. 

'Por deu' fet il, 'Grinbert, merci! 

Conseilliez cest dolant ohaitif! 
1010 Molt he l'ore que je tant vif, 

Quant je serai demein peudua. 

Qar fuaae je moignez rendus 

A Clugni ou a Cleresvax ! 

Mes je conois tant moines fax 
1015 Que je oroi q'issir m'en conviegne. 

Por ce est meus que je m'en tiegne.' 

'N'aiez de ce" dit Grinbert "curel 

ToB estes en grant aventure. 

Tant coD vos estes oi sanz gent, 
lOSO Gonfessies vos a moi bretnenti 

Rent toi a moi verai oonfes, 

Qu je n'i voi prestre plus près,' 

Renart respont 'aire Grinbert, 

Cl a conseil bon et apert. 
Iflâ5 Qar se ge vos di ms confesse 

Devant ce qae la mort m'apresse. 

De oe ne pot venir nus max, 

Et se je muir, si serai sax. 
Or entendez a mes pechezl 
lOS» Sire, g'ai este enteohez 

De Heraeot la feme Ysengrin. 

Mes je vofl en dirai la fin. 

Ële en f u a droit meacreûe 

Que voirement l'a je fotue. 
IflBTi Or m'en repent, dex moie corpe! 

Meinte foiz li bâti la corpe, 

Ysengrin ai ge tant forfet 

Que nel puis veer a nul plet, 

Dex mete or m'ame a gariaon! 
KUO Trois foiz l'ai fet mètre en prison, 

I0O9. 1010 inlerrrrii» 1015 que ÎMJr 1017 île manque 
ai « toi Traie c 103& me repent 1039 ore ' 



, Google 



3i') I (Méon 10T63— 10800) 

Si vos dirai en queil manere. 

Gtel fis chaoir en la loverô 

La ou il enporta l'agnel. 

La ot il bien batu la pel: 
1040 Qu'il pi^ist cent cox de livroi§on 

Ains qu'il partist de la meson. 

Qel fia el braion enbraier 

Ou le troverent trois bercher, 

SU baHreot con asne a pont. 
1050 Trois bacons avoit en un mont 

Ches un prodome en un larder: 

De cous li fie ge tant manger, 

N'en pot issir, tant fu rentrez, 

Par la u il estoit entrea. 
105;^ Gel fia pécher en la gelée 

Tant qu'il ont la queue engelee. 

Qel fis pécher en la fonteine 

Far nuit, quant la lune estoït plene. 

De l'ombre de la blance image 
loeo Quida de voir, ce fust furmoge. 

Et si refu par moi tratz 

Devant la cfaarete as plaTz. 

Cent foiz a este par moi mat. 

l'ar fine force de barat 
1065 Li fis je tant qu'il devint moines, 

Puis dit qu'il volt estre chanoinea. 

Qant en li vit la char manger, 

Fox fu qui de lui fist berger. 

Oe ne vos auroie hui retrait 
1070 Tôt le mal que je H ai fet. 

n n'a beste en la cort le roi 

Qui ne se puist pleindre de mot. 

Je fis TylWt chaoir es laz, 
Qant il cuida mengier les raz. 
1071S De tôt le parent» Pintein 
Que Boulement lui et s'antein 

1054 Ia lu II fl fa e. 1060 p. pou L 1085 Ln Au lim i 
1073. 1074 0» tu Et ip uliM an uilofii aUi Cor np geliiie ni M<t 



...Google 



I (Méon 10801—10840) 

N'i a renieis coc ne jeline 
Dont je n'aie fct ma cuisine. 
Quant li os fu devant mou crues 

1080 De senglera, de vaches, de bues 
Et d'autres bestcs bien armées, 
Que Yeengrin ot amenées 
Por celé gerro mètre a fin, 
Retin Roonel le mastin. 

1065 Bien furent set vinz conpaignon. 

Que chen, que lisclie, que gaingnon. 
Tuit furent batu et plaie. 
Mais malement furent iaie: 
Qar je lor toli lor soudeea. 

t090 Quant les oz s'en furent alees. 
Far gile et par oonchiemeat 
Lor toli ge lor convenant 
Au départir lor Ss la loupe. 
Or me repent, dex moie ooupel 

101)5 Or voil venir a repentanche 

De quanque j'ai fet en m'enfanche.' 
'Benart, Kenart' ce dit Griubert, 
'YoB péchez m'aves deacovert 
Et le mal que vos aves fet. 

1I()0 9e dex vos gite de cest plet, 
Gardée vos bien del renchooir.' 
'Ja de\ ne me lest tant veoir' 
Ce dist Renart, 'que je mes face 
NuJe chose que dex desplace.' 

iiOO II U otroie qnanqu'il vout. 
H B'abfùsaa et cil l'asout 
Moitié romanz, moitié latin. 
Renart, qufuit ce vint an matin, 
Besa sa feme et ses enfans. 

lliO Au départir fu li doua grans. 
Il prist congie a son manage: 
'En&at' fet il, 'de haut lignaje. 
Pensez de mes casteax tenir, 
Que que de moi doie avenir, 
1(179 ors 1084 Retint lOfla .tÎ). 1093 «lepiirtiit 1102 1 



„,ogIc 



I (Méon 10841— 108801 

1113 Contre contea et contre foîb: 
Que vos ne troveres des mois 
Conte, prÏDce ne chaeteleîne 
Qui TOB forface un fil de leine. 
Ja par ous ne aerea grevez, 

1120 Se T08 avea les pons levés: 
Que voa aves aeee vitaille. 
No quit devant aet ans vos &ille. 
Que voa iroie ge disant? 
A dame deu toz vos coomant 

iiâ5 Qui me rameiat si cou je vueil.' 
Atant feri le pie au sueil: 
Au départir de sa tesnere 
A conmenoie sa proiere. 

'Dex' fait il, roia omnipotena, 

lian Maiqtien mon savoir et mon sens 
Que je d'ï perde par peor 
Par devant lo roi mon segnor. 
Quant Ysengrin m'acusera: 
De quaaqu'il me demandera. 

11% Que je li puisse reaon rendre 
Ou del Doier ou del défendre: 
Ue doint sein et sauf repùrer 
Que je me puisse eocor vesgier 
De cels qui me font si grant guère.' 

1140 Lors se couca adens a tere, 

Et trois fois se rendi oopables, 
Puis se segna por les diables. 

Or s'en vont li baron a cort. 
Et passent l'eve qui la cort, 

1140 Et les destrois et la monteinne, 

Et puis (^evauchent par la pleigne. 
En ce que Renart se démente, 
El bois ont perdue la sente, 
La voie et le chemin ferre. 

IISO Et neqnedent tant ont erre, 
Qu'il s'avoient parmi un pleins 
Deles une grange a nonetns. 



114» ferc IIM) o. «Iç erre 1152 geDKe m 



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I (HéoD 10881—10914) 

La mesoo est molt bien garnie 
De toz les biena- que terre crie, 

1 166 De let, de formaches et d'ues, 
De berbis, de vaches, de bues, 
D'unes et d'autres norricoos. 
'Ca' dit Benart 'nos adrecona, 
Par encoBte de cea espines. 

1160 Vers celé cort a ces gelines: 
La est la voie <\ae leseons.' 
'Benart, Renart' dit li tessona, 
'Dex set bien por qoi vos le dites. 
Filz a patein, puanz heïrites, 

1I6& tfalrea lecheres et engres, 
N'eatîeea voa a moi confes 
Et aviez merci crieP' 
Fet il 'ge l'avoie oblie. 
Âlon nos ent, je soi toz prest.' 

1170 'Renart, Renart, por noient est. 
Dex paijures, deu foi mentie, 
ToK jors durra ta lecherie. 
Con tu es foie criature! 
Tu es de mort en aventure, 

1175 Et aa pris ta confession. 
Or si Tels fere trolaoD. 
Certes grant pèche te cort sore. 
Vïen t'eut: maleoite soit l'eure 
Que tu onques nasquis de mère!' 

1180 "Bêlement le dîtes, baux frère! 
Alon nos ent en pea ambiant.' 
N'en ose fere autre samblant 
Por Bon coain qui le chaatîe, 
Et neporoo «ovent coUe 

1186 Vers les jelinee oele part. 

Holt eat dolant, quant il a'en part, 



IIM tôt que monçti* 1155 formaohe et de ues 1157 Ou- 
ata lt&8 Ce IISO gelin . . 1161 q. nos 1. 1165 l«ch«l 1168 olie 
IIM trop prcf 1170 n. tea 1172 dura kchie 1175 apr«* 

1179 aukoite mit] laloit* toit bui 



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I (Uéon 10915— lOSKi 

Et qui Is teste li coiipaat, 
As gelines tôt :droit alast. 

Or s'en vont li baron enaenble: 

1190 Dex, <soD la mule Grinbert anblel 
Hea li cbevax Renart acope. 
Li saaa li bat desoz la orope: 
Tant orient et dote son segnor, ' 
Qu'onques mes n'ot si grant peor. 

I19i> Tant ont aie et plein et bas 
Et l'anbleure et les galos, 
Et tant ont la monteigne alee, 
Qu'il sont venu en la Tolee 
Qui en la oort )o roi avale. 

1200 Descendu sont devant la sale. 

Sitost com Renart vint a oort, 
Ouc n'i ot beste ne s'atort 
Ou d'oposer u de respoudre. 
Or est Renart près de confondre. 

1305 N'en tornera qu'il ne s'en ouiase: 
Qar Yaengrin ses dena aguise 
Et Tybert li ohaz se conseille, 
Et Bruns qui la teste ot vermeille. 
Mes qui q'aint on hee Renart, 

1310 Ne fet pas chete de ooart. 

Ainz conmence enmi la meson 
Teste levée sa reson. 

Hoîs' fet Renart, 'je vos salu- 
Gon cil qui plus vos a vain 

1215 Que baron qui soit en l'enpire. 
Mes tort a qui vers vos m'enpire. 
Ne sai se c'est par mon oâr, 
Ge ne fui onques aaoûr 
De vostre amor ud jor enter. 

1220 Oe parti de oort avantier 



/inns leê rr. 1187—1194 le» primièrea ItUrre manquent, parce que 
la marge a Hé dkliirie: [1187 Et 118B A 1189 1190 eonme 
tl91 Hgb 1192 Li ian 1193 Tant cri 1194 Quonqses meg] 

1197 mot 120S depoMr 1208 que 1809 qu« aint 



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I (MéoB 10951—10994) 36 

Pftr Tostre gre et par amor, 

8anz maltalant; et aanz clamor. 

Or ont tant fet li losenger 

Qui de moi ae volent venger, 
1225 Que T08 m'avea juge a tort. 

Mes puis, sire, que rots s'amort 

 croire les maveis larons, 

Et il lease aes booa barons, 

Et gerpiat le chef por la qeue, 10 

1330 Lora vet la terre a maie veue. 

Qar ail qui août serf par nature 

île aevent eagarder meaure. 

S'en cort se poent alever, 

-Molt ae peinent â'autrui grever. 
1236 Cil enortent le mal a fero 

Que bien en aevent lor prou fere, 

Et enborsent autrui avoir. 

Ice Toudroie je savoir 

Que Bruns et Tybert me demande. 
1240 II est voirs, se li roia conmande, 

Que bien me poent fere let. 

Encore ne l'ai ge forfet, 

Qu'il ne savent dire por qoî. 

8e Bmna manja li miel Laofroi 
lS4(i Et li viletna le ledenja, 

Et il por qoî ne s'en venjaP 

Ja a il tex moins et tex piez, 

8i granz musteax et si graot giez. 

8e miaire T;bert ti chaz < 

13B0 Uanja les aoris et les raz 

Quant en le priât et li fîat honte, 

Por le cner be a moi qu'en monte P 

DTsengrin ne sa ge que dire: 

Qae il n'a mie tort del dire 
12U Qae j'avoie sa feme amee. 

Et quant ele ne s'est chamee, 

1221 et MDi olamoT I22S et par amor 1228 leiSM b. b. 1229 
■>. 12Sa p. lener 12» CU qui e. 1242 kiege ISSS Qar 



„,ogIc 



I (Héon 10995—11036) 

Sui ge lecheres de m'amiaf 

Li fox jalox en a envie: 

Est por ce droïs que l'en me pendef 
1260 Nenil, sire: dex m'en défende! 

MoU est grant voatre roiaute: 

La foi et la grant loiaute 

Que j'ai toz jors vers vos efle 

M'a k vie «1 core meintenue. 
1265 Mes foi que doi deu et saint Jorge 

G'ai tote chenue la gorge. 

Yels aui, si ne me puis aidier, 

Si n'ai mes euro de plaidier: 

Pèche fet qui a cort me mande. 
1270 Mes puis que missire conmande, 

Si est il drois que je i viegne. 

Or sui devant lui, si me tiegne 

Et si me face ardoir ou pendre: 

Qar ne me puis vers lui deffendre. 
12711 Qe ne buÎ pas de grant puissance. 

Ues ce seroit povre venchanco: 

S'en parleroient meinte gent, 

Se l'en saaz jugement me pent.' 
'Kenart, Keoart' diet l'enperere, 
1280 'Dabez ait l'ame voatre père 

Et la pute qui voz porta 

Quant ele ne vos avortai 

Or me dîtes, traîtres 1ère, 

Por quoi estes tant baretere? 
1265 Bien savea parler et pludier: 

Uea ce que vautP ce n'a mestier. . 

TS'eu partires en nule guise 

Que de vos ne footae justice. 

M'i a mester chère hardie 
1290 Ne n'i vaut vostre renardie. 

Uolt savez de la fauve annesse, 

Se ja n'avez voatre promesse 

Que l'en vos a toz jors promisse. 

Hui estes venus a juïae 
iS8 en) de ce 1259 qne l'en me] qnen men 1>T4 q* 1389 n 



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1 (Méon 11087—11076) 

1298 Tel con jugeront mi baron, 
Que l'en doit fere de laron 
Et con de félon traltor. 
Wen partiroB sans maves tor, 
Se ne vos poes escondire 
1300 De quanque l'en vos voldra dire.' 
"Sire* dit Orinbert II teagone, 
'Se nos Ters tos nos abessone 
For droit fere et por afetier, 
Ng devez pas por ce tretier 
1300 Yostre baron vilainement, 

Sfea par loi et par jugement. 
Entendes ca, ne vos ennuit, 
Renart est venuz par conduit. 
S'est qui vers lui fâche olamor) 
ISlO Toe li otroiez par amor 
A respondre par jugement 
En voetre cort voiant la gent.' 
Ains que Grinbert oilst finee 
Sa reson et bien terminée, 
1315 Se dreca en piez Ysengrin 
Et 11 motons sire Belin, 
Tybert li chas et Rooneax, 
Et don Tieoelins li oorbeax, 
Et Chantecler et dame Pinte, 
1830 Si con el vint a cort soi quinte, 
Et Eflpinarz li hericons, 
Et danz Petipas li poona. 
Frobers 11 gresUIon s'avance, 
Qui sor les autres crie et tance, 
182S Et daoz Boxax. li escuireus 

Qui. il a fet de molt granz deuz. 
Coara li lèvres molt s'argue 
De cort en cort, de rue en rue: 
Meinte fois li a fet ennui, 
1390 Yencher s'en quide encor encui. 
Or est Renart en mal randon, 
Se Veo le velt mètre a bandon. 



UWi iogMoat 1805. 1806 manquent 



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I (Méon 11077—11112) 

Mes 1i roia les fet en sus terre, 

Lui en lest eu veaobanoe fere. 
1S36 Li rois a parle fasatement 

Si que l'oent tote aa gent. 

'Se^or' fet il, '«nteodea moil 

De ceat laro» de pute foi, 

Quel justiae de lui ferai, 
1840 Dites conment m'en venoherai.' 

'Sire' font li baron au roi, 

Trop est Benart de pute loi. 

Kus ne tob sauroit doaloer 

Que VBO nel fachois eocroer.' 
1345 Li rois reepont 'bien avea dît. 

Or tost' fet il, sanz contredit! 

Se Benart s'en estoit tornez, 

Jamea ne seroit retomez. 

Sachez qu'il nos en tnescaroit, 
ISOO Tez n'en eet mot qui en plorroit' 
Sor un haut mont eu un rocher 

Fet li rois les forehes dreœr 

Por Renart pendre la gorpil: 

Estes le vos en grant penl. 
1855 Li singes li a fet la moue, 

Et si li done lez la joe. 

Benart regarde arere soi. 

Et voit qu'il vienent plus de troi. 

Li un le tret, l'autre le bote: 
1880 N'est merveille, se il redote. 

Coara li lèvres l'àrocoit 

De loing, que pas ne l'aprocoît. 

A l'arooher qu'a fet Coart 

En a orolle le chef Beoart : 
1866 Coarz en fu ai esperduz 

Que onquea puis ne fn vefis. 

Del aigne qu'ot veS s'esmue. 

Lora a'est muohez en une haie: 



194S Banom 13M qui plorerait 13&B Et maitgtu ISM ptoa 
1867 qaa ot 



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I (Méon 11113—11152) 

D'iloc, ce dit, eagardera 
1870 Quel JQstioe l'eu en fera. 
Uar i muoa, si oon je croi: 
Enqui aura poof de soi. 
Renart se vit molt entrepris, 
De totes parz liez et piis. 

ISTB Mes il ne pot en^n trover 
Conment il s'en puist esoaper. 
Del escfaaper est il noienz, 
Si li enginz n'î e»t trop granz 
Quant il vit les forcée drecer; 

1360 Lors n'ot en lui que corocier, 
Et dit au roi 'baux gentix sire, 
Qar me lesaiea un petit dire; 
Yds m'avez fet lier et prendre, 
Or me voles sauï forfet pendre. 

1380 Mes j'ai fet de mo!t forant péchez 
Dont je sui aaques enteohez: 
Or Toil venir a repentanoe. 
£1 non de s^nte penitaace 
Yoeil la crois prendre por aler ' 

1390 Ls merci deu outre la mer. 
3e je la muir, ai serai sas. ' 
Se je eui penduz, ce ert max: 
Si aeroit molt povre venjance. 
Or voeîl venir a repentance.' 

13Bft Atant li yet chaoir as pie&. 

Au roi en pdat molt grant pitiez. 
Orinbert revint de l'autre part 
Qui inei^ci crie por Renart. 
Bire, por deu entent a moi! 

1400 Qar le fai bien, porpense toi 
Gon Renart eat prous et cortoia. 
Se Renart vient dusqu'a cino mois, 
Encor aura mester molt grant, 
Qar n'avee plus hardi aerjant.' 

liOS 'Ce' dit li rois 'ne fet a dire. 
Quant revendroit, ai aeroit pire : 



1S74 totet ISTT en il 13T9 les foroei 1469 p. et por 



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40 I [Maa 11158— lU8ft) 

Qar tuit oeete cuBtume teneot; 
|| Qui bon i vont, mal en revenent 

Tôt autrete) refera il, 
1410 S' i) escape de ceat péril.' 

"Se il n'a lores bons pee, 

Bire, il n'en reviegne james.' 

Ce dit lî rois 'et il la pregne 

Par tel oonvent que la remeigne.' 
I4IC» Quant Benart Tôt, ei a grant joie. 

Ne set s'il fornira la voie: 

Ues conment que il en doie estre, 

La crois est en l'espaule destre. 

Esorepe et bordon li aporteat 
1430 Les bestes molt s'en decoufortoit : 

Cil qui enpeint et bote l'ont, 

Dieot qu'eocor le oonperront. 
Ez vos Renart le peleria 

Ijsorepe an col, bordoo fresnin. 
1420 Li rois li dît qu'il lor pardont 

Trestoz les maus que fet li ont, 

Et degerpisse engins et max : 

AdoDt s'il mort, si sera sax. 

Renart ne met riens en defois 
14âO De qanque li prie li rois. 

Aînz lî otroie toz ses dis 

Tant que il soit d'iloo partis. 

Root le festu, si lor pardooe. 

De cort se part un pou ainz none, 
14SB Onques bus d'ous ne salua. 

Ënz en son cuer les desfia, 

Ne mes que li rois et s'espouse 

Ma dame Fere l'orgellose, 

Qui molt estoit cortoisse et bete. 
1440 Benart gentement eo apele, 

Bire Renart, proies por nos 

Et nos reproierons por vos.' 

1408 mal] pire I41I. 1412 inttrvtrttt, mai» rtmi* à Itur ptac« 
par le» tigne» b a J41t Sie nftuoit 1420 M 1431 b. IfVtn lont 
1483 quenoore 1442 r«p'wou 



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I (H«OD 11189— 11SS6} 

'Dame fet il, 'Toatre proiere 
Devroie ge avoir molt chère. 
1440 £t molt par devroit estre liez 
Por qui proier dénieriez. 
Et 86 oel Tostre anel avoie, 
Molt en serait mellor ma voie. 
Et eachez, se le me âonez, 
I4Ô0 Bien vob sera gerredonez: 
SedoDrai vos de mes jouax 
Tant que bien faura cent aneaxt 
La rolne l'unel li tent; 
Et Renart Tolentera le prent. 
14D6 Entre ses deoz basset a dit 
'Certes qui nnquea ne le vit 
L'anel, por voir le comparra. 
Ja por nallui ne remaodra.' 
Benart mist l'anel en son doi, 
1460 Puis-si a prie con^e aa roi. 
Le cheval fîert des espérons, 
Faiant s'en va les granz trotons. 
Yeta la haie s'est aprociee 
La u Coart s'estoit œuchez. 

14% Fatn s gregnoF que il ne selt, 
De jeûner li ches 11 delt. 
Atant s'en entra en la haie. 
Coart le voit, molt s'en esmaie. 
En piez se dreche de poor, 

1470 Puis BÎ li a ore bon jor. 

Ce dit Coarz 'molt par sui liez 
Que vos estes seins et haitiez: 
Forment me poisse del enoai 
Que l'en vos a fet si grant hui.' 

1476 Dit Renart qui tôt le mont boise 
'Quant il de mon anni vos poise 
Et que bel ne vos est del nostre,' 
Dex doint qu'il nos repoist del vostref 
Quant Coart l'ot, molt bien l'entent, 

1480 Ne s'asuûre de noient: 

1448 u 1462 le p-aat 1464 Lan ou o. 14T0 1« 



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I (Méon 1122T— 11268) 

Ainz s'apareille ie foir, 
(Que molt se dote de tralr) 
Qu'il se volt trere vers le plein. 
Mes Renart le seaist au frein, 

1480 'Pftr le ooer be, sire Guart, 
Ca esterroiz' ce dit Renart. 
'Ja cist rostre chevax inneax 
Ne vos garra de mes chuax, 
He lor en face lÎTroison.' 

1490 Pogmant le vet de son bordon. 
La cort le roi et li serjant . - 
Fu en un val parfont et grant. 
Entre quatre roches agues, 
Contremont hautes vers les nues, 

1496 En la plus haute Renart monte, 
lui Coart oui il fet honte. 
Coart pendant vet contreval 
Par devers les pies au cheval. 
Renart qui oiolt est deputere, . 

1000 Ed quide bien livroisson fere 

À. ses enfanz sanz demoranœ, ' 
Or penst dex de la délivrance! 
Renart regarde en la pudine 
Et voit le roi et la roTne. 

loon Tant voit barons et tantes béates, 
Li bois fermist oonme tempestes. 
Eatr'ous parloent de Renart. 
Mes mot ne savent de Coart, 
Conme il l'enmeine en sa prison 

1510 Tôt autresi con un laron. 

Renart a pris as meins la crois, 
8i lor eaorie a haute vois 
'Danz roia, tenes vostre drapell 
Que dex confonde le mosel 

1516 Qui m'enconbra de ceste frepe 
Et del bordon et de resorepel' 



148S ven] par 1490 qne il IHM roUne 1509 m matt^u» 
1616 l«Mr«pe 



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I (Héon 11264— 11898) 

Son cul en tert voîant les bestee, 

Puis si lor jeté aor les tnatea. 

En hant. parole et dit au roi: 
1620 'Sire fet il, 'entendes moi! 

Saluz te mande Coradîns 

Far moi qui sni bons pèlerins. 

Si te crement li puen tuit, 

 pou que chaouns ne s'en fuit/ 
1&2S Tant lor a dit gas et lanciez 

Que dant Coarz s'est delanez. . 

Si BÎst aor un cheval corant: 

Si Est un saut molt avenant. 

Âinz que Renart se regardast 
IKX) Et que il garde s'en donast, 

Fu Coars molt près de la cort . 

Sor son cheval qui molt tost cort. 

Les costes a tos pertosies, 

Qar U bordons i fu fiches, 

1086 Et la pel des piez et des moins. 

' A ronpue, n'est mie seins. 

Tant a'est pênes et travelliez 

Qe as pies lo roi s'est lauches, 

Et li conte la diabUe. 
1S40 Bire fet il, 'por dex aïe!' 

Dex' fet ]i rois, 'con aai trais . 

Et afolez et malbaillis 

De Reoart qui si pou me arent! 

Or sai bien qu'a maveia me tient. 
164& "Segnors' fet il. 'or après tuit, 

Que go le voî ou il s'enfuit: 

Par le ouer be s'il nos estort, 

Toa estez tuit pendu et mort. 

Et cil de vos qui le prendra, 
1050 Toz ses lignages franc sera.' 

Qui dont veTst sire Tsengrin 

Et le motoB sire Belin, 



15tl londiiu I5U toi 1638 rot est 1949 oil qui nos 



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I (MéoB 11299— 11S86) 

Et Brun l'ora et Pelé le rat, 
Et mon eegnor T;bert le ohat, 
Itôà Et Chaatecler et dame Pinte 

Si coa el vint a oort soi quinte. 
Et aegnor Ferra n le roncin 
Et dant Roonel le raaetin ! 
Frobert le eiut li grésillons 
1960 E<t Fetitporchaz li fuirons. 
Apres le seut sire Bauceos 
Li sengler os ngues dens: 
Bmanz li tors tôt enragiez 
Et Brichemers toz ealeaeiez. 
IMJ Li limaçons porte l'ensei^e, 

Bien les oosduit par la canpùgne. 
Renart regarde arere soi, 
Et voit qu'il vienent sanz deloi, 
Et vit Tardif qui les cadele, 
1870 l'ensegne qui molt ventele. 
!Ne set conseil que fere doie. 
Un saut a fet fors de la voie: . 
Entres s'en eat en une croûte, 
Apres le siut tote la rote. 
1675 Li antre point ne l'asoûrent, 

Molt le monaobent tuit et jurent 
Que nel puet garir plassetz, 
Mur ne fosse ne rolleïz 
Ne forteresce ne donjons, 
isao Craes, ne teeaere, ne boisson 
Que il ne soit pris et rendiu 
Au roi, et qu'il ne soit pendus. 
Renart voit qu'il ne puet durer 
Ne por foïr ne por aler. 
lj>86 Im bocbe li vet escumant. 
Tuit li autre le Tont sivant, 
Si li poilIeDt le pelîoon 
Q'en haut en volent li flocon. 



1&&8 Et manqat Mon U 16&8 grwillmM 1M8 t«rdU 1670 
que 1676 s'MwireDt 1577 pot 1680 Crw 1583 R. uit . pot 1686 auM 



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ï (Méon lia87— 118T1) 

Si U pertuîsent toz les reins, 

1090 A. poi ne chet entre lor meina. 
Molt le teaeat en fere frape: 
C'eat mer veille si lor escape. 
Por qagnt tsjit e'est esbaneies 
Q'a Ualpertuia s'est adrechea, 

1595 Son fort cbEutel et sa mesoii, 
Sa forterece, son donjon, 
Ou il ne créât ost ne asaut. 
Or qui mea velt aler, ù aut: 
Hui mea U eat poi de numaee, 

1600 Qui amer nel Telt, si le haoe. 
Sa feme a l'eacontre li Tient, 
Qui moh le dote et molt le crent. 
Troi filz avoit la dame ft«nce: 
C'est Percehaie et Malebrance, 

1606 Et li tiers ai a nun Kovel : 
Ce est des autres le plus bel. 
Trestuit U vieaent environ. 
Si le présent par le giron 
Et virent les plaies qui aenent. 

1610 Molt le doloaent et conpieignent : 
Totea li lèvent de blanc vin. 
Si l'aaeent sor un cosain: 
Li disoer fu aparelliez. 
Tant estoit las et travelliaz 

1616 Qu'il ne manja que le braon 
D'une jeline et le orepon. 
La dame le fist bien baignier 
Et puk Tentueer et sener 
Tant qu'il refu en la a&nte 

ItSO On il avoit devant este. 



Hioiie Noble l'enpw^^ 
Vint au castel ou Renart ere: 



ISM ait » «. 159S Po tant . est {»' manqut à emtst ^unt 
t} 1594 s' mmtq»t «« 1607 oient 1610 pleingnent 1617 Le 



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46 Ib (Méon 11371—11406) 

Et TÎt molt fort le plassela, 
/ Les muTB, les ton, les roUefs, 

I 1625 Les fortereces, les donjons : 
l Si haut n'i treesbt uns bozons. 

Vit les trenofaeea et les murs 
Fors et espea et hauz et durs. 
TÎt les i)uernaux desus la mote 
1630 P^i 1a °u ^n entre en la crote. 
G«rde, si vit levé le pont 
Et la chaene cootremont. 
Li ohaatax sist sor une roche. 
Li rois tant cou il poet l'aproce, 
1685 Devaat la porte a pie deecent 
Et U baniagea ensemeot. 
Au chastel vieuent environ. 
Chasonn i tent son pavellon 
Et herbergent de totes pars. 
1640 Or puet avoir peor Renarz. 

Mes par asant n'iert ja conquis. 
Ne par force ne sera pris. 
Se txais n'est ou afamet, 13 

Ja ne sera par host grevez. 
)04ft Reoart fu bien en sa vigor. 
Hontes s'en est en son la tor : 
Si vit Hersent et Ysengrin 
Qui sont logie desos un pin. 
A hante vois lor esoria 
16&0 'Sire conpaing, antendes ca! 
Que vos senble de mon càatelF 
Vêlâtes vos onques si bel P 
Dame Hersent, oonment qu'il prenge, 
Ge vos ai foie la vendenge : 
1669 Et moi ne oaut, s'iries en est 
Li cox, li jalox qui vos pest. 
Et vos, BÎre Tyberz li chaz, 
Qe vos fia oheoir en mes laz. ' 

un qriuux orote 1630 nonte 1834 pot lfl40 pot 1644 p 
1646 desui 1656 toi 



, Google 



la (Hion 11407—11442) 

Ainz qa'ifiaisBiez de la prison, 

1660 Ëûstee vos tel livroisoD: 

Tex cent ooub quit que vos ouetea 
Que Ttn ne eve n'i botistoa. 
Et Tos, misîre Brun li ors, 
Qe vos fis ja prendre tel oora, 

I66& Quant TOussistes le miel manger, 
Bien Tos i quidai damacher : 
Tos i laissastes les oreilles 
Si que tuit virent les merveilles. 
Et TOB, miaire Chantecler, 

1670 Je vos fis ja ai haut chanter: 
Que par celé gorge vos ting. 
Vos m'eschapaatea par engin. 
Et vos, dans Briohemers li cers, 
Je vos tÎDg ja dedenz les ners. 

1675 Par mon engin et par mon los 
Perdistea de la pel del doe 
Trois coroiea que ohen vos fireot; 
Molt a ci de oels qui le virent. 
Et vos, sire Pelés li ras, 

1680 Cle vos fia ja caoir es laz, 

Qui bien vos estreindrent la gorge, 
Quant vos alastes mengier l'orge. 
Et vos, miaire Tiecolin, 
A vos di ge, par seint Uartin, 

1686 Je vos fis ja mon ju poTr, 
8e bien ne soflaeîez foir, 
Tos i laissbsîez vostre gsje. 
Quant je vos toli le formaje 
Que je mangai a molt grant joie 

16f0 Por ce que mester en avoie. 
Et vos, Rossaus li eecuireiu, 
Ge vos fia ja de molt granz delà, 
Quant je vos dis qu'estoit jurée 
La pee et bieo aseûree. 



ICW qoiMiMiea 1S64 oel 1B68 mb 1669 chant' l«?0 han 
mt dMant 1680 el lu 16S1 eilreindent tSSS L )• b. 1693 que eatois 



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48 I* (Héon 11448-11479) 

1690 Del ceaae tob fis je descendre, 

Icfl T08 quidai ge cher vendre. 

Par la coue vos ting as denz, 

Molt fuates trietreB et dolenz. 

Qu'iroie je fesont lonc conte P 
1700 N'i a celui n'aie fet honte. 

Encor en quït je fere asez 

Âinz que cist moia Boit treapaues. 

Qar j'ai l'anel en ma sesine 

Que me doua ier la rolne. 
170& Bien sachez tuit, se Renart vit, 

Tel le oonpeira qui nel vit.' 

'Renart, Renart' dit li lions, 

'Molt par est fora vostre mesons: 

Mes n'est ai fors ne l'aie asisse, 
1710 N'en tornerai, si sera prise. 

Et d'une rien vos ascâr, 

Qu'a mon vivant le sege jur. 

Ne por pluie, ne por orage, 

N'en tornerai en mon aage: 
171& Anchois iert li eastaz rendus 

Et vos par* la gule penduz.' 

'Sire, sire' ce dit Renart, 

'Einsi esmaie l'en coart: 

Qar j'ai caiens ases vitaille, 
I7â0 Ne quit devant set ans me faille. 

Et anchois que il soit rendus. 

Vos sera il molt chers vendus. 

J'û ases capons ot jelinee. 

Et aaes bestes armelines. 
17S5 Bi ai assez oes et formaches: 

QroBsea brebis et grosses vaches. 

En oest eostel est la footene 

Qui ases est et clere et seine. 

Et d'une rien me puis vanter, 
1730 Ne puet tant plovrâr ne venter, 

16»6 oher] bien 1607 P« tig 1699 que iioiga 17CW < 
1707 De.B. 1714 mm 17S4 QrosM 1780 pot 



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la (Méon 11479— 115U) 



Se l'eve chaoit ciel ciel tote, 
Que ja cliaens n'eu caroit gote. 
Ciat cbaatax est si bien assis, 
Ja par force ne sera pris. 

lïâS Or vos sees, je m'en irai, 
Travelliez sui, si mangerai 
Âvoc ma feiiie la cortoise. 
Se jeûnez, pas ne m'en poise.' 
 icest mot jus s'en avale, 

ITJO Par un guicet entre en la aale, 
La nuit se dorment cil de l'ost, 
Et lendemein se lèvent tost. 
Ses barons fait li rois veuîr. 
'Or tost" fait il, 'del asaiUir 

ITj.i Nos estovroit aparellier, 

Qar cest laron veoil desrochier. 
A. icest mot s'eslessent tuit. 
Au castel vieneat de grant bruit. 
Li aaaus fu molt mervelleus, 

nso One ne vît nus si perilleus: 
Dos le matin dusqu'a la nuit 
Ne fîaerent d'asaillir tuit. 
La nuit les a fait départir, 
Yont s'eut, si laissent l'asaillir. 

17M Et lendemein après mangier 
Reconmenoerent le mestier. 
Odc nel pourent de tant grever 
Que piere en poissent ester. 
Bien i fu demi an li rois, 

IT60 Reuart n'i pert vaillant un pois. 
Onques n'i furent un sol jor 
Que n'asaillissent a la tor, 
Mes ne la purent enpirier 
Dunt el vausist meins un denier. 

1765 Un soir furent molt travellic 
Et d'asailLir molt anuie, 



1733 b. g«mii 1748 brut n.iO ui 1751 la m. n^iie 
I7ST nea 1758 poUt 17B2 iiBBsiUireiit 1764 ualut 

BKXAKT I * 



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U [Méon liai»— 11550) 

ChascuDs se jut Boarement 

Ed sa loge molt longemeot. 

Et la roïne fu iree 
1771) Et vers lo roi molt cotecee, 

Si. va cocher a une part: 

Ataiit es vos venir Renart 

De son castel molt coiement, 

Yit tes dormir sourement, 
1775 Chascun giaoit dessoE ud cesne, 

Ou fou, ou tremble, ou charme, ou fresne. 

Renart a bien chascun loie 

Ou par la coue ou par le pie. 

Molt par a fait grant diablle, 14 

i7H) A chacun arbre le suen lie, 

Nea lo roi lia par la couo, 

Grant merveille est se il desnoue. 

Puis si s'en vint par la roïne 

La ou ele gisoit sovine: 
1785 Entre les janbes lî entra. 

Celé de lui ne se garda, 

Bien cuîda que ce fust li ber, 

Q'a lui se voussist acorder. 

Or poez oîr grant merveille, 
1790 II H fist et ele a'esveille. 

Quant vit que Renart l'a traie 

Si s'esoria tote esbahie, 

Et ja eetoit l'aube crevée, 

Li jorz granz et la matinée. 
170.~i Por le cri sont tuit estormt 

Cil qui estoient endormi: 

De Renart le rox s'esbahirent 

Qaut avec la dame le virent, 

Et por ice qu'il li fesoit 
18Un Tel jou qui pas ne lor plesoit. 

Tuit eBcrient ''levez, levez, 

Et cel prive laron pemez!' 



17tJ5. 1786 iWinvHi'd 1787 fu 1800 que 



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la (Moon tiasi -It&SSJ 

Mie sire Nobles en piez saut, 
Et sache et tire: ne lî vaut. 

iï-05 Par pou la coue n'a roupue, 
Orant demi pie l'a estendue. 
Et li autre sacbent et tirent, 
Par pou li cul ne lor descirent. 
Mes daa Tardif li limaçon, 

1810 Qui soit porter le gonfanon, 
Oblia Renart a loter. 
Cil cort les autres desloier, 
Tret l'espee, si les desnoe, - 
A chaecun coupe ou pie ou coue: 

Iftlô Del desloier s'est si hastez 
Qu'aaes i ot des escoez. 
Ainz que tuit soient desnoe 
Sont li plusor tuit escoue. 
Envers lo roi s'en vienent tuit 

1820 Si cum il pueent de grant bruit. 
Et quant Renart les vit venir, 
Si s'aparelle de foir. 
En ce qu'il entre en sa tesniere 
Le saisbt Tardis par derrei'e, 

1826 Par un des piez ariers le tire, 
Molt se contint bien conme sire. 
Atant i vint li Rois pognant 
Et tuit li autre esporonaat, 
Et dan Tardis qui Reuart tient, 

1830 Lo roi te rent qui devant vient. 
De totes pars le preuent tuit, 
Tote l'ost en fremist et bmit. 

Estez vos que Renart fu pris, 
Molt en sont lie cil du paîs. 

if-B^ As forces le meinent por pendre, 
Li rois n'en volt raencon prendre. 
'Sire' dist Ysengrin au roi, 
Por amor deu" bailliez le moi : 



IS04 turae 1809 tardU li 1818 pluaor] autre 1619 i' 
Bi«iKt 1824 Les s. R. p. d. I)i25 lun le mnnqun 183f> 
1827 i manqu* 1830 uent 1832 frémis 1885 nieine on p. 



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52 la (M'on Il,>89— 11624» 

Et j'en prendrai si grant veachance 
1840 Qu'en le saura par tote France'. 

Li roia n'en velt fere neent, 

De ce sont tuit lie et joiaat. 

Les elz a fait Renart bcnder, 

Li rois li priât a demander: 
:c<ld 'Renarz, Renarz' dist li leons, 

Ci voi de tex escorpions 

Qui vos vendront encui l'outrage 

Que fait avez en vostre aage, 

Et le déduit de la roïne 
igrrfi Que teoiez iui sovine: 

De moi honir vos vi tôt prest. 

Mais je sai bien conment il est. 

Or parleroD d'autre Bernart: 

Si vos metron el col la hart.' 
iSJO Danz Ysengrin en piez se drece, 

S'aert Renart par la chevece, 

Del poing li done tel bufet, 

Del cul li fait salir un pet. 

Et Brun l'aert par le cbaon, 
m .1) Les denz i mist dusqu' au braon : 

Et Roeuax parmi la gorge 

Trois tors li fetfere en un orge. 

Tiberz H chaz gite les denz 

Et les ongles qu'il ot ponnanz, 
1865 Sesist Renart au pelicou. 

Bien li valut une fricou. 

Tardb qui porte la banere, 

Li a done une cropere. 

Tant veïssoz bestes venir, 
l8'0 Li tierz n'i pnet pas avenir. 

Tant en i vient parmi la me, 

Qui n'i pnet avenir s'i me. 

Dan Rnnarz qui le secle engigne, 

Fiert meinte beste et hocepigne 

ltl31t uenliance IK4e loi 1851 te ui molt p. 185S Quftnt 1B5T 
piiig ItUiJ mul 18<î4 qui ot 1S4>5 R. par le | ilcon 1866 unes 1870 pot 
1673 pout r.<uu 1B74 liace | igae 



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U (Héon 11625—116601 53 

1875 Ne set aos ciel que fere doie. 

Molt crient que morir ne se voie: 

Renart n'i a voit nul ami, 

Tuit li estoient enemi. 

Bien sares tuit certeinement 
1880 Ceate parole apertemeat, 

Que puÎB que hon est entrepris 

Et par force loiez et pria, 

Bien paet l'en veoir au besoing 

Qui l'eime et qui de lui a eoiog. 
1885 Por dan Kenart que l'en devaure 

Pleure G-riubert et prie et oure : 

See parens ert et ses amie, 

Loie le voit et entrepris: 

Ne set oonment il le reqoe, 
IfUO Que la force n'est mie soe. 

Pelez li raz s'est avanciez, 

Encontre Renart s'est lanciez: 

Entre lor piez chet en la foie. 

Renart l'aert parmi la gole, 
1685 Entre ses braz forment l'estreint 

Uorir l'eatot, si le deatreiut. 

Onques nus d'ous ne s'en garda, 

Ne nel vit, ne nel regarda. 
Madame Fiere l'orgillouse 
1900 Qui molt est prous et mervellouee , 

S'en est fors de la cambre issue. 

De dol fermist tote et treaaue. 

Que por Renart, que pur l'anui 

Que l'en li a fait ai grant hui. 
iWb Del don del anel se repent, 

Qu'ele set bien certeinement, 

Qu'ele en aura contrere ases. 

Quant cist aferes ert passes. 

Mes n'en velt fere nul aenblant. 
1910 Son petit pas s'en va ambiant, 

I87& KM tB80 pot 1686 p o. (s'inz et| 1897 ne se tard» 
16»» L*. ilaiH 1901 8e est 1910 «nant 



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I& (Héon 11661— 11696) 

Devant Grinbert s'est areatee, 
A lui parla conme seaee. 
'Sire Grinbert' dist la roïne, 
'K&T vît Benart son fol convine 

1915 Et sa folie et son otrage : 

Hui en reçoit molt grant damage. 
Si voa aport ici un bref, 
Kus n'a poiir de mort ai gref. 
S'il l'avoit par boue créance, 

1920 Que ja de mort oust dotance. 
Se dan Renart l'avoit sor lui 
Ne doteroit la mort mes bui, 
Ne por droiture ne por tort 
N'fturoit mes hui poor de mort. 

1025 Dites de par moi le reçoive 
Baset que nue s'en aperçoive, 
Que grnnt pitiez me prent de lui. 
Gardes nel dites a nului. 
Go nel di pas por lecerie, ^ 

iStJO Se des me doinst bone escherie! 
Por ce qu'il est bien afaitiez 
Me poise qu'il est doshaitiez.' 
Grinbert respont 'douce honorée, 
Franche roïne coronee, 

1935 Cil qui haut siet et de loïug mire, 
Et de toz biens est rois et sire. 
Qui t'a mis en si graut bonor, 
Icil te gart de deshonor! 
Car s'il en puet estordre viz 

1040 Encor sera molt voetre amis.' 
 icoet mot le bref li tent. 
Et Grinbert volentiera le prent, 
Et la roine li conseille 
Molt priveement en l'oreille 

11145 Que quant Renart ert escapez 
De ce dont il est entrapez, 



1911 areate 1919 ar»Mce 1927 men 1928 nul hui 193S 
lo'g 1936 bien 193» pot 1M6 dont 



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Que i) ne lest en ouïe guise, 
Por l'anior (jue il a prembe, 
Que il a li parler ne voîse 

1960 Priveement et sanz grant noise. 
A icest mot se départirent; 
Si eoemi Renart mar virent. 
La hart li ont ja el col mise, 
Ja fust molt près de Bon joïae, 

iKtii Quant Orinbert aes cosins i vient 
Et voit Renart qa'Ysengrina tient. 
Trerc le velt aa forces sus, 
Li antre ae sont tret en sus. 
Dant Grinbert parla hautement 

]9bO Et oiant toz oomunauroent 

'Renart, sauz nule autre devise, 
Hui estes venus a joïse, 
Par ci vos en convient passer. 
9i vos doûssiez confesser 

I9t)5 Et fere lez a vos enfanz 

Dont vos avez trob bauz et janz.' 
'Vos dites bien" ce diat Renart. 
'Bien est que il aient lor part. 
Mon castel laiz mon 61z l'aînz ne 

1970 Qui ja n'iert pris par ome ne : 
Mes tors, mes autres fortereaces 
Lerai ma feme as cortes tresces : 
A mon filz l'autre Percehaie 
Lerai l'essart Tibert Fressaie 

1976 Ou il a tant soriz et raz, 
Il n'en a tant jusq'a Aras : 
Et a mon petit filz Rovel 
Lairai l'essart Tibaut Forel 
Et le cortil detrers la grance 

I9S0 Ou a meinte jeline blance. 
Ne lor sai plus que départir, 
I>e ce se poront bien garir. 



1956 que. y. 19S0 oiani 1961 hftntre 1970 Que 1774 

3ie i»76 fliz petit 1979 grange 



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U (HêoQ 11737—1177!) 

KÎDsi lor devis ci lor laiB 

Que loi devant toz lor laia.' 
1983 'Près est' diat Qrinbert, 'vostre fins. 

Et ge Bui près voatre coùns: 

De Toetre avoir aucune rien 

Me relaiseiez, si ferez bien 

Et si ferea molt grant savoir.' 
199() Renart reapont 'vos dites voir, 

Et se ma feme se marie, 

Foi que devez seinto Marie, 

Tôles li quanque je tî les 

Et si teues ma terre eo pes. 
IV»6 Qar molt m'aura toat oblie 

Puis que me saura dévie. 

Aioz que Tibaut aoit crestiens 

En aura un en sea liens. 

Qar qaot li om est en la bière, 
2000 Sa feme esgarde par deriere, 

S'ele veit home a son plaisir, 

Ne puet pas son voloir teasir, 

CoD plus recoie et va tremblant, 

Qu'il ne 11 face aucun seablant. 
3O0.'> Tôt autretel fera la moie, 

Jusqu'au tiers jor raura sa joie. 

Se mon eennor le roi plesoit 

Et une chose me feaoit 

Qu'il voussist que je fusse moines, 
2010 Reclus hermites o cauoines, 

Et me laîssaet vestir la baire, 

Certes ce li devroît molt plaire, 

Cest mortel seicle et ceate vie 

Latroie, plus n'en ai envie.' 
3015 Diat Ysengrin cuiverz traîtres, 

Et que est or ce que vos dites P 

Tante guenohe nos aves faite, 

Quel trealue nos avez traite! 

1993 deuiie oi 1986 pus 2002 pot 20IU Q'I 200eJuaqua 
2010 R. ou h o 2016 quaet 



, Google 



la H«oii 11773-11808) Oï 

En T08 auroit bêle persoue, 
9030 S'avieez veetue la goQe. 

Ja dex ne doinst le roi oDOr, 

S'il De Toa pent a desonor. 

Et s'il ne vos en aeeûre. 

Qar la harz est Tostre droiture: 
2029 Qui de mort vos reapiteroit, 

James mis cuers ne l'ameroit, 

Cil qui lafon a pendre areste, 

Toz jors het mes Ini et son estre.' 

Ce dit Kenart 'sire Yaengrin, 
2080 Or seront vostre li cemin. 

Ëncor est dex la ou il selt, 

Que tez ne pèche qui s'en delt.' 

Ce dist li rois 'pensea del pendro: 

Car ne puis mie tant atendre.' 
S0B5 Ja fust pendus qui que a'en pleîgne, 

Quant Renarz garde aval la pla^e: 

Si vit une grant chevaucie 

Ou meinte dame aroit trie: 

Et si ert la feme Renart 
'jnio Qui vint pognant tôt un esaart. 

Molt par venoit hastivement 

Mervellos dol va démenant. 

Si troi fil pas ne s'atardoient, 

Atoc le grant dol qu'il faisoient: 
2045 lior chevoz ronpent et detirent, 

Et tote lor robe descirent; 

Tel noisse font et tel criée 

Qu'en les oist d'une liuee. 

Ne venoient pas bêlement, 
3030 Ainz chevauceot isnelement : 

Un sonder tôt cargie d'avoir 16 

Ameinent por Renart avoir. 

Ancois qu'il ait oQ confesse, 

Ont cil deronpue la presse, 

t32 aenl ne 2036 garde manque 2040 eaoart 2043 doî 
« 2053 qae il 



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bo U (Héon 1I8D9— 11844) 

2055 Qui vienect par si grant dearoi, 
Que choii sont as pioz lo roi. 
La dame s'est tant avancie 
Que avant toz s'estoit lanoie: 
'Sire, merci de mon segnor 

2060 Por deu le père creator! 
Oe te doDrai tôt cest avoir 
8e do lui vels merci avoir. 
Rois Nobles choisi )e tj'csor 
Devant lui et d'argent et d'or. 

2065 Del avoir fu molt covoitoz 

Et dist 'dame, foi quo doi vos. 
Renart n'a pas vers moi bon plet: 
Q'a mes ornes a trop mesfet 
Que nus ne vos poroït rctrere. 

2070 Por ce en doit on vengance fere. 
Quant de sou mesfet ne s'amende. 

(Bien a deaervi qu'en lo pende. 
Ce me dient tuit mi baron 
Q'as forces pende le laron, 

2075 Pt por voir se je ne lor ment, 
Pat tens ert livres a torment'. 
'Sire, por deu en cui tu croiz, 
Pardone li a ceate foiz.' 
Li rois respont 'en deu amor 

2030 Por vos li pardong a oest tor. 
Et si vos ert par tel rendus 
Q'au premer mesfait ert pendus.' 
'Sire' fet ele, 'et je l'otroi, 
Ja ne sera recuis par moi,' 

2085 Atant le firent desbender. 
Li Rois l'a fait atant mander 
Et il i vient toz ealesaiez, 
Les menuz sauz joianz et liez. 
'Renart' fait il, 'gardes vos mes! 

2090 De ci aves vos ore pes : 

2055 u'^nent 2058 i:^aM 2062 uelt 206» ne 
que len le. 2U85 desUei 2089 qob 



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U iH^on U845— 11880) 

Mes quant voa me forfcrea primes, 
Vos revendroa a co meïmea.' 
'Sire' fait il. 'dex m'en dcsfende 
Que je ne face qu'en me pende.' 

'JUtlj Ortint joie fet a sa niesnie 

Que devant lui voit ameisnie: 
Celui bese et cestiii enbrace, 
Car ne voit chose, tant li place. 
Quant Ysengrin le vit délivra, 

2100 Lors vonsaist roels morir que vivre, 
(îrant poor ont trestuit de lui 
Qu'il DO lor face encore ennui: 
Si fera il, se dex li done 
Que il voie ou vespres ou noue. 

SI05 Tomer s'en voidrent par derere, 
Quant li rois vit par la chatière 
Et voit venir par une adrece 
Une bière chevaletece : 
' Ce estoit OliRuve la soriz 

3110 Et Pelez li raz sez mariK 

Que dan Renart ot estr»ngle, 
Quant desoz lut l'ot emtngle. 
En Ih compai^ne dame Chauve 
Estoit sa aor ma dame Fauve 

2115 Et dix que frères que sorors. 
Au roi vieneut a granz clamors 
Que lîlz que filles bien quarante, 
D'autri-s roaiits plus de sesante. 
De ]a noisse que il meooieDt 

2130 Trestut cusi con il venoient, 
Trestos H airs retentissoit 
Et toz li eielz en fermissoit. 
Li Rois s'est très un poi sor deatre 
Por savoir que ce pooit estre. 

2l£> Entent le cri, entent la noise. 
Or n'a talant que il «'en voisse. 



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I yitéoD 11881—11816) 

Quant Reiiart ot le duel venir, 
De poor conmence a fermir: 
Grant poor a de celé bere. 

•iViO Sa feme en envoia arere 

Et Ba mesnie et ses enfans, 
Mes il remost li sosduianâ. 
Molt coiement lèsent de l'oat. 
A lor chevaus en vienent tost: 

2135 Renart remeint eo aventure. 
La bière vient grant alcure: 
Ma dame Chauve par la presse, 
Ou voit le roi, forment s'eeleâse, 
'Sire merci' fet ele en haut. 

2140 A terre chet, li cuers li faut. 
La bière chet de l'autie part. 
Trestuit se eleiment de Renart 
Et font une noise si g:rAnt 
Qu'en n'i oïst pas deu tonant. 

3149 Et li rois ai volt Renart prendre, 
Mes il ne le volt pas atendre: 
Aîns s'en foT, si tist que sages, 
Que près li estoit ses damages. 
N'avoit que fore de loue conte. 

•2V*) Desus un grant cbesne s'en monte. 
Apres lui vont tuit aroute. 
Soz le cliesne sont areate, 
Le itege metent environ, 
N'en descendra se par ris non. 

2i5fi Li rois i vient, si lï c^Dmande 
Qu'il aille jus et si descende. 
'Sire, ce ne fera je mie 
Se tes barnages ne m'afie 
Et vos ne m'en livres osta<;ea 

3100 Que ne m'en vendra nua damages. 
Car je voi molt, ce m'est avis, 
Entor moi do mea enemis: 



2189. 2l:tO inUretrliê 2130 f. a enuoie s. 2150 Dpsni 

215] lui] i 2152 «restu 2160 Q' ne mendm 



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la (iSf-oa 11917—11814) 

Se chascuD mo tenoit a ploiD, 
Il me doDroit tôt el que pain. 
-21U5 Or vos tenca la jus tuit coi, 

Contas d'Auchier et de Lanfroi! 
Qui set Doveles, si les cont: 
Ge l'opirt bien de ea amont.' 
Li i-oU oï gaber Renart, 
9IT0 De maltalent fuimist ei ait: 
Dous cogniez fait aporter. 
Le cbesne prennent a coupiT. 
Reuart a grant poor oiio 
Quant ici'ste chosse a veûe. 

ans Los barons voit toz areiigiez: 
CiiAdCun ateut qu'il soit vengiez. 
Ne set couineot s'en puisse aler. 
Un petit priât a dévaler, 
En son poing tint une grant roclie, 

aiso "Voit Isengrin qui si l'apioclie. 

Oiez con par fet ^rtint meiveillo! 
Le roi en fiert delez l'oreille: 
Por cent mars d'or no ce tenist 
Li rois q'a terre ne eliaîst. 

218Ô Tuit It baron î acorurent 

Entre lor bras le soconirent. 
Ëndementrea qu'il entondoient 
A lor 81'gnor que il tunoient, 
Roonrt saut jus, aï tornc en fuie. 

2l»a Quant che virent, cbascun le huio, 
Et dient tuit si con il sont, 
Qne jamais jor nel chacei ont. 
Car ce n'est pas chose avenable, 
Ainz est un raim de vif diable. 

2193 Or est remeis H ohaceîz. 
Fuiant va vers un pUaseîz. 
Lo roi cnportent si baron 
Droit ol palais de sa raeson. 
Huit jors se fist li rois seigner 

2^011 Et sejorner et haiesier, 



2164 'loDrunt 2179 poig moche 2180 que 2199 Un i< 



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la (Méon 11955-11986) 

Tant qu'il revint en la aaote 
Ou H avoit devant este. 
Et Renart oinsi a'en eechape. 
Des or gart bien cha^cun sa cape! 



2205 Li rois a fait son ban crier, 
Par tôt plevir et afier 
Que qui porra Renart tenir, 
Que ja nel fâche a cort venir, 
Ne roi ne conte n'i atende, 

2210 Mes meJntenant l'oei ou pende. 
De tôt cou fu molt pou Rennr:. 
Fuiant s'en va vers un ossart. 
Son petit pas s'en va tendant. 
Environ lui va regardant: 

221» N'est merveille s'il se regarde, 
Qui de totes bestes a garde. 
En son un grant tertre s'sreâte, 
Tera Orient torne sa teste. 
. Lors dist Renart une pruiere 

2220 Qui molt fut pressiouse et chîere, 
'Ue dex, qui itieins en' trinite, 
Qui de tans perilz m'na jeté 
Et m'as soufert tans main a fere 
Que je ne doûsse paa fere, 

3225 Qarde mou cors d'ore en avant 
Par le tien seint conmandementl 
Et si m'atorac en itel guisse, 
En tel manière me devise 
Qu'il ne soit beste qui me voie, 

22'K> Qui sache a dii-e que je soie.' 
Vers Orient sa teste cline, 
Granz colz se doue en la poitrine. 



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Ib {.Stfon 11987—12022) 

Drece na poe, si ae aetgue. 

Va s'ent le plein et la montegne. 

2333 Mf?a de feio aofre grant deatrecc 
Euveis une vile s'adreche 
Kn la meaon d'un teinturier 
Qui molt savoît de son meat«r. 
Sa teinture avoit destemproe 

2240 Au miel7. qu'il pout et atrenipee. 
Faite l'avoit por teindre en janne. 
AU-z fu querre une droite aune 
Dont il voloit son drap auner 
Qu'en la cuve voloit jeter. 

-i-J-15 Laisaiee l'avoif descoveitc. 
Et la feneatre estoit overte, 
Dont il veoit a aa teinture, 
Quant Irt feaoit ot nete et puro. 
Reoart dedenz la cort a'eu entre 

aa'iil Por proie quorre a nos son ventre: 
Le cortil a trestut cheicîe 
Et tôt environ reverchic. 
Ni puet trover rien qu'il ninnjuce. 
Parmi la feneatre ee muce. 

32.'ii> Renart n'i voit ame dedans, 
11 joint lea piez, ai atiilli en/. 
Eabahis fu quant vint en l'ombre, 
Oiez con li umufez l'enconbre. 
Malbaiiliz fu et decoCiz: 

'2-2iin Car dedenz la cuve est cous. 

Au foDZ va, mes pas n'i deniourc: 
lanelement resailli aonre. 
La cuve out auques de parfont, 
Par deaua noe qu'il n'afont. 

226.') Atant estes vos le vilein 

Qui l'aune tenoit en aa mein. 
Son drap a auner reconmence. 
Quant il oî Kenart qui tcnce 

3343 L»*i\f lauiiit a d. 224» lu 2250 a nao» 
; Eibahi 2261 met manque 2265 es u04 2267 



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61 Ib l.Méon 12028— I208OJ 

Por ce que oîesir s'en voloit, 
2270 Tant a noe. tôt se doloit. 
Li vileius a drecer l'oreille, 
Oï Eenart, molt se merveille. . 
A terre juta toe 8.8 droz, 
A lui en vient plus que le pa». 
2275 Rcnart choiaiat en la teinture, 
Pur lui en vint grant nleûrc. 
Ferir le volt parmi la teste, 
Qant il conut que ce fii beste. 
Mes Benart forment li eacrie 
nso Baus sire, ne me ferez mie! 
Je Bui b(!Ste de ton mester, 

Si te puis bien avoir moster. 
Sovent en ai eate lassez. 
Si un sai plus que toi asez- 
2285 Eneor t'en cuit ases apreudre 
De mealer teinture avoc cendre, 

Qiir ne sez conmont eu le fet,' 

Diat li vilein 'ci a bon plet. 

Par ont venistes ca dedenz? 
22911 l'or qoi entrasti^s vos caien?;? 

Ce liist Renart por atenprer - 

Geste teinture et atorner: 

C'est la costume do Paris 

Et de par tôt nostre pnîs. 
2295 Ore est ele molt bien a droit 

Âtornee tôt a son droit. 

Aidiez moi tant que je fors soie, 

Puis vos dirai que je feroie." 

Quant li vileina Renart entent 
2300 Et voit que la poe li tent. 

Par tel aïr le sache fors 

Par pou ne li a trct del cors. 

Quant Renart vit qu'il fu au plein, 

Trois paroles dist au vilein. 

2270 noe quo tôt »e il. 2289 ucnist -si entrastes 2290 l'ar 
2299 ooBtome 2297 iei 8301 leasaohc 



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Ib (H£oD 12061~12096j 

2303 'Prodom, eoteot a ton afere, 

Que je n'en sai a nul chof trece. 
Mes en ta cuve iere aailliz, 
A poi ne fui molt malbailliz. 
Car BÏ m'ait selnz esperiz, 

2310 Noiez i dui eatre et periz: 
Orant peor ai ou del cors, 
Dex m'a eidie quant j'en suî fors. 
Ta teinture est molt bien pernanz, 
Jaunez en sut et reluisanz. 

331S Ja ne serai mes coneiiz 
ËD Ion ou j'ai eete veuz. 
Molt par on sui liez, dex le set, 
Que trestoz li siècles me het. 
Or remauez, car je m'en voiz 

•iSiû Querre aventure par co bois.' 
A iceHt mot de lui se part 
Fuiant s'en vaît vers un essart: 
Molt se regarde, molt se mire, 
De joïe conmenca a rire. 

332& Fors del chemin les une haie 

Toit Ysengrin, molt s'en esmaiu, 
Ou il atendoit aventure, 
Qar fein avoit a desmesure. 
Mes molt par estoit granz et forz. 

333) 'Las!' dist Renart or sui ge morz. 
Qar Ysengrin est fors et cras 
Et je de fein megres et las. 
Molt en ai Bosfert grant angoisse. 
Ne quit pas qu'il me reconoisso: 

2ffîâ Fors q'au parler (ce sa je bien) 
Me conostra sor tote non. 
G'irai a lui, a que qu'il tort, 
S'orrai noveles de la cort.' 
Lors se porpense en sou corage 

2840 Que il changera son langaje. 

2307 ooDue 2312 ie 8. 2320 cea 2321 Respar 
(•iite 2S34 qw il 



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Ib (Méon 12097— 12131Î) 

'Yeengrin garde celé part 

Et voit venir vers lui ïteaart. 

Drece la poe, ai ae aeigne 

Âncois que il a lui parveigne, 
2816 1*1)18 de cent fois, si con je cuit; 

Tel poor a, por poi ne fuit. 

Qant ce out fet, puis si a'areste 

Et dit que mes ne vit tel bestc, 

D'estrangea terres est venue. 
2iJjO Ez vos Renart qui le salue: 

'Godehelpe' fait il, 'bel sire ! 

Mon saver point ton reaon dire.' 

Et dex saut vos, bau doua amisl 

Dont estes vosP de quel païa? 
3355 Vos n'estes mie nés de France 

Ne de la noatre conaoisaanoe.' 

Nai, mi aeignor, maia de Bretaing. 

Moi fut perdez tôt mon gaaing 

Et fot ccrchier por ma oonpaing, 
SSitO Non fot mes trover qui m'enaeing. 

Trestot France et tôt Engleter 

L'ai cercbiez por mon compùng qer. 

Demorez moi tant cest païa 

Que j'avoir trestot France pris, 
2365 Or moi volez torner arier, 

NoD saver mes ou moi le quier. 

Mes torner moi Paris ancois 

Que j'aver tôt apris francois.' 

'Et savez vos neiaun meatierP' 
2a70 'Ta, ge fot molt bon jogler. 

Mes je fot ier rober, batus 

Et mon viel fot moi toluz. 

Se moi fot aver un viel, 

Fot moi diaer bon rotrucl, 
2373 Et un bel lai et un bel aon 

jfor toi qui fu semblés prodom. 

Ne fot mangie deus jors entere, ^ 

Or si mangera volenters.' 
362 conpaig 2370 molt manque 2371 rob«rt 23TT jor» mntijfH* 



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Ib (Méon 12137-12174) fi7 

'Goament se nonP' dist Tsengrin. 
2380 'Moi fot aver non Oalopîa. 

Et TOB, conment, sir bel prodomP' 
Frère, YeeDgrin m'apele l'on.' 

'Et fot vos nez en cest contre F' 

'Oïl, g'i ai meint jor este.' 
2385 Et aaver tn del roi novel?' 

'Por qoiP' Tu n'as point de viel? 

Je fot servir molt volenter 

Tote la gent de ma mester. 

Qe fot savoir bon lai Breton 
2390 Et de Merlin et de Noton, 

Del roi Artu et de Triatran, 

Det chevrefoi), de stànt Brandan.' 

*£! ses ta le lai dam Iset?' 

Ta, ya: goditoët, 
3909 Oe fot saver' fet il 'trestoz.' 

Dtst Yseogrin 'tu es molt prous 

Et si ses molt, si con je croi. 

Mes foi que doiz Arta lo roi, 

Se tu veTs, se dex te gart, 
2400 Un ros garçon de pute part, 

Ud losenger, un traTCor 

Qni envers nullnî n'ot amor, 

Qui tôt decoît et tôt engigneP 

Bamledex doinst q'as poinz le tiegne! 
2406 Avanter escapa lo roi 

Par son engin, par son bofoi, 

Qui pria l'avoît por la roïne 

Que devant lui tenoit sovine, 

Et por autres forfez asez 
3410 Dont onc ne pot estre lassez. 

Tant m'a forfet que je voldroie 

Que il tomast a maie voie. 

Se gel pooie as poïnz tenir, 

Molt tost le convendroit morir: 

2379 k non 2390 fait 2361 «ire 23S7 mot volenters 2389 
brttor 2391 Et del 2392 branJam 2394 ;. a. j. a godrooet 2399 uoiz 
240? nul hiii 2404 poing 2407 Que pris suoit 2410 on 2413 pajiui 



Ib (Méon 1217.^-122121 

2415 Li rois m'en a done cOQgie, 

Bien conmande et otroie.' 
Rtsnart tenoit le chef enclin. 

'Par foi' fct il, 'dant Ysengrin, 

Malves lécher, fot il devez? 
242U CoDDient fot il a non pelez P 

DîtcB nos eonment il a non, 

Fot il donquea pelez ÂttnonP' 

Ysengrin rist, «juant il ce ot, 

Et por le non d'Aanon B'esjot, 
2436 Uolt l'amaat mets que nul avoir. 

'Volez' fait il 'son non savoir?' 

'Oil; conmeot fut il pelez P' 

'Renart a non li desfaez. 

Toz nos decoit, toz nos engigne, 
3l3() Dex doinat que go aa poinz letîegne! 

De lui seroit la terre qnite. 

Sa part en aoroit molt petite.' 

Toz fot il malement tornez, 

Se fu le foz aver trovez. 
■2i6'j Foi que devez le saint martir 

Et aeint Tomas de Cantorbir, 

Ne por tôt l'or que dex aver 

Ne fot voloir moi lui aambler.' 

'Vos aves droit' diat Tsengrin. 
3410 'Ne vos gariroit Apollin, 

Ne tôt h ora qui aoit en terre, 

Quo jamea nos moiisaies gerre. 

Mes ur me di, baus doz amis, 

Del mestier dont t'es entremis, 
2445 9es en tu tant servir a cort. 

Que nul joglerea ne t'en tort. 

Et que n'en Boies entrepria 

Par nul qui soit en oest paTsP' 

'Par mon segnor aeint Jursalen, 
2450 Ne fot itel troves oan.' 

'Donques t'en ven avoquea moi 

Et je t'acointerai au roi 
2480 ge mtmgut paini 2436 ohantArbir 2447 Et matigu* 



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ïb (Méon 1221S— 12249) ^ 

Et a ma damn la roînc 

Qui tant par est geate meschine, 
2455 Et je te Toi et bel et gent, 

Si t'aoointerai a la geiit. 

Et se tu Tels a oort veair, 19 

Ge te ferai bien retenir.' 

'Fotre merci' dist OaloptoB. 
34R0 'Je fot aaver molt bons chopins, 

Si fot eaver bon lecheri 

Dont je fot molt a cort chéri. 

8e pot aver moi un viel, 

Fot moi dieer bon rotruel, 
2466 Et fot un vers dit de ohancon 

Por toi qui fot aembler prodom.' 
Dist YaengrlD eez que tu fai? 

Vien t'eut, une riele aai 

Chea un vilein, que tote nuit 
2470 I asenblent si Toiain tuit. 

A ses enfanz en fet grant joie, 

N'est gueres nuiz que je ne l'oie. 

Par la foi que je doi seint Père, 

La viele est et bone et chère. 
3475 Se tu vieuz avoc moi a cort, 

Tu Tauras a qoi que il tort.' 

Ataut se metent a la voie. 

Anduî s'en vont et font grant joie. 

Dant Yseogrin ases H conte 
S4S0 Conment Renart li a fet hoate. 

Asez li conte en sou francois: 

Benart li respont en englois. 

Tant sont aie qu'il sont venu 

Tries la meson a un rendu, 
2485 Droit la u Yseugrin savoit 

Celui qui la viele avoît. 

Dedenz le cortil au vilein 

S'eu entrèrent anduî a plein- 

X4M tantfi par 24S9 Votre 2460 molt ] et 2483 fot ] b 
t46b Mmblv 2469 qui 24T8 «'maiiguc 2482 englea 2486 qu« 



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Ib (Héon 12249—12284) 

Le vilein ont molt redote, 

2400 Lez le paroi soat acoute. 
Il Tont eacoutant tote nuit 
Con li vileins fet aoa dedait. 
Quant li donuirB le va matant, 
Chocier s'en va de meintenaot. 

2403 Yaengrin a drece l'oreille, 
Puia ai regarde et oreille : 
Q'en la paroi un trou aroît, 
Plus a d'un an qu'il l'i aaroit. 
Et par une ai» qui ert fendue 

2500 ^it la viele au clou pendue. 

Souâent et ronflent molt forment 
Tant que il se vont endormant. 
Un grant maatins giat lez le feu, 
Delez la couce. ot fet son leu, 

2609 Par un petit au fou ne touce. 
Mes li essombres de la oouce 
Nel lataea veoir Ysengrin. 
'Frère' fet il a Galopin, 
'Atent moi ci, g'irai veoïr 

2510 Conment je la porrai avoir.' 

'Tôt fot moi aol' ce dit Renart. 
'Conment, es tu donc si coartF' 
'Coarz? nai voir, mes g'ai poor 
Par ci ne aoît par ceat oontor, 

2016 Se moi fot sol, ja fot portez, 
Por ce fot moi deaconfortez.' 
Tsengrin l'ot et si s'en riat. 
Ses cuera forment li atendrist, 
Et ai li dist 'en deu amor 

2520 One ne vi hardi jugleor, 

Hardi preatre, ne sage famé. 
Qant ele plus a, plus foreaue : 
Et quant ele a ce qu'ele velt. 
Lors quiert ce dont ele se delt.' 



i fenduee 2507 Ke 2510 le 2512 rat tu 2515 fos potes 
2522 forsene 2523 que ele 



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Ib (Méon 12285-12322) 

2525 Ce dist Renart qui aine n'ot loi, 
'Uant Yaengrin, en moie foi, 
Se fot ici celui Reaart, 
Ja fot il toz pendus a hart.' 
'Leissîez ester' dist Yaengriu, 
iSao Que je sai bien toz les cheminB, 
Mes or te aie ici a terre 
Et g'irai la viele qaerre.' 
Lors s'en vient droit a la feneatre 
Conme cil qui aavoit bien l'estre. 
2S3â Âpoia fu d'une courre, 
La nuit fu obliee a clore. 
Yaengrin fu montez en haut, 
Par la fenestre luiens saut. 
La droit ou la viele pent 
2540 9'en va tôt droit, ai la deapent, 
Si l'a son oonpaignon tendue, 
Et cil l'a a son col pendue. 
Eenart ae pense qu'il fera, 
Conment il le conchiera. 

2545 Ja bien' fet Renart ne m'avîengne, 
Se nel conclu, conment qu'il prengne.' 
A la fenestre droit en vient 
Au bastoonet qui la aostient. 
Le bastOQ cliae et ele clôt, 

^60 Et Ysengrin laiens enclôt. 

Quida, close fuBt par lui aole. 
Lors a grant pour de sa gole. 
Au aaut q'a la fenestre fist, 
Et a la noise s'esbahiat 

2Sft5 Li vileins qui ert endormiz. 
Sailli en piez toz estordiz, 
8a feme eacrie et eee enfanz : 
'Or suhI il a laroos caienz.' 
Li vileins saut, c'est sa costume, 

3GflO Au feu en vient et si l'alume. 



»27 rslUrt 2523 a »rt 2639 La d. la u 254» Qa^ 2548 .1. b. 
2S59. 2560 iHanqutiU 

nigiUrrlbyGOOglC 



1b (HioD 12323—12360} 

Quant Tsengrin le toH lever, 

Voit qu'il velt le feu alumer, 

Un petitet se tret arere, 

Par les DHches le prent deriere. 
2D65 Li Tileins a jeté un on. 

Li luastina Ta sempres oï: 

YBengrin prent parmi la ooïlle, 

Enpoint et tire et sache et roille, 

Trestot esrache quenqn'ii prent. 
2.^T0 Et Taengrin molt bien se prent 

Deriere aa naolies au vilein. 

Uee de ce avoit le cuer vein, 

Et aa dolor li engregnoit, 

Qar 1) chena ses coillea tenoit. 
2616 Tant se sont laiens travaille 

Qae Ysengrin ont escoille. 

Li vileins crie ses Toisina 

Et aes parenB ot ces costna: 

'Aidiez, por den l'esperitable ! 
2580 Caîenz converaent li deable.' 

Quant Ysengrin vit l'ub overt, 

Et 11 TÎlein felun ouvert 

A cuinnies et a macues 

Vienent corant parmi les rues, 
35fô Entre la porte et le vUein 

Fet Ysengrin nn aaut a plein. 

Si fort le liorte qu'il l'abat 

En une fange trestot plat. 

Des quatre pies fiert a la terre, 
2690 Ne set son conpaignon ou querre. 

Por les Tileina s'en ret faiant, 20 

Et cil le vont après hutaat. 

Le vilein troveut en la boe 

Grant et parfonde qu'il i noe. 
2696 Fors l'en ont tret a molt grant peine, 

D'un mois ne fu aa plaie seine. 
Ysengrin pas ne a'asoûre, 

377 T. OBcrie 2582 Es 2568 A* . . m 2064 «t maitgu* 



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Ib (Méon 12301—12394) 

Fuiaiit s'en Yot grant alelire. 
N'avoit cura de scijorner, 
SGOO Ancois coDmence a galoper. 
El bob se met par une sente. 
MoU est dolenz, molt se démente 
Por che qu'il a perdu la cboee, 
Mes a nuluî parler n'en ose. 

m^ Car se sa feme le savoit, 
James de lui cure a'auroit. 
Et -neporqant va s'eut graot oire, 
Or ne se set mes eu oui croire. 
Tant va et vient danz Ysengrins 

3610 Sentiers et voies et chemins: 

tFlle et gsrmente en son langa^, 
Far un petit que il n'enrage. 
Tant fet qu'il vient en sa lovere. 
Par l'uis s'en entre par deriere, 

2616 Sa mainie trove laiens. 

'Dex soit' fait il o vc» caienz!' 
Ne parla gueres hautement, 
Mes soavet. Dame Hersent 
Qui durement estoit aeae, 

œiO Au col li saut, sovent le bese. 
Et ai fil saillent, si l'acolent, 
Juent et gabent et parolent. 
Kes s'il seÛBsent tôt l'afere. 
Autre joie doQsent fere. 

2620 Quant ont mangie a grant loisir, 
Si parolent d'aler jesir: 
Et lora i ot raolt, oe sachez, 
Parle aioz que il fust coche. 
Molt grant pièce s'i arestut. 

3690 Hes ueporoc cocher l'estut: 

Hersent l'achole, ai l'enbrache, 
Et lez lui se jut fâche a face. 



2603 perdne 2MS nnlhiii ïOBe 2S0T Et mangue 2610 
m» 2611 garment 2618 Bornet d. ffi b. 2620 le 26SS Ml 
I 26S7 B. parle ce 2628 quil 2629 pie bî 2680 Ne mes poroo 



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Ib (H«OD 18396—12430) 

Et cil conmence a reûser 
Et durement a reculer. 

2S85 Mes ne li vault, si con je quît. 
Encore ora tel choBe anuit 
Dont il n'oâat ja ouïe envie, 
Qu'il u'avoit cure de sa rie. 
Hersent l'acbole et cil se tret 

2640 En sue, n'a aoin^ de aon atret. 
'Et qu'est or ce' fet ele, aire? 
Avez me vos coilli en ire P' ■ 
'Dame' fet il, et que volez?' 
"Si faites ce que vos solez.' 

2G46 'Qc n'en sui mie ore aiesiez, 
Mes desormes vos en tesiez.' 
Fet Hersent 'je ne m'en puis tere, 
Ainz vos covient la oose fere.' 
'Que ferai, vaP' 'Que te oovient, 

'28D0 Ce qu'a totes femes avient.' 

Taisiez' fait il : 'n'eu ferai mie. 
Or doflsBiez estre endormie 
Et avoir dit vo patrenostre, 
Que vigile est d'un seint apostre.' 

2605 "Sire' fet ele, 'par seint Oile, 
Ja n'i aura mester vigile. 
Se vos volez m'amor avoir. 
Fêtes en tost vostre pooir.' 
Dame Hersent forment le haste, 

2H60 II se trestome, ele li taste 
Hoc ou la coille aoloit 
Estre par raison et par droit. 
N'i trova mie de l'andoille. 
'Chetis' fet ele, 'on est ta ooîlle, 

3866 Qui ci endroit te soloit pendre F 
Tote la vos covient a rendre.' 
'Dame' fait il, 'je l'ai prestee.' 
'A. qui? 'Une nonein velee. 



Enlrt le« wrt 2flS4 et 2635 h m»c. intercale ran 
dnrenient > reiuer 2U1 ques ore oe 8646 en tnanqut 
8699 DNie 2660 t et «le 2665 Que 



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Ib (iléon 12131— I24fte) 

Qui en son cortil me fiât prendre. 

2670 Mes bien la m'afia a rendre.' 
Hersent respont de meintenant 
"Sire, ce n'est pas avenant. 
S'il î avoit trente fiances, 
Donea pièges et alianœs, 

3675 Si lairoit les pièges encorre. 
Alez tost, ne finez de corre, 
Et si dites a la nonein 
Qui fille est au conte Gilein, 
Que plus n'i demort n'i atende, 

2630 Mes tost Yostre coille vos rende. 
Qar s'une fois l'avoit sentie, 
Tost en auroit sa foi mentie 
AJnz que james la vos rendist. 
Si seroit droifi qu'en vos pendist, 

2685 Quant baillie la li avez. 

Bien voi que gueres ne savez. 
Molt m'avez morte et malbaillie, 
Quant une autre l'a en baillie. 
Mise m'avez en grant effroi, 

3090 Demein m'en clamerai au roi.' 
'Pute vielle' diat Ysengrin, 
'Demein vos viengne mal matin! 
Car vos taisiez, si vos dormez, 
Et mal jor vos soit ajomes! 

2696 Gardes bien que n'en parles plus.' 
Âtant Hersent del lit saut jus : 
'Filz a putein, meveb traîtres, 
Einsi n'en ires vos pas quites. 
Se ne m'estoît por un petit, 

2700 Ge vos trairoie fors del lit, 

Se dez me doinst demein veoir.' 
Atant s'en vait a l'uis seoir, 
Molt fort conmenofi a sopirer 
Et ses ce vola a detirer. 



M70 1m 2673 fianeez 2675 Uiriei 
M8S *. t M 3702 Belr 



26T6 oi>r« 2876 



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Ib (Héou 12467— 12S04) 

STOft Ses draa défont, eea poinz detort, 
Plus de cent fois s'ore la mort, 
'Que ferai mes, lasse cbative! 
Molt me pobe que je sui vire, 
Q'or ai perdu tote ma joie 

3710 Et la rieo que je plus amoie. 
Onques n'oi mes bï grant anui: 
Q'a je mes afere de lui? S 

Foie est qui delez lui- se oouclie, 
Qu*il ne valt mes ne q'une souche. 

2715 Je ne qui«r mes o lui cocher, 
Qu'en ne doit mes a lui toucher. 
Puis qu'il ne puet la chose fere, 
Q'ai ge donques de lui a fereP 
Mais aille ermites derenir 

2720 Et en un bois por deu servir: 
Qar bien sai qu'il est couchiez, 
Quant de la coille est dérochez.' 
 icest dol qu'ele demeîne 
De jor vit tote la cort pleine. 

2726 En la meson en est entrée, 
Au lit en vient tote devee. 
'Or sus' fait ele, 'danz vileins, 
Aies vos ent a vos puteinsl 
Se sai se fustes entrepris, 

2730 Maie bien en ont le gage pris. 
Einssi doit l'en mener celui 
Qui sa feme a et tient l'autrui.' 
"Se set li lox un mot respondre, 
Ne contre lui n'en ose groindre. 

2730 Dame Hersent ^t noble et fiere, 
Et to» jorz a este légère, 
Cointe et pleine de graut orgoil. 
Des quatre piez feri el soil 



2709 perdue 2713 Fox 2714 miehe 2716 s 1 a 2717 pot aw 
dMtciu d» 2617 on Ut Q«)) me p?t m«f îf 09f« f«r9 ^31 «■ 8732 
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Ib (Méon 12505— 1254ÛJ 

Et a torne le cul au vant. 
STJO 'A deu' fet ele 'vos coQmaDt:.' 

Drece sa poe, si »e seigne, 

Yet s'eut, conuneût: que li pie:; prenne. 
Or Tos dirai de l'autre part 

De la mesnie dan Renart, 
2745 Cou il s'en va par le boscage, 

Ysengrin a lesaie en gage. 

Por la YÎele qu'il enporte 

Molt s'esbaudist, molt se conforte. 

Ya s'ent a tote sa viele, 
270O D'Ysengrin n'oï puis novele. 

Tant fist Renart qu'«n quinze dis 

Fu si de la viele apris : 

Sages en fu et escoles. 

One ne fu tex baraz trovez. 
3755 Einsi s'en va par la contrée 

Tant qu'il ot sa feine trovee, 

Qui o ]ui meine un jovencel ' 

Que prendre voloit de novel : 

Cosin Grinbert le tesson fu. 
2760 Quant il le vît, s'est arestu : 

Sachez bien les a conneûs, 

Taotost cou il les a veUs. 

Ja oâst Poucet espuae, 

S'il oûst jogleiir trove. 
27fô Mes ele pas tort n'en avoit: 

Tuit disoient que mors estoit. 
■ Tybert lor diat, se dex le saut, 

Que Reoart vit lever en haut 

As forohea, et si le vit pendre, 
2770 (Ce lor a fet Tybert entendre) 

A unes forcbes granz et hautes, 

Trers le dos liées les pâtes. 



2739 a manque 2743 dîron 2791 qaen ] deux 8798 

rt ] i 2701 bien lei ] qne il ta 2768 eapiuee 2764 Sel tron«« 
Z7«9 forebes 2771 gcant 2772 Ile 



, Google 



78 Ib (Méon 12541—12578) 

'Il resenblot trop bien Renart, 
Ge le Ti pendre à une bart.' 

277S La dame lor respont brement 
'Je ne vos en mescroi noient. 
Qar je aai qu'il avoit tant fet 
Vers son aeignor de rnaveia plet 
S'uQ dee barons le poTat prendre, 

3780 Que meiûtenant le feîet pendre.' 
N'i ot plus tenu parlement, 
BeÎBÎer se Tont estroitement. 

Renart ne se pot plus tenir, 
Âinz a fet un molt grant sopîr. 

278^ A. Poucet dist entre ses denz 
'Tu en seras encor dolenz.' 
Grant tens avoît que cil l'amoit, 
Mais dant Renart ne le savoit. 
Ainme s'estoient molt lonc tens, 

2790 Renart le saura tôt a tens. 
Autretel font, ce m'est avis, 
Tex dames a en cest païs. 
La dame son novel segtior 
Bese et acole par amor. 

2798 Renart voiept vers els tenir 
Et la viele au col tenir: 
Molt furent lie, pas nel connurent, 
Salue l'ont si con îl durent. 
'Qui estes vos' font il, 'bel frère P" 

2800 'Sire, ge fot un bon juglere, 

Et saver moi molt bon chancou 
Que je fot pris à Besencon. 
Encor molt de bons lais saurai, 
Kul plus cortois jogler n'aurai. 

280C» Oe fot molt bon jogler à toz. 
Bien su dir et chanter bons moz. 
Par foi mon segnor seiat Oolas, 
Biea fot sembler que tu i'amaa, 

2776 en mangue 2779 Be un 2764 grant manque 
2786 seru 271 antreteU 2794 et ] i amaz 2804 nroi 



'c* 



Ib (UéoD 12S7»— 12614) 

Et li senbler bien toi amer. 

2ijlO Et; ou voler tu ai aierf 

Lors dist Poncet au deu pie air 
Kos alomea la meaafl oîr. 
Tuît aloœes ?ers le moeter, 
Ceste dame voil nocoier. 

9815 Ses aire est more novelement : 
Mes li rois le Iiaoit forment. 
Heinte foiz l'a pria a forfet, 
Or a de lui son pleair fet. 
Renart ot non li engigaeres. 

SSM Fel fu traïtrea et boisieres, 
Meinte traïaon avoit fête: 
En haut en a sa goule trete. 
Troia fil en aont remea molt bel 
Qui sont molt comte dauiaiaet: 

i^i Lor père quident bien venger 
Ainz que l'en doive vendenger. 
iioU aont ja por querre aïe 
A ma dame Once la hiû^o. 
Tôt ]i seolea est en sa mein, 

S830 Et tuit li mont et bois et plein. 
Il n'en a beste jusq'aa porz, 
Tant Boit hardie ne si forz, 
Ors, chien ne lou ne autre bestot 
Qui Ters lui oat tomer la teste. 

i83ô Por soudeea i vont li frère. 

Quanque il ont, lessent lor mère, 
Qui molt par eat cortoise dame. 
Gfl la prendrai par tens a feme. 
Einai est la chose atomee, 

2840 Q'ains demein nuit l'aurai jurée.' 
Renart respont entre aes denz 
Tu en seras encor dolenz, 
Encor en cbarraa en tel brit^e. 
Nel voudroies por une fltche.' 



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Ib (Méon 12ei&— 12660) 

2846 'Certes, aire' ce dUt Poincax, 
Qui molt estait cortoie et baux, 
'Se vos voles as noces esti-e, 
Dont ne nos faut mes que le prestre. 
Qe vos doarai del noslre asez, 

2SCiO Quant cist aferea iert pasez.' 
'Fotre merci' dist îl, 'bel sir, 
ïEoi saura fer tôt ton plesir. 
Moi aaver bon chgncon d'Ogier, 
Et d'Olivant et de Rollier 

SSa6 £t de Cbarlon le char chanu'. 
'Dont vos est il bien avenu'. 
Entre ses denz dist li maufez 
'Et vos estes mal asenez.' 
Âtant se meteat a la voie, 

2660 Renart viele et fet grant joie, 
Tant qu'il vîndrent a la tesnere 
Qui molt estoit large et plenere. 

Quant Renart vît adesertir 
Son castel gaste et enbernjir, 

2865 II n'en voit fere autre aenblant. 
Jn aoit ce qu'il se voist joant, 
Eu son cuer pense, se il vit, 
Tex en plorra qui or en rit. 
Far le païs et par la ten'e 

2870 Envoia cil ses amis querre: 
Tant veïssiez bestes venir 
Nus n'en poïst conte tenir. 
De molt long a'i asenblent tuit, 
Far la vile meinent grant bruit. 

2875 Dame Hersent i eat venue. 
Ysengrîn eat remeîs en mue: 
Novelement Iwaaie l'avoit 
For ce que maengniez eatoit, 
Et jure aeinte Pentecoate 

2880 Qa ne girra mes a sa coate. 



8872 ne] p. contre t. 2862 tôt mangue 2868 a 
le ateond en man^tt 



, Google 



Ib (Méon 12661— ISeeS) 

Q'a on a fere d'orne en ohanbrea 

Fuie que il n'a treatoz ses menbres? 

Mes Toist uUors, si se porcast. 

Drois est que toe li mona le chast, 
2885 Por ce s'en est de lui tornee. 

As nocee vint bien atornee, 

Et des antres i ot grant flote, 

Et Renart lor cbante une note. 

À grant joie les noces firent, 
£890 Tjbers lî chaz et Brun aerTirent. 

Totes sont pleines les cuisÏDes 

Et de capons et de jelioee: 
. D*aatrea vïtailles î avoit 

Selonc ce que chascun roloit. 
2895 Et li jnglerea lor chantoit, 

À chascun d'els forment plesoit. 

Odc n'ot on ai grant janglois 

Coq il demeîne en son englois. 
Apres oiangier saToz que firent P 
2900 Haativeinent oe départirent, 

Qu'il n'i remeiat ne bons ne inax 

Fors ouïs, ne chevelox ne eaux: 

Chascun s'en va a son repère. 

Renart remest son mester fere. 
2905 Dame Heraens s'en est entrée 

Dedenz la chambre a l'esposee, 

Et a Poncet a fet son lit 

Ou qnide fere son délit. 

A une liue d'iloo ot, 
2910 Si que Benart molt bien le sot, 

Une tombe d'une martire 

Dont vos avez bien ol dire: 

De Coupeo qui la ^aoit. 

Trwtoz li mondes le disoit 
3916 Qu'elo feaoit apertement 

Tertua a toz oumunalment 



tSM ee maitqiie Taloil 2896 ohMOaiu 2904 renUest 2913 que 
i>l4 treatot 

■KXAXT I B 



...Google 



82 Ib (Uéon 12687—18722) 

Nu8 bonis o'i vient, tant eott enfere, 

Ou soit moignes, ou lus ou olers, 

De tôt le mal que il oflat 
2920 Que meintenant gariz ae fust. 

ïleDars i fu, ai ot vefls 

Le jor devant deus laz tenduz 

Et un braion en terre euclox. 

Bien le feruia a quatre olox 
2925 Q's un vilein avoit emble. 

Hoc l'ot repost et ente, 

Bien sot qu'il en suroit s fere, 

Qar il savoit de meint -afere. 

Quant Poncot dut aler gésir, 
3930 Si l'a fet devant lui venir. 

Et si li diat en son langage 

'Sire Bouoez, fez tu que sage: 

Se tu créez que je dira, 23 

Uerveille fa qui te vendra^ 
298& Et bien saver que je voil dir. 

Lasus giser un seint martir, 

For lui Easer des. tant vertuz: 

Se tu voler aler piez nnz 

Et port un candoil en ton mein, 
2940 Et tu veîllier anuit a mein, 

Et tu vus ton candoil lumer, 

Tu fus demein un fil gendrer.' 
Ce dÎBt Poncez 'molt votontera'. 

Atant se meteut es senters: 
2940 En sa mein porte une cnndoille 

Qui si art cler con une estoîlle. 

Desoz un pin en un moncel 

Doc troverent le tombel. 

Renart s'estut, oïl passe avant: 
2950 Basse, Bosez, dex t'en avant T 

Cil vait avant, si se redote, 

Renart le vit, avant le bote. 

2724 a manque 2726 entre 2728 de mein k. 2741. 2742 
iHitrverti» , tuais l'oràtt ett indiqué par k* lettrti b « 2746 cler« 
2746 pansa 



, Google 



Ib {Méon 12723—12758) 

Tant fort l'eupeint qu'il ciet es laz 
Parmi le col et l'un des braz. 
3966 n eat cboûa ena el braion 
Qui cevelliez fu el raiou. 
Il tire fort et li braz froisse. * 
Li laz li refet gr&at angoisse: 
Forment s'eaforehe, forment tire, 
2960 Kecleime deu et la martire 
Qu'ele li soit verais gaianz. 
II n'î a nul de ses pareuz. 
l^re et retire, ne li vaut, 
Et Renars le ranpronne en haut. 
2965 "Bosez, vos fot ascz ore, 
Et tu seraz ci trop more. 
Molt ama vos icil martir 
Que ne laisse toi li partir. 
Tu voler devener, ce quit, 
2970 Moine ou canon en cest abît. 
Ou tu venir, ou moi ira. 
Ou fot me bien, je li dira 
Que vos velt ermit devenir, 
Et la martir fot vos tenir. 
3976 Ce fot forment a merveiller 
Que tu voler tôt nuit veller. 
Et vos fustes nove] bosez, 
Et ta moiller fot vos tendez 
Et fot ja mienuit oscure.' 
2960 Atant es vos grant aleflre 

Quatre gaignons et an vilein, 
Uns enemis frère Brian. 
Le boacage avoit bien apris. 
Poiucet ont trêve entrepris. 
2B65 Tant l'ont tire et desaohe 

Que tôt l'ont mort et esqachie. 
Renais le vit, molt s'en esmaie, 
Fuiant s'en va par une haie. 



Ï961 armù 2M5 more 2970 Hoin 2977 talez 2979 
2981 fBTooiu 2983 Le ] Et 2984 ot 



,. Google 



Ib (Héon 12769 -12794) 

Lpb granz galoz s'en ta arere. 

2990 Fuiant sen vet a sa tesnere. 
Sa feme trove aBOvinee 
Qui atendoit sa destioee: 
' Molt lî peaoit de la demoure, 
Que ja ne quidoit veoir l'oure. 

29% Quant voit venir le jugleor 
Tôt Bol, lors BÏ ot grant peor. 

Quant Renart l'a aoule trovee, 
'Or sus' fet il, 'pute proveel 
Or BU8, si tenes voatre voie, 

31)00 Gardes que jamee ne vos voiel 
ÏEoIt est mavese vostré sorz, 
Ge ne sui mie encore morz, 
AînB sui Renars, ce m'est avis, 
Seins et haities et trestoz vis. 

3006 MoU avez tost le dol boa 
Que vos avea de moi eu. 
Or bus' fet il, levez de ci, 
Âlez veoir vostre mari! 
S'orrez conment il se contient, 

%I0 Car la martlre le retient' 

Quant la dame ot ceste parole, 
A pou qne de dol ne a'afole. 
'Laesel' fet ele bêlement, 
'Ce est mesirea vraiement.' 

80>6 Et danz Renare priât un baaton. 
Si li paia sa livreiason, 
Et Gert et burte et rolle et bat 
Tant que crie 'merci, Renart! 
Sire, por deu merci te quier, 

3020 Laisse moi vive repaîrierl' 

'Or sua' fet il, 'car par mes denx 
Sfac enterres james caenz. 
Ja ne gerrez mes a ma coste, 
Quant receû avez tel oste. 



2304 est Ml g 



3013 qnel« 8081 ] 



, Google 



Ib (Mion 12795— 128S2) 85 

30K Ainz voa trencersi ceu baulievre, 

Et oel gract nés sor celé lèvre, 

Et T08 enfonderai ceu ventre, 

Et la boele qu'est soentre 

Vos saudra fore par le poltron 
3Q80 Maigre vostre novel baron. 

Et vos fet il, 'dame Hersent, 

Asez fet mal qui le consent. 

Haïr fet il 'quex dous barnesBes! 

C'estoient ore bêles messes 
80B6 Que feissiez por moi chanter, 

De vos poîstrons fore roillier. 

Co sache dex et seint Mirtina, 

Qn'ore est venue vostre fins.' 

Quant les deus dames oe oïrent, 
3(M0 Sachez que pas ne s'esjoTrent. 

Bien sorent qu'engignies furent 

Quant au parler le reconnurent: 

Holt grant merveille lor est prise, 

En grant poor chaaoun est mise. 
9045 Bien quident estre enchantées, 

Forment en sont espoeatees. 

De peoT l'une et l'autre trenble, 

Holt s'esmaient andui ansenble. 

Kenare ambedous les a prises, 
30DO Fors de la meson les a mises. 

One ne lor lut parole dire, 

Ne l'une ne l'autre escondire. 

Et l'une et l'autre s'espoente, , 

Chascnne forment ae démente, 
3006 Dame Hersens por son segnor 

Qui a perdue la color. 

Et la barbe li est ooûe 

Por la coille qu'il a perdue. 

Dame Hermeline li raconte 
3060 Q'avenue li est grant boute 

3033 quel 3040 Ren ioirent 3041 qugtgaiei 3042 le eat 
eorrffi ; U teribt oeajl mi« Te 304Ï enchantes 8046 etpoentes 
3047 t*bl« 3048 ensenb . . 



, Google 



Ib (Héon 12833—12868) 

De PoDcet a la crine blote 
Dont a où ei corte joie. 
'Qui caut?' ce diat dame HereenB. 
'Molt par ert povrea nostre sens, 

:i063 Se nos ne retroTong maria. 
Dont sera tôt li mona faillis 
Et d'uQz et d'autres granz et bauB. 
Si trOTeron dena jovenceax 
Qui bien feront nos voleotez. 

3070 De folie vos démentez.' 

'YoB dites voir' ce diat dame Emme. 
'Mea molt est let de vielle feme 
Qui ne crent honte et deahonor, 
De honir soi et son aegnor. 

8070 Enaorquetot l'en me diaoit 

Que mes mariz penduz eatoit 
Se j'avoie antre mari pria, 
Âvoie je de rienz meapriaP 
J'ai bien ceste oliosse esaaiee, 

8080 Feme meaprent a la foiee.' 

'Yoa ditea voir' ce dit Hersenz. 
'Ciet meaprendres u'eat mie ^nz. 
Mespria avez en tel manere 
Qu'en vos en tient a camberere 

3086 Qui conmunax eat a garçons: 
Treatuit li entrent ea arçons. 
TAoB je ne fia einc lecherie, 
Ce aet en bien, ne pnterie 
Fors une fois par mesprison 

a090 Vers dant Reoart voatre baron. 
Quant mes loveax ot cODpissiez, 
Mesaaemez et ledengiez. 
Gel fis chaoir en sa tesnere: 
Il fiât son tor par de deriere.' 

809& Dame Hermeline ot la parole. 
Respondi li coq famé foie: 



3061 orinne 3067 dantrea de g. 8074 «t Mi ot 80SO foie 
3067 legerie 3006 oonme foie 



, Google 



Ib (Héon 12869-12904) 

Jalouse fa et enflamee 
Quant ses siree l'avoit amee, 
Et dist ne fu ce puterieP 

8100 Vos feÏBtes ^ant lecbene, 

Grant deshonor et grant hontage 
FeTstee tos et grant putage, 
Qviant Toe Bofifristes mon baron 
Qu'il TOS bâti cel ort oiepon. 

8106 Pute TÎelle, pute remese! 

Ed T08 doûst ardoir en brese, 
Si qae la poudre en fust ventée, 
Quant s moi tos estes vantée 
De mon segnor qu'il vos a fet. 

3110 Hall con avea bien forfet 
Qu'en vos tolist le pelioon 
Et feÎBt l'en de vos oarbon, 
Quant aviez Toetre baron 
Et felstes tel deareson, 

8115 Et il sa feme d'autre part. 

Or sont tuit vostre enfant baatart. 
Toet vos en fn li dels pass^, 
Qant voe les avez avoutres. 
Et Tsengrin voetre segnor 

8190 A.ve^,fete tel deshonor 
Que James ne sera amez, 
Hes toz jors mw ert cox damez.' 
Holt li dit et molt se oorooe, 
Saches que forment se degroce. 

3135 Hersent respondi en riant 
Itolt a en vos pute friant, 
Quant voetre segnor aveez 
Et antre mari pemiez. 
Ifolt par est maveis et escars, 

8180 Quant il ne vos a. le cul are. 
3(olt par estes de maveis estre, 
De poior ne poiez vos estre. 

097 Oaloue SlOO leoh'erie 811 Qui n. 91 
ima S124 MB groce 8127 ftooei? 



, Google 



Ib (lâéoa 1290S— 129W) 

Qar plus estes pute qae moche 
Qui en este la gent entoche. 

8136 Qui que Tie^e ne qui que aut, 
Yostre taverne ne li faut: 
Meint en tomez a Toatre paît. 
Se por ce sont mi fil bastart, 
For ce nés gitera ge mie. 

8140 Foi que je doi seinte Uarie, 
Qui les Toudroit trestoz jeter 
Les bastars et déshériter, 
Àsez auroit plus de puissance 
Que n'out onques li rois de France. 

3I4fi Itee vos qui estes bordelere 
Les avoutres en tel manere, 
Lee vos enfanz, ce set l'en bien; 
Ono nel veastes a nul chen.' 
Tos i mentes, pute sorcere. 

8160 Tesiez vos que je ne vos fiere!' 
Tes me ferez, pute merdouae, 
Pute vielle, pote teigoouseP 
Se l'aviez pense a certes, 
Ja i auroit paumes overtes 

8165 Et peax trenciees et ronpues, 
Se ne me faillent denz agaes.' 
Hermeline plus n'i demoure, 
Isnelemeut H oomt soure. 
Et Heraene par molt grant bSt 

S160 Bevet Hermeline sesir. 

À terre se voltrent et bercent, 
Et neporquant les peaz i peroent, 
ÂB denz agoes les detrenoent, 
Lor maltalant forment i Trichent, 

81B6 Rompent et sachent et dëscirent, 
ÂB ieia durement ce martirent. 
Lors vetesiez en molt poi d'oure 
L'une desos, l'aabe deaoure. 



81S9 neis 3146 teil 3153 ft ertes 3164 iù 8156 me fi 
f&iUoient 3167 Emeline 8161 Et t. 8168 l« 8165—7 Ptanqu^fu 



Ib (MJoii ISMl— 129?«) 

Dame Hersent fii g^anz et fore, 

3170 Soz lui la tient par grant eeforz. 
Encontre an fust l'a enanglee, 
Ja l'oOst morte et eatranglee. 
AUnt es TOs un pèlerin 
Qui vint olocant tôt le chemin, 

8176 Trova les dames oonbataot. 
TTdo «d a prise raeiatenant, 
Par la mein l'a levée bub, 
'Or sus' fet il, n'en feteB plus!' 
Et quant départies les a, 

3180 Uolt doucement les castia. 
Demanda lor dont eles Bont, 
Dont eles Ttenent et ou vont. 
Celés H ont conte lor estre, 
Car Q estoit seina hom et prestre, 

SIM iBt il lor doDe bon conseil 

Que chascune aat a son pareil: 
Merci H crit et H requière 
Qu'il l'ùnt et qu'il la tiegne obiere. 
Dame Hersent a fût aler 

3190 A Ysengrin por aoorder. 

Dame Hermeline ameine ariere 
A dan Renart en sa tesniere. 
Tant est seins et religions 
Q'acordees les a andous, 

3196 Eît tant i a s'entente mise 
Que par tôt a la pes asise. 
Puis fu Renars en sa meson 
sa moillier molt grant seson. 
Trestot li dist et tôt li conte: 

3200 Conment il dut recevoir honte, 
Qant en la cuve fa sailliz: 
Con il dut estre malbailliz, 
Et eschami le teinturier, 
Dist qu*il estoit de son mestier: 



817* d*p*rtie 3168 ^ni la 8191 remeine 3001 qoaiiQ 



,. Google 



Ib (Méon 12977—18984) 

3306 Cooment il fiet la coille perdre 
À Ysengrin qui ne puet aerdre. 
Treatot ii conte et tôt li dit: 
Celd ne fet mes qae s'en rît. 
Molt lonc tens fu Ronart en mne: 

8210 Ne va ne vient ne se remae. 
Ci fant Renart li teinturier 
Qui tant BOt de maveis mestier. 



3206 pot 3211 fut . Renart . le 



, Google 



n (HéoB 1—22. 1867—1288) 



II 

Seigneursi ol avez maint conte I 
Que maint conterre tous raconte, 
Conment Paris ravi Elaine, 
Le mal qu'il en ot et la paine: 
5 De Tristan qui la oliievre fist, 
Qui assez bellement en diat , 
Et fsbliaU8 et chancon de geste. 
Romanz de lui et de sa geste 
Hfùnt autre conte par la terre. 

10 Hais onqiies n'olstes la guerre, 
Qui tant fu dure de grant fin, 
Entre Renfu^ et Tsengrin, 
Qui moult dura et moult fa dure. 
Des deuB barons ce est la pure 

16 Que aine ne s'entramerent jour. 
Munte mellee et maint eetonr 
Ot entr'eulz deus, ce est la voire. 
Des or commencerai Testoire. 
Or oez le conmencement 

ao Et de la noise et du content, 
Par quoi et por quel meseetanoe 
Fu entr'eus deus la desfianoe. — 

Il ftvint chose que Renars, 
Qui tant par fu de maies ars 



Zitm vtrt 1—131 manqtient dont h mae. A; Uêont donnés d'aprit 

2 ragUeire 3 Conme S Ik beite 9 autre ] ea ont 11 Qaa 17 oest 

trra* 23 dMMnrMice 33 B«iiut 24 p«i mangue t. plftin de nulle part 



«k 



92 n (Héon 1269-1804) 

55 Et qui tant sot toz jors de guile, 
S'en vint traiant a une vile. 

La vile seoit en ud bos. 

MoU i ot ^lines et cos. 

Ânes et malarz, jara et oes. 
30 Et li sires Conetans des Noes, 

Uo vilain qui moult ert garnis, 

Manoit moult prea du plesaers. 

Plenteïve estoit sa maisons. 

De gelinea et de chapons 
8& Bien avoit garni son hostel. 

Assez î ot et un et el: 

Char salée, bacons et flîcbes. 

De ble estoit li vilains riches. 

Molt par estoit bien herbergiez, 
40 Que moult îert riches ses vergiers. 

Assez i ot bonnes cerises 

Et plnseura fruia de maintes guises. 

Pommes i ot et autre fruit. 

La TÙt Renart pour son déduit. 
46 Li courtilz estoit bien enclos 

De piex de cbesne agus et gros. - 

Hourdea estoit d'aubes espines. 

Laiens avoit mis ses gelines 

Dant Constant pour la forteresce. 
60 Et Renart celle part a'adresoe, 

Tout coiement le col bessie 

S'en vînt tout droit vers le plessie. 

Uoult fu Renart de ^aot pourohaz. 

Mus la force des eapinars 

56 Li destourae si son afbire 

Que il n'en puet a bon ohief traire, 
Ne poor mucier ne pour saillir: 
N'aus gelines ne veult faillir. 
Acronpiz s'est enmi la voie. 
60 Moult se defripe, moult coloie. 

2S qni fn pleina de maie g. 26 a } uen 29 unes de marea 
S6 dan et del 37 Chara 40 uergiez 41 oomillea 43 Et dautrea 
f. de pliusarR g. 49 autrei 46 oh«ane* ^aiu 59 enroi ] delea 



U (Héon 180S— 1840) 

Il se pourpenee que s'il saut, 
Pour quoi il chiece auques de haut, 
II iert reûz et les gelinea 
Se ficheront boue les espines. 
66 Si pourroit tost estre seurpris 
Ainz qu'il eSst gaires acquis. 
Itfoult par estoit en grant esfroi. 
Les gelinei veult traire a soi 
Que devant lui voit pastarant. 

70 Et Rouart vaît cbeant levant. 
Ou retour de la soif choiaist 
Un pel froissie: dedenz se mist. 
La ou H paliz iert desclos, 
Avoit li vilains plante cfaos: 

76 ïtonart y vint, oultre s'eni passe, 
Cheoir se laist eu une masse 
Pour ce que la geut ne le voient; 
Hais' les gelinea en ooloient, 
Qui Tont choisi a sa cfaeoite. 

60 Chascune de fuïr s'esploite. 
Mesire Chantecler li ooa 
En une sente les le bos 
Entre deus piex souz la nùere 
S'eatoit traiz en une poudrière, 

85 Hoult fièrement leur vient devant 
La plume ou pie, le col tendant. 
Si demande par quel raison 
Elles s'en fuient vers muson. 
Pinte |(arla qui plus savoit, 

go Celle qui les gros hues ponnoït, 
Qui près du coc jucoit a destre: 
Si li a raconte son eetre 
Et dit 'paour avons eâe.' 
'Pourquoi? quel chose avez veQeP' 

06 'Je ne sai quel beste sauvage 
Qui tost nous puet faire damage, 



•5 to«t ) bien 72 froe 60 Touir BI chAoteliiis 82 Par une 
'le da b. 83 bmiere Bi tmanque 86 tordant 91 gesoit 



, Google 



94 n (Héon IMl— 1362) 

Be Dons ne Tuidana ce ponrpria.' 
'C'est tout noient, ce vous plevia' 
Ce dit H gob: 'n'aies peur, 

100 Mais estes ci tout asseûr.' 
Dist Pinte 'par ma foi jel vi: 
Et loîaument le vous affi: 
Que je le vi tout a eatrouz.' 
'Et comment le veïstes vouaf 

106 'Comment P je tî la m»if branler ^ .< 
Et la fuelle du chou trembler 
Ou dlz se gîat qui est repus.' 
'Pinte' fait il. 'or n'i a plus.- 
Trives avez, jel tous ottroi: 

110 Que par la foi que je fous doi, 

Je ne sai putoiz ne gourpil 

Que osast entrer ou courtil. 

* Ce est ^s: retournez arrière.' 

Cilz se radresoe en sa poudrière, 

UO [Qu'O na paour de nulle riens 
Que li face gourpilz ne chiens 
De nulle riens n'avoit peûr. 
Que moult cuidoit estre aaeûr.] 
Moult ae contint seûrement. 

120 Ne set gaires-q'a l'eil li pent. 
Rien ne douta: si fist que fox. 
L'un oeil ouvert et l'autre clos, 
L'uu pie orampi et l'autre droit 
S'est apuiez delez nn toit. 

iSfi La ou li ooB est apoiez' 
Conme cilz qui iert anuiez 
Et de chanter et de veiller, 
Bi coomeDOB a someillier. 
Ou someillier que il faisait 

180 Et ou dormir qui li ptaïaoit 
Conmenca li cos a songier. 
ITe m'en tenes a menconger. Â ' 

100 ioi tout matujue 105 croller 111 ostMt 
lia ftinz 0. lib manque Apre» U v. 124 on lU Fox ne o 
quil reçoit 188 /ci reprend U ttue. A ïiœixgawt 



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n iKioB lasa—ui») 

Car il Sonja (ce est la Toire, 

Trover le poez en l'eatoire) 
1S6 Que il avoit ne sai quel cose 

Dedens la cort, que bien ert olose, 

Qui li venoit enmi te vis, 

Ensi con il li ert avis, 

(Bi en avoit molt graot fricon) 
140 Et tenoit an ros pelîcon 

DoDt les goles estoient d'os. 

Si li metoit par force el dos. 

Molt ert Chaotecler en grant peine 

Del songe qui si le demeine, 
145 Efldementiers que il somelle. 

Et del pelioon se mervelle, 

Que la chavec e ert eo travorB: rf Ar* i. 

Et si l'avoit vesta envers. 

Estrois estoit en la oheveee 
IfiO Si qu'il en a si grsnt destrece 

Qu'a peines s'en est esveilHez. 

Mes de ce s'est plus merveilltoz 

Que blans estoit desos le ventre 

£t que par la oheveoe i entre, 
liii Si que la teste est en la faille 

Et ia eoue en la ôbevecaille. 'i>> m 

For le songe a'eat tressailliz, 

Que bien ouide estre malbailliz 

For la vision que a veûe,' 
lao Dont il a grant peor oûe. 

Esveillies s'est et esperiz 

Li oos et diat 'seint esperiz, 

Oaris hui mon cors de prison 

Et met a saove gsrison!' 
165 Lors s'en torne grant aleiire 

Con cil qui point ne s'aseQre 

Et vint traiant vers les gelines, 

Qui estoient boz les espïnes. 

140 Et I si 148 H. s «. 154 Q> iImiu 155 que manque 
^BT iMAMfW IIU iMdMm 163 oor 16S tralsnt 



, Google 



II (Méon Ul»— HS2} 

Très q'a eles ne se recroît 

170 Pinte apela ou molt 6e croit, 
À QDe part l'a asenee. 
Tinte, q'î a meeter celée. 
Molt eui dolanz et esbahiz. 
Grant poor ai deatre traTz 

■175 D'oisel ou de béate sauvage. 
Qui tost nos puet fere damage.' 
'Avoir fait Pinte 'baus do6 eire, 
Ice ne devea vos pas dire. 
Mau fetea qui nos esmaies. 

180 Si vos dirai, oa vos traieal 

Par trestoz les seinz qae l'en prie, 
Vos resemblea le ohen qui crie 
Âins que la pierre soit oofle. 
Por qu'aves tel poor oûe? 

185 Car me dites que vos aves.' 
'Qotf dist lî ces 'vos ne saves 
Que j'ai songie un songe estrange. 
Deles ce] trou les celé granche, 
Et une avisioD molt niale, 

190 Por qoi vos me vees si pale. 
Tôt le songe vos conterai, 
Ja riens ne vos eo celerù. 
Sanrees m'en vos conseQlierP 
Avis me fu el aomellîer 

195 Que ne sai quel beste veneit 
Qui un rOB pelîcon vestoît, 
Bien fet aanz cîsel et sans forée: 
Sil me fesoit vesdr a force. 
D'os estoit fête l'orieûre, 

200 Tote blauce, mes molt ert dure; 
La cbavesce de travers fête, 
Estroite, qui molt me dehaite. 
Le poil avoit dehors torae. 
Le pelioon si atome 



170 «pele 176 d»m9 âge 177 auoiz; 180 8e1 1B4 t«l ] «; 

I. 190 interverti» 189 tob manqut men 198 % ] par 



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n (Hâon 1453—1406) 

205 Par le ohevece le veatoie. 
Maie moU petit i areetoie. 
Le pelicon vesti enai : 
Ues a reculons m'en issi. 
Lora m'en merreillai a celé are 

SIO For la coue qui ert deeoure. 
Ca Bui venus desconseilliez. 
Pinte, ne vos en merveilliez, 
Se li cuers me fremist et tramble. 
mes dites moi que vos en semble. 

il5 ïlolt aui por le songe grevez. 
Par celé foi que me devez, 
Savez voa que ce eenefic?' 
Pinte respont, ou molt se fie, 
'Dit m'avez' fait ele 'le songe. 

2% Mes 86 dex plest, ce eat meocoigne. 
Ne porqnant si vos voil espoudre: 
Car bien nos en saurai respondre. 

Icele cbose que veïstes 
El someller que vos felstes, 

2^ Qui le roe pelicon vestoït 
Et issi vos desconfortoit 
Cwt li gorpila, jel sai de voir. 
Bien le poee apercevoir 
Au pelicon qui ros estoit 

230 Et qui par force vos vestoit. 
Les goles d'oe ce sont h^s donz 
A qoi il vos œetra dedenz. 
La chevece qui n'iert pas droite, 
Qui ai vos Sert maie et estroito, 

286 Ce eat la boce de la bcste. 
Dont il vos astreindra la teste. 
Par iloquea i enterois, 
Sanz faille vos le vestirois. 
Ce quo la coue est contremont, 

240 Par les seinz de trestot le laont, 

9M «ilwiioe 208 reculans 212 u. eiiiir>ra pilliez 
ttè pM 229 qae 234 ieret 
BEKAJIT I 



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n (Méon 1489-1522) 

C'est li gorpils qui vos prendra 

Parmi le col, quant il vendra. 

Dont sera la coue desore. 

Einsi ert, se dex me secore. 
S45 Ne vos gara argent oe ors. 

Li peus qui ert tome defora 

C'est voira, que toi jors porte envene 

Sa pe], quant il mêla plot et verse. 

Or avez oï aanz faJllance 
2U De voBtre songe la senblance. 

Tôt soSrement le vos di: 

Ainz que voîez passe mrdi, 

Vos avandra, ce est la voire. 

Mes se vos me volieeii croire, 
Sfi6 Yoa retomeriez arîere: 

Car il est repos ci derere 

En cest boisson, jel sai de voir 

Por vos traïr et décevoir.' 
Quant cil ot oî le respons 
S60 Del songe, que celé ot espons, 

J'inte' fait il, 'molt par es foie. 

Molt as dit vileine parole, 

Qui diz que je serai sorpris, 

Et que la beste est el porprîs 
Sri5 Qui par force me conquerra. 

Dahez ait qui ja le crera! 

Me m'as dit rien ou ge me tiegne. 

Ja nel creraî, so bious m'aviegne, 2f 

Que j'aie mal por icest sooge.' 
■J70 'Sire' fait ele, dex le donge! 

Mais s'il n'est si con vos ai dit, 

Je vos otroi eenz contiedît, 

Je ne soie mes vostre amie.' 

'Pinte' fait il, 'ce n'i a mie.' 
276 A fable est li songes tornez. 

À itant s'en est retomez 



241 enu''eae 253 asaudra 255 areire 2119 oeste 272 Je 
I. aeinz 275 li ç song^es 



, Google 



Il iMfon 1523—1564) 

En la poudrere a solaller. - 

Si recoamance a so nieller. 

Et quant il fu aseQrez, 
280 (Uolt fu Renars amesurez 

£t Toi»i9z a ^aut merveille) 

Quant il voit que celui somelle, 

Vers lui aprime aaoz demore 

Renai-8, qui tôt le mont acore 
285 Et qui tant aet de rnaveis tora. 

Pas avant autre tôt sanz core 

S'en vet Kcnara le col baissant. 

3e Ohantecler le par atent 

Que cil le putase aa denz tenir. 
390 II li fera aon jeu poïr. 

Qaant Renara choiai Ghantecler, 

Senprea le volst as denz haper. 

Renara failli, qui fu engrea, im<Ui\i 

Et Chanteoler aaut en travers. 
2» Renart choisi, bien le oonut, 

Deaor le fumier a'arestut. 

Quant Reuars voit qu'il a failli. 

Forment se tînt a malbaiUi. 

Or se conmence a porpenser, 
300 Conment il porroît Chantecler 

Engignier: car s'il nel inanjue, 

Dont a il as voie perdue. 

'Cbanteeler' ce li diet Renart, 

"Ne futr pas, n'wes regart! 
305 Molt par aui liez, quant tu es seins: 

Car tu es mes cosins K^rnueins.' 

Chantecler lors s'asoûra. 

Pot la joie no eonet chanta. 

Ce dist Renars a son cosin 
310 'Membre te mes de Chanteclin, 

Ton bon père qui t'engendra P 

Onqaes nue cos si ne chanta. 



jUrrIbyGOOgIC 



n (Méon I&6&— 1600) 

D'une gnat liue l'ooit on, 

Molt bien cfaantoit en haut un son 
816 Et molt par avoit lon^ aleine 

Les deus éle clos, la vois ot seine. 

D'une lefle ne veoit, 

Quant il chantoit et refregnoit. 
Dist Chantecler 'Renart coain, 
820 Voies me vos trere a engin P' 

'Certes' ce dist Renare 'non voit. 

Mes or chantez, si clinnies l'oeil 1 

D'une char somes et d'un sano. 

Meus Toudroie estre d'un pie manc 
326 Que tu eûses maremenz: 

Car tu es trop près mi parenz.' 

Dist Chantecler 'pas ne t'en oroi. 

Un poi te trai ensua de moi 

Et je dirai une ohancon. 
S30 N'aura voisin ci environ 

Qui bien n'entende mon fauset.' 

Lores s'en sozrist Renardet: 

'Or dont en haut : chantez, cosin ! 

Je saurai bien, se Chanteclin, 
835 Mis oncles, vos fu onc néant.' 

Lors eomenca cil hautement: 

Puis jeta Cbantecler un bret. 

L'un oil ot clos et l'autre overt: 

Car molt forment dotoit Renart. 
840 Sovent regarde celé part. 

Ce dist Reuare 'n'as fet neeot. 

Chanteclins cfaantoit autrement 

 uns Ions trez les eilz cligniez: 

L'en l'ooit bien par vint plaiasiez.' 
346 Chantecler quide que voir die. 

Lors let aler sa moloudie 

Les oilz cligniez par grant aïr. 

Lors ne volt plus Renars soffrir. 

5 KToi ■ 320 ennlin 822 Deior cumnie» 894 nouOrei 
342 diaoit hautement 348 Lor ne uost 



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n (Méon 1601 -1638) 

Par de desos un roge chol 
350 Le prent Kenars parmi le col, 

Fuiaot e'eat va et fait grant joie 

De ce qu'il a encontre proie. 

Pinte voit qne Renars l'enporte, 

Dolente eat, molt se decouforte. 
865 3) se conmeuce a dementer, 

Qnant Chautecler vît enporter, 

Et dit 'sire, bien le vos dis 

Et vos me gabiez todis 

Et si me tenieez por foie. 
360 Mes ore est voire la parole, 

Dont je vos avoie gamL 
' Tostre senz' vos a esohami. 

Foie fui, qnant jel vos apris,* 

Et fox ne orient tant qu'il est pris. 
âS5 Renars vos dent qui vos enporte. 

Lasse dolente, con soi morte! 
, Car se je ci port mon seîgnor, 

A toz jors ai perdu m'onor.' 
La bone feme del mainil 
.<no  overt Tuis de son oortil. 

Car vesprea ert, por ce voloit 

Ses jelinee reraetre en toit. 

Pinte apela, Bise et îlosete. 

L'une ne l'autre ne recete. 
375 Quant voit que venues ne sont, 

Holt se merveille qu'elles font. 

Son coc rehuce a grant aletne. 

Renart regarde qui l'eumeine. 

Lors passe avant por le rescore 
380 Et li gorpils conmeuce a oore. 

Quant voit qne prendre sel porra, 

Porpense soi qu'el criera. 

'liaroul' escrie a pleine gole. 

Li vîlein qui sont a la coule, 



351 Fuit BSDt et t. mit g. i. 334 eat tnatiqut 372 toit ] n 
373 bU 



, Google 



n <Méoii 1«37— 1670) 

SS;') Quant il oent que celé bret, 
Trestuit se sont celé part tret. 
Si U demandeut, que ele a. 
En BOspirant lor reconta 
'LaBBe, cou m'eat mal avenu!' 

390 'Cornent?' font il. 'Car j'ai perdu 
Mon'coc que li g;orpil enporte.' 
Ce dist Coatana 'pute vielle orde, 
Qu'ares dont fet que nel prêtâtes F' 
'Sire' fait ele, 'mar le dites. 

896 Par les seinz deu, je nel poi prendre. 
'Por quoi?' 'Il ne me yolt atendre.' 
'Sel ferissiez?' 'Je n'oi de quoi.' 
'De cest baston.' 'Par deu ne poi: 
081* il s'en vet ai grant troton, 

400 ^el preadroient deuB cheo breton.' 
'Par ou s'en vetf 'Par ci tôt droit.' 
Li Tileia oorent a esploit. 27 

Tuit e'esorient 'or ca, or cal' 
Renare l'oT qui devant va. 

405 Au pertuis vint, ei sailli jus 
Qu'a la terre feri li eus. 
Le saut qu'il fist ont cil oî. 
Tuit sescrient 'or ca, or ci!' 
Costans lor dist 'or toet après!' 

410 Li vilein corent a eales. 
Costans apele son mastin, 
Que tuit apelent Hauvoisin, 
['Bardol, Travers, Humbaut, Rebors, 
Corée après Renart le ros!'] 

416 Au corre qu'il font l'ont veQ 
Et Renart ont aperoeû. 
Tuit s'escrient vez le gorpiU' 
Or est Chanteclers en péril, 
S'il ne reseit engin et art. 

420 'Conment' fait il, 'sire Renart, 

7 a ft ou ci nf 389 conme meet 40!J T. ei le. 405 
417 ueeï 419 regeitî 



, Google 



II (Kéaa 1671-1708) 

Dont n'oez quel honte vos dieot, 
Cil vilein qui si yob escrientP 
CostanB TOB aeut plus que le pas. 
Car 11 lanciez un de vos gtu 

43S A riesne de celé porte. 

Quant il dira "Renara l'eDporte", 
"Uangrez vostre' ce poaa dire. 
Ja ne! porres mels desconfire.' 
N'i a S) eage ne foloit. 

4% Benars qui tôt le mont decoit, 
Fu deootls a celé foiz. 
n s'eecris a haute voia. 
'Mangre vostre' ce diat Renart 
De ceatui enpor je ma part. 

43b Quant cil senti lâche la boce, 
Bâti les elea, ai s'en toche. 
Si vint Tolant aor un pomer. 
Renars fii bas sor un fomier, 
Oreinz et maris et treapenaee 

440 Del coc qui H est escapez. 
Chantecler li jeta un ris. 
'fienart' fait il, 'que vos est tîb 
De ceet sieglef que tos en semble?' 
Li lecheree fremist et tramle. 

44K Si li a dit par félonie : 
'La booe' fait il soit bonîe, 
Qui a'entremet de noiae fere 
Â. Vote qu'ele se doit tere.' 
'Si soit' fet li cos, 'con je voiL 

4fi0 La maie gote li cret l'oil 
Qui a'entremet de someller 
A Tore que il doit veillier. 
Cosina Renart' dist Chantecler, 
'Nus ne se pnet en tos fier. 

4M Dahez ait Tostre oosinage! 
Il me dut tomer a damage. 

4Z2 eHterient 425 cette 441 )i a tête 442 fsint 445 «i 
tm qne il te dot 450 crert h I. 454 pot 



, Google 



H (Méon tT0»-IT48) 

Renart parjure, aies vos ent! 

8e T08 estes ci longement, 

YoB i lairoia vostre gonele.' 
460 B«nar8 o'a seing de sa favele. 

Ne voit plus dire, atant s^en torne. 

Ne repose ne ne sejorne, 

Besongnieus est, le ouer a vein. 

Far une brooe les un plein 
465 S'en yait fuiant tôt une sente. 

Molt est dolaus, molt se démente 

Del CGC, qui li est escapee, 

Quant il n'en est bien saolea. — 
Que qu'il se pleint de sa loaenge, 
470. Atant es voe une mésange 

Sor la brance d'un cainne crues, 

Ou ele avoît repost ses uea. 

Benara la vit, si la salue. 

'Comere, bien soiez venue! 
470 Car descendes, si me beaiezl' 

'Benart' fet elle, or tos tesiez! 

Yoirement estes mes compères, 

Se vos ne par fusslen si leres. 

Ues vos aves fait tante guiohe 
480 A tant oisel, a tante biche. 

Qu'en ne s'en set a qoi tenir. 

Et que quidiez vos deyenirP 

Maufes vos ont si déserte 

Qu'en ne tos puet prendre a verte.' 
485 Dame' ce respont li gorpilz, 

'Si Toiremeot con vostre filz 

Est mes fillouB en droit baptême, 

Onques ne fis semblant ne emme 

De rien qui vos doûst desplaire. 
inO Savez, por quoi je nel vol fereP 

Droiz est que nos le vos dions. 

Hesire Nobles li lions 



457 p-.orei 459 gone gonele 460 soig 46! Ne ne pOM W 
BeionfpiieE 471 camne dun brue gros 478 ob 474 s. «m m. 479 
gnenohe 4B0 betche 4S4 Que ne u. pot 467 it 40O nos 



, Google 



U (Héon 1749— 1T80) 

À. or par tôt la pea jiiree, 
Se dex plaïst, qui aura durée. 

4» Par sa terre l'a fait jurer 
Et a sea homes aâer 
Que Boit gardée et memteuue. 
Uolt lie en est la gent menue. 
Cor or carroDt par plusors terres 

900 Plez et noises et roortex guerres, 
Et les béates grans et petites 
La merci deu seront bien quites.' 
La messange respont atant 
'Renart, or m'aies vos flatant, 

695 Mes se vos plest, queres autrui: 
Car moi ne beseres vos hui, 
Ne ja por rien que vos diez, 
loiet besers n'iert otroiez.' 
Quant Benars roît que sa 

610 Ne veit pas eroire sou compère, 
'Dame' fait il, or m'escotez! 
Por ce que tob me redoten, 
Les ielz oloingniez vos beserai.' 
'Par foi' fait ete, 'et jel ferai. 

515 Or cligniez donc!' cil a olignie 
Et la mosengue a enpoignte 
Plein son poing de mousse et de f 
N'a talant que besier le voille. 
Les gênions li conmence a terdre 

NO Et quant Reaars la cuide aerdre, 
N'i trove se la foille non, 
Qui li fa remese au grenoo. 
La meeenge li escrîa 
'Haï Reoart, quel pez ci a! 

BK Toet oflssiez la trive enfrete, 
8e ne me fusse arere trete. 



W d'ee 497 Quel meintenuec 498 msnuee 499 on terres 
^ K aerrei S08 niertroiei SIO p. eonoigtre a. 517 poig Le vera 
11* t InxiM aprèt le vert 533, maig atte un a, qui et rapporte à un 
^iMk vert 620 est précidi 519 Ses 52b e^ete 526 retretQ 



,. Google 



II {MéoQ 1781—1818) 

YoB disiez que afiee 

La pes et qu'ele estoit jurée. 

Mal l'a jurée vostre aire.' 
580 Benars li conmencs a rire, 

Si li a jeté un abai. 

'Certes' fait il, 'je m'en gabai. 

Ce fis je por vos poor fere. 

Hes qui cautP or soit a refera. 
636 Je reclingnerai autrefois.' 

'Or dont' fet elo 'estez toz cois!' 

Cil cligne qui molt sot de bole. 

Oele li vint près de la gole 28 

Itaiant, mes n'entra pas dedenz. 
HO Et Renars ra jeté les denz. 

Prendre la quide, mes il faut. 

'Renftrt' fait ele,' ce que vaut? 

Ce n'iert ja que croire vos doie. 

Far quel manere vos creroîe? 
546 Se ja vos croi, li maufes m'arde!' 

Ce dist Renars 'trop e« coarde. 

Ce fis je por vos esmaier 

Et por vos auqueâ esaaîer. 

Car certes je n'i enten mie 
650 Ne traûon ne félonie. 

Mes or revenes autrefoiz! 

Tierce foîe, ce est droiz. 

Par non de sainte carite, 

Far bien et par establete, 
563 Bêle coomera, eus levés! 

Far celé foi que me deves 

Et que vos deves mon fillol, 

Qui la chante sor ce tilloil. 

Si faisomes ceste racorde. 
&r,0 De peceor miséricorde.' 

Mes ele fet oreille sorde: 

Qu'ele n'est pas foie ne lorde, 

527 dj Bieo q^^r afiee 530 dire 534 qnin S3S maHqut SST eil 
588 Celé luint 5S9 .B. mes 546 dit 548 enuier 549 oeDleo 
De ou d. 556 fois 559 soorde 561 el li f. * o. 562 Quel 



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II (M*on 1819—1860) IBÏ 

AîDz sidt Bor la branche d'un chesDe. 

Que que Reoars si 8e dereane 
MO Atant este to8 Teneor 

Et braconier et corneor 

Qui 8or le col lî sont co(i. 

Et quant Benars a ce vefl, 

Fonnent s'en est eBoiervelUez. 
6?0 De fuir s'est apçrelliez. 

8i drece la coue en arcon. 

Forment s'escrient li garçon, 

Sonent grailes et moieneax. 

£t Renars tresse ses pananx, 
ST5 Qui molt petit en els se fie. 

£t la mesenge li escrie 

Henart, ciet bans est toat brisiez, 

Et la pez que vos disiez. 

Ou fuiez vos? ca revenez!' 
580 Renars fu ceintes et senez, 

Si li rn trait une mencoigne. 

Que qu'il parole, si s'esl oigne. 

'Dame, les trives sont jurées 

Et ple^'ies et afiees, 
58S La pes aasi de tôt en tôt. 

Ues nel sevont mie par tôt. 

Ce Bont cael qui ci nos vienent. 

Qui la pee que lor père tiennent, 

N'ont encor pas aseuree, 
990 3i coD lor père l'ont jurée. 

M'ereot pas encore si saive 

Au jor, que lor père et lor aive 

Jurèrent la pes a tenir, 

Que l'en les i feïst venir." 
595 'Certes ore estes vos maves. 

Guidiez qu'il enfrengnent la pes? 

Ca revenez, si me baisiez!' 

'Jei n'en aui pas or aisiez.' 

5M itregne 5TÛ Del f. 575 Qui] Car 581 ra tort 591 
^1 H Inmrt qu' aprit encore; mais la foule tut indiquée par dea 
'•»•" »8 ne 



, Google 



II (Héon 1862—1898) 

'Ja jum la pea voatre sire.' 

600 Renars s'ea fuit, ae vaut plue dire, 
Come cil qui sot le travers. 
Atant estea voa un couvre 
Que doua veautrea eDchaeoez 
Avoit lez la voie amenez. 

BOS Li gars qui seot Kenart première, 
Quant il ohoiai les leamiers, 
Yoit le couvera- si li eacrie 
'Deelie va, les chiens desliel 
Voia le gorpil! mar en ira.' 

610 Benars Toi, si eoepirs. 

Bien eei que il ert malvenoz, 
8e il puet estre retenuz. 
Car itel gent entor lui voit, 
N'i a celui, s'il le tenoit, 

615 Que bien ne li oatast la pel 
 la pointe de son cotel. 
Poor a de perdre sa corce, 
Se plus n'i vaut engin que force. 
Molt dote perdre sa gonele, 

630 S'auques ne li vaut sa favele. 
Li convers qui autre part muse, 
Et Renars, qui pas ne rehuae, 
Ne puet mucier ne puet guenchir 
Ne nule part ne puet foïr 

«25 Ne trestoroer en nule guise. 
Ea vos le convers qui l'avise, 
Devant lui vient toz aïree: 
'Ha ha, cuivrez, voa n'en irez.' 
'Sire' fait il, 'por deu ne dites! 

fOO Car seins hom estes et ermites. 
Si ne devez en nul endroit 
A nul home tolir son droit. 
9'or estoie ci arestea 
Ne par voz chenz point destorbes, 

607 chieDS mangue 611 qui! 612 Sil i pot 614 «is 
. pot foir 624 pot gandir 628 u. ni riei 684 por 



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U (Hioii 16»»— 1934) 

63S Sor T08 en aeroït li peciee: 
Et j'en seroie corooiez, 
Car miens en seroit li damagea. 
Koa corrien ici a gages 
Entre moi et ceate cenaille: 

640 Haït a grant ooee en la fermaîile.' 
Cil ae porpenae qu'il dist bien. 
A deu et a seint Julien 
Le oonmande, ai s'en retorne. 
Et Benara qui paa ne aojome, 

Mfi Holt esperone aon cheval. 
Par une aente lee un val 
S'en vet fniant tôt une plegne. 
Li crie qui aprea lui engregne 
Le fet aler plus que le pas. 

eoO À une voie, a un treapas 
A un grant foase treaaailli. 
Doques l'ont li chen gerpi: 
14'en sevent mes ne vent ne voie. 
Et Benars qui bien se dévoie, 

606 ITi ateot per ne conpaignon: 
Car molt dote mors de gaignon. 
N'est merveille s'il est laeaez. 
Car le jor eut fot asez. 
Si a trove mauvea eûr. 

660 Hais que chaut? ore eat asoflr. 
Aaes a grant travail eu 
Por ce qu'il li est meacoQ. 
Par ce que il s'en va fuitis, 
Uonace moU ses enemie. 
. Gfô Que qu'il se ploint de s'aventure, 
Oarde et voit en une rue 
Tiebert le chat, qui ee déduit 
Sanz oonpaïgDie et sens conduit. 
De sa coe se vet joant 

910 Et entor Ini granz sans faisant. 



«SSftleD «S» fenuille 64S g«liei 
air 6S2 le 655 part 663 va J ei 



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II (Méon 1935-1970) 

A un BRut qu'il âst ae regarde, 
Si choisi Reuart qui Peagarda 
Il le conut bien au poil ros. 
'Sire' fait il, 'bien vegnea vos!' 

676 Renara li dist par félonie 
'Tibert, je ne voa salu mie. 
Ja mar vendrez la ou je aoie. 
Car par mon chef, je vos feroîo 
Yo]entiera, ae j'en avoie aise.' 

680 Tibert beeoigne qu'il ae taise: 
Qar Renars eat molt coreciez. 
Et Tibers a'est vers lui dreoiez 
Tôt simplement et sanz grant noise. 
'Certes' fait il, 'sire, moi poisse 

686 Que vos estes vers moi iriez.' 
Renars fu auques enpiriez 
De jeiiner et de mal traire. 
H'a ores seing de ooisse fere, 
Car molt ot jodne le jor. 

690 £t Tieberz fu pleins de sojor, 
S'ot les gernons vels et cenuz 
£t les denz trencans et menus,. 
Si ot bons ongles por grater. 
Se Renars le voloit mater, 

6% Je cuit qu'il se vouldroit deafendre. 
Mais Renars nel velt mie enprendre 
[Envers Tibert nule mealee 
Qu'en maint leu ot la pel aree]. 
Ses moz retorne en autre guîae. 

700 Tibert' fait il, je ai ouprise 

Guerre molt dure et molt amere 
Yers Yaengritt un mien compère. 
S'ai retenu meint soudoier ' 

Et vos en voil je molt proier 

706 Qu'a moi remanes en soudées. 
Car sÏDS que soient acordees 



671 qne il 676 chez 679 Aieae SSO que te toise 681 R. 
688 gnnt manque 667 Del . . del 668 toig 704 proer 



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II (Uion leTI— 2006) 

Les trives entre moi et lui 
Li cuit je fere grant ennui.' 
Tieberz li chaz fet molt grant joie 

710 De ce dont dan Benara le proie. 
Bi li a retorne le vis. 
TeDee" fait il, je vos plevia 
Que ja nul jor ne vos fauâre 
Et que Tolontiere asaudre 

710 Dant Ysengrin : qu'il a meefet 
Vers moi et eu dit et en fet.' 
Or l'a ReoBTs tant acorde 
Qtt'entr'aus doue se sont acorde. 
Andui s'en vont par foi plevie. 

730 Renan qui est de maie vie, 
Nel laissa onques a haïr, 
Ainz se peine de loi tralr. 
En ce a mis tote s'entente. 
Il garde en une eatroite sente, 

730 Si a choisi près de l'oroiere 
Entre le bois et la carere 
T7n broion de oheane fendu, 
C'nns fileins i avoit tendu. 
Il fil recuiz: si s'en csohive. 

780 Mes danz Tibers n'a nule trive, 
S'il le puet au braion atrere 
Qu'il ne U face un mal jor traire, 
fienars li a jeté un ris 
Tibert' fait U, 'de ce vos pris 

73Et Que molt estes et prous et bans 
Et tts chevaos est molt isnaus. 
Mostrez moi, oonment il set core. 
Par oeste voie, ou a grant poure, 
Gorez tote oeste sentele! 

110 La voie en est igax et bêle.' 
Hbere li caz Fu escbaufez 
Et Benars fu un vis maufez, 

TIO 1«B 714 oBBudra ÏI5 qu' manque m» 71 
»i» 730 n. o>u« 131 put 73â Que tu es m. et 



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112 n (Méon 200T— 2088) 

Qui le voet en foUe enjoindre. ' 

Tibère s'apareille de poindre, 
746 Cort et racort les aauz menuz ! 

Tant qu'il est au braion venuz. 

Quant il i vint, s'aperçut bien | 

Que Kenars i entent engien. 1 

Mes il n'en fet semblent oe ohere, | 

7fiO En eschivant se tret arere I 

Edbus du broioD demi pîe. I 

Et Renare l'a bien espie. | 

Si li a dit vos aies mal, I 

Qui en travers corez obeval.' j 

7^ Cil s'est un petit esloîgniez. 

'Â réfère est, or repoignîezl 

Menés l'un poi plue droitement!' 

'Yolentiers: dites moi, conmentr 

'Conment? si droit qu'il ne guenchisse 
760 Ne hors de la voie n'en isse.' i 

Oil lait oore a col estendu i 

Tant qu'il voit le braion tendu. { 

Ne guencbit onques, einz treaaut. , 

Renars qui a veii le saut, 
765 Sot bien qu'il s'est aperceûz 

Et que par lui n'iert deceûz. 

Porpense soi que il dira ; 

Et conment il le décevra. 

Devant lui vint, si li a dit . 1 

770 Par mautalant et par afît i 

Tibert' fait il, 'bien vos os dire, 

Toatre cheval est ases pire j 

Et por vendre en est meins vaillanz, 

Por ce q'est esfihis et saillanz.' 
77A Tieberz li chaz forment s'escuse 

De ce dout danz Renars l'acuae. 

Forment a son cors engrognie 

Et meiote fois recomeocie. 

TM br&iom 749 ch' 754 oore 755 t'matique poi 757 le un p. 
p. dorement 765 Foupcn»e 771. 772 intfrrertit; maië Vordrt j»^^ 
t»t indiqué par le» lettre* b s T73 en manque 



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n (Méon 2089— SOTO) 

Que qoil e'eaforce, es tos atant 
180 Deiu mastinz qui vienent bâtant. 

Renart voient, s'ont abaie. 

Âudui a'eu sont molt esmaie: 

Par la aente s'en vont fuiant 

(Li uns aloit l'autre botaqt) 
780 Tant qu'il vindrent au liu tôt droit 

Oo li braions tendus estoit. 

Renars le vit, guencir ouida. 

Uais Tibers, qui trop l'anguissa, 

L'a si féru del bras senestre 
790 Que Renars (det enz del pie deatre, 

Si que la clés en est saillie. 

Et li engins ne refaut mie, 

Si serrent li huisset andui 

Que Renart firent grant anui: 
795 Le pie li ont très bien sere. 

Molt t'a Tibers bien honore. 

Quant el braion l'a enbatu 

On il aura le col batu. 

Ci a meveise conpaignie, 
800 Oar vers loi a sa foi mentie. 

Beoars remeint. Tibers s'en tooe. 

Si li escrie a pleine boche 3 

'Renart, Renart, vos reinaindree, 

Mes jei m'en vois toz esfreez. 
SU Sire Renart, vielz est li chaz: 

Petit vos vaut vostre porchas. 

Ci vos berbergeroiz, ce cnit. 

Eocontre vezie recuit.' 

Or est Renan en maie trape, 
810 Oar II chen le tienent en frape. 

Et li vileinz qui vint après, 

Leva sa hace, s'ala près. 

A poi Renars n'est esteatez. 

Mais li cous est jus avalez 



TS3 fuieant 785 a lui 787 le suit 789—794 
WMfiuiif 79B aura lut bien 613 Que B. neu fu enteatex 813 HkIhb 



...Google 



II (M*on 30T7— 2102. 7187—7166) 

815 8or le braioD qu'il a feodu. 

Et cil a eon pie esteadu: 

A Boi le tret, molt fîi bleotiiez, 

Fuiaut s'en vet dolana et liez: 

Dolenz de ce qu'il fu quaaaiez, 
820 Liez qu'il u'i a le pie laiasie. 

Quant il Benti qu'il fu detirres, 

Ne fu pas estordi ne ivreB, 

Âincois s'est toat mie a la fuie. 

Et li TileiuB l'eBcrie et huie, 
825 Qui molt se tient a engig^nie. 

Li chien ont lor cours engregnie, 

Si reconmeacent a glatir. 

One Renars ne s'osa quatir 

Tresqu'il ot tôt le bois passe. 
&% Iloc furent ii chea lasse, 

Recraant s'en toment arero. 

Renars tote une graot charrere 

S'en vait fuiaut, car molt s'esmaie. 

Forment li ouit et dout la plaie. ' 
885 Ne set li laz que fere puisse: 

A pou qu'il n'a perdu la cuisse 

Qui en la piège fu cougniee. 

Si rot poor de la cogniee 

Dont li TileiuB le vout ooirre. 
èiO Que d'un que de l'autre martire 

S'en est tomes a molt grant peine 

Si conme aventure le meine. — 
Eotre deuB monz en une pleigne 

Tôt droit au pie d'une monteigne 
840 Desus une rivière a destre 

La vit Benart un molt bel estre 

Que la gent n'ont gères hante. 

La vit Reoart un fou plante. 

[L'eve passe outre et vint la droit 
060 La ou li fouz plantez estoît.] . 

9 Aittz ooiB SBBtot 8Ï7 reglaHr 836 For pou 837 Qne 



, Google 



n (MSon 7197-7234) 115 

Entor le fuat a fet sa tregche, 

Puis s'est cochez Bor Tei-be freace. 

Voutres s'i est et estenduz: 

A boD os tel est deeceoduz. 
866 Ne li estnet ostel changier 

Por qa'ofist aaques a maugier. 

Li sojomers li est or baus. 

Hea daa Tiecelins li corbess 

Qui molt ot jeUno le jor 
860 N'ot ore oare de sejor. 

Par besoing a le bob laissie 

Et Tint feadsnt a un plaissie 

PriTeement et en destor 

Toz abreviez de fere estor. 
865 De formages vit un millier 

Qu'en avoit mis a sollellier. 

Gflle qui garder les devoit 

En sa meson entrée estoit. 

Entrée estoit en sa oiaisou. 
870 Tiecelins voit qu'or est seson 

De gaengnier, si laisse corre. 

Un en a pris: por le rescorre 

Sailli la vielle eu mî la rue. 

Tîecelin voit, après li rue 
876 Gballox et pieres, si i'escrie 

"Vassal, vos n'en porteroJs mie.' 

Tiecelin la voit auqnes foie. 

'Vielle' fet il, 's'en en parole. 

Ce porroiz dire, jeî l'en port^ 
880 Oa soit a droit ou soit a tort. 

De lui prendre ai eS bon leu. 

La maie garde peat le leu. 

[Le remanant gardes plus près. 

Cestui ne ranrez vos hui mes, 
886 Âins en ferai mes barbes rere 

Molt ieement a bêle chère. 

SS3 Talentien et mangue 854 oei dendiiz 862 tendant 872 
prîM reicore 873 mi manque 882 lou 884 uAuerei vos manque 



«k 



_^ ^1 



!I (Méon 7285— T2T0) 

En aventure de lui prendre 

Me mis por oe que gel vî tendre, 

Jaunet et de bone savor. 
690 Tant ai del vostre par amor. 

Sel puis porter jusqu'à mon ni, 

De cuit en eve et de roeti 

En mangerai tôt a mon cois. 

Râlez vos en ; car je m'en vois.'] 
895 Âtant s'en tome et vient tôt droit 

Au leu ou danz Renarz eetoit. 

Âjoroe furent a cel Ore 

Renarz desos et cil desoure. 

Mes tant i out de dessevraille 
900 Que oil manjue et cil baelle. 

Li formaches est auquea mous, 

Et Tîeoelins i fiert granz cous 

Au chef du bec taot qu'il l'entame. 

Mangie en a maugre la dame 
906 Et del plus jaune et del plus tendre, 

Qui tel anut li flat au prendre. 

Orans cols i fort a nne hie. 

One n'eu sot mot, quant une mie 

Li est a la terre choûe 
910 Devant Renart qui Ta veûe. 

II conoîst bien si fête beete, 

Fuis si CD a crolle la teste. 

Il levé BUS por mels veoir: 

TiecelÎD voit lasus seoir, 
916 Qui ses compères ert de viez, 

Le bon formaohe entre ses piez. 

Priveemeot l'en apela 

'Por les seins deu, que voi ge laP 

Estes vos ce, sire conpereP 
920 Bien ait hui l'ame vostre père 

Dant Rohart qui si sot chanter I 

Meinte fois l'en ol vanter 



88» Oautiel 896 Ion 8SB deius 90g f. .IL doi 911 ù , 
f«t b. 915 rieli 921 qne 



, Google 



n (Xeon 7271—7808) 

Qa'il en avoit le pria en France. 
YoB meïsme en vostre enfance 

B25 Vos eu Bolieez molt paner. 
Saves vos mes point orguenerP 
Chantes moi une rotruengel' 
Tiecelin entent la losoDge, 
Euvre le bec, si jeté un bret. 

980 Et dist Senars 'ce fu bien fet 
Mielz obantez que ne solieez. 
Encore se vos voliees, 
Irieez plus haut une jointe.' 
Cil qui ae fet de chanter cointe, 

9% Comenoe de rechef a brere. 

'Dex diat Renara, 'con ore esclaire, 
Con ore espurge vostre voia I , 
Se vos vos gardées de noia, 
An miels du secle chantiaoîs. 

MU Caotea encor la tierce foial' 
Cil crie a faautime aleine. 
One De 80t mot, que qu'il se peine, 
Que li lues destrea li desserre 
Et li formages cîet a terre 

945 Tôt droit devant les piez Renart. 
Li lecherea, qui trestoz art 
Et ae defrit de leoerie, 
If'en atoca ono une niie. 
Car encor, s'il puet avenir, 

990 Voidrs il Tiecelin tenir. 

Li formachea li giat devanL 
II levé aua cheant levant: 
Le pie trait avant, dont tl dooe, 
Et la pei, qui encor li loce, 

9S0 [Et la gambe et le pie qiamia 
Qui el braion fu entrepria.] 
Bien vont que Tieceline le voie. 
'Ha dex!' fait il 'con poi de joie 



926 nés 926 loeine 930 dit 933 giointe 937 «espurge 93» 
pkMituoa 940 encore 943 deaere 946 toz très 949 c. encore eil pot 
neatr 954 tnanqitf 



, Google 



118 U (HéoD 7309— 7346) 

H'a dex done en ceete vîe! 
960 Que fera ge, aeinte l{ari«! 

Cist formages me put si fort 

Et flere qu'il ja m'aura mort. 

Tel chose i a qui molt m'esmaie, 

Que formages n'est proua a plaie. 
965 [Ne de lai talent ne me prent, 

Car fisiole le me defent.] 

Ha Tiecelin, car deacendeB! 

De cest mal si me defeodes! 

Certes ja ne tos en priasse : 
970 Kes j'oi l'autrer la jambe qasse 

En un braioR par mesceance. 

La m'avint ceste mesestance: 
.[Onques ne m'en poi destorner. 

Or me covient a sejomer, 
97!> Enplastre mètre et enloer 

Tant que je puisse renoer.'] 
Tiecelins caide que voir die 

Por ce que en plorant li prie. 

Il desoent jus, que ert en haut: 
980 Mes mar i acointa le saut, 

3e danz Renare le puet tenir. 

Tiecelin n'ose près venir. 

Renars le vit aooarder, 

Sel conmenca aseîirer. 
986 'Por deu* fait il, ca vos traies! 

Quel mal vos puet fere un plaies?' 

Renars devers lui se torna. 

Li fous qui trop s'abandona, 

Ne sot ains mot, quant il sailli. 
990 Prendre le cuida. si failli. 

Et neporquant qatre des pênes 

Li remeintrent entre les canes. 

[Tiecelin saut tos esmaies, 
, Qui dut estre moU mal paies. 

962 maura ia 964 Car 967 desoent 968 me de défendes 9fi9 
pirasse 970 Car ioi lautre la cuisie q. 97S me p. SSl pot 986 pot 

987 R. qui nera 986 te démena 



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n (H6011 734T— 7S80. 38T— 3*7) 

995 Detrers «t devaat se regarde. 

'He dex' diet il, 'ai maie garde 

Ai hui prise de moi melame. 

Ja ne cuide que feTat esme 

Cil fel, cist ro8 et cist contres, 
1000 Qui qntre dee tuiax m'a irez 

De la destre ele et de la qeue. 

Li aiena cors aille a m^e veue! 

Faua et traîtres est por voir 

Or m'en puis bien apercevoir.'] 
1006 Or est Tiecelina molt pleins d'ire. 

Et Renara s'en volt escondire 

Maia dan Tiecelina l'entrelet, 

N'est ore pas haities de plet. 

Si diat 'li formages soit vostre! 
lOlO Plus n'aurois vos hui mais del noetre. 

Je fia que foua que Toa oreoie 

Puis que eacacier vos veoie.' 

Tiecelina parla et grondi: 

Renars un mot ne respondi. 
101s Soef en a le dol vengie. 

Car le formacbe a tôt mangie, 

N'en pleint que la maie foison: 

Car tant li vaut une poison. 

Quant il a'en fu desjefiDes, 
1090 Si dist, dee l'oure qu'il fu nez 

Ne manja il de tel formache ~ 

En nnle terre que il sache. 

Ooques sa plaie n'en fu pire, v 

Atant s'en vet, ne volt plus dire. — 
lOK Cilz plaiz fu ainsi affinez Di 

Et Renars s'est acheminez. 

Renars TÎot par un boia fendant 

Par une broche en on pendant. 

One ne fina, que qu'il s'esgaie, 
1030 Tant que il vint en une bue 



M6 «BB lOOS ait noue 1005 tôt p. 1008 or p. h&iet 1010 tm 
■a«fM lOlS. 1014 Miinf Mnf lOlSlen t. uoproison 1025 Le reg-e manTue 
daiuA; il ttt mippUé d'aprèa I). 1027 vint manque 1080 en]» , 



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120 U (Méon 848-~S8&) 

Par desBUB une fosae obaoure. 

La 11 avint une aventure, 

De quoi li anuia et poUe. 

Car par ce commença la noiae D31 

lOBB Par mal pechie et par dyable 

Yen Yaengnn le connestable. 

Quant il vit la chevee roche, 

Ne 8ot que faire: avant s'aproohe 

Pour enquerre et pour savoir, 
1040 C'OD n'i eâat repoat avoir. 

Odc n'en sot mot, quant il avale, 

Qu'il se trouva enmi la sale 

Daot Tseogrin son anemi. 

Quatre louviaus gisent eomi 
1046 Et madame Hersent la louve 

Qui aes louviax oorrist et couve: 

A chascon donnoit aa bouchie. 

Nonvelement ert acouohie. 

Uais n'avoit pas son ohief couvert: 
1050 darda, si vit l'uis entrouvert. 

Pour la clarté qui trop la grieve 

Pour eflgarder aa teste lîeve, 

Savoir qui leena fu venuz. 

Renara fu grellee et meouz 
lOfiO Et fu repoet derrier la porte. 

Et Hersent qui se réconforte. 

Le oonDut bien a la pel rousse. 

Ife puet muer que ne a'eaoousse. 

Bi li a dit tout en riant 
1080 Itenart, qu'alez vous eapiant?' 

Adonquea fu touz desconfia, 

De honte avoir fu il bien fis. 

N'ose mot dire, tant ae doute: 

Car Yaengrin ne l'aime goûte. 
106D Heraent saut sua, lieve le chef, 

Bi te rappelle de rechief 

1037 oheue 1* 1098 Mproiohe 1045 uw mangut 104S D* 
noùoel estoit a. 1049 H. el iw p. oh, o, 1050 eutreouuert lOOB Pour »■ 
1057 pelouM 1058 quU 



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II (Méon 386—423) 1*1 

Et asenne a son gtelle doit. 

'Renaît, Renart, 11 poilz le doit 

Que eoiez felz et deputaire. 
1070 Âinc ne me rousietes bien faire 

Ne ne venistea la ou j'ere. 

Je ne eai risn de tel compère 

Qui SB conmere ne revide.' 

Cïli a tel paour et tel hide, 
107K Ne pnet muer qu'il ne reBponde. 

'Dame' fait il, 'dex me confonde, 

S'onqaes pour mal ne pour haine 

Ai escbive ceete geaine: 

Ainz i -venisse volentiere. 
1060 UaÎB quant je vois par ces sentâera, 

Si m'espie dant Taengrina 

Et en voies et en chemioB. 

Ne je ne sai que je i boe, 

Tant con Tostre sire me faace. 
lOSa Monlt fait grant peohie qu'il me bet. 

Mais li mien cors ait cent deebet, 

Se OQC li fis oboae nezune, 

Dont me deûst porter rancune. 

Je vous ains, ce dist, par amore. 
1090 n en a fait maintes clsmoora 

Par oeste terre a ses amia, 

Et ai leur a avoir promis 

Four moi faire laidare et bonté. 

Mais dites moi de ce que monte 
1096 De vous requerre de folie P 

Certes je oel feroie mie, 

Ne tel parole n'est pas belle.' 

Quant Hersent entent la nouvelle, 

De maltalant tressue et art. 
1100 'Conment?' fet ele 'dant Renart, 

En eat dono parole tenue? 

Certes mar en fui mesoreiie. 

t06B le poil 1078 eHloignie Oie g. 1098 que que ien f. 1087 
'"me 1068 De quoi me 1101 dont 1103 oude (e*tU forme w 
ritntrt parlout dans U mac- H.) 



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122 n (H«on 424—459) 

Tel cuide as honte venger. 

Qui pourchace son encombrier. 
1106 Me m'est or pas honte nel die: 

One mais n'î pensai vilanie, 

Mais pour ce qu'il s'en est clamez, 

Veil je des or que tous m'ames. 

Si revenez souvent a mi 
1110 Et je Toas tenrai poar ami. 

Acolez moi, si me baisiezl 

Or en estes bien aieaiez: 

Ci n'a qui encuser nona doie.' 

Renara en demaine grant joie 
lllfi Et vient avant, si l'a baisiee. 

Heraena a la cuisse hauciee, 

Qui moult plaisoit itel atour. 

Puis a'eat Renars mie ou retour 

Qui crient que Tsengrins ne viengne, 
1120 Que moult double qu'il ne seurviengne. 

Et ne pourquant ainz qu'il s'en isse, 

Yieot au8 louviaus, si les conpisse, 

Si oonme il ereut furengie. 

S) a tout pris et tout mengie 
1125 Et hors gete ce qu'il y tnieve. 

Toute la viez char et la nueve. 

Ses a de leur liz abatuz 

Et laidengiez et bien batuz 

Âutreaai con s'il fust leur mestres. 
1180 Ses a clamez avoutres questres 

Friveement conine celui 

Qui ne se doute de Dului 

Fors de dame Heraent s'amie. 

Qui ne l'en deacoverra mie. 
I1S6 Lee louviaus a laiasie ploraot. 

Ez vos Hersent qui vint avant, 

Si les a blandiz et proiez. 

'Enfana' fait elle, ne soiez 

1110 relieiu l\^ Que mnnque m se d. 1132 bb imin^w. Aprh 
1132 OH lit Ne de nulï hoiu qui Hoit en uie 1134 manque 113* 
Et fa. j D. k iUnt 



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n (M«OD 460—493) 12S 

ËD yoatre foi félon ne sot 
1140 Que To pere d'od sache loot, 

Ne ja ne li soit congneû 

Qu*aiez oeenz Renart Teû.' 

'Quoi, âiablesF nous noierona 

Renart le roua que tant heons 
1I4& De mort, qu'avez ci receû 

Et noatre père deceû, 

Qui en vous avoit sa fiance f 

Ja se diex plt^bt, tête Yiltance, 

Que nous aonmes ai laidengiez, 
1190 Ne remaindra. ne soit vengiez.' 
Renart lea a oï groignier 

Et vers leur mère conronoier. 

Hoult toat se reat mia a la voie 

Le col baiaaîe que nulz nel voie. 
1106 Si repourchace bod afFere. 

Atant estez voua que repaire 

Dant Tsengrin a sa maisniee 

Qui aouz la roche eat entesniee. 

Tant a couru, tact a tracie 
1160 Et tant pourquia et pourohacie 

Que touz est oharebie de vîtaille. 

D'autnii damage ne li chaille. 

Conme il a trouve sa meeoiee. 

Que Renars a ai atiriee, 
1166 Bi fil ae sont a lui clame 

Que batu sont et afame 

Et conpissie et chaalle 

Et laidengie et puÏB clame 

Fil a puteio, batart avontre. 
1170 'Encore deaist il tôt outre, 

Que il diat que toos estes cous'. 

liors s'est Tsengrins d'ire eacous, 

Quant de sa famé oT le blasme. 

1142 Que B. «iei ceenz ueuz 1151 a nuinqtu 1154 q. nul 
'^** 1161 eharchie ) poniqoie 1164 Que oiti a ai mal atiriee 
lltt iTmic I neuume 1168 laidengez clamai 1169 auoadre 1170 
rrdin oaltre 



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124 n (Héon 4M~589) 

 bien petit qu'il ne se pasme. 

1175 n nrle et brait conme maufe 
'Hersent, or euî je malmené, 
Pute orde vilz, pute mauTeae. 
Je TOUS ai nourrie a grant aise 
Et bien gardée et bien peQe 

1180 Et uns autres tous a foutue. 
Uoult est tes corages muanz, 
Quant Renars, cilz rous, cilz puanz, 
Cilz Tilz leohieree, cilz garçons 
Tous monta onques es arcoDS. 

1185 Par le cuer be, mar i fu cous- 
Honni m'arez tout a estrous. 
Jamais ne gerrez a ma coste, 
QuHot receâ aTez tel oste, 
Se ne faites tout mon voloir/ 

1190 Ja se peust Hersent doloir, 
B'ele n'eûBt acreante 
Tout son bon et aa Tolente. 
'Sire' fait elle, 'vouBdiroiz: 
Courouciez estez, n'est paa droiz D32 

llflCt Que TOUS moustrez ici Tostre ire. 
Que se me lessiez esoondire 
Par eerement ne par joïse, 
Jel feroie par tel derise. 
Cou me feist ardoir ou peodre, 

ISOO Se ne m'en pooie desfendre. 
Si TOUS aSS euaeurquetout 
Que mon pooir ferai de tout 
De ce que Toudrez conmander.' 
Cilz ne set plus que demander. 

1S06 U ot que elle dit assez. 
Ses mautalens fu trespassez, 
Mais que il li a fait jurer 
Que jamais ne Uira durer 
Renart, e'elle em puet aise avoir. 

1174 A. p. .1. pou 117S nale 1178 ueee 1181 nwuuM 
punak 1197 Je )e ferai en tele guiee 1199 peust 1200 me p 
bout 1206 Son nutuUlent 1307 H. tant qull 



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n (UéoD &S0— 565) 

1310 Or s'en ^rt, si fera Baroir. 

Yaengrins ieit baus et haitiez 
Et diHt que Benars ert gaitiez 
Souvent aînz que la guerre esparde: 
Que fous fera, s'il ne se garde. 

1315 De lui gaitier sont ore en paine. 
Mais ainz que passaat la semaine, 
Li avint aventure eatrange. 
Ainsi Gonme la voie change 
liez un Tergier d'un essart clos, 

1230 La dut estre Renars enolos. 
L'en avoit ja les poiz aoiez 
Et li pesaz estoit loiez 
Et amassez et trait en voie. 
La earoit bien Renars la voie. 

1225 Venus î eetott por forgier 

Et pour enquerre et porcachier, 
Dont il peûat avoir viande. 
Ysengrins qui e1 oe demande 
Mais que il tenir le peOst, 

1230 Baisse la teste, sel oonnust: 
Geta an brait, si s'escria. 
Renars qui point ne s'i fia 
L*a bitat oT et entendu: 
Si s'en fuit a col eatendu 

12S5 Âpres se mettent ou chemin 
Entre Hersent et Ysengrin. 
n se pMoent de lui chatûer. 
Mais ne le puent devancier. 
Renars courut la voie estroite 

1340 Et Tsengrins court la plus droite. 
Hersent a enforcie son poindre. 
Qui a Renart se voudra joindre. 
Vit Ysengrin qui l'a failli. 
Que Renars d'autre part sailli 

lS4d Apres Renart s'est adrecie. 



131S «spaHe 1215 farder soit 1220 du R. estre e. I22B 
jbm 1226 et o«rohier 1230 oonnut 1243 Diit y. quilla 1245 met 



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126 II (Héon 566—599) 

ReoarB la vît si couroucifl 

Ke b'oso a lui abandonner. 

Ono ne fiaa d'esperonner 

Jusquee au recept de Yalorues. 
1360 Qnant il i vint, si entra lues, 

Quant vit dame Hersent s'amie 

Qui vers lui vint si esgramte: 

Et de lui n'a il huimais garde. 

La fist Hersent trop que musarde- 
12fi0 Apres Renart en la foese entre 

De plein ellats de ci au ventre. 

Lî diastîaus eatoit granz et fors: 

Et Hersent par si grant esfors 

Se feri dedenz la tesniere 
1260 Que ne se pot retraire arrière. 

Quant Benars vit qu'elle fu prise, 

Ne voult lessier en nule guise 
-Que il ne aille a lui geair 

Et faire de lui son plaisir. 
1266 Par un pou que Hersent ne crieve. 

Oar la fosse et Reuai-s la grieve: 

La fosse qui dedenz l'estraint 

Et Reaara qui dessus l'enpaint. 

Il n'est ileuc qui la resqueue 
1270 Eors que seulement de sa queue, 

Qu'ele estraint si vers les rains 

Que des deus pertuls deerains 

Ne pert un dehors ne dedens. 

Et Benars prist la queue aua dens 
1276 Et li reverse sor la croupe 

Et les deus pertuis li destoupe: 

Pui li saut sus liez et joianz. 

Si li a fait ses iex voîanz, 

Ou bien li poist ou mal li plaise, 

1252 le eigarmie 1253 Et manque 12â6 de ci ] iuaquea lîM 
traire 1263 Quil ne ueille 1267 Vmntigue 1268 Vmaïuiue 1269 ilenc 1 
nnllui 1270 que i tant 1271 QneUe 1272 dei r&ini 1276 Si r. 
toute U 1276 estoupe 1277 P. û «. a. et 1. 1278,8! U fonti «■ î- 
uoiant 1279 li pint ou 



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U (Méon 600—634) 127 

1280 Tout B loisir et a grant aiee. 

Elle diet, que qu'il li feeoit, 

'Renart, c'est force et force soit' 

Sire Renara tel li redonne 

Que toute la foBae en reasonne. 
1S85 Aiuz que la choae fuat fenie, 

lii diat itenars par felonnie 

Dame Hersent, vous disiez 

Que ja ne me proieries 

Et que jamea ne le feroie 
12B0 Por seul îtant que m'en vantoie. 

Ja voir ue m'en escondirai: 

8e gel fiz, enoor le ferai. 

Fis «t ferai, dia .et redis, 

Plus de aet foiz, voire de dis.' 
1296 Et i'afaîre ont recommencie 

Âinz qu'il eUaaent partencie. 

Ëz vous poignant par mi les broces 

Ysengrîu qui s'embat es noces. 

Ne ae puet mie tant tenir 
laOO Que il peAst a eus venir: 

Âinz a'eâcrie moult hautement 

'HaT, Kenart, or bellement! 

Par les sainz dieu mar m'i hoanîstes.' 

Kenars fu remuanz et vistes. 
laoc» Si li a dit tôt en alant 

'Sire Tsengrin, cest mautatent 

Ai je conquis par bel servise. 

Yeez coD Hersent est ci prise! 

Se je l'aide a délivrer 
1310 De ceat pertiiis et a oster, 

Pour ce si estes effreez. 

Pour dieu, biau aire, ne créez 

Que nulle rien i aie faite, 

Ne drapa levez ne braie traite. 

12S1 d. tut quil U croUsoit l'JS6 Â dit R. 1290 P. tuit uni 
plH ^ ISSt Januù ne 1202 8e tnangut Je le 129S eusaent tout 
fait h pta "1302 Hshi 1303 me 130j d. ceti m&utelent 1306 Que 
>'w ac porter folement 1309 deslier 



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II (Hâon 635—668) 

1310 One par cest corps ne par ceste ame 
"Se mesfia rien a voatre famé. 
Et pour moi et pour lui desfendre 
Fartot la ou le voudrez prendre 
Un Berement vous aramig 

1S20 Au lo8 de Toe meillore amis.' 
'SerementP traîtres prouvez, 
Voir pour noient i conterez. 
N'i controTerez ja menconge 
ISe vaine parole ne songe. 

1825 N'i convient nulle couverture: 
Toute est aperte l'aventure.' 
'Avoi' ce dist Renare, 'bîau aire, 
Vous pourriez assez miex dire. 
Ice maintenir ne deven.' 

1330 'Conment, ai je les iex: crevez P 
Cudez vous que ne voie gouteP 
£n quel terre empaint on et boute 
Chose que on doit a soi trure, 
Con je TOUS vi a Hersent faire?' 

1835 'Par dieu, sire' ce diet Renart, 
'Vous savez bien, enging et art 
Si vaut a chose maiobourair 
Con ne puet par force fournir. 
Madame ert prise en ceate fosse, 

1340 Et elle est moult espease et groaae. 
En nul aens traire ne l'en puis 
A reculons par ce pertuis. 
, Elle i est jusqu'au ventre entrée. 

Et la fosse a eetroite entrée: 

1845 Mais elle est de loue auquea grûndre. 
Four ce la vonloie enz enpainâre. 
Pour noient a moi la sachasse 
Que j'oi l'autrier la jambe quasse. 



1315 Onqnna ne manque 1316 mesprit 1818 Tout par laW 
Par le conieil de voi amis 1322 Voui p. conqa«rei 1623. 1324 mBmpf' 
1326 Treloute apperte est !& Uidura 1341 A 1342 p^rmi œit hdii 
1S4T Mobsce 1348 Et Joi 



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n <H«on 660—704) 128 

Or en avez oï la voire: 
1300 Si m'en devez bien atant croire, 

Be vous controuver ne voulez 

AohoÎBon, si cou vous soûlez. 

Et quant la dame iert de ci traite, 

Ja ne ouït clsmour en eoit faite 
13U Me ja, a'elle n'en veult mentir, 

Me l'en orrez un mot tentir.' D33 

A iceet mot s'est entesniez, 

Quant se fu assez dearesniez. 

Ysengrins est de l'autre part 
laeo Et voit Renart qui prent et part, 

Qui l'a honni ses iex voiant, 

Puis si le gabe et vait moquant. 

Mais n'a ore soing de plaidîer, 

Ainz B$ redresce pour aidier 
1866 Sa famé qui va maie veue. 

11 Ta saisie par la queue: 

De tel AÎr a soi la tire 

Qae Hersens est en tel martire 

Que il li convint par angoisse 
1310 Que li pertuts denier s'estoisse. 

Ysengrins voit qu'elle se vuide: 

Or l'aura 11 si conme il ouide. 

Un petitet s'est trait arrière. 

Or voit bien que se la charriere 
1876 N'estoit un petit alaohie, 
^ Hersens n'en piiet estre sacbie. 

S'il ne l'en trait, il est dolens. 

Il n'est pas pereceug ne lens. 

Aus ongles s'est pris et si grate, 
1380 Trait la terre fors a la pâte: 

Garde de ca et puis de la. 

Deablea la tient, s'il ne l'a. 

Con il en a assez oste 

Et BUS et jus et en coste, 

I3&T Ne euit u 1362 mocant 1364 drasoe 1366 laiii psrini ia 
13T1 loide 1373 p. la traite a. 1374 t. il b. que la 1875 auohie 1379 
■i Ht p. ai 1380 Et t. la t. hors et Bâche 1881— 136d mon^ucnf 



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n (Méon 70S-716) 

1385 Vînt a Hersent, ai la soofiiftche. 

Si l'a un poi trouvée laeche. 

EmpÙDt et sache et tire et boute: 

 poi la queue ne ront toute. 

Mais moult estoit bien atachie. 
1S90 Tant l'a empainte et soufbcbîe 

Que traite l'en a a grant paine; 

Mais a poi ne lî faut l'alaine. 

Tsengrins voit, Renars n'a doute, 

Que il s'est mis dedens sa croûte. 
I39ft Arrière vient a sa maisniee 

Qui 80UZ la roche iert entesniee. 



1887 boute et tire 1S39 la pel ne 1i descire 1390 enqiunt 
189S Aurre 



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in (Héon 749—774) 



m 

Seignenis, ce fu en cel termine D33a 

Que li douz temps d'esté décline 

Et Tver revient eu saison, 

Et Keuare fa eu sa maison. 
Maia sa garison a perdne: 

Ce fu mortel deseouvenue. 

M'a que donner ne qu'achater, 

TSe 8*a de quoi réconforter. 

Par besoiag s'est mis a la voie. A 31 
10 Tôt coiement qae ('en net roie 

S'en vet parmi nne jonotere 

Entre le bois et la rivere. 

Si a tant fait et tant erre 

Qu'il Tint en on cemin ferre. 
15 El cemin se cropi Renarz. 

Uolt coloie de totes parz. 

Ne set sa garisaa ou querre : 

Car la fein li fait molt grant guerre. 

Ne set qae fere: ai s'esmaie. 
ao Lors s'est couchiez lez une haie: 

Doc ateadra aventure. 

Atant ez tos grant aleûre 

Harcbeant qui poîaaon menoient 

Et qui devers la mer venoient. 

DiaUt branche U mx. A n'a eonsrrvi qut le» vers 9—44. 454—510 ; 
■< rt^e Mt tiri du mtt. D. 1 oo 8. 4 inttrpertia 3 uient en sa b. 
' îmtwH ot p. 9 AnooU se rest m. 10 bêlement 14 fere 15 saoropi 
')' 20 «uHfHfnf 81 sAuentnre 22 A. uenent par anentuTs 23 Mar'chuit 
îp- unereiit 



lUnlbyGOOglC 



m (Hâon 775—808) 

S& Herens frea orent a plente: 
Car bise avoit auques vente 
Trêstote la eemeine entere. 
Et bons poiasoiiB d'autre i 
Oreat aaes granz et petiz, 

30 Dont lar panière sont bien enpliz. 
Que de lamproies que d'an^Ues, 
Qu'il orent acate as viles, > 
Fu bien chargie la charete. 
Et Kenars qui tôt siècle abeite 

85 Fu bien loins d'aus une arcie. 
Quant vit la carete cargie 
Des anguiles et des lanproies, 
Muoant fuiant parmi ces voies 
Court au devant por ans decoivre, 

40 Qu'il ne s'en puisent apercoivre. 
Lors s'est cocbes eumi ia voie. 
Or oiez oon il les desvoie! 
En un gason s'est voutrilliez 
Et corne mors aparelliez. 

45 Kenars qui timt d'onmes eogingoe 
Les iex cligne, les dens rechigne, 
Et teooit s'alaine en prison, 
Oïetes mais tel tr^sonP 
Ilecquee est remes giaans. 

60 Atant es vous 1^ marcheans : 
De ce ne se prenoient garde. 
Li premiers le vit, si i'esgarâe, 
Si ftpela son compagnon 
'Yez la ou gourpil ou gaignonl' 

65 Quant cilz le voit, si li cria 
'C'est li gorpilz: va sel pren, val 
Filz a putain, gart ne t'eschatl 
Or saura il trop de barat, 



26 roDB 32 Aostees 37. SB intervertis 42 lea ] M 44 k 
Irmue comme ridame au deatou» dt la f. SI * du tn»e. A. 47 tint 
48 meBprUon 49 remainC 50 estez t. I. marohanB 51 donnoîent SI 
Le premier 54 Veez U g. 55 si le 56 gsr nesohkt 58 MTU 



m [HéoD 809- S42) 

Renare, s'il ne nous let l'escorce.' 
eo Li maroheana d'sler s'esfotce 

Et ses compaÎDS venoit après 

Tant qu'il furent de Renart prea. 

Le gourpil trorent eoverse. 

De toutes pars l'ont renverse, 
H K'ont ore garde qu'il les morde. 

Prisent le dos et puis la gorge. 

Li una a dit que troi sols vaut, 

Li autres dist 'se diex me saut, 

Ainz vaut bien quatre a bon marchie. 
70 Ne sommes mie trop ohargie: 

Getons le sus iiostre charrete. 

Yâz cou la gorge est blanche et nete!' 
A ioest mot sont avancie 

Bi l'ont ou charretil lanoie 
76 Et puis se sont mis a la voie. 

Li uns a l'autre fait grant joie 

Et dient n'en ferons ore ei, 

Mais anquenuit en nostre hoetel 

Li reverserons la gonnele.' 
80 Or leur plaist auques la favele. 

Hais Benars ne s'en fait fors rire, 

Que moult, a entre faire et dire. 

Sur les paniers se jut adens, 

Si en 8 un ouvert aus dens 
8â Et si en a (bien le sachiez) 

Plus de trente harans saohiez, 

Auques fu vuidiez li paniers. 

Moult par en menja volentiers, 

Onques n'i qubt ne sel ne sauge. 
90 Encore ainoois que il s'en auge 

Qetera il son ameoon, 

Je n'en sui mie en souspecon. 



59 Benars mattque 8b il ne n. leite seacorse 63 noient 64 

'fntrit S6 goTde 67 uaalt 66 meuaut 72 Toia 76 Et luns 

M u f. 80 Saaele 64 un | .11. ouutin 83 1« ] oe 66 h. 
mnptt 



, Google 



134 m (Hion 84S-S80) 

L'antre panier a assulli. 

Son groing i mist, n'a pas Failli, 
gfi Qu'il n'en tralat trois rea d'angxûlles. 

Renars qui aot de maintes guiles, 

Son col et sa teste passe oultre 

Les hardillons, pnis les acoutre 

Dessus son dos que tout s'en cueuvre. 
100 Des or pourra bien laissier oeuvre. 

Or U estuet eaging pourquerre, 

Conment il s'en vendra a terre. 

Ke trueve planche ne deg^e. 

Âgenoille s'est toat de gre 
lOS FoF Teoir et por esgarder, 

Con son sant pourra miex garder. 

Puis s'est un petit avanciez: 

Des piez devant s'est tost lanciez 

De la cbarrete enmi la voie. 
110 Sntoor SOS col porte sa proie, D34 

£t pnis quant ii a fait son saat, 

Au8 marofaeans dist 'diex tous santl 

Cilz tantes d'aoguiles est noatres 

Et li remanans si soit vostrest' 
115 Li mncbeans quant il Tolrent, 

À merveilles s'en esbahirent. 

Si s'eeorient Vaiz le gourpill' 

Si saillirent ou cliarretil, 

Ou il cadereat Renart prendre. 
130 Mais il nés voult pas tant atendre. 

Li uns des marcheans esgarde, 

À l'autre dist 'mauvaise garde 

En avoiu prise, ce me semble.' 

Tuit fièrent lor paumes ensemble. 
125 'Las' dist li uns, 'con grant damage 

Avons eii par noetre outrage. 

Uoult estion fol et inueart 

Andui qui creîon Renart. 

94 D trois nukii Dt a 95 Que il a trait 102 C. ponrni tailIiT ■ 
105 eBprouuer 116 Mit' durement 120 uoaloit p. a. 122 U antrN i- 
121 Dusftrt 



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m Ot&oa Sei— 914) 

Les paniers a bien alachez 

130 Et ses a aaques souffachiez. 
Car deus rez d'anguilee eoporte. 
La maie passion le torde 1' 
"Ha' foBt li marcheant "Renart, 
Tant par eates de maie part. 

135 Mal bien tous puissent elles faire!' 
"Seigneur, n'ai seing de noise faire. 
Or direz oe que tous plaira: 
Je sul B«nart qui se taira.' 
Li marcheant Tont après lui. 

140 Mais ïl nel bailleront mais hui: 
Car il a tant isnel cheval. 
One ne fina parmi on val 
Dosqaes il Tint a son plessie. 
Lors l'ont U marcheant lesaie 

14C Qaî pour mauTOs musart se tiennent. 
Recréant sont, uriere Tiennent. 
Et oilz s'en Tait pins que le pas 
Qui ot passe maint mauTais pas. 
Si vint a son chaatel tout droit 

100 Ou sa maisnie l'atendoit 

Qui assez avoit grant meseee. 
iîenars i entre par la heee. 
Encontre loi sailli a'espoase, 
Hermeline la jone touse, 

lU Qui moult estoit courtoise et franche. 
Et Peroehaie et Malebranche 
Qui estoient ambedni frère. 
Cil saillirent contre leur père 
Qui s'en Tonoit les menus sans 

lao Oroa et saoulz, joieos et baus. 
Les anguilles entonr son col. 
Hais qui que le tiegne pour foi, 



139 ■ HqoM iMohiez 130 Et ai le a biea a. 131 .1 1 1. 132 torte 
lU T. M or de 140 M. ne le b. 142 Que ne 143 Dei que il 14& 
«lùinU IM le a. 158 mère 160 0. et Bsiui et i. 1S2 Qui que ment 



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m (Héon 9U— 946) 

Âpres lui a closfl sa porto 
Four les anguilles qu'il aporte. 

165 Or est Banart dedenz sa tour. 
3i âl li fout moult bel atoor. 
Bien li ont ses jambes torchiees 
Et les anguilles eseorchees. 
Fuie les coupèrent par tronçons 

170 Et les espois fout de plsnoons 
De codre et ens les ont boutez. 
Et li feus fu tost alumez 
Que bûche i ot a grant pleuto. 
Lors ont de toutes pars vente. 

I7D 8i les ont mises sus la brese 
Qui des tisons i fu remeze. 
Endementres que il cuisoient 
Ijob angniles et rostissoient, 
Es TOUS monseigneur Tsengria 

180 Qui ot erre des le matin 

Jusqu'à celle heure en mainto terre, 
Mais onques riens n'y pot conqaerre. 
De jeûner estoit estane, 
Que molt avoit eu mal tens. 

iSS Xiors s'en tourna en un essart 
Tout droit vers le chaatel Renart 
Et vit la cuisine fumer 
Ou il ot fait feu alumei 
Et les anguiles rotissoient 

190 Que si fil es espois tournoient. 
Ysengrin en sent la fumée 
Qu'il n'avoit mie aooustumee. 
Du nez commença a fronchier 
Et ses guemons a delechier. 

190 Yolentiers les alast serrir, 
S'il li vousissent l'uis ourrir. 



163 M porte alose 164 emporte 167 torohiea 166 Sei ■ m- 
oorohiea 170 L brochet t. des 171 De oodre manjué Eu m espoU 
les 173 i tnangue ont 178 rotissojen 184 Car temps 186 1* 
maison R. 191 en manque senti 194 ». barbes a 



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m Oiéon 947— 9B8) 

n se traist vers une fenestre 
Poor esgarder que oe puet estre. 
I] conmence a pourpeneer, 

300 Comment il pourra ene entrer 
Od par priera ou par amour. 
Haia il n'i puet avoir honour: 
Que Eenart est de tel manière 
Qu'il ne fera rien pour prière. 

S05 Âoroupiz e'eat bus une souche. 
De baailler li deult la bouche. 
Goart et recourt, garde et regarde. 
Mais tant ne se sot donner garde 
Que dedenz puisse le pîe mettre 

210 Ke pour donner ne pour promettre. 
Maia a la fin se pourpensa 
Que son compère priera 
Que pour dieu 11 doint, s'il conmande, 
Ou poi ou grant de sa viande. 

215 Lors l'apela par un pertuis 
'Site oompere, ouvrez moi l'uisl 
Je TOUS aport belles nouvelles: 
Four bones les tendrez et belles.' 
Renart l'oï, sil congnut bien: 

220 Haîb de tout ce ne li fiât rien, 
AJQOoiz li a fait sourde oreille. 
Et Tsengrin molt s'en merveille, 
Qui dehors fu moult souffroiteus 
Et des anguiles envieus. 

236 Si li a dit ouvrez, biau eire!' 
Et Benars conmenca a rire, 
Si demanda qui estes vouaP' 
Et il respont 'ce somes nous.' 
'Qui toubP' 'Ce est vostre compères.' 

290 "Nous cuidions que fussiez leres.' 
'Non sui' dist Tsengrins, ouvrez 1' 
Renars respont 'or vous souffres 

ÏOl U êtamd par manque 203 de te midiuere 204 feroit 
)k* ils oeunre SIS «el 220 t. ne fera r. 221 U ] en 



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138 m (Méon 983-1022) 

Tant que li moine aient mengie 
Qui au mengier sont arrengie.' 

236 Comment; dootP' fait il 'sont ce moine?' 
'NaniV âist il: ainz sont chanoine. 
Si Bont de l'ordre de Tiron: 
(Ja se diex plaist, n'en mentiron) 
Et je me sui rendu a eue.' 

340 "Nomini dame' diat lî leus, 
'Avez me toub dit vente f 
'Ouïl par sainte charité.' 
'Donques me faites herbregier!' 
'Ja n'auriez tous qae mengier.' 

24S 'Dites moi dont, n'avez vous quoiP' 
Reuart respont 'oïl por foi. 
Or me lessiez donc demander, 
Yenistes vous pour truander?" 
'Nauil, ainz woeil vetr vostie estre.' 

sao Kenart reepont 'ce ne puet estre.' 
'Et pourquoi donc?' ce dit li leus. 
Ce dist Renart 'il n'est pas leus.' 
'Or me dites, mangiez voue char?' 
Et dist Itenart 'ce est escbar.' 

255 'Que ménjuent donc vostre moine?' 
'Jel vous dirai sanz uule esaoine. 
D ménjuent fonrmages rooas 
Et poissons qui ont les gros cous. 
Saint Beneoit le nous commande 

260 Que ja n'aions peior viande.' 
Dist Tsengrin 'ne m'en gardoie 
Ne de tout ce rien ne savoie. 
Mais car me faites oatelerl 
Mais huî ne sauroie ou aler.' 

285 'Osteler?' dit Renart nel dites! 
Nulz a'il n'est moines ou hermites 
Ne puet oeens avoir host«l. 
Mes alez outre: il n'i a el.' 

237 cbinon 239 euU 250 retpont manque 254 est o 
Je le nule manque 260 pire 261 (çardoieDt 265 Oitei ce 
268 querei autre 



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m (tSéoa 1023—1058) 189 

Ysengrîa ot et entent bien 
370 Qu'en la nieaOD Renart pour rien 

Qu'il puisse faire n'enterra. D35 

Qne voulez tous? si soufferra. 

Et nepoarqoant si 1i demande 

'Poisson, est ce bonne viandeP 
27S Car m'en donnez Tiaus un tronçon I 

Nel fais se pour essaier non. 

Mais buer fussent elles pescfaiees 

Les anguiles et escorchiees, 

Se TOUS en deingnies mengier.' 
280 Renart qui bien sot losengier 

Prist des anguiles troi tronoons 

Qui rôtissent sus le charbons. 

Tant furent cnit, toute s'esmie 

Et dessoivre toute la mie. 
385 tJn en ne^ja, l'autre en aporte 

Oelui qui atant a la porte. 

Lors diat compère, ca venet 

Un poï avant et si tenez 

Par oharite de la pitance 
390 A oeuls qui sont bien a fiance 

Que vous serez moines encore.' 

Dist Ysengrin je ne sai ore, 

Quïex je serai: bien pourra estre, 

Kab la pitance, biana douz mestre, 
395 Car me bùlliez isnelementr 

Cilz li bailla et il la prent 

Qui molt tost s'en fn délivrez. 

Encore en mengaet il assez. 

Ce dist Renart 'que vous en sembleP' 
300 Li lecfaierres fremist et tremble. 

De leeherie esprent et art. 

'Certes' fait il, 'sire Renart, 

Il vous îert bien guerredonnez. 

Encore un seul car me donnez, 

tn boni 285 1' mmqut 18fl A oil q. 287 Bi d. 290 afSanoe 
Wl. SO! inttrverlit 



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m {Uioa 1059— 1094) 

306 Bîaus douz'compereB, pour amordre, 
Tant que je fusse de vostre ordre.' 
'Par T08 botea' ce dtst; Renart 
Qni molt estoit de maie part, 
'Se TOUS moiaes rouîtes estre, 

310 Je feroie de tous mon mestre. 
Que je aat bien que H seigneur 
Tous elliroient a prieur 
Âînz penthecouste ou a abe.' 
'Atoz me vous ore gabef 

StS Ce dist Reoart nanil, biau sire. 

Par mon chief bien le tous os dire, 
Foi que doi le corps saint Feliae, 
N'auroit si bel moine en l'église.' 
'Âuroie je poisson assez 

3S0 Tant que je fusse respassez 
De ce mal qui m'a confondu?' 
Et Renart It a respondu 
'Hais tant con tous pourrez mengier. 
Ha car vous fetea rooignier 

326 Ft Toatre barbe rere et tondre.' 
Yaengrtn commença a grondre, 
Quant il oï parler de rere. 
'N'i aura plus' fait il, 'compère: 
Hais reez moi hastiTementU 

830 Renart respont isnelement 

Aurez couronne et grant et lee, 
Ne mais que I'oto soit chaufee.' 

Oïr poez ici biau jeu. 
Renart mist Tere sus le feu * 

SBà Et la fist trestoute boillant. 
Puis lî est revenus devant 
Et sa teste encoste de Tuis 
Li fist mètre par un pertuis: 



307 vos ] mea 308 m. par fu de 311 Que ] Et 31S ob. pnia le 
T. b. d. 317 q. ie d. le c. B. gile 318 si manque tel m. en noetre «. 
329 et J ou 329 isnelement 330 hMtiuement 331 C. ». 332 liMt«« 
389 pourrei 335 tretoute 336 Beiuirt li eit neous 



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m (Héon 109&— 1128) 

Et Taengrin estent le col. 

840 Renart qui bien le tint pour fol 
L'eve boillant li a getee 
Et sua le luuterel versée: 
Molt par a fait que pute beete. 
Et Tsengrin eacout la teste, 

346 Rechigne et fait moult laide ohiero. 
À reculons se trait arrière. 
Si s'eecria 'Renart, mora sui. 
Maie aTenture aîez tous hui! 
Trop grant coronne m'avez faite.' 

860 Et Reuara a la langue traite 

Graut demi pie hora de la gueule. 
'Sire, se l'avez mie seule 
Qu'autreai grant l'a li oouvena.' 
Fait Tsengrin 'je cuit, tu mens.' 

866 "Non faa, sire: ne vous anuit. 
lœste premertùne nuit 
YouB convient estre en espreuve: 
Que li Bfùus ordres le noue rueve.' 
Dist Taengrios molt boDoement 

360 Ferai tout quantqu'a l'ordre apeot. 
Ja mar en serez en doutance.' 
Et Renart em priât la fiance 
Que par lui mal oe li vendra 
Et a son los se costendra. 

866 Or a tant fait et tant ovre 
Renart que bien la assote. 
Puis s'en iaai par uoe fraite 
Qu'il ot dénier la porte faite 
Et vint a Tsengrin tout droit 

870 Qui durement ae comptaignoit 
De ce qu'il eatoit ai près rez. 
Ne cnir ne poil n'i est remez, 
N'i ot plus dit ne sejoarne: 
Andui ae sont d'ilec tourne, 



S4a Et y. M 350 Et cilz li a 353 QMutreesi 356 An pre- 
in «imi nom onît 357 Or f. 365 erce 374 le manqut dilecqu«a 



,.ogIc 



in {Hion 1129—1164) 

ST6 Renart deraot et tnl après 

Tant qu'il vindrent d'un vivier près. 

Ce fu un pou devant noel 
Qae l'en mettoit bacoDS en aeL 
Li ciex fu clers et estelez 

880 Et 11 viviers fu si gelez 

Ou YseogiiD devoit peschier, 
Qu'eu poïst par desus tresohier: 
Fore tant c'un pertuia i avoit 
Qui de vilains fait i estoit 

385 Ou il menoient leur atoivre 
Ghasoune nuit joer et boïvre. 
Un aeel y orent laisaie. 
La vint Renart tout esleasie 
Et son compère regarda, 

S90 'Sire fait il, traiez voua ca! 
Ca est la plente dea paisaODS 
Et li engin dont nous peacliona 
Lee anguilea et les barbîaus 
Et autres poiaaona bous et biaus ' 

395 Diat Ysengrin 'frère Benart, 
Or le prenez de l'une part, 
Si me laciez bien a la queuel' 
Benart le prent et si li naeue 
Eatour la queue au miex qu'il puet. 

400 'Frère' fut il, 'or vous esteut 
Moult sagement a contenir 
Pour lea poîaeons faire venir.' 
Lors s'est lez un buisson fichiez, 
Si mist son groing entre aes piez 

405 Tant que il voie que il face. 
Et Ysengrin est sus ta glace. 
Li seaus est en la fontaine 
Plaîn de glaçons a bonne estraine. 
L'eve conmence a englaoer 

410 Et li seaus a enlacier 



381 peschier d«Doit S82 manque 383 qung 385 mettoiant 
eitoivre 392 lenging d. n. les prénom 394 bons ] ^qb 396 les Ima* 
S9T Lenging me liei a 399 la gUce «a 409 engeler 410 enUs 



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m (Méon 1165-1200) 

Qui s la queue fu noez. 

De la glace fu eeuroudez. 

La <]ueae est en l'eve gelée 

Et a la glace seellee. 
415 Cilz SB cuida bien soufFaohier 

Et le aeel a soi eachier. 

En mainte guise e'i essaie, 

Ne aet que faire: ei s'esmaie. 

Renart conmence a appeler 
430 Coome il plus ne se paet celer: 

Que ja estoit l'aube crevée. 

Renart a la teste levée: 

H se regarde, les iex oeuvre. 

'Frère' fait il, 'car lesaiez oeuvre! 
425 Alans nous en, biaus doua amis! 

Assez avons de poissons pris.' 

Et Ysengrin li escria 

'Renart' fait il, 'trop en i a. 

Tant en ai pria, ne sai que dire.' 
430 Et Renart commença a rire. 

8i li a dit tout en appert 

'Cil qui tôt convoite, tôt pert,' 
La nuit treapasse, Taube crieve: 

Li aolaus par matin se Ueve. 
43S De Doif furent lea voiea blanches. 

Et missire Constant des Granchee, 

Un vavaseour bien aaisiez, 

Qui sus l'estanc fu herbergiez, 

Levez estoit et sa mesnie 
440 Qui moult estoit joieuse et lie. 

Un cor a pris, ses chiens appelle, 

Si oonmande a mettre sa selle. 

Et sa mesniee crie et huîe. 

Et Renart l'ot, si tourne en fuie 
445 Tant qu'en sa taisniere se fiche. 

Et Ysengrin remeet en briche 



lis ahuenne 414 la qene t. 432 Tel ouide Kakignier qui pert 
^ Mil 441 a manqua 442 Puis o. 44S Et manque remaint en la b. 



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144 m (HéoQ 1201—1234) 

Qui moult fi'eaforoe et sache et tire: 

 poi sa pel ne li descire. 

Se d'ilec se voult départir, 
4&0 La queue li convient guerpir. 

Conme Yaengrin se va frotant, 

Estes TOUS un garçon trotant: 

DeuB lévriers tint en une lesse. 

Tsengrin vît (vers lui s'eslesse) Â32 

465 Sus la glace tôt engele 

 tôt son haterel pelé. 

Cil l'esgarde, puis li escrie 

'Ha ha, le leu! aïe aïe!' 

Li veneor quant il l'oïrent, 
460 Lora de la meaon fors saillirent 

A. tos les chens par une hese. 

Or est Ysengring en maleso. 

Que dant Conatanz venoit après 

Sar un cheval a grant esles 
465 Qui molt s'escrîe a l'avajler 

'Lai va, lai va lez chens alerl' 

Li braconer les chenz decouplent 

Et li bracet au lou B'acoplent 

Et Tsengrius molt se h^rice. 
470 Li veneors les ohena entiœ 

Et amoneste durement. 

Et Tsengrins bien se desfent, 

Âus denz les mort: qu'en pot il mezP 

Il amast mêla ases la pez. 
47S Dant Conatana a l'eapee traite 

For bien ferir a lui a'atrete. 

A pie descent enmi la place 

Et vint au lou devers la glace. 

Par deriere l'a asailli: 
460 Ferïr le volt, mea il failli. 

453 h. oonme a. Dans h mie. A hs etrs 464—460 tout mutOii 
au comoiftieiment par une déchirure 454 Tsengrin ih manque 455 Sat 
ntanque 456 A. tôt manque 457 Cil manque 45B Ha mangur siaie 459 i 
460 L mangue 461 tôt 1. oh. ^ p. 463 d. fob't u. 466 ohfi 467 L b*on' 
468 pracet 472 bien ] fort 473 Au 475 D. frob't ■ 479 P. de deriera 



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m (H«OD 13SS— 1264) 145 

Li colp li cola en travers, 

Et dant Conetana chaï envers 

Si que li hatereax li Beigoe. 

Il se leva a m oit grant peine. 
466 Par grant air le va requerre: 

Or po^ oïr fiere guerre. 
Ferir le cuida en la teste: 

Mes d'autre part li cous s'areste. 

Vers la coe descent l'espee, 
490 Tôt rea a rea li a coupée 

Près de l'anel: n'a pas failli. 

Et YBengrins qui l'a senti 

Saut en travers, puis si s'en toroe 

Les cbena mordant treatot a orne 
490 Qai molt Bovent li vont as nacea, 

Mes la coe remest en gages: 

Et molt li poise et tnolt li grève, 

A po) son cuer de dol ne crevé. 

N'en pot plus fere, tome en fuie 
500 Tant que a un tertre s'apuie. 

Li chen le vont sovent mordant 

Et il s'en va bien défendant. 

Cou il furent el tertre amont, 

Li chen sont las, recreii sont. 
OOO fît YsengrinB point ne ae tarde, 

Fuiant s'en va, ai se regarde, 

Droit vers le bois grant aleûre, 

Doc râla et dit et jure 

Que de Renart ae vengera 
010 Ne James jor ne l'amera. 

1 li I en 482 frob't 4»i regTe 489 Deuera 490 Tote 504 



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IV (Mé<m 6465—6478 



IV 

Or me convient tel chose dire 
Dont je vos puisse fere rire. 
Qar je sai bien, ce est la pure, 
Que de sarmoa n'avee vos cure 
6 Ne de cors seint oïr la vie. 
De ce ne vos prent nule envie, 
Mes de tel chose qui vos plese. 
Or gart chascun que il se tese: 
Que de bien dire sui en voie 

10 Et bien garniz, se dex me voie. 
Se voB me volieez entendre, 
Tel choBse porrieez aprendre 
Que bien feroit a retenir. 
Sï me selt em por fol tenir. 

16 Mes j'ai ol dire en escole : 
' De fol orne sage parole. 
Lonc prologue n'est preuz a fere. 
Or dirai, ne me voil plus tere. 
Une branche et un sol gabet 

20 De celui qui tant set d'abet: 
C'est de Reaart, bien le savez, 
Et bien oT dire l'avez- 
De Renart ne va nus a destre. 
Benars fet tôt le monde pestre: 



3 bien nuingue 5 oor b. de ojr 7 que B t 
12 enprendre 19 sol bf gabet 23 s ] en 



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IV (Méon B479— 6514) 

% Benars atret, Renara acole, 

Renars est molt de maie eecole. 
De lui ne va coroies ointes, 
Ja tant ne sera ses acointes. 
Molt par est eajes et toîsoub 

ao Renars, et si n'est pas noisouB. 

Mes en oest monde n'a ai aa^e, 

Au chef de foiz n'aut a fola^e. 

Or TOB dirai quel mesestauoe 

Âvint Renart et quel peaance. 

35 L'autrer estoit alez porquerre 
8a garieOD en autre terre. 
CoDme cil qui avoit souffrete 
Et grant fein qui molt le dehete, 
S'en est tornez Tora une pree. 

40 Si con il vint en une aree. 
S'en Ta Benars par une broce 
Uolt dolanz, et moU se coroce 
Que il ne poet chose troyer 
Qu'il puist manger a son aoper. 

40 Mes n'i voit rien de aa paature. 
Lors se remet en l'anbleûre 
Fors del bois, et vint en l'oreille. 
Ârestez est, de fain baaiUe, 
Grelles megres e esbahie. 

M) Slolt a grant fein en son pala. 
D'oures en autres e'esteadeîlle. 
Et aea ventres si se merveille 
Et si boel qui sont dedenz 
Que font aea poea et aes deoz. 

S.Î D'angoisse gient et de destrece 
Et de la feiu qui molt le bleoe. 
Lors dist qu'il fait mavels atendre 
En leu on l'eu ne puet rien prendre. 
A icest mot par un aentier 

60 S'en oorut un arpent entier. 

n L Dfl w 0. 2S BMnUa 35. 36 inirrvtriis 88 qne 
■w 51 iDtre 53 mb boikux 55 gît 56 que 58 pot 



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IV (HdoD 661S-6H8) 

Onques ne toU entrer el pas 

Tant que il vînt a un trespas. 

Si coD il ot le col baisBie, 

Bt a choÏBi en on plesaie 
66 Par encoBte d'unes avoineB 

Une abele de blauB moines 

Et une grange par dejoste, 

Ou Renars Telt fere une joste. 

La granche fu molt bien asiae. 
70 tii mur forent de rooe bise 

Molt fort, ne yos en mentiron, 

Et furent clos tôt environ 

D'un fosse dont haute est Is rive, 

Si que ne lor paet riens qui vive 
15 Tolir par force ouïe chose, 

Fuis que la granche est ferme et close. 

Plentive est de norreture, 

Qu'il erent en bono pasture. 

Moult par estoit bonne la grange. D-i' 
80 Mais a pluaeurs estoit esttange. 

Assez i a de tel viande 

Cou Renars li gourpik demande: 

Oelines, chapons surannez. 

Renars est celle part tournez, 
86 Parmi la voie a fait un saut 

Touz abrivez de faire assaut 

Onques ne fu ses fraine tenue 

Tant qu'il est aus chapons venus. 

Sur le fosse s'est arrestez 
90 De gaaignier touE aprestez 

Et des gelines assaillir. 

Mais il n'i pooit avenir. 

Court et recourt entor la granche. 

Mais n'i treave ne pont ne planche 



66 bUno moioDes 74 pot r. q'ure 79 Le r/tie de la braneir 

manqur di.m U mêc. A; il est êupplté par It mue. I). 8S ^ourpi) B4 

0. p. pâl »I Et manqve 92 poet mie a 9S entor J parmi 94 nj puri 
point trouuftr de p). 



, Google 



rV Otéoa 6649—6584) 

06 Ne pertuïe: moult ee descooforte. 
Lors s'aoronpi devant la porte 
Et vit le gniohet entrouvert 
Et le portais tout descouvort: 
Celle part vint, outre se Ituice. 

100 Or est Benars en graot balance: 
Que s'il puent appercevoir 
Que il les veiUe décevoir, 
Li moine retendront son gage 
loi meismes on ostage: 

105 Car félon sont a desmesure. 
Qui chaut? toat est en avanture. 
Or va Renart par le pourpris, 
Orant paour a d'estre surpris. 
Yiat as gelines,»! escoute: 

110 C'est vérité que moult se doute, 
Que bien set qu'il fait musardie. 
Retournez est par couardie, 
Grant paour a c'en ne le voie. 
Ist de la court, entre en la voie 

il( Et se coomenca a pourpenser. 
Uaia besoing fut vielle troter, 
Et la fùn tant le par tourmente, 
Ou bel li Boit ou se repente, 
Le refait arrière fichier 

lao Por les gelines aorochier. 
Or est Renars venuz arrière, 
En la grancbe entre par deriere 
8i ooiemmt que ne se marent 
Les gelines, ne n'aparcnrent. 

128 Sus un tref en ot troi juohiees 
Qui estoient a mort jugiees. 
Et cilz qui ert alez en fiierre, 
S'en monta sua un tas de fuerre 
Four les gelines aorochier. 

lao Les gelines sentent hochier 



% Nb trou dont m. 111 que f. 112 coiurdife 122 Entre e 
t' f- I2S iimcliieei 



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lY (Méon 6585—8626) 

Le fuerre, si en tresaillirent 
Et en un angle se tapirent. 
Et Renara celle part s'en tourne, 
Si lee a prises tout a ourne 

ISb La ou il les vit enanglees: 
Si les a toutes estranglees. 
Des deus en fait ses grenoos braire, 
La tierce en voudra porter cuire. 
Quant ot mengie, si fa aaise. 

140 De la granche ist par une heee 
Et la tierce geline emporte. 
Hais si conme il vint a la porte, 
Si ot moult grant talent de boivre 
Gilz qui bien sot la gent decoivre. 

145 Un puis avoit enmi la oort: 
Benars le vit, celle part court 
Pour sa soif que il volt estaindre, 
MaU il ne pot a l'eve ataindre. 
Or a Renart le puis trouve: 

lOO Hoult par le vit parfont et le. 
Beigneura, or escoutez merveilles! 
En oe pois si avoît deus seilles: 
Quant l'une vient, et l'autre vtùt. 
Et Renars qui tant a mal fait, 

156 DesBur le puis s'est acoutez 
Grunz et marris et trespensez. 
Dedens commence a regarder 
Et son ombre a aboeter: 
Guida que ce fust Hermeline 

160 Sa famme qu'aime d'amor fine, 
Qai berbergîe fust leens. 
Renars fij pensie et dolens: 
n li demande par vertu 
Di moi, la dedens que fais tu?' 



131 «i oontreaNUirent 132 saUpirent U2 a ] n«TS 144 )m g^a* 
145 a uen e. 146 Quot il te n. si j aODurt 147 quil uouloit e. 148 
puet 151 Or eieoutsz a. 153 En celui p. *. 154 t. maux ot f. 156 
Oriez 158 abooeter 160 quamoit 



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IT (Méon «627—6678) 151 

166 La Toia du puis viot aonb'emoat : 

RenarB Toïi drece le froDt. 

D ta rapelle une autre fois: 

Contremont resoi-ti la Toia. 

Renars l'oï, moult se merveille: 
170 Si met ses piez eu une seille, 

One n'en sot mot, quant il avale. 

Ja i aura encontre maie. 

Quant il fu en l'eve oheûa, 

Si Bot bien qu'il fu deceOs. 
175 Or est Reuart en maie frape, 

Maufez l'ont mis en celle trape. 

Âcoutez s'est a une pien-e, 

Bien vousist estre mors en bière. 

Lt ohaitiB Bueffire grant haohiee: 
180 Moult a souvent la pel moilliee. 

Or est a aise de peaohier. 

Nulz nel pourroit esleesobier: 

Se prise dens boutons son sens. 

Seigneurs, it avint en cel teos, 
180 En celle nuit et en celle heure, 

Que Tsengrins tout sanz demeure 

S'en est issus d'une grant lande: 

Que qnerre li couvint viande. 

Que la fain le grieve forment. 
190 Tournez s'en est ireement 

Devant la meson aus rendus, 

Les granz galos i est venaz. 

Le pais trouva moult gaste. 

'd conversent' dit il malfe, 
195 Qant l'en n'i puet trouver viande 

Ne rien de ce que on demande.' 

Tournez s'en est tout le passet 

Courant s'en vint vers le guichet: 

Par devant la reodation 
300 S'en est venuz le grant troton. 

W D npela 112 i mangut e. mit m. 173 oonme 178 mort 
'^1 pMMkier 184 Umps 185 A ... a 189 greuaU 195 Que 



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152 IT (Méon 667S— «TIO) 

Le puie trouva enmi ss voie 

Ou Reuars le roas a'eabanoie. 

Deasnr le puis s'est aclinez 

Qrainz et marriz et trespeneeK. 
SOQ Dedens conmence a re^rder 

Et son umbre a aboeter. 

Coq plus i vit, plus eagarda, 

Tout enai oon Benars ouvra : 

Cuida que fust dame Hersens 
, 310 Qui herbergiee fiiat leens 

Et que Renars fust aveo lî. 

Sachiez pas ne li embeli, 

Et dist 'moult par aui maubailliz, 

De ma famé vilz et honoiz 
215 Que Renara li rous m'a forixaite 

Et ceene avec soi a traite. 

Moult est ore traître 1ère. 

Quant il deooit si sa conmere. 

Si ne me pais de lui garder. 
2S0 Mes se jel pooie atraper, 

Si faitement m'en v^igeroie 

Que jamee crieme n'en auroie.' 

Fuis a uale par grant vertu: 

À. son umbre dist qui ee tu? 
225 Pute orde vilz, pute prouvée, 

Qant Renart t'ai ci troveeT D48 

Si a uUe une autre foiz, 

Contremont resorti la voiz. 
Que qulsengrina se dementott 
280 Et Renars treatoz coiz estoït, 

Et le laissa asaez usler, 

Fuis si le priât a apeler. 

'Qui est ce, dies, qui m'aparoleP 

Ja tiens ge oa dedenz m'esoole.' 

201 Gel 202 s'manque 204 Oriez 205 a Kbooter 206 ft reRirrier 
207 p.; garda 209 hersent 211 lui 212 point 213 mabaUlii 216 <»«>>> 
auecqucB a. I. 217 liere 216 De oe quil d. bs 232 Q. ie ia 0. ni ^ 
Qui s. 227 Et si aaoie ie a. f. 229 Comme 7. 230 tout ooi (• («■«■I 
23S moi parole 234 d 



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IT (Méon 6711— «7631 153 

2S6 Qui 68 ta, vaP' dist Tsengrin. 

'Ja sui je vostre bon voiaio 

Qui fui jad» vostre oompere, 

Plas m'amiez que voetre frère. 

Mais l'en m'apelle feu Renaît 
240 Qui tant savoit d'engin et d'art,' 

Dût YBengrins 'c'est mes confors: 

Des quant es tu, Renart, donc moraf 

Et il li reepont 'des l'autrier. 

Nulz bons ne s'en doit merreiUer, 
346 Se je Boi mors: aussi mourront 

Tretuit ml qui en vie sont 

Farmi la mort les convendra 

Passer an jor que dies plaira. 

Or atent m'ame nostre sire 
SU Qni m'a gete de ceat martire- 

Je vos pri, biau compère doua, 

Que me pardonnez les oonrroas 

Que l'autrier edstes vers moi.' 

Dist YsengriDs 'et je l'otroi 
256 Or vous soient tout pardone, 

Compère, ci et devant de. 

Mes de vostre mort sui dolens.' 

Dist Renars 'et j'en sui joians.' 

'Joians en esP' 'Toire, par foi.' 
S80 'Biau compère, di moi pourquoi.' 

'Que lî miens corps gist en la bière 

Gbiez Hermelîne en la teeuiere, 

Et m'ame est en paradis mise, 

Devuit les pies Jbeeu assise: 
S86 Oomperes, j'ai quaoque je veil. 

Je n'oi onqnea cure d'orgueil. 

Se tu es ou règne terrestre, 

Je sui en paradis celestre. 

CeeuB sont les gaaigneries, 
810 Les bois, les plains, les praieries: 

ïtO c engïD et art 242 donc R. 248 P. en .1. temps qui aendra 
w 853 ennen 2M Dit 258 Et par ici 2S9 ea ea manque T. 
p. 262 na 26S Et ie aui on re^e c 



, Google 



IV (Héon êtes— 6S00.' 

Oeena a riche pecnnaille, 
Ceens puez veoir mainte aumaille 
Et mainte oàlle et munte chievre, 
Ceena puez tu veoir maiat lièvre 

375 Et bues et vacbee et moutons, 
Eepreviera, oators et faucons.' 
Tsengrins jure saint Sevestre 
Que il voudroit la dedens estre. 
Diat Renars leseiez ce ester, 

380 Geens ne poez vous entrer: 
Paradis est celestiaus, 
Mais n'est mie a touz conmnnaus. 
Moult as este touz jors tricbîerres, 
Fel et traTtres et boisierres. 

386 De ta famme m'aa mescreS : 
Par dieu et par aa grant vertu, 
Ono ne li fis deaconvenne, 
N'onques par moi ne fu foutue. 
Tu dis que tes filz avoutru, 

290 Onques certes nel me pensai. 
Par oei seigneur qui me fist ne, 
Or t'en ai dit la vente.' 

Dïst YaengrJDs je vous en oroi^ 
Jel vos pardoing en bonne foi. 

396 Uaia faites moi leena eotrer.' 
Ce diat Renan leasiez eater. 
N'avoua cure ceeos de noise. 
La poez veoir celle poiae.' 
Seigneur, or eaooutez merveille! 

300 À aon doi li mouatre la seille. 
Renars set bien son sens eapandre: 
Que pour voir li a fet entendre, 
Poiaes août de bien et de mal. 
'Par dieu le père eaperital. 



272 puet on u. grmat a. 273 m. an^uîle «t 274 puet on Ift 
oitoiers 270 o« ). S81 religinui 2S3 ai ] ai peabierres 284 F t. M 
enfp^ierrei 2S8 croUane 291 m 294 Je le 290 merueilleB 300 1h 
Beillea 301 8i aoet R. son 802 Que mangue anoit 



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IV (Méon 6801— fi880) 

805 Diex si par eet Binai poiBaanz, 

Que quant li biena est ai peaanz, 

Si a'en dévale ca de jua, 

Et touz li maua remaint lasaua. 

Mus bons, s'il n'a confesse prise, 
310 Ne pourroit ja eu nule guiae 

Ci avaler, je le te di. 

As tu tes peschiez regehiP' 

'Ofl' fait il, 'a un viel lèvre 

Et a dame H . . . . la chievre 
SIS Monlt bien et monlt très aaintement. 

Compère, plus hastivement 

Me faites la dedens entrerl' 

Benars conmence a regarder 

'Or vous eatuet dont dieu proier 
330 Et moult saintement gracier 

Que il voua face vrai pardon 

De voz peohiez remission: 

Ainsi î pourries entrer.' 

TseDgrins n'i volt plus ester: 
836 Son cul tourna vera orient 

Et sa teste vers occident, 

Et conmenca a orgvener 

Et très durement a nsler. 

Renais qnî fait mainte merveille, 
830 Estoit aval en l'autre seille 

Qui ou puis estoit avalée. 

Ce fu par pute destinée 

Que Renara a'eet dedens couchiez. 

Far temps iert Tsengrins iriez. 
dS) Diet TseDgrins ']'>" dieu proie.' 

'Et je' dist Renars 'gracie. 

Tsengrin, vois tu ces merveilles. 

Que devant moi ardent chandeillm? 

Jheeu te fera vrai pardon 
aw Et moult gente rémission.' 

306 Qne manquf li tm eit bien repeutaaz 312 ton peohie 
t^: faul a Itrr HmuIiÎ 320 mott manque regraoier 



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IV (Méon 8887—6924) 

Ysengrins l'ot; adont estrive 
Au Boel abfttre de rive, 
Il joiat les piez, si sailli ens. 
Yaenp'iiia fu 1i plue pesans, 

34S Si s'en avale contreval. 
Or escoutez le bautestalt 
Ou puis se sont entre encontre, 
Tsengrina l'a araisonne 
'Compère, pourquoi t'en viens ta?* 

860 Et Renars lî a responda 

"n'en faites ja chiere ne frume, 
Bien voua en dirai la coaatame : 
Quant li uoa va, lî autres vieut, 
C'est la coustame qui avient 

Sbb 3e vois en paradis la sus, 
Et tu vas en enfer la jus. 
Du diable sui eacliapez 
Et tu t'en rêvas aa maufez. 
Uoalt es en granz viltes oheois 

8fl0 Et j'en sui hors, bien le saohois. 
Par dieu le père esperitable, 
La jus conversent )i diable.' 
Des que Renars vint a la terre, 
Moult s'esbaudi de &ire guerre. 

88a Yaengrins est en maie trape: 
Se il fuBt pris devant Hal^e, 
Ne fust il pas si adonlez. 
Que quant ou puis fa avales. 
Sfflgnears, or oiez des rendu 

870 Conme il perdirent leur vertus. 
Leur fèves furent trop salées 
Que il orent mengie gravées. 
Li sergent furent pareceus, 
Que d'eve furent souffireteua. 

375 Mais il avint del cuisinier. 
Celui qui gardoit le mengier, 
Qu'il ot sa force recouvrée. 
Au puis s'en vint la matinée, 
s Que ] ooq ^TS del ] tu 8T8 t'man^t 



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IT (Héon 6925—6954) 

Si meDoit un aBn« Espanoia 

380 Et compaignons de ci a troia: 
Au puis en viennent le trot on 
Treetuit li qatre compalugnon. 
L'arne acouplent a la poulie 
Qui de traire paa ne a'oublie; 

88S Lî rendu le vont menaçant 
Et l'ames va forment traiant, 
Li leus a sa grant meaestanoa 
Efltoit la aval en balance: 
Dedenz le eeel s'eat coulez. 

890 Et l'aine fil si adolez 

Que il ne pot n'avant n'arriére, 
Ke poF foroe que l'en le fiere: 
Quant uns rendus a'est apoiez. 
Qui est desuB le puis couchiez: 

386 Si prent dedenz a regarder 
Et Ysengrin a aviser. 
Dist aus autrea '<jae faites tousP 
Par dieu le père glorious. 
Ce est un leu que vous tndez.' 

400 Eatea les vous tonz esmaiez, 
Si a'un courent tait vers maison 
Grant aleûre le troton. 
Hais la poulie ont atachie. 
Taengrins aaeffl-e grsnt haaohie. 

406 Li frère apellent les serjanz, 
Par tempa iert Taengrina dolenz. 
Li abbes prent une macue 
Qui moult estoit grant et cornue, 



Do»* le mte. D le» vt. 379 — 382 m trouvent ieriti tlf cette 
•"nihe: traatnil li .1111. oompalKnon (=^ 362) Tindrent d« U corde .1. 
tioaeoB Et orent .1. mul espsignoU Et compaignons jusques s ,111. 
i= 360) 388 U auiï en 389 n'manque 391 puet 392 pftr 993 Q. 
-J- MM 394 Q. forment entoit oouroactiez Et Iotb b rendu 1» nen 
W «u le poil coDChie ae fa 395 Si le priât mit' a 3S6 raniser 
W Ireet 400 effreez 403 estachic 404 haschee 405 li eerKent 
W dolcDt 



, Google 



158 tV Méon 6955—8992) 

Et 1i prieurs ua obuidelier. 
410 II n'i remest; moine ou mouatier 

Qui ne portaet baston ou pel: 

Tuit sont isBu de leur hostel. 

Au puis en prennent a venir 

Et s'aprestent de bien ferir. 
416 L'arne font traire qui la fu. 

Si li aîdeat par vertu 

Tant que li seaaa vint a rive. 

Tsengrins n'atent mie trive, 

Un saut a fet moult avenant 
420 £t li gaignon le vont aivant, 

Qui descirent son peticon: 

Amont en volent li Socon. 

Et ]i rendu l'ont atrape 

Qui moult durement l'ont frape. 
4-2& Li uns le fiert parmi les raina, 

Ysengrins est en maies mainâ. 

IMec s'est qatre foiz pasmezi 

Monlt par est grainz et adolez, 

Tant qu'il s'est couchiez sur le bort: 
4S0 Illecques fait semblant de mort 
Atant estes vous le priour 

Cui diex otroit grant desbonaour. 

Il mist la main s son coutel, 

Si en vouloit prendre la pel. 
486 Toz estoit prez de Tacourer, 

Quant l'abe dist lessiez ester! 

Assez a sa pel despecie 

Et sofferte mortel hachie: 

Il ne fera mais point de guerre, 
440 Apcsiee en est la terre. 

Tornons nos en, lessiez ester!' 

Tsengrins n'a talent d'aler. 

CliasouDs rendu a pris son pel, 

Si retournèrent a ostel. 

409 cbandeler ] grant leuier 410 ne Temadit 411 porte autcue 
417 li loui u. K U r. 421 detirent 42'^ griei 429 quil la coachent 
430 font 4S5 Tout este p. 43T — 441 manqutnt 



, Google 



IV (Iléon 6903—7026) 

446 Ysengrîns voit D'i a nulloi, 
Qui a souffert si grant anni. 
Fniant s'en va a graut bacbie 
Que il a la oroupe brioie. 
A un grant buisson eet venus. 

400 Uais tant est ses crêpons batus 
Qu'il ne se pu et reavertuer. 
Devant lui vit son &lz aler 
Qui li demanda entresait 
'Biaa père, qui voua a ce fait?' 

466 'BiauB filz, Renars qui m'a traï. 
Far dieu le voir qui ne menti, 
Ed un puis me Bat trebuschier, 
Jamais ne me pourrai aidier.' 
Quant oilz l'oï, moult s'en aîre, 

400 Dieu jure qui souffri martire, 
Se il aa mùns le puet tenir, 
D li fera aea jens pair. 
Bel puis tenir, jel vos plevis, 
Il ne m'estordra mie vis: 

4eJ Que devant moi fouti ma mère, 
Si compiasa moi et mon frère. 
Si l'en rendrai le guerredon, 
Ja n'en aura se la mort Don.' 
Atant s'en va ea aa tiùsnîere 

170 Et fait mires mander et qnerre 
Qui de lui sont tant entremis 
Et tant li ont vitaille qnis 
Que pourcfaacie ont et trouvée 
Qu'il a sa force recouvrée. 

479 Ysengrins est garis et iorz: 
Se dant Renars passe les porz, 
S'Ysengrins le truisae en sa marcbci 
Sachiez, il li fera damage. 

447 hmchiee 426 urai 462 ion gie\i 463 ie u. 464 i 
°«-' 4<8 Ja 1 II 471 Qai sen sont bien e. 477 •' ] Et 



, Google 



V (Uéon . . . 7787—7744) 



Ud jour ÎBsi hors de Is lande D49 

Tsengrins pour querre viande 

Et dant Reuara tout ensement. 

Par temps feront acointcment. 
6 Reoars prent dieu a réclamer 

Que cel jour le puisse garder 

Des mains son compère Tsengrin. 

'J'ai' fait il 'tant mauvais voisin, 

Que oe me sai en qui fier.' 
10 A un graot tertre dévaler 

Li vînt Ysengrins devant lui 

Qui par temps li fera anui. 
' Renars voit bien, ne puet gaenchïr, 

Ne nulle part ne puet fuïr. 
15 Si li a dit tout a «strous 

'Biaas compères, bien veîgoiez vous, 

Et damediex vous envoit joiel' 

Et cilz li dist 'se diex me voie, 

Joie aurai je, quant je vous voi. 
ao Par dieu le père en qui je croi, 

Quant je te voi, ne quier ao^ui 

Du corps te ferù grant anui. 

En mon ventre prendras hostel. 

Tu ne t'en puez partir par el. 

Le mac A ne commence qu'au v. 145. 4 soordement 6 CMt t 
I fouir 17 n. aroaint i. 18 d. qail a grant ioie 19 j« manque 21 Car 
I te di encore enouï 22 Te f. du oorpi 



, Google 



V (Méon 7Î45— 7806) 161 

% Moult anroies isael cheval, 

Se ne te fais livrer estât. 

De TOUS me lèveront li flanc, 

Âguiser weJl de vous mon sanc: 

Par sanc aquerrai hardement, 
30 Plus en serai doubte de gent. 

Que faites vousP vias entrez 

En ma geule! que demourezP' 

TseDgriDH aguise sa dent, 

A Renart donne ossiùlleinent. 
85 Onques nulz bons, si fust olieds 

N'en terre de Sarrazins pris, 

THe ta si bien faoueepï^niez 

CoD Renars fu et desachiez. 
Or est Renars en mal troton, 
40 De aon dos volent li Socon 

Aussi con de coûte de plume. 

Tel doulour a que tous escume. 

Yeengrins ot fait sou revel, 

Kenars a pelée la pel. 
4'> 9i fu pelez, pas ne se faint: 

Ne se remue ne se plaint. 

Yaengrins est sus acropiz 

Et dist ahi, je sut traïz. 

Mes tnautalons m'a sourporte, 
QO Trop ai vilainement ouvre. 

Je n'ai mes cure de déport, 

Qaaut je mon conseiller ai mort.' 

Renars l'oï, un poi s'estent. 

Dist Tsengrins 'qu'est ce que sentP 
M Encor U bat ci une veine. 

Mais je n'i sent feu ne aleine.' 

Renars se dresce sus ses piez 

Et dist 'sire, ce est péchiez. 

Tostre niez sui, ce est la somme, 
60 Ja mar tendrez vil petit homme.' 

!T Ifuera le 28 AHÎ^er 36 nah manque h. ne fii n o. 38 

Cunme ta manque 42 tout 44 ot 46 r. sinooi* ■« ttiat 49 Mon 
"illtlent 56 aen fa 

UIUT 1 11 



, Google 



V (Méon 7807—7880) 

Benara regarde par un plain: 
Delcz le bois vit un vilain. 
En sa main portoit un bacon: 
Venus eetoit de .aa maison. 

06 Kcnars lo vit, si e'eet sourria: 
'Onolee, moult estes mes amîs:' 
(n garra ja par sa favele) 
'Oncles, oiez bone nouvelle I 
Un bacon porte cilz vilaine: 

70 Car le nietona entre noz mains. 
Si devenommes marcbeant. 
Qu'aiona nous ici demeurant'? 
Courons li sus! or n'i ait plus. 
Bieu sai vendre char sanz refus. 

75 Or faisommea ci vostre esgart: 
Je en aurai la tierce part 
Et vous les deus, qui estes grans. 
C'est couatume de marcheana 
Que se deduient liement' 

80 Yseugrina li moustra la dent, 
Si li respondi 'par saint 01er, 
Vera vilain -n'ai cure d'aler. 
Je paaeai ier par une rue. 
tJn m'en feri d'une macue 

m Que il m'abati tretout plat 

Urant honte mo fait qui me bat.' 
Diat Renars 'lessiez ce ester! 
Or m'estuet mon sens esproaver. 
Se le bacon ne vous puis rendre, 

90 A une hart me faites pendre. 
Oncle' fait il, 'or demeurez! 
J' irai avant: ci voua estez!' 
'Je l'ottroi' ce dist Ysengrin. 
Et Renars aqueult son chemin. 



67 gaagaa p. 72 doub eut inttrcaié par une main tnodemt 74 ac 
uendra 7ti aurej <i en rature sur i) 77 grant 76 Ceet la o- d mu- 
oheaot 79 11 se ileduiïent 81 li manque eler 86 mabat 68 Or weil 
ie m. 91 Ore f. 92 Je irai oî ] et S3 dit 



, Google 



V (MÈon 7861—7938) 163 

95 Par devant le vilain se trait 

Autreei con s'il fust contrait. 

Si vint parmi une charriera. 

Li vilains fiât moult lie chiere, 

Quant a aperçut le gourpil. 
100 Or est li bacons en péril. 

Reaars vint trfûnant bob raina 

Et cilz le cuda prendre aa mains. 

Renara li fiât un petit saut. 

Dist )i vilains rien ne vous vaut. 
106 Ta gorge iert mise en mon mantel.' 

Benars l'oî, moult li fu bel: 

Que moult a entre dire et faire. 

S'il puet, il li fera contraire. 

Tôt temps enforce s'ambleÛre 
110 Et oilz engraigne s'aletire. 

Li vilains eueffre tnoult grant paine: 

Ne puet aler, faut li l'aleine. 

Si a gete le bacon jus. 

Dist Taengrins 'or n'i a ploe!' 
lia Renars s'en va touz les galos' 

Et Taengrine auit les eacloa. 

Tsengrins n'ot cure d'enchaus, 

An bacon eat venuz les saua. 

Sel gete aua aon chaaîgnon, 
ISO Fuit a'en o tout eu un buisson. - 

La le menga sans demoree, 

A Renart a la faart gardée. 

Li vilains retourna arrière 

Qui moult faiaoit dolanto chiere, 
126 Quant il ot perdu son bacon: 

Ono maie tel duel ne fist nulz bon. 

RenMS n'ot cure da vilain, 

Lessa le courre par le plain. 

Si s'en eat venua au buisson, 
180 Ou cuida pariir son bacon. 

W Toul auMÎ 97 dele» u. 107 Car 109 toui ioura 124 f. mit 
« <A. 126 O t. d. ne mena n. h. 128 Ainz le lait c. 130 cude 



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IT (H«oii 7939—8082) 

Mes Tsengrina qui preot et çart 
Ed a moustre Reuart la h art. 
Renars ne voult bataille faire, 
Âncoia li conmance a retraire 

135 'La hart ait qui l'a desservie, 
Que je ne la deservî mie. • 

Ifauvaiee est vostre conpaîgnie, 
Par Jbesu Crist le filz Marie. 
Ne puis ci longuement durer, 

140 Yostre congie weil demander. 
Onques ne finai de peohier: 
Biaua ODcles douz, je vous requier 
Gongie de saint Jaque requerre, 
Pèlerin serai par la terre.' 

143 Diat Yaengrins et ge l'otroi,' 
Renara fu molt en grant efroi, 
Quinze jora va a grant baudor. 
Onquea Renara ne fiât sejor. 

Ta s'eut Rensrs tôt son chemin. 

160 Or velt engigoier Yaengrin: 
Bien li cuide le bacon vendre 
Dont il ne li volt aa part rendre. 
Bien a la costume au gorpil. 
Devant lui garda un mesnil: 

155 La a'en toma, ce est la voire, 
Et vint au cortil le provoire: 
Raz i trova a grant plente. 
'Dell' dist Renars bien ai erre.' 
Mes d'aus engigner molt se peine. 

leo Ârestez s'est a molt grant peine, 
Si aperçut un gresillon. 
Renara en fu en graot fricon. 
Eacotc a le chanteor 
Qui illoo chantoit près del for. 

163 Le gresellotts le cuuut bien, 
Tôt coi se tînt ne ne dit rien. 



131 Mut 134 AiDE li oonmanca Ul Ono ne fin* de preeBohier 
Ah « 145 le mm. A reeommenee. 152 uelt 153 le 154 lui fnan7ii' 
157 Rmn 159 H. dahe eogiger 164 Qui loo 



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V (Héon 7993-8082) 1 

Renars en tint le chef enclin : 

'C3erc sevent bien chanter latin. 

Je te doDroie bon loier, 
170 Dan clers, dites voatre sauter I' 

Li grésillons dist forant orgoil: 

'Par saint Denis, enquerre voil 

De quel pie' fet il 'vos clochez.' 

Envers Renart s'est aprochiez. 
175 De son brac nne manche tret. 

Li grésillons jeta un bret. 

Renare jeta la manche jus, 

Si li a dit 'or n'i a plus.' 

Bee la goule, muet lez denz, 
180 Qu'il le cuida enclore enz. 

Li grisellons li dist 'Renart, 

Tant par estes de maie part. 

Or a diable un pèlerin 

Qui la gent mordra en la an. 
185 Molt fui ore près de morir, 

Dex me gari par son plaisir.' 

Renars respont 'vos estes ivres. 

Je cuidoie ce fust tes livres. 

Certes se je manje l'oûsae, 
190 Trestotes tes chancons soûsse. 

Molt suî sopris de graiit malage, 

Que j'ai fet meint pelerinnage. 

Or voi bien ne puis plus durer: 

Un maix fait moult mon cors grever. 
105 Certes je sui uns chatis hou. 

Kea fsi moi or conTession, 

Car il n'a ci entor nul preatre: 

Ja savez vos très bien cesl estee.' 

Li gresillon connut Benart, 
200 Si li a dit se dex me gart, 

Ja en auroiz a grant plente.' 

Sept gaignon vienent dcscople: 

Sbraojrae 178 dist 180 len 185 sui 188 (çarra 192 ie 
J • greae 196 Cs ] Mes 197 euoor 202 £ VU uenoit 



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166 T (Méon 8068—8202) 

En après vienent chasoeora, 

Arbalestiers et veneors. 
205 Li veoeors hue et crie: 

Renars entent la taborie, 

Ne set qu'il puisse devenir, 

Si s'apareille de foïr. 

Et li veneors vint après, 
210 Si deacouple les ciens engres. 

'Or Tribole! or Clarenbaut! 

Par ci fuit H gorpil, Bîgaut. 

Or ci Plesence, après d'alert' 

Ses terrera va toz desoopler. 
215 Renars s'en va grant aleûre, 

Li 1 errer vienent a droiture. 

Reuara ne mist mie a sejor, 

EÏDz saut Bor la creste de) for. 

La se quati, li ohen l'outrèrent: 
220 Renaît perdirent, sil paserent. 

Tant ont com tôt le cfaemin 

Qu'il encontrerent Tsengrin. 

Onquea nel roudrent défier, 

Sa pel oonmencent a peler. 
225 Et il durement ee desfent: 

Qui il conaint, ae denz le fent 

De bataille est en grant fricon, 

DTsengrin rolent li Sooon. 

Renara fu sor le for muohez, 
230 Qui en fu molt joianz et liez. 

La bataille prent a garder, 

Et Tsengrin a ranpronner 

'Or en avez le guerredon: 

Mar i manjastes le bacon.' 
235 Taengrina est en mal déport. 

Doc avoit un gaignon fort: 

Taengrin asailli au braz. 

Or est il choûz en mal laz, 

211 ore rigAut 218 or i plesece datera 214 Isursna a t. deiooplM 
216 Einz eat aaliz sor le f. 218 Uoutrerent 221 tôt manqué 22S Qm 
preot 227 De ] La 228 Di. j. 231 AU 233 a. uo« le 



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V (MéoD 8203—8210,'. Va {M. 717—7341 167 

Que cil li présente lea denz 
340 St li bote en la pel dedenz : 

Et il te blece malement. 

Maint en ocist d'eforcement. 

Li cheo Del pourent endurer, 

Tsengrin lassèrent aler: 
246 Tomez a'en eat grant aleûre 

Et vet ailiers querre pasture. 

Va 

Adont se pensa d'une chose 

Dont il sa feme eu son cuer chose, 

De ce que il férue l'a, 
350 Benara, molt par s'en abaissa. 

Tele ire a au cuer eii 

De ce qu'il a a lui jeu. 

Si ae remet molt tost arere 

Et vint molt tost a la qarrere 
255 O sa feme trova aeant. 

Maintenant la va lede&jant: 

Del pie la Sert COD a'il fust ivre. 

'Haï" fait il, 'pute chaitive, 

Pute vis orde et chaude d'ovre, 
260 Bien ai veûe fote l'ovre, 

Bien me set Renars acopir. 

Jei le via sor voz braz cropir: 

Ne TOs eu poez escondire.' 

A poi Hersent n'enrage d'ire 
286 Por Ysengrin qui si la chose. 

Mea neporqant tote la chose 

De chef en chef tote li conte. 

"Sire, voirs est, il m'a fet honte. 

Mes n'i ai mie tant mesfet 
270 Endroit ce que force m'a fet. 

Laiaaiez ester tôt cest contrere: 

Ce qui est fet n'est mie a fere, 

A autre coae entendea: 

249 Vmanque 250 mon p. aw» abaissa 
!B oauiloure 265 que 269 a 270 E. tôt ce 



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Va (Méon 736—748. 8249—8268) 

Ja cist meffez n'iert amendez 
275 Por cose que nos en dion. 

En la cort Noble le lion 

Tient od les plez et lez oiaoces 

Des mortex gueres et des tences: 

La nos alons de lui clamer. 34 

380 Bien le porra tost amender, 

Se ce puet estre cbampete.' 

Cist mes a tôt réconforte 

Dant Yaengrin le corocie. 

'Âhi' fet il, 'trop ai G;rooe. 
285 Trop fu fox et petit savoie. 

Mes cist conaels m'a mis en voie. 

Uar vit ïtenars son grant desroi. 

Sel puia tenir a cort de roi.' 
A oee paroles cheminèrent. 
390 Onquea ne cessent ne finerent 

Tant que il.TÎndrent a la cort. 

Or cuit, Ysangrins tendra cort 

Renart le ros, se tant puet fere 

Qu'a la cort le puisse atrere: 
296 Que molt ert Yoiziez et sages, 

Et ai savoit pluaaors languagea, 

Et li rois l'a fait conestable 

De sa meson et de sa table. 

Parvenu furent el palez 
300 La ou li roia tenoit ses plez. 

La cors estoit granz et plenere. 

Bestes i ot de grant manere, 

Feibles et fors, de totes guises, 

Qui totes sont au roi ausmisee. 
S05 Li rob siat sor un fandeatuet ' 

8i riche conme a roi estuet. 

Tôt entor lui siet a corone 

8a roesnie qui l'avirone : 

N'i a un sol qui noise face., 
310 Atant es voa venu en place 



277 on manqat 2T8 De 281 De *282 Hsjb 286 en ] a 
t mar 289 parolez 29t uitdrent 293 pot 301 plene'ne 



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Ya (Méon S269— 8302) 

Dant Ysengrin, il et s'amie 
Qui la parole ont ammie. 
Trestuit li autre font silence. 
Et mesiro Ysengrin coninence 

SIS Devant le roi en sozpirant 
'Rois, juBtise va enpirant: 
Ventes est tornee a feble, 
Nule parole n'est astable. 
Yos feîsteB le ban roial 

S30 Qne ja mariage par mal 

N'oBBBt en freindre ne briaier: 
Renars ne tob velt tant prisier 
N'onques ne tint por contredit 
Ke vostre ban ne vostre dit. 

S25 Renare est cil qui toz mais aeme, 
Que il m'a boni de ma feme. 
Renars ne dote mariage 
Ke parente ne cosinnage: 
Il est pire que ne puia dire. 

330 Se ouidiez mie, baux doz sire, 
Que jel die por li reter 
Ne por blamc aor li jeter! 
Rien que je die n'est mencoîgne : 
Yeis ci Hersent qui tôt témoigne.' 

3S6 'Oîl, sire, îl dît voir' fet ele. 
■puis celé ore <]ue fui pucele 
M'ama Renars et poraivi: 
Et je li si toz jora foï, 
Onques ne me veil apaier 

310 A rien qu'il me vousist proier. 
Et puis que j'oi pris mon aegnor, 
Ue reBst il encbauz gregnor. 
Mea je nel voil onques atendre. 
Ue ainz mea ne me pot sorprendre 



314 Et meaire mangue .j. h'. 317 tornez 319 ben 320 nutriagM 
3^-i frendre 324 bian 330 mie à baux 332 noter 335 J dit 336 
puni 33gielMat. 339 One 340 prier 342 eDobkiu ] honte M4 
»t an iMint ne me pooît prendre 



, Google 



170 Va (Méon 8303—8338) 

345 Dea q'a Vautrer en uno fosse: 

Que j'estoie et crasse et grosse. 

Tant qu'il me vit en cel pertnis, 

Il sailli fors très parmi l'uis, 

Et vint derers, si me boni 
350 Tant que li jeus li enbelî. 

Ce vit Tsengrins mes maris 

Qui dolaoz en iert et maris, 

Et je sui ci qui ci la honte.' 

Et cou ele ont feni son conte. 
Sûfi Et Ysengrina si a repris 

"Voire voir, sire, je le pria, 

Seignor Renart, de cest mesfet. 

Que vos en aenble? a il forfet 

Bien ne raison en cést endroit? 
360 A vos m'en cleîn, fêtes m'en droit 

Par devant trestoz vos barons 

Do ce dont nos rete l'avons! 

For ce m'en cleîm au conmenchier 

Que dant Renars ala tencher 
863 A mes loveax en la tesnîere, 

Et si pissa sor ma loviere, 

Si les bâti et chevela. 

Et avoutres les apela, 

Et diet que cox estoit lor père, 
870 Qu'il avoit foutue lor mère. 

Tôt ce dïst il, mes il menti. 

Onques por ce ne s'alenti 

De ma grant honte porcfaacher. 

L'autrer estoie alez chacer, 
875 Hersens estoit o moi venue. 

La fu cesto descovenue 

Que je vos ai ci acontoe. 

Je les Borpris a la montée, 

Et le blâmai de cest afere, 
8»0 Et il m'en ofri droit a fere 

3i8 fors 1 eni (. enmi 349 derere 356 iel p 357 forfet SM il 
ore fet 381 P. de d. uoBtre b 3'15 a ma kuiere 369 cox ] Ml ■I'' 
37 1 dit 376 Ja 377. 378 manpiettt 



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Ta (Méon 8339—8374) ] 

XId seremeat por lui deafendre 

Tôt la o jfll TOudroie prendre. 

Sor ce me fetea jugement 

Et Bmender delir renient 
sa Cest meBfet et ceste descorde, 

Q'autre musart ne s'i amorde.' 
Taengrins a son cleîm fine, 

Li rois en a son chef levé, 

8i oonmenoe un poi a sozrire. 
^0 'Avez vos' fflt il 'plus que direP' 

"Sire, naie: de tant me poise 

Conques en fu meûe noise, 

Et que j'en sui si vei^ondez.' 

'Heraest' dist li rois, 'respondez 
396 Qui vos estes ici damée 

Que dant Renars vos a amee: 

Et TOB, amastes le vos onquea?' 

'Je non, sire.' 'Or me dites donques 

Por qei estiez vos ai foie 
400 Qu'en sa mesoo aleez sole 

Puis que vos n'estiez s'amie?' 

'Merci, sire! ce n'i est mie. 

S'il vos plest, mielz dire poez 

Selonc le cleim que vos oez: 
400 Que je vos dî, li oonnestable 

Mes eires qui bien est establea, 

Que il enaanible o moi la vint 

Ou ceste vergoigne m'avïnt.' 

'Ere il TOsP' 'Oïl sanz faille.' 
110 'Qtii ouidast ce, que diex i vaille, 

Que il esforcer vos doûst 

La ou vostre mari Boâst?' 

Lorea s'eet Ysengrins levez. 

'Sire' dist il, 'vos ne devez, 
416 Se vos plest, moi ne lui desfendre. 

Ainz devez pleinement entendre 

381 le d. 33S Tôt mangut 385 ce ma fat 38R aorde 389 o. 
M la poi 1. 398 ore; dites 400 Que a m. 403 p «ire m. 4 
>a c T. iiit 415 lui ne moi 416 plenerement 



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172 V» (Méon 8375—8*30) 

A la ckmor, que que nus die, 35 

Que il la meut o l'eaooadie. 
Que je vos di bien a fiance 
420 Con cil qui vos a fet liaoce 
Qire se Renars ert ci preaeuz, 
Ge mosteroie qu'a Heraenz 
Jut il a force, que jel vî, 
Par la foi que je vos plevi.' 
435 Et li rois par sa grant franchise 
Ne vcU sofrir en uule guise, 
HoD fust en sa cort mal mené 
Qui d'amors fust achoboane: 
Et si quida que non fetat. 
430 Sachez, volentiers le guerpist 
Envors Benart de ea querele 
DoDt mesire Yaengrina l'apele. 

Et con il vit qu'îi volt tencber, 
8i conmenca a agencier. 
435 Si li respondi mot a mot: 

'Ce' fait il 'que Renara l'amot, 
Le quitte auquea de son pechie. 
Se par amor vos a trechie, 
Certes prouz est et afaitiez. 
440 Et neporquant il ert traitiez 
SeloQC l'esgart de ma meaon. 
Par jugement et par reaon 
Bien en faitea prendre conroi,' 
Li cameU siat joate le roi, 
445 Molt fu en la cort cher tenuz. 
De Lombardie eatoit venuz 
Por aporter mon aegnor Noble 
Trett devers Coetentinohle. 
La pape li avoit tramia, 
450 Sea legas ert et ses amia: 

Molt fu sages et bon legistrea. 
'Meatre' fet li roie, 'a'onc oïstea 
420 IftUnoe 422 que h. 423 a lui que ie bien uî 428 Que damor 
430 B. que ». 434 a manque 437 quit ie 440 U est teoiei 4« wn 
jç! prendre roi 447 «[wrteT neble 



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Ta (Hion 8431—8464) 

En Dule teri'e tel conpleinte 
GoD a ma cort a l'en fet meinte, 

455 Or volons noa de vob aprendre 
Quel jugement en en doit rendre.' 

'Quare, mesîre, me audîte! 
Nos trobat en decrez escrite 
En la rebrice publicate 

460 De matrimoine violate: 
Primes le doiz examinar 
Et s'il lie se puet espui^ar, 
Grevar le puez si oon te place, 
Que il a grant cose meaface. 

46j Hec est en )a mie sentence: 
8'estar ne veit en amendance, 
Dissique par mane conmune 
Uneverse soe pecune: 
lapidar lo cora o ardre 

170 De l'avereier de la Renarde! 
Et vue si mostie si bon rege: 
Se est qui destiuie la lege 
Et qui la voil vituperar, 
II le doive fort conperar. 

475 Messire, par la corpe seînte, 
Se la jugement si aaeinto, 
Et tu nos aies bon seignor, 
Fai droit jugar par toe anor, 
Par la scinCe croise de de! 

480 Que tu ue aoîes bonne re, 
Se reison ne droit ne voa far 
Ausi cou fist Julius César 
Et en cause voille droit dir. 
Se tu veoil estre bonne sir, 

480 Yide ti bonne favelarl 

Par la foi toe tiegn le car! 



435 Ore 457 manque 458 Ë nos trouon 459 repreaae 461 len 
•^ï M Kuini/ur poent 463 les poz 465 sêt'nce 468 lue 472 desc'ue 
*'i qnil U uoil 474 for 475 co'pi 476 iugment 477 non 481 fare 
*^î tBli«n ceure 4B6 le omnque 



...Google 



V» (Héon 8465— eitOO) 

9e De tiens car ta baronnîe 

B«ndar por amendar lor vie, 

N'aies cure de reiautati 
490 Se tn ne juches par bontat, 

Et se tu ne faces droitor, 

Tu non aies bonne segnor. 

Favalar ce que bon te fâche ! 

Plus ne t'en di ne plus ne sache.' 
4B(t Quant li baron l'ourent of, 

Tex i a se sont esjohi, 

Et tex i a molt oorocie. 

Li lions a le chef drecie. 

'Aies' fait il, 'vos qui ci estes 
500 Li plus vaillant, les ^anor bestesl 

Si jugiez de ceste clamer, 

Se cil qui est sopris d'amor 

Doit estre de ce encopez 

Dont ses conpainz est esoopez.' 
005 A ces paroles lievent sus, 

Del tref roiat en vont en sus 

A une part por droit jugter. 

Plus en i ala d'uD millier. 

Eant Bricemers H cers i va 
010 Qui de mautalent a'aîra 

Por YsengrÎQ qui est trioiez. 

Et Brun li ors s'est aSciez. 

Dist qu'il voudra Renart grever. 

Avec ans deus ont fet lever 
510 Baucen le sengler qui de droit 

En nul aen guencir ae voudroit. 
Asemble sont au parlement. 

Li oers parla premerement 

Qui sor Baucent fa acoutez. 
020 'Seignor' dist il, ore escotez! 

Vos avez oï d'Ysengrin, 

Rostre ami et nostre cosin, 



487 tieg 468 la u 
4M que 501 agjei 507 



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Ta (M«on 8&01— 8584) 

CoD il a Renart encuse. 
Iles DOS avons en cort h use, 

&25 Quant en se pleint de forfeture 
Et l'en velt en avoir droiture, 
Mostrer l'eatuet par tierce mein: 
Que tel porroit d'ui a demein 
Fere clamor a son voloîr 

630 Dont autre se porroit doloir. 
De sa feme vos di reson: 
Celui a il en sa prison, 
Quanqu'il velt dire ou tesîr, 
Tôt li puet fere a son plesir 

635 Et bien mentir a escient. 
Ne sont mie soficient 
Itex teimoins a recevoir: 
Autres lor convendra avoir.' 

'Far deu, segnor' ce a dit Brune, - 

640 'Des jugeors eui je 11 uns. 

Puisque nos somes ci ensenble. 
Si en dirai ce que me senble. 
Dant Tsengrin est connestables 
Et de la cort bien est creables. 

M6 Mes se il fust uns bareteres 
faus traîtres o leree. 
Sa feme ne li poïst mie 
Porter teiinoing ne garantie. 
Mes Tsengrins est de tel non 

560 Que s'il n'i oilst se li non, 

Si l'en poïst l'en très bien croire.' 
'Par foi' fait Baucen, sire, voire. 
Mes une cose i a encore : 
Ed rostre foi car dites ore, S 

565 Qui est li pires ne li meudre ? 
Chacun se velt au suen aqGudre. 



525 plein de forche fere 526 len demande droture a fere 
ln«M p. terre 528 p. oui 530 «en 534 pot son manque 542 moi 
*• 544 e«t manque 546 fox 548 teimuig ne ne 550 ne o. 551 



, Google 



1"6 Ta (M*on 8535—8570) 

Se vos dites qtii^ Isengrins 
Est li meudres de ses voiaioe, 
Renars le voudra contredire 
OBO Que n'est ne meins loiaua ne pire. 
Chascun si se tient por prodome. 
Por ce vos di a la parsome: 
Ce ne puet estre que vos diles. 
Donc n'î a plus coses eslitea. 
665 Chascun porroit tel clamor fere 
Por sa femo a teimong traire, 
Et dire "cent sols me devez," 

Dont meint home seroît grevez. 

Oe n'iert ja fet la u je soie. 
570 Oiesuz estes hors de la Toie. 

A vos me tieng, dan Brlcemer: 

Il n'a home jusq'a la mer 

Qni en dcïst plus sagement 

Ne loiaute ne jugement.' 
675 'Sflignor' ce dist Plateax li deina, 

'B'autre cose est ore lî cleins: 

Que mesaire Tsengrins demande 

Reatorement de sa viaude 

Que Renars prîst en sa meson 
6»o A force par maie reson, 

Et qu'il pissa par mal respit 

Sor ses enfanz en son despit, 

Si lea bâti et chevela 

Et aToltrGS les apela. 
685 Et a ce afîert grant amende. 

Se dant Renara ne li amende 

Et s'il s'en puet einsi estordre, 

EncOF s'i voidra ÎI amordre.' 

Et diat dan Brun 'c'est vérité. 
690 Honi soit et déshonore 

Qui ja Reuart consentira 

Que un prodome bonîra, 

560 loivi 563 pot 566 tiegmon 567 ce .x. me 571 tieg ^' 
luaute 578 Estroitement 581 mas r. 5^2 en ion j et en 5A7 El ] *■'' 
A87 pot ÏS8 mordre 591 Que 



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Va (M^on 8571—8608) 

Et ai li toudra son avoir, 
Si n'en porra nul droit avoir: 
fiOô Donc auroit il borse trovee. 
Ce Boroit folie provee, 
Se li rois son baron ne venge 

• Que Renais honist et ledcnge. 

• Mes a tel morsel itel teje, 

600 Cliaz set bien qui barbes i) lechn. 
Et ne quit pas, sauve sa grâce, 
Que DOz sire s'ennor i face, 
Qui s'en aloit ore riant 
Et Ysengrin contraliant 
• 606 Por un garçon, un losenger, 

Dex me laiat de son cors venger! 
Por deu vos pri, ne vos soit gref 
Se je vos fas un conte bref 
Del traïtor felou encrime, 

610 CoD il coDcia moi meïme. 

Henars qui molt par est haîz, 
' Avoit dcjoste un plaaseïz 

Une riclie vile eapiee 
No vêlement édifiée. 

615 Les lo bois avoit un ninnoir 
un viloin soloit manoir 
Qui molt avoit cos et jelincs. 
Renars en fist grant dechiplines 
Que bien en manja plus de trente. 

620 Tote i a tornce s'entente. 
Li vileins fet Ronart guetier, 
Ses chena avoit fet nfetier: 
El bois n'ot ne sente ne triege 
Ou il n'oust cepel o piège 

635 trobucet u laz tendu 
rois ou roisel eateodu. 
Rcnart greva, qant U le sot, 
Quant a la vile aler ne pot. 

594 Sire porroit don n. 599 lece tiOO Chat barbe SC 
<I3 pitmz 614 et defec 622 aficher 623 Nel 624 ou pel 
*îS roinel tendu 

BEKIRT I 



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Y» <Méon 880T— 8642) 

Dont porpensa li vis diables 

630 Que j'ere grane et bien Toiabtes, 
Et il ert petis et menuz: 
Si seroie eioz reteonz, 
O fuat a bots o fust a plein, 
PluB tost meîst on a moi mein, 

685 que nos fnasion ambedui: 
Ainz tendist en a moi qu'a lui, 
Et je meulz i fusse atrapez 
Et il plus toBt fust escapez. 
Il savoit que j'amoie miel 

640 Plus que chose qui soit sos ciel. 
A moi Tint en este oen 
Derant la feste seint Johen: 
"Âhi" fist il, "messire Brun, 
Quel T&sael de miel je eai un!" 

645 "Et est?" "Cbes Costant des Noes.' 
"Porroie i ge mètre les poesP" 
"Oïl, je l'ai tôt espie." 
Li ble estoient espie, 
Le ble trovames tôt covert, 

660 S'entramCB par un nia overt. 
Les une grandie en un verger, 
La nos doiimes herbergier 
Et jesir treatot a repos 
De si au vespre entre les ohox. 

656 Celé nuit al eserisier 
Deveion le vesel brisier, 
Le miel manger et retenir. 
Mes li gloB De se pot ^enir: 
Vit les jelînes el pailler, 

600 Si conmenca a baellier. 
A l'une saut, celea crièrent. 
Li vilein qui de laienz erent, 
Lievent la noiBe par la vile, 
Toat en i out plus de deus mile: 



629 pensa SS5 foseion ambedçui 637 je ] le 640 que Mi 
coetuM est A. une oeles ] antres 



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Vb (Méon 8G43-8e78) 179 

6ifô Vers le cortil vindrent corant _ 

Et Rennrt durement huiant, 
Plus de quarante en uno lote. 

Ke fu merveille e'en ou dote, 

Les granz galoz m'eu sut tornez. 
ti7n Ronars s'en fu toat detornez 
Qai sot les pas et les deetorz, 

8or moi veresa tôt li estorz. 
Quant jel vî trere a une part, 

"Conment" dis je, "sire lienart, 
675 Voles me vos Inissier en place P" 

"Qui mielz porra fere, si face, 

Bau sire Brun: or de) troter, 

Que besoing fet vielle troter. 

Fêtes del meulz que vos porrez, 
680 Se trenchanz espérons avez 

O bon cheval por tost aler. 

Cil vilein vos voudront saler. 

Or oiez con il font grant noiee. 

8e vos pelicoa trop vos poise, 
685 Ja n'en soie^ desconfortez: 

II vos sera par tans portez. 

G'irai avant a la cuisiDe, 

8'i porterai ceste jcline. 

8i la vos aparellerai: 
690 Dites quel savor i ferai," 

Li traîtres atant s'eslese, 

Si me laissa en celé presse. 

La noisse ala si engrennant. 

Li chen me vindrent au devant: 37 

095 A moi se lient pelle melle, 

Et pilet volent conme grellc, 

9i cornent li vilein et huient 

Que li champ environ en braient. 
Quant oT les vileins corner, 
700 Qui lors nie veTst trestorner 

>72 1m eitoK 67tt besoig 6S3 Or mangiit S8G tant 695 
rat 697 oor«Dl 



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180 Va (Héon 6679-6714) 

Vers les mas tins tôt abandon, 

Fouler ot mordre envirOD, 

Hurter et batre et desconfire, 

Bien poïst por vérité dire 
706 Que ono ne fu votie beste 

Qui de cheoB feïst tel tempeste. 

Molt me pensoie d'els doafendre, 

Quant je tî lea piles descendre 

Et les sajetes barbelées 
710 Cbaoir enter moi graaz et lees. 

Et vileins venir: si m'en part. 

Les chens gnerpi de l'antre part, 

Ters les vileins ving eslessiez. 

Atant me fu li chans lessiez. 
710 N'i ot si hardi ne si coiute, 

Très que je vers eus fia ma pointd. 

Qui lors ne s'en tomast futant. 

Et je Tiog uQ d'aux consuiant, 

 terre a mes piez le cravant. 
720 Un autre s'en fuï avant 

Qui portoit une grant macue: 

Cil que je ting si cric et hue, 

Et il retome, si me grève. 

A deus poinz la macue levé, 
725 Tel cop me dona les l'oreille, 

Que je chaï, voille o ne voille. 

Quant je me senti si qnsec, 

Son conpaignon li ai lessie. 

Je sailli sua et il s'eacrient, 
730 Et li chen a moi se ralient, 

Si me sacent et me decirent. 

Quant 11 vilein entre elz le virent, 

Estes les vos toz apoignant 

De lor glaives me vont poignant, 
786 Pierres jetent, sajetes traient. 

Li mastin crient et abaient. 

706 f. elp tSpeate 707 p. d»ller d. 711 vileins ] ia ni nm 
dautre 713 le uileio 715 conl« 716 q. vern mi fetfit m% peinte 
lenpeint 721 Que 722 ti)c 729 HeHcrie 733—736 manqutnt 



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T» (Ttéon 8715—8750) 

La OU j'en pooie un ateindre, 
Si le faisoie a fofce geindre. 
Mes durement m'i ont plaie, 

740 Et li vilein m'ont esmaie. 

Yera le boia conmencai a tendre 
La ou je tî la presse mendre. 
Si m'en estors le melz que poi. 
Retenuz i fui a bien poi. 

74h Mes que fuiant que desfenâant 
Far une broce en un pendant 
Maugre trestoz mes enemis 
Fis je tant que el bois me mis. 
lienars li ros m'a si bailli 

790 Por la jeline q'asailli. 

Qe nel di pas por clamer fere, 
Mes por essample de lui trere : 
Que s'est clame site Tsengrins, 
L'autrier se repleint Tiecelins 

755 Qu'il le pluma en traTson. 
Or voloit il motre en prison 
Tybert le chat a un copel, 
Ou il redut laissier la pel: 
Et puis refist il bien que 1ère 

760 De la meaenge sa conmere, 
Quant il au baissier l'asailU 
Conme Judas qui deu traï. 
Or en doit conseil estre pris, 
CoD il est si sovent repris. 

766 Nos i avon molt grant peoie, 

Quant tant li avon aluchie.' 

Li ors a parle longement. 

Li senglers li a dit brement 

'Mesire Brun fet il, cist pies 

770 N'iert pas fines as premiers très. 
Encore n'est aconseue 
La clamor qui ci est venue. 

T37 ie p. 738 ioindre 742 meindr« 747 Maugrcs 
•îtwIÎB 75fl Or le uolent m. 757 li chaa 761 il manque i 
•iKiti 767 ore] rois 770 su premier 771 E. ore neet oc 



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Va (Hion 8751—8786) 

Molt seroit ea^e qui Bauroit 
Juger d'un conte, et il o'auroit 

776 L'autre partie encore ateinte. 
Nos avon oï la conpleînte: 
Renart devon le conpieint tendre, 
Et l'un droit apree l'autre rendre 
Tant que l'en viengne a la parsomme. 

TSO En un jor ne tist l'en pas Romnie. 
Nel di pas por Renart tenser, 
Mes nus ne doit a ce penser 
Que nos les melomes en CQrt: 
Que péchiez seroit et grant tort. 

786 Je ne sai que dire en doions 
Tant que eneenble les oïodb. 
Quant Benars ert a cort venus, 
Icist cleinz sera retenus 
Que Ysengrins a ci mone. 

790 Lors a primes ert ordene 
Conment sera de l'àmendise: 
Far jugement i aura mise.' 

Ce dist li singes Cointereax 
Ifal dahez ait cis hatereax 

796 Se T08 ne dites que i a.' 
Et li ors respundu li a 
'N'estes mie trop forsenez 
Quant devers Renart yoa tenez. 
Entre vos deua savez asez: 

800 Heins maveîs plee a il pasez, 
Si fera il molt bien oestui. 
Si l'en velt croire vos et lui.' 
Le singes diat qui s'en coroce, 
(Petit li est de ce qu'il groce, 

80B Moe li fet por plus irestre) 

'Et dex. vos saut' fet il, 'bau mestre! 
Or me dites a vostre endroit, 
Que on dîrieez vos par droit?' 



774 de) e. 7S1 Ne 786 uoub 7S2 jugement Ikura 793 H«ei ' 
le manqua 798 Qne 600 Heint m. plet 804 eit «il Mn oorooe 

DigiUrrlbyGOOglC 



V« (Méon 8797-8822) 1 

'So8 ciel q's ۉrt, par aeint Riohier, 
810 Que je n'ossasse aficher, 

Se j'en dévoie estre creûs, 

Que trestot eîst max eet idoOb 

Far dant Reoart et par sa cope, 

Et Tsengrins a droit l'eacope. 
SIS Et qu'aloD nos plus atendant 

Quant la coee est venue avant 

Que il est pris a avoutere 

Nomeement a sa conmere.? 

Et ice derennent vers lui 
820 Tsen^ins et Hersens andui: 

For droit fust il ore avenant 

Que Renars fust pris meintenant, 

9i li liast en mains et piez, 

Et fust jetez einsi liez 
825 En la cartre tôt sanz prologue. 

Ja n'i oûfit autre parole 

Que de fuster et d'escoillier. 

Fuis qu'il enforce autrui moîller, 

Ne feme camuse ne e1, 
890 Nels se c'estoit un jael: 

L'en en doit ja justice prendre 

Que autre fois n'i ost mein tendre. 

Et qu'est donc d'une feme espose 

Qui dolente en eet et hontose 
886 De œ que ses maris le sotP 

Et qui cuide Tsengrin si sot 

Qu'il oQst plet de ce mefl 

S'il ne l'oûst as elz veû? 

De tant est il plus vergondez, 
840 Se cist meafet n'est amendez, 

Des que Hersens garant li porte. 

Dont sai je bien, justice eet morte.' 38 

Dîst li senglers 'ci a descorde: 

De pecheor miséricorde! 

B16 ert 621 ore en siutnt 623 en ] et 824 Et le ietut 8 
prolortl* 82T delooillier 830 Nés 831 ne d. 733 Veqneden 836 q 
e- ;. li 640 mett' 841 De ce h. 844 peoheora 



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Va (MSon 8723—8856) 

84S I)'un prodome por tel forfet. 
Por deu, 8fl RenarB a mesfet, 
Si en fêtes aucune acorde! 
De grant guerre vient grant acorde. 
Li loDS est mendres o'ou Dtf crie, 

800 Par petit rent ciet il grant pluie. 
Kenars n'eat conveincuz encore, 
Aacois vendra une autre ore. 
Dit en avez vostro plaisir, 
S'avez perdu un bon tabir.' 

8fi5 Dant Brichemer fti molt voiseus, 
Ne fu jangleres ne noîseus 
Conme li autre conpaignon. 
'Segnors' fet il, 'ore pernon 
Un jor de ceat acordement. 

860 Renars face le serement 
Et l'amende par tel devise, 
Con il a Ysengrin promise. 
Car si conme li singes dît, 
Ne por mesfet ne por mesdit 

866 Qui n'est aperz ne coneûz 
Ne droit ja eatre plet tenuz 
D'ome afiner ne de desfere: 
Ainz i aiiert la pes a fere. 
Et primes gardons par mesure 

870 Qu'il n'i ait point de mespresure. 
Une cose a qui molt me serre, 
Se It rois n'est en ceste terre. 
Devant qui cist pies soit tretiez? 
Mes se Eoïnaux fust haitiez, 

870 Li chens Frobert de la Fonteine, 
Cil nos en metroit hors de peine. 
En li a bon home et vrai. 
Ne ja borne ne troverai 



S46 Pkr 848 g. e«t iacunle Sft5 uoiselB 856 noiscb Aprh 
863 le aigc. ajoute Et dient iceat bon s fere Ron seroit enIrsDt .g. 
pes fere BBS Aufi lengler? HST ne ) et 869 pernon g»rde 870 poit 
de mespernure 871 c. i a que m. mcnsero S72 8e lun ne negt 873 
Tant que c. p. h. cnt' eciez B75 chenH terri 877 ot mangue 



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Va (M6011 8857—8892) 

Qui ne die*'tu as bien fet." 

880 Devant li soit ice retret.' 
A ce se aont tuit asenti, 
Nesun d'ax ne s'en repenti. 

Cil consalz ne fu plus tenuz. 
Estes les vos avant veniiï 

885 A grant joie ot s grant baudet 
Devant le roi el consitor. 
Tuit li autre vont areatant 
Et Bricemer fu en estant. 
Sa parole a conmenciee: 

890 Bien l'a dite et agencîee 
Si conme bons rectoriens. 
'Sire' fet il, 'noB eatiens 
Aie le jugement enquerre 
Selonc la guise de la terre. 

896 Trove l'avon: a'il n'est quil die, 
Jel' dirai, puia que l'on m'en prie, 
Volentiers, sauve vostre grâce.' 
Li lions li tome la face, 
Del otroier li a fet signe, 

!)00 Et dant Brîchemer li encline. 

'Segnors' fet il, 'or m'entendez: 
Se je i faîl, si m'amendez. 
Ce m'est avis que nos veïmes 
D'Ysengrin qui se clama primes, 

!KK Que tote sa droiture auroit 
De ce que demander aauroit: 
Mes il li coveudroit mostrer, 
8e la cose voloit prover, 
Soi tierz por desriennier son droit 

910 A jor nome o orendroit. 
Puis feïmca por droit ester 
Qu'il ne pooit riens conqueater, 
Ne tort ne droit dont riens preïst. 
De ce que sa feme deTat. 

"TS Que 882 Neis .1. ee r. 884 arece 8f 
"""Ir* n^ini 893 Deuon lu MH Au iuKement de uogtrc 
*" Sfgnor 904 De y. claime 907 cuuenJroi 910 o ] 



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1S6 Va (Hétm 8B93— B92B) 

015 Brun et Baucent en ^eaputerent, 

îies cil qui avoc els alerent, 

8e tiodrent plus a ma partie. 

Or est la cose ai partie 

Que chascun aura sa droiture. 
930 Puia gardâmes en quel mesure 

Et quant en sera la loi dite 

Que Yaengrin cleint ïlenart quite. 

Ch'ort diemencho par matin 

Devant Rsenel le mastin. 
926 La manderon Beoart qu'il veingne 

Et en tel guise se contiegne 

Que sa pes face de par de 

3i con DOS l'avons esgarde.' 
Li lions respont en riant 
930 'Ja par les seinz de Bauliant, 

Ne fusse si liez por mil livres 

Cou de câ que j'en sui délivres. 

Or ne m'en yeoil plus entremetre, 

Âinz lor do&rai jor de pas mètre 
93S Devant Roenol le gaignon, 

Ed qui il a bon conpalgnon, 

Le chen Frobert de la Fonteinne 

Apres la messe diemeine. 

Renart oovieat donc qu'il responde, 
940 Mes avant le covient semondre. 

Grinbers li tessons i ira 

Qui de nostre part li dira 

Que après la prosessîon 

Li face satifacion, 
945 Et gart que riens ne contredie 

De ce que Roenel en die,' 
A cest mot se sont tuit te&, 

Et li plus joune «t li chenu. 

 son repère va chascuna, 
960 Brichemer et Baucens et Bruns, 

915 en ] i 920 gardome» 923 Chet 929 respondi risnt 931 Jn. 
933 Or« 934 métrai i. de p. fere 942 Que noitrc 946 Ce ce SX 
bftucent 



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V« (MSon 8929— SM4) 187 

£t des autres une partie. 

Et quant la cort fu départie, 

Grimbere va son message fera. 

Droit a Malpertuis sod repère 
!K>5 Trova Renart, et pais li conte 

CoDinent li baron et li conte 

L'ont atome por la pes fere: 

Del plct sera Boonel mère, 

Gart qu'il i soit, li rois li mande. 
9R0 Benars dist que plus ne demande : 

A tans i ert et bien Fera 

Ce qne la cors esgardera. 
Grimbera s'en va, Kenara remeint. 

Or li convient qu'il se demeint 
965 Plue eageroeat que il ne aeult. 

Mes ne lessa qu'il ne s'orguelt: 

ffc li chaut gueres qui le haoe, 

Ne se porquiert ne se porchace, 

Conment pregne li siena aferes. 
070 Mes Ysengrins ses averseres 

N'a mie sa boche en deapit. 

A un jor devant le reapit 

Tint droit a Koenel errant 

Qui se déduit en eabatant, 
9TS Et gist ea pailles a grant ane 

Devant l'ostel delez la haise. 

YsengriD vit, si s'en eschive; 

Mes il lo rapela par trive. 

Ynengrins li dbt doucement 
980 'Boonel' fait il, 'or m'entent! 

Conaeil sui venus a vos querre. 

Entre moi et Renart a guerre. 

Que il a molt vers moi meapris. 

Clamée m'en sui, jor en ai pris 
066 Apres la mease dienienche, 

De celui qui tant set de guencbe. 

Wï WMgement SCS por quier 972 ion 976 denant la 977 7. 
it li leneline 9T8 p. ire S80 iht 964 Clamer men uois 



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188 Va (Méon 8966-9000) 

Renars i ert par tel devise, 

Et vos aerea del plet justise. 

Et l'en m'a dit del jugement 
990 Que Benars par un serement 

Se doit devers moi escoodfre 

De ce que je li saurai dire. 

Or si vos pri con mon ami 

Que Toa soies del plet a mi 
995 Tant que il l'ait reconeû. 

Tôt est clame et reapondu. 

N'i a mes autre chose a fere 

Fora porcascier le seintuere; 

Mes de ce sut je eagarez.' 39 

lOOO Dist Roeuol aaos aurez 

Eu ceate vilo seinz et aeintea, 

Ja mar en feroia tex conpleintes. 

Très bien en aerea conseilliez : 

Que je serai aparelliez 
1005 Fora de la vile en un fosse. 

Si ma tendrez por enosse, 

Dites que je aui meenniez: 

Je me jerrai denz recigntcK, 

Le col ploie, la langue traite. 
1010 La soit voatre asenblee fête, 

Renars i ert et vos li dites 

Qu'il aéra bien envera vos quitea, 

S'il puet jurer deaor ma dent 

Qu'il n'ait mespris envers HereeDt. 
10]^ Se tant e'aproche de mon groing 

Que le puisse tenir au poing, 

Bien porra dire ainz qu'il m'estorde, 

Âina mes ne vit aeint qui ai morde. 

Et se de ce se velt retrere 
|iv>0 Que il ne vegne au seintuere. 

N'en porra torner, bien a'i gart: 

Que je aure mis en esgart 

991 8en 991 Hel pkt j île mui 997 dire 999 sui imiHqM 
tnolt c. 1003 conxeilliivz 1013 pot 1017 tnesdorde 1016 Que*. Kt 
«lanque que lOÏO u. » as matere 



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Tfi {Méon 9002—9034) 

De toa meB meillors coopaignons 

Bien plus de quarante gaigoona 
1025 Des plus viaua et des ploB Felone. 

Donques sera Benare trop bons, 

Se par reliques o par chiens 

Ne puet chaoir en mes liens. 

Dex TOB saut, pensez de bien fere!' 
1030 Ez vos Ysengrins qui repère 

Vers la foreat de Joenemande. 

Holt se porquiert et molt demande 

La ou a nul de ses amis. 

N'i a nul meaaagier tramis, 
1030 Mes il meTames les va querre 

Et en boia et en pleine terre: 

N'i remeist cevelus no cax. 

Dant BrichemeF It senracax 

I est venuz la teste droite, 
1040 Et dan Bruns l'ors molt tost s'esploite: 

Baucent le senglers vint a cort, 

Musarz li camels i acort. 
Li lions mande le Upart 

Qu'il viegne de la soue part. 
1045 Li tigres vint et la pantere, 

Et Cointeraus li enchantera. 

Un singe qui fu nez d'Espaîgne, 

Cil refu avoc la conpaigno. 

Tant fet li leus qu'il les asenble. 
lOôO Quant il furent venu ensenble, ■ 

Molt les a semons et proiez. 

'Bauz seigDOr' dist il, ore oiezl 

A mon plet vos ai amenez : 

Or vos pri que le meintenez, 
1055 Pois qae ci estes aiine.' 

Et li estrange et li prive 



1023 toi 1028 pot 1031 ouera r033 ou il a 1039 k ) molt 
IMO bran 1041 b. le c«m«li ua 1042 li ien|clera 1045 tingree u. ft la 
pl*f re 1046 KoÎDterau 1049 T. firent que les len asenble lO&l prieei 
IM 0. UOR le inTili minpi 



>M i}. uoe le 1055 a 



, Google 



190 Va (Héon 9085—9072) 

Et tuit cil de son parente 
Li ont plevi et craante 
Que ja ne seront recraant 
lOSO Des que il ait tôt son créant. 
Ice jurent a tôt le meios. 
Bien les a tQB entre ses meins. 
Einri a sa gent atiree 
Et trestoz cela de sa mesnee. 
1065 Quanqu'en pot aToir par prière 
Sont aune a sa banere. 

Cel jor porta son gonfanon 
Li putois qui Foiuez ot non, 
Et Tybera li chaz vint avoc 
1070 Qui Renart het: et ne por oc 
Holt en i ot de par Renart 
Qui tuit se tienent de sa part. 
Slesire Grinberz en fu uns, 
Conques ne pot amer dan Bruns: 
1075 Cosins estait Benart germeins. 
Cil ne li pot faillir au meins. 
Ne RoBselez li escuirous 
Qui n'eetoit mie perecous, 
Ne va pas corant, eins i trote: 
1080 Et dame More la marmote, 
Corte la taupe et dan Pelez 
Li raz qui fu bien apelez. 
Dant Galopin i vint li lèvres, 
La loirre, la martre et li bievres, 
1086 Li hiricons et la mostele, 
Et li fures pas ne a'i ceille 
Que il n"i viegne fièrement, 
Quar il voudra hardiement 
Renart aidier a son besoing: 
1090 A lui vint il et sanz resoing. 

A l'asenbler ot molt grant presse. 
Renars ne fine ne ne cesse, 

1065 Quanquen en pot par prierere 1068 qui fu nwveU hom WO 
Qu« 1OT2 Que 1074 nen bront 1078 poonrouB 1080 linotte 1084 m. 
H bien'» lOPe formU 1087 uiegnent 1090 rei«m 



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Vb {M*on 9073—9106) 

Ke cil qui itveo lui alerent. 
Desq'a la vile s'avalèrent 

I09& li plez doit estre tenuz. 
Ysengrins i est ja venuz. 
n et Kenars ont départies 
Lor compaignea en troi parties. 
Sire Ysengrins fu en la pleigne 

1100 Et Renars devers la monteigoe: 
Et Roeoel qui Benart guete 
Le col ploie, la langue trate, 
Contrefet ai la morte besto 
Que il ne muet ne pie ne teste. 

1105 Sot le fosse s'est arestez. 
Toz li aguais fu porpensez 
En un verger delez la soi 
De cela qu'il ot mande o soi, 
Bien qu'entre lisses et gaignons 

1110 Plus de cent de ses coopaignons, 
Proisiez et esleûs par non, 
Qai ne heent se Benart non. 

Bricbemers fu ches de la rote: 
A lui s'acline la cort tote, 

1110 Que par conmun asentement 
Fn eoparles au parlement. 
Tôt premer s'en estoit levez. 
"Renart' fait il, 'vos qui devez 
A. Ysengrin fere escondît 

1190 Eiosi cou li baroD l'ont dit, 
Aprochez vos ao seremeat. 
Si le fêtes deiivrement. 
Nos savon bieo, se li ploiîst, 
Ases croire vos eo doîist 

11S5 Sanz le jurer: et nequedent 
Vos jurerez desor la dent 
Seint Boenau le rechingnie 
Qu' Tseugrin n'avez engignie 



1096 ert 1098 Les <t. 1104 mot 1106 propeiuei 1108 as oi 1109 
tt manqiit 1111 P. et il elleua 1112 Que il ne 1120 Ion 1133 sU li 
lltt iuttt 112T reelingoie 



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Va (MâoD 9111—9128. 944^—9460) 

N'en tel manere decoû: 
1130 A. tort ea estes mescreû.' 

A cest mot sait Henars en place. 

Si se recorce et se rebrace, 

Molt a'ap&reille vistemeiit 

Corne de fere eerement, 
1136 Toz jora sot moU Renart de guiche, 

One n'en sont tant ne clierf ne biche. 

Bien aperçut qu'il iert guetiez 

Et que Roenel est haitiez, 

Au flanc qu'il débat et deiueine 
1140 Et au reprendre de s'aleiae. 

Ârrier se tret, si le reaoingne. 

Qant Brichemer vit qu'il s'esloingae, 

'Renart' fait il, 'ce (jue puet estre? 

Mètre vos covient la mein destre 40 
1146 Sor la dent Roenel tôt droit', 

'Sire' fait il 'o tort o droit 

Me copient sivre veirement 

Et tenir Tostre atirement 

Conme cil qui muer ne l'oae. 
1100 Mes je voi ci une autre coso 

Espoir que tob n'i veez mie. 

Talant ai que je le vos die: 

Mes ne puet estre, or le lerons.' 
Dant Grinberz ses nies li tessons 
1155 A-percut bien la traïson, 

Si li a tret autre acoison. _ 

Sire, car entendez a moi! 

Je cuit que je bien vos dirai 

Raison et droit au mion espoir. 
1160 Dant Renars ne doit mie avoir 

Presse de tote celé gcnt. 

Ne seroit mie bel ne gent 

 tel baron n'a si vaillant 

Qu'eu li Tobt sor le col saillant. 



1132 Si eetforce ei te 1136 molt manque 1141 Etriero 
1158 pot 1157. 11&8 matiqueiil 



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T» (ïéon Mei— M94I 

1160 Faîtes vos barons esloiDgner 
Tant que il se puist aprocher 
Au meios devers le seintuere, 
Tant que il puist l'escondit fere.' 
Dist Briidiemer ne m'en ^rdoie. 

1170 Or li ferai vidier la Toie 

Tant.qa'il puiat venir et aler.' 
Ses homes a fait avaler 
Et trere arere plus qu'einoois. 
Renars a fet le tor ^eincois 

1170 Qni n'a cure de sejorner, 
Qant au reliques dut torner, 
D'autre part a tome sa chère: 
FoT s'en est li mau trechere. 
Benars s'en fuit teste levée 

1180 Par une viels voie cfaevee. 
Si enemi li «sorierent: 
Et li ebien qui en agnet erent, 
S saillent après et corarent. 
Ja m'orrez dire qui il furent. 

118b Primes i cort ainz que li autre, 
Lance levée sor le fautre, 
Roonel le chien dant Frobert 
Et Espillars le chien Robert, 
Le riche vîlein del plessie: 

1190 Icîl l'ont premer enoauohie. 
Âpres revint a grant esles 
Uarpin et Horanz et Bruiea, 
Eeptnars et Hurtevilein, 
Et Reohignie le chien Gileiii, 

1193 La feme Ërart le drapier. 
Apres se roetent e) frapier 
Afaitie. Qorfaut et Tirant, 
Foillet, Lovel et Âmirant 



1166 qDih p. 1173 a. et p. qx» eincoÎB 1183 oorirent 11B4 Et 
■>*rrob oonment il firent 1186 foutre 118T fobert 118B egpilUr 
«obtrt IIBS Li IIW Cil les ont p. 1192 braiera 1193 espinar 
UW ene 1196 el aentier 

nUKT I '^ 



lUnlbyGOOglC 



Ta (M«oii S49!l— 9529) 

Clermont i fu et Oliriere, 

1200 Le chien Macare Deririers. 
Âpres i oort Cornebrias 
Et Herbouz, Ferin et Prias, 
BriBeboia, Frioana et YoiBiez, 
Liepart, Tisona et Eacoilliez. 

laOO Gordn i cort après Bigaat, 
Et Paaseleve et Gringaut, 
Loiher, Fasse^ontre et Fillart, 
Et Eetormi et Yaouisrt, 
Li chiens sire Tibert del Freane: 

1210 Cest celui qui tniele ee deareene, 
Qui plus tost va et miels le chace. 
Âprea se metent en la trace 
Filez, Chapez et Rechigniez, 
Faator, Eetor et. Engigniez, 

13t& Ëscorchelande li barbez 
Et Violez li malflorez. 
Et Oiselez et Qresillona, 
Eclariax et Eemenllons, 
Chaous et tforganz et Yergers, 

1320 Et Fasse-avant, OutreleTricra. 
Âpres i est corus Bolez, 
Porchaz et Feignant et Malez, 
Et le chien Bainbaut le booher: 
Se dt puet Becart aprocher 

1220 Qne il le puisse as denz aerdre, 
Toz soit soars de la pel perdre. 
Apres i sont poignant venu 
Hopitax et Trotemenu, 
Et Folejua et Faaaemer 

1230 Qui vint devera Pont Âudemer. 
Tuit icil furent oonpaigQon. 
Bien s'aroterent li gaignon: 
Wi a un sol qui ne s'en isse, 



1202 h' bouei 1204 L. et L et ooilliei 1210 d 
traoe 1216 li ] et 1213 et manqut 1220 pMU kiMot «utceleiber* 2223 
icanbsut 1224 pot 



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Ta (HéoB 9580—9563] 

Et après «la ne remeint lisBe 

1335 Qui ne crit et ne face noise. 
Si i acort Baude et Foloise, 
Coqillie, Brisrt et Sebille, 
Et la lisse deaoz la vile. 
Apres i cort Fauve et Bloete, 

1240 Cloete, Breohine, Morete, 

Et Malignouse et Ualparliere, 
Qui fu Robert de la Marlere 
Et Genterose et Primevoire 
La lisse qui fu au proToire, 

1345 Finconete qui si ae peine 

De Benart tenir en demeine. 
Reaart ne lesse retoroer; 
Qui meint tor lî a fet torner 
Ainz que poûet au crues venir: 

1350 Molt se peine del retenir. 

Tsengrin va les chiens bniant: 
Et se Kenai-s s'en va fiiiant, 
Js n'i doit l'en nul mal noter, 
Que besoing fet vielle troter. 

1265 A l'oralle du bois menu 

Li en sont qatre avant venu, 
Trenohant, Bruamont et F^: 
Benars qui molt eetoit haiz 
Ot ici graDt peor de mort, 

1300 N'avoit ea soi nul reconfort. 
Toz jora est bien Renart chofl, 
Uea or li est si mescoû: 
Ne li onrent mestier ses bordes, 
Que n'en volassent les palordes. 

laœ Tant ont li chien Renart pelé 
Et desaohïe et detire, 
Que en bien plus de treize letis 



1235 f. gimt B. 1237 oogiLe 1239 floete 1240 Boete 1251 
ntluMit \2à3 aal manque 1255 dun Ï2i» Fau: il lire ttoit 1258 
V manque I2M Pel« et d. et tire 



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r> fHéon 9664—9568) 

Li est apaiisBanz li jeua. 
A la parfis l'ont tant mena, 
1270 Taat travellie et tant pêne: 
Tant l'ont foie «t debatu, 
Qu'en Ualpertuis l'ont enbatu. 



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TI (Héon 13465— ltM90. 18547— 1S5U) 



VI 

Ueoire Noblse le leona 4: 

O soi aToit toi aez baronz; 

Trois jors ot ja aa oort tenue, 

Bien l'ont li baron meintenne. 
6 Yena i aont de meinte terre 

Sent ce qu'il les envoiast querre: 

Yena i erent ttiit ensemble 

Fora nre Renart, che me semble. 

Cil D*i Toloit mie venir 
10 TSe la oort lo roi meintenir. 

Si Bvoit anqnes de raison, 

S'il le lessoit por l'aobeson 

Et por la peine et por la dote 

De oe qu'il ne l'amoient gote. 
16 La gent lo roi n'iert mie coie, 

Einz mrânent grant bruit et grant joie. 

Grant joie font par le pales 

Et ohantoient et aona et lois, 

Et Bonent tinbres et tabors. 
80 Tnit i sont fors Kenart le ros. 

Dont meinte chamor est meûe. 

Li rois quant sa gent fu venue, 

Conmande que joie aient tuit. 

Con-cil qui est de grant déduit 
3( A haute voiz, a longe aleine 

De bien chanter ohascun se peine: 



14 qa« il 81 uenne 28 que il oieot 85 — o 



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VI (Méon 1S55T— 1B621) 

L'uns a l'autre son obant avale. 

Atant ea vus devant la sale 

Danz Qrimberz qui Benart ameine: 
30 Atret l'i a a mott grant peine. 

Par tens, si coQme nos ouidonz, 

Li ert rendus ses guerredonz. 

3'or ne set molt Ilenars de frape, 

n est cbaoit en maie trape: 
36 Car meinte fois a fet la muse 

Tsengrin qui au roi l'encuse. 

Renars a l'entrer de la porte 

Yet . reculant ; molt le conforte 

Grinbers et dît n'ùez poor. 
40 TAe» de dous maua pren le meQlorl 

Se tu te tomoies de ci, 

Ce pues tu bien savoir de fi: 

Teilles on non retomeras, 

Ters le roi gandir ne poroe. 
45 Renart, ne t'esmaier tu mie! 

Nus ne set con longue est sa rie. 

Renart, soies de bel senblant: 

Car un jor Tault mielz que uns ans. 

Coart dote tos jors la mort. 
50 Renart, eoiez de bon confort! 

Fortune aecort tes bardiz, 

Si conme conte li escriz. 

Renars ot que cil li sarmone, 

Et que molt bon conseil li donc: 
66 El paleis s'en entrent adea, 

Orinbers avant, Renan après. 

Renars ne senbia pas vilein. 

Son cosin tenoit par la mein: 

La presse diront et départ, 
60 N'i a celui qaî ne l'eagart. 

Devant le roi, conme einz le vit, 

8'ajenolla, puis si a dit 

'Rois, dex le filz aeinte Marie 

S7 leotree 41 ein 42 fin 49 totens u 65 entre SI eint 



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VI (Méon 13628—13660) 

VoB gart et vogtre conpaignie!" 

66 Forment bb parole en argue, 
Et ne porquant si le Balue. 
Meaz Tousist estre aillors toz nuz 
Qa'au roi rendist ices aaluz. 
Li baroQ sont toit eu repos, 

70 Far la sale n'i a tant os 
Qni i face ne bruit ne noise. 
Li rois parla, Renars s'aqoise. 
Si li a dit par félonie 
'Ces saluz ne vos ren je mie, 

7& Bons etanuios de pute foi: 
Einz remanâroiz anuit o moL 
Einz que issiez de cest ostage, 
Nos Itùrois vos ce quit bon gaje, 
Au mains celé rose police. 

80 Quant estoies dedens ta lice. 
Ne qnidoiea mes repairer. 
Tôt le mont quidiez engignier; 
Tant conme torna ta roele, 
Noa as servi de la favele. 

SB Mes meinte fois ei oT dire 

Qu'après grant joie vient grant ire 
Et après mol vent vente bise. 
Tant va pot a l'eve qu'il brise: 
Or quit je bien, sire Renart, 

90 Qu'il est brisiez de vostre part.' 
Li rois parla (Renars eecote) 
Et a dit que sa gent l'ot tote: 
"Renart' fait il, a ton viaire 
Senbles bien home debonaire. 

9b Bien pert as tez quex est li poz, 
Que tu es plus enfles que boz. 
Unques nul jor ne feïs bien. 
Renart, molt a en toi enging. 



TI U prtmitr ne manque 73 l'uis li T6 tinait ] anchuia 77 iso 
79 k Dtri eiiu 81 m. a r. 64 a 8B Quen a. 87 a. no«I rente 
qwB b. 89 bien ] molt 94 hom 95 a me 96 Que tu sa ] R. est 



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VI (MéoD 18M1— 13706) 

Por œ que m'as tant eagiognie, 

100 Et TBongrio tant corooie 

Et por ce que Tyberz li cbaz 
Far ton engin fu pris au laz, 
Et Bruns li ors par mi le groing 
El oesne dont ostas le coing: 

106 Tel guerredon t'en ferai rendre 
Que ae forchee te ferai pendre.' 
Renu-B sot molt d'afetement, 
8i reepondi molt gentement: 
'Baa sire, sauve rostre grâce, 

110 UnqueB ne fui de celé estraoe 
Qu'a mon aegnor face contrere 
Ne chose que ne doie fere. 
' Je eui TDstre hom et vos mi sire: 

De moi ne deves cose dire 

lis Qui estre me puise a nuisance, 
Ues bien estes de tel puissance, 
Jeter me poes de la terre: 
Ne puis pas soffrir vostre guerre. 
Holt par redot mes enemîs. 

120 Holt me poise, se g'at mespria 
De rien qui a vos aparti^ne. 
Ues non ei pas, dont me soviegne. 
Tel Toa ont fet le mal entendre 
Et oonte por moi entreprendre, 

1^ Qui ne l'oseroient prover. 
Mencoingne poent il trover: 
Ues au voir dire sai je bien 
Que je n'ei entrepris de rien. 
James prodome n'iert amez, 

180 Li plus loiax est plus blâmez: 
Fous est qui mes dit vérité. 
Plusors en sont deserite 
Et de terre jet« a tort. 
Li menteor sont li plus fort 



Eut 101 p. eo est t. 106 ten f. lOS r. si g. lie H- 
117 QuMter 131 ueritei 182 deseritM 184 Mrt 



, Google 



VI (M6on 19707—18744) 201 

136 Nua ne vos devroit tant desooivre 

Que ne doQeaiez apwcoivre, 

Qui menconge tous fait ooroire D37b 

Et qui vous oonte chose voire. 

Vint ans a que me eonneiUtes, 
140 Hais onquea Duis tiome n'eûstes 

Qni pour tous ait tant paine efie. 

Ënoor en ai la char rompue 

Des granz tntTax, ce est la somme, 

Quant je pour tous alsi a Romme, 
I4D A Salenie et a MoDpellier 

Pour la meeine spareillier 

Qui bone estoit au mal saner 

Qui TOUS faisoit forment pener. 

Sire, meatier tous ai eâ.' 
IfiO Ce dist ârimbers c'est deoeQ, 

Qui dist que vers tous ait mesfet 

Ponr rien nel TOudroit aToir fet, 

Holt est vilains qui ce retrait.' 

Nobles son corage a refut. 
lU 'Grinbert' fait il, moult bien as dit. 

Bien otroie qui ne desdil. 

C'est Tertez que mandu Renart: 

Tybert i fu de moie part 

Qui bien li dist -qu'a court venist, 
leo Ne pas en desdaiDg oel tenist. 

Renars qni scet de fauve anesee 

Et de mainte fausse promesse, 

Respoodi que bien le feroit 

Et qu'o lui a la court iroit. 
]6ft Benars fist del aler semblant: 

Tybers vint son chemin enblant. 

Quant il furent a une Tille, 

Renars qui sot de mainte guile, 

195 Nm Le»ii«r» 137—870 mttnquerU dan» A: iU lont tapptiia par 
" mte. D. 13B On q. 139 a. que uoiu me connisteB 140 ne niâtes 141 
t- de p. 143 Dn pmtA trauail 144 P. u. q. ie kloie 145 k cuu 147 iener 
■M Son cwrage » noble retrait 155 R. 157 rerile 160 » 161 
tMM« lU qoV ] poor lee errant 167 en 



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202 TI (Mécm 18T45— 187B0) 

8ot l'oatel qn*a an prestre estoit 
170 Qai pout lui forment se guûtoit. 

En ea meeon o'ot nule entrée 

Fors nn bouet, quant fa ft-emee: 

La ot tendus las pour lai prendre. 

Renars fist a Tybert entendre 
116 Par îlnec î eoloît renir 

Et auB gelineB avenir, 

Et tant i a aouriz et raa, 

Bien en pnet on peetre cent chas, 

Tybert ouida que voir deîst. 
180 De grant folie s'entremist: 

Car au partir se tint pour fol. 

Li laa li descent Bor le col. 

D ne Bot tant boater ne traire 

Que d'ileo se polBt retraire. 
18S Cil qui s'estoient entremiB 

Des laz faite ou il Torent pris, 

Quant oient qu'il î ot priBOU', 

L'un porte un pel, l'autre un baston. 

Et Renara se met a la voie 
190 Qu'il n'a talent que l'en le voie. 

Tybert bâtent et donnent coqb, 

Li laz ront ou tenoït li ooub. 

Des que Tybers se eent a terrp, 

Lee prenons dresce et lea dens serre. 
1% Si li avint belle aventure 

(N'avint si belle a criature) 

Que 11 preetres y est venui 

Deschaus, aanz braies et tooz nue: 

Vint a Tybert, sel vot ferir. 
300 Cilz gaenchist qui se voalt garir, 

Le provoire a la couUe prent 

Si que de rien o'i entreprent: 

169 qu' manqut eitoit j droit ITl nule ] que tine 175 ilMqan 
s. 177 Ans g. et n. 179 cuds Aprig 179 Et que nnl mal ne li qneiat 
Tout estendu dedeus se mist 181 Qne 182 Le 1. le tint parmi le 1W> 
Que dileo seitoit e. 188 let deux un matigtieiit 100 len ] nnU SOO kd 
801 AU! coulles 



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VI (MJOD 13781—13816) 208 

Bien sache, et ce est la roire, 

Le plue de la coille au provoire 
209 Uenja ainz qn'iasiat de l'ostel, 

N'eechapa mais Tybera d'autel. 
La prestresse est toute esbahie 

De la coille qui est perie. 

Xaase" fait ele, "malveDue ! 
310 Ne eerai mes chiere tenue. 

Hissire a perdue ma joie 

Pour quoi ohiere tenue eetoie. 

Or n'aura il maÏB de moi cure 

Que il a perdu l'ambleûre. 
315 Or sai bien qu'il me guerptra, 

Quant il aider ne se pourra. 

Si Boi je plus tristre et dolente. 

A joie ai tenu ma joyente: 

D me donnoit les bons mengiers 
230 Et les biaus draps molt volontiers. 

Or sai bien, faillir m'i estuet: 

Grant cboae a en faire l'estuet. 

Mesure a perdu hardement: 

Li chas l'a servi malement." 
336 En ce qu'entre eula mainent leur duel, 

Tfbert s'en ist par un bouel. 

Benars a'ea fn pieoa partîz: 

8i fb lî gieuB mal departiz. 

De ceste chose a fait sa plainte 
230 Tybers: des autres i a munte. 

Bruns se replaint qu'il le fist batre 

Ou cbesne on il le fist embatre. 

Que charpentiers orent ouvert 

Et laissie tout a desoonvert: 
236 Dist lî que miel avoit dedens. 

H i ciiida mettre les dens, 

Son groing i mist et enbati 

Tant que les coins en abati. 

20S MÙ est bien 1a 205 q isKJRt 206 .R. 219 biaoB ,22& denl 
tn \m boieitl 328 g. moult m. p&rtii 281 qui le 285 li ] il miel 
ZM otidoit 



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TI (lUon 18S17— 13850) 

Onques des coine ni leass un: 
240 Par mi le groin^ retînt dant Bran. 

Or fu 11 laz en grant doulour, 

Toute ot perdue sa ooulour. 

Renars ne fiât fors que sorrire, 

Quant il le vit en tel martÏTe, 
240 Et diet a Brun "mengez assez 

Tuit que Boiez bien saoulez: 

Li nûex est vostre, jel vos laiz 

Et je m'en vois a grant ellûz, 

Hoult fet o TOUS mauvais aler, 
250 Ja ne m'en orrez mais parler. 

J'ai non Kenare, biax sire Bruns. 

Ci n'est pas li gaains cosmuos: 

TouB voulez tôt avoir sanz faille. 

Ja n'en ferai vers vous bataille, 
360 Ainz le vous clamerai tout quite: 

Je n'ai mester de faire luîte." 
Quant rnmposnes ot assez faites, 

Loaffee et moes ploaeurs traites, 

Tournez s'en est, ne vot plus dire. 
S60 Uais Brans n'en ot talent de rire: 

Le grotng estrabt et sache et tire, 

Nel puet avoir s'il ne! deseire. 

ITestoit pas dn tôt a son ohois. 

Li forestier viennent au bois, 
260 Tint et deux furent en la route. 

Quant voient l'ours, l'uns l'antre boute: 

"Je voi un ours" dist li premiers. 

'Or i parra, (rans foroBtiers; 

Que bien sai, udier ne se puet. 
370 Or le prenons, faire l'estuet." 

Quant Bruns II ors les ot venir, A 4! 

Dune ne se pot plus atenir: 



245 d. que il meniBst a. 246 T. q. il fuBt 253 Vous le nolei s 
.1. Mlle 856 lile 260 mail Mangue b. en ot pas 261 gros 262 Mail il 
noD puet partir saiu ire 263 ohoiz 284 foraatiera 266 Ion 269 Qai 
Ht b. faire «idier ee 127 It mac A rtcommtnct. 



, Google 



TI {Uéon 13861—13600) 

Einz sache a soi par tel aTr 

Que tôt le cuir fet départir 
S75 D'entor aon groing et de ses poes. 

N'en reraeist point entre ses joes. 

Mes eins que il s'en fust ostea, 

Lî ont molt batus les costes 

De macues et de baetons. 
280 Issus s'en est a reoutuns. 

Benart l'a tenu por vilein: 

Hasard jeta arere mein. 

Fniaut s'en vet a lon^e aleine, 

Mes molt ot ancois sofert peine. 
38D Einsi servi Benara mon home, 

Par les seins que l'en quert en Borne. 

Apres se' mist Renars en ese. 

Ne laissa pas por sa meeese : 

Quant vint ao trespas d'usé me, 
300 Une ^ant ransprone li rue. 

"Baus sire Bruns, e car me dites, 

8 e ieates moines ou ermites 

Et se messe chanter savez, 

Quant vos si grant corone avez. 
39& Uolt par aves vermeil le chef." 

Benars li fist itel meschef. 

De ce a fet dans Brun son pleiat, 

Et la messenge se compleint: 

Qar qant ele le volt besier 
SOO Et a lui se volt apaier, 

Les denz jeta por lui coobrer: 

Ensï la Toloit enconbrer. 

Ia li oreat ses eles oes; 

Ârere sailli en son crues. 
800 Holt par fesoit grant deverie, 

Quant vers lai peusoit tricherie. 

Hmnte traïson h a fête, 

Prendre le ciùda en sozhute: 



2T5 ioea 2T7 fnat ) soit 2TS U. li ont 260 Bnnu SOI oourer 
m pu* SOT ft il 



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TI (MioD 18891—18981) 

Ele âBtoit en foi sa oonmere 
810 Et si le tenoit por coopère. 

Por ce ai qu'il n'est pas leaus. 

La se cootiat con dealoiaus. 

Qui si poil voit, nel doit pas itroire: 

Par nature fet a meBOroire. 
SK Dame Pinte se rest clamée, 

Qui est de meinte gent amee. 

De sa seror dame Copee 

Que Benart li a eecropee, 

Et dno mortes de ses sorors, 
320 Dont sis cors est en graot dolora. 

Grant mal a fet a meinte gent: 

Ja ne por or ne por argent 

Nel doit l'en laiseier a jugier 

Pur ses félonies vengier. 
SS6 Li eorbauB rest a cort veauz 

Et dist que droit li soit tenuz 

De Reaart qui priât son formage 

Et après fist ai graut utrage 

Que les denz le volt seeir. 
330 Mes n'en fist pas tôt son plesir: 

Cil s'apercust qu'il le volt prendre, 

Si s'en torna, net volt atendre. 

Kenars qui set de tantes frumes, 

Li earaoha quatre des plumes. 
38& Bien le cuida avoir sopris 

Par son enging et entrepris: 

Il disoit oe qu'il avoit plate, 

Ues de lui ot maie manue. 

Ne vos porroie pas retrere 
340 Les mais, le honte, le oontrere 

Que dan Kenan a fet aillora 

A Taengrin et a plusors. 

Yaengrins s'est a moi olames 

De Benart qui tant est blâmez, 
S46 Que sa feme li a maumise 

310 BÎ ) el 811 Imbiib 31B Uuoit deicropee 340 mal SU Qui 



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TI (Héon lS»d2— 189T7) 

Et 80r lai a bh forohe mise 
8t vilmeat et en tel maoere 
Com sot une autre chunberere: 
Toz ses penses i sont fornis. 

SOO S» •droit n'en ai, toz gui bonis. 
Si oe TOI que ma gent me hace, 
Droit me oonvieut que je lî face. 
Danz BoonauB li viels mastina, 
Qui reeet de plnssors latins 

au Et qui molt a fier le oorage, 
Se reat olames, quaut el messaje 
L'avoie tramia de ma part 
Qu'il me feist venir Renart, 
Donc li fist Benara si grant bonté. 

960 Que je n'en ssi t^iir le conte. 
Mes bien ai oî la querele 
De qoi dans Koonaus Tapele. 
Ce dit que par sa traïaon 
Le fiât retenir en prison. 

36b Amuser le aot par parole. 
Ce li dist do la cooiguole 
Qae uns vileins avoit tendue 
Les une voie deffendae, 
Que la gisoit un seiotuaire 

370 Qui ert apele aeint Tlaire, 
Et bien entendre li a fet 
Qu'iloo redrecent li contret. 
Cil ne BODt pas l'autorité, 
Pensa qu'il delst vente. 

Sra Ne se août paa oontregarder. 
R«nara que l'en devroit larder 
Tant li fiât par engin aoroîre 
Que cil tint sa parole a voire, 
Qui tant aagea eatre aoloit: 

880 Nua n'est si aages ne foloit. 
A l'abeasier vit le formaje 



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VI (Héon 1S9T8— 14008. 1410T— 14113) 

Qui li âst rendre le paage. 

ISe Telt laiisBier que it n'i morde. 

Au resacher estreint la eorde 

885 Qui deeor le col li dévale 

Ausi destroit oon nef qni hâte. 
Cil monte amont et ae detoroe. 
Mes RenarB qui point ne sorjorne 
Et qui l'a mené conme fol,. 

890 Le laissa pendre par le col. 

Renars li ros (.l^e malfu l'ardel) 
Li dist que des vignes fust garde. 
Bien fu li mastins descoQa. 
Des gardes fu aperoeOs: 

890 maeuea et o barreatiB 

Li ont bien aune ses buraus. 
Hoc ont tant le las batu 
Que a terre l'ont abata: 
Ne bret, ne crie, ne ne mnet, 

400 Sinplement contenir l'estuet. 
A grant peine en esoapa vis, 
Si con il dît, jei vos plevia. 
Molt deTroit l'en Renart destntire, 
Toz li mondes le deTroit nuire 

405 Qui si baillÎBt la bone gent. 
Ja D^en prendroie or ne argent 
Que nel deetruie o nel pende, 
Be il n'est tex qu'il se défende: 
Honte m'a fet et vileinie, 

410 Trop ai aofert sa félonie. 

Beoart, tôt ce avea vos feît, 
Cui baux en est, mal débet aiti 
Toz jorz nos avea fet moleste, 
De voa ae pleint chaaoune béate. 

416 Hea par ma barbe, se je pots 
Et je en mon conseil le tniis, 
Quant vos de ci eacaperoia, 



884 gorge 385 àeeat 387 C. lomont e 
408 que U 



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V! (M«oii 141U— U1M) 

Jam<>B beet« n'atraperois. 
Renart' fsit il. moU es haïs.' 

420 Cil qui D'estoit pas esbaïs 
Ne trop haetis en sa parnle, 
(Molt a este a booe escole) 
Vers terre tint enclin bod chef, 
Et fet senblant que li soit gref. 

4SG Bien ae sot tere et bien parler, 
Bien respondre et bien aparler. 
Quant il en voit et leu et ese. 
Or li coTient que il se lese, 
Car il voit lo roi corooie. 

4itu Son chef a un poi redrecte. 

Il n'ot en lui rien que aprendre, 
Bien se sot garder et deefendre. 
Itant a dit qu'il li otroit 
Qu'il puisse respondre et a droit. 

435 Et que su droit dire s'acort: 
Tant en feriû, n'en aurai tort.' 

'KeDart' fet Nobles, 'bien as dit. 
Ja en ce n'en aura desdit. 
Or diras, nos escoteron: 

440 Se tu dis bien, nos nos toron.' 
Benars respont sire, bien dites. 
Vus aves dit, ne sui pas quites 
Des semoQsee que m'aves fêtes, 
Que vos aves deaor moi tretes. 

440 De Tybert et de la mesenge 

M'escondi bien conment qu'il prengne, 
Et del corbel et de Copee, 
Que par moi ne fu escropee. 
Nu a Tybert ne fis otrage, 

49(1 Ne su corbel de son formaje. 
Bruns li ors qui se rest clames. 
Certes a tort en sui blâmes: 
One ne perdi par moi sa pel. 
Ne ne fia mal a Roïnel 

19 eit 420 Et il 438 mangui 



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210 VI (Uéon U1S5-14194) 

465 Ne a mon conpere Teengrin: 

À tort m'aooîlleDt mi voiain. 

Las! mal aervicfae ai toz jora fat, 

Por bien fere a l'en le col fret. 

Chasenn le set, n'i a ai sort, 
460 Que tex ne peehe qui enoort. 

ïtate grâce m'a dex donee. 

Mea itex eat ma destinée 

Que ja cel bien ne saurai fere 

Qu'en se me tiegne a oontrere. 
465 Certes molt ai a cous bien fet 

Qui or m'ont porchaoie oeat plet: 

Yos m'en avea haï fet aemondre 

Et je sui toz preat de reapondre 

Au jogement de vostre cort'. 
170 Â cest mot Taengrins avort 

Devant le roi entre les autres, 

Et Boonels li felz li veltres, 

La meeenge et Tybera li Qhaz. 

Et Bruns qui eat de graot porcaa, 
4TS Dame Bosete la jeline 

Et dame Pinte ea Toisine. 

Tuit font devaat lo roi lor pleinte, 

N'i a meater parole feinte. 

Benart se geigne a mein eselenche. 
480 Bien voit que ni a mestJer genohe: 

Que li covient que raison rende. 

Orant pofir a que l'en nel pende. 

S'or n'est Renars eo mal liens, 

Molt sera bous rectorietis. 
AC& Se il aena perte e'eo eacfaape, 

Seaz caperon set taillier cape. 

De toutea pars a'ot acuaer 

Q'a peine s'en set eacuser. 

Ce dit Nobles que vos eat viaf 
490 Renars respont 'jel Toe plevia 

4&5 YReiiRTins 456 nés noiiiiu 462 H. t«x en est 46T M hni 
472 Bit 474 pocM 4TH Et ni 480 ci na bl gengl« 488 mbmc 



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Tt lUéaa 1419S— U2ST) 

Qua de meafet ne me recort 
CoDt envers els oQase tort. 
II diront ce que il voudront: 
Ja por ce rien De me toudront, 

490 Se voa plest qui mie sires estes. 
Molt sui sordiz de plusors béates: 
A tel ai porte grant onor 
Qui puis m'a fet grant desonor. 
Je sai que lî tors n'est pas miens: 

bOO Totee voies veinera li biens. 
Onques de riens ne m'entremis 
For qoi doQsse estre euemis 
Dant Tsen^n mon cher compère, 
Ne onques par l'ame mon père 

fiOfi  sa feine ne quîs folie: 
Si Va molt por moi asaillte. 
Tôt en sui je près de desfendre, 
Se nus m'en voloit entrepreadre 
(Jel vos di bien senz autre faille) 

610 par jnbe o par bataille.' 

Ysengrios est saillis en place, 
Prie le roi ne li deaplace. 
Se sa droiture vett prover 
Tôt sens mencoigne controver. 

&16 Nobles conmande que il die, 
N*i a celi quel contredie. 
'Renart' dist Tsengrins, 'entent! 
Je sui cil qui son droit atent 
Des gnax enub que ta m'as fez 

020 Que nos avons oaiens retraia. 
Ne me sont encor amende,' 
Si l'avoît li rois conmande. 
Molt as ainz fet bestes penor 
Q'a cort te poQst amener, 

Rffî Et de jounea et de canus 
En as asez por fol tenus. 
Por ceuls qui de toi clamor font 

4M non 500 neintra b. 50fl u rien e. 517 dit 



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Tt (ïéon 14SS8— 142T4) 

Et qui ci enpree toi estoDt 
Poi' moi qui par toi sui hoois' 

680 Yoil qne «est plet soit hui (eaa. 
Pftr la vérité m'en irai: 
Ja, Be je puis, n'eu mentirai 
Quo je n'es die tôt le voir 
Se je le puia apercevoir. 

6S6 Je n'ai mester de trere slonge 
Ne.de controver ci mencoigne. 
- 8i que garant en troverai, 
De traÎBon te proverai 
Et moaterai tôt par raison 

541) Et félonie et traTeon. 

Bien en saurai l'aeatsoa dire, 
Se t'en voloies escondire.' 
Renars respont 'bien dit avez. 
Or dites oonment le savea.' 

&43 Fet Ysengrina jel voa dirai, 
Ja mot ne vos en cèlerai. 
Mes conperes estee en loi: 
Si ni'aves mené a besloy 
Plus de cent fois que je n'en mente. 

B5') Meinte beste aves Tet dolente. 
Bien ont plussors aperceS 
Que maÎDte fois m'as decofi. 
Or saî bien, ee cort ne me fout, 
Que tu en es venu au saut, 

655 Molt ai por toi mauls endurez. 
Meiote foiz t'en es parjurez: 
De ma feme m'as malbailli,' 
Ce dist Renars 'tu as failli. , 
Ooques a ta feme nel fis, 

0«a Ne a toi de rien ne mesfis.' 

Dist Tsengrina certes, Renart, 
Jel moaterrai de m oie part 
Que vos a force l'astûlliates. 
Au croz trover pas ne faiDiates: 

541 uondrai 562 



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VI (Héon 1427G— 14811) 

565 Yoîdiit mov OU vousiase o son, 
. Li batistes bien le crépon. 
Molt Toa vi boter et enpoindre 
Et durement la coe estreindre. 
Hoc la tenistee por eote. 

57U Ne semblot poe jeu de pelote. 
Ce ne porriez pas deafeadre, 
Ne vos en veïsae âescendre 
Et voa braiea aua enmonter. 
Ne m'est honte del recontec : 

576 Mes se je oeler le poûaee, 
A nulfaui dire nel doâme.' 

Ce dist Benarg ja dex ne place 
Le Creator que tant me hace 
Que la chose soit si corue 

580 Que ma conœere lûe férue 

Plus bas de l'oeil si con voa dites. 
Dont aeroie je plus qu'erites. 
Or puis je bien de fi savoir 
Que vos ne saves honte avoir, 

585 Que oe avea amenteû 
Dont li autre se sont toii. 
Ja n'en doiissiez fere conte 
Qui a Hersent tornast a honte. . 
Mes bien aves tel chose aprise: 

590 Molt aves honte arere mise. 
Bien aves vergoi^ne adossée 
Qui honissiez voatre esposee 
Le monter et le aofacber 
Fia je tôt por lui fora saober. 

SOS Enpoindre et traire me veîtes, 
Bien aai que mal i entendiatea: 
Mea je net fia se por bien non, 
Or m'en rendes mal ^rredon. 
Jel fis por bien et por franoisse. 

000 Mes or ai perdu mon service. 
Qae fous fia que m'en , entremis, 

SSa fin 586 Donc 587 a lui turnasiteat (301 Bb ] fon 



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VI- (Héon 14818— 14S47) 

Or en estes mes enemis.' 

'Itenart, de tant te puee vanter. 
Bien ses a fol meaae chanter, 

600 Ce est bien chose conneSe, 
Ueiate honte ai par toi eQe. 
Tu ee de tel autorité 
Qu'en toi n'a point de vérité. 
Tant me conseillas en l'oreille 

610 Qu'entrer me feïs en la selte 
Et avaler et puis dedenz. 
La maie gote aies es denz! 
A tantes riens as tu fet honte 
N'est nus qui en sache le conte. 

615 Tu d^s qu'o toi porroie estre 
Laieus en parais terrestre 
O il avoit gaaigneries 
Et plein et bois et praeries: 
N'estovoit cele rien rover 

esO Qu'en ne poâst iloc trover: 
Et qui voloit manger poissons, 
Ou lus ou trojtes on saumons, 
Tant en avoit con li plaisoit. 
A son talant les eslisoit. 

63S De toz biens ert li lius garnis. 
Einsi fui par toi escamis. 
Je oaidai que delsses voir, 
Mes je ne fis mie savoir: 
Molt m'engignas a ioele ore. 

630 Et seel entrù sans demore: 
Et la corde ai destorteille, 
Tu ères ja en l'autre seille. 
Traîtres es et losengers. 
Je fui pesans et tu ligiera, 

6 5 Je avalai et tu montas. 

Quant enmi le puis m'enoontras 
Donc fu mes cuers iries et teins. 



403 poR sue fti aperceue 618 rien 614 que 615 que roi 
7 gki^eriei 627 quidoie 635 monrss 



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TI (Uéon 14a4«-14383) 216 

Uolt es de félonie pleins. 

Je demandû que ta qtieroies: 
640 Tu me deTs qa'en mont iroies. 

"C'est cnstnme que diascuns tient, 

Quant li uns vet, li autres rient." 

D'enfer esties eschapes, 

O je reseroie atrapes. 
((45 Iluec remeia, tu t'en issia. 

Tel traFsoD de moi fels. 

En Fève soffri grant moleste, 

Troie foiz me reclost sor la teste. 

Molt i endurai grant meaese, 
eu De boivrc estoie aaes aese. 

Li blanc moine me traitrent fors, 

Mes tant me bâtirent le oars 

O potenoes et o basions 

Qu'il me mistrent a rentrelloDs. 
KM De pex me firent tel aport 

Qn'iloc me lassèrent por mort 

En un fosse qui fu puions. 

Par la coe me traitrent ens 

Et après s'en sont retome. 
600 En ort leu m'orent ostele, 

De puor dui estre crevez. 

Holt ai este par toi grevez. 

D'iloc me parti a grant peine, 

Ge ne pooie avoir m'aleîne: 
«65 Encor m'en dolent tuit mi menbre. 

Molt sui dolane, quant moî en menbre. 

Tu me fets aler peschier 

Et en l'eve tant acrocier, 

Tote la ooe oi engelee 
870 Et en la glace seelee; 

Sens la coe perdre au partir 

Ne m'en pooie départir.' 
'Tsengrin, dis le tu a certes 

6S9 demsndoi 643 estiees 1144 Or reseroie ia «. )t45 tôt teus 
riarâ 654 nertrelloiH UT puilent Otil poor 6B<1 quan 6S7 maHqut 
S71 MU «78 p. ie partir «73 dî 



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VI (MéoD 14384-14419) 

Que tu ofls par moi cee pertes P 
e7& Par foi tu paroles a force, 

Ta lecherie te fist force. 

Otre mesure fus costos 45 

Et de poisâonK trop covoitos: 

Ja n'en cutdoies prou avoir. 
B80 Voir dit li livre» de savoir, 

Qui tôt coToite trestot pert. 

Ce 08 je bien dire en apert, 

Tex quîde avoir tôt a sa part 

Qui del tôt s'en desoivre et part. 
6S5 Uolt est bouie qui tant oovoite 

Qae BOD gaaing pert et s'aolte. 

Des que tu les poisBone sentie, 

Di moi por qoi tu t'aleutisP 

doua ou trois en revensiaes. 
690 Mes por escami te tenisaes. 

Se tu n'eu fussea toz oargieo. 

Por fol i fus tant atargies. 

QaDt del venir t'altù eomondre, 

Lors comencas un poi a groodre. 
699 Quant je fui Miaiéz d'ateodre, 

Si te laissai as poissons prendre. 

Se mal t'en vint, por qoi m'en blâmes? 

Unques des poissons n'en menjames.' 
'Renart, bien te ses esouser 
TOO Et gent par parole amuser. 

Ne porroie hui avoir retrez 

Les maus que tu m'as dis et fez. 

Toz tens m'as tenu por bricon. 

Un jor que mangai d'un baoon, 
705 Grant talant avoie de boivre: 

La me sofls molt bien decoivra 

Tu me dels que d'un celer 

T'en avoit on fet celerer. 

En ta garde estoient li vin 



67« legerie «m leures Sttli oet O ïe 686 gùg p. 
^roîndrii «9J anuioui tl96 laiiioi 700 eamuser 



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VI (MéoD 1M80— 14458) 

7i0 Ttiz tons au eoir et an œstiD. 
La me menae bren a envers. 
Tu m'as ohante de meint fax vera.' 

Ce dit Benars or as tu tort. 
De ce sui bien en mon recort 
^l& Que tant bous que toa fus ivres. 
8i te vsDiaB que tôt sans livres 
Clumtaroiea bien un oonduiL 
Puis conmoDOaa a ai gtant bruit 
Que tuit oil de la vile vîndreat, 
720 Qui a grant merveille le tindrent. 
Quant j'oï la noise venir, 
Nus nel me doit a mal tenir, 
Se me mis a l'eslJdeor: 
Car de morir oi grant pOor. 
723 Retenus i fui par un poi, 

Mes je m'en vinc au mek que poi. 
Avoir me durent entrepris, 
Car moh nos avoient sospris. 
Si fus batus, a moi qu'en tient P 
730 Qui mal cbaoe, mal li avient.' 

'Renart' fet il, molt sez de bole, 
Tu t*ie8 jetez de meinte foie. 
Renart, molt es do maie part. 
La me tenig tu por rousart, 
736 Ou tu me feïs la corone 

D'eve caude oonme a persone 
8i grant et si ample et si lee 
Que tote oi la teste pelée: 
Ne me remeist poil sus les joea. 
740 Tu t'en alas fesant tes moes. 
De moi dévoies moine fere. 
Certes molt es de mal afere, 
Par toi est ma char afeblie. 
AUIots te crui, ai fis folio. 
14b Va tronçon me dosas d'anguille 
Qa'efls conquise par ta guille, 

» wi 715 fu 727 enprifl 728 uua 733 est 789 p 



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VI (Méon 14459— 14498) 

Por moi eoprendre et alecher. 

En meint len m'as fet trébucher. 

Je demandai ou la trovaa. 
160 Por moi decoivre contrôlas 

Que diareter tant en portoient, 

A bien petit qu'il nés gittrient: 

For fol avoie tant targîe, 

Qu'outre mesure erent chargie. 
756 Sovent a'aloient arestant. 

Des anguilles i avoit tant. 

Je demandû par quel senblance 

En pousse renplir ma pance. 

Tu me deïs qu'il te jetèrent 
TttO El oharetil, quant te troverent. 

Tant m'en alas amoneetant 

Que je lor ving tôt au devant. 

Si fis senblanee d'estre mort. 

Lors refui je batua si fort 
705 Et de leviers et de bastons 

Qu'encor m'en delt tôt 1î crepona. 

N'est merveille ae j'ai ennui, 

Quant de toi vongies ne me sut. 

Ed ud des plus Ions jors d'esté 
770 N'anroie je pas récente 

Les mais, les anuis que m'as fes. 

Ues ore est tant mené li pies 

Que a cort en somes venu. 

8e par droit eo eomes tenu, 
7T& De toi aurai enoor venjanoe, 

Bien en ai en deu ma fianœ. 

Je t'ei menée loiante 

Et tu a moi deloielte: 

Quant m'estordraa, que que nus die, 
780 Petit valdra ta renardîe.' 

Renars respont par bon confort 

"Sire Taengrm, ros avez tort. 



764 QDaiitr« 764 refui j i« THO li crepoa* n 
766 ueagerÎM 771 fet 172 plet 775 encore 



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VI (Héon 14499—14534) 219 

Vos me blâmes De sai de qoi. 

Cil autre baroD sont tuit qoi, 
78g Qui TOB cent, ne dîeni; mot: 

Tels i a vos tienent por sot. 

Vostre raison est descoverte 

Qu'avez dite raeDOonge aperte: 

Car qui trop ment, s'arme en pert.' 
790 'Ahi Ronart, trop ai sofert 

Ton gnnt ennui, ton grant desroi. 

Mes se j'en ai congie del roi. 

Ja auras la bataille a l'oil.' 

Renars respont 'rien tant ne voil.' 
796 De bataille son gage tent 

Tsengrins et li fois le prent, 

Renars après le snen tendi 

3i que li rois bien l'entendi. 

Bien sevent li baron san2 dote 
600 Que la bataille i afiert tote. 

9'or ne set Renars eseremir. 

Mar vit la bataille arammir. 
f ' Li rois demanda ses ostages, 

' Qui molt eatoit «ortois et sages: 

StX) À nnl d'els nés a pardones. 

Ysengrins a tes suens livres. 

Por lui a fet Brun l'ora entrer, 

T;bert le ohat et Chanteoler 

Et le lèvre sire Coart: 
810 Cels met Ysengrins de se part. 

Renars en rot des mels banes 
' Que il ot a sa part tornez : 

Orinbert et Saucent le sengler 46 

Qu'il ot fet soi asenbler, 
816 Et Espinart le hericon. 

Et sognor Belin le motoo. 

Cil 6rent a Renart. seoors, 

Holt en pesa dan Brun li ors. 

785 drient 7Vi oi 79» \w 800 fi«r 809 Cosrt 1« L et wpiiwrt 



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VI (M6<m 14696—14570) 

La bataille ont atermiaee 

820 À qumze jore aaiu demoree. 
Griobert li aereante bi«L 
Ne 11 faudra por nule rien. 
Que Renart ne face oonbatre 
Por l'o^oil Ysengrin abatre. 

Sâd Li rois a dit 'tenez voe pes! 
A. T08 OBtela fUea buîmdBl' 

Li baroD sont fuit départi. 
Ualement ont le chaup parti 
D'entre Renart et Ysengiin 

^0 Qui molt estoient mal voiaio. 

Renan o'iert pas de tel poisBanoe 
Coorae Yeengrins, mes sa fianoe 
Avoit Renars en eseriniie, 
PoF c'eut la bataille aramie. 

836 EngigneuK est, et s'il n'est fora, 
Sun aenz valoit un graat erforz. 
De l'enlredouB se set covrîr 
Et bien taper por descorrir 
Sou oonpa^on, quant il voit eae 

840 De fere oboae qui li plese. 

Tant s'est enb'emiB del aprendre, ' 
Ne l'oD porroit nos entreprendre. 
Tant sot Renws d'en^ns plussors, 
De laite, de janbet, de tors: 

846 Aina qu'Ysenjpina baillier le puisse, 
Li iHuisera ou bras u cuisse. 
Ysen^rins entent molt a ei, 
En pez ae gist a son ostel. - ' 
Car el droit qu'il a tant se fie 

860 Que Renart en son cuer desfie. 
Se il le puet aa poinz baillier, 
Forment le ouide traTellier. 
Molt désire que li jorz viegne 
Que en ea bataille le tiengne. 



8S] li A «orante SSS a. ime* 885 vm 680 manqtu est ail «r* 
845 qa« y. 846 liu 851 pot 

nigiUrrlbyGOOglC 



VI mi<m 145Î1— 14607) 221 

865 Molt li deeplest en son oorsge 

Que la bataille tant li targe: 

Ja ne quide mee veoir Tore 

Qne ele soit, trop li demore. 

Renars refu eo molt grant peine 
860 D'armes oonquerre la semeine, 

Et TsengriiiB tôt ensement 

Keporchasce armes bêlement. 

En grant porchai est del haster 

Et en poine del aprester. 
666 Bon escu e s'aotre armefire, 

Cote a quiae et afoutreflre, 

ChauBces gamboiaees bien fêtes 

Que il a en sez janbes traites. 

Son ^u est vermeuls trestoz, 
870 Et la cote roge desoz: 

Baston de neâier ot bien fet, 

Bien fu armes au jor de plet. 

Renars qui meiat a esoarnis 

Ne reetoit mie pîz gamiz: 
875 Ases avoit de buens amis 

Qui de lui se sont entremis. 
' Eecn roont a sa manere 

A conmande qne l'en li qaere: 

Ud l'en ont quis qui fo tôt gaunes. 
880 Ed aa cote n'ot pas deus aunes, 

Holt fu bien fête et aieeee. 

N'out chance ne fost ganboisee. 

Un baston ot d'uae aubespine 

Qui molt estoit bons en plevine. 
886 En lui fa molt bien eoploiee. 

De coroiez fa bien liez 

De chef en chef jusqu'el forfet. 

Einsi armes a la cort vet. 

Tsengrins s'en iert ja tornea 
890 Qui molt estoit bien atomes. 

S«3 de bù b. BM Tote 867 Ch. iMbels ot b. f. 869 ea 871 
pt pmr et b. STB A ] Et 879 gMieB 881 ai«ae 882 oh. nool ^bb- 
b<HM 883 dan 887 en autre L 



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222 TI (H4oD 14e08-~.14$44) 

En la cort est venu Benart, 

Et Yseugnos de l'autre part: 

Et li baron furent ensenble, 

ChasouuB a dit ce que li senble. 
89C» Kenare ne fu pas eaperdua : 

Haut fu rooingnies et tondus, 

Et col et barbe se fiât rere 

For le deapit de son coopéra. 

Yeengrina l'ot en grsnt deepit, 
900 Et aa forohe proisoit petit: 

One n'i deigna oeter oevoil. 

i» twBBBt «Damible mib toîI: 

Molt deaire q'as nieioB le t«igne, 

Ja ne cuide q'a tans \ viengoe, 
905 Uea einz que il le tiegne as meins 

Sera plus malades que seins. 
Hermeline fo en peor 

For dan Benart et en freor, 

Et Ferchehaie et Malebranoe. 
910 Molt par eetoit la dame frauoe. 

En etoia s'estent en sa tesnere, 

For Benart fet digne proiere. 

 damlede prie et aore 

Que Benart garisse et seoore 
fll5 Et de mal engin rescremiase 

Qu'en la bataille ne périsse. 

Bi doi fil plorent en meson, 

Cbaaoun d'ouz fesoit s'orison 

For lor père qui tant les eime: 

920 Quant il les voit, baiu filz les oleime. 

Hersent prie por son segnor 

Que dex li face tel ouor 

Que ja de la bataille n'ise 

Et que Benart veiucre la puisse, 
925 Qui molt Boaf li fist la chose 

En la temere, ou ert enclose. 

8S6 roingniea et bien t. 902 ri n. 905 il manqui 90' ferar 
914 KTde 915 leoreniase 916 Que la 919 q 982 len 983 1* manque 
924 ueintre 



-,,. Google 



VI Qiioa 14645-14681) 

Ja par Ini ne b'mi fu oonpleinte. 
Hee Yaen^in qni a fet meinte, 
L'en fist conplemâre, ce 11 poise. 
990 Molt a en lui franche borgoise. 
Tuit aoDt a oort et poTre et riche. 
Tseogrios metra en la briohe 
Renart, s'il puet. par sa bataille : 
N'i valdra bïs engins maaiUe, 
tôb Quant Nobles vit sa gent venue 
Par qui la bataille ert tenue, 
Brichemer fet avant venir 
Por recorder et retenir 
Le jugement de la bataille, 
94U Et prie que par le droit aille. 
Brichemer est venus avant 
Et dit qu'il fera son connutat. 
 sei a tret trois de* barons 
Qui molt etttâeot de grans nous. 
94& Li liptus estoit 11 premiers 
Qui molt eetoit estoz ei fiers, 
Et Baucent qui a gent le cors 
Et œesire Bruiauz li tora. 
Cil quatre sont avant venu, 
SfiO Por les plus sages sont tenu 
Qni œl jor fussent en la place. 
N'i a celui qu'ases ne sache 
For un grant jugement tenir 
Et por un grant fes soetenir. 
Kft Cil quatre vont a un conseil: 
Dist B^ohemera 'je me merveil 
Que Renars ossast ce penser 
Dont nos l'oîmes encuser 
 Boonel et a Tiebert 
MO Et a Brun l'ors qui molt nos sert. 
Des autres damors î a tantes 
Que je ne soi a dire quantes. 
Pinte 86 pleint et Tiecelins. 



933 pol 945 Li p*Ti «46 Qus B&2 ceU dons qui Mes 9&S DoiM 



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224 VI tMéon 14688—14717) 

Tôt ce priât sor soi Ysengrins, 

966 For toz conls a done aon gaje 
Et si en a livre ostage 
Que il conoistre un jor li face, 
Se il le nie, en aule place. 
Segnors. qui poûst apeeier, 

970 Le mal oster et abessier, 

Ce fuBt gt&ut Bens, ce m'est aTia. 
Ei je bien dit? Que tos est risP' 
Baueent reapont 'bien ares dit.' 
Tuit l'otroient saoz contredit. 

gTS Tuit quatre sont yenn au roi, 
Si li dient tôt en reqoi 
"Sire, voetre baron loassent 
Que cii dui baron s'acordassent. 
Sauve t'anor et ta querele, 

080 Molt tenissoQ la pes a bêle.' 

Ifolt pleet au roi ce qu'il ont dît, 
Ja par lui ne seront desdit. 
'Seignor' fet il, 'or en parlez! 
Tsengrin premier apelez: 
/ BlKi De tôt la querele en lui tient. 
I A moi de rien n'en apartient 

< Fors solement de droit tenir. 

> Del BorpluB vos les convenir, 

Moi ne poise se il s'acordent, 

9eo Ne voil que par moi se decordent. 
Mels einz k pes d'oulz que la guerre. 
Se la poes entre els conqueire.' 
Quant Brichemer l'a entendu, 
Tomez s'en est col estendu. 

996 A Tsengrin dist en l'oreille 

Que li rois forment bb merveille 
Qu'en ne puet pez entre els douz mètre 
Ne por doner ne por premetre. 
Face le bien, pregne droiture 

965 tôt oouIb 966 a done aS6 de manqut QSS u. en l. 
9VT Que De pat entre elz pei iloui pei m. 



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VI (H«OD H773~1475S) ! 

lOOO De Reuart por la forfeture, 

£t por ce que sore lui miat 

Que s sa fente force fist. 

Dist YfleDgrÏDB 'a'ea parles pas! 

Je Toil qu'en in'arde en est le pas 
1000 Que je a lui prendre acorde. 

Ne voi) q'autre fois s'i amorde 

A fere honte a son coopère 

Ne a pelgeaîr sa oonruere. 

Je verrai bien qui me fet droit,' 
lOiO Briohemers dist que il voudroit 

Que la chose fust si menée, 

8i déduite et si atoruee 

Que eotr'ele douz fusent amis 

(Let est qu'il soient enemts) 
1015 Si que ohascun son droit oiist, 

Que a mal tome ne li fust. 

Diat Ysengrin ja deu ne place 

Que je pes ne acorde face 

De oi qu'en voie le plus fort 
1 >30 Et sache liqueus en a tort : 

Bien me porra tenir por ivre 

8e je l'en les partir délivre. 

Dites lo roi et sou barnage, 

Que ce sache et fol et saje, 
1025 Que por noient la pes requiert. 

Ja de si el champ fête n'iert : 

Ghascuns dira ce qu'il voudra, 

El champ verons qui meus vaudra. 

Dites au roi que droit me tiegne! 
tOAO La bataille aim conment qu'il vegne.' 
Quant Bricbemer ot en la fin, 

N'en aura pes vers Isengrin, 

Au. roi a dite cel novele 

Par qoi s'ire li rcnovele. 
I0B6 'Sire' fait il, 'a moi entent! 

1014 eDennis lOlS si 1023 Distes 1U24 MoheB 1026 n 
lO» lUHiJrB 1031 Q. brun 1033 merueillc 



iH,,i.u.i.,GoogIc 



T[ (Méon 14T54— UT89) 

TaengrÎDS ea bataille ateot 
Qui n'a talaot de fere pes. 
Honis soit qui eo fera mes 
Nule acorde se le champ non. 

1040 L'en en tendra l'un a bricon.' 
Or est li plet molt enpiriea. 
Car Brichemera est molt iriea 
De l'oi^il qu'Isengrin li dist, 
Quant de pea fere l'eBOondiat. 

lOfô Dist Brichemer 'se tob voles 
Droit fere si con yos soles, 
Se vos tenes la droite voie, 
Ce est le meuz que je i voie, 
Q'amedous les metons la fore, 

1050 Penet chaacun de garder son cors. 
Quant il seront eomi la place, 
Qui meuz porra fere, si face.' 
Ce dist li rois 'par seint Richer, 
Por verte vos os aficfaer, 

1055 N'en prendroie pas tôt l'avoir 
Que li plus riohez puist avoir 
Que je la bataille n'en aie. 
James n'aurai en els manaie. 
Ne aai q'ales plus atendant: 

1060 El champ les metes, jel conmant.' 
Quant la parole ont récitée 
De la bataille et reoontee, 
L'uis les ont mis el champ ensamble. 
Li plua hardie de peor trenble. 

lOSJ L'un tenoit l'autre par la mein. 
Nobles apele un capeleîn, 
Mon seignor Belin le moton. 
Molt est sages, pas n'en doton. 
Cil aporta le seiotuaire 

lOTO Sor qoi font les seremenz fere. 
Li rois a fet crier son ban 



1043 q taengrin 1047 De 1052 fera pom 1055 prendrai 1056 



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YI (MéoD 14T»0~14B3i; 

Qu'il n'i ait nul de 4el bobaii 
Qui face noise: en pes se tiengne, 
Conme prodome se contiengne. 

1075 MoU œt li rois de grnnt juatice. 

Del serement fet la devise 

Danz Brichemers et Brun li ors 

Que l'eu tenoit as deus meilloFe. 

'Seignor' fet il, 'or m'entendez, 

lOHO Si je di mal, si m'amendez! 
Itenars jurra premerement 
Et fera tôt le serement 
Qu'a Yaengrin n'en a tort fet 
Ne a Tybert le chat forfet, 

ION N'a Tiecelin n'a la meaenge, 

N'a Roonel cornent qu'il prengne. 
Atez, fêtes le serement 
A Ysengrin enterement!' 
Renars s'ajenoille en la place, 

109>) Moult s'apareille et se rebrache. 
Desor les seinz estent sa mein.* 
Il a jure par seint Jermein 
Et par les seinz que iloc voit 
Que de cest plet nul tort n'avoit. 

1D95 Les seins bese, puis si s'en lieve. 
A Yseagrm durement grève 
Ce qu'il fet acroire por voir 
La menooigoe par son savoir. 
A jenuz s'est a terre mis. 

non Dist Brichemer oies, amisi 
Ce jurerez: Renars est fans 
Del serement, et tu loiaus.' 
Dist Ysengrin 'je l'RCreant.' 
Lea seinz besa. Tôt meintenant 

lio:> S'eat redrecbes, puis si s'en vet 
Eami le camp, a'oreisoD fet 
Et prie deu qui tôt sorntoote, 



1072 Qu'il j Ne 10H3 Que .y. nen na 10»! aeinz estent 1092 fiein(z 
llfl0.b.ore« 1101 iurrei 1104 .h. Aprh 1 106 le nttc A. donne encore 
et* inue ter*: Longamt fiit sel oreisons Et fu en grunt aflicions 1107 que 



'c* 



228 n (Méun 14882—14887) 

Que il li doÎBst venger bb honte 
Si qu'au partir l'onor en ait 
1110 De Benart qui li a fet let 
Baisa la terre, puia »e dreahe, 
Son bastOD afete et adrece, 
En pluBOrs sens le retorooie, 
En sa mein lace la coroie. 

1119 Son escu prent et puis se mole, 
. En pluBOFB sens le baaton croie. 

Tôt entor encline a la gent, 
Molt se déduit et bel et gent. 
À. Renart dist que il se gart, 

1120 Qu'il ne mete le jor a gast. 

Quant Renars l'ot, del cuer aosptre: 
Tôt s'est teOa, ne velt mot dire. 
Benars sot leb^s de s'enfanoe, 
Molt ot oî de nigromance: 

1135 Tant ot entendu puis aillora 
Qu'ot oblie les moz mellors. 
Scm baaton prent ooa afaities: 
Bien senble home qui sort haitîez, 
Gentement le sot a soi trere. 

I13II Bien fu apris de tel afere. 
En plusors sens l'a essaie, 
K'a pas aenblsnt d'orne esmaie. 
En ses doiz la coroie lace, 
Apres se drece de la place. 

1135 Quant il le tint, si fu soOrs 
Conme oaetel ' encloa de murs. 
Li esorimir li est joiaus, 
Car il eu set toz les envians. 
Sun escu sor sa teste tient: 

1140 Se YseDgrinB près de lui vient, 
Tel eacremie lî donra 
Qui a gr&Dt honte li vendra. 
Ysengrins est de grant aîr, 

IIOB ion 1113 la detornoie lllQ moîlle 1180 ior i 
1188 q 1138 aot 1141 dor» 



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VI iUiou 14868-14901) 229 

Molt tost l'est alez eavaTr. 
1145 IteDart' fait il, 'mal es bailliz. 

Toz jorz DieB soie je failliz, 

8e ne me venz de ma veutaDCe, 

Qae me feïs par sorcuidanoe, 

Quant tu a ma feme jofls 
llfiO Et a force le porjoÛB.' 

Renan reapont 'aire, mal dites. 

Otroiea qiie je soie quitea! 

Fere vos ferai graut bornage 

A chevalier de haut parage: 
lt6S Puis irai por vos otre mer, 

Si me voles quite clamer.' 

llenart' fait il, ne te travailles ! 

Je ne oroi que tu noient vailles. 

Qaat tu de mes meios torneras, 
1160 3& puis ne me ranpronerae.' 

Renars respont c'est devinatlle. 

Bien verron a la definaille 

Lequel que soit plus decoû.' 

Dist Ysengrins 'trop ai vesou, ' 
tlfô Se de vos ne me puis venger.' 

Ce dit Renart 'or oi danger, 

Qtt'alez tote jor nisoecant: 

Mes asaillïez de meiittenantr 

A cest mot Ysengrins acort, 
1170 Renars n'a talsnt qu'il s'en tort, 

Son escu tint devant. son front, 

Het pie avant, sovent s'esgront. 

Holt le vet Ysengrin hastant, 

Renart se vet bien défendant, 
1175 Jeté retreite et entredeus : 

An quel que soit, en tert li delà. 

Ainz qu'il se partent de l'asant, 

Renars le Sert que pas ne faut : 

Tel coup les l'oreitle U done, 

1 148 Je moN^ii* llSSfuroie 1156 me fêtes 116« uoi 1172 
kflt 4mr? conert um gront 1175 et mattgue eetredeh IITT aeu p. 



, Google 



VI (MéoD 14W2— 14937) 

1180 Tote la teste li estooe. 
À œl asaut mal li eschet: 
Tôt chancelé, a poi ne chet. 
Qnant sa teste a toQ seignier, 
De sa mein ee prist a segnier. 

iiSB Deu prie qui ne faut ne ment 
Que il le gart â'afolement : 
Par sa feme est, ce dit, trais. 
Ijongement fu si esbahis 
Que il ne sot quel ora eetoit, 

1190 3'ert Duis ou jorz, quel tens eatoit, 
Por le cop qu'il a recoû, 
Renart l'a bien aperceû, 
N'en fist aenblant qu'il lo aoûst 
Ne que apereeii t'eûst, 

llfl5 Mes d'autre part toma sa chère. 
Enoor ae gart qu'il ne le fere. 
S'il en puet leu ne ese avoir, 
Sncor li fera mels savoir: 
Car n'a talant de lui atraire. 

1200 £n SOS le fera de lui ùete: 
Ne li laira pas aprocfaer, 
Au baston ae aet esmocher. 

Dant Yaengrina de loin esgarde. 
Kenars li dit por qoi il tarde 

13(K) Q'a la bataille ne revient : 
Bien set qu'a fere li convient. 
Ysengrtna se fu apemiez. 
Que molt a este esmaiez. 
Porpense s'est que trop demore. 

TJIO Isnelemeat li recort sore, 
Met pie avant, jeté retrete. 
Mes Kenars durement se guete. 
Tsengrins jeté, pas n'areste. 
De son ba«ton vole la teste, 

1211) Met pie ariere, si s'en trait. 



UB'Miminque UMaperc» 1197 pot 120S do Iminc 12tS dore- 
ment 121& avant trat 



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VI (HéoD 14936-14970) 

BenaFB qui set asez de fait, 
Li âist itaot 'dant TBengria, 
Dex qui sor toï; est voira devin, 
Set bien quel droit vere moi aves. 

12S0 Bastou T08 faut, dont nel savez? D 

Car faisons pats a mon seignor 
Ainz que tous aiez deshonnor!' 
Oist Tsengrina 'faites moi tondre, 
S'assez n'en ai pour voua confondre.' 

1335 Quant assez rampoenez se furent 
Li dui baron qui ou champ furent, 
De rechief andui s'en reviennent, 
Moult cointement leurs escus tiennent. 
Ysengrias gete et fait son esme. 

1380 Que geter wetlle par meesme. 
De lui prendre moult s'entremet, 
Entre l'eacu son baeton met: 
Enmi le champ son escu lesse. 
R«nars de son bastou reslesse: 

1286 Tel coup li donne aînz qu'il le tiengne, 
Jamais u'iert jor ne l'en souvieagne. 
Le bras seneatre li a frait. 
Or a Tsengrins mult mestrait. 
Andui ont leurs escus gerpiz, 

1340 Si a'aerdent parmi les piz: 

En plusenrs sens se vont tastant. 
LoDguement furent en estant, 
Xe veïstes gens taot combatre. 
Li uns ne pooit l'autre abatre, 

1346 Ja ne doit on de ce plaidier. 
Ysengrins ne se puet aidier 
Fors seulement de son bras destre, 
Que perdu avoit le senestre. 



1216 frftt Lef ■>«. 1220— I3i6 manquent dan» h m*e. A parce qu'une 
fruiU* "I <■ ''^ arrachée ; il* sont guppléis par D. 1226 li champion q. 
tSSS contre lewu 1233 eseu ] bulon 1235 qui le 1289 reprii 1240 
Sm dena ■« fièrent et es p. 1241 lieus trutaot 1244 Lun deuli ne 
■ouloit 1S48 Car 



, Google 



282 IT (H«oii 14971-16007) 

L'uD d'eula tourne, l'autre retonie: 
1360 Nulz des vassaus pas ne wjorue. 

Malt toumeot ainz que oui en chiee. 
Tsengrins sueffre grant hachiee: 
Mais deoB a un pou plus a^es 
Que Renars et plus eamoulaee. 

1265 Contre Renart molt se herice, 
Bien li deecire sa pelice. 
Rfluaro li fait un tour François, 
Ysengria n«l dontoit aocois. 
Renan l'estraînt, pas ne se ftûnt: 

1260 Jambet li fait, de lui l'eupaint, 
A la terre le gete enrers. 
Renars li vint sus en travers. 
Les dens li briee en la bouche, 
En la cbîere li crache et mouche, 

1266 Es iex li boute lé basttHi. 
Souvent li poile son grenon : 
Traire li fait moult maie fin. 
Fub li a dit 'sire Ysengrin, 
Encui verrons qui droit aura 

I27Q Et qui miex fere-ls saura. 

De Tostre famme m'accusez: 

Certes moult estes amusez, 

Quant vous ci pour vostre moilliflr 

Moi et vos faites traveillier.' 
137Ô Taengrins voit qu'il le laidenge, 

Moult est dolens, qu'il ne se venge: 

Ce potse li, n'en puet plus faire. 

Renars li fait honte et contraire. 

Entre ses dens moult se demmte 
1980 Et dit 'fox est qui met s'entente 

En famme pour riens qu'ele die : 

Foi sont de famés sanz boidie. 

Ja la moie ne crerai mais. 

Par famme est plus guerre que pais, 

U6Ï h«ohie 1254 mûx 125B Haia .7. nel donte .1. pois IIU 
debrite 1264 nouche 1265 le ] ion 126» tort 1212 C. trop «s de*- 
1281 p. chose quil oie 12S2 Que mal as paine j empl<ri« 



'c* 



VI (Méon 16001-^15048) 

ISSft Par famme sont honia maint homme, 
De touz les maus est famé somme, 
Fox est qui trop i met s'eatente.' 
YBengrins ainsi m démente, 
Âinssi se oomplaÎBt bellement. 

1S90 Renars le Sert menuement 
Et Bur le nez et sur la face. 
YsengritiB ne soet qne il faœ: 
Que bieo voit qae il est en trape. 
A ce mot )i basions eschape 

1295 Que Renars tenoit en sa main. 
Cilz qui n'ot pas le cuer trop vain 
Se voalt lerer, mais ne puet estre, 
Qa'il o'a rerta fors de sa destre. 
Benars li fot de grans anuis: 

laOO De la poudre li gete ou vis. 

Tsengrin tient poar non saobant, 
Ans mains lî vait les iex oerchaot. 
Mais par sa grant mesaventore 
Li avint si fort aventure: 

1906 Son doi en la bouche dedens 

Li ohiet, et cils le prent aus dens. 
La char trenche jusques a l'os, 
Ses mains laoe derrier son dos. 
De l'estraindre pas ne se faint: 

ISIO Car en tel guise le destraint. 

On weille ou non l'estuet descendre 
Et deeoz lui )e fet eetendre. 
Or eet Renan en mal trepeil : 
S'il a paovr, ne m'en merreil. 

iai5 Ysengrina des genous le serre. 
Renan ne TÏt ne oiel ne terre. 
Jure avoit faus serement: 
n )î parra prochaisement 
Con fausse loi il a menée. 

1830 Hui est venu a sa journée, 



I2M qnîl ISH le bHtan 1801 p. mit' poUuat 1904 manque 
ISI2 El tort de d«NiM lui <l««e«iidTe 



, Google 



2S4 ri (Héon 15049— 1H>90) 

Mard quiert pour les saina de Bomme. 

Mais ne 11 vaat pas une pomme: 

Car Tsengrins le fiert et maille, 

Tant que Renars gient et baaille. 
1B2Ô Ysengrins le fiert en la chiere. 

Ne tient pas sur lui sa main chiere. 

Renars n'a pooir de deffiendre, 

Tout li oouvient souffrir et prendre. 

n vosist miex sstre aillors : 
1330 Son ouer en est en graot douloora. 

Devenus est plus frois qae glace: 

Ainz Telt morir, ce diat, en place 

Qne pour lui recréant se daint. 

 ce mot a gete un plaint, 
13S& Semblant fet d'omme qui soit mort 

Que en lui n'a mais point d'effort. 

Ysengrins un petit le lâche, 

Moult le mort et moult le deseache. 

Renars ne muet oe pie ne mun, 
ii340 Bien fait semblant qu'il n'est pas sain. 

Ysengrin l'a butu si fort, 

Enz ou champ l'a laissie pour mort: 

Li baron sont de lui parti. 

Ataat la oourt se départi, 

1345 Onc Troïen n'orent tel joie, 

Quant recurent Elaine a Troie, 

Cou Brun li ours et Ysei^rins, 

Et Chanteoler et Tiesselins 

Et dame Fiote et Roeoiaus 
ISOO Pour Renart, qui ert deeloiaux. D45 

Li parent Renart ont grant honte: 

Nobles n'en veult ofr nul conte, 

Ainz conmande que on te pende. 

Tyberz li ohaz les iex li bende, 
1369 Bt Roeniaux les mains li lie, 

Bien ont R«nart mie a la lie. 

1323 le] si maaille 1329 Or eo est .y. lonnour ISSOILen 1982 
Enooii morra ce 1S41 U debatu f. 1942 Eu mattqur L toat p. 1350 
R. font le d. 1352 ueul 1354 Ty. le ohat 1353 B. o. b 



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VI <Méoii 1Ô091-15130) 

I>e pamoiaoD fut reveniiz. A 

Bien fu le jor por fot tenuz : 
Se de lor meins pooit partir, 

1360 James s'iroU home aatir. 
Tote la cort Dissiez bruire, 
Holt se hastent por lui destruire. 

RenRFfl por sa vie tenser 
Prie qu'en le laiet confesser, 

1365 Qar a rejehir li oovient 

Toz les peobea dont U sovient. 
Il li oat fet Tenir Belin. 
loi ameine Ghanteclin. 
Renars ae fet a lui confes, 

1370 Et cil li flDoarja bod fes 

Solonc les peohez qu'il a fet 
De qoi il a vers deu mesfflt. 
Si oon il ooafesoit Benart, 
Atant es vos frère Bemart 

1375 Qui de Cirant iloat ert repairez. 
Trova Qrimbert qui fu iriez. 
Euqois li a et demande, 
Conment U rois a oonmando 
Que Renars fust molt tost penduz, 

13% Par nuUui ne fust deefenduz. 
Quant 11 frères ot la parole, 
Molt li poisse, se t'en l'afole. 
Il ert de ^ant franchise pleins, 
Holt ert cortois, n'iert pas vileins. 

1885 En son cuer l'a aperceû 

Par le grant duel qu'il a où. 
Que meioe Grinberz li teisons 
Et Eïspinarz U herioous. 
La u vit Nubie boneoient, 

1390 Le salua molt doucement. 

Li rois se dreoe en soa estant, 
Ne set frère que il eint tant. 



1957 u nue. A reeommtnet 1SS2 dest'e 1888 d. il le orient 
1571 fe* 1ST8 Conme 1379 tôt 138S g. seintse p. 1365 ï manipu 



...,..,glc 



236 TI (Méon 15131— 1B172I 

Joate lui le fet ase^er. 

Li frères l'tiquett a proier, 
189» Por deu li otroit, ae H plest, 

Que Renart sain et sauf li les'. 

Eînsi le racata li frère. 

'Segnor, por deu le devez fere. 

Ne puet aler o de» le graot 
14*00 Qui ne pardoinst son mautalant. 

Itel conseil te voil doner 

Que tu lesses Renart aler.' 

Molt deproia l'enpei'eor 

Que Renart li doinst par amor: 
1406 'Pot* ce' fet il, Wi je venui. 

Proier vos voil, ne soit pendus, 

AncoÎB laissies Renart aler : 

Dex le vos putst gaerredonerl 

Donez le nos a deu servir 
1410 Qui se laissa por nos morir! 

Por amor deu le nos clones! 

Renart, de quoi s'est affiches, 
' Jel quit fere moine ordener: 

En tôt le mont n'aura son per.' 
1415 Le frère dist l'oupereor 

'Dex ne veit mort de peceor, 

Mes soit confes et se gart bien: 

Dont aéra sanf le crestien. 

S'il est retez de f;uerpilage, 
1420 R est au meins et repentage.' 

Nobles entent que bien a dît. 

Net voudrait avoir esoondit 

De rien que il li demandast 

Ne que fere H conmandast. 
1426 Renart H rend! bonement 

Sens nul autre contenement. 

Renart a gite de prison, 

Frère en a fet on as mesoa. 

139SMeoir ISOllequelt i:495Quep. 1396Q. ulfeta. R 13&9 pot 
14081eDiierere I40« Proio 1408 Que d. voi 1411 doDBH 1412Mrt«rri- 
ehBH 1415 d. • le. 1424 que a f. 1436 «eiDB 1437 a manque 1428 Tn 



VI (Héon 15173—16816) 

PoÎBSonB li donsnt pur amordre, 
1480 Bien le dotriiieat de lor ordre, 

De dras a moine l'ont vestu 

Le fll a putflin, le teetu. 

EÎDZ la quinzeine fu garia: 

Cil qui taot a este maris 
1436 Toz fu gariz et repasses. 

Par maint maveia pas est pasez. 

Bien retient ce que en l'enseigne, 

N'a pas seoblant que il se feinne. 

Les signes fet del moiniage. 
1440 Uolt le tienent li moine a sage, 

Cher est tenuz et molt amez. 

Or est frère Renart clames. 

Molt est Renart de bel service, 

Yolenters vet a seinte igliae. 
1445 Sovent li menbre des julines 

Dont il selt rongier les eacliîncs. 

A peine tient estacions, 

Car sovent a teotacions. 

Bien li seent si vestement, 
1400 Hoit se déduit onestement, 

8i met s'entente a l'ordre prendre 

Que il n'i a que entreprendre. 
Un jor fu la messe cantee, 

Renart de cuer l'ot escotee. 
1465 Tôt dereniers ist du moster, 

En 88 raein tenoit un sauter. 

Quatre capons bien sejornez 

Lor avoit un borjois douez 

Qui avoit non Tiebaut le riches: 
1460 N'iert pas vers els avers ne chicea, 

Renars les a aperceiis: 

Or sers il bien dicofis. 

Se il n'en fet ses gernons bruire: 

Bêlement s'en quide déduire. 
\M& 'Par deu' fait il, 'ne m'apartient 

lui k frsre 1437 ce q (en lenseigne 1441 ert 



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TI (H6ou 15216—15250) 

Oil qui de char maDger se tient. 
M'ai pas fet veu de manger ehar. 
Molt le t^'Ddroie a grxiit eachar: 
Qui cest veu fere me feroit, 

1470 Dex le set, mo|t me meaferoit. 
De char ne me puis atenir. 
3e je en puis en leu venir, 
Je moBterai que je soi fere. 
Qui qu'en doive parler ne'-tere.' 

1476 Le for trespasse et la nait vient 
Benart qui des ebapons sovent 
fie les pot mètre en obliance. 
Tote treapasae obédience, 
Vient aa cliapons, ai les desjoche, 

1460 L'un en manja, au cuer lï tocc: 
Les autres trois a mis en terre. 
Que lendemein les vendra querre. 
Covert les a bien de terrier, 
' Arere s'est vennz chocier. 

1485 Ne sot nus mot de son aguet 
Ne del larecin qu'il ut fet. 
Si H chaî par aventure, 
Molt retret bien a aa nature. 
Leudemein après les matines 

14W Renart qui tant eime jolines, 
D'uD des capons se rest dines, 
Puis est el oloistre retornes. 
Li tiers manJR que nus nel sot 5( 
Au qart manger iluoc passot 

Uft'i Uns frères qui bien l'aperçoit 
Que Benars li ros les decoit. 
Quant reconte fu au oovent, 
Rennrt en out blâme sovent. 
Benars lor en velt droit ofrîr; 
ISOO Frère Bemart nel pot aotFrir: 



1468 ■ I en 1469 froit 1470 «elt 1473 moiteroie 147S d«siuiche 
1460 m«M 1485 nut ] un 1468 nul 14»4 marger 1496 lee | se 1499 
uait 1500 .B'. 



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VI (Méon 16251— 15B89) 23» 

Ja r&voit; Q]aDg;ie un corbel 

Qu'il avoieut en lor prael. 

Tant larecina lor avoit fet 

Que bien voit que il e'eet mesfet. 
15nri A Benart ont toluz les draa, 

CoDgie li douent, tôt fu gras: 

Ne demaudoit nutres loreins 

Ne mes qu'il fust hors de lor meins. 

A merveilles lie s'en fesoit, 
iBIO Car li ordres li desplaisoit. 

Tornez a'eu est tôt le chemin. 

Encor nuira a Yaen^n. 

Li moi^e l'ont tnia a Ih voie, 

Toz aolz a'en vet, nus nel convoie. 
I5ia Molt manache ses enemia. 

Par qui il fu en peine mia. 

Sa teste jure corouee 

Que ja s'ire n'iert pardonee 

A YaeQgrîn ne a Tybert 
1530 Par qui il a tant maua sofert. 

Roeniaus ert en une haie, 

De loin le voit, forment l'esmaie: 

Si a'eacrie 'vois le rendu 

Que devien avoir pendu.' 
1025 Cil n'a talant de ranproner, 

Forment s'aqelt a treatomer 

Tant que il vint en sa tcsnere 

Ou a trove aa feme chère. 

Quant le vit, grant joie en a, 
1590 En son ouer s'en ealeeca. 

Car molt avoit grant dol ofl 

D'Ysengrin qui l'avoit veincu. 

Si dui fil font joie molt grnnt 

Quant lor père voient vivant: 
1836 Quant sein le voient repairier, 

Or nés porroit nus eorocher. 

150a merneille 16U nul l.tlS Ytenjcrinz 1621 RoUua 1522 loins 
I5Z4 d«iien 1528 troues 1526 Q. ele le 



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VI (Méon 1&890— I52M) 

Molt fa bien aoesmea li eatre. 
Reoart qui fu res conme presse, 
Ot tiolt ^ant talatit de maDger. 
ISiO L'eve commanda a hucher 
Et l'en li a toat aportee. 
Ses fllz ont la table posée. — — 

1540 ooromenohe 



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(Méon S7T83— 27806', 



Foas est qui croît sa foie peose: (50) 

Holt remeiat de ce que fous pense. 

Fous est qui croît foie espérance, 

Que toz li monz est en balsDce. 
b Fortune se joe del mont: 

Li un vienent, li autro vont, 
f L'un met en bien, l'autre en la brîche, 

Si fet l'un povre et l'autre riche. 

Tex eet la costume Fortune 
10 Que l'un eime, l'autre rancune. 

Ele n'est mie nmie a toz, 

L'un met desua, l'autre dosez: 

Et celui qu'ele met plus haut 

£t qni meus fet et qui meus vaut, 
IS Fait ele un maveis saut saillir 

Ou a l'entrer ou a rissir. 

Segnor, cîst mondes est p restez, 

Li uns a por, li autre asez; 

Et qui plua a, tant doit il plus, 
3() De tant sont li povre au desus. 

Et qui poi enprunte, poi i-ent: 

En le lest vivre bonement. 

Tex s ores ^rant poeste, 

Qn'ancois que un an soit paae 

* Fortune s le mont en & tnanqut 11. 12 man'jneut H tet J 
t IH »t lanlre 
asixt I Itt 



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vil (MéoQ 27909—2784!» 

26 Sera de molt poyre pooir, 
Ice saches vus tôt de voir. 
Par mon chef, ce n'est mie gas, 
L'en vient molt bieo de haut en baa, 
Par foi, et de molt grant bassece 

30 Revient en bien en grant hautece. 
Par ce est droiz que je me tese. 
D'autrui avoir a l'en grant ese: 
Qe quit que grant biens en vendroit, 
Qui reison i esgarderoit. 

35 Qar qui ovre solonc reson, 
Ne l'en puet venir se bleo non. 
Molt est fox qui meine ponee 
De chose qui U est prestee; 
Costume est d'autrui garnement, 

40 Qui froit lo vest et caut le rent. 
Foz est qui por son grant oQr 
Elst en cest siècle aaoSr: 
Car je vos di bien seinz feintise, 
Tant vait li poz al puis qu'il brise. 

40 Ou tost ou tsrt, ou près ou loin 
A li fors del feble besoin. 

Cest essample vos ai mostrez 
Por Kensi't qui tant est devez 
Et qui ovre contre nature. 

M Ja nus n'aura de lui droiture, 
n prent a tort, il prent a droit, 
C'est merveille qu'il ne recroit. 
Mes certes ja ne recreira 

' Devant ce qu'il l'en meaoarra: 

06 Car son deable le demeine. 
Et ai est toz en son demeine 
Qui de lui ne se velt partir 
Jusq'a tant qu'il l'ait fait honir. 
Une pièce puet il rener. 



29 baaaepoe SO en molt bien 31 est bien d. toise S3 L len 36 pot 
37 Meiot .IH que 33 ffftrtiemenii 40 que f. louHt 41 p»r 43 n. plus a. 
45 tart après ou 4S Par 



;„.;., Poogic 



TU (Méon 27844-27886) 

60 Mes aprea le fet trébucher: 

Pendre le fet ou afoler. 

Ârdoir en fu et enbrager 

Ou a si graat boute bnilltr 

Qu'a noient le fet devenir. 
ea Certes qui sert itel baron, 

Ne l'en puet venir se mal non. 

Je ne di pas par toi folie, 

N'il n'est pas droit que ja la die. 
Se vos le voles consentir, 
70 Je TOB dirai ja sans mentir 

De Renart le gopU la yie. 

Qui a fet tante trecberie 

Et qui tant home a decoû 

Que par engin que par vertu, 
75 n n'est nus boin que il n'engigoe. 

Il avint l'antrer a Conpigne 

Que Renars fu del bois issus. 

Si s'en ala les saus menus 

Droit a une grant abeTe. 
HO La avoit une conpaignie 

De capons cras et sojoroez. 

Celé part est Renart alez. 

Une ne fina, si vint tôt droit 

La n li jeliniera estoit. 
85 Et quant il vint au jelinier, 

Si conmenca a oreillier. 

Se les gelines somelloient. 

Et qnant il vit qn'eles dormoient, 
* A soi sacha le paies z on 
' 00 Qui est liez d'un bardellon. 
( Tôt coiement et aseri 

Un capon prent, n'a pas failli, 
• Qui bien valoit cinc et maaille. 
> One n'i qnist nape ne toaille: 
96 Premerement li ront la teste. 

Renart mangue et fet grant feste. 

bullier 86 rooUier 87 Se maHçue g. qai a. 93 



'c* 



VII (HéoQ 27689— 27922) 

ffe fet pas seoblant au manger 
Que li chapon ii fussent cher. 
UoU par se contient feremenb 

100 An chapon veut son mautalant 
Qui n'i avott nient mesfet: 
Mes bien saves que ansio vet, 
Qu'il avient bien souent a eort 
Que tex ne pèche qui eneort, 

106 Molt a Benare de ses aveax, 

Car il mangue bons morseax, 

Qui grant bien li font a son cner. 

La plume et les os jeté puer. 

' Molt fet Renart riche relief, 

110 Et ai jure sovent son chef 
I Que maigre tos les mainiax 
En mangera il des plus baua. 
Molt afiohe son aerement, 
Mes il ne set q'a l'neil ti pent. 

llfi Or laifOQS de Renart a tant 
Et ei diromes d'un seijant 
Qui releva la nuit pisaier, 
Si a oï Kenart rongier. 
Molt durement s'esmerveilla 

130 ' Et en après se porpensa / 

Que c'eatoit gorpils ou teasons 
Qui eatoit venus as capona. 
Au -gelinisr en vint corant, 
L'uis déforma de meintenaat, 

125 RecloB l'a molt bien et serez: 
Or est Renars bien atrapez. 
Âtant s'en vet en la mesoa. 
Puis s'eacria a molt haut ton 
'Levez tost sus et si m'eidies! 

liiO Or est li gorpil enginnies. 
Or saura il aaez de frape, 
Se il de ma prison eschape. 



102 aneit 104 ni \>. q. nacurl 105 h 
115 Or le 1 131—133 manijUtnl 



, Google 



VII (Méon 27923—37956) 

Or tost sus! si l'aloa tuerl' 
Qui lors TeTst moignes lever, 

185 Qui aïnz ainz core au jelinier 
Por loT geliaes aldier, 
Bieu li menb^ast âe geut iree. 
Ual vit Renars ceste asamblefl, 
El li sera molt cher vendue. 

140 N'i a cel qui ne port niacue 
Dunt il manaceut a ferir 
fienart, s'il le poent tenir. 
A l'uîe vienent, si le defennent, 
Treatuit de bien ferir s'aeament; 

143 Enz entrèrent treatuit eneenble. 
Renars freniist, li ouers li tremble, 
Uolt se dehaite et molt s'esmaie, 
Bien set que saoz cop ne sans plaie 
Ne puet iesîr dei jelinier. 

iliO 'Ha' fet il, 'moignes sont si fier 
Et gens de molt maie msnere, 
Rien ne feroient por proiere. 
Ha, que ferai? se prestre oOsse, 

* Corpas domint recoûsse, 

IGO Et a lui confes me febae. 
Car se mes pechea rejelsse, 
Ne m'en polat venir dus maua. 
Se moruese, si fn^e sax. 
n n'est mie tôt or qui luîst, 

160 Et tex ne puet aidîer qui nuist. 
Por ce qu'il vestent capes noires, 
Si les apele l'en provoirea: 
Mes il sont tuit con forsenez. 
Meuls les puis apeler maufez: 

163 Haufe sont noir et ciat auai. 



134 Qui Ift 139 Ele a. 142 se il 143 uindrenl ail defermerent 144 
f. inrereat 146 1b char li 152 ferunt par 154 domine IST nus mauB 
oesir Aprit 157 Ir otac A iniercalt ces deux ver» Et ce Bai ie bien sanz 
Mentir Car mit' sont fier oist moniiiux lâS Se ie muir ci il aéra a. 
IM luit 160 pot nuit 161 ail u. capaus 163 con ] por 165 manque 



'c* 



,VII (Hfion 27656— 27W0) 

Bien les puis apeler einsi. 

Oe me convient ore esprover, 

Bien les puis einai apeler.' 

À ce§t mot sBut Kenara en place, 
170 UoU ae recoroe et ae rebrsce, 

Uolt saporeille de foir. 

Vers lui ^t un moif^e venir 

Qui si le Sert parmi les reins 

D'une grant macae a dons moins, 
170 Que a terre l'abat tôt plat. 

Ez vos Benart hontex et mat. 

Si se redresoe conme cil 

Qui est eators de meiot péril. 

Quant il vit que chasouns l'asaut, 
180 Parmi euls toz a fait un saut 

Qui qatre des moignes trespasse. 

Ues ce qae vautP Lî uns Tesquasee, 

Li uns le fiert, l'autre le bote. 
■ Or est entres en tele rote 
185 DuDt ses hauberz et ses esona 

Sera desmailliez et roupnz. 

A la parfin l'ont tant mené, 

Tant travellie et tant peue 

Que em plus de quatorze leus 
190 Lî a mestier ogullo et Sus. 

Tant home ont de Renart fable, 

Ues j'en dirai la vérité 

Ed œste brance sans esloigne: 

Or nel teues pas a mencoignel 
195 Quant Renars se fu délivrez 

Et des moignes fu esoapez, 

Saches que molt li en fu bel. 

Fuiant s'en vet tôt un vauoel. 

Âpres s'en vet par un ^ant bos, 
200 Uolt li sue la pel du dos. 

i inai 170 seaforoe et mit' seabrue 172 luii 17S Qae 174 



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VII (Hémi 27991— 3802S) 

Fuiont s'en vet grant alefire 

OoB oil qui pas ne s'asoUre: 

Qu'il De dit mie eus, siu moi', 

Hes se tu puea, pense de toil' 
206 Malveisement eidast autrui 

C^ qui Bon oui lait apree lui: 

Se je fusse en sa conpaignie, 

Petit me fiasse en g'aîe. 

Udc ne âna de cure a toise: 
310 8'eet venuz sor la rive d'Oise. 

Et qant il vint sor la rivere, 

Garda avant, garda ariere, 

Si a choisi enmi un pre 
t Un roulon de fein ahune . 
S15 Que iloques eetoit laissiez 

Por c« qu'il n'est pas essuiez. 

Iloc fist li gorpil sou nit. 

En sas se drece un sol petit, 
■ Car il se voloit eslaBoher 
220 Eincois que il a'alast cocher. 

Il a mis la coe en arcou 
• Si fist set pes en un randon. 

'Iciat premiers soit por mon père 

Et l'autre por l'arme ma more, 
28D Et li tiers por mes bienfetors 

Et por toz aprealeoeors, 

Et li quara soit por les jelinez 

Dont j'oi rongies les «scÎDes, 

Et li quins soit; por le vilein 
330 Qui ici aûna ceat fein. 

Li sistes soit par druerie 

Dame Hersenz ma douce amie, 

Et li semea aoit Ysengrin 

Qui dex doinat demein mal matin 
235 Et maie encontre a son lever. 

Uale mort le puisse acorer! 

1 le orepon 222 8e 8 



, Google 



248 TII (Kéoa aSOSl— 88066) 

Car je he molt le cora âe lui. 

Ja ne voie il tel jor conme huî! 

A maie hart puisae il pendre 
240 Que nus no l'en puisse deafendre! 
, Se je soi onques de bsrat, 

Pendus ïert il a malo hart.' 
Âtant se reet aies jesir, 

Car talant avoit de dormir. 
34S Si se conmande as douze apostrea. 

Puis a dit douze patrenostree 

Que dex garisse toz larons, 

Toz trattors et toz feloos, 

Toz félons et toz traltors, 
• 3S0 Et to> aprimes leoheors 

Qui meus ornent les cras norsaux 

Qa'il ne font cotes ne mantaz, 

Et toz cous qui de barat vivent 
> Et qui prenent qaanqu'il consivent. 
255 Ifes as moignes et as abez 

Et as proToirea ooroDez, 

Et as bermites des boscagez, 

Dunt il ne s«oit nuz damagez, 

Pri deu qu'il doigne grant torment 
280 Si qu'en le voie apertement' 

Ce dist Renaît li forsenez 

Qui meinz homes a barétez 

'Car qui bien fet, ne doit pas vivre. 

Ues cil qui tôt ad es s'enivre* 
265 Et cil qui emble, et cil qui toast 

Et qui enprunte et rien ne sost, 

Ja cist sedea ne doit faillir. 

Et dex, vos m'en puissies olr, 
* Que ja icist siècles ne muire: 
370 Que péchez seroit del' destruire.' 
Ce fu la proiere Renart 

Le traTtor de maie part. 

237 hee 239 prendre 241 ie onques loi rieoi 246 dît .1111. p. 
254 preae oonsenet 2S2 hume 266 na Mi«t 



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TII qtioB 28067—88102) 

• Atant se test U renoiez, 

Si mist U teste entre ses piez. 

3Tfi Or sachez bien soûrement 
Que il savoit bien vraiement 
Que se dex aldast as maux, 
Adonquea serait il Inen aaux:' 
Qu9 plus 1ère de lui oe fu 

380 Des ioel ore que dex fo. 
Li gorpi] fu tost endormis, 

* Car molt estoit soef ses liz. 

Au inatin quant il s'esveilla, 
Un mot dit que fere quida: 

385 'Lèverai moi, sHrai en proie. 
Dan Oonberz a une crasse oie 
Que il a fet en franc norrir. 
Bien se cuide fere servir, 
Au noêl la cnide mangier. 

290 Hes se je pnia tant esploitier, 

Ja ne la verra nets cuire.. 
> Je en ferai mes gemons bruire, 
Hui en cest jor sanz demoranoe 
Saura je qu'ele a en la pance. 

396 Honte ait fors den qui destina 
Conques vilein d'oie mangal 
Vîlein doit vivre de cardons, 
Hes moi et ces autres barons 
Lait l'en les bons morsaus mangier: 

800' Car nus les manjon sanz dangier.' 

■ Lee crestines orourent la nuit: 

Eacor nos en sentons nus tuit. 
Car li ble en furent plus cher 

• Tro) sois ou quatre le sestier. 
aOQ Qant il vit l'eve blanohoier 

I Et le mulon dedenz plungier, 
Si se coamence a dementer 
Con d'iloo porra eacaper. 



VII (Héon 28105,-~28142) 

Que que il se vait demenUnt, 

SIO Es vos UD esoofle volant 
Qui iloc a'aloit reposer 
Por 06 q'U est las de Toler: 
Yers le million s'est adreeiez. 
Benart le voit, si s'est dreciez. 

81& 'Sire' fait il, 'bien Teignoi: tosI 
Sees vos ci dejoste nos, 
Lez ceste lasse (veature 
Qui est ici en aventure 
Et en dotanoe de morir. 

330 Sire, bien puissiez vos venûr: 
Tos Boiez hui lî bien Veauz. 
Or m'a dex fait molt ^rant vertnz 
Q'il vos a ici envoie: 
Or serai confes, ce croi gie.' 

83fi Lî escofles le vit plorer, 
Lez lui s'est alez demorer, 
Et si li conmence un suinon 
Por reconforter le gloton. 
'Renart' ce dist sire Huberz, 

330 'Par le temple ou dex fu ofere, 
Clerc et provoire sont tuit fol. 
3a dex ne place que je vol 
De sus ceat fmn a terre secbe, 
Be orne vaut rim qui ne pèche, 

3% Ne bons qui n'a fet asez mal. 
Li pautonnier, H desloial, 
li traiter, li foimentie, 
Cil sont des peines d'enfer quite.' 
Atant a son sarmon feoi. 

310 'Bau frère' Cait il, 'or me di! 
Or pues tes pèches rejeîr, 
Et je Bui toz près dei oTr.' 
'Sire' dist Reoars, 'volontiers. 
J'ai este set mois toz entien 



312 ce q il 384 Ore oe manqur S34 Sonie 336. 336 m«n^tifnl 

f sont dççftr de* peiaes denfer 



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vu iMéon 88148—28178) 251 

• 346 Parjure et escumiiiies. 

Mes ce n'est mîe gomt pemez: 

Ja por esciuoiiucioii 

N'aura m'arme damnacioin. 

Kre, g'ai este sodomites, 
aeo I^ore flui je fins hérites. 

Si ai este popelioaos 

Et renaie les cristiens. 

Je bax hom frans et debonaire. 

Volentiers prelsse ]a tiaire 
SU Et devenisee moigoes blans: 

* Hee j'ai ud mal parmi \ea flans 
Qui ohascnn jor par droite rente 
Me reprent bien vint fois ou trente. 
Et je sai bien que moignes noir 

380 TrestoB sont faillis et por voir 
N'ont cure d'ome s'il n'est seins 
Ou s'il n'est clers ou ohapeleios. 
Sire, je ai molt grant essoigne 
I Que je ne puis devenir moigoe: 
3691 Car je ne sai parler latin. 53 

' Si monguz volentiers matin. 
Sire, je ne puis jeQner 
' Ne fiens espandre n'aouaer 
Ne fere les ovres qu'il font, 
870 Qui me dorroit treatot le mont. 
Si ai la crope trop li^gere 

• Et fol samblant et foie chère, 
Qui trop soveot me feroit batre. 
Por ce si ne m'i os enbatre. 

875 Par le cuer lie, la ou l'en bat, 

Dunt n'est il fox qui s'i enbat? 

Moigne noir sont trop a mal ese, 

Ja n'auront oose qui lor plese, 

Trop sont tenu en grant destreôe. 
aso Nets l'abe qui les adrece 

Bâtent il bien le dos deriere, 

845 Pariorea 346 neitoit m. 347 Oaî p. 349 ■odomieM 850 
■ilM 863 deboname 364 puiwe 373 ni mi 380 U «bu 



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252 vu fMéon 88179-28214) 

Quant il fet une maie cliere. 

De ce esploîstent il molt mal 

Q'entr'eiiB ne font un jeneral 
386 De foutre une fois la semeine, 

S'en Beroit Tordre molt plus seine. 

Et quaut il oiiasent fotu 

Et ele eûBt le cul batu, 

Si la meissent hors de cloistre 
390 Tant que il fust eusons de oroistre. 

Car se remanoit au oovent^ 

Il la foutroient trop sovent. 

Si n'en porrott aotfm la peine, 

Car trop sont lecheor H moine. 
38S n la conbriBeroient tote 

Si que ja mes ne tendroit ^ote. 

Et il porroit bien avenir 

Que ^nt mal en porroit venir, 

Que il entr'euB se conbatroient 
400 Si que il s'escerveleroient. 

Car cbitscun volroit fotre avant, 

Ausi li viel con H enfant, 

Et li serjant conme li mestre. 

Et ioe ne porroit pas estre, 
406 Ce ne seroit mie raisons: 

Que blâme en aurait la mesons. 

Si en seroit pire lor ordre. 

Por ce ne lor veut l'en amordre. 

li blans ordres par est si fors, 
410 N^UB n'i entre qui n^i soit mors 

De jeliner et de veiller, 

De chanter et de versellier 

Et d'ovrer et de laborer. 

Si n'i ^t pas bon demorer, 
415 Ce aient cil qu'i ont este. 
Car je n'en sai la vérité : 

38a ci) 385 f. en U 3dU quil ouaaeDt talsnt de 391 wle r. 
suoc o Le» vers 392—396 ont ili endomaiagiê. aU3 El nen 3M ai 
maiiqut uerroit Le* vtr9 397—400 tant toupi* du feuilUl du ««r. 
i\V. a. pas )a 



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va (Héon S82ia— 28262) 

Mes j'en oT Yseni^ii pleindre, 
* Qui est ases plus fors et gceindre 

Que je ne sui bien les deus parz. 
420 II me dist q'uns molt mavais g&n 

L'oat sic el capistre batu, 

Tôt eo a le cors confundu. 

Qui le feroit seignor del mont 

Et de trestoz couls qui i sont, 
435 N'eutreroit il en l'abele, 

Si par a il l'ordre enbaîe. 

Et je conment i entreroie 

Qui nul mal soffrir ne porroie, 
■ Ne qui consirrer ne me pub 
430 De Hersent ne de son pertuisF 

PartnisI je ment, ains est grant chose: 

Molt est bardiz qui nomei l'ose. 

Car por ^eul itaut qu'il m'en membre 

M'en remuent trestuit li membre 
43ô Et bericbe tote la charz 

Far moQ chef, ce n'est mie gaz. 

Car ce est li plus nobles noos 

Qui soit en cest aiecle que cons. 

C'est merveille, quant om le nome, 
440 Que c'est ce que plus honist l'orne 

Et ce que plus le torne a mal 

Et plus le fait torner el val. 

Et des que il li veut aidier, 

De ce ne fait pas a plaidier, 
440 II li done plus en un jor 

De joie et de bien et d'onor 
• Que boce d'ome ne puet dire. 

Cons est li plus aovereins mire 

Que puisse envers amors trover, 
400 Ce n'est or mie a esprover. 

Car maint home en sont garî 

Qui autrement fussent péri. 



423 froit t. de ^ partir dt est fcraat ohose du «. 431 JHtqn'à la 
fim Ju r. 434 le iixtt u H coupé dan* le mte. 444 Et (Te 443 quil 
pan mamgut 44S soareiiu 4M ora 45). 452 munqiunl 



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254 VII (H«on 26261-28294) 

Et encore en gtirroot il meint, 

S'en lof mavetste ne reineinL 
t 4{i6 Et qui par raaveiete perdra, 

Dahez ait qnî l'en aidera. 

Ne qnidîeB pas que ce eoit fables, 

Je ne voiwlroie mie eatre abes, 

Se Hersent n'es toit abeesae 
400 Ou celerere ou prioresse, 

Ou qu'ele fust en teîl leu mise 

Qu'ele fuat hors de lor devise. 

Que j'en pousse avoir mes bons 

£t ele auai de mot les sons. 
466 Car molt est l'ordre boue et bêle 

Qui est de maie et de femele.' 
Li escoufles priât a parler 

Qui n'i voloit plus demorer. 

Renart conmence a chaatier 
470 Et durement a laidengier. 
, Tel uein, fel roua, fel descreOz, 

I Tant par es ores descoûs 

Que Hersent as t'amor donee, 
' A une vielle espoistronee 
4T6 Qui ne puet mes ses pies tenir. 

L'en la puet bien trop meintenir. 

Renart, molt par est ses cons banxl 

Hersent ja os ce uns corbaux. 
I C'est une estrie barbelée 
480 Qui a porte vei^e pelée 

Espoir bien a passe cent anz, 

Ou plus ou meÎDS, je ne sai qanz. 

Mes itant te di je de voir, 

Et tu le doQsses savoir, 
4801 Qu'il n'a jusqu'à la mer betee 

(Jarcon qui ne l'ait garconee. 

Haï haï! quel druerie! 

Trop est vielle sa puterie. 

454 Bi en 4R2 Q'ele 484 aonens 466 qai manque Le» < 
467—470 manqufut dan* le mtc. par et que ItftuitUt gtH coupi. 4Ï8 e 
4T7 par tiuinqttt oest 479 estrie | nielle 485 Qui toiqua la 



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VII (Méon 28295— SS384) 255 

* Ele a eutor le cul plus fronces 

4S0 Qu'es un arpen de boia n'ait ronces. 

Dont par devroies orea fondre. 

Ja te porroiea tu repondre 

En la pel qui au cul ii pent. 

Fe te confes, bi te repent 
496 Et de ces pèches et des autre» 

Que tu ne voiees o les autres 

Qui en enfer Toisent tôt qvàteï 

Va t'en en Inde ou en Egipte 

Ou en une lointaine terre, 
500 Ele ne t'iroit avant querre, 

Ainz t'auroit to«t mis en oubli. 

Se tu estoies a Chambti 

Et ele estoit a Ronqaerolee, 54 

Por que les terres fassent moles, 
t a» Ne t'iroit ele auan veoir, 

Toz jora i porroiea seoir. 
i Eincoîs requerroit un tafnr 

Qui auroit le vit gros e^ dur, 

Dunt el feroît tenter sa pUie 
61(A Ed leu d'estopes et de naie. 

Il na el sieqle si grant tente, 

S'ele estoit enz, que ja la sente, 

Ne plus que se ce fuat neanz. 

Car la plaie qui est dedens 
i 515 Li fil trop férue en parfont. 

,Ce8t plaie que cist archer font 

Ele a a tôt le moins deos fonz: 

Mes icele plaie est parfoas, 

Si n'est plaie el monde si gries. 
690 Que celé garist de legîers, 

Que l'en puet tenter et cfaercier: 
t Ues ci ne puet mires tocher, 

491 deneroies 192 respondre iS9 loi^e Aprèê le v. MO lé mâe. 
donne U v. 507 au detÈou* du quel li-<ri» lignte ont M conpét». 501. 502 
■mwjw«m/ 604 P*r SOS suant noir SOS ele f. ent«r 510 manque 512 
■HiMfM h\A q. Mite f. .'il4 Car 1 En SIS Li j El« f enferue p. 520 



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256 TU (H«cHi at)32&— «seo) 

Pu oignement ne par poison 

N'i puet nuB mètre gariaon. 
&35 Si metroit l'en por neent peine 

Qu'el n'ert james de cel mal seine. 

La mer seroit avant tarie 

Qu'ele fust de oel mal garie. 

L'en ne porroit sa rage esteindre, 
B80 Nue ne porroit au fans ateindre. 

Et se en la plaie n'a tente, 

For nient i met l'en s'entente. 
I Ice TOB di je aanz reles 

Qu'ele n'en garira James, 
086 Ainz ardra pardurablement : 

Car c'est plaie sanz finement. 
I Et une itele vielle sece ■ 

Art plus de fotre q'une meoe. 

Ele a toz jors le con bae, 
MO ^Tt meioB de len a l'en gae 

Un palefroi a qatre piez. 

De qatre soudées d'oint viez 

Ne seroient les fronces pleines 

Que la vielle a entre les einee. 
645 De baie feme est baux pieches: 

Ues de vielle est le cuir secliiez. 

Qui pltu la moilleroit ouan. 

Tant seroit plus sedie eneoan. 

Hersent n'a mes dent en la gole, 
060 Si a plus mal fet tote sole 

Que totes les puteias del mont. 

Hersent poile et Hersent tont, 

Hersent escorce, Hersent plume. 

Haldite soit tote s'endume, 
b6S Qu'ele a plus cops de ooille oOs 
> Qu'il n'a foiUes en oent soila 

Eu este quant les foilles sont. 

Ha, quex délices dun toz ont! 

524 Nit pot 521» Sil m. 529 eiteigdre ùilea mangue nest «Irinte 
588 metruit l«n ente 6S* g*Tn. asS que une &48 eit on oonchea Ul 
de ut. 558 H. plurov et poila tant 555 ooIb 557 «ont ni«Hgv« 



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vu (Héon 28361-26394) 257 

Onques Riohel n'en aot oe&nt, 
MO Ne nul barftt envers Hersent. 

Qui snuroit donc se Hcraent non 

Des le teos le roï Salomon 

A ele itel mester mené? 

Ce Bachoiz tôt de vérité, 
065 Sn tote Franche n'a mortier 

Qui tant soit bons forz ne entier: 
% Tant fust de lîois ou de coivre, 

Por qoi qu'il fust autretant coivro, 

Ne eûat le fons abatu, 
670 3'en i oQst autaut batu, 

Ou qu'il ne fust brîaies encoste. 

L'en met el auen sovent et oste. 

Li siens n'iert ja qae puisse oieeus. 

Des Morenci jusqu'à PoIbous 
576 N'a nul n'i ait sovent bote, 
' Meint i ont tret et meint boute. 

L'en n'i set tant boter ne trere 

Que ja a lendemein i peire. 
. Il est perdn qanqu'en i met, 
/ 680 Car trop set la veille d'abet. 

/ Par le ouer bieu, quant tu aresces, 
y Fes tu eschaces jambereaces? 

Par le cuer be, c'est la fontene 

Qui toi! jors sort, et ja n'ert pleine. 
580 A droit a non Hersent la love, 

Car c'est celé qui toz mauz cove. 

Auquee set ele de barat 

Quant ele au cul a pris Renart, 

Celui qui tôt le moût decoit, 
690 Que tôt siècles le seit et voit. 

Uieui! concilie ne sai je nul 

Que celui qui est prb au cul. 

Qui cul prent, il est concbiez, 
f Et s'il le rent, il est cbie!;. 

9W n« enl 568 Par bU iuqa 576 manque Le» ev. !>81. SS2 
ttrairmt mieux piùcé» tm drtaua du r. 681 comme dans U» mtc. BK. 
»I2 ÏMobOTM 385 loe 586 coe 588 auneul !i92 priM 

RF.ilABT I 17 



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VII (MéoD 28395—2642») 

596 Et s'il restreint et il te tient, 
Ne dirai pas que il devient: 
Car trop i auroit vilein mot. 
Si m'en tendroit le siècle a sot. 
Benart, faites une autre amie 

600 Qui p]us sache de cortoisie 
Et qui an poi soit plus jounete. 
Et qui se sacbe tenir nete 

f En sisamus, en sebelin. 
En If oce ta feme Belin 

60& A asez bêle et jone et tendre. 
La se fet it molt meus entendre. 
Ele n'est pas mal enseignée 
Aioz est petite et aisée. 
La doit l'en aler et venir - 

610 Ou l'en puet a use venir. 
Mes a Hersent la trecherease, 
Celé qui toz tnastins aresce, 
Une vielle au cui puceus! 
n n'a mastin jiiqna Poiaaous 

615 Ke nul veautre que trover puise 
Qui ne li ait levé la cuisse, 
Et vos l'amea ausi de ener 
Conme a'ele fuat vostre sner. 
D'itant est lî jeus mal partis: 

620 Car ele est granz et tu petia. 
Il ti eatuet fere degré 
S'ele ne ee coce de gre. 
Par le cuer be, qant tu i viens, 
C'est merveille que tu deviens 

625 Au jou ou toz li mons se soille. 
Se tu ères toz via ou eoille, 
Et teste et col et ventre et piez, 
Ne soroit mie pleins li bies. 
Ce est li gorz de Satenie: 



595. 596 ittlerverlit, mais la faille ett corrigée par Us tigniê h » 
599 Bute 601 Molt a bêle feme ionete 607 enseii^e 606 «Ue 610 pot 
615 nul ] un BIS Con 622 de i«n g. 625 Boillea 626 ooillea 



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VII {Méon 28430—28486) 

eSO Qne quant que il ateint s'î nie. 

Je ne t'en dirai ore plus, 

Car 11 n'avient pas a reclus, 

Ne a moigne ne a provoire 

Qu'il die chose se n'est voire.' 
eso Renors ot s'ainie blâmer, 

Et ledengier et mesamer: 

Grant dol en a en son corage. 

Ne tient mie l'escofie a sage 

Qui si vilMuement parole: 
640 Einz li est vis que il afole, 55 

Et dist soef entre ses denz 

'Har fa ledengie Hersenz. 

Je en prendrai niolt grant venchance 

Si ne la pert par mescheance. 
045 Filz a puein, maueis bocuz, 

Ore a en vos niaveis reclus. 

Mesdit avee de la plus france 

Qui einz portas! guimple ne mance, 

Ke laz de soie ne ceinture. 
660 Ja senble ele une pointure 

Qui soit fête por esgarder. 
f Je me lairoîe ancois larder 

Qne j*en deïsse une folie, 

Car sa doucor m'estreint et lie: 
<ia& Vos par en aves dit trop mal. 

Se trestuit li rendu d'un val 

Ëstoient orez toz des voz, 

Si en sereez vos provoz. 

Je vos ferai damage avoir 
6A0 De vostre cors, non d'autre avoir. 

Dahez ait qui el en fera 

He qui autre avoir eu prendra 

Se le cors non de metntenant 
Qui a parle si foloment. 
666 Je vos ferai eo mon deu croire. 



6S9 iniit nelment S40 quel en afole 641 Eiiu d. 643 II en prendra 
l 8il 648 donMt 



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260 VH (Jtéon 28468-28501) 

S'onques dub maDJa son provoire, 

Je vos inatijerai en ceet jor, 

Ja n'en aures autre retor; 

Je m'en terei ore a itant, 
670 Car je dot molt chose volant. 

S'il eavoit ore que je peose, 

Ja por proiere ne desfensBe 

Ne lairoît que ne s'en volast, 

Ke l'en ohaudroit qui en pesast.' 
675 Renart se test et cil parole 

Qui ért venus a maie escole. 

Et qui son diable dechaece 

Et qui son grant ennui porchaoe.- 

'Di, dî avant, se tu sez rien, 
680 Et si te confesse molt bieuT 

'Sire, j'ai este molt pervers, 

Meînto chose ai fête a envers, 

Que je ne doûase pàa fere. 

Molt ai este de mal afere 
/ 685 Et ai fel et si desrubez, 

/ Quant mon cervet est detenpres: 

Keîs li abea de Corbie 

Dunt l'ordre en est tote enorbie: 

Husant li roux ne Tabarie 
«90 Qui tuit vivent de roberie, 

Ke Qoquins ne Hemauz lî roux ' 

( Qui vet contant dee roges trouz, 

Ke Herberz cil de maies bordez 
, Qui est fet au coing as coordez 
696 Ne misaire Hernauz Bruiere 
I Qui fet nape de sa suiere: 

Ne Mauduis li clers d'Auteinvile 
r Qui tant cuide savoir de gile: 

Ne Qodemaus ne Marcheterres, 
' 700 Qui se fet or molt bon borderez : 

Ne Pieres li roux ne Fêtas 

670 mit' répété 67! pooir ne par d. 674 qui quen pauut 677 
diablie ohMoe 678 Et manque utn 683 a manqut 089 tabarie 890 
rolerie 694 ausit conme coordez 695 bruiere 696 mantuf 700 or* 



VII (MéoQ 26502—28531;) 261 ■ 

Qui aevent remuer lor drae: 

Ne Rioharz li cras ne Tanpeste: 
> Ne tuit cil qui aont de la jeete 
^ 706 N'ont pas tuit entr'ous alochie 

Que je ai fet le mien pechie. 

J'ai fotu la fille et la mère 

Et toz les enfans et le père, 

Et après tote la mesnie, 
710 Si dex me doinst botvre de lie 

Ne de meure ne de vin cuit. 

Il m'est avenu meinte nuit 

Que je fotoîe quinze fois. 
■ Mes j'estoie toz jorz aroiz. 
715 Je aui de molt chaude nature. 

Quant je truis con a ma mesure, 

Je fot bien dis foiz près a près, 

Et noef foïes tôt ades. 

Ja n'iert si hideuse la beste, 
TSO Nés s'ele n'avoit oil en teste, 

N'est DUS qui men puisse tenser. 

J'm fait que nus n'ose penser. 

Car je manjù un mien âlloil. 

Qar (îiBSe je ore a Maroil 
7% Penduz par ma pute de gorge!' 
f Li huart crent qu'il ne le morde, 

Ariere se tret, si l'eagarde. 

'Renart' fait il, 'li max fous farde, 

Se trestoz li cors ne me tramble 
'790 Plus que la foille qu'est el tranble, 

Et si De sai que ce puet estre.' 

'Par foi' fet Reoart, 'bau doz mestre. 

De ce vos dirai bien la some. 

n est costome de seint orne, 
735 Quant il ot parler lecbeor, 

Pécheresse ne pecheor, 

De ce a poQr, si s'esmoie 

702 reaiuert 705 Mloohie 707 fgtou 713 foisz 7U ares 720 
Heia en la t 721 qm me p. tenir 722 ona ne ianroit p. 724 au tilloi^ 
780 ^ Mt el tranle 731 pot 738 d. ie b. 7S5 p. se dex me noie 



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262 TU {Méon 28537— 295T8J 

Qu'il ne le traie a maie voie 

Qui en mareisse vie meînt.' 
T40 Oez del 1ère cou l'ateint 

Et con il l'atrait de parole: 

Maldite soit tote s'escole I 

Car onquea ne ae priât a beste 

A cui il ne fpïst moleate. 
745 Si fera il oestui molt grant, 

Car i) le het molt doremeut. 

As denz se' prent parmi la coe, 

Si pnet il fere, qu'ele est Boe. 

Tôt en arocbe et poil et cuir: 
750 Ha laz' fet il 'dolent, je muir.' 

Il s'est coches en pameisons. 
I 'Dex' fet Huberz, 'c'est deveisona 

Qui tient oeste oaitive béate. 

Molt ii pent ores celé teste. 
755 Je 11 alasse redrecier 

Mes je me crembroîe blecier. 

Par noz ordres, je ne puis croire 

Conques Renart a son provoire 

Osast fere nul maveis plet, 
760 Car trop a il aillors meffet. 

Ore a tant fet qu'il est au chef. 

Je l'irai redrecher le chef: 
' Ja De sera ores si chens. 

Totes voies veintra li biens.' 
' 76S Li huans en ot molt grant peo: 

Par l'oreille le prist au bec, 

Si li leva amont la teste. 

Donquea vint Renart pute beste, 

Et jeté les denz, si le hape: 
770 Et Hubers tire, ai eschape. 

Seigae soi plus de qatre foiz 

Dou pie tôt les qatre dois. 

Apre» It e. T3A h nue. parte De ce a poor et ti aesmaie Qttanoniw pe- 
oeora ne latraie 749 et mangue Aprèt U v. T4fl on lit m deu le fet treatot 
u'meil 750 fet il matîgue ie me m. Aprèt U c. TM) on lil Trestot deMirreraJ 
maooir 757 oore 760 1. en a a. fet 'SB aérai 769 hape ] flaohe TTl -ZIIIL 



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TU (Héon 28571—28610) 

'Seîgnisz aoie' fait li huas, 
De fiât voluntaa tuas, 

775 Et debitoi'ibus nostres, 
De credo et patrenostres ! 
En qui se fiera l'en mes, 
Qosnt cil qui se fesoît coofes 
Voloit son ptovoire uuiDgerP 

780 Einz par l'aneese Berenger 

Ke vi mes si très graiit merveille. 
Car fust il or en une seille 
' De puis boli et de plono chaut! 
Sial dahez ait or qui en caut 

786 Ques ohemina ne quel voie tiegae! 
La maie honte li aviegne! 
' Tel poor m'a il ores fête, 
' Geste longaine, ceste sete. 
/ Une longaine, une prireîse, 

790 Fous est qui de lui s'apriveise. 
Un traïtor qui por un oef 
Traîroit uit homes bu noef! " 
C'est uns leres, uns losengiers 
Qui por moi ores engignier 

T95 Se fist ainsi oon beste morte. 
La maie passions le torte! 
Di di avant, mal es baillis, 
I Ja o'ieres mes espeneîs.' 
'Volentiers, eire' dtst Benart. 

800/ Testoie ouan en un essart. 
Si troTai qatre huaniax 
Bien enpenez et grant et boax, 
Qui erent fil Hubert l'eacofie. 
A un religions ermoSe 

806 Qui par cest païs quiert les pes, 
Et si se font a lui confes 
Li malade et li peceor 
Qui de lor pèche ont poor. 



773 «Mes 776 En credos et en patrenstres 779. 780 intemertiê 
7H1 tresf 784 ore 78» priaeaae 790 laprineHae 79S nef 794 Q. en la 
benr fta eluretera 795 ainii j ieter 



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VII (Méon 28611—28664) 

Sire, si les mang&i tos quatre, 

810 Dea lores me doûat l'en batre. 
Mq8 certes ores m'en repent, 
Si en vien a amendement.' 
Li huans levé les sorciB, 
Quant il ot parler des ses fis. 

816 'Soigniez soie dist li buans, 
I 'Et de corbeilles et de vanz 
j Et de paniers et de banastres! 
Licherrea, por qoi les man^astes? 
Il erent mis li huanel. 

830 Orant dol m'aves mis el cerveL 
Jea avoîe bien un mois quis 
Par la terre et par le paTs, 
Et vos lea m'aveea mangies, 
Ciiîverz, traîtres, renoiesl 

825 II erent tuit quatre mi fil. 
Ja Q'issiea vos de cest péril, 
Tant que vos i soies noies!. 
Car forment en ani corocies. 
Certes se la force eatoit moie, 

830 Orendroit vos i neeroie.' 
'Sire' ce respont li golpia, 
'Se je voa ai mangies vos fils. 
Je en vien a grant repentance. 
Mes or fêtes une acordance! 

836 l'or voa enfans que mangies ai 
Vostre borne lije devendrai, 
Si nos entrebeaons en foi.' 
'Volentiers' fet Hubert, 'par Foi.' 
Li huans tent a lui recoîrre, 

840 Et Renart bet a lui decoivre: 
Si l'ot encois tôt dévore 
Que en oflst son pie tome. 
Ha las! ci a mal pechéor 
Qui a mangue son confeasor. 



StO loien SIS «oroU 815 aoles 817 puùerei 881 1 g. 
t tint 843 a mtinqu4 844 m Apria 844 SxplÏMl 



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(HéoD 1298T— 18010) 



vni 

Jadis estoit Renart en pes 
A MalpertuB en boq pales. 
Lessie avoit le guerroier: 
Ne vcloit mes de tel mestier 
5 Vivre con il avoit vescu. 
Tant avoit de raul:rui eS 
A maie resoD et a tort 
Que bien le ha oient de mort 
Plus homes qu'il n's en l'an festes 

10 Et autretant, ce quit, de bestes. 

Or avint il jadis bai, 

Par un matin d'un vendredi 

lesi Banart de sa tesnere. 

Si s'eslaiusa par la bruiere. 

15 Me coroit pas si tost d'aaeZ 
Coq il Boloit, molt fa lassez. 
'He las!' dist il, 'n'ai mes mester 
De mal fere ne de pëchier. 
Par la fiance de mes piec 

ao Ai jei fait de molt granz péchiez. 
Jei Boloie core si tost 
Que trestuit 1i cheval d'un host 
Ne m'ateinsissent en un jor 
Por qoi voussiase fere un tor. 

olot 9 nait 12 ueadre 24 fere u. fere 



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vm (Héon 13011—13046) 

36 En ceste terre a'a mastin 
/ Qui me rescossist un pooio 

Por qoi jei l'oûsse engole. 

He <lex, tant bon en ai enble, 

Tant capon et tante jelïne: 
30 Odc n'i oi savor de .cuisine 
I Ne vert sauafl ne ail ne poivre 

Ne cervoise ne vin por boivre. 

Toz jors ai este pautoniers 

Et aloie molt volontiers 
35 La ou je aavoie hantins 

De jelines et de pocias. 

Il me venoient poilliier 

Et entre les janbes becbîer. 

Quant j'en pooie une tenir, 
40 moi l'en estovoit venir. 

Ne li avoit crier mestier, 

 la mort l'eatovoit Initier. 

Ueinte en ocis en tel manere. 

Une en fia je porter en bière 
46 Devant dan Noble le lion, 

Que je ocia en tralson. 

Mea icele me fu tolue: 

S*en dut ma gole estre pendue. 

Le vaillant l'ele d'un pinçon 
50 N'oi jei onc ae de l'autrui non. 

Ce poiase moi, or m'en repent. 

Bau sire dex omnipotent, 

Âiez merci de cest chaitif! 

Ce poisse moi que je tant vif." 
ftft 8i con Renart ae dementoit, 

Ez vos un vilein qui venoit 

Par mi la lande tôt a pie 

En son oaperon enbronchie. 

Renart le voit tôt sol venir. 
«0 Encontre vet, ne volt foïr. 



35 soloie huitii 30 et ] ne 89 poi« 



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vm (Méon 13047-13062) 

Renart li dit 'vilein, ca vienl 
Meînes tu arec toi nul chien f 
'Nenil, ne t'estuet a doter. 
Beoart, que as tu a plorerP' 

6& 'Que j'ai?' dist Renart 'se ses tu. 
Ja n'a il jone ne ohenu 
En ceete terre qui ne sache, 
Conques ne fui en oele place 
On je poiiBse nul mal fers 

70 Conquee m'en Toussisee retrere. 
Mes or le Teil eoBv leissier: 
Que j'oï dire en reprovier 
Que par vraie confession, 
Qui aieroi crie, aura pardon.' 

76 Renart, tous te tu confeseer?' 
'Oïl, se pousse trover 
Qui la penitmoe me doigne.' 
Dist li TÏIein 'Renart, ne hoigne ! 
' Tu sez tant de guile et de fiirt: 
/60 Bien sai, tu me tiens por muaart.' 
'Ne fas' dist Renart. 'tien ma foi 
Que je n'ai mal penser vers toi. 
Mto je te pn por deu et quier 
Que me meines a un mostier 

86 Ou je puisse prestre trover. 
Car enfin me voit confesser.' 
Dist li vileina 'ca en ceet bots 
En a un: vien i, oar g'i vois.' 
Et li vileins molt Inen savoît * 

90 Cnn bon crestîen i avoit. 

Tant ont erre par le boscage 
Qu'il sont venu a l'ermitage. 
Le maillet troverent pendant 
A la porte pat de devant. 

96 Li vileins hurte durement 
Et l'ermite vint erraument. 



se il ne neil ne 67 qne len i. 75 uoat t« tu 76 p. prestre t 
80 ta j que sa m. i troue p. 94 de manque 

DigiUrrlbyGOOglC 



vin {Uioa 13088— 13II9) 

/ Le fermai oste âe la roille. 

Quant vit Eenart, molt se merveille. 

'Nomine dame' dist li prestre, 
100 'Reoart, que quier tu es oest estreP 

Dex le set, onc puis n'î fus ta, 

 ceet porprîs de mîeuz n'en fu.' 

'Ha sire' dist Renart, 'roercil 

Que que j'aie fet, or eui oî. 
106 De quaoque j'ai vers voe me^rie 

Et vers mes autres anemis 

Yos ori je mer«i et pardoD.' 

A.a pie li chet a oreison. 

Et Termites l'a redreche, 
110 Puis li dit 'Renart, or te sie 

Ci devant moi, si me descovre 

Tôt de chef en chef la mal ovre.' 

"Sire' dist Renart, 'volontiers. 5? 

Qant j'ere baohelers legicrs, 
llfi Yolentiers jelinee manjoie 

En ces haies ou jes trovoie. 

Jes tuoie par traïson, 

Ses mangoie conme gloton. 

A Ysengrin pris conpaignie: ' 
120 Qant je li oi ma foi plevie 

De leaument vers lui errer, 

Par amor li fis esposer 

Hersent la bele ma seror. 

Mes ancois que paseast tiers jor 
12S Li rendi je maveis loier. 

Car jel fis moîgne en un moster 

Et si le fie devenir prestre. 

Mais au partir n'i vousist estre 

Por une teste de sentier, 
liin. Car je U fis les seins soner. ■ 

Si viot li preatres de la vile 

Et .des vileins plus de deua mile 

Qui le bâtirent et fusterent: 

102 n' manque 107 pri 117 touoie 124 p. 1b t. 1B3 fautrarui 



,C.oo^Il- 



VIII (HéoD 13120— 131SS) 

A bien petit ne le tnereot. 
13& Puis li fis je en un vivier 

Tote une nuit poiseona pechler 

Dueq'au matiu que uns vileina 

I vint aa maoue en aea meine. 

Cil li fiât mATeia pelicon: 
140 Qar avec lui ot un gaignon 

Qui li peleïca la pel. 

Sachea que il m'en fu moU bel. 

Et puis le refîa prendre au piège 

Ou il garda huit jorz le siège. 
14$ Au partir i laissa le pie. 

Dex nM>ie copo del pechie! 

Puis lacai ma dame Heraent 
^ A la ooue d'une gument, 
' Bi la mors et lia repeaner 
100 Tant qu'a honte la fis livrer. 

Molt ai fait autrea tricheries 

De larecina, de félonies. 

Bien aaî qu'eacomeuiez sui. 

Certes je ne vos euroîe hui 
1S5 Dit la moitié de mes péchiez. 

Che que vondroîa, si mVn charj^iez: 

Car je vos at dite la aome.' 

'Renart, aler t'estuet a Rome: 

Si parleras a l'apcatoile 
160 Et li conteras ceate estoire 

Et te feras a lui confes.' 

'Par foi' diat Renart 'c'eat grant fea.' 

Diat Termites 'mal estuet trere 

A qui penitance veut fere.' 
166 Or voit Renart, fere Testuet. 
/ Escrepe et bordon prent, si muet 

Si est entres en son chemin. 

Molt reaemble bien pèlerin 

Et bien li aist l'escrepe au col. 



136 Tôt h&rens 199 loil 140 g*roon 141 pelioft 14S T«peller 
151 qne eMMmeniei 159 parlerai a lapoatoire ISl um ferois 182 dit 
1«4 veut 1 «Btnet 166 met 



, Google 



vin (Méon 13156— IS195) 

17â Mes de ce se tint il por fol 
Qu'il eat meflz sans conpftignie. 
Le grant chemiii s'ira il mie, 
Âncoia l'sTOÎt laisùe a deatre. 
Une sente torne a senestre. 

1^6 Oarâa aval une chanpaigne: 

Si a veû en une pleigne 
/ Bwbiz qui paissoient gaTo: 
Et eotr'elee fu dan Belin 
Le moton qui se repoBOÎt. 

180 Tant aroit luit que laa estoit. ' 
'Belin' dist Benart, 'que fes tu?' 
'Ci me repos toz recreO.' 
'Par foi, cist repos est rnaveis.' 
Et dist Belina jei n'en puis mes. 

186 Jei serf a un vilein félon 

Qui onc ue nie iist ae mal non. 
Ëinz puis que soi bêler ne muire, 
Ne finai de sea berbis luire. 
Ces bestes ai jei enjendreea 

190 Que tu vois ici aaenblees. 
Ual ai mon aerviohe enploie. 
Car H TJleins m'a otroîe 
A ses aeeors a lor prise. 
Et si a il ma pel promise 

tes A housiaux fere a un prodome 
Qui lea en doit porter a Rome.' 
'A ItomeP par dou' dist Rsnart, 
'Ja en la voie n'auras part. 
Mieuz la t'î vaudroit il porter 

200 Ta pel que toi fera tuer. 
I Et ae iceste morz t'alasche, 
Si revendra après la pasqufl 
y Le jôësdi de rovoiaons 

Que jent manguent les motona. 

206 Or ea a la mort, bien le voi, 



IT8 entre le fou d. 182 irucu 1S5 repost 187 luire 185 a 
199 te 20S iosdi 20!> es 



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Vm (Méon 18196-13286) 271 

I Se tu n'en prens hastîf uODroi, 

Si tu n'en torneë d'autre part.' 

'For amor deu, sire Renart, 

(Pèlerins eetee, bien le voi) 
210 CoDseillies moi en boue foi!' 

'Pèlerins aui je Toireinent. 

Mes tu n'en crois ores néant 

For le mal cri que j'ai où. 

Ues je m'en sni or repentu. 
/ 3iD J'ai este a un deu feeil 

Qui m'a done molt bon conseil, 

Par ouf serai sans, se dex plaist. 

Dex a comnande que l'en lest 

Père et mère, freie et seror 
3iO Et terre et herbe por s'amor. 

Cist siècles n'est que un treepas. 

Holt est or cil chaitie et las 

Qui aucune foiz ne meure. 

Ja trovons nofl en escriture 
225 Que dex est plus liez d'un felun, 

Quant il vient a repentiaon, 

Que de justes nouante noef. 

Ctst siècles ne vaut pas un oef. 

A l'apostoile voil aler 
230 Por conseil querre et demander, 

Conment je me doi meintenir, 

8'avoc moi voloies venir, 

/ L'en ne feroit ouan housel 

/ Ne ehaucemente de ta pe).' 

336 'L'en ne desdit pas pelenn. 

Jei vois o toi' ce dit Belio. 
En lor chemin en sont entre. 

Mes il o'orent gueres erre, 

Qant trorent Beinart l'archeprestre 
240 En un fosse les cardons pestre. . 

'Beroart' dit Rensrt, 'dex te saut!' 

218 DS sis feil 216 • manque 219 auer 221 que ] fors 224 
%. SST .L. noef 233 luel 285 desooit 



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Tni iMfion lSBS7~13aT2l 

Et (ùl levé U teste en haut. 

'Dex te beneleT dist il. 

lea tu ce, Renart le gorpil P' 
246 'Oïl, ce 8ui ge Toirement.' 

Por le ouer be, quex mautalsnt 

T'a fet devenir pèlerin 

Entre toi et mestre Belin?' 

'Ce ne fu uialtalant ne iro: 
260 EncoÎB ToloDB doffrtr martire 

Et traviûl por nos amender 
/ Et por dàmledeu rochater. 

Mes de ce n'as tu or coraolie 

Ne d'aler en pelerinaohe: 
205 EincoiB tous porter ouan mes 
/ De la buBce grandime fea 

Et graot sachees de carbon. 

Et si auras de l'ogullon 
/ Tôt le crépon deeus pelé: 
260 Et quant rerendra en este 

Que de mochea sera graot nonbre, 

Lors n'i garraa nets eu l'onbFe. 

Fe le bien, si rien avoc nos. 

Tu ne seras ja sofretos 
266 De rien dont te puissons aidier. 

Tu auras ases a mangier.' 

Dist l'anes 'volentiers iroife, 

Se ases a mangier avoie.' 

'Si auras, ce t'afî par foi.' 
270 Or en vont ensemble tuJt trot 

En un grant bots en sont entre 

Ou il trovent a grant plente 

De oere, de bisaea et de deina. 
/ Sied de «eus pristrent il le moins. 
270 Tote jor ajomee errèrent 

Par 1» forest: onc n'i troverent 

Vile ne recet ne meaon. 

'Seignor' dist Belîn, 'que feroo 

243 benei 251 amerder 852 Et manque 2M Riai 



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VIII (Héon 13S73— I390S) 

De berbergierP car il est 6art.' 

380 'Voire est' ce dist sire Bemart. 
Renart respont 'bau conpaîgnoD, 
Et nos queil ostel querrion 
Fore la bêle erbe aoz ceat arbre? 
Meiie l'eim que un paleia de marbre.' 

286 'Far foi' dist Belins li motone, 
'J'aim molt a jesir en meeon. 
Tost se vendroient ci enbatre 
Ci entre nos trois lou ou qatre, 
Dont il a ases en cest bois.' 

3t)0 Dist l'archeprestroB 'ce est voira.' 
Renart lor respont sens orgoïl 
"Seigoor,' ce que voles, je voil. 
Ci delee est l'ostel Primant 
Mon conpere qui ne nos faut: 

m> Alons i! nos i serons ja. 

Bien sai qu'il nos herbergera.' 
Tant ont fet que la sont venu. 
Mais il seront molt irascu 
Ainz qu'il s'en partent, se Renart 

300 Me les en jet par son barat. 
Li louz ert aies en la lande 
Et Hersent por querre viande. 
Tji pèlerin pristrent l'ostel. 
Aaea i trovent pain et el, 

305 Char salée, formaclie et oea, 
Et quanque pèlerin est oes: 
Si i trovent bone cervoise. 
Tant boit Belins que il s'envoise: 
Si a conniencie a cbanter 

310 Et l'archeprestre a orguaner. 
Et dan Renart chante en fauset. 
Ja fussent bien fet lor foret, 
Se il fussent Isissie en pes. 
Mes li lous vient o tôt son fes 



280 Vonr ce manque 28^ querricon 283 deiiUB 286 Tuit ,111. 
Mie part ea uont la 

KEXABT* I '^ 



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VIII (M^on 1330fl-13347) 

315 Qu'il aportoit dedenz sa gole: 
Et Herseut ne fu pas saole, 
Dunt ele estoit tote deavee. 
Quant il oTrcnt la criée 
Dedenz l'ostel. si s'aresterent 

3'20 TJn petitet, si escotercnt. 

Et dist 1i loua jVi iaoDz gont.' 
'Par foi g'i irai' dist Hersent. 

-^ Quant ele avoît mis son fes jus, 
Lors esgarda par le pertuia, 

825 Si vit les pèlerins au feu. 

Et puis s'en revint a son leu. 
'Sire Ysengrin, dont ne ses tu 
Con il nos est bien avenu? 
Ce est Renart Belins et l'asne : 
/ 330 Cez avons nos en nostre lasne.' 
Par grant aïr a l'uia hurte. 
Ues il le trovcnt bien ferme. 
'Ovrez' dist il, 'ovrez, ovrez!" 
'TeiaSez' diat Renart. ne gaulez!' 

335 'Renart, n*i a mestier teiair. 
Il voa estuet cest buts ovrir. 
Fel traîtres, fel reneie, 
Par vos ai ge perdu le pie. 
Vos estes tuit livre a mort. 

:i^n Mar arivastea a cest port, 
Et vos et l'ane et le moton.' 
'Ha tas' diat Belin 'que feron? 
Tuit aomes pria aane nul retor.' 
Et diat Renart 'n'aiea poor! 
f .S45 Car bien istroia du ceat tovel, 
Se votez croire mon conseil.' 
'Si ferons nos' dist l'archeprestre. 
'Renart, ja es tu noatre mestre 
Qui on cest leu nos amenaa.' 

350 'Or dan Uernart, qui fora reins as 
Ya, si t'acule a cel huiset 



l f. girai 333. 324 inlrrrrrtig 826 lou fl89 Unne .145 roel 



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VIIl (M^on 1.1348—1338*) 

Et si l'entrovre un petitat, 
Tant que li loua i puisse entrer. 
8i li lai la teste boter, 

365 Puis recio l'iiis par grant vertu. 
A lui jostera cest cornu,' 
L'asne s'est a l'uis acule, 
ITn petitet l'a esbao. 
Li Ions bota ia teste avant, 

m) £t cil clôt l'uis de tneinteuant : 
Asez fu meuz que en prison. 
Qui donquës vcTst le nioton, 
Cou il ruoît les cous d'aTr 
Ht reculuit por meuz ferir! 

363 Renart le aeinont et apele 
'Belin, espan li la cervelo! 
Garde que vis ne s'en cstorde!' 
Onques encore a cule porte 
Ne TcTstes si 6er asaut 

370 Conme Belin fet a Primaut. 
Tant a feni et tant hurte 
Qne le lou a eacerrele. 

Hersent qui par dehors estoit, 
Qui aîdier ne li pooit, 

37A Parmi le bois s'en vet hulaot 
Et les autrfs lous amassant. 
En poi d'ore en i asambla 
Plus de cent que o lui mena 
A l'ostel por le lou vencher. 

380 Mes cil Bo sont mis au frapier. 

fir Et les louB les sevent par traohe 
(Ilenent devnnt molt les nianace) 
Et jurent qu'il les mangeront 
Ja en cest leu nés troverout. 

305 Renart qui ot les lous oUer, 
Ses conpaignons prist a haster. 
'Segnors' dist il, 'venez grant oire!' 

^ L'archeprestres conmenche a poire, 

S<S meint 379 nenuencher 



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VIII (Méon 13385—13420) 

Qui n'avoit pas apiis a corre. 

3!M) Retiart voit qu'il née puet aocorre, 
l^e garder bo par engin noo. 
Scgnor' dist Renart, 'que ferouF 
Tuit somea mort et confondu. 
Montent! en cest arbre ratnn! 

:)Oft S'auront nostre trace perdue, 
lieraent est forment iraecue 
Por son seîgnor que mort avon.' 
'Par foi' dist Belîn le moton, 
Je n'apris onqueB a ramper.' 

400 Dist Bemarz 'je ne sai monter.' 
'Seignor, beaoing fait molt aprendre 
Et tel chose Boveot enprendre 
Dunt l'en ja De a'entremetroit 
Si li besoing ai grant n'estoït. 

405 Fêtes, Beignor, montes, montes! 
Se vos Tolez, de voa penses!' 
IteDart monta on l'arbl^ sua. 
Quant il rirent qu'il n'i a plus, 
A queilquc peines sus montèrent. 

410 Deaus doua branches s'encroerent. 
Es vos poignant des eaperoos 
Heraent o toz aea conpaignons. 
Quant il août venu en la place, 
3i en orent perdu la trache. 

4ir> Nés sevent mes ou aler qucrre 
Et dient qu'entre sont en terre. 
Laase turent et travellie, , 

Desos l'arbre ae aont cochic. 
Belins qui lea loua eagarda, 

420 N'est merveille, s'il B'eemaîa. 
'Ha laa' fet il, tant sut ehaitîal 
Or voussiase eatre o mes berbia!" 
'Par foi' dist Bernarz, je me dotl. 
Tel oatel pas avoir oe Boil. 



oit ni i^Mt 412 tôt 415 



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VIII (H«uii lU2l-lSiÔS) 277 

430 Je me yoU d'autr« put torner.' 

Renart le conmeDce a blâmer. 

ToB poires encui tel tor'fere, 

Qui vos tornera a coatrere.' 

Dist Bernnrz je me tornerai.' 
430 Dist Belîns et je si ferai.' 

'Or tomes donc: car je vos les.' 

Cil se toment tôt a un fes, 

Qu'il ue se sourent sostenir: 

A terre les convint venir. 
490 Bemarz csquachn qatre loua. 

Et BelioB en retiia dous. 

Et les autres loua molt s'esmaient 

Por lor conpaignous que morz voient: 

Fuit s'eut l'un cha et l'autre la. 
440 Et Rcmart qui les esgardo. 

Si s'escria 'la hart, la hnrt! 

Tien le, Belîn! pren le, BemartI 

Tien les. Bernart l'arohepro voire!' 

Lors s'en toraent les loua grant oire, 
44' Que por cinqante mars d'argent 

Ne retornast mie Hersent. 
Rpnart qui fu en l'arbre sus, 

A ses conpaignons descent jus. 

Seignor' dist il. que faîtes vos? 
" 490 Ai vos bien de la mort rescosV 

En a il nul de vos bleciesF' 
' Dist Bernarz 'je sui maennies. 

Jet ne puis mes avant aler, 

Ariere m'estuet retorner.' 
450 Dist Belins et je si ferai. 

James pèlerine ne serai.' 

'9egnor' dist Renart, 'par mon chef, 

Cist eires est pesanz et gref. 

Il a el siècle roeint prodome 
4fl0 Qu'onques encor ne fu a Rome. 

427 CDoar hui 428 a ffnnt a, 432 ien 4S4 lei estuet 4S5 B. 
I «aohaca. 111. 4»tj mort 443 mam/iit 41)1 À. en 455 i« aosi 457 
It 460 Qne o. 



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YJII (Héon 13*57— law*) 

Tiex est reveuoz de sept seins 
Qui est pires qu'il ne fu eins. 
Je me toîI mètre eu moa retor: 
Et si vivrai de mon labor 

465 Et gaaignerai leelment. 
Si ferai bien a povre gent.' 

^ Lors ont crie 'outrée, outrée !' 
3i ont fête la retornee- 



461 des 4SIi gaigneru An deeaoas du e 
le pelirinage Renut 




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IX 

Un preetre de la Croiz en Brie, (091 

Qui danile(Ie.\ doint boae vie 
I Et ce que plus li staleote, 

A mis Bun estuide et a'entente 
6 A fere une novele branche 

De Renart qui tant sout de ganche. 

L'estoire temoiDUe a vraie 

Une bons conteres. c'est la vraie, 

(Celui o! conter le conte) 
10 Qui tos lea conteors sormonte 

Qui soient de ci jusqu'en Puille: 

9i set molt de force de guille. 

Cil tcmoingne l'estoire a voire, 

Et por ce la devome meus croire. 
lA II aviot ancienemeut, 

Se l'aventure ne nos ment 70 

Qui aferme le conte a voir, 

C'uhb vileins qui molt ot d'avoir, 
I TenaDz, esparnables et chichea 
30 Plus que Coostanz des Noes riches 

Que l'en tient a ferm et a plein, 

En son novel essart bien mein 

Près d'un grant bois ses bos lia. 

Por le grant gsagn qu'il î a, 

8 c'est tMnnfM 9.10 inUrvtfliÊ 9 A. a. 10 Que oonteree IT 
18 C*M(iHgu« A'tutmqMe 19 riohei 20 riohei 21 Qa« ) R. I« attond 



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280 IX [Méon 15333—15368) 

29 Li est avÏB qu'il est trop tart 
Yenu atant a son essart. 

Si ert encore bel le jor. 
Mais repos, eise ne sejor 
Ne duîst a vilein ne ne pleat. 

30 N'a talent qu'en son lit arest, 
Puis qu'an poi voit le jor paroir : 
Que vileioB ne deit ese avoir, 
Ainz ireit en autre ovre fere, 

Car molt par puet vilein mal trere. 
35 Cil vilein doot je voa conmanz 

A conter merveilloa romans, 

Huit boB a sa carue avoit. 

Bn la contrée en ne savoit 

Heillors bues qu'estoient li suen. 
40 HaÏB 8or toz en i ot un buen 

Qui estoit apeles RogeUB. 

Hais tant l'avoît par les fors leus 
^ A son fiens trere demene 

Et totes les saisons pêne, 
45 Que lentement aloit le pas, 

Por ce que feîbles ert et las 

De grant travail, et auqucs megres. 
* Li vilein qui fu fel et egres, 

Por ce que trop le sent a lent 
50 Le point et dit par mautalent 

'Rogol, trop estes alentis. 

Por vos ai sovent desmentiz 

Toz les vileins qui me disoient 

Por mes buez que il mesprisoient, 
65 Que je n'auroic pas de vos, 

Tant fusse d'argent sofreîtoz, 

Tint et deus sols de dant Durant. 

Et je lor disoie en jurant. 

Por vérité que ge ne mente, 
60 Que je n'en prendroie pas trente, 

25 trot 28 repose ne s. 29 Vn ne man^tt 31 qnc 
pot fere 38 o. len 40 bon 42 rtndn^M 43 flli 52 n. lui 
tormentiz 54 m. Uiea qnil 55 jiu de ] rien por 



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XI (Héon I53S»-1540«) 281 

Non pas trente et deus au marche. 

Or avez plus le cot ohargie 

Del lien que n'a nus des set. 

Si n'ayes encor gaîres trait, 
66 Trop matin estes ja lasses. 

Ainz que cist jora seit trespasses, 

Yos puissent mal ors dévorer: 

Qae trop me faites demorer 

A arer un sel Ion de terre. 
70 En liu de vos me covient querre 

Ud bof a la feïre de mai. 

8e dex me desfende d'esmai, 

Je voudroie que lous ou ors 
^ Yos oiist oste a retxu^ 
t 75 Ge'pelicon sans demorance, 

Que poi pris mais vostre puissance. 

Trop portes basse celé chère. 

Mal ors huî oest jor vos reqncre !' 
' Ce que diet li vileiiu engres 

60 BniD li ors qui el boîe fu prea, 

A tôt oî et eacote. 

En un boeson avoit bote 

Le col et les pâtes devant. 

M 'avoit mie poor de vent, 
80 Que nul clien nel pot iloc prendre. 

For meus escoter et entendre 

S'eatoit près el boseon repox: 

Ne vonssist pas por quinze sous 

Que n'oûst le vilein oï. 
' 90 Molt l'a la premesse esgoï. 

A soi meismes dit tôt coiz 

'Bien m'est avenuz ceste foiz. 

Or aurai ge, deu merci, proie 

SsDZ nule faille oeste voie. 
96 Xe m'irai or pas delaiaot 

Eb aventure por neent. 

62 pkrloi le col pelé 64 encore 72 deifen deimai 78 uondroi 
<|. on ft loua Ta M. hor hd 79 dit 80 do b. 87 del 93 Or rk f^ 



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IX (HéoD 1540T-1&444J 

Or sa je bien ou charg;erai 
La proie que g'eoporterai. 
Un buef aurai sol a ma part, 

lOO Kogel qui fu sei^or Leotart. 
Mes anoois qu'il fust primes sieu 
Sovent mV fait sevré a son cheu 
Et fait descirer sor mon pois 
jtfon pelicon deus fois ou trois. 

105 Eucui li vaudrai molt cher vendre. 
De la char Kogel crasse et tendre 
Ferai encui mes gernons braire. 
Qui qu'il doive plere ne nuire. 
Ce pnet bien li vileîn savoir 

1 10 Que je voudrai mon bof avoir : 

, Car je tieng promesse a chatal. 

N'en ferai mes autre jornal, 

6'ain meus sa char que il ne pense. 

Et s'il i veut mètre desfense 

ilEi Ne arest, savoir puet sans faille. 
Enpris aura aspre bataille. 
James n'aura envers moi pes 
^ Ne trives li vileias punes, 
Ainz le gerroierai tôt tans, 
' 120 Se consivre le puis as chans 
Ou en bois par son mal oiir, 
je serai plus asoûr 
A ce que dessirrer ai grant. 
Se Rogel le buef me desfent, 

l3fi Tel cop li donrai de ma pâte 
Que j'ai fort et charnue et plate. 
En col ou en pis ou en faoe. 
Que je l'abatrai en la place. 
Mais c'est folie que je di, 

130 Car je sai bien trestot de fi 
Que il n'i mètre ja arest 
Que Rogel mon buef ne me lest 



99 rael 101 pnnei luen 101 • ifioMfue 10« .rog«l' 
113 Oaiti 115 pot 116 uru ItS gerrw 120 m otm 184 



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IX (Méon 15445—13482) 283 

Si COU il le m'a en ooveat. 

Je l'ai 01 loer sovent 
Isa Et afermer por véritable, 

Bien ferai sa parole eetable. 

Nului tolir ne le me puet, 

tarant cfaosee a en fere l'eatuet. 

Yoille o ne veille je l'aurai, 
140 Ja espoir gre ne l'en saurai.' 

Ëuei parole a soi tôt soua ' 

Brun lî ors qui ert anguissous 

De feio, dont molt est amortez: 

KaÎ8 auques est réconfortez 
143 Por ce qu'il ert en espérance 

De Rogel avoir sans dotance. 

Lors est del boisson sailli fore, 

Uolt ferement aqnet son cors 

Et jeta un haut brait de goie. 
130 N'a mie poor que l'en l'oie. 

Que n'avoit près de nnle part 

Nului fors solement Leotart 71 

Et un gars qui avoo lui fu 
- Qui les bues ohaoe de vertu, 
'-133 Qu'il ot alue la seson. 

Âtant del garoon nos taison, 

Et si parleron de Brun Tors 

Qui vers le vilein ^vint le corz. 

Il sont bien sa proie espier, 
160 Ja voudra Rogel deslier. 

Quant il fu près de ta obanie, 

À haute vois Lietart salue 

'Et dex te saut, Lietart amis! 

Ta premesse en ceet mein m'a niis 
166 En grant espérance de bien. 

Ge tieng Bogel ton bof a mien 

Et bien le doi a mien tenir: 

Que ca m'a fait si mein venir 

1S7 Unie nel me 188 Mtot US estoit 147 lora 153 que 154 
Qae IM espirer 161 clMrere 163 1. «Borie 168 Et manqm 164 p. 
est e« mes auU 185 E g. 166 meiD 168 Qui o& mM 



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La premesBe que me tels 

lîO Que tu par maltalent deîs 

Que max ors le poûst manger. 
Ne pues ta parole chaDger. 
Tn ea trop tart au repentir, 
Je M ferai les deus sentir. 

]7.^ Deslies le moi sans dangier, 
Il n'eit or pas teos de songier. 
Deslies le moi sanz demeure, 
Qu'il n'est or pas ne tens ne eure 
Que prodon face chère morne: 

180 Aioz doit sîtost oon il ajome, 
Si con tn fez, conmeucer ovre. 
Par ta richesœ et lors te covre. 
Faz me tu chère felenesse? 
Paie, que je Toil ma premesse. 

18.^ Ne fai ja por ce lûde chère! 
Je voudroie mens estre eo bere 
Que ma premesse n'enportasse. 
KogeuB est une beste lasse, 
Caitive et feble et mal trsians: 

190 De son trere est il mais noiens. 
Ja nel ferai lier ne trtûre 
Ne nul autre besoingne- fere, 
Einz en eoplirai ja ma panoe. 
N'en fai ja laide oontenanoe. 

1% Que ta o'i pues rien conqneater. 
Se tu le me vous arester 
Et délier le baef sans noise, 
J'ai en pense que je te voise 
Douer de ma pâte tel fist 

300 Qu'a terre t'abatrai tôt plat, 

Et lors seniut, si oon moi sanble, 
À mon voloir lî buef eosanble. 
Por ce le te di que meus t'ert 
Que 'Rnfptl que rieUeoe aquiert, 



170 m. le deU 171 hors 172 pos 179 • 176. 177 manquent 
178 t. nenra 179 q. pardon f. 180 ritot 182 Faut i) Urt Pu U 
riehetoe et loi reeoTre t 186 Jen 193 ja manque 19& pos 30S le i w wf«i« 

„ ..,„,glc 



IX iMéon lGai9-.l&»54) 285 

905 Soit mien seos que ensenblfl ttiit : 

N'i aurais joie ne déduit 

Se toz le avoiez perduz.' 

Lors est vileins esperdus 

De ce que Brun l'ors oï dire. 
210 De m&utalant tressue et d'ire, 

Molt dolanz est et esbahi, 

Car par ea premesse est traî. 

Si li poisse de la parole 

Qu'il dist, et si la tint a foie. 
2IS En meinte guisse ee porpense, 

Bien set n'i a mester desfense 

Vers Brun qui est et grans et fors. 

N'i a meeter nul reoonforz, 

Qu'en poi d'ore estrangle aura 
230 Les buez que ja nus uel saura, 

Et lui mort aioz que l'en le sache. 

Meus li vient soufrir le damage 

D'un soi buef que de toz a tire. 

Que bien set, se a lui a'aïre, 
•2iù Lui meiames estraDglera: 

Ne ja mes n'en esobapera. 

Bien set n'i a teamer meatier, 

Meuz puet par proiere esploitier 

Que par tencon ne par melee. 
aso Ses bnes areata en l'aree, 

Vers Brun l'ora forment s'umelte, 

Ed plorant li dist, a'il deslie 

Ro^l si mein, que sa jornee 

lert tote a noient atomee. 
S36 Que nul esploit ne porra fere, 

Que li set busf ne poent traire, 

Que trop est fors la terre et dure: 

Et sorent li aferme et jure 

Que gruiz merciz li devra rendre, 
340 Se de Bogol li veut ateudre 

fM MM manqut 211 est monqut 214 dit 219 ectrane 220 
Li 221 U 8S2 duMie «i9—22S mauqufnt 230 Son buef 231 Romelie 
238 et piaiifuf 239 merci 



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6 IX (M*oB 15555— 155«0) 

Jusq'a lendemeLa solement. 

'Molt volenters et bo&emeat 

Le vos rendrai le matiuet, 

Foi que doi mon fil Martinet 
345 Et ma bêle fille Goatance, 

N'en soiez vos ja en dotance! 

Voatre merci prestes le moi 

Jusqu'à le matin par ma foi, 

Que dex bone joie vos doint!' 
350 'Letart' fait il, 'n'en auras point. 
^ Ne le me tomez ja a truit, 

Qui aise atent, eiee li fuit. 
' De Renart qui guilUer ne fine 
-' Tien ge cest sen, molt vaut saisine. 
25fi Se je rent ce dont sui saisis, 

Molt sereie malvaiz failliz. 

Certes molt en seroie fol, 

Se ce que je tieag a mon col 

Rendoie por bêle parole 
260 Trop est cil fox que fol afole. 

Je metroie tôt a demein 

Ce que je tieug ore en ma mein. 

Donc m'aurotes tu bien trove 

Àpertement a fol prove, 
3it& S'en aventure me metoie 

De la chose qui ore est nioie. 

Bien seroie fol atrapez, 

Se de mes moins ère eschapez. 

Je cuit et oroi par seint Johan, 
270 Ne te verroie mes ouan. 

A ton pooir te garderoies 

De toi mètre mes en mes voies. 

Ëinsi m'auroies tu tost fait, 

Que l'ea dit, de bienfet col fret, 
2TS Mal por bien a l'en por service. 

Se ta foi en avoie prisse, 

347 preotrM 250 ne a. 251 au t. 256 r. are a maluaiiû 
257.25S manquetil 259 Rendroi» 261 metroi 868 qne 



«k 



IX (Héon 15591—16627) 

Tost en oveutiroieB ta foi, 

Se dex me saut, et bien le croi 

Por un vilein dont me sovient, 

280 (L'en dît, eacaude eve crent) 
Qui ouan sa foi me menti, 
Ne onques ne s'en repenti, 
Ne respit ne m'en demanda. 
Ne vers moi ne s'en amenda. 

286 Ce fu auan devant Tendenges 
Que il jura dex et ses angles 
Et se dex li donast santé. 
Il me dooroit a grant plente 
De ses rees et de son miel 

290 Que je ain plus que rien sos ciel, 

.^ Se ses deus chaiaus li rendoie 
Qa'au soir a manger atendoie. 
J'en pris sa foi, ne fui pas sages. 
Car c'est ore li pires gages 

295 Qui soit en Tostel au Tilaia. 
Je ne aui mie cil qui l'ein 
Ne n'amerai jor de ma vie, 
Que de foi n'a ge ouïe envie. 
Ne prodom ne le doit prisier. 

300 Qu'en ne puet mie justiscier 
Vilein, ne avoir en destroit. 
B)jn li semble qu'eschape soit, 
Con en le vout par sa foi croire. 
Ja puis ne venra uu sol oirre 

aos Por querre de sa foi respit: 
Trop a vilein foi en despit, 
Ne l'aime ne crient ue ne prise. 
Fox. est qui par foi le justise, 
S'il le puet en autre manere 

310 Jiuticber que il ait plus chère. 
Ne lo a nul seingnor de terre, 



281 qne «. S8 M f. m. 2B2 o. sen nont repentir 288 ni sen 285 
idrngei 290 liel 2»2 »u m. 208 fu 2B4 cerrt 2S5 el oatel 296 
qne 297 nainerB 800 Can ne pot 304 pins une eole ore 305 de 
7 croit ne instlBe 308 que 309 8ii ne le pot ne 311 Ne U 



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IX (Sféon 15626—15663) 

'' Se SUD vileia pren et enaere 
For son forfait ne por sa taille, 
Que H vileÎQS quite s'en aille 

3l& Por ea fiance aolement: 
Foi i a d'asouroment. 
Ce dirai que j'ai essaie: 
Ne sont pas vileio esmaie 
Fuis que vient a foi afier. 

820 Wus prodom ne a'i doit fier. 

Je ne aai conment tant te croie ' 
Que Rogel ton buef te recroie, 
Car je dot molt, se gel te croi, 
La tricherie et la non foi 

829 Que g'ai en meint autre trovee.' 

' Sire Brun, vertes est provee,' 
Ce dit Lîetars et molt fort plore. 
'Bien le sai, se dex me sequere, 
De meinte gùise a jent el monde. 

m) Que li un sunt de pèche monde, 

'- £ molt en i a d'entechez 

De toz les criminax péchez: 

Et desloiaus en i a meins, 

~- A. grcnnor plente que de seins, 

3âû Qui ne se vont pas esmaiant 
De mentir lor foi por noiant. 
Et de plussors n'est mîe fable, 
Qui sont prodome et véritable 
Et ont a damledeu bon cuer, 

340 Qui ne voudroient a nul fuer 
Por nule rien lor foi mentir. 
Ja dex ne me lait consentir 
Que ma foi mente a orne ne! 
Trop m'auroit pèche sormene 

fUb Et dex mis en grant obliance, 
Se je raentoîe ma fiance. 
For deu Bogel me recrées! 



332 tôt pichez 3!t5 Quîl ne een <J 



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IX (Héon 1D6S4~1S699) 

Ja demein ne vos ert rees. 

Par la foi que doi firuDmatin 
^M Ma moller, demein au matin 

Ci meîsmes le rameorai, 

Que ja vera vos n'en mentirai.' 
Brnn U ors respoot or l'enmetne, 
' Si li done fein et aveine! 
%e Je voudroie que plus fust {;raa, 

Mes ce ne puet ore eatre pas, 

Que eojor i covenroit grant. 

De lui me cuîdai meintenant 

- Orandrott ma fein estancher, 

860 Et ge le raurai autant cher 

Demein con orendroit auroie. 

Je rirai tandis querre proie.' 
Âtant prent la foi du vilein, 

Si se miat meintenaot du plein 
365 El bdia: en une espesse lande 

Ëutra por querre sa viande. 

Entre ces choses le vilein 

Qui d'angoisse et d'ire ert plein, 

Deslia les set bues por pestre, 
37) Ne pot a ese son cuer estre. 

Pot ce les deslia sitost. 

Que l'ire et l'angoisae li toat 

De gaanner tôt le talant. 

 Rogel se prist en alant 
.^5 A haute voiz a dementer, 

N'a or pas talant de chantor. 

'Haï, Rogel, ban bof et grant, 

Por vos doi molt estre dotant. 

Si Bui je ai con catre doi, 
3Sn Quant je vos ai tolu a moi. 

Ma parole foie et mavaisae 

Yos roetra demein a malaise. 

[Tôt c'a ge fet, amia Rogel, 

3W noU'. 352 ne m. 356 pot 358 cuide .159 mon 
I cl 365 En b. 367 oea Bosee 372 tôt !)79 au ie 38i 



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IX (Mêon 15700—15734) 

Certes ai en ai moU graut duel.] 

âSû En maies meiiis voe ai jeté, 
A Brun Tors qui est sans pitc: 
Demeîn de vos se dînera, 
Ce dbner molt me costera. 
Yoirement dist voir qui ce dist, 

390 Tant grate chèvre que mal giat. 
J'estoie trop aise hui meîn, 
Quant je raetoie en autrui meÎD 
Par promesse la moîe chosse. 
8'or me blâme forment et chose 

395 De ma folie et de ma perte 
Bninmatin la bêle, l'aperte, 
^e m'en doi mie mervellier. 
Je qui Botoio couseillier 
Mes voisins trestoa les plus sages, 

400 Ai quis mon dol et mon damage. 
Las! or m'a deu trop enhaî,' 
Quant je meîsmes me trahi. 
Dahait ait hui la moie geule! 
Qui avient une, n'afient seule: 

40d C'est ce que plus eren et redot, 
Que je ne perde le mien tôt, 
Que si sovent ne me meschee 
Que mes avoirs a noient chee: 

" Que donee m'est maie estreioe 

410 An premier Jor de la semeine. 
Or ne serai mes marcheant. 
J'estoie de si grant noiant 
Venu en auques en dis ans 
Que deners avoie gisans 

41Ô Bien entor cent livres ou plus 
Sans autre chose le sorplus. 
Terres et rignes, bues et vaches, 
Forment et vin, lait et formaches 



384 doil 385 E 3B9 dit u. 861 haiae 402 me Bui t. 403 > 
langueille 404 neulte 406 men 401 meschet 409 toraep meut ». m. pslrii 
410 pior 412 uuiniit 417 Près. uigneH. 418 le premier et manque 



IS (Méun 15735—15768) 

Avoie pliu, la deu merci, 

430 Que rilein qui fust preet de ci. 
Or dot que tôt a aient aille, 
Et cait et croi, sans nule faille 
Entres aui de perdre en la voie. 
Hui matin m'ert avis c'avoie 

4S5 Trop de huit boa en ma came. 
" Te] porte burel et macue 
Grant et pesant desor son col 
Qu'eu devroit tenir a meins fol 
En toB endroÎB que je ne eui. 

430 II est bien raison que l'anui 
Que je ai porchace reçoive. 
Dr ois est que ma folie boive. 
Certes jamais om qui riens sache 
Ne me pleindra de mon damage 

4:K) Que ge ai quis et porchace. 
Si l'ai oonme je l'ai trache, 
Il est bieo raison que je l'aie.' 
lasi se démente et esmaie 
A soi meîsmo dan Lietarz. 
" 440 Entre ces cosses dant Kenarz 
Proie porchace cel matin 
En un bois après del chemin, 
Quant il oï l'abai des chens 
Qui molt U estoient procheina 

446 Et molt près l'aloient sivant, 
Et un vilein après huiant 
Apres les chens par la forest. 
N'a ore talent qu'il s'areat, 
Ainz cort a gariscn molt tost. 

4Û0 El crues d'un chainne se repost 
Tant que li cben soient passe 
Qui molt l'avoient ja lasse. 
N'a talant d'issir del crues mes 



422 E 423 eo ] a 42B borel 42R Qui 431 Ui 433 que 
J 4» Uie e. ki 439 letarl 441 porchacel m. 442 chmin 445 » 
« huant 447 par ] en foret 44a que il 450 del f. 4.^3 crua 



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IX [Méoif 15770-15004) 

Tant con les cheos sache si pree, 
^ 456 Ëinz se repose et estendelle 

f El crues et un petit somelle. 
Tandis que se repose el crues, 
Le vilein qui fu a ses bues, 
Qui ploure et se démente en haut, 

4B0 Entroï et hors de! crues saut. 
Vis li est, aler s^eo puet bien. 
Quant il n'i ot abaî de chen. 
Del bois ist, a l'essart va droit 
La ou le viletn ester voit 

465 Qui se dementoit en plorant. 
Vers le vilein on vint corant 
Et près de lui vint le graat saut. 
Si li dit 'vïlein, dex te saut! 
Que as tu? por quoi fez tel doil?' 

470 'Sire, net saurois ja mon voil: 
Que se gel vos avoie dit, 
S'i conquerroîe molt petit. 
Se mon grant dol vos descovroie, 
Ja par vostre conseil n'auroie 

475 Xe nul confort ue nule aïe.' 

'Foux vileins, que dex te maudie! 
Tant par es fous, je le aai bien, 
Que tu ne me conoîs de rien. 
Certes se tu me coneQsses, 

4flO Ja si desconseillies ne fusses 
Ne de nule riem esmaies, 
Que tost ne fusses apaies, 
Por quoi ge te voussise aider. 
Je sui bon Diestre de plaider, 

485 Foi que doi seint Panpalion: 
En la cort Noble le lion 
Ai ge mefi meint aapre plet 
Et meintes fois de droit tort fet, 



455 repose repose et esteindeile 45S Li uilsîu* 460 I 
481 put 462 voit 464 li uileina 466 u. lot droit 469 meines 
oon ie croi 475 conieil nul 488 tort droit 



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IS (Méon 15805-15840) 293 

Et molt aovent de tort le droit: 
490 Ensi ooTÎent Bovent que soit. 

M!eint plaideor tient l'en a saje 

Qui BOvent rendent le musagu. 

A meint ai fait brisier la teste, 

(De moi ne se puet garder béate) 
49B L'autre le col, l'autre la cuisse. 

Tu ne seia pas que fere puisse 

Tant mal tant bien, cou fere puis. 

Je lia ja avaler el puia 

Dan Taengria mon cher compère. 
900 8i feîaae je lors mon père. 

Nel doit om tenir a merveille, 

Jel fia entrer en une selle 

• El puis ou avoit aeale deus, 
(Ce fil bone gile et bon jeua) 

X6 Eq une abaie a blanc moinea, 
D'iloc escapai a grsnt poînea. 
Ou mors o retenus i fusse, 
Se Isengrin trove n'oâsae 

• Qui ert apoiea a l'enoaatre 

510 Del pois qui ert voûte de piastre. 

De ptte li -fis le cuer tendre, 

Que je li fia croire et entendre 

Que g'ere en paradis terrestre, 

Et il dist qu'il i voudroit estre, 
bl5 Et ses voloîrs li fiât doloir. 

En l'eve l'apris a chaoir. 

Lui meïmea devant noel, 

Coame l'en met bacona en sel, 

Fia ge pescfaer en un estan 
030 Far mon barat et par mon sen: 

Car enooia i fii aaelee 

La coe en la glace et gelée 

Que il a'apercut de ma guille. 

Maint bon peaaon et meinte anguille 

490 que sonent 491 t. an 494 pot 500 je manque 503 seuls 
â06 abi« 506 peine 507 i manqtit 510 de manque paislre 513 g'manque 
518 tMcon 



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294 IX (Méon 15B41— 15878) 

52» Oi jo, qui molt en fui joùat, 
En la carete au narcheaDt, 
Que mort me fia eumi la voie 
Por ce i]ue trop grant fain avoie. 
Eu la charete fui jetés, 
080 Des peseoDfl fui bien saoles. 
D'ang^uilles frescos et salées 
Euporta ge deus hardelees, 
Dont je fis puis molt deleoher 
Ysengrin mon conpere chier. 
535 Apres moi vint a mon manoir, 
Si senti les poissons oloir, 
Simplement a vois coie et basse 
Me pria que jel herbergasse. 
Et je li dis 'ce ert noiens', 
540 Que entrer ne pooit caiena 

Nus hom qui ne soit de nostre ordre. 
Por alecher et por amordre 
Li donai d'anguille un tronçon 
Dont il delecha son gemou, 
045 Dist qu'il voloit corone avoir 
Et ge li fis large por voir. 
Onques n'i ot rasoir ne force: 
Les pous li earachai par force: 
A pleine oie d'eve boillie. 
500 La corone fu si faitie 

Que cuir et poil en dévala 
Par iloc ou l'eve avala, 
Et teste et vis ot escorohe, 
Que il sambla chat escoroie. 
565 A Ysengrin mui ceste sause : 
Ce ne fu pas parole fause, 
Ainz est de meint home sofl. 
Meint prodome a ge deceû . 
Et meint sage abricone, 
560 Si ai meint bon conseil doue: 
525 Oî 1 Et 527—529 manqurnl 531 et deulei 638 molt manqtt 
deleoh'r 536 poiiion 540 pogt 5*5 Dit 547 rMot 649 plein MO 
si afsitie 559 Abrcone 



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IX (Mion 15877-15912) 295 

Par mon droit oon ai non R«nart.' 
'Par les sains deu ce dit Lietart, 

'E&t«B Tos ce Renart, bau sireP 

J'ai soveut de vos oï dire 
966 Et bien et mal a meint prodome. 

Il n'a, ce cuit, de ci a Rome 

Pins requit de vos ne plus sage; 74 

Que vos eûst«s le fromage 

Par vostre sen de Tiecelin 
570 Le corbeîl, le filz Chaateclia. 

Bien le soilstes enchanter, 

Car tant le feîstes chanter 

Que le formache li cbaï. 

Meint prodome aves esbaï, 
07S Uolt par aves de sens le los. 

Je cuit qu'il n'a orne si os 

Qui de cuer conseil vos rovaat 

Qui senpres en vos nel trovast. 

Sire, por deu moi conseilliez, 
580 Tœ qui a meins descouseillies 

Âves meint bon conseil doue. 

Le chef ai vuit et estone 

De dol et d'ire et del pens 

Dont tôt est desvoiez mon sens.' 
360 Or di, vilein! conseil auras 

De ce que dire me sauras. 

Tost t'en porras apercevoir: 

Miùs qne tel tôt me dies voir.' 
'Certes, nre, si fera ge. 
1 690 Bien m'avoit hui mein aseje 

Maufes, et mb en ses liens, 

Quant ge qui bieo sui anciens, 

Si foie parole disoie: 

Mab sages bom sovent foloie. 
&90 Por ma terre qui trop est dure, 

Hui matin par mésaventure, 

568 Por 1« Mtnt deu. leUrt 568 elliRtea le formeje 57(1 corbeil 
571 le* •. 572 manqu4 560 meint 5S4 denuoez li b. 588 qne maiigtK 
dM'Ii. ri f. 594 h. ti f. 585 qne 597 Dis a manqut 



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296 IX (Méon 15913-159483 

Dis a Rogel, com faom iries, 

Qui trop fu de traire enpiries, 

Que tnaus ora manger le poCut 
600 loa, qui sore lui conut. 

Brun li ors en obli nel miet, 

Avoir le vont sans contredit: 

Car il fu Toir qu'avoir le dut. 

Jusqu'à demein le me recrut. 
605 Le matin quant se lèvera, 

A perdre le me conrendra. 

Sfeis co por coi je Boi âolans, 

Que li damages en est graos: 

Jamais nul si bon buef n'aurai, 
610 N'en nul liu ne le troverai.' 
îtenart en riant li a dit 

Por ce que il deetroit le vit, 

'Tileia fait il, 'or ne te chaut 1 

Un jor de respit cent sols vaut, 
6IB OroT que plus dementer ne t'oie, 

Apres le doil vient la grant joie. 

Par ma guile et par mon savoir 

Te ferai tost grant joie avoir. 

J'ai en talant que je te die 
I sua Une merveilloae voidie, 

Que Rogel quiter te ferai 

Et Tors meûme te rendrai. 

Lores seroies tu bien quites. 

Mes j'auroie povres mérites 
6-J5 De toi si oon je croi et pens. 

Yilein ment volenters tôt teos 

Et trop est de mal apensez.' 

'Sire' fait il, ja n'i penses! 

Ja li hauB rois si ne me hee 
(>30 Que ja cose vos soit veee. 

Se Roguel me poïez readre, 

Ce que ge ai porriez prendre 
597 Dis * manque R. por oe qnerre empiries 599 hors 606 
me nendra 607 M. de je manque 610 Ne nul 612 il ) en 617 uiod 
gile 623 LarB 684 manque 625 Je tnanqut 627 ei 630 noee 6S2 fi 



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IS (Méoti 16949—169821 

Cun la vostre cose demeine.' 
Dont en entrerai je en peine 

63ii Et tost en serai en la voie, 

Se ton blanc coc Blanoart avoie 
Que je vi er en ton plaissier.' 
'Sire, jel voa irai bailler 
Le 000 demein bien matînet 

640 Et o tôt dix oraa pocinot 
Seront tuit en voatre plaisir. 
Demain tob en ferai saisir, 
N'en Boiee ja en nule dote.' 
Rfloart le vilein bien escote. 

64â Au vilain dist 'entent a moi! 
Je te conseillerai en foi, 
Que tu Rogel ton buef rauraa 
Por Blanoart que tu pramis m'as. 
Un bon conseil te dire ja 

dfiO Meîllor que je ne fis pièce a. 
Brun li ors vendra oi demein, 
Ro^l vodra avoir en plain : 
Le matinet devant la messe 
Avoir cuidera sa promesse. 

65& Demein matin quant tu vendras, 
SoB ta oape en ta mein tendraz 
/ Tôt coiement une cunnie 

Qui soit trenchant et agusie 
/ Tôt de novel en un fort mance, 

660 Et un cotel qui bien fort tronche 

Cou ce fîist ootel a bocher. 
4 £t ge qui sai bon cor tocher, 
L'espteroi sans atendae, 
Et quant je saurai sa venue, 

66& Ferai ci près tel comerie 
Et tel cri et tel huerie 



flSS oonme 634 je manqiie 6S6 blancet (de mime fiiS. voyez au t. 
me) MO tôt .1. bons crsz pocinez 641 u. baillie 642 manque 643 Ne 8. 
■iH Et B. li a dit sftiiB dote 645 Pot amor de entendes na G4«— «50 
■>M7>Mtii 651 n. d. M 652 manque 655 nutjn manque tul 661 a 
poreel 665 de) 666 t. en t. hnerfti 



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298 IX (Héon 159S3— leoiti) 

Que tot entor moi sans mentir 
Ferai plein et bois retenir. 
Bruu lî ors te demandera, 
«70 Por ce qu'il se mervellera, 
Que ce eet qui tel noise fet. 
Et tu li dies entresait 
(N'aies mie de mentir honte) 
Que c'est la maisnic le conte 
675 Qui cel bois est et celé terre, 
Que venus sont venoison querre, 
Meint a cheval et meint a pie: 
N'i a uul qui ne tienge espie 
O bon levier o arc u hache: 
680 Encui vouront fere damage 
Tuit a meintc sav^ige béate, 
Que li quens vout contre la feete 
De pantecoate sa maison 
Holt bien garnir de veaison. 
685 Quant cest barat dit li auras 

Molt bien au meus que tu sauras, 
Ce saches qu'il aura moU cher 
Que tu l'atdes a cocher 
/ Et a covrir dedenz ta reie, 
690 Et tu le fas, s'il le te proie. 
Si fera il, ce sa ge bien. 
Ta connie près te toi tien: 
Quant bien le verras estendu 
Et un poi auras ateudu, 
696 Ne sembler mie ooart ome, 
De la coignie tost l'asome! 
Fier et refier, doue et redone 
Tant qu'il ait vermeile oorone, 
Et le cotel de bone fourje 
700 Li bote par desos la gorge! 
Lors le fai durement seigaer, 
Meus vaudra la char a manger. 

667 meal' «88» 671 oest 878 ueneots q. 677 e 679 1« 
Enouit 698 lauras e. 



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IX iMéun'ieUl»— 16054) 

De nuit l'en menras au repoat, 
Que damage î aurotes toet 

TOTi Se li cuens le poott savoir. 
Il te toudroit tôt ton avoir, 
Il te feroit espoir desfaire. 
Bones piechee eu porras fere, 
Eu tou lardîer le saleras 

710 Et de la pel fere porras 
UoU boues capes a flaax. 
Mes garde que soies loiaus. 
De rendre moi mou gerredon! 
Qar tu auras molt greignor dou 

715 De moi que de toi ne prendrai. 
Car Rogel qnite te rendrai, 
Et par moi auras Tors en sel 
Tôt coiement en ton ostel. 
Lors auras to bien esploite.' 

730 Bien a fait le vilein haitie 
La gile que Reuart a dite. 
Au recoDter molt se délite, 
Ooquea si bone n'out oïe: 
Fins de oinc cent fois l'en meroie. 

725 'Sire Renart. a grant plente ^ 
Anroiz a vostre Tolente 
Chapons et gelines et cos. 
A deu vos conmant, je m'en vois.' 
A deu le conmande et il loi, 

730 Isei départent ambeduî. 

Li vileins a l'oetel s'en vet. 
Et Renars vers le bois se tret . 
Que il amoit plus que le plein. 
Holt a esbaudi le vilein 

780 La gile que Renwt a fête. 
De noient mes ne se dehete, 
Ains est molt lies et molt joianz. 
Si s'en vait a l'ostel chantant, 



703 nuû 7(K damages 705 poit 706 oonuenroit 707 ferunt 710 
tn^ue 711 flaaii TU Mais tu s. trop greindre TiO li 781 diate 
1 rawmter d«liM 734 faia 727 le premier et manqtt 



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IX iHéon 16056— lOOSO) 

Que il ouiâe bien sanz tarder 

7J0 Avoir char d'ora eB son larder. 
Tantoat conme l'aube creva 
Li vileins molt lies se leva, 
Un bon cotel mist boz sa cape. 
Se Brun li ors vis en escape, 

745 II oe s'eime rien ne ne prise. 
Une trancaat coingnie a prise 
Qu'il mist sos sa cape a oele. 
Un garçonnet a apele. 
Avis li est que trop demore, 

750 II no cuide ja veoir- l'ore 

Qu'il ait a son trenofaant cotel 
A Brun l'ora reversé la pel. 
Ses bues chace ploa qne il pot, 
En son essart s'en vient te trot, 

TOfi Et le cotel et la coingnie 
Ot de BOZ sa chape muchie. 

/ Tandis qu'il antent a arer, 

Brun i'ors ne se pot esgarer 
Qui del bois sout tos les trespaa, 

760 Vint a l'essart plus que le pas 
D^ pâtes derer regibaat 
Mais il ne set c'a l'oil li pent. 
Bien cuide que Rogel auen soit. 
Vers la carue vient tôt droit, 

76!i A haute vois Letart escrie 
'Deslie, va, le buef deslie ! 
Por quoi l'as tu soz le jou mis? 
Tu nel m'avoies pas premis, 
Desloiau vileïn deputaire, 

770 Que tu feïsses les bos traire. 
Tu as or fait ce que te plot.' 
Letart qui molt bien fere sot 
D'orne coart chère et samblant, 
Li respont basset en tranblant 



7-11 M o. 747 oelee 708 moche 757 alet 758 lors qne nal p> { 
«Bgarder 761 derere 762 on* lors li 765 iHorie T79 bien ] gren 

i 



jUnIbyGOOgIC 



IX (Méon 16091— I6I2R) 301 

773 'aire, or ne soies pas iriez! 

Rogel n'est gerres enpiries: 

Corendroit le vos ramenroie, 

Se g'estoie an chef de la roie. 

Ma Foie me laissiez parfere!' 
780 Renart qui tôt ot cel afere 

Yeii de près et espie, 

Un lonc cor qu'il avoit lie 

A son col, a mis a sa boce: 

Si fort et si très bien le toce 
785 Et conmenche a corner si haut, 

Que retentir en fait le gaut. 

Et quant li corners li anuie, 

Si escrie forment et hue 

Ausî cou vénères qui ohace, 
7i>0 Qui ses cbens envoie a la trace. 

Molt fu granz la noise et li bruiz, 
^ Que molt en fu Renart bien duiz 

Et del corner et del buer. 

Et Brun l'ors oonmence a muer. 
703 Le bruit et la ooisse qu'il ot 

De rien ne H ait ne li plot: 

Ne la vouasist or pas olr, 

Qu'il en cuidast molt mal joïr. 

Molt s'esmaie et molt se merveille, 
800 Ases eaoote et oreille: 

Conme plus oreille et escote 

De tant se crent il plus et dote. 

Molt crent que levrer ne l'aeaille 

Et que venere ans mainz nel baille. 
90b De poor tremble, a Letart vient. 

De Rogel mes ne li sovieat, 

N'a or tslant qu'il le dealit. 

Simplement et bas li a dit 

'Or me di, Letart, ne t'anuit. 
810 Qui a ceete noisse et cest bruit 

TI5 irJ#E ipioea T78 uoie 783 m. et a. T8T A tôt li 769 oonme 
I»l en fu 7»»aeanai 800 legooate 802 il nMn^we 806M>ttent 



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302 IX (Méon 16127— 18162) 

Conmencîe eo «este forest? 

Por deu di le moi, s'il te pleet 

Par teil convent que menz t'en seit.' 

Letart qui taiadis a'apensoit 
815 D« respnndre Brun par savoir 

Teil cOBe qui resanbUst voir, 

Li dit a loi d'orne recuit 

'Je t'en dirai ce que j'en cuit. , 
>' J'ai oï dire a un ribaut, 
8'2() C'est la geut au conte Tebaut 

Par qui la terre est meiutenue. 

En ceete fores est venue 

Qui est au oonte tote quite 

Et a tote ^Dt contredite 
82.) Fors sol au conte et a sa gent. 

S'en i troToit autre chaoant, 

Li ouens le fereit errant pendre 

Que ja ne l'eu porroit défendre 

Force d'amis ne gentillece, 
830 Avoir, proiere ne proece. 

C'est, ce cuit, aa mesnie tote 

Qu'il amena une grant rote. 

Venu BUnt si matin ohacAr. 

Li un portent espie d'acher, 
^ 8itô Li autre arc et sajetes tienent. 

Par les bestes traiant s'en vieneut 

Et lor douent meins mortels cox. 

Li autre ont cors a lor cox 

Qu'il cornent et li autre bueut. 
810 Les bestes par ie bois s'en fuient. 

Ë cens qui teuent les tevrers, 

Molt roeillors que chens a chèvres, 

Corent par le bv^is a esles, 

Et li cuens meîsmes après 
845 Sor un chaoeor qui tost oort, 

Que de venoison vout sa oort 

S12 dil moi plel %\i qui ] i wpereoit 882 Eut m e. f«m n 
826 for 820 al ni 82S frent>lli<'e ^^^ «en mongur 887 npial KH 
corneneni p 8i2 Molt | Et 843 comenpnt 844 meia s eiilrii 



IX (Méon 16163— lâigS) 303 

Oamir a oeate pantecoste 76 

Qui chascun an cent mars li coate 

Et ouan plus li oostera; 
850 Que je cuit que li cneos fera 

NovauB chevaliers dusq's vint, 

Qui pieca si grent cort ne tiat 

Con il voudra auan tenir, 

Que a sa cort fera venir 
865 Le meuz de la chevalerie 

Qui soit desua sa sei^orie: 

For c'est si mein la chose enpriee.' 

Si grant poor est a Brun prisse 

Qu'il ne 80 pot sor pies tenir, 
8(W À tere le convint venir. 

Xetart' fait il, 'par ta mérite, 

Que je te clein Rogol tôt quite 

E que tes verais amis soie, 

Laisse me chocer en ta roie 
SBâ Et de la terre bien me covre: 

Por deu te pri, ne me decavre ' 

A ces veneoTB, ne enseinne, 

Que s'il avient que l'en me preine, 

EscoTcher me fera li cuens.' 
870 'Dan Brun' dit Letart, 'toz vo bueus 

Sui toz aparelliez a fera. 

Maia jo vos loeroie a tere 

C'aucuns vénères ne vos oie: 

Que li cuens es auroit grant joie, 
87ft 3'avoir vos poQst a sa feste. 

Enmi une raie s'areste 

Bran li ors qni se dote tant. 

Hoc se coce et estent. 

Si II semble qu'escapes ert 
880 Dos veneors, mais sa mort quiert : 

Et quide estre de la mort loïng, 

Mais ele li est près du groing. 

(U8 a 849 htuin S51 oheual' duqna 803 uandra 854 oor 857 
it W3 nraie 864 roe 812 fere 878 ueneom 874 Que mangue 



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S04 IX (Méon 16199—16234) 

Et tiel quide alonner sa mort; 

Qui l'aproelie et aprisme fort: 
88:') Escape quide eatre por voir, 

Et il B'aïde a descevuir. 

Lietart qui la noisae bien plest 

Que Renart fet par la forest, 

De ses deus meins aa face tieot, 
sm Et de rire a peine se tient, 

Que molt très grant joie a oO 

De Rogel qu'il li a rendu. 
.' Si l'acoilli lors a coTrir 

De la terre par grant ^ïr. 
895 Que qu'il le covre de la terre, 

Sa coÎQgnie près de lui aère 

Et son ootel près de lui met, 

De lui covrir bien s'entremet. 

Con il fu auques bien coTer», 
900 Lea euz que il tenoit overs 

Li coumande que il les cloe. 

Cil fait issi cod cil li loe, 

Que de nul agait ne se garde. 

Letard de rien plus ne se tarde, 
flOj A doua meins hauce la coignie, 

De soi l'a forment esloingnie, 

Bien la hauce por meuz ferir. 
" Au ptemer le voudra merir 

Le grant oi^oîl et le dauger 
910 Qu'il li mena de son buef ier. 
-^ Quant longement out avise 

Son coup n loi d'orne ^eae 

Que de faillir se dote trop, 

Sor la teste jeté le coup. 
915 Fiert et refiert de tel aïr 

Que jus en fet le sanc venir. 

Tel coup li done de rechef 

Que tôt li a brisie le chef. 

g84 Que 886 i' ] 1' 637 Retart 888 le f. 800 ri»r SBS lacu^ille 
896 coingni S98 bien] puifl 900 Le e. quil t. aoneri 910 Qnil Imenk 
en qan 



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IX. (Héon 16335— 162T0, 305 

Ne le crient mes ne ne le dote. 
çnn Par desuz la gorge li bote 

Le bon cotel qui aouef trenche. 

Keintenant del orgoil se venge 

Qu'il li fist, ne l'espairgne point. 

Del cotel ju8()u'al euer li point 
92& Si que le sanc en cort et raie 

De tôt le cors parmi la plaie. 

Bien et forment aeigncr le fet. 

Un poi en siiz del sanc le trait 

A peine, que m oit ert pesant, 
930 N'an fera gairo de présent, 

Par lui nel saura nue qui soit, 

Que por nule rien ne vodroît 

Que DUS de ses voisina soflet 

Qu'en son larder car d'ors oflat. 
9EV^ As meins le covre au meus qu'il puet, 

Ses bues saoho a l'ostel et muet. 

I) fu liez et fet bêle chrre. 

Sa mollier que il ot molt chère 

Apele soi sans conpaîngnie' 
MO Si li a dit 'ma douce amie 

Qui flpros deu me faites vivre, 

Voirement dit voir a délivre 

Li vileins qui par tôt bien dit, 

Qu'il n'est si grana max qui n'ait, 
IH^) Ne bien qui ne nuiase par eures. 

Se dex me doinst plente de meures 
" En mon plaisBÎe por more fere 

Tel qni puisse a riche orne plere, 

Je puis bien afermer de voir 
HM Que je l'essaiai bien ersoir, 

Par la grant foi que je vos doi, 

Et si vos dirai bien por quoi. 

Bien caidai avoir mon mal quis, 

Quant er matin a Rogel dis. 

919 MH dtê dtux ne manqur {121 aooft ] bien 920 manqua 98S 
D* vodr«ît ] qui toit 9S3 nus ntanqur oa pot 941 Que 9*2 Vortment 
m I ri M4 qui) uit 946 doisi aioure 953 cuidoi 

VRXAKT I 20 



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306 IX (Héon 16271—16805) 

!)ô5 Por ce qu'il traioit lentement. 

Que mauB ore saaz prolaiii^enient 

- Le mangast et le me tousiat. 
Trestot meiutenant Brun s'asiet 
Joete moi et si le vînt querre. 

960 Sa félonie et aa guerre 

De moi et del mien comperasse, 
Se a lui ne m'utne liasse. 
Il m'avoit pria a maoeclier. 
Et je le soi bien cnlacher 
- DU.') De blanches paroles et pestre : 
Que j'en ai este a boa meatre. 
De bien lober buen meatre sui. 
Bespit me dona jusqu'à hui. 
Mes a quoi feroie lono conte P 

970 Renart qui ici bien faire s honte, 
Tel gile et tel barat m'iiprist 
Par quoi dan Brun oiendroit ^st 
Mort et covert dedenz la roie. 
Mes or me conseille et avote 
- 975 Coameat il ne fust js soQ. 
Que s'il estoit aperceû 
del conte o de sa gent, 
Ne nos garroit or ni argent 
Que nos ne fusson afole.' 

980 Molt doucement l'a acole 1 

Celé qui tant savoit de lobe: 
Houlz valoit que tote la robe 
Au vilein solemeut sa guimple. 
Que trove l'avoit fol et simple: 

986 Ne li osot dire ae fere 

Chosae qui II doitst desplere, 
Et dcsus le vilein est dame, 
Por ce qu'elc ert gentil feme. 
Bespondu li a on riant 

957 me manque 95S roeitenuit aaiait 961 de m. 1 
liasse 96S monecher 985 parales 967 Iftber Apri» h v. 
Uore se dfi me gart île honte 970 manque 971 btrut 9 
gAriroit 9R1 que 982 sa 



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IX (Méon 1630e— IflS46) 

ggo 'Oertes tôt a mon escient 

Yo8 donrsi je conseil, baua sire. 
De ce que vos ai oT dire. 
Anquenuit devant l'sjornee 
Soit une «barète atornee: 
99a Et entre moi et Costancate 
— Si le metron en la carete: 
Et nostre garçon Tribulez 
Sera o nos, se vos volez. 
Issi porron nos esploiter, 

1000 Nus ne vos venrn agaiter.' 
Con ele a ce dit, si le beee. 
Or esteit li vileins aoase 
De ce que sa feme dît ot. 
Et du conseil de li s'esgot. 

1OO6 N'a talant qu'autre conseil pregne. 
Si li a dit bêle conpaigne, 
Nos le feron a vostre los. 
Tribulez n'est mie si os 
Que de ce conseil nos decovre. 

inin Ja ne li celerun celé ovre, 
Bien aurom meetier de s'ahie 
Se deu plaist et seinte Marie. 
Entre nos quatre lèverons 
Brun, que ja grève n'en serons.' 

lOlD Ija parole laissent atant. 
Jusqu'à la minuit atant 
Sa charete a apareller. 
N'avoit cure de eomeiler. 
Il ne dort mie ne someille. 

lOSd A mienuit sa feme esveille 
Et Costancete et son garçon. 
S'a pria en sa mein un arcon 
Et deus 6eces a' sa ceinture, 
Que bien sont trere par nature. 



Ml ooii««il vMKqiit h. dou t. 995 Contaneete 998 noe 100 
K«it*r 1005 qs' mangue 1007 lox lOOft mi ai 1009 des ce 1014 ler» 
lOlT flharate 1019 dormoit ne i. 1021 conlsnoete 1022 B'manquf 



'c* 



â08 IX (Méon 16351—18394) 

102Ô Letart après point ne sejorne, 

La carete afete et atorne 

Sans noisse fere a plus que pot. 

Li cbevaus ne ra pas le trot: 

Aler le feit le petit pas. 
tOSO Et la charete ne bret pas, 

Que de seu l'a voit il bien ointe. 

Sa moi Hier et sa fille acointe 

Que eles ne dient un mot. 

Et lor defent plus que il pot, 
1036 Que de l'agait grant poor ont. 

Quant de la vile eatonnie sont 

Entor cino arehies ou m, 

Li TÎleins qai estoit asis 

En la sele sor le cheval. 
1040 Le fet tfotor contre un val. 

Tant est aie les troz menuz, 

En aun essart en est venuz 

Ou il avoit covert Brun l'ora. 

De la terre l'avoient Bora, 
1046 El careti) l'ont mis a piùne. 

Litart a son oetel l'eumeine 

A son cotel bien le depiece. 

En son ostel cbascune pièce 

Fesoit lever en l'eve olere 
105O Entre Costanoete et sa mère. 

Le tenoil ou les pièces soot 
~" En une buce le repont, 

Iiitart qui plus oeler ne velt, 

Ne s'atarde que il n'apelt 
1065 l'O garçon, que il dote et crient 

Por ce que ne li apartieat: 

Et bêlement a bêle chère 

Si li prie oon il a chère 

L'amor et la vie de lui, 
lOAO Que ne le die a nuUui, 

lOm f mat manque 1026 sfe et 1038 que 104& loni H a pne 1050 
cootuKete 1058 lui r. 1053 uout 1054 iwplet 1055 cren 1058 U U 
1039 Lkmort 



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IX (Méon 18395—16482) 309 

Li garçon H jure et afle. 

'Sire' fait il, 'n'en dotée mie: 

Que ja par moi n'iert decoverte 

Cfaose dont il vos veigne perte." 
1066 Sitost Gon li jors eecleira 

Renart qui ja bieu ne fera, 

De Malpertus bod fort plaiasîe 

S'en est issu le col baiasie. 

A itant de] aler estuide: 
1070 Que il bien de vérité ouîde 

Avoir les jelînes Lttart 

Et avoques le coc Blanchart 
'' Il ne sera, ce dit, plua vis. 

Il quîde et si li est avis 
lOTd Que de trestot sire eetre doie 

Et de Litart et de la proie 

For Rogel que sanve lui a. 

De loing le vileîn espia 

Qui delez son plessie estoit: 
/ loeo Une viez soif i redrecoit. 

Vers la tiaie Re&art s'eslesso 

Conftie celui que fein apresse: 

Bien cnide avoir sanz contredit 

Ce que lï vilains li ot dit. 
1080 Mes autrement est que ne pense. 

Litart l'a veâ, si s'apense 

De la pretnesse que li fist. 

Sa aarpe et sa coingnie prist 

Dont aguisie avoit ses pens: 
/ loeo Près de la baie ert li osteux 

Qui de la haie estoit aceins. 

Damnedeu jura et ses aeins 

Entre ses denz, ainz que s'en tort, 

Que Rênart ert a povre cort, 
10» 911 atent a It aconter. 

'Renart me quide plus coster 

lOW qoe lOeSlelaon 1071 ]• ieline 1074 qnids 1079.1080 
manquent 983. 1084 manquent 1091 Qui maiiqve 1095 oonter 



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310 IX Héon ltt439— 1U4T2) 

Que ne me costera de« moia. 
' Il qiiide ore avoir demanoia 

Ce que je' lî ai en convent. 
1100 Mes ieai cod il a aovent 

Couvent fause et tant de foia, 

Si eat il et raison et droia 

Del engiDgneiîr qu'en l'engint.' 

Issi parlant a l'oatet vint, 
1105 Ou trova filant Brunniatin. 

Trop laissiea ovre par matin, 

9ire tnalvea vilein' fait ele. 

Et il li a dit 'demoiselle, 

Por deu, or ne voa corociea 
UIO Ne a moi ne vos aîres! 

Que ne sui paa enoor ai foua 

Que le matin mete a repos: 

Ëinz venoie ici savoir, 

Conment poîsse décevoir 
1115 Kenart qui ci iloques vienL 

Lea jelinea s soea tient 78 

Et lea pocina, « quide et croît, 

Et qne Blancara li cos aien %oit. 

Por ce i vient il abreve. 
^ 1130 Et a ahan iert arive, 

Se bon conseil i pnez trover. 

Or i pues ton aen eaprover, 

Se tu ses barst ni engin. 

Que por autre rien ca ne vin, 
1120 Et je ne sai, se dex me aaut, 

Àme fora toi qui me conaalt, 

Ne qni ai conseiller me doie, 

Qne je aui tiens et tu es moie. 

Et devez dire noatre bon, 
1180 Que 1) conaauB est suai tuen 

1101 tante f 1103 enjpngnur qne len lengint 1104 parlot 1105 
Et t. M feme Blant 1106 Qui li auoit dit en rûut 1107 lUtin Uiiaiet 
□lire f. e. 1114 puiue 1116 suens 1118 I« nue. J ^|^>Ia /otnm bUn- 
cet: <f« m^m« i&HM b* c. 1181. lise. 1299 1120alw llSl pliet 10» 
B. pronei 1I3S 8e b. mr ni 



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IX (H4oil 1«4T3— 16,508) Ijll 

Cou il est mien en un endroit. 

Pens i de bon ouer orendroit, 

Conment nos puisson estranger 

Kenart qui bien quide mangior 
USE» Ko8 jelines et nos capons. 

Certes se de lui escapone 

Par toi eane oost et sans deepens, 

Bons est tis baras et tis sens, 

Et eî t'aura de^ apcDsee.' 
1140 Celé qui estoit apensoe, 

Li a respundu sans demore 

Trove ai, se dex me socore, 

Un bon barat qui molt vaudra, 

Par quoi Renart atant faudra 
1145 A ce que promis li ares, 

Se por ce fere le savez 

Qoiement eanz aparcevanoe. 

Trois mastins des mellors de France, 

(Li pires des trois ne le dote 
IIM Qui sont laiens en celé crote) 

Amenez coomc veiziez. 

En voatre granche les liez, 

Et gardes que bons lienz aient. 

Del pain lor doues qu'il n'abaient: 
1156 Que tost porroent esmaier 

pAn Renart par lor abaier. 

Si s'en fuiroit a sud recet. 

Issi n'anreon nos rien fait 

Et seroit a reconmencher. 
1160 Or le laissiei! bien avancher 

Et tôt asoûr ca venir. 

Les mastins faites détenir 

A vostre garconet tôt trois 

A l'uis de la grange detrois. 
1166 Quant Renart sera aprocies, 

Les chiens maintenant li huies, 

1133 Mtrangler 1135 nos]tes 1137 Par toijOe li 1136 tiit 

lus Boudn 1143 que 1150 eit Uez 1152 garche et L 1153 

la I15S noi jnule 1159 reoonmeclier 1166 Leal aler les ob. et h. 



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iX (Uéoii 18509— lffâ48) 

Et cil les laist aler après: 
S'il le poent teair de près, 
Il li dépèceront la pel 

1170 Et li feruat roge oapal. 

Molt vos vaudra, si con je cuit, 
Bien sa gorge set sols ou huit, 
A ce que ele est de eeison. 
Issi con le di, le faison, 

1176 Que ja ne porreem meulit fere. 
Et vos por plus Renart atrcre 
Qui ja est si près avales, 
A nostrc haie vos alez 
Et Toetre ovro reconmencîe», 

1160 A ReDart de rien ne tenciez: 
Se il dist Blaochart li donez. 
Et vos par bel li respones 
A po de parole brefment 
"Renart, saches veraernent, 

1186 Ja ne devroes avoir cure 

De Blancart, qui a la car dure 
Et ne maDJue que ren vaille 
Fors ice que prent en la paille, 
Et que il ne seroit pas cuit 

1190 Ed un jor et en une nuit, 

Qui le metreït quire orendroit. 
Tendre ohoae vos oonvendroit 
A vOBtre manger: jelinetea. 
Chapons et oisons et poletes. 

1195 Et se vos nel voles laissier, 
Je 1o vos ferai engraoier 
Quinze jors, si ert vostre ptou 
Que il n'est ore a manger prou." 
lesi le porron losenger 

1200 Le traîtoF, le losenger. 
Itex paroles, itex dit 
Si vaadrunt bien un escondit. 
Quant ces paroles li diroiz, 



Iieotenoeii I186qnt 110&n«l]l« 120Sdi 



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IX (Mfon )))34»~165H4| 

Aaes plus bel l'escondiroiz 

1306 Que se ves tenceez a lui. 
De lui nos vengeront; enoui 
Claviax et CorbeJ et Tison, 
Qui Ten ameoront a meson. 
Ci) troî sel poent acoper, 

l:!10 Jamais n'iert a nos a soper 

Et ja ne querra rien du nostre.' 
'Foi que âoi saint Pierre l'apostre, 
Bêle suer, bons est li consauz, 
Ja si n'en ira or les sauz 

1311) Renart que nos no le preignons 
A l'aide des troi gaignona 
^ Qui li ferunt une envaîe. 
•^ Si eu aura moster d'aîe, 
Se il le pooient abntre. 

i2-.'0 Je m'en vois a la soif eebatre, 
" Que il ne face aucune ganche. 
Li garçons tienne en la granche 
Les chiens si cou vos l'avea dit: 
Quant je huerai, sis deslit.' 

1!23S Atant va arere a la haie. 

Renart que fein grieve et esmaie, 
S'en va a la haie le trot 
La ou li vileins sa aoit dot 
■' Et agiiise les pex et fioe. 

1380 Entre ses denz jure et afice 
Que cher lï vendra celé vote. 
For ce que Renart ne te voie, 
EnbroDce sa chère et abaisse. 
Renart vers le vileîn s'eslaisse, 

1335 Et li dit 'dex te saut, Litartl 
Ya moi quurre le coc Blancartl 
Je le doi avoir par raison. 
N'oâsses pas en ta meson 



1306 nen^eron 1209 le p. «osper 1212—1314 manqutiit 1216 
1218 û luwra 1220 Je en noil a)wtr« 1226 pre 1280 



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ol4, IX (Méon 1K585— 18«20> 

Brun l'ors, se ne t'oQaae apria 
1240 L'engin par quoi l'aa mort ot pris. 

Je en doi eatre bien a cort.' 

Litart a fait aernblant de sort 

Auei conme s'il n'oTst gote. 

Renart en la haie se bote 
1345 En la manere de fureït, 

Et s'apcnee qu'il li direit, 

Et It a huce de rechef. 

Li vileine a hanche son chef 

Et l'a en travers regarde: 
1250 'Sire' fet il. 'de la part de, 79 

Estes vos por le coc venuz ? 

Il est et megres et menuz 

Qu'il ne manjue aule riens 

Fora ce que il trove el flena. 
125EI Trop eat chaitia, n'a que lea os, 

Et la plume le fait ai gros. 

Se la demore ne vos tarde, 

Encore n'aura li coa garde: 

Huit jora ou quinze le laiaaiea 
1260 Tant que soit un po engrasies 
- Et si vaudra il aaes meuls. 

Ensorquetot il est trop vels. 

Bien a passez trois nnz ou quatre. 

N'i pon-tez la dent embatre 
1265 Et vos briserees lea denz. 

Se Jbesu Criz me soit garanz. 

Et je aeroie fort iries, 

Se vos esteea enpiriez 

Par chosae qui de moi moûat. 
12T0 Mes qui jounes pocina oOat, 

O un oiaonet gros et tendre, 

Bien vos i portées entendre. 

Je n'ai oapon, oison ne polie, 

Holt ramasse a vostre gole, 

1841 Jeu 1349 con 1245 feieret 1246 que il 12KS Qui 1855 chcn 
1S5T torde 12G9 ion manque 1262 Ensorquelant tro 1964 deni e»- 
bktre 12S6 g^nai 1270 que 



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IX IHéun Ilts2B— 16litl2.l 

127â Se l'ouBse de qnoi soigner. 
Que ja bom De doit esloigner 
Son ami qui se mot en soi. 
Certes quo volenters iro8 voi 
Conme bon ami, et lie fusse 
1280 S'aucune bons rien oiisse 

Dont je vos pousse somondre. 
Ne sofiaae a vos respondre 
Kulo riem qui vos doQst plere.' 
Or ne se pot Renart plus tere, 
1-285 Avis H est que trop ae tost: 
Que il li anuie et desplest 
La menooigne 4]ue il entent. 
'Fol vilein, trop as dit atant, 
" Or me represte le freatel! 
1290 Tu me quides et bien et bel 
Avoir escondit de Blaucart. 
Et je sai tant eDgin et art 
Ases et plus que ta ne fes. 
_ Je t'ai d'un mott anoiax fes 
ISOS Et délivre et descarge, 
Que je t'ai Rogel atargo 
Et t'ai BroQ par mon sen done. 
Tu m'avoiea abandone 
Blancart le coc par ta parole: 
1300 Or as este a autre escole. 
Desloiax vileins, faua et sera. 
De belea paroles me sers. 
Je aai bien oonoistre tes bordes 
- Et tes tobes et tes falordes: 
1306 Et tu m'as promis sans doner. 
Mes par eelui qui fet toner, 
Damage auras ainz quinseine, 
En ta premesse qui est veine- 
Tu entens ore a flater, 
1810 Mes de dol te ferai i^rater. 



I2TT que 1879 le f. ISSS le moHifut I2S6 desplet 1294 dont m. 
1295 «t ,<Mknge", d«i 180U Or] Tu autre ] tele 1301 faut «wingu* 
I30S ta* manque 1308 qm 1300 que 



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IX (Héon 4«tlBIi— -tHTlU) 

Far bordes quides escaperV 

Je te ferai encor fraper, 

Desloisus escoamuDÎez. 

Or si bien este merciez 
1315 Par toi qui bel m'as aceîlli, 

Et bêle chère m'as fait hui. 

PuADt vilein, con estes leres, 

Esteez devenu guileresP 

Je vos vendrai chier vostre guil& 
1820 Hui est li jors que trop avile 

Lecherie et bole empire. 

Quant tu rae cuides desoonfire. 

Damage i auras, je t'afî. 

Des ore en avant te défi, 
lâ2A Des ore te serai nuisant.' 

Litart qui fu a mal pensant 

Et qui es trois mastios se fie, 

A rospundu par felonnie 

'Benart, pou voi nali qui face 
laiO Grant hardement qi si manaoe. 

Ton pooir fe sanz manaoer: 

Ja ne ti verras enbracer, 

Ne prier por pes ne por trives. 
" Ne pris pas deus foilles de cives 
138 Ton manecer ne ton vanter. 
'- Sut je chaz a espoenterP 

Je ai meinto manace oie: 

Ja por ce n'ert moins esjole 

Ma mesnie por ceste cose, 
1840 Ne nostre porte plus tost close. 

Je sui cil qui poi creu et dote 

ToD pooir et ta iorce tote. 

N'ai poor ne garde te toi. 

Po de tex maneceors voi 
1345 Qui parolent si egrement, 

Qui aient gères hardement, 

911 b. mu q. 1815 qne 1SI7 este 1. 1919 mangue 1821 rôle 
rai a n. 133S ai ti nearaa 1S83 pries 1B34 m^Hq-a 1SS5 h» 



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IX (Méon 16711—11)754) 317 

Quant vienent a un po d'efora. 

Tu es aaes sa^es et fors: 

En toz inee nuiaenienz te mpt 
1360 Et de moi nuire t'entromet 

Et en apert et a oele! 

Tu m'aa ici aerf apele 

Et traîtor et deeloial: 

Mes je te puis plus fere mal 
1305 Que tu ne porroïes moi fere. 

Je ne te qier mats a retrairo 

De moi fere mal et anui. 

Je te conmencerai aacui 

A nuire et a contralier. 
1360 Robelet. va tost deelier 

Les trois mastine et si les hue!' 

Li gai's sa chape a terre rue, 

Les chena liua et après cort. 

Li mastin Baillent de la cort: 
I3fl» Apres lui corent abaiant. 

DbI atendre est il noient, 
— Ne li feront pas see aviax. 

Près de lui s'areate Claviax, 

Et l'aert as dpna par l'oreille 
1370 Qui en pou d'ore fu vermeille. 

Ne li est mie li Jox bana. 

Qu'après celui veneit Corbax. 

Lea denz en la coe li bote 

Que il H a ronpne tote, 
13Ttt Et par dejoste te crépon 

N'i remeiat que le boteron. 

Par ces ne fust pas retenus, 

8'apres ne fuat Tison venus 80 

Qui l'a mors et li depelice 
1380 Par deans le dos la peliee 

Que il ftvoit et grande et lee. 

134T Con nient 134S et grott lS49 nuisement 1S50 Et manqur 
n. et tant i nt 1351. 13E2 iHltrterli» 1S56 retrare 1359 contre alîer 
I3M >t«indre 136H ohauiax 1370 merueille 137e lauait m. et d. 1980 
doa de I* 1381 U prtmirr et tnan-jur 



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31S IX (Héon 16766—10807) 

Hoc li a tote p^lee, 

Jnaqu'cn k vive oar !'« morn. 

A peines est de la eatora 
iaA5 Renart qî estoit deplaiea 

Kt de seinier afebloies, 

Sivro le poûsaies par trace. 

3i est pensia, lie set que face. 

j' Bien set, n'i a mester peresce, 

1800 9e en son cuer n'atret proece: 

Que vors les ciiens n'a nule force. 

D(t son cors aieser e'eforce. 

À Malpertuîs en vint les sauz 

Ou gaires ne crent lor asaus. 
13116 Con il entra eu Alalpertuis, 

Si ferma sa porte et son huia. 

Il se pleint molt et se dehnite. 

S«a plaies li lie et afaite 

Hermeline qui est sa feme. 
HOO Renart li a dit 'douce dame^ 

Ou inonde a une merveille, 

Que cil qui a mal fere veille, 

Cil qui mordrist et cil qui emble 

Et qui autrui avoir asembie 
140& par faiu plet o par usure 

Et qui de loiaute n'a cure: 

A celi ja mal ne carra 

Ne ja ne li mesavendra. 

Plus mescbet il et mesavient 
1410 A oelni qui a bien se tient. 

Je di ce que je soi de voir: 

Je qui Boloïe décevoir, 

N'avoie de oose digeto 

Qui por aisse d'orne fust fùte. 
Utfi Et por oe que je voil bien fere, 

Qui onques mes ne me pot plere 

Et que je ai pou meintenu, 

■889 proeœ 1890 leeoe 13»4 ma. 1398 e ISItS que 140] O 
\¥iH morilrit 1405 fkuii manque ousure 1409 il KuntqHt 1412 qw 
1414 por 4 AÎfiie 1417 iai p. 



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IX (M^on 16«0B-16».->1) 319 

Por ce m'est il meaavenu. 

Jftmes nul jor bien ne ferai 
Miffî Ne ja vérité ne dirai, 

Resoa ne loiaute ne drois. 

Por ce que oan une fois 

Avoie a bien fere entendu, 

M'ierent li diable rendu. 
H35 Certes jamais bien ne ferai. 

Ne jamais ne le meintenrat. 

Plus ai oii et honte et let 

Por un sol bien que je ai fet. 

Que por mal que je feïsse onques.' 
14.% 'Sire' fet ele, 'dites donquee 

Qui ce vos a fet et conment?' 

Fet ele j'o le vos conmant. 

MoU par estes depeliaces, 

La vérité en délices, 
I43ri Con vos estes si desoîrcs.' 

Renart qui estoit fort ires, 

A respundu en aospirant 

'Or me va force enpirant, 

Hermeline, ma douce amie, 
mo Et por 00 ne lera ge mie 

Por dolor ne per fcblete 

Que vos n'oes la vérité 

CoDRient ai este asalia 

Et coDRient ai este bailliz, 
M4& Cooment ai mal por bien trove. 

Je qui Bovent ai esprove 

Hon seo, ma proeœ en tos lex, 
-- M'en aloie to* famellex. 

Un poi devant none l'autrier 
U50 En aloie par un sentier 

Qui bien eatoit près del essart 

A un vilein punea Litart 

Qui m'a ces te sa usa e meQe. 

1418 ma) matau 1419 f«ra 1427 hou le premirr el Manque 
.ir«s' Tort 1438 enprant 1442 lauentnre 1445 bien por mal 1446 



qur 1449 Iautr« 



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B20 IX (Méun 16851— 16B90) 

Molt grant poor aroie oûe 
14lk> De deus maatiiia qui me sivoient 

Et bien pr^a dn moi abitotent. 

Vu pou genci hors de la voie 

Por ce que sana dote savoie, 

Se il retenir me poâasent, 
U60 Qu'en petit d'ore mort m'oûssent, 

JEt si fuasc trop mal mone, 
^ Quant trovai un chesne clieve, 

Que molt estoie ja lasse. 

En pou d'ore fui repasse, 
14ft5 Sn nul liu n'avoie este mors. 

Puis que des maatins fui estora 

Sanz plaie avoir par ma proescp, 
^ Petit prisai celé laseco. 

Tantdia que je me reposoio 
1470 Ou Gros qui ert delez la voip 

Qui ert del essart Litart près, 

Si ol le vilein engres 

Qui a son buef se dementoit, 

Et ne hoiloit oo ne ohatitoit. 
147:') Il ploroii: si n'avoit pas tort, 

Que par ire et par desconfort 

A dan Brun l'ors premis l'avoit, 

Ne de lui conseil ne savoit. 

Con il me conta son afere, 
IJSO Lors conmenca je bien a fere. 

Je qui onques mes bien ne Hz: 

La quit je que je me mosfiz 

Quant je fia bien a mal oiir. 

Le vilein fis lie et sefir: 
1485 Por le vilein devin venerres. 

Tant fis que li vilein mentierres 

13FUn Vora ocist, si l'en mena. 

Tel gerredon rendu m'en a: 

14S5 luoient 1480 Que en mort manque 1461 Hoquet molt m>l 
démine 14B5 nai e*te 14A7. 146H matiguent 1474 h. ne eh. 1415 paa 
MOTHyuc 1476 Q. 1478 Np ] Qui 1481. U<)2 mimqwHl 1483 ftu 1485 
deoint nat'reR 1486 uU'em 



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IX (Héon 16891— 1692B) 321 

Âpres moi a ses ofaens hnes. 
1490 Bien ai este despelicez 

Si con il est apariasant. 

Âusi m'est avis que je sant 
'' Lor denz ez oreillez, ez nacltes. 

Ma coe ont retenue en gagée 
149A Lez troi msatiDS a lor eaoher. 

Mes Litart le cooperra cher, 

Se do tôt mon sen ne déclin^.' 

'Lesaiez ester dist Hermeline, 

'Ne soiez pas si ezmaiezl 
1300 Ja n'estes vos gaires plaez: 

Or vos defissies déporter 

De cest mal et reconforter, 

Que vos estes en espérance 

De prendre hastive venjance, 
1505 S'un po vos Toleez pener. 

La charrue en porois mener, 

Dépêcher et el bois repondre. 

Le vilein porrois ei confondre 

Petit et petit, totee voiez. 
IBIO vos li enblez ses ooroiez; 81 

Issi le porriez grever 

Que de dol le ferez crever, 

Le vilein félon deputere. 

Ja ne doûseiez tel dol fere. 
'i&15 Ce vos doâst tôt dedoloir 

Que vos Bolonc vostre voloir 

En esclaireres vostre ouer.' 

'Bêle oonpaigne, doce sor' 

Dît il, 'bien ert faite la chose.' 
IB30 Unit jors tos pleners se repose 

Que il en avoit grant mester. 

Ses plaies a fait afaîter 

A Hermvline bien eovcnt, 

Et ele de cuer i entent. 

1493 \*\ A. Ipi o. len Dagcfi U94 La 1496 conpera 1498 dit 
M porr#M 15II porre^z 1S2I Qui) 1523 nsuent 

KEXAKT I 81 



,l.n.b,.G00gIC 



322 IX (Héon 16929— 16!IT0) 

1526 Benars de aa plaie se delt. 

Por ce que il reoovrer velt 

Sa force que avoit perdue, 

Bien ne fet ne ne se remue 

De Malpertua sa maison fort. 
ifiSO Ce li done grant reconfort 

Que il set que bien grèvera 

Litart, con il s'en penera. 

Huit jore tos pleners i sojorne. 

 mîeauît un main s'atorne, 
1536 Por le vîleiti contralier 

Qui ses bues a pris a lier. 

Et tandis cou il les asamble, 

Kenare ses coioiea li emble, 
'~ Que bona mestres eatoit d'enbler. 
1610 Or puet li vilein asambler ~ 

Ses bues et amener en toit. 

Il crioit en haut et chantoit 

Con hom qui d'agait ne ee garde. 

Et plus n'i demore n'atarde. 
1645 Vera le boisaon en ala droit, 

Et les coroies pas ne voit. 

Quiert les et requiert par la terre, 

Et encor les poist il querre, 

Con dit, qui ne trove, ne prent. 
1660 Et li vileins tôt d'ire eeprent, 

Jure et rejure, ai a'espert * 

l'or ce <|ue sa Jornee pert. 

Il est dolanz et treapensez, 

Et de Renart a'est apensea 
1555 Que par ire le defîa. 

'Âtaa!' fait il, il m'espia, 

Renart li lerea, li traîtres. 

Car le tenist la mort sebitezl 

Le gerredoD m'a pris a rendre 
1560 Por ce que je ne li voil rendre 

1526 uglt 1528 f. ne ee i. 1532 m p. 1533 pleiiu î sorgnut 
1534 matin aatonift 153R aex a chacer 1340 pot 1547 reqnier 154K 
pnrore 1550 u. de tôt 1551 et manqur 1554 n'manque 1669 m'man^r 



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IX. (H£on lfl9TI-lT00S^ 3 

Blauchart que devoit estre sueas. 

Li gerredone n'en est paa boens. 
— Je ne puis a lui forooier, 

Il nie porroit ja pecoior 
16B& La teste que ja nel verroie. 

Volentcrs m'en repentiroie, 

Se rien i valoit repentanoe. 

Mal i 6e onques desfiance 

A Renart qui si me puet nuire. 
1570 Et a s'entente a moi deatruire, 

Que ce emUe don ai besoing. 

11 seit que li marchez est loing, 

J'auroie aincoie maint pas marchie 

Que fusse venu au marche. 
^ Ift75 Si en eereit H aler grès 
»- Que la voie n'est mie bries, 

^ A oe que tort sui de deus bances. 

Or puis oan mes en amanohes 

Les bues par ces chans envoier. 
1&80 Bien me fet Renart desv^ier 

Do mon besoing et destorber. 

Mal gre mien m'estuet sejoroer. 

N'oiJBse meater de sojor 

Ne de repos ne nuit ne jor. 
1686 Toz jorz me croist ovre et entente.' 

Tandis que Litart se démente, 

Timer li asnes Espanoia 
■•' Qui ne crent jelee ne uois, 

Oï dementer son seignor. 
1690 A li est Tenu sans demor. 

Or saura il qu'il a, s'il puet. 

'Sire" fet il, 'il vos eetuet 

Bon conseil prendre et demander, 

Qu'en ne ^ oroit pas amender 
— 1696 Einsi vostre avoir ne aorestre. 
— Le vaillant d'un povre cevcstre 

1561 bUncharB que Beoii 15G2mieii8 1565iien 15B9pot I570h« 
taaae I&71 Que don 1573 uaint 1579 b. oui nés e. 15S1 besoin 1° 
Mtot 1583 N«o. 1585faoure ]r,8ftnoir li)i>2 S. atit il 1596 pore 



324 IX (Méon 1700T--1T064) 

Renart. s'il puet, oe tob Uira, 

Que envers Toa félon cuer a. 
•^ S'entente est a vos eseilleT. 
1600 Et bien vos aanrat conaeiller, 

Conment Renart iert abetez, 

Se loîaument me prometez 

A douer une mine d'orge.' 

'Timer' dit Litart, par seint Jorge, 
1605 Se par voe eetoit enginniez 

Li reproves, li rechigniez, 

Je vOB donrai tant cherdon tendre! 

Et qui est qui le porroit prendre? 

Jenz eugigne, oisiax et béates, 
1610 Qui Bovent fet croisir les trates. 

Je ne saî ore ome si sage. 

Ko oisel ne beste sauvage 

Qui Renart poTst décevoir, 

Por qoi jel poï^^se savoir, 
1616 Que je ne l'alasse requerra 

La outre la mer d'Ënglcterre. 

Quo trop set Renart renàrdie, 

Nuie beste n'est si hardie." 

Timer respont en dît, ce quît, 
— 1620 Encontre veizie requit. 

Quidiez, Renart ait tel eûr 
~- Que il eoit ades asedr? 

Renart le larron o sa feme 

Vos rendrai par col par jame 
16î6 Forment lie a vos coroiez.' 

'Et conment fere le porroiez?' 

'Q'i ai bon barat porveii 

Par quoi i) seront deceû, 

Dont il ert mort et ele morte. 
1680 Mort me ferai devant la porte 

A Malpertniz le snen repère. 

Bien saurai sanblant de mort fere. 

1R04 8. iorge IfHW Li eprouex et li 1600 béate 1610 U tente 1811 
■I ge IBIS ne nen H. IRIT R. de r. 1618 h'die 1820 u. cequit tlUl Q. 
qoe B. t. Puer 1624 o ] n 1«2S ieron 



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XI (H«oii 17066—17107) 

SitOBt ooD il me troveront, 
A mes membres se lieront 

1035 De vos coroiez conme fol. 
Et je soaleverai le col, 
Fuiftut les en amènerai.' 
Timer, toisate vos tenrai. 
De mon orge aurez vostre part.' 

1840 Atant d'ilecques se départ, 
Et s'en ala grant aleflre, 
Et le grant trot et Vembleûre 
Tant qne il vint a Malpertuia. 
Tout eetendn se oouohe a l'uis, 

1645 De terre a le musel couvert. 
Hermeline a son huia ouvert, 
La famme Renart, si le voit. 
'Sire Renart, se àiex m'avoit, 
A plante de la char avons. 

1650 Ja tant despendre n'en saurons 
Deus mois de l'an, conme est ici 
Devant cest huis, la dieu merci. 
Je voi ester ici selonc 
Un asne qui est gros et lonc. 

1665 II est mors ore devant nonne. 
Les couroies Lietart me donne, 
Que je les voudrai ataohier 

À lui et a moi pour sachier 
Et pour atraire le oeens.' 
1660 'Foie' dist Renart, c'est neens. 
8e tu veulfl, si i tire et sache, 
Je n'i trairai hui que je sache. 
Ja diex ne m'aït ne li saint, 
8e je ne cuit que il se faînt. 

1666 Pour fol me velt espoir tenir. 
Tost t'en pourra mesavenir, 
8e ta ans courroies t'ataches. 



Les «trs 1837 — 1767 manquent dan» h mtc. A. à atuat de la ptrte 
d'uHt /^Mt; iUaoniauppUétparlemtcD. IS44 Et e. 1645 ot 1648 
R«ii«rt ] fût eUe IS&S m. deiMr d. 1661 mI 1. 1. 1662 Hu^ 117 tirerai 
a. 168& uenla 



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326 • IX CUéon 17108—17145) 

Mors le dont tout avant ea nachee, 

El pis, en la teste et es flans 
1670 Si forment qu'en saille li sans: 

Et se par ce ne se remue, 

Si l'en pourras mener en mue, 

Fuis que pour voir le sauraa mort.' 

Atant court celle, si le mort, 
1675 Par devers la nache l'assaut 

Durement que li sans en saut 

Ou pis, es flans et en la teste. 

Maie Timer, qui ert dure beste 

Et qui trop mal endurer puet, 
16B0 Ne se remue ne ne muet. 

'Renart' fait elle, 'or es mauvais 

Qant pour les courroies ne vais: 

Il est mors, jel te di sanz faille. 

As tu paoar qu'il ne t'assaillef 
1686 Tu crienz pour fin noient et doutes, 

Aporte les courroies toutes 

Que tu getas derrier la porte!' 

Genars les courroies aporte 

Qui doute encor qu'il ne se faigne. 
1690 Mais elle li monstre et enseigne 

Conment il feront, et li neac 

La plus fort courroie a la queue. 

'Renart' fait elle, 'ci treras, 

Et de tirer charge seras. 
1695 II poise pour ce qu'il est more: 

Et tu qui es assez plus fors 

Que je de totes ovres faire, 

Dois devers le plus pesant traire. 

Et je trairai selonc ma force. 
1700 Mais que tu de traire t'efforcc!' 

Plus ne demeurent ne ne dient, 

Ans courroies forment se lient. 

Comme il se furent atachie, 

I6S9 Ed p. on e« 1675 hanche 167T et m coites ie78darboteE 
16S2 peur inanque g. sporter ne 1691 noaez 1696 uaei] encor 16S7 
Qui de toat lan enure ne f. 



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TK (Héon I7UB— 17181) 327 

Tant ont et tira et sacfaîe 
1705 Que traîne l'ont eor le sueîl. 

Tymera li asnes ouvri l'ueil 

Et a levé la teste en haut. 

En talent a que il s'en aut 

Mes que bien lee voie liez. 
1710 Et Renare conme veziez 

Li vit la teste remuer. 

Bien set que il les veult grever. 

Et ei est es péril de mort, 

Se par f^uile ne li estort. 
1716 II se doute, sa famme apelle 

'Henneline m'amie belle, D86 

Âconr ca toat, ai tne deslie! 

La parole m'empîre et lie 

De la puor de l'ort pertuîs 
1720 Qui^me vient au nés, plus ne puis 

Poor souffrir ne endurer 

Ne piua ci longuement ester, 

Acourez ca, ae diex vous saut, 

A pou que li cuers ne me faut. 
1730 Ceste puour orde et punaise 

Plus que n'est pertuîs de prîvaîae, 

U'a ja le corps affebloie 

Et de traire tout desvoie. 

Se m'en plaing, ne m'en dois blâmer, 
1730 A pou que ne me fait pasmer 

Celle puour qui ou corps m'entre. 

Doloîr me fait le cuer du ventre 

Li ora vena du pertuîs punais. 

Miex vousiase estre sur une ais 
17^ De privée ou me gefisse 

Que près du pertuis du cul fusse 

Qui ici me fait mal au cuer, 

Certes ja morrai, belle suer, 

II me sert de trop (ûgre vent 

1705 Atrsine lont deuus leur 1711 Le 1715 II | Et ITIT tost ca 
1722 ei I or 1736 priooiae n35me]ie 1736feai«e ITSTgi m. auenant 
1738 v. Ineii le mnt 



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IX' (Kéfm 17182— 1T217J 

1740 S'or estoifl liez devant, 

Je Bai bien que aanz nal secours 
Le troiroîe je le graut coure: 
Ja ne t'i convendra a traire. 
Ne me puez ore secoure faire 

174& I(à endroit qui si me plaise, 
Se tu m'oBtes de tel messaise. 
Tout aui ja couvert de suor 
De l'angoisse et de la puor 
Qui si me fet le cuer doloir. 

1790 Si t'aîBt diex, oa vien oloirl 
La puour dont je suis destroiz 
Puez sentir, se tu ne me oroiz. 
Et vien oa, deslîe moi tost! 
Celé puour le cuer me tost.. 

1756 A pou que ne m'a mort gete.' 
Hermeline en a grant pitié. 
Si ouida que voir li deïst. 
Et doutoit, s'elle nel feist ' 
Sanz délai son conmandement, 

1760 II i morroit soudainement.' 
Plus tost que pot le deslia. 
Renare tantost li esoria, 
Qant il se senti deslîe, 
'Â poi ne Bomes conchie 

1766 Par ton conseil, folle chetive! 

• Ne fusses pas enquenuit vive 

Se tost ne fusse desliez. 

Bien dos a Timer espiez 

Qui mener nos voloit en vile 

1770 Par tel barat et par tel gile, 
Qui mort se fet et il est vis. 
Onques ne me pot astre avis 
Qu'il fust more si oon tu disoies. 



nu Je le 1. que manque 1751 p. qui me fut d. ITM toat 1755 
quil ne 1156 .h'. 1160 Q'ie neogt ion pùemant lieefiuse 1781 manjiK 
Ah t>. liée le mae. A reprttid. 1769 Qne m, u. n. liei Apris 1170 le 
pue- ajoute Par foi trop set ore de gile 171S m. et tu le qnidoîei 



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IX (Héon 1T218— 17255) 3 

les tu foie que le quîdoiesP 

1776 Quidierl Mes il est fox qui quide. 

■^ Cbascun met tote son estuide 

ËD barat qu'en ne set qui croire. 

Ja nos en nienast a grant eire 

Timer ches le vilein Litart 
1780 Se je parlasse un po a tart. 

Mes li vileins le Gonperra.' 

'Renart' fet ele, or i paira 

Con tu li feras conparer: 

Tu en sez plue que bues d'arer. 
1785 ÎCaia onques danz Goare li lèvres, 

Qui de poor prennent les fevrea. 

Ne fu si de poor destroiz 

Con tu les ore a ceste foiz 

Qui dotes une morte best«.' 
1790 Je li vi or lever la teste, 

Puto foie, et ovrir les cuz. 

Quides tu que je croie tneuz 

Tun dit que ce que je verrai P' 

'Ja fet ele ne te crerai: 
1791} Que par poor l'as controve. 

Or ai ton corage esprove 

Au besoing et ta mavaiste, 

Qui si t'a semons et baste 

De laiesier ce dont tu dois vivre. 
1800 Bien puis dire tôt a délivre 

Que de grant mavaiste t'avîent. 

Se ca par aventure vient • 

Ysengrins et Hersens la love, 
" Povre en iert ma part et la toe, 
1800 Que bruire en feront lor grenons. 

Quant a nostre oes char ne pemons, 

A peine le iras loin querre. 

CJovre ton obief et bien le serre, 

S'ospame ton oors et repose: 

1774 tu ai fox que tu le q'donz 1777 set qu« f«Te 1779 T. i 
1781 Et U 17S5 li «mn^us 178» .1 mort 1794 ceiTM 1799 doÎH 16 
le tires 1808 moMaiM 



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10 I.V iMéoa 1723C— 172911 

1810 Que tu n'aa meater d'autre choese. 

Trop par ea ore acoardis.' 

'Dame' fet il, 'ainz aui bardiz, 

Qant je voi m'anor et mon prou. 

Mes ne m'i troveres hui prou 
1815 Por VOB mètre en péril de mort.' 

'Benart' fet ele, 'tu as tort 

Qui si me mens apertement. 

Or Bâches bien veraiement, 

Se as coroies ne te lîea, 
1830 Certes ja por riens que tu dîes 

Ne m'i porras tant esmaer 

Que je ne m'i roiase easaier 

Orcndroit si c'on le verra.' 

'Et je sui cil qui aoffera 
182â Ceate aventure a qui qu'il tort. 

Voira est, qui ne poche, a'encort. 

Ne m'en blâmer, se mau^ t'en vient!' 

Celé qui ne prisse ne crient 

La parole de son senfpior 
1830 La fort coroioj la grennor 

Qu'ele avoit loie a la coe, 

A la quissG deriera la noue- 

Forment la lie et ataohe, 

l'or mGuz tenir la tire ot sache. 
-■ 1835 Son col i lie et puis sa quiaae 

For ce que meus tenir i puiaae. 

Tandis que tirot et aachot, 

•Timers li aunes qui bien sot 

Que Renart ne pot enginner, 
- 1810 Forment se prist a aîrer. 

Durement recinne et se levé. 

Molt annule Renart et grève, 

Quant mener en voit Kermelîne. 

Trop par as este feme fine' 
1645 Fet il: mais tu as este foie, 

1814 M. uoR mi t°ree 1818 Cent 1819 8c tu ma o. te l»ii 
e ttuinpie 1826 ne p. aentort t8S!8 nel 18SS et tache 1834 t'n 
iSS que 1S43 .li'. line 



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IX (Mcon 17292 -17aa7) 331 

Quant mon conseil et ma parole 

As du tôt mis a. nonchnloir. 

Me te puis ore rien valoir. 

Mee grant mester t'oûst oU 
1850 Mon loe, se l'olisseB creQ. . 

De toi aider n'ai nul pooir. 

Ton gTRDt orgoil et ton voloir 

Conparraa oncor hni trop cher. 

Timers me quida acrocher 
1855 Por mètre es meins o tu carras. 

Une autre fois si me creras, 

8e vive t'en, puez revenir. 

Mes ce ne puet mes avenir. 

Perdue es: a deu te conmant. 
1860 Oommanf fet Renars: 'et comment 

Irai ge au vilein plaider 

Savoir se te porroie aider)* 

Qe ne quit que jamais me voies.' 

Timers s'en coroit totevoies, 
IS6Ô Onques de oorre ne se tînt 

Tant qu'a la porte Letart vint. 
A grant merveille s'esjol 

Lietart, quant son asne ot oT, 

Et puis qu'Hermelbe a veile 
1870 Qui molt estoit et mate et mue, 

Traînant la cuisse a la terre. 

SVapee ala meintenant querre 
^ Qui ert enruîllie et frète. 

A peine l'a del fore trete 

1879 Que il quide que Renars soit. 
S'espee traite va la droit, 
Bien se cuide de li vencber^ 
A un coup li quida trenoher 
La teste, mais il a failli. 

1880 Hermeline si haut sailli, 
Qui n'iert mie trop entestee, 

IM8 umbI 184* te oast 1853 Comparm* tto 1855 Hçli^roch«r 
T pM IHiê pot 186» Perdu conmanz 1860 Conment f. conmaiu 
* pnitque H. uan 181 i le deuxième que »iaft^« 1878 1» q. 1861 mi 



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■■132 IX <Méon 17328-173a3j 

^ Que le coup ne l'a ftdeaee. 

Hermeline a peor eUe: 

Mes l'aeolee a recède 
1S8IÏ Timer que la quisee a trenohie. 

Lietart meïmes l'a veocbie 

Tost de Bon enemi mortel. 

Traînant en porte a l'ostel 

La qutsee a grant joie fesant. 
1890 Rcnart trova mu e taisant. 

Quant il Ta veûe venir, 

De rire ne se pot tenir, 

Quant la quisse vit .traînant. 

'Renart, dont ne su je raillant? 

1899 Or ae piiet Tiraers esventer 
(De ce me puis je bien vanter) 
Que la qubse en avom de ca. 

James Timers feus ne menra. 1^3 

Bien me quida Litart tuer, 

1900 Mes ge me soi bien remuer 
' Et gandiller et tressaillir 

Tant que gel fis a moi faillir, 
Ne m'a blecie ne tenue,' 
Tel aventure est avenue' 
1905 Fet Renart, que dus ne quidoit. 
Ne oisel ne béate ne deit 
Conme tu fes tel guerredon 
Damiedeu ne si large don, 
De ce qu'il t'a ai garandie. 
. 1910 Lietart li pogoes foi mentie 

Quide eatre de moi quite a tant. 
Ikfes bien atent qui par atant 
Oe atendrai molt bien lonc tens: 
Que jel ferai, si oom je pens, 
19i5 Plus corooie qu'il ne fu onques.' 
'Maveiz ooart, qu'aten tu donques? 
Ge dot molt que ouer ne te faille.' 

1886 uenche 1B9S pot 1B9T Qui 1801 KMdciUer 1903 tnr 
lOOT Con f. De tel 190B ne} de 1913 nioU mangut VHi ^m U 
leiT onr 



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IX iMéon 17894—17384. 17591—17603) 333 

'Quides tu, foie, que jel aille 

Dedeoz sa mesun asaillir? 
liiJO Tost porroie a mon cors faillir 

S'il me huoît ses trois gainnons: 

J'auroie en els maus conpaignons. 

Mes encore un pou soferai 

Tant qn'el bois suel le troTerai 
l!i35 Ou n'aura ja de chen aïe. 

Lora li ferai tel envaïe 

Far paroles et par manace 

Que jamais n'iert teuls qu'il me face 

Chose qui anuier me doie.' 
\wa 'Renart' fet ele, 'jel voldroîe. 

Mes ja en TÎlem ne te fie, 

For ce s'il te jure et afie : 

Ne por nul aseOrement 

Par sa foi, par son serement^ 
1935 Frent eu Yilein de maie escole.' 
Atant laissèrent la parole. 

îles Renart pas ne s'oblia. 

Lendemein Lietsrt espia 

Qui dedenz la forest entroit. 
Iltio Bien set que o lui o'amenoit 

Nul de ses chens en conpaignie. 

Hardiement Renart l'oBcrie: 
" 'Cuvers' fait il, 'par queil raison 

As tu en sel la veneiaon 
1946 Qui fu prisse el defoiz le conte? 

Ge te ferai morir a honte, 

Nus hon ne t'en porroit deffendre. 

Certes je te ferai ja pendre 

Au plus haut cesne de cest bois. 
1950 Tôt orendroit conter le vois 

Au conte ou a ses forestiers. 

Se tu avoies cinc sesters 
" D'csterlins, et fussent besans, 

Olf Qno dpB 1921 «B t. 1D22 Js aurai 1924 que el 1920 haie 
'»» »f mnrare 1938 LeniUmen 1939 Que 1940 namenroit 1947 ten 



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334 IX (Méou 1760«-n639) 

Et tu l'en faisoies presans, 

1955 Ne te vaudroit il une amende 

Que l'en meintonant ne te pende. 
Fuis que je li ferai savoir, 
Ne poiras raencon avoir. 
De toi nule pite n'aura, 

i960 SitoBt con le voir en saura, 

Li quena : que volentiere destruit 
Celui qui chaâce aanz conduit 
El bois, et sa venoison emble.' 
Lietart, qui tôt de poor tremble, 

liH!5 Li dit amis, or m'entendes 
Un petit, se vos coh mandes. 
Par raison doit merci trover 
Qui de boa cuer la vont rover. 
J'ai mespris vers vos laidement, 

1970 Merci vos en cri et demaut. 

For deit, de moi pite vos prenne I 
Par le conseil de ma conpaigne 
Ai vers vos mespris coome fox. 
'' Molt me poisse que fiii si ox. 

1975 Des que si ert a avenir, 
Des or mes me poes tenir 
A vostre serf et a vostre home. 
Foi que doi seint Père de Rome, 
Jamee vers vos, ne mesprondrai. 

1980 Mes tôt qanque ge ai tendrai 
De vos conme de mon seignor. 
Autresi grant doîl ou grenaor 
Ai coume vos, oe sacbea bien. 
S'euvers vos ai mespris de rien, 

1985 Tos sui près de vostre service.' 
'Volenters par itel dévisse 
Prendrai' fet Renart 'ton hotnage 
Que tu ne honte ne damage 
A ton pooir ne me porchaoes 

1B55 unadroit 1963 uenoù 1965 que 1967 rouer 1 
1972 lift ma 1973 A 1974 fu 1977 a nuiaque 19B0 gai d« d 
de manque 19R4 vns mniiqiir 



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IX (Méon 11640—17675) 335 

1990 Et les trois maetins tuer fâches. 
/ AjenoUons droit me feras 

f Et lee dis pocins me rendras 

Et Blancart que me premeïs 

Quant mon conseil me requeïs.' 
1995 'Sire' fet Lîetart, je l'otroi. 

Ja seront li mastin tuit troi 

Tue devant tos oreadroit. 

Bien Bai que vos avea grant droit 

Que lor vie aves enhaïe: 
9000 II vos firent giant envaTe. 

Droit vos en ferai volenters. 

Vostre amis yerais et enters 

ToU estre des ore en avant. 

Dex me hee, se je ja vent 
SÛOu Nului point de ma norreture. 

De vos prendrai mes si grant cure 

Que tôt ert en vostre sesine: 

Ane, chapon, oue, geline. 

Chascun jor aures a plente 
■2010 Tôt selonc vostre volente. 

Tel char con vos deviseroiz. 

Des dis pocins sesiz seroiz 

Et de Blancart ja sanz demore. 

Mes gardez, se dex vos secore, 
9015 Que par vos nul mal ne me viegue. 

Qe Bui près que je me contiengne 

Vers Toe tôt a vostre plaisir. 

VoB vendrez mes tôt a loisir 

En nostre meson sejomer. ' 
3(S0 Ja ne vos en qerrai tomer 

Tant con demorer i voudroiz. 

Un bon recet en tos endroit 

Avez conquis et recovre. 

Por ce se j'ai vers vos ovre 
3035 Folenteut par rnavais conseil 

Ml m«n r. 1»94 reqnU 2003 uerax 2004 ment 2009 ior 



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336 IX iMéon 17686—17712) 

Ne soiez vos ja en eareil 1 

Que se iex me gut de peeance, 

Ne par treetos les seina de France, 

James nul jor ne voudrai fere 
5080 Chose qni vos doive deplere. , 84 

N'i porriez ooiant conquerre, 

S'essilliez ère de la teire, 

Et ma feme et mi enfant. 

Ou se ge ère mis au vent. 
2030 Molt par deves ma vie amer, 

Que por vostre porrez clamer. 

Toz jors mes qanque ge aure 

Ert tôt a Tostre volente.' 

Reuart dist 'par tens veil savoir, 
2(U0 Se tu me dis mencoi^e o voir. 

Et se tu ne fas mon plesir, 

Par tens t'en ferai repentir, 

Se tant fae que li queas le sace. 

Mes jamais anui ne damache, 
2045 Se tu es prouz, ne te querrai. 

Mes en ta mesoti n'enterrai 

Tant que les chens aies tuea' 

'lïauz sire, or ne vos remuez' 

Fet Lietart: ges îrù tuer.' 
^DM 'Ja ne me quer a remuer 

Tant qu'il soient tue tuit troi. 

Aies' fet Renart, 'jel otroi, 

Tos dîtes et bien et raison.' 

Atant s'en cort en sa meson 
a05& Lietart qui molt fu adolez. 

A sa feme dit 'se toIoe 

Et vos quidiez que ce soit biens, 

A tuer convient nos trois chens, 

S'avoir volon pais a Renart. 
•2om) Et si li rendrai le Rlancart, 

Et les pocina avoc tôt dis 

Li rendrai qu'oreudroit li dis, 

2II4S ten cerrni a04B ore 2065 molt mongiir 805» ponuiat 206! 
que orpndruiH 



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IX. (Méon 17713-17748) 

En la forest ou il m'atsnt. 
Il ne noB coatera js tant 

3063 Qu'il ne nos poïst plus coster, 
S'il au conte l'aioit conter 
Qu'el bois ai sa venoiaon prise. 
Tantoet feroit de moi justice: 
Tantoat aeroie ara ou pendu, 

•2070 N'en porroie estre desfendu 

Por avoir ne por rienz qui soit. 
Moz enfanz esailler fereit, 
Mort aérien et confondu.' 
Bninmatin li a reapundu, 

3075 Que contredire ne li œe, 

'En fere l'eetuet a grant choa». 
Del tôt fetea Ba Tolente, 
Se vos âmes voatre aante 
Et voatre bien et vostre vie, 

91Ï10 Avoir devea grennor envie 
De voatre vie que d'avoir.' 
'Bêle suer, vos ditea aavoir. 
Blanchart et lea pocins prenez, 
Et les trois maatina li menez!' 

3lk86 Lietart enz el retor s'est miz: 
Les chena, le ooc et les pocina, 
Li garçon enmeine liez. 
Et Kenart conme voiziez 
Vers l'oatel au vilein se tret : 

2090 Que molt redote son agait, 
Que aaaillir a cheos nel fâche. 
Entre aea denz molt le manache, 
Que ae jamab vers lui mesprent, 
Hott sera iriea s'il nel prent. 

3005 Lietart et les chens voit venir 
Q'il faiaoït au garçon tenir. 
^ Reoars li conmence a hucher 
'Ne fai pas vers moi aprocer 



M69 MflnjNP 2074 Bruinatin 3076 l^ntol ^OHfi k. Ipr r. 2089 
« tL treat SOO.t menpH 2094 ni ne p. 

KUMtr I 22 



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338 IX fMéon 17749-17786) 

Les cbeoB, mais orendroit les tue!' 
2100 Litart uue pesant macue 

Tenoit qu'il ot el bois coillie. 

Les mastios a un chesne lie, 

De la macue les asome. 

Or le tent Renart a prodome 
3106 Puis que les trois mastins voit mors. 

'Lietart' fiùt il, 'molt estes fors 

Qui si Baves bon coup ferir. 

Oel vos voldrai molt bien merir. 

Ce que m'auee fet vos pardon 
3110 Et m'amor tôt vos abandon: 

Que molt par a bel présent ci.' 

Renart' fait il, 'vostre merci, 

Que vostre amor m'aves donee. 

Tote vos ert abandonee 
2115 Ma norreture et quanque j'ai. 

Plus sereie jalos que gaî. 

Se jamais vers vos mespemoie.' 

Ataut prent B«nart, si manoie 

Blancart et les dis pocinez 
S130 Que li aporte !Martiaez. 

De Blanchart fist ses gemoiu bmîre, 

Onques nel tist plumer ne cuire, 

Molt le trova crasaet et gros. 

Les dis pocîna trose a son dos 
S125 Et a deu le vileîn conmande. 

S'en porte a l'ostel sa viande 

Ou il a trove sa maisnie 

Qui de fein ert mesaaisie. 

De fein estoit et floibe et veine. 
2130 De joie fu sa feme pleine. 

Quant ele vît Renart venir 

Les pocios a son col tenir: 

Por conble se tient et por riche. 
' 'Renart, or n'est pas Letart cice.' 

2101 T«net coilli 2104 » manque 2108 uoldni 211R Rtenran 
2121 brurc 2127 truuee 212» miulee 2129 estait missair 2131 



I 



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IX (MéoD ITTHT— 1T82S) 

21Xi Non" fet Rensrt, 'mes bien heite. 
Bien ai ceate foiz mploitie 
-^ Que si m'ea sui venue troeez: 
Se je n'eûsae esse luez 
Par Lietart tôt a ma devise, 

3140 Clet feTsee metee a la bise, 
Au conte a, sa gent le deïsse. 
Pendre en la fores le feïsae 
Que sa veneison li embla. 
Il tresaalli molt et trembla, 

SI45 A jenellon me fist omage. 
JamaiB ne me fera damage 
Ne nule rien qui me desplese.' 
'Kenart, trop estes ore a aise' 
Dist Hermeline, 'que ge cuit 

2150'^ue tu n'as pas le ventre vuit. 
Tu es plus a aise que gie, 
Que tu as hui Blancart inangie 
Qui molt ert et cras et rognez. 
^Se Lietart est bien ranponez 

3155 Par toi que me puet ce valoir? 

Ne m'en puet pas grantmeut chaloir, 
Se tu as ton ese et tes bneas. 
Moi et mes enfanz et les tuens 
Lez de fein morir a mesese. 

3160 Mes je sereie molt mavciae, 
9e de faîu tnorir me l&isaoie 
Tant con près de ces pocins soie. 
A ces poeins fet bon entendre.' 
Atant cort, si priât le plus tendre, 85 

2i6j Si le manga a un sol mors. 
Un des autres a le col tors: 
A sa maianie le départ, 
A cliaeouD a doue sa part 

^ Renart quide bien son prou fere. 

2170 De Malpertuis son fort repère 

2138 8e ie nenoi I. 3141 lo manqne 2Ui Prendre i 
ti«e K" 2m> pot 2156 pot 2105 Se 2IR7 U d. 



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340 IX iMéon 17S27— 17BG4) 

Il vint lendemein par matin, 

V^eoir Letart son bon voiein 

Qui le reçut a molt ^ant joie. 

Dianer le fait d'une craase oie 
2tT5 Que il li avoit eetoîe, 

Et bien li avoit encrassie 

Brunoiatin qui tôt en tremblaut 

Li moBtre d'amor bel semblant : 

Molt l'aplanie et si le loe. 
''' 2I8() Renart li fet sovent la moe 

En repost qu'ele nel voit mie. 
^ Et ele le sert sanz boisdie, 

Ne li ose rien refuser : 

Que molt redote l'encnser. 
S1S5 A 8tt Tolentfl le pessoit. 

Et Renart qui bien s'eno-aseeit 

Qui de la car ert envieus: 

Et Lietart fa molt covoiteus, 

Do lui servir prent molt grant cure. 
SiQD Bien aproca sa noreture. 
^ Renart qui sovent en pemoit 

Totes les ores qu'il voloit, 

Sovent i demore etsejorne, 

Si que qaant a l'ostel retorne, 
âl!i6 No pot au vilein remanoir 

Oe, capon, ooc blanc ne noir, 

Ne pocinet ne crns oison, 

(Tôt porte Renart en meson) 

Jeline ne megto ne crasse. 
■2-200 De Renart encor vos contasse 

En bon endroit, mes moi ne loist: 

Qar autre besoingae me croist. 

A autre romanz voil entendre 

Ou l'en porra greinguor sens prendre, 
2200 Se dex plaist et se dex m'amende. 

Ja de clerc qui reson entende 

2174 loBt f. du priu 21H1 que ele 2S82 le mnngHf i\Xi 
ponnoil 220,^ manende 



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IX (Méon 178«5— 17S70) 

N'en serai blâme ne repris, 
Se g'ai en aucun liu inespria 
Eit tote ma premere ovragne : 
2210 Que pou avient qu'en ne mespregne, 
Ou au chef ou a la parcloae, 
S'il n'est aiisez de la oose. 



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X (Méoo 17871 -17896) 



Se or TOB voliez taisir, 1 

Seignor, ja poriez oïr, 
S'estiez de bone mémoire, 
Une partie de Testoire 
5 Si cou Renart et YaeiigFiii 
Guerroierent jusqu'en la fin. 
Se vos me prestes vos oreilles, 
Ja vos volàrtû dire merveiUea 
De Renart qui est via maufes: 
^ 10 Toz sui eapria et escaufes 

De Renart dire en tel endroit 
Sanz delaîement orendroît, 
^ Q'einc n'oietes en ai bon leu 

De lui e d'Yeengrin le leu. 
15 La ou Nobles tenoit sa feate, 
Ou Menblee ot meinte béate, 
Que toa li paîa en fu pleins, 
La n'oesa^t pas eetre vileina: 
Qar ledemeot i fUst botez. 
20 N'en i ot nul, ne fust dotez 
Et de haut pria et de haut non. 
One n'i ot se frons homea non 
Qui por onorer lor eeignor 
Foaoient feste la grennor 

i lestore 8 uaudra IS asenblot m. 20 nue 83 



X (Méon 17897—179351 3- 

96 Que DUS hom deviser soQst. 

One n'i out celui qui n'oiiat 

Kobe au meins de vair o de gris. 

Mes U ohastelflinB de Yalgris, 

(Cest Renart de qui tes maua sort), 
30 N'iert pas adonc venu a cort. 

Neporec si fu il mande, 112 

Yoire par de et demande 

Plus de dis fois, voire de vint. 

Mes ODC por co plus tost a'i vint. 
35 Ne ja mais s'il puet, n'i vendra. 

Mee 1i rois, ce quit, li vendra, 

S'il le puet tenir, 8an8 reepit 

Ce qu'il a sa cort en despit 

£t dit 'seigDor, a vos me cleim 
40 De Benart dont g'ai tant recleim, 

Gel traltor, cel deputere. 

Nel devea paa celer ne tere. 

Nel voil ItùsBÎer en nul endroit: 

De si grant honte selonc droit 
45 Jugiez le moi solonc raison! 
j^ Et pnis vos dirai l'aceson, 

Bel seignor, se vos conmandez, 

For qoi vos ai ici mandez,' 
Quimt il ot sa raison finee, 
50 Chaacun a la teste enclinee. 

Molt sont forment pensif et morne 

Del jugement trestuit a orne. 

Onques n'i osa un sol grondre, 

Li uns let a l'autre respondre. 
56 Chascun se test, chascun escote, 

Chascun se crent, chascun se dote, 

S'il fet sor Renart jugement 

Si qu'il li tort a nuisement, 

Âutretel honte li fera, 
80 (Ja si bien ne s'en gardera) 

S'il en puet liu r/b aise avoir: 

27 m. oa de 29 qoi tost 35 pot 37 pot 40 dant SI pot 



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X (Méon 17931}— 1Ï9T4I 

Ice seit bien chascuna de voir. 

S'en est chasoun en gi&at destrece, 

Quant li lox Ystin^ina se drece 
66 Qui Renara ot fait meinte guenche: 

Or est honiz s'il ne s'en venche, 

Que James n'en aura tel ese. 

Diet Ysengrins rois, or vos pleae 

A escoter que je voil dire, 
70 Je 8ui Tostre hom lige, baux sire, 

PoF ce si vos doi conseiller, 

I4e s'en doivent pas merveiller 

Cil qui devers Renart se pendent. 

Mes or oes et si entendent. 
76 Quant autre ne s'en vont movoir, 

Qe m'en irai parmi le voir. 
Bois, or oies, se tu conmandes 

Del jugement que tu demandes, 

Oe vos di bien a mon esgart 
80 Que mesfait vos a molt Renart, 

Quant il vostre conmandement 

A trcspasse si faitemant, 

Ne deinna devant vos venir: 

Bien l'en devrait mesavenir. 
85 Rois, molt vos a grant honte fête 

Cit gars, oil teres, celé sete,- 

Que bien saves que un mois a. 

Que onques tant ne vos proiaa 

Qu'il vos deii^naat oontremander, 
«0 Ne jor no reapit demander. 

Rois, or en pemes la venjance 
^ Por le despit, por la veltance, 

Por ta honte que vos a fet. 

De c'est par droit sanz autre {^et 
99 Que sa terre faces sesîr. 

Si en fêtes vostre plesir, 

Ë lui faites mètre en prison. 

Ja n'en doit avoir garison, 

B5 mente 78 iuKmeiit 95 mtt' uoa," a hoot« fête' grani ' 
h 93 Por] De 



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X (Mé»n 17970— ISOtO) 34J 

Que li autre ne s'î aiuorde&t.' 
KX) Li rois e tex i a a'acordent 

Au jugement e a l'eagart 

Qa'Ysengrina a fet sor Renart. 

Et tes î a qui moU en poise, 

M^es n'en osèrent fere noise, 
na Que trop eetoit Renart haïs. 

Le jor en fuet morz e traïz 

Que ja n'en fuet resacites, 

(Ce est ]a fine ventes) 

Se ne fust dant Tybers li choz 
i]i) Quil délivra par son porchaz, 

Qu'il se porpensae del outrage 

Qu'il li ot fet et del hontage, 

Quant il el ptege le âst prendre. 
, Mes encore li quide il vendre, 

115 8e il en puet venir en leu. 

Maigre dant Ysengrin le leu. 

Or ai li vont Tybert aidier. 
■^ Uuimea l'orres por lui plaider, 

Qar voleoters le secorroit, 
ISO Savoir s'acorder se porroit 

A Renart qui est corociez. 

Si a'est molt tost eo piez dreciez, 

Et sor son dos gete sa coue 

Et as langue aguise et deanoue 
125 Pur bien parler, et si herice 

Trestoz les pouz de sa petice. 
Tuit ae taisent parmi la sale, 
^ Et Tybert desferme sa maie 

E dit au roi 'aire, or escote, 
^ 130 Lai le coieain, ai preti la cote! 

De tote rien est il droiture 

Que l'en eagart eena et meaure. 

Rois, or escote ma parole! 

M'a pas este a bone eseole 

lUf Que j 107 Et au tien ior r. 111 houtrage U3 pndre 
«t le IIS pot 121 Trop eat ueii R. e. 126 Trcztoi 



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X (Méon 18011-18086) 

135 Ysengn^s, por jugement fcre: 

Dont il U veniat meus a tere 

Que fere esgart ne jugement 

Dont en deïst après qu'il ment. 

N'est pas li jagemeat loiax 
140 Que il a fet, ancois est fa\. 

Ne rien nule ne fet a croire 

Chose qu'il die, c'est la Toire: 

Que ce poea vos bien savoir ' 

Conques ne porent pes avoir 
145 Li vassal nul jor de lor vie, 

Ainz sont par mal et par envie. 

Et par celé mortel haine 

Qui longement lor est voisine, 

A fait Ysengrins aor Renaît 
130 Fol jagement et fol esgart 

Trop est d'aus deus la gerre amere. 

Tort a li leus qui son conpare 

Velt forjuger en tel manere 

Et de la cort jeter arere. 
15S Sire, maveia conseil vos done 

C'A qui de te vos araisoue 

Que Renars soit deaeritez 

Et fors de vostre cort jetez. 

Ne l'en crées james, bau sire! 113 
160 Sftvee que de Renart puis dire? 

N'aves vairez en voetre terre 

Baron, meus sache fere gerre 

Ne contrester ses enemia, 

Ne qui meuz s'en soit eatromis. 
165 Sire, porce devant l'eegart 

Doilssies somoudre Reaart 

Par un de vos pers et -mander. 

Ne doÛBBÎez pas conmander, 

Fere somondre par garçon 
170 Tel chevalier ne tel baron. 

3 iujpnent 137 De 140 mftx 142 oe eat 14S o. a nul HI 
148 Que 156 oe conseil uob done 162 B. que m. ISS opntrf 



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X (Méun IB0à7-I8O94) 347 

Far deu, sire, molt me mervel 

Qhc d'Ysengrin crées conseil: 

Xo por son dit, ce est la some, 

Ne devez honîr un franc home. 
175 Par deu, sire, ce est la pure, 

Trop seroit lede chose et dure 

S'il n'i avoit autre achoison. 

Rois, regardes a la raison : 

Qui qui raison ne set et tient, 
180 Sa vitaille vet tost et vient. 

Et ne por ce solonc mon senz 

Vos en dirai ce que je pens : 

De pecheor miséricorde, 

D'ornes ocis preiit en acorde. 
Ifô Bons rois, or le faites semondre 

Qu'il vi^ne a cort et por respondro 

De quanque demander sauras. 

Se ce fes, bon conseil auras. 
. Et lores s'il ne vient a cort, 
190 N'est merveille, se mal l'en sort: 

Qar ce cest pi ait vout refuser, 

ye l'en doit mes nus escuser. 

Car il rescmbleroit enfance, 

Aiicois en pren Jors ta vengance.' 
196 Âtant se test, ne vout plus dire. 

Et li rois conmenca a rire, 

E li baron dient ensenble 

Bien a parle, si con nos senble.' 

Lors ot Yseugrina molt grant honte, 
300 Quant Tybert ot defet son conte. 

Trestuit le prennent a huier, 

Sachez molt li puet anuier. 

Mesire Nobles si se levé. 

'Segnor' fet il, molt par me grieve 
a» De cest cri et de oeste noise. 

Mes de Renart qui si me boise 

170 B. noient 180 bataille u. tôt au«nt im.eot 191 nous 192 
*^'*r 1B4 la manque 202 8. q' m. U pot 



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X (M6on IWWô— 18134I 

M'ensegniez que je porrai ferc 
Et a qeil chef g'en porrai ti-ere, 
Volcntiere i envoieroie 
210 Ud prodome, ae jel savoie.' 
'Sire' dist Belin li motons, 
Nos entendons et escotona. 
Se vos i voles envoler, 
^ii vos en estuet nul proior: 
2lâ Mes conmandcs qui vos plera 
Le tneaeage e il le fera.' 

Belin' ce dist Noblea 11 rois, 
'Molt par eetea proua et cortoie. 
Ja maveis conseil ne doaroiz. 
S20 Saves ore que vos ferez i* 
Dîtes Roeael le maetin 
Qu'il soit trestos prcst le matin 
Et apreste de ta besoinne 
" Et qu'il i Toiât sans nul eauÏDgne. 
a25 Ne puis avoir- mellor messaje, 
Ne plus délivre ne plue sage.* 
Roetiel l'ot, on pies ee drece 
E parmi les autres a'adrece 
Devant le roi, ai li a dit 
230 'Ge fornirai sanz contredit 
Le measaje, s'en m'i envoie. 
En aon païs sai bien la voie.' 
'Va donc' dit li rois, 'si li di 
Que devant moi soit mercredi 
235 Prez et gamiz de soi deffendro: 
Ou se ce non, gel ferai pendre 
De la somonse del deapit 
Doot il priât par soi le respit. 
Portez mes letres seelee». 
240 Gardez ne li soient celées! 
Et se cest mandement refuse 
Et mon coamandemont t 



20H trc 210. M K« '^^* «stut nu» 2ia que 229 apo 
manque 2il5 g. por moi d. 236 oe ce 240 Qai dei 



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X (Méon IftlSS— 18210J »*» 

De la moie part le d'esfîe, 

8i l'apele de félonie.' 
245 Roenel li respont 'bau aire, 

Tôt ce li saura ge bien dire 

Si que rien nule a^i faudra, 

Ou tel cose qui meuz vaudra.' 

Lors prent congîe et si s'en torne. 
250 A eon tref vient et ai s'atome 

Al eioz qu'il puet e e'apareille. 

Sa meinie molt se merveille, 

En queil leu il voloit aler. 

Si le prennent a apeler. 
33{) Sa feme l'a a raison mis, 

'Or me dites fet ele, 'amis, 

l'or queil afairo, por queil oevre 

Faites vos cei* 'Cil li descuevrc 

Qu'el meeage le roi ire, 
'JAO Que li rois molt proie l'en a 

Por Renart a cort amener. 

'Et ge me voil' fait il 'pener 

De tôt son volotr aconplir. 

Por ce fas mes maies enplir 
965 Et bien atomer mou atere. 

Que ne voudroie envers lui fere 

Chose dont se doûst irer. 

Le matinet a l'esclairer 

M'estnet movoir, dex m'en avoit!' 
2711 'Sire' fet ele; 'dex l'otroit!" 

Ataot laissèrent le plaider, 

Li lit sont fet, si vont chocer 

Jusqu'au matin a l'ajornee. 

Ancois que l'aube fust crevée 
3T.i S'est levez, si a pris congie 

Que il n'i a plus délaie. 

Montez est, si s'en est tornez. 

Que il n'i est plus sejomez: 

!SI pot 2^8 La 2M prenne! 266 aéra I. meehrf 289 mpglot 
mmn 2tt M. «ext Apris 278 nn lit Au matin quant ne fu esroïc 
KWf» rormi )i rox, Lm vtrê 



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X iHéon 1S211— 18216) 

Le grant troton s'en vait a force 
^ 280 La matinée tote a orce, 

Toz jorz vait la voie plus droite. D 
Voulez oïr oontne il eaploiteP 
- Tant chevaucbc bois et garanne 
Qu'en la cit vînt de Theroane. 

2éâ Renare, qui se doutoit de guerre, 
Avoit fait pourcbacier et querre 
Charpentiers de ptueeurs maniérée 
Qui li faisoient ses perieres, 
Qui ou chastel erent assises, 
' 3<)0 Et mangonneax de plu^eurs guises, 
' Et bonnes portes coleïces 
Li fesoient devant les lices. 
Ses fossez faisoit redrecier 
Et ses passages afaitier 

3!)j Que l'en nés poïst damager. 
Atant ez vous le messagier 
Boenel qui les lettres porte. 
Renart trouva devant sa porte 
Qui de ce ne se donne garde. 

BOO A celle fou il se regarde. 
Quant il a chobi Roenel, 
Sachiez ne li fu mie bel, 
' Que vers lui n'a tneatier treslue. 
'Renart, mes sires vous salue' 

305 Fait Roenel, 'li mieuldres rois 
Qui soit jusqu'el règne as Iroia, 
Li mieuldres que onques veïsse.' 
Ce dist Kenars 'diex le garisse :' 
'Or vous conterai mon message' 

310 Fait Boeoel 'sanz nul oultrage. 

Renart' fait il, 'li rois vous mande 
'' Et tout a estroux vous conmande, 
(Yez ces lettres a testimonie) 
Qu'a lui veigniez senz nulle e 



288—416 manquent à eim*a de la perte d'une feuille; il* ••"' 
impplif» par le mue. D. 263 oheuaachB 2â5 q. bien unoit 1* ^* 
paneillonfi 300 Ip HOA iuBquMi el 307 m. roii eanqueR SIS U»h 



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X (Maon 182*7— lft282) 35 

315 Dedenz sa cort fere droiture 
^ Del despit et de ]a laidure. 

Devant lui soiez mercredi, ^ 

De la seue part le vob di. 

Molt as mespris vers ton seignor, 
3â0 Onques mais hom tel deshonor 

Ne fist a son seigneur en terre. 

Que l'autrier vos envoi» querre 

Et vos n'i daignastes venir: 

Bien vous en doit mesavenir. 
3Sâ Par moi vous en semont encore 

Et par ces lettres: ne sai ore 

Se tu i daingneras venir. 

Se tu lî veus de ce faillir, 

Li rois meïsmes te desfle.' 
330 Ce dist Benart 'ce n'i a mie. 
^ Fox est qui vers seigneur eetrive. 

James a nul jour que je vive 

Ne ferai rien qui li desplaise, 

Ainz soufferroie grant mesaise. 
336 Ja mar en serez en dotance: 
. A loi irai sanz demorance. 

Or m'ont a li melle si homme. 

Hais par les sains c'en prie a Rome, 

Onques son message ne vi, 
Ml lia moie foi vous en plevt. 

Mais tiex ne pèche qui encourt. 

Or irai avec vous a court 

Oîr qu'il me demandera. 

Et ce qu'il me conmandera 
345 Ferai sanz contredit de rien.' 

Dist Roenel Vous dites bien, 

Or aves parle conme sage. 

Et j'ai bien fourni mon message. 

Or n'i a mais que del errer. 
SbO Faites bien vos chastiax fermer: 

S2H Mai* •» tu Df lUig^ieH n. !I94 noalferaie 3H.'> mot<>z 343 ii 



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^52 X (Méun 18^83— 18»20) 

Car il Doe corient, ce yos di, 

Qu'a la cort soiona mercredi. 

Et si vous en dirai le voir, 

Je ne veil pas aanz tous mouToir, 
355 Aiaz en irons andui ensemble. 

Resan respont 'oe bien me semble. 
A. ces paroles s'en toruerent 

Cil qui onques ne s'entramerent, 

Et se mettent as desarez. 
ms Or est Benart molt esgai-ez 

Et va molt ses temples gratant 

Et Roenel s'en va devant 

Et Tamonneste de troter, 

Quant le voit ses temples grater. 
3fi5 ^ais Uenars va toaz jours derrière, 

Kt se pourpense en quel manière 

De Roenel se partira 

Et conment il l'engignera. 
Tant chevauchèrent li vasal 
UTO Que il vindrent el fons d'un val 

Devant une vile ohampestre. 

Par delez la ville a main destra 

Avoit vingnes, molt bien m'en membre, 

Et fu al entrer de septembre. 
375 Vers les vingaea s'est adreciez 

Reuart qui molt fu courouciez 

De Roeoel qui si Teemaie. 

Il garde et voit dessous la haie 
, Une oooignole tendue 
•M) Que uns viUina y et pendue, 

Qui des vignes se faisoit garde. 

Bien ht congnut, si se regarde 

Et vit le morael en la corde, 

Mais n'a talent que il î morde. 
;iRj Mais s'il puet, il i fera prendre 

Son oonpaignoQ et entreprendre. 

»SI C. aler nous c. ce di a.lH ce mnnqtu remeinble 3fil t 
UA Stii baUnt 36G qui ne 871 Dp1«e H7a la aigae 8T7 Irtni 
37» deuiDH Ht45 Hbîh ] Et 



, Google 



X (MAcin 1H32I— IflSîiM] 

'' Sa il niolt bien n(^ s'echargaite. 

Itfainte trnTsrrn aura faite. 

Savez conment l'a deceû? 
.<tmi Quanr l'cDgiTi^ a apperceu. 

Devant: le laz qui icrt tendus 

S'est niis Benart et eatenduz 

A genoillona et merci crio 

Au creatour et ai 1) prie 
39& Qu'il le gart des niains au gaigDon 

Dant Roenel son conpaignon. 

Lors s'est Roouel regardez. 

'Renart' fait î), 'pour quoi tardezf 

Quant TOUS devez venir avant, 
*00 Pour quoi alez voua demorant? 

Renart' fait il, 'et car venez, 
" Yous n'estes mïe bien senez. 

Rendre vous convendra raison, 

Pour quoi querez-vous achoisonP 
-lai Pour quoi von? alez delaiant 

Et de la court si retraiantp' 

'En mal eiir' ce dist Renart. 

'Touz jours estes vous fox musart. 

Je fais ci ilec mes prières 
410 A ces reliques qui sont chîeres 

Et de grans vertus espronvees. 

En ceat paTs sont honorées. 

Mais vous estes tant fols et grains 

Que vous n'avez cure de Bainz.' 
415 'Conment' ce respont Roeniax, 

'Est cist saintuaires nouviax?' 

Oîl' fet soi Renart. "bau sire. } 

Et savez que je vos puis dire 

Qe ne quit pas qu'en tote France 
4M Ait reliques de tel puissance 

Ne ou aviegne tel miracle, 



388 «n-a eorrompu 305 Qui le 396 De 397 Quant R. sent r. 
WrccBluit 409 fileo 413 gains 417 U mse. A rrprend 419 qu' 



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X (M*on 18358— I83B7) 

TSeïa as poisons BeÎDt Romacle. 
Si Toa Ai bien de vérité 
Que nua n'a celé enfermete, 

435 Se il aproitne au seintuaire, 

James ait jor mal ne contraire: 
Ne celé béate, si l'atouche 
Une fois u dous a sa boce, 
Qui jamea soit envenimée 

4S0 Des qu'ele en sera aproimee.' 

Bien seit Reaara gent amuser 
Et soi par parole escuaer. 
Et Roonel, que il afole, 
Se tret près de la cooingnole, 

435 Et tient bien la parole a voire 
Que Renart 1i a fet acroire. 
Et li morsaua do cel engin, 
Fu de formage de gain, 
Et H laz eetoit eatenduz 

440 Par deeaus dcus passons fenduz, 
Et la corde par desus mise 
En tel manere et en tel guise 
Que se Roonel vient avant 
Ou par derere ou par devant, 

445 Et voille prendre le formage, 
Bien i porra avoir damache, 

Roenel a passe la voie. 
Il voit l'engin, si s'en csmoie. 
Retorner vout, car il se dote 

450 Que il ne tiegne maie rote. 
Rficulant sailli de la vigne. 
Mes cil qui tôt le mont enginne, 
Le réconforte e met en voie 
Et au seintuaire l'envoie, 

406 Et dit sire, ne crèmes pas: 
Mes alez bêlement le pas! 
Beissiez les seinz, si nel leissiezl' 



422 p. de B. 427 ail U touche 428 ha 42fl 
■proime 432 sHCuiier 440 deaoi 4S0 ni 4&T si i 






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X Mion (IS398-18433) 355 

A oest mot s'est cil abeisaiez, 

A jenoUlon se mist a terre 
480 Por le seotaeire requerre. 

Au bessier si vit le formaje, 

Dont il ot puis honte et damaje. 

Ëntalentes est molt del prendre 

Por ce qu'il le vit gaune ot tendre: 
465 dite lez deaz, pas ne se tarde, 

Porter l'en vont: mais tel le garde. 

Qsr au sacher lî loz destent 

Et desus le col lî descent, 

La ceoignole si l'enporte 
4Î0 Amont que molt le deconforte, 

Et en tel manere l'atret, 

A pou le col ne li a fret. 
Roenel conmenca a brere. 

'Kenart' fait il, 'que porrai fere? 
4Ta A mal oetel sui descendus, 

Que par le col i £ni pendus. 

Toz m'en est enfles li viairea. 

Maldeheit ait tel seintuaires 
/■ Qui en teil guise fet baler, 
''480 Ceb qui le volent aorer! 
--Ge me quidoie, c'est la pure, 

De vos garder en tel mesure 

Et de vos torz et de vos giles, 

Que vanter m'en poisse as viles; 
48â Mes or m'en sui si mal gardez 

Qu'a honte en serai regardez. 

Por ce dit en en reprovier 

Que tex quide son dol venchcr 

Molt bien, qui son ennui porchuce 
490 Et sou damage quiert et brace.' 

Renars respont 'par grant pèche, 
Dont vos estes molt enteche, 
Vos est venus icist contraires. 

>St oint le fromeie 46<i le u. 468 ilf-stcnt 4fîf> Et Irt uif-nle 
im 478 seintuairez 489 rn)pii p 493 Uoi 



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>6 X (Uéon 1S434— iS469) 

Corociez est li seintuairea 
405 Por ce quel voliez enbler. 

Bien i parut al asambler: 

Oreinz quant seraetes les denz, 

Le voUeez mètre dedcnz, 

Por oe vos a il retenu, 
500 A boD droit vos est avenu. 

Ja de laron bien ne vendra, 

Ne ja DUS bon cbef n^en prendra. 

Or me puis bien apercbevoir 

Que me voliez décevoir. 
505 Quant entendre me feaeoz 

Et que por voir me diaieez 

Por mener fora de ceato terre 

Que dant Nobles m'enveoit querre, 

Oreins quant nos en alïona. 
610 Onquea dan Nobles li lions 

Ne fÎBt de laron son mesaaje 

En leu de prodome et de sage. 

Or m'en ont vcnche li cors seint 

Et la vertu qui vos destretnt. 
515 Droiz est qui mal velt fere autrui, 

Que te max s'en viegne par lui. 

Ge m'en irai, vos remandroîz, 

Gardez lez vignes, ce est droiz,' 
À ces paroles s'achemine 
520 Renara, cit remeist en la vigne. 

Atolt pnr s'en est bien deltvrea. 

Renara s'est au foïr tornez 

Et son cheval point tant et broche 

Que de son castel vit la roche: 
535 Ynnus est, si dcacent au pont. 

Hes ovrers qui aea ovrea font 

Amoneste de tost ovrer 

Et de ses portes délivrer, 

Et de reparer ses fosses, 

499 ont il decou 50Z De p. S07. OOS manqutnl 512 Qmh 
8 ]me 515 eHt manque 519 ceste parole BKoline 62! liurei 
D OMtel 529 reparrer 



, Google 



X (Méon 18170—18505) 357 

080 Que bien set qu'il est confessez, 

Se lî rois vient sor lui a est. 

Il n'a pas poor qu'il l'en est; 

Aacob en seront molt pesez. 

Molt e'esforce li forsenes 

035 De fera fessez et trenchecs. 

^ Tôt environ a cinc archeies 

Fet nn fosse d'eve parfont, 
' Nus n'i paet entrer qui n'afont. 

Desns fu U ponz toroeïz 
^ MO M'oit bien tome, toz volteîs. 

Desns la tor sont les perreres 

Qui lanoberont pierea pleneres: 

N'est nus hom qui en soit feruz, 

Qui ne soit a sa fin venuz. 
^ 545 Les archeres sont as quemeax 

Par ou il treront les quereax 

A damoger la gent le roi. 

HoU est Kenart de grant desroi 

Qui si contre le roi s'afete. 
5G0 Sor chaaoune tor une gaite 

Fist mètre por eschaugueter, 

Et il en avoit grant mester. 

Einsî s'est Renart atornea. 

Molt fu bien d'eve avirone, 
^055 Uordelz ot et bon et bel. 115 

Par dedeoz lez murs du castel 

Ses barbacanes fist drecier 

Por meuz aon oastel enforcïer. 

Soudoiers mande par la terre 
560 Qu'il viennent a lui por conquerre, 

Serjanz a pie et a cheval: 

Tant en i vint que tôt un val 

En fu covert. Grant joie en fiât 

Renart, et meiotenant lea mist 
560 Ea barbacanes por deffenae. 

Ï33 en manque 538 pot bii quarmeai 547 lo g. 555 Et h. 
™ MgB«t qaenqnerre 



, Google 



X pl.'oii IR."i06-ie54H 

Nu8 ne puet savoir ce qu'il pense. 

Molt s'est Renart bien entremiB 

D'aïde querre a see amis, 

Que bien quide aanz nul retor 
d70 Qu'il Boit asis dedenz sa tor. 

Qrant doute et grant poor en a. 

Mes sachez qu'il se défendra, 

S'il i vient ame qui l'asaille. 

Ja n'en partira aanz bataille. 
575 De lui me tainù ore ici, 

Mes a Roonel qui peudi 

En la haie retornere, 

Qui malement fu atrapo. 

Darement gicnt et si baaille. 
580 Ne chanjast pas une maaille 

Qui li donast un esterlîn. 

Uolt ot en celui mal voisin 

Qui iloques le mist branler. 

MoU se débat por escaper, 
585 Mes ce ne li vaut un bouton: 

Que molt le tint bien le lacon 

Qu'il a entar le col lacie, 

Dont il estoit molt corocie. 

Hoc se débat et abaie. 
590 Et li vignerons sanz délaie 

Vient qui des vigaee catoit garde. 

Vit celui pendu, si l'esgarde. 

Entre lui e son conpaignon 

Coraut en vienent au gainnon 
505 Bien entalente de mat fere. 

Lors ne sot Roouel que fere, 

Quant il les vit vers lui venir. 

Toz li sanz li prist a frémir. 

Que bien cuide estre malbatilia. 
600 Ja ei-t de doua para asaillis. 

Li vileîn aaillent meintenant, 



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X (Méon 18543-18578) 

L'un derere, l'autre devant: 

Li une le Sert, l'autre le maille. 

Li mastins durement baaille, 
605 Kolt se crient morir ne l'estuisse, 

Ou qu'il a'i labt ou bras ou cuisse. 

Durement en est en malaise. 

Oe ne quit mie qu'il li plese, 

Que tel déduit n'amoit il pas. 
610 Et cil vienent plus que le pas 

Qui tant ne quant ne l'orent cier. 

Maintenant por lui damacher 

- Sallirent avant amedeus, 

- Ja li fernnt de molt puz jeue. 
6i5 Li une let core une macue, 

Et li autres dist cuivert, tue I 

S'il t'eaohape, tu es honb.' 

Et cil ne fu pas esbahiz, 

Ainz l'a féru parmi les reins 
S20 D'une grant macue a deus meÎDs, 

A max parens est Roenaux, 
' Que cil li aunent ses bureax, 

Dont il n'avoit nul oovoite. 

Tant l'ont entr'aus deus desache, 
635 Et tant li ont le dos batu 

Que il li ont le laz ronpu 

À qoi il pendi par le col. 

Tant l'ont batu que tôt fu mol. 

Maint«nant chaï a la terre, 
680 Les piez eatreint et les denz sere: 

Lez an fosse se pleint et plore. 

Et cil lî ooreut andoi sore 

La ou il se fu acostez. 

Tant li ont batus les costez 
685 D'une grant macue pesant, 

Que por mort le lessent gisant. 
Atant s'en sont dlloc tome, 

Quant il l'orent si atorne. 

a c. ^lie n. «OB qne il ItlO o. li u. 616 dit 690 Lei 



, Google 



360 X (Mi'OD 18579—18614) 

Et Roond iloc remeint 

640 Qui des cox ot rccoû meint, 
Ne quit qu'il git taleot de rire. 
Molt li eetuet avoir bon mire 
Et bon porchaz, s'il en escape. 
Ileques août il poi de frape, 

64b Quant il insi fu pria au laz 
Par tel engin, par tel baraz. 
MoU Bfl tient por vil si a droit 
De Benart que si le decoit 
Et qui en tel prison l'enpeint, 

650 Ou cil l'ont bote ot enpaint, 
Dont gamea ne sera loîax. 
Eïnsi se conpleint Rooneax, 
Toz Bonls a lui meîme tonce. 
Sovent a. blâmer se conmenoe, 

65S Quant il fu pria en tel mesure. 
Que vos diroieP Cest la pure, 
Malement eat la coae ovree. 
Ja es ce vente provee, 
Haaart jeta arere mein. 

660 Iloc juat duaq'a leudemein. 

Lors s'est levés, tant se démeine, 
Les euz ovri a quelque peine, 
Et conmenoha a chanceler. 
Et quant îl vit l'aube crever, 

665 Con îl ttînz pot d'iloc s'en tome. 
Vers la cort vait, plus ne aejome. 
De la vigne iat, si a'en ealoigne. 
IVIes n'a pas bien fet sa besoigne 
Ne le messaje le roi fet, 

670 Que trop aavoit Renart de plet. 
Que volea voaP Insi est ore, 
Vencher se quîde bien encore, 
Ireement a soi parole 
Et regfu-de la ceoingaole: 

644 Ileo 8. il SBei d. 649 qaU en 665 se t. e 
674 Et ■■ r. U uignole 



, Google 



X (H^n 18615— 18S50) 

ffjb 'Renaît' fait il, 'dex te destrue! 
Fait m'aveB chose qui m'ennuie. 
Par traÏBon m'as or fet prendre 
Et laidement te col estendre. 
Mes encore le te quit vendre, 

680 Ja ai ne te sauras desfendre 
De gerre vers tpi porchacïer.' 
Atant laisse le manecer, 
Envers U oort tome sa resne. 
A sot melme se dereane 

6B0 Et dit que jamee n'iert haitiez 

Jusqu'à i'ore qu'il soit veochez. 

Ensi se conpleint lo gainnon 

De Renart son bon conpaignOD 

Qui tant li a fet trnre mal. 

600 Tôt bêlement le fonz d'un val 
S'en vait traînant a grant peine. 
D'aler a cort forment se peine, 
Mes Bovent Testut reposer. 
Halement se puet alosor 

095 Qu'il soit bon messager no proz. 
Il en sera gabez de toz 
A la cort, quant il i vendra: 
Dahez ait qui nel asaudra 
Se il puet, et si feront il. 

700 Oe ne quit pas qu'il i ait cil 
Qui aint Renart de nule rien, 
Qui ne li die on mal ou bien. 

Tant ala Roenel le jor 
Qu'il vint a la eort son segnor 

TOIS Ancoia que midis fuat passez. 
Mes molt fu durement lasez 

" Que de cox, que del brandeler 
Qu'il ot pris aa vignes garder, 
Qu'il n'i remeist os a brisier. 

710 A grant poine se puet aider 



I régna «94 pot 700 qna il 707 



, Google 



X (H«OD ISeSl — 1B«90) 

Ne susteDÏr; tant fu destroîz 

Qu'il chai bien quatorze foiz 

En la voie que il a fête, 

Dont molt durement ee dehaite. 
716 Totevoies cooment qu'il tort, 

Est Roonel venua a cort. 
Li rois s'estoit aie esbatre 

De ses barons avoo lui quatre^ 

Brichemev li cors, Ysengrin, 
720 Grinbert le tesson et Bâlin. 

Cil quatre furent bien du roi. 

En els n'avoit point de desroi, 

AiDis furent prodome ancien: 

Molt estoient bon cristien 
7:23 Toit quatre et de molt grant renon. 

Aveques Noble le lioQ 
" Furent aie esbanoier, 

N'avoient cure d'esmaier 

Entr'euB ne de rien fore de joie, 
780 Et qui le velt olr, rï l'oie. 

Ensenble s'en vont li baron 

Parmi la forest de randon, 

EU cino eanz plus, qu'il n'i out autre. 

Chascun tenoit lance sor fautre 
73b Que il ne fussent envaîz 

Que li roia estoit molt haYz: 

Por ce aloient si serre. 

Et li rois a premer parle 

'Segnor' fet il, 'vos qui <à estez, 
740 Vos estes prodom et honestes, 

Et molt vos aim en bone foi. 

Segnor, por ce dire vos doi 

Por quoi ai ma gent asemblee. 

Nus n'en set vérité provee, 
740 Ne vos ne autres fors que moi. 

Et vos saves bien de la loi 



714 dorement 716 aenue 734 feutre 7S9 estei 740 obmM T41 
744 proae 



, Google 



X (Héon 16691-18740) S63 

ËDsi coDtne je croi et pena. 

Por ce vos dirai mon a sens, 

Que je voit aler par esgart 
70O Trestot droit au caatel Renart: 

Por lui prendre et por ameoer 

Ai fet eeste gent asombler, 

Qar messajes ai ja tramis 

A lui, ne eai ou cinc on sis. 
755 Par meinte foiz l'ai fait matlder. 

Mes rien que saclie conmander 

Ne velt fere: por ce me cleim 

A vos quatre que ge molt eim.' 
Bire, sire' dist YseDgrin, 
760 'RooDel vendra le matin 

Qui i ala par vostre gre. 

Et se il ne l'a amené 

Et il ne vient avoques soi, 

Par cele foi que ge vos doi, 
765 Se mis conseuls en est creûz, 

Ses castax sera abatuz 

Et BÎ seroit mis en prison,' 

'Sire Tsengnn' dist le tesson, 

'Prenez vos aor vos ccste miseP 
770 Li roie qui l'enpîre justisee 

N'en fers pas a vostre esgart. 

Quidiez vos dont, se dex vos gart, 

8e Uenara ot le mandement, 

Qu'il ne viegne delivrement 
776 A cort por oïr la demande 

Que mis sires lï rois demande? 

Se Roonel revient sanz li, 

Il n'a pas le messaje oT. 

Que je sai bien que se il l'ot, 
780 II i vendra au premer mot. 

Ja n'i aura reapit requis, 

Tant ai ge de l'afere apris.' 

TMpremÎB 75i le premier oa manque 765 eamirnque T8S abani 
^O <m 775 1» ] aa 777 lui 



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oo4 X (Méon 18741—18776) 

Atant laissent le sarmoner: 

Si se prencDt a retorner 
TS5 Trestot eoavet le cemin, 

Li rois, Oriobert et Taengrin, 

Et Belin le moton ensemble. 

One ne finerent, ce me semble, 

9i sont a la cort revenu. 
790 Et Roonel ert descendu 

Taotost el mileu de la cort. 

A TeocoBti-e cbascua li cort 

Et demandent, se Renàrs vient 

Et quelle esaoînne le détient. 
795 Roonel ne lor veut mot dire, 

Ancois ploure molt et eospire. 

Molt li dout li dos et l'escine, 

rarmi la cort ses reins traîne, 

Bleciez fu en la deatre poue. 
SOO Et chaacun li a fet la moue. 

Et s 'esc rient trestuit ensemble 

'Misire Roonex reaemble 

Qu'il ait chacie ou leu ou ors. 

Bien l'a moquie Renars li rox 
8(6 Qui le fait venir de travers. 

11 l'a bien tenu en travers 

Et del lonc et de totes pars. 

La bone aventure ait Renars !' 

Font tuit cil qui voient le ohen. 
810 'Yeee oon il resemblu bien 
, Home qui levé de durmir! 

Bien savez message fornir.' 
Que qu'il gaboioot le gaînnoD, 

Li rois vint et si conpaignoQ 
815 Devant la sale descendu. 

Et cil li est au pie coii. 

"Sire' fait il, 'por deu vos pri. 

Que T08 aiez de moi merci. 

702 li ] i 803 le premier ou miFHgu* loB on hors 806 m | '* 
811 qii« 81S desoendie 816 cou «u pi« 



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' X iMéon lfi777— 18812) 

6e fis ce que me conmandflatea 

Ml Et le message ou m'envoiaetes : 
Ge portai vos letres Renart 
Et si ti dis de vostre part 
Que devant vos fust hui cest jor, 
Qu'il n'i avoit plus de sejor, 

825 II me respondi loiaument 
Et si me dist joieuBemcnt 
Que il i vendroit saoz deloie. 
Puis DOS meïmeB a la voie 
Lie et joîant sanz domorer. 

S30 Et ge ie somona de troter 
Por plus tost a]er ua petit: 
Et li traîtres si me dist 
Qu'il De pooit plus tost aler. 
Por ce qu'il me voloit lober. 

83b Ue reepoudi que bêlement, 
A lissons et cortoisoment 
Tôt soavet et tôt le pas 
Que nos ne fuBsions trop las. 
Gc li otroiai son plaissir, 

840 9i Gonmencnmefl a venir. 
* Ëndementres que ge veuoie, 

Li traïstres que g'amenoie 
« M'abricoua par sa parole 

Qu'il me fist d'une ceoignole 

845 Acroire que c'ert seintueîre 
Et que ta (fiseit seint Tleire, 
Et ai me dist qoe gel bossasse 
Ancoia que jo outre paasasse. 
Ge quidfli que voir me deTst 

800 Et que nul mal ne me feïst: 
Celé part vîng sanz demorcr 
Por le aeîntueirc aorer. 
Au deereÏQ me ting por fol, 
Que g'i fu pendus par le col, 



S faeson* FI44 Que il ne diit dn. aignole 



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X (Hûon 1)4813- 18848) 

855 Si que par poi li eil dcl front 
Ne me volèrent contremont. 
Ce ma fiet ea aa conpagDÎe 
Li traîti'es, li foi m«ntie, 
li parjurée et li tricherca, 

860 Li fax, li desloiauB lechcres, 

Qui tôt le mont a bout nugînne. 
Pendant me lessa en la vigne, 
Et dïst que les vignes gardasse ; 
Ja mar d'iloc me remuasse. 

SB5 Quant ce ot dit, si s'en letorne, 
Et je remeiz pensif et moine. 
A.tant me vindrent doi vilein 
Ghaecuns un bauton en sa lueio, 
Qui tant me douèrent de eux 

870 Que toz les costez en ai mox. 
Que vos iroie je disant 
Ne mon damaje devisant? 
Ghaecun me bâti sa foïo 
Tant que l'escine ai pecoïe. 

87a Bois, s'il n'est si cun vos ai dit, 
Ge vos oti'oi sanz contredit 
Que me facoiz pi'udre ou noier. 
Et se Renara le veit noier, 
Près Bui que vers lui me coinbate 

080 Et que en ceste cort le mate. 

Rois, orc en prcn bien ta veochance, 
Que molt est gref la mesestance: 
Yenchez vostre honte et la moie 
Qurt Renars m'a fet en la Toie.' 

885 Âtant sa parole a fenie 
Et li rois l'a inolt bien oïe: 
Si en fu maris et iriez. 
Bel segnor, car me conseilliez! 
A. vos toz conseil en requier. 

890 Que ferai de cel avresier, 

2 .manqur 86S dit 865 oe ot ce d. se t. 8«8 nto 



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X (Héon 18849-18883) 

Ceat diable, ceat meoreû 
Qui tante fois m'a dccofl 
Par son engin et fait marirP 
Conseil de lui fere honir 

m< Prendroie molt très volontere.' 
Yaeagrin, qui fus ses ga errera 
Et qni le haoit mortelment, 
Li respondi ireement: 
Segnor' fet il, 'or vos taiaiez, 

900 Et Bor cest afeire juchiez! 
Cil qui bon conseil set doner 
Ne se doit pas arîer torner, 
Ànooiz conaeilliez mon segnorl 
Qar onques mais honte gregnor 

905 Ne fist DUS a prinee de terre. 
Si est droiz qu'il en sorde gerre, 
Ne nus n'en doit avoir pitié. 
Del terme qu'il a respitie 
Par lui sol sanz contremander, 

RIO Onquea ne deigna demander 
Un sol jor terme ne respit. 
Par mon cbef ci a grant deepit: 
Et se ge en fusse jngeres, 
Qe JHsgasse que li leoheres, 
- 91& Li ribauz, li atalnez 

Fuet ou pendus ou traînez, 
Que Roonel le messager 
A fet ai forment damager 

" Par son engin, par son dcsroi 

d-iO Qui ert el message lo roi. 

L'en l'en doit molt bien fore honte.' 
Belin, qui ot oî le conte 
D'une part et d'autre, aant sus. 
'Ysengrin, or n'en dîtes plus!' 
923 Fet BeUn: 'trop en aves dit, 
NoB aaTom bien aanz contr«dit 
Que vos haez Renart si fort 

6 gicrrea 902 uiere 905 p>M 910 nel d. 913 (r 



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366 X (Méon ISaee— 18921} 

Que vos Touidripz qu'il fust mort. 

Or TOfl pri que n'en parles mes, 
030 Qu'en vos en teodroit a mevnis 

De tel dit et de tel conmande, 

Se mis sires li rois conmnnde 

Et il en son conseil le trulaee, 

II ert penduz por qu'en le truiaae. 
930 Mes, se deu plaiat en cui je croi, 

Mua nel conseillera lo roi 

Que jn li face se bien non. 

Se dant Roonel le gainnon 

N'a fet ce qu'en li conmanda, 
9J0 Un autre qui meus parlera 
^ I envoit li rois par mon loz. 

Que jamais n'i ait nul ai oa 

Qui juge sanz oonmandement : 

Blâmez en aeruit duremenf. 
94j Un messager qui meus parlast 

Loeroie qui i aiast 

Sanz plus atarger le matin, 

Qui parlast romans et latin.' 

Lt rois respoot sanz atai^er 
/ 960 'Belîn, molt fêtes a prîsîer, 

Bien sni que vos estes saje liome. 

Foi que doi aeint l'ère de Rome 

Vos vos en alez par le droit. 

Mes or nos dites oren droit 
9ôa Qui porra fere cest mesncheP 

Que molt m'est tart que jo le sache, 

One mais n'oi tel talent de rien.' 

'Sire, Brichemer ira bien, 

Et si est cortoiz et vaillanz, 
fleo Et ai ssi bien que meus parlanz 

N'en a pas un oaieos, ce croî. 

Se il en a de vos l'otroi, 

HeintenaDl: le verres movoir.' 

QSl De tel dit et ] Et a maues 9S5 e oui 939 He t. qa« >«> !■ 
9&Ï Qm 



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X {HéoD 18622— 18S5T) 

'Belio, cor i al«8 savoir 118 

965 Et li dites que ge li mant 

Que a moi viegne meintenant.' 
Bricbemer, qui tôt entendi, 

Ed piez ae dreco et reapondi 

'Sire rois, je sui eu présent 
870 Prest de fere vostre talant. 

Se vos ni'i voira eavoier, 

Tantoet irai eaoz delaier: 

Et se gel trais, a que qu'il tort, 

Sachez, jel smenrai a cort.' 
975 'Bricbemer' ce a dit li rois, 

'Holt par estes prouz et cortois, 

Et si savez de meine langages 

Dont vos estes ases plus sagea. 

Vos irez de la moie part 
9S0 Trestot droit au castel Renart, 

Et li dites sans delaier 

Qu'il viegnc sprendre a cortoier 

Sanz aohaison querre ne guile. 

Que par la foi que doi seint Gile, 
8fô Se il m'i fet envoier plus. 

Ses ca8ta]L sera abatus 

Et il melmes ert honîz. 

tfes mes letrea et mes escriz 

Porteres que meus vos en croie.' 
990 Cil prent les letrea, si s'avoie, 

Coagie prent, si s'en est partis, 

Et li roi a remeint tos maris. 

Bricbemer a'en vait conme aaje, 

Bien quide fornir son mesaaje 
995 Heuz qu'il ne fera. Tant oemioe 

Par^ bois, par prea et par gaudine, 

Et tant ala eeporonant. 

Qu'il vint einz miedî aonant 

Trestot droit au oastel Renart 

* (MMoir MT que 974 8. qne iel 976 estes 9S1 Mn d. 



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X (Méon IB9M-lSfl8S) 

1000 Qui de nul home n'a regart. 

Qar tant ert bien de mur fermez 
Qu'il n'iert pris, s'il n'est afamez: 
Par home qil sache asaîllir 
Ne li puet nul mal avenir. 

lOOfi Bricbemer s'est aresteû: 
Qunnt il a le castel veîL 
" Si horde, kI aparellie, 

Durement s'en est merTeillie. 
Avant en vet desas le pont. 

lOlO Li servant qui furent amont 
Descocbent quarrax enpenez. 
Ja fust dant Briohemer Huez, 
Ne fust le hauberc qu'ot veatu: 
Plus de dis en out en l'esou, 

1015 Dunt il s'esmsie durement, 
Et il traient meouement. 
Brichemer ne les pout sofErir: 
Âriere l'estuet resortir. 
Ou il voBsist, ou bel lî fust, 

10-20 Âriere par le pont de fust 
Renars s'estoit aie esbaize 
En BUS d'iloc trois piez ou quatre. 
Quant il revenoit de jner, 
Les le pont trove Brichemer. 

I03& Tantost cou le vit et oonnut, 
Brichemer vers li acurut 
Et dist 'sire, oil dex vos gart 
Qui toz les biens tome a sa part, 
De par Noble que sui message, 

1080 Le meillor roi et le plus saje 
Qui soit en la crestiente.' 
'Cil dox qui meint en trinite' 
Fet Renart ai von dotost henor! 
Cktnment le fait il, monsegnorP 

1086 Et li baron sont il heitieV 



1004 pot lOOe OMt« 1009 deXM lOlS «{iw U ot lOil 4it 10» 
noblei 1080 mendre 1032 Ciit 



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X (Héon 18994— I9080J 

'Il sont; trestuit joîant et lie' 
Fet Brichemer, 'on moie foi. 
Mea es m'a envoie lo roi. 
Qu'a la oort venir ne deignicz. 

IMO Dites moi por qoî desdegniez 
Lni ne aa cort, ce est folie. 
n m'a rove que je vos die 
Que deinein ssnz alongez trere 
Li venez a la cort droit Fere 

1046 De ce «^ue l'aves en despit 
Et que par vos pernea respît: 
Saches, ce n'est mie savoir. 
Li roïa vos fet par moi savoir 
Que demein a orc de plet 
• lOiîQ Sotei devant lui entreeet. 
Ice vos ai dît de par li. 
/ / Se n'i estes, je vos deffi 
De par lui conme messager.' 
Renars le prent a loaenger: 

1005 'Amis' diat Renars, 'entendez! 
A la oort, se vos conraandez, 
Irona moi et vos orendroit : 
Ja respit ne terme n'i ait 
Ja n'i aura plus atendu.' 

1060 Briehemer li a respondu 

'Renart' fet il, 'montes dont tost! 
Que durement redot vostre oat: 
A pou que il ne m'ont malmis.' 
Ataot se sont au chemin mis, 

inu Or s'en vont li baron ensemble. 
Renan molt très durement tremble, 
Qui a grant poor de) lion. 
S'il trovast qui confession 
Li donast, molt très volenters 

1070 La preîat. Tant vont les senters, 
Li oers avant, Renars après, 
Qu'il vindront d'une vile près 



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372 X (Sdon 1M3I— 19066) . 

Chanpestre. Renare s'adreca 

Envers k TÎlfl et dÏBt 'par ca 
1076 Nos en iron, se dex me voie, 

Que ce est la plus corte voie.' 

Brîchemer n'i entent nul mal, 

Vers la vile par mi un val 

S'en vont le droit chemin tôt plein. 
1060 Atant estes vos un viletn 

Qui avoit avoc lui trois chens. 

'Ici ne voi ge nus des miens' 

Fet Renars, 'ciat nos ont veû.' 

Li vileins ques ot peroeû, 
10S5 Loi' hue ses chens meintenant. 

Tuit troi s'en vont en un tenant 

Vers Brîchemer et si l'ont pris, 

Et Renart s'est au foTr mis. 

Vers son castel en vet le trot 
1090 An plus durement que il pot: 

Dedens se mist et ses poaa dreoe. 

Et Brichemer fu en deatresce: 

Car li chen, si cou nos liaon, 
'' Li dépècent son ganhoiason. 
1090 Molt l'atornent vileinement, 

Et li vileins vint erraument 

A tôt un baston, si le frape. 

Brichemer est en niale trape, 

Sa desfense n'i a mester. 
ilOO Li chen le prennent a sachw 119 

Uolt durement, pas ne se fenneot, 

Par un petit qu'il ne l'estrennent. 

Un d'els si veument le conroie 

Que del dos li trait tel oorote 
110& Dont en poUt fere uo braier. 

En Brichemer n'ot qu'eamiùer: 

A molt grant peine lor estorti 

Ja n'en quida partir asnz mort. 

1074 dit 1076 Qui I07S ITerri 10S8 pris 1090 qnU lOM dt- 
pecetent 109S latornereot 109» dezfenae UQl doremeot 1101 PM 
1103 Li chen ai 1104 Que manq^^t treent 1105 qne Mmsitr 



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X (Héon 10067—19108) 

Fniant e'en vet a grant aleine, 

1110 N'ira mes o els de semeine. 

Fuiaot s'en vait et molt s'eamùe, 

Que moU li doit et quJt sa plaie. 

Or s'en vatt Brichemer a cort. 

Sor un cheval qui molt toet cort 

1115 S'en vet fuiant par un eseart, 
Duremcott se pleint de flenart. 
Ne fine de oore a eeleB 
Tant qu'il est venus au pales 
Ou li rois Nobles sa cort dnt. 

1190 One ne fina jusqu'il i vint: 

Heintenant deacent en la place. 
Quant li baron virent la trace 
Qui el dos Brichemer «atoit, 
Demandent conment li estoit. 

1126 Ues onqnes un mot ne respont 
Tant qu'il fu en la sale amont 
Ou asembie fu li bame. 
Devant le roi ohaï pâme. 
'Sire' fait il, 'merci vos quîer, 

IISO Bien soi que n'aurai mes mester. 
Yostre measaje ai bien forni, 
Mes einai m'a Renara bailli. 
Bien quit qu'il m'a mis a la mort, 
N'en poia avoir autre confort. 

1185 Sire' diat Brichemer au roi, 
'Por «mor deu entendes moi! 
Vos m'envoiaates conme s^'e 
 Renart fomir le message. 
S'en ai maie mérite eue, 

1140 Que tant i aï la pel batue 
Que je n'en esoaperai ja.' 
Li roia Brichemer regarda: 
Si le voit sanglant et navre, 
Et voit meint qnarrel eupene 



•Miue 1118 1 doit 1114 que 1113 que U pelei 1120 i 
1123 Qvfl U24 eon il i Mteit 1141 eMwpma 



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X lUion 19108—191381 

1145 Dedene l'escu que ïl aporte. 
Dont durement se desconforte. 
'Brichemer' dist li rois, amis, 
En grant dolor g mon cuer ntia 
Celui qui si t'a damache. 

1150 Mes tu en seras bien venche, 
Qe le vos acraant ensi.' 
Dist Brichemer Vostre merd.' 
Puis furent eiasi longement 
Que il n'en fu au roi nient 

II6& De Renart fere a oort venir. 
Bien le quidoit aillera tenir. 
For ce si l'ont einsi laiseie. 
Hes molt fu rera Renart irie 
Li rois tant qu'il avint un jor 

iiao Qu'il se saoit dedenz ea tor, 
Si H priât une maladie, 
Dont îi quida perdre la vie. 
(Et fu a une aeint Jofaan) 
Qui li tint près de demi an. 

1166 Pnrtot a fet mires mander 

(N'en remest nus juaqa'a la mer) 
For alegier le de son mal- 
Tant en vint d'amont et d'aval 
Que je n'en aai dire le conte. 

1170 II i vint meint roi et meint conte 
De tex que je ne sai nomer 
For son malage regarder. 
Treetnit i vindrent sans dearoi 
Par le oonmandement lo roi. 

117Ci Onques n'en i sot nus venir 
Qui del mal le polst garir. 
Grinbert li tesson qai la fu, 
S'est de Renart aperceâ 
Bon cosin qui molt saje estoît, 

llSO S'au roi acorder se pooit 

1145 qnU 1147 dit 1148 oors 1I&2 Dii IIM ni* 
tué lies en i v. l]7!>ims].I. 1177 qne 



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X (H«on i»lS9-ieiT4) 

Il en Auroit au cuer gmtt îoie. 
Meintenant as mist a la voie, 
Por lui quorre ue finera 
Jusqu'à tant que trove l'aura. 

IlSB Tant Tait Orimbert la matinée 
Qu'ancois que nooe fnat sonee, 
S'en est venus par une adreoe 
Treetot droit a la forterece. 
Kanart son bon oosin germein 

1190 Se fu le jor levé bien mein 
Et se fu M murs apoies, 
Vit Grinbert, ai en fu molt lies. 
Tantost sans autre ooae fere 
Conmanda la bare en sua trere 

llflO Por son cOBÏD fere venir. 
Meintenant ont fet aon pleair 
Cela a qui il l'ot oonmande. 
Es Toa Grinbert en la ferte 
Tôt bêlement pas avant autre. 

1300 Bon cosin salue et meint antre 
Qui estoient avooquee li. 
Benart forment le ooqjoï 
Et molt )i a fête grant joie. 
Dit Grinbert 'grant talent avoie 

1306 De parler a vos une fois. 

Li rais Nobles est si destrois 
D'un mal qui par le cors le tient, 
Dont ohasoun jor aoapire et gîent. 
Uorir en quide, ce saches, 

1310 Et il est molt vers vos irie«. 

^ Se le poioiez repasser, 

S'amor auries aanz fauser. 
Et ge ving oa tôt ooiement, 
Qn'onques ne fu vefl de gent, 

1915 Ne onques nua hom n'en aot mot.' 
Et Senart respont a met mot 

1S4 l«m I1B7 nue drMe 1188 fortr«ae 1198fi;et« 
tW8 «ospir» ISIO tm] lai 1812 t^m moH^ 
1215 hom manque 



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X. (Hém 19170— 1«3U) 

'Beax <loE eosîns, ee dex vos gflrt, 
Or me dîtes' ce dit Bensrt, 
'For qu'est li rois vers moi irie. 

13-20 Ont m'î lî baron enpîrie? 
Dites qui m'a mesle vers tî.' 
'Tostre conpere, ce vos dî' 
Fet Grinbert, 'vos i a mesle. 
Si T08 A Roonel blâme 

1336 Et Briehemei qui et messaje 
Furent envoie conme saje. 
Et vos en oTraetes molt mal, 
Qaont Boonel âedenz le val 
FeTstes en la vigne prendre 

1230 (Molt par en faites a reprendre) 
Et Bricbemer feÎB abatre, 
Ne sai a trois cbens ou a quatre 
Qui li ont esoorde le dos, 
Si forment qu'en perent li os.' 

1339 Renaît ot parler son cosin. 

'Dites vos' fait il, 'Tseogrin 120 

M'a melle a la oort lo roi 
Par son , engin, par son desroi f* 
Mar le pensa li renoies. 

1340 Alez vos eut, trop délaies! 
Et g'irai a oort le matin, 
Bi m'esonserai d'Ysengrin. 
Devant lo roi irai dem^s, 

Foi que doi deu et seint Oenaein.' 
134Ei Orinbert s'en vait, ne veut plus dire. 
Renart remest qui fu sans ire 
De oeuls qui si sont bien paies 
Del messaje ou envoies 
'' Les ot li rois toz ses briSE, 
' laco Mes qui soit bel ne qui soit griez, 
U s'en esoondira s'il puet. 
Tantoet ^res Grinbert s'euiuet 



laSl Ini ini miTMte 1284 que ea 12U i 
1251 pot 18&3 *«tmot 



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X (MéoB 19215—19852) 377 

Fore de la cort. U«b ancoia mande 

Sa Dwinie, si lor conmanda 
1350 Qu'il gardent son caste) très bien, 

Que ja home por nnle rien 

Ne laÏMoat ens mètre la pie, 

Que îl ne soient espie 

D'aaqan home, ce aeroît max. 
1960 'Sire' ce diet li seneschax, 

'De oe ne voi estuet doter, 

Que ja home ne feme entrer 

N'i laÎBseron por nule oose.' 

Heintenant ont la porte close, 
13e& Et B^flB montèrent en la tor, 

Et Benart s'en vet sanz demor 

Parmi la lande esporonant. 

Dorement vet den redamant 

Que tel oose par sa pitié 
1S70 Li domt d<mt li rois ait santé. 
Einsi rct Benart son oemin, 

Uolt prie deu et seint Martin 

Que il tel cose li enroit 

Dont U rois Nobles garia soit, 
IZT& Que molt en a grant desirrer. 

Tote jor prent a chevaucier, 

Q'unqnes ne pot coae trover 

En qoi il se poTat fier. 

Tant a erre qu'en an pre entre. 
18S0 Molt durement li dent le ventre, 

Dont Benare forment se dehete 

Por la jornee qu'il ot fête. 

La nnit jat en la praerie 

Tant que l'aube ta esclairoia. 
IS85 Quant le jor parât, si se levé, 

Et bien sachois que molt li grieve 

Ice qne il ne puet trorer 

Chose qu'o lai poûst porter 

1253 minoo m. 12S4 li denunde 1259 homo 1260 dit 1267 
1278 mmokt 1276 ior «mh^im- 1280 dor«m«it 1282 le i. 
1287 pot . 



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378 X (Méon I9258~m8s; 

Pot doner aa roi garisoo ; 
1280 Le jor «d fiât meiote oreiaon. 

Tant erra Benart cel matin 

Que il a troye un gardin 

On il ot erbea de maneres 

Qui sont preuiooeB et oheres 
1290 Et bonee sont por mal aaner. 

Gelé part veut Renars tomer, 

La resDe abandone an obérai. 
— Parmi la coitere d'an val 

Est entres dedens le vergier. 
1800 Son cheval corut ataoher 

A un arbre parmi le frein, 

liée pest de l'erbe et del feîn, 

Et Reuart oonmenca a qnerre 

Par le verger, et tret de terre 
130Q Herbes de maneres asez: 

Que il les cunnt meus aaea 

Qae je dire ne vos sanroia 
'' Plus en qneut de pleine gdoie. 

Quant asez en ot araohees, 
1310 Bi les a un petit molliees 

En une fonteine qui cort 

Par le verger et par la cort. 

Doqaes les a fet molt netea. 
' Si lea bat entre deua tulletea, 
1816 Puis en enpii un barillet 

Qui Bsez eatoit petitet 

A son cheval est repairie, 

Si l'a a son aroon )ie 

Molt très Inen et molt fermement. 
1890 Puis monte que plus n'î atent 

Del verger issi, si s'en vet, 

Molt envoissie grant joie fet 
Renars s'en vait a esperon, 

(Molt a en lui noble baron) 

lt90 mohit faoreûon 1804 ft iHangw 1809 arsolu ISIO 1" 
nollies 1814 Im rai dll«tM 



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X (Uion IS280— 1M34) 979 

1825 Entres s'en est en une lande, 

Tote De senter ne demande: 
t Car il les aavoit molt trea bien, 

Ne l'en eetnet f^rendre rien. 

De la laode en nne forest 
1330 Entra qai asez meus li pleet. 

En la forest desoz on pin 

Trova donnant un pèlerin. 

Cil pèlerins qoi la dormoit, 

Une rit^e aunionere avoit 
138' Qui ert laciee a sa corroie. 

Renars deseent eomi la voie 

Molt tost de la mule afeutree, 

Si li a l'aumonere osteo 

Si c'nnqnes ne s'en aperçut. 
1340 Renart qui le sieqle descut, 

L'ovri, si a trove dedanz 

Une herbe qui ert bone as dens. 

Et herbes i trova ases 

Dont li rois sera ropassez. 
1345 Alîboron i a trove 

Que plnsors gène ont esprove, 

Qui eet bone por escaufer 

Et por fevres de cors oster. 

Et puis a garde d'mtre part: 
'1300 Une eaolavine vit Renart 

Qne cil avoit desuz son chef. 

Il la preut, qnî qnli en soit grief, 

3i l'abbla sans arester 

Et vet sor son cheval monter 
1386 Et se remet a l'anbleâre 

Par la forest grant aleOre. 

Tant a a l'aler entendu 

Qu'il est an perron descendu. 
Quuit Renart fu T«in a cort, 
1880 Toi U monde ântor lui aoort. 

ISn u manqué 1330 que 1331 deeiu 1334 BDiuoiie 133» ne 
MB pneat 1S4S AUbarons iloo t. 184« phwhors 1S4I por reioaiifcr 
lU! yu ISU uot IBM l c«rt 



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X <M4oB 1&SS9-11I860) 

Aine nH ot be«te si reposte 
Qui ae Teoist jusqu'à la porte, 
Tmtuit por dan Rotart gaber, 
N'i a Dol qui ne Tant lober, 
" 1866 Tex i a qui li geitmt boe. 
Et Reaart lor a fat la moe, 
Et puis en monta en la taie. 
Li rois out lo vis traat et pale. 
Quant il Tôt, si torne le chef. 

1S70 Uus molt li toma a mesdief 
Ce que laienz le vit entrer. 
Et Benart qui bien août parler 12i 
IjO salue cortoissement 
'Celui damledieu, qnî ne ment, 

1375 Qui fist trestot caoqne met sere, 
8i gart le mellor roi de terre I 
Ce est missire lî lions, 
A tesmo^D de toE ses barons, 
Cil qui suot tenu a prodome. 

1860 Sire, je sni venu de Home 
Et de Salerne et d'otre mer 
Por voatre garïsson trover.' 

Li rois respont aanz atendue 
'Renart, molt savez de treslne. 

1985 Or oa que mal soies veuuz, 
Fil a putain, nain âesoreiiz! 
Par mon ohief or estes vos pris. 
Ou avez tel hardement pris 
Que devant moi venir osezP 

1390 Ja ne soie mes alosez, 

Qoant je vos tieng dedans ma liée, 
Se je ne fax de vos justice 
Tel oon ma oort esgardera.' 
'Avoi, sire: œ que seraP' 

1896 fait Renart 'gardez que vos dites. 
Seront oe donques les mérites 



ISO& fMient 1869 Vmtmqut 1879 qoi fo 13S8 B. v 
d« bol« 1886—1406 mtmtMMf 



, Google 



X (Héon 19361~ig4aBj 

Que je aursi de mon servise 
Que je TOfl ai la poison quiae 
Qui boue est contre vostre mal? 

1400 Par deu le père esperitfri, 

Ele m'a fait molt de mal traire, 
Et or me rolez ja deffaire. 
Si ne savez encor por coi. 
For dieu, aire, entendez moi, 

140â Refréniez un petit rostre ire ; 
Si orrez œ que je Toil dire, 
dire' dist Renaft, 'ce sachez 
Que mo)t sui por vos danutohez. 
Tant ai aie par la contrée 

1410 Qui asez est et grant et lee. 
Car je ai este en Ardane, 
En Lonbftrdie et en Toscuie. 
Puis que soi voatre enfermete 
Ne jui en oastel n'en eite 

Utft Plus d'une nuit, ce sachoiz bien. 
N'a delà mer fusioien, 
Ne en Saleme ne aillors 
" On n'oie este molt trauellos. 
En Saleme en trovai un saje 

14;!0 A. qui je dia voatre mesaoge: 
Cil vos envoie garison.' 
'Di me tu voir' dist li lion, 
'Que de oest mal me garirasP 
Ne soi se fere le porraa.' 

I4S5 'Oïl, sire, foi que voa doi, 
Ja mar en aeroia en «sfroi, 
Que je TOB qutt tôt reepasser.' 
Lora se conmence a desfubler. 
S'a a'esclavine mise jus 

1490 Et Bon barillet mis desus. 
Atant eatei vos Roonel: 
Quant il le voit, molt li fn bel, 
Qui par la gole fu lacie 



1418 faoûien 1417 Ni 1418 lUÙ tTsuelliei 



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La ou Besars l'ot engignie 

1435 Et il fu peodtt par le col; 

Eooor l'en tient Renart por fol, 
'Danz roifl' ee a dit li gainooD, 
Or entendea a ma raison: 
' Créez vos donc cest paatonerP 

1440 n diat qu'il fu a Honpoller 
Et en Saleroe, si s'en ?ante: 
Il ne passa onques Uaante. 
Of dist qu'est mires devennz: 
Pieca qu'il dot estre penduz. 

1445 Faites me droit del grant otrage 
Qu'il me fist en rostre meiisaje. 
En une vigne me fiât pendre: 
Bien en devez renjance pt ea i r » . 
Uolt me fiât ■»! m covpaigme, 

1460 B a T«n vos sa foi mentie. 
Oe l'en apel de traïson, 
Ves en oi mon gage a b«uidon.' 

'Sire rois' dist Benart, 'oezl 
Cist maatins est du aenz deuez, 

t4W II redote ou a trop boii, 
Ou il est hors del sen iasu. 
Trois mois a bien, oe roa plevia, 
Que je ne fiii en ceet pab. 
8e Boonax fu en meaon, 

1460 Ce Teil leoberes de gaingnon: 
Ha feme est molt bêle meaoine 
Et ai a non dame Ermelioe: 
Se il li qaist honte et folie 
Et ele sout tant de voisdie 

1466 Qu'el se venja del pautoner, 
Ce ne fet pas a mervcUer.' 

Lors ae leva Tyben li chaz 
Que Renart liât ja prendre au laz. 
Ta ta voie' ce dist Tibert: 



1487 dist 1441 M n. 1443 ^ue m. e»t d. 1400 n 
OQ il ■ 1459 en ] D 1463 dame 14S5 eea u. . 



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X (Héon 19446— lasoT) 

14T0 'Dahez ait home qui dosert! 
^ Trop par as dit grant eatotie, 
QuaDt apelaz de foi mentie 
Si haut baron con est Renart. 
Je te tieng a trop fol musait. 
1475 C'au jor que tu fus atrapez 
De ce dont tu t'es à clamez, 
Paissai ge devaut le plaaoie 
Dont dant Renart a'ert herbergie: 
Hoc trovai dame Uermeline 
1480 Qui molt par eat de franche orine, 
Je demandai, ou ert Renart, 
Et el me dit tôt par eagart 
Qu'il eetoit en Salerae alez 
^ tôt cent libres moneez 
'1486 Por aoater de la poison 
De coi dan Nobles le lion 
Poûst encor avoir santé. 
Pot vos a molt son cors pêne,' 
'Sire' dist Renars, 'il dit voir. 
149U Or poe» bieu de fi savoir, 

Je he Tybert le chat de mort: 
S'il i BoOst auques de tort, 
Certes il ne le oelast mie, 
Ëinz ne menast tost a la lie. 
im Mais prodom eat et véritable, 
Et sa {«rôle est bien oreable.' 
'Ce est' ce dit Nobles bien fet. 
Tybert, leissie» ester lo plait! 
E vos, Renart, pensez de moi, 
IMO Si en pernes hastif oonroil 

Je ai un mal dont ne voi gote. 
Ne ne quit veoir pantecosta 
Je ne vos puis la moitié dire 
De la dolor qui me fet frire.' 
ISOû Ce dit Renart 'garis seres 



■474 tro t 14T8 Dod 1484 .o. lib' noMi 14W Sa U»4 tôt 
'4*7 Mblei I4M feiHiet 1002 noir le 



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384 X (Hion I9S06-1«&11> 

AÏQz que troi jors loient panes. 
/ Aportea moi un orinal 

Et û verrai dedenz le mal.' 
Li orinax tu aportez. 
1010 fToblea e'est jus du lit venez, 

Si l'a piseie plus que demi. 

Ce dist Kenart 'bien est issi.' 

Âdonqued l'a levé en haut. 

Ce dit Renan, 'se dex me saut, 
1515 Encor î est la fevre ague: 

J'ai la poisson qui bien la tue. . 

Sire Nobles' ce dist Renart, 

'Or i eatuet molt grant esgart, 

Tôles voa de oest mal garir.' 
IfttiO Ce dit Nobles 'molt le deair.' 

'Or me fetea ces bois fermer 

Et si me faites aportet 

Tôt ce que 'vos demanderai. 

Ccst mal del oon vos osterai, 
' 15S6 S'en saadra la fevre eartene 

Qui ai vos ^t puïr l'aleine.' 

Ce dist Nobles 'molt volenters. . 

Tu auras quanque t'est mesiers.' 

'Sire' fait il, 'pernes en cure: 
1580 La pel del lou a tôt la hure 122 

M'estuet avoir preinerement. 

Ja verront tuit vostre parent 

Oonbien je sai d'astronomie. 

Ja vos ert sauvée la vie.' 
16SA Dont ot Tsengrin gntnt poor. 

Il a a den orie amor; 

Que il n'i a plus Ions que lui. 

Renart s'en venchera ancui. 

Nobles Bousleve les gernons, 
IMO Si regarde toz ses barons. 

Le leu regarde toz pensis, 

IMITborinal ISlOaeBioafoiiu. ISlSque ISlSregkrt 1614oft«n 
IftSSpiiire l58Siinq«tMt 1530b)o IBSS dartronoaie liaiiméi*it<u 
• manque 1537 q. les 1B9S uoni ] de lui IHO Si m gard» IMI feiét 



, Google 



ï (M#on 18572— IftfilW 385 

Si li a dit 'bau doua amis, 

Vos me poes avoir mester 

De ceat grant mal aaoagier.' 
1M5 Ce dist Renart vos dites voir, 

Il voa puet bien mester avoir. 

Il vos puet bien prester sa pet: 

Car ore entre le tene novel 

Que sa pel ert tost revenue, 
tr)50 N'aura pas froît a la car nue.' 

Dist Ysengrins sire, no faites! 

Yoles vos donc honir vos bestes? 

Oest plet ne m'est mie léger 

De ma pelice despoiller.' 
lf>65 'Par les euz bc' ce diat lî rois, 

'Ore est Ysengrin trop cortois. 

Qui ma parole a contredite. 

Il on aura ja sa mérite. 

Pernez le tost mes ouz voiaot, 
15itn Si li dospoillics meintcnantl' 

Dont le pristrent de totes pats 

Et par les pies et par les bras, 

La pei li traient hors del dos. 

Or est lî laz a mal repos, 
IHn De la sale s'en ist le trot. 
^ Il a bien paie son escot. 

Dist Benart 'sire, s'il te plet, 

Molt tost soit ton jugement fet. 

n t'eetaet de la corne au cerf 
1570 Del lono prendre le mestre nerf 

Qui soit un pou retrait arere. 

(En Tonne vi la manere 

La médecine dont garras: 

Porcbace toi, mester en as) 
1076 Et une coroie del dos. 

Se tu l'as ceinte, en grant repos 

En seras mis, n'en aies dote. 

IM4 uu«i«r 15M pot IMT pot 1550 MIC sot R. de la treslue 
IU8 h. ooletc* l&M tro o. 1557 p. m» 1561 pristren de tote p. 1567 
Dit 1568 iMtot 1570 De I. 

UKUtT I 25 



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X (Uéon 196I6-IM51) 

Soz ciel n'a ne fevre ae gotc 

Qui James vos teïat nul mal, 
1580 Je l'ai veil en l'orinnal.' 

Ce puet bien estre' dît II roia. 

Brichemer vit aeoir au dois, 
*" Nobles l'achena a aa poe, 

Que il ne pot movoir la joe. 
1S86 l'ar le conmandement lo roi 

Fu li cere mis en ^rant desroi. 

Il l'abadrent tôt envers, 

La coroie ont pris de travers, 

Si l'ont trencie a un cote), 
— 1690 Bien fu escrisie la pel. 

Et les deuB cornes li brisèrent, 

Hors de la sale le cbascerent. 

Cist ont bien lor escot paie, 

James en foire n'en marcie 
109& Tolliu p«iaa-e ne dorrontj 

Par trestot qui te ment iront. 

'Tybert' ce dit Renart, 'oa vien! 

Tu me lairas auques du tien: 

De ta pel seras despoilliez 
1600 Ou mes sires metra ses piez.' 

Et Tybert coomenoa a groindre, 

Mais n'ert mie tens de respondre 

Ne de tencier voiant la gent, 

Car i) n'i avoit nul parent. 
1605 II sulti sus, si s'afaita, 

Sanz confie de la oort torna. 

L'uis ert ferme, mais il s'en saut 

Par un pertuis qui ert ra haut 

S'en vait Tybert toz eslaiaaies, 
1610 Si se feri en un plessiez. 

Ce dit Renart 'cestui s'en va. 

Maldchez ait qui m'engendra, 

Se je le puis as mcins tenir 

1578 Je premier m manque 1681 pot 1686 duroi" IS88 de 
■a 1592 len oh. 1594 ni en 159T .Y. oe 1600 sei 1602 w sl 
1606 ufoita 1607 sen manque 



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X (Méon IM52— 196871 

Se ne li fsB mon ju puTr.' 

1615 Renart regarde entor lui, 
Vit les barons qui graat anui 
ÀToîent (le oe qu'il faieoit, 
OhascuD de soi poor avoit. 
Renars apele Roonel, 

16J0 '^1 a putein' fait il, 'meael, 
Faites me ci molt toat un fon, 
Si me pernez la pel du lou, 
Si la laves, si l'essuies 
Et devant moi l'aparelliezl' 

\(H6 'TolentierB, sire, s'il vos plaist. 
Caoque vos roudioiz sera fet.' 
'£t vos, dao Grimbert le tessons, 
Yenes tost oi agenellons! 
Et vos, Belin, vcaes a moil' 

IKE) Cil aoorent par grant desroi. 
'Alez on tost por mon aegnor, 
(Dex vos otroit grant dcsonor) 
FeLes molt tost sans dcmorer, 
Aies mon segnor aporter.' 

WSb Cil li aportent viatement. 
Renan a pris un oignement, 
'Sire' dist il, 'je vos garrai 
Et oeste fevre vos toudraî : 
Or vos covient un pou BonrHr,' 

1610 Ce dist NoUea 'molt le désir 
Que fasse de cest mal haitiez, 
Car molt en eui afebloies.' 
Renare le fist cocher adenz, 
Puis li a mis el nés dedenz 
' 1645 Aliboron que il avoit, 

Qui si fort oignement estoit. 
Si le prist si a escaufer 
Et il conmenca a enSer. 
A démener ^e ( 



1616 qne 1623 U «u'ie* 1625 «i nos 1S2R oi losl 1636 toudroi 
Manquf 1643 u dem 1645 Alibsron 1646 oigment 1648 
1S49 le 



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388 X (Héon 196B8-I9T2T) 

1650 Del oui uD gros pet li vola, 

Il esternuc et se demeine. 

Uolt eatoit li roia en grant peine, 

Enfles fu, mes il eaternue, 

Et ]a pel du doB li tre«8ue. 
1656 Ce dit Nobles 'molt sui enfles.' 

Et Renart dist 'ne vos tamea! 

Garris estes, n'i ares garde.' 

Et cil de poire ne se tarde. 

Car la poison le detreinnoit 
1660 Et les boisx li escanfoit. 

Renart l'esteBdi les le feu, 

Puis si a pria la pel da len, 

Dedenz a chocie le lion, 

Puis si a prise une poisson 
1666 Qu'il avoit enblee au paumer, 

A son segnor en fîst manger. 

Tantost con il en out geste, t23 

Ne senti mal n'enfermete. 
Ce dit Nobles je sui garis, 
1670 Je vos en rent cino œnt mercis 

E si Toa saisi do ma terre: 

Qui vos noudroiz si aura guerre. 

Car en aîde vos serai, 

E deus bons castax vos donrai. 
1675 Tûz sui garts, nul mal ne sent, 

Vos on aurois riche présent.' 

'Dex' dist Renart, 'en ait li<s grée 

Quant par moi estez repassez! 

Sire rois, or m'en voil ater 
1680 Por Ermeline conforter: 

Je ne la vi deus mois a ja. 

S'ele me voit, grant joie aura. 

Je ii dirai de vos aoveles 

Qui li seront boues et bêles. 
16S6 Sire, Brichemer si me bot, 

1651 eitern» 1653 Resternie 1656 dit lese le p. 1678 Qoant ■. 
1674 dourk 1677 dit 1680 ameline 1G81 îa a 



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X (Méon 19728—19768) 

Si ne li ai nient moefet, , 
Et Ysengrin voatre provost. 
Saches qu'il ont vers moi grant tort. 
Se il me pooieot tenir, 

1690 A due] me feraient fenir. 

Sire, bon conduit me bailliez 
Que je n'i soie damaches.' 
Ce dist Nobles, molt volentiers.' 
Donc fist monter cent chevaliers, 

16U Tant chevauoent a grant vertu 
C'a Terouane août venu 
Orani pièce avant midi pase. 
Mais lor chevans sont molt laee. 
Li cent sont retome arere. 

1700 Et Renars entre en sa tesoere 
Tenchee s'est de ses enemis. 
Lors sojoma, ce m'est avis. 
En BOD castel une grant pose, 
Que asoûr issir n'en ose. 

1666 D. forfet 1688 que il 1694 AdoDO monter Mon^a 
B tercDans 1700 tar«i« 



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XI (Héon 24346—34388 



XI 

Ce fn en la douce aaison 123 b 

Que der chantent li osellon 
Por le taoa qui ert née et para, 
Que Renart ert dedens les murs 
5 De Slalpertuia son fort manoir. 

Mais molt out son ouer trietre et noir 
Por sa viande qui li laaohe. 
Durement s'estent et sosface, 
De foin li dolent li boiel. 

10 Devant li eet venu Rovel 

Son fil qui de fain vait plorant, 
Et Hermeline meintenant 
Qui molt estoit et simple et ooie, 
Et Jlfalebrance et Perchehaie 
~ 10 Qui molt par font cere dolente. 
N'i a celui ne se démente. 
De lor mère sont molt dolent 
Qui ploure de fein tendrement 
Et molt par fist dolente chère. 

30 Renart li dist amie cbere, 
For qoi vos voi je si ateintef 
'Sire' fait el, 'ge sol enceinte, 
D'enfant ai tôt le ventre plein. 
Mes certes je ai si grant fein 

4 aei 6 ton .'t'itre,,' euer et 7 que 10 Ini 14 A n 



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XI iHéon 24360-24407) 

26 Que j'en quit perdre mon enfant.' 
Renart l'oï, molt fu dotant 
Et molt en devînt esperdu. 
A Hermelioe a respundu 
'Doace amie, sachez de voir 

30 Que je voil orendroit movoir 
Et aler la ou âex m'ecvoit 
Qui par tena viande m'envoit 
Treatot auei oon je le voU.' 
Atant feri le pie au soil, 

aô Si s'en isai tôt meîntenant. 
Durement va deu reolamant 
Que il viande li envoit, 
Que molt grant meater en avoit. 
Atant s'en entre en un plassie. 

jO Tôt bêlement le col beaaie 
Vet por savoir et por prover 
Be viande porroît trover. 
Bêlement s'en vaît et le pas, 
Sovent coloie haut et bas. 

45 Et quant il ont coloie tant, 
Si se r^arde et voit venant 
Mesîre Ysen^n son conpero. 
Mes onques foi que doi seint Père, 
Ne vint beste de tel aîr, 

fiO Bure, bien puissiez vos venir!' 
Fait il. Ysengrins l'esgarda, 
IteDart' fait il, 'œ que aeraP 
Venes vos en molt tost de ci: 
C'aprea moi vienent, je voa di, 

06 Trestoz les vileins d'une vile. 
Se il voa pement, par aeint Gille, 
Il voa liverront a eesil.' 
'Sire' ce respont le gorpil, 
'Alonz en donquea sanz tai^er.' 

00 Atant se meteut au frapier 
Entre Kenart et Taengnu, 

40 chef 44 0. et h. 59 linront 



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XI (Méon 2440S-24443) 

Ne tiodrent voie ae oemin. 
Chascua moU durement ee dote. 
Hais li vîleiaa en ont la rote 

66 Perdue: retoroe s'en août. 

Et cil molt durement s'en vont, 
Car il n'ont talant d'areeter. 
Lors ae pristreat a regarder, 
Mais les vileioB ne virent pae. 

70 Dit Ysengrina 'je sui molt las, 
Que bien sachez par aeint Orner 
Que je ne puis avant aler. 
Un petit reposer m'estuet' 
'Einsi le fet qui meuz ne puet' 

70 Fait Kenars, et je m'en irai : 
Que bai en cest jor ne mangai, 
Si irai querre ma viande.' 
Ysengrins a deu le conmande 
Qui molt fu laz et travellie. 

m Lors s'est soz un arbre cochie, 
Et Renars s'en vet maintenant. 
Mais il n'out gaire aie avant, . 
Ainz jure foi qu'il doit seint Père 
Qu'il engingnera son conpere. 

60 Savoir veut coq se contendra: 
y Desoz un arbre se muca, 
Et Tsengrins si s'endormi. 
Renarg nel mist pas en obli, 
Eins ee porpense qu'il fera 

00 Et oonment il l'engignera, 
Que meinte foîz li a mal fet. 
Tantost vers Yeengrin se tret, 
Et voit qu'il dormoit durement: 
Une hart a fête erraument 

90 D'un planuon de oesne menu, 

A Yeengrin en est venu 1 

Qui desoz l'arbre se giaoit 



es 66 dorement 6a Perdu 6» «ont 73 mestot 74 qnc p<>> 
75 et manqut B3 que doi 86 Deiox lurbre «i 37 Et b. d 89 que il 
91 meinteiunt sa mal f. 95 dun c. 



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XI (Méon 24444—24479, 383 

CoD cil qui nul mal n'i pensoit, 

Emz ae gisoit trestot eo pee. 
100 Renars qui fu fel et en^es 

Et qui fu plein da grant voiadie, 

Yaengrin par les deus piez lie 

De la hart au caisne si fort 

Que 86 l'en le cbascast a mort, 
105 Ne 8e poist il remuer. 

Renart le voit, ne puet muer 

Qu'il n'en rie, pnia si s'en tome. 

Un poi hors de la voie terne 

Por savoir conment avendroit 
110 A Teengrin qui se gisoit. 

Tantost s'est soz l'arbre asie. 

liais n'i a mie grantment sis. 

Quant iloques vint un vileio 

Qui tint un boston en sa meie 
' IIS Qui ert grant et gros et de hos. 

Quant l'aperçut Renara li roB, 

Si en out en son cuer grant joie. 

Et li vilain ne se desvoie, 

Eiuz s'en vet toestot le oemin. 
ISO Quant le vilein vît Yseogrin 

Qui fu liez devers les piez, 

Tantost s'est vers lui eslaissiez : 

Le baston haace par a&, 

Si corut Ysengrin ferir 
1% Parmi le ohaannon de) ool. 

Or se puet bien tenir por fol 

Tsengrina, quant il s'ondormi : 

Tôt meintenant les eus ovri. 

Si a le vilein regarde 
190 Qui avoit son baston lave 

£ le vout ferir sanz targer. 

Ysengrii» se cuide dreoier, 

Au vilein voloit oorre sua, 

IM «hMtatt 106 HD p. 106 pot 107 li manque 111 se» «Os 
8 dehw II» mt tôt droit le 186 pot 138 août 



;-'^'r,)C .^Ic 



l XI Ptitui 24408— S4SU) 

M&is meintenaDt recal jm 
186 Que il De pout sor piez ester. 

Et li TtleinB le vet frapor 

Do baston menu et sorent. 

A Tsengrin vet malemeot, 

Mais nequedoDt tant agaita 
y 140 Que le vilein boz soi aaoa: 

Tôt estendu le fist ohaîr. 

Ysengrios le curut saisir, 

As dens le hoce, pinne et mort 

Or a molt grant poor de mort 
145 Li vileinz, ai a grant reson. 

Forment prie deu et son non 

Par son plaissir et par sa grâce 

Que Ysengrina mal ne li faoe. 
Isengrin si fu molt iriez, 
150 Le vilein a soz li sachie, 

Durement le mort et ostreint, 

Par poi li cuers ne li eateint. 

Si oûst il, bien le saches, 

Mes li vïleÎDB s'est efForoiez, 
155 Si a repris cuer et aleine, 

D'Ysengrin s'estort a grant peioe. 

Molt fu malemeot atome, 

Tantost est en fnie tome. 

Mais sachoiz. por un marc d'or fin 
160 Ne retoraast vers Ysengrin. 

Fniant s'en vet tôt oorocie, 

Car durement estoit blecie. 

Et quant Renars voit qu'il s'en vet, 

Un petïtet en sus se tret 
165 Qu'il ne voot qu'Ysengrins le voie. 

Tantost se rest mis a la voie 

Qui molt estoit et bêle et grant. 

Misire Renars vet chantant 

Une cancon tote novele 

136 ferir 137 Iwiwton 140 sor Ini Mwai 148 hoM * pii 
I manqtu 151 Dorant 152 te mur eatraiat 165 qM j. Itl IT 



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XI (HéoD 24516— 24555] 

170 D'smoretee qui molt est bêle 
Et bien fête, par seist Fermin. 
Chantant s'en Tet tôt le chemin. 

Quant Tsengrins le voit venant. 
Si li escrie meintenant 

ITO 'Benart, Benart, bauz doz amis, 
A poi que n'ai este maumis. 
Je me sui ei trove liez 
D'une hart tie» parmi les pies 
A oest ohaane qui est branou, 

ISO Et un vilein qui m'a batu: 

D'un baeton m'a tant donne coob 
Que trestoz lee os en ai mous. 
A pou que il ne m'a tue. 
Mais je le rai molt bien plume, 

185 Bien li ai les chevous sachez, 
(Tôt de vérité le sachez) 
Far qoi je me confort plus bel.' 
'Par foi' dit Benart, 'ce m'est bel, 
Haie de vos sui forment iriez. 

190 Hes vos seres ja desliez, 

Que ge vos dî, foi que doi vos 
Qui estes mes conpere doz, 
Que meus amasse estre batu 
Que vos fussiez si enbatu.' 

106 Diat Ysengrins 'bien vos en croi. 
Mes par amors des]ies moi, 
Que je vos eo saurai bon gte.' 
Dist Benart 'ce me vient a gre.' 
Lors le oort deslier Renart, 

SOI) Des piez li a oste la hart 
Que il n'i a demore plus. 
Et Tsengrins est sailliz sus 
Qui molt en ont graut desirrer. 
Si est aie Benart beeier 

905 Et dit 'Renart, par aeinte Foi, 



172 ohenni 181 b. mit grau ooui et lora 1S2 treatot 188 fti 
IMii 1B5. 1»S Dit 200 hoMe 202 est tsillû ] si uilli aOS <Jw 



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XI {Uèan 34ÏM— 345921 

Je Toe aim molt en boue foi. 

Se je vos aim, je o'ai pas tort, 

Que vos m'avez gsri de mort. 

Que mort fusse, bien le sachez, 
210 Se ca ne fussiez repairiez. 

Dex le fist por amor de moi. 

Mais par la foi que je vos doi, 

OreudroitoB sans deJùer 

Vendroiz avoques moi maDger 
315 Une cuisse d'aignel novel 

Que je laissai a mon ostol. 

Or en renés sans atai^r!' 

Atant se metent el seoter 

Entre Renart et Ysei^rin, 
320 Onques ne gerpirent oemin. 

Si sont venu a la meson 

Hesire Ysengrin le baron 

Qui bien estoit de mur fermée. 

Dame Herseut i ont trovee 
226 Qui molt grant joie lor a fête. 

Tantost a manger lor afete 

Tel viande con ele pot: 

Aignaux rostis, capona en pot 

Lor aparella a foisson, 
280 Si en mangèrent li baron 

Tant oon il lor vint a talatit. 

Mesire Renars ne fu lent, 

Ains dit qu'il s'en voloit aler: 1 

A dame Hersent vait parler 
23B Por congie demander et querre, 

Car aler s'en veut en sa terre 
- Son prou poroasoer et trover. 

Dist Ysengrins 'laissies ester, 

Par la foi que doi seint Oermein, 
240 Ne TOB movroïs bai se demein.' 
'Ha! sire' dit Benart, 'merci! 

Je ne puis plus demorer ci, 



818 deld«r 229 en roit 287 et qnerre 28B Dit 



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XI <H£on 24&!I8— 24826) 

Car j'ai afere en autre leu.' 

'N'en iroiz pas' ce dit li leu 
345 'Hui ne demein, foi que vos doi.' 

'Sire' dit Renart, par ma foi, 

Je ne demorroie por rieu. 

lies de vérité sachois bien 

Que au plus tost que je porrai 
300 Ci alues a vos revendrai.' 

Dist YaengriiiB 'dont en iroiz, 

Mes vostre foi fuinoeroiB 

Que reveudroiz dusqu'a quart jor 

Ci alec por fere sejor, 
2dS Que je roa aim en bone foi.' 

Ce dit Henart 'en&i l'otroi.' 

Reuars prent congie, si s'en part, 

Et chemine tôt un essart 

Sanz coopaignie que il ait. 
360 Molt prie deu que il l'enToit 

En tel leu ou viande trniaae 

Que a sa feme porter puisse 

Que il laissa enceinte et grosse. 

Lors voit devant li une fosse 
265 Qui molt estoit parfonde et graut, 

Eîinz ne iîna, si vint devant. 

Sesus la foese s'aresta, 

Longement i &et- sou esta 

Por esgarder que dedenz ot. 
270 Et quant ases regarde ot, 

Si vît qu'el fu de ronces pleine 

Si durement que a grant peine 

I paroit il se ronces non. 

Tant a regarde environ, 
^i Si vit que meures i ot tant 

Que onques mes en son vivant 

N'en Kvoit tant veû ensenble. 

'Par foi' fet Renart 'ce me semble, 



259 que 11 i ait 3«0 que il li enuoit 264 lui 266 Ei n« 271 
qar t\ 273 QDil ni pftrut ne 



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398 XI (Méon 84629-3(664) 

loi se ferait boa logier, 
S80 Qui de meures voudroit manger, 
' Molt s'i feïst bon oeteler.' 

Âdonc comenoa a aler 

Entor la foese por savoir 

Se des menree porroit avoir. 
2d5 Hais il ne voit mie par ont 

11 en puisse avoir, si en gront 

Por ce qu'il n'i pot avenir. 

La langue li prent a fermir 

De lecerie et de coroe. 
_y. 2ii0 En la fosse sailli deboz 

Por 00 qu'il an voloit avoir. 

Sachez qu'il ne fiât pas savoir : 

Car il ne s'en pout détenir, 

Tôt aval le covint venir. 
39d li pcMst o bel li fn, 

One ne fins dusqn'aa fonz fù. 

De rooler tôt contreval 

Bien sachez qn'il ont ases mal. 

Anoois qu'il s'an pobt issir 
900 I a fait li las meint sopir, 

Car le fosse estoit trop haut. 

Mais comment qu'il viegne ne aut, 

A grant peine s'en est estors, 

Mais molt fu ainz dolent del cors. 
S(fô Totevoie en est escape. 

Lors est sor le foeae monte 

CoD cil qui art de lecherie. 

'Bax sire dex fait il, 'aîe I 

Conment, n'aura ge nule meareP 
610 Oïl certes, que qu'il demeure, 

S'en aurai a qui qu'il anuit, 

Âinz i serai jusqu'à la nuit 

Que je n'en aie'; lors s'adet. 

Mais sachoiB que pas ne li det 

SSft nanoit S9T rooiller 299 Aini 903 ^ne il 303 imet^ 
807 Corne cil qui leoherie «rt SW des oe dit .R. : 



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Xr (MéoB 84«e5_-247(H)) 

815 Que aa meures ne pot ateindre. 
Se el foBse ne s'osse enpeiodre, 
Que moU i ont grant peine eue. 
Lors se levé sanz atendue, 
Queut de pieres plein sod geron, 

âSO Si en arochfl le boisson 

Qu'il Tolott les meures abatre. 
Si en i gete trente et quatre, 
Mes oelea qu'il a abataes 
Sunt dedenz le fosse coilee 

336 m li anuie moU forment. 
Lora dit Renart îreement 
'Je aui fox que Je ci demeure 

■" Ke je ne meqju nule meure. 
N'en mangai long tans a passe 

331) Que par mon chef je l'ai roue 
Que je n'en mangerai james.' 
Atant s'en vet tôt a esles 
Molt corocie et niolt dotant. 
Hais il n'ala vaires avant 

3BS Plus de deos arpens oa de trois 
Qu'il a trove eumi le bois 
Gisant mon segnor Koonel. 
Desoz un arbre grant et bel 
Si vit Roonel estendu, 

34) Car un vilein l'avoit batu 
Tant de son boston et frape, 
Qu'a poi qu'il ne l'avoit tue, 
Ne pont movoir ne pie ne meia. 
Benars s'en vait a li de plein 

346 Canqne il pot tôt eslaissie. 
Molt fu doUnt et corocie 
For les meures ou et failli. 
Tantost vers Rocmel sailli, - 
Si le cuida trover dormant. 

SN> Mes Roonel de meintenant 



117 UB SIS atendu 321 Qui u. 322 .XXXIIL 323 Hei J Totes 
3!^ d«mo«r« 323 manque S31 Que ) Ne 344 lui 84S Cauqoil 



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XI (M*oii 24T0I-247afi| 

Li dist sire, bien vegniez vos! 
Ne me paia lever contre voe, 
Car n'en ai ese ne pooîr.' 
'Il De vos estuet ja movoir' 

366 Fet soi Ren&rs, 'par aeint Denis. 
Mes dites moi, bau dos amis, 
Qui vos a ai vilment féru.' 
'Sire, un vilein qui m'a batu. 
Bien saî, n'en porrai escaper.' 

3bO Renart entent bien au parler 
Qu'il est molt durement blecie: 
*■ Forment s'en est esleece. 
Que meinte fois U ot fet mal. 
Lors regarde tôt contreval 

S6fi Le bois por savoir a'alme oroit: 
Et quant il nul aime ne voit, 
Si jure cil qui l'engendra 
Que Koonel iloc pendra. 
Que ja n'en aura raencon. 

:iTO Lors regarde vers un boisson, 
Si a une corde trovee, 
C'un vileia i avoit botee. 
Meintenant a prise la corde 
Renart, qui n'ait miaerioorde, 

H7Ô (Non aura il au chef del tor) 
De la corde un bon Uz corser 
À fet, ne fu mie tro fol, 
A Roonel le mist el col. 
Jlfea tant mesprist, bien le saches, 

380 Qu'il mist avoc deoa de ses pîez. 
Quant li ot mis el col le las 
Renart qui tos sont les baraz 
Plus que béate noire ne blanche, 
La corde deaus une brwice 

386 A gitee, puis sache a li, 
Roonel a l'arbre pendi. 



351 dit Bienei 355 lui 861 dorement 362 md J li SU p»' 
maftqiu STS H. li SftS lui 365 grlte puifi si i. a lui 



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XI {M#on 24737-24772) 401 

Au meus qu'il pout l'i stacha. 

Le pie le laz li ealacha, 

Que meinteuant fost estranglez, 
890 S'il n'i oÙBt lea piez gitez. 

Quant Renars l'a veu en haut, 

Si li dit 'aire, dex vos saut! 

Parlez a moi, se vos volez! 

Molt VD8 estes haut encrouez: 
H95 Coament diable, estes vos tex, 

Cuîdiez Toa monter as seiuz ciex 

Avec damledeu la amont P 

Vos estes le plus fol del mont. 

Bien vos devroit honte venir, 
400 Quant vos voles seinz devenir. 

Dites moi' fait 11, 'en queu leu 

Vos aves si fort servi deu 

Que vos volas aler a li.' 

Roonel mot ne respondi, 
-103 Car il ne puet, que ti-op restreint 

Le laz, et dant Kenare Veupeint 

Par les piez et le fet branler. 

A li se preot a porpenser, 

Por ce qa'estrangler le voloit. 
410 Atant regarde, et si voit 

Venir la mesnie le roi: 

Adonques fu eu grant eËmoi, 

Car de sa vie ot grant poor, 

Fuiant s'en vait sanz plus demor 
410 Canque il pot de grant randon, 

Et cil vienent a esperon 

Au plas toet qu'il pourent venir, 

Ainz ne se vondrent retenir. 

Devant vienent li escuier 
4iO Bit li rois si veuoit derer 

Chevaucant avec ses barons. 

Atant estes vos le garçons 

388 lai li li e. 389 eatrangl 390 dite 396 geint 397 Avocqaee 
399 T«iiir]rere 403 lui 40S lui 417 totwt 418 tenir 420 E 
KKBimT I ie 



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402 XI (H--DI1 24772—2480(9) 

Qui soDt; desoz l'arbre veau. 

RooDel troverent peadu : 
425 Tuit s'aresteot, ne voot avaat. 

Eat«B vos le roi a itaot 

Et ses barons avocques li : 

Roonel voie&t qui pendi, 

Si en fu le roi molt dolaut. 
^ 430 Deapendre le fiât erraument 

Que moU en fu maltentis: 

Ueintenant l'ont a terre mis 

Treetot bêlement et aoe. 

Lee eux ovri, si a parle 
435 Et dist 'ha sire dex, merci! 

A poi que n'ai este péri.' 
Quant li lions l'oï parler, 

Descendus est sans demorer. 

Deles li s'aeist meintenant, 
440 Son chef li mist en son devant. 

Conme debooere et cortois 

Conmenca a plorer li rois, 

Por la pitié qu'il a de li. 

Et quaut RooDel le oï, 
445 Si se merveille que oe est, 

Et li rois dist 'conment vos eai, 

Bau doz amiP dites le moi.' 

'Sire' dist Koonel, 'par foi 

Molt ai este en grant tormeat. 
450 Mais or ne me celés noient 

Qui vos estes tôt demanois: 

Car certes je oe vos concis, 

Se ne me dites vostre non.' 

'Amis' ce respont le lion, 
456 'Je sui rois d<9 ceste ctHitree.' 

Roonel l'ot, molt li a^rree 

Et molt en a où grant joie. 

La teste levé sans deloie, 

423 Ot iunt deius 4£7 ftuooquea lui 483 e 435 dit h» de a m. 
488 lui aasiat de ta. 443 lui 448 dit 



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XI (Méon ï4S0d— 24844) 403 

Si a son seignor regarde: 
460 Sire' fait il, 'molt grant bonté 

M'aves faite Toetre merci. 

Sire, quaot venistee vos ci?' 

'Orendroit voir, bau doz amis. 

Mais qui vos a issi maamiaP' 
466 'Sire' fait il, 'foi que doî vos. 

Tôt ce m'a fet Renart )i ros. 

Ne je n'en cuit james garir.' 

Adonques a fet un aoepir 

Et après a jeté un pleiut: 
470 Tôt le viaire li est teint 

De la peine qu'il ot soferte. 

'Segnors' dit li rois, 'vea quel perte 

C'ainsi ai perdu mon baron! 

Se je puis prendre le laron, 
4TS II sera mcintenant pendu.' 

Et li baron ont reapondu 

'Bau sire, laieeiez ceet afere, 

Mes faites une bere fere 

A porter Roenel eu l'ost.' 
480 II n'î a nul qui le dealost 

Ne le contredient de rien. 
" Une bière font de merrien 

Li baron, onques n'i ont autre. 

Si ont dedenz cocie le veautre, 
48Ô Mes etna ont mb herbe desoz. 

Li rois li a dit oiant toz 

'Roonel, molt estea blecie: 

Mea se dex ait de moi pitié, 

Il m'en poiae molt durement' 
490 Meintenant conmande a sa gent 

Que il gardent qu'il soit aese. 

Et cil qui en aont a malese 

De ce que il malade fu. 

S'en entremetent et fait fu 

s TOIT manque 4Ge le 4ST ne c. 469 E 4R4 neautre 485 
39 me p. 491 Qail ooumande quil 494 TanCoat etnxt Marier 



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XI (Méon 24845— 24SS1J 

49Ô Ce que li roi« ot oonmande. 
Onques plua n'i ot demore, 
La bera trosaeat es chevax, 
Puia chevaucent le funa d'uD raaz 
Tôt bêlement et a loisir, 
/" 003 Tôt Boavet a l'UBerir. 

Uolt ot Roenel son voloir, 
Car li rois on n'ot que doloir 
Por li qui malades estoit, 
Le meine isai con îl volott 

500 I^e onqnca son conmandement 

Ne fn devoe de noient, 1' 

Ainz s'en vont bêlement le pas, 
Et saches qu'il ne nuisoit pas 
À Roonel, anoois li plest. 

filO Tant ont erre par la foreat 
Qu'il ont esloigoe grant partie, 
Onques n'i out geot départie, 
Si sont venu a la meson 
Mon segnor Noble le lion, 

016 Descendu sunt devant la porte. 
Bricheuier et Brun l'ors enporte 
Roonel amont en la sale. 
Qui out le vis et teint et pale 
Por les cous qu'il out reooQs: 

fiSO Et por oe que il fu pendus 
Estoit pale e deaoolores. 
Li rois a ses mires mandes, 
Et lor prie qu'il s'entretnetent 
De li et grant peine i meteot, 

6-25 Ausi grant conme a li meïsmes. 
Li mire qui vindrent de Nimes 
Et de Montpellers par delà 
Por le roi qui les an proia, 
I ont mia tote lor entente. 

080 En totes ses plaies ot tente. 
Que eioz que li mois fost passez 

508 loi 522 mirea ] Uroni 524 lui 525 loi 326 nine 



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IX (Héon 24882— 2«917) 

Fu il garis et repassez. 
S'en fu molt bel a tex i ot 
E au roi qui forment l'amot. 

Ci3S De ce qu'il fa délivre et sein 
Bont li baroD de joie plein 
Et tait en demeineot grant joie: 
Et 11 rois qui vont que l'en l'oie, 
Et qu'en sache qu'il en ait feete, 

540 En croulle de joie la teste. 
Lï rois fet joie por le cben 
Qui est gariB et bel et bion, 
8i font tuit li autre baron. 
Ici de la oort tob lairon, 

640 Et quant liuB en sera et tens, 
Si TOB en dirons tôt a tens. 

Des or vos dirai de Renart 
Qai cbevauce tôt un esaart 
Tôt plein de joie et de leeoe. 

bK Devers un grant oesne e'adrece 
Qui molt estoit baut et branou. 
Âmont regarde, s'a veu 
Un ni d'escofle qui ert bauic, 
Dedenz avoit quatre esoofleax 
l'SBb Ausi dru conme père et mère. 
Renart jure l'ame son père 
Qu'il est venus a droite voie: 
8e l'esoofle ne le desvoie, 
Il les voudra trestoz manger. 

OflO Amont l'arbre prent a poler. 

Au meus qu'il peut monta en haut, 
Aa ni en vient que pas ne faut. 
Corne devez et enragiez, 
Trestoz quatre les a mangiez, 

560 Qu'il svoît a son cuer graut fein. 
Or en a il le ventre plein, 
Mes einz que il fust descendus 

M9 qMn ] qnil MS en matiqtu bi% esokrt M2 
mraffie &04 nuii)p« 566 il mangut 507 quil 



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406 IX <Héon 24908-24993) 

SoDt les deuB escoâes venus. 
Quaut a'oDt; lor oiselles trovez, 

570 Bua li corent conme desvez 
Bien entslente de mal fere. 
Cil ne se pot arero traire, 
Qne trop estoit pleïoe sa pance. 
Li un des escofles s'avanchi!, 

575 Si a Renart done tel flst 
Que jus a la terre l'abat, 
A poi qu'il ne l'a maagne. 
Isn élément s'est redrecie, 
Qu'il s'en voloit foTr atant. 

580 Li autres 11 vint au devant 
Tôt autresi cou un dragon, 
Renart saisi au pelîcon. 
Jus a terre l'a abatu : 
Molt par ont bien Renart batu. 

585 Ambedui li corurent sus, 
Renart traînent sus et jus, 
Bâtent des eles et des pies, 
Des bes fîerent cod enrages, 
Ne Renars ne se pont deffendre. 

590 II le corent as ongles prendre, 
En la car H metent dedenz. 
Et Renart a jeté tes denz 
A tant de Force con il a, 
L'une des escofles prise a: 

5A5 As denz la prent, si l'estrent si 
Que le cuer en dens li fendi 
E puis la depecie tote. 
L'autre eacofle por oe nel dote 
' Ne plus a envie nel requiert, 

600 Vers It en vet et puis le fiert 
Grane coz et menu et sovent. 
Molt esta Renart malement, 
Car cil qui estoit sanz poor, 

569. 570 maitquenl 512 le tuanqut ». retrftire 
■Mi &B3 s la t. Ub«ti 5V2 » i«U L d. M4 Luu p 
600 lui 803 est 



, Google 



XI (Méon 2485*— 24W1J 

Li eat Bua coru par ïrur. 

60ft Si 1) fist tôt le pis qu'il pout. 
Ono Reaars tant crior dq pot, 
Merci ne orier ne rover, 
M'onques merci o'i pont trover: 
Car il estoit trop anguiaaoua. 

610 Ja li oQst crevé les eux 

Àndous: ja n'en oUst garant: 
Et Renars Taert meintenant, 
Par le col le tint si as denz 
Que tbtea li enbat dedenz, 

61& Con cil qui fu proas et délivres. 
Mais qui li donast cinc cent livres, 
Ne marchast il ua pas avant. 
Hoc ae chocc. E vos atant 
Un chevalier qui trespasBoit 

630 Par ïloquea, et ai menoit 
Un oscuier et un garçon, 
laai ohevaui^nt a bandon 
Par entre le bois et l'eseart. 
Si ont iloo trove Renart 

626 Enmi le chemin tôt envers. 
Tôt ont le vis et pale et pera 
Si cou il ont este blecie, 
^ Tôt le coir avoit detrende. 
Li ohevalers l'a regarde, 

630 Son eecuier a apele, 
Si li a dit se dex t'aït, 
Ea ce gorpil qui ici giat?' 
'Oïl, wre, foi que vos doi. 
Mes il OBt mors en moie foi.' 

636 Fait li chevaliers ce m'eat vis 
Que cil escofle l'ont ocis 
Et il les a mort ambedoua.' 
'Sire' foit il, 'ne n'est pas jeua, 
Qorpil aet trop de mal por voir. 

tlOT H. erisi m troDor 616 Ub'. 618 ohoca 623 roii 
e^ q. r*t ioit 634 en ) a 635 mes 



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408 XI (Méon 24992—25027) 

640 De cestui voil le cuir avoir, 

Bien nos porra avoir meater.' 

'Tu dis voir' fait le chevalier, 

Fai le donc porter en mesoo, 

La pel est bone et de saison.' 128 

046 Li escuier deaoent atant, 

Benart par les deus gambea prent 

Et meintenaiit a tret s'eepee, 

Par les gares li a botee. 

Et un baaton a toat copei 
650 Si li a mointenant bote. • 

Le garçon apele et il vient, 

Le gorpil li baille qu'il tient, 

Et cil le prent molt vole&tiers. 

Tien, va' fait soi li escuiers, 
665 Pran, porte en meson ceste beste, 

Et garde on nul leu ne t'areste. 

Et quant tu en meson vendras, 

La pel tantoat en esteras.' 

'Volenters' fait il, 'par seint Fol.' 
660 Le gorpi) a mis sor son col, 

Lors s'en est torne demanois, 

Et laisse son segnor el bois, 

Qui se remetoit au chemin. 

Or est Renart en mal traîn, 
665 Se par engin ae s'en estort : 

Il ne puet escaper de mort, 

Car il est meuz pris qu'au braion. 

Et li garz s'est mis el trotou 

Tant que le bois a trespasse : 
670 En la praerie est entre 

Qui estoit grande et longue et loe. 

Renart porte qui pas n'agrée 

Ce qu'il le tient si tnalement 

Et par les pies coatreval pent, 
670 Durement en fu esbahi. 

613 en] a. S4S bote «53—655 manqufnt 657 en) a SU e. n 
nen e. 666 pot 667 qu' manqut brioe 666 maitgtw 671 lonc t 
675 B. en p. que 



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XI (M«on 26028—25063) 

Lors regarde tôt entor li, 
8i ne voit nul home vivant. 
Lors ae tient molt a recroant, 
Quant einei se laisse porter. 

660 Lora se conmence a porpenser 
Conment il porra eaploitier 
Por escaper au pautoner. 

Quant Kenart porpensc se fu 
Et il out entor li veû 

685 £t il ne coiai home nul, 
Celui par les naces del cul 
A prie as denz sanz delaier, 
Et li gara conmence a crier 
Quanque il pot, pas ne se feint, 

690 Et Renart les naces estrent 

Et au plus qu'il pot les denz eere 
Tant que H gars caï a terre, 
O bau li fast ou mal li aaolie. 
Et dan Benart tôt ades sache, 

696 ïl^e onques ne le vont laiasier, 

Tant que li gars curut aaoher 

/" Le baaton qu'aa jarez avoït, 

Por ce que ferir le voloit. 

I^Car durement fu esperdu, 

700 Et cil sache de graot vertu.] 
Quant Renart ae vit délivre 
Et il vit celui aterre 
Et li vit prendre le baaton, 
Ueintenant se part du garçon, 

705 Qu'il ot poor qu'il nel ferist: 
Atant a la fuie se mist 
Au plus durement que il pot. 
Or eo pot bien tenir por sot 
Li gars, quant il l'en vit aler, 

710 De dol oomenoa a plorer. 
Dolent en eat, si a'ea retome. 



670 tôt tôt e. lai 6B4 lai 688 li gus ] o«liii 690 Beawt ] ael«î 
W7 qmM 700 gran oertu 704 par 707 qnil 711 t'en iMHf«# 



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410 IX iHéon 25064—25099) 

Juac'a son segoor ne sojorne, 
Si li conte conment Renart 
S'oD Tait fuiant parmi l'essart, 

715 Et conment il I« priât as dens, 
Et conment il li mist dedenz 
Lea naohfls par out il le priât, 
Et conment le baston hors mîst 
Por ce qu'il le voloit ferir: 

720 Mea tantost se priât a foîr. 
Si s'en torna parmi les pleins. 
'Je remns qui fu d'ire pleins 
Por ce que je aler l'en vi.' 
Quant )i chevaliers lentendi, 

735 Ses paumes en bâti de joie. 

'Par foi' fait il, 'ne cuit que j'oie 
Jamea isai bêle aventure.' 
Atant a'en vet grant aleSre, 
Si lesserent ester atant. 

780 Et RenaPs s'en vet randonant 
Parmi les près a giant esploit. 
Conme cil qui ases aavoit 
Plus que nul autre de barat 
S'en vait fuiant pensif et mat, 

735 Holt dolant et molt corocie 
Parmi \o pre tôt ealesaie/.: 
Molt se démente et molt s'esmaie, 
Car molt li dont et cuit sa plaie. 
[Mes il fu sajes et recuit, 

740 Tôt bêlement trotant a'en fuit.] 
Car a grant peine peut aler 
Et dit que se il puet trorer 
Une erbe qu'il bien conissott, 
Tantost sa plaie gariroit. 

715 Molt recleime deu doucement 
Qu'il li envoit procetnement 
Si Gon il en a grant mester. 

T19 n li a. coBiae 717 lUutheB ma$tgut 726 fai il 736 I. 
737 M. ooroei« «t 742 pot 748 que il 



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XI (Héon 2-^:00— 201 !I5) 

Atant trespasBa un seDter 
Qui en la praerie estoit. 

700 Sor un fosse qui grant estoit 
A troTee l'erbo qu'il qniert: 
Meinteoant ses pâtes i fiert 
Bt l'en a tantost esrachie, 
Ne l'a triblee n'escachie, 

7S5 Enoois le menja sanz tribler. 
Del remanant ala froter 
Trestotes les plaies qu'il ot, 
Et trestot meintenant reclot, 
Et fu garis et trestot seins. 

760 Vers le ciel en tendi ses meine. 
De la joie qu'il ot tressaut, 
Outre le fosse fist nn saut. 
Molt se senti fort et liger, 
Meintenant s'est mis au fraper 

766 Tant qn'en la foreet est venu. 
Ne fait pas chère d'esperdu, 
Lieement s'en vet et joiant 
Tant qu'il trova en un pendant 
Un cirisier trop bien cargie. 

770 Et Renan s'est tant aprocie 
Qu'il est desns l'arbre venu. 
Uea onques tel joie ne fu 
Con Renars fet, li desloial. 
Et puis bee amont et aval 

775 Tant qu'il coisi sor l'arbre en haut 
Le moinnel qui saut et tressaut 
De branche en branoe molt soe. 
Sire Renart l'a apele: 
'DrolB, molt as de tes aveaus, 

780 Pins en as que nul autm oiseax, 
Qu'en oea cerices te délites.' 
'Renart, ge» tos clein totes quites' 
Fet Droîn, 'qu'anoiea en soi.' 



7S0 que Tdl A ueu le. qaeroît 753 earache 764 iiMOMh« 
I 762 manqu» 769 tro 779 aueua 7S3 Quitei 



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XI (Héou 25136— 2S 173) 

'Quitea?' fflt Renart 'c'est «nui 

7&5 Que je n'en puis nules avoir. 

Or m'en dones deuB por savoir ^12 
9'eles sont bonee a mang^sr.' 
■Aine ne manjas de tel muiger' 
Fait Dro!n ad tote ta vie: 

790 Ne sai se tu en as envie, 
Mais je t'en donrai volontere.' 
'Vostre merci, bans amis ciers' 
Fait Renart: 'quiuit je lee tendrai, 
Orant gerredon vos en rendrw.' 

796 Atant se taist, qu'il ne dist pliu. 
Et Droîn li a jeté jus 
Trois cerises en un tenant, 
Et cil les manga meintenant 
Molt Tolentiers et de bons grès. 

8O0 'Ha. Droïn, donns m'en asez' 
Fet soi Renart, que boues sont.' 
'Par l'ame de toi, c ne sont' 
Fait Droïn. 'Oïl par mon chef.' 
Tu en auras, qui qu'il soit grief, 

806 A graut plent« et a foison.' 
Lors l'en gîta plein son geron, 
Si en manga Renart nses 
Tant que il en fu tôt lasses. 
Tant en manga qu'il n'en vont mes. 

810 Et DroïD dit 'vous en tu mesP' 
'Nenil' dist il, vostre merd. 
N'en puis pins manger, ce vos di.' 
'Renart' dit Droîn, 'or entent! 
Ge t'ai or fait tôt ton talant 

815 Et tôt oe que tu m'as recuis, 
Et ta as meint afere enquis 
En ptuBsura lins ou as este. 
En CRst iver et oeat e«te 
As este en meinte contrée, 



784 QotdM 786 nule 788 sea m. 800 d 
809 m<in^ 819 dif 814 or« 



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XI (Héon 25174-25200) 

8-JO Keinte aventure as encontree 
De tex ou tu bb moU apria 
Dont tu porras monter en pris, 
Se tu lei) as bien retenues. 
Mes ne saî se as gêna menues 

82Ô Vouâroies point de ton savoir 
Ensegner: fai le moi savoir! 
Et por ce que j'en ai mester, 
Conseil te demant et requier.' 
Dist Renart 'par seint Nicolas, 

880 No te meseonseillerai pas 

Que bien m'as ma volente fote: 
Or pos dire oc qu'il te bete. 
Que je t^eacoterai molt bien, 
Ne t'en estuet doter de rien, 

83C» Car par la foi que je doi vos 
Qni estes li mien amis doz, 
Ja riens ne saures conmander 
Que ne taee sans demorer. 
3e tu dis cose que ne sache, 

S40 Force que n'i aie damaohe, 
Tôt meintonant sanz décevoir 
Vos en voudrai dire le voir. 
Hais dites moi oe qu'il vos aiet' 
Droîn qui deaos l'arbre sîet, 

84ft Li respont 'Renart, or entent 
Ce que je te dirû brement 
J'ai ci ilueqnes dcles moi 
Noef moinaus, foi que je te doi, 
Qui chaaoun jor cheent de gote.' 

MO 'Or n'en soies ja mes en dote' 
Fait Renart, que bien les garrai. 
Or n'en soies ja en esmai. 
Tu aes bien qu'il n'a pas passe 
Plus de deus ans que j'ai este 

866 Eîn Oalabre et en Remanie, 



I la bete 844 set 84S q. ie d. bêlement 



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414 XI (Méon 25210— 2S3«Ci) 

Ea Toscane et en Herminte: 

G'ai quatre fois passe la mer 

Por mecine querre et trover 

Mon segnor l'enpereor Noble. 
S60 l'or ii fui en Coatenti noble, 

S'ai este en meiate autre terre : 

Je pRHSfli la mer d'Engleterre 

Por le roi deua fois, voire trois. 

Je fui en la terre an Yrois. 
865 Tant ahi ecrchant la contrée 

Que j'oi la mecine troree 

Dont Ii roÎB est garis et eeina. 

Je suî du paTs casteleîua.' 

'Renart' lait il, or m'enaegniez 
870 Conment mes enfana gariaiez.' 

'Droïn' fait il. 'par aeint Orner, 

Tu k-s feras oreatiener. 

Sitost oon bautissiez seront, 

Jamea de cest mal ne carront.' 
87C Et dirit Droïu ce puet bien estre, 

Mes ou troveroie ge preatreV 

PrestreP' dist Renart; par ta foi 

Ne aui ge prestn', di le moîV 

Dist Droîn 'par l'arne mon père 
880 II ne m'en aovennoit, bau frère. 

Mes or vos pri ge et requier 

Que vos les viegnes bautiazier.' 

'Molt Tolentere' ce dist Renart. 

L'a in a ne aura non Lionart, 
68fi l^t des autres penaeron bien.' 

Dist Droîn 'voa dites molt bien.' 

Atant s'en est el ni eutrf, 

Et ai a pris son fil l'etnz ne, 

Si Ii a gite aanz tencon. 
690 Et Ronart tendi son geron. 

Si le reçut, et aanz dangîer 

85S cocRifne 8.'i8 médecine (_de même »W) K9 1enp«roii SM tii 
ooitentinucle B61 meiut fl7â Et nutnqut dit pot 876 as k k« )* P- 
S7T it (dr mfme 879. 883. 886) 884 aura a n. 890 frernon 891 iM 



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XI (Méon 2,1246—26391) 

" Le tet en son cors prinsegner. 

Un et un les i a gitez, 

Reoart les a orratienez. 
81Ki DUt Uroîn 'bautissiez les bien.' 

'Ne vos eatuct doter de rien, 

Qu'il ne carront mais de ceat mal.' 

BroTn regarde contreval, 

N'a ses fiuz veûz ne cfaoisiz: 
900 Bien s'aparooit qu'il est tiaiz. 

Renart' fait il, ou soQt mi iîl? 

Je cuit fet m'en avez eaail.' 

'Non n'ai, jes baptia ca aval.' 

Hay, traîtres dealoiall' 
eOS Fait Droîn 'tu les aa mangies.' 

'Non ai' dit £«nart, 'ce saches.' 

'Si aves' ce dit DroTn; 'certes 

Hal m'avez rendu les dcaertes 

De ce que ge servi vos e.' 
910 Tu es fox, il s'en sont vole.' 

'Vole! nu sont.' 'Si sont, par foi.' 

Mentiroies en tu ta foiP' 

'Par foi, oïl bien, se je voil.' 

'La maie gote te criet Voil' 
915 Fait DrolD. 'Mais a toi si facel' 

'Je te donroie les la face, 

Se je te pooie tenir.' 

Tu me ferras? vien moi ferir.' 

'Non ferai.' 'For qoi?' 'Je ne puis.' 
920 Tu ne pou?' 'Non, ne je ne ruis. 

lies or me di, traîtres fax. 

Que as ta fet de mes oisaxP' 

'Que j'en ai fait?' 'Yoire, di ihoi!' 

'Jes ai niangies en moie foi.' 
935 'UaDgiez, las!' 'Voire, par mon chef, 

Tu n'en vendras jamais s chef, 

Et par trestOK les seins de! mont 

uiaqurnl 908 Hftlneia r 



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SI (M«on 25282-25817) 

James d'ioel mal ne carront, 
Et qu'il eo deûat avenir 

MO Je te voudroie anai tenir.' 

A iceat mot s'en est tomes 
Renart, n'i est plua demorea. 
Et Droïn bob dol reconmence, 
Tôt aoul a soi melame tence 

935 E dit 'las dolent, mi enfant, 

Je vos ai mort, au mien parant. 
ReoeQ avea mort par moi, 
Nus hom n'i a meefet fora moi. 
Tôt certenement vos al mort, 

940 Par moi aves receK mort 

Ne je oe qnier j« vivre plus. 
Atant se laissa caoir jus 
A U terre trestot paume. 
" Durement s'est meaaame, 

B4Û Si se cleime cbaitie et foux. 
De son bec se done grant cox. 
Si durement se fiert et plume 
Poi a sus lui laïasiee plume 
Que il ne l'ait tote esracbee. 
- 950 Molt a soferte grant hachioe. 
Quant il se fu tant conbatuz 
Et a soi mal fere esbatuz, 
A ledenger et a malniotre. 
En quel sen il poTst tin mètre 

955 A laissier le dol qu'il demetne, 
Car molt i a «offert grant peine: 
Tantoat a porpeDser se prist 
De Renart qui vera lui mesprist, 
Conment il s'en porra venger, 

9IK} Car la venganco auroit molt cher. 
Lors se porpense qu'il ira 
Et tôt le paTs cerchera 
S'il ^overoit de unie part 



089 dnst 930 uoudro* 935 doli-ntjde 941 > mon^M 1 
961 que il 



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XI (Méon 25318—25354) 

Quil poÏBt venger de ReDart. 
9fl5 Âtant s'estoit mis a la voie. 
MoU prie a deu que il l'avoie 
Ea itel leu et eu tel oors 
Que trover puisse auqun eecors. 
Et aï sachoia par aeint Martin, 
^OTO Ne laissa lisse ne inastin 
En tôt le pais qu'il ne prit 
Que l'en envers Kenart l'aquit. 
De ce que il li a promis 
Durement s'en est entremis. 
j)7ri Hais celui a qui il parloit, 
Molt gentement li reaponoit 
Qu'il ne s'en volent entremetre. 
'Qrant entente i covendroit mètre' 
Fout cil, no nos entremetrons 
:i80 Que durement Renart dotons, 
Ne ja sor li en uule guise 
Ne movroma por fero justice. 
Alez vos aillora porchacier.' 
Eu Droïn n'out ^ue corocier, 
>itt.'< Quant le respons ont entendu. 
Unques n'i ot plus atendu, 
Eiuz ge départ d'ous, si s'en vet 
Molt dolant et molt grant dol fet. 
Quant Droïn fu d'ous départi, 
9!)0 Vet s'en corocous et mari 
Et démenant sa grant dolor 
Cou cil qui out ases tris t or. 
Que qu'il vint a son repérer, 
Si trova desor un fumier 
(Hlii l'n mastin et megre et menu 
QuWtot eatoit de fein velu. 
Ne «pot moYoir ne pie ne meiu, 
Molt out en son paîs grant fein. 
Quant Droïn t'a trovo gisant, 
lOOO Devant li vient de meintenant. 

K il li enuoie 981 lui 993 reuint 9911 Que IIX 



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XI (Miion 2^55—26390) 

'Uorout' fait il, 'conment t'estaf 
'Sire' fait il, 'molt mal me va' 
Fait Morout, 'oe me puta aîdîer, 
Car ne puis trorer qne manger: 

1005 J'ai servi ub mereïa vilein 

Qui crient ouan morir de fein.' 

'Par mon chef fait Droln, 'Morout, 
Il quide avoir trovc Herbout 
Por le tena qu'il voit un poi chier. 

1010 Maie ore entent ea, amia cher! 
9e tn me voua fere un servise, 
Je te dï bien et sans feinttce 
Que puis l'ore que tu nasquia 
Kul si prodome ne servis : 

lOlô Car je te di sanz losenger, 
Tu auras aaes a manger.' 
'Sire' fait Morout, 'entendez! 
Se Toa a manger me donez 
Tant que je sente un poi mon cner, 

1030 Je vos di bien que h nul fuer 
No saurois chose conniander 
Que ne face sanz demorer. 
Et bien sochois sanz nule dote, 
Quant j'avoie ma force tote, 

lOSa Ne m'escapaat a bois n'a plein 
Bisse ne oerf ne porc ne dein, 
Ne beste nule, tant fost aage. 
Trop a voie grant vasselage, 
'- Car molt avoie grant eafors, 

1030 Mes dont que viegne 11 oonfors. 
A manger me conforteroîe : 
Que bien sai, se mangie avoie, 
One ne fui si fort a nul tens» 
Connie je seroie par tens.' 

1086 Morout parole, cil se teat. 
'Beax sire' fait il, 'se vos plest 



1002 raalement 1009 manquf 1010 enten 1011 iieniiek« in<- 
çt mangur 1022 deiDOrrer 1030 H. tout que 



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XI iMéon 2i>S9I— 2i>437l 419 

Q'a manger aie s mon roloir, 
" Ne saures rien amentevoir 

Ne conniaoder que je ne face. 
IIMO 9'k manger ai par vostre grâce, 

En ma force me raures mis 

Et ge serai moU vostre amis.' 

Dit Dro!ns 'asez e» auroia, 

Que ja tant manger ne sauroia 
l(Mr> Qu'il ne vos en remeigne asez.' 

Morhout reepont or en pensez: 

Que je Bui tos près a deviae 

Que je face voatre aervice. 

Mea qui eat cil que vos haesf 
1U60 Gardez qu'il ne me twtt celés.' 

Dist Droios 'foi que je doi vos, 

Ce est Kenars li mares roa 

Qui toz mes enfans a mangiez, 

Foraient soi par li damachez. 
105,') Orant damage m'a fet et let. 

S'estoie vengiez, dex le set, 

Riens el monde ne me faudroit.' 

'DroTn' dit Morhout, 'tu as droit, 

Mes tu en aéras bieu venches. 
.. 1(160 Molt eat Kenare outrequidioz, 

Quant ce t'a fait: mes par ma foi, 

N'eu soies ja mes en esfroi.' 

Fet Morhout 'ne n'en dotej'a! 

Que par celi qui me forma, 
1065 Be vos mes coovens me tenes, 131 

Renart si crt mal atomes, 

Se gel puis tenir entre pie/..' 

'Levés sua et si vos dreciez' 

Fet Droîn, 'et avoques moi 
1070 Vos en venes sans nul deloi.' 

A cest mot s'est Morhout levez, 

Mes si for:iient eatoit lassez 

Qu'a peines se pooit aidier. 

i p. lui 1081 p ta î. 



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) XI (Moon 2543P-25468) 

Tôt Boavet et sanz dangier 
1075 S'en vet Morhout après Droïn 

Trestot bêlement le cemin, 

Car de maDger out covoitie. 

En une haie 3'est mucie 

Près del chemin iioc delez. 
l(m Et dist DroTn 'or m'atendez 

Ci ileqnes tôt bêlement! 

Car a manger aures brefment, 

Quar je voî la venir un char 

Ou il a aeez pain et char: 
1085 G'irai le charetier lober, 

Et tu penses de toat ater. 

Quant tu verras qu'il entendra 

A moi, a la cbarete va, 

Meintenant et aaoa contencon 
1090 Àtraïne ca un baoon 

Si eon tu sez qu'il est raeetera. 

'Par foi' fait Morhout, 'volenters.' 
Atant s'en Tait DroTn corant: 

E vos le chareter errant 
1O90 Qui molt grant oire chemiuoit. 

DroTn qui ccle part coroit 

Molt bone oire sans atarger, 

S'en vet devant le chareter 

Tôt ausi con s'il fiist férus, 
lion Li chareters est deeceadus 

Ausitost con il l'aperçut. 

Meinteuant ccle part cor ut, 

Molt bien le quida détenir. 

Mes quant DroTn le vit venir, 
1105 Sallotant s'en vet ca et la. 

Et 11 chareters après va 

Corant un levier a son col. 

Mes Drofn ne fu mie fol, 

Que pas atendre ne le Tout. 

1080 manquf lOtlT ueudras 108H c. en ua lOW par c. IW 
11U3 Xes b. 



,,. Google 



XI (Méon 23464—25499) 

1110 Li oharetere quanqu'il pot court 
Âpres, que prendre le voloit. 
Droïn toz jorz devant coroit 
Quaaque il pooit voletant, 
Et Morhout ne vet demorant, 

lus Qui se gisoit lea le boisson. 
À ia cbarete de randon 
S'en est vesus si con il puot. 
Ues ce qu'en haut monter l'estuet 
Li ennoia molt, ce sachez, 

1130 Que molt estoit meaaiesez. 
Totevoies est montes sus, 
Si a un bacon jeté jus, 
Puis descendi de meinteoant. 
Son bacon en vet traînant, 

1135 A poine et a dolor l'en porte. 
Et DroTnèt qui se déporte 
Au chareter qu'il fet muser, 
S'envole sanz plus demorer, 
Si a laÎBsie le charetier. 

1130 Et cil se met el repairier, 
 sa cbarete vint corant, 
Tote out la pel dou dos suant. 
Durement se ledenge et blâme, 
n mefeme se mesaame 

11% De ce qu'il a Droïn chacie, 
Forment s'en tient a engingnie. 
Xolt corociez et molt mariz 
Est desus son cheval sailliz 
Et s'en vet a tôt sa viande, 

1140 Droïn au dieble conmande. 
Et oïl qui aillors fu penaia, 
Desus le boisson e'ost asts, 
S'a trove Morbut qui manjut. 
'Morhut' fet il, 'dex ti ajut!" 

1149 'Sire' fet il, 'bien viegnez vos! 



1113 pot 1123. 1124 ti 
ocie 1141 pensif 1145 uiegne aoR 



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XI {U6<m 25500 255361 

Ge me levasse contra vos, 
Mes ge n'en sni pas aesiez.' 
"Sees vos et si vos taisiez' 
Fet Droïn, 'et ai te repose: 

1150 Que tu n'as mester d'autre chose.' 
'Sire, c'est voirs, se dex me saut. 
Mes par foi a boivre me faut, 
Qar a manger. ai a foàoB.' 
Tu en auras, se nos poon' 

UftS Pet Droïn, 'a qui qu'il anuit, 
A grant plente encor anuit. 
Car je voi la, si cou devin, 
Une charetee de vin 
Dont tu auras a grant plente, 

1160 Que je sui bien entalente 
De toi servir a ton voloir.' 
Tes faites' fait il, 'grant savoir.' 
 cest mot s'est Drofn levez 
Con cil qui le fet de bon grez 

1166 Et qui ases savoit d'en^n. 
S'est venus enmî le cemin. 
Uec s'areste: e vos atant 
TJd chareter qui vint oorant 
Et ne vint paa a recnluos. 

UTO Droïn au cheval des limons 
Saut SOS la teste meintenant. 
Et de son bec le vait beoant 
En l'oil, a pou que ne !î crevé. 
Au chareter durement grève 

1176 ïlt H ennuie molt forment. 
Son tinel a pris erraument, 
Sil voloit ferir, mes il faut, 
Et Droïn de l'autre part saut 
Qui ne vout pas estre féru, 

1180 Cil a le cheval conseû 

Parmi la teste si très fort 
Que iloques l'abati mort. 



IIU a mangue que qnil m. 1104 Conme 1167 iUM 



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XI (Méon ^5537-2557*) 

Si est tôt meintenenl; versez 
Enmi la voie, que qoassez 

118S Lî est li cous et les deus piez. 
Li chsreters ds fu pas lies, 
Qar il meTsmes trébucha. 
^ Le fes del vin l'esuel brisa, 
S'est li fona volée du tonel. 

1190 D'autre part seu va le moiimel 
A Morhout qui fu en la baie. 
'Morhout' fet Droïn, 'ne t'eemaie, 
Qar tu auras a boivre asez.' 
'Sire, dex vos en sache gresl' 

1195 Fet Morhout 'et ge si sai voir.' 
El oaretier n'out que doloir: 
Son cheval vit mort eatendu, 
Et si vît son Tin espandu. 
Grant dol en ot, son cotel tret 

1200 Tôt bêlement et tôt a, tret, 
Si a son cheval escorohe 
Molt dolant et molt corooie. 
Mes a Morhot en fu molt poi, 
Et Droïn li dist 'par ma foi 

1306 Or s'en vet nostre charetier, 
Et tu as oses a maagter, 
Deus mes de char freohe et ealee. 
Or vieu' boivre, se il t'agrée. 
Que tu en auras a plente.' 

1210 Li et Droïn en sont aie. 

S'en but ases tant con U vont. 
'Es ta bien aeae, Morhout P' 
'Oïl' fait il, 'vofltre merci.' 
Une pièce furent issi, 

t'JI5 Et manja et but a grant tas 
Tant que il fu et fort et gros, 
Et délivres et bien isnel. 
Adonquee a dit au moinnel 



1183 i*«Mz ltS4 que «Bt q. IIW sen Ta]uole 11B8 nin tôt e. 
1W« dit isoe Ore 1210 Lui 



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XI [Mfion 25â7ô— 3Ô610) 

'Sire' fait il, 'vostre merci! 

122i> Molt m'avez bien et bel servi 
Tant que je aui fort et legier. 
Vones, si vos irai veogier 
De Renart dont te pleins eiosi. 
11 conperra par tena l'auui 

1326 Que il vos a fet, ce saoîez.' 
Et DroTne est levés en pioz 
Sitost con il l'a entendu, 
Et a Morhout s respondu 
'Baux dons amie, vos dites bien. 

1280 Ke me faudroit el monde rien, 
Se g'estoie vengies de li. 
Oe m'en vois, vos remandroiz ci. 
S'irai savoir et esprover 
Se porroie Renart trover, 

123Ô Et gardes que ne vos movez 

Jusqu'à tant que vos me raurez. 
Qe m'en irai a son recet 
Trestot bêlement et sans plet. 
Sil TOB amenrai, se gel truie.' 

1240 Dist Uorhout 'se tenir le pub, 
6e ne demant nule autre chose.' 
Droïn son vet (cil eo reposse) 
Yoletant parmi un eteart 
Droitement au recet Renart, 

1245 Qar il le savoit molt trea bien. 
Droïn qui nel dote de rien, 
Si tost con il vint au pertuie, 
Si a regarde parmi l'uis 
Et voit Renart qui se gisoit. 

1360 Droïn qui asez mal savoit, 
S'escrie quanqu'il puet crier 
'Renart, car me venea mangier! 
Yien tost a moi et ai m'estrangle ! 
Ge ne me movrai de cest angle. 



1227 lout e. 122» dite 1231 lui 1232 remaDdroH ci lasS »«' 
1289 fce puis 1340 dit 1247 il U entendu 12étj lut 12&1 pot 



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XI (Mcon •iô»U-ib6i6) 

1255 Ne me voil de ci desrengcr: 
Tel dol ai, je cuit enragier. 
Vien, s'en délivre le paTs, 
Quant tu as mea enfans oois: 
Car certes ne quier vivra mes.' 

1260 Renars se gisoit tôt eu pes, 
Molt a ese ae reposoît 
Quant oï Droïn qui crioit 
Que il l'alast manger la fors, 
Trestot meintenant sailli fora. 

IÎ65 Ou >qu'il voit Droïn, si li cort. 
Mes il n'ot cure de tel cort, 
QuHI ne vout pas eneor morir. 
Un petit a pris a foïr 
Avant, et puis s'i rest agis. 

]2T0 T^ï dit Renart, 'dolenz chaitis, 
Tu fuis, si no m'oses atendre. 
Quidea tu que te voille prendre P 
Par la foi que doi aeïnt Simon, 
Oe ne me fas se joer noa, 

127a Et si ne be a toi tocher : 
Ne plus que voudroîe sacher 
MoD oil de ma teste et erever, 
Ne to Toudroie je grever- 
Si ne te voil certes oui mal. 

1280 Ste toi ci ilec en cest val, 
Si te reposse deles moi: 
Qe ne te voil nul mal par foi. 
Certes je ne te prendrai pas 
Ne ja par moi nul mal n'auras.' 

1385 "Si feras par l'ame de toi' 

Fet soi Druîn : 'vien près de moi 
Que je ne me movrai de ci. 
Ce poise moi que je foi. 
Pren moi: ge n'irai en avant." 

tsno Renart qui molt fu deairrant 



IS5& diai 1277 oreguet 1280 ici I2H4 nsursl 1286DroIn]R. 
■ira m 1299 diiirrant 



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XI (Méon 25847—25682) 

Et covoiteus de li avoir, 
Quide molt bien qu'il dte voir. 
Si li curut et si li saut, 
Et DroÏDet un poi tressant 

1305 Tôt coiement et aanz tencon, 

Tant qu'il vint devant le buisson. 
Adont s'asist et dist 'par foi, 
De ci ne me movrai por toi. 
Ci iloques voil je morir,' 

1300 Benart fu en molt grant désir 
Do li prendre et entalente, 
Molt en avoit grant volente, 
Si 11 est sus cx>rut tantoat. 
Mes Morhout qui s'estoit reposf, 

1806 9i est meintenant sus sailli». 
Par li fu Renars asailliz, 
Si li ctirt BUB plus que le trot. 
Quant Reoars l'a veQ, por sot 
Se tint, si tome le talon. 

1310 Et cil l'aert par le crépon, 
'' As denz le pigno et bouse et hape. 
Renart s'estort, si li esoape, 
En fnie torne: cil le prent 
Par la cuisse, pas do mesprent, 

1315 Et tantost a terre le lance, 
Puis si li monte sor la paoce. 
" As denz le huce, pinf^e et sache: 
Tel coroie del dos li sache 
Qui pins de troî doie ot de le. 

13a0 Ez Tos Renart molt adolo 
Et corooie, si n'en pot mes, 
Que Morout le tint sï de près 
Conques les donz de son doe n*oste. 
Renars n'oiUt soin g de tel hoste, 
1335 Mes il ne s'en pot escondirc. 
Durement sa pel li descire. 



1291 lui 1297 dit 1298 m. par foi 1301 lui 1805 im mixiqt 
190« lui IBIB Qne 1124 not 1325 ie p. 



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XI iMion 25<183-2âTlfl) 

Tant le desache et tire et mort 

Que Renart a leaaio por mort. 

Par aoui l'a Morhout kissie. 
1830 ï!s vos Droïn tôt eslessie, 

Si est devant Sforhout venu. 

'Conmeot' fait il 't'est avenu?* 

'Bien' dist Morhoz, 'n'en dotez ja, 

Ge cuit jamea ne mangera: 
1336 Oc l'ai, tant tire et sache 

Que bien ssi qu'il est meengne. 

S^l escape, n'en dotes mie 13! 

Le deable aura en aïe: 

Que il n'en eecapera pas: 
1340 Car il est tant batus li laa. 

Que jaroes ioiax ne sera, 

Ne James sor pies n'esterra, 

Trop a en maies meins este.' 

Dist Droîo 'ce me vient a gro. 
131fi Bien m'as rendu ce que t'ai fet.' 

A iceet mot Morhout s'en vet, 

S^a li uns l'autre conmande 

Molt debonerement a de. 

Morhout s'en vet, plus ne demandei 
1350 Droîn a damledeu conmande. 

A iceet mot s'en est tomez. 

Et Droln qui molt fu irez, 

Bemeiet, s'est venu a Renart 

Corant, que molt ii estoit tart 
1905 Qu'il li oust dît son plaisir 

Que molt en avoit grant desJr. 

Tôt meintenant a li en vient, 

Demande li con se contient- 

'Connient vos est, sire RenartP 
\3W Ci endroit vaut petit vostre art, 

Holt estes malement baillis. 

Yostre pelicon est faillis : 



ISM Qui 1336 Le d. en a. en I!I41 loîax 1344 Dit a mvnqut 
^W 8« lou 1348 H. très bonement 135^ fu «enes 1357. 1350 lui 



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•^ Baienes î faut et cluteax. 
MoU sont descirees vos peax. 

1365 So li teus un petit se tient, 
Antre pelicon vos convient. 
Ou vos morres de froît sanz dote, 
Se dame Hereens ne vos bote 
Entre sa oetnise et aa chai-. 

1370 Or nel tenea mie a eachar," 
Se gel voa ai amenteû.' 
Kenara n'a nul mot respondu : 
Si l'ot il bien, mes n'a pooir 
Do nul de ses menbrca niovoir. 

1375 Quant Droïn l'ot ases gabo 
Tant con li plot et vint a ^e, 
De li s'en part et ai s'en vet 
Molt joiant et grant joie fet 
De Renart dont il ert vendiez. 
y 13S0 Kenara remeat toz detrenciea 
La pel du dos en tel manere 
Que il n'alast u'avaut n'arore, 
Qui li doiîst couper les piez. 
Hoc remeist greina et iriez 

1885 Con cil ijui no se pout movoir 
D'iloques por nul estovoir, 
Que tant ne quant aon cuev oe aen 
Âtant 08 T08 dame ILeraont 
Sa conmere qui tant l'amoit, 

13B3 Qui son doua ami le clamoit, 
Et Ysengrin avaquea 11 
Et quant il ont Renart choisi 
Et le virent si atorne, 
Heintenant sont vers li torne 

1395 Molt corocie et molt dolent. 
'Lasse chnitive!' fet Hersent 
'Nostre coopère ai est mort! 
Dolente, ou prendra ge confort? 



1363 Baiena 136& deiciree 1377 et monqu* lai 1878 et mit %■ 
13B1 de d. 1387 Qui 1389 que 1391 lui 1394 lui 13M .b . h 



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XI <Héi>n S5735 -2r>Tfll) 429 

Ha chsitive maloûree, 
1400 CoD je fiii de maie oure née!' 

Dit Ysengrins 'dolent chaitîf! 

Molt he l'oure que je tant rif, 

Quant mon conpero ai ci pordu 

Qui ai m'avoit bien socoru: 
1403 Au grnnt besoing me fu ami, 

Or le voi mort, ce poisse nii. 

Las chaitif! qui li a ce fet? 

Durement est vers moi mesfet. 

Si m'att dc\, se gol savoïe, 
I4in Molt hautement le vencheroie: 

Se gel pooie as nieins tenir, 

Molt test le couTcndroit fenir. 

Et ai me face dex pardon, 

Il n'en auroit ja raencon. 
1415 Mee ce que vautP Ce est del meina. 

Molt a este en maies meins 

Mes conperes, dont sui iriez. 

Ha laa, dont est il repairies P 

Far qoi et par queil acoiaon 
14-20 Se dcparli de sa meson ? 

Alii, li las maloûre 

En maie prison a este. 
'' 9a malotirte i gisoit 

Et avant aler ne pooit.' 
1426 Renars ententli sa conmere 

Et oï crier aon conpcre 

Qui por li molt grant dolor ot. 

Si reapondi au meus qu'il pot 

'Baux conpere, ne plores pas ! 
14H0 Se dex plaist, je ne morrai paa, 

Ancois en oscaperai bien, 

(Ne vos estuet doter de rien) 

Se dex plaist e sa douce mère.' 

Quant Ysengrina ot son conpere 

1400 mal 1403 m 1407 ij I41T oonperrM 1416 r«p»ime8 
1*3* li tu li 1487 d«l 1429 B. doi c. 



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XI (Mi^n 2*791-25828) 

143â Qui parole, s'on fii moU liez. 

'Vos estee molt ineBaeises' 

Fet Ysi'ngrina, bnu doz amis. 

En grant dolor mon cucr a mis 

(Ja mes n'eu Hurai mon cuer lie) 
MO Qui einsi vos a damagie 

Col crepon et celé pel frète. 

Maie jornee avcs liut fête.' 

Voire' diiit Uenart, 'deu merci, 

Alftlemeut m'a mon cuer noirci 
1440 Et deaaohe et detire. 

Qo aui malement atiie, 

(ie ne aai se porrai garir.' 

Diat Yscngrin 'molt le deair 

Que a garisaon soie» mis.' 
H5fl "Oïl voir, beau trea doz arnis' 

Fet Renara, je garroîe bien, 

Se g'avoie un flaicieo. 

Dist Horsent 'l)nux trea doz amis, 

Dites qui vos a ai malmia.' 
Htw Dnmo' dit Kenurs, 'anchcz bien 

Einsi m'a alorne un clieii. 

Ne puis traire a moi nieins ne pies.' 

'Se vos gai'ir en poTes, 

Ni> me chaiitlroit' dit YBerigrîn, 
14iiO 'Le mire auroit un marc d'or fin, 

S'il vus puet trero a garison' 

'Sire' dit Renua, si feron. 

Se dex plest, j'en escapero.' 

Âdont a Bcnart aoole 
I46J Et baieaie trois fois en la face. 

Dît Bcnars 'se dex bien me face, 

Ne nie pub d'ici remuer. 

Se voB ne m'en fêtes porter: 

Ge ne verrai ja l'aserir.' 
147U Atant le corurent sesir 



1443 dit 1448 Dit di«ir 1451 Kairet l4(>2reaMit* 
i, "pies' ,niel8 1481 pot 1469 aenni 



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XI (Méon 2&»29-2imt) 431 

Hersens et Ysengrins viaz, 

Si le portèrent entre bra/. 

A loc oatel a lUolt gnat peine. 134 

De It sorvir cliaacun se peine, 
1470 UoU pai' i metent grant entente. 

En totes ses plaies ot tente, 

Poison 1i font boivre et mecîne: 

D'erbe a mangie meinte racine 

Si con H miieâ lor enseigne. 
- 14K0 Ne cuit mie que il se feigne 

De li gai-ir et repasser, 

Q'ainz qn'en veînt le mois passer - 

Fu il garis et respassos. 

Li mires qui s'en fu lasses 
148.1 A li garir et aléser 

ËBtoit venus <le Monpeller: 

YsoDgrine l'ot envoie querre. 

N'ot meillor mire en Engleterre 

Ne nul si hon, si con je cuit: 
U9t) Cnr il fu sages et recuit 

De plaies garir et saner. 

Tant se vont de Benart pener 

Que il l'a a garisson mis. 

Un marc d'or li avait promis 
149.') Taengrins, si li a baillie. 

Et il s'en fu si travelle 

Que il fu tos garis et sein. 

Congie prent, si s'en va s pleia.- 

Li mires s'en va: cil remeint, 
1300 Renars la ou quide qu'en Teint, 

Et ai faifloit en sanz gaboia. 

Ileo sojorna près d'un mois 

Avec Hersent et Ysengriu 

Tant que un vendredi matin 
ISOi 8e leva, ei a congie pria. 

Corne cortois et bien apris 

1474 lai 1476 plMi lentea 1479 li enrefîne 1481 lui 148S lui 
".Muer et' , garir 



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XI (Méon 258fi5— aSBOO) 

Li done YaengrJDB doucement. 
Mes molt en pt.>sa a Hersent, 
Et jnre le core e^int Johah 

1510 Que son veil n'en partist oan. 
'Dame' fait il, bien vos en oioî, 
Mes par celui en qui je croi. 
Vos m'aves bien servi a gre.' 
Âtant avale ie degré 

151S Et fl'en isei do meintcnant. 

Dame Hersens remeiat plorant. 
Mes Ysengrina si le convoie 
Tant que il l'ot mis en la voie. 
Retornez aVn est tôt pensis, 

I5'20 Et Renars s'est au corre pris. 
Parmi la forcst de randon 
S'en vet fuiaot a esperon. 

Renart s'en vet a grant aligne, 
Molt grant joie en son cuer demoin 

l!)2'') De ce qu'il est fors et délivres. 
Mes qui li douast cinc cent livres. 
Ne voudroit il estre en tel point 
Con il a este. Adont point 
Son clievnl molt très durement 

15.3(1 Qui de corrc ne fu pas lent. 
Delex. un boisson bel et grant 
Trova un eacuicr pissant: 
Son cheval fu enmi la voie. 
Renart le voit, vers li s'avoie 

I,Vtô • Et voit quVn la se)e au roncin 
«■Si avoit pendu ud bacin 
Dont en fet as anea peor: 
Molt par estott baus li tabor. 
Deles le tabor a l'arGon 

1510 Avoit atache un faucon. 

Renars qui bien l'a regarde, 
Est tantost celé part aie 



1M)8 mit mit en lâlS qui! lot 1520 priii 
boason 1534 loi 1542 par 



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XI (H£on âsMi-ssese) 433 

Et choisi celi qui piasoit. 

Ters le roncin vint qa^il prisoit: 
IMQ Que il n'î ot demore plus, 

Tôt oieintenaDt est sailli sus 

Et !e 6ert ^ans eous des talons, 
" Et il s'en vet de grans randons. 

Auai s'en va con a besoing, 
l&M Lo faucon a mis Bor son poing 

Dont il ot a son cuer graot joie, 

Ësporoiiant s'en vet sa voie. 

Li escniers oî la freinte, 

L'eepee treit qu'il avoit ceinte, 
1605 Hi Ji cort sus de meinténant, 

Et cil s'en vet esporonaot, 

Qui n'avoit soing de son acost. 

Li esouiers l'ot perdu tost 

Qui ne pot pas sitost aler, 
1560 Et cil pense d'esperoner 

Grant aleûre par le bois 

Tant qu'il a trove un maroia 

À l'oisBue du bois rame. 

D'anes i avoit a pleute 
IWa En un estanc qui i estoit. 

Renars a'en vet oele part droit: 

Quant Renara a l'estanc veû, 

Onquea mes ai joiant ne fu. 
^ Son tabor aone et elea saillent. 
l&TO Je ne cuit pas que ai s'en allont: 

Se Renara puet, il en aura. 

Tantost l'eaprever delaca, 

Les gez lascha a la volée. 

Et il s'en ist a la volée 

■575 Et molt durement s'esvertue. 

^ Atant a une ane abatue, 

Soz li la tint entre ses piez. 

Renart i vint toz ealeasiea, 

1M9 besoig 1564 a granl p. 1^9 e. uolent 1377 lui entre] 

'NI 

mtxt I 28 



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434 XI (M4<ni 2f.aa7-25975) 

Le faucon rcprent, si le jeté, 
1580 Et il tôt iiifiintenaDt s'ndroce, 

Et eo a une autre sesie 

Et a la terre l'a jalie. 

Et Ri-nart si l'a tanto^t prise. 

Molt en fet grant joie et molt prise 
1585 Le faucon et molt le tient cher; 

Tantost le ra mis au frapier. 
Qu'iroie lonc conte contant? 

Trois ânes prist en un tenant. 

Kenars molt très grant joie en fet, 
I5IK) THers li les trossc, ai s'en vct: 

D^ son gaaing bien se déporte. 

Le faucon desus son poing porte 

Et est en la forest entre. 

Mes il n'ot pas grantment este 
15t)0 Qu'il vit le limaçon venir 

La lance el poing, l'eacu tenir 

Sor un cheval tôt afiche. 

Bien arme, le haume lacle: 

Pongnant s'en vet par un easart. 
1600 Sitost COD a veU Renart, 

Grant joie en out en son coraje. 

Qu'il li ot fet meint grant damaje 

Et grant ranouno et grant anui. 

Vencher s'en quide encore eoqui ; 
liiOj Treatot l'anui que fet li a 

Orendroit, ce dit, li rendra. 
Quant Renars a Tardif coisi, 

Lors vousstst estre a Choisi l'i» 

Tôt sans cheval et sans faucon. 
1610 Atant c vos le limaçon 

Qui D'ealease saus atargier. 

En Renart n'ot que corocier: 

Son fHucon atace vias 

Desus son arcon o les laz. 
1615 Et Tardif a pris son espie, 

Aprii If r. 157» or, IH Ir r. 1586 15HI un 1590 lai 1599 poir 
1608 fet fet gran 



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.\I (Méon 25976— 2eOIÏ) 435 

Au premier coup l'a mis a pic 

Tôt estendu et treetot plat. 

Il resaut sus pensif et mat, 

Et le tahor par les las tint. 
16^ Meintenant vers Tordif en vint 

Et de inott bien ferir s'afate. 

Ja ot Tardif l'espee traite 

Et s'est de ferir aprcstez: 

Mes Rennrt s'est un poi haates 
ltt2j Et le fiert tel coup del tabor 
^ Qu'il l'abat jus del miaoudor. 

De si liaut conme Tardif lu 

ChaT envers sor son escu, 

Toz s'est trébuches et coti. 
18.1(1 Et Renurs si cort a l'cscu, 

Uel tabor le fiert lea l'oreille 

Que le teste li fait vermeille. 

Tôt lo vis li a escorcie. 

Et Renars sailli a l'espie 
iftVi Qui estuit granz et fort et gros, 

Si li lance parmi le cora. 

Mort l'it: puis monte, si s'en vet. 

L'espee ceint, grant joie fet. 

L'espie en porte tôt vermeil 
IftlO Qui reluist contre le soleil. 

Reiiart s'en vet joiant et lie, 

En son poing porte sou espie 

Fort et ligier et bien plane. 

Le cheval a esporone 
1K46 Qui li vet molt grant alenee. 

Sa Toleillo svoit troesec 

Sor le cheval au limaçon 

Qui molt ert de bêle façon, 

Par la resne le meine en destre 
lUCiO Devant li regarde a seiiestre 

Et voit un messager Tenant. 

Sor un cheval esporonant 

1131 f. Infete 1629 coiu 16S2 merueille 1642 poig 1850 lui 



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436 \I (Méon 2B0I3— 2S04T) 

Venoit hastivement et tost. 

Bien semble home qui vogne d'oat, 
t((65 Qar de toat: venir a'eavertue. 

Ou voit Reoart, si le salue. 

Sire' fait il, 'cil dex vns meint 

Qui k amont ee aeins ciex meint! 

Et Renart tantost reepondi 
leifO 'Amis, dex beneïe ti! 

Dont viens et ou vas et que quiersP' 

'9ire' ce diat lï messagers, 

'Droia est que le voir vos dîona. 

Misire Nobles li lions 
1666 M'a ci iloc a vos tramia 

Con a un des mellors amis 

Que il ait et qu'il aime plus. 

Ge ne quit que el mont n'est nus 

Que il aint autant conme vos. 
1670 Ceat bref vos envoie par nos, 

Tenes le et ai le lisiez 1' 

Renart le prent, s'en fu molt liez. 
Rensrt a biisie les soiax 

Et puis lut les letres roîas. 
1675 Bien sot a dire qu'il i a. - 

Le messager araisonna 

Et dist 'amia, fji que vos doi, 

Ge m'en vois orendroit au roi. 

De ce qu'il requiert aache bien 
i(m Que je ne li faudrai por rien.' 

Cil li reapont 'voatre merci.' 

Congie prent, si s'en est parti. 

Et Renars s'en vet autresint, 

Son faucon desor aon poing tint: 
IBS5 Uolt resemble bien home apert 

Devant li encontre Orinhert 

Son cosin qui l'a salue. 

1668 On mniiqut R. le uoît 1658 el seint oiel 1661 Do«l l^ 
lion ISeï Quil 1668 nen a nun 1669 autretant 1671 brUiei 167£ R- 
a le seax brisiez 1673 le 167B orendroitei su 1879 quil me reqiirc 
1680 ren 1666 lui 



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XI (Méon ^048-2«O8e) 

'Bon jor vos soit hui ajornel' 
Fet Grinbert et dont renés vos?' 

1090 Cosin, dex beneïe vos!' 

Fet Renars quant il t'ot parler, 
Venea aor ceet cheval monter. 
Si iron moi e vos a cort.' 
Lora ne fu mie Orinbert aort, 

1B9& Quant Grinbert ot conmandemcnt, 
Si eat montes isnelement 
Que il ne volt plus delaier: 
Or a Renart bon eaonier. 
Tôt meintenant que montea fu, 

1700 A a son col pendu l'escu 

Et l'eapie H baillo en son poing, 
De tel conpaignîo avoit Bo'mg. 
Deaor son poing son fancoD porte, 
En aler forment ae déporte, 

1705 Et vont andu) parlant cnaenble. 
MoB poi ont aie, ce me aenbte, 
Qu'il ont Percohaie encontre. 
Ce est des filz Renart l'einz ne. 
Holt venoit grant duel démenant 

1710 Sor un cheval eaporooant. 
Son père a tantost salue. 
Et Renars ai l'a acole 
Et dît 'con vos est conveDant?' 
'Sire' fait il, 'rnaveisement 

1715 NoB est avenu, bau doz père.' 

'ConmentP' 'Par foi, morte eat ma mère.* 
'MorteP' fet Renart. 'Voîre, sire.' 
Holt en out a son coer grant ire 
Renart, quant la novele entent: 

XTiO A poi que li cuers ne li faut. 

Molt ot grant dolor en aon cuer 
'Ha, Uermeline, bêle suer. 
Quant morte estes, que porrai foreP' 
Peroehaie li diat 'bau père, 

IflSS t^iron 1695 out 1669 mointensot 1702 tul 1T09 1 
«•porut 1714 DMQoiemeiit 17Z4 dit 



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XI (Méan Ï608T— 2«IE5> 

1795 Cestui duel convient a lalssier, 

Desconforter n'i a meatier.' 

'Laa' dist Renart, 'malofire! 

Et oonment m'en confortereP 

Paa conforter ne me porroie, 
1730 Beax filz ; mes alpz totevoie 

Arieres, ai ne demorea, 

Et VOIS deua frerea m'am^ea 

A la cort Noble le lion. 

Toz troJB chevalier vos feron 
1735 Mes que veingne la pentecoste, 

Qui que aoit bel ne que qu'il coste, 

Qar au roi molt grant guerre sort. 

Aies, sea m'amènes a cort 

Molt tost et molt delivrement!' 
1740 'Sire, vostre conmandement 

Ferai, et volentera l'otroi." 

A itant départent tuit troi: 

Si a'en retome Percehaie, 

Et Renart ae mist a la voie 13< 

1746 6t Qrinberz fu lea li on coate 

Qui au meus qu'il pot le oonrorte. 
Tant ont a aler entendu 

Que il aont a la cort venu. 

Entre Renart et le tesson 
1760 Andui descendent au perron. 

Et dan Teoelin li corbeax 

Reçut anbedoi les chevaus 

Et l'escu et la lance après. 

Atant montèrent él pales 
1766 Ou l'enpereor ont trove. 

Molt gentement l'ont salue. 

Et Renara cod bien ena^^iez 

S'est devant lui ajenolliez. 

Li rois conmande qu'il se liet. 
1760 Meintenant deles li l'aaiflt 

Et dist 'Renart, mande vos ai 



1T2T dit 1738 ae« ) «i 1745 lu) 1758 9'tm 



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XI (Méun 2Rlâtl— StIKl) 

Que tnolt très grant mester en ai 
Por païens qui me fontgrant gorrc. 
Il Bont ja entre en ma terre, 

1765 Et ai )ea conduit )i canioue. 
Ja a de mes costnx pria dous 
Dps mellors, des plus fors donjons. 
Tant i a des escorpions, 
Oltpbaoz, tigres et yvoires 

1770 (Trestoz ont perduz lor mémoires) 
Bugles. dromaderes légers, 
Qui molt sont orçello» et fiers: 
Quivrea, aarpens, ne sai le conte. 
Molt dot qu'il ne me facent honte. 

1770 Lesardes i a et culovres.' 

Dit Renart 'ci a malea ovres. 
Mande» vos gens sans plus ntendro: 
S'iron vostre terre deffendre.' 
'Renart, Renart' dît Teoperere, 

1780 Vos dites molt bien, par seint Père. 
Ëinsi ert con vos conmandea, 
Toz mes barons seront mandez 
Par noD, ja n'en i faudra un, 
Tuit seront mande de conmun,' 

1785 Atant fet escrire ses bres. 

Qui qne soit bel ne qui soit grès: 
Ses envoie pat ses barons. 
Wi remeist grues ne hairons 
A semondre, n'ora ne lipars, 

1790 Nets mon seignor Espinars 
Lo hirccoD, ne lou ne chen, 
Do ce se puet il vanter bien. 
Et Bernart l'archeprestre i vint 
Et Bancent que par la mein tint. 

1795 Et si i vint de meiotenant 

Brun l'ora et mon aegnor Ferrant 
^ Le rondo et Tiebert le oat, 



US5 «mtoul née p. U .II. 1770 les m. 1771 dron«deres lof^era 
177:1 Qie 1779 deffondTe 1792 pot 1790 lor et 1797 et moniegnor t. 



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440 XI (H«on zeiS2-3ei97) 

Et si i fu Pelé le rat. 
Bi i est venua Ysengrin. 

1800 Ronssel l'eacuirol et Belin 
I vindrent tantost et a pleia 
Entre li Timer, mein a mem. 
Si i est Tenus Chanteoler 
Lj coB qui molt âst a loer. 

180& Li singes i vint et Coart, 
Hardis li conins et Rohart 
Le corbel frère Tecelin. 
Tant en venpit par le cemin 
Que ce o'est se merveille non. 

1810 Frobert i vint le greaillon 
^ À grant desroi et a eatrif. 
Trestuit i vienent fora Tardif. 

Li rois s'eat apoies aa estrea: 
Si regarde par les fenestrea, 

18t& Vit veoir penons et enaengoes. 

'Renart, esgardea, ques oonpaignes 
Fet li rois 'de barons de pris! 
Cist m'aquiteront mon païs 
Vers toa homes par lot paiisance. 

I8Sl> Voie tante enseigne, tante lance, 
.Tant blanc haubert et tant escu! 
Cil de la seront tuit veinou. 
Molt avom geot, 1^ deu merci: 
Odc mea tant ensenble ne vi, 

1820 Nou fist nue hom au mien quidier.' 
Et dl ae prennent a loger, 
Ea pree qui sont et grant et Ions 
Tendent tentes et pavellons. 
Quant tuit ae furent atrave, 

tSSO BruD l'ura eat el palras monte 
Et li haut baron avoc li. 
Li rois molt bel les recueilli 
Et tor fet grant joie et grant feste, 

ITO» i HKinTue 1802 lui 1808 i moK^e 1804 L oot 
nint et t 1812 i fManfu* 1816 et ]i 1822 C. diront t. s. ■. 
m Dira lest loi 



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XI (Méon 261S9— 262S3) 

Et puis lor a conte son estre. 

1836 'Se^or, a voa me plein trestos 
De ce» feloDs païens eetoa 
Qui en ma terre aont entrez. 
Mes caateax et mes fermetés 
Preneot par force de lor geat. 

1810 Sachez ne m'est ne bel ne gent 
Qae vos tant les ares soffert. 
Li camaus malement me sert 
Qui nus ameine ses paiena. 
Mes DOS avoma molt crîatiens' 

1815 Fet il. ja ne nos atendront: 

Ge croi meus que il s'en fuiront,' 

'Sire' dist Belins li motons, 
'Molt avea oi riches barons 
Et haua homes de grant lignage. 

1850 Si i a meint prodom et saje 
Qui bon conseil aaiiront douer 
Conment tob en porres ovrer.' 
Rensra qui aist joste le roi, 
Li respont en haut 'par ma foi, 

1803 Sire Belin, voa dites bien. 
Vos n'i avee mespria do rien. 
Mes ja conseil de cest afere 
M'i aura pris: or del bien fere! 
Ancoia movrom demein matiu.' 

1860 'Sire Renart' ce dit Belin, 

'Voa dites bien, se dex mo saut. 
Mes mon aegnor Tardis nos faut: 
11 n'est pas a la cort veauz, 
Ne sai por quoi s'en est tenus. 
1865 itoaauls l'eacuireil saut avant, 
Si li respondi m ein tenant 
'Sire Belin, n'atendes pas 
Tardif, car il ne vendra pas, 
Que il est mors, n'en dotes mie.' 



■B4& ataindroDt 181' belin 1831 conseil Muro&t conseil d, 
M- If d«IHill 



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M (M<bn 3(123-1— 2S269) 

1870 Li l'ois a la parole oTe, 

S'en fu molt dolanR et ai dit 
'Roxcl, di moi. bo iex. c'ait, 
Eq queil leu fti mort et conmeat.' 
'Sire, se damledex m'ameot, 

187& Cle sai bien <|ue i) fu ocis, 
Et si le vî, jel vos plevîs, 
Tôt mort, et si vi bien U plaie.' 
Li rois l'oT, mott s'i^n csmaie. 
Qui molt l'amoit et tenoit cher. 

1880 'Segnors, ci a grnnt enconbrer' 131 
Fet li rois, 'car me cooseilliez!' 
Ysengrins s'est levés en piez 
Et dit au roi 'laissies ester. 
Que mort ne puet nus recovrer. 

1883 l'uis que sire Tardis est mort, 
Queres qui le gonfanon port, 
'' Et qui que le doiez bnillier, 
Vos covient il gonfanoncr.' 
'Voirs est' dit li roia, 'par mon chef. 

1890 Ues por deu, or no vos soit gref, 
Mes gardes, por deu vos prion, 
De qui gonfanonner fcron : 
Por deu vos en requier et prï.' 
'Sire, nos l'otrluns ensi' 

1695 Fet chascun de la soe part. 
Atant es vos les fîlz Renart. 
Tuit troi el paleis sont entre, 
Molt bel ont le roi salue. 
Que molt sont de bele parole. 

1900 Li rois les conjot et acole. 
Conme debonere et cortoia 
Les asiet deles li li roia 
Et dit que molt aont bel et gent. 
Uaintenant conmande a sa gent 

1005 Que entr'ous gonbnoner facent 



1877 nit 1832 »ea I. 1884 pot 1694 um 1895 la uoitK p '«'i 
1903 Bont iiiRHgH« 



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XI (Méon 26270-21(305) 

Si boD que de rien ne mesfacoat. 

'Sire' dit Yaengrinn au roi, 
Tôt le mcllor que ge i voi 
Et que SRcbe ealire entre nos, 

1910 Ce est Renars, foi que doi vos. 
Hardis est ot de fier corage, 
Et molt a en li vasselage, 
Et si est bien unparentes.' 
Li rois respont c'est vérités. 

1915 Fuis que vos )'avos «Rgarde. 
Oonfanonner soit de par de 
Puis que' il vos vient a talent.' 
Renars ne fu mie dolent. 
Ain» en fa molt lies, ce saches. 

19S0 Tantost li est coCis as pies: 
Con cil qui est bien afaities, 
Li a nndeiis les pies besies 
De la grant joie que il a, 
St puis 1o roi en apt'la 

mi Et dit 'bauK sire, mi enfant 

Sont (dex les sauve) bel et grant: 
Si vos pri por deu et reqaier 
Que demein soient chevalier.' 
Li rois li respont meintenant, 

tsao 'Renart. jo l'otroi voircment. 

Le matin chevalier seront, 

A cest besoing nos aideront.' 

Atant Icsserent le plaidier. 

La nuit vellerent su raostiet: 

19% Et quant oc vint a. lendemein. 
Li rois meïmes de sa mein 
A a chascuQ ceinte l'espee 
Et si lor done l'acolee. 
Quant il furent fet chevalier, 

19m Li rois n'i vout plus delaJer, 
Renart apelo, si li dit 



1W8 gi i 1909 ». sire e. 1912 lui 1926. 1931. 1939 oh'r 1932 
•Jfcroi 1933 piridie 



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444 XI (HéoQ 2*tS03 263431 

'Renart' fait il, 'ge dex m'aTt, 

Movoir nos covient le matin. 

Afea je vos pri por aeint Mardn 
I94b Que vos ci iloc remanea, 

Ma terre et mon païa gardea, 

Rovol o vos et MalebrAnce: 

Le penon et l'ensegne blanoe 

Qui est tote pure de aeie 
i9âO Portera on l'ost Percehaie. 

Celui veil gc mener o moi, 

Et ci loo remandroiz voa troi 

Et autrea barona a pieu te 

Qui voa jureront feelte. 
1955 Tybers H cliaz, n'en dotes mie, 

Sera voa par conpaignie 

Et Ysengrin et ea mennie 

Qui miiU est droit et alignie. 

Feolte vos jureront tuit 
1960 Voiant moi a qui qu'il anuit. 

Et la reine, ce voa di, 

Gardes bien, que je voa en pri. 

Ne puis plus demorer o vos, 

Ge la les a deu et a vos.' 
1966 'Sire' fait il, 'vostre pleair 

Ferai que qu'en doive avenir. 

Mes la feelto des barons 

Voudrai avoir, que c'est reaons. 

Li rois reapont 'vos t'aures ja.' 
1970 Atant Ysengrin apela 

Et Tybert tôt ses eulz voiant. 

'Segnor' fet it, venez avant, 

S' amenez tote vostre gent! 

Si jurreront le serement 
197S Que avocquea Renart tôt dis 

Demorerez en cest païa. 

Bel scignor, a Renart vos les 

Por garder mon païs eu pes. 

1925 remandront tob manque 19S*. 1959 inront 18W CDBpiig« 
1962 ien nos 1676 Demorrei 



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XI (Méon 26»43— 263TSJ 

Hes mi seremeat li feres 
1980 Que partot li nïdcres 

Loiaument a vostre pooir, 

Se nuu li velt gerre movoir." 
Atant ont le serement fet 

Devant le roi sanz plue de plet. 
1085 Adont s'en velt li roia partir, 

Mus einz fist aes maies GDplir. 

Li rois lîst oargier ses deniers 

8or charetes et sor somiere: 

Pavelloni et tentes trosscreut. 
I9U0 Congie pristrent, si s'en tomereut 
" A un inarsdi a l'esclerer, 

Et furent plus de cent millier. 

Chevaucant vont par la campaigne. 

Percehaie porte l'ensegne 
1995 Qui baloic contre le vent, 

Mes le cuer ot tristre et dulent 

Por Renart dont il fu sevrés. 

Itenart qui molt fu mal senes, 

Fu remes avec la roïne 
jOOO Qu'il aime d'amor enteriiiie 

Et longemeiit l'avoit amee. 

Or est avoe li demoree 

Lie et joiaot et envoisiee. 

Molt soventes fois l'a beasiee 
âOOd Renart qui en ese en estoit, 

N'ele pas nel contredisoit, 

AnooÎB li plest uiolt et agrée. 

Renare a grant joie menée 

De sa dame qu'il ot o li. 
''JOUI Molt a bien le caste! garni 

Au meus que il pout de vitaille, 

Qu'il se dote qu'en ne l'nsaille. 
Einsi remoinent a grant joie. 

Et li rois s'en vet totevoie 



1819 ■eerment 1982 So ans i 1987 .d'. 19S9 traMereot 1990 
priirent tormerent 1992 .0. mill' 1994 por le. I99T il ert » 2009 
lui Hii que il 2012 qnen le la. 



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446 XI (Méon 28379— 2R4I4) 

2016 Atoc aa geiit au meuz qu'ft puet. 

Ne vente ne juille ne pluct: 1R8 

Dt) ce lor eât bien avenu. 

Tant ont aie qu'il sont venu 

Chevauchant duiem'.-Dt et tost 
^20 A meina île trois Hues del oat 

A nn castel qu'il ot asis. 

Li roia fu durement pensia, 

Si a Bca homes apelez 

Sefpior' fet il, or m'entendent! 
2(125 Je vos pri por deu et lequier, 

Fetea mes batailles i-enger.' 

'Sire font il, vostre plesir. 

Dont covieiit nos amies sesii.' 

Lor batailles ont connienciees 
•2*W A renger. Si les ont rengiees. 

Dis eaulielâs font de lor gent. 

Molt cbevaucent et Wl et gent. 

Percelinie porte l'ensegne 

Mult les conduit bel et enseigne. 
■anUi Les escheles font departii'. 

Coai'a li levrea aaoe inontir 

Conduit la premere et chadele 

l'enaegne qui malt venlele. 

La seconde meine Belins, 
3040 La tierce conduit Tecelins, 

La quarte quadele Brun l'ora 

Qui molt esloit et prous et fora. 

La quinte conduit Chantocler, 

Uolt ot en li bol baceler. 
204D La eiste, si con nos lisons, 

Moiue Ëspinarz li birecona. 

La setirae conduit Uaucenz 

Li aeogler aa agues denz. 

L'uitime conduit Roonel. 
2050 Et avoc li estoit Kessel. 

2016 pot 2016 plot 2020 Au de mam/ue 20S0 arengien £USÏ 
Le* ohelea 3037 «t uenohadele 2042 fori et prouB 2044 Ini HI50 E 
a. lui e. roupl 



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XI (Méon 2e4ir.-8e45i) 447 

lia nofîmfl tôt en apert 
Caole mon segoor Frolwit. 
La diaime conduit li rois 
Et Percehaie lî cortoÎB 
âOjjâ Qui estoit de tote l'ost nieatre. 
Mon segaor Bernart l'arclioiTestre 
Qui uiolt fu prodom et de pe», 
Si les a fet trestoa confe«, 
Et dit ttegnor, ne dotea ja 
•xm Oele parjure gcnt de la! 
Ja n'auiout foroe ne pooir, 
Ice Haches vos bien de voir. 
Mes or clievauciez sajenieat: 
Q'ainz que soic^nt arme lot- gent 
Am ht» aurom detrencbcs et mort.' 
Dit li rois ci a bou confort. 
Muk a en vos boue peraoue. 
Bien ait qui tel coDacil me dooul * 
Par la foî que doi seiut Selvestre, 
Ai'iO Molt s en vos bon arclieprestre. 
Ge vos Toudiai moh honorer, 
Se dex me done retomer: 
Que par la foi que je voa doi, 
EvL'squea seree de la loi: 
jU15 Le don vos en otroi ici,' 
Sire' fet il, voatre merci.' 

Âtant preneiit a clievaucer. 
îl'ea eofent mot li aversier, 
Si est Coars sor enla venus. 
-2UM Molt en ont pria et retenus, 
Car il furent tuit desarme. 
Parmi l'ost est li ori levé, 
As armes corent meintenant. 
Ja fust Coars mal covenant, 
mm Quaut Tiecelins i est venu 
Qui hautement l'a socoru. 
La ot molt estote mellee. 

ÎW3 .X. ime 2059 nel il. 2082 8. iioi no* de 2069 le 2074 
UMitqiiM 20S7 nelle 



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448 X^I (Méon 2â472~-2S48SI 

Tiecelin tÏDt «1 poing l'espee 

Dont li brana fu cler et molu. 
' 2090 S'a un escoq>ion fera: 

La teate li coupe et lea piez. 

Li chamous en fu molt iriez, 

A Tiecelin est corus sus, 

Et jure deu qui est lasuB 
209a Que mal s'est aor li eobatu. 

Lora l'a ai durement féru 

De sa pâte que il l'abat 

Tôt envers a la terre plat. 

Jft fust retenus en la fia 
2100 Quant entr'eua se feri Belin, 
- Si coB il vonoit esoorae: 

Si a deus Sarastns hurte 

Que il lor fist voler lea euz. 

Li chameus ael tint pas a jeiis, 
2103 Ainz li anuie, che saches. 

Et Belin ee reat eslestaiea 

Tôt autreai conme desve, 

Un autre ra escervete. 

Trois en a eu pou d'ore mors. 
- 2110 Mes neporoc n'en fuat esters 

Que morz ne fust sanz raencon, 

Quant Urun l'ore vint a esperon 

Et avec li tex cent barons 

Qui heent les eacorpîone 
21I& Si conme des teates tolir. 

En la preaae ae vont ferir 

De bien ferir entalente, 

Molt en ont mort e cravente, 

Qu'iroie lonc conte fesant? 
2)20 Mate fueaent e recraant 

Cil de la, n'en escapast pie, 
1 Quant d'un val se aont desbussie 

Plus de dis mile eacorpions. 

Chantecler o tôt aea barons 

20tiepoif; 3096 ilorement 2I0B s. rera 2118 loriiu. 311> l« 
2121 deU U nen 



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XI (Méon 26489-2B5241 

2126 I reet de l'autre part venu. 

La ot et grant cri et grant hu 
Des abatus et des plaies. 
Molt eu i ot de maegDÎes 
Et de plaies et de Davree. 

2130 Chantecler <]ui fu desrees 

I mostre molt bien sa proeee: 
Conme cil qui est sans parece 
S'i est feroment esprorez, 
Qnr ne pooit estre provez 

2133 Par home de l'ost son pareil, 
Et molt durement me mervel 
Par queil actiaiaon ne conmcnt 

II puet avoir toi hardement 
liome de si petit eage 

2IJ0 Con il eut et de tel coreaje, 
Qui ausi pst vistes et prous. 
Qui son oors abandone a toz. 
En Tester se fieit par aîr, 
Meintenant corut euvaïr 
'' 2145 Le bngle, qui molt so desroie: 
Des nos a mors (et que diroieP) 
Plus de set par li solement. 
Chantecler en pesa forment 
Quant 8i le vit sa gent malmetre, 

2160 Encontre li se voudra mctre. 
Meintenant broche le destrier, 
Bien fu nficie en l'estrier 
Et mist sa lance sor Je fnutre. 
Lors point li un encontre l'autre. 

SiM Li bugles vint premerement, 
Chantecler fiert molt durement 
De sa lance de tel vertu 
Qu'il li a pecoie l'i-scu. 
Mes li haubers fu si tenant 

2180 Que il ne pot aler avant, 



21Î8 MagnieB 2141 2U2. Qae 2!47. 2150 lui 2153 foutre 2156 
'•MttïUr» 2169 huibro 



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XI (M.!on 2r.525-26560) 

La lance vole en deus moitiez. 

Chantecler qui fu afaidez 

De ferir, l'a féru forment. 

De la grant lance roidcmeot; 
2i6j Le feri 8i parmi le cors 

Que le troncoD en parut fora. 

Mort le trébuche del cheval, 

Onques ne li fîst autre mal. 

Fuis a meintenant tret l'espee, 
2170 Si Be refiert en la meslee 

Li et ses homes molt iricB. 

La ot de mors et de plaies 

Tant que n'en sai dire le conte. 

La ot et meint roi et meint conte: 
2i75 Quant iloc lor segnor mort voient, 

Grant dol en ont et molt s'esmoient. 

Yera Chantecler en sont venu 

Tuit plein de conis eamefl, 

Plus de cinc cent tos a un fes 
2180 Qui de mal fero sont cngrea. 

Sor Chantecler et sor sa gent 

Périrent molt ireement: 

Molt en i ot morz et navrez. 

La fu Chantecler mors ruez 
2185 Bt de ses homes bien cinc cent, 

Dont li baron furent dolent. 

Desconfit fussent a cel point, 

Quant misire Espinait i point, 

O ii Baucent et Roonel, 
2190 Molt venoient toat et isuel. 

En l'estor se ferent maooia, 

Molt i ot de lances granz froia. 
Mis s ire Ëapinart ai s'ealesse 

La ou il vit la grennor presae: 
2106 Le dromadaire a encontre 

Qui dea autres estoit sevré. 



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XI (Méon 26ûr>l-2S594i, 451 

Tel Pop le ferî de l'espee. 

Qu'il li a la teste coupcc: 

Mort le tiebuclie euini la place. 
2i00 Tôt meintenant l'cscu GnbrncG 

Ëapinar/. coniue home hardi, 

No fet pas sciiblaut d'eatordj, 

Mes lie teuB encontra anea 

Qu'il H mors et iicraveatoa. 
'2005 Bt ai iiome conniunaumont 

Li aillent hardicDienl. 

Uolt en miiort d'ime part ot d'autre, 

Mort i ot meint cicn et niciut venutre. 

Mes sor uua en torna li pis. 
2-^10 Car Espinait i fu ocis, 

Dont li roîa Noblea fu irie 

Et tuit li antre corocie. 

Deacoufit fussent a cel saut. 

Quant Frober/. li griaillon saut, 
/ 2215 li (le Bfi gent atrope: 

Molt par out ceua mal atrape, 

Plus de vint mile ocis en ont, 

Ja mes on lor terre n'iront. 

Serpant s'en vont mult eaniaiant, 
mo GriHillons loa vont enprcssant. 

Molt les tneincnt a gritot ilcerui. 

Estes vos l'escele le roi 

Que l'erccliaio conduisoit. 

Si toat cou li chameus la voit, 
2-J25 Ses geuB apele et dit 'aegnor, 

Ne poon plus garir us lor; 
' Or 1o8t, ne vos puis meintenir, 

l'eiises de vos vies garir!' 

Adont s'en torncnt du randon. 
2230 Frobert les suit le giisillon 

E tuit li autre n grant osploit. 

Et quant li rois fuîr les voit, 

!19R QdI li 2204 Qui a 220(1 fti<lcr<?iit 220T m. et duDe 2208 
» K 2215 lui 2219 Senprea m 222R n lor 



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452 XI (Héon 26597—2663!) 

81 s'escria 'or tOBt après!' 

Sire Frobert les auit de preB, 
3235 Et sa meenie et tuit li autre. 

Li rois les suit lance aor fautre. 

Par force les ont porsoiiB 

Tant qu'en mer les ont enbatua. 

Tresto» ensenble eatre lor voii 
2240 Entreront ena, fors le cameil. 

Cil u'i entra pas, aina fnï 

Par terre: ai le conaivi 

Meaire Frobert, ai le prent, 

Et par le frein au roi le rent 
2345 Et dit 'sire, la deu merci, 

Tuit sont vencu voatre enemi, 

Le segnor vos rent demanols.' 

'Vostre merci' ce dît li rois. 
Molt iîrent graut joie par l'oat, 
2260 Le chammeil désarmèrent toat: 

Sitost con fu deshaubergea, 

3i a lea pies le roi beaiea 

Et diat 'sire, merci te quier, 

Qe me renc a toi priaonnier: 
226fi Vostre pleaair de moi feroiz. 

Pardones moi iceste foiz 

Ice que je tos ai mesfet.' 

Li rois dist ja mon cors bien n'ait, 

Se merci aves ja nul jor. 
2260 Ainz aères conme traïtor 

Destrus et ara et tormente. 

Lore a meintenant apele 

Brun l'ors, Baucent et Tieoelin, 

Roonel, Roussel et Belin, 
236Ô Percehaie, sire Frobert. 

Li rois lor a dit en apert 

'Segnor' fet il, 'conselliea moi 

De ceat laron de pute foi, 

28S4 trob'rt 2236 feutre 2253 dit 22S5 ferei 2S&S foil m» 
ja manqu* 2S62 «pelé 



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XI (Héon 26634— 26669J 458 

Quel justice de li ferai, 
2-270 Et conment je m'en vencheraî.' 

Frolierz respont 'par seint Richer 

Oe lo quel fâches escoroier. 

Se vos Tees que ce bien soit.' 

Li rois dit 'a vo plaisir soit.' 
9376 Tôt meintenant sans plus atendre 

Font le chamoil a terre ostendre, 

Escorcher le fet errament. 

Baucent i enbati la dent, 

Et Roonel i mist la soue : 
3380 S'ont conmencie devers la coe. 

Molt lor aïde bien Brun l'ors, 

Le cuir li ont trait a rebors. ' 

Ëscorche est, bien sont venche: 

Darement en est li rois lie 
2286 De ce qu'il a ai bien ovre 

De ses enemia qu'a mate. 

Li rois ot grant joie a son cuer. 

Hes bien saches que a nul fuer 140 

Ne voussîst de sa gent la mort, 
3-290 II en est en grant deaconfort. 

TrestoB les a fet enterrer 

Fors Eapinart et Chantecler, 

Cels ne volt il îtoo leseier. 

Tantost fist li rob conmencer 
2290 Deus bières, ena les fiât chocier, 

Puis se metent el repairer 

Con cil qui désirant en erent. 

Yers lor terre s'aceminerent 

 grant joie tôt sans desroi. 
aaoo- Ci ilec vos lairon du roi, 

Si vos rediron de Renart 

Qui mott estott do maie part 

Et molt fu plein de fausseté. 

Un petitet s'est porpense 
i306 A soi meTsmes et a dit 
26» lui 227H i »Uti ton à. 2291 enterre- 8298 Ion 8299 tôt 



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XI (Méon 2lie70-267OS) 

Que se damledex li ait, 
Enpererea sera et rois, 
Se il puct, ains que puât li mois. 
Il fera entendre as barons 

SSIO Que mors est Nobles li lions. 
Vnea letrea a fet errant, 
Puis a apele un serjant. 
'Amis' dit il, 'eotent a moi! 
Tu me fianceras ta foî 

2315 Que de rien que ge te conmant 
Ne parleras d'or en avant.' 
'Sire' fait il, 'saches sans faille, 
N'en parlerai oonment qu'il aille, 
Foi que doi vos, n'en dotes mie.' 

2330 Atant H a sa foi plevie. 

Quant il ot fet ce qu'il li quist, 
Tôt meinteuant Renart li dist 
'Amis, tant feras, je te proi, 
Que tu en iras de par moi 

3326 As barons demein a la cort, 
Kt si diras, conment qu'il tort, 
Que li rois a este ocîs. 
Ice lor diras, baus amis, 
Et ces letres de meintenant 

2380 Me bailleras lor ouïs Votant.' 
"Sire' fet il, 'vostre plesir 
Ferai, que qu'en doie avenir.' 
A cest mot tes letres li tent, 
Et li valles tantoat les prent 

288Ô Et a pris congie, si s'en part. 
Et Renars remeist qui est tart 
Qu'il oûst fet ce qu'il pensoit. 
Li valiez s'en vet a esploit 
S) que ame ne s'en perçut. 

2810 Au matin quant li jor parut 
S'en est issus fors de la vile 



2308 8il i>ot ' 2312 a ] ni 2317 fait il manqM 
qt 2332 dit 2334 le p. 2S38 li Tsilez ] 



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XI (Méon 26706-26742] 

Con cîl qui aafiB sot de gile. 

Dedeus la praorie entra, 
Son destrer i esporona 
- S345 Tant que il le fîat tôt sullent, 
Puis retoma isuelement. 
Tel cop li doue des talons 
Es costes que li esporons 
Li sont dedens la char entre. 

3300 Tant s'est li messagiers baete 

Que par ta porte entre en la cort. 
Descendus est et puis s'en oort 
El paleis trestot meintenant, 
Renart salue tôt avant, 

3356 Et puis salue la roTne 

Conme oortobse et enterrine, 
Et dit 'dame, salus vos mande 
li rois et as barons conmande 
Que il facent lire cest bref, 

2860 Et si Tos dî bien par mon chef 
Que il est en bataille ocia.' 
'OcÎB?' dit Renars las caitie! 
Est donques mora li roia missireP' 
A cest mot li aaut sans plus dire, 

2366 Sit fiert d'un baston si forment 
Que la cervele li espant, 
Que mort l'abati en la place. 
Tais toi' dit Renart, 'des. ne place 
Q'einsi aîon le roi perdu.' 

3370 Saves por quoi il Tôt féru? 
Por ce, saches de vérité, 
Que par li ne fuat encuee: 
Uolt fu voiaiea. En apert 
Le bref prent, sil bailla Tybert 

3376 Le chat, voiant tos les barons. 
Et Tybers levé les gcrnons, 
Puis lut le bref de chef en chef, 
Et puis dit 'Renart, par mon chef. 



H connuuiBnda 2366 Qni 2372 lui 



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456 XI (Méon WUS 26782) 

Li rois est mors veraiement, 

2380 Et si mande a tote sa gent 
Que dame Fiere la roîne 
Prenne Renart par amor fine, 
Delivremeot et sans desfois 
Soit de tote la terre rois.' 

2386 Quant la roToe a entendu, 
Tôt simplement a respondu 
'Bel Buignor, puis que il le mande. 
Fere m'estuet ce qu'il conmande. 
Quant je voi qu'autre estre ne puet 

3390 Et li roiaumes de moi muet: 
Miens est et bien le doî avoir. 
Mes or voudroie je savoir 
Se Renars le voult otroier.' 
Dame, gel voil : sans delaîer, 

2386 Fere quanque conmanderes.' 
'Far foi, sire, bien dit aves.' 
lii baron sont dolant et lie: 
Por lo roi qui n'est repaîrrie 
Sont dolant, et lie d'autre part, 

2400 Quant il ont a segnor Renart. 
Tautost sans plus de demorance 
Fu d'ous deus prise la fiance. 
G-rant joie font par le palais, 
^ Chanconetea souent et lais 

240& Cil jogleor o lor vielea. 
/Qerolent dames et pucclos. 
Grant joie font totes et tuit, 
M!olt dormirent poi oele nuit. 
E lendemein sans demoree 

2410 A Renart la dame esposee; 
Ueintenant li font feelte 
Trestuit li baron del règne 
Et jure et plevi lî ont 
Que par tôt li aideront, 



2379 aruement 2381 Q. ma d. onoe la rouoe 2Se9 ooi antre ■• 
2Sfll Meni 2S94 uoil bien otroier 2401 de mattqut 2404 Et iii«lM *■ 
8406 dorement por o. 2409 El demein g. d«moranoe 2413 pliai 



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XI (Méon 2<tTdS— 26Slli) 

3415 Se il avoit d'ela nul beaoing. 
Reoart n^a de refuaser soiD^. 
Qraot joie demeineiit entr'eus, 
Molt i ot grant dances et jeua : 
De joie ne sont pas aver, 

2430 Tantost a done a laver 

Cil qui en sert: li connestables 
Yseugrins fot mctre les tables: 
Si se sont asis au manger. 
Grinbert li tesiton tût prenier 1^ 

3436 Qui coiiins fu Rcnart germons, 
Lor aporta entre ites meins 
Tex mes con a tel gent convint: 
Ge cuit plus en orent de vint, 
Des mes, mes je nés contai pas. 

3480 Quant mnngie ont, plus que le pas 
Se lèvent tuit: premerement 
Tybert et Grinbert solement, 
Qui molt furent bon oonpaignon. 
Cil dui font la beneïcon 

3135 Desus les liz as deus amanz: 
Puis s'en partent liez et joianz, 
Et cil remeistrent totevoie. 
Lor déduit firent a grant joie 
Jusqu'au matin qu'il ajorna. 

3440 Uisire Rcnart se leva 

A grant joie et a grant baudor 
Tôt meintenaat et sans demor 
'' A fet le tresBor esfondrer 

Qu'il n'i voudrent plus demorer. 

344 > Les deniers et l'or et l'argent 
En a fet doner a sa gent, 
Par Gonvent qu'il n'i entra puis. 
Porter en fist a Halpertuis: 



2ilb beioig 2416 de reposer uig 2418 Miioea 2430 T. don 
mat S4S1 Mit 242S Q' ooûn fu ".germein' ,.R 242T gens connient 
US8 eoit qnit en orent pins de 2448 meinteinant 2445 d'. 2448 



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458 XI (Méon 26817—26852) 

Quar il se dote (si a droit) 
2460 Del roi, que se il revenoit, 

Contre li se voudra tenir. 

Por ce fet son castel garnir. 

Bien le fet garnir de vitaille, 

Ne cuit devant set ans H faille. 
2405 Li castax est si bien asîs, 

Ja ne eera par force pris. 

Se par autre n'est afames, 

Ja par lî ne sera grèves. 

Renart fût garnir son castel, 
I 34eo Ases i a de son avel, 

Et molt a de ses volontés, 

Quant enpereres est clames. 

Orant joie en ot et grant leece, 

Bien fet garnir sa forterece: 
2465 La ToTne l'aime et tieat cher 

Conme son aegnor droiturier, 

Que meus l'amoit, si oon dîson. 

Que ne fiât Nobles le lîon. 

Qrant joie demeînent entr'eus, 
2470 Mes par tans i aura grans deus. 

Car li rois chevauche a esploit 

Qui Chantecler en aportoît 

Et le hericon en literes 

Ausi fêtes conme deus beres. 
247C» Molt ot de ses barons grant dol. 

Devant envoie l'escuirol 

Por les noveloB aporter. 

Mes el castel ne pot entrer, 

Qar li pont estoient levé. 
2480 Renart fu as mars acote, 

8i l'apole et li dist amis, 

Dont estes vos? de quel paTsî' 

'Sire' ttât il, par seint Simon, 

Ge sui hoiD Noble le lion. 

2U9 Qa 21S1 lui 2iiS lui ne b. nfaroef ■HHi duBH, m 
It dtuxiiiint trait de C h est ajout/ poatirieurtHttnt ante «a* «vrr fi 
Oaiie 2471 Car ) mea 2481 dit 



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XI iKéDD 26853—26868) 46E 

2486 De l'oat repère ou s eate. 

Molt l'a bien fet, la merci de: 

Tos 868 eDemi8 a vei]cu8. 

Hes il est forment irascns 

Por Chantecler que il aporto 
■2490 Mort (dont il molt se deconforte) 

En litière et aire Espinart.' 

'Si m'aît dex' ce dit Renart, 

'Bien pnet venir, quant il vodra : 

Mes caena le pie ne metra. 
2495 Aies, si li ditoa itant 

Que rois sui des or en avant, 

N'î a mes a recoomander.' 

En l'esquirol n'ot qu'aïrer, 

Si li respondi erraument 
26u0 'Qu'est ce, sire Renart, conment? 

Est ce a certes ou a gaa 

Que li rois n'i entrera pasP' 

Dist Rennrt 'tôt de voir saches 

Que James n'i metra les pies 
2005 A nul jor tant con il soit vis. 

Or vos en ai dit mon -avis.' 
Quant li esouirous l'cntendi, 

Va s'ent, que plus n'i atendi. 

Wa gueres longement erre 
2510 Que il a lo roi encontre. 

Quant il le voit, ne se vont tere, 

Ains li reconte tôt l'afere 

Si con Renart li avoit dit. 

Li rôle l'oï, si en sosrit, 
' %15 D'ire et de mautalant nercie, 

Si apolc sa baronie. 

'Segnor' fet il, 'aves oï 

De Renart con il m'a servi? 

Ma terre a sesi contre moi< 
2520 El pats se fet olamer roi. 

4S8 et 2493 pot aendrd 2498 quair 2503 Dit 2910 Qut i! 
■rUt 2515 Oh pwrroil lire H»iR d'ire a U oUere nerde. 



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460 XI (MSon 268SU-26924) 

Ge V08 pri que me canseUica 

Et qu'a ceat besoiag me vailliez.' 

'Sire dit Urun l'ora, aaDs faillir 

Le matin l'iron aswllir 
— 2036 A perieree, a mangoneax. 

S'il tient contre vus vos castax, 

Nos les aeaudron le matin. 

Se prendre le poon, sa fin 

Est vanne sans raenuon, 
2030 Desus cel tertre le pendron: 

Einsi le lo, einsi le veil.' 

Dist li rois 'ci a bon consoil. 
A tant se metent a la voie 

Et cheminèrent totevuie 
3085 Tant qu'il vindrent vers le castel. 

FaTellons tendent, n'i ot el, 

Qu'il ne pourent dedens entrer. 

Li rois s'en prent molt a irer 

Et jure, s'il le puet tenir, 
2A40 De tel mort )e fera morir ■ 

Con l'en doit laron lormenter, 

Pendre ou ardoir ou traîner: 

11 ne s'en puet partir par el. 

Drecher a fet meint mangonel, 
2040 Meint trebuoet et meint caable. 

'Que est oeP' dist Renart 'diable! 

]Ke quident il dont isei prendreP 

Qe m'irai fors contre ous deffendre 

Encor annit sans dcmorer.' 
WiO Atant a fet m gent armer 

Et SCS deus fîlz et son cosin: 

Par tens seront nu roi voisin. 

Dis mile furent, voire plus. 

Le pont a fait avaler jus, 
2060 Et s'en issirent de randon, 

Atant peignent a esporon. 

SSIK est beiMg 2S2S bsiUir ii52Ii perieres si 8!>S5 oui* 1^ 
Qni BB 31139 pot 2541 L ttsiner 2542 tormeater 2543 pot 2ÏW il>> 



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XI (Héon 2B925— 16600) 

Perceliaie les ^it veiiaiil:, 
Del roi se parti m^tenant: 
Cela qu'il pot mener avoo soi 

25âO Par tena feront ennui au roi. 
Sua li corurent demanoia. 
Sncor n'estoit armea li roisi 
Ains l'ont tôt deaarme aorpria. 
Or fu ii rois molt entrepria. 

3666 Ud eecu a aeei a plein 

Et un CBpie en l'autre mein. 
La ot grant cri et graut mellec, 
Meint cop i ot féru d'espee. 
Uolt i oûst li rois perdu, 

£STO Quant Brun li ors l'a aecoru. 
Bruiant et Bernart et Baucent 
As armes corent maintenant, 
9Î ont secoreû lo roi 
^ Qun Renart menoit a bealoî, 

f»75 Baucenz deareuge tôt premiers, 
Molt fu estos li pautooera. 
. Quant YsengrÎDs le vit sevrer, 
Lora aqoelt a esporoner, 
Orana cous ae vont entreferir. 

2580 Yaengrins nel peut paa aoffrir 
Le coup que Bauœnz le feri 
Si qu'a la terre l'abati. 
Sor li s'areate et trait l'espee, 
Ja fuat de li la pes jurée 

2!)S5 Que mort l'oûst sans niencon, 
Quant Orinbert i vint le tesson. 
A qui qu'il en do0st peser, 
A fet Yaengrin remonter, 
Mes molt î aoffri peine ^ant. 

2300 Brun l'ora i vint esporonant, 
Bi encontra enmi aa voie 
Un des filz Rcnart Percehaïe. 

£560 mnv 25tll lui 25SS Ion t. 2966 une eap« 
■ Hcom SAB3 loi leape 2iS* lui 



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462 XI (Méon 28901-26998) 

Quant Percchaie l'a veû, 

Envers li tome son oacu. 
2595 Granz cous se forent des espie/.. 

Li Brun l'ora ost par mi froissiez 

Et est en deus moitiez vole. 

Percehaie l'a asene 

Haut en l'escu con chevalier: 
2600 La hante dont trenchu l'aclier, 

Li passa par le coste destre. 

Estes vos poinnant l'archeprestre : 

A la rescuaae de Brun l'o^s 

Venott poignant plus quo le oors 
3005 Desor un grant destrcr baucent. 

Des Renart i coiurent cent 

Por aïder a Percehaie. 
'' ïseDgrins forment se deraie, 

Rovel et Malebrance ensenblo, 
2ei0 Tôt le parente, ce me seuble. 

Ou fost ou bien ou mesprison. 

Brun Tors en meiaent en prison 

Maugre tog cous qui Iniens sont. 

L'arcepreatre dolent feront 
2815 Por ce que aider li voloit. 

Quant Malebrance l'aparcoit, 

Vers li trcatome le chcvnl. 

Andui poignent parmi un val, 

Des lancée se feront grans co\ 
26-20 Desua les escus de lor cox. 
' IjCs lancée volent en astelea. 

Puis traient les espèce boles, 

Sor les liaumes se vont ferir. 

Cil qui bien ne se sot covrir 
2625 Fu molt malenient atorno. 

Bcrnart li a un coup done 

Parmi le haume de i'espee, 

Jue l'abati jambe levée 

2594 lui 2597 moitié 21)99 oh'r 2803 de manque 2608 B- cb i 
onrent 2610 p. çq oe 2613 Haugres que 2615 le 2617 Ue'i M ^>^ 
poignen 2620 D. lor e. 2623 h. les uod 2628 Bkucent 2«2B Int 



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XI (Héon 2flft<t7— 2T0S2) 

A la terre tôt estendu. 

2690 Ja l'oûst pris et retenu, 

Quant Tybers li chaz i a point, 
Por lî a enforcie soa poÎDt. 
Malcbranoe fist remonter 
A qni qu'il en doûst peser. 

2695 Forment est li chaple enforoiez, 
Et Kenars vint toe esleuaiez, 
L'escu au col, l'espee trete, 
Forment de conbatre s'afaite. 
Bruiant le tor a encontre 

9640 Qui moU fo richement arme. 
Si tost s'en vont entreferir 
Con lor chevauB pourent venir. 
Bruiant le fîert premerement. 
Renars met l'escu eu présent 

2940 Et l'a contre terre abatu, 
Et Bruiant le ra si fern 
Que la lance li brise es poinz. 
Ronart le fiert si que li coïdz 
De son helme fiert el sablon. 

2600 Puis descent du cheval gascon, 
L'eepee hauce por feiir. 
Quant Bruiant vit le cop venir, 
Peor a que il ne l'ocie, 
A moins jointes merci li ciie. 

260Û Sire' fait il, 'por deu merd ! 
Ge me renc a toi, do m'oci!' 
Quant Renart ot parler Bruiaot, 
Si respondi de meiotonant 
'Sire' fait il, 'a ceete fois 

2660 Vos quit, mais vos fîancerola 
Prison a tenir el caste!.' 
'Sire' dit Bruiant, 'ce m'est bel.- 
Einsi le ferù con vos dites. 
Hes que soie de la mort quitesi 



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Xi (Héon 27033—27088) 

2665 Einsi con il vos plaiet l'otroi.' 
Atant remontent sanz deloi 
Con cil a qui inolt eatoit tart. 
A coBt mot li chapleB départ. 
Bien l'a fet Henart a cel cors, 

2670 En prison en meine Brun l'urs 
- Et Bruiant le tor autrcsi. 
El castel en sont reverti 
Tuit ensonble lie et joiant. 
Li rois remeiat tristre et dotant 

2675 Et eorocio de ses barons: 

Forment jure deu et sra nons 
Que d'iloc no départira 
JuBiju'a tant que pris tes aura. 
Molt par ost a Kcnart petit 

2660 De treatot ce que li rois dit, 
îl'en dorroît pas un esperon. 
Descendus sont tuit li baron 
Et puis sont monte el palaa. 
One si grant joie ne fu mes . 

26âfi Conme la roïne lor fet, 

Puis lor demande 'qu'aves fet F' 
'Bien' fet Renars, 'la merci de. 
Bran l'ors vos avom amène 
En prison et Bruiant le tor: 

2(i90 Ja n'en prendrai argent ne or 
Ne nul denier de raencon, 
Mes ci iloo les garderon. 
De ce sui je oerteins et fis 
Que se uns des nos estoit pria, 

2699 Que par ices les raureon.' 
'Sire, foi que doi seint Simon, 
Vos en avea molt bien parle.' 
A icest mot t'a acole: 
Apres acole Puroeliaie 

2700 Et a toz les autres fet joie. 



SetT a manque 2672 o. reaont reuenti 2061 He uproa 
aue* 8698 ilaqn«i g. S69B ioel 2689 percehae 2700 • m 



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XI fMéon 27089—27105» 

GraDÏ iote font par le pales, 
Chaotent et vielent ces lais. 
Totes et tuît, ai con moi semble, 
Firent la nuit grant joie ensemble. 

2705 Harpes i aon^t et vieles 

Qui font les meloudies bêles, 
^ Les estives et les citoles. 

Les damoiseles font carolea 
" St treschent envoisienient. 

âTIO Laiena ot meint son d'estrument 
Far le pales et par la sale. 
Einc n'i ot dit parole maie 
De nul, tant fust cotnte no noble, 
Ke mes solement du rcris Noble: 

2715 Celui manacent il trestuit. 

'C'est merveille s'il ne s'enfuit' 
Font il: 'nolt l'arons esmaie, 
Kolt en avon mort et plaie.' 
'9e^or' dît Renars, ore est bien. 

2730 Onques nés maneoiez por rien : 
Mes le matin quant jor rendra, 
Sauron bien qui meus i vaudra 
As cou a ferir et enploier 
Et as ensegnes desploier. 

2Ti& Se la Tos toi bien meiatenîr 
Envers le roi et contenir, 
Qu'a la fuie le puisson mètre, 
Qui si s'en voudroit entremetre, 
(Il m'auroit molt servi a gre) 

2730 Qu'suroit lo roi desbarete, 
Mott auroie de mon déduit.' 
Einsi furent jusqu'à la nuit, 
One ne iînerent de parler 
De si que vint a l'aveaprer. 

2780 Cil qui estoient connestables 
Conmandent a mètre les tables, 
Et puis aseent au soper. 



2726 meintenir 



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XI (Méon 2710e— 271*1) 

Ne TDÎl pas toa les mes conter 
Ne fere ci grant demoree. 

2740 l*iuit mangèrent con loi- agrée, 
Puis firent les napes ester. 
Nuis fu, si se vonft reposer 
Jusqu'à demein a l'esolairer 
Que se lèvent 11 chevaler. 

2745 Sitost con il furent levé. 

Se sont de meintenant arme. 
Autrosî s'arme d'autre part 
L'enperere sire Kenart 
Et ses dui filz et son cosin 

27Ô0 Grinbert qui molt fu enterrio 
De loiaute et de valor. 
Congie prent noatre enpereor 
A la roTne simplement 
Et dit 'dame, mon eadant 

2766 Ëncor anuit aurea lo roi 

En prison, foi que je tos doi.' 
Sire' fait ele, dex l'otroit 
Que ce que vos dites voir soit.' 
Atant la bessc au départir, 

9760 Puis a fet les portes ovrîr, 
Et firent les pons avaler. 
Hors îssirent sans demorer, 
Si sont féru eo l'est lo roi. 
Mes chascun ot poor de soi, 

2766 Et furent arme richement. 
Li rois meïmes et sa gent 
Avoient lor gamemens pria. 
Ne voloient estre sorpris. 
Sitoat con coiai cela de la, 

2770 Ses chevaliers en apela. 

'Segnor' fait il, je vos requier 
Qne vos m'aïdea a vencher 
De cel traïtor, cel laron 



2741 Bnent 2744 ch'r 2752 notte 2TM j« mnngHr 
1m framement 2788 sozpriB 2770 ch'r 



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XI (HéoD 27U2-271T8I 

Qui si a ses! ma meaon 

2776 Et m'a gerroie ei a tort. 

Ofl Bui hoDÏs, ae il m'estort: 
Jamais nul jor joie n'auroîe, 
So je de li venches n'estoîe.' 
Sire' font il, 'or i parra: 

2780 Honis soit qui vos en faudra 
Et qui ja s'en feindra nul jor. 
De ce n'aies onques poorl' 
Li rois les en a mercies 
Conme cil qui molt en fu liez. 

2786 Atsnt asenblent les deus oz 
Qui. molt estoient grant et forz. 
Molt fere mellee i oomence. 
lia ot brisiee meinte lance 
Et moint cbevalier abatu. 

•Ï1W Renars escrie de vertu : 

Bois Nobles, ou estes alesP 
9e conbatre a moi vos voles, 
Yenes, que la bataille aurois 
Et molt proceinement saurois 

3790 Que je no vos ein que rien vaille. 
Se me conqueres en batalle, 
Le castel et tote la terre 
Vos lairai en pes et sans gerre: 
Et se tu es par moi conquis, 

3600 Se t'en voisses hors du païs 
Et me lesses la terre en pes.' 
Li rois vint vers li a esles, 
Sitost con la parole oï, 
Ke de rien ne s'en esbahi, 

38D& Ancois s'escrie durement 

'Sire Renart, par seint Gliment* 

Je ne te demant autre chose: 

Bonis sui, s'atendre ne t'osse.' 

Adont prent a esporouer 

- !S10 Li rois o il n'ot qu'nïrer, 

2174 «iM 2778 Ini 2782 hoaqnw 27S9 ch'r 2802- lui 



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XI (Héon 27179— 2T216) 

Et ReDara d'autre part rebroche 
Le bon destrer qui pas ne oloce. 
Les oheTaue lesserent aler, 
GraDs cous se vont entredoner 

2816 De lor lances es fors ascus. 
Percent le vemis et les fus: 
Les lances oonvint a quasser. 
Li hauberc ne pourent fausser 
Que trop sont aère et tenant. 

3820 Si s'en vindrent esporonant 

Conme foudre qui doit descendre, 
Que les estrers firent eatendre. 
Li cheval s'encontrent de front, 
Ambedoi ceent en un mont. 

2825 Ues tost refurent sus sailli, 
Forment li uns l'autre asailli, 
Et traient nues les espees. 
Si s'entredonent grant colaes 
Desus les baumes de lor ces. 

2880 Ja i fust trop grant li mescies 
Devers dan Noble le lion, 
Quant Jcil de sa région 
S'eamurent por li aldinr. 
Baucent i acurut premer. 

283& Por lu rot socore s'esmat 
Baucent, et bien le socorut 
Et l'aroeprestre et Roonel, 
Et dan TieoelÎD le corbel. 
Si i vînt mon segoor Belin. 

2640 Ja fust Renars en mal traïn, 
Quant Percehaie et le tesson 
Et Malebrance a esporon. 
Et Tybers le chat et Rovel 
D'aîder Renart sont isnel. 

2845 Le obaple ont entr'eus conmenoie, 
La Teîst en meint pie trencle. 



2611 par r. 2812 q p. 2815 UnoeB 4eB f. 28IS iM v 
8818 faifer 2822 estrer f. tendre 2833 lui 2845 Li oonmeiwiei 



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XI (Héon 2T2I7-2T202) 469 

' Tantes testes, tant haterel. 

Merveilles i fesoit Rovel 

Et cil qui furent de aa part. 
S8C0 Far force ont remonte Renart, 

Uea a peine et a grant dolor 

Ont remonte Tenpereor. 

Àins qu'il poflst estre monte 
- 1 ot meint ruiste cop done 
%56 Et molt en i out receii, 

Sfolt par i out le roi perdu 

De ses homes des meus proissies 

Dont il fn molt greins et iries. 

Et Renars refn molt dolant, 
2860 Q'un home i perdi molt vaillant. 

Ce fu Tyberz qui fu ocis, 

Dont il furent voir molt penaia. 

Molt i perdent d'anbes .dous pars. 

Totevoies sire Renars 
3865 Est remontes a quelque force. 

La maisnie lo roi s'esforoe 

De U monter: monter l'ont fet, 

Qui que sait bel ne qui soit let, 

Le ront monte sor son cheval. 
3870 Ues 11 ceoirs li fîst grant mal. 

Estonea fu, mes ce que vaut? 

Sor le cheval qui molt fu haut 

Fu montes et joste demande. 

Atant es vos parmi la lande 
3876 Renart qui out son cuer repris 

Conme cil qui fu d'ire eapris: 

Sua se cornrent de reohef. 

Sor le roi toma le meachef 

Uolt grant, se ne fussent sa gent 
2880 Qui le rescoscent bel et gent, 

Qui tuit se ferirent entr'eus. 

Mes il nel Mndrent mie a jens 

2855 ont 2867 des 1 le 2861 fu que t fn 2868 dou 2867 lui 
8 ne que qm s. L 2870 cehoirt 2872 q 2877 corareot 2879 g. 
rat M 2680 Qnil TesooiUnt «t b. 2882 tindren 



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470 XI ptéon 2725»— 2T2S8) 

"Se ne lor en fu mie bel. 

Atant esporone Rovel 
2686 Le deatrer qui tost se remue, 

En Bon poing tint l'eapee nue. 

Roonol en fiert; durement, 

La teste jusqu'es dens li fent, 

Mort le trebuce de la sele: 
•iSm Et prent le destrer de Caatele. 

Uener Ten quide a sauvete. 

Quant Bricemer l'a encontre 

Qui li crie 'n'eninenres mie 

Tant cou me bâte el cors la Tie.' 
2896 Rovel cntendi Brichemer, 

Tantost let le oheval aler 

Que il en destre en ramenoit, 

Et voit Brichemer qui venoit 

L'espee traite contre li. 
2900 Rovel molt bien le recuilli, 

L'espee trete le requiert 

Holt vertueusement le fiert 

Parmi le baume ai grant cos. 

Que tôt li est ploie li oox. 
2906 Si forment le fart et demeine, 

A poi que il ne pert l'aleine: 

Ne il n'a pas tant de vertu 

Qu'il git devant li son escu, 

Ains est autreai conme pria. 
21)10 Quant il le voit ai entrepria, 

Si li a ai grant cop doue 

Que treatot l'a escervele. 

Son oop estort, que del deatrer 

Le fet a terre trébucher. 
2916 A tere ohaï tôt envers 

Heairo Bricemer li cers. 

Li rois a veû son damache, 

Por un petit que il n'enrage, 
i 

3885 que 2890 Desor le 2891 le q. 2895 mtent brofaemer tS» | 
Ini 2901 reqnier 290T il nen « 2908 lai 8917 duvike 



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XI (Méon 27289-27324) 471 

Tant fa pleins de coros et d'ire. 
2990 'He rlexl' diat il que porrai dire 

De8 ces larona de maie gent 

Qui ai me moineDt maternent? 

Brichemer, por vos sui iries. 

Uee voB aeree par tens Tenches, 
3925 S'il plest a deu en qui je orot.' 
Âtant esporone lo roi. 

Vers Rovel broce le destrer, 

Et cil COQ hardis chevalier 

Le reçut, ei s'entreferirent 
2930 Tex cous que li escu croiaairent. 

Rovel a brisie son espie 

Dont il fu auquea enpirie 

Et molt li âesplut, ce saches. 

Mes tost refu ses brans saches. 
3936 Mes lî rois avant le feri 

De l'espie qui estoit forbi. 

L'escu li perce et le hauberc, 
- El coste li a fet un merc, 

Trois doie en la char li eabat. 
2940 Bovel oiet a terre tôt plat, 
' Estordîz et mal atomes. 

Et li rois se rest retornee 

L'espee trete, si s'areete. 

Ja li oâat cope la teste 
3945 ^t ocîs l'oOst meistenant, 

Quant Baucent vint eaporonant. 

'Sire' fet il, 'merci vos quer 

Que vos l'euToies prieonier: 

Que se vos ici l'ociez, 
39fiO Saches, blâme en seriez. 

Mea metes le en vo prison! 

C'eat le filz Benart le larou, 

Et por li, se vos l'enmenes, 

Toa quites voa prisons raurea 

3928 oonme h. ch'r 2929 requiert 2937 pence 2%b'3 lai lo 



, Google 



XI (H4on 27325— 2Î359J 

3056 Que Renare a mis en sa tor. 
8e vos l'ooies, sans retor 
Saches que pendu ea seront 
Yos deuB priaoners ca amont. 
Ues s'il vos plest, si Ten menés.' 

296!) Li rois respont 'bien dit aves: 
A Tostre plesir sera fet.' 
Tôt meintenant mener l'en fet 
Li rois en fet mener BoTel. 
A Benart ne fu mie bel, 

3065 Ains li anuie durement, 

Mes il ne pot estre autrement. 
Molt fn dolens, œolt fu iries, 
Ses barons en a areeniez 
'Seignear' fet il, 'car retournons ! D ] 

3970 Ronvel mon fil perdu avons, 

lÀ rois BÎ l'en maine en prison.' 
Atant retournent li baron, 
Chaeouns forment se desoonforte. 
Ou chastel entrent par la porte, 

29Tfi Les pona font après eals lever. 
Atant se courent désarmer, 
Puis en montèrent ou pales. 
' Et la roïne a gr&nt eilais 
Tint encontre, si les conjoie. 

3980 'Dame, dame, n'ai seing de joie' 
Fait soi Benart, 'foi que vous doi: 
Car ainsi conme je le croi, 
Bouvel ai perdu, qu'en prison 
L'enmaine Noble le lion,' 

29B5 Quant la rolne entent Benart, 
A poi que li ouers ne H part. 
'Ahi lasse, que pourrai Caire? 
Lasse I oon oî a mal repaire, 
S'ainsi avons perdu Rouvell 



2955 U 2957 en manque 2962 le f. 2966 p. eitrement Lu t*. 
2969—3103 manquent dont U mac. A, qui a ptnlu ici um /MiOtt; il> 
loiU donné» d'aprèa U mac D. 2975 fermer 2979 Dit 29B» 8« un 



, Google 



XI (Héon 27360-27895) 478 

3990 Uiex vonsisae que cest chastel 

FuBt mis en charbon et en cendre. 

Faites vos deus prbonniera prendre 

Et puis si envolez en l'est, 

S'il ne vos rendent Rouvel tost, 
3005 Que vous ferez pendre Brun l'ours 

Et Bruiant, n'en auront secours.' 
Dame' feit il, 'bien aves dit. 

Je meTsmes sanz contredit 

Iru dessus le mur crier.' 
aODO Âtant Tait sur le mur monter, 

Et s'escria que bien l'ot on 

'Entent ca, Noble le lion: 

Tu as en- prison mon enfant, 

Et je rai Brun l'ours et Brûlant. 
3005 Or fai lequel que tu voudras: 

Ou tu Bouvel mon fîlz rendras 

Ou tu verras Brun sanz demour 

Pendre la amont sus la tor. 

Si i sera pendu Bruiant.' 
aotO Li rois respont 'ce est noient, 
- Que jamais nul jour nel verras. 

Or y parra que tu feras.' 

Atant est Renars descendu, 

 poi qu'il n'a le sens perdu. 
8015 As prisonniers en vint errant. 

Si tes fist prendre maintenant. 

Puis les fist en la tour mener, 

Si lenr a fait les iex bender 

Et puis el col mettre la hart. 
smo 'Seigneur' ce leur a dit Renart, 

'Hni est adjourne vostre jour. 

Froiez Noble l'empereour 

Qu'il me rende mon SI Ronvel, 

On foi que je doi saint Marcel 
3036 Ja serez ambedui pendu.' 

iseo M. amMW q. oe 29M Se U ne u. rent 3000 m. uter 3009 
Et manque Si i a. 3016 fait 3017 foit 3018 a ] y 3019 «B oonlx 
3023 Qns me filz 



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474 XI (Mcon 273t)6— 27431) 

Quant li baron l'ont entendn, 

CfaasGuns ot grant; paour de soi. 

Aleintenant eacricnt au roi 

'Siro, pour dieu et por son non, 
i)080 Nous sonnoea mort aanz raanoon, 

Se vous n'aves de nous merci.' 

Li rois les barons «ntendi 

Et bien les vit les iex bendez. 

Ses barons en a apelez. 
3085 '3eig:neur' fait il, 'que m'en loezP 

Ja seront au vent encroez, 

8e nous Bouvel ne leur rendon.' 

'Sire' ce dient li baron, 

'Fêtes li Rouvel envoier 
S040 Et si li faites fiancier 

Que vos priaoniers maintenant 

Vos rendra et sain et vivant 

Tôt einsï conme il furent pris, 

Armez sus les destriers de pris.' 
3046 'Vos dîtes moult bien' dist li rois. 
1 Lors le &it venir domanois 

Devant li, et sanz atargier 

Li fîst meintenant fiancier 
' Que si tost con laiens eent, 
3000 Les prisonniers delîverra. 

'Sire' fait il, 'ainsi l'ottroi.' 

Âtant a pris congie au roy. 

Et li rois li baille conduit 

Que de sa gent ne fost sousduit, 
SOCili Sel conduisent vers le ebsstel. 

Benart se sist lez un quernel, 

Si a veû Rouvel venir. 

Tantost Hat les portes ouvrir, 

Si le recurent a grant joie. 
8000 Le conduit arriéres envoie 

Et puis sont monte ou palais. 

8089 lui 8042 Hini et ujuaut 3U4« les mat(gu4 8015 dh SOM 
font S04T loi 8064 Mmài 3055 condiient 3056 ». nen in 30W 
arrière 3061 montai 



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XI (M*oii 27-132—itT467) 

Onc si grant joie ne vi mùa 
Gonme son père li a faite. 
Wi ot mie grant noise faîte 

8066 Ne ni ot parle fors de joie. 
Je ne «rit que jamais tele oie, 
Non fera nnl honme Tivant. 
Monseignenr Brun l'ours et Bruiant 
En tist remener conme ber, 

3070 Tantost les a fait desbender. 
A grant joio et a grant leesce 
Issirent de la forteresoe 
Dessus les destriers Arrabis, 
A leur costez les brans forbis. 

3075 En l'est sont venue aanz dealoi 
Très devant la tente le roi 
Sont andui descendu a pie. 
Durement en fu lî rois lie: 
Il les aoole et si les biûse 

9060 Et dist 'moult cstoie en mesaise 

Pour vous deus, mais la dieu merci 
Moult soi lie, quant je vous voi ci 
Devant moi et sainz et haitiez.' 
Durement refu Renars liez 

aoes Pour son fil: mais Rouvel s'esmaîe. 
Que moult li deult et cuit sa plaie. 
Desarmer le font meintenant, 
Si li vont sa plaie oerohant. 
Bons mires ot et bien sMiez. 

aooO Tant sont de li garir penez 

Que ainz que pnssaat la semaine, 
Fu sa plaie gaiie et saine, 
Et bien pot ses armes porter. 
Renars qui moult fist a doubler, 

8096 En a apele ses barons. 

Baigneur' fait il, 'quel la ferons? 
n nos convient aler la bore. 



SOTS iMerent S076 d«usii 3085 Sli SMmoie 
t Hndiaat 3090 lai 3097 & armer n. oor' 



, Google 



XI (H«oa 27468— 27M2) 

n a'i a que d'armer ooz oors 
Pour noa anémia eemaîer.' 

aïOO AtsDt s'arment sans delaier. 

Par dessus le pont tuit ensemble 
S'en ÎBNrent, si cod moi semble. 
Qu'iroie loue conte faisant? 
En l'oat se ferent meintenaat. A'. 

3105 Mes nea trovent pas desarmes, 
Mes bien garnis et aprestes 
Conme de défendre lor cors. 
La ot de tabors et de cors 
Grant noisse fête et grant esfrois. 

8110 Devant les autres vint li rois 
Trestoa armes aor son cheval: 
Holt ot en li noble vasssl. 

Quant Renart vit lo roi venir, 
Envers li broche par aïr 

3115 Quanque cheval puet randonec. 
Les lances brisent au joster, 
Âmbedui tôt conmunaument 
Outrepassent isnelement. 
L'un a l'autre plus ne foriist, 

8120 Tsengrins sor un ceval sist 

Qui bien valoit cent besans d'or. 
Il broche vers BruJant le tor 
La lance droite au fer trenchant. 
Bruiaat revint esporonant, 

8120 Si tost cou il le vit venir. 
Grans cox se vont entreferir 
De lor lances de meintenant 
Ysengrins qui molt fu vaillant 
Le feri de si grant vigor 
8180 Que de la lance travers d'or 
Li mist el cors et le fer tout, 
D'autre part en parut tî bout. 



3098 que dkler la h. 3099 del«ier 3109 Que iroie 8104 U "«r- 
A rtconmence 3112 lui (de mime 3114) 3115 pot 3121 Que ■«■ S'** 
renient 3128 Yiengrini ilNêtbl* 8130 travers dor tllJatM* 81W Vf 
corrompu. 8131 ei o. 3IS2 but 



, Google 



XI (Méon 27603-27539) 477 

Del destrer a tere le met. 

Cil trébuche et si gete un bret 
313& Si graut que tôt l'ost en frémi. 

Lî rois l'oï et entendi, 

Cele part vint esporonant. 

Si a trove Bruiant gisant 

Tôt eatendn enmi la prec, 
3140 L'ame li ert del cors sevrée: 

Iloques se gist estendu. 

'LaaT dit lî rois 'qu'ai atendu 

Que ne vois vencher mon baron 
- Que m'a mort ce) quivert félon P 
' 3U5 Qu'aten ge que nel vois venoher? 

Il m'smoit tant et tenoit cher.' 

Lors point le deatrer de CastelOr 

La lance ou le penon ventele 

A déploie de meintenant. 
3100 Poignant s'en Yet devant sa gent 

To8 hors del sens, toz enra^ies. 

Un des autres s'est deBrengies 

Qui contre le roi esperone. 

Mes li rois si grant cop li done 
31U Be la lance parmi le cors, 

Li fera en parut par defors 

Ge cuit plus de demie toise, 

A ce que la lance pendoiae 

L'a mort trebucie enz el pre. 
8180 Malebranche en a molt pesé 

Qui Tôt esgarde et veû, 

Tantoat est cele part venu. 

Malebrancbe fu tôt desve, 

Quant vit son ome mort gite; 
3160 Holt en fu dolans et iriez. 

Envers le roi s'est eslessie, 

Et li rois qui bien l'aperçut 

Meintenant cele part corut 

Quanqu'il pot trere del destrer. 

3194 8i L et cil g. 3135 fermie 3136 lot 313H par 8M1 
idu 3144 i|D«rt 3156 La Iknoe p. ai6Bp«Ddie 3159 trebud enz et 



, Google 



47h XI ( Iléon 27540— 2T57&) 

,1170 Bien fu afîcbe es Teetrier. 

Et Ualebraoclifl d'autre part 

S'eslesse parmi un esBart: 

Si toat conme a veti lo roi, 

L'eacn enbraoe par deeroi 
mid D'ire et de maltalent espris. 

Li rois revint maltalentis : 

Dooer se vont mervelloa cO]i 

DeeuB les eacuz de lor cox 

Se ferirent sanz demorance. 
3180 Malebrance brise sa lance. 

Et li rois le fiert a bandon. 

Que sa lance jusqu'au penou 

Li fiât parmi le cora glacer. 

Hort lo trébuche del destrer. 
SI85 A le rescore vint Renart, 

Hes il i est venus trop tart. 

Il et sa gent i sont venu, 

Mes malement l'ont securu, 

Qar iloquea l'ont trove mort. 
SiflO 'Ci n'a' dist Renart 'nul confort, 

Uea or verrai qui m'aura cher, 

Que je le voit aler vencher.' 
'Sire' ce dient li baron, 

'Volontiers vos i aîderon.' 
SI9Q Lors reconmence la mellee. 

Meint cop i a féru d'egpee, 

Molt veldsies beetes morir. 

Onques nus ne se pot tenir 

Encontre l'eapee Renart. 
3200 Quant Ferant s'en vint celé part, 

Tex vint mile en sa oonpaignie 

Qui au roi firent grant aïe. 

En l'ester ae forent errant. 

Des gens Renart ont ocîs tant 
BSOft Que nus n'en sot le conte dire: 

3170 e1 deitre 3172 Seise lieiie S1T5 de mattgur enptÎM 
meru' los 3176 D. lor e. 3190 dit 3191 ore 3195 Adont coiu 
SIM fure 3203 emant 3204 gxnt 



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ÏI (Méon 27576-27611) 479 

Lora n'ot Senart talflnt de rire. 
Qui donquea velat Percehaie 

Paraii l'ost cod il se desraie 1 

Nus ne pot a son cop durer. 
331U Betia prent a esperoner, 

Pcroehaie l'a si féru 

Que il li a percie l'eacu, 

Ou li peesast, ou b«l li fust, 

Que de la lance et fer et fust 
321& Ne li passaet parmi le foie. 

Mort le trebuce enmi la voie. 

Puis sache del fore l'espee, 

A Ferrant done tel colee 

Que li fist la teste voler: 
3-220 D'ent deus fist la guerre finer. 

Renart s'eslesse d'autre part, 

Orant cop vet forir le lepart 

De son gleive parmi le cors, 

Que li fers en parut defors: 
32-29 Tant con la lance li durs, 

A la terre le trebuca. 

Molt i ot grant caple et félon. 

Estes vos Noble le lion 

Arme Bor son oheval ferrant, 
.SSKO La lance en son poing paumoiant. 

li ot meint duc et meint conte, 

Tant en i a, n'en aai le oonte. 

O li fu li conte Frobert 

Et l'eBoonfle sire Hubert 
323& Qui heent Renart durement: 

Yen li vienent ireement. 

Sire Frobert le gresillon 
- Plus toat <{ue un alerion 

Vint poignant encontre Renart. 
3340 Renart le voit qui molt fu tsrt 146 

Que il se fast a lut meale. 

3218 Au 3220 De .1. ■ 3229 soi 3230 poig 3231 lui 3233 loi 
A bent S83« lui 3240 que 



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XI (Héon 27612—27649) 

^ Del fore tret le brant letre, 
Et Frobert avoit le auen tret. 
Li una près de l'autre se tret, 

8240 Orans cos se ferent de tnanoia. 
Des braDs qui sont aarasinnois 
Si merveilloB cox s'entredonect 
Que totes les testes eatonent. 
Et 8) grant cop se sont fern 

8250 Qu'a terre se sont abatu: 
Andoi oient enmi la voie. 
Estes vos poignant Percehaie, 
lui meint vaillant baoheler. 
A force font Kenart monter, 

325Ct Vuis retomerent a itant 
Vers le cas tel eaporonant. 

Meîntenant montent el pales 
Qui riciies estoit et bien fei. 
Molt las et môlt tiavellie sont, 

8260 Si se désarment la amont 

En la tor qui est bêle e blanoe. 
tfolt font grant dol de Malebrance, 
'Las!' dist Renart 'maloûrel 
De mal ore fu onques ne 

8266 Quant g'ai Malebrance perdu 
Far qui dui eatre secoru. 
Or n'aten ge mes nul sooors. 
Dame Fere, les voz amore 
A ge oonparees molt cher. 

8370 Hes foi que je doi seiat Rioher 
A qui je n'en doi doIs point, 
Li rois Nobles est en mal point. 
N'es puet partir en nule guise 
Que de ses seges ne se ouue.' 

82TCt Dist Rovel 'or lesaies ester! 
Toa n'i poes rien conquester.' 
Yos dites voir, sire Rovel, 



3253 n*llflt b. 32S3 dit 32T0 je manque dol k. ■ 
32T2 «rt 32T3 pot partin 32TS Dit 81!77 uor 



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XI (Méon 27650— 2T68Ô) 

Mes foi que je doi seint Marcel 
Que je n'aing que vaille un dealer, 

3SâO Li rois le coopéra niolt cher: 

Aiuz que ciat castax soit rendus, 
Sera il as forces pendus.' 

Âtant ont lesste le pledier. 
Li rois Nobles se fist loger 

3285 Enmi le pre desoz la tor, 
Et jure deu le creator 
Que janics no s'en partira 
Tant que Renars pendus sera. 
EÎDsi se sont a grant Icece 

3290 Tcndw devant la fortereco. 

A grant joie et a grant bander 
Furent Hoc trestote jor 
Et grant partie de la nuit, 
Et tant qu'il se dormirent tuit. 

3295 N'en i ot nul qui ne dormist. 

Renart qui onques bien no fîst, 
Se mal non et desloiautez, 
En a ses deus filz apeles 
Et Ysengrin son conpaignon. 

3300 'Segnor' fet il, 'queil la foronV 
n se dorment trcstuit en l'ost : 
Fêtes et si vos armes tost, 
Ses irons la hors estormir. 
So poons au roi avenir, 

3805 Ja dex n'ait de m'ame merci, 
Set puis tenir, se ne l'oci.' 
'Sire' font il, 'bien aves dit,' 
Adont s'arment sans contredît 
Toit quatre c'onques n'i ot plus. 

3810 Le pont ont fet avaler jus. 
Tôt bêlement et tôt soef 
Ont cntr'eus le pont avale, 
S'en issent sans noisse et sanz cri, 



3290 le foTtreco 3300 



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482 XI (Méon 27888—27729) 

Durement ont l'oat estomii. 
8S16 Quatre en ont mort au premer saut. 

L'ost estormiat et bftB et haut. 

Ters la tente lo roi en vont, 

Les cordes coupées en ont: 

La tente ciet, li rois B'esveille, 
3320 La noisBe entent, molt se merveille. 

ÂB armes corent et molt tost 

Se furent arme cil de l'ost. 

3fes cil se sont mis el retor, 

Grant caple ont fet devant la tor. 
3326 Maifi la gent lo roi tant s'eaforce 

Que Renart 1 pristrent a force. 

Et li autre, qui que soit bel. 

Si se ferirent el caetel. 

Et Renars par molt grant dearoi 
3380 Fu amenée devant le roi, 

Tôt corocie et tôt plein d'ire. 

Li rois li commença a dire 

Ha punee n>x de maie part, 

De ma gent m'as fet grant essart. 
3330 Mes moU cher te sera rendus, 

Que orendroît seras pendus: 

Ne t'i vaudra engin ne lobes.' 

'Merci' fet il, 'gentix rois Nobles, 

Fardones moi a ceste foiz, 
- " 3340 Si abessies vostre bufoiz ! 

8e ceete fois me pardonez, 

Adonc m'ert bien gerredones 

Le service que je vos fis 

Quant de la feyre vos garis, 
334.5 Quant je fui por vos en Paterne, 

En Eomanie et en Salerne. 

Outre mer en Sarazinois 

Fn je por vos plus de set fois 

Por querre vostre garison. 

3314 Dorement 3329 desre 3332 Et li q. li ■ pris A 3384 h 
f. g. e. ittiiiNe 3336 seru pendn ittitibh 3389 oeite foiz iUiêMt 
S340 noatre bnfoii ittitibl» 3341 me p>r ilUtibt* 



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XI (Méon 27790—27765) 

.^3fiO Or m'en rendes le guerredon: 
Et damle deus et nostre dame 
Querredon vos en rende a TameV 
Li rois qui fu pleins de savoir, 
Ot le service amentevoir 

3S65 Que Renart li ot fet jadis. 
Adonc a porpenser s'est pris. 
Et quant il ot pense grant pose, 
Si dit 'ore oes une coase, 
Segnor baron !' dit lenperere 

S360 'Ves ci Reoart qui méint cootrere 
M'a fet: or me reproche ci 
Ce que de mon mal me gari. 
D le me doit bien reprocher, 
Orendroit li aura meater : 

3366 Que por tôt l'or qui el mont soit, 
Ne li mefferoie orend(oit, 
Ainz li pardoinz tôt le mesfet 
(^a il m'a en cest monde fet, 
Trestot lî quît orendroit ci.' 

3870 Benars respont 'vostre merci'. 
A icel mot fu la pes fête. 
Li rota fet corner la retrete: 
Cels qui asaillent a la tor 
Renart, fet mètre el retor. 

337fi Et lî rois sans plus areater 

A fait ses pavellona oster, ] 

Trestot meintenant s'en retorne, 
Jusq'a son castel ne sejome. 
Tantost au perron desoeadi. 

SSeo L'empereris vint contre li 
Qui a grant joie le reçut 
Si con son segnor fere dut. 
Durement son aagnor co^joie. 
El pales monte a grant joie 

33811 Li rois que sa feme deooit 



3356 le p. 3S61 me porohace ci S369 cnit 8377 » 
! retorne . 3980 Ini 3334 montent 



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Kl (Méon 27766-27782) 

Si que il point ne s'aperçoit 

Que Henart l'oûst esposee: 

N'onquea n'en fu aresonee, 

Ke il n'en Fu parole puis. 
3390 Renars ala a ÎEalpertuis 

Ou a grant joie le recurent 

Si filz si corne il faire durent, 

Et avec mi sire Tsengrin D152d 

Qui l'aime de cuer enterin 
3396 St puis fu si bien du roi Noble 

Que tuît cil de CoostantinoHe, 

Par parole ne par mesdit, 

Einsî con l'escripture dit, 

Kel feïsseDt au roi meller 
3400 Por rien qu'il seffissent parler : 

Mes entr'euk moult grant amor ot. 

Li contes fenist a ceat mot. 



La fin des vt>. 33»» à 3392 ainsi que. ha tv. 3»93 à 3402 ont M 
arraché». Voici les lettres et les mots qui miinquetU : 3388 ce 3389 r 
pais 3390 tuis 3391 le meurent 3392 il faire durent 0» lit au v. 3390 
au Jjes vers 3393 ss. sont tirés du mic D. 3399 Ke le feUt 3400 
quil ««D Beust pener 



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LE ROMAN 

CE 

E E N A E T 



ERXEST MARTIÎf 



DEUXIÈMR VOLL'MK 



SEro?ir>E PARTIR BU tkxtk: I.KS BKAS'-IIES ADDITIOXSEI,!,! 



STRASBOURG 
K. J. T R C B S K B , ft D I T K r R 



EUSF,>^r i.Eimux 



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LE ROMAN 

DE 

E E N A R T 

pimLiÉ 

PAR 

ERNEST MARTIN 



DEUXIÈME VOLUME 



SECONDE PARTIE DU TEXTE: LES DRANCHRS ADI)mDHNEt.LEf> 



STRASBOURG 
K. J. TRÛBNER, ÉDITEUR 



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XII 

(Héon 20491—20517) 
Oez une novele eetoire A f. 59 

Qui bien devroit estre en mémoire. 

Lontans a este adirée: 

Mes or l'a un mestres trovce 
fi Qui l'a translatée en romanz. 

Oez comment ge la comanz. 
Ce fu en mai au tens novel 

Que Uenart tînt son fil Bovel 

Sor ses genolz a un matin. 
10 Lt cnfes ploure de grant an 

IVr ce qu'il n'aveit que mangier. 

Renaît le priât a aparer. 

Si 1i a dît 'tilz cuer de roî, 

Ge ToU el bois de Teneroi 
15 Porchacer a ton cors viande'. 

Âtant s'en îst parmi la lande 

Et s'en entre en la voie errant 

Et moU aovent vet coloiant 

Savoir s'il poist acroolier 
20 Qui a son filz oûst meater, 

Coc ou jeline ou oison. 

ïTester en aureit en mason 

Que il n'i a point de cuisine, 

Et sa feme giat de gisine, 
25 S'est molt ses osteus desgarniz. 

Atant lî sont devant sailliz 

Ginc que jelinea, que chaponz. 
■lora 10 rein 16 «en miit 2-2 auret 



lUnlbyGOOglC 



2 su (Hâon 30516-20663) 

Et Renart se mïst es trotons 

Tôt droit yers e!s grant aleûre 
30 Tant qu'il vit venir Tambleûre 

Huon l'abe et sa mesniee. 

Henart maudit sa chevauchiee 

Qui sor lui a hui fet teîl taille. 

Fuiant s'en tome, si baaille, 
85 Qu'il o'i ose plus demorer 

Por les levrers qu'il veit mener. 

Vers la foreet s'ea va corant 

Et HuoQ l'abe dévorant. 

'Abi' fait il, 'Huon l'abe, 
40 Mal jur vos seit bui ajorne ! 

Molt m'as hui fait ^ant desturber, 

Qu'entre ma boce et ma cuillier 

As bui proie aor mei sesie. 

Maudite seit la toue vie! 
46 Que trop me par as bui grève. 

G'en oiiaae ja un levé, 

Se ne fusaea sitost venu. 

Et quant ne m'aa aperceU, 

Qe m'en irai que bien que mal. 
50 Meuz m'en vient partir paringal 

Très tôt sbdz perte et aanz mebaîng. 

Que recovrer mortel gaaing'. 
Atant s'en veit toz esleseez, 

Molt eat dolanz et coroobez 
1(5 De ce qu'il n'a rienz conqueste 

Qu'a son ostel eiist porte 

Por sa mesnie desjunier. 

Tote jur ne fina d'errer 

Jusqu'à tant que vint vers midi 
60 Que il garda, ai a coisi 

Tibert le cbat qui se giseit 

Sor une rocbe et roatiaseit 

Sa pan«e au obaut del soleiL 

S8 el trotsna 88 Que taille« 87 fores 41 msuw fait kni 
49 bien ] mal 62 rostiMion 



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XII (MéoD WKi—^smo) 

Ce dist B«nart 'molt me merveil, 

Gô Be c'est Tybert <]ui la s'acoate'. 
'Oïl voir, ce sui ge, bauz hoate'. 
Et por ce que ci eates vos, 
Ge me voil dearesner o voa' 
Ce diat Renara 'et repoaer: 

70 Que je ne fînai hui d'aler'. 
'Si alez dormir en un angle! 
N'ai que fere de vostre jangle 
Ne de TOB falordea oïr: 
Fuiez, ai me laissez dormir! 

75 Ge n'ai or de noise mester. 
Faies de ci, aléa biller'. 
'ÂToi, sire Tybert li chaz, 
Por oe a'ore avea voz degraz 
Et ae voatre pance eat or pleine, 

80 Ne darra mie la semeine 
Cîat orgouk que voa or avez. 
Por ce a'or eatea aaolez, 
Si me faites cfaere lovine. 
Ge conterai a Hermeline 

se La foi et la reconDiasaiice 

Dont vos eatea et la provanco. 
Et ge l'ai en meisson laiaaee: 
Tôt de Dovel est aoliociee 
D'un molt bel (ilz et d'une fille'. 

90 'Par fei. n'i âonreie une bille 
Ce dit Tybert 'en els n'en toi'. 
'Atoï, sire Tybert, par foi, 
Ge n'en puis mea, ae me dément. 
Que desgamia aui malement. 

% Qe ne laissai hui a l'ostel 
Ne pain ne vin ne car ne sel, 
Dont ele ae poîst disner. 
Si m'avînt hui a l'encontrer 
HuoQ l'abe, un vie diable. 
100 Renart doit il donc dire fable, 

73 MO t. 79 Dre 80 dura 86 la coanissuice 



1,. Google 



XU (Héon 20&91— 30626) 

Qui jeûna et feit penitanceP 

'Nenil, mes eatre en repentanoe. 

Si deit aler paiasiblement 

Ne mie panier a la gent 
106 QuHl trovera par les oemins: 

Aînz 86 deit tenir toz enclins, 

Quant il vait en pèlerinage, 

Ne deit mie démener rage'. 
'Âvoi, Tybert. or eat asez. 
110 N'eBtez vos mie enoor lassez' 

Fet soi Benart 'de meî gaber? 

Ja ne] vos doûseez penser. 

For 06 se je sui or frarinz, 

Aaee set deu quex pèlerins 
115 Nua aomes' Benart li a dit. 

Et Tybert diat se dex t'ait, 

Renart, di moi ou est l'iglise 

Ou tu Tas olr le eervise. 

Ja se aes tu pas messe entendre. 
1-20 Oq t'ai TeQ carite prendre 

Deua fois sans aler au moster. 

Molt ea religieua dea er 

En petit d'ore devenu. 

Conment dont t'eat ice venaP' 
126 'Par deu, Tybert, vos avea tort. 

Tex eat feblea qui devient fort 

Tybert' ce dit Renart, 'merci! 

Au besoin voit on son ami. 

Mes feîtes le coome oorteia, 
130 Venes o mei en cei defois 

El pifûssie Quillaume Bacon 

Saveir se ja troverioD 

Aucune chose a os ma feme'. 

'Nofferai' dist Tybert, 'par m'ame, 
136 N'ai or mester de traveller'. 

'Oel di por tos esbanoier 



llOenoor« 116 diat 116 dit l2â qnil d. 181 gai 11.' 136 or* 



, Google 



Xn (Méoo 20627—20663) 6 

Et por mei feire conpain^ie. 60 

Si fere« molt grant oortoisie 

Se TOe venes o moi eabatre'. 
140 Voire mes se tu me fez batre 

Par ton engin et fere honte'. 

'Avei, Tybert, ice que monte P 

Par la fei que je dei Korel, 

Ne Toudroie por le mantel 
145 Qui orendreit au col me pentt 

Qu'en vos i forFeïst neîent, 

Ne que eQBsiea se bien non 

Tant cou eerion conpaingnon*. 

Et puis dist eo bas bêlement 
inO Tybert, dex t'enveit marement, 

Que molt m'auras liui ramprone. 

Mes il t'ert bien gerredone 

Se je puis et engin i vaut'. 

Et après a parle plus haut. 
15a 'Sire Tybert' Renart a dit, 

'Ge vos aîm molt, se dex m'aït'. 

Ce dit Tybert 'bien vos en croi'. 

Âtant sont esan del Koloi 

Vers le Vemoi tuit ealeisse, 
160 Si se forent enz el plaisse , 

Loîng del castel desoa la vile. 

Et Renart qui molt sont de gila, 

Aveit Tybert mis a raison. 

'Tybert, par ta confession' 
ler) Fet soi Renart di moi verte, 

9' or venoient ci arote 

Tuit li ohen Guillaume Bacon, 

Se dex te face veir pardon, 

Quar me di or que tu feroies, 
170 Fuiroies tn, ai me lairoies?' 

'Ainz m'en monteroie laaus' 

Ce djst Tybert, 'n'i anroît plus. 

Si esgardetoie lor force, 

USisran 161 caste 167 gvill' (d« i»A)>« 183) Iffî ore 170 Fni- 
M 178 ugBTderoî 



, Google 



XII (Héon SOeed-SOT»)} 

Se je troTOÎe crues n'escorcc 
17a Ou ge me pousse mooier, 

Hue laireie outre oberacer : 

Que trop par est ma pance plene, 

Au cord me faudroit l'aleine. 

Et TOB, Benart, que fereesP 
180 Itïen sai que vos fuireez, 

Si me Ifûreez covenir*. 

Atant voient arant venir 

Guillaume Bacon o ses chenz. 

'Ici ne voî ge nul des miens, 
)8Q Sire Tybert' ce dist Benarz. 

'Or face chascun de ses arz 

Et tôt au mouz que il porra, 

Que B«aart plus n'i demorra. 

Sire Teberd, or del monter, 
IBO Ke vos tienne pas de gaber. 

N'estes or mie eor la roche 

6u ore me dist vostre boce 

Les foies paroles cuisanz. 

La parlerez avoc ces genz, 
195 II vos voudront ja detroer, 

Si coumencbez a aarmoner. 

Se vos loF i treez sannon, 

Vos vos i tendres a bricon ; 

Que ja ne monteres si haut 
200 Que a terre de l'eschafaut 

Ne vos metent de lor bastons, 

De lor arz et de lor bozona. 

Et se vos estes entrepria, 

Ja par moi ne seres requis: 
S06 N'il n'en prendront ja reencon, 

S'il n'ont vostre grîe pelioon'. 
Lors se mist Reiiart au travers. 

Et Tybert s'est au oenne aers, 

Si est montes sans demorance, 
210 Qui au core n'aveit fiance, 

1 ore 197 i manqut 2C0 a la t. 202 Et da S06 Bil MMt 



Xn iMfoo 20701-20737) 

Trop ae senteit pesans et lenz. 
Sovent dÏBoit entre ses denz 
9a credo et sa pateraostre: 
'Ua dex' fait se il, 'père noBtre, 

21Ci Abandone a totes getiz, 

(îariBBÎeB mes pieB et mea denz 
Et ma santé et ma proece, 
Que ge d'i muïre par pereoe, 
Mon chef, mes euz et ma feture. 

220 Et BÎ donea maie aventure 
Renart qni ca m'a amené!' 
Atant ont Renart esorîe 
Li braconnier qui l'ont veâ. 
Et lî braoet sont eBmeO, 

335 Si TÎenent bob le cesne droit 
Ou dan Tybert li chas esteit. 
lloo oonmencent a glatir. 
Ne B'en volent por rien partir 
Devant que tnit li ponaeor 

280 Sont venu et li coreor. 

Uerveillent soi que li chen ont 
Tant qu'il gardent e1 caîne amont, 
Si ont oboisi Tjbert le chat. 
S'or ne li a mester barat 

235 Ja i porra tOBt eacoter, 

Quar il coomencent a giter 
Que pieres que bastoae en baut: 
Et il lor guenoiet et treesaut^^^,^ 
Si li est bien de ce venu 

MO Qne il n'i ont nul aro oQ. 
Mes o les baatonz en gîtant 
Le font Bovent aaillir avant. 
Mes il ne l'en oat a neent, 
AÏDZ lOB tient a mavaise gent: 

249 Ne prise rien tôt lor ruer, 
n ne a'en faiaeit que gaber, 
Que ja par oulz n'onat nul mal, 



3 qne 225 drot 228 uoloient 



, Google 



Xn (Mion 20738— 30772) 

Qnant uns pi-estres vint a chevdt 

Qui eea livres ot fet troser 
35lt Por ce que il deveît chanter 

À Blaangni por le proveiro 

Qui esteit aies a la feire. 

Ne saveit d'autres livres rien. 

N'i coneûst ne mal ne bien. 
Sdô Ce qu'il en set, set par anui, 

Por ce les porteit avec lui. 

Le prestre del Breil aveit non. 

Celé part vint a esperon 

Ou vit oels qui gitent au chat 
260 Tôt prestement sor euls s'enbat 

Cil li dieut se dex vos voie, 

Danz preatrez, ou en ert la voie?' 

'A Blaanni voloie aler, 

Mes vos voudrai demorer 
3C^ Tant que cia chaz seit abatuz'. 

Lors est li prestres descenduz 

Tôt meintenant, e met le freia 

Desor le col de son polein, 

Sel laisse tôt sanz atachter. 
2Î0 Baatonz aquelt fort a trenchier. 

Fit Tebert li ohaz ae r^arde. 

'Ha prestres, maie flambe t'arde!' 

Ce diat Tybert 'de ton venir 61 

i\[e pousse ge bien sofrir'. 
iia Atant vient lî prestres au cène. 

Et dan/. Tybera H chaz l'arennA 

'Sire prestre, que me volezP 

Sachez bien que pas ne venez 

Vers moi a reison ne a droit 
380 Si conme preatres ferc doit 

A doner moi oonfeaeion. 

Ja ne sni je mie laron 

361 pronora S58 par 209 ^. oohftiit 268 noloi 267 iMitanut 
9 atOQh'e 372 f. darde 278 que «tangue 279 moi ,ni* a dreil .* 



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su (Méon 20773-20807) 

Qa'en dois asallir ne tuer. 

Jo me Toloie confesser, 
-JS5 Se TOB oQaaes Tostre estole. 

Mea ?OBtre feme n'est pas foie, 

Que en a lie son veel. 

Mes foi que doi seJnt YBraol, 

YoB faites molt grant vileinie 
-i9(i Qui venes par tele estotie 

Vers moi qu'en vout î<à destruiro: 

Il T08 porroit encor bien nuire. 

Or doûssez avoir proie 

A cous qui m'ont ci aaegie 
•2f)5 Que il se treseiBBent arere 

Tant qu'oÛBsiez a cest pechere 

Priveement an poi parle 

Kt qae m'oâBBies confesse'. 

A cest mot )i preatree pris a 
Hiio Un des bostona que il trench», 

8i fert Tybert deeor Teachine 

Que Bor une brance l'encline. 

'Atoï, dan preatrea' dit Tybert, 

'Féru m'aves a decorert. 
we Vos n'estes mie loîau prestre, 

Paator d'ames doûasez eatre, 

Mes vos estes le plus rapax 

Qui fet a tôt sod pooir maux. 

Se fussiez pastor ovium, 
.<tl0 Ne me feTaaiea se bien non. 

l'ou entendez de l'eacriture. 

Que dex li doinat malaventure, 
. Qui a prestre vos ordena, 

Qu'en sa vie tant ne fola. 
315 Danz preetrea, fniea vos de ci! 

Par vos sera dex bien aervi. 

Uaheît fût qui poor en a!' 

287 QiiR sis en 289 Qui nos molt matupu 291 ei 202 encora 
3M acegei 29*> qne ouuBiet 3U9 aaium 'àVÎ li ] u<w 313 t>win^« 
914 Qm m au TOI *•<•-'»• 



, Google 



XII <M«oii 30808—20843) 

A tant lî preatres regita, 

Fit Tybert molt bien li guenchist 

330 Et puu après itant li dist 

'Por quoi me voles vos sbatreP 
Ja Tois je jus nia corpe batre. 
Il ^ en vos mal confessor'. 
Et li preetreB rejeté oncor 

320 ITn àes baetODs qui est coiiz. 
Et Tybert est aval veuuz 
De brance en branca bêlement. 
Apensez a'est d'un hardement: 
S'il pooit sallir ei cheval 

330 Au prestre qui tant li fet mal, 
Qui ses livres avoit tressez, 
Lors aaroit de ses bonz asez: 
Aler l'en fereit a ses piez. 
Tant par est Tybert abaissiez 

835 Que tuit quident qu'a terre veîsse. 
Lor cheuB huient et font grant noise 
Qu'il quident qu'il voîUe descendre, 
Ttfes il voudra a el enteodre. 
Tant se trait envers le poleîn, 

S40 Qu'il ot bien veiî que le frein 
Ot Bor le col tôt a délivre. 
Li prostrés s'en tendra por ivre 
De ce qu'il n'i ert atachez. 
Et Tybert s'est tant aproohez 

345 Et tant trez envers le roncin, 
Et li provoire Hauvoisin 
Son cben apele 'or ca. or oa! 
Ja a cestuî n'escfaapera' 
Fet soi It preatres, 'gel vos di, 

S60 Puis qu'a la pel l'aura saisi. 
Or l'abatou entre les chens, 
Si verron que fera li miens'. 



)I0 guenohit 333 oope 334 •« iata 3S0 que 
a il 843 po iaro 348 a manque 303 uenron 



1,. Google 



xn(H6oii 20848 -20878J 

Lors ont tuit de recbef hue. 
Et Tybert a'eet tant avale, 

SOfi Quant il ruèrent lor bastona, 
tju'il sailli entre lee aroons 
Del polein qui fu eafreee. 
T^ea granz galoz s'en est ternes 
Tôt le chemin de Blaaignie. 

36(1 Kt li braconnier tôt ire 

l'or le chat qu'il oreot perdu, 
Ont le provoire bien batu, 
Puis apelent lor obens bâtant. 
Et li prestres s'en vait plorant 

366 Apres Tybert tôt le ohemin, 
Toz sonl fors que de Manvoisin 
Son cben qui après rait trotant. 
Et Tybert veit esporonant 
Et galope et retient son frein : 

370 Molt par siet bien sor le polein. 
Tybert le prestro regarda 
Qu'après lui vient, tôt treasua. 
'ÂToi, dan prestres' dit Tybert, 
'Tex ouide gaaigner qui pert, 

375 Et autre enborse le gatûn. 

Mal dol li sorde et mal mahun 
De son oatel et de son cors 
 proveire, quant il vet fors 
l'or le mester damledeu fere 

380 Qui vont les bestea contrefere! 
Dahez ait prestre veneor! 
Il doit vivre d'autre labor, 
l'uis qu'il est a prestre sacrez 
Et tant fet q'il est ordenez, 

»fô Del mester damledeu doit vivre. 
Et vos. danz prestre, eeteez ivre 
Qui laissées vostre mester . 
Por aler un chat decbacer. 



386 l'Teiii 



807 qui 3S9 bBaignie 861 qne il 867 qne 870 plein 874 que 
relire* 



, Google 



XII (Uéon 30879-3QBI3) 

Mes o'ert por mètre el pelecon 

3!)0 A voatre putein de meîaon. 
Yos ne feTstes pas que aaires 
Or en est vostre li damages 
Et 1b perte et le mesdehance. 
Et je Bui en ferme creanoe, 

39d S'irai mes oan au moster: 
Por vos fere or le mester. 
îlolt vos en est bien avenu: 
Tôt vostre s en aves perdu, 
Vos livres avez adirés. 

400 Molt estes or maloûrez, 

Ne saves mes plus une letre. 
D'el vos convendra entremetre 
Que de cures d'ames tenir. 
Bien vos devoit mesavenir 

405 Qui derere avîes trossea 
Et a vostre dos adossez 
Lee Beinz livres nostre sei^or 
Dont on te sert et nuit et jor. 
Mes por ice le fesiez 

410 Qu'en autre rien ne saviez. 

Vos n'estes pas de mon savoir, 
Quar je cuit autretant savoir 
En trestot le peior qui soit, 
Conme en cous que j'ai orendroit', 

415 'Haï, Tybert' oe dîst li prestres, 

'Baux doua aoiis et bau dous mestres, 
Rent moi mes livres: je t'afi, 
Contendrai moi en ta merci. 
Si me rendes mon palefroi!' 

420 'Or n'en soiez ja en esfroi' 

Ce dit Tybert, 'par seint Martin, 
Anchois m'area dit en latin 



8B4 toia oranoe 306 or maniue B99 PuieqnnuM toi linrn •- 
400 ors 406 d. an t. 407 Las einis 1. n. ■•ingor 409 taaà 
410 Muiem 4IS qui i (. 416 b. do m. 43t inatia 



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Xn (Méon 20913-S0947) 13 

Con l'en dît &ble, se voles'. 

'Faba' dist lî prestre, 'or l'aves'. 
4â0 Ce dût Tybert 'ce ue puet estre. 

Faba c'eat fere sanz areste, 

Et fabula ice est fable. 

Âlez, fou prestre, au deable 

Qui Toa puisse le eol briaer, 
4iI0 9i apemee autre mester: 

Que )a premere question 

M'avez eause conme bricon. 

Uee dites mei ici endroit, 

9e saves par ont cevro poît'. 
4.^ 'Pat le cul quant il est overt'. 

Mes par la corne' dit Tebert. 

'Or me respondes de gramaire! 

Saves nient de celi faire 

Que li prestre font as clereons 
440 Quant il lor perneut lor leçons?" 

'Par fei, j'en soel savoir ases'. 

'Bien vos en oroi, mes trop venez 

Si près de moi que il m'ennuie. 

Mes savez vos nute alleluie 
445 Ne douz chant por moi endormir? 

Vos me voureez or tenir 

Parmi les rennes de cest frein. 

Lessier m'eetovroit le polein 

Et trestote le trosgeûre. 
460 Itfes dex li doinat malaventure 

Qui le voB en verra mener 1' 

Lorë aquelt a eaporoner 

Tant que de lui pert la veQe. 

Lors a Tybert grant joie hoSe, 
4Û0 Et le prestre tristre et dolans 

Ya après demandant as genz 

Qa'il encontre parmi la voie, 

433 M KOI D. 425 pot 498 daîble 483 xauie 138 n fftire 
430 ai'ont 444 «Moa 44b moi ntangue 446 oro 448 ma oonueDroit 
451 Qnil OM Uirs hni n. 4fi2 eqolr 465 pi manque 4ÔT Que il 



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XII (Méon 30948-S0983) 

'Dites' fait il, 'se dex vos roie, 
Yelstes vos par ci mener 

4fl0 TJn cheval et eaporonet 
Qui or se départi de nosP' 
'Cist prestres qui ci vent si sous 
Font soi oil s qui il parole, 
'Bien puct eslre que il afole 

496 Ou il a espoir trop boû'. 

'Seignor' dîst il, 'eiuz m'a tolu 
Mon eheYal a trestot mes livrée'. 
'Oez font il, 'est il dont ivres P 
Dan prestre, il est la feate as fox. 

470 Si fera len demein des chox 
Et grant départie a Baieus: 
Aies i, si verres les jeus'.. 

Li preetre ot q'il li vont gabant, 
Si s'eo est retomes atant, 

475 D e son chen droit en mason. 
Et Tybert s'en vait le troton 
Et les gaioz et l'anbleûre 
Tant qu'il garde par aventure 
Lez une haie entre deus blez, 

4S0 Si Teit Renart qui fu lassez, 
Tant par aveit le jor coru. 
Et de la fein qull ot o&: 
8i n'aveit eo li qu'aïrer. 
Et Tybert prist a dévaler 

486 Le val et Renart l'aperceit. 

Trois feiz se seinne, quant le voit, 
M oit le regarde apertement, 
N'osse pas croire fermement 
Que ce fust Tybert qu'il veit la. 

480 Et Tybert qui bien vea i'a, 

Ile fet pas semblant qu'il le voie, 
Ainz ohevaoe molt bel sa voie. 



46.S cil manque 464 pot 469 )k mangue 470 fMta 476 T*ii 
droft le 481 pnr mangUÉ 486 m. q. il )o 489 fn 490 qp* 



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XII {Uéon 20&83-2I018) 

Eïnai s'en vait raolt coiotemeot, 
SoB piez regarde molt sovent 

495 Et puis son cora de chef en chef. 
Un capel ot mie en son chef 
Qu'ert d'eglenter et de oherfueil. 
Et Renart regarde a un ueil, 
Biea veit tote sa contenance. 

600 Et dît Renart 'par la membraDoe, 
l'ar les ptaiez, pur la mort beu, 
Ke sai ou sui ne en queil leu, 
Ne aai que c'est que je voi la. 
8e u'i'st Tybert, qui l'adobaP 

&05 II me resemble chevalier: 

Yoïs por le cuer beu, mes doistrer. 
De livres porte a grant pleuto, 
Il est esleûz a abe 
He dex, et de queile abeîeP 

510 De Clervauz ne sereit ce mieP 
Neoil, mes il i a abe. 
Molt sui boois, par le cuer be, 
Que je n'en osse a lui parler. 
Il me fereît tost afoler 

515 Et leidir a stu palefroi. 
Il le meine par grant eafroi, 
Ce soit par sa malaventure ! 
Si sera ce, g'i métrai cure, 
S'a lui me puis acompainner. 

520 Mes nel sai coumeot areianier. 
Gel corrocai jenî matin, 
l'or ce ne m'os en bod cemin 
Mètre n'a lui abandoner'. 
Et Tybert conmence a chanter 

&S5 Une chancon tote de Rome, 
Onques si bêle n'oT home. 
Et quant laisaîe ot a chanter, 
8i conmenca a r^eter 



601 mor 006 oUr.' 919 aoongpwoer 522 □ 



, Google 



XII (UéoD 21019-210G8) 

Renart que Lui mein l'ot laisse. 

&S0 'Dex!' fet il 'tant avà oorocie 
De Renart que ae puis trovor. 
Se go le poisse encontrer, 
Molt le meisse ore en grant pes, 
Mes escuiers fuat oan mes'. 

035 Lors se raquelt a estargir, 
Son cheval fet avant saillir 
Et iiet 'qu'est Renart devenus P 
Ce poise moi qu'il est perdaz'. 
Et Renart qui bien l'ot oï 

MU Est meïntenant en pies salli 
Et diet 'gie ne sui pas perduz, 
Siie, que bien .soies venuz 
Et que beneoit jor aiez!' 
Et Tybctt s'est lors afichiez 

Mo Sor les estriers, si le regarde, 
Et de parler un pou se tarde. 
Et Renart est avant venuz 
Et li diat sire, bons saluz 
Et bon jor vos soit hui donez!' 

550 'A qui es ce que vos parlez?' 
Pot soi Tybert 'a vos qu'ateintP' 
'Sire, je di que dex vos meint 
Et doint goie et bone aventure!' 
'De vostre sain n'ai ge cure' 

65B Fet soi Tybert: 'ce que ge vueil 
Ai ge trestot. et si me doil 
De Renart que ne puis trover. 
Qe le voloie o moi mener 
A seint Martin a Blaengnie: 

mu Que g'ai de 11 molt grant pite. 
Et ge vois la messe chanter: 
L'igliae m'estuet déporter 
Jusqu'à huit jors por le provoire 



637 que est b4S benoic 539 bnonjiui Ml li il 



, Google 



XII (UÉon imi—nom i? 

Qui est aies a une foire 
666 A Dol, ce aient;, en firetaingne. 

Ja dex ne doint que il reviengnel 

Robe TS querre a sa putein. 

Si ro'estuet la chanter demein 

Et ge n'ai clerc qui me respoingne', 
STO Oe ferai bien ceste besoingne, 

Le mester sai de chef en obef. 

Bien vos aiderai, par mon chef' 

Fet soi Benart, 'se vos volez. 

Ge soi celui que vos querez, 
S75 Kenart vostre bon conpaingnon'. 

'Va ta voie' fet il, 'bricon! 

Tu es RenartP' "Voire par foi'. 

'Uentiroîes en tu ta foi?' 

'Oïl voir oe a dît Ronart. 
680 Va ta voie' fet il, 'muaartl 

Renart ne s'osereit veoir 

Devant moi por nul estovoir, 

Quar il m'a hui molt ranprone 

Et molt corocie et gabe.' 
5Ki 'Ja n'i ot se paroles non.' 

'Si ot. il fist grant mespHaou 

Qui iloc me laissa par moi 

Ou iero alez en bone foi 

li eabatre en oonpainnie. 
590 II ne tist mie cortoieie. 

Mes or me di, eo dex te gart, 

Se tu me vpïs Iiuî Renart'. 

'Nenil certes jor de ma vio, 

Ge ne vos en mentisse mie' 
595 Ce li a Renart respundu. 

'Mes, Tybert, vos ai ge veû'. 

'Avez oï, par le cuor be. 

CoD m'a or cîl vileins gabe!' 

'GabeP de quoi? oncor i pert, 

I coDcie &87 Ikua 5SS Ouoque li slai 



tiCMiî^AR l.1Rr?ARY. 
Ofî IMITlTOTiON. 



XII (HJon 31090-21 12fi) 

600 Dont n'estes voa mie Tybert". 

'Oïl voir'. 'Et je Konart sui, 

 cez enseiones que je bui 

Yos trovai Bor la roche en hant 

Ou vos TOB toatisaîez au chaut'. 
606 Tybert respoat 'tu as voir dit. 

Mes or me di, se dex t'ait, 

Se ge t'enmoin avocques moi^ 

Seras me tn de bone foiP' 

'Cùrtea oTl' ce dit Renart. 
610 Mes or me dites par quel art 

Vos avez tel hamois conquis,' 

'Ja me cuidoient avoir pria 

Li garchoD Quillaume Bacon, 

Quant un preatrea a esporon 
616 I vint sor aon cheval ambiant. 

Et il deacendi meintenant 

Et cuilli ne aai quana baatona. 

Si m'asailli ooome dragons. 

Et ge vi en près le cheval 
S20 Desoz l'arbre tôt a estai. 

Conmencai moi a dévaler, 

Et il me priatrent a huer 

Lor chiens qu'il me voloient prendre. 

Mes je n'oi cure de descendre, 
626 Ainz aailli entre les arcona, 

Et il coD una eamerillons 

S'en va a tôt moi meintenant.- 

Quant ge m'aloie regardant, 

Yi le prestre dolant et laa 
690 Qui me aivoit plus que le pas; 

Toz lez 08 li orent qaasaea 

For ce que lor ère escapes. 

Aprea moi vînt, ai m'arainna 

Et son polein me demanda. 
686 Et ge ai le queationai, 

OS teit 600 oi 613 DDidereat 618 gnill'. 619 •■ I 
2 manquenl &2D Et li ohicn me 630 auoit 631 «nol 



xn (Méon 21126-21161) 19 

De gramaire ]t demandai, 

De soffime et de question: 

Ne me sot respondre on boton. 

Quant ge l'oi fait de tôt conclus, 
640 Qe m'en parti, il n'i ot plue, 

Et sil roTfli aler aprendre 

Et a antre mester entendre.' 
'Sire-Tybert' ce dit Rennrt, 

'8'ore i estoient lî set art 
645 En ces livres que vos avea, 

Bien nos auroit dex asene?.. 

Escoles porreen tonir 

Et riches homes devenir.' 

'Par foi' dit Tybert, 'ge ne sai : 
650 Qu'onqnes es- livres ne gardai.' 

'Non?' dît Renart 'or i gardons. 

Descendes et si destrossons.' 

'Non furai, qnar il est trop tart. 

Mes alez en' fet il, 'Renart, 
Km Bone aleûre a BUainnie,' 

'Conment! iroîe ge a pîe?' 

'Bien, si Tendres encontre moi, 

Si recevrez mon palefroi 

Et as genz ires demander, 
(160 S'il i a cors a enterrer 

Ne nul enfant a batîzier, 

Que tost l'aportent au moster. 

Et ge i serai orondroit' 

Renart dit qu'aler ne porroit, 
G85 Que trop a les piez dépeciez, 

Si est lasses et travelliez, 

Ne manga hai, ne puct aler 

S'il nel laissoit un pou monter. 

'Montez' fet Tybert, 'viatement.' 
670 Atant vet Renart, ei se prcnt, 
Si est montez derero lui : 

eau «et &44 Se ore 060 Q'onqupi 1. 6&2 Dszcendei 6'>6 blennie 
iroige ft'i7 wni^ &5ff '■"matiiliint BM que nier 1165 de[iici«z 



,. Google 



XII (Méon 21lfi2-2ll97) 

n li dira par tens anui. 

Or sont li baron a cheval. 
Si chcvacerent contreval. 

67fi Si s'en fuient grsnt aleûre 
Parmi le val d'une cutare : 
Tybert devant, Benart derere. 
Qui se porpensse en qel mauere 
Il metreit Tybert a raison. 

680 'Tybert, par ta confession, 
Di que de ccst cheval feras. 
Donras le tu, ou le vendras P' 
Go le vendrai' Tybert a dit. 
Et por conbien, se dex t'aît, 

685 Le donras tu? va, di le moi.' 
'Qel te dirai, et ge por coi P 
Voldroies le tu aoaterP' 
Oïl, se tu le vous douer 
A raison et a droit esgart: 

690 Por conbien aura ge ta partP' 
Fet soi Renart. 'Or di reison, 
A i dont nus part se ge nonP' 
Ce dit Tybert 'gel gaaîngnai.' 
'Et ge por quoi n'i partirai, 

(195 Si""» TyhertP' ce dit Renart. 
'Par foi tu n'i aaras ja part' 
Fet soi Tybert 'maie ne bono." 
Si aurai, se raisson le done.' 
Et dit Renart 'por le cuer be, 

700 Ne sut go autresi monte 
Con vos estes, sire TybertP 
Trop Gst vostre barat apert 
Qui me voles de conpaingnie 
Qiter par voatre trecerie. 

TUTt Et es livres et el cheval 
l'artira ge tôt par igal 
Et mot a mot et foil a fueil.' 



r.75 nleorp nSH n tM ajoult â'u. 
^Iri-perii-' nre. 700 pure igiil 



, Google 



XII (Méon 21198-21233) 21 

'Maie gote te cret ainz Teil. 

Diable, Renart, es tu ivres P 
710 Que feroie tu de mes livres P 

Ja n'i ses tn ne q'une chèvre.' 

"Si te puisse tomoier fièvre 

Con rien n'i ssîV ce dit Renarz 

"Ge sai plus de toi les trois parz.' 
71fi 'Ses tu rien de dialetique?' 

'Oïl, tote qiqueliquique.' 

'Respondras moi se ge t'opoaf 

'Oïl, par derere mon dos.' 

'Or antent dont a l'argument ! 
720 Qe di, pnin d'orge et de forment, 

Si di, pain de forment et d'orge.' 

'Maie aventure ait eînz ta gorge 

Que pain d'orge soit de forment.' 

'Tu l'as entendu malement' 
725 Fet soi Tybert, 'ce n'i a mie: 

Tu sez trop pou d'estrenomie. 

Se l'argument te puis prover, 

Leras m'en mon cheval mener f 

'OTi, et se tu pues faillir, 
780 Dont ne m'i lairaz tu partir P' 

'Oïl voirs, lors i partiras.' 

]0r orrai dont que ta diras.' 

Ge dirai dont, por estre quite, 

Que cil n'abat pas qui ne laite. 
73S Or entent dont a la provauce, 

Si apareîlle ta faillance. 

J'opos cest potDt que de forment 

Fet en un pain tant seulement, 

N'i a orge ne autre ble.' 
740 'Gel point m'avoes tu enble' 

Ce dit Renart: 'or di avant!' 

'Beax amis, et puis si di tant 
Que l'en feit d'orge unautr e pain 

TO8 oote T12oheare 714 leiVII. 716 liqueque 717 Upos 720 
«H 731 et 726 tro 727 8b I. 72» 8e io paû 734 )ite 730 ent«n 787 poin 
(de mime 740) 



, Google 



22 XII (M<oD 31'284-21-i6») 

Trâstot pnr et sans antre grein: 
746 Sont ce deos paitu? Que t'est am? 

Kenil certes, tu a§ meapris, 

U ne pnet e&tre que un pain. 

Dont n'est il q'un âlz a putein' 

Fet Tybert 'en trestot le moade.' 
760 Tu menz.' 'Hei tu, dex le confonde!' 

Ce dit Tybert apertement 

Tarmi la veûe qui ment 

DeooOz es par ta faillance, 

Tu as fet trop povre semblance. 
756 Dont ne sera que unes meins. 

Sanz die blez ne puet on dis pains 

Fere, de chascun un par soiP 

Sont ce dis, par la toe foi? 

Or garde con tu aea les arz.' 
760 'Va ta voie' ce dît Benarz. 

'Dont n'est blez blez, dont n'est paip painf 

'Oïl, e vos fil a putein' 

Fet Tybert. 'par ceste reaon 

N'i a nule desfension, 
766 Mes entr'auz a grant diferanoe.' 

'ÂYoi! vos aves mange tence' 

Fet Renart, ai volea teucer 

Et mellee a moi conmeucer.' 

'Non faz, mais voa n'estes pas saje, 
770 Et itel gre a qui cbien nage. 

Quant je voa oi par bone foi 

Honte desor mon palefroi, 

A chalenger lo conmencfaaatea, 

Ueintenant que voa i montastea. 
776 Vus ne feïstes pas savoir, 

31 ne conquert om pas avoir' 

Ce dist Tybert 'par aou genler.' 

'Bien le poes pisser ester' 

Fet soi Renart, 'ge me jooie.' 

7*4 et trostoi i. 702 ueu 760 pot 757 un XMiifM 73) 
ODDiDo 774 HeiteniDt inonUsieB 777 dit geler 778 bia 



'c* 



Xn (H«on 3I370-3I300) 

730 Puis dût en bas s'en caste Tole 
Ne TOB faa ftnnuî et pesanoe, 
Dont sa ge poi de uigromance. 
Se anchois que nos departoms 
N'est remendez cist pelicona, 

78Q Ja dex ne me leiat jor plus Tivre.' 
Tant ont ohevauce a délivre 
Et tant ont eDtr'eue despute 
Qu'il sont en Blaeigni entre. 
Deaoz la TÎle enmi les près 

790 Si oDt lor lirres destroasez. 
Lor ofaeval laisseront aler 
Â. l'erbe peetre et saouler, 
Si s'en tornent vers le moster. 
Près estoit ja de l'anuiter, 

TS& Si s'en erent alez lez gêna. 

Au moster vienent, s'entrent eus: 
Les lampes furent alnmees 
Et lez genz s*eD furent alees. 
Ce dît Renart 'or oomenchez! 

800 Far deu, trop voa estez targiez; 
Sanz vespres oïr s'en root tiiit' 
'Bire Renart, ne tos anuit, 
Il lor avespirra asez. 
Mes cez chandelez alumez' 

SOS Ce dit Tybert, 'que le serTÏce 
Doit l'en dire a treit en l'iglise 
Et fere le meater molt bel. 
Ovrez les fanis de oou chancel, 
Nos i Terron oncor molt cler. 

810 As antienes m'estuet tomer, 
Et vos repemes cou sauter. 
Si toroez a vostre mester, 
A ces versez et a ces saumesl' 
Et Ronart aquelt a ses paumea 

816 Fias menu ces fous a torner 



787 «Dt immpw 786 bl. nena 791 iMienDt 796 SI entret 800 
engin 801 alomtt 807 moster 806 cm h. 809 ueron 810 msitot 



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XII (Méon 21306-21341) 

Que VOS ne poissiez conter. 

Qaant a lor mester aont tome, 
Si se sont amedoi levé. 
Tybert vesti le sorpelis, 

830 Apres est vers l'autel sailliz. 
Tybert son capelet osts, 
En te] manere conmença 
'Domine, labis mea' . . 
'Si t'idt dex, oon ce i a' 

836 Ce li a respundu Renart. 
'Oe sont matioes, fol musart, 
Que tu nos vous por vespres dire.' 
Et Tybert ocomenoa a rire, 
Si li a dit 'que i a dontP' 

830 'DeuB ÏD adjutorium' 

Fet Renart 'el conmenooment 
Doit en dire premerement, 
Dant Tybert, ou vos estes ivres. 
Ou rienz ne savez en cez livres. 

886 Ahi! que ne vos ont ol 

On l'arceprestre ou dant Davi, 
Ou le prestre de la folie! 
Quidiez qu'il no riaiasent mie, 
S'il vos oÏBsent autreai 

840 OoD mei e vos avom oT 
En tel manere conmeocerf 
'Fox, jel fis por toi essaier. 
Qe ne quidoie pas por voir 
Que tu fuasea de tel savoir. 

845 M!es or t'a ge bien esprove. 
Se remeindre voua ceet eate 
En ceste vile et sejornor, 
MoU te forai garbea doner.' 
'Ja eat ce bien' ce dit Renart. 

660 M^es dites vespres, qu'il est tart.' 
Lora aplagne Tybert son ohaf, 



p. torner oooler 819 loplii SW «tatartn 



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XII (M£on 21S42-3I3T7) 

Si reconmence de rechef. 
DeuB in adjutorium dit, 
Et Renarl; les antenea lit. 

800 Si ont ohante aalmes et vers 
Uolt hautement a deuB envers, 
Les antienes moût hautemeot: 
Le capitre dist simplement 
Sire Tybert, et dan Renart 

860 Redit le verset a sa part. 

Si ont chante eneamble a ligne, 
Tût mot a mot et tôt a ligne. 
Sire Kenart les versez dist 
Et daot Tybert lez responz fist, 

865 L'antiene del Uangnilioat 
Celé dît dsnt Tybers 1î obaz, 
Et Renart Ta bien entone 
Et gloriosement chante. 
Âpres chantent, si con moi semble, 

870 Lor antiene ambedui ensanble. 
Tybert a dit après le vers, 
Renart li respont a envers. 
Puis dît Tybert en sa r«son 
Moult bel Domimis vobiscum. 

8TS Renart H respont hautement, 
L'oroison diat apertement 
Tybert et le per omnia, 
Devant l'aatel s'agenoilla. 
Et Renart respondi amen, 

880 Puis li a dît 'levés vos en 
Et si aies dore ces buis. 
Qe dirai benedicamus.' 

Âtant a Renart envaT 
Un benedioamus forai 

885 A orgue, a treble et s deacbant, 
Que il n'a home ai vaillant 
El mont, ne si mesaaise, 



lar 868 te 8«g chanter 876—879 manqtunl 880 te 
684 benedioaamui 886 Qail ni ■ 887 oa «i neMiie 



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TU (H4on S13?fr-21413] 

De soi n'oflst gregnor pitié, 
S'il oîat Benart, qu« d« lui. 

890 Tôt le mont tepeûst d'ennui 
Renart de son aeri chanter. 
Deas liuea poissiez aler 
Ainz que il l'oOst parfine. 
Et Tybert ai a l'uis ferme 

8S6 Qiû molt eateit de chanter las, 
Si dist le Deo gracias. 

Aprea ont cooplie chantée, 
Et quant l'oreat tote finee 
Si priât l'an l'autre a areener, 

900 Et Renart a parle premer. 
'Sire Tybert' ce dist Renart, 
'Ge Toudroie savoir quel part 
Clo aurai de tôt le gaaing, 
S'en ceate vile o tob remeing. 

905 De la disme de ces poroeax. 
De oea brebiz, de ces veax. 
De cez pocins, de ces oisons, 
Dites conment les partirons. 
De l'oblaoion et dez leiz, 

910 Dites et devises en pes 

Conbien j'en aurai a ma part.' 
Tos en aures trestot le quart' 
Ce dit Tybert, 'a'on le me loe.* 
Et Renart li a fet la moe. 

9iCi 'Conment' fait il, 'por le cuer be 
Waà ge autres! bien chante 
Anuit a vespres oonme tubP 
Et autant sui religions 
Et nez et prodom de ma mein. 

920 Sera ge plus filz a puteîn 

Que vos, que n'aurai de la dime 
Autretant cume vos meTme, 
Et de tote l'oblaGLonF' 



888 Kregooi 894 luis bien f. 896 dit 899devBiDar VtgûH 
lUttlne OMl 911 ie aurai 919 prododio 



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XII (H«oii 21il4-S1449) 

'Renart, tu me tienz a briooD 

S» Fet soi Tybert, 'ge le t'afi. 
Ne m'ae oncor gairea servi 
Et si Teuls ja a moi partir.' 
'Partir? dud voil, tâoz voil oïr, 
Eb quoi ge m'î porrai fier, 

930 Se ci me siet a demorer,' 
'Ja se ta es de booe foi, 
Te plivis loianment ma foi, 
L'uoe moitié te partirai 
De ce que je gaenguerai 

936 De morz, de viz et d'aventures, 
D'offrandes et de sépultures, 
Et tu me soies bon amL' 
'Qe l'otroi' dist Recart ensi, 
Mes certes ge ai molt grant feîo.' 

940 'Se tu Toloies mangier pain, 
Vea en la uu les oel autel.' 
'Ge n'en mangai onques de tel' 
Fet Benart, 'a jor de ma fie, 
Ues de formage auroit t mie?' 

84& 'Par foi, ne sai' Tybert a dit, 
Ataut garda avaut, si vit 
Une toueille eevolepee 
ËD une fenestre botee: 
Deus en i ot entorteillies, 

960 Li uns fres et li autrez vîez. 
Tybert les trait de la toaille. 
'Dex ude! ce n'est pas faille 
Que chasoun aura ja le sien.' 
'Par foi' dit fiensrt, 'ce est bieo. 

955 Ueis dones moi eel blanc, oel mol.' 
'Conment voles vos sambler fol' 
Ce dit Tybert, 'sire Renart? 
Cest dur aures a vostre part: 
Que il est boa a ouer tenir, 



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I 



XII (Méon 214(K)-21483J 

960 St qui le voudroît départir, 
ÂBea durroit plus que cestui.' 
'Yoles le vos mètre eo eatuif 
Fet Renurt 'celui me dones.' 
'Jk par mou chef o'eu mangerez' 

965 Ce dit Tybert 'graut ne petit.' 
'Par le caer be' Renart a dit, 
'Dont estes vos vers moi triehere.' 
'Or va ta voie, fol licherre ! 
Demein au soir auras cest mol.' 

mo Or m'area entercie & fol' 
Fet Renart, 'en la moie foi. 
Et si me mentez Tostre foi, 
9i vos en apel a Ruen 
Ou devant Huon le doien 

978 An coDvent a la confraric'. 
Que que Renart Tybert envie. 
Si a Tybert tant esploitïe 
Qu'il a le formache mangie, 
S'en a Renart ou grant doil. 

980 II en oQst où son voit, 

Mes ne puet ore estre autrement. 
Entre ses denz dit bêlement 
'3e hui ne sui de toi vengiez, 
Molt eu sera mes cuers iriez.' 

985 Lors a son formace entame, 
Que il estoit molt afame. 
I^î en manja tant coq il pot. 
Et quant ascz mange en out, 
L'autre lia en son giron, 

090 Que il portera en mwson. 
Mes entretant oon il manja, 
Totea voies se porpensa 
Gonment Tybert concfaîereit 
Qui si mal parti li a voit. 

093 Lors a Tybert a raison mis 



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XII (MéoD 2H86-21523) 

'Sire, se g'ai vers vos meapris 
De ce que ge vos ledenjai, 
Onques mes de tel ne manjai. 
Molt a este bon le formago, 

1000 Et vos partistea conme sajc 
Quant vos me donastes cratui. 
Mea il me tome a grant anui 
Qa'aDuit nos somes oblic 
Que nos n'avom mîe sone 

1005 As veapres ne a la vîgîlle.' 

'Yo8 me dites voir, par seint Gile' 
Ce dit Tybert, 'car i alous 
 ces cordes et si traions!' 
Atant sont as cordes venu. 

1010 Renart qui plus voiziez fu, 
Dist que il sonereit avant. 
Ab cordes, s'aert meintenaot. 
Mes ne pot de terre soner, 
8or on banc le convint monte^: 

lOiii Des cordes list un las corsor, 
A son col le miat tôt entor 
Et ses deuB pieti avoc devant. 
Tybert le va molt regardant. 
Et il prent les cordes as denz, 

1030 Si sone tant que neiz lez genz 
Qui dormoient. sont esvolle. 
Mes le las ot si adreoe 
Qu'il ne pooit mes corre aval. 
Hes trop aavoît Renaît de mal 

1025 Qui as denz les cordes osteit. 
Tybert de ce ne s'en gardeit, 
Ancoia qui doit q'o les deua piez 
SoDoit, qu'avoit avoc leiez. 
Et quant il ot aaea sone, 

hw Si s'est molt bien del laz oste. 
Et dît Tjbart 'or est il droiz 
Que je aone la moie foiz.' 



IbOd diB(«» 1010 que 102;! oore 1032 rekOno 



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xn (Méon 2I523-215M) 

Et dît Benart 'par aeint Rioher, 
Gel Teil, et que boive ud aaster 

1O30 De TÎD cil qui pis Bonera.' 
'Dahez ait qui le voîera' 
Ce dit Tybert: 'or seit einsi.' 
Atant s'en est en piez sailli. 
Si est desus le banc montea 

1040 Et el laz a ses piez botes 
Et après i bota son col, 
Je cuit qu'il s'en tenra a fol. 
Les cordes a prises as denz. 
Lors primes le voient les genz 

1046 Qui vindrent au moster garder 
Qui ce est qui tant puet soner. 
Atant Renart Tybert aresne: 
'Buer montastes' fait il, 'el chesne 
Ou le provoire vos trova 

lœo Qui en oest lea vos envoia. 
Ice. dites, ne vos plaist il?' 
Si con Tybert Tout dire *oïl,' 
Et oonme il la boche ovri, 
Li laz par le col le sesi. 

la'is Quant les denz de la corde osta, 
Li las entor le col serra 
Et avec furent li dui pie 
A quoi auquea est aligie, 
Que meintenant fust estrangle 

1060 Se li pie estoent oste, 

Quar les piez li laz eslesse. 
Et dit Renart 'estes aeseP 
Ne saves mie bien soner. 
Estes, je vos irai ester.' 

1063 Tybert qnide qu'il die voir. 
Et Renart qui enviz dit voir, 
Quant du laz le dut délivrer, 
Si li ala le banc ost^r* 



1064 et ] uns 1036 qD« 1030 monte 1040 boU IfUS <| 
1048 B«r 1069 nenlenknl 1061 I: I. 



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XII (HéoD 215&g-2ID91) 3 

Que il aveit âesus ses piez. 
lOTO Or est Tjbert plus enlaciez. 

Or ne a'a il sor quoi ester, 

Et tôt jors fait les seins soner. 

Et quant il s'en quide escaper, 

Renart le coDmenoe a gaber. 
10T5 Envers lui est avant passez, 

'Ha bal' fait il We est ases. 

Sire Tybert, ce est anui. 

Connient ne fînereiz vus but ?' 

Et Tybert ooumenoa a grondre. 
10*1 'Coument, ne me denniee respondreP' 

Ce dit Reuart 'orgoil, orgoeil. 

Haie aventure aient mi oil 

8e ge ne vas faz sorde oreilo : 

Yoe me faites or la dorveille 
1086 Qui ici vos vois aresnant 

Ne ne me proisiez mie tant 

Que vos Tueillîez a moi parler. 

Conment? volez vos ja monter 

IjBsus amont a damiedou? 
lOBO Avoi, Tybert, ce n'est pas jea. 

L'on ne monte pas si as nues: 

Dont vos sont ces folors venues? 

Qtiidiez vos ja estre si seinz 

Que vos ailliez avoc lez seinz, 
1095 Et moi voies gerpir iosiP 

Pou avcs oncor deu servi 

Por aler ja lasus en gloire. 67 

Vos ne feîstes pas mémoire 

Ersoir as vespres de la feste. 
1100 Molt vos devroit doloir la teste 

Que toz jors contremont gardes. 

Et a moi por quoi ne parlez? 

Por quoi m'avez si en haï F 

Ja n'ai ge mie deu trabi 

10R4 ore 1066 Ha manque ni t. 108» uoleuet 1090 Am 



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XII (Héoii SI595-2lffi») 

1106 Qufi ne âegoies parler a moi. 
Vos me mentez la vostre foi- 
Or le m*avez deua fnz mentie: 
Une ore et autre a la partie, 
Quant vos partistes le formage. 

1110 Vos ne feïstea pas que aaje. 
Bi vos di bien par saint Saoson, 
Que ge vos en tieng a bricon. 
Ne me semblez pas iusi mestre 
GoD vos doQssiez erseîr estre, 

ItlQ Quant vos me trovastes el val 
On chevauciez le cheval 
Qui portoit les livres trosez 
Que aviez au prostré emblez, 
Et son polein par trahison. 

1120 Or en pendez conmo laron 
Et si avez or bon ofaapel. 
Et que ert il or de l'apel 
Que j^avoie envers vos tetf 
Conment ert del aler a plet? 

1125 Vos n'î porrez or pas aler. 
Fêtes le vaux contremander 
A la conrrarie as noneinz 
Trois aemeinez ou un mois meinz. 
Or me ditez. que ferois vosP 

IISO Par deu, trop estes or;>ellox 
Por estre mestre a povre gont. 
Yos les menrîeez malemcnt, 
Se sor euls aviez baïllie. 
Ne place deu le Hh Marie 

1136 Que en vos aient lor atonte: 
Que il auroient maie rente, 
Ne voudreez a odIb parler 
Ne seul de droit oeil esgarder. 
Ge vois ore les huis uvrir, 

1140 Que j'ai oî lez genz venir 



1118 Qui 1121 ore 1123 ore 1127 m] 4m 1131 | 
manqut 1187 iiealdrei-i 



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XII (Héon 21631-31660) 

Qui Toelent entrer el moster. 
Or doûssiez voatre sauter 
Tenir overt sus voz jeoolz, 
Et vos TDS estes a trois douz 

1145 lioiez as cordez par la gole. 
La soûstes vos pou de bole. 
Que dirunt ore li prodome? 
Or ne chantez vos pas do Romo 
Si CCD vos feïstez ersoir. 

ll&O Vos doûssiez si bien savoir 
Les set arz, ce deseez ier: 
Or ne vos saves dezlier. 
Folie vos fait tant soner, 
Vos doQssiez laissier ester 

1156 Le debateïz de cez clochez. 

Meuz vos venist pescher as locliez 
Qu'eotremetre de tel niester 
Dont vos ne savez pron aider. 
Ne vos en saves entremetre, 

1160 Hes en pria vos voleez mètre 
De tenir la marruglerie. 
Vos feïstes molt grant folie, 
Oe vos di bien tôt a estrox, 
Certes trop estes orgellox. 

llGû Ge quidoie par seint Guion 
Q'ft la purification 
Venist ma femo a vos demcin. 
Mes ne porroit a vostre mein 
Ateindr» s'offrande a baiDior 

1170 Ne vostre bêle mein baiasier, 
Que trop vos estez haut levé. 
Si vos tendreit a fol deve 
Et en auroit trop grant pour. 
Et quar me changies par amor 

1175 Deue maaillcs por un denier, 
Qu'allora les voldrai envoler. 



1143 Ml 1161 d. er noir 1157 Que tTometre. Ilft5 quiiloi 
1172 tndret 1170 11- O- 11'B 1« 

HKNAKT II. a 



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XII (Méon 2I687-2t7(B) 

Que dites vos F aurai les mîeP 
Voiz por le core seinte Uario, 
S'il deingne a moi parler encor. 

1180 Malement parlerees or 

A un povre home, qant a moi, 
A qui vos estes par vo foi 
De mener loîau conpaingnie, 
Ne dein^iez encor parler tnîe. 

1136 Mes avant volez oïr tôt. 

Or me reapondes mot a mot 
Espoir de ce que je vos dî! 
Mes por deu, sire, je vos pri, 
Ne metez rien a vostre cuer. 

1190 Qne ge nel vobdroie a nul fuer 
Que vos en eussiez nul mal. 
Parmi tôt ce que el cheval 
Ne voussiates que ge partbae, 
Si voleee que je preTase 

1195 A porter Hermclîne a messe. 
Ne VOB fu onqnea felonesae: 
Yolentera li devez prester 
Et de vos chandeillea doner. 
Aura le ele, baux douz sire F 

1300 Oïl, damledeux le vos mire. 

C'est bon gre deu et maugre vaatre, 
Ele dira aa patrenoatre, 
Que de\ voa doinst honte en cest an 
Ainz que vienge la aeînt Jnhan, 

13(15 Si aurea vos encor anuit. 
l'or deu, aire, ne vos anuit, 
(le paroi volenters a vos. 
Et vos estez trop ennuioux, 
Et a moi ne volez parler: 

1210 Toldriez vos tôt jors soner? 
Oe voa dî bien, ce est folie. 
1 aanble, ce seit estoutio'. 
Atant let Renart le sangler 



17« » moi j bien 1204 Ia 21!f «toit de roil 



XII (Méon 21704-21740) 

Qui a l'uifl vit aboeter 

1215 Un fort vilein fel et enrievres, 
llardiz autresi cou un lerree. 
Au coste ot s'espee ceinte 
Qui tote esteit de roïl teinte. 
Qu'il ne pooit issir des es, 

13S0 Ne ja par lui n'en istra mes. 
Et quant il vit Tybert le chat 
Qui si fort les cloces débat, 
Et Renart vit ester les lui, 
Tel poor ot et tel ennui 

1325 Que meinteuant li prîstrent fevres 
Et il s'en fuï con un lèvres. 
Et Renart est avant passez. 
Si li a dit 'estes, estes. 
Fox vileins, par ci oieroîs.' 

1230 AdoRt fu li vileins destroix. 
Quant vit que Renart l'escria, 
Einsi très grant poor en a 
Qu'il dut estre del sen issu. 
Ono ne fîna, si ost venu 

I3B5 Lasus amont enmi la vile. 

Et Renart qui molt sont de gile, 
S'en est retome au mostfir, 
Si osrache un fuel del sauter, 
Si l'a dedeas son sein bote, 

1311) Et Tybert a sraisone. 

Sire Tybert' Renart a dit, 
'Ge vos di bien, se dex m'aït, 
Que je ne demor plus o vus, 
Que trop estes rellgious. 

1245 Trop poes por deu traveller. 
Ge ne porroie tant veiller. 
Ge m'en irai, vos remanez, 
Et vostre offrande rechevez 
Tel con ele ert, ou mole ou dure: 
1360 Que bien sachez, je n'en ai eure 



H]n 



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XII (Méon 21741—21776) 

Ne de la moitié oe du quart.' 
Atant Renart de lui se part, 
Si a'en vait droit a une hùe. 
Et Tybert de soner s'eBmate, 
r255 Qui de Boner fu si ateinz, 

À bien pou que il u'est esteinz, 
Ne ne ae pot mes preu eider. 
Et li Tileina qui du moater 
Estoit devant Renart tome, 
1260 Si avoît tantost encontre 

Plua de dia vileina toz pleinz d'ire 
Qui tnit li conmencent a dire 
'Et fntea Toa a cel moater P* 
'Oïl' fet il, un aTersier: 
1266 I ai veii, jel vos a8. 

N'alez paa en avant d'id, 
Que as cordea a un diable. 
Ne quidiez pas que ce seit fable 1 
Et uns autres s'esta les lui. 
1270 Saches que il m'ont fait anui. 
Et quant je voîl laiens entrer, 
Si me priatrent a eacrier, 
Et je m'en faï conme lèvres, 
Si m'en aunt ja priaea les fevres 
1270 ^t antre mal encore aaez. 
Si ai este eapoentez 
Que grant poor ai de mon cora. 
Molt a anuiz lor ani estors, 
Et encore me aiveot il.' 
1280 'Venez ent arere' font il. 
Atant retome li vileina 
Qui de la fevre eatoit ja pleins, 
S'en va avoc ous au moster 
Et si lor dit 'par aeint iUober, 
1286 Si m'en créez, n'i entreroiz: 
Quar li deables peut tôt droia 



1963 •' man^e 1266 quil 1257 f oid- 1261 t. tmtoi 1» 
li 1267corclo 1275 encorru 127» lucnt 1285 «ileroîi W8Bd»H" 



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Xn (Méon 21777-31813) 37 

Et par le col et par lea piez. 

Aa cordeB est bieo atachez.' 

'C'est neent' li uns respondï, 
1390 'Or toat' fait il, 'baron hardi!' 

Âtaot sont au moster venu. 

Li vileins qui fu esperdu 

S'en vait toz jors traiant arere. 

Molt fu coarz de grant manere: 
12W Lee autres let aler avant 

Dant Tybert troverent pendant 

ÀB oordee, molt l'ont conjuré 

Que il lor die rente, 

Se il est bone chose ou non. 
1300 II ne respont ne o ne non. 

Et il l'en ont entreparle 

Et autre foiz rooonjure. 

Il ne respont ne que devant. 

Tierce feiz' font soi li auquant, 
1906 Xe convient encor oonjuror, 

Et 86 a nos ne vout parler, 

Bi l'aaaillon hardiement.' 

Lors le conjurent erraument. 

Un bachelere prou et hardi 
1910 Plein pie est devant euls salli, 

Si li a dit 'tu qui la pens, 

Ge te coDJur de totes geaz 

Et de l'apostoile de Kome, 

Que je ne sai nul si haut home 
13t& Fora que sons nostre sire dex, 

Oe te conjnr, ee tu es tex. 

Que tu doies parler a gent, 

Parole a moi isnelement! 

De ta foi et de ta créance 
1330 Te conjur et del roi de France 

Et de treetote lu maisnie 

Qu'il meine o lui en ohevautùe, 

188» risn U nUein r. 1290 tôt 1305 anooro 1817 doia 



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38 XU (HéoB 21818-31848] 

Et de par le roi d'Engleteire, 

De boM, de pre, âe tote terre 
13^ Et de trestote créature, 

De tea eus et de ta faiture, 

Que me dîee s'es de par de 

Ou par celui qui me fist ne. 

Ja te verras tôt detreoeber, 
1390 Ne TOÏB tu eî moD brano d'acher?' 

'C'est noent' cQ ont reepondu. 

'ÂTant' fout il, 'baron oremu, 

Assaillon a deetre, a senestre I' 

Âtant vint la meecine au prestre, 
133Ô Si li passe coume deTee : 

'Avez tob' fait ele, 'rovee 

Geste iglïse par pute estreine? 

Ja est el mon seignor demeine. 

Ja conperrez, se dex me saut, 
1340 Se ma conoillo ne me faut.' 

Lors li passa a sa quenoille 

Et cruelment le dos lï roille. 

Et Tybert durement tressaut: 

Et por neent, rien ne U vaut, 
1345 Que il ne lor puet escaper. 

Lors saut le quointe baoheler. 

Celui qui s'espee avoit traite, 

Fiere eoTtûe li a faite. 

Celui qui tant l'ot conjure 
1350 Est meintenant vers lui aie: 

Entor son braz torelle a masse 

3on mantel, et puis si li passe. 

Segnies s'est et puis T^t avant, 

Un coup li done en reculant, 
I35& Que les mailles de la pelice 

Li freint et délace et déliée. 

Si le feri de grant a!r: 

 terre en fait un pan venir, 

Ues ne l'a en ohar adese 
1383 d. «t » 1887 eit'ne 1888 deiaane 1843 rooill« IStS |»> 
ISCO mentsDtiiK 1853 p. si u. 1306 mulei 



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XII (HéoQ 31S49— 21880) 

laao Q'el poin lï est le bran tome. 
ËD tornant deaceiiâi aval, 
Ne H a fet gairez de mal. 
'Vee' fait il, 'cod trencbe m'eapee! 
S'el ne me fust el poing tomee, 

136Ô Ja en oûese prie venjaDce.' 

Lors vint un vileîii o sa lanche, 
8e li refet une env^e. 
A deux meins l'a forment brandie, 
Parmi le cors le vont ferir. 

1370 Et Tybert li sont bien guenchir. 
Et li vileins outre passa, 
A une piere s'acopa: 
Saches que la lanche a brisée 
Et une coste a pachoiee. 

1375 Et le bacheler o l'espee 
Qui ot s'aleine recovree 
Et tôt repris son hardemeot, 
Li est passes hardïemeat. 
Li bacheler ot non GUiilIame 

1380 Ferir le qaida sor son baume, 
Mes a cestui coup a failli, 
Que Tybert li a bien guencî : 
Ne l'a mie a cel coup ateint, 
L'espee entre ses poins li freint. 

138D Et il li passe o le troucon, 
8i le feri el ohaaingnon 
Que les las ou il ert ladez 
A a cel coup outre trenches. 
Et Tybert qui molt esteit Isz, 

1390 S'en vait fuiant plus que le pas. 
Parmi l'uis s'en esteit saillis. 
Et li vileins fu esbaïz 
Qui de lui ocire ert engrez. 
Si lor esche or tost aprez!' 

1895 Si l'enobauceot molt durement, 
Et il nés dote de noient 

1364 pvg 1374 paohooie 



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Xn (Uém 31886-31934) 

Qa« la nnit qui esteit oscure 
Lof a tût perdre, et l'aventure 
Qui li estoit a avenir, 

1400 Qu'il ne deveit mie morir. 

Li vileia s'en toment atant. 
Et Tybert s'en Tait devorailt 
Les Ttleina et la pute au preatre, 
Uolt les maudit et tôt lor estre, 

140& Et puis Renart et e'ataîne. 

Que que Tybert ainsi cemine, 
Li est venus Kenart devant 
En sa voie parfont olinaot: 
Hatù' fait il, 'bons ordenez, 

1410 For amor deu oar me dones, 
Que dex li père le vos mire, 
De voetre offrande, bauz doz eiret 
Et si Ebe contea de vostre estre 
Que de vostre ordre voudroîe estre, 

I4lfi Que molt vos siet bien oele estole 
Qni te vostre bel col acole. 
Et por deu, sire, qui Vi mist 
De grant folio s'entremist, 
Qn'ele resemble chaagnon 

1490 A quoi l'en ait pendu laron.' 
'Hahi' ce dit Tybert li chaz, 
'Haie aventure ait tis baraz 
Et trestote la toe foi!' 
Dites vos' fait Renart, 'a moi?' 

1426 "Oïl voir Tybert reepondi. 
'De quoi vos a ge mal parti, 
Sire Tybert' Renart a dît. 
'Trestot avez sanz oontredJt, 
Yostre offrande tote l'aies! 

1490 Estes vos ore bien paîez? 
Ânnit aves parti et pris. 
Et d'itant avez vos mesprîs 
Que cil n'en a soient oû 
Qui a la vigile o vos fu, 
1421 T;b«rt mun^im. 



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XII (Héon 219^6—21960) 41 

1435 Renart rostre bon conpaingnoD. 

Ues tenez vos, si oiez mon, 

Que dedenz cest brief îoi a. 

Que orendroit te m'envoia 

Hi sire Haon le deien, 
1440 Et ai vos mande qu'a Boein 

Soies lundi devant manger 

Tôt preat a ore de plaider 

Encontre le prestre del firueil 

Qui a eserït dedenz oest fneil 
1445 Treatot qnanque il i Tout mètre. 

Orendroit le me fiât tremetre, 

Et se vos bien ne m'en créez, 

Venez avant, si î gardez! , 

Et pins i a encore el bref, 
1460 Qu'il voe contredit, par mon chef, 

Le moster, ot met en defois. 

Vos n^i chanterez mes des mois, 

Ne mes ouan de ai que la 

Que aurea de fide leaa 
14âB Kespundu devant l'archeveaque ; 

Ou a la cort devant l'evesque 

Uon seignor Oauter de Costancea, 

Avon nos mises noz aentanoes, 

Li preatree et je sauz mentir. 
1460 Ensamble vos volom tenir' 

Fet soi Renart, se vos volez.' 

Lors par fu Tybert adolez, 

Trîstree et doleros et laz. 

Que por les cox, que por le gaz. 
1460 Si s'en vait droit a sa meaon. 
Si départent li conpaingnon, 

Ce dit l'eatoire qui ci fine. 

S'en vait Renart a Hermeline. 

Sï encontra un cras oison 
1470 Qu'il enporta en aa maison. 

U:(9 herbet 1440 qne a rosm 1443 brel 1461 m. en m. m 
derioii 1463 nehanterei I4G6 k mangue 1468 no S. 1409 »M m. 
1462 engolu 1464 le 0. 1467 que 1470 m manf/ue 



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42 XII (Hion 31961-21976) 

A sa feme atome a manger 

Qui molt eu avoit grant mester, 

Et BÏ li a trestot conte 

Gonment Tybert l'avoit meno, 
1475 Gonment le priât a aohoinson. 

Ge VOB dit Richart de Liaon 

Qui conmenche a ceate fable 

For doner a son conaestable : 

Se il i a eo rien mespris, 
M80 II n'en doit ja eetre repris, 

Se il i a de aon langaje: 

Que fox uaïs il n'iert ja sage 

N'il ne veut gerpir aa nature. 

Que dex noetre sire n'a oure. 
1485 Tois jorz siet la pome el poœer. 

Ne vos veil avant rimoier. 

1471 atorner 1475 Et d. a mtinque 147U Et um dit rit • 
metprUt 1482 il manque 



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XUI {Héon 21077-21009) 



XIII 

Uke estoire voil conmencier 
Qui duremeot feit a proisier: 
Et grant; bien i porroiz aprendre, 
Si il V08 i pleat a entendre. 
5 Or m'escotea sans Doiae fere, 
Que nus contes ne porroit plore 
A. home qui est trop doîsouz: 
Mes de l'olr soit eovoitoua, 
Celi qui oTr la voudra. 

10 Or oez que l'en vos dira. 

n avint ja qu'una chevalera, 
Qui molt CBteit prous et légers, 
Fist fere un castel bel ot noble: 
N'ot tel jusqu'en Costentinoble. 

15 Li castax fu molt bien eeant 
Desor une roche pendant, 
Et si estoit bien conpassez. 
Clos fu de mur et de foBeez 
Dont l'eve coroit tôt entor, 

20 Un pont torneTs par desor. 
Trop par fu bieD fait le castel, 
Onques nul om ne vît si bel. 
Or vos en ferai le devis. 



1 Une naatoire C( 
ek'r 14 l. de qnsD 



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44 xm (Hâoti saooo-aaosft) 

Desur une eve fu aejg 
26 Qui gtant ert et porte navie. 

Par l'eve viot marcbeandie 

Tôt contreval jusq'a la mer. 

Molt fait ce) pats a amer. 

La praerie fu selonc 
30 Qui duroit deus liues de lonc 

Et quatre de le saos fullanoe. 

Les TÎnnez (telez n'ot en France) 

8i firent forment a chérir. 

Et Bi vos di bien sanz mentir 
83 Que forest i ot bêle et grande; 

n n'ot tele jusqu'eu Ilande, 

Plus bêle ne plus avenable, 

TSo a franc home delitable. 

Cent arpens bien en i avoit. 
40 Mes nule beste n'i avoit 

Que molt n'en i ot grant pleote. 
Un jor fu lî sire monte 

Desur un bon corant destrer, 

Et dit qu'il veut aler chaoer 
4Q Por veneÎBOn en la forest. 

LeB cbeiiB aoople sanz arest 

Li esouier et lï sergant, 

Et li venerres vait devant 

Sor un grant cbaaceor liart. 
M) Âtant ont levé dan Renart. 

Quant lî vénères veû l'a. 

Les chenz apele 'or c%, or ca!' 

Quant Renart vît les chenz venir, 

Vers le castel prut a folr: 
60 li chen le sîvent a ellez, 

Et tait li veneor aprez. 

Et Renart qui fu esbaîz, 

Sailli sor le pont torneïz 

Et s'en va parmi la porte ens. 

2e lOArohEdie 86 ius en 41 »' mangut 48 àmt'» 4Bi«Mm« 
60 dan] .1. .R'. &2 a)ie or 54 prii C>5 au«at 



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Xm {Méon 3-2036-22071) 45 

60 Del trover est il mes noîenz. 

Oon il {a entres en la porte, 

DU li chevalier 'il est nostre.' 

Lora s'eslaissent sans atar^r. 

El castel est entre premer. 
65 Pub dcscendi de sou cheval: 94 

L'estrer li tint le aenesoal. 

Apr« sont li autre venu, 

Enmi la cott sont descendu. 

Le gorpil vont partot querrant, 
70 Ne] troverent ne tant ne quant. 

Far cuisines et par estables 

Et el paleis desoz les tables 

TSo laissèrent que reverser: 

Mes onqnes nel porent trover. 
76 Far les chambres et par eoliers 

Le liât querre li chevaliers: 

Neîa es celerB le vont querre. 

Ono n'i remeist pièce de terre 

Ne en celier ne fors celier, 
80 Ne CDgnet nul a reverchier, 

Ne rien née, bien lo saches, 

Que li gorpilz n'i fust cochez. 

Onques n'i remest banc ne huoe, 

Neïs desoB une viez ruche 
85 Dont l'en avoit le mel oste: 

Mes il ne l'i ont pas trove. 

'Dexl' font il 'qu'est il devenu, 

Quant nus de nos ne l'a reûP 

Par foi or nel savom on querre, 
90 Ne sai s'il est entres en terre.' 

Li chevalier dist 'je ne sei, 

Ues quant ne puet estre trove, 

Si le laissons atant ester. 

Que caiens le vî ge entrer.' 
S6 Par foi, sire' ce dient tuit, 

n'or 63 Lor Mlaiisent 77 qoerraot 79 na dafora 80 N« 
'. nuit A fl4 dMD» frui-hp 87 qiiP Mt 99 pot pu* e. 



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XIII (Méon 23072-22107) 

'AÎDz le qaerron jusq'a la nnit. 
Que por rnaveiB noa tendra l'on 
Se nos si le gorpU perdon.' 
'Or le qiieres donqaes adea' 

lOO Pet li aire, je le vos les: 

Sacbez, je nel querrai plus bai. 
Âtant sVd va de fin anui. 
Lora reconmencent de rechef. 
Et chaacnns a jure aon chef 

105 Que del querre ne ae feiadra 
Jusqu'à tant que la nuit rendra, 
'frestote jor l'ont quia insi, 
One ne iînerent, gel vos di, 
Soz bana, aoz liz do reveraer. 

lio 3'oïrent covrefeu soner: 
Et con il l'orent entendu, 
Onquea n'i ont plus atendu 
Et dient que nel querront plus. 
El palaia en monteront bus, 

116 Si sont Tenu a lor aeignor. 
Treatuit li dient par iror 
'Ban aire, par aeint Licnart, 
Bien noa a conchie Ken art.' 
'Qu'eat ceP' fet il. 'Ne l'avom mie. 

120 Go no aai que ce aenefie. 
C'est aucune senefiance: 
Damledex noa fait demostrance. 
Mien escient, d'aucune choae. 
Noter TOB volt une autre glose, 

i-2r> Et ai ne sai que ce puet estre. 
Neporquant Renart est ai meetre, 
Tl n'est beste, ce sa ge bien, 
Qui encontre lui soQst rien: 
Ueinte foiz noa a deceQs, 

ISO Toz nos capona nos a tohiz. 
Or le quidai bien avoir pria, 

AT lor 99 qnerreii Ifll 3. qafl gti 104 ch. un a 
sa manque lllt n Kon H. 121 rAKt iiDi>ntDrA H. 123 ma: 
128 ROQl rcinii IBO non 



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XIII (Méon 3S108-92148) 47 

Mes ne ssi, dex ou enemis 

Le DOS a tolu sans dotance. 

Mes par sein Denisse de France 
ISli A qui ge me sui otroiez, 

Il sera autre fois chacez. 

Renart, se ge ne rouir de mort, 

Il est nriveii a mal port: 

Que dem^D sanz nul delaier 
140 Iron en la forest chacer. 

Et se DOS prendre le poon, 

Sa pel ert en mon pelicon, 

Que caiens en a d'aotreteles. 

Mes ore alumes les candelez, 
145 Si DOS aseon au manger, 

Que le gorpil voil oblier, 

Qui tant nos a fet demorer. 

Maie mort le puisse acorer 

Que por lui jeûne aToms! 
190 Or ca, de l'eve et si lavoms.' 

Lors oonmencereut a laver. 

Atant aseent au soper ' 

Li cbeTalier et aa niaisniee, 

Et sa feme jotaut et liée 
156 Si s'estoît delez lui asise. 

No vos fas cî nule devise 

Ilo sn haute ne de son estre, 

Mes aînz plus bêle ne pot estre. 

Dejoste bod seignor se sist 
inn Au manger et meiotenant rist 

De Renart qui les a moquiez. 

Atant vindrent riehez deintez. 

Lardes de cerf et de aengler 

Ot li chevalier au soper. 
IA6 Et si burent bon vin d'Angou. 

De la Rocele et de Poitou. 

Ne vos ferai ci longe fable, 

e olroiMz H2 p. RPra n\ m. piliron \Aa Arlm 144 ka | ds 
e IBl R ilemoqiiîpi Itfô dnnRo 16li pontou 



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XIII (Méon 22144-2217») 

Ues quant orent mange, la table 
Gonmanderent que l'eu oatast 

170 For ce que il eatoit trop tart. 

Quaot la table lor fu ostee, 

Ataot est la âame levée. 

À san seignor vint, aï l'acole 

Et dit 'sire, par seint Nichole, 

175 Se vos me créez, vos iroiz 
Coder, si vos reposerois. 
11 en est bien tena mes anuit: 
Car il est près de mienuit, 
Et vos en avea graot meater. 

180 Hui ne finastes de chacer 
Le gorpîl qui tob a mal fct,' 
'Dame' fait il, 'ci a mal plet. 
Del gorpil ne m'est il a rien. 
Âlon dormir, je le voil bien, 

186 Se il vos Tient a volonté.' 
Âdonc est lî aires levé 
Et est entres dedenz aa cambre 
Qui tote eatoit ovree a l'anbre. 
N'a el monde béate n'oiael 

190 Que n'i aoit ovrea a cisel 
Et la proceaaiOD Renaît 
Qui tant par aot engin et art, 
Que rien a fere n'i laissa 
Cil qui ai bel la conpassa, 

195 Q'en li soût onques nomer. 
Mes or le voil laissier ester. 
Que le conte voil abréger. 
Keintenant se 6st descfaaucer 
Li chevalier et si se chouce. 

200 La dame ne fu pas faroohe, 
Aina se rest autres! cochie. 
Ed après cboce la mainie. 
Mea en la cbambre ardant laîsaerent 



169 len loitMt 170 quil tro L 171 lor n 
I. a pur 180 finasle 188 lot 203 ardant m 



XIII (H«on 2-J180-233I5) 49 

Deus cierges qui clarté getercnt, 
203 Ases granz érent par raison, 

BieD eu vit om par la medon. 

Cil qui orent velle la nuit, 

Fuient inolt tost eodormi tuit. 

Onqnes dub ne s'en esvela 
■^10 Tant que li baua jors osolaira 

Qui lor a rendu grant clarté. 

Lors se sont meintenant levé 

Li eecuier et li sergant. 

Et li vénères tôt errant 
■2\!) S'en est dedenz la clmnibre entre. 

Li sires estoît ja levé, 

Et cil li a ore bon jor. 

Apres s'estoit mis el retor, 

Et li clievaliers erraument 
32<i 8c chance, que plus n'i atent. 

Puis cet on )a sale venus 

Ou hautement est receUs. 

Tuit se sont levé contre lui. 

'Baux sire, bon jor aies huî!' 
32') Ce li ont tuit dit li valet. 

'Met tost ma sele' fait il, 'met 

Sor mon cheval sans «tai^er: 

Le gorpil voit aler chacer.' 
Celui cui il ot conmande, 
930 A tost le cheval ensele. 

Et puis au degré li ameioe. 

Et li vénérez moU se peine 

De ses levrers apareller. 

Lors montèrent sans atarger, 
i3ô Si sont parmi la porte issu, 

Mes il n'orent gnires curu. 

(Ice vos di par verîte) 

Que il ont le gorpil levé 

Qui se gisoit soz un pomer. 

'i(M q. i;rant c. Kererent 206 uut 91 1 ehkttf 323 dit est iffaei 
i3S C qui) ot 33R Qiiil 2»l) Quo 

RKXIRT II. 4 



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50 Xltl CMâon S2-2I6— 22251) 

240 Tantost font les cheDs délier 

Et li veuerea si lea liue. 

Quaot Kenart entent Lor venue, 

Saches qne fonnent l'en pesa. 

Tantost par la forest s'en Ta 
246 Que onques ne digt 'oui, suif moi! 

Et li levrer sans nul deloi 

L'onchaucereot grant aleûre. 

Et Renart s'en fuit Tambleâre 

Qui de lor enchaus n'est pas bel. 
200 Parmi la porte entre el caatel, 

Onques n'i ot cil qui nel voie. 

Et Renart tantost se desvoie, 

Nul ne sot qu'il est deveou. 

Et li levrer sont arestu 
265 Qui en ont perdue ta trace. 

Àtant est remese la chace 

Que nus n'en sot ne vent ne voie. 

'Par deu, sei^nor, bien nos desvoie 

Renart' fait soi le chevalier, 
260 'Quant nos ne le poon baiUier, 

Bien dos tient ore a maveiz. 

Or del corre tôt a eslez 

Savoir se le porrien trover.' 

Lors conmenœnt a remuer 
*2U6 Daaoz huohez et desoz liz. 

Onques a la foire a Senliz 

N'ot tel huée ne tel ton, 

Quant en meine pendre laron. 

Cou font tuit cil qui sont laienz. 
■ 270 Li chevalier dit 'c'est Doienz. 

Lèses a mal oilr ester! 

Ne veil hui pas si jeQner 

Coume ge fis er, par seint Jaque. 

Mes aies, si metez k nape! 
276 8i nos aaerrouB au manger.' 

3W delmi 260 en el 201 qne 360 perdo 963 «on W * 
la la f. ap t. 2Ag qap 



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Xni (Méon 22252-22288) 51 

AtaQt laissereDt le ceroher, 

Que veer ne Toserent pas. 

El palais vont plus que le pas, 

Sans fttargier les tablez motent: 
380 Cil qui sevent s'en eatremetent. 
Atont sont au manger asi». 

Mes il n'i oreut gucres sis, 

Qu'il Toient venir pw la porto 

BeuB escuiers: chascons aportc 
28.J Derere lui une grant fltce 

Ne aai'de sengler ou de biche, 

Et ai furent il bien monte. 

Sitost cou vindrcnt au degré. 

Sont andui descendu a pie 
2iio Kt puis sont el paleis puie. 

Quaut il sont ul paleis entre, 

Au chevalier ont encline 

Et li dient 'Dex benoie. 

Sire, la vostro conpaîgniel' 
295 Li chevalier, con bien apris, 

Li respont 'De\ vos saut, amis, 

Et bien soiez vos arives! 

Mes or lavez et si seez 

Ci avecquea nos au manger!' 
;tO0 Sire' dient li escuier, 

'Ainz vos oonteron en avant 

Ice que noa alon querant: 

Ja parole n'en ert teâe. 

VoBtre père si vos salue 
305 Et vos deuB freraa autreai 

Qui le matinet seront ci, 

Ensi le vos mandent par nos.' 

Il dit 'bien viennant soiei; vos!' 

Fet li chevalier en riant. 
310 De la table salli errant. 

Il les Gonjoit, ai lea aoole 

n dcoendii 2fl7 aoïa aoi 298 or soei et li Uuai 209 Kl noi 
I HOS qaerrant .'!Ofl Qd<> S(H Koie uos »1 I fonrioUt 



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XIII (Mé«ii 32389- 3:i3S4) 

Conme prodom de sa parole. 
Que molt liez «t joisDz en fu. 
A.tftnt sont deua valiez venu 

ô MoU bel enfaot sans nule faille. 
Lî uDfl aporte une toaille 
Et li autrea prist deue badns 
Qui toz sont d'argent bons et fins. 
Si en empli l'un de fonteine 

Qui molt estoit et clere et aeine: 
De i'eve done as escuera 
Et il la priatront volent iers. 
Coq il oreot andni lave, 
Un des valiez ont apele 

6 Et li dient tôt sanz teocon 
'Âlez querre la veneison 
Qui est as piez de cea degrez. 
Et de nos deue ohevauz peosez 
Que îl aient fein et aveinel' 

Lî valiez s'en tome, si meine 
Avec li un autre vallet. 
De la veneison s'entremet 
De porter en sauf por garder. 
Et It autres meine establer 

ta Lea deua oheva'uz aanz demoree. 
Si lor a aveine donee 
£ del fein a molt grant plente. 
Si est arere retorne 
Ed la sale sanz atarger 

10 Ou estoient li escuier 

Qui se sont au maDger osle 
Delez la dame o le oler via 
Qui molt lor a grant joie fête. 
Li sires durement se baite 

If) Por la novele que il set 
De aoD père que paa ne het. 
Et de soa deue frerez aveo 
Qui le matin seront ilec, 

) manqHt 829 e ». S31 Aue li SST Molt mon 



au tara 



XIII (H6on 22!HÔ-223tiO) 53 

Si en est moU joîant et lie. 
860 Quant il orent ssez ihangie, 

Si coDmande la table osier 

Que duremeot se rout haster 

Caler en U forast chacer 

For venoison apareller 
EËÔ Contre cous qui darent venir. 

Il ne ae Tout mie tenir. 

TantOHt conmande a amener 

Son cheTal aauz plus demorer, 

E que li chen soient tuit prest. 
360 Li vénères sans plus d'arest 

 fait acopler les levrers. 

Si est montes li ehevalers, 

R tuit li autre sont monte. 

Onques n'i eut plus reconte, 
366 Ëinz l'en issent parmi la porte 

Sor les chavauB qui tost les porte. 

En la foreat en sont entre, 

M!ea il n'orent gères erre 

Qu'il ont levé un oerf brancD 
370 De quatre branches et menbni, 

Qui molt tost lor a gerpi place. 

Le ohen se sont mis a la trace 

Qui le si vent de grant randon, 

Et oouB après a eaperon. 
376 Et li cherf s'enfeT lez aauz 

Qui n'eat pas bel de lor enoauz, 

Juenea oatoit il et ligier. 

Atant estez vos un arcber 

Qui une Hece a encochîee, 
380 Envers le cerf l'a deseochiee, 

Que il l'avoit bien avise; • 

Sel Sert très parmi le ooste 

Que la flece el cors li enbat 

Li cerf oiet a terre tôt plat 

374 «près d« gttmt rantfon 877 et] m( 879 Qna •Moolitee 



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54 Xin (Héon S23S1-2SS06) 

38Ô Qui ot eu un cop félon. 

Li levrer vienent environ 

Qui l'ont saisi en eslepas. 

Li vénères plua que le pM 

Et tuit li autre sont venu: 
390 EuBÎ fu li cerf retenu. 

Adonc ont repris les lévriers. 

Au cherf laissent deus esouiers 

Qui inoU l'orent bien afaitie, 

Si l'ont au caste! envoie, 
395 Si se remetent en la broce. 

Li chevaliers tint une croce 

Dont il va les boissons bâtant. 

E li veneree va cornant 

Si hautement et issi cler, 
40O Tôt le bois en fait retinter 

Del oler son que li cor rendi. 

Atant est un sengler sailli 

Del boiseon, qu'a la noisse oïe. 

Maintenant est tome en fuie 
405 Par la foreat quanque il puet. 

Apres lui un levrer s'esmuet 

Qui molt estoit grant et corsu. 

Le sengler a aconseû 

Qui s'en fuioït tôt enbroncie. 
410 Loing des autres plus d'un arohie 

Le suit li levrers et le prent 

Par l'oreille, pas ne mesprent 

Que il le cuida retenir, 

Li porz escout la dent d'aTr, 
416 Si a si le levrer féru 

Que te coste li a fendu. 

Si li cort sus et si le prent 

As dens molt atreement, 

A un cesne l'a si hurte 
430 Que trestot l'a esoarvele, 

391 laù» 399 e ), 408 le 401 m t, 405 f. ee q«« ■< F** 
406 seimot 414 denz 



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Xra (Méon 22397-22432) 

E que lea boiaus li saillirent. 
Atant li autre chen saillirent 
y ère le aengler qu'il volent prendre: 
Et il ne les volt pas atendre, 

425 Kinz s'en fuit aanz plus demorer 
Qusnque pies le porent porter, 
Li levrer le sivent après 
Et tait li veneQr de près 
Si e'eslaiseerent de randon. 

480 Par la forest tôt a bandon 
Le vont chacant sans demorer. 
Li pors vit qu'il nel pot durer: 
D li anuie, ce saches. 
Fora del bois estoit deabuohiez 

436 E s'en fuit vers l'eve corant. 
Li obevalier oaporonnant 
Le Buit après œ que il puet, 
Que molt anuie qu'il ae muet 
De la forest, et molt li poiae. 

410 E li pora vint a la faloise 
 l'eve qui molt baute fil. 
Dedenz eet sailli par vertu : 
Lors quida il eatre a repos. 
Un levrer li saut sor le dos, 

445 Sel prent as dens parmi le col, 
Li autre vindrent de plein vol 
Aprea por lor conpaing aidier 
Que il en avoit grant mester. 
Et einz qu'il l'oiisaent ateint 

400 L'avoit le aengler ai ateint 
Que desos lui l'avoit noie. 
Li autre en furent eamaie: 
Neporquant pas ne a'areaterent, 
Tojors aprea le porc noerent 

4fi6 Et li chevalier et li autre 

Vienent après lance aor fautre, 

424 B 4S6 pu] plus 437 anent 439 soUiiaerent 432 
0. qMl 484 deboiBuei 437 pot 488 Bnuie] li poiae 
W falee 441 A] Ed 446 i. qui u. 451 detus 456 fentro 



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56 XIII (Héon 22433-3-2466) 

Qui molt Bont de lor cheiis dolant 

Que li poro lor va ociaot. 

Tunt ont parmi l'eve noe 
460 Que d'autre part sont arive, 

Li pors avant e puis li ohen : 

Mes por noieot, ne lor vaut rien, 

Li pora s'en fuit a ^ant aleine, 

Que il n'en auront point sans peine, 
465 l'ar la campaigne qui eat grant. 

l'j li chen vont aprea corant, 

Qui ne ee feinent pas de oorre. 

Et li venerea por reacorre 

Feri après des espérons, 
470 Et li pora s'en fuit les trotons 

Qui durement va recréant. 

Un levrer eat sailli avant 

Qui le poi'c a pris par la cniase. 

Or crient que remanoir l'estuisse, 
475 Con il ee senti entrepris. 

Le levrer a as denz reprie 

Que longues avoit et aguea, 

Qu'en haut le jeté jus as nues. 

Au oaoir li done tel flat 
' 480 Que tôt le cerveau lui abat. 

Li autre qui le regardèrent, 
. Onques por ce nel redoterent: 

Einz s'en vont a lui sanz targer. 

Et il se remist au fraper, 
480 Que il ne lez vout mie atendre. 

Li chevalier prist a esprendre 

Jlolt durement de mautalant, 

Et a jure son eeremeot 

Que de chacer ne finera 
490 Tant conme ohen vif i aura, 

Se il n'eat retenue avant. 

E li pora a'en vfût randonant 

457 ohen 46S par 467 core 471 doremtnt 4TJ crirn 
477 e 478 Quant b. 480 oernaeu 461 que 484 £ 4ST 
4':'^ £ 4iiO i maiiqat 



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xm (uéoB men-mM) 

Qui de corre fu toz sulanz: 
A l'eve revint et saut ena, 

490 K puis ]i levrer après tuït 
Et tuit li veneor abruit, 
* Que onques ii'i firent rei^rt: 

AÎDZ simt arive d'autre part 
E furent durement haate. 

MO Tiî pors est en fuie tome 
Qui n'avoit cure de tsrger. 
E tojorz apree li leyrer 
Qui molt eatoient trarelliez. 
El bois e'estoit li pore fichiez 

506 Dont il eatoit parti avant, 
E li veneor apoinnant 
Sor les chevaus plus que le pas 
Qui molt sont travellie et las. 
Li pors s'en fuit sans demorancc, 

510 Molt tost par la forest se lance, 
Et li levrer vîenent après 
Qui del prendre sont molt engres. 
Uns des ctiens s'est aderanois, 
Le porc aert parmi le pis 

515 Que bien le quida areater. 

Li pors le prent sans demorer 
As denz parmi la peu do cou, 
Si Ta à hurte a un fou 
Que les dans euls li Rat voler 

920 Et tos Jea boiaua traîner: 

Mort le laiaea e torne en fuie. 
Et li venerea crie et huie. 
Li chevalier fu molt iriez 
Quant vit ses chens si dépeciez: 

osa De quatorze n'en a que dis, 
Quatre l'en s li pora ocis. 
l'ar un senter s'en est tome, 
Au devant le porc eat aie 

W t *t(*tt 001 Qm 504 «'imMqut par 508 Q 
prM4« le sont e. 515 le manqtie 516 byrtu 528 m t 



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XIII (ItâoD 32509-22640) 

Largement une arbaleetee. 
530 Li pors li viot gole baee. 

E li chevalier tint l'eapie: 

A un cesne s'est afiche. 

Li pore qui tant ouru avoit * 

Que treetot avegles estoit 
536 De lassete et de oorrot, 

En l'espie se feri debot. 

Et li cbeTaliere le tint si 

Qu'en l'espaule le consul. 

ïd pore li vint de tel redor, 
640 El cors li mist conme rasor: 

Toz li a les boiaus perciez, 

La hante voie en deus moitiés, 

Et le fers est remis el core. 

Âdonquea est ooSs li pors 
545 Tos mors,, plus ne se desfendi. 

Ë li cheralier decendt 

De son cheval et sans demor 

Lon sont venu li veneor 

Qui furent las et travellie, 

560 Doucement ont deu mercie. 

Li vénères piïst un cotel 

A. UD manche d'argent molt bel. 

Si en a le sengler overt 

Que tôt estoit de sanc covert. 
655 Tost Tout afaitie a son droit, 

As levrere a done lor droit, 

Et le pomon et la coraille. 

Il n'î a chen qui ne baaille 

De la grant lassete qu'il ont. 
660 8i en mangèrent que fain ont. 

E quant mangie orent asez, 

Si est li chevalier montes, 

E tuît li antre sont monte. 

Sampres ont le songler trosse 

531 etpea 587. 638 manquant 648 Et mançut 060 D'autr* pw* 
555 T>nl 557 le c. 558 qu» il ne 



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Xm <M£on 22641-22578) 

565 Sor DD roDciD qui molt fors est 
Si cfaev&ucent par U for«Bt 
Li cbevalien et sa meaniee 
Qui estoit lasse et travelliee. 
N'ourent mie granment cora 

570 Que il soDt au castel tcdu. 
Parmi U porte sont entre, 
Si es Tont descendre au degré. 
Li chevalier entre en la sale, 
De laate est devenu pale. 

575 E li vénères prent la beste 
Qui estoit et grant et oneste. 
Del fou oonmande a aporter 
Et de! fore pot bien bruller. 
Le pore oocherent a la terre, 

580 Desoz li font on feu de fuerre, 
E quant bien l'oreot oonree, 
Devant lor seignor l'ont porte 
Qui molt fn de bêle veûe. 
La dame i est corant venue. 

bSb Que vos iroie racontant? 
Les tables metent a itant, 
Que li BÏre i'avoit rove. 
Fait fu COD il l'ot con mande. 
Deus escuîers l'eve aporterent, 

S90 La dame et li sire lavèrent, 
E tuit li autre sanz targier, 
Si 80 sunt asis au maugier 
E mangèrent tôt a loisir 
De ce que lor vint a plaisir. 

595 Quant maagie orent a plente. 
De la table se sont levé. 
Si se vont eebatre en la tor, 
As fenestres vont tôt entor. 
Asis se sont por esgarder 

aoo Far les chans et por aviser 



665 qui 66S «heiuHicerent 670 Qail 571 manjKe 576 grande 
a manque Bêti Dosus Ini fim forra 597 nbaire 



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633« 



XllI {H«OD 23&T9-22ei4) 

Les TÏngnee et les praeriee, 

Et; les bêles gaagnerîeB 

Dont il 1 avait a plente. 

Lors virent venir fthrevie 
64)5 Liemers, levren e braohez 

Que menoîent quatre valiez. 

Vers le cbastel vindrent le trot. 

L'un â'aus a son col un cor ot 

Qu'il vet meouement oorDant. 
610 Apres 11 vont dene chars corant 

Qui tuit sont de vitaîlle plein. 

E dai cscuier et un nein 

Lee oondoient sans plus de jent, 

Asses venent et bel et gent. 
615 Apres les ohars vienent sanz dote 

Plus de quatorze en une rote 

Qui tuit sont cargie de riohece: 

ObascuD vers le castel s'adrece. 
Quant li sire a ce regarde, 
630 S'a lez escuiers apele 

Que li out envoie son père. 

'Or me dites' fait il, 'bau frère, 

Est ce le harnois mon seignor?' 

'Oïl, se dex me doinst on or' 
6->5 l''ont cil, sire, n'en dotes pas'. 

E (âl vienent enneslepas 

E sont dedens la porte entre 

Li uns après l'autre arote. 

l)e destoreor se vont hastant 
m) Que la Duit les vait aprocant. 

E quant tôt orent deatroee, 

En la sale s'en sont monte 

Tôt contremont par les degrés. 

Li sires est jus dévalez 
635 E s'estoit asis sor sn doiz, 

Einz si baux n'out prinoe ne roiz. 

2 ganerira 604 Lor 006 oiit 611 Que eift nimit 6)9 ti 



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XIII (Mion 22616-22601) 

Deeor le dois fu en séant, 
là cheTalier li vient dînant 
Ë lî ont dit ensemble tuit 

640 'Sire, dex vos doinst bone nuit!' 
Lî BÏres lor aslu lor rent 
Molt bel et molt cortoisement 
CoDme cortois et bien apris. 
A prou sont au manger aaie 

615 Li Tallet e H eaouier; 

bien furent servi sans danger. 
Quant ont mangie sans demoree, 
Si lor a l'en la table ostee. 
Ë li aires s'ala cocher 

mi En un lit qui est bel e cher. 
Apres sunt li autre ooche, 
Qui Le jor orent travelle. 
Ë se dormirent sans fauser 
Tant que li baus jors parut oler 

fôC Qui lor a rendue loor. 
Adonc se levé le seignor, 
Chauce soi et vest sanz targer, 
Si vait messe oïr au moster, 
Et ftvoques ala la dsme: 

6G(l Messe olrant de nostre dame. 
Quant le service fu fine, 
Si sont arerc retome 
E la dame et le chevalier. 
Tantost conœande apareller 

666 Les chevax et tost enseler. 
Contre son père vont aler: 
Puis oonmande que l'en atort 
Bel e cortoisement la oort. 
Quant il ont tôt ce conmaude, 

ain Si est tôt meintenant monte 
Et avocques li de sa gent 
Tant qu'il s'en va et bel e gent. 
De la porte issent sans tencon 

Kl nut G42 Ull',' ot mit,' bol (^9 R b. «66 «pi 



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62 XUI (IféoD 2S6O2-22087) 

Et cbevachent le grant troton, 
613 Grant eire le cemin ferre. 

îfes il n'orent geree erre 

Que demie lîue sanz dote, 
' Quant il ont oTe la rote 

De gent roolt bien enchevauche. 
680 Devant venent vallet a pie, 

Quatre qui vont hors de la presse. 

Cbaecune tint en sa mein sa leeee 

Ou de levrer ou de braeet, 

Ensî s'en vienent li vallet, 
686 Outre s'en vont sans atarger. 

Lors s'avança li cbevalier, 

Si oomt son père acoler 

Que durement devoit amer: 

KoU l'a baiseîe et codjoT 
690 K aes deuH frères autresi. 

Iloo se sont grant joie fête, 

Meinte parole i unt retraite 

E contée tôt en alant. 

Del castel se vont aprocaot. 
695 Et ensi con tl s'en aloient, 

Yers la forest gardent, ai voient 

Un gorpil qui s'en fuit le pas 

Por ans, et si n'en dotez pas 

Qu'il n'ait les chens aperceii, 
700 Quant It chevalier la veQ, 

Si se rÎBt, si a dit 'par foi 

Ce gorpil que je ici voi, 

Si m'a il ja gabe deus fois. ' 

Ce est il, bien le reconnoïa.' 
70& 'Gabe! et cornent?' font se il. 

'Jel vos dirai bien' fût ee iL 

'Par deus fois l'a ge fait chaoer, 

Si ne le poi onquee bfùU»-. 

E cum il vit les ohens v^r, 

676 tere 676 oi 683 leorei on br&oea 6S4 ii*llet 687 m ^ 
eSS Qui 694 OMte 695 Et manque i tan 697 m t. 686 U «''^ 
708 il manque 701 reooia 700 et manque 



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Xni (Méon 22888-22724) o3 

710 Vers le eastel priât a foïr, 

E puis que il i fa entre, 

Ne peut par nul estre trove, 

3i ne sai ou il se repont.'- 

Tantost ses pères li respont 
lia 'Vm foi, amis, vos aaves bien, 

Enginnens est sor tote rien, 

Moult par est forz a enginner. 

Mes faites ces chens deslier' 

Fait li sires : 'chaoez sera. 
720 Or pas ne nue escapera'. 

Lors laissierent les chens aler di)' 

Li valet sanz plus demorer, 

Puis si lez ont rois a la ohace. 

Meintenant ont senta la trace. 
7-J5 E quant Renaît les voit venir, 

Si s'en fot de grant aïr 

Vers le castel ce que il pot. 

Tote la Tote après s'esmot, 

N'i a cil qui nel voist huant. 
730 E Renart s'en va randonaot, 

Quanque il onques pot s'en fuît, 

E li bracet glatissent tuit 

Ë oorent tuit sanz atarger. 

Mais Renart n'a nul deairrer 
735 De lor venue, mes dolenz 

Sor le pont saut volant lez genz 

Et s'est en la porte embatu. 

Âdoaques sont tuit acuru 

li esottier e li vallet, 
740 Chascuns de querre s'entremet. 

Par trestot ont il reverse, 

Mais il ne pot estre trove. 

Del querre se sont entremis, 

Ases i ont joe et riz 
746 Trestnit, n'i a oeli n'en rie. 

Et li sires tantost a'escrie 

738 a. lui s«nnot ISS g*n( 791 e*bata 738 E donque* i lont 



„ogIc 



64 xni (HéoB 2S725-22762) 

'Seingnora' fuît il, 'par seiat Lambert, 

Tôt en tnl manere me sert 

Lo gorpil oon vus ci veea. 
7S0 Mes faites et si destiendes.' 
Lorn descendirent il a pie, 

N'i a celi ne soit haitie. 

Lors e'entrepristrent par les meinz 

Le père et les frères germeina. 
75S Les degrés contremont montèrent. 

En la sale séant trorerent 

Le nein par desus une table 

Qui trop bien resemble diable. 

Onques ne fu si contrefez, 
THO II sambloit qu'il fuet d'enfer trez. 

Torz fu et de pies et de hances: 

Et si vos di, en ses deua manches 

N'avoit pas deus aunes de drap. 

Ses brus eembloit boce de sap. 
766 Une boche out contre le ouer 

Molt très hidusc de grant fuer, 

Et une eu out enmi In pîz. 

Toz est ses visagez sarciz 

E boce out lede et mau fetc. 
770 E la lèvre out contremont trete, 

Bien i entrast un pie de bof. 

Ses denz resemblent moious d'of. 

E si vos di par setote Âftneo, 

11 n'a pas plein pouoo de nés. 
77S Lez euïi out gros conme une lische, 

Des oreilles reeembloit bische, 

Cbevous out noirs conme arrement. 

Molt ae deduisoit cointement. 

Un capet ot fait de fenoil. 
780 Ceus qui venent regarde a Toil. 

'Nein, dex te gart!' ce dit li sire. 

Onques cil ne denna mot dire 

74» Ropi) 764 lea 798 Qun 764 Cm 787 B mnnqiu 77S tri 
tannei 774 na raie pi, 776 r«inmblent 777 arremeni 779 fsMl 



xm (Uiaa 22761-22796) 65 

Ne a Bon sala ne respont, 

EiDz oroUe le chef, si se gront. 
786 Li oheTalîer se sont asia 

Dejoste le boca nats 

Qui a si bêle la veûe. 

Adonc est la dame veuiie, 

Les chevaliers a saluez 
790 E conjoïs et onorez. 

Ënsi a'esbateut sanz dau^r 

Tant qu'il fu ore de manger 

E que les napes furent mises, 

Et desuB les tables aaises 
79& Et les salières et li pains. 

De l'eve lor done a lor meins; 

Lave ont, si se sont asis. 

Ne vos ferai pas lono devis 

De lor manger ne de lor boivre. 
800 Del sengler mangèrent au poivre 

K del cerf firent bons lardez, 

Et des oapons firent pastez. 

Vin burent d'Aocorre e d'Orlieoz. 

De totes pars lor sort li bienz. 
80b Enderoentres que il mangoient, 

Deus braoes vinrent, si abaient. 

Durement glatissent les béates 

E fiontremont lèvent les testes. 

Li sire les a regarde, 
810 Son veneor a apele 

E si li a meintenant dit 

'Diva' fait il, 'se dex t'aît, 

Quantes paux avom de gorpIlP" 

'Nos en avom nuef oe fait il. 
813 'Nuef, dieble! J'en i roi dis: 

De ces braoes sui eabaïe 

Que issi les vont abaiant.' 

Lors saut li obevalier avant, 

le&y» 786 nsia 787 Que 789 chV 790 coDÎoiit 791 labalent 
794. 79fi manquttU 800 poare 806 qull m. 807 le* beaiez 808 tMiei 
815 -IX- Ut il d. 817 aail 

KBNART IL K 



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Xin (««on 33797-93838} 

Sor les panx les vit drester, 
830 £ vit le ventre sospirer 
Del gopil qui pendus estoit: 
A la hardere molt eatroit 
Se tînt et as denz et as piez. 
Li vénères s'est merveiUiez 
82(> Qui bien l'avoit reconefi: 
'Seignors' fait il, 'aves veii? 
Par mon seignor setnt Lienart, 
Li gorpilz se peut a la bart 
A celé peroe avec ces paux. 
880 Por ce glatissent les chaiax. 
Mes or estes, je Tirai prendre, 
Yoe le me verrois ja descendre.' 

Adonc est revenu arere : 
Yit Renart pendre a la faardere, 
886 Les meios jeté, prendre le veut. 
Et Renart envers 11 s'aqueut. 
Au hardel par lez piez se peut, 
Celui par le poino as denz pront, 
Si le mort et si le destreint, 
840 L'oDgIe en la goule li remeiot. 
Quant ce out fait, ai sailli jus, 
FoTz s'en est, n'atendi pins, 
Parmi la porte el bois entra. 
Ono puis laiene ne retoma, 
84B Or en a perdu le repère. 

Fuiant s'en va, ne aet que fore. 
Endementers que fuit s'apense 
Que el bois n'a point de deafenae. 
Durement démentant s'en vet, 
860 Vers la praerie se tret. 
Ënmi le pre un tas avoit 
De fein qu'aâne t avoit 
Por esventer et por fenor: 100 

La se vait Renart reposer. 
865 Desor le fein monta en baut, 

831 que 824 hArdrero S36 uout 888 poao 848 dt M*f 



Xni (Héon 22834-2S869) 67 

lUens fora a manger ne li faut. 
Or fu Renaît desor le fein, 

Si prie deu e seiot Germein 

Que il li envoit a manger, 
860 Car il en auroit grant mester. 

En tant con il se dementoit, 

Lieve sa teste et venir voit 

Une coraaîlle a la volée. 

Renart l'avoit bien esgardee, 
603 Cum il la vit, «t il s'apense 

Que il en fera sa deapenao, 

Ë ai li fera grant engin. 

Loni se laisse chaoir sovin. 

Le dos desoz, les piez desus, 
810 La langue traite, n'i ot plua: 

Ilac se gisoit estendu. 

La corneille l'a perçoit 

Qui grant fein en son cuer avoit, 

(De tôt le jor mangie n'avoit) 
875 E dît 'venue suî a port, 

Quant j'ai trove ci Benart mort. 

Or en mangerai a plente, 

Que je ai bui trop geflne.' 

Si s'asiet bot le fein en haut, 
880 Onquea ne li dit 'dex vos saut', 

Eiuz li oort sus le bec haucie. 

Ja li oQst fora l'oil saohie 

E bien l'oûst tenu por fol: 

ïtenart l'a saisi par le col. 
886 Con il la tint, si en fu lies. 

De lui a ses gemons torchez. 

Si en a fait ses joes bruire, 

Eipz ne tant ne quant n'en mist cuire. 

Quant mangie out, si fu aese. 
890 Son lit a fait que qu'en deplese: 

Si est oboce desor le fein. 

660 dewua 870 Lm manque 873 Que 876 ai mongut 881 loi 
8% m«Im 888 h premier ne ntatique qnui nen priât cure 890 que 
V» d. 891 Si ç eal deioi 



lUnlbyGOOglC 



Xm (M«an 33870-33906) 

Tôt maugre le nés an rilein, 

Qui iloc l'aToit aQne, 

S'est Benart iloo repose 
80fi Ë dormi dusqa'eu leodemein. 

Quant il s'evella, si vit pleia 

Le pre d'eve entor le muilon. 

'Hs des' fait Renart, 'que feron? 

Con par est celé eve crcûe! 
900 AiDz qae ele soit deacreQe, 

Serai ci (je cuit) morz de fein'. 

Atant voit venir un vileio 

Qui ameine une nef aval. 

'Dex'-dit Benart Tesperitall 
906 loeste nef me gitera 

K celé rive par delà'. 
Li vil^ue a Reuart veû. 

SitOBt con Va aperceii, 

"Dex' fait il, 'quel béate est cela 
910 Qui desor cou muilou esta?' 

CoD il fu un pou avale, 

Si li a Renart esorie 

"Vilein, vilein' ce dît Benart, 

"Ameine ca, ae dex te gart, 
916 Celé nef, si me met dedenz.' 

Tolentere, Renart, par mes denz' 

Fait li vileing, 'je la vos meing. 

Mes venes jua deaus ce fein.' 

Tant a le vïlein governe 
920 Que an moHon est arive. 

'Or venez jus' fait il, 'Eanart'. 

'Sire, ne puis, sa dex me gart. 

Je ne porroie paa descendre, 

Car je ne puis le pie estendre. 
936 Car une gote me priât er. 

Si ne me puis prou atdier. 

n covient que vos mi aidiea 

Et que fors de la nef issiez. 
^S9a Que 8B4 iloquBS 897 derbo e. 900 que 
»] l« 931 ues 923 p. detdeicendrs 



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Xm (Hton 32007—39048) 69 

E si veoeB par ca entor 
990 Ou il a molt bon monteor 

Par ou vos porrota bien monter 

For moi en oele nef porter.' 

Gil quide que il voir li die, 

Lors est issus de la navie, 
986 Entor le muellon est aie, 

E Renart est tant avale 

Que il saut en la nef abrire 

Si l'a escipe de la rive: 

Si s'en vait aval durement. 
940 E Senart le goreniail prent, 

Si Gonmenoa a governer. 

£ Renart prent a apeler 

Le yileio qui sus le fein monte. 

'Vilein' fait il, 'des vos doinat honte! 
945 Se vos me poOsaiez tenir, 

YoB geuz me feîsaiez sentir. 

Or TOB sees deeor ce feîn, 

Que mal jor aies vos demeîa! 

Gardes bien que nul ne l'enport! 
900 Je saurai govemer a port. 

Gardes le eu bien et en pes, 

Que je m'en vois et si vos lais.' 

'Renaît, Renart' dit li vilein, 

Vieil ca, je t'afi en ta mein 
966 Que je nul mal ne te ferù, 

Uea la otre te passeru 

E bien e debonairement.' 

'Daheit ait' dit Renart, 'qui ment! 

Puisque tu ne me feras mal, 
960 Or deaoent de ce feln aval, 

Vien avant, je t'atendrai oi,' 

Dît li vileioa 'voatre merci.' 

Lors descent, plus n'i demora. 

E dan Renart ee porpensa 
96& Cum il le porra cunchier. 

Wf7 «brana 93& dûment 942 p, le ^oaerner 943 que S44 bote 
HBgaat 949 bien itMRgM ne manque 990 aérai 966 métrai 963 p. que p. 



«k 



70 IIII (M«on 32944-22979) 

S'il pnet, il le fera peaober, 
Car il fait bieo molt a envia. 
En une fosse e'estoit mie 
Qui estoit grant et bien parfonde. 
970 Si a dit, que dox le confonde 
S'il ne fait le vilein banner. 
E li rileins priet a buober 
'Renart, ca amener l'estuet'. 
Ë Renart dit que il ne puet, 
975 Que Hor un graver est agis, 
Que devant le jor del joTs 
N'en aeroit ostee par li. 
E li vilein avant aailti 
Qui de l'engin ne se garda. 
980 A une perre a'acopa, 

Si cfaet en la fosse tôt plat. 
Eenart del govemal le bat, 
Molt grant coup fiert parmi le doi, 

Que tôt li a froieaiee lea oa. 1*)' 

986 Que que il en doQat peser, 

Estut le vilein afondrer. 

El foBB de l'eve deua fois fa. 

E Renart qui vengie se fu 

E qui l'ont atome ù malf 
990 S'en vait a tôt la nef aval. 

De si grant force governa, 

Que totes lea meina s'escorca 

Â.U govemail que il tenoît. 

Et li vileins qui se bainnoît 
996 En l'eve ou Renart Tout frape, 

A grant peine en est eacape. 

Tote voiea s'en iasi fora, 

Mes molt fort se doloit ses cors. 

Renart voit que la nef anmeine, 
1000 N'ira après maia de aemeine. 

A deable l'a oonmaude, 

966 pot 967 molt bian 970 1b] uos 972 prii 974 pot VtiP^ 
den 963 fisrl manqut 984 on* 988 Qui qne 992 mêla* M«rt* » 
manjw 997 uoies eit escipo 998 fort iftonfus ie»] eu JOOl 



Xm (M«oB 39980-Sa016) 71 

Pnia est arere retorse, 
Si s'en reveit en sa meson. 
Ë Renart s'en vait de randon 
lOCË A tote la nef au vilein. 

Le governail tint en sa mcîn 
Dont il goTflrne et apreot. 

Atant a vefle Hersent 
Sa conmere et dant TsengriD 
1010 Qui Tenoient tôt le chemin. 
£ quant Renart veU les a, 
De grant engin se porpensa. 
Car il dit que il se teindroit, 
Ja Ysengrin nel oonnoistroit, 
1016 Une erbe avoit en s'aumosnere 
Qui molt ert pressiose et chère. 
(Bien set qae il le het de mort. 
Lores est arivee au port.) 
R«nart en a molt tost frotee 
1090 Tote aa cbere et uoirotee 
E tût son eore delivremept: 
Lors fu plus noir que arem^t. 
Con il se fu si atome, 
Si est vers Yeengriu tome 
1028 Et a dit 'oa renés, prodom! 
S'il vos pleet, si vos paseron 
Por amor deu et seint Riofaer, 
N'en quer maaille ne d^ier.' 
Yeengrin l'en a mercie. 
1060 Puis sont dedans la nef entre 
Entre lui e dame Henent. 
Ysengrin au nager se prent: 
Il nage et Renart govema. 
Que qn'il goveine il se pensa 
1036 D'un piège que il bien savoit 
Qu'a l'entrée d'une ille estoit: 
Se enz le puet fere oaoir, 
De Hersent fera son Toloir. 

lOOQ d«nt mattqtu 1016 «nnonere lOSO Mt 1036 E 10S6 Bi 
utitta 1080 poi 1036 Ca dim ill« 1067 pot 



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72 iiu (Méon aaon-280B) 

Tant ont nag^ie et goveme 
1040 Qu'a oele itle sont arive. 

Sitoat cum il vindrent h terre, 

E Beoart le governal aerre, 

Si l'a bien a terre apoie. 

Et Taengrin miet faora le pie 
1045 Ë de 80D cors la nef alege. 

MeÏDteDant eat caiet el piège 

Qui moH durement le destreint. 

E Renart en l'eve s'enpeînt, 

lui Hersent que il ennieioe. 
lOSO YaengrÎD remeùt en ta peine, 

Dedens le piège son pie tient. 

E Renart vers Hersent en vient, 

Si l'acole et ai l'enlvace, 

La boce It baise et la (ace 

1065 E dit 'douce amie Hersent, 
Je sui Renart veraiement.' 
Celé l'entent, si ot grant joie, 
Ses deua bras au ool li envoie. 

Molt trea grant joie s'entrefoot. ' 

toeo E Renart lieve contremont 
Dame Hersent le pelicon, 
Si li bota le rit el oon 
E coamenca fort a oroller, 
Que tote la nef fait branler. 

1066 Quant il ûut fait sa volente, 
Si est au govemail tome 

E conmenca a govemer 
Tant que la nef fist ariver 
A terre molt bel et molt gent. 
1070 3i s'en iasî dame Heraent, 

S'a Renart a deu oonmande. ' 

N'a gères d'Iaengrin parle 
Qui remeat en la foaae pria 
Ou molt se senti entrepria. 

1040 Ca DU i. 1049 enmeDe 1061 tint 1062 R. mosi* ■<■! 
1056 araiement 1061 À 4. 1063 Ut dtmien milê ont M » r*^ 
ifati» 1068 aruior 1069 mot K- 



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Xm (H«on 23063—28087) 73 

lO're Uoo fu YBengrm aanz fûle 

El piège ou durement baaille. 

Si i fu tut le jor enter, 

Tant que ce vint a l'anniter 

Que cil qui le piège ot tendu 
1080 Vint celé part son arc tendu, 

lui TÏndrent quatre vilein, 

ChaecuD un baston en sa mein. 

Tsengrin ont dedenz trove, 

Si l'ont et batn et frape. 
tQ»6 Tant l'ont bote et desBohe 

Qu'Tsengrin i laissa le pie. 

Fuiant s'en va, ne set que fere, 

Or li covient eschace fere, 

Autrement ne porroit aler. 
1000 E Benart prent a dévaler 

A tôt sa nef œolt durement: 

De ce q'out fait ne se repent, 
* Aval l'eTB s'en vet abrive. 

Atant a garde vers la rive 
1090 E vit un vîlein qai l'aoeine: 

Si li a dit 'amis, oa meine 

Celé nef, se vendre la vous: 

Je l'achaterai, par mes eus.' 

'Par foi' fait Renart, 'volonters 
1100 La vos vendrai, baus amis chers. 

Foi que doi seint Fiwe l'apostre, 

For quatre capone sera vostre, 

Ja certes por meîns ne rauroiB.' 

Dit le viloin 'vos les aurois, 
1105 Je n'en ferai mie lono plet.' 

Tantost a sa maison s'en vet, 

ïrois capons a pris raentenant 

Puis revint arere corant, 

Si les a a Renart baîllies, 

t07fi iM t. 1079 aacit Vm Mn« atendu I0S4 et batn et] 
ihireaiMit 10B9 poroii 1091 doremaDt 1093 na] rs 1003 abreoe 
10B> Sli lOBT Doai 1088 laehatrai m id Dont 1101 l*pMt]a 
1107 Faudrait il lirt Por troi» capons sera ja Toitrel 



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Xm (H«on 38088-23128) 

1110 Et il les a molt lufschiez, 
E ri estoient boo, oe ouit 
Au vilein a dit 'je vos ouit 
La nef, bien l'en poes mener: 
Que je m'en vois eaoe democer 

1116 Mais o'ftie mange cest capon.' 
Lï TÎleina s'en yb de Tandon 
tôt la nef que il emneine. 
Ë Kenart de mangier se peine 
Le ohapOD qui est f^ras et gros. 

1130 Les antres a mie sor son dos, 
Si en Ta, que plus n'i demore. - 
Uolt li avint bien a cel ore, 
Que de tôt le jor n'ot mangie 
E si avott molt travellie. 

1125 Renart s'en vet les grass trotonz. 
Deeor son doe deue graz caponz, 
3i s'en ra par la tei-e gaste. 
Tôt bêlement et tôt sanz haste 
S'en va tant qu'il fu près de niiit, 

1130 Un capon manja tôt desouit 
Enmi les cbans desoz un teil. 
Onquee ta nuit ne dot son cil 
Por le graot travail qu'ot oâ. 
Et quant le jor esclard fu, 

ilSCi Si se mist tantost el troton. 
Mes ancois manga son chapon 
Tôt bêlement e tôt en pes, 
Et puis s'en va a grant esles 
Trestot oontreval un praol. 

1L4Û Atant a trove Roenel 

Le mastio qni va qnerant priàe. 
Renart lu voit, molt s'en esmoie, 
E neporquant molt s'aficha, 
Ja Roonel nel conoistFa. 

114fi Ters lui s'en va graut aleûre, 



1110 E il 1119 qa« grou llSS nanoit m. lltt B 
(çrant 1129 Un 1141 qii« 



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Xm {Méon 28124—28169) 

Mes de noient De s'aseflre. 
E quant Roonel l'a veû, 
Ne Ta mie reconcil 
Por la grsnt neîrte qu'il avoit, 

1160 Aine qnide que deables aoit. 
Senne soi et si terne en fuie, 
E Renart après lui s'eecrie 
'Venee arere por seint Leul 
Ja BU ge 0088e de par deu, 

1166 Ne V08 en fuies pas isair 
E quant Roeuel TaDtendi, 
8i est arere retornee, 
Mes toz estoit desoonfortes. 
E Benart qui plus hardi fit 

lieo Li a dit "bien soies Tenu!' 

'Dex TOB saut' fait soi le masiin. 
'Dont eetes tob, por seint Martin, 
Qui si ares noir peliconf 
E Benart dit 'par seînt Sinon, 

1166 Sire, je fut nés a Amiens. 

Mee quanqu'il i a n'est pas miens.' 
'Conment ayea non?' dit le ohen. 
'Far foi, ce tob dira ge bien. 
Quant je fa Bor fon relevés, 

1170 Chufles par non fai apeles. 
Ohoflet ai non, si nomee sui. 
He8 dites, se mangastes hui.' 
'Naie voir' ce dit Boenel, 
'De fein m'en trenwnt K boiel. 

1176 Je manjaase molt Tolentiera: 

Ne mangai, deuB jora a entiers.' 
'Herreille est' dit Coflet, 'par de. 
Je sai de reisins a ptente 
En une vine près de ci: 

1180 Vanjeroies en, ce me di?* 
'OU, molt bien' dit Roenel, 



1190 deble* 1169 qj[ loi h. 1166 q'nqae 
on 1178 reonel 1176 ors manqiu 1181 b. ce 



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76 xm (Uéoa 28160— 23194) 

'Mes je me dot molt de la pel.' 

'Tu es ooart' oe dit CkifleL 

'Je ne ti meaferai un pet, 
1186 Ice te di por vérité.' 

'Alons' dit H chens, 'de par de.' 
Âtant ae metent el oemin 

Entre Cofiet et le mastio, 

E Bont en une viogne entre 
1190 Ou un vilein avoit plante 

Ud pocon conme trebucet. 

Molt très bien l'i savoit Coâet, 

Et dit, à voie il Doel, 

Il fiera prendre Roenel, 
1195 Se il onquea paet eeploiter. 

Lors cemine par un aenter 

Bonne aleûre le troton 

Tant qu'il sont yenu au ponobou 

Qui bien aparellieîz estoit. 
1200 Orant pièce de car i avoit, 

Li vileins ne fu mie eschar. 

'Deu' fait il, 'qui or mangast car, 

Molt li Bsroit bien avenu. 

Haï soit or mercredi venu, 
1200 1^ li preatre si soit boni 

Qui m'enobarga le mercredi: 

Ne mangerai devant noël 

Char.' 'Dîeble' dit Roenel, 

'J'en mangeroie volentera.' 
1210 'Yieu dont avant, baux amis chàer! 

Orant pièce' fet Coâet 'i a. 

Dahatt qui car me devea, 

Quant ore manger n'en osoo.' 

Roenel s'en vint au pocon, 
1215 Qui molt liez et joiant en fu, 

E dit, bien li est avenu. 

Uœ oorard 1189 DD|tne 1190 «.troue 1191 trabnoM llW'il 
u. Il 1194 reoDol 119& pot 1197 Boa aleo uore le trocon llWQ*' 
120S mADgant 1201 orenorereda 1205 si maitffM 1216 oh'ir ISM Ddxit 
ait q. 0. muigora 1213 Q'ont ore 



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Xm (Héon 381%-S53aO) 77 

ChuBet li dit 'maDger poez 

Tant que bien soies saolez.' 

Boenel s jeté les denz, 
1330 La teste met au panofaon enz, 

Dont par tens se tendra por fol. 

Le laz l*a saisi par le col 

E H pancon est deetenduz. 

Roenel i remeat peoduz. 
1226 Par le col est bien au laz bris. 

Quant Coflet le vit entrepris 

Et en haut le vit encroe, 

Heintenant li a demande 

'Qu'est ce, congpainz, ou alez vosP 
12S0 Ceste car lairois la me vos? 

Je n'en mangn pas, oe tob di: 

Car en ven l'ai au mercredi. 

Venes jus e si la mandes! 

Yos deîstes que fein aviez, 
1230 Et or ne volez pas descendre, 

Einz vos Toi a oe panchon pendre 

Âuai con se fussiez laron. 

Vos ne faites mie raison, 

E sachez, blâmes en serais. 
1240 Quant a la cort le roi irois, 

Yos seres bien reconeûs 

Que vos avez este pendus: 

Il quidera, bien le devin. 

Que c'ait este por lareoîn 
1346 Que vos aies este penduz. 

Ne vos n'en serea pas eretàa, 

Âinz le quideront, sanz mentir.' 103 

Âtant vit le vilein venir 

Qui les vignea devoit garder. 
1%D Quant il vit le panofaon lever 

Et il i vit Roenel pendre, 

Le grant val conmence a deacendre 

1394 B ri T. t. p. 36 b. & nol p. 138(X 31 interverti», mait 
It teribé a ewrigt la faute en ajoutant Iti lettrée b ■ ^n marge 
I3S1 BB m. 1386 R IXW i. qae b. 1244 par 1261 i manque 1362 uel 



«k 



Xin (Méon 93281-2^65) 

Et ot un bastou en ea mein. 
lui estoient troi vileio, 

1265 ChascuuB tenoit httce ou buton, 
Si s'en vienent droit au ponoboD. 
E quant Reuart les a veû, 

N'i a paa graumeut atendu, 
Aîns s'en fui sana demoier 
isaO Quanque pie l'en porent porter, 
Que graut poor ot de sa pel. 
l^t cil TÎenent a Roene). 
Li premer hauohe le baston, 
Roenel fiert sor le crépon 

1266 Tel cop, c'a poi ne l'a tue. 
Li autre a son baaton levé, 
Sel quide ferir, mais il faut: 
Que Roenel a fait un saut, 
Con il vit le baston venir. 

1270 Li cox deaoeut de graut air, 
Que il l'aToit de force eapeint, 
S'a si son conpaignon ateint 
Qui devant le cop a este; 
A pou ne l'a eeoerrele. 

i37(t Cil qui out le cop receû, 
Chiet a terre tôt estendu 
Tôt autresi con s'il fuet mort. 
Or est Roenel a mal port 
Arives, de voir le gaobez. 

1280 Uu des autres s'est avanches 
Qui estoit son germein cosin, 
Et fiert Roenel le mas tin 
Si ^ant cop très parmi le flano, 
Que trestot l'a covert de sano. 

1285 Li quars i vint sans atarger. 
Son conpaignoa voudra venger: 
Une baclie hauce d'air, 



ia&4.III 1S68 gromaot 1269 fui* s. 1262[eonel 12B4Bo««^| 
Leprem' oropoo 1273 Qae * le eop • gite 127d o. Mttndn UTaO»>i 
1278 reoa-i 1379 le ohes 1282 rienel 1388 bluo 1387 m^ 



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SUI (Héon !Bii«6-23a01) 7» 

Roenel en quide ferir 

Orant cop parmi le haterel. 
1290 Et il faut, si fiert le hardel 

De la hace de mein escleDcbe 

9) grant cop que le hardel trenche. 

S'est li ohena a terre choOa. 

Fuiant s'en va tus esperdus, 
1S9& Que durement fu eabaïa. 

Ë (ùl ont lor conpaignoD pris 

Qui fn navrez molt durement, 

Si l'en portent isnelemeot 

À lor ostel, si l'ont ohoce. 
laoo De tôt le mois ne fu baitie. 
Roenel einsi esoapa. 

Fuiant par les vignes s'en va 

Molt durement, et si s'esmaie. 

E Benart jut en une haie 
lfi05 Mucie ou il ot tôt vefl, 

Coq il ont Roenel batu, 

Si en a eue grant joie. 

Et Roenel s'en va sa voie, 

Âinz ne fins, foi que vos doi, 
1310 Tant qu'il vint a la oort le roi 

Trestot issi mal atone. 

Devant le roi cbaï pâme 

E dit 'rire, merci por deu, 

loe ne teaes mie a geu! 
I81& Je me plein a vos d'un laron 

Qui m'a fut pendre a un panchoo 

Par tr^son, par fansete, 

Ou quatre vilein m'ont trove 

Qui m'ont batu a reposées: 
1890 Totes les reins en ai oiflees, 

A pou que il ne m'ont tue.' 

Id lions est en pies levé, 

D'ire e de mautalent fromie, 

1^88 reoB«l lS94*«nft 1297 ntangiw 1398 porter*» il nelemmt 
im M u 1905 il lot toit 1801 en 18L0 qn« U ISIST pot da 
13I( plan 1818 mont tuo I3S2 pEa 



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80 Xin (Héon 383(»>2S8S7) 

 Boenel rove qu'il die 

132& Qui ensi l'ot mal atome. 
'Sire, l'en l'apele Ohufe. 
Isst me dit qu'il a a non, 
9'a Testa un noir pelicon.' 
'Noir diable' dit U lions, 

1B80 II n'est pas de nos régions. 

Tantost e sans plus demorer 
A fet li rois son ban crier 
Que qni porra Coflet tenir 
Que il le face a cort venir. 

188S loi de la cort vos loirons 
£t a Eenart retornerons 
Qui est eu la baie muoiez. 
Holt fu ses cuer joiant e lies 
D'Yeengriu e de Roenel 

1840 A qui a fait batre la pel, 
Qni estoient ses enemia. 
Si se rest a la voie mis 
Et ft erre la matinée 
Tant que oe vint a l'avespree 

1346 Qu'il est en la forest entres 
Ou auques est asoiires. 
Parmi la forest cemina 
Grant pas, que il ne s'aresta. 
Et ohevaaoe grant aleOre 

1850 Tant que il vit la noit osoure. 
Il se dote de Roenel. 
Lors s'asÎBt desoz un ormel 
Qni grant ombre 11 a rendu. 
Devant lui est Rossel venu 

18M L'escurel au pilîoon rox, 
Et dit 'bone nuit aies tobI' 
Et Benart le regarde a l'oil. 
Et dit 'Dex te gart, eBOuiroilI 
Vien toi deles moi reposer! 

1384 rMtnel ISSft Qne 1S26 ohope 1S88 enerr 
1840 le p. 1841 Qn« 1S4« uoura 1S47 oe mt» 1860 il « 
1S5I rponel 13&3 inmifi 13M rodu 



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XIU (Hdon 33398—28377) 

iSttO Noveles te toÎI demaDder, 
Se tu les sea, si les me di,' 
Li escuireil li lespondi 
'Si m'aTt dex, se je les sei, 
Hout Tolenters les vos dire.' 

136fi Atant s'est deles lui asis, 
Ë Reoart l'a par la mein pris. 
'Amis' dit Renart, 'di moi voir, 
Ses tu ci eotoi' nul manoir 
Ou je trovasae que mangerP 

1370 Je ne manjai très avant er: 
Je Bui venus d'eatrange terre, 
Si ne sai ma viande ou querre.' 
'Sir«' dit Rosel l'ascuiroil, 
'Je vos enseignerai mon voil. 

1370 II vos est molt bien avenu: 
Que la maison a un rendu 
Sai en ceste forcet ci près 
Ou il a de capons grant fes: 
Je onit plus en i a de traite. 

1380 Je sai bien par ou l'en i entre, 
Je vos i menrai sans mentir, 
Se avoc moi voles venir.' 
Reoart l'oT, s'en a grant joie, 
Un de ses bras au col li ploie 

i:-t86 Et dit 'vos estes mes acointea. 
Por moi vos ferois oncor cointez, 
Que m« e vos amis seron: 
Or en alon a la meson.' 
Âtant s'estoit mis a la voie 

1990 Kenart, et Rossel le convoie. 
Onques n'i sont aresteû 
Tant qu'a la maison sont venu 
Qui bien estoit close de mur 
Dont li quarrel estoient dur. 

law En la paroi un trou avoit, 

1808 a*i d. 1364 le no* 1966 la 1976 Que 
'• grM iH 1879 c. que p. 
UN*RT n. 



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»2 xni (ll4on 2â37d-S84(M) 

Que Rossel molt bien i savoit. 

Au pertuia soDt venu errant, 

Rossel i entre tôt avant, 

Et Renart est après entre, 
1400 Mes n'a pas le trou eatope. 

Ataat en vont au gelîner. 

Renart comence a orellier, 

S'il croît rien qui li desplese. 

Et Roasel a OTert la hese 
1406 Qui fu fermée a un baston, 

Si se tnetent cnz a bandon. 

Onques n'i ot noise ne cri, 

Renart a un ebapon saisi, 

Et Rossel conmence a monter. 
1410 Une geline oï cover 

Qui deaoz lui avoit douze ces. 

Ce us retînt Rossel a son oea 

Trestos que nul n'en i laissa. 

L'un après l'autre les huma, 

1415 Et Renart manja son capon. 

Atant estes vos on garçon 

Qui relevé fu a pîaaier, 

Si a oT Renart rongier. 

Quant il l'oT, il eacota, 
1420 Tôt meintenant l'uis eatopa: 

Puia est arere repaîriea, 

Ses conpaingnona a earelliez. 

'Or aua' fait il, 'aeingnor baron! 

Que ne aai gorpil ou teaaon 
142& Est avoc lea capona encloa. 

Or tost, si li batona les os.' 

Adonc sont li frère levé, . 

An gelinier en sont aie 

Cbascuna un baston en sa meîn, 
1430 L'ois ont overt trestot de plein. 

Li un un grant tortia tenoit. 

1896 mot i] le 1403 que 1407 o'r 1406 m mm 
1416 Ataot oie* doi 1419 Vmnnqur 1432 einiellfei 1494 u 



Xm (Méon 284H)-23«S) 

Il entra ens, garde, ei yoit 
Renart qui fil plus noir que mure: 
Et Eenart tantost U oort sore 

1436 AuBÏ con s'il le Toussit prendre. 
Et li frères sans plus nteodre 
Let le tortis caoir a terre, 
Tôt meinteiiftiit le guicet sere, 
Fuis a'eeoria 'i^e! aïe! 

1440 Douce dame, seinte Marie, 
Aidiea et si me secorez! 
For pou n'ai este dévorez. 
Ce n'est pas gorpil, eins diable, 
Seignors, nel tenee mie a fable. 

1446 Tôt meintenant con il me vit, 
Sus me corut que mot ne dit, 
Eetrangle m^oûst sans mentir, 
Mes tantost cod jel vi venir, 
Trestot corant sui retome, 

1450 Bien ai l'uis après moi ferme. 

Onques mais hom ne vit tel beats. 
Or toet, si esveillez le prestrel' 
Le prestre esveillerent errant, 
Et il est levés meintenant. 

l4Fi5 N'i remeist clerc ne capeleîn 
Qui n'ait seintuaire en sa mein: 
Et li prestres l'estole prist, 
Meintenant a son col la mist. 
Si se sont a la voie mis. 

I4ft0 Or est Renart molt entrepris. 

Chantant s'en vont a haute vois, 
L'eve beneïte et la crois 
Ta tôt devant, n'en dotes pas. 
A l'uis vienent plus que le pas; 

I4a& Si entrent ens a une hie. 
Ueintenant est tome en (îiie 
RoBsel, si a Renart laissie. 



1436 p. dkteodre 1443 pal g. eina est dieble 1450 a 
MTniellei 1460 mot 1465 a faune hie 



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a xm (Méon 28446-2ft48I) 

Lora cet le prestre avande, 
Si s veO treatot debot 
1470 Renaît qui en un angle crot. 
Con il vit le prestre Tenir, 
U ne se pot mie tenir 
Que a rencontre ne veaist 
Li prestre l'estole aaisist 
147S Qui ne fu eabaU ne fol, 
Benart enlace par )e col, 
Si le miat hors de sa maison. 
Autresi con s'il fust laron 
Le vait traînant par la cort. 
1460 Meinteuant un vileio acort 

Qui en sa mein tint une tnace. 
Ou vit Benart, molt le manace: 
Ferir le quide sor le doa. 
Et Benart qui dote sea os 
i48Ci Et qui se aentoit malbaiUi, 
Si est de l'autre part sailli 
Molt très durement et a plein. 
Li ceux, fiert le preatre en la meia 
Que l'estole li fist laissier, 
1490 Et Benart se miat au frapier. 

Par le pertuis s'en va corant, 
Dehors trova Bosael plorant 
Qui ileo dehors l'atendoit. 
Dit avoit que no se movroit, 
1496 Si revendroit aon conpainnon 
Qui leenz eatoit en priaon. 
Einsi meine aon dol Boael, 
Et Benart saut par le boel 
Par la ou il entres i fu. 
1500 Iloques a Boaael veû 

Qui demeneit issi fet duel. 
Lors li dit Benart 'Escuiruel, 
Por qu'est ce que plorer te toi?' 

1470 en] aeur 1475 Que I4S2. 1467 mot 14ftl \m 
1480 Imtoillit 14UJ Quiloquen 1499 i man^* 



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Xm (Héon 23482-23517) 

Lors lî dît l'escuireil 'por toi, 

1606 Que je ri caiens atrape. 
A pon qne ne vos ont tue, 
Que bien qaidai que morz fussiez.' 
Dit Renart 'ne vos esmaiez, 
Je me soi d'aus bien eBchiver: 

1610 Mes or nos alona reposer, 
Qn'il en est ore bien Baisons.' 
Atant s'en vont tôt les trotons, 
Onques n'i ot rien délaie, 
SoE us obsine se sont oocbe. 

1615 Bien oreot este conree. 
La se sont andoi repose 
Et si dormirent, jel vos di, 
Tant que li bans jors esclaroi 
Et par la contrée luist cler. 

1620 Lors se lèvent li bacheler. 
Tost furent vestn et chance. 
Rossel a Renart areinnie, 
8i li a dit 'bau conpaignon, 
Enoor ne sai pas vostre non: 

16% Tes le me dires, se voles.' 

Dist Renart 'Guflet sai clamez, 
Et tu es mes oosîns germeins, 
Hes ore aloa laver nos meins 
A celé eve lais aval.' 

1690 Cbascuna monte sor son obeval 
Que il ont innel et coraot. 
A l'eve vindreot meintenant, 
Lor meins lavèrent et lor via. 
Hossel' dit Renart, 'baua amis, 

1636 n est hnimes très bien seiaona 
D'aler querre noz gansons 
Et ce dont nos devon disner.' 
Lors montèrent li bacheler 
Et chevancfaent aanz demoree 



lÛUIt Mindai 1611 «D Huutque raiions 1614 Hor lOIS ion 
«i I&IS contre 1681 Qui! 1636 hni manque 1687 doot] qse 



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«O Xin {U6oa 286ia-28K8) 

IMO Tant qae près fa de l'avespree. 

Tôt le jor ne fineut d'aler. 

Onquea ne porent rien trover. 

En U forest entrent atant, 

Partot vont vitaille querant 
lCi46 Mes rien ne troverent, ce quit, 

Âinz chavRucbent diuqu'a la nuit: 

Mes ne troverent qui lor vùlle. 

Dant Renart durement baaîlle 

Qui bien quide de fein morir. 
1650 Tôt sans manger se vont gésir. 
Renart et Rossel sont oocbe. 

Mes il sont durement irie 

Que ai les detreinnoît la feins, 

Por poa ne mangèrent lor meina. 
1505 Benart a porpenser s'est pris, 

E dit que il est fox nats, 

Se einsi se let alîver: 

Meus li vient Rossel estrangler 

Que il de fein morir se let. 
1960 Tôt maintenant vers loi se tret, 

Si l'a si sache par la coue, 

A pou del cul De li dénoue. 

Dist l'escuireil 'vos me bleohez. 

Bau coDpaigaon, mar i sachez, 
1669 Voles vos ma queue esraoher?'' 

Dist Renart aîns vos voit mander 

Que je ne puis plus endurer: 

En ceste nuit t'estuet finer, 

Tu ne pues aler en avant.' 
1070 Dit Rossel a deu me conmant.' 

Ranart tint la oene Rosel 

As denz, ne l'en est mie bel. 

De si grant redor l'a sachee 

Que tote li a esooroiee. 
1070 Eacapes s'en est a grant peine, 

1040 la uMpreo 1644 querrsnt 1M7 qaa 1648 bu»« lSi3 >« 
1009 mori 1060 qD« e. 1669 os pat a. 1670 .B'. 1671 eeu« 



'c* 



Xm (Mâon 28»4 -28689) 

Fuiaut s'en Ta a grant aleine, 
Et dit qu'il s'en ira chamer 
Ât) roi Noble sanB demorer. 
Ainz ne Soa d'esporoner 

1080 Tant qu'il aperçut le jor cler. 
Droit a la oort s'en est venu. 
SitoBt con a le roi ved, 
Si ae lease a ses pies caîr. 
Bire' fait il, faî moi oïr, 

1585 Por deu entent moi a parler,' 
Quant li rois voie Rossel plorer, 
Volt li anuie, ce saches: 
KeÎQtenant est levés en pies 
Et dit 'RoBsel, dire poez, 

1590 Que vos seroia bien escotez.' 

'Sire' fait il, 'a vos me oleim 
Se Coflet mon cosin germein: 
Kes coBÎns dit que il estoit, 
Mes ersoîr manger me Toloit. 

1&B5 Einsi a ma ooe atornee 
Que James ue sera sanee, 
Dont j'ai le cuer dolant et noir. 
Yeetu a no pelicon noir, 
Mes il est f^oo e puant.' 

1600 Âtant eaut Eoenel ayant, 

Si a dit au roi 'n'est pas jent 
Qu' il a damage ai ta jent: 
Moi, e Bosel a ja tenu.' 
Atant est Ysengriu venu, 

leoci Que quida que celui i fuet, 
Si aporta nn pie de fust. 
Con il ot entendu Rossel 
Et le mastin dant Roonel 
Qui se sont clame de celi, 

161Û Tantost devant le roi sailli 
Et a ses pies s'agenoilla. 



1077 qm il 1578 roio 1580 que il 


1683 OMÎr 


1686 ot 


•BDl IBOi ooflel Bt m. IM» a. toraao 


1600 iMDel 


1803 ft 


m 1604 ei 1609 celai 







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«s XIII (Méon 23080-28626} 

Li rois TseDgrin regarda 

Et vit qu'il ot le pie perdu, 

Durenteat en fu esperdu. 
16I& Tôt meintoDant l'a arainle 

'Tseugrin, ou est voatre pie? 

Dites par qui l'aTea perdu I 

As furchsB en sera peudu.' 
'Sire' dit Tsengrin, merd! 
1630 Vos vees oon suî maubailli: 

Ensi m'a Goflet atome. 

James a cort n'ere onore. 

Ce n'est pas cose covenable 

Que laîsaiea vivre cou diable, 
162& Il doÛBt bien eatre afines.' 

Lors s'est li rois en pies levés 

Par fin mautalant et par ire, 

Si conmenca un pou a rire. 

Puis a r^^rde entor li, 
1630 Si 8 Tïbert le cbat coisi. 

Tibert' fait il, avant venea, 

Geste besoigne fomires. 

Aler vos covient Goflet querre. 

Ja n'iert en si eatrange terre 
l68Ci Que nel voa oovienge amener: 

Ou mar vos vernû retorner, 

Se vos en retornea eanz li.' 

M^ntenant Tibert reepondi 

'Sire, mon pooir en ferai. 
1640 Sel puis trover, je l'amenrai, 

S'il velt por moi venir a cort' 

Tantost conmande qu'en atort 106 

Son palefroi sans demorer, 

Que il ne vout plus arester. 
1646 Fait fu Gon il l'ot conmande. 

Li singea li a amené 

Qui de lui servir n'ot pas honte. 

1612 Le roi 1624 dieblu 1628 ria 1626 lui 16S7 m» 1» ^ 
e. 1638 ut ajouté au boa de ia marge 1640. 1641 manquent 1646 w* 
1647 Que 



, Google 



XJII (HéoD 38627-28662) H» 

Et dant Tihert meiotenant monte, 

Puis a pris oongie, ei s'en part. 
16511 ItfoB or li pri qu« il se gart, 

Que se B«nart le puet tenir, 

Il ne a'en saura revenir. 
Tibert s'en vait a esperon, 

Molt ot en lui noble baron. 
16Q& Parmi In foreat i'achemine, 

Treatote jor d'errer ne fine 

Tant qu'il est venuz a l'oiasue. 

TTne praerîe a veQe 

Qnï molt eatott et grant et bêle: 
1660 Eomi ont uoe fontenele 

Qui molt estoit et clere et seine. 

Si come aventure le mené 

Est Tibert venu celé part, 

A. la fontaine vit Benart 
1660 Qui estoit plus noir que maufez. 

Or qaida bien estre asenez, 

Bien set que oe est que il qaert. 

Le obeval des espérons fiert 

Tant que il est a lui venu. 
1670 Si dist sire, je vos salu 

De la part mon seignor le roi 

Qui vos mande qae avoc moi 

Vegnez a oort sanz nul regart, 

Entor rostre col ane hart.' 
1676 'Baux sire' dist Renart, 'por quoi? 

Se le saves, dites le moi'. 

Ë dit Tibert 'bien le saurois, 

Quant a la cort venus seroie. 

Que bien vos di par seint Mande, 
1680 Je n'en soi pas la vérité: 

Mes ce que encarche me fu 

Vos ai ci iloc coneû. 

Or me dites oe que voudroia. 

Se me crées, a oort vendrois.' 
1648 ntMta 1691 pot 1664. 1609 H ot 1609 grant] oheTa 1661 mot 
ehara 1678 Con » 1679 die 1680 nea. 1681 eaoheros 1682 «i ci] ici 



,.ogIc 



XIII (H«on 33668-23698} 

1685 Dist B«nart Volenters ire. 
Mais eiâB serai desjeûne: 
Encor hai ne mangai oe bui. 
Se il ne vos torne a eonui, 
Je V08 voudroie ore proier, 

1690 Atoo moi venissies manger 

En ma meson qu'eat près de ci.' 
Tibert reapont vostro merci. 
Alons en donques sans targer, 
Que je n'ai Boing de delaier.' 

169a Renart monte sor son cheval: 
CheTBcant va le fone d'un Tal 
Entre lui e Tibert le chat. 
Bien le deooit par son barat. 
Tant ont le droit oemin tenu 

1700 Que en la forest sont venu 
Par devant Tuis au forester, 
Ja esteit près de l'anuiter. 
Un pertuis dedens l'uis avoit 
Qui par Renart fait i estoit, 

1705 Par on aloit au geliner: 
Mes metemee le forester 
I ot tendu un laz de corde. 
Or gart Tibert que il n'i morde: 
S'il i va, oe n'est pas savoir. 

1710 Et mon seignor Renart le noir 
Desoent de son cheval premier, 
Et sesist Tibert a l'estrier. 
Si dist 'baus sire, deacendee, 
Et dedens ma meson entres, 

nib Et j'atacerai nos chevavs 
Ci iloc a ces arbrissaua. 
Et le matin sans nul delot 
£d irons a la cort le roi.' 
Tibert nnl nul ni entendu 

1720 MeiuteiuiDt a pie desoendi 



1686 desiQSDfl 1688 tor s 1689 or 1691 que» p. 1700 9f» 
furent 170* Qne 1106 gar nUBintaïujue 1716 ■rbrciw 1111^ 



'.* 



XUI (Héoii 23609-38734) 

Et le oheval li a, leesie, 
Si s'est enmi l'uis esleisee. 
Tôt roeintenant dedens se mist: 
Li las par le col le stùsiat. 

1735 Et Renart qui bien le vit peodre, 
S'en foï, que ne volt stendre: 
Malement l'a fait herbeçgier. 
Lors est sailli le forestier 
Qui a oT grocier Tibert. 

1780 11 fu sages et bien apert 

Qu'en lui n'ot point de mesprison, 
Et dit 'dos avon un prison.' 
Yers lui s'est venus meintenant, 
Si a trove Tibert pendant. 

1730 Heiotenant a un baston pris. 
Et Tibert qui fu entrepris, 
Â. molt grant poor de sa pel. 
Et il li aune son borel, 
Soient Ta le baston hauoant, 

1740 Et Tibert va le laz rongant 
Qui entor le ool li tenoit. 
Au vilein dit qui le feroit, 
ToB ne faites pas bien, ce croi, 
Que je sui meeager le roi: 

1745 Ed son message m'envoia. 
Mes oelui qui ca m'avoia, 
Ue dit que c'estoit sa maison. 
ToB ne faites mie raison, 
Si me lùssies ester atant.' 

1760 Et li vileÏDS saut meintenant, 
S'a amont le baston haaoe. 
Tibert qui oC son las rongie, 
N'a mie le coup atendu, 
Âinz s'en fuit a col estendu. 

17afi Parmi le pertuis s'est fioles, 
Fuiant s'en va tos esleesiez, 



1734 arài 1726 ne pot 17S0 bfl t ^pert 1748 pu manqnt 
1746 mennoi* 1748 ruoD 1761 amon 



, Google 



92 xril (Héon 28785-23770) 

Hea il eetoit mal atomes. 

Li sana li eaut parmi le nns 

Et par la boce de randon. 
1760 Fuiant s'en va tôt le troton, 

Juaqu'a la foreat n'aresta, 

9oz un arbre Renart trova. 

Renart qui l'a aporoefi, 

Li diat 'bien aoiea voa venuT 
1765 Yenea tob lea mot reposer, 

Puia en iroi) aans demorer 

Entre moi et vos a la cort.' 

Hes Tibert fiât aenblant de aort 

Qui de son aolaa n'avoit cure. 
1770 Fuiant s'en ra grant aleâre 

Tant qu'il Tint la ou le roi set. 

Tôt meïntenant as pies li cet 

E dit 'Sire, or suî retome. 

Hes n'tù paa Cofiet amené: 107 

1775 Ce m'a fait que poes veTr.' 

Li roia croie le chef d'aîr, 

Quant vit Tibert qui fu aanglanz. 

De mantalant eatreint lez denz. 

Tibert' fait il, 'tu ea blechea. 
1780 Pendua iert, n'en iort reapitiee 

Oil qui t'a et mal atome.' 

Atant a li rois apele 

Le motoD mon segnor Belin 

Qui a Renart n'eat paa coeïn, 
1785 'Sire Belin, avant venez, 

Et toat querre Coflet alez 

Et ai li ditea, a cort vienne, 

Que nus easoignea ne le teine.' 

Dit le motOQ 'a'il vos plaîaoit, 
1790 Bauz sire, uns autrea i iroit.' 

Diat li roia 'n'ira se voa non.' 

Âtant a*en tome le moton, 

1771 qae il 1774 c. enoonlre 1776 ueoir 1780 i«rt » ■• 
1791 Dira oui m 



, Google 



Xm (Méon 38771-33806) 

Del aler bien a'aparolla. 

QuuDt mont^ fu, à b'cd torna. 
1795 Con il out pris du roi congie, 

Yers la foreat s'est eslesse 

Et s'en Tait a inolt grant aleine. 

Mes s'or ne set garder sa leine, 

Saches qu'il s'en repentira. 
1800 Parmi la foreat cemina 

Uolt bon oire sans srester. 

Renart vit soz un horme ester. 
Sitost oon Belin l'a veû, 

'Goflet' fait il, 'mal avenu 
1606 Vos est, ce saches sans mentir. 

A la cort vos covient venir 

Orendroitea avoques moi, 

Et si ne dites ja "porquoi", 

Mes vones en delÏTremt^nt.' 
1810 Renart a porpenaer se prent, 

Go ornent porra Belin servir. 

'8ire' fait il, 'vostre plaittir 

Ferai certes molt volenters. 

Mes s'il vos plaiat, baus amis ohers, 
1815 Ud petit avnnt mangeroie : 

Il a jusqu'à la cort grnnt voie. 

Et se vos moi on croïez, 

Un petitet mangeriez. 

Une areinu ai ici delez 
18^ Dont vos aurois, se vos voles, 

Tant con voudiois con je dévia.' 

ÀveineP sire' dit Belin, 

"Par seint Tomas le bon martir, 

J'en voudroie mon ventre enplir: 
1826 S'il vos pleat, enseigniez la moi.' 

'Sire' dit Renart, 'par ma foi, 

Molt voienters vos i menre.' 

Âtant se sont achemine 



1795 pri 1801. 181» ICol 1807 o.onaruim nuoo 1818 mBriceraii>ii 
1SI9 »i ei 1828 ■>. oe d. 1820 6i uod p. eaaiBniiie» 1» m. 1837 menreia 



'c* 



XIII (M«on 3S807-2Bftl!J) 

Et cbevfluchereDt le trotoD 
1830 Entre Renart et le moton. 

Jusqu'à l'aveine sont venu 

Ou 11 vilein mucie ae f« 

Qui ot avec lui un mastin. 

SitoBt con a veû Belin 
1835 En l'aveine, son oben li huie, 

E Renart est torne en fuie 

Et laisse Belin en la frape. 

Li chen 11 decire sa cape, 

As àeuz le prent, que pas ne faut: 
1840 Li âocel en volent en haut. ' 

De sa leine bien l'a plume, 

Molt par a Belin malmené. 

Et li viletn li escria, 

'Certes mai nos esoapera. 
181Q Tien le bien, gar que ne t'astordel 

Se gel puis tenir en ma corde, 

Je l'enmenre en ma meson, 

Si li ostere sa toison.' 
Belin a le viUin ol. 
1850 'Ha las' fait il, 'je sui huni. 

Cbuflet' fait il, 'ce m'as tu fet. 

Vers le roi te ferei tel plet. 

Se dex me lesse retorner.' 

Et li chens le prist a peler, 
1855 Tote la leïne li esrace. 

En son dos remeint meinte place, 

Le poil en errache et le cuir. 

'Ha las' fait Belin, 'je me maîr: 

Mont par sui or mal atomez. 
1860 Sire dex, car me secores, 

Car ore en a.\ je grast mester.' 

Et li vileins prent a hucier, 

'Tien le, di va! tien le, di vaV 

Atant le chen se regarda, 

16 hue 1841 U 1842 Mol ■*■ ■ 



, Google 



Xm (Méon 28S48-S8S7li) 

1865 Qa'il quida que celai venist 

Et Belin a fuir se priât, 

Quant il ee senti délivre. 

Fuiant s'en va parmi an pre, 

Onques tant ne quant n'aresta 
1870 Tant qu'a la cort le roi trova. 

Si lî estoit as pies ooûb 

E diat '8ire, mal sui Tenas. 

Por amor de, or esgardes, 

Cornent je eui entrepelea. 
1876 Tôt ensî m'a Coâet servi.' 

Et dit li rois 'bien soi boni. 

Si ne aei que je puisse fere 

De ce traïtor deputere 

Qui se fet apeler Coâet 
1880 Et eÎQsi ma jent me maumet 

Et si les a tome a mal.' 

Lors vit parmi la sale aval 

Venir dant Beroart l'arehepreatre, 

Et tint Brun l'ora par la mein deatre, 
1886 Et avocques fu saDs fauser 

Hisire Baucens le sengler. 
. Tuit troî sont ensemble venu. 

Et quant li roi les a veS, 

Si lor a dit Venes avant, 
1890 Seignors, qae bien soies venant. 

De vos avoîe je meater, 

Que je vos voudrai envoier 

Entre vos trois querre celi 

Qui si a Beiio maubutlï. 
189â Aies et si le m'amènes. 

Gardes sans lui ne reveoes, 

Mes amenés moi le laronr 

'Sire' ce dient li baron, 

Nos feron ce que vos plera: 
1900 Honis Boït qui ja s'en feindra. 



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1876 honit 


1878 traître 


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96 XIII (Héon -28879-28914) 

Plus Dâ DOS Vflrrois demorer, 
Nos es iron sans «rester.' 
'Bau aeignor, a deu vos conmano.' 
Et cil moaterent meinteBaot 

1900 Et s'aobemioent sans DOisifir. 
Tuit troi prennent a chevacer 
Treatot coste a coste et a deatre. 
'Seignor' dist Bemart l'archepreatre, 
'Sajement noa covient ovrer 

1910 Que il ne nos puisse eeehaper. 
Li un de nos s'en voiat devant 
Tieatot bêlement oheTauoant: 
8'il ne voit c'un de nos ensanble, 
N'aura pas poor, ce me semble.' 

1910 'Par foi' font il. Vos dites voir. 
Mes or voudrion nos savoir 
Liquiex sera oe qui ira.' 
'SeignoFs, lequex que vos plaira. 
Ge irai, ae vos oonmandes.' 

19-iO 'Sire' font il, 'bien dît aves. 
Et damledeu a son plaisir 
Vos en laist a bon chef venir. 
Qui le vos doinst par tans trover. 
Que au roi le paisaonz mener.' 

102& Atant l'arobeprestre s'en part 
E chevauche tôt un eaart. 
Auquea loing de aes oonpaigaonz 
S'en vait Bemart toa les trotonz 
Bien entor une arbalestee. 

1980 Si eet entre en UDe pree 
Et va chevaucant saoz srest 
Tant qu'il fu outre une foreat 
Qui moût eatoit grant et foillue. 
Deeuz une coudre menue 

1836 A trove dant Coflet gisant. 
Con il l'ot, si saut en estant, 

1902 dpm«r«r 1907 c. S r. « d. 1900 o. u o. \W Q*' '' 
1913 que un 1917 qui i ir> 1930 Heiicnur fait i) iOâS li-« ««'4*' 



Xm iUéoa 28810-28960) 

• Si li dit 'sire, bien vieagaiez!' 

Et Bernart qni fu avanchez, 
là dit je ne vos salue pas. 

1040 Au roi vendrois plue que le pas. 
Saches, il ne vos aime mie, 
Que sa gent avez maubillie, 
Et mal atomes, che saoiez. 
De ses barons serois jugiez: 

t94A Quant la cort jugie vos aura, 
Li rois tel justice en fera 
CoD li baron esgarderont.' 
Heintenant Reuart li reepont 
'Sire, par sainte Charité, 

1960 Vos n'estes pas bien asene. 
Ë bien sachez, se dex m'ait, 
Que onqnes U rob ne me vit 
ïfe moi ne demande il pas.' 
'Far foi' fait daot Bernart, 'c'est gae. 

1066 B ne demande se vos non.' 
Atant vienent li coupaignon, 
Uesire Brun l'org et Banoent 
Qui ohevaucent isnelemeot. 
Fuis descendent andui a [ne, 

i960 Si out Choflet pris e lie 
UcBoz le ventre du cheval. 
Si chevacent le fons d'un val. 
Onqaes o'i sont aresteû. 
Si en sont a la cort venu. 

lOfô Tuit troi descendent au degré, 
Si ont lor priaon detrosse 
Et puis sont monte el paleis, 
Li rois se seoit tôt en pais 
Et ot avoc lui meint baron, 

1970 Atant voit venir le laron. 

Quant Ysengrin le vit venant, 
Heintenant sailli en estant 

ItHlt pH 1941 S. qne il 1946 c 
■M luee dMoent 1061 le le n. J 
IWi boron 1070 baron 

BBNAXT II. 



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Xm (M£on 38951— 28987) 

Ë dit 'Sire, vees celui 

Qui si m'a del pie maubailU, 

19T& Bien saobes que je ne ment pu.' 
Et oil vienent plus que le pas, 
Si tentent Renart trestnit troi. 
'Sire, sire' font il an roi, 
'Yez Coflet que vos amenom. 

1960 Ce que vos plaira en feron.' 
E 11 rois respont tôt errant 
'SeigDor, bien soies vos rennant 
Tuit troi, mais ne le aala mie.' 
Et Gofiet meiutensDt s'esorie 

1685 'Bons rois, ois sîrea qui ne ment 
Il gart vostre cors de torment. 
Plus bel ne vos pnis saluer. 
Vos m'aves fait a oort mander: 
Or, si vos plaist, si me diroîs 

1990 Tôt ce que vos conmanderoJB.' 
Li rois dit 'mal soiez veoua! 
Je conmano que soies pendiia. 
Uea avant te dirai por quoi. 
Tsengrin ai se pleint de toi 

1995 E le msstin dant Roenel, 
Et l'escuirel sire Rossel, 
Tybert le cbat et le moton 
Qui a pelée la toison. 
Se de ce ne te pos deffeDdre, 

2000 Je te ferai ardoir ou pendre.' 
'Sire' dit Kenart, entendez I 
Se il TOB plaist, si escotez. 
Par tOB les seins qu'en prie a Uege, 
Se Tsengrin caT el piège 

2006 Et il i a le pie perdu, 

Doi ge por ce estre pendu f 

Dex m'en défende e seint Martini 

Et se Roenel le mastin 

A del penchon le lart mangie, 



1980 n] DCM 1968 net ■. SOOO •. n Modre 300B pri 
3009 nagie 



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Xm (HéoD 2S98B— 24033) 99 

2010 Jfl n'i ai g&ires galnie 

Ne perdre n'i redoi ge mie. 

Foi qae je doi seinte Uarie 

N'i ai gaTnnie ne perdu. 

Se lî TÎlein l'i ont bâta, 
S(ii& Ai ge forfait: que Vea me pende? 

Nenil, sire, deu m'en défende I 

Et se Tibert que la Teom 

Fu entre en autrui maieon 

Tos 80U8 aans demander ostel, 
2020 Et l'en li a batu la pel, 

En ioe que aï ge mesfet? 

Quant li fes par moi ne fu fet, 

Je n'en doi avoir se bien non. 109 

E se dan Belin le moton 
2025 A an vilein mangie s'aveine 

Et il li a OBte la leine, 

Bau douB sire, qu'en puis je mes? 

S'il vos plaist, sî nos tenea pes. 

De Rossel l'escuîroîl vos di, 
3080 Onqnes a nul jor ne le vi, 

Onqoes par toz les eeinz de Rome 

Ries ne forfis onc a nul borne, 

Et s'il en vont son eecu prendre 

Je Bui toe prest de moi defFendre 
20rî6 Contre lequeîl que voudrez d'eue,' 

'Chuâet' fait li rois, 'par mes euK, 

Ce que vos dites ne vaut rien.' 

Atant saut Roenel le chen. 

Si a dit au roi conme prouz 
2i)iO 'Yees ci mon gage por toz, 

Por Tybert et por Ysengrin 

E por Rossel et por Belin 

Et por moi oncor tôt avant.' 

Lors ae vet Renart defripant, 
3045 Quant vit celui son gaige tendre. 

ai|6 Munll 3020 palu 2023 ns d. anor 3081 manqur 
2UJ0 u^utlmi Joai 2040 Veg 2011 et mangue 30J3 roenel 3044 vet 
manqtâ* defripont 3M0 tï 



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100 Xni (Kéon 24024-24060) 

Bien août qu'il le coTÎnt défendre: 

Durement en est esbata. 

Et li rois a les gages pris, 

Puis a ostages demaDdez. 
2000 Ueintenant est en pies levés 

Sire Frobert le greseïllon 

Et dant Tardis le limaçon. 

Au roi dient ostages somes 

Por Roenel contre to« ornes.' 
S060 Dist li roÏB 'bien eates créant.' 

Lors est Coâet venus avant 

E dit au roi Veîs ci mon gage, 

Onqaes nul hom eo mon aage 

Ne mefRa ne ne meffere, 
20(10 Uea cestui recreimt rendrai.' 

Li rois dtat 'donea est li gages. 

Or n'i faut mes que les ostagea, 

ToB les doorois, foi que tos doi.' 

Et Renart regarde entor soi 
S066 Trestot contreval la roeson, 

S'a choisi Griobert le tesson. 

'Qrinbert' fait it, 'avant venes, 

Et por moi ostagee aerea: 

Et vos avec, dan Briofaernerl 
2070 Vos me aolies tant amer 

Entre vos et aire Grinbert. 

Or verrai qui ami m'i ert, 

Or en eat venus li beaoing.' 

Et Grinbert dit, qu'il n'en a aoîog, 
2070 Que cil que il ostegera, 

Uout meuz de lui le conoietra. 

Et Renart est vers lui aies, 

Bi li dit 'sire, a moi parles! 

Bien sai se me ooniasiea 
9060 Que meintenant m'ostagissiee.' 

'Amis' dit il, 'qui estes voeP' 

SMS priât sue « les o. fiOSl robsrt SOfi? gag» SOBS i|* 
9060 reorant 2061 gnibert (rf« fittme 3067. 3071. 9074. 2006} 9071 &• 
nenriti 9060 me ottngwïiei 



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Xm (Hioii 24060-24095) 

'Sire, je Bui Benart le ros. 
Si vos ai bieo de vente 
Que Roenel sera mate, 

2086 Car il a tort et je ai droit' 

Et quant dant Qriubert Tapercoit, 
A son dit l'a reconeQ: 
Devant le roi en est venu. 
Oatage por Renart livra, 

2090 Et dant Brichemer î entra. 
Quant ii gage furent doue, 
Si Boot a lor oatex aie: 
Bepit ont pria de la bataille 
Jusqu'à huit jore sans nule faille, 

2095 Et tandis se sont porchache. 
S'ont lor barnoia aparellie. 
Et sire Hoenel porquiert 
Tel esou oum a lui aSert, 
Bone cuiree et boo baaton 

2100 Qui bien fu frète environ. 

Et Benart a'est bien entremis, 
Et bien a son bamois porquis 
Ë porcbacie son este voir. 
Un eaca tôt roon et noir 

2105 A aparellie, jel vos di, 
Et un baston noir autreaî. 
Le bastoD eatoit de pomer, 
Et bien l'ot fait estroit lier. 
I] fu molt bien aparellie. 

2110 A la cort.vint joiant e lie 
Renart le jor de la bataille. 
Et Roenel i fu sans faille 
Tôt aparellie por conbatre 
E por l'orgoil Renart abatre. 

3115 Devant le roi fu en estant. 
"Sire, ma bataille demant' 
Ce a dit Roenel an roi. 



a06b «i la d. 2086 lapercot 2087 dit » Le» w. SOOS. 20H êont 
imitrttrti» âott» U mw., mait Ua Uttrts b a, qui prieident Ua deux vtrti 
corrigeiitl'«rrtur 2098 lui fl«rt 2l02'.q(>]'- 2108 Mtorlier 211îftiiian3U« 



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XIII (MéoB S4ÛM-S4189) 

Et il li reapont 'je l'otroL 
Et saches, se m'ea oreîes, 

2130 Entre vos deus pais feries: 
Et saches qui sera veincas, 
Tôt meîii tenant sera pendus, 
Que ja raencon o'eo aura.' 
Dist Roeael 'ja n'avendra 

S125 Que si s'en voist li leres quïtes. 
Ancois li rendrai ses mérites 
Et de la honte et de l'ennui 
Que nos a fait ici enqui.' 
Lore diat Renart par eeint Denis, 

3180 N'en prendroie de paresis 

Un somier chargie, nun pas deus, 
Que n'en soion andui as jeus. 
Et je et vos sans arester. 
Trop poent li seint demorer: 

21S6 Si m'en poise, par seint martîr. 
Sire rois, faites les venirl' 

Li rois fait les seinz aporter. 
Quant en ans ne pot pes troror. 
Ses aporta Tibert )i chat. 

3140 Ce fu le ob^ Pelé le rat 
8or quoi le aerement fera. 
Roenel s'i ^ajenoilla, 
Si a dit, que l'oTrent meint, 
'Issi m'ait dex et cîat seint, 

2146 Que Coflet a ice mesfet 

Dont il doit avoir honte e lot, 
Et d'Iaengrin et du moton 
E de moi qu'il priât au penohon, 
Et de Rossel tôt en apert, 

SlfiO Et de T08, mon seignor Tibert, 
Qui oeat seintuaire tenee.' 

'Par foi' fait Benart, 'vos mentes. 
De trestot i aves menti.' 
Lores l'a par le poing sasi 



2tl8E SUSmeo. 3120 .' fâriei ,' p*]" 3(B1 qa« 9I»m 
3187 ■eint 3149 bote 214S pris 31M) aicgnor .t. 



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Xm (Méoa 24138-2416») 

2166 St ai l'en a fait redteoier, 

Kes SDCois ofri uu denier. 

Lors s'eat Renart aj«nollïea 

Et dit seigiiors, or vos taisîest 

Far les seine que je voî ioi, 
2160 Roenel a de) tôt menti, 

Que onques un mot voir n'i ot.' 

Il baiae les seins a ce mot 

Si a un paressie ofert. 

'Or le TerrOD' oe dit Tibert, 
2166 'Come Tostre droit i parra, 

Quant oe au grant besoing venra,' 
Quant 11 serement furent fet, 

Si se sont a une part tret, 

Et li rois tôt sans plus d'espace 
2170 hea fait amener en la place. 

Renart de nient ne s'esmaie, 

En son doi lace la coroie. 

Roenel ne redote mie, 

Car aaea set de l'escennie, 
3176 Car en enfance en ot apris, 

N'ot si boa mestre en son pats. 
A cest mot furent mis ensemble. 

L'un et l'antre de poor tremble. 

Roenel bien bod qsou eere, 
2180 Jentement va Renart requerre. 

TJn cop li a jeté d'air, 

Et Renart se août bien ooTrir 

Qui l'eecu encontre gita. 

Renart grandime cop frapa. 
318S Renart ne fu pas a aprendre, 

Yers le chen ae voudra deffendre. 

Le baetoD drece et tînt l'esea, 

Si a si Roenel féru 

Del baaton par deles l'oîe, 
2190 Que tote a la teste estormie. 

Âtant s'en sont arere trait 
SIU anooii i o. S168 liegnori 2164 ueDron 3169 tôt « 
ma nel r. 2184 Et R. 21% p. » prendr* 2187 tin 



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104 XIII (U«on 94170-3«90a) 

Oaques n*i ot nul Bemblant fet 

Se de bien non, et s'entrevienent, 

Les esous devant lor pis tenent, 
2195 GraBB coue se vont ontrefeiîr. 

Rflnart, qui bien août Mcrimir 

Et bien sont jeter entredeus, 

Fiert Boenel enmî lea euz, 

À pou que ne l'a afronte. 
3200 Lors dist Renart 'fel parjure, ' 

Meut par vos est mal avenu. 

Se dex plaiat, vob aeroia pendu, 

Ja autre merci n'en auroia.' 

Boenel l'ot, ai fn destrois. 
2305 Si a son esou enbrade 

£ tint le boaton enpoingnie. 

Ferir le quide, mes il faut, 

Que Renart d'antre part H eant. 

Li cox deaoendi par vertu, 
3310 Si l'a ai sor l'escu fera 

Que pie et demi en abat. 

De son baaton vole un esolat 

Et est par mi outre brisîe. 

Holt en fu Roenel irie. 
2215 Gon il ot boq boston* perdu, 

A deuB meina a saisi l'eaon, 

Encontre Renart l'a jeté : 

Si l'a ai forment eaorie 

Qu'il le fit voler tôt envers. 
2330 Roenel saut sua en travers, 

Del poing li done «nmi les dent 

Si que Renart est tôt sangUoa: 

De son poing li débat lea joea. 

N'a or talant de fere moes 
3235 Renart, ce vos di sans faillance. 

Roenel li foie la pance 

Et de aea dens aovent le mort, 

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XUI (Hion S4306— 34340) Iw 

Et Renart un petit s'estort, 

Tant que il out sa destrd meio. 
3230 Hout delÏTrement et a plein 

A BOn baston en haut levé, 

Si a ei Koenel frape 

Boini le vis sans demorer, 

Que li fiât un des eaz voler. 
S28fi Si l'eapeint de si graut aïr 

Que d'autre part l'a fait oalr. 

Et Benart est sailli en pies, 

Son baston tint, bî en fu lies* 

Roenel molt sovent en frape. 
^40 Meinteoant li bastons escape. 

Con il ot son baston perdu, 

Sor Roenel ciet eatendn, 

Del poing le fîert menDement 

Et Roenel bien son ouer sent 
3346 Que toz est seins, mes il a'esmoie. 

De son oil que bï le desvoie 

Duremoit li anuie e grieve. 

Un tor a fait et puis se levé, 

Renart a jeté desoz lui, 
2260 Ja li fera, s'il puet, anuL 

Or refu desus Roenel, 

A Renart a faîte sa pel, 

As dens le mort et fiert del poing 

Mont menuemeot sor le groin, 
2266 E li dit ai que ohaquns l'ot 

'Coflet, car dites le maa inotl 

Se ne le die, je t'ocirsi.' 

'Ja voir' dist Renart, 'nel dirai, 

Por tant puis eatre mort ici.' 
3260 Et Roenel fiert, ge voa di, 

Qmnt oop oon il poat de son pie, 

Que tôt a la vis camoisie, 

i&a p*r 3237 rart 2238 bastoton 2241 perde 224S 8o roenel 
e. tôt r. 3343. 2268 poig 2246 se maie 2260 pot 2301 Or fn décore 
3366 Cenart Au hout dt lign» il y o un r itoU. 2367 oeï dites le 
BM tnarsla 2258 diraie 2961 aon manqu* 



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106 XIII (Mtoa «341—34277) 

Qu« molt durement le âestrent. 
Et Renart a, jeté un pleint 

3265 Et eatreînt les meina et les piea, 
Coome mora a'eat apare liiez. 
Roenel prent a apeler 
Ceus <|ui durent la champ garder 
'Siecor' fait il, avant venee, 

2270 Je cuit ceat camp est afinee: 

Que je Toa di par aeint Germein, 
Ohoflet ne muet ne pie ne mein. 
Je cuit que li champ eat veinqu.' 
Atant i sont ocrant rena 

S-2T6 Et ont trore Coflet giaant, 
S) le prennent de meintenant. 

Qant Renart eent qu'il l'ont levé, 
Meintenant a un pleint gite 
Et dit 'haï! dex, je me muir, 

2380 Tôt ai perdu et car et cuir. 
Damiedeu a bod plaiair fet, 
Que rien n'i a*oie meefait,' 
Les gardes n'ont plua demore. 
Devant le roi l'en ont mené. 

2285 Sitoat con li roia l'a veû, 
Si demanda 'est il reacu?' 
'Sire' font les gardes, 'oïl. 
Mes dites que en sera il.' 
Li rois respont 'ne delaiez 

S390 Qu'il ne aott pendus on noies. 
Jamais ma g«it ne honira. 
Tôt meintenant pendus sent; 
Car insi le Toil, par seint Jac, 
Que il soit botes en un aao, 

22(» Se) jetea en l'eve del pont' 
Tantost en an sac bote l'ont 
Si que onquea confes ne fu. 
Vers l'eve a'en sont acuru. 
Qrinbert qui estoît corooies, 
23Se Cdo 2ZT0 itfiin 2372 mot 2282 forTalt '■ 
2290 Qui du ■. •22a& .i«q 32B4 Qiiil 2206 M a. 



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Xm (U«on S42T8-248I8) 10< 

2300 Desos le pont eatoit muoes, 

Que por Ketiart estoit ire. 

E cil Bont eor le pont monte, 

Si n'i DDt pas molt del«e, 

Renart ont en l'eve lance, 
2ao& An parcbaoir an eecroii fist, 

Et Orinbert tantost le aaiaiat 

Et ai l'avoit del eac este. 

'Renart' fait il, mal as erre, 

Or qoident il qne ci mors soiez.' 
2810 'Sire' fait Renart, 'totes Toies 

M'en aves tob ore reacos. 

Quant je voudrai, je aérai ros 

Auei oon j'eetoie devant.' 

Lors dit Grimbert W dex m'amant, 
3815 Se tu le puea fere, si fe, 

On autrement tu es aie, 

Et je meTmes sui boni.' 

'Par foi' fet Rnnart, 'jel vos di. 

Car orendroit sans arester 
28S0 He verrez la nerte ester.' 

Lors comence ses boroisons, 

Bes proieres e ses sarmons 

Qu'il avoit en enfonce apria. 

Si fa toz roe, jel vos plevis, 
S826 Et a dit 'cosin, or veesl 

Dont se siù ge bien atomes?* 

'Oïl certes' oe dist Grinbers, 

Tu es plus bel et plus apera. 

Mes or te aie, ai ne t'souit. 
3380 Ici serons jusqu'à la nuit. 

Que ae l'en noa aavoit ici 

Moi e toi seremes boni, 

Ja n'en areen raencon.' 

'Sire' &it il, si nos teson.' 
2886 DeaoE le pont sont hostele, 

2303 il 2808 oont pai ai mot d. 2306 par manque ««froi* 
£)t4 jcrinnbart maDont 281t poi 2810 oreoilroite* 2820 ii«qru 
£K8 bUn* 



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V Xin (Héon 34814—34646) 

Et li autre sont retoroe 

En la sale devant ie roi, 

Et li dient 'sire, par foi, 

De cestui estes delÎTres, 
3S40 Par lui. o'iert mes homs greres.' 

'Par foi' fet li rois, 'ce m'est bel' 

Lors vait chasouns a son ostel, 
^Bien ouident estre a sauvete. 

Mes il sont en mal an entre, 
S345 3e dant Benart puet esploiter. 

Lai e Orinbert stuis delaier 

S'en sont desos le pont issu: 

Vers le palais en sont venu, 

lies ne sdnt mie entre dedenz. 
2880 Départis sont lieiz et joianz 

Entre Benart et le tesson. 

Grinbert s'en va en sa meson, 

Et mesire Rensrt s'en tome 

Yen Maupertuis, pas ne sojome. 

2859 Menaçant s'en va Roïnet 
Et l'escuirois sire Rossel, 
Tibert le ohat et Taengric, 
Et le moton sire Belîn, 

Et dit bien que il lor nuira, 
2S60 Ja en tel leo nés trovera. 
Atant eotra en Malpertuis 
E après lui reforma Tuis, 
Et saches que ce fu savoir. 
Ci vos lais de Renart le noir. 

2860 En son castel est enfermes. 
Atant est li contes ânes. 

2388 ton 2840 met] bore 2341 manque 2846 pot 3MT dften 
33fi3 Oiobert 23&& HeialaDant 2360 oel 2881 an lord* n 
30 ob. «a eil farmM 



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XIV 

(néon 3661-3686) 

Ce fa en mai au tena novel 
Que U tana est aeriz et bel, 
3î com eatoit l'ÂseDaion, 
Que Henart ert en sa mesou 
5 Sanz gariaon et saoz vitaille. 
81 grant fein a que ïl baaille. 
De la feint li delt molt li cors. 
De Malpertuis s'en isaï hors 
Graut oire treatot esUissies. 

10 Si ae feri en ud plaiesîe. 
Tôt oorooe eat enz entre: 
S'a Tibert le chat encontre. 
Meintenant l'a a raison mia. 
Tibert' fait il, 'bau duz amia, 

]& Dont Yenes vos? dites le moi.' 
'Sire' dit Tebert, 'par ma foi, 
Oie avoie eopriae ma voie 
Chiez on Tileiu les cele haie 
Qui est Uoqea devant noa. 

20 Li vileins a, foi que doi vos. 
Une feme qu'il aime tant 
Que rien qu'el veille tant ne qnant 
Me li contredit, tant soit let. 
Cele a mucie plein pot de let 

2S En une huce: et la m'en vois 
Tôt ealessîe parmi ceat bois, 

manqu* 8 iiioit 10 Ma 19 liloqm 33 quel* 



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110 XIV (lléo.. 2(W7-27.i6) 

Savoir se porroie arenir. 

Se ta en vels o moi venir, 

Oe t'ea menrai vers la mesoD, 
80 Ues par foi aoiom conpaingnonl 

Qelines et capons j a.' 

Renart reapoat ya, ya: 

Qie t'en aaoQr, volentiers.' 

A tant se metent es sente rs 
30 Qrant aleSre et le troton 

Tant qu'il vindrent a la meaon, 

Qui tote eatoit close de piex. 

Dex' dit Kenars 'banz sire dex, 

Conment porrons entrer dedenzP 
40 Ces piex sont ai entretenanz 

Que n'i porrons mètre lez piez.' 

Dist Tebert 'ne vos eamaiezl 

Molt bien, oe oroi, vos i metron.' 

Lora s'en vont entor la meson 
4S Tout bêlement le pas soe 

Tant qu'il trovent un pel froe. 

Eus se metent sans atargier. 

Puis s'en vont vers le jelinîer, 

Qne molt eavoient de barat. 
so "Renart' ce dit Tibert le cfaat 

'Rauz doz amia, sez que feras? 

En la meson o moi venras. 

Que se tu t'en vas an chapons. 

Tant a caenz de tous gaingnons, 
ba Se il crient, il t'asandront, 

Tost pris et retenu t'aaront: 

Et g'i perdrai le mien afere. 

Mes vien ens, se tu vels bien fere, 

Aveuques moi tant qu'aion fet. 
60 Et se tu veîls avoir du let, 

Tu en mangeras grant plentc' 

Dist Renara 'ce me vient a gre.' 

Atant s'en sont a l'uis venn. 
SS o] ■ 85 trotoni 46 trogarent 60 T. M ca*Mt d* tu 
S8 Hflut aient at h 60 m tueila 61 plete 



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HT (Hion 3746-3794) 

Tybert qui moU Toizîez fu, 

65 S'en est entres la teste avaDt. 
PuÏB dist 'Renart, se dex t'avant, 
Vien enz, ai susleve la huoe! 
Del leit i a pleine une cru oh e.' 
'Par foi' dist Renart, Volentiers 

70 T'eîderai, baus amis obère.' 
Àtant en ront la hocoe ovrir. 
A Renart la lait suatenir 
Tibera, ai est dedens sailli. 
Au pot en vint, n'a pas fnilli, 

75 Sa teste a bien dedans botee. 
Au let boirre a mis sa pensée. 
Tybert durement hume et boit. 
Renart qui la huce tenoit, 
Ëateît durement a malese. 

60 Tybert' dist il, 'ies tu a eaeP 
Hume tantost et si t'en isl 
Car foi que je doi seint Denis, 
Ceste booe forment me grève: 
Car par nn pou que je ne oreve.' 

85 Tibert entent tant a humer, 
Conques ne lî vont mot soner. 
Tybert' dit Renart, 'haste toi. 
Ou la huce earra sor toi.' 
Tibert entesdi molt petit 

90 A oe que Renart li a dit 
An manger a s'entente mise. 
Tant en mangn oon il devise. 
Quant tant ot mange con i) pot, 
Tôt a jus trebuoe le pot 

06 Et le let eepandi trestot. 

Ce dist Renart 'tu es trop glot 
For quoi as cel pot abatu? 
Mens amasse eetre bien batu. 
Et ne por quant fai, ai sail hors, 
100 Je sui molt traTelles du cors 



79 Btal PHie 95 let] iwt 97 • 



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XIV (Hdon 2790-2868) 

De oeste hoce aOBtenïr. 

Il te coTieDt hors a Tenir.' 

Tibert e'eat aooraei, à saat: 

Et Renart tint U huoe haut. 
toc Tiberz deaua le bort sailli : 

Et BeDara la hnce flati, 

Qui li peseit, et si l'eiipeint 

Tibert a en la ooe ateint 

81 grant conp, que ce n'est pas jex. 
110 La coue li ti-enca en deue: 

Lî bouz en la huoe ohal. 

Et Tibert a terre est sailli: 

Si a Benart areisonae 

'Renart, molt m'as mal atome 
110 Que tu m'as la coue trenchie: 

Si en ai soffert grant hachie. 

'Coupée?' dist Renart 'par foi, 

Ce n'a je pas fut'. 'Qni doool*' 'Toi'. 

'Je noD ai, par seint Lienart.' 
120 'Diva, tais toi' œ dist Renart. 

Ta en îes asses plus ligier.' 

'De ce a'aToie je meater.' 

Dit Tebert 'ce saches por voir. 

Nel Tousisse por grant a?oir.' 
iSfi Dit Tibert 'tn es trop masart.' 

'Di va or di' ce dit Renart, 

'N'en estas tu legier assez?' 

Ce dit Tibers 'vos i gabez.' 

'Gabe?' dit Renart 'a quoi fere? 
ISÛ Que as tu de te coue a fere? 

S'en te chacoit, se dex m'ament, 

Plus corroies légèrement. 

Ce poise moi, par seint Âmaot 

Que la moe coe est si grant. 
185 de Toudroie qu'el fust conpee.' 

Dist Tibert 'bone l'as trovee. 



110 eoau« IIB hache US fmit foi que doi toi W nt 
128 .T«b't. 198 Tiber*] Renart ISS qnftla 



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XIV (Hioii 28«9— 3!)16) 

Ues or laissons atant ester. 

Si en aloDs sans demorer. 

Car foi que ge (loi aeiot Rioher, 
140 Je ^oil que aies a manger.' 
Atant s'en oissirent de l'uia 

Tôt bêlement par un pertna. 
Si s'adrecent vers les capons. 

Tôt bêlement et toz enbrons 
146 S^en sont au geliner venu. 

Tyberz qui porpense se fu, 

En a lUnart a raison mis. 

Ilenart' fait il, ban doz amis, 

Les capoDB sont ici dedenz. 
IbO Mes se tu m'en crois, par mes denz, 

ÀB jelines ne toceraz. 

Ëîns te dirai, conment feraz. 

Ta prendras le coo raeintenant, 

Qui est et bon et cras et grant. 
Ifi5 Car les gelines, par mon front, 

Treatotes esconees sont. 

Tout ce te di ge bien de voir.' 

Renart quide qu'il die voir: 

Mes non fet, aincoîs le gaboit. 
160 Renart s'en ynit au ooc tôt droit 

Qui deles Pinte fu a destre. 

Si l'a saisi parmi la teste. 

Quant il le tint, grant joie fet. 

Tibert qui esteît en agait, 
Itb Lî demande 'tiens le tu bien? 

Oarde oe t'esoape por rien. 

Dont nel tiens tu bien, di le moi.' 

'Oïl' dist Renart, 'par ma foi.' 

Si con Renart ovri In boce, 
170 £t li COB metntenant en toche. 

Si conmence a chanter si haut 

Que li vileins sire Gonbaut, 



137 or te 1. 143 p«r] • 144 enibroni 146 se « 
3& llm )m 173 gMbkdt 

BENART U. 



iH,,i.u.i.,GoogIc 



114 XIV (H«oa 3917—3006) 

Qui se dartnoit, s'eo eerella. 
Hflintenant ses chens apela 

170 Et il meïsme sailli sus. 
El gelioer entre par l'uis. 
Si toet OOD Tibert l'a refi, 
Fuit s'en (n'i a plus étendu) 
Tôt ooiement et a celé. 

180 Renart rest eu fuie torne 

Parmi els: moU tost l'apercarent 
Li chen et après lui corureut. 
ÏTea Renart se met a la fue. 
Et li vileins ses ohens li hue 

l8j Et cil SB metent en la trace. 
Tibert qui fu de maie estrace, 
Sali hors par le pel froe 
Par la ou tl esteit entre. 
Renart après lui de randon. 

190 Ues li ohen par le pelicon 
L'aerdeot, si l'ont jeté jus. 
Ambedui li saillirent sus. 
Molt l'atornerent malement. 
Mes Renart ne fu mie len«. 

195 Einz se redreoe, si s'en fuit. 
Nel bailleront hul mes, ce qnjt. 
Fuiant s'en vait stnz demoree: 
Et li chen font la retomee. 
Renart s'en fuît de grant randon 

200 Trestot pongnant a esporon. 
Tant COQ pies le porent porter. 
Or vos doi d'un prestre conter, 
Qui passoit de travers un plein. 
Une boiste avoit en sa mein, 

2(16 Qui tote estoit d'oulees plene. 
Li prestres passa a grant peine 
Une soif que a passer ot: 
Et la boiste qu'onques nel sot, 
Li chet qu' eins ne s'eu aperçut. 



17» Volait 179 «el«s 18S «} en 184 11 mangue 187 To W l"* 
309 que eini porcot 



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XIV (H«oD mu-âcm) 

210 Renart qui celé part curnt, 
Trove la boiet«, si s'en fuit. 
Tôt coiement que mot ne dit 
L'a overte, pais si msoja 
Les Duleez que enz troTa 

215 Totes fora deus que il en porte. 
En tost fller molt se déporte. 
En sa booe tint les oulees 
Qni furent en deus plois doblees. 
Atant monte en un tertre haut. 

3S0 Hoc a encontre Frimant: 

Le lea qni fu frère Tsengrin, 
Qui renoit coront le cemin 
Et de toBt aler s'esvertue. 
Ou Toit Renart, ai le salue. 

225 'Ranart' fait il, 'bien vienra vosT 
■Primaut, dex beneïe yos' 
Fet Renart 'et bon jor aîesl 
Dont Tenes roa ai ealaiasiea?' - 
'Far ma foi' fait il, 'de cest bois.' 

230 'On alezf 'Porcacer m'en vola. 
Por niang^er aui ci strotea. 
Hes que est ce que vos portea?' 
'Par ma foi', fait Ranart, gatax 
De moatier que sont bons et bax.' 

23j 'Dones les moi, bauz amis olierzl' 
'Par foi' fet Etenart, 'volontcrs.' 

Atant li a Renart doneee 
De meintenant les deua ouleea. 
Si les a mangées Primaut. 

340 'Rensrt' fait il. 'se dex te saut. 
On les prefs? en as tu mesf 
'NeniV fet Renart, 'mea ci près 
Les pris je dedcns un moeter.' 
'Molt par sont bonea a manger' 

246 Fet Primaut: 'se plus en avoie, 
Molt Tolenters les mangeroie. 
Car par foi, ge ai si grant fein, 
210qns par ZtbporU 219 A tost 221 que 234 Do t 



XIT (MËOD 3006-8116) 

Ne mangai hui ne char ne pain.' 
Dit Renart 'tôt ce n'a mester. 

360 Vien t'en: si iroue au moster, 
On il en a encor ases.' 
Itenart' fait il, 'gari m'aves.' 
Âtaat se metent a la voie, 
Renart et Frimant a grant joie. 

205 Bien ont lo droit cemin tenu 
Tant qu'il sont au mostar venu, 
Dont li prestres est oapeleins. 
Soz le seuil as piez et as meins 
Font une fosse, ens sont entre 

260 Trostot bêlement de lor gre. 
Si en venent detrers l'autel. 
Une aumaïve orrent, n'i ot et. 
A grant pTente i ot oulees 
Qui bien furent enrolopees 

2U3 En une molt bêle toaille. 
Primaut qui dorement baulle 
De fein, s'en fu tost délivre. 
'Ronart' fait il, 'bien as ovre, 
Que tu m'as ma volonté fête. 

270 Mes cest manger trop me dehaite. 
Car con je plus en tpangeroie, 
Et je voir grenuor fein anroie. 
Mes je voi une bace la: 
Espoir aucune chose y a, 

ST6 .Qui nos serait bon a manger. 
Âlous la huce depccherl' 
'ÂIoq' dit Renart, 'de par del 
Ce qu'aves dit, me vient a gre.' 
Lors sont a la huce venu. 

380 Frimauz qui plus voizîez fu, 

Priet la huce, et a queilque peine 
En a brisie la moreine. 
La huce ont orerte tantost. 
Dedens out li prestres repost 
4 (irmaat S&6 so 269 mr 363 oure ai ot tel 



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XIV (H«on 8117—3157) 117 

285 Pain et vin et car a foisoD. 

'Renart' diat Primaut, 'or aTont 

Ases a manger, deu merci. 

Ues estent la toaille ici! 

Si mangeron de oeste car. 
S90 Li prestres n'estoit paa escar 

Qui ici mucie l'avoit. 

Or manjona qae dex nos avoit 

Trestot estoo ceat bienfait.' 

Trestot l'a de la liuce trait 
295 Et ÏQ pain et lo vin avoc 

Âmbedui e'aaîent iloc, 

Si mangèrent andui eosanble 

Pain et vin et car, co me aamble, 

A grant plente et a foison. 
300 Que s'il fuBBont a lor maison, 

N'i oûat il paa greonor joie. 

Renart dit aoef qu'il ne l'oie, 

'Frimauz, molt es ore baitiea. 

M!es se dex ait de moi pitiés, 
805 Oe saurai molt petit d'engin, 

Se ne t'en delà a la parfin. 

G'i métrai engin et entente. 

Prïmaat' fait il, 'molt m'atalente 

Que si estes bien conrees. 
310 Tersea de cest Ttn, ai bevee. 

Dist Primaut 'sachez sanz mentir 

Qae nos en bevron par leiûr: 

Car asea en avon, ce croi, 

Se DOS esteon oncor troi, 
316 A grant foison et a plente.' 

Tant burent a lor Tolente 

Q'a Primaut le oervel bolut. 

Renart qui très bien Taperont 

Li dit un petitet en haut 
390 'Car beres de ceat tId, Primant!* 

'Si fa je' fet Primaut, 'par foi. 
6 .praHt 303 no SOSiseant 303 aojf 308 prnav* SiSqus 



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XIV (Méon S158-8223) 

Et tu Renart, verse, si boi.' 
"Si fa ge' diet Renart 'aaea: 
Hea TOB, aire Primaut, beYea"; 

326 Fet Benart 'que trop estes lent 
Bevps un pou plus dorementl 
De boivre vos voi recreû.' 
Dit PrimauB 'je boi plus que tu." 
'Non fea' ce dit Renart, 'par foi." 

330 J'on M molt plue boQ qae toi. 
Qui vaut la moitié d'un farlinc' 
"Et tu, Renart, tien, hâve, drinor 
Frimaut boit et Renart lî done. 
For noient fust delez la tooe: 

836 Si bevoit Primaut dorement. 
Et Renart l'en force aovent 
Àuei eonme s'il fuet a feate, 
Li vins 1i monta en la teste, 
A Primaut, tant en a boû. 

840 Tlenart' fait il, 'avoa veii, 
Com dex nos a amené ciF 
Molt avom bien este servi, 
La mwci deu, a ceat aoper. 
Se nos foBsoBS major ou per, 

846 Ne pooBSon pas estre meus. 

Et ge vos dî bien par mes euU, 
Que je Toil orendroit sler 
Â. cel autel mease chanter: 
Que je voi tôt prest aor l'autel 
, SôO Le vestement et le meaael.' 
Quant Renart la parole oî, 
Dedenz son ouer s'en eajoT. 
'Bien porraa' fet il 'tel chant fere 
Qui te tomera a contraire. 

S56 Chanter ne doit nua, bien le sez, 
Devant que il soi ordenea. 
Nus ne doit eatre chapeleins, 



8^ Pet i R. S31 forrile 833 et xMiifw Mi p** 
t manqvt 



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XVf (Méoa 3224-3303) 

Se il n'est oorones au meins.' 
'Par la foi que doi aeint Renaut 

960 Vos ditoe roit' ce dit Primaut. 
'Bien sai e toî que dites voir. 
Mes or voudroie je aavoir, 
Qui me porra ooroiie fere. 
Car conment que or tort l'afere, 

au Ma parole voil bien saurer. 
Yespres m'estot ici caater, 
Si truis qui coroue me face.' 
Benart dit 'se dex bien me face, 
Se ge puis un rasoir trover, 

870 Qe TDS vourai ja coroner.' 

Tos dites molt bien' dît Primaut. 
Tôt meintenant en estant sault. 
Si oom nos trovom en l'estoire, 
Taotost troverent un aumoire. 

375 S'ont dedenz un rasoir trove 
Bien trencant et bien afile 
Et ans cisaux et un baoin 
D'un oler leiton et bon et fin. 
Meintenant l'a saisi Kenart. 

880 Si se retorne d'autre part, 
Si que Primaut n'i entendi, 
Dedenz le badn a pbi. 
Si c'onques Primaut ne le sot. 
Or esgardee, con il fu sot: 

385 Onques garde ne s'en dona. 
Trimaut' fait il, esgarde cal 
Tôt nos est veau en sohet.' 
Dex' fet Primant, 'grant part i eitl' 
Or n'i a donquea plus a fere, 

390 Mes vien moi la corone fere.' 
Âdonqnes s'est a terre asis. 
Et Renart l'a entre meins pris 

356 Sil nait corona 365 bien] ore 367 tmii qui] qn« 1» 
qBB M ma bien 874 knmars 375 '« trou» ./.' nwoir 
Mitanwit S83 paiii« SS3 qnq« ne) soit 387 lahat 388 
39D m. loBt la 3<J1 im 



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120 XIV (Héon 3803-3340) 

L'eve aor 1k teste li me. 

PrimaUB ne se muet ne remue: 
305 Einz se tînt tôt cois et en pea. 

Et oitssire Renart l'a res, 

A qui il n'en est pas deus billes. 

La corone duaqu'as orellee 

Lï a fête, pnis li a dit: 
400 'Primaut' fait il, se dex t'ait, 

Nies tu ores bien atome P 

Tn m'en dois savoir molt bon gre.' 

'Si fa je, foi que gie te doî. 

A ge oorone?' 'Oïl, par foi. 
406 Se ne m'en orées, tastes it 

'Molt Tolenters, par seint Remî' 

Fet Frimant trestot soavet, 

Que meintenant sa meiii i met. 
La corone a bien detaatee. 
410 Adonc a grant joie menée. 

Si li a dit 'Renart, bau mestre, 

Par ma foi, or sui je bon prestre. 

Or ne voil je plus demorer: 

Einz irai orendroit chanter, 
410 Ja n'i aura plus atendu.' 

Et Kenàrt H a respondu 

'Primauz baua amis, non feras. 

Les seins tôt avant soneras: 

Que nus ne doit veepres chanter 
4S0 Devant qu'ùt fait les seins soner. 

Sonea les, si ne vos soit grefl' 

Tos avea bien dit, par mon chef 

Fet Priœaua. 'ge lea sonere 

Et puis après ai cantere.' 
435 AdoDO s'en est venu as seina 

Si bone oire con il pot ainz. 

XiOB cordes cort tantost saisir. 

Les aeina aone de grant aïr. 

DM ne mue 403 d. on UMor h. g. 407 ••onet 409 k 
410 mee 415 ateode 417 b. do> a. no tttt 4S0 qu« ait (■ l« •< 
427 tanctol 



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XIT (Héoo 8H4I-S102) 

A glas sone et a quareignoD. 
480 Et Renart a de son giron 

La boebe eetopee du pan. 

PtiiB si a dît 'enhan, enhant 

Sachez bien ces cordée, sachez!' 

"Si fa ge' fet il, ce sachez. 
43S Onquea mes par prostré ordcDe 

Ne furent seint ai bien sone 

Coma cil seront, se je puis.' 

Et Renart respont 'plus ne rais. 

Leeaies ester: que trop sones.' 
440 Dit Primant 'quant vos le voles, 

n me Tient molt bien a plaisir.' 

Atant a fait le glas fenir. 

Holt avoit sone longemeot. 

Vers l'autel s'en vet erraument, 
446 Au plaa tost que il pot venir. 

Del vestement se va vestir. 

L'aube a vestu sana atargier, 

Et Renart 1i cnrut aidier. 

Uolt ferement li aida. 
460 La cMsuble tantost pria a, 

Tôt meintenant l'a endoseeu. 

La corone qu'iert granz et lee 

A aplanoie s as mein. 

Puis en vient a l'autel a plein. 
456 Tôt meintenant que n'i ot el, 

A Primant overt le mesael. 

Puia a pris lea foulz a torner. 

Renart se mist el retomer: 

Car il ot de la gent peor. 
460 Envers l'uia s'est mis el retor. 

Par la on il entres i fu, 

S'en estoit meintenant issu. 

La fosse qui ert grant et lee, 

A tôt meintenant estopee, 



429 quarereignon 447 atagier 468 a ai m. 464 lautM 456 mt- 
407 les manque 4fi9 gflt 



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XIV (Héon 84nS-3488) 

465 Et la terre a arere mise. . 

Et Piïmaut remest a l'eglÏBfl 

Devant l'autel tôt estes te. 

A chanter a mia son ponse. 

Durement braït et ulle et crie. 
470 Li preatree a la vois hoïe 

Et si avolt les aeioa oTa. 

Tantoat est de aon lit saîlliz. 

Si a une diandoille prise. 

Au fu en vient, si l'a esprîse. 
470 Puis a pria la clef do moster 

Et en sa mein un graat levier. 

Puis eat de son ostel issu, 

Droit au moster en est venu. 

Par un trou priât a regarder, 
480 Si a veû Primant cbanter: 

Ab eulz qu'il ot cleris le conut. 

Tantoat par lea rues corut. 

Si esoria 'seignora, or tost! 

Li leus a'eat el moster repoat.' 
486 Qui donc veïat vilains venir 

Et envers le moster saillir! 

ChaeouD porte baston ou maoe. 

N'i a oeli ne le manache. 

A l'uia sont venu li cuivert. 
400 Et li prestres a l'uis orert. 

Si entrent ens a une hie. 

Primauz qui la noisse a hoTe, 

Se merveille, plus n'arestut, 69 

Ueintenant au pertuis corut 
405 Et vit qu'il fu de terro plein. 

Vers l'autel s'en revint a plein 

Come cil qui fa esgarez: 

Si a les vestemeuz ostes. 

Puis s'en vint parmi le moster. 
fiOO Li prestres qui tint un levier 

3 laglUe 468 m. sontenle 471 lea i. ois 47& otsit 484 iN 
489 lui 493 puii 407 earHKiei 



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XIV (H«OD 34S9-S63T} 

Le CODBUÏ, ai le feri 

Que por un pou ne l'abati. 

Quant Primaut se senti fcru, 

EnTere le preetre en est curuz 
006 Tôt hors du sens et erragiez. 

S'il fuBt sous, ja l'oûst mangie. 

Mes U rilein si li anuient 

Que trestuit ensamble li huent, 

Si li donent des cous ssez. 
&10 A pou que n'a les os qassez. 

Primaut vit que ne pot durer 

Se por fuîr ne por aler. 

Holt amaat ore ou bois a estre. 

Lors a ved une fenoatro 
515 Bien haute dis pies et demi. 

Il s'acorse, si est sailli 

Holt dolent et molt corocie. 

A pou que n'a le ooul brisie. 

Coq il fu hors, grant joie ot. 
530 Fuiant s'en va plus que il pot 

Yera le bois trestot eslaissie 

S'en va fuiant le col baissie. 

Ne s'est gueres arrested 

Tant qu'en la forest est venu. 
5S5 Si toat con il i fu entre 

B'a son conpaingnon encontre, 

Renut, que molt d'engin Bavoit. 

Si tost conme Primauz le voit, 

8i li dist 'Renart, dont viens tu? 
530 Di moi, por qoi me lassas tn 

Dedenz le moster ensereP 

J'ai trove le trou bien serre. 

Tu l'estopas, si con je croi.' 

Dit Renart nol fis, par ma foi. 
589 Uea U prestres, qant il t'oî, 

8i l'estopa que je le tî. 

De la terre que fu en haut.' 

001 oonioit 008 fnru 532 Tuant ï)13 guero b88 1« oroi 



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4 XIT (Mon dSaS-ilK) 

'Je l'en croi bien' oe dit Primaut. 
'Kes je me muir ici de fatn. 

540 Qu'est ce que tu tiens en ta mein?* 
'C'est un heranc' ce dit Benart. 
'Uangie en ai, se dex me gart, 
A grant plente et a foiaon: 
Que je bovai un oareton 

Mfi Qui en meine une caretee, 
Ou j'ai bien ma pance forée: 
Que j'en ai mangie a plente, 
Tant con moi vint en voiento.' 
Âtant li tendi le hereng, 

5D0 Primauz le prist et dist 'ahenc, 
Bien puisses tu ore venir, 
Que molt avoie grant désir 
De manger, que je, fein avoie, 
Ceati mangerai tote voie.' 

5S6 Quant il ot 1o herenc mangie, 
8i en a Renart areenie. 

'Benart' fait il, 'enseiune moi. 
For deu et por l'ame de toi, 
Ke di, conment tu les eus? 

MO Sans engin avoir nés poûa. 
Que certes s'ancore eu avoio, 
Que volenters en mangeroîe.' 
Dit Renart 'saches aana mentir, 
Quant vi la carate venir 

065 Tote soef et tote quoie, 
Je me oho(^ai enmi la voie 
Et la teste tenoie entort 
Àusi con se je fusse mort. 
Si tost coome U caretier 

670 Me virent jesir ou senter, 
3i quiderent a eaoient 
Que je fuase mort vraiement. 
Il me priatrent que n'i ot el, 

539 iati 542 grnt 548 moi plut et ■ plant* 
I ni*n||>era i^b t. 507 noi 660 HeJi di 561 Q. & qna ■ 
} KBn 566 *oif 068 se manque 069 oarati'r 



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XIV (H«oii 4166-4314) 125 

Que il dessirroient ma pel. 
575 Et tneintenant me prietrent U, 

Si me jetant el careti]. 

Et je oonme proua et ligiera 

En ving meintenant as panera. 

Si en mangai tant oon je poi. 
680 Et quant aaee mange en oi, 

Si sailli jus a tôt oesti, 

Que je t'ai aporte ici. 

Et se tu en tous plue avoir, 

Ya après, si feras savoir, 
58S Et si t'apareille autreai.' 

Ueintenant Primaut respondi 

'Far ma foi, Renart, ge i vois. 

Mais atendes moi en ce bois.' 

'Je volentera, .se dex me saut.' 
Ô90 Atant s'en eat aie Primaut 

Et corant que plua n'i délaie. 

La uharete vit en la voie, 

Qui vint decendant â'un laris 

Tote cargie de plats. 
595 Con il la vit, ei en fu liez. 

Ënmi la voie est chooez. 

Tût estendu iluec se tint, 

Tant que la cbarete i vint. 

Quant cil l'a veQ, si s'escrie 
600 'Ha ha, le leu! aïe, aïe!' 

Li marcheant estoient loing 

Et quideient qu'il ait besoing. 

Quaut il l'oïrent si crier, 

Lors prennent a esporener. 
GOâ Iloquea vienent les granz salz. 

Mes onquea ne se mut Primauz. 

Si se eoat aor lui enbatu 

La ou se ^t tôt estendu. 

11 eat mors' fitit li uns. 'Non eat.' 
UIO 'Par la cervele deu, si eat.' 

576 {«lereat 587 Kanaoii 599 aercri 60J praauet 608 ou il ne 



„ogIc 



XIV (Méon 4il&-4-m) 

'Folz' fait li autres, 'il se feint.' 
ÂdoDO Ta du baeton eopeint 
Durement, et il ne se mut. 
Li careters i acorut 

61fi A tôt un lever en sbb meins. 
Si l'a féru parmi les reins 
Si ^ant coup, a po ne l'a mort. 
Frimaaz le sent, si a gient fort, 
Mes onques ne se remua. 

620 Uns des marcheanz l'ezgarda, 
S'a Teii sopirer Primant. 
Meintenant a l'cspee saut: 
81 l'a traite, ael veut ferir. 
Conme Primauz le vit venir, 

62Ô Si joint les pies et tome en fuie. 
Li chAroters forment le faue. 
Primauz s'en fuî tôt dolenz. 
Bien est batu por les herens 
Dont il quida avoir sa part. 

680 Ne fina, si vint a Kenart 

Qui se jut 80B un arbre haut. 
Devant lui est venu Primait, 
'Rcnart' fait il, 'mal sui bailis.' 
'CoumentP' fet il 'as tu faiUiP 

08& N'as tu pas des herens mange?' 
Dist Primant 'ains sui mahenne. 
Si m'a batu le caretou 
Très piu-mi le dos d'un baston, 
A pou que il ne m'a tue, 

640 Se ne me fusse remue. 

Uns marcheant qui trait a'espee 
La le m'oAst ou cors botee. 
Mes si tosl oon traite la vi, 
Je sailli sus, si m'en fuT 

645 Au plus que je poi durement. 
Il m'atornereut malement.' 



en Foli] Non est S31 sor ftSS du hareoe 640 raion* 
648 trate (Mû A 



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XIV (HéoD 4371-4804) 

Dit Benars 'ne vos esmaiee! 
Quant voB en estes reperies, 
YoB en deves deu aorer. 

660 Mes or vos venes reposer 
Un petitet, puis si irons 
Porcbasoer que nos mangerons.' 
Primauz respundi 'amis cbers, 
Ce fera ge molt volenters.' 

606 Lors s'est asis joste Renart 
Tôt soef a senestre part. 
'Renart' fait il, car me conseille! 
Par quel engin, par quel merveille 
Je poiiBse avoir a mangier; 

660 Qne je en ai grant dessirrer. 
Dist Renars 'foi que je vos doi, 
Vos en aurois par tans, ce croi, 
A grant plente et a foison: 
Que ci près a une meson. 

66& Cfaies UD vileiD la de delea 
A trois bacons, molt bien sales, 
Dont tu auras en moie foi, 
8e tu voulz venir avoc moi.' 
Dît Primaus 'la vostre merci. 

670 Or vos levés donques de ci' 
Fet Primant 'et si en alon.' 
'Je volenters par seiat Simon' 
Fet Renars: meintenant se levé 
Et sacbes que pas ne li grève 

676 De Primant que si tost decoit. 
A la maison vont a esploit 
Andoi ensemble les a lez. 
Par an partais i sont entrez 
Qui estoit petiz et estroit. 

680 Et Primaus de fein se moroit. 
Si i entra a grant destrece. 
Tantoat vers les bacons s'adrece 



. eb. BÔ6 soir 666 noU nmnqiu 875 qaMtot m 



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128 XIV (Méun 4367-4428) 

Delez Reoart qui sages fti. 

'Primauz, il t'est bien avena 
686 Fat Boi Renars: 'inaDger poci 

Tant que bien aoiez saolez.' 

Primauz manjue d'une part 

Et d'autre mesire ïlenart 

Qui aees aayoit plus engin 
690 Que Primauz le frère Yeengrin. 

Durement manjuent et tost: 

Que il le firent en repost 

Pot le vilein dont orent dote. 

Et Renars durement esoote: 
695 A l'eacoter fu ententia " 

Que ne Tout pas estre sorpris. 

Tant manga Primaus des bacons 

Qu'il fu auai gros conme lona. 

'Renart' fait ît, 'qant vos roudroia, 
700 Fore de ceens noa geteroia: 

Que tant ai mangîe, ne poi plus.' 

îteintenont en venent a l'us. 

S'est Renars tantost issu hors 

Et Primaus si estoit si gros 
706 Que il ne pot onquea oïssir. 

'Ha dex, que porrai devenir' 

Fet Primaus et que porrai fotef 

Dist Renars 'que as tu, bau frère?' 

'Que j'ai, RonartP par aeiot Richer, 
710 Je ne m'en puia ici ticher.' 

'Ficher P si poa, ae dex me saut' 

'Par ma foi, non pois' dit Frimaut. 

'Je ne pois issir, je te di.' 

'Or bote ta teste par ci 
715 Por savoir et por essaier 

Se tu ti porroies ficher.' 

Primaus n'i entendi a mal. 

Adonquca a'eaiaissa a val 

683 que BM tw b. 689 Que 693 <loii 696 loprii SH *■ I- 
e99 Bondroit TOI n>. que m 701 li apri* Prinaui «mm^m 1I3 ■* 
714 ioi 7ie M laiuft 



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XIT (H«oii 442&-4488) 

Et el pertus sa teste tnist 

790 Renare aa orreiileB le prist 

 deu8 meiDB et sï sache et tire, 
A pou le cnir ne li desoire. 
Et oDquea ne sot taot tirer 
Que d'iloo le poQst oster. 

725 'Renart' foit Primaue, sache fortl 
Se ne me aidea, je sui mort: 
Que je te di sans décevoir, 
9»li vileioB pooit savoir 
Que je fasse si ensere, 

730 II m'auroit meintenant tue 
Que ja raeiicon n'en auroie.' 
Dit Renars 'or ne ti esmaiel 
Que je te di, se onqnes puis, 
Tu en istras par oest pertas.' 

73& Atant s'en est tome Renart. 
D'un plancoD a fet une hart. 
Si est arere repaires 
Con oil qui est joians et liez. 
Si l'avoit Frimaut el col mis& 

740 'Primaut' fet il, en nule guise, 
Saches, ne vos lairoie ci.' 
Prinwus respont 'rostre merci 1' 
Renars sache ce que il pot 
Et Primans onques ne se mot. 

745 Mes por pooir que poîst fere 
Hors de laenz ne le pot trere: 
Et de saoher ne se reeroit. 
'Des' dît Renars 'îoe que doit 
Que nel puis avoir? que ferouf 

7S0 lierai je ci non conpaignonî 
Nenil, que je puisse par de.' 
Tant a et sache et tire 
Que du col dosqu'au haterel 
Li a reborsee la pel. 

766 D l'a esoorche entresait 



74& ferre 

BBNART II. 



796 aide 731 r. nanroie 741 lairoi 749 r«apoii 



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130 XIV (U«on 4484-4621) 

Et Primaut s gîte un brait 

Et a ai duremeot orie 

Que li Tileine est eBvelle. 

TantoBt est Bailli âe son lit. 
760 Primaat anra ja mal délit, 91 

Se It TileinB le pot tenir. 

Quant Primant l'a veQ renir, 

Âdonqaee ot poor de soi. 

'Benart, baux amis, laiwe moil' 
76B Fet Primaos 'ne voil oi atendre: 

Vers le vilein m'eatot desfendre 

On il m'aura ja maenne.' 

KeoarB l'ol, si l'a laissie 

Gonme dl qui en fd dolant. 
770 Âtaot s'en ra, pins n'i atent. 

Primaut remest en mères leu. 

Li rileins est ooius an feu 

Et aluma une ohandeille. 

Li TileioB a pris une astele, 
776 Si en est venu a Primant. 

Con Primauz l'a reu, si saut 

Un petitet ensus de lui. 

Et li rileins le eonsaï^ 

Deeor le dos on coup l'ateint. 
780 A itant la oandeille esteint. 

Gon la ohandeile fa esteinte, 

Primaus qu'a ou peine meinte, 

Eat an vilein sore ooru. 

Li Tilein est au feu coru 
785 Por sa ohandeile alamer. 

Primaoz ou il n'a qae irer 

Le vit bouteouler au fen. 

Àtant li oomt ans li Ion: 

Par les naohes du «ul l'a pria. 
790 Et cil a esorier s'est pris 

'Aide, aide, bone gentT 

709 T. an Mt 763 at 773 v. alun» 1b f. 778 CouM 18S wf 
7S7 Et uît l« nJlein au r. 790 le priii 



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XIV (HéoD 46M-48fi9) 

Sa fetne sailli erranment, 

Si tint un baston en sa meîn. 

Et Prîmaut ei tint le Tileio. 

TW La feme hauce le baston 

Et Sert Prîmaut sor le cropon. 
&[ea por ferir ne por blecer 
Ne le Toloit Primaulz laissler, 
EÏDz le teneit et bel et gent 

800 'Suer' fait il, apele la gent, 
Que je plus endurer nel puis.' 
Et celé corut ovrir l'uis. 
Con il fn overt, si escrie 
'A boue gent, aïe, aïef 

80& Quant Primaus cfaoÎBi l'uia orert 
Et le vilein fel et cuivert 
Tint ai par les nacbes as denz 
Que totes 1i enbati ens 
(Et saches que la pièce enporte): 

810 Ueintenant isai par la porte. 
La feme a eor le saeil troree, 
8i l'a en la boe botee 
Et est en la forest eotre. 
Si a tantost Renart trove 

815 Qui en la forest l'atandoit 
Et durement se detnentoit 
Par traîson et par envie. 
Neporqaant saches que sa vie 
N'eime il geiree ne n'a chère 

890 Et si li feaoit bêle chère. 

Que ne voult que s'en aperçoive: 
Et je crien que il n'en reçoive 
Ualés désertes en la fin. 
Et Primaut oiiques ne prist fin 

83& Tant qu'il est arere venu 
A Renart que l'avoit veu 
Pensif et si décolore: 



800 p. porte SU tronn 813 hâte 815 Indnntoit 816 dément 
Ml 819 De « 8>2 il ne H23 Hnle désertée 



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XIT (H<OD 4570—4906) 

Chère fesoit d'ome adole. 
Primaut le curnt arainîer. 

830 'Reuart' fait il, 'tous tu mangierP* 
'UangerP' fait il, 'par le oaer be. 
Tu as bien le vilein gabe. 
Or me di par l'ame de toi, 
Se bleohe t'aP' 'nenil par foi' 

830 Fet Primans, 'ce saohee de voir. 
Et si poe bien de fi savoir 
Que je li fù fiût grant damage. 
J'ai une pièce de sa nage 
Que je t'ai ioi aportee.' 

840 Lors li a el giron getee. 

'Renart' fet PrimauB, or mangtesl 
CbsF de vilein si est deinties. 
Ele vaut plus que je n'espel.' 
Trimaut' dit Renors, 'par ma pel 

840 Et foi que je doi Malebranche, 
Char a vilein noire o blanche 
9i n'est prous en nule seison. 
J'ameroie plus un oison 
Que a manger char de rilein: 

860 Que ja ne voie je demein, 
Qui la mangera que je soie. 
Car il a la lez wle haïe 
Que Toe veez, lez ce plaïsôez 
Un tropel d'oisons encrassies 

806 Qui trestuit sont et grouB et gras.' 
'0 est ce, por seint NioholasP' 
Fet Primaus, 'ensengne le moif 
'Yolenters, foi que je te doi' 
Fet Renars, qui fu pl«B de maL 

sao 'Delez oele haie el val 
En poes trover une trope. 
Il n'i a borgne ne esclope 
Et sont granz et gras et pesant: 
8i les i garde une paleanz. 

890 «Dunier S54 trope doiiioii 8fiT onwn 860 fn • 



XIT (Néon 4607-4642) 

865 II t'est bien avenu sanz faille.' 
"Par foi, g'irai, oonment tju'il aille. 
Ja ne finere jusqu'à ex: 
S'en aporterai un ou deus, 
Qu'entre moi e toi mangeroD 

670 Et atent moi les oe boisson.' 
'Molt Tolontera' ce dist BeDart, 
'Par mon seignor seint Llenart' 
Fet Reuars: 'or saches de fi 
Que je ne me movrai de m 

875 For nule chose que je voie, 
Et t'atendnû en celé voie.' 
Piimaut s'en va, Renars remeint. 
Ne quit mie que se demeint 
Con esbabi ne oonme fol 

880 Et aovent en jure son col 
Que Prïmaos sera mal venus, 
8e D i puet eetre tenus. 
Atant s'asist enmi la voie. 
Et Primaus s'en va tote voie. 

8SS Con il fn près, oele part saut: 
Un en a pris que pas ne faut. 
n s'en voloit mètre a retor: 
Mes tost l'sperout le pastor 
Et 1i a hue deus mastins. 

890 Primaut li frère Ysengrin 
Les aperçât, et si s'en fuit. 
Et li chen corent après tnit 
Tuit esleiasie et si l'ateinent: 
For un petit que nel mabanent. 

895 A molt grant peine i estort, 
Fuit s'en ddirrement et tost, 
Tant que li chen l'oreot perdu. 
Droit a Renart en est venu. 
'Renart' fait il, 'par le ouer be, 

9D0 Ta m'as fam honi et gabe, 



866 oonmen 867 que a 868 Sia 670 «ten 891 et maugm 
SlaflBnt 



5,t7rrlb,.GOOgIC 



XIV {Mon 4648-4679] 

Que tu m'enrôlas o les ohens. 
Il ne t'en puet Tenir nua biens 
Et grant mal t'en pot arenir.' 
Adonqnes le conit saisir 
006 Et H a dit 'sire Benart, 

Vos saTsa trop oigin et art, 
Se je ne vos rang entreset 
La mal que l'en m'a par tob fet. 
Yos m'envoiastee as oisona: 
910 Yos i sayees le« gaingnons. 
For œ n'i volées venir.' 
À icest mot le va ferir 
De la pâte delez la face. 

Dit Renars 'se dex bien me fâche, 
91fi Vos n'estes mie bien aenes 

Qui ci ilueqnes me bâtes 

Sans forfet: ce est mesprison. 

For ce se je sui petis bom, 

Si me batea et ledengies. 
930 Si m'aït dex, ce est peohes. 

Et par la foi que je vos doi, 

Je m'en irei clamer au reï 

Et a la rolne et a tous. 

For quoi estes vos si estoa 
935 Et qui vos a forfeit neentf* 

YoB me vendes le maotalant. 

Fieohes est et deeloiaute.' 

'Se damledex me doinst santé' 

Fot FrimauB, Vos estes bonis. 
990 Far vos ai este esoharnis 

Et batu et mal atome. 

Ja ne vos sera pardone. 

Ja ne morres que par ma mein, 

Se dex me doint veoir demein.' 
93D Renars li respondi en haut 

Tar ma foi, monseignor Frimaat, 

Ce seroit folie et tort. 

2 nui manque 990 ibbî d. ( 



XIT (M «on 4686-^717) 

L'en vos demanderoit ma mort, 
Se T08 m'avies ore ocis. 

MO Je ai flofana et de grant pria 
Qai bien toat, se il le savoient, 
L'ame de ce oora voa trairoient. 
Se hors du païs ne fuieez, 
Ja raenoon ii'i aureea.' 

945 Quant Primaut a^oT maDecher, 
Lora n'ot eu lui que corooher. 
Par la cheTeohailIe l'a pris 
Corne cil qui est d'ire eapria. 
Contre terre la trébuche. 

seo 8or le ventre li a marche: 
Durement li foie la pance. 
Or est Renara en grant dotanoe, 
Holt ot grant poor de morir. 
Et PrÙDauz oonmenoe a ferir 

gu Durement qu'il ne se fùnt mie. 
Et Aenan doucement U orie 
Meroi por de et por son non 
(Si me doinet dex oonfession) 
Que onques rein ne li forafiat 

960 A Primaut grant pite en prist; 
De ce qu'ot fet molt se repent 
llenart' fait il, a moi entent I 
Tu m'as fet molt mal atomer. 
À8 maatin» m'as fet retomer 

96fi Primes aval et poia amont. 

Mea par treatoa lea aeinz do mont, 
Quant voa de moi eaoaperoia 
Jamea autre ne gaberoiz,' 
'Sire' dit Benars, 'saches bien 

970 Que je R^ Savoie nu] ohen 
Ne rien née fora le vilein. 
Se dex me doinst veoir demein, 
N'i aaToifl nnl destorbier 



SM rraooa 948 et 96K qno il 8U oouffeulon 959 nan U 
9a0 piata 96B p. mont 



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136 XIT (Héon 4718-4788) 

Par quoi me doOssiez tooher. 

976 Mes Be de ci puis sscaper, 
Ge m'en irai au roi clamer 
Et a mes filz et a ma feme 
Et a la reine ma dame.' 
Quant Primauz l'a oï parler 

980 Del roi a qai s'ira olamar, 
Durement en ta esfree. 
'Renart, or te seit pardons' 
Fat Primant ce qae tu m'as fet. 
Je te pardoins le tuen mesfet, 

965 Et je te 1ère ore atant. 

Se ja dex a nul bien m'avact, 
Se icestui m'est pardone, 
James jor ne te meafere. 
Ice te di je tôt por voir.' 

990 'Se je ce pooie savoir, 

Que jamee ne me forferoies, 
Certes mes bons amie seroiea 
A. trestoH lea jora de ta vie,' 
'Q'en ai' dit Primant '^rant envie 

995 Et bien t'en asofirere. 
Un serement te jarere 
Par quoi ta a itant me croies.' 
'Se tu ce' dit Renars 'fesoies, 
Bien t'en seroies aquite.' 

1000 Foi que doi eeinte Charité 

Fet PrimaoB, 'je molt volentere. 
Ou sera trove li mosters, 
Ou ge fere le serementP' 
Renars respont 'par aeînt Climent, 

1000 Ja vos métrai bien a la voie, 
Be dex bien et conseil m'envoie.' 
Àtant s'est pris a porpenser 
Conment il le poiat vergonder. 
Lora ae penae qu'il le meata 

977 M mea 978 reiine 991 forferoiee 903 wrM 
rero 998 tea ee 1009 que il le m. 



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XIT (Méon 4764-4789) 137 

1010 A an piège que grant pieca 

Savoit en oe plaisùe laenz. 

Soavet dit entre see denz 

Qae, se iloc prendre le pot, 

BoDC a il ce que li estot, 
lOiô Que ne demande autre rien née. 

'Primant' dit Renara, 'bien m'agrée 

Que l'aoordanee sera fête.' 

'itoiart' dist Primaua, 'molt me haite 

Qu'el sera fête demanoîa. 
lOSO Or en alon donc en oe bois: 

Si eera fet le serement. 

'Molt Tolentera, se dex m'ament' 

Fet Primaua, 'et a liée obère: 

Que voatre amor ai ge bien cherC'' 93 

1025 Â tant se œetent a la voie 

Renars et Primaua a grant joie, 

Tôt bêlement et tôt en pea, 

Benart devant, Primant après. 

Tant ont aie qu'il sont venu 
lOW La ou li pièges fu tenda. 

Iloc sont venu meintenant 

'Primant' fet Benars, 'rien avant! 

Ci iloques gist uns cors seinz 

Qui est el ciel avoc lea seins 
1036 Bneni martirs et bon confeeon. 

Ci iloques en gist li cors: 

L'ame est en l'angle conpaignie. 

Il fu prodom de bone vie. 

D a toz jorz deu onore, 
1040 De bon ouer servi ^ ame. 

Hermitea a este lono tens. 

Ci fil mis, qnant fenï son tens. 

Ci ^et et molt fet a amer. 

3e ci iloqaea vons jorer, 
1016 Que par toi n'iere plus batn, 

1011 pUiiiiet lOlS 8i aaoit 1097. 38 manqtient 1(»6 ■>■»• 
tin* 103S prodone 1043 Si j 



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XIT (HJOQ 4790-4841) 

BoD ami seron je et tn. 
Se tu ne tous, je n'en pois mes.' 
'Par la foi que doi seinte Ânes' 
Dit PrimauB ce fera ge bien. 

1050 Ne t'en estuet doter de rien. 
Trestot vraiement le Bachee!' 

Dit Renars 'or tob abaiasîeir 
Atant s'estoit agenolliez 
Sire PrimauB d'andox les piez, 

1055 Et miBt aor le piège sa mein 
Et dit 'si voie ge demein 
Que jamais jor de mon ae 
A dan Renart ne mesfere 
N'a orne qne soit de sa part.' 

1080 "Si ftft âexT ce dît Benart. 
Atant est Primaus abaisatez, 
SoF le piège est apoiez 
Tôt Boaret et bêlement, 
Et la clef do piège destent, 

1066 Si a pris par le pie Primant. 
Quant Renare l'a veû, si saut 
D'antre part, et il li eeorie 
'Sire Renart, aïe, alel 
Aidiez por aeint LTeoart!' 

lOTO Tu es paijare' dit Renart: 

'Por ee li cors seins te détient. 

De toi aidier a moi ne tient.' 

Atant s'en ra delivrement 

Et Primaus remeint o torment, 

1075 Et saches que p«ne sosfri, 
Quant le pie iloo li porrî. 
Et Renars s'en rêva arere 
A Malpertnis en sa taîsnere. 
Encontre est venu Hermeline 

1060 Qui l'eime d'amor enterrine. 
Orant joie li font si enfont, 



1018 qae ie d. 1061 lot lOK S» s 1080 toidtx 

3 m 1078 en] > tMinara] mainie 



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XIT (MéoD 4843-48(W) 

Reoeû l'ont lie et joiant 
O loi sa feme e bb menîe 
Holt se repent et s'omelie. 
10B6 De ce que a Primaut a fet 
A damledeu se rent mesfet. 
Do mal qu'a fet, molt t€ repent, 
9r vie amende darement. 



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(Méon 2108—2188) 

BenarB qui mouU sot de trealue N 32<l 

Et qui SToit grant faim eue, 

Se met basillant au frapîer. 

Si conme il erroit son sentier, 
5 One n'en sot mot Ty bera li ofaaa 

Tant que il se vit en ses las. 

Renars le voit, si li fremie 

Toute la char de lecherie. 

Grant talent a de lui mengier: 
10 Et si se voldroit revengier 

De ce qu'el broion le bouta. 

Ma^B ja samblant ne l'en fera 

Que il li voeiUe se 1h«i non. 

Lofs l'a mis Benars a raison. 
15 Tybert' fait il, 'quiex vens tos gnief 

Et Tybers s'eat mis a la fuie. 

'Avoi, Tibert' ce dist Renart. 

"Ne fuiez pas, n'aies resgart! 

Arrestes, si parles a moy! 
30 Souviengne tous de vostre foyl 

Que ouidies tous qae je tous facdf 

Ne cuidies pas (ja dieu ne plaoel) 

Que ja nul jour ma foy vos mente. 

Je n'eotrasse hai en oeete sente, 
2I> Se ne tous caidasse trouTer: 

Quar noa foy voloie acquiter. 
;t c. il eitort 7 Dit 9 Teogiar 10 Hm il ta 11 Pwr U A. 



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XT (H6o» 3139-2176} Ul 

Dant Tybert, de la Tostre foy 

N'estes TOUS mie en grant effiroy.' 

Tybera ae tourne, si s'arreste. 
30 Vers Benart a tome la teate, 

Ses oDgles va fort aguisant. !N 33 

Bien s'appareille par eamblant 

Que forment ae vouldra deffendre, 

Se Renars li veult le doi tendre. 
36 Hais Benars qui de faim baaille, 

N'a cure de faire bataille: 

Tout autre chose a empesae, 

Hoult a Tybert aseûre. 

Tybert' fait il, 'eatrangement 
40 A en oe eiecle maie gent. 

Li DUS ne veult a l'autre aidier, 

Chascuns se paine d'engignier. 

L'en ne trueve mais vente 

En nul hooube ne loyauté. 
4b &t si est il oboae prouvée 

Que cilz emporte k eolee 

Qui s'entremet d'autre engignier. 

Jel voua di pour un sermonnier: 

C'est nosbre compère Yaengrine, 
60 Qui de nouvel a ordenea prins. 

N'a enoor guerea qu'il cuida 

Tel engignier qui l'engigna. 

Pour ce ne voeil eetre traltrea, 

Que tnit en ont maies mérites. 
55 De losengier et de mal faire 

Ne voi je nul a bon ehief traire. 

Mal ohief prennent li traytour, 

Qu'il n'auront ja nul jour honneur. 

De tant me aui aparohefia 
60 Que moult est vils et mal venuz 

Qui de riens ne se puet aidier. 

Tost m'eûates guerpi l'autrier, 

3 ■ laae la 31 Va «m oukIo* 39 di») il 4b il] bien 49 Ca 
0^ GO ordaa GO me manqut lai biea a. 



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143 XT (HJon 9117~»14) 

Qaot velstea bien pree ma mort 

Et non pourquant si ai je tort: 
66 Que certes il voua en peea. 

Honnis soit qui voiu meaoïoiral 

Ufûa non ponrquaot en loyauté 

lie oognoiasiee la verhe: 

N'eOstez Tona graot marrement, 
70 Qaot me vebtes u tonrment 

Et je fui oheBa u broyon, 

Ou me deatraindrent li gaignon, 

Et li vilaîna avoit hauohie 

Four moy oooirre sa coingnieP 
76 Bien enida sor moi esooter. 

Vais il ne sot preu assener: 

Eucor port je sus moy ma pel.' 

Tybert respont ce m'est moolt bel.' 

'De ce sui' dist Kenars 'tout oert. 
80 Que pot ce estre, dant TibertP 

Tos ml botastes tout de gre. 

Mais or tous aoit tout paidone. 

Je nel di pas par felonnie. 

Certes vos nel fesistes mie, 
86 Ne quit que nus le poîst ftûre. 

Ne fait ore mie a retraire.' 
Tybers s'exouee molemeot 

Que vers lui ooulpablee se sent. 

Mais Kenars, ou il voeille ou non, 
90 Le conduit par grant traysoo. 

Tybera ne soet que il li die. 

Renars de rechïef li affie 

Foy a porter d'ore en avant. 

Et Tybers refait son oreanL 
95 Bien ont la chose confermee. 

Mais n'aara pas longue dnree: 

Ja Renars foy ne 11 tendra, 

Ne Tibert plus fol ne aéra 

Moi B5 Qa«r «9 Ha» n. 70 Q. ia fu ohotts t. 75 B. ■•«■!■ 
Mtorer 80 Tnui itilM voir ca diit t 81 mançtu 83 De* or WU 
manqit p. lira 84—86 manqu*Ht 87 dvement 88 Qni 90 eaidiiM 



XV (H«on 2316-2368) 143 

Que il n'y ait merel mestrait, 
100 Se il voit ohoae qui li hait. 

Ajidui s'en tournent une sente. 

Ni a celui qui son ooer sente, 

Que faim avoient forte et dare. 

Mes par mervilleuse aventure 
106 Une grant andoîlle ont trovee 

Les le chemin en une aree. 

Renars l'a premerains saisie. 

Et Tybers a dit 'diex aye, 

Biane conpains Benart, g'i ai part.' 
110 'Et comment donc' ce dist Renart, 

'Qui TOUS en veult toUir partie? 

Ne vous ai je ma foy plevief 

Tybert moult poï s'i asefire 

En ce que daut Renart li jure. 
116 'Conpains' dist il, 'qar la menjoDsI' 

'ÂToi' dîet Renart, 'non ferons. 

Se nous yci demourions, 

Ja en pais n'y esterions. 

Porter la nous convient avant.' 
120 Ce diat Tybers je le créant', 

Qant il vit que el ne pot estre. 

Ren&rt fu de Tandoille mestre: 

Far le milieu ans dens la prent 

Que de otiascnne part li pent. 
125 Qant Tybers vit que il l'enporte, 

Honlt durement s'en desconforte. 

Un po de lui s'est approohiee. 

'Or est' diat il '^ans malvaistieE. 

Conment portes vous celle andoiUeP 
180 Ne vees voua connue elle souille? 

Par la poudre la traynes 

Et a vos denz la debaves. 

Tout le ouer m'en va ondoiant. 

Hais une chose vous créant, 

W Qnil mwele meatraite 100 haite 101 InbdeDX 104 Qaar p. 
lIKt flb. d«lM la. lOT B. »! la preniera UO dont J13. 114 manquent 
116 la lis. veut 131 il maHgut qail ne p. outra wire 13S ordoiaat 



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144 XV (ICéon 2%g-22g6) 

135 S'ainsi la portes lon^ement, 

Je ta vos lairai quitement. 

Moult; la portasse ore autrement.' 

Ce dtet Renort 'et roua oonmentP' 

'Uostres la ofaa! si le verroia' 
140 Ce dist Tybert, 'ce est bien drois 

Que je la voue doie aléser: 

Que Tos la velstes premier.' 

Reoart ne li quiert ce Teher, 

Quar il ae prent a pourpenser: 
145 Que se cilz ert auques chargies, 

Tant seroît il plus tost pleeaiea 

Et mains se porroit il desfendre. 

Pour ce li &it l'andouilie prendre. 

Tybers ne fu pas petit lies. 
160 L'andouille prent oonme affaides. 

L'un des chies en met en sa bouche, 

Puis la balance, si la couche 

Dessus son dos conme affaitiee, 

Fuia s'est envers Renart dreoiei. 
166 'Coupaina' dist il, 'ainsi feroia 

Et tout ainsi la porteroia, 

Que elle a la terre ne touche. 

ITe je ne la souil a ma bouche : 

Ne la port pas vilainement. 
160 Hoult vault un pa d'afikitement. 

Maie ainsi or nous en irons 

Tant que a ce tertre viengnons 

Ou je Toi celle croîs fichiee. 

La aoit nostre andouille mengiee, 
166 Ne voeil que avant ta portons, K 34 

Uua illec noua en deliTrons. 

La ne poona noua riens cremtr, 

Que de partout verrons venir 

Iceubs qui nons vendront mal fure, 
170 Pour œ nous y fait il bon trfûre.' 

186 Jel n. I. certainement 143 Qnar la 147 nraz U IBt qw f 
hault I. 168 Qne manque t. bi«n v. 



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XT (M«oii 3297-3346) 145 

Benart de tout ce n'eûst cure: 

Uais Tibert moult grant aleiire 

Se met devant lui au chemin. 

Onquez de courre ne priât fin 
ITfi Tant qu'il est a la crois venus. 

Renart en fu moult iraecuB 

Qui s'apparchut de la boidie, 

A plaine .bouche lî esorïe: 

'Compains' diat il, 'quar m'attendes.' 
idO 'Renart' dist il, ne voa doubles: 

Ja n'y aura riens se bien dod. 

Mais siuez moi a esperoni' 

Tybers ne fu pas a apprendre, 

Bien sot monter et puis descendre. 
ISb AuB ongles a la crois se prent, 

Si rampe sus moult ristement, 

DeauB un des bras s'est assis. 

Renart fu dolens et pensis, 

Qui de voir scet que moquie l'a. 
190 Tybert' foit il, 'ce que seraP' 

"N'est riens' diat Tibert 'se bien non. 

Mais veoee sus, si mengeron.' 

'Ce Beroit' dist Renart, 'grant mal. 

Mais TOUS Tybert, venee aval! 
195 Car trop me poroie grever, 

S'il me convenoit sua monter. 

Car faites or grant cortoisie. 

Si me jetés jus ma partie: 

Si seres de vostra foi quites.' 
aoo 'Renart, que est ce que vos dites? 

Il semble que vos soies ivres. 

Je nel feroie por cent livres. 

Tous deûasiez moult bien savoir 

Que ceste andouUle doit valoir: 
205 Que c'est chose saintefiee: 

Si ne doit pas estre mengiee 

ISl JalQiiar 182 H. urnet iui ai nienK«ron 100 fkit] diat 
195—302 manquent 2D4d. aânoir 205c'eat[(el Haintorye 30ti mengîe 
RKNART IL 10 



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146 XV (M«on 2847—3882) 

Se Bue croîs non ou buh moiutier: 

îtoult la doit l'en bien exauchier.' 

"Biau BÎre Tybert, ne tob chaot: 
2i0 Petit de place a la en haut, 

!N'i porrionB ensemble ester. 

HoB or le faîtes conme ber, 

Puis q'aval venir ne toIcb. 

Conpains Tybert, bien !e sareE. 
216 Vos m'avez vostre foi plevie 

De porter loial compaingnie : 

Et coopaingnon qui sont ensemble, 

Se il trovent rien, ce me semble 

Que oBscuns d'isus i doit partir. 
330 Se vo foi ne volez mentir, 

Partez œle andoille la sua, 

Si m'en getee ma part cha jusl 

J'en prendrai le pecliie sor moi.' 

"Non fere' dist Tibers par foi. 
SfâD CoDpains Renart, merveilles dites. 

Pires estes que uns hérites, 

Qui me rouves chose geter 

Que l'en ne doit deshonnourer. 

Par foy, ja n'aure tant beû 
230 Que je a terre la vous ru. 

Uentir en porroie ma foy. 

Ce est saintisme chose en loy: 

Ândouitle a nom, bien le saves, 

Nommer l'aVes oy asses. 
380 Or vous dinù que vous ferois: 

Vous souferres or ceste fois. 

Et je vous en doing ci le don: 

La première que trouveron, 

Que elle iert vostre sans partie, 
340 Ja mar m'en donres une mie.' 

Tybert, Tibert' ce diat Benarz, 

'Tu cherras encore en mes las. 

•Jm l'en manque 209—320 manquetU 321 Ca diit R. or if * 
plus 222 Gete* meot dont ma 22S.4 mattguenl 336 Tyben reipMt 



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XV (Méon 2388—2419) 1 

Se vealz, quar m'en gietee ao poi.' 

'Merveîllez' ce dist Tibers 'oi. 
S45 Ne poea voua dont tant attendre 

Qu'auB poÏDB vous en -riengne une tendre 

Qui sera vostre sanz doubtanceP 

ITflBteB pas de bone abstenance.' 
Tybero a laiBeie le plaidier, 
260 Si aqeut l'andouille a- men^er. 

Qant Benart vit qu'il la mengue, 

Si li tourble auques la vefie. 

Itenart' diat Tybers, 'moult sui lies 

Que TOUS plourez pour vos pechies. 
SS6 Diex qai congnoiat ta repentanoe, 

T'en alîege la penitanoe.' 

Ce dïat Benart *or n'y a plua. 

Mais tu Tenras encor cha jus. 

A tout le maine qant auras soy, 
280 Te conrendra venir par moy.' 

'Ne aaves pas' ce dist Tybert, 

'Conment diex m'eat amia apert. 

Encore q tel crues deles moy 

Qui m'eetanchera bien ma soy. 
266 N'a encor guierea que il plut, 

Et de l'yaye assez i eatat 

Ou plua ou maina d'une jalole 

Que je barrai conme la moie.' 

Toatevoies' ce dist Renart 
270 'Venrea tos jaa ou toat ou tart.' 

'Ce n'iert' ce diat Tybert 'dea mois.' 

'Si sera' diat Renart, 'anchois 

Qne aet ans soient treapasae.' 

'Et quar l'eSsiea vous jure!' 
276 Ce dbt Renart Je jur le aiege 

Tant que je t'aurai en mon piège.' 

'Or seroia' dist Tybert 'dyables, 

Be (ÛIb seremens n'est estables. 

Hais a la croîs quar l'affiez: 



9 Mient 1 Y» toRt B mattiiuf 251 uit R. 266 ta ï!78 toBmblw 



. ..oogic 



XV (Méoa 2420—3468) 

280 Si sers dont miex affermes.' 
Ce àiet Renart et je l'afB 
Que je ne me mouvru de cy 
Tant que lî termes soit venus, 
Si en aeraî dont miex creflz.' 
386 'Aesea en ares' diat il fet. 
Mais d'une chose me dehet 
Et si en ai moult grant pitie, 
Que TOB n'aves encor mengie, 
Et set ans deves jeûner: 

290 Porres vous dont tant endurer? 
Ne vous en poes ressortir, 
Le serement convient tenir 
Et la foy que plevie aves.' 
Ce dist Beofu-t 'ne vos tames.' 

395 Respont Tybert 'et je m'en taîs. 
Certes je n'en parlerai mais. 
Taire m'en doi et bî est droia, 
Sfais gardes que ne vos mouvois.' 
Tybert se taist et si mengue. 

aoD Et Eenart fremist et tressue 
De iecberie et de fine ire. 
Que que il est en tel martyre, 
Si ot tel chose qui l'esmaie: 
Quar uns cbaiaux de loing l'abaye 

a06 Qui en avoit senti la traehe. 
Or li convient guerpir la place, 
Se il n'y venlt tessier la pel: 
Que tuit s'en viennent li ohael 
A celui qui avoit la queste. 

810 Li venerres illec s'areste: 

Âus chiens parole, sels semont. 
Et Renart garde contremoiit : 
'Tybert' diat il, 'qu'est ce que j'oyP' 
'Attendes' diat Tybert 'un poi, 

31fi Et si ne voua remues mie. 



801 r manque 309 U tritoe BIO L wn pawe 311 mU Mmet 
Sl2 R. peoie que faire pnet 



-,,. Google 



XT (Héon 2454-2489) 

C'est une douce mélodie: 
Par ci trespasBO une compaingne 
Qui vient parmi oeste charapaingne. 
Par ces bubsons, lea ces espines 

320 Vont chantant mesaee et matines : 
Âpres pour les mors chanteront 
Et ceste crois aoureront. 
Or ai vous y couvient a estre, 
Qu'aussi fustez voua jadis prestre.' 

S25 Renart qui sent que ce sont chien, 
S*appatchut que n'est mie bien: 
Mettre se veult au desares. . 
Qant Tybert vit qu'il ert levés, 
'Renart' fet il, 'pour quel mestier 

830 Voua Toy je bÎ apparillierP 

Que est ce que vous voles faire?' 
'Je me voeil' fet il 'en sua traire.' 
'En sus? pour dieu, et vous conment? 
Souvtengne vous du serement 

990 Et de la foy qui est plevie! 
Car certes voua n'en ires mie. 
Estez illec, je le conmant. 
Par dieu, se voa alez avant, 
Voua en rendrea (ce eat la pure) 

340 En la court dan Noble droiture. 
Quar la eerea voua appelée 
De ce que vous vous parjures, 
Et de plue que de foy mentie: 
Si doublera la felonnie. 

84& Set ane eat li sièges jures, 
Par foy plevis et afSes : 
Com mauvais voua en deduîes, 
Qant an premier jour en fuyes, 
Hoult par sont bien de moi li chien: 

360 Se vos ja les doutez de rien, 
Ains que vous faciez tel outrage, 



333 Inui 329 fet ] dist 333 fet] diit 386 Par ruion nous 
8 mangtutU 349.B0 mangucnt 



, Google 



XV (M<oD 2490— 2ft2li) 

Donroie je pour vous mon gage 
Et vers eulz trieroB en prendroie.' 
Renart le loist, si va sa voie. 

856 Li ohieD qui l'ont apparoeû. 
Se sont après lui eemeu. 
Uais pour nient, que le pals 
Sot si Keoart, que Ja n'iert pris: 
Bien s'en eschapa sans morsure. 

300 Moult menace Tjbert et jure 
Qu'a lui se vonldra aooupler, 
Se jamus le puet encontrer. 
Ësfondree est entr'eolz la guerre, 
Ne reult mais trievez ne pais qnerre. 

866 Tybers U ohaa dont je ai dit, 
Donbte Ranart assez petit, 
ITe quiert avoir trievez ne pais. 
Es vous deua prostrés a eelais 
Qui en aloient au saint senne. 

870 Li un ot une hiue bauohenne, 
Et li autrez ot desouB soy 
Un aouef ambiant palefroy, 
Cilz a l'iue a Tybert choisi. 
'Conpains' dist il, estes yoi. 

376 Quel beste est ce que je voy la?' 
'Guivert' dist li autres, 'esta. 
C'est uns meirilleus chat patois.' 
'He diex, oom je aeroie roys, 
Se jei pooie ans mains tenir 

880 A. mon chief pour le froit coaTrir, 
Four ce que bonne pal avoitl 
Bon chapel et grant y anroit. 
Certes grant mestier en avoie. 
Diex nous amena ceste voie 

886 Qui bien aavoit le grant mestier. 
Ore en ferai apparillier 
Tout a vostre loa un oh^el, 



364 Hj et 867 K. cMt por 868 Soet iamua p. 860 Se mh 
par Dnlls MADlure 870 Uud buia 373 ambloit Inia > 876 Ot toM ^ 



'c* 



XV (MJon 3626-3661) 

Et pour ageiuir le plos bel 
Me sai appenses d'uoe rien, 

390 8e vonB loea que ce eoît bien: 
Que g'i Toeil la qaeae leasier 
Pour le chapel agrandoier 
Et pour mon col couvrir derrière. 
Yees conme eet grana et pleniere !' 

305 Diat li autres 'cy a bon plait. 
Pour amoQr dieu, q'ai je fouriait 
Ne mesfait en nulle baîUie, 
Qu'en doie perdre ma partieP' 
Ce diat li autres 'non area.. 

400 Mesire Torgie, ne saves 

Que je en ay moult grant mestier. 
Pour ce la me deves leasier.' 
'Leaaier?' fet il 'pour quel serviaeF 
Quel bonté ay je de tous prise F 

406 Pour quel bonté, pour quiex mérites 
La roua Itùroie, ce me ditesP' 
'A. mal eâr' dist Rufraugier, 
Trop estez tous jours manuier. 
Ja mar du voatre j aura rien. 

410 Or soit partie, jel voeil bien. 
Hais de tant sui je eababis, 
Gonment il doit estre partis.' 
'Je le eai moult bien, par ma foy, 
Ja mar en aères en effroy: 

416 Que ae faire en voles cbapel, 
Si en faisons prîsier la pel, 
Et de la moitié le vaillant 
Faites en après mon créant' 
Diat Riifrengier 'faiaona le bieni 

420 Le chat voeil je tout quitte mien: 
Et noua alona au senne ensamble, 
Et si mengerons, ce me aamble, 
(Que ce ne poons nous veher 



394 gnuide 306 P. Unonr 897 meipris S96 Paar quen ma 
manque 400 Homigneur 403 diat il 407 m») enr oft <}■ frogier 
411 de m a. trop e. 416 fftitm 419 rafengier 421 entamfele ta senne 



'c* 



XT (M^oii 9562-2Ge7) 

Qu'il De nona convienf^e escoter); 
420 Por moy et pour voue paierai, 
Far tout toub en ocquiterat. 
Et TOUS m'affiez loyaument 
Que TOUS nel feres autrement, 
Mais le obat quite me laree 
480 Que jamais part n'y dameres.' 
'Honte ait qnil vehe' digt Torgis. 
TeueB, aire, jel voue plevia 
Et loyaument le toub affi.' 
"Bien eet' diet Rufreogiers uiui, 
185 Haia liquelz de nooa le prendra?' 
Ce dtst Toargis 'qui il aéra. 
Je n'y olaim riena ne rienB n'y u, 
Ne ja ne m'en entremettrai 
Ne par moy n'y aurez aye.' 

440 'Pour oe ne remaindra il mie' 

Dist Bufren^er: 'qaar il eat mien.' 
'Or TOUS en oonviengne dont bien.' 
Rufrengier de la crois approuche, 
Que riens plus au ouer ne li touche 

445 Fors Tybert le chat traire a soy. 
Mea trop ot petit pale&oy, 
8i n'y pot atteindre en séant: 
Sus la seDe monte en estant. 
Qant Tybers TÏt qu'il est drecies, 

4S0 Par maltalent s'est herichies: 
Esoopi l'a enmi le vis. 
Puis done un saut, sel Bert des gris, 
La face li a gratinée. 
Jus l'abati teste levée, 

460 Si que li hateriaua derrière 
Li eat feras en la quarriere: 
Par poi qu'il n'est escherveles. 
Dens foyees s'estoit pasmee. 
Li prestree jut en pasmoisons, 



426 ne l. 431 quel 434.441.448 rnrengier 
462 P. Ait an t. ai r, tourgii 



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XT (H4on 2598— 2«3S) 

460 Et Tybers swlli es arohonB 
Qui vuidie erent du prouvoire. 
Li chevaux s'en tourne grant oirro 
Qui avoit este effraes. 
Tant fait par champs et par ares, 

466 Et tant a erre qu'il vint droit. 
A l'oBtel dout tournez eatoit. 
lia femme au prouvoire seoit 
Enmi sa court, si buohetoit: 
Ne vit pas le cheval venir. 

470 Et il vint ens de grant aïr, 

Tel oop li donne en la poitrine 
Qu'il l'a getee sus l'eschine. 
Bleohie fu, si ot paour, 
Conme elle ne vit son seignor. 

476 En la selle ou î) seult aeïr 

Vit dant Tybert dessus croupir; 
Bien cuida ce fussent dyable. 
Li chevaux va droit en t'eetable. 
Et dant Tybert tous jours en son, 

480 Qui bien congnissoit la maison. 
Hoult li estoit bien avenu, 
Quant ne l'ont mort ne retenu. 
Le cheval lessa eatrayer, 
Puis s'en est aies pourchaoier. 

48fi Li prostrés qui jut contre terre, 
Ne sot son palefroy ou qnerre. 
Son compugnon appelle a soy 
'Amenés moy mon palefroy, 
Biaux conpains, quar le m'enseigniez.' 

490 'Estes vous' dîst Tourgis 'blechiesP' 
'Blechies?' dîst il 'ains sui tues. 
Ne fu pas chas, einz fu mauffez 
Qui nous a fait oeste envaye. 
Dyables fu, n'en doubtes mie. 

496 Ice sai je de vente, 



462 tODrn» 47fi mIc 477 caïd* qua ae fuit d. 48S lot 493 Ca 
oh. ukU m. 



XT (Héon 3^4-3660) 

Qae noa sommes enfontosme, 

Ne jft de oest an n'en istron 

(Ce gaohies) que nous ne muiron. 

Ke sui pas aseûr de moi, 
600 Qant ay perdu mon palefroy.' 

Lors oonmence une kyriele, 

SoD credo et sa miaerele, 

Pater noster, la letanie: 

Et sire Torgis li aye. 
605 Soavent gardent se U veTseent 

AiDB ()a*a la voie se meûsent, 

Tibert et le cheval engamble. 

lUais nel virent pas, ce me samble. 

Qant point nel virent, si s'en vont, 
010 CtiBSOuns si fait signe en son front. 
Ore est li saines respities, 

Qae Rufningier est moult blechies. 

À son hostel en est venus, 

Uoult fu âoleoB et irascus. 
519 Sa femme li a demande 

'Quel vent vous maine et quel ore?" 

'Péchiez' dist il 'et enocobrier. 

J'encontrai hui un advorsier 

Entre moy et mon conpaignon 
530 Seigneur Torgis de Locc-Buisson, 

Qui nous a tous enfantosmes : 

A paine en sni vis eschapea. 

7 M aous nittron 604 Meaire SOdgaideat lUIe n. 5l9niSgf 
) h. Mn 533 en sonmes e. 



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XVI 

(Méon 4851-4876) 

Pierree qui de Saint Clost fu nés, N 41 

8'flBt tant trareiliiez et pênes 

Par prière de ses amis 

Que il noua a en rime mis 
6 Une risée et un gsbet 

De Renart, qui tant aet d'abet, 

Le puant nain, le desored, 

Par qui ont este deeefl 

Tant baron que n'en bu le conte. 
10 Des or oonmenoerai le conte, 

Se il est qui i veille entendre. 

Bâchiez, moalt i porra aprendre, 

Si oon je cuit et con je peng, 

8e a l'eeoouter met son sens. 
15 Ce fu en nui en cel termine 

Que la Seur monte en l'aube espine, 

Prez rererdiâsent et li boe, 

Et oisael chantent aanz repoa 

Et toute nuit et toute jour, 
ao Et Renart estoit a séjour 

A HalpertoiB sa fortereaœ. 

Mes molt estoit en grant destrece, 

Quar de garison n'avoit point. 

Sa meaniee ert en ai mal point 
20 Que de fain crient durement. 

Sa famé Henneline enaement 
leKoru 18 Et ] Cil ao M 8. 34 Mloit si ntattque 35 Qui 

DigitzrrlbyGOOglC 



J 



XTI (Hion 4877-4813) 

Qui estoit de Douvel eDoainte, 
Estoit si fort de fain atainte 
Qu« ne 86 savoit oonBeillier. 

3U Lora se prent a appareillier 
Renart pour qaerre gariaon. 
Touz eeulz a'en ist de ba maison 
Et jure qu'il ne revenra 
Jusqu'à tant qu'il aportera 

80 Viande a sa meenie pestre. 

Le grant chemin tourne a senestre 
Et vet en travers la forest, 
Que il ne lî siet ne ne pleat 
A tenir chemio ne sentier. 

40 Bien savott le bois tout entier, 
Quar maintez foiz Tavoit aie. 
Tant vet que il est avale 
Souz le boîz en la praierie. 
'Diex' dist Renart, 'sainte Harie! 

4Q Ou fu trouvez ainssi biax estrezP 
Je cuit, c'est paradia terrestrez. 
Ici feroit bon herbergïer, 
Qui auroit assez a mengîer. 
Tez ci le bois et le ruissel ! 

00 Onques mes ne vî voir si bel: 
Veez cou est vert et floria! 
Àimi m'aït sains esperis, 
Que moult volentiers m'i geSsao, 
Se je ai grant besoing n'eQase. 

QQ Mùa besoing fet vieille troter.' 
À cest mot prent a galoper, 
Si s'en part tristres et dolans. 
Mes la fain qu'il avoit aua dena, 
Qui enchaoe te leu du boia, 

60 L'en fait partir outre son poiai 
Par les prez s'on vet contreval, 
Moult regarde amont et aval 
Por savoir se il y vélat 



) Quel 3SQuil ne ne li p. UMui]Gu e2Elr.69P.> 



XVI (Mion ^814-^949) 157 

Chose 4]ui au cuer li seïst, 
65 Oisel ne lierre ne conuin. 

Tant Tet qu'il entre en un chemin 

Qui enrere une vile aloit. 

Le chemin suit, et quant îl voit 

La vile, si jure son chief, 
70 Cui qu'il soit bel ne cui soit grief, 

Droit a celé vile en ira. 

Bien cuide qu'il j trovera 

Chose qui li aura mestier. 

Let le chemin et le sentier, 
16 Qant venuz est près de la vile, 

Cil qui savoit assez de guile: 

Qu^il ne volt pas estre veOz. 

Far ces boissone, par cez seûz 

8'en vet le- pas le col bessant. 
80 Durement vet dieu réclament 

Qu'il li gart son corps de prison 

Et 11 envoit tel garisou 

Dont il face sa famé liée 

Et ses enfans et sa maisntee. 
85 Or ne me veil pas de ce taire, 

Que en la vile ot un repaire 

A un vilain riche d'avoir: 

Que se li livres nous dit voir 

On je trouve llstoire escrite, 
90 De ci a Troie la petite 

ITot un vilain si aesie. 

Sa meson sist joste un plessie 

Qui estoit richement garnie 

De tôt le bien que terre orie, 
95 Si con de vaches et de bues. 

De brebîz et de tait et d'oes. 

D'unes et d'autres norriscons. 

De gelines et de chapons, 

De ce î avoit a plante. 

e& ns — De I on — on 70 qui a. b. ou 71 * la t. unit 82 Et 
quil li tel mangue 89 jb! t. Mcripto 92 niai ] fu 94 tous lea bien 
35 coDma et Manqut 96 oeg 99 oe ol il a graot p. 



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168 XTI {Mon 4050-4986) 

100 Or aura ja sa volente 

Benart, e'il pnet entrer dedenz. 

Ues je cuit et oroi par mes denz 

Qu'il fera par dehors sejor, 

Que olog eotoit trestoat entour 
lOS Et li jardins et la mesons 

De piex aguz et gros et lona ; 

Si oouroit entor un ruiBsiaux. 

La dedenz a voit arbmisBÎaux 

De maintes guises, ce sachiez, 
110 Qui tuit erent de fniit cfaarchiez. 

Hoult par estoit biax lî repères. 

Sire en estoit Bertolz 11 Ueres, 

Uns vilein entulles et riches 

Qui moult estoit avers et chiches, 
115 Car de despendre n'avôit cure: 

En amasser metoit sa cure. 

Ainz lessast plumer ses grenons 

Qu'il meigast un de ses chapons, 

Ne qu'il eûst au feu cuisine 
130 Ne de chapon ne de geline, 

Ainz les fesoit au marchie rendre. 

Se Itenart y vuet la main tendre, 

Je cuit bien que il en aura: 

Ja si garder ne les saura. 
13D Li vileins fu en sa meson 

Ou n'aroit home se lui non. 

Sa famé fu son file vendre, 

Li autre furent pour entendre 

A lor afere trestait fors. N 42 

180 Renart vint cele part le cours, 

Qui bien pensoit (n'en doutez mie) 

Que la meson ert bien garnie 

De ce dont il avoït mestier. 

Entre deus blez par un sentier 
186 S'en est vennz jusqu'à la haie. 

100 Or en nnra bb 1<B mta le jour 107 rniuel 108 d. erMi 
ArbraisBol 112 ert U!) artilleas 130 olMponi 139 ?s w; «tm twt* 
136 O Inl nauoit hom 127 f. eatoil «on 128 aiilre eitoient p. aprcdif 



XTI (MioD 4986-0031) 

De lesnz entrer moult s'esmaie: 

Quar les chapons vit au soleil, 

Et Chantecler qui cligne l'ueil, 

Et ses poucÎDS et ses gelines 
140 Qui erent lez un tae d'espineB 

En UD paîllier ou il gratoient. 

De tout ice ne se gardoient, 

Bien cuidoient aeseûr eetre. 

Mes Renart qui fu pute beete, 
146 De lecherie Mt et art: 

Bien voit, par engin ne par art 

N'i entrera, c'est por noiant. 

Entour Tet et vient coloiant 

Pour veoir et pour eapronver 
iftO Se ja peiist partnia trouver 

Par ou il se peûst enz mètre. 

Tant vet a deatre et a aeneatre 

Rensrt ti roua, 1i malele, 

Que par devera le pleaseîa 
155 Trouva un pel par aventure 

Qui ert uae de pourreture. 

Par la ou li regorz couroit 

Du jardin quant pleû avoit: 

Par la a'eo est entrez dedenz 
160 Tout aouef, et jure ses denz 

Que a oui que il doie nuire 

T fera it ses grenons bruire 

Ou de chapon on de geline. 

Tapiz s'est desoz une espine, 
166 Que ne volt mie »tre vefiz. 

Ne s'est orolez, ne s'est meQz. 

Touz coiz se dent et ai esconte. 

Cbanteder qui point ne se doute 

Et qui bien cuide eatre asae&r, 
170 S'en vet en non de mfdeOr 

Parmi le jardin pourohacent 

147 noiant 151 manqua. Apre» h v. Ifi3 on lit Re. li r 
U nrnle beste 153 Renart mauque li traître* li 166.6 manquent 



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160 zri (Méon 6023-6008) 

£t Bfis gelines apelant. 

Et tant ee pourquiert et porchace 

Qu'il est veouz devant la place 
176 La ou Renart se fu muûez. 

Qaot Renart le vit, si fu liez. 

Si jure que, ae diex le saut, 

Il li fera un mauves aaut. 
Que que cil a grater entent, 
160 Renart se lieve, 'si descent 

Vers lui pour prendre: mes il faut, 

Quar Chantecler en travers saut. 

Or est Renart moult malbailU, 

Quant il voit que il a fiùlli. 
185 Si n'ot en lui que correcier: 

Le coc a priii a decliaoier 

Et ca et la et sus et jus. 

Chantecler voit qu'il n'i a plus, 

A crier conmence a haut ton. 
190 Bertoh qui fu en sa meson, 

Saut pour veoir que ce estoit 

Qui ses gelines tanpestoit. 

L'uis a ouvert de son courtil, 

S'a veû Renart le gourpil 
lft6 Qui einsi les va dechascent. 

En sa mesoD repère atant, 

Si prent deus resiaux enfumez 

Que maufe li orent donnez, 

Et diet que ae Renart l'ateot, 
200 Uoult iert iriez, s'il ne le prent: 

Diable U ont amené 

Cil qui bien semble foraene. 

S'en revint en son courtil droit: 

Et Renart qui veû l'avoit, 
305 Deaouz un cfaol muoiez ae fu: 

Et cil qui pas apris ne fii 

173 t. aU et sa et porohace ntan^e 174 Et m pottrehaee qi^ 
il ort Aprèe ee v. on lit Tenui an lan et aproobiex 117 Et »i n*r 
manque 178 Qui li 180 1. «t «! 184 qail j a 198 g. daolMcaU \% 
Qui eiiiii manque 8m greliaet uet d. 199 dit 



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XVI (Mi<,u 5057-6092) 161 

Ne d'oiaeler ne de chacier, 

Seur les cholz a pris a couchier 

Les resiax treatouz de travers, 
210 Et jure lea ob et les ners 

Que Beaart sera engingniez. 

Lors a'eacrie cod esragiez 

Et en aventure huie et crie, 

Ja Boit ce qu'il nel voie mie. 
215 'Halial' fet il 'mar i venistes, 

Fîlz a putain, lierres traïstres. 

Par ca eaudroiz par saint Germain.' 

Un baston tenoit eu sa main, 

Dont il a les chois reverchiez 
2âO Tant que touz les a detrancbiez, 

Si lea reverche sus et jus. 

Quant Itenart voit qu'il n'i a plue 

Et que n'i a mestier celée, 

Un saut a fet a la volée: 
2'2& Si se fiert en un des roiseue. 

Or li croiat et anuiz et deua. 

Maufez l'ont en ce point tenu 

Que moult li est mal avenu. 

S'il escbape, ce ert merveille. 
£)U La roiz entour lui s'entourteille: 

Pris est et par col et par piez. 

Or est il moult bien engigniez, 

Ne li a riens valu sa guile. 

Mielx li venist que en la vile 
286 Ne fust venuz ne entrez ja. 

Tourne et retourne ca et la, 

Quant plus tourne et plus s'enlaee. 

Toutesvoies tourne et rebrace 

Pour issir, mes riens ne li vaut: 
340 Quar li vilainz a fet un saut, 

Qai bien l'avoit aparceû. 

Et dist qu'or li est mescheii, 

210 err«^n 218 Et en oiant formsnt le huie 214 neoit 223 Ha 
qail ni 287 l'manqut 239 i. bon r. 240 a fort j i. 242 dit 

UKAKT n. 11 



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XVI CM^on 6098-5128) 

Quant il est cheQz en sa ttape: 
MerveilleB ert s'il li eschape 
346 Que del corps ne soit empiriez. 
Vers lui s'adresoe touz iriez: 
Si avoit faauoie le pie destre, 
Desus la gorge li voult mètre, 
Quar mielz l'en ouidoit meatroier. 

260 îles Benari; nel voult otroier, 
Que to8t l'auroit espoir blede. 
Si con cil rabessoit son pie, 
Ronart l'a pris par mi ans denz 
Si que tontes li embst enz: 

260 Serre les denz aprez la bouche 
Si qne l'une a l'autre toucha. 
Uoult les a bien Reaart serrées, 
Que d'outre en outre sont passées. 
Quant li vilainz se sent bleoîe 

360 Et vit son pie par mi penùe, 
Li sans li mue et pert ooulonr, 
Pasmez chaî de la douleur. 
Et Renart le tint toutevoie, 
Qui a son cuer avoit grant joie 

266 De 06 qu'il l'avoit si a main, 
Et jure dieu et saint Germain 
Que il ne li eschapera 
Devant que son pleeir fera: 
Que bien scet qu'il seroit frapez, 

370 Se il li estoit eschapez; 

Que ne porroit ester bod corps 
Du roisel, s'il n'en est mis fors 
Par tel qui sceûst la manière. 
Pour ce dist que la mort le âere, 

276 S'il II este del pie les denz. 
Li vileînz qui se jut adenz 
Tout ainsi coo il esïoit Ions, 
Est revenus de pâmoisons. 



■244 sa BD e. 247 folag d. 203 oon aeitoit uant >. SH tw 
267serr«a 399 aent] ujt 260 parmi peroia ion pie ÏTIQoil ■■ Vit- 
ne uelre soi lion 278 qDÎI ■. 376 ait 



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XTI (H<on 6120—5164) 16d 

De Ren&rt se cuide oscbaper, 
280 9i li prent le groing a taeter: 

Que la bouche li voult ouvrir. 

Mea Renart ae le volt soufrir, 

Einoois li vet moult anoiank 

Et li TÎlaÏDz le vet baillant 
S85 Àus pouces qu'il a dure et gros. 

Toutes voies n'est pas tant os 

Que a la bouche li adese. 

Et Renart qui jut a mslese, 

Quant voit que durement le taste, 
•i90 Si giete les denz, si le hape 

Oveo le pie par la main destre. 

Or est le vilain bien a mestre, 

Bien le vet Renart mestroiant: 

N'eschapera, c'est pour notant. 
29Q II eOst fet greigneur savoir, 

3*eu8t lessie (ce sai de voir) 

Renart en pes querre sa vie: 

Uoult ot empense grant folie 

Quant le volt prendre, mar le fist. 
son Tant grate cbievre que mal gist. 

Bien se onida de lui vengier: 

Or est cbefl en sou dangier, 

Quar il n'eu aura ja pitJe. 

A tout le mainz n'a il c*un pie 
3II& Et nue main en sa baillie. 

Renart a sa geule sesie 

Del pie destre et de l'antre main. 

Moult vet menaçant le vilain, 

Et dist qu'il It torra la vie 
;iin Del corps, foi que il doit s'smie, 

Que ja n'en aura reancon: 

Mielz li venist estre a Lançon 

Que il fust cheSz en ses mainz. 

Grant paour en a li vilainz, 

%4 iMt biBillant 287 oit 206 8il ea*( ce sachiez do 398 M. 
IMI «MiMau g. 299 ma) 808 R. (a g. sn a i. 300 dit 312 e. en 



lUnlbyGOOglC 



4 XTI (H£on 61SS-5201) 

816 Ne Boet que fere ne qne dire. 

Des ielx pleure, du cner souspira 

Et maiue ileuques moult fort vie. 

Tout en plorant merci lî crie. 

'Sire Renart' fait il, 'merci! 
330 Lessiez moi, por dieu voa em pri 

Conmandez moi ce que voudroiz, 

Et jel ferai, quar il eet droiz, 

Et vostre hom sere tous jours mes.' 

'Filz a putain, vilain punes' 
S2d Fet Renart, 'qu'aléa vos dieantf 

liouU m'aliez huî despisant, 

Et moult me cuidîez bien prendre, 

Quant vos roiseus alastes tendre 

Parmi le jardin conme foux. 
831) Mes si me puiat udier saint Lox, 

Tous le conparroiz hui moult chier.' 

Et cil qui ne se pot vencliier, 

Crie et se plaint et fet son due). 

"Sire' fet il, 'a vostre vueil 
385 Ferai quanque conmanderez.' 

'Tesiez' dist Renart, 'ne janglez, 

Filz a putain, traîtres sersl 

Que par mes doiz et par mes oers 

Je vous métrai m maie paine. 
340 Ne m'eachaperez des semaine. 

Bien me cuidîez avoir pris: 

Mes je vous ai mienz entrepris. 

Ore estes vous mis en prison: 

Ja n'aie je mes garisoD, 
346 Se ne vous faiz moult grant anui. 

Au ibaitu y serez vous meebui, 

N'avez pooir de vous mouvoir. 

N'en prendroïe pss tout l'avoir 

L'empereour Otevien, 

816 p. «t du 317 ileuc m. forte 3ld R. pour dira m. SJD »■ 
u- ie nom 331 noudrsz 3-28 Bt manque honros 831! MmH] Qti 
[) H. aJQSiqupa m&ist .«'. leux :)->l hui omm^kc 3(13 te «MAfi" 
B dit 342 Hieuz] biaii 343 Toa mis en p. 340 foii 



XVI (MéoD 5202-5337) 16! 

850 Foi qae je doi saint JuIïbd, 

Que je ne voub face contraire.' 

'Renart, pour amour dieu, non faire. 

Ne me (ta ore pas del pis 

Que tu porras! se j'ai mespria 
855 Envers toi, que bien m'i acort, 

Certes j'en ai eu le tort. 

Ues je soi prest de Tamender 

Einsi ooa vorrfts conmander: 

Ja n'irai contre ton conmant. 
3t)0 Et sachiez bien veraiemeot 

Que je le veil et si l'otroï, 

Que moi et tôt le mien metroi 

De tout en tout en ton esgart. 

Ne devez pas, se diex me gart, 
3(td Refuser ainsi bêle amende, 

Et je sui garniz de viande 

Tele conme vos a mestîer. 

Ge vous en vorraï aesier. 

Plus en ai c'onme ci entour. 
870 Pour dieu fêtes moi ceste amour I 

Yostre honme lige devandrai. 

James voir en lieu ne serai 

Dont TOUS doie venir domage. 

Pour dieu, quar prenez ceat hommage, 
375 Pour dieu, ne soîez si cruenz! 

Liex puez eatre, qant uns bons tiex 

Qui est si poisaanz et si riches, 

Yeult devenir vostre homme liges.' 
Quant Renart le vilain entent 
880 Qui si fort pleure et se repent. 

Et dit que il a grant pesance 

De l'outrage et de la viltance 

Et de la honte qu'il li fist: 

Pitié l'en prent et si li dist 
885 Tes toi, vilain, ne pleure pas! 

309 JAurai coatemant 300 urniemont 363 m. pour toi le n 
■ii«irai aBS De 806 de lunende 367 o. «1 noua 876 Liex tie 
383 graiiuoe 883 qai li 



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1(>6 XTI (Méon D2SS-6S78) 

A oeete foiz mal n'i auras. N 44 

3feB garde toi da renoheoir! 
Que si puisse je mes veoir 
^e ma famé ne mes enfans, 

890 Nulz hoDB Dfi te aeroit garaiis, 
Nel te feîsse oomparer. 
Mes eincois que t'eu les aler, 
Vileîns, me bailleras ta foi 
Que de par les tiens ne par toi 

390 M'anrû ne honte ne domage, 
Et que tu me feras hommage 
Si test conme lessie t'aure, 
Et que tôt a ma Yolente 
Métras et ton avoir et toi.' 

400 Dist ti vilainz et je l'otroi 

Tout ainsi conme vous le dites. 
Einsi m'aîst sainz esperites 
Que riens nule tant ne désir 
Con a fere vostra plesir.' 

40& -&■ îcest mot sa foi li tant 
Li vilains et Renart la prent. 
Or sachiez que bien le puet croire 
Tout aussi bien conme un pronoire: 
Quar li Tilainz estoit entiers, 

410 Si ne mentoit pas volantiers. 
'Vilains' ce dit Renart, entent I 
Tu m'as fîanoe loyaument 
Que tu feras a mon esgart.' 
'Voire, si ait diex en moi part 

41& Con je volantiers le ferai: 
Que ja pour nnlui nel lairai, 
AJnz le fere don tout en tout.' 
'Puis que dit Tas, je pas n'en dont' 
Fet Renart, 'quar tu es preadom. 

4â0 Au mùns en as tu le renon, 
Moult ai oï de toi parler.' 

387 del «naheoiT 388 ie dieu t. 896 Et ù me f. ai h. M 
400 dit 417 de 41S je mamtpu ne nen d. 490 ta bB le ■•■ 



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XTI (MdoD 0374-0809) 167 

A ceet mot l'a Isissie aler. 

Cil qui avoit este grevez, 

À grant paine a'en est levez, 
420 Et puis devant lui s'agenoille. 

De ses lermes les piez li moill« 

Si li fist hommage en plorant, 

Qu'il n'i ala plus demourant. 

Envers le moustier sa' main tant, 
4:-i0 Si li a fet te serement 

Tel CDD estuet fere a hommage. 

Et Bi li amende l'outraje 

Que il l'i avoit fet devant. 

Bien li a tenu son créant 
43.^ Con cil qui eatoit peouroe. 

Puiz li diat sire, or direz vous 

Treatot ioe qui vous plera. 

Et je 8ui cil qui le fera 

Si con voua voirez a devise, 
440 A mon pooir et sanz faintise.' 

'Or dont' dist Beaart 'vien avant I 

Si me déglace tout avant 

De ton roisel qui trop me grieve.' 

Uaintenant li vilains se lieve, 
440 Si li a fet a sa devise. 

Et Renaît qui en mainte guise 

Engingne la gent et decoit. 

Desliez est, si le coqjoit. 

Eocor n'a il pas oublie, 
400 Ainz li dist 'tu m'as afie, 

Amis, que trestout mon vouloir 

Feras tu selonc ton pooir. 

lies certes tu en seras qnites 

Por mainz assez que tu ne ouidee. 
40O Oe te fere bien ton feret. 

Aporte moi ton coo veret 

Que j'ai hnî tonte joni gaitie, 

432 manque 438 q. Mloit ml't ft greaei 424 leatoit 1. 437 S« 
182 li * kncnde 480 q. moult e. pTsadonB 486 li manque dit 437 Tout 
L. qo* il a. p. 441 dit fien] toat 443 d. maintenant 440 1* 



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XVI (Uéon MI0-B849) 

Se to TeuB aTotr m'amistie, 

Si le me baille par le col! 
460 Par la foi que je doi saint Pol, 

James riens plus ne te qaerrai: 

Ainz te di que je te ferai 

Seigneur de moi et de ma terre.' 

Bertolz qui ne voult pas la guerre, 
465 Li dist 'sire, vos dites mal: 

Que par le père esperital 

Li ooc est trop dur a menger. 

Se le Toiiez esohangerF 

Quar il a bien deus anz touz plainz. 
470 Mes je TOUS baudrai de mes mainz 

Trois poucins tendres, se voulez, 

Dont TOUS serez bien saoulez. 

Et vous feront a Tostre cuer 

Oreigneur bien, foi que doi ma suer 
475 Dame Haouia de la Uonjoie. 

Qar le coc a, se diex me Toie, 

Les ners et ta char forment dure.' 

Tileinz' fet Renart, n'en ai cure 

De tes poucins : tuit soient tien. 
480 Mes se tu Teuz fere mon bien, 

iTaarai le coc que je demant.' 

'Sire' fet il, 'rostre conmaot 

Ferai je sanz nule aehoison, 

Quar je sui deveunz vostre bom. 
4Ki Par mon chief orendroit l'aurez. 

Des que tous tant le desirez.' 

Atant let li vilains le plet 

Et maintenant au coc s'en ret. 

Si l'a chacie par le porprîs. 
490 Et tant chaoa que il l'a pris, 

Vient a Renart et si li baille. 

Tenez, sire, se diex me vaiDe. 

Oe TDusisse mielz par saint 'Gile, 

Qu'eussiez deus de mes gelines. 

49S Qar je l'amoie durement 

465 Û «ianyw P. ma) ditei par ttfnt tyrs» 479 Imb 490 *>* 



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XVI (Méon 98S0-9S86) 

Pour ce que menu et Bouvent 

Les mechauchoit l'une après l'autre. 

Mes puis que vous ne voulez autre, 

Il est bien droiz que vous Vaiez.' 
!)00 Tileinz, or ne vous estnarez! 

Que par mon ohief bien l'avez fet. 

L'ommage que m'aviez fet. 

YouB daim orendroit trestout quite.' 

'Sire fet Bertolz, 'la mérite 
i)Ob Voa en puisse dtox rendre a l'ame, 

Et BUnte Ibrie ma dame!' 
A. ces paroles se départ 

Bertolz et mesires Benart, 

Si le conmande moult a de. 
610 Et Benart qui bien l'a gabe 

À pris le coc et si s'en vet 

A HalpertuÏB a son recet. 

Bien en cuide ruoger l'eschine 

Entre lui et dame Hermeline, 
&)5 Sa famé que il tant amot. 

îles encore ne scet il mot N 45 

De ce que il U pent a l'ueil. 

Si con il vint desouz un tueil 

Qui ert lez le chemin a destre 
S90 Delez une ville champestre. 

Garde et voit le coc qu'il porte 

Qui durement se deBConforte. 

Des iex pleure, moult fu dolant, 

A Renart grant pitié en prent, 
Q3d Si li a dit, pour quoi il pleure. 

'Pour quolP maleoite soît l'eure' 

Fet le coc, 'que onques fu nezl 

Hoult m'est or bien guerredonnez 

Li servises que je ai fet 
680 A l'ort vilein meael deffet 

Que j'ai ai longuement serri. 

Hal soit l'eure c'onques le vi! 

497 »e manqut Cil A] Et 521 et Toit] avoil &S7 qae ■< 



„,ogIc 



XTI (IMoii 6SS7-648S) 

Qar ja d'od aarai fors la mort.* 
'Par dieu fet Kenart, 'tu as tort, 

5B5 Quant pour ce te vaa démentant. 
Par l'ame ton père ore entent I 
N'est il bien droiz en toute place 
Que )i eires par reaon face 
De son Berjant sa Tolente? 

r>40 Oïl, par ma orestiente, 

Il ae doit bien lessier morir 
Pour son bon seigneur garantir 
l)e mort, ae il est a mesohiel 
Or n'Mes paour, par mon chief, 

64:> Ne puez avoir anor greigneur 
OoD de morir pour ton seigneur. 
Malbailliz fust et malmené», 
Se il ne se fust rachetez 
Envers moi de toi seulement. 

560 Quar si aie je amendement, 
Je l'eusse oooîs toat froit mort 
N'aies paour, pren bon confort, 
Qu'ainsi avoies a mourir: 
Nus hoiu ne t'en pooît garir, 

t^>ri II te vient mîelz morir ainsi 
Que autrement, saches de fi. 
Quar qant pour ton seigneur morros, 
Haches de voir, tu t'en iras 
LassuB en la dieu compaingnia 

beo Ou aaras pardurable vie. 

'Sire' dît le coc, 'bien le sai. 
Ne sui pas pour mort en esmai 
Qae je doie avoir, ce sachiez. 
Mes de ce sui je oorreciez 

565 Que les chapons et les gelines, 
Que veïates lez les eapines, 
Seront a grant joie mengiees. 
S'en seront leur âmes plus liées 
Et du solas et de la feste, 



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XVI (M«OD 64a4~MW) 

670 Et j'aarai croûsue la teste. 
Itfoolt grant solaz me feîsaiez, 
Se une ohancon obantisaiez. 
Ife me ohausist, qant je morusse. 
Biea su que plus souef en fusse 

blô Lassua en la dieu oompaignie.' 
Et dist Renart 'voir par ma vie, 
Est ce pour ce que tu ploroiesP 
Et pour qoi ne le me dîsoiesF 
Ja pour oe ne'fai laide ebiere! 

680 Foi que je doi ma famé chiere, 
Oreodroit je tous eo dire 
Del aeilleur endroit que saure 
Sans plas pour toi réconforter.' 
Lores conmenca a chanter 

685 Une chanconnete nonvele. 
Et qant cil qui par sa favele 
L'amosoit, vit la bouche <nivrir, 
Des eles oommeoce a fenr 
Et a batre et vint volant 

ogo Deseur un orme haut et grant 
Qui devers l'autre part estoit. 
Et quant dant Renart ioe voit, 
Bien voit que il est deceû. 
Deaouz l'orme est aooru, 

696 Si dist sire, guile m'avez.' 
'Renart' dist il, or le savez, 
Devant ne le saviez pas: 
Foi que je doi saint Nicolas 
Ifielz TOUS venist estre teOs. 

600 8e TOUS estes or deoeûs 

Par trop chanter, si vous teûez, 
Qant vous en serez aeaiez 
Une antre foiz, s'on vos en proie: 
Si alez or querre autre proie, 

eob Qar a oeete avez vous failli.' 

I Toii pour 687 Luiiuoit ] Lgt deoaa 695 gvjle 



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XVI (Mfion 6460-5496) 

Renart se tint pour eschanii, 
Ke Bcet que dire ne que fere. 
Bien voit que mielz H venist tere 
Qu'avoir chante a celé empainte. 

610 'Lierres' fet il, 'foi que doi sainte 
Agnes qui fu de bonne vie, 
Bien voi que bel chanter annie 
Et nuist aucune foiz ensemble. 
Yotr dist lï vilainz, ce me semble, 

(115 Qui dist qu'entre bouche et cuillier 
Àvient souvent grant encombrier. 
Ore en sui bien certains et fit. 
Sages fu Chatons et recuiz, 
Qui enseigna son fil petit 

630 Q'a son menger parlast petit. 
Mes je ne l'ai pas retenu, 
Bien voi que mal m'est avenu 
De trop parler a ceste foiz. 
Or m'en irai, qnar il est droiz, 

6*;^ En autre lien moi pourchacier. 
Que ne puis ci riens gaaîngnier.' 
'Ha puanz roax de pute estrace, 
Alez vous en ! ja dieu ne place' 
Fet soi li coc, 'ne ses vertuz, 

630 Que ne aoiez ara on pendaz 
Encois que li mois soit passez. 
Ja m'eussiez les os quaasez 
Uoult putement, jel sai de voir. 
Se par engin ou par savoir 

enà Ne me fusse de vous esters, 
Âlez vous en: que par le corps 
Saint Marcel, se plus attendez, 
Vo pelicoQ ert ramendez.' 

Que que il vont ainsi parlant, 

640 Quatre lévrier viennent bruiant 
Apres un porc a grant alaioe 
Tout contreval par la ohampaigse. 



616 dit 619 filE 688 reaidoz 



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XVI (Héon 5497—6682) 

Et deuB braohez aprez eulz vieonent 
Et li veneour leur cors tieDoeut, 

li-id Dont il vont durement ooruant. 
Tont le païa vont estonnant 
De lor huier, de lor corner. 
Tant entent au coc a parler 
Renart li roux que maufeuB arde, 

ttM) Que onques ne se dona garde: 
Âinz Ji sont sus le col cheû. 
Lors se tint il a deceii. 
Aval tes ohanps s'en vet fuiant. 
Li reneour li vont bulant: 

(165 'Alla, aba' font il, 'Renart! 

Ja dtex n'ait en vostre ame parti 

3e ne fusson si emblae, 

Ja TouB euBBOn effrae. 

Ja si bien ne voub gardissiez 

660 Que la cote n'i leBBiaaiez. 

Trop oonveniet Bavoir de frapo, 
Se ne nous lessiasiez la chape. 
Mes or n'avez garde de nous.' 
Et cil s'en va touz poourous 

n69 Qui n'a cure de lor acoat. 
Dedenz un terrain s'est repost 
Tant que li chien s'en sont outre. 
Et cil s'en vont tout aroute 
Apres courant, et fout graat noise: 

670 Ne finerent de courre a toise 
Tant que il sont en la forest. 
Qant ce voit Renart, ai li plest, 
Et si dit, foi qu' il doit s'amie, 
Que oele part n'ira il mie, 

1175 Que il puiat, ne que bel li aoit. 
Bien scet ae uns d'oolz le tenoit. 
Il It donroient el que pain. 
A cest mot est venuz au plais 

649 manfei 600 donne 654 le t. bruUnt 667 
668 •Ifrilei 600 coale 666 le r. 677 IJ couuenroit 



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l Xri (M<oii 3088—0669) 

Et let la coc dont moult li poise, 

6flO Si s'en vet fuisot a grant toise 
Par un seotîer entre deus blez. 
E&cor ae crient d'eatre encootrez 
Ou de leTrier ou de ^i^on. 
Del ble a'en iat le grant troton 

eso 8î ae fiert enz en la foreet: 
Ce eat li leuz qui plua li pleat 
Et ou il a mainz de peflr. 
Ore est aeae et aaaeDr, 
8e ne fust la faïn qui le grieve. 

690 Souvent regarde, a'il voit lièvre 
Ke oonnin que il peQst prenre. 
Moult est iriez, qant il li membre 
Du coc qui ai l'a deceQ, 
Et dit que mal li eat cheQ. 

tttiB Ne priae tout son sena un œfi 
Fait il, 'a'il fussent dis et nœf, 
Si les deiiaHe engignier touz. 
ChaacuD dit qne je aui ai preuz 
Et que j'ai tant senz et savoir: 

TOO Certes il ne dient pas voir. 
N'ai pas grant aapience encloee 
Ed moi, qant ai cbetive chose 
Conme un cochet qui m'a boule. 
Uielz vousisse que afole 

71)6 H'eûat en d'un pie on d'un oeil. 
Mes si puisse je mes le sueil 
De ma meson passer a joie, 
3e diex donne que ja mes voie. 
Je li fore chîer comparer, 

710 Ja disoie que buef d'arer 

Ne savoit tant cou moi de guile. 
Et un petit cochet de vilg 
Wa engignie et deoelt! 
Ne vorroie qu'il fust scefl 

716 Fonr l'avoir de Costantinoble 

680 Bi ] Et 687 paoar WB prani 704 qua ] Mtra 



.,„,glc 



ÏVI {Mon 6670-5607) 

Dedeoz la oonrt meetre NoUe^ 
Foi que je doi touz mes enfanz 
Que j'en seroie moult dolanz, 
Se ons bona te me reproehoit. 

720 Net Torroie pour riens qui soit.' 
Einsi s'en aloit démentant, 
ii!t toutevoies eegardant, 
SaToir se ja chose velat, 
Dont sa fome liée feïst 

725 Qui eu sa meson se démente 
Pour la fain qui si la tormente; 
Et il meîsmes en baaille. 
Mes n'i voit chose qui li vaille, 
Dont il est moult forment iriez. 

TàO N'est mie un arpent alez 
De terre, ce sachiez de voir, 
Qant il prent a aparcevoir 
Mooseignor Noble et Tsengrin 
Qui venoient tout le ohemin 

78Ô Et parmi le bois dedaiant. 
Et Renart celé part eu vient, 
Et dit et peuse en son courage 
Qu'il fera Tsengrin domage 
9'il puet eu aucune manière. 

740 AtsDt s'en vint a bêle chiere 
Devant le roi, si le salue. 
'Or ca que bien soit hui venue' 
Fet B«nart 'oeate compatgnier 
là rois ne puet moer ne rie, 

746 Qant vit Renart de devant lui. 
'Bon jour' fet U 'aiez vous bui, 
Renart barat, qu'aies querantf 
'Sire, je me voiz pourqueraut,' 
Fet se il, 'par ici entor. 

7Q0 Ne final des le point du jour 
Pour ma fome qui est enceinte, 
Et ge n'ai mie encore ateinte 
Chose que li puisse porter 



7«el 



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XVI (Héan 6608-3646) 

Dont la puisse réconforter 

763 Pour la fain qui la deatraint fort.' 
'Renart' dit Kobles, 'par la mort, 
Bien fez tes aferes sanz nous.' 
'Sirs' fet il, 'foi que doi voua, 
Je ne vous oa m'a!de offrir. 

760 Que ne dabgneriez souffrir 
Que si petiz boms con je sui 
De force et de oore autreai, 
Âlasae o vous en compai^e. 
Mielz amez la grant baronie 

760 De vostre court avecquea vos, 
Aussi oon or est Bruaa lî oura, 
Baucenz et Rooniax H viautres, 
Seigneur Yaengrin et cea autrea. 
N'avoz cure de povro gent.' 

770 'Renart' fet li rois, 'bel et gent 
M'alez gabant, si con moi semble, 
îles or vendrez o noua ensemble, 
Se il vous plest et il vous siet, 
(Et si TOUS pri qu'il ne vous griet) 
776 Tant que puissons proie trouver, 
Dont nous puissons. deajeûner 
Entre nous trois, se diex me voie.' 
'Sire' fet il, 'je n'oseroie 
Pour mesire Ysengrin le len 

78U Qui est o vous, que par saint Leu, 
Bien sai que il m'a contre caer; 
Ne ne m*ameroit a nul fuer. 
Mes onques ne fia par mon chief 
Nule chose qui li fust grief. 

786 De sa famé m'a mescreû. 

Jtfea par dieu et par aa vertu, 
Onques encor jour de ma vie 
Ne li requis je vilenie 
Ne nule chose a ma oomere 

790 Que je ne feïaae a ma mère. 
Si ne le ouideroit il pas.' 

m llj oen 



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XTI (Méon 5647-5681) 

'Reoart' fet li rois, c'est toat gae. 
Si De puet pas eetre avère 
Qu'il ne vos i eust trouve, 
795 Se tant l'eSseiez maintenue. 
Or n'i ait point desoonvenue, 
Orendroït la pais en feson.' 
'Sire' fet il, la guerredon 
Vos en puist rendre dîex a l'ame! 
Sffl Que foi que je doi a ma famé, 
It a tort et je ai grant droit.' 
'Tsengrin anus, ce que doit" 
Fait li roiz, 'que Renart haezP 
Par dieu, fox estes qui créez 
805 Tel vilenie de Renart. 

Se dame diex ait en moi part, 
Je ne ouït pas qu'il le feîat 
Qu'en nule guise requeîst 
Vostre femme de vilenie. 
810 Quar fetee ore courtoisie, 
Pardonnez li vo nwutalentl 
Si ferez senz mien escient. 
Que par mon chief, grant tort avez, 
Quant de oe que vous ne savez 
615 Fors seulement par olr dire, 
Li portez et eourrouz et ire: 
N'est pas manière de sage homme. 
Foi que doi saint Père de Romme, 
Je connoÏB bien Renart a tel 
82U Que nel feïst pour le cbatel 
L'empereeur Otevien.' 
'Sire, par foi, je le oroi bien' 
Fet il, 'quant vous le tesmoignez.' 
'Or donquea ai ne porloingniez, 
825 Mes de bon caer li pardonnez 
Le mautalant qu'a lui avezr 
"Sire" fet il, 'et je l'otroi. 



791 il ] en 794 Qae 11 ne manqut 814 de ] bom 
RENART l[. 



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XVI (Hion 8682-5718) 

Je li pardoÏDg en bonne foi 
Ici iluec par devant tous. 

880 Jamea n'îere yen lui irons 

Jour que la Tie el oon me eoit, 
Ainz Toeil que mes bom conpains soit.' 

Apres ce mot s'entrebeserent 
Cil qui onques ne s'entramerent, 

885 Ne ja mes ne a'entrameront. 
Dire pueent ce qu'il verront: 
Por ce ne ae remue droit. 
Pes ont fetfl quele qu'el soit: 
Devant le roi l'ont allée. 

840 Ues moult aura oorte durée, 

Quar il ne pu et eatre a nul fiier 
Que l'uuB n'ait l'autre contre cuer, 
Ne ja ne seront eanz rancune. 
Ne donroie pas une prune 

845 En la pea: quar sa diex me gart, 
Voira est que c'est la pes Benart 
Qui einz ne fina de trichier, 
ËDCor ne le veult pas leaaier. 
Eiasi ont fet pea, oe me aemble, 

8&0 Renart et Ysengrina ensemble. 
Apres se sont mia au chemin 
Nobles avant et Tsengrin, 
Et puis.aprea vet dant Renars 
Qui moutt est plainz de mates ars. 

855 'Renart' dit Nobles, 'que ferons? 
A ton conseil nous maintendrona. 
A cest point soraa noatre mestrea, 
Quar bien aai que scez touz les estrea 
De cest boia et toutes lea sentea. 

860 &[es garde que tu ne me mentes! 
9e tu scez nul lieu ci entour, 
Pre ne pasture ne deatour 
Ou noua peilssona trouver proie: 
Quar nos y maïne droite voie, 



862 no d. ] en d. 



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XVI (Mâon 8719-67») 

865 9e tu le scez, que diex t'syoit 
Chose qui le Hen cuer couvoit. 
Lors m'auras a mon gre Bervî.' 
Et dit fienart 'par saint Davi, 
Je ne sai pas certainement, 

67<i Ed quel pastnre ne conment 

Noa truisson proie qui riens Taille. 
Mes de tant me recort sanz faille 
Que il a ca une valee 
Entre deux mens en une pree, 

RTô Ou l'eu amaine souvent pestre 
L'aumaille de ceste champestre 
Vile qui est ici delez. 
Alona celé part, se voulez, 
Por savoir et pour esprouver, 

8S) 8e porrions chose trouver 

Que peflssDns menger tuit troî.' 
■par foi' fet Noble, je l'otroi.' 
Ataut s'en to ruent celé part 
Entre seignor Noble et Benart 

gsii Et Ysengrin son bon ami. 

Ues se dieu plest et saint Rémi, 
L'amor aura corte durée. 
8i s'en vont la voie ferrée 
Et tant ont lor chemin tenu 

Ft90 Qu'il sont dedenz le pre venu 
Que dant Benart lor avoit dit. 
Yseugrius regarde, si vit 
El chief du pre moult bêle proie. 
Or sachiez que il ot graut joie, 

MiK> Que moult estoit de fain grevez. 
Or cuide bien estre arrivez 
En lieu ou il emple sa panoe. 
Mes ja n'en soit il en beauce: 
Que se l'estoire ne nous ment, 

900. Je cuit qu'il ira autrement. N ' 

Lors a aresonue le roi. 

S ouor lorioit 877 ici ] Ib 898 Iaaiic« 



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XVI {tléoa liTM-5792) 

'Sire' fet il, 'foi que vous doi, 
Nous avons bon cbemiD tenu. 
Je onit, bien nous est avenu, 

905 Quar je voi si conme il me semble 
Un tor et une vaohe ensemble 
Qui a avec lui bou veel 
La juB el chief de ce prael. 
Ces auroQ nous qui que il griet 

910 Mes je vous lo, se il toob siet, 
Aiuz que noua aillons celle part, 
Que nous i envoions Renart 
For veoir et pour espier, 
S'il j a masttn ne bovier, 

gi& Ne choae qni nous puist mal fere. 
Bien porrions avoir contrere. 
Se noua einsi despourveQ 
Estions seur eulz embatu. 
Mes il est grellea et menui, 

930 Si n'iert mie si tost veûz 
Si comme noua i serions.' 
'Vous dites voir' fet li lions. 
'Il est sages et veztez, 
Si les aura toat espiez.' 

92D Atant en aresDO Renart, 

'Renart' fet il, 'se diex vous gart, 
Sages estez et decevanz 
Et de touz maux aparoevanz. 
Quar i alez, si espiez 

980 Savoir se la jus verriez 
Bovier ne vilein deputere 
Dont nos peilst venir contrere: 
Quar pour noiant nous irions, 
Se noBtre preu n'i fesiona.' 

930 'Sire' fet Renart, 'volentiera.' 
Atant s'estoit mis es sentiers 
Grant aleKre aval le pre. 
Tant avoit coru et trote 



909 OeBte 921 î mangue 



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XVI («éoo 6798-6899) 

Qu'il est venuz au leu tôt droit. 

940 Tout entor lai garde, si voit 
El chief du pre delez l'orailld 
La vilein qui gardoit l'aumaille, 
Qui se dormoit desoz un orme. 
Maintanant celé part s'en tome 

946 Trestout ta paa le ool beaaant. 
Durement ae va poarpensant 
Dedenz son cuer que il fera 
Et conment il l'engingnera 
Le vilain qu'il ne l'aparcoire. 

950 Soef estuet qu'il le deooÏTe : 
QuftT il Boet bien, s'il le tenoit^ 
Que maternent l'atorneroit, 
Sel feÏBt Tolonttera cheoir 
En Lieu dont ne pefist mouTOtr, 

965 Et n'ait pooir en nule guise. 
Lors avoit une branolie prise 
De l'orme, et saut isnelement 
DeauB ainsi très bêlement, 
Que onqueB cil no s'esyeilla. 

960 Et danz Renart qui tant mal a 
Pense et fet puis qu'il fu nez. 
S'en est de brsuohe en branobe alez 
Tant qu'il vint endroit le vilain. 
Si jure dieu et sùnt Germain 

966 Que il lï fera encui honte. 

Que vous feroie plus lonc oonteF 
Renart fist oonme pute béate : 
Quaut il ]i fa desus la teste, 
Dreaoe la queue, aler leaae 

970 Tout contreval une grant lesse 
De foire clere a cul ouvert, 
Tout en a le vilaîo couvert. 
Cil qui l'a sentae, s'esveiDe, 
Taste a son vis et se merveille, 

976 Que ce est qui si II ohiet ohaut 

} ti! a. 949 qui ne 969 «l. U L 978 Et il 



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STI (HMd 6830— &8d«) 

Sua Boo vis do lassus en haut. 
Si prent a regarder amont, 
N'i voit nule cbose del mont, 
Quar U arbres ert trop fueillîez, 

gso Et Renart si s'estoit muciez 
lîs fueilles si qu'il n'i paroit. 
Et quant li vilains rtena ne voit, 
Si cuide que ce soit fantoeine. 
Lors taste a sa main et si osme 

gS6 Et sent que c'est merde qui put 
Ne fu pas liez quant Taperont, 
Âinz li anuie fort et grieve. 
Tout maintenant d'iluee se lieve 
Et s'en cort droit a un fosse 

90O Qai ilueo fu au chief du pre 
(Si ot bien vint piez de parfont, 
Et fu pleinz d'eve jusqu'amont) 
Et jure et dit, se diex le saut. 
Qu'il saura qui est la en haut 

995 Sitost con il ert revenuz. 
Quant il fu a l'eve venuz, 
Si s'acroupi pour lui laver, 
Renart qui bee a lui grever, 
- Saut jus a terre au mielz qu'il pot 
1000 Vers loi en est venuz le trot 
Par derrier qu'il ne l'aparooive, 
Que talant a qu'il le decoïve 
A ceete foiz moult malement, 
Et ai le venlt ai soutilment 
1000 Fere que il ne puiat foir. 
Si eon il vint de grant a!r, 
Li est desus le dos aailliz. 
Ore est li vileinz malbailliz, 
Quar ainz qu'il fuat aparceiiz 
1010 Est il dedenz l'eve cheQz. 
Il ot grant paour de noier: 
Si oonmenca a patojer, 



992 iuiqua fotw 1001 derrière! 



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XTI (H«oii 5867-6902) 183 

Quar Tolantiers en isetst hors. 

Uea aîns aura anui du oorps, 
1015 Se Renart paet en nule gutee. 

Il est Tenuz a son joTse, 

N'en istra mes sanz beste Tendre. 

Enmî le pre oort Renart prendre 

Une pierre qu'il a raûe 
1020 Grant et quorree, si li rue 

Deens le ool par tel aîr 

Conques cil ne se pot tenir 

Qae il ne sott au fons alez. 
YsengrÏDB qui se jut delez 
1035 Honseignor Noble enmî le pre, 

L'a veu, ai li a mogtre, 

Con se délite la aval, 

Non mie ponr bien, mes pour mal. N 49 

Quar onques ne le pot amer: 
lOBO Son ami le pnet il clamer, 

Ues ja du caer ne l'ameni. 

Bian semblant espoir li fera, 

Si Torroit il qu'il fust lardes. 

'Sire' fet il, 'or esgardez 
10H6 De Renart con est maux voisins! 

Bien nous tient or pour ses cousins, 

Qui tant nous fait ci aoorber. 

DeaUez le pnist asaorber 

Quant il nous fet tant de mal trere, 
1040 Que il ne vient ne ne reperel 

En loi auroit bon messager 

Por querre la mort et oerohier, 

Quar il reveoroit moult a tart. 

Quar aloDs ore oele part, 
1M5 Si saurons pour quoi il ne vient 

Et qoiex essoines le détient. 

Je le Toi la, ce m'est avis, 

Lez le fosse tout ademis 

J3b à. iDMire nobla U ntonitre 1036 Que il ni «voit demonN 
t ] éiat 1087 Toui 1(M7 ce toui pleTit 1018 f. ca niMt «tU 



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i XVI (Méon D908-W89} 

Ou il se jeue et court et saut. 
1060 Moult petitet de noue lî cbaut. 

Il a espoir trouve pasture 

A son 068, si n'a de nous ouro, 

Paie que il est bien saoulez. 

Àlons oele part, se voulez! 
1050 9i saurons qu'il fet et pour quoi 

Il est renies.' 'Et je l'otroi' 

Fet Nobles, 'vous dites moult bien. 

Foi que je doi saint JulieD, 

Je li fere comparer chîer 
1060 Ce qu'il nous fet ici jucfaier: 

Se il le fet pour nul despit, 

Ja n'en aura point de respit, 

Se nus ne l'en sera garant 

Se il n'i a cause apparant.' 
1066 Atant se sont d'iluec tome. 

Celé part s'en vont abrive 

Plaioz d'ire et de maltalent. 

Et li vileÏDz qui vet balant 

En l'eve, que Renart destraînt, 
tOlo Avoit jft le cuer si ataiat: 

Tant l'avoit dant Renart batu, 

Qu'il n'avoit force ne vertu. 

Ja ot deuH foiz au fons eate. 

Et Renart qui onc n'ot bonté, 
1076 Se barat non et tricherie, 

S'spense que moult li anuie 
. Que tant le fet iluec atandre. 

Garda entor lui, si va prendre 

Des motes tout plaïn son giron, 
1080 Si li rue tout environ, 

Et desUB le dos et en coste. 

Li vilains a en lui mal oste 

Qui moult durement li meffet. 

Que TOUS diroieP Tant a fet 
1086 Renart, et tant li a gete 

l(»6 «t ] na loeo Ci niiohi«r 1073 U 1078 Ta ] oort lOBD B* 



XVI (Méon 5M0-69T7) 

Et pierrea et motes de pre: 

Que qui que soit bel ne qui gronde, 

Tierce foiz ou foese afonde. 

Ore est mors, bien s'en puet vanter. 

1090 N'en orra mes nos lions chanter 
Uale chanoon d'ore eu avant. 
Renart que li corps dieu orarant, 
S'en est délivrez en tel guise. 
Or pnent fere a lor devise 

1095 De la proie tout saoz peur. 
De oestui sont il asseSr 
Que James mal ne lor fera 
Ne riens ne lor contredira. 

Quant Renart ot fet ce qu'il quist, 

1100 Si conme il li plot et sîst, 
Et ot feni tout son estonr, 
Lors se voult mètre au retour, 
Quant voit dant Noble le lion 
Et dant YBengrin le félon 

U05 Qui vers lui tout droit s'en venoient. 
Voie ne sentier ne tenoient, 
Par les prez viennent a travers. 
Et il fn sages et apers: 
Bïtost con les a parcefiz, 

lllO Encontre vet les sauz menuz, 
Si lea salue gentement. 
'Bien vîeingniez, sire, voirement' 
Fet il, 'et vostre compaignier 
'Renart, je ne vous salu mie. 

1119 Renart, l'en voua deûst bien pendre, 
Quant vos m'avez fet tant atendre 
Sanz venir et sanz reperier.' 

'Sire, foi que doi ma moillier' 
Fet soi Renart, 'je n'en puis mes. 

1120 Quar j'ai eQ un entremee 

D'un vilein qui gardoit l'aumaille 



1087 qa« ne ] on 1089 le 1090 mes ntanqut 
T nos o. il 1. mperont 1114 lalne 



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XVI (MéoD 6976-6012) 

Que j'ai trouve la ea l'oraîlle 
De ce pre dormant oontne loir. 
Si m'apense et aoi de voir, 

1135 Que s'il nous savoit ne reoit, 
Qu'il noua nuiroit se il pooiL 
Si l'fù tant mené, dieu merci, 
Par mon engin qu'ancor sui ci 
TouB sains et hetîez et tous forz, 

11^ Et il gÎBt en ce fosse morz 

Tous estenduz conme tine raine. 
Hoult en ai este en grant paine. 
Mes touteToie ai tant ouvre 
Que nous en sommes délivre. 

1186 Se d'ateodre estes anoies, 

Ne m'en merveil (ice sacliies), 
Que demore ai longuement: 
Et moult anoie qui atent, 
Ce dit l'en, et il est bien voira. 

1140 Hes foi que je doi a mes oirs, 
Se la vente saviez, 
Ja mat gre ne m'en sauriez, 
Encoiz m'en émissiez, œ oroi. 
Or escoutez, je vous diroi 

1145 De cbief en ohief le voir parconte.' 
Et il adonques li raconte, 
Conment il monta sus l'ormel, 
ConmcDt chia sue le mosel ~ 
Au vilain tant qu'il s'esveilla, 

1160 Et puis conment il s^en ala 
Laver a l'eane du fosse. 
'Et il ot son penel trooase. 
Et je sailli a terre apraz: 
Si conme je ving a eslez, 

1166 Sailli sas lui a quatre piez 
La ou il estoit abeesiez 
A l'eve por son vis laver, 
Si qu'el fosse le fis aler 



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XVI (H«oB 6013-6048) 

La teste avant, le cul deaus, 

11 Al Que votiB diroie' fet il 'plus? 
Quant Toi dedenz l'eve enbatu, 
Tant le feri, tant l'ai batu 
Que il n'en lèvera james. 
De lui avons ore tel pas 

1(05 Que james mal ne nous fera. 
Ne chose ne nous desdira, 
Que weillons fere de l'aumaille.' 
Li rois l'escoute et se merveille, 
£t bat ses paumes et fet feste, 

1170 Et jure ses ielx et sa teste 

Qu'ainz mes ne fu veûz tiex gïeus. 
'Par foi' fet Tsengrin É 4eus, 
Tel bourde ne fu mes oie. 
Ne je ne le oreroie mie, 

1176 Certes, se je ne le veoie,' 

Et dit li rois se diex me voie, 
Renart, dis le me tu pour voirf 
'H n'i a tel con del veoir' 
Fet il: se vous ne m'en créez, 

1180 Âlez la et si le veez.' 

'Dahait' dit Noblez, 'qui ira 
Et qui ja tant s'en lassera! 
Je n'ai mie vilain tant cbier. 
Autant ameroie a tonohier 

1186 A un ort vessel de ma main 
Conme je feroie a vilain. 
Or soit ilaec et si se gise! 
Et nous ferons a nostre guise 
Le nostre pren, se nous savon, 

1190 De la proie que nos avon. 

Certee moult grant tort en avons: 
Uoi et Tsengrin disions 
Que vous nous vouliez tricher: 
Mes or voas veil bien afioher 



1161 Bbatn 1174 qaerroie 1181 Daheait dii manqu* 1190 tt 
• wuont 1194 Mes tor 



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SVI (Hâon 6049-6066] 

1195 Qu'il o'a ei loial ug si sage 

A ma court, de rostre ooraage: 
Ne ours ne leu ne autre beste. 
Bieo avez la besoingne fête, 
Et mielz assez qae ne diroif. 

1300 Mes ore alons a nostro proie, 
Si soit partie maintenant;. 
Ysengrins, or venez avant, 
Si faites ceste partison! 
Trop y auroit grant mesprison 

1306 Se chasouD n'en avoit sa part.' 
Et dit U leus 'par saint Uaart, 
Sire, quant vous vient a plesir, 
U n'est riens que je tant désir: 
Que je ai au cuer fain moult grant. 

1210 ïlt il me semble tôt avant 
Que nous avons ci un torel 
Et une vache et un veel: 
De ce devons partison fere.' 
Lors prent en son cuer a retrere 

V2\b Ce que l'en dit auques souvent, 
Que cil qui bien voit et mal prent, 
S'il s'en repent, c'est a bon droit. 
Et puis dist que il miolz vorroit 
Qu'il fust penduz a une hart 

13-iO Que ja Renart i eûst part. 
S'il puet, du tout l'en getera 
Si que il ja n'i partira. 
Si s'aut pouFchacier autre part! 
'Sire' fet il, 'se dtex me gart, 

1335 Le mielz si est que je i voie, 
Que vous de ceste bele proie 
Reteigniez a vostre oes oest tor 
' £t celle genicete encor: 
Quar a ma dame l'Orgaeilleuse 

1390 Bera bonne et savoureuse, 

Quar elle est bonne, crasse et tondre. 



1310 Et MchiBc bn frkicmeDt ISU Et t. 1218 dit ISK nH 
tor] Ireitout 1238 genice et oel tor 



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XVI (H«oii 6080— 61S1) 1 

Et ge qui ne veil pas tout prendre, 

3i aum sanz plus cel veel. 

Et cil garz roux de pute pel 
1385 Si n'a mes de viande cure, 

3i aut ailleurs querre pasture!' 
Moult a grant chose en sei^eurie, 

Quar tôt veut fere a sa devise- 

De riens ne veut a part venir, 
134(1 Tout veut a son hues retenir. 

A ce deflst avoir garde 

Tsengrin, foi que je doi de, 

Ainz qu'en eûst partison fête. 

Nobles oroulla un pou la teste, 
1S45 Quant la parole a entendue. 

ISe li fu pas a gre venue: 

Quar bien sa voit très tout de voir, 

^out vouloît a son hues avoir, 

Que que il eOst dit avant. 
1-260 Deus pas avoit passe avant, 

Si a haucie la destre poe 

Et Sert Tsengrin lez la joe 

Si durement que le cernai 

L'en a abatu contreval, 
1235 Si l'a fet durement seingnîer. 

Renart emprist a aresner. 

Si li a dît 'vous partiroiz. 

Ore orrons que vous en diroiz, 

Sire Renart, qui tant savez.' 
1360 ^ire' fait Renars, 'ne devez 

Tel chose dire: en vérité, 

Foi que doi sainte Charité, 

Vers vous ne doi je part avoir. 

Hee prenez a vostre vouloir 
1360 Et nous donnez ce que voudroiz: 

Qnsr bien savez, et si est droiz 

Que toute la proie soit vostre.' 

12SB cernai 1358 en mangut ferat 1360 Or i para qu« i 
1361 Et dit R. ao 



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XVI (M«on 6132-6157) 

'Foi que doi sainte Patornostre,' 
Fait Nobles, 'ainsi n'ira mie. 

1:^70 Je veil que ele soit partie 

Enooiz que de ci vous mouvez.' 
'3ire, puis que tous le voulez' 
Fet Renart, 'je la partirai. 
Il m'est avis, au sens que j'ai, 

1376 Et si oonme Tsengrins disoit, 
Que oe est le mîelz qui î soit 
Que ce tor a vostre oes aiez. 
Hielz sera en tous emploiez 
Que il ue seroit en nule ame. 

1280 Et la vaoiie aura ma dame, 
Qui est et crasse et tradrate. 
Et Tostre filz qui mes a'alete, 
Et qui oao a este nez, 
Aura, se ainssî le voulez, 

1285 A son menger ce veelet, 

Qui est et tendres et de let: 
N'aura eaoor huit jourz demain. 
Et entre moi et œ vilain 
Irons en autre lieu chader 

r>90 i'or nostre vie pourchacier.' 

Li rois l'entent, si 11 fa bien: 
Quant oit et voit que tout fu sien, 
S'en a de joie fet un saut. 
'Renart' fet il, 'se diex te saut, 

1296 Or me di voir, ne me mentir, 
Qui t'aprist primes a partirf 
'Sire' fet il, 'par sainte Luee, 
Cel vilain a la rouge anmuoe. 
Je n'en oi onques autre mestre. 

ISOO Ne sai s'il est ou clerc ou prestre 
Qui si porte rouge couronne, 
Mes bien semble haute persooae. 
Qui Boit ou pape ou cardinax.' 



1-277 Que to 


■ toute a T 


o. Uiei 1S81 «t apriê «it ■ 


1263 ntM d'] encor 


1386 se T. 


12S7 e. qoe b. 1396 nag*] 


1908 urdintl 







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XVI (Héon BI68— 6IM) 

'Renart' fait Nobles, moult es max, 

1300 Tu scez plus que ton pain meDger. 
Fox est qui de toi fet bercbier. 
Que par mes iex De par ma teste 
11 n'a plus feziee beste 
Que tu es dedeoz mon empire. 

1310 Bien retiens ce que tu os dire. 
Et cil si prent la meilleur voie 
Qui par autrui bien se cbaatoie. 
Et tu as bien fet, oe me semble. 
Or remanez ici ensemble 

1RI5 Entre tous deus, que je m'en part. 
Di Ysengrin que il se gart 
Que une autr^ foiz parte droit: 
Qu'espoir a tel afere auroit 
Qui li feroît encore pis. 

18â) Or demorez (que je ne puis 
Demourer iô, si m'en voiz) 
Et vous pourchaoiez par ce boiz, 
Se TOUS voulez, "Vostre disner : 
Quar ma proie en veil je mener. 

1326 Vous et Ysengrm, sanz mentir, 
Par mon ohief bien saves partir : 
Et bien m'aoort a rostre dît. 
Tons ol aurez ja contredit 
De nul homme que bel me soit. 

1830 Ore alez querre que que soit, 
9e voulez, que vous mengeree, 
Que ja de oeulz ne gousteroiz.' 
'Ha aire' fet cil, ne le dites! 
Seront ce donques les mérites 

133ô De ce que ci vous amenaiP 
Certes s'auoun petit n'eD ai. 
Pou me porrtù de vous loer. 
Se vous ne m'en voulez donner. 
Sire, a oel vilain en douez 

1910 Tant que il soit desgeiinez. 

KM f. il lu icoi m. mal 131A Dit 



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XVI (Méon atW-t>28I) 

Qnar il est si m«l atornez 

Qu'a paineB ae puet il ester. 

Mtelx li Tenist; que l'eûuiez 

Fet eacfaaoier d'un de ses piez. 
t34& Si le lessiez si &nieilleu8, 

Ce poisse moi, si m'aM diex: 

Quar je ne li ai que donner 

Dont le faoe desjeQner. 

Je li donnasse volantiers, 
1H50 Quar moult en est mes ouers tandriera 

Por ce que si le voi bleoie. 

Moult li avez mal despede 

Son chaperon delez la joe.' 

A oest mot li a fet, la moe 
I35j 9i que ne l'aparout ne vit. 

Nobles l'esgarda, si s'en rit 

Et dit 'Renart, moult scez de boule. 

Tu es issus de mainte foule. 

Diex scet bien par quel couvenant 
im) Tu me vas ainat sermonant: 

Plus le dis pour pitié de toi 

Que ne fea pour lui, par ma foi. 

Quar je sai bien, se j'en leasoie, 

Ja si tost tornez n'en seroie 
1366 Qne tu li torroies sa part 

Et l'en monsterroies la bart, 

Qu'il ne ae porroit revenchier. 

Se il en devoit errager, 

N'en aroit il point, par mes iex. 
1S70 Mes je le fere assez miex, 

Que foi que doî saint esperit, 

Ja n'en métrez la ou chiens chit 

Ne pour vos fez ne pour vos dis. 

Ainz vous en ferai n onnis 
1875 Que ja l'un de vous pu resoa 

N'en gsbera son oompaig^non 

D'espaule, de pie ne de ouïsse, 

1S45 Ci 1346 10 1360 qui 1868 j'sd] len ISST R. ■>• w po" 



XTI (HéoQ 638S ' 6367) 

Ne d'uD ne d'el que j'oDques puisse.' 
A icflst mot Nobles s'en part 

1860 Et lesse eDmi le pre Renart 
Qui moult fesoit le correoie 
Por Ysengrin qu'il vit blecie: 
Et si en avoit il grant joie. 
Pois li a dit se diex me voie, 

13S6 Compère, bien sommes gnile. 
Bien vous a li rois afole 
Trestont sanz droit et sanz resoD. 
Si voie je dieu et son non, 
Qrant mal a fet et grant ootrsge. 

1399 Bien i poira avoir doinage 
Espoir encore en aucun temps. 
Et qui vorroit, selono mon sens, 
Encontre lui du tout ouvrer, 

Il le porroit bien comparer, 
1S96 Je cuit, ou au près ou au loing. 
Son ami doit en au besoing 
Au mielz que l'en puet conseillier. 
Et je m'en veil bien traveillier • 
Por tant que vendez en soiez. 

1400 J'en seroie certes moult liez 
Se li veoie anui avoir'. 

S'en lui avoit point de savoir 

Ne de bien ne de cortoisie, 

N'eust pas la proie sesie 
1406 Si toute que n'en eQsBon. 

Honi sommes, se nous les son 

A lui eÏDsiques défouler. 

Quar tost nos porroit afoler, 

Se nos ne l'osion deadire. 
1410 Si )o, aînz que la chose empire, 

Que nous querons et art et guile 

Par quoi la venjance en soit prise N 

Por TOUS trestont premièrement 

1S78 V% del ueel ne ie ta coime 1890 ou . . ou] e 
1306 dont en ■ b. 1807 qaen le 1409 nous lesKoni d«fonler k 



„,ogIc 



194 XVI (MAon 6388-6303) 

Qu'il a meoe ai malemeat 
1415 Par la force que il a fête, 

Que Dostre part nous a tolete: 

Quar la proie estoit oonniune. 

Ne se deSst faire si prune, 

Pour ce s'il eat par desus nous. 
1420 Que par la foi que je doi tous 

Qui estes mon compère obiers, 

Ke sera si max ne si fiers 

Que bieo n'en aîons la venjanoe.' 

Ysengriiu ot la couvenanoe 
USQ Que Renart li offre et présente, 

Que se il Yeult selonc a'entente 

Ouvrer et selonc son saTotr, 

Il li fera veiyaDce avoir 

De ce que il l'a mal mené: 
t4:W Et il le het plus qu'homme ne 

Pour le mal que il li a fet. 

E!t si ne li a pas meffet 

Chose pour quoi il le dedst 
*8i mal mener: se il peûst, 
' i486 I) li feïst: Yolantiers fere 

Chose qui li peust desplere 

En tel guise, gel sai de roir, 

Ne s'en peilst aparoeroir 

Devant que la chose fnst fête. 
1440 II s'apense que sa retrete 

Ne sera a fin, n'acomplïe 

3a pensée, s'il n'a aïe 

D'aucun qui soit plus de lui sage. 

Nelui ae scet qui son corage 
144& Puist deseonvrir seiirement. 

Toir' fet se il, je me dément 

De néant: je roi mon oompere 

Qui plus m'ume ore que son frère, 

1418 [irime 1419 os quil 1430 que hsmâ 1483 m 1438 p« 
1486 I». ne ne denit 1441 8a penase nerl a. 1443 Oa en peuM m h 
ata 1448 Et durement ne sen porehaoe 1444 A an hBme qui *<><)■* 
Mohe 1446 Pour A. 1446 ae manque je ne dont neeni 



'c* 



XVI (Héoii 8H03-fi3a8) 195 

Et plus set de barat toua eeuz 
1460 Voir que ne soevent vint et deua 

T)es meilleurs de la court le roi, 

Et je paa ne deacouverrai 

A lui mon cuerP que n'oaei'OÎo. 

l'aour ai, ae je 11 disoie, 
1-1&& Qu'il ne m'eDcuaaat au lion, 

Que en lui a uialeîcon. 

Si dit l'en par tout le paTa 

Que il est traïatrea na&. 

Pour ce ai ne m'i oe fier, 
l-iuo Mea ne cuit paa qu'il aut crier 

A court oe que j'ai em pense. 

Or ai je voir moult fol penae 

l<'nvers mon compère Renart. 

Je ne cuit pas, *Be diex me gart, 
1-I6b Que il me mesfelat pour rien. 

Il eat preudons, ce sai je bien. 

l'ieca que je l'ai esprouve, 

Et encore l'ai je trouve 

Jusquea ici moult loyal homme, 
1470 Foi que doi saint Père de Romme 

A aon conaeil me maintendrai, 

•fa eat il mon compère en loi, 

Si pena qu'il ne me mefferoit, 

Ne nul mal ne pourchaceroit.' 
1475 Ëinsi a lui meïsmea tance, 

Et en la fin de sa sentence 

S'acorde a ce qu'il li dira 

Et a son conseil en fera 

Counent que l'aferes en aut. 
14W Quar nue tant ne acet ne ne vaut 

A nul besoing conme Renart. 

Lors conmence a dire par art 

Et bel conme bien afetlez, 

Et si a dît par amistiez 

l«ttt A IniJ Autrui 1454 le ja H] que ie le 1457 ditl ait 
1107 Ht] kit 1409 tR 14ftO qnil Unt 



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XTI (1I<0D e38ft-6360) 

1465 'Biax douz amis, biax dous oonpere, 
GoDseiUiez moi si qn'il i père, 
Que Tostre conBeil m'ait mestier. 
Je ne verrai ja l'anuitier 
Se de Noble ne sui vengiez, 

1490 Qni si m'a le via eacorchie 

Que le cuir en est moult maumîs. 
Pour ee le voua di, biax amis, 
Que pour moi tant voua traveilliez 
Qu'en bonne foi me coneeilliez.' 

149fi 'Bi ferai je' ce dit Renart, 
'Par le baron sunt Lienart. 
SCea orendroit n'en eat aeson, 
Mes alez en Yoatre meson, 
Et si leaaiez eater hoimes.' 

1000 Atant eat le conseil remea, 
Si Tot Renart a son repère, 
Et Ysengriu son obier compère 
S'en est tomez a son manoir. 
Ici fet Pierres remanoir 

1600 Le conte ou se voult traveillier, 
Et lesae Benart conseillier. 

1487 nu m. 1491 cuer 



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xvn 

(Héon 28666-28690) 

Ou mois da mai qu'este conmence, 
Que àï arbre cueillent semence, 
Que eler cbantent parmi le gaut 
L'oriol et le papegaut; 
3 Â iee temps que tous dison 
Estôit Renart en sa meson, 
Qui pour le biaa temps qui revint, 
Moult liez et moult joianz devint, 
Que moult ot l'iTer mal souffert 
10 De son cbsBtel vit l'uis oorert: 
Si s'en issi sanz demouree 
Et regarda aval la pree, 
Se nD8 vendroit de oale part. 
Atant de sa meson se part, 
15 Que nule ame a dieu ne oonmande: 
Poignant s'en vet parmi la lande 
Pour sa viande pourobacier. 
n ne fu ne clop n'eechacier, 
Âinz s'en vet poignant tons les saus. 
20 Parmi un plessets de sans 
S'en Tot Renart tout eslessie, 
Esperonnant, le col bessie. 
Dedenz oe) pleeseïz aroit 
Un parc qui noTiaus i estoit: 
Sft Dedenz aroit a granz foisons 
Cos et geliaes et obapons, 



S ohante 36 Ooqdîbi g- 

D,g,t7„lb,.GOOgIC 



XVII (MéoD 28691—28727) 

Qui aont d'une sbaTe blanche. 
ReDart monte par une branche 
8or les pieus et eor le paliz. 

30 Tantost est en la cort saîUiz 
Des pieus a terre qui sont haut, 
Aa chapons vient, si les assaut 
Conme desvez et enragie. 
Un chapon prent, si l'a mengio 

i& A. grant lieesae et a grant ose. 
Fuis s'en issi par une heee. 
ITes ainssi con il s'en isaoit, 
Une dea blana moines l'aparcoit: 
S'a pria un baaton en aa main. 

40 Apres Renart s'en vet au plain. 
Tout correoie et tout plain d'ire. 
Maintenant li a pria a dire 
'Renart, tous eatea atrape.' 
Lora l'a si du baaton frape 

4ô Que toute l'eschine li ploie. 
En Renart n'ot ne ria ne joie. 
Vers le randu a 'en eat alez. 
Entre ses jambes s'est coulez 
Conme cil qui fu d'ire eapria. 

60 Renart l'a par la coille pria 
As denz et si forment le sache 
Que uns dea peodenz lï arrache 
Li moines fu moult eeperdaz, 
A la terre chiet estanduz. 

65 Et Renart tome les talons, 
Del paliz ist a reculons: 
A la fiiie se met le trot. 
Le moine a bien tenu a sot. 
Qu'il li ot la coille tolue : 

6() Si en a moult grant joie e&e. 
Mea n'a mie granment aie 
Que il a Couart enoontre 
Qui TCDoit desor aoo destrier. 

■i I et 3â aeae 68 »] ot 09 Qui li SO KToil 



'c* 



iVn (Méon 28728-287M) 

Sor Bon col tînt un peletier 

Ui A qui il ot tolu a'espee. 
Par les jsrrez li a boutée 
Une verge d'un vert plancon. 
Yera Renart vhit eanz conteDOon. 
Sitoet con Renart l'aparcut, 

70 Merveîlla soi, si s'areetut 
Et le regarda une pièce. 
Coi que il desplese ne eiece, 
L'a salue et dit itant 
'Goart, bien aoiez vous Tenant! 

7Ci Dites moi, se youb conmandez, 
Qui cist hom est que vous portez? 
Savoir le veil sanz nule faille. 
Avez le vous pris en batailleP 
Et conmant et par quel raison 

80 Li faites vous tel mespriaonf* 
Savoir le veil, que il est droiz.' 
Coarz respont 'bien le sauroiz 
Moult Tolantiers, puisqu'il vous siet.' 
Atant le met jus, si s'asiet, 

85 Et Renart s'assist joste lut. 
'Sire' fet il, 'il m'aviat hui 
Matin que joer m'en aloie 
Par cel bois si con je souloie: 
Si enoontrai par aventure 

go Cost vilain qui me fist tedure 
Moult grant, que s'espee sor moi 
Sacha, par la foi que vous doi. 
Et sachiez que féru m'eûst 
Moult volantiers, se il peûet. 

99 Quant je le vi vers moi venir, 
Adonqnee ne me poi tenir, 
Ainz ving a lui touz ademis. 
9i li crachai enmi le vis 
Et escopi par grant vertu. 
100 li vilainz en fn eepwdn, 

66 la Urrei 97 hJ ver» 99 ospÏHai 



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200 XTII (Méon 2876&-38801) 

De paour a terre cfaaT: 
Et je mainteuatit li sailli 
3or le vantre sanz demorer. 
L'espee li alai oster 

105 Hors de la main moult vistement. 
Ore en voiz qaerre jugement, 
Pour savoir que de lui feron, 
A la court Noble le lion.' 
Renart qui la parole ol, 

110 T/tovdt durement s'en esjoT. 
3i li respoDt sanz demoree 
Coart, folie avez pensée, 
Ce seroît folie et outrage. 
N'afiert a homme de parage, 

115 Puis que il tient honneur et terre. 
Que ailleurs aut jugement querre. 
Ues s'il prent homme en son forfet, 
n meïsmes justiee en fet. 
9'îl m'eilst meffet, par ma foi, 

120 Venjance en preïsse par moi,' 
'Sire' dist Couarz, 'entendez! 
Or aai de voir que vous m'amez. 
Mes s'il vous eatoit a pleeir, 
A court iroie pour oïr 

1-25 Le jugement et pour savoir 
Quele amende j'en doi avoir. 
Se il vous plest, o moi vendrotz.' 
Par foi' dit Renart, 'ce est droiz 
Que g'i voise, puisqu'il vous siet.' 

130 Lors se lieve de la ou siet 
Renart et Goarz a grant joie. 
Atant se metent a la voie, 
Et Coarz son peletîer porte. 
Ne finerent jusqu'à la porte 

136 3Con seigneur Noble le Ijon, 
Ëndui i viennent li baron 
Sanz deffenz et sanz contredit. 

106 moult] et 116 Poar ...tiegne llti «nt manq 
Qnaillenri aille 



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XTU CHéon 2S802— 28SS7} 

Coaiz si a a Renart dit: 
'Renart' dit il, 'Inftx douz amia, 

140 Le vilaÏD que je port m'a mis 

En grant traTail, et en grant paine. 
Diex le mette en maie semaine 
Qui en avant le portera! 
Ore orrons que li rois dira 

145 Et li baron du jugement, 

A quel paine et a quel torment 
Kous ferons le vilain morir.' 
Et dit Renart 'moult le désir 
Que vous soiez de lui vengie.' 

130 Maintenant montent le planchie 
Li dui baron sanz nul délai. 
ËD la sale truevent le roî, 
Et ot entor lui tante beste. 
Le jour oelebroit une feste 

làa D'wie haute dame honorée, 
La suer Pinte, dame Coupée 
Qui fu ociee en traïaon. 
Le jour en fesoit meneion 
Li rois Nobles et son barne, 

160 Qui iluec erent assemble. 

Maint prince i ot et maint baron: 
Il n'i ot se bauz hommes non 
Qui eatoient (ce tous deris) 
Vestoz ou de vair on de gris. 

165 Li rois qui fesoit bêle chiere, 
Seoit joste ma dame Fiere 
Et ]i baron environ ealz. 
Es TOUS les conpaignons endeus, 
Renart et Coût qui aporte 

170 Le vilain ou il se déporte. 
Mesire Renart vint devant: 
Le roi salue tout avant 
Gon cil qui bien fa enseigniez 



paine] ahan 142 Et d. 1. m. hui en malau 114 
m. de leiir 172 a. hautement 



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XTII (Héon 28688-38874) 

S'est deTSDt lui agenoilliez. 

iT.'i Et li rois qui moult cbter l'aToît, 
Le redresce, oon il le Toit, 
Et dit 'bien sciez vous Tennz! 
Amis, bien voue estez tenoz 
De moi Teoir: ne vous vi mes 

im Puis que nous formâmes la pes 
Entre vous et rostre conpere. 
Foi que je doi l'ame mon père, 
Or sui je monlt hetie et liez, 
Quant a moi estes repériez. 

IP5 Sachiez que bon gre vous en sai.' 
Renart ne fu pas en eamai 
De reapondre, si dit briefmeot 
"Sire rois, cil diex qui ne meut 
Vous otroit de vostre vouloir 

IDO La moitié, que je sai de voir 

Que vous m'amez : et je vous -aim, 
Foi que je doi a saint Germain. 
MIee d'un afere vous requier 
Conseil, qar bien en ai meetier 

iga Moi et mon conpaignon Coart.' 
Diex aïde, sire Renart' 
Fflt li rois, qu'est ce que vous diteaF 
Ainsi m'uat saiiiz esperitee, 
Conseil voua donrai volantiers. 

200 Mais or me dites, amis chiers, 
De quoi vous demandez conseil.' 
'Sire' fet il, 'dire vous veil.' 

À cest mot appela Gouart 
Qui s'estoit trez a une part, 

-20 '< Qui oncore le vilain tint. 
Et maintenant au roi en vint 
Iriez et de oorrouz espris. 
Et Renart par la main l'a pris 
Et li fist geter erraument 

210 Le vUain sor le pavement 

^ ait 200 ne manqut d. bifti ». 



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XTU (H«on 28S75— 38910) 

Qui n'estoit mie granmeot mol. 
À poi ne li a roat le col, 
Si en fu le yilaio pl&in d'ire. 
Et Benart li a pris a dire 

■Jl.'i fiiau sire, cooBeil toub queron, 
Que nous de cel vilain feron 
Qui voBtre baron osBailli. 
Ferir le cuida, si failli.' 
'Sire' dit Coarz, 'entendez, 

'i-iO 8e je di mal, si m'amendez. 
J'ai œl vilain oi pris de guerre: 
3i en vieng ci jugement querre. 
Je le vous rent coame larron: 
Ësgardez que nous eu feron.' 

'22Ô Quant U vilainz et et entent 
Que l'en demande jugement 
De lui, si fu moult esbabiz. 
lUaintenant est em piez sailliz 
Et diat au roi 'Sire, merci! 

■230 A vous me rent jointes mùnz ci. 
Sachiez que je sui loiaus hom. 
S'il vous plest, bon renon avon 
De mee voisina des plus feans 
Qui diront que je sui loiaus, 

235 Des plus preudonunes de la terre. 
Si les fêtes envoie querre!' 
Li rois respoot 'moult volantiera, 
Que il vous en eat granz mestierB.' 
Mander les fist aanz plus atendre. 

340 Dis et huit furent mainz de trente. 
Douze vinrent pour tesmoignier: 
Tttit loial homme peletier 
Estoient, a court sont venuz. 
Quant li vilainz lee a veûz, 

245 Si ot grant joie et grant lieesce. 
Maintenant en estant se dreaoe 



313 poa 330 lameodei 321 ai 330 dit 23S De*, m. < 
kyM* 38B le 



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XTn (lUoB 2S811-SS947) 

Et dit au roi aeaa delaier 

'Ciat ci me Tiennent tesmoigner.' 

Birfl' font il, Vous dites Toir. 

250 Se vérité voulez eavoir, 

Par tens tous sera enaeigoie. 
Il avoit un œf gaaignie 
Ou il nous fist moîller ensemble 
Tous treize: ponr ce si noua semble 

205 Qu'il est loiauH homs et de foi.' 
Quant ce ot enten<lu le roi, 
Konlt durement s'en esjoïst 
Et maintenant an vilain dist 
Qu'il s'en alast, il n'avoit garde. 

2Wt Et li TÏlainz plua ne se tarde, 
Si s'en revêt o ses vilainz. 
Li rois remest de joie plaioz, 
Tnit firent joie par la sale. 
Renart n'ot pas la coulour pale. 

260 Dejoste le roi s'est assis, 
Ne fist pas chiere de pensîs. 
Li rois a dit ans oonnestables 
Que il facent mètre les tables, 
Et il si firent sanz targer. 

270 9i assistrent li chevalier, 

Delez le roi sistrent maint conte. 
Des mes qu'il orent ne ttûz conte: 
Kes qant mengie orent assez, 
Jeuent as tables et as dez. 

t!76 Au chief du pales d'une part 
S'aaist Ysengrins et Renart, 
Devant eulz deuB un eechequier. 
Lor gieu prennent a arengier, 
Et dist Renart a Tsengrin 

2S0 Que venir face un marc d'or fin 
À mètre au jeu: et il si fist, 
Tantost sor l'eschequier le mist. 
Un autre en i a mis Renart, 



i remet 370 «hir' 273 foii 376 g\»u] gtat 



„ogIc 



XTII (HéoD S8848— 38SS4) 20 

Si jouèrent par grant esgart. 
266 Ysengrin fu du jeu aprîs, 

Del psosnet a un roc pria; . 

Apres le roc a pris la fierce. 

Tant jouèrent, aioz qu'il fuat tierce, 

Qaaîgna Ysengrins cent lÎTres: N 55 

290 iJont Eenart se tint bien pour yvres, 
Que il n'ot mes que mètre au jeu. 

Il en a appelé le leu. 

Tsengrin' fet il, 'entent moil 

Par oele foi que je te doi, 
mu Je n'ai de quoi mon jeu envit, 

Se o'i met ma coille et mon vit. 

Encor jouerai volentiere, 

S'encontre veuz mètre deniers.' 

'Si ferai' fet il, 'par mon chief.' 
300 Lors reconmencent de rechief 

A jouer et toat erranment 

Perdi Benart son garnement. 

Yseogrins qui ot gaaignie 

En fu joiens et forment lie. 
!)06 Tantoat aanz plus de demourer 

A fait un grant clo aporter, 

Parmi la coille lî ficha 

Et a l'eachequier l'atacba. 

Puis s'en toma et ai le let. 
810 Renart remaint qui orie et bret 

Touz oorreoiez et tooz plainz d'ire, 

Qne il aouffroit si grant martire. 

Ma dame Fiere oï le cri, 

Maintenant oele part guenchî. 
315 Quant Tit Benart, si tu marrie: 

Celé part vient, si li aïe: 

A grant paine d'ilueo l'estort. 

Dedenz sa chambre le repost 

Et le coucha dedenz un lit. 
S20 Mes n'i ot point de délit, 



SMtMjon 2BT Bnoore 908 la tailU 



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206 XVII (M«on 28980- 29018) 

Que de doulor est ei destroit, 
A pou le cuer ne li partoit. 
Del courrouz qu'il ot eanmelU: 
Malades fu, si se pasma. 

Hii En pâmoisons jut longuement, 
Qu'flle cnidoît veraiement 
Que il fuat mort, si s'escria 
'Sire Renart, ce que sera, 
Me voulez tous ainsi guerpirf 

.ISO Adonques a fait un Bouspir. 
Renart qui le soupir oï, 
Un petitet les îex ouvri, 
Si parla et dist 'a quoi fere, 
Dame, tous voi je tel duel fere? 

SS6 Faites un baing appareillier 

Que je me veil un pou baignier.' 
'Sire' fet ele, 'TolantierB 
Vous ferai ce qui est mestiers.' 
Ataiit eonmande qu'en li face 

340 Un baing chaufer, et aanz espace 
Fet fu qant il l'ot eonmande. 
Mon seigneur Renart ont porte 
En la cuve et dedenz l'ont mis. 
Dame Fiere li dist 'amis, 

Mil Conme tous est? dit«8 le moi! 
Pour voue sui forment en esmiU.' 
Lors dist Renart n'en cuide avoir 
Respit: oe ai par non savoir 
Dont je orien morir a doulour. 

:{ao Si m'en poise pour vostre amor, 
Que je ouit de vous départir. 
Je ne verrai ja l'asserir.' 
Dame Fiere l'ot et entent, 
A pou que li cuers ne li font, 

355 Tant est dotante et correciee. 
'Lasse! james ne serai liée.' 

828 Mineaiia 320 vraiameiit 811 el 349.0 utanqiunl 841 
diit RsDftrt manque Ja nen quiert raanoon avoir 848 Reipii m 
CMt nitl ai ie p. n. *. 360 me p. 



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XVir (Méon 29019-29065) 

A icest mot sanz autre plet 
Ont Renart de la ouve tret, 
En un lit l'ont coucbie et mis. 

3t)0 Cornue cil qui monlt eet malmis 
Demande a oonfession, 
S'aura s'ame remisaton, 
'Sachiez' fet il, 'que moult m'est tart. 
Faîtes moi parler a Bernart 

mb L'arcepreatre, ai me ferai 
Confes et mes péchiez diru.' 
La dame respondi atant 
Que ete fera son talent. 

Maintenant a Bernart mande 

870 Et il n'i est pas demore, 

Ainz i Tint sanz plus atarger 
tout ce qui lî ot mestier. 
Desus un banc as piez Reuart 
Avoient assis dant Bernart, 

STj 8i a Benart mis a resoo. 
'Reuart, voulez confession? 
Se vous TOUS Toulez repentir, 
A bonne fin poez venir. 
Lessiez ester les mauTestiez 

auto Et tes Tices dont entechiez 
Avez este ai longuement: 
Que sages est, qui se repent.' 
'Sire' fet Renart, entendez! 
Se TOUS a droit m'amonneatez, 

aSâ Que preudon ferez et loiaus. 
Yona m'alegerez de touz maua, 
Que je n'ai pas meffet graament. 
Se je croisai dame Hersent 
Ma comere, ne meapria rien, 

390 Encoiz li fis lieeace et bien. 

Quant je croisai ma dame Fiere, 
Qui ai est orgueilleuse et fiere. 
Ne mespris pas envera ma dame 

) L'on t>Qm« q. 367 d. li r. Se» manptr 



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XTII (Héon 39066-2909S) 

Que je avoie priée a famé 
»95 Et eepousee par aoalaz. 

Li preetres fn Tibers li ohaz 

Qui Tolantîers la m'eapooea, 

Et a tieos i ot qui pesa. 

Que diroie? de voir sachiez: 
400 Je ne as onques nus péchiez 

Fors qant je donnai garison 

Mon seigaor Noble le lion. 

Mes bien sai que lores péchai, 

Quant je garison li donnai.' 
4(ig "Renart, Renart' ce dit Bemart, 

'Par mon seignor saint Lienart, 

Moult es ore de pute orine. 

Quant tu counois que la roîne 

Âe croissue, tu as mespris. 
410 S'a bonne fin veus estre pria, 

A forjurer la te convient.' 

'Conment' fet Renart, s'il avient , 

Que je aie respassement, 

Je fausserai le serement, 
4IS Et TOUS poez de fi savoir 

Que pour la repentance avoir 

Le serement otroi je bien. 

Mes pour ce n'en ferai je rien 

Se je del mal puis reepaaeer. 
420 Mes pour ce que ne veil passer N 5( 

Voz conmandemenz ne deffere, 

Yeil je bien le serement fere.' 

Tout maintenant sanz plus d'espasce 

Firent aporter en la place 
43& Les sains, si a jure Renart 

Devant l'arceprestre Bemart 

Tout ce qu'il li ot devise. 

Quant le serement ot jure, 

Renart rem^ qui moult se plaint, 
430 Que l'angoisse moult le destraint. 



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• SVII (Méon 290B3-29I«') 

Ud plaint a gete, si ae paema. 
Dame Fiere d'un pon de basme 
Li frote le poux et le tïb. 
3i conme je pens et devis, 

■]85 Del fréter durement s'eaforoe. 
Mes Benart avoit bÎ ea force 
Perdue, c'onques ne se mut. 
Hea ainssi en pâmoisons jut 
Si que tuit cnident qu'il soit morB. 

440 Loree fu granz li desoonforB. 
Ua dame Fiere la roïne 
Pour Renart fet obiere lorine, 
Dolante et mal aventurée. 
Li roÎB a la noiae eBCOutee, 

445 Si eBt tout maintenant venu 
En la chambre, si a vefl 
Renart qui fu eu pâmoisons. 
MonU se merveilla li lions: 
Qui li donoast trestout l'avoir 

490 Que rois ne quenz peSat avoir, 
Ne ae peûat sor piez eeter: 
Eincoiz le convint adenter. 
Et dist 'Renart, perdu toub ai: 
James ai boo baron n'aurai.' 

lU AdoDO Boax plus de delâier 
A fait toute la gent huicher, 
Qui le confortent durement, 
Et dient que n'est mie gent 
A homme de ai grant renon 

■MO Que tel duel face d'un baron. 
'Mes qant mora est, aans détenir 
Faites ea mesniee venir.' 

Tout maintenant et sanz tarder 
A fait venir nn messager, 

4ta Si a Hermeline mandée 
A Malpertnis bbuz demoree, 
Et sea troiz fîlz qui grant duel ont. 



4fiO queini 4ft8 dft 



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XTII (Hion S9180-20t74) . 

Qoant le inesage entesdu ont, 
Tant ont aie qu'il sont Tenu 

470 Âa chaatel on li lions fu. 

Quant Hermeline en la chambre entre, 
Tout li fremist 11 cuers el ventre 
Et conmenoa un duel si grant 
' Que l'en n'i oM dieu tonnant. 

47& £t disoient a haute alaine 
'Sire, n'a pas encor quinsune 
Que de Malpertaîe tous partistes 
Liez et joianz, puis n'i Tenistes. 
Or a ci ^ant duel et aperi. 

4S0 Encore nel soet pas Grinbert, 
À fere li convient savoir 
Voetre mort, si sera savoir.' 
Fet 11 rois 'si soit dont mande. 
Un mesager a appela, 

486 Et cil est venuz maintenant. 
Ta' fet il, 'n'i va demourant. 
Droit a Malbuiason, si me di 
Oriubert que il viengne a moi d, 
Et ei li conte l'aventure.' 

400 Cil s'en torse grant aleflre. 
Dedenz la court de Halboisson 
Se seoit 0^inbert le tesson. 

Quant le message entre en la court, 
Qrinbert a l'encontre li court 

496 Et dit 'que alez vous querantf* 
Amis, bien soiez vous venant! 
 qui estas? dites le moi.' 
"Sire' fet il, 'je eui au roi, 
Qai de par moi salus voua mande 

CiOO Et encor vous prie et oosmaode 
Que a lui vegniez sans délaie.' 
Orinbers l'oï, moult s'en eamaie. 
Si a dit 'g'irai volontiers. 
Or me dites, biaus amis obiers. 



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XTII (HÉon 29m— Sfrill) 

Û06 Pourquoi me mande l'emperere.' 
'Sire' fet li mes, 'par saint Père, 
More est Kenart voetre coubiq. 
Tos n'aviez meilleur voiain.' 
Quant Qrinbert entent la nouvele, 

610 Sachiez ne li fu mie bêle, 

Àinz en ot a son cner graot ire. 
An mesager a pris a dire 
'Amis, par cel dieu qui ne ment, 
Ici a mauToa mandement, 

&10 Quant moTz est mes couains gemuùnz. 

Du plus estoie, or sui du mainz: 

Que par lui, ce sachiez de voir, 

Estoie montez en avoir.' 

A icest mot s'en sont tome 

620 Endui et sont achemine: 

Tant ont aie qu'a la court vindrent. 
De lor venue lie devindrent 
De tJeuB ot a la court assez. 
Grinbers qui si estoit lassez, 

025 Si s'est delez la bière assis, 
Hoult estoit dolanz st pensis. 
Son visage enbrunche tenoit, 
Lez le cors moult li avenoit 
La cbiere qu'il fet et la lipe. 

ASO D'eures en autres se defripe, 
U crie et pleure durement, 
'Si le regrete doucement 
Que DUS ne le pot conforter. 
Et li rois fist le corps porter 

036 En la sale par grant déduit: 
Ilueo furent jusqu'à la nuit. 
Dame Fiere par grant afere 
Fist oierges aporter et fere, 
A grant plente et a foisoD 

&40 Les alument par ia meson. 
Tant en i ot, n'en sai le conte, 

6 Si matique wRloit 026 H. par eat 



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XVn iMion 29212-29248) 

Onqaes mes pour roi ne pour conte 
Ne fu tel luminere fet. 
Grinberz qui avoit son duel fet, 

&4Ô 9'eatoit delez la bière aasts, 
Et dit au roi 'par saint Denis 
Ne foi que vous devez saint Gîle, 
Quar faites chanter la Tegile 
Orendroites et sanz delaL' 

500 Li rois respont par saint Ëloî, 
Qrinbert, tous avez bien parle.' 
Lors en a Bemart apele: 
'Bemart' fet il, 'avant venez 
Et Toz GODpaignonB amenez! 

555 Si oliantes vegiles des more 
For Renart qui ici est mors, 
Dont je eui iriez durement.' 
'Sire, a vostre conmandement' 
Ce li a respondu Bemart. 

5(10 Tout maintenant du roi m part 
S'en a o lui mené Tibert 
Le chat et mon seigneur Hubert 
L'escoufle et mon seigneur Tardis 
Qui moult fil pour Renart pensis. 

565 Ceulz amena o lui Bemart. 
Et li bericons d'autre part 
Qui moult est cointea et apers, 
£t li grésillons dans Frobers 
Si en â mené Ghantecler 

5T0 Tout pour les vegiles chanter. 
Et dant Roonet le mastin, 
Et sire Ferrant le roncin, 
Et Brun l'ours et Bruiant le tor. 
Et si fu avec enlz eneor 

675 Tseogrins et dant Briobemer 
Et sire Baucent le aenglier. 
Revestu sont et atourae, 
Fuis sont arrière retourne 



546 pour 546 Inuang^ile 



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XVtl (Méon 39219-39386) 

Devant le core enmi la sale. 

KM) Qrinbers ot le vis taint et pale 
Pour Kenart que forment amoit. 
Lui et œulz que il amenoit 
Ont lea vegilea conmenciees. 
Maintes templea i ot sachiees 

bSô Et maint poing ensemble féru. 
Roonel qni aages boue fu, 
A ieû la leçon première, ' 
Uea pour Renart fiât laide cbiere. 
Le respona dit le limaçon 

ù\H) Treetout sanz noiae et aanz tencon. 
Pub distrent eulz deuB le veraet, 
Li une en groa, l'autre en fauxet. 
La seconde leçon apree 
À Ieû Brichemer li cers, 

506 Le reapons a chante 'Kebert 
Entre lui et sire Frobert. 
Et puis ont le verset chante 
Doucement, ne aont pas haste. 
Et puis lut la tierce leçon 

600 Sire Espinart le herioon 
Bêlement et eanz eontenoons. 
Et Grinbera chanta le reapons, 
Et après le verset andeas: 
Tsengrina lor aida li leus. 

etfô Pois a la quarte leçon dite 
Tsengriiu qui bien s'en aqnite, 
Et Banoenz le reapona chanta 
Tout aouef, pas ne se basta. 
Et Brun Tours chanta le verset. 

610 Quant il l'ot dit, si fist un pet. 
Et après lut la leçon quinte 
Dant Ghanteoler le mari Pinte, 
Et le respona, cou nons lisons, 
Chanta Frobert li grésillons. 

6Lft Le vers chanta Pelez li raz, 

994 sen 603 emprea an deiili 613 li 615 Li 



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XTII (H«on 29386— 29814) 

Et meBÏre Tibert li chaz. 
Brun li oun qui s'en efforça, 
La siste leooa conmenca; 
Bien la conmeaca et Fe&i. 

630 Et maiotenant avant sailli 
Roueel l'esouirel qui chanta 
Le respona, biau se déporta. 
Le Tereet chanta simplement 
PetitpourchaE et doucement. 

«26 La septiame leçon coomenoe 
Doucement par grant sapienoe 
Le paon sire Petitpas. 
Et sachiez qu'il ne failli pas, 
Ancoiz la Int et bien et bel. 

690 Le respons chanta Roonel, 
Et le verset par grant déport 
Chanta pour celui qoi est mort 
Drotn le moisnel a grant joie 
Si haut que il veult que l'en l'oie. 

«Bb L'uitieeme leçon sanz desroi 
Lut dant Ferrant le palefroi, 
Et Goarz chanta le reepons 
Qui les autres fu espons. 
Li connins sire Sauteret 

640 Conmenoa l'ultiesme verset. 
La nnesme leoon lut Bemart 
Qui eatoit dolanz pour Renart; 
Le respons chanta Brichemer 
Et le vers Bancent le sanglier. 

646 Quant les leçons furent chantées 
Et Tegiles furent finees, 
Desvestir se vont maintenant 
Tuit arengie en un tenant. 
Quant il forent deevestn toit, 

œo En la sale, qui qu'il annit, 

S'en sont venu treatuit ensemble. 
Devant le corps si con moi semble 



i qna na 641 ouerieime 



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Xvn (Hioii 2ffiSlt-398tll) 

Forent oBsis conmuneineiit 
Luminere et bel et gent 

eu Aroit Iftiena a tel foUson 

Que tonte en reluist la mesDii. 
toele nuit firent il joie 
Ge ne cuit que james tele oie: 
NoD feront il, si oon je onii 

eoo As plantées jeueut la nuit. 
Le pie leva premièrement 
TaengrinB moult joieusemeot, 
Et Tieberz li cliaz i feri 
Si doucement et si seri, 

600 Qne d'autre part le fiât chaoir. 
Lors s'est Tiebers alez seoir, 
Dont retend! Primant le pie. 
Mes on<}ueB n'ot de lui pitié 
Briohemer qui tel li asaist 

670 Qne trestont li piez li fremist: 

Yonsist on non, d'autre part ohiet. 
Et Brichemers tautost s'assiet, 
Si a le pie en haut tendu. 
Adono a son cop e«tanâu 

fn& Bmiant li tors et si s'efforce 

De ferir, que tonte sa force ] 

I mist, mes pour ce ne ae mut: 
Quant ce vit, la color li mut, 
Brichemer, et fn si destroiz: 

68a Mes il se tint a celé fois 

Qu'il ne se mut pour cop qu'il doinst: 
Ne quit mie qu'il li pardoinst. 
Mssire Frobers qui se test 
A Tflû le cop qu'il a fet: 

686 Eavers Bmiant vint aâe. 
Et cil li a le pie haucie 
Tout ainssi oonme a Ini affiert, 
Et Froberz un grant cop i fiert: 
A pou le cuir ne l'en a tr«t. 

607 primit 669 que 68B frst 



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XTII (Héon 29362~393»l} 

690 De maintenaat arriéra se tret 
Bniiant le tor tout eBbahi, 
Et dftnz Frobers le pie tendL 
A grant joie et a grant leeace 
De maintenant a loi s'adresoe, 

695 Qnanqa'il onqaea paet i a point 
Baucena 1i sangliers a cet point, 
Et fiert Frobert le gresillon 
Que il l'abat a genoillon. 
Ues toat en estant resailli 

7O0 Et dit 'tob n'avez pas failli, 
Sire Bauceat' ce dit Frobert, 
'Foi que je doi frère Hubert: 
Uotilt durement tous lo et pria, 
Quant TOUS tel cbeTalier de pris 

TOCi Avez devant moi abatu, 
Moult en ani de joie esbatu.' 
'Sire Frobert' ce dit Bauoena, 
'Par la foi que doi saint Laurena, 
Riens se jeu non u'i enteodL' 

710 Lora s'assist et le pie tendL 
3i a féru sanz demouree 
Tardiz qui a sa chape ostae. 
A ferir mîat tout son pooir: 
Et a bien son cop aseoir 

îlft L'a féru ai très durement 
Qu'il l'abat sua le pavement. 
Le vis et la couleur mua. 
Plua toet qu'il pot se remoa, 
Qu'il estoit dolanz et plains d'ire. 

720 Et Tardis li a pria a dire 

'Bauceat, ne vous oourroaciez pas.' 
Ataot vint avant Pedtpafi 
Li paons a qui il deesiet. 
Et Tardiz maintenant s'assiet 

720 Qui lor courronz petit redoute. 
Li paons mist sa force toute 
A ferir, et si a'esvertue. 
) »awi«t 7U (^ empleoir 73& le a. 



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XVU (Miou 29398— 2W31) 

Hes pour le oop oe se remae 
Ifesire Tardiz de la place. 

730 Toute li vermeillist la faoe 
Pour le cop qu'il ot receû. 
Li paons s'est aparoeû 
Qu'il Tôt blecie, si li esorie 
'Tardif, oe vous correcîez miel 

735 Mes bevez, si ne vous anuit. 
Encore est moult longue ta nuit, 
Si joueron plus liement.' 
'Sire, vostre conmandemeot' 
Fait Petitpas. Lore Sst venir 

740 Du vin, si burent a loisir, 
Et autresi i ot cervoise: 
Tant ot beû que il s'envoise. 

Quant beû ont a lor vouloir, 
Si ala Petitpas seoir. 

745 Pelez li raz s'est avant tret 
Tout bêlement et tout a tret, 
Et fiert Petitpas saoz attendre 
Tout bêlement sanz pie estandre. 
Sa force i a trestoute mise. 

700 Li bastons en deus tronçons brise 
En deus moitiez par le milieu. 
Cel oop vit Taei^in le leu: 
Si li annie, ce sachiez. 
Envers le rat s'est avaDciez 

756 Et li a dit par grant deeroi 
Si que bien l'entendi le roi: 
"Sire Pelez, grant tort avez 
Que vous si durement ferez: 
Qrsnt ire en ai eue au cuer. 

760 Je ne lesseroie a nul fuer 
Que n'i fiere, se dies m'ait.' 
Et mesire Pelez li dist 
'Sire Ysangrin, sachiez de voir 
Que blecie nel vorroie avoir 

m Pour la police de mon dos. 
783 owt 7^ moBit ] bi«n 



.MiNAn LIQUARY. 
INSTITUTION. 



XTH (Méon 29*40-2947fi) 

Uielz Torroîe que tnuqu'a l'os 
Ue fusse tranchiez en nn doit. 
Dist Yflengrin 'voua avez droit. 
Or lessiez le jeo a itanti' 

770 Maintenant est sailUz avant 
Petitpourchaz, si li escrie 
Tsengrin, si n'ira il mie: 
Ainz jouerons jusques au jour 
Tout souavet et par amour.' 

77a 'Pelez' fet il, 'avant venez: 
Asseez voua et si Jouez!' 
Il tent le pio sanz demonree. 
Âtant es toob de randonnée 
Mon seignor Pourchaz sanz atendre, 

780 Et vit Pelez le pie estandre 
Et 11 a d gtant oop donne 
Que il ]'a trestoat estonne. 
Que vous iroie je contant P 
Tant vont lor euvre démenant 

785 Que le jour vint: adono finerent 
Lor jeu et le ferir leesierent. 

BitoBt conme il lor adjourna, 
Li jooers maintenant fina: 
Et l'arceprestre dant Bernart 
' 790 Fist les sainz sonner pour Benart 
Au sonner sont moult déporte. 
Le oors ont au mooater porte: 
Asis l'orent devuit l'autel, 
Ne cuit qu'el siècle eûet autel. 

79ft L'autel ma dame Pinte estoit 
Qui en fiertre illnec gisoît, 
Qui a grant dolor fa ocise. 
Ituecques fu soz l'autel mise 
Le jour que ele dévia, 

800 Dont tel i ot grant anui a 

Qu'el fu miae si richement. 

Chanteclers ovra sagement. 



773 jiuqnei ] de ri 780 uint 787 lor «utMStMt 794 qn* t. T» 



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XVn CH«on 39477 S96I3| 

Quant en itel lea fiât poser 
Le cors et mètre et reposer: 

800 Ce fu par le congie le roi' 
Qu'ele i fii mise sanz desroï. 
Miracles apertement fet 
Pour li, si que tuït li oontret 
Qarissent qui entrent laiens, 

810 Et antrez de goate et de denz: 
Maint très bel miracle i arint. 
Quant lean» Renart adonc vint, 
Devant l'autel fu mis a terre, 
Et li rois a envoie qnerre 

811) Tooz les barons de son empire. 
Tuit i vindrent meiUor et pire, 
Qae ne l'osèrent refiuer. 
Uaintez toin les ot fet muser 
Celui pour qui il sont venu. 

830 Devant l'autel paisible et mu 
Se sont entor le roi assis. 
Reveetir s'en alerent sia 
Qui estoient riohe et greigneur 
Pour faire au corps Renart honneur. 

S36 Li un fil Bemart l'arcepratre 
Qui de ta court fu sire et meetre, 
Bruiant le tor et le roncin ; 
Li quarz Roenel le mastin, 
Brun l'ours et le cerf Brichemer 

8B0 Qui moult souloît Renart amer. 
Revestn furent a devise 
Cil sis por faire le servise 
De B«nart qui gist en la bière. 
Hermeline et ma dame Fiere 

836 Meinent grant cri et grant donlour. 
Bemart qui pale ot la coulour 
De jeOner et de mal trere, 
Lors prist un sarmon a retrere 
T7n petit devant l'évangile. 

817 1« Mraiit 836 Qae 



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XTII (tSéoa 39614 '206&O) 

840 'Biaus seigneurs' fet il, 'par saiot Gile, 

Forment me puis esmerveitlîer: 

Renart eatoit touz betiez hiw, 

Et or est alez a sa fin. 

Bien âevroit eetre net et fin 
845 Qui Toudroit estre en oeste vie 

Ou chaacun se muert et derie. 

Cist example devroient prandre 

Cil qui ades veulent emprandre 

Lee mauvesties et les malices, 
ssa Ja ne les garra tour ne lices, 

Ne forteresces ne mesons. 

Chaacun morra, c'est l'achoisona 

Por quoi cbasoDD se doit pener 

De bonne vie démener. 
fHb Renart qui la vie a finee, 

Si a en son temps démenée 

Vie de martyr et d'apostre: 

Autel fin aient tult li nostre 

Et aussi bonne repentanœ, 
8S0 Que de lui ne eui en dotance 

Qu'il ne soit eo bonne fin pris. 

Onques ne fu Renart repris 

Nul jour a nuls vilanie. 

Il a este sanz felonnie 
665 Et sanz malice et sanz orgueil. 

Onques jour ne virent mi œil 

Prince qui fust de sa vertu. 

Se il a volantiers foutu, 

L'en n'en doit tenir plet ne conte. 
870 B n'a ou monde roi ne conte 

(De oe ne suî je pas en doute) 

Qui n'ait foutu ou qui ne foute. 

Foutre convient, si oon moi semble. 

Pour oe vous di a touz ensemble 
87n Que foutre n'iert ja deffendu. 

Pour foutre fu le con fendu. 



milles 850 toui 868 oh. dearoit 



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XVII (Méon 29651-29687) 

3i coumant a touz orandroît 
Que qui a le vit dur et roit, 
S'i] a le con abandonnd, 

8dO Le foutre li est pardonne, 
Que ja ne lî ert reprochie. 
Ne il n'est de foutre pechie 
Pour que vît soit parti de coiUes, 
Ne que it fait de faire endoilles 

88a Qu'en met de bouel eu bouel. 
Tuit se jeuent de ce jouel. 
Renart a foutu volantiers. 
A Hersent a este entiers 
Ses cuers et a nia dame Fiere. 

Sini Mors est, n'ai paour qu'il me fiere 
Pour chose que je- racont ci. 
Biau sire roi. pour dieu merci! 
Fetea crier par rostre empire, 
Que qui foutra ja n'en iert pire. 

695 Le pechie en veil pardonner, 
Et se lor pooie donner 
Rantes, volantiers lor donrbie. 
Et lur péchiez lor pardonroie. 
Ne lor pramet pas en pardon 

flon Ci et devant dieu lor pardon 

Qneoque pour foatre mesprandrout. 
Tele penitance emprandront 
Qu'il en mengeront a estraîne 
Char touz les jors de la semaine. 

m> Et qui de mon conmant istroit 
Et qui volantiers ne fontroit, 
Soit homme, soit femme ou soït béate, 
Et piez et mainz et corps et teste 
Li soit de chaennez de fer 

910 Lie es granz tonrmenz d'enfer. 
Et cil qui mon conmant feront, 
A joie en psradiz seront.' 
Quant l'arceprestre ot afine 



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XVII (Méon 30688-29034) 

Tout^ son sarmon et tennine, 

ei6 De son serviBe e'avanca. 
Son ooafiteor coamenca 
Le bon arceprestre Bernart, 
FuU dîat i'oroison pour Reoart. 
'A.hi Renart' fist il, 'amis! 

<t20 Es maint péril vous estes mis 
En boÏB, en forest et en plaiu 
Pour avoir vostre vautre plain, 
Et pour porter a Hermelîne 
Vostre famé ooo ou geline, 

935 Chapon ou oe ou cras oison. 
Touz jorz estoient en seson, 
Quant les poîez or tenir. 
Or estuet a néant venir 
Les granz bardemenz qu'avez fez 

gao Et les bienz dont estes refez. 
James tel baron ne morra. 
Sire Benart, or demorra 
Hermeline povre esgaree. 
James n'aura de bien denrée. 

fl86 Bien le saviez procurer. 
Or li convient mètre curer 
Et tremper son ventre et ses mainz. 
Du plus estoit: or est du mainz. 
N'ara mes vaillant une alie, 

940 Quant vostre amour li est faillie.' 
Quant Bernarz ot en sa reson 
Bien defînee s'oroison 
Et aproprie son cliapistre, 
Biiohemer conmenca l'epistre 

946 Que bien l'oTrent touz et toutes. 
'Renart' fet il, 'sanz nules doutes 
Pouf tous ont este esbaîes 
En granches et en abates 
Mainte gelino et mainte oe. 

flâO Maintez foiz voua en est la joe 

S ore 043 944 mang^rnl 



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XVII (Hion 29685-29661) 

Remuée et le grenon tors. 
Maint cop en avez soi- le àoa 
Et sus le crepoQ recefl. 
MeÎQt blanc moine avez decefl 

96& Et fet (dont monlt lor doit grever) 
Tart concher et umtin lever 
Pour agaitier ton larreoin. 
Meinte geline, maint poucin 
Lor ae emble conme félon. 

960 Mes de tout ice t'asolon. 
De tout quanque tu as tolu, 
Renart, sciez tu absolu. 
Li péchiez en soit seur moi mis, 
Ainasi abaoil je mes amis,' 

960 Brichemer l'espitre fina 
Et Ferrant le roncina qui n'a 
Conpaio qui tant sache de guille, 
Conmenca en haut l'évangile, 
Et a dit veacoi grascia 

970 EuvaDgile sequencia 

Secoodam le gorpil Renart! 
Entendez i, sire Bemart, 
Aroeprestte estez et seignor, 
Et voas après, grant et menor, 

97a Le roi et trestous les barons. 
Renart, que de voir le savons, 
Est morz, vez le ci en présent, 
Dolante en est dame Hersent, 
L'eepousee Ysengrin le leu, 

980 Que maintez foiz en prive leu 
L'a Renart tenue adossée. 
Meînt grant cop et mainte dossee 
Li a donne sor sa crevaoe. 
Maudite soit cele^endaoe 

96ft Ou cop ne part que Ten î fiere. 
Se il a a ma dame Fiere 
Aussi souvent bstu son tro, 
907 C«npaini 977 la ci] ici 983 granr manque eo* 
987 A il •. 



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XVII (Héon 39663-23698) 

n ne H poise fora du po. 
Onquee son con, s'enteodu l'as, 
91K) Pour cop de coille ne fa las. 
Le cul deûat avoir coupe, 
Quant ele a le roi acoupel 
Et Herseat a la croupe lee 
Deiist la kéne avoir ullee. 
99Ô Renart, n'en soît nus en doutance. 
En a fête sa penitance. 
L'ame en ira a reculons 
En paradis o les muions 
Iluec ou les asnes iront, 

lOon Quant de ceat siècle partiront. 

Renart, je l'en faz bien promease, 
Sera assis deluz l'amesse 
A grant joie et a grant délit. 
Les gelines feront le lit 

lOnâ En coi il devra reposer. 

Mes itant tous veil je gloser, 
Ja n'i osera le doit tendre 
A oison n'a geline prandru. 
Autre penitance n'aura, 

]iilD Pour ce qu'en sa vie en ara 
Meinte occise par son pechie. 
Pour o'iert en paradiz triobie.' 

L'arceprestre sire Bemart 
Chanta la messe pour Renart. 

lOIFi Quant «le fu toute finee, 
Li rois par bonne destinée 
En haut devant trestouz parla, 
Et Bruns l'oors a soi apela 
Et It dist 'amis, tous iroiz 

1030 Desouz ce pin et me feroiz 

La fosse, biaus très donz amis, 
Ou le. cors Renart sera mis: 
A grant bonor iert mis en terre. 
Si vous weil prier et requerre 



989 cul 991 ooipe 999 o 1013 c 



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XVn (Méon 29699- 29786) 

1025 Que voue facîez isoelement 

Uon boD et mon conmaDdement.' 
Et cil respont Vostre rouloir, 
Quîoonques s'en dote doloir, 
Ferai, que ne le Toeîl lesaier.' 

1060 ■Chanteclers, prenez l'encensier 
Dont TOUS le cors encenseroizl 
Brichemer et voua porteroiz 
La bière au baron de franc lin, 
Et vous, le mouton dant Belin. 

1035 Ysengrin se déportera 

En la croiz que il portera. 
Chascun fera de son labour. 
La chievre prandra uu tabour. 
De quoi ele ira tabourant. 

1040 Et le roDcin sire Ferrant 

Harpet-a, tiex est mon plesir. 
Vu son galois tout a loisir: 
Ne veil pas que se voist tardant. 
Les cierges porteront ardant 

1045 Couart li lièvres et Tibert 
Li cfaaz et Veacoufle Hubert. 
Quant le cors enterrer iront, 
Les souriz les sains sonneront 
Âinsai con mon conseil le loe, 

1030 Et U singes fera la moe. 

Bemart metra le cors en terre. 
Meilleur de li n'i convient querre.' 

Ainssi con lî rois le conmande 
Le font, nus respit n'i demande: 

1065 Le cors aportent a grant feste 
Qui descouverte avoit la teste. 
BruD Tours qui la poe avoit grosse, 
Ot Bpareilliee la fosse. 
Qui moult bien i ot entendu. 

1060 Le cors ont iluec descendu 

Qui couvert iert d'un païle vert. 

Ui lien 1048 .ii. 1055 iiportereni 



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XTII (Mâon 29738-29774) 

Et quant il Torect descouvert, I 

Biïoheiner par le cbief le pmt, 
Ainai oon Beroarz li apiist, 

10U6 Que maint mia en terre en avoit. 
A Belîn qne devant loi voit, 
A fet Reoort par les piez prendre. 
En la fosse sanz plus atendre 
L'ont mis et uoucfaie doucement, 

1070 Et l'arceprestre îsnelement 
Geta sus l'eve beneoite 
Pour ce qne chose maleoite 
Ne se peOst au cors bouter. 
Quant vint a la terre gîter 

1075 De coi Brun l'ours le rouit couTrir, 
Rensrt prist les ies a ouvrir. 
Mei-veilla soi que ce estoit, 
Paour ot et si se doutoit 
Qu'en la terre ne fust endos. 

1060 II ne tint mie les iex clos, 
Que tens n'en eatoit ne seson. 
Moult ot jeQ en pâmoison. 
Ne sot ou il avoit este, 
Moult cuida bien eatre enchante. 

108& Quant vit le roi et le barnage, 
Cuer prist en soi et vasselage, 
A li gsrir mist cuer et cors : 
Joinz piez saut de la fosse hors. 
Chantée 1er qui tint l'encensier, 

1090 Prist as dens, ne le volt lessier. 
A tout s'en va tout eelessie 
Et se feri en un pleasie. 

Quant li rois a aparceû 
Que Renart l'avoit deced, 

1095 Corroucie en fu et plaio d'ire. 
Tout maintenant a pris a dire 
'Ore après, franche gent loee! 
S'il estoit loins une loee, 
J'aroie perdu mon baron. 

1100 Qui porra prendre le larron, 



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XVII (MéoD 29776—26811) 

A touz jouiz mes aura m'amonr.' 
Âdont s'esleBoent sanz demour 
Tretuit a grant esperoimee 
Apres Renart de randoQDee 

1106 Qui Chanteuler en va portant, 
Ja ot erre et fouï tant 
Qu'el pleBBJe se fu embatu. 
'Yi ohetù, lazl pour ooi fuis tu?' 
Fet Chanteclar c'est grant outrage. 

1110 Di leur que tu emportes gage 
Du tort que l'en t'a fet a court. 
Il ne te tiennent pas si court 
Que tu ne lor puisses moustrer 
Et tout apertemant conter 

1116 Que maugre eulz m'eaporteras 
Et de moi ton vouloir feras 
Maugre toute la coopaignie. 
Te font ore' grant vilanïe, 
Quant ainssi me veuUent resoorre. 

1120 Nus d'eulz ne t'aprendroit a oorre, 
Tant seust bien du pie aler. 
Di lor, ne lor dois pas celer, 
Que pour néant te vont aivant.' 
Renart qui fu aparoevant 

tl26 De Chanteoler qui l'aparole, 
Que par engin et par parole 
L'aToit autre foiz engingnîe, 
Si a a parler resoingaie. 
Ne voult mot dire, et eil s'escrient 

liao Que tuit de la court le deffient, 
Se il ne lor rant Chantecler. 
'Certes moult te deûst grever' 
Fet Chanteoler 'ceate hnee. 
Di leur sanz nule demouree 

1135 Qu'il s'en retournent orandroit: 
Tu iraa a oort faire droit 
De ce qu'ffli te demandera. 



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XVII (Héon 39dl3--2&8U) 

Qae que li roie conmandera 
Feras de gre et Tolaatiera 

1140 CoDme cil qui est siens entiers. 
Ainssi les feraa remanoîr, 
Puis t'en iras a ton manoir 
Ou tu te porras déporter, 
Et moi RTecques toi porter 

1140 A anuit a bonne cuisine. 
Se ta famé fuet en gesine, 
Si eâsses tu pour ritaiUe.' 
Lors choissi un TÎlain qui taille 
Ramille pour aon four chaufer: 

llAO A une chaaine de fer 
Ot a sa coroie lie, 
Dont li doet sont délie, 
Un gaîgnon grant et merveilleus. 
Meigres estoit et fameilleus. 

1156 Le vilein qui le chien tenoit, 
Choissi le gorpil qui venoit: 
Le chien de6lace,'si li hnie. 
Kenart le voit, moult li anuie; 
Tant fu courouoiez et plain d'ire, 

1160 Ne sot que faire ne que dire. 
Il n'osG vers le chien tourner 
Ne vers les reaus retourner, 
Que grant pas le vinnent sivant, 
Tardiz u premier cfaief devant, 

1166 Qui tint la baniere levée. 
Adono a sa règne tournée 
Reoart au travers d'un plessJe, 
Ne n'a pas Chantecler lessie, 
Ainz l'emporte moult eamaiesi 

1170 Li mastins ne s'est délaies, 
AÏDCoiz le suit de grant esles. 
Lors pense Renart se je les 
Chantecler aler, que ferai? 
Car anuit mes ne trouverai 

1175 Chose doDt me puisse souper. 
Et se cil me pu et acouper 



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ÏVII (Méon 29851-29887) 

Qui 81 me ohace pour moi prendre, 
Il me fera encai aprendre 
Conme ses denz sevent trancher. 

IISO Je ne doi pas avoir tant chier 
Ce coc conme mon cors demeine. 
D'autre part vient Tardis qui meîne 
Un moult grant peuple a sa baniere. 
Et se il me meinent arrière, 

1186 Je serai moult mal atirie, 
Que H rois iert vers moi irie 
Pour Chantecler qu'il aime et prise. 
Moult me poïse de ceste prise: 
Seur moi en venra le mescbief.' 

1190 Lors dit 'Chantecler, par mon chief, 
A force convient que vous lesse. 
Cist mastiu a este en lesse. 
Que trop me suit delivrement. 
Ta t'en tost'et isnelement. 

1190 Je ne t'ai blecie ne malmis, 
Et se tu viens a cort, amis, 
Ne me soies par ton desroi 
En nuisance devers le roi.' 
'Non ferai je' fet il, 'bian mestre.' 

1300 Lors saut desus un arbre a destre, 
Si a grant jo^e démenée, 
Et Renart de grant randonnée 
S'en va fniant et a grant corse. 
Mes li chiens saut qui li rebourse 

1306 La pel da dos jusqu'au crépon. 
Ja fust en maie souspecon 
Li gorpîls de perdre la vie. 
Quant Tardiz, qui a grant envie 
De lui prandre, i est seurvenu. 

1310 De ce li est bien avenu 

Que il l'a au mastin reeoons. 
Hea ainz j ot féru mainz cona 
Que il en efist la baOtie. 

1S3 Tint nos malin 1197 ioim\ asge 



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XTII (Uéon 29SS8 -29924) 

Tantost est entor lui Biùllie 
1215 La conpaignie bêle et noble 

Que li riche empereres Noble 

I eDvoia pour Renart prandre. 

Pris et lie l'ont saoz ataadre. 

3i Tont deraDt le roi mené, 
1220 Qai aisBi conme forsene 

Jure qu'il le fera deffùre, 

Atdoir, eflcotchier ou detraire. 

Ou livrer a cruel tormant. 

Et Chanteoler isnelement 
1226 9e plaint de la desconvenue 

Qui li est par li avenue. 

Li rois dit que droit en aura 

Tel con il demander Baara, 

Que trop li fist grant mesprison. 
1330 'Jft no Bora mis en prison, 

Aincoiz le ferai e8c6roher. 

Ne m'en porrai plue bel venger.' 

'Sire fet Benart, entendez! 

Jugement de moi entendez : 
13S5 Au jugement me contendrai 

Et vostre merci atandraî. 

Onques ne fa nul bomme ne 

SaDz leal jugement mené. 

S'en puet en vostre court trouver 
1240 Nus qui veille vers moi prouver 

Que j'aie fet desleaute 

Ne traïson ne fausete, 

Aprestez soi de moi deffandre. 

Trop voldreut envers moi mesprandre 
1245 Cil qui eu terre me metoient. 

M!on sens espoir petit doutoient. 

Pour quel forfet, ce veil oïr, 

Ue faisoit l'en vis enfoïrP 

Or me dîtes vostre semblant, 
1360 Estoie je pris en emblantP 



1216 riches 1246 Mon eiperancc 



'c* 



XVII (llion 29926-39061) 231 

La court en fet moult a bitumer. 

Bruîant li tore et Brichemer, 

Et les autres que j'aiin et [friae, 

Seront blaame de ceete emprise. 
1255 Chantecler, n'en aui pas en doute, 

ÂToit ceete traîsoD toute, 

(Ce m'est vie) quise et pourohaciee. 

Mainte mauTeatie a braoiee: 

Ceate li doit l'en réprouver. 
1260 Encontre son cors veil prouver 

Que par lui m'est hui avenue 

Iceste grant desconvenue 

De moi tout vif en terre mètre. 

Ja ne s'en deûst entremetre 
136& De moi faire honte et anui. 

8e recréant ne l'en rant hui, 

A qui que il doie grever, 

Fêtes moi les deus iex crever.' 

'Renart' dit Chantecler, 'Renart, 
• 1270 Par la foi que je doi Bemart 

L'arceprestre que je voi la, 

Ooquee en tel guise n'ala 

Li afairee cou vous le dites. 

Ne vos en îroiz pas si quites 
1276 De oest jour d'ui con voua cuidiez. 

Àhî! sainte Pinte, or m'fûdiez 

Si vMTement con je recort 

Qae Renart vous ocist a tort, 

Et si conme je n'i ai coupe 
1280 Du blasme de coi il m'encoupe.' 

'Vous mentez' fet Renart, 'traîtrez! 

Par vostre menconge fetstes 

Qu'enterre fui: ce vous créant, 

Si voua en rendre recréant 
1285 AincoÎK que li jours soit passez. 

On a mort plaiez et quassez. 

Ne poez faillir, ainsei n'aille.' 



12M •*«> oMIe Mfou ] trete 1258 •« 1283 Pour 1286 Faut 
il Urt On n mort ««rei vos pUisif 



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XVU (Méon 29963-80000} 

'Sire, otroiez moi la bataille' 
Fet Ghaateoler a l'empereFe, 

1200 'Et oelî qui recréant ère 

Faites ou pendre ou deBmembrer. 
Il TOUS devroit bien remembrer 
Des auuiz que il tous a fez. 
Par dieu, penduz iert ou deffez 

1296 Iceli qui Taincu sera, 

Ja autrement n'en pâmera. 
Et c'est droiz et reson, me semble.' 
Uaintenant les mettent ensemble, 
N'i Tout plus d'aloîgne querant. 

1800 Tardif, i'escouâe et Ferrant, 
Le ^reaillon et le fourmi 
Qui moult estoient bon ami 
Et preuz et Taillanz sanz dearoi. 
Cil gardèrent de par le roi 

1306 Moult très bien et moult sagement. 
Quant fet furent li serement, ' 
Si les out ensemble lessie. 
Lors s'est l'un Tere l'autre eslessie. 
Et Benart qui premier l'assaut, 

1810 Enpres Chantecler fet assaat. 
Oranz cos li donne de la poe. 
Et Chantecler delez la joe 
Li fet de son bec une roie 
Si grant que li olers sans en roie, 

19)6 Que jusqu'au talon Ta la goûte, 
Et des iex ne vit nule goûte 
De l'erreitre d'une live. 
'Il pert bien, la ohar arez Tive' 
Pet Chantecler qui le tint cort, 

1320 'Que li sans touz vermaos en cort. 
Folie TOUS fist a moi praadre. 
Je TOUS ferai encui aprandre, 
Gonment je me sai munteuir. 
Se pour outre te Teulz tenir, 

1326 Je lo que te cleimes vaincu. 
Pondre te fai, trop aa vescu,' 



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XTII (MéoD 300O1-8003TI 

Renart qui entent la menace, 
Tert le aano contreval sa faoe 
Que les iex li avoit couvers. 

1380 Lofs a les iex andeoB onvers, 
Et dit a Chantecler 'traîtres, 
Si m'aïst dlex, mar le deïstas 
Que je recréant me rendisse. 
Se sein ne sauf de cest jour isse, 

1335 Je TOUS cuit encni donner tele, 
Mes ne métrez en fu atele.' 
Lors li cort riguereusement. 
Si le feri irieement 
De la poe parmi la hanohe, 

1340 Qu'i li derompi la char blanche. 

Trop li a fet doalereus mero. 

Parmi la plume del aubero 

Fiat de sano saillir plein boisel 

' Par le ehamp en court le raiael 

1345 Si o'uu moulin en peûst moldre. 
Jfee bien le cuide rendre et sodre 
Chantecler ioeste bonté. 
Lors li est sus le dos monte, 
Si le fiert des espérons fort, 

1850 Et de son bec le pince et mort, 
Que jnsquee au test li embat. 
La deetre oreille li abat, 
Et Vueil seneatre li creva. 
Puis li dist 'malemeut voua ra, 

I3b6 Sire Renart, au mien avis. 

Ja de œst ohamp n'estordrez vis, 
Que il du cors ne tous mesohiee. 
Bien est dame Pinte vengiee 
Et dame Coupée s'entein. 

1360 De lancelee et de plantein 

Se voudra en vos plaies mètre, 
S'Epinart se veult entremetre 
Qui est fieieien le roi, 
1390 M 1. i. M dsBi 1342 aubert 19&T 
■ehiaoe 1361 Faut il lire TaudrezF 



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234 XTII (H«on 80038-90078) 

Bien tous garra: mes le demû, 
1365 Qui oa vous est tous honnira. 

Quant la bataille fenira 

De TOUS, et vengiee arai m'ire, 

N'arez, œ croi, roester de mire,' 

Benart qui la response entant, 
1870 Au miex que il set i antent 

La grant lionte et la vilenie 

Que Ghantecler par felonnie 

Lî fet: n'encor n'en est lassez. 

ÂdoDC s'est Reuart pourpensez 
187B Que la morte vieille fera, 

N'a Chanteder n'adesera 

Qae tant li fet et honte et let. 

Atant aeur li cheïr se let: 

Et Chanteoler le pinoe et mort 
1380 Et Renart fet semblant de mort, 

Qu'il ne se crolle ne remue. 

Ainz tint la bouche olose et mue 

Que voiz n'ateine n'en issi. 

Quant Chanteeler le vit ainsi, 
1380 Lors l'a conme lierre repris. 

Au bec parmi la keue pris, 

Ea un fosse le trf^na. 

Or voit bien Kenart que il n'a 

De oalui secours ne aie: 
1B90 Car c'est la beste plus haïe 

Du monde et de toute gent. 

Bien set pour or ne pour argent, 

Pour promesse ne pour avoir 

Ne pourroit raencon avoir, 
1395 Be il eatoit aparceii. 

Far son savoir a deoeû 

Ghantecler qui por mort le lesae. 

Entour lai ot ausù grant presse 

Conme se il fust gent develle. 

1864 m. ie duroi 1380 manque, ce vtru »trait-il MtrpM f 
Ifiont 1885 l'a manqiu 1399 Faut il lire d'MTaîlleF 



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XTII (Méon a00T4-»)lI0) 

1400 Bohnrt et Brune la corneille 
Yindrent an roi tôt pie estant 
Et li diatrent 'Sire, a itant 
Lesaiez Renart! mors iert sanz faille. 
Monlt li est de oeste bataille 

1406 Hoi vilsinemeut meeobefi. 
Or eat en câ fosse oheû 
Tout mort aussi conme une coche. 
Blasme i auriez et reproche, 
Se l'en metoit plua seur li mein. 

1410 Maies choses l'aront demein 
Tout despecie et devoure. 
Et TOUS avez ci demoure 
Que son oonpaignon a outre.' 
Li rois Nobles vint a sou tre 

1415 Et li bamages s'en tourna 

En son hostel. Cil qui tourna 
S'en entra joie démenant. 
Renart lessierent remanant 
U fosse la gueule baee, 

1420 Si con l'ame s'en fust alee, ' 
Que ses anemis en fu bel. 
Du roi se départ le corbel 
Et la comille dame Brune, 
C'onquea nel sot beste neeone. 

1426 U foase s'en vindrent courant, 
Ou Renart iert de fein mourant 
Qoi t'oriile ot perdue et l'ueil. 
'Rohsrt' fet la oomille, 'or TOil 
Que noua aillons veoir Renart 

14B0 Encore anuit, oe famelart 

Par les sains qu'en qoiert es Galice, 
Li afaiterons sa police. 
Hors est, nous n'avons de li garde.' 
Renart les ot et les regarde, 

1486 Qae blecie fu et se feingnoît 
Ne a elz parler ne daignoit: 



1420 fa (eorrigf par Mkmf) I43I .s.' 



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XTU (Méon aoiis-aouT) 

Tant 8e ouicloit iluec tenir 

Que il veÏBt la nuit venir. 

Ues cil souffrir nel voldrent pas 
1440 Que li vindrent plus que le pas, 

Qui de noient ne se doutèrent. 

Ambedui desns lui montèrent- 

Rohart premerainz s'avança, 

Le beo avant primes hanoa, 
]446 Eu la char li embat dedenz. 

Et Benart a gete les danz: 

Si le prist par la cuisse et tret N 64 

À. soi si oon l'esorït retret, 

Que il li a loquee tonte 
1450 Et la onisse empres le cul route. 

Vileinemeot l'a afole. 

Rohart est d'autre part vole 

Seur le fosse moult angoiaseus. 

La comillfl vit Renart sens, 
146& Âvecques li tressailli. 

Et Renart est en piez sailli, 

La cuisse praiit, a tout s'en tome, 

Et Rohart lessa tristre et morne. 

Aussi conme beste eeperdue, 
1460 Fuiant s'en va sanz atandue 

L'oeil crevé, l'oreille oopee. 

Il ne trouva pas eetoupee 

Ia porte de sa forteresoe, 

Ainz s'i feri a grant destresce. 
1466 Quant Hermeline le choisi. 

Qui li donnaat qoite Choisi, 

N'eÛst tel joie ne tel feste. 

Quant ele a paroeû la teste. 

Qu'il avoit si mal atonmee, 
1470 AdoDC a gnmt douloor menée. 

Auai firent les Renardiax. 

Grant fu la criée et li diax. 

Eu on lit l'ont coucbie et mis. 

U41etl9t 1449ail lob«« 14(ti}F l4«laotpee 1468>ap«T(«* 



XVn (H«on 80148-30184) 

Et Rohart qui moult fu maumis, 

1475 Â la cornille se demante: 
'Dites' fet il, 'amie gente, 
Conment porrai aler a cortf 
Trop durement m'a tenu cort 
Reoart, ne sai que j'en ferai.' 

1480 "Entre mes braz vous porterai' 
Fet la cornille, 'par mon chief. 
De l'anui et du grant meschîef 
Sui moult dolante et oorreciee.' 
Âtaot a'eat Brune rebradee, 

l48Ei Si s'en ala triste et dolaute 
Au roi qui s<e aist en aa tante, 
Criant 'A sire roi, merci, 
Tout mahaignie vous aport ci 
Rohart, voatre ami, le corbel. 

1490 Et si ne m'est mie encor bel 
Du larron Reuart depntere 
Qui a Malpertuis son repère 
S'est mis et a ferme sa porte, 
Que la cuisse Bohart emporte. 

1496 Hengiee l'a et devoaree. 

Frans rois, ne fêtes demouree, 
Vengies la honte et la laidure 
Que Renart vous fet, qui trop dure. 
Yostre baron a desmembre. 

IMO Se vous estes bien amembre, 
Deetroiz quatre foiz vos a fez. 
Detraschiez sera et deffez 
Li traîtres de ceste emprise.' 
Robart a la parole emprise 

t&0& Et dist 'Sire, merci aiez 

De moi, car a mort sui plaiez. 
Le pie et la cuisse ai perdue 
Dont j'ai la pensée eeperdue, 
Morir en cuit prooheineroent. 

1610 Uee se je n'en ai vengement 

141)2 sen lôOl ■ if AmJ ai 



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XVn (MéoD 30186-30221) 

* Du desleal, du traïtour 

Par qui sui en ceste tristour, 
Blasme en seroiz et a droit.' 
Lî rois se leva en piez droit, 
161B Quant la parole ot et entaot, 
Et respoot, que plus n'i ataut. 
'Robart, tous estes mehùngnie. 
Ne cil n'i a riens gaaiognie, 
Qui ainsi tous a atome.' 

1590 Tantost conmande qu'atouroe 
Soient si baron et si Iiomme, 
'Que par les sains qui sont a Romme, 
Ne m'i tandra yver i\'este 
Tant qu'aie a Malpertuis este. 

1626 A terre abatre le ferai 

Et Renart par force en trerai: 
Pendu sera oonme larron, 
Si que le verront mi baron. 
N'en puet partir par autre pas.' 

1680 'Biau sire, si n'ira il pas' 
Fflt le tesson sire Grinbert 
Entre moi et frère Hubert 
Iron, mes qu'il ne Tons deepiese, 
De Malpertuis passer la hese. 

1586 Et a Renart oonme homme sage 
Raconterons voatre mesage 
Et li dirons, sel conmandez, 
A TOUS vieagne, ee li mandez. 
Et seloDC ce que entendon 

1540 Response de li tous randon.' 
Li rois qui fa em piez dreoie, 
Reapondi oonme courroncie 
'Alez i tost, ainssi le Toeil, 
Et li dites, seur son destre œil, 

1646 Qu'il me Tiengne ramdre reson 
Four coi et pour quele aohoison 
II a mon baron meh&ignie.' 



; Méon] Mroit 1632 guibert 



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XTH (Méon 30323-30358) 

Cil n'ont le coamant deadsîngnïe, 
Ainz s'en tomeut aanz plus atandre. 

1560 Au devant pour boa hoatel prendre 
Âla li limaooDs Tardù. 
Cil chevaufihent après tandis 
Qui ne s'i voldrent arrester. 
Ne TOUS veil toutes aoonter 

155& Lor journées, ne qu'il devindreot. 
Taot errent qu'a Malpertuis vindrent 
Ou Benart jnt sanz nul délit 
A grant dolor dedanz son lit. 
Hubert, qui le mesage aporte, 

1360 Et Orinbert viodrent a la porte. 
Si hucbierent par grant desroi 
'Ouvrez an meaage la roi.' 
Renart qui entendi la noise, 
Conmande qu'a la porte voise 

ï6Bb Li portiers qui n'est pareeens,^ 
Et maintenant parole a ceus 
Qui si buohoieut fièrement. 
Li portiers vint isnelement 
Qui torse et velue ot la keue, 

1&70 D'en haut desus la barbakeue 
Lor escria cou preu et sage 
Qui estes vousP' 'Sommes mesage 
Mon seigneur Noble le lion, 
Que Benart parler voulion.' 

1575 Quant li portière l'ot, de volée 
La port« qui estoit coulée, 
Amont a trere conraenca. 
Qrinbert qui d'antrer s'avança, 
I est a reculons entre. 

1080 Quant le premier buis ot outre, 
Si dist a l'escoufie Qrinbert 
'Venez avant, sire Hubert! 
Bessiez vous, que bosse est l'entrée.' 
Dit Hubert 'je dont que vantree 



B (eorr. par Méon) lS79 arrecalooi 



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XVII (Méon 30269-30206) 

IdSb Ne face, par saint Lienart, 

I)« moi encore annit Renart. 

Ici iiuecques me tendre: 

Tant que todb viengniez atandre. 

Miex meing an large qu'a Teetroit' 
1590 A Orimbert convient qu'il otroit 

Ce que frère Hubwt oonmande. 

Âinz Tint et Benart U demande, 

Conme cil qui monlt se doloit, 

Que il queroit et qu'il vooloit. 
16QÔ Grinbert 11 a dit 'Biau voisin, 

Je Bui Tostre gennain cousin, 

Si TOUS doTroie moult amer. 

A court vous est venuz blasmer 

Mon seignor Rohart le corbel. 
1600 De sou domage n'est pas bel 

Au roi ne a sa baronnie. 

Ne ie tenez a vilenie, 

Par moi vous mande, et il a droit, 

Que TÎengnîez a li orandroit 
1606 Pour vous de ce blasme esoneer. 

Ne devez mie refoser 

Qu'a court ne viengniez pour droit faire. 

'Cousin, de ce n'ai je que (aire. 

Ne veil or plus aler a court, 
1610 Que trop m'i a l'en tenu court. 

Ceete parole me randroiz 

Au roi, quant devant li vendroiz, 

Qu'a la mort m'a mis le corbel. 

Et la dehors souz ce tombel, 
1616 A celé oroiz, souz celé espine 

Ke fist enfouir Hermeline 

Yoatre anùe, vostre parente 

Qui iriee en est et dolaute. 

Quant hors de la porte seroïz, 
lOSO Un tombel ilueo trouveroïz 

D'uD vilain qui Renart ot non. 

1616 HermelJns Mion] amelin» 



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XTU (Mfion 90-296—30883) 

BesuB Terrez esorit le non: 
Et Kinsi an roi le diroiz, 
Quant de ci voiu departiroii. 

163C> Hermeline tob msnra droit 
Veoïr le tombfll orandroit 
Qui est tout fres et tout nouvel: 
O lui ira mon filz Rovel.' 
'AuBÏ' fet Grînbert, Totroi je: 

1680 Si m'en roiz a voatre congie.' 
Âtant e'en départi Qrinfaert, 
Et ayeo l'eecoufle Hubert 
Et Tardis, plus conpaignons n'a. 
Tout droit au tombel les mena 

1635 Hermeline et Rovel son filz, 
Et distrent 'Renart le gorpilz 
De qui il ne tous est pas bel, 
BiauB seignor, gist soz ce tombel. 
Lisiez les letres et l'escrit, 

1040 Et si priez a Jheau Grist 
Que il ut de s'ame meroî. 
Lasse esgaree remein ci, 
Et mi enfant sont orfelin. 
N'ai robe lange ne de Un, 

1646 A grant povrete eui remeee.' 
Âtant est entrée en la hese 
De Manpertuis, et oil a'en tournent, 
Qui de oi au roi ne sejornent. 
Trouve l'ont en ses payeillona. 

1660 "De devant lui a genoillona 
S'est maintenant agenouille 
Grinbert qui le via ot moîllie 
Du plorer que il fet avoit. 
Et quant H rois Nobles le voit 

1665 Plorer, si en fu touz plànz d'ire. 
Et l'esooufle U prist a dire 
^ire, de Malpertais venons 
Dont a engingniez nous tenons. 



11)83 gaibert 1647 tonrne 
Rtmar n. 



,.ogIc 



XVII (M&on 80SB8-S0963) 

Renart; est mon et enfoat. 

1660 QuftDt Rohart ceanx a fiiî, 
Si durement estoit malmia 
Benart, qu'il est en terre mia. 
La fosse et le tombel avons 
YeQe, tout de voir savons 

1666 Que le oorbel le partua 
Qui ore pou de vertu a. 
IfehaiQf^nie en est, et periz 
Est Renart. Lî aunz esperiz 
De la eene ame s'entremete 

1670 Taot qu'en paradouse la mete, 
DeuB liaes outre paradiz 
Ou nufl n*est povre ne mandia.' 
Quant li roia oî la nouvete, 
Tout aon courrous li renouvelé. 

1675 De Benart fu monlt courrouciez. 
Tantoat a'eat en estant dreoiez 
Et diat dolanz et esperdu 
'Par grant peohie avons perdu 
Le meilleur baron que j'avoie. 

1680 Ne ne cuit mie qne ja voie 

Que je venjance en puîaae avoir. 
Pour la moitié de mon avoir 
Ne vousîase qn'il fuat aiuasi.' 
Âtuit fora de aon tref îasi 

1B8S Et s'en monta en son palea. 
là luec de Renart voua les 
La vie et la procession. 
Ci fine de Renart le non. 



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(Mfioo 7383-7408) 

Seignor, ce dient li devin, B 127° 

Si est eBcrit en parchemia 

Que cil ft aovent mau matin 

Qui près de lui a mau voisin. 
Q Je le vos di por Isangrin 

Et por un prestre dant Martin. 

Viellarz estolt auques lî prestrea, 

Ne fu onques de letres mestre: 

Plus aavoit de truie enfoudae 
10 Que de letre deporveûe. 

Preetrea Uartins estoit moolt eagee 

De bien norrir par ces erbages 

Brebia dont il ot maint fromage. 

Mais moult li fiât plusors domage 
15 lÀ leoB, mal ait toz aes lignages 1 

ProB de lui menoit es boscages, 

Si li a fait sooyeiit aoui: 

Car il menoit moult près de lui, 

SoTODt li &isoit ses oailles 
W Non per, s'eles erent paraîlles: 

Et soTont les rapareilloit, 

Se non pareilles les trovoit. 

Koult ert dolanz prestrea Martins 

De ce dont iert liez Isengrins. 

3 II B. 10 iMtr» 16 niMge* 16 an boicaf^c 17 II li IB e«s 
31 rsparsillbt 32 IroTot 



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244 XTUI (Méon 7407—7442) 

2& Freatre Uartio eo porpaosa 

Cttoe grant fouse ohevera. 

QaDt faite f u a sa devÏM, 

Une perche a par deaua mise: 

Bus la perche met une oloie, 
80 Toute a oonpas la oontremoie. 

A la perche Ta bien fennee, 

La fouae a tote acovetee. 

Un ùgnel lia sor la perche, 

Se Isangrin par la s'adreace 
85 Et l'angnel en voille porter, 

De la cloie l'eatuet tumei: 

Et ja BÏ toat n'i montera 

Con il en la fouae cherra. 

Qant il l'ot bien apareîUie, 
40 Alez a'en est, ai l'a laiaaie. 

Taengrin qui grant &in endure 

Se lieve a mie nuit osoure, B 128 

Qant toute gent ae dort ae(ire, 

Et eat veouz graat aleûre 
4S La ou aient panre aa pasture. 

L'angien trueve par aranture. 

Qant vit l'aignel, s'en fait grant joie 

De ce qu'il a encontre proie: 

Or n'a paor que nus le voie, 
60 Seûrement s'en va aa voie. 

Sitost con monta aor la oloie, 

Chaûz est anz, qar ele ploie. 

Taengrin Toit que il eat pris, 

De l'eachaper n'eat il paa fis. 
65 'Hal laa' fut il, 'dolenz, chaitia, 
Com oovoitise ma aorprie! 
Or puis je bien dire et jurer 
Que de ci ne puis eachaper. 
Or m'eatoTra chier comparer 
60 Les berbiz que m'en vit porter. 

37 Et ansi toit remontera 41 q. niBiiit fàÏDi 43 8Mt Um 
48 qui a en con contre p. 61 en m. 62 plaie 



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XTm (HéoD 7448-7478) 245 

Ce dbt moult bien qai set coDter 

Cane foiz viaut le pot verser.' 

Li prestres fu tos trespansez 

Et celé nait toz esgarez, 
61} Conques la nuit ne pot dormir. 

Sitost oon il vit eeclarir, 

II lieve soa isnelement, 
f Une macne en sa main prant, 

 la-'fouse vint, par le trea 
70 Si 8 dedenz tsQ le len. 

Qant il le voit, grant joie en fait, 

La perche et la cloie sus trait, 

Puis se desfuble par grant ire, 

A Ysengrin conmenoe a dire 
76 'Sire Tseng^in, or vos vendrai 

Ce qne je tant pramis vos' ai: 

Apauraî vos a cest baaton 
' Conment prestre Martin a non.' 

Li prestrea lieve la macuo, 
80 Et Ysengrin l'a bien Teâe: 

En la teste le vost ferir, 

Et Tsengrin sot bien gauchir. 

 celé foiz non tocha mie, 

Car il set trop de l'esoremie. 
86 Prestree Martini est aïriez, 

En autre sens s'est porpausez: 

En avalant le bastoq mist 

Desor le len et si li diat 

'Ens en mon ouer forment me doil, 
90 Se a ceet coup oe vos crief l'oeil'. 

Qant ot ce dit, le bâton boute. 

Tsengrin qui le co«p redoute, 

Oarde a son euel, le baeton prent. 

Et li prestres vers loi le tent, 
96 A ses deus mains le sache fort. 

De ca en la li lens s'eatort, 

70 dam 79 m 80 fn SB Bu m «Mt o. W loftl 91 dirt 
96 A andsiis 



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XTIII (Méon 7479— ÎSU) 

L» bastOQ li onide eaforcier. 
Qui donc velst prestre enforoier 
For bien tenir oele macuel 

100 Li leus d'autre part s'eavertue. 
Moolt s'esforcoient enbedni 
Chasouns dou baston trure a Ini. 
Si CDD noB conte l'eaiaipture, 
Au prestre avint une aTantnre, ^ 

106 Que la terre est soz loi fondue, 
Desoz les piez li est ohefle. 
n s'en Tet enz o le baston, 
Or a Yeengrin conpûgnon. 
L'uDS fu de oa, l'autre de la, 

110 De paor l'un l'autre es^rda. 
Hoult ot Ysengrin grant paor, 
Hais li prestre ot asez graignor. 
Il a conmencie son sautier 
Far toz les moz a verseillier, 

116 Et puis dist coomendacion 
Que diex le giet de sa prison. 
Ceste sept sianme disoit plus, 
Miserere mei, dens: 
Pater noster disoit enclin, 

190 Sor le col li saut Isangrin: 
Li prestres cbeT demi morz, 
Et Ysengrin s'en ya moult tost. 
Far bois et par cbans si s'en fiche. 
Li prestres remest en la briche: 

I2& Freetre Martins ne rit ne muit. 
Et Ysengrin moult tost s'en fait: 
A lui melmes rit assez 
De ce qu'il e«t si escbapez 
Et qu'il li sailli sus le dons, 

180 Qant en la fooae l'ot enclona. 
Si sergent Fen orent tost trait, 
Fuis se rient de ce qu'a fet. 



102 basions 108 diat If etcritnrs 107 H «n n 116 fin 
117 Cflstt se s. 124 Le prestre chei en 126 Hait j. 



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XTIU (Héon 7616-7020] 

Bien tob puis dire et aoonter 
^e onques mesae ne eaulder 
1S6 Ne chanta puis de bon entent 
Ne par à bon entendement 
Com il fiât ovec Teengrin, 
Tant COQ il fu en son enging. 

184 Conquei puis meae 



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Or vos dirai con il avint B 128' 

 TseDgrin, qant la nuit vint. 
Panoi ces bos s'ea va coraat, 
Et si aloit ce porpensant 
Q Qa« foas est lî bom et li leus 
Qui onques va nule part seua, 
Puis qu'il puist avoir compaignie, 
Que mestier a aouvent d'aîe: 
Et tel puet on aconpaîngnier 

10 Dont l'en a puis grant enoonbrier. 
Qant ce pansoit en son oorage, 
Atant tssi de cel boscage: 
Une jument vît en un pre 
Ou ^e peasoit près d'un ble. 

15 l leua s'en va grant aleQre 
Droit au junaent par la coature: 
Qant a lui vint, ai la aalue. 
'Diex aaut' fait il, 'Bainsant ma dnief 
'Et dex vos aaut, sire Yeengrisi 

ao Dont venez vos si trea matin!*' 
'Dame' diat il, 'eschapez ani 
De malea mains ou anait fui: B 129 

Preatre Uartine un angin fiât 
For prandre moi et ai me priât: 

2& Toute une nuit fui en prison. 

4 porpeDaent 8 daida 12 boncliuKe 31 il man^M 



..„ogIc 



XIX, (Hioa 7S46-7Dtt) 

Se i eflue nn oonpaingnon, 
D'ileno m'eûst il bien gite. 
Por ce le toi ai raconte: 
Se volez ea^e en ma cDapaingne, 

80 Kos ferions moult grant gabaîgne. 
Amoz tob donrue a mangier 
De quel que auriez ping chier, 
Ou bon froment, ou bone avaine, 
Ou bone orge a quel que paine. 

S6 Yoa m'auriez moult grant mestier, 
Car je iroie porchacier: 
"No compMgnie oBteroit bêle. 
Car TOB porpansez, damoisele, 
De oe Tilain qui ai vos tue 

40 Et TO0 &it traire a la oharrue: 
Yos gaaingniez treetot son bien, 
Ne TOI n'en aurez ja rien 
Fors le nonau que il aura 
Et ce dont il oure n'aura. 

4fi Haï, Rainaant, ma douce amie, 
Qar Tenez en ma oonpaignïe! 
Si aérez fors d'antrui dangier. 
Ne TOB eatovra charrier 
Ne ca ne la porter nul faia: 

BO A toz jorz mea TiTTOiz en pus. 
'Sire Tsengrin, ae je peOne, 
To oompaingnie ohîer eflsae. 
Mea je se puia corre n'aler, 
Por ce Toil ici paaturer. 

86 De mon pie deatre par deriere 
Pasaai ier en une charriere, 
Une eepine me feri enz: 
Se la me traïsaiaiez as dans, 
A nul jor ne aeroît partie 

60 De T08 la moie conpaignie. 
Grant mestier tos porroi aToir, 
Oar je ferai tout to TOloir: 

84 boa 44 don 40 Ha r. 06 ior rntroie p. 



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XIX (M<oii TBffî— 761(Q 

Car s'en vos viaut gaingooDH huer, 
Je aaure moult bien rejeter, 

6& Mordre des danz, ferir des piez. 
Qui oonBuinai, touz iert jugiez: 
Qui g;e porrai bien aesener, 
ITBura talent de regiber.' 
Pist Ysengriu le pie moub'ez, 

70 Celui ou l'ospine sautez! 
Tost la vos aurai ja sachie: 
Je mar i aura autre mire.' 
Le pie li lieve, et oil s'acrout, 
O ses onglée le voide tout. 

n Que qu'Iaangrins a roidier broncbe 
£t il le pie neetie et fourche, 
Baùuent le pie a deatandu 
Et Taen^io a aï fem 
Entre le piz et le mn«el, 

âO Tout ooi le gita on prael. 
Bûnaent s'en tome r^bant, 
Queue levée va fuiant 
Et Ysengriu toz ooi se giat 
Grant pièce après et pais si dist 

8fi 'Âhi, maleûreus chaitisi 
Be ier oi mal, or ai hui pis. 
Ne me sai mes en qui fier, 
Ne puis en nuli foi trover.' 
leei se demante Ysangrin. 

90 loi prant oeste branohe fin. 



73 li MMMtfiM 83 peant 86 m. encore ai p. 



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(Méoii eS81-6S80) 

Or Toe redirai d'IseDgrin, B 

Qui se remîst en son chemin: 
Car il s'en voloit reperier. 
Qant il s'ala esbenoier, 
b Les berbie oit on ohanp beOer: 
Celé part empreot a aler. 
Si oon il fu dou bote issus, 
DeuB moutons a es obans vefiz: 
L'on fu BeUns, l'autre Bemart. 

10 Uolt les amoit sire Tiebarz. 
Ao chief don chanp s'esbeneoient 
Et de lor oonies se hurtoient. 
Qae qu'il fesoient lor mellee, 
Loi berj^ere s'en iert alee, 

15 Lî bei^ers let ot obliex: 
Dueo s'en ierent outre alez. 

Li vilaina qui molt par sot pea, 
La maie garde pest le leu, 
Si entre Bemart et Belin 

30 Ne M gardent voir disangrin. 
8e oïl ne sont et sage et oointe, 
Har i fa fute oeste pointe. 
Belina si fu li plus ooarc 
Premièrement parla Bemars 

3& 3ien Taingniez vos, biau sire loust' 



10 Mit (17) 16 OfbllM 19 Sentre 3S pilnte 



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XX. (HftoB 6386-6182) 

'Je ne tob salu mie ecdoiu. 

Ja beste ne aalueraï 

Paû qae je mangier la Todrai.' 

"Sire Tsan^n, nos saTOns bien 
80 Que noa Bomea enbedoi tien 

Et que end eus nos mengeras 

De quele eure que tu Todras. 

Hais se toi plest par ta franobbe, 

Primes Qoa faî tant de serrise: 
86 Entre nos deus met aoordence, 

Bel tenra l'en a grant vallance. 

Car dÎBt que oiat obans est siens 

Et je redi que il est miens. 

Sire, ee vos le partiez 
40 Et el ohanp bien nos meïssiez, 

Si que g'en eflsse ma part, 

Et l'antre an donisiez Bernart, 

Dont poez faire vo plaisir 

De nos deus et Tostre désir.' 
45 Diat Taengrina molt voleutiers. 

Or me dites oonment premiers.' 

'Sire, aaiez a la foriere! 

Ohasouna de nos se traie arrière: 

Ci doTBDt vos Tenrona corant. 
fiO Oil qui plue toat venra avant, 

De tant oon il ploa toat Qorra, 

La greigDor part ou cbamp aura.' 

Dût Tsengrins et je Totroi. 

Or TDS traiez ensus de moi! 
b6 Belins ira de ca a destre 

Et Bemwt ira a eeneetre.' 
Belins eatoit li plus iniaua, 

Q^il eatoit li plua joveniana. 

tfaia Bemart eatoit pins senez 
60 For ce qu'il eetoit li ainz nés. 

Comunement sont ealoingnie 

Si oon U Ions l'ot dereanie. 

S vodroi 43 kJdoninw 48 tos 49 coraat BO aMOl 63 U 



'c* 



XX lUSon 64S8-M54) 

Il lor ft dit 'aaignor, morez! 
Faites le mienz que vos pOTez!' 

65 BelinB s'esmuet de grant ravine. 
Qant vient au len, ses oornes dine: 
Far grant verts Sert ïaengrÎD 
Si qu*î1 le giete tout sovin 
Tout estandu de l'autre part. 

70 Au relever es vos Bemart 
Qui le Sert en l'autre coate: 
Devers Belin le ra gite. 
Quatre oostee li ont brisie, 
 bien petit l'ont mort laissie. 

76 Puis si s'en toment a itant: 
De loing le vont escharaissant. 
Il se pâme plus de cent foiz, 
Si est engoiseus et deetroiz. 
Li sans li saut par grant randon 

80 l'armi le nés et a foison. 
Qant il fu un poi acoisiez, 
De paumaison est repériez: 
'Ha las' dist il, 'dolenz ofaûtis, 
Con sui mal eQrez tout disi 

8fi La costume ai a l'esprevier 
Qui l'aloe va tant chacier 
Que il la prant par tost voler 
Et puis si l'en relaist aler. 
Li vif daianble, li saiguor 

90 SCavoient fait partiseor. 

Et que devoit a moi tenir 1 

De terre doner et partir?' 
Ceete branche est boue et petite 
Et bien fiûte, s'ele est bien dite. 



63 di«t M Muei Si m muet m nitit fl8 qui 
76 itmt 78 Mohnrniaent 79 ncns 60 tout 



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(Méon 7027-7061) 

Ge TOfl Toil une vers comanoier, 
Mais je Toa criem molt anoier. 
Se vos volez, je me ttànU • 
Et ae TOB plaist, je tob dirai 
6 ConmeDt avint a laengria 
Qui ee leva par un matin. 
Dame Hersent l'ot bien garde 
Et de aes dolors respaase. 
Or iert toz gras et revelona, 

10 Fel et bardis et orgaillos. 
Qraot aleQre s'en aloit 
Par mi ce bois ou il estoit 
Enmi sa voie a encontre 
Un Tilain qui aroit trove 

16 Un bacon qui eetoit oheOz 
De la obarreete a deua reclus, 
n le tenoit derers la bart 
YBengrÎD vint de l'autre part 
'Ou vas F' diat il 'esta iieuc!' 

ao 'A qoif fait il. 'Par foi por eue: 
Ou as tu ce bacon enblef*' 
'Par foi' iUt il, 'ûdb l'ai trove.' 
Trove? dont i aunù ge part 
D'outre en outre jusq'a la bart.' 

36 Dist H vilains 'en moie foi, 

na main m. 17 hitr 



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XXI (Méan 70CiS— 7086) 

Sire Tsengrin, et je l'otroi.' 
Acompaignie sont li baroD 
Âm poi d'enre por le bacon. 
Endementree que il parloient 

80 Et que il départir Toloient, 
Este voB d'autre part un ors 
Qui lor est venuz de plain oore. 
Si com il fa ileuo venuz, 
Sot le bacon s'est areatuz. 

SD 'Et qui est oist bacon, danz lonsP' 
'Sire' diat il, 'c'est a nos doQS.' 
Ten voit' dist il, 'ma part avoir 
Par amistie, non par pooir'.' 
Dist li vilaine 'et je l'otroi.' 

40 'Et je' ce dist li Ions, 'par foi. 
Or en soîom domques tuit troi 
CompoigQon et par bone foi.' 
"Seignor' fait il, 'vostre merci. 
Conquis m'avez a vostre ami. 

45 Or le metez ci sor mon dos: 
Je l'^nporteru en oest bos, 
Car tez porroit ici venir 
Qui tost le DOS voroït tolir.' 
Âtant li ont sor le dos mis, 

BO Ou bois se sont arrière mis: 
Sor l'erbe gitent le bacon, 
S'en parolent li coopaignon 
Conment il soit partiz a droit. 
Li ors qui plus sages estoit, 

So Lor dist que n't est arestez: 
"Seignor, se mon oonsei) créez, 
A nuit mes le lerou pandant 
A oest fol qui est bel et grant, 
Et le matin oi revenroD, 

eo Et treetait troi doz eus mou^n. 



39 EntrsmenIrM 31 toi maintenaDt .1. 37 Ja a. 40 Ce d. 
1. 1 «t i« p. f. 49 dons M LI l'n« qui 66 S. diit il oat me o. Apre* 
et t. U nue. ajoute Bt mon ooniell oroiro doIm Ja noir de rieni ne 
BMferei 67 lalaon 08 t. que aei oî f . 60 troi manque monterron 



256 XXI (Héom 7067-7123) 

Et cil qui graiagnor cul aura, 

Le bacon tôt en portera.' 

Ce dit li leu8 'et je l'otroi.' 

'Et je' fait li vilaiiu, 'par foi.' 
es Le bacon ont en haut leye, 

Et puis s'en sont tuit troi aie. 
Li bons bom vint en sa meson 

Ou l'atendent si enfanoon. 

'Ou estes vos' diit il, 'dame Amef 
70 'Je Bui ci, sire' dist sa famé, 

'Por coi aves tant demoreP' 

'Suer' dist il, qar je aî trovo 

Un bon bacon enz en cest bos, 

E^ns de mes iaulz ne vi si gros. 
76 Hais nos somes troi oonpaigson: 

Ses conment nos le partiront 

Le matin irons la tuit troi, 

Si mouterroQs noz eus tuit troi: 

Qui graingnor oui porra moutrer, 
80 Le bacon en porra porter.' 

Seignor, famé est et foie et sage, 

Et molt ohanganz de son oorage. 

Foie est, quant ne se set partir 

D'une obose qu'a en denr: 
80 Et sage est, oar qant eo li rueve, 

Tost a trovee une contniere, 

Et vérité dit por menconge, 

S'ele en a mestier et besoigne. 

Ce nos dient cil fol musart, 
90 FluB que deables a un art: 

Uus je di ce en ma partie, 

Que sage et foie est par maistrie. 

Moult fu sages cil qui ce dist 

Et qui en son livre le mist: 
95 Selono les eures et le tens 

A bien meatier folie et sens. 

7S boii 74 gnit 76 mu» ffi m. e«t fola de o. 86 ou mmf* 
87 diit 91 ms mom^m 94 (on tooat ta 



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XXI tMéon 7I2i!-7l58) 

Sfoult est famé de parfont ama. 
Et ceete priât moU bon porpana, 
Si a raconte son aaignor 

100 Que se il vient demain au jor, ^ 
Que ses ganiemenz vestira 
Et por le bacon s'en ira: 
Et se ce vient au cul mostrer, 
Orant fandace porra mostrer. 

106 Li vilains l'ot et puis e'ea rit, 

'Par dieu fait i), 'moult bien as dit.' 
Qant vint au jor, levez se sont 
Et par le bois eodui s'en vont. 
Molt bien U ensaigna la voie 

IIQ Jusqu'à l'aistre parmi l'arbroie. 
Et qant el i est parvenue, 
Por le vilain l'ont cooeûe 
Li duî baron qui l'atandoient 
Besoz le fou ou il estoient. B 

115 II li ont dit sire vilain, 

Dame dieu vos doiot hui bon main !' 
Primes parla Patous li org. 
Beignor' bit il, ja est granz jorz: 
Faites tost ce que vos devez. 

120 Sire Ysengrin, vo cul mostrez!' 
'Sire' dist il, molt volentiers, 
Or me dites conment premiers.' 
'Son cors estent on par devant.' 
Puis par derrière en eatupant 

126 Lîeve sa qeue, le cul bee: 
Jusques leanz parmi l'antree 
Li puet on veoir es boians, 
Tant par est larges li tuiaus. 
"Sire Ysengrin' ce dit Patous, 

180 'Molt est vos eus granz et estouz. 
TilÙDs' fait il, 'or estupezl 
Le vostre cul remosterrez.' 



97 tnanque 104 porroi 1 10 l«rboie 1 17 patou li ri 
126 paroii] deiUnt 138 longei 139. 147. IDH pntui 
«EN ART II. 



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258 XXI (Uion 71Ci9~7i8«) 

Celé a ses braies avaleea 

Qu'ele avoit a aon cul fermeeB. 
186 Ele a fait Iftrge enforobeûre, 

Por bien moatrer oele nature 

SoD ohief mist bas por estuper. 

CSI la prenent a regarder: 

Tant §'eQ est Fatoua merveilliez, 
140 De son pie deatre s'eat eugoiez. 

'Nomini dame' dist li leu, 

'A. ce col deviaent tait treu. 

Se ioe la eat trestont cua, 

A icestai ne ae praot nus. 
14a II m'est avis' ce diat li leus, 

'Par foi que g'i voie deus treas.' 

Ce dut Patona 'gturde de prea, 

Se del reoir ea ai engrea! 

Je n'i ai aoîng d'aboeater, 
IfiO Ne m'i estuet point alamer.' 

Oele lor dtat 'or eacoutez, 

Hea eus est tous aooatumez 

Soient de bod ool afiebier: 

Por w l'ai ge tout tens plua obier.' 
IDft Ce diat Patoua Taengrin, fuite I 

Alon noa an, clamona li quite. 

Bons faom' fait 11, 'pren le bacon 

Et ai l'en porte en ta meeon.' 

Ele ai fiât et lieve ans. 
160 De eeate branobe n'i a pins. 

1S8 Cel » 1S4 Qe lei «. an 0. r. 189 p«tM 141 leui Uîtrva 
145 le li n. reiponda li 146 f. diit il gi noi lent t. 



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(««on 197B9~1979B) 

Mainz hoo puet tel chose teair 
Qui autrui venroit a ple§ir, 
8'ele ert oonue et deacoverte. 
Por ce est fous qui doue a perte 
fi Bêle avanture, quant il l'ot. 
Estraire en doit aucun bon mot 
Dont il puiee cee resbaudir 
Qui son ooDte volent olr. 
G'en di por ce une avantare 

10 Ou ge ai mis toute ma cure. 
Ge l'oî dire a us veiUart 
Qui sages iert et de grant art. 
Li contes est traiv dou gorpil, 
Ne raies pas por ce plus vil: 

15 Car toute en est l'estoire voire 
Si oonme en lo nos fait acroire. 
Ce fu li voira que Chanteders 
Et Ysengrins et Brichemera 
Et dant Renart, si con moi sanble, 

SO Firent un grant esaart ensanble. 
Bricbemera aa cornes agues 
En R les ooiobes eemeQes, 
Chaoteolere grata les racines, 
Et YsengriD as fore escbines 

25 Et as espaules qu'il ot forz, 

it cil t. 5 Roue 16 con 32 e*meD< 



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:eO XXII (U4on 197tM-lflt*») 

Ed a gite lea coiches hors. 

Kenart qui tôt le mont decoit, 

Qui de mal faire ne recroit, 

Esta selonc, si les semont. 
30 'Or tost, augnor, faites grant mont! 

Je garderai que nus ne veîngne 

Qui baston ne espee taiugne 

Dont il nos puisse faire mal.' 

Lors garda amont et aval, 
Sft Bien sot son cul ariere traire, 

Que il n'ot cure d'ovre faire. 
Qant il orent par lor pechie 

Le bois deront et despeoie, 

Renart parla tout premeraina 
40 Qui n'estoit pas fous ne vilains. 

Beignor, cî a grant chanp de terre. 

Or avons mestier de bien faire: 

Or devons panre tel porpens 

ChasouDS de nos selon son sens, 
4& Que nos tel chose i semisiena 

Dont nos raparisent fusiens. 

Qu'en dites vos, dant Brichemer, 

Et vos, biau sire CfaanteclerP 

Dites que -vos en est avis.' 
. 5 Cbantecler en gita un ris. 

Si respondi assez briement 

"Sire Renart, mien escient, 

Moult drue chanvre i oroiatroit 

Qui ohanevis i semeroit. 
66 Li grainz en est douz a meng^er. 

Maintes foiz m'a ed mestier, 
" Et de la tile a on argent.' 

Brichemer dist par maltalent 

Que ja chanvre n'i ert aemee. 
60 Xa terre est de novel sartee: 

Bien i puet on orge semer, 

83 poiMstit 43 denrion» 47 Qnsot 68 eroatroil U HtiiMM 
} dit 69 «emenen 



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XZU (H«on 19830-19666) 

8e vos le volez oroaster, 
Et je l'otroi de moie part' 
Ysengrin Vem fist ud regart, 

6( Si li a dit irieement 

'Dant Briohemer, a to talent, 
Ce sachiez vos, n'ira il mie. 
Maudabez ait qui al l'otrie! 
Q'ainz celé foiz ne men^i d'orge 

70 Que n'eOaee mal en ma gorge. 
Mes se Renart de ca l'otroîe. 
Semons froment en oeete roie: 
Ceo est le tnieuz, quar toute rien 
Vit de froment, oe set l'on bien.' 

76 Renart respont biauz douz oonpere, 
Bien ait l'ame de voatre père! 
Ja n'en serois par moi desdiz, 
Ce est le mieuz, jel vos pleviz. 
Or panaons donc de tost semer. 

80 3^û o! les grues chanter 

Qui Doe teemoingnent par raison 
Que de semer avons saison.' 
Qui dont velst gens eaploitier, 
L'un semer et l'autre bercier, 

86 L'autre ces coiohes aOner 
Et les ramilles fors porter, 
Et pnis aprea bien rasteler. 
De bons gergenz li puet menbrer. 
Tost fust la chose a droit point mise 

90 Qui de tel gent fust entreprise. 
Qant semez fn toz cil eeearz 
Et bien enclous de toutes parz, 
Renart qui moult estoit sentis, 
Sas on estoc s'estoit asis : 

W Dont apele ses conpùgnona 
Et ai fu tele sa raisons. 

Beignor, oeste gaaignerie 
Ne sera ja par nos partie. 



00 «iei 63 ntan^ 8( reie)er 6H bon MrK«qt 91 oist 96 I4 



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262 XXII itUon 19867—1990!) 

Tuit eosenble la ouelteions 
100 St enseoble la mengerons 

En iver, qant il gèlera, 

Qant TÏende ne trovera 

A ohanp n'en bois oiaiaus ne béate.' 

Taengrin a jure Ba teste 
105 Que ja par lui n'iert destorne: 

Lors l'ont 11 autre créante. 
Dant BrichemerB grant aleûre 

S'en repéra en sa patore. 

Et Teeogrîn s'en est tomee, 
110 En la forez s'en est entrée 

Kuit et jor por querre Tieode, 

Car autre déduit ne demande. 

Et Cbanteclers revint volant 

 ses gelines mûntenant 
115 Qui mcMilt l'avoient atendu, 

Ne l'aToient pieoa veû. 

D'autre part vint Renart sa voie, 

Far ces eesans Ta qaerant proie. 

Si départent li conpaignon 
130 Saoz mautalent et sanz tanoon. 

Qant vint en guing qu'il fait grant chatU, 

Que cil ble sont crefl es haut B 117 

Et espie et tuit greou, 
^ Et Taengrin qu'ot poil chenu 
135 S'en vint traiant a un mainil, 

Béates vit paître en un cortiL 

Tresaut la haie, s'en prent une. 

Uea il li a fait tel rancune 

Et ai la va eaperonnant, 
lan La pel don dos li va oatast, 

Car il ne volt laiaaier aa proie. 

Tant a aie que tootevoie 

Parvint la nuit a son reoet. 

Qant il fu eomi la forest, 

B8 ia a droit p. 99 eueadrona lOt gtiw^ 104 gmrw 107 QmI 
122 blej 126 traient 127 Toie 181 Toit 188 rsoeat 134 vn 



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XXIt (Mâou 19903-19986) 

136 La a sa proie deflohargie, 
Isnelement l'a deepeoie 
Qa'il d'î laissa ne pel ne os, 
8i ta enflez, bargia et gros 
QV poine puet on pas passer. 

140 Lors se conmenoe a porpanser, 
Ja ne porroit don pas issir, 
Se besoing avoit de fouir. 
Tout sonavet ist dou bouchel. 
Far une sente d'un Tanoel 

14& S'en vint tout droit a cel eesart 
Ou il avoit la quart part. 
Porpensa soi qu'en oel froment 
Prendra il son reposement 
Tant que la chaleur soit cheûe 

ICiO Et la viande desoreûe 

Dont il avoit si plain le ventre. 
Ala avant, ou froment entre, 
Si se coucha enz el plus dru: 
Defole l'a et absto, 

160 Lors conmenoa haut a uller. 
Atant este vos Briohemer, 
Moult se merveille qui c'estoit. 
Celé part est vena tout droit, 
AIb avant, si l'areena 

160 'Por le oner bieu qui voi ge laP 
Sire ïsengrin, par qui congie 
Avez œst ble si despecief 
Est ce donc chose abandoneeP' 
Lî leus a la teste levée, 

16& Si reepondî en soupirant 
'Biau oonpere, venez avant 
Et si veez ma maladie: 
Je soi tonz plains d'itropisie. 
8e m'orine aviez veûe 

170 Et m'anfennete oonoefle, 



14S tWMhet 148 il nwngue IftS oonohe tôt Mtandil 1Q6 Ceh 
160 dira • 



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XXn (Méon 10939-19974) 

YoB savez tant de la fistque, 
Biea me guerrez d'eatre itropiqoe.' 
Briohemer respont mainteneot 
'Ja dame dex moa oors n'ament, 
.175 8e je soi ooqaes riens d'ouriae, 
Ne ne aai rien de médecine 
Ne de plue ue de poison 
Don donne a autrui garison. 
Ja par moi garison n'aurez. 

]60 Mes s'iere un poi desgeûneB, 
Plus en aeroie nn poi haitiez.' 
Ysengriu dist 'aies, paissiez 
De oel froment enz ou plus dru. 
Ja ne sera par moi seû 

185 Que ja i aiez atouchie, 

De moi avez vos bon oongie.' 
Lors en menja tant Bricliemer 
Que il fu grous et bien enflez, 
Puis vint gésir lez leangrin, 

190 Qui n'avoit pas ventre frarin. 
Cel jor avint par avaotnre 
Que Cbantealers queroit pasture. 
Celé part vint tout droit volant, 
Ysengrin a veâ gisant 

106 Et Bricbemer dejoste lui. 

Moult par li vint a grant anoi, 
Et plus li fil de son domage: 
Car il n'avoit plus d'eritage 
Q'an ioel essart seulement. 

aoo II lor a dit par maltalent 

'Seignor, ce n'est mie par moi 
Ne peir Renart, d oon je croi, 
Que vos avez fait oest outrage: 
Ouques mes, jor de mon sage 

300 Ne vi faire tel desraison. 
Erre avez oonme larron 



171 fntiia 172 goerriei dedropiaie 178 Don donne gùi 
180 Bunpoi iere 190 Qui) 19S loq drgil voleqt 194 ^^t 908 « 



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XXn (Hioii 19S76-30010) 

Yen moi, dehaiz to oonpaignie! 

Vos i avez to foi mentie. 

Se je lea ooas tant ne doutasse, 
210 De traïson vos apeloaae: 

Certes bien Tarez deserri 

SeloDC l'uevre qae je Toi ci.' 

Ysengrin l'ot, si s'aiEra, 

De maltalent ee herica, 
21& Qant il s'ot tenir por pargnre: 

Entre ses denz forment en jure, 

S'il puet os mains le coc tenir, 

Il li fera les denz santir. 

2fe mostra pas son mautalent, 
220 Einz reapondi Heneement. 

'Chantecler' fait il, 'par saint Jorge, 

Je ne Toil pas que dus a'amorge 

A moi reter de félonie. 

9e Toe aTez dit to gorgie, 
225 Hianz tos reniât par saint Orner 

Q'anoore fust a porpanser. 

Bien la tob cuit encor merir, 

Se je en puis en leu Tenir. 

Hais or o'aTez ros do moi garde: 
2B0 Haas feus et maie flambe m'arde, 

S'onquea rers roe ne rers Renart 

Quis tricherie ne barat, 

Desloiaute ne tr^w)n. 

Hais por îtant que conpaigDon 
386 ÂTons este de cest essart, 

Or en prenez ro droit» part 

Endemantiers que il ros loist: 

Ne quidiez pas que il ni*en poist.' 

Lors desoendi li cocs a pie, 
340 Qui don froment a tant mengie 

Q'ainz ne se pot d'ileuc partir, 

Lez Ysengrin e'ala gésir. B 118 

n 00» 218 un ira 220 ■enremeot 2*23 ne mançut skin 
2S7 TM manque Moojra 286 Man 387 dm luit 289 



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XSU (Méon 20011— 20016) 

Ataat es vos Benart traîaDt 
Parmi la sente d'un pendant: 

240 Ses coapaigQOiiB ouidoit nODoier, 
Qant lor blei seroit a soier. 
Qant il le vit ai defonle 
Et abatu et estrepe, 
(D'autre part veoit oaua gésir, 

300 L'un delez l'aatre fer dormir) 
Iriez en fu, maz et doleuz, 
Ed bas a dit entre ses dene 
"Se tIb esohaper en cuidasse 
Et que dou mien plus n'i laissase 

366 Que de mes quises lea braoQs, 
Je oceïsBe oez gloutons 
Qui vers moi se sont parjure,' 
Ysengrin a le chief love, 
Si a Eenart aparoetl 

260 'Willecome, bien Teignes tul 
Renart, quar vos venez seoir, 
Moult vos dedrroie a veoir.' 
Renart ne pot ua mot soner, 
De maltalent priât a tranbler 

203 Et diflt 'je ne tob sala pas, 
Sire Ysengrin, par saint Tomaa, 
Ne ces autres qui id sont 
Qui domage et honte me font 
Menti m'avez de covenaDce 

270 Et trespase rostre Senoe, 
Fiz a putains, desloisus cous.' 
'Renart, ce n'est mie de vous' 
Diat Ysengrin, 'que cous soie. 
Un serement vos en fetoie 

276 Que a Hersant ma douce aoiie 
JS'eiiBtes part ne conpaignie. 
Si TOB en iestee vos vantez. 
Mes par mon cbief vos i mantra: 



248 ttaÎMt] aUnt 244 pnadknt SU î 95t) tU e. ■» W h 
2e0 Tkigno 37L FU 278 voii 



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XXII OUon 90047— aOCWS) 

Q'an oeate terre, dieu merci, 

280 N'a plus loial dame de lui: 
Ele CD a bien le teemoignage. 
Hais se je vos ai fait damage, 
Si en querez vostra droiture 
Isnelement grant aleûre. 

285 Je ne Bui pas en voz dangier 
Ne ne tos ai mie tant chier 
Que TOfl en face droit n'amande, 
Ne nul escondit vos en reode. 
Foi que doi Noble le lion. 

290 Ne Maopettnis ne fort doigon 
Ten. mot ne tob garentiroit, 
Se por la pes ne remenoit 
Que lî rois m'a fait fieocier. 
Se ne lî quidasae anuier, 

296 Dou plicon D'eaportisiez mie. 
Mu- m'apelaates foi mentie, 
Filz a putain, rous Tenimens. 
Ues anémia lestes mortieiu, 
Onques n'aiez vers moi fienoe. 

800 Foi que je doi Hersant la franche, 
Je Toa ferai un saut saillir, 
Aine que voiez aoust venir.' 
Renart voit Ysengrin irie 
Et de maufere encoragie. 

806 Si respondi aaez par een 
'À letue Jérusalem 
Je Toe envi, sire Isangrin, 
Droit a la oort le roi Conin 
Yoa et Toz antres coupaignons : 

310 La nos départira raisons.' 
Ysengrin diet 'maldahez ait 
Cil qni cest enviai vos lait. 
For droit faire et por prendre droit 
Yoil ge bien que chascnna i eoit.' 



380 laiAl 2Se UBt] si 88S «saoBâiiit 399 narcs 803 i 
810 rkiMOm 



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268 XXII iHéon 200e3--201 18) 

815 Einai l'cmt tuit aoreente. 

Eb Toe Benart d'ileno tome. 

Einz puis n'ot gtàrm de eejor, 

Ne De fina ne nuit ne jor 

Tant qu'il vint a la cort le roi. 
SSO La trova il, si coa je croi* 

Ysenpïn et sa oonpalgoie 

Qui la defors s'estoit logie: 

OnquM UD soûl n'en salua. 

Par un guichet leanz entra. 
333 Xti roi salue hautement 

Si conme cil qui sagement 

SaToit bien dire sa raison. 

'Sire rois, grant ben^con 

YoB doint li filz sainte Uarie 
sao Et toute Tostre conpaignie! 

Li rois ne tint soie pereece, 

Contre Benart moult tost se dresce. 

Si l'a dejoBte lui acds. 

Car il estoit moult ses amis. 
385 Li rois une beohe tenoit 

Qui d'autre meatier ne aerroit 

Que de COQS faire seulement. 

Hais nés feaoit ne bel ne gent, 

Que qaut la ploie aroit fandue 
340 De la beobe grant et moine, 

Si remenoit hideuse et grant: 

Ne ja ne reclousit nul tena, 

Que demie aune a grant mesure 

Ne parut bien la fandeùre. 
840 Renart moult s'en esmerreîlla. 

Le roi Connin en apela, 

Demanda de celé overture 

Qui si estoit laide et oscure: 

Por coi l'aToit faite si grant, 
860 Qar onqnes mes a son Tivant 

816 dileui 319 Dm q. »8 Si r. 8S9 le 01 S31 mi SS8 mil 

846 Li roia 



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XXII (M4on 301ia-â01M) 

N'avoit veû ptaie aanz fonz, 
JSe ne resanbloit mie coiu. 
'Benare' oe reepondi 11 rois, 
'K'iestes pas sages ne oortois 

305 Qui blâmez ce que toz H monz 
Sert et requiert a geDoillons: 
Ce est uns cens que j'ai ci fait.' 
'Sainte Harle, sont si lait 
Tuit li autre conme cist estP' 

S60 'Oïl, se dîex santé me prest. 
Car tait sont en une coing feni 
Et de ceste beohe fandu.' 
Rfloart respont en souriant 
'Sire, je m'«n terai atant, 

36S Que nus hom ne doit cou blâmer. 
Ues moult i porroit amander, 
Sire, se tos m'en créiez.' 
'Conment, Kenartf "Vos preiasiez 
Un col de cerf fort et tenant 

370 Qui escorohiez fust maintenant, 
Set meïssiez tout au travers 
A. poiz et a gluz bien aers. 
Quant la ploie fust départie 
Et de ceet cuir estroit lacie, 

876 Ne fussent mie si hideus 

Là dui pertuis con li un seus. 
Cil de deseure fust li cous 
Et cil desoz li plus reonz 
Fust eus par autele manière 

380 Que U eus doit sler derrière.' 
là rois se tut, si l'esgarda, 
Enz en son oaer se porpansa 
Que se li oons aloit desus, 
Par coi desoz refust li eus 

386 Si com Renart li enseignoit, 
La chose moult amanderoit. 



a6Sr««Mble 3A6 ■onriant BOBUm manque porrira 368 tondent 
37lt Lan dM p. roame li den« 381 r. Mtut 384 dMB« 



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ZXn (H«oii 9015&- 90190) 

'Renart' dïst il, 'ta me diz voir, 
Hoult: par îes plains de grant Bavoir: 
Qantqae tu diz est veritez. 
890 Mes je ne aai ou fnst trovez 
Li coua de cerf qai la fuat mis, 
Q'ainz n'en vi nul en oeat pâte.' 
Renart l'entent, moult en fa liez. 
"De folie vos eemaiez. 

89fi A celé porte la defors, 

En vi ge un et gnnt et groe. 
Fieca qu'il fust cefflie entrez, 
Se li poetiz fnst deefermez.' 
Li rois mêlâmes se dreca 

400 ^ers le postiz moult toet ala, 
Si l'a overte ianelement. 
Brichemer, qui son plait atent, 
Voit que délivre estoit l'entrée. 
Leenz ae fiert taiste levée, 

406 AÏDZ conpain^on n'i atendi. 
Li rois les trives li rendi. 
Par les oomei aa mains le prent: 
Une grant macue destent, 
Si l'en dona parmi la teste. 

410 Renart li fous en ot grant feste, 
Qant il le v